Résultats : 14606 texte(s)
Détail
Liste
1001
p. 205-206
Fin de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
Début :
J'ay oublié de vous dire, que l'Assemblée generale du Clergé de [...]
Mots clefs :
Assemblée générale du Clergé de France, Prélats, Députés, Audience, Versailles, Cérémonies, Marquis, Succès
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texteReconnaissance textuelle : Fin de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
J'ay oublié de vous dire ,
que l'Affemblée generale du
Clergé de France a finy les
Seances qu'elle tenoit à Saint
Germain en Laye, & que les
Prelats & les Deputez qui la
compofoient , allerent à Verfailles
le 21. du dernier mois ,
206 MERCURE
prendre leur Audience
de
Congé du Roy. M. le Marquis
de Blainville
, Grand
Maiſtre des Ceremonies
, &
M. de Saintot Maiftre des
Ceremonies
, les y conduifi
rent , & ils furent preſentez
par M. le Marquis de Segnelay
Secretaire
d'Eftat , qui
avoit efté les prendre dans
leur Sale. M. le Coadjuteur
de Rouen porta la parole
avec un fuccés qui répondit
à tout ce que cette Illuftre
Affemblée
en pouvoit attendre.
que l'Affemblée generale du
Clergé de France a finy les
Seances qu'elle tenoit à Saint
Germain en Laye, & que les
Prelats & les Deputez qui la
compofoient , allerent à Verfailles
le 21. du dernier mois ,
206 MERCURE
prendre leur Audience
de
Congé du Roy. M. le Marquis
de Blainville
, Grand
Maiſtre des Ceremonies
, &
M. de Saintot Maiftre des
Ceremonies
, les y conduifi
rent , & ils furent preſentez
par M. le Marquis de Segnelay
Secretaire
d'Eftat , qui
avoit efté les prendre dans
leur Sale. M. le Coadjuteur
de Rouen porta la parole
avec un fuccés qui répondit
à tout ce que cette Illuftre
Affemblée
en pouvoit attendre.
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Résumé : Fin de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
L'Assemblée générale du Clergé de France a terminé ses séances à Saint-Germain-en-Laye et s'est déplacée à Versailles le 21 du mois précédent pour saluer le roi. Les prélats et députés, accompagnés par le marquis de Blainville et M. de Saintot, ont été reçus par le marquis de Ségnelay. Le Coadjuteur de Rouen a prononcé un discours apprécié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1002
p. 206-263
Relation contenant toutes les particularités du Mariage de M. le D. de Bourbon. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay promis que je rechercherois avec soin toutes les [...]
Mots clefs :
Duc de Bourbon, Roi, Duchesse, Argent, Diamant, Princesse, Mariage, Musique, Cour, Cérémonie, Ornements, Château, Broderie, Or , Magnificence, Cristal, Couleurs, Chapelle, Architecture, Fiançailles, Marquis, Honneur, Offrandes, Dentelles
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texteReconnaissance textuelle : Relation contenant toutes les particularités du Mariage de M. le D. de Bourbon. [titre d'après la table]
Je vous ay promis ' que je
GALANT. 207
rechercherois avec foin toutes
les particularitez qui regardent
le Mariage de Monfieur
le Duc de Bourbon , &
de Mademoiſelle de Nantes,
afin de vous en donner une
Relation exacte ; mais il eſt
bien difficile qu'il n'échape
quelques circonftances de
tout ce qui a précedé,accompagné
, & fuivy l'Union de
ces deux Auguftes Perfonnes.
Le Roy ne fait rien qui
ne marque fa Grandeur ;
Monfieur le Duc eft galant
& magnifique , & tous ceux
qui touchent de prés au jeu208
MERCURE
ne Prince & à la jeune Princeffe
que le Mariage vient
d'unir , aiment la belle dépenfe.
La Liberalité leur eſt
naturelle ; ils n'épargnent
rien lors qu'il s'agit d'affaires
d'éclat , & il femble que le
bon gouſt ſoit né avec eux.
Jugez aprés cela , s'il m'a pû
eftre facile de ramaffer toutes
les circonftances qui ont
rapport à ce Mariage ; mais
il y a plus encore , c'eſt qu'il
s'eft fait avec un tel agrément
, & tant de joye de toute
la Cour , que chacun en
fon particulier a contribué
GALANT. 209
autant qu'il a pû , à l'éclat de
cette Feftè , par des Habits
magnifiques , par des mar
ques de réjouiffance, & mef
me par de fomptueux repas,,
accompagnez de divertiffemens.
Avant que d'entrev
dans ce détail , je vous diray
que Monfieur le Duc de
Bourbon eft un jeune Prin
ce, qui commençant à entrer
dans le monde, n'y a fait encore
aucun pas qui n'ait marqué
avec avantage qu'il foûtiendra
dignement , & l'Au
gufte Nom qu'il porte , & la
gloire des grands Hommes
Aoust 1685. Sto
210 MERCURE
qu'il a pour Ayeux. Il s'eft
fait admirer dans fes Etudes,
& il n'en eftoit pas encore
forty , qu'il a brillé dans fes
Exercices. Ainfi l'on peut
dire qu'il y a paru habile
dans un temps où l'on en
voit peu qui ayent commencé
un fi penible travail. Si
fon application luy a donné
de l'adreffe , le Sang de Bourbon
, & le defir de la gloire,
luy ont donné la force qu'il
luy manquoit. Sa bonne grace
jointe à toutes ces chofes,
l'a fait admirer dans le Carroufel
; & il y a receu des apGALANT.
211
playdiffemens fi publics ,
qu'ils ont efté entendus de :
toute l'Affemblée. Un Prin--
ce fi accomply , dans un âge :
où les autres n'ont pas enco
re refpiré l'air du monde
meritoit d'eftre uny à une
Princeffe toute parfaite . Il l'a
trouvée en Mademoiſelle de:
Nantes , qui , quoy que plus
jeune que ce Prince , a tout
l'efprit & toutes les grandes
**
qualitez que l'on pourroitt
fouhaiter dans une Princeffe :
beaucoup plus âgée. Elle
fçait plufieurs fortes de Lan--
gues ;fes reparties font prom--
Szijj
212 MERCURE
ptes & vives fur quelque fujet
que ce puiffe eftre , & elle
attire l'admiration de tout le
monde, par la grace & la jufteffe
avec laquelle elle danfe.
Ce n'est point à cauſe que
j'ay à vous entretenir de fon
Mariage que je vous en parle
de cette forte . Si vous
voulez bien vous fouvenir
de plufieurs de mes Lettres,
vous connoiftrez que je vous
ay fait la peinture de toutes
ces choſes en divers endroits
, & dans les temps où
cette Princeffe furprenoit
toute la Cour en les faifant
GALANT. 213
éclater. C'est ce qui fait voir
que la flaterie n'a aucune
part à ce que je dis .
Avant la Ceremonie des
Epoufailles , Monfieur le Duc
de Bourbon fit un Prefent à
Mademoiſelle de Nantes , digne
de la magnificence &
de la galanterie du Sang
dont ce Prince fort .
Une maniere de Table de
demy pied de haut , & qui
pouvoit eftre pofée ſur une
Table d'une hauteur ordinaire
, portoit dans fon milieu
une machine d'Orphéyrie
toute à jour , élevée en214
MERCURE
viron de huit pouces , foûte--
nuë par plufieurs petits pieds
antiques , & entourée d'une
Campane ornée d'Attributs
fur le Mariage que l'on eftoit
preft de faire. Cette Cam--
pane bordoit le haut de la
Corniche . Sur le milieu de
cette machine il y avoit une
élevation qui portoit un petit
Baſtiment de criftal de
roche , couvert en dôme furbaiffé
, & orné de huit colomnes
de criſtal. Les enchaffures
d'orphévrie , & le corps .
de
l'Architecture de ce petit
Batiment de criſtal eftoient .
GALANT. 215
d'or. Au haut du dôme & en
dedans , pendoient en maniere
de chandeliers de criſtal
deux pendans d'oreilles
de pendeloques de diamans
faits en cloches. Ils eftoient
accompagnez d'une parure
de rubis & de diamans . Toute
cette machine cuſt pû eftre
prife pour un des endroits
délicieux du Palais de Pfyché
, puis qu'une Figure d'or
émaillé y reprefentoit cette
Princeffe. Elle eftoit couchée
, & regardoit ces Prefens
de la mefme forte que
Pfyché regardoit ceux de
.
216 MERCURE
F'Amour , lors que ce Dieu
bornoit tous fes voeux au feul
defir de luy plaire .
Aux quatre faces de ceBâtiment,
eftoient quatre Caffettes
de cristal , dans chacune
defquelles il y avoit un Bracelet
, des Boucles de Ceintures,
de Jartieres & de Souliers
de Pierreries ;fçavoir des Diamans
brillans dans la premiere
; dans la feconde des
Rubis & des Diamans ; dans
la troifiéme des Emeraudes
& des Diamans ; & dans la
quatriéme de toutes fortes
de Pierreries , avec des Bracelets
GALANT. 217
celets de Perles , & plufieurs
petites Boucles d'oreilles de
Diamans, & d'autres de toutes
fortes de Pierres de couleur.
Des Confoles d'Orfevrie
portoient les Angles du Bâtiment
du milieu ; & fur
chacun de ces Angles qui
avançoient entre les Caffettes
de criſtal, eftoient élevées
quatre Urnes d'or fur de petits
Socles . Le haut de ces
Urnes eftoit en forme de dôme
, il y avoit dedans des
efpeces de Baguiers de velours
noir,remplis de Bagues
Aouft 1685.
T
218 MERCURE
de Diamans brillans , de
plufieurs Diamans de couleur,&
de toutes fortes d'autres
Pierres.
Il y avoit auffi huit vaſes
de Cryſtal de Roche ; fçavoir
deux de chaque cofté
des quatre Vafes d'or. Ils
achevoient de remplir les
Angles du Bâtiment du mi-
-lieu ; les Bouchons de ces
Vaſes eftoient d'or , & fur
chaque Bouchon il y avoit
un Diamant brillant.
La machine d'Orfévrerie
qui portoit tous ces Bijoux,
faifoit un plan extraordi-
韭
GALANT. 219
naire , & qui s'accommodoit
à la fituation de toutes
ces pieces. Toute cette machine
enſemble eftoit portée
dans le milieu d'une maniere
de Table , haute de
fix pouces. Elle eſtoit foûtenue
par des pieds d'argent,
& ornée autour de Points
d'Eſpagne , & autres agrémens
qui formoient des Feftons
.
Sur la mefme Table au
deffous de cette machine
d'argent , il y avoit huit
Corbeilles , fçavoir , quatre
carrées , vis à vis de chacune
Tij
220 MERCURE
des faces de la grande Machine
, & quatre ovales fur
les Angles ; mais qui ne cachoient
rien de toute la Machine
du milieu , qui eftoit
plus élevée que ces Corbeilles.
Elles eftoient toutes
de Brocard d'or , brodé d'ar-
Deux des grandes
gent.
eftoient remplies d'Eventails
, & les deux autres de
Jartieres de tiffu d'or &
d'argent de toutes couleurs.
Il y avoit dans chacune des
petites , un Etuy de Velours
vert , fur lequel eftoient des
Bijoux de Velours vert de
GALANT. 221
toutes façons. Chaque Etuy
cachoit un Tablier à travailler
, de Taffetas vert , brodé
d'or paffé , & garny aux poches
de Boutons de Diamans
brillans , avec tous les
Etuis d'or , garnis de fem
blables Diamans , & attachez
à la ceinture du Tablier
avec de petites chaînes
d'or. Aux deux bouts de cette
Table eftoient encore
deux grandes Corbeilles de
Brocard d'or brodé d'argent
, & remplies de Gands
garnis , de Bas de Soye & de
Rubans.
Tiij
222 MERCURE
Le deffus de la Table qui
portoit toutes ces chofes,
eftoit brodé d'or fur un
fonds de Velours cramoify ,
avec des compartimens de
Rabeſques , dont la broderie
eftoit plus relevée , & en
chaffoit les Corbeilles ; de
forte qu'en les levant , on
voyoit les places de chacune.
D'autres ornemens rempliffoient
ces places ; mais la
broderie en eftoit plus platafin
que les Corbeilles
te ,
pofaffent mieux deſſus .
Cette Table faifoit un
plan fuivant l'arrengement
GALANT. 223
des Corbeilles quarrées ou
ovales , & ces Corbeilles en
formoient un qui s'accommodoit
à la Machine du milieu.
>
On peut juger par la
beauté , & par la richeffe de
ce Prefent de toutes les
chofes qui ont regardé ce
Mariage , & que la galanterie
& la magnificence n'y
ont pas manqué.
Je ne dois pas oublier, en
vous parlant des Pierreries
qui faifoient la principale
partie de ce fuperbe & riche
Prefent
› que le Roy en a
L
Tiiij
224 MERCURE
,
donné plufieurs parures d'un
tres-grand prix à Mademoifelle
de Nantes outre les
avantages qu'il a faits à cette
Princeffe , & les biens ,
Charges & Gouvernemens,
dont il luy a plu de gratifier
ces deux Auguftes Epoux .
La Cerémonie des Fiançailles
fe fit le 23. de Juillet
dans le grand Salon de l'Appartement
du Roy. Toute
la Maiſon Royale s'y trouva
, auffi bien que tous les
Princes , & Princeffes
du
Sang qui y avoient eſté invitées.
Monfieur
le Duc de
GALANT·
225
Bourbon & Mademoiſelle
de Nantes , y furent conduits
par M. le Marquis de
Blainville , Grand Maiſtre
des Cerémonies , qui avoit
auparavant efté prendre ce
Prince & cette Princeffe,
chacun dans leur Appartement.
Monfieur le Duc de Bourbon
, avoit un habit de brocard
d'or à fonds brun , avec
de groffes Fleurs d'or frifé,
& tellement relevées , quelles
faifoient le mefme effet
de la broderie :
L'habit de Mademoiſelle
226 MERCURE
de Nantes eftoit de Taffetas
noir en broderie d'or , &
doublé de Taffetas couleur
de feu , auffi brodé d'or. ,
Quantité de Diamans couvroient
le corps & les manches.
La Ceinture de la Jupe ,
& le retrouffis eftoient de
Diamans , la Jupe de deffous
eftoit de Brocard d'argent
brodé d'or , & cette broderie
eftoit liferée de couleur
de feu . Sa Mante dont la
queue eftoit de fix aulnes de
long , eftoit de gaze d'or , &
portée par Mademoiſelle de
Blois .
GALANT. 227
Sa
Le Roy avoit un habit.
brodé d'argent , enrichy de
Boutons de Pierreries . Son
Baudrier & fon Epée en
eftoient aufli garnis .
Majefté fe mit au bout de la
Table qui avoit efté dreſſée
pour cette Cerémonie.
Monfeigneur le Dauphin
, Monfieur , Monfieur
le Duc de Chartres , Monfieur
le Prince , Monfieur le
Duc , Monfieur le Duc du
Maine , & Monfieur le
Comte de Thoulouze fe ran .
gerent à la droite du Roy .
Madame la Dauphine , Ma228
MERCURE
dame , Mademoiſelle , Madame
la Grande Ducheffe
de Tofcane , Madame la
Ducheffe , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoifelle
d'Anguien , Mademoiſelle
de Condé , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
de Verneuil veuve d'un
Prince legitimé de France,
fe placerent à la gauche . Je
n'entreray dans aucun détail
de leurs habits , la déſcription
en feroit feule auffi
longue que toute ma Relation
. Imaginez - vous tout
GALANT. 229
ce que la Broderie , & les
plus riches Brocards d'or ,
tous differemment ornez de
Pierreries , peuvent former
de plus éclattant , & vous
aurez encore de la peine à
vous bien repreſenter le brillant
effet que produifoit
l'éboüiffant amas de ces diverfes
richeffes , tant il fembloit
que chacun euft pris
plaifir à fe parer à l'envy pour
faire honneur à la Fefte , &
pour marquer la fatisfaction
qu'il avoit de ce Mariage.
Tous ces Princes & ces Princeffes
formerent un cercle ,
230 MERCURE
de
& Monfieur le Duc de Bourbon&
Mademoiſelle de Nantes,
fe rangerent auprés de la
Table , au bout de laquelle
eftoit le Roy. M. le Marquis
Seignelay, Secretaire d'Etat
& de la Maiſon du Roy ,
fit la Lecture du Contract,
M. Colbert de Croiffy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ,
eſtant preſent. M. de Seignelay
preſenta enſuite la
plume à Sa Majefté , qui le
figna , aprés quoy il fut ſigné
parMonfeigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monfieur , Madame , MonGALANT.
231
fieur le Duc de Chartres
Mademoiſelle , Madame la
Grande Ducheffe de Tofcane,
Monfieur le Prince,Monfieur
le Duc,Madame la Ducheffe
, Monfieur le Duc de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoiſelle
d'Anguien , Mademoifelle
de Condé, Monfieur le
Duc du Maine , Monfieur le
Comte de Thoulouſe , Mademoiſelle
de Nantes , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
la Ducheffe de Verneüil.
Aprés que le Contract
232 MERCURE
eut efté figné , M. l'Evefque
d'Orleans , premier Aumônier
du Roy , fit la Ceremonie
des Fiançailles . Il eftoit
en Camail & enRochet avec
l'Etole. Cette Ceremonie
eſtant achevée , on ſe rendit
à Trianon , où le Roy donna
à Souper à toute la Maiſon
Royale , & aux Seigneurs
& Dames de la Cour. Il y
eut auparavant une Promenade
fur le Canal , que l'on
trouva tout couvert de Chaloupes
, Gondoles , Yacs , &
autres fortes de Bâtimens parez.
La Chaloupe où ſe mit
GALANT. 233
le Roy , eftoit garnie de Da--
mas bleu , avec de grandes :
Crefpines d'or . Les Carreaux
eftoient de mefme , & les Tapis
de Perfe, à fonds d'or . La
Chaloupe de Monſeigneur
le Dauphin, eftoit de Damas
cramoify,& enrichie de frange
d'or. Monfieur en avoit
une de Damas vert; avec des
franges or & argent . Celle
de Madame eftoit aurore ,
avec des franges d'argent..
Toutes ces Chaloupesavoiét
des Carreaux de mefme Damas
, avec de riches Tapis.
La Mufique eftoit dans un
Aoust 1685.
V
234 MERCURE
Vaiffeau qui fuivoit la Chaloupe
du Roy, & cette Chaloupe
de Sa Majeſté eſtoit
environnée de toutes les autres
. Les hommes fuivoient
à cheval le long du Canal ,
magnifiquement
veſtus . On
y voyoit auffi un grand nombre
de Caroffes , & une af
fluence de peuple extraordinaire
. Pendant cette Promenade
, on eut le plaifir d'entendre
tout ce qu'il y a de
plus belle Mufique dans tous
les Opera de M. de Lully. On
arriva fur les neuf heures du
foir à Trianon . Le Roy monGALANT.
235
ta par le degré du Jardin ,
dont les Berceaux eftoient.
éclairez par quantité de Chãdeliers
de criftal. Il y avoit
dans les quatre Cabinets qui
les terminent, quatre Tables
de vingt- cinq couverts cha--
cune. Le Roy en tenoit une,
& Monſeigneur le Dauphin,,
Monfieur & Madame , tenoient
les trois autres .. Il
y
en avoit auffi deux dans le
Chafteau pour les Seigneurs..
Au fortir de Table , le Roy
fit quelques tours de Jardin ,,
& il retourna fur l'eau par le
mefme degré par lequel il
Vij
236
MERCURE
eftoit venu. La nuit eftoit
affez fombre , &
cependant
le Canal ne laiffoit pas de paroiftre
fort brillant . Le réflechiffement
des
lumieres qu'-
on ne pouvoit encore découvrir,
le faifoit paroiſtre comme
une glace toute lumineufe.
Quoy que l'on en ſoupçonnaft
la cauſe, on n'en fut
éclaircy que lors qu'on fut à
la croifée du Canal, d'où l'on
connut que le Château étoit
éclairé depuis le haut jufqu'au
bas. Je croy qu'il eſt à
propos de vous dire , qu'on
appelle la croifée du Canal,
GALANT. 237
l'endroit où l'on détourne en
revenant de Trianon , & d'où
l'on commence à découvrir
le Château de Verfailles. Les
lumieres dont il eftoit éclairé
étoient vives . On les nomme
ainfi lors qu'elles font découvertes
, & qu'elles ne font
point dans des verres, ou derriere
des papiers ou toilles
peintes & huilées , qui faifoient
les anciennes Illuminations
, & dont on fe fert
peu aujourd'huy , fi ce n'eſt
qu'on les mefle avec les lumieres
vives . Celles qui faifoient
briller le Chafteau de
238 MERCURE
"
Verfailles, en profiloient toutes
les Corniches , & marquoient
l'Architecture . La
Galerie mefme qui occupe
toute la face du Chafteau
qui donne dans le Jardin ,
eftoit éclairée par dedans.
comme aux jours où l'on
tient Appartement, & ces lumieres
qui n'eftoient veuës
qu'au travers des vitres , formoient
un corps plus reculé
& moins vif que celuy de
l'Architecture , ce qui faifoit
une agreable union . Toutes
les Rampes & les Efcaliers de
la Fontaine de Latone étoiet
GALANT. 239
éclairez de lumieres telles
qu'eftoient celles du Chafteau
; ce qui les faifoit paroître
du Canal comme un gros
pied-d'eſtal de feu qui portoit
le Chafteau. A l'autre
bout du Canal qui donne
dans la campagne , on vit
une Piramide de feu , formée
par fept ou huit mille lumieres,
dont chacune étoit groffe
comme un flambeau. Cette
Piramide avoit prés de
cent toifes de face , & fa hauteur
eftoit proportionnée à
fa largeur. Il y avoit fur la
pointe de cette Piramide une
240 MERCURE
boule de feu d'environ vingt :
pieds de diamettre . On tira
de derriere cette Piramide
environ vingt mille fufées.
Elles eftoient difpofées de
telle forte qu'elles paroiffoient
partir de la boule qui
eftoit fur la pointe . On tira
d'abord plufieurs groſſes fųfées
les unes aprés les autres,
qui produifirent de differens
& nouveaux effets . Enfuite
elles partirent par trois , quatre
, cinq , & fix douzaines à
la fois , & augmenterent
toûjours
jufqu'au dernier partement
, qui fut de neuf à dix
mille
GALANT. 241
mille enſemble ; ce qui fit
une voûte de lumiere au
deffus de Verſailles & des environs
.
Aprés qu'on eut admiré
la beauté & les effets de ce
prodigieux amas d'artifice,
le Roy remonta en Caleche
, & retourna au Château
par le Jardin . Tout ce
qui eftoit fur la route de Sa
Majefté , brilloit d'une infinité
de lumieres , & princi
palement l'Allée des Caſcades
, la grande Piece du bas
de cette Allée , & la Pyramide
d'eau qui eft au haut
Aoust 1685.
X
242 MERCURE
de la mefme Allée. Le feu
paroiſſoit au travers de fes
Napes , & l'on voyoit au
deffus au lieu du gros jet
d'eau , un gros bouillon de
lumieres. La face du Château
eftoit illuminée de ce
cofté là , de la mefme maniere
que celle qu'on avoit
admirée du Canal ; de forte
qu'on ne voyoit que des enfilades
de lumieres , au bour
defquelles le Chafteau paroiffoit
comme une Montagne
de feu ; on y rentra à une
heure aprés minuit .
La Cerémonie des EpouGALANT.
243
24.
failles fe fit le lendemain
Juillet à une heure aprés
midy. M. de Saintot alla
prendre Monfieur le Duc
de Bourbon dans fon Appartement
, & le mera à celuy
de Mademoiſelle de
Nantes. Il les conduifit enfuite
dans la Galerie , où
Madame la Dauphine attendoit
le Roy. On alla de là
àla Chapelle , chacun en fon
rang.
1
L'habit de Monfieur le
Duc de Bourbon eftoit brodé
d'or , fur un fond de gros
de Naples noir. Le deffein
X ij
244 MERCURE
cette broderie eftoit d'une
inventiontoute nouvelle . Un
bord d'un quartier de haut
regnoit autour du Manteau.
La broderie en eftoit fort
particuliere , & compofée
de deux manieres d'ornemens
qui fe contraſtoient,
Le fond de l'étoffe faifoit
en quelques endroits le
fond des ornemens , & en
d'autres l'or faifoit le fond ,
& l'étoffe les ornemens &
dans les endroits où elle en
fervoit , elle eftoit ornée
d'Emeraudes & de Diamans
enchaſſez dans de petits or
>
GALANT. 245
nemens de broderie relevée .
Tous les ornemens du rebord
de ce Manteau eftoient
brodez de Perles , & les milieux
des grands Fleurons
eftoient ornez de plus groffesPerles,
qui tournoient fuivant
les Tiges .Tout le plein
duManteau eftoit d'un ornement
pareil ; mais un peu
plus petit . Le revers eftoit
auffi d'une broderie des plus
riches . Les Chauffes eftoient
comme le Manteau , & le
Pourpoint eftoit blanc &
brodé d'or ; mais plus déli
catement . Le Cordon du
X iij
246 MERCURE
Chapeau de ce Prince eftoit
de gros Diamans .
Mademoiſelle de Nantes
avoit un habit de Brocard
d'argent , chamaré de Dentelles
d'argent pliffées , &
tout femé de Rubis & de
Diamans , & le Corps & les
Manches en eftoient entierement
couvertes , de mefme
que celuy des Fiançailles.
La Jupe de deffous eftoit
de Brocard d'argent, chamarée
de Dentelles d'argent
pliffées >
eftoient des Boutonnieres
d'Emeraudes & de Diamans .
entre lefquelles
GALANT 247
Les parures de tefte étoient
afforties aux Pierreries de
l'habit .
Il feroit difficile de bién
décrire l'habit du Roy. La
broderie en eftoit or & argent
, & faite exprés pour
placer les Pierreries dont il
eftoit tout femé , de forte
qu'il paroifloit qu'il fuft tout
brodé de ces Pierreries .
Je ne ne vous parleray
point icy des places que chacun
occupa dans la Chapelle
, vous les ayant déja marquées
dans les Relations du
Mariage de la Reyne d'Ef
X iiij
248 MERCURE
pagne, & de celuy de Madame
de Savoye. La Mufique
de la Chapelle chanta plufieurs
Motets pendant la
Meffe , & à l'Offertoire M.
le Marquis de Blainville
Grand Maiftre des Cerémonies
, avertit Monfieur le
Duc de Bourbon d'aller à
l'Offrande
. Ce Prince aprés
avoir fait une révérence à
l'Autel , & une au Roy , baiſa
l'Anneau de l'Evefque
, &
luy prefenta un Cierge garny
de plufieurs pieces d'or,
qu'il avoit receu du Grand
Maistre des Cerémonies
,
GALANT. 249
celuy- cy l'ayant pris des
mains de M. Duché , Controlleur
Genéral de l'argenterie
en année . Les mefines
Cerémonies furent obfervées
pour Madame la Ducheffe
de Bourbon , qui alla
enfuite à l'Offrande . Aprés
le Pater , M' les Abbez du
Breüil & Milon , Aumôniers
du Roy , tous deux en
Rochet & en Manteau long,
étendirent un Poële de Brocard
d'argent fur la tefte de
Monfieur le Duc & de Madame
la Ducheffe de Bourbon,
pendant que M. l'Evefque
250 MERCURE
d'Orleans acheva la Cerémonie
des Epoufailles. La
Meffe eftant finie , le Curé
de la Paroiffe de Verfailles
preſenta au Roy le Regiſtre
des Mariages , qui fut figné
par Sa Mejefté , Monfeigneur
le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfieur,
Madame , Monfieur le Prince
, Monfieur le Duc , Madame
la Ducheffe , & Monfieur
le Duc & Madame la
Ducheffe de Bourbon. Au
fortir de la Meffe , on remonta
dans le mefme ordre
qu'on eftoit venu , excepté
GALANT: 251
que Mademoiſelle
de Nantes
pour lors Madame la
Ducheffe
de Bourbon
, prit
fon rang aprés Madame la
Ducheffe . A huit heures du
foir , le Roy fe trouva dans
fon grand appartement
, où
toute la Cour fe rendit .Je ne
vous parle point de la magnificence
de cét appartement;
elle eft genéralement
connuë , & je vous en ay en
voyé une deſcription particuliere
. On alla enfuite fur
le grand degré de Marbre.
Toutes les Dames fe partagerent
dans les deux Tribu252
MERCURE
nes & tous les Hommes
fur les Rampes. La Mufique
eftoit en bas , & divertit
jufques à dix heures
qu'on alla fouper. La Table
eftoit dans la grande
Salle des Gardes du Corps.
Cetse Salle eftoit tenduë
d'une riche Tapiflerie rehauſſée
d'or , qui repreſentoit
l'Hiftoire de Henry III..
Il y avoit à ce fouper,
Le Roy,
Monfeigneur le Dauphin ..
Madame la Dauphine.
Monfieur.
Madame..
GALANT. 253
Monfieur le Duc de Chartres.
Madame la grande Ducheffe.
Monfieur le Duc .
Madame la Ducheffe.
Monfieur le Duc de Bourbon
.
Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Madame la Princeffe de
Conty.
Mademoiſelle de Bourbon.
Monfieur le Duc du Mayne.
Monfieur le Comte de
Thoulouze .
254 MERCURE
Mademoiſelle de Blois.
Madame la Ducheffe de
Verneüil .
pas
Et quatre-vingt Perſonnes
de la premiere qualité.
Il y eut quatre Services,
& le grand nombre de mets
& de Conviez´n'empeſcha
le bon ordre
, & que L'abondance
ne paruſt avec la
magnificence
. Au ſortir de
la Table , on revint dans le
grand Appartementdu
Roy ,
où M. l'Evefque
d'Orleans
benit le lit , puis on deshabilla
les Mariez. Le Roy
donna la Chemiſe à Mon-
1
GALANT. 255
fieur le Duc de Bourbon ,
aprés qu'elle luy eut elté
prefentée par Monſieur le
Duc & Madame la Ducheffe
la prefenta à Madame
la Dauphine , qui la donna
enfuite à Madame la Ducheffe
de Bourbon. Le Roy
fit l'honneur à cette Princef
fe de la vifiter le lendemain
dans le mefme Appartement
de Sa Majefté , où elle
avoit couché. Elle
y receut
le mefme honneur de
Monfeigneur le Dauphin ,
& le Complimens de toute
la Cour , & le foir elle alla
256 MERCURE
.
fouper chez Monfieur le
Prince , où on luy donna le
divertiffement
d'entendre
chanter des Vers que M.
l'Abbé Geneft avoit compo.
fez fur fon Mariage , & dont
je vous feray part à la fin de
cette Relation. La Mufique
eftoit de M. de la Lande,
l'un des Maiftres de Mufique
de la Chapelle du
Roy.
Le Jeudy , Monfeigneur
le Dauphin donna un grand
Soupé dans fon Apparte-
& l'on chanta enfuiment
,
te l'Idille que je vous ay enGALANT.
257
voyé en vous parlant du divertiffement
de Sceaux.
Le Samedy le Roy alla
difner à Marly. Il y mena
Madame la Ducheffe de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , & les Da
mes qui eftoient neceffaires
pour le petit Balet , que l'on
`y dança le foir devant Madame
la Dauphine , qui y
vint ſouper avec un grand
nombre de Dames. Les
Vers de ce divertiffement
eftoient de M. Morel , Valet
de Chambre de cette
Princeffe , & la Mufique de
Aoust 1685.
Y
258 MERCURE
M. de la Lande . Madame
la Ducheffe de Bourbon , &
Madame la Princeffe de
Conty , dancerent des entrées
dans les Intermedes , &
l'une & l'autre s'y firent admirer
par leur bonne
leur bonne grace ,
& par la juſteſſe de leur dance.
Le Dimanche Monfieur
donna une grande Fefte à
Saint Cloud. Il y eut Col
lation , Mufique , Jeu ,
Promenade , Bal , Souper , &
Comédie. Il s'eft fait encore
beaucoup d'autres Feftes
devant & aprés ce Mariage
,
GALANT. 259
& qui y ont toutes rapport
par la joye que la Cour at
fait paroiftre , & par les mar--
ques d'amitié que le Roy a
données aux Mariez .
Quoy qu'il femble que
rien ne fe puiffe ajoûter à
l'éclat dont la Cour brille or
dinairement , on peut dire
que pendant quatre ou cinq
jours , elle a paru avec une
magnificence extraordinaire.
Toutes les Perfonnes.
diftinguées ont fait faire des
habits tres-riches , pour honorer
cette Fefte , en y pa--
roiffant avec éclat. On ne
Y ij
260 MERCURE
peut rien s'imaginer de
plus beau que ceux de
de Monfieur le Duc de
Bourbon ; ccee Prince en
ayant changé de trois ou
quatre en broderie , qui ont
efte beaucoup moins eftimez
par leur richeffe , que
par leur travail , & par la
nouveauté de leur deffein ;
mais on ne doit
pas en
en eftre
furpris
, puis
qu'on
ne fait
rien dans
cette
Maifon
fans
fe diftinguer
, de quelque
nature
d'affaire
dont
il s'agiffe.
Je ne vous diray rien daGALANT.
261
vantage de ce qui regarde la
Princeffe, touchát ces fortes
de chofes , puis qu'il eft aifé
de s'imaginer qu'on les a portées
au plus haut point, & que
je n'en pourrois dire affez .
Monfieur le Prince , qui fait.
fon fejour ordinaire dans fa
délicieufe Maifon de Chantilly
, a demeuré plufieurs
jours à la Cour , avant &
aprés ceMariage, & il y a paru
mefme avec éclat ,
, pour
marquer la ſatisfaction qu'il
en avoit.
Je ne puis m'empefcher
de dire icy , que Monfieur
ه ت
262 MERCURE
le Duc a fait faire plufieurs
Carroffes magnifiques , entre
lefquels celuy du Corps:
eft d'une invention auffi galante
que riche. Les orne--
mens y font fans confuſion ,
& d'une maniere nouvelle .
Il y a mefme des chofes fingulieres
, & qui doivent furprendre
, parce qu'elles ne
font pas ordinaires aux au--
tres Carroffes . Toute la Ferrure
eft d'or moulu auffi bien
que les Clouds ; & tous les ornemens
de Cuivre , avec la
dorure de la Sculpture font
d'or bruny qui réfiſte à l'eau .
GALANT. 263
Le Secret en a efté trouvé depuis
peu , & l'on ne s'en eſtoit
point encore fervy . Je ne
vous dis rien des attelages
de tous ces Carroffes , dont
les Chevaux eftoient d'une
tres-grande beauté.
GALANT. 207
rechercherois avec foin toutes
les particularitez qui regardent
le Mariage de Monfieur
le Duc de Bourbon , &
de Mademoiſelle de Nantes,
afin de vous en donner une
Relation exacte ; mais il eſt
bien difficile qu'il n'échape
quelques circonftances de
tout ce qui a précedé,accompagné
, & fuivy l'Union de
ces deux Auguftes Perfonnes.
Le Roy ne fait rien qui
ne marque fa Grandeur ;
Monfieur le Duc eft galant
& magnifique , & tous ceux
qui touchent de prés au jeu208
MERCURE
ne Prince & à la jeune Princeffe
que le Mariage vient
d'unir , aiment la belle dépenfe.
La Liberalité leur eſt
naturelle ; ils n'épargnent
rien lors qu'il s'agit d'affaires
d'éclat , & il femble que le
bon gouſt ſoit né avec eux.
Jugez aprés cela , s'il m'a pû
eftre facile de ramaffer toutes
les circonftances qui ont
rapport à ce Mariage ; mais
il y a plus encore , c'eſt qu'il
s'eft fait avec un tel agrément
, & tant de joye de toute
la Cour , que chacun en
fon particulier a contribué
GALANT. 209
autant qu'il a pû , à l'éclat de
cette Feftè , par des Habits
magnifiques , par des mar
ques de réjouiffance, & mef
me par de fomptueux repas,,
accompagnez de divertiffemens.
Avant que d'entrev
dans ce détail , je vous diray
que Monfieur le Duc de
Bourbon eft un jeune Prin
ce, qui commençant à entrer
dans le monde, n'y a fait encore
aucun pas qui n'ait marqué
avec avantage qu'il foûtiendra
dignement , & l'Au
gufte Nom qu'il porte , & la
gloire des grands Hommes
Aoust 1685. Sto
210 MERCURE
qu'il a pour Ayeux. Il s'eft
fait admirer dans fes Etudes,
& il n'en eftoit pas encore
forty , qu'il a brillé dans fes
Exercices. Ainfi l'on peut
dire qu'il y a paru habile
dans un temps où l'on en
voit peu qui ayent commencé
un fi penible travail. Si
fon application luy a donné
de l'adreffe , le Sang de Bourbon
, & le defir de la gloire,
luy ont donné la force qu'il
luy manquoit. Sa bonne grace
jointe à toutes ces chofes,
l'a fait admirer dans le Carroufel
; & il y a receu des apGALANT.
211
playdiffemens fi publics ,
qu'ils ont efté entendus de :
toute l'Affemblée. Un Prin--
ce fi accomply , dans un âge :
où les autres n'ont pas enco
re refpiré l'air du monde
meritoit d'eftre uny à une
Princeffe toute parfaite . Il l'a
trouvée en Mademoiſelle de:
Nantes , qui , quoy que plus
jeune que ce Prince , a tout
l'efprit & toutes les grandes
**
qualitez que l'on pourroitt
fouhaiter dans une Princeffe :
beaucoup plus âgée. Elle
fçait plufieurs fortes de Lan--
gues ;fes reparties font prom--
Szijj
212 MERCURE
ptes & vives fur quelque fujet
que ce puiffe eftre , & elle
attire l'admiration de tout le
monde, par la grace & la jufteffe
avec laquelle elle danfe.
Ce n'est point à cauſe que
j'ay à vous entretenir de fon
Mariage que je vous en parle
de cette forte . Si vous
voulez bien vous fouvenir
de plufieurs de mes Lettres,
vous connoiftrez que je vous
ay fait la peinture de toutes
ces choſes en divers endroits
, & dans les temps où
cette Princeffe furprenoit
toute la Cour en les faifant
GALANT. 213
éclater. C'est ce qui fait voir
que la flaterie n'a aucune
part à ce que je dis .
Avant la Ceremonie des
Epoufailles , Monfieur le Duc
de Bourbon fit un Prefent à
Mademoiſelle de Nantes , digne
de la magnificence &
de la galanterie du Sang
dont ce Prince fort .
Une maniere de Table de
demy pied de haut , & qui
pouvoit eftre pofée ſur une
Table d'une hauteur ordinaire
, portoit dans fon milieu
une machine d'Orphéyrie
toute à jour , élevée en214
MERCURE
viron de huit pouces , foûte--
nuë par plufieurs petits pieds
antiques , & entourée d'une
Campane ornée d'Attributs
fur le Mariage que l'on eftoit
preft de faire. Cette Cam--
pane bordoit le haut de la
Corniche . Sur le milieu de
cette machine il y avoit une
élevation qui portoit un petit
Baſtiment de criftal de
roche , couvert en dôme furbaiffé
, & orné de huit colomnes
de criſtal. Les enchaffures
d'orphévrie , & le corps .
de
l'Architecture de ce petit
Batiment de criſtal eftoient .
GALANT. 215
d'or. Au haut du dôme & en
dedans , pendoient en maniere
de chandeliers de criſtal
deux pendans d'oreilles
de pendeloques de diamans
faits en cloches. Ils eftoient
accompagnez d'une parure
de rubis & de diamans . Toute
cette machine cuſt pû eftre
prife pour un des endroits
délicieux du Palais de Pfyché
, puis qu'une Figure d'or
émaillé y reprefentoit cette
Princeffe. Elle eftoit couchée
, & regardoit ces Prefens
de la mefme forte que
Pfyché regardoit ceux de
.
216 MERCURE
F'Amour , lors que ce Dieu
bornoit tous fes voeux au feul
defir de luy plaire .
Aux quatre faces de ceBâtiment,
eftoient quatre Caffettes
de cristal , dans chacune
defquelles il y avoit un Bracelet
, des Boucles de Ceintures,
de Jartieres & de Souliers
de Pierreries ;fçavoir des Diamans
brillans dans la premiere
; dans la feconde des
Rubis & des Diamans ; dans
la troifiéme des Emeraudes
& des Diamans ; & dans la
quatriéme de toutes fortes
de Pierreries , avec des Bracelets
GALANT. 217
celets de Perles , & plufieurs
petites Boucles d'oreilles de
Diamans, & d'autres de toutes
fortes de Pierres de couleur.
Des Confoles d'Orfevrie
portoient les Angles du Bâtiment
du milieu ; & fur
chacun de ces Angles qui
avançoient entre les Caffettes
de criſtal, eftoient élevées
quatre Urnes d'or fur de petits
Socles . Le haut de ces
Urnes eftoit en forme de dôme
, il y avoit dedans des
efpeces de Baguiers de velours
noir,remplis de Bagues
Aouft 1685.
T
218 MERCURE
de Diamans brillans , de
plufieurs Diamans de couleur,&
de toutes fortes d'autres
Pierres.
Il y avoit auffi huit vaſes
de Cryſtal de Roche ; fçavoir
deux de chaque cofté
des quatre Vafes d'or. Ils
achevoient de remplir les
Angles du Bâtiment du mi-
-lieu ; les Bouchons de ces
Vaſes eftoient d'or , & fur
chaque Bouchon il y avoit
un Diamant brillant.
La machine d'Orfévrerie
qui portoit tous ces Bijoux,
faifoit un plan extraordi-
韭
GALANT. 219
naire , & qui s'accommodoit
à la fituation de toutes
ces pieces. Toute cette machine
enſemble eftoit portée
dans le milieu d'une maniere
de Table , haute de
fix pouces. Elle eſtoit foûtenue
par des pieds d'argent,
& ornée autour de Points
d'Eſpagne , & autres agrémens
qui formoient des Feftons
.
Sur la mefme Table au
deffous de cette machine
d'argent , il y avoit huit
Corbeilles , fçavoir , quatre
carrées , vis à vis de chacune
Tij
220 MERCURE
des faces de la grande Machine
, & quatre ovales fur
les Angles ; mais qui ne cachoient
rien de toute la Machine
du milieu , qui eftoit
plus élevée que ces Corbeilles.
Elles eftoient toutes
de Brocard d'or , brodé d'ar-
Deux des grandes
gent.
eftoient remplies d'Eventails
, & les deux autres de
Jartieres de tiffu d'or &
d'argent de toutes couleurs.
Il y avoit dans chacune des
petites , un Etuy de Velours
vert , fur lequel eftoient des
Bijoux de Velours vert de
GALANT. 221
toutes façons. Chaque Etuy
cachoit un Tablier à travailler
, de Taffetas vert , brodé
d'or paffé , & garny aux poches
de Boutons de Diamans
brillans , avec tous les
Etuis d'or , garnis de fem
blables Diamans , & attachez
à la ceinture du Tablier
avec de petites chaînes
d'or. Aux deux bouts de cette
Table eftoient encore
deux grandes Corbeilles de
Brocard d'or brodé d'argent
, & remplies de Gands
garnis , de Bas de Soye & de
Rubans.
Tiij
222 MERCURE
Le deffus de la Table qui
portoit toutes ces chofes,
eftoit brodé d'or fur un
fonds de Velours cramoify ,
avec des compartimens de
Rabeſques , dont la broderie
eftoit plus relevée , & en
chaffoit les Corbeilles ; de
forte qu'en les levant , on
voyoit les places de chacune.
D'autres ornemens rempliffoient
ces places ; mais la
broderie en eftoit plus platafin
que les Corbeilles
te ,
pofaffent mieux deſſus .
Cette Table faifoit un
plan fuivant l'arrengement
GALANT. 223
des Corbeilles quarrées ou
ovales , & ces Corbeilles en
formoient un qui s'accommodoit
à la Machine du milieu.
>
On peut juger par la
beauté , & par la richeffe de
ce Prefent de toutes les
chofes qui ont regardé ce
Mariage , & que la galanterie
& la magnificence n'y
ont pas manqué.
Je ne dois pas oublier, en
vous parlant des Pierreries
qui faifoient la principale
partie de ce fuperbe & riche
Prefent
› que le Roy en a
L
Tiiij
224 MERCURE
,
donné plufieurs parures d'un
tres-grand prix à Mademoifelle
de Nantes outre les
avantages qu'il a faits à cette
Princeffe , & les biens ,
Charges & Gouvernemens,
dont il luy a plu de gratifier
ces deux Auguftes Epoux .
La Cerémonie des Fiançailles
fe fit le 23. de Juillet
dans le grand Salon de l'Appartement
du Roy. Toute
la Maiſon Royale s'y trouva
, auffi bien que tous les
Princes , & Princeffes
du
Sang qui y avoient eſté invitées.
Monfieur
le Duc de
GALANT·
225
Bourbon & Mademoiſelle
de Nantes , y furent conduits
par M. le Marquis de
Blainville , Grand Maiſtre
des Cerémonies , qui avoit
auparavant efté prendre ce
Prince & cette Princeffe,
chacun dans leur Appartement.
Monfieur le Duc de Bourbon
, avoit un habit de brocard
d'or à fonds brun , avec
de groffes Fleurs d'or frifé,
& tellement relevées , quelles
faifoient le mefme effet
de la broderie :
L'habit de Mademoiſelle
226 MERCURE
de Nantes eftoit de Taffetas
noir en broderie d'or , &
doublé de Taffetas couleur
de feu , auffi brodé d'or. ,
Quantité de Diamans couvroient
le corps & les manches.
La Ceinture de la Jupe ,
& le retrouffis eftoient de
Diamans , la Jupe de deffous
eftoit de Brocard d'argent
brodé d'or , & cette broderie
eftoit liferée de couleur
de feu . Sa Mante dont la
queue eftoit de fix aulnes de
long , eftoit de gaze d'or , &
portée par Mademoiſelle de
Blois .
GALANT. 227
Sa
Le Roy avoit un habit.
brodé d'argent , enrichy de
Boutons de Pierreries . Son
Baudrier & fon Epée en
eftoient aufli garnis .
Majefté fe mit au bout de la
Table qui avoit efté dreſſée
pour cette Cerémonie.
Monfeigneur le Dauphin
, Monfieur , Monfieur
le Duc de Chartres , Monfieur
le Prince , Monfieur le
Duc , Monfieur le Duc du
Maine , & Monfieur le
Comte de Thoulouze fe ran .
gerent à la droite du Roy .
Madame la Dauphine , Ma228
MERCURE
dame , Mademoiſelle , Madame
la Grande Ducheffe
de Tofcane , Madame la
Ducheffe , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoifelle
d'Anguien , Mademoiſelle
de Condé , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
de Verneuil veuve d'un
Prince legitimé de France,
fe placerent à la gauche . Je
n'entreray dans aucun détail
de leurs habits , la déſcription
en feroit feule auffi
longue que toute ma Relation
. Imaginez - vous tout
GALANT. 229
ce que la Broderie , & les
plus riches Brocards d'or ,
tous differemment ornez de
Pierreries , peuvent former
de plus éclattant , & vous
aurez encore de la peine à
vous bien repreſenter le brillant
effet que produifoit
l'éboüiffant amas de ces diverfes
richeffes , tant il fembloit
que chacun euft pris
plaifir à fe parer à l'envy pour
faire honneur à la Fefte , &
pour marquer la fatisfaction
qu'il avoit de ce Mariage.
Tous ces Princes & ces Princeffes
formerent un cercle ,
230 MERCURE
de
& Monfieur le Duc de Bourbon&
Mademoiſelle de Nantes,
fe rangerent auprés de la
Table , au bout de laquelle
eftoit le Roy. M. le Marquis
Seignelay, Secretaire d'Etat
& de la Maiſon du Roy ,
fit la Lecture du Contract,
M. Colbert de Croiffy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ,
eſtant preſent. M. de Seignelay
preſenta enſuite la
plume à Sa Majefté , qui le
figna , aprés quoy il fut ſigné
parMonfeigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monfieur , Madame , MonGALANT.
231
fieur le Duc de Chartres
Mademoiſelle , Madame la
Grande Ducheffe de Tofcane,
Monfieur le Prince,Monfieur
le Duc,Madame la Ducheffe
, Monfieur le Duc de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoiſelle
d'Anguien , Mademoifelle
de Condé, Monfieur le
Duc du Maine , Monfieur le
Comte de Thoulouſe , Mademoiſelle
de Nantes , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
la Ducheffe de Verneüil.
Aprés que le Contract
232 MERCURE
eut efté figné , M. l'Evefque
d'Orleans , premier Aumônier
du Roy , fit la Ceremonie
des Fiançailles . Il eftoit
en Camail & enRochet avec
l'Etole. Cette Ceremonie
eſtant achevée , on ſe rendit
à Trianon , où le Roy donna
à Souper à toute la Maiſon
Royale , & aux Seigneurs
& Dames de la Cour. Il y
eut auparavant une Promenade
fur le Canal , que l'on
trouva tout couvert de Chaloupes
, Gondoles , Yacs , &
autres fortes de Bâtimens parez.
La Chaloupe où ſe mit
GALANT. 233
le Roy , eftoit garnie de Da--
mas bleu , avec de grandes :
Crefpines d'or . Les Carreaux
eftoient de mefme , & les Tapis
de Perfe, à fonds d'or . La
Chaloupe de Monſeigneur
le Dauphin, eftoit de Damas
cramoify,& enrichie de frange
d'or. Monfieur en avoit
une de Damas vert; avec des
franges or & argent . Celle
de Madame eftoit aurore ,
avec des franges d'argent..
Toutes ces Chaloupesavoiét
des Carreaux de mefme Damas
, avec de riches Tapis.
La Mufique eftoit dans un
Aoust 1685.
V
234 MERCURE
Vaiffeau qui fuivoit la Chaloupe
du Roy, & cette Chaloupe
de Sa Majeſté eſtoit
environnée de toutes les autres
. Les hommes fuivoient
à cheval le long du Canal ,
magnifiquement
veſtus . On
y voyoit auffi un grand nombre
de Caroffes , & une af
fluence de peuple extraordinaire
. Pendant cette Promenade
, on eut le plaifir d'entendre
tout ce qu'il y a de
plus belle Mufique dans tous
les Opera de M. de Lully. On
arriva fur les neuf heures du
foir à Trianon . Le Roy monGALANT.
235
ta par le degré du Jardin ,
dont les Berceaux eftoient.
éclairez par quantité de Chãdeliers
de criftal. Il y avoit
dans les quatre Cabinets qui
les terminent, quatre Tables
de vingt- cinq couverts cha--
cune. Le Roy en tenoit une,
& Monſeigneur le Dauphin,,
Monfieur & Madame , tenoient
les trois autres .. Il
y
en avoit auffi deux dans le
Chafteau pour les Seigneurs..
Au fortir de Table , le Roy
fit quelques tours de Jardin ,,
& il retourna fur l'eau par le
mefme degré par lequel il
Vij
236
MERCURE
eftoit venu. La nuit eftoit
affez fombre , &
cependant
le Canal ne laiffoit pas de paroiftre
fort brillant . Le réflechiffement
des
lumieres qu'-
on ne pouvoit encore découvrir,
le faifoit paroiſtre comme
une glace toute lumineufe.
Quoy que l'on en ſoupçonnaft
la cauſe, on n'en fut
éclaircy que lors qu'on fut à
la croifée du Canal, d'où l'on
connut que le Château étoit
éclairé depuis le haut jufqu'au
bas. Je croy qu'il eſt à
propos de vous dire , qu'on
appelle la croifée du Canal,
GALANT. 237
l'endroit où l'on détourne en
revenant de Trianon , & d'où
l'on commence à découvrir
le Château de Verfailles. Les
lumieres dont il eftoit éclairé
étoient vives . On les nomme
ainfi lors qu'elles font découvertes
, & qu'elles ne font
point dans des verres, ou derriere
des papiers ou toilles
peintes & huilées , qui faifoient
les anciennes Illuminations
, & dont on fe fert
peu aujourd'huy , fi ce n'eſt
qu'on les mefle avec les lumieres
vives . Celles qui faifoient
briller le Chafteau de
238 MERCURE
"
Verfailles, en profiloient toutes
les Corniches , & marquoient
l'Architecture . La
Galerie mefme qui occupe
toute la face du Chafteau
qui donne dans le Jardin ,
eftoit éclairée par dedans.
comme aux jours où l'on
tient Appartement, & ces lumieres
qui n'eftoient veuës
qu'au travers des vitres , formoient
un corps plus reculé
& moins vif que celuy de
l'Architecture , ce qui faifoit
une agreable union . Toutes
les Rampes & les Efcaliers de
la Fontaine de Latone étoiet
GALANT. 239
éclairez de lumieres telles
qu'eftoient celles du Chafteau
; ce qui les faifoit paroître
du Canal comme un gros
pied-d'eſtal de feu qui portoit
le Chafteau. A l'autre
bout du Canal qui donne
dans la campagne , on vit
une Piramide de feu , formée
par fept ou huit mille lumieres,
dont chacune étoit groffe
comme un flambeau. Cette
Piramide avoit prés de
cent toifes de face , & fa hauteur
eftoit proportionnée à
fa largeur. Il y avoit fur la
pointe de cette Piramide une
240 MERCURE
boule de feu d'environ vingt :
pieds de diamettre . On tira
de derriere cette Piramide
environ vingt mille fufées.
Elles eftoient difpofées de
telle forte qu'elles paroiffoient
partir de la boule qui
eftoit fur la pointe . On tira
d'abord plufieurs groſſes fųfées
les unes aprés les autres,
qui produifirent de differens
& nouveaux effets . Enfuite
elles partirent par trois , quatre
, cinq , & fix douzaines à
la fois , & augmenterent
toûjours
jufqu'au dernier partement
, qui fut de neuf à dix
mille
GALANT. 241
mille enſemble ; ce qui fit
une voûte de lumiere au
deffus de Verſailles & des environs
.
Aprés qu'on eut admiré
la beauté & les effets de ce
prodigieux amas d'artifice,
le Roy remonta en Caleche
, & retourna au Château
par le Jardin . Tout ce
qui eftoit fur la route de Sa
Majefté , brilloit d'une infinité
de lumieres , & princi
palement l'Allée des Caſcades
, la grande Piece du bas
de cette Allée , & la Pyramide
d'eau qui eft au haut
Aoust 1685.
X
242 MERCURE
de la mefme Allée. Le feu
paroiſſoit au travers de fes
Napes , & l'on voyoit au
deffus au lieu du gros jet
d'eau , un gros bouillon de
lumieres. La face du Château
eftoit illuminée de ce
cofté là , de la mefme maniere
que celle qu'on avoit
admirée du Canal ; de forte
qu'on ne voyoit que des enfilades
de lumieres , au bour
defquelles le Chafteau paroiffoit
comme une Montagne
de feu ; on y rentra à une
heure aprés minuit .
La Cerémonie des EpouGALANT.
243
24.
failles fe fit le lendemain
Juillet à une heure aprés
midy. M. de Saintot alla
prendre Monfieur le Duc
de Bourbon dans fon Appartement
, & le mera à celuy
de Mademoiſelle de
Nantes. Il les conduifit enfuite
dans la Galerie , où
Madame la Dauphine attendoit
le Roy. On alla de là
àla Chapelle , chacun en fon
rang.
1
L'habit de Monfieur le
Duc de Bourbon eftoit brodé
d'or , fur un fond de gros
de Naples noir. Le deffein
X ij
244 MERCURE
cette broderie eftoit d'une
inventiontoute nouvelle . Un
bord d'un quartier de haut
regnoit autour du Manteau.
La broderie en eftoit fort
particuliere , & compofée
de deux manieres d'ornemens
qui fe contraſtoient,
Le fond de l'étoffe faifoit
en quelques endroits le
fond des ornemens , & en
d'autres l'or faifoit le fond ,
& l'étoffe les ornemens &
dans les endroits où elle en
fervoit , elle eftoit ornée
d'Emeraudes & de Diamans
enchaſſez dans de petits or
>
GALANT. 245
nemens de broderie relevée .
Tous les ornemens du rebord
de ce Manteau eftoient
brodez de Perles , & les milieux
des grands Fleurons
eftoient ornez de plus groffesPerles,
qui tournoient fuivant
les Tiges .Tout le plein
duManteau eftoit d'un ornement
pareil ; mais un peu
plus petit . Le revers eftoit
auffi d'une broderie des plus
riches . Les Chauffes eftoient
comme le Manteau , & le
Pourpoint eftoit blanc &
brodé d'or ; mais plus déli
catement . Le Cordon du
X iij
246 MERCURE
Chapeau de ce Prince eftoit
de gros Diamans .
Mademoiſelle de Nantes
avoit un habit de Brocard
d'argent , chamaré de Dentelles
d'argent pliffées , &
tout femé de Rubis & de
Diamans , & le Corps & les
Manches en eftoient entierement
couvertes , de mefme
que celuy des Fiançailles.
La Jupe de deffous eftoit
de Brocard d'argent, chamarée
de Dentelles d'argent
pliffées >
eftoient des Boutonnieres
d'Emeraudes & de Diamans .
entre lefquelles
GALANT 247
Les parures de tefte étoient
afforties aux Pierreries de
l'habit .
Il feroit difficile de bién
décrire l'habit du Roy. La
broderie en eftoit or & argent
, & faite exprés pour
placer les Pierreries dont il
eftoit tout femé , de forte
qu'il paroifloit qu'il fuft tout
brodé de ces Pierreries .
Je ne ne vous parleray
point icy des places que chacun
occupa dans la Chapelle
, vous les ayant déja marquées
dans les Relations du
Mariage de la Reyne d'Ef
X iiij
248 MERCURE
pagne, & de celuy de Madame
de Savoye. La Mufique
de la Chapelle chanta plufieurs
Motets pendant la
Meffe , & à l'Offertoire M.
le Marquis de Blainville
Grand Maiftre des Cerémonies
, avertit Monfieur le
Duc de Bourbon d'aller à
l'Offrande
. Ce Prince aprés
avoir fait une révérence à
l'Autel , & une au Roy , baiſa
l'Anneau de l'Evefque
, &
luy prefenta un Cierge garny
de plufieurs pieces d'or,
qu'il avoit receu du Grand
Maistre des Cerémonies
,
GALANT. 249
celuy- cy l'ayant pris des
mains de M. Duché , Controlleur
Genéral de l'argenterie
en année . Les mefines
Cerémonies furent obfervées
pour Madame la Ducheffe
de Bourbon , qui alla
enfuite à l'Offrande . Aprés
le Pater , M' les Abbez du
Breüil & Milon , Aumôniers
du Roy , tous deux en
Rochet & en Manteau long,
étendirent un Poële de Brocard
d'argent fur la tefte de
Monfieur le Duc & de Madame
la Ducheffe de Bourbon,
pendant que M. l'Evefque
250 MERCURE
d'Orleans acheva la Cerémonie
des Epoufailles. La
Meffe eftant finie , le Curé
de la Paroiffe de Verfailles
preſenta au Roy le Regiſtre
des Mariages , qui fut figné
par Sa Mejefté , Monfeigneur
le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfieur,
Madame , Monfieur le Prince
, Monfieur le Duc , Madame
la Ducheffe , & Monfieur
le Duc & Madame la
Ducheffe de Bourbon. Au
fortir de la Meffe , on remonta
dans le mefme ordre
qu'on eftoit venu , excepté
GALANT: 251
que Mademoiſelle
de Nantes
pour lors Madame la
Ducheffe
de Bourbon
, prit
fon rang aprés Madame la
Ducheffe . A huit heures du
foir , le Roy fe trouva dans
fon grand appartement
, où
toute la Cour fe rendit .Je ne
vous parle point de la magnificence
de cét appartement;
elle eft genéralement
connuë , & je vous en ay en
voyé une deſcription particuliere
. On alla enfuite fur
le grand degré de Marbre.
Toutes les Dames fe partagerent
dans les deux Tribu252
MERCURE
nes & tous les Hommes
fur les Rampes. La Mufique
eftoit en bas , & divertit
jufques à dix heures
qu'on alla fouper. La Table
eftoit dans la grande
Salle des Gardes du Corps.
Cetse Salle eftoit tenduë
d'une riche Tapiflerie rehauſſée
d'or , qui repreſentoit
l'Hiftoire de Henry III..
Il y avoit à ce fouper,
Le Roy,
Monfeigneur le Dauphin ..
Madame la Dauphine.
Monfieur.
Madame..
GALANT. 253
Monfieur le Duc de Chartres.
Madame la grande Ducheffe.
Monfieur le Duc .
Madame la Ducheffe.
Monfieur le Duc de Bourbon
.
Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Madame la Princeffe de
Conty.
Mademoiſelle de Bourbon.
Monfieur le Duc du Mayne.
Monfieur le Comte de
Thoulouze .
254 MERCURE
Mademoiſelle de Blois.
Madame la Ducheffe de
Verneüil .
pas
Et quatre-vingt Perſonnes
de la premiere qualité.
Il y eut quatre Services,
& le grand nombre de mets
& de Conviez´n'empeſcha
le bon ordre
, & que L'abondance
ne paruſt avec la
magnificence
. Au ſortir de
la Table , on revint dans le
grand Appartementdu
Roy ,
où M. l'Evefque
d'Orleans
benit le lit , puis on deshabilla
les Mariez. Le Roy
donna la Chemiſe à Mon-
1
GALANT. 255
fieur le Duc de Bourbon ,
aprés qu'elle luy eut elté
prefentée par Monſieur le
Duc & Madame la Ducheffe
la prefenta à Madame
la Dauphine , qui la donna
enfuite à Madame la Ducheffe
de Bourbon. Le Roy
fit l'honneur à cette Princef
fe de la vifiter le lendemain
dans le mefme Appartement
de Sa Majefté , où elle
avoit couché. Elle
y receut
le mefme honneur de
Monfeigneur le Dauphin ,
& le Complimens de toute
la Cour , & le foir elle alla
256 MERCURE
.
fouper chez Monfieur le
Prince , où on luy donna le
divertiffement
d'entendre
chanter des Vers que M.
l'Abbé Geneft avoit compo.
fez fur fon Mariage , & dont
je vous feray part à la fin de
cette Relation. La Mufique
eftoit de M. de la Lande,
l'un des Maiftres de Mufique
de la Chapelle du
Roy.
Le Jeudy , Monfeigneur
le Dauphin donna un grand
Soupé dans fon Apparte-
& l'on chanta enfuiment
,
te l'Idille que je vous ay enGALANT.
257
voyé en vous parlant du divertiffement
de Sceaux.
Le Samedy le Roy alla
difner à Marly. Il y mena
Madame la Ducheffe de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , & les Da
mes qui eftoient neceffaires
pour le petit Balet , que l'on
`y dança le foir devant Madame
la Dauphine , qui y
vint ſouper avec un grand
nombre de Dames. Les
Vers de ce divertiffement
eftoient de M. Morel , Valet
de Chambre de cette
Princeffe , & la Mufique de
Aoust 1685.
Y
258 MERCURE
M. de la Lande . Madame
la Ducheffe de Bourbon , &
Madame la Princeffe de
Conty , dancerent des entrées
dans les Intermedes , &
l'une & l'autre s'y firent admirer
par leur bonne
leur bonne grace ,
& par la juſteſſe de leur dance.
Le Dimanche Monfieur
donna une grande Fefte à
Saint Cloud. Il y eut Col
lation , Mufique , Jeu ,
Promenade , Bal , Souper , &
Comédie. Il s'eft fait encore
beaucoup d'autres Feftes
devant & aprés ce Mariage
,
GALANT. 259
& qui y ont toutes rapport
par la joye que la Cour at
fait paroiftre , & par les mar--
ques d'amitié que le Roy a
données aux Mariez .
Quoy qu'il femble que
rien ne fe puiffe ajoûter à
l'éclat dont la Cour brille or
dinairement , on peut dire
que pendant quatre ou cinq
jours , elle a paru avec une
magnificence extraordinaire.
Toutes les Perfonnes.
diftinguées ont fait faire des
habits tres-riches , pour honorer
cette Fefte , en y pa--
roiffant avec éclat. On ne
Y ij
260 MERCURE
peut rien s'imaginer de
plus beau que ceux de
de Monfieur le Duc de
Bourbon ; ccee Prince en
ayant changé de trois ou
quatre en broderie , qui ont
efte beaucoup moins eftimez
par leur richeffe , que
par leur travail , & par la
nouveauté de leur deffein ;
mais on ne doit
pas en
en eftre
furpris
, puis
qu'on
ne fait
rien dans
cette
Maifon
fans
fe diftinguer
, de quelque
nature
d'affaire
dont
il s'agiffe.
Je ne vous diray rien daGALANT.
261
vantage de ce qui regarde la
Princeffe, touchát ces fortes
de chofes , puis qu'il eft aifé
de s'imaginer qu'on les a portées
au plus haut point, & que
je n'en pourrois dire affez .
Monfieur le Prince , qui fait.
fon fejour ordinaire dans fa
délicieufe Maifon de Chantilly
, a demeuré plufieurs
jours à la Cour , avant &
aprés ceMariage, & il y a paru
mefme avec éclat ,
, pour
marquer la ſatisfaction qu'il
en avoit.
Je ne puis m'empefcher
de dire icy , que Monfieur
ه ت
262 MERCURE
le Duc a fait faire plufieurs
Carroffes magnifiques , entre
lefquels celuy du Corps:
eft d'une invention auffi galante
que riche. Les orne--
mens y font fans confuſion ,
& d'une maniere nouvelle .
Il y a mefme des chofes fingulieres
, & qui doivent furprendre
, parce qu'elles ne
font pas ordinaires aux au--
tres Carroffes . Toute la Ferrure
eft d'or moulu auffi bien
que les Clouds ; & tous les ornemens
de Cuivre , avec la
dorure de la Sculpture font
d'or bruny qui réfiſte à l'eau .
GALANT. 263
Le Secret en a efté trouvé depuis
peu , & l'on ne s'en eſtoit
point encore fervy . Je ne
vous dis rien des attelages
de tous ces Carroffes , dont
les Chevaux eftoient d'une
tres-grande beauté.
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Résumé : Relation contenant toutes les particularités du Mariage de M. le D. de Bourbon. [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage du Duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes, marqué par une grande magnificence et une générosité exceptionnelle. Le Duc, jeune prince prometteur, et Mademoiselle de Nantes, reconnue pour son esprit vif et sa maîtrise de plusieurs langues, furent célébrés pour leurs qualités. Avant la cérémonie, le Duc offrit à sa future épouse une table d'orfèvrerie représentant Psyché, entourée de bijoux précieux et de pierres rares, ainsi que divers objets de valeur. Les fiançailles eurent lieu le 23 juillet dans le grand salon de l'appartement du roi, en présence de la Maison Royale et des princes et princesses du sang. Les fiancés et le roi portaient des tenues somptueuses, brodées d'or et ornées de diamants. Après la signature du contrat, la cour se rendit à Trianon pour un souper, précédé d'une promenade en bateau sur le canal. Le château de Versailles fut illuminé et des feux d'artifice furent tirés. La veille du mariage, les festivités commencèrent à une heure après minuit. Le lendemain, la procession se dirigea vers la chapelle pour la cérémonie nuptiale. Le Duc et la Duchesse portaient des habits richement brodés et ornés de pierreries. Après la messe, un souper fut servi dans la salle des Gardes du Corps, suivi de la bénédiction du lit par l'évêque d'Orléans. Le roi offrit la chemise au Duc de Bourbon, qui la transmit à la Dauphine puis à la Duchesse. Les festivités continuèrent avec des visites, des compliments, des soupers, des ballets, des jeux et des comédies. Le roi et la cour montrèrent leur joie et leur amitié envers les mariés. La cour brilla par sa magnificence, avec des habits très riches portés par toutes les personnes distinguées. Le Duc de Bourbon se distingua par ses habits brodés et fit construire des carrosses magnifiques.
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1003
p. 289-290
« Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
Début :
Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...]
Mots clefs :
Affaire de Tripoli, Plan, Exactitude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
Dans le temps que je vous
ay parlé de l'Affaire de Tripoli
, qui fait un des grands
Articles de cette Lettre , je
n'avois pas encore le Plan
de cette Place ; je l'ay receu
depuis peude jours, & l'ayant
fait graver auffi- toft, je vous
290 MERCURE
l'envoye , afin qu'en l'examinant
vous goûtiez mieux le
plaifir qu'a deu vous donner
la Relation de ce que M. le
Maréchal d'Eftrées vient
d'executer. Ce Plan a efté
dreffé avec une entiere exactitude
, & je puis vous affurer
qu'il n'y manque rien de
ce qu'y pourront fouhaiter
les Curieux.
ay parlé de l'Affaire de Tripoli
, qui fait un des grands
Articles de cette Lettre , je
n'avois pas encore le Plan
de cette Place ; je l'ay receu
depuis peude jours, & l'ayant
fait graver auffi- toft, je vous
290 MERCURE
l'envoye , afin qu'en l'examinant
vous goûtiez mieux le
plaifir qu'a deu vous donner
la Relation de ce que M. le
Maréchal d'Eftrées vient
d'executer. Ce Plan a efté
dreffé avec une entiere exactitude
, & je puis vous affurer
qu'il n'y manque rien de
ce qu'y pourront fouhaiter
les Curieux.
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Résumé : « Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
L'auteur a reçu un plan détaillé de la place de Tripoli, gravé avec précision, suite à une discussion sur l'Affaire de Tripoli. Ce plan est envoyé pour illustrer les actions du Maréchal d'Estrées et répondre aux attentes des lecteurs intéressés par les détails.
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1004
p. 290-293
Relation contenant ce qui s'est passé pendant le sejour que Monseigneur le Dauphin a fait à Annet. [titre d'après la table]
Début :
Le 10. de ce mois, Monseigneur le Dauphin partit de Versailles, pour [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, Versailles, Anet, Chasse, Couverts, Cheval, Chien, Cerf, Château, Table, Loup, Honneurs, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation contenant ce qui s'est passé pendant le sejour que Monseigneur le Dauphin a fait à Annet. [titre d'après la table]
Le 10. de ce mois , Monfeigneur
le Dauphin partit
de Verſailles › pour
aller
prendre
à Anet
le divertiffement
de la Chaſſe
. Il y arri va fur les onze
heures
. Sa
GALANT. 291
{ à
Table eftoit préparée dans
in Salon qui eft des plus
beaux. Elle eftoit de quinze
ou feize Couverts. On
fervit fi- toft que ce Prince
fut entré , & à peine le difné
fut-il finy qu'il monta
à Cheval , pour aller chaffer
avec les Chiens de M. le
Grand Prieur.On laiffa cour
re un gros Cerf, qui aprés avoirdonné
beaucoup de plai
fir , vint fe faire prendre à la
Riviere , à cent pas du Châ
teau . On l'apporta dans la
Court oùl'on en fit la curée.
La nuit eftant venue , Mon
་ ་
Aoust 1685,
Aa
292 MERCURE
feigneur alla entendre un
Concert compofé d'une
douzaine de Perfonnes des
plus illuftres . Je ne dis rien
du Soupé qui fut magnifique.
Ce Prince avoit envoyé
fes Officiers à Anot.
Quoy que M. le Duc de
Vendôme mangeaft avec
luy , il avoit fa Table ſervie
*
délicatement & dont M.
Le
l'Abbé de Chaulieu faifoit
tres-bien les honneurs.
lendemain Monfeigneur le
Dauphin alla courre le
Loup avec fes Chiens ,
ceux de M. le Duc de Ven-
&
GALANT. 293
D
dôme. Cette Chaffe fut par
faitementbelle. Aprés qu'on
eut pris le Loup dont la
ourée fe fit encore dans la
Courtdub Chasteauon revint
difner & Pon alla enfiite
tirer dans le Parc du
l'on trouva beaucoup de GPbiely
eut encore Mafi
que
le foir ainfi qu'aux
deux jours fuivans . On paffa
de 121 àtirer matin & for..
Le 13. il y eut chaffe du
Loup , & le 14, on courut
le Cerf. Monfeigneur retourna
ce jour là à Verfail
les , où il arriva fur les cinq
heures,
le Dauphin partit
de Verſailles › pour
aller
prendre
à Anet
le divertiffement
de la Chaſſe
. Il y arri va fur les onze
heures
. Sa
GALANT. 291
{ à
Table eftoit préparée dans
in Salon qui eft des plus
beaux. Elle eftoit de quinze
ou feize Couverts. On
fervit fi- toft que ce Prince
fut entré , & à peine le difné
fut-il finy qu'il monta
à Cheval , pour aller chaffer
avec les Chiens de M. le
Grand Prieur.On laiffa cour
re un gros Cerf, qui aprés avoirdonné
beaucoup de plai
fir , vint fe faire prendre à la
Riviere , à cent pas du Châ
teau . On l'apporta dans la
Court oùl'on en fit la curée.
La nuit eftant venue , Mon
་ ་
Aoust 1685,
Aa
292 MERCURE
feigneur alla entendre un
Concert compofé d'une
douzaine de Perfonnes des
plus illuftres . Je ne dis rien
du Soupé qui fut magnifique.
Ce Prince avoit envoyé
fes Officiers à Anot.
Quoy que M. le Duc de
Vendôme mangeaft avec
luy , il avoit fa Table ſervie
*
délicatement & dont M.
Le
l'Abbé de Chaulieu faifoit
tres-bien les honneurs.
lendemain Monfeigneur le
Dauphin alla courre le
Loup avec fes Chiens ,
ceux de M. le Duc de Ven-
&
GALANT. 293
D
dôme. Cette Chaffe fut par
faitementbelle. Aprés qu'on
eut pris le Loup dont la
ourée fe fit encore dans la
Courtdub Chasteauon revint
difner & Pon alla enfiite
tirer dans le Parc du
l'on trouva beaucoup de GPbiely
eut encore Mafi
que
le foir ainfi qu'aux
deux jours fuivans . On paffa
de 121 àtirer matin & for..
Le 13. il y eut chaffe du
Loup , & le 14, on courut
le Cerf. Monfeigneur retourna
ce jour là à Verfail
les , où il arriva fur les cinq
heures,
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Résumé : Relation contenant ce qui s'est passé pendant le sejour que Monseigneur le Dauphin a fait à Annet. [titre d'après la table]
Le 10 août 1685, le Dauphin se rendit à Anet pour une partie de chasse. À son arrivée, il fut accueilli par un dîner somptueux. Après le repas, il chassa un cerf avec les chiens du Grand Prieur, qui fut capturé près de la rivière. En soirée, il assista à un concert et participa à un souper magnifique. Le lendemain, il chassa le loup avec ses propres chiens et ceux du Duc de Vendôme, et le loup fut pris dans la cour du château. L'après-midi, il tira du gibier dans le parc. Les activités de chasse continuèrent les jours suivants, avec une chasse au loup le 13 août et une chasse au cerf le 14 août. Le Dauphin retourna à Versailles le 14 août en fin d'après-midi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1005
p. 294-296
« Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...] »
Début :
Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...]
Mots clefs :
Chanson, Couplets, Musique, Ornement, Dauphin, Charmer, Louanges, Bergers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...] »
Voicy quatre Couplers de
Chanfon faits in promptu
l'un des quatre ſoirs qu'il y
eut Mufique. Ils font fur l'air
des Zephirs de Mode Cham
bonniere. Lesdeux premiers
furent faits par un Homme,
que fon efprit ne diftingue
pas moins que fa naiffance &
fes Charges , & les deux au
tres par un Abbé fort connu,
& fort eftimé dans le beau
monde. 132 V
9J
Uperbe Anet , ornement de la
SupeFrance,
De nos Dauphins féjourjadis chery,
GALANT. 295
Nostre LOUIS plus grand que vôtre
Henry,
Vient embellir ces lieux de fa prefence
,
Redoublez donc veftre magnificence.
I²
L faut charmer les yeux & les
oreilles,
Chantres fameux , preparez luy des
Airs;
Que fa louange éclate en vos Concerts.
Peintres , Sculpteurs , n'épargnez pas
vos veilles,
Faites luy voir de nouvelles merveil-
Nes.
I Leux où jadis la Reyne de Cy-
L
there,
Vint établir fon Empire & fa Cour,
Sauvenez Yourfeulement en cejour,
296 MERCURE
Que ce Horos à qui vous devez
plaire,
Aplus d'appas que l'Amour &fa
Mere..
To
Ous nos Bergersque fa prefence
attire,
Vont ranimer leurs amoureux defirss
Nos Champs verront renaitre les
plaifirs,
Et l'on verrafous cet heureux Em.
pire,
Chaque Amarille avecque fon Titire..
Chanfon faits in promptu
l'un des quatre ſoirs qu'il y
eut Mufique. Ils font fur l'air
des Zephirs de Mode Cham
bonniere. Lesdeux premiers
furent faits par un Homme,
que fon efprit ne diftingue
pas moins que fa naiffance &
fes Charges , & les deux au
tres par un Abbé fort connu,
& fort eftimé dans le beau
monde. 132 V
9J
Uperbe Anet , ornement de la
SupeFrance,
De nos Dauphins féjourjadis chery,
GALANT. 295
Nostre LOUIS plus grand que vôtre
Henry,
Vient embellir ces lieux de fa prefence
,
Redoublez donc veftre magnificence.
I²
L faut charmer les yeux & les
oreilles,
Chantres fameux , preparez luy des
Airs;
Que fa louange éclate en vos Concerts.
Peintres , Sculpteurs , n'épargnez pas
vos veilles,
Faites luy voir de nouvelles merveil-
Nes.
I Leux où jadis la Reyne de Cy-
L
there,
Vint établir fon Empire & fa Cour,
Sauvenez Yourfeulement en cejour,
296 MERCURE
Que ce Horos à qui vous devez
plaire,
Aplus d'appas que l'Amour &fa
Mere..
To
Ous nos Bergersque fa prefence
attire,
Vont ranimer leurs amoureux defirss
Nos Champs verront renaitre les
plaifirs,
Et l'on verrafous cet heureux Em.
pire,
Chaque Amarille avecque fon Titire..
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Résumé : « Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...] »
Le texte décrit quatre couplets improvisés lors d'un événement musical. Les deux premiers couplets sont attribués à un homme dont l'esprit et la naissance se distinguent par leur simplicité et leurs charges. Les deux autres couplets sont écrits par un abbé reconnu et respecté dans les cercles élégants. Le texte exalte la grandeur et la magnificence du roi Louis, le comparant favorablement à Henri IV. Il appelle les artistes, tels que les chanteurs, peintres et sculpteurs, à célébrer le roi par leurs œuvres. Il mentionne également des lieux associés à la reine de Cyrène et invite à raviver les plaisirs et les désirs amoureux sous le règne du roi. Les bergers et leurs amours sont comparés aux personnages mythologiques Amaryllis et Tityre.
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1006
p. 301-303
Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
Début :
M. du Four, Professeur en Rhétorique au College d'Harcourt, fit [...]
Mots clefs :
Professeur, Rhétorique, Collège d'Harcourt, Thèses, Gentilhomme, Tragédie, Géographie, Écriture, Nonce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
M. du Four, Profeffeur en
Rhétorique au College
d'Harcourt , fit foûtenir le
io. de ce mois des Théfes
Bb ij
202 MERCURE
vence ,
fort fingulieres. M. Ricard
fut le foûtenant. C'eſt un
jeune Gentilhomme de Proâgé
feulement de
quatorze ans. Il répondit
fur toute la Rhétorique , fur
la Tragédie,fur le Blafon, fur
la Sphere,fur la Geographie,
fur l'Hiftoire Sainte & Prophane,
fur lesContradictions
de l'Ecriture touchant la
Chronologie , & fur d'autres
matieres égalemét curieuſes
& utiles. Il fatisfit avec tant
de feu & de netteté d'eſprit à
toutes les objections qui luy
furent faites , qu'on ne fut
GALANT. 303
pas étonné de luy voir faire
à l'arrivée de M. le Nonce,
une courte , mais fort exa-
&te récapitulation de tout
ce qu'il avoit répondu aux
difficultez qu'on luy avoit
oppofées .L'Affemblée eftoit
compofée de plufieurs Prélats
, & de quantité d'autres
Perfonnes confiderables, qui
avoüerent qu'on ne pouvoit
poffeder plus folidement
toutes ces matieres .
Rhétorique au College
d'Harcourt , fit foûtenir le
io. de ce mois des Théfes
Bb ij
202 MERCURE
vence ,
fort fingulieres. M. Ricard
fut le foûtenant. C'eſt un
jeune Gentilhomme de Proâgé
feulement de
quatorze ans. Il répondit
fur toute la Rhétorique , fur
la Tragédie,fur le Blafon, fur
la Sphere,fur la Geographie,
fur l'Hiftoire Sainte & Prophane,
fur lesContradictions
de l'Ecriture touchant la
Chronologie , & fur d'autres
matieres égalemét curieuſes
& utiles. Il fatisfit avec tant
de feu & de netteté d'eſprit à
toutes les objections qui luy
furent faites , qu'on ne fut
GALANT. 303
pas étonné de luy voir faire
à l'arrivée de M. le Nonce,
une courte , mais fort exa-
&te récapitulation de tout
ce qu'il avoit répondu aux
difficultez qu'on luy avoit
oppofées .L'Affemblée eftoit
compofée de plufieurs Prélats
, & de quantité d'autres
Perfonnes confiderables, qui
avoüerent qu'on ne pouvoit
poffeder plus folidement
toutes ces matieres .
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Résumé : Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
Le 20 mars, M. du Four a supervisé la soutenance de thèses au Collège d'Harcourt. Le principal candidat, M. Ricard, 14 ans, a répondu à des questions sur la rhétorique, la tragédie, le blason, la géographie, l'histoire et la chronologie biblique. Il a impressionné l'assemblée par sa maîtrise et sa clarté. L'assemblée, incluant plusieurs prélats, a reconnu la solidité de ses connaissances.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1007
p. 303-308
Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
Début :
Quand je vous parlay de l'Action que M. l'Abbé de Lorraine [...]
Mots clefs :
Abbé de Lorraine, Sorbonne, Thèses, Assemblée générale du Clergé de France, Discours, Prince, Église universelle, Hérésie, Ennemis, Monarque, Religion catholique, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
Quand je vous parlay de
l'Action que M. l'Abbé de
Lorraine fit en Sorbonne il
y a un mois , j'oubliay de
Bb iij
304 MERCURE
vous marquer qu'il avoit
efté auparavant à Saint Germain
en Laye , où il preſenta
de fes Théfes à M's les
Prélats & Députez de l'Affemblée
Genérale du Clergé
de France , aufquels il fit
un tres -beau Difcours Latin
. Ce jeune Prince leur
dit , Qu'il eust fouhaité avec
paffion , les avoir tous pour témoins
des premiers effays de fa
Theologie ; mais qu'il n'avoit
garde de les en prier , fçachant de
quelle importance eftoient les Affaires
qui les occupoient , & qu'il
sagiffoit du bien de l'Eglife uniGALANT:
395
verfelle , & des interests du plus
grand des Roys , qui n'ayant
pointde defirs plus empreſſez que
de s'en montrer le Defenfeur , que
de la combler tous les jours de fes
bien faits , & d'arracher dans
tout fon Royaume juſqu'aux racines
de l'Hérefie , faifoit fa premiere
affaire parmy tant d'autres
qui luy coûtoient tant de foins,
de reüffir dans ce loüable& pieux
deffein. Il ajoûta , que ce grand
Monarque avoit battu fes En.
nemis en tous lieux , qu'il avoir
mis une fin auffi glorieuse que furprenante
, aux guerres qu'il avoit
eues en Flandre , en Allemagne,
Bb iiij
306 MERCURE
en Hollande , & jufqu'en Affrique
; qu'il avoit fecouru fes Atliez
, & agrandy en me mesme
temps fes Etats ; mais qu'il s'en
falloit beaucoup que tout cela ne
luy eust coûté autant de peines
& d'inquiétudes que le defir
d'augmenter le Patrimoine du
Sauveur du monde , de foûmettre
les Ennemis de la Croix , &
d'étouffer entierement l'Herefie;
de forte que fi elle refpiroit encore,
il ne falloit pas s'imaginer que
ce qui luy reftoit de vie pust
donner la moindre atteinte à lou
gloire de Sa Majefté , qui dans
le degré où Elle eftoit , auroit toû
GALANT. 307
jours moins de peine à couronner
Ifes deffeins , qu'à faire croire qu'il
les euft formez.
M. l'Abbé de Lorraine
paffa de là à l'Eloge de M.
'Archevefque de Paris , en
difant , Qu'il n'eftoit pas besoin
de nommer celuy , qui aprés le
Roy avoit le plus de part dans ce
qu'on faifoit à l'avantage de la
Religion Catholique . Que cét
illuftre Prelat , l'honneur du Clergé,&
la lumiere de l'Eglife Gallicane
, dont on ne pouvoit affez
louer la vigilance extraordinaire
lesfoins infatigables , faifoit
tous les jours éclater fon zele
308 MERCURE
contre l'Heréfie , &fon attachement
inviolable pour la Perfonne
de Sa Majesté ; qu'il le touchoit
de trop préspour parler de fa naiffance
; mais qu'il pouvoit dire que
quelque honneur que répandiſſent
fur luy les grands fervices que fes
Anceftres avoient rendus à l'Etat,
l'éclatant merite qui le diftinguoit,
paffoit de beaucoup tout ce que l'on
pouvoirdire d'eux, & queperfonne
avant luy n'avoit trouvé le fecret
, de joindre tant de délicateffe
d'efprit à tant de profondeur , ny
de tant de facilité
tant de force & de penétration.
l'Action que M. l'Abbé de
Lorraine fit en Sorbonne il
y a un mois , j'oubliay de
Bb iij
304 MERCURE
vous marquer qu'il avoit
efté auparavant à Saint Germain
en Laye , où il preſenta
de fes Théfes à M's les
Prélats & Députez de l'Affemblée
Genérale du Clergé
de France , aufquels il fit
un tres -beau Difcours Latin
. Ce jeune Prince leur
dit , Qu'il eust fouhaité avec
paffion , les avoir tous pour témoins
des premiers effays de fa
Theologie ; mais qu'il n'avoit
garde de les en prier , fçachant de
quelle importance eftoient les Affaires
qui les occupoient , & qu'il
sagiffoit du bien de l'Eglife uniGALANT:
395
verfelle , & des interests du plus
grand des Roys , qui n'ayant
pointde defirs plus empreſſez que
de s'en montrer le Defenfeur , que
de la combler tous les jours de fes
bien faits , & d'arracher dans
tout fon Royaume juſqu'aux racines
de l'Hérefie , faifoit fa premiere
affaire parmy tant d'autres
qui luy coûtoient tant de foins,
de reüffir dans ce loüable& pieux
deffein. Il ajoûta , que ce grand
Monarque avoit battu fes En.
nemis en tous lieux , qu'il avoir
mis une fin auffi glorieuse que furprenante
, aux guerres qu'il avoit
eues en Flandre , en Allemagne,
Bb iiij
306 MERCURE
en Hollande , & jufqu'en Affrique
; qu'il avoit fecouru fes Atliez
, & agrandy en me mesme
temps fes Etats ; mais qu'il s'en
falloit beaucoup que tout cela ne
luy eust coûté autant de peines
& d'inquiétudes que le defir
d'augmenter le Patrimoine du
Sauveur du monde , de foûmettre
les Ennemis de la Croix , &
d'étouffer entierement l'Herefie;
de forte que fi elle refpiroit encore,
il ne falloit pas s'imaginer que
ce qui luy reftoit de vie pust
donner la moindre atteinte à lou
gloire de Sa Majefté , qui dans
le degré où Elle eftoit , auroit toû
GALANT. 307
jours moins de peine à couronner
Ifes deffeins , qu'à faire croire qu'il
les euft formez.
M. l'Abbé de Lorraine
paffa de là à l'Eloge de M.
'Archevefque de Paris , en
difant , Qu'il n'eftoit pas besoin
de nommer celuy , qui aprés le
Roy avoit le plus de part dans ce
qu'on faifoit à l'avantage de la
Religion Catholique . Que cét
illuftre Prelat , l'honneur du Clergé,&
la lumiere de l'Eglife Gallicane
, dont on ne pouvoit affez
louer la vigilance extraordinaire
lesfoins infatigables , faifoit
tous les jours éclater fon zele
308 MERCURE
contre l'Heréfie , &fon attachement
inviolable pour la Perfonne
de Sa Majesté ; qu'il le touchoit
de trop préspour parler de fa naiffance
; mais qu'il pouvoit dire que
quelque honneur que répandiſſent
fur luy les grands fervices que fes
Anceftres avoient rendus à l'Etat,
l'éclatant merite qui le diftinguoit,
paffoit de beaucoup tout ce que l'on
pouvoirdire d'eux, & queperfonne
avant luy n'avoit trouvé le fecret
, de joindre tant de délicateffe
d'efprit à tant de profondeur , ny
de tant de facilité
tant de force & de penétration.
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Résumé : Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
L'Abbé de Lorraine a présenté ses thèses devant les prélats et députés de l'Assemblée Générale du Clergé de France à Saint-Germain-en-Laye. Dans un discours en latin, il a invité ces dignitaires à assister à ses premiers essais théologiques, tout en respectant leurs engagements actuels. Il a souligné l'engagement du roi à protéger l'Église universelle et à combattre l'hérésie, comparant cet effort aux victoires militaires en Flandre, en Allemagne, en Hollande et en Afrique. L'Abbé a également rendu hommage à l'archevêque de Paris, le qualifiant de principal défenseur de la religion catholique après le roi. Il a loué sa vigilance, ses efforts constants contre l'hérésie et sa loyauté envers le roi. Les mérites de l'archevêque ont été décrits comme surpassant ceux de ses ancêtres, grâce à sa délicatesse d'esprit, sa profondeur, sa facilité et sa pénétration.
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1008
p. 310-311
Noms de ceux qui l'ont devinée. [titre d'après la table]
Début :
Ceux qui l'ont expliquée sur Genes soumise, sont Mrs Vignier, Giraut de [...]
Mots clefs :
Réponses, Explications, Liste de noms
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui l'ont devinée. [titre d'après la table]
Ceux qui l'ont expliquée
fur Genes foumife , font M'S
Vignier , Giraut de Sainville,
de la Tronche de Rouen,
GALANT. 311
Hutuge d'Orleans , demeurant
à Mets , ces quatre en
Vers , P. Carrier de Rouen,
l'Epinay Buret , de Vitré ; la
Beauté de Chalons fur Saol'Infenfible
de Monne
;
talte , & la Fidelle Solitaire
defolée.
On a expliqué cette mefme
Hiſtoire énigmatique fur
la Montre.
fur Genes foumife , font M'S
Vignier , Giraut de Sainville,
de la Tronche de Rouen,
GALANT. 311
Hutuge d'Orleans , demeurant
à Mets , ces quatre en
Vers , P. Carrier de Rouen,
l'Epinay Buret , de Vitré ; la
Beauté de Chalons fur Saol'Infenfible
de Monne
;
talte , & la Fidelle Solitaire
defolée.
On a expliqué cette mefme
Hiſtoire énigmatique fur
la Montre.
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1009
p. 314-315
AUTRE ENIGME.
Début :
Nous sommes trois de mesme nom, [...]
Mots clefs :
Soufflet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Ous fommes trois de mefme
NO nom,
Maisde differente nature,
L'un utile dans lafroidure,
GALANT. 315
En tout temps eft en fonction,
Pour qui veut amolir la matiere trop
dure ,
Et c'est a fi par luy qu'un barmonicux
fon,
Grandplaisir quelquefois aux Curieuxprocure.
L'autre en Automne , Hyver , Printemps
, Efté,
Depuis quelque temps à la mode ,
Pour ceux qui dans les pieds n'ont nul
le agileté,
Eft d'un ufage tres commode,
Et le troifiéme enfin , caufe de mille
morts,
Quandle Fer eft dedans , le fait met--
tre dehors.
Ous fommes trois de mefme
NO nom,
Maisde differente nature,
L'un utile dans lafroidure,
GALANT. 315
En tout temps eft en fonction,
Pour qui veut amolir la matiere trop
dure ,
Et c'est a fi par luy qu'un barmonicux
fon,
Grandplaisir quelquefois aux Curieuxprocure.
L'autre en Automne , Hyver , Printemps
, Efté,
Depuis quelque temps à la mode ,
Pour ceux qui dans les pieds n'ont nul
le agileté,
Eft d'un ufage tres commode,
Et le troifiéme enfin , caufe de mille
morts,
Quandle Fer eft dedans , le fait met--
tre dehors.
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1010
p. 315-318
Evêchez & Abbayes données par le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy voulant récompenser les Services que M. l'Abbé Desmarests, [...]
Mots clefs :
Abbé, Clergé, Nominations, Abbaye, Diocèse, Archevêque, Prieuré
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Evêchez & Abbayes données par le Roy. [titre d'après la table]
Le Roy voulant récompen
fer les Services que M. l'Ab--
bé Defmarefts , & M. l'Abbé
Aouſt 1685.
Cc
316 MERCURE
de Befons , tous deux anciens
Agens du Clergé , ont
rendus à l'Eglife , a nommé
le premier à l'Evefché de
Riez , & l'autre à l'Evefché
d'Aire . Je vous ay parlé
a
plufieurs fois de M. l'Abbé
Defmarefts , dont les belles.
qualitez furpaffent tout le
bien qu'on en peut dire..
Vous fçavez qu'ila une honnefteté
toute engageante
,
& que fon zele toûjours tres
exact à remplir tous fes devoirs
, le rend tres - digne de
l'Epiſcopat . M. l'Abbé de
Befons eft Fils de feu M. de
GALANT.
7
Befons , Confeiller d'Ear
Vous n'avez pas oublié que
je vous parlay de luy en vous
apprenant la mort de M. for
Pere.
L'Abbaye de Gimont, Ordre
de Cifteaux , Dioceſe
d'Auch , a efté donnée à M.
l'Archevefque de Thoulouze.
Il eſt d'une des plus an--
ciennes Maiſons du Royaume
, dont il eft forty depuis
plufieurs Siecles de tresgrands
Hommes , qui ont
remply les
les plus importans de l'E
tat & de l'Eglife. Ce Pre-
Miniſteres
Cc ij
318 MERCURE
lat montre un zele infatigable
dans la conduite de
fon Diocefe , & a fait des
Converfions celébres depuis
que la Chambre de l'Edit
a efté incorporée au Parlement
de Thoulouze . M.
l'Archevefque de Sens eft
fon Frere aifné . M. le Marquis
de Taian , qui s'eſt diftingué
par plufieurs occafions
glorieuſes , eft auffi ſon
Frere.
M. l'Abbé de Brochan a
eſté pouryeu dans le meſme
temps du Prieuré de Boucachard,
Dioceſe de Roüen.
fer les Services que M. l'Ab--
bé Defmarefts , & M. l'Abbé
Aouſt 1685.
Cc
316 MERCURE
de Befons , tous deux anciens
Agens du Clergé , ont
rendus à l'Eglife , a nommé
le premier à l'Evefché de
Riez , & l'autre à l'Evefché
d'Aire . Je vous ay parlé
a
plufieurs fois de M. l'Abbé
Defmarefts , dont les belles.
qualitez furpaffent tout le
bien qu'on en peut dire..
Vous fçavez qu'ila une honnefteté
toute engageante
,
& que fon zele toûjours tres
exact à remplir tous fes devoirs
, le rend tres - digne de
l'Epiſcopat . M. l'Abbé de
Befons eft Fils de feu M. de
GALANT.
7
Befons , Confeiller d'Ear
Vous n'avez pas oublié que
je vous parlay de luy en vous
apprenant la mort de M. for
Pere.
L'Abbaye de Gimont, Ordre
de Cifteaux , Dioceſe
d'Auch , a efté donnée à M.
l'Archevefque de Thoulouze.
Il eſt d'une des plus an--
ciennes Maiſons du Royaume
, dont il eft forty depuis
plufieurs Siecles de tresgrands
Hommes , qui ont
remply les
les plus importans de l'E
tat & de l'Eglife. Ce Pre-
Miniſteres
Cc ij
318 MERCURE
lat montre un zele infatigable
dans la conduite de
fon Diocefe , & a fait des
Converfions celébres depuis
que la Chambre de l'Edit
a efté incorporée au Parlement
de Thoulouze . M.
l'Archevefque de Sens eft
fon Frere aifné . M. le Marquis
de Taian , qui s'eſt diftingué
par plufieurs occafions
glorieuſes , eft auffi ſon
Frere.
M. l'Abbé de Brochan a
eſté pouryeu dans le meſme
temps du Prieuré de Boucachard,
Dioceſe de Roüen.
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Résumé : Evêchez & Abbayes données par le Roy. [titre d'après la table]
En août 1685, le roi a récompensé les services rendus à l'Église par deux abbés. L'abbé Defmarefts, reconnu pour ses qualités exceptionnelles, son honnêteté et son zèle, a été nommé à l'évêché de Riez. L'abbé de Besons, fils du défunt conseiller d'État M. de Galant, a été nommé à l'évêché d'Aire. De plus, l'abbaye de Gimont, une des plus anciennes du royaume et située dans le diocèse d'Auch, a été attribuée à l'archevêque de Toulouse. Cet archevêque est connu pour son zèle dans la gestion de son diocèse et ses conversions célèbres depuis l'incorporation de la Chambre de l'Édit au Parlement de Toulouse. Il a pour frère aîné l'archevêque de Sens et pour frère le marquis de Trian, distingué par plusieurs actions glorieuses. Enfin, l'abbé de Brochan a été pourvu du prieuré de Boucachard, dans le diocèse de Rouen.
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1011
p. 319-320
Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
Début :
M. de Baville a succedé à M. d'Aguesseau, Conseiller d'Etat, dans [...]
Mots clefs :
Intendance, Conseiller, Président, Conversion, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
M. de Baville a fuccedé à
M. d'Agueffeau , Conſeiller
d'Etat, dans l'Intendance de
Languedoc . Il eft Fils de
feu M. le premier Prefident
de Lamoignon, & Frere de
M. Lamoignon Avocat Genéral.
Il parle tres-bien , &
s'eft acquité avec un tresgrand
fuccez de l'Intendance
de Poitou , où il a contribué
à quantité de Converfions.
M. Foucault va remplir
fa place dans cette Intendance.
Vous fçavez l'eftime
qu'il s'eft acquife dans cel
320 MERCURE
les de Montauban & de
Bearn. Je vous ay écrit fi
amplement de ce qu'il a fait
de glorieux & d'utile dans
l'une & dans l'autre , queje
n'ay rien à y ajoûter.
M. de Vaubourg Maiſtre
des Requeſtes , elt Intendant
de Bearn . Il eſt d'un
merite genéralement connu
& Frere de M. l'Abbé
Defmarefts, dont je viens de
vous parler.
M. d'Agueffeau , Conſeiller
d'Etat, dans l'Intendance de
Languedoc . Il eft Fils de
feu M. le premier Prefident
de Lamoignon, & Frere de
M. Lamoignon Avocat Genéral.
Il parle tres-bien , &
s'eft acquité avec un tresgrand
fuccez de l'Intendance
de Poitou , où il a contribué
à quantité de Converfions.
M. Foucault va remplir
fa place dans cette Intendance.
Vous fçavez l'eftime
qu'il s'eft acquife dans cel
320 MERCURE
les de Montauban & de
Bearn. Je vous ay écrit fi
amplement de ce qu'il a fait
de glorieux & d'utile dans
l'une & dans l'autre , queje
n'ay rien à y ajoûter.
M. de Vaubourg Maiſtre
des Requeſtes , elt Intendant
de Bearn . Il eſt d'un
merite genéralement connu
& Frere de M. l'Abbé
Defmarefts, dont je viens de
vous parler.
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Résumé : Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
M. de Baville succède à M. d'Agueffeau comme Conseiller d'État et Intendant du Languedoc. Fils du Premier Président de Lamoignon et frère de M. Lamoignon, il est reconnu pour ses compétences oratoires et ses succès en Poitou. M. Foucault, expérimenté dans les intendances de Montauban et de Béarn, le remplace. M. de Vaubourg, Maître des Requêtes, est Intendant de Béarn et frère de l'Abbé Desmarets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1012
p. 320-321
Conversion. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay fait part au mois de Juin, d'une Lettre de M. Gilbert [...]
Mots clefs :
Ministre, Gentilhomme, Dauphiné, Artillerie, Convertir, Erreur, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion. [titre d'après la table]
Je vous ay fait part au mois
de Juin, d'une Lettre de M.
Gilbert cy-devant Miniftre,
écrite à M. de Salieres fon
GALANT.
321
Frere aifné,Gentilhomme de
Die en Dauphiné , prefentement
Commiffaire Provincialde
l'Artillerie ,par laquel
le, en luy expliquant les raifons
qui l'ont obligé à fe convertir,
il l'exhortoit à examiner
ferieuſement les erreurs
quefa naiffance luy avoit fait
fuivre. Cettre Lette a eu
l'effet qu'il en avoit attendu .
M. de Salieres s'eft rendu à
fes raifons , & a fait fon Abjuration
depuis peu de jours
entre les mains de M. l'Archevefque
de Paris .
de Juin, d'une Lettre de M.
Gilbert cy-devant Miniftre,
écrite à M. de Salieres fon
GALANT.
321
Frere aifné,Gentilhomme de
Die en Dauphiné , prefentement
Commiffaire Provincialde
l'Artillerie ,par laquel
le, en luy expliquant les raifons
qui l'ont obligé à fe convertir,
il l'exhortoit à examiner
ferieuſement les erreurs
quefa naiffance luy avoit fait
fuivre. Cettre Lette a eu
l'effet qu'il en avoit attendu .
M. de Salieres s'eft rendu à
fes raifons , & a fait fon Abjuration
depuis peu de jours
entre les mains de M. l'Archevefque
de Paris .
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Résumé : Conversion. [titre d'après la table]
En juin, M. Gilbert, ancien ministre, a écrit à M. de Salières, commissaire provincial de l'artillerie, pour expliquer sa conversion et inciter ce dernier à réfléchir sur ses erreurs. La lettre a convaincu M. de Salières, qui a abjuré entre les mains de l'archevêque de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1013
p. 321-322
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
J'ay oublié de vous dire, que M. le Duc de Luynes avoit [...]
Mots clefs :
Mariage, Duc, Madame, Chancelier, Mademoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
Jay oublié de vous dire,
322 MERCURE
que M. le Duc de Luynes
avoit époufé Madame de
Manneville depuis fix femaines.
Elle eft Fille de feu
M.leChancelier d'Aligre.M.
le Duc de Luynes eft Pere
de M. le Duc de Chevreuſe,
de Madame la Princeffe de
Bournonville , & de Madame
la Comteffe de Vervé.
M. de Barbanfon , que
l'on appelloit toûjours M. le
Chevalier de Nantouillet,
époufa Mademoiſelle du
Terron Colbert,dans le mef
me
temps.
322 MERCURE
que M. le Duc de Luynes
avoit époufé Madame de
Manneville depuis fix femaines.
Elle eft Fille de feu
M.leChancelier d'Aligre.M.
le Duc de Luynes eft Pere
de M. le Duc de Chevreuſe,
de Madame la Princeffe de
Bournonville , & de Madame
la Comteffe de Vervé.
M. de Barbanfon , que
l'on appelloit toûjours M. le
Chevalier de Nantouillet,
époufa Mademoiſelle du
Terron Colbert,dans le mef
me
temps.
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1014
p. 322-3[2]6
« L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
Début :
L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...]
Mots clefs :
Provinces, Remèdes, Apothicaire, Assemblée, Antidote, Palpitations, Accidents, Poudre de vipère, Sueurs, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
L'avantage que Paris a de
donner
GALANT. 3T3
donner aux Provinces le modele
de toutes chofes , s'étend
jufque fur les Remedes,
puis qu'à l'exemple de cette
grande Ville, on prépara publiquement
à Rouen la Theriaque
le 15. de Juillet. Mais
ce qu'il y eut de fingulier
fut que le fieur Quillebeuf
Apotiquaire , s'eftant attiré
l'approbation generale d'une
fçavante Aſſemblée , par
la démonftraction exacte
qu'il fit des Remedes qui en
trent dans cette compofition
, tous dans leur pureté,
il, fut obligé le lendemain
Aouſt 1685.
Dd
>
314 MERCURE
d'en faire l'épreuve fur luymême,
& il la fit tres -heureufement
; car comme il travailloit
à la preparation des
Viperes, qui entrent en tresgrand
nombre dans cet Antidote
, il y en eut une qui
luy mordit le doigt , & luy
enfonça fi avant les dents,
qu'on nomme Canines, qu'il
fortit de chaque playe plufieurs
goutes de fang. Peu de
momens aprés , le doigt luy
enfla prodigieufement, & devint
tout livide.L'enflure ac
compagnée d'une grande
douleur, s'étendit fort promGALANT.
315
ptement vers le bras , l'épau
le & le fein! Il eut des palpitations
de coeur frequentes,
fon poux fut bien - toft intermittent
, il fut faifi de fincopes,
& fe fentit tres-affou
py. Tous ces accidens ne le
déconcerterent point , il fit
promptement écrafer la Vipere
qui l'avoit mordu , & ſe
la fit appliquer fur le doigt ,
mais fans foulagement . Il
prit en moins de vingt- quatre
heures demie once de
Theriaque en plufieurs dofes
, autant de poudre de Vipere
, une dragme de leur
Dd ij
316 MERCURE
fel volatil , & de fel de chardon
benit ', par l'avis de M.
du Perray , un des premiers
Medecins de Roüen ; ce qui
ayant caufé au fieur Quillebeuf
des fueurs tres -abondantes
, diffipa l'enflure , la
douleur, & tous les accidens
facheux dont il eftoit attaque.
Rien affuremét ne peut
mieux faire voir & l'activité
du venin de la Vipere , & la
force de la Theriaque .
donner
GALANT. 3T3
donner aux Provinces le modele
de toutes chofes , s'étend
jufque fur les Remedes,
puis qu'à l'exemple de cette
grande Ville, on prépara publiquement
à Rouen la Theriaque
le 15. de Juillet. Mais
ce qu'il y eut de fingulier
fut que le fieur Quillebeuf
Apotiquaire , s'eftant attiré
l'approbation generale d'une
fçavante Aſſemblée , par
la démonftraction exacte
qu'il fit des Remedes qui en
trent dans cette compofition
, tous dans leur pureté,
il, fut obligé le lendemain
Aouſt 1685.
Dd
>
314 MERCURE
d'en faire l'épreuve fur luymême,
& il la fit tres -heureufement
; car comme il travailloit
à la preparation des
Viperes, qui entrent en tresgrand
nombre dans cet Antidote
, il y en eut une qui
luy mordit le doigt , & luy
enfonça fi avant les dents,
qu'on nomme Canines, qu'il
fortit de chaque playe plufieurs
goutes de fang. Peu de
momens aprés , le doigt luy
enfla prodigieufement, & devint
tout livide.L'enflure ac
compagnée d'une grande
douleur, s'étendit fort promGALANT.
315
ptement vers le bras , l'épau
le & le fein! Il eut des palpitations
de coeur frequentes,
fon poux fut bien - toft intermittent
, il fut faifi de fincopes,
& fe fentit tres-affou
py. Tous ces accidens ne le
déconcerterent point , il fit
promptement écrafer la Vipere
qui l'avoit mordu , & ſe
la fit appliquer fur le doigt ,
mais fans foulagement . Il
prit en moins de vingt- quatre
heures demie once de
Theriaque en plufieurs dofes
, autant de poudre de Vipere
, une dragme de leur
Dd ij
316 MERCURE
fel volatil , & de fel de chardon
benit ', par l'avis de M.
du Perray , un des premiers
Medecins de Roüen ; ce qui
ayant caufé au fieur Quillebeuf
des fueurs tres -abondantes
, diffipa l'enflure , la
douleur, & tous les accidens
facheux dont il eftoit attaque.
Rien affuremét ne peut
mieux faire voir & l'activité
du venin de la Vipere , & la
force de la Theriaque .
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Résumé : « L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
En juillet 1685 à Rouen, l'apothicaire Quillebeuf a préparé publiquement la thériaque, un remède médicinal, devant une assemblée savante. Le 1er août 1685, lors de la manipulation de vipères pour ce remède, Quillebeuf a été mordu par une vipère, entraînant une enflure rapide et une lividité de son doigt, qui se sont étendues à son bras, son épaule et son sein. Il a également ressenti des palpitations cardiaques, une respiration intermittente, des syncopes et une grande faiblesse. Malgré ses efforts pour traiter la morsure en écrasant la vipère et en appliquant son corps sur la plaie, les symptômes ont persisté. Sur les conseils du médecin Du Perray, Quillebeuf a ingéré une dose de thériaque, de poudre de vipère, de fiel volatil et de fiel de chardon bénit. Ce traitement a provoqué des sueurs abondantes, dissipant ainsi l'enflure, la douleur et les autres symptômes. Cet incident a démontré l'efficacité de la thériaque contre le venin de vipère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1015
p. 3[2]6-3[3]4
Nouvelles d'Angleterre. [titre d'après la table]
Début :
Je n'ay rien à ajoûter à ce que je vous ay déja dit [...]
Mots clefs :
Angleterre, Duc de Montmouth, Rébellion, Roi, Église anglicane, Sentences, Religion, Religion catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre. [titre d'après la table]
Je n'ay rien à ajoûter à ce
que je vous ay déja dit touchant
la mort du Duc de
Montmouth , fi ce n'est que
GALANT. 317
les Evefques qui l'aſſiſterent
fur l'Echafaut, l'ayant preffé
de faire une reconnoiſſance
publique de fon crime , il dit
qu'il fe remettoit de tout ce
qui regardoit ſa Rebellion ,à
un Ecrit qu'il avoit figné en
leur prefence. Il declare par
·cet Ecrit ; Qu'il n'avoit pris le
titre de Roy que par force, que ce
fut contrefon fentiment qu'il fut
proclamé, & que le feu Roy luy
avoit dit que jamais il n'avoit
épousé fa Mere ; aprés laquelle
declaration , il efperoit que le Roy
qui regne prefentement , ne
pas maltraiterfes Enfans fous
feroit
ce
318 MERCURE
pretexte. Vous aurez veu des
Relations
qui portent qu'il
a témoigné de la fermeté en
mourant , & qu'il eſt mort
dans la Communion de l'Eglife
Anglicane , ce qui eft
contraire
à ce que je vous en
ay écrit.Cependant ces mefmesRelations
nous fontconnoïftre
, que lors qu'on luy
montra l'ordre qu'on avoit
de le remettre entre les
mains des Sherifs , qui ont
foin de faire executer les Sentences
criminelles , il changea
de couleur , demeura
quelque temps fans parole ,
婴
GALANT. 319
& fit voir en un moment la
crainte de la mort peinte fur
tout fon viſage. Elles nous
marquent encore , que lors
qu'il vantoit le plus fa fermeté
, & qu'il l'attribuoit à un
principe furnaturel , il fe tourna
avec beaucoup d'inquietude
de cofté & d'autre , &
qu'il regardoit toûjours s'il
ne venoit aucun meſſage de
la Cour , parce qu'il gardoit
encore quelque efperance
qu'on luy feroit grace . Ainfi
l'on peut dire que s'il a fait
voir quelque fermeté par fes
paroles , il l'a auffi - toſt dé320
MERCURE
mentie par fes actions. Il a
pû fe contrefaire pendant de
certains momens , afin que
s'il obtenoit grace , il
ne
paruft pas dans le monde
comme un homme
que
les
frayeurs de la mort avoient
troublé ; mais fon vifage l'a
toûjours trahy , & il luy a
efté impoffible de cacher
les mouvemens de fon ame.
Quant à la Religion Anglicane
dans laquelle on a
publié que ce Duc eft mort,
s'il y a un peu plus d'apparence
à le dire qu'à foûtenir
qu'il a montré un coeur ferGALANT.
321
me , peut - eſtre ne croira--
t-on pas qu'il y ait plus de
verité , fi l'on y veut faire reflexion
. Le Comte de Salfburyl'avoit
engagé dans
toutes les méchantes affaires;
qui ont efté cauſe de ſa per--
te , & fon Party eftoit fi puiffant
, qu'il a mefme ſubſiſté
aprés fa mort , & fait agir le
Duc de Montmouth . Il eft fi
vray que ce Comte haïfſoit :
les Evefques & la Religion
Anglicane , qu'il ne s'en ca--
choit pas , mefme dans le
temps qu'il eftoit encore
bich en Cour , & jay veu
Aoust 1685,
Ee
322 MERCURE
quantité de perfonnes qui
l'ont oüy s'emporter contre
eux par des difcours qui faifoient
connoiftre le fond de
fon ame . Le Duc de Montmouth
a toûjours efté de ce
party. Tous les Manifeſtes
des Rebelles ont attaqué la
Religion Anglicane , que ce
Duc connoiffoit peu , parce
qu'il avoit efté élevé juſqu'à
quatorze ans dans la Reli
gion Catholique. Ainfi il entra
facilement dans des engagemens
contre elle avec
Le Comte de Salfbury ; & juf
qu'au jour de fa prife , il n'a
.....
GALANT 323
E veu que des Miniftres oppofez
à la Religion Anglicane.
S'il avoit eu deffein d'y mourir
, il auroit deu faire voir
un retour plus éclatant , au
lieu qu'il ne nous paroift rien
autre chofe,finon qu'il répód
qu'il meurt dans la Religion
Anglicane. Aprés qu'il a fait
cette réponſe , il ne remplit
aucun des devoirs où cette
Religion engage , & l'on eft
contraint de le laiffer mourir
fans luy donner la Benediction
qu'on donne en mourant
à ceux qui en font profeffion.
Si vous examinez
324 MERCURE
tout cela , vous demeurerez
d'accord que je ne me fuis
pas trompé, en vous écrivant
il y a un mois, ce que je vous
ay mandé fur cet article,ficen'eft
que l'on pretéde que ce
Duc foit mort fans Religion .
que je vous ay déja dit touchant
la mort du Duc de
Montmouth , fi ce n'est que
GALANT. 317
les Evefques qui l'aſſiſterent
fur l'Echafaut, l'ayant preffé
de faire une reconnoiſſance
publique de fon crime , il dit
qu'il fe remettoit de tout ce
qui regardoit ſa Rebellion ,à
un Ecrit qu'il avoit figné en
leur prefence. Il declare par
·cet Ecrit ; Qu'il n'avoit pris le
titre de Roy que par force, que ce
fut contrefon fentiment qu'il fut
proclamé, & que le feu Roy luy
avoit dit que jamais il n'avoit
épousé fa Mere ; aprés laquelle
declaration , il efperoit que le Roy
qui regne prefentement , ne
pas maltraiterfes Enfans fous
feroit
ce
318 MERCURE
pretexte. Vous aurez veu des
Relations
qui portent qu'il
a témoigné de la fermeté en
mourant , & qu'il eſt mort
dans la Communion de l'Eglife
Anglicane , ce qui eft
contraire
à ce que je vous en
ay écrit.Cependant ces mefmesRelations
nous fontconnoïftre
, que lors qu'on luy
montra l'ordre qu'on avoit
de le remettre entre les
mains des Sherifs , qui ont
foin de faire executer les Sentences
criminelles , il changea
de couleur , demeura
quelque temps fans parole ,
婴
GALANT. 319
& fit voir en un moment la
crainte de la mort peinte fur
tout fon viſage. Elles nous
marquent encore , que lors
qu'il vantoit le plus fa fermeté
, & qu'il l'attribuoit à un
principe furnaturel , il fe tourna
avec beaucoup d'inquietude
de cofté & d'autre , &
qu'il regardoit toûjours s'il
ne venoit aucun meſſage de
la Cour , parce qu'il gardoit
encore quelque efperance
qu'on luy feroit grace . Ainfi
l'on peut dire que s'il a fait
voir quelque fermeté par fes
paroles , il l'a auffi - toſt dé320
MERCURE
mentie par fes actions. Il a
pû fe contrefaire pendant de
certains momens , afin que
s'il obtenoit grace , il
ne
paruft pas dans le monde
comme un homme
que
les
frayeurs de la mort avoient
troublé ; mais fon vifage l'a
toûjours trahy , & il luy a
efté impoffible de cacher
les mouvemens de fon ame.
Quant à la Religion Anglicane
dans laquelle on a
publié que ce Duc eft mort,
s'il y a un peu plus d'apparence
à le dire qu'à foûtenir
qu'il a montré un coeur ferGALANT.
321
me , peut - eſtre ne croira--
t-on pas qu'il y ait plus de
verité , fi l'on y veut faire reflexion
. Le Comte de Salfburyl'avoit
engagé dans
toutes les méchantes affaires;
qui ont efté cauſe de ſa per--
te , & fon Party eftoit fi puiffant
, qu'il a mefme ſubſiſté
aprés fa mort , & fait agir le
Duc de Montmouth . Il eft fi
vray que ce Comte haïfſoit :
les Evefques & la Religion
Anglicane , qu'il ne s'en ca--
choit pas , mefme dans le
temps qu'il eftoit encore
bich en Cour , & jay veu
Aoust 1685,
Ee
322 MERCURE
quantité de perfonnes qui
l'ont oüy s'emporter contre
eux par des difcours qui faifoient
connoiftre le fond de
fon ame . Le Duc de Montmouth
a toûjours efté de ce
party. Tous les Manifeſtes
des Rebelles ont attaqué la
Religion Anglicane , que ce
Duc connoiffoit peu , parce
qu'il avoit efté élevé juſqu'à
quatorze ans dans la Reli
gion Catholique. Ainfi il entra
facilement dans des engagemens
contre elle avec
Le Comte de Salfbury ; & juf
qu'au jour de fa prife , il n'a
.....
GALANT 323
E veu que des Miniftres oppofez
à la Religion Anglicane.
S'il avoit eu deffein d'y mourir
, il auroit deu faire voir
un retour plus éclatant , au
lieu qu'il ne nous paroift rien
autre chofe,finon qu'il répód
qu'il meurt dans la Religion
Anglicane. Aprés qu'il a fait
cette réponſe , il ne remplit
aucun des devoirs où cette
Religion engage , & l'on eft
contraint de le laiffer mourir
fans luy donner la Benediction
qu'on donne en mourant
à ceux qui en font profeffion.
Si vous examinez
324 MERCURE
tout cela , vous demeurerez
d'accord que je ne me fuis
pas trompé, en vous écrivant
il y a un mois, ce que je vous
ay mandé fur cet article,ficen'eft
que l'on pretéde que ce
Duc foit mort fans Religion .
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre. [titre d'après la table]
Le texte relate la mort du Duc de Monmouth et les événements entourant son exécution. Lors de celle-ci, les évêques présents lui demandèrent de reconnaître publiquement son crime. Il répondit en se référant à un écrit signé en leur présence, affirmant avoir pris le titre de roi sous contrainte et que le défunt roi lui avait révélé que sa mère n'avait jamais été épousée. Il espérait ainsi éviter que le roi régnant ne maltraitât ses enfants sous prétexte de rébellion. Des témoignages divergents décrivent son comportement face à la mort : certains soulignent sa fermeté, d'autres rapportent sa peur et son espoir d'une grâce jusqu'au bout. Son visage trahissait ses émotions malgré ses efforts pour les dissimuler. Concernant sa religion, bien que certaines sources affirment qu'il mourut dans la communion de l'Église anglicane, cela semble douteux. Élevé dans la religion catholique jusqu'à quatorze ans et associé au Comte de Salisbury, connu pour son hostilité envers les évêques et la religion anglicane, le duc n'accomplit aucun devoir religieux anglican avant sa mort, suggérant qu'il ne mourut pas dans cette foi.
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1016
s. p.
« ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...] »
Début :
ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...] »
N donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau ,
& Vingt- cinq fols en Parchemin.
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau ,
& Vingt- cinq fols en Parchemin.
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1017
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par, Vous aimez, jeune Iris, mes tendres [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avis pour placer les Figures.
L'euneris, mes
Air qui commence par , Fous aimez
jeune Iris , mes tendres Chanfonnettés
, doit regarder la page 107.
Le Plan de Neuhaufel , doit regarder
la page 269.
La Figure de l'Etendard , doit regarder
la page 314.
L'euneris, mes
Air qui commence par , Fous aimez
jeune Iris , mes tendres Chanfonnettés
, doit regarder la page 107.
Le Plan de Neuhaufel , doit regarder
la page 269.
La Figure de l'Etendard , doit regarder
la page 314.
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1018
p. 23-30
Actions de Pieté du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Ce Monarque toûjours appliqué à ce qui regarde la Relgion, [...]
Mots clefs :
Monarque, Religion, Parlement, Édits, Ministres, Religion prétendue réformée, Conversions, Erreurs, Vérité catholique, Doctrine, Calomnies, Dogmes, Livres, Déclaration, Fonctions, Études, Sacrements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Actions de Pieté du Roy. [titre d'après la table]
Ce Monarque
toûjours appliqué à
24 MERCURE
ce qui regarde la Religion ,
a fait un Edit tout plein de
juſtice , qui a eſté enregiſtré
au Parlement le 23. du der,
nier mois. M's les Deputez
du Clergé , luy ayant repre
fenté qu'entre les moyens
dont les Miniftres de le Religion
Pretendue Reformée
fe fervoient pour empefcher
ceux de leur Party de fe convertir
, aucun ne leur réüffifloit
fi
avantageufement
que celuy de donner par des
impoſtures , une faufſe idée
de la Religion Catholique,
Sa Majeſte a fait examiner
les.
GALANT. 25 .
les erreurs que ces Miniftres
ontda hardieffe de luy imputer
, dans les Preſches , ou
dans les Livres qu'ils compofent
; & comme rien ne
bleffe tant le refpect avec lequel
les Edits les obligent
d'en parler, que de l'accufer
de profeffer une Doctrine
qu'elle condamne ; & qu'il
n'eft pas jufte de fouffrir que
leurs calomnies infpirent
aux Religionnaires de l'horreur
contre la verité , qu'ils
ne pourroient s'empefcher
de fuivre fi ces artifices ne
leur en déroboient pas la
Septembre 1685.
C
26 MERCURE
connoiffance
; Elle a defen
du aux Miniftres , & à toutes
perfonnes de la Religion
Pretenduë Reformée , de
preſcher & de compofer aucuns
Livres contre la Foy
Catholique , Apoftolique &
Romaine , & de fe fervir de
termes injurieux ou tendans
à la calomnie , en imputant
aux Catholiques des Dogmes
qu'ils condamnent , &
mefme de parler directemet
ny indirectement en quelque
maniere que ce puiffe
eftre , de la Religion Catho
lique. Les Pretendus Refor
GALANT. 27
mez n'ont point à fe plaindre
, puis qu'il doit fuffire aux
Miniftrés d'une Religion toferée
dans le Royaume, d'en
enfeigner les Maximes , fans
s'élever par des difputes &
par des calomnies contre la
veritable Religion que l'on
y profeffe , & dont leurs Predeceffeurs
fe font malheureuſement
feparez dans le
dernier Siecle .
Le Roy a fait dans le mefme
temps une Declaration ,
qui a efté auffi enregiſtrée
auParlement
. Elle porte qu'il
ne fera plus receu de Mede-
Cij
28 MERCURE
cins de la Religion Preten
due Reformée . Cette Declaration
á efté donnée avec
beaucoup de prudence . De
fortes raifons ayant fait défendre
de recevoir à l'avenir
lesPretendus Reformez dans
aucune Charge de Judicature
, on a connu que la plufpart
des jeunes gens de cette
Religion s'appliqueroient à
étudier en Medecine pour y
prendre les degrez,fe voyant
exclus de toutes autres fonctions
; ce qui augmenteroit
fi confiderablement le nombre
des Medecins CalviniGALANT.
29
ftes , que peu de Catholiques
voudroient dorefnavant s'attacher
à cette Science ; en
forte que ceux qui profefferoient
la veritable Religion
en recevroient dans la fuite
un grand préjudice pour leur
falut lors qu'ils tomberoient
malades , parce que les Medecins
Religionnaires ne ſe
mettroient pas en peine de
les avertir de l'eftat où ils fe
trouveroient pour recevoir
les Sacremens , aufquels ils
n'ont point de foy. Ce mal,
qui eftoit inévitable, demandant
un feur remede , on ne
C iij
30 MERCURE
devoit pas douter que le Roy
n'euft la bonté d'y pourvoir.
C'eft ce qu'il a fait , en défendant
à tous ceux qui font
commis pour la reception
des Médecins , d'en admettre
aucun de la Religion Prétenduë
Reformée . Cet Edit
& cette Declaration font de
plus en plus admirer les juftes
mefures qu'il prend pour
l'accroiffement de la Religion
Catholique , & pour le
falut de fes Sujets .
toûjours appliqué à
24 MERCURE
ce qui regarde la Religion ,
a fait un Edit tout plein de
juſtice , qui a eſté enregiſtré
au Parlement le 23. du der,
nier mois. M's les Deputez
du Clergé , luy ayant repre
fenté qu'entre les moyens
dont les Miniftres de le Religion
Pretendue Reformée
fe fervoient pour empefcher
ceux de leur Party de fe convertir
, aucun ne leur réüffifloit
fi
avantageufement
que celuy de donner par des
impoſtures , une faufſe idée
de la Religion Catholique,
Sa Majeſte a fait examiner
les.
GALANT. 25 .
les erreurs que ces Miniftres
ontda hardieffe de luy imputer
, dans les Preſches , ou
dans les Livres qu'ils compofent
; & comme rien ne
bleffe tant le refpect avec lequel
les Edits les obligent
d'en parler, que de l'accufer
de profeffer une Doctrine
qu'elle condamne ; & qu'il
n'eft pas jufte de fouffrir que
leurs calomnies infpirent
aux Religionnaires de l'horreur
contre la verité , qu'ils
ne pourroient s'empefcher
de fuivre fi ces artifices ne
leur en déroboient pas la
Septembre 1685.
C
26 MERCURE
connoiffance
; Elle a defen
du aux Miniftres , & à toutes
perfonnes de la Religion
Pretenduë Reformée , de
preſcher & de compofer aucuns
Livres contre la Foy
Catholique , Apoftolique &
Romaine , & de fe fervir de
termes injurieux ou tendans
à la calomnie , en imputant
aux Catholiques des Dogmes
qu'ils condamnent , &
mefme de parler directemet
ny indirectement en quelque
maniere que ce puiffe
eftre , de la Religion Catho
lique. Les Pretendus Refor
GALANT. 27
mez n'ont point à fe plaindre
, puis qu'il doit fuffire aux
Miniftrés d'une Religion toferée
dans le Royaume, d'en
enfeigner les Maximes , fans
s'élever par des difputes &
par des calomnies contre la
veritable Religion que l'on
y profeffe , & dont leurs Predeceffeurs
fe font malheureuſement
feparez dans le
dernier Siecle .
Le Roy a fait dans le mefme
temps une Declaration ,
qui a efté auffi enregiſtrée
auParlement
. Elle porte qu'il
ne fera plus receu de Mede-
Cij
28 MERCURE
cins de la Religion Preten
due Reformée . Cette Declaration
á efté donnée avec
beaucoup de prudence . De
fortes raifons ayant fait défendre
de recevoir à l'avenir
lesPretendus Reformez dans
aucune Charge de Judicature
, on a connu que la plufpart
des jeunes gens de cette
Religion s'appliqueroient à
étudier en Medecine pour y
prendre les degrez,fe voyant
exclus de toutes autres fonctions
; ce qui augmenteroit
fi confiderablement le nombre
des Medecins CalviniGALANT.
29
ftes , que peu de Catholiques
voudroient dorefnavant s'attacher
à cette Science ; en
forte que ceux qui profefferoient
la veritable Religion
en recevroient dans la fuite
un grand préjudice pour leur
falut lors qu'ils tomberoient
malades , parce que les Medecins
Religionnaires ne ſe
mettroient pas en peine de
les avertir de l'eftat où ils fe
trouveroient pour recevoir
les Sacremens , aufquels ils
n'ont point de foy. Ce mal,
qui eftoit inévitable, demandant
un feur remede , on ne
C iij
30 MERCURE
devoit pas douter que le Roy
n'euft la bonté d'y pourvoir.
C'eft ce qu'il a fait , en défendant
à tous ceux qui font
commis pour la reception
des Médecins , d'en admettre
aucun de la Religion Prétenduë
Reformée . Cet Edit
& cette Declaration font de
plus en plus admirer les juftes
mefures qu'il prend pour
l'accroiffement de la Religion
Catholique , & pour le
falut de fes Sujets .
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Résumé : Actions de Pieté du Roy. [titre d'après la table]
En septembre 1685, un monarque a publié un édit enregistré au Parlement le 23 août précédent. Cet édit vise à réguler les pratiques des ministres de la religion prétendue réformée, accusés d'utiliser des impostures pour dissuader les conversions au catholicisme. Le roi a examiné les erreurs imputées aux catholiques par ces ministres et a interdit toute prédication ou publication de livres contre la foi catholique. Il a également interdit l'usage de termes injurieux ou calomnieux envers les catholiques. Simultanément, le roi a émis une déclaration interdisant l'admission des protestants dans les professions médicales afin de prévenir l'augmentation du nombre de médecins protestants, qui pourraient négliger les besoins spirituels des patients catholiques malades. Ces mesures montrent l'engagement du roi à renforcer la religion catholique et à assurer le bien-être de ses sujets.
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1019
p. 30-33
Liberalitez de Sa Majesté. [titre d'après la table]
Début :
Ce Monarque a donné depuis peu une Pension considerable à [...]
Mots clefs :
Roi, Pensions, Prince, Illustre, Avocat Général Talon, Parlement, Discours, Nouveau converti
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Liberalitez de Sa Majesté. [titre d'après la table]
Ce Monarque a donné depuis
peu une Penfion confiderable
à M. le Prince CaGALANT.
31
mille , fecond Fils de M. le
Comte d'Armagnac . C'eſt
celuy qui gagna le Prix de la
premiere journée du Carroufel
, & qui donne de fi belles
efperances qu'il foûtiendra
dignement l'Illuftre Sang de
Lorraine,
M. l'Avocat General Ta
lon , a efté auffi gratifié d'une
Penfion de fix mille livres .
Il y a fi long-temps que fon
Nom éclate dans le Parle
ment ; & c'eſt toûjours avec
tant de gloire , qu'il me feroit
inutile de luy donner
des louanges. Les Difcours
C iiij
32 MERCURE
publics qu'il y a faits avec
un applaudiffement general,
le font mieux connoiſtre que
tout ce que je pourrois vous
en dire.
M. Defreaux a eu dans le
mefme temps une Penfion
de deux mille livres. C'eft un
homme d'un efprit folide, &
d'un bon gouft , & reconnu
generalement par ces endroits.
Il s'eft converty depuis
peu de temps ; & quand
un homme auffi éclairé que
luy change de Religion , il
faut qu'il foit bien perfuadé
des erreurs de celle qu'il aGALANT.
33
re
bandonne , & qu'il les ait
bien examinéeslabih
peu une Penfion confiderable
à M. le Prince CaGALANT.
31
mille , fecond Fils de M. le
Comte d'Armagnac . C'eſt
celuy qui gagna le Prix de la
premiere journée du Carroufel
, & qui donne de fi belles
efperances qu'il foûtiendra
dignement l'Illuftre Sang de
Lorraine,
M. l'Avocat General Ta
lon , a efté auffi gratifié d'une
Penfion de fix mille livres .
Il y a fi long-temps que fon
Nom éclate dans le Parle
ment ; & c'eſt toûjours avec
tant de gloire , qu'il me feroit
inutile de luy donner
des louanges. Les Difcours
C iiij
32 MERCURE
publics qu'il y a faits avec
un applaudiffement general,
le font mieux connoiſtre que
tout ce que je pourrois vous
en dire.
M. Defreaux a eu dans le
mefme temps une Penfion
de deux mille livres. C'eft un
homme d'un efprit folide, &
d'un bon gouft , & reconnu
generalement par ces endroits.
Il s'eft converty depuis
peu de temps ; & quand
un homme auffi éclairé que
luy change de Religion , il
faut qu'il foit bien perfuadé
des erreurs de celle qu'il aGALANT.
33
re
bandonne , & qu'il les ait
bien examinéeslabih
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Résumé : Liberalitez de Sa Majesté. [titre d'après la table]
Un monarque a attribué plusieurs distinctions. M. le Prince Galant, fils du Comte d'Armagnac, a reçu une pension significative pour sa victoire lors de la première journée du Carrousel, suscitant des attentes élevées sur sa capacité à honorer la lignée lorraine. M. l'Avocat Général Talon a également été récompensé par une pension de six mille livres, reconnu pour ses discours publics acclamés au Parlement. Enfin, M. Desreaux a obtenu une pension de deux mille livres, apprécié pour son esprit solide et son bon goût. Il s'est récemment converti à une nouvelle religion, démontrant une conviction profonde après avoir réévalué ses croyances précédentes.
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1020
p. 41-44
Creation de 2. nouveaux Regimens. [titre d'après la table]
Début :
Je vous parlay il y a un an de beaucoup de nouveaux Regimens [...]
Mots clefs :
Régiments, Roi, Création, Provinces, Compagnies, Services, Capitaine, Gloire, Intendant, Cardinal, Officiers, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : Creation de 2. nouveaux Regimens. [titre d'après la table]
Je vous parlay il y aun am
de beaucoup de nouveaux
Regimens que le Roy fit
Septembre 168 .
*
D
42 MERCURE
fous le nom de plufieurs Provinces
de France. Sa Majefté
vient encore d'en créer
deux , fous le nom de Ponthieu
& de Beaujolois. Ils
font compofez de plufieurs.
Compagnies tirées des vieux
Corps . Le Regiment de Ponthieu
a efté donné à M. le
Comte de Lomont , Capitaine
du Regiment Royal d'Infanterie
, en confideration
des fervices qu'il a rendus
dans un Corps , où l'on a occafion
d'acquerir beaucoup
de gloire lors qu'on y fait fon
devoir , puis qu'on y eft fou
GALANT. 43
vent exposé aux perils de la
Guerre. M. de Berulle , Capitaine
dans le Regiment du
Roy , a eu le Regiment de
Beaujolois . Il eft Frere de M ..
de Berulle, Intendant de Juftice
en Auvergne . Cette Fa
mille a donné un Cardinal ,,
& plufieurs Perfonnes qui
ont poffedé les plus eminentes
Dignitez de la Robe ; &
ce qu'il y a de remarquable,
c'eſt qu'elle a toûjours efté
en reputation d'une grande
probité. Le Roy ne recom
penfe pas feulement des gens
de diftinction & de merite ,
Dij
44 MERCURE
en créant ces deux nouveaux
Regimens ; mais Sa Majesté,
qui n'ignore rien de tout ce
qui peut eftre utile à fon Etat
, & à qui l'art de la Guerre
n'eft pas moins connu que
Part de regner, fçait que plus
il y a d'Officiers dans des
Troupes , plus on doit s'en
promettre , & compter fur
feur bonté ; non feulement
parce que l'exemple des Of
ficiers les anime, mais enco
re parce qu'il eft plus aifé de
leur faire obferver la difci
pline militaire.
de beaucoup de nouveaux
Regimens que le Roy fit
Septembre 168 .
*
D
42 MERCURE
fous le nom de plufieurs Provinces
de France. Sa Majefté
vient encore d'en créer
deux , fous le nom de Ponthieu
& de Beaujolois. Ils
font compofez de plufieurs.
Compagnies tirées des vieux
Corps . Le Regiment de Ponthieu
a efté donné à M. le
Comte de Lomont , Capitaine
du Regiment Royal d'Infanterie
, en confideration
des fervices qu'il a rendus
dans un Corps , où l'on a occafion
d'acquerir beaucoup
de gloire lors qu'on y fait fon
devoir , puis qu'on y eft fou
GALANT. 43
vent exposé aux perils de la
Guerre. M. de Berulle , Capitaine
dans le Regiment du
Roy , a eu le Regiment de
Beaujolois . Il eft Frere de M ..
de Berulle, Intendant de Juftice
en Auvergne . Cette Fa
mille a donné un Cardinal ,,
& plufieurs Perfonnes qui
ont poffedé les plus eminentes
Dignitez de la Robe ; &
ce qu'il y a de remarquable,
c'eſt qu'elle a toûjours efté
en reputation d'une grande
probité. Le Roy ne recom
penfe pas feulement des gens
de diftinction & de merite ,
Dij
44 MERCURE
en créant ces deux nouveaux
Regimens ; mais Sa Majesté,
qui n'ignore rien de tout ce
qui peut eftre utile à fon Etat
, & à qui l'art de la Guerre
n'eft pas moins connu que
Part de regner, fçait que plus
il y a d'Officiers dans des
Troupes , plus on doit s'en
promettre , & compter fur
feur bonté ; non feulement
parce que l'exemple des Of
ficiers les anime, mais enco
re parce qu'il eft plus aifé de
leur faire obferver la difci
pline militaire.
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Résumé : Creation de 2. nouveaux Regimens. [titre d'après la table]
En septembre 1680, le roi de France a créé deux nouveaux régiments d'infanterie : Ponthieu et Beaujolais, formés à partir de compagnies existantes. Le régiment de Ponthieu a été confié à M. le Comte de Lomont, capitaine du Régiment Royal d'Infanterie, en reconnaissance de ses services. Le régiment de Beaujolais a été attribué à M. de Bérulle, capitaine dans le Régiment du Roi et frère de M. de Bérulle, intendant de justice en Auvergne. La famille Bérulle est réputée pour sa probité et compte parmi ses membres un cardinal et plusieurs personnalités ayant occupé des postes importants dans la magistrature. Par ces nominations, le roi récompense des individus distingués et méritants, tout en renforçant la discipline et l'efficacité militaire par une augmentation du nombre d'officiers.
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1021
p. 44-46
Serment presté pour la Lieutenance generale de la Province de Berry. [titre d'après la table]
Début :
Sur la fin du dernier mois, M. le Comte de Gaucour, presta [...]
Mots clefs :
Comte de Gaucour, Serment, Charge, Lieutenant général, Sa Majesté, Province de Berry, Seigneur, Gouvernement, Famille
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texteReconnaissance textuelle : Serment presté pour la Lieutenance generale de la Province de Berry. [titre d'après la table]
Sur la fin du dernier mois,
GALANT 45
M. de Comte de Gaucour
prefta entre les mains du
Roy , let Serment pour la
Charge de Lieutenant Ge
neral de Sa Majefté dans la
Province de Berry , left d'u
ne des plus anciennes Mai
fons du Royaume ; & dés
Fan1449 Raoul de Gaucour
Seigneur de Maifons fur Seiz
ne,Grand Maistre de France,
Ambaffadeur vers le Duc de
Bourgogne , Gouverneur de
Dauphine , & des Villes de
Paris & de Gifors , rendit de
grands fervices au Roy . Eu
Itache de Gaucour, for Frere
46 MERCURE
puifné , Seigneur de Viry
Chambellan du Roy , fut fait
Grand Fauconnier de France.
en 1415. De Charles de Gau
cour Fils de Raoul , font fortis
deux Eveſques d'Amiens ,
& les Seigneurs & Marquis
de Gaucour.
GALANT 45
M. de Comte de Gaucour
prefta entre les mains du
Roy , let Serment pour la
Charge de Lieutenant Ge
neral de Sa Majefté dans la
Province de Berry , left d'u
ne des plus anciennes Mai
fons du Royaume ; & dés
Fan1449 Raoul de Gaucour
Seigneur de Maifons fur Seiz
ne,Grand Maistre de France,
Ambaffadeur vers le Duc de
Bourgogne , Gouverneur de
Dauphine , & des Villes de
Paris & de Gifors , rendit de
grands fervices au Roy . Eu
Itache de Gaucour, for Frere
46 MERCURE
puifné , Seigneur de Viry
Chambellan du Roy , fut fait
Grand Fauconnier de France.
en 1415. De Charles de Gau
cour Fils de Raoul , font fortis
deux Eveſques d'Amiens ,
& les Seigneurs & Marquis
de Gaucour.
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Résumé : Serment presté pour la Lieutenance generale de la Province de Berry. [titre d'après la table]
Le comte de Gaucour a prêté serment comme Lieutenant Général du Berry. La famille Gaucour est distinguée : Raoul de Gaucour, Seigneur de Maisons sur Seine, fut Grand Maître de France et Ambassadeur en 1449. Son frère, Seigneur de Viry, devint Grand Fauconnier de France en 1415. Charles de Gaucour eut deux fils évêques d'Amiens et seigneurs de Gaucour.
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1022
p. 46-47
Mr le Comte de la Vauguyon est nommé Ambassadeur d'Espagne. [titre d'après la table]
Début :
M. le Comte de la Vauguyon, ayant eu plusieurs Emplois [...]
Mots clefs :
Comte, Emplois, Intelligence, Ambassadeur, Espagne, Envoyé extraordinaire, Empereur
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texteReconnaissance textuelle : Mr le Comte de la Vauguyon est nommé Ambassadeur d'Espagne. [titre d'après la table]
M. le Comte de la Vauguyon
, ayant eu plufieurs:
Emplois confiderables , par
lefquels il a fait connoiftre
Fintelligence
qu'il a dans les
Affaires, fut nommé enfuite
Ambaffadeur en Eſpagne ;
& s'eftant acquitté de cette
Ambaffade au gré de Sa MaGALANT.
47
jefté , Elle vient de le choifir
pour fon Envoyé Extraordinaire
à la Cour de l'Empe,
reur.
, ayant eu plufieurs:
Emplois confiderables , par
lefquels il a fait connoiftre
Fintelligence
qu'il a dans les
Affaires, fut nommé enfuite
Ambaffadeur en Eſpagne ;
& s'eftant acquitté de cette
Ambaffade au gré de Sa MaGALANT.
47
jefté , Elle vient de le choifir
pour fon Envoyé Extraordinaire
à la Cour de l'Empe,
reur.
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1023
p. 47-51
Tableaux faits pour le Roy, par Mr Mignard & par Mr le Brun. [titre d'après la table]
Début :
La passion que le Roy a pour les beaux Arts, le soin [...]
Mots clefs :
Passion, Roi, Dépenses, Arts, Peintres, Chef-d'oeuvres, M. le Brun, M. Mignard, Ouvrages, Talents
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texteReconnaissance textuelle : Tableaux faits pour le Roy, par Mr Mignard & par Mr le Brun. [titre d'après la table]
La paffion que le Roy a
pour les beaux Arts , le foin
qu'il a pris pour les faire fleu,
rir, les dépenfes qu'il a faites
pour tout ce qui les regarde,
& les récompenfes qu'il a
données à ceux qui ont ex
cellé par deffus les autres
jointes aux marques de diftinction
dont il les a hono
rez , ont efté canfe que depuis
fon Regne les Arts ont
efté portez en France , au
5
48 MERCURE
plus haut point où ils puiſ
fentaller , eftant certain que
dans toute l'Europe , fans en
excepter l'Italie , on ne fçau
roit trouver aujourd'huy
d'auffi grands Peintres &
d'auffi fameux Sculpteurs
qu'il y en a prefentement
dans le Royaume. Leurs Ou
vrages font de ce bon gouft
antique , qui a receu l'ap.
plaudiffement de tous les Sie
cles ; & l'on peut dire qu'il
ne leur manque que le nom
bre des années pour les faire
peut-eftre plus eftimer que
quantité de Chef- d'oeuvres
que
GALANT. 49
que la Grece & l'ancien
a
ne Rome ont tant vantez.
Tels font ceux de M. le Brun
& de M. Mignard , qui pour
meriter l'eftime du Roy , &
répondre à l'amour que ce
Monarque a pour les beaux
Arts , ont travaillé avec tant
de foin , d'application & de
fuccés , qu'ils ont remply
toute la Terre de leur reputation
. Ainfi c'est au Roy
feul que la pofterité devra
leurs Ouvrages , puis que le
defir de plaire à Sa Majeſté
leur a , pour ainfi dire , infpiré
les talens neceffaires
Septembre 1685.
E
50 MERCURE
pour les faire` auffi beaux
qu'ils font. M. Mignard ,
ayant fait , il y a quelque
temps , pour M. le Marquis
de Seignelay , un Tableau
dont je vous ay déja parlé ,
& qui reprefente noftre Seigneur
qui porte fa Croix , au
lieu defigné pour fon Supplice
, il fut trouvé fi beau ,
que ce Marquis en fit prefent
à Sa Majefté
; qui voulant
en avoir un autre de la
mefme grandeur pour l'accompagner
; ce que les Peintres
& les Curieux appellent
Pendant d'oreille , fit l'hon-
番
GALANT. FI
·
neur de commander à M.
le Brun de luy faire le Cru
cifiement. Il s'en eſt acquitté
fi heureusement , &
en a receu de fi grands applaudiffemens
de tout ce que
l'Europe a de plus illuftre &
de plus habile , qu'il me feroit
malaifé de vous les décrire.
Voilà l'hiftoire de ces
deux Tableaux , dont on a
tant parlé , & fi avantageufement
pour la gloire de la
France , & pour leurs Autheurs
.
pour les beaux Arts , le foin
qu'il a pris pour les faire fleu,
rir, les dépenfes qu'il a faites
pour tout ce qui les regarde,
& les récompenfes qu'il a
données à ceux qui ont ex
cellé par deffus les autres
jointes aux marques de diftinction
dont il les a hono
rez , ont efté canfe que depuis
fon Regne les Arts ont
efté portez en France , au
5
48 MERCURE
plus haut point où ils puiſ
fentaller , eftant certain que
dans toute l'Europe , fans en
excepter l'Italie , on ne fçau
roit trouver aujourd'huy
d'auffi grands Peintres &
d'auffi fameux Sculpteurs
qu'il y en a prefentement
dans le Royaume. Leurs Ou
vrages font de ce bon gouft
antique , qui a receu l'ap.
plaudiffement de tous les Sie
cles ; & l'on peut dire qu'il
ne leur manque que le nom
bre des années pour les faire
peut-eftre plus eftimer que
quantité de Chef- d'oeuvres
que
GALANT. 49
que la Grece & l'ancien
a
ne Rome ont tant vantez.
Tels font ceux de M. le Brun
& de M. Mignard , qui pour
meriter l'eftime du Roy , &
répondre à l'amour que ce
Monarque a pour les beaux
Arts , ont travaillé avec tant
de foin , d'application & de
fuccés , qu'ils ont remply
toute la Terre de leur reputation
. Ainfi c'est au Roy
feul que la pofterité devra
leurs Ouvrages , puis que le
defir de plaire à Sa Majeſté
leur a , pour ainfi dire , infpiré
les talens neceffaires
Septembre 1685.
E
50 MERCURE
pour les faire` auffi beaux
qu'ils font. M. Mignard ,
ayant fait , il y a quelque
temps , pour M. le Marquis
de Seignelay , un Tableau
dont je vous ay déja parlé ,
& qui reprefente noftre Seigneur
qui porte fa Croix , au
lieu defigné pour fon Supplice
, il fut trouvé fi beau ,
que ce Marquis en fit prefent
à Sa Majefté
; qui voulant
en avoir un autre de la
mefme grandeur pour l'accompagner
; ce que les Peintres
& les Curieux appellent
Pendant d'oreille , fit l'hon-
番
GALANT. FI
·
neur de commander à M.
le Brun de luy faire le Cru
cifiement. Il s'en eſt acquitté
fi heureusement , &
en a receu de fi grands applaudiffemens
de tout ce que
l'Europe a de plus illuftre &
de plus habile , qu'il me feroit
malaifé de vous les décrire.
Voilà l'hiftoire de ces
deux Tableaux , dont on a
tant parlé , & fi avantageufement
pour la gloire de la
France , & pour leurs Autheurs
.
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Résumé : Tableaux faits pour le Roy, par Mr Mignard & par Mr le Brun. [titre d'après la table]
Le texte met en lumière l'engagement du roi pour les arts en France, soulignant son soutien financier et ses récompenses aux artistes. Cette passion royale a permis aux arts français d'atteindre un niveau exceptionnel, rivalisant avec ceux de l'Italie. Les œuvres des peintres français, tels que Charles Le Brun et Pierre Mignard, sont particulièrement remarquées pour leur qualité et leur renommée internationale. Le roi a commandé à Le Brun un tableau représentant la crucifixion, destiné à compléter une œuvre de Mignard montrant Jésus portant sa croix, laquelle était destinée au marquis de Seignelay. Ces tableaux ont été acclamés par les experts européens. Le texte se conclut en septembre 1685.
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1024
p. 92-106
Morts de plusieurs personnes considerables. [titre d'après la table]
Début :
J'ay à vous apprendre la mort de plusieurs Personnes considerables. [...]
Mots clefs :
Décès, Personnes illustres, Marquis, Gouverneur, Sacrements, Catalogne, Généraux, Maison de Marguerit, Actions éclatantes, Dame, Veuve, Seigneur, Petite vérole, Maison de la Palu, Colonel des dragons, Messire, Chevalier, Duc, Clergé, Louis XI, Comte, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts de plusieurs personnes considerables. [titre d'après la table]
J'ay à vous apprendre
la mort de plufieurs Perfonnes
confiderables. Celle de
Dom Jofeph de Marguerit
& de Biévre , Marquis d'Aguilar
, Seigneur de Caſtel
Lampurdam , grand Senéchal
de Catalogne , & cydevant
Gouverneur de la
mefiné Province , Lieute-.
nant Genéral des Armées.
du Roy , arriva le des
Juillet. Il eftoit âgé de quatre-
vingt quatre ans,& mourut
au Chafteau de S. Martin
de Tocques prés Narbonne
, aprés avoir receu
17.
GALANT. 93
tous fes Sacremens avec une
grande refignation . L'Hiftoire
de Catalogne remarque
que fes Anceſtres s'y
établirent dans le temps que
Charlemagne Empereur &
Roy de France , en chaffa.
les Maures . Cette Maiſon a
donné des Cardinaux à l'Eglife
, des Archeveſques à
Tarragonne , des Evefques
à Gironne & à Elne. Elle
compte auffi des Generaux
d'Armée , & des Amiraux
qui ont commandé les Armées
des anciens Roys
d'Aragon & de Sicile . Ce94
MERCURE
luy dont je vous parle avoit
efté Ambaffadeur vers le :
feu Roy. On pourroit faire
une Hiftoire entiere de toutes
les actions d'éclat qui
ont fignalé fa vie. Il avoit
époufe Dona Maria de Biévre
& de Cardona , de laquelle
il a trois Garçons &
deux Filles.
>
2 Le du dernier mois,
3 .
mourut Dame Catherine
Bertrand. Elle eftoit vefve
de Meffire Nicolas de Bailleul
, Seigneur du Pléffis-
Briart , Capitaine aux Gardes
, cy -devant grand Louvetier
de France .
GALANT.
95
X
Quelques jours aprés ,la petite
Verolle emporta Meffire
Bernard de la Palu , Marquis
de Bouligneux,il n'eftoit âgé
que de vingt trois ans. Depuis
l'an mille
que Pierre de
la Palu Seigneur de Varenton
vint au fecours des
Roys de Provence , avec
trois mille Hommes de pied ,
& quinze cens Lanfquenets
levez à fes dépens , cette
Maifon n'a point manqué
de Mafles , comme il paroift
par les Subſtitutions . M. le
Marquis de Bouligneux
eftoit du dernier Carroufel,
96 MERCURE
& il eft parlé de luy dans la
feconde Relation de ce divertiffement
, où l'on voit
tout ce qui regarde les Maifons
, Dignitez & Emplois
de chaque Chevalier.
,
Le 28. du mefme mois ,M.le
Marquis de Liftenois , qui
avoit efté de ce mefine Car
roufel mourut environ
dans le mefme âge. Il eftoit
premier Chevalier d'honneur
au Parlement de Befançon
, grand Bailly , d'A-,
val au Comté de Bourgogne
, & Colonel de Dragons
pour le fervice de Sa Ma--
jeſté..
GALANT. 97
jeſté . La Relation dont je
viens de vous parler,vous en
apprendra davantage . Il a
laiffé deux Enfans de Dame
Marie des Barres , Fille de
Meffire Bernard des Barres ,
Prefident au Mortier au Parlement
de Bourgogne, & de
Dame Antoinette de Beauclerc
.
La nuit du
29. au 30. mourut
Meffire Henry de Daillon
Duc du Lude , Marquis
d'Illiers & de Bouillé , Baron
de Briançon , Chevalier des
Ordres du Roy , Grand - Maitre
de l'Artillerie de France ,
Septembre 1685.
I
98 MERCURE
& Capitaine du Chaſteau de
Saint Germain en Laye . Il
avoit efté premier Gentilhomme
de la Chambre ; &
comme il avoit rendu des
fervices tres - agreables au
Roy , il fut fait Chevalier de
fes Ordres en 1661. pourveu
en 1669. de la Charge de
Grand Maistre de l'Artillerie
à la place de M. le Duc Mazarin
, & eut un Brevet de
Duc & Pair en 1675. Il avoit
époufé en premieres Noces
Dame Eleonor de Bouillé ,
Fille unique de René Marquis
de Bouillé , dont il n'a
GALANT. 99
point eu d'Enfans , non plus
que de Dame Marguerite
Loüife de Bethune , Veuve
de M. le Comte de Guiche,
fa feconde Femme. Elle eſt
Fille, comme vous fçavez , de
Meffire Maximilien de Bethune
III. du nom , Duc de
Sully , & de Dame Charlote
Seguier. Le
Coeur de M. le Duc du Lude
fut porté en ceremonie au
Monaftere des Carmelites
de Pontoiſe , & preſenté par
le Pere Louis le Marchand,
Vicaire general de l'Ordre ,
& Prieur des Celeftins de Pa-
9. de ce mois , le
I ij
100 MERCURE
ris , fon Confeffeur . Il fit un
tres beau Difcours Latin
au Clergé qui le receut dans
l'Eglife , & un autre en François
à la Superieure, Soeur de
Madame la Ducheffe du Lude.
Il expofa dans l'un & dans
l'autre , avec beaucoup de
fuccés , la pieté envers Dieu ,
la fidelité au fervice du Roy,
& les autres grandes qualitez
de cet Illuftre Defunt. La
Maifon de Daillon a efté féconde
en grands Hommes.
Jean de Daillon I.de ce nom,
vivoit en 1420. & fut Pere de
Gilles de Daillon Si du Lude
GALANT . 101
au Maine , qui eftoit en confideration
fous le Regne de
Charles VII . Jean de Dail
lon II . du nom , Fils de Gilles,
eut grande part aux bonnes
graces de Louis XI . II
fut Chambellan de ce Monarque
, qui le fit Capitaine
de fa Porte , & de cent Hommes
d'armes , Gouverneur
d'Alençon , du Perche , de
Dauphiné en 1473. de la Ville
d'Arras & Comté d'Artois en
1477. & Lieutenant General
de fes Armées en Picardie. Il
laiffa Jacques de Daillon de
Marie de Laval . Ce dernier,
I iij
102 MERCURE
qui fut Confeiller & Chambellan
des Rois Louis XII . &
François I. fe diftingua en
toutes fortes d'occaſions par
fa conduite & par fa bravou
re . Il eut de Magdeleine Dame
d'Illiers , Fille de Jean &
de Marguerite de Chourfes,
Jean de Daillon III . du nom,
premier Comte du Lude , Baron
d'Illiers, Senéchal d'Anjou
, Confeiller & Chambellan
du Roy , Chevalier de
fon Ordre , Gouverneur de
Poitou , la Rochelle , & Pays
d'Aunis , Lieutenant General
en Guyenne , & Pere de
GALANT. 103
Guy deDaillonComte du Lu
de , Chevalier des Ordres du
Roy , Gouverneur de Poitou ,
Senéchal d'Anjou , qui acquit
beaucoup de gloire
à
la défenſe de Mets , à la Bataille
de Renty , à la prife
* a
de Calais , de Guines , de
Marans, de Broüage ; & qui
laiffa de Jacqueline de la
Fayette Dame de Pontgibaud
, François de Daillon
Comte du Lude , Marquis
d'Illiers , S de Pontgibaud &
de Briançon , Senéchal d'Anjou
. François de Daillon fervit
tres - utilement les Rois
I iiij
104 MERCURE
Henry III.Henry IV . & Loüis
XIII. & fut fait
Gouverneur
de Gafton de France Duc
d'Orleans.Il eut de
Françoiſe
de Scomberg , Fille de Gafpard
Comte de Nanteüil , &
de Jeanne Chaſteigner - la
Rochepozay , Timoleon de
Daillon Comte du Lude, qui
époufa Marie Faydeau , dont
il eut Henry de Daillon Duc
du Lude , qui vient de mourir
; & Charlote Marie, alliée
le 17. Septembre 1653. à Gaſton
de Roquelaure Chevalier
des Ordres du Roy , Pere
de M. le Duc de
Roquelaure
d'aujourd'huy .
GALANT. 105
La mort de M. le Duc du
Lude , a efté ſuivie de celle
de Catherine d'Afpremont
Vandy , Fille d'honneur de
la feuë Reine Mere du Roy,
& Dame d'honneur de fon
Alteffe Royale Mademoiſelle
d'Orleans . Elle eftoit âgée
de foixante- fix ans , & Fille
deMeffire Jean d'Afpremont
Marquis de Vandy , Meſtre
de Camp & Maréchal des
Camps & Armées de Sa Majefté
, & de Dame Innocente
de Marillac , Soeur du Maréchal
de Marillac , Garde des
Seaux de France . Godefroy
106 MERCURE
de
Baron d'Afpremont en Lorraine
, vivoit du temps
Philippe Augufte Roy de
France , & c'eft de luy que
les Comtes d'Afpremont
font defcendus . Il y a eu des
Evefques de Mets & de Verdun
de cette Maiſon.
la mort de plufieurs Perfonnes
confiderables. Celle de
Dom Jofeph de Marguerit
& de Biévre , Marquis d'Aguilar
, Seigneur de Caſtel
Lampurdam , grand Senéchal
de Catalogne , & cydevant
Gouverneur de la
mefiné Province , Lieute-.
nant Genéral des Armées.
du Roy , arriva le des
Juillet. Il eftoit âgé de quatre-
vingt quatre ans,& mourut
au Chafteau de S. Martin
de Tocques prés Narbonne
, aprés avoir receu
17.
GALANT. 93
tous fes Sacremens avec une
grande refignation . L'Hiftoire
de Catalogne remarque
que fes Anceſtres s'y
établirent dans le temps que
Charlemagne Empereur &
Roy de France , en chaffa.
les Maures . Cette Maiſon a
donné des Cardinaux à l'Eglife
, des Archeveſques à
Tarragonne , des Evefques
à Gironne & à Elne. Elle
compte auffi des Generaux
d'Armée , & des Amiraux
qui ont commandé les Armées
des anciens Roys
d'Aragon & de Sicile . Ce94
MERCURE
luy dont je vous parle avoit
efté Ambaffadeur vers le :
feu Roy. On pourroit faire
une Hiftoire entiere de toutes
les actions d'éclat qui
ont fignalé fa vie. Il avoit
époufe Dona Maria de Biévre
& de Cardona , de laquelle
il a trois Garçons &
deux Filles.
>
2 Le du dernier mois,
3 .
mourut Dame Catherine
Bertrand. Elle eftoit vefve
de Meffire Nicolas de Bailleul
, Seigneur du Pléffis-
Briart , Capitaine aux Gardes
, cy -devant grand Louvetier
de France .
GALANT.
95
X
Quelques jours aprés ,la petite
Verolle emporta Meffire
Bernard de la Palu , Marquis
de Bouligneux,il n'eftoit âgé
que de vingt trois ans. Depuis
l'an mille
que Pierre de
la Palu Seigneur de Varenton
vint au fecours des
Roys de Provence , avec
trois mille Hommes de pied ,
& quinze cens Lanfquenets
levez à fes dépens , cette
Maifon n'a point manqué
de Mafles , comme il paroift
par les Subſtitutions . M. le
Marquis de Bouligneux
eftoit du dernier Carroufel,
96 MERCURE
& il eft parlé de luy dans la
feconde Relation de ce divertiffement
, où l'on voit
tout ce qui regarde les Maifons
, Dignitez & Emplois
de chaque Chevalier.
,
Le 28. du mefme mois ,M.le
Marquis de Liftenois , qui
avoit efté de ce mefine Car
roufel mourut environ
dans le mefme âge. Il eftoit
premier Chevalier d'honneur
au Parlement de Befançon
, grand Bailly , d'A-,
val au Comté de Bourgogne
, & Colonel de Dragons
pour le fervice de Sa Ma--
jeſté..
GALANT. 97
jeſté . La Relation dont je
viens de vous parler,vous en
apprendra davantage . Il a
laiffé deux Enfans de Dame
Marie des Barres , Fille de
Meffire Bernard des Barres ,
Prefident au Mortier au Parlement
de Bourgogne, & de
Dame Antoinette de Beauclerc
.
La nuit du
29. au 30. mourut
Meffire Henry de Daillon
Duc du Lude , Marquis
d'Illiers & de Bouillé , Baron
de Briançon , Chevalier des
Ordres du Roy , Grand - Maitre
de l'Artillerie de France ,
Septembre 1685.
I
98 MERCURE
& Capitaine du Chaſteau de
Saint Germain en Laye . Il
avoit efté premier Gentilhomme
de la Chambre ; &
comme il avoit rendu des
fervices tres - agreables au
Roy , il fut fait Chevalier de
fes Ordres en 1661. pourveu
en 1669. de la Charge de
Grand Maistre de l'Artillerie
à la place de M. le Duc Mazarin
, & eut un Brevet de
Duc & Pair en 1675. Il avoit
époufé en premieres Noces
Dame Eleonor de Bouillé ,
Fille unique de René Marquis
de Bouillé , dont il n'a
GALANT. 99
point eu d'Enfans , non plus
que de Dame Marguerite
Loüife de Bethune , Veuve
de M. le Comte de Guiche,
fa feconde Femme. Elle eſt
Fille, comme vous fçavez , de
Meffire Maximilien de Bethune
III. du nom , Duc de
Sully , & de Dame Charlote
Seguier. Le
Coeur de M. le Duc du Lude
fut porté en ceremonie au
Monaftere des Carmelites
de Pontoiſe , & preſenté par
le Pere Louis le Marchand,
Vicaire general de l'Ordre ,
& Prieur des Celeftins de Pa-
9. de ce mois , le
I ij
100 MERCURE
ris , fon Confeffeur . Il fit un
tres beau Difcours Latin
au Clergé qui le receut dans
l'Eglife , & un autre en François
à la Superieure, Soeur de
Madame la Ducheffe du Lude.
Il expofa dans l'un & dans
l'autre , avec beaucoup de
fuccés , la pieté envers Dieu ,
la fidelité au fervice du Roy,
& les autres grandes qualitez
de cet Illuftre Defunt. La
Maifon de Daillon a efté féconde
en grands Hommes.
Jean de Daillon I.de ce nom,
vivoit en 1420. & fut Pere de
Gilles de Daillon Si du Lude
GALANT . 101
au Maine , qui eftoit en confideration
fous le Regne de
Charles VII . Jean de Dail
lon II . du nom , Fils de Gilles,
eut grande part aux bonnes
graces de Louis XI . II
fut Chambellan de ce Monarque
, qui le fit Capitaine
de fa Porte , & de cent Hommes
d'armes , Gouverneur
d'Alençon , du Perche , de
Dauphiné en 1473. de la Ville
d'Arras & Comté d'Artois en
1477. & Lieutenant General
de fes Armées en Picardie. Il
laiffa Jacques de Daillon de
Marie de Laval . Ce dernier,
I iij
102 MERCURE
qui fut Confeiller & Chambellan
des Rois Louis XII . &
François I. fe diftingua en
toutes fortes d'occaſions par
fa conduite & par fa bravou
re . Il eut de Magdeleine Dame
d'Illiers , Fille de Jean &
de Marguerite de Chourfes,
Jean de Daillon III . du nom,
premier Comte du Lude , Baron
d'Illiers, Senéchal d'Anjou
, Confeiller & Chambellan
du Roy , Chevalier de
fon Ordre , Gouverneur de
Poitou , la Rochelle , & Pays
d'Aunis , Lieutenant General
en Guyenne , & Pere de
GALANT. 103
Guy deDaillonComte du Lu
de , Chevalier des Ordres du
Roy , Gouverneur de Poitou ,
Senéchal d'Anjou , qui acquit
beaucoup de gloire
à
la défenſe de Mets , à la Bataille
de Renty , à la prife
* a
de Calais , de Guines , de
Marans, de Broüage ; & qui
laiffa de Jacqueline de la
Fayette Dame de Pontgibaud
, François de Daillon
Comte du Lude , Marquis
d'Illiers , S de Pontgibaud &
de Briançon , Senéchal d'Anjou
. François de Daillon fervit
tres - utilement les Rois
I iiij
104 MERCURE
Henry III.Henry IV . & Loüis
XIII. & fut fait
Gouverneur
de Gafton de France Duc
d'Orleans.Il eut de
Françoiſe
de Scomberg , Fille de Gafpard
Comte de Nanteüil , &
de Jeanne Chaſteigner - la
Rochepozay , Timoleon de
Daillon Comte du Lude, qui
époufa Marie Faydeau , dont
il eut Henry de Daillon Duc
du Lude , qui vient de mourir
; & Charlote Marie, alliée
le 17. Septembre 1653. à Gaſton
de Roquelaure Chevalier
des Ordres du Roy , Pere
de M. le Duc de
Roquelaure
d'aujourd'huy .
GALANT. 105
La mort de M. le Duc du
Lude , a efté ſuivie de celle
de Catherine d'Afpremont
Vandy , Fille d'honneur de
la feuë Reine Mere du Roy,
& Dame d'honneur de fon
Alteffe Royale Mademoiſelle
d'Orleans . Elle eftoit âgée
de foixante- fix ans , & Fille
deMeffire Jean d'Afpremont
Marquis de Vandy , Meſtre
de Camp & Maréchal des
Camps & Armées de Sa Majefté
, & de Dame Innocente
de Marillac , Soeur du Maréchal
de Marillac , Garde des
Seaux de France . Godefroy
106 MERCURE
de
Baron d'Afpremont en Lorraine
, vivoit du temps
Philippe Augufte Roy de
France , & c'eft de luy que
les Comtes d'Afpremont
font defcendus . Il y a eu des
Evefques de Mets & de Verdun
de cette Maiſon.
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Résumé : Morts de plusieurs personnes considerables. [titre d'après la table]
Le texte rapporte la mort de plusieurs personnalités notables. Dom Joseph de Marguerit et de Bièvre, Marquis d'Aguilar, Seigneur de Castel Lampurdam, grand Sénéchal de Catalogne et ancien Gouverneur de cette province, ainsi que Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 17 juillet à l'âge de quatre-vingt-quatre ans au Château de Saint-Martin-de-Tocques près de Narbonne. Il a reçu tous les sacrements avec résignation. Sa famille s'est établie en Catalogne sous Charlemagne et a produit des cardinaux, archevêques, évêques, généraux et amiraux. Il avait été ambassadeur auprès du roi et a épousé Dona Maria de Bièvre et de Cardona, avec qui il a eu trois garçons et deux filles. En août, Dame Catherine Bertrand, veuve de Messire Nicolas de Bailleul, Seigneur du Plessis-Briart et ancien grand Louvetier de France, est également décédée. Quelques jours plus tard, Messire Bernard de la Palu, Marquis de Bouligneux, est mort à l'âge de vingt-trois ans. Sa famille a soutenu les rois de Provence depuis l'an mil. Le Marquis de Bouligneux était du dernier carrousel et mentionné dans la seconde relation de cet événement. Le 28 août, le Marquis de Listenois, premier Chevalier d'honneur au Parlement de Besançon, grand Bailli d'Aval au Comté de Bourgogne et Colonel de Dragons, est mort à un âge similaire. Il a laissé deux enfants de Dame Marie des Barres. La nuit du 29 au 30 août, Messire Henry de Daillon, Duc du Lude, Marquis d'Illiers et de Bouillé, Baron de Briançon, Chevalier des Ordres du Roi, Grand Maître de l'Artillerie de France et Capitaine du Château de Saint-Germain-en-Laye, est décédé. Timoléon de Daillon, Comte du Lude, épousa Marie Faydeau, et ils eurent deux enfants : Henry de Daillon, Duc du Lude, décédé récemment, et Charlotte Marie, mariée le 17 septembre 1653 à Gaston de Roquelaure, Chevalier des Ordres du Roi et père du Duc de Roquelaure actuel. Le décès du Duc du Lude a été suivi de celui de Catherine d'Aspremont Vandy, fille d'honneur de la reine mère et dame d'honneur de Mademoiselle d'Orléans. Catherine était âgée de soixante-six ans et fille de Jean d'Aspremont, Marquis de Vandy, Maître de Camp et Maréchal des Camps et Armées du Roi, et d'Innocente de Marillac, sœur du Maréchal de Marillac, Garde des Sceaux de France.
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1025
p. 106-107
« Vous sçavez que tous les ans il se fait dans l'Eglise [...] »
Début :
Vous sçavez que tous les ans il se fait dans l'Eglise [...]
Mots clefs :
Église, Service funèbre, Oraison funèbre, Prince, Éloquence, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Vous sçavez que tous les ans il se fait dans l'Eglise [...] »
Vous fçavez que tous les
ans il fe fait dans l'Eglife de
la Maifon Profeffe des Jefuites
de la rue Saint Antoine,
un Service pour feu Monfieur
le Prince , & qu'il eſt
accompagné d'une Òraifon
funebre . Elle a efté faite au
commencement de ce mois
GALANT
. 107
par le Pere de la Ruë qui pofquen
где
106 MERCURE
Baron d'Afpremont en Lorrain
Phil
a
k
tc
111
fic
ac
fu
W
GALANT. 107
par le Pere de la Ruë , qui poffede
parfaitement l'éloquence
de la Chaire , & qui n'y
fait pas moins Briller l'efprit
& la profonde érudition ,
que dans fesautres Ouvrages .
ans il fe fait dans l'Eglife de
la Maifon Profeffe des Jefuites
de la rue Saint Antoine,
un Service pour feu Monfieur
le Prince , & qu'il eſt
accompagné d'une Òraifon
funebre . Elle a efté faite au
commencement de ce mois
GALANT
. 107
par le Pere de la Ruë qui pofquen
где
106 MERCURE
Baron d'Afpremont en Lorrain
Phil
a
k
tc
111
fic
ac
fu
W
GALANT. 107
par le Pere de la Ruë , qui poffede
parfaitement l'éloquence
de la Chaire , & qui n'y
fait pas moins Briller l'efprit
& la profonde érudition ,
que dans fesautres Ouvrages .
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Résumé : « Vous sçavez que tous les ans il se fait dans l'Eglise [...] »
L'Église de la Maison Professe des Jésuites organise chaque année un service religieux en mémoire de Monsieur le Prince, accompagné d'une oraison funèbre. Cette année, le Père de la Rue a prononcé l'oraison funèbre au début du mois. Il est réputé pour son éloquence, son esprit et son érudition, tant dans ses discours que dans ses autres œuvres.
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1026
p. 107
AIR NOUVEAU.
Début :
Je ne doute point que vous ne soyez contente de l'Air / Vous aimez, jeune Iris, mes tendres Chansonnettes, [...]
Mots clefs :
Iris, Berger, Chansonnettes, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Je ne doute point que vous
ne foyez contente de l'Air
nouveau que je vous envoye.
Il a efté eftimé par des gens
d'un fort bøn gouſt .
AIR NOUVEAU.
V >
Ous aimez , jeune Iris , mes
tendres Chanfonncties
Vous les écoutez chaque jour.
Que n'avez vous un peu d'amour
Four le Berger qui les a faites ?
ne foyez contente de l'Air
nouveau que je vous envoye.
Il a efté eftimé par des gens
d'un fort bøn gouſt .
AIR NOUVEAU.
V >
Ous aimez , jeune Iris , mes
tendres Chanfonncties
Vous les écoutez chaque jour.
Que n'avez vous un peu d'amour
Four le Berger qui les a faites ?
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1027
p. 209-219
Relation de tout ce qui s'est passé au Louvre le jour de la Feste de S. Loüis. [titre d'après la table]
Début :
Je ne pus vous apprendre la derniere fois ce qui se [...]
Mots clefs :
Louvre, Fête de Saint-Louis, Procession, Carmes, Reliques, Prévôt, Église, Marquis, Communauté, Piété, Monarque, Famille royale, Bénédiction, Trompettes, Ornements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de tout ce qui s'est passé au Louvre le jour de la Feste de S. Loüis. [titre d'après la table]
Je ne pus vous apprendre
la derniere fois ce qui fe
Septembre 1685.
qui
210 MERCURE
paffa au Louvre le jour de la
Fefte de S. Louis , parce que
le mois eftoit déja tropavan
cé. Les Carmes du grand
Convent
y allerent ce jourlà
en Proceffion
, comme ils y
vont tous les ans, pour rendre
graces à Dieu du recouvrement
de la fanté du Roy ,
qui eſtant attaqué à Calais
d'une Fiévre pourprée
, eut
recours aux interceffions
de
Saint Roch , qu'on implore
en de pareilles
occaſions
.
Les Carmes
de la Place
Maubert
firent porter les
Reliques
de ce Saint à DunGALANT
211
a
querque , & Sa Majefté fe
fentant guerie , voulut à fon
retour à Paris , imiter la
Reynefa Mere , & rendre les
Pains Benits , à la Chapelle
de Saint Roch érigée en l'E
glife des Carmes , ou plu
toft , ce Prince voulut par
cette action reconnoiftre le
merite d'un fr grand Saint-
Meffieurs les Prevoft des
Marchands & Echevins de
Paris , firent auffi voeu d'al
ler tous les ans le jour de
Saint Louis à l'Eglife des
Carmes , & d'accompagnerr
les Reliques que ces Peress
S.ijj
212 MERCURE
portent à la Chapelle du
Louvre , où l'on chante une
grande Meffer, & où à l'ex
xemple du Roy , le Paint
Benit eft rendu par des Perfonnes
du premier rang.
Deux mois avant la Fefte de
Saint Louis , les Carmes , &
Mrs de la Confrairie de Saint
Roch , jettent les yeux fur
celuy à qui ils veulent fairel
cét honneur , & il est tombé
cette année fur M le Mari
quis de Bullion Prevoft de
Paris. Le P. Valentin leMulier
, avec quatre Religieux
du mefme Ordre
,
accompa
GALANT 213
de
griez de tous les Marguilliers
& Confreres de Saint
Rochs'eftant rendu chez
M. de Bullion , luy dit qu'il
eftoit fupplié au nom du
Prieur & de tous les Religieux
de la Communauté
des Carmes , ainfi que
tous ceux qui compoſent la
Confrairie Royale de Saint
Roch , des vouloir bien fe
charger des voeux de toute
la Ville , & animer par fon
exemple la pieté publique,
à rendre à Saint Roch les
devoirs annuels. Il ajoûta
qu'il imiteroit en cela le
214 MERCURE
plus grand Monarque du
monde, & toute la Famille
Royale , & qu'ils venoient
luy offrir des Benedictions
du Ciel , qu'il attireroit fans
doute fur luy par fon zele,
& lefquelles ils folliciteroient
fans ceffe la bonté de
Dieu de verfer " abondam--
ment fur fa Perfonne , & fur
toute fa Famille. M de :
Bullion leur fit connoiftre
qu'il n'oublieroit rien pour.
répondre à l'honneur qu'on
luy faifoit.
Le jour de S. Loüis, la Proceffion
dont je viens de vous
GALANT 215
parler, fe renditauLouvre das
Fordre fuivant.Les Timbales
& les Trompettes eftoient
précedées du Bâton de la
Confrairie de Saint Roch,
aux coftez duquel on voyoit
de grandes Torches , où les
Armes de la Ville eftoient
attachées . Les Pains Benits
fuivoient avec les plus magnifiques
ornemens dont
on a coûtume de les enrichir.
Ils eftoient accompa
gnez de douze Gardes de
M'de Bullion , & portez par
douze Perfonnes de fes Livrées
, fuivies de plufieurs
216 MERCURE
autres
pour les relayer.
Aprés les quatrePains Benits
marchoient l'Aumônier , le
Maistre d'Hoſtel , & plufieurs
Domestiques du mefme
Mr de Bullion. Toutes
les Reliques de l'Eglife des
Carmes paroiffoient enfuite
. Au milieu , eftoient
celles de Saint Roch , portées
toutes par des Bourgeois
vétus de noir, hors celle
de la Sainte Epine , que
des Religieux portoient . Elle
eftoit environnée d'un
tres- grand nombre de Torches
, & de Flambeaux aux
Armes
•
GALANT. 217
You
Armes de la Ville , & de toute
la Communauté des Carmes
, compofée de cent.Religieux.
Meffieurs les Prevoft
, Echevins & Offi
ciers de Ville marchoient
aprés eux , accompagnez de
cinquante Archers , il y en
avoit auffi plufieurs qui précedoient
la Proceffion , &
d'autres qui l'attendoient
au Louvre. Mr de Riants ,
Ancien Procureur du Roy
au Chaftelet , & Aumônier
d'honneur , & perpetuel de
cette Confrairie fuivoit
Meffieurs de Ville , & préce-
Septembre 1685.
T
218 MERCURE
doit les Confreres de Saint
Roch. La Proceffion eftant
arrivée au Louvre , M¹ de
> Bullion s'y rendit
placé dans un lieu de diſtin-
& fut
ction , où il y avoit une
Chaife pour luy . Les Trompettes
& les Timbales précederent
les Pains qu'on devoit
benir , lors qu'on les
porta devant l'Autel pour
cette Cerémonie. Ils furent
fuivis de l'Aumônier du
Maiſtre d'Hoſtel , & du reste
des Domeſtiques . M. le
Marquis de Bullion alla enfuite
à l'Offrande avec un
,
1
GALANT . 219
Cierge chargé d'Ecus d'or,
outre lefquels il en donna
encore autant à l'oeuvre de
la Confrairie de Saint Roch .
la derniere fois ce qui fe
Septembre 1685.
qui
210 MERCURE
paffa au Louvre le jour de la
Fefte de S. Louis , parce que
le mois eftoit déja tropavan
cé. Les Carmes du grand
Convent
y allerent ce jourlà
en Proceffion
, comme ils y
vont tous les ans, pour rendre
graces à Dieu du recouvrement
de la fanté du Roy ,
qui eſtant attaqué à Calais
d'une Fiévre pourprée
, eut
recours aux interceffions
de
Saint Roch , qu'on implore
en de pareilles
occaſions
.
Les Carmes
de la Place
Maubert
firent porter les
Reliques
de ce Saint à DunGALANT
211
a
querque , & Sa Majefté fe
fentant guerie , voulut à fon
retour à Paris , imiter la
Reynefa Mere , & rendre les
Pains Benits , à la Chapelle
de Saint Roch érigée en l'E
glife des Carmes , ou plu
toft , ce Prince voulut par
cette action reconnoiftre le
merite d'un fr grand Saint-
Meffieurs les Prevoft des
Marchands & Echevins de
Paris , firent auffi voeu d'al
ler tous les ans le jour de
Saint Louis à l'Eglife des
Carmes , & d'accompagnerr
les Reliques que ces Peress
S.ijj
212 MERCURE
portent à la Chapelle du
Louvre , où l'on chante une
grande Meffer, & où à l'ex
xemple du Roy , le Paint
Benit eft rendu par des Perfonnes
du premier rang.
Deux mois avant la Fefte de
Saint Louis , les Carmes , &
Mrs de la Confrairie de Saint
Roch , jettent les yeux fur
celuy à qui ils veulent fairel
cét honneur , & il est tombé
cette année fur M le Mari
quis de Bullion Prevoft de
Paris. Le P. Valentin leMulier
, avec quatre Religieux
du mefme Ordre
,
accompa
GALANT 213
de
griez de tous les Marguilliers
& Confreres de Saint
Rochs'eftant rendu chez
M. de Bullion , luy dit qu'il
eftoit fupplié au nom du
Prieur & de tous les Religieux
de la Communauté
des Carmes , ainfi que
tous ceux qui compoſent la
Confrairie Royale de Saint
Roch , des vouloir bien fe
charger des voeux de toute
la Ville , & animer par fon
exemple la pieté publique,
à rendre à Saint Roch les
devoirs annuels. Il ajoûta
qu'il imiteroit en cela le
214 MERCURE
plus grand Monarque du
monde, & toute la Famille
Royale , & qu'ils venoient
luy offrir des Benedictions
du Ciel , qu'il attireroit fans
doute fur luy par fon zele,
& lefquelles ils folliciteroient
fans ceffe la bonté de
Dieu de verfer " abondam--
ment fur fa Perfonne , & fur
toute fa Famille. M de :
Bullion leur fit connoiftre
qu'il n'oublieroit rien pour.
répondre à l'honneur qu'on
luy faifoit.
Le jour de S. Loüis, la Proceffion
dont je viens de vous
GALANT 215
parler, fe renditauLouvre das
Fordre fuivant.Les Timbales
& les Trompettes eftoient
précedées du Bâton de la
Confrairie de Saint Roch,
aux coftez duquel on voyoit
de grandes Torches , où les
Armes de la Ville eftoient
attachées . Les Pains Benits
fuivoient avec les plus magnifiques
ornemens dont
on a coûtume de les enrichir.
Ils eftoient accompa
gnez de douze Gardes de
M'de Bullion , & portez par
douze Perfonnes de fes Livrées
, fuivies de plufieurs
216 MERCURE
autres
pour les relayer.
Aprés les quatrePains Benits
marchoient l'Aumônier , le
Maistre d'Hoſtel , & plufieurs
Domestiques du mefme
Mr de Bullion. Toutes
les Reliques de l'Eglife des
Carmes paroiffoient enfuite
. Au milieu , eftoient
celles de Saint Roch , portées
toutes par des Bourgeois
vétus de noir, hors celle
de la Sainte Epine , que
des Religieux portoient . Elle
eftoit environnée d'un
tres- grand nombre de Torches
, & de Flambeaux aux
Armes
•
GALANT. 217
You
Armes de la Ville , & de toute
la Communauté des Carmes
, compofée de cent.Religieux.
Meffieurs les Prevoft
, Echevins & Offi
ciers de Ville marchoient
aprés eux , accompagnez de
cinquante Archers , il y en
avoit auffi plufieurs qui précedoient
la Proceffion , &
d'autres qui l'attendoient
au Louvre. Mr de Riants ,
Ancien Procureur du Roy
au Chaftelet , & Aumônier
d'honneur , & perpetuel de
cette Confrairie fuivoit
Meffieurs de Ville , & préce-
Septembre 1685.
T
218 MERCURE
doit les Confreres de Saint
Roch. La Proceffion eftant
arrivée au Louvre , M¹ de
> Bullion s'y rendit
placé dans un lieu de diſtin-
& fut
ction , où il y avoit une
Chaife pour luy . Les Trompettes
& les Timbales précederent
les Pains qu'on devoit
benir , lors qu'on les
porta devant l'Autel pour
cette Cerémonie. Ils furent
fuivis de l'Aumônier du
Maiſtre d'Hoſtel , & du reste
des Domeſtiques . M. le
Marquis de Bullion alla enfuite
à l'Offrande avec un
,
1
GALANT . 219
Cierge chargé d'Ecus d'or,
outre lefquels il en donna
encore autant à l'oeuvre de
la Confrairie de Saint Roch .
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Résumé : Relation de tout ce qui s'est passé au Louvre le jour de la Feste de S. Loüis. [titre d'après la table]
En septembre 1685, une procession organisée par les Carmes du grand couvent se rendit au Louvre pour célébrer la fête de Saint Louis et remercier Dieu pour la guérison du roi Louis XIV, qui avait été atteint d'une fièvre pourprée à Calais et avait invoqué l'intercession de Saint Roch. Les Carmes de la Place Maubert portèrent les reliques de Saint Roch à Dunkerque. Une fois guéri, le roi décida de rendre hommage à Saint Roch en offrant des pains bénits à la chapelle de Saint Roch dans l'église des Carmes, imitant ainsi sa mère, la reine mère. Les Prévôts des Marchands et Échevins de Paris firent vœu d'accompagner annuellement les reliques à la chapelle du Louvre, où une grande messe était chantée et des pains bénits étaient distribués. Deux mois avant la fête de Saint Louis, les Carmes et les membres de la confrérie de Saint Roch choisirent la personne chargée de représenter la ville. Cette année-là, le choix se porta sur Monsieur de Bullion, Prévôt de Paris. Le Père Valentin Lemulier, accompagné de quatre religieux, se rendit chez Monsieur de Bullion pour lui demander de se charger des vœux de la ville et d'encourager la piété publique envers Saint Roch. Le jour de la fête de Saint Louis, la procession se rendit au Louvre. Elle comprenait des timbales, trompettes, torches, pains bénits ornés, gardes, domestiques, et les reliques des Carmes, notamment celles de Saint Roch portées par des bourgeois vêtus de noir. Les Prévôts, Échevins et officiers de la ville, accompagnés d'archers, suivirent la procession. À l'arrivée au Louvre, Monsieur de Bullion prit place dans un lieu distinctif et participa à la cérémonie de bénédiction.
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1028
p. 237-239
Ce qui s'est passé dans la Ville de Luxembourg, le jour de S. Loüis. [titre d'après la table]
Début :
Le mesme jour les Habitans du Luxembourg, qui l'année derniere [...]
Mots clefs :
Luxembourg, Saint-Louis, Célébration, Magnificence, Assemblée du Clergé, Procession, Abbé, Officiers, Noblesse, Panégyrique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé dans la Ville de Luxembourg, le jour de S. Loüis. [titre d'après la table]
Le mefme jour les Habitans
de Luxembourg , qui
l'année derniere avoient celebré
avec beaucoup de fo
lemnité le jour de S. Louis ,
parce que c'eft celuy de la
Fefte du Roy , s'engagerent
à la celebrer tous les ans
avec une magnificence digne
de leur zele. L'Affem-
1
238 MERCURE
blée du Clergé , & de tous
les Corps , fe fit dans l'Eglife
des Recolets François ,que
le Roy y a établis . On alla
enfuite en Proceffion dans la
Ville. Le Saint Sacrement
fut porté par M' l'Abbé de
Munfter , & fuivy de M le
Marquis de Lambert Gou--
verneur de la Place , accompagné
de tous les Officiers
de la Garniſon , & de beaucoup
de Nobleffe des environs
. Les Voix & les Inftrumens
n'y furent pas oubliez ,
non plus que tout ce qui
pouvoit donner de l'éclat à
GALANT 239
cette Felte. Le Panegyrique
prode
Saint Louis fut
noncé par le Pere Olivier
Juvernay, Gardien des Recolets
de Luxembourg. Ce Dif
cours fut trouvé digne de la
reputation que ce Pere s'eſt
acquife à Paris , & luy attira
mille loüanges . Il y eut le
foir des Illuminations par
toute la Ville , & plufieurs
décharges de la Moufqueterie
& de l'Artillerie ; tous
les Habitans ayant voulu
marquer à l'envy qu'ils ont
le coeur veritablement François
.
de Luxembourg , qui
l'année derniere avoient celebré
avec beaucoup de fo
lemnité le jour de S. Louis ,
parce que c'eft celuy de la
Fefte du Roy , s'engagerent
à la celebrer tous les ans
avec une magnificence digne
de leur zele. L'Affem-
1
238 MERCURE
blée du Clergé , & de tous
les Corps , fe fit dans l'Eglife
des Recolets François ,que
le Roy y a établis . On alla
enfuite en Proceffion dans la
Ville. Le Saint Sacrement
fut porté par M' l'Abbé de
Munfter , & fuivy de M le
Marquis de Lambert Gou--
verneur de la Place , accompagné
de tous les Officiers
de la Garniſon , & de beaucoup
de Nobleffe des environs
. Les Voix & les Inftrumens
n'y furent pas oubliez ,
non plus que tout ce qui
pouvoit donner de l'éclat à
GALANT 239
cette Felte. Le Panegyrique
prode
Saint Louis fut
noncé par le Pere Olivier
Juvernay, Gardien des Recolets
de Luxembourg. Ce Dif
cours fut trouvé digne de la
reputation que ce Pere s'eſt
acquife à Paris , & luy attira
mille loüanges . Il y eut le
foir des Illuminations par
toute la Ville , & plufieurs
décharges de la Moufqueterie
& de l'Artillerie ; tous
les Habitans ayant voulu
marquer à l'envy qu'ils ont
le coeur veritablement François
.
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Résumé : Ce qui s'est passé dans la Ville de Luxembourg, le jour de S. Loüis. [titre d'après la table]
Les habitants de Luxembourg décidèrent de célébrer annuellement la fête de Saint-Louis, également dédiée au roi, avec solennité. Une assemblée du clergé et de divers corps eut lieu dans l'église des Récollets français, fondée par le roi. Une procession traversa la ville, menée par l'abbé de Munster portant le Saint-Sacrement, suivi du marquis de Lambert, gouverneur de la place, des officiers de la garnison et de nombreux nobles locaux. La procession fut accompagnée de chants et de musique. Le père Olivier Juvernay, gardien des Récollets de Luxembourg, prononça le panégyrique de Saint-Louis, acclamé par l'assistance. La soirée fut illuminée et ponctuée de salves de mousqueterie et d'artillerie, manifestant la loyauté des habitants envers la France.
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1029
p. 244-245
Election de 2 nouveaux Echevins. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, qu'on fait tous les ans deux nouveaux [...]
Mots clefs :
Échevins, Élection, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Election de 2 nouveaux Echevins. [titre d'après la table]
Vous fçavez , Madame ,
qu'on fait tous les ans deux
nouveaux Echevins à Paris,
GALANT. 245
par Mef & qu'ils font élûs
fieurs de Ville. Je vous ay
déja mandé plufieurs fois, de
quelle maniere fe fait cette
élection . Ainfi c'eft un détail
où vous me difpenferez d'entrer
aujourd'huy.Sivous
voulez
vous en rafraifchir la memoire
, vous pouvez jetter
les yeux fur les Lettres dans
lefquelles je vous en ay par
lé les autres années.
qu'on fait tous les ans deux
nouveaux Echevins à Paris,
GALANT. 245
par Mef & qu'ils font élûs
fieurs de Ville. Je vous ay
déja mandé plufieurs fois, de
quelle maniere fe fait cette
élection . Ainfi c'eft un détail
où vous me difpenferez d'entrer
aujourd'huy.Sivous
voulez
vous en rafraifchir la memoire
, vous pouvez jetter
les yeux fur les Lettres dans
lefquelles je vous en ay par
lé les autres années.
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1030
p. 252-256
Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a accordé à Mr de Maupeou, Conseiller en la Quatriéme [...]
Mots clefs :
Conseiller, Parlement, Évêque, Famille, Capitaine, Procession, Fonctions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Le Roy a accordé à M
de Maupeou , Confeiller en
la
Quatrième des Enqueftes
du Parlement, la furvivance
de la Charge de Prefident en
la
Premiere des
Enqueftes
,.
dont Mr fon Pere eft pourGALANT.
253
veu. Sa Majefté avoit déja
accordé la mefme grace
Mr de Maupeou fon Frere ,
aujourd'huy Evefque de Caftres
, dans le temps qu'il eftoit
Avocat General au Grád
Confeil
. Toutes les graces
que Sa Majefté fait à cette
Famille , font fingulieres ;
auffi peut - on dire qu'elles
font deues au zele & à la fi
delité dont M le Prefident
de Maupeou a donné tant de
glorieuſes marques depuis
cinquante ans , & aux fervi
ces de quatre de ſes Freres
Capitaines aux Gardes , dont
254 MERCURE
le dernier eftoit Gouverneur
d'Ath. Ce qu'il y a de fort remarquable
, c'eft qu'il femble
qu'ils naiffent tous également
propres à toutes fortes
de Profeffions , lors qu'il s'agit
de fervir le Roy. Le Fils
aifné eftoit pourveu de la
Charge d'Avocat General au
Grand Confeil , qu'il a exercée
pendant fix ans , avec
l'approbation du Public ; &
aprés ſa mort , le ſecond qui
eftoit Docteur de Sorbonne ,
& qui a efté fait Evefque de
Caftres, prit la meſme Charge
, & s'en acquitta avec le
GALANT 255
mefme fuccés que s'il n'avoit
jamais embraſſé une autre
profeffion. Celuy qui eft
prefentement Confeiller, eftoit
auparavant Chevalier
de Malte , & en cette qualité
il a fait fes Caravanes.
Son Cadet , qui eftoit Sous-
Lieutenant aux Gardes dés
l'âge de dix-fept ans , ayant
efté tué dans le fervice, il luy
fucceda en cet Employ; mais
eftant reftéfeul dans le ionde,
Sa Majefté luy permit de
changer d'eſtat , & de prendre
la Robe. Si cette Famille
eft Illuftre du cofté de M
256 MERCURE
le Preſident , elle ne l'eft pas
moins du cofté de Madame
la Prefidente , qui eft Soeur
de M' Doujat Confeiller de
la Grand' Chambre .
de Maupeou , Confeiller en
la
Quatrième des Enqueftes
du Parlement, la furvivance
de la Charge de Prefident en
la
Premiere des
Enqueftes
,.
dont Mr fon Pere eft pourGALANT.
253
veu. Sa Majefté avoit déja
accordé la mefme grace
Mr de Maupeou fon Frere ,
aujourd'huy Evefque de Caftres
, dans le temps qu'il eftoit
Avocat General au Grád
Confeil
. Toutes les graces
que Sa Majefté fait à cette
Famille , font fingulieres ;
auffi peut - on dire qu'elles
font deues au zele & à la fi
delité dont M le Prefident
de Maupeou a donné tant de
glorieuſes marques depuis
cinquante ans , & aux fervi
ces de quatre de ſes Freres
Capitaines aux Gardes , dont
254 MERCURE
le dernier eftoit Gouverneur
d'Ath. Ce qu'il y a de fort remarquable
, c'eft qu'il femble
qu'ils naiffent tous également
propres à toutes fortes
de Profeffions , lors qu'il s'agit
de fervir le Roy. Le Fils
aifné eftoit pourveu de la
Charge d'Avocat General au
Grand Confeil , qu'il a exercée
pendant fix ans , avec
l'approbation du Public ; &
aprés ſa mort , le ſecond qui
eftoit Docteur de Sorbonne ,
& qui a efté fait Evefque de
Caftres, prit la meſme Charge
, & s'en acquitta avec le
GALANT 255
mefme fuccés que s'il n'avoit
jamais embraſſé une autre
profeffion. Celuy qui eft
prefentement Confeiller, eftoit
auparavant Chevalier
de Malte , & en cette qualité
il a fait fes Caravanes.
Son Cadet , qui eftoit Sous-
Lieutenant aux Gardes dés
l'âge de dix-fept ans , ayant
efté tué dans le fervice, il luy
fucceda en cet Employ; mais
eftant reftéfeul dans le ionde,
Sa Majefté luy permit de
changer d'eſtat , & de prendre
la Robe. Si cette Famille
eft Illuftre du cofté de M
256 MERCURE
le Preſident , elle ne l'eft pas
moins du cofté de Madame
la Prefidente , qui eft Soeur
de M' Doujat Confeiller de
la Grand' Chambre .
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Résumé : Survivance accordée par le Roy à Mr de Maupeou. [titre d'après la table]
Le roi a accordé à M. de Maupeou, conseiller à la Quatrième des Enquêtes du Parlement, la survivance de la charge de Président à la Première des Enquêtes, détenue par son père. Cette faveur avait déjà été accordée à son frère, ancien Avocat Général au Grand Conseil et actuel Évêque de Castres. Les faveurs royales envers la famille de Maupeou soulignent le zèle et la fidélité de M. le Président de Maupeou, ainsi que les services de quatre de ses frères, tous capitaines aux Gardes. Le fils aîné avait exercé la charge d'Avocat Général au Grand Conseil pendant six ans. Après sa mort, le second frère, docteur de Sorbonne et Évêque de Castres, a repris cette charge avec succès. Le conseiller actuel était auparavant chevalier de Malte. Leur cadet, sous-lieutenant aux Gardes, a été tué en service. Un autre frère, après une vie mondaine, a obtenu la permission royale de devenir avocat. La famille est également illustre du côté de Madame la Présidente, sœur de M. Doujat, conseiller à la Grand' Chambre.
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1031
p. 257-265
Etats de Bretagne. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous ay point parlé des Etats de Bretagne, [...]
Mots clefs :
États de Bretagne, Province, Duc, Évêque, Prélat, Garnison, Gouverneur, Honneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Etats de Bretagne. [titre d'après la table]
Je ne vous ay point par--
lé des Etats de Bretagne,,
qui fe fonr tenus depuis peu..
Tout s'eft paffé à l'ordinaire,,
c'eft à dire , à la fatisfaction?
du Roy & de la Province..
Vous fçavez que pendant :
qu'ils durent , chacun s'ef
force à l'envy de faire paroî--
Septembre 1685,
Y
258 MERCURE
tre fa magnificence
. M¹ le
Duc de Chaunes a toûjours
tenu deux Tables , qui ont
efté fervies avec beaucoup
d'abondance
& de propreté.
La mefme choſe a efté
de toutes les autres Tables
, & fur tout de celle de
M' l'Evefque de Saint Malo .
Il y avoit fort fouvent juf
qu'à cinquante Perſonnes .
M de Chaunes voulut un
-jour regaler toutes les Dames
, & il leur donna un
fouper tres magnifique. Le
Sieur Dumény dont la voix
s eft fait long-temps admiGALANT.
259)
rer à l'Opera, a fait differens
Concerts qui ont eſté extrémement
applaudis , & les
Etats luy ont fait une gra
tification digne de leur
liberalité , & de la generofi
té de Mr le Duc de Chaunes.
Aprés qu'ils furent finis
à Dinan , M l'Evefque
de Saint Malo traita à Saint
Malo M de Fieubet
, premier
Commiffaire
du Roy
pour la Province . Ce Prelat
& M de Guemadeu allerent
au devant de luy avec toute
leur Maifon qui eft fort
nombreufe. En arrivant furs
Y ip
260 MERCURE
>
la Gréve à la portée du Canon
, la Ville le falüa de
cinquante volées de fon Artillerie
& tout le Peuple.
accourut en foule en criant
Vive le Roy. La Garniſon de
la Ville eftoit fous les armes,
& il fut conduit à l'Eveſché,
où tous les Corps le compli
menterent. On luy fervit
enfuite un magnifique dîner
en Poiffon , ce qui le furprit
d'autant plus que ce jour là
le temps eftoit fort mal propre
pour la pefche. Les Tambours
& les Violons ne cefferent
point de jouer pen
GALANT. 261
dant le repas . Au fortir de
Table , on trouva fix Carroffes
à fix Chevaux que
l'on avoit préparez , & dans
lefquels l'on fit une promenade
fur la Gréve . On entra
enfuite dans plufieurs petits
Bâteaux , qui allerent joindre
un grand Vaiffeau. Mr
de Fieubet y fut receu avec
les Tambours , les Trompettes
, & les Violons , &
l'on y fervit une tres fuperbe
Collation. On prodigua
les Liqueurs ; les Matelots
ne manquerent point de
vin, & il y eut une infinité de
262 MERCURE
coups de Canon tirez , qui
n'effrayerent point les Dames.
Lors qu'on retourna
dans la Ville , on trouva encore
la Garnifon fous les
armes . Le Gouverneur fit la:
civilité à Mr de Fieubet de
luy demander l'ordre . Aprés
le foupé qui fut fomptueux
, il y eut Comedie &
Mufique ; puis on paffa dans
une grande Sale qui avoit
efté preparée pour le Bal , &
qui eftoit magniquement
ornée , & enrichie de plus
fieurs Tableaux de grand
prix . On fervit pendant le
GALANT. 263
Bal une tres, galante Collation
, avec quantité de liqueurs
rafraiſchiffantes , &
l'on ne fe fepara qu'aprés
avoir fait media noche . Ce der
nier régale fut donné fans
que perfonne s'y fuſt attendu.
Le lendemain les Tambours
, les Violons & les
Haut- Bois fe trouverent au
lever de M' le Commiflaire
duRoy.Mr de S.Malo alla enfuite
le prendre pour le mener
à la Meffe , où cét Evef
que luy fit tous les honneurs
qu'il pouvoit luy faire. Il y
eut Mufique pendát la Mef264
MERCURE
fe, & l'on difna au fortir de
là , parce que M de Fieubet
eftoit preffe de partir. A l'if--
fue du difner Meffieurs de :
Ville prirent congé de luy,.
& en receurent mille honneftetez.
On tira encore cinquante
ou foixante volées
de Canon lors qu'il fortit de
Saint Malo , d'où M¹ l'Evef
que le conduifit jufqu'à
Chafteau-neuf. Vous voyez,,
Madame , qu'on ne peut
rien ajoûter à l'éclat de ma
gnificence & de grandeur,
avec lequel ce Prelat vient
à boutde tout ce qu'il entreprend..
GALANT. 265
prend. La belle voix du
Sieur Dumény ne donna pas
moins de plaifir dans ces divertiffemens
quelle avoit
fait aux Etats.
lé des Etats de Bretagne,,
qui fe fonr tenus depuis peu..
Tout s'eft paffé à l'ordinaire,,
c'eft à dire , à la fatisfaction?
du Roy & de la Province..
Vous fçavez que pendant :
qu'ils durent , chacun s'ef
force à l'envy de faire paroî--
Septembre 1685,
Y
258 MERCURE
tre fa magnificence
. M¹ le
Duc de Chaunes a toûjours
tenu deux Tables , qui ont
efté fervies avec beaucoup
d'abondance
& de propreté.
La mefme choſe a efté
de toutes les autres Tables
, & fur tout de celle de
M' l'Evefque de Saint Malo .
Il y avoit fort fouvent juf
qu'à cinquante Perſonnes .
M de Chaunes voulut un
-jour regaler toutes les Dames
, & il leur donna un
fouper tres magnifique. Le
Sieur Dumény dont la voix
s eft fait long-temps admiGALANT.
259)
rer à l'Opera, a fait differens
Concerts qui ont eſté extrémement
applaudis , & les
Etats luy ont fait une gra
tification digne de leur
liberalité , & de la generofi
té de Mr le Duc de Chaunes.
Aprés qu'ils furent finis
à Dinan , M l'Evefque
de Saint Malo traita à Saint
Malo M de Fieubet
, premier
Commiffaire
du Roy
pour la Province . Ce Prelat
& M de Guemadeu allerent
au devant de luy avec toute
leur Maifon qui eft fort
nombreufe. En arrivant furs
Y ip
260 MERCURE
>
la Gréve à la portée du Canon
, la Ville le falüa de
cinquante volées de fon Artillerie
& tout le Peuple.
accourut en foule en criant
Vive le Roy. La Garniſon de
la Ville eftoit fous les armes,
& il fut conduit à l'Eveſché,
où tous les Corps le compli
menterent. On luy fervit
enfuite un magnifique dîner
en Poiffon , ce qui le furprit
d'autant plus que ce jour là
le temps eftoit fort mal propre
pour la pefche. Les Tambours
& les Violons ne cefferent
point de jouer pen
GALANT. 261
dant le repas . Au fortir de
Table , on trouva fix Carroffes
à fix Chevaux que
l'on avoit préparez , & dans
lefquels l'on fit une promenade
fur la Gréve . On entra
enfuite dans plufieurs petits
Bâteaux , qui allerent joindre
un grand Vaiffeau. Mr
de Fieubet y fut receu avec
les Tambours , les Trompettes
, & les Violons , &
l'on y fervit une tres fuperbe
Collation. On prodigua
les Liqueurs ; les Matelots
ne manquerent point de
vin, & il y eut une infinité de
262 MERCURE
coups de Canon tirez , qui
n'effrayerent point les Dames.
Lors qu'on retourna
dans la Ville , on trouva encore
la Garnifon fous les
armes . Le Gouverneur fit la:
civilité à Mr de Fieubet de
luy demander l'ordre . Aprés
le foupé qui fut fomptueux
, il y eut Comedie &
Mufique ; puis on paffa dans
une grande Sale qui avoit
efté preparée pour le Bal , &
qui eftoit magniquement
ornée , & enrichie de plus
fieurs Tableaux de grand
prix . On fervit pendant le
GALANT. 263
Bal une tres, galante Collation
, avec quantité de liqueurs
rafraiſchiffantes , &
l'on ne fe fepara qu'aprés
avoir fait media noche . Ce der
nier régale fut donné fans
que perfonne s'y fuſt attendu.
Le lendemain les Tambours
, les Violons & les
Haut- Bois fe trouverent au
lever de M' le Commiflaire
duRoy.Mr de S.Malo alla enfuite
le prendre pour le mener
à la Meffe , où cét Evef
que luy fit tous les honneurs
qu'il pouvoit luy faire. Il y
eut Mufique pendát la Mef264
MERCURE
fe, & l'on difna au fortir de
là , parce que M de Fieubet
eftoit preffe de partir. A l'if--
fue du difner Meffieurs de :
Ville prirent congé de luy,.
& en receurent mille honneftetez.
On tira encore cinquante
ou foixante volées
de Canon lors qu'il fortit de
Saint Malo , d'où M¹ l'Evef
que le conduifit jufqu'à
Chafteau-neuf. Vous voyez,,
Madame , qu'on ne peut
rien ajoûter à l'éclat de ma
gnificence & de grandeur,
avec lequel ce Prelat vient
à boutde tout ce qu'il entreprend..
GALANT. 265
prend. La belle voix du
Sieur Dumény ne donna pas
moins de plaifir dans ces divertiffemens
quelle avoit
fait aux Etats.
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Résumé : Etats de Bretagne. [titre d'après la table]
Les États de Bretagne se sont déroulés à la satisfaction du roi et de la province. Chaque participant a rivalisé de magnificence. Le duc de Chaulnes a offert deux tables abondantes et propres, tandis que l'évêque de Saint-Malo a accueilli jusqu'à cinquante personnes à sa table. Le duc de Chaulnes a également organisé un souper somptueux pour les dames, et le sieur Dumény a donné des concerts acclamés, recevant une gratification des États. Après la clôture des États à Dinan, l'évêque de Saint-Malo a reçu M. de Fieubet, premier commissaire du roi, à Saint-Malo. La réception incluait des salves d'artillerie, une procession, un dîner en poisson malgré le mauvais temps, et une promenade en carrosse suivie d'une collation sur un vaisseau. Des divertissements comme une comédie et un bal ont suivi, prolongés par des collations et des liqueurs jusqu'au milieu de la nuit. Le lendemain, après une messe et un dîner, M. de Fieubet a quitté Saint-Malo, escorté par l'évêque jusqu'à Châteauneuf. La voix du sieur Dumény a également enchanté les festivités.
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1032
p. 256-257
Nouvelles Cloches benites en l'Eglise de S. Estienne du Mont, & tenuës par les six Docteurs Regens de la Faculté de Droit de l'Université de Paris. [titre d'après la table]
Début :
On a fait quatre nouvelles Cloches pour l'Eglise de Saint [...]
Mots clefs :
Cloches, Église, Saint-Étienne, Curé
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Cloches benites en l'Eglise de S. Estienne du Mont, & tenuës par les six Docteurs Regens de la Faculté de Droit de l'Université de Paris. [titre d'après la table]
On a fait quatre nouvelles
Cloches pour l'Eglife de
Saint Etienne du Mont à
Paris ; & elles ont efté benites
depuis peu de temps par.
M. Gardeau Curé de cette
Paroiffe . Elles eurent pour
Parains les fix Docteurs Regens
de la Faculté de Droit
de l'Univerfité de Paris , qui
font Mr Doujat , Hallé , de
Loy , Baudin , Cugnet &
GALANT. 257
Mongin. Ils nommerent la
premiere Eftienne , à cauſe
que cette Eglife eft dédiée
à Saint Etienne , & les trois
autrs furent nommées Jean,,
Pierre , & Michel , du nom
des trois anciens de ces fix
Docteurs.
Cloches pour l'Eglife de
Saint Etienne du Mont à
Paris ; & elles ont efté benites
depuis peu de temps par.
M. Gardeau Curé de cette
Paroiffe . Elles eurent pour
Parains les fix Docteurs Regens
de la Faculté de Droit
de l'Univerfité de Paris , qui
font Mr Doujat , Hallé , de
Loy , Baudin , Cugnet &
GALANT. 257
Mongin. Ils nommerent la
premiere Eftienne , à cauſe
que cette Eglife eft dédiée
à Saint Etienne , & les trois
autrs furent nommées Jean,,
Pierre , & Michel , du nom
des trois anciens de ces fix
Docteurs.
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Résumé : Nouvelles Cloches benites en l'Eglise de S. Estienne du Mont, & tenuës par les six Docteurs Regens de la Faculté de Droit de l'Université de Paris. [titre d'après la table]
L'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris inaugure quatre nouvelles cloches bénies par Monsieur Gardeau. Les parrains sont six docteurs régents de la Faculté de Droit de l'Université de Paris. Les cloches portent les noms d'Étienne, Jean, Pierre et Michel, en hommage au saint patron et à trois anciens docteurs.
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1033
p. 265-267
Départ de Mr Girardin pour Const. [titre d'après la table]
Début :
L'Ambassadeur de France à Constantinople, estant Consul de toutes [...]
Mots clefs :
Ambassadeur de France, Constantinople, Intelligence, Langue turque, Voyages, Vizir
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texteReconnaissance textuelle : Départ de Mr Girardin pour Const. [titre d'après la table]
L'Ambaffadeur de France
à Conftantinople , eſtant
Conful de toutes les Nations
de l'Europe , il eſt neceffaire
d'y envoyer
Homme qui ait de l'intelligence
, & beaucoup de fermeté.
Ainfi le Roy les oblige
toutes , lors qu'il jette les
yeux fur un Homme capable
de bien remplir cét employ
, & c'eſt
Septembre 1685.
pour cela que
Ꮓ
266 MERCURE
Sa Majesté a choifi Mr Girardin,
qui non ſeulement a
toutes les qualitez neceſſaires
pour cette Ambaffade;
mais encore qui poffede parfaitement
la Langue Turque
, & toutes les manieres
du Pays , où il a fait
deux Voyages , comme je
croy vous l'avoir déja mandé.
Il eft party depuis quelques
jours , & il fe doit embarquer
à Toulon. Cependant
Madame de Guilleragues
, qui a pris foin des Affaires
, depuis la mort de M
de Guilleragues fon Mary ,
GALANT 267
s'en eft tres- bien acquitée.
Elle a fait obferver tout ce
qu'il avoit demandé pour les
Chrétiens au nom du Roy, &
que le Grand Vifir luy avoit
promis , & s'eft diftinguée par
des actions de vigueur , contre
ceux qui ont voulu entreprendre
fur fon authorité.
à Conftantinople , eſtant
Conful de toutes les Nations
de l'Europe , il eſt neceffaire
d'y envoyer
Homme qui ait de l'intelligence
, & beaucoup de fermeté.
Ainfi le Roy les oblige
toutes , lors qu'il jette les
yeux fur un Homme capable
de bien remplir cét employ
, & c'eſt
Septembre 1685.
pour cela que
Ꮓ
266 MERCURE
Sa Majesté a choifi Mr Girardin,
qui non ſeulement a
toutes les qualitez neceſſaires
pour cette Ambaffade;
mais encore qui poffede parfaitement
la Langue Turque
, & toutes les manieres
du Pays , où il a fait
deux Voyages , comme je
croy vous l'avoir déja mandé.
Il eft party depuis quelques
jours , & il fe doit embarquer
à Toulon. Cependant
Madame de Guilleragues
, qui a pris foin des Affaires
, depuis la mort de M
de Guilleragues fon Mary ,
GALANT 267
s'en eft tres- bien acquitée.
Elle a fait obferver tout ce
qu'il avoit demandé pour les
Chrétiens au nom du Roy, &
que le Grand Vifir luy avoit
promis , & s'eft diftinguée par
des actions de vigueur , contre
ceux qui ont voulu entreprendre
fur fon authorité.
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Résumé : Départ de Mr Girardin pour Const. [titre d'après la table]
En septembre 1685, le roi a nommé Monsieur Girardin comme ambassadeur français à Constantinople, un rôle exigeant intelligence et fermeté. Cette décision repose sur les compétences linguistiques de Girardin en turc et sa connaissance des coutumes locales, acquises lors de deux voyages antérieurs. Girardin est actuellement en route vers Toulon pour embarquer. Madame de Guilleragues, ayant succédé à son mari décédé, Monsieur de Guilleragues, a assuré la gestion des affaires des chrétiens à Constantinople. Elle a honoré les engagements pris avec le Grand Vizir et a affirmé son autorité face aux contestations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1034
p. 267-296
Affaires d'Allemagne. [titre d'après la table]
Début :
Quand je vous écrirois tous les jours, au lieu que je [...]
Mots clefs :
Combat, Allemagne, Charles de Lorraine, Prince, Armée, Camp général, Ennemis, Escarmouche, Turcs, Bataille, Électeur de Bavière, Mouvements des troupes, Cavaliers, Honneur, Grenadiers, Héros, Empereur Constantin, Édifices
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texteReconnaissance textuelle : Affaires d'Allemagne. [titre d'après la table]
Quand je vous écrirois
tous les jours , au lieu que je
ne le fais qu'à la fin de cha
que mois , je ne fçay fi je
pourrois avoir l'avantage
de vous apprendre les
grands évenemens , avant
que vous en fuſſiez inſtruite,
Z ij
268 ย MERCURE
puis que par l'éclat qu'ils
font lors qu'ils arrivent , le
bruit s'en répand par tout
avec tant de promptitude,
que tout le monde les fçait
prefque en mefme temps.
Telle a efté la priſe de Nevvhaufel
, dont je dévrois aujourd'huy
vous mander les
,
circonftances ; mais comme
les Hiftoires genérales ne les
marqueront peut-eſtre de
plufieurs années je croy
pouvoir differer d'un mois à
vous en parler , afin de ne
vous laiffer rien à fouhaiter
fur cét article . Cependant
GALANT. 269
je vous envoye le Plan de la
Place , & vais vous faire part
du Combat qui s'eſt donné
avant fa prife entre les
Troupes
Chrétiennes
&
celles des Turcs. Le Prince
Charles de Lorraine ayant
appris que les Ennemis au
nombre de cinquante à foixante
mille , affiegeoient la
Ville de Gran , autrement
deux a
Strigonie , dont je vous parlay
il y ans , lors que
ce Prince la prit , réfolut
d'aller au fecours de cette
Place . Il laiffa feize mille
Hommes devant Nevvhau-
Z iij
270 MERCURE
Bataille aux
fel , fous le Commandement
du Comte Caprara , Maréchal
de Camp Genéral , &
marchant avec trente - cinq
mille , il arriva le 12. du der
nier mois à la veuë de Gran,
& des Ennemis , qui réfolus
de donner
Chrétiens , leverent auffi
- toft le Siege , & vinrent fe
pofter dans l'endroit le plus
avantageux qu'ils purent
choifir. Ils avoient le Danube
à leur droite , une longue
chaîne de Montagnes
efcarpées à leur gauche , le
chemin de Bude derriere
GALANT. 271
eux , & devant, un Marais
fort difficile , & au paffage
duquel ils attendoient l'Armée
des Chrétiens . On fit
reconnoiftre ce Marais , &
on ne jugea pas à propos de
le paffer en défilé devant une
Armée nombreuſe & en
Bataille. On campa à la portée
du Canon de ce Marais,
où l'on demeura quatre
jours en prefence . Ces qua
tre jours ſe paſſerent en efcarmouches
, où lesChrétiens
eurent prefque toûjours
l'avantage ; ce qu'il y eut
de plus remarquable , c'eſt
Z iiij
272 MERCURE
que les Turcs n'oferent - jamais
paffer le Marais pour
venir efcarmoucher du côté
des Allemans , & queles
Allemans le paffoient toûjours
devant eux. Enfin la
nuit du 15. au 16. les Genéraux
Allemans réfolurent
de décamper , foit pour
prendre un Pofte plus commode
, foit pour attirer les
Ennemis. Ils firent marcher
à dix heures du foir leur gros
bagage , l'Armée étant en Bataille.
Les Turcs s'apperceu
rent de ce mouvement , & le
prenant pour une fuite vouGALANT.
273
lurent en profiter.Ils avoient
déja travaillé à pouffer des retranchemens
fur les Montagnes
de leur gauche , qui
eftoient à la droite des Chré
tiens. Ils avancerent avec
beaucoup de chaleur, &pafferent
leMarais avec une grande
précipitation
, pour venir
charger les Troupes qui fe
retiroient. Ils donnerent d'abord
fur l'aifle gauche commandée
par Monfieur l'Electeur
de Baviere , où ils
furent vivement repouſſez,
avec perte de beaucoup de
Janiffaires. Les Chrétiens
274 MERCURE
n'eurent qu'un Gentilhomme
de tué , qui combattoit
à cofté de Mr le Prince
Eugéne de Savoye , dont le
Régiment de Dragons eftoit
à la tefte de l'aifle gauche.
Les Turcs firent de grands
cris toute la nuit , & travaillerent
à avancer , & à affeurer
leur retranchement qui
eftoit fur les Montagnes
,
parce qu'ils prétendoient
faire leur principal effort de
ce cofté là , à cauſe que la
cheute des Montagnes leur
donnoit moyen de prendre
l'Armée Ennemie en flanc..
GALANT. 275
Les Chrétiens de leur cofté
marcherent avec beaucoup
de filence , & gagnerent un
pofte plus reculé , & plus avantageux
, où l'on avoit
deffein d'attendre les Ennemis
. On leur fit volte-face
de temps en temps pour les
arrefter , & on les trouva en
Bataille à la pointe du jour
au Pofte qu'on avoit voulu
gagner. Il s'éleva en mefme
temps un Broüillard fi épais,
que les Ennemis ne pouvoient
voir l'Armée , ny
l'Armée les Ennemis , quoy
qu'on entendift de part &
276 MERCURE
d'autre le bruit des Tambours
& des Trompettes.
Le Soleil parut qui diffipa ce
Broüillard. On fit encore
volte-face , & l'on marcha
en pleineBataille aux Turcs,
qui ayant tous paſſé le Marais
, eftoient auffi en Bataille
. Meffieurs les Princes
de Conty & de la Roche
Sur-Yon qui attendoient depuis
long- temps le jour de
cette Bataille ,pour terminer
leur Campagne auffi glorieufement
qu'ils l'avoient
commencée , choiſirent la
droite commandée par le
GALANT. 277
Prince Charles . Ils creurent
que le fort de la Bataille ſeroit
de ce cofté là , & ils ne
ſe tromperent pas . Les Enmis
deſcendirent avec une
impetuofité terrible , & des
cris épouventables , de deffus
les Montagnes , & vinrent
fondre fur l'Efcadron
où eftoient ces deux Princes
; c'eftoit celuy de Lanthiery
, du Régiment de Saxe
Lavembourg. On vit ce
qu'on n'avoit encore jamais
veu dans les Armées d'Allemagne
,
deux Princes du
Sang de France , qui ayant
A
278 MERCURE
+
refufé tous les Commandemens
qu'on leur avoit
voulurent comofferts
,
battre comme fimples Volontaires
. Ils eftoient au
premier rang de cet Eſcadron
, qui eftoit à la teſte de
l'Armée ; ils avoient auprés
d'eux quelques- uns de leurs
Gentilshommes d'un cofté,
& de l'autre les Cavaliers
du Regiment où ils come
battoient , fi fiers de voir
ces deux Princes meflez par
my eux , qui les animoient
par leur exemple , que leurs
Officiers ravis de l'honneur
x
GALANT. 279
que recevoit leur Regiment,
& de voir tant de courage &
tant d'ardeur de combattre
dans le coeur de leurs Soldats
, dirent hautement ,
Quuee toute l'Armée Turque ne
feroit pas plierce feul Eſcadron.
Ils ne fe tromperent point ;
les Turcs tomberent fur cet
Efcadron jufques à trois fois,
avec cette fureur & ces cris
qui les rendent fi terribles ,
& ils le trouverent fi iné.
branlable , que la fermeté
de cette feule Troupe , qui
eftoit la premiere qu'ils rencontroient
, ne contribua
,
280 MERCURE
pas peu à les étonner, & à leur
faire prendre la fuite ; ce qui
caufa la déroute de leur Ármée.
Les deux Princes , quoy .
que leurs Gentilshommes
les euffent preffez de s'armer
de leurs Cuiraffes , à l'exemple
de tous les Generaux , &
de tous les Colonels de l'Empire,
eftoient en fimples Jufte-
au - corps, à la tefte de ces
Colonels tout cuiraffez , &
tout couverts de fer. Ils ef
fuyerent en cet eſtat tout le
feu du Canon & de la Mouf
queterie des Tucrs , & attendirent
leurs Sabres avec un
GALANT: 281
viſage qui raffuroit les moins
hardis. Les Turcs s'abandonnerent
entierement à la fuite
, aprés eftre venus deux ou
trois fois à la charge fans.
pouvoir rompre l'Armée
Chretienne
. On les pourfuivit
jufqu'au Marais qu'ils
pafferent en defordre , la viteffe
de leurs Chevaux les dérobant
aux Chreftiens. Le
Serafkier tâcha de les rallier
derriere le Marais , à la tefte
de ſon Camp , où une partie
fe remit en bataille , tandis
que les Generaux de l'Armée
victorieufe , qui avoit déja
Septembre 1685.
A a
282 MERCURE
pris tout le Canon , déliberoient
s'ils pourſuivroient
ce
avantage.Monfieur premier
Î'Electeur de Baviere paffa le
Marais , avec Meffieurs les
Princes & leurs Gentilshommes,
pour obferver la contenance
des Ennemis ; & le
peu d'affeurance & de fermeté
qu'ils leur remarquerent
, obligea Monfieur de
Baviere à faire paſſer l'aile
qu'il commandoit. Monfieur
le Prince Charles fit
la mefme chofe de fon cofté,
& les Ennemis épouvantez
prirent la fuite encore une
GALANT. 283
fois fans les attendre . Ils a--
bandonnerent leur Camp &
leur Bagage , & ſe fauverent
par trois chemins differens ,,
fi intimidez & fi troublez ,,
que les Janiffaires tuoient les
Spahis afin d'avoir leurs che
vaux ; de forte que les Turcs
n'ayant perdu que trois ou
quatre mille hommes dans ›
la premiere action , en per--
dirent encore beaucoup par
la terreur & le defordre . de :
leurs propres Troupes dans ›
cette feconde déroute. Aprésla
Bataille , Monfieur le Prin--
ce de Conty envoya Mr de
Aaij ;
284 MERCURE
la Chapelle Secretaire de fes
Commandemens
, porter cét
cinquante Ducats aux Cavaliers
de l'Eſcadron dans
lequel il avoit combattu , &
dix en particulier au Cavalier
qui s'eftoit trouvé à fon
cofté, Cette liberalité fut receuë
avec des marques de
joye & d'admiration, qui durerent
tout le refte du jour ,
& au bruit des Trompettes
& des Timbales. Les Generaux
& les Officiers affure,
rent ce Prince , que fon nom
feroit immortel dans les Archives
de l'Empire
, ou parGALANT:
285
my les choſes extraordinaires
qui fe font faites dans
cette derniere guerre , on
marqueroit comme la plus
grande , la refolution & la
valeur avec laquelle deux
Princes du Sang de France
avoient combattu contre les
Ennemis de la Foy.
J'ay oublié de vous dire,
Lors que
que que Monfieur l'Electeur
de Baviere eut fait
paffer le Marais à ſes Troupes
, elles fe trouverent fans
Grenadiers, parce qu'ils n'avoient
point eu ordre de fuivre.
Cela fut caufe que Mon286
MERCURE
fieur le Prince de la Rochefur-
Yon les alla querir , de
forte qu'il paffa & repaffa
deux fois le Marais, avec une
chaleur qui faifoit connoître
l'impatience que ce Prince
avoit de combattre. J'ajoûteray
une choſe dont aucune
Relation n'a parlé , &
qu'on affeure avec certitude;;
c'eſt que Monfieur l'Electeur
de Baviere & le Prince
Charles commandoient alternativement
l'Avant-garde,
& que ce dernier devant
la commander le jour que fe:
donna la Bataille , ce fut par :
GALANT 287
>
cette feule raiſon qu'il eut
l'Aile droite ce jour -là . Meffieurs
les Princes de Conty
& de la Roche -fur-Yon prévoyant
que l'Aile gauche
feroit la premiere attaquée,
refolurent d'y combattre avec
Monfieur l'Electeur de
Baviere , & la fuite fit voir
qu'ils en avoient jugé, comme
auroient pû faire les Capitaines
les plus experimentez
, puifque tout l'effort tomba
de ce cofté-là . Leur intrepidité
fait bien connoiſtre
qu'ils font nez de l'augufte
Sang de Bourbon, puifqu'ils
288 MERCURE
ont combattu fans eftre couverts
d'aucunes armes , &
qu'ils ont eu à cofté d'eux
les fimples Cavaliers du Regiment
où ils ont fait éclater
leur valeur ; ce qui marque
qu'ils n'ont voulu fe faire
diftinguer que par leur
courage , auquel ils doivent
toute la gloire qu'ils ont acquife
en cette perilleufe occafion.
Ils n'ont pas efté
moins admirez , par la maniere
dont ils ont vefcu à
l'Armée. Ils y ont toûjours
foûtenu avec éclat le Caractere
de Princes du Sang de
France
GALANT. 289
France ; & quand ils en font
partis , ils y ont fait des Prefens
qui font connoiftre que
la liberalité a toûjours eſté
une des vertus de Monfieur
le Prince de Conty.
Tant que ces deux Princes
ont efté à l'Armée , on
leur a rendu tous les honneurs
qu'on devoit à leur
naiffance & à leur merite
particulier. Avant que Monfieur
l'Electeur de Baviere
fuft arrivé , ils eftoient gardez
par des Troupes de l'Em..
pereur , dont il y avoit des
Sentinelles pofées autour de
Septembre 1685.
Bb
290 MERCURE
leurs Tentes ; & quand cet
Electeur fut au Camp , ces !
Princes ayant efté dans fon
Quartier , ils eurent la meſme
garde que luy , & des
Sentinelles de fes Gardes du
Corps . Jamais Volontaires
n'ont efté fi expoſez , & jamais
on n'a pouffé plus loin
l'intrepidité , & la refolution
d'acquerir cette veritable
gloire qui fait les Heros .
Vous en ferez convaincuë
,
quand vous aurez fceu qu'au
commencement de la Ĉampagne,
lesTurcs propoferent
de faire bonne guerre
, en
GALANT. 29r
gardant de part & d'autre
les prifonniers qu'on feroit ,
pour les échanger ; & que
les Allemans preffentant
les
avantages qu'ils devoient
remporter, &fiers par avance
des fuccés dont ils ſe croyoiét
affeurez
, répondirent
que
en fimm
comme ils ne vouloient aucun
quartier, ils n'en feroiết
point. Ainfi ces Princes ,
en combattant
ples Volontaires , étoient
prefque affeurez de perir , fi
Ies Chreftiens euffent eu du
defavantage , puifque rien
ne marquant leur naiſſance,
Bb ij
292 MERCURE
¡
on ne leur auroit point
fait de quartier dans un
temps où à peine l'auroiton
donné aux principaux
Chefs de l'Armée . Voilà
ce qui n'a point encore
efté fceu , & qui fait voir
que Meffieurs les Princes
de Conty & de la Rochefur
yon ont eſté animez
en ce Combat de ce Sang
guerrier , dont la gene
reufe & bouillante ardeur
a fait fi fouvent gagner
des Batailles.
·
Le gain de celle qui fut
donnée le feiziéme d'Aouft
GALANT. 293
dernier , avoit efté precedé
de pluſieurs avantages reinportez
par le Comte de Lef-
Jé prés du Pont d'Effex, dont
il brufla onze cens pas le 13.
du mefme mois . Il prit la
Ville d'Effex qu'il fit piller,
& il y trouva beaucoup de
vivres dont il avoit un befoin
extréme ; mais n'ayant
pû fe rendre Maistre du
Chaſteau , il ſe retira prefque
auffi-toft qu'on eut faccagé
la Ville. Le Pont d'Effex
eft un ouvrage fi confiderable
, & il en eft fi fouvent
parlé dans les Rela
Bb iij
294 MERCURE
tions des Guerres que les
Chrétiens ont contre les
Turcs , que je croy vous en
devoir dire quelque chofe.
On l'appelloit anciennemét
Murfa. C'eft où Conſtance,
Fils de l'Empereur Conſtantin,
défit le Tyran Magnence
J'an 359. Ce Pont eft le plus
beau de tous ceux qui foit en
ces quartiers là , & fur les
autres Rivieres. Il eſt baſty
en partie fur le Drave , & en
partie fur la Riviere de Femis
, qui fe débordent fouvent
l'une & l'autre . Il a environ
deux lieuës de long
GALANT. 295
II
y a cinq Tours baſties def
fus , & il eft tres- bien entretenu
', & foûtenu
par de
grands Arbres qui forment
fes Arches. Le Comte Ni
colas Serin fit abattre une
partie de ce Pont en 1664.
mais on y a fait depuis un
Pont de Bateaux
, un peu
plus bas que n'eftoit le
mier. Les Turcs n'ont pas
voulu le rebaftir dans la
mefme place , parce que les
Poutres qui le foûtenoient
& qui eftoient dans l'eau,
s'attacherent
fi fort aprés
que le feu fe fut éteint, qu'ils
Bb iiij
pre
296 MERCURE
auroient eu trop de peine à
les retirer. C'eft fur ce Pont
que paffent toutes les Armées
qui viennent en Hongrie
, & ce fut en cét endroit
que le malheureux Roy
Louis creut avoir arrefté les
Turcs qui marchoient fous
la conduite de Soliman en
1521.
tous les jours , au lieu que je
ne le fais qu'à la fin de cha
que mois , je ne fçay fi je
pourrois avoir l'avantage
de vous apprendre les
grands évenemens , avant
que vous en fuſſiez inſtruite,
Z ij
268 ย MERCURE
puis que par l'éclat qu'ils
font lors qu'ils arrivent , le
bruit s'en répand par tout
avec tant de promptitude,
que tout le monde les fçait
prefque en mefme temps.
Telle a efté la priſe de Nevvhaufel
, dont je dévrois aujourd'huy
vous mander les
,
circonftances ; mais comme
les Hiftoires genérales ne les
marqueront peut-eſtre de
plufieurs années je croy
pouvoir differer d'un mois à
vous en parler , afin de ne
vous laiffer rien à fouhaiter
fur cét article . Cependant
GALANT. 269
je vous envoye le Plan de la
Place , & vais vous faire part
du Combat qui s'eſt donné
avant fa prife entre les
Troupes
Chrétiennes
&
celles des Turcs. Le Prince
Charles de Lorraine ayant
appris que les Ennemis au
nombre de cinquante à foixante
mille , affiegeoient la
Ville de Gran , autrement
deux a
Strigonie , dont je vous parlay
il y ans , lors que
ce Prince la prit , réfolut
d'aller au fecours de cette
Place . Il laiffa feize mille
Hommes devant Nevvhau-
Z iij
270 MERCURE
Bataille aux
fel , fous le Commandement
du Comte Caprara , Maréchal
de Camp Genéral , &
marchant avec trente - cinq
mille , il arriva le 12. du der
nier mois à la veuë de Gran,
& des Ennemis , qui réfolus
de donner
Chrétiens , leverent auffi
- toft le Siege , & vinrent fe
pofter dans l'endroit le plus
avantageux qu'ils purent
choifir. Ils avoient le Danube
à leur droite , une longue
chaîne de Montagnes
efcarpées à leur gauche , le
chemin de Bude derriere
GALANT. 271
eux , & devant, un Marais
fort difficile , & au paffage
duquel ils attendoient l'Armée
des Chrétiens . On fit
reconnoiftre ce Marais , &
on ne jugea pas à propos de
le paffer en défilé devant une
Armée nombreuſe & en
Bataille. On campa à la portée
du Canon de ce Marais,
où l'on demeura quatre
jours en prefence . Ces qua
tre jours ſe paſſerent en efcarmouches
, où lesChrétiens
eurent prefque toûjours
l'avantage ; ce qu'il y eut
de plus remarquable , c'eſt
Z iiij
272 MERCURE
que les Turcs n'oferent - jamais
paffer le Marais pour
venir efcarmoucher du côté
des Allemans , & queles
Allemans le paffoient toûjours
devant eux. Enfin la
nuit du 15. au 16. les Genéraux
Allemans réfolurent
de décamper , foit pour
prendre un Pofte plus commode
, foit pour attirer les
Ennemis. Ils firent marcher
à dix heures du foir leur gros
bagage , l'Armée étant en Bataille.
Les Turcs s'apperceu
rent de ce mouvement , & le
prenant pour une fuite vouGALANT.
273
lurent en profiter.Ils avoient
déja travaillé à pouffer des retranchemens
fur les Montagnes
de leur gauche , qui
eftoient à la droite des Chré
tiens. Ils avancerent avec
beaucoup de chaleur, &pafferent
leMarais avec une grande
précipitation
, pour venir
charger les Troupes qui fe
retiroient. Ils donnerent d'abord
fur l'aifle gauche commandée
par Monfieur l'Electeur
de Baviere , où ils
furent vivement repouſſez,
avec perte de beaucoup de
Janiffaires. Les Chrétiens
274 MERCURE
n'eurent qu'un Gentilhomme
de tué , qui combattoit
à cofté de Mr le Prince
Eugéne de Savoye , dont le
Régiment de Dragons eftoit
à la tefte de l'aifle gauche.
Les Turcs firent de grands
cris toute la nuit , & travaillerent
à avancer , & à affeurer
leur retranchement qui
eftoit fur les Montagnes
,
parce qu'ils prétendoient
faire leur principal effort de
ce cofté là , à cauſe que la
cheute des Montagnes leur
donnoit moyen de prendre
l'Armée Ennemie en flanc..
GALANT. 275
Les Chrétiens de leur cofté
marcherent avec beaucoup
de filence , & gagnerent un
pofte plus reculé , & plus avantageux
, où l'on avoit
deffein d'attendre les Ennemis
. On leur fit volte-face
de temps en temps pour les
arrefter , & on les trouva en
Bataille à la pointe du jour
au Pofte qu'on avoit voulu
gagner. Il s'éleva en mefme
temps un Broüillard fi épais,
que les Ennemis ne pouvoient
voir l'Armée , ny
l'Armée les Ennemis , quoy
qu'on entendift de part &
276 MERCURE
d'autre le bruit des Tambours
& des Trompettes.
Le Soleil parut qui diffipa ce
Broüillard. On fit encore
volte-face , & l'on marcha
en pleineBataille aux Turcs,
qui ayant tous paſſé le Marais
, eftoient auffi en Bataille
. Meffieurs les Princes
de Conty & de la Roche
Sur-Yon qui attendoient depuis
long- temps le jour de
cette Bataille ,pour terminer
leur Campagne auffi glorieufement
qu'ils l'avoient
commencée , choiſirent la
droite commandée par le
GALANT. 277
Prince Charles . Ils creurent
que le fort de la Bataille ſeroit
de ce cofté là , & ils ne
ſe tromperent pas . Les Enmis
deſcendirent avec une
impetuofité terrible , & des
cris épouventables , de deffus
les Montagnes , & vinrent
fondre fur l'Efcadron
où eftoient ces deux Princes
; c'eftoit celuy de Lanthiery
, du Régiment de Saxe
Lavembourg. On vit ce
qu'on n'avoit encore jamais
veu dans les Armées d'Allemagne
,
deux Princes du
Sang de France , qui ayant
A
278 MERCURE
+
refufé tous les Commandemens
qu'on leur avoit
voulurent comofferts
,
battre comme fimples Volontaires
. Ils eftoient au
premier rang de cet Eſcadron
, qui eftoit à la teſte de
l'Armée ; ils avoient auprés
d'eux quelques- uns de leurs
Gentilshommes d'un cofté,
& de l'autre les Cavaliers
du Regiment où ils come
battoient , fi fiers de voir
ces deux Princes meflez par
my eux , qui les animoient
par leur exemple , que leurs
Officiers ravis de l'honneur
x
GALANT. 279
que recevoit leur Regiment,
& de voir tant de courage &
tant d'ardeur de combattre
dans le coeur de leurs Soldats
, dirent hautement ,
Quuee toute l'Armée Turque ne
feroit pas plierce feul Eſcadron.
Ils ne fe tromperent point ;
les Turcs tomberent fur cet
Efcadron jufques à trois fois,
avec cette fureur & ces cris
qui les rendent fi terribles ,
& ils le trouverent fi iné.
branlable , que la fermeté
de cette feule Troupe , qui
eftoit la premiere qu'ils rencontroient
, ne contribua
,
280 MERCURE
pas peu à les étonner, & à leur
faire prendre la fuite ; ce qui
caufa la déroute de leur Ármée.
Les deux Princes , quoy .
que leurs Gentilshommes
les euffent preffez de s'armer
de leurs Cuiraffes , à l'exemple
de tous les Generaux , &
de tous les Colonels de l'Empire,
eftoient en fimples Jufte-
au - corps, à la tefte de ces
Colonels tout cuiraffez , &
tout couverts de fer. Ils ef
fuyerent en cet eſtat tout le
feu du Canon & de la Mouf
queterie des Tucrs , & attendirent
leurs Sabres avec un
GALANT: 281
viſage qui raffuroit les moins
hardis. Les Turcs s'abandonnerent
entierement à la fuite
, aprés eftre venus deux ou
trois fois à la charge fans.
pouvoir rompre l'Armée
Chretienne
. On les pourfuivit
jufqu'au Marais qu'ils
pafferent en defordre , la viteffe
de leurs Chevaux les dérobant
aux Chreftiens. Le
Serafkier tâcha de les rallier
derriere le Marais , à la tefte
de ſon Camp , où une partie
fe remit en bataille , tandis
que les Generaux de l'Armée
victorieufe , qui avoit déja
Septembre 1685.
A a
282 MERCURE
pris tout le Canon , déliberoient
s'ils pourſuivroient
ce
avantage.Monfieur premier
Î'Electeur de Baviere paffa le
Marais , avec Meffieurs les
Princes & leurs Gentilshommes,
pour obferver la contenance
des Ennemis ; & le
peu d'affeurance & de fermeté
qu'ils leur remarquerent
, obligea Monfieur de
Baviere à faire paſſer l'aile
qu'il commandoit. Monfieur
le Prince Charles fit
la mefme chofe de fon cofté,
& les Ennemis épouvantez
prirent la fuite encore une
GALANT. 283
fois fans les attendre . Ils a--
bandonnerent leur Camp &
leur Bagage , & ſe fauverent
par trois chemins differens ,,
fi intimidez & fi troublez ,,
que les Janiffaires tuoient les
Spahis afin d'avoir leurs che
vaux ; de forte que les Turcs
n'ayant perdu que trois ou
quatre mille hommes dans ›
la premiere action , en per--
dirent encore beaucoup par
la terreur & le defordre . de :
leurs propres Troupes dans ›
cette feconde déroute. Aprésla
Bataille , Monfieur le Prin--
ce de Conty envoya Mr de
Aaij ;
284 MERCURE
la Chapelle Secretaire de fes
Commandemens
, porter cét
cinquante Ducats aux Cavaliers
de l'Eſcadron dans
lequel il avoit combattu , &
dix en particulier au Cavalier
qui s'eftoit trouvé à fon
cofté, Cette liberalité fut receuë
avec des marques de
joye & d'admiration, qui durerent
tout le refte du jour ,
& au bruit des Trompettes
& des Timbales. Les Generaux
& les Officiers affure,
rent ce Prince , que fon nom
feroit immortel dans les Archives
de l'Empire
, ou parGALANT:
285
my les choſes extraordinaires
qui fe font faites dans
cette derniere guerre , on
marqueroit comme la plus
grande , la refolution & la
valeur avec laquelle deux
Princes du Sang de France
avoient combattu contre les
Ennemis de la Foy.
J'ay oublié de vous dire,
Lors que
que que Monfieur l'Electeur
de Baviere eut fait
paffer le Marais à ſes Troupes
, elles fe trouverent fans
Grenadiers, parce qu'ils n'avoient
point eu ordre de fuivre.
Cela fut caufe que Mon286
MERCURE
fieur le Prince de la Rochefur-
Yon les alla querir , de
forte qu'il paffa & repaffa
deux fois le Marais, avec une
chaleur qui faifoit connoître
l'impatience que ce Prince
avoit de combattre. J'ajoûteray
une choſe dont aucune
Relation n'a parlé , &
qu'on affeure avec certitude;;
c'eſt que Monfieur l'Electeur
de Baviere & le Prince
Charles commandoient alternativement
l'Avant-garde,
& que ce dernier devant
la commander le jour que fe:
donna la Bataille , ce fut par :
GALANT 287
>
cette feule raiſon qu'il eut
l'Aile droite ce jour -là . Meffieurs
les Princes de Conty
& de la Roche -fur-Yon prévoyant
que l'Aile gauche
feroit la premiere attaquée,
refolurent d'y combattre avec
Monfieur l'Electeur de
Baviere , & la fuite fit voir
qu'ils en avoient jugé, comme
auroient pû faire les Capitaines
les plus experimentez
, puifque tout l'effort tomba
de ce cofté-là . Leur intrepidité
fait bien connoiſtre
qu'ils font nez de l'augufte
Sang de Bourbon, puifqu'ils
288 MERCURE
ont combattu fans eftre couverts
d'aucunes armes , &
qu'ils ont eu à cofté d'eux
les fimples Cavaliers du Regiment
où ils ont fait éclater
leur valeur ; ce qui marque
qu'ils n'ont voulu fe faire
diftinguer que par leur
courage , auquel ils doivent
toute la gloire qu'ils ont acquife
en cette perilleufe occafion.
Ils n'ont pas efté
moins admirez , par la maniere
dont ils ont vefcu à
l'Armée. Ils y ont toûjours
foûtenu avec éclat le Caractere
de Princes du Sang de
France
GALANT. 289
France ; & quand ils en font
partis , ils y ont fait des Prefens
qui font connoiftre que
la liberalité a toûjours eſté
une des vertus de Monfieur
le Prince de Conty.
Tant que ces deux Princes
ont efté à l'Armée , on
leur a rendu tous les honneurs
qu'on devoit à leur
naiffance & à leur merite
particulier. Avant que Monfieur
l'Electeur de Baviere
fuft arrivé , ils eftoient gardez
par des Troupes de l'Em..
pereur , dont il y avoit des
Sentinelles pofées autour de
Septembre 1685.
Bb
290 MERCURE
leurs Tentes ; & quand cet
Electeur fut au Camp , ces !
Princes ayant efté dans fon
Quartier , ils eurent la meſme
garde que luy , & des
Sentinelles de fes Gardes du
Corps . Jamais Volontaires
n'ont efté fi expoſez , & jamais
on n'a pouffé plus loin
l'intrepidité , & la refolution
d'acquerir cette veritable
gloire qui fait les Heros .
Vous en ferez convaincuë
,
quand vous aurez fceu qu'au
commencement de la Ĉampagne,
lesTurcs propoferent
de faire bonne guerre
, en
GALANT. 29r
gardant de part & d'autre
les prifonniers qu'on feroit ,
pour les échanger ; & que
les Allemans preffentant
les
avantages qu'ils devoient
remporter, &fiers par avance
des fuccés dont ils ſe croyoiét
affeurez
, répondirent
que
en fimm
comme ils ne vouloient aucun
quartier, ils n'en feroiết
point. Ainfi ces Princes ,
en combattant
ples Volontaires , étoient
prefque affeurez de perir , fi
Ies Chreftiens euffent eu du
defavantage , puifque rien
ne marquant leur naiſſance,
Bb ij
292 MERCURE
¡
on ne leur auroit point
fait de quartier dans un
temps où à peine l'auroiton
donné aux principaux
Chefs de l'Armée . Voilà
ce qui n'a point encore
efté fceu , & qui fait voir
que Meffieurs les Princes
de Conty & de la Rochefur
yon ont eſté animez
en ce Combat de ce Sang
guerrier , dont la gene
reufe & bouillante ardeur
a fait fi fouvent gagner
des Batailles.
·
Le gain de celle qui fut
donnée le feiziéme d'Aouft
GALANT. 293
dernier , avoit efté precedé
de pluſieurs avantages reinportez
par le Comte de Lef-
Jé prés du Pont d'Effex, dont
il brufla onze cens pas le 13.
du mefme mois . Il prit la
Ville d'Effex qu'il fit piller,
& il y trouva beaucoup de
vivres dont il avoit un befoin
extréme ; mais n'ayant
pû fe rendre Maistre du
Chaſteau , il ſe retira prefque
auffi-toft qu'on eut faccagé
la Ville. Le Pont d'Effex
eft un ouvrage fi confiderable
, & il en eft fi fouvent
parlé dans les Rela
Bb iij
294 MERCURE
tions des Guerres que les
Chrétiens ont contre les
Turcs , que je croy vous en
devoir dire quelque chofe.
On l'appelloit anciennemét
Murfa. C'eft où Conſtance,
Fils de l'Empereur Conſtantin,
défit le Tyran Magnence
J'an 359. Ce Pont eft le plus
beau de tous ceux qui foit en
ces quartiers là , & fur les
autres Rivieres. Il eſt baſty
en partie fur le Drave , & en
partie fur la Riviere de Femis
, qui fe débordent fouvent
l'une & l'autre . Il a environ
deux lieuës de long
GALANT. 295
II
y a cinq Tours baſties def
fus , & il eft tres- bien entretenu
', & foûtenu
par de
grands Arbres qui forment
fes Arches. Le Comte Ni
colas Serin fit abattre une
partie de ce Pont en 1664.
mais on y a fait depuis un
Pont de Bateaux
, un peu
plus bas que n'eftoit le
mier. Les Turcs n'ont pas
voulu le rebaftir dans la
mefme place , parce que les
Poutres qui le foûtenoient
& qui eftoient dans l'eau,
s'attacherent
fi fort aprés
que le feu fe fut éteint, qu'ils
Bb iiij
pre
296 MERCURE
auroient eu trop de peine à
les retirer. C'eft fur ce Pont
que paffent toutes les Armées
qui viennent en Hongrie
, & ce fut en cét endroit
que le malheureux Roy
Louis creut avoir arrefté les
Turcs qui marchoient fous
la conduite de Soliman en
1521.
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Résumé : Affaires d'Allemagne. [titre d'après la table]
En septembre 1685, la bataille de Neuhäusel opposa les troupes chrétiennes, dirigées par le Prince Charles de Lorraine, aux forces turques assiégeant Gran (Esztergom). Le Prince Charles, après avoir laissé une partie de ses troupes devant Neuhäusel, avança vers Gran avec 35 000 hommes. Les Turcs, estimés entre 50 000 et 60 000, levèrent le siège et se positionnèrent près du Danube et des montagnes. Après des escarmouches favorables aux chrétiens, les Turcs attaquèrent mais furent repoussés par l'aile gauche commandée par l'Électeur de Bavière. Le lendemain, malgré un brouillard initial, les deux armées s'affrontèrent. Les Turcs lancèrent plusieurs attaques contre l'escadron de Lanthiery, mais furent repoussés par la résistance chrétienne. Les princes français, dépourvus de cuirasses, montrèrent un grand courage. Après plusieurs charges infructueuses, les Turcs prirent la fuite, abandonnant leur camp et leurs bagages. Les généraux chrétiens, observant les ennemis, provoquèrent leur déroute. La bataille causa des pertes significatives parmi les Turcs. Les princes français furent récompensés pour leur bravoure. Les Turcs proposèrent d'échanger les prisonniers, mais les Allemands refusèrent, préférant exploiter leurs avantages. Avant cette bataille, le comte de Lestrange avait pris la ville d'Essex, mais n'avait pu s'emparer du château. Le Pont d'Essex, stratégique pour les armées se rendant en Hongrie, fut le théâtre de divers affrontements historiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1035
p. 296-298
Réjoüissances faites à Angers. [titre d'après la table]
Début :
Tous les avantages qui ont esté remportez sur les Troupes [...]
Mots clefs :
Troupes ottomanes, Chrétiens, Fêtes, Angers, Feux d'artifice, Harmonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réjoüissances faites à Angers. [titre d'après la table]
Tous les avantages qui
ont efté
remportez ſur les
Troupes Ottomanes , ayant
caufé beaucoup de réjouiffances
genérales parmy les
Chrétiens ont fait faire
quantité de Festes particu
酒
GALANT 297
fieres. Celles qui ont le plus
éclaté ont efté faites à Angers
par quinze ou feize
Gentilhommes Allemands ,
du nombre defquels font
M le Comte de Truchfes,
& Mrs les Barons de Mege
rii , de Sonau , de Guimenyh
& de Hock. Ils ont fait bril
ler des illuminations , rem→
plir l'air d'artifice , fait entendre
des Salves & des
Concerts guerriers , & d'autres
dont l'harmonie eft plus
douce. Les grands repas
1.
n'ont point efté épargnez,
& ils y ont paru veritables
298 MERCURE
Allemands. Enfin ils n'ont
rien oublié pour marquer
leur joye , & l'on pourroit
dire qu'ils ont efté au de là
de tout ce que des Particu
liers peuvent faire en de pareilles
occafions.
ont efté
remportez ſur les
Troupes Ottomanes , ayant
caufé beaucoup de réjouiffances
genérales parmy les
Chrétiens ont fait faire
quantité de Festes particu
酒
GALANT 297
fieres. Celles qui ont le plus
éclaté ont efté faites à Angers
par quinze ou feize
Gentilhommes Allemands ,
du nombre defquels font
M le Comte de Truchfes,
& Mrs les Barons de Mege
rii , de Sonau , de Guimenyh
& de Hock. Ils ont fait bril
ler des illuminations , rem→
plir l'air d'artifice , fait entendre
des Salves & des
Concerts guerriers , & d'autres
dont l'harmonie eft plus
douce. Les grands repas
1.
n'ont point efté épargnez,
& ils y ont paru veritables
298 MERCURE
Allemands. Enfin ils n'ont
rien oublié pour marquer
leur joye , & l'on pourroit
dire qu'ils ont efté au de là
de tout ce que des Particu
liers peuvent faire en de pareilles
occafions.
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Résumé : Réjoüissances faites à Angers. [titre d'après la table]
Les gentilshommes allemands ont célébré leurs victoires sur les troupes ottomanes avec des fêtes somptueuses à Angers. Parmi eux figuraient le Comte de Truchsef et les Barons de Megeri, de Sonau, de Guimenyh et de Hock. Les festivités incluaient illuminations, feux d'artifice, salves de canons, concerts et grands repas, où ils ont affirmé leur identité allemande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1036
p. 298-305
Morts. [titre d'après la table]
Début :
J'ay à vous nommer encore plusieurs Personnes, dont la mort [...]
Mots clefs :
Décès, Seigneur, Chevalier, Dame, Maître, Lieutenant, Père Raimond de Rostagny, Évêque, Ouvrages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
J'ay à vous nommer encore
plufieurs Perfonnes,
dont la mort eft arrivée ce
mois cy. Ce font
Mr du Houffet Seigneur du
Houffet, Chancelier deMonfieur,
& cy-devant Intendant
des Finances. Il eſt mort âgé
de foixante & dix - neuf ans.
Mr Ferary , Chevalier de
GALANT 299
l'Ordre du Roy , Maiftre
d'Hoftel
ordinaire
de Sa
Majefté
, Seigneur
de Gagny
-la-Marcelle
, & Lieutenant
des Chaffes
des Forefts
de Liury & Bondy.
Madame de l'Hôpital
Da
me de Chambourcy
, veuve
de M de Villers la Faye,
Marquis
de Nauvilly
, Maré
chal des Camps
& Armées
du Roy , Capitaine
Lieunant
de la Compagnie
des
Gensdarmes
de fon Alteffe
Sereniffime
Monfieur
le
Prince .
鼎
Mr de Bailleul , Seigneur
200 MERCURE
du Pleffis - Briart , Courte
Couronne , Chavane &
Chande , Moufquetaire du
Roy en la premiere Compagnie.
Il eft mort âgé de vingt
deux ans , il eftoit Fils de M
de Bailleul Capitaine aux
Gardes , & Grand Louvetier
de France. Je vous ay appris
la mort de Madame de
Bailleul fa Mere dans cette
mefme Lettre .
Mr le Maiſtre de Ferriere
Seigneur de Perfaque & Belfot
, Confeiller en la Grand'
Chambre.
Mr Doüilly Receveur Ge
GALANT :
301
néral de Poitou .
Mr de Carnavalet Gouverneur
de Broüage , cy - devant
Lieutenant des Gardes
du Corps. Il a paffé une partie
de fa vie à la Cour , où il
eftoit dans une tres-grande
eftime .
On à eu avis de Luc en
Provence , que le Pere Raimond
de Roftagny , Docteur
de Sorbonne , & Pro
vincial des Carmes , y eftoit
mort en odeur de Sainteté
le 20. du dernier mois. Il é
toit âgé de 66 ans . Lors qu'on
l'enterra , il fut impoffible
302 MERCURE
d'empefcher que le Peuple
qui eftoit accouru en foule,
ne déchiraft les manches de
fa robe , pour les conferver
comme des Reliques. Il prit
l'Habit de fon propre mouvement,
n'ayant encore que
neuf ans. Ses Prieres , fes
Méditations , & fes lectures
affiduës , l'obligeoient à une
grande retraite , & fon plaifir
eftoit de mener une vie
cachée. Il a refufé d'eftre Evefque
, & il fallut le menacer
de
l'excommunier
, pour
luy faire accepter la Charge
de Provincial. Son grand
GALANT. 303
Oncle qui portoit le mefme
nom , & dont la memoire eft
fort reverée,fut trois foisProvincial
dans le mefme Ordre.
Plufieurs grands Prelats
ont porté auffi le nom
de Roftagny , & font morts
dans la mefme odeur de
Sainteté. Il y a eu deuxArchevefques
d'Arles , un Archevefque
d'Aix , un Evefque
de Nice , un de Riez , & deux
de Toulon , fans parler de
quatre Abbez de la celébre
Abbaye de Lerins en Provence
, dont l'un qui vivoit
en 1188. eft reputé bien heu
304 MERCURE
1
reux dans l'Ordre de Saint
Benoilt. Le P. Raimond de
Roftagny dont je vous apprens
la mort , eftoit Oncle
de Mr de Roftagny , Medecin
de S. A. R. Madame
de Guife , qui a donné depuis
peu au Public un Livre
intitulé , La Fille de Calvin
démafquée. Il l'appelle ainſi,
à caufe que l'on y voit l'explication
mife par Beze dans
les Livres de la Religion
Prétendue Reformée
, pour
en eftre l'emblême . On y
voit auffi plufieurs Lettres a
des Perfonnes confiderables
GALANT
305
de cette mefme Religion ,,
ou qui en onteſté. Ce Livre
fe. vend chez le Sieur Barbin
& l'Autheur y traite
les Controverfes en Vers,
d'une maniere inftructive,,
ce que Perfonne n'a fait
avant luy , la matiere ne s'accommodant
pas aifément à
la Poëfie.
plufieurs Perfonnes,
dont la mort eft arrivée ce
mois cy. Ce font
Mr du Houffet Seigneur du
Houffet, Chancelier deMonfieur,
& cy-devant Intendant
des Finances. Il eſt mort âgé
de foixante & dix - neuf ans.
Mr Ferary , Chevalier de
GALANT 299
l'Ordre du Roy , Maiftre
d'Hoftel
ordinaire
de Sa
Majefté
, Seigneur
de Gagny
-la-Marcelle
, & Lieutenant
des Chaffes
des Forefts
de Liury & Bondy.
Madame de l'Hôpital
Da
me de Chambourcy
, veuve
de M de Villers la Faye,
Marquis
de Nauvilly
, Maré
chal des Camps
& Armées
du Roy , Capitaine
Lieunant
de la Compagnie
des
Gensdarmes
de fon Alteffe
Sereniffime
Monfieur
le
Prince .
鼎
Mr de Bailleul , Seigneur
200 MERCURE
du Pleffis - Briart , Courte
Couronne , Chavane &
Chande , Moufquetaire du
Roy en la premiere Compagnie.
Il eft mort âgé de vingt
deux ans , il eftoit Fils de M
de Bailleul Capitaine aux
Gardes , & Grand Louvetier
de France. Je vous ay appris
la mort de Madame de
Bailleul fa Mere dans cette
mefme Lettre .
Mr le Maiſtre de Ferriere
Seigneur de Perfaque & Belfot
, Confeiller en la Grand'
Chambre.
Mr Doüilly Receveur Ge
GALANT :
301
néral de Poitou .
Mr de Carnavalet Gouverneur
de Broüage , cy - devant
Lieutenant des Gardes
du Corps. Il a paffé une partie
de fa vie à la Cour , où il
eftoit dans une tres-grande
eftime .
On à eu avis de Luc en
Provence , que le Pere Raimond
de Roftagny , Docteur
de Sorbonne , & Pro
vincial des Carmes , y eftoit
mort en odeur de Sainteté
le 20. du dernier mois. Il é
toit âgé de 66 ans . Lors qu'on
l'enterra , il fut impoffible
302 MERCURE
d'empefcher que le Peuple
qui eftoit accouru en foule,
ne déchiraft les manches de
fa robe , pour les conferver
comme des Reliques. Il prit
l'Habit de fon propre mouvement,
n'ayant encore que
neuf ans. Ses Prieres , fes
Méditations , & fes lectures
affiduës , l'obligeoient à une
grande retraite , & fon plaifir
eftoit de mener une vie
cachée. Il a refufé d'eftre Evefque
, & il fallut le menacer
de
l'excommunier
, pour
luy faire accepter la Charge
de Provincial. Son grand
GALANT. 303
Oncle qui portoit le mefme
nom , & dont la memoire eft
fort reverée,fut trois foisProvincial
dans le mefme Ordre.
Plufieurs grands Prelats
ont porté auffi le nom
de Roftagny , & font morts
dans la mefme odeur de
Sainteté. Il y a eu deuxArchevefques
d'Arles , un Archevefque
d'Aix , un Evefque
de Nice , un de Riez , & deux
de Toulon , fans parler de
quatre Abbez de la celébre
Abbaye de Lerins en Provence
, dont l'un qui vivoit
en 1188. eft reputé bien heu
304 MERCURE
1
reux dans l'Ordre de Saint
Benoilt. Le P. Raimond de
Roftagny dont je vous apprens
la mort , eftoit Oncle
de Mr de Roftagny , Medecin
de S. A. R. Madame
de Guife , qui a donné depuis
peu au Public un Livre
intitulé , La Fille de Calvin
démafquée. Il l'appelle ainſi,
à caufe que l'on y voit l'explication
mife par Beze dans
les Livres de la Religion
Prétendue Reformée
, pour
en eftre l'emblême . On y
voit auffi plufieurs Lettres a
des Perfonnes confiderables
GALANT
305
de cette mefme Religion ,,
ou qui en onteſté. Ce Livre
fe. vend chez le Sieur Barbin
& l'Autheur y traite
les Controverfes en Vers,
d'une maniere inftructive,,
ce que Perfonne n'a fait
avant luy , la matiere ne s'accommodant
pas aifément à
la Poëfie.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Au cours du mois, plusieurs personnalités notables sont décédées. Monsieur du Houffet, Seigneur du Houffet, Chancelier de Monfieur et ancien Intendant des Finances, est mort à soixante-neuf ans. Monsieur Ferary, Chevalier de l'Ordre du Roi, Maître d'Hôtel ordinaire de Sa Majesté, Seigneur de Gagny-la-Marcelle, et Lieutenant des Chasses des Forêts de Livry et Bondy, a également péri. Madame de l'Hôpital, Dame de Chambourcy, veuve de Monsieur de Villers la Faye, Marquis de Nauvilly, Maréchal des Camps et Armées du Roi, est décédée. Monsieur de Bailleul, Seigneur du Plessis-Briart, Mousquetaire du Roi, est mort à vingt-deux ans. Sa mère, Madame de Bailleul, est également décédée. Parmi les autres défunts figurent Monsieur le Maître de Ferrière, Seigneur de Persac et Belfort, Conseiller en la Grand' Chambre, Monsieur Douilly, Receveur Général de Poitou, et Monsieur de Carnavalet, Gouverneur de Broüage et ancien Lieutenant des Gardes du Corps. Le Père Raimond de Rostagny, Docteur de Sorbonne et Provincial des Carmes, est mort en Provence à soixante-six ans, après avoir refusé plusieurs charges ecclésiastiques, dont celle d'Évêque.
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1037
p. 305-307
Charge de grand Maistre de l'Artillerie donnée à Mr le Maréchal de Humieres. [titre d'après la table]
Début :
La Charge de Grand Maistre de l'Artillerie que possedoit feu [...]
Mots clefs :
Charge, Grand maître de l'artillerie, Campagnes militaires, Batailles, Duc, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Charge de grand Maistre de l'Artillerie donnée à Mr le Maréchal de Humieres. [titre d'après la table]
La Charge de Grand
Maiftre de l'Artillerie que
poffedoit feu M le Duc du
Lude , a efté donnée à M¹ le
Maréchal de Humieres. I a
plû au Roy de reconnoiftre
par là les grands fervices qu'ill
Septembre 1685 .
C.c
306 MERCURE
•
luy a rendus en beaucoup de
Campagnes qu'il a faites ,
pendant lefquelles il s'eft
trouvé à plufieurs Batailles ,
& à la priſe de diverſes Places.
Sa Majefté le fit Lieutenant
Genéral de fes Armées
en 1657. & Maréchal de France
en 1668. Cette Charge de
Grand Maistre de l'Artillerie
, fut érigée en Charge de
la Couronne au mois de
Movembre 1599. en faveur
de Mr de Bethune , Duc de
Sully , Pair & Maréchal de
France. Ceux qui l'ont poffedée
auparavant n'eftoient
GALANT. 307
appellez que Maiftres de
L'Artillerie du Roy. Il y en
a eu vingt- neuf , & neuf qui
l'ont exercée par Commif
fion. Mr le Maréchal de
Humieres eft le fixiéme qui
ait eu la qualité de Grand
Maiftre. Entre ces fix, deux
Maréchaux de France l'ont
exercée par Commiſſion.
Ce font Mrs les Maréchaux
de Schomberg , & Deffiat .
Maiftre de l'Artillerie que
poffedoit feu M le Duc du
Lude , a efté donnée à M¹ le
Maréchal de Humieres. I a
plû au Roy de reconnoiftre
par là les grands fervices qu'ill
Septembre 1685 .
C.c
306 MERCURE
•
luy a rendus en beaucoup de
Campagnes qu'il a faites ,
pendant lefquelles il s'eft
trouvé à plufieurs Batailles ,
& à la priſe de diverſes Places.
Sa Majefté le fit Lieutenant
Genéral de fes Armées
en 1657. & Maréchal de France
en 1668. Cette Charge de
Grand Maistre de l'Artillerie
, fut érigée en Charge de
la Couronne au mois de
Movembre 1599. en faveur
de Mr de Bethune , Duc de
Sully , Pair & Maréchal de
France. Ceux qui l'ont poffedée
auparavant n'eftoient
GALANT. 307
appellez que Maiftres de
L'Artillerie du Roy. Il y en
a eu vingt- neuf , & neuf qui
l'ont exercée par Commif
fion. Mr le Maréchal de
Humieres eft le fixiéme qui
ait eu la qualité de Grand
Maiftre. Entre ces fix, deux
Maréchaux de France l'ont
exercée par Commiſſion.
Ce font Mrs les Maréchaux
de Schomberg , & Deffiat .
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Résumé : Charge de grand Maistre de l'Artillerie donnée à Mr le Maréchal de Humieres. [titre d'après la table]
En septembre 1685, la charge de Grand Maître de l'Artillerie a été confiée au Maréchal de Humières, succédant ainsi au Duc du Lude. Cette nomination royale récompensait les services distingués de Humières lors de diverses campagnes militaires, batailles et prises de places fortes. Le roi l'avait déjà honoré en le nommant Lieutenant Général de ses armées en 1657 et Maréchal de France en 1668. La charge de Grand Maître de l'Artillerie avait été instituée en novembre 1599 pour Monsieur de Béthune, Duc de Sully, Pair et Maréchal de France. Avant cette date, les titulaires étaient désignés comme Maîtres de l'Artillerie du Roi. Il y a eu vingt-neuf Maîtres de l'Artillerie, dont neuf ont exercé par commission. Humières est le sixième à porter le titre de Grand Maître. Parmi les précédents titulaires, deux Maréchaux de France, Schomberg et Dessiat, avaient exercé cette fonction par commission.
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1038
p. 307-308
Gouvernement de S. Germain en Laye, donné à Mr le Marquis de Montchevreil. [titre d'après la table]
Début :
Le Gouvernement du Chasteau de Saint Germain en Laye, que possedoit [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Saint-Germain, Duc de Lude, Gouvernement, Colonel
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texteReconnaissance textuelle : Gouvernement de S. Germain en Laye, donné à Mr le Marquis de Montchevreil. [titre d'après la table]
Le Gouvernement dur
Chafteau de Saint Germain
en Laye , que poffedoit auffi
feu M le Duc du Lude,,
avoit efté donné quelques
Cc ij
308 MERCURE
jours auparavant à Mỹ de
Mornay Marquis de Monts
chevreuil , Gouverneur de
M' le Duc du Maine , & en !
fuite de M le Comte de
Vermandois , avec la furvi.
vance pour M' le Comte de
Mornay fon Fils , Colonel
du Regiment de Bearn. Il
époufa quelques jours aprés
Mademoiſelle
de Coetquent
, Niece du Marquis
de ce nom .
Chafteau de Saint Germain
en Laye , que poffedoit auffi
feu M le Duc du Lude,,
avoit efté donné quelques
Cc ij
308 MERCURE
jours auparavant à Mỹ de
Mornay Marquis de Monts
chevreuil , Gouverneur de
M' le Duc du Maine , & en !
fuite de M le Comte de
Vermandois , avec la furvi.
vance pour M' le Comte de
Mornay fon Fils , Colonel
du Regiment de Bearn. Il
époufa quelques jours aprés
Mademoiſelle
de Coetquent
, Niece du Marquis
de ce nom .
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1039
p. 308-309
Mariage. [titre d'après la table]
Début :
Mr Bignon Conseiller au Parlement, a épousé depuis peu de [...]
Mots clefs :
Conseiller, Mariage, Soeur, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage. [titre d'après la table]
Mr Bignon Conſeiller an
Parlement , a épousé depuis
peu de jours Mademoifelle
Billard , Soeur de Madame
GALANT 309
C
de Chauvelin , dont je vous
ay parlé pluſieurs fois. Il eſt
Fils de M Bignon Confeil,
ler d'Etat , fur les pas duquel
il marche. Il a efté Avocat
du Roy au Chaftelet , & a
fait paroistre dans cette
Charge , une grande intelligence
pour les Affaires , &
beaucoup de penétration .
Parlement , a épousé depuis
peu de jours Mademoifelle
Billard , Soeur de Madame
GALANT 309
C
de Chauvelin , dont je vous
ay parlé pluſieurs fois. Il eſt
Fils de M Bignon Confeil,
ler d'Etat , fur les pas duquel
il marche. Il a efté Avocat
du Roy au Chaftelet , & a
fait paroistre dans cette
Charge , une grande intelligence
pour les Affaires , &
beaucoup de penétration .
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1040
p. 309-317
Nouvelles de Coron. [titre d'après la table]
Début :
Les nouvelles publiques vous ont informée des avantages que [...]
Mots clefs :
Coron, Armée vénitienne, Assaut, Escarmouche, Attaque, Corsaires, Étendard, Victoire, Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Coron. [titre d'après la table]
Les nouvelles publiques
vous ont informée des avantages
que l'Armée Venitienne
baremportez
fur les
Turcs , par la priſe de Coron
dans la Morée . Voicy
ce qui a efté traduit fur un
imprimé de Veniſe.
310 MERCURE
de
Les Lettres du Generaliffime
Morofini écrites le 10. d'Aouft ,
portent que les Affiegez ſe défendoient
obftinement dans Corony
à la veuë de plus de dix mille
Turcs , qui s'étoient avancez
plufieurs endroits de la Morée ,
avec du Canon , & toute forte
d'apprefts , afin d'attaquer nos li
gnes. Les noftres au contraire ,
aprés un continuel travail dans
les Mines qu'ils avoient fait
jouer , n'eurent pas le fuccés qu'ils
avoient attendu de la principale ,
ce qui empefcha de donner l'Affaut.
Dans ce mefme temps , les
Turcs firent une vigoureufe irGALANT
311
ruption fur une Redoute avancée
des noftres ; mais un Corps de gens
de delà les Monts , y eftant ac
couru , & une forte Efcarmouche
s'eftantfaite , nos Dragons y furvinrent
avec le Bataillon des
Maltois , commandé par le Com
mandeur de la Tour ; de forte
qu'aprés trois heures de combat ,
le pofte fut recouvrépar les nôtres
avec grand carnage des
>
Turcs , & le gain gain de
17 Etendards
, à la veuë des Affiegez ;
les Turcs attaquerent encore plu
fieurs fois nos Lignes de divers
coftez, & furent repouſſez avec
vigueur dans ces diverfes atta
ques.
312 MERCURE
›
Le matin du 7. le Genera
liffine refolut de donner une fauffe
alarme pourfurprendre les Ent
nemis dans la confufion. Ainfi
ayant ramaẞé un Corps de quin-
Ze cens tant Mariniers
Francs que Corfaires , que
fit paffer fecretement pendant la
nuit aux flancs de l'Ennemy ,
aprés avoir fait voler un peu.
de poudre , au fignal de laquelle
tous les Chefs devoient fairefeu,
que
l'on
le mouvement
concerté
de bruit
>
que
par
impréveu , accompagné de tant
dans le fommeil & tous en del'on
fir , bien
les nostres , fut fi
les Turcs furpris
fordre,
GALANT. 313
fordre , prirent auffitoft la fuite,
abandonnant toutes les provifions
qu'ils avoient en abondance pour
la fubfiftance de l'Armée , beaucoup
de munitions de guerre , &
un tres-riche bagage , fix groffes
pieces de Canon de Bronze, plufieurs
Chevaux , Armes , &
mefme l'Etendard Royal orné
faftuenfement de Queues ordinai
res de Cheval. La perte
tres n'a pú eftre plus legere. Ainfi
unfuccés fi important animant le
courage des Affiegeans , on s'ap.
plique par toutesfortes de moyens
àla conqueste de la Place, dont on
donne de tres-grandes esperances.
Dd
Septembre 1685.
des nô314
MERCURE
Je vous envoye la Figure
de l'Etendard dont il eft parlé
dans cette Lettre. Cette
Victoire fut fuivie quatre
jours aprés de la priſe de Coron.
Les Turcs avoient arboré
un Drapeau blanc, pour
demander à capituler ; mais
pendant qu'on envoyoit des
Oftages de part & d'autre
un Turc ayant mis le feu à
un Canon chargé de Cartouches
, qui tua quelques
Soldats , les Affiegeans furent
tellement perfuadez ,
que le Commandant ne les
avoit amufez que pour les
GALANT
315
faire perir, qu'ils donnerent
dans les retranchemens avec
vigueur, & en peu de temps
fe rendirent maiftres de la
Place. Les Soldats n'ayant
pû eftre retenus par les Officiers
, tuerent plus de trois
mille Turcs , & n'épargnerent
ny âge ny fexe.
Coron , appellée par les
Anciens , Corone , eft dans
la Morée , à douze milles de
Modon, vers le Cap Maina,
autrement Bravio de Maina.
C'eſt une Ville marchande
à caufe de fa fituation , elle
a un Port capable de rece-
Dd ij
316 MERCURE
voir plufieurs Vaiſſeaux , elle
a la Mer d'un cofté , & du
cofté de terre un Mur fortifié
de fix Tours à l'antique,
Les Grecs & les Juifs demeu
rent dans la Baffe Ville , &
les Turcs dans un Chafteau
qui eft la Ville Haute. Les
Venitiens en ont efté les
Maiftres dans le quinziéme
Siecle. Bajazet Empereur
des Turcs la prit fur eux,
auffi bien que la Ville de
Modon en 1499. Le Prince
Doria Genois, qui comman
doit l'Armée Navale des Ef
pagnols , la prit fur les Turcs
GALANT. 317
pour Com- en 1533. il y laiffa
mandant
Mendoza
, avec
quelques
Efpagnols
, qui l'abandonnerent
aux Turcs
peu d'années
aprés . Ceuxcy
connoiffant
l'importan
ce de cette Place , la repri
rent , & elle eftoit demeu
rée depuis ce temps là entre
leurs mains.
vous ont informée des avantages
que l'Armée Venitienne
baremportez
fur les
Turcs , par la priſe de Coron
dans la Morée . Voicy
ce qui a efté traduit fur un
imprimé de Veniſe.
310 MERCURE
de
Les Lettres du Generaliffime
Morofini écrites le 10. d'Aouft ,
portent que les Affiegez ſe défendoient
obftinement dans Corony
à la veuë de plus de dix mille
Turcs , qui s'étoient avancez
plufieurs endroits de la Morée ,
avec du Canon , & toute forte
d'apprefts , afin d'attaquer nos li
gnes. Les noftres au contraire ,
aprés un continuel travail dans
les Mines qu'ils avoient fait
jouer , n'eurent pas le fuccés qu'ils
avoient attendu de la principale ,
ce qui empefcha de donner l'Affaut.
Dans ce mefme temps , les
Turcs firent une vigoureufe irGALANT
311
ruption fur une Redoute avancée
des noftres ; mais un Corps de gens
de delà les Monts , y eftant ac
couru , & une forte Efcarmouche
s'eftantfaite , nos Dragons y furvinrent
avec le Bataillon des
Maltois , commandé par le Com
mandeur de la Tour ; de forte
qu'aprés trois heures de combat ,
le pofte fut recouvrépar les nôtres
avec grand carnage des
>
Turcs , & le gain gain de
17 Etendards
, à la veuë des Affiegez ;
les Turcs attaquerent encore plu
fieurs fois nos Lignes de divers
coftez, & furent repouſſez avec
vigueur dans ces diverfes atta
ques.
312 MERCURE
›
Le matin du 7. le Genera
liffine refolut de donner une fauffe
alarme pourfurprendre les Ent
nemis dans la confufion. Ainfi
ayant ramaẞé un Corps de quin-
Ze cens tant Mariniers
Francs que Corfaires , que
fit paffer fecretement pendant la
nuit aux flancs de l'Ennemy ,
aprés avoir fait voler un peu.
de poudre , au fignal de laquelle
tous les Chefs devoient fairefeu,
que
l'on
le mouvement
concerté
de bruit
>
que
par
impréveu , accompagné de tant
dans le fommeil & tous en del'on
fir , bien
les nostres , fut fi
les Turcs furpris
fordre,
GALANT. 313
fordre , prirent auffitoft la fuite,
abandonnant toutes les provifions
qu'ils avoient en abondance pour
la fubfiftance de l'Armée , beaucoup
de munitions de guerre , &
un tres-riche bagage , fix groffes
pieces de Canon de Bronze, plufieurs
Chevaux , Armes , &
mefme l'Etendard Royal orné
faftuenfement de Queues ordinai
res de Cheval. La perte
tres n'a pú eftre plus legere. Ainfi
unfuccés fi important animant le
courage des Affiegeans , on s'ap.
plique par toutesfortes de moyens
àla conqueste de la Place, dont on
donne de tres-grandes esperances.
Dd
Septembre 1685.
des nô314
MERCURE
Je vous envoye la Figure
de l'Etendard dont il eft parlé
dans cette Lettre. Cette
Victoire fut fuivie quatre
jours aprés de la priſe de Coron.
Les Turcs avoient arboré
un Drapeau blanc, pour
demander à capituler ; mais
pendant qu'on envoyoit des
Oftages de part & d'autre
un Turc ayant mis le feu à
un Canon chargé de Cartouches
, qui tua quelques
Soldats , les Affiegeans furent
tellement perfuadez ,
que le Commandant ne les
avoit amufez que pour les
GALANT
315
faire perir, qu'ils donnerent
dans les retranchemens avec
vigueur, & en peu de temps
fe rendirent maiftres de la
Place. Les Soldats n'ayant
pû eftre retenus par les Officiers
, tuerent plus de trois
mille Turcs , & n'épargnerent
ny âge ny fexe.
Coron , appellée par les
Anciens , Corone , eft dans
la Morée , à douze milles de
Modon, vers le Cap Maina,
autrement Bravio de Maina.
C'eſt une Ville marchande
à caufe de fa fituation , elle
a un Port capable de rece-
Dd ij
316 MERCURE
voir plufieurs Vaiſſeaux , elle
a la Mer d'un cofté , & du
cofté de terre un Mur fortifié
de fix Tours à l'antique,
Les Grecs & les Juifs demeu
rent dans la Baffe Ville , &
les Turcs dans un Chafteau
qui eft la Ville Haute. Les
Venitiens en ont efté les
Maiftres dans le quinziéme
Siecle. Bajazet Empereur
des Turcs la prit fur eux,
auffi bien que la Ville de
Modon en 1499. Le Prince
Doria Genois, qui comman
doit l'Armée Navale des Ef
pagnols , la prit fur les Turcs
GALANT. 317
pour Com- en 1533. il y laiffa
mandant
Mendoza
, avec
quelques
Efpagnols
, qui l'abandonnerent
aux Turcs
peu d'années
aprés . Ceuxcy
connoiffant
l'importan
ce de cette Place , la repri
rent , & elle eftoit demeu
rée depuis ce temps là entre
leurs mains.
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Résumé : Nouvelles de Coron. [titre d'après la table]
Le texte décrit les événements militaires entre l'Armée Venitienne et les Turcs à Coron, en Morée, en 1685. Les lettres du généralissime Francesco Morosini datées du 10 août 1685 relatent la résistance des assiégés de Coron face à plus de dix mille Turcs équipés de canons et d'autres armes. Après des tentatives de sape infructueuses, les Vénitiens repoussèrent une attaque turque sur une redoute avancée, récupérant 17 étendards après trois heures de combat. Les Turcs lancèrent plusieurs assauts sur les lignes vénitiennes, tous repoussés avec vigueur. Le 7 septembre, Morosini organisa une fausse alarme pour surprendre les Turcs. Les Vénitiens, soutenus par des marins francs et des corsaires, attaquèrent les Turcs endormis, provoquant leur fuite et capturant des provisions, munitions, bagages, canons, chevaux, armes et l'étendard royal turc. Quatre jours plus tard, les Turcs demandèrent à capituler sous un drapeau blanc, mais un incident déclencha une attaque des assiégés qui prirent le contrôle de la place, tuant plus de trois mille Turcs sans distinction d'âge ou de sexe. Coron, anciennement Corone, est une ville marchande située en Morée, près du Cap Maina. Elle possède un port capable d'accueillir plusieurs vaisseaux et est protégée par un mur fortifié. Les Grecs et les Juifs habitent la basse ville, tandis que les Turcs occupent le château. Historiquement, les Vénitiens en ont été les maîtres au quinzième siècle, mais Bajazet la reprit en 1499. En 1533, le prince Doria la reconquit pour les Espagnols, mais elle revint rapidement aux Turcs.
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1041
p. 317-318
Voyage du Roy à Chambor, & retour à Fontainebleau. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous fait point de détail de ce qui s'est passé [...]
Mots clefs :
Chambord, Chasse, Affaires, Comédie, Fontainebleau, Divertissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyage du Roy à Chambor, & retour à Fontainebleau. [titre d'après la table]
Je ne vous fais point de
détail de ce qui s'eft paffé à
Chambor. Comme ce Pays
eft un lieu de Chaffe , &
qu'on y va pour prendre
ce divertiffement , vous devez
eftre perfuadée qu'on
"
Dd iij
318 MERCURE
y a fouvent goûté ce plaifir.
C'eft un de ceux que Sa
Sa Ma.
jeſté a pris pour ſe délaffer
de la grande application
avec laquelle Elle fe donne
aux Affaires. Il y a eu Comedie
plufieurs fois , & rien n'a
eſté fi magnifique , que les
Tables du Roy où toute la
Cour a mangé. Elle eſt
de retour à Fontainebleau ,
où Elle prendra de nouveaux
Divertiſſemens , il y a
déja quelque temps qu'on y
travaille.
détail de ce qui s'eft paffé à
Chambor. Comme ce Pays
eft un lieu de Chaffe , &
qu'on y va pour prendre
ce divertiffement , vous devez
eftre perfuadée qu'on
"
Dd iij
318 MERCURE
y a fouvent goûté ce plaifir.
C'eft un de ceux que Sa
Sa Ma.
jeſté a pris pour ſe délaffer
de la grande application
avec laquelle Elle fe donne
aux Affaires. Il y a eu Comedie
plufieurs fois , & rien n'a
eſté fi magnifique , que les
Tables du Roy où toute la
Cour a mangé. Elle eſt
de retour à Fontainebleau ,
où Elle prendra de nouveaux
Divertiſſemens , il y a
déja quelque temps qu'on y
travaille.
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Résumé : Voyage du Roy à Chambor, & retour à Fontainebleau. [titre d'après la table]
Le texte relate une visite à Chambord, un site de chasse apprécié du roi pour ses divertissements et sa détente après ses obligations. Des spectacles et des repas somptueux y ont été organisés pour la cour. Celle-ci est maintenant revenue à Fontainebleau, où de nouveaux divertissements sont prévus. Les préparatifs sont en cours depuis quelque temps.
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1042
p. 323-326
Comedies representées à Roüen. [titre d'après la table]
Début :
On me mande de Roüen un petit Prodige dont je dois [...]
Mots clefs :
Prodige, Comédiens, Troupe, Monseigneur le Dauphin, Représentations, Théâtre, Rôles, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Comedies representées à Roüen. [titre d'après la table]
On me mande de Rouen
un petit Prodige dont je dois
vous faire part. Mademoifelle
de Villiers , Femme d'un
des Comediens de Sa Majeſté
, à l'exemple de Mademoifelle
Raifin fa Mere,qui
avoit formé une Troupe de
petits Comediens , appellez
la Troupe de Monfeigneur
le Dauphin , y en a étably
une autre , à laquelle le Roy
a permis de joindre le titre
de Comediens de Monfei
324 MERCURE
gneur le Duc de Bourgogne.
Elle a choify pour la compofer,
huit Enfans avec un Garçon
& une Fille qu'elle a ; &
les a fi bien concertez ens
femble , qu'ils ont furpris &
charmé toute la Ville , dans
deux Reprefentations que
cette petite Troupe a déja
données d'Ariine ; fur le .
Theatre des Comediens de
Monfeigneur le Dauphin ,
qui font toûjours à Rouen.
La Fille de Mademoiſelle de
Villiers , qui eft la plus vieil
le de la Troupe, quoy qu'el
le n'ait encore que dix ans ,,
GALANT 325
a fait des merveilles dans le
Role d'Ariane , qui eſt tout
remply de paffion . Son Frere
qui n'en a que huit, s'eft fait
admirer en jouant Theſée,
Et la petite Phedre, âgée de
fept ans, a efté extremément
applaudie. On peut dire que
cet établiffement eft avantageux
au Public , puifque
ce font des Eleves. que l'on
forme pour fon plaifir, comme
il s'en fait dans toutes les
autres Profeffions . La pluf
part des bons Comediens ,
tant Serieux que Comiques,
comme Mrs Baron , Raiſin ,
326 MERCURE
& autres qui font dans la
Troupe de Sa Majefté ont
efté élevez de cette forte &
on les a tirez de celle de
Monfeigneur le Dauphing
pour les faire venir à Paris
où vous fçavez qu'ils fe font
rendus parfaits..
un petit Prodige dont je dois
vous faire part. Mademoifelle
de Villiers , Femme d'un
des Comediens de Sa Majeſté
, à l'exemple de Mademoifelle
Raifin fa Mere,qui
avoit formé une Troupe de
petits Comediens , appellez
la Troupe de Monfeigneur
le Dauphin , y en a étably
une autre , à laquelle le Roy
a permis de joindre le titre
de Comediens de Monfei
324 MERCURE
gneur le Duc de Bourgogne.
Elle a choify pour la compofer,
huit Enfans avec un Garçon
& une Fille qu'elle a ; &
les a fi bien concertez ens
femble , qu'ils ont furpris &
charmé toute la Ville , dans
deux Reprefentations que
cette petite Troupe a déja
données d'Ariine ; fur le .
Theatre des Comediens de
Monfeigneur le Dauphin ,
qui font toûjours à Rouen.
La Fille de Mademoiſelle de
Villiers , qui eft la plus vieil
le de la Troupe, quoy qu'el
le n'ait encore que dix ans ,,
GALANT 325
a fait des merveilles dans le
Role d'Ariane , qui eſt tout
remply de paffion . Son Frere
qui n'en a que huit, s'eft fait
admirer en jouant Theſée,
Et la petite Phedre, âgée de
fept ans, a efté extremément
applaudie. On peut dire que
cet établiffement eft avantageux
au Public , puifque
ce font des Eleves. que l'on
forme pour fon plaifir, comme
il s'en fait dans toutes les
autres Profeffions . La pluf
part des bons Comediens ,
tant Serieux que Comiques,
comme Mrs Baron , Raiſin ,
326 MERCURE
& autres qui font dans la
Troupe de Sa Majefté ont
efté élevez de cette forte &
on les a tirez de celle de
Monfeigneur le Dauphing
pour les faire venir à Paris
où vous fçavez qu'ils fe font
rendus parfaits..
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Résumé : Comedies representées à Roüen. [titre d'après la table]
Mademoiselle de Villiers, épouse d'un comédien du roi, a fondé une troupe de jeunes comédiens à Rouen, similaire à celle de Madame Raffin. Autorisée par le roi, cette troupe porte le titre de 'Comédiens de Monseigneur le Duc de Bourgogne' et comprend huit enfants, dont son fils et sa fille. Lors de représentations de la pièce 'Ariane' au théâtre des Comédiens de Monseigneur le Dauphin, la troupe a séduit le public. La fille de Mademoiselle de Villiers, âgée de dix ans, a excellé dans le rôle d'Ariane, tandis que son frère de huit ans a été acclamé pour son interprétation de Thésée. Une jeune fille de sept ans a également été applaudie pour son rôle de Phèdre. Cet établissement contribue à former des élèves pour le plaisir du public, comme dans d'autres métiers. Plusieurs comédiens célèbres, tels que Messieurs Baron et Raisin, ont été élevés ainsi avant de rejoindre la troupe royale à Paris.
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1043
p. 326-328
Talent admirable d'une jeune personne de qualité. [titre d'après la table]
Début :
Je suis fâché de l'accident que vous me mandez. Si [...]
Mots clefs :
Accident, Chirurgien, Bras, Talent, Os, Soins, Guérison, Opération
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texteReconnaissance textuelle : Talent admirable d'une jeune personne de qualité. [titre d'après la table]
Je fuis fâché de l'accident
que vous me mandez. Si vôn
tre Amie , qui s'afflige tant
de fon bras rompu , ne fe fie
pas aux Chirurgiens de fon
voifinage , elle n'a qu'à fe
faire porter à Evaux , qui eft
une Ville du Bourbonnois.
Elle y trouvera une jeune
GALANT. 327
perfonne de qualité appellée
Mademoiſelle de Remirand,
qui a un talent admirable
pour remettre des bras &
des jambes démis ou rompus ,
& des coftes enfoncées . Elle
fait plufieurs autres operations
de cette nature avec
un entier fuccés ; & lors
qu'elle trouve un bras qui a
efté mal remis , elle le caffe
pour luy rendre fa fituation
naturelle , & ne manque
point à luy redonner fa premiere
fonction . Ce qui luy
attire une grande confiance,
c'est que la charité feule
328 MERCURE
l'engage à faire ces fortes de
cures , & qu'elle ne prend
rien de perfonne.
que vous me mandez. Si vôn
tre Amie , qui s'afflige tant
de fon bras rompu , ne fe fie
pas aux Chirurgiens de fon
voifinage , elle n'a qu'à fe
faire porter à Evaux , qui eft
une Ville du Bourbonnois.
Elle y trouvera une jeune
GALANT. 327
perfonne de qualité appellée
Mademoiſelle de Remirand,
qui a un talent admirable
pour remettre des bras &
des jambes démis ou rompus ,
& des coftes enfoncées . Elle
fait plufieurs autres operations
de cette nature avec
un entier fuccés ; & lors
qu'elle trouve un bras qui a
efté mal remis , elle le caffe
pour luy rendre fa fituation
naturelle , & ne manque
point à luy redonner fa premiere
fonction . Ce qui luy
attire une grande confiance,
c'est que la charité feule
328 MERCURE
l'engage à faire ces fortes de
cures , & qu'elle ne prend
rien de perfonne.
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Résumé : Talent admirable d'une jeune personne de qualité. [titre d'après la table]
Une amie du destinataire a eu un accident. L'auteur recommande Mademoiselle de Remirand à Évaux, reconnue pour ses compétences en chirurgie. Elle traite les fractures, luxations et côtes enfoncées, corrige les mauvaises réductions et restaure la fonction des membres. Elle exerce gratuitement.
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1044
p. 328
Musique aux Theatins. [titre d'après la table]
Début :
Mercredy dernier 26. de ce mois, il y eut aux [...]
Mots clefs :
Musique, Prières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Musique aux Theatins. [titre d'après la table]
Mercredy dernier 26. de ce
mois , il y eut aux Theatins
un Salut en Mufique , avec
des Prieres pour les Morts.
La mefme chofe fe doit faire
tous les Mercredis dans la
même Eglife.LaMufique eft
du fameux M* Lorenzani ,
Maiſtre de la Mufique de la
Reine.L'habileté qu'il a dans
' cet Art , eft connuë de tout
le monde .
mois , il y eut aux Theatins
un Salut en Mufique , avec
des Prieres pour les Morts.
La mefme chofe fe doit faire
tous les Mercredis dans la
même Eglife.LaMufique eft
du fameux M* Lorenzani ,
Maiſtre de la Mufique de la
Reine.L'habileté qu'il a dans
' cet Art , eft connuë de tout
le monde .
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1045
s. p.
TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Début :
Harangue faite au Roy, par Mr Coadjuteur de Roüen. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume. A
HAranguefaire au Roy- par Mr.16
Coadjuteur de Rouen, en 3
Actions de Pieté du Roy.ed 23
Liberalitez de Sa Majesté.
Elegie de Mr de Cantenac.
v: 30
33
Creation de 2. nouveaux Regimens. ~ 41
Serment prefté pour la Lieutenance generale
de la Province de Berry.
44
Mr le Comte de la Vauguyon eft nommé
Ambassadeur en Espagne. 46
Tableaux faits pour le Roy , par Mr.
Mignard & par Mr le Brun .
Lettre fur le Tableau de Mr le Brun. 53
Morts de plufieurs perfonnes confiderables.
8
47
92
Epiftre chagrine de Me Deshoulieres.108
Relation de Mr Chaſſebras de Cramailles
, contenant fon Voyage depuis Ve
nife jufques à Rome , & fes Remarques
fur les Villes , Lieux & Chemins.
TABLE.
119
confiderables , avec les Devotions de
Noftre-Dame de Lorette, & de Saint
François d' Affife.
Relation de tout ce qui s'eft paßé au Louvre
le jourde la Fefte de S. Louis. 209
Eloge du Roy par Mr l'Abbé Capeau.221
Ce qui s'eft paßé dans la Ville de Luxem
bourg, le jour de S. Louis.
237
240
243
Prix remportépar le Pere Morgues Je-
Suite.
Election de z nouveaux Echevins. 244
Difcoursfait au Roy par Mr le Fevre
* d'Ormeffon.
Survivance accordée par le Roy à Mrde
Maupeou.
Nouvelles Cloches benites en l'Eglife de
S. Eftienne du Mont , & tenues par les
fix Docteurs Regens de la Faculté de
Droit de l'Univerfité de Paris. 256
Etats de Bretagne.
252
257
Départ de Mr Girardin pour Conſt. 265
Affaires d'Allemagne.
Réjouiffances faites à Angers.
Morts.
267
296
198
Charge de grand Maistre de l'Artiller
TABLE.
donnée à Mr le Maréchal de Humie
res.
305
Gouvernement de S. Germain en Laye,
donné à Mr le Marquis de Montchevreil.
Mariage.
Nouvelles de Coron.
307
509
109
Voyage du Roy à Chambor , & retour à
Fontainebleau.
Enigmes.
Comedies reprefentées à Rouen .
3107
323
Talent admirable d'une jeune perfonne
de
qualité.
Mufique aux Theatins.
326
328
Articles refervez pour le mois prochain.
Fin de la Table.
contenues dans ce Volume. A
HAranguefaire au Roy- par Mr.16
Coadjuteur de Rouen, en 3
Actions de Pieté du Roy.ed 23
Liberalitez de Sa Majesté.
Elegie de Mr de Cantenac.
v: 30
33
Creation de 2. nouveaux Regimens. ~ 41
Serment prefté pour la Lieutenance generale
de la Province de Berry.
44
Mr le Comte de la Vauguyon eft nommé
Ambassadeur en Espagne. 46
Tableaux faits pour le Roy , par Mr.
Mignard & par Mr le Brun .
Lettre fur le Tableau de Mr le Brun. 53
Morts de plufieurs perfonnes confiderables.
8
47
92
Epiftre chagrine de Me Deshoulieres.108
Relation de Mr Chaſſebras de Cramailles
, contenant fon Voyage depuis Ve
nife jufques à Rome , & fes Remarques
fur les Villes , Lieux & Chemins.
TABLE.
119
confiderables , avec les Devotions de
Noftre-Dame de Lorette, & de Saint
François d' Affife.
Relation de tout ce qui s'eft paßé au Louvre
le jourde la Fefte de S. Louis. 209
Eloge du Roy par Mr l'Abbé Capeau.221
Ce qui s'eft paßé dans la Ville de Luxem
bourg, le jour de S. Louis.
237
240
243
Prix remportépar le Pere Morgues Je-
Suite.
Election de z nouveaux Echevins. 244
Difcoursfait au Roy par Mr le Fevre
* d'Ormeffon.
Survivance accordée par le Roy à Mrde
Maupeou.
Nouvelles Cloches benites en l'Eglife de
S. Eftienne du Mont , & tenues par les
fix Docteurs Regens de la Faculté de
Droit de l'Univerfité de Paris. 256
Etats de Bretagne.
252
257
Départ de Mr Girardin pour Conſt. 265
Affaires d'Allemagne.
Réjouiffances faites à Angers.
Morts.
267
296
198
Charge de grand Maistre de l'Artiller
TABLE.
donnée à Mr le Maréchal de Humie
res.
305
Gouvernement de S. Germain en Laye,
donné à Mr le Marquis de Montchevreil.
Mariage.
Nouvelles de Coron.
307
509
109
Voyage du Roy à Chambor , & retour à
Fontainebleau.
Enigmes.
Comedies reprefentées à Rouen .
3107
323
Talent admirable d'une jeune perfonne
de
qualité.
Mufique aux Theatins.
326
328
Articles refervez pour le mois prochain.
Fin de la Table.
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Résumé : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Le document est une table des matières d'un volume historique. Il commence par une harangue du coadjuteur de Rouen au roi, suivie de descriptions des actions pieuses et des libéralités royales. Le texte mentionne la création de deux nouveaux régiments et la nomination du comte de La Vauguyon comme ambassadeur en Espagne. Il inclut des informations sur des tableaux réalisés pour le roi par Mignard et Le Brun, ainsi qu'une lettre concernant le tableau de Le Brun. Plusieurs décès de personnalités notables sont signalés, accompagnés d'une épître de Mme Deshoulières. Le document relate ensuite un voyage de Monsieur Chassebras de Cramailles de Venise à Rome, avec des remarques sur les villes et lieux visités, ainsi que des dévotions à Notre-Dame de Lorette et à Saint François d'Assise. Il décrit les événements au Louvre lors de la fête de Saint-Louis, un éloge du roi par l'abbé Capeau, et des réjouissances à Luxembourg et Angers. Le texte mentionne également l'élection de nouveaux échevins, un discours au roi par Monsieur Le Fèvre d'Ormesson, et diverses nominations royales, dont celles de Monsieur de Maupeou et du maréchal d'Humières. Il traite aussi des affaires en Allemagne, des nouvelles de Coronie, un voyage du roi à Chambord et son retour à Fontainebleau, ainsi que des représentations théâtrales à Rouen et des talents musicaux remarquables. Enfin, il annonce des articles réservés pour le mois suivant.
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1046
s. p.
« ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure [...] »
Début :
ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure [...]
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texteReconnaissance textuelle : « ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure [...] »
ON donnera toujours unVolume
nouveau du Mercure Galant le
premierjour de chaque Mois, &: on
le vendra,aussi-bien que l'Extraordinaire,
Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
nouveau du Mercure Galant le
premierjour de chaque Mois, &: on
le vendra,aussi-bien que l'Extraordinaire,
Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
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1047
s. p.
TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Début :
Prelude. Statuë du Roy élevée à Ruel. Inscriptions qui sont [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume.
PRelude.
Statué du Roy élevée a Rut!.; Inscriptions quifom autour de cette Statuë.
5
La Nimphe de Rutl
, au Roy. il
LaFrance,auRoy. 11
Statué du Roy élevée à Caèn,&fes ln..
fcriptions
j avec le détail de toutes les
Certmonies quiJe fotit faites en cette
Dccafion. 15
Harangue faite au Roy par Mr le Recteur
de fVniverjité.H
Poème. 44.
Prix de l'Arc¡uebu'l.e. 5y
Fondationperpétuelle d'une Feflea Issoudun,.
po::r la N'ai[fance du Roy. 77
SixCièmeDiarloguoe desichorses deifficile.s à Article concernant la TbcrÙlque. 118
mu. 1;6-
Relation de tout ce qui s'estpasséa la Reception
de Madame la Duchesse de Richelieu,
à Richelien.JJS
Relation tres-curieuse du Siegede Coron,
avec des circonstances qui n'ont point
encor estéfccrÛs, & tous les noms des
Chevaliers de Malie, tant François
qu'Etrangers qui ont effectuez. & blessez
en cette-occasîon. i^'p
MMaisoon derCtasrn.av.alet. 239 Livre 24p d'Armes.
151 IIIiroucr ardant d'une grandeur extraordinaire
,&seseffets. 252 Entrée de l'sfmbaffkdeur de Pologne a
Fontainebleau, &ses Audlances. 166
Continuation des Prreres
,
fdm tufage
<CItalie,sa'tesaux Thcatins. 272.
TOI:t ce CJHIs'ejl p4jU depuis deux mois
touchant les affaires de la Rclioion Pretendue
Reformée. 274
Norrn de ceux qui ont trouvé les véritables
mots des Enigmes du mois dernier.
ng
énigmes. 34.S
Charges remplies dans laMltifln de MonfilUr.
D:ivcertis,smemenesddeFioentasin.e3bleapu.335.111
.(]()nclHfion contenant plujieurs articles re- farvez.pour le moùprochain,356
FindelaTable
contenues dans ce Volume.
PRelude.
Statué du Roy élevée a Rut!.; Inscriptions quifom autour de cette Statuë.
5
La Nimphe de Rutl
, au Roy. il
LaFrance,auRoy. 11
Statué du Roy élevée à Caèn,&fes ln..
fcriptions
j avec le détail de toutes les
Certmonies quiJe fotit faites en cette
Dccafion. 15
Harangue faite au Roy par Mr le Recteur
de fVniverjité.H
Poème. 44.
Prix de l'Arc¡uebu'l.e. 5y
Fondationperpétuelle d'une Feflea Issoudun,.
po::r la N'ai[fance du Roy. 77
SixCièmeDiarloguoe desichorses deifficile.s à Article concernant la TbcrÙlque. 118
mu. 1;6-
Relation de tout ce qui s'estpasséa la Reception
de Madame la Duchesse de Richelieu,
à Richelien.JJS
Relation tres-curieuse du Siegede Coron,
avec des circonstances qui n'ont point
encor estéfccrÛs, & tous les noms des
Chevaliers de Malie, tant François
qu'Etrangers qui ont effectuez. & blessez
en cette-occasîon. i^'p
MMaisoon derCtasrn.av.alet. 239 Livre 24p d'Armes.
151 IIIiroucr ardant d'une grandeur extraordinaire
,&seseffets. 252 Entrée de l'sfmbaffkdeur de Pologne a
Fontainebleau, &ses Audlances. 166
Continuation des Prreres
,
fdm tufage
<CItalie,sa'tesaux Thcatins. 272.
TOI:t ce CJHIs'ejl p4jU depuis deux mois
touchant les affaires de la Rclioion Pretendue
Reformée. 274
Norrn de ceux qui ont trouvé les véritables
mots des Enigmes du mois dernier.
ng
énigmes. 34.S
Charges remplies dans laMltifln de MonfilUr.
D:ivcertis,smemenesddeFioentasin.e3bleapu.335.111
.(]()nclHfion contenant plujieurs articles re- farvez.pour le moùprochain,356
FindelaTable
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Résumé : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Le document est une table des matières d'un volume historique détaillant divers événements et activités liés à un roi. Il commence par des descriptions de statues et inscriptions dédiées au roi à Rueil et Caen, ainsi que les cérémonies associées. Le texte inclut des discours et poèmes, comme la harangue du recteur de l'Université et un poème. Il mentionne la création d'une fête perpétuelle à Issoudun pour célébrer la naissance du roi et un dialogue sur des sujets complexes. Le document relate ensuite plusieurs événements, tels que la réception de la Duchesse de Richelieu à Richelieu, le siège de Corone avec la liste des chevaliers blessés, et l'entrée de l'ambassadeur de Pologne à Fontainebleau. Il aborde également des questions religieuses concernant la Religion Prétendue Réformée et présente des énigmes avec leurs solutions. Enfin, il liste les charges remplies dans la milice du monarque et annonce des événements prévus pour le mois suivant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1048
s. p.
« Page 357. au lieu de, Qui vient de répandre une [...] »
Début :
Page 357. au lieu de, Qui vient de répandre une [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Page 357. au lieu de, Qui vient de répandre une [...] »
~P#&e357* du lieu de, Qui vient de répandreune
tristesse generale dans toute la France, lisez,Que toute la Fiance ne pourra apprendre sans douleur.
tristesse generale dans toute la France, lisez,Que toute la Fiance ne pourra apprendre sans douleur.
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1049
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par, Sur les tendres Ormeaux le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
AV16 pour placerles Figures.
L'Air qui commence par, Surles tendres
Ormeaux le Rossignolfidelle. f
f La Medaille du Royd'Angleterre,
doit regarder la page i$i.
L'Air qui commence par Quel chagrin
, Iris, d'estre tendre. 351
L'Air qui commence par, Surles tendres
Ormeaux le Rossignolfidelle. f
f La Medaille du Royd'Angleterre,
doit regarder la page i$i.
L'Air qui commence par Quel chagrin
, Iris, d'estre tendre. 351
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1050
p. 1-2
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Vous le voyez, Madame ; j'ay beau vous parler du [...]
Mots clefs :
Roi, Harangue, Éloge, Grandeur, Vertus morales, Auguste monarque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
Madame;
jay beau
vous parlerduRov
au commencement de routes
mes Lettres. Cette nul
tiere estsi abondante, qu'il
effim*poffible de 1épi:»• Ll
É-", r1
Harangue de Mrle coadJu"
• teur de Roüen, & celle de
Mr d'Ormesson, que je vous
envoyay le dernier mois,
avec l'Eloge que Mrl'Abbé
Cappeau fit de Sa Majesté,
dans le Sermon qu'il prescha
au Louvre le jour de laFeste
de S. Louis, sont remplies
de plusieurs choses nouvelles
qui marquent la Grandeur
& les Vertus Morales
& Politiques de cet Auguite
Monarque. On ne doit pas
s'étonner après
jay beau
vous parlerduRov
au commencement de routes
mes Lettres. Cette nul
tiere estsi abondante, qu'il
effim*poffible de 1épi:»• Ll
É-", r1
Harangue de Mrle coadJu"
• teur de Roüen, & celle de
Mr d'Ormesson, que je vous
envoyay le dernier mois,
avec l'Eloge que Mrl'Abbé
Cappeau fit de Sa Majesté,
dans le Sermon qu'il prescha
au Louvre le jour de laFeste
de S. Louis, sont remplies
de plusieurs choses nouvelles
qui marquent la Grandeur
& les Vertus Morales
& Politiques de cet Auguite
Monarque. On ne doit pas
s'étonner après
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Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
L'auteur d'une lettre à une dame mentionne plusieurs communications antérieures sur le Roi. Il cite trois discours : ceux de Monsieur le coadjuteur de Rouen, de Monsieur d'Ormesson et l'éloge de l'abbé Cappeau au Louvre. Ces discours soulignent la grandeur et les vertus morales et politiques du monarque, confirmant ses qualités exceptionnelles.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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