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Détail
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19201
s. p.
Extrait du Privilege du Roy.
Début :
Par Grace & Privilege du Roy, donné à Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé, Par [...]
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texteReconnaissance textuelle : Extrait du Privilege du Roy.
F)ArGracc & Privilegedu Roy, donné à
Jf Cha'Ville, le IS: JuiÛet I6t3. Signé, Par
li.: Roy en Con Confeil, JuN~!EllES. Il efl:·.
perinis au Sieur DANNEAU, Ecuyer, Siellr
Devizé, de continuer de faire impri1ner, vendre
& debiter le Ljvrc intitulé, MER CURH
GA LA NT, contenant plulicurs Relations,
i':Jjfl:oires , & gencralemenr tout cc: qui dépend
dudit livre, par tel Imprimeur qu'il
voudra choifir; Et dcfcufes font frutr.s à tous·
Imprimeurs & Libraires, & tous autres, de
f.iirc imprimer, vendre: & debiter ledit Livre,
ny graver aucltnes Pl11nches fc:r.,,ant à l'ornerru=
nt d'iceluy > ny meune de le donner à
lire, pendant le temps & efpace de dix années
entieres, le tout à peine de fix mille livres
d''amc:nde contre les Co11trevc:nans, ainû que
pJns au long il efi poné c:fdires Lc:t:tres.
Rcgiftré fur le Livre dè la CommnnautE,·
aux èharges & conditions portées , le loi.
Septembre 1~8,. Signé, ANG(lT, Syndic.
LeditSic:urD1v1za' a ccdé fon droit cl~
p,réfenr Privilege à C. Blagean, lmprimeULlibraire,
pour en joiiii iirivant l.'acco.rd faiç,
CllU1Cli:l.
Jf Cha'Ville, le IS: JuiÛet I6t3. Signé, Par
li.: Roy en Con Confeil, JuN~!EllES. Il efl:·.
perinis au Sieur DANNEAU, Ecuyer, Siellr
Devizé, de continuer de faire impri1ner, vendre
& debiter le Ljvrc intitulé, MER CURH
GA LA NT, contenant plulicurs Relations,
i':Jjfl:oires , & gencralemenr tout cc: qui dépend
dudit livre, par tel Imprimeur qu'il
voudra choifir; Et dcfcufes font frutr.s à tous·
Imprimeurs & Libraires, & tous autres, de
f.iirc imprimer, vendre: & debiter ledit Livre,
ny graver aucltnes Pl11nches fc:r.,,ant à l'ornerru=
nt d'iceluy > ny meune de le donner à
lire, pendant le temps & efpace de dix années
entieres, le tout à peine de fix mille livres
d''amc:nde contre les Co11trevc:nans, ainû que
pJns au long il efi poné c:fdires Lc:t:tres.
Rcgiftré fur le Livre dè la CommnnautE,·
aux èharges & conditions portées , le loi.
Septembre 1~8,. Signé, ANG(lT, Syndic.
LeditSic:urD1v1za' a ccdé fon droit cl~
p,réfenr Privilege à C. Blagean, lmprimeULlibraire,
pour en joiiii iirivant l.'acco.rd faiç,
CllU1Cli:l.
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Résumé : Extrait du Privilege du Roy.
Le 15 juillet 1673, le roi en conseil accorda un privilège royal à Jean de Cha'Ville, destiné au Sieur DANNEAU, Ecuyer, Sieur de Vizé. Ce privilège autorisait DANNEAU à imprimer, vendre et distribuer le livre 'MER CURIEUSE LA NATURE'. Il lui permettait également de choisir l'imprimeur de son choix et interdisait à toute autre personne de reproduire, vendre ou distribuer ce livre, ainsi que d'en graver les planches, pour une durée de dix ans. Toute violation de cet interdit entraînait une amende de six mille livres. Le privilège fut enregistré le 10 septembre 1683 par le syndic ANG(lT). Par la suite, le Sieur de Vizé céda ses droits à C. Blagean, imprimeur-libraire, conformément à un accord conclu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19202
p. 1429-1434
RÉJOUISSANCES faites à (a) Salonique par la Nation Françoise. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
Début :
Je n'entreprends pas de vous exprimer avec quel excès de joye notre Nation apprit la [...]
Mots clefs :
Fête, Naissance du Dauphin, Jardin, Consul, Canon, Église
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texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à (a) Salonique par la Nation Françoise. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
REJOUISSANCES faites à ( a )
Salonique par la Nation Françoife. Extrait
d'une Lettre écrite de cette Ville.
J
E n'entreprends pas de vous exprimer avec
quel excès de joye notre Nation apprit la
grande nouvelle de la Naiffance de MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN ; je me contenterai de vous
faire en abregé un Récit ſimple & fidelle de toutes
les marques extérieures qu'elle en a données.
M. le Conful ayant reçu le 10 du mois de Novembre
dernier cette heureufe nouvelle , fit convoquer
une ailemblé générale de la Nation , laquelle
d'un fentiment unanime fut d'avis de faire
une Fête auffi brillante que la grandeur du fujet
le demandoit , & que la capacité des Gens du
Païs pourroit le permettre.
On donna autli -tôt les ordres néceffaires , mais
malgré la diligence dont on ufa, tout ne pût être
en état que le 27 du même mois.
La Fete commença ce même jour -là au lever
du Soleil , par un Salve de 150 Boetes , qu'on
tira dans la Cour de la Maifon Confulaire , aufquelles
on répondit par 200 coups de Canon , qui
furent tirez par les Batimens François qui fe
trouvoient dans cette Rade. Enfuite , tous les
Marchands François & les Capitaines fe rendirent
en Corps de Nation , le Député à leur tête ,
à la Maifon Confulaire, pour accompagner M. le
Conful à l'Eglife , où l'on devoit chanter le Te
Deum .
>
Le Conful étoit précedé de huit Janiffaires mitrez,&
portant leur long Bâton en main; de douze
Joueurs d'Inftrumens,de fix Drogmans Fran-
(a) C'est l'ancienne & celebre Ville de Thef-
Jalonique dans la Macedoine.
II. Vel. H pois
1430 MERCURE DE FRANCE
çois , & accompagné de tous les Marchands de
la Nation. Marchoient enfuite les Capitaines &
Officiers des Bâtimens , fuivis des Arafans &
Matelots François . Cette Marche fe fit avec beaucoup
d'ordre.
En arrivant à l'Eglife , le R. P. Tarillon , Su
périeur des Jefuites , vint recevoir le Conful à la
porte de la Cour , & le conduifit dans l'Eglife,
Lorfqu'on entonna le Te Deum , les cent icin
quante Boetes de la Maifon Confulaire , tirerent
pour la feconde fois , & furent fuivies de
tout le Canon des Bâtimens François. Le P. Su
perieur fit enfuite un Difcours fort éloquent.
Le Te Deum fut fuivi, à la fortie de l'Eglife , par
de grands cris de Vive le Roy. On reconduifig
M. le Conful dans fa Maifon , où il donna un
repas des plus fomptueux fur trois differentes
Tables.
- fix
La premiere Table , qui étoit de trente
Couverts , fut occupée par les Marchands de la
Nation , ayant le Conful à leur tête. La feconde
de quarante Couverts , fut occupée par les Capitaines
& Officiers des Bât mens ; & la troifiémo
Table , auffi de quarante couverts , fut occupée
par les Officiers de la Nation & par les Artifans
diſtinguez.
Après qu'on eut fervi le fruit qui étoit magnifique
, le Conful s'étant levé , il porta la fan.
té du Roy , à laquelle chacun fit raiſon par un
eris de Vive le Roy, qui fut réitéré plufieurs fois.
avec tant de force , qu'à peine pouvoit- on enten →
dre le bruit des Boetes & du Canon qu'on tiroit
en même temps. On but enfuite celle de la Reine,
de Monfeigneur le Dauphin & de toute la Fa
mille Royale , avec les Vivat , &c.
Les Gens du Pais qui n'avoient jamais rien v
de femblable,accouroient de toutes parts pour fa-
11. Vol.
tisfaire
JUIN. 2 1730. 1431
tisfaire leur curiofité , & pour participer à notre
joye. Les Buvcurs venoient en foule fe défalterer
auprès d'une Fontaine de Vin , qui coula depuis
le matin jufqu'à huit heures du foir dans un
grand Baffin , fitué devant la Maiſon Confulaire.
Les femmes qui venoient en troupe & à qui la
bienfceance ne permet gueres de fe montrer icy
en public, prirent du Caffé , du Sorbet, &c . Elles
avoient auffi le plaifir de voir danfer & d'entendre
jouer les Inftrumens que le Bacha Comman
dant de ' a Province , avoit envoyés pour honorer
la Fête .
Il avoit auffi envoyé vingt Janiflaires de la
Garde , avec ordre de fe tenir aux Fortes de la
Maiſon Confulaire , pour éviter la confufion &
prévenir les défordres qui auroient på arriver
parmi la populace de diverfes nations , que la curiofité
attiroit de toutes parts .
On avoit dreffé une Tente à l'entrée de la Mai
fon , au pied du Pavillon , où l'on diftribuoit le
Caffé à tous ceux qui en demandoient. Il fuffit de
dire que pendant les trois jours que la Fête dura,
il en fut confemmé plus de treize mille Taffes.
Le Repas fini , on diftribua au peuple quantité
de Dragées & de Confitures feches qu'on
jetta des Fenêtres en abondance. L'avidité & la
confufion du Peuple firent tant de plaifir aux
Spectateurs , que le Conful pour la faire durer
plus long- tems,s'en fit un de faire diftribuer de la
même maniere , quantité de pieces de
Avant que d'entrer dans le détail de ce qui fe
pafla à f'entrée de la nuit , il eft neceffaire de
donner icy une idée des Décorations qu'on avoit
placées dans toutes les avenues & aux endroits
Tes plus expofez à la vûë du Peuple.
monnoyes.
Je commencerai par la grande Porte de la ruë ¡
II. Vol. Hij Aus
1432 MERCURE DE FRANCE .
au-devant de laquelle étoit un beau Portique, or
né de verdure & entrelaffé de Banderolles, parfehées
de fleurs de Lys & de Dauphins couronnez,
d'où l'on voyoit en face une Piramide élevée ,
dans le milieude la grande allée, de la hauteur dé
foixante pieds , fur un Arc de Triomphe qui og
cupoit toute la largeur de l'Allée , garnie à droite
& à gauche de Laurier & de Myrthe , avec des
Banderolles femblables à celle du Portique , fur
lefquelles il y avoit alternativement une Fleur de
Lys & un Dauphin couronné. On avoit placé audeffus
de l'Arc de Triomphe un grand Tablcay
qui reprefentoit un Ange,de grandeur naturelie ,
& adoffé à la Piramide , lequel tenoit fufpendu
de la main droite , l'Ecu des armes du Roy , &
de la gauche , celics de la Reine que l'Ange cou
vroit également de fes aîles. Il y avoit au bas une
Corae d'abondance , d'où fortoit plufieurs Fleurs
& differens fruits , avec un Dauphin couronné ,
qui s'élevoit audeffus , & fur le fommet de la
Piramide on voyoit une Renommée.
Les Armes de France étoient élevées fur la
grande Porte d'entrée de la Maifon Confulaire ,
regardant celles du Dauphin placées à l'oppofite
fur des Arceaux de Verdure qui regnoient en
forme de Fer à Cheval autour du Baffin où étoit
la Fontaine de vin , dont on a parlé. Sur les
bords du Baffin on avoit mis de diftance en diftance
de grands Vafes , liez les uns aux autres
par des Feitons de verdure , & chaque Vafe portoit
un grand Chandelier à trois rangs , qui devoit
fervir à l'illumination . Dans la partie du
Jardin qui eft derriere la Maiſon du Ĉənful , il
y a deux grandes allées qui fe croifent dans le
milieu , lequelles étoient bordées de quantité
d'Arceaux de verdure, de la hauteur de dix pieds ,
fe fuccedant les uns aux autres juſqu'au fond du
Al. Vel.
Jardin
JUIN. 1730. 1433
Jardin , fur lefquels regnoit une espece de Corniche
pour porter les Cobelets pour l'illumina
tion. Ôn avoit auffi pofé fur les quatre Angles
des Arceaux de verdure qui formoient la croifée
des deux allées , quatre grandes Girandoles qui
s'élevoient au- deffus d'environ fix pieds ; & dans
un des quarrés du Jardin on avoit dreffé un
grand Feu de joye , fur le haut duquel s'élevoient
Ies Armes du Roy ; mais on ne jugea pas àà propos
d'allumer ce Feu de joye , crainte que ld
vent ne portât les étincelles fur les Maifons
voifines , toutes bâties de bois.
Cette premiere & magnifique journée fut termiuée
comme elle avoit commencé , par une
grande Salve de Canon , de Boetes & de toute
Artilerie des Bâtimens François. Auffi- tôr
après on commença les Illuminations avec tant
de diligence qu'en moins d'une demie heure , le
comble de la Maifon Confulaire , la Piramide
les Allées , & generalement tous les Murs qui
forment l'enceinte de ce vafte Enclos , furent
éclairez d'une clarté fi brillante , qu'elie ramena
le jour , malgré l'obfcurité de la nuit.
Cette illumination étoit compofée de plus de
euf mille Gobelers ,fur lefquels étoient repréfentées
des Figurs de Lys, des Dauphins couronnez
, &c. & ils furent renouvellez pendant trois
foirs confécutifs . On fit en même tems arborer
un Pavillon tout enflammé,compofé de quantité
de petits Fanaux , fufpendus en l'air par une infinité
de Cordes tres -fines , qu'on ne pouvoit ap
percevoir que de fort près.
Les Capitaines François à qui on avoit fait di
ftribuerunegrande quantité de Bougies & de Go
belets , voulurent auffi donner des marques de
feur joye , en faifant illuminer leurs Vaiffeaux .
Ils y travaillerent tous avec ardeur, & ils eurent
II. Vol Hiij. tous
1434 MERCURE DE FRANCE
tous le même fuccès . C'étoient des Bâtimens tout
en feu , qui par la multitude des lumieres dont
ils brilloient , & par l'arrangement avec lequel
elles étoient diftribuées , produifoient un effet
enchanté, ce qui fut encore relevé par une infinité
de Fufées volantes , qui s'élevant à travers
cette clarté, alloient à la rencontre de celles qu'on
jettoit de la Maifon Confulaire.
Tout ce charmant Spectacle fe découvroit de
la Ville , & faifoit l'admiration de tout le monde,
& principalement des Turcs qui en habitent la
hauteur , bâtie en amphithéatre."
Cependant tout le monde fut charmé de la
magnificence avec laquelle on avoit paré la grande
Sale où fe donna le Bal; elle étoit tendue d'une
riche Tapifferie , éclairée de plufieurs Luftres de-
Criftal & de quantité de Girandoles, de Bras ,& c;
On prefenta , fans diftinction , pendant tout le
temps du Bal , tous les rafraichiffemens qu'on
pouvoit défirer dans cette faifon. Il dura jufqu'à
deux heures du matin que chacun le retira , mais
ce ne fut que pour recommencer bien- tôt après ;
les Démonftrations de joye qui avoient duré pendant
cette premiere journée , & qu'on continua
encore pendant deux autres jours , avec autant
d'éclat & de magnificence qu'on en avoit fait
paroître le premier jour de la Fête.
Salonique par la Nation Françoife. Extrait
d'une Lettre écrite de cette Ville.
J
E n'entreprends pas de vous exprimer avec
quel excès de joye notre Nation apprit la
grande nouvelle de la Naiffance de MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN ; je me contenterai de vous
faire en abregé un Récit ſimple & fidelle de toutes
les marques extérieures qu'elle en a données.
M. le Conful ayant reçu le 10 du mois de Novembre
dernier cette heureufe nouvelle , fit convoquer
une ailemblé générale de la Nation , laquelle
d'un fentiment unanime fut d'avis de faire
une Fête auffi brillante que la grandeur du fujet
le demandoit , & que la capacité des Gens du
Païs pourroit le permettre.
On donna autli -tôt les ordres néceffaires , mais
malgré la diligence dont on ufa, tout ne pût être
en état que le 27 du même mois.
La Fete commença ce même jour -là au lever
du Soleil , par un Salve de 150 Boetes , qu'on
tira dans la Cour de la Maifon Confulaire , aufquelles
on répondit par 200 coups de Canon , qui
furent tirez par les Batimens François qui fe
trouvoient dans cette Rade. Enfuite , tous les
Marchands François & les Capitaines fe rendirent
en Corps de Nation , le Député à leur tête ,
à la Maifon Confulaire, pour accompagner M. le
Conful à l'Eglife , où l'on devoit chanter le Te
Deum .
>
Le Conful étoit précedé de huit Janiffaires mitrez,&
portant leur long Bâton en main; de douze
Joueurs d'Inftrumens,de fix Drogmans Fran-
(a) C'est l'ancienne & celebre Ville de Thef-
Jalonique dans la Macedoine.
II. Vel. H pois
1430 MERCURE DE FRANCE
çois , & accompagné de tous les Marchands de
la Nation. Marchoient enfuite les Capitaines &
Officiers des Bâtimens , fuivis des Arafans &
Matelots François . Cette Marche fe fit avec beaucoup
d'ordre.
En arrivant à l'Eglife , le R. P. Tarillon , Su
périeur des Jefuites , vint recevoir le Conful à la
porte de la Cour , & le conduifit dans l'Eglife,
Lorfqu'on entonna le Te Deum , les cent icin
quante Boetes de la Maifon Confulaire , tirerent
pour la feconde fois , & furent fuivies de
tout le Canon des Bâtimens François. Le P. Su
perieur fit enfuite un Difcours fort éloquent.
Le Te Deum fut fuivi, à la fortie de l'Eglife , par
de grands cris de Vive le Roy. On reconduifig
M. le Conful dans fa Maifon , où il donna un
repas des plus fomptueux fur trois differentes
Tables.
- fix
La premiere Table , qui étoit de trente
Couverts , fut occupée par les Marchands de la
Nation , ayant le Conful à leur tête. La feconde
de quarante Couverts , fut occupée par les Capitaines
& Officiers des Bât mens ; & la troifiémo
Table , auffi de quarante couverts , fut occupée
par les Officiers de la Nation & par les Artifans
diſtinguez.
Après qu'on eut fervi le fruit qui étoit magnifique
, le Conful s'étant levé , il porta la fan.
té du Roy , à laquelle chacun fit raiſon par un
eris de Vive le Roy, qui fut réitéré plufieurs fois.
avec tant de force , qu'à peine pouvoit- on enten →
dre le bruit des Boetes & du Canon qu'on tiroit
en même temps. On but enfuite celle de la Reine,
de Monfeigneur le Dauphin & de toute la Fa
mille Royale , avec les Vivat , &c.
Les Gens du Pais qui n'avoient jamais rien v
de femblable,accouroient de toutes parts pour fa-
11. Vol.
tisfaire
JUIN. 2 1730. 1431
tisfaire leur curiofité , & pour participer à notre
joye. Les Buvcurs venoient en foule fe défalterer
auprès d'une Fontaine de Vin , qui coula depuis
le matin jufqu'à huit heures du foir dans un
grand Baffin , fitué devant la Maiſon Confulaire.
Les femmes qui venoient en troupe & à qui la
bienfceance ne permet gueres de fe montrer icy
en public, prirent du Caffé , du Sorbet, &c . Elles
avoient auffi le plaifir de voir danfer & d'entendre
jouer les Inftrumens que le Bacha Comman
dant de ' a Province , avoit envoyés pour honorer
la Fête .
Il avoit auffi envoyé vingt Janiflaires de la
Garde , avec ordre de fe tenir aux Fortes de la
Maiſon Confulaire , pour éviter la confufion &
prévenir les défordres qui auroient på arriver
parmi la populace de diverfes nations , que la curiofité
attiroit de toutes parts .
On avoit dreffé une Tente à l'entrée de la Mai
fon , au pied du Pavillon , où l'on diftribuoit le
Caffé à tous ceux qui en demandoient. Il fuffit de
dire que pendant les trois jours que la Fête dura,
il en fut confemmé plus de treize mille Taffes.
Le Repas fini , on diftribua au peuple quantité
de Dragées & de Confitures feches qu'on
jetta des Fenêtres en abondance. L'avidité & la
confufion du Peuple firent tant de plaifir aux
Spectateurs , que le Conful pour la faire durer
plus long- tems,s'en fit un de faire diftribuer de la
même maniere , quantité de pieces de
Avant que d'entrer dans le détail de ce qui fe
pafla à f'entrée de la nuit , il eft neceffaire de
donner icy une idée des Décorations qu'on avoit
placées dans toutes les avenues & aux endroits
Tes plus expofez à la vûë du Peuple.
monnoyes.
Je commencerai par la grande Porte de la ruë ¡
II. Vol. Hij Aus
1432 MERCURE DE FRANCE .
au-devant de laquelle étoit un beau Portique, or
né de verdure & entrelaffé de Banderolles, parfehées
de fleurs de Lys & de Dauphins couronnez,
d'où l'on voyoit en face une Piramide élevée ,
dans le milieude la grande allée, de la hauteur dé
foixante pieds , fur un Arc de Triomphe qui og
cupoit toute la largeur de l'Allée , garnie à droite
& à gauche de Laurier & de Myrthe , avec des
Banderolles femblables à celle du Portique , fur
lefquelles il y avoit alternativement une Fleur de
Lys & un Dauphin couronné. On avoit placé audeffus
de l'Arc de Triomphe un grand Tablcay
qui reprefentoit un Ange,de grandeur naturelie ,
& adoffé à la Piramide , lequel tenoit fufpendu
de la main droite , l'Ecu des armes du Roy , &
de la gauche , celics de la Reine que l'Ange cou
vroit également de fes aîles. Il y avoit au bas une
Corae d'abondance , d'où fortoit plufieurs Fleurs
& differens fruits , avec un Dauphin couronné ,
qui s'élevoit audeffus , & fur le fommet de la
Piramide on voyoit une Renommée.
Les Armes de France étoient élevées fur la
grande Porte d'entrée de la Maifon Confulaire ,
regardant celles du Dauphin placées à l'oppofite
fur des Arceaux de Verdure qui regnoient en
forme de Fer à Cheval autour du Baffin où étoit
la Fontaine de vin , dont on a parlé. Sur les
bords du Baffin on avoit mis de diftance en diftance
de grands Vafes , liez les uns aux autres
par des Feitons de verdure , & chaque Vafe portoit
un grand Chandelier à trois rangs , qui devoit
fervir à l'illumination . Dans la partie du
Jardin qui eft derriere la Maiſon du Ĉənful , il
y a deux grandes allées qui fe croifent dans le
milieu , lequelles étoient bordées de quantité
d'Arceaux de verdure, de la hauteur de dix pieds ,
fe fuccedant les uns aux autres juſqu'au fond du
Al. Vel.
Jardin
JUIN. 1730. 1433
Jardin , fur lefquels regnoit une espece de Corniche
pour porter les Cobelets pour l'illumina
tion. Ôn avoit auffi pofé fur les quatre Angles
des Arceaux de verdure qui formoient la croifée
des deux allées , quatre grandes Girandoles qui
s'élevoient au- deffus d'environ fix pieds ; & dans
un des quarrés du Jardin on avoit dreffé un
grand Feu de joye , fur le haut duquel s'élevoient
Ies Armes du Roy ; mais on ne jugea pas àà propos
d'allumer ce Feu de joye , crainte que ld
vent ne portât les étincelles fur les Maifons
voifines , toutes bâties de bois.
Cette premiere & magnifique journée fut termiuée
comme elle avoit commencé , par une
grande Salve de Canon , de Boetes & de toute
Artilerie des Bâtimens François. Auffi- tôr
après on commença les Illuminations avec tant
de diligence qu'en moins d'une demie heure , le
comble de la Maifon Confulaire , la Piramide
les Allées , & generalement tous les Murs qui
forment l'enceinte de ce vafte Enclos , furent
éclairez d'une clarté fi brillante , qu'elie ramena
le jour , malgré l'obfcurité de la nuit.
Cette illumination étoit compofée de plus de
euf mille Gobelers ,fur lefquels étoient repréfentées
des Figurs de Lys, des Dauphins couronnez
, &c. & ils furent renouvellez pendant trois
foirs confécutifs . On fit en même tems arborer
un Pavillon tout enflammé,compofé de quantité
de petits Fanaux , fufpendus en l'air par une infinité
de Cordes tres -fines , qu'on ne pouvoit ap
percevoir que de fort près.
Les Capitaines François à qui on avoit fait di
ftribuerunegrande quantité de Bougies & de Go
belets , voulurent auffi donner des marques de
feur joye , en faifant illuminer leurs Vaiffeaux .
Ils y travaillerent tous avec ardeur, & ils eurent
II. Vol Hiij. tous
1434 MERCURE DE FRANCE
tous le même fuccès . C'étoient des Bâtimens tout
en feu , qui par la multitude des lumieres dont
ils brilloient , & par l'arrangement avec lequel
elles étoient diftribuées , produifoient un effet
enchanté, ce qui fut encore relevé par une infinité
de Fufées volantes , qui s'élevant à travers
cette clarté, alloient à la rencontre de celles qu'on
jettoit de la Maifon Confulaire.
Tout ce charmant Spectacle fe découvroit de
la Ville , & faifoit l'admiration de tout le monde,
& principalement des Turcs qui en habitent la
hauteur , bâtie en amphithéatre."
Cependant tout le monde fut charmé de la
magnificence avec laquelle on avoit paré la grande
Sale où fe donna le Bal; elle étoit tendue d'une
riche Tapifferie , éclairée de plufieurs Luftres de-
Criftal & de quantité de Girandoles, de Bras ,& c;
On prefenta , fans diftinction , pendant tout le
temps du Bal , tous les rafraichiffemens qu'on
pouvoit défirer dans cette faifon. Il dura jufqu'à
deux heures du matin que chacun le retira , mais
ce ne fut que pour recommencer bien- tôt après ;
les Démonftrations de joye qui avoient duré pendant
cette premiere journée , & qu'on continua
encore pendant deux autres jours , avec autant
d'éclat & de magnificence qu'on en avoit fait
paroître le premier jour de la Fête.
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à (a) Salonique par la Nation Françoise. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
Le texte décrit les célébrations organisées par la Nation Française à Salonique (Thessalonique) à l'annonce de la naissance du Dauphin. Le 10 novembre, le consul reçut la nouvelle et convoqua une assemblée générale pour préparer une fête. Malgré les préparatifs rapides, les réjouissances débutèrent le 27 novembre avec un salut de 150 coups de fusil et 200 coups de canon tirés par les navires français. Les marchands, capitaines et officiers français se rendirent à l'église pour chanter le Te Deum, précédés par des janissaires, musiciens et drogmans. Le consul, accueilli par le supérieur des Jésuites, fut suivi par une procession ordonnée. Après le Te Deum, des cris de 'Vive le Roy' retentirent, suivis d'un repas somptueux avec trois tables distinctes pour les marchands, les capitaines et les artisans. Des toasts furent portés à la famille royale, accompagnés de salves de canon et de fusillades. La population locale, curieuse et joyeuse, se rassembla pour participer aux festivités. Une fontaine de vin fut installée, et des rafraîchissements furent offerts aux femmes. Des janissaires furent déployés pour maintenir l'ordre. Des décorations, incluant un portique, une pyramide et des banderoles, furent érigées. La nuit, une illumination spectaculaire éclaira la maison consulaire et les navires français, accompagnée de feux d'artifice. Les festivités se poursuivirent pendant trois jours, avec des illuminations renouvelées chaque soir et un bal somptueux dans la grande salle tendue de tapisseries riches et éclairée par des lustres et girandoles. Les réjouissances se terminèrent par des démonstrations de joie continuées avec le même éclat pendant deux jours supplémentaires.
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19203
p. 164-170
QUATRIEME suite des réflexions sur les Ballets.
Début :
Nous allons achever la description du Balet dansé devant Louis XIV. à Lyon, [...]
Mots clefs :
Louis Auguste, Autel, Gloire, Héros, Entrée, Récit, Lauriers, Roi, Conquérant, Louis XIV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUATRIEME suite des réflexions sur les Ballets.
QUATRIEME fuite des réflexions fur
les Ballets.
Ous allons achever la defcription du
N Balet danfe devant Louis XIV . à Lyon,
duquel nous avons parlé dans le premier volume
de ce mois.
La Ville de Lyon vient être la veftale
pour conferver le feu facré de l'autel confacré
à Louis Augufte. Elle commence´la´fixiéme
entrée par ce récit.
Je dois ma premiere origine
Au fiécle glorieux des Céfars couronnés,
Et tous les peuples étonnés
M'ont vû fortir deux fois d'une trifte ruines
La querelle de deux * rivaux
Devint la caufe de mes maux.
Leur fureur n'épargna ni Temple ni Portique ,
Et par cette fatalité
Ilne me reste plus d'antique
Que le gage éternel de ma fidélité,
La feconde partie pour les dépouilles confacrées
à l'autel de Louis Augufte fit d'abord
paroître la gloire affife fur un Trône
dont toutes les marches étoient terminées
par des lions accroupis , & veillans comme
* Albin & Severe .
JUIN.
165
1745 .
ceux du Trône de Salomon : ce fut la Gloire
qui fit ce ré cit.
Sortez de vos Palais & quittez vos baluftres,
Idoles de la majeſté ,
Venez apprendre ici de quelle autorité
Se fervent les ames illuftres,
On cultive plus de lauriers
Dans les plaines de Mars & dans les champs guer
riers
Que dans loifiveté d'une Cour pacifique :
Le fer a plus rendu de Princes immortels ,
Que l'or dont ils ſe font un orgueil magnifique”,
Et l'encens qui noircit tous les jours leurs autels :
Ce n'eft pas des Héros peints dans leurs Galeries
Qu'ils apprennent à triompher ;
Un Roi doit préferer la pouffiére & le fer
Aux dorures des Tuilleries ,
Les combats de Fontainebleau
Et l'ennemi vaincu dans un coin de tableau
Sont de belles leçons pour un Prince en peinture.
Pour former un Héros , pour faire un Conquerant
Il faut comme Louis prendre d'autres meſures
Et mériter l'honneur que la gloire lui rend .
A la premiere entrée de cette feconde
partie les Elémens vinrent s'offrir à Louis
Augufte pour le fervir dans les combats &
166 MERCURE DE FRANCE.
lui jurerent fur fon autel une fidélité inviolable.
Premier récit
LE FEU .
Je veux fervir avec chaleur
Ce Conquérant dont la valeur
Et la feule gloire m'allume ,
Pour lui mon zéle eft évident ;
Je ne tiens pas fecret le feu qui me confume ,
Et de fes ferviteurs je fuis le plus ardent,
L'AIR.
Rien ne peut refifter à ma légereté ,
Tout foible que je fuis , je gronde je tempête ,
Pour peu que je fois irrité
Il n'eft point de laurier qui ne baiſſe la tête :
Je fuis vos étendars , je les enfle ſouvent
Vos ennemis jaloux admirent mes foupleffes ,
Fiez -vous donc à mes promeffes ,
Quoiqu'elles ne foient que du vent.
L'E A U.
Vous voyez le fond de mon coeur
Je ne vous cele rien , mon ame est toute claire ,
Et bien que le dehors ne montre que froideur ,
Je brule inceffamment du defir de vous plaire ;
J'offre à ce deffein tous mes bras
Pour vous fervir dans vos combats ,
Et je veux vous donner des preuves de mon zéle
Je vais faire pour vous de glorieux efforts
Je remue , il eft vrai , mais je fuis fi fidelle
"
JUI N..
167 1745.
Queje garde un rempart lors même que je dors.
LA TERRE.
Pour moije foutiens yos guerriers ,
Et de tous vos fujets vous voyez le plus ferme
Pour vous je m'épuife en lauriers ,
C'eft pour vous que la palme germe ,
Je viens pour vous en couronner ,
Mais je me plains ſouvent à l'aftre qui m'éclaire ,
De voir que nous foyons plus tardifs à les faire
Que vos mains à les moiffonner.
Enfuite des Villes nouvellement conquifes
viennent chargées de chaines au pied de
l'autel de Louis Augufte, où brifant ces chaines
elles en font des trophées & fe réjouiffent
d'être foumifes à ce Conquérant. Ces
Villes devenues Françoifes compofent la
feconde entrée.
La Flandre & la Lombardie furieuſes &
échevelées fremiffent en voyant ces chaines
attachées à l'autel de Louis Augufte ; elles
s'éforcent en vain de les arracher & de renverfer
l'autel ; leurs efforts impuiffans les
obligent d'avoir recours à la fiévre qui met
les humeurs en querelle , elles fe combattent
, l'autel tremble & ces funeftes mouvemens
occupent la troifiéme, la quatrième
& la cinquiéme entrée,
La fixiéme fut celle de la France languif
fante pendant la maladie dangereuſe dont
168 MERCURE DE FRANCE .
Louis XIV. fut atteint au Fort de Mardich
après fes Victoires éclatantes. La jeuneſſe
vint à fon fecours , chaffa la fiévre , réconcilia
les humeurs , & rétablit les eſpérances
de la France , qui fit ce récit.
LA FRANCE.
Heureux événement qui contre mon attente
Retire du cercueil la Majefté mouraste ,
Tu diffipes ma crainte , & me fais reſpirer
En me rendant un Roi qui me fait révérer :
Je ne voyois par- tout que des Palmes féchées
Des Lauriers prefque morts , & des fleurs arrachées;
La gloire travailloit à lui faire un Tombeau ,
Et le jour n'éclairoit que d'un trifte flambeau ,
Tandis que mon Héros d'un air doux & tranquile
Quittoit fans s'émouvoir cette Pompe fragile ,
Et Monarque intrépide en ce dernier effort
Vainquoit fes ennemis , & défioit la mort.
En ce moment fatal ce Héros invincible!
Demeuroit encor ferme , & fe rendoit terrible :
Sa vigueur défaillante animoit les foldats
Donnoit le mouvement & la force à leurs bras ;
Etendu dans fon lit fans Sceptre ni Couronne
Il confervoit les droits que la Pourpre lui donne ,
Rien ne pût l'ébranler , & ce lys abattu ,
Tout pâle & languiffant retenoit fa vertu.
Ainfi l'aftre du jour voit mourir fa lumiere ,
Sans manquer d'un feul pas à fa jufte carriere ,
D'un
JUIN
1745. 169
!
D'un mouvement égal il marche à fon tombeau,
Et voit d'un oeil ouvert éteindre fon flambeau ,
Tandis qu'avec cent feux dans la voûte céleſte ,
La nuit fuit fon cercueil fous un voile funefte :
Ma Reine en ce moment cédoit à fes douleurs ,
Et l'aurore jamais ne verfa tant de pleurs ;
D'un regard languiffant , d'une lumiere fombre
Elle voyoit mon Roi qui n'étoit plus qu'une ombre;
La fortune en déſordre & la victoire en deuil
Pour un Arc de Triomphe élevoient un cercueil ,
Les Drapeaux déployés , & les Piques baiffées
Alloient bien-tôt ſe joindre aux armes renverſées ,
Et fi l'on arrachoi : des Palmes aux Flamans ,
C'étoit pour couronner de triftes monumens ;
La gloire d'autre part confuſe & gémiſſante ,
Survivoit à regret à la valeur mourante ;
Les graces & l'amour pleuroient ce Conquérant ,
Et tout dans la nature étoit mort ou mourant :
Moi d'un torrent de pleurs & de larmes trempée ,
J'expirois en baiſant ſa main & ſon épée ,
Quand le Ciel attendri le rendit a mes voeux
Et pour le conferver employa tous fes feux.
Du coeur de mon Héros une flamme plus forte
Sortit pour ranimer la Pourpre déja morte ;
Il reprit fa vigueur & ce nouvel effort
Son triomphe augmenta de celui de la mort.
Graces aux Immortels cette feconde vie
De combien de fuccès fera-t- elle fuivie ?
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Je verrai ſa valeur malgré ſes ennemis
Le faire reſpecter par cent Peuples foumis.
Autour de ce Héros cent Provinces captives
Quitteront leurs lauriers pour prendre ſes olives ,
Tandis que je ferai des cours de ſes Sujets
Des victimes d'amour & des Trônes de Paix .
Ce récit funébre , & le trifte tableau
des quatre dernieres entrées offert en 1658,
nous rappelle affés exactement celui qui a
tant effrayé la France en 1744 , lorfque le
Roi fut attaqué d'une fi dangereufe maladie
dans la Ville de Metz.
les Ballets.
Ous allons achever la defcription du
N Balet danfe devant Louis XIV . à Lyon,
duquel nous avons parlé dans le premier volume
de ce mois.
La Ville de Lyon vient être la veftale
pour conferver le feu facré de l'autel confacré
à Louis Augufte. Elle commence´la´fixiéme
entrée par ce récit.
Je dois ma premiere origine
Au fiécle glorieux des Céfars couronnés,
Et tous les peuples étonnés
M'ont vû fortir deux fois d'une trifte ruines
La querelle de deux * rivaux
Devint la caufe de mes maux.
Leur fureur n'épargna ni Temple ni Portique ,
Et par cette fatalité
Ilne me reste plus d'antique
Que le gage éternel de ma fidélité,
La feconde partie pour les dépouilles confacrées
à l'autel de Louis Augufte fit d'abord
paroître la gloire affife fur un Trône
dont toutes les marches étoient terminées
par des lions accroupis , & veillans comme
* Albin & Severe .
JUIN.
165
1745 .
ceux du Trône de Salomon : ce fut la Gloire
qui fit ce ré cit.
Sortez de vos Palais & quittez vos baluftres,
Idoles de la majeſté ,
Venez apprendre ici de quelle autorité
Se fervent les ames illuftres,
On cultive plus de lauriers
Dans les plaines de Mars & dans les champs guer
riers
Que dans loifiveté d'une Cour pacifique :
Le fer a plus rendu de Princes immortels ,
Que l'or dont ils ſe font un orgueil magnifique”,
Et l'encens qui noircit tous les jours leurs autels :
Ce n'eft pas des Héros peints dans leurs Galeries
Qu'ils apprennent à triompher ;
Un Roi doit préferer la pouffiére & le fer
Aux dorures des Tuilleries ,
Les combats de Fontainebleau
Et l'ennemi vaincu dans un coin de tableau
Sont de belles leçons pour un Prince en peinture.
Pour former un Héros , pour faire un Conquerant
Il faut comme Louis prendre d'autres meſures
Et mériter l'honneur que la gloire lui rend .
A la premiere entrée de cette feconde
partie les Elémens vinrent s'offrir à Louis
Augufte pour le fervir dans les combats &
166 MERCURE DE FRANCE.
lui jurerent fur fon autel une fidélité inviolable.
Premier récit
LE FEU .
Je veux fervir avec chaleur
Ce Conquérant dont la valeur
Et la feule gloire m'allume ,
Pour lui mon zéle eft évident ;
Je ne tiens pas fecret le feu qui me confume ,
Et de fes ferviteurs je fuis le plus ardent,
L'AIR.
Rien ne peut refifter à ma légereté ,
Tout foible que je fuis , je gronde je tempête ,
Pour peu que je fois irrité
Il n'eft point de laurier qui ne baiſſe la tête :
Je fuis vos étendars , je les enfle ſouvent
Vos ennemis jaloux admirent mes foupleffes ,
Fiez -vous donc à mes promeffes ,
Quoiqu'elles ne foient que du vent.
L'E A U.
Vous voyez le fond de mon coeur
Je ne vous cele rien , mon ame est toute claire ,
Et bien que le dehors ne montre que froideur ,
Je brule inceffamment du defir de vous plaire ;
J'offre à ce deffein tous mes bras
Pour vous fervir dans vos combats ,
Et je veux vous donner des preuves de mon zéle
Je vais faire pour vous de glorieux efforts
Je remue , il eft vrai , mais je fuis fi fidelle
"
JUI N..
167 1745.
Queje garde un rempart lors même que je dors.
LA TERRE.
Pour moije foutiens yos guerriers ,
Et de tous vos fujets vous voyez le plus ferme
Pour vous je m'épuife en lauriers ,
C'eft pour vous que la palme germe ,
Je viens pour vous en couronner ,
Mais je me plains ſouvent à l'aftre qui m'éclaire ,
De voir que nous foyons plus tardifs à les faire
Que vos mains à les moiffonner.
Enfuite des Villes nouvellement conquifes
viennent chargées de chaines au pied de
l'autel de Louis Augufte, où brifant ces chaines
elles en font des trophées & fe réjouiffent
d'être foumifes à ce Conquérant. Ces
Villes devenues Françoifes compofent la
feconde entrée.
La Flandre & la Lombardie furieuſes &
échevelées fremiffent en voyant ces chaines
attachées à l'autel de Louis Augufte ; elles
s'éforcent en vain de les arracher & de renverfer
l'autel ; leurs efforts impuiffans les
obligent d'avoir recours à la fiévre qui met
les humeurs en querelle , elles fe combattent
, l'autel tremble & ces funeftes mouvemens
occupent la troifiéme, la quatrième
& la cinquiéme entrée,
La fixiéme fut celle de la France languif
fante pendant la maladie dangereuſe dont
168 MERCURE DE FRANCE .
Louis XIV. fut atteint au Fort de Mardich
après fes Victoires éclatantes. La jeuneſſe
vint à fon fecours , chaffa la fiévre , réconcilia
les humeurs , & rétablit les eſpérances
de la France , qui fit ce récit.
LA FRANCE.
Heureux événement qui contre mon attente
Retire du cercueil la Majefté mouraste ,
Tu diffipes ma crainte , & me fais reſpirer
En me rendant un Roi qui me fait révérer :
Je ne voyois par- tout que des Palmes féchées
Des Lauriers prefque morts , & des fleurs arrachées;
La gloire travailloit à lui faire un Tombeau ,
Et le jour n'éclairoit que d'un trifte flambeau ,
Tandis que mon Héros d'un air doux & tranquile
Quittoit fans s'émouvoir cette Pompe fragile ,
Et Monarque intrépide en ce dernier effort
Vainquoit fes ennemis , & défioit la mort.
En ce moment fatal ce Héros invincible!
Demeuroit encor ferme , & fe rendoit terrible :
Sa vigueur défaillante animoit les foldats
Donnoit le mouvement & la force à leurs bras ;
Etendu dans fon lit fans Sceptre ni Couronne
Il confervoit les droits que la Pourpre lui donne ,
Rien ne pût l'ébranler , & ce lys abattu ,
Tout pâle & languiffant retenoit fa vertu.
Ainfi l'aftre du jour voit mourir fa lumiere ,
Sans manquer d'un feul pas à fa jufte carriere ,
D'un
JUIN
1745. 169
!
D'un mouvement égal il marche à fon tombeau,
Et voit d'un oeil ouvert éteindre fon flambeau ,
Tandis qu'avec cent feux dans la voûte céleſte ,
La nuit fuit fon cercueil fous un voile funefte :
Ma Reine en ce moment cédoit à fes douleurs ,
Et l'aurore jamais ne verfa tant de pleurs ;
D'un regard languiffant , d'une lumiere fombre
Elle voyoit mon Roi qui n'étoit plus qu'une ombre;
La fortune en déſordre & la victoire en deuil
Pour un Arc de Triomphe élevoient un cercueil ,
Les Drapeaux déployés , & les Piques baiffées
Alloient bien-tôt ſe joindre aux armes renverſées ,
Et fi l'on arrachoi : des Palmes aux Flamans ,
C'étoit pour couronner de triftes monumens ;
La gloire d'autre part confuſe & gémiſſante ,
Survivoit à regret à la valeur mourante ;
Les graces & l'amour pleuroient ce Conquérant ,
Et tout dans la nature étoit mort ou mourant :
Moi d'un torrent de pleurs & de larmes trempée ,
J'expirois en baiſant ſa main & ſon épée ,
Quand le Ciel attendri le rendit a mes voeux
Et pour le conferver employa tous fes feux.
Du coeur de mon Héros une flamme plus forte
Sortit pour ranimer la Pourpre déja morte ;
Il reprit fa vigueur & ce nouvel effort
Son triomphe augmenta de celui de la mort.
Graces aux Immortels cette feconde vie
De combien de fuccès fera-t- elle fuivie ?
II. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Je verrai ſa valeur malgré ſes ennemis
Le faire reſpecter par cent Peuples foumis.
Autour de ce Héros cent Provinces captives
Quitteront leurs lauriers pour prendre ſes olives ,
Tandis que je ferai des cours de ſes Sujets
Des victimes d'amour & des Trônes de Paix .
Ce récit funébre , & le trifte tableau
des quatre dernieres entrées offert en 1658,
nous rappelle affés exactement celui qui a
tant effrayé la France en 1744 , lorfque le
Roi fut attaqué d'une fi dangereufe maladie
dans la Ville de Metz.
Fermer
19204
p. 153
DESCRIPTIONS particulières & détaillées.
Début :
POUR acquiter l'engagement pris dans le précédent volume, nous allons donner [...]
Mots clefs :
Description, Engagement, Fêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTIONS particulières & détaillées.
DESCRIPTIONS particulières &
POUR
détaillées.
.
OUR acquiter l'engagement pris dans
le précédent volume , nous allons don
ner quelques détails fur les grands obe
jets des fêtes dont nous avions commencé
à parler en général au commencement:
de ce mois.
POUR
détaillées.
.
OUR acquiter l'engagement pris dans
le précédent volume , nous allons don
ner quelques détails fur les grands obe
jets des fêtes dont nous avions commencé
à parler en général au commencement:
de ce mois.
Fermer
19205
p. 1413-1415
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
Début :
Vous voulez absolument que je vous donne des nouvelles de ce Pays-cy, [...]
Mots clefs :
Français, Suisse, Abbé, Mercure suisse, Muralt, Lettres sur les Anglais et les Français, France, Nouvelles littéraires, Bon sens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet
d'un nouveau Journal , & c.
V
Ous voulez absolument que je vous
donne des nouvelles de ce Pays- cy,
et sur tout des Nouvelles Litteraires ;
vous ne pensez donc pas comme beaucoup
de gens de votre Pays , qui s'imaginent
qu'en Suisse la Litterature est toutà
- fait négligée ; d'autres en outrant les
choses , nous disputent encore la poli- .
tesse , le bon sens et presque la raison.
On a eu le même préjugé à l'égard des
Orientaux en general , et à l'égard des
Turcs en particulier ; mais ceux- cy se
trouvent pleinement justifiez sur leur
ignorance prétendue , dans une Piece
nous avons lûe avec plaisir dans le Mercure
de France du mois dernier . Nous.
ne serons pas surpris que quelque Apologiste
prenne aussi un jour notre deffense
en main et désabuse du moins un
certain Public , de la mauvaise prévention
dont le vulgaire est rempli contre
la Nation Suisse.
que
En attendant , et pour commencer en
quelque façon cette Apologie , je vous
dirai qu'on imprime ici depuis le mois de
II. Vol.
Dé1414
MERCURE DE FRANCE
Décembre 1732. un Mercure Suisse , ou
Recueil de Nouvelles Historiques , Politi
ques , Litteraires et Curieuses , dont on paroît
assez content. Voici un petit Extrait
de celui du mois de Mars dernier ,
que
j'ai estimé digne de votre curiosité.
» En l'année 1726. l'Abbé D ... publia
» une Critique des Lettres de M. de Mu-
» ralt , sur les Moeurs des François et des
»
Anglois , sous ce titre : Apologie du ca-
» ractere des Anglois et des François , ou
Observations sur le Livre intitulé , Lettre
» sur les Anglois et les François , et sur les
»Voyages ; avec la deffense de la sixième
» Satyre de M. Despreaux , et la justificantion
du bel esprit François .
» Cet Abbé commence peu poliment
son Livre par ces mots : Dès que les
» Lettres sur les Anglois et les François
» et sur les Voyages , parurent , je les lûs
» avec une attention curieuse , et je fus bien
» aise de voir un Suisse penser. C'étoit loüer
le judicieux Auteur de ces Lettres , ( qui
» est Suisse ) d'une maniere peu convena-
» ble , et faire en même-temps insulte à
» toute sa Nation . Pour venger les Suis-
» ses , un d'entre eux , aussi peu poli que
» cet Abbé , et ami de M. de Muralt ,
»composa les Vers suivans. On nous prie
» de les inserer ici , parce qu'on ne les
II. Vol. >> a.
JUIN. 1733. 1415
a point encore vûs dans aucun Recueil,
mais on avertit que l'on n'y a nullement
en vûë tous les Auteurs François
en general. On sçait distinguer en Suisse
, tout comme ailleurs , le petit nombre
de bons Ecrivains , de la foule immense
des mauvais.Cette Epigramme ne
regarde donc aucun autre François que
les Auteurs de la classe de l'Abbé D ...
etit Abbé , le sçavoir vivre ,
'est point chez vous en lieu natal
t votre orgueil n'enfante un Livre ,
Que pour lancer un trait brutal .
ous pensiez donc , froid Satirique ,
Qu'avant Muralt , tout Helvetique ,
Ne pensoit point , ou pensoit mal ;
Et vous pensiez comme un cheval .
François , quittez vos fiers caprices ,
Connoissez mieux vos bons voisins .
Si vous pensiez , esprits trop vains ,
Autant , aussi bien que maints Suisses ;
Au lieu de vos tas d'Ecrivains ,
Pour la plupart fades Narcisses ,
La France auroit plus d'Esprits sains
Et qui pourvûs en hommes sages ,
Du bon sens des Treize Cantons ,
Ne produiroient que peu d'Ouvrages ;
Mais ces Ouvrages seroient bons.
Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet
d'un nouveau Journal , & c.
V
Ous voulez absolument que je vous
donne des nouvelles de ce Pays- cy,
et sur tout des Nouvelles Litteraires ;
vous ne pensez donc pas comme beaucoup
de gens de votre Pays , qui s'imaginent
qu'en Suisse la Litterature est toutà
- fait négligée ; d'autres en outrant les
choses , nous disputent encore la poli- .
tesse , le bon sens et presque la raison.
On a eu le même préjugé à l'égard des
Orientaux en general , et à l'égard des
Turcs en particulier ; mais ceux- cy se
trouvent pleinement justifiez sur leur
ignorance prétendue , dans une Piece
nous avons lûe avec plaisir dans le Mercure
de France du mois dernier . Nous.
ne serons pas surpris que quelque Apologiste
prenne aussi un jour notre deffense
en main et désabuse du moins un
certain Public , de la mauvaise prévention
dont le vulgaire est rempli contre
la Nation Suisse.
que
En attendant , et pour commencer en
quelque façon cette Apologie , je vous
dirai qu'on imprime ici depuis le mois de
II. Vol.
Dé1414
MERCURE DE FRANCE
Décembre 1732. un Mercure Suisse , ou
Recueil de Nouvelles Historiques , Politi
ques , Litteraires et Curieuses , dont on paroît
assez content. Voici un petit Extrait
de celui du mois de Mars dernier ,
que
j'ai estimé digne de votre curiosité.
» En l'année 1726. l'Abbé D ... publia
» une Critique des Lettres de M. de Mu-
» ralt , sur les Moeurs des François et des
»
Anglois , sous ce titre : Apologie du ca-
» ractere des Anglois et des François , ou
Observations sur le Livre intitulé , Lettre
» sur les Anglois et les François , et sur les
»Voyages ; avec la deffense de la sixième
» Satyre de M. Despreaux , et la justificantion
du bel esprit François .
» Cet Abbé commence peu poliment
son Livre par ces mots : Dès que les
» Lettres sur les Anglois et les François
» et sur les Voyages , parurent , je les lûs
» avec une attention curieuse , et je fus bien
» aise de voir un Suisse penser. C'étoit loüer
le judicieux Auteur de ces Lettres , ( qui
» est Suisse ) d'une maniere peu convena-
» ble , et faire en même-temps insulte à
» toute sa Nation . Pour venger les Suis-
» ses , un d'entre eux , aussi peu poli que
» cet Abbé , et ami de M. de Muralt ,
»composa les Vers suivans. On nous prie
» de les inserer ici , parce qu'on ne les
II. Vol. >> a.
JUIN. 1733. 1415
a point encore vûs dans aucun Recueil,
mais on avertit que l'on n'y a nullement
en vûë tous les Auteurs François
en general. On sçait distinguer en Suisse
, tout comme ailleurs , le petit nombre
de bons Ecrivains , de la foule immense
des mauvais.Cette Epigramme ne
regarde donc aucun autre François que
les Auteurs de la classe de l'Abbé D ...
etit Abbé , le sçavoir vivre ,
'est point chez vous en lieu natal
t votre orgueil n'enfante un Livre ,
Que pour lancer un trait brutal .
ous pensiez donc , froid Satirique ,
Qu'avant Muralt , tout Helvetique ,
Ne pensoit point , ou pensoit mal ;
Et vous pensiez comme un cheval .
François , quittez vos fiers caprices ,
Connoissez mieux vos bons voisins .
Si vous pensiez , esprits trop vains ,
Autant , aussi bien que maints Suisses ;
Au lieu de vos tas d'Ecrivains ,
Pour la plupart fades Narcisses ,
La France auroit plus d'Esprits sains
Et qui pourvûs en hommes sages ,
Du bon sens des Treize Cantons ,
Ne produiroient que peu d'Ouvrages ;
Mais ces Ouvrages seroient bons.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
En mai 1733, un correspondant de Neufchâtel réfute les préjugés selon lesquels la littérature suisse serait négligée ou inférieure. Il compare ces préjugés à ceux existant envers les Orientaux et les Turcs, justifiés par une œuvre publiée dans le Mercure de France. Il espère qu'un jour, un apologiste défendra la Suisse contre ces mauvaises préventions. L'auteur mentionne la publication, depuis décembre 1732, du journal 'Mercure Suisse', contenant des nouvelles historiques, politiques, littéraires et curieuses. Il partage un extrait du Mercure Suisse de mars 1733, relatant une controverse littéraire de 1726. L'Abbé D... avait critiqué les 'Lettres de M. de Muralt' sur les mœurs des Français et des Anglais de manière impolie. Un Suisse, ami de M. de Muralt, avait répondu par une épigramme. L'auteur précise que cette épigramme ne vise pas tous les auteurs français, mais seulement ceux de la classe de l'Abbé D..., et que les Suisses savent distinguer les bons écrivains des mauvais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19206
p. 163-165
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-sixiéme & trente-septiéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. FREQUENT, Bouville. Des Ruelles, Chevalier. Durand, [...]
Mots clefs :
Soldats, Traitement, Hôpital, Accident, Dragées, Éloges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-sixiéme & trente-septiéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARÉCHAL DUC DE biron.
Trente-fixiéme & trente-feptième Trai
tement depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats.
FREQUENT ,
Des Ruelles
Durand ,
Compagnies.
Bouville,
Chevalier.
Latour
Fromagé ,
Tourville ,
Lemaire , Chatulé
Defboëtz , Mathan .
164 MERCURE DE FRANCE.
Belamour ,
Parifien
Tardu ,
Guergorlay.
Daldart.
Cadet Goffelin
Voiſemont
La Sône .
Chevalier.
Colonelle .
Toucé Mathan .
,
Dumont , Pronleroy.
Cheneau Viennay.
Vannier ,
Fleur- d'épine ,
Nolivos.
Chatulé.
Ferion , d'Obfonville .
S. Jofeph ,
Mithon.
Fabre ,
Bigot ,
Marfay
Dampierre.
Lacour , Danteroche- ·
Cadet Legrand , Pronleroy .
Gérard , Pronleroy.
Lecomte ,
Rafilly .
Liffant , Colonelle .
Ces vingt- cinq Soldats ont été à l'ordinaire
traités & radicalement guéris.
Il appert aujourd'hui par les Regiſtres
des Hôpitaux du Roi , que le nombre
des Soldats Cavaliers , & Dragons
traités par la méthode de M. Keyfer
OCTOBRE . 1763. 165
Le monte à 9390 ; qu'il n'eft arrivé auçun
accident fâcheux ; que les maladies
les plus graves & manquées par les frictions
cédent à l'ufage des dragées , &
que les éloges font toujours les mêmes.
DE M. LE MARÉCHAL DUC DE biron.
Trente-fixiéme & trente-feptième Trai
tement depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats.
FREQUENT ,
Des Ruelles
Durand ,
Compagnies.
Bouville,
Chevalier.
Latour
Fromagé ,
Tourville ,
Lemaire , Chatulé
Defboëtz , Mathan .
164 MERCURE DE FRANCE.
Belamour ,
Parifien
Tardu ,
Guergorlay.
Daldart.
Cadet Goffelin
Voiſemont
La Sône .
Chevalier.
Colonelle .
Toucé Mathan .
,
Dumont , Pronleroy.
Cheneau Viennay.
Vannier ,
Fleur- d'épine ,
Nolivos.
Chatulé.
Ferion , d'Obfonville .
S. Jofeph ,
Mithon.
Fabre ,
Bigot ,
Marfay
Dampierre.
Lacour , Danteroche- ·
Cadet Legrand , Pronleroy .
Gérard , Pronleroy.
Lecomte ,
Rafilly .
Liffant , Colonelle .
Ces vingt- cinq Soldats ont été à l'ordinaire
traités & radicalement guéris.
Il appert aujourd'hui par les Regiſtres
des Hôpitaux du Roi , que le nombre
des Soldats Cavaliers , & Dragons
traités par la méthode de M. Keyfer
OCTOBRE . 1763. 165
Le monte à 9390 ; qu'il n'eft arrivé auçun
accident fâcheux ; que les maladies
les plus graves & manquées par les frictions
cédent à l'ufage des dragées , &
que les éloges font toujours les mêmes.
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19207
p. 153-157
Description du Feu d'Artifice ordonné par la Ville pour être tiré le 22 Juin 1763 à l'occasion de l'Inauguration de la Statue du Roi & de la Publication de la Paix.
Début :
Nous avons déja dit que la décoration de ce feu étoit élevée au milieu de la [...]
Mots clefs :
Feu, Artifice, Ville, Spectateurs, Terrasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description du Feu d'Artifice ordonné par la Ville pour être tiré le 22 Juin 1763 à l'occasion de l'Inauguration de la Statue du Roi & de la Publication de la Paix.
Defcription du Feu d'Artifice ordonné
par la Ville pour être tiré le 22 Juin
1763 à l'occafion de l'Inauguration
de la Statue du Roi & de la Publica
tion de la Paix.
Nous avons déja dit que la décora
tion de ce feu étoit élevée au milieu de la
rivière, en face de la place de Louis XV
d'un côté , & de l'autre , du Palais des
Ambaffadeurs - Extraordinaires , ( ci-devant
Palais de Bourbon ) dont le Roia--
voit permis l'ufage à la Ville, qui en
Goy
154 MERCURE DE FRANCE :
conféquence y avoit fait conftruire ,
décorer & éclairer magnifiquement des
Loges à la difpofition de M. le Gouverneur
, de M. le Prévôt des Marchands
des Echevins & Officiers Municipaux
du Corps de Ville , ainfi que pour M.
le Directeur- Général des Bâtimens du
Roi & quelques autres perfonnes diftinguées.
Dans toutes ces Loges , dont
la plupart étoient remplies de Princes
& de Seigneurs de la Cour , d'Etrangers
& autres perfonnes qualifiées , on
fervit pendant toute l'après-midi une
fomptueufe collation & des rafraîchiffemens
avec profufion . Ces Loges feules.
contenoient fept mille places , toute occupées
, ( * ) ce qui ne faifoit cependant
qu'un point dans la vaſte étendue
de l'efpace depuis Chaillot jufqu'au
Pont Royal , efpace entiérement couvert
de Spectateurs jufqu'à l'eau qui
baignoit même les pieds de la dernière
ligne. Que l'on juge par là & que l'on
évalue cette prodigieufe multitude , &
la grandeur du Spectacle qu'elle of-
.froit
Tout l'édifice du feu étoit établi au
milieu d'une Ifle de 60 toifes de long
Nous avions été mal informés précédemment
en ne difant que cinq mille.
JUILLET. 1763. 155
fur 12 toifes de large , formée par un
grand nombre de bâteaux raffemblés.
La partie d'en-bas , qui touchoit à la
rivière , étoit peinte en rochers fur lefquels
étoit élevée une terraffe , dont la
décoration préfentoit,aux extrémités , des
fontaines qui prenoient leur fource dans
la grande maffe de roches du milieu ,
& retomboient en nappes fur trois faces.
La difpofition des plans avoit fourni le
moyen de placer dans tout le pourtour
de cette terraffe , ( dont la fuperficie étoit
de 2700 pieds ) des piédeftaux chargés
d'emblêmes & richement ornés qui
portoient des groupes de fleuves , de
Nayades & Tritons , avec leurs urnes
& autres attributs caractériſtiques , De
toutes les urnes fortoient des fources
tombant en napes & reffaillantes de leur
bouillonnement. On avoit orné auffi
cette vafte terraffe de huit groupes d'Enfans
peints en bronze , lefquels portoient
des coquilles , d'où s'élancoit un jet qui
formoit une cafcade en retombant. Du
milieu de cette terraffe s'élevoit un Temple
, dont la forme générale étoit un parallelograme
, formé par vingt colonnes
fpirales & tournantes d'ordre ïonique
de 39 pieds de hauteur y compris le
piédeftal & l'entablement.
>
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
Chacune des grandes faces étoit compofée
d'un Portique de vingt pieds d'ouverture
, couronné d'un archivolte , furmonté
de cartouches & autres ornemens.
Les petits côtés étoient décorés
par des frontons & tout autour regnoit
une balustrade terminée par des vafes &
autres amortiffemens qui formoient un
deffein élégant , noble , & dont l'effet.
étoit très agréable. Les colonnes &
toute cette architecture devoient fe
deffiiner en feu & prendre du mouve
ment , ainfi que l'emblême d'Apollon
annonçant un beau jour , environné ,
d'une gloire formée par une piéce d'artifice
Italien d'une compofition finguliere
, & du plus grand effet * . On montoit
à ce Temple par des gradins dont
les devants étoient plus avancés & for
moient une platte-forme fur laquelle on;
R
* Le Public n'a pû jouir de cet effet , ainſi que
de tous les feux figurés , que le Dimanche 3 de ce
mois ; la Ville ayant fait tirer avec un très - grand
faccès toutes les parties d'Artifice que le mauvais
remps du 22 Jain avoit obligé de fupprimer , ce
qui a compofé , avec les feux d'air qu'on avoit
ajoutés , un fecond feu très magnifique , qui
a attiré la même quantité de Spectateurs dans le mê
me efpace, & produit un fecond Spectacle auffi
grand & auffi extraordinaire que celui du pre
mier jour..
❤
JUILLET. 1763. IST
avoit pratiqué un orcheftre où cinquante
Muficiens de chaque côté exécuterent
des fymphonies pendant toute l'aprèsdinée
.
*
Nous avons parlé précédemment des
joûtes de Bateliers qui amuferent jufqu'à
la nuit les Spectateurs . placés pour voir
tirer le feu.
On fçait par quel contre- temps tout
l'artifice préparé ne put avoir lieu le
jour defliné à cette grande fête ; mais
comme on a vu un autre jour l'effet des
autres parties , nous allons les réunir
dans cette relation , de la même manière
que l'imagination des Spectateurs a dû
faire , & donner ici l'ordre & le détail
de cette prodigieufe quantité d'artifice
telle qu'elle étoit ordonnée & difpofés
pour être tirée en une feule fois..
par la Ville pour être tiré le 22 Juin
1763 à l'occafion de l'Inauguration
de la Statue du Roi & de la Publica
tion de la Paix.
Nous avons déja dit que la décora
tion de ce feu étoit élevée au milieu de la
rivière, en face de la place de Louis XV
d'un côté , & de l'autre , du Palais des
Ambaffadeurs - Extraordinaires , ( ci-devant
Palais de Bourbon ) dont le Roia--
voit permis l'ufage à la Ville, qui en
Goy
154 MERCURE DE FRANCE :
conféquence y avoit fait conftruire ,
décorer & éclairer magnifiquement des
Loges à la difpofition de M. le Gouverneur
, de M. le Prévôt des Marchands
des Echevins & Officiers Municipaux
du Corps de Ville , ainfi que pour M.
le Directeur- Général des Bâtimens du
Roi & quelques autres perfonnes diftinguées.
Dans toutes ces Loges , dont
la plupart étoient remplies de Princes
& de Seigneurs de la Cour , d'Etrangers
& autres perfonnes qualifiées , on
fervit pendant toute l'après-midi une
fomptueufe collation & des rafraîchiffemens
avec profufion . Ces Loges feules.
contenoient fept mille places , toute occupées
, ( * ) ce qui ne faifoit cependant
qu'un point dans la vaſte étendue
de l'efpace depuis Chaillot jufqu'au
Pont Royal , efpace entiérement couvert
de Spectateurs jufqu'à l'eau qui
baignoit même les pieds de la dernière
ligne. Que l'on juge par là & que l'on
évalue cette prodigieufe multitude , &
la grandeur du Spectacle qu'elle of-
.froit
Tout l'édifice du feu étoit établi au
milieu d'une Ifle de 60 toifes de long
Nous avions été mal informés précédemment
en ne difant que cinq mille.
JUILLET. 1763. 155
fur 12 toifes de large , formée par un
grand nombre de bâteaux raffemblés.
La partie d'en-bas , qui touchoit à la
rivière , étoit peinte en rochers fur lefquels
étoit élevée une terraffe , dont la
décoration préfentoit,aux extrémités , des
fontaines qui prenoient leur fource dans
la grande maffe de roches du milieu ,
& retomboient en nappes fur trois faces.
La difpofition des plans avoit fourni le
moyen de placer dans tout le pourtour
de cette terraffe , ( dont la fuperficie étoit
de 2700 pieds ) des piédeftaux chargés
d'emblêmes & richement ornés qui
portoient des groupes de fleuves , de
Nayades & Tritons , avec leurs urnes
& autres attributs caractériſtiques , De
toutes les urnes fortoient des fources
tombant en napes & reffaillantes de leur
bouillonnement. On avoit orné auffi
cette vafte terraffe de huit groupes d'Enfans
peints en bronze , lefquels portoient
des coquilles , d'où s'élancoit un jet qui
formoit une cafcade en retombant. Du
milieu de cette terraffe s'élevoit un Temple
, dont la forme générale étoit un parallelograme
, formé par vingt colonnes
fpirales & tournantes d'ordre ïonique
de 39 pieds de hauteur y compris le
piédeftal & l'entablement.
>
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
Chacune des grandes faces étoit compofée
d'un Portique de vingt pieds d'ouverture
, couronné d'un archivolte , furmonté
de cartouches & autres ornemens.
Les petits côtés étoient décorés
par des frontons & tout autour regnoit
une balustrade terminée par des vafes &
autres amortiffemens qui formoient un
deffein élégant , noble , & dont l'effet.
étoit très agréable. Les colonnes &
toute cette architecture devoient fe
deffiiner en feu & prendre du mouve
ment , ainfi que l'emblême d'Apollon
annonçant un beau jour , environné ,
d'une gloire formée par une piéce d'artifice
Italien d'une compofition finguliere
, & du plus grand effet * . On montoit
à ce Temple par des gradins dont
les devants étoient plus avancés & for
moient une platte-forme fur laquelle on;
R
* Le Public n'a pû jouir de cet effet , ainſi que
de tous les feux figurés , que le Dimanche 3 de ce
mois ; la Ville ayant fait tirer avec un très - grand
faccès toutes les parties d'Artifice que le mauvais
remps du 22 Jain avoit obligé de fupprimer , ce
qui a compofé , avec les feux d'air qu'on avoit
ajoutés , un fecond feu très magnifique , qui
a attiré la même quantité de Spectateurs dans le mê
me efpace, & produit un fecond Spectacle auffi
grand & auffi extraordinaire que celui du pre
mier jour..
❤
JUILLET. 1763. IST
avoit pratiqué un orcheftre où cinquante
Muficiens de chaque côté exécuterent
des fymphonies pendant toute l'aprèsdinée
.
*
Nous avons parlé précédemment des
joûtes de Bateliers qui amuferent jufqu'à
la nuit les Spectateurs . placés pour voir
tirer le feu.
On fçait par quel contre- temps tout
l'artifice préparé ne put avoir lieu le
jour defliné à cette grande fête ; mais
comme on a vu un autre jour l'effet des
autres parties , nous allons les réunir
dans cette relation , de la même manière
que l'imagination des Spectateurs a dû
faire , & donner ici l'ordre & le détail
de cette prodigieufe quantité d'artifice
telle qu'elle étoit ordonnée & difpofés
pour être tirée en une feule fois..
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19208
p. 363-374
Detail de ce qui s'est passé aux Gobelins le jour que les Ambassadeurs y ont esté, avec la description de tout ce qu'ils ont vû en ce lieu. [titre d'après la table]
Début :
M le Brun les reçeut aux Gobelins, accompagné des plus [...]
Mots clefs :
Charles Le Brun, Gobelins, Ouvrage, Ambassadeur, Roi, Pièces, Pierres, Galerie, Travail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Detail de ce qui s'est passé aux Gobelins le jour que les Ambassadeurs y ont esté, avec la description de tout ce qu'ils ont vû en ce lieu. [titre d'après la table]
M. le Brun les
reçeut aux Gobelins , accompagné
des plus Illuftres de ce
Hh ij
364 Voyage des Amb.
lieu- là. Ils entrerent d'abord
dans laGalerie de Mele Brun,
& falüerent Madame le Brun
d'une maniere fort obligeante.
Je laiſſe quantité de choſes
qu'ils admirerent,& vous
diray ſeulement que le premier
Ambaſſadeur reconnut
un Groupe de Figures qui
reprefentent des Luteurs , &
dit , qu'il en venoit de voir un
pareil à l' Academie . On examina
en uite un grand Tableau
d'Autel de M. le Brun.
C'est une Deſcente de Croix.
Il l'avoit fait pour M. l'Archeveſque
de Lyon , mais
de Siam. 383
M. de Louvois ayant jugé
qu'on n'en pouvoit avoir un
plus beau pour la Chapelle
neuve qu'on doit bâtir à
Verſailles, l'a retenu pour le
Roy. Ayant enſuite traverſé
tout l'Appartement de M.
le Brun , ils deſcendirent
dans la grande Court, où ils
trouverent ſept ou huit pieces
de Tapifleries tendues
dans le fonds , & faites aux
Gobelins.On en admira l'ous
vrage & la beauté. Le premier
Ambaſſadeur demanda
s'il ne verroit point travailler
seux qui faisoient de ſi belles chos
Hhij
366 Voyage des Amb.
و
fes , & M. le Brun répondit
qu'on luy alloit donner ce
plaifir. On entra enſuite dans
le lieu où l'on travaille aux
Ouvrages de Pierres de raport,
& dont le pied en carré
revient à plus de mille écus
felon qu'on le dit à l'Ambaffadeur
qui le demanda. Toutes
les Pierres qui entrent
dans cet Ouvrage font Pierres
precieuſes , & l'on en
taille de ſi petites qu'il eſt
preſque impoſſible de les
voir avant qu'ellesayent efté
miſes en oeuvre . Ce travail
eft dune tres grande lon.
de Siam. 367
gueur à cauſe de la dureté de
Lamatiere, & il faut pluſieurs
années pour en achever un
feul carreau . L'Ambaſſadeur
ne regarda pas ſeulement les
Pierres dont on ſe ſert pour
cet Ouvrage , il examina
tous les morceaux qui en avoient
eſté tirez ,& tous les
outils dont les Ouvriers ſe
fervent. On paffſa de là dans
la Salle des Orphévres , où
l'on demeura peu , parce que
ce travail n'eſtoit pas une
nouveauté pour les Ambaffadeurs.
Ils virent enfuite travailler
aux Tapifleriesi On
Hhinj
368 Voyage des Amb.
ne sçauroit exprimer avee
quelle attention ils s'atracherentà
regarder ce travail,
ny le plaiſir qu'ils y prirent.
Ils virent aufli le lieu où l'on
teint les Laines pour cesTapiſſeries
, & virent faire du
Lapis dans un autre endroit
pour un grand Ouvrage ,
dont je vay vous parler. Ils
allerent en un autre lieu
où travaillent les Sculpteurs?
en Bois , & virent toutes les
pieces d'une Gondole qu'on
y fait pour le Canal de Ver.
failles . L'Ambaffadeur y tra
vailla , & entre vingt Outils
de Siam 369
il prit juſtement celuy qui
eſtoit propre à l'endroit auquel
il vouloit toucher. Ils
virent auſſi travailler aux
Tapiſſeries de Baffe-Lice ,
& ce travail joint à celuy
qu'ils avoient vû , fut cauſe
qu'ils dirent , qu'on ne travail
loit passi bien aux Indes. Enfin
ils paſſerent dans une Galerie
qu'on a bâtie exprés de la
grandeur de celle dont M.
Mignard peint le Platfonds
à Verſailles . Les Pilaſtres de
cette Galerie , la Corniche ,
& generalement tout ce qui
regarde l'Architecture , &
370 Vobage des Amb.
le Corps de l'Ouvrage, doit
eſtre de Lapis , & tout remply
d'ornemens de bronze
doré. Le deſſein de cette
Architecture eſt de M. Manfard.
Les grands Paneaux
qui font entre ces Pilaftres,
feront remplis de grandes
glaces , dont les jointures
doivent eſtre cachées pari
des branches d'ornemens &
de groteſques répandus negligemment
ſur ces glaces ;
de maniere qu'une vingtaine
des plus grandes n'en paroi
tront qu'une ſeule. A mefure
que les morceaux de ce
de Siam.
37
grand Ouvrage s'achevent ,
on les place dans cette Galerie
faite pour modele aux
Gobelins , de forte que hors
le Platfonds elle s'y trouvera
toute entiere , & qu'il n'y
aura plus qu'à la tranſpotter
par pieces à Verſailles. On
n'a jamais oüy parler d'un
fi bel Ouvrage en aucun lieu
du monde , & l'on ne peut
ſe le repreſenter tel qu'il eſt ,
à moins que de l'avoir vû.
Cette Galerie fera pour mettre
les Bijoux qui font dans.
le Cabinet du Roy. L'Am
baſſadeur examina non ſeu372
Voyage desAmb.
lement ce qui en eſtoit dref
fé , mais il prit meſme les
Pieces qui n'eſtoient pas encore
dorées & les plaça
fur le Lapis à l'endroit où
elles doivent ſervir d'ornement.
Ils trouverent en fortant
de nouvelles Tapiſſeries
tendues dans la Court à la
place de celles qu'ils y avoient
veuës en entrant , &
les loüanges qu'on avoit dé
ja données à M. le Fevre
à M. Jance & aux autres qui
excellent en ces fortes d'Ouvrages,
redoublerent. Comme
la nuit approchoit , on
de Siam.
fut obligé d'apporter dans
la Court quatre grands Tableaux
de M. de Vandermeulen.
Ils reprefentent pluſieurs
Places priſes par le
Roy , & furent admirez . M.
le Brun qui accompagna par
tout les Ambaſſadeurs , donna
l'intelligence de tout ce
qu'ils virent , & répondit à
toutes leurs queſtions. Le
premier Ambaſſadeur charmé
, & de fon eſprit , & de
ſes Ouvrages , luy dit en fortant
aprés l'avoir remercié
des peines qu'il s'eſtoit données
, Qu'il n'avoit jamais veu
374 Voyage des Amb.
t'homme ſi univerſel , &que le
Roy le devoit faire travailler le
reſte de sa vie , parce qu'il n'en
trouveroit pas un autre aprés luy
qui pust remplir fa place. Il ajouta
, Que quoy qu'il fust beaucoup
occupé , il le prioit de trouver
le temps de venir diner avec
luy.
reçeut aux Gobelins , accompagné
des plus Illuftres de ce
Hh ij
364 Voyage des Amb.
lieu- là. Ils entrerent d'abord
dans laGalerie de Mele Brun,
& falüerent Madame le Brun
d'une maniere fort obligeante.
Je laiſſe quantité de choſes
qu'ils admirerent,& vous
diray ſeulement que le premier
Ambaſſadeur reconnut
un Groupe de Figures qui
reprefentent des Luteurs , &
dit , qu'il en venoit de voir un
pareil à l' Academie . On examina
en uite un grand Tableau
d'Autel de M. le Brun.
C'est une Deſcente de Croix.
Il l'avoit fait pour M. l'Archeveſque
de Lyon , mais
de Siam. 383
M. de Louvois ayant jugé
qu'on n'en pouvoit avoir un
plus beau pour la Chapelle
neuve qu'on doit bâtir à
Verſailles, l'a retenu pour le
Roy. Ayant enſuite traverſé
tout l'Appartement de M.
le Brun , ils deſcendirent
dans la grande Court, où ils
trouverent ſept ou huit pieces
de Tapifleries tendues
dans le fonds , & faites aux
Gobelins.On en admira l'ous
vrage & la beauté. Le premier
Ambaſſadeur demanda
s'il ne verroit point travailler
seux qui faisoient de ſi belles chos
Hhij
366 Voyage des Amb.
و
fes , & M. le Brun répondit
qu'on luy alloit donner ce
plaifir. On entra enſuite dans
le lieu où l'on travaille aux
Ouvrages de Pierres de raport,
& dont le pied en carré
revient à plus de mille écus
felon qu'on le dit à l'Ambaffadeur
qui le demanda. Toutes
les Pierres qui entrent
dans cet Ouvrage font Pierres
precieuſes , & l'on en
taille de ſi petites qu'il eſt
preſque impoſſible de les
voir avant qu'ellesayent efté
miſes en oeuvre . Ce travail
eft dune tres grande lon.
de Siam. 367
gueur à cauſe de la dureté de
Lamatiere, & il faut pluſieurs
années pour en achever un
feul carreau . L'Ambaſſadeur
ne regarda pas ſeulement les
Pierres dont on ſe ſert pour
cet Ouvrage , il examina
tous les morceaux qui en avoient
eſté tirez ,& tous les
outils dont les Ouvriers ſe
fervent. On paffſa de là dans
la Salle des Orphévres , où
l'on demeura peu , parce que
ce travail n'eſtoit pas une
nouveauté pour les Ambaffadeurs.
Ils virent enfuite travailler
aux Tapifleriesi On
Hhinj
368 Voyage des Amb.
ne sçauroit exprimer avee
quelle attention ils s'atracherentà
regarder ce travail,
ny le plaiſir qu'ils y prirent.
Ils virent aufli le lieu où l'on
teint les Laines pour cesTapiſſeries
, & virent faire du
Lapis dans un autre endroit
pour un grand Ouvrage ,
dont je vay vous parler. Ils
allerent en un autre lieu
où travaillent les Sculpteurs?
en Bois , & virent toutes les
pieces d'une Gondole qu'on
y fait pour le Canal de Ver.
failles . L'Ambaffadeur y tra
vailla , & entre vingt Outils
de Siam 369
il prit juſtement celuy qui
eſtoit propre à l'endroit auquel
il vouloit toucher. Ils
virent auſſi travailler aux
Tapiſſeries de Baffe-Lice ,
& ce travail joint à celuy
qu'ils avoient vû , fut cauſe
qu'ils dirent , qu'on ne travail
loit passi bien aux Indes. Enfin
ils paſſerent dans une Galerie
qu'on a bâtie exprés de la
grandeur de celle dont M.
Mignard peint le Platfonds
à Verſailles . Les Pilaſtres de
cette Galerie , la Corniche ,
& generalement tout ce qui
regarde l'Architecture , &
370 Vobage des Amb.
le Corps de l'Ouvrage, doit
eſtre de Lapis , & tout remply
d'ornemens de bronze
doré. Le deſſein de cette
Architecture eſt de M. Manfard.
Les grands Paneaux
qui font entre ces Pilaftres,
feront remplis de grandes
glaces , dont les jointures
doivent eſtre cachées pari
des branches d'ornemens &
de groteſques répandus negligemment
ſur ces glaces ;
de maniere qu'une vingtaine
des plus grandes n'en paroi
tront qu'une ſeule. A mefure
que les morceaux de ce
de Siam.
37
grand Ouvrage s'achevent ,
on les place dans cette Galerie
faite pour modele aux
Gobelins , de forte que hors
le Platfonds elle s'y trouvera
toute entiere , & qu'il n'y
aura plus qu'à la tranſpotter
par pieces à Verſailles. On
n'a jamais oüy parler d'un
fi bel Ouvrage en aucun lieu
du monde , & l'on ne peut
ſe le repreſenter tel qu'il eſt ,
à moins que de l'avoir vû.
Cette Galerie fera pour mettre
les Bijoux qui font dans.
le Cabinet du Roy. L'Am
baſſadeur examina non ſeu372
Voyage desAmb.
lement ce qui en eſtoit dref
fé , mais il prit meſme les
Pieces qui n'eſtoient pas encore
dorées & les plaça
fur le Lapis à l'endroit où
elles doivent ſervir d'ornement.
Ils trouverent en fortant
de nouvelles Tapiſſeries
tendues dans la Court à la
place de celles qu'ils y avoient
veuës en entrant , &
les loüanges qu'on avoit dé
ja données à M. le Fevre
à M. Jance & aux autres qui
excellent en ces fortes d'Ouvrages,
redoublerent. Comme
la nuit approchoit , on
de Siam.
fut obligé d'apporter dans
la Court quatre grands Tableaux
de M. de Vandermeulen.
Ils reprefentent pluſieurs
Places priſes par le
Roy , & furent admirez . M.
le Brun qui accompagna par
tout les Ambaſſadeurs , donna
l'intelligence de tout ce
qu'ils virent , & répondit à
toutes leurs queſtions. Le
premier Ambaſſadeur charmé
, & de fon eſprit , & de
ſes Ouvrages , luy dit en fortant
aprés l'avoir remercié
des peines qu'il s'eſtoit données
, Qu'il n'avoit jamais veu
374 Voyage des Amb.
t'homme ſi univerſel , &que le
Roy le devoit faire travailler le
reſte de sa vie , parce qu'il n'en
trouveroit pas un autre aprés luy
qui pust remplir fa place. Il ajouta
, Que quoy qu'il fust beaucoup
occupé , il le prioit de trouver
le temps de venir diner avec
luy.
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Résumé : Detail de ce qui s'est passé aux Gobelins le jour que les Ambassadeurs y ont esté, avec la description de tout ce qu'ils ont vû en ce lieu. [titre d'après la table]
Le texte relate la visite d'ambassadeurs aux ateliers des Gobelins, guidés par Charles Le Brun. La visite débuta par la galerie de Le Brun, où les ambassadeurs admirèrent un groupe de figures représentant des lutteurs et un grand tableau d'autel, 'La Descente de Croix', initialement destiné à l'archevêque de Lyon mais retenu pour la chapelle de Versailles par M. de Louvois. Ils traversèrent ensuite l'appartement de Le Brun et apprécièrent des tapisseries dans la cour. Les ambassadeurs exprimèrent le souhait de voir les artisans en action, ce que Le Brun leur permit. Ils visitèrent divers ateliers, notamment ceux de taille de pierres précieuses, d'orfèvrerie, de tapisserie, et de sculpture sur bois, où ils observèrent la fabrication de pièces pour une gondole. Ils admirèrent également les tapisseries de Basse-Lisse et comparèrent favorablement la qualité du travail français à celle des Indes. La visite se poursuivit dans une galerie conçue pour être reproduite à Versailles, ornée de lapis et de bronze doré, destinée à exposer les bijoux du cabinet du roi. Les ambassadeurs examinèrent les œuvres en cours et placèrent eux-mêmes certaines pièces. En fin de journée, ils admirèrent des tableaux de Vandermeulen représentant des places prises par le roi. Le Brun expliqua tout ce qu'ils virent et répondit à leurs questions. L'ambassadeur principal, impressionné par l'esprit et les œuvres de Le Brun, le complimenta sur son universalité et l'invita à dîner.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19209
p. 88
ENIGME.
Début :
Lecteur, partout où je préside [...]
Mots clefs :
Désir
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
LECTEUR , partout où je préfide-
Iln'eft point de parfait bonheur.
Je prends ma fource dans le coeur ;
En y naillant je laiffe un vuide
Que ma mort feule peut remplir .
Que mon fort eft digne d'envie !
Le plaifir me donne la vie ,
Et le plaifir me fait mourir.
LECTEUR , partout où je préfide-
Iln'eft point de parfait bonheur.
Je prends ma fource dans le coeur ;
En y naillant je laiffe un vuide
Que ma mort feule peut remplir .
Que mon fort eft digne d'envie !
Le plaifir me donne la vie ,
Et le plaifir me fait mourir.
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19210
p. 88
AUTRE.
Début :
En prison, dans les fers, je reçois la naissance ; [...]
Mots clefs :
Balle
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
N prifon,dans les fers , je reçois la naiſſance ;
Cependant les humains redoutent ma puillance.
Dès que je ne fçai quoi me fait prendre l'effor.
En creufant mon tombeau je leur donne la mort.
N prifon,dans les fers , je reçois la naiſſance ;
Cependant les humains redoutent ma puillance.
Dès que je ne fçai quoi me fait prendre l'effor.
En creufant mon tombeau je leur donne la mort.
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19211
p. 88
AUTRE.
Début :
Sitôt que je suis né ma forme m'abandonne. [...]
Mots clefs :
Soulier
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ITÔT que je fuis né ma forme m'abandonne.
Je ne garde en mon fein qu'une plante à la fois
Et je fuis toujours chez les Rois
Antipode de la Couronne,
ITÔT que je fuis né ma forme m'abandonne.
Je ne garde en mon fein qu'une plante à la fois
Et je fuis toujours chez les Rois
Antipode de la Couronne,
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19212
p. 89
LOGOGRYPHE.
Début :
Du destin je suis le ministre [...]
Mots clefs :
Cornet
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
D U deftin je fuis le miniftre
Et l'organe de fes decrets.
Mais ne vous plaignez pas fi l'Oracle eft finiftre
Vous me forcez vous- même à trahir fes fecrets .
Me voici commençons . Je finis par vous dire
Comme on doit s'expliquer pour trancher tous
débats ;
Siquelqu'un cependant aime à voir des combats,
Pour tonner le fignal j'ai ce que l'on defire.
Vous ferez avec moi le plus bruyant fracas :
Et fi mon tout n'y fuffit pas,, ·
Du moins ma moitié peut fuffire.
Mon corps n'eft pas bien compliqué.
Six élémens l'ont fabriqué ,
Cinq donnent une arme offenfive
Dont les hommes ne veulent point.
Lecteur , n'oubliez pas ce point.
Quatre font de vos biens la vente alternative ,
Quatre font une fête , & trois font d'un foupé
Bon foir , ami Lecteur , je vous laiffe occupé
D U deftin je fuis le miniftre
Et l'organe de fes decrets.
Mais ne vous plaignez pas fi l'Oracle eft finiftre
Vous me forcez vous- même à trahir fes fecrets .
Me voici commençons . Je finis par vous dire
Comme on doit s'expliquer pour trancher tous
débats ;
Siquelqu'un cependant aime à voir des combats,
Pour tonner le fignal j'ai ce que l'on defire.
Vous ferez avec moi le plus bruyant fracas :
Et fi mon tout n'y fuffit pas,, ·
Du moins ma moitié peut fuffire.
Mon corps n'eft pas bien compliqué.
Six élémens l'ont fabriqué ,
Cinq donnent une arme offenfive
Dont les hommes ne veulent point.
Lecteur , n'oubliez pas ce point.
Quatre font de vos biens la vente alternative ,
Quatre font une fête , & trois font d'un foupé
Bon foir , ami Lecteur , je vous laiffe occupé
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19215
p. 169-170
De Bourges, le 17 Octobre.
Début :
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal [...]
Mots clefs :
Bourges, Cathédrale de Bourges, Éminence, Cardinal, Corps, Naissance du duc de Bourgogne, Mariages
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texteReconnaissance textuelle : De Bourges, le 17 Octobre.
De Bourges, le 17 Octobre.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
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19216
p. 165-166
LETTRE de M. FOURNIER, Médecin de l'Hôpital du ROI à Montpellier, à M. KEYSER.
Début :
JE n'ai pû vous parler, Monsieur, de l'effet de vos dragées avant de les avoir [...]
Mots clefs :
Lettre, Hôpital, Remède, Dragées
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. FOURNIER, Médecin de l'Hôpital du ROI à Montpellier, à M. KEYSER.
LETTRE de M.
FOURNIER , Médecin
de l'Hôpital du Roi à Montpellier
, à M. KEYSER.
J E n'ai pû vous parler , Monfieur , de
l'effet de vos dragées avant de les avoir
employées conformément à vos inftructions
, & en avoir fuivi la marche avec
toute l'attention & l'exactitude poffſible
; mais actuellement que je fuis bien
convaincu par l'expérience & par les
fuccès qu'elles m'ont procurés fur les
Soldats de l'Hôpital S. Louis , qu'elles
font un reméde admirable & affuré à
toutes les maladies vénériennes , quelque
variées & quelque rebelles qu'elles
puiffent être , je penfe que je ne fçaurois
me difpenfer de leur donner autentiquement
mon attache , & de vous féliciter
de la découverte d'un fpécifique
auffi intéreffant & de vous prévenir
que déformais je le préférerai à tout
ce qui avoit été employé jufqu'ici dans
,
166 MERCURE DE FRANCE.
tous les cas où il peut convenir. Je
vous adrefferai dans quelque temps diverfes
obfervations qui prendroient trop
d'étendue dans cette Lettre uniquement
deftinée à vous donner des témoignages
de probité fur les avantages de votre
reméde , & à vous affurer qu'on ne
fçauroit rien ajouter à l'eftime que j'ai
conçue pour vous , & à la parfaite confidération
avec laquelle j'ai l'honneur
d'être , & c,
FOURNIER.
FOURNIER , Médecin
de l'Hôpital du Roi à Montpellier
, à M. KEYSER.
J E n'ai pû vous parler , Monfieur , de
l'effet de vos dragées avant de les avoir
employées conformément à vos inftructions
, & en avoir fuivi la marche avec
toute l'attention & l'exactitude poffſible
; mais actuellement que je fuis bien
convaincu par l'expérience & par les
fuccès qu'elles m'ont procurés fur les
Soldats de l'Hôpital S. Louis , qu'elles
font un reméde admirable & affuré à
toutes les maladies vénériennes , quelque
variées & quelque rebelles qu'elles
puiffent être , je penfe que je ne fçaurois
me difpenfer de leur donner autentiquement
mon attache , & de vous féliciter
de la découverte d'un fpécifique
auffi intéreffant & de vous prévenir
que déformais je le préférerai à tout
ce qui avoit été employé jufqu'ici dans
,
166 MERCURE DE FRANCE.
tous les cas où il peut convenir. Je
vous adrefferai dans quelque temps diverfes
obfervations qui prendroient trop
d'étendue dans cette Lettre uniquement
deftinée à vous donner des témoignages
de probité fur les avantages de votre
reméde , & à vous affurer qu'on ne
fçauroit rien ajouter à l'eftime que j'ai
conçue pour vous , & à la parfaite confidération
avec laquelle j'ai l'honneur
d'être , & c,
FOURNIER.
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19217
p. 1434-1435
RUSSIE.
Début :
La Czarine a fait dire au Comte de Wratislaw Ambassadeur Extraordinaire de l'Empereur, [...]
Mots clefs :
Troupes, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE .
A Czarine a fait dire au Comte de Wratislaw,
Antalladeur Extraordinaire de l'Empereur
qu'elle ne pourroit pas fournir cette année à
S. M. I. les 30000. hommes promis par les
Traités faits il y a trois ou quatre ans , parcequ'elle
avoit befoin de toutes fes Troupes pour
conferver les Provinces conquifes fur la Perfe
II. Vol. ayant
JUIN. 1730 1435
ayant reçu des avis certains que le Sultan Schach
Thamas avoit pris la réfolution de faire tous fes
efforts pour fe remettre en poffeffion de ces Provinces
, auffi -tôt qu'il auroit diffipé le refte de
l'Armée du Sultan Acheraf.
On a appris depuis que le nouveau Roi de
Perfe envoyoit à Mofcou un Ambaffadeur pour
complimenter la Czarine fur fon Avenement à la
Couronne , & que ce Prince avoit permis aux
Mofcovites de négocier à Ipaham en toute li
berté.
On a fait équiper à Cronstadt quatre Vaiſſeaux
de Guerre & cinq Frégates pour former une Ef
cadre qui fera commandée par le Contre- Amiral
Kas. On ne fçait pas pour quelle expedition.
A Czarine a fait dire au Comte de Wratislaw,
Antalladeur Extraordinaire de l'Empereur
qu'elle ne pourroit pas fournir cette année à
S. M. I. les 30000. hommes promis par les
Traités faits il y a trois ou quatre ans , parcequ'elle
avoit befoin de toutes fes Troupes pour
conferver les Provinces conquifes fur la Perfe
II. Vol. ayant
JUIN. 1730 1435
ayant reçu des avis certains que le Sultan Schach
Thamas avoit pris la réfolution de faire tous fes
efforts pour fe remettre en poffeffion de ces Provinces
, auffi -tôt qu'il auroit diffipé le refte de
l'Armée du Sultan Acheraf.
On a appris depuis que le nouveau Roi de
Perfe envoyoit à Mofcou un Ambaffadeur pour
complimenter la Czarine fur fon Avenement à la
Couronne , & que ce Prince avoit permis aux
Mofcovites de négocier à Ipaham en toute li
berté.
On a fait équiper à Cronstadt quatre Vaiſſeaux
de Guerre & cinq Frégates pour former une Ef
cadre qui fera commandée par le Contre- Amiral
Kas. On ne fçait pas pour quelle expedition.
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Résumé : RUSSIE.
En juin 1730, la czarine de Russie informe le Comte de Wratislaw, ambassadeur extraordinaire de l'Empereur, qu'elle ne peut pas fournir les 30 000 hommes promis par les traités antérieurs. Cette décision est justifiée par la nécessité de conserver les provinces conquises sur la Perse. La czarine a appris que le sultan Shah Thamas prévoit de récupérer ces provinces dès que l'armée du sultan Acheraf sera dissipée. Par ailleurs, le nouveau roi de Perse envoie un ambassadeur à Moscou pour féliciter la czarine de son avènement au trône et autorise les Moscovites à négocier librement à Ipaham. De plus, quatre vaisseaux de guerre et cinq frégates ont été équipés à Cronstadt pour former une escadre commandée par le contre-amiral Kas, dont la destination reste inconnue.
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19218
p. 351-352
AUTRE ENIGME.
Début :
Je donne du secours mesme aux plus mécontens, [...]
Mots clefs :
Lit
19220
p. 170-171
De l'Orient.
Début :
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit faire des réjouissances pour la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Lorient, Compagnie des Indes, Réjouissances, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Orient.
De l'Orient.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
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19221
p. 90-91
AUTRE.
Début :
Par la sévère modestie [...]
Mots clefs :
Respectueux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
PAR la févère modeſtie
Mon ufage fut impofé ;
Bizarre effet du fort ! un Génie oppoſe
L'a rendu plus utile à la coquetterie .
Je m'en rapporte à vous qui l'avez adopté ,
Sexe charmant , mais qui de ce côté
Ainrez un peu la tricherie :
N'eft-il pas vrai quand je n'exiftois pas ,
Vous étiez obligé de cacher des appas ,
Ou de les expofer au moins à la cenfure :
Si douce qu'elle foit , elle est toujours trop dure...
Mon Art a prévenu ce cruel embarras.
Que ne me doivent point les belles !
Je fçais éclipfer les défauts ,
Je fais imaginer mille beautés nouvelles :
Je fçais même aux beautés réelles
Ajouter des charmes nouveaux .
Lecteur , me connois-tu ? Peut- être.
Te faudroit- il encor quelque combinaiſon ?
Eh bien , prends les fept pieds qui commencent
mon nom ,
Je t'offre un fentiment facile à reconnoître.
S'il s'accorde avec ta raiſon ,
Amant , chez toi l'amour a dû le faire naître.
JANVIER. 1760 . 91
Au dernier de ces fept unis les deux fuivans ,
Par ce cri le vainqueur , prêt à faire main - baſſe ,
Annonce aux vaincus fupplians
L'arrêt de leur mort , point de grace.
Mes trois derniers enfin des autres défunis
Peignent ce que du temps fait la lime rapide.
Ce trait fans doute te décide ,
Raffemble ces trois mots , & lis.
P. B. T. De Charméla , de Paris.
PAR la févère modeſtie
Mon ufage fut impofé ;
Bizarre effet du fort ! un Génie oppoſe
L'a rendu plus utile à la coquetterie .
Je m'en rapporte à vous qui l'avez adopté ,
Sexe charmant , mais qui de ce côté
Ainrez un peu la tricherie :
N'eft-il pas vrai quand je n'exiftois pas ,
Vous étiez obligé de cacher des appas ,
Ou de les expofer au moins à la cenfure :
Si douce qu'elle foit , elle est toujours trop dure...
Mon Art a prévenu ce cruel embarras.
Que ne me doivent point les belles !
Je fçais éclipfer les défauts ,
Je fais imaginer mille beautés nouvelles :
Je fçais même aux beautés réelles
Ajouter des charmes nouveaux .
Lecteur , me connois-tu ? Peut- être.
Te faudroit- il encor quelque combinaiſon ?
Eh bien , prends les fept pieds qui commencent
mon nom ,
Je t'offre un fentiment facile à reconnoître.
S'il s'accorde avec ta raiſon ,
Amant , chez toi l'amour a dû le faire naître.
JANVIER. 1760 . 91
Au dernier de ces fept unis les deux fuivans ,
Par ce cri le vainqueur , prêt à faire main - baſſe ,
Annonce aux vaincus fupplians
L'arrêt de leur mort , point de grace.
Mes trois derniers enfin des autres défunis
Peignent ce que du temps fait la lime rapide.
Ce trait fans doute te décide ,
Raffemble ces trois mots , & lis.
P. B. T. De Charméla , de Paris.
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19222
p. 1416-1417
EXTRAIT d'une Lettre écrite [de] Londres, le premier Juin, concern[ant] M. de Voltaire.
Début :
On a joüé depuis peu à Westminster et quelques autres lieux, les Tragédies [...]
Mots clefs :
Voltaire, Thieriot, Anglais, Brutus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite [de] Londres, le premier Juin, concern[ant] M. de Voltaire.
EXTRAIT d'une Lettre écrit
Londres , le premier Juin , concern
M. de Voltaire.
O
S
N a joué depuis peu à Westminste
et quelques autres lieux , les Trag
dis de Brutus et de Zaïre , en Françe
et en Anglois , devant leurs Majest
Britanniques et toute la Famille Royale
il y a eu toujours un grand concours, m
Brutus a eu beaucoup plus de succès , a
qui n'est pas étonnant , si l'on consider
que le sujet convient mieux au génie de
la Nation Angloise.
On vient de donner aussi la sixiém:
Edition Angloise de l'Histoire de Char
les XII. mais on s'est trop précipité,
car on sçait que la Compagnie des L
braires d'Amsterdam , imprime une nou
velle Edition Françoise de cet Ouvrage
corrigée par l'Auteur , avec beaucoup
d'Additions , et, sur tout avec les Ré
ponses de M. de Voltaire et d'un Officier
des Troupes Suedoises , aux Remarques
M. de la Montraye.
Des Libraires Anglois commenceront
dans deux ou trois jours à débiter en
François et en Anglois , les Lettres de
M. de Voltaire , écrites en 1727. elles
sont au nombre de 24. ellès contiennent :
II. Vol. l'Histoire
JUIN. 1733. 1417
L'Histoire de la Secte des Quaquers.
Des particularitez touchant plusieurs
Religions professées en Angleterre.
Des choses assez curieuses sur le Gouvernement
et sur le Commerce.
L'Histoire de l'Inoculation de la petite
verole.
Une Dissertation sur le Livre de l'Entendement
humain de Loke.
Quelques Dissertations sur la Philosophie
de Neuton .
Plusieurs Traductions en Vers François
des meilleurs endroits des Poëtes les plus
estimez d'Angleterre .
Une idée de leur Théatre Tragique
et Comique et de l'état où sont les Beaux
Arts et les Belles- Lettres , en ce Pays , par
comparaison à la France.
Il y a long- temps que ces Lettres
sont connuës en manuscrit ; c'est M. Tiriot
, ami de M. de Voltaire , qui est
l'Editeur de cet Ouvrage , attendu avec
impatience , et qui peut faire connoître
le génie Anglois , assez peu connu en
France jusqu'aujourd'hui .
Londres , le premier Juin , concern
M. de Voltaire.
O
S
N a joué depuis peu à Westminste
et quelques autres lieux , les Trag
dis de Brutus et de Zaïre , en Françe
et en Anglois , devant leurs Majest
Britanniques et toute la Famille Royale
il y a eu toujours un grand concours, m
Brutus a eu beaucoup plus de succès , a
qui n'est pas étonnant , si l'on consider
que le sujet convient mieux au génie de
la Nation Angloise.
On vient de donner aussi la sixiém:
Edition Angloise de l'Histoire de Char
les XII. mais on s'est trop précipité,
car on sçait que la Compagnie des L
braires d'Amsterdam , imprime une nou
velle Edition Françoise de cet Ouvrage
corrigée par l'Auteur , avec beaucoup
d'Additions , et, sur tout avec les Ré
ponses de M. de Voltaire et d'un Officier
des Troupes Suedoises , aux Remarques
M. de la Montraye.
Des Libraires Anglois commenceront
dans deux ou trois jours à débiter en
François et en Anglois , les Lettres de
M. de Voltaire , écrites en 1727. elles
sont au nombre de 24. ellès contiennent :
II. Vol. l'Histoire
JUIN. 1733. 1417
L'Histoire de la Secte des Quaquers.
Des particularitez touchant plusieurs
Religions professées en Angleterre.
Des choses assez curieuses sur le Gouvernement
et sur le Commerce.
L'Histoire de l'Inoculation de la petite
verole.
Une Dissertation sur le Livre de l'Entendement
humain de Loke.
Quelques Dissertations sur la Philosophie
de Neuton .
Plusieurs Traductions en Vers François
des meilleurs endroits des Poëtes les plus
estimez d'Angleterre .
Une idée de leur Théatre Tragique
et Comique et de l'état où sont les Beaux
Arts et les Belles- Lettres , en ce Pays , par
comparaison à la France.
Il y a long- temps que ces Lettres
sont connuës en manuscrit ; c'est M. Tiriot
, ami de M. de Voltaire , qui est
l'Editeur de cet Ouvrage , attendu avec
impatience , et qui peut faire connoître
le génie Anglois , assez peu connu en
France jusqu'aujourd'hui .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite [de] Londres, le premier Juin, concern[ant] M. de Voltaire.
Une lettre datée du 1er juin, adressée à Voltaire, relate des événements récents à Londres. Les tragédies 'Brutus' et 'Zaïre' ont été jouées à Westminster et autres lieux, en français et en anglais, devant la famille royale britannique. 'Brutus' a connu un plus grand succès, jugé approprié au goût national anglais. La sixième édition anglaise de l''Histoire de Charles XII' a été publiée, tandis qu'une nouvelle édition française, corrigée et augmentée par Voltaire, est en cours d'impression à Amsterdam. Cette édition inclut les réponses de Voltaire et d'un officier suédois aux remarques de M. de la Montraye. De plus, les libraires anglais prévoient de publier les lettres de Voltaire écrites en 1727, au nombre de 24. Ces lettres abordent divers sujets tels que l'histoire des Quakers, les religions en Angleterre, le gouvernement et le commerce, l'inoculation de la variole, des dissertations sur Locke et Newton, des traductions de poètes anglais, et une comparaison entre les arts et les lettres en Angleterre et en France. Ces lettres, connues en manuscrit, sont éditées par M. Tiriot, ami de Voltaire, et sont attendues avec impatience pour mieux connaître le génie anglais en France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19223
p. 166-175
LETTRE de M. DECAUSANS, Commissaire-Ordonnateur & Intendant de l'Isle de Minorque, à M. KEYSER.
Début :
JE vous ai prévenu, Monsieur, du traitement qu'avoit entrepris M. de la [...]
Mots clefs :
Chirurgie, Médecine, Sciences, Guérison, Ministre, Honneur, Ventilateur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DECAUSANS, Commissaire-Ordonnateur & Intendant de l'Isle de Minorque, à M. KEYSER.
LETTRE de M. DECAUSANS , Com
miffaire- Ordonnateur & Intendant de
l'Ile de Minorque. , à M. KEYSER ,
JEE vous ai prévenu , Monfieur , du
traitement qu'avoit entrepris M. de la
Chapelle Médecin du Roi , à Minorque ,
du Sr D... Garde-Magafin il a eu le
plus heureux fuccès. J'ai vu par moimême
l'état défefpéré de cet Employé ,
je l'ai vifité fouvent pendant l'adminif
tration pour m'affurer des progrès &
de la réalité de la guérifon . J'ai eu la
fatisfa&tion ainfi que toute la garnifon
qui s'intéreffoit à fon état , de le voir
guéri & dans fon premier état de fanté
, au nez piès qu'il avoit perdu avant
OCTOBRE . 1763 . 167
ce traitement. Avant de rendre compte
au Miniftre de cette guérifon étonnante
, j'ai voulu avoir des affurances
qu'elle fe foûtenoit ; & comme cet Employé
eft à Marfeille , j'ai reçu la nouvelle
fatisfaifante qu'il y jouiffoit de la
meilleure fanté ; qu'il a repris avec fon
premier embonpoint fa couleur naturelle.
J'en rends compte par cet ordinaire
au Miniftre , en lui adreffant une
relation de cette cure que j'ai com
muniquée pareillement à notre Société
Royale des Sciences , dont j'ai l'honneur
d'être Affocié libre , qui après avoir
donné les plus grands éloges & à votre
Reméde , & à l'application qu'en a faite
ce Médecin , l'a reçu par acclamation
Affocié Correfpondant . Il est néceffaire
que vous preniez au Bureau de la Guerre
copie de cette relation que vous lirez
avec plaifir , parce qu'elle confirme au
coin de la vérité , l'efficacité de votre
Reméde .
Je doute que vous ayez une cure
plus étonnante que celle du Sr D....
qui a été opérée aux yeux de toute la
Garnifon de Minorque , témoin de fon
état défefpéré.
J'ai l'honneur d'être , & c .
DE CAUS ANS ,
168 MERCURE DE FRANCE.
Il eft certain que fuivant la Relation
envoyée au Miniftre & à la Société
Royale des Sciences de Montpellier ,
il est peu d'exemples de l'état affreux où
étoit ce Commis , qui avoit été traité
cinq fois par les frictions aux dofes les
plus fortes & avec tout l'art poffible ,
lefquelles augmentoient même fon état
déplorable en irritant fes maux plutôt
que de les foulager. Exoftofes , anchilofes
, ulcères profonds , caries , ophtalmie
, furdité , infomnie , maraſme , &
généralement tous les accidens les plus
graves étoient réunis , & ne lui laiffoient
aucune forte d'efpérance.
LISTE de MM. les Médecins & Chie
rurgiens Correfpondans de M. Keyfer.
M. Imbert , Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier , Médecin
de l'Hôpital du Roi .
M. Batigne , Docteur
en Médecine .
M. Goulard, Chirurgien
Major de l'Hôpital du
Roi.
à Montpellier.
M
OCTOBRE . 1763. 169
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Sciences . à Rouen.
Les RR. PP . de la Charité.
M. Marmion , Médecin de à Grenoble.
l'Hôpital du Roi.
Les RR. PP. de la Charité.
M. Defmoulins , Maitre
en Chirurgie.
}
à la Rochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à
Nifmes.
M. de Freffiniat, Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
à Nantes.
M. Piers , Docteur en Médecine .
à
Troyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine .
à Cambrái.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer.
M. Paris , Docteur en Médecine .
à Arles.
M. Daffieu , Docteur en Médecine .
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur en Médecine.
à Saumur.
M. Leriche , Chirurgien Major.
à Strasbourg.
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Ravaton
Major.
Chirurgien
M. Leguai , Chirurgien de à Landau.
feu S. A. S. M. le Margrave
de Bareith .
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
Majors des Hôpitaux Militaires
& de Marine,
M. Souville , Chirurgien Major
de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien(
Major de Bearn .
à Breft.
à Calais.
M. Maret, Maître en Chirurgie . à Dijon.
M. Rey , Maître en Chirurgie . à Lyon.
M. de la Fourcade , Chirurgien
Major.
M. de la Plaine , Chirur
gien .
à Bordeaux.
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
à Toulouse.
à Caën.
M. Lepage , Maître en Chi-C Chirurgie.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
à Orléans:
Ma-2
à Lille.
M. Plancque , Chirurgien Major.
M.Warocquier , Chirurgien.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
à Etampes.
OCTOBRE. 1763. 171
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
à S. Malo.
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
à Rennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
à
Angers.
MM.. Toujan , Chirurgiens & Apoticaires.
à l'Orient.
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
.rurgie.
M. Bernier , Chirurgien Major.
M. Beauregard , Chirurgien
Major.
à l'Ile de Rhé.
à Besançon.
à
Perpignan.
M. Michel , Chirurgien (
Major d'Artois.
M. Moffier , Chirurgien Major.
à
Avefnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Mifaibel , Chirurgien Major.
,
à Nanci.
Maîtres en
au Mans.
MM. Paton & de Villiers
Chirurgie .
M. Carpentier , Maître en Chirurgie.
à Dunkerque.
M. Ponthier , Maître en Chirurgie ,
à Aix en Provence.
M. Doufin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
M. Beauregard , Maître en Chirurgie .
à Avignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
à Rochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien Major.
à Arras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie .
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
à Marseille.
M. Ferrand , Maître en Chirurgie.
à Narbonne.
M. Frannie , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
PAYS ÉTRANGERS.
M. le Docteur Cooper. à Londres.
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
des Armées , feul Correfpondant.
M. Akrell , Chirurgien Major.
à Madrid.
à Stokolm.
à Genève.
MM. Guyot , Finc , & Dehanfu , Maîtres
en Chirurgie.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles.
M. Lecat, Médecin & Chirurgien Major.
à Gand.
OCTOBRE . 1763 . 173
M. Bihher , Médecin .
M. Naudinat , Médecin.
M. Breydel , Chymifte.
M. Laborye , Chirurgien .
à Rotterdam.
à Cadix.
à Bruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet, Chirurgien . à S. Domingue.
M. Pujoll. à Conftantinople
M. DE REYNAL , Chirurgien
Major des Troupes & des Hôpitaux du
Roi , a eu l'honneur de préfenter à
Mgr LE DAUPHIN , au ROI DE POLOGNE
, & à toute la Cour , le 19
Septembre dernier , trois Ouvrages ,
avec un nouveau Ventilateur ou Purificateur
de l'Air. L'un traite de différentes
fortes de préparations du Mercure
, & donne les raifons pourquoi
la guérifon des maladies vénériennes
exige différentes méthodes ; l'autre de
la purification de l'Air dans les lieux
habités par les hommes & par les animaux
; fon Ventilateur peut remplir
les deux objets , fçavoir celui de la pu
rification de l'air & de fa renovation ,
au moyen du jeu de l'Air même qui
fupprime l'ufage du Feu ; fuppreffion
effentielle furtout pour les Hôpitaux ,
& pour les Vaiffeaux où le feu
peut occafionner de grands inconvé-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
niens foit relativement à la fanté des
malades , dans les uns , foit à caufe des
matières combuftibles , dont les autres
fe trouvent chargés .
Le troifiéme Ouvrage traite des fiévres
humorales ou d'accès , avec un nouveau
fébrifuge , & une nouvelle méthode
de préparer le Quinquina. L'Auteur
rend compte au Public dans ces
trois Ouvrages du Certificat qu'il a obtenu
de l'Académie Royale des Sciences
fur ces nouvelles découvertes.
Il ne tardera pas à donner un Mémoire
inftructif, fur la maiſon fecrette
qu'il va établir à Corbeil à fept lieues de
Paris. Ce Mémoire contiendra les maladies
qui y feront traitées fuivant fa méthode
, 1 ° . les maladies vénériennes ; 2°.
celles de l'uréthre. 3 °. Celles de la peau
telles que gale, dartres, &c . avec les remé
des qui y feront employés ; c'eft- à - dire
uniquement ceux qu'il a foumis au
jugement de l'Académie Royale des .
Sciences & à celle de Chirurgie : ce
même Mémoire inftruira des commodités
& des agrémens que les malades
trouveront dans cette maison.
On trouve dès aujourd'hui chez lui
des Ventilateurs tout montés de différentes
grandeurs. Il montrera à ceux
OCTOBRE. 1763 . 175 .
qui voudront en acheter , la manière
de s'en fervir , & comme il eft facile
de les démonter pour les transporter
partout , fans crainte que la machine
fe détruife. On trouvera à la fin de
fon traité des Fiévres , quel eft l'uſage
que l'on pourra faire de fon ventilateur
ou -purificateur , & combien l'agréa
ble s'y trouve joint à l'utile.
La demeure de l'Auteur eft au bas
de la rue des Foffés de M. le Prince ,
& fes Ouvrages fe trouvent chez Pankoucke
, Libraire rue & à côté de la Comédie
Françoife , au Parnaffe , & chez
Lefebvre , Libraire à Versailles rue
Dauphine & fuivant la Cour.
miffaire- Ordonnateur & Intendant de
l'Ile de Minorque. , à M. KEYSER ,
JEE vous ai prévenu , Monfieur , du
traitement qu'avoit entrepris M. de la
Chapelle Médecin du Roi , à Minorque ,
du Sr D... Garde-Magafin il a eu le
plus heureux fuccès. J'ai vu par moimême
l'état défefpéré de cet Employé ,
je l'ai vifité fouvent pendant l'adminif
tration pour m'affurer des progrès &
de la réalité de la guérifon . J'ai eu la
fatisfa&tion ainfi que toute la garnifon
qui s'intéreffoit à fon état , de le voir
guéri & dans fon premier état de fanté
, au nez piès qu'il avoit perdu avant
OCTOBRE . 1763 . 167
ce traitement. Avant de rendre compte
au Miniftre de cette guérifon étonnante
, j'ai voulu avoir des affurances
qu'elle fe foûtenoit ; & comme cet Employé
eft à Marfeille , j'ai reçu la nouvelle
fatisfaifante qu'il y jouiffoit de la
meilleure fanté ; qu'il a repris avec fon
premier embonpoint fa couleur naturelle.
J'en rends compte par cet ordinaire
au Miniftre , en lui adreffant une
relation de cette cure que j'ai com
muniquée pareillement à notre Société
Royale des Sciences , dont j'ai l'honneur
d'être Affocié libre , qui après avoir
donné les plus grands éloges & à votre
Reméde , & à l'application qu'en a faite
ce Médecin , l'a reçu par acclamation
Affocié Correfpondant . Il est néceffaire
que vous preniez au Bureau de la Guerre
copie de cette relation que vous lirez
avec plaifir , parce qu'elle confirme au
coin de la vérité , l'efficacité de votre
Reméde .
Je doute que vous ayez une cure
plus étonnante que celle du Sr D....
qui a été opérée aux yeux de toute la
Garnifon de Minorque , témoin de fon
état défefpéré.
J'ai l'honneur d'être , & c .
DE CAUS ANS ,
168 MERCURE DE FRANCE.
Il eft certain que fuivant la Relation
envoyée au Miniftre & à la Société
Royale des Sciences de Montpellier ,
il est peu d'exemples de l'état affreux où
étoit ce Commis , qui avoit été traité
cinq fois par les frictions aux dofes les
plus fortes & avec tout l'art poffible ,
lefquelles augmentoient même fon état
déplorable en irritant fes maux plutôt
que de les foulager. Exoftofes , anchilofes
, ulcères profonds , caries , ophtalmie
, furdité , infomnie , maraſme , &
généralement tous les accidens les plus
graves étoient réunis , & ne lui laiffoient
aucune forte d'efpérance.
LISTE de MM. les Médecins & Chie
rurgiens Correfpondans de M. Keyfer.
M. Imbert , Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier , Médecin
de l'Hôpital du Roi .
M. Batigne , Docteur
en Médecine .
M. Goulard, Chirurgien
Major de l'Hôpital du
Roi.
à Montpellier.
M
OCTOBRE . 1763. 169
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Sciences . à Rouen.
Les RR. PP . de la Charité.
M. Marmion , Médecin de à Grenoble.
l'Hôpital du Roi.
Les RR. PP. de la Charité.
M. Defmoulins , Maitre
en Chirurgie.
}
à la Rochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à
Nifmes.
M. de Freffiniat, Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
à Nantes.
M. Piers , Docteur en Médecine .
à
Troyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine .
à Cambrái.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer.
M. Paris , Docteur en Médecine .
à Arles.
M. Daffieu , Docteur en Médecine .
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur en Médecine.
à Saumur.
M. Leriche , Chirurgien Major.
à Strasbourg.
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Ravaton
Major.
Chirurgien
M. Leguai , Chirurgien de à Landau.
feu S. A. S. M. le Margrave
de Bareith .
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
Majors des Hôpitaux Militaires
& de Marine,
M. Souville , Chirurgien Major
de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien(
Major de Bearn .
à Breft.
à Calais.
M. Maret, Maître en Chirurgie . à Dijon.
M. Rey , Maître en Chirurgie . à Lyon.
M. de la Fourcade , Chirurgien
Major.
M. de la Plaine , Chirur
gien .
à Bordeaux.
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
à Toulouse.
à Caën.
M. Lepage , Maître en Chi-C Chirurgie.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
à Orléans:
Ma-2
à Lille.
M. Plancque , Chirurgien Major.
M.Warocquier , Chirurgien.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
à Etampes.
OCTOBRE. 1763. 171
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
à S. Malo.
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
à Rennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
à
Angers.
MM.. Toujan , Chirurgiens & Apoticaires.
à l'Orient.
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
.rurgie.
M. Bernier , Chirurgien Major.
M. Beauregard , Chirurgien
Major.
à l'Ile de Rhé.
à Besançon.
à
Perpignan.
M. Michel , Chirurgien (
Major d'Artois.
M. Moffier , Chirurgien Major.
à
Avefnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Mifaibel , Chirurgien Major.
,
à Nanci.
Maîtres en
au Mans.
MM. Paton & de Villiers
Chirurgie .
M. Carpentier , Maître en Chirurgie.
à Dunkerque.
M. Ponthier , Maître en Chirurgie ,
à Aix en Provence.
M. Doufin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
M. Beauregard , Maître en Chirurgie .
à Avignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
à Rochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien Major.
à Arras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie .
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
à Marseille.
M. Ferrand , Maître en Chirurgie.
à Narbonne.
M. Frannie , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
PAYS ÉTRANGERS.
M. le Docteur Cooper. à Londres.
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
des Armées , feul Correfpondant.
M. Akrell , Chirurgien Major.
à Madrid.
à Stokolm.
à Genève.
MM. Guyot , Finc , & Dehanfu , Maîtres
en Chirurgie.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles.
M. Lecat, Médecin & Chirurgien Major.
à Gand.
OCTOBRE . 1763 . 173
M. Bihher , Médecin .
M. Naudinat , Médecin.
M. Breydel , Chymifte.
M. Laborye , Chirurgien .
à Rotterdam.
à Cadix.
à Bruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet, Chirurgien . à S. Domingue.
M. Pujoll. à Conftantinople
M. DE REYNAL , Chirurgien
Major des Troupes & des Hôpitaux du
Roi , a eu l'honneur de préfenter à
Mgr LE DAUPHIN , au ROI DE POLOGNE
, & à toute la Cour , le 19
Septembre dernier , trois Ouvrages ,
avec un nouveau Ventilateur ou Purificateur
de l'Air. L'un traite de différentes
fortes de préparations du Mercure
, & donne les raifons pourquoi
la guérifon des maladies vénériennes
exige différentes méthodes ; l'autre de
la purification de l'Air dans les lieux
habités par les hommes & par les animaux
; fon Ventilateur peut remplir
les deux objets , fçavoir celui de la pu
rification de l'air & de fa renovation ,
au moyen du jeu de l'Air même qui
fupprime l'ufage du Feu ; fuppreffion
effentielle furtout pour les Hôpitaux ,
& pour les Vaiffeaux où le feu
peut occafionner de grands inconvé-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
niens foit relativement à la fanté des
malades , dans les uns , foit à caufe des
matières combuftibles , dont les autres
fe trouvent chargés .
Le troifiéme Ouvrage traite des fiévres
humorales ou d'accès , avec un nouveau
fébrifuge , & une nouvelle méthode
de préparer le Quinquina. L'Auteur
rend compte au Public dans ces
trois Ouvrages du Certificat qu'il a obtenu
de l'Académie Royale des Sciences
fur ces nouvelles découvertes.
Il ne tardera pas à donner un Mémoire
inftructif, fur la maiſon fecrette
qu'il va établir à Corbeil à fept lieues de
Paris. Ce Mémoire contiendra les maladies
qui y feront traitées fuivant fa méthode
, 1 ° . les maladies vénériennes ; 2°.
celles de l'uréthre. 3 °. Celles de la peau
telles que gale, dartres, &c . avec les remé
des qui y feront employés ; c'eft- à - dire
uniquement ceux qu'il a foumis au
jugement de l'Académie Royale des .
Sciences & à celle de Chirurgie : ce
même Mémoire inftruira des commodités
& des agrémens que les malades
trouveront dans cette maison.
On trouve dès aujourd'hui chez lui
des Ventilateurs tout montés de différentes
grandeurs. Il montrera à ceux
OCTOBRE. 1763 . 175 .
qui voudront en acheter , la manière
de s'en fervir , & comme il eft facile
de les démonter pour les transporter
partout , fans crainte que la machine
fe détruife. On trouvera à la fin de
fon traité des Fiévres , quel eft l'uſage
que l'on pourra faire de fon ventilateur
ou -purificateur , & combien l'agréa
ble s'y trouve joint à l'utile.
La demeure de l'Auteur eft au bas
de la rue des Foffés de M. le Prince ,
& fes Ouvrages fe trouvent chez Pankoucke
, Libraire rue & à côté de la Comédie
Françoife , au Parnaffe , & chez
Lefebvre , Libraire à Versailles rue
Dauphine & fuivant la Cour.
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19224
p. 91
LOGOGRYPHUS.
Début :
Cervice obscisâ, demulceo cantibus aures ; [...]
Mots clefs :
Dolor
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGOGRYPHUS.
CERVICE obfcifâ , demulces cantibus aures ;
Integer, humanum torqueo fæpe genus.
CERVICE obfcifâ , demulces cantibus aures ;
Integer, humanum torqueo fæpe genus.
Fermer
19225
p. 1435-1436
ALLEMAGNE.
Début :
La petite Ville d'Enzerstoff, située au-delà du Danube, dans le Diocèse de Freisengen, à 4. [...]
Mots clefs :
Troupes, Allemagne, Empereur d'Italie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
A petite Ville d'Enzerftoff , fituée au - delà du
Danube, dans le Diocèfe de . Freifengen, à 4
lieues de Vienne , compofée d'environ 600. Maifons
, fut réduite en cendres le 14. Juin par la
faute d'un Vigneron , chez qui le feu commença.
L'Eglife feule eft restée de cet incendie .
Le 7. Mai on fit à Maydampuk , dans le Banat
de Temefvar , l'ouverture d'une Mine de'
cuivre nouvellement découverte qui eft extrêmement
abondante ,
Le 14. Juin , le Comte de Mercy partit de
Vienne pour aller commander en Chef les Trou
pes de l'Empereur en Italie.
Les Lettres de Dantzick portent que le Duc
Charles Leopold de Meckelbourg en devoit partir
pour les Etats , après avoir paffé quelques jours
au Monaftere d'Oliva , où il a eu plufieurs Conferences
avec diverfes perfonnes inconnues. On
apprend de Schwerin que ce Prince y étoit ar-
II. Vol. rivé,
HE
136 MERCURE DE FRANCE
rivé , qu'il y avoit fait venir de Domitz fes-
Miniftres & fa Chancellerie ; qu'il avoit réfolu
d'y faire fa réfidence , & d'y lever une Compa-.
gnie de Gardes à Cheval ; que fa Cour devenoit
fort nombreufe , qu'il avoit renforcé la Garniſon
de cette Place ; que la Commiffion Imperiale de
Roftock avoit dépeché un. Courrier à Vienne
pour demander de nouvelles inftructions au fu→
jet de l'arrivée du Duc Charles Leopold dans fes
Etats , & qu'en attendant la réponſe elle avoit
fait publier une Ordonnance par laquelle il eft
défendu à la Nobleffe , aux Officiers de Juftice &
aux autres habitans du Duché , d'obéïr aux oFdres
que ce Prince pourroit donner contre l'execution
des Decrets de la Commiffion.
La même Commiffion a fait déchirer le dernier
Mandement que le Duc Charles Leopold de
Meckelbourg avoit fait afficher dans divers endroits
de fon Duché , & elle a fait arrêter quelques
Baillifs qui ont enrôlé , des Payfans pour le
fervice de ce Prince . On a renforcé les Troupes
d'execution qui occupent differens poftes entre-
Schwerin & Domitz, afin d'empêcher la communication
entre ces deux Villes , & de prévenir
les forties que les Garnifons pourroient faire. Les
Troupes Mofcovites qui font en quartier fur les
Frontieres de Lithuanie ont ordre de fe tenir prê- ·
tes à marcher , ce qui fait croire qu'elles feront
quelque entrepriſe en faveur du Duc de Meckelbourg
, fi la Commiffion Imperiale continue de
faire fes pourfuites pour les frais d'execution.
dont elle veut être payée avant que de faire retirer
fes Troupes.
A petite Ville d'Enzerftoff , fituée au - delà du
Danube, dans le Diocèfe de . Freifengen, à 4
lieues de Vienne , compofée d'environ 600. Maifons
, fut réduite en cendres le 14. Juin par la
faute d'un Vigneron , chez qui le feu commença.
L'Eglife feule eft restée de cet incendie .
Le 7. Mai on fit à Maydampuk , dans le Banat
de Temefvar , l'ouverture d'une Mine de'
cuivre nouvellement découverte qui eft extrêmement
abondante ,
Le 14. Juin , le Comte de Mercy partit de
Vienne pour aller commander en Chef les Trou
pes de l'Empereur en Italie.
Les Lettres de Dantzick portent que le Duc
Charles Leopold de Meckelbourg en devoit partir
pour les Etats , après avoir paffé quelques jours
au Monaftere d'Oliva , où il a eu plufieurs Conferences
avec diverfes perfonnes inconnues. On
apprend de Schwerin que ce Prince y étoit ar-
II. Vol. rivé,
HE
136 MERCURE DE FRANCE
rivé , qu'il y avoit fait venir de Domitz fes-
Miniftres & fa Chancellerie ; qu'il avoit réfolu
d'y faire fa réfidence , & d'y lever une Compa-.
gnie de Gardes à Cheval ; que fa Cour devenoit
fort nombreufe , qu'il avoit renforcé la Garniſon
de cette Place ; que la Commiffion Imperiale de
Roftock avoit dépeché un. Courrier à Vienne
pour demander de nouvelles inftructions au fu→
jet de l'arrivée du Duc Charles Leopold dans fes
Etats , & qu'en attendant la réponſe elle avoit
fait publier une Ordonnance par laquelle il eft
défendu à la Nobleffe , aux Officiers de Juftice &
aux autres habitans du Duché , d'obéïr aux oFdres
que ce Prince pourroit donner contre l'execution
des Decrets de la Commiffion.
La même Commiffion a fait déchirer le dernier
Mandement que le Duc Charles Leopold de
Meckelbourg avoit fait afficher dans divers endroits
de fon Duché , & elle a fait arrêter quelques
Baillifs qui ont enrôlé , des Payfans pour le
fervice de ce Prince . On a renforcé les Troupes
d'execution qui occupent differens poftes entre-
Schwerin & Domitz, afin d'empêcher la communication
entre ces deux Villes , & de prévenir
les forties que les Garnifons pourroient faire. Les
Troupes Mofcovites qui font en quartier fur les
Frontieres de Lithuanie ont ordre de fe tenir prê- ·
tes à marcher , ce qui fait croire qu'elles feront
quelque entrepriſe en faveur du Duc de Meckelbourg
, fi la Commiffion Imperiale continue de
faire fes pourfuites pour les frais d'execution.
dont elle veut être payée avant que de faire retirer
fes Troupes.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 14 juin, la ville d'Enzerftoff, située au-delà du Danube dans le diocèse de Freisfingen, a été entièrement détruite par un incendie causé par la négligence d'un vigneron, seule l'église a survécu. Le même jour, le Comte de Mercy a quitté Vienne pour prendre le commandement des troupes impériales en Italie. Le 7 mai, une nouvelle mine de cuivre abondante a été découverte à Maydampuk, dans le Banat de Temesvar. Le Duc Charles Léopold de Mecklembourg a quitté le monastère d'Oliva pour Schwerin, où il a établi sa résidence et renforcé la garnison. La commission impériale de Rostock a interdit à la noblesse et aux habitants du duché d'obéir aux ordres du duc, contraires aux décrets de la commission. Les troupes moscovites aux frontières de Lituanie sont prêtes à intervenir en faveur du duc si la commission impériale poursuit ses actions.
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19226
p. 167-168
LOGOGRIPHE.
Début :
Je suis un ornement, que le bon goût produit ; [...]
Mots clefs :
Compartiment
19227
p. 1417-1418
Nouvelle Edition de la Henriade, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les sieurs Josse et Beauche, Libraires à Paris, avertissent le Public qu'ils ont entre les mains une [...]
Mots clefs :
Londres, Henriade
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Edition de la Henriade, &c. [titre d'après la table]
Les sieurs Josse et Beauche , Libraires à Paris ,
avertissent le Public qu'ils ont entre les mains une
nouvelle Edition de la Henriade , avec des Va◄
riantes et un Essay sur la Poësie Epique de toutes
les Nations de l'Europe , composê originaire-
II. Vol.
ment
1418 MERCURE DE FRANCE
ment en Anglois , par M de Voltaire , traduit il
y a quelques années par M. l'Abbé des Fontaines,
et retravaillé tout de nouveau en François et
considérablement augmenté par l'Auteur même
de la Henriade. Cette Edition est la plus
complette de toutes celles qui ont paru jusqu'ici.
Ces Libraires continueront à donner
gratis cette nouvelle Edition , comme les précédentes
, à tous ceux qui avoient souscrit en France
pour l'Edition in 4. d'Angleterre , et qui n'ont
pas
voulu envoyer à Londres. Tous ceux qui
ont envoyé leur Souscription à Londres , ont
reçû ce Livre ; ceux q ont négligé de le recevoir
ont é é a mis et le seront encore à recevoir le
remboursement à Paris , chez les its Libraires ,
et recevront outre cela la présente Edition , en
attendant que la nouvelle Edition in 4 soit achevée
, laquelle on kur donnera encore gratis. Cette
grande dition in 4. n'a pû être achevée jusqu'à
present, 1. à cause des fréquents changemens
faits par l'Auteur 2 ° . A cause de la mort de
Vodman , qui en étoit chargé , et qui étoit en
possession des Planches.
avertissent le Public qu'ils ont entre les mains une
nouvelle Edition de la Henriade , avec des Va◄
riantes et un Essay sur la Poësie Epique de toutes
les Nations de l'Europe , composê originaire-
II. Vol.
ment
1418 MERCURE DE FRANCE
ment en Anglois , par M de Voltaire , traduit il
y a quelques années par M. l'Abbé des Fontaines,
et retravaillé tout de nouveau en François et
considérablement augmenté par l'Auteur même
de la Henriade. Cette Edition est la plus
complette de toutes celles qui ont paru jusqu'ici.
Ces Libraires continueront à donner
gratis cette nouvelle Edition , comme les précédentes
, à tous ceux qui avoient souscrit en France
pour l'Edition in 4. d'Angleterre , et qui n'ont
pas
voulu envoyer à Londres. Tous ceux qui
ont envoyé leur Souscription à Londres , ont
reçû ce Livre ; ceux q ont négligé de le recevoir
ont é é a mis et le seront encore à recevoir le
remboursement à Paris , chez les its Libraires ,
et recevront outre cela la présente Edition , en
attendant que la nouvelle Edition in 4 soit achevée
, laquelle on kur donnera encore gratis. Cette
grande dition in 4. n'a pû être achevée jusqu'à
present, 1. à cause des fréquents changemens
faits par l'Auteur 2 ° . A cause de la mort de
Vodman , qui en étoit chargé , et qui étoit en
possession des Planches.
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Résumé : Nouvelle Edition de la Henriade, &c. [titre d'après la table]
Les libraires Josse et Beauche à Paris annoncent la publication d'une nouvelle édition de la 'Henriade' de Voltaire. Cette édition comprend des variantes et un essai sur la poésie épique de toutes les nations d'Europe, initialement écrit en anglais par Voltaire, traduit par l'abbé des Fontaines, et retravaillé par Voltaire. Elle est présentée comme la plus complète à ce jour. Les libraires offrent gratuitement cette nouvelle édition aux souscripteurs de l'édition in-4° anglaise qui n'ont pas envoyé leur demande à Londres. Ceux qui ont négligé de recevoir le livre à Londres peuvent le récupérer à Paris et recevront également cette nouvelle édition en attendant l'achèvement de la nouvelle édition in-4°, qui sera également offerte gratuitement. Les retards dans la publication de cette édition in-4° sont attribués aux fréquents changements apportés par l'auteur et au décès de Vodman, responsable des planches.
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19228
p. 157-159
ORDRE & détail de l'artifice.
Début :
Après le signal donné, & plusieurs décharges des boëttes d'artillerie & du [...]
Mots clefs :
Feu, Pots, Cascades, Artifice, Signal, Fusées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDRE & détail de l'artifice.
ORDRE & détail de l'artifice.
Après le fignal donné , & plufieurs
décharges des boëttes d'artillerie & du
canon de la Ville , partoient les fufées
d'honneur qui étoient de la plus grande
beauté , tirées fix par fix enfemble , &
accompagnées par les fufées de table &
les bombes ; on n'avoit point vu encore
de plus bel effet & de plus agréable de
ces bombes qu'à ce feu. Un côté était
158 MERCURE DE FRANCE.
fervi par les Artificiers François , & l'au
tre par les Artificiers Italiens .
pots
à
Après les dernieres fufées d'honneur ,
le feu d'eau amufa beaucoup le Pu
blic & très-longtemps , par les effets les
plus agréables & les plus variés : ce feu
d'eau étoit fervi par les François . La derniere
piéce de ce feu portant en devife
VIVE LE ROI , devoit fervir de fignal
pour les douze piéces figurées des Italiens
, accompagnées de douze caiffes &
cinquante douzaine de pots à feu par les
François. A la fin des piéces figurées ,
vingt groffes gerbes avec jets , fix grandes
cafcades doubles , les cafcades des
groupes d'enfans & trente- fix
aigrettes , le tout par les Italiens , d'un
très - beau feu rouge , produifant trèsréguliérement
les effets de l'eau. Cette
partie devoit être accompagnée par
douze caiffes & cinquante douzaines de
pots à feu des François . L'effet des pots
à aigrettes étoit le fignal pour les colonnes
tournantes du Temple & autres parties
d'architecture , en feu blanc des Itafiens
cent douzaines de pots à feu des
François , étoient deftinées à l'accompagnement
de cet agréable effet. A la fin
de l'illumination du Temple , paroiffoit
de la part des Italiens, la grande Gloire ,
JUILLET. 1763. 159
d'une grandeur analogue à l'objet &
à la magnificence de la fête ; enfemble
huit palmiers doubles très - diftinctement
repréfentés en feu , ainfi que les
deux grandes cafcades qui offroient des
torrens de cet élement. Dix-huit caiffes
& cent autres douzaines de pots à feu
d'artifice François devoient accompa
gner ces brillantes parties. A la fin des
cafcades , les huit barils de garniture &
deux cens bombettes , par les Italiens ,
devoient remplir le centre du feu , entre
les deux grandes girandes des François
placées aux extrémités de la terraffe
compofée d'une multitude innombrable
des plus belles fufées , auxquelles fe
joignoient cent douzaine de pots à feu ,
pour couronner le plus grand & le plus
magnifique artifice qu'on eût vu tirer
Paris , file temps ne s'étoit oppofé précifement
à l'effet, qu'on a vu depuis , des
feux figurés qui en faifoient la partie la
plus diftinguée.
Après le fignal donné , & plufieurs
décharges des boëttes d'artillerie & du
canon de la Ville , partoient les fufées
d'honneur qui étoient de la plus grande
beauté , tirées fix par fix enfemble , &
accompagnées par les fufées de table &
les bombes ; on n'avoit point vu encore
de plus bel effet & de plus agréable de
ces bombes qu'à ce feu. Un côté était
158 MERCURE DE FRANCE.
fervi par les Artificiers François , & l'au
tre par les Artificiers Italiens .
pots
à
Après les dernieres fufées d'honneur ,
le feu d'eau amufa beaucoup le Pu
blic & très-longtemps , par les effets les
plus agréables & les plus variés : ce feu
d'eau étoit fervi par les François . La derniere
piéce de ce feu portant en devife
VIVE LE ROI , devoit fervir de fignal
pour les douze piéces figurées des Italiens
, accompagnées de douze caiffes &
cinquante douzaine de pots à feu par les
François. A la fin des piéces figurées ,
vingt groffes gerbes avec jets , fix grandes
cafcades doubles , les cafcades des
groupes d'enfans & trente- fix
aigrettes , le tout par les Italiens , d'un
très - beau feu rouge , produifant trèsréguliérement
les effets de l'eau. Cette
partie devoit être accompagnée par
douze caiffes & cinquante douzaines de
pots à feu des François . L'effet des pots
à aigrettes étoit le fignal pour les colonnes
tournantes du Temple & autres parties
d'architecture , en feu blanc des Itafiens
cent douzaines de pots à feu des
François , étoient deftinées à l'accompagnement
de cet agréable effet. A la fin
de l'illumination du Temple , paroiffoit
de la part des Italiens, la grande Gloire ,
JUILLET. 1763. 159
d'une grandeur analogue à l'objet &
à la magnificence de la fête ; enfemble
huit palmiers doubles très - diftinctement
repréfentés en feu , ainfi que les
deux grandes cafcades qui offroient des
torrens de cet élement. Dix-huit caiffes
& cent autres douzaines de pots à feu
d'artifice François devoient accompa
gner ces brillantes parties. A la fin des
cafcades , les huit barils de garniture &
deux cens bombettes , par les Italiens ,
devoient remplir le centre du feu , entre
les deux grandes girandes des François
placées aux extrémités de la terraffe
compofée d'une multitude innombrable
des plus belles fufées , auxquelles fe
joignoient cent douzaine de pots à feu ,
pour couronner le plus grand & le plus
magnifique artifice qu'on eût vu tirer
Paris , file temps ne s'étoit oppofé précifement
à l'effet, qu'on a vu depuis , des
feux figurés qui en faifoient la partie la
plus diftinguée.
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19229
p. 171-173
De Perpignan le 17. Octobre.
Début :
La Province du Roussillon a donné les plus grandes marques de joie à l'occasion de la naissance [...]
Mots clefs :
Perpignan, Roussillon, Feu d'artifice, Place, Province, Décoration, Comte de Mailly, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan le 17. Octobre.
De Perpignan le 17. Octobre.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
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19230
p. 1575-1597
Le Faux Sincere, Comédie Nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Le 16. de ce mois, les Comédiens François donnerent la premiere représentation [...]
Mots clefs :
Comédie, Auteur, Caractères, Chevalier, Charles Dufresny, Marquise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Faux Sincere, Comédie Nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Le 16. de ce mois , les Comédiens Fran
çois donnerent la premiere représentation
du Faux Sincere , Comedie , en Vers et
en cinq Actes , de feu M. Dufresni , Au
teur très-connu par quantité de bons et
de singuliers Ouvrages . Celui -cy est tous
les jours plus gouté et plus applaudi par
la maniere originale , naïve et précise avec
laquelle les caracteres sont exprimez , er
par les traits saillants et inattendus dont
la Piece est semée. Nous allons tâcher de
mettre le Lecteur en état d'en juger.
II. Vol. L'Au
1576 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur ne s'est attaché dans le prez.
mier Acte , qu'à exposer la situation pré
sente des Acteurs qu'il veut faire agir ,
il y donne aussi une idée des Caracteres ,
&c. Madame Argante a deux filles , An
gelique est l'ainée , et Marianne , la cadet
te ; Angelique ne faisant que de sortir du
Convent , a vû un jeune homme , soir
disant le Chevalier Valere , et c'est le
Heros de la Piece , à sçavoir le Faux Sin
cere. Marianne , qui a été long- tems chez
une de ses parentes , aime Dorante ; Mada
me Argante , prévenuë en faveur du Che
valier , vient dire à ses deux filles , qu'elle
a fait un projet de mariage ; elle veut don
ner Angelique à M. Franchard , à qui Ma
rianne avoit été promise autrefois et Ange
lique au Chevalier Valere . Ce M. Fran
chard est un riche Négociant , dont l'hu
meur franche contraste parfaitement avec
celle du Chevalier ; Madame Argante a
résolu de donner Angelique au Cheva
Tier Valere ; par-là Angelique est aussi sa
tisfaite que Marianne est mécontente.
Pour ce qui concerne les caracteres ,
Voici ce que Dorante ,Amant deMarianne,
dit du Chevalier Valere dès la premiere
Scene :
Cet homme me chagrine" ;
II. Vol. Je
JUIN.
17318 577
Je connois votre mere ; il prendra son esprit,
Il est très-dangereux. Hier il me surprit ;
Voulant lier , dit - il , avec moi connoissance ,
Il exige d'abord entiere confidence ;
Il me dit ses deffauts , et ceux qu'il trouve en moi.
Mais il les adoucit , et dans l'instant je voi ,
Que par le même tour il me blâme et me loue ,'
Qu'en blâmant avec art , habilement il joüe ,
Sous le jeu d'un Censeur , celui d'un complaisant;
Il n'est point flatteur , non , c'est un ton diffe
rent ;
Il paroît s'échapper par des traits véridiques ;
Mais chaque mot le mene à ses fins politiques :
Quand il vous trouve en garde il se découvre
un peu ,
Pour vous faire avancer et se donner beau jeu :
Profitant de l'amour qu'on a pour la franchise ,
Fait parade du vrai qu'il farde et qu'il déguise ;
Faux , même en disant vrai ; faux sincere ...
Il semble que M. du Fresni , ait craint
qu'on ne confondit le caractere qu'il
alloit traiter , avec celui du Flatteur , ou
du Tartuffe il en a justifié jusqu'au nom
voici ce que Dorante ajoute :
;
Caractere de coeur : j'entends par faux sincere ,
Celui qui sçait piper par la sincerité ,
Comme un fin courtisan fait par la probité ;
Il. Vol
Qui
1578 MERCURE DE FRANCE
Qui dit vrais trente fois , pour pouvoir mentir
une
Dans une occasion qui fasse sa fortune ;
Hipocrite en franchise est a peu prés le mot ;
Pourquoy pas faux sincere ? on dit bien faux
devot.
t Pour ce qui regarde le caractére con
trastant qui est celui de M. Franchard ,
l'Auteur le fait exposer en peu de mots
par le Chevalier Valere , parlant à une
Marquise qu'il feint d'aimer :
Vous me voyez charmé de ce bon commerçant ;
Il semble en arrivant ici de Picardie ,
Ramener à Paris la probité bannie.
De son accueil gaulois la liberté vous rit >
Sa cordialité qui lui tient lieu d'esprit
९
Ravit , enchante , au moins moy , qui toûjours
préfere ,
A tout l'esprit du monde un trait naif , sincere.
Sa candeur rend pour moi ses discours élog
• quents ?
Sur son visage ouvert on lit ses sentimens ;
Au premier entretien tout son coeur se déploye,&c.
La Marquise est une veuve qui se croit
aimée de ce faux Sincere. Elle n'est pas
encore riche , mais elle attend une suc
cession de cent mille écus , qui est dépo
II. Vol. sée
NCE
1579
JUI
N.
1731
.
H
sée entre les mains de M. Franchard.
Le Chevalier n'en sçait rien , et c'est par
le conseil de Laurette , sa Suivante , que
la Marquise lui en a fait mistere ; voici le
motif de Laurette :
Il faut de son amour une preuve certaine.
Des Indes il vous vient cent mille écus d'aubaine;
Cette succession arrivant en secret ,
Vous m'aidez , j'en conviens , à suivre le projet
Que j'ai conçu d'avoir aujourd'hui quelque
preuve ,
S'il aime en vous , Madame , ou l'argent , ou la
veuve.
Il ne reste plus dans ce premier Acte
qu'à faire connoître aux Spectateurs la
qualité et le coeur du Chevalier : voici
par où il finit l'Acte lui- même , en par
lant du Contrat que la Marquise lui a
proposé.
Je ne veux pas encor presser la signature ;
Ce n'est qu'un pis aller depuis mon avanture]
La Marquise m'a dit qu'elle a trés- peu de bien
Chez ce riche Marchand venant chercher le
mien ,
Quel bonheur d'y trouver une riche alliance !
Pourquoy cachois- je ici mon nom et ma nais
sance ?
* II. Vol.
Rapin
580 MERCURE
DE FRANCE
1
Rapin, fils d'un Marchand,pour eux eût été bong
Mais avec la Marquise ayant pris un beau nom
Sur celui de Rapin il a fallu me taire &C.
On voit par ces differentes expositions
que la Piece sera trés implexe ; nous
n'oublierons rien pour y mettre de la
clarté .
፡
Un Caissier du Banquier Franchard ,
ouvre la Scene du II. Acte , avec un
nouveau Rapin , Cousin du faux Valere,
On auroit souhaitté que ce dernier en
eut parlé à la fin du premier Acte. Ce
second Rapin apprend du Caissier ,
qu'un certain Chevalier Valere , se dit
Agent de Rapin ce qui oblige le nou
veau Rapin à faire arrêt sur la somme ;
le Caissier n'en est point fâché et se re
tire.
Laurette reconnoit Rapin , qu'elle a
vû autrefois à Rouen ; Rapin aprés avoir
quelque temps nié à Laurette qu'il soit
l'ancien ami dont elle lui parle , lui
avoue enfin qu'il est Rapin , et qu'il
vient d'apprendre qu'un certain Cheva
lier Valere , se donne pour son Agent
aux yeux de M. Franchard , pour lui en
lever sa succession ; il prend le parti de
cacher son nom et de prendre celui de
Valere on convient que l'Auteur a assés
11. Vel biea
JUIN. 1731. 1581
1
bien motivé l'incognito par ces deux
vers :
Ouy , courons nous parer : dans le siécle où nous
sommes ›
La parure du moins aide à parler aux hommes,
Mais on ne comprend point , pour
quoi le nouveau Rapin veut passer pour
un second Valere ; et l'on en conclut que
ce Valere doublé est plutot parti du cer
veau de l'Auteur que du fond du Sujet.
Laurette et Rapin s'étant retirés , le
Chevalier Valere , ou pour mieux dire ,
le Faux Sincere vient. A peine a-t'il dit
quelques mots qui ne font rien à la Piece,
qu'on voit paroître Madame Argante .
Valere , pour faire parade de sincerité ,
feint d'être fâché contre Madame Argan
te , de ce qu'elle l'a loüé sans cesse ; il lui
dit d'un ton d'homme mécontent :
Je m'en plains , et voici là -dessus mes scrupules ,
Que gens moins délicats trouveront ridicules ;
Je blâme tout ami qui me flatte d'abord ,
Et dit que j'ai raison sans sçavoir si j'ai tort ;
Qui prend trop mon parti contre la médisance ;
En me justifiant sans m'entendre, il m'offense ;
Car je ne veux point être innocent par faveur ;
Je veux que la raison me juge , et non le coeur :
II. Vol. Je H
1582 MERCURE DE FRANCE
Je veux qu'on se défie , et qu'on approfondisse ;
Ensuite , quel plaisir quand on me rend justice !
3
Aprés quelques autres traits de fausse
sincerité , Valere dit à Madame Argante
de parler d'affaire : elle lui confirme la
promesse qu'elle lui a déja faite de lui
donner Marianne; le Chevalier lui témoi
gne quelque crainte sur le choix que
M. Franchard en a fait pour lui - même ;
elle le rassure , par l'humeur de M.
Franchard qui n'y regarde pas de si prés ,
et qui se tourne facilement à tout ce
qu'on veut. M. Franchard confirme bien
tôt au Chevalier ce que Madame Argan
te lui a dit de son humeur ; car sur la
demande que Valere lui fait des vûës
qu'il peut avoir pour Marianne ; il lui ré
pond franchement ;
Pour elle je n'ai point eu de vûë autrement ;
Si ce n'est que je veux l'épouser seulement,
Mais , lui dit le Chevalier; vous aimez
aussi son aînée ; M. Franchard lui répond
avec la même franchise :
Ouy , je l'aime ,
Et d'abord je voulois l'épouser tout de même ;
Pas tant pourtant; je vais expliquer tout cela &e,
I
IL Vel
En
JUIN.:
1583 1731 .
En un mot comme en cent de ces deux Filles- ci ,
L'une est ce qui me faut ; mais l'autre l'est aussi,
Il conclut enfin par vouloir épouser
Marianne, ce qui oblige Valere à rabbat
tre sur Angelique en sage politique.
Madame Argante lui amene Marianne ,
qu'Angelique suit , non par simple curio
sité , comme dit sa mère , mais par le
tendre interêt qui l'attache au Cheva
lier.
Valere est fort embarrassé sur ce que
Madame Argante attend de lui, en faveur
de Marianne , pour qui M. Franchard
vient de se déclarer ; le compliment qu'il
fait à Marianne est si froid qu'elle en est
vivement picquée ; elle lui declare qu'elle
lui sera contraire , le Chevalier s'en con
sole par l'esperance d'obtenir Angelique ,
à qui il donne la préference. Madame
Argante n'est point fachée de ce change
ment , parceque cette derniere lui ressem
ble aussi bien que Marianne . Elle sort avec
le Chevalier et Angelique , pour aller
faire dresser le Contrat , et dit à Marianne
de prendre patience avec M. Franchard
qui la doit épouser . Marianne se détermi
ne à se venger du compliment injurieux
que le Chevalier vient de lui faire , et
II. Vol. Hij quol
584 MERCURE DE FRANCE
quoiqu'elle aime Dorante , elle ne laisse
pas de supporter impatiemment qu'on
ait préferé sa soeur à elle. Laurette veut
la consoler de ce chagrin par la promesse
de se venger du Chevalier , fondée sur les
découvertes qu'elle a faites .
Le III. Acte a paru le plus beau de la
Piece. Dorante et Marianne le commen
cent. Ils se flattent de faire tomber le
masque aux Faux- Sincere , en le mettant
aux prises avec la Marquise et avec An
gelique , toutes deux mécontentes de lui ;
mais avant que d'entrer dans cette Scene
d'où il se tire avec toute l'adresse pos
sible , il n'est pas hors de propos d'exami
ner un point que quelques connoisseurs
ont remarqué , et dont l'Auteur semble
avoir voulu prévenir la critique. Quel
interêt, a- t'on dit , peuvent avoir Doran
te et Marianne à confondre le Faux - Sin
cere ? il n'en veut plus à Marianne ; ainsi
il ne tiendra pas à lui qu'elle ne soit ma
riée avec Dorante ; les voilà donc tous
deux hors d'interest du côté du Chevalier;
Dorante n'a plus d'autre Rival
que M.
Franchart; et en démasquant le Faux - Sin
cere , il n'empêchera pas que ce bon com
merçant ne lui enléve sa Maitresse . Il
ya apparence que M. du Fresni a prévû
L'objection , puisqu'il la met dans la bou
1 1. Vol . che
JUIN. 1731. 1584
che du Chevalier ; voici comment il le
fait parler à Dorante et à Marianne :
#
Pourquoi sur nos desseins ne nous pas concerter
Quand nous n'avons ici rien à nous disputer !
A Dorante.
Sommes- nous Rivaux ? non , nous n'aimons pas
la même ;
J'aime , je suis aimé , vous aimez , on vous aime ;
Monsieur Franchard pourroit par accomode
ment
Aux Pupilles laisser , chacune son- Amant ;
Mais de gayeté de coeur vous voulez me détruire.
Voilà donc , par l'aveu même de l'Au
teur , deux Amants qui ne vont pas à
leur fin ; ils agissent donc par tout autre
motif que celui de leur amour. L'Ob
jection est assés forte ; mais peut-être
ne l'auroit-on pas faite si l'Auteur n'eut
pris soin lui-même d'en faire la premiere
ouverture ; d'ailleurs on peut y répondre
pour lui , en disant que la haine que Do
rante et Marianne ont conçue contre le
Faux-Sincere est la plus forte en eux ;
que leur but principal est de le confon
dre , et que l'aveu sincere qu'il semble
leur faire , couvre quelque piege darts
LI. Vol.
Hij lequel
1586 MERCURE DE FRANCE
lequel il veut les faire donner ; en effet ,
quand il leur dit :
Voyons ; concertons- nous sur cent moyens fa
ciles ;
Entrons dans les détails :.+3
--Dorante lui répond :
Détails trés-inutiles.
Marianne dit quelque chose de plus :
Vous le sçavez trop bien ; mais vôtre intention
C'est d'échauffer d'abord la conversation ,
Afin
que , parlant trop à l'envi l'un de l'autre ,
Nous cachant vos secrets vous démêliez le
nôtre.
Un interêt plus fort justifie Marianne
dans cette occasion ; le Chevalier lui a
préferé sa soeur , et ces sortes d'outrages
ne se pardonnent jamais. Passons à la
Scene qui fait tant de plaisir , elle est en
tre le Chevalier , la Marquise et Ange
Jique. Ces deux Rivales l'accusent égale
ment d'avoir démenti sa prétendue sin
cerité à leur égard ; il leur répond qu'il
n'a besoin que d'elles- mêmes pour le
justifier ; voici ses propres mots :
II. Vol. Que
JUIN. 1731 ..
1587
Que chacune redise
Les faits simples , les faits ; par ce que vous dirés
L'une à l'autre , sans moi , vous me justifierés.
En effet , il convient avec la Marquise
qu'il lui a promis de s'arranger avec elle
par un mariage , et quand Angelique
lui reproche d'avoir proposé un mariage
à sa Rivale , aprés lui avoir montré
l'amour le plus ardent , il lui dit que
tien n'est plus vray, et qu'il brûle encore
du même amour ; il ajoûte que c'est ce
violent amour qui l'a forcé et qui le force
encore à retirer la parole qu'il avoit don
née à la Marquise : oui , poursuit- il en
parlant à la Marquise :
Tantôt j'ai dit ; j'épouse ;
t
A present je dis j'aime : en fussiez-vous jalouse
Madame , vous prouvez , vous , de vôtre côté ,
Qu'un arrangement seul entre nous concerté
Ne peut me rendre ici coupable d'inconstance.
Si cet amour subit et dont la violence
Vient troubler en un jour tous mes arrange
mens ,
Entre vous deux m'agite et me tient en suspens ,
Sans que j'aye encor pû parler , me réconnoî
tre ,
-
11. Vol. En
Hiiij
r588 MERCURE DE FRANCE
En quoy suis-je coupable ? où puis -je le pa
roître 2
Et comme Marianne qui est présente à
la conversation , vient à la charge en lui
disant , que cet amour subit fait tout au
moins un ingrat , et qu'il lui fait manquer
de parole , . il répond :
Et non pas de franchise ;
Fai promis de l'estime , et rien plus ; qu'on le
dise :
Le voilà donc parfaittement justifié
dans l'esprit d'Angelique ; mais un nou
vel incident va le réplonger dans l'em
barras . M. Franchard lui vient annoncer
un second Chevalier Valere ; c'est le
Rapin dont nous avons parlé dans l'Acte
précedent on n'a pas bien compris ,
comme nous l'avons déja remarqué , la
raison qui l'a porté à doubler Valere ,
ayant tout autre nom à prendre ,. on
convient que cela produit de l'improglio ;
mais on voudroit que ce Comique fut
appuyé sur quelque motif. Ce n'est pas
là
la le seul coup dont notre Faux-Sincere
est frappé ce nouveau chevalier Valere
se donne encore pour un Agent de Ra
pin ; M. Franchard ne voit en tout cela
C
1
II: Võt que
• JUIN. 1731. 1589
و د
"
ULV
que des brouillards , que ce second Agent
de Rapin lui promet de dissiper , papier
sur table . Ce dernier se retire.
M. Franchard commence à se défier
du Faux- Sincere , à quoy ce dernier ne
répond que par des brusqueries , coup
sur coup , par lesquelles il prétend lui
faire voir qu'il lui ressemble autant en
vivacité qu'en franchise ; en effet , aprés
s'être long- tems emporté contre lui , il se
radoucit et lui faisant rémarquer la con
formité d'humeur qui est entr'eux , il
dit finement :.
"
Nous nous ressemblerons encore sur ce points
Je pardonne d'abord :
M. Franchard lui répond , que pour
lui , il pardonne sur l'heure; il ajoute avec
une agréable surprise :
Mais , c'est tout comme moy ; j'en avois bie'n
cherché.
Des gens qui fussent faits tout justes à ma ma
niere :
Vous voilà tout trouvé ; car ressemblance ere
tiere ;
Dire tout ce qui vient , brusquer , parler bien
fort ,
Se facher tout d'an coup , puis pardonner
d'abord ;
11. Vol Hv N'est
}
1590 MERCURE DE FRANCE
N'est-il pas vrai Monsieur ? mon portrait est
le vôtre &c.
Plus de Dorante donc ; finissons au plutôt :
Deux contrats pour nous deux , c'est autant
qu'il en faut.
M. Franchard , Dorante , Marianne
et Angelique commencent le quatriéme
Acte. Le but de la premiere Scene est
de faire entendre à M. Franchard , que
ceChevalier qu'il croit vraiement sincere,
n'est rien moins que ce qu'il paroît à
ses yeux qu'il se dit Gentil - homme ,
quoiqu'il soit roturier ; et qu'il se vante
d'avoir beaucoup de biens , quoiqu'il
n'ait rien du tout. M. Franchard leur
dit qu'il lui demandera tout cela..
Le Chevalier dit en arrivant qu'il ne
doute point qu'on ne complotte contre
lui , mais que sa sincerité l'exempte de
toute crainte. M. Franchard lui demande
avec sa franchise ordinaire s'il est riche
ou non ; le Chevalier lui répond aussi
franchement qu'il n'a rien ; c'est toujouts
quelque chose , dit Franchard ; Valere
ajouteadroitement.
Par cet aveu sans doute au refus je m'èxpose ;
Mais quoy ? vous citerois- je ici comme un bien
clair
11. Vol
que
JUIN 1731 4597
OPL
MO
21
15
Quelques successions qui sont peut- être en Fair ?
Des terres en decret dont je ne suis plus maitre ?
Que quelque argent comptant dégageroit peut
être ?
Mais un bien en litige au fond est - il le mien ?
Non ; repetons - le donc encore , je n'ai rien .
Cette adroite franchise acheve de ga
gner le coeur à Franchard . Dorante re
vient pourtant à la charge , et dit qu'il
y a un second Valere , qui s'interesse
aussi la succession de Rapin , et
qu'il faut démêler qui des deux est le ve
ritable M.Franchard y consent , mais
il leur dit qu'aprés cette derniere épreu
ve , il n'écoutera plus rien .
pour
:
Laurette vient de porter le plus sen
sible coup au Chevalier , en disant à M.
Franchard que Madame la Marquise vient
chercher les cent mille écus qu'il doit
lui livrer ; M. Franchard lui répond qu'ils
sont prêts , et rentre pour aller compter
la somme à la Marquise. Le Chevalier
resté seul , fait ce court Monologue :
Ce revers est picquant.
L'ai- je pû deviner ? cent mille écus comptants
Je les perds ; dans quel temps quand tout me
déconcerte ;
3
II. Vol
Quand H vj
1592 MERCURE DE FRANCE
Quand cet autre Valere ici cause ma perte.
L'approche de la Marquise lui rend
quelques esperances , il se flatte qu'elle
l'aime encore , et qu'elle cherche à ré
noüer avec lui ; voici comme il s'y prend
pour lui faire entendre qu'il flatte encore :
entre Angelique et elle ::
Je suis comme j'étois , incertain , indécis ;
Tantôt passionné , tantôt de sens rassis.
Vois-je l'objet je suis la pante qu'Amour don
ne ;
Vous revois-je ? aussi-tôt je suspens, je raisonne
A me déterminer il faut que vous m'aidiez ;
En bonne amie , il faut que vous me conseilliez ,
Qu'en cette occasion vous me serviez de guide ;
Je crains de me flatter , ou d'être ttop rigide ,
De croire mon amour plus ou moins fort qu'il
n'est.
Se connoît-on ? peut-être en secret l'interêt
Sur vos biens augmentez à mon insçu m'a
buse ,
Me fait voir mon amour moins fort ; je m'en.
accuse ; :
De peur
de vous tromper , je me donne le tort. ,
Prés d'Angelique aussi peut- être ai-je d'abord ·
Exageré l'amour d'une façon trop forte ;
Car d'un objet brillant la présence transporte.
II, Vol. Il
JUIN 773
1593
Il n'a pas tenu à l'Autheur que la
Marquise n'ait donné dans un piége si
finement tendu , tant il a pris soin de
couvrir la fourberie d'un voile specieux:
de sincerité ; mais là Marquise avoit trop
bien pris son parti avant que d'avoir ce
dernier entretien avec lui ; elle le quitte ,
aprés lui avoir parlé ainsi.
Je ne vois plus en vous que feinte et politique ;
L'interest vous a fait adorer Angelique ;
L'interest à present vous fait changer de ton..
Si vous faites ceder l'amour à la raison ·
De mon côté , je dois devenir raisonnable ;
Car vôtre amour pour elle est faux , ou veri
table ;
Veritable , il me fait trembler pour vôtre coeur ,
Et s'il est faux , je dois rompre avec un trom
peur.
Ce dilemme acheve de désesperer nôtre
Faux - Sincere voyant venir le second
Valere , il le soupçonne d'être son Cou
sin Rapin , et sur ce soupçon il va chan
ger de Batterie.
Les deux Valeres se reconnoissent pour
deux Rapins , mais le Faux - Sincere voyant
que celui qui le double , ne se rend point
aux sentimens de la nature , lui promet
de lui abandonner la succession toute en
:
11, Vol. tiere. ;.
1594 MERCURE DE FRANCE
tiere ; à cette parole sympatique son Co
heritier l'embrasse cordialement , et lui
promet de le servir auprés de M. Fran
chard et de Madame Argante contre tous
ceux qui s'opposent à son mariage avec
Angelique .
Madame Argante arrive , le second Ra
pin lui dit qu'il est vrayement son Cousin
Valere ; Madame Argante les invite à aller
dire hautement ce qui s'est passé dans
leur reconnoissance ; le Chevalier dit
modestement qu'il n'y veut pas être , de
peur que sa présence n'empêche son Cou
sin de dire les choses avec toute la sin
cerité qu'il exige .
Nous abrégerons l'Extrait du 5. Acte ,
parceque les autres nous ont menés plus
loin que nous n'avions crû. Valere , tout
traversé qu'il a été jusqu'ici , voit relever
ses espérances abbatuës ; Madame Argan
te lui annonce que le Contrat se dresse
actuellement. C'est là ce qui occasione
l'aveu que ce Faux - Sincere lui fait de ce
qui pourroir venir à sa connoissance ;
sçavoir de s'être dit Gentil - homme, quoi
qu'il ne fut que le fils d'un Marchand
et d'avoir pris un faux nom ; Madame
Argante est charmée de cette derniere
sincerité ; mais il n'en est pas de même
de M. Franchard qui n'est déja que trop
[
J
II. Vol
informé
JUIN. 1731. 1595
鼻
12
Informé de la qualité supposée et du faux
nom. Deux Valeres et deux Agents de
Rapin lui paroissent un complot , et il dt
à Valere , d'un ton fâché , qu'il ne veut
point de comploteurs chez lui . Madame
Argante a beau le déffendre , en disant
qu'il lui avoit déja avoué la supposition
de nom et de qualité Laurerte , qui
dès le commencement du second Acte ,
a reconnu l'un des Rapins , ne doute
point qu'il n'y en ait deux sous le nom
de Valere ; elle fait entendre que le Che
valier ne l'a informée que d'une chose
déja connuë de tout le monde , et qu'elle
aété la dupe d'un autre prétendu' Valere.
Madame Argante ne peut souffrir pa
tiemment que le Chvalier l'ait jouée
Angelique désabusée par la Marquise à
laquelle son fourbe d'Amant avoit voulu
révenir , grace aux cent mille écus dont
nous avons parlé dans l'Acte précedent ,
lui déclare hautement qu'elle ne voit plus
en lui qu'un fourbe et qu'un imposteur
interessés tout cela tombant sur lui , coup
sur coup , il en est si accablé , qu'il se re
tire , en disant fierement , qu'il ne veut
d'autre Apologiste que son coeur ; tous
les Spectateurs ont été surpris de lui voir
quitter la partie , avec autant de ressour
ces qu'il en a fait esperer dans le cours
II. Vol.
de
1596 MERCURE DE FRANCE
de la Piece. On peut répondre à la déchar
ge de M. du Fresni qu'il n'avoit pas en
Gore mis la derniere main à sa Comédie ,
et qu'il y travailloit encore peu
de tems
avant sa Mort. Un double hymen entre
M. Franchard et Angelique , de même
qu'entre Dorante et Marianne , finissent
la Piece , et renvoyent les Spectateurs
infiniment plus satisfaits que mécontens.
Tout le monde connoit que l'intrigue est
un peu confuse et surchargée ; mais que
l'ouvrage fait briller par tout ces traits
saillants , qui ont toujours caracterisé et
distingué cet agréable Auteur , la versi
fication est un peu forcée ; mais on peut
juger par les morceaux que nous venons
d'en citer , que M. du Fresni y auroit
pû exceller , s'il en eut fait une plus lon
gue habitude ; en effet , ce n'a été que
dans ces dernieres Pieces , qu'il a voulu
assujettir à la contrainte de la rime , le
beau feu de Poësie dont la nature l'avoit
animé.
Cette Piece , qui a été représentée
pour la dixième fois le 30. de ce mois ,
et qui fait grand plaisir au Public , est
actuellement sous Presse , chez Briasson ,
ruë S. Jacques.
Les Comédiens François ont reçu dé
6
II. Vol.
puis
JUIN. 1731. 1597
puis peu une Comédie en vers , avec un
Prologue , de la composition de M. le
Fort , intitulée le Temple de la Paresse ,
qu'on jouera incessamment.
Le 28. l'ouverture de la Foire S. Lau
rent fut faite par le Lieutenant Géneral
de Police en la maniere accoutumée.
Le même jour l'Opéra Comique fit
aussi l'ouverture de son Théatre par une
Piece nouvelle en Vaudeville , et en trois
Actes avec des Divertissemens , qui a
pour titre la France Galante ; cette Piece
est suivie d'un Divertissement composé
de Scenes muettes , figurées en Balet , in
titulées la Guinguette Angloise ; il est
executé par les Sieurs Roger , Renton ,
et Haugthon , trois excellens danseurs
Pantomimes , nouvellement arrivés d'An
gleterre , qui sont géneralement applau
dis la figure du sieur Roger qui avoit
déja été vuë ici il y a deux ans , paroît
toujours- trés-originale ; on ne se lasse
point de le voir.
çois donnerent la premiere représentation
du Faux Sincere , Comedie , en Vers et
en cinq Actes , de feu M. Dufresni , Au
teur très-connu par quantité de bons et
de singuliers Ouvrages . Celui -cy est tous
les jours plus gouté et plus applaudi par
la maniere originale , naïve et précise avec
laquelle les caracteres sont exprimez , er
par les traits saillants et inattendus dont
la Piece est semée. Nous allons tâcher de
mettre le Lecteur en état d'en juger.
II. Vol. L'Au
1576 MERCURE DE FRANCE
L'Auteur ne s'est attaché dans le prez.
mier Acte , qu'à exposer la situation pré
sente des Acteurs qu'il veut faire agir ,
il y donne aussi une idée des Caracteres ,
&c. Madame Argante a deux filles , An
gelique est l'ainée , et Marianne , la cadet
te ; Angelique ne faisant que de sortir du
Convent , a vû un jeune homme , soir
disant le Chevalier Valere , et c'est le
Heros de la Piece , à sçavoir le Faux Sin
cere. Marianne , qui a été long- tems chez
une de ses parentes , aime Dorante ; Mada
me Argante , prévenuë en faveur du Che
valier , vient dire à ses deux filles , qu'elle
a fait un projet de mariage ; elle veut don
ner Angelique à M. Franchard , à qui Ma
rianne avoit été promise autrefois et Ange
lique au Chevalier Valere . Ce M. Fran
chard est un riche Négociant , dont l'hu
meur franche contraste parfaitement avec
celle du Chevalier ; Madame Argante a
résolu de donner Angelique au Cheva
Tier Valere ; par-là Angelique est aussi sa
tisfaite que Marianne est mécontente.
Pour ce qui concerne les caracteres ,
Voici ce que Dorante ,Amant deMarianne,
dit du Chevalier Valere dès la premiere
Scene :
Cet homme me chagrine" ;
II. Vol. Je
JUIN.
17318 577
Je connois votre mere ; il prendra son esprit,
Il est très-dangereux. Hier il me surprit ;
Voulant lier , dit - il , avec moi connoissance ,
Il exige d'abord entiere confidence ;
Il me dit ses deffauts , et ceux qu'il trouve en moi.
Mais il les adoucit , et dans l'instant je voi ,
Que par le même tour il me blâme et me loue ,'
Qu'en blâmant avec art , habilement il joüe ,
Sous le jeu d'un Censeur , celui d'un complaisant;
Il n'est point flatteur , non , c'est un ton diffe
rent ;
Il paroît s'échapper par des traits véridiques ;
Mais chaque mot le mene à ses fins politiques :
Quand il vous trouve en garde il se découvre
un peu ,
Pour vous faire avancer et se donner beau jeu :
Profitant de l'amour qu'on a pour la franchise ,
Fait parade du vrai qu'il farde et qu'il déguise ;
Faux , même en disant vrai ; faux sincere ...
Il semble que M. du Fresni , ait craint
qu'on ne confondit le caractere qu'il
alloit traiter , avec celui du Flatteur , ou
du Tartuffe il en a justifié jusqu'au nom
voici ce que Dorante ajoute :
;
Caractere de coeur : j'entends par faux sincere ,
Celui qui sçait piper par la sincerité ,
Comme un fin courtisan fait par la probité ;
Il. Vol
Qui
1578 MERCURE DE FRANCE
Qui dit vrais trente fois , pour pouvoir mentir
une
Dans une occasion qui fasse sa fortune ;
Hipocrite en franchise est a peu prés le mot ;
Pourquoy pas faux sincere ? on dit bien faux
devot.
t Pour ce qui regarde le caractére con
trastant qui est celui de M. Franchard ,
l'Auteur le fait exposer en peu de mots
par le Chevalier Valere , parlant à une
Marquise qu'il feint d'aimer :
Vous me voyez charmé de ce bon commerçant ;
Il semble en arrivant ici de Picardie ,
Ramener à Paris la probité bannie.
De son accueil gaulois la liberté vous rit >
Sa cordialité qui lui tient lieu d'esprit
९
Ravit , enchante , au moins moy , qui toûjours
préfere ,
A tout l'esprit du monde un trait naif , sincere.
Sa candeur rend pour moi ses discours élog
• quents ?
Sur son visage ouvert on lit ses sentimens ;
Au premier entretien tout son coeur se déploye,&c.
La Marquise est une veuve qui se croit
aimée de ce faux Sincere. Elle n'est pas
encore riche , mais elle attend une suc
cession de cent mille écus , qui est dépo
II. Vol. sée
NCE
1579
JUI
N.
1731
.
H
sée entre les mains de M. Franchard.
Le Chevalier n'en sçait rien , et c'est par
le conseil de Laurette , sa Suivante , que
la Marquise lui en a fait mistere ; voici le
motif de Laurette :
Il faut de son amour une preuve certaine.
Des Indes il vous vient cent mille écus d'aubaine;
Cette succession arrivant en secret ,
Vous m'aidez , j'en conviens , à suivre le projet
Que j'ai conçu d'avoir aujourd'hui quelque
preuve ,
S'il aime en vous , Madame , ou l'argent , ou la
veuve.
Il ne reste plus dans ce premier Acte
qu'à faire connoître aux Spectateurs la
qualité et le coeur du Chevalier : voici
par où il finit l'Acte lui- même , en par
lant du Contrat que la Marquise lui a
proposé.
Je ne veux pas encor presser la signature ;
Ce n'est qu'un pis aller depuis mon avanture]
La Marquise m'a dit qu'elle a trés- peu de bien
Chez ce riche Marchand venant chercher le
mien ,
Quel bonheur d'y trouver une riche alliance !
Pourquoy cachois- je ici mon nom et ma nais
sance ?
* II. Vol.
Rapin
580 MERCURE
DE FRANCE
1
Rapin, fils d'un Marchand,pour eux eût été bong
Mais avec la Marquise ayant pris un beau nom
Sur celui de Rapin il a fallu me taire &C.
On voit par ces differentes expositions
que la Piece sera trés implexe ; nous
n'oublierons rien pour y mettre de la
clarté .
፡
Un Caissier du Banquier Franchard ,
ouvre la Scene du II. Acte , avec un
nouveau Rapin , Cousin du faux Valere,
On auroit souhaitté que ce dernier en
eut parlé à la fin du premier Acte. Ce
second Rapin apprend du Caissier ,
qu'un certain Chevalier Valere , se dit
Agent de Rapin ce qui oblige le nou
veau Rapin à faire arrêt sur la somme ;
le Caissier n'en est point fâché et se re
tire.
Laurette reconnoit Rapin , qu'elle a
vû autrefois à Rouen ; Rapin aprés avoir
quelque temps nié à Laurette qu'il soit
l'ancien ami dont elle lui parle , lui
avoue enfin qu'il est Rapin , et qu'il
vient d'apprendre qu'un certain Cheva
lier Valere , se donne pour son Agent
aux yeux de M. Franchard , pour lui en
lever sa succession ; il prend le parti de
cacher son nom et de prendre celui de
Valere on convient que l'Auteur a assés
11. Vel biea
JUIN. 1731. 1581
1
bien motivé l'incognito par ces deux
vers :
Ouy , courons nous parer : dans le siécle où nous
sommes ›
La parure du moins aide à parler aux hommes,
Mais on ne comprend point , pour
quoi le nouveau Rapin veut passer pour
un second Valere ; et l'on en conclut que
ce Valere doublé est plutot parti du cer
veau de l'Auteur que du fond du Sujet.
Laurette et Rapin s'étant retirés , le
Chevalier Valere , ou pour mieux dire ,
le Faux Sincere vient. A peine a-t'il dit
quelques mots qui ne font rien à la Piece,
qu'on voit paroître Madame Argante .
Valere , pour faire parade de sincerité ,
feint d'être fâché contre Madame Argan
te , de ce qu'elle l'a loüé sans cesse ; il lui
dit d'un ton d'homme mécontent :
Je m'en plains , et voici là -dessus mes scrupules ,
Que gens moins délicats trouveront ridicules ;
Je blâme tout ami qui me flatte d'abord ,
Et dit que j'ai raison sans sçavoir si j'ai tort ;
Qui prend trop mon parti contre la médisance ;
En me justifiant sans m'entendre, il m'offense ;
Car je ne veux point être innocent par faveur ;
Je veux que la raison me juge , et non le coeur :
II. Vol. Je H
1582 MERCURE DE FRANCE
Je veux qu'on se défie , et qu'on approfondisse ;
Ensuite , quel plaisir quand on me rend justice !
3
Aprés quelques autres traits de fausse
sincerité , Valere dit à Madame Argante
de parler d'affaire : elle lui confirme la
promesse qu'elle lui a déja faite de lui
donner Marianne; le Chevalier lui témoi
gne quelque crainte sur le choix que
M. Franchard en a fait pour lui - même ;
elle le rassure , par l'humeur de M.
Franchard qui n'y regarde pas de si prés ,
et qui se tourne facilement à tout ce
qu'on veut. M. Franchard confirme bien
tôt au Chevalier ce que Madame Argan
te lui a dit de son humeur ; car sur la
demande que Valere lui fait des vûës
qu'il peut avoir pour Marianne ; il lui ré
pond franchement ;
Pour elle je n'ai point eu de vûë autrement ;
Si ce n'est que je veux l'épouser seulement,
Mais , lui dit le Chevalier; vous aimez
aussi son aînée ; M. Franchard lui répond
avec la même franchise :
Ouy , je l'aime ,
Et d'abord je voulois l'épouser tout de même ;
Pas tant pourtant; je vais expliquer tout cela &e,
I
IL Vel
En
JUIN.:
1583 1731 .
En un mot comme en cent de ces deux Filles- ci ,
L'une est ce qui me faut ; mais l'autre l'est aussi,
Il conclut enfin par vouloir épouser
Marianne, ce qui oblige Valere à rabbat
tre sur Angelique en sage politique.
Madame Argante lui amene Marianne ,
qu'Angelique suit , non par simple curio
sité , comme dit sa mère , mais par le
tendre interêt qui l'attache au Cheva
lier.
Valere est fort embarrassé sur ce que
Madame Argante attend de lui, en faveur
de Marianne , pour qui M. Franchard
vient de se déclarer ; le compliment qu'il
fait à Marianne est si froid qu'elle en est
vivement picquée ; elle lui declare qu'elle
lui sera contraire , le Chevalier s'en con
sole par l'esperance d'obtenir Angelique ,
à qui il donne la préference. Madame
Argante n'est point fachée de ce change
ment , parceque cette derniere lui ressem
ble aussi bien que Marianne . Elle sort avec
le Chevalier et Angelique , pour aller
faire dresser le Contrat , et dit à Marianne
de prendre patience avec M. Franchard
qui la doit épouser . Marianne se détermi
ne à se venger du compliment injurieux
que le Chevalier vient de lui faire , et
II. Vol. Hij quol
584 MERCURE DE FRANCE
quoiqu'elle aime Dorante , elle ne laisse
pas de supporter impatiemment qu'on
ait préferé sa soeur à elle. Laurette veut
la consoler de ce chagrin par la promesse
de se venger du Chevalier , fondée sur les
découvertes qu'elle a faites .
Le III. Acte a paru le plus beau de la
Piece. Dorante et Marianne le commen
cent. Ils se flattent de faire tomber le
masque aux Faux- Sincere , en le mettant
aux prises avec la Marquise et avec An
gelique , toutes deux mécontentes de lui ;
mais avant que d'entrer dans cette Scene
d'où il se tire avec toute l'adresse pos
sible , il n'est pas hors de propos d'exami
ner un point que quelques connoisseurs
ont remarqué , et dont l'Auteur semble
avoir voulu prévenir la critique. Quel
interêt, a- t'on dit , peuvent avoir Doran
te et Marianne à confondre le Faux - Sin
cere ? il n'en veut plus à Marianne ; ainsi
il ne tiendra pas à lui qu'elle ne soit ma
riée avec Dorante ; les voilà donc tous
deux hors d'interest du côté du Chevalier;
Dorante n'a plus d'autre Rival
que M.
Franchart; et en démasquant le Faux - Sin
cere , il n'empêchera pas que ce bon com
merçant ne lui enléve sa Maitresse . Il
ya apparence que M. du Fresni a prévû
L'objection , puisqu'il la met dans la bou
1 1. Vol . che
JUIN. 1731. 1584
che du Chevalier ; voici comment il le
fait parler à Dorante et à Marianne :
#
Pourquoi sur nos desseins ne nous pas concerter
Quand nous n'avons ici rien à nous disputer !
A Dorante.
Sommes- nous Rivaux ? non , nous n'aimons pas
la même ;
J'aime , je suis aimé , vous aimez , on vous aime ;
Monsieur Franchard pourroit par accomode
ment
Aux Pupilles laisser , chacune son- Amant ;
Mais de gayeté de coeur vous voulez me détruire.
Voilà donc , par l'aveu même de l'Au
teur , deux Amants qui ne vont pas à
leur fin ; ils agissent donc par tout autre
motif que celui de leur amour. L'Ob
jection est assés forte ; mais peut-être
ne l'auroit-on pas faite si l'Auteur n'eut
pris soin lui-même d'en faire la premiere
ouverture ; d'ailleurs on peut y répondre
pour lui , en disant que la haine que Do
rante et Marianne ont conçue contre le
Faux-Sincere est la plus forte en eux ;
que leur but principal est de le confon
dre , et que l'aveu sincere qu'il semble
leur faire , couvre quelque piege darts
LI. Vol.
Hij lequel
1586 MERCURE DE FRANCE
lequel il veut les faire donner ; en effet ,
quand il leur dit :
Voyons ; concertons- nous sur cent moyens fa
ciles ;
Entrons dans les détails :.+3
--Dorante lui répond :
Détails trés-inutiles.
Marianne dit quelque chose de plus :
Vous le sçavez trop bien ; mais vôtre intention
C'est d'échauffer d'abord la conversation ,
Afin
que , parlant trop à l'envi l'un de l'autre ,
Nous cachant vos secrets vous démêliez le
nôtre.
Un interêt plus fort justifie Marianne
dans cette occasion ; le Chevalier lui a
préferé sa soeur , et ces sortes d'outrages
ne se pardonnent jamais. Passons à la
Scene qui fait tant de plaisir , elle est en
tre le Chevalier , la Marquise et Ange
Jique. Ces deux Rivales l'accusent égale
ment d'avoir démenti sa prétendue sin
cerité à leur égard ; il leur répond qu'il
n'a besoin que d'elles- mêmes pour le
justifier ; voici ses propres mots :
II. Vol. Que
JUIN. 1731 ..
1587
Que chacune redise
Les faits simples , les faits ; par ce que vous dirés
L'une à l'autre , sans moi , vous me justifierés.
En effet , il convient avec la Marquise
qu'il lui a promis de s'arranger avec elle
par un mariage , et quand Angelique
lui reproche d'avoir proposé un mariage
à sa Rivale , aprés lui avoir montré
l'amour le plus ardent , il lui dit que
tien n'est plus vray, et qu'il brûle encore
du même amour ; il ajoûte que c'est ce
violent amour qui l'a forcé et qui le force
encore à retirer la parole qu'il avoit don
née à la Marquise : oui , poursuit- il en
parlant à la Marquise :
Tantôt j'ai dit ; j'épouse ;
t
A present je dis j'aime : en fussiez-vous jalouse
Madame , vous prouvez , vous , de vôtre côté ,
Qu'un arrangement seul entre nous concerté
Ne peut me rendre ici coupable d'inconstance.
Si cet amour subit et dont la violence
Vient troubler en un jour tous mes arrange
mens ,
Entre vous deux m'agite et me tient en suspens ,
Sans que j'aye encor pû parler , me réconnoî
tre ,
-
11. Vol. En
Hiiij
r588 MERCURE DE FRANCE
En quoy suis-je coupable ? où puis -je le pa
roître 2
Et comme Marianne qui est présente à
la conversation , vient à la charge en lui
disant , que cet amour subit fait tout au
moins un ingrat , et qu'il lui fait manquer
de parole , . il répond :
Et non pas de franchise ;
Fai promis de l'estime , et rien plus ; qu'on le
dise :
Le voilà donc parfaittement justifié
dans l'esprit d'Angelique ; mais un nou
vel incident va le réplonger dans l'em
barras . M. Franchard lui vient annoncer
un second Chevalier Valere ; c'est le
Rapin dont nous avons parlé dans l'Acte
précedent on n'a pas bien compris ,
comme nous l'avons déja remarqué , la
raison qui l'a porté à doubler Valere ,
ayant tout autre nom à prendre ,. on
convient que cela produit de l'improglio ;
mais on voudroit que ce Comique fut
appuyé sur quelque motif. Ce n'est pas
là
la le seul coup dont notre Faux-Sincere
est frappé ce nouveau chevalier Valere
se donne encore pour un Agent de Ra
pin ; M. Franchard ne voit en tout cela
C
1
II: Võt que
• JUIN. 1731. 1589
و د
"
ULV
que des brouillards , que ce second Agent
de Rapin lui promet de dissiper , papier
sur table . Ce dernier se retire.
M. Franchard commence à se défier
du Faux- Sincere , à quoy ce dernier ne
répond que par des brusqueries , coup
sur coup , par lesquelles il prétend lui
faire voir qu'il lui ressemble autant en
vivacité qu'en franchise ; en effet , aprés
s'être long- tems emporté contre lui , il se
radoucit et lui faisant rémarquer la con
formité d'humeur qui est entr'eux , il
dit finement :.
"
Nous nous ressemblerons encore sur ce points
Je pardonne d'abord :
M. Franchard lui répond , que pour
lui , il pardonne sur l'heure; il ajoute avec
une agréable surprise :
Mais , c'est tout comme moy ; j'en avois bie'n
cherché.
Des gens qui fussent faits tout justes à ma ma
niere :
Vous voilà tout trouvé ; car ressemblance ere
tiere ;
Dire tout ce qui vient , brusquer , parler bien
fort ,
Se facher tout d'an coup , puis pardonner
d'abord ;
11. Vol Hv N'est
}
1590 MERCURE DE FRANCE
N'est-il pas vrai Monsieur ? mon portrait est
le vôtre &c.
Plus de Dorante donc ; finissons au plutôt :
Deux contrats pour nous deux , c'est autant
qu'il en faut.
M. Franchard , Dorante , Marianne
et Angelique commencent le quatriéme
Acte. Le but de la premiere Scene est
de faire entendre à M. Franchard , que
ceChevalier qu'il croit vraiement sincere,
n'est rien moins que ce qu'il paroît à
ses yeux qu'il se dit Gentil - homme ,
quoiqu'il soit roturier ; et qu'il se vante
d'avoir beaucoup de biens , quoiqu'il
n'ait rien du tout. M. Franchard leur
dit qu'il lui demandera tout cela..
Le Chevalier dit en arrivant qu'il ne
doute point qu'on ne complotte contre
lui , mais que sa sincerité l'exempte de
toute crainte. M. Franchard lui demande
avec sa franchise ordinaire s'il est riche
ou non ; le Chevalier lui répond aussi
franchement qu'il n'a rien ; c'est toujouts
quelque chose , dit Franchard ; Valere
ajouteadroitement.
Par cet aveu sans doute au refus je m'èxpose ;
Mais quoy ? vous citerois- je ici comme un bien
clair
11. Vol
que
JUIN 1731 4597
OPL
MO
21
15
Quelques successions qui sont peut- être en Fair ?
Des terres en decret dont je ne suis plus maitre ?
Que quelque argent comptant dégageroit peut
être ?
Mais un bien en litige au fond est - il le mien ?
Non ; repetons - le donc encore , je n'ai rien .
Cette adroite franchise acheve de ga
gner le coeur à Franchard . Dorante re
vient pourtant à la charge , et dit qu'il
y a un second Valere , qui s'interesse
aussi la succession de Rapin , et
qu'il faut démêler qui des deux est le ve
ritable M.Franchard y consent , mais
il leur dit qu'aprés cette derniere épreu
ve , il n'écoutera plus rien .
pour
:
Laurette vient de porter le plus sen
sible coup au Chevalier , en disant à M.
Franchard que Madame la Marquise vient
chercher les cent mille écus qu'il doit
lui livrer ; M. Franchard lui répond qu'ils
sont prêts , et rentre pour aller compter
la somme à la Marquise. Le Chevalier
resté seul , fait ce court Monologue :
Ce revers est picquant.
L'ai- je pû deviner ? cent mille écus comptants
Je les perds ; dans quel temps quand tout me
déconcerte ;
3
II. Vol
Quand H vj
1592 MERCURE DE FRANCE
Quand cet autre Valere ici cause ma perte.
L'approche de la Marquise lui rend
quelques esperances , il se flatte qu'elle
l'aime encore , et qu'elle cherche à ré
noüer avec lui ; voici comme il s'y prend
pour lui faire entendre qu'il flatte encore :
entre Angelique et elle ::
Je suis comme j'étois , incertain , indécis ;
Tantôt passionné , tantôt de sens rassis.
Vois-je l'objet je suis la pante qu'Amour don
ne ;
Vous revois-je ? aussi-tôt je suspens, je raisonne
A me déterminer il faut que vous m'aidiez ;
En bonne amie , il faut que vous me conseilliez ,
Qu'en cette occasion vous me serviez de guide ;
Je crains de me flatter , ou d'être ttop rigide ,
De croire mon amour plus ou moins fort qu'il
n'est.
Se connoît-on ? peut-être en secret l'interêt
Sur vos biens augmentez à mon insçu m'a
buse ,
Me fait voir mon amour moins fort ; je m'en.
accuse ; :
De peur
de vous tromper , je me donne le tort. ,
Prés d'Angelique aussi peut- être ai-je d'abord ·
Exageré l'amour d'une façon trop forte ;
Car d'un objet brillant la présence transporte.
II, Vol. Il
JUIN 773
1593
Il n'a pas tenu à l'Autheur que la
Marquise n'ait donné dans un piége si
finement tendu , tant il a pris soin de
couvrir la fourberie d'un voile specieux:
de sincerité ; mais là Marquise avoit trop
bien pris son parti avant que d'avoir ce
dernier entretien avec lui ; elle le quitte ,
aprés lui avoir parlé ainsi.
Je ne vois plus en vous que feinte et politique ;
L'interest vous a fait adorer Angelique ;
L'interest à present vous fait changer de ton..
Si vous faites ceder l'amour à la raison ·
De mon côté , je dois devenir raisonnable ;
Car vôtre amour pour elle est faux , ou veri
table ;
Veritable , il me fait trembler pour vôtre coeur ,
Et s'il est faux , je dois rompre avec un trom
peur.
Ce dilemme acheve de désesperer nôtre
Faux - Sincere voyant venir le second
Valere , il le soupçonne d'être son Cou
sin Rapin , et sur ce soupçon il va chan
ger de Batterie.
Les deux Valeres se reconnoissent pour
deux Rapins , mais le Faux - Sincere voyant
que celui qui le double , ne se rend point
aux sentimens de la nature , lui promet
de lui abandonner la succession toute en
:
11, Vol. tiere. ;.
1594 MERCURE DE FRANCE
tiere ; à cette parole sympatique son Co
heritier l'embrasse cordialement , et lui
promet de le servir auprés de M. Fran
chard et de Madame Argante contre tous
ceux qui s'opposent à son mariage avec
Angelique .
Madame Argante arrive , le second Ra
pin lui dit qu'il est vrayement son Cousin
Valere ; Madame Argante les invite à aller
dire hautement ce qui s'est passé dans
leur reconnoissance ; le Chevalier dit
modestement qu'il n'y veut pas être , de
peur que sa présence n'empêche son Cou
sin de dire les choses avec toute la sin
cerité qu'il exige .
Nous abrégerons l'Extrait du 5. Acte ,
parceque les autres nous ont menés plus
loin que nous n'avions crû. Valere , tout
traversé qu'il a été jusqu'ici , voit relever
ses espérances abbatuës ; Madame Argan
te lui annonce que le Contrat se dresse
actuellement. C'est là ce qui occasione
l'aveu que ce Faux - Sincere lui fait de ce
qui pourroir venir à sa connoissance ;
sçavoir de s'être dit Gentil - homme, quoi
qu'il ne fut que le fils d'un Marchand
et d'avoir pris un faux nom ; Madame
Argante est charmée de cette derniere
sincerité ; mais il n'en est pas de même
de M. Franchard qui n'est déja que trop
[
J
II. Vol
informé
JUIN. 1731. 1595
鼻
12
Informé de la qualité supposée et du faux
nom. Deux Valeres et deux Agents de
Rapin lui paroissent un complot , et il dt
à Valere , d'un ton fâché , qu'il ne veut
point de comploteurs chez lui . Madame
Argante a beau le déffendre , en disant
qu'il lui avoit déja avoué la supposition
de nom et de qualité Laurerte , qui
dès le commencement du second Acte ,
a reconnu l'un des Rapins , ne doute
point qu'il n'y en ait deux sous le nom
de Valere ; elle fait entendre que le Che
valier ne l'a informée que d'une chose
déja connuë de tout le monde , et qu'elle
aété la dupe d'un autre prétendu' Valere.
Madame Argante ne peut souffrir pa
tiemment que le Chvalier l'ait jouée
Angelique désabusée par la Marquise à
laquelle son fourbe d'Amant avoit voulu
révenir , grace aux cent mille écus dont
nous avons parlé dans l'Acte précedent ,
lui déclare hautement qu'elle ne voit plus
en lui qu'un fourbe et qu'un imposteur
interessés tout cela tombant sur lui , coup
sur coup , il en est si accablé , qu'il se re
tire , en disant fierement , qu'il ne veut
d'autre Apologiste que son coeur ; tous
les Spectateurs ont été surpris de lui voir
quitter la partie , avec autant de ressour
ces qu'il en a fait esperer dans le cours
II. Vol.
de
1596 MERCURE DE FRANCE
de la Piece. On peut répondre à la déchar
ge de M. du Fresni qu'il n'avoit pas en
Gore mis la derniere main à sa Comédie ,
et qu'il y travailloit encore peu
de tems
avant sa Mort. Un double hymen entre
M. Franchard et Angelique , de même
qu'entre Dorante et Marianne , finissent
la Piece , et renvoyent les Spectateurs
infiniment plus satisfaits que mécontens.
Tout le monde connoit que l'intrigue est
un peu confuse et surchargée ; mais que
l'ouvrage fait briller par tout ces traits
saillants , qui ont toujours caracterisé et
distingué cet agréable Auteur , la versi
fication est un peu forcée ; mais on peut
juger par les morceaux que nous venons
d'en citer , que M. du Fresni y auroit
pû exceller , s'il en eut fait une plus lon
gue habitude ; en effet , ce n'a été que
dans ces dernieres Pieces , qu'il a voulu
assujettir à la contrainte de la rime , le
beau feu de Poësie dont la nature l'avoit
animé.
Cette Piece , qui a été représentée
pour la dixième fois le 30. de ce mois ,
et qui fait grand plaisir au Public , est
actuellement sous Presse , chez Briasson ,
ruë S. Jacques.
Les Comédiens François ont reçu dé
6
II. Vol.
puis
JUIN. 1731. 1597
puis peu une Comédie en vers , avec un
Prologue , de la composition de M. le
Fort , intitulée le Temple de la Paresse ,
qu'on jouera incessamment.
Le 28. l'ouverture de la Foire S. Lau
rent fut faite par le Lieutenant Géneral
de Police en la maniere accoutumée.
Le même jour l'Opéra Comique fit
aussi l'ouverture de son Théatre par une
Piece nouvelle en Vaudeville , et en trois
Actes avec des Divertissemens , qui a
pour titre la France Galante ; cette Piece
est suivie d'un Divertissement composé
de Scenes muettes , figurées en Balet , in
titulées la Guinguette Angloise ; il est
executé par les Sieurs Roger , Renton ,
et Haugthon , trois excellens danseurs
Pantomimes , nouvellement arrivés d'An
gleterre , qui sont géneralement applau
dis la figure du sieur Roger qui avoit
déja été vuë ici il y a deux ans , paroît
toujours- trés-originale ; on ne se lasse
point de le voir.
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Résumé : Le Faux Sincere, Comédie Nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Le 16 juin, les Comédiens Français ont présenté la première représentation de 'Le Faux Sincère', une comédie en vers et en cinq actes écrite par le défunt M. Dufresny. Cette œuvre est appréciée pour son originalité, sa naïveté et la précision avec laquelle les caractères sont exprimés, ainsi que pour les traits saillants et inattendus qui parsèment la pièce. Dans le premier acte, l'auteur expose la situation des personnages principaux. Madame Argante a deux filles, Angelique et Marianne. Angelique, récemment sortie du couvent, a rencontré le Chevalier Valère, le héros de la pièce. Marianne, qui a passé du temps chez une parente, aime Dorante. Madame Argante prévoit de marier Angelique à M. Franchard, un riche négociant, et Marianne au Chevalier Valère. Angelique est satisfaite de ce projet, tandis que Marianne est mécontente. Dorante décrit le Chevalier Valère comme un homme dangereux et manipulateur, capable de dire la vérité pour mieux mentir. Le Chevalier Valère est caractérisé par sa fausse sincérité, qu'il utilise pour manipuler les autres à son avantage. M. Franchard, quant à lui, est décrit comme un homme franc et honnête, contrastant avec le Chevalier. La pièce se complexifie avec l'introduction de nouveaux personnages et de situations intrigantes. Par exemple, un caissier du banquier Franchard et un nouveau Rapin, cousin du faux Valère, apparaissent dans le second acte. Laurette, la suivante de la Marquise, joue un rôle clé en révélant des secrets et en ourdissant des plans de vengeance. Le troisième acte est considéré comme le plus beau de la pièce. Dorante et Marianne cherchent à démasquer le faux sincère en le mettant aux prises avec la Marquise et Angelique, toutes deux mécontentes de lui. La pièce explore les motivations et les manipulations des personnages, révélant les intrigues et les conflits qui les opposent. La pièce se termine par deux mariages : M. Franchard avec Angelique, et Dorante avec Marianne. Malgré une intrigue confuse, la pièce est appréciée pour ses traits saillants et la versification de M. Dufresny. La pièce a été représentée à plusieurs reprises et est actuellement sous presse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19231
p. 1418-1419
Machine propre à élever l'eau, &c. [titre d'après la table]
Début :
Un Particulier croit rendre service au Public, en proposant aux sçavans Méchaniciens, Horlogers [...]
Mots clefs :
Machine, Eau, Élever, Poids
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Machine propre à élever l'eau, &c. [titre d'après la table]
Un Particulier croit rendre service au Public ,
en proposant aux sçavans Méchaniciens , Horlologers
et autres Artistes , de composer une Machine
sur le modele des grosses Horloges , par
laquelle on puisse élever l'eau des puits , à la hauteur
que l'on pourra souhaiter ; ce qui s'executera
par le moyen des poids , dont les differentes
grosseurs feront élever plus ou moins d'eau ,
en y joignant les Pompes , soit aspirantes , soit
forcées. Cette eau pourra être distribuée dans
tous les lieux où l'on en aura besoin , et particulierement
dans les Jardins , tant à la Ville qu'à la
II. Vol. CamJUIN.
17336 1419
Campagne . Ceux qui auront trouvé et executé
cette Machine, pourront estimer la quantité d'eau
qu'elle élevera par proportion de la pesanteur
des poids , soit de plomb , scit de fer ou même
de pierre dure et pesante ; ils sont priez d'en
donner avis au Public , par la voye du Mercure
de France .
en proposant aux sçavans Méchaniciens , Horlologers
et autres Artistes , de composer une Machine
sur le modele des grosses Horloges , par
laquelle on puisse élever l'eau des puits , à la hauteur
que l'on pourra souhaiter ; ce qui s'executera
par le moyen des poids , dont les differentes
grosseurs feront élever plus ou moins d'eau ,
en y joignant les Pompes , soit aspirantes , soit
forcées. Cette eau pourra être distribuée dans
tous les lieux où l'on en aura besoin , et particulierement
dans les Jardins , tant à la Ville qu'à la
II. Vol. CamJUIN.
17336 1419
Campagne . Ceux qui auront trouvé et executé
cette Machine, pourront estimer la quantité d'eau
qu'elle élevera par proportion de la pesanteur
des poids , soit de plomb , scit de fer ou même
de pierre dure et pesante ; ils sont priez d'en
donner avis au Public , par la voye du Mercure
de France .
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Résumé : Machine propre à élever l'eau, &c. [titre d'après la table]
Un particulier propose de concevoir une machine pour élever l'eau des puits, inspirée des grandes horloges. Elle utiliserait des poids variés et des pompes pour réguler et distribuer l'eau dans divers lieux. Les inventeurs doivent estimer la quantité d'eau élevée en fonction du poids utilisé et informer le public via le Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19232
p. 1419
Ouvrage sur les Finances et les Officiers Comptables, [titre d'après la table]
Début :
On nous prie d'inserer ici, qu'on est surpris qu'y ayant dans le Royaume plus de dix mille [...]
Mots clefs :
Officiers comptables, Finances, Greffe, Comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouvrage sur les Finances et les Officiers Comptables, [titre d'après la table]
On nous prie d'inserer ici , qu'on est surpris
qu'y ayant dans le Royaume pius de dix mille
Officiers comptables , il ne se soit pas encore
formé une Compagnie pour composer un Ouvrage
sur la matiere des Finances , contenant ,
- sçavoir :
་
Les Edits de création de leurs Offices , à commencer
par les Gardes du Trésor Roya! jusqu'au
dernier Officier comptable , avec leurs Privileges
honorifiques et Exemptions ; de quelle maniere
leurs Receptions se doivent faire, tant à la Chambre
des Comptes , qu'au Bureau des Finances ,
leur place aux Compagnies , de- même qu'aux
Eglises , et generalement tout ce qui les concerne .
On trouvera au Greffe de la Chambre des
Comptes de Paris , presque toutes les Pieces nécessaires
pour composer cet Ouvrage , dont le
débit iroit à plus de dix mille Exemplaires . On
trouvera aussi au Greffe du Conseil , beaucoup
d'Arrêts , Reglemens , &c . à l'occasion des Offi
ciers des Finances.
qu'y ayant dans le Royaume pius de dix mille
Officiers comptables , il ne se soit pas encore
formé une Compagnie pour composer un Ouvrage
sur la matiere des Finances , contenant ,
- sçavoir :
་
Les Edits de création de leurs Offices , à commencer
par les Gardes du Trésor Roya! jusqu'au
dernier Officier comptable , avec leurs Privileges
honorifiques et Exemptions ; de quelle maniere
leurs Receptions se doivent faire, tant à la Chambre
des Comptes , qu'au Bureau des Finances ,
leur place aux Compagnies , de- même qu'aux
Eglises , et generalement tout ce qui les concerne .
On trouvera au Greffe de la Chambre des
Comptes de Paris , presque toutes les Pieces nécessaires
pour composer cet Ouvrage , dont le
débit iroit à plus de dix mille Exemplaires . On
trouvera aussi au Greffe du Conseil , beaucoup
d'Arrêts , Reglemens , &c . à l'occasion des Offi
ciers des Finances.
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Résumé : Ouvrage sur les Finances et les Officiers Comptables, [titre d'après la table]
Le texte souligne l'absence d'ouvrage sur les finances malgré plus de dix mille officiers comptables. Cet ouvrage devrait inclure les édits de création des offices, les privilèges, les procédures de réception et les aspects honorifiques. Les documents nécessaires se trouvent principalement au Greffe de la Chambre des Comptes de Paris et au Greffe du Conseil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19233
p. 167-168
A M. L. auteur du Mercure de France. Sur la Musique.
Début :
J'ai lu, Monsieur, avec le plus grand plaisir dans votre Mercure d'Avril dernier, une dissertation [...]
Mots clefs :
Musique, Langue, Talents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. L. auteur du Mercure de France. Sur la Musique.
A M. L. auteur du Mercure de France,
Sur la Mufique.
J'ai lu , Monfieur , avec le plus grand plaifir ,
dans votre Mercure d'Avril dernier , une differtation
auffi intéreflante que favante fur la Mufique, *
à l'occafion de Caftor. Je ne fuis point muficien ;
mais la bonne mufique à toujours produit beaucoup
d'effet fur moi . Senfible aux progrès de cet
art charmant , il m'a ſemblé que les confeils par
lefquels l'amateur termine cette diflertation pouvoient
y contribuer ; permettez - moi de les rappeller.
20
"
" C'est donc à nos écrivains diftingués à favorifer
les progrès de la mufique. C'eſt à nos muficiens
les plus avoués de la nation , à faire taire
l'aveugle prévention qui relegue leurs talens
dans un genre inférieur à celui de la tragédie.
Flufieurs de leurs airs démentent cette prélomption
injufte. Malgré l'anathême porté contre la
langue de Racine , que l'on juge anti- muficale,
» Paris fourmille de muficiens étrangers qui ne
» demandent qu'à confacrer leurs talens a nos
5 théâtres , nous en connoiflons d'Allemands , d'Italiens
, qui n'attendent que des poëmes pour
travailler. Mais notre langue , demande -t- on
03
* Par M. de Chabanon ,de l'académie des infcriptions
& belles- lettres , amateur très diftingué &
très - connu de la muſique , de la poëfie & de la
littérature.
168 MERCURE DE FRANCE.
leur eft- elle familière ? Il y a une queſtion bica
» plus importante à faire : Ont-ils du génie ? celle-
» ci réfolue à leur avantage , l'autre ne doit pas
30 inquiéter.
Puiflions -nous voir bientôt tant de talens divers
occupés du foin de nos plaifirs , & l'opéra
»francois ( malgré cette dénomination aujour
d'hui prefqu'injurieufe ) jouir de la même fupé.
riorité que la fcène françoife s'eft acquife fur tous
les théâtres de l'Europe !
Ce vou m'a paru d'un patriote, homme de goût,
qui connoît les refources de notre langue & qui
l'aime , & m'a déterminé à vous faire part , Monfieur
, d'une lettre qui m'eſt tombée entre les
mains , écrite par un homme de qualité à un des
directeurs de l'opéra ; cette lettre annonce qu'un
muficien Allemand , très-fameux , donne la préférence
à notre langue , même fur l'italienne pour
la compofition muficale , & fe difpofe à convaincre
les incrédules que le génie s'approprie tout ,
& que les difficultés ne font , en l'irritant , qu'en
attifer le feu. Je crois que le Public lira avec plai
fir une lettre qui lui en promet beaucoup , fi vous
voulez bien l'inférer dans le prochain Mercure
avec la mienne .
J'ai l'honneur d'être , &c.
L, D. L. , Affocié de l'Académie
de Villefranche.
Sur la Mufique.
J'ai lu , Monfieur , avec le plus grand plaifir ,
dans votre Mercure d'Avril dernier , une differtation
auffi intéreflante que favante fur la Mufique, *
à l'occafion de Caftor. Je ne fuis point muficien ;
mais la bonne mufique à toujours produit beaucoup
d'effet fur moi . Senfible aux progrès de cet
art charmant , il m'a ſemblé que les confeils par
lefquels l'amateur termine cette diflertation pouvoient
y contribuer ; permettez - moi de les rappeller.
20
"
" C'est donc à nos écrivains diftingués à favorifer
les progrès de la mufique. C'eſt à nos muficiens
les plus avoués de la nation , à faire taire
l'aveugle prévention qui relegue leurs talens
dans un genre inférieur à celui de la tragédie.
Flufieurs de leurs airs démentent cette prélomption
injufte. Malgré l'anathême porté contre la
langue de Racine , que l'on juge anti- muficale,
» Paris fourmille de muficiens étrangers qui ne
» demandent qu'à confacrer leurs talens a nos
5 théâtres , nous en connoiflons d'Allemands , d'Italiens
, qui n'attendent que des poëmes pour
travailler. Mais notre langue , demande -t- on
03
* Par M. de Chabanon ,de l'académie des infcriptions
& belles- lettres , amateur très diftingué &
très - connu de la muſique , de la poëfie & de la
littérature.
168 MERCURE DE FRANCE.
leur eft- elle familière ? Il y a une queſtion bica
» plus importante à faire : Ont-ils du génie ? celle-
» ci réfolue à leur avantage , l'autre ne doit pas
30 inquiéter.
Puiflions -nous voir bientôt tant de talens divers
occupés du foin de nos plaifirs , & l'opéra
»francois ( malgré cette dénomination aujour
d'hui prefqu'injurieufe ) jouir de la même fupé.
riorité que la fcène françoife s'eft acquife fur tous
les théâtres de l'Europe !
Ce vou m'a paru d'un patriote, homme de goût,
qui connoît les refources de notre langue & qui
l'aime , & m'a déterminé à vous faire part , Monfieur
, d'une lettre qui m'eſt tombée entre les
mains , écrite par un homme de qualité à un des
directeurs de l'opéra ; cette lettre annonce qu'un
muficien Allemand , très-fameux , donne la préférence
à notre langue , même fur l'italienne pour
la compofition muficale , & fe difpofe à convaincre
les incrédules que le génie s'approprie tout ,
& que les difficultés ne font , en l'irritant , qu'en
attifer le feu. Je crois que le Public lira avec plai
fir une lettre qui lui en promet beaucoup , fi vous
voulez bien l'inférer dans le prochain Mercure
avec la mienne .
J'ai l'honneur d'être , &c.
L, D. L. , Affocié de l'Académie
de Villefranche.
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19234
p. 1419-1420
« L'Académie des Jeux Floraux, établie à Toulouse, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle [...] »
Début :
L'Académie des Jeux Floraux, établie à Toulouse, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle [...]
Mots clefs :
Académie des Jeux floraux, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie des Jeux Floraux, établie à Toulouse, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle [...] »
L'Académie des Jeux Floraux , établie à Toulouse
, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle
doit distribuer en l'année 1734. Qu'il faut respecter
le Jugement du Public , mais qu'il n'en faut
pas dépendre.
-II. Vol. Ов
1420 MERCURE DE FRANCE
On a inseré dans le Mercure de May , page
$49 . la démonstration d'un Problême de Navigation
. Il est bon qu'on sçache que cet Ouvrage
st de M. Montegut , Professeur Royal d'Hydrographie
à Bordeaux , et Membre de l'Académie
des Sciences de la même Ville.
, a proposé pour le sujet du Prix qu'elle
doit distribuer en l'année 1734. Qu'il faut respecter
le Jugement du Public , mais qu'il n'en faut
pas dépendre.
-II. Vol. Ов
1420 MERCURE DE FRANCE
On a inseré dans le Mercure de May , page
$49 . la démonstration d'un Problême de Navigation
. Il est bon qu'on sçache que cet Ouvrage
st de M. Montegut , Professeur Royal d'Hydrographie
à Bordeaux , et Membre de l'Académie
des Sciences de la même Ville.
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19235
p. 173-174
De Trelon près d'Avesnes.
Début :
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse de Merode, voulant aussi donner des démonstrations [...]
Mots clefs :
Treslon, Château, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Trelon près d'Avesnes.
De Trelon près d'Avesnes.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
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19236
p. 159-162
ILLUMINATION de la Place de LOUIS XV, les 20 & 22 Juin 1763.
Début :
Les deux parties de cette Place, accompagnant son entrée du côté de la [...]
Mots clefs :
Illumination, Place, Lumières, Pieds, Façades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ILLUMINATION de la Place de LOUIS XV, les 20 & 22 Juin 1763.
ILLUMINATION de la Place de
LOUIS XV, les 20 & 22
Juin 1763.
-Les deux parties de cette Place ,
accompagnant fon entrée du côté de la
160 MERCURE DE FRANCE.
Rivière , étoient ornés de vingt luftres
de lanternes de verre. Les huit piedeftaux
des angles deſtinés à porter des
Figures , portoient des Piramides de
lumières de 25 pieds de hauteur fur.
9 pieds de baſe ; un cordon d'illumination
régnoit au Pourtour de la Place
au-deffus de. la balustrade des foffés
dont elle est enceinte à la hauteur de
la corniche des guérites ou piedeftaux
dont nous venons de parler , qui
ont 15 pieds de haut für 14 pieds en
quarré. A l'aplomb de chacun des focles
de la baluftrade , on avoit placé un
pot -à-feu qui , formant une très - forte
lumière , fe diftinguoit dans le cordon ,.
& traçoit ainfi aux yeux , tout le deffein
de cette Place: Les quatre principales
entrées étoient bordées par 16 Yfs ou
grandes girandoles de lumières portées
fur des piedeftaux où étoit peint le
chiffre du Roi. L'enceinte de la Statue
Equeftre du Roi étoit éclairée par douze
cens terrines qui , diftribuées artiſtement
au bas & fur les gradins du Piedeftal
, produifoient un très- bon effer en
repréfentant une bafe & des degrés de :
lumières.
Telle étoit l'illumination qui fut alluméelė20,
mais dont onjouit peu detemps
JUILLET. 1763.
161
à caufe de l'orage qui furvint le foir ,
& qui l'éteignit une heure après qu'elle
venoit d'être allumée. Elle fut répétée
le 22 avec l'illumination des façades des
grands bâtimens que les fix Corps des
Marchands , animés du même zèle que
la Ville , avoient fait préparer , pour ce
dernier jour , & qui formoit le plus
magnifique Spectacle de cette Fête.Pour
en prendre une jufte idée , il faut fçavoir
que chacune de ces deux facades.
a 48 toifes de longueur fur 75 pieds.
d'élévation , jufqu'à l'angle des frontons
; ce qui , réuni par un certain point
de vue , préfentoit une étendue de près
de cent toifes d'illumination . On avoit
profité des échafaux qui fervent à la
conftruction , & du milieu de ces charpentes
informes , on a vu naître un
deffein régulier qui répréfentoit en lumières
, tous les membres & tous les
ornemens de la riche architecture dont
ces façades font embellies. Les colomnes
étoient parfaitement exprimées dans
toutes leurs proportions , ainfi que les
autres parties de l'ordre corinthien qui
s'élève au-deffus du fousbaffement des façades,
& que l'on avoit laiffé obfcur, pour
ne point faire de confufion avec les cor162
MERCURE DE FRANCE.
dons de la Place ; dans les entre - colonnes
étoient des luftres de lanternes , dont
la différence de lumières & les formes
ornoient très agréablement toute cette
illumination , laquelle , ainfi que la difpofition
du Feu & fa décoration , a été
exécutée fur les projets & les deffeins de
M. Moreau , Archite &e de la Ville.
LOUIS XV, les 20 & 22
Juin 1763.
-Les deux parties de cette Place ,
accompagnant fon entrée du côté de la
160 MERCURE DE FRANCE.
Rivière , étoient ornés de vingt luftres
de lanternes de verre. Les huit piedeftaux
des angles deſtinés à porter des
Figures , portoient des Piramides de
lumières de 25 pieds de hauteur fur.
9 pieds de baſe ; un cordon d'illumination
régnoit au Pourtour de la Place
au-deffus de. la balustrade des foffés
dont elle est enceinte à la hauteur de
la corniche des guérites ou piedeftaux
dont nous venons de parler , qui
ont 15 pieds de haut für 14 pieds en
quarré. A l'aplomb de chacun des focles
de la baluftrade , on avoit placé un
pot -à-feu qui , formant une très - forte
lumière , fe diftinguoit dans le cordon ,.
& traçoit ainfi aux yeux , tout le deffein
de cette Place: Les quatre principales
entrées étoient bordées par 16 Yfs ou
grandes girandoles de lumières portées
fur des piedeftaux où étoit peint le
chiffre du Roi. L'enceinte de la Statue
Equeftre du Roi étoit éclairée par douze
cens terrines qui , diftribuées artiſtement
au bas & fur les gradins du Piedeftal
, produifoient un très- bon effer en
repréfentant une bafe & des degrés de :
lumières.
Telle étoit l'illumination qui fut alluméelė20,
mais dont onjouit peu detemps
JUILLET. 1763.
161
à caufe de l'orage qui furvint le foir ,
& qui l'éteignit une heure après qu'elle
venoit d'être allumée. Elle fut répétée
le 22 avec l'illumination des façades des
grands bâtimens que les fix Corps des
Marchands , animés du même zèle que
la Ville , avoient fait préparer , pour ce
dernier jour , & qui formoit le plus
magnifique Spectacle de cette Fête.Pour
en prendre une jufte idée , il faut fçavoir
que chacune de ces deux facades.
a 48 toifes de longueur fur 75 pieds.
d'élévation , jufqu'à l'angle des frontons
; ce qui , réuni par un certain point
de vue , préfentoit une étendue de près
de cent toifes d'illumination . On avoit
profité des échafaux qui fervent à la
conftruction , & du milieu de ces charpentes
informes , on a vu naître un
deffein régulier qui répréfentoit en lumières
, tous les membres & tous les
ornemens de la riche architecture dont
ces façades font embellies. Les colomnes
étoient parfaitement exprimées dans
toutes leurs proportions , ainfi que les
autres parties de l'ordre corinthien qui
s'élève au-deffus du fousbaffement des façades,
& que l'on avoit laiffé obfcur, pour
ne point faire de confufion avec les cor162
MERCURE DE FRANCE.
dons de la Place ; dans les entre - colonnes
étoient des luftres de lanternes , dont
la différence de lumières & les formes
ornoient très agréablement toute cette
illumination , laquelle , ainfi que la difpofition
du Feu & fa décoration , a été
exécutée fur les projets & les deffeins de
M. Moreau , Archite &e de la Ville.
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19237
p. 1437-1447
Camp de Mulhberg.
Début :
On parle dans toute l'Allemagne du Camp de Mulhberg en Saxe, où le Roi de Pologne [...]
Mots clefs :
Saxe, Roi de Pologne, Troupes, Armée, Canon, Infanterie, Généraux, Artillerie, Mülhberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Camp de Mulhberg.
Camp de Mulhberg.
N parle dans toute l'Allemagne du Camp
de Mulhberg en Saxe , où le Roi de Pologne
a fait camper une grande quantité de Troupes
d'élite , & où ce Prince donne une fête militaire,
digne d'un grand Roi .
Toute l'Armée eft habillée de neuf, & avec autant
de propreté & d'uniformité pour les Cavaliers
, & les Soldats que de richeffe & de goût
pour les Officiers qui ont chacun jufqu'à trois
habits d'un uniforme varié feulement par les
differens agrémens où l'or & l'argent font employés
avec art pour produire un coup d'oeil
magnifique & brillant.:
La fituation du Camp eft des plus agréables ,
le fuperbe Pavillon du Roi & les magnifiques
Tentes qui l'environnent, font fur une éminence,
d'où l'on découvre toute l'Armée , campée fur
deux lignes dans une belle Plaine , arrofée par
la Riviere d'Elbe . Les Troupes les plus magnifi-
.ques , & qui fe font diftinguer dans ce fuperbe
Camp , font les Gardes du Corps de S. M. P. Les
Chevaliers Gardes , les Grands Moufquetaires ,
les Carabiniers , les Gardes à pied & les Cuiraffiers.
Le 31. Mai , le Roi fortit du Camp pour alfer
audevant du Roi de Pruffe. S. M. étoit à la
tête des Chevaliers de l'Aigle Blane , au nombić
de 36. & accompagnée de 160 Princes , Generaux ,
Miniftres & autres Seigneurs. Le Prince Royal
étoit fuivi des Militaires . Les deux Rois fe ren
contrerent à une demie lieue du Camp , où ils
s'embrafferent avec des marques les plus vives
de la plus parfaite amitié , & après avoir dejeuné
fous une Tente magnifique à demi ouverte , ils
11. Vola Hy viurent
1438 MERCURE DE FRANCE
L
vinrent au Camp. Le Roi de Pruffe étoit à Cheval
avec le Prince Royal fon fils , accompagné
de plufieurs Princes , Generaux , Colonels & c . au
nombre de plus de 150. L. M. étoient fuivies de
9. Cavaliersarmés de pié en cap , portant des drapeaux
& une queue de Cheval , comme auffi d'une
Troupe de Huffars armés d'Arcs & de Fleches.
Le premier Juin l'Armée marcha , commandée
par le Prince Royal de Pologne , & fe rangea
fur deux lignes , dont chacune contenoit une
étendue de trois quarts de lieue. L. M. & les
Princes & Generaux de leur nombreuſe & brillante
fuite , des deux fexes , à Cheval & en Caroffe
, les parcoururent d'un côté & d'autre. Le Roi
de Pruffe étoit toujours accompagné de quatre
jeunes Turcs habillés de drap d'or. Les deux
Rois s'étant enfuite retirez fous leurs Tentes. ,
ils furent falués par une falve de 60. pieces de
Canons , & L. M. virent défiler toute l'Armée
par Regimens..
Le lendemain , le Roi de Pologne s'étant trouvé
fatigué , nomma la Princeffe Royale fa Bru ,
pour faire les honneurs du Repas , & S. A. s'en
acquita très bien. On mangea fous une Tente à
la Turque , fur une Table de 40. Couverts , toute
fervie en vaiffelle de vermeil doré , & avec la plus
grande délicateffe & plus grande abondance.
Le 3. les deux Rois dinerent enfemble dans le
Quartier du Roi de Pologne, avec plufieurs Princes
, Generaux & antres Seigneurs. Vers les fix
heures , peu de tems après le diné , il y eut Comédie
Italienne..
Le 4. à quatre heures du matin , les 4. Re--
gimens de Dragons marcherent fur deux colomnes
, & enfuite s'étant mis en parade , firent leur
Exercice & diverſes évolutions à Cheval & à pied
II. Vola jufqu'à
JUIN. 1730. 1439
que
jufqu'à 2. heures après midi . Ils pratiquerent la
nouvelle maniere de coupler les Chevaux ' ,
S. M. P. fait introduire dans fon Armée , & qui
a divers avantages , fur tout celui de pouvoir
former un front de Bataillon , & par là couvrir
les Chevaux & c. Le Roi de Pruffe alla diner ,
accompagné de quelques Generaux , chez le Duc
Jean Adelphe Weifenfels . Le Prince Royal de
Pruffe dina avec le Roi de Pologne & les Dames.
Le foir il y eat Comédie & Bal à la Cour.
Le s .
elle
la Cavalerie fit fes Exercices , compofée
de 24. Efcadrons des Gardes du Corps , des Carabiniers
& des 3. Regimens de Cuiraffiers . Elle
marcha fur quatre Colomnes vers le Pavillon
Royal , où s'étant formée fur deux lignes ,
fit plufieurs mouvemens , marches , attaques &c.
& forma enfuite un quarré , dont le Pavillon du
Roi étoit le centre , & elle rentra dans le Camp
fur une Colomne , en tournant autour du Pavil
Jon Royal.
Le 6. il y eut Concert de voix & d'Inftrumens
&c.
Les Rois de Pologne & de Pruffe ayant été indifpofés
pendant quelques jours , & L. M. étant
parfaitement rétablies , le 10. elles fe rendirent
avec leur fuite au Pavilion , éloigné d'une portée´
de Canon du centre de la premiere ligne de l'Armée
, pour voir l'Exercice de l'lafanterie. Ce
Pavilon eft conftruit de charpente , orné de
peintures & de dorures de très bon goût , élevé
fur une hauteur qui domine fur toute la Plaine.
L'Infanterie qui étoit fortie du Camp dès le
matin , avoit formé autour de ce Pavillon un'
quarré , dont chaque flanc étoit compofé de fixt
Bataillons. On commença par les évolutions des
armes , & on pratiqua enfuite les differentes manieres
de charger par rangs , par pelotons , par
1 Vel. H vj demi
1440 MERCURE DE FRANCE
demi divifions , par divifions entieres & par hayes,
où les Grenadiers jetterent quantité de Grenades
vers le milieu du quarré &c. Après cet Exercice
& diverfes autres évolutions , L. M. allerent diner
à leur quartier. C'eſt un quarré gardé par des
Janiflaires & par une Garde de Cadets , où des
Soldats Turcs , avec des Veſtes de drap d'or ,
& des efpeces de Turbans de velours cramoifi ,
font la garde devant la Tente de ces deux Rois ,
& où l'on voit auffi des Hongrois en habits
d'écarlate , avec des galons & des franges d'or.
Il y a encore douze Gardes qu'on nomme Peckins
, auffi habillés d'écarlate avec des bonnets
de velours noir , bródés d'argent , & une aigrette
de plumes blanches , tenant chacun une hache
d'argent. Le milieu de ce qnarré eft occupé par
une grande Sale tendue de damas cramoifi &
jaune . Cette Sale eft percée de 4. portes par
lef
quelles on entre dans quatre Galeries , qui aboutiffent
à autant de Cabinets , à côté defquels il y
a 8. Tentes à la Turque , ornées de riches étoffes .
Quatre grandes Tentes qui fervent de Sale à
manger , font contigues à ces Cabinets.
>
On a fervi tous les jours trois Tables de 24
Couverts chacune ; les deux Rois mangent à la
premiere , L. A. R. à la feconde , & la troifiéme
eft deftinée pour les Officiers Generaux des deux
Cours ; ces Tables font fervies en vaiffelle de vermeil
doré. Il y a outre cela cinq autres Tables
auffi de 24. Couverts chacune , fervies en vaiffelle
d'argent pour les Hauts Officiers & les
Etrangers. Un Officier de diftinction de la Maifon
du Roi fait les honneurs de chaque Table.
Le Roi de Pologne eft logé dans un Palais
qu'il a fait conftruire exprès, à une portée de pif
tolet du Quarré dont on vient de parler . Le Roi
de Pruffe y eft auffi logé, avec le Prince Royal
on fils , & toute fa Cour. Dans
JUIN. 1730. 1441
DO
52
ם כ
Dans une Lettre écrite de ce Camp , on s'exprime
ainfi : » Je fuis, bien fâché que vous ne
foyez pas à portée de voir ce corps d'armée ++
en verité on ne fçauroit donner une idée de la
magnificence de l'Armée de Darius , que par
celle-cy. Il n'y a point de Sous - Lieutenant de
Cavalerie , dont le Cheval avec le harnois ne
→ vaille au moins mille écus. Il y a trois Tables
» chez le Roy , de 24. Couverts chacune , fervies
en vaiffelle d'or , & plufieurs autres au nombre
" de 300. Couverts , en vaiffelle d'argent. Les
Tentes feules du Quartier du Roi , font eftimées
deux millions. Ce qu'on voit de toutes fortes
» de Voitures , Caroffes , Chaifes & Chevaux de
» felle pour les Etrangers & pour les Dames , elt
» inconcevable. On diftingue ici des Officiers Ge-
» neraux & autres de toutes les Troupes de l'Europe
, & un concours infini d'Etrangers de toutes
Nations.Je ne fçai fi le calcul eft jufte , mais
on compte qu'outre les Troupes , il y a 300
mille ames dans le Camp ou aux environs.
» Au refte , il n'eft queftion ici que de Colon-
» nes , dans le gout de celles du Livre du Chevalier
de Follard ; petits & grands , tout le monde
fe mêle de faire des Colonnes . Il y a un jour
» destiné exprès , où toute l'Infanterie ne fera
පා que des Colonnes ; & le Roi de Pruffe , qui y
» étoit totalement oppofé it y. a deux ans , s'eft
» enfin rendu à l'opinion de l'Auteur de ce Livre
» & à la mienne , fur le fait des Colonnes.
37
םכ
»Le Roi de Pologne m'a fait l'honneur de me
dire qu'il feroit deffiner toutes les évolutions
qui fe font faites , pour que je vous les envoye.
» Mais de tout ce qu'on a fait , le plus beau fera
fans doute , un Paffage de Riviere. L'E be eft
deux fois large ici comme la Seine à Paris . On
» établira trois Ponts en preſence de l'Ennemi , à
11. Vol.
» la
1442 MERCURE DE FRANCE
20
la faveur du Canon & de certains Prammies'
garnis de Canons. Ces Ponts font mobiles &
» deſcendront la Riviere , s'établiront , pour ainfi
→ dire, dans un moment , & le paffage fe fera de
dire vive force. On peut fans craindre le ridi
cule , que ce font Jeux de Prince. A Dieu ,
cher Chevalier , je vous écrirai plus au long ,
quand je pourrai yous envoyer les Deffeins de
ૐ
→ tout ceci .
Les Lettres qu'on a reçues depuis du Camp
de Malhberg portent que le 17. Juin l'Armée
marcha en Phalanges ou Bataillons quarrez , fui
vant l'ufage des Anciens. Cette marche reprefentoit
parfaitement le même ordre de bataille done
les Grecs fe fervoient pour combattre leurs enne
mis , & faifoit un coup d'oeil incomparable. I
y avoit une Phalange d'Infanterie & deux de
Cavalerie , lefquelles après avoir marché quelque
temps dans cet ordre , formerent enfuite deux
lignes toute l'Armée fe replia par le centre &
fe remit fur le même terrain ; après quoi on fe
retira en combattant jufqu'au Camp ; le tout fut
parfaitement bien executé.
Le 18. le Roi de Pruffe dîna chez le Comte de
Wackerbarth , avec le Duc de Saxe Weimar-
Le foir il y eut Comedie Italienne.
Le 19. toute l'Armée fe mit de nouveau en
marche , & forma d'abord neuf grands quarrez ,
l'Infanterie s'étant enfuite formée en quarré long,
fut attaquée par la Cavalerie , qui fut vivement
repouflée par le Canon , les Grenades & la Moufqueterie
L'Infanterie fe voyant trop preffée , forma un
autre quarré long , & fut encore attaquée à di-.
verfes reprises dans fa retraite par toute la Cavalerie
, avec tant d'acharnement , qu'on cut de la
peine à faire retourner quelques Efcadrons qui
11. Vola
effuyerent
JUIN. 1730. 1443
effuyerent le feu , ayant la tête des chevaux dans
les Bayonettes. Enfin la retraite fe fit en deux colonnes
, par des défilez d'une manière qui n'avoit
pas encore été pratiquée & qui fut jugée d'une
grande utilité par les connoiffeurs .
Le 20. Le Regiment des grands Grenadiers fit
fes exercices avec beaucoup d'adreffe devant les
deux Rois . Le Comte de Rutowski , qui en eft le
Commandant , traita enfuite fplendidement le
Roi de Pruffe. Le même jour le Roi alla reconnoître
le terrain où S. M, avoit deffein de paffer
l'Elbe avec un Détachement de l'Armée : ce deffejn
s'executa le 21. Une partie de l'Armée paffa
cette Riviere & fe retrancha ; elle fut enfuite attaquée
par le gros de l'Armée , commandé par
le Comte de Wackerbarth, il fut à la fin repouffé;.
У eut dans cette action deux Soldats de tuez &
un de bleffé par accident. Jamais Artillerie n'a été
fetvie avec plus d'adreffe & d'art , qu'en cette occafion
, y ayant eu de groffes pieces qui ont tiré
coups dans une minute..
il
fix
Le 22. le Roi de Pruffe alla dîner chez lé Prince
Royal de Pologne , qui le régala fuperbement.
Les Exercices Militaires finirent le 23. par une
bataille rangée : l'Armée étoit partagée en deux
corps, dont l'un étoit commandé par le Velt- Maréchal
, Comte de Wackerbarth , & l'autre par le
Duc de Saxe - Weffeinfels , qui après avoir perdu
la bataille , fit une très - belle retraite , ayant mar
ché en bon ordre vers le Bois.
Pendant cette retraite, le Roi de Pologne , qui s'é
toit mis à la tête de fix Efcadrons qu'il avoit déta
chés fecretement de l'aîle droite, tomba dans le flanc
de l'aile gauche , & fit prifonnier un Efcadron
du Régiment de Pohlentz , qui ne s'étoit pas ap
perçu de ce mouvement. Il y eut des pieces de
Canon qui tirerent ce jour- là 159. coups , &
11. Vol.
PArtillerie
1444 MERCURE DE FRANCE
l'Artillerie tira en tout 9000. coups.
Le 24. on tira le fuperbe Feu d'artifice que le
Roi avoit fait préparer fur l'Elbe : le temps calme
& l'air obfcur qu'il faifoit cette nuit- là , ne contribuerent
pas peu à rendre ce fpectacle plus mafique
& plus agréable : il fut executé dans toute
fa perfection , & tous ceux qui l'ont vû , conviennent
que c'eft le plus beau qui ait été tiré de me--
moire d'homme.
Après le Feu d'artifice , le Bucentaure parut
fur l'Elbe avec une Flotille de 15. Bâtimens ,
tous entierement illuminez & ornez de leurs Banderoles
, &c. Cette Fête dura jufqu'à quatre heurés
du matin.
Lers . on celebra au Camp le Jubilé de la Confeffion
d'Ausbourg. Le Roi dîna ce jour - là chezle
General Bauditz , & vit enfuite fon beau Rément
de Carabiniers ."
Le 26. toute l'Armée fut magnifiquement traitée
; elle fe mit à table à onze heures & s'en leva à
midy. Le 27. les deux Rois & leurs fuites s'em→ ,
barquerent fur la Flotille , & defcendirent l'Elbe
jufqu'à Leuchtenberg , où l'on coucha.
Le 28. on finit les Diverriffemens par une
grande Chaffe que le Roi donna au Roi de Pruffe,
& qui n'a pas été moins magnifique que toutes
les autres Fêtes on y a tué à coups de fufil ,
1100. Pieces , tant Cerfs que Biches , Chevreuils
& Sangliers.
Après la Chaffe , on fervit plufieurs Tables de
plus de 400. Couverts ; les deux Rois le féparerent
enfuite avec de grandes marqués d'amitié &
de tendreffe. Le Roi de Pruffe eft allé à Poſtdam ,
& S. M. Pol. eft retournée au Camp , où elle
reftera encore quelques jours avant que de fe rendre
à Drefde.
Par les dernieres Lettres reçûës , on a appris
le circonftances fuivantes : Lo
JUIN 1730. 1445
Le 12. Juin , l'Artillerie fit l'Exercice avec 48.
Pieces de Canon. Outre le Bataillon de l'Artillerie
, on commanda encore trois Regimens d'Infanterie.
Après que ce Corps fe fut rangé fur fir
lignes ; & qu'on eut reparti les Canons en huit
Brigades , il fe mit en marche fur fix colonnes'
vers le Pavillon Royal . Les Canons avec les Chariots
de munitions , alloient au milieu des colonnes
, & étoient accompagnez d'un certain nom
bre de Canoniers & de Soldats détachez de l'Infanterie.
Les Timbales de l'Artillerie étoient fur
un Char attelé de quatre chevaux blancs .
Après que tout fut arrivé à une distance mar
quée du Pavillon , on détela & on fit fortir
des rangs les Chevaux de l'Artillerie & les Chariots
de munitions. Tout le Corps fe remit enfuite
en bataille fur fix lignes , ayant le Canon ;
dans les intervales marques.
Pendant que le Canon faifoit les differentes
charges , l'Infanterie rangée par pelotons , fortoit
par les intervales à chaque charge, & faifoit
fon feu par rang , de même que celle qui étoit à
la tête & à la queue, Elle fe retira enfuite derriere
le Canon. Toutes ces differentes manieres de charges
ont été fort bien executées , malgré les groffes
pluies qu'il faifoit ,ceCorps fit après un mouvement
pour avancer jufqu'à un certain endroit , & continua
toujours à tirer . Il forma enfuite un Quarré
, ayant les Canons rangez fur les flancs , & finit
cette manoeuvre par une décharge generale
des 48. Canons à la fois , qui fut fuivie de celles
72. Pelotons de l'Infanterie, & réïterée fix fois.
Enfin après avoir fait fortir les Chariots de Munitions
du Quarré , & les Brigades des Canons ,
les Pelotons de l'Infanterie firent un mouvement
pour fe mettre fur un Terrain marquê , & fe retirer
; ce qu'ils firent en chargeant en retraite , &
de
11. Vol. ren1446
MERCURE DE FRANCE
rentrerent ainfi dans le Camp. Le Roi de Pruffe
dîna avec le Prince Royal fon fils , chez le
Velt-Maréchal Comte de Wackerbarth , & le Roi
de Pologne , chez le Duc de Saxe-Weimar.
Le 13. les deux Rois dînerent chacun en particulier
, & le Prince Royal dîna en compagnie
la feconde Table ; fervie en vermeil doré. Après
midy fe fit PExercice des Lanciers . Les , fix Efca
drons des Gardes du Corps , armez de Cuiraffes
de Cafques & de Lances , fe prefenterent ; on y
avoit joint cinq Bataillons de Grenadiers ou Gardes
à pied , aufquels on avoit fait diftribuer 128.
Piques par Bataillon.
›
Les Lanciers , en fortant du Camp , fe formerent
fur une ligne , ayant toûjours un Bataillon
entre deux Efcadrons. La marche fe fit vers le
Payillon fur deux lignes , dont la premiere fut
formée par les fix Efcadrons de Lanciers , & la
feconde par les cinq Bataillons d'Infanterie. Pendant
que les Lanciers firent leurs mouvemens✨
vers le Pavillon , les Huffars Polonois , armez de
Cuiraffes & de Cafques,coururent la Bague devant
L.M.& briferent leurs Lances contre desMachines
qu'on avoit préparées pour cet effet. En arrivant
a quelque diftance du Pavillon , les Lanciers fe
formerent de nouveau fur une Ligne ; l'Infante
rie fe mit au milieu , & les fix Efcadrons fur les
aîles , trois Efcadrons fur chaque aîle. Après
avoir avancé ainfi jufqu'à une diſtance marquée
en attaquant , chargeant & le retirant , ils fe formerent
de la même maniere fur trois lignes , & .
avancerent de nouveau en faifant la même manoeuvre
; ce qui ayant été exécuté , les cinq Bataillons
formerent chacun un Bataillon quarré
ayant les Lanciers fur les aîles , & firent enſem
ble diverfes manoeuvres . Enfin les quatre Batail-
' ours des Gardes formerent un grand quarré au-
II. Vol.
tour
JUIN. 1730. J447
tour du cinquiéme Bataillon , qui étoit celui des
Grenadiers. Les Lanciers fe rangerent pour les
couvrir , & après avoir fait plufieurs attaques ,
marches & contremarches , on fe battit en retraite
& on entra dans le Camp.
Le 14, le Roy de Pruffe alla dès le matin voir
l'armée , qui étant fortie du Camp fans armes
&C.
N parle dans toute l'Allemagne du Camp
de Mulhberg en Saxe , où le Roi de Pologne
a fait camper une grande quantité de Troupes
d'élite , & où ce Prince donne une fête militaire,
digne d'un grand Roi .
Toute l'Armée eft habillée de neuf, & avec autant
de propreté & d'uniformité pour les Cavaliers
, & les Soldats que de richeffe & de goût
pour les Officiers qui ont chacun jufqu'à trois
habits d'un uniforme varié feulement par les
differens agrémens où l'or & l'argent font employés
avec art pour produire un coup d'oeil
magnifique & brillant.:
La fituation du Camp eft des plus agréables ,
le fuperbe Pavillon du Roi & les magnifiques
Tentes qui l'environnent, font fur une éminence,
d'où l'on découvre toute l'Armée , campée fur
deux lignes dans une belle Plaine , arrofée par
la Riviere d'Elbe . Les Troupes les plus magnifi-
.ques , & qui fe font diftinguer dans ce fuperbe
Camp , font les Gardes du Corps de S. M. P. Les
Chevaliers Gardes , les Grands Moufquetaires ,
les Carabiniers , les Gardes à pied & les Cuiraffiers.
Le 31. Mai , le Roi fortit du Camp pour alfer
audevant du Roi de Pruffe. S. M. étoit à la
tête des Chevaliers de l'Aigle Blane , au nombić
de 36. & accompagnée de 160 Princes , Generaux ,
Miniftres & autres Seigneurs. Le Prince Royal
étoit fuivi des Militaires . Les deux Rois fe ren
contrerent à une demie lieue du Camp , où ils
s'embrafferent avec des marques les plus vives
de la plus parfaite amitié , & après avoir dejeuné
fous une Tente magnifique à demi ouverte , ils
11. Vola Hy viurent
1438 MERCURE DE FRANCE
L
vinrent au Camp. Le Roi de Pruffe étoit à Cheval
avec le Prince Royal fon fils , accompagné
de plufieurs Princes , Generaux , Colonels & c . au
nombre de plus de 150. L. M. étoient fuivies de
9. Cavaliersarmés de pié en cap , portant des drapeaux
& une queue de Cheval , comme auffi d'une
Troupe de Huffars armés d'Arcs & de Fleches.
Le premier Juin l'Armée marcha , commandée
par le Prince Royal de Pologne , & fe rangea
fur deux lignes , dont chacune contenoit une
étendue de trois quarts de lieue. L. M. & les
Princes & Generaux de leur nombreuſe & brillante
fuite , des deux fexes , à Cheval & en Caroffe
, les parcoururent d'un côté & d'autre. Le Roi
de Pruffe étoit toujours accompagné de quatre
jeunes Turcs habillés de drap d'or. Les deux
Rois s'étant enfuite retirez fous leurs Tentes. ,
ils furent falués par une falve de 60. pieces de
Canons , & L. M. virent défiler toute l'Armée
par Regimens..
Le lendemain , le Roi de Pologne s'étant trouvé
fatigué , nomma la Princeffe Royale fa Bru ,
pour faire les honneurs du Repas , & S. A. s'en
acquita très bien. On mangea fous une Tente à
la Turque , fur une Table de 40. Couverts , toute
fervie en vaiffelle de vermeil doré , & avec la plus
grande délicateffe & plus grande abondance.
Le 3. les deux Rois dinerent enfemble dans le
Quartier du Roi de Pologne, avec plufieurs Princes
, Generaux & antres Seigneurs. Vers les fix
heures , peu de tems après le diné , il y eut Comédie
Italienne..
Le 4. à quatre heures du matin , les 4. Re--
gimens de Dragons marcherent fur deux colomnes
, & enfuite s'étant mis en parade , firent leur
Exercice & diverſes évolutions à Cheval & à pied
II. Vola jufqu'à
JUIN. 1730. 1439
que
jufqu'à 2. heures après midi . Ils pratiquerent la
nouvelle maniere de coupler les Chevaux ' ,
S. M. P. fait introduire dans fon Armée , & qui
a divers avantages , fur tout celui de pouvoir
former un front de Bataillon , & par là couvrir
les Chevaux & c. Le Roi de Pruffe alla diner ,
accompagné de quelques Generaux , chez le Duc
Jean Adelphe Weifenfels . Le Prince Royal de
Pruffe dina avec le Roi de Pologne & les Dames.
Le foir il y eat Comédie & Bal à la Cour.
Le s .
elle
la Cavalerie fit fes Exercices , compofée
de 24. Efcadrons des Gardes du Corps , des Carabiniers
& des 3. Regimens de Cuiraffiers . Elle
marcha fur quatre Colomnes vers le Pavillon
Royal , où s'étant formée fur deux lignes ,
fit plufieurs mouvemens , marches , attaques &c.
& forma enfuite un quarré , dont le Pavillon du
Roi étoit le centre , & elle rentra dans le Camp
fur une Colomne , en tournant autour du Pavil
Jon Royal.
Le 6. il y eut Concert de voix & d'Inftrumens
&c.
Les Rois de Pologne & de Pruffe ayant été indifpofés
pendant quelques jours , & L. M. étant
parfaitement rétablies , le 10. elles fe rendirent
avec leur fuite au Pavilion , éloigné d'une portée´
de Canon du centre de la premiere ligne de l'Armée
, pour voir l'Exercice de l'lafanterie. Ce
Pavilon eft conftruit de charpente , orné de
peintures & de dorures de très bon goût , élevé
fur une hauteur qui domine fur toute la Plaine.
L'Infanterie qui étoit fortie du Camp dès le
matin , avoit formé autour de ce Pavillon un'
quarré , dont chaque flanc étoit compofé de fixt
Bataillons. On commença par les évolutions des
armes , & on pratiqua enfuite les differentes manieres
de charger par rangs , par pelotons , par
1 Vel. H vj demi
1440 MERCURE DE FRANCE
demi divifions , par divifions entieres & par hayes,
où les Grenadiers jetterent quantité de Grenades
vers le milieu du quarré &c. Après cet Exercice
& diverfes autres évolutions , L. M. allerent diner
à leur quartier. C'eſt un quarré gardé par des
Janiflaires & par une Garde de Cadets , où des
Soldats Turcs , avec des Veſtes de drap d'or ,
& des efpeces de Turbans de velours cramoifi ,
font la garde devant la Tente de ces deux Rois ,
& où l'on voit auffi des Hongrois en habits
d'écarlate , avec des galons & des franges d'or.
Il y a encore douze Gardes qu'on nomme Peckins
, auffi habillés d'écarlate avec des bonnets
de velours noir , bródés d'argent , & une aigrette
de plumes blanches , tenant chacun une hache
d'argent. Le milieu de ce qnarré eft occupé par
une grande Sale tendue de damas cramoifi &
jaune . Cette Sale eft percée de 4. portes par
lef
quelles on entre dans quatre Galeries , qui aboutiffent
à autant de Cabinets , à côté defquels il y
a 8. Tentes à la Turque , ornées de riches étoffes .
Quatre grandes Tentes qui fervent de Sale à
manger , font contigues à ces Cabinets.
>
On a fervi tous les jours trois Tables de 24
Couverts chacune ; les deux Rois mangent à la
premiere , L. A. R. à la feconde , & la troifiéme
eft deftinée pour les Officiers Generaux des deux
Cours ; ces Tables font fervies en vaiffelle de vermeil
doré. Il y a outre cela cinq autres Tables
auffi de 24. Couverts chacune , fervies en vaiffelle
d'argent pour les Hauts Officiers & les
Etrangers. Un Officier de diftinction de la Maifon
du Roi fait les honneurs de chaque Table.
Le Roi de Pologne eft logé dans un Palais
qu'il a fait conftruire exprès, à une portée de pif
tolet du Quarré dont on vient de parler . Le Roi
de Pruffe y eft auffi logé, avec le Prince Royal
on fils , & toute fa Cour. Dans
JUIN. 1730. 1441
DO
52
ם כ
Dans une Lettre écrite de ce Camp , on s'exprime
ainfi : » Je fuis, bien fâché que vous ne
foyez pas à portée de voir ce corps d'armée ++
en verité on ne fçauroit donner une idée de la
magnificence de l'Armée de Darius , que par
celle-cy. Il n'y a point de Sous - Lieutenant de
Cavalerie , dont le Cheval avec le harnois ne
→ vaille au moins mille écus. Il y a trois Tables
» chez le Roy , de 24. Couverts chacune , fervies
en vaiffelle d'or , & plufieurs autres au nombre
" de 300. Couverts , en vaiffelle d'argent. Les
Tentes feules du Quartier du Roi , font eftimées
deux millions. Ce qu'on voit de toutes fortes
» de Voitures , Caroffes , Chaifes & Chevaux de
» felle pour les Etrangers & pour les Dames , elt
» inconcevable. On diftingue ici des Officiers Ge-
» neraux & autres de toutes les Troupes de l'Europe
, & un concours infini d'Etrangers de toutes
Nations.Je ne fçai fi le calcul eft jufte , mais
on compte qu'outre les Troupes , il y a 300
mille ames dans le Camp ou aux environs.
» Au refte , il n'eft queftion ici que de Colon-
» nes , dans le gout de celles du Livre du Chevalier
de Follard ; petits & grands , tout le monde
fe mêle de faire des Colonnes . Il y a un jour
» destiné exprès , où toute l'Infanterie ne fera
පා que des Colonnes ; & le Roi de Pruffe , qui y
» étoit totalement oppofé it y. a deux ans , s'eft
» enfin rendu à l'opinion de l'Auteur de ce Livre
» & à la mienne , fur le fait des Colonnes.
37
םכ
»Le Roi de Pologne m'a fait l'honneur de me
dire qu'il feroit deffiner toutes les évolutions
qui fe font faites , pour que je vous les envoye.
» Mais de tout ce qu'on a fait , le plus beau fera
fans doute , un Paffage de Riviere. L'E be eft
deux fois large ici comme la Seine à Paris . On
» établira trois Ponts en preſence de l'Ennemi , à
11. Vol.
» la
1442 MERCURE DE FRANCE
20
la faveur du Canon & de certains Prammies'
garnis de Canons. Ces Ponts font mobiles &
» deſcendront la Riviere , s'établiront , pour ainfi
→ dire, dans un moment , & le paffage fe fera de
dire vive force. On peut fans craindre le ridi
cule , que ce font Jeux de Prince. A Dieu ,
cher Chevalier , je vous écrirai plus au long ,
quand je pourrai yous envoyer les Deffeins de
ૐ
→ tout ceci .
Les Lettres qu'on a reçues depuis du Camp
de Malhberg portent que le 17. Juin l'Armée
marcha en Phalanges ou Bataillons quarrez , fui
vant l'ufage des Anciens. Cette marche reprefentoit
parfaitement le même ordre de bataille done
les Grecs fe fervoient pour combattre leurs enne
mis , & faifoit un coup d'oeil incomparable. I
y avoit une Phalange d'Infanterie & deux de
Cavalerie , lefquelles après avoir marché quelque
temps dans cet ordre , formerent enfuite deux
lignes toute l'Armée fe replia par le centre &
fe remit fur le même terrain ; après quoi on fe
retira en combattant jufqu'au Camp ; le tout fut
parfaitement bien executé.
Le 18. le Roi de Pruffe dîna chez le Comte de
Wackerbarth , avec le Duc de Saxe Weimar-
Le foir il y eut Comedie Italienne.
Le 19. toute l'Armée fe mit de nouveau en
marche , & forma d'abord neuf grands quarrez ,
l'Infanterie s'étant enfuite formée en quarré long,
fut attaquée par la Cavalerie , qui fut vivement
repouflée par le Canon , les Grenades & la Moufqueterie
L'Infanterie fe voyant trop preffée , forma un
autre quarré long , & fut encore attaquée à di-.
verfes reprises dans fa retraite par toute la Cavalerie
, avec tant d'acharnement , qu'on cut de la
peine à faire retourner quelques Efcadrons qui
11. Vola
effuyerent
JUIN. 1730. 1443
effuyerent le feu , ayant la tête des chevaux dans
les Bayonettes. Enfin la retraite fe fit en deux colonnes
, par des défilez d'une manière qui n'avoit
pas encore été pratiquée & qui fut jugée d'une
grande utilité par les connoiffeurs .
Le 20. Le Regiment des grands Grenadiers fit
fes exercices avec beaucoup d'adreffe devant les
deux Rois . Le Comte de Rutowski , qui en eft le
Commandant , traita enfuite fplendidement le
Roi de Pruffe. Le même jour le Roi alla reconnoître
le terrain où S. M, avoit deffein de paffer
l'Elbe avec un Détachement de l'Armée : ce deffejn
s'executa le 21. Une partie de l'Armée paffa
cette Riviere & fe retrancha ; elle fut enfuite attaquée
par le gros de l'Armée , commandé par
le Comte de Wackerbarth, il fut à la fin repouffé;.
У eut dans cette action deux Soldats de tuez &
un de bleffé par accident. Jamais Artillerie n'a été
fetvie avec plus d'adreffe & d'art , qu'en cette occafion
, y ayant eu de groffes pieces qui ont tiré
coups dans une minute..
il
fix
Le 22. le Roi de Pruffe alla dîner chez lé Prince
Royal de Pologne , qui le régala fuperbement.
Les Exercices Militaires finirent le 23. par une
bataille rangée : l'Armée étoit partagée en deux
corps, dont l'un étoit commandé par le Velt- Maréchal
, Comte de Wackerbarth , & l'autre par le
Duc de Saxe - Weffeinfels , qui après avoir perdu
la bataille , fit une très - belle retraite , ayant mar
ché en bon ordre vers le Bois.
Pendant cette retraite, le Roi de Pologne , qui s'é
toit mis à la tête de fix Efcadrons qu'il avoit déta
chés fecretement de l'aîle droite, tomba dans le flanc
de l'aile gauche , & fit prifonnier un Efcadron
du Régiment de Pohlentz , qui ne s'étoit pas ap
perçu de ce mouvement. Il y eut des pieces de
Canon qui tirerent ce jour- là 159. coups , &
11. Vol.
PArtillerie
1444 MERCURE DE FRANCE
l'Artillerie tira en tout 9000. coups.
Le 24. on tira le fuperbe Feu d'artifice que le
Roi avoit fait préparer fur l'Elbe : le temps calme
& l'air obfcur qu'il faifoit cette nuit- là , ne contribuerent
pas peu à rendre ce fpectacle plus mafique
& plus agréable : il fut executé dans toute
fa perfection , & tous ceux qui l'ont vû , conviennent
que c'eft le plus beau qui ait été tiré de me--
moire d'homme.
Après le Feu d'artifice , le Bucentaure parut
fur l'Elbe avec une Flotille de 15. Bâtimens ,
tous entierement illuminez & ornez de leurs Banderoles
, &c. Cette Fête dura jufqu'à quatre heurés
du matin.
Lers . on celebra au Camp le Jubilé de la Confeffion
d'Ausbourg. Le Roi dîna ce jour - là chezle
General Bauditz , & vit enfuite fon beau Rément
de Carabiniers ."
Le 26. toute l'Armée fut magnifiquement traitée
; elle fe mit à table à onze heures & s'en leva à
midy. Le 27. les deux Rois & leurs fuites s'em→ ,
barquerent fur la Flotille , & defcendirent l'Elbe
jufqu'à Leuchtenberg , où l'on coucha.
Le 28. on finit les Diverriffemens par une
grande Chaffe que le Roi donna au Roi de Pruffe,
& qui n'a pas été moins magnifique que toutes
les autres Fêtes on y a tué à coups de fufil ,
1100. Pieces , tant Cerfs que Biches , Chevreuils
& Sangliers.
Après la Chaffe , on fervit plufieurs Tables de
plus de 400. Couverts ; les deux Rois le féparerent
enfuite avec de grandes marqués d'amitié &
de tendreffe. Le Roi de Pruffe eft allé à Poſtdam ,
& S. M. Pol. eft retournée au Camp , où elle
reftera encore quelques jours avant que de fe rendre
à Drefde.
Par les dernieres Lettres reçûës , on a appris
le circonftances fuivantes : Lo
JUIN 1730. 1445
Le 12. Juin , l'Artillerie fit l'Exercice avec 48.
Pieces de Canon. Outre le Bataillon de l'Artillerie
, on commanda encore trois Regimens d'Infanterie.
Après que ce Corps fe fut rangé fur fir
lignes ; & qu'on eut reparti les Canons en huit
Brigades , il fe mit en marche fur fix colonnes'
vers le Pavillon Royal . Les Canons avec les Chariots
de munitions , alloient au milieu des colonnes
, & étoient accompagnez d'un certain nom
bre de Canoniers & de Soldats détachez de l'Infanterie.
Les Timbales de l'Artillerie étoient fur
un Char attelé de quatre chevaux blancs .
Après que tout fut arrivé à une distance mar
quée du Pavillon , on détela & on fit fortir
des rangs les Chevaux de l'Artillerie & les Chariots
de munitions. Tout le Corps fe remit enfuite
en bataille fur fix lignes , ayant le Canon ;
dans les intervales marques.
Pendant que le Canon faifoit les differentes
charges , l'Infanterie rangée par pelotons , fortoit
par les intervales à chaque charge, & faifoit
fon feu par rang , de même que celle qui étoit à
la tête & à la queue, Elle fe retira enfuite derriere
le Canon. Toutes ces differentes manieres de charges
ont été fort bien executées , malgré les groffes
pluies qu'il faifoit ,ceCorps fit après un mouvement
pour avancer jufqu'à un certain endroit , & continua
toujours à tirer . Il forma enfuite un Quarré
, ayant les Canons rangez fur les flancs , & finit
cette manoeuvre par une décharge generale
des 48. Canons à la fois , qui fut fuivie de celles
72. Pelotons de l'Infanterie, & réïterée fix fois.
Enfin après avoir fait fortir les Chariots de Munitions
du Quarré , & les Brigades des Canons ,
les Pelotons de l'Infanterie firent un mouvement
pour fe mettre fur un Terrain marquê , & fe retirer
; ce qu'ils firent en chargeant en retraite , &
de
11. Vol. ren1446
MERCURE DE FRANCE
rentrerent ainfi dans le Camp. Le Roi de Pruffe
dîna avec le Prince Royal fon fils , chez le
Velt-Maréchal Comte de Wackerbarth , & le Roi
de Pologne , chez le Duc de Saxe-Weimar.
Le 13. les deux Rois dînerent chacun en particulier
, & le Prince Royal dîna en compagnie
la feconde Table ; fervie en vermeil doré. Après
midy fe fit PExercice des Lanciers . Les , fix Efca
drons des Gardes du Corps , armez de Cuiraffes
de Cafques & de Lances , fe prefenterent ; on y
avoit joint cinq Bataillons de Grenadiers ou Gardes
à pied , aufquels on avoit fait diftribuer 128.
Piques par Bataillon.
›
Les Lanciers , en fortant du Camp , fe formerent
fur une ligne , ayant toûjours un Bataillon
entre deux Efcadrons. La marche fe fit vers le
Payillon fur deux lignes , dont la premiere fut
formée par les fix Efcadrons de Lanciers , & la
feconde par les cinq Bataillons d'Infanterie. Pendant
que les Lanciers firent leurs mouvemens✨
vers le Pavillon , les Huffars Polonois , armez de
Cuiraffes & de Cafques,coururent la Bague devant
L.M.& briferent leurs Lances contre desMachines
qu'on avoit préparées pour cet effet. En arrivant
a quelque diftance du Pavillon , les Lanciers fe
formerent de nouveau fur une Ligne ; l'Infante
rie fe mit au milieu , & les fix Efcadrons fur les
aîles , trois Efcadrons fur chaque aîle. Après
avoir avancé ainfi jufqu'à une diſtance marquée
en attaquant , chargeant & le retirant , ils fe formerent
de la même maniere fur trois lignes , & .
avancerent de nouveau en faifant la même manoeuvre
; ce qui ayant été exécuté , les cinq Bataillons
formerent chacun un Bataillon quarré
ayant les Lanciers fur les aîles , & firent enſem
ble diverfes manoeuvres . Enfin les quatre Batail-
' ours des Gardes formerent un grand quarré au-
II. Vol.
tour
JUIN. 1730. J447
tour du cinquiéme Bataillon , qui étoit celui des
Grenadiers. Les Lanciers fe rangerent pour les
couvrir , & après avoir fait plufieurs attaques ,
marches & contremarches , on fe battit en retraite
& on entra dans le Camp.
Le 14, le Roy de Pruffe alla dès le matin voir
l'armée , qui étant fortie du Camp fans armes
&C.
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Résumé : Camp de Mulhberg.
Le texte décrit une fête militaire organisée par le Roi de Pologne au camp de Mulhberg en Saxe. Ce camp accueille une grande quantité de troupes d'élite, et le Roi donne une fête militaire digne d'un grand souverain. Toute l'armée est habillée de neuf, avec une grande propreté et uniformité pour les cavaliers et les soldats, et une richesse et un goût remarquables pour les officiers, qui possèdent plusieurs habits d'uniforme varié. La situation du camp est agréable, avec un superbe pavillon royal et des tentes magnifiques sur une éminence offrant une vue sur l'armée campée en deux lignes dans une belle plaine bordée par la rivière Elbe. Les troupes les plus magnifiques incluent les Gardes du Corps du Roi de Pologne, les Chevaliers Gardes, les Grands Mousquetaires, les Carabiniers, les Gardes à pied et les Cuirassiers. Le 31 mai, le Roi de Pologne sort du camp pour rencontrer le Roi de Prusse. Les deux souverains s'embrassent avec des marques d'amitié et déjeunent sous une tente magnifique. Le 1er juin, l'armée marche sous le commandement du Prince Royal de Pologne et se range en deux lignes. Les deux rois assistent à des exercices militaires et à des évolutions de l'armée. Les jours suivants, divers exercices et fêtes sont organisés, incluant des comédies, des bals, des concerts, et des exercices de cavalerie et d'infanterie. Les rois assistent également à des manœuvres et des batailles simulées, où l'armée démontre ses compétences et son organisation. Le 24 juin, un feu d'artifice spectaculaire est tiré sur l'Elbe, suivi par l'apparition du Bucentaure avec une flotille de bateaux illuminés. Le camp de Mulhberg est décrit comme un lieu de grande magnificence, avec des troupes bien équipées et des officiers de diverses nations européennes. Les lettres reçues du camp mentionnent également des manœuvres militaires impressionnantes et des exercices tactiques innovants. Le 12 juin, l'artillerie effectue un exercice avec 48 pièces de canon et trois régiments d'infanterie. Les troupes se mettent en marche vers le pavillon royal, exécutant diverses manœuvres malgré la pluie. L'exercice se termine par une décharge générale des canons et des pelotons d'infanterie. Le 13 juin, les deux rois dînent séparément. Les lanciers et les grenadiers effectuent des exercices, incluant des charges et des manœuvres en formation. Les hussards polonais courent la bague devant le roi de Pologne. Le 14 juin, le roi de Prusse visite l'armée, qui est sortie du camp sans armes. Le 28 juin, après une grande chasse où 1 100 pièces de gibier furent abattues, les deux rois se séparent en signe d'amitié. Le roi de Prusse se rend à Potsdam, tandis que le roi de Pologne retourne au camp.
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19238
p. 1420
Portrait gravé de Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Début :
Le Portrait de Monseigneur le Dauphin, peint par M. Belle, de l'Académie Royale de Peinture, [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, M. Belle
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texteReconnaissance textuelle : Portrait gravé de Monseigneur le Dauphin, [titre d'après la table]
Le Portrait de Monseigneur le Dauphin , peint
par M. Belle , de l'Académie Royale de Peinture,
paroit en Estampe pour la premiere fois , gravé
par le sieur J. Daulle , qui a très bien saisi et
conservé les graces de l'Original . Outre que cetre
Planche est fort belle par elle même , elle est encore
plus chere à toute la Nation , par l'auguste
Enfant qu'elle répresente.
Cette Estampe se vend chez le sieur Belle , à
l'entrée de la rue du Four , et chez la veuve Chereau
, ruë S. Jacques .
par M. Belle , de l'Académie Royale de Peinture,
paroit en Estampe pour la premiere fois , gravé
par le sieur J. Daulle , qui a très bien saisi et
conservé les graces de l'Original . Outre que cetre
Planche est fort belle par elle même , elle est encore
plus chere à toute la Nation , par l'auguste
Enfant qu'elle répresente.
Cette Estampe se vend chez le sieur Belle , à
l'entrée de la rue du Four , et chez la veuve Chereau
, ruë S. Jacques .
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19239
p. 1420
Nouveaux Tableaux exposez à Versailles, [titre d'après la table]
Début :
Sur la fin du mois dernier, on exposa successivement dans le grand Appartement du Roy au [...]
Mots clefs :
Appartement du roi, Henri III, Henri IV
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texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Tableaux exposez à Versailles, [titre d'après la table]
Sur la fin du mois dernier , on exposa successivement
dans le grand Appartement du Roy au
Château de Versailles , deux grands et magnifiques
Tableaux , qui doivent être placez, dans l'Eglise
des Grands Augustins de cette Ville , peints
par Mrs Venlo et de Troy , de l'Académie Royale
de Peinture. Le premier représente l'Institution
de l'Ordre du S. Esprit par Henry III. et l'autre
une Réception de Chevaliers du même Ordre
par Henry IV . Les figures sont grandes comme
le naturel. Le Roy , la Reine et toute la Cour , ont
paru fort satisfaits de ces deux grands Morceaux,
où , dans une très belle ordonnance , regne beaucoup
d'entente , de richesse , de noble simplicité ,
et de caracteres très - bien rendus , & c.
dans le grand Appartement du Roy au
Château de Versailles , deux grands et magnifiques
Tableaux , qui doivent être placez, dans l'Eglise
des Grands Augustins de cette Ville , peints
par Mrs Venlo et de Troy , de l'Académie Royale
de Peinture. Le premier représente l'Institution
de l'Ordre du S. Esprit par Henry III. et l'autre
une Réception de Chevaliers du même Ordre
par Henry IV . Les figures sont grandes comme
le naturel. Le Roy , la Reine et toute la Cour , ont
paru fort satisfaits de ces deux grands Morceaux,
où , dans une très belle ordonnance , regne beaucoup
d'entente , de richesse , de noble simplicité ,
et de caracteres très - bien rendus , & c.
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Résumé : Nouveaux Tableaux exposez à Versailles, [titre d'après la table]
À la fin du mois dernier, deux tableaux ont été exposés au Château de Versailles. Réalisés par Venlo et de Troy, ils représentent l'Institution de l'Ordre du Saint-Esprit par Henri III et une Réception de Chevaliers par Henri IV. Le Roi, la Reine et la Cour ont apprécié ces œuvres, notées pour leur ordonnance, richesse et simplicité.
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19240
p. 1420-1421
Nouvelles Carrieres de Marbre découvertes, [titre d'après la table]
Début :
Le Marbre étant d'un très-grand usage dans l'Architecture et la Sculpture, et une matiere [...]
Mots clefs :
Marbre, Carrière, Vert, Blanc, Montagnes, Carrières
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Carrieres de Marbre découvertes, [titre d'après la table]
Le Marbre étant d'un très-grand usage dans
II. Vol. PAIJUIN.
1733- 1421
Architecture et la Sculpture , et une matiere
galement propre et solide à construire et à orer
les Edifices publics , les Temples et les Palais,
ous croyons faire plaisir à une infinité de gens
e leur apprendre qu'on vient d'ouvrir plusieurs
Carrieres infiniment abondantes , de très - beau
Marbre , d'un mélange de couleurs singulier , et
are dans sa disposition , qui prend un beau poli
t qui a le grain très -fin .
Ĉes Carrieres sont dans deux Montagnes de
Rouergue , situées au Lieu de Firmy , à quatre
seues de Rodez. Ces Montagnes peuvent contehir
400. arpens ;
leur élevation est d'environ 150.
oises . Elles ne produisent aucun arbuste mais
lles promettent de dédommager de leur stérilité
xterieure , par leur fécondité intarissable en
Marbre. On y en a déja découvert de plusieurs
ortes ; de verd- brun , de gris- verd , de gris-noir;
le noir- tacheté et veiné de blanc, de verd , mêlé
le violet ; de blanc , veiné de verd et de pluieurs
verds très beaux ; de blanc , avec de la
preche ou taches en guise de caillou , et veines
wertes. Les Ouvriers qui ont commencé à travailler
à cette Carriere , ne parlent que par excla- .
mation de la beauté et de la solidité du Marbre
qu'ils découvrent ; ils dirent n'en avoir jamais ,
vû de si beau . Comme la Carriere peut s'ouvrir
en bien des endroits differens , où le Marbre paroît
au -dehors , il y a apparence qu'on en trouvera
encore de plus rare . La Riviere du Lot , qui
porte bateau et qui n'est qu'à une lieue de la
Carriere , en rendra le transport facile par eau ;
à Cahors , à Toulouse , à Bordeaux , à Paris ,
&c. Les Curieux qui en souhaiteront des Blocs
ou des Ouvrages , pourront s'adresser chez M. de
Firmy , à Rodex.
II. Vol. PAIJUIN.
1733- 1421
Architecture et la Sculpture , et une matiere
galement propre et solide à construire et à orer
les Edifices publics , les Temples et les Palais,
ous croyons faire plaisir à une infinité de gens
e leur apprendre qu'on vient d'ouvrir plusieurs
Carrieres infiniment abondantes , de très - beau
Marbre , d'un mélange de couleurs singulier , et
are dans sa disposition , qui prend un beau poli
t qui a le grain très -fin .
Ĉes Carrieres sont dans deux Montagnes de
Rouergue , situées au Lieu de Firmy , à quatre
seues de Rodez. Ces Montagnes peuvent contehir
400. arpens ;
leur élevation est d'environ 150.
oises . Elles ne produisent aucun arbuste mais
lles promettent de dédommager de leur stérilité
xterieure , par leur fécondité intarissable en
Marbre. On y en a déja découvert de plusieurs
ortes ; de verd- brun , de gris- verd , de gris-noir;
le noir- tacheté et veiné de blanc, de verd , mêlé
le violet ; de blanc , veiné de verd et de pluieurs
verds très beaux ; de blanc , avec de la
preche ou taches en guise de caillou , et veines
wertes. Les Ouvriers qui ont commencé à travailler
à cette Carriere , ne parlent que par excla- .
mation de la beauté et de la solidité du Marbre
qu'ils découvrent ; ils dirent n'en avoir jamais ,
vû de si beau . Comme la Carriere peut s'ouvrir
en bien des endroits differens , où le Marbre paroît
au -dehors , il y a apparence qu'on en trouvera
encore de plus rare . La Riviere du Lot , qui
porte bateau et qui n'est qu'à une lieue de la
Carriere , en rendra le transport facile par eau ;
à Cahors , à Toulouse , à Bordeaux , à Paris ,
&c. Les Curieux qui en souhaiteront des Blocs
ou des Ouvrages , pourront s'adresser chez M. de
Firmy , à Rodex.
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Résumé : Nouvelles Carrieres de Marbre découvertes, [titre d'après la table]
Le texte relate la découverte de carrières de marbre en Rouergue, près du lieu de Firmy, à environ seize kilomètres de Rodez. Ces carrières, situées sur deux montagnes stériles mais riches en marbre, s'étendent sur environ 400 arpents et atteignent une hauteur de 150 toises. Elles offrent une variété de marbres aux couleurs et motifs divers, incluant le vert-brun, le gris-vert, le gris-noir, le noir tacheté et veiné de blanc, ainsi que le blanc veiné de vert. D'autres nuances de vert et de blanc sont également présentes. Les ouvriers soulignent la beauté et la solidité du marbre extrait. La proximité de la rivière du Lot permet un transport aisé vers des villes comme Cahors, Toulouse, Bordeaux et Paris. Les personnes intéressées peuvent contacter M. de Firmy à Rodez pour obtenir des blocs ou des ouvrages en marbre.
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19241
p. 174-177
LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
Début :
La naissance de Monseigneur le DUC DE BOURG[O]GNE, est un événement qui [...]
Mots clefs :
Félicité publique, Feu de joie, Reims, Temple, Figure, Ville, Majesté, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
LE TEMPLE de la felicité publique
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
175
liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
Hiij
Itized by Goog
176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
JANVIER. 1752.
177
Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
175
liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
Hiij
Itized by Goog
176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
JANVIER. 1752.
177
Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
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19241
LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
19242
p. 171
« REFUTATION du discours du Citoyen de Genéve qui a remporté le prix de l'Académie de [...] »
Début :
REFUTATION du discours du Citoyen de Genéve qui a remporté le prix de l'Académie de [...]
Mots clefs :
Réfutation, Discours, Jean-Jacques Rousseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « REFUTATION du discours du Citoyen de Genéve qui a remporté le prix de l'Académie de [...] »
REFUTATION du difcours du Citoyen de
Genéve qui a remporté le prix de l'Académie de
Dijon en l'année 1750 , par un Académicien de
la même Ville . A Londres , & le trouve à Paris
chez plufieurs Libraires.
C'estun écrit à deux colonnes ; on voit le difcours
d'un côté & la réfutation de l'autre . De tou
tes les Critiques qu'on a faites de l'ouvrage de M.
Roufleau , c'est la plus détaillée , & la plus propre
par la méthode qui y eft obfervée à faire décou
vrir la vérité . Ceux qui s'occupent de cette importante
controverſe , doivent joindre à la lecture de
l'ouvrage que nous leur annonçons la réponſe de
cinq ou fix pages qu'y a fait M. Rouffeau & qui fe
trouve chez Piffot : C'est toujours le même courage
, la même force & la même véhémence .
Genéve qui a remporté le prix de l'Académie de
Dijon en l'année 1750 , par un Académicien de
la même Ville . A Londres , & le trouve à Paris
chez plufieurs Libraires.
C'estun écrit à deux colonnes ; on voit le difcours
d'un côté & la réfutation de l'autre . De tou
tes les Critiques qu'on a faites de l'ouvrage de M.
Roufleau , c'est la plus détaillée , & la plus propre
par la méthode qui y eft obfervée à faire décou
vrir la vérité . Ceux qui s'occupent de cette importante
controverſe , doivent joindre à la lecture de
l'ouvrage que nous leur annonçons la réponſe de
cinq ou fix pages qu'y a fait M. Rouffeau & qui fe
trouve chez Piffot : C'est toujours le même courage
, la même force & la même véhémence .
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Résumé : « REFUTATION du discours du Citoyen de Genéve qui a remporté le prix de l'Académie de [...] »
Un académicien de Dijon a publié à Londres une réfutation détaillée du discours de Rousseau, primé en 1750. L'ouvrage oppose les textes originaux et les critiques. Pour comprendre la controverse, il est conseillé de lire la réponse de Rousseau, disponible chez Piffot, marquée par son courage et sa véhémence.
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19243
p. 169-174
LETTRE à M. D., un des Directeurs de l'Opéra de Paris. A Vienne en Autriche, le Ir Août 1772.
Début :
L'estime qui vous est due, Monsieur, & pour vos talens, certainement très-distingués, & pour [...]
Mots clefs :
Opéra, Christoph Willibald Gluck, Genre, Langue, Homme, Ouvrage, Talents, Iphigénie, Action, Italiens, Opéra de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. D., un des Directeurs de l'Opéra de Paris. A Vienne en Autriche, le Ir Août 1772.
LETTRE à M. D. , un des Directeurs
de l'Opéra de Paris.
A Vienne en Autriche , le 1 ' Août 1772.
L'eftime qui vous eft due , Monfieur , & pour
vos talens , certainement très - diftingués , & pour
l'honnêteté de votre caractère, qui n'eft particu
lièrement connue , m'a déterminé à me charger
de vous écrire , pour vous faire part que le fa
meux M. Glouch , fi connu dans toute 1 Europe
a fait un opéra français qu'il defireront qui fût
donné fur le théâtre de Paris . Ce grand homme ,
après avoir fait plus de quarante opéras italiens
qui ont eu le plus grand fuccès fur tous les théâtres
où cette langue eft admife , s'eft convaincu par
une lecture réfléchie des anciens & des modernes
& par de profondes méditations fur fon art , que
les Italiens s'étoient écartés da la véritable route
dans leurs compofitions théâtrales ; que le genre
français étoit le véritable genre dramatique mufical
; que s'il n'étoit pas parvenu jusqu'ici à fa perfection
, c'étoit moins aux talens des muficiens
Français vraiment eftimabiesqu'il falloit s'en pren
dre, qu'aux auteurs des poëmes , qui , ne connoiffant
point la portée de l'art mufical , avoient , dans
leurs compofitions , préféré l'efprit au fentiment ,
la galanterie aux paffions , & la douceur & le
coloris de la verfification au pathétique de
ftyle & de fituation . D'après ces réflexions
ayant communiqué fes idées à un homme de
beaucoup d'efprit , de talent & de goût , il en a
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE
obtenu deux poëmes italiens qu'il a mis en mufique.
Il a fait exécuter lui- même ces deux opéras
fur les théâtres de Parme , Milan , Naples , & c.
Ils y ont cu un fuccès incroyable , & ont produit
en Italie une révolution dans le genre. L'hiver
dernier, la ville de Boulogne, en l'abſence de
M. Glouch , a fait représenter un de ces opé: as.
Son fuccès , dans cette ville , a attiré plus de vingt
mille étrangers empreffés à en voir les repréfentations
; & ,de compte fait , Boulogne a gagné , par
ce spectacle , au delà de quatre-vingt mille ducats
, environ 90c000 livres de France. De retour
içi, M. Glouch , éclairé par ſa propre expérience , a
cru s'appercevoir que la langue italienne , plus
propie , par la repétition fréquente des voyelles , à
le prêter à ce que les Italiens appellent des paflages
, n'avoit pas la clarté & l'énergie de la langue
françoife ; que l'avantage que nous venors d'accorder
à la première étoit même deſtructif du véiable
genre dramatique mufical , dans lequel
tout pallage étoit difparate ou du moins affoibliffoit
l'expreffion . D'après ces obfervations , M.
Glouch s'eft indigné contre les affertions hardies,
de ceux de nos écrivains fameux qui ont ofé calonnier
la langue françaife , en foutenant qu'elle
n'étoit pas fufceptible de fe prêter à la grande
compofition musicale. Perfonne , fur cette matiè
re, ne peut être juge plus compétent que M.
Glouch : il possède parfaitement les deux langues,
& , quoiqu'il parle la françaiſe avec difficulté , il
la fait à fond ; il en a fait une étude particulière ;
il en connoît enfin toutes les fineffes , & fur tour,
Ja profodie , dont il est très -fcrupuleur obfervateur.
Depuis long- tems il a cflayé les talens fur
les deux langues dans différens genres , & a obtema
des luccès dans une cour où elles font égale,
OCTOBRE. 1772 .. 171
·
poument
familières , quoique la françaiſe y foit pré-.
férée pour l'ufage ; dans une cour d'autant plus
en état de juger des talens de ce genre , que les
oreilles & le goût y lont continuellement exercés.
Depuis ces oblervations, M. Glouch defiroit
voir appuyer fon opinion en faveur de la langue
françaite fur la démonftration que produit l'expérience
; lorfque le hafard a fait tomber entre
fes mains la tragédie opéra d'Iphigénie en
Aulide. Il a cru trouver , dans cet ouvrage , cè
qu'il cherchoit. L'auteur , ou , pour parler plus
exactement , le rédacteur de ce poëne me paroît
avoir ſuivi Racine avec la plus fcrupuleufe attention.
C'eſt fon Iphigénie même mile en opéra.
Pour parvenir à ce point , il a fallu qu'on abrégeât
l'expofition , & qu'on fit difparoître l'Epifode
d'Eriphile . On a introduit Calcas au premier
acte , à la place du confident Arcas ; par ce moyen
l'expofition s'eft trouvée en action : le fujet a été
fimplifié , & l'action , plus refferrée , a marché plus
rapidement au but . L'intérêt n'a point été altéré
par ces changemens ; il m'a paru même auffi entier
que dans la tragédie de Racine. Par le retranchement
de l'Epiſode d'Eriphile , le dénoûment
de la pièce de ce grand homme n'ayant pu
fervir pour l'opéra dont il s'agit , il y a été fuppléé
par un dénoûment en action , qui doit faire
un très bon effet , & dont l'idée a été fournie à
l'auteur , tant par les tragiques Grecs que par Ra
cine lui-même , dans la préface de fon Iphigénie.
Tout l'ouvrage a été divifé en trois actes , divifion
qui me paroît la plus favorable au genre qu
exige une grande rapidité d'action . On a tir
fans efforts du fujet , & l'on a amené naturelle
ment dans chaque acte un divertiflement brillant
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
hé au fujer de manière , qu'il en fait partie , en
augmente l'action ou la complette . On a eu grand
foin de mettre en oppofition les fituations & les
caractères , ce qui produit une variété piquante &
néceffaire pour tenir le fpectateur attentif, & pour
l'intérefler pendant tout le tems de la repréfentation
. On a trouvé moyen , fans avoir recours aux
machines , & fans exiger des dépenſes confidéra.
bles , de préfenter aux yeux un fpectacle noble
& magnifique . Je ne crois pas qu'on ait jamais
mis au théâtre un opéra nouveau qui demande
moins de frais , & qui cependant foit plus pompeux.
L'auteur de ce poë ue , dont la repréſentation
entière ne doit durer au plus que deux heures
& demie , y compris les divertiffemens , s'eft
fait un devoir de fe fervir des penſées & même
des vers de Racine , lorfque le genre , quoique
différent, l'a pu permettre . Ces vers ont été enchaflés
avec aflez d'art , pour qu'on ne puiffe pas
appercevoir trop de difparité dans la totalité du
ftyle de l'ouvrage. Le fujet de l'Iphigénie en Auli,
de m'a paru d'autant mieux choifi , que l'auteur ,
en fuivant Racine , autant qu'il a été poffible , s'eſt
affuré de l'effet de fon ouvrage, & que, par la certitude
du fuccès , il eft amplement dédommagé de ce
qu'il peut perdre du côté de l'amour- propre.
Le nom feul de M. Glouch me difpenferoit ,
Monfieur , de vous parler de la mufique de cet
opéra , fi le plaifir qu'elle m'a fait à plufieurs répetitions
, me permettoit de garder le filence. Il
m'a paru que ce grand homme avoit épuilé toutes
les reflources de l'art dans cette compofition ,
Un chant fimple, naturel , toujours guidé par l'expreffion
la plus vraie , la plus fenfiblespar la mélodie
la plus flatteufe ; une variété inépuisable dans
les fujets & dans les tours ; les plus grands effets
OCTOBRE. 1772. 173
de l'harmonie employés également dans le terri
ble , le pathétique & le gracieux ; un récitatif ra
pide , mais noble & expreffif du gen e ; enfin des
morceaux de notre récitatif françois de la plus
parfaite déclamation ; des airs danfans de la plus
grande variété,d'un genre neuf & de la plus agréable
fraîcheur ; des choeurs , des duo , des trio, des
quatuor également expreffifs , touchans & déclamés
; la profodie de la langue fcrupuleuſement
obfervée , tout , dans cette compofition , m'a paru
dans notre genre; rien ne m'y a femblé étranger
aux oreilles françaifes ; mais c'eft l'ouvrage du talent
: par.1tout M. Glouch eft poëte & muficien ,
par -tout on y reconnoît l'homme de génie & en
mème tems l'home de goût: rien n'y cft foible, ni
négligé.
Vous favez , Monfieur , que je ne fuis point
enthouſiaſte , & que dans les querelles qui fe font
élevées fur la préférence des genres de musique ,
j'ai gardé une neutralité abfolue : je me flatte donc
que vous ne vous préviendrez pas contre l'éloge
que je vous fais ici de la mufique de l'opéra d'Iphigénie.
Je fuis convaincu que vous ferez empretlé
à y applaudir ; je fais que perfonne ne defire
plus que vous les progrès de votre art ; vous y
avez déjà beaucoup contribué par vos productions
& les applaudiflemens que je vous ai vu
donner à ceux qui s'y diftinguoient. Vous verrez
donc avec plaifir , & comme homme de talent , &
comme bon citoyen , qu'un étranger auffi fameux
que M. Glouch , s'occupe à travailler fur notre langue
& la venge, aux yeux , de toute l'Europe des
imputations calomnieufes de nos propres auteurs.
· M. Glouch defire favoir fi la direction de l'Aca .
démie de Mufique auroit allez de confiance dans
-Hijj
174 MERCURE DE FRANCE.
les talens pour ſe déterminer à donner fon opéra.
Il eft prét a faire le voyage de France ; mais il veut
préalablement être afluré , & que fon opéra fera
repréfenté, & dans quel tems à peu près il pourra
l'être. Si vous n'aviez rien de fixé pour l'hiver , le
carême ou la rentrée après Pâques , je crois que
vous ne pourriez mieux faire que de lui affigner
une de ces époques . M. Glouch eſt demandé avec
beaucoup dempreffement à Naples pour le mois
de Mai prochain ; il n'a voulu prendre, de ce côté,
aucun engagement , & il eft déterminé à faire le
facrifice des avantages qu'on lui propofe , s'il peut
être alluré que fon opéra fera agréé par votre Académie
, à laquelle je vous prie de communiquer
cette lettre , & de me faire paffer fa détermination
qui fixera celle de M. Glouch . Je ferois bien flatté
de partager avec vous , Monfieur , l'avantage de
faire connoître à notre nation tour ce qu'elle peut
promettre en faveur de fa langue , embellie paz
l'art que vous profeflez. C'eft dans ces fentimens
que je fuis , avec la plus véritable eftime ,
fe
MONSIEUR ,
Votre très - humble & trèsobéiflant
ferviteur.
PS. Si la direction n'avoit pas affez de confiance
dans le jugement que j'ai porté des paroles de cet
opéra , je vous le ferois paffer par la première occafion
.
,
J'oubliois de vous dire , Monfieur , que M.
Glouch , naturellement très défutéreflé , n'exige
point , pourfon ouvrage , au delà de ce que la direction
a fixé pour les auteurs des opéra nouveaux.
de l'Opéra de Paris.
A Vienne en Autriche , le 1 ' Août 1772.
L'eftime qui vous eft due , Monfieur , & pour
vos talens , certainement très - diftingués , & pour
l'honnêteté de votre caractère, qui n'eft particu
lièrement connue , m'a déterminé à me charger
de vous écrire , pour vous faire part que le fa
meux M. Glouch , fi connu dans toute 1 Europe
a fait un opéra français qu'il defireront qui fût
donné fur le théâtre de Paris . Ce grand homme ,
après avoir fait plus de quarante opéras italiens
qui ont eu le plus grand fuccès fur tous les théâtres
où cette langue eft admife , s'eft convaincu par
une lecture réfléchie des anciens & des modernes
& par de profondes méditations fur fon art , que
les Italiens s'étoient écartés da la véritable route
dans leurs compofitions théâtrales ; que le genre
français étoit le véritable genre dramatique mufical
; que s'il n'étoit pas parvenu jusqu'ici à fa perfection
, c'étoit moins aux talens des muficiens
Français vraiment eftimabiesqu'il falloit s'en pren
dre, qu'aux auteurs des poëmes , qui , ne connoiffant
point la portée de l'art mufical , avoient , dans
leurs compofitions , préféré l'efprit au fentiment ,
la galanterie aux paffions , & la douceur & le
coloris de la verfification au pathétique de
ftyle & de fituation . D'après ces réflexions
ayant communiqué fes idées à un homme de
beaucoup d'efprit , de talent & de goût , il en a
II. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE
obtenu deux poëmes italiens qu'il a mis en mufique.
Il a fait exécuter lui- même ces deux opéras
fur les théâtres de Parme , Milan , Naples , & c.
Ils y ont cu un fuccès incroyable , & ont produit
en Italie une révolution dans le genre. L'hiver
dernier, la ville de Boulogne, en l'abſence de
M. Glouch , a fait représenter un de ces opé: as.
Son fuccès , dans cette ville , a attiré plus de vingt
mille étrangers empreffés à en voir les repréfentations
; & ,de compte fait , Boulogne a gagné , par
ce spectacle , au delà de quatre-vingt mille ducats
, environ 90c000 livres de France. De retour
içi, M. Glouch , éclairé par ſa propre expérience , a
cru s'appercevoir que la langue italienne , plus
propie , par la repétition fréquente des voyelles , à
le prêter à ce que les Italiens appellent des paflages
, n'avoit pas la clarté & l'énergie de la langue
françoife ; que l'avantage que nous venors d'accorder
à la première étoit même deſtructif du véiable
genre dramatique mufical , dans lequel
tout pallage étoit difparate ou du moins affoibliffoit
l'expreffion . D'après ces obfervations , M.
Glouch s'eft indigné contre les affertions hardies,
de ceux de nos écrivains fameux qui ont ofé calonnier
la langue françaife , en foutenant qu'elle
n'étoit pas fufceptible de fe prêter à la grande
compofition musicale. Perfonne , fur cette matiè
re, ne peut être juge plus compétent que M.
Glouch : il possède parfaitement les deux langues,
& , quoiqu'il parle la françaiſe avec difficulté , il
la fait à fond ; il en a fait une étude particulière ;
il en connoît enfin toutes les fineffes , & fur tour,
Ja profodie , dont il est très -fcrupuleur obfervateur.
Depuis long- tems il a cflayé les talens fur
les deux langues dans différens genres , & a obtema
des luccès dans une cour où elles font égale,
OCTOBRE. 1772 .. 171
·
poument
familières , quoique la françaiſe y foit pré-.
férée pour l'ufage ; dans une cour d'autant plus
en état de juger des talens de ce genre , que les
oreilles & le goût y lont continuellement exercés.
Depuis ces oblervations, M. Glouch defiroit
voir appuyer fon opinion en faveur de la langue
françaite fur la démonftration que produit l'expérience
; lorfque le hafard a fait tomber entre
fes mains la tragédie opéra d'Iphigénie en
Aulide. Il a cru trouver , dans cet ouvrage , cè
qu'il cherchoit. L'auteur , ou , pour parler plus
exactement , le rédacteur de ce poëne me paroît
avoir ſuivi Racine avec la plus fcrupuleufe attention.
C'eſt fon Iphigénie même mile en opéra.
Pour parvenir à ce point , il a fallu qu'on abrégeât
l'expofition , & qu'on fit difparoître l'Epifode
d'Eriphile . On a introduit Calcas au premier
acte , à la place du confident Arcas ; par ce moyen
l'expofition s'eft trouvée en action : le fujet a été
fimplifié , & l'action , plus refferrée , a marché plus
rapidement au but . L'intérêt n'a point été altéré
par ces changemens ; il m'a paru même auffi entier
que dans la tragédie de Racine. Par le retranchement
de l'Epiſode d'Eriphile , le dénoûment
de la pièce de ce grand homme n'ayant pu
fervir pour l'opéra dont il s'agit , il y a été fuppléé
par un dénoûment en action , qui doit faire
un très bon effet , & dont l'idée a été fournie à
l'auteur , tant par les tragiques Grecs que par Ra
cine lui-même , dans la préface de fon Iphigénie.
Tout l'ouvrage a été divifé en trois actes , divifion
qui me paroît la plus favorable au genre qu
exige une grande rapidité d'action . On a tir
fans efforts du fujet , & l'on a amené naturelle
ment dans chaque acte un divertiflement brillant
Hij
172 MERCURE DE FRANCE .
hé au fujer de manière , qu'il en fait partie , en
augmente l'action ou la complette . On a eu grand
foin de mettre en oppofition les fituations & les
caractères , ce qui produit une variété piquante &
néceffaire pour tenir le fpectateur attentif, & pour
l'intérefler pendant tout le tems de la repréfentation
. On a trouvé moyen , fans avoir recours aux
machines , & fans exiger des dépenſes confidéra.
bles , de préfenter aux yeux un fpectacle noble
& magnifique . Je ne crois pas qu'on ait jamais
mis au théâtre un opéra nouveau qui demande
moins de frais , & qui cependant foit plus pompeux.
L'auteur de ce poë ue , dont la repréſentation
entière ne doit durer au plus que deux heures
& demie , y compris les divertiffemens , s'eft
fait un devoir de fe fervir des penſées & même
des vers de Racine , lorfque le genre , quoique
différent, l'a pu permettre . Ces vers ont été enchaflés
avec aflez d'art , pour qu'on ne puiffe pas
appercevoir trop de difparité dans la totalité du
ftyle de l'ouvrage. Le fujet de l'Iphigénie en Auli,
de m'a paru d'autant mieux choifi , que l'auteur ,
en fuivant Racine , autant qu'il a été poffible , s'eſt
affuré de l'effet de fon ouvrage, & que, par la certitude
du fuccès , il eft amplement dédommagé de ce
qu'il peut perdre du côté de l'amour- propre.
Le nom feul de M. Glouch me difpenferoit ,
Monfieur , de vous parler de la mufique de cet
opéra , fi le plaifir qu'elle m'a fait à plufieurs répetitions
, me permettoit de garder le filence. Il
m'a paru que ce grand homme avoit épuilé toutes
les reflources de l'art dans cette compofition ,
Un chant fimple, naturel , toujours guidé par l'expreffion
la plus vraie , la plus fenfiblespar la mélodie
la plus flatteufe ; une variété inépuisable dans
les fujets & dans les tours ; les plus grands effets
OCTOBRE. 1772. 173
de l'harmonie employés également dans le terri
ble , le pathétique & le gracieux ; un récitatif ra
pide , mais noble & expreffif du gen e ; enfin des
morceaux de notre récitatif françois de la plus
parfaite déclamation ; des airs danfans de la plus
grande variété,d'un genre neuf & de la plus agréable
fraîcheur ; des choeurs , des duo , des trio, des
quatuor également expreffifs , touchans & déclamés
; la profodie de la langue fcrupuleuſement
obfervée , tout , dans cette compofition , m'a paru
dans notre genre; rien ne m'y a femblé étranger
aux oreilles françaifes ; mais c'eft l'ouvrage du talent
: par.1tout M. Glouch eft poëte & muficien ,
par -tout on y reconnoît l'homme de génie & en
mème tems l'home de goût: rien n'y cft foible, ni
négligé.
Vous favez , Monfieur , que je ne fuis point
enthouſiaſte , & que dans les querelles qui fe font
élevées fur la préférence des genres de musique ,
j'ai gardé une neutralité abfolue : je me flatte donc
que vous ne vous préviendrez pas contre l'éloge
que je vous fais ici de la mufique de l'opéra d'Iphigénie.
Je fuis convaincu que vous ferez empretlé
à y applaudir ; je fais que perfonne ne defire
plus que vous les progrès de votre art ; vous y
avez déjà beaucoup contribué par vos productions
& les applaudiflemens que je vous ai vu
donner à ceux qui s'y diftinguoient. Vous verrez
donc avec plaifir , & comme homme de talent , &
comme bon citoyen , qu'un étranger auffi fameux
que M. Glouch , s'occupe à travailler fur notre langue
& la venge, aux yeux , de toute l'Europe des
imputations calomnieufes de nos propres auteurs.
· M. Glouch defire favoir fi la direction de l'Aca .
démie de Mufique auroit allez de confiance dans
-Hijj
174 MERCURE DE FRANCE.
les talens pour ſe déterminer à donner fon opéra.
Il eft prét a faire le voyage de France ; mais il veut
préalablement être afluré , & que fon opéra fera
repréfenté, & dans quel tems à peu près il pourra
l'être. Si vous n'aviez rien de fixé pour l'hiver , le
carême ou la rentrée après Pâques , je crois que
vous ne pourriez mieux faire que de lui affigner
une de ces époques . M. Glouch eſt demandé avec
beaucoup dempreffement à Naples pour le mois
de Mai prochain ; il n'a voulu prendre, de ce côté,
aucun engagement , & il eft déterminé à faire le
facrifice des avantages qu'on lui propofe , s'il peut
être alluré que fon opéra fera agréé par votre Académie
, à laquelle je vous prie de communiquer
cette lettre , & de me faire paffer fa détermination
qui fixera celle de M. Glouch . Je ferois bien flatté
de partager avec vous , Monfieur , l'avantage de
faire connoître à notre nation tour ce qu'elle peut
promettre en faveur de fa langue , embellie paz
l'art que vous profeflez. C'eft dans ces fentimens
que je fuis , avec la plus véritable eftime ,
fe
MONSIEUR ,
Votre très - humble & trèsobéiflant
ferviteur.
PS. Si la direction n'avoit pas affez de confiance
dans le jugement que j'ai porté des paroles de cet
opéra , je vous le ferois paffer par la première occafion
.
,
J'oubliois de vous dire , Monfieur , que M.
Glouch , naturellement très défutéreflé , n'exige
point , pourfon ouvrage , au delà de ce que la direction
a fixé pour les auteurs des opéra nouveaux.
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19244
p. 172-174
De VERSAILLES, le 8 Décembre 1762.
Début :
LES Cours de Madrid & de Londres ayant ratifié les Articles préliminaires de la Paix qui ont été [...]
Mots clefs :
Cours, Ambassadeur, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 8 Décembre 1762.
De VERSAILLES , le 8 Décembre 1762 .
LES
Es Cours de Madrid & de Londres ayant ratifié
les Articles préliminaires de la Paix qui ont été
fignés à Fontainebleau le 3 du mois dernier , l'échange
des ratifications s'eft faire ici le 22 dans
la forme ordinaire .
Le 23 , le Lord , Duc de Bedford , Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire de Sa Majefté
Britannique , eut une audience particuliére du
Roi , dans laquelle il remit fes lettres de créance
à Sa Majesté. Il fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celles de la Reine , de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Mgr le Duc
de Berry , de Mgr le Comte de Provence , de
Mgr le Comte d'Artois, de Madame , de Madame
Adélaïde , & de Meſdames Victoire , Sophie &
Louiſe , par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaſſadeurs. &
Le Prince de Condé eft arrivé le 23 à la
Cour , & il a fait les révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 26 , Sa Majesté a accordé au Duc de Praflin,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , ayant le Département
des Affaires Etrangeres , la charge de
de Lieutenant Général en Bretagne , vacante
par la mort du Duc de Chatillon . Le même jour
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de Vanne
& Auray en Bretagne , en faveur du Marquis de
JANVIER. 1763 . 173
Montclare , fecond fils du Duc d'Ayen , Chevalier
des Ordres du Roi , & Capitaine d'une des
Compagnie de fes Gardes.
Le 28 Leurs Majeftés , ainſi que la Famille
Royale , fignerent les contrats de mariage du
Marquis Dupleffy- Grénédant avec Demoiſelle de
Maillé ; & du Marquis de Levy avec Demoiselle
de la Reyniere .
Le 30 la Ducheffe de Bedfort , épouse de l'Amballadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire de Sa
Majefté Britannique , a été préſentée au Roi , à la
Reine & à la Famille Royale , avec les cérémonies
accoutumées.
Le 3 de ce mois le Comte d'Affry , ci- devant .
Ambaſſadeur du Roi près les Etats Généraux des
Provinces-Unies , & Lieutenant - Colonel des Gardes
Suiffes , a été préſenté à Sa Majesté par le
Duc de Praflin , comme Miniftre des Affaires
étrangeres , & par le Duc de Choiſeul , comme
Colonel Général des Suiffes .
Le 4 le Maréchal d'Eftrées eſt arrivé à la Cour.
Il a été préfenté le même jour à Leurs Majeſtés ,
ainfi qu'à la Famille Royale.
>
Le 6 on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame de Versailles un Service pour le
repos de l'ame de Louife-Elifabeth de France ,
Ducheffe de Parme. La Reine y a aſſiſté , ainſi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adelaïde , & Mefdames Victoire,
Sophie & Louiſe.
Le Marquis de Montclare , fecond fils du Duc
d'Ayen , a pris , avec l'agrément du Roi , le
nom de Marquis de Noailles.
Le Duc de la Roche - Guyon , petit - fils du Due
de la Rochefoucault , a obtenu auffi l'agrément
du Roi pour prendre le nom de Duc de la Roche-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
foucault ; & fon contrat de mariage avec la Demoiſelle
de Gand a été figné le 7 par Leurs Majeftés
& par la Famille Royale.
Le Roi a difpofé de l'Archevêché de Reims en
faveur de l'Archevêque de Narbonne , Grand-
Aumônier de France. L'Archevêché de Narbonne
a été donné à l'Archevêque de Toulouſe.
Sa Majesté a accordé l'Abbaye de Saint Jean
des Vignes , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe &
Ville de Soiffons , au Bailli de Solàr de Breille ,
Ambaffadeur du Roi de Sardaigne à la Cour de
France .
Et l'Abbaye de Ronceray , Ordre de Saint Benoît
, Diocèle d'Angers , à la Dame d'Aubeterre.
Sa Majefté , toujours attentive à protéger le
mérite & à encourager le zèle de ſes Sujets , a fait
préfent d'une épée au Capitaine Simon , Commandant
ci- devant la Frégate la Modefte , de
Marſeille, Ce Capitaine s'eft particulièrement
diftingué dans les courfes à la côte d'Afrique , où
il a troublé efficacement le commerce des ennemis
pour la traite des Négres.
LES
Es Cours de Madrid & de Londres ayant ratifié
les Articles préliminaires de la Paix qui ont été
fignés à Fontainebleau le 3 du mois dernier , l'échange
des ratifications s'eft faire ici le 22 dans
la forme ordinaire .
Le 23 , le Lord , Duc de Bedford , Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire de Sa Majefté
Britannique , eut une audience particuliére du
Roi , dans laquelle il remit fes lettres de créance
à Sa Majesté. Il fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celles de la Reine , de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Mgr le Duc
de Berry , de Mgr le Comte de Provence , de
Mgr le Comte d'Artois, de Madame , de Madame
Adélaïde , & de Meſdames Victoire , Sophie &
Louiſe , par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaſſadeurs. &
Le Prince de Condé eft arrivé le 23 à la
Cour , & il a fait les révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 26 , Sa Majesté a accordé au Duc de Praflin,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , ayant le Département
des Affaires Etrangeres , la charge de
de Lieutenant Général en Bretagne , vacante
par la mort du Duc de Chatillon . Le même jour
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de Vanne
& Auray en Bretagne , en faveur du Marquis de
JANVIER. 1763 . 173
Montclare , fecond fils du Duc d'Ayen , Chevalier
des Ordres du Roi , & Capitaine d'une des
Compagnie de fes Gardes.
Le 28 Leurs Majeftés , ainſi que la Famille
Royale , fignerent les contrats de mariage du
Marquis Dupleffy- Grénédant avec Demoiſelle de
Maillé ; & du Marquis de Levy avec Demoiselle
de la Reyniere .
Le 30 la Ducheffe de Bedfort , épouse de l'Amballadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire de Sa
Majefté Britannique , a été préſentée au Roi , à la
Reine & à la Famille Royale , avec les cérémonies
accoutumées.
Le 3 de ce mois le Comte d'Affry , ci- devant .
Ambaſſadeur du Roi près les Etats Généraux des
Provinces-Unies , & Lieutenant - Colonel des Gardes
Suiffes , a été préſenté à Sa Majesté par le
Duc de Praflin , comme Miniftre des Affaires
étrangeres , & par le Duc de Choiſeul , comme
Colonel Général des Suiffes .
Le 4 le Maréchal d'Eftrées eſt arrivé à la Cour.
Il a été préfenté le même jour à Leurs Majeſtés ,
ainfi qu'à la Famille Royale.
>
Le 6 on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame de Versailles un Service pour le
repos de l'ame de Louife-Elifabeth de France ,
Ducheffe de Parme. La Reine y a aſſiſté , ainſi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adelaïde , & Mefdames Victoire,
Sophie & Louiſe.
Le Marquis de Montclare , fecond fils du Duc
d'Ayen , a pris , avec l'agrément du Roi , le
nom de Marquis de Noailles.
Le Duc de la Roche - Guyon , petit - fils du Due
de la Rochefoucault , a obtenu auffi l'agrément
du Roi pour prendre le nom de Duc de la Roche-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
foucault ; & fon contrat de mariage avec la Demoiſelle
de Gand a été figné le 7 par Leurs Majeftés
& par la Famille Royale.
Le Roi a difpofé de l'Archevêché de Reims en
faveur de l'Archevêque de Narbonne , Grand-
Aumônier de France. L'Archevêché de Narbonne
a été donné à l'Archevêque de Toulouſe.
Sa Majesté a accordé l'Abbaye de Saint Jean
des Vignes , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe &
Ville de Soiffons , au Bailli de Solàr de Breille ,
Ambaffadeur du Roi de Sardaigne à la Cour de
France .
Et l'Abbaye de Ronceray , Ordre de Saint Benoît
, Diocèle d'Angers , à la Dame d'Aubeterre.
Sa Majefté , toujours attentive à protéger le
mérite & à encourager le zèle de ſes Sujets , a fait
préfent d'une épée au Capitaine Simon , Commandant
ci- devant la Frégate la Modefte , de
Marſeille, Ce Capitaine s'eft particulièrement
diftingué dans les courfes à la côte d'Afrique , où
il a troublé efficacement le commerce des ennemis
pour la traite des Négres.
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Résumé : De VERSAILLES, le 8 Décembre 1762.
En décembre 1762, les cours de Madrid et de Londres ont ratifié les articles préliminaires de la paix signés à Fontainebleau le 3 décembre. Les ratifications ont été échangées le 22 décembre. Le Lord Duc de Bedford a présenté ses lettres de créance le 23 décembre, ainsi que le Prince de Condé. Le Duc de Praslin a été nommé Lieutenant Général en Bretagne et le Marquis de Montclare a reçu le gouvernement de Vannes et Auray. Le 28 décembre, des contrats de mariage ont été signés par le Roi et la famille royale. Le 30 décembre, la Duchesse de Bedford a été présentée au Roi et à la Reine. En janvier 1763, le Comte d'Affry et le Maréchal d'Estrées ont été présentés au Roi. Un service religieux a été célébré pour Louise-Élisabeth de France, Duchesse de Parme. Le Marquis de Montclare a obtenu l'autorisation de porter le nom de Marquis de Noailles, et le Duc de la Roche-Guyon celui de Duc de la Rochefoucault. Le Roi a nommé de nouveaux archevêques et accordé des abbayes. Le Capitaine Simon a été récompensé pour ses actions contre le commerce des esclaves.
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19245
p. 1422-1423
« Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Début :
Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...]
Mots clefs :
Plans-reliefs, Durand, Dents, Bouteille, Plans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Le sieur Garreau donne avis au Public , qu'il
s'est appliqué depuis long - temps à faire des Plans
en relief , representant au naturel les Maisons ,
Parterres et Jardins , il fait aussi des Plans de
Villes et generalement tout ce qui regarde l'Ar
chitecture Civile et Militaire ; il a fait differens
Plans en relief pour plusieurs Particuliers , tant
en bois et carton , qu'en terre glaise . Il fait aussi
toutes sortes de Desseins pour toutes sortes del
Professions. Il demeure Montagne sainte Geneviéve
, au College de la Marche.
PURGATIF UNIVERSEL , Fébrifuge éxalté ,
Elixir , Huille de vie et Or potable , avec l'explication
de leurs vertus , de -ieurs puissances , de
leur dose et de leur usage. 1733. petite Brochure
de 20. pages , dans laquelle on explique métho
diquement les doses , les effets de ces Remedes et
le régime qu'il faut garder.
M. Riario Lombardi , qui compose et fait usage
de ces quatre Remedes , demeure rue S.Benoît ,
Fauxbourg S. Germain , à l'Hôtel d'Autriche à
Paris . Ils se vendent , argent de France , le Purgatif
de 40. grains 50. sols. La bouteille d'Elixir
5. livres. La bouteille d'Huille de vie 10. liv.
et la bouteille d'Or potable 20. livres .
L'alteration qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie où de l'ébranlement.
La première , entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la necessité
de les faire arracher. L'autre moins sensible ,
mais d'un plus grand progrès , est engendrée par
l'exhalaison des mauvais levains de l'estomac.
Cette vapeur qui s'éleve et qui se condense , fait
le tartre qui attaque les dents par le pied et prend.
1 I. Vol.
peu
JUIN
1733
7
1422 MERCURE
DE FRANCE
Public
an'i
Le sieur Garreau donne avis au
re
JUIN. 1733. 1423
peu à peu la place des gencives , qui sont leurs
bases solides et naturelles. Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , sont privées de
ce qui doit faire l'ornement et le meuble précieux
de la bouche.
Le sieur Durand , Expert , reçû à S. Côme pour
les dents , a joint à son experience et à sa dexterité
pour tout ce qui concerne son Art, la Découverte
d'une Opiate extrémement salutaire par
son utilité et ses bons effets , puisqu'en rendant
et conservant l'émail des dents , elle produit la
régenaration des gencives et les deffend contre le
tartre qui en fait la destruction , entretenant
toujours leur blancheur , leur beauté et leur assiette
naturelle .
Cette Opiate peut s'envoyer dans les Provinces
les plus éloignées , sans rien perdre de sa vertu.
Les Pots sont de 3. 4. 6. livres . Il donnera
la maniere de s'en servir.
La demeure du siear Durand, est avec Tableau,
rue S. Honoré , vis - à - vis la Croix du Tiroir , à
la Coupe d'or. Il va le matin chez ceux qui le
demandent , et l'après midi on le trouve chez lui.
s'est appliqué depuis long - temps à faire des Plans
en relief , representant au naturel les Maisons ,
Parterres et Jardins , il fait aussi des Plans de
Villes et generalement tout ce qui regarde l'Ar
chitecture Civile et Militaire ; il a fait differens
Plans en relief pour plusieurs Particuliers , tant
en bois et carton , qu'en terre glaise . Il fait aussi
toutes sortes de Desseins pour toutes sortes del
Professions. Il demeure Montagne sainte Geneviéve
, au College de la Marche.
PURGATIF UNIVERSEL , Fébrifuge éxalté ,
Elixir , Huille de vie et Or potable , avec l'explication
de leurs vertus , de -ieurs puissances , de
leur dose et de leur usage. 1733. petite Brochure
de 20. pages , dans laquelle on explique métho
diquement les doses , les effets de ces Remedes et
le régime qu'il faut garder.
M. Riario Lombardi , qui compose et fait usage
de ces quatre Remedes , demeure rue S.Benoît ,
Fauxbourg S. Germain , à l'Hôtel d'Autriche à
Paris . Ils se vendent , argent de France , le Purgatif
de 40. grains 50. sols. La bouteille d'Elixir
5. livres. La bouteille d'Huille de vie 10. liv.
et la bouteille d'Or potable 20. livres .
L'alteration qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie où de l'ébranlement.
La première , entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la necessité
de les faire arracher. L'autre moins sensible ,
mais d'un plus grand progrès , est engendrée par
l'exhalaison des mauvais levains de l'estomac.
Cette vapeur qui s'éleve et qui se condense , fait
le tartre qui attaque les dents par le pied et prend.
1 I. Vol.
peu
JUIN
1733
7
1422 MERCURE
DE FRANCE
Public
an'i
Le sieur Garreau donne avis au
re
JUIN. 1733. 1423
peu à peu la place des gencives , qui sont leurs
bases solides et naturelles. Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , sont privées de
ce qui doit faire l'ornement et le meuble précieux
de la bouche.
Le sieur Durand , Expert , reçû à S. Côme pour
les dents , a joint à son experience et à sa dexterité
pour tout ce qui concerne son Art, la Découverte
d'une Opiate extrémement salutaire par
son utilité et ses bons effets , puisqu'en rendant
et conservant l'émail des dents , elle produit la
régenaration des gencives et les deffend contre le
tartre qui en fait la destruction , entretenant
toujours leur blancheur , leur beauté et leur assiette
naturelle .
Cette Opiate peut s'envoyer dans les Provinces
les plus éloignées , sans rien perdre de sa vertu.
Les Pots sont de 3. 4. 6. livres . Il donnera
la maniere de s'en servir.
La demeure du siear Durand, est avec Tableau,
rue S. Honoré , vis - à - vis la Croix du Tiroir , à
la Coupe d'or. Il va le matin chez ceux qui le
demandent , et l'après midi on le trouve chez lui.
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Résumé : « Le sieur Garreau donne avis au Public, qu'il s'est appliqué depuis long-temps à faire des Plans [...] »
Le texte présente plusieurs annonces professionnelles et informations diverses. Le sieur Garreau propose ses services en création de plans en relief représentant des maisons, parterres, jardins, villes et aspects de l'architecture civile et militaire. Il utilise des matériaux comme le bois, le carton ou la terre glaise et offre également des dessins pour diverses professions. Il réside au Collège de la Marche, Montagne Sainte-Geneviève. Une brochure de 1733 décrit des remèdes médicaux de M. Riario Lombardi, tels qu'un purgatif universel, un élixir, une huile de vie et de l'or potable. Ces remèdes sont disponibles à l'Hôtel d'Autriche, rue Saint-Benoît, Faubourg Saint-Germain, avec des prix variant de 50 sols à 20 livres. Le sieur Durand, expert en dentisterie, reçu à Saint-Côme, explique les causes de l'altération des dents, soit par carie, soit par ébranlement dû aux mauvais levains de l'estomac. Il a découvert une opiate salutaire qui conserve l'émail des dents, régénère les gencives et prévient le tartre. Cette opiate peut être envoyée dans les provinces éloignées sans perte de vertu. Les pots sont disponibles en différentes tailles. Le sieur Durand réside rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Tiroir, à la Coupe d'or, et est disponible pour des consultations matinales à domicile.
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19246
p. 162-167
ILLUMINATION des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
Début :
Indépendamment des fêtes données par la Ville, le même motif avoit porté [...]
Mots clefs :
Potagers, Lumières, Lampions, Terrasse, Illumination, Jardins, Pavillons, Portiques, Guirlandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ILLUMINATION des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
ILLUMINATION des Jardins de
l'Hôtel de Pompadour
Indépendamment des fêtes données
par la Ville , le même motif avoit porté
tous ceux qui occupent de grands Hôtels
à contribuer à la pompe des réjouiffances
, par des illuminations plus ou
moins fomptueufes , felon ce que prêtoit
de plus officieux chaque Hôtel ou
Maiſon particuliere. De toutes ces illuminations
, la plus remarquable étoit
celle des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
, ouverts du côté des Champs -Elifées
fur une longueur d'environ cent.
cinquante toifes , & n'étant enclos que
par des foffés , qui laiffent librement
découvrir toute l'étendue de ces Jardins.
Les potagers avancent au - delà de
l'allignement des autres Jardins du
Fauxbourg Saint - Honoré d'environ
JUILLET. 1763. 163
་
quarante toifes ; enforte que l'on en
appercevoit l'illumination dès la Place ,
& que d'une certaine diftance elle paroiffoit
s'y joindre .
La premiere ligne des potagers , le
long du foffé de cent cinquante toifes
étoit ornée de grands orangers naturels
dans leurs caiffes , accouplés par des guirlandes
de fleurs qui en enchaînoient les
tiges & retomboient en feftons fur les
caiffes. Ils étoient entremêlés de gros
Ifs ou grandes girandoles de lumières
portés fur des piédeftaux peints en marbre
de diverfes couleurs , & ornés auffi
de guirlandes & feftons de fleurs. Cette
ligne étoit éclairée dans le bas par le
même cordon de terrines , très - ferrées
les unes contre les autres , qui deffinoit
tous les compartimens en treillages de
ces vaftes potagers , & par conféquent
couvroit de lumières prèfque toute
la fuperficie. A chaque extrêmité , dans
des centres d'étoiles formées par ces
compartimens , on avoit élevé un obélifque
triangulaire de trente pieds de
hauteur chacun , furmonté d'un globe ,
le tout garni en plein de lampions.
Le grand Jardin des Parterres , élevé
d'environ quatre pieds au-deffus de ces
Potagers, eft ouvert par une terrafſe ſur
164 MERCURE DE FRANCE
en partie ceintrée extérieurement &
bordée de chaque côté par de grandes
allées de maronniers.
:
L'appui de cette terraffe étoit deffiné
par des cordons de lumières & les focles
chargés de grandes girandoles. Les gradins
du perron étoient de même deffinés
par des terrines. De chaque côté de
cette terraffe on avoit conftruit deux
grands corps d'architecture en boffages
formant des pavillons carrés , fur la face
des Potagers & en retour fur ce Jardin ,
qui mafquoient & enveloppoient la
naiffance des grandes allées . Ces pavillons
joignoient à deux galleries d'environ
16 ou 17 toifes de longueur für les
potagers ; les pilaftres , les frontons, entablemens
, corniches , & généralement
toutes les parties de ces édifices: étoient
formées en plein & diftin&tement deffinées
par des lampions. Les focles dè
l'appui de l'entablement ainfi que les
acroteres portoient des vafes & gros
bouquets de lumières. Le bas des gal
leries & faces des pavillons extérieurs
du côté des potagers étoient revêtus d'un
foubaffement en compartimens de lampions
qui continuoit le long du murd'appui
de la terraffe & qui produifoit un
très-agréableeffet . Ces corps d'architectu
re formoient deux fortes maffes de lumiè
JUILLET. 1763 . 165
res expofées à la vue ,ainfi que l'illumination
des potagers dans un efpace immenfe
& qui pouvoient être apperçues
de diftances très- éloignées ; le terrein
des Champs Elifées étant à préfent entiérement
découvert.
Depuis les angles des pavillons intérieurs
le long des grandes allées qui
bordent les parterres & conduifent jufqu'à
la terraffe des appartemens, régnoit
un cordon de lumières alligné à l'appui
de la première terraffe ; il étoit interrompu
par des orangers , des grenadiers ,
des ifs de différentes formes & des pyramides
, le tout entiérement en lampions ,
entremêlés de girandoles de lumières
fur leurs piédeſtaux de marbre. Comme
ces objets étoient placés fort près les
uns des autres , ils paroiffoient fe toucher
; & fur le fond le plus heureux , produit
par la verdure des arbres paliffadés ,
on voyoit deux allées de lumières variées
qui fe terminoient à deux portiques d'ordre
dorique en baffage ornés de colonnes
accouplés & furmontés de vafes
& bouquets de lampions. Ces portiques
, joignoient la terraffe des Appartemens
qui étoit , ainfi que la première ,
deffinées en lumières , fes ficles chargés
de girandoles & fon perron tracé par
166 MERCURE DE FRANCE.
des terrines. Au fond de cette terraffe
on'avoit adoffé au Bâtiment une grande
décoration formée par un portique de
lumières ouvert en cinq arcardes proportionnées
, dont celle du milieu avec
fon couronnement , s'élévoir à plus de
cinquante pieds. Les fonds de cette,
décoration ainfi que des grands amortiffemens
qui terminoient le portique
de chaque côté , étoient en marbres de
diverfes couleurs & en dorures , le tout
chargé de lampions qui marquoient &
diftinguoient les ornemens.
avons
Entre les amortiffemens du grand
portique jufqu'au bord de la terraffe
& les portiques , dont nous
parlé, qui terminoient les allées , étoient
placées de chaque côté deux Pyramides
en lampions d'environ vingt - cinq à
trente pieds de haut , qui parroiffoient
joindre ces portiques inférieurs à celui
de la façade , par une ligne circulaire.
Enforte que toute certe brillante
décoration depuis les potagers
jufques à la face du fond des Jardins
ne formoit qu'un feul & même enfemble
lié & proportionné dans toutes
fes parties.
Dans les ceintres de chaque arcade
des portiques du fond ainfi que dans
JUILLET. 1763. 167
ceux des fenêtres des pavillons & galleries
fur les potagers étoient fufpendus
, par des guirlandes de fleurs naturelles
en feflons , des luftres de forts
lampions porportionnés aux dimenfions
des arcades .
Le milieu de ce vafte & lumineux
théâtre étoit éclairé par des terrines
qui deffinoient régulierement les deux
grands parterres , ainfi que le grand
baffin du Jardin & les ronds de fleurs
des potagers . Pour marquer plus diftin&
tement les deffeins , on avoit mis
aux angles des pots à feu qui donnoient
une lumiere plus forte que les
autres.
Il eft arrivé à cette illumination ce
qui avoit paru jufqu'alors d'une difficulté
infurmontable , c'eft de conferver
par la variété des lumières & par
leur difpofition les effets de perfpective,
& de faire diftinguer nettement tous
les plans .
L'affluence prodigieufe du Public &
fon conftant attachement jufqu'au matin
à admirer cette magnifiqne & finguliere
illumination , en fait un éloge
affez flatteur : nous nous difpenferons
de répéter ici tous ceux qui ont été déja
donnés à cet e brillante fête dans les
differentes relations qui ont paru.
l'Hôtel de Pompadour
Indépendamment des fêtes données
par la Ville , le même motif avoit porté
tous ceux qui occupent de grands Hôtels
à contribuer à la pompe des réjouiffances
, par des illuminations plus ou
moins fomptueufes , felon ce que prêtoit
de plus officieux chaque Hôtel ou
Maiſon particuliere. De toutes ces illuminations
, la plus remarquable étoit
celle des Jardins de l'Hôtel de Pompadour
, ouverts du côté des Champs -Elifées
fur une longueur d'environ cent.
cinquante toifes , & n'étant enclos que
par des foffés , qui laiffent librement
découvrir toute l'étendue de ces Jardins.
Les potagers avancent au - delà de
l'allignement des autres Jardins du
Fauxbourg Saint - Honoré d'environ
JUILLET. 1763. 163
་
quarante toifes ; enforte que l'on en
appercevoit l'illumination dès la Place ,
& que d'une certaine diftance elle paroiffoit
s'y joindre .
La premiere ligne des potagers , le
long du foffé de cent cinquante toifes
étoit ornée de grands orangers naturels
dans leurs caiffes , accouplés par des guirlandes
de fleurs qui en enchaînoient les
tiges & retomboient en feftons fur les
caiffes. Ils étoient entremêlés de gros
Ifs ou grandes girandoles de lumières
portés fur des piédeftaux peints en marbre
de diverfes couleurs , & ornés auffi
de guirlandes & feftons de fleurs. Cette
ligne étoit éclairée dans le bas par le
même cordon de terrines , très - ferrées
les unes contre les autres , qui deffinoit
tous les compartimens en treillages de
ces vaftes potagers , & par conféquent
couvroit de lumières prèfque toute
la fuperficie. A chaque extrêmité , dans
des centres d'étoiles formées par ces
compartimens , on avoit élevé un obélifque
triangulaire de trente pieds de
hauteur chacun , furmonté d'un globe ,
le tout garni en plein de lampions.
Le grand Jardin des Parterres , élevé
d'environ quatre pieds au-deffus de ces
Potagers, eft ouvert par une terrafſe ſur
164 MERCURE DE FRANCE
en partie ceintrée extérieurement &
bordée de chaque côté par de grandes
allées de maronniers.
:
L'appui de cette terraffe étoit deffiné
par des cordons de lumières & les focles
chargés de grandes girandoles. Les gradins
du perron étoient de même deffinés
par des terrines. De chaque côté de
cette terraffe on avoit conftruit deux
grands corps d'architecture en boffages
formant des pavillons carrés , fur la face
des Potagers & en retour fur ce Jardin ,
qui mafquoient & enveloppoient la
naiffance des grandes allées . Ces pavillons
joignoient à deux galleries d'environ
16 ou 17 toifes de longueur für les
potagers ; les pilaftres , les frontons, entablemens
, corniches , & généralement
toutes les parties de ces édifices: étoient
formées en plein & diftin&tement deffinées
par des lampions. Les focles dè
l'appui de l'entablement ainfi que les
acroteres portoient des vafes & gros
bouquets de lumières. Le bas des gal
leries & faces des pavillons extérieurs
du côté des potagers étoient revêtus d'un
foubaffement en compartimens de lampions
qui continuoit le long du murd'appui
de la terraffe & qui produifoit un
très-agréableeffet . Ces corps d'architectu
re formoient deux fortes maffes de lumiè
JUILLET. 1763 . 165
res expofées à la vue ,ainfi que l'illumination
des potagers dans un efpace immenfe
& qui pouvoient être apperçues
de diftances très- éloignées ; le terrein
des Champs Elifées étant à préfent entiérement
découvert.
Depuis les angles des pavillons intérieurs
le long des grandes allées qui
bordent les parterres & conduifent jufqu'à
la terraffe des appartemens, régnoit
un cordon de lumières alligné à l'appui
de la première terraffe ; il étoit interrompu
par des orangers , des grenadiers ,
des ifs de différentes formes & des pyramides
, le tout entiérement en lampions ,
entremêlés de girandoles de lumières
fur leurs piédeſtaux de marbre. Comme
ces objets étoient placés fort près les
uns des autres , ils paroiffoient fe toucher
; & fur le fond le plus heureux , produit
par la verdure des arbres paliffadés ,
on voyoit deux allées de lumières variées
qui fe terminoient à deux portiques d'ordre
dorique en baffage ornés de colonnes
accouplés & furmontés de vafes
& bouquets de lampions. Ces portiques
, joignoient la terraffe des Appartemens
qui étoit , ainfi que la première ,
deffinées en lumières , fes ficles chargés
de girandoles & fon perron tracé par
166 MERCURE DE FRANCE.
des terrines. Au fond de cette terraffe
on'avoit adoffé au Bâtiment une grande
décoration formée par un portique de
lumières ouvert en cinq arcardes proportionnées
, dont celle du milieu avec
fon couronnement , s'élévoir à plus de
cinquante pieds. Les fonds de cette,
décoration ainfi que des grands amortiffemens
qui terminoient le portique
de chaque côté , étoient en marbres de
diverfes couleurs & en dorures , le tout
chargé de lampions qui marquoient &
diftinguoient les ornemens.
avons
Entre les amortiffemens du grand
portique jufqu'au bord de la terraffe
& les portiques , dont nous
parlé, qui terminoient les allées , étoient
placées de chaque côté deux Pyramides
en lampions d'environ vingt - cinq à
trente pieds de haut , qui parroiffoient
joindre ces portiques inférieurs à celui
de la façade , par une ligne circulaire.
Enforte que toute certe brillante
décoration depuis les potagers
jufques à la face du fond des Jardins
ne formoit qu'un feul & même enfemble
lié & proportionné dans toutes
fes parties.
Dans les ceintres de chaque arcade
des portiques du fond ainfi que dans
JUILLET. 1763. 167
ceux des fenêtres des pavillons & galleries
fur les potagers étoient fufpendus
, par des guirlandes de fleurs naturelles
en feflons , des luftres de forts
lampions porportionnés aux dimenfions
des arcades .
Le milieu de ce vafte & lumineux
théâtre étoit éclairé par des terrines
qui deffinoient régulierement les deux
grands parterres , ainfi que le grand
baffin du Jardin & les ronds de fleurs
des potagers . Pour marquer plus diftin&
tement les deffeins , on avoit mis
aux angles des pots à feu qui donnoient
une lumiere plus forte que les
autres.
Il eft arrivé à cette illumination ce
qui avoit paru jufqu'alors d'une difficulté
infurmontable , c'eft de conferver
par la variété des lumières & par
leur difpofition les effets de perfpective,
& de faire diftinguer nettement tous
les plans .
L'affluence prodigieufe du Public &
fon conftant attachement jufqu'au matin
à admirer cette magnifiqne & finguliere
illumination , en fait un éloge
affez flatteur : nous nous difpenferons
de répéter ici tous ceux qui ont été déja
donnés à cet e brillante fête dans les
differentes relations qui ont paru.
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19247
p. 374-375
Articles dont il reste à parler. [titre d'après la table]
Début :
Si ma Lettre n'estoit pas déja trop longue, je vous décrirois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Articles dont il reste à parler. [titre d'après la table]
Si ma Lettre n'eſtoit pas
déja trop longue, je vous décrirois
l'Obfervatoire où les
Ambaſſadeurs ont aufli montré
beaucoup d'eſprit , & cét
Article ne ſeroit pas moins
digne de trouver icy ſa place
que celuy des Gobelins . 11
de Siam.
375
m'en reſte encore pluſieurs
autres de cette nature, ainſi
que ce qui s'eſt paffé à laVifite
queMª Colbert de Croiſſy
leur a renduë , & fi je joins
à cela un Journal de ce qu'ils
'auront veu & fait à Verfailles
où ils font preſentement ,
& où ils doivent demeurer
huit jours , & que j'y ajoûte
ce qu'ils feront à Paris pendant
le reſte du mois prochain
, je croy que je ne
vous envoyeray pas un Ouvrage
moins curieux que celuy-
cy. Je ſuis , Voftre, & c.
AParis ce 30. Septembre 1686.
déja trop longue, je vous décrirois
l'Obfervatoire où les
Ambaſſadeurs ont aufli montré
beaucoup d'eſprit , & cét
Article ne ſeroit pas moins
digne de trouver icy ſa place
que celuy des Gobelins . 11
de Siam.
375
m'en reſte encore pluſieurs
autres de cette nature, ainſi
que ce qui s'eſt paffé à laVifite
queMª Colbert de Croiſſy
leur a renduë , & fi je joins
à cela un Journal de ce qu'ils
'auront veu & fait à Verfailles
où ils font preſentement ,
& où ils doivent demeurer
huit jours , & que j'y ajoûte
ce qu'ils feront à Paris pendant
le reſte du mois prochain
, je croy que je ne
vous envoyeray pas un Ouvrage
moins curieux que celuy-
cy. Je ſuis , Voftre, & c.
AParis ce 30. Septembre 1686.
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Résumé : Articles dont il reste à parler. [titre d'après la table]
Le 30 septembre 1686, l'auteur décrit des événements impliquant les ambassadeurs de Siam à Paris et Versailles. Il mentionne une visite à l'observatoire, un article sur les Gobelins, et une visite de Madame Colbert de Croissy. Il prévoit de relater leurs activités à Paris pour le reste du mois.
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19248
p. 174-180
De PARIS, le 10 Décembre.
Début :
Le 24 du mois dernier, la principale cloche de l'Eglife Métropolitaine, Primatiale & Patriarchale [...]
Mots clefs :
Église métropolitaine, Évêque de Nevers, Académie française, Académie royale des sciences, Prix d'éloquence latine, Hostilités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 10 Décembre.
De PARIS , le ro Décembre
Le 24 du mois dernier , la principale cloche
de l'Eglife Métropolitaine , Primatiale & Patriarchale
de Bourges , a été bénite par l'Evêque
de Nevers , & nommée Louife- Adelaide par
Monfeigneur le Duc de Berry, repréfenté par le
Marquis de l'Hôpital , Chevalier des Ordres du
Roi , Grand & Premier Ecuyer de Madame , &c.
& par Madame Adelaïde , repréſentée par la
Dame Charlotte - Marguerite de Menou , époufe
du fieur Dodart , Meftre de Camp de Cavalerie ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , & frere du Geur Dodart , Intendant de la
J
JANVIER. 1763. 175
Généralité de Berry. L'un & l'autre ont été conduits
par le Chapitre & la Nobleffe de la Ville &
de la Province à l'Eglife Cathédrale , où la céré
monie s'eft faite avec beaucoup de pompe , aux
acclamations d'un concours unanime de citoyens
de tous états , qui n'ont celle d'exprimer de la
maniere la plus vive , les voeux ardens qu'ils
font pour la confervation & la prospérité de notre
Monarque & de fon augufte Famille. Après la
cérémonie l'Evêque de Nevers , le Marquis de
l'Hôpital & la Dame Dodart , fe font rendus avec
la plus grande partie du Chapitre & toute la
Nobleffe , chez le fiear Dodart, Intendant de la
Province , qui leur a fait fervir un dîner magnifique.
Le 4 de ce mois l'Académie Françoiſe a élu
l'Abbé de Voifenon pour remplir la place vacante
par la mort du fieur Folyor de Crébillon .
Le 6 le Marquis de l'Hôpital , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Chevalier de fes
Ordres , de l'Ordre de Saint Lazare & de celul
de Saint Janvier de Naples , premier Ecuyer
de Madame , s'eft rendu au Couvent des Religieux
de l'Obfervance , revêtu des marques
defdits Ordres , & précédé du Héraut & l'Huiffier
des Ordres du Roi , tous deux en habit de céré
monie , pour préfider , au nom de Sa Majesté
au Chapitre de l'Ordre de Saint Michel : il Y
reçu Chevalier de cer Ordre , avec les cérémonies
accoutumées , le fieur Dupré , Commiffaire
ordinaire d'Artillerie. Le Marquis de l'Hôpital
& les Chevaliers fe font rendus enfuite en pro
ceffion à l'Eglife , & y ont affifté au Service qu'on
y célebre tous les ans pour les Rois , les Princes
& les Chevaliers décédés.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le fieur Briffon de l'Académie Royale des
Sciences , qui commença , l'année derniere , à
faire des Cours particuliers de Phyfique Expérimentale
, le propoſe d'en recommencer un dans
les premiers jours de Janvier. Ceux qui voudront
affifter à ce cours , doivent le faire infcrire chez
lui , au Collège de Navarre , rue & montagne Ste
Géneviève.
L'Univerfité de cette Ville propofe pour Sujet
du Prix d'Eloquence Latine , fondé par le fieur
Coignard , la queftion fuivante : Quanti populorum
interfit , eadem in omnibus fcholis publicis de
Religione , de Moribus & Litteris doceri.
On a appris , par les nouvelles d'Angleterre ,
que le Bureau des Poftes de Londres a recommencé
, le 6 du préfent mois de Décembre, d'envoyer
fon paquebot à Calais , pour y apporter la
malle d'Angleterre pour la France , & y prendre
en échange celle de France pour l'Angleterre ;
ainfi cette correfpondance réciproque ne fe fera
plus par la voie d'Oftende , ce qui la rendra &
plus prompte & plus régulière qu'elle ne l'a été
pendant la guerre ; en conféquence , les lettres
de France pour l'Angleterre , qui pendant cette
guerre partoient de Paris les Lundi & Vendredi ,
ont recommencé le 8 du même mois d'en partir
, comme ci- devant , les Mercredi & Samedi
de chaque femaine. Les Couriers de Londres partiront
réguliérement tous les Lundi & Jeudi.
Sa Majefté vient de publier fucceffivement
trois Ordonnances , l'une du 20 Novembre, l'autre
du 22 , & la troifiéme du 25 du même
mois .
La premiere concerne les Milices : elle enjoint
aux Régimens de Grenadiers Royaux & Bataillons
de Milice de partir des lieux où ils font ,
1
JANVIER. 1763. 177
pour retourner inceffammenr dans leurs Provinces.
Par la feconde , il eft défendu aux troupes de
Sa Majefté , qui entreront dans le Royaume , ou
qui auront ordre de paffer d'une Province dans
une autre, de fe charger d'aucunes marchandifes
, faux fel , ni faux tabac , fur les peines y contenues.
La troifiéme a pour objet de réformer les Régimens
d'infanterie de Bearn , Hainaut , Breffe ,
la Marche-Province , Brie , Soiffonnois , Ifle de
France , Royal- Lorraine , Royal - Barrois &
Royal- Cantabres.
Cette derniere Ordonnance eft composée de
trente- cinq articles. Il eft dit dans le XXII , le
XXIII & le XXIV , que les Colonels desdits
Régimens réformés jouiront de quinze cens liv.
de penfion fur le Tréfor Royal , jufqu'à ce qu'ils
foient remplacés ; de plus , que Sa Majeſté donnera
fes ordres , pour leur faire rembourfer le
prix qu'ils auront payé pour leur Régiment , fuivant
le prix fixé par Sa Majefté ; que tous les autres
Officiers defdits Régimens jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal , favoir , les Lieutenans
Colonels , de douze cens livres ; les Majors ," de
huit cens livres ; les Capitaines de Grenadiers , de
cinq cens livres ; les Capitaines de Fusiliers , qui
auront vingt ans de fervice , de quatre cens liv.
ceux qui n'auront pas vingt ans de fervice ,
de
trois cens livres feulement , ainfi que les Aide-
Majors. Voulant au furplus Sa Majesté que lefdites
penfions ne foyent payées qu'à ceux defdits
Officiers qui fe retireront chez eux & non ailleurs.
•
A l'égard des Lieutenans & Enfeignes qui feront
réformés , Sa Majefté entend qu'ils le re-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE .
tirent dans leurs Provinces pour y remplir les
emplois qu'elle leur deftine , le réſervant de leur
faire connoître fes intentions fur cet objet , lorſqu'on
lui aura rendu compte de leurs fervices & de
leurs talens , & c. & c.
Il vient de paroître une Ordonnanc du Roi ,
concernant les termes de la ceffation des hoftilités
en mer : en voici la teneur.
DE PAR LE ROI.
ee SA MAJESTÉ ayant ratifié le 22 du préfent
» mois de Novembre les articles préliminaires de
» la paix , fignés à Fontainebleau le 3 du même
» mois , entre les Miniftres Plénipotentiaires de
> France , d'Elpagne & de la Grande- Bretagne ;
D
par l'um deiquels articles il eft porté qu'il y
> aura ceffation d'hoftilités par mer , fuivant les
» termes & efpaces de temps ci- après expliqués ,
» à compter du jour de la ratification defdits ar-.
» ticles préliminaires , & ftipulé que les Vaif-
» feaux , marchandiſes ou autres effets qui fe-
> ront pris par mer , après lefdits termes & efpa-
» ces de temps , feront réciproquement reftitués ;
» Elle a ordonné & ordonne que les Vailleaux ,
» marchandiſes & effets appartenant à Leurs Majeftés
Britannique & Très - Fidéle , & à leurs Su-
» jets , qui pourront être pris dans la Manche ou
» dans les Mers du Nord , après l'espace de
» douzejours , à compter du 22 du préfent mois
» de Novembre , leur feront reltitués ; que le ter-
>> me fera de fix femaines pour les prifes faites
» depuis la Manche, les mers Britanniques & Fran.
>> çoiſes & les mers du Nord , jufqu'aux Ifles Cana-
>> ries inclufivement , foit dans l'Océan , foit dans
» la Méditerranée; que le terme fera de trois mois
» depuis lefdites Ifles Canaries jufqu'à la Ligne
>>Equinoxiale ou l'Equateur ; enfin de fix mois , à
כ כ
1
JANVIER. 1763. 179
→
*
» compter de la même date du 2.2 du préfent
» mois de Novembre au delà de ladite Ligne
>> Equinoctiale ou l'Equateur , & dans tous les
>> autres endroits du monde fans aucune ex-
>> ception , ni autre diftinction plus particuliere
» de temps & de lieux. Défend Sa Majesté à tous,
» fes Sujets , de quelque qualité & condition qu'ils
» foient , d'exercer aucun acte d'hoftilité par mer,
» contre les Sujets de Leurs Majeftés Britannique
» & Très Fidele , ni de leur caufer aucun préju-
» dice ou dommage , après l'expiration des épo-
» ques ci- deffus mentionnées . MANDE & ordonne
» Sa Majesté à M. le Duc de Penthievre , Amiral
» de France , aux Vice- Amiraux , Lieutenans- Gé◄
» néraux , Intendans , Chefs d'Eſcadre , Com-
» miffaires Généraux & Ordonnateurs de la Ma-
>> rine , & autres Officiers qu'il appartiendra , de
» tenir la main à l'exécution de la préſente Or-
» donnance ; & aux Officiers de l'Amirauté , de
la faire lire , enregistrer , publier & afficher
» par- tout où befoin fera , afin que perfonne n'en
>> prétende caufe d'ignorance. FAIT à Verlailles ,
» le vingt- trois Novembre mil fept cent foixante-
» deux. Signé , LOUIS. Et plus bas , LE DUC DE
» CHOISEUL. >>
L'Ordonnance du Roi eft fuivie du Mande
ment adreffé par le Duc de Penthievre , Amiral de
France, à tous les Officiers de la Marine , pour
l'exécution de ladite Ordonnance.
Le Roi d'Angleterre a fair publier également à
Londres une Proclamation pour la ceffation des
hoftilités fur mer. Comme elle eft conforme à
l'Ordonnance du Roi , il eſt inurile d'en donner ici
I a traduction ,
Le vingt- troifiéme tirage de la Lotterie de
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 25 Décembre en la
maniere accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au numero 3029 ; celui de vingt
mille livres au numero 18764 , & les deux de dix
mille livres aux numeros 8383 & 9213 ,
Le 4 du même mois on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les numéros fortis de la
roue de fortune font 71 , 8
, 41 , 64 , 35. Le prochain
tirage ſe fera le s Janvier 1763.
Le 24 du mois dernier , la principale cloche
de l'Eglife Métropolitaine , Primatiale & Patriarchale
de Bourges , a été bénite par l'Evêque
de Nevers , & nommée Louife- Adelaide par
Monfeigneur le Duc de Berry, repréfenté par le
Marquis de l'Hôpital , Chevalier des Ordres du
Roi , Grand & Premier Ecuyer de Madame , &c.
& par Madame Adelaïde , repréſentée par la
Dame Charlotte - Marguerite de Menou , époufe
du fieur Dodart , Meftre de Camp de Cavalerie ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , & frere du Geur Dodart , Intendant de la
J
JANVIER. 1763. 175
Généralité de Berry. L'un & l'autre ont été conduits
par le Chapitre & la Nobleffe de la Ville &
de la Province à l'Eglife Cathédrale , où la céré
monie s'eft faite avec beaucoup de pompe , aux
acclamations d'un concours unanime de citoyens
de tous états , qui n'ont celle d'exprimer de la
maniere la plus vive , les voeux ardens qu'ils
font pour la confervation & la prospérité de notre
Monarque & de fon augufte Famille. Après la
cérémonie l'Evêque de Nevers , le Marquis de
l'Hôpital & la Dame Dodart , fe font rendus avec
la plus grande partie du Chapitre & toute la
Nobleffe , chez le fiear Dodart, Intendant de la
Province , qui leur a fait fervir un dîner magnifique.
Le 4 de ce mois l'Académie Françoiſe a élu
l'Abbé de Voifenon pour remplir la place vacante
par la mort du fieur Folyor de Crébillon .
Le 6 le Marquis de l'Hôpital , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Chevalier de fes
Ordres , de l'Ordre de Saint Lazare & de celul
de Saint Janvier de Naples , premier Ecuyer
de Madame , s'eft rendu au Couvent des Religieux
de l'Obfervance , revêtu des marques
defdits Ordres , & précédé du Héraut & l'Huiffier
des Ordres du Roi , tous deux en habit de céré
monie , pour préfider , au nom de Sa Majesté
au Chapitre de l'Ordre de Saint Michel : il Y
reçu Chevalier de cer Ordre , avec les cérémonies
accoutumées , le fieur Dupré , Commiffaire
ordinaire d'Artillerie. Le Marquis de l'Hôpital
& les Chevaliers fe font rendus enfuite en pro
ceffion à l'Eglife , & y ont affifté au Service qu'on
y célebre tous les ans pour les Rois , les Princes
& les Chevaliers décédés.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le fieur Briffon de l'Académie Royale des
Sciences , qui commença , l'année derniere , à
faire des Cours particuliers de Phyfique Expérimentale
, le propoſe d'en recommencer un dans
les premiers jours de Janvier. Ceux qui voudront
affifter à ce cours , doivent le faire infcrire chez
lui , au Collège de Navarre , rue & montagne Ste
Géneviève.
L'Univerfité de cette Ville propofe pour Sujet
du Prix d'Eloquence Latine , fondé par le fieur
Coignard , la queftion fuivante : Quanti populorum
interfit , eadem in omnibus fcholis publicis de
Religione , de Moribus & Litteris doceri.
On a appris , par les nouvelles d'Angleterre ,
que le Bureau des Poftes de Londres a recommencé
, le 6 du préfent mois de Décembre, d'envoyer
fon paquebot à Calais , pour y apporter la
malle d'Angleterre pour la France , & y prendre
en échange celle de France pour l'Angleterre ;
ainfi cette correfpondance réciproque ne fe fera
plus par la voie d'Oftende , ce qui la rendra &
plus prompte & plus régulière qu'elle ne l'a été
pendant la guerre ; en conféquence , les lettres
de France pour l'Angleterre , qui pendant cette
guerre partoient de Paris les Lundi & Vendredi ,
ont recommencé le 8 du même mois d'en partir
, comme ci- devant , les Mercredi & Samedi
de chaque femaine. Les Couriers de Londres partiront
réguliérement tous les Lundi & Jeudi.
Sa Majefté vient de publier fucceffivement
trois Ordonnances , l'une du 20 Novembre, l'autre
du 22 , & la troifiéme du 25 du même
mois .
La premiere concerne les Milices : elle enjoint
aux Régimens de Grenadiers Royaux & Bataillons
de Milice de partir des lieux où ils font ,
1
JANVIER. 1763. 177
pour retourner inceffammenr dans leurs Provinces.
Par la feconde , il eft défendu aux troupes de
Sa Majefté , qui entreront dans le Royaume , ou
qui auront ordre de paffer d'une Province dans
une autre, de fe charger d'aucunes marchandifes
, faux fel , ni faux tabac , fur les peines y contenues.
La troifiéme a pour objet de réformer les Régimens
d'infanterie de Bearn , Hainaut , Breffe ,
la Marche-Province , Brie , Soiffonnois , Ifle de
France , Royal- Lorraine , Royal - Barrois &
Royal- Cantabres.
Cette derniere Ordonnance eft composée de
trente- cinq articles. Il eft dit dans le XXII , le
XXIII & le XXIV , que les Colonels desdits
Régimens réformés jouiront de quinze cens liv.
de penfion fur le Tréfor Royal , jufqu'à ce qu'ils
foient remplacés ; de plus , que Sa Majeſté donnera
fes ordres , pour leur faire rembourfer le
prix qu'ils auront payé pour leur Régiment , fuivant
le prix fixé par Sa Majefté ; que tous les autres
Officiers defdits Régimens jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal , favoir , les Lieutenans
Colonels , de douze cens livres ; les Majors ," de
huit cens livres ; les Capitaines de Grenadiers , de
cinq cens livres ; les Capitaines de Fusiliers , qui
auront vingt ans de fervice , de quatre cens liv.
ceux qui n'auront pas vingt ans de fervice ,
de
trois cens livres feulement , ainfi que les Aide-
Majors. Voulant au furplus Sa Majesté que lefdites
penfions ne foyent payées qu'à ceux defdits
Officiers qui fe retireront chez eux & non ailleurs.
•
A l'égard des Lieutenans & Enfeignes qui feront
réformés , Sa Majefté entend qu'ils le re-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE .
tirent dans leurs Provinces pour y remplir les
emplois qu'elle leur deftine , le réſervant de leur
faire connoître fes intentions fur cet objet , lorſqu'on
lui aura rendu compte de leurs fervices & de
leurs talens , & c. & c.
Il vient de paroître une Ordonnanc du Roi ,
concernant les termes de la ceffation des hoftilités
en mer : en voici la teneur.
DE PAR LE ROI.
ee SA MAJESTÉ ayant ratifié le 22 du préfent
» mois de Novembre les articles préliminaires de
» la paix , fignés à Fontainebleau le 3 du même
» mois , entre les Miniftres Plénipotentiaires de
> France , d'Elpagne & de la Grande- Bretagne ;
D
par l'um deiquels articles il eft porté qu'il y
> aura ceffation d'hoftilités par mer , fuivant les
» termes & efpaces de temps ci- après expliqués ,
» à compter du jour de la ratification defdits ar-.
» ticles préliminaires , & ftipulé que les Vaif-
» feaux , marchandiſes ou autres effets qui fe-
> ront pris par mer , après lefdits termes & efpa-
» ces de temps , feront réciproquement reftitués ;
» Elle a ordonné & ordonne que les Vailleaux ,
» marchandiſes & effets appartenant à Leurs Majeftés
Britannique & Très - Fidéle , & à leurs Su-
» jets , qui pourront être pris dans la Manche ou
» dans les Mers du Nord , après l'espace de
» douzejours , à compter du 22 du préfent mois
» de Novembre , leur feront reltitués ; que le ter-
>> me fera de fix femaines pour les prifes faites
» depuis la Manche, les mers Britanniques & Fran.
>> çoiſes & les mers du Nord , jufqu'aux Ifles Cana-
>> ries inclufivement , foit dans l'Océan , foit dans
» la Méditerranée; que le terme fera de trois mois
» depuis lefdites Ifles Canaries jufqu'à la Ligne
>>Equinoxiale ou l'Equateur ; enfin de fix mois , à
כ כ
1
JANVIER. 1763. 179
→
*
» compter de la même date du 2.2 du préfent
» mois de Novembre au delà de ladite Ligne
>> Equinoctiale ou l'Equateur , & dans tous les
>> autres endroits du monde fans aucune ex-
>> ception , ni autre diftinction plus particuliere
» de temps & de lieux. Défend Sa Majesté à tous,
» fes Sujets , de quelque qualité & condition qu'ils
» foient , d'exercer aucun acte d'hoftilité par mer,
» contre les Sujets de Leurs Majeftés Britannique
» & Très Fidele , ni de leur caufer aucun préju-
» dice ou dommage , après l'expiration des épo-
» ques ci- deffus mentionnées . MANDE & ordonne
» Sa Majesté à M. le Duc de Penthievre , Amiral
» de France , aux Vice- Amiraux , Lieutenans- Gé◄
» néraux , Intendans , Chefs d'Eſcadre , Com-
» miffaires Généraux & Ordonnateurs de la Ma-
>> rine , & autres Officiers qu'il appartiendra , de
» tenir la main à l'exécution de la préſente Or-
» donnance ; & aux Officiers de l'Amirauté , de
la faire lire , enregistrer , publier & afficher
» par- tout où befoin fera , afin que perfonne n'en
>> prétende caufe d'ignorance. FAIT à Verlailles ,
» le vingt- trois Novembre mil fept cent foixante-
» deux. Signé , LOUIS. Et plus bas , LE DUC DE
» CHOISEUL. >>
L'Ordonnance du Roi eft fuivie du Mande
ment adreffé par le Duc de Penthievre , Amiral de
France, à tous les Officiers de la Marine , pour
l'exécution de ladite Ordonnance.
Le Roi d'Angleterre a fair publier également à
Londres une Proclamation pour la ceffation des
hoftilités fur mer. Comme elle eft conforme à
l'Ordonnance du Roi , il eſt inurile d'en donner ici
I a traduction ,
Le vingt- troifiéme tirage de la Lotterie de
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 25 Décembre en la
maniere accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au numero 3029 ; celui de vingt
mille livres au numero 18764 , & les deux de dix
mille livres aux numeros 8383 & 9213 ,
Le 4 du même mois on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les numéros fortis de la
roue de fortune font 71 , 8
, 41 , 64 , 35. Le prochain
tirage ſe fera le s Janvier 1763.
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Résumé : De PARIS, le 10 Décembre.
Le 24 novembre 1762, la principale cloche de la cathédrale de Bourges a été bénite par l'évêque de Nevers et nommée Louise-Adélaïde par le duc de Berry, représenté par le marquis de l'Hôpital. La cérémonie, marquée par une grande pompe, a réuni un concours unanime de citoyens exprimant leurs vœux pour la conservation et la prospérité du monarque et de sa famille. Après la cérémonie, l'évêque de Nevers, le marquis de l'Hôpital et la dame Dodart se sont rendus chez le sieur Dodart, intendant de la province, pour un dîner magnifique. Le 4 janvier 1763, l'Académie Française a élu l'abbé de Voisenon pour remplacer le sieur Folyor de Crébillon. Le 6 janvier, le marquis de l'Hôpital a présidé au chapitre de l'Ordre de Saint-Michel, où le sieur Dupré a été reçu chevalier. Ensuite, ils ont assisté à un service à l'église pour les rois, princes et chevaliers décédés. Le sieur Brisson, de l'Académie Royale des Sciences, a proposé de recommencer ses cours de physique expérimentale en janvier. L'Université de Paris a annoncé un sujet pour le prix d'éloquence latine. Les services postaux entre Londres et Calais ont repris, rendant la correspondance plus prompte et régulière. Le roi a publié plusieurs ordonnances. La première concerne le retour des régiments de grenadiers et de milice dans leurs provinces. La seconde interdit aux troupes de transporter des marchandises. La troisième réforme plusieurs régiments d'infanterie, accordant des pensions aux officiers réformés. Une autre ordonnance royale concerne la cessation des hostilités en mer, stipulant les termes de restitution des prises maritimes après la ratification des articles préliminaires de paix. Le tirage de la loterie de l'Hôtel-de-Ville a eu lieu le 25 décembre, et celui de la loterie de l'École Royale Militaire le 4 janvier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
19249
p. 178-188
Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Début :
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat prompt & lumineux dissipe en un moment les [...]
Mots clefs :
Devises, Emblèmes, Jeune, Amour, Prince, Naissance du duc de Bourgogne, Sort, Mots, Peuple, Joie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Explications des devises & des emblèmes
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
-
288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
-
288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
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19250
p. 175-176
GRAVURE.
Début :
LE Sieur J. J. FLIPART, Graveur du Roi, vient de mettre au jour le Portrait [...]
Mots clefs :
Portrait, Gravure, Dessein, Estampe
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E Sieur J. J. FLIPART , Graveur du
Roi , vient de mettre au jour le Portrait
de M. Greuze , d'après le deffein
original du même M. Greuze. Cette Eftampe
très- bien gravée , fe vend chez
le Sieur Flipart , & chez les Marchands
d'Eftampes. Le prix eft de 24 fols.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le Sr RIGAUD , Graveur des vues
des Maifons Royales , vient de joindre
à fon Recueil deux nouvelles vues du
Chateau de Berny , appartenant à S. A.
S. Monfeigneur le Comte de Clermont ,
Prince du Sang ; ce Recueil eft d'environ
cent trente vues toutes propres
pour l'Optique.
Il demeure toujours rue Saint Jacques
vis - à-vis le Collége du Pleffis , à Paris.
E Sieur J. J. FLIPART , Graveur du
Roi , vient de mettre au jour le Portrait
de M. Greuze , d'après le deffein
original du même M. Greuze. Cette Eftampe
très- bien gravée , fe vend chez
le Sieur Flipart , & chez les Marchands
d'Eftampes. Le prix eft de 24 fols.
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE .
Le Sr RIGAUD , Graveur des vues
des Maifons Royales , vient de joindre
à fon Recueil deux nouvelles vues du
Chateau de Berny , appartenant à S. A.
S. Monfeigneur le Comte de Clermont ,
Prince du Sang ; ce Recueil eft d'environ
cent trente vues toutes propres
pour l'Optique.
Il demeure toujours rue Saint Jacques
vis - à-vis le Collége du Pleffis , à Paris.
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