Résultats : 21757 texte(s)
Détail
Liste
19351
p. 195-196
De BERLIN, le 20 Juin.
Début :
L'Armée du Roi passa l'Elbe le 15 de ce mois à Zehren. [...]
Mots clefs :
Armée, Elbe, Ennemis, Quartier général, Camps militaires, Maréchal Daun, Prince Henri, Soldats, Prisonniers
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texteReconnaissance textuelle : De BERLIN, le 20 Juin.
De BERLIN , le 20 Juin.
L'Armée du Roi paffa l'Elbe le 15 de ce mois à
Zehren. Ce paffage fur effectué fans aucun obſtacle
de la part de l'ennemi. Le Quartier général
eftpréfentement à Profchnitz . Il reste encore dans
le Camp de Schelettau quelques troupes commandées
par les Généraux de Hulfen & de Bulow.
Deux ponts fur l'Elbe aflurent la communication
de ce Corps avec la grande Armée.
Nous apprenons en même temps que , fur l'avis
que notre Armée avoit paffé l'Elbe , le Maréchal
Comte de Daun avoit aufli paffé ce fleuve
avec la fienne , & que le 18 les deux Armées ſe
font trouvées en préſence près de Radebourg. On
attend avec la plus grande inquiétude l'iffue d'une
action qui paroît inévitable.
Le Prince Henri , dont l'Armée campoit près
de Sprottau , étant informé de l'arrivée prochaine
des Ruffes , s'eft avancé vers Francfort fur l'Oder,
Son Armée eft de plus de quarante mille
hommes. Les Corps de Généraux de Goltz & de
Schmettau s'y font réunis. Celui que le Général
Forcade commandoit dans la Pomeranie , eſt auſſi
en marche pour s'y rendre.
Le Cartel conclu à Butow avec la Cour de
Ruffie , pour l'échange des prifonniers refpectifs ,
eft entierement rompu . Cette Cour refufe abfolu
ment de comprendre dans ce Cartel le Comte de
I ij
1.96 MERCURE DE FRANCE.
Horn . Le Roi a fait publier un expofé des motifs
qui l'ont engagé à rompre cette convention.
L'Armée du Roi paffa l'Elbe le 15 de ce mois à
Zehren. Ce paffage fur effectué fans aucun obſtacle
de la part de l'ennemi. Le Quartier général
eftpréfentement à Profchnitz . Il reste encore dans
le Camp de Schelettau quelques troupes commandées
par les Généraux de Hulfen & de Bulow.
Deux ponts fur l'Elbe aflurent la communication
de ce Corps avec la grande Armée.
Nous apprenons en même temps que , fur l'avis
que notre Armée avoit paffé l'Elbe , le Maréchal
Comte de Daun avoit aufli paffé ce fleuve
avec la fienne , & que le 18 les deux Armées ſe
font trouvées en préſence près de Radebourg. On
attend avec la plus grande inquiétude l'iffue d'une
action qui paroît inévitable.
Le Prince Henri , dont l'Armée campoit près
de Sprottau , étant informé de l'arrivée prochaine
des Ruffes , s'eft avancé vers Francfort fur l'Oder,
Son Armée eft de plus de quarante mille
hommes. Les Corps de Généraux de Goltz & de
Schmettau s'y font réunis. Celui que le Général
Forcade commandoit dans la Pomeranie , eſt auſſi
en marche pour s'y rendre.
Le Cartel conclu à Butow avec la Cour de
Ruffie , pour l'échange des prifonniers refpectifs ,
eft entierement rompu . Cette Cour refufe abfolu
ment de comprendre dans ce Cartel le Comte de
I ij
1.96 MERCURE DE FRANCE.
Horn . Le Roi a fait publier un expofé des motifs
qui l'ont engagé à rompre cette convention.
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Résumé : De BERLIN, le 20 Juin.
Le 15 juin, l'Armée du Roi a traversé l'Elbe à Zehren sans opposition. Le quartier général est à Proschnitz, tandis que des troupes dirigées par les Généraux de Hulfen et de Bulow sont restées au camp de Schelettau. Deux ponts sur l'Elbe maintiennent la communication entre ces troupes et la grande armée. Le Maréchal Comte de Daun a également traversé l'Elbe, et les deux armées se sont réunies près de Radebourg le 18 juin, en vue d'une confrontation imminente. Le Prince Henri, informé de l'arrivée des Russes, a avancé vers Francfort-sur-l'Oder avec plus de quarante mille hommes, rejoints par les corps des Généraux de Goltz, de Schmettau et du Général Forcade venant de Poméranie. Par ailleurs, la Cour de Russie a rompu le cartel conclu à Butow pour l'échange de prisonniers, refusant d'inclure le Comte de Horn. Le Roi a publié un exposé des motifs de cette rupture.
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19352
p. 1447-1449
ITALIE.
Début :
Le premier Juin, le Comte Jules Viscomti[,] nouveau Viceroy de Naples, accompagné de [...]
Mots clefs :
Giulio de Visconti, Vice-roi, Pape, Cardinal, Naples, Archevêque, Carrosses
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E premier Juin , le Comte Jules Viscomti
nouveau Viceroy de Naples , accompagné de
M. Gamberucci , Archevêque d'Amasie , de
M. Spinelli , Archevêque de Corinthe , de M. Alberti
, Archevêque de Palmire, et du Majordome
du Pape , et suivi d'un très - grand nombre de
II. Vel
Ca1448
MERCURE DE FRANCE
Carosses , alla visiter l'Eglise de S. Pierre , à la
porte de laquelle il fut reçu par plusieurs Députez
du Chapitre , qui suivant l'ordre que S. s.
avoit donné , lui montrerent les Reliques qu'on
y conserve.
Le 2. il eut Audience du Pape , étant conduit
par le Cardinal Cienfuegos , chargé des affaires
de l'Empereur à la Cour de Rome , et présenté
par le Cardinal Banchieri , Secretaire d'Etat , le
même jour il eut l'honneur de dîner avec S. S.
On avoit dressé deux tables , l'une sous un magnifique
Dais pour le Pape , l'autre à quelque
distance pour le Viceroy ; S. S. après avoir pris
dé lui la serviette et avoir beni les viandes , lui
fit signe de s'asseoir à la table qui lui avoit été
pféparée , et de se couvrir ; il y eut pendant le
repas un Concert , executé par la Musique de la
Chapelle ; après le repas , le Pape passa dans une
autre Salle avec le Viceroy , qui s'étant assis par
ordre de S. S. mais sans se couvrir , s'entreting
avec Elle pendant quelque temps ; il fut ensuite
reconduit dans son Appartement par le Majordome
et les deux premiers Maîtres des Cerémonies.
Le 4. le Viceroy eut du Pape son Audience
publique de congé , et il est parti accompagné
des Carosses du Cardinal Cienfuegos , de ceux de
l'Ambassadeur de Malte , et d'un grand nombre
d'autres Carosses , pour Castel-Gandolphe , où
S. S. lui avoit fait préparer un Appartement dans
Château. Il a reçu du Pape divers présens , entre
autres , le Corps de S. Clément Martyr , et
quatre Pieces de Tapisserie , réprésentant les quatres
Evangélistes , d'après les Tableaux du Guide,
t il a été traité par les Officiers de S. S. pendanɛ
tout le temps qu'il a demeuré à Rome,
II, Vol. LE
JUI N. 1733 . 1449
Le Pape a ordonné au Duc de Palombara ,
Gouverneur du Château S. Ange , de permettre
au Cardinal Coscia , de se promener de temps en
temps sur la platte- forme , à condition qu'il sera
gardé à vûë , qu'il n'approchera point du Parapet
et qu'il ne parlera à personne,
On apprend de Venise , que M. Alexandre
Zeno , est nommé pour aller résider à la Cour
de France , en qualité d'Ambassadeur Ordinaire
de la République , à la place de M. Mocenigo.
E premier Juin , le Comte Jules Viscomti
nouveau Viceroy de Naples , accompagné de
M. Gamberucci , Archevêque d'Amasie , de
M. Spinelli , Archevêque de Corinthe , de M. Alberti
, Archevêque de Palmire, et du Majordome
du Pape , et suivi d'un très - grand nombre de
II. Vel
Ca1448
MERCURE DE FRANCE
Carosses , alla visiter l'Eglise de S. Pierre , à la
porte de laquelle il fut reçu par plusieurs Députez
du Chapitre , qui suivant l'ordre que S. s.
avoit donné , lui montrerent les Reliques qu'on
y conserve.
Le 2. il eut Audience du Pape , étant conduit
par le Cardinal Cienfuegos , chargé des affaires
de l'Empereur à la Cour de Rome , et présenté
par le Cardinal Banchieri , Secretaire d'Etat , le
même jour il eut l'honneur de dîner avec S. S.
On avoit dressé deux tables , l'une sous un magnifique
Dais pour le Pape , l'autre à quelque
distance pour le Viceroy ; S. S. après avoir pris
dé lui la serviette et avoir beni les viandes , lui
fit signe de s'asseoir à la table qui lui avoit été
pféparée , et de se couvrir ; il y eut pendant le
repas un Concert , executé par la Musique de la
Chapelle ; après le repas , le Pape passa dans une
autre Salle avec le Viceroy , qui s'étant assis par
ordre de S. S. mais sans se couvrir , s'entreting
avec Elle pendant quelque temps ; il fut ensuite
reconduit dans son Appartement par le Majordome
et les deux premiers Maîtres des Cerémonies.
Le 4. le Viceroy eut du Pape son Audience
publique de congé , et il est parti accompagné
des Carosses du Cardinal Cienfuegos , de ceux de
l'Ambassadeur de Malte , et d'un grand nombre
d'autres Carosses , pour Castel-Gandolphe , où
S. S. lui avoit fait préparer un Appartement dans
Château. Il a reçu du Pape divers présens , entre
autres , le Corps de S. Clément Martyr , et
quatre Pieces de Tapisserie , réprésentant les quatres
Evangélistes , d'après les Tableaux du Guide,
t il a été traité par les Officiers de S. S. pendanɛ
tout le temps qu'il a demeuré à Rome,
II, Vol. LE
JUI N. 1733 . 1449
Le Pape a ordonné au Duc de Palombara ,
Gouverneur du Château S. Ange , de permettre
au Cardinal Coscia , de se promener de temps en
temps sur la platte- forme , à condition qu'il sera
gardé à vûë , qu'il n'approchera point du Parapet
et qu'il ne parlera à personne,
On apprend de Venise , que M. Alexandre
Zeno , est nommé pour aller résider à la Cour
de France , en qualité d'Ambassadeur Ordinaire
de la République , à la place de M. Mocenigo.
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Résumé : ITALIE.
Le 1er juin 1733, le Comte Jules Visconti, nouveau Viceroy de Naples, visita l'Église de Saint-Pierre à Rome en compagnie de dignitaires ecclésiastiques. Il fut accueilli par des députés du Chapitre qui lui montrèrent les reliques de l'église. Le 2 juin, il eut une audience avec le Pape, introduit par le Cardinal Cienfuegos et présenté par le Cardinal Banchieri. Le même jour, il dîna avec le Pape, qui bénit les viandes et ordonna un concert exécuté par la musique de la Chapelle. Après le dîner, le Pape s'entretint avec le Viceroy dans une autre salle. Le 4 juin, le Viceroy reçut son audience publique de congé du Pape et partit pour Castel-Gandolfo, où un appartement lui avait été préparé. Il reçut divers présents, dont le corps de Saint Clément Martyr et quatre pièces de tapisserie représentant les quatre Évangélistes. Le Pape ordonna également au Duc de Palombara de permettre au Cardinal Coscia de se promener sur la plate-forme du Château Saint-Ange sous certaines conditions. De plus, M. Alexandre Zeno fut nommé ambassadeur ordinaire de la République de Venise à la Cour de France, remplaçant M. Mocenigo.
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19353
p. 211-214
De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
Début :
Le 14 du mois dernier, le sieur de Packelbel, Ministre du Duc de [...]
Mots clefs :
Ministre, Duc, Comte, Landgrave de Hesle-Cassel, Audience, Lettres de créance, Famille royale, Parlement, Président, Archevêque, Princesse, Reine, Ambassadeur
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
De VERsAILLEs, le 31 Mars 1764.
L, 14 du mois dernier, le ſieur de Packel
bel, Miniſtre du Duc de Deux-Ponts , fut pré
ſenté au Roi, à la Reine & à la Famille Royale
en qualité de Miniſtre du Landgrave de Helſe
Caſſel.
Le 2 5 , le Comte de Fuentes, Grand d'Eſ
pagne, Ambaſladeur Extraordinaire de Sa Ma
· jeſté Catholique, a eu une audience particulière
du Roi, à qui il a préſenté ſes Lettres de créan
ces : il a été conduit à cette Audience, ainſi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale,
par le fieur Durfort, Introducteur des Ambaſ
ſadeurs.
Le même jour, les cinq Députés du Parlement
: de Toulouſe, qui avoient été mandés par le Roi
furent préſentés à Sa Majeſté par le Comte de
212 MERCURE DE FRANCE.
S. Florentin, Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département du la Province de Languedoc,
& conduits par le Marquis de Dreux, Grand
Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut dans
ſon fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de
ſes Grands Officiers, & leur permit de lui faire
les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le Premier Préſident de Paris s'eſt rendu ici
le 4 de ce mois, accompagné des Préſidens d'Aligre
& d'Ormeſſon , & a remis au Roi les
Remontrances de ſon Parlement qui avoient
été arrêtées le 3 à l'Aſſemblée des Chambres.
Les huit Députés du Parlement de Rouen ,
qui avoient été mandés par le Roi, furent pré
ſentés, le 1 o, à Sa Majeſté par le ſieur Ber
tin , Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant le Dé
partement de la Province de Normandie , &
conduits par le Marquis de Dreux, Grand-Maî
tre des Cérémonies. Le Roi les reçut dans ſon
Fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de ſes
Grands-Officiers, & leur permit de lui faire les
repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le 25 du mois dernier , l'Archevêque de
Rheims, Grand Aumônier de France , ſacra ,
dans la Chapelle du Château, les Evêques de Sain
tes & de Gap. L'Evêque d'Autun, Premier Au
mônier du Rci, l'Evêque de Meaux, Premier
Aumônier de Madame Adelaïde, ſervirent d'Aſſiſ
tans. Hier, pendant la Meſſe du Roi, les Evêques
de Saintes & de Gap prêterent ſerment entre
les mains de Sa Majeſté. Le Vicomte de
Choiſeul, Brigadier des Armées du Roi, l'un
des Menins de Monſeigneur le Dauphin & Fils du
Duc de Praſlin, eſt déſigné pour aller , de la pars
A V R I L. 1764. 213
de Sa Majeſté, complimenter à Vienne Leurs Ma.
jeſtés Impériales & Royale, ainſi que le futur Roi
des Romains, ſur ſon Election & ſon Couronne
In6ºnt,-
Le 2 5 du mois dernier, Leurs Majeſtés & la
Famille Royale ont ſigné le Contrat de Mariage
du Duc de Fronſac , Premier Gentilhomme de
la Chambre du Roi en ſurvivance , avec De
moiſelle d'Hautefort ; le 26 celui du Vicomte
de Gouy d'Arſy, avec Demoiſelle de Beaumois ;
& le 4 de ce mois, celui du Vicomte de Belſunce,
avec Demoiſelle de la Live d'Epinay.
La Comteſſe de Graſſe, fut préſentée à Leurs
Majeſtés, le 26 du mois dernier, par la Vicom ,
teſſe de Caſtelane.
: Le 2 5 de ce mois, la Princeſſe de Beauvau fut
préſentée au Roi & à la Reine par la Maréchale
de Mirepoix, & prit le tabouret en qualité d'épouſe
d'un Grand d'Eſpagne. Le lendemain, la
Ducheſſe de Fronſac fut préſentée à Leurs Ma
jeſtés & à la Famille Royale par la Comteſſe
d Egmont, & prit le tabouret. Le même jour,
la Marquiſe de Sorem fut auſſi préſentée à Leurs
Majeſtés par la Comteſſe de Marſan.
Le 1 1 de ce mois, le Bailli de Froullay , Am
baſſadeur de Malte offrit au Roi les faucons ,
dont l'Ordre de Malte fait préſent à Sa Majeſté.
Il préſenta en même temps au Roi le Chevalier
de Belmond, qui avoit été chargé par le Grand
Maître de l'Ordre, de porter ces faucons en
France.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
L, 14 du mois dernier, le ſieur de Packel
bel, Miniſtre du Duc de Deux-Ponts , fut pré
ſenté au Roi, à la Reine & à la Famille Royale
en qualité de Miniſtre du Landgrave de Helſe
Caſſel.
Le 2 5 , le Comte de Fuentes, Grand d'Eſ
pagne, Ambaſladeur Extraordinaire de Sa Ma
· jeſté Catholique, a eu une audience particulière
du Roi, à qui il a préſenté ſes Lettres de créan
ces : il a été conduit à cette Audience, ainſi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale,
par le fieur Durfort, Introducteur des Ambaſ
ſadeurs.
Le même jour, les cinq Députés du Parlement
: de Toulouſe, qui avoient été mandés par le Roi
furent préſentés à Sa Majeſté par le Comte de
212 MERCURE DE FRANCE.
S. Florentin, Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département du la Province de Languedoc,
& conduits par le Marquis de Dreux, Grand
Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut dans
ſon fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de
ſes Grands Officiers, & leur permit de lui faire
les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le Premier Préſident de Paris s'eſt rendu ici
le 4 de ce mois, accompagné des Préſidens d'Aligre
& d'Ormeſſon , & a remis au Roi les
Remontrances de ſon Parlement qui avoient
été arrêtées le 3 à l'Aſſemblée des Chambres.
Les huit Députés du Parlement de Rouen ,
qui avoient été mandés par le Roi, furent pré
ſentés, le 1 o, à Sa Majeſté par le ſieur Ber
tin , Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant le Dé
partement de la Province de Normandie , &
conduits par le Marquis de Dreux, Grand-Maî
tre des Cérémonies. Le Roi les reçut dans ſon
Fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de ſes
Grands-Officiers, & leur permit de lui faire les
repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le 25 du mois dernier , l'Archevêque de
Rheims, Grand Aumônier de France , ſacra ,
dans la Chapelle du Château, les Evêques de Sain
tes & de Gap. L'Evêque d'Autun, Premier Au
mônier du Rci, l'Evêque de Meaux, Premier
Aumônier de Madame Adelaïde, ſervirent d'Aſſiſ
tans. Hier, pendant la Meſſe du Roi, les Evêques
de Saintes & de Gap prêterent ſerment entre
les mains de Sa Majeſté. Le Vicomte de
Choiſeul, Brigadier des Armées du Roi, l'un
des Menins de Monſeigneur le Dauphin & Fils du
Duc de Praſlin, eſt déſigné pour aller , de la pars
A V R I L. 1764. 213
de Sa Majeſté, complimenter à Vienne Leurs Ma.
jeſtés Impériales & Royale, ainſi que le futur Roi
des Romains, ſur ſon Election & ſon Couronne
In6ºnt,-
Le 2 5 du mois dernier, Leurs Majeſtés & la
Famille Royale ont ſigné le Contrat de Mariage
du Duc de Fronſac , Premier Gentilhomme de
la Chambre du Roi en ſurvivance , avec De
moiſelle d'Hautefort ; le 26 celui du Vicomte
de Gouy d'Arſy, avec Demoiſelle de Beaumois ;
& le 4 de ce mois, celui du Vicomte de Belſunce,
avec Demoiſelle de la Live d'Epinay.
La Comteſſe de Graſſe, fut préſentée à Leurs
Majeſtés, le 26 du mois dernier, par la Vicom ,
teſſe de Caſtelane.
: Le 2 5 de ce mois, la Princeſſe de Beauvau fut
préſentée au Roi & à la Reine par la Maréchale
de Mirepoix, & prit le tabouret en qualité d'épouſe
d'un Grand d'Eſpagne. Le lendemain, la
Ducheſſe de Fronſac fut préſentée à Leurs Ma
jeſtés & à la Famille Royale par la Comteſſe
d Egmont, & prit le tabouret. Le même jour,
la Marquiſe de Sorem fut auſſi préſentée à Leurs
Majeſtés par la Comteſſe de Marſan.
Le 1 1 de ce mois, le Bailli de Froullay , Am
baſſadeur de Malte offrit au Roi les faucons ,
dont l'Ordre de Malte fait préſent à Sa Majeſté.
Il préſenta en même temps au Roi le Chevalier
de Belmond, qui avoit été chargé par le Grand
Maître de l'Ordre, de porter ces faucons en
France.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
Le 31 mars 1764, plusieurs événements diplomatiques et cérémoniels ont eu lieu à Versailles. Le 14 mars, le sieur de Packelbel, ministre du Duc de Deux-Ponts et du Landgrave de Hesse-Cassel, a été présenté au Roi, à la Reine et à la Famille Royale. Le 25 mars, le Comte de Fuentes, ambassadeur d'Espagne, a été reçu en audience particulière par le Roi, qui lui a présenté ses lettres de créances. Les députés des Parlements de Toulouse et de Rouen ont été présentés au Roi, respectivement par le Comte de Saint-Florentin et le sieur Bertin. Le Premier Président de Paris a remis au Roi les remontrances de son Parlement. L'Archevêque de Reims a sacré les évêques de Saintes et de Gap dans la chapelle du Château. Le Vicomte de Choiseul a été désigné pour complimenter les souverains autrichiens et le futur Roi des Romains. Plusieurs contrats de mariage ont été signés, notamment ceux du Duc de Fronsac, du Vicomte de Gouy d'Arsy et du Vicomte de Belsunce. Plusieurs dames, dont la Comtesse de Grasse, la Princesse de Beauvau et la Duchesse de Fronsac, ont été présentées à Leurs Majestés. Le 11 avril, le Bailli de Froullay, ambassadeur de Malte, a offert au Roi des faucons de la part de l'Ordre de Malte.
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19354
p. 199-201
MARIAGES.
Début :
Lundi, 13 Décembre le Duc de la Rochefoucault a épousé la Demoiselle de Gand, Niéce [...]
Mots clefs :
Comte, Marquis, Généalogie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Lundi , 13 Décembre le Duc de la Rochefoucault
a époufé la Demoiſelle de Gand, Nicce
du Maréchal Prince d'Ifenghien . L'Archevêque
de Rouen leur a donné la Bénédition Nuptiale
dans la Chapelle particuliere du Prince.
Paul Comte de Montalembert , Chevalier Seigneur
de Maumont Lavigerie &c . Epoula le 28-
I iv
200. MERCURE DE FRANCE.
Décembre dernier , Jeanne Ainflie , fille de George
Aindie , Ecuyer Seigneur de Pittown en
Ecofle & de Dame Jeanne Anftruther. La Béné→
diction Nuptiale leur fut donnée à Angouleme
en l'absence de M. l'Evêque , par l'Abbé de
Girac , Vicaire Général & Doyen du Chapitre..
La Maifon de Montalembert porte pour armes
d'argent à la croix encrée de fable. Elle tire fon
origine des anciens Seigneurs de la Terre de
Montalembert fituée fur les confins du Poitou
& de l'Angoumois , qu'ils poffédoient dès l'an
1200. Guillaume III de Montalembert , fils de
Jean III & de Sibile de Gourville , eut poar
femme Honoré de Ligniere , & reçut une reconnoiffance
de Johan de Puipolin le Lundi après
la Saint Michel 1282 ,
On ne donnera point ici la généalogie de cecre
Mailon , dont tous les Hiftoriens ont fait mens
tion avec éloge , & nommément à l'occafion
d'André de Montalembert,Comte d'Effé, Seigneur
de Ponvillier en Poitou On fçait qu'il fut premier
Gentilhomme de la Chambre des Rois Françóis,
premier & Henri II , Chevalier de l'Or
dre du Roi , Lieutenant Général & Comman,
dant fes Armées dans la guerre d'Ecoffe
& qu'il for un des plus braves & des plus renommés
Capitaines de fon temps Sa mort le
priva , felon Dubouchet , du Bâton de Maréchal
de France. Il fut tué fur la brêche en défendapt
Theroenne où il commandoje te 12-Juin15:53 .
La Branche des Marquis de Montalembert ,
dite de Vaux , qui eft celle dont il eft ici quef
tion , a poffé dé la Terre de Vaux dans cette Pros.
vince depuis Louis de Montalembert , fils de René
de Montalembert & de Léonore de Voluire , le
quel époufa par contrat du 20 Février 143 S
JANVIER. 1763. 201
Jeanne de Vaux , fille unique & héritiere de
Jean de Vaux , Ecuyer , & de Marie de Morriere
.
Paul , Comte de Montalembert qui a donné
lieu à cet article , eft fils de Jacob Comte de
Montalembert , Seigneur de Moumont , & c. & de-
Marie Vigier de la Vigerie , & frere puîné de
Marc-René, Marquis de Montalembert , Maréchal
des camps & armées du Roi , Lieutenant
Général des Provinces de Saintonge & Angoumois
, Enfeigne de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi , Gouverneur de Ville-
Neuve d'Avignon , de l'Académie Royale des
Sciences de Paris , & de l'Académie Impériale de
Pétersbourg.
Lundi , 13 Décembre le Duc de la Rochefoucault
a époufé la Demoiſelle de Gand, Nicce
du Maréchal Prince d'Ifenghien . L'Archevêque
de Rouen leur a donné la Bénédition Nuptiale
dans la Chapelle particuliere du Prince.
Paul Comte de Montalembert , Chevalier Seigneur
de Maumont Lavigerie &c . Epoula le 28-
I iv
200. MERCURE DE FRANCE.
Décembre dernier , Jeanne Ainflie , fille de George
Aindie , Ecuyer Seigneur de Pittown en
Ecofle & de Dame Jeanne Anftruther. La Béné→
diction Nuptiale leur fut donnée à Angouleme
en l'absence de M. l'Evêque , par l'Abbé de
Girac , Vicaire Général & Doyen du Chapitre..
La Maifon de Montalembert porte pour armes
d'argent à la croix encrée de fable. Elle tire fon
origine des anciens Seigneurs de la Terre de
Montalembert fituée fur les confins du Poitou
& de l'Angoumois , qu'ils poffédoient dès l'an
1200. Guillaume III de Montalembert , fils de
Jean III & de Sibile de Gourville , eut poar
femme Honoré de Ligniere , & reçut une reconnoiffance
de Johan de Puipolin le Lundi après
la Saint Michel 1282 ,
On ne donnera point ici la généalogie de cecre
Mailon , dont tous les Hiftoriens ont fait mens
tion avec éloge , & nommément à l'occafion
d'André de Montalembert,Comte d'Effé, Seigneur
de Ponvillier en Poitou On fçait qu'il fut premier
Gentilhomme de la Chambre des Rois Françóis,
premier & Henri II , Chevalier de l'Or
dre du Roi , Lieutenant Général & Comman,
dant fes Armées dans la guerre d'Ecoffe
& qu'il for un des plus braves & des plus renommés
Capitaines de fon temps Sa mort le
priva , felon Dubouchet , du Bâton de Maréchal
de France. Il fut tué fur la brêche en défendapt
Theroenne où il commandoje te 12-Juin15:53 .
La Branche des Marquis de Montalembert ,
dite de Vaux , qui eft celle dont il eft ici quef
tion , a poffé dé la Terre de Vaux dans cette Pros.
vince depuis Louis de Montalembert , fils de René
de Montalembert & de Léonore de Voluire , le
quel époufa par contrat du 20 Février 143 S
JANVIER. 1763. 201
Jeanne de Vaux , fille unique & héritiere de
Jean de Vaux , Ecuyer , & de Marie de Morriere
.
Paul , Comte de Montalembert qui a donné
lieu à cet article , eft fils de Jacob Comte de
Montalembert , Seigneur de Moumont , & c. & de-
Marie Vigier de la Vigerie , & frere puîné de
Marc-René, Marquis de Montalembert , Maréchal
des camps & armées du Roi , Lieutenant
Général des Provinces de Saintonge & Angoumois
, Enfeigne de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi , Gouverneur de Ville-
Neuve d'Avignon , de l'Académie Royale des
Sciences de Paris , & de l'Académie Impériale de
Pétersbourg.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate deux mariages notables. Le 13 décembre, le Duc de la Rochefoucault a épousé la Demoiselle de Gand, nièce du Maréchal Prince d'Ifenghien, dans la chapelle particulière du Prince, avec la bénédiction de l'Archevêque de Rouen. Le 28 décembre, Paul Comte de Montalembert a épousé Jeanne Ainflie, fille de George Aindie, Seigneur de Pittown en Ecofle, et de Dame Jeanne Anftruther. La bénédiction nuptiale a été donnée à Angoulême par l'Abbé de Girac, en l'absence de l'Évêque. La maison de Montalembert possède des armes d'argent à la croix encrée de sable et tire son origine des anciens Seigneurs de la Terre de Montalembert, située aux confins du Poitou et de l'Angoumois, qu'ils possédaient dès l'an 1200. Guillaume III de Montalembert, fils de Jean III et de Sibile de Gourville, a épousé Honoré de Ligniere et a reçu une reconnaissance de Johan de Puipolin le lundi après la Saint-Michel 1282. Le texte mentionne également André de Montalembert, Comte d'Effé, Seigneur de Ponvillier en Poitou, qui fut premier Gentilhomme de la Chambre des Rois François Ier et Henri II, Chevalier de l'Ordre du Roi, Lieutenant Général et commandant des armées dans la guerre d'Écosse. Il est décédé le 12 juin 1553 en défendant Theroenne. La branche des Marquis de Montalembert, dite de Vaux, a possédé la Terre de Vaux depuis Louis de Montalembert, fils de René de Montalembert et de Léonore de Voluire, qui a épousé Jeanne de Vaux le 20 février 1435. Paul Comte de Montalembert est le fils de Jacob Comte de Montalembert, Seigneur de Moumont, et de Marie Vigier de la Vigerie, et le frère puîné de Marc-René, Marquis de Montalembert, Maréchal des camps et armées du Roi, Lieutenant Général des Provinces de Saintonge et Angoumois, Enseigne de la Compagnie des Chevaux-Légers de la Garde du Roi, Gouverneur de Villeneuve d'Avignon, et membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris et de l'Académie Impériale de Pétersbourg.
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19355
p. 196
De Leipsick, le 6. Décembre.
Début :
On mande de Cassel que les Troupes Hanovriennes sont rentrées dans la Hesse, [...]
Mots clefs :
Troupes, Provisions, Comte, Députation royale, Roi de Prusse, Ministres
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texteReconnaissance textuelle : De Leipsick, le 6. Décembre.
De Leipfick, le 6. Décembre.
On mande de Caffel que les Troupes Hanovriennes
font rentrées dans la Heffe , au mo .
ment qu'elle a été évacuée par les François ;
que ce Pays eft fi dépourvû de Vivres , qu'on eft
obligé d'y en faire tranfporter de l'Electorat
d'Hanovre , & que la difficulté des tranſports
eft fi grande , qu'on eft perfuadé que ces Trouferont
forcées d'aller hiverner ailleurs.
pes
Les Troupes que le Comte de Dohna doit commander,
continuent de paffer par cette Ville; & nos
Magiftrats ne font occupés qu'à leur faire fournir
les Rations néceffaires de Vivres & de Fourages.
Du 8.
On mande de Dreſde que le Général Borch a
fait publier un écrit que l'on dit être émané de
la grande Députation Royale. Il y eft dit que
la
Saxe ne doit plus être regardée comme un fimple
dépôt remis entre les mains du Roi de Pruffe , &
que ce Prince eſt fondé à traiter déformais cet
Electorat comme un Pays conquis , l'ayant pris
für fes Ennemis par la force des armes.
Le Roi de Pruffe a donné ordre , que l'on mit
en féqueftre tous les biens des Miniftres d'Etat du
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , pour dédom
mager les Comtes de Podewils & de Dohna ,
des pertes qu'ils ont fouffertes de la part des
Ruffes & des Suédois.
On mande de Caffel que les Troupes Hanovriennes
font rentrées dans la Heffe , au mo .
ment qu'elle a été évacuée par les François ;
que ce Pays eft fi dépourvû de Vivres , qu'on eft
obligé d'y en faire tranfporter de l'Electorat
d'Hanovre , & que la difficulté des tranſports
eft fi grande , qu'on eft perfuadé que ces Trouferont
forcées d'aller hiverner ailleurs.
pes
Les Troupes que le Comte de Dohna doit commander,
continuent de paffer par cette Ville; & nos
Magiftrats ne font occupés qu'à leur faire fournir
les Rations néceffaires de Vivres & de Fourages.
Du 8.
On mande de Dreſde que le Général Borch a
fait publier un écrit que l'on dit être émané de
la grande Députation Royale. Il y eft dit que
la
Saxe ne doit plus être regardée comme un fimple
dépôt remis entre les mains du Roi de Pruffe , &
que ce Prince eſt fondé à traiter déformais cet
Electorat comme un Pays conquis , l'ayant pris
für fes Ennemis par la force des armes.
Le Roi de Pruffe a donné ordre , que l'on mit
en féqueftre tous les biens des Miniftres d'Etat du
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , pour dédom
mager les Comtes de Podewils & de Dohna ,
des pertes qu'ils ont fouffertes de la part des
Ruffes & des Suédois.
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Résumé : De Leipsick, le 6. Décembre.
Le 6 décembre, les troupes hanovriennes ont occupé la rivière Heffe, abandonnée par les Français. La région souffre d'un manque de vivres, obligeant les troupes à se ravitailler depuis l'Électorat d'Hanovre. Les problèmes de transport pourraient forcer les troupes à passer l'hiver ailleurs. Parallèlement, les troupes du Comte de Dohna traversent Leipfick, où les autorités locales leur fournissent les rations nécessaires. Le 8 décembre, des nouvelles de Dresde rapportent que le Général Borch a publié un document de la grande Députation Royale. Ce texte déclare que la Saxe n'est plus un simple dépôt aux mains du Roi de Prusse, mais un pays conquis. Le Roi de Prusse a ordonné la confiscation des biens des ministres d'État du Roi de Pologne, Électeur de Saxe, pour compenser les pertes subies par les Comtes de Podewils et de Dohna face aux Russes et aux Suédois.
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19356
p. 196
De MADRID, le 19 Juin.
Début :
On continue les préparatifs nécessaires pour célébrer l'avénement de Leurs [...]
Mots clefs :
Célébration, Préparatifs , Avènement au trône
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 19 Juin.
De MADRID , le 19 Jnin.
On continue les préparatifs néceffaires pour célébrer
l'avénement de Leurs Majestés au Trône .
Ces fêtes auront lieu vers la fin de ce mois.
On continue les préparatifs néceffaires pour célébrer
l'avénement de Leurs Majestés au Trône .
Ces fêtes auront lieu vers la fin de ce mois.
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19357
p. 196
De ROME, le 19 Juin.
Début :
La santé du Chevalier de S. Georges s'affermit de jour en jour. [...]
Mots clefs :
Santé, Chevalier, Amélioration, Congrégation, Pape, Édit, République de Gênes, Sénat, Tensions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 19 Juin.
De ROME , le 19 Juin.
La fanté du Chevalier de S , Georges s'affer
mit de jour en jour . Il s'eft trouvé le 21 du mois
dernier , en état de fe lever & de manger en Public
. On a reffenti le 26 à Mezzo , petite Ville de
la République de Ragufe , une fecouffe de tremblement
de terre ; elle a duré quatre minutes ,
mais elle a caufé peu de dommage .
Il fe tint , les de ce mois , en préſence de Sa
Sainteté , une Congrégation , dans laquelle il fut
réfolu d'annuller le fecond Edit de la République
de Gênes. On efpére cependant que , moyennant
les bons offices de quelques Puiffances
démêlé , avec cette République , ne tardera pas à
s'arranger. Le Sénat de Gênes paroit fe difpofer
à faire , à la Lettre exhortatoire du Pape , une ré
ponſe propre à concilier les efprits.
La fanté du Chevalier de S , Georges s'affer
mit de jour en jour . Il s'eft trouvé le 21 du mois
dernier , en état de fe lever & de manger en Public
. On a reffenti le 26 à Mezzo , petite Ville de
la République de Ragufe , une fecouffe de tremblement
de terre ; elle a duré quatre minutes ,
mais elle a caufé peu de dommage .
Il fe tint , les de ce mois , en préſence de Sa
Sainteté , une Congrégation , dans laquelle il fut
réfolu d'annuller le fecond Edit de la République
de Gênes. On efpére cependant que , moyennant
les bons offices de quelques Puiffances
démêlé , avec cette République , ne tardera pas à
s'arranger. Le Sénat de Gênes paroit fe difpofer
à faire , à la Lettre exhortatoire du Pape , une ré
ponſe propre à concilier les efprits.
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Résumé : De ROME, le 19 Juin.
Le 19 juin, la santé du Chevalier de S. Georges s'améliore à Rome. Le 21 mai, il s'est levé et a mangé en public. Le 26 mai, un tremblement de terre a été ressenti à Mezzo, causant peu de dommages. Le 1er juin, une congrégation a annulé un édit de la République de Gênes, espérant un accord rapide grâce à l'intervention de puissances. Le Sénat de Gênes est prêt à répondre favorablement au Pape.
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19358
p. 196-197
DE DRESDE, le 14. Décembre.
Début :
Le 10, le Roi de Prusse partit de cette Ville pour se rendre en Silésie. [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Troupes, Électorat, Comte de Dohna, Mouvements des troupes
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texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 14. Décembre.
DE DRESDE , le 14. Décembre.
Le to , le Roi de Pruffe partit de cette Ville
pour le rendre en Siléfie . Son intention eſt de
paffer l'hyver à Breslau. Le Prince Henry commandera
en Saxe. Les Troupes qui étoient à les
prdres ont été renforcées de plufieurs Régiments
JANVIER. 1759. 197
de la grande armée , & de quelques Bataillons
détachés du Corps commandé par le Général
Wedel.
Cet Electorat eft taxé à neuf millions d'écus
pour l'année prochaine. Le Roi de Pruffe a donné
ordre que l'on abattît toutes les Forêts qui appartiennent
au Roi de Pologne , & que le bois
füt vendu par adjudication . Les fieurs de Zinow
& de Kleift font chargés de faire exécuter la vo-
Jonté du Roi.
On avoit cru d'abord que le Comte de Dɔhna
marchoit en Thuringe pour y prendre les quartiers.
On fçait à préfent que l'Armée qu'il commande
a une deſtination toute opposée. En
quittant Léipfik , elle a dirigé fa marche fur
Priegnitz ; & on affure qu'elle va fè répandre
dans la Poméramie & le Mecklenbourg.
Le to , le Roi de Pruffe partit de cette Ville
pour le rendre en Siléfie . Son intention eſt de
paffer l'hyver à Breslau. Le Prince Henry commandera
en Saxe. Les Troupes qui étoient à les
prdres ont été renforcées de plufieurs Régiments
JANVIER. 1759. 197
de la grande armée , & de quelques Bataillons
détachés du Corps commandé par le Général
Wedel.
Cet Electorat eft taxé à neuf millions d'écus
pour l'année prochaine. Le Roi de Pruffe a donné
ordre que l'on abattît toutes les Forêts qui appartiennent
au Roi de Pologne , & que le bois
füt vendu par adjudication . Les fieurs de Zinow
& de Kleift font chargés de faire exécuter la vo-
Jonté du Roi.
On avoit cru d'abord que le Comte de Dɔhna
marchoit en Thuringe pour y prendre les quartiers.
On fçait à préfent que l'Armée qu'il commande
a une deſtination toute opposée. En
quittant Léipfik , elle a dirigé fa marche fur
Priegnitz ; & on affure qu'elle va fè répandre
dans la Poméramie & le Mecklenbourg.
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Résumé : DE DRESDE, le 14. Décembre.
Le 14 décembre, le roi de Prusse quitta Dresde pour passer l'hiver à Breslau en Silésie. Le prince Henry prit le commandement en Saxe. Les troupes aux avant-postes furent renforcées par plusieurs régiments de la grande armée et des bataillons du corps du général Wedel. Pour l'année suivante, l'Électorat fut taxé à neuf millions d'écus. Le roi de Prusse ordonna l'abattage des forêts appartenant au roi de Pologne, avec vente du bois par adjudication. Les sieurs de Zinow et de Kleist furent chargés de cette tâche. Initialement, on pensait que le comte de Dohna se dirigeait vers la Thuringe. Cependant, son armée se dirigea vers le Priegnitz et se préparait à se répandre en Poméranie et Mecklembourg.
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19359
p. 196-197
De GENES, le 10 Juin.
Début :
Les Colonels Basso, Gianai & Gallo, viennent de sortir de la prison, [...]
Mots clefs :
Colonels, Corse, Accusations, Innocence, Preuves, Archevêque, Pape, Bref
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 10 Juin.
De GENES , le 10 Juin.
> notre
Les Colonels Baffo , Gianai & Gallo , viennent
de fortir de la prifon , dans laquelle ils avoient
été renfermés , fur l'accufation de s'être mal comportés
à l'affaire de Furiani en Corfe . Ils ne jouiffent
cependant pas d'une entiere liberté. Il est enjomt
au premier , de ne point fortir de la ville ;
& aux deux autres , de refter dans leur maison ,
jufqu'à ce que les preuves de leur innocence
-foient complettes . L'Archevêque de cette ville , a
JUILLET. 1760.
197
communiqué le Bref exhortatoire , adreffé par le
Pape au Sénat ; on ne fait point encore quelle
réfolution la République prendra , fur ce Bref. On
a mis à Baſtia , ainfi qu'à Calvi , des Gardes aux
portes des Evêques & des Religieux , afin de lear
interdire toute communication avec le Vifiteur
Apoftolique. Il leur eft défendu de fortir , fans la
permillion du Gouverneur . Au reste , tout eft .
tranquille dans l'Ifle .
> notre
Les Colonels Baffo , Gianai & Gallo , viennent
de fortir de la prifon , dans laquelle ils avoient
été renfermés , fur l'accufation de s'être mal comportés
à l'affaire de Furiani en Corfe . Ils ne jouiffent
cependant pas d'une entiere liberté. Il est enjomt
au premier , de ne point fortir de la ville ;
& aux deux autres , de refter dans leur maison ,
jufqu'à ce que les preuves de leur innocence
-foient complettes . L'Archevêque de cette ville , a
JUILLET. 1760.
197
communiqué le Bref exhortatoire , adreffé par le
Pape au Sénat ; on ne fait point encore quelle
réfolution la République prendra , fur ce Bref. On
a mis à Baſtia , ainfi qu'à Calvi , des Gardes aux
portes des Evêques & des Religieux , afin de lear
interdire toute communication avec le Vifiteur
Apoftolique. Il leur eft défendu de fortir , fans la
permillion du Gouverneur . Au reste , tout eft .
tranquille dans l'Ifle .
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Résumé : De GENES, le 10 Juin.
Le 10 juin, les colonels Baffo, Gianai et Gallo ont été libérés à Gênes après l'affaire de Furiani. Baffo est assigné à résidence à Gênes, tandis que Gianai et Gallo doivent rester chez eux. En juillet 1760, l'archevêque de Gênes a transmis un message papal au Sénat. Des gardes surveillent les évêques et religieux en Corse pour empêcher toute communication avec le visiteur apostolique. L'île reste calme malgré ces mesures.
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19360
p. 190-191
De RATISBONNE, le 10 Juin 1763.
Début :
Suivant les nouvelles de Wetzlar, le 8 de ce mois, à deux heures du matin, [...]
Mots clefs :
Corps de troupes, Arrivée imprévue, Alarme, Régiments, Infanterie, Bataillons, Landgrave, Députés, Conclusion de paix, Garnison, Officiers, Magistrats, Chambre, Séance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 10 Juin 1763.
De RATISBONNE , le 10 Juin 1763.
Suivant les nouvelles de Wetzlar , lé 8 de
ce mois , à deux heures du matin , il y eut dans
cette Ville une allarme générale caufée par l'ar
rivée imprévue d'un corps de troupes au fervice
de Heffe- Darmstadt. Ce corps , compofé del
deux Régimens d'Infanterie de troupes réglées .
de quatre Bataillóns de Milice & de cinq cens
hommes , tant Cavaliers que Dragon's & Huf
fards , aprés avoir enfoncé les potres de la Ville ,
JUILLET. 1763. 191
& s'être affurés de fes principales avenues , entra
de force dans les mailons des Bourgue-Maître ,
Sénateurs & Bourgeois , & fe faifit de feize Magiftrats
qui furent obligés de répondre devant
les Députés commis à cet effet par le Land
grave. Cet événement a répandu ici la plus
grande confternation . Toute la Ville eft remplie
de troupes qui ont amené avec elles trente
pieces de canons chargés à cartouches , Il y a
dans plufieurs maifons foixante - dix à quatrevingt
hommes , & à l'exception de la pofte ,
perfonne n'ofe fortir de la Ville . On attribue les
motifs de cette éxécution à l'événement fuivant.
Après la conclufion de la Paix , les troupes
alliées , au nombre de fix cens hommes , ayant
dirigé leur marche par cette Ville , attaquérent ,
avec le fecours de la Garnifon & de quelques
Bourgeois , les troupes de Heffe - Darmstadt ,
qui furent repouffées & dont l'Officier Com
mandant fut maltraité par le Bourge- Maître &
par quelques Sénateurs . Le Landgrave demanda
fatisfaction de cette injure au Magiftrat
mais n'ayant pu l'obtenir , ce refus le détermina
à en venir à des voies de fait . Il y a eu
à ce fujet , ce matin entre huit & neuf heures.
une féance extraordinaire des Affelleurs de la
Chambre ; mais on n'en fçait point encore le
réfultat.
Suivant les nouvelles de Wetzlar , lé 8 de
ce mois , à deux heures du matin , il y eut dans
cette Ville une allarme générale caufée par l'ar
rivée imprévue d'un corps de troupes au fervice
de Heffe- Darmstadt. Ce corps , compofé del
deux Régimens d'Infanterie de troupes réglées .
de quatre Bataillóns de Milice & de cinq cens
hommes , tant Cavaliers que Dragon's & Huf
fards , aprés avoir enfoncé les potres de la Ville ,
JUILLET. 1763. 191
& s'être affurés de fes principales avenues , entra
de force dans les mailons des Bourgue-Maître ,
Sénateurs & Bourgeois , & fe faifit de feize Magiftrats
qui furent obligés de répondre devant
les Députés commis à cet effet par le Land
grave. Cet événement a répandu ici la plus
grande confternation . Toute la Ville eft remplie
de troupes qui ont amené avec elles trente
pieces de canons chargés à cartouches , Il y a
dans plufieurs maifons foixante - dix à quatrevingt
hommes , & à l'exception de la pofte ,
perfonne n'ofe fortir de la Ville . On attribue les
motifs de cette éxécution à l'événement fuivant.
Après la conclufion de la Paix , les troupes
alliées , au nombre de fix cens hommes , ayant
dirigé leur marche par cette Ville , attaquérent ,
avec le fecours de la Garnifon & de quelques
Bourgeois , les troupes de Heffe - Darmstadt ,
qui furent repouffées & dont l'Officier Com
mandant fut maltraité par le Bourge- Maître &
par quelques Sénateurs . Le Landgrave demanda
fatisfaction de cette injure au Magiftrat
mais n'ayant pu l'obtenir , ce refus le détermina
à en venir à des voies de fait . Il y a eu
à ce fujet , ce matin entre huit & neuf heures.
une féance extraordinaire des Affelleurs de la
Chambre ; mais on n'en fçait point encore le
réfultat.
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Résumé : De RATISBONNE, le 10 Juin 1763.
Le 10 juin 1763, à Ratisbonne, une alarme générale a été déclenchée à deux heures du matin par l'arrivée inattendue de troupes au service du landgrave de Hesse-Darmstadt. Composées de deux régiments d'infanterie, quatre bataillons de milice et environ cinq cents cavaliers, dragons et hussards, ces troupes ont forcé les portes de la ville et pris le contrôle des principales avenues. Elles ont investi les maisons des bourgmestres, sénateurs et bourgeois, contraignant plusieurs magistrats à répondre devant des députés nommés par le landgrave. La ville est maintenant remplie de troupes armées de trente pièces de canon, et les habitants sont confinés chez eux, sauf pour les postes de garde. Cet événement est attribué à une altercation précédente où des troupes alliées, soutenues par la garnison et quelques bourgeois, ont attaqué les troupes de Hesse-Darmstadt après la conclusion de la paix. Le landgrave a demandé réparation pour l'affront subi mais, n'ayant pas obtenu satisfaction, a décidé d'agir par la force. Une séance extraordinaire des assemblées de la Chambre a eu lieu ce matin, mais son résultat n'est pas encore connu.
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19361
p. 191
De MAYENCE, le 4 Juin 1763.
Début :
Jean-Fréderic-Charles, Electeur de Mayence, Archi-Chancelier de l'Empire, est mort [...]
Mots clefs :
Électeur de Mayence, Décès, Archi-chancelier, Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MAYENCE, le 4 Juin 1763.
De MAYENCE, le 4 Juin 1763 .
Jean-Fréderic- Charles , Electeur de Mayence ,
Archi-Chancelier de l'Empire , eft mort aujourd'hui
dans la foixante- quatorziéme année de fon
âge ; univerfellement regretté. Il étoit de la
Maiſon des Contes d'Oftein , né le 6 Juin 1689
élu Archevêque de Mayence , le 22 Avril 1743
&Coadjuteur de Wors , le 7 Octobre 1748.
Jean-Fréderic- Charles , Electeur de Mayence ,
Archi-Chancelier de l'Empire , eft mort aujourd'hui
dans la foixante- quatorziéme année de fon
âge ; univerfellement regretté. Il étoit de la
Maiſon des Contes d'Oftein , né le 6 Juin 1689
élu Archevêque de Mayence , le 22 Avril 1743
&Coadjuteur de Wors , le 7 Octobre 1748.
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19362
p. 197-198
DE HAMBOURG, le 28 Novembre.
Début :
Le 21 de ce mois, le Quartier Général de l'Armée Suédoise [...]
Mots clefs :
Armée suédoise, Armée prussienne, Comte de Dohna, Enrôlement, Feld-maréchal, Prisonnier, Quartier d'hiver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 28 Novembre.
DE HAMBOURG le 18 Novembre.
Le 21 de ce mois , le Quartier Général de
l'Armée Suédoiſe étoit encore à Prentzlaw.
Du 2 Décembre .
L'Armée Pruffienne aux ordres du Comte de
Dohna , elt entrée dans le Mecklembourg. Elle
a répandu une fi grande terreur dans le Pays
que tous les jeunes gens ont pris la fuite , dans
la crainte d'être enrôlés par force. Le Roi de
Pruffe a donné ordre de lever dans le Brandebourg
trente-fix mille hommes de recrues , pour
remplir les vuides que la campagne derniere a
laifles dans les divers Corps qui compofent fes
Armées.
Le Feeld - Maréchal Comte de Seckendorff-
Meuſchwitz-, a été enlevé dans fon Château par
ordre du Roi de Pruffe , & conduit Priſonnier à
Magdebourg.
⚫ pour
L'Armée Suédoife a répaffé la Peene
prendre fes quartiers d'hyver à Gripfwalde & à
I iij
198 MERCURE DE FRANCE...
Stralfund. Elle a laiffé de fortes garniſons dans
Anclam & Demmin.
Le 21 de ce mois , le Quartier Général de
l'Armée Suédoiſe étoit encore à Prentzlaw.
Du 2 Décembre .
L'Armée Pruffienne aux ordres du Comte de
Dohna , elt entrée dans le Mecklembourg. Elle
a répandu une fi grande terreur dans le Pays
que tous les jeunes gens ont pris la fuite , dans
la crainte d'être enrôlés par force. Le Roi de
Pruffe a donné ordre de lever dans le Brandebourg
trente-fix mille hommes de recrues , pour
remplir les vuides que la campagne derniere a
laifles dans les divers Corps qui compofent fes
Armées.
Le Feeld - Maréchal Comte de Seckendorff-
Meuſchwitz-, a été enlevé dans fon Château par
ordre du Roi de Pruffe , & conduit Priſonnier à
Magdebourg.
⚫ pour
L'Armée Suédoife a répaffé la Peene
prendre fes quartiers d'hyver à Gripfwalde & à
I iij
198 MERCURE DE FRANCE...
Stralfund. Elle a laiffé de fortes garniſons dans
Anclam & Demmin.
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Résumé : DE HAMBOURG, le 28 Novembre.
Le 18 novembre, le quartier général de l'Armée suédoise était à Prentzlaw. Le 2 décembre, l'Armée prussienne, dirigée par le Comte de Dohna, a envahi le Mecklembourg, provoquant la fuite des jeunes hommes pour éviter la conscription. Le Roi de Prusse a ordonné de lever 36 000 recrues. Le Feld-Maréchal Comte de Seckendorff-Meuschwitz a été arrêté et conduit à Magdebourg. L'Armée suédoise a traversé la Peeene pour hiverner à Gripfwalde et Stralfund, laissant des garnisons à Anclam et Demmin.
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19363
p. 193-194
DU LEVANT.
Début :
Le Sultan, à son avénement au Trône, a fait distribuer aux Janissaires [...]
Mots clefs :
Constantinople, Sultan, Grand vizir, Fonctions, Nominations, Magistrats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVAN T.
DE CONSTANTINOPLE , le 20 Novembre.
L'E Sultan , à fon avénement au Trône , a fait
diftribuer aux Janniflaires dix - ſept cens bourses ,
ce qui fait une femme plus confidérable qu'aucun
Empereur , avant lui , n'en a diſtribuée à ce
Corps , pour s'attacher ſon affection . Racheb- Pacha
, Grand Vizir , a été confirmé par un Diplome
, dans cette importante place. Ce Miniſtre
paroît pofféder toute la confiance du Grand Seigneur.
Il a obtenu pour fon gendre l'emploi d'Im-
Brohos-Bafchi , où Grand Ecuyer . On lui attribue
la dépofition du Capitan Pacha , & le rétabliffement
de Soliman-Pacha dans ce pofte , qu'il
avoit déja occupé. Le Selictar - Aga , ou Porte-
Cimeterre , le Chiaoux - Baſchi , ou Grand- Chambellan
, & quelques autres Officiers , ont auffi
perdu leurs emplois & font exilés .
a Sa Hauteffe à nommé le gendre du Kiahia ou
Secrétaire d'Etat , pour aller notifier fon avénement
à la Cour de Vienne , & confirmer la bonne
intelligence qui fubfifte depuis longtemps entre
cette Cour & la Porte. Ofman Effendi , ci devant
Chiaufſar -Chatibi , ou Secrétaire des Janniffaires
, & Salem-Agafi , font auffi nommés pour
11.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
exécuter la même commiflion à Petersbourg & à
Varfowie.
DE CONSTANTINOPLE , le 20 Novembre.
L'E Sultan , à fon avénement au Trône , a fait
diftribuer aux Janniflaires dix - ſept cens bourses ,
ce qui fait une femme plus confidérable qu'aucun
Empereur , avant lui , n'en a diſtribuée à ce
Corps , pour s'attacher ſon affection . Racheb- Pacha
, Grand Vizir , a été confirmé par un Diplome
, dans cette importante place. Ce Miniſtre
paroît pofféder toute la confiance du Grand Seigneur.
Il a obtenu pour fon gendre l'emploi d'Im-
Brohos-Bafchi , où Grand Ecuyer . On lui attribue
la dépofition du Capitan Pacha , & le rétabliffement
de Soliman-Pacha dans ce pofte , qu'il
avoit déja occupé. Le Selictar - Aga , ou Porte-
Cimeterre , le Chiaoux - Baſchi , ou Grand- Chambellan
, & quelques autres Officiers , ont auffi
perdu leurs emplois & font exilés .
a Sa Hauteffe à nommé le gendre du Kiahia ou
Secrétaire d'Etat , pour aller notifier fon avénement
à la Cour de Vienne , & confirmer la bonne
intelligence qui fubfifte depuis longtemps entre
cette Cour & la Porte. Ofman Effendi , ci devant
Chiaufſar -Chatibi , ou Secrétaire des Janniffaires
, & Salem-Agafi , font auffi nommés pour
11.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
exécuter la même commiflion à Petersbourg & à
Varfowie.
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Résumé : DU LEVANT.
Le 20 novembre, depuis Constantinople, il est rapporté que le nouvel Sultan a distribué dix-sept cents bourses aux Janissaires pour assurer leur loyauté. Rachèb-Pacha a été confirmé comme Grand Vizir et a obtenu pour son gendre le poste d'Imbrohos-Bafchi. Il est également à l'origine de la destitution du Capitan Pacha et du rétablissement de Soliman-Pacha dans ce poste. Plusieurs officiers, dont le Selictar-Aga et le Chiaoux-Baschi, ont été révoqués et exilés. Le Sultan a nommé le gendre du Kiahia pour annoncer son avènement à la Cour de Vienne et confirmer les bonnes relations entre les deux cours. Osman Effendi et Salem-Agafi ont été désignés pour accomplir la même mission à Petersbourg et Varsovie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19364
p. 197-198
De LONDRES, le 24 Juin.
Début :
Quoique les forces navales de l'Angleterr n'ayant jamais été si formidables [...]
Mots clefs :
Forces navales, Angleterre, Vaisseaux, Pertes, Caroline, Guerre, Amérique, Colons, Négociants, Québec, Défaite, Français, Marche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 24 Juin.
De LONDRES , le 24 Juin.
Quoique les forces navales de l'Angleterr
n'ayent jamais été fi formidables qu'à préfent , le
commerce de la nation ne laiffe pas de fouffrir
beaucoup des prifes que les Armateurs François
font continuellement. On compte deux cens de
nos Vailleaux pris depuis le commencement de
Mars ; fçavoir , trente deux au mois de Mars ,
quarante-fept dans le cours d'Avril , quatre- vingt
en Mai & quarante- un depuis le commencement
de ce mois . On obferve, avec chagrin, cet accroiffement
journalier de nos pertes . Toutes ces prifes
font évaluées à quatre cens cinquante mille livres
fterlings.
On s'apprête dans la Caroline à pouffer vigoureulement
la guerre contre les Chiroquois Nous
avons remporté fur cux quelques avantages , mais
peu décififs . Les Colons qui habitent leurs frontierés
font toujours dans la derniere confternation ,
& ils abandonnent le pays de crainte d'être les
victimes de leur cruauté.
Les Négocians qui ont fait des envois pour
Québec , font dans de grandes allarmes depuis
lés fâcheufes nouvelles que l'on a reçues de la
défaite des troupes du Brigadier général Murray .
On dit que les François , profitant de leur avan
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
tage , ont continué leur marche vers cette Capitale
du Canada , & que nos troupes l'ont abandonnées
Quoique les forces navales de l'Angleterr
n'ayent jamais été fi formidables qu'à préfent , le
commerce de la nation ne laiffe pas de fouffrir
beaucoup des prifes que les Armateurs François
font continuellement. On compte deux cens de
nos Vailleaux pris depuis le commencement de
Mars ; fçavoir , trente deux au mois de Mars ,
quarante-fept dans le cours d'Avril , quatre- vingt
en Mai & quarante- un depuis le commencement
de ce mois . On obferve, avec chagrin, cet accroiffement
journalier de nos pertes . Toutes ces prifes
font évaluées à quatre cens cinquante mille livres
fterlings.
On s'apprête dans la Caroline à pouffer vigoureulement
la guerre contre les Chiroquois Nous
avons remporté fur cux quelques avantages , mais
peu décififs . Les Colons qui habitent leurs frontierés
font toujours dans la derniere confternation ,
& ils abandonnent le pays de crainte d'être les
victimes de leur cruauté.
Les Négocians qui ont fait des envois pour
Québec , font dans de grandes allarmes depuis
lés fâcheufes nouvelles que l'on a reçues de la
défaite des troupes du Brigadier général Murray .
On dit que les François , profitant de leur avan
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
tage , ont continué leur marche vers cette Capitale
du Canada , & que nos troupes l'ont abandonnées
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Résumé : De LONDRES, le 24 Juin.
Le 24 juin à Londres, malgré la supériorité navale britannique, le commerce national subit des pertes significatives dues aux captures de navires par les armateurs français. Depuis mars, 200 vaisseaux ont été capturés : 32 en mars, 47 en avril, 80 en mai et 41 en juin. Ces pertes, évaluées à 450 000 livres sterling, augmentent quotidiennement, provoquant une grande inquiétude. En Caroline, les préparatifs pour la guerre contre les Chiroquois sont en cours. Quelques avantages ont été obtenus, mais ils ne sont pas décisifs. Les colons frontaliers vivent dans la consternation et abandonnent leurs terres par crainte des attaques. Les négociants envoyant des marchandises à Québec sont alarmés par la défaite des troupes du brigadier général Murray. Les Français, profitant de leur avantage, avancent vers Québec, contraignant les troupes britanniques à se retirer.
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19365
p. 1449-1451
ESPAGNE.
Début :
Le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, séjournerent le 4. de ce mois au [...]
Mots clefs :
Prince des Asturies, Princesse des Asturies, Maures, Ennemis, Oran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roy , la Reine , le Prince et la Princesse des
Asturies , séjournerent le 4. de ce mois au
Village de Viso , à cause de la solemnité de la
Fête Dieu , et Leurs Majestez firent leurs dévotions
dans l'Eglise Paroissiale . Le 5. elles arrive
rent à Valdepennas , &c Et l'on a appris que 1
12. Juin la Cour étoit arrivée au Château d'A
ranjues , où tous les Seigneurs et la plus grande
partie de la Noblesse de Madrid , s'étoient rendu
pour recevoir L. M. L'Infant Don Louis et le..
Infantes continuoient leur marche à petitea
journées. Le plaisir que cause le retour de la Fa
mille Royale , est inexprimable. L'Infant Dor
Louis et les Infantes arriverent le 1 6. de ce moi
à Aranjues.
Selon les nouveaux avis reçus d'Oran , la perte
que les Maures ont faite dans la derniere action ,
est bien plus grande qu'on ne l'avoit dit d'abord.
Ils ont perdu près de 3000. hommes , et ils ont
eu un très grand nombre de blessez .
Les dernieres nouvelles d'Oran , marquent que
les Maures ont fait une nouvelle et derniere tentative
pour s'emparer du Bastion de la Place d'Odu
côté d'Ytro , lequet ils avoient déja atran
,
II. Vol. I ij taqué
རྣཆད པ TRANCE
taqué plusieurs fois inutilement. Un Détachement
considerable de leurs Troupes s'étant vent
poster dans le Valon de la Fontaine , et dans le
Parage qu'on nomme de los Hijuelos , le Marquis
de Villadarias ordonna aux Grenadiers et aux Volontaires
de faire une sortie , et d'aller soutenus des
Dragons, charger en flanc les Ennemis; il fit marcher
en même-temps dix Compagnies d'un autre
côté du Vallon, pour les prendre par le flanc opposé.
Au signal qu'il fit donner du Fort de S.Philippe,
les Grenadiers et les Volontaires commencerent
l'attaque avec tant de valeur , qu'ils chasserent les
Maures et les poursuivirent jusques sur l'éminence
voisine de la Montagne de la Mazetta. Ayant été
joints en cet endroit par les Dragons , ils continuerent
de pousser les Ennemis , et les obligerent encore
de reculer jusqu'à la Montagne , où pendant
Jong-temps le feu fut très - vif de part et d'autre ,
mais à la fin toute l'Armée des Maures étant venuë
au secours du Détachement , les Espagnols
se retirerent sous le Fort de S, Ferdinand, Les Ennemis
, qui avoient toutes leurs forces réunies et
qui avoient eu la précaution de tenir leurs Troupes
plus serrées que dans les attaques précédentes,
poursuivirent et essuyerent un si grand feu de
Canon et de Mousqueterie , que la perte qu'ils
ont faite en cette occasion , est infiniment plus
considerable que celle qu'ils firent dans l'action
du 19. du mois d'Avril dernier .
les
Le combat étant fini , les Espagnols retournerent.
en bon ordre dans la Place et dans leurs
autres postes. La Garnison a eu dans cette occasjon
près de 400. hommes de tuez ou blessez ; du
nombre de ces derniers sont le Marquis de Mi
romenil , Colonel , Don Matthias del Campo ,
premier Lieutenant dans le Régiment des Gardes
11. Vol. Wallones
JUIN. 1733. 1451
Wallones , Don Ignace de Quiroga , et Don
Ferdinand Corbalan , Sergens Majors.
E Roy , la Reine , le Prince et la Princesse des
Asturies , séjournerent le 4. de ce mois au
Village de Viso , à cause de la solemnité de la
Fête Dieu , et Leurs Majestez firent leurs dévotions
dans l'Eglise Paroissiale . Le 5. elles arrive
rent à Valdepennas , &c Et l'on a appris que 1
12. Juin la Cour étoit arrivée au Château d'A
ranjues , où tous les Seigneurs et la plus grande
partie de la Noblesse de Madrid , s'étoient rendu
pour recevoir L. M. L'Infant Don Louis et le..
Infantes continuoient leur marche à petitea
journées. Le plaisir que cause le retour de la Fa
mille Royale , est inexprimable. L'Infant Dor
Louis et les Infantes arriverent le 1 6. de ce moi
à Aranjues.
Selon les nouveaux avis reçus d'Oran , la perte
que les Maures ont faite dans la derniere action ,
est bien plus grande qu'on ne l'avoit dit d'abord.
Ils ont perdu près de 3000. hommes , et ils ont
eu un très grand nombre de blessez .
Les dernieres nouvelles d'Oran , marquent que
les Maures ont fait une nouvelle et derniere tentative
pour s'emparer du Bastion de la Place d'Odu
côté d'Ytro , lequet ils avoient déja atran
,
II. Vol. I ij taqué
རྣཆད པ TRANCE
taqué plusieurs fois inutilement. Un Détachement
considerable de leurs Troupes s'étant vent
poster dans le Valon de la Fontaine , et dans le
Parage qu'on nomme de los Hijuelos , le Marquis
de Villadarias ordonna aux Grenadiers et aux Volontaires
de faire une sortie , et d'aller soutenus des
Dragons, charger en flanc les Ennemis; il fit marcher
en même-temps dix Compagnies d'un autre
côté du Vallon, pour les prendre par le flanc opposé.
Au signal qu'il fit donner du Fort de S.Philippe,
les Grenadiers et les Volontaires commencerent
l'attaque avec tant de valeur , qu'ils chasserent les
Maures et les poursuivirent jusques sur l'éminence
voisine de la Montagne de la Mazetta. Ayant été
joints en cet endroit par les Dragons , ils continuerent
de pousser les Ennemis , et les obligerent encore
de reculer jusqu'à la Montagne , où pendant
Jong-temps le feu fut très - vif de part et d'autre ,
mais à la fin toute l'Armée des Maures étant venuë
au secours du Détachement , les Espagnols
se retirerent sous le Fort de S, Ferdinand, Les Ennemis
, qui avoient toutes leurs forces réunies et
qui avoient eu la précaution de tenir leurs Troupes
plus serrées que dans les attaques précédentes,
poursuivirent et essuyerent un si grand feu de
Canon et de Mousqueterie , que la perte qu'ils
ont faite en cette occasion , est infiniment plus
considerable que celle qu'ils firent dans l'action
du 19. du mois d'Avril dernier .
les
Le combat étant fini , les Espagnols retournerent.
en bon ordre dans la Place et dans leurs
autres postes. La Garnison a eu dans cette occasjon
près de 400. hommes de tuez ou blessez ; du
nombre de ces derniers sont le Marquis de Mi
romenil , Colonel , Don Matthias del Campo ,
premier Lieutenant dans le Régiment des Gardes
11. Vol. Wallones
JUIN. 1733. 1451
Wallones , Don Ignace de Quiroga , et Don
Ferdinand Corbalan , Sergens Majors.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, la famille royale, incluant la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, a participé à la fête de la Fête Dieu le 4 juin au village de Viso, où ils ont prié dans l'église paroissiale. Le 5 juin, ils se sont rendus à Valdepennas. Le 12 juin, la cour est arrivée au Château d'Aranjues, accueillie par les seigneurs et la noblesse de Madrid. L'Infant Don Louis et les Infantes ont rejoint Aranjues le 16 juin après un voyage à petites journées. Le retour de la famille royale a suscité une grande joie. À Oran, les Maures ont subi des pertes importantes lors de leurs attaques contre les Espagnols. Lors de la dernière action, ils ont perdu près de 3 000 hommes et ont eu un grand nombre de blessés. Les Maures ont tenté de s'emparer du bastion de la place d'Oduc côté d'Ytro, mais ont été repoussés par les grenadiers et les volontaires espagnols, soutenus par les dragons. Le combat a été intense, avec des pertes considérables pour les Maures. La garnison espagnole a également subi des pertes, avec près de 400 hommes tués ou blessés, dont plusieurs officiers de haut rang. Après le combat, les Espagnols se sont retirés en bon ordre dans la place et leurs postes.
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19366
p. 203-205
ITALIE.
Début :
Un affreux ouragan a causé de très-grands dommages à Monte-Pulciano [...]
Mots clefs :
Rome, Naples, Gênes, Ouragan, Dégâts, Évêché, Mont Vésuve, Tremblement de terre, Rebelles corses, Attaques, San Pelegrino
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME , le 10 Septembre.
Un affreux ouragan a caufé de très- grands dontmages
à Monte-Pulciano & dans les environs . Le
Monaftere des Religieufes a été renversé de fond
en comble , & les deux tiers des perfonnes , qui
étoient dans cette maifon , ont été écrasées fous
les ruines des Bâtimens. Plufieurs autres maifons
ont été totalement détruites , & dans la campagne
la plupart des arbres ont été déracinés .
DE NAPLES , le 31 Août
.
Sur la recommandation du Grand Maître de
Malte , le Roi a diſpoſé de l'Evêché de cette ifle
en faveur du Grand Prieur de l'Eglife de Saint
Jean , un des trois Sujets qui avoient été préſen
tés à Sa Majefté.
Le Mont Véfuve jette depuis quelques jours beau
coup de flammes & de pierres embrafées . Il s'eft fair
dans cette montagne une nouvelle ouverture
d'où ilfort un torrent de matiere bitumineuſe ,
qui coule avec une rapidité extraordinaire.
99
On a reçu de Sicile la facheufe nouvelle , que
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
le 6 d'Août , on y a effuyé un affreux tremblement
de terre; que plus de la moitié de la Ville
de Syracufe a été renversée , & qu'environ douze
mille habitans ont été enfevelis fous les ruines de
leurs maifons.
DE GENES , le 4 Septembre.
Les Rebelles de Corfe ont cru les circonstances
favorables , pour attaquer les poftes que les troupes
de la République occupent dans le circuit de
I'Ifle. Neuf cens d'entr'eux tenterent le 19 du
mois d'Août , d'emporter d'affaut la Tour de San
Pelegrino , qui ne peut contenir qu'une garnison
d'environ quarante hommes. L'attaque n'ayant
pas réuffi , les Rebelles bloquerent ce pofte , dans
T'efpérance de le prendre par famine , & ils fe retrancherent
principalement du côté de la mer ,
afin d'empêcher les fecours .
Sur la nouvelle de l'entreprise de Paoli , la République
a envoyé en Corfe trois de fes Galeres ,
& un renfort de quatre cens hommes . Ces tronpes
y arriverent le 30. Elles defcendirent à terre
, malgré les obftacles qui s'oppofoient à leur
débarquement. La bayonnette au bout du fufil ,
elles chargerent les Rebelles , & les mirent en
fuite avec beaucoup de perte de la part de l'ennemi
. Elles étoient encore à fa pourfuite , dans
le moment du départ du courier que le Commiffaire
Général de l'Ile a dépêché à la Répu
blique. On ne fçauroit trop louer la conftance
& la fermeté des affiégés , qui ont réſiſté fi longtemps
à toutes les incommodités de leur fituasion
, particuliérement à la difette d'eau dont ils
ent manqué pendant une grande partie du fiége.
Les Galeres que le Gouvernement avoit enOCTOBRE
. 1757 : 205
voyées en Corſe , rentrerent avant- hier dans ce
port, & l'on eut à cette occafion le détail de tout
ce qui s'eft fait pour délivrer la Tour de San-
Pelegrino , fituée dans la partie de la Corfe , gardée
par les troupes de la République. Cette Relation
contient en fubftance , que les Rébelles font
dans la plus grande confternation ; plufieurs d'entr'eux
ayant été taillés en pieces , & nommément
quatre de leurs Chefs , parmi lesquels ſe trouve le
fameux Vincentelli Il s'eft élevé de grands différends
entre Paoli & les autres Chefs. Lorfque les
Galeres font parties de l'Ifle , on s'attendoit qu'ils
en viendroient aux mains.
DE ROME , le 10 Septembre.
Un affreux ouragan a caufé de très- grands dontmages
à Monte-Pulciano & dans les environs . Le
Monaftere des Religieufes a été renversé de fond
en comble , & les deux tiers des perfonnes , qui
étoient dans cette maifon , ont été écrasées fous
les ruines des Bâtimens. Plufieurs autres maifons
ont été totalement détruites , & dans la campagne
la plupart des arbres ont été déracinés .
DE NAPLES , le 31 Août
.
Sur la recommandation du Grand Maître de
Malte , le Roi a diſpoſé de l'Evêché de cette ifle
en faveur du Grand Prieur de l'Eglife de Saint
Jean , un des trois Sujets qui avoient été préſen
tés à Sa Majefté.
Le Mont Véfuve jette depuis quelques jours beau
coup de flammes & de pierres embrafées . Il s'eft fair
dans cette montagne une nouvelle ouverture
d'où ilfort un torrent de matiere bitumineuſe ,
qui coule avec une rapidité extraordinaire.
99
On a reçu de Sicile la facheufe nouvelle , que
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
le 6 d'Août , on y a effuyé un affreux tremblement
de terre; que plus de la moitié de la Ville
de Syracufe a été renversée , & qu'environ douze
mille habitans ont été enfevelis fous les ruines de
leurs maifons.
DE GENES , le 4 Septembre.
Les Rebelles de Corfe ont cru les circonstances
favorables , pour attaquer les poftes que les troupes
de la République occupent dans le circuit de
I'Ifle. Neuf cens d'entr'eux tenterent le 19 du
mois d'Août , d'emporter d'affaut la Tour de San
Pelegrino , qui ne peut contenir qu'une garnison
d'environ quarante hommes. L'attaque n'ayant
pas réuffi , les Rebelles bloquerent ce pofte , dans
T'efpérance de le prendre par famine , & ils fe retrancherent
principalement du côté de la mer ,
afin d'empêcher les fecours .
Sur la nouvelle de l'entreprise de Paoli , la République
a envoyé en Corfe trois de fes Galeres ,
& un renfort de quatre cens hommes . Ces tronpes
y arriverent le 30. Elles defcendirent à terre
, malgré les obftacles qui s'oppofoient à leur
débarquement. La bayonnette au bout du fufil ,
elles chargerent les Rebelles , & les mirent en
fuite avec beaucoup de perte de la part de l'ennemi
. Elles étoient encore à fa pourfuite , dans
le moment du départ du courier que le Commiffaire
Général de l'Ile a dépêché à la Répu
blique. On ne fçauroit trop louer la conftance
& la fermeté des affiégés , qui ont réſiſté fi longtemps
à toutes les incommodités de leur fituasion
, particuliérement à la difette d'eau dont ils
ent manqué pendant une grande partie du fiége.
Les Galeres que le Gouvernement avoit enOCTOBRE
. 1757 : 205
voyées en Corſe , rentrerent avant- hier dans ce
port, & l'on eut à cette occafion le détail de tout
ce qui s'eft fait pour délivrer la Tour de San-
Pelegrino , fituée dans la partie de la Corfe , gardée
par les troupes de la République. Cette Relation
contient en fubftance , que les Rébelles font
dans la plus grande confternation ; plufieurs d'entr'eux
ayant été taillés en pieces , & nommément
quatre de leurs Chefs , parmi lesquels ſe trouve le
fameux Vincentelli Il s'eft élevé de grands différends
entre Paoli & les autres Chefs. Lorfque les
Galeres font parties de l'Ifle , on s'attendoit qu'ils
en viendroient aux mains.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, plusieurs événements marquants ont eu lieu. À Monte-Pulciano, un ouragan a causé des dégâts considérables, détruisant le monastère des religieuses et tuant deux tiers des personnes présentes. De nombreuses maisons et arbres ont également été endommagés. À Naples, le roi a nommé le Grand Prieur de l'Église de Saint Jean à l'Évêché de Malte. Le mont Vésuve est entré en éruption, projetant des flammes, des pierres incandescentes et un torrent de matière bitumineuse. En Sicile, un tremblement de terre le 6 août a détruit la moitié de Syracuse et tué environ douze mille habitants. En Corse, les rebelles ont attaqué la tour de San Pellegrino sans succès et ont tenté de la bloquer. La République a envoyé des galères et des renforts, repoussant les rebelles et causant des pertes significatives parmi eux, y compris quatre chefs, dont Vincentelli. Des différends ont surgi entre Paoli et les autres chefs rebelles.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19367
p. 205-208
Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Début :
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné à placer les Musiciens ; il étoit formé par un [...]
Mots clefs :
Salon, Argent, Palmes, Colonnes, Fleurs de lys, Théâtre, Relief, Armes, Génies, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Description du Sallon décoré pour la Cantate,
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
Fermer
19368
p. 201-205
MORTS.
Début :
Le 21 Octobre dernier mourut au Château de S. Mandé Dame Claude de Volon de Montmain, [...]
Mots clefs :
Marquis, Lieutenant général des armées du roi, Capitaine de Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S
Le 21 Octobre dernier mourut au Château de
S. Mandé Dame Claude de Volon de Montmain ,
veuve de Meffire Jean- Baptifte - Jules de Ricard ,
Chevalier , Baron de Courgy , Seigneur de Chenevieres-
fur - Marne , Confeiller du Roi en fes
Confeils , fecond Préfident de la Cour des Aides
de Paris.
Elle laiffe deux enfans , Meffire Marc-Antoine
de Ricard ' , & Dame Philiberte- Blanche de Ri
card , époufe de Meffire Jacques- François de Berulle
, Chevalier , Comte de Berulle , Seigneur de
S: Mandé , fils , frere & oncle des trois Magiftrats
de ce nom qui ont occupé fucceffivement la
place de premier Préfident du Parlement de Dauphiné,
Commandant dans ladite Province , &
arriere-petit- neveu du Cardinal de ce nom "
Fondateur de la Congrégation de l'Oratoire .
Cette Dame étoit la derniere du nom de la
Maifon de Volon , établie depuis long temps
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
en Bourgogne , où elle a formé deux branches
celle des Seigneurs de Montmain & celle de
Seigneurs de Mimure : elle a donné plufieur
Officiers, dans les troupes du Roi , qui y ont
rempli divers emplois , entr'autres un Chevalier
de Malthe , tué à la bataille de Senef , Major
du Régiment des Gardes des Gouverneurs de
Place & Lieutenans- Généraux des Armées du
Roi. Le dernier de la branche des Seigneurs de,
Montmain , qui étoit frere de ladite Dame , étant.
mort fans enfans de Magdelaine Fouquet , four,
du Maréchal Duc de Belle - Ifle..
Et le Marquis de Mimure , dernier de ſa branche
, Menin de Monfeigneur fils unique du Roi
Louis XIV , étant aufli mort fans poſtérité ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & Gouverneur
des Villes & Châteaux d'Auxonne. Cette
Maifon portoit d'azur à la licorne d'argent.
Marc Antoine de Ricard , fils de ladite Dame ,
eft le dernier mâle de fa Maifon , établie en
Provence dès l'an 1080 , comme le juftifie une 、
chartre de ladite année , tirée des Archives de
l'Archevêché d'Aix à l'occafion de la fondation
des Chapelles de Notre Dame & de S. Sauveur ,
à la confervation defquelles Roftang , Archevêque
d'Aix , veilloit à la priere d'Ifnard , d'Amelin &
de Pierre Ricard , trois freres fondateurs defdites
Chapelles.
Cette Maiſon a fait plufieurs branches en Provence
, en Bourgogne , en Quercy & en Italie.
Elle a donné nombre de Magiftrats , d'Officiers
de terre & de mer , des Gouverneurs de Place ,
Châteaux & Villes.
ㄌ La branche établie en Quercy a donné un
Grand - Maître d'artillerie , qui préta ferment de
Décembre 1479. Cette branche , cette place le
14
JANVIER. 1763 .
203
qui étoit établie dans cette Province dès 1352 ,
n'y eft plus connue que fous le nom de Gourdon
Genouillac.
Dans la branche de Provence il y a eu un
Envoyé extraordinaire dans les Cours d'Espagne ,
de Portugal & d'Angleterre , au retour defquelles
il fut fait Confeiller d'Etat , & eut des Lettres de
conceffion pour ajouter à l'écu de fes armes un
chef d'azur chargé d'une fleur de lys d'or.
- ·
Cette Maiſon a aufli fourni grand nombre de
Chevaliers de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
antérieurement à 1364 , que Jean Ricard étoit
Commandeur d'Aix , juſqu'en 1745 & 1756 ,
que font morts les deux derniers Baillifs de ce
nom ; Grand-Croix de cet Ordre , & qui s'y font
diftingués par plufieurs actions mémorables.
La branche aînée de la Maifon de Ricard , qui
polle le en Provence les Marquifats de Ricard
& de Breganfon ne fubfifte plus qu'en trois filles."
"'
L'aînée a épousé M. le Vicomte de Narbonne-
Pelet , Lieutenant-Général des Armées du Roi
Gouverneur des Villes , Châteaux & Vignerie de
Sommieres .
La feconde a époufé M. le Marquis de l'Eltang-
de-Parade.
La feconde branche eft fondue dans la Maifon
de Rochemore , établie en Languedoc.
Et la troifiéme , qui étoit établie en Bourgogne
, ne fubfifte plus que dans les deux enfans de
Madame la Préfidente de Ricard, qui donne lieu
au préfent article .
Marie-Jeanne de Durfort de Lorge , fille unique
du Duc de Randan , époufe de Jean Brera -
gne Charles Godefroi , Sire de la Trémoille , Duc
de Thouars en Poitou , Pair de France , Comite
I vj
204 MERCURE * DE FRANCE.
de Laval au Maine & de Montfort en Bretagne ,
Baron de Vitré , Meftre de Camp.du Régiment
d'Artois , eft morte en cette Ville le 10 Décembre
dernier dans la vingt -huitiéme année de fon
âge.
Jofeph-François de Bocaud , Evêque d'Aleth ,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Loc- Dieu , Ordre de Citeaux , Diocefe de Rhodez ,
eft mort en fon Palais Epifcopal le 6 du même
mois , âgé de 27 ans.
Urbin Balthafar , Chevalier d'Aubigné, Maréchal
des camps, & armées du Roi , Commandant
de Rouen , y eft mort le 12 dans la quarante-
quatrième année de fon âge.
Le Sieur Evrard Titon du Tiller , ancien Capitaine
de Dragons , Maître d'Hôtel de feue
Madame la Dauphine , Mere du Roi , & ancien
Commiffaire Provincial des Guerres , eft décédé à
Paris le 26 du même mois , âgé de 86 ans , Ika été
préfenté à Ste Marguerite la Paroifle , & inhuméau
Couvent des Dames Hofpitalieres de S. Mandé ,
où eft la fépulture de fa famille. Il s'eft rendu
recommandable par fon amour pour les Savans
& pour les Belles Lettres , en l'honneur defquelles
il a élevé un monument en bronze , connu fous
le nom de Parnaffe François . Ses ouvrages Font
rendu célebre dans fa nation & chez tous les
étrangers , qui l'ont admis dans leurs Académies
.
François Deya , Marquis de la Salle , Maréchal
des Camps & Armées du Roi , ci- devant
Maréchal des Logis & Aide- Major de la feconde
Compagnie des Moufquetaires , eft mort le 29
Novembre à Tonnerre , dans la foixante- dixhuitième
année de fon âge.
Marie, Louife Perrine Richard de Fondville',
JANVIER. 1763. 205
Marquise de Chamborant , époufe d'André-
Claude , Marquis de Chamborant , Brigadier des
armées du Roi , Meftre de Camp du Régiment
de Cavalerie Hongroife de fon nom , elt morte
à Paris le 28 du même mois dans la vingtuniéme
année de fon âge.
-Etienne Jouan , Abbé Commendataire de
l'Abbaye de Quarante , Ordre de S. Auguftin ,
Diosefe de Narbonne , eft mort à Paris le 2 Janvier
1763 , âgé de 85 ans.
Jean- Baptifte- François de Villemeur , Lieutenant
Général des Arinées du Roi , Inſpecteur
d'Infanterie , Grand'Croir de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , Gouverneur de Monmedy
, mourut à Paris le même jour dans la
foixante-cinquième année de fon âge.
Hardouin- Therefé de Morel , Marquis de
Putangé, Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Ville & Chateau de Péronne
eft mort le 4 du même mois , âgé de 76 ans.
Reine de Madaillan de Lefparre , veuve de
Léon de Madaillan de Lefparre , Marquis de
Laffay , eft morte les dans la foixante dix- neuviéme
année de fon âge.
Le 21 Octobre dernier mourut au Château de
S. Mandé Dame Claude de Volon de Montmain ,
veuve de Meffire Jean- Baptifte - Jules de Ricard ,
Chevalier , Baron de Courgy , Seigneur de Chenevieres-
fur - Marne , Confeiller du Roi en fes
Confeils , fecond Préfident de la Cour des Aides
de Paris.
Elle laiffe deux enfans , Meffire Marc-Antoine
de Ricard ' , & Dame Philiberte- Blanche de Ri
card , époufe de Meffire Jacques- François de Berulle
, Chevalier , Comte de Berulle , Seigneur de
S: Mandé , fils , frere & oncle des trois Magiftrats
de ce nom qui ont occupé fucceffivement la
place de premier Préfident du Parlement de Dauphiné,
Commandant dans ladite Province , &
arriere-petit- neveu du Cardinal de ce nom "
Fondateur de la Congrégation de l'Oratoire .
Cette Dame étoit la derniere du nom de la
Maifon de Volon , établie depuis long temps
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
en Bourgogne , où elle a formé deux branches
celle des Seigneurs de Montmain & celle de
Seigneurs de Mimure : elle a donné plufieur
Officiers, dans les troupes du Roi , qui y ont
rempli divers emplois , entr'autres un Chevalier
de Malthe , tué à la bataille de Senef , Major
du Régiment des Gardes des Gouverneurs de
Place & Lieutenans- Généraux des Armées du
Roi. Le dernier de la branche des Seigneurs de,
Montmain , qui étoit frere de ladite Dame , étant.
mort fans enfans de Magdelaine Fouquet , four,
du Maréchal Duc de Belle - Ifle..
Et le Marquis de Mimure , dernier de ſa branche
, Menin de Monfeigneur fils unique du Roi
Louis XIV , étant aufli mort fans poſtérité ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & Gouverneur
des Villes & Châteaux d'Auxonne. Cette
Maifon portoit d'azur à la licorne d'argent.
Marc Antoine de Ricard , fils de ladite Dame ,
eft le dernier mâle de fa Maifon , établie en
Provence dès l'an 1080 , comme le juftifie une 、
chartre de ladite année , tirée des Archives de
l'Archevêché d'Aix à l'occafion de la fondation
des Chapelles de Notre Dame & de S. Sauveur ,
à la confervation defquelles Roftang , Archevêque
d'Aix , veilloit à la priere d'Ifnard , d'Amelin &
de Pierre Ricard , trois freres fondateurs defdites
Chapelles.
Cette Maiſon a fait plufieurs branches en Provence
, en Bourgogne , en Quercy & en Italie.
Elle a donné nombre de Magiftrats , d'Officiers
de terre & de mer , des Gouverneurs de Place ,
Châteaux & Villes.
ㄌ La branche établie en Quercy a donné un
Grand - Maître d'artillerie , qui préta ferment de
Décembre 1479. Cette branche , cette place le
14
JANVIER. 1763 .
203
qui étoit établie dans cette Province dès 1352 ,
n'y eft plus connue que fous le nom de Gourdon
Genouillac.
Dans la branche de Provence il y a eu un
Envoyé extraordinaire dans les Cours d'Espagne ,
de Portugal & d'Angleterre , au retour defquelles
il fut fait Confeiller d'Etat , & eut des Lettres de
conceffion pour ajouter à l'écu de fes armes un
chef d'azur chargé d'une fleur de lys d'or.
- ·
Cette Maiſon a aufli fourni grand nombre de
Chevaliers de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
antérieurement à 1364 , que Jean Ricard étoit
Commandeur d'Aix , juſqu'en 1745 & 1756 ,
que font morts les deux derniers Baillifs de ce
nom ; Grand-Croix de cet Ordre , & qui s'y font
diftingués par plufieurs actions mémorables.
La branche aînée de la Maifon de Ricard , qui
polle le en Provence les Marquifats de Ricard
& de Breganfon ne fubfifte plus qu'en trois filles."
"'
L'aînée a épousé M. le Vicomte de Narbonne-
Pelet , Lieutenant-Général des Armées du Roi
Gouverneur des Villes , Châteaux & Vignerie de
Sommieres .
La feconde a époufé M. le Marquis de l'Eltang-
de-Parade.
La feconde branche eft fondue dans la Maifon
de Rochemore , établie en Languedoc.
Et la troifiéme , qui étoit établie en Bourgogne
, ne fubfifte plus que dans les deux enfans de
Madame la Préfidente de Ricard, qui donne lieu
au préfent article .
Marie-Jeanne de Durfort de Lorge , fille unique
du Duc de Randan , époufe de Jean Brera -
gne Charles Godefroi , Sire de la Trémoille , Duc
de Thouars en Poitou , Pair de France , Comite
I vj
204 MERCURE * DE FRANCE.
de Laval au Maine & de Montfort en Bretagne ,
Baron de Vitré , Meftre de Camp.du Régiment
d'Artois , eft morte en cette Ville le 10 Décembre
dernier dans la vingt -huitiéme année de fon
âge.
Jofeph-François de Bocaud , Evêque d'Aleth ,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Loc- Dieu , Ordre de Citeaux , Diocefe de Rhodez ,
eft mort en fon Palais Epifcopal le 6 du même
mois , âgé de 27 ans.
Urbin Balthafar , Chevalier d'Aubigné, Maréchal
des camps, & armées du Roi , Commandant
de Rouen , y eft mort le 12 dans la quarante-
quatrième année de fon âge.
Le Sieur Evrard Titon du Tiller , ancien Capitaine
de Dragons , Maître d'Hôtel de feue
Madame la Dauphine , Mere du Roi , & ancien
Commiffaire Provincial des Guerres , eft décédé à
Paris le 26 du même mois , âgé de 86 ans , Ika été
préfenté à Ste Marguerite la Paroifle , & inhuméau
Couvent des Dames Hofpitalieres de S. Mandé ,
où eft la fépulture de fa famille. Il s'eft rendu
recommandable par fon amour pour les Savans
& pour les Belles Lettres , en l'honneur defquelles
il a élevé un monument en bronze , connu fous
le nom de Parnaffe François . Ses ouvrages Font
rendu célebre dans fa nation & chez tous les
étrangers , qui l'ont admis dans leurs Académies
.
François Deya , Marquis de la Salle , Maréchal
des Camps & Armées du Roi , ci- devant
Maréchal des Logis & Aide- Major de la feconde
Compagnie des Moufquetaires , eft mort le 29
Novembre à Tonnerre , dans la foixante- dixhuitième
année de fon âge.
Marie, Louife Perrine Richard de Fondville',
JANVIER. 1763. 205
Marquise de Chamborant , époufe d'André-
Claude , Marquis de Chamborant , Brigadier des
armées du Roi , Meftre de Camp du Régiment
de Cavalerie Hongroife de fon nom , elt morte
à Paris le 28 du même mois dans la vingtuniéme
année de fon âge.
-Etienne Jouan , Abbé Commendataire de
l'Abbaye de Quarante , Ordre de S. Auguftin ,
Diosefe de Narbonne , eft mort à Paris le 2 Janvier
1763 , âgé de 85 ans.
Jean- Baptifte- François de Villemeur , Lieutenant
Général des Arinées du Roi , Inſpecteur
d'Infanterie , Grand'Croir de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , Gouverneur de Monmedy
, mourut à Paris le même jour dans la
foixante-cinquième année de fon âge.
Hardouin- Therefé de Morel , Marquis de
Putangé, Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Ville & Chateau de Péronne
eft mort le 4 du même mois , âgé de 76 ans.
Reine de Madaillan de Lefparre , veuve de
Léon de Madaillan de Lefparre , Marquis de
Laffay , eft morte les dans la foixante dix- neuviéme
année de fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le 21 octobre dernier, Dame Claude de Volon de Montmain, veuve de Meffire Jean-Baptiste-Jules de Ricard, est décédée au Château de Saint-Mandé. Elle était Chevalier, Baron de Courgy, Seigneur de Chenevières-sur-Marne, et Conseiller du Roi en ses Conseils. Elle a laissé deux enfants : Meffire Marc-Antoine de Ricard et Dame Philiberte-Blanche de Ricard, épouse de Meffire Jacques-François de Bérulle, Chevalier, Comte de Bérulle, Seigneur de Saint-Mandé. Dame Claude de Volon de Montmain était la dernière représentante de la Maison de Volon, établie en Bourgogne, avec deux branches : celle des Seigneurs de Montmain et celle des Seigneurs de Mimure. Elle a fourni plusieurs officiers aux troupes du Roi, dont un Chevalier de Malte tué à la bataille de Senef. Marc-Antoine de Ricard, fils de Dame Claude, est le dernier mâle de la Maison de Ricard, établie en Provence dès l'an 1080. Cette Maison a produit de nombreux magistrats, officiers de terre et de mer, et gouverneurs de places. La branche en Quercy a donné un Grand-Maître d'artillerie en 1479. La branche en Provence a fourni un Envoyé extraordinaire dans les cours d'Espagne, de Portugal et d'Angleterre, ainsi que plusieurs Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La branche aînée de la Maison de Ricard, qui portait les marquisats de Ricard et de Brégançon en Provence, ne subsiste plus qu'en trois filles. L'aînée a épousé le Vicomte de Narbonne-Pelet, Lieutenant-Général des Armées du Roi. La seconde a épousé le Marquis de l'Etang-de-Parade. La seconde branche est fondue dans la Maison de Rochemore en Languedoc, et la troisième branche en Bourgogne ne subsiste plus que dans les deux enfants de Madame la Présidente de Ricard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19369
p. *198-198
De LA HAYE, le 25 Juin.
Début :
On n'espére plus aucun succès de la négociation entamée pour porter [...]
Mots clefs :
Négociation, République, Armateurs anglais, Bruxelles, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LA HAYE, le 25 Juin.
De LA HAYE , le 25 Juin.
On n'eſpére plus aucun fuccès de la négociation
entamée pour porter la Cour de Londres a rendre
juftice à la République , fur les déprédations des
Armateurs Anglois. C'eft pourquoi le fieur Meerman
, qui devoit aller remplacer à Londres le
fieur Boreel chargé de cette négociation , a reçu
contre-ordre .
Les Lettres de Bruxelles , de Cologne , & de
divers autres lieux des environs , parlent d'une fecouffe
de tremblement de terre qu'on y a reffentie
le 20 de ce mois , vers les onze heures du matin.
Mais elle a été encore plus légère que celle du
mois de Janvier,& elle n'a caufé aucun dommage.
On n'eſpére plus aucun fuccès de la négociation
entamée pour porter la Cour de Londres a rendre
juftice à la République , fur les déprédations des
Armateurs Anglois. C'eft pourquoi le fieur Meerman
, qui devoit aller remplacer à Londres le
fieur Boreel chargé de cette négociation , a reçu
contre-ordre .
Les Lettres de Bruxelles , de Cologne , & de
divers autres lieux des environs , parlent d'une fecouffe
de tremblement de terre qu'on y a reffentie
le 20 de ce mois , vers les onze heures du matin.
Mais elle a été encore plus légère que celle du
mois de Janvier,& elle n'a caufé aucun dommage.
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Résumé : De LA HAYE, le 25 Juin.
Le 25 juin, à La Haye, les négociations avec Londres sur les déprédations d'armateurs anglais sont jugées sans espoir. Meerman ne se rendra pas à Londres pour remplacer Boreel. Le 20 juin, un léger tremblement de terre a été ressenti à Bruxelles, Cologne et environs, sans causer de dommages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19370
p. 198
DE HANOVRE, le 2 Décembre.
Début :
Le Quartier Général du Prince Ferdinand est à Munster ; celui du [...]
Mots clefs :
Quartier général, Prince Ferdinand , Duc, Prince Héréditaire de Brunswick
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HANOVRE, le 2 Décembre.
DE HANOVRE ,. le 2 Décembre.
Le Quartier Général du Prince Ferdinand eft à
Munſter ; celui du Prince héréditaire de Brunfwick
à Dalmen ; & celui du Duc de Holſtein-
Gottorp a Hatteren.
Le Quartier Général du Prince Ferdinand eft à
Munſter ; celui du Prince héréditaire de Brunfwick
à Dalmen ; & celui du Duc de Holſtein-
Gottorp a Hatteren.
Fermer
19371
p. 192
De VENISE, le 16 Mai 1763.
Début :
Hier, le nouveau Doge a épousé avec les Cérémonies ordinaires, la Mer Adriatique. [...]
Mots clefs :
Doge, Mer Adriatique, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VENISE, le 16 Mai 1763.
De VENISE, le 16 Mai 1763 .
Hier, le nouveau Doge a épousé avec les Céré
monies ordinaires , la Mer Adriatique.
Hier, le nouveau Doge a épousé avec les Céré
monies ordinaires , la Mer Adriatique.
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19372
p. 214
AVIS.
Début :
Le Sieur Savoye, Valet-de-Chambre de M. le Bailli de Fleury, [...]
Mots clefs :
Valet de chambre, Eau de fleur d'Orange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A V I S.
LE Sieur SA voY E, Valet-de-Chambre de M.
le Bailli de Fleury, donne avis au Public qui
a reçu de Malthe , de l'eau de Fleur d'Oran
ge double, faite avec de la Fleur d'Orange-Bi
garrade, ce qui rend cette Eau de la première
qualité. Il la vend 6 liv. la Bouteille de pinte.
I demeure rue de la Ville-Lévêque , Fauxbourg
Saint Honoré, N. 9. L'on peut lui écrire par la
petite Poſte, il ſe charge de l'envoyer.
LE Sieur SA voY E, Valet-de-Chambre de M.
le Bailli de Fleury, donne avis au Public qui
a reçu de Malthe , de l'eau de Fleur d'Oran
ge double, faite avec de la Fleur d'Orange-Bi
garrade, ce qui rend cette Eau de la première
qualité. Il la vend 6 liv. la Bouteille de pinte.
I demeure rue de la Ville-Lévêque , Fauxbourg
Saint Honoré, N. 9. L'on peut lui écrire par la
petite Poſte, il ſe charge de l'envoyer.
Fermer
19373
p. 198
DE FRANCFORT, le 10. Décembre.
Début :
Les Troupes de l'Empire ont pris leurs quartiers dans la Franconie. [...]
Mots clefs :
Troupes, Baron, Prince, Prusse, Infanterie, Régiments, Maréchal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FRANCFORT, le 10. Décembre.
DE FRANCFORT , le 10. Décembre.
Les Troupes de l'Empire ont pris leurs quartiers
dans la Franconie. Le Baron de Pretlach eſt
établi à Rotenbourg avec le corps qu'il comman-
`de. Le Prince de Deux Ponts a fon Quartier Général
à Nuremberg. Les Pruffiens occupent
les
Poftes de Plawen , de Reichenbac & de Géra. Le
bruit a couru que le Comte de Dohna alloit ſe
mettre en marche avec un corps de trente mille
hommes , dans l'intention de troubler la communication
des Quartiers de l'Armée de l'Empire
& des Armées Françoiles.
Le Maréchal de Soubile partit de Marbourg
le premier de ce mois , avec l'Arriere-Garde de
fon Armée , pour ſe rendre à Hanau , où lon
Quartier-Général fera établi pendant l'Hy ver . Le
Régiment de Rohan , Infanterie , y arriva le 2 ,
& celui de Piémont les deux jours fuivants . Le
Régiment Dauphin a fon Quartier à Friedberg ,
& celui de Royal Rouffillon à Winecken .
Les Troupes de l'Empire ont pris leurs quartiers
dans la Franconie. Le Baron de Pretlach eſt
établi à Rotenbourg avec le corps qu'il comman-
`de. Le Prince de Deux Ponts a fon Quartier Général
à Nuremberg. Les Pruffiens occupent
les
Poftes de Plawen , de Reichenbac & de Géra. Le
bruit a couru que le Comte de Dohna alloit ſe
mettre en marche avec un corps de trente mille
hommes , dans l'intention de troubler la communication
des Quartiers de l'Armée de l'Empire
& des Armées Françoiles.
Le Maréchal de Soubile partit de Marbourg
le premier de ce mois , avec l'Arriere-Garde de
fon Armée , pour ſe rendre à Hanau , où lon
Quartier-Général fera établi pendant l'Hy ver . Le
Régiment de Rohan , Infanterie , y arriva le 2 ,
& celui de Piémont les deux jours fuivants . Le
Régiment Dauphin a fon Quartier à Friedberg ,
& celui de Royal Rouffillon à Winecken .
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Résumé : DE FRANCFORT, le 10. Décembre.
Le 10 décembre, les troupes impériales se sont déployées en Franconie. Le Baron de Pretlach est à Rotenbourg, et le Prince de Deux Ponts à Nuremberg. Les Prussiens contrôlent Plawen, Reichenbach et Géra. Le Comte de Dohna pourrait perturber les communications avec trente mille hommes. Le Maréchal de Soubise a établi son quartier général à Hanau pour l'hiver. Divers régiments sont stationnés à Hanau, Friedberg et Winecken.
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19374
p. 192
De GESNES, le 14 Mai 1763.
Début :
Les Rebelles étant venus au nombre de deux cent, pour attaquer le poste [...]
Mots clefs :
Rebelles, Poste, Attaques, Perte
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texteReconnaissance textuelle : De GESNES, le 14 Mai 1763.
De GESNES , le 14 Mai 1763 .
Les Rebelles étant venus au nombre de deux
cent , pour attaquer le pofte de l'Alguairla , ont
éte vigoureuſement repouflés , & ont perdu dans
cette action plus de quarante hommes , parmi
lefquels fe trouve un de leurs Chefs. Il y a eu à
Venaco , dans la Pieve de Bofio , une affaire plus
importante , dans laquelle les rebelles ont été
battus avec une perte fort confidérable. On a
appris en même tems , que les troupes de la Ré
publique fe font emparées de l'lfle Rolla , qu'occupoient
les Rebelles . On croit qu'il y aura eu le
12 une affaire générale , dont on attend la nouvelle
d'un moment à l'autre.
Les Rebelles étant venus au nombre de deux
cent , pour attaquer le pofte de l'Alguairla , ont
éte vigoureuſement repouflés , & ont perdu dans
cette action plus de quarante hommes , parmi
lefquels fe trouve un de leurs Chefs. Il y a eu à
Venaco , dans la Pieve de Bofio , une affaire plus
importante , dans laquelle les rebelles ont été
battus avec une perte fort confidérable. On a
appris en même tems , que les troupes de la Ré
publique fe font emparées de l'lfle Rolla , qu'occupoient
les Rebelles . On croit qu'il y aura eu le
12 une affaire générale , dont on attend la nouvelle
d'un moment à l'autre.
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Résumé : De GESNES, le 14 Mai 1763.
Le 14 mai 1763, à De Gesnes, les rebelles ont attaqué un poste avec deux cents hommes et subi des pertes dépassant quarante hommes, dont un chef. À Venaco, les rebelles ont été battus avec des pertes considérables. Les troupes de la République ont pris l'île Rolla. Une bataille générale est anticipée le 12 mai.
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19375
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier, le Mercure du second [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
A P P R O B A T I 0 N.
'AI lu, par ordre de Monſeigneur le Vice-Chan
celier , le Mercure du ſecond volume d'Avril
1764, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en em
pêcher l'impreſſion. A Paris, ce 14 Avril 1764.
G U IR O Y.
'AI lu, par ordre de Monſeigneur le Vice-Chan
celier , le Mercure du ſecond volume d'Avril
1764, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en em
pêcher l'impreſſion. A Paris, ce 14 Avril 1764.
G U IR O Y.
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19377
p. 192
Du 23 Mai 1763.
Début :
Nous apprenons que le Général Matra, après les deux affaires du 12 [...]
Mots clefs :
Général, Pertes, Soldats, Blessés et morts, Troupes, Place
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texteReconnaissance textuelle : Du 23 Mai 1763.
Du 23 Mai 1763.
Nous apprenons que le Général Matra , aprés.
les deux affaires du i où nous perdîmes environ
deux cens hommes , tant morts que bleffés & déferteurs
, ne pouvant fubfifter à Aleria faute de
vivres , s'eft retiré vers la Baſtie . On a déja envoyé
de cette Ville des Batimens pour embarquer les
Troupes de ce Général ; une grande partie eft
arrivée dans cette place , & le refte y eft attendu
d'un moment à l'autre .
Nous apprenons que le Général Matra , aprés.
les deux affaires du i où nous perdîmes environ
deux cens hommes , tant morts que bleffés & déferteurs
, ne pouvant fubfifter à Aleria faute de
vivres , s'eft retiré vers la Baſtie . On a déja envoyé
de cette Ville des Batimens pour embarquer les
Troupes de ce Général ; une grande partie eft
arrivée dans cette place , & le refte y eft attendu
d'un moment à l'autre .
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19378
p. 198-199
De VERSAILLES, le 3 Juillet.
Début :
Le 29 du mois dernier, le Roi a donné l'Evêché de Leictoure à l'Abbé de Jumilhac, [...]
Mots clefs :
Évêché, Abbé, Ordre, Abbaye, Duc, Diocèse, Comte, Ambassadeur du roi , Marquis, Ministre
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 3 Juillet.
De VERSAILLES , le 3 Juillet.
LE 29 du mois dernier , le Roi a donné l'Evêché
de Leictoure à l'Abbé de Jumilhac , ci - devant
Agent Général du Clergé ;
L'Abbaye de Saint Jean d'Amiens , Ordre de
Prémontré , à l'Abbé de Crillon , ci-devant Agent
Général du Clergé ;
à
Et fur la démiffion de l'Evêque , Duc de Laon ,
Ambaffadeur Extraordinaire de Sa Majefté ,
Rome , le Prieuré de Saint Michel de Charray
Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Viviers , à
JUILLET. 1760. 199
F'Abbé d'Elvincourt , Secrétaire de cet Ambaffadeur.
Le même jour , le Compte d'Affry , Ambaſſadeur
du Roi , près des Etats- Généraux des Provinces-
unies .; le Marquis de Monciel , Miniftre
Plénipotentiaire de Sa Majefté , près du Duc de
Wirtemberg ; & le Marquis de Bauffet , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près l'Electeur de Cologne
, eurent l'honneur de prendre congé de
Leurs Majeftés & de la famille Royale , pour fe
rendre incellamment chacun à fa deftination .
LE 29 du mois dernier , le Roi a donné l'Evêché
de Leictoure à l'Abbé de Jumilhac , ci - devant
Agent Général du Clergé ;
L'Abbaye de Saint Jean d'Amiens , Ordre de
Prémontré , à l'Abbé de Crillon , ci-devant Agent
Général du Clergé ;
à
Et fur la démiffion de l'Evêque , Duc de Laon ,
Ambaffadeur Extraordinaire de Sa Majefté ,
Rome , le Prieuré de Saint Michel de Charray
Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Viviers , à
JUILLET. 1760. 199
F'Abbé d'Elvincourt , Secrétaire de cet Ambaffadeur.
Le même jour , le Compte d'Affry , Ambaſſadeur
du Roi , près des Etats- Généraux des Provinces-
unies .; le Marquis de Monciel , Miniftre
Plénipotentiaire de Sa Majefté , près du Duc de
Wirtemberg ; & le Marquis de Bauffet , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près l'Electeur de Cologne
, eurent l'honneur de prendre congé de
Leurs Majeftés & de la famille Royale , pour fe
rendre incellamment chacun à fa deftination .
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Résumé : De VERSAILLES, le 3 Juillet.
Le 29 juin 1760, le roi a attribué plusieurs postes ecclésiastiques et diplomatiques. L'Abbé de Jumilhac a été nommé à l'Évêché de Lectoure. L'Abbé de Crillon a reçu l'Abbaye de Saint Jean d'Amiens. L'Abbé d'Elvincourt a obtenu le Prieuré de Saint Michel de Charray. Le Comte d'Affry, le Marquis de Monciel et le Marquis de Bauffet ont pris congé pour rejoindre leurs postes respectifs.
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19379
p. 198-199
De Lipstadt, le 18 Décembre.
Début :
La Boulangerie de Campagne de l'Armée des Alliés, qui a été [...]
Mots clefs :
Troupes, Fourrages, Disette
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texteReconnaissance textuelle : De Lipstadt, le 18 Décembre.
De Lipstadt , le 18 Décembre.
La Boulangerie de Campagne de l'Armée des
Alliés , qui a été ici quelque temps , vient d'être
renvoyée à Lipperode. Malgré la rigueur de
l'Hyver , les Troupes Légeres continuent de faire
des Courſes. Lés Huffards de Turpen ſe font montrés
à Hagen & à Iferlhon dans le Comté de la
Marck , & ont enlevé beaucoup de Fourages.
Différents Partis des Volontaires de Flandre ont
voulu attaquer le Pofte d'Attendorn ; mais ils ont
JANVIER. 1759. 199
été repouflés par un Détachement des Huffardsnoirs
qui leur ont fait quelques Prifonniers.
On mande de Munfter , que la difette de Fourragesy
eft extrême , que les Entrepreneurs chargés
d'en fournir , font hors d'état de remplir
leurs engagements , à caufe que toute la Weſtphalie
le trouve épaifée , & que la Regence de
cette Ville eft à ce fujet dans un grand embarras.
La Boulangerie de Campagne de l'Armée des
Alliés , qui a été ici quelque temps , vient d'être
renvoyée à Lipperode. Malgré la rigueur de
l'Hyver , les Troupes Légeres continuent de faire
des Courſes. Lés Huffards de Turpen ſe font montrés
à Hagen & à Iferlhon dans le Comté de la
Marck , & ont enlevé beaucoup de Fourages.
Différents Partis des Volontaires de Flandre ont
voulu attaquer le Pofte d'Attendorn ; mais ils ont
JANVIER. 1759. 199
été repouflés par un Détachement des Huffardsnoirs
qui leur ont fait quelques Prifonniers.
On mande de Munfter , que la difette de Fourragesy
eft extrême , que les Entrepreneurs chargés
d'en fournir , font hors d'état de remplir
leurs engagements , à caufe que toute la Weſtphalie
le trouve épaifée , & que la Regence de
cette Ville eft à ce fujet dans un grand embarras.
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Résumé : De Lipstadt, le 18 Décembre.
Le 18 décembre, la Boulangerie de Campagne de l'Armée des Alliés a été déplacée de Lipstadt à Lipperode. Les hussards de Turpen ont pillé du fourrage à Hagen et Iferlhon. Des volontaires de Flandre ont attaqué Attendorn sans succès. Münster manque de fourrage, les entrepreneurs ne peuvent pas honorer leurs contrats. La régence de Münster est embarrassée par cette pénurie.
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19380
p. 192-193
Du 6 Juin 1763.
Début :
On a appris que les rebelles, ayant forcé les Troupes de la République [...]
Mots clefs :
Rebelles, Troupes, Attaques, Lieutenant
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texteReconnaissance textuelle : Du 6 Juin 1763.
Du 6 Juin 17630.
On a appris que les rebelles , ayant forcé les
Troupes de la République de fe retirer d'Aleria ,
à la Baftie , s'étoient approchés de Calvicty avoient
caufé un grand dommage dans la Campagne,
d'où ils ne s'étoient retirés qu'après avoir fait
couper
JUILLET. 1763. 193
couper les Bleds encore en herbe . Suivant les
mêmes avis , Pafchal Paoli à fait attaquer par
quelques-uns des fiens le Village d'Algaiola , dans
lequel le Général Marra avoit laiffé foixante hommes
commandés par le Lieutenant Colonel Thonard
. Les rebelles ont été repouffés , mais font revenus
enfuite en plus grand nombre.
On a appris que les rebelles , ayant forcé les
Troupes de la République de fe retirer d'Aleria ,
à la Baftie , s'étoient approchés de Calvicty avoient
caufé un grand dommage dans la Campagne,
d'où ils ne s'étoient retirés qu'après avoir fait
couper
JUILLET. 1763. 193
couper les Bleds encore en herbe . Suivant les
mêmes avis , Pafchal Paoli à fait attaquer par
quelques-uns des fiens le Village d'Algaiola , dans
lequel le Général Marra avoit laiffé foixante hommes
commandés par le Lieutenant Colonel Thonard
. Les rebelles ont été repouffés , mais font revenus
enfuite en plus grand nombre.
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Résumé : Du 6 Juin 1763.
En juin 1763, des rebelles ont chassé les troupes de la République d'Aleria et de la Bastie, puis ont attaqué Calvi, endommageant les cultures. En juillet, Pascal Paoli a ordonné une attaque sur Algaiola, où soixante hommes étaient stationnés. Les rebelles ont été repoussés lors de la première attaque, mais sont revenus en plus grand nombre par la suite.
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19381
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Suite de l'Histoire raisonnée [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TA B L E D E S A R T I C L E S.
PIÉcEs FUGITIvEs EN VERs ET EN PRosE.
A R T I c L E P R E M 1 E R.
Sºir. de l'Hiſtoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron, Pag. ;
A V R I L. 1764. 2 I 5
v BRs ſur la Tragédie d'Olimpie. - 2 %
MADR1 AL , à Madame de ***. · 17
V ERs à Madame de S. . - I 8
IMPRoMPTU. 19
VERs a Mlle D E. • . ibid.
LE Ros1ER, Allégorie. 2 O
VERs à une Belie incrédule. 2.3
LE Bal de l'Opéra, Anecdote qu'on pren
dra pour un Conte. ibid.
VERs à une jeune Demoiſelle. 32.
AUTREs à deux jeunes Demoiſelles. ibid.
· PRovERBEs. 3 3
A Madame D... ſous le nom de Conſtance. 36
A Madame ****. ibid.
PARADoxE Littéraire ſur les Rois de France
appellés Fainéans. 37
EPITRE à M. le Comte de M. .. » 4 I
TRADUcTIoN libre d'un Extrait de l'Idylle
de Moſchus, ſur la mort de Bion ſon Maî
tf8s 42
VERs à une jeune Dame, &c. 46
SUITE des Lettres à Sophie. 47
ÉNIGMss. 53 & 54
LoGoGRYPHEs, 54 & 5 ;
CHANsoN. 56
ART. II. NoUvELLEs LITTÉRAIREs.
· LETTRE à M *** , ſur le gage de bataille,
en Normandie. 57
FAMILLEs des Plantes, par M. Adanſon. 69
École de Littérature. - 84
ÉLÉMENs de Fortification, par M. le Blond. 95
L'INocULATIoN de la Petite-Vérole ren
voyée à Londres, par M. ***, Docteur
en Médecine. º 1o ;
ANNoNcEs de Livres, 11o & ſuiv.
2I6 MERCURE DE FRANCE.
ART. III. ScIENcEs ET BELLES-LETTREs,
A c A B É M 1 E s.
A s T R o N o M 1 E.
LETTRE à M. de la Place, ſur l'Eclipſe du
· premier Avril.
I 47
M É D E c 1 N E.
LETTRE au même, ſur le Ver Solitaire. J 5 o
ÉcoLE Royale Vétérinaire. ) 5 5
BoTANIQUE. I 6o
A R T. IV. B E A U x - A R T s,
A R T s U T L1 E s.
D I s T I L L A T I o N, I 62
A R T s A G R É A B L E s.
G R A v U R E. 1 64
A R T. V. SP E c T A c L E s.
SUITE des Spectacles de la Cour à Verſailles, 166
SPEcTAcLEs de Paris. Opéra. I 68 -
CoMéDIE Françoiſe. -- 2
DIscoURs pour la clôture du Théâtre Fra.:
çois. I 74
ExTRAIT de l'Amateur, Comédie, par M.
, Barthe.
CoMÉDIE Italienne.
CoNcERT Spirituel. •
SUPPLÉMENT à l'Article des Spectacles, 183
St PPLÉMENT à l'Article des Arts. : o3
ART. VI. Nouvelles Politiques de Marº, l - 4
PIÉcEs FUGITIvEs EN VERs ET EN PRosE.
A R T I c L E P R E M 1 E R.
Sºir. de l'Hiſtoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron, Pag. ;
A V R I L. 1764. 2 I 5
v BRs ſur la Tragédie d'Olimpie. - 2 %
MADR1 AL , à Madame de ***. · 17
V ERs à Madame de S. . - I 8
IMPRoMPTU. 19
VERs a Mlle D E. • . ibid.
LE Ros1ER, Allégorie. 2 O
VERs à une Belie incrédule. 2.3
LE Bal de l'Opéra, Anecdote qu'on pren
dra pour un Conte. ibid.
VERs à une jeune Demoiſelle. 32.
AUTREs à deux jeunes Demoiſelles. ibid.
· PRovERBEs. 3 3
A Madame D... ſous le nom de Conſtance. 36
A Madame ****. ibid.
PARADoxE Littéraire ſur les Rois de France
appellés Fainéans. 37
EPITRE à M. le Comte de M. .. » 4 I
TRADUcTIoN libre d'un Extrait de l'Idylle
de Moſchus, ſur la mort de Bion ſon Maî
tf8s 42
VERs à une jeune Dame, &c. 46
SUITE des Lettres à Sophie. 47
ÉNIGMss. 53 & 54
LoGoGRYPHEs, 54 & 5 ;
CHANsoN. 56
ART. II. NoUvELLEs LITTÉRAIREs.
· LETTRE à M *** , ſur le gage de bataille,
en Normandie. 57
FAMILLEs des Plantes, par M. Adanſon. 69
École de Littérature. - 84
ÉLÉMENs de Fortification, par M. le Blond. 95
L'INocULATIoN de la Petite-Vérole ren
voyée à Londres, par M. ***, Docteur
en Médecine. º 1o ;
ANNoNcEs de Livres, 11o & ſuiv.
2I6 MERCURE DE FRANCE.
ART. III. ScIENcEs ET BELLES-LETTREs,
A c A B É M 1 E s.
A s T R o N o M 1 E.
LETTRE à M. de la Place, ſur l'Eclipſe du
· premier Avril.
I 47
M É D E c 1 N E.
LETTRE au même, ſur le Ver Solitaire. J 5 o
ÉcoLE Royale Vétérinaire. ) 5 5
BoTANIQUE. I 6o
A R T. IV. B E A U x - A R T s,
A R T s U T L1 E s.
D I s T I L L A T I o N, I 62
A R T s A G R É A B L E s.
G R A v U R E. 1 64
A R T. V. SP E c T A c L E s.
SUITE des Spectacles de la Cour à Verſailles, 166
SPEcTAcLEs de Paris. Opéra. I 68 -
CoMéDIE Françoiſe. -- 2
DIscoURs pour la clôture du Théâtre Fra.:
çois. I 74
ExTRAIT de l'Amateur, Comédie, par M.
, Barthe.
CoMÉDIE Italienne.
CoNcERT Spirituel. •
SUPPLÉMENT à l'Article des Spectacles, 183
St PPLÉMENT à l'Article des Arts. : o3
ART. VI. Nouvelles Politiques de Marº, l - 4
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est une table des articles d'une publication datée d'avril 1764, structurée en six articles principaux. Le premier article liste des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des lettres, des épîtres, des traductions, des énigmes, des logogriphes et des chansons. Le deuxième article présente des nouvelles littéraires, telles qu'une lettre sur le gage de bataille en Normandie, un ouvrage sur les familles des plantes par M. Adanson, et un article sur l'inoculation de la petite vérole à Londres. Le troisième article aborde les sciences et les belles-lettres, avec des sections sur l'astronomie, la médecine et la botanique, incluant des lettres sur l'éclipse du 1er avril et sur le ver solitaire. Le quatrième article traite des beaux-arts et des arts utiles, avec des sections sur la distillation et la gravure. Le cinquième article concerne les spectacles, incluant les spectacles de la cour à Versailles et de Paris, ainsi que des extraits de comédies. Enfin, le sixième article présente des nouvelles politiques de Marseille.
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19382
p. 194-202
ALLEMAGNE.
Début :
Comme les relations Prussiennes, insérées dans les Gazettes Etrangeres, ont [...]
Mots clefs :
Vienne, Bataille, Roi de Prusse, Artillerie, Armées, Prince Charles de Lorraine, Ennemis, Déplacement des troupes, Troupes, Lieutenant, Cavalerie, Attaques, Régiments, Prague, Maréchal Keith, Baron de Marshall, Uelzen, Marquis de Caraman, Capitaine, Osnabrück, Zell, Défense, Prince, Commander, Maréchal de Richelieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 17 Décembre.
Comme les relations Pruffiennes , inférées dans
les Gazettes Etrangeres , ont totalement altéré
les circonftances de la bataille donnée les en
Siléfie entre Neumarck & Liffa , la Cour a fait
publier le détail que l'on va fidélement rapporter.
« Le Roi de Pruffe ayant raffemblé à Parchwitz
» une armée d'environ quarante mille hommes ,
» avec une nombreuſe artillerie , tirée pour la plus
grande partie de Glogau , & une quantité prodi.
» gieufe de fafcines , de gabions , de fauciffès , &c.
que les payfans avoient été obligés de faire, prit
» pofte fur la droite du ruiffeau nommé Katz-
» Bach. Ce mouvement fit conjecturer que fon
» deffein étoit de pénétrer plus avant , pour s'em-
» parer d'abord de Neumarck & de Lignitz , at-
» taquer enfuite l'armée Impériale qui étoit cam-
» pée près de Breslau , ou lui couper les fubfif-
» tances qu'elle tiroit de la Boheme , en fe pla-
>> çant dans les environs de Strigau , ou fur les
» frontieres du Royaume. Le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun réfolurent en
» conféquence de s'avancer au-delà de la Schweid.
» nitz , pour couvrir Lignitz , & tâcher de faire
» échouer les projets de l'ennemi. On commerça
» par renforcer la garniſon de cette derniere pla-
» çe , & l'on envoya à Neumarck un détache-
>> ment de Bannaliſtes , de Huffards & de Cava-
» lerie , foutenu par les Chevaux- Légers Saxons.
L'armée fut pourvue le 3 de tout ce dont elle
» avoit befoin pour quatre jours ; le 4 , elle forJANVIER.
1798.
195
» tit de fon camp , & le même jour elle paffa le
» Lóh & la Schweidnitz , pour prendre une nou-
» velle pofition . Les troupes défiloient , lorsqu'on
» apprit que le Roi de Pruffe marchoit depuis cinq
» heures du matin fur Neumarck , dou par con-
» féquent le détachement envoyé le 2 , avoit été
obligé de fe retirer . Sur cet avis , on laiffa der-
» riere la Schweidnitz tous les bagages de l'ar-
» mée , les colonnes prefferent leur marche , &
» ſe formerent en deux lignes . Le Général Comte
» Nadafty en forma avec fon Corps de Troupes
>> une troifieme , pour couvrir le flanc gauche de
» l'armée , & la réferve fat destinée à foutenir la
» droite. Cette droite étoit appuyée au village de
» Nypern , " l'armée avoit Leuthen à la gauche &
» Frobelwitz au centre : ces trois endroits furent
» garnis d'autant de troupes qu'il fut poffible . On
» mit dans Frobelwitz huit compagnies de Gre-
» nadiers & plufieurs piquets ; fept compagnies
» de Grenadiers & des piquets à Leuthen , & d'au-
» tres piquets à Nypern. Toutes les comp gnies compagnies
» de Grenadiers & les piquets de la réſerve furent
» placés à la droite de la Cavalerie , à la tête d'un
» bois. Le Major Général Luzinsky couvroit de
>> plus en quelque forte l'aile gauche avec deux
» Régimens de Huffards & quelques autres troupes
légeres. Il étoit foutenu par les Chevaux-
» Légers Saxons aux ordres du Comte de Noftitz ,
» Lieutenant - Général au fèrvice du Roi de Polo-
» gne , & le fieur de Morocz , Lieutenant Géné-
» ral , étoit à l'afle droite avec deux Régimens de
» Huffards & de troupes légeres . Tandis qu'on
» faifoit ces difpofitions , l'armée ennemie avoit
» dépaffé Neumarck: elle avoit fa droite à Krintfch
fa gauche à Bifchdorff , & fes poftes avancés
s'étendoient jufqu'à Born. Les deux armées paf-
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
» ferent dans cette pofition la nuit fous les armes.
>>> Le S avant le jour , le Comte Nadafty , com.
» me ' il avoit été convenu , joignit les troupes
» qui formoient la troifieme ligne à la Cavalerie
de la gauche de l'armée . & forma le flanc depuis
cet endroit juſqu'à une bauteur qui étoit
» de ce côté- là & qu'on avoit garnie d'artillerie.
» Delà il s'étendit en équerre , & fe forma de fa-
» çon que les Troupes Impériales étoient les plus
» près de l'armée , celles de Wirtemberg vers le
flanc , & celles de Baviere à l'extrêmité de l'angle.
A la pointe du jour , les ennemis firent ,
» tantôt fer leur droite , tantôt fur leur gauche ,
> divers mouvemens qui durerent jufqu'à midi..
» Ils fembloient cependant toujours menacer no-
» tre droite , & ce fut pour cette raiſon que le
>> Comte de Luchefi demanda plufieurs fois qu'on
lui fit paffer du renfort. Le Corps de réſerve y
avoit été deftiné ; mais on différa quelque tems
de l'y faire paffer , pour pouvoir pénétrer le
» deffein de l'ennemi. Enfin comme le Comte de
Luchefi infiftoit fortement pour être renforcé ,
» & que d'ailleurs on ne pouvoit pas trop bien
» démêler les mouvemens que les Pruffiens fai-
» foient derriere des hauteurs , on lui envoya la
» réſerve. Le Feld - Maréchal Comte de Daun fe
» porta même en perfonne à cette aîle , pour lá
commander en cas de befoin . A peine ce renfort
eut joint , qu'on vit la Cavalerie Pruffienne
fe porter fur notre gauche , & l'Infanterie marcher
à grand pas fur leur droite , ce qui fit ju-
» ger qu'ils en vouloient à l'aile gauche & à fon
» flanc. Auffitôt le Prince Charles & le Comte de
» Daun , ordonnerent au Prince Efterhaly , Ge
» néral de Cavalerie , & aux Généraux de Maqui-
» re & d'Angern , d'avancer avec les différens
睾
JANVIER. 1758. 197
Corps qu'ils commandoient , pour foutenir le
» flanc , & la feconde ligne eut le même ordre.
» L'ennemi s'étant approché de ce flanc envi
>> ron à une heure après-midi , le feu de fa mouf-
>> queterie commença en fe dirigeant contre les
» troupes de Wirtemberg , qui le foutiprent cou
» rageufement ; mais le fort de l'attaque s'étant
» porté fur ce flanc , les troupes auxiliaires furent
» obligées de céder au nombre , & la confufion
» qu'occafionna la fupériorité de l'ennemi dans
» cette partie, empêcha les Régimens Impériaux ,
» qui arrivoient pour foutenir les Auxiliaires , de
» pouvoir combattre en ordre. On fit tout ce qu'il
» étoit poffible de faire pour réparer le défordre ,
» mais on ne put jamais rallier ces Troupes . Après
>> ce premier avantage , l'ennemi qui avoit en
» même temps attaqué le village de Leuthen &
>> toute la gauche , avoit porté de ce côté-là la
» plus grande partie de fes forces. Cependant fa
» Cavalerie & fon Infanterie furent repouffées
» trois fois par nos Troupes avec une perte con-
» fidérable ; ainfi la victoire lui fut affez long-
» temps difputée & vendue un peu cherement.
» Mais les Pruffiens avoient pénétré par l'ouver-
» ture du flanc de la gauche ; ils s'avançoient
» par- là pour nous prendre à dos , & il n'étoit
plus poffible de l'empêcher ; il n'y avoit d'au-
» tre parti à prendre que de fe retirer fur les deux
rivieres de la Schweidnitz & du Loh : c'eft ce
» que l'on fit en très- bon ordre , & en faifant
» fur l'ennemi un feu continuel . Voilà comment
>> après un combat de plus de quatre heures , on
» a cédé le champ de bataille aux Pruffiens. Nous
» comptons parmi les morts , le Comte de Lu-
» chefi , Général de Cavalerie , & les Majors Gé-
D néraux Prince de Stolberg , Otterwolff & Preyf
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
fach. Le Major Général Comte Odonel eft blefle
»& priſonnier , & nous avons pris de notre côté
» le Général Major de Krakow.
» Le Prince Charles & le Comte de Daun ſe
font portés partout où lear préſence a été né-
» ceffaire , ou pour donner leurs ordres , ou pour
animer les Troupes par leur exemple. Le Comte
» de Daun a eu une forte contufion , qui cepen-
» dant n'a ralenti en rien ſon ardeur & fon acti-
» vité. Les Princes de Saxe Xavier & Charles , ont
» donné dans cette occafion de nouvelles preuves
» de leur valeur.
DE PRAGUE , le 18 Décembre.
On vient d'apprendre que le Maréchal Keith
eft dans les montagnes de Saxe. Le Baron de
Marshall , pour l'empêcher de rentrer dans ce
Royaume , a formé fur les frontieres un cordon de
troupes.
Un détachement Pruffien qui eſcortoit deux
tonnés d'argent deſtinées pour Glatz , a été arraqué
par le Colonel Jahnus , & après une réſiſtance
affez vive , a été contraint d'abandonner le
menvoi.
D'ULTZEN , les Décembre.
M. le Marquis de Caraman avoit été détaché
de l'armée avec fon Régiment de Dragons & cent
quatre-vingt Chaffeurs de Fifcher commandés par
M. Clery , Lieutenant-Colonel de ce corps , &
dont cent étoient à cheval , pour obferver les
mouvemens des ennemis. Le 4 , M. le Marquis
de Caraman , qui avoit couché au Village de Bri
del , apperçut un corpsde plus de trois mille Ha
JANVIER. 1758. 199
*novriens qui le fuivoit . Il étoit compofé de douze
cens hommes de Cavalerie ; le refte étoit de l'Infanterie
, qui avoit deux pieces de canon. L'inégalité
de fes forces l'obligea de doubler le pas pour
gagner le Village d'Hembeke , où il auroit pu fe
défendre avec plus d'avantage qu'en rafe campagne
: mais la cavalerie Hanovrienne le ferra de fi
près , que voyant qu'il n'auroit pas le temps d'atteindre
Hembeke , quoiqu'un de fes Efcadrons y
fûtarrivé , il prit le parti de fe mettre en bataille.
Il chargea vigoureufement l'ennemi qui s'étoit
déja formé , & il fut fi bien fecondé par M. de
Clery, ainfi que par le feu des quatre - vingts Chaf
feurs de Fifcher , qu'il enfonça & mit en déroute
de corps de Cavalerie Hanovrienne qui étoit du
double plus fort que le fien. Onze Officiers du régiment
de Caraman ont été bleffés & trois d'entr'eux
font faits prifonniers : il y a eu cinq ou fix
Dragons tués & ſoixante - quinze bleflés . Voici la
lifte des Officiers .
-Capitaines. Le fieur Pinon bleffé & pris ; le
fieur le Feron , bleffé ; le Comte de Comminges
& fon neveu bleffés Lieutenans. Les fieurs du
Sauffay , Sacerre , des Fournaux , Dindy , &
Chellans , bleffés , le dernier prifonnier . Cornet
tés. Les fieurs de Cernieres , & Tely , bleffés
celui- ci prifonnier. M. le Marquis de Caraman
leur a tué plus de cent hommes , & fait plufieurs
prifonniers , entr'autres le Commandant des Chaf
eurs Hanovriens . Le Comte de Schullenbourg , Général
Major, qui les commandoit , a été bleffé. De
notre côté , on efpere qu'aucun des Officiers &
Dragons bleffés ne mourra , ni ne fera même
eftropié.
-Cette action diftinguée fait beaucoup d'honneur
à M. de Caraman, à fon Régiment , à M. de Clery,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE:
& aux foldats de Fifcher qu'il commandoir.
D'OSNABRUCH , le 20 Décembre.
Le 19 du même mois , à quatre heures du foir,
le fieur de Beauregard de Bellifle , Commiffaire
des guerres au fervice de France , ayant eu avis que
les Anglois faifoient paffer de l'argent aux Hanovriens
& au Roi de Pruffe , prit fi bien fon temps,
qu'avec un détachement du régiment de Condé ,
cavalerie , il furprit & arrêta quatre charriots
chargés de trente- huit-tonnes & de , fept caifles
pleines d'or & d'argent , partie monnoyés , partie
en lingots. Cet important coup de main fut fi
prompt , que ceux qui conduifoient le convoi
n'eurent pas le temps de fe mettre en défenſe . Le
tréfor qui a été déposé dans le logement du fiear
de Beauregard , eft gardé jour & nuit par un nombreux
détachement du même Régiment de Condé.
On a trouvé dans le Bureau de la pofte aux
chevaux , qui dépend de l'Etat d'Hanovre , quatre
lettres de voiture adreffées à différens Juifs,
Ce riche convoi étoit déja parvenu jufqu'à Brême;
mais il en étoit forti à l'approche des François ,
pour revenir à Nienbourg , & delà en cette Ville
chez le Maître des poftes . Celui- ci avoit ordre de
le garder , jufqu'à ce que les François ayant pris
leurs quatiers d'hiver, la route fût devenue libre
pour le tranfporter à l'armée des Hanovriens.
DE ZELL , le 26 Décembre.
La Citadelle de Harbourg fe défend toujours
avec la plus grande vigueur.
On apprend de Caffel, que M. le Prince de Soubife
y eft arrivé le 13 Décembre , & que tous les
JANVIER. 1758. 201
Régimens François , qui étoient dans le Comté de
Hanau , fe rendent fucceffivement dans le pays de
Helle .
Le 20 du même mois , le Prince Ferdinand de
Brunſwick fit faire un mouvement à ſes troupes
pour reculer fa droite. Il l'appuya au ruiffeau de
Kleinheelen , & fit occuper par des détachemens
les Villages de Groff & de Kleinheelen . Sa gauche
refta appuyée à la petite riviere de Lacht , &
fon quartier général à Altenhagen. L'armée de M.
le Maréchal de Richelieu avoit confervé ſon camp .
fur deux lignes . La droite étoit appuyée au petit
Village de Wefterzell , ayant en potence les Grenadiers
de France & les Grenadiers Royaux ; la
gauche tiroit au Pont de Schafferey , à l'extrêmité
du Fauxbourg de Zell , dit le Fauxbourg de Nienbourg
, & le front du camp étoit parconféquent
couvert par la Ville de Zell . Les mouvemens que
cette armée fit par fa droite fur l'Aller le 20 & le
21 , déterminerent les ennemis à garnir la riviere
de Lacht , & à mettre auffi plus de monde dans
le Village de Lacheindorff qu'ils occupoient,
*
Dans cette fituation , M. le Maréchal de Richelieu
qui avoit réfolu de paffer l'Aller , fit partir le 21
M. le Duc de Broglie , pour aller commander un
corps de Troupes qu'on avoit raffemblées dans le
Duché de Brême , avec ordre d'agir fur la Boheme
, de tourner la droite des ennemis , &
d'intercepter leurs convois. Le 22 & le 23 , il fit
différentes difpofitions , pour donner à l'ennemi
de l'inquiétude fur fa gauche & fur fes derrieres .
Le 24 , il donna fes ordres à M. le Marquis de
Villemur , pour paffer l'Aller à Muden , & favorifer
l'établiffement des ponts que le corps d'armée
devoit jetter fur cette riviere.
Male Comte Dauver & M. le Marquis de Caraman
202 MERCURE DE FRANCE.
étoient chargés en même temps de faire deux fauffes
attaques , l'une par le Fauxbourg de Lunebourg
, & l'autre par le pont de Schafferey , perdant
que M. le Duc d'Ayen , Lieutenant Général
, déboucheroit par le pont d'Altenzell , qui
avoit été retabli.
Le reste de l'armée fe pofta fur deux lignes à
Offenfen & à Schevachaufen .
Le 25, M. le Maréchal de Richelieu apprit à huit
heures du matin , que les attaques de la gauche
avoient pouflé les ennemis qui étoient devant élles
jufques dans leur camp , & qu'on l'avoit trouvé
abandonné , leur armée étant partie pendant
la nuit . Il ordonna auffitôt d'envoyer à leur pourfuite
tous les détachemens le plus en état d'y marcher
& de foutenir la fatigue & la rigueur, du
temps.
On leur a tué tout ce qu'une retraite extrêmement
précipitée a permis de joindre on leur a
fait jufqu'à ce jour environ cinq cens prifonniers ;
on leur a pris cent vingt chevaux & beaucoup de
charriots chargés de fubfiftances, de bagages &
d'agrez de pontons : il n'y a eu que vingt hommes
de
perte de notre côté. Les ennemis dirigent leur
retraite fur Lunebourg.
M. le Maréchal de Richelieu a établi hier fon
quartier général à Zell , & il a placé fon camp
dans le même terrein où étoit la veille l'armée du
Prince Ferdinand.
DE VIENNE , le 17 Décembre.
Comme les relations Pruffiennes , inférées dans
les Gazettes Etrangeres , ont totalement altéré
les circonftances de la bataille donnée les en
Siléfie entre Neumarck & Liffa , la Cour a fait
publier le détail que l'on va fidélement rapporter.
« Le Roi de Pruffe ayant raffemblé à Parchwitz
» une armée d'environ quarante mille hommes ,
» avec une nombreuſe artillerie , tirée pour la plus
grande partie de Glogau , & une quantité prodi.
» gieufe de fafcines , de gabions , de fauciffès , &c.
que les payfans avoient été obligés de faire, prit
» pofte fur la droite du ruiffeau nommé Katz-
» Bach. Ce mouvement fit conjecturer que fon
» deffein étoit de pénétrer plus avant , pour s'em-
» parer d'abord de Neumarck & de Lignitz , at-
» taquer enfuite l'armée Impériale qui étoit cam-
» pée près de Breslau , ou lui couper les fubfif-
» tances qu'elle tiroit de la Boheme , en fe pla-
>> çant dans les environs de Strigau , ou fur les
» frontieres du Royaume. Le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun réfolurent en
» conféquence de s'avancer au-delà de la Schweid.
» nitz , pour couvrir Lignitz , & tâcher de faire
» échouer les projets de l'ennemi. On commerça
» par renforcer la garniſon de cette derniere pla-
» çe , & l'on envoya à Neumarck un détache-
>> ment de Bannaliſtes , de Huffards & de Cava-
» lerie , foutenu par les Chevaux- Légers Saxons.
L'armée fut pourvue le 3 de tout ce dont elle
» avoit befoin pour quatre jours ; le 4 , elle forJANVIER.
1798.
195
» tit de fon camp , & le même jour elle paffa le
» Lóh & la Schweidnitz , pour prendre une nou-
» velle pofition . Les troupes défiloient , lorsqu'on
» apprit que le Roi de Pruffe marchoit depuis cinq
» heures du matin fur Neumarck , dou par con-
» féquent le détachement envoyé le 2 , avoit été
obligé de fe retirer . Sur cet avis , on laiffa der-
» riere la Schweidnitz tous les bagages de l'ar-
» mée , les colonnes prefferent leur marche , &
» ſe formerent en deux lignes . Le Général Comte
» Nadafty en forma avec fon Corps de Troupes
>> une troifieme , pour couvrir le flanc gauche de
» l'armée , & la réferve fat destinée à foutenir la
» droite. Cette droite étoit appuyée au village de
» Nypern , " l'armée avoit Leuthen à la gauche &
» Frobelwitz au centre : ces trois endroits furent
» garnis d'autant de troupes qu'il fut poffible . On
» mit dans Frobelwitz huit compagnies de Gre-
» nadiers & plufieurs piquets ; fept compagnies
» de Grenadiers & des piquets à Leuthen , & d'au-
» tres piquets à Nypern. Toutes les comp gnies compagnies
» de Grenadiers & les piquets de la réſerve furent
» placés à la droite de la Cavalerie , à la tête d'un
» bois. Le Major Général Luzinsky couvroit de
>> plus en quelque forte l'aile gauche avec deux
» Régimens de Huffards & quelques autres troupes
légeres. Il étoit foutenu par les Chevaux-
» Légers Saxons aux ordres du Comte de Noftitz ,
» Lieutenant - Général au fèrvice du Roi de Polo-
» gne , & le fieur de Morocz , Lieutenant Géné-
» ral , étoit à l'afle droite avec deux Régimens de
» Huffards & de troupes légeres . Tandis qu'on
» faifoit ces difpofitions , l'armée ennemie avoit
» dépaffé Neumarck: elle avoit fa droite à Krintfch
fa gauche à Bifchdorff , & fes poftes avancés
s'étendoient jufqu'à Born. Les deux armées paf-
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
» ferent dans cette pofition la nuit fous les armes.
>>> Le S avant le jour , le Comte Nadafty , com.
» me ' il avoit été convenu , joignit les troupes
» qui formoient la troifieme ligne à la Cavalerie
de la gauche de l'armée . & forma le flanc depuis
cet endroit juſqu'à une bauteur qui étoit
» de ce côté- là & qu'on avoit garnie d'artillerie.
» Delà il s'étendit en équerre , & fe forma de fa-
» çon que les Troupes Impériales étoient les plus
» près de l'armée , celles de Wirtemberg vers le
flanc , & celles de Baviere à l'extrêmité de l'angle.
A la pointe du jour , les ennemis firent ,
» tantôt fer leur droite , tantôt fur leur gauche ,
> divers mouvemens qui durerent jufqu'à midi..
» Ils fembloient cependant toujours menacer no-
» tre droite , & ce fut pour cette raiſon que le
>> Comte de Luchefi demanda plufieurs fois qu'on
lui fit paffer du renfort. Le Corps de réſerve y
avoit été deftiné ; mais on différa quelque tems
de l'y faire paffer , pour pouvoir pénétrer le
» deffein de l'ennemi. Enfin comme le Comte de
Luchefi infiftoit fortement pour être renforcé ,
» & que d'ailleurs on ne pouvoit pas trop bien
» démêler les mouvemens que les Pruffiens fai-
» foient derriere des hauteurs , on lui envoya la
» réſerve. Le Feld - Maréchal Comte de Daun fe
» porta même en perfonne à cette aîle , pour lá
commander en cas de befoin . A peine ce renfort
eut joint , qu'on vit la Cavalerie Pruffienne
fe porter fur notre gauche , & l'Infanterie marcher
à grand pas fur leur droite , ce qui fit ju-
» ger qu'ils en vouloient à l'aile gauche & à fon
» flanc. Auffitôt le Prince Charles & le Comte de
» Daun , ordonnerent au Prince Efterhaly , Ge
» néral de Cavalerie , & aux Généraux de Maqui-
» re & d'Angern , d'avancer avec les différens
睾
JANVIER. 1758. 197
Corps qu'ils commandoient , pour foutenir le
» flanc , & la feconde ligne eut le même ordre.
» L'ennemi s'étant approché de ce flanc envi
>> ron à une heure après-midi , le feu de fa mouf-
>> queterie commença en fe dirigeant contre les
» troupes de Wirtemberg , qui le foutiprent cou
» rageufement ; mais le fort de l'attaque s'étant
» porté fur ce flanc , les troupes auxiliaires furent
» obligées de céder au nombre , & la confufion
» qu'occafionna la fupériorité de l'ennemi dans
» cette partie, empêcha les Régimens Impériaux ,
» qui arrivoient pour foutenir les Auxiliaires , de
» pouvoir combattre en ordre. On fit tout ce qu'il
» étoit poffible de faire pour réparer le défordre ,
» mais on ne put jamais rallier ces Troupes . Après
>> ce premier avantage , l'ennemi qui avoit en
» même temps attaqué le village de Leuthen &
>> toute la gauche , avoit porté de ce côté-là la
» plus grande partie de fes forces. Cependant fa
» Cavalerie & fon Infanterie furent repouffées
» trois fois par nos Troupes avec une perte con-
» fidérable ; ainfi la victoire lui fut affez long-
» temps difputée & vendue un peu cherement.
» Mais les Pruffiens avoient pénétré par l'ouver-
» ture du flanc de la gauche ; ils s'avançoient
» par- là pour nous prendre à dos , & il n'étoit
plus poffible de l'empêcher ; il n'y avoit d'au-
» tre parti à prendre que de fe retirer fur les deux
rivieres de la Schweidnitz & du Loh : c'eft ce
» que l'on fit en très- bon ordre , & en faifant
» fur l'ennemi un feu continuel . Voilà comment
>> après un combat de plus de quatre heures , on
» a cédé le champ de bataille aux Pruffiens. Nous
» comptons parmi les morts , le Comte de Lu-
» chefi , Général de Cavalerie , & les Majors Gé-
D néraux Prince de Stolberg , Otterwolff & Preyf
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
fach. Le Major Général Comte Odonel eft blefle
»& priſonnier , & nous avons pris de notre côté
» le Général Major de Krakow.
» Le Prince Charles & le Comte de Daun ſe
font portés partout où lear préſence a été né-
» ceffaire , ou pour donner leurs ordres , ou pour
animer les Troupes par leur exemple. Le Comte
» de Daun a eu une forte contufion , qui cepen-
» dant n'a ralenti en rien ſon ardeur & fon acti-
» vité. Les Princes de Saxe Xavier & Charles , ont
» donné dans cette occafion de nouvelles preuves
» de leur valeur.
DE PRAGUE , le 18 Décembre.
On vient d'apprendre que le Maréchal Keith
eft dans les montagnes de Saxe. Le Baron de
Marshall , pour l'empêcher de rentrer dans ce
Royaume , a formé fur les frontieres un cordon de
troupes.
Un détachement Pruffien qui eſcortoit deux
tonnés d'argent deſtinées pour Glatz , a été arraqué
par le Colonel Jahnus , & après une réſiſtance
affez vive , a été contraint d'abandonner le
menvoi.
D'ULTZEN , les Décembre.
M. le Marquis de Caraman avoit été détaché
de l'armée avec fon Régiment de Dragons & cent
quatre-vingt Chaffeurs de Fifcher commandés par
M. Clery , Lieutenant-Colonel de ce corps , &
dont cent étoient à cheval , pour obferver les
mouvemens des ennemis. Le 4 , M. le Marquis
de Caraman , qui avoit couché au Village de Bri
del , apperçut un corpsde plus de trois mille Ha
JANVIER. 1758. 199
*novriens qui le fuivoit . Il étoit compofé de douze
cens hommes de Cavalerie ; le refte étoit de l'Infanterie
, qui avoit deux pieces de canon. L'inégalité
de fes forces l'obligea de doubler le pas pour
gagner le Village d'Hembeke , où il auroit pu fe
défendre avec plus d'avantage qu'en rafe campagne
: mais la cavalerie Hanovrienne le ferra de fi
près , que voyant qu'il n'auroit pas le temps d'atteindre
Hembeke , quoiqu'un de fes Efcadrons y
fûtarrivé , il prit le parti de fe mettre en bataille.
Il chargea vigoureufement l'ennemi qui s'étoit
déja formé , & il fut fi bien fecondé par M. de
Clery, ainfi que par le feu des quatre - vingts Chaf
feurs de Fifcher , qu'il enfonça & mit en déroute
de corps de Cavalerie Hanovrienne qui étoit du
double plus fort que le fien. Onze Officiers du régiment
de Caraman ont été bleffés & trois d'entr'eux
font faits prifonniers : il y a eu cinq ou fix
Dragons tués & ſoixante - quinze bleflés . Voici la
lifte des Officiers .
-Capitaines. Le fieur Pinon bleffé & pris ; le
fieur le Feron , bleffé ; le Comte de Comminges
& fon neveu bleffés Lieutenans. Les fieurs du
Sauffay , Sacerre , des Fournaux , Dindy , &
Chellans , bleffés , le dernier prifonnier . Cornet
tés. Les fieurs de Cernieres , & Tely , bleffés
celui- ci prifonnier. M. le Marquis de Caraman
leur a tué plus de cent hommes , & fait plufieurs
prifonniers , entr'autres le Commandant des Chaf
eurs Hanovriens . Le Comte de Schullenbourg , Général
Major, qui les commandoit , a été bleffé. De
notre côté , on efpere qu'aucun des Officiers &
Dragons bleffés ne mourra , ni ne fera même
eftropié.
-Cette action diftinguée fait beaucoup d'honneur
à M. de Caraman, à fon Régiment , à M. de Clery,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE:
& aux foldats de Fifcher qu'il commandoir.
D'OSNABRUCH , le 20 Décembre.
Le 19 du même mois , à quatre heures du foir,
le fieur de Beauregard de Bellifle , Commiffaire
des guerres au fervice de France , ayant eu avis que
les Anglois faifoient paffer de l'argent aux Hanovriens
& au Roi de Pruffe , prit fi bien fon temps,
qu'avec un détachement du régiment de Condé ,
cavalerie , il furprit & arrêta quatre charriots
chargés de trente- huit-tonnes & de , fept caifles
pleines d'or & d'argent , partie monnoyés , partie
en lingots. Cet important coup de main fut fi
prompt , que ceux qui conduifoient le convoi
n'eurent pas le temps de fe mettre en défenſe . Le
tréfor qui a été déposé dans le logement du fiear
de Beauregard , eft gardé jour & nuit par un nombreux
détachement du même Régiment de Condé.
On a trouvé dans le Bureau de la pofte aux
chevaux , qui dépend de l'Etat d'Hanovre , quatre
lettres de voiture adreffées à différens Juifs,
Ce riche convoi étoit déja parvenu jufqu'à Brême;
mais il en étoit forti à l'approche des François ,
pour revenir à Nienbourg , & delà en cette Ville
chez le Maître des poftes . Celui- ci avoit ordre de
le garder , jufqu'à ce que les François ayant pris
leurs quatiers d'hiver, la route fût devenue libre
pour le tranfporter à l'armée des Hanovriens.
DE ZELL , le 26 Décembre.
La Citadelle de Harbourg fe défend toujours
avec la plus grande vigueur.
On apprend de Caffel, que M. le Prince de Soubife
y eft arrivé le 13 Décembre , & que tous les
JANVIER. 1758. 201
Régimens François , qui étoient dans le Comté de
Hanau , fe rendent fucceffivement dans le pays de
Helle .
Le 20 du même mois , le Prince Ferdinand de
Brunſwick fit faire un mouvement à ſes troupes
pour reculer fa droite. Il l'appuya au ruiffeau de
Kleinheelen , & fit occuper par des détachemens
les Villages de Groff & de Kleinheelen . Sa gauche
refta appuyée à la petite riviere de Lacht , &
fon quartier général à Altenhagen. L'armée de M.
le Maréchal de Richelieu avoit confervé ſon camp .
fur deux lignes . La droite étoit appuyée au petit
Village de Wefterzell , ayant en potence les Grenadiers
de France & les Grenadiers Royaux ; la
gauche tiroit au Pont de Schafferey , à l'extrêmité
du Fauxbourg de Zell , dit le Fauxbourg de Nienbourg
, & le front du camp étoit parconféquent
couvert par la Ville de Zell . Les mouvemens que
cette armée fit par fa droite fur l'Aller le 20 & le
21 , déterminerent les ennemis à garnir la riviere
de Lacht , & à mettre auffi plus de monde dans
le Village de Lacheindorff qu'ils occupoient,
*
Dans cette fituation , M. le Maréchal de Richelieu
qui avoit réfolu de paffer l'Aller , fit partir le 21
M. le Duc de Broglie , pour aller commander un
corps de Troupes qu'on avoit raffemblées dans le
Duché de Brême , avec ordre d'agir fur la Boheme
, de tourner la droite des ennemis , &
d'intercepter leurs convois. Le 22 & le 23 , il fit
différentes difpofitions , pour donner à l'ennemi
de l'inquiétude fur fa gauche & fur fes derrieres .
Le 24 , il donna fes ordres à M. le Marquis de
Villemur , pour paffer l'Aller à Muden , & favorifer
l'établiffement des ponts que le corps d'armée
devoit jetter fur cette riviere.
Male Comte Dauver & M. le Marquis de Caraman
202 MERCURE DE FRANCE.
étoient chargés en même temps de faire deux fauffes
attaques , l'une par le Fauxbourg de Lunebourg
, & l'autre par le pont de Schafferey , perdant
que M. le Duc d'Ayen , Lieutenant Général
, déboucheroit par le pont d'Altenzell , qui
avoit été retabli.
Le reste de l'armée fe pofta fur deux lignes à
Offenfen & à Schevachaufen .
Le 25, M. le Maréchal de Richelieu apprit à huit
heures du matin , que les attaques de la gauche
avoient pouflé les ennemis qui étoient devant élles
jufques dans leur camp , & qu'on l'avoit trouvé
abandonné , leur armée étant partie pendant
la nuit . Il ordonna auffitôt d'envoyer à leur pourfuite
tous les détachemens le plus en état d'y marcher
& de foutenir la fatigue & la rigueur, du
temps.
On leur a tué tout ce qu'une retraite extrêmement
précipitée a permis de joindre on leur a
fait jufqu'à ce jour environ cinq cens prifonniers ;
on leur a pris cent vingt chevaux & beaucoup de
charriots chargés de fubfiftances, de bagages &
d'agrez de pontons : il n'y a eu que vingt hommes
de
perte de notre côté. Les ennemis dirigent leur
retraite fur Lunebourg.
M. le Maréchal de Richelieu a établi hier fon
quartier général à Zell , & il a placé fon camp
dans le même terrein où étoit la veille l'armée du
Prince Ferdinand.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate les événements militaires en Allemagne, notamment la bataille entre les forces prussiennes et impériales près de Neumarck et Liffa. Le roi de Prusse, à la tête d'une armée de quarante mille hommes et d'une artillerie nombreuse, a tenté de pénétrer plus avant pour attaquer l'armée impériale près de Breslau ou couper ses subsistances. Les forces impériales, sous les ordres du Prince Charles et du Feld-Maréchal Comte de Daun, ont avancé pour couvrir Lignitz et contrer les projets prussiens. La bataille a commencé le 5 décembre. Les Prussiens ont attaqué l'aile gauche des Impériaux, forçant ces derniers à se retirer en bon ordre après un combat de plus de quatre heures. Parmi les pertes impériales, on compte le Comte de Luchefi et plusieurs autres officiers. Le Prince Charles et le Comte de Daun ont montré un grand courage et une activité remarquable. D'autres événements militaires sont également mentionnés, comme les actions du Marquis de Caraman contre les Hanovriens et la capture d'un convoi d'argent destiné aux ennemis par le sieur de Beauregard. La citadelle de Harbourg continue de se défendre vigoureusement. Les mouvements des armées de Brunswick et de Richelieu sont détaillés, notamment la traversée de l'Aller par les forces françaises. Le 25, le Maréchal de Richelieu a reçu des nouvelles indiquant que les attaques sur la gauche avaient repoussé les ennemis jusqu'à leur camp, trouvé abandonné. L'armée ennemie s'était retirée pendant la nuit. Richelieu a ordonné de poursuivre les ennemis avec les détachements les plus aptes à supporter la fatigue et les conditions climatiques rigoureuses. Les forces françaises ont tué un nombre significatif d'ennemis en fuite, fait environ cinq cents prisonniers, capturé cent vingt chevaux et de nombreux chariots chargés de subsistances, de bagages et d'équipements de pontons. Les pertes françaises se sont élevées à vingt hommes. Les ennemis se dirigeaient vers Lunebourg. Le Maréchal de Richelieu a établi son quartier général à Zell, sur le terrain où se trouvait précédemment l'armée du Prince Ferdinand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19383
p. 193
De TURIN, le 1 Juin 1763.
Début :
Don Vincent de Souza y Coutihno est parti ce matin pour Paris, [...]
Mots clefs :
Ministre plénipotentiaire, Majesté très chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De TURIN, le 1 Juin 1763.
De TURIN , le Juin 1763 . 1
Don Vincent de Souza y Coutihno eft parti ce
matin pour Paris , où il va réfider en qualité de
Miniftre Plénipotentaire de Sa Majesté Très- fidelle
auprès de Sa Majeſté Très- Chrétienne,
Don Vincent de Souza y Coutihno eft parti ce
matin pour Paris , où il va réfider en qualité de
Miniftre Plénipotentaire de Sa Majesté Très- fidelle
auprès de Sa Majeſté Très- Chrétienne,
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19384
p. 199
De Crevelt, le 18. Décembre.
Début :
Le Maréchal de Contade, après avoir visité tous les Postes de son Armée sur les [...]
Mots clefs :
Maréchal, Armée, Marquis, Alliés, Hussards
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texteReconnaissance textuelle : De Crevelt, le 18. Décembre.
De Crevelt , le 18. Décembre.
Le Maréchal de Contade , après avoir vifité
tous les Poftes de fon Armée fur les deux Rives
du Rhin , a établi ici fon Quartier- Général. II.
partira pour Paris auffitôt que le Marquis d'Armentieres
, le plus Ancien des Lieutenants Généraux
, qui ont des Lettres de Service , fera arrivé
. Les Alliés répandus dans les Evêchés de
la Weftphalie , font fort tranquilles dans leurs
Quartiers. Les Huffards du Régiment de Turquin
, qui font à Herberfeld , s'étendent de plus
en plus dans le Pays de la Marck , d'où ils tirent
des Contributions de Fourrages. Ces Huf
fards & les autres Troupes Légeres , qui doivent
couvrir le Pays de Bergues de ce côté- là , vont
être renforcés par le Régiment des Volontaires
de Clermont- Prince :
Le Maréchal de Contade , après avoir vifité
tous les Poftes de fon Armée fur les deux Rives
du Rhin , a établi ici fon Quartier- Général. II.
partira pour Paris auffitôt que le Marquis d'Armentieres
, le plus Ancien des Lieutenants Généraux
, qui ont des Lettres de Service , fera arrivé
. Les Alliés répandus dans les Evêchés de
la Weftphalie , font fort tranquilles dans leurs
Quartiers. Les Huffards du Régiment de Turquin
, qui font à Herberfeld , s'étendent de plus
en plus dans le Pays de la Marck , d'où ils tirent
des Contributions de Fourrages. Ces Huf
fards & les autres Troupes Légeres , qui doivent
couvrir le Pays de Bergues de ce côté- là , vont
être renforcés par le Régiment des Volontaires
de Clermont- Prince :
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Résumé : De Crevelt, le 18. Décembre.
Le 18 décembre, le Maréchal de Contade installe son Quartier Général après avoir inspecté les positions de son armée sur les deux rives du Rhin. Il prévoit de partir pour Paris à l'arrivée du Marquis d'Armentières. Les troupes alliées en Westphalie sont calmes. Les hussards du Régiment de Turquin prélèvent des contributions en fourrages dans le Pays de la Marck. Le Régiment des Volontaires de Clermont-Prince renforcera les troupes légères protégeant le Pays de Bergues.
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19385
p. 199
De Madrid, le 20. Décembre.
Début :
La santé du Roi paroît meilleure depuis plusieurs jours. Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Santé, Roi, Amélioration
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texteReconnaissance textuelle : De Madrid, le 20. Décembre.
De Madrid , le 20. Décembre;
La fanté du Roi paroît meilleure depuis plufreurs
jours. Sa Majesté a pris un peu de nourriture
, & a joui de quelque temps de fommeil .
L'on dit qu'elle a fait fon teftament,
La fanté du Roi paroît meilleure depuis plufreurs
jours. Sa Majesté a pris un peu de nourriture
, & a joui de quelque temps de fommeil .
L'on dit qu'elle a fait fon teftament,
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19386
p. 199-200
Du Camp de Dortmund, le 25 Juin.
Début :
Le Corps de troupes, aux ordres du Comte de S. Germain, passa la Roer le 17 [...]
Mots clefs :
Troupes, Comte, Déplacement des troupes, Quartier général, Ennemis, Alliés, Dragons, Embuscade, Prisonniers, Général
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texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Dortmund, le 25 Juin.
Du Camp de Dortmund , le 25 Juin.
Le Corps de troupes , aux ordres du Comte de
S. Germain , pafla la Roer le 17 à Mulheim ; il ſe
remit en marche le lendemain , & il fe porta à
Steyl. Le 19 , toutes les troupes furent raſſemblées
près de Dortmund , où ce Général a établi fon
Quartier. A fon approche , les troupes avancées
des Ennemis fe repliérent fur Luynen. Il y eut
quelques efcarmouches entre les Chaffeurs de Ficher
& la Légion Britannique , dont il déferta une
grande quantité de Soldats ; on lui fit auffi quelques
prifonniers.
On apprend de Wefel , qu'un Corps de trois
mille hommes des Alliés , fous les ordres du Genéral
Scheiter , vint le 15 au matin camper à deux
lieues de cette Ville. Il paroiffoit avoir le deffein
de paſſer le Rhin , pour enlever quelques - uns de
nos Magazins. Le fieur de Ca mbefort fut envoyé
avec fon détachement , & avec quelques Dragons
& quelques Volontaires , pour obferver ce
Corps ennemi. S'étant mis en embuscade dans
un Bois , il y attira une troupe de Chaffeurs qu'll
battit ; il leur tua quelques hommes, & il leur
fit plufieurs prifonniers . Le Général de Scheiter ,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
reconnoillant qu'on étoit partout fur les gardes ,
renonça à fon entreprife , & fe retira le même
jour par Bucholtz & Borcklen , vers la réſerve des
Allés.
Le Corps de troupes , aux ordres du Comte de
S. Germain , pafla la Roer le 17 à Mulheim ; il ſe
remit en marche le lendemain , & il fe porta à
Steyl. Le 19 , toutes les troupes furent raſſemblées
près de Dortmund , où ce Général a établi fon
Quartier. A fon approche , les troupes avancées
des Ennemis fe repliérent fur Luynen. Il y eut
quelques efcarmouches entre les Chaffeurs de Ficher
& la Légion Britannique , dont il déferta une
grande quantité de Soldats ; on lui fit auffi quelques
prifonniers.
On apprend de Wefel , qu'un Corps de trois
mille hommes des Alliés , fous les ordres du Genéral
Scheiter , vint le 15 au matin camper à deux
lieues de cette Ville. Il paroiffoit avoir le deffein
de paſſer le Rhin , pour enlever quelques - uns de
nos Magazins. Le fieur de Ca mbefort fut envoyé
avec fon détachement , & avec quelques Dragons
& quelques Volontaires , pour obferver ce
Corps ennemi. S'étant mis en embuscade dans
un Bois , il y attira une troupe de Chaffeurs qu'll
battit ; il leur tua quelques hommes, & il leur
fit plufieurs prifonniers . Le Général de Scheiter ,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
reconnoillant qu'on étoit partout fur les gardes ,
renonça à fon entreprife , & fe retira le même
jour par Bucholtz & Borcklen , vers la réſerve des
Allés.
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Résumé : Du Camp de Dortmund, le 25 Juin.
Le 25 juin, le comte de Saint-Germain commandait des troupes depuis le camp de Dortmund. Ces troupes traversèrent la Roer le 17 à Mulheim et se dirigèrent vers Steyl le lendemain. Le 19, toutes les troupes se rassemblèrent près de Dortmund, où le général établit son quartier général. Face à l'avancée des troupes françaises, les forces ennemies se replièrent sur Luynen. Des escarmouches opposèrent les chasseurs de Fischer à la Légion Britannique, entraînant la déroute de nombreux soldats britanniques et la capture de plusieurs prisonniers. Par ailleurs, des informations de Wesel signalèrent la présence d'un corps de trois mille hommes des Alliés, sous les ordres du général Scheiter, à deux lieues de la ville le 15 juin. Leur objectif était de traverser le Rhin pour s'emparer de magasins français. Le sieur de Cambefort, envoyé avec un détachement de dragons et de volontaires, observa ce corps ennemi. En se cachant dans un bois, il attaqua et battit une troupe de chasseurs ennemis, tuant plusieurs hommes et faisant plusieurs prisonniers. Reconnaissant la vigilance des forces françaises, le général Scheiter renonça à son entreprise et se retira le même jour par Bucholtz et Borcklen vers la réserve des Alliés.
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19387
p. 193-194
De LONDRES, le 4 Juin 1763.
Début :
Le sieur d'Eon, Résident de France en cette Cour, a eu l'honneur de [...]
Mots clefs :
Cour, Sa Majesté, Académie royale des sciences de Paris, Longitude, Mer, Amérique, Canada, Sauvages, Officiers, Forts
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texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 4 Juin 1763.
De LONDRES , le 14 Juin 1763.
Lefieur d'Eon , Réfident de France en cette Cour ,
a eu l'honneur de préſenter à Sa Majeſté les fieurs
de la Condamine , Camus & de la Lande , Membres
de l'Académie Royale des Sciences de Paris ,
& de la Société Royale de Londres ; ces deux derniers
font depuis quelque tems en cette Ville par
Ordre de Sa Majefté Très- Chrétienne , pour examiner
les opérations relatives à la découverte de
la Longitude en Mer , objet qui fixe aujourd'hui
plus que jamais l'attention de l'Angleterre & de
la France.
On écrit de la nouvelle Yorck , du 18 Avril ,
que le Fort Sainte Marie fur le Lac fupérieur , le
Pofte François le plus avancé dans le Pays des
Sauvages du Canada ; a été réduit en cendres le
20 Décembre dernier avec les Cazernes & tout ce
qui s'y eft trouvé , fans qu'on ait pu découvrir ce
qui a occafionné cet accident. L'Officier Anglois
qui commandoit dans le Fort , a eu beaucoup de
peine à fe dérober aux flâmes , & il en a reçu plufieurs
atteintes en différentes parties du corps.
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
On a reçu à Exeter quelques nouvelles de l'A
mérique , par lesquelles on apprend que les Indiens
des Côtes Nord & Nord - Oueft de Terre-
Neuve , ont brûlé & détruit des Etabliffemens
Anglois , formés dans le détroit de Belle- Ifle , visà-
vis de la Côte de Labrador.
Lefieur d'Eon , Réfident de France en cette Cour ,
a eu l'honneur de préſenter à Sa Majeſté les fieurs
de la Condamine , Camus & de la Lande , Membres
de l'Académie Royale des Sciences de Paris ,
& de la Société Royale de Londres ; ces deux derniers
font depuis quelque tems en cette Ville par
Ordre de Sa Majefté Très- Chrétienne , pour examiner
les opérations relatives à la découverte de
la Longitude en Mer , objet qui fixe aujourd'hui
plus que jamais l'attention de l'Angleterre & de
la France.
On écrit de la nouvelle Yorck , du 18 Avril ,
que le Fort Sainte Marie fur le Lac fupérieur , le
Pofte François le plus avancé dans le Pays des
Sauvages du Canada ; a été réduit en cendres le
20 Décembre dernier avec les Cazernes & tout ce
qui s'y eft trouvé , fans qu'on ait pu découvrir ce
qui a occafionné cet accident. L'Officier Anglois
qui commandoit dans le Fort , a eu beaucoup de
peine à fe dérober aux flâmes , & il en a reçu plufieurs
atteintes en différentes parties du corps.
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
On a reçu à Exeter quelques nouvelles de l'A
mérique , par lesquelles on apprend que les Indiens
des Côtes Nord & Nord - Oueft de Terre-
Neuve , ont brûlé & détruit des Etabliffemens
Anglois , formés dans le détroit de Belle- Ifle , visà-
vis de la Côte de Labrador.
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Résumé : De LONDRES, le 4 Juin 1763.
Le 14 juin 1763, Lefieur d'Eon, représentant de la France à Londres, a présenté à Sa Majesté les sieurs de la Condamine, Camus et de la Lande, membres de l'Académie Royale des Sciences de Paris et de la Société Royale de Londres. Camus et de la Lande étaient en mission à Londres pour examiner les opérations relatives à la découverte de la longitude en mer, un sujet crucial pour l'Angleterre et la France. Le 18 avril, des nouvelles de la Nouvelle-York rapportaient que le Fort Sainte Marie, situé sur le lac Supérieur et représentant le poste français le plus avancé au Canada, avait été détruit par un incendie le 20 décembre précédent. Les causes de cet incendie restaient inconnues. L'officier anglais commandant le fort avait échappé aux flammes mais avait subi plusieurs blessures. À Exeter, des nouvelles d'Amérique indiquaient que les Indiens des côtes nord et nord-ouest de Terre-Neuve avaient incendié et détruit des établissements anglais situés dans le détroit de Belle-Isle, en face de la côte du Labrador.
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19388
p. 199-200
De Barcelonne, le 8. Décembre.
Début :
Toutes les Lettres de Madrid nous font appréhender les suites de la [...]
Mots clefs :
Lettres, Santé du roi, Enrôlement, Construction navale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Barcelonne, le 8. Décembre.
De Barcelonne , le 8. Décembre.
Toutes les Lettres de Madrid nous font appréhender
les fuites de la maladie du Roi. Cependant
on exécute fans relâche les ordres donnés ,
pour mettre les forces du Royaume en état de
de le faire refpecter. On conftruit des Vaiffeaux
I. iv.
200 MERCURE DE FRANCE.
dans nos Ports , & on leve des Recrues dans les
Provinces.
Toutes les Lettres de Madrid nous font appréhender
les fuites de la maladie du Roi. Cependant
on exécute fans relâche les ordres donnés ,
pour mettre les forces du Royaume en état de
de le faire refpecter. On conftruit des Vaiffeaux
I. iv.
200 MERCURE DE FRANCE.
dans nos Ports , & on leve des Recrues dans les
Provinces.
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19389
p. 1451-1453
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
Début :
Je vous dirai d'abord ce que je viens d'apprendre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave, [...]
Mots clefs :
Maures, Turcs, Marquis de Villadarias, Oran, Travailleurs, Espagnol, Feu, Place, Alger
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger
le 25. May , contenant des Nouvelles
d'Oran.
E vous dirai d'abord ce que je viens d'appren→
dre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave ,
et qui n'est parti d'Oran que depuis douze jours .
Cet Espagnol , ancien dans le Service , m'a assuré
que la Place est abondamment pourvûë de toutes
sortes de provisions de guerre et de bouche. La maladie
contagieuse y a cessé , les Châteaux sont fortifiez
et dans un état à ne plus craindre les efforts
barbaresques , d'autant plus que beaucoup de Maures
, qui en sont bien informez , et qui ennuyez d'un
si long service et de la durée du Siege , se débandent
et fournissen même à la Place,par la communicasion
des Maures de Paix , quantité de Bestiaux ,
ce qui donne un grand soulagement aux Assiegez.
Les Turcs n'ignorent pas ce commerce , mais ils ne
sont pas en état de s'y opposer , ils n'osent pas même
sortir de leur Camp , n'ayant pas moins à craindre
du côté de ces Maures , que de celui des Chrétiens ;
aussi les Turcs ne cessent- ils de demander du secours.
Le Dey cependant n'a pas un homme à leur
envoyer , il a fallu pour contenir les Maures et lever
les Garannes ou Tributs qu'on a coûtume d'éxiger
, envoyer les Camps ordinaires , et pour cela
dégarnir la Ville d'Alger de Soldats . Le puissant
secours qu'on attend du G. S. a retenu jusqu'à présent
les Maures dans la soumission et les Turcs de-
* On appelle ainsi ceux des Maures qui sont
dans les interêts des Espagnols.
II. Vol. I iij vant
145 MERCURE DE FRANCE
vant Oran. Ceux- cy, dès qu'ils seront informez de
la disgrace arrivée à leurs Vaisseaux,pourront bien,
malgré le Dey, abandonner les Tentes et les Bagages
et se retirer à la sourdine pour se dérober à la cruauté
des Maures , du moins c'est ainsi que Pon en juge ,
d'autant mieux que ces Turcs ont eu en dernier lieu
un échec qui les a fort éclaircis . Voici de quelle maniere
le rapporte l'Espagnol qui a été présent à tout.
M. le Marquis de Villadarias , voyant que Les
Maures ne laissoient pas de venir prendre de
Peau à la Fontaine , malgré ses précautions et malgré
le feu du Fort de S. Ferdinand , fit faire une
Galere ou un Boyau de bonne massonnerie , avec de
petits creneaux ou meurtrieres qui donnoient vèrs la
Fontaine, pour écarter ceux qui y viendroient, ce qui
incommodera fort l'Ennemi , qui d'ailleurs ne peut
avoir que de mauvaises eaux. Bigotillos s'étant apperçu
du dessein des Espagnols , se proposa d'enlever
les Travailleurs,mais le M.de Villadarias en ayant
eu vent , fit marcher les Travailleurs à l'ordinaire
avec soixante hommes pour les couvrir ; ilfu encore
sortir 1500. Grenadiers en deux bandes , l'une à
droite et l'autre à gauche , avec ordre de se cacher
dans des Ravines voisines qui favorisoient tout-àfait
son dessein Les Maures se croyant sûrs de leur
coup , ne manquerent point de s'avancer en assez.
grand nombre ; alors les 60. Soldats commandez
pour couvrir les Travailleurs , firent semblant de
redouter ce grand nombre et de se retirer , pour attirer
l'Ennemi dans Pembuscade ; il y donna efectivement
, et les 1500. Grenadiers sortirent de leurs
Ravines et firent feu de tous côtez. A ce coup imprévû
les Turcs et les Maures accoururent en foule
pour secourir les leurs . Le M. de Villadarias , à porsée
de découvrir tout ce qui se passoit , donna ordre
aux siens de feindre une retraite pour attirer insen-
II. Val. siblement
JUIN. 1733. 1453
siblement les Assiegeans sous le Canon . Ce strata
gême lui aparfaitement bien réussi . Trois des Chateaux
firent feu de leurs Canons avec mitrailles et
Bombes , si à propos , qu'il resta sur la place plús
hommes , sans compter les blessez . Les
Turcs y ont perdu plus de 300. des leurs ; ils sont
d'autant plus affligez de cette perte , qu'ils se voyent
hors d'état de la réparer , aussi ne pensent- ils qu'à
se ménager et à conserver leurs têtes .
le 25. May , contenant des Nouvelles
d'Oran.
E vous dirai d'abord ce que je viens d'appren→
dre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave ,
et qui n'est parti d'Oran que depuis douze jours .
Cet Espagnol , ancien dans le Service , m'a assuré
que la Place est abondamment pourvûë de toutes
sortes de provisions de guerre et de bouche. La maladie
contagieuse y a cessé , les Châteaux sont fortifiez
et dans un état à ne plus craindre les efforts
barbaresques , d'autant plus que beaucoup de Maures
, qui en sont bien informez , et qui ennuyez d'un
si long service et de la durée du Siege , se débandent
et fournissen même à la Place,par la communicasion
des Maures de Paix , quantité de Bestiaux ,
ce qui donne un grand soulagement aux Assiegez.
Les Turcs n'ignorent pas ce commerce , mais ils ne
sont pas en état de s'y opposer , ils n'osent pas même
sortir de leur Camp , n'ayant pas moins à craindre
du côté de ces Maures , que de celui des Chrétiens ;
aussi les Turcs ne cessent- ils de demander du secours.
Le Dey cependant n'a pas un homme à leur
envoyer , il a fallu pour contenir les Maures et lever
les Garannes ou Tributs qu'on a coûtume d'éxiger
, envoyer les Camps ordinaires , et pour cela
dégarnir la Ville d'Alger de Soldats . Le puissant
secours qu'on attend du G. S. a retenu jusqu'à présent
les Maures dans la soumission et les Turcs de-
* On appelle ainsi ceux des Maures qui sont
dans les interêts des Espagnols.
II. Vol. I iij vant
145 MERCURE DE FRANCE
vant Oran. Ceux- cy, dès qu'ils seront informez de
la disgrace arrivée à leurs Vaisseaux,pourront bien,
malgré le Dey, abandonner les Tentes et les Bagages
et se retirer à la sourdine pour se dérober à la cruauté
des Maures , du moins c'est ainsi que Pon en juge ,
d'autant mieux que ces Turcs ont eu en dernier lieu
un échec qui les a fort éclaircis . Voici de quelle maniere
le rapporte l'Espagnol qui a été présent à tout.
M. le Marquis de Villadarias , voyant que Les
Maures ne laissoient pas de venir prendre de
Peau à la Fontaine , malgré ses précautions et malgré
le feu du Fort de S. Ferdinand , fit faire une
Galere ou un Boyau de bonne massonnerie , avec de
petits creneaux ou meurtrieres qui donnoient vèrs la
Fontaine, pour écarter ceux qui y viendroient, ce qui
incommodera fort l'Ennemi , qui d'ailleurs ne peut
avoir que de mauvaises eaux. Bigotillos s'étant apperçu
du dessein des Espagnols , se proposa d'enlever
les Travailleurs,mais le M.de Villadarias en ayant
eu vent , fit marcher les Travailleurs à l'ordinaire
avec soixante hommes pour les couvrir ; ilfu encore
sortir 1500. Grenadiers en deux bandes , l'une à
droite et l'autre à gauche , avec ordre de se cacher
dans des Ravines voisines qui favorisoient tout-àfait
son dessein Les Maures se croyant sûrs de leur
coup , ne manquerent point de s'avancer en assez.
grand nombre ; alors les 60. Soldats commandez
pour couvrir les Travailleurs , firent semblant de
redouter ce grand nombre et de se retirer , pour attirer
l'Ennemi dans Pembuscade ; il y donna efectivement
, et les 1500. Grenadiers sortirent de leurs
Ravines et firent feu de tous côtez. A ce coup imprévû
les Turcs et les Maures accoururent en foule
pour secourir les leurs . Le M. de Villadarias , à porsée
de découvrir tout ce qui se passoit , donna ordre
aux siens de feindre une retraite pour attirer insen-
II. Val. siblement
JUIN. 1733. 1453
siblement les Assiegeans sous le Canon . Ce strata
gême lui aparfaitement bien réussi . Trois des Chateaux
firent feu de leurs Canons avec mitrailles et
Bombes , si à propos , qu'il resta sur la place plús
hommes , sans compter les blessez . Les
Turcs y ont perdu plus de 300. des leurs ; ils sont
d'autant plus affligez de cette perte , qu'ils se voyent
hors d'état de la réparer , aussi ne pensent- ils qu'à
se ménager et à conserver leurs têtes .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
Le 25 mai, une lettre rapporte des nouvelles d'Oran par un Espagnol récemment arrivé à Alger. Cet ancien soldat indique qu'Oran est bien approvisionnée en vivres et en matériel de guerre. La maladie contagieuse a cessé et les châteaux sont fortifiés, permettant de repousser les attaques barbaresques. De nombreux Maures, lassés du siège, désertent et fournissent des vivres aux assiégés via les Maures de paix. Les Turcs, conscients de ce commerce, ne peuvent l'empêcher et craignent autant les Maures que les Chrétiens. Ils demandent des renforts, mais le Dey d'Alger ne peut en envoyer, car il doit maintenir l'ordre parmi les Maures et lever des tributs, ce qui nécessite de retirer des soldats de la ville. Le marquis de Villadarias, commandant espagnol, a construit une structure pour protéger les travailleurs à la fontaine. Les Maures, tentant de capturer ces travailleurs, sont tombés dans une embuscade préparée par les Espagnols. Les grenadiers espagnols ont ouvert le feu, causant des pertes importantes parmi les Turcs et les Maures. Les Turcs, affligés par cette défaite, cherchent maintenant à se protéger et à conserver leurs forces.
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19390
p. 205-209
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 17 Septembre, M. le Baron de Lichtenstein, Ministre Plénipotentiaire du Duc de [...]
Mots clefs :
Roi, Capitaine, Frégate, Corsaires, Troupes, Bataillons, Audience, Duc de Gesvres, Maréchal de Richelieu, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c .
E 17 Septembre , M. le Baron de Lichtenftein ,
Miniftre Plénipotentiaire du Duc de Saxe- Gotha ,
eut une audience particuliere du Roi , dans
laquelle it a préfenté à Sa Majefté fes Lettres de
Créance . Il a été conduit à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur le Dauphin
, de Madame Infante , de Madame & de
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , par le
même Introducteur .
Le Roi a difpofé de la charge de Premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort
de M. le Duc de Gefvres , en faveur de M. le Duc
de Duras , & du Gouvernement de Paris , qui
vaquoit par la même mort , en faveur de M. le
Duc de Chevreuse.
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Gouvernement de la Province de Piñe de
France , dont M. le Duc de Gefvres étoit pourvu
, paffe à M. le Comte de Trêmes qui , depuis
la mort de M. le Duc fon frere , a pris le titre de
Duc de Trêmes.
La place de Dame du Palais de la Reine , va~
cante par la mort de la Princeffe de Montauban,
a été donnée à Madame la Marquife d'Efcars.
M. le Duc de Duras arriva ici le 16 , & remit
au Roi une Convention , qui a été conclue le 10
entre le Maréchal Duc de Richelieu , Général des
armées de Sa Majefté en Allemagne , & le Duc
de Cumberland , Général de l'armée du Roi d'Angleterre
Electeur d'Hanovre. Cette convention
porte en fubftance : Que les hoftilités cefferont
de part & d'autre . Que les troupes auxiliaires ,
fçavoir , celles de Heffe , de Brunfwick , de Saxe-
Gotha , & même celles du Comte de la Lippe-
Buckemberg , feront renvoyées , & le rendront ,
avec des paffe ports de M. le Maréchal de Richelieu
, dans leurs pays refpectifs , où elles feront
placées & difperfées fuivant ce qui fera ultérieurement
réglé. Que le Duc de Cumberland paſſera
l'Elbe avec la partie de fon armée , qu'il ne pour
ra pas placer dans la Ville de Stade ou aux environs.
Que les troupes , qui formeront la Garnifon
de Stade , ou feront placées aux environs ,
& qui confifteront en 10 Bataillons & 18 Efcadrons
, ne pourront faire aucun acte d'hoftilité ,
ni être recrutées fous aucun prétexte , ou augmentées
dans aucun cas. Que ces troupes ne
pourront point fortir des limites qui leur feront
affignées , & qui feront marquées avec des poreaux.
Que les troupes Françoifes demeureront
dans le refte des Duchés de Bremen & de Verden,
jufques à une conciliation définitive des deux
OCTOBRE. 1757- 20
Souverains. Que le Maréchal de Richelieu accordera
les paffeports & les fûretés néceffaires
aux troupes Hanoveriennes , qui fe retireront au
delà de l'Elbe , & qui confiftent en 15 Bataillons
, 6 Efcadrons , & tout le Corps des Chaf
feurs. Il a été ftipulé auffi , que le Roi de Danemarck
, fous la garantie de qui cette Conventions
a été faite , s'obligera d'en affurer l'exécution:
pleine & entiere.
On a reçu avis que la flotte Angloife , qui a fait
voile de Portſmouth le 8 de Septembre , s'étoit
préfentée fucceffivement devant les Illes d'Oleron
& de Ré , & que le 23 elle avoit fait une
defcente dans l'Ifle Daix. Quoiqu'on ne croye
point avoir rien à craindre pour les côtes , vu les
meſures qui ont été priſes pour leur défenſe ; le
Roi , pour plus grande fûreté , a jugé à propos de
faire partir pour la Rochelle quatre bataillons des
Gardes Françoifes , deux Bataillons des Gardes
Suiffes , & un détachement de la Cavalerie de fa
Maiſon. Sa Majesté a envoyé ordre auffi à quelques-
uns des Régimens , dont les quartiers font
le plus à portée du pays d'Aunis , de fe rendre
dans cette Province.
M. de Maupeou , premier Préfident du Parle
ment ayant demandé la permiffion de fe demettre
de fa place , le Roi en a difpofé en faveur de M.
le Préfident Molé. Sa Majefté a gratifié M. de
Maupeou d'une penfion de quarante mille livres .
Le Roi a accordé à l'Abbé Salabery , Confeiller
de la Grand-Chambre , l'expectative d'une des
trois places de Confeillers d'Etat d'Eglife.
Le 6 Octobre, M. le Comte de Sartiranne , Am--
baffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , à laquelle il fut conduit par
M. de la Live, Introducteur des Ambaffadeurs..
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour , le Roi a tenu le Sceau pour la
quatorzieme & la quinzieme fois.
Le 2 , M. le Préſident Molé prêta ferment entre
les mains du Roi pour la place de premier Préfident
du Parlement..
L'Archevêque de Paris arriva de Conflans enfon
palais archiepifcopal le premier d'octobre au foir.
Ce Prélat fe rendit le 2 à Verfailles , où il eut
l'honneur de préfenter fes refpects au Roi , à la
Reine , & à la Famille Royale.
Le Capitaine Berrade , commandant le Corfaire
la Marquise de Salba , a pris le navire Anglois le
Prince d'Orange , allant de Rhode- Iſland à Lon
dres avec un chargement de bois de Campeche . Il
s'eft auffi rendu maitre d'un Senaw , qui portoit de
Dublin à Antigoa fept cens & quelques barrils de
boeuf d'Irlande.
Le Corfaire l'Etigny s'eft emparé du Senaw le
Mélange , dont la charge confiftoit principalement
en grains & en falaifons , & du Senaw la
Méditerranée , chargé de fel.
Deux navires Anglois ont été enlevés par le
corfaire la Favorite , que commande le Capitaine
Sopite. Il y avoit fur l'un de ces bâtimens deux
mille trois cens quintaux de morue. L'autre en
portoit quatorze cens quintaux. Ce dernier a été
conduit dans un port d'Espagne.
De trois prifes qu'a faites le Corfaire l'Amiral ,
aucune n'a eu le bonheur d'arriver à bon port.
Le fieur la Fuente , commandant ci- devant la
frégate la Bohémienne , écrit de Falmouth , qu'il a
été obligé de fe rendre au corfaire la Défiance , de
Londres.
Le fieur de l'Ile - Beauchefne , Capitaine de vailfeau
, commandant la frégate du Roi le Zéphyr
s'eft rendu maître de deux corfaires Anglois , qui
!
OCTOBRE . 1757. 209
tous deux font armés de 10 canons , 8 pierriers ,
& ont l'un 72 hommes d'équipage , l'autre 48 .
Selon les avis reçus de Dunkerque , la frégate
la Comteffe de la Serre , de ce port , commandée
par le Capitaine Robert , & montée de 18 canons
de 8 livres de balle , s'empara le 20 fept. de 3 navires
Anglois à la hauteur d'Edimbourg . Deux de
ces bâtimens étoient partis de Kiga , chargés de
lin , de chanvre , de planches & de poutres . Le
troifieme venoit de Petersbourg avec un chargement
de fer & de chanvre. On eſtime que ces trois
prifes montent à cent cinquante mille livres . La
frégate la Comteffe de la Serre étoit partie le 16 de
Dunkerque. Le lendemain elle eut à l'entrée de la
Tamife , un combat avec une frégate Angloiſe de
24 canons de huit livres de balle . Le Capitaine
Robert auroit enlevé la frégate ennemie , fi la vue
de plufieurs navires de force , qui venoient la fecourir
, ne l'eût obligé de fe retirer.
Le Capitaine de Cock , qui commande le corfaite
le Comte de Maurepas , de Dunkerque , s'eft
emparé des navires Anglois le Bon Marchand &
la Concorde , & d'un brigantin , dont étoit maître
Jofeph Forceſter, & il les a rançonnés pour 26640
livres. Il a fait une autre prife chargée de fucre ,
de café , de cuirs fecs & de bois de Campeche ,
qui a coulé bas en arrivant à Dunkerque , mais
on en a ſauvé la cargaiſon .
E 17 Septembre , M. le Baron de Lichtenftein ,
Miniftre Plénipotentiaire du Duc de Saxe- Gotha ,
eut une audience particuliere du Roi , dans
laquelle it a préfenté à Sa Majefté fes Lettres de
Créance . Il a été conduit à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur le Dauphin
, de Madame Infante , de Madame & de
Mefdames Victoire , Sophie & Louife , par le
même Introducteur .
Le Roi a difpofé de la charge de Premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort
de M. le Duc de Gefvres , en faveur de M. le Duc
de Duras , & du Gouvernement de Paris , qui
vaquoit par la même mort , en faveur de M. le
Duc de Chevreuse.
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Gouvernement de la Province de Piñe de
France , dont M. le Duc de Gefvres étoit pourvu
, paffe à M. le Comte de Trêmes qui , depuis
la mort de M. le Duc fon frere , a pris le titre de
Duc de Trêmes.
La place de Dame du Palais de la Reine , va~
cante par la mort de la Princeffe de Montauban,
a été donnée à Madame la Marquife d'Efcars.
M. le Duc de Duras arriva ici le 16 , & remit
au Roi une Convention , qui a été conclue le 10
entre le Maréchal Duc de Richelieu , Général des
armées de Sa Majefté en Allemagne , & le Duc
de Cumberland , Général de l'armée du Roi d'Angleterre
Electeur d'Hanovre. Cette convention
porte en fubftance : Que les hoftilités cefferont
de part & d'autre . Que les troupes auxiliaires ,
fçavoir , celles de Heffe , de Brunfwick , de Saxe-
Gotha , & même celles du Comte de la Lippe-
Buckemberg , feront renvoyées , & le rendront ,
avec des paffe ports de M. le Maréchal de Richelieu
, dans leurs pays refpectifs , où elles feront
placées & difperfées fuivant ce qui fera ultérieurement
réglé. Que le Duc de Cumberland paſſera
l'Elbe avec la partie de fon armée , qu'il ne pour
ra pas placer dans la Ville de Stade ou aux environs.
Que les troupes , qui formeront la Garnifon
de Stade , ou feront placées aux environs ,
& qui confifteront en 10 Bataillons & 18 Efcadrons
, ne pourront faire aucun acte d'hoftilité ,
ni être recrutées fous aucun prétexte , ou augmentées
dans aucun cas. Que ces troupes ne
pourront point fortir des limites qui leur feront
affignées , & qui feront marquées avec des poreaux.
Que les troupes Françoifes demeureront
dans le refte des Duchés de Bremen & de Verden,
jufques à une conciliation définitive des deux
OCTOBRE. 1757- 20
Souverains. Que le Maréchal de Richelieu accordera
les paffeports & les fûretés néceffaires
aux troupes Hanoveriennes , qui fe retireront au
delà de l'Elbe , & qui confiftent en 15 Bataillons
, 6 Efcadrons , & tout le Corps des Chaf
feurs. Il a été ftipulé auffi , que le Roi de Danemarck
, fous la garantie de qui cette Conventions
a été faite , s'obligera d'en affurer l'exécution:
pleine & entiere.
On a reçu avis que la flotte Angloife , qui a fait
voile de Portſmouth le 8 de Septembre , s'étoit
préfentée fucceffivement devant les Illes d'Oleron
& de Ré , & que le 23 elle avoit fait une
defcente dans l'Ifle Daix. Quoiqu'on ne croye
point avoir rien à craindre pour les côtes , vu les
meſures qui ont été priſes pour leur défenſe ; le
Roi , pour plus grande fûreté , a jugé à propos de
faire partir pour la Rochelle quatre bataillons des
Gardes Françoifes , deux Bataillons des Gardes
Suiffes , & un détachement de la Cavalerie de fa
Maiſon. Sa Majesté a envoyé ordre auffi à quelques-
uns des Régimens , dont les quartiers font
le plus à portée du pays d'Aunis , de fe rendre
dans cette Province.
M. de Maupeou , premier Préfident du Parle
ment ayant demandé la permiffion de fe demettre
de fa place , le Roi en a difpofé en faveur de M.
le Préfident Molé. Sa Majefté a gratifié M. de
Maupeou d'une penfion de quarante mille livres .
Le Roi a accordé à l'Abbé Salabery , Confeiller
de la Grand-Chambre , l'expectative d'une des
trois places de Confeillers d'Etat d'Eglife.
Le 6 Octobre, M. le Comte de Sartiranne , Am--
baffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , à laquelle il fut conduit par
M. de la Live, Introducteur des Ambaffadeurs..
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour , le Roi a tenu le Sceau pour la
quatorzieme & la quinzieme fois.
Le 2 , M. le Préſident Molé prêta ferment entre
les mains du Roi pour la place de premier Préfident
du Parlement..
L'Archevêque de Paris arriva de Conflans enfon
palais archiepifcopal le premier d'octobre au foir.
Ce Prélat fe rendit le 2 à Verfailles , où il eut
l'honneur de préfenter fes refpects au Roi , à la
Reine , & à la Famille Royale.
Le Capitaine Berrade , commandant le Corfaire
la Marquise de Salba , a pris le navire Anglois le
Prince d'Orange , allant de Rhode- Iſland à Lon
dres avec un chargement de bois de Campeche . Il
s'eft auffi rendu maitre d'un Senaw , qui portoit de
Dublin à Antigoa fept cens & quelques barrils de
boeuf d'Irlande.
Le Corfaire l'Etigny s'eft emparé du Senaw le
Mélange , dont la charge confiftoit principalement
en grains & en falaifons , & du Senaw la
Méditerranée , chargé de fel.
Deux navires Anglois ont été enlevés par le
corfaire la Favorite , que commande le Capitaine
Sopite. Il y avoit fur l'un de ces bâtimens deux
mille trois cens quintaux de morue. L'autre en
portoit quatorze cens quintaux. Ce dernier a été
conduit dans un port d'Espagne.
De trois prifes qu'a faites le Corfaire l'Amiral ,
aucune n'a eu le bonheur d'arriver à bon port.
Le fieur la Fuente , commandant ci- devant la
frégate la Bohémienne , écrit de Falmouth , qu'il a
été obligé de fe rendre au corfaire la Défiance , de
Londres.
Le fieur de l'Ile - Beauchefne , Capitaine de vailfeau
, commandant la frégate du Roi le Zéphyr
s'eft rendu maître de deux corfaires Anglois , qui
!
OCTOBRE . 1757. 209
tous deux font armés de 10 canons , 8 pierriers ,
& ont l'un 72 hommes d'équipage , l'autre 48 .
Selon les avis reçus de Dunkerque , la frégate
la Comteffe de la Serre , de ce port , commandée
par le Capitaine Robert , & montée de 18 canons
de 8 livres de balle , s'empara le 20 fept. de 3 navires
Anglois à la hauteur d'Edimbourg . Deux de
ces bâtimens étoient partis de Kiga , chargés de
lin , de chanvre , de planches & de poutres . Le
troifieme venoit de Petersbourg avec un chargement
de fer & de chanvre. On eſtime que ces trois
prifes montent à cent cinquante mille livres . La
frégate la Comteffe de la Serre étoit partie le 16 de
Dunkerque. Le lendemain elle eut à l'entrée de la
Tamife , un combat avec une frégate Angloiſe de
24 canons de huit livres de balle . Le Capitaine
Robert auroit enlevé la frégate ennemie , fi la vue
de plufieurs navires de force , qui venoient la fecourir
, ne l'eût obligé de fe retirer.
Le Capitaine de Cock , qui commande le corfaite
le Comte de Maurepas , de Dunkerque , s'eft
emparé des navires Anglois le Bon Marchand &
la Concorde , & d'un brigantin , dont étoit maître
Jofeph Forceſter, & il les a rançonnés pour 26640
livres. Il a fait une autre prife chargée de fucre ,
de café , de cuirs fecs & de bois de Campeche ,
qui a coulé bas en arrivant à Dunkerque , mais
on en a ſauvé la cargaiſon .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 17 septembre, le Baron de Lichtenstein, ministre plénipotentiaire du Duc de Saxe-Gotha, a été reçu en audience privée par le Roi, qui a accepté ses lettres de créance. Le Roi a procédé à plusieurs nominations : le Duc de Duras a été nommé Premier Gentilhomme de la Chambre, le Duc de Chevreuse Gouverneur de Paris, et le Comte de Trêmes, devenu Duc de Trêmes, Gouverneur de la Province de Pîne de France. La Marquise d'Escars a été désignée Dame du Palais de la Reine. Le Duc de Duras a présenté au Roi une convention signée le 10 septembre entre le Maréchal Duc de Richelieu et le Duc de Cumberland, prévoyant la cessation des hostilités et le retrait des troupes auxiliaires. Les troupes françaises resteront dans les Duchés de Bremen et de Verden jusqu'à une conciliation définitive. La flotte anglaise a été repérée devant les îles d'Oléron et de Ré, et a effectué une descente dans l'île Daix. En réponse, le Roi a renforcé les défenses des côtes en envoyant des troupes à La Rochelle et dans la province d'Aunis. M. de Maupeou a démissionné de son poste de Premier Président du Parlement, remplacé par M. le Président Molé, qui a prêté serment le 2 octobre. Le Roi a accordé une pension à M. de Maupeou et une place de Conseiller d'État d'Église à l'Abbé Salabery. Le 6 octobre, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne, le Comte de Sartiranne, a été reçu en audience privée. Le Roi a tenu le Sceau pour la quatorzième et la quinzième fois. L'Archevêque de Paris est arrivé à Versailles le 2 octobre. Des corsaires français ont réalisé plusieurs prises maritimes, notamment des navires anglais chargés de bois de Campeche, de grains, de morue et de sel. La frégate la Comtesse de la Serre a capturé trois navires anglais près d'Édimbourg.
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19391
p. 1612
ESPAGNE.
Début :
On a reçû avis que Don Placido de Sangro étoit arrivé avec trois Escadrons au Camp [...]
Mots clefs :
Escadrons, Troupes espagnoles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
O
Na reçû avis que Don Placido de Sangro
étoit arrivé avec trois Escadrons au Camp
de Saint Roch , près de Gibraltar , où on con
tinue à travailler avec beaucoup de diligence aux
Forts qu'on y construit.
Vers le milieu de ce mois il y a eu un Orage
terrible à Seville , où le Tonnerre tomba en di
vers endroits ; il tua dans l'Eglise de Saint Jaques
un Religieux , et en blessa un autre.
On apprend de cette même Ville , que ce qui
a été signé le 6. de ce mois , par les Ministres
du Roi et par M. Kéene , Ministre du Roi d'An
gleterre , est une Déclaration , portant que S. M.
Britanique fera effectivement introduire six milles
hommes de Troupes Espagnoles dans les Etats de
Parme et de Toscane , et mettra l'Infant Don
Carlos en possession des mêmes Etats en con
formité de l'Article V. du Traité de la Qua
druple Alliance , et cela dans le terme de cinq
mois >
à compter du jour de la datte de
cette Déclaration. Le Roi de sa part promet que
pourvu que ces introduction et possession soient
ainsi effectuées , la jouissance de ce qui a été sti
pulé en faveur des Anglois par les Traitez , sub
>
sistera.
O
Na reçû avis que Don Placido de Sangro
étoit arrivé avec trois Escadrons au Camp
de Saint Roch , près de Gibraltar , où on con
tinue à travailler avec beaucoup de diligence aux
Forts qu'on y construit.
Vers le milieu de ce mois il y a eu un Orage
terrible à Seville , où le Tonnerre tomba en di
vers endroits ; il tua dans l'Eglise de Saint Jaques
un Religieux , et en blessa un autre.
On apprend de cette même Ville , que ce qui
a été signé le 6. de ce mois , par les Ministres
du Roi et par M. Kéene , Ministre du Roi d'An
gleterre , est une Déclaration , portant que S. M.
Britanique fera effectivement introduire six milles
hommes de Troupes Espagnoles dans les Etats de
Parme et de Toscane , et mettra l'Infant Don
Carlos en possession des mêmes Etats en con
formité de l'Article V. du Traité de la Qua
druple Alliance , et cela dans le terme de cinq
mois >
à compter du jour de la datte de
cette Déclaration. Le Roi de sa part promet que
pourvu que ces introduction et possession soient
ainsi effectuées , la jouissance de ce qui a été sti
pulé en faveur des Anglois par les Traitez , sub
>
sistera.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte relate divers événements en Espagne. Don Placido de Sangro a rejoint le camp de Saint-Roch près de Gibraltar avec trois escadrons, où les travaux de construction des forts avancent rapidement. À Séville, un violent orage au milieu du mois a causé la mort d'un religieux et blessé un autre dans l'église de Saint-Jacques. Par ailleurs, une déclaration signée le 6 du mois par les ministres du Roi d'Espagne et M. Kéene, ministre du Roi d'Angleterre, prévoit l'introduction de six mille soldats espagnols dans les États de Parme et de Toscane. Cette opération doit permettre à l'Infant Don Carlos de prendre possession de ces États conformément à l'article V du traité de la Quadruple Alliance, dans un délai de cinq mois à compter de la date de la déclaration. En contrepartie, le Roi d'Espagne garantit la continuité des stipulations favorables aux Anglais dans les traités existants.
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19392
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN Jos RY ,
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
rue & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
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19393
p. 200
De Rome, le 25 Novembre.
Début :
Le Cardinal d'Yorck fut sacré Dimanche dernier, Archévêque de Corinthe, [...]
Mots clefs :
Cardinal, Sacre, Pape, Consistoire, Sculpture antique, Représentations, Découverte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 25 Novembre.
De Rome , le 25 Novembre.
Le Cardinal d'Yorck fut facré Dimanche dernier
, Archévêque de Corinthe , dans l'Eglife des
Saints Apôtres.
Le Mercredi , le Pape tint Confiftoire fecret au
Quirinal. Il fit la Cérémonie de former & d'ouvrir
la bouche au Cardinal Rezzonico . Le Cardinal
Sciarra Coloona préconifa l'Abbé d'Argentré
, Evêque de Limoges.
Du 12 Décembre.
On a découvert depuis peu , hors de la Porte
Pie , des morceaux d'Antiquité d'un grand prix.
Ce font trois Bas-reliefs de marbre , dont le premier
repréfente la Guerre des Amazones , le
fecond celle des Titans contre Jupiter , le troifiéme
celle des Grecs contre les Troyens. Ils .
font entiers & bien confervés .
Le Cardinal d'Yorck fut facré Dimanche dernier
, Archévêque de Corinthe , dans l'Eglife des
Saints Apôtres.
Le Mercredi , le Pape tint Confiftoire fecret au
Quirinal. Il fit la Cérémonie de former & d'ouvrir
la bouche au Cardinal Rezzonico . Le Cardinal
Sciarra Coloona préconifa l'Abbé d'Argentré
, Evêque de Limoges.
Du 12 Décembre.
On a découvert depuis peu , hors de la Porte
Pie , des morceaux d'Antiquité d'un grand prix.
Ce font trois Bas-reliefs de marbre , dont le premier
repréfente la Guerre des Amazones , le
fecond celle des Titans contre Jupiter , le troifiéme
celle des Grecs contre les Troyens. Ils .
font entiers & bien confervés .
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Résumé : De Rome, le 25 Novembre.
Le 25 novembre, le cardinal d'Yorck a été consacré archevêque de Corinthe à Rome. Le pape a ensuite ouvert la bouche du cardinal Rezzonico lors d'un consistoire secret. Le cardinal Sciarra Colonna a proposé l'abbé d'Argentré pour l'évêché de Limoges. Des bas-reliefs de marbre, représentant la guerre des Amazones, des Titans contre Jupiter et des Grecs contre les Troyens, ont été découverts près de la porte Pie.
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19394
p. 194
D'AMSTERDAM, le 13 Juin 1763.
Début :
Un Navire arrivé de Surinam, a apporté aux Directeurs de la Colonie des Berbices, [...]
Mots clefs :
Navire, Lettres, Gouverneur, Plantations, Révolte, Colonie, Rebelles, Saccages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'AMSTERDAM, le 13 Juin 1763.
D'AMSTERDAM , le 13 Juin 1763 .
1
Un Navire arrivé de Surinam , a apporté aux
Directeurs de la Colonie des Berbices , des Lettres
qui confirment la fâcheufe nouvelle du faccagement
de cette Colonie par les Négres révoltés. Le
Gouverneur du Fort a été réduit a la néceffité de
le faire fauter & de s'enfuir. L'établiffement des
Berbices n'eft pas ancien , & ne confiftoit guères
qu'en quatre-vingt ou cent plantations ; mais il
commençoit à faire des progrès fenfibles. Une
des caufes de cette révolte , paroît être le peu
d'attention qu'on a eu de remplacer les Blancs
qu'une maladie épidémique a fait périr depuis
près de deux ans dans cette Colonie , où le petic
nombre d'Européens qui y reſtoit , ne fuffifoit pas
pour veiller fur les Négres & leur en impofer. La
confternation a été fi grande à Timerary, qui n'eft
éloigné des Berbices que de douze à quinze lieues ,
que plufieurs Colons s'en font déja retirés . 11 eft
probable en effet que les rebelles s'y font portés ,
a moins qu'ils n'ayent été prévenus par les Anglois
de la Barbade , & par les Hollandois de Surinam
. On craint auffi beaucoup pour les plantations
d'y fequebo , éloignées des Berbices de vingtcinq
ou trente lieues feulement.
1
Un Navire arrivé de Surinam , a apporté aux
Directeurs de la Colonie des Berbices , des Lettres
qui confirment la fâcheufe nouvelle du faccagement
de cette Colonie par les Négres révoltés. Le
Gouverneur du Fort a été réduit a la néceffité de
le faire fauter & de s'enfuir. L'établiffement des
Berbices n'eft pas ancien , & ne confiftoit guères
qu'en quatre-vingt ou cent plantations ; mais il
commençoit à faire des progrès fenfibles. Une
des caufes de cette révolte , paroît être le peu
d'attention qu'on a eu de remplacer les Blancs
qu'une maladie épidémique a fait périr depuis
près de deux ans dans cette Colonie , où le petic
nombre d'Européens qui y reſtoit , ne fuffifoit pas
pour veiller fur les Négres & leur en impofer. La
confternation a été fi grande à Timerary, qui n'eft
éloigné des Berbices que de douze à quinze lieues ,
que plufieurs Colons s'en font déja retirés . 11 eft
probable en effet que les rebelles s'y font portés ,
a moins qu'ils n'ayent été prévenus par les Anglois
de la Barbade , & par les Hollandois de Surinam
. On craint auffi beaucoup pour les plantations
d'y fequebo , éloignées des Berbices de vingtcinq
ou trente lieues feulement.
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Résumé : D'AMSTERDAM, le 13 Juin 1763.
Le 13 juin 1763, une révolte des esclaves noirs a éclaté dans la colonie des Berbices, confirmée par des lettres reçues par les directeurs de la colonie. Cette révolte a permis aux esclaves de prendre le fort et de chasser le gouverneur. La colonie, récente et composée de 80 à 100 plantations, montrait des signes de progrès. La cause principale de la révolte est attribuée au manque de surveillance des esclaves, suite à une épidémie ayant tué de nombreux colons blancs deux ans auparavant. La nouvelle a provoqué une grande consternation à Timerary, située à 12 à 15 lieues des Berbices, incitant plusieurs colons à se retirer. Les rebelles pourraient se diriger vers Timerary, à moins d'être arrêtés par les Anglais de la Barbade et les Hollandais du Surinam. De plus, les plantations de Ysequebo, situées à 25 ou 30 lieues des Berbices, sont également menacées.
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19395
p. 196-197
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye du Tréport, Ordre de Saint Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Chanoine, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En avril 1758, le roi a attribué plusieurs abbayes à divers dignitaires ecclésiastiques. L'Abbaye du Tréport, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé Comte de Lagnafco, ministre plénipotentiaire du Roi de Pologne et Électeur de Saxe. L'Abbaye de Poultiere, dans le diocèse de Langres, a été attribuée à M. l'Abbé de Saintnom, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Sainte Colombe, dans le diocèse de Sens, a été confiée à M. l'Abbé de Livry, évêque in partibus, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de Saint Crépin-le-Grand, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à M. l'Abbé d'Héricourt, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Lonlay, dans le diocèse du Mans, a été attribuée à M. l'Abbé de Clery-de Serans, chanoine de Metz. L'Abbaye de Quimperlé, dans le diocèse de Quimper, a été confiée à M. l'Abbé Berthelot, instituteur des Enfants de France. L'Abbaye de Tirronneau, dans le diocèse du Mans, a été donnée à M. l'Abbé de Saint-Simon, vicaire général de Toulouse, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de la Case-Dieu, dans le diocèse d'Auch, a été attribuée à M. l'Abbé de Vienne, chanoine de Notre-Dame. L'Abbaye de Saint Severin, dans le diocèse de Poitiers, a été confiée à M. l'Abbé de la Noue. L'Abbaye de Reffons, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé de Salignac-de Fénelon, vicaire général de Toul. L'Abbaye de Longuay, dans le diocèse de Reims, a été attribuée à M. l'Abbé de Saint-Capraire, vicaire général de Troyes. L'Abbaye régulière de Saint Vincent-aux-Bois, dans le diocèse de Chartres, a été confiée à M. l'Abbé André, vicaire général du même diocèse. L'Abbaye régulière de Villers-Cotterêts, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à Dom Richard, procureur général de l'Ordre. L'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon, dans le diocèse de Dijon, a été attribuée à M. Poncet-de la Rivière, ancien évêque de Troyes, suite à la démission de M. Desmarets. L'Abbaye de Montebourg, dans le diocèse de Coutances, a été confiée à M. l'Abbé Desmarets, suite à la démission de M. Poncet-de la Rivière. L'Abbaye de la Buffière, dans le diocèse d'Autun, a été donnée à M. l'Abbé Paris. Le prieuré de Montrelais, dans le diocèse de Nantes, a été attribué à M. l'Abbé Jaloutz, vicaire général de Cambrai. Enfin, l'Abbaye de Saint Denis de Reims, dans le diocèse de Reims, a été confiée à M. l'Abbé Comte de Lodran, chanoine du Chapitre d'Olmatz.
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19396
p. 1612-1613
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le Chevalier Charles Wager a été nommé par le Roi, commandant en Chef de la [...]
Mots clefs :
Chevalier, Flotte, Distillateur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
L
E Chevalier Charles Wager a été nommé
par le Roi , Commandant en Chef de la *
IL. Vol. Flotte
JUIN. 1731. 1613
3
3
4
1
Flotte qui doit mettre en mer au commencement
du mois prochain.
On apprend de Blandfort , dans le Comté de
Dorset, que le feu y ayant pris toute la Ville avoit
été reduite en cendres , à la reserve de 26. Mai
sons et de l'Eglise.
Il y a eu aussi un Incendie à Thwerton, dans le
Comté de Devonshire , où prés d'un tiers des
Maisons a été réduit en cendres .
Le 20, le feu prit dans la maison d'un Distilateur
de la Ville de Londres , dans le quartier de Hol
born , et s'étant communiqué aux maisons voi
sines , il y en eût trente consommées par les flam
mes , et plusieurs autres endommagées.
L'Ecuyer du Comte Kinnoul , Ambassadeur du
Roi à Constantinople , est arrivé à Londres , avec
des Lettres du Grand Seigneur , pour donner part
de son avenement au Trone.
L
E Chevalier Charles Wager a été nommé
par le Roi , Commandant en Chef de la *
IL. Vol. Flotte
JUIN. 1731. 1613
3
3
4
1
Flotte qui doit mettre en mer au commencement
du mois prochain.
On apprend de Blandfort , dans le Comté de
Dorset, que le feu y ayant pris toute la Ville avoit
été reduite en cendres , à la reserve de 26. Mai
sons et de l'Eglise.
Il y a eu aussi un Incendie à Thwerton, dans le
Comté de Devonshire , où prés d'un tiers des
Maisons a été réduit en cendres .
Le 20, le feu prit dans la maison d'un Distilateur
de la Ville de Londres , dans le quartier de Hol
born , et s'étant communiqué aux maisons voi
sines , il y en eût trente consommées par les flam
mes , et plusieurs autres endommagées.
L'Ecuyer du Comte Kinnoul , Ambassadeur du
Roi à Constantinople , est arrivé à Londres , avec
des Lettres du Grand Seigneur , pour donner part
de son avenement au Trone.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juin 1731, le Chevalier Charles Wager a été nommé Commandant en Chef de la flotte britannique. Des incendies ont détruit Blandfort dans le Dorset, Thwerton dans le Devonshire et une partie du quartier de Holborn à Londres. L'écuyer du Comte Kinnoul est arrivé à Londres avec des lettres du Grand Seigneur de Constantinople.
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19397
p. 200-202
Du Camp de Schreinsburg, le 26 Juin.
Début :
Le Maréchal de Broglie, aprés avoir donné les ordres nécessaires, [...]
Mots clefs :
Maréchal de Broglie, Ennemis, Camps militaires, Armée, Détachement des troupes, Artillerie, Prince Ferdinand , Prisonniers, Forteresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Schreinsburg, le 26 Juin.
Du Camp de Schreinsburg , le 26 Juin.
Le Maréchal de Broglie , apres avoir donné
les ordres néceffaires , pour raflembler l'armée
dans les environs de Hungen & de Grunberg ,
partit de Francfort le 11 de ce mois pour aller
reconnoître lui- même la poſition qu'il lui feroit
prendre , & pour être plus à portée d'avoir des
nouvelles des Ennemis , que l'on fçavoit occuper
encore le Camp de Fritzlar. Ce fut près de la Ville
de Grunberg, que toutes le troupes fes réunirent .
Dès le : 2 , la réferve , commandée par le Comte
de Luface , avoit eu ordre de quitter le pays de
Fulde & de fe rapprocher du gros de l'armée ;
& elle campa le même jour à environ une lieue en
avant , près du village de Merlau. Les troupes ,
aux ordres du Comte de Guerchy , qui étoient
reliées depuis quelque temps dans le Vestervald ,
fe remirent auf en marche , & arrivérent le 12 ,
dans les environs de Giellen , Le Comte de Melfort
fut déta hé , avec fix cens hommes , pour
aller reconnoître le corps des ennemis , qui depuis
quelque temps campoit fur la riviere de
Lohn , dans les environs de Kirchayn. Ce Corps
occupoit les hauteurs de Langenftein , & tous les
po es de la riviere , principalement celui de
Hombourg.
Le Maréchal de Broglie reçut avis de l'arrivée
d'un train confidérable d'artillerie des ennemis ,
à Ziegenhayn , & que le Prince Fer tinand devoit
arriver avec toute fon armée , le 24 , à Neutadt ;
il ne douta pas qu'il n'eût l'intention de ſe porter
JUILLET. 1760 .
201
enfuite fur la Lohn , pour lui en difputer le paffage.
II fe détermina donc à faire marcher l'armée dès
le 23 au foir , afin de prévenir le Prince Ferdinand
. On marcha toute la nuit . Le Corps des
ennemis , campé à Langenftein , n'attendit point ,
non plus que la garniton de Hombourg. Le Prince
de Robecq , qui avoit eu ordre de les fuivre dans
leur retraite , leur fit quelques prifonniers , & leur
prit plufieurs chariots . On trouva auffi un magafin
d'avoine à Langenftein. Le Maréchal de Broglie
fit les difpofitions , fans perdre de temps ,
pour paffer la riviere dans les environs de Schreinf
burg, & l'armée campa près de cette ville , de
l'autre côté de la riviere. La réſerve du Comte de
Luface fut portée en avant de l'armée , près de
Kirdorff. Le Comte de Guerchy avoit joint l'armée
, & le Comte de Chabot , Maréchal de Camp ,
fut chargé , avec les troupes qu'il conduifoit , d'inveftir
Marburg , que les ennemis , par leur retraite
, abandonnoient à fes propres forces . On
fut qu'ils n'y avoient laillé que quatre cens hommes
& quelques Huffards ; & que le Corps qu'ils
avoient eu dans cette partie , fe retiroit par la
grande chauffée de Marburg à Caffel.
Le Prince Ferdinand , de lon côté , s'étoit mis en
marche , & il arriva le 24 à Neustadt. Rien ne
féparoit plus les deux armées , & l'on ne pouvoit
prefque pas douter que l'on ne fût obligé d'en
venir à une action : mais on a fçû ce matin , que
le Prince Ferdinand a quitté Neustadt & s'eſt
retiré derriere le Schvalm près la petite Fortereffe
de Ziegenhayn. Nous comptons que l'armée marchera
demain pour aller occuper le camp de
Neustadt , que le Prince Ferdinand a quitté. On
ne peut rien ajouter à la volonté que nos troupes
ont témoigné pendant les marches fatigantes
qu'elles ont faites , & à la vivacité defquelles on
Ly
202 MERCURE DE FRANCE
doit la retraite des Ennemis fur Ziegenhayn , &
l'abandon de la riviere de Lohn , pofte important
pour fermer l'entrée de la Heffe.
Le Maréchal de Broglie , apres avoir donné
les ordres néceffaires , pour raflembler l'armée
dans les environs de Hungen & de Grunberg ,
partit de Francfort le 11 de ce mois pour aller
reconnoître lui- même la poſition qu'il lui feroit
prendre , & pour être plus à portée d'avoir des
nouvelles des Ennemis , que l'on fçavoit occuper
encore le Camp de Fritzlar. Ce fut près de la Ville
de Grunberg, que toutes le troupes fes réunirent .
Dès le : 2 , la réferve , commandée par le Comte
de Luface , avoit eu ordre de quitter le pays de
Fulde & de fe rapprocher du gros de l'armée ;
& elle campa le même jour à environ une lieue en
avant , près du village de Merlau. Les troupes ,
aux ordres du Comte de Guerchy , qui étoient
reliées depuis quelque temps dans le Vestervald ,
fe remirent auf en marche , & arrivérent le 12 ,
dans les environs de Giellen , Le Comte de Melfort
fut déta hé , avec fix cens hommes , pour
aller reconnoître le corps des ennemis , qui depuis
quelque temps campoit fur la riviere de
Lohn , dans les environs de Kirchayn. Ce Corps
occupoit les hauteurs de Langenftein , & tous les
po es de la riviere , principalement celui de
Hombourg.
Le Maréchal de Broglie reçut avis de l'arrivée
d'un train confidérable d'artillerie des ennemis ,
à Ziegenhayn , & que le Prince Fer tinand devoit
arriver avec toute fon armée , le 24 , à Neutadt ;
il ne douta pas qu'il n'eût l'intention de ſe porter
JUILLET. 1760 .
201
enfuite fur la Lohn , pour lui en difputer le paffage.
II fe détermina donc à faire marcher l'armée dès
le 23 au foir , afin de prévenir le Prince Ferdinand
. On marcha toute la nuit . Le Corps des
ennemis , campé à Langenftein , n'attendit point ,
non plus que la garniton de Hombourg. Le Prince
de Robecq , qui avoit eu ordre de les fuivre dans
leur retraite , leur fit quelques prifonniers , & leur
prit plufieurs chariots . On trouva auffi un magafin
d'avoine à Langenftein. Le Maréchal de Broglie
fit les difpofitions , fans perdre de temps ,
pour paffer la riviere dans les environs de Schreinf
burg, & l'armée campa près de cette ville , de
l'autre côté de la riviere. La réſerve du Comte de
Luface fut portée en avant de l'armée , près de
Kirdorff. Le Comte de Guerchy avoit joint l'armée
, & le Comte de Chabot , Maréchal de Camp ,
fut chargé , avec les troupes qu'il conduifoit , d'inveftir
Marburg , que les ennemis , par leur retraite
, abandonnoient à fes propres forces . On
fut qu'ils n'y avoient laillé que quatre cens hommes
& quelques Huffards ; & que le Corps qu'ils
avoient eu dans cette partie , fe retiroit par la
grande chauffée de Marburg à Caffel.
Le Prince Ferdinand , de lon côté , s'étoit mis en
marche , & il arriva le 24 à Neustadt. Rien ne
féparoit plus les deux armées , & l'on ne pouvoit
prefque pas douter que l'on ne fût obligé d'en
venir à une action : mais on a fçû ce matin , que
le Prince Ferdinand a quitté Neustadt & s'eſt
retiré derriere le Schvalm près la petite Fortereffe
de Ziegenhayn. Nous comptons que l'armée marchera
demain pour aller occuper le camp de
Neustadt , que le Prince Ferdinand a quitté. On
ne peut rien ajouter à la volonté que nos troupes
ont témoigné pendant les marches fatigantes
qu'elles ont faites , & à la vivacité defquelles on
Ly
202 MERCURE DE FRANCE
doit la retraite des Ennemis fur Ziegenhayn , &
l'abandon de la riviere de Lohn , pofte important
pour fermer l'entrée de la Heffe.
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Résumé : Du Camp de Schreinsburg, le 26 Juin.
Le 26 juin, le Maréchal de Broglie quitta Francfort pour reconnaître la position stratégique des ennemis au Camp de Fritzlar. Les troupes se rassemblèrent près de Grunberg, tandis que la réserve du Comte de Luface campa près de Merlau. Le Comte de Guerchy arriva près de Giellen avec ses troupes. Le Comte de Melfort fut envoyé pour reconnaître les ennemis près de Kirchayn et Hombourg. Broglie apprit l'arrivée d'un train d'artillerie ennemi à Ziegenhayn et celle prévue du Prince Ferdinand à Neustadt. Anticipant une attaque, il fit marcher l'armée dès le 23 juin. Les ennemis se retirèrent de Langenftein et Hombourg. Le Prince de Robecq captura des prisonniers et des chariots ennemis. Broglie fit traverser la rivière à l'armée près de Schreinsburg et plaça la réserve du Comte de Luface en avant près de Kirldorff. Le Comte de Guerchy rejoignit l'armée, et le Comte de Chabot investit Marburg. Le Prince Ferdinand arriva à Neustadt mais se retira derrière le Schvalm. L'armée française prévoit de marcher pour occuper le camp de Neustadt, ayant forcé les ennemis à se retirer et à abandonner la rivière de Lohn.
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19398
p. 200-203
De Londres, le 5 Décembre.
Début :
Le 28 du mois dernier, la Chambre des Communes approuva unanimement [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Subside, Parlement, Augmentation des taxes, Denrées, Commerce, Taxes sur les terres, Enrôlement, Ordonnance, Jamaïque, Attaques, Canons, Soldats déserteurs, Campagnes militaires, Opérations maritimes, Amiral, Escadre, Méditerranée, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 5 Décembre.
De Londres , les Décembre.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
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Résumé : De Londres, le 5 Décembre.
Le 28 décembre précédent, la Chambre des Communes a approuvé à l'unanimité une résolution accordant un subside au Roi. Un comité a décidé de prolonger jusqu'au 24 décembre 1759 l'acte interdisant la sortie et la distillation des grains, ainsi que l'augmentation des droits sur la drêche, la farine, le biscuit et l'empois. Il a également été décidé de ne pas renouveler l'acte suspendant le paiement des droits d'entrée sur les blés et farines enlevés à l'ennemi. Le 29 décembre, la Chambre a ordonné la rédaction d'un bill pour approuver les résolutions du comité et la continuation de diverses taxes, dont une taxe de quatre schellings sur les terres, les pensions, et tous les revenus, ainsi que des droits sur les boissons diverses. Ces impôts devraient rapporter environ deux millions sept cent cinquante mille livres sterling. Un subside de trois millions cent vingt mille livres sterling a été établi pour l'entretien de soixante mille hommes employés sur les vaisseaux du Roi en 1759. Les matelots continuent d'être enlevés de force pour combler les vides laissés par la campagne précédente et compléter les équipages des nouveaux vaisseaux. Une ordonnance offre une récompense de cinq cents livres sterling pour la dénonciation des pirates et de leurs complices. Le Roi envisage d'envoyer un colonel à Paris pour régler l'échange des prisonniers avec les ministres français. Un léger tremblement de terre a été ressenti à Londres le 20 janvier. Des nouvelles de la Jamaïque rapportent un combat entre le vaisseau français Le Palmier et deux vaisseaux britanniques le 5 septembre. Les préparatifs pour la campagne prochaine incluent de nouvelles levées de troupes en Irlande et la construction de vaisseaux et de bateaux plats dans divers ports. L'amiral Holmes a pris le commandement d'une escadre pour remplacer celle de l'amiral Saunders sur la côte de France, tandis que l'amiral Saunders commandera une autre escadre en Méditerranée. Le chef d'escadre Geari a été choisi pour conduire les renforts vers les Indes Orientales.
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19399
p. 208-218
Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutôt reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Vienne, Marquis de Hautefort, Naissance du duc de Bourgogne, Salle, Place, Hôtel, Fleurs, Édifice, Amphithéâtre
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texteReconnaissance textuelle : Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Relation des Fêtes données à Vienne, par M.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
211
la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
1752.
213
JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
zed by Goo
JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
217
recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
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la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
1752.
213
JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
zed by Goo
JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
217
recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
Fermer
19400
p. 1613-1614
HOLLANDE.
Début :
On mande de la Haye, que le Conseil d'État avoit eû une conference avec les Députez [...]
Mots clefs :
États généraux, République de Hollande, Pactes, Conventions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE.
HOLLANDE.
N mande de la Haye , que le Conseil d'Etat
eu une avec les Députez
l'Assemblée des Etats Generaux , au sujet des
affaires d'Oest - Frise , et qu'il y avoit été resolu
de faire à l'Empereur les propositions suivantes :
que S. M. Imperiale declarera que la Republique
de Hollande doit demeurer en possession , com
me elle l'est à present , de tenir garnison dans
Einben et Lierret , qu'elle reconnoîtra de plus que
tous les Pactes ou Conventions , faits entre le
Prince d'Oest - Frise et ses Sujets sous la garantie
de la Couronne d'Angleterre et de la Hollande
seront exécutez , que ses Renitens , ou sujets qui
sont demeurez attachez à ce Prince , jouiront de
Amnistie qui leur a été précedemment accordée,
I L. Vol.
IV. et
1614 MERCURE DE FRANCE
et qu'on leur restituera leurs Biens et leurs Effets
que l'Indemnité demandée par le Prince d'Oest
Frise, sera repartie non-seulement sur les Renitens ..
mais aussi sur tous les Sujets du Païs , et qu'enfin .
la forme du Gouvernement restera sur le même
pied qu'elle étoit avant ces derniers Traitez.
Les mêmes Lettres portent que L. H. P, refɑ
sent de s'obliger à entrer dans une Guerre ouverte
, en cas que les Puissances alliées par le der
nier Traité de Vienne , où les Etats soient atta
qués , et qu'elles ne consentent d'acceder à
ce Traité , qu'à condition de fournir seulement :
un contingent en cas de guerre.
On a apris de la Louisiane , que M. du Perier ,,
Commandant dans ce païs - là , ayant reçû de
France un renfort de Troupes , de munitions de
guerre et quelques pieces de Campagne et petits
Mortiers , se mit à la poursuite de ces Sauvages,
qui après avoir massacré il y a quelque tems , les
François dans la Nouvelle Orleans , s'étoient reti
rez dans un Fort qu'ils avoient construit , bien
terrassé , et où ils se croyoient en toute sureté ::
M. du Perier attaqua ce Fort à coups de Canon ,
sans pouvoir y faire brêche ; mais les Mortiers
dont il se servit , firent tant de ravage dans le
Fort , que les Sauvages qui y étoient fort à l'é
troit , furent enfin obligez de.se rendre à discre
tion , ne demandant la vie que pour leurs femmes
et leurs enfans , disant que pour eux ils avoient :
par leur cruauté, merité la mort : cependant :
M. du Perier leur a accordé la vie , et ils ont été:
depuis transportez à Saint Domingue , pour y
travailler avec les Negres………
N mande de la Haye , que le Conseil d'Etat
eu une avec les Députez
l'Assemblée des Etats Generaux , au sujet des
affaires d'Oest - Frise , et qu'il y avoit été resolu
de faire à l'Empereur les propositions suivantes :
que S. M. Imperiale declarera que la Republique
de Hollande doit demeurer en possession , com
me elle l'est à present , de tenir garnison dans
Einben et Lierret , qu'elle reconnoîtra de plus que
tous les Pactes ou Conventions , faits entre le
Prince d'Oest - Frise et ses Sujets sous la garantie
de la Couronne d'Angleterre et de la Hollande
seront exécutez , que ses Renitens , ou sujets qui
sont demeurez attachez à ce Prince , jouiront de
Amnistie qui leur a été précedemment accordée,
I L. Vol.
IV. et
1614 MERCURE DE FRANCE
et qu'on leur restituera leurs Biens et leurs Effets
que l'Indemnité demandée par le Prince d'Oest
Frise, sera repartie non-seulement sur les Renitens ..
mais aussi sur tous les Sujets du Païs , et qu'enfin .
la forme du Gouvernement restera sur le même
pied qu'elle étoit avant ces derniers Traitez.
Les mêmes Lettres portent que L. H. P, refɑ
sent de s'obliger à entrer dans une Guerre ouverte
, en cas que les Puissances alliées par le der
nier Traité de Vienne , où les Etats soient atta
qués , et qu'elles ne consentent d'acceder à
ce Traité , qu'à condition de fournir seulement :
un contingent en cas de guerre.
On a apris de la Louisiane , que M. du Perier ,,
Commandant dans ce païs - là , ayant reçû de
France un renfort de Troupes , de munitions de
guerre et quelques pieces de Campagne et petits
Mortiers , se mit à la poursuite de ces Sauvages,
qui après avoir massacré il y a quelque tems , les
François dans la Nouvelle Orleans , s'étoient reti
rez dans un Fort qu'ils avoient construit , bien
terrassé , et où ils se croyoient en toute sureté ::
M. du Perier attaqua ce Fort à coups de Canon ,
sans pouvoir y faire brêche ; mais les Mortiers
dont il se servit , firent tant de ravage dans le
Fort , que les Sauvages qui y étoient fort à l'é
troit , furent enfin obligez de.se rendre à discre
tion , ne demandant la vie que pour leurs femmes
et leurs enfans , disant que pour eux ils avoient :
par leur cruauté, merité la mort : cependant :
M. du Perier leur a accordé la vie , et ils ont été:
depuis transportez à Saint Domingue , pour y
travailler avec les Negres………
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Résumé : HOLLANDE.
Le texte aborde deux sujets principaux concernant les affaires de la Hollande et de la Louisiane. En Hollande, le Conseil d'État a discuté avec les députés de l'Assemblée des États Généraux des affaires d'Ost-Frise. Il a été décidé de proposer à l'Empereur que la République de Hollande conserve la possession de ses garnisons à Einben et Lierre, que tous les pactes ou conventions entre le Prince d'Ost-Frise et ses sujets, garantis par l'Angleterre et la Hollande, soient exécutés, et que les sujets rebelles bénéficient d'une amnistie avec restitution de leurs biens. L'indemnité demandée par le Prince d'Ost-Frise serait répartie sur tous les sujets du pays. Le gouvernement resterait inchangé. La Hollande refuse de s'engager dans une guerre ouverte si les puissances alliées ne fournissent qu'un contingent en cas de conflit. En Louisiane, M. du Perier, commandant des troupes françaises, a reçu des renforts et des munitions pour poursuivre des indigènes ayant massacré des Français à La Nouvelle-Orléans. Ces indigènes s'étaient réfugiés dans un fort bien défendu. Du Perier a attaqué le fort avec des canons et des mortiers, causant suffisamment de dégâts pour forcer les indigènes à se rendre. Ils ont demandé la vie pour leurs femmes et enfants, reconnaissant leur cruauté. Du Perier leur a accordé la vie, et ils ont été ensuite transportés à Saint-Domingue pour travailler avec les esclaves.
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