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1
p. 3-76
CONVERSATION ACADEMIQUE, Dans laquelle il est traité des bonnes, & des mauvaises qualitez de l'Air. A Madame la Comtesse de C. R. C.
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Vous m'avez témoigné, Madame, que l'Entretien Académique, dont [...]
Mots clefs :
Air, Docteur, Corps, Vent, Chevalier, Abbé, Pays, Vents, Feu, Hommes, Marquis, Terre, Feu, Lieu, Lieux, Président, Temps, Dieu, Âme, Esprit, Maisons, Qualité, Conversation académique, Raison, Manière, Éléments, Eau, Couleur, Froid, Maladies
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texteReconnaissance textuelle : CONVERSATION ACADEMIQUE, Dans laquelle il est traité des bonnes, & des mauvaises qualitez de l'Air. A Madame la Comtesse de C. R. C.
CONVERSATION
ACADEMIQUE,
Dans laquelle il eſt traité des ,
bonnes , & des mauvaiſes
litez de l'Air.
qua.
AMadame la Comteſſe de C. R. C.
V
Ous m'avez témoigné,
Madame , que l'Entretien
Académique , dont je vous fis
part au mois d'Avril de l'année
1680 , ne vous avoit point déplû,
& vous m'avez mefme demandé
tant de fois des nouvelles de cet
illuftre Abbé , chez qui l'on parla
du fommeil de l'aprefaînée, que
je crois encore vous faire plaifir
7
A ij
4
Extraordinaire
en vous apprenant fon retour,
& ce qui s'eft dit dans une autre
Converfation , où je me ſuis auffi
heureufement trouvé que la premiere
fois. Il y avoit longtemps
que nous n'avions veu cet Abbé
dans la Province ; mais quoy
qu'il foit infirme , il ne laiffe pas
d'entreprendre des Voyages pénibles
pour le fervice du Roy, &
de fes Amis , & d'agir comme s'il
fe partoit bien. Je vous avoue
que fa patience eft merveill‹ uſe;
mais en pratiquant cette excellente
vertu , il croit arriver à
toutes les autres. Pour vous,
Madame , qui ne pouvez foufrir
de retardement à tout ce que
vous fouhaitez , je m'imagine
déja que vous eftes impatiente
de fçavoir fur quoy a roulé noſtre
Entretien.
du Mercure Galant.
S
Je vous diray donc qu'eſtanc
alle voir cet illuftre Abbé , je le
trouvay avec la Troupe choisie,
qui ne l'abandonne pas quand il
eft en ce Païs , & un Confeiller
qui fortit quelque temps apres
que je fus arrivé. Comme ce
Confeiller eft d'une grande pref
tance , cet Homme , dit M' le
Marquis , a l'air d'un veritable
Magiftrat. Oüy , repliqua l'Abbé
, c'eft un Juge fort entendu
dans fa Charge , & plein de
courage pour la juftice , & pour
les intérefts de fa Compagnie. Il
porte cela fur fon vifage , dit le
Chevalier , il n'y a qu'à le voir.
On a quelquefois de la peine à
le retenir , tant il a de feu & de
vivacité , ajoûta le Préfident.
Cette chaleur , dit le Docteur,
7
A iij
6 Extraordinaire-
>
eft un effet de fon tempérament,
qui eftant fanguin le rend
violent & prompt. Il eft vray
que nous devons beaucoup à
noftre complexion , dit l'Abbé ;
& fi l'heureuſe naiffance fait les
bonnes moeurs , il est encore
vray , pour en revenir à l'air dont
nous parlions , qu'il contribuë
extrémement à la fortune des
Hommes. Ifabelle , Reyne d'Eſ
pagne , difoit ordinairement que
la bonne mine leur fervoit d'une
Lettre de recommandation affez
ample. En effet , quand une Perfonne
bien faite vient à nous , fon
air nous prévient d'abord en fa faveur
; & le Duc de Guife , parlant
dans fesMémoires de l'Action hé !
roïque qu'il fit à Naples, lors qu'il
appaifa tout feul une troupe de
du Mercure Galant. ブ
Séditieux , ce Prince dit que les
Gens de qualité ont un je ne.
fçay- quoy dans le vifage , qui fait
peur à la Canaille. Jules Céfar
paroiffant devant les Soldats mutinez
, les ärrefta d'une feule parole
; & Augufte étonna les Lé.
gions d'Antoine par fa préſence .
Dans le temps des Guerres deParis
, le Garde des Sceaux Molé,
en fe montrant fur les Degrez
du Palais , defarma & appaifa le
Peuple qui le cherchoit pour
s'en défaire . Ileft donc conſtant
qu'il y a un certain air dans les
Perfonnes , & un certain caractere
fur le vifage , qui nous infpire
de l'eftime , de la crainte , & de
la venération . Comme auffi il
y
a un certain air , & un certain caradere
qui nous cauſe de la dé-
A iiij
& Extraordinaire
fiance , de l'averfion , & du mé.
pris. De - là viennent ces viſages
favorables , ou malencontreux ,
dont la mine . feule femble nous
annoncer d'abord quelque bonheur
, ou quelque malheur à venir.
Tel eftoit Montagne , qui
fur le fimple crédit de fa préfen- .
ce , & de fon air , nous affure que
des Perfonnes qui ne le connoiffoient
pas , fe fioient en luy , foit
pour leurs propres affaires , ou
pour les fiennes , & que mefme
dans les Païs Etrangers , il en
avoit tiré des faveurs rares &
fingulieres. Il fait quelques petits
contes fur le fujet des chofes qui
luy estoient arrivées , qui font
affez remarquables .
L'Abbé ayant ceffé de parler;
ne peut- on pas ajouter à tous
du Mercure Galant .
9
ces Exemples , dit le Marquis ,
la bonne mine du Roy , fa taille,
fon grand air , & ce caractere
plein de majeſté , & de fageffe
qui l'accompagne toujours ?
C'eft par- là qu'il terraffe les Ennemis
, auffibien que par la force
de fes Armes , & qu'il s'attire
les refpects , & l'amour de tous
ceux qui l'envifagent . On a eu
bien raifon de mettre entre les
Fremieres maximes de regner,
qu'il falloit pour remplir dignement
la Royauté , le port , la
taille , & la bonne mine , qui ne
font autre chofe que le bon air
qui charme par des vertus fe.
crettes de l'ame. Car il ne faut
pas s'imaginer que le corps luy
tienne lieu d'une honteufe prifon
, c'eſt un Temple où cette
10 Extraordinaire
petite Divinité fe plaiſt davanta
ge, plus il eft pur & net au dedans,
& beau & magnifique au dehors.
Neantmoins Scaron a dit ,
Souvent un vilain corps loge un
noble courages
Et c'eft un grand menteur fouvent
que le vifage.
Oh, pour Scaron , interrompit
le
Chevalier qui n'avoit poinɛ
encore parlé , & dont j'admirois
le long filence , il n'avoit garde
de s'expliquer autrement. Il ef
toit trop intereffé à défendre le
party de la laideur , & de la di
formité , car il n'avoit pas le
viſage plus beau que le corps,
& chacun fçait comme il eftoit
fait ; mais M' de Corneille a dit
bien plus vray que M' Scaron ,
quand il affure que tout le mon
du Mercure Galant. 11
de veut eftre beau , & bien fait,
Et quefinous eftions artifans de nous
mefmes,
On ne verroitpar tout que des beautez
Suprémes.
Cela dépend de Dieu , & non
pas de nous , dit l'Abbé, Ipfefecit
nos, & non ipfi nos. Il s'eft réſervé à
luy feul , le fecret de la nailfance
des Hommes , & l'a rendu impénétrable
à leur curiofité . Nous
ne fçaurions donc connoiftre
pourquoy celuy.cy a un air qui
plaiſt , & celuy là un air qui rebute
& qui dégoufte ; mais M ' le
Docteur , dites - nous un peu à
le bien prendre , ce que c'eft que
l'air , car les Orateurs, les Poëtes,
& les Philofophes en parlent diverſement.
L'air , répondit ce Docteur,
12 Extraordinaire
peut eftre confideré en trois manieres,
comme Elément , comme
Température , & comme Mode
ou Maniere . Pour moy , je croy
que c'est l'expreffion des autres
Élémens , & du mouvement , de
to s les Corps , qui participe à
toutes leurs bonnes ou mauvaiſes
- qualitez. Ainfi l'on dit , l'air du
temps , l'airdu feu , prendre l'air,
pour dire recevoir cette tranfpiration
des corps dans fa fource,
& dans toute fon , étendue . On
donne ordinairement le nom
'd'air à toute cette Matiere li
quide & tranfparente dans la.
quelle nous vivons , & qui eft ré .
pandue de tous coftez à l'entour
du Globe , compofé de la terre
& de l'eau. En effet , quelques
Philofophes prétendent que les
du Mercure Galant.
13
Cieux font fluides , comme un
grand air vague & fpatieux,
dans lequel les Etoiles & les
Planetes fe promenent comme
les Poiffons dans la Mer , & les
Oifeaux dans les Nuës ; & le
Philofophe de Cour ( car enfin
il faut raifonner à la mode aujourd'huy
) cet Autheur , dis-je,
veut que les Cieux foient fluides,
& de la nature d'un air tres.fub
til , & tres- purifié . Les Anciens
ont auffi confondu les mots de
Ciel , & d'Air , en parlant de la
Partie que nous voyons ; & l'on
dit tous les jours , apres la Sainte
Ecriture , les Oiseaux du Ciel ,
ils volent dans le Ciel , pour dire,
les Oifeaux de l'air , ils volent
dans l'air. En effet , l'air entre
dans la compofition du Ciel , &
14
Extraordinaire
le Ciel femble eftre un air con
denfé. Un Moderne a eu raiſon
de dire , que l'air eft un étrange
& admirable compofé , & que
pour le bien connoiftre , il faudroit
connoiftre auparavant la
nature de tous les Corps qui entrent
dans fa compofition. Comment
donc le concevoir dans
cette fimplicité qui luy eſt neceffaire
pour eftre Elément ? Car
dans la compofition où il fe trouve
prefque toujours , par le mélange
des autres Elemens , & de
tous les Corps qui s'exhalent.
continuellement de la Terre , on
ne peut dire précisément ce que
c'eft . Le Philofophe de Cour,
dénie à l'air le nom & la qualité
d'Elément , & dit que par fa
fubtilité il eft feulement fembla
du Mercure Galant,
ble au premier Elément des Car
réfiens. Quelques autres difent
que c'est une portion de la
Matiere premiere , débrouillée
& purifiée par la Lumiere. La
penſée de cet Ancien eft jolie,
qui difoit que l'Air eftoit la vître.
rie de l'Univers , par où les Crea.
tures voyent tous les Objets
comme dans un Miroir , par la
refléxion de cetteLumiere. C'eft
luy qui conferve les couleurs invifibles
qui peignent tous les
Objets dans nos yeux , quoy qu'il
foit fans couleurs , puis que tous
les Objets tranfmetent leurs efpeces
en luy , ce qu'ils ne pour
roient pas faire s'il avoit quelque
couleur , comme nous voyons
tout rouge , ou tout jaune , dans
un verre qui eft peint de la fort,
16 Extraordinaire
›
Un Philofophe moderne dit que
l'air n'eft pas vifible , parce qu'il
eft trop délié ; mais qu'autant
qu'on le peut voir par la refpiration
, ou par les Arquebules à
vent , il eft de couleur grifatre,
A propos de la couleur de l'Air,
s'écria le Chevalier , en regar.
dant le Marquis , ne vous fouvient-
il point de ce prétendu Sor
cier , qui nous difoit un jour qu'il
avoit veu le Vent , & qu'il eftoit
rouge , jaune , & bleu ? Il eſt
beaucoup de femblables Viſionnaires
, répondit le Marquis , &
je croy qu'il s'en trouve auffi
parmy les Philofophes ; mais
laiffons parler M' le Docteur, car
il a fans doute de belles chofes à
nous dire . Apres un modefte
fous-rire , le Docteur reprit fon.
du Mercure Galant.
17
Difcours de la forte.
Les Philofophes donnent à
l'Air des figures bien diférentes,
& le mettent en tant de postures,
qu'il eft impoffible de le connoiftre
tel qu'il eft en effet. Quel
ques- uns difent
que les goutes
d'eau & de rolée, qui tombent de
l'air eftant rondes , cer Elément
eft de figure ronde , parce que
les parties doivent avoir l'inclination
du tout , mais en verité, je
trouve cette raifon badine , car
hors la Terre , les autres Elémens
qui font toujours dans l'agitation
, & dans le mouvement ,
n'ont point de figures certaines
& naturelles , Encore s'il eft vray
que la Terre tourne, il faut croire
qu'elle en change de temps en
temps puis qu'elle s'éboule , &
Q. d'Octobre 1683. B
18 Extraordinaire
s'écorne ſouvent , comme par
lent ceux qui fuivent cette opi- .
nion . Ainfi on diſpute fort inutilement
, fi la Terre eft ronde,
ou fphérique ; fi le Feu eft ovale,
ou pyramidal ; fi l'Eau eft plate,
ou fphérique , & fi l'Air eft
rond , ou triangulaire. Les Cartéfiens
difent que le fecond Elément
, auquel ils donnent le nom
d'Air , n'eft autre choſe que les
parties de leur Matiere fubtile,
qui pour eftre plus groffieres s'ar
rondiffent fans ceffe , que l'Air
le plus groffier a la proprieté de
fe dilater beaucoup , & qu'il fe
mefle aisément avec la Matiere
fubtile. Quelque autre affure
qu'il eft droit , quand il eft lenr,
c'eft à dire, dans fa gravité , mais
que lors qu'il eft furieux & turdu
Mercure Galant.
19
•
bulent , & fi vous voulez tourbillon
, il eft un peu courbé , &
d'une figure circulaire , mais je
croy qu'il n'a point d'autres figures
que celles du corps qui le
renferme. Quoy que fa couleur
foit inperceptible , comme nous
avons dit,il eft neantmoins tranf
parens , parce que les parties eftant
toûjours en action , laiffent
un grand vuide entre elles , & ce
vuide eft remply des rayons des
Corps lumineux. L'air que nous
refpirons eft vifible , parce que
ce font les fumées du coeur que
l'air extérieur codenſe & épaiffit,
quand il eft froid ; & plus la Perfoune
eft d'une complexion forte
& robufte , & plus elle pouffe
d'air quand elle eſt agirée ,
principalement en Hyver qu'il
Bij
20 Extraordinaire
·
fort de la bouche à gros flocons.
Pour fon odeur, les Philofophes
que j'ay déja citez , affurent
qu'elle eft fouvent mauvaiſe.
Enfin il eft chaud , humide , &
leger ; mais quelques Modernes
prétendent , qu'il eft froid , &
pelant ; & d'autres , qu'il n'eft
froid , ou chaud , que felon les
divers mouvemens qu'il foufre.
Ainsi, lors qu'on dit qu'il peut
devenir feu , on veut dire qu'il
peut s'échaufer jufqu'à ce fupré
me degré de chaleur, Quoy qu'il
nous paroiffe leger , il ne laiffe
pas d'eftre eftimé pefant , jufque.
là que Reid , docte Medecin , a
démontré qu'il ne l'eft pas moins
que la Terre , mais il eſt certain
qu'il eft médiocre en pefanteur,
plus pefant que le Feu , & plus
du Mercure Galant. 21
leger que l'eau . Pour ſa hauteur, -
finous en croyons M' Rohaut,
elle eft de plus de quatre mille
cinq cens quatre - vingts toifes ;
& il tient qu'il n'y a point de
Montagne affez haute
pour nous
élever au deffus de la plus haute
furface de l'Air, ou de la premiere
Région . Je me fouviens pourtant
, interrompit le Préfident,
que M' Bary raporte dans fa Phy
fique, qu'en Angleterre on monte
d'un certain Tertre jufqu'à
une certaine hauteur , où il n'y a
plus d'air , & qu'à moins d'y
porter des Eponges humectées,
on y meurt. Cela fe peut , reprit
le Docteur , & tout ce que
nous diſons icy , n'eſt pas fi pofitif
qu'on ne le puiffe contre.
dire ; mais pour continuer à vous
22 Extraordinaire
parler de cet Element , on ne
peut changer la veritable confiftence.
Il ne reçoit aucun mélange
, & comme tel , l'Air eft
appellé Elément , mais que celuy
que nous fouflons , que nous
refpirons , que nous voyons , &
qui nous environne , ne foit
qu'un mefme air , exempt d'aucun
mélange , cela ne le peut
foûtenir. L'air que nous refpirons
eſt un ſoufle vital , compofé
de noftre ame & du mouvement
de noftre corps . Celuy que
nous reſpirons , & qui nous en
vironne , eft compofé des vapeurs
, & du mouvement des
corps extérieurs qui nous approchent
; & celuy qui tient
lieu d'Elément , eſt une fubftance
extrémement deliée qui fe
du Mercure Galant.
23 1
fourre par tout , & qui remplit
tous les lieux , d'où les corps fe
def uniffent . Mais M' le Docteur
, dit le Marquis , quelle diférence
mettez- vous entre le
Vent , & l'Air pris comme Elément
? Car felon moy , le Vent
eft un Air agité , & l'Air eft un
Venten repos. Tous les Philofophes
modernes définiffent le
Vent une agitation fenfible de
l'Air , & felon M¹ Bary , le Vent
n'eft autre chofe qu'une agitation
d'air , plus ou moins notable.
L'Air eft encore toûjours
le fujet du Vent , & une de fes
caufes efficientes. Enfin il fert
de Théatre à ces merveilleux
Tourbillons . Ceux qui difpofent
des Vents ( car il y en a qui les
retiennent , & qui les lâchent
24
Extraordinaire
quand il leur plaift , ) ceux -là,
dis - je , obfervent les diférentes
qualitez de l'Air ; & je me ſouviens
d'avoir leu dans Théophrafte
, que les Brachmanes
avoient deux Tonneaux remplis
de Vent , qu'ils ne bouchoient
jamais que l'Air ne fuft fec , &.
tranquille , & qu'ils ne débouchoient
que lors qu'il eftoit hu
mide & tempeftueux . Je fçay,
continua le Marquis , qu'on dit
tous les jours , que les Vents
chaffent & purifient l'Air , mais
cela s'entend de ce que les parties
les plus groffieres de l'Air fe
fubtilifent , & fe raréfient par
cette agitation , & voila ces
Vents qu'il a pleu aux Pilotes
de nommer de noms barbares &
inconnus , felon les lieux où cet
Air
du Mercure Galant. 25
Air eft plus ou moins dans l'agitation
. En verité voſtre Philofophie
eft jolie , s'écria le Che
valier en riant , & elle feroit bien
reçeuë de l'Univerfité . Le Philofophe
de Cour ne raifonne pas
plus férieufement que vous fur
cette matiere , & j'aime autant
voftre Air agité , qui eft l'opinion
de Pline , que fon Météore
composé de deux fou
fres diférens & ennemis , que le
froid condenſe fi fort , que le
Météore creve par cette contrarieté
, & fait le grand fracas
que nous entendons .
Mais pourquoy , Mr le Che.
valier, reprit le Marquis, ne voulez
-vous pas que fous le bon plaifir
de M' le Docteur , je parle du
Vent à ua fantaiſie ? Ne fçavez-
Q. d'Octobre 1683. C
26 Extraordinaire
vous pas que c'eſt une des choſes
inconnues dans le monde ? Quelques-
uns en attribuent la pro.
duction au Soleil , les autres , au
combat que font les atomes ;
les autres , aux vapeurs , & aux
exalaifons ; & enfin il y en a d'autres
qui m'ont fait penfer , que
l'Air fe meut de foy - mefme ; car
je ne fuis fi vifionnaire
que
pas
vous le croyez , ny fi ridicule
fur le fujet des Vents , que celuy
qui difoit que c'eftoient les éter.
nuëmens de ce grand Animal
que nous appellons le Monde,
comme l'Air eftoit fon haleine &
fa refpiration . Cette imagination
eftoit bien digne de Rabelais
, qui dit que le Vent eft le
foufle de Gargantua . Dieu en
´eft l'Autheur , au fentiment d'un
du Mercure Galant.
27
Prophete, & il peut auffibien le
former de l'Air , que d'une autre
matiere. Quoy que Pline que
vous venez de citer , reconnoiffe
plufieurs fortes de Vents , comme
les Vents de Mer & de Terre,
tout cela n'est que l'Air , qquuiiaaggiitt
ou fur l'Eau , ou fur la Terre. Cer
Autheur veut encore que le Vent
foit un efprit vital , par lequel la
Nature produit toutes chofes .
Et ce Vent , ou cet Air dont nous
parlons , ne font- ils pas les mefmes
? Si cela eft , répondit le
Chevalier , je ne m'étonne plus
que les Cavales d'Andaloufie engendrent
par le Vent ; car l'Air
ou le Vent , eft un tréfor qui contient
toutes les femences , fi nous
en croyons Anaxagore . Et ne
croi t-ce point par cette raiſon
C ij
28 Extraordinaire
que nous appellons un Cheval
viſte, un Coureur , & que nous
difons , aller comme le vent ?
Car les Chevaux qui naiffent du
vent , & de telles Cavales , font
je m'imagine d'admirables Coureurs
pour leur legereté & leur
viteffe , & pareils aux Chevaux
volans , dont parle noftre Pline;
mais à l'endroit que vous avez
cité , il compare l'agitation du
Vent dans la nature , à une Femme
groffe , & dit que cet efprit
vital, remuë dans fes flancs com.
me un Enfant dans le ventre de
fa Mere . Ne voila- t-il pas une
belle origine des Vents ? Je ne
puis encore m'empeſcher derire,
qu nd il nous dit qu'ils font plus
mols que fermes. Quoy , les
Vents ont de la molete , eux
du Mercure Galant. 29
3
J.
J
1
1
qui font fi refolus qu'ils attaquent
les plus durs Rochers , &
les Baftimens les plus inėbranlables
, qui arrachent les Forefts ,
qui renverfent les Montagnes ?
Non , non. Je croy que leur tempérament
eft froid & fec , ce qui
marque leur force , & leur courage.
Vous badinez toujours ,
M le Chevalier , interrompit
l'Abbé . Il eft constant qu'il
y a des Vents chauds , & des
Vents humides . Ouy ; mais , reprit
le Chevalier , ce n'eft pas en
eux-mefies qu'ils font tels , mais
par accident , & felon les lieux
où ils fouflent , & la Saifon qu'ils
fe mettent en Campagne . Je
croy que M' le Chevalier a raifon
dit le Marquis , car
quand on dit, ce vent -là amenera
>
C iij
30 Extraordinaire
de la pluye , ce n'eft pas qu'il
foit pluvieux de fa nature , mais
c'cft qu'il amene , & fait tomber
les vapeurs qui fe réſolvent en
pluye. L'Air eft donc un veritable
Caméleon , capable de
toutes fortes d'impreffions . Tout
froid qu'il eft, il devient feu , felon
les divers mouvemens qu'il fou-
Ale ; mais ce qui eft admirable, eft
que ces vents ou ces impreffions
d'Air , comme nous les avons
appellez , ont leur révolution
jufte & périodique , de quatre
ans en quatre ans , vers le commencement
de la Canicule .
Quoy que je m'en tienne à
l'opinion de l'Ecole , dit le Do-
&teur , voyant que le Marquis
s'eftoit teú , qui eft que l'Air
n'eſt pas le Vent , il eſt neantdu
Mercure Galant. jr
moins le Pere des Vents , & le
crible de la Nature , comme
parle un Ancien , mais un Moderne
l'appelle avec plus de raifon
, le Compagnon du Soleil,
parce qu'il concourt avec luy à
la creation de toutes chofes , &
à la formation des plus merveil
Jeux Phénomenes de la Nature .
Il infpire ce que la Lumiere vivifie
, il purifie ce qu'elle dore , &
fert avec elle à éclairer tout l'Univers.
Anaximenés difoit que
Pair eftoit l'efprit du Monde , &
qu'il eftoit à l'Univers ce que
l'ame eft au corps ; que toutes
chofes eftoient engendrées de
l'air , & fe réfolvoient en air.
Enfin on peut dire de l'Air , ce
que S. Paul a dit de Dieu , In quo
vivimus , movemur, & fumus, I
C iiij
32
Extrardinaire
nous fait voir les objets , mais il
nous donne encore l'oüye , &
l'odorat, Par fon moyen nous
fentons , & nous entendons.
Tous nos Inftrumens , & toutes
nos Chanſons , ne font qu'un air
mefuré & harmonieux. Il anime
les uns , il infpire les autres . Une
Chanfon s'appelle un Air , parce
que c'est un Mode , ou une façon
de chanter , mais encore par
ce qu'il faut de l'air pour le chanter
, & que la Mufique rend cet
air harmonieux par les diférentes
notes qui le compofent. En effet,
l'air agité par la voix ,frape agreablement
nos oreilles , ce qui a fait
dire à un Ancien , qu'une belle
Ode , qui eft la mefme chofe
qu'une belle Chanſon , eftoit un
air qui voloit dans les oreilles. II
du Mercure Galant.
33
y a des Païs mefme où l'air fait
les belles Voix , & où tous les
Hommes chantent bien. Vous
demeurerez d'accord de cette
verité , puis que felon Ariftote,
la Voix & les Inftrumens ne font
qu'une répercuffion de l'air infpiré
.
L'air eft encore un excellent
médiateur entre l'eau & le feu.
Il corrige celuy - cy , & tempere
celle- là. Il eſt naturellement
Amy de la Terre , mais ce qui
releve davantage la nobleffe de
cet Elément , c'est que quelques
Philofophes ont crû que fe Dieu
unique & fouverain n'eftoit
autre que l'Air. Le Docteur
ayant ceffé de parler , comme
s'il n'euft eu plus rien à dire ; Oh
je me doutois bien que les An-
>
34
Extraordinaire
ciens en avoient fait un Dieu,
reprit le Chevalier ; mais moy,
je vous dis que c'eſt un Démon
en fubtilité , & en malice , qui
rend tous les corps agiles , & qui
penetre toutes chofes , fans les
rendre plus pefantes lors qu'il les
remplit. C'est un grand faifeur
de Fufées, & de Feux d'artifices,
qui forme les Méteores , & qui
les renferme dans fon fein ,
mais c'eſt auffi un grand tireur
de quinte effences , qui fçait
diftiler avec le feu élémentaire ,
les influences & les proprietez
occultes des Etoiles , & des Planetes
. Peu s'en faut que je ne
l'appelle Soufleur & Charlatan ;
mais enfin il eft le mieux logé de
tous les Elémens , puis qu'il ha.
bite dans trois regions diférentes,
·
du Mercure Galant.
33
& que le Feu , l'Eau & la Terre
demeurent toûjours où Dieu les
a placez . Il devoit ce me femble ,
avoir quatre Régions , afin de
partager les quatres Saifons de
l'année . Ileft chaud dans la haute
région proche du Feu élémentaire
. I eft plus fraichement dans
Ja moyenne , & d'une maniere
plus temperée dans la baffe , puis
que cette Région eft tantoft
chaude , & tantoft froide. Pline
qui connoiffoit cet Elément , &
qui peut eftre en avoit reçeu
quelque incommodité , dit qu'il
eft caufe de tous les malheurs qui
arrivent aux Hommes , & le
compare à un Sujet rebelle qui
fait fans ceffe la guerre à la Nature
. Les Vents qui font les
Soldats de l'Air , font tous les
36
Extraordinaire
ravages qu'il leur commande , &
ne fe retirent jamais de la meflée
fans eftre chargez de butin.
Toute la Compagnie ne pút
s'empefcher de rire de ce qu'avoir
dit le Chevalier ; mais l'Abbé
prit la parole , & s'adreffant au
Docteur d'un air plus férieux,
Mais noftre ame n'eft - elle point
de la nature de l'air , puis que
felon la penſée d'un Ancien , l'air
& l'efprit ne font qu'une mefine
chofe ? Pour moy je croy que
noftre ame eft un air tres fubtil,
& foit qu'elle anime nos corps,
ou qu'elle s'en fépare , elle en a
toute la reffemblance autant
qu'elle peut eftre viſible. Lors
que je la confidere comme fenfitive
ou animale , ou comme immortelle
, je n'en puis avoir naAu
Mercure Galant.
37
turellement d'autre idée . Diogenes
eftoit de voſtre ſentiment,
répondit le Docteur ; & Héraclite
& les Stoïciens eftoient en.
core de cette opinion. Ils vouloient
que noftre ame fuft une
évaporation d'humeurs inceffamment
coulantes , ou un vent.
L'efprit des Infectes , difent les
Chymiftes , eft la plus pure por
tion de l'air , & cette pure portion
de l'air eft le lien qui unit
l'ame avec le corps. L'ame des
Vegétaux eft auffi aërienne , &
c'est pourquoy le corps qu'elle
anime veut toujours s'élever en
l'air. La fainte Ecriture expri
mant de quelle maniere le pre
mier Homme fut animé , dit que
Dieu luy foufla dans le corps un
eſprit de vie. Or qu'eſt- ce qu'une
38
Extraordinaire
evaporation , qu'un vent , qu'un
foufle , finon l'air que nous ref
pirons , ou quelque chofe qui luy
reffemble ? Mais vous fçavez que
M'l'Evefque de Meaux , dans ce
beau Difcours qu'il a fait fur
l'Hiftoire Univerſelle , nous défend
de croire que noftre ame
foit un air fubtil , ny une vapeur
déliée ; parce que le foufle que
Dieu infpire , & qui porte en luymefme
fon image , n'eft ny air
ny vapeur. Je fçay cela , dit
l'Abbé , & d'autres Docteurs me
l'ont appris , mais nous ne parlerons
pas icy fur les Bancs . Quoy
qu'il en foit , reprit le Docteur,
l'air contribue non feulement à
toutes les belles qualitez du
corps & de l'efprit ; il infpire &
regle tous les mouvemens de l'adu
Mercure Galant.
39
me , ce qu'il eft facile de faire
voir , fi nous le confiderons.com.
me température .
L'éloquent Evefque que je
viens de citer , dit que les Elemens
furent alterez par le deluge,
& que l'air chargé d'une humi
dité exceffive , fortifia les principes
de cette corruption ; & ily a
bien de l'apparence que la Nature
fe fentit la premiere de la
corruption des Hommes , qu'elle
fut affoiblie , & qu'il demeura en
elle- mefme une impreffion éternelle
de la vangeance Divine.
Mais enfin , pour que l'air foit fa
lubre , il faut qu'il foit temperé,
ny trop groffier , ny trop fubtil.
Ainfi l'on dit une bonne température
d'air , une bonne contitution
d'air. Sa fubtilité ne
40 Extraordinaire
tait pas fa bonté , il eft auffi dana
gereux trop fubtil , que trop grof
Ler. C'est pourquoy dans la fupérieure
Region , où il eft dans
fa plus grande fubtilité , nous n'y
pourrions pas vivre. Cette fubti
lité rend fes parties trop aiguës,
& trop penétrantes ; & les lieux
trop élevez font contraires aux
poitrines foibles , & délicates. Un
Voyageur nous affure , qu'allant
voirun Hermite fur le Mont Ararath
, dans l'Arménie , il monta
jufques à la Region de l'air, où fe
forment les nuages ; que la plufpart
de ces nuages eftoient obfcurs
& épais , les autres extrémement
froids & pleins de neige,
& qu'il y fût mort , s'il y eût demeuré
encore un quart d'heure.
Lors que l'air eft trop groffier ,
du Mercure Galant.
fes parties trop épaiffes & trop
maſſives engraiſſent & tuënt la
poitrine , & les parties où elles
s'attachent par le moyen de la
refpiration. Il faut donc laiffer
l'air groffier aux Pituiteux , & le
fubtil aux Mélancoliques . Pour
moy , dit le Chevalier , j'aime à
reſpirer le grand air. Outre que
je m'en porte mieux , il me rend
F'efprit plus gay & plus agreable ;
il me donne mefme des penſées
plus nobles & plus relevées , & je
Vous affure que j'y trouve quel--
que chofe de divin & de ſurna.
turel , que je reifens viſiblement
en moy - mefme . Vous eftes du
naturel des Arbres , interrompir
le Préfident , qui aiment beau
coup l'air , ou plûtôt comme ces
Peuples de Siam qui l'adorent, &
2. d'Octobre 1683. D
•42
Extraordinaire
qui n'ont point d'autre tombeau
apres leur mort ,,
que
d'eftre
fuf
pendus
en l'air. Mais
je fuis bien
aife
que
vous
foyez
reconcilié
avec
cet Elément
, depuis
tantôt
.
Il ne s'agir
plus
de nôtre
querelle
,
reprit
le Chevalier
. Je l'aime
quand
il me fait
du bien
, mais
je ne fuis point
Aëriſte
, & je ne
Louhaite
pas que
mes
funérailles
fe faffent
en l'air . Je n'aime
pas
non
plus
ces airs voraces
, qui ren
dent
les Peuples
faméliques
, &
qui
tuënt
la poitrine
, comme
nous
a dit M' le Docteur
, mais
un air comme
celuy
de l'Egypte
,
qui infpire
la fobrieté
& l'abftinence
. Les
Hermites
de l'ancienne
Thebaide
eftoient
de vô.
tre gouft
, dit l'Abbé
, ils avoient
choify
exprés
ce lieu -là pour
leur
du Mercure Galant.
43
1
-
retraite ; auffi eſt- cè un vray païs
d'Hermites. Je vous avouë ma
foibleffe , reprit le Chevalier , ce
n'eft point par le meſme efprit
quej'aime le grand air ; mais c'eft
que je fuis tout différent de moymefme
dans les lieux bas ., obfcurs
&
defagreables ; au lieu que
les belles vûes , les belles Maifons
, les belles Perfonnes , me
charment , & me donnent une
nouvelle vie. Toutes ces chofes
nous infpirent je ne fçay quel air
doux & tendre , qui nous rend de
belle humeur , & de bonne compagnie.
Je ne puis refpirer l'air de ces riches
Plaines ,
Qu'échauffent les Zéphirs , de leurs
tiédes baleines ;
Je ne puis de ces Prez voir l'émail
précieux ,
44
Extraordinaire
Ou tant de vives fleurs éblouiffent
Les yeux i
Entendre de ces caux l'agreable mur.
mure ,
·Contempler de ces Bois la verte chevelure
,
Que je ne fois touché de quelque
fainte horreur,
Et ne fente les traits d'une fainte
furcur.
Cela m'arrive dans tous les
beaux Lieux dont parle ce Poëte,
& principalement en celuy - cy ,
où il me femble que ma vûë s'ë.
chauffe , où vôtre vûë , qui eft
proprement vôtre air , m'anime
& me donne plus d'efprit que je
n'en ay d'ordinaire. Qu'est - ce
qu'un beau jour , pourſuivit - il,
qu'une continuation d'air, que le
Soleil dore & purifie , qui fait
du Mercure Galant. 45
naître & anime toutes choſes ?
Qu'eft.ce auffi qu'une fale journée
, qu'une continuation d'air
corrompu , pareil à ce vilain
brouillard dont parle Ovide dans
fes Metamorphofes , qui eft l'origine
de la pefte , & des maladies
contagieufes ,
PrincipioCalum fpißä caligine terras
Preffit.
Qu'eft ce, dis-je, qu'unejournée
trifte & pluvieufe , finon un
air épais & fumeux , qui veut fuffoquer
toute la Nature , & qui la
rend afinatique , & fans refpiration
, fi j'ofe parler de la forte devant
un Docteur , qui veut qu'on
foit ferieux jufque dans les plus
petites chofes , quand il s'agit de
Philofophie Apres qu'on eut
applaudy d'une maniere un peu
46
Extraordinaire
railleufe à ce que le Chevalier ve
noit de dire , le Docteur repris
ainfi .
Chaque lieu a fon air , qui a
fes proprietez différentes , &
quelquefois merveilleufes. Juvenal
dit que dans une certaine
Contrée de l'Espagne , l'air y
teint naturellement la laine des
Brebis d'une tres belle couleur
, & qui eftoit fort estimée
chez les Romains . Les Peuples
qui habitent divers Climats , ont .
auffi diverfes qualitez . Icy l'air
rend les Hommes triftes & melancoliques
, là gays & éveillez ;
icy fobres , là gourmans , icy lâches
, & ' à genéreux ; icy chaftes,
là débanchez. On attribue le
long âge des Suédois à la pureté
de l'air qu'ils refpirent dans les
du Mercure Galant.
47
Montagnes dont ce Royaume eft
remply. Il y a auffi des Lieux ,
comme Aiguemorte en Languedoc
, où l'on ne vieillit guere , à
caufe de l'intempérie de l'air.
Mais bien plus , ceux qui en ref-
#pirent un autre que le natal,
prennent les moeurs & les complexions
desPeuples avec lesquels
ils habitent. Il eft vray , dit le
EMarquis, & Voiture écrit galamment
à Mademoiſelle Paulet , en
parlant de l'Affrique, où il eftoit,
Ne vous étonnez pas de m'ouir dire
des Galanteries fi ouvertement , l'air
de ce Pais m'a déja donné je ne
Seay quoy de felon , qui fait queje
Vous crains moins ; & quand je
traiteray deformais avec vous , fai-
Les état que c'est de Turc à More.
Vous fçavez , continüe- t- il , que
48
Extraordinaire
l'Afrique eft le Pais de l'Amour , des
emportemens & des violentes paffions
; ainfi il rend les Gensfélons,
amoureux & emportez.
Vous eftes toûjours galant,
M' le Marquis , reprit le Docteur,
mais l'Autheur de la Recherche
de la Verité eft affez de vôtre
fentiment. Il prétend que l'air
fait le mefme effet en nous , que
le fuc des viandes dont nous tirons
notre nourriture . Or chacunfçit
les incommoditez qu'on
reçoit des méchantes viandes que
l'on prend , & combien elles alté
rent le tempérament & la fanté.
Mais cet Autheur va encore plus
loin . Il dit que l'air penétre les
poulmons , & s'infinue dans le
fang , ce qui aporte un tres- grand
changement à nos humeurs & à
nos
du Mercure Galant.
49
de la difnos
inclinations , & que
férence de l'air qu'on refpire en
différens Climats , vient la diffé
rence des efprits . Là où il eft groffier,
gras & pefant, les Hommes y
font plus mous , plus ftupides , &
plus mélancoliques , là où il eſt
pur, fubtil & délié , les Hommes
y font plus enjoüez , plus fpirituels
, & plus agiles. Mais, interrompit
le Préfident , ne peut-on
pas dire que comme il y a quatre
Elémens , qui composent le tempérament
de tous les Hommes ,
il y a auffi quatre fortes d'Efprits , il-y
par raport à ces quatre Elémens ,
les Ignez , les Aériens , les Aquatiques
, & les Terreftres , qui font
encore divifez chacun en deux
ordres. Il y a ceux qui font animez
du feu qui fait briller les
2. d'Octobre 1683. E
So
Extraordinaire
Aftres , ils font courageux , harë
dis , habiles , aimables & bienfaifans
; & ceux qui brûlent du feu
qui embrafe les Cométes , font
malicieux , ambitieux , & cruels.
Il y a ceux qui reffemblent aux
caux pures & claires des Fontaines
, ils font nets , doux & paifi.
bles , les autres , comme ces eaux
croupiffantes & fangeufes des
Marais , font lents , pareffeux,
fales , malicieux & couverts . Les
Terreftres font quelquefois comme
ces belles Plaines fleuries &
tapiffées de verdure , ils font feconds
, agreables , fermes & folides
; les autres qui font plus fouterrains
, font avares , opiniâtres,
impudens , & brûlans. Et pour
1: s Aérins dont vous avez parlé,
les uns font affables , complaifans,
!
du Mercure Galant.
5%
inventifs , agiffans , & de belle
humeur , & de ce genre font les
Perfonnes de Cour, les honneftes
Gens , les jolies Femmes , enfin
les Gens de qualité , d'honneur,
& tous ceux qui compofent ce
qu'on appelle le beau Monde , &
qui font propres à la Converfa.
tion ; ceux- là avec raifon font du
grand air , & font tout de bon
air . Mais ceux qui dégenérent
font grands mangeurs , grands
rieurs , vains flatteurs & diffolus,
pour les autres ; femblables à Pair
agité , à cet air obfcur & nuageux
, qui produit les orages &
les tempeftes , ils font coléres,
ombrageux , impatiens , incon
ftans & brouillons . Ce que vous
venez de dire eft parfaitement
beau,répondit le Docteur, j'ay lu
E ij
32
Extraordinaire
quelque chofe de femblable ; mais
le tour que vous y avez donné
mele fait paroître tout nouveau.
Je fçay peu de Gens qui fe fervent
de leur lecture auffi bien que
vous. Mon Dieu , M` le Docteur,
reprit le Préfident , ne me loüez
pas tant d'un peu de memoire, qui
pour le petit fervice qu'elle me
rend aujourd'huy, me fait tous les
jours mille fupercheries . Le Doc.
teur, pour ne pas pouffer plus loin
le Compliment , reprit ainfi la
parole.
La diverfité de l'air fait la diverfité
des maladies , & on peut
voir là- deffus le Livre qu'Hyppocrate
en a fait. L'air eft quel
quefois fi corrompu , qu'il fait
mourir les Créatures qui le refpirent.
Il y a des Régions où les
du Mercure Galant.
$3
animaux mefme ne peuvent vivre
, & il n'arrive jamais de gran .
des peftes, qu'il n'en meure bean .
coup dans les lieux où eft la contagion.
Perfonne n'ignore fur ce
fujet la délicateffe des Aeurs , &
fur tout des Oeillets, qui meurent
au méchant air. Mais peut- cftre
ne fçavez- vous point , que les
Peuples du Japon font fi prévenus
que l'air eft mal fain , & contraire
à l'Homme , qu'ils ne fouf.
frent pas que leur Dairo ou Empereur
foir jamais découvert à
l'air. Mais bien plus , il y a des
Hommes fidélicats, qu'ils diftinguent
l'air d'une mefine rüe , &
qu'ils affurent que celuy de la
main droite eft plus pur que celuy
de la main gauche , & qui féparent
ainsi l'air en marchant , avec
E iij
34
Extraordinaire
une grande fubtilité . Cette re.
marque eftoit digne de moy , interrompit
le Chevalier ; mais je
veux vous dire quelque chofe de
plus veritable & de plus folide ,
touchant la corruption de l'air.
Vous avez lû les Mémoires de
Pontis , cependant je croy que
vous ne ferez pas fâchez que je
vous faffe reffouvenir d'un accident
fort remarquable
, que raporte
cet Autheur. Il dit qu'apres
qu'on eut levé le fiege de Louvain
, l'Armée cft : nt allée pour
fe rafraîchir vers Ruremonde , it
s'y éleva une fi furicufe tempefte,
avec de fi grands tourbillons, que
comme ce Païs eft extrémement
fablonneux , on n'y refpira pendant
plufieurs jours que du fable
au lieu d'air. Cinq ou fix mille
du Mercure Galant.
S$
Hommes en furent étouffez fubi.
tement , ou moururent -en trespeu
de temps , par I.s maladies
que leur caufoit cette grande corruption.
Non feulement l'air
qu'on refpiroit par le nez , mais
celuy qu'on avaloit avec les viandes
, qui en eftoient toûjours fort.
affaifonnées , formoit une espece
de contagion , qui gâtoit les par
-ties de ceux qui en eftoient attaquez
, il falut que l'air natal chaffât
cet air malin , & redonnât aux
Troupes la fanté qu'il leur avoit
fi étrangement alterée.
Le changement d'air fait de
grands effets , reprit le Docteur,
mais s'il a fes avantages , il a auffi
fes incommoditez . A moins
que
la maladie qu'on a contractée , ne
vienne principalement de l'air où
E iiij
56 Extraordinaire
l'on eft , le changement n'y fait
rien de bien , & fouvent du mal ,
lors qu'il eft une qualité oppoſée
ouà la maladie ou au tépérament
du Malade. Mais il eft admirable
que l'air , qui vivifie toutes les
Créatures , les empoifonne , ou
par fa qualité naturelle , ou par la
malice des Hommes , qui ont
trouvé l'invention de le corrompre,
auffi -bien que les autres Elemens.
Mais enfin , il eft toûjours
bon d'éviter le méchant air , puis
qu'on en attire beaucoup plus
qu'on n'en pouffe , & que prefque
tout l'air qu'on refpire , paffe
&fe convertit en nourriture . L'air
de la Campagne eft auffi plus
pur & plus fain que celuy des Villes
, car outre toutes les vapeurs
des ordures & des immondices,
du Mercure Galant .
59م و
I
5
les Morts qu'on y enterre , y rendent
l'air gras , épais & corrompu
; ce qui caufe de grandes & de
fâcheufes maladies ' , qui fait les
perfonnes languiflantes & de pâle
couleur . Platon qui en connoiffoit
les accidens , veut par fes
Loix que les Cimetieres feient
fituez en forte que les Vivans ne
puiffent eftre incommodez du
mauvais air des Morts . Les Grecs
& les Egyptiens eftoient fort délicats
en cela , ayant des Ifles
éloignées & defertes , où ils faifoient
porter les corps des défunts
. Pour moy , dit le Marquis ,
j'aurois voulu fur tout demeurer
dans l'ifle de Delos , où il eftoit
défendu d'accoucher, & d'enterrer
les Morts . Ce lieu eftoit fans
doute bien agreable & bien fain,
58
Extraordinaire
car l'un ne contribue pas moins
que l'autre à l'infection de l'air.
Vous avez raifon , dit le Docteur,
& ceux deDelos obfervérét cette
loy depuis une furieufe pefte dont
ils furent affligez , qui ne procédoit
que de la puanteur des tombeaux
Les Romains défendoient
de brûler les morts dansla ville , &
Augufte ordonna que ce fût pour
le moins deux milles loin des mu
railles . On remarque meſme dans
l'antiquité , qu'il n'y a eu que les
Tarentins qui ayent enterré les
Morts dans leur Ville , apres que
l'Oracle leur ayant promis beaucoup
d'heureux fuccés , s'ils de.
meuroient avec le plus grand
nombre , ils crûrent que cela devoit
s'entendre des Morts. Mais
la Religion Chrétienne , qui prêdu
Mercure Galant. 59
che la mort & les fouffrances , n'a
pas eu ces égards pour les Fidel .
les ; à joindre que les Prieres pour
les Morts , & la venération pour
leurs Reliques , ont authorifé
cette coutume. Les Corps des
Saints ne fçauroient eftre trop
e prés de nous ; & les autres , dont
les Ames ont besoin de nos fe.
cours fpirituels , feroient peuteftre
negligez , fi les tombeaux
ne nous faifoient reſſouvenir de
leurs neceffitez . Et de plus , dit
le Préfident , les Corps Saints
font tous de bonne odeur , & ils
exhalent quelquefois une douce
vapeur , qui furpaffe les parfums
les plus exquis . Ileft vray , dit le
Chevalier, plufieurs Autheurs en
ont raporté témoignage ; mais
le nombre de ces Corps eft petit,
60 Extraordinaire
& pour un Saint combien de....
Tout beau , dit le Docteur , retirons-
nous de là , cet air nous
feroit contraire , prenons - le autre
part. Vous avez raiſon , dit
l'Abbé , je n'aime pas volontiers
à m'entretenir de Religion , dans
des converfations un peu familieres
, & auffi libres que le font les
nôtres.
Le grand air eft perilleux pour
les convalefcens qui fortent d'un
petit air , ou d'un air renfermé ;
ce n'eft pas qu'un air trop tranquille
eft auffi mal fain , parce
qu'il peut plus aisément fe charger
& s'alterer , que celuy qui eft
agité. C'est pourquoy on dit
l'air pour eftre bon , doit eftre
tantôt mû par le Zéphir qui le
rafraîchit , & tantôt comprimé
que
du Mercure Galant.
par l'Aquilon , qui le purge . L'air
de la Mer guérit de plufieurs maladies
, mais il en donne plufieurs
autres à ceux mefme qui y font
naturalifez ; & on affure que cet
air eft fi corrofif, que les Oiſeaux
qui fréquentent la Mer , ont le
plumage prefque tout rouge.
Mais l'air temperé & purifié d'une
certaine maniere , conferve la
fanté , & la redonne à ceux qui
l'ont perdue. Il prolonge la vie,
& fert mefme de nouriture à quel.
ques Oifeaux ,dit le Préfident . Les
Aftchomes qui font une espéce
d'Hommes , qui n'ont point de
bouche , fe nourriffent de bonnes
odeurs , comme ils meurent s'ils
en fentent de mauvaiſes . Le Caméleon
& les Pluviers vivent
d'air , & il ne faut pas s'en éton62
Extraordinaire
ner , puis que la vie ne confifte
qu'en ces deux qualité de l'air,
qui font le chaud & l'humide.
Si le feu nourrit la Salamandre,
pourquoy l'air qui a des qualitez
bien plus nutritives , ne peut - il
pas nourrir des Oifeaux , à moins
qu'on ne veüille dégraiffer l'air,
& en féparer la rofee , qui n'eft
pas moins une fubftance de cet
Elément , que des vapeurs de la
terre. Ce que vous venez de dire
eft bien imaginé , repartit le Doc
teur ; mais puifque les Pluviers &
les oifeaux deParadis vivent d'air ,
c'est encore une des crédulitez de
Pline . L'air eft bien l'élément des
Oiſeaux, & le lieu qu'ils habitent,
mais il ne peut pas nourir un corps
folide d'une viande fi creufe .
Si on ne trouve point d'alimens
du Mercure Galant
C
E groffiers dans l'eftomac de ces
Qifeaux , c'eft qu'ils la digérent
promptement , qu'ils mangent
peu , & des chofes fort delicates.
Le Caméleon vit de vermine;
mais comme il aime extraordinai.
rement le grand jour , & qu'il devore
le bel air , comme l'on dit,
cela fait croire qu'il vit par la ver
tu de cet Elément . Mais vous fçavez
, reprit le Préfident , combien
l'air que les Enfans foufflent,
& les Perfonnes qui font bien
compofées , eft doux & falubre.
Il en fort un fi grand nombre d'ef
prits , qu'ils communiquent
une
nouvelle
e à ceux qui le refpirent
; & c'est la raifon pourquoy
on a dit que ceux qui enfeignent,
& qui paffent leur vie avec la Jeunede,
vivent plus long- temps que
64
Extraordinaire
les autres , & ont la couleur beaucoup
meilleure. Il en eft au contraire
de ceux qui fréquentent
des Perfonnes mal faines , & qui
ont les parties gâtées, parce qu'el
les communiquent leurs indifpofirions
& leurs maladies. On ne
trouva point de meilleur expédient
pour éloigner le Cardinal
Pancirole d'aupres le Pape Innocent
X. qu'en gagnant fon Medecin
, qui affura fa Sainteté que
ce Cardinal eftoit pulmonique,
& que fon haleine eftoit dange .
reufe & nuifible à fa fanté , par les
fréquens entretiens qu'ils avoient
enfemble .
Le Loup a l'haleine fi mauvaife
, qu'on a raifon d'appeller cet
animal un cloaque animé , mais
la malignité de fon haleine eſt ſi
du Mercure Galant.
65
1
fubtile & fi penétrante , qu'il n'y
a point de chair qu'elle ne corrompe.
Cette Fille dont parle
Galien, qui vivoit de napel , avoit
P'haleine bien pernicieufe , interrompit
le Chevalier , puis qu'elle
faifoit mourir ceux qui l'apro .
choient. Cette autre que cite Albert
le Grand , qui vivoit d'Aragnées
, ne l'avoit pas meilleure,
dit le Marquis ; mais que dirons.
nous de ces haleines excellentes,
dont l'air eft fi doux & agréable ,
continua- t-il? Je me fouviens toûjours
de cette délicate expreffion
du Comte de Buffy parlant d'une
Belle, L'air qu'elle fouffle eft plus
pur que celui qu'elle refpire . Quel
avantage , quel charme pour moy
qui n'aime rien tất, qu'on ne ſente
rien!Mais comme il y en a qui ont
Q. d Octobre 1683.
F
66 Extraordinaire
la fueur parfumée , pour ainfi dire,
' il y en a auffi qui ont la refpiration
admirable , & qui reſſem.
blent aux Abeilles , tout ce qu'el
les mangent & qu'elles prennent
fe convertit en miel , & enfucre,
Mixtura quadam & proprietate fpiritus
fui, & quafi conditura fui.
Elles forment de l'ambrofie &
du nectar dans leurs entrailles , &
de là vient la bonté & la douceur
de leur baleine . Tel eftoit Alexandre
le Grand , dit le Préfident
; mais comme il y a peu de
Perfonnes de cette nature, & qui
ayent toutes les qualitez du tempérament
adpondus , comme parlent
les Medecins , il n'y a point
de choſes au monde où l'on puiffe
s'apliquer plus utilement dans un
Etat , qu'à empêcher la corrup
du Mercure Galant. 67
tion de l'air , ſoit qu'elle vienne
par la méchante haleine des Malades
, par l'infection des immondices
& des ordures qu'on laiffe
amaſſer dans les Villes , ou par
l'inclémence des faifons . On a
donc eu raiſon autrefois de féparer
les Ladres d'avec les autres,
& encore aujourd'huy d'interdire
l'entrée des Villes à ceux qui
viennent des Lieux foupçonnez.
de la pefte , ou de quelque autre
maladie contagieufe , comme la
petite vérole , & tant d'autres
maladies qui fe communiquent
par la corruption de l'air.
Comme le Préfident fait bâtir
à la Campagne , il n'oublia pas à
demander plufieurs avispour rendre
une Maiſon auffi faine qu'agreable
, & là - deffus le Docteur
Fij
68 Extraordinaire
auquel la Compagnie avoit toû
jours deferé , parla de la forte.
Ce n'eft pas d'aujourd'huy
qu'on a de la peine à bien s'habi
tuer. Les Anciens avoient diffé
rentes opinions fur ce fujet . Ils difoient
qu'il ne falloit point choifir
les lieux trop gras , trop bas
& trop humides , parce qu'ils
eftoient mal fains . Ils ajoûtoient
qu'on ne connoiffoit pas toujours
la bonté de l'air d'un Païs , par la
couleur & la bonne difpofition
des Habitans , parce qu'il y en a
qui fe portent bien dans l'air mê .
me de la pefte. Il y a encore des
lieux qui ne font fains qu'en de
certaines faifons de l'année, & qui
font dangereux dans d'autres.
Mais afin qu'un lieu foit jugé
fain, il faut pour le moins en avoir
du Mercure Galant.
79
J
Pexpérience une année entiere.
Les Maifons expofées au Midy,
dans les Païs chauds , font mal
faines , on y devient bilicux &
languiflans , & fujets à des fiévres
tres aigües . Dans les Païs froids,
lesMailons qui font tournées vers
le Septentrion , rendent ceux qui
les habitent fujets aux fluxions &
paralifies. Les Maifons qui regardant
l'Occident , dans les Païs
humides , caufent des foiblefles
d'eftomac & des ulcéres. Les
Maifons qui font placées du côté
de l'Orient , dans les Païs fecs,
rendent les jointures débiles , con
denfent les humeurs , &
> engendrent
de grandes obftructions.
Et où bâtirons.nous donc , s'écria
le Chevalier , puis que dans tous
les cantons du Monde il n'y a que
"
70
Extraordinaire
と
maladies , & pas un lieu qui foit
fain La terre ? eft donc inhabitable.
Non pas , M' le Chevalier,
reprit le Docteur , chaque Païs a
fon terroir , fes eaux , fes afpects
& fes vents , qui luy font ou nui
fibles ou falutaires , il ne faut que
les bien choisir , & alors il n'y a
point de lieu qui ne puiffe eftre
fain , au moins pour les naturels
du Païs , & il n'y a que les Voyageurs
, qui en puiffent recevoir
quelques incommoditez.
Pline qui a écrit fort au long
fur la maniere de bâtir les Maifons
de Campagne , pour les rendrefaines
& logeables , dit que fi le
Climat eft chaud , l'ouverture
doit regarder le Nort ; s'il eft
froid, elle doit regarder le Midy,
& s'il eft temperé, elle doit regar
du Mercure Galant. 71
[
1
der le Levant. Cela eft bon , interrompit
l'Abbé , mais je vou .
drois fçavoir s'il eft neceffaire
pour avoir le bon air , de percer
un Bâtiment par quantité de hau
tes & pleines croifées , comme on
fait aujourdhuy , ou de l'ouvrir
feulement par des feneftres médiocres
, comme on faifoit autrefois.
Ileft aifé de remarquer par
tous les vieux Châteeux , tant dehors
que das le Royaume, que nos
Peres n'aimoient pas le grand air
pour leursMaifons . Tous les vieux
Bâtimens font placez de biais, ou
accompagnez aux coſtez de tourelles,
qui couvrent les jours, afin
de rompre le vent , & de fendre
l'air , qu'ils croyoient nuifible à
la fanté , ſe perfuadant de vivre
plus long -temps , en fe tenans
$2
Extraordinaire
ainfi renfermez ; eftant bien contraires
aux Poiffons , qui aiment
à changer d'air , & qui montrent
fouvent la tefte au deffus de l'eau ,
& meurent fous la glace , fi on n'a
foin de la fendre en Hyver , afin
de leur conferver la vie. Mais
nos Peres difoient que les Maifons
cftoient faites pour fe mettre à
couvert des injures de l'air , &
non pas pour le recevoir par de
grandes ouvertures , que nous
avons inventées pour fatisfaire au
plaifir , & à la vanité . J'ay vû un
Homme plus vieux que fon fiecle
, qui durant les trois mois fâcheux
de l'Hyver ne fort point,
neveut ny voir ny fentir l'air , qu'il
refpire feulement par un petit
jour qui eft au.deffus de la porte
de fa Chambre , foutenant que le
trop
du Mercure Galant.
73
C
trop grand jour tüe. Elifabeth
Reyne d'Angleterre , en allant
voir le Chancelier Bacon , dans
un Château qu'il avoit nouvellement
fait bâtir , & percer de toutes
parts par de belles & grandes
croifées, elle luy demanda où l'on
s'y mettroit l'Hyver , voulant
luy marquer par là , que le trop
d'air n'eft pas toûjours bon ny
commode , & que les feneftres
médiocres font meilleures. Cela
dépend des Climats, & de la coutume
des Peuples , dit le Docteur.
En Angleterre toutes les fenêtres
font fort petites , mefme dans les
Maiſons de plaifance des Princes ,
auffi bien que des Particuliers ,
qui n'ont que des ouvertures
quarrées , fans corniches ; & à
Douvres , il n'y a que quelques
Q. d'Octobre 1683. G
-
74
Extraordinaire
il
vires pourtoutes fenêtres, qu'on
ouvre pour donner de l'air. Les
Maifons de Picardie font prefque
fans feneftres , ou du moins elles
font fipetites, que ces Maifons ne
reffemblent proprement qu'à des
lafnieres. Mais comme les Maifons
fermées & ombragées font
plus froides & plus mal faines,
parce que le Soleil n'y entre pas ,
& quel'air y eft plus humide ,
fait plus froid dans les Villes qu'à
la Campagne. Enfin , outre le
bon air qu'il faut obferver pour
rendre les Maiſons faines & bien
fituées , il ya encore le bel air, &
la maniere de bien bâtir , qui les
rend agreables & commodes ; &
c'eft de ce bel air, priscommemo.
de ou maniere , dont il nous refte
parler , mais je croy que ce que
du Mercure Galant. 75
nousen avons déja dit à l'entrée
de cette Converfation, doit fuffire
, renvoyant les Curieux au
beau Difcours que Mr le Chevalier
a fait de l'air du monde , &
de la veritable policeffe . Cela
s'appelle , interrompit le Chevalier
, renvoyer les Curieux au
Dialogue de la Bonne - Grace d'un de
nos vieux Poëtes. Pardonnezmoy
, Mr le Chevalier , reprit le
Docteur, nous fçavons la différence
qu'il y a entre l'illuftre Autheur
du Mercure Galant , &
Autheur des Apprehenfions Spirituelles.
Le premier n'expoſe rien
au Public , qui ne foit digne de
fon approbation , & de l'eſtine
qu'il s'eft acquife . On ne peut
rien auffi ajoûter à ce que vous
avez dit fur cette matiere , mais
Gij
·75 Extraordinaire
il me femble que c'eit affez battre
l'air, & fi M' l'Abbé le trouve
bon , nous irons prendre l'air de
cette foirée, qui eft fort agreable.
L'Abbé eftant dans le mefme
fentiment , toute la Compagnie
fe leva , & fortit pour aller à la
promenade .
Je croy auffi , Madame , qu'il
eft temps de finir , & de vous retirer
d'une fi longue lecture , pour
Jaquelle j'aurois mille excufes à
vous faire , fi je ne fçavois que
tout ce que je vous écris de cette
illuftre Compagnie, ne vous peut
eftre ennuyeux. C'eft donc avec
cette affurance , & en qualité de
leur fidelle Secretaire , que je
prens la qualité de vôtre , &c.
DE LA FEVRERIE.
ACADEMIQUE,
Dans laquelle il eſt traité des ,
bonnes , & des mauvaiſes
litez de l'Air.
qua.
AMadame la Comteſſe de C. R. C.
V
Ous m'avez témoigné,
Madame , que l'Entretien
Académique , dont je vous fis
part au mois d'Avril de l'année
1680 , ne vous avoit point déplû,
& vous m'avez mefme demandé
tant de fois des nouvelles de cet
illuftre Abbé , chez qui l'on parla
du fommeil de l'aprefaînée, que
je crois encore vous faire plaifir
7
A ij
4
Extraordinaire
en vous apprenant fon retour,
& ce qui s'eft dit dans une autre
Converfation , où je me ſuis auffi
heureufement trouvé que la premiere
fois. Il y avoit longtemps
que nous n'avions veu cet Abbé
dans la Province ; mais quoy
qu'il foit infirme , il ne laiffe pas
d'entreprendre des Voyages pénibles
pour le fervice du Roy, &
de fes Amis , & d'agir comme s'il
fe partoit bien. Je vous avoue
que fa patience eft merveill‹ uſe;
mais en pratiquant cette excellente
vertu , il croit arriver à
toutes les autres. Pour vous,
Madame , qui ne pouvez foufrir
de retardement à tout ce que
vous fouhaitez , je m'imagine
déja que vous eftes impatiente
de fçavoir fur quoy a roulé noſtre
Entretien.
du Mercure Galant.
S
Je vous diray donc qu'eſtanc
alle voir cet illuftre Abbé , je le
trouvay avec la Troupe choisie,
qui ne l'abandonne pas quand il
eft en ce Païs , & un Confeiller
qui fortit quelque temps apres
que je fus arrivé. Comme ce
Confeiller eft d'une grande pref
tance , cet Homme , dit M' le
Marquis , a l'air d'un veritable
Magiftrat. Oüy , repliqua l'Abbé
, c'eft un Juge fort entendu
dans fa Charge , & plein de
courage pour la juftice , & pour
les intérefts de fa Compagnie. Il
porte cela fur fon vifage , dit le
Chevalier , il n'y a qu'à le voir.
On a quelquefois de la peine à
le retenir , tant il a de feu & de
vivacité , ajoûta le Préfident.
Cette chaleur , dit le Docteur,
7
A iij
6 Extraordinaire-
>
eft un effet de fon tempérament,
qui eftant fanguin le rend
violent & prompt. Il eft vray
que nous devons beaucoup à
noftre complexion , dit l'Abbé ;
& fi l'heureuſe naiffance fait les
bonnes moeurs , il est encore
vray , pour en revenir à l'air dont
nous parlions , qu'il contribuë
extrémement à la fortune des
Hommes. Ifabelle , Reyne d'Eſ
pagne , difoit ordinairement que
la bonne mine leur fervoit d'une
Lettre de recommandation affez
ample. En effet , quand une Perfonne
bien faite vient à nous , fon
air nous prévient d'abord en fa faveur
; & le Duc de Guife , parlant
dans fesMémoires de l'Action hé !
roïque qu'il fit à Naples, lors qu'il
appaifa tout feul une troupe de
du Mercure Galant. ブ
Séditieux , ce Prince dit que les
Gens de qualité ont un je ne.
fçay- quoy dans le vifage , qui fait
peur à la Canaille. Jules Céfar
paroiffant devant les Soldats mutinez
, les ärrefta d'une feule parole
; & Augufte étonna les Lé.
gions d'Antoine par fa préſence .
Dans le temps des Guerres deParis
, le Garde des Sceaux Molé,
en fe montrant fur les Degrez
du Palais , defarma & appaifa le
Peuple qui le cherchoit pour
s'en défaire . Ileft donc conſtant
qu'il y a un certain air dans les
Perfonnes , & un certain caractere
fur le vifage , qui nous infpire
de l'eftime , de la crainte , & de
la venération . Comme auffi il
y
a un certain air , & un certain caradere
qui nous cauſe de la dé-
A iiij
& Extraordinaire
fiance , de l'averfion , & du mé.
pris. De - là viennent ces viſages
favorables , ou malencontreux ,
dont la mine . feule femble nous
annoncer d'abord quelque bonheur
, ou quelque malheur à venir.
Tel eftoit Montagne , qui
fur le fimple crédit de fa préfen- .
ce , & de fon air , nous affure que
des Perfonnes qui ne le connoiffoient
pas , fe fioient en luy , foit
pour leurs propres affaires , ou
pour les fiennes , & que mefme
dans les Païs Etrangers , il en
avoit tiré des faveurs rares &
fingulieres. Il fait quelques petits
contes fur le fujet des chofes qui
luy estoient arrivées , qui font
affez remarquables .
L'Abbé ayant ceffé de parler;
ne peut- on pas ajouter à tous
du Mercure Galant .
9
ces Exemples , dit le Marquis ,
la bonne mine du Roy , fa taille,
fon grand air , & ce caractere
plein de majeſté , & de fageffe
qui l'accompagne toujours ?
C'eft par- là qu'il terraffe les Ennemis
, auffibien que par la force
de fes Armes , & qu'il s'attire
les refpects , & l'amour de tous
ceux qui l'envifagent . On a eu
bien raifon de mettre entre les
Fremieres maximes de regner,
qu'il falloit pour remplir dignement
la Royauté , le port , la
taille , & la bonne mine , qui ne
font autre chofe que le bon air
qui charme par des vertus fe.
crettes de l'ame. Car il ne faut
pas s'imaginer que le corps luy
tienne lieu d'une honteufe prifon
, c'eſt un Temple où cette
10 Extraordinaire
petite Divinité fe plaiſt davanta
ge, plus il eft pur & net au dedans,
& beau & magnifique au dehors.
Neantmoins Scaron a dit ,
Souvent un vilain corps loge un
noble courages
Et c'eft un grand menteur fouvent
que le vifage.
Oh, pour Scaron , interrompit
le
Chevalier qui n'avoit poinɛ
encore parlé , & dont j'admirois
le long filence , il n'avoit garde
de s'expliquer autrement. Il ef
toit trop intereffé à défendre le
party de la laideur , & de la di
formité , car il n'avoit pas le
viſage plus beau que le corps,
& chacun fçait comme il eftoit
fait ; mais M' de Corneille a dit
bien plus vray que M' Scaron ,
quand il affure que tout le mon
du Mercure Galant. 11
de veut eftre beau , & bien fait,
Et quefinous eftions artifans de nous
mefmes,
On ne verroitpar tout que des beautez
Suprémes.
Cela dépend de Dieu , & non
pas de nous , dit l'Abbé, Ipfefecit
nos, & non ipfi nos. Il s'eft réſervé à
luy feul , le fecret de la nailfance
des Hommes , & l'a rendu impénétrable
à leur curiofité . Nous
ne fçaurions donc connoiftre
pourquoy celuy.cy a un air qui
plaiſt , & celuy là un air qui rebute
& qui dégoufte ; mais M ' le
Docteur , dites - nous un peu à
le bien prendre , ce que c'eft que
l'air , car les Orateurs, les Poëtes,
& les Philofophes en parlent diverſement.
L'air , répondit ce Docteur,
12 Extraordinaire
peut eftre confideré en trois manieres,
comme Elément , comme
Température , & comme Mode
ou Maniere . Pour moy , je croy
que c'est l'expreffion des autres
Élémens , & du mouvement , de
to s les Corps , qui participe à
toutes leurs bonnes ou mauvaiſes
- qualitez. Ainfi l'on dit , l'air du
temps , l'airdu feu , prendre l'air,
pour dire recevoir cette tranfpiration
des corps dans fa fource,
& dans toute fon , étendue . On
donne ordinairement le nom
'd'air à toute cette Matiere li
quide & tranfparente dans la.
quelle nous vivons , & qui eft ré .
pandue de tous coftez à l'entour
du Globe , compofé de la terre
& de l'eau. En effet , quelques
Philofophes prétendent que les
du Mercure Galant.
13
Cieux font fluides , comme un
grand air vague & fpatieux,
dans lequel les Etoiles & les
Planetes fe promenent comme
les Poiffons dans la Mer , & les
Oifeaux dans les Nuës ; & le
Philofophe de Cour ( car enfin
il faut raifonner à la mode aujourd'huy
) cet Autheur , dis-je,
veut que les Cieux foient fluides,
& de la nature d'un air tres.fub
til , & tres- purifié . Les Anciens
ont auffi confondu les mots de
Ciel , & d'Air , en parlant de la
Partie que nous voyons ; & l'on
dit tous les jours , apres la Sainte
Ecriture , les Oiseaux du Ciel ,
ils volent dans le Ciel , pour dire,
les Oifeaux de l'air , ils volent
dans l'air. En effet , l'air entre
dans la compofition du Ciel , &
14
Extraordinaire
le Ciel femble eftre un air con
denfé. Un Moderne a eu raiſon
de dire , que l'air eft un étrange
& admirable compofé , & que
pour le bien connoiftre , il faudroit
connoiftre auparavant la
nature de tous les Corps qui entrent
dans fa compofition. Comment
donc le concevoir dans
cette fimplicité qui luy eſt neceffaire
pour eftre Elément ? Car
dans la compofition où il fe trouve
prefque toujours , par le mélange
des autres Elemens , & de
tous les Corps qui s'exhalent.
continuellement de la Terre , on
ne peut dire précisément ce que
c'eft . Le Philofophe de Cour,
dénie à l'air le nom & la qualité
d'Elément , & dit que par fa
fubtilité il eft feulement fembla
du Mercure Galant,
ble au premier Elément des Car
réfiens. Quelques autres difent
que c'est une portion de la
Matiere premiere , débrouillée
& purifiée par la Lumiere. La
penſée de cet Ancien eft jolie,
qui difoit que l'Air eftoit la vître.
rie de l'Univers , par où les Crea.
tures voyent tous les Objets
comme dans un Miroir , par la
refléxion de cetteLumiere. C'eft
luy qui conferve les couleurs invifibles
qui peignent tous les
Objets dans nos yeux , quoy qu'il
foit fans couleurs , puis que tous
les Objets tranfmetent leurs efpeces
en luy , ce qu'ils ne pour
roient pas faire s'il avoit quelque
couleur , comme nous voyons
tout rouge , ou tout jaune , dans
un verre qui eft peint de la fort,
16 Extraordinaire
›
Un Philofophe moderne dit que
l'air n'eft pas vifible , parce qu'il
eft trop délié ; mais qu'autant
qu'on le peut voir par la refpiration
, ou par les Arquebules à
vent , il eft de couleur grifatre,
A propos de la couleur de l'Air,
s'écria le Chevalier , en regar.
dant le Marquis , ne vous fouvient-
il point de ce prétendu Sor
cier , qui nous difoit un jour qu'il
avoit veu le Vent , & qu'il eftoit
rouge , jaune , & bleu ? Il eſt
beaucoup de femblables Viſionnaires
, répondit le Marquis , &
je croy qu'il s'en trouve auffi
parmy les Philofophes ; mais
laiffons parler M' le Docteur, car
il a fans doute de belles chofes à
nous dire . Apres un modefte
fous-rire , le Docteur reprit fon.
du Mercure Galant.
17
Difcours de la forte.
Les Philofophes donnent à
l'Air des figures bien diférentes,
& le mettent en tant de postures,
qu'il eft impoffible de le connoiftre
tel qu'il eft en effet. Quel
ques- uns difent
que les goutes
d'eau & de rolée, qui tombent de
l'air eftant rondes , cer Elément
eft de figure ronde , parce que
les parties doivent avoir l'inclination
du tout , mais en verité, je
trouve cette raifon badine , car
hors la Terre , les autres Elémens
qui font toujours dans l'agitation
, & dans le mouvement ,
n'ont point de figures certaines
& naturelles , Encore s'il eft vray
que la Terre tourne, il faut croire
qu'elle en change de temps en
temps puis qu'elle s'éboule , &
Q. d'Octobre 1683. B
18 Extraordinaire
s'écorne ſouvent , comme par
lent ceux qui fuivent cette opi- .
nion . Ainfi on diſpute fort inutilement
, fi la Terre eft ronde,
ou fphérique ; fi le Feu eft ovale,
ou pyramidal ; fi l'Eau eft plate,
ou fphérique , & fi l'Air eft
rond , ou triangulaire. Les Cartéfiens
difent que le fecond Elément
, auquel ils donnent le nom
d'Air , n'eft autre choſe que les
parties de leur Matiere fubtile,
qui pour eftre plus groffieres s'ar
rondiffent fans ceffe , que l'Air
le plus groffier a la proprieté de
fe dilater beaucoup , & qu'il fe
mefle aisément avec la Matiere
fubtile. Quelque autre affure
qu'il eft droit , quand il eft lenr,
c'eft à dire, dans fa gravité , mais
que lors qu'il eft furieux & turdu
Mercure Galant.
19
•
bulent , & fi vous voulez tourbillon
, il eft un peu courbé , &
d'une figure circulaire , mais je
croy qu'il n'a point d'autres figures
que celles du corps qui le
renferme. Quoy que fa couleur
foit inperceptible , comme nous
avons dit,il eft neantmoins tranf
parens , parce que les parties eftant
toûjours en action , laiffent
un grand vuide entre elles , & ce
vuide eft remply des rayons des
Corps lumineux. L'air que nous
refpirons eft vifible , parce que
ce font les fumées du coeur que
l'air extérieur codenſe & épaiffit,
quand il eft froid ; & plus la Perfoune
eft d'une complexion forte
& robufte , & plus elle pouffe
d'air quand elle eſt agirée ,
principalement en Hyver qu'il
Bij
20 Extraordinaire
·
fort de la bouche à gros flocons.
Pour fon odeur, les Philofophes
que j'ay déja citez , affurent
qu'elle eft fouvent mauvaiſe.
Enfin il eft chaud , humide , &
leger ; mais quelques Modernes
prétendent , qu'il eft froid , &
pelant ; & d'autres , qu'il n'eft
froid , ou chaud , que felon les
divers mouvemens qu'il foufre.
Ainsi, lors qu'on dit qu'il peut
devenir feu , on veut dire qu'il
peut s'échaufer jufqu'à ce fupré
me degré de chaleur, Quoy qu'il
nous paroiffe leger , il ne laiffe
pas d'eftre eftimé pefant , jufque.
là que Reid , docte Medecin , a
démontré qu'il ne l'eft pas moins
que la Terre , mais il eſt certain
qu'il eft médiocre en pefanteur,
plus pefant que le Feu , & plus
du Mercure Galant. 21
leger que l'eau . Pour ſa hauteur, -
finous en croyons M' Rohaut,
elle eft de plus de quatre mille
cinq cens quatre - vingts toifes ;
& il tient qu'il n'y a point de
Montagne affez haute
pour nous
élever au deffus de la plus haute
furface de l'Air, ou de la premiere
Région . Je me fouviens pourtant
, interrompit le Préfident,
que M' Bary raporte dans fa Phy
fique, qu'en Angleterre on monte
d'un certain Tertre jufqu'à
une certaine hauteur , où il n'y a
plus d'air , & qu'à moins d'y
porter des Eponges humectées,
on y meurt. Cela fe peut , reprit
le Docteur , & tout ce que
nous diſons icy , n'eſt pas fi pofitif
qu'on ne le puiffe contre.
dire ; mais pour continuer à vous
22 Extraordinaire
parler de cet Element , on ne
peut changer la veritable confiftence.
Il ne reçoit aucun mélange
, & comme tel , l'Air eft
appellé Elément , mais que celuy
que nous fouflons , que nous
refpirons , que nous voyons , &
qui nous environne , ne foit
qu'un mefme air , exempt d'aucun
mélange , cela ne le peut
foûtenir. L'air que nous refpirons
eſt un ſoufle vital , compofé
de noftre ame & du mouvement
de noftre corps . Celuy que
nous reſpirons , & qui nous en
vironne , eft compofé des vapeurs
, & du mouvement des
corps extérieurs qui nous approchent
; & celuy qui tient
lieu d'Elément , eſt une fubftance
extrémement deliée qui fe
du Mercure Galant.
23 1
fourre par tout , & qui remplit
tous les lieux , d'où les corps fe
def uniffent . Mais M' le Docteur
, dit le Marquis , quelle diférence
mettez- vous entre le
Vent , & l'Air pris comme Elément
? Car felon moy , le Vent
eft un Air agité , & l'Air eft un
Venten repos. Tous les Philofophes
modernes définiffent le
Vent une agitation fenfible de
l'Air , & felon M¹ Bary , le Vent
n'eft autre chofe qu'une agitation
d'air , plus ou moins notable.
L'Air eft encore toûjours
le fujet du Vent , & une de fes
caufes efficientes. Enfin il fert
de Théatre à ces merveilleux
Tourbillons . Ceux qui difpofent
des Vents ( car il y en a qui les
retiennent , & qui les lâchent
24
Extraordinaire
quand il leur plaift , ) ceux -là,
dis - je , obfervent les diférentes
qualitez de l'Air ; & je me ſouviens
d'avoir leu dans Théophrafte
, que les Brachmanes
avoient deux Tonneaux remplis
de Vent , qu'ils ne bouchoient
jamais que l'Air ne fuft fec , &.
tranquille , & qu'ils ne débouchoient
que lors qu'il eftoit hu
mide & tempeftueux . Je fçay,
continua le Marquis , qu'on dit
tous les jours , que les Vents
chaffent & purifient l'Air , mais
cela s'entend de ce que les parties
les plus groffieres de l'Air fe
fubtilifent , & fe raréfient par
cette agitation , & voila ces
Vents qu'il a pleu aux Pilotes
de nommer de noms barbares &
inconnus , felon les lieux où cet
Air
du Mercure Galant. 25
Air eft plus ou moins dans l'agitation
. En verité voſtre Philofophie
eft jolie , s'écria le Che
valier en riant , & elle feroit bien
reçeuë de l'Univerfité . Le Philofophe
de Cour ne raifonne pas
plus férieufement que vous fur
cette matiere , & j'aime autant
voftre Air agité , qui eft l'opinion
de Pline , que fon Météore
composé de deux fou
fres diférens & ennemis , que le
froid condenſe fi fort , que le
Météore creve par cette contrarieté
, & fait le grand fracas
que nous entendons .
Mais pourquoy , Mr le Che.
valier, reprit le Marquis, ne voulez
-vous pas que fous le bon plaifir
de M' le Docteur , je parle du
Vent à ua fantaiſie ? Ne fçavez-
Q. d'Octobre 1683. C
26 Extraordinaire
vous pas que c'eſt une des choſes
inconnues dans le monde ? Quelques-
uns en attribuent la pro.
duction au Soleil , les autres , au
combat que font les atomes ;
les autres , aux vapeurs , & aux
exalaifons ; & enfin il y en a d'autres
qui m'ont fait penfer , que
l'Air fe meut de foy - mefme ; car
je ne fuis fi vifionnaire
que
pas
vous le croyez , ny fi ridicule
fur le fujet des Vents , que celuy
qui difoit que c'eftoient les éter.
nuëmens de ce grand Animal
que nous appellons le Monde,
comme l'Air eftoit fon haleine &
fa refpiration . Cette imagination
eftoit bien digne de Rabelais
, qui dit que le Vent eft le
foufle de Gargantua . Dieu en
´eft l'Autheur , au fentiment d'un
du Mercure Galant.
27
Prophete, & il peut auffibien le
former de l'Air , que d'une autre
matiere. Quoy que Pline que
vous venez de citer , reconnoiffe
plufieurs fortes de Vents , comme
les Vents de Mer & de Terre,
tout cela n'est que l'Air , qquuiiaaggiitt
ou fur l'Eau , ou fur la Terre. Cer
Autheur veut encore que le Vent
foit un efprit vital , par lequel la
Nature produit toutes chofes .
Et ce Vent , ou cet Air dont nous
parlons , ne font- ils pas les mefmes
? Si cela eft , répondit le
Chevalier , je ne m'étonne plus
que les Cavales d'Andaloufie engendrent
par le Vent ; car l'Air
ou le Vent , eft un tréfor qui contient
toutes les femences , fi nous
en croyons Anaxagore . Et ne
croi t-ce point par cette raiſon
C ij
28 Extraordinaire
que nous appellons un Cheval
viſte, un Coureur , & que nous
difons , aller comme le vent ?
Car les Chevaux qui naiffent du
vent , & de telles Cavales , font
je m'imagine d'admirables Coureurs
pour leur legereté & leur
viteffe , & pareils aux Chevaux
volans , dont parle noftre Pline;
mais à l'endroit que vous avez
cité , il compare l'agitation du
Vent dans la nature , à une Femme
groffe , & dit que cet efprit
vital, remuë dans fes flancs com.
me un Enfant dans le ventre de
fa Mere . Ne voila- t-il pas une
belle origine des Vents ? Je ne
puis encore m'empeſcher derire,
qu nd il nous dit qu'ils font plus
mols que fermes. Quoy , les
Vents ont de la molete , eux
du Mercure Galant. 29
3
J.
J
1
1
qui font fi refolus qu'ils attaquent
les plus durs Rochers , &
les Baftimens les plus inėbranlables
, qui arrachent les Forefts ,
qui renverfent les Montagnes ?
Non , non. Je croy que leur tempérament
eft froid & fec , ce qui
marque leur force , & leur courage.
Vous badinez toujours ,
M le Chevalier , interrompit
l'Abbé . Il eft constant qu'il
y a des Vents chauds , & des
Vents humides . Ouy ; mais , reprit
le Chevalier , ce n'eft pas en
eux-mefies qu'ils font tels , mais
par accident , & felon les lieux
où ils fouflent , & la Saifon qu'ils
fe mettent en Campagne . Je
croy que M' le Chevalier a raifon
dit le Marquis , car
quand on dit, ce vent -là amenera
>
C iij
30 Extraordinaire
de la pluye , ce n'eft pas qu'il
foit pluvieux de fa nature , mais
c'cft qu'il amene , & fait tomber
les vapeurs qui fe réſolvent en
pluye. L'Air eft donc un veritable
Caméleon , capable de
toutes fortes d'impreffions . Tout
froid qu'il eft, il devient feu , felon
les divers mouvemens qu'il fou-
Ale ; mais ce qui eft admirable, eft
que ces vents ou ces impreffions
d'Air , comme nous les avons
appellez , ont leur révolution
jufte & périodique , de quatre
ans en quatre ans , vers le commencement
de la Canicule .
Quoy que je m'en tienne à
l'opinion de l'Ecole , dit le Do-
&teur , voyant que le Marquis
s'eftoit teú , qui eft que l'Air
n'eſt pas le Vent , il eſt neantdu
Mercure Galant. jr
moins le Pere des Vents , & le
crible de la Nature , comme
parle un Ancien , mais un Moderne
l'appelle avec plus de raifon
, le Compagnon du Soleil,
parce qu'il concourt avec luy à
la creation de toutes chofes , &
à la formation des plus merveil
Jeux Phénomenes de la Nature .
Il infpire ce que la Lumiere vivifie
, il purifie ce qu'elle dore , &
fert avec elle à éclairer tout l'Univers.
Anaximenés difoit que
Pair eftoit l'efprit du Monde , &
qu'il eftoit à l'Univers ce que
l'ame eft au corps ; que toutes
chofes eftoient engendrées de
l'air , & fe réfolvoient en air.
Enfin on peut dire de l'Air , ce
que S. Paul a dit de Dieu , In quo
vivimus , movemur, & fumus, I
C iiij
32
Extrardinaire
nous fait voir les objets , mais il
nous donne encore l'oüye , &
l'odorat, Par fon moyen nous
fentons , & nous entendons.
Tous nos Inftrumens , & toutes
nos Chanſons , ne font qu'un air
mefuré & harmonieux. Il anime
les uns , il infpire les autres . Une
Chanfon s'appelle un Air , parce
que c'est un Mode , ou une façon
de chanter , mais encore par
ce qu'il faut de l'air pour le chanter
, & que la Mufique rend cet
air harmonieux par les diférentes
notes qui le compofent. En effet,
l'air agité par la voix ,frape agreablement
nos oreilles , ce qui a fait
dire à un Ancien , qu'une belle
Ode , qui eft la mefme chofe
qu'une belle Chanſon , eftoit un
air qui voloit dans les oreilles. II
du Mercure Galant.
33
y a des Païs mefme où l'air fait
les belles Voix , & où tous les
Hommes chantent bien. Vous
demeurerez d'accord de cette
verité , puis que felon Ariftote,
la Voix & les Inftrumens ne font
qu'une répercuffion de l'air infpiré
.
L'air eft encore un excellent
médiateur entre l'eau & le feu.
Il corrige celuy - cy , & tempere
celle- là. Il eſt naturellement
Amy de la Terre , mais ce qui
releve davantage la nobleffe de
cet Elément , c'est que quelques
Philofophes ont crû que fe Dieu
unique & fouverain n'eftoit
autre que l'Air. Le Docteur
ayant ceffé de parler , comme
s'il n'euft eu plus rien à dire ; Oh
je me doutois bien que les An-
>
34
Extraordinaire
ciens en avoient fait un Dieu,
reprit le Chevalier ; mais moy,
je vous dis que c'eſt un Démon
en fubtilité , & en malice , qui
rend tous les corps agiles , & qui
penetre toutes chofes , fans les
rendre plus pefantes lors qu'il les
remplit. C'est un grand faifeur
de Fufées, & de Feux d'artifices,
qui forme les Méteores , & qui
les renferme dans fon fein ,
mais c'eſt auffi un grand tireur
de quinte effences , qui fçait
diftiler avec le feu élémentaire ,
les influences & les proprietez
occultes des Etoiles , & des Planetes
. Peu s'en faut que je ne
l'appelle Soufleur & Charlatan ;
mais enfin il eft le mieux logé de
tous les Elémens , puis qu'il ha.
bite dans trois regions diférentes,
·
du Mercure Galant.
33
& que le Feu , l'Eau & la Terre
demeurent toûjours où Dieu les
a placez . Il devoit ce me femble ,
avoir quatre Régions , afin de
partager les quatres Saifons de
l'année . Ileft chaud dans la haute
région proche du Feu élémentaire
. I eft plus fraichement dans
Ja moyenne , & d'une maniere
plus temperée dans la baffe , puis
que cette Région eft tantoft
chaude , & tantoft froide. Pline
qui connoiffoit cet Elément , &
qui peut eftre en avoit reçeu
quelque incommodité , dit qu'il
eft caufe de tous les malheurs qui
arrivent aux Hommes , & le
compare à un Sujet rebelle qui
fait fans ceffe la guerre à la Nature
. Les Vents qui font les
Soldats de l'Air , font tous les
36
Extraordinaire
ravages qu'il leur commande , &
ne fe retirent jamais de la meflée
fans eftre chargez de butin.
Toute la Compagnie ne pút
s'empefcher de rire de ce qu'avoir
dit le Chevalier ; mais l'Abbé
prit la parole , & s'adreffant au
Docteur d'un air plus férieux,
Mais noftre ame n'eft - elle point
de la nature de l'air , puis que
felon la penſée d'un Ancien , l'air
& l'efprit ne font qu'une mefine
chofe ? Pour moy je croy que
noftre ame eft un air tres fubtil,
& foit qu'elle anime nos corps,
ou qu'elle s'en fépare , elle en a
toute la reffemblance autant
qu'elle peut eftre viſible. Lors
que je la confidere comme fenfitive
ou animale , ou comme immortelle
, je n'en puis avoir naAu
Mercure Galant.
37
turellement d'autre idée . Diogenes
eftoit de voſtre ſentiment,
répondit le Docteur ; & Héraclite
& les Stoïciens eftoient en.
core de cette opinion. Ils vouloient
que noftre ame fuft une
évaporation d'humeurs inceffamment
coulantes , ou un vent.
L'efprit des Infectes , difent les
Chymiftes , eft la plus pure por
tion de l'air , & cette pure portion
de l'air eft le lien qui unit
l'ame avec le corps. L'ame des
Vegétaux eft auffi aërienne , &
c'est pourquoy le corps qu'elle
anime veut toujours s'élever en
l'air. La fainte Ecriture expri
mant de quelle maniere le pre
mier Homme fut animé , dit que
Dieu luy foufla dans le corps un
eſprit de vie. Or qu'eſt- ce qu'une
38
Extraordinaire
evaporation , qu'un vent , qu'un
foufle , finon l'air que nous ref
pirons , ou quelque chofe qui luy
reffemble ? Mais vous fçavez que
M'l'Evefque de Meaux , dans ce
beau Difcours qu'il a fait fur
l'Hiftoire Univerſelle , nous défend
de croire que noftre ame
foit un air fubtil , ny une vapeur
déliée ; parce que le foufle que
Dieu infpire , & qui porte en luymefme
fon image , n'eft ny air
ny vapeur. Je fçay cela , dit
l'Abbé , & d'autres Docteurs me
l'ont appris , mais nous ne parlerons
pas icy fur les Bancs . Quoy
qu'il en foit , reprit le Docteur,
l'air contribue non feulement à
toutes les belles qualitez du
corps & de l'efprit ; il infpire &
regle tous les mouvemens de l'adu
Mercure Galant.
39
me , ce qu'il eft facile de faire
voir , fi nous le confiderons.com.
me température .
L'éloquent Evefque que je
viens de citer , dit que les Elemens
furent alterez par le deluge,
& que l'air chargé d'une humi
dité exceffive , fortifia les principes
de cette corruption ; & ily a
bien de l'apparence que la Nature
fe fentit la premiere de la
corruption des Hommes , qu'elle
fut affoiblie , & qu'il demeura en
elle- mefme une impreffion éternelle
de la vangeance Divine.
Mais enfin , pour que l'air foit fa
lubre , il faut qu'il foit temperé,
ny trop groffier , ny trop fubtil.
Ainfi l'on dit une bonne température
d'air , une bonne contitution
d'air. Sa fubtilité ne
40 Extraordinaire
tait pas fa bonté , il eft auffi dana
gereux trop fubtil , que trop grof
Ler. C'est pourquoy dans la fupérieure
Region , où il eft dans
fa plus grande fubtilité , nous n'y
pourrions pas vivre. Cette fubti
lité rend fes parties trop aiguës,
& trop penétrantes ; & les lieux
trop élevez font contraires aux
poitrines foibles , & délicates. Un
Voyageur nous affure , qu'allant
voirun Hermite fur le Mont Ararath
, dans l'Arménie , il monta
jufques à la Region de l'air, où fe
forment les nuages ; que la plufpart
de ces nuages eftoient obfcurs
& épais , les autres extrémement
froids & pleins de neige,
& qu'il y fût mort , s'il y eût demeuré
encore un quart d'heure.
Lors que l'air eft trop groffier ,
du Mercure Galant.
fes parties trop épaiffes & trop
maſſives engraiſſent & tuënt la
poitrine , & les parties où elles
s'attachent par le moyen de la
refpiration. Il faut donc laiffer
l'air groffier aux Pituiteux , & le
fubtil aux Mélancoliques . Pour
moy , dit le Chevalier , j'aime à
reſpirer le grand air. Outre que
je m'en porte mieux , il me rend
F'efprit plus gay & plus agreable ;
il me donne mefme des penſées
plus nobles & plus relevées , & je
Vous affure que j'y trouve quel--
que chofe de divin & de ſurna.
turel , que je reifens viſiblement
en moy - mefme . Vous eftes du
naturel des Arbres , interrompir
le Préfident , qui aiment beau
coup l'air , ou plûtôt comme ces
Peuples de Siam qui l'adorent, &
2. d'Octobre 1683. D
•42
Extraordinaire
qui n'ont point d'autre tombeau
apres leur mort ,,
que
d'eftre
fuf
pendus
en l'air. Mais
je fuis bien
aife
que
vous
foyez
reconcilié
avec
cet Elément
, depuis
tantôt
.
Il ne s'agir
plus
de nôtre
querelle
,
reprit
le Chevalier
. Je l'aime
quand
il me fait
du bien
, mais
je ne fuis point
Aëriſte
, & je ne
Louhaite
pas que
mes
funérailles
fe faffent
en l'air . Je n'aime
pas
non
plus
ces airs voraces
, qui ren
dent
les Peuples
faméliques
, &
qui
tuënt
la poitrine
, comme
nous
a dit M' le Docteur
, mais
un air comme
celuy
de l'Egypte
,
qui infpire
la fobrieté
& l'abftinence
. Les
Hermites
de l'ancienne
Thebaide
eftoient
de vô.
tre gouft
, dit l'Abbé
, ils avoient
choify
exprés
ce lieu -là pour
leur
du Mercure Galant.
43
1
-
retraite ; auffi eſt- cè un vray païs
d'Hermites. Je vous avouë ma
foibleffe , reprit le Chevalier , ce
n'eft point par le meſme efprit
quej'aime le grand air ; mais c'eft
que je fuis tout différent de moymefme
dans les lieux bas ., obfcurs
&
defagreables ; au lieu que
les belles vûes , les belles Maifons
, les belles Perfonnes , me
charment , & me donnent une
nouvelle vie. Toutes ces chofes
nous infpirent je ne fçay quel air
doux & tendre , qui nous rend de
belle humeur , & de bonne compagnie.
Je ne puis refpirer l'air de ces riches
Plaines ,
Qu'échauffent les Zéphirs , de leurs
tiédes baleines ;
Je ne puis de ces Prez voir l'émail
précieux ,
44
Extraordinaire
Ou tant de vives fleurs éblouiffent
Les yeux i
Entendre de ces caux l'agreable mur.
mure ,
·Contempler de ces Bois la verte chevelure
,
Que je ne fois touché de quelque
fainte horreur,
Et ne fente les traits d'une fainte
furcur.
Cela m'arrive dans tous les
beaux Lieux dont parle ce Poëte,
& principalement en celuy - cy ,
où il me femble que ma vûë s'ë.
chauffe , où vôtre vûë , qui eft
proprement vôtre air , m'anime
& me donne plus d'efprit que je
n'en ay d'ordinaire. Qu'est - ce
qu'un beau jour , pourſuivit - il,
qu'une continuation d'air, que le
Soleil dore & purifie , qui fait
du Mercure Galant. 45
naître & anime toutes choſes ?
Qu'eft.ce auffi qu'une fale journée
, qu'une continuation d'air
corrompu , pareil à ce vilain
brouillard dont parle Ovide dans
fes Metamorphofes , qui eft l'origine
de la pefte , & des maladies
contagieufes ,
PrincipioCalum fpißä caligine terras
Preffit.
Qu'eft ce, dis-je, qu'unejournée
trifte & pluvieufe , finon un
air épais & fumeux , qui veut fuffoquer
toute la Nature , & qui la
rend afinatique , & fans refpiration
, fi j'ofe parler de la forte devant
un Docteur , qui veut qu'on
foit ferieux jufque dans les plus
petites chofes , quand il s'agit de
Philofophie Apres qu'on eut
applaudy d'une maniere un peu
46
Extraordinaire
railleufe à ce que le Chevalier ve
noit de dire , le Docteur repris
ainfi .
Chaque lieu a fon air , qui a
fes proprietez différentes , &
quelquefois merveilleufes. Juvenal
dit que dans une certaine
Contrée de l'Espagne , l'air y
teint naturellement la laine des
Brebis d'une tres belle couleur
, & qui eftoit fort estimée
chez les Romains . Les Peuples
qui habitent divers Climats , ont .
auffi diverfes qualitez . Icy l'air
rend les Hommes triftes & melancoliques
, là gays & éveillez ;
icy fobres , là gourmans , icy lâches
, & ' à genéreux ; icy chaftes,
là débanchez. On attribue le
long âge des Suédois à la pureté
de l'air qu'ils refpirent dans les
du Mercure Galant.
47
Montagnes dont ce Royaume eft
remply. Il y a auffi des Lieux ,
comme Aiguemorte en Languedoc
, où l'on ne vieillit guere , à
caufe de l'intempérie de l'air.
Mais bien plus , ceux qui en ref-
#pirent un autre que le natal,
prennent les moeurs & les complexions
desPeuples avec lesquels
ils habitent. Il eft vray , dit le
EMarquis, & Voiture écrit galamment
à Mademoiſelle Paulet , en
parlant de l'Affrique, où il eftoit,
Ne vous étonnez pas de m'ouir dire
des Galanteries fi ouvertement , l'air
de ce Pais m'a déja donné je ne
Seay quoy de felon , qui fait queje
Vous crains moins ; & quand je
traiteray deformais avec vous , fai-
Les état que c'est de Turc à More.
Vous fçavez , continüe- t- il , que
48
Extraordinaire
l'Afrique eft le Pais de l'Amour , des
emportemens & des violentes paffions
; ainfi il rend les Gensfélons,
amoureux & emportez.
Vous eftes toûjours galant,
M' le Marquis , reprit le Docteur,
mais l'Autheur de la Recherche
de la Verité eft affez de vôtre
fentiment. Il prétend que l'air
fait le mefme effet en nous , que
le fuc des viandes dont nous tirons
notre nourriture . Or chacunfçit
les incommoditez qu'on
reçoit des méchantes viandes que
l'on prend , & combien elles alté
rent le tempérament & la fanté.
Mais cet Autheur va encore plus
loin . Il dit que l'air penétre les
poulmons , & s'infinue dans le
fang , ce qui aporte un tres- grand
changement à nos humeurs & à
nos
du Mercure Galant.
49
de la difnos
inclinations , & que
férence de l'air qu'on refpire en
différens Climats , vient la diffé
rence des efprits . Là où il eft groffier,
gras & pefant, les Hommes y
font plus mous , plus ftupides , &
plus mélancoliques , là où il eſt
pur, fubtil & délié , les Hommes
y font plus enjoüez , plus fpirituels
, & plus agiles. Mais, interrompit
le Préfident , ne peut-on
pas dire que comme il y a quatre
Elémens , qui composent le tempérament
de tous les Hommes ,
il y a auffi quatre fortes d'Efprits , il-y
par raport à ces quatre Elémens ,
les Ignez , les Aériens , les Aquatiques
, & les Terreftres , qui font
encore divifez chacun en deux
ordres. Il y a ceux qui font animez
du feu qui fait briller les
2. d'Octobre 1683. E
So
Extraordinaire
Aftres , ils font courageux , harë
dis , habiles , aimables & bienfaifans
; & ceux qui brûlent du feu
qui embrafe les Cométes , font
malicieux , ambitieux , & cruels.
Il y a ceux qui reffemblent aux
caux pures & claires des Fontaines
, ils font nets , doux & paifi.
bles , les autres , comme ces eaux
croupiffantes & fangeufes des
Marais , font lents , pareffeux,
fales , malicieux & couverts . Les
Terreftres font quelquefois comme
ces belles Plaines fleuries &
tapiffées de verdure , ils font feconds
, agreables , fermes & folides
; les autres qui font plus fouterrains
, font avares , opiniâtres,
impudens , & brûlans. Et pour
1: s Aérins dont vous avez parlé,
les uns font affables , complaifans,
!
du Mercure Galant.
5%
inventifs , agiffans , & de belle
humeur , & de ce genre font les
Perfonnes de Cour, les honneftes
Gens , les jolies Femmes , enfin
les Gens de qualité , d'honneur,
& tous ceux qui compofent ce
qu'on appelle le beau Monde , &
qui font propres à la Converfa.
tion ; ceux- là avec raifon font du
grand air , & font tout de bon
air . Mais ceux qui dégenérent
font grands mangeurs , grands
rieurs , vains flatteurs & diffolus,
pour les autres ; femblables à Pair
agité , à cet air obfcur & nuageux
, qui produit les orages &
les tempeftes , ils font coléres,
ombrageux , impatiens , incon
ftans & brouillons . Ce que vous
venez de dire eft parfaitement
beau,répondit le Docteur, j'ay lu
E ij
32
Extraordinaire
quelque chofe de femblable ; mais
le tour que vous y avez donné
mele fait paroître tout nouveau.
Je fçay peu de Gens qui fe fervent
de leur lecture auffi bien que
vous. Mon Dieu , M` le Docteur,
reprit le Préfident , ne me loüez
pas tant d'un peu de memoire, qui
pour le petit fervice qu'elle me
rend aujourd'huy, me fait tous les
jours mille fupercheries . Le Doc.
teur, pour ne pas pouffer plus loin
le Compliment , reprit ainfi la
parole.
La diverfité de l'air fait la diverfité
des maladies , & on peut
voir là- deffus le Livre qu'Hyppocrate
en a fait. L'air eft quel
quefois fi corrompu , qu'il fait
mourir les Créatures qui le refpirent.
Il y a des Régions où les
du Mercure Galant.
$3
animaux mefme ne peuvent vivre
, & il n'arrive jamais de gran .
des peftes, qu'il n'en meure bean .
coup dans les lieux où eft la contagion.
Perfonne n'ignore fur ce
fujet la délicateffe des Aeurs , &
fur tout des Oeillets, qui meurent
au méchant air. Mais peut- cftre
ne fçavez- vous point , que les
Peuples du Japon font fi prévenus
que l'air eft mal fain , & contraire
à l'Homme , qu'ils ne fouf.
frent pas que leur Dairo ou Empereur
foir jamais découvert à
l'air. Mais bien plus , il y a des
Hommes fidélicats, qu'ils diftinguent
l'air d'une mefine rüe , &
qu'ils affurent que celuy de la
main droite eft plus pur que celuy
de la main gauche , & qui féparent
ainsi l'air en marchant , avec
E iij
34
Extraordinaire
une grande fubtilité . Cette re.
marque eftoit digne de moy , interrompit
le Chevalier ; mais je
veux vous dire quelque chofe de
plus veritable & de plus folide ,
touchant la corruption de l'air.
Vous avez lû les Mémoires de
Pontis , cependant je croy que
vous ne ferez pas fâchez que je
vous faffe reffouvenir d'un accident
fort remarquable
, que raporte
cet Autheur. Il dit qu'apres
qu'on eut levé le fiege de Louvain
, l'Armée cft : nt allée pour
fe rafraîchir vers Ruremonde , it
s'y éleva une fi furicufe tempefte,
avec de fi grands tourbillons, que
comme ce Païs eft extrémement
fablonneux , on n'y refpira pendant
plufieurs jours que du fable
au lieu d'air. Cinq ou fix mille
du Mercure Galant.
S$
Hommes en furent étouffez fubi.
tement , ou moururent -en trespeu
de temps , par I.s maladies
que leur caufoit cette grande corruption.
Non feulement l'air
qu'on refpiroit par le nez , mais
celuy qu'on avaloit avec les viandes
, qui en eftoient toûjours fort.
affaifonnées , formoit une espece
de contagion , qui gâtoit les par
-ties de ceux qui en eftoient attaquez
, il falut que l'air natal chaffât
cet air malin , & redonnât aux
Troupes la fanté qu'il leur avoit
fi étrangement alterée.
Le changement d'air fait de
grands effets , reprit le Docteur,
mais s'il a fes avantages , il a auffi
fes incommoditez . A moins
que
la maladie qu'on a contractée , ne
vienne principalement de l'air où
E iiij
56 Extraordinaire
l'on eft , le changement n'y fait
rien de bien , & fouvent du mal ,
lors qu'il eft une qualité oppoſée
ouà la maladie ou au tépérament
du Malade. Mais il eft admirable
que l'air , qui vivifie toutes les
Créatures , les empoifonne , ou
par fa qualité naturelle , ou par la
malice des Hommes , qui ont
trouvé l'invention de le corrompre,
auffi -bien que les autres Elemens.
Mais enfin , il eft toûjours
bon d'éviter le méchant air , puis
qu'on en attire beaucoup plus
qu'on n'en pouffe , & que prefque
tout l'air qu'on refpire , paffe
&fe convertit en nourriture . L'air
de la Campagne eft auffi plus
pur & plus fain que celuy des Villes
, car outre toutes les vapeurs
des ordures & des immondices,
du Mercure Galant .
59م و
I
5
les Morts qu'on y enterre , y rendent
l'air gras , épais & corrompu
; ce qui caufe de grandes & de
fâcheufes maladies ' , qui fait les
perfonnes languiflantes & de pâle
couleur . Platon qui en connoiffoit
les accidens , veut par fes
Loix que les Cimetieres feient
fituez en forte que les Vivans ne
puiffent eftre incommodez du
mauvais air des Morts . Les Grecs
& les Egyptiens eftoient fort délicats
en cela , ayant des Ifles
éloignées & defertes , où ils faifoient
porter les corps des défunts
. Pour moy , dit le Marquis ,
j'aurois voulu fur tout demeurer
dans l'ifle de Delos , où il eftoit
défendu d'accoucher, & d'enterrer
les Morts . Ce lieu eftoit fans
doute bien agreable & bien fain,
58
Extraordinaire
car l'un ne contribue pas moins
que l'autre à l'infection de l'air.
Vous avez raifon , dit le Docteur,
& ceux deDelos obfervérét cette
loy depuis une furieufe pefte dont
ils furent affligez , qui ne procédoit
que de la puanteur des tombeaux
Les Romains défendoient
de brûler les morts dansla ville , &
Augufte ordonna que ce fût pour
le moins deux milles loin des mu
railles . On remarque meſme dans
l'antiquité , qu'il n'y a eu que les
Tarentins qui ayent enterré les
Morts dans leur Ville , apres que
l'Oracle leur ayant promis beaucoup
d'heureux fuccés , s'ils de.
meuroient avec le plus grand
nombre , ils crûrent que cela devoit
s'entendre des Morts. Mais
la Religion Chrétienne , qui prêdu
Mercure Galant. 59
che la mort & les fouffrances , n'a
pas eu ces égards pour les Fidel .
les ; à joindre que les Prieres pour
les Morts , & la venération pour
leurs Reliques , ont authorifé
cette coutume. Les Corps des
Saints ne fçauroient eftre trop
e prés de nous ; & les autres , dont
les Ames ont besoin de nos fe.
cours fpirituels , feroient peuteftre
negligez , fi les tombeaux
ne nous faifoient reſſouvenir de
leurs neceffitez . Et de plus , dit
le Préfident , les Corps Saints
font tous de bonne odeur , & ils
exhalent quelquefois une douce
vapeur , qui furpaffe les parfums
les plus exquis . Ileft vray , dit le
Chevalier, plufieurs Autheurs en
ont raporté témoignage ; mais
le nombre de ces Corps eft petit,
60 Extraordinaire
& pour un Saint combien de....
Tout beau , dit le Docteur , retirons-
nous de là , cet air nous
feroit contraire , prenons - le autre
part. Vous avez raiſon , dit
l'Abbé , je n'aime pas volontiers
à m'entretenir de Religion , dans
des converfations un peu familieres
, & auffi libres que le font les
nôtres.
Le grand air eft perilleux pour
les convalefcens qui fortent d'un
petit air , ou d'un air renfermé ;
ce n'eft pas qu'un air trop tranquille
eft auffi mal fain , parce
qu'il peut plus aisément fe charger
& s'alterer , que celuy qui eft
agité. C'est pourquoy on dit
l'air pour eftre bon , doit eftre
tantôt mû par le Zéphir qui le
rafraîchit , & tantôt comprimé
que
du Mercure Galant.
par l'Aquilon , qui le purge . L'air
de la Mer guérit de plufieurs maladies
, mais il en donne plufieurs
autres à ceux mefme qui y font
naturalifez ; & on affure que cet
air eft fi corrofif, que les Oiſeaux
qui fréquentent la Mer , ont le
plumage prefque tout rouge.
Mais l'air temperé & purifié d'une
certaine maniere , conferve la
fanté , & la redonne à ceux qui
l'ont perdue. Il prolonge la vie,
& fert mefme de nouriture à quel.
ques Oifeaux ,dit le Préfident . Les
Aftchomes qui font une espéce
d'Hommes , qui n'ont point de
bouche , fe nourriffent de bonnes
odeurs , comme ils meurent s'ils
en fentent de mauvaiſes . Le Caméleon
& les Pluviers vivent
d'air , & il ne faut pas s'en éton62
Extraordinaire
ner , puis que la vie ne confifte
qu'en ces deux qualité de l'air,
qui font le chaud & l'humide.
Si le feu nourrit la Salamandre,
pourquoy l'air qui a des qualitez
bien plus nutritives , ne peut - il
pas nourrir des Oifeaux , à moins
qu'on ne veüille dégraiffer l'air,
& en féparer la rofee , qui n'eft
pas moins une fubftance de cet
Elément , que des vapeurs de la
terre. Ce que vous venez de dire
eft bien imaginé , repartit le Doc
teur ; mais puifque les Pluviers &
les oifeaux deParadis vivent d'air ,
c'est encore une des crédulitez de
Pline . L'air eft bien l'élément des
Oiſeaux, & le lieu qu'ils habitent,
mais il ne peut pas nourir un corps
folide d'une viande fi creufe .
Si on ne trouve point d'alimens
du Mercure Galant
C
E groffiers dans l'eftomac de ces
Qifeaux , c'eft qu'ils la digérent
promptement , qu'ils mangent
peu , & des chofes fort delicates.
Le Caméleon vit de vermine;
mais comme il aime extraordinai.
rement le grand jour , & qu'il devore
le bel air , comme l'on dit,
cela fait croire qu'il vit par la ver
tu de cet Elément . Mais vous fçavez
, reprit le Préfident , combien
l'air que les Enfans foufflent,
& les Perfonnes qui font bien
compofées , eft doux & falubre.
Il en fort un fi grand nombre d'ef
prits , qu'ils communiquent
une
nouvelle
e à ceux qui le refpirent
; & c'est la raifon pourquoy
on a dit que ceux qui enfeignent,
& qui paffent leur vie avec la Jeunede,
vivent plus long- temps que
64
Extraordinaire
les autres , & ont la couleur beaucoup
meilleure. Il en eft au contraire
de ceux qui fréquentent
des Perfonnes mal faines , & qui
ont les parties gâtées, parce qu'el
les communiquent leurs indifpofirions
& leurs maladies. On ne
trouva point de meilleur expédient
pour éloigner le Cardinal
Pancirole d'aupres le Pape Innocent
X. qu'en gagnant fon Medecin
, qui affura fa Sainteté que
ce Cardinal eftoit pulmonique,
& que fon haleine eftoit dange .
reufe & nuifible à fa fanté , par les
fréquens entretiens qu'ils avoient
enfemble .
Le Loup a l'haleine fi mauvaife
, qu'on a raifon d'appeller cet
animal un cloaque animé , mais
la malignité de fon haleine eſt ſi
du Mercure Galant.
65
1
fubtile & fi penétrante , qu'il n'y
a point de chair qu'elle ne corrompe.
Cette Fille dont parle
Galien, qui vivoit de napel , avoit
P'haleine bien pernicieufe , interrompit
le Chevalier , puis qu'elle
faifoit mourir ceux qui l'apro .
choient. Cette autre que cite Albert
le Grand , qui vivoit d'Aragnées
, ne l'avoit pas meilleure,
dit le Marquis ; mais que dirons.
nous de ces haleines excellentes,
dont l'air eft fi doux & agréable ,
continua- t-il? Je me fouviens toûjours
de cette délicate expreffion
du Comte de Buffy parlant d'une
Belle, L'air qu'elle fouffle eft plus
pur que celui qu'elle refpire . Quel
avantage , quel charme pour moy
qui n'aime rien tất, qu'on ne ſente
rien!Mais comme il y en a qui ont
Q. d Octobre 1683.
F
66 Extraordinaire
la fueur parfumée , pour ainfi dire,
' il y en a auffi qui ont la refpiration
admirable , & qui reſſem.
blent aux Abeilles , tout ce qu'el
les mangent & qu'elles prennent
fe convertit en miel , & enfucre,
Mixtura quadam & proprietate fpiritus
fui, & quafi conditura fui.
Elles forment de l'ambrofie &
du nectar dans leurs entrailles , &
de là vient la bonté & la douceur
de leur baleine . Tel eftoit Alexandre
le Grand , dit le Préfident
; mais comme il y a peu de
Perfonnes de cette nature, & qui
ayent toutes les qualitez du tempérament
adpondus , comme parlent
les Medecins , il n'y a point
de choſes au monde où l'on puiffe
s'apliquer plus utilement dans un
Etat , qu'à empêcher la corrup
du Mercure Galant. 67
tion de l'air , ſoit qu'elle vienne
par la méchante haleine des Malades
, par l'infection des immondices
& des ordures qu'on laiffe
amaſſer dans les Villes , ou par
l'inclémence des faifons . On a
donc eu raiſon autrefois de féparer
les Ladres d'avec les autres,
& encore aujourd'huy d'interdire
l'entrée des Villes à ceux qui
viennent des Lieux foupçonnez.
de la pefte , ou de quelque autre
maladie contagieufe , comme la
petite vérole , & tant d'autres
maladies qui fe communiquent
par la corruption de l'air.
Comme le Préfident fait bâtir
à la Campagne , il n'oublia pas à
demander plufieurs avispour rendre
une Maiſon auffi faine qu'agreable
, & là - deffus le Docteur
Fij
68 Extraordinaire
auquel la Compagnie avoit toû
jours deferé , parla de la forte.
Ce n'eft pas d'aujourd'huy
qu'on a de la peine à bien s'habi
tuer. Les Anciens avoient diffé
rentes opinions fur ce fujet . Ils difoient
qu'il ne falloit point choifir
les lieux trop gras , trop bas
& trop humides , parce qu'ils
eftoient mal fains . Ils ajoûtoient
qu'on ne connoiffoit pas toujours
la bonté de l'air d'un Païs , par la
couleur & la bonne difpofition
des Habitans , parce qu'il y en a
qui fe portent bien dans l'air mê .
me de la pefte. Il y a encore des
lieux qui ne font fains qu'en de
certaines faifons de l'année, & qui
font dangereux dans d'autres.
Mais afin qu'un lieu foit jugé
fain, il faut pour le moins en avoir
du Mercure Galant.
79
J
Pexpérience une année entiere.
Les Maifons expofées au Midy,
dans les Païs chauds , font mal
faines , on y devient bilicux &
languiflans , & fujets à des fiévres
tres aigües . Dans les Païs froids,
lesMailons qui font tournées vers
le Septentrion , rendent ceux qui
les habitent fujets aux fluxions &
paralifies. Les Maifons qui regardant
l'Occident , dans les Païs
humides , caufent des foiblefles
d'eftomac & des ulcéres. Les
Maifons qui font placées du côté
de l'Orient , dans les Païs fecs,
rendent les jointures débiles , con
denfent les humeurs , &
> engendrent
de grandes obftructions.
Et où bâtirons.nous donc , s'écria
le Chevalier , puis que dans tous
les cantons du Monde il n'y a que
"
70
Extraordinaire
と
maladies , & pas un lieu qui foit
fain La terre ? eft donc inhabitable.
Non pas , M' le Chevalier,
reprit le Docteur , chaque Païs a
fon terroir , fes eaux , fes afpects
& fes vents , qui luy font ou nui
fibles ou falutaires , il ne faut que
les bien choisir , & alors il n'y a
point de lieu qui ne puiffe eftre
fain , au moins pour les naturels
du Païs , & il n'y a que les Voyageurs
, qui en puiffent recevoir
quelques incommoditez.
Pline qui a écrit fort au long
fur la maniere de bâtir les Maifons
de Campagne , pour les rendrefaines
& logeables , dit que fi le
Climat eft chaud , l'ouverture
doit regarder le Nort ; s'il eft
froid, elle doit regarder le Midy,
& s'il eft temperé, elle doit regar
du Mercure Galant. 71
[
1
der le Levant. Cela eft bon , interrompit
l'Abbé , mais je vou .
drois fçavoir s'il eft neceffaire
pour avoir le bon air , de percer
un Bâtiment par quantité de hau
tes & pleines croifées , comme on
fait aujourdhuy , ou de l'ouvrir
feulement par des feneftres médiocres
, comme on faifoit autrefois.
Ileft aifé de remarquer par
tous les vieux Châteeux , tant dehors
que das le Royaume, que nos
Peres n'aimoient pas le grand air
pour leursMaifons . Tous les vieux
Bâtimens font placez de biais, ou
accompagnez aux coſtez de tourelles,
qui couvrent les jours, afin
de rompre le vent , & de fendre
l'air , qu'ils croyoient nuifible à
la fanté , ſe perfuadant de vivre
plus long -temps , en fe tenans
$2
Extraordinaire
ainfi renfermez ; eftant bien contraires
aux Poiffons , qui aiment
à changer d'air , & qui montrent
fouvent la tefte au deffus de l'eau ,
& meurent fous la glace , fi on n'a
foin de la fendre en Hyver , afin
de leur conferver la vie. Mais
nos Peres difoient que les Maifons
cftoient faites pour fe mettre à
couvert des injures de l'air , &
non pas pour le recevoir par de
grandes ouvertures , que nous
avons inventées pour fatisfaire au
plaifir , & à la vanité . J'ay vû un
Homme plus vieux que fon fiecle
, qui durant les trois mois fâcheux
de l'Hyver ne fort point,
neveut ny voir ny fentir l'air , qu'il
refpire feulement par un petit
jour qui eft au.deffus de la porte
de fa Chambre , foutenant que le
trop
du Mercure Galant.
73
C
trop grand jour tüe. Elifabeth
Reyne d'Angleterre , en allant
voir le Chancelier Bacon , dans
un Château qu'il avoit nouvellement
fait bâtir , & percer de toutes
parts par de belles & grandes
croifées, elle luy demanda où l'on
s'y mettroit l'Hyver , voulant
luy marquer par là , que le trop
d'air n'eft pas toûjours bon ny
commode , & que les feneftres
médiocres font meilleures. Cela
dépend des Climats, & de la coutume
des Peuples , dit le Docteur.
En Angleterre toutes les fenêtres
font fort petites , mefme dans les
Maiſons de plaifance des Princes ,
auffi bien que des Particuliers ,
qui n'ont que des ouvertures
quarrées , fans corniches ; & à
Douvres , il n'y a que quelques
Q. d'Octobre 1683. G
-
74
Extraordinaire
il
vires pourtoutes fenêtres, qu'on
ouvre pour donner de l'air. Les
Maifons de Picardie font prefque
fans feneftres , ou du moins elles
font fipetites, que ces Maifons ne
reffemblent proprement qu'à des
lafnieres. Mais comme les Maifons
fermées & ombragées font
plus froides & plus mal faines,
parce que le Soleil n'y entre pas ,
& quel'air y eft plus humide ,
fait plus froid dans les Villes qu'à
la Campagne. Enfin , outre le
bon air qu'il faut obferver pour
rendre les Maiſons faines & bien
fituées , il ya encore le bel air, &
la maniere de bien bâtir , qui les
rend agreables & commodes ; &
c'eft de ce bel air, priscommemo.
de ou maniere , dont il nous refte
parler , mais je croy que ce que
du Mercure Galant. 75
nousen avons déja dit à l'entrée
de cette Converfation, doit fuffire
, renvoyant les Curieux au
beau Difcours que Mr le Chevalier
a fait de l'air du monde , &
de la veritable policeffe . Cela
s'appelle , interrompit le Chevalier
, renvoyer les Curieux au
Dialogue de la Bonne - Grace d'un de
nos vieux Poëtes. Pardonnezmoy
, Mr le Chevalier , reprit le
Docteur, nous fçavons la différence
qu'il y a entre l'illuftre Autheur
du Mercure Galant , &
Autheur des Apprehenfions Spirituelles.
Le premier n'expoſe rien
au Public , qui ne foit digne de
fon approbation , & de l'eſtine
qu'il s'eft acquife . On ne peut
rien auffi ajoûter à ce que vous
avez dit fur cette matiere , mais
Gij
·75 Extraordinaire
il me femble que c'eit affez battre
l'air, & fi M' l'Abbé le trouve
bon , nous irons prendre l'air de
cette foirée, qui eft fort agreable.
L'Abbé eftant dans le mefme
fentiment , toute la Compagnie
fe leva , & fortit pour aller à la
promenade .
Je croy auffi , Madame , qu'il
eft temps de finir , & de vous retirer
d'une fi longue lecture , pour
Jaquelle j'aurois mille excufes à
vous faire , fi je ne fçavois que
tout ce que je vous écris de cette
illuftre Compagnie, ne vous peut
eftre ennuyeux. C'eft donc avec
cette affurance , & en qualité de
leur fidelle Secretaire , que je
prens la qualité de vôtre , &c.
DE LA FEVRERIE.
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Résumé : CONVERSATION ACADEMIQUE, Dans laquelle il est traité des bonnes, & des mauvaises qualitez de l'Air. A Madame la Comtesse de C. R. C.
En 1680, une lettre adressée à Madame la Comtesse de C. R. C. relate une conversation académique impliquant un illustre abbé et plusieurs personnalités. La discussion porte sur les qualités et les défauts des individus en fonction de leur apparence et de leur 'air'. Des exemples historiques, comme Isabelle d'Espagne et le duc de Guise, illustrent comment l'apparence peut inspirer l'estime, la crainte ou le mépris. La conversation aborde également l'importance de la bonne mine et du port royal pour un souverain. Les participants débattent ensuite de la nature de l'air, considéré sous trois aspects : élément, température et manière. Ils explorent les propriétés de l'air, sa composition et ses interactions avec d'autres éléments. Le docteur présente diverses théories philosophiques sur l'air, incluant ses figures, sa couleur, son odeur et sa pesanteur. La discussion se termine par des réflexions sur la hauteur de l'air et les effets de son absence. Le texte distingue l'air élémentaire, pur et exempt de tout mélange, de l'air que nous respirons, composé de vapeurs et du mouvement des corps extérieurs. L'air est décrit comme un souffle vital, lié à l'âme et au mouvement du corps. Le vent est défini comme une agitation de l'air, avec des philosophes modernes le décrivant comme une agitation sensible de l'air. Les vents sont décrits comme ayant des qualités variées, pouvant être chauds, froids ou humides, et leur nature dépend des lieux et des saisons. L'air est comparé à un caméléon, capable de diverses impressions, et joue un rôle crucial dans la création et la formation des phénomènes naturels. Un voyageur partage son expérience sur le mont Ararat, où il a rencontré des nuages épais et froids. Le Chevalier exprime son amour pour le grand air, affirmant qu'il le rend plus gai et inspiré. Le Président compare le Chevalier à des arbres ou à des peuples adorant l'air, comme ceux de Siam. Le Chevalier précise qu'il apprécie l'air lorsqu'il lui fait du bien, mais ne souhaite pas des funérailles en l'air. Il préfère un air comme celui d'Égypte, qui inspire la sobriété et l'abstinence. Le texte mentionne également les ermites de l'ancienne Thébaïde, connus pour leur retraite en Égypte. Le Chevalier explique que les beaux lieux et les belles personnes lui inspirent un air doux et tendre, contrairement aux riches plaines qui lui provoquent une horreur subite. Il compare un beau jour à une continuation d'air purifié par le soleil, et une journée triste à un air corrompu causant des maladies. Le Docteur ajoute que chaque lieu a un air avec des propriétés spécifiques, influençant les qualités des habitants. Par exemple, l'air en Espagne teint naturellement la laine des brebis, et en Suède, il contribue à la longévité. Le Marquis cite Voiture, notant que l'air d'Afrique rend les gens audacieux et amoureux. Le Docteur conclut que l'air pénètre les poumons et altère les humeurs et les inclinations, influençant ainsi les esprits des personnes selon la pureté ou la corruption de l'air. Les interlocuteurs évoquent les prières pour les morts et la vénération des reliques dans la religion chrétienne, soulignant que les corps des saints sont considérés comme bénéfiques et exhalant une douce vapeur. Ils abordent les qualités de l'air, notant que l'air pur et tempéré conserve la santé et prolonge la vie, tandis que l'air corrompu peut transmettre des maladies. Le texte mentionne également des animaux comme les caméléons et les pluviers, qui se nourrissent d'air, et discute des effets de l'haleine des personnes sur leur environnement. Les interlocuteurs débattent des meilleures pratiques pour construire des maisons saines, en tenant compte de l'exposition aux vents et des saisons. Ils concluent que chaque région a ses particularités climatiques et que les maisons doivent être adaptées en conséquence pour assurer la santé des habitants. Le texte se termine par une promenade de la compagnie, appréciant l'air agréable de la soirée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 312-317
Antiquitez de la Ville de Génes, & les divers changemens arrivez dans son Gouvernement, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déjà parlé de Genes & de son Gouvernement. [...]
Mots clefs :
Gênes, Gouvernement, Consuls, Président, Élection, Nobles, Archevêque de Milan, Marquis, Successeurs, Duc de Milan, Conflits, Seigneurie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Antiquitez de la Ville de Génes, & les divers changemens arrivez dans son Gouvernement, [titre d'après la table]
Je
vous ay déja parlé de Genes
& de fon Gouvernement.
C'eſt uneVille tres - ancienne;
dont les Hiftoires fontmention
depuis plus de dix-huit
cens ans. Elle a eſté gouvernée
par des Confuls depuis
l'an 1100. juſqu'en 1257. que
le Peuple éleut Guillaume
Boccanegra pour Préſident
& pour Capitaine. Les Nobles
ayant repris le Gouvernement
en 1262. la mefme
faction
GALANT. 313
faction du Peuple éleut Si
mon Boccanegra en 1339. &
luy donna le titre de Duc.
Aprés que Jean de Murra,
& Jean de Valenti eurent
fucceſſivement occupé ſa place,
les Genois ſe ſoumirent à
Jean Visconti Archeveſque
de Milan , qui fit Guillaume
Marquis Pallavicini,Gouverneur
de Genes. Ce Marquis
fut chaffé trois ans aprés , &
on rétablit Simon Boccanegra
, Gabriel Adorneluy fuc-
Geda en 1363. Dominique
Fregoſe occupa ſa place en
1370. Il eut divers ſucceſſeurs
Avril 1685. Dd
314 MERCURE
juſqu'en 1384. que les Genois
le donnerent à la France. Le
Roy Charles VI. envoyoit
des Gouverneurs àGenes! Le
dernier fut Jean le Maingre,
dit Boucicaut Les Genois
ayant maſſacré les François
en 1409. ſe ſoumirent au Marquis
de Montferrat juſqu'en
1413. qu'ils ſe choiſirent des
Ducs. Thomas Fregoſe qui
avoir cette Charge , ſe foumit
à Philippes Marie Vif
conti Duc de Milan en 1425.
Les Génois ayant pris les armes
en 1435. fe mirent en li
berté , & eurent des Dics
GALANT 315
2
juſqu'en 1458. En ce temps-la
ils ſe donnerent de nouveau
aux François ſous Charles
VII. & les chaſſerent en 1461.
Leur inconftance fut telle ,
qu'ils ſe choiſirent ſept Ducs
en trois ans , aprés quoy la
Ville ſe donna à François
Sforce Duc de Milan.
Les Milanois en ayantefte
chaſſez en 1478. Baptifte &
Paul Fregoſe furent nommez
Ducs ſucceſſivement. Pauli
Fregoſe ceda encore au Duc
de Milan en 1488. & onze ans
aprés, le Roy Louis XIL
conquit Genes. Elle ſe révol
Dd ij
316 MERCURE
ta en 1506.& on la reprit l'an
née ſuivante. François de Roi
chechotuart qui en estoit
Gouverneur , fut chaſſé en
1512. & on nomma Jean Fre
gofe Duc. Les François, de
dépoſſederent en 1513. &donnerent
le Gouvernement à
Antoniot , qui fut chafferun
mois aprés par le Peuple.
Octavien Fregoſe que l'on
fit Duc , ſoumit la Ville aux
François , qui luy en laifle
rent le Gouvernement. Il
s'en acquitta avec beaucoup
de ſageſſe. Genes fut pillée
en 1522. par l'Armée de l'EmGALANTA
317
pereur Charles Quint. Le Roy
François 12 la reconquit en
1527. & AndréDoria la remit
en liberté peu d'années aprés.
Depuis ce temps là elle eſt
devenue une Ariftocratie ,
dont le Chefeft nomméDoge
ou Duc. Il n'eſt enChar
ge que deux ans de ſuite ,&
eſt aſſiſté de huit Senateurs
qui gouvernent avec luy ,&
qu'on nomme Gouverneurs.
Il y a enſuite les Procureurs,
&les quatre cens du Grand
Conſeil. C'eſt ce qu'on ap
pellela Seigneurie.
vous ay déja parlé de Genes
& de fon Gouvernement.
C'eſt uneVille tres - ancienne;
dont les Hiftoires fontmention
depuis plus de dix-huit
cens ans. Elle a eſté gouvernée
par des Confuls depuis
l'an 1100. juſqu'en 1257. que
le Peuple éleut Guillaume
Boccanegra pour Préſident
& pour Capitaine. Les Nobles
ayant repris le Gouvernement
en 1262. la mefme
faction
GALANT. 313
faction du Peuple éleut Si
mon Boccanegra en 1339. &
luy donna le titre de Duc.
Aprés que Jean de Murra,
& Jean de Valenti eurent
fucceſſivement occupé ſa place,
les Genois ſe ſoumirent à
Jean Visconti Archeveſque
de Milan , qui fit Guillaume
Marquis Pallavicini,Gouverneur
de Genes. Ce Marquis
fut chaffé trois ans aprés , &
on rétablit Simon Boccanegra
, Gabriel Adorneluy fuc-
Geda en 1363. Dominique
Fregoſe occupa ſa place en
1370. Il eut divers ſucceſſeurs
Avril 1685. Dd
314 MERCURE
juſqu'en 1384. que les Genois
le donnerent à la France. Le
Roy Charles VI. envoyoit
des Gouverneurs àGenes! Le
dernier fut Jean le Maingre,
dit Boucicaut Les Genois
ayant maſſacré les François
en 1409. ſe ſoumirent au Marquis
de Montferrat juſqu'en
1413. qu'ils ſe choiſirent des
Ducs. Thomas Fregoſe qui
avoir cette Charge , ſe foumit
à Philippes Marie Vif
conti Duc de Milan en 1425.
Les Génois ayant pris les armes
en 1435. fe mirent en li
berté , & eurent des Dics
GALANT 315
2
juſqu'en 1458. En ce temps-la
ils ſe donnerent de nouveau
aux François ſous Charles
VII. & les chaſſerent en 1461.
Leur inconftance fut telle ,
qu'ils ſe choiſirent ſept Ducs
en trois ans , aprés quoy la
Ville ſe donna à François
Sforce Duc de Milan.
Les Milanois en ayantefte
chaſſez en 1478. Baptifte &
Paul Fregoſe furent nommez
Ducs ſucceſſivement. Pauli
Fregoſe ceda encore au Duc
de Milan en 1488. & onze ans
aprés, le Roy Louis XIL
conquit Genes. Elle ſe révol
Dd ij
316 MERCURE
ta en 1506.& on la reprit l'an
née ſuivante. François de Roi
chechotuart qui en estoit
Gouverneur , fut chaſſé en
1512. & on nomma Jean Fre
gofe Duc. Les François, de
dépoſſederent en 1513. &donnerent
le Gouvernement à
Antoniot , qui fut chafferun
mois aprés par le Peuple.
Octavien Fregoſe que l'on
fit Duc , ſoumit la Ville aux
François , qui luy en laifle
rent le Gouvernement. Il
s'en acquitta avec beaucoup
de ſageſſe. Genes fut pillée
en 1522. par l'Armée de l'EmGALANTA
317
pereur Charles Quint. Le Roy
François 12 la reconquit en
1527. & AndréDoria la remit
en liberté peu d'années aprés.
Depuis ce temps là elle eſt
devenue une Ariftocratie ,
dont le Chefeft nomméDoge
ou Duc. Il n'eſt enChar
ge que deux ans de ſuite ,&
eſt aſſiſté de huit Senateurs
qui gouvernent avec luy ,&
qu'on nomme Gouverneurs.
Il y a enſuite les Procureurs,
&les quatre cens du Grand
Conſeil. C'eſt ce qu'on ap
pellela Seigneurie.
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3
p. 180-184
Present fait aux Ambassadeurs par Mr le President de Fourcy. [titre d'après la table]
Début :
Le lendemain de cette Fête, Mr le President de Fourcy [...]
Mots clefs :
Henri de Fourcy, Plan de Paris, Plan, Paris, Président, Prévôt des marchands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Present fait aux Ambassadeurs par Mr le President de Fourcy. [titre d'après la table]
Le lendemain de cette Fête,
Mr le Preſident de Fourcy
Prevoſt des Marchands , qui
avoit ouy dire que les Ambaffadeurs
fouhaitoient avoir
des Amb. de Siam. 181.
un Plan de Paris, leur envoya
celuy que feu M'Blondel a
levé , qui eſt le plus beau , le
plus correct & le plus nouveau
que nous ayons. Il l'avoit
fait imprimer ſur du Satin
blanc au lieu de Papier.
Ce Plan eſtoit doublé d'un
tres- riche Brocard d'or , derriere
lequel pendoit un tafetas
vert qui retournoit par
deſſus pour le cacher quand
on vouloit le couvir. La gorge,
& le rouleau qui estoient
en haut & en bas eſtoient
de Sculpture dorée , & tous
couverts de Fleurs de Lys,
182 IV. P. du Voyage
L'Ambaſſadeur à qui ce pre
fent fut tres- agreable , ſe fit
aufli-tôt montrer pluſieurs
endroits de Paris. Il en reconnut
beaucoup où il avoit eſté,
& s'eftant fait expliquer en
quoy conſiſtoient ceux qu'il
n'avoit pas vûs, on peut dire
qu'en ce peu de temps , il
connut mieux cette grande
Ville que beaucoup d'autres
qui ont eſté pluſieurs mois à
étudier ce Plan. Il fit de
grands remerciments à ceux
qui le luy avoient preſenté ,
& les pria de dire à M. le
Prevoſt des Marchands , que
des Amb. de Siam. 183.
quand il luy auroit donné des
treſors , il luy auroit beaucoup
moins fait de plaisir qu'en luy
faiſant preſent de ce Plan ; qu'il
s'en souviendroit toute sa vie ,
qu'il le donneroit au Roy fon
Maistre , & qu'il croyoit que
de tout ce qu'il luy portoit, c'estoit
une des choses qui luy plairoit
davantage. Il fit enſuite donner
quelque argent , non pas
à ceux qui luy avoient preſenté
ce Plan , mais à ceux
qui l'avoient apporté ;& pendant
fon Voyage de Flandre,
il a ſouvent fait de pareilles
liberalitez. Tout ceux qui ſe
184 IV. P. dis Voyage
P
trouverent auprés de luy lors
qu'on luy fit ce preſent , ne
purent
purent s'empêcher de louer
galante magnificence
M. le Preſident de Fourcy ,
qui auroit pû envoyer ce Plan
imprimé fur du Papier,& fans
aucun ornement. Le même
Mr de Fourcy ayant appris
que l'Ambaſſadeur ſouhaitoit
avoir un abregé de l'Etat de
la Ville de Paris , luy en fit
faire un qu'il luy envoya
quelques jours aprés .
Mr le Preſident de Fourcy
Prevoſt des Marchands , qui
avoit ouy dire que les Ambaffadeurs
fouhaitoient avoir
des Amb. de Siam. 181.
un Plan de Paris, leur envoya
celuy que feu M'Blondel a
levé , qui eſt le plus beau , le
plus correct & le plus nouveau
que nous ayons. Il l'avoit
fait imprimer ſur du Satin
blanc au lieu de Papier.
Ce Plan eſtoit doublé d'un
tres- riche Brocard d'or , derriere
lequel pendoit un tafetas
vert qui retournoit par
deſſus pour le cacher quand
on vouloit le couvir. La gorge,
& le rouleau qui estoient
en haut & en bas eſtoient
de Sculpture dorée , & tous
couverts de Fleurs de Lys,
182 IV. P. du Voyage
L'Ambaſſadeur à qui ce pre
fent fut tres- agreable , ſe fit
aufli-tôt montrer pluſieurs
endroits de Paris. Il en reconnut
beaucoup où il avoit eſté,
& s'eftant fait expliquer en
quoy conſiſtoient ceux qu'il
n'avoit pas vûs, on peut dire
qu'en ce peu de temps , il
connut mieux cette grande
Ville que beaucoup d'autres
qui ont eſté pluſieurs mois à
étudier ce Plan. Il fit de
grands remerciments à ceux
qui le luy avoient preſenté ,
& les pria de dire à M. le
Prevoſt des Marchands , que
des Amb. de Siam. 183.
quand il luy auroit donné des
treſors , il luy auroit beaucoup
moins fait de plaisir qu'en luy
faiſant preſent de ce Plan ; qu'il
s'en souviendroit toute sa vie ,
qu'il le donneroit au Roy fon
Maistre , & qu'il croyoit que
de tout ce qu'il luy portoit, c'estoit
une des choses qui luy plairoit
davantage. Il fit enſuite donner
quelque argent , non pas
à ceux qui luy avoient preſenté
ce Plan , mais à ceux
qui l'avoient apporté ;& pendant
fon Voyage de Flandre,
il a ſouvent fait de pareilles
liberalitez. Tout ceux qui ſe
184 IV. P. dis Voyage
P
trouverent auprés de luy lors
qu'on luy fit ce preſent , ne
purent
purent s'empêcher de louer
galante magnificence
M. le Preſident de Fourcy ,
qui auroit pû envoyer ce Plan
imprimé fur du Papier,& fans
aucun ornement. Le même
Mr de Fourcy ayant appris
que l'Ambaſſadeur ſouhaitoit
avoir un abregé de l'Etat de
la Ville de Paris , luy en fit
faire un qu'il luy envoya
quelques jours aprés .
Fermer
Résumé : Present fait aux Ambassadeurs par Mr le President de Fourcy. [titre d'après la table]
Le lendemain de la Fête, Monsieur le Président de Fourcy, Prévost des Marchands, reçut la demande des Ambassadeurs pour un plan de Paris. Il leur envoya un plan récent et précis, réalisé par feu Monsieur Blondel, imprimé sur du satin blanc et doublé de brocart d'or. Ce plan était protégé par un tafetas vert et orné de sculptures dorées et de fleurs de lys. L'Ambassadeur, très satisfait, se fit montrer plusieurs lieux de Paris et reconnut des endroits déjà visités. Il exprima sa gratitude et promit de donner ce plan au Roi de Siam, le qualifiant de cadeau exceptionnel. Il fit également distribuer de l'argent aux porteurs du plan. La générosité et la magnificence de Monsieur de Fourcy furent louées, car il aurait pu envoyer un plan plus simple. Quelques jours plus tard, Monsieur de Fourcy fit préparer et envoyer un abrégé de l'état de la Ville de Paris à l'Ambassadeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 108-114
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons perdu sur la fin du dernier mois quelques [...]
Mots clefs :
Conseiller, Parlement, Paris, Chambre, Secrétaire, Président, Balthazar Phélypeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Nous avons perdu sur la
fin du dernier mois quelques
Personnes considerables,dont
voicy les noms.
Messire François Gatien.)
receu le 13. Juillet 1685. Conseiller
au Parlement de Paris,
en la feconde Chambre des
Requestes du Palais. Il avoic
esté auparavant Conseiller au
Chastelet.
Messire Louis Rose de
Coye, Secretaire du Cabinet
du Roy, & Conseiller au
Parlement de Mets. lialaisse
des Enfans de Dame de
IluLFilie de Messire Louis
deBailleul, Marquis de Chasteau-
Gontierj & President au
Mortier au Parlement de Paris,
& petite-Fille de Messire
Nicolas de Bailleul
)
aussi President
au Mortier dans le même
Parlement, & Surintendant
des Finances de France.
M. de Coyeestoit Fils de
MessireToussaintRose
,
President
en la Chambre des
Comptes de Paris, & Secrétaire
du Cabinet du Roy.
Ceil: un homme d'un merite
tres distingué; vous sçavez
qu'il est de l'Academie Françoise.
Dame Madeleine Danguechin.
Elle estoitVeuve de
Messire Paul Hay, Marquis
du Chatelet, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
qui elloit de
l'Academie Françoise,& d'une
ancienneFamille de Bcetagne.
La Famille des £)a£Lguea
chin a donné divers Officiers
auParlement & plusieurs
Procureurs Generaux à la
Cour des Aides -de Paris3 &
gorte d'argent à trois testes de
Corbeaux, de fable.. •**
MessireBaltazar Phelypèaux
cTH-rbault. Il estoit AumônierduRoy,
AbbédeBourgmoyen
de Blois, & de Saint
Laurent lez Cone, & Fils de
MelEre Baltazar PhelIpeux,
Sieur d'Herbault >mort Confciller-
d'Estac> & de Dame
Marielc Feron,Fille de Raoul
leFeton? Maistredes Comptes,
&deRenée Hennequin.
Son Ayeulestoit Remond
Phelypeaux" S' d'Herbault &
de la Vrilliere, Secretaire
d'Etat, & son A yeule, Claude
Gobelin, Fille deBaltazar
Gobelin, President en la
Chambre des Comptes. Il y
a eu plusieurs Secrétaires d'Etat
de ce nom qui ont trèsfidellement
servy nos Rois,
& se font rendus considerables
par leur merite particulier
, qu'ils ont fait paroistre
en diversesNégociations impl'aovrtaannttaegse)
où *ils ont réfussîà
de cette CouronJile.
Mr l'Abbéd'Herbault
quivient de mourir, estoit
Neveu de feu Messire Louïs
Phelypeaux de la Vrilliere,
Secretaire d'Etat, PeredeMr
deChateauneuf
, digne Succdlèur
de cette Charge. Il
laisseun Frere, Messire François
Phelypeaux, , St d'Herbaulet
Conseiller honoraire
en la Grand Chambre du
Parlement de Paris, dont la
Jïille Marie-AnnePhelypeaux
est morte peu de jours après
[sonOOnnccl-lee.. pPheellypeeaauuxx portrte
JcArtelé auI. 4--aurfcmê
de aiAJLtre feuilles d'argent ail
franc d'Hermines, au 2. & 3.
d'argent à trois lezards de Sinople.
Ils sont alliez aux de Rochechoüart,
deTonnecharante,
du Bléd'Uxelles
,
de
Buade-de Palluau-de Frontenac?
Crevant- d'Humieres,
Garrault, de Beau- harnois-de
Miramion, le Feron, Henncquin,
Loisel, Mangot-de-Villarceau,
Talon
,
Bignon,Habert-
de-Montmort
,
Gobelin,
de Raconis, de Neufville-
Bury
,
de Fourcy, Particelly-
d'Hemery
,
de Hodicqde-
Marly, de Ville bois) &
autres.
fin du dernier mois quelques
Personnes considerables,dont
voicy les noms.
Messire François Gatien.)
receu le 13. Juillet 1685. Conseiller
au Parlement de Paris,
en la feconde Chambre des
Requestes du Palais. Il avoic
esté auparavant Conseiller au
Chastelet.
Messire Louis Rose de
Coye, Secretaire du Cabinet
du Roy, & Conseiller au
Parlement de Mets. lialaisse
des Enfans de Dame de
IluLFilie de Messire Louis
deBailleul, Marquis de Chasteau-
Gontierj & President au
Mortier au Parlement de Paris,
& petite-Fille de Messire
Nicolas de Bailleul
)
aussi President
au Mortier dans le même
Parlement, & Surintendant
des Finances de France.
M. de Coyeestoit Fils de
MessireToussaintRose
,
President
en la Chambre des
Comptes de Paris, & Secrétaire
du Cabinet du Roy.
Ceil: un homme d'un merite
tres distingué; vous sçavez
qu'il est de l'Academie Françoise.
Dame Madeleine Danguechin.
Elle estoitVeuve de
Messire Paul Hay, Marquis
du Chatelet, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
qui elloit de
l'Academie Françoise,& d'une
ancienneFamille de Bcetagne.
La Famille des £)a£Lguea
chin a donné divers Officiers
auParlement & plusieurs
Procureurs Generaux à la
Cour des Aides -de Paris3 &
gorte d'argent à trois testes de
Corbeaux, de fable.. •**
MessireBaltazar Phelypèaux
cTH-rbault. Il estoit AumônierduRoy,
AbbédeBourgmoyen
de Blois, & de Saint
Laurent lez Cone, & Fils de
MelEre Baltazar PhelIpeux,
Sieur d'Herbault >mort Confciller-
d'Estac> & de Dame
Marielc Feron,Fille de Raoul
leFeton? Maistredes Comptes,
&deRenée Hennequin.
Son Ayeulestoit Remond
Phelypeaux" S' d'Herbault &
de la Vrilliere, Secretaire
d'Etat, & son A yeule, Claude
Gobelin, Fille deBaltazar
Gobelin, President en la
Chambre des Comptes. Il y
a eu plusieurs Secrétaires d'Etat
de ce nom qui ont trèsfidellement
servy nos Rois,
& se font rendus considerables
par leur merite particulier
, qu'ils ont fait paroistre
en diversesNégociations impl'aovrtaannttaegse)
où *ils ont réfussîà
de cette CouronJile.
Mr l'Abbéd'Herbault
quivient de mourir, estoit
Neveu de feu Messire Louïs
Phelypeaux de la Vrilliere,
Secretaire d'Etat, PeredeMr
deChateauneuf
, digne Succdlèur
de cette Charge. Il
laisseun Frere, Messire François
Phelypeaux, , St d'Herbaulet
Conseiller honoraire
en la Grand Chambre du
Parlement de Paris, dont la
Jïille Marie-AnnePhelypeaux
est morte peu de jours après
[sonOOnnccl-lee.. pPheellypeeaauuxx portrte
JcArtelé auI. 4--aurfcmê
de aiAJLtre feuilles d'argent ail
franc d'Hermines, au 2. & 3.
d'argent à trois lezards de Sinople.
Ils sont alliez aux de Rochechoüart,
deTonnecharante,
du Bléd'Uxelles
,
de
Buade-de Palluau-de Frontenac?
Crevant- d'Humieres,
Garrault, de Beau- harnois-de
Miramion, le Feron, Henncquin,
Loisel, Mangot-de-Villarceau,
Talon
,
Bignon,Habert-
de-Montmort
,
Gobelin,
de Raconis, de Neufville-
Bury
,
de Fourcy, Particelly-
d'Hemery
,
de Hodicqde-
Marly, de Ville bois) &
autres.
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5
p. 220-236
NOMINATION du Roy.
Début :
Messire Louis lePeleteir, premier President du Parlement, s'est démis volontairement [...]
Mots clefs :
Parlement, Président, Nomination, Généalogie, Famille, Éloges, Hommage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMINATION du Roy.
NOMINATION
du Roy.
Messire Louis lePeletier,
premier President du Parlement, s'est demis volontairement de cette Charge
entre les mains du Roy.
Il est fils de Claude Le
Peletier, Conseiller d'Etat
Ordinaire, President holoraire du Parlement,Ministre d'Etat, Controlleur
General des Finances, cidevant Prevôt, des Marchands de Paris, & SurIntendant des Postes &
Relais de France, mort le
10. Aoust de l'année derniere.
SAMAJESTE'achoisi, pour remplir cette importante Charge, Messire
Jean-Antoine de Mesmes,
Comte d'Avaux, & de
Neufchâtel, Seigneur d'Irval & de Cramoyelle, cidevant Prévôt&Grand
MaîtredesCeremonies,
des Ordres du Roy. Cet
illustre Magistrat àété
ConcilierauParlement
en 1687.Presidenta Mor-* -,,' tier en 1689. Prevôt &Me
des Ceremonies des ordres
du Royen1703delaquelle charge il s'est demit.,en,.
1709.
en faveurdeM.le
Comte de Pontçhanx^jji.
Ilestfils de M.JeanJacquesdeMesmes Préfid^nt/
à Mortier, & de Dame
Marguerite Bertrand de la
Basiniere,&petit-fils de M.
Jean-Antoine de Mesme,
seigneur d'Yrval
,
Baron
deBreüil, Vicomte de
Vandeüil, Conseiller d'E-,
tat ordinaire, & de Dame
Anne Courtin, & arriérépetit-fils de Jean-Jacques
de Mesmes, Maistre des
Requestes, & ,Conseiller
d'Etat, & de Dame Antoi.
nette de Grossaine, fille
unique & heritiere deHierôme deGrossaine, Ecuyer
Seigneur d'Yrval&d'Avaux. Baron de Breûil, &
,.
Vicomte de Vandeüil, lequel Jean-Jacques de Mesmes fut envoyé en plusieurs négociationsimportantes, il est mort fort
âgé en 1642.
M. le premier President
avoit pour Oncle Messire
Jean-Jacques de Mesmes,
Comte d'Avaux,Conseiller d'Etat ordinaire, Prévôt & Maître des Ceremonies de l'Ordre du St
Esprit, lequel s'est distingué en quantité de negociations importantes,ayant
été deux fois Plenipoten-
tiaire pour la Paix. La première, au Traitté de Nimegue en 1675. Laseconde,au Traitté de Risvick
en 1697.
Cette famille a
produit
beaucoup de grands hommes, entre lesquelsse sont
distinguez Henry de Mesmes & Claude de Mesmes,
tous deux Grands-Oncles
de M.le premier President.
Henry de Mesmes, Ecuyer
Seigneur de Roissy, Marquis de Moigneville, &c
d'Everly, qui fut President àMortier en 1627. aprés
avoir occupé long-temps
les premieres Charges, &:
servi l'Etat en plusieurs occassons importantes.
il fut député aux Etats
Généraux tenus à Paris en
1617. & à l'assemblée des
Notables à Rouën: Il fut
marié deux fois, la premiere
,
avec Jeanne de
Montluc, fille du MaréchalBalagny',delaquelle
il neut point d'ensans
:
La
seconde, avec Marie Fossez
,
fille duMarquis d'Everly,Chevalier des Ordres du Roy, de laquelle
il eut plusieurs enfans, &
il n'én est resté que Dame
Antoinette de Mefn-les
épouse de Louise de Rochechoüart-, Duc de Vivonne,Maréchal de France. ", Claudede Mesmes CheValler3 Comte d'Avaux,
Maistre des Requestes ôc
conseillerid'EtatfutAmbassadeur en piufieurs
Cours de l'Europe
: Sçavoq ?à.Venifq,à Roipe3a
Mantouë, florencecà1
Savoye,deuxfois en Allemagne, en Dannemarck,
en Pologne & Suede: la
derniere fois qu'il fut en
Allemagne, il traitta des
Préliminaires de la Paix
generale,&fut un des Plénipotentiaires au Traité de
Munster; il fut aussi Secretaire des Ordres du Roy,
& Surintendant des Finances avec M. le President
de Bailleul, & il mourut
sans alliance.
Cette famille de Mesmes
est originaire de Bearn,
sortie
de
Pierre Chevalier,
Seigneur de Mesmes, qui
est nommé entre les pre-
miers & plus apparens du
Bailliage de Roquefort en
la Vicomté de Marsan; ce
Pierre de Mesmes vivoit
en 1179. & avoit pour frere Guillaume de Mesmes
pour Aumônier du Roy S.
Louis;il eut pour fils Roger de Mesmes, dit Coudun Chevalier, Seigneur
de Mesmes, pere d'Arnauld premier du Nom,
Seigneur de Caixchen en
l'Evêché d'Aire, duquel est
descendu M. le premier
President aprés neuf degrez de générations.
Cette famille a
donné
un premier President à
<' Rouën, qui fut aussi deux
fois Ambassadeur en Allemagnej un Chancelier de
Navarre; desPresidens au
grand Conseil,à la Chambre descomptes,un Prévôt
des Marchands à Paris,
trois Presidens à Mortier,
plusieurs Conseillers au
Parlement, Maistres des
Requestes & Conseillers
d'Etat, & quatre Officiers
* de l'Ordredu S. Esprit.
Cette Famille atoûjours protégé les belles
lettres. Voiture écrit à
Monsieur d'Avaux, à
propos de sa Maison,
qui efl: à presentl'Hôtel de Bauviliers.
je me réjoüis avec
*vous au nom des Penates
de Jean Jacques de Mesmes ftl de tant degrands
hommes vos ayeuls Àu
nom de ces Penates qui
ont été les Dieux tutelaires de P~~ de
tous les sçavants de ce
siécle-la~de celui-ci, de
ce que vous avez renouvelle& embelli leur ancienne demeure, &c.
Non feulement Messieurs de Mesmes &
d'Avaux ont protégé
les belles Lettres, mais
ils les ont cultivées euxmêmes. Il rfeft pas honnête, dit encor Voiture,
à un personnage
,
aussi
grand que vous têtes,
d'êtreplus éloquent que
nous.
Je pourrois repeter
icy
ici pour M. le premier
President,tous les éloges que Voiture donne
à ses Prédecesseurs,
puis qu'il rassemble en
lui toutes leurs grandes
qualitez. Mais j'ai banni du Mercure les Panegyriques.
J'ajoûterai feulement
quelques quadrins au
premier de ceux que
Voiture envoya à M.
d'Avaux, à la mode de
Neufgermain. Les lct-
tres du Nom finissant
les Vers
:
L'autre jour:}pf1Îtejf
Par Mercure tt) Parrses :
lesDieuxeur
Ton*ksDteuxféfktir
command-a.
Qu'on fit honneur ati grandd'Avaux, Themis,quicetordre
approuv-a,
A ses côtez ïnfadçfljty,
0; }
Pour le siécle suivant
¡ plaç-a ,,'
Un premier President
, ,/
Oui,ditThemis,ces d'Avauxl-a
a- Detouttempsmefurent de-vots, 1
Pour l'an où la Paix fè fer-a Jegarde à Paris un
àyA<vaux.
Enmérité il égaler-a
Suos Avos & Pro-avoS)
Peuple, Senat, tout aimer-A,
Ce successeur du grand à'Avaux.
du Roy.
Messire Louis lePeletier,
premier President du Parlement, s'est demis volontairement de cette Charge
entre les mains du Roy.
Il est fils de Claude Le
Peletier, Conseiller d'Etat
Ordinaire, President holoraire du Parlement,Ministre d'Etat, Controlleur
General des Finances, cidevant Prevôt, des Marchands de Paris, & SurIntendant des Postes &
Relais de France, mort le
10. Aoust de l'année derniere.
SAMAJESTE'achoisi, pour remplir cette importante Charge, Messire
Jean-Antoine de Mesmes,
Comte d'Avaux, & de
Neufchâtel, Seigneur d'Irval & de Cramoyelle, cidevant Prévôt&Grand
MaîtredesCeremonies,
des Ordres du Roy. Cet
illustre Magistrat àété
ConcilierauParlement
en 1687.Presidenta Mor-* -,,' tier en 1689. Prevôt &Me
des Ceremonies des ordres
du Royen1703delaquelle charge il s'est demit.,en,.
1709.
en faveurdeM.le
Comte de Pontçhanx^jji.
Ilestfils de M.JeanJacquesdeMesmes Préfid^nt/
à Mortier, & de Dame
Marguerite Bertrand de la
Basiniere,&petit-fils de M.
Jean-Antoine de Mesme,
seigneur d'Yrval
,
Baron
deBreüil, Vicomte de
Vandeüil, Conseiller d'E-,
tat ordinaire, & de Dame
Anne Courtin, & arriérépetit-fils de Jean-Jacques
de Mesmes, Maistre des
Requestes, & ,Conseiller
d'Etat, & de Dame Antoi.
nette de Grossaine, fille
unique & heritiere deHierôme deGrossaine, Ecuyer
Seigneur d'Yrval&d'Avaux. Baron de Breûil, &
,.
Vicomte de Vandeüil, lequel Jean-Jacques de Mesmes fut envoyé en plusieurs négociationsimportantes, il est mort fort
âgé en 1642.
M. le premier President
avoit pour Oncle Messire
Jean-Jacques de Mesmes,
Comte d'Avaux,Conseiller d'Etat ordinaire, Prévôt & Maître des Ceremonies de l'Ordre du St
Esprit, lequel s'est distingué en quantité de negociations importantes,ayant
été deux fois Plenipoten-
tiaire pour la Paix. La première, au Traitté de Nimegue en 1675. Laseconde,au Traitté de Risvick
en 1697.
Cette famille a
produit
beaucoup de grands hommes, entre lesquelsse sont
distinguez Henry de Mesmes & Claude de Mesmes,
tous deux Grands-Oncles
de M.le premier President.
Henry de Mesmes, Ecuyer
Seigneur de Roissy, Marquis de Moigneville, &c
d'Everly, qui fut President àMortier en 1627. aprés
avoir occupé long-temps
les premieres Charges, &:
servi l'Etat en plusieurs occassons importantes.
il fut député aux Etats
Généraux tenus à Paris en
1617. & à l'assemblée des
Notables à Rouën: Il fut
marié deux fois, la premiere
,
avec Jeanne de
Montluc, fille du MaréchalBalagny',delaquelle
il neut point d'ensans
:
La
seconde, avec Marie Fossez
,
fille duMarquis d'Everly,Chevalier des Ordres du Roy, de laquelle
il eut plusieurs enfans, &
il n'én est resté que Dame
Antoinette de Mefn-les
épouse de Louise de Rochechoüart-, Duc de Vivonne,Maréchal de France. ", Claudede Mesmes CheValler3 Comte d'Avaux,
Maistre des Requestes ôc
conseillerid'EtatfutAmbassadeur en piufieurs
Cours de l'Europe
: Sçavoq ?à.Venifq,à Roipe3a
Mantouë, florencecà1
Savoye,deuxfois en Allemagne, en Dannemarck,
en Pologne & Suede: la
derniere fois qu'il fut en
Allemagne, il traitta des
Préliminaires de la Paix
generale,&fut un des Plénipotentiaires au Traité de
Munster; il fut aussi Secretaire des Ordres du Roy,
& Surintendant des Finances avec M. le President
de Bailleul, & il mourut
sans alliance.
Cette famille de Mesmes
est originaire de Bearn,
sortie
de
Pierre Chevalier,
Seigneur de Mesmes, qui
est nommé entre les pre-
miers & plus apparens du
Bailliage de Roquefort en
la Vicomté de Marsan; ce
Pierre de Mesmes vivoit
en 1179. & avoit pour frere Guillaume de Mesmes
pour Aumônier du Roy S.
Louis;il eut pour fils Roger de Mesmes, dit Coudun Chevalier, Seigneur
de Mesmes, pere d'Arnauld premier du Nom,
Seigneur de Caixchen en
l'Evêché d'Aire, duquel est
descendu M. le premier
President aprés neuf degrez de générations.
Cette famille a
donné
un premier President à
<' Rouën, qui fut aussi deux
fois Ambassadeur en Allemagnej un Chancelier de
Navarre; desPresidens au
grand Conseil,à la Chambre descomptes,un Prévôt
des Marchands à Paris,
trois Presidens à Mortier,
plusieurs Conseillers au
Parlement, Maistres des
Requestes & Conseillers
d'Etat, & quatre Officiers
* de l'Ordredu S. Esprit.
Cette Famille atoûjours protégé les belles
lettres. Voiture écrit à
Monsieur d'Avaux, à
propos de sa Maison,
qui efl: à presentl'Hôtel de Bauviliers.
je me réjoüis avec
*vous au nom des Penates
de Jean Jacques de Mesmes ftl de tant degrands
hommes vos ayeuls Àu
nom de ces Penates qui
ont été les Dieux tutelaires de P~~ de
tous les sçavants de ce
siécle-la~de celui-ci, de
ce que vous avez renouvelle& embelli leur ancienne demeure, &c.
Non feulement Messieurs de Mesmes &
d'Avaux ont protégé
les belles Lettres, mais
ils les ont cultivées euxmêmes. Il rfeft pas honnête, dit encor Voiture,
à un personnage
,
aussi
grand que vous têtes,
d'êtreplus éloquent que
nous.
Je pourrois repeter
icy
ici pour M. le premier
President,tous les éloges que Voiture donne
à ses Prédecesseurs,
puis qu'il rassemble en
lui toutes leurs grandes
qualitez. Mais j'ai banni du Mercure les Panegyriques.
J'ajoûterai feulement
quelques quadrins au
premier de ceux que
Voiture envoya à M.
d'Avaux, à la mode de
Neufgermain. Les lct-
tres du Nom finissant
les Vers
:
L'autre jour:}pf1Îtejf
Par Mercure tt) Parrses :
lesDieuxeur
Ton*ksDteuxféfktir
command-a.
Qu'on fit honneur ati grandd'Avaux, Themis,quicetordre
approuv-a,
A ses côtez ïnfadçfljty,
0; }
Pour le siécle suivant
¡ plaç-a ,,'
Un premier President
, ,/
Oui,ditThemis,ces d'Avauxl-a
a- Detouttempsmefurent de-vots, 1
Pour l'an où la Paix fè fer-a Jegarde à Paris un
àyA<vaux.
Enmérité il égaler-a
Suos Avos & Pro-avoS)
Peuple, Senat, tout aimer-A,
Ce successeur du grand à'Avaux.
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Résumé : NOMINATION du Roy.
Le texte relate la nomination de Messire Jean-Antoine de Mesmes au poste de premier Président du Parlement, succédant à Messire Louis Le Peletier qui a démissionné volontairement. Jean-Antoine de Mesmes est présenté comme un magistrat éminent ayant occupé plusieurs fonctions prestigieuses, notamment Conseiller au Parlement en 1687, Président à Mortier en 1689, et Prévôt et Grand Maître des Cérémonies des Ordres du Roy en 1703. Il provient d'une famille distinguée, dont les membres ont joué des rôles importants dans l'administration et la diplomatie françaises. Parmi ses ancêtres notables, on trouve Jean-Jacques de Mesmes, qui a été Plénipotentiaire pour la Paix lors des traités de Nimègue en 1675 et de Ryswick en 1697. La famille de Mesmes est également reconnue pour ses contributions aux belles-lettres et son soutien aux arts. Le texte met en lumière la lignée et les exploits de plusieurs membres de cette famille, soulignant leur engagement dans les affaires de l'État et leur protection des lettres.
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6
p. 257-262
COMPLIMENT De la Sorbonne à Monsieur le premier President.
Début :
MONSEIGNEUR, Agréez, s'il vous plaît, que la Maison de Sorbonne [...]
Mots clefs :
Compliment, Sorbonne, Président
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT De la Sorbonne à Monsieur le premier President.
COMPLIMENT 1
De lA Sorbonne à Monsieur
le premierPresident.
MONSEIGNEUR,
Agréez,s'il vous plaît,
que la Maiion de Sorbonne vous témoigne la joye
particuliere qu'elle ressent
dans la joye publique; de
ce que le Roy vous a
choisi pour remplir la pre-
miere place du premier
Parlement de son Royaume.
C'est un effet du fage
discernement
,
de S. M.
d'avoir elevé à
ce rang une
personne de vôtre mérité;
en qui se trouvent si bien;
réunies les qualitéz qui
re,
conviennent.lelonl'Ecritu-1
àunMagistrat
*
que Dieu'
établit pour juger, le peu-1
ple; la droiture d'eiprit. ôcj
de cocur,y l'intelligence Se
l'amour des Loix; & une
fermeté à l'épreuve; pour
maintenir
,
la. milice &
I
vaincre tout ce qui lui fait
obstacle.
Je ne parleray point des
autres venus, MONSEIGNEUR, qui éclattent en
vous; de ces maniérés nobles genereuses,obligeantes mêlées de douceur &
de gravité,qui vous rendent agréable & redpectable aux Grands & aux petits,. & qui vous attirent
la bienveillance,la faveur
& l'amitié des Princes mêmes.
Je dirai feulement, qu'en
ce choix le Roy a
confi-
deré vos Services, &ceux
que vos illustres Ancêtres
ont rendus à
l'Etat dans les
Charges les plusimportances de l'Epee&dela
Robe ;
dans l'Armée, &
dans lesAmbassades, dans
la Guerre & dans la Paix.
On n'oubliera jamais,
dans le nombre deces
Grands hommes, le Comte. d'Avaux, PlenipotenÛûiV£,a'Munlter pour la
dontf la capacité,la
prudence, la Religion, ôc
l'affectionpour,les Lettres
<54 pour les.Sçavans ( !L}lÜ a
toûjours été propre a
la
maison de Mêmes ) orst
immortalisé la memoire.
Mais permettez
-
moy
,
MONSEIGNEUR
,
de faire
encoreici mention de
Guillaume de Mêmes; qui
du temps de S. Louis pos-
[èdà par lechoix hono.
rable de ce, Prince, lapremiére dignité Eclesiastique de la Maison Royale
perutoïC _.J --que. Il ce .même
Princehonioroit aussi de
sa confiance & deses bienjÊiics Robert, de Sorbonne nôtre fondateur.,
Nous osons esperer,
MONSEIGNEUR,que la
maisonde Sorbonne qui
doit sa naissance à S. Louis,
& qui révéré depuis si
long-temps les personnes
de vôtre nom, trouvera
de la prorcétion auprès de
vous; &elletâchera de la
merirer,parrattachement
pleinderelpedt qu'elle
aura toujours pour votre
personne , & par les vœux
qu'elle fera à Dieu pour
vous,MONSEIGEUR,
& pour vôtre conservation.
De lA Sorbonne à Monsieur
le premierPresident.
MONSEIGNEUR,
Agréez,s'il vous plaît,
que la Maiion de Sorbonne vous témoigne la joye
particuliere qu'elle ressent
dans la joye publique; de
ce que le Roy vous a
choisi pour remplir la pre-
miere place du premier
Parlement de son Royaume.
C'est un effet du fage
discernement
,
de S. M.
d'avoir elevé à
ce rang une
personne de vôtre mérité;
en qui se trouvent si bien;
réunies les qualitéz qui
re,
conviennent.lelonl'Ecritu-1
àunMagistrat
*
que Dieu'
établit pour juger, le peu-1
ple; la droiture d'eiprit. ôcj
de cocur,y l'intelligence Se
l'amour des Loix; & une
fermeté à l'épreuve; pour
maintenir
,
la. milice &
I
vaincre tout ce qui lui fait
obstacle.
Je ne parleray point des
autres venus, MONSEIGNEUR, qui éclattent en
vous; de ces maniérés nobles genereuses,obligeantes mêlées de douceur &
de gravité,qui vous rendent agréable & redpectable aux Grands & aux petits,. & qui vous attirent
la bienveillance,la faveur
& l'amitié des Princes mêmes.
Je dirai feulement, qu'en
ce choix le Roy a
confi-
deré vos Services, &ceux
que vos illustres Ancêtres
ont rendus à
l'Etat dans les
Charges les plusimportances de l'Epee&dela
Robe ;
dans l'Armée, &
dans lesAmbassades, dans
la Guerre & dans la Paix.
On n'oubliera jamais,
dans le nombre deces
Grands hommes, le Comte. d'Avaux, PlenipotenÛûiV£,a'Munlter pour la
dontf la capacité,la
prudence, la Religion, ôc
l'affectionpour,les Lettres
<54 pour les.Sçavans ( !L}lÜ a
toûjours été propre a
la
maison de Mêmes ) orst
immortalisé la memoire.
Mais permettez
-
moy
,
MONSEIGNEUR
,
de faire
encoreici mention de
Guillaume de Mêmes; qui
du temps de S. Louis pos-
[èdà par lechoix hono.
rable de ce, Prince, lapremiére dignité Eclesiastique de la Maison Royale
perutoïC _.J --que. Il ce .même
Princehonioroit aussi de
sa confiance & deses bienjÊiics Robert, de Sorbonne nôtre fondateur.,
Nous osons esperer,
MONSEIGNEUR,que la
maisonde Sorbonne qui
doit sa naissance à S. Louis,
& qui révéré depuis si
long-temps les personnes
de vôtre nom, trouvera
de la prorcétion auprès de
vous; &elletâchera de la
merirer,parrattachement
pleinderelpedt qu'elle
aura toujours pour votre
personne , & par les vœux
qu'elle fera à Dieu pour
vous,MONSEIGEUR,
& pour vôtre conservation.
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Résumé : COMPLIMENT De la Sorbonne à Monsieur le premier President.
La Maison de Sorbonne adresse ses félicitations au nouveau premier président du Parlement, nommé par le roi. La Sorbonne souligne le discernement royal dans ce choix et loue les qualités du président, notamment sa droiture, son intelligence, son amour des lois et sa fermeté. Ses manières nobles, généreuses et obligeantes lui valent le respect et l'amitié de tous. Le roi a également pris en compte les services rendus par le président et ses ancêtres illustres, qui ont occupé des charges importantes dans l'armée, les ambassades, et lors des guerres et des paix. Parmi ces ancêtres, le Comte d'Avaux et Guillaume de Mêmes sont particulièrement mentionnés. La Sorbonne espère bénéficier de la protection du nouveau président et lui exprime ses vœux de conservation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 263-264
RECEPTION.
Début :
Monsieur Amelot de Gournay, Maître des Requêtes, a été reçû [...]
Mots clefs :
Réception, Président, Amelot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTION.
RECEPTION. Monsieur Amelot de
Gournay, Maître des Requêtes, aété reçuPresident à Mortier au Parlement le 18. Janvier, à la
place de feu Monsieur le
PresidentMolé deChamplastreux.
Gournay, Maître des Requêtes, aété reçuPresident à Mortier au Parlement le 18. Janvier, à la
place de feu Monsieur le
PresidentMolé deChamplastreux.
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8
p. 267-280
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
Le 26. du mois de Juillet dernier, Messire Guillaume Alexandre [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Régiment, Roi, Colonnel, Président, Maréchal, Mariage, Parlement, Femme, Fille, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
Le 2.6. du mois de Juillet
dernier, Messire Guillaume
Alexandre de Galard de
Bearn
,
Marquis de Brassac lé.
pousaDamoifcllc Luce FrançoisedeCotcntin
de Tourville,
fille unique deMlle Maréchal
de Tourville. Le mariage
s'est fait de l'agrément du
Roy & des Princes de. son
Sang qui leur ont fait l'honneur
d'en signer le Contrat.
S. A. S.Madame la Princesse,
assista à la celebration du mariage
,& Madame la Duchesse
de Vendosme mena la Mariée
à l'Eglise. Elle fit ensuite une
Festedigne de sa grandeur &
de sa magnisicence.
La Maison de Gallard eu
une des pius anciennes & des
plus illustres du Royaume
descenduë des Comtes de
Condomois. Elle a joint par
une alliance à son nom & à ses
armes, le nom & les armes
de la Maison de Bearn : Pierre
de Galard de Bearn étoit grand
Maistre des Ai balestriers fous
Philippe le Bel : plusieurs de
ses descendans ont esté Gouverneurs
de Xaintonge &
d'Augoumois : Jean de Galard
de Bearn, Comte de Brassacestoit
en 1640. Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit, Gouverneur
de Lorraine, & Ambassadeur
du Roy àla Cour de
Rome, & Catherine de Sainte:
Maure sa femme,Dame
d honneur de la ReineMere.
La Maison de Cotentin de
Tourville,estaussi très.-ancienne&
tres illustre;Cezar de
Cotentin, Comte de Tourville,
Commandast au Siege;
dela Rochelle, sous sonEminence
Mr le Cardinal de Ri- 1
chelieu; il eut de Luce de la
Rochefoucault, entr'autres
enfans, Anne- Hilarion- de
Coreni in de Tourville, Chevalier
de Malthe,qui par les j
differentes batailles qu'il avoit *
données '& gagnées pour le
service du. Roy, est parvenu
aux dignitez de Maréchal u
Vice-Amiralde France; il a
eudeLoüise Françoised Himbercourt,
deux enfans,Loüis
Alexandre de Cotentin de
Tourville, Colonel d'un Regiment
de son nom, tué à
l'attaque des retranchemens
de Denain,&Luce-Françoise
de Cotentin de Tourville, qui
vient d'épouser Mr le Marquis
de Brassac.
Messire Pierre Gilbert de
Voisins,Maistre des Requêtes
Ordinaire de l'Hostel du
Roy, a épousé le 25. Juillet
Damoiselle de Fieubet,
soeur de Loüis Gaspard
de FieubetConseiller au Parlement,
& fille de Paul de
Ficuber, Seigneur de Launac..,
de Reveillon & de Beauregard
,
Maistre des Requestes,
& de Dame Angélique Mar,
guérite deFourey.
Mr de Voisins est frere de
Mr le Comtede Vilaines, Colonel
du Regiment de Medoc,
& fils de Messire Pierre
Gilbert, Seigneur deVoisins,
Président aux Enquestes du
Parlement de Paris, & de
Dame Françoise Dongois.
* CettefamilledeGilbert est,
ancienneàParis & descendde
Jean Gilbertsieur de Voisins.
: Correcteur desComptesmort
le 5. Janvier 1507.& enterré à S. Severin avec Jeanne Bri-
! nou sa femme; elle s'estalliée
aux familles de Bourdin, de
Viole,du Prat,de Larcher, l,&c.n-r't' f)"'t TP'••V "d- l:'
Pour celle de Ficubet elle
est originaire de Languedoc
,
& elle descend d'Arnaud Fieubet
qui fut fait Greffier des
Etats de Languedoc par la faveur
de M le Connestable
Henry deMontmorency. Elle
a donné un Président à Mortier
& un Premier Président
auParlement de Toulouse &,
trois Maistres des Requestes
donc l'un estoit Chancelier de
la ReinemereduRoy,&elle
s'est alliée aux familles de S.
Pol, de Maniban
,
& Dossunà~i Toulou se,& à celles de Nico-
Li , de Longuëil &de Castille ; àParis.
Messire Jacques de Monccaux
d' A ~uxi, Marquisd'Au- ,:
xi, ci devant Capitaine aux
Girdes, & Colonel du Régiment
Royal Comtois, fils
unique de Missire François de
Monceaux
,
créé Marquis
d'Auxi, parletresdu mois
de Septembre 1687. & de
Dame Marie Magdelaine Jabert
du Thil, sorti des anciens
Sires, & Bersd'Auxi en
Picardie, connus il y a plus de
500. ans, a épousé le 20e de
ce mois Damoiselle Marie-
MagdelainedelaGrangeTrianon,
sille du feu Messire Loüis
Armand de la Grange Trianon
, Baron Duplessis aux
Tournelles, Conseiller au
,
Grand Conseil, & de Dame
MargueriteMagdelaine Joly
d'Oudeil ; & petite fille de
Loüts de la GrangeTrianon,
Seigneur d'Aravilliers, de
Nandi de Marconville, Châtelain
de Renets en Touraine,
&-' Président de la seconde
Chambre des Requestes du
Palais, & de Dame Marguerite
Martineau. Mademoiselle
de la Grange Trianon est niece
de MessireCharlesde la
Grange Trianon Abbé de
Saint Severe, Chanoine de
Nôtre Dame * de Paris, &
ConseillerClercau Parlement
&de feuë Dame Marguerite
dela Grange u morte en 16 87;
veuve deFrançois de la TremoilleDuc
de Noirmontier.
, ;*-? ( Lafamille
dela Grange cft
t
une des plus considerablesde
} Paris, clle descend de Michel
(de laGrange Seigneur de
| Trianon, MàistredelaCham- I bre aux deniers
, & Prevôt
r_',' des Marchands de cette Ville
( dés l'an1466. & de Guille-
: mette deLongüeil, elle s'est
*alliée auxfamilles de Boucher,
*d'Orfôy, de Molé, deBailleul,
de Hercis, de Bragelonne, de
»
Fourcy, de Charon, de Menars,&
c. ici -rff
Monsieur le Marquis d'Auxi
quivient de se marier,cit
neveu de Messire Henri do
Monceaux d'Auxi, Comte
d'Hanvoille, cy-devant Colonel
du Regiment de Dragons
qui de son mariageavec Dame de Crequy
d Osseu n'a que deux filles, &
de Messire Jacques de Monceaux
d'Auxi, dit Monsieur
de la Bruiere cy devant Caps- j
taine dans le Regiment de
Champagne qui n'a aussi que
deux filles de
:
son mariage
avec Dame Marie Anne le Fé- j
vrc sa femme, Soeur de M. j
Hardouin U Fevre de Fonteray,
cy-devant-Gentilhomme de Mr
le Marquis deBonnac, Envoyé
Extraordinaire de France, O4
à present tres -digne Auteur
du nouveau Mercure Galant;
DameJeanne de Soufflas
Bisayeule de Monsieur le Niarquis
d'Auxi,étoit grande tante
de feu M le Maréchal Duc
l de Boufflers, & cette Maison
d'Auxi s'est alliée à celles de
: Craon, de Piqirgny,de Me-
: lun, de la Tremoille d'Estouteville
,
d'Enghien, de
#
Remburses, de Crevecoeur,
de Quesdes, de Trafigny,
,
de Saveufc, de Hangec, de
Villiersl'Isle-Adam,de la
Chaisede Vieux Pont,de la
Vieuville, d'O, de Tiercelin,
de Brosse, de Breauté. de Rochechoüar;
de Saint Simon
de Soyecourt&del'Ecendart
Bully.
dernier, Messire Guillaume
Alexandre de Galard de
Bearn
,
Marquis de Brassac lé.
pousaDamoifcllc Luce FrançoisedeCotcntin
de Tourville,
fille unique deMlle Maréchal
de Tourville. Le mariage
s'est fait de l'agrément du
Roy & des Princes de. son
Sang qui leur ont fait l'honneur
d'en signer le Contrat.
S. A. S.Madame la Princesse,
assista à la celebration du mariage
,& Madame la Duchesse
de Vendosme mena la Mariée
à l'Eglise. Elle fit ensuite une
Festedigne de sa grandeur &
de sa magnisicence.
La Maison de Gallard eu
une des pius anciennes & des
plus illustres du Royaume
descenduë des Comtes de
Condomois. Elle a joint par
une alliance à son nom & à ses
armes, le nom & les armes
de la Maison de Bearn : Pierre
de Galard de Bearn étoit grand
Maistre des Ai balestriers fous
Philippe le Bel : plusieurs de
ses descendans ont esté Gouverneurs
de Xaintonge &
d'Augoumois : Jean de Galard
de Bearn, Comte de Brassacestoit
en 1640. Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit, Gouverneur
de Lorraine, & Ambassadeur
du Roy àla Cour de
Rome, & Catherine de Sainte:
Maure sa femme,Dame
d honneur de la ReineMere.
La Maison de Cotentin de
Tourville,estaussi très.-ancienne&
tres illustre;Cezar de
Cotentin, Comte de Tourville,
Commandast au Siege;
dela Rochelle, sous sonEminence
Mr le Cardinal de Ri- 1
chelieu; il eut de Luce de la
Rochefoucault, entr'autres
enfans, Anne- Hilarion- de
Coreni in de Tourville, Chevalier
de Malthe,qui par les j
differentes batailles qu'il avoit *
données '& gagnées pour le
service du. Roy, est parvenu
aux dignitez de Maréchal u
Vice-Amiralde France; il a
eudeLoüise Françoised Himbercourt,
deux enfans,Loüis
Alexandre de Cotentin de
Tourville, Colonel d'un Regiment
de son nom, tué à
l'attaque des retranchemens
de Denain,&Luce-Françoise
de Cotentin de Tourville, qui
vient d'épouser Mr le Marquis
de Brassac.
Messire Pierre Gilbert de
Voisins,Maistre des Requêtes
Ordinaire de l'Hostel du
Roy, a épousé le 25. Juillet
Damoiselle de Fieubet,
soeur de Loüis Gaspard
de FieubetConseiller au Parlement,
& fille de Paul de
Ficuber, Seigneur de Launac..,
de Reveillon & de Beauregard
,
Maistre des Requestes,
& de Dame Angélique Mar,
guérite deFourey.
Mr de Voisins est frere de
Mr le Comtede Vilaines, Colonel
du Regiment de Medoc,
& fils de Messire Pierre
Gilbert, Seigneur deVoisins,
Président aux Enquestes du
Parlement de Paris, & de
Dame Françoise Dongois.
* CettefamilledeGilbert est,
ancienneàParis & descendde
Jean Gilbertsieur de Voisins.
: Correcteur desComptesmort
le 5. Janvier 1507.& enterré à S. Severin avec Jeanne Bri-
! nou sa femme; elle s'estalliée
aux familles de Bourdin, de
Viole,du Prat,de Larcher, l,&c.n-r't' f)"'t TP'••V "d- l:'
Pour celle de Ficubet elle
est originaire de Languedoc
,
& elle descend d'Arnaud Fieubet
qui fut fait Greffier des
Etats de Languedoc par la faveur
de M le Connestable
Henry deMontmorency. Elle
a donné un Président à Mortier
& un Premier Président
auParlement de Toulouse &,
trois Maistres des Requestes
donc l'un estoit Chancelier de
la ReinemereduRoy,&elle
s'est alliée aux familles de S.
Pol, de Maniban
,
& Dossunà~i Toulou se,& à celles de Nico-
Li , de Longuëil &de Castille ; àParis.
Messire Jacques de Monccaux
d' A ~uxi, Marquisd'Au- ,:
xi, ci devant Capitaine aux
Girdes, & Colonel du Régiment
Royal Comtois, fils
unique de Missire François de
Monceaux
,
créé Marquis
d'Auxi, parletresdu mois
de Septembre 1687. & de
Dame Marie Magdelaine Jabert
du Thil, sorti des anciens
Sires, & Bersd'Auxi en
Picardie, connus il y a plus de
500. ans, a épousé le 20e de
ce mois Damoiselle Marie-
MagdelainedelaGrangeTrianon,
sille du feu Messire Loüis
Armand de la Grange Trianon
, Baron Duplessis aux
Tournelles, Conseiller au
,
Grand Conseil, & de Dame
MargueriteMagdelaine Joly
d'Oudeil ; & petite fille de
Loüts de la GrangeTrianon,
Seigneur d'Aravilliers, de
Nandi de Marconville, Châtelain
de Renets en Touraine,
&-' Président de la seconde
Chambre des Requestes du
Palais, & de Dame Marguerite
Martineau. Mademoiselle
de la Grange Trianon est niece
de MessireCharlesde la
Grange Trianon Abbé de
Saint Severe, Chanoine de
Nôtre Dame * de Paris, &
ConseillerClercau Parlement
&de feuë Dame Marguerite
dela Grange u morte en 16 87;
veuve deFrançois de la TremoilleDuc
de Noirmontier.
, ;*-? ( Lafamille
dela Grange cft
t
une des plus considerablesde
} Paris, clle descend de Michel
(de laGrange Seigneur de
| Trianon, MàistredelaCham- I bre aux deniers
, & Prevôt
r_',' des Marchands de cette Ville
( dés l'an1466. & de Guille-
: mette deLongüeil, elle s'est
*alliée auxfamilles de Boucher,
*d'Orfôy, de Molé, deBailleul,
de Hercis, de Bragelonne, de
»
Fourcy, de Charon, de Menars,&
c. ici -rff
Monsieur le Marquis d'Auxi
quivient de se marier,cit
neveu de Messire Henri do
Monceaux d'Auxi, Comte
d'Hanvoille, cy-devant Colonel
du Regiment de Dragons
qui de son mariageavec Dame de Crequy
d Osseu n'a que deux filles, &
de Messire Jacques de Monceaux
d'Auxi, dit Monsieur
de la Bruiere cy devant Caps- j
taine dans le Regiment de
Champagne qui n'a aussi que
deux filles de
:
son mariage
avec Dame Marie Anne le Fé- j
vrc sa femme, Soeur de M. j
Hardouin U Fevre de Fonteray,
cy-devant-Gentilhomme de Mr
le Marquis deBonnac, Envoyé
Extraordinaire de France, O4
à present tres -digne Auteur
du nouveau Mercure Galant;
DameJeanne de Soufflas
Bisayeule de Monsieur le Niarquis
d'Auxi,étoit grande tante
de feu M le Maréchal Duc
l de Boufflers, & cette Maison
d'Auxi s'est alliée à celles de
: Craon, de Piqirgny,de Me-
: lun, de la Tremoille d'Estouteville
,
d'Enghien, de
#
Remburses, de Crevecoeur,
de Quesdes, de Trafigny,
,
de Saveufc, de Hangec, de
Villiersl'Isle-Adam,de la
Chaisede Vieux Pont,de la
Vieuville, d'O, de Tiercelin,
de Brosse, de Breauté. de Rochechoüar;
de Saint Simon
de Soyecourt&del'Ecendart
Bully.
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Résumé : Mariages. [titre d'après la table]
Le 26 juillet dernier, Messire Guillaume Alexandre de Galard de Bearn, Marquis de Brassac, a épousé Damoiselle Luce Françoise de Cotentin de Tourville, fille unique de Mademoiselle Maréchal de Tourville. Le mariage a été approuvé par le Roi et les Princes de son Sang, qui ont signé le contrat. Madame la Princesse et Madame la Duchesse de Vendosme ont assisté à la célébration et à la fête qui a suivi. La Maison de Galard est l'une des plus anciennes et illustres du Royaume, descendant des Comtes de Condomois. Elle a été alliée à la Maison de Bearn. Plusieurs membres de cette famille ont occupé des postes prestigieux, tels que Gouverneur de Saintonge et d'Auvergne, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, Gouverneur de Lorraine, et Ambassadeur du Roi à la Cour de Rome. La Maison de Cotentin de Tourville est également très ancienne et illustre. César de Cotentin, Comte de Tourville, a commandé au siège de La Rochelle sous le Cardinal de Richelieu. Son petit-fils, Anne-Hilarion de Cotentin de Tourville, a atteint les dignités de Maréchal et Vice-Amiral de France. Luce Françoise de Cotentin de Tourville, l'épouse du Marquis de Brassac, est la fille de Louise Françoise d'Himbercourt. Par ailleurs, Messire Pierre Gilbert de Voisins, Maître des Requêtes Ordinaire de l'Hostel du Roy, a épousé Damoiselle de Fieubet, sœur de Louis Gaspard de Fieubet, Conseiller au Parlement. La famille de Voisins est ancienne à Paris et descend de Jean Gilbert, Sieur de Voisins, Correcteur des Comptes. La famille de Fieubet est originaire de Languedoc et a donné plusieurs Maîtres des Requêtes. Enfin, Messire Jacques de Monceaux d'Auxi, Marquis d'Auxi, a épousé Damoiselle Marie-Magdelaine de la Grange Trianon. La famille de la Grange est l'une des plus considérables de Paris et s'est alliée à de nombreuses familles illustres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 1389-1397
MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Début :
Frere Alexis Dalogny de la Groys, Chevalier Profez de l'Ordre de Saint [...]
Mots clefs :
Marquis, Capitaine, Chevalier seigneur, Président, Brigadier des armées du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
MORTS , NAISSANCES,
et Mariages..
Rere Alexis Dalogny de la Groys ,
Chevalier Profez de l'Ordre de Saint
Jean de Jerusalem , Commandeur de la
Commanderie d'Ozon , dans le Prieuré
d'Aquitaine , et de celle de S. Etienne de
Benneville, dans le Prieuré de France ,
mourut en Perigord le 13. May , agé de
55. Ans.
2
Louis Armand Baudon , Chevalier
Seigneur de Neufville Ferier , Conseil
ler au Parlement , mourut le 23 May ,
agé de 36. ans.
Le 23. May , Philippe Michel Bon
met , Prêtre Docteur en Theologie , de la
·
1. Fol.
Maison
1390 MERCURE DE FRANCE
=
Maison et Societé de Sorbonne , Curé de
S. Nicolas des Champs mourut dans la
8. année de son âge .
N. le Camus Destouches , Chevalier ,
Brigadier des Armées de Sa Majesté, Che
valier del'OrdreMilitaire de S.Louis , Con
seiller du Roi en ses Conseils, Controleur
General de l'Artillerie de France , mourut
le 25. May , agé de 60 ans.
M. François Alexis Joubert de la Bas
tide de Château- Morant , Abbé Com
mandataire des Abbayes de S. Friol en
Champagne , et de pôtre Dame de Cor
neuil en Normandie , Diocèse de Rouen,
décedé le 25. May âgé de 62. ans .
Thibaut Etienne de la Brousse ,Marquis
d'Atis , premier Cornette des Chevaux
Legers Dauphins , et Mestre de Camp de
Cavalerie , mourut à Cambray le 25. dans
la 37. année de son age.
M. André de Harouys , Chevalier ,
Seigneur de la Seilleraye , Maître des
Requêtes honoraire , décedé le 27. May,
âgé de 70. ans.
M. Louis- Guillaume de Chavaudou
Prêtre , Docteur en Theologie de la Mai
son et Societé de Sorbonne,ancien Aumô
nier de la feue Reine , Abbé de Mores ,
Diocèse de Langres , Conseiller du Roy en
sa Cour de Parlement et de Grande Cham
I. Vol.
bre
JUIN. 1731 . 1394
bre
ans.
décedé le 27. May , âgé de 77
L'Abbé de Berwick , fils du Maréchal
Duc de Berwik , mourut à Paris le 3 .
de ce mois dans la 19. année de son âge.
Le 5. Juin , mourut d'Apoplexie , au
Palaisdu Luxembourg D. Marie Char
lotte de Gouffier , veuve de Louis de
Gouffier Marquis de Bonnivet , agée de
73. ans . Elle n'a laissé qu'un fils ; Louis
de Gouffier , Marquis de Bonnivet , Mes
tre de Camp de Dragons , à la suite du
Regiment du Colonel General , cy-de
vant Maître de la Garderobe de Madame,
Duchesse de Berry et premier Cornette
de la seconde Compagnie des Mousque
taires de la Garde du Roy.
Demoiselle Elisabeth - Geneviève de
Braque , fille de Paul - Benoît , Comte de
Braque , Chevalier , Seigneur de Boisre
naud , & c. et de Dame Elisabeth - Fran
çoise de l'Huillier , decedée le 5. Juin
âgée de 34 ans et 4. mois .
Charles le Tonnelier Breteiiil , Baron
de Preuilly , premier Baron de Touraine ,
Seigneur d'Azay - le Feron , Fonbaudry ,
Tournon. & c. mourut en sa Terre de
Preüilly le 6. de ce mois , agé de 28. à 29 .
ans , laissant un fils d'un an et une fille
de trois semaines , de Marie- Anne - Fran
>
I. Vol.
çoise
392 MERCURE DE FRANCE
çoise de Gasville , fille de Jean Prosper
Goujon , Chevalier Seigneur de Gasville
Conseiller du Roy en ses Conseils , Maî
tre des Requêtes ordinaire de son Hôtel ,
et Intendant de la Generalité de Roüen ;
et de Dame Anne Defaucon de Ris .
Il étoit fils de Louis Nicolas , Baron
de Breteuil , et de Preülly &c. Introduc
teur des Ambassadeurs et Princes Etran
gers prés de Sa Majesté , et de Gabrielle
Anne de Froullay-Tessé , fille de Philip
pes -Charles Comte de Froullay - Tessé ,
Grand-Marêchal des Logis de la Maison
du Roy et Commandeur de ses Ordres :
et Niéce du Marêchal de ce nom. Il
étoit aussi Cousin Germain de François
Victor de Breteuil , Marquis de Fontenay
Trésigny , Sire de Villebert &c. Com
mandeur des Ordres du Roy , Chance
lier de la Reine , et cy-devant Secretaire
d'Etat ; et de Charles-Claude de Breteüil
de Chanteclerc , Comte de Bevilliers , et
de Vaux , Mestre de Camp de Cavalerie ,
et Capitaine-Lieutenant de la Compagnie
d'Ordonnance des Chevaux - Legers de
Bretagne.
Le nom de Le Tonnellier Breteüil , est
si connu , et il en a été question en tant
d'occasion , qu'il est inutile d'en rappor
ter icy la Genealogie ; si le Lecteur en
1. Vola est
JUIN. 1731. 1393
est curieux , il la trouvera dans le Nobi
liaire de Picardie , et dans le Moreri.
Dame Jeanne- Françoise de Bourgogne ,
épouse de M. Moreau de Mautour , est
décedée le 6. Juin , agée de 77. -ans. Elle
étoit fille de François de Bourgogne ,
Seigneur de Mautour en Brie , Capitaine ,
du Regiment de la Reine-Mere Anne
d'Autriche en 1644. Frere ainé de Loüis
de Bourgogne qui fut Capitaine d'une
Compagnie de Chevaux - Legers sous les
Ordres du Duc d'Angoulesme , Colonel
Géneral , Sergent de Bataille dans les
Armées du Roy , depuis Marêchal de
Camp en 1651. et ensuite Mestre de
Camp , Lieutenant du Regiment d'Infan
terie d'Armand de Bourbon , Prince de
Conty en 1654. et est décedé en 1656. à
l'age de 36. ans. Ils étoient fils de Dieu
donné de Bourgogne , Seigneur de Mau
tour,Exempt desGardes du Corps de Louis
XIII. en 1616. et de Damoiselle Marie
de Bierne. Il étoit originaire de Lorraine,
issu de Jean de Bourgogne , Seigneur de
Saint Owain qui fut annobli , lui et sa
Posterité , pour récompense de ses Ser
vices Militaires en 1464. par René d'An
jou , Roy de Jerusalem et de Sicile ,
Duc de Lorraine et de Bar. Dame Fran
çoise de Villers, Mere de la Deffunte, étoit
>
I. Vol. fille
394 MERCURE DE FRANCE
\
fiile de Gabriël de Villers , Seigneur de
Louan et Housson en Berry , Capitaine
dans le Regiment de Rambures , Com
mandant des Villes et Château de Meun
sur-Yeurre , et de Damoiselle Edmée le
Roy. Il étoit originaire de Flandres , issu
des Anciens Seigneurs du Château de
Villers , dont la Génealogie est imprimée
dans l'Histoire du Gastinois . Il reste du
Mariage desdits Sieur et Dame Moreau.
de Mautour , Philibert François , Prieur
Commandataire de Marbos et de Mon
tiers-en l'Isle , et Charles , Chevalier de
S. Lazare , Capitaine d'Infanterie au Re
giment de Toulouze , auparavant Page
de M. le Comte de Toulouze. Ils ont eu
pour aîné Jean -Baptiste Louis de Mau
tour, Commissaire ordinaire de l'Artille
rie de France , mort à Strasbourg en 17,06 .
à l'age de 24. ans, de sa blessure reçuë au
Siege de Haguenau en Alsace.
François Guyot de Chenisot , Ecuyer ;
Seigneur de Villers , la Haye , Courton ,
&c. Conseiller , Secretaire du Roy , Re
ceveur General des Finances , de la Géne
ralité de Rouen , et Secretaire du Conseil ,
mourut le 11. Juin , âgé d'environ 58. ans .
François Charles , Marquis de Menou ,
Brigadier des Armées du Roy , ci devant
Capitaine-Lieutenant de la Compagnic
•
1
a
4
匪
I. Vol.
des
JUIN. 1731 . 1395
des Chevaux- Legers d'Anjou , mourut le
3. de ce mois dans son Château de Pru
nay en Beauce , âgé de 61. ans.
Antoine-Nicolas Nicolaï de Goussain
ville , Conseiller au Parlement , mourut
à Auteuil le 15. de ce mois , dans la 39.
année de son âge . Au mois d'Avril 1717.
le Roi lui avoit accordé la Charge de.
Premier President de la Chambre des
Comtes , en survivance de M. Nicolaï ,
son pere ; il fut reçû le 12. du mois de
May suivant, et il étoit le huitiéme de son
nom qui avoit été pourvû de cette Charge.
Dame Marie- Elisabet Guigou , veuve de
M. Jacques du Metz , Brigadier des Ar
mées du Roi , déceda à Crône , le 15.
Juin , âgée de 38. ans 6 mois
"
M.Jean Martial de Raucen , Ecuyer ,Sei
gneur de Crône , Noisy - sur - Seine , & c.
mourut en son Château de Crône , le
17. Juin . âgé de 86. ans environ .
-Le Marquis de S. Chamans , Maréchal
des Camps et Armées du Roi , et Lieute
nant des Gardes du Corps , mourut à Pa
ris le 18. âgé d'environ 66. ans.
Le 5. Juin , D. Marie Barthelemy
Thoynard, Epouse de M.Michel Philippes
l'Evêque , Conseiller au Parlement , ac
Coucha d'un fils qui fût baptisé le len-.
I, Vol.
I. demain ,
1396 MERCURE DE FRANCE
demain , et nommé Philippes Barthele
my , par M. Pierre Philippes L'Evêque ,
Chevalier Seigneur de Gravelles , Maî
tre des Comptes , Ayeul paternel , et D.
Marie de S. Pierre , Epouse de M. Barthe
lemy Thoynard , Ecuyer , Seigneur de
Sandré , Ligny , Montsuzain , &c . Baron
du Vouldy et de Monçay,Ayeul maternel.
Le Marquis de S. Chamans épousa le
II. Avril Mlle . de Malezieu . La Cere
monie s'est faite à Chatenay par M.
l'Evêque de Lavaur , Oncle de la D¹е
et S. A.S. Me , la Duchesse Du Maine leur
a fait l'honneur d'y assister .
M. de S. Chamans est d'une des plus
anciennes Noblesses du Royaume ; il est
Capitaine de Dragons , et a eu l'honneur
d'être élû Page du Roy. La Dlle. est fille
de M. de Malezieu , Brigadier des Armées .
du Roy, et LieutenantGeneral de l'Artille
rie . Son nom est aussi connu par la dis
tinction qu'il s'est acquise dans le Servi
ce , que par l'attachement qu'il a voüé
à S. A. S. M le Duc Du Maine , qui l'a
toujours honoré d'une protection et
d'une confiance particuliere : on sçair
que ce Prince se connoit en vray merite.
:
Le 27. du mois dernier , le Roy signe
L, Vol la
JUIN. 1731. 1397
le Contrat de Mariage d'Yves Marie de
Boulogne , de Lens , de Licques &c.
Comte de Rupelmonde , avec N………….
de Grammont , fille du Comte de Gram
mont , Brigadier des Armées du Roy
Gouverneur de Ham , Chevalier des
Ordres de Sa Majesté.
>
Voici la Généalogie de la Maison du
Comte de Rupelmonde.
et Mariages..
Rere Alexis Dalogny de la Groys ,
Chevalier Profez de l'Ordre de Saint
Jean de Jerusalem , Commandeur de la
Commanderie d'Ozon , dans le Prieuré
d'Aquitaine , et de celle de S. Etienne de
Benneville, dans le Prieuré de France ,
mourut en Perigord le 13. May , agé de
55. Ans.
2
Louis Armand Baudon , Chevalier
Seigneur de Neufville Ferier , Conseil
ler au Parlement , mourut le 23 May ,
agé de 36. ans.
Le 23. May , Philippe Michel Bon
met , Prêtre Docteur en Theologie , de la
·
1. Fol.
Maison
1390 MERCURE DE FRANCE
=
Maison et Societé de Sorbonne , Curé de
S. Nicolas des Champs mourut dans la
8. année de son âge .
N. le Camus Destouches , Chevalier ,
Brigadier des Armées de Sa Majesté, Che
valier del'OrdreMilitaire de S.Louis , Con
seiller du Roi en ses Conseils, Controleur
General de l'Artillerie de France , mourut
le 25. May , agé de 60 ans.
M. François Alexis Joubert de la Bas
tide de Château- Morant , Abbé Com
mandataire des Abbayes de S. Friol en
Champagne , et de pôtre Dame de Cor
neuil en Normandie , Diocèse de Rouen,
décedé le 25. May âgé de 62. ans .
Thibaut Etienne de la Brousse ,Marquis
d'Atis , premier Cornette des Chevaux
Legers Dauphins , et Mestre de Camp de
Cavalerie , mourut à Cambray le 25. dans
la 37. année de son age.
M. André de Harouys , Chevalier ,
Seigneur de la Seilleraye , Maître des
Requêtes honoraire , décedé le 27. May,
âgé de 70. ans.
M. Louis- Guillaume de Chavaudou
Prêtre , Docteur en Theologie de la Mai
son et Societé de Sorbonne,ancien Aumô
nier de la feue Reine , Abbé de Mores ,
Diocèse de Langres , Conseiller du Roy en
sa Cour de Parlement et de Grande Cham
I. Vol.
bre
JUIN. 1731 . 1394
bre
ans.
décedé le 27. May , âgé de 77
L'Abbé de Berwick , fils du Maréchal
Duc de Berwik , mourut à Paris le 3 .
de ce mois dans la 19. année de son âge.
Le 5. Juin , mourut d'Apoplexie , au
Palaisdu Luxembourg D. Marie Char
lotte de Gouffier , veuve de Louis de
Gouffier Marquis de Bonnivet , agée de
73. ans . Elle n'a laissé qu'un fils ; Louis
de Gouffier , Marquis de Bonnivet , Mes
tre de Camp de Dragons , à la suite du
Regiment du Colonel General , cy-de
vant Maître de la Garderobe de Madame,
Duchesse de Berry et premier Cornette
de la seconde Compagnie des Mousque
taires de la Garde du Roy.
Demoiselle Elisabeth - Geneviève de
Braque , fille de Paul - Benoît , Comte de
Braque , Chevalier , Seigneur de Boisre
naud , & c. et de Dame Elisabeth - Fran
çoise de l'Huillier , decedée le 5. Juin
âgée de 34 ans et 4. mois .
Charles le Tonnelier Breteiiil , Baron
de Preuilly , premier Baron de Touraine ,
Seigneur d'Azay - le Feron , Fonbaudry ,
Tournon. & c. mourut en sa Terre de
Preüilly le 6. de ce mois , agé de 28. à 29 .
ans , laissant un fils d'un an et une fille
de trois semaines , de Marie- Anne - Fran
>
I. Vol.
çoise
392 MERCURE DE FRANCE
çoise de Gasville , fille de Jean Prosper
Goujon , Chevalier Seigneur de Gasville
Conseiller du Roy en ses Conseils , Maî
tre des Requêtes ordinaire de son Hôtel ,
et Intendant de la Generalité de Roüen ;
et de Dame Anne Defaucon de Ris .
Il étoit fils de Louis Nicolas , Baron
de Breteuil , et de Preülly &c. Introduc
teur des Ambassadeurs et Princes Etran
gers prés de Sa Majesté , et de Gabrielle
Anne de Froullay-Tessé , fille de Philip
pes -Charles Comte de Froullay - Tessé ,
Grand-Marêchal des Logis de la Maison
du Roy et Commandeur de ses Ordres :
et Niéce du Marêchal de ce nom. Il
étoit aussi Cousin Germain de François
Victor de Breteuil , Marquis de Fontenay
Trésigny , Sire de Villebert &c. Com
mandeur des Ordres du Roy , Chance
lier de la Reine , et cy-devant Secretaire
d'Etat ; et de Charles-Claude de Breteüil
de Chanteclerc , Comte de Bevilliers , et
de Vaux , Mestre de Camp de Cavalerie ,
et Capitaine-Lieutenant de la Compagnie
d'Ordonnance des Chevaux - Legers de
Bretagne.
Le nom de Le Tonnellier Breteüil , est
si connu , et il en a été question en tant
d'occasion , qu'il est inutile d'en rappor
ter icy la Genealogie ; si le Lecteur en
1. Vola est
JUIN. 1731. 1393
est curieux , il la trouvera dans le Nobi
liaire de Picardie , et dans le Moreri.
Dame Jeanne- Françoise de Bourgogne ,
épouse de M. Moreau de Mautour , est
décedée le 6. Juin , agée de 77. -ans. Elle
étoit fille de François de Bourgogne ,
Seigneur de Mautour en Brie , Capitaine ,
du Regiment de la Reine-Mere Anne
d'Autriche en 1644. Frere ainé de Loüis
de Bourgogne qui fut Capitaine d'une
Compagnie de Chevaux - Legers sous les
Ordres du Duc d'Angoulesme , Colonel
Géneral , Sergent de Bataille dans les
Armées du Roy , depuis Marêchal de
Camp en 1651. et ensuite Mestre de
Camp , Lieutenant du Regiment d'Infan
terie d'Armand de Bourbon , Prince de
Conty en 1654. et est décedé en 1656. à
l'age de 36. ans. Ils étoient fils de Dieu
donné de Bourgogne , Seigneur de Mau
tour,Exempt desGardes du Corps de Louis
XIII. en 1616. et de Damoiselle Marie
de Bierne. Il étoit originaire de Lorraine,
issu de Jean de Bourgogne , Seigneur de
Saint Owain qui fut annobli , lui et sa
Posterité , pour récompense de ses Ser
vices Militaires en 1464. par René d'An
jou , Roy de Jerusalem et de Sicile ,
Duc de Lorraine et de Bar. Dame Fran
çoise de Villers, Mere de la Deffunte, étoit
>
I. Vol. fille
394 MERCURE DE FRANCE
\
fiile de Gabriël de Villers , Seigneur de
Louan et Housson en Berry , Capitaine
dans le Regiment de Rambures , Com
mandant des Villes et Château de Meun
sur-Yeurre , et de Damoiselle Edmée le
Roy. Il étoit originaire de Flandres , issu
des Anciens Seigneurs du Château de
Villers , dont la Génealogie est imprimée
dans l'Histoire du Gastinois . Il reste du
Mariage desdits Sieur et Dame Moreau.
de Mautour , Philibert François , Prieur
Commandataire de Marbos et de Mon
tiers-en l'Isle , et Charles , Chevalier de
S. Lazare , Capitaine d'Infanterie au Re
giment de Toulouze , auparavant Page
de M. le Comte de Toulouze. Ils ont eu
pour aîné Jean -Baptiste Louis de Mau
tour, Commissaire ordinaire de l'Artille
rie de France , mort à Strasbourg en 17,06 .
à l'age de 24. ans, de sa blessure reçuë au
Siege de Haguenau en Alsace.
François Guyot de Chenisot , Ecuyer ;
Seigneur de Villers , la Haye , Courton ,
&c. Conseiller , Secretaire du Roy , Re
ceveur General des Finances , de la Géne
ralité de Rouen , et Secretaire du Conseil ,
mourut le 11. Juin , âgé d'environ 58. ans .
François Charles , Marquis de Menou ,
Brigadier des Armées du Roy , ci devant
Capitaine-Lieutenant de la Compagnic
•
1
a
4
匪
I. Vol.
des
JUIN. 1731 . 1395
des Chevaux- Legers d'Anjou , mourut le
3. de ce mois dans son Château de Pru
nay en Beauce , âgé de 61. ans.
Antoine-Nicolas Nicolaï de Goussain
ville , Conseiller au Parlement , mourut
à Auteuil le 15. de ce mois , dans la 39.
année de son âge . Au mois d'Avril 1717.
le Roi lui avoit accordé la Charge de.
Premier President de la Chambre des
Comtes , en survivance de M. Nicolaï ,
son pere ; il fut reçû le 12. du mois de
May suivant, et il étoit le huitiéme de son
nom qui avoit été pourvû de cette Charge.
Dame Marie- Elisabet Guigou , veuve de
M. Jacques du Metz , Brigadier des Ar
mées du Roi , déceda à Crône , le 15.
Juin , âgée de 38. ans 6 mois
"
M.Jean Martial de Raucen , Ecuyer ,Sei
gneur de Crône , Noisy - sur - Seine , & c.
mourut en son Château de Crône , le
17. Juin . âgé de 86. ans environ .
-Le Marquis de S. Chamans , Maréchal
des Camps et Armées du Roi , et Lieute
nant des Gardes du Corps , mourut à Pa
ris le 18. âgé d'environ 66. ans.
Le 5. Juin , D. Marie Barthelemy
Thoynard, Epouse de M.Michel Philippes
l'Evêque , Conseiller au Parlement , ac
Coucha d'un fils qui fût baptisé le len-.
I, Vol.
I. demain ,
1396 MERCURE DE FRANCE
demain , et nommé Philippes Barthele
my , par M. Pierre Philippes L'Evêque ,
Chevalier Seigneur de Gravelles , Maî
tre des Comptes , Ayeul paternel , et D.
Marie de S. Pierre , Epouse de M. Barthe
lemy Thoynard , Ecuyer , Seigneur de
Sandré , Ligny , Montsuzain , &c . Baron
du Vouldy et de Monçay,Ayeul maternel.
Le Marquis de S. Chamans épousa le
II. Avril Mlle . de Malezieu . La Cere
monie s'est faite à Chatenay par M.
l'Evêque de Lavaur , Oncle de la D¹е
et S. A.S. Me , la Duchesse Du Maine leur
a fait l'honneur d'y assister .
M. de S. Chamans est d'une des plus
anciennes Noblesses du Royaume ; il est
Capitaine de Dragons , et a eu l'honneur
d'être élû Page du Roy. La Dlle. est fille
de M. de Malezieu , Brigadier des Armées .
du Roy, et LieutenantGeneral de l'Artille
rie . Son nom est aussi connu par la dis
tinction qu'il s'est acquise dans le Servi
ce , que par l'attachement qu'il a voüé
à S. A. S. M le Duc Du Maine , qui l'a
toujours honoré d'une protection et
d'une confiance particuliere : on sçair
que ce Prince se connoit en vray merite.
:
Le 27. du mois dernier , le Roy signe
L, Vol la
JUIN. 1731. 1397
le Contrat de Mariage d'Yves Marie de
Boulogne , de Lens , de Licques &c.
Comte de Rupelmonde , avec N………….
de Grammont , fille du Comte de Gram
mont , Brigadier des Armées du Roy
Gouverneur de Ham , Chevalier des
Ordres de Sa Majesté.
>
Voici la Généalogie de la Maison du
Comte de Rupelmonde.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Le texte relate divers événements survenus en mai et juin 1731, incluant des décès, naissances et mariages. Parmi les décès notables, Alexis Dalogny de la Groys, Chevalier Profès de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, est décédé le 13 mai à l'âge de 55 ans. Louis Armand Baudon, Chevalier Seigneur de Neufville Ferier, est mort le 23 mai à 36 ans. Philippe Michel Bonmet, Prêtre Docteur en Théologie, a décédé le même jour à l'âge de 8 ans. Nicolas le Camus Destouches, Brigadier des Armées du Roi, est mort le 25 mai à 60 ans. François Alexis Joubert de la Bastide, Abbé Commandataire, est décédé le 25 mai à 62 ans. Thibaut Étienne de la Brousse, Marquis d'Atis, est mort à Cambray le 25 mai à 37 ans. André de Harouys, Chevalier Seigneur de la Seilleraye, est décédé le 27 mai à 70 ans. Louis-Guillaume de Chavaudou, Prêtre Docteur en Théologie, est mort le 27 mai à 77 ans. L'Abbé de Berwick, fils du Maréchal Duc de Berwick, est décédé à Paris le 3 juin à 19 ans. Marie Charlotte de Gouffier, veuve de Louis de Gouffier, est morte d'apoplexie le 5 juin à 73 ans. Élisabeth-Geneviève de Braque est décédée le 5 juin à 34 ans et 4 mois. Charles le Tonnelier Breteuil, Baron de Preuilly, est mort le 6 juin à 28 ou 29 ans. Jeanne-Françoise de Bourgogne, épouse de Moreau de Mautour, est décédée le 6 juin à 77 ans. François Guyot de Chenisot, Conseiller et Receveur Général des Finances, est mort le 11 juin à environ 58 ans. François Charles, Marquis de Menou, Brigadier des Armées du Roi, est décédé le 13 juin à 61 ans. Antoine-Nicolas Nicolaï de Goussainville, Conseiller au Parlement, est mort à Auteuil le 15 juin à 39 ans. Marie-Élisabeth Guigou, veuve de Jacques du Metz, est décédée à Crône le 15 juin à 38 ans et 6 mois. Jean Martial de Raucen, Seigneur de Crône, est mort en son château le 17 juin à environ 86 ans. Le Marquis de Saint Chamans, Maréchal des Camps et Armées du Roi, est décédé à Paris le 18 juin à environ 66 ans. Marie Barthélemy Thoynard a donné naissance à un fils le 5 juin. Le Marquis de Saint Chamans a épousé Mlle de Malezieu le 11 avril. Le Roi a signé le contrat de mariage d'Yves Marie de Boulogne avec une fille du Comte de Grammont le 27 mai.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 3070-3073
Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Début :
M. de Nicolaï, Conseiller au Parlement, fils aîné de M. le Premier President [...]
Mots clefs :
Chambre des comptes, Président, Conseiller, Comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
M. de Nicolaï , Conseiller au Parle
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
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Résumé : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réception de M. de Nicolaï, fils aîné de M. le Premier Président de la Chambre des Comptes, à la Chambre des Comptes le 8 décembre 1731. À l'âge de vingt-deux ans et demi, il a été nommé pour succéder à son père, devenant ainsi le neuvième membre de sa famille à occuper cette charge. La cérémonie a eu lieu en présence de tous les officiers de la Chambre et de nombreuses personnes de distinction. M. de Villiers, Maître des Comptes, a loué les qualités du jeune magistrat, qui a ensuite prêté serment et été félicité par M. le Président de Paris. Le roi Louis XV a accordé cette nomination en reconnaissance des services rendus par Jean-Aymard Nicolay, le père, et en considération des qualités d'Aymard-Jean Nicolay, le fils. Le roi a accepté la résignation de la charge de Premier Président en faveur de son fils, avec une clause de survivance et de retenue de services. Cette décision a été motivée par les qualités et les services du fils, tant dans la magistrature que dans l'armée, ainsi que par l'exemple et l'expérience de son père et de ses ancêtres, qui ont occupé cette charge pendant sept générations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 2289-2293
RECEPTION du Marquis de COURBONS, en la survivance de la Charge du Marquis de GAUBERT son Pere, premier Préstdent au Parlement de Navarre.
Début :
Les Provisions de M. de Courbons ayant été portées à l'Audience, le Syndic des Avocats [...]
Mots clefs :
Marquis de Courbons, Parlement de Navarre, Syndic des avocats, Cour, Arrêt, Président
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTION du Marquis de COURBONS, en la survivance de la Charge du Marquis de GAUBERT son Pere, premier Préstdent au Parlement de Navarre.
RECEPTION du Marquis de COUR
BONS, en la survivance de la Charge
du Marquis de GAUBERT son Pere , premierPrésident au Parlement de Navarre.
Es Provisions de M. de Courbons ayant été
portées à l'Audience , le Syndic des Avocats
a fait un Discours , après lequel il a conclu à ce
qu'il plut à la Cour d'ordonner la Lecture et Pu- blication desdites Provisions. Messieurs les Gens
du Roy se sont levez , et M. de Mesplez , Avo- cat General dudit Seigneur Roy , portant la pa
role, ont dit:
MESSIEURS ,
Dans l'obligation où nous sommes de concourir de
notre Ministere à l'enregistrement dee Provisions I dons
2290 MERCURE DE FRANCE
dont vous venez d'entendre la Lecture ›; c'est une
grande satisfaction pour nous d'avoir tout lieu de
croire que notre voix serafavorablement écoutée.
Organes des volonsex du Roy auprès de vous ,
mous sommes toujours assurez de trouver dans vos
coeurs des dispositions à la plus parfaite soumission
mais nous parlons avec bienplus de confiance , lorsque nous sommes persuadez que l'Arrêt que nous
devons vous demander , n'aurapas le seul meritede
l'obeissance.
Nous nous rappellons la joye que vous temoignétes lors de la publication des Provisions de M. de
Gaubert, est un heureux prejugé pour celles que
M.de Courbons vient d'obtenir Naissance, services,
méritepersonnel,tout parloit enfaveur du Pere ; ces
mêmes avantages vous parlent en faveur du Fils."
Si M. de Courbons vous étoit moins connu › 078
pourroit vous prevenir en sa faveur par le recit des vertus de sses Peres , soit que le merite se transmette Avec le sang, soit que l'éducation ordinaire aux
personnes distinguées , fasse éclore en elles de plus
grandes qualitez , vons presumeriez avantageusement d'un Homme de sa naissance ; mais il n'a
pas besoin de se parer à vos yeux de l'éclat de ses
Ancêtres , il s'est fait connoître dans le peu de
tems qu'il a été parmi vous par des endroits moins
équivoques et plus essentiels. La naissance , il est
vrai , est ungrand relief dans les personnes en pla
ce; elle previent le public , elle augmente le " respect et la soumission : mais c'est le sçavoir , la droisure , la bonté qui fait le fondement de la confiance des Peuples.
Il paroit que M. de Courbons, est né avec un
esprit droit et facile , et il l'a cultivé par les con- noissances qu'exige un Emploi où l'on est des
tine discuter avec autant de solidité que d'élo-1
quence
OCTOBRE 1732 229N
$
quence le droit public et particulier : la Renommée,
ce temoignage qui n'est jamais suspect , n'a cessé
de nous dire combien il a brillé dans cette premiere
Charge ; ses lumieres , son equité , son habileté
à manier la parole , lui firent toûjours prevenir
les decisions d'une Compagnie caracterisée par la
sagesse de ses Arrêts ; sa douceur , sa bonté , son
accès aisé pour les Parties , sa patience à les enten
dre , lui attirerent l'estime et la veneration de ses
concitoyens.
Du Parquet de Provence , où il a , pour ainsi
·dire , été élevé , il a passé dans ce Parlement ,
il a bien soûtenu la reputation qui l'avoit devan
cé. Vous avez souvent vú avec surprise que ses
judicieuses reflexions enlevoient vos suffrages dans
les affaires mêmes qui devoient être nouvelles pour
lui , soit par rapport à nos Loix municipales , soit
par rapport à notre Jurisprudence ; ensorte que plùsieurs d'entre vous, penetrez de son merite, lui defevoient déja par estime la Place à laquelle le Roi a
trouvéjustě de Pélever.
Sil lui manquoit encore quelque perfection pour
remplir un Ministere aussi étendu qu'il est imporsant, l'experience suppleroit bientôt à ce que l'âge
ne lui auroit pas permis d'acquerir , et les exem-
"ples domestiques sont un secours qu'il aura ( à
ce que nous esperons ) long-tems encore devant les
yeux.
Oùpourroit- ilpuiser avec plus d'abondance , des
sentimens de zele pour la Religion , pour le Roi ,
et pour le Bien Public , et pour tout dire , un plus
grand attachement à tous les devoirs d'un Premier
Magistrat Quipourroit mieux que ce digne Pere
Ini apprendre à soutenir tout à la fois l'honneur
de sa Place, la dignité et les droits de la Com
Spagnier
મૈં મું Assidu
2292 MERCURE DE FRANCE
$
tent?
Assidu et infatigable au travail , il ne se con
pas de dispenser ici une justice rigoureuse
il a établi dans sa maison une espece de Tribunal
domestique , où il se plaît encore plus à terminer les dissentions , et surtout celles qui peuvent aigrir
les esprits et perpetuer les haines ; d'ailleurs bienfaisant par inclination , on le trouve toujours disposé
à s'employer pour ceux qui ont recours à lui ; il n'épargne ni ses soins pour faire plaisir , ni son credit pour procurer des graces.
A ces traits , MESSIEURS , vous reconnoissez votre illustre Chef; à ces mêmes traits vous
reconnoîtrez sans doute le digne successeur que le Roi lui a donné. Dans cette confiance , nous nou
bâtons de vous demander de mettre le dernier sceau
la grace que Sa Majesté leur a accordée.
Nous requerons ordonner , que sur le repli des Lettres Patentes dont lecture vient d'être faite , il
sera écrit qu'elles ont été luës , publiées et registrées,
pour être executées selon lenr forme et teneur ,
pour jouir l'Impetrant de leur profit et utilité,
SURQUOI la Cour a rendu un Arrêt qui ordonne la lecture et publication desdites Provisions , qui a été faite à l'instant.
Le 31. Août 1732. la Ville de Pau avertie de
l'arrivée de M. de Courbons , députa vers ce
Magistrat deux Jurats et deux Notables. Ils parzirent avec la Bourgeoisie , et allerent attendre
M. de Courbons à l'extremité du Territoire de
Tau. Lors que M. de Courbons y fut arrivé , les
Jurats et Notables mirent pied à terre ; et M. de Courbons descendit de son carrosse avec Mrs
d'Esquille, Président à Mortier , de Carrere, d'Abbadie et de Labarthe, Conseillers en la Cour , qui
lui étoient allez au- devant. L'ancien des Jurats ,
CA
OCTOBR E. 1732. 2295
en livrée Royale , harangua M. de Courbons
et la harangue finie M. de Courbons remonta
dans son carrosse ; et les Jurats et Notables à
cheval, à la tête de la Bourgeoisie , précedez par
les Trompettes de la Ville , marchant sur deux
colonnes , l'épée nuë à la main , accompagnerent M. de Courbons jusqu'à son Hôtel.
Un moment après son arrivée il reçut les complimens des six Jurats, en livrée Royale , accompagnez des Officiers et du Corps de Ville , de
l'Université , de l'Ordre des Avocats , et de tous
les Corps de la Ville.
BONS, en la survivance de la Charge
du Marquis de GAUBERT son Pere , premierPrésident au Parlement de Navarre.
Es Provisions de M. de Courbons ayant été
portées à l'Audience , le Syndic des Avocats
a fait un Discours , après lequel il a conclu à ce
qu'il plut à la Cour d'ordonner la Lecture et Pu- blication desdites Provisions. Messieurs les Gens
du Roy se sont levez , et M. de Mesplez , Avo- cat General dudit Seigneur Roy , portant la pa
role, ont dit:
MESSIEURS ,
Dans l'obligation où nous sommes de concourir de
notre Ministere à l'enregistrement dee Provisions I dons
2290 MERCURE DE FRANCE
dont vous venez d'entendre la Lecture ›; c'est une
grande satisfaction pour nous d'avoir tout lieu de
croire que notre voix serafavorablement écoutée.
Organes des volonsex du Roy auprès de vous ,
mous sommes toujours assurez de trouver dans vos
coeurs des dispositions à la plus parfaite soumission
mais nous parlons avec bienplus de confiance , lorsque nous sommes persuadez que l'Arrêt que nous
devons vous demander , n'aurapas le seul meritede
l'obeissance.
Nous nous rappellons la joye que vous temoignétes lors de la publication des Provisions de M. de
Gaubert, est un heureux prejugé pour celles que
M.de Courbons vient d'obtenir Naissance, services,
méritepersonnel,tout parloit enfaveur du Pere ; ces
mêmes avantages vous parlent en faveur du Fils."
Si M. de Courbons vous étoit moins connu › 078
pourroit vous prevenir en sa faveur par le recit des vertus de sses Peres , soit que le merite se transmette Avec le sang, soit que l'éducation ordinaire aux
personnes distinguées , fasse éclore en elles de plus
grandes qualitez , vons presumeriez avantageusement d'un Homme de sa naissance ; mais il n'a
pas besoin de se parer à vos yeux de l'éclat de ses
Ancêtres , il s'est fait connoître dans le peu de
tems qu'il a été parmi vous par des endroits moins
équivoques et plus essentiels. La naissance , il est
vrai , est ungrand relief dans les personnes en pla
ce; elle previent le public , elle augmente le " respect et la soumission : mais c'est le sçavoir , la droisure , la bonté qui fait le fondement de la confiance des Peuples.
Il paroit que M. de Courbons, est né avec un
esprit droit et facile , et il l'a cultivé par les con- noissances qu'exige un Emploi où l'on est des
tine discuter avec autant de solidité que d'élo-1
quence
OCTOBRE 1732 229N
$
quence le droit public et particulier : la Renommée,
ce temoignage qui n'est jamais suspect , n'a cessé
de nous dire combien il a brillé dans cette premiere
Charge ; ses lumieres , son equité , son habileté
à manier la parole , lui firent toûjours prevenir
les decisions d'une Compagnie caracterisée par la
sagesse de ses Arrêts ; sa douceur , sa bonté , son
accès aisé pour les Parties , sa patience à les enten
dre , lui attirerent l'estime et la veneration de ses
concitoyens.
Du Parquet de Provence , où il a , pour ainsi
·dire , été élevé , il a passé dans ce Parlement ,
il a bien soûtenu la reputation qui l'avoit devan
cé. Vous avez souvent vú avec surprise que ses
judicieuses reflexions enlevoient vos suffrages dans
les affaires mêmes qui devoient être nouvelles pour
lui , soit par rapport à nos Loix municipales , soit
par rapport à notre Jurisprudence ; ensorte que plùsieurs d'entre vous, penetrez de son merite, lui defevoient déja par estime la Place à laquelle le Roi a
trouvéjustě de Pélever.
Sil lui manquoit encore quelque perfection pour
remplir un Ministere aussi étendu qu'il est imporsant, l'experience suppleroit bientôt à ce que l'âge
ne lui auroit pas permis d'acquerir , et les exem-
"ples domestiques sont un secours qu'il aura ( à
ce que nous esperons ) long-tems encore devant les
yeux.
Oùpourroit- ilpuiser avec plus d'abondance , des
sentimens de zele pour la Religion , pour le Roi ,
et pour le Bien Public , et pour tout dire , un plus
grand attachement à tous les devoirs d'un Premier
Magistrat Quipourroit mieux que ce digne Pere
Ini apprendre à soutenir tout à la fois l'honneur
de sa Place, la dignité et les droits de la Com
Spagnier
મૈં મું Assidu
2292 MERCURE DE FRANCE
$
tent?
Assidu et infatigable au travail , il ne se con
pas de dispenser ici une justice rigoureuse
il a établi dans sa maison une espece de Tribunal
domestique , où il se plaît encore plus à terminer les dissentions , et surtout celles qui peuvent aigrir
les esprits et perpetuer les haines ; d'ailleurs bienfaisant par inclination , on le trouve toujours disposé
à s'employer pour ceux qui ont recours à lui ; il n'épargne ni ses soins pour faire plaisir , ni son credit pour procurer des graces.
A ces traits , MESSIEURS , vous reconnoissez votre illustre Chef; à ces mêmes traits vous
reconnoîtrez sans doute le digne successeur que le Roi lui a donné. Dans cette confiance , nous nou
bâtons de vous demander de mettre le dernier sceau
la grace que Sa Majesté leur a accordée.
Nous requerons ordonner , que sur le repli des Lettres Patentes dont lecture vient d'être faite , il
sera écrit qu'elles ont été luës , publiées et registrées,
pour être executées selon lenr forme et teneur ,
pour jouir l'Impetrant de leur profit et utilité,
SURQUOI la Cour a rendu un Arrêt qui ordonne la lecture et publication desdites Provisions , qui a été faite à l'instant.
Le 31. Août 1732. la Ville de Pau avertie de
l'arrivée de M. de Courbons , députa vers ce
Magistrat deux Jurats et deux Notables. Ils parzirent avec la Bourgeoisie , et allerent attendre
M. de Courbons à l'extremité du Territoire de
Tau. Lors que M. de Courbons y fut arrivé , les
Jurats et Notables mirent pied à terre ; et M. de Courbons descendit de son carrosse avec Mrs
d'Esquille, Président à Mortier , de Carrere, d'Abbadie et de Labarthe, Conseillers en la Cour , qui
lui étoient allez au- devant. L'ancien des Jurats ,
CA
OCTOBR E. 1732. 2295
en livrée Royale , harangua M. de Courbons
et la harangue finie M. de Courbons remonta
dans son carrosse ; et les Jurats et Notables à
cheval, à la tête de la Bourgeoisie , précedez par
les Trompettes de la Ville , marchant sur deux
colonnes , l'épée nuë à la main , accompagnerent M. de Courbons jusqu'à son Hôtel.
Un moment après son arrivée il reçut les complimens des six Jurats, en livrée Royale , accompagnez des Officiers et du Corps de Ville , de
l'Université , de l'Ordre des Avocats , et de tous
les Corps de la Ville.
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Résumé : RECEPTION du Marquis de COURBONS, en la survivance de la Charge du Marquis de GAUBERT son Pere, premier Préstdent au Parlement de Navarre.
Le texte décrit la réception du Marquis de Cour en tant que successeur de son père, le Marquis de Gaubert, au poste de premier Président au Parlement de Navarre. Lors de l'audience, le syndic des avocats a prononcé un discours et a demandé la lecture et la publication des provisions de M. de Courbons. M. de Mesplez, avocat général, a ensuite exprimé la satisfaction du roi et la confiance en la soumission de la cour. Il a souligné les mérites de M. de Courbons, tant personnels que ceux hérités de son père, en mettant en avant ses qualités de savoir, de droiture et de bonté. M. de Courbons a été loué pour son esprit droit, ses connaissances juridiques, son éloquence et son équité, ainsi que pour sa douceur et sa patience. Son passage au Parlement de Provence a été marqué par des réflexions judicieuses et un respect unanime. La cour a rendu un arrêt ordonnant la lecture et la publication des provisions, confirmant ainsi la nomination de M. de Courbons. Le 31 août 1732, la ville de Pau a accueilli M. de Courbons avec une délégation officielle et une escorte jusqu'à son hôtel, où il a reçu les compliments des différents corps de la ville.
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12
p. 2293-2296
EXTRAIT du Registre secret du Parlement de Navarre.
Début :
Le 2. Septembre 1732. les Chambres ont été assemblées par ordre de M. Casaus, Président [...]
Mots clefs :
Parlement de Navarre, M. de Courbons, Registre secret, Président
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Registre secret du Parlement de Navarre.
EXTRAIT du Registre fecret du
Parlement de Navarre.
Le 2. Septembre 1732. les Chambres ont
été assemblées par ordre de M. de Casaus, Président , qui a dit que M. de Courbons lui a fait
presenter sa Requête pour être reçû en la place de Premier Président survivancier ; laquelle lue
avec les Conclusions du Procureur General , la
Cour a ordonné que M. de Courbons sera reçû
en la forme qu'on observe aux receptions de Mes- sieurs les Premiers Présidens .
Et la Cour ayant ordonné au Sieur de Perpi-1
gna Greffier, en Chef, d'aller en l'Hôtel de M.
de Courbons , pour l'avertir de sa part qu'elle étoit assemblée et qu'elle l'attendoit , M. de.
Courbons s'est rendu au Palais. Mrs les Gens du
Roy , précedez par le premier Huissier , ont été
l'accueillir au bas de l'escalier par ordre, de la
Cour , et étant remontez avec M. de Courbons ,
ils sont entrez dans la Grand - Chambre. M. de
Courbons, en coupant le Bureau, s'est allé asseoir
au banc des Conseillers , au- dessus de Mrs les Chevaliers d'honneur ; et à l'instant M. de Ca
I iij saus
22294 MERCURE DE FRANCE
saus, Président,ayant prononcé l'Arrêt de recep
sion à M. de Courbons , il s'est levé et a prêté
le Seriment ordinaire ; s'étant relevé M. de Casaus l'a pris par la main droite , et l'a fait sieger
en la place de Premier Président ; après quoi M...
de Courbons a dit :
MESSIEURS ,
Ce jour seroit peu inserressant pour moi , s'il de
voit seborner à une ceremonie d'usage : plus jaloux des droits quej'ai sur vos cœurs , des bonneurs que
attachez à la Place que le Roy m'a destinée , je në
dois penser aujourd'hui qu'à vous rappeller les sensimens que j'ai déja temoignés à tous les dignes
Magistrats de cette auguste Compagnie , et à vous
assurer que lafidelité en sera toujours le partage.
Fondé sur de pareils titres , j'ose meflater de vo- tre bienveillance et de votre attachement ; vous ne
sçauriez me les refuser , sans donner atteinte à cette
exacte justice que vous êtes en possession de rendre
depuis si longtems.
Mais leprincipe de cet attachement quifait tous
mes desirs , vous devez le prendre dans l'union qui
doit regner parmi vous vous en connoissez l'importance et la necessité ; la division entraîne la
décadence des Puissances les mieux établies ; elle
diminue les droits d'une Compagnie , elle en affoiblit l'éclat et la dignité ; saforce et sa splendeur
dépendent moins de ses attributs , que des engage- mens reciproques que doivent contracter les cœurs
de ceux qui la composent : ce merveilleux accord
des uns aux autres lui donne des liens , qui en
P'unissant , affermissent son authorité , et lui attirent la veneration des Peuples.
Cette union que le devoir fait naître , que la
wertu dirige , que la justice entretient, est indépendante
OCTOBRE. 1732. 2295
pendante des Evenemens , bien differente de celle
qui dans l'occasion où elle doit se montrer , dispa
roit comme ces lueurs qui n'ont que l'apparence.
C'est cette union qui est le partage des grands
Magistrats , et la seule digne de vous. Pourrionsnous en cimenter d'autres , nous quiformons un
Corps , où nous avons les mêmes intérêts à défendre,
les mêmesfonctions à remplir , le même caractère à
soutenir ?
C'est enfin avec cette union que nous devons tous
concourir à soutenir dans son équilibre la balance
de la Justice , et n'admettre d'autre poids pour
faire pancher que les interêts du Prince , le bien des
Peuples , et l'amour de la verité.
A ces traits vous connoissez déja que je serai
bren plus touché du rang que vous m'accordérez
dans une solide amitié , que de celui où je me
trouve aujourd'hui : vous me devez l'un comme
une dette que mes sentimens m'ont acquise ; l'autre
est une grace dont chacun de vous seroit bien plus
digne. Fusse le Ciel que je sois éloigné de ce dernier honneur ; que le Pere consacre encore longtems ses travaux dans ce Templs de la Justice
et que le nombre de ses lauriers puisse accroître le
nombre de ses années , tandis que le fils n'aura
jamais d'autre ambition que celle de présider sur vos cœurs.
M. de Casaus , Président , a répondu à M. de
Courbons , que le Parlement avoit pris toute la
part possible à la grace que Sa Majesté lui avoit
accordée ; que la singularité du bienfait dur
Prince en sa faveur , étoit une preuve de celle
de son mérite ; que la Compagnie en connoissolt
tout le prix , de même que les avantages de l'union qui doit regner dans un Corps , et surtout
entre le Chefet les Membres , et qu'elle aurit
I iiij toûjours
2295 MERCURE DE FRANCE
toûjours une atention particuliere à l'entretenir
sans alteration.
Ce fait , M. de Courbons s'est levé , et les
Chambres se sont séparées .
Parlement de Navarre.
Le 2. Septembre 1732. les Chambres ont
été assemblées par ordre de M. de Casaus, Président , qui a dit que M. de Courbons lui a fait
presenter sa Requête pour être reçû en la place de Premier Président survivancier ; laquelle lue
avec les Conclusions du Procureur General , la
Cour a ordonné que M. de Courbons sera reçû
en la forme qu'on observe aux receptions de Mes- sieurs les Premiers Présidens .
Et la Cour ayant ordonné au Sieur de Perpi-1
gna Greffier, en Chef, d'aller en l'Hôtel de M.
de Courbons , pour l'avertir de sa part qu'elle étoit assemblée et qu'elle l'attendoit , M. de.
Courbons s'est rendu au Palais. Mrs les Gens du
Roy , précedez par le premier Huissier , ont été
l'accueillir au bas de l'escalier par ordre, de la
Cour , et étant remontez avec M. de Courbons ,
ils sont entrez dans la Grand - Chambre. M. de
Courbons, en coupant le Bureau, s'est allé asseoir
au banc des Conseillers , au- dessus de Mrs les Chevaliers d'honneur ; et à l'instant M. de Ca
I iij saus
22294 MERCURE DE FRANCE
saus, Président,ayant prononcé l'Arrêt de recep
sion à M. de Courbons , il s'est levé et a prêté
le Seriment ordinaire ; s'étant relevé M. de Casaus l'a pris par la main droite , et l'a fait sieger
en la place de Premier Président ; après quoi M...
de Courbons a dit :
MESSIEURS ,
Ce jour seroit peu inserressant pour moi , s'il de
voit seborner à une ceremonie d'usage : plus jaloux des droits quej'ai sur vos cœurs , des bonneurs que
attachez à la Place que le Roy m'a destinée , je në
dois penser aujourd'hui qu'à vous rappeller les sensimens que j'ai déja temoignés à tous les dignes
Magistrats de cette auguste Compagnie , et à vous
assurer que lafidelité en sera toujours le partage.
Fondé sur de pareils titres , j'ose meflater de vo- tre bienveillance et de votre attachement ; vous ne
sçauriez me les refuser , sans donner atteinte à cette
exacte justice que vous êtes en possession de rendre
depuis si longtems.
Mais leprincipe de cet attachement quifait tous
mes desirs , vous devez le prendre dans l'union qui
doit regner parmi vous vous en connoissez l'importance et la necessité ; la division entraîne la
décadence des Puissances les mieux établies ; elle
diminue les droits d'une Compagnie , elle en affoiblit l'éclat et la dignité ; saforce et sa splendeur
dépendent moins de ses attributs , que des engage- mens reciproques que doivent contracter les cœurs
de ceux qui la composent : ce merveilleux accord
des uns aux autres lui donne des liens , qui en
P'unissant , affermissent son authorité , et lui attirent la veneration des Peuples.
Cette union que le devoir fait naître , que la
wertu dirige , que la justice entretient, est indépendante
OCTOBRE. 1732. 2295
pendante des Evenemens , bien differente de celle
qui dans l'occasion où elle doit se montrer , dispa
roit comme ces lueurs qui n'ont que l'apparence.
C'est cette union qui est le partage des grands
Magistrats , et la seule digne de vous. Pourrionsnous en cimenter d'autres , nous quiformons un
Corps , où nous avons les mêmes intérêts à défendre,
les mêmesfonctions à remplir , le même caractère à
soutenir ?
C'est enfin avec cette union que nous devons tous
concourir à soutenir dans son équilibre la balance
de la Justice , et n'admettre d'autre poids pour
faire pancher que les interêts du Prince , le bien des
Peuples , et l'amour de la verité.
A ces traits vous connoissez déja que je serai
bren plus touché du rang que vous m'accordérez
dans une solide amitié , que de celui où je me
trouve aujourd'hui : vous me devez l'un comme
une dette que mes sentimens m'ont acquise ; l'autre
est une grace dont chacun de vous seroit bien plus
digne. Fusse le Ciel que je sois éloigné de ce dernier honneur ; que le Pere consacre encore longtems ses travaux dans ce Templs de la Justice
et que le nombre de ses lauriers puisse accroître le
nombre de ses années , tandis que le fils n'aura
jamais d'autre ambition que celle de présider sur vos cœurs.
M. de Casaus , Président , a répondu à M. de
Courbons , que le Parlement avoit pris toute la
part possible à la grace que Sa Majesté lui avoit
accordée ; que la singularité du bienfait dur
Prince en sa faveur , étoit une preuve de celle
de son mérite ; que la Compagnie en connoissolt
tout le prix , de même que les avantages de l'union qui doit regner dans un Corps , et surtout
entre le Chefet les Membres , et qu'elle aurit
I iiij toûjours
2295 MERCURE DE FRANCE
toûjours une atention particuliere à l'entretenir
sans alteration.
Ce fait , M. de Courbons s'est levé , et les
Chambres se sont séparées .
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Résumé : EXTRAIT du Registre secret du Parlement de Navarre.
Le 2 septembre 1732, les Chambres du Parlement de Navarre se sont réunies sur ordre de M. de Casaus, Président. M. de Courbons a présenté une requête pour être reçu en tant que Premier Président survivancier. Après la lecture de la requête et des conclusions du Procureur Général, la Cour a ordonné la réception de M. de Courbons selon les formes habituelles. M. de Courbons s'est rendu au Palais, où il a été accueilli par les Gens du Roy et a pris place dans la Grand-Chambre. M. de Casaus a prononcé l'arrêt de réception, et M. de Courbons a prêté serment avant de s'asseoir à la place de Premier Président. Dans son discours, M. de Courbons a exprimé son désir de rappeler les sentiments de fidélité et de bienveillance qu'il porte envers les magistrats. Il a souligné l'importance de l'union et de l'harmonie au sein du Parlement, nécessaires pour maintenir la justice et la dignité de la Compagnie. Il a également insisté sur la nécessité de défendre les intérêts communs et de soutenir la balance de la justice. M. de Casaus a répondu en affirmant que le Parlement avait pleinement apprécié la grâce accordée par le Roi à M. de Courbons et en soulignant l'importance de l'union entre le Chef et les Membres. Après ces échanges, M. de Courbons s'est levé et les Chambres se sont séparées.
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13
p. 2516-2519
Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Début :
Le Mardi 10 Novembre, le R. P. D. Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastere [...]
Mots clefs :
Religieux, Fondation, Parlement, Cérémonie, Président, Monastère, Bonnets, Saint-Martin-des-Champs
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texteReconnaissance textuelle : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le Mardi 10 Novembre , le R. P. D.
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
Jean -Hilaire Tripret, Prieur du Monastere
de S. Martin des Champs de cetre
Ville ,se transporta à l'Hôtel de M. le
Premier Président du Parlement , et eut
l'honneur de lui présenter , selon la coûttume
, deux Bonnets de Palais , avec la
cérémonie et la formule usitées dans l'Acte
dont nous allons parler. Le méme ReliNOVEMBRE.
1733. 2517
ligieux alla tout de suite chez le Premier
Huissier du Parlement , et lui presenta
une paire de Gands et une Ecritoire.
Cette ceremonie se pratique annuellement
, pour satisfaire à l'Acte d'une Fondation
solemnelle , faite en faveur du
Monastere de S. Martin des Champs, par
Philippe , Seigneur de Morviller, de Clary
et de Charenton , Premier President
du Parlement , et par Dame Jeanne du
Drac , son Epouse , le 4 Decembre 1426.
confirmée et homologuée par Arrêt de la
Cour , du même jour , qui commence
ainsi : HENRICUS , Dei Gratia , Francorum
et Anglia Rex , & c.
Le premier article de cette Fondation
porte , que lesdits Fondateurs et chacun
d'eux pourront être ( si bon leur semble ) enserrez
et sépulturez en ladite Eglise et Monastere
de S. Martin des Champs , en la
Chapelle de S. Nicolas , & c.
Dans les 14 et 15 articles on lit ce qui
suit. Item : » Que chacun an , la veuille
» de la Fête Monsieur S. Martin d'Hy-
» ver , au matin avant midi , sera fait
présent à Monseigneur le Premier Pré-
» sident de Parlement, qui pour le temps
» sera , par le Maire desdits Religieux ,
» Prieur et Convent dudit S. Martin , et
»par un d'iceux Religieux , de deux
Bonnets
2518 MERCURE DE FRANCE
» Bonnets à oreilles , l'un double, et l'autre
sengle , en disant telles paroles :
Monseigneur , Messire PHILIPPE DE MORVILLER
, en son vivant , Premier Président
en Parlement , fonda en l'Eglise et Monas- :
tere Monsieur S. Martin des Champs , à
Paris , une Messe perpetuelle , et certain
autre Service divin ; et ordonna pour la mé«
moire et conservation de ladicte Fondation :
éue donné et présenté chacun an à ce jour,
à Monseigneur le Premier President de Par
lement, qui pour le temps seroit,par le Maire
desdits Religieux et un d'iceux Religieux , ce
don et present , lequel il vous plaise prendre.
en gré. » Et sera ledit don et présent desdits
Bonnets du prix de vingt sols Parisis
, eu égard à là monnoye de present ,
» ayant cours.
»
Item. » Et avec ce sera fait don et pré- .
sent audit jour , par ledict Maire desdits :
Religieux et un d'iceux Religieux , au
» premier Huissier de Parlement , qui
pour le temps sera , de ungs Gands et
>> une Escriptoire , en disant : Sire , Messire
PHILIPPE DE MORVILLER , en son vivant
, Premier Président en Parlement,fon
da en l'Eglise et Monastere de Monsieur ‹
S. Martin des Champs , uunnee Messe Messe perpetuelle
, et certain autre Service divin , et ore
denna pour la mémoire et conservation de
las
NOVEMBRE. 1733. 2519:
"
ladite Fondation, être donné et presenté chacun
an , à ce jour , au premier Huissier de
Parlement , qui pour le temps seroit ,, par le
Maire Religieux , et un d'iceux Religieux ,
ce don et présent , lequel vous plaise prendre
en gré. Lesquelles paroles seront
» baillées par escrit au dessus nommez
» Maire , et Religieux , et sera le don et
» present desdits Gands et Escriptoire , de
douze sols parisis , en regard à la mon-
» noye ayant cours de présent.
A la suite de l'Arrêt , dans lequel toute
la Fondation est rapportée , sont aussi
les Lettres d'approbation et de consentement
de l'Abbé de Cluny , Superieur
General , et plusieurs autres Actes qui
regardent cette Fondation , laquelle fut
faite pour la somme de seize cent livres
tournois , une fois payée , &c. Les Originaux
sont conservez dans les Archives
du Monastete , et exactement imprimez
dans un Ouvrage curieux , devenu rare ,
qui en contient l'Histoire. Il nous a été
tres obligeamment communiqué par les
Religieux de S. Martin des Champs. En
voici le titre : MARTINIANA, id est, Littera
Tituli , Carta , Privilegia , &c. Monasterii
seu Prioratûs Conventualis S. MARTINI
Campis, Parisiis, Ordin , Clun . & C. 1.vol,
8. Parisiis, 1606,
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Résumé : Cérémonie remarquable. [titre d'après la table]
Le 10 novembre 1733, le Père Jean-Hilaire Tripret, Prieur du Monastère de Saint-Martin-des-Champs à Paris, effectua une cérémonie annuelle. Il se rendit d'abord à l'Hôtel du Premier Président du Parlement pour lui offrir deux Bonnets de Palais. Ensuite, il se dirigea chez le Premier Huissier du Parlement pour lui présenter une paire de gants et une écritoire. Cette tradition commémore une fondation solennelle établie le 4 décembre 1426 par Philippe, Seigneur de Morviller, et Dame Jeanne du Drac, son épouse, tous deux Premier Président du Parlement. Cette fondation, confirmée par un arrêt de la Cour le même jour, permet aux fondateurs d'être inhumés dans la Chapelle de Saint-Nicolas du Monastère. Les articles 14 et 15 de la fondation stipulent que chaque année, à la veille de la fête de Saint-Martin, le Prieur et un religieux doivent offrir les Bonnets au Premier Président et les gants ainsi que l'écriture à l'Huissier, accompagnés de formules spécifiques. Les dons sont évalués à vingt sols pour les Bonnets et douze sols pour les gants et l'écriture. Les documents originaux de cette fondation sont conservés dans les archives du Monastère et ont été imprimés dans un ouvrage intitulé 'Martiniana' publié en 1606.
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14
p. 2521-252[9]
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Dans le Mercure du mois dernier, en parlant de la mort d'Hercule-Joseph [...]
Mots clefs :
Marquis, Général, Seigneur, Épouse, Maison, Abbaye, Capitaine, Président, Diocèse, Congrégation, François-Jean-Baptiste-Joseph de Sade, Michel-François de Maillé de La Tour, Maison de Maillé, Anne-Geneviève de Meuves, Charlotte-Elisabeth de Bassompierre, Guillaume-Jean-Baptiste-François de Becdelièvre, Gabriel de Riberolles, Pierre de Pardaillan de Gondrin
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
D
Ans le Mercure du mois dernier
en parlant de la mort d'Hercule-
Joseph de Lur , Chevalier , Marquis de
Saluces , de Drujac et de la Groliere , on
doit ajouter qu'il étoit ; Vicomte , Seigneur
de Melangein , de l'Isle de Couderot
, &c.
La Maison de Lur est très ancienne , et
tire son origine d'Allemagne ; elle est
établie depuis plusieurs siècles dans la
Ι province
2522 MERCURE DE FRANCE
Province de Guienne , et a contracté en
France des alliances avec les Maisons les
plus considerables du Royaume.
Le Marquis de Saluces étoit l'aîné de la
Maison ; il ne laisse qu'un fils , Officier
aux Gardes Françoises,
D. Gabrielle de Rochechouart- Morte
mar, Abbesse de l'Abbaye de Beaumontlès-
Tours ,Ordre de S. Benoît , mourut le
24. Octobre , âgée d'environ soixante
seize ans , après avoir gouverné cette Abbaye
avec beaucoup de sagesse et d'édification
pendant près de 44. ans. Elle étoit
fille aînée de Louis Victor de Rochechouart,
Duc deVivonne , Pair et Maréchal
de France , Général des Galeres , Gouverneur
de Champagne et Brie , mort le 18
Septemb. 1688.et de D. Antoinette Louise
de Mesmes, morte le 10 Mars 1709.
M. Pierre de Pardaillan de Gondrin
d'Antin , Evêque et Duc de Langres ,
Pair de France , Abbé des Abbayes de
Montier-Ramey et de Lire , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , et l'un
des 40 de l'Académie Françoise , mourut
dans son Diocèse le 2. Novembre âgé
d'environ 41 ans. Il étoit quatriéme fils er
Le seul qui restât de Louis- Antoine dePar
daillan de Gondrin , Duc d'Antin , Pair
de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant
NOVEMBRE . 1733. 2525
Lieutenant général de ses Armées , et de
la haute et basse Alsace &c. Gouverneur
des Ville et Duché d'Orleans & c. Directeur
général des Bâtimens du Roi , Jardins
et Manufactures de France , et de D.
Julie Françoise de Crussol d'Uzez .
Le R. P. Gabriel de Riberolles , Prêtre '
Chanoine Régulier de l'Ordre de S. Augustin
, de la Congrégation de France ,
mourut le 2. Novembre en l'Abbaye Ste
Geneviève à Paris , âgé d'environ 81 ans ,
après avoir été pendant six années Abbé
de cette Abbaye, et Superieur Général de
sa Congrégation . Il étoit de Paris , et fils
d'Abraham de Riberolles , Conseiller au
Châtelet, et de Clemence du Mas , Soeur
d'Hilaire du Mas , Docteur de la Maison
et Societé de Sorbonne , et Conseiller au
Parlement. Le P. de Riberolles , fut élû
pour la premiere fois Abbé de Ste Genevieve
, et Superieur général de sa Congrégation
, le 11. Septembre 1715. et fut
continué par le Chapitre général pour
trois autres années, le is . Septembre 1718.
étant premier Assistant de sa Congrégation
lors de la mort du R. P. Jean Polinier
, Abbé et Superieur général , arrivée
le 6. Mars 1727. Il fut choisi pour achever
les sept mois qui restoient au deffunt
de ses trois ans , et le 11. Septembre sui-
Iij
vant ,
2524 MERCURE DE FRANCE
vant , il fut élû Abbé et Superieur général
pour la troisième fois , et le 11. Septembre
1730. pour la quatrième fois .
J
D. Magdelaine le Cousturier de Neuville
, Veuve de Claude Potier , Comte
de Novion ,Brigadier des Armées du Roi,
mourut le 4. Novembre sans enfans. Elle
étoit fille de Henri le Cousturier , Seigneur
de Neuville , vivant Capitaine ,
commandant le premier Bataillon du Regiment
du Roi , et de Catherine - Françoise-
Louise de la Broise , soeur de la Veuve
de Charles - Jean - Louis de Faucon
Marquis de Ris.
Henri Joseph de Vassé , Marquis d'Esguilly
&c. Seigneur de Fontenay , Mestre
de Camp de Cavalerie , mourut le
6. Novembre , âgé d'environ 34. ans.
Il étoit fils ds Joseph Artus de Vassé
, Marquis d'Esguilly &c. mort le 2 .
Septembre 1710. Et de Louise de Fesque
morte en 1732 ..Il avoit épousé en 1724 .
D. Magdeleine - Gabrielle des Gentils du
Bessay , de laquelle il laisse deux fils .
D. Jeanne Marie Palatine de Dyo de
Momperous , Marquise de Roquefeuil
Baronne de Castelnau , Epouse de Marie
François Roger de Langhac , Comte de
Dalet et de Toulongon &c. mourut le 7 .
âgée d'environ 5.5.ans , laissant deux filles,
dont
NOVEMBRE . 1733 2525
dont la cadette Françoise Charlotte de
Langhac fut mariée le 7. Juillet 1732.
avec Jean-Baptiste - François de Cugnac
Marquis de Dampierre &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , cy- devant Cornette
des Chevaux Legers de Berry.
Le même jour , Guillaume - Jean-
Baptiste- François Becdelievre , Seigneur
de la Busnelays et de Treambert , premier
Président en la Chambre des Comtes
de Nantes , Charge en laquelle il·
avoit été reçu par la résignation de son
Pere , le 17. Novembre 1722. après avoir
étéauparavant successivement Maître ordinaire
, et Président en la même Chambre
, mourut âgé de 46. ans . Il étoit fils
aîné de feu Jean - Baptiste Becdeljevre ,
Seigneur de la Busnelays , le deuxième
de sa famille , premier Président én la
Chambre des Comptes de Nantes , et de
Renée de Sesmaisons de Treambert , et
il avoit été marié le 30. Juillet 1705. avec
Françoise Renée le Nobletz , fille de René
le Noblerz , Seigneur de Lescus , et de
Marie Agnes du Chastel . Il en a eu plusieurs
enfans , qui sont rapportés dans
l'Etat de la France'de 17 27. vol.4.p. sí7 .
"la Généalogie de cette famille se trouve
dans le Dictionnaire Histor. éditions de
1725. et 1732.
3
I iij
Le
2526 MERCURE DE FRANCE
Le 8.Philippe- Auguste Porlier, Ecuyer,
Sieur de Compiègne , et de Maillezais ,
autrefois Capitaine au Regiment Dauphin
Infanterie , mourut à Paris , âgé d'environ
65 ans. Il avoit épousé au mois de
Mai 1700. Susanne Fardoil , sa Cousine
issuë de germain , morte le 12. Février
1710. âgée de 32. ans , fille unique de Nicolas
Fardoil , Conseiller en la Cour des
Aides de Paris , mort le 8. Juin 1699. et
de Magdeleine Poussé , de laquelle il laisse
des enfans.
>
D. Charlotte- Elizabeth de Bassompierre
Epouse de Charles Marie , Marquis
de Choiseul , Mestre de Camp de Cava
krie , Sous-Lieutenant des Gendarmes
Ecossois , et Lieutenant général pour le
Roi au Gouvernement de Champagne et
Brie, accoucha le 6. Octobre dans la Ville
de Nanci , d'un fils qui a été nommé
Claude Antoine par M. l'Abbé de Choiseul
, Aumônier du Roi , nommé à l'Evêché
de Châlons sur Marne , et par D.
Charlotte de Choiseul , Comtesse de
Ludre.
D. Anne- Geneviève de Meuves, Epou
se de Jean- Paul Bochard de Champigny,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, Chevalier de S. Louis , accoucha
NOVEMBRE. 1733 2527
-
le 24 Octobre d'un fils qui a été nommé
Conrard Alexandre , par Conrard
Alexandre , Comte de Rottembourg ,
Brigadier des Armées du Roi , Gouver
neur de Bethune , Chevalier des Ordres
du Roi , Ambassadeur de S. M. en Espagne
, et par D. Emilie Mailly du Bruëil ,
Epouse de Jean-François de Creil , Brigadier
des Armées du Roi, Capitaine - Commandant
de la Compagnie des Grenadiers
à cheval, Chevalier de S. Louis.
Le Lundy 26, Octobre , à une heure
du matin , a été celebré dans la Chapelle
du Château du Houssay , près de Bonneval,
Diocèse de Chartres par M. Michel
François de Maillé de la Tour Landri ,
Prêtre , Chanoine et Chefcier de l'Eglise
Cathedrale , et Vicaire général de l'Evêque
de Chartres, Abbé commandataire de
F'Abbaye de S.Pierre de L'Esterp, Diocèse
de Limoges , le Mariage de François- Antoine
- Alexandre d'Albignac , Marquis de
Castelnau, âgé de 21. ans, fils aîné de Fran
çois d'Albignac, Chevalier , Baron de Castelnau
, Seigneur du Triadous au Diocèse
de Mende, & c.avec Dlle Anne- Elizabeth-
Constance de Montboissier , âgée de 19 .
ans , fille aînée de Philippe - Claude de
Montboissier- Canillac , Capitaine - Lieu-
I iiij
tenant
2528 MERCURE DE FRANCE
tenant de la seconde Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roi , et
Brigadier des Armées de S. M. et de D.
Marie-Anne Genevieve de Maillé- Benchart
, Dame du Houssay.
M. le Marquis de Courbons , premier
Président du Parlement de Navarre , fils
de M. Miche , Marquis de Gaubert ,
premier Président au même Parlement ,
épousa le même jour Dlle Angelique
de Lons , fille de feu M. le Marquis
de Lons , Lieutenant pour le Roi et
'Commandant en Navarre et Bearn."
-
Le 13. Novembre , François - Jean-
Baptiste Joseph de Sade , Chevalier ,
Comte de la Coste et de Saumane dans
le païs Venaissin , Colonel général de la
Cavalerie du Pape , fils de Gaspard-François
de Sade , Chevalier , Marquis de
Mazan , Seigneur de Saumane , &c. et
de D. Louise - Aldonce d'Astoüaud de
Mus , épousa à Paris Dlle Marie - Eleonore
de Maillé de Carman , fille de Do
natien de Maillé , Chevalier , Marquis de
Carman , Comte de Maillé , Baron de
Lesquelen , Seigneur Desterres de Dameny
, et de Villeromain , second Baron de
Bretagne , et de Dame Marie - Louise Binet
de Marcognet son Epouse. Ce mariage
a été celebré dans la Chapelle de l'Hôtel
NOVEMBRE. 1733. 2527
tel de Condé , en présence du Duc et
de la jeune Duchesse de Bourbon . La
Mariée a été nommée Dame d'accompagnement
par M.le Duc, à qui elle a l'honneur
d'être alliée . Le marié est d'une des
plus anciennes familles de Provence , l'Abbé
Robert de Briançon en parle avantageusement
dans son Livre intitulé PEtat
de la Provence dans sa Noblesse,Tom.
3. p. 21 , La belle Laure , si connue par les
loüanges , que le fameux Petrarque , qui
s'étoit laissé toucher par sa beauté et par
son esprit , lui donna dans les Vers qu'il
fit en son honneur , pendant sa vie , et
même après sa mort arrivée en 1348. sans
avoir été mariée , étoit de la famille de
Sade. Il y a un article d'Elle dans le Dictionnaire
Histor. sous le nom de Laurc..
La Maison de Maillé originaire de
Touraine , est trop connue pour en parler
icy. La Généalogie de cette Illustre
Maison se trouve dans le 7. Tome des
grands Officiers de la Couronne à l'art.
des Maréchaux de France p. 497.
et Mariages.
D
Ans le Mercure du mois dernier
en parlant de la mort d'Hercule-
Joseph de Lur , Chevalier , Marquis de
Saluces , de Drujac et de la Groliere , on
doit ajouter qu'il étoit ; Vicomte , Seigneur
de Melangein , de l'Isle de Couderot
, &c.
La Maison de Lur est très ancienne , et
tire son origine d'Allemagne ; elle est
établie depuis plusieurs siècles dans la
Ι province
2522 MERCURE DE FRANCE
Province de Guienne , et a contracté en
France des alliances avec les Maisons les
plus considerables du Royaume.
Le Marquis de Saluces étoit l'aîné de la
Maison ; il ne laisse qu'un fils , Officier
aux Gardes Françoises,
D. Gabrielle de Rochechouart- Morte
mar, Abbesse de l'Abbaye de Beaumontlès-
Tours ,Ordre de S. Benoît , mourut le
24. Octobre , âgée d'environ soixante
seize ans , après avoir gouverné cette Abbaye
avec beaucoup de sagesse et d'édification
pendant près de 44. ans. Elle étoit
fille aînée de Louis Victor de Rochechouart,
Duc deVivonne , Pair et Maréchal
de France , Général des Galeres , Gouverneur
de Champagne et Brie , mort le 18
Septemb. 1688.et de D. Antoinette Louise
de Mesmes, morte le 10 Mars 1709.
M. Pierre de Pardaillan de Gondrin
d'Antin , Evêque et Duc de Langres ,
Pair de France , Abbé des Abbayes de
Montier-Ramey et de Lire , Docteur en
Théologie de la Faculté de Paris , et l'un
des 40 de l'Académie Françoise , mourut
dans son Diocèse le 2. Novembre âgé
d'environ 41 ans. Il étoit quatriéme fils er
Le seul qui restât de Louis- Antoine dePar
daillan de Gondrin , Duc d'Antin , Pair
de France , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant
NOVEMBRE . 1733. 2525
Lieutenant général de ses Armées , et de
la haute et basse Alsace &c. Gouverneur
des Ville et Duché d'Orleans & c. Directeur
général des Bâtimens du Roi , Jardins
et Manufactures de France , et de D.
Julie Françoise de Crussol d'Uzez .
Le R. P. Gabriel de Riberolles , Prêtre '
Chanoine Régulier de l'Ordre de S. Augustin
, de la Congrégation de France ,
mourut le 2. Novembre en l'Abbaye Ste
Geneviève à Paris , âgé d'environ 81 ans ,
après avoir été pendant six années Abbé
de cette Abbaye, et Superieur Général de
sa Congrégation . Il étoit de Paris , et fils
d'Abraham de Riberolles , Conseiller au
Châtelet, et de Clemence du Mas , Soeur
d'Hilaire du Mas , Docteur de la Maison
et Societé de Sorbonne , et Conseiller au
Parlement. Le P. de Riberolles , fut élû
pour la premiere fois Abbé de Ste Genevieve
, et Superieur général de sa Congrégation
, le 11. Septembre 1715. et fut
continué par le Chapitre général pour
trois autres années, le is . Septembre 1718.
étant premier Assistant de sa Congrégation
lors de la mort du R. P. Jean Polinier
, Abbé et Superieur général , arrivée
le 6. Mars 1727. Il fut choisi pour achever
les sept mois qui restoient au deffunt
de ses trois ans , et le 11. Septembre sui-
Iij
vant ,
2524 MERCURE DE FRANCE
vant , il fut élû Abbé et Superieur général
pour la troisième fois , et le 11. Septembre
1730. pour la quatrième fois .
J
D. Magdelaine le Cousturier de Neuville
, Veuve de Claude Potier , Comte
de Novion ,Brigadier des Armées du Roi,
mourut le 4. Novembre sans enfans. Elle
étoit fille de Henri le Cousturier , Seigneur
de Neuville , vivant Capitaine ,
commandant le premier Bataillon du Regiment
du Roi , et de Catherine - Françoise-
Louise de la Broise , soeur de la Veuve
de Charles - Jean - Louis de Faucon
Marquis de Ris.
Henri Joseph de Vassé , Marquis d'Esguilly
&c. Seigneur de Fontenay , Mestre
de Camp de Cavalerie , mourut le
6. Novembre , âgé d'environ 34. ans.
Il étoit fils ds Joseph Artus de Vassé
, Marquis d'Esguilly &c. mort le 2 .
Septembre 1710. Et de Louise de Fesque
morte en 1732 ..Il avoit épousé en 1724 .
D. Magdeleine - Gabrielle des Gentils du
Bessay , de laquelle il laisse deux fils .
D. Jeanne Marie Palatine de Dyo de
Momperous , Marquise de Roquefeuil
Baronne de Castelnau , Epouse de Marie
François Roger de Langhac , Comte de
Dalet et de Toulongon &c. mourut le 7 .
âgée d'environ 5.5.ans , laissant deux filles,
dont
NOVEMBRE . 1733 2525
dont la cadette Françoise Charlotte de
Langhac fut mariée le 7. Juillet 1732.
avec Jean-Baptiste - François de Cugnac
Marquis de Dampierre &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , cy- devant Cornette
des Chevaux Legers de Berry.
Le même jour , Guillaume - Jean-
Baptiste- François Becdelievre , Seigneur
de la Busnelays et de Treambert , premier
Président en la Chambre des Comtes
de Nantes , Charge en laquelle il·
avoit été reçu par la résignation de son
Pere , le 17. Novembre 1722. après avoir
étéauparavant successivement Maître ordinaire
, et Président en la même Chambre
, mourut âgé de 46. ans . Il étoit fils
aîné de feu Jean - Baptiste Becdeljevre ,
Seigneur de la Busnelays , le deuxième
de sa famille , premier Président én la
Chambre des Comptes de Nantes , et de
Renée de Sesmaisons de Treambert , et
il avoit été marié le 30. Juillet 1705. avec
Françoise Renée le Nobletz , fille de René
le Noblerz , Seigneur de Lescus , et de
Marie Agnes du Chastel . Il en a eu plusieurs
enfans , qui sont rapportés dans
l'Etat de la France'de 17 27. vol.4.p. sí7 .
"la Généalogie de cette famille se trouve
dans le Dictionnaire Histor. éditions de
1725. et 1732.
3
I iij
Le
2526 MERCURE DE FRANCE
Le 8.Philippe- Auguste Porlier, Ecuyer,
Sieur de Compiègne , et de Maillezais ,
autrefois Capitaine au Regiment Dauphin
Infanterie , mourut à Paris , âgé d'environ
65 ans. Il avoit épousé au mois de
Mai 1700. Susanne Fardoil , sa Cousine
issuë de germain , morte le 12. Février
1710. âgée de 32. ans , fille unique de Nicolas
Fardoil , Conseiller en la Cour des
Aides de Paris , mort le 8. Juin 1699. et
de Magdeleine Poussé , de laquelle il laisse
des enfans.
>
D. Charlotte- Elizabeth de Bassompierre
Epouse de Charles Marie , Marquis
de Choiseul , Mestre de Camp de Cava
krie , Sous-Lieutenant des Gendarmes
Ecossois , et Lieutenant général pour le
Roi au Gouvernement de Champagne et
Brie, accoucha le 6. Octobre dans la Ville
de Nanci , d'un fils qui a été nommé
Claude Antoine par M. l'Abbé de Choiseul
, Aumônier du Roi , nommé à l'Evêché
de Châlons sur Marne , et par D.
Charlotte de Choiseul , Comtesse de
Ludre.
D. Anne- Geneviève de Meuves, Epou
se de Jean- Paul Bochard de Champigny,
Capitaine au Regiment des Gardes Françoises
, Chevalier de S. Louis , accoucha
NOVEMBRE. 1733 2527
-
le 24 Octobre d'un fils qui a été nommé
Conrard Alexandre , par Conrard
Alexandre , Comte de Rottembourg ,
Brigadier des Armées du Roi , Gouver
neur de Bethune , Chevalier des Ordres
du Roi , Ambassadeur de S. M. en Espagne
, et par D. Emilie Mailly du Bruëil ,
Epouse de Jean-François de Creil , Brigadier
des Armées du Roi, Capitaine - Commandant
de la Compagnie des Grenadiers
à cheval, Chevalier de S. Louis.
Le Lundy 26, Octobre , à une heure
du matin , a été celebré dans la Chapelle
du Château du Houssay , près de Bonneval,
Diocèse de Chartres par M. Michel
François de Maillé de la Tour Landri ,
Prêtre , Chanoine et Chefcier de l'Eglise
Cathedrale , et Vicaire général de l'Evêque
de Chartres, Abbé commandataire de
F'Abbaye de S.Pierre de L'Esterp, Diocèse
de Limoges , le Mariage de François- Antoine
- Alexandre d'Albignac , Marquis de
Castelnau, âgé de 21. ans, fils aîné de Fran
çois d'Albignac, Chevalier , Baron de Castelnau
, Seigneur du Triadous au Diocèse
de Mende, & c.avec Dlle Anne- Elizabeth-
Constance de Montboissier , âgée de 19 .
ans , fille aînée de Philippe - Claude de
Montboissier- Canillac , Capitaine - Lieu-
I iiij
tenant
2528 MERCURE DE FRANCE
tenant de la seconde Compagnie des
Mousquetaires de la Garde du Roi , et
Brigadier des Armées de S. M. et de D.
Marie-Anne Genevieve de Maillé- Benchart
, Dame du Houssay.
M. le Marquis de Courbons , premier
Président du Parlement de Navarre , fils
de M. Miche , Marquis de Gaubert ,
premier Président au même Parlement ,
épousa le même jour Dlle Angelique
de Lons , fille de feu M. le Marquis
de Lons , Lieutenant pour le Roi et
'Commandant en Navarre et Bearn."
-
Le 13. Novembre , François - Jean-
Baptiste Joseph de Sade , Chevalier ,
Comte de la Coste et de Saumane dans
le païs Venaissin , Colonel général de la
Cavalerie du Pape , fils de Gaspard-François
de Sade , Chevalier , Marquis de
Mazan , Seigneur de Saumane , &c. et
de D. Louise - Aldonce d'Astoüaud de
Mus , épousa à Paris Dlle Marie - Eleonore
de Maillé de Carman , fille de Do
natien de Maillé , Chevalier , Marquis de
Carman , Comte de Maillé , Baron de
Lesquelen , Seigneur Desterres de Dameny
, et de Villeromain , second Baron de
Bretagne , et de Dame Marie - Louise Binet
de Marcognet son Epouse. Ce mariage
a été celebré dans la Chapelle de l'Hôtel
NOVEMBRE. 1733. 2527
tel de Condé , en présence du Duc et
de la jeune Duchesse de Bourbon . La
Mariée a été nommée Dame d'accompagnement
par M.le Duc, à qui elle a l'honneur
d'être alliée . Le marié est d'une des
plus anciennes familles de Provence , l'Abbé
Robert de Briançon en parle avantageusement
dans son Livre intitulé PEtat
de la Provence dans sa Noblesse,Tom.
3. p. 21 , La belle Laure , si connue par les
loüanges , que le fameux Petrarque , qui
s'étoit laissé toucher par sa beauté et par
son esprit , lui donna dans les Vers qu'il
fit en son honneur , pendant sa vie , et
même après sa mort arrivée en 1348. sans
avoir été mariée , étoit de la famille de
Sade. Il y a un article d'Elle dans le Dictionnaire
Histor. sous le nom de Laurc..
La Maison de Maillé originaire de
Touraine , est trop connue pour en parler
icy. La Généalogie de cette Illustre
Maison se trouve dans le 7. Tome des
grands Officiers de la Couronne à l'art.
des Maréchaux de France p. 497.
Fermer
Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En novembre 1733, plusieurs événements marquants ont eu lieu parmi la noblesse française. Plusieurs décès notables sont à signaler. Le Chevalier Marquis de Saluces, Joseph de Lur, issu d'une ancienne famille allemande établie en Guienne, est décédé, laissant un fils officier. Gabrielle de Rochechouart, Abbesse de Beaumont-lès-Tours, est morte à l'âge de 76 ans après 44 ans de gouvernance. Pierre de Pardaillan de Gondrin, Évêque de Langres, est décédé à 41 ans. Gabriel de Riberolles, Chanoine Régulier de l'Ordre de Saint Augustin, est mort à 81 ans après avoir été Abbé de Sainte-Geneviève. D'autres décès incluent ceux de Magdeleine le Cousturier, Henri Joseph de Vassé, Jeanne Marie Palatine de Dyo, Guillaume-Jean-Baptiste Becdelievre, et Philippe-Auguste Porlier. Parallèlement, plusieurs naissances ont été signalées. Charlotte-Elisabeth de Bassompierre a accouché d'un fils nommé Claude Antoine, et Anne-Geneviève de Meuves a donné naissance à un fils nommé Conrad Alexandre. Des mariages ont également eu lieu, notamment celui de François-Antoine-Alexandre d'Albignac avec Anne-Elisabeth-Constance de Montboissier, et celui de François-Jean-Baptiste-Joseph de Sade avec Marie-Éléonore de Maillé de Carman. Le Marquis de Courbons a épousé Angélique de Lons. Ces événements illustrent la dynamique des familles nobles à travers les naissances, les mariages et les décès qui structurent la continuité et les alliances au sein de l'aristocratie française.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 395-405
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le dix-neuf Janvier Dame Marie-Magdelene Baudin, Epouse de Mathias Goudin, Conseiller [...]
Mots clefs :
Paris, France, Mort, Seigneur, Âge, Conseiller au Parlement, Dame, Roi, Fille, Chevalier, Secrétaire, Marquis, Comte, Président, Louis Milon de Rigny, Pierre de Brilhat, Pierre-Maurille Boulard, René-Charles-Elisabeth de Coëtlogon, Marie-Celse-Antoinette de Cugnac, Louis-Charles de Gouffier, Catherine-Angélique d'Albert de Luynes
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
et Mariages.
LBA
Edix- neuf Janvier Dame Marie -Magdelene
Baudin , Epouse de Mathias Goudin , Conseilde
ler en la Cour des Aydes de Paris , et qui avoit
été mariée le 18 Fevrier 1732.mourut en couches
de son deuxième enfant , agée de 27. ans.
>
Le 24. Janvier M. Louis Milon , Evêque et
Seigneur de Condom Prieur des Prieurés de
S. Marcel , de Villiers S. Sepulchre , et des deux
Gemeaux , Docteur en Théologie de la Faculté
11
de
396 MERCURE DE FRANCE
de Paris du 4. Juillet 1685. mourut en son Château
à deux lieuës de Condom , agé d'environ
76. ans , et dans la 41. année de son Episcopat ,
ayant été nommé à l'Evêché de Condom , Suffra
(gant de Bourdeaux , le 1. Novembre 1693 et sacré
le 14. Fevrier 1694. Il avoit été auparavant
Chanoine de l'Eglise de Saint Martin de Tours,
et Aumônier du Roi . Ce Prêlat qui est fort regretté
dans son Diocèse , a fondé à Condom un Hôpital
, dans lequel les pauvres sont emploïés à
divers Arts et Métiers , et il a confié l'administration
de cette Maison aux Soeurs appellées de
la Foy. Il a établi les mêmes Soeurs à Nérac ,
pour instruire et cathechiser les jeunes Filles de
la Religion protestante , a retabli les Eglises de
Monchenit , et de Puge , que les Religionaires
avoient entierement detruites , et a achevé son Palais
Episcopal qui avoit été deja commencé à
grands frais . Il assista en 1705. à l'Assemblée
générale du Clergé , en qualité d'un des Députés
de la Province de Bourdeaux . Ce Prélat étoit
deuxième Fils d'Alexandre Milon , Seigneur de
la Borde , Mesne Amnon &c. Président , Trésorier
General de rance en Berri , mort le 10.
May 1687. et de Françoise Palla , morte le 26.
May 1703. Il avoit pour Frere aîné Aléxandre
Milon , Maîtte des Requêtes Honoraire de l'Hôtel
du Roi , qui vient d'entrer dans la 82. année
de son age , et qui est veuf depuis le 6. Janvier
1700. de Marie - Magdelene Thérese Coicault de
Chevigny , de laquelle il avoit eu Françoise- Elizabeth
Milon , Fille unique , mariée le 19. Fevrier
1700. avec Louis- Charles de Machault ,
Seigneur d'Arnouville , Conseiller d'Etat ordinaire
, et morte le 22. Janvier 1720. laissant un
Fils unique , qui est Maître des Requêtes depuis
1728
1
FEVRIER . 1734 397
1718. L'Eveque de Condom avoit pour frere
puîné Henry Milon , Seigneur de Mesne , Intendant
General des Turces et levées de France ,
et Grand-Maître des Eaux et forêts de France en
Touraine , puis en Poitou , Auni , Saintonge ,
Engoumois , Limosin , haute et basse Marche ,
Bourbonnois , et Nivernois , mort depuis plusieurs
années , ayant laissé de Jeanne - Françoise
Angelique Collin sa femme , trois Fils , dont l'un ,
après avoir été Capitaine dans le Regiment du
Roi , s'étoit retiré à Condom auprès de l'Evêque
son Oncle ; un autre connu sous le nom du sieur
de Mesne , resident à Tours , et un troisiéme qui
est Alexandre Milon , né à Paris le 13. Juin 1688 .
Docteur en Théologie de la Faculté de Paris du
18. Octobre 1714. ci-devant Aumônier du Roi ,
et à présent Evêque de Valence en Dauphiné qui
a été nommé à cet Evêché le 7. May 1725 .
et sacré le 31. Mars 1728. et qui a obtenu au
mois de May 1728. l'Abbaye de Leoncel,Ordre
de Citaux , Diocèse de Die.
Le 25. Janvier M. Pierre de Brilhat , Vicomte,
de Geneay en Poitou , Seigneur de Nouzières en
ngoumois , Premier President au Parlement de
Bretagne , mourut à Paris agé de 67. ans , étant
né le 26. Janvier 1667. Il étoit dans la 31. année
de l'éxercice de sa Charge de Premier Président,
en laquelle il avoit été reçu le 16. Juin 1703
étant auparavant Conseiller au Parlement de
Paris , depuis le 27. Fevrier 1688. Il étoit Fils
ainé de Nicolas de Brilhat , Seigneur de Nouzieres
, Vicomte de Geneay , Conseiller au Parlement
de Paris , et de Jeanne Auzanne , et avoit
épousé en premieres noces le 17. Septembre 1693 ,
Marie-Anne de Chouet, Fille de Pierre de Choüett
Seigneur de Gevreau , Conseiller au Parlement
I v de
398 MERCURE DE FRANCE
de Bretagne , et de Marie du Moley ; et en se
condes noces Pelagie- Constance de Lys , Fille
d'un Conseiller au même Parlement. Cette derniere
mourut de la petite verole à Paris le 11 .
Novembre 1731. agée d'environ 43. ans. Il a
laissé des Enfans de l'une et de l'autre.
:
Le même jour Emanuel Pierre-Claude Raymond
, Ecuyer , Sieur de Marcest , Lieuter ne
au Regiment de Rosnyvinen , Dragons , File
feu Pierre Raymond, Ecuyer , Seigneur de
cest , Lieutenant de Roy en la Province de Bo
bonnois , et auparavant Lieutenant au Régime :
des Gardes Françoises , mort le 8. Juillet 12
59. ans ; et de Dame Elizabeth River sa YouT
mourut d'une maladie de poitrine à Paris , gé
21. ans f . mois 24. jours. Il avoit fait sa pa
miere Campagne l'année derniere en Allem
à
"
Gabriel-Jean Nicolas, Seigneur de la Reyre , er
de Tralage , Fils de feu Gabriel Nicolas , Signeur
de-la Reynie de Tralage , et de Vic , Conseiller
d'Etat ordinaire , et Sous- Doyen du Conseil
, et auparavant Lieutenant General de Police
de la Ville de Paris , mort le 14. Juin 1709 .
l'age de 84. ans , et de Gabrielle de Garibal
mourut à Rome , le 26. Janvier , où il s'étoit
retiré depuis plusieurs années. Il n'avoit point
été marié.
Le 28 , Janvier Dame Marie- Therese Poyrel
de Grandval , veuve depuis le 24. Juin 1724. de
Jean du Puis , Ecuyer, Conseiller, Tresorier General
de la Maison du Roi , mourut à Paris ,
agé de 68. ans . mois , laissant un Fils qui est
Pierre du Puis , reçu Conseiller au Parlement de
Paris le 27. Janvier 1712.puis Président au Grand
Conseil le 9. Fevrier 1720. qui a épousé l'Ainée
des trois Filles de feu Charles Ruau du Tronchot,
Seigneur
FEVRIER 1734. 399
Seigneur de Ville - Dieu &c. Chevalier de l'Ordre
du Roi, Secretaire de S. M. Maison , Couronne
de France , et de ses Finances , Ancien Fermier
General , mort le 20. Juillet 1729. et de Marie-
Anne Lépinau , de laquelle il a des enfans.
Dame Anne-Magdelaine Adelaide de Maupeou,
Fille de René- Charles de Maupeou , Marquis de
Motangle , et de Montigny , President à Mortier
au Parlement de Paris , et d'Anne-Victoire de
Lamoignon de Courson , et Epouse de François-
Louis de Louvet de Murat , Comte de Nogaret ,
de Cauvisson , Capitaine de Cavalerie dans le
Regiment Dauphin ; mariée le 22. Novembre
1731. mourut le 28. Janvier en couches de son
premier enfant , mort incontinent après , agé de
19. ans 5. jours , fort regrettée . Elle fut inhumée
le lendemain aux Cordeliers.
La nuit du 30. au 31. Janvier , Charles - Her
cules d'Albert , Chevalier de Luynes , Chef d'Escadre
des Armées Navales du Roi depuis 1422,
et Capitaine des Gardes du Pavillon , Amiral
qui avoit servi en dernier lieu , en qualité de Chef
d'Escadre sur l'Escadre qui a été envoiée l'année
derniere dans la Mer Baltique , sous les ordres du
Marquis de la Luzerne , Lieutenant General ,
mourut à Paris , dans la 60. année de son age ,
étant né le 8. Mars 1674. Il étoit second Fils de
Louis - Charles d'Albert , Duc de Luynes , Paix
de France , mort le 20. Octobre 1690. et d'Anne
de Rhohan de Montbason ,sa deuxième femme ,
morte le 29. Octobre 1684. et grand oncle de
Charles- Philippe d'Albert , aujourd'huy Duc de
Luynes , Pair de France.
Le premier Fevrier , Louis le Gendre , Prêtre,
natif de Rouen , Chanoine du 15. Avril 1690 .
et Sous-Chantre de l'Eglise Métropolitaine de
I vi
Paris
400 MERCURE DE FRANCE
·
Paris du .Juillet 1723.et Abbé Commandataire
de l'Abbaïe Roiale deN.D. de Claire - Fontaine
O.S.A.Diocèse de Chartres du mois de Decembre
1724.mourut en sa MaisonCanoniale, agé de 78.
ans. Il étoit Auteur d'une Histoire de France , imprimée
d'abord en plusieurs volumes in 12. puis
en dernier lieu en 3. vol. in fol . à laquelle est
joint un ouvrage intitulé Mours des François ,
dont il y a aussi une Edition in 12. morceau estimé.
On a encore de lui une Histoire du Cardinal
d'Amboise , 3. vol . in 12. et 1. vol . in 4º. On a
de plus de lui , une Vie Latine de François de
Harlay , Archêveque de Paris , son Bienfaicteur ,
le tout écrit d'un bon Stile .
>
Jean Baptiste du Moustier , Clerc du Diocèse
de Bayeux, Abbé Commandataire de l'Abbaie de
la Victoire , O.S A Diocèse de Senlis , depuis
le 8. Janvier 172 1. et auparavant de celle de Saint
Sauveur de Blaye , O. S. B. Diocèse de Bourdeaux
depuis le 6 Novembre 1717. aussi Prieur
d'Huriel , Aumônier du Duc de Bourbon , et
Secretaire de ses commandemens ; et ci-devant
Instituteur de la jeunesse de ce Prince , mourut
à l'Hôtel de Condé , le 1, Fevrier , après une longue
maladie.
Le neuf Fevrier Dame Marguerite-Charlote de
la Roche de Fontenilles , Fille de feu François de
la Roche , Marquis de Fontenilles , mort en 1728.
et de Dame Marie- Therese de Mesme , et Epouse
depuis le 16. Avril 1733. de Simon -Joseph de
Raousset , Marquis de Seillon , Conseiller au
Parlement de Provence , mourut en couches ,
agée d'environ 33. ans.
D. marie Anne le Bault de Langy , Fille ainée
de Gilbert - François le Bault , Chevalier Seigneur
de Langy en Nivernois , et de D. Anne-Radegonde
FEVRIER. 1734. 401
gonde Charpentier de Crecy , mourut en la ville
de Saint Saulge en la même Province , le 10. Fevrier
, agée d'environ 30. ans. La famille de le
Bault de Langy , ancienne Noblesse de Nivernois,
porte de gueules au chevron d'or , accompagné
de trois Merlettes de sable.
M. Pierre-Maurice Boulard , Ecuyer , Chevalier
, Commandeur , Secretaire General , et Greffier
de l'Ordre Royale Militaire et Hospitalier
de Notre- Dame de Mont- Carmel et de Saint
Lazare de Jerusalem , et Intendant et Secretairedes
commandemens de S. A.S. Monseigneur le
Prince de Conty , mourut le 18. Janvier 1734.
agé d'environ 62. ans. Il étoit Fils de Pierre
Boulard , qui a été emploié pendant plus de 30.
années en qualité de premier Secretaire des Ambassades
du feu Comte d'Avaux , tant à Venize
au Traité de paix de Nimegue en Holande ,qu'en
Irlande à la suite de Jacques I I. Roi d'Angletaire.
N. Boulard son Fils , a commencé en l'année
1701. à servir le Roy en la même qualité ,
sous le même ministere en Holande , et à continué
à son retour en France , de travailler aux
mêmes affaires jusqu'à la mort du Comte d'Avaux
, arrivée en 1709. Il fut depuis choisi pour
Premier Secretaire de l'Ambassade du feu Marechal
d'Uxelles , Plenipotentiaire aux Conferences
de Gertrudemberg , et ensuite Premier Secretaire
de M. de Mesme , Premier Président du Parlement.
Il a été reçu Chevalier de l'Ordre Militaire
et Hospitalier de Saint Lazare , le 9. Octobre
1716. Commandeur et Secretaire General ,
et Greffier du mêine Ordre , le 15. Juillet 1728,
Le Roi pour recompenser les services du Sieur
Boulard , et de son Pere lui avoit accordé des Lertres
de Noblesse pour lui et sa posterité , par Lettres
402 MERCURE DE FRANCE
tres Patentes du mois de Fevrier 1719. et depuis
La mort de M. de Mesme , Premier President ,
feu S. A. S. Monseigneur le Prince de Conty ,
connoissant la probité , capacité , et le désinteressement
du Sieur Boulard , l'a choisi pour le
mettre à la tête des affaires de sa Maison en qualité
de son Intendant General , et Secretaire de
ses Commandemens , et il a toujours été honnoré
de la confiance de ce Prince , et de celle de
Madame la Princesse, et de Monseigneur le Prince
de Conty leur Fils , qui ont donné des preuves
éclatantes de leur satisfaction . Le merite d'un si
digne sujet , le fait regretter universellement.
René- Charles -Elizabeth de Coëtlogon, Comte
de Loyat , Châtelain de-la Gaudinaye , Sindic General
des Etats de- la Province de Bretagne , mourut
à Paris le 19. Fevrier agé de 60. ans , Il étoit
Neveu de feu Alain- Emanuel de Coëtlogon,Maréchal
et Vice- Amiral de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Grand - Croix de l'Ordre Militaire
de Saint Louis &c. mort le 7. May 1730*
à l'age de 83. ans, et il avoit épousé Anne Auvril ,
Fille unique de René Auvril , Seigneur de la
Roche et de Genevieve Menardo, de laquelle il
a laissé Louis de Coëtlogon , Lieutenant dans le
Regiment du Roi , puis reçu Cornette dans la scconde
Compagnie des Mousquetaires le 30. May
1731. Emanuel- Louis de Coëtlogon , Capitaine
de Dragons dans le Regiment , Mestre de Camp
General ; Emanuel Marie , Chevalier de Coërlogon
, Lieutenant de Vaisseaux ; et René- Anne
Elizabeth de Coetlogon , Abbé Commandataire
de l'Abbaie de Saint Memin près de Châlons sur
Marne , depuis le mois d'Octobre 1729. La Genealogie
de la Maison de Coëtlogon , du Dio
cèse de Saint Brieuc , en basse Bretagne , est raportée
FEVRIER 1734. 403
portée dans la nouvelle Edition des Grands Offi
ciers de la Couronne , article des Maréchaux de
France tome 7. page 717. où elle est remontée
jusqu'à la fin du 12. Siecle. Ses Armes sont de
Gueules à trois Ecussons d'Hermines passées.
2. et I.
On mande de Bourgogne , que le nommé
Jean Coquelay , du village de Presle , Bailliage
d'Avallon , Intendance de Dijon , étoit mort depuis
peu , agé de 106 ans ; étant né le 15. Septembre
1627. Il avoit conservé son bon sens jusqu'à
sa mort ; il marchoit encore très - bien deux
jours auparavant , et il ne se souvenoit pas d'avoir
jamais été malade ; il a vû sa cinquième
Generation , dont il subsiste encore plusieurs
Enfans.
Il y a dans ce village , et aux environs , des
Habitans qui ont plus de 90. ans , qui travaillent
journellement . Ce n'est pas seulement parmi les
villagois , mais il y a aussi plusieurs Gentils- Hommes
dans ces Cantons , qui sont de même age
et qui vont tous les jours à la Chasse , soit
pied ou à cheval : l'Air y est extrémement pur ,
et il n'y a presque jamais de malades.
Le 25. Fevrier 1734. a été baptisée à S.Sulpice
Marie-Celse-Antoinette , née le jour précedent
fille de Jean - Baptiste - François de Cugnac , appellé
le Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau
, Mestre de Camp de Cavalerie , cy-devant
Cornette des Chevaux Legers de Berry , et de
D. Françoise- Charlotte de Langhac , qui ont
été mariez le 7 Juillet 1732. elle a été tenuë
sur les Fonts par Mrs Michel Celse Roger de
Rabutin , Comte de Bussy , Evêque de Luçon,
l'un des 40 de l'Académie Françoise son parent
paternel
404 MERCURE DE FRANCE
paternel et maternel , et par D. Marie-Magdelaine
-Henriette de Lagny son ayeule paternelle,
veuve depuis 1724. de François de Cugnac ,
Marquis de Dampierre , Baron d'Huisseau ,
d'Hautevenne , & c .
Le 13 Janvier a été célebré dans la Chapelle
de l'Hôtel de Pontchartrain le Mariage de
Louis -Charles de Gouffier , Marquis d'Heilly,
Ribemont &c. né du vingt - sept Septembre
1698. Mestre de Camp du Régiment de Condé
Cavalerie , par Commission du 24 Novembre
1719. Fils de feu Charles- Antoine de Gouffier
, Marquis d'Heilly , Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , et Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , mort à l'âge de 33 ans , des
blessures qu'il avoit receues a la Bataille de Ramillies
, le 23 May 1706. et de Dame Catherine-
Angelique d'Albert de Luynes , sa veuve ,
avec Dile Marie- Catherine Phelypeaux , fille
mineure , et unique héritiere de feu François
Phelypeaux , Chevalier Seigneur d'Outreville
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy , mort le 19 Décembre 1715 , dans la ! 26
année de son âge , et de feue D. Marie - Catherine
Voisin sa femme , fille d'un Conseiller au
Parlement de Rouen , morte âgée de 39 ans
le 2 Février 1717. la Mariée est petite niéce de
feu Louis Phelypeaux de Pontchartrain , Chancelier
de France . La Généalogie de la Maison
de Gouffier , dont il subsiste encore plusieurs
branches est rapportée dans l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne , à l'Art . des
Duchez non Pairies Tom. f . pag. 605 .
+6
Le 26 Janvier , Angelique - François de Renoüard
,
FEVRIER. 1734 405
豎
nouard , Chevalier , Comte de Villayer et d'Auteuil
, Seigneur de Drouges , Couvrau , &c . Maftre
des Requêtes Ordinaire de l'Hôtel du Roy ,
depuis 1719. et auparavant Conseiller au Parlement
de Paris, où il avoit été reçu en 1716. fils
unique , né posthume de feu Jean - Jacques de
Renouard , Comte de Villayer , Conseiller au
Parlement de Bretagne ; et de deffunte Dame
Michelle-Lucrece Chappel , morte le 22 Janvier
1717. et petit- fils de Jean - Jacques de Renouard
, Comte de Villayer , mort Doïen du
Conseil d'Etat du Roy , et l'un des quarante de
l'Académie Françoise , les Mars 1691. âgé de
86 ans , a été marié avec Dame Angelique- Clau
de de Marescot , Dame de Thoiry , àgée de 29
ans , du 7 du même mois de Janvier , et veuve
depuis le Novembre 1731. d'Adrien Claude de
Baussan , son cousin germain , Ecuyer du Roy ,
dont elle a un fils unique. Elle est fille et seule
heritiére de feu Gilles - Michel de Marescot , Seigneur
de Thoiry , de Morgue , &c. Mestre de
Camp de Cavalerie , Maréchal General des Logis
de la Cavalerie Legere de France , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S Louis , mort le 8
Mars 1714 et de feue Angelique Dappougny , sa
femme , morte le 9 Janvier 1705. Les Armes de
la famille de la Mariée sont de Gueules à trois
faces d'argent à un Lion Léopardé , brochant sur
Le tout , et un Chef de même , chargé d'un Aigle ,
Couronné de sable , et pour Cimier un Léopard ,
surmonté d'un Aigle couronné, qui sont les Armes
des Marescotti de Boulogne en Italie , qui ont
reconnu les Marescot de France pour leurs pa
>
rens. La famille de Renouard - Villayer est de
Bretagne , et porte pour armes , d'Argent à une
Quinte-feuille , percée de Gueules.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En janvier et février 1734, plusieurs décès, naissances et mariages ont été enregistrés. Le 9 janvier, Dame Marie-Magdeleine Baudin, épouse de Mathias Goudin, est décédée en couches à l'âge de 27 ans. Elle avait été mariée le 18 février 1732. Le 24 janvier, M. Louis Milon, évêque et seigneur de Condom, est mort à son château à l'âge d'environ 76 ans. Il avait été nommé à l'évêché de Condom en 1693 et avait fondé un hôpital à Condom ainsi qu'une école pour les jeunes filles protestantes à Nérac. Il avait également rétabli des églises et achevé son palais épiscopal. Le même jour, M. Pierre de Brilhat, vicomte de Geneay en Poitou, seigneur de Nouzières en Angoumois, et premier président au Parlement de Bretagne, est décédé à Paris à l'âge de 67 ans. Le 26 janvier, Gabriel-Jean Nicolas, seigneur de la Reyre et de Tralage, est mort à Rome à l'âge de 60 ans. Le 28 janvier, Dame Marie-Thérèse Poyrel de Grandval, veuve de Jean du Puis, est décédée à Paris à l'âge de 68 ans. Le même jour, Dame Anne-Magdeleine Adélaïde de Maupeou, épouse de François-Louis de Louvet de Murat, est morte en couches à l'âge de 19 ans. La nuit du 30 au 31 janvier, Charles-Hercule d'Albert, chevalier de Luynes et chef d'escadre, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Le 1er février, Louis le Gendre, prêtre et chanoine de Paris, est mort à l'âge de 78 ans. Il était l'auteur de plusieurs ouvrages historiques. Le même jour, Jean-Baptiste du Moustier, abbé commandataire de l'abbaye de la Victoire, est décédé à l'Hôtel de Condé après une longue maladie. Le 9 février, Dame Marguerite-Charlotte de la Roche de Fontenilles, épouse de Simon-Joseph de Raousset, marquis de Seillon, est morte en couches à l'âge d'environ 33 ans. Le 10 février, Dame Marie-Anne le Bault de Langy est décédée à Saint-Saulge à l'âge d'environ 30 ans. Le 18 janvier, M. Pierre-Maurice Boulard, secrétaire général et greffier de l'Ordre de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, est mort à l'âge d'environ 62 ans. Le 19 février, René-Charles-Élisabeth de Coëtlogon, comte de Loyat, est décédé à Paris à l'âge de 60 ans. Il était syndic général des États de la province de Bretagne et avait épousé Anne Auvril. Enfin, Jean Coquelay, un habitant du village de Presle en Bourgogne, est décédé à l'âge de 106 ans. Le 25 février, Marie-Celse-Antoinette, fille de Jean-Baptiste-François de Cugnac, Marquis de Dampierre, et de Françoise-Charlotte de Langhac, a été baptisée à Saint-Sulpice. Le 13 janvier, Louis-Charles de Gouffier, Marquis d'Heilly, a épousé Dile Marie-Catherine Phelypeaux dans la chapelle de l'Hôtel de Pontchartrain. Le 26 janvier, Angelique-François de Renouard, Chevalier et Comte de Villayer, a épousé Dame Angelique-Claude de Marescot.
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16
p. 174-181
AUXERRE.
Début :
M. l'Evêque d'Auxerre attendu dans cette ville depuis long-tems, y arriva le 29 du [...]
Mots clefs :
Roi, Président, Comte, Évêque d'Auxerre, Général, Aumônier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUXERRE.
AUXERRE.
"L'Evêque d'Auxerre attendu dans cette
mois de Janvier. Sa politeffe & fa douceur lui af
furent déja le coeur de fes Diocétains , qui ont été
charmés de leur Prélat . 2
Le 2 du mois paffé , il fut inftallé par le grand
Archidiacre de Sens , fuivi de deux Chanoines.
Ce Prélat fit enfuite un difcours rempli d'affec
tion , de nobleffe & de religión . Le peuple accou
rut de toutes párts à cette cérémonie.
* M. l'Evêque d'Auxerre voit fouvent les Chanoines
de fa Cathédrale , & ils prennent grand
plaifir à le connoître , en cela imités par les principaux
habitans de cette ville. MM . fes Grands
Vicaires ont la même façon de penfer que le Prélat
, on la reconnoît chaque jour en la perfonne
de M. l'Abbé de Lifle . Tout cela annonce combien
ce Prélat eft digne du choix que le Roi à fait
de lui. Il avoit fçu gagner le coeur de fes Diocé+
fains en Dauphiné , il leur avoit procuré la paix
dans plus d'une occafion , il la cultivera ici avec
foin ; on doit l'attendre d'un mérite reconnu , réuni
à une naiffance diftinguée , M. l'Evêque d'Auxerre
étant d'une des plus anciennes maiſons de
la Principauté d'Orange.
Fouquet de Caritat étoit Grand Prieur de Touloufe
, lors du fiége de Rhodes . N. de Caritat étoit
MARS. 1755: 175
Evêque d'Orange en 1447. Dans les actes de la
maifon de Caritat de Condorcet ils prennent les
qualités de nobles & puiffans en 1320 , vis - à- vis
le Dauphin & les Barons de Mevouillon, qui étoient
fouverains.
Dans le territoire d'Orange il y a le fief de
Caritat. Cette Maifon a encore deux branches ;
l'aînée eft repréfentée par le Comte de Condorcet,
qui a des enfans mâles ; il eft le neveu de M. l'Evêque
d'Auxerre. La branche cadette eft établie
en Picardie ; elle a pareillement des mâles qui la
repréfentent . Les alliances de la maifon de Caritat
font celles de la Roche Montauban , d'Artaud,
d'Agouet , de Montmaur , de Montpezat , & au¬
tres.
Le Sr Dulaurent de la Barre , Recteur de l'U
niverfité , accompagné des Doyens des Facultés &
des Procureurs des Nations , fe rendit le premier
Février à Trianon , & il eut l'honneur , fuivant
P'uſage , de préfenter un cierge au Roi. Il alla en
fuite à Verfailles , où il remplit le même cérémo
nial à l'égard de la Reine & de Monfeigneur le
Dauphin.
Le mêmejour , le P. Gobain , Commandeur du
Couvent de la Merci , accompagné de trois Religieux
de cette Maiſon , eut l'honneur de préſenter
un cierge à la Reine , pour fatisfaire à l'une des
conditions de leur établiſſement fait à Paris en
1615 , par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte Vierge
, les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre du Saint-Esprit , s'étant aflemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi , Sa
Majeſté fortit de fon appartement pour aller à fa
Chapelle. Le Roi , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs maffes , étoit en
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
manteau , le collier de l'Ordre par- deſſus , ainf
que celui de l'Ordre de la Toifon d'or. Sa Majefté
étoit précédée du Duc d'Orléans , du Prince de
Condé , du Comte de Charolois , du Prince de
Conti , du Comte de la Marche , du Prince de
Dombes , du Comte d'Eu , & des Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre . Après avoir
affifté à la bénédiction des cierges & à la proceffion
, le Roi entendit la grande Meffe , à laquelle
l'Evêque Duc de Langres , Prélat , Commandeur
de l'Ordre , officia pontificalement. Lorsque la
Meffe fut finie , Sa Majeſté fut reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
Le 4 au foir , la Cour quitta le deuil qu'elle
avoit pris le 28 du mois dernier pour la mort de
Ja Margrave de Bade-Baden.
Le Marquis de Valory , Lieutenant général des
armées de Sa Majefté , Commandeur de l'Ordre
royal & militaire de S. Louis , & ci - devant Miniftre
plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe , a
obtenu le Gouvernement de la Citadelle de Lille. ”
Leurs Majeftés & la Famille royale fignerent le
4 le contrat de mariage de Mr le Peletier de Saint-
Fargeau , & de Dlle de Beaupré de Morfontaine.
Le 6 , le Duc de Cruffol prit féance au Parlement
, en qualité de Pair de France.
Le Préſident de Segur , Préfident du Parlement
de Bourdeaux , ayant obtenu du Roi l'agrément
de la charge de Prevôt de la ville , Prevôté & Vicomté
de Paris , vacante par la démiffion du Préfident
de Montplaifant , Préfident du Parlement
de Dijon , fur reçu hier au Parlement en cette
charge . Il fut enfuite inſtallé au Châtelet par les
Commiffaires de cette Compagnie dans les différens
fiéges de la Jurifdiction.
L'Académie royale de Peinture & de Sculpture
MARS. 1755. 177
•
a élú pour fon Secrétaire & Hiftoriographe , à la
place du feu fieur Lépicié , le Sr Cochin , Graveur
du Roi , Garde des deffeins du cabinet de Sa Majefté
, & l'un des membres de cette Académie les
plus diftingués .
2
Les Religieux de l'Abbaye royale de S. Denis
conformément à la fondation faite par le Roi ,
célébrerent le 7 Février , dans leur églife , un fervice
folennel pour le repos de l'ame de Madame
Henriette.
>
Les Commiffaires du Parlement qui ont inf
tallé le Préſident de Segur au Châtelet dans la
charge de Prevôt de Paris font le Préfident
Molé , & les fieurs de Fieuber , Langlois , Pinon
& Lamblin. Le Préfident de Segur fuccede au
feu Comte d'Efclimont dans cette charge , le
Préſident de Montplaifant , qui en avoit obtenu
Pagrément , ne s'y étant pas fait recevoir.
Le fervice fondé par Monfeigneur le Dauphin
pour Madame Henriette , fut célébré le 8 dans
l'églife de la paroiffe du château. La Reine y a
affifté , accompagnée de ce Prince & de Melda,
mes de France.
Meffire Charles de Secondat , Baron de Montefquieu
, ancien Préfident du Parlement de
Guyenne , & l'un des quarante de l'Académie
Françoife , dont il étoit un des principaux orne
mens , mourut le 10 en cette ville , âgé de foixante-
cinq ans Il étoit de la Société Royale de Lon
dres , & de l'Académie de Berlin .
Le 12 , mercredi des Cendres , le Roi reçut les
cendres des mains du Cardinal de Soubife , grands
Aumônier de France , la Reine les reçut des mains
de l'Archevêque de Rouen , grand Aumônier de:
Sa Majefté ; Monfeigneur le Dauphin , de celles
de l'Abbé du Châtel , Aumônier du Roi ; Ma
Hy
'
178 MERCURE DE FRANCE.
dame la Dauphine , de celles de l'Archevêque de
Sens , fon premier Aumônier ; Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , Monfeigneur le Duc de
Berry , & Madame , de celles de l'Abbé Barc
Chapelain du Roi ; Madame Adelaïde , de celles
de l'Evêque de Meaux , premier Aumônier de
cette Princeffe ; Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , de celles de l'Abbé Châtelain , Chapelaindu
Roi.
Leurs Majeftés ont entendu le 13 une Meffede
Requiem , pendant laquelle la mufique a chanté
Je De profundis pour l'anniverfaire de Madame la
Dauphine , mere du Roi.
Leurs Majeftés entendirent le 14 une Meffe de
Requiem , pendant laquelle la mufique chanta le
De profundis , pour l'anniverfaire de Madame
Henriette.
Le rs , jour anniverfaire de la naiffance du
Roi, le Comte de Noailles , Gouverneur de Verfailles
, accompagné des Officiers du Bailliage de
cette ville , fe rendit à l'égliſe de Notre-Dame ,
paroiffe du château , & il y affifta au Te Deum ;
il alluma enfuite le feu qui avoit été préparé vís➡
à-vis du portail de l'églife.
·
Le même jour Sa Majefté a envoyé par Mr, le
Marquis de Champcenetz , fon premier Valet de
chambre , à Monfieur le Duc de Bourgogne
pour fon amuſement & fon inftruction , le fyfte
me de Copernic , ouvrage de Mr. l'Abbé du But ,
Curé de Viroflay , près Verfailles , qui avoit eu
l'honneur de le préfenter au Roi le 3 du mois de
Janvier dernier. Sa Majefté l'avoit gardé jufqu'à
ce jour dans fon cabinet.
Cette machine confifte en un grand palais de
glaces , dont les colonnes cannelées font de
cryftal , les bafes & les chapiteaux d'or , le tont
MARS.
1755. 179
entrecoupé de nuages peints au naturel , & décorés
d'un grand nombre de guirlandes feintes de
pierreries : le foleil immobile , & tournant fimplement
fur fon axe , paroît au milieu de ce palais
; il eft repréſenté par des feuilles d'argent
colorées , qui répandent un éclat extraordinaire ;
les planetes de Mercure, Vénus & Mars, défignées
par leurs divinités en émail, affifes fur des globes,
tournent autour de cet aftre ; la terre perfonifiée
par Cybele , pofée fur une fphere , parcourt les
douze fignes du zodiaque , & s'arrête aux quatre
principaux points ; fçavoir , les folftices d'été & .
d'hyver , les équinoxes de printems & d'automne ;
Flore , Cérès , Bacchus & une des Parques , dé
fignent chacune un de ces points ; la terre emporte
dans fon tourbillon la lune qui la ſuit dans
un char d'argent & d'ébene ; far le devant Jupiter
& Saturne font leurs révolutions : ces planetes
font accompagnées de petits amours qui mar
quent & égalent le nombre de leurs fatellites. On
a auffi répandu dans ce palais nombre de figures:
d'émail , représentant les mois , les femaines , les
jours & les nuits , qui , fe mouvant & fe réfléchiffant
dans les glaces , font un effet furprenant.
Aux deux côtés de l'efcalier du palais s'élevent
deux rochers , où font placés les quatre vents
caractérisés par leurs différens attributs ; deux
grands cartouches hors du palais contiennent les
tems des révolutions de chaque planete für leurs
axes , & celui qu'elles emploient à parcourir leurs
orbes , leur éloignement par rapport à la terre.
Toute cette machine eft enfermée dans une
boîte composée de fix volumes de très -grands in
folio , qui portent pour intitulé le Monde.
Ce même jour Mr. le Marquis de Champcenetz
a préfenté à Madame , de la part du Roi le pa
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
lais du foleil , du même goût , & du même traẻ
vail que le précédent.
La Comteffe de Lauraguais fut préfentée le 16
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ; elle prit
le tabouret , en vertu du brevet d'honneurs accordé
par le Roi au Comte de Lauraguais.
Le 16 de ce mois , fur les onze heures du matin
, la Princeffe de Condé commença de fentir
quelques douleurs. L'après-midi , entre quatre
& cinq heures , elle accoucha d'une Princeffe
qui fut ondoyée le même jour , & qui fe nommera
Mademoiſelle de Bourbon . La Princeffe
de Condé & la jeune Princeffe fe portent auffi
bien qu'on puiffe le defirer.
On chanta le 18 ke De profundis , pendant la
meffe de Leurs Majeftés , pour l'anniverſaire de
Monfeigneur le Dauphin , pere du Roi . .
Le même jour Leurs Majeftés fignerent le
contrat de mariage du Comte de Thomond , Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant- Général des
armées de Sa Majefté , & Infpecteur de l'infanterie ,.
avec Demoifelle de Chiffreville.
Le Roi a accordé à M. Bochart de Sarron ,
Avocat général au Parlement , l'agrément de la
charge de Préfident , vacante par la mort du Préfident
Gilbert de Voifins.
M. Seguier , Avocat général au grand Con--
feil , a obtenu l'agrément de la charge d'Avocat
général au Parlement , de laquelle M.
d'Ormeflon de Noifeau le demer , pour paffer à
celle de Préfident . Celle d'Avocat général , de
M. Bochart de Sarron , eft donnée à M. Peletier
de Saint -Fargeau , Avocat du Roi au Châteler.
Sa Majesté a gratifié d'une penfion de fix mille
livres M. Joly de Fleury, qui depuis que M..
MARS. 1755. 181
d'Ormeflon de Noiſeau a quitté le parquet , ef
devenu premier Avocat général .
Le 20 les actions de la Compagnie des Indes
n'avoient point de prix fixe. Les billets de la premiere
lotterie royale étoient à huit cens treize
livres , & ceux de la feconde lotterie , à fept cens
quatorze.
"L'Evêque d'Auxerre attendu dans cette
mois de Janvier. Sa politeffe & fa douceur lui af
furent déja le coeur de fes Diocétains , qui ont été
charmés de leur Prélat . 2
Le 2 du mois paffé , il fut inftallé par le grand
Archidiacre de Sens , fuivi de deux Chanoines.
Ce Prélat fit enfuite un difcours rempli d'affec
tion , de nobleffe & de religión . Le peuple accou
rut de toutes párts à cette cérémonie.
* M. l'Evêque d'Auxerre voit fouvent les Chanoines
de fa Cathédrale , & ils prennent grand
plaifir à le connoître , en cela imités par les principaux
habitans de cette ville. MM . fes Grands
Vicaires ont la même façon de penfer que le Prélat
, on la reconnoît chaque jour en la perfonne
de M. l'Abbé de Lifle . Tout cela annonce combien
ce Prélat eft digne du choix que le Roi à fait
de lui. Il avoit fçu gagner le coeur de fes Diocé+
fains en Dauphiné , il leur avoit procuré la paix
dans plus d'une occafion , il la cultivera ici avec
foin ; on doit l'attendre d'un mérite reconnu , réuni
à une naiffance diftinguée , M. l'Evêque d'Auxerre
étant d'une des plus anciennes maiſons de
la Principauté d'Orange.
Fouquet de Caritat étoit Grand Prieur de Touloufe
, lors du fiége de Rhodes . N. de Caritat étoit
MARS. 1755: 175
Evêque d'Orange en 1447. Dans les actes de la
maifon de Caritat de Condorcet ils prennent les
qualités de nobles & puiffans en 1320 , vis - à- vis
le Dauphin & les Barons de Mevouillon, qui étoient
fouverains.
Dans le territoire d'Orange il y a le fief de
Caritat. Cette Maifon a encore deux branches ;
l'aînée eft repréfentée par le Comte de Condorcet,
qui a des enfans mâles ; il eft le neveu de M. l'Evêque
d'Auxerre. La branche cadette eft établie
en Picardie ; elle a pareillement des mâles qui la
repréfentent . Les alliances de la maifon de Caritat
font celles de la Roche Montauban , d'Artaud,
d'Agouet , de Montmaur , de Montpezat , & au¬
tres.
Le Sr Dulaurent de la Barre , Recteur de l'U
niverfité , accompagné des Doyens des Facultés &
des Procureurs des Nations , fe rendit le premier
Février à Trianon , & il eut l'honneur , fuivant
P'uſage , de préfenter un cierge au Roi. Il alla en
fuite à Verfailles , où il remplit le même cérémo
nial à l'égard de la Reine & de Monfeigneur le
Dauphin.
Le mêmejour , le P. Gobain , Commandeur du
Couvent de la Merci , accompagné de trois Religieux
de cette Maiſon , eut l'honneur de préſenter
un cierge à la Reine , pour fatisfaire à l'une des
conditions de leur établiſſement fait à Paris en
1615 , par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte Vierge
, les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre du Saint-Esprit , s'étant aflemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi , Sa
Majeſté fortit de fon appartement pour aller à fa
Chapelle. Le Roi , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs maffes , étoit en
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
manteau , le collier de l'Ordre par- deſſus , ainf
que celui de l'Ordre de la Toifon d'or. Sa Majefté
étoit précédée du Duc d'Orléans , du Prince de
Condé , du Comte de Charolois , du Prince de
Conti , du Comte de la Marche , du Prince de
Dombes , du Comte d'Eu , & des Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre . Après avoir
affifté à la bénédiction des cierges & à la proceffion
, le Roi entendit la grande Meffe , à laquelle
l'Evêque Duc de Langres , Prélat , Commandeur
de l'Ordre , officia pontificalement. Lorsque la
Meffe fut finie , Sa Majeſté fut reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
Le 4 au foir , la Cour quitta le deuil qu'elle
avoit pris le 28 du mois dernier pour la mort de
Ja Margrave de Bade-Baden.
Le Marquis de Valory , Lieutenant général des
armées de Sa Majefté , Commandeur de l'Ordre
royal & militaire de S. Louis , & ci - devant Miniftre
plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe , a
obtenu le Gouvernement de la Citadelle de Lille. ”
Leurs Majeftés & la Famille royale fignerent le
4 le contrat de mariage de Mr le Peletier de Saint-
Fargeau , & de Dlle de Beaupré de Morfontaine.
Le 6 , le Duc de Cruffol prit féance au Parlement
, en qualité de Pair de France.
Le Préſident de Segur , Préfident du Parlement
de Bourdeaux , ayant obtenu du Roi l'agrément
de la charge de Prevôt de la ville , Prevôté & Vicomté
de Paris , vacante par la démiffion du Préfident
de Montplaifant , Préfident du Parlement
de Dijon , fur reçu hier au Parlement en cette
charge . Il fut enfuite inſtallé au Châtelet par les
Commiffaires de cette Compagnie dans les différens
fiéges de la Jurifdiction.
L'Académie royale de Peinture & de Sculpture
MARS. 1755. 177
•
a élú pour fon Secrétaire & Hiftoriographe , à la
place du feu fieur Lépicié , le Sr Cochin , Graveur
du Roi , Garde des deffeins du cabinet de Sa Majefté
, & l'un des membres de cette Académie les
plus diftingués .
2
Les Religieux de l'Abbaye royale de S. Denis
conformément à la fondation faite par le Roi ,
célébrerent le 7 Février , dans leur églife , un fervice
folennel pour le repos de l'ame de Madame
Henriette.
>
Les Commiffaires du Parlement qui ont inf
tallé le Préſident de Segur au Châtelet dans la
charge de Prevôt de Paris font le Préfident
Molé , & les fieurs de Fieuber , Langlois , Pinon
& Lamblin. Le Préfident de Segur fuccede au
feu Comte d'Efclimont dans cette charge , le
Préſident de Montplaifant , qui en avoit obtenu
Pagrément , ne s'y étant pas fait recevoir.
Le fervice fondé par Monfeigneur le Dauphin
pour Madame Henriette , fut célébré le 8 dans
l'églife de la paroiffe du château. La Reine y a
affifté , accompagnée de ce Prince & de Melda,
mes de France.
Meffire Charles de Secondat , Baron de Montefquieu
, ancien Préfident du Parlement de
Guyenne , & l'un des quarante de l'Académie
Françoife , dont il étoit un des principaux orne
mens , mourut le 10 en cette ville , âgé de foixante-
cinq ans Il étoit de la Société Royale de Lon
dres , & de l'Académie de Berlin .
Le 12 , mercredi des Cendres , le Roi reçut les
cendres des mains du Cardinal de Soubife , grands
Aumônier de France , la Reine les reçut des mains
de l'Archevêque de Rouen , grand Aumônier de:
Sa Majefté ; Monfeigneur le Dauphin , de celles
de l'Abbé du Châtel , Aumônier du Roi ; Ma
Hy
'
178 MERCURE DE FRANCE.
dame la Dauphine , de celles de l'Archevêque de
Sens , fon premier Aumônier ; Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , Monfeigneur le Duc de
Berry , & Madame , de celles de l'Abbé Barc
Chapelain du Roi ; Madame Adelaïde , de celles
de l'Evêque de Meaux , premier Aumônier de
cette Princeffe ; Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , de celles de l'Abbé Châtelain , Chapelaindu
Roi.
Leurs Majeftés ont entendu le 13 une Meffede
Requiem , pendant laquelle la mufique a chanté
Je De profundis pour l'anniverfaire de Madame la
Dauphine , mere du Roi.
Leurs Majeftés entendirent le 14 une Meffe de
Requiem , pendant laquelle la mufique chanta le
De profundis , pour l'anniverfaire de Madame
Henriette.
Le rs , jour anniverfaire de la naiffance du
Roi, le Comte de Noailles , Gouverneur de Verfailles
, accompagné des Officiers du Bailliage de
cette ville , fe rendit à l'égliſe de Notre-Dame ,
paroiffe du château , & il y affifta au Te Deum ;
il alluma enfuite le feu qui avoit été préparé vís➡
à-vis du portail de l'églife.
·
Le même jour Sa Majefté a envoyé par Mr, le
Marquis de Champcenetz , fon premier Valet de
chambre , à Monfieur le Duc de Bourgogne
pour fon amuſement & fon inftruction , le fyfte
me de Copernic , ouvrage de Mr. l'Abbé du But ,
Curé de Viroflay , près Verfailles , qui avoit eu
l'honneur de le préfenter au Roi le 3 du mois de
Janvier dernier. Sa Majefté l'avoit gardé jufqu'à
ce jour dans fon cabinet.
Cette machine confifte en un grand palais de
glaces , dont les colonnes cannelées font de
cryftal , les bafes & les chapiteaux d'or , le tont
MARS.
1755. 179
entrecoupé de nuages peints au naturel , & décorés
d'un grand nombre de guirlandes feintes de
pierreries : le foleil immobile , & tournant fimplement
fur fon axe , paroît au milieu de ce palais
; il eft repréſenté par des feuilles d'argent
colorées , qui répandent un éclat extraordinaire ;
les planetes de Mercure, Vénus & Mars, défignées
par leurs divinités en émail, affifes fur des globes,
tournent autour de cet aftre ; la terre perfonifiée
par Cybele , pofée fur une fphere , parcourt les
douze fignes du zodiaque , & s'arrête aux quatre
principaux points ; fçavoir , les folftices d'été & .
d'hyver , les équinoxes de printems & d'automne ;
Flore , Cérès , Bacchus & une des Parques , dé
fignent chacune un de ces points ; la terre emporte
dans fon tourbillon la lune qui la ſuit dans
un char d'argent & d'ébene ; far le devant Jupiter
& Saturne font leurs révolutions : ces planetes
font accompagnées de petits amours qui mar
quent & égalent le nombre de leurs fatellites. On
a auffi répandu dans ce palais nombre de figures:
d'émail , représentant les mois , les femaines , les
jours & les nuits , qui , fe mouvant & fe réfléchiffant
dans les glaces , font un effet furprenant.
Aux deux côtés de l'efcalier du palais s'élevent
deux rochers , où font placés les quatre vents
caractérisés par leurs différens attributs ; deux
grands cartouches hors du palais contiennent les
tems des révolutions de chaque planete für leurs
axes , & celui qu'elles emploient à parcourir leurs
orbes , leur éloignement par rapport à la terre.
Toute cette machine eft enfermée dans une
boîte composée de fix volumes de très -grands in
folio , qui portent pour intitulé le Monde.
Ce même jour Mr. le Marquis de Champcenetz
a préfenté à Madame , de la part du Roi le pa
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
lais du foleil , du même goût , & du même traẻ
vail que le précédent.
La Comteffe de Lauraguais fut préfentée le 16
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ; elle prit
le tabouret , en vertu du brevet d'honneurs accordé
par le Roi au Comte de Lauraguais.
Le 16 de ce mois , fur les onze heures du matin
, la Princeffe de Condé commença de fentir
quelques douleurs. L'après-midi , entre quatre
& cinq heures , elle accoucha d'une Princeffe
qui fut ondoyée le même jour , & qui fe nommera
Mademoiſelle de Bourbon . La Princeffe
de Condé & la jeune Princeffe fe portent auffi
bien qu'on puiffe le defirer.
On chanta le 18 ke De profundis , pendant la
meffe de Leurs Majeftés , pour l'anniverſaire de
Monfeigneur le Dauphin , pere du Roi . .
Le même jour Leurs Majeftés fignerent le
contrat de mariage du Comte de Thomond , Chevalier
des ordres du Roi , Lieutenant- Général des
armées de Sa Majefté , & Infpecteur de l'infanterie ,.
avec Demoifelle de Chiffreville.
Le Roi a accordé à M. Bochart de Sarron ,
Avocat général au Parlement , l'agrément de la
charge de Préfident , vacante par la mort du Préfident
Gilbert de Voifins.
M. Seguier , Avocat général au grand Con--
feil , a obtenu l'agrément de la charge d'Avocat
général au Parlement , de laquelle M.
d'Ormeflon de Noifeau le demer , pour paffer à
celle de Préfident . Celle d'Avocat général , de
M. Bochart de Sarron , eft donnée à M. Peletier
de Saint -Fargeau , Avocat du Roi au Châteler.
Sa Majesté a gratifié d'une penfion de fix mille
livres M. Joly de Fleury, qui depuis que M..
MARS. 1755. 181
d'Ormeflon de Noiſeau a quitté le parquet , ef
devenu premier Avocat général .
Le 20 les actions de la Compagnie des Indes
n'avoient point de prix fixe. Les billets de la premiere
lotterie royale étoient à huit cens treize
livres , & ceux de la feconde lotterie , à fept cens
quatorze.
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Résumé : AUXERRE.
En janvier 1755, l'évêque d'Auxerre fut installé par le grand archidiacre de Sens et deux chanoines. Son discours, empreint d'affection, de noblesse et de religion, attira une grande affluence. L'évêque, issu d'une ancienne maison de la Principauté d'Orange, fréquenta régulièrement les chanoines et les principaux habitants de la ville, gagnant leur respect et leur affection. Il avait déjà prouvé ses compétences en Dauphiné, où il avait apporté la paix à plusieurs occasions. La maison de Caritat, à laquelle il appartient, possède des terres et des alliances nobles. Le 1er février, le recteur de l'Université de Paris, accompagné des doyens et procureurs, présenta un cierge au roi à Trianon et à Versailles. Le même jour, le père Gobain, commandeur du couvent de la Merci, présenta un cierge à la reine. Le 2 février, les chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit assistèrent à la messe à la chapelle royale, où l'évêque de Langres officia. La cour quitta le deuil le 4 février pour la mort du margrave de Bade-Baden. Plusieurs nominations et mariages furent annoncés, notamment celle du marquis de Valory au gouvernement de la citadelle de Lille et le mariage du marquis de Peletier de Saint-Fargeau. Le 6 février, le duc de Crussol prit séance au Parlement en tant que pair de France. Le président de Ségur fut installé comme prévôt de Paris. L'Académie royale de Peinture et de Sculpture élut le sieur Cochin comme secrétaire et historiographe. Les religieux de l'abbaye de Saint-Denis célébrèrent un service pour Madame Henriette. Le baron de Montesquieu, ancien président du Parlement de Guyenne, mourut le 10 février à l'âge de soixante-cinq ans. Le 12 février, le roi et la famille royale reçurent les cendres pour le mercredi des Cendres. Des messes de requiem furent célébrées pour les anniversaires de la dauphine et de Madame Henriette. Le 21 février, le roi offrit un système du monde en forme de machine à son petit-fils, le duc de Bourgogne. La comtesse de Lauraguais fut présentée à la cour et la princesse de Condé accoucha d'une princesse nommée Mademoiselle de Bourbon. Plusieurs nominations judiciaires furent également annoncées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 128-129
RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Début :
M. ATHALIN, Doyen des Professeurs de Médecine en l'Université de Besançon [...]
Mots clefs :
Président, Séance, Académie, Médecine, Parlement, Discours, Récipiendaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
RENTRÉE publique de l'Académie de
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
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Résumé : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Lors de la rentrée publique de l'Académie de Besançon du 17 novembre 1762, M. Athalin, Doyen des Professeurs de Médecine et Vice-Président de l'Académie, ouvrit la séance en regrettant l'absence de M. de Frafne. Il souligna la joie apportée par le retour de la paix, marquant une nouvelle ère d'émulation. La séance se poursuivit avec la présentation des ouvrages préparés. M. Binétruy de Grand-Fontaine, Secrétaire perpétuel, rendit hommage à M. de Clevans, Marquis de Bouclans, et au Baron de Courbouffon, Président à Mortier du Parlement de Franche-Comté. M. Rougnon, Professeur de Médecine, discuta des influences du climat et de l'air en Franche-Comté. L'Abbé Camus, Chanoine de l'Église Métropolitaine de Besançon, développa les caractéristiques de la vraie grandeur, qui se manifeste par l'utilisation de la fortune et de l'élévation pour devenir meilleur. M. Athalin conclut la séance en répondant aux compliments des deux récipiendaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 201-202
D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
Début :
Le Prince de Nassau est entré le 8 de ce mois dans sa seiziéme année, [...]
Mots clefs :
Prince de Nassau, Ministres, Anniversaire, Assemblée, États, Président, Serment, Stathouder, Alger, Esclaves chrétiens, Soulèvement
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texteReconnaissance textuelle : D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
Le Prince de Naflau eft entré le 8 de ce mois
dans ſa ſeizième année , & à reçu à cette occafion
les complimens des Miniftres Etrangers , des
Membres du Gouvernement & de toutes les autres
perfonnes de diftinction . Le lendemain , il a été
introduit à l'affemblée des Etats- Généraux & au
Confeil d'Etat, fuivant le cérémonial établi . Deux
Députés , l'un de la Province de Zélande , l'autre
de la Province d'Utrecht , font allés prendre le
Prince , & l'ont conduit de l'appartement du Stathouder
dans la falle où s'affemblent les Etats- Généraux
. Le Préfident dès Etats lui a adreffé un
diſcours de félicitation , & lui a demandé s'il étoit
dilpolé à prêter ferment du fecret. Le Prince lui
répondit qu'il y étoit difpofé , & ayant prêté ce
ferment en mettant la main dans celle du Préfident
, il a été conduit par les deux Députés vers
le fiége deftiné pour les Stathouders , & fur le
quel il s'eft placé . Il a été enfuite introduit aue
Confeil d'Etat par trois autres députés qui , en
préfentant le Prince , ont déclaré qu'il avoit prêté
le ferment du fecret fuivant la forme ordinaire.
On mande d'Alger que les eíclaves Chrétiens ,
au nombre de plus de quatre mille , réduits au défefpoir
par les mauvais traitemens qu'on leur fait …..
éprouver , fe font foulevés le 13 Janvier , & on
Ly.
202 MERCURE DE FRANCE.
maffacrés ceux qui les gardoient : l'allarme s'eft
répandue dans la Ville , dont on a fait fermer les
portes , toutes les troupes ont pris les armes &
ont remis les esclaves à la chaîne. Il y a eu beaucoup
de fang répandu dans ce tumulte dont on
ignore les fuites.
Le Prince de Naflau eft entré le 8 de ce mois
dans ſa ſeizième année , & à reçu à cette occafion
les complimens des Miniftres Etrangers , des
Membres du Gouvernement & de toutes les autres
perfonnes de diftinction . Le lendemain , il a été
introduit à l'affemblée des Etats- Généraux & au
Confeil d'Etat, fuivant le cérémonial établi . Deux
Députés , l'un de la Province de Zélande , l'autre
de la Province d'Utrecht , font allés prendre le
Prince , & l'ont conduit de l'appartement du Stathouder
dans la falle où s'affemblent les Etats- Généraux
. Le Préfident dès Etats lui a adreffé un
diſcours de félicitation , & lui a demandé s'il étoit
dilpolé à prêter ferment du fecret. Le Prince lui
répondit qu'il y étoit difpofé , & ayant prêté ce
ferment en mettant la main dans celle du Préfident
, il a été conduit par les deux Députés vers
le fiége deftiné pour les Stathouders , & fur le
quel il s'eft placé . Il a été enfuite introduit aue
Confeil d'Etat par trois autres députés qui , en
préfentant le Prince , ont déclaré qu'il avoit prêté
le ferment du fecret fuivant la forme ordinaire.
On mande d'Alger que les eíclaves Chrétiens ,
au nombre de plus de quatre mille , réduits au défefpoir
par les mauvais traitemens qu'on leur fait …..
éprouver , fe font foulevés le 13 Janvier , & on
Ly.
202 MERCURE DE FRANCE.
maffacrés ceux qui les gardoient : l'allarme s'eft
répandue dans la Ville , dont on a fait fermer les
portes , toutes les troupes ont pris les armes &
ont remis les esclaves à la chaîne. Il y a eu beaucoup
de fang répandu dans ce tumulte dont on
ignore les fuites.
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Résumé : D'UTRECHT, le 11 Mars 1763.
Le 11 mars 1763, à Utrecht, le Prince de Naflau a fêté ses seize ans. Il a reçu les félicitations des ministres étrangers, des membres du gouvernement et des personnalités distinguées. Le lendemain, il a été introduit à l'assemblée des États-Généraux et au Conseil d'État selon le protocole. Deux députés, l'un de Zélande et l'autre d'Utrecht, l'ont conduit à la salle des États-Généraux, où le Président lui a adressé un discours de félicitation et lui a demandé de prêter serment de secret, ce qu'il a fait en mettant la main dans celle du Président. Ensuite, trois autres députés l'ont introduit au Conseil d'État, confirmant qu'il avait prêté serment. Par ailleurs, des nouvelles d'Alger rapportent qu'environ quatre mille esclaves chrétiens se sont révoltés le 13 janvier, massacrant leurs gardiens et provoquant une alarme dans la ville. Les autorités ont fermé les portes et mobilisé les troupes pour réprimer la révolte, causant de nombreux morts. Les causes de cette révolte restent inconnues.
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19
p. 204-207
De PARIS, le 17 Février 1764.
Début :
Le 19 du mois dernier, le Premier Président & deux Présidens du Parlement se sont [...]
Mots clefs :
Président, Parlement, Déclaration, Procureurs, Impératrice de Russie, Académie des sciences, Médecins, Roi de Prusse, Juridiction consulaire, Scrutin, Consuls, Exécution, Souscription, Tirage, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Numéros
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 17 Février 1764.
De PARIs , le 17 Février 1764.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
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Résumé : De PARIS, le 17 Février 1764.
En février 1764, plusieurs événements marquants se déroulèrent en France et en Europe. Le 19 février, le Premier Président et deux Présidents du Parlement se rendirent à Versailles pour présenter au roi les remontrances arrêtées le 18 février. Le 21 février, le roi publia une Déclaration ordonnant l'exécution de celle du 21 novembre précédent et imposant un silence absolu sur les événements passés relatifs à cette Déclaration, interdisant toute poursuite à ce sujet. Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général au service des Majestés Impériales et Royale, arriva de Bruxelles et fut présenté à Versailles au roi et à la Famille Royale par le Comte de Starhenberg, Ambassadeur de la Cour de Vienne. L'Impératrice de Russie reconnut les efforts du Sieur Morand, membre de l'Académie des Sciences et de Chirurgie, en lui remettant des médailles d'or et d'argent via le Prince de Gallitzin, son Ministre Plénipotentiaire. Par ailleurs, l'Académie Impériale des Sciences de Pétersbourg admit le Sieur Delalande comme membre, tandis que le Roi de Prusse désigna le Chevalier de Jaucourt comme Associé Étranger de son Académie. Le 28 février, la Jurisdiction Consulaire de Paris élut les Juges et Consuls pour l'année : le Sieur Darlu fut nommé Juge, et les Sieurs Vaudichon, Hérissant, de la Voye-Pierre et de Haynault furent élus Consuls. La Gazette Littéraire de l'Europe, dont les obstacles à la publication avaient cessé, devait paraître le premier mercredi de mars. Le prix de la souscription était de 24 livres pour le papier ordinaire et de 30 livres pour un papier plus grand et plus fin. Le 24 janvier, le trente-septième tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville eut lieu, attribuant des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres. Le 6 février, la Loterie de l'École Royale Militaire fut tirée, avec les numéros 37, 87, 73, 64 et 27. Le prochain tirage devait se faire le 5 mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 211-214
De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
Début :
Le 14 du mois dernier, le sieur de Packelbel, Ministre du Duc de [...]
Mots clefs :
Ministre, Duc, Comte, Landgrave de Hesle-Cassel, Audience, Lettres de créance, Famille royale, Parlement, Président, Archevêque, Princesse, Reine, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
De VERsAILLEs, le 31 Mars 1764.
L, 14 du mois dernier, le ſieur de Packel
bel, Miniſtre du Duc de Deux-Ponts , fut pré
ſenté au Roi, à la Reine & à la Famille Royale
en qualité de Miniſtre du Landgrave de Helſe
Caſſel.
Le 2 5 , le Comte de Fuentes, Grand d'Eſ
pagne, Ambaſladeur Extraordinaire de Sa Ma
· jeſté Catholique, a eu une audience particulière
du Roi, à qui il a préſenté ſes Lettres de créan
ces : il a été conduit à cette Audience, ainſi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale,
par le fieur Durfort, Introducteur des Ambaſ
ſadeurs.
Le même jour, les cinq Députés du Parlement
: de Toulouſe, qui avoient été mandés par le Roi
furent préſentés à Sa Majeſté par le Comte de
212 MERCURE DE FRANCE.
S. Florentin, Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département du la Province de Languedoc,
& conduits par le Marquis de Dreux, Grand
Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut dans
ſon fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de
ſes Grands Officiers, & leur permit de lui faire
les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le Premier Préſident de Paris s'eſt rendu ici
le 4 de ce mois, accompagné des Préſidens d'Aligre
& d'Ormeſſon , & a remis au Roi les
Remontrances de ſon Parlement qui avoient
été arrêtées le 3 à l'Aſſemblée des Chambres.
Les huit Députés du Parlement de Rouen ,
qui avoient été mandés par le Roi, furent pré
ſentés, le 1 o, à Sa Majeſté par le ſieur Ber
tin , Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant le Dé
partement de la Province de Normandie , &
conduits par le Marquis de Dreux, Grand-Maî
tre des Cérémonies. Le Roi les reçut dans ſon
Fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de ſes
Grands-Officiers, & leur permit de lui faire les
repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le 25 du mois dernier , l'Archevêque de
Rheims, Grand Aumônier de France , ſacra ,
dans la Chapelle du Château, les Evêques de Sain
tes & de Gap. L'Evêque d'Autun, Premier Au
mônier du Rci, l'Evêque de Meaux, Premier
Aumônier de Madame Adelaïde, ſervirent d'Aſſiſ
tans. Hier, pendant la Meſſe du Roi, les Evêques
de Saintes & de Gap prêterent ſerment entre
les mains de Sa Majeſté. Le Vicomte de
Choiſeul, Brigadier des Armées du Roi, l'un
des Menins de Monſeigneur le Dauphin & Fils du
Duc de Praſlin, eſt déſigné pour aller , de la pars
A V R I L. 1764. 213
de Sa Majeſté, complimenter à Vienne Leurs Ma.
jeſtés Impériales & Royale, ainſi que le futur Roi
des Romains, ſur ſon Election & ſon Couronne
In6ºnt,-
Le 2 5 du mois dernier, Leurs Majeſtés & la
Famille Royale ont ſigné le Contrat de Mariage
du Duc de Fronſac , Premier Gentilhomme de
la Chambre du Roi en ſurvivance , avec De
moiſelle d'Hautefort ; le 26 celui du Vicomte
de Gouy d'Arſy, avec Demoiſelle de Beaumois ;
& le 4 de ce mois, celui du Vicomte de Belſunce,
avec Demoiſelle de la Live d'Epinay.
La Comteſſe de Graſſe, fut préſentée à Leurs
Majeſtés, le 26 du mois dernier, par la Vicom ,
teſſe de Caſtelane.
: Le 2 5 de ce mois, la Princeſſe de Beauvau fut
préſentée au Roi & à la Reine par la Maréchale
de Mirepoix, & prit le tabouret en qualité d'épouſe
d'un Grand d'Eſpagne. Le lendemain, la
Ducheſſe de Fronſac fut préſentée à Leurs Ma
jeſtés & à la Famille Royale par la Comteſſe
d Egmont, & prit le tabouret. Le même jour,
la Marquiſe de Sorem fut auſſi préſentée à Leurs
Majeſtés par la Comteſſe de Marſan.
Le 1 1 de ce mois, le Bailli de Froullay , Am
baſſadeur de Malte offrit au Roi les faucons ,
dont l'Ordre de Malte fait préſent à Sa Majeſté.
Il préſenta en même temps au Roi le Chevalier
de Belmond, qui avoit été chargé par le Grand
Maître de l'Ordre, de porter ces faucons en
France.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
L, 14 du mois dernier, le ſieur de Packel
bel, Miniſtre du Duc de Deux-Ponts , fut pré
ſenté au Roi, à la Reine & à la Famille Royale
en qualité de Miniſtre du Landgrave de Helſe
Caſſel.
Le 2 5 , le Comte de Fuentes, Grand d'Eſ
pagne, Ambaſladeur Extraordinaire de Sa Ma
· jeſté Catholique, a eu une audience particulière
du Roi, à qui il a préſenté ſes Lettres de créan
ces : il a été conduit à cette Audience, ainſi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale,
par le fieur Durfort, Introducteur des Ambaſ
ſadeurs.
Le même jour, les cinq Députés du Parlement
: de Toulouſe, qui avoient été mandés par le Roi
furent préſentés à Sa Majeſté par le Comte de
212 MERCURE DE FRANCE.
S. Florentin, Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département du la Province de Languedoc,
& conduits par le Marquis de Dreux, Grand
Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut dans
ſon fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de
ſes Grands Officiers, & leur permit de lui faire
les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le Premier Préſident de Paris s'eſt rendu ici
le 4 de ce mois, accompagné des Préſidens d'Aligre
& d'Ormeſſon , & a remis au Roi les
Remontrances de ſon Parlement qui avoient
été arrêtées le 3 à l'Aſſemblée des Chambres.
Les huit Députés du Parlement de Rouen ,
qui avoient été mandés par le Roi, furent pré
ſentés, le 1 o, à Sa Majeſté par le ſieur Ber
tin , Miniſtre & Secrétaire d'Etat ayant le Dé
partement de la Province de Normandie , &
conduits par le Marquis de Dreux, Grand-Maî
tre des Cérémonies. Le Roi les reçut dans ſon
Fauteuil en préſence de ſes Miniſtres & de ſes
Grands-Officiers, & leur permit de lui faire les
repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie. -
Le 25 du mois dernier , l'Archevêque de
Rheims, Grand Aumônier de France , ſacra ,
dans la Chapelle du Château, les Evêques de Sain
tes & de Gap. L'Evêque d'Autun, Premier Au
mônier du Rci, l'Evêque de Meaux, Premier
Aumônier de Madame Adelaïde, ſervirent d'Aſſiſ
tans. Hier, pendant la Meſſe du Roi, les Evêques
de Saintes & de Gap prêterent ſerment entre
les mains de Sa Majeſté. Le Vicomte de
Choiſeul, Brigadier des Armées du Roi, l'un
des Menins de Monſeigneur le Dauphin & Fils du
Duc de Praſlin, eſt déſigné pour aller , de la pars
A V R I L. 1764. 213
de Sa Majeſté, complimenter à Vienne Leurs Ma.
jeſtés Impériales & Royale, ainſi que le futur Roi
des Romains, ſur ſon Election & ſon Couronne
In6ºnt,-
Le 2 5 du mois dernier, Leurs Majeſtés & la
Famille Royale ont ſigné le Contrat de Mariage
du Duc de Fronſac , Premier Gentilhomme de
la Chambre du Roi en ſurvivance , avec De
moiſelle d'Hautefort ; le 26 celui du Vicomte
de Gouy d'Arſy, avec Demoiſelle de Beaumois ;
& le 4 de ce mois, celui du Vicomte de Belſunce,
avec Demoiſelle de la Live d'Epinay.
La Comteſſe de Graſſe, fut préſentée à Leurs
Majeſtés, le 26 du mois dernier, par la Vicom ,
teſſe de Caſtelane.
: Le 2 5 de ce mois, la Princeſſe de Beauvau fut
préſentée au Roi & à la Reine par la Maréchale
de Mirepoix, & prit le tabouret en qualité d'épouſe
d'un Grand d'Eſpagne. Le lendemain, la
Ducheſſe de Fronſac fut préſentée à Leurs Ma
jeſtés & à la Famille Royale par la Comteſſe
d Egmont, & prit le tabouret. Le même jour,
la Marquiſe de Sorem fut auſſi préſentée à Leurs
Majeſtés par la Comteſſe de Marſan.
Le 1 1 de ce mois, le Bailli de Froullay , Am
baſſadeur de Malte offrit au Roi les faucons ,
dont l'Ordre de Malte fait préſent à Sa Majeſté.
Il préſenta en même temps au Roi le Chevalier
de Belmond, qui avoit été chargé par le Grand
Maître de l'Ordre, de porter ces faucons en
France.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Mars 1764.
Le 31 mars 1764, plusieurs événements diplomatiques et cérémoniels ont eu lieu à Versailles. Le 14 mars, le sieur de Packelbel, ministre du Duc de Deux-Ponts et du Landgrave de Hesse-Cassel, a été présenté au Roi, à la Reine et à la Famille Royale. Le 25 mars, le Comte de Fuentes, ambassadeur d'Espagne, a été reçu en audience particulière par le Roi, qui lui a présenté ses lettres de créances. Les députés des Parlements de Toulouse et de Rouen ont été présentés au Roi, respectivement par le Comte de Saint-Florentin et le sieur Bertin. Le Premier Président de Paris a remis au Roi les remontrances de son Parlement. L'Archevêque de Reims a sacré les évêques de Saintes et de Gap dans la chapelle du Château. Le Vicomte de Choiseul a été désigné pour complimenter les souverains autrichiens et le futur Roi des Romains. Plusieurs contrats de mariage ont été signés, notamment ceux du Duc de Fronsac, du Vicomte de Gouy d'Arsy et du Vicomte de Belsunce. Plusieurs dames, dont la Comtesse de Grasse, la Princesse de Beauvau et la Duchesse de Fronsac, ont été présentées à Leurs Majestés. Le 11 avril, le Bailli de Froullay, ambassadeur de Malte, a offert au Roi des faucons de la part de l'Ordre de Malte.
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