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1
p. 213-215
Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Début :
Quoy qu'il soit tres-difficile de renoncer aux erreurs qu'on a prises [...]
Mots clefs :
Erreurs, Religion prétendue réformée, Abjuration, Jeunesse, Charmes, Voix du ciel, Famille, Vérité
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texteReconnaissance textuelle : Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Quoy qu'il foit tres - difficile
de
214
MERCURE
J
3
de renoncer aux erreurs qu'on a
priſes en naiffant , Mademoiſelle
Bifeüil a fi bien examiné celles
de la Religion Pretenduë Reformée
, dans laquelle on l'avoit
élevée juſqu'à aujourd'huy, que
les ayant reconnuës , elle en a
fait abjuration depuis quelques
jours. Cette Belle , qui eft dans
fa grande jeuneffe , & une des
plus aimables Perſonnes d'Alençon
, fe voyoit adorée de fa mere
, faifoit tous les plaifirs d'une
Tante qu'elle a , & eftoit uniquement
confiderée de fa Famille.
Tous ces charmes ont cedé
à la voix du Ciel , qui apparemment
la deſtine pour exemple à
mille Gens qui n'attendoient
pas ce changement. La penetra
tion de fon efprit , & le jugement
qu'elle a fait voir dans fest
moindres actions , ont fort éclaté
J
MAGNI
FILIV
วง
GALANT. 215
té dans celle- cy . La colere de
fes Parens n'a pû l'ébranler , &:
la connoiffance de la verité qu'el
le a enfin embraſſée , luy a eſté
preferable à tout .
de
214
MERCURE
J
3
de renoncer aux erreurs qu'on a
priſes en naiffant , Mademoiſelle
Bifeüil a fi bien examiné celles
de la Religion Pretenduë Reformée
, dans laquelle on l'avoit
élevée juſqu'à aujourd'huy, que
les ayant reconnuës , elle en a
fait abjuration depuis quelques
jours. Cette Belle , qui eft dans
fa grande jeuneffe , & une des
plus aimables Perſonnes d'Alençon
, fe voyoit adorée de fa mere
, faifoit tous les plaifirs d'une
Tante qu'elle a , & eftoit uniquement
confiderée de fa Famille.
Tous ces charmes ont cedé
à la voix du Ciel , qui apparemment
la deſtine pour exemple à
mille Gens qui n'attendoient
pas ce changement. La penetra
tion de fon efprit , & le jugement
qu'elle a fait voir dans fest
moindres actions , ont fort éclaté
J
MAGNI
FILIV
วง
GALANT. 215
té dans celle- cy . La colere de
fes Parens n'a pû l'ébranler , &:
la connoiffance de la verité qu'el
le a enfin embraſſée , luy a eſté
preferable à tout .
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Résumé : Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Mademoiselle Biseüil, élevée dans la Religion Prétendue Réformée, a récemment renoncé à ses croyances après réflexion. Connue pour sa beauté et son charme, elle a décidé de se convertir malgré l'opposition familiale. Sa décision, motivée par la connaissance de la vérité, est vue comme un exemple pour d'autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 110-112
Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay apris avec quelle fermeté la belle Mademoiselle Biseüil d'Alençon, [...]
Mots clefs :
Abjuration, Religion prétendue réformée, Ténèbres, Prière, Conversion, Religion romaine
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texteReconnaissance textuelle : Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Je vous ay apris avec quelle fermeté
la belle Mademoiselle Biſeüil
d'Alençon , avoit quité les
erreurs de la Religion Prétenduë
Reformée. La ſolemnelle Abjuration
qu'elle en a faire par les
foins du P.dela Ruë Jeſuite,dont
les lumieres luy ont fort aidé à
diffiper ſes tenebres , vient d'eftre
ſuivie d'une autre qui fait
grand bruit dans la même Ville.
C'eſt celle de M. de Chanroſier,
l'Homme le plus ſpirituelqu'euf
fent
ター
GALAN T.
ſent en ce quartier- là ceux de
cette Secte . Ils le conſultoient
comme un Oracle , & ſes réponſes
paroiſſoient pour eux autant
de déciſions Onſe ſouvient dans
toute la Ville , que Monfieur de
Chanrofier ſon Pere eſtant tout
preſt de mourir , & ayant trois
Fils dans l'aveuglement , avoit
demandé à Dieu qu'il luy plût
les éclairer. Cette priere qui ſe
trouva exaucée pour les deux Aînez
, morts l'un & l'autre apres
une pareille Abjuration,ſembloit
devoir étre ſans effet pour celuy
dont je vous parle , puis qu'étant
tombé en apoplexie à l'âge de
ſoixante &cinq ans , fans avoir
encor donné aucunes marques
de converfion , il n'y avoit pas
d'apparence qu'il duſt jamais
changer de party. Cependant la
grace a eſté viſible enluy. Il eſt
revenu
112 MERCURE
revenu d'un accident qui emporte
les plus jeunes , & s'eſt ſervy
auſſitoſt du retour de ſes ſens , &
& de fa raiſon, pour faire appeller
le Pere Anſelme de Lisieux ,
Définiteur des Capucins , pré .
chant le Careſme à Alençon, entre
les mains de qui il a fait ſa
déclaration de vouloir vivre &
mourir dans l'exercice de la Religion
Romaine. Il en a enfuite
remply les devoirs avec un zele
&une pieté ſurprenante.
la belle Mademoiselle Biſeüil
d'Alençon , avoit quité les
erreurs de la Religion Prétenduë
Reformée. La ſolemnelle Abjuration
qu'elle en a faire par les
foins du P.dela Ruë Jeſuite,dont
les lumieres luy ont fort aidé à
diffiper ſes tenebres , vient d'eftre
ſuivie d'une autre qui fait
grand bruit dans la même Ville.
C'eſt celle de M. de Chanroſier,
l'Homme le plus ſpirituelqu'euf
fent
ター
GALAN T.
ſent en ce quartier- là ceux de
cette Secte . Ils le conſultoient
comme un Oracle , & ſes réponſes
paroiſſoient pour eux autant
de déciſions Onſe ſouvient dans
toute la Ville , que Monfieur de
Chanrofier ſon Pere eſtant tout
preſt de mourir , & ayant trois
Fils dans l'aveuglement , avoit
demandé à Dieu qu'il luy plût
les éclairer. Cette priere qui ſe
trouva exaucée pour les deux Aînez
, morts l'un & l'autre apres
une pareille Abjuration,ſembloit
devoir étre ſans effet pour celuy
dont je vous parle , puis qu'étant
tombé en apoplexie à l'âge de
ſoixante &cinq ans , fans avoir
encor donné aucunes marques
de converfion , il n'y avoit pas
d'apparence qu'il duſt jamais
changer de party. Cependant la
grace a eſté viſible enluy. Il eſt
revenu
112 MERCURE
revenu d'un accident qui emporte
les plus jeunes , & s'eſt ſervy
auſſitoſt du retour de ſes ſens , &
& de fa raiſon, pour faire appeller
le Pere Anſelme de Lisieux ,
Définiteur des Capucins , pré .
chant le Careſme à Alençon, entre
les mains de qui il a fait ſa
déclaration de vouloir vivre &
mourir dans l'exercice de la Religion
Romaine. Il en a enfuite
remply les devoirs avec un zele
&une pieté ſurprenante.
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Résumé : Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Le texte évoque deux conversions significatives à Alençon. La première concerne Mademoiselle Biseüil, qui a abandonné la religion réformée après avoir été instruite par le Père de la Rue, un jésuite. La seconde conversion est celle de Monsieur de Chanrosier, reconnu pour sa sagesse et souvent consulté par les réformés. À l'âge de soixante-cinq ans, après avoir souffert d'une apoplexie dont il s'est remis, il a décidé de se convertir au catholicisme. Il a sollicité le Père Anselme de Lisieux, un capucin, pour déclarer son désir de vivre et de mourir dans la foi catholique. Sa conversion s'est distinguée par un zèle et une piété exceptionnels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 272-274
Mort & Abjuration de M. Petit, de la Religion Pretenduë Reformée, [titre d'après la table]
Début :
M Petit, celebre Avocat au Parlement de Paris, est mort [...]
Mots clefs :
Avocat au parlement, Décès, Abjuration, Religion prétendue réformée, Erreurs, Vérité, Religion romaine, Conversion
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texteReconnaissance textuelle : Mort & Abjuration de M. Petit, de la Religion Pretenduë Reformée, [titre d'après la table]
Monfieur Petit , celebre Avocat
au Parlement de Paris , eſt
mort auſſi depuis quelques jours .
Il ſçavoit beaucoup , poffedoit
les belles Lettres , & apres avoir
plaidé avec applaudiſſement pédant
fon jeune âge , il avoit quité
les pénibles occupations da
Barreau ,pour ſe donner tout entier
à fon Cabinet. Si fa perte a
affligé fes Amis (il en avoit quantité
,&des plus honneſtes Gens)
ç'a
GALANT. 183
ç'a eſté pour eux un grand ſujet
de ſe conſoler , de ce que trois
jours avant fa mort , il a fait abjuration
de la Religion Prétenduë
Reformée. Il ya longtemps
qu'il l'examinoit , & qu'éclairé
des lumieresde Monfieur le Pré
ſident de laGrange,de Monfieur
Hervé, &de Monfieur Dorat,
Conſeillers à la Grand Chambre
, & fur tout de Monfieur de
Quatrehomme Conſeiller en la
Cour des Aydes, & de Monfieur
de la Tour, il tâchoit d'en penétrer
les erreurs. Il n'eſtoit point
obſtiné , & on luy a ſouvent entendu
dire , que n'ayant jamais
cherché que la verité
doutoit point que Dicu ne luy
il ne
fiſt finir ſes jours dans la veritable
Religion . L'effet a montré
qu'ayant efperé avec foy , fon
eſpérance a eſté heureuſement
rem
184 MERCURE
remplie. C'eſt entre les mains de
Monfieur le Curé de S. Loüis
qu'il a abjuré. Madame Lhuillier
ſa Niéce n'a pas peu contribué
à cette Converfion . Rien n'eſt fi
preſſant que les raiſons dont elle
ſe ſervit pour l'obliger à ouvrir
les yeux dans fa maladie.
au Parlement de Paris , eſt
mort auſſi depuis quelques jours .
Il ſçavoit beaucoup , poffedoit
les belles Lettres , & apres avoir
plaidé avec applaudiſſement pédant
fon jeune âge , il avoit quité
les pénibles occupations da
Barreau ,pour ſe donner tout entier
à fon Cabinet. Si fa perte a
affligé fes Amis (il en avoit quantité
,&des plus honneſtes Gens)
ç'a
GALANT. 183
ç'a eſté pour eux un grand ſujet
de ſe conſoler , de ce que trois
jours avant fa mort , il a fait abjuration
de la Religion Prétenduë
Reformée. Il ya longtemps
qu'il l'examinoit , & qu'éclairé
des lumieresde Monfieur le Pré
ſident de laGrange,de Monfieur
Hervé, &de Monfieur Dorat,
Conſeillers à la Grand Chambre
, & fur tout de Monfieur de
Quatrehomme Conſeiller en la
Cour des Aydes, & de Monfieur
de la Tour, il tâchoit d'en penétrer
les erreurs. Il n'eſtoit point
obſtiné , & on luy a ſouvent entendu
dire , que n'ayant jamais
cherché que la verité
doutoit point que Dicu ne luy
il ne
fiſt finir ſes jours dans la veritable
Religion . L'effet a montré
qu'ayant efperé avec foy , fon
eſpérance a eſté heureuſement
rem
184 MERCURE
remplie. C'eſt entre les mains de
Monfieur le Curé de S. Loüis
qu'il a abjuré. Madame Lhuillier
ſa Niéce n'a pas peu contribué
à cette Converfion . Rien n'eſt fi
preſſant que les raiſons dont elle
ſe ſervit pour l'obliger à ouvrir
les yeux dans fa maladie.
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Résumé : Mort & Abjuration de M. Petit, de la Religion Pretenduë Reformée, [titre d'après la table]
Monsieur Petit, avocat distingué au Parlement de Paris, est décédé récemment. Reconnu pour sa vaste érudition et son éloquence, il avait cessé sa carrière juridique pour se consacrer à ses études personnelles. Sa disparition a profondément affecté ses nombreux amis respectables. Ils ont toutefois trouvé du réconfort dans le fait qu'il avait abjuré la religion réformée trois jours avant sa mort. Cette décision résultait de longues réflexions, guidées par des conseillers influents comme Monsieur le Président de la Grange, Monsieur Hervé, Monsieur Dorat, Monsieur de Quatrehomme et Monsieur de la Tour. Petit souhaitait terminer ses jours dans la véritable religion. Son vœu a été exaucé grâce à l'intervention de Madame Lhuillier, sa nièce, qui a facilité sa conversion. La cérémonie d'abjuration a été conduite par Monsieur le Curé de Saint-Louis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 6-10
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Ce qui fait connoistre qu'il n'y a jamais eu que des Esprits [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Erreur, Vérité, Catholique, Prêches, Controverse, Hérésie protestante, Conversions, Abjurations, Âme
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Ce qui fait connoiftre qu'il
n'y a jamais eu que des Efprits
foibles , qui en paffant dans la
Religion Prétendue Reformée
fans la bien connoître , ayent
efté capables de préferer l'erreur
à la verité , c'est que tous les
jours ceux de cette Religion embraffent
la Catholique, apres une
entiere conviction des chofes
qui leur avoient donné fujet de
dout er
GALANT.
7
douter. Il ne faut que voir le
fruit que fait depuis quelque
temps le P. Alexis du Buc Theatin
, qui prêche tous les Dimanches
& jours de Feſte , la Controverfe
, dans l'Eglife de ceux de
fon Ordre.On y voit un concours
de monde extraordinaire , &
beaucoup de Proteftans y font
abjuration de leur Heréfie . Ily
en eut deux fort confiderables le
Mois paflé. L'une fut celle de
Monfieur Quoyriel de S. Ferriol,
d'une des premieres Maifons
du Dauphiné ; & l'autre , celle
de Meſdemoiſelles de Brueil
de Gercy de la Ville
de Sedan. Les decifions qui
éclairciffent les Points que l'on
met en Controverfe , fe donnent
publiquement , & il n'y a
perfonne qui ne refte convaincu
que toutes ces converfions fe
A iiij
8 MERCURE
doivent à la feule force de la
verité .
Monfieur de S. Eftienne Molinier
, de la Ville de Millau, a auffi
fait Abjuration depuis trois femajnes.
Quelques doutes qui
l'embaraffoient touchant l'invocation
des Saints , & le Purgatoire,
l'ayant fait refoudre d'aller s'en
éclaircir à Alby , qui eft à trois
journées de Millau , il y confera
avec Monfieur Arquier, Homme
d'une vertu & d'une érudition
peu commune , connu pour tel
dans toute la Province , & qui
pour cette raifon a efté fait le
Premier Métropolitain , par le
Premier Archevêque d'Alby. Ce
fut apres en avoir reçeu les lumieres
dont il eut befoin, qu'il fit
cette importante action entre fes
mains, dans la Chapelle du Seminaire
de Sainte Cecile , dont
Monfieur Arquier eſt Chanoine
GALANT.
gner
& qui paffe pour une des plus
belles Eglifes de toute l'Europe.
Vous voyez , Madame, que le zele
de Monfieur l'Archevêque
d'Alby fe fait remarquer en tout ,
Il a nommé de fi dignes Officiers
, que quand les affaires du
Clergé le contraignent à s'éloide
fon Dioceſe , ſon abſence
ne diminue rien des foins où
l'engage l'ardeur qu'il a de contribuer
de tout fon pouvoir à ce
qui regarde la converfion des
Ames . On ne peut douter que
celle dont je vous viens de parler,
n'ait efté fincere , puis que celuy
qui l'a faite a demeuré depuis ce
temps-là dans Alby , parce que
fes Parens qui font d'une tresbonne
Famille, ne le veulent plus
recevoir chez eux. Monfieur de
Saint Etienne a porté les Armes
, & on l'a veu Lieutenant.
A v
ΤΟ MERCURE
dans le Regiment de Vendofme.
n'y a jamais eu que des Efprits
foibles , qui en paffant dans la
Religion Prétendue Reformée
fans la bien connoître , ayent
efté capables de préferer l'erreur
à la verité , c'est que tous les
jours ceux de cette Religion embraffent
la Catholique, apres une
entiere conviction des chofes
qui leur avoient donné fujet de
dout er
GALANT.
7
douter. Il ne faut que voir le
fruit que fait depuis quelque
temps le P. Alexis du Buc Theatin
, qui prêche tous les Dimanches
& jours de Feſte , la Controverfe
, dans l'Eglife de ceux de
fon Ordre.On y voit un concours
de monde extraordinaire , &
beaucoup de Proteftans y font
abjuration de leur Heréfie . Ily
en eut deux fort confiderables le
Mois paflé. L'une fut celle de
Monfieur Quoyriel de S. Ferriol,
d'une des premieres Maifons
du Dauphiné ; & l'autre , celle
de Meſdemoiſelles de Brueil
de Gercy de la Ville
de Sedan. Les decifions qui
éclairciffent les Points que l'on
met en Controverfe , fe donnent
publiquement , & il n'y a
perfonne qui ne refte convaincu
que toutes ces converfions fe
A iiij
8 MERCURE
doivent à la feule force de la
verité .
Monfieur de S. Eftienne Molinier
, de la Ville de Millau, a auffi
fait Abjuration depuis trois femajnes.
Quelques doutes qui
l'embaraffoient touchant l'invocation
des Saints , & le Purgatoire,
l'ayant fait refoudre d'aller s'en
éclaircir à Alby , qui eft à trois
journées de Millau , il y confera
avec Monfieur Arquier, Homme
d'une vertu & d'une érudition
peu commune , connu pour tel
dans toute la Province , & qui
pour cette raifon a efté fait le
Premier Métropolitain , par le
Premier Archevêque d'Alby. Ce
fut apres en avoir reçeu les lumieres
dont il eut befoin, qu'il fit
cette importante action entre fes
mains, dans la Chapelle du Seminaire
de Sainte Cecile , dont
Monfieur Arquier eſt Chanoine
GALANT.
gner
& qui paffe pour une des plus
belles Eglifes de toute l'Europe.
Vous voyez , Madame, que le zele
de Monfieur l'Archevêque
d'Alby fe fait remarquer en tout ,
Il a nommé de fi dignes Officiers
, que quand les affaires du
Clergé le contraignent à s'éloide
fon Dioceſe , ſon abſence
ne diminue rien des foins où
l'engage l'ardeur qu'il a de contribuer
de tout fon pouvoir à ce
qui regarde la converfion des
Ames . On ne peut douter que
celle dont je vous viens de parler,
n'ait efté fincere , puis que celuy
qui l'a faite a demeuré depuis ce
temps-là dans Alby , parce que
fes Parens qui font d'une tresbonne
Famille, ne le veulent plus
recevoir chez eux. Monfieur de
Saint Etienne a porté les Armes
, & on l'a veu Lieutenant.
A v
ΤΟ MERCURE
dans le Regiment de Vendofme.
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le texte évoque des conversions religieuses au sein de la religion catholique, où des protestants, après réflexion, choisissent de se convertir. Le Père Alexis du Buc, théatin, prêche la controverse dans son église et attire de nombreux protestants, dont Monsieur Quoyriel de Saint-Ferriol et les demoiselles de Brueil de Gercy de Sedan. Ces conversions sont attribuées à la démonstration publique de la vérité lors des discussions controversées. Monsieur de Saint-Étienne Molinier, de Millau, a également abjuré sa foi protestante après des échanges avec Monsieur Arquier, Premier Métropolitain d'Alby, qui ont clarifié ses doutes sur l'invocation des saints et le purgatoire. Cette conversion s'est déroulée dans la chapelle du séminaire de Sainte-Cécile. L'archevêque d'Alby est salué pour son zèle missionnaire et son travail continu pour la conversion des âmes. La sincérité de la conversion de Monsieur de Saint-Étienne est confirmée par son refus de retourner chez ses parents protestants respectables. Il a servi comme lieutenant dans le régiment de Vendôme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 129-131
Plusieurs Conversions en divers endroits du Royaume, [titre d'après la table]
Début :
Ces Messieurs, avant que de finir leur Assemblée, ont estably [...]
Mots clefs :
Conversions, Église, Abjurations, Religion prétendue réformée, Ministre, Erreurs, Controverses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions en divers endroits du Royaume, [titre d'après la table]
Ces Meffieurs ,
avant que de finir leur Affemblée,
ont eftably quantité de Penfions
, non feulement pour les
nouveaux Convertis , mais auffi
en faveur des Illuftres qui travaillent
pour la gloire de l'Eglife.
Elles doivent eftre en affez
grand nombre pour les premiers,
puis que les abjurations de la
Religion Pretenduë reformée
deviennent de jour en jour plus
frequentes. Il s'en fit une tresconfiderable
le Dimanche onzieme
de ce mois . C'eft celle de
Monfieur Bazin ,fameux Miniſtre
d'Orthez au Dioceſe d'Efcar .
Quoy qu'il copre neuf Miniftres
dans fa Famille , dont l'exemple
Ei
F v
30 MERCURE
pouvoit l'affermir dans fes erreurs
, il les abjurà le jour que je
viens de vous marquer, entre les
mains de Monfieur l'Evefque
d'Acqs , à l'iffuë de la Controverfe
qui fe fait tous les Dimanches
apres Vefpres dans l'Eglife de
S. Sulpice par Monfieur le Vicaire
de cette Parroiffe . Le Sieur de
Beaumais , dit le Mercier de Paris
, y foûtient fous lay . Cette cerémonie
attira une affluence prodigieufe
de Peuple . Monfieur
l'Evefque de Geneve y affifta , &
foufcrivit à fon abjuration avec
Monfieur de la Bernaudiere Curé
de S. Sulpice .
La Miffion entretenue par Sa
Majefté à Marennes & aux autres
lieux du voisinage de la
Xaintonge , a converty plus de
fix- vingts Perfonnes depuis quatre
mois . C'est ainsi que Dieu
benit
GALANT.
131
benit en tous lieux les Ouvrages
de noftre augufte Monarque .
avant que de finir leur Affemblée,
ont eftably quantité de Penfions
, non feulement pour les
nouveaux Convertis , mais auffi
en faveur des Illuftres qui travaillent
pour la gloire de l'Eglife.
Elles doivent eftre en affez
grand nombre pour les premiers,
puis que les abjurations de la
Religion Pretenduë reformée
deviennent de jour en jour plus
frequentes. Il s'en fit une tresconfiderable
le Dimanche onzieme
de ce mois . C'eft celle de
Monfieur Bazin ,fameux Miniſtre
d'Orthez au Dioceſe d'Efcar .
Quoy qu'il copre neuf Miniftres
dans fa Famille , dont l'exemple
Ei
F v
30 MERCURE
pouvoit l'affermir dans fes erreurs
, il les abjurà le jour que je
viens de vous marquer, entre les
mains de Monfieur l'Evefque
d'Acqs , à l'iffuë de la Controverfe
qui fe fait tous les Dimanches
apres Vefpres dans l'Eglife de
S. Sulpice par Monfieur le Vicaire
de cette Parroiffe . Le Sieur de
Beaumais , dit le Mercier de Paris
, y foûtient fous lay . Cette cerémonie
attira une affluence prodigieufe
de Peuple . Monfieur
l'Evefque de Geneve y affifta , &
foufcrivit à fon abjuration avec
Monfieur de la Bernaudiere Curé
de S. Sulpice .
La Miffion entretenue par Sa
Majefté à Marennes & aux autres
lieux du voisinage de la
Xaintonge , a converty plus de
fix- vingts Perfonnes depuis quatre
mois . C'est ainsi que Dieu
benit
GALANT.
131
benit en tous lieux les Ouvrages
de noftre augufte Monarque .
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Résumé : Plusieurs Conversions en divers endroits du Royaume, [titre d'après la table]
L'assemblée a institué des pensions pour les nouveaux convertis et les personnalités influentes au service de l'Église. Le nombre de conversions depuis la religion prétendue réformée augmente. Une abjuration marquante a eu lieu le 11 du mois : Monsieur Bazin, ministre d'Orthez, a abjuré devant l'évêque d'Acqs après des controverses dominicales à l'église Saint-Sulpice. Le sieur de Beaumais, l'évêque de Genève et le curé de Saint-Sulpice étaient présents. La cérémonie a attiré une grande foule. Par ailleurs, la mission royale à Marennes et en Saintonge a converti plus de soixante personnes en quatre mois, illustrant les bénédictions divines sur les actions du monarque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 229
Conversion, [titre d'après la table]
Début :
Le P. Aléxis du Bus, Theatin, continuant d'appliquer ses soins [...]
Mots clefs :
Âme, Salut, Erreurs, Religion prétendue réformée, Abjuration, Église
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texteReconnaissance textuelle : Conversion, [titre d'après la table]
Le P. Alexis du Buc, Thea
tin , continuant d'appliquer
fes foins au falut des Ames,
a fait connoiftre à Madame
de Vallegrand & à deuxde ſes '
Enfans, les erreurs de la Reli
gion Prétendue Reformée .
Ils en firent abjuration entre
fes mains le fecond jour de
ce Mois , dans l'Eglife des
grandes Carmelites . La Maifon
de Vallegrand eft une
des premieres de Champa
gne,
tin , continuant d'appliquer
fes foins au falut des Ames,
a fait connoiftre à Madame
de Vallegrand & à deuxde ſes '
Enfans, les erreurs de la Reli
gion Prétendue Reformée .
Ils en firent abjuration entre
fes mains le fecond jour de
ce Mois , dans l'Eglife des
grandes Carmelites . La Maifon
de Vallegrand eft une
des premieres de Champa
gne,
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7
p. 4-15
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay parlé de la Déclaration qui enjoint aux Officiers [...]
Mots clefs :
Déclarations, Ministres, Religion prétendue réformée, Catholique, Vérité, Erreurs, Abjuration, Hérésie, Conversions, Missions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Jevous ay parlé
de la Déclaration qui enjoint
aux Officiers de Juftice
de fe tranfporter dans les
MA
GALANT. 5
Maiſons des Malades de la
Religion Prétenduë Refor
mée, pour fçavoir d'eux s'ils
ont deffein d'y mourir , &
leur donner par ces fortes
de vifites une entiere liberté
d'expliquer leurs fentimens.
Elle fut regiftrée le Jeudy
23. de l'autre Mois , en
l'Audience du Préfidial de
Niort, & deux jours apres it
y'eur occafion d'en tirer du
fruit. Marie Meftayer, Fem
me de Louis Vilain S de
Grandmaiſon , dangereufement
malade , eftoit fi fort
obfedée de fes Miniftres,
A iij
6 MERCVRE
que quelque envie qu'elle
témoignaſt de s'éclaircir de
beaucoup de doutes , elle ne
pouvoit trouver moyen de
faire appeller aucun Catholique.
"M' de Fontmor Préfident
& Lieutenant
Ge
neral de la Ville , fe rendit
chez cette Femme, en vertu
de la Déclaration
dont je
viens de vous parler. Elle
luy marqua la joye qu'elle
avoit de ce que fa prefence
luy donnoit la liberté de fatisfaire
à ce que Dieu vouloit
d'elle , & luy déclara
devant M' le Procureur du
GALANT 7
Roy, que jamais elle n'avoit
efté bien perfuadée de la
Religion qu'elle profeffoit.
Alors ce Préfident prenant
la parole , luy dit les choles
du monde les plus tou
chantes , & employa des raifonnemens
fi forts pour luy
faire connoiftre
la verité,
qu'eftant pleinement convaincue
de ſes erreurs , elle
demanda à y renoncer. On
fit venir auffit Cer. On
le Pere
Gardien des Capucins qui
en reçeur l'Abjuration , &
qui luy donna les inftru
ctions dont elle eut befoin.
A iiij
8 MERCVRE
M de Fontmort ne la quita
qu'apres de grandes marques
de liberalité qu'il laiffa
chez elle. Il les reitera le
lendemain par quantité de
rafraîchiffemens qu'il fit
porter à cette Malade . Elle
ne fut pas la feule qui abjura
l'Heréne. Son Mary voulut
fuivre fon exemple , & prit
des Lettres de recommandation
de ce Président pour
aller à Poitiers fe faire inftruire.
Cela nous fait voir
combien il eftoit neceffaire
que par une fi juſte précaution
Sa Majefté pourveuft
GALANT.
aux contraintes , dans lef
quelles les Malades de la
Religion de Calvin font
prefque toujours retenus
par leurs Parens qui les obfedent
au lit de la mort.
Il en eft beaucoup qui
n'attendent pas ces derniers
momens pour
ſe tirer d'un
Party où le péril eft fi manifelte.
Ce ne font par tout
que Converſions , & le Pere
Tiburce de Copiac Capucin
, & quelques Religieux
de ce mefme Ordre , en ont
fait un fort grand nombre
dans leur Miffion de Lunel
*
10 MERCVRE
en Languedoc. C'eſt une
Ville du Diocefe de Montpellier.
Parmy les Religionnaires
de l'un & de l'autre Se-
-xe qu'ils ont convertis ,il s'en
trouve trois des principaux
de la Ville. Le premier eft
Noble François de Cadolle,
Seigneur de Cannau , Capitaine
dans le Regiment de
Champagne, & Major dans
la Citadelle de Montpellier
..
Il a fervy depuis vingt- cinq
ou trente ans dans les Armées
de Flandre , d'Allemagne
& de Catalogne , &
a eu divers CommandeGALANT.
It
mens aux Sieges des Villes..
Les playes dont tout fon
Corps eft couvert en font
une preuve.Ila plufieursFreres
Capitaines. L'Aîné qui
demeure à Montpellier
, &
qu'on appelle M de Cadolle
, a fait la mefme Abju
ration avec Madame fa
Femme & tousleurs Enfans,
dont il y en a qui ſont Officiers
dans les Armées . M
de Cadelle font d'une Nobleffe
tres- cófidérable dans
le Languedoc , & Co-Seigneurs
avec le Roy de la
Ville de Lunel.
*
12 MERCVRE
M de Nicol s'eft converty
dans le mefme temps .
Il eft à préfent le premier
Conful de Lunel , & a fait
fon entrée aux Etats du Languedoc
qui fe font tenus
dans Montpellier , où il a
efté reçeu à l'Office de Correcteur.
C'est une Charge
des plus importantes dans
la Cour des Aydes, Mef
fieurs des Etats luy ont mar
qué une extréme joye de cet
heureux changement.
Elle n'a pas efté moindre
pour celuy de M de Boſenguet
, l'un des plus honGALANT.
13
neftes Hommes, & des plus
riches de toute la Ville. Son
exemple a efté fuivy de fes
Enfans qui font en grand
nombre. Ila un Fils Lieutenant-
Major dans un Regiment.
Tous les Catholiques
de Montpellier en ont fait
des réjouiffances publiques
par dés Feux allumez devant
leurs Portes apres le Te
-Deum chanté folemnellement.
Ces utiles Miffions
font voir le foin que M
l'Evefque de Montpellier
prendde fon Troupeau . On
ne doit pas moins eftimer le
14 MERCVRE
zele de M' l'Evefque de
Nifmes , qui eftant voiſin,
& s'appliquant tout entier à
ce qui peut eftre avantageux
àl'Eglife , a donné pouvoir
aux mefmes Miffionnaires
de recevoir l'Abjuration de
ceux de fon Dioceſe.
Il s'eft faitune autre Mil
fion à Bourges avec beaucoup
de fuccés. M' l'Abbé
Hervé , Fils de M' Hervé,
Confeiller en la Grande
Chambre du Parlement de
Paris , qui a fait en tant de
Lieux des Converfions admirables,
en eftoit le Chef.
GALANT. K
Cette Miffion fut terminée
le 12. de l'autre Mois par un
excellent Difcours que M
Laurent Chanoine prononça
dans la Métropoli
taine. Ce Difcours , qui
eftoit adreffé à M' l'Arche
vefque de Bourges , fit voir
que ce grand Prélat eftoit
le Fleuve de l'Ecriture qu'on
vit changé en Lumiere & en
Soleil.
de la Déclaration qui enjoint
aux Officiers de Juftice
de fe tranfporter dans les
MA
GALANT. 5
Maiſons des Malades de la
Religion Prétenduë Refor
mée, pour fçavoir d'eux s'ils
ont deffein d'y mourir , &
leur donner par ces fortes
de vifites une entiere liberté
d'expliquer leurs fentimens.
Elle fut regiftrée le Jeudy
23. de l'autre Mois , en
l'Audience du Préfidial de
Niort, & deux jours apres it
y'eur occafion d'en tirer du
fruit. Marie Meftayer, Fem
me de Louis Vilain S de
Grandmaiſon , dangereufement
malade , eftoit fi fort
obfedée de fes Miniftres,
A iij
6 MERCVRE
que quelque envie qu'elle
témoignaſt de s'éclaircir de
beaucoup de doutes , elle ne
pouvoit trouver moyen de
faire appeller aucun Catholique.
"M' de Fontmor Préfident
& Lieutenant
Ge
neral de la Ville , fe rendit
chez cette Femme, en vertu
de la Déclaration
dont je
viens de vous parler. Elle
luy marqua la joye qu'elle
avoit de ce que fa prefence
luy donnoit la liberté de fatisfaire
à ce que Dieu vouloit
d'elle , & luy déclara
devant M' le Procureur du
GALANT 7
Roy, que jamais elle n'avoit
efté bien perfuadée de la
Religion qu'elle profeffoit.
Alors ce Préfident prenant
la parole , luy dit les choles
du monde les plus tou
chantes , & employa des raifonnemens
fi forts pour luy
faire connoiftre
la verité,
qu'eftant pleinement convaincue
de ſes erreurs , elle
demanda à y renoncer. On
fit venir auffit Cer. On
le Pere
Gardien des Capucins qui
en reçeur l'Abjuration , &
qui luy donna les inftru
ctions dont elle eut befoin.
A iiij
8 MERCVRE
M de Fontmort ne la quita
qu'apres de grandes marques
de liberalité qu'il laiffa
chez elle. Il les reitera le
lendemain par quantité de
rafraîchiffemens qu'il fit
porter à cette Malade . Elle
ne fut pas la feule qui abjura
l'Heréne. Son Mary voulut
fuivre fon exemple , & prit
des Lettres de recommandation
de ce Président pour
aller à Poitiers fe faire inftruire.
Cela nous fait voir
combien il eftoit neceffaire
que par une fi juſte précaution
Sa Majefté pourveuft
GALANT.
aux contraintes , dans lef
quelles les Malades de la
Religion de Calvin font
prefque toujours retenus
par leurs Parens qui les obfedent
au lit de la mort.
Il en eft beaucoup qui
n'attendent pas ces derniers
momens pour
ſe tirer d'un
Party où le péril eft fi manifelte.
Ce ne font par tout
que Converſions , & le Pere
Tiburce de Copiac Capucin
, & quelques Religieux
de ce mefme Ordre , en ont
fait un fort grand nombre
dans leur Miffion de Lunel
*
10 MERCVRE
en Languedoc. C'eſt une
Ville du Diocefe de Montpellier.
Parmy les Religionnaires
de l'un & de l'autre Se-
-xe qu'ils ont convertis ,il s'en
trouve trois des principaux
de la Ville. Le premier eft
Noble François de Cadolle,
Seigneur de Cannau , Capitaine
dans le Regiment de
Champagne, & Major dans
la Citadelle de Montpellier
..
Il a fervy depuis vingt- cinq
ou trente ans dans les Armées
de Flandre , d'Allemagne
& de Catalogne , &
a eu divers CommandeGALANT.
It
mens aux Sieges des Villes..
Les playes dont tout fon
Corps eft couvert en font
une preuve.Ila plufieursFreres
Capitaines. L'Aîné qui
demeure à Montpellier
, &
qu'on appelle M de Cadolle
, a fait la mefme Abju
ration avec Madame fa
Femme & tousleurs Enfans,
dont il y en a qui ſont Officiers
dans les Armées . M
de Cadelle font d'une Nobleffe
tres- cófidérable dans
le Languedoc , & Co-Seigneurs
avec le Roy de la
Ville de Lunel.
*
12 MERCVRE
M de Nicol s'eft converty
dans le mefme temps .
Il eft à préfent le premier
Conful de Lunel , & a fait
fon entrée aux Etats du Languedoc
qui fe font tenus
dans Montpellier , où il a
efté reçeu à l'Office de Correcteur.
C'est une Charge
des plus importantes dans
la Cour des Aydes, Mef
fieurs des Etats luy ont mar
qué une extréme joye de cet
heureux changement.
Elle n'a pas efté moindre
pour celuy de M de Boſenguet
, l'un des plus honGALANT.
13
neftes Hommes, & des plus
riches de toute la Ville. Son
exemple a efté fuivy de fes
Enfans qui font en grand
nombre. Ila un Fils Lieutenant-
Major dans un Regiment.
Tous les Catholiques
de Montpellier en ont fait
des réjouiffances publiques
par dés Feux allumez devant
leurs Portes apres le Te
-Deum chanté folemnellement.
Ces utiles Miffions
font voir le foin que M
l'Evefque de Montpellier
prendde fon Troupeau . On
ne doit pas moins eftimer le
14 MERCVRE
zele de M' l'Evefque de
Nifmes , qui eftant voiſin,
& s'appliquant tout entier à
ce qui peut eftre avantageux
àl'Eglife , a donné pouvoir
aux mefmes Miffionnaires
de recevoir l'Abjuration de
ceux de fon Dioceſe.
Il s'eft faitune autre Mil
fion à Bourges avec beaucoup
de fuccés. M' l'Abbé
Hervé , Fils de M' Hervé,
Confeiller en la Grande
Chambre du Parlement de
Paris , qui a fait en tant de
Lieux des Converfions admirables,
en eftoit le Chef.
GALANT. K
Cette Miffion fut terminée
le 12. de l'autre Mois par un
excellent Difcours que M
Laurent Chanoine prononça
dans la Métropoli
taine. Ce Difcours , qui
eftoit adreffé à M' l'Arche
vefque de Bourges , fit voir
que ce grand Prélat eftoit
le Fleuve de l'Ecriture qu'on
vit changé en Lumiere & en
Soleil.
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Au XVIIe siècle en France, une déclaration ordonnait aux officiers de justice de visiter les protestants malades pour leur offrir la possibilité de se convertir au catholicisme avant leur décès. Cette déclaration fut enregistrée le 23 du mois précédent par le Présidial de Niort. Deux jours plus tard, Marie Mestayer, épouse de Louis Vilain de Grandmaison, gravement malade et influencée par ses ministres protestants, fut visitée par M. de Fontmort, Président et Lieutenant général de la ville. Marie Mestayer exprima son désir de clarifier ses doutes mais ne pouvait appeler un catholique. M. de Fontmort lui offrit la liberté de se convertir. Convaincue de ses erreurs, elle abjura le protestantisme en présence du Père Gardien des Capucins, qui reçut son abjuration et lui donna les instructions nécessaires. Son mari suivit son exemple et obtint des lettres de recommandation pour se faire instruire à Poitiers. Le texte souligne l'importance de telles précautions pour permettre aux protestants de se convertir avant leur mort, souvent retenus par leurs proches. De nombreuses conversions eurent lieu, notamment à Lunel en Languedoc, où plusieurs notables, comme François de Cadolle et M. de Nicol, se convertirent. Ces conversions furent célébrées par des réjouissances publiques. Les missions de conversion étaient également actives à Bourges, dirigées par l'abbé Hervé, avec un discours final prononcé par M. Laurent, Chanoine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 253-262
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le zele que le Roy fait éclater en toutes rencontres [...]
Mots clefs :
Zèle, Vraie religion, Religion prétendue réformée, Abjurations, Erreurs, Conversions, Église, Vérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le zele que le Roy fait
éclater en toutes rencontres
pour les chofes qui
regardent l'intéreſt de la
vraye Religion , eft vifiblement
récompenfé
par les
grandes pertes que fait tous
les jours la Prétendue Réformée.
Il eft furprenant
254 MEROVRE
d'avoir veu deux cens Perfonnes
enabjurer les erreurs
toutes à la fois. C'est ce qui
vient d'arriver dans les Villages
de Chenay & de Chey,
Diocefe de Poitiers . Ceux
de ce Party devroient bien
par là rentrer en eux - mefmes,
& s'appliquer tout- debon
à chercher la verité, qui
fe découvre toûjours , lors
que l'obftination ne la cache
point. La Converſion
de Madame de Gritin en eft
pour eux une preuve. Cette
Dame, qui par l'étendue de
fes lumieres fembloit forti
GALANT 255
her leur
aveuglement , apres
avoir combatu pédant deux
ans , a efté enfin contrainte
à fe rendre. Vous pouvez
juger de fon efprit par la
belle Lettre que je vous envoyay
au mois de Novembre
, dans laquelle eft contenue
l'Hiftoire
extraordinaire
de cette jeune Perfonne
, que fes Parcns avoient
forcée à fe marier. C'eft elle
qui l'a écrite. Le long temps
qu'elle a employé à contef
ter, nous fait affez voir que
fi elle a changé de Religion,
ce n'a pas efté fans connoif
.
256 MERCVRE
fance de cauſe. Nous devons
fon changement, ainfi que
celuy de M' de Gritin fon
Mary, aux foins de M' Vi
gnier , qui y a travaillé avec
une affiduité extraordinaire,
& qui ne l'a point voulu
abandonner , qu'il ne lait
tirée du précipice où elle
eftoit , pour la faire entrer
dans le bon chemin. Elle
abjura au commencement
de ce mois dans l'Eglife de
M" de la Miffion de Riche
lieu, & on peut dire qu'elle a
pratiqué le confeil de l'E
vangile, puis qu'elle a quité
GALANT. 257
Parens & Amis , & qu'elle
s'eft mefme brouillée avec
Madame fa Mere, pour qui
elle a toûjours eu un tresgrand
refpect , & dont elle
eftoit aimée avec toute la
tendreffe imaginable. "
Le Mardy u . de ce mois,
Mademoiſelle de la Mote
de la Godinelaye fit la mefme
abjuration dans l'Eglife
des Religieufes Urfulines de
Rennes. Elle eft âgée de
vingt- trois ans. Madame fa
Mère s'eftoit remariée au
篆
Miniftre de l'Eglife des Prés
tendus Réformez , & avoit
Février 1681. Y
258 MERCVRE
mis aupres d'elle une Gou
vernante des plus obftinées
dans fes erreurs . Cette jeune
Demoiselle n'a pas laiffé de
venir à bout de la convertir,
apres avoir efté convaincue
des veritez de noftre Religion
par l'excellent Livre de
M ' l'Evefque de Condom ,
que luy avoit expliqué M
du Pleffis - Bardoul , Gentilhomme
de fes Voifins à la
Campagne. Elle avoit dit
fort longtemps , qu'elle ef
toit de la Religion du Livre
de M de Condom , mais elle
fe croyoit bien fodée à croire
GALANT 259
que la ReligionRomaine n'y
eftoit pas conforme. On luy
afait venir toutes les Atteftations
qui ont efté données
pour ce Livre, & on l'a fi pleinemét
éclaircie de quelques
Points qui l'embarafſoient,
qu'elle n'a pû davantage
fermer les yeux à la verité.
Je vous ay parlé dans ma
Lettre de Decembre , de
Madame de Fontmort, Préfidente
à Niort , à qui Madame
la Ducheffe de Navailles
en partant de la Ro
chelle , avoit confié Mademoiſelle
Pagez apres ſa Con-
Y ij
260 MERCVRE
verfion. Cette Dame, dont
la vertu eftoit tres - connue,
amena icy dans ce mefme
mois trois de fes Niéces de
le Religion Prétenduë Réformée
, dans l'efpérance de
la leur faire abjurer en préfence
de la Cour. Elle a
employé toutes fortes de
moyens pour venie à bout
de ce deffein , & n'a réuffy
que pour la Cadere , que
Madame la Marquife de
Maintenon fa Parente , a
prife aupres d'elle . Les deux
Aînées n'ayant voulu entrer
en aucune explication fur les
GALANT 2611
Points cotroverfez, Madame:
de Fontmort s'eftoit yeuë
scontrainte de les remener
en Poitou , où de tres- pref
fantes Lettres les rappelloient.
Elle cfpéroit les gagner
avec le temps , & c'eftoit
par là qu'elle n'avoit
pû les laiffer partir fans leur
tenir compagnie , mais elle
n'a fait qu'une partie du
voyage, ayant efté attaquée
au Port de Pile d'une apo
pléxie fi violente dans la nuit
du 12.au 13. de ce mois, qu'
elle en eft morte fix heures .
apres. C'eftune perte confi
262 MERCVRE
dérable pour les beaux Efprits
de la Province, & pour
tous ceux dont elle pre - 1
noit les intérefts . Elle eftoit
d'une libéralité fans exemple,
& peu de Perfonnes luy
ont demandé fa protection ,
fans qu'elle leur ait donné
des marques d'une genéro
peu commune,
éclater en toutes rencontres
pour les chofes qui
regardent l'intéreſt de la
vraye Religion , eft vifiblement
récompenfé
par les
grandes pertes que fait tous
les jours la Prétendue Réformée.
Il eft furprenant
254 MEROVRE
d'avoir veu deux cens Perfonnes
enabjurer les erreurs
toutes à la fois. C'est ce qui
vient d'arriver dans les Villages
de Chenay & de Chey,
Diocefe de Poitiers . Ceux
de ce Party devroient bien
par là rentrer en eux - mefmes,
& s'appliquer tout- debon
à chercher la verité, qui
fe découvre toûjours , lors
que l'obftination ne la cache
point. La Converſion
de Madame de Gritin en eft
pour eux une preuve. Cette
Dame, qui par l'étendue de
fes lumieres fembloit forti
GALANT 255
her leur
aveuglement , apres
avoir combatu pédant deux
ans , a efté enfin contrainte
à fe rendre. Vous pouvez
juger de fon efprit par la
belle Lettre que je vous envoyay
au mois de Novembre
, dans laquelle eft contenue
l'Hiftoire
extraordinaire
de cette jeune Perfonne
, que fes Parcns avoient
forcée à fe marier. C'eft elle
qui l'a écrite. Le long temps
qu'elle a employé à contef
ter, nous fait affez voir que
fi elle a changé de Religion,
ce n'a pas efté fans connoif
.
256 MERCVRE
fance de cauſe. Nous devons
fon changement, ainfi que
celuy de M' de Gritin fon
Mary, aux foins de M' Vi
gnier , qui y a travaillé avec
une affiduité extraordinaire,
& qui ne l'a point voulu
abandonner , qu'il ne lait
tirée du précipice où elle
eftoit , pour la faire entrer
dans le bon chemin. Elle
abjura au commencement
de ce mois dans l'Eglife de
M" de la Miffion de Riche
lieu, & on peut dire qu'elle a
pratiqué le confeil de l'E
vangile, puis qu'elle a quité
GALANT. 257
Parens & Amis , & qu'elle
s'eft mefme brouillée avec
Madame fa Mere, pour qui
elle a toûjours eu un tresgrand
refpect , & dont elle
eftoit aimée avec toute la
tendreffe imaginable. "
Le Mardy u . de ce mois,
Mademoiſelle de la Mote
de la Godinelaye fit la mefme
abjuration dans l'Eglife
des Religieufes Urfulines de
Rennes. Elle eft âgée de
vingt- trois ans. Madame fa
Mère s'eftoit remariée au
篆
Miniftre de l'Eglife des Prés
tendus Réformez , & avoit
Février 1681. Y
258 MERCVRE
mis aupres d'elle une Gou
vernante des plus obftinées
dans fes erreurs . Cette jeune
Demoiselle n'a pas laiffé de
venir à bout de la convertir,
apres avoir efté convaincue
des veritez de noftre Religion
par l'excellent Livre de
M ' l'Evefque de Condom ,
que luy avoit expliqué M
du Pleffis - Bardoul , Gentilhomme
de fes Voifins à la
Campagne. Elle avoit dit
fort longtemps , qu'elle ef
toit de la Religion du Livre
de M de Condom , mais elle
fe croyoit bien fodée à croire
GALANT 259
que la ReligionRomaine n'y
eftoit pas conforme. On luy
afait venir toutes les Atteftations
qui ont efté données
pour ce Livre, & on l'a fi pleinemét
éclaircie de quelques
Points qui l'embarafſoient,
qu'elle n'a pû davantage
fermer les yeux à la verité.
Je vous ay parlé dans ma
Lettre de Decembre , de
Madame de Fontmort, Préfidente
à Niort , à qui Madame
la Ducheffe de Navailles
en partant de la Ro
chelle , avoit confié Mademoiſelle
Pagez apres ſa Con-
Y ij
260 MERCVRE
verfion. Cette Dame, dont
la vertu eftoit tres - connue,
amena icy dans ce mefme
mois trois de fes Niéces de
le Religion Prétenduë Réformée
, dans l'efpérance de
la leur faire abjurer en préfence
de la Cour. Elle a
employé toutes fortes de
moyens pour venie à bout
de ce deffein , & n'a réuffy
que pour la Cadere , que
Madame la Marquife de
Maintenon fa Parente , a
prife aupres d'elle . Les deux
Aînées n'ayant voulu entrer
en aucune explication fur les
GALANT 2611
Points cotroverfez, Madame:
de Fontmort s'eftoit yeuë
scontrainte de les remener
en Poitou , où de tres- pref
fantes Lettres les rappelloient.
Elle cfpéroit les gagner
avec le temps , & c'eftoit
par là qu'elle n'avoit
pû les laiffer partir fans leur
tenir compagnie , mais elle
n'a fait qu'une partie du
voyage, ayant efté attaquée
au Port de Pile d'une apo
pléxie fi violente dans la nuit
du 12.au 13. de ce mois, qu'
elle en eft morte fix heures .
apres. C'eftune perte confi
262 MERCVRE
dérable pour les beaux Efprits
de la Province, & pour
tous ceux dont elle pre - 1
noit les intérefts . Elle eftoit
d'une libéralité fans exemple,
& peu de Perfonnes luy
ont demandé fa protection ,
fans qu'elle leur ait donné
des marques d'une genéro
peu commune,
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le texte décrit les initiatives du roi pour promouvoir la 'vraye Religion' et les conversions qui en découlent. Dans les villages de Chenay et de Chey, diocèse de Poitiers, deux cents personnes ont abjuré leurs erreurs religieuses. Parmi les conversions notables, celle de Madame de Gratin est particulièrement mentionnée. Après deux années de résistance, elle a finalement abjuré grâce aux efforts de Monsieur Vignier. Une jeune femme, contrainte par ses parents de se marier, a également relaté son histoire et sa conversion après une longue réflexion dans une lettre. Mademoiselle de la Mothe de la Godinelaye, âgée de vingt-trois ans, a abjuré dans l'église des Religieuses Ursulines de Rennes. Sa mère, remariée à un ministre protestant, avait placé une gouvernante obstinée auprès d'elle. La jeune fille a été convaincue par le livre de l'évêque de Condom, expliqué par Monsieur du Plessis-Bardoul. Madame de Fontmort, présidente à Niort, a tenté de convertir trois de ses nièces protestantes, mais n'a réussi qu'avec la cadette. Les deux aînées ont refusé toute discussion. Madame de Fontmort est décédée subitement d'une apoplexie lors de son retour en Poitou. Sa mort est perçue comme une grande perte pour la province et ceux dont elle protégeait les intérêts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 291-299
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçaurois quiter le Poitou, où il se fait [...]
Mots clefs :
Poitou, Conversions, Abjurations, Erreurs, Religion prétendue réformée, Missionnaires, Malades, Calvin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Je ne fçaurois quiter le
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Dans la région du Poitou, plusieurs conversions religieuses notables ont eu lieu. Madame de Pontieu a abjuré ses erreurs dans l'église des Pères de l'Oratoire de Niort après une longue réflexion et des discussions avec des personnes des deux camps religieux. Cette conversion est significative en raison de son mérite personnel et de son influence. Monsieur le Président de Fanmort et une religieuse ursuline, parente de Monsieur Maboul, ont joué des rôles importants dans ce processus. Un zélé religieux, affaibli par une longue fièvre, a visité les lieux où il avait été envoyé en tant que Grand Vicaire. Sa présence a marqué les esprits, et il a encouragé les missionnaires et curés à poursuivre l'instruction des personnes susceptibles de se convertir. À Saint-Quentin, Monsieur Bernard, premier secrétaire de l'évêque de Tournay, a abjuré les maximes de Calvin après plusieurs remises. Son frère, déjà convaincu de la fausseté des doctrines calvinistes, l'a soutenu dans cette décision. Monsieur Bernard a fait sa profession publique de foi devant l'évêque de Tournay. De retour à Saint-Quentin, il a convaincu sa femme de suivre son exemple, et elle a abjuré entre les mains de Monsieur Bendier, docteur de la Sorbonne et chanoine de l'église royale et collégiale de Saint-Quentin. La santé de Monsieur le Maréchal est mentionnée sans détails supplémentaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 312-315
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je vous manday la derniere fois que Mr l'Evesque de Poitiers, [...]
Mots clefs :
Évêque de Poitiers, Abjurations, Religionnaires, Neveu, Conversions, Religion prétendue réformée, Honnête homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Je vous manday la der
niere fois que M' l'Évelque
de Poitiers, n'avoit pas fitoft
fenty les accés de fa fiévre diminuez
, qu'il alla luy- mefme
recevoir les abjurations
=
d'un
GALANT 313
4
d'un tres -grand nombre de
Religionnaires. Vous fçavez
qu'il eft Neveu de feu M
de Péréfixe , Précepteur du
Roy, & Archevefque de Paris
, & Fils du fameux M' de
la Hoguete qui a fait le Teſtament
fidelle d'un bon Pere à
fes Enfans. Ce zelé Prélat
continue fes foins fans aucun
relâche , pour tout ce qui
peut contribuer à faciliter les
converfions . M' Rabereul
"Doyen de l'Eglife de Poi-
"tiers , & fon Grand Vicaire,
accompagne M' de Maril
lac , Intendant de la Pro
Avril 1681. Dd
314 MERCVRE
vince, qui avec un zele qu'on
ne fçauroit exprimer , va
dans tous les lieux où il fe
croit neceffaire pour l'avancement
de ce grand Ouvrage.
Le fuccés en eft fi
grand , que depuis deux
mois , on compte plus de
fept mille Perfonnes de la
Religion Prétenduë Réformée
qui ont abjuré. M' de
Marillac eft Fils du Confeiller
d'Etat de ce nom,
Petit Fils du Garde des
Sceaux , & Petit Neveu du
Maréchal de Marillac. C'eft
un parfaitement honneſte
GALANT. 315
Honime , dont on ne peut
trop eftimer la probité.
niere fois que M' l'Évelque
de Poitiers, n'avoit pas fitoft
fenty les accés de fa fiévre diminuez
, qu'il alla luy- mefme
recevoir les abjurations
=
d'un
GALANT 313
4
d'un tres -grand nombre de
Religionnaires. Vous fçavez
qu'il eft Neveu de feu M
de Péréfixe , Précepteur du
Roy, & Archevefque de Paris
, & Fils du fameux M' de
la Hoguete qui a fait le Teſtament
fidelle d'un bon Pere à
fes Enfans. Ce zelé Prélat
continue fes foins fans aucun
relâche , pour tout ce qui
peut contribuer à faciliter les
converfions . M' Rabereul
"Doyen de l'Eglife de Poi-
"tiers , & fon Grand Vicaire,
accompagne M' de Maril
lac , Intendant de la Pro
Avril 1681. Dd
314 MERCVRE
vince, qui avec un zele qu'on
ne fçauroit exprimer , va
dans tous les lieux où il fe
croit neceffaire pour l'avancement
de ce grand Ouvrage.
Le fuccés en eft fi
grand , que depuis deux
mois , on compte plus de
fept mille Perfonnes de la
Religion Prétenduë Réformée
qui ont abjuré. M' de
Marillac eft Fils du Confeiller
d'Etat de ce nom,
Petit Fils du Garde des
Sceaux , & Petit Neveu du
Maréchal de Marillac. C'eft
un parfaitement honneſte
GALANT. 315
Honime , dont on ne peut
trop eftimer la probité.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Au XVIIe siècle, en France, des efforts significatifs sont déployés pour convertir les protestants. L'évêque de Poitiers, neveu de l'ancien précepteur du roi et archevêque de Paris, ainsi que fils de l'auteur du 'Testament fidèle d'un bon Père à ses Enfants', joue un rôle clé dans ces conversions. Il est soutenu par M. Rabereul, doyen de l'église de Poitiers et son grand vicaire, ainsi que par M. de Marillac, intendant de la province. Ce dernier, reconnu pour son zèle, parcourt divers lieux pour encourager ces conversions. En deux mois, plus de sept mille personnes de la religion prétendue réformée ont abjuré. M. de Marillac est décrit comme un homme honnête et probe, fils d'un conseiller d'État et petit-neveu du maréchal de Marillac.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 1-7
Avant-propos, [titre d'après la table]
Début :
Le nom de Grand a esté donné à beaucoup de Princes, [...]
Mots clefs :
Roi, Auguste monarque, Victoires, Sujets, Religion prétendue réformée, Nouvelles ordonnance, Conversions, Abjurations, Logement de soldats, Hérésie de Calvin, Diminution, Provinces, Poitou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avant-propos, [titre d'après la table]
Enom de Grand a
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
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Résumé : Avant-propos, [titre d'après la table]
Le texte met en lumière les mérites d'un monarque français, qualifié de 'Grand' pour ses nombreuses victoires militaires, ses réformes judiciaires visant à éviter les abus et les procédures longues, ainsi que son zèle religieux. Le roi encourage la conversion des protestants au catholicisme en publiant une ordonnance qui supprime les obstacles à cette conversion. Certains protestants hésitaient à se convertir par crainte des seigneurs locaux, qui pourraient les obliger à loger des soldats. Pour les rassurer, le roi a décrété que les convertis seraient exemptés de loger des soldats et de payer certaines taxes pendant deux ans. Cette mesure vise à favoriser les conversions, et les missionnaires royaux signalent des progrès notables, notamment dans le Poitou où des centaines de personnes se sont récemment converties.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 10-24
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Il y a eu icy dans le mesme temps beaucoup [...]
Mots clefs :
Conversions, Amour, Cavalier, Demoiselle, Croyances, Coeur, Habits, Religion, Mariage, Religion prétendue réformée, Catholique, Renoncer à l'erreur, Aveu, Vérité, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Il y a eu icy dans le meſ
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Dans un parc parisien, un cavalier s'éprend d'une jeune femme appartenant à une religion différente de la sienne. Pour se rapprocher d'elle, il simule l'adoption de ses croyances et obtient ainsi sa confiance. Leur relation évolue rapidement, et la jeune femme accepte de l'épouser après qu'il lui a révélé sa véritable foi catholique. Elle décide de se convertir, soutenue par un érudit. Cependant, une parente de la jeune femme, scandalisée par cette conversion, persuade la mère de s'opposer au mariage. La mère refuse catégoriquement l'union malgré les supplications et les menaces de sa fille, qui reste résolue. La jeune femme abjure publiquement sa foi, mais cette action ne lui procure guère de satisfaction en raison des obstacles rencontrés. La mère, furieuse, refuse de pardonner à l'amant et surveille étroitement sa fille. Parallèlement, le père du cavalier désapprouve la relation en raison d'une dot insuffisante, interdisant à son fils de fréquenter la jeune femme. Malgré ces difficultés, les amants continuent de communiquer par lettres, se promettant une fidélité éternelle et espérant surmonter les obstacles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 132-136
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le 7. du dernier mois, Mr. le Comte de Creange, l'un [...]
Mots clefs :
Comte de Créange, Seigneur, Maladie, Abjuration, Hérésie de Luther, Conversions, Religion prétendue réformée, Évêque, Conseiller du Parlement, Cérémonie, Hérésie de Calvin, Mademoiselle , Prières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le 7. du dernier mois,
Mile Comte de Creange,
l'un des plus puiſſans Seigneurs
de la Lorraine Allemande
, abjura l'Heréſie de
Luther, dás l'occaſion d'une
maladie qui le mit en grand
péril. Sa converfion donne
GALANT. 133
d'autant plus de joye, qu'elle
entraînera celle de tout un
grand Peuple, les Sujets ſuivant
en ce Païs- là la Reli
gion de leurs Seigneurs .
Deux jours apres , M. de
StrefCapitaine deCavalerie,
Fils du Colonel de ce nom,
ſi fameux par ſes ſervices,
quitta la Prétenduë Refor.
mée, & en fit abjuration
entre les mains de M. de la
Feüillade Eveſque de Mets,
en préſence de Mide Cogné
Conſeiller du Parlement de
la meſme Ville , qui depuis
deux jours avoit eſté rece
134 MERCVRE
voir ſa Déclaration au Pont
à- Mouſſon . Cette Ceremo
nie ſe fit à Montigny lez
Mets, dans l'Egliſe des Religieuſes
Benedictines de ce
Lieu , dont l'Abbeſſe eſt de
l'ancienne Maiſon de M
Lallemant, ſi recommandable
dans la Robe, & fi connuë
à Paris.
Le 21. du meſme mois,
Mademoiselle d'Iloire, dun
Duché d'Aumale, Mere de
Mademoiselle de Montloüet
, qui demeure à Charenton
, abjura auſſi l'Heréſie
de Calvin dans l'Egliſe
GALANT. 135
de St Eustache , entre les
mains de M. Binard Docteur
en Theologie. Elle
avoit eſté quinze jours auparavant
chez M. Claude
Miniſtre , avec lequel elle
conféra pendant trois heu
res ſur pluſieurs difficultez,
dont Mademoiselle Loir qui
eſtoit préſente , l'avoit priée ,
de luy demander l'éclair.
ciſſement ; & ce Miniſtre
n'ayant pû y fatisfaire , elle
ne balança plus à prendre
party. Mademoiselle Loir
eſt une Perſonne d'eſprit,
dontM.Claude s'eſtoit ſervy
136 MERCVRE
autrefois pour empeſcher la
Converfion de ceux qu'il
voyoit douter, & entr'autres
de la Fille de M. Paneret
Marchand de Vin à Charenton,
avec laquelle, vaincuë
enfin par la force de la
Verité, elle abjura il y a environ
cinq ans , entre les
mains de M. l'Abbé Maillet.
Mile Comte de Creange,
l'un des plus puiſſans Seigneurs
de la Lorraine Allemande
, abjura l'Heréſie de
Luther, dás l'occaſion d'une
maladie qui le mit en grand
péril. Sa converfion donne
GALANT. 133
d'autant plus de joye, qu'elle
entraînera celle de tout un
grand Peuple, les Sujets ſuivant
en ce Païs- là la Reli
gion de leurs Seigneurs .
Deux jours apres , M. de
StrefCapitaine deCavalerie,
Fils du Colonel de ce nom,
ſi fameux par ſes ſervices,
quitta la Prétenduë Refor.
mée, & en fit abjuration
entre les mains de M. de la
Feüillade Eveſque de Mets,
en préſence de Mide Cogné
Conſeiller du Parlement de
la meſme Ville , qui depuis
deux jours avoit eſté rece
134 MERCVRE
voir ſa Déclaration au Pont
à- Mouſſon . Cette Ceremo
nie ſe fit à Montigny lez
Mets, dans l'Egliſe des Religieuſes
Benedictines de ce
Lieu , dont l'Abbeſſe eſt de
l'ancienne Maiſon de M
Lallemant, ſi recommandable
dans la Robe, & fi connuë
à Paris.
Le 21. du meſme mois,
Mademoiselle d'Iloire, dun
Duché d'Aumale, Mere de
Mademoiselle de Montloüet
, qui demeure à Charenton
, abjura auſſi l'Heréſie
de Calvin dans l'Egliſe
GALANT. 135
de St Eustache , entre les
mains de M. Binard Docteur
en Theologie. Elle
avoit eſté quinze jours auparavant
chez M. Claude
Miniſtre , avec lequel elle
conféra pendant trois heu
res ſur pluſieurs difficultez,
dont Mademoiselle Loir qui
eſtoit préſente , l'avoit priée ,
de luy demander l'éclair.
ciſſement ; & ce Miniſtre
n'ayant pû y fatisfaire , elle
ne balança plus à prendre
party. Mademoiselle Loir
eſt une Perſonne d'eſprit,
dontM.Claude s'eſtoit ſervy
136 MERCVRE
autrefois pour empeſcher la
Converfion de ceux qu'il
voyoit douter, & entr'autres
de la Fille de M. Paneret
Marchand de Vin à Charenton,
avec laquelle, vaincuë
enfin par la force de la
Verité, elle abjura il y a environ
cinq ans , entre les
mains de M. l'Abbé Maillet.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
En Lorraine, le 7 du dernier mois, le Comte de Creange, un puissant seigneur, abjura l'hérésie de Luther après une grave maladie. Sa conversion fut célébrée, car elle influencerait celle de ses sujets. Deux jours plus tard, Monsieur de Streff, capitaine de cavalerie, quitta également la Réforme et fit abjuration devant l'évêque de Metz, en présence d'un conseiller du Parlement de Metz, à Montigny-lès-Metz. Le 21 du même mois, Mademoiselle d'Iloire, du duché d'Aumale, abjura l'hérésie de Calvin à l'église Saint-Eustache. Quinze jours auparavant, elle avait discuté avec M. Claude, ministre, sans obtenir satisfaction. Mademoiselle Loir, initialement opposée aux conversions, avait elle-même abjuré cinq ans plus tôt.
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14
p. 136-141
Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait encor plusieurs Abjurations en diverses Villes, [...]
Mots clefs :
Abjurations, Villes, Vérités, Religion catholique, Discours, Conversions, Religion prétendue réformée
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texteReconnaissance textuelle : Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Il s'eſt fait encor pluſieurs
Abjurations en diverſesVilles,
mais il en eſt peu d'auſſi
éclatantes que celle que M
l'Archeveſque de Rheims a
reçeuë ces derniers jours
GALANT. 137
dans la Capitale de ſon Dio
ceſe. M.Fremin de Marzilly,
Capitaine dans le Regiment
de Grancé , apres avoir étu.
dié depuis deux ans avec une
application extraordinaire,
les Veritez de la Religion
Catholique, en a eſté enfin
entierement convaincu par
les conférences qu'il a euës
à Rheims avec ce grand
Prélat,& le ſçavant M.Faure
fon Vicaire general. La Cerémonie
de ſa Reconciliation
ſe fit dans la Cathédrale
le Jeudy 12. de ce mois , en
préſence de tous les Corps,
Juin 1681. M
138 MERCVRE
& des Perſonnes les plus
qualifiées de la Ville. M
l'Archeveſque de Rheims,
qui pour la rendre plus édifiante
& plus folemnelle,
•voulut la faire luy-meſme,
la termina par un excellent
Diſcours, qui fit admirer le
zele qu'il a pour tout ce qui
touche les intereſts de l'Eglife.
Pour comble de joye
publique, on apprit ce mef
me jour que le Cadet de M
de Marzilly , connu fous le
nom de Sainte Fraiſe dans
le Regiment de Coningſ
mark , où il eſt Lieutenant
5
GALANT. 139
. d'une Compagnie , venoit
auſſi de faire abjuration à
Boulogne ; & ce qu'il y a
de ſurprenant, c'eſt que ces
deux font heureuſement
fortis dans le meſme
temps des voyes de l'erreur,
fans que l'un ſçeuſt rien du
deſſein de l'autre. Ils ont
encor leur Mere , & quatre
Soeurs auſſi ſpirituelles que
bien faites , & c'eſt là tout
ce qui reſte aujourd'huy à
Rheims de la Religion Prétenduë
Reformée ; de forte
que ſans compter les effets
que cegrand exemple don-
Mij
140 MERCVRE
ne ſujet d'eſpérer, cetteVille
peut dés-à-préſent ſe vanter
d'eſtre la plus Catholique de
tout le Royaume. Les belles
qualitez de M. de Marzilly
ont beaucoup contribué à
la joye que tous ceux qui le
connoiffent ont euë de ce
changement. Il eſt bien fait,
fpirituel , agreable , d'une
probité qui n'eſt pas commune,&
fçavant au dela de
ce qu'on croiroit d'un Hom
me âgé ſeulement de vingthuit
ans. Ainſi on peut dire
que c'eſtoit une conqueſte
digne du grand Prélat qui
GALANT. 141
I'a faite,& deuë aux Veritez
triomphantes de la Religion
Catholique.
Vous aurez appris par les
Nouvelles publiques , les
fruits merveilleux qu'on fait
tous lesjours dans le Poitou..
Les Miſſions que M. l'Eveſque
de Poitiers y a établies,
& les foins qu'il prend
de faire donner par tout
les Inſtructions dont on a
beſoin, ontunſuccés ſi avantageux
, que plus de douze
mille Perſonnes ſe ſont converties
depuis quatre mois..
Abjurations en diverſesVilles,
mais il en eſt peu d'auſſi
éclatantes que celle que M
l'Archeveſque de Rheims a
reçeuë ces derniers jours
GALANT. 137
dans la Capitale de ſon Dio
ceſe. M.Fremin de Marzilly,
Capitaine dans le Regiment
de Grancé , apres avoir étu.
dié depuis deux ans avec une
application extraordinaire,
les Veritez de la Religion
Catholique, en a eſté enfin
entierement convaincu par
les conférences qu'il a euës
à Rheims avec ce grand
Prélat,& le ſçavant M.Faure
fon Vicaire general. La Cerémonie
de ſa Reconciliation
ſe fit dans la Cathédrale
le Jeudy 12. de ce mois , en
préſence de tous les Corps,
Juin 1681. M
138 MERCVRE
& des Perſonnes les plus
qualifiées de la Ville. M
l'Archeveſque de Rheims,
qui pour la rendre plus édifiante
& plus folemnelle,
•voulut la faire luy-meſme,
la termina par un excellent
Diſcours, qui fit admirer le
zele qu'il a pour tout ce qui
touche les intereſts de l'Eglife.
Pour comble de joye
publique, on apprit ce mef
me jour que le Cadet de M
de Marzilly , connu fous le
nom de Sainte Fraiſe dans
le Regiment de Coningſ
mark , où il eſt Lieutenant
5
GALANT. 139
. d'une Compagnie , venoit
auſſi de faire abjuration à
Boulogne ; & ce qu'il y a
de ſurprenant, c'eſt que ces
deux font heureuſement
fortis dans le meſme
temps des voyes de l'erreur,
fans que l'un ſçeuſt rien du
deſſein de l'autre. Ils ont
encor leur Mere , & quatre
Soeurs auſſi ſpirituelles que
bien faites , & c'eſt là tout
ce qui reſte aujourd'huy à
Rheims de la Religion Prétenduë
Reformée ; de forte
que ſans compter les effets
que cegrand exemple don-
Mij
140 MERCVRE
ne ſujet d'eſpérer, cetteVille
peut dés-à-préſent ſe vanter
d'eſtre la plus Catholique de
tout le Royaume. Les belles
qualitez de M. de Marzilly
ont beaucoup contribué à
la joye que tous ceux qui le
connoiffent ont euë de ce
changement. Il eſt bien fait,
fpirituel , agreable , d'une
probité qui n'eſt pas commune,&
fçavant au dela de
ce qu'on croiroit d'un Hom
me âgé ſeulement de vingthuit
ans. Ainſi on peut dire
que c'eſtoit une conqueſte
digne du grand Prélat qui
GALANT. 141
I'a faite,& deuë aux Veritez
triomphantes de la Religion
Catholique.
Vous aurez appris par les
Nouvelles publiques , les
fruits merveilleux qu'on fait
tous lesjours dans le Poitou..
Les Miſſions que M. l'Eveſque
de Poitiers y a établies,
& les foins qu'il prend
de faire donner par tout
les Inſtructions dont on a
beſoin, ontunſuccés ſi avantageux
, que plus de douze
mille Perſonnes ſe ſont converties
depuis quatre mois..
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Résumé : Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Le texte rapporte plusieurs abjurations récentes, dont celle de M. Fremin de Marzilly, capitaine dans le régiment de Grancé. Après deux années d'étude approfondie de la religion catholique, il a été convaincu lors de conférences avec l'archevêque de Reims et M. Faure, vicaire général. La cérémonie de réconciliation a eu lieu le 12 juin 1681 dans la cathédrale de Reims, en présence des notables de la ville. L'archevêque a souligné le zèle de M. de Marzilly pour les intérêts de l'Église. Le même jour, il a été révélé que le cadet de M. de Marzilly, lieutenant dans le régiment de Coningsmark, avait également abjuré à Boulogne. Les deux frères se sont convertis simultanément sans connaître les intentions de l'autre. Leur mère et leurs quatre sœurs restent les seuls membres de la famille pratiquant la religion prétendue réformée à Reims. Cette double conversion a renforcé la réputation catholique de la ville. M. de Marzilly est décrit comme un homme bien fait, spirituel, agréable, probe et savant, malgré son jeune âge de vingt-huit ans. Par ailleurs, les missions établies par l'évêque de Poitiers dans le Poitou ont conduit à la conversion de plus de douze mille personnes en quatre mois.
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15
p. 265-273
Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait une Abjuration fort remarquable par les circonstances [...]
Mots clefs :
Abjurations, Religion prétendue réformée, Familles, Hérésie, Lumières, Religieuses, Déclaration, Calvin, Gentilhomme, Controverse
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
Il s'eft fait une Abjuration
fort remarquable par
les circonftances dont elle
a efté accompagnée. Ce
que j'ay à vous en dire eft
arrivé à Orbec,Ville en Normandie,
où il y a
y a Bailliage.
Le Seigneur du lieu eft de
la Religion Prétenduë Reformée,
dont quantité d'Habitans
font profeffion. La
commodité d'un Prefche,
où l'exercice public s'en fait
Novembre 1681. Z
266 MERCVRE
dans ce mefme lieu , eft caufe
que beaucoup de Familles
anciennes reftent dans l'erreur.
Celle de M Defpars
Avocat d'Orbec eft de ce
nombre. Il a dix ou douze
Enfans qu'il a pris garnd
foin de bien inftruire dans
Heréfie qu'il profeffe. Ses
,
inftructions n'ont pourtant
point empefché que les lumieres
d'Enhaut n'ayent é
clairé l'une de fes Filles , qui
quoy qu'elle n'ait qu'onze
ans & demy , a l'eſprit tresmeûr
& fort avancé. Cette
jeune Fille tenant fa Reli
GALANT 267
1.
gion fufpecte , fe refolut de
quitter ſon Pere , pour ſe retirer
dans un Convent
de
Religieufes
qui font à Orbec.
Elle y alla le huitiéme
de Juillet , & n'y fut receuè
qu'après que Abbeffe du
Convent le vit appuyée de
l'autorité
de la Juftice
cut l'approbation
de fes Parens
Catholiques
. Mde
Touteville
, Juge en femai-
Gentilhomme
tres - zelé
ne ,
&
pour l'intereft de l'Eglife , luy
evint faire ouvrir les Portes,
en préfence de Meffieurs le
Burgois & de la Guerriere
Z ij
268 MERCVRE
Pere & Fils , Gentilshommes
de mérite : & proches
Parens de la Demoiselle.
Son Pere auffi furpris qu'affligé
de fi retraite , préfenta
Requelle aux Juges , dont
il poffedoit affez l'efprit, afin
que fa Fille luy fuſt rendue.
Il remontroit que fuivant la
Declaration de Sa Majefté
de 1669 11ile luy pouvoit
eftre permis de changer de
Religion , puis
usbuis qu'elle n'avot
point encor atteint
l'âge de douze ans. M' de
Touteville s'oppofa de tour
fon pouvoir à fa Requeſte
;
GALANT 269
mais quoy qu'il pût faire, il
euft efté difficile d'en empef
cher fort long- temps l'effet,
fi heureufement on n'euft
receu par la Pofte une nouvelle
Declaration du Roy,
verifiée le mefme jour 8 .
Juillet , qui permet à tous
Enfans au deffus de fept années,
de quitter Calvin pour
fe faire Catholiques. Ce fut
une grande joye pour cette
Fille , qui cut pleine liberté
de refter dans le Convent ,
& d'y recevoir les inftrutions
qui luy eftoient neceffaires.
Elle abjura il y a
Z iij
270 MEROVRE
un mois ou deux dans la
principale Eglife d'Orbec ,
entre les mains de Mle
Grand Vicaire de Lifieux .
Le Clergé avec tout le Corps
de la Juſtice , alla la prendre
au Convent des Religieufes
Madame de Touteville
eftoit avec elle , &
l'accompagna à l'Eglife, ainfque
plufieurs Demoifelles
qui portoient chacune
un Cierge blanc à la main .
Voyez , Madame , comme
le Roy fournit tous les jours
de nouveaux moyens pour
extirper l'Hérefie . En effet ,
GALANT: 271
2
il femble que Sa Declara
tion du 8. de Juillet ait efté
faite pour autoriſer la sconverfion
de cette jeune Perfonne.
On dit que M ' Def
pars ſon Pere commence à
ouvrir les yeux fur l'aveuglement
où il a toujours vêcu
. Ce feroit un grand bonheur
pour tous
ceux
de sfa
Famille
, & pour
beaucoup
d'autres
, à qui
fon
exemple
donneroit
fujet
d'examiner
plus
à fond
le funefte
engagement
ou
les
amis
leur
naiffancem
zussion
ab
JM
de Roffin
Gentilhom-
Z iiij
272 MERCVRE
me de Champagne, fort ef
timés de tous ceux qui le
connoiffent , pour les belles
lumieres de fon eſprit , a
fait auffi abjuration depuis
quelques jours entre les
mains du PereAlexis du Buc
Theatin , qui s'applique fans
relâche à la Converfion des
Herétiques , & qui le premier
Dimanche de ce mois ,
commença la Controverfe
par l'Eloge de fa Majefté.
Il dit , que cet invincible Mo
narque travailloit fans ceffe par.
la grandeur de fes Actions , &
par l'équité defes Arreſts , à reGALANT.
273
mettre dans l'Eglife ceux quir
s'en font feparez qu'il venoit
de rétablir le vray Culte dans
une Ville , d'où la tyrannie de
l'Hérefie l'avoit banny depuis
plus d'unfiecle : qu'il avoit pris
Soin de redreffer des Autels que
l'Impieté avoit abatus , qu'il
avoit fait entrer le veritable
Paſteur dans la Bergerie , dont
de faux Pafteurs s'effoient rendus
maiftres ; & que ces prodigesfaifoient
affez voir que rien
n'eftoit impoffible à un Prince
que le zele de la Maifondu Seigneur
devoroitzub
fort remarquable par
les circonftances dont elle
a efté accompagnée. Ce
que j'ay à vous en dire eft
arrivé à Orbec,Ville en Normandie,
où il y a
y a Bailliage.
Le Seigneur du lieu eft de
la Religion Prétenduë Reformée,
dont quantité d'Habitans
font profeffion. La
commodité d'un Prefche,
où l'exercice public s'en fait
Novembre 1681. Z
266 MERCVRE
dans ce mefme lieu , eft caufe
que beaucoup de Familles
anciennes reftent dans l'erreur.
Celle de M Defpars
Avocat d'Orbec eft de ce
nombre. Il a dix ou douze
Enfans qu'il a pris garnd
foin de bien inftruire dans
Heréfie qu'il profeffe. Ses
,
inftructions n'ont pourtant
point empefché que les lumieres
d'Enhaut n'ayent é
clairé l'une de fes Filles , qui
quoy qu'elle n'ait qu'onze
ans & demy , a l'eſprit tresmeûr
& fort avancé. Cette
jeune Fille tenant fa Reli
GALANT 267
1.
gion fufpecte , fe refolut de
quitter ſon Pere , pour ſe retirer
dans un Convent
de
Religieufes
qui font à Orbec.
Elle y alla le huitiéme
de Juillet , & n'y fut receuè
qu'après que Abbeffe du
Convent le vit appuyée de
l'autorité
de la Juftice
cut l'approbation
de fes Parens
Catholiques
. Mde
Touteville
, Juge en femai-
Gentilhomme
tres - zelé
ne ,
&
pour l'intereft de l'Eglife , luy
evint faire ouvrir les Portes,
en préfence de Meffieurs le
Burgois & de la Guerriere
Z ij
268 MERCVRE
Pere & Fils , Gentilshommes
de mérite : & proches
Parens de la Demoiselle.
Son Pere auffi furpris qu'affligé
de fi retraite , préfenta
Requelle aux Juges , dont
il poffedoit affez l'efprit, afin
que fa Fille luy fuſt rendue.
Il remontroit que fuivant la
Declaration de Sa Majefté
de 1669 11ile luy pouvoit
eftre permis de changer de
Religion , puis
usbuis qu'elle n'avot
point encor atteint
l'âge de douze ans. M' de
Touteville s'oppofa de tour
fon pouvoir à fa Requeſte
;
GALANT 269
mais quoy qu'il pût faire, il
euft efté difficile d'en empef
cher fort long- temps l'effet,
fi heureufement on n'euft
receu par la Pofte une nouvelle
Declaration du Roy,
verifiée le mefme jour 8 .
Juillet , qui permet à tous
Enfans au deffus de fept années,
de quitter Calvin pour
fe faire Catholiques. Ce fut
une grande joye pour cette
Fille , qui cut pleine liberté
de refter dans le Convent ,
& d'y recevoir les inftrutions
qui luy eftoient neceffaires.
Elle abjura il y a
Z iij
270 MEROVRE
un mois ou deux dans la
principale Eglife d'Orbec ,
entre les mains de Mle
Grand Vicaire de Lifieux .
Le Clergé avec tout le Corps
de la Juſtice , alla la prendre
au Convent des Religieufes
Madame de Touteville
eftoit avec elle , &
l'accompagna à l'Eglife, ainfque
plufieurs Demoifelles
qui portoient chacune
un Cierge blanc à la main .
Voyez , Madame , comme
le Roy fournit tous les jours
de nouveaux moyens pour
extirper l'Hérefie . En effet ,
GALANT: 271
2
il femble que Sa Declara
tion du 8. de Juillet ait efté
faite pour autoriſer la sconverfion
de cette jeune Perfonne.
On dit que M ' Def
pars ſon Pere commence à
ouvrir les yeux fur l'aveuglement
où il a toujours vêcu
. Ce feroit un grand bonheur
pour tous
ceux
de sfa
Famille
, & pour
beaucoup
d'autres
, à qui
fon
exemple
donneroit
fujet
d'examiner
plus
à fond
le funefte
engagement
ou
les
amis
leur
naiffancem
zussion
ab
JM
de Roffin
Gentilhom-
Z iiij
272 MERCVRE
me de Champagne, fort ef
timés de tous ceux qui le
connoiffent , pour les belles
lumieres de fon eſprit , a
fait auffi abjuration depuis
quelques jours entre les
mains du PereAlexis du Buc
Theatin , qui s'applique fans
relâche à la Converfion des
Herétiques , & qui le premier
Dimanche de ce mois ,
commença la Controverfe
par l'Eloge de fa Majefté.
Il dit , que cet invincible Mo
narque travailloit fans ceffe par.
la grandeur de fes Actions , &
par l'équité defes Arreſts , à reGALANT.
273
mettre dans l'Eglife ceux quir
s'en font feparez qu'il venoit
de rétablir le vray Culte dans
une Ville , d'où la tyrannie de
l'Hérefie l'avoit banny depuis
plus d'unfiecle : qu'il avoit pris
Soin de redreffer des Autels que
l'Impieté avoit abatus , qu'il
avoit fait entrer le veritable
Paſteur dans la Bergerie , dont
de faux Pafteurs s'effoient rendus
maiftres ; & que ces prodigesfaifoient
affez voir que rien
n'eftoit impoffible à un Prince
que le zele de la Maifondu Seigneur
devoroitzub
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Résumé : Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
En novembre 1681, à Orbec, une ville normande avec un bailliage, une jeune fille de onze ans et demi, fille de l'avocat Defpars, quitta sa famille pour entrer dans un couvent de religieuses catholiques. Son père, protestant, tenta de la récupérer en se basant sur une déclaration royale de 1669 qui permettait aux enfants de moins de douze ans de changer de religion. Cependant, une nouvelle déclaration royale du 8 juillet 1681 autorisait les enfants de plus de sept ans à se convertir au catholicisme. La jeune fille abjura donc le protestantisme quelques semaines plus tard dans l'église principale d'Orbec, en présence du clergé et des autorités locales. Parallèlement, Monsieur de Roffin, un gentilhomme de Champagne, fit également abjuration grâce aux efforts du Père Alexis du Buc, un théatin reconnu pour ses conversions. Le Père Alexis exprima sa gratitude envers le roi pour ses initiatives visant à restaurer le culte catholique dans les régions protestantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 182-186
Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Début :
Je croy vous avoir déja parlé de plusieurs conversions, qui ont [...]
Mots clefs :
Conversions, Mademoiselle de Sainte Afrique, Religion prétendue réformée, Henry IV, Catholique, Religionnaires, Voix de Dieu, Religieuse
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texteReconnaissance textuelle : Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Je croy vous avoir déj
parlé de - plusieurs conve
fions, qui ont esté faites
Montpellier depuis peu d
temps. Celle de Mademo
selle deSainte Afrique, Fill
de MessireAbeldu Suc, Se
gneur de Sainte Afrique,
de Dame Marte de Gallier
est une des plus remarqu
bles. SonBisayeulfutMr d
Suc, Premier Présidenten la
'Chambre de l'Edit deCastres.
Le Roy Henry IV. qui le
connoissoit pour un Homme
d'unmérite extraordinaire,
lavoit honoré de cette Char- te:LePere deMademoiselle
de Sainte Afrique, mort dans
lia Religion Prétenduë Réformée
,laissa quatre Fils & une
Fille.c-L-Aînédeses Fils s'est
tant converty peu de temps
apres, touchases trois Freres,
qui suivirent son exemple.
-
Il
i ne restoit que la Fille,âgée
1 alors d'environ onze ans. Elle
alloit l auPresche avec saMere,
&cette Mereayant décou
vert qu'elle avoit quelque
panchant à se faire Catholi
que, l'envoya à Montpellie
chez Mr delaVérune-Gal
liere son Oncle, Conseille
en la Cour des Comptes, Aydes
& Finances afin qu'il 1;
confirmas dans la Religor
où elle estoit née. Elle y a
demeuré environ cinq ans
&ufqu"a la mort de Madame
de Sainte Afrique se
Mere. Alors l'Aîné de ses
Freres se voyanc plus libre,
présenta Requeste à:1 Daguesseau,
Intendant de Languedoc,
le supliantd'ordonner
qu'elle fust tirée de la -
MaisondeMrde Galliere son
Oncle,&mise dans un Convent
pour deux ou trois mois,
afin que cessant d'estre obsedée
parles Religionnaires,
ellefust en libertéd'écouter
la Voix de Dieu. On la fit
entrer presque aussitost chez
lesUrsulines de S. Charles de
Montpellier, où elle abjura
publiquement le 23. de Fevrier
entre les mains de Mr
l'AbbédeS.Michel, Vicaire
General de Mr l'Evesque de
Montpellier. Les Religieuses
chez
-
quiellea voulu reste
quelque temps, en prennent
un fort grand soin,ainsi que
de beaucoup d'autres qui se
font coverties dans ce mesme
Monastere. Ces Religieuses
prennent encor foin de la
Maison de la Providence, où
elles tiennent trois de leurs
Soeurs pourinstruire les nouvellesCatholiques
;ce quiest
tres- édifiant pour toute la
Ville.
On
parlé de - plusieurs conve
fions, qui ont esté faites
Montpellier depuis peu d
temps. Celle de Mademo
selle deSainte Afrique, Fill
de MessireAbeldu Suc, Se
gneur de Sainte Afrique,
de Dame Marte de Gallier
est une des plus remarqu
bles. SonBisayeulfutMr d
Suc, Premier Présidenten la
'Chambre de l'Edit deCastres.
Le Roy Henry IV. qui le
connoissoit pour un Homme
d'unmérite extraordinaire,
lavoit honoré de cette Char- te:LePere deMademoiselle
de Sainte Afrique, mort dans
lia Religion Prétenduë Réformée
,laissa quatre Fils & une
Fille.c-L-Aînédeses Fils s'est
tant converty peu de temps
apres, touchases trois Freres,
qui suivirent son exemple.
-
Il
i ne restoit que la Fille,âgée
1 alors d'environ onze ans. Elle
alloit l auPresche avec saMere,
&cette Mereayant décou
vert qu'elle avoit quelque
panchant à se faire Catholi
que, l'envoya à Montpellie
chez Mr delaVérune-Gal
liere son Oncle, Conseille
en la Cour des Comptes, Aydes
& Finances afin qu'il 1;
confirmas dans la Religor
où elle estoit née. Elle y a
demeuré environ cinq ans
&ufqu"a la mort de Madame
de Sainte Afrique se
Mere. Alors l'Aîné de ses
Freres se voyanc plus libre,
présenta Requeste à:1 Daguesseau,
Intendant de Languedoc,
le supliantd'ordonner
qu'elle fust tirée de la -
MaisondeMrde Galliere son
Oncle,&mise dans un Convent
pour deux ou trois mois,
afin que cessant d'estre obsedée
parles Religionnaires,
ellefust en libertéd'écouter
la Voix de Dieu. On la fit
entrer presque aussitost chez
lesUrsulines de S. Charles de
Montpellier, où elle abjura
publiquement le 23. de Fevrier
entre les mains de Mr
l'AbbédeS.Michel, Vicaire
General de Mr l'Evesque de
Montpellier. Les Religieuses
chez
-
quiellea voulu reste
quelque temps, en prennent
un fort grand soin,ainsi que
de beaucoup d'autres qui se
font coverties dans ce mesme
Monastere. Ces Religieuses
prennent encor foin de la
Maison de la Providence, où
elles tiennent trois de leurs
Soeurs pourinstruire les nouvellesCatholiques
;ce quiest
tres- édifiant pour toute la
Ville.
On
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Résumé : Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs conversions religieuses à Montpellier, notamment celle de Mademoiselle de Sainte Afrique, fille de Messire Abel du Suc et de Dame Marte de Gallière. Son grand-père, Monsieur du Suc, était Premier Président à la Chambre de l'Édit de Castres et avait été honoré par le roi Henri IV. Après le décès de son père, appartenant à la religion réformée, Mademoiselle de Sainte Afrique, alors âgée d'environ onze ans, fut envoyée chez son oncle, Monsieur de la Vérune-Gallière, conseiller à la Cour des Comptes, pour être éduquée dans la foi catholique. Elle y resta cinq ans jusqu'à la mort de sa mère. Par la suite, son frère aîné demanda à l'Intendant de Languedoc de la placer dans un couvent. Elle entra chez les Ursulines de Saint-Charles à Montpellier et abjura publiquement le 23 février. Les religieuses prenaient soin des nouvelles converties, y compris celles de la Maison de la Providence, où elles instruisaient les nouvelles catholiques, ce qui était très édifiant pour la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 118-121
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Vous avez déja sçeu que Mr Arnaud, Intéressé depuis longtemps [...]
Mots clefs :
Abjurations, Religion prétendue réformée, Médisance, Discours, Archevêque, Conversion
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Vous avez déja fçeu que
M'Arnaud , Intéreffé depuis
longtemps dans les Fermes
genérales de Sa Majesté,
abjura , il y a plus d'un an,
la Religion Prétenduë Reformée
; mais peut - eſtre les
nouvelles publiques , qu'on
affaifonne affez ordinairement
de médiſance , vous auront-
elles repréfenté fa converfion
, comme peu fincere,
& comme faite fur des veuës
GALANT. 119
par
humaines. Si cela eft, voicy
dequoy vous defabufer. Elle
eft fi pure & fi veritable, que
fon exemple, par fa fage
conduite, par fes inſtructions
tendres & paternelles , ou
plutoft par les graces particulieres
que Dieu luy a faites,
il a attire apres luy plus de
cent dix Perſonnes , & pref
que toute la Famille. ' Deux
de fes Parens , & un de fest
Commis , reconnurent leur
erreur peu de temps apres.
M'de Fontaines fon Fils unique
, ſuivit ſon exemple le
premier jour de Carefme ; &
120 MERCURE
le Dimanche 7. de ce mois,
Madame Arnaud fa Femme,
M'de Blair, & M'des Plantes ,
rous deux Fils de la mefme
Dame, mais fortis d'un premier
Lit , M' de Fayolle , Fils
aîné de M' de Blair, & la De
moifelle de MadameArnaud ,
firent abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , en préſence de M'
Lamet Curé de S. Euſtache,
& de M' Varet Docteur de
Sorbonne. Ce fçavant Prélat
leur fit un difcours des plus
touchans , & qui les auroit
entierement confirmez dans
la
GALANT.
- རྩཐ ༢?
la croyance des Veritez Catholiques
, s'il leur eſtoit reſté
quelques doutes . On a veu
des Lettres qui portent que
le mefme jour M ' le Baron
d'Arros d'Auriac , Madame
fa Femme , & fept de leurs
Enfans ,firent auffi abjuration
à Pau en Bearn , perſuadez
les motifs de la converpar
fion de M' de Blair , qu'il a
envoyez à Madame d'Arros
fa Soeur , & dont il doit faire'
part au Public , par l'ordre,
mefme de Sa Majefté , fur
le raport que luy en a fait M'
l'Archevefque
.
M'Arnaud , Intéreffé depuis
longtemps dans les Fermes
genérales de Sa Majesté,
abjura , il y a plus d'un an,
la Religion Prétenduë Reformée
; mais peut - eſtre les
nouvelles publiques , qu'on
affaifonne affez ordinairement
de médiſance , vous auront-
elles repréfenté fa converfion
, comme peu fincere,
& comme faite fur des veuës
GALANT. 119
par
humaines. Si cela eft, voicy
dequoy vous defabufer. Elle
eft fi pure & fi veritable, que
fon exemple, par fa fage
conduite, par fes inſtructions
tendres & paternelles , ou
plutoft par les graces particulieres
que Dieu luy a faites,
il a attire apres luy plus de
cent dix Perſonnes , & pref
que toute la Famille. ' Deux
de fes Parens , & un de fest
Commis , reconnurent leur
erreur peu de temps apres.
M'de Fontaines fon Fils unique
, ſuivit ſon exemple le
premier jour de Carefme ; &
120 MERCURE
le Dimanche 7. de ce mois,
Madame Arnaud fa Femme,
M'de Blair, & M'des Plantes ,
rous deux Fils de la mefme
Dame, mais fortis d'un premier
Lit , M' de Fayolle , Fils
aîné de M' de Blair, & la De
moifelle de MadameArnaud ,
firent abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , en préſence de M'
Lamet Curé de S. Euſtache,
& de M' Varet Docteur de
Sorbonne. Ce fçavant Prélat
leur fit un difcours des plus
touchans , & qui les auroit
entierement confirmez dans
la
GALANT.
- རྩཐ ༢?
la croyance des Veritez Catholiques
, s'il leur eſtoit reſté
quelques doutes . On a veu
des Lettres qui portent que
le mefme jour M ' le Baron
d'Arros d'Auriac , Madame
fa Femme , & fept de leurs
Enfans ,firent auffi abjuration
à Pau en Bearn , perſuadez
les motifs de la converpar
fion de M' de Blair , qu'il a
envoyez à Madame d'Arros
fa Soeur , & dont il doit faire'
part au Public , par l'ordre,
mefme de Sa Majefté , fur
le raport que luy en a fait M'
l'Archevefque
.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Monsieur Arnaud, intéressé par les Fermes générales du roi, a abjuré la Religion Prétendue Réformée il y a plus d'un an. Sa conversion, initialement suspectée de motivations humaines, a été confirmée comme sincère et authentique. Son exemple et ses actions ont conduit plus de cent dix personnes à se convertir, incluant deux de ses parents et un de ses commis. Monsieur de Fontaines, fils de Madame Arnaud, a été le premier à suivre cet exemple au début du Carême. Le 7 mars, Madame Arnaud, Monsieur Blair, Monsieur des Plantes, deux fils de Madame Arnaud d'un premier lit, Monsieur de Fayolle, et la demoiselle de Madame Arnaud ont abjuré devant l'Archevêque de Paris, en présence de Monsieur Lamet et Monsieur Varet. Le même jour, le Baron d'Arros d'Auriac, sa femme et sept de leurs enfants ont abjuré à Pau, convaincus par les motifs de conversion de Monsieur de Blair, envoyés à Madame d'Arros, sa sœur. Ces motifs doivent être rendus publics sur ordre du roi et sur rapport de l'Archevêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 224-238
Histoire, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait aussi beaucoup de Conversions de Personnes de qualité [...]
Mots clefs :
Conversions, Normandie, Demoiselle, Calvinistes, Religion, Protestants, Obstination, Religion prétendue réformée, Vérité, Liberté, Déclaration, Zèle, Catholiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire, [titre d'après la table]
Il s'eft fait auffi beaucoup
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
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Résumé : Histoire, [titre d'après la table]
Le texte relate la conversion religieuse d'une jeune demoiselle protestante de Pont-Audemer, appartenant à une famille noble liée à des calvinistes influents de France et d'Angleterre. Ne trouvant pas de compagnons partageant ses croyances, elle fréquente des jeunes filles catholiques et engage des discussions religieuses avec des cavaliers. Ses parents, informés par une amie, l'envoient à la campagne pour la tenir éloignée des influences protestantes. À son retour, elle maintient sa décision de se convertir au catholicisme. Sa mère, doutant de cette conversion, l'envoie à Camembert, mais la jeune femme réaffirme son désir de changer de religion. Le lieutenant général de Pont-Audemer ordonne alors son retour, et elle proclame publiquement son attachement au catholicisme. Les protestants la soupçonnent de vouloir faciliter son mariage, mais elle reste ferme dans sa conviction. Sa conversion est perçue comme motivée par une foi sincère plutôt que par des intérêts matériels. Elle abjure le jour de la Pentecôte et rejoint l'Abbaye de Preaux pour approfondir sa foi. Sa conversion suscite une impression favorable et incite plusieurs personnes de son entourage à suivre son exemple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 285-288
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Quand tout le Royaume est remply de joye, l'Eglise n'en doit [...]
Mots clefs :
Église, Conversions, Calvin, Lumières, Raison, Hérésie, Abjuration, Religion prétendue réformée, Erreur
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Qand rout le R()yaume
ell re111t.-)ly de jove, l'E~~life l . (~
n\~n doit pas Ln ·)u.1s reiTt.r1ti1 .. ,
pu1s que l~s Cc1l1verfi,)t1s y
cunti11.Jënc, &: que c;:.~ux q.::1î
quit~~1~ le_ I)a.rty" de· c~~~vira~
28~6-- fvïE R c:UF~ E
nty: fo11c forcez· que par les
J-Un1iercs· de la rai!àn. I\ilrGuil~
le111ot ,; l)arifien, L1L1i a toû ...
jollrs eiléreco11nu, & t11e!ine
.d~· ceux de la. Rc]ir-icJn I)ré. . 0
~~-,~.. "Ï":j",i, $-d:t~ ~ l;w.; . RJ. lfb'.' -l .c~ oJ·..· ·.1t ·1 ·~~ e ' t~• )OU r~ 1\.~l 1""i' ' y:
H , ) I '1 .. • d' f
c om111e Cl ertld1tron e~ e ...
prit, a pres a v·oir eu quelques
~con-féren ces· avec le lv'l.in1llre
Clau cle· .., a. a.·bjt1ré l5I-leréfie
Cll r;réfe1~1cc d·e· prufieurs Pcr·
foniies de qualité, · da·ns l'E9
glife de SainteAnr1e laRoyale
cles Tl1éatin~,.· entre tes.n1ains
du Pere Alêxis du- Buc, qui a
utilCm~en·t rra-iaillé à· le con~
!Crtir .. Mr l1Arcl1cyef~ue d~
~ .. ~ -.. ...,_....Il ~ -- ... ~ .. ..__ __ •• .._. - ~ •r • ..
.
· ~1;U~ 1- ~~ .'~'\ i ri\ -..L. LJÔ ' -t~ . li L-- lJ?. 1~"1 "'"f ~ ,., ~7~ ~
paris· a aufii reç·eu dept1is.peti:
de te111 ps 1, A bjl:1ration de M~_
.u..
Gautcrcat1,Député de Poitol.1
pour les· Aftàires de la Reli:...
aion Préte'nduë-. Reff)rn1ée ... ~.
l.. l I Con1n1e; tot1s. es Deputs.~·:
doivent eftre fo1 .. t intelligens;
dans les Affaires qu~on leur'
confie, & forte1nent atta~
chez au Parrv. dont on. leui:· J .
donne lCs· dreirs. à maintenir~~
on doit préfumer. que celUy·
don-t je vous parle, cf!oit inf:.
rruit à fonds· de tout· cc qui;
.peut fervir de défe11fe à fa~
·Rc·ligion, & que puis- que-'
~1alg~é ~0ut~~; l~~ b~~~~e-~,~!
88 ~ -~n --~~ ~1~ ~-~i- --!~")
2 l'Lt. / ~ ~ .. r- ~·~ '! . !LJ· ~~ ~1 ~ !- ~ :S.. 1.. ~.,..~.-μ~ {. ~ ~ .. w,
qt1,il av oit p!our._~ la d·éfendre ·
·1 . d ,. l c 1
1 , en ··a - ecoL1v,ert; ~: tallifeté,
c·e n'eft pas· ~el te:) qt1e doitt
fuivre --un H 01n111e véritable.f:·
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glife de SainteAnr1e laRoyale
cles Tl1éatin~,.· entre tes.n1ains
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pour les· Aftàires de la Reli:...
aion Préte'nduë-. Reff)rn1ée ... ~.
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doivent eftre fo1 .. t intelligens;
dans les Affaires qu~on leur'
confie, & forte1nent atta~
chez au Parrv. dont on. leui:· J .
donne lCs· dreirs. à maintenir~~
on doit préfumer. que celUy·
don-t je vous parle, cf!oit inf:.
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.peut fervir de défe11fe à fa~
·Rc·ligion, & que puis- que-'
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fuivre --un H 01n111e véritable.f:·
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le texte souligne l'importance pour un royaume de suivre les conseils de conseillers compétents et de respecter les lois et règlements, ainsi que la défense de la religion. Un individu a discuté avec le ministre Claude de la préférence pour des professeurs qualifiés dans l'Église de Sainte-Anne la Royale des Théatins, mentionnant le Père Alexis du Buc. À Paris, des pétitions, dont celle de l'abbé Gaultier, député de Poitiers, ont été reçues concernant des affaires religieuses. Les députés doivent être forts et intelligents dans leurs missions et défendre les droits du Parlement. La personne en question est bien informée sur la défense de la religion et prête à la défendre avec éloquence, sans nécessairement suivre un individu spécifique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 304-306
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
On écrit que les Jésuites & les Capucins, font de tres-grands fruits [...]
Mots clefs :
Jésuites, Capucins, Religion prétendue réformée, Abjuration, Intendant, Gouverneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
On écrir q11e les Jé[uites
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le texte évoque la présence influente des Jésuites et des Capucins dans les places fortes du Royaume de France, soutenus financièrement par les gouverneurs et l'intendant. Par exemple, le gouverneur des Bains d'Arcis aide les Capucins, notamment pour soutenir une femme et ses dix ou douze enfants, dont un sert dans le régiment de Vexin. Ce gouverneur, issu de la maison de La Claffaye et originaire de Touraine, a servi environ 40 à 50 ans dans les armées royales, tant sur terre que sur mer, en Candie, Flandre, Allemagne et Catalogne. Il a participé à divers sièges de villes et porte les marques de nombreux combats.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 1-6
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Je ne puis mieux commencer ma Lettre dans la saison [...]
Mots clefs :
Religion, Piété, Sa Majesté, Christianisme, Religion prétendue réformée, Erreurs, Déclaration, Ministres, Temples, Interdiction, Gloire de Dieu, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
E ne puis mieux commencer
ma Lettre dans
la ſaiſon où nous fommes
, que par des Nouvelles
qui regardent la Religion &
la Pieté. Ce que fait le Roy
de jour en jour , en fournit
Mars 1683 . A
2
MERCURE
un ſi grand nombre de cette
nature, que ne pouvant vous
parler de toutes , à cauſe des
bornes que je fuis contraint
deme prefcrire, je me trouve
chaque mois plus embaraſſé
à les choiſir , qu'à les chercher.
Rien ne vous eſt plus
connu que le zele ardent de
Sa Majefté à voir rentrer au
ſein de l'Egliſe ceux de ſes
Sujets qui en ſont ſortis . Ce
zele ne s'étend pas ſeulement
fur eux ; il va juſqu'à ouvrir
des voyes de ſalut aux Mahometans
& aux Idolâtres.
La France eſt l'abord de tou
GALANT.
3
1
tes les Nations. Ily vient des
Gens de beaucoup de Lieux ,
où l'on ne ſçait ce que c'eſt
que l'Evangile ; & comme
il
il y en a eu quelques-uns,
qui voulant embraſſer le
Chriſtianiſme , ſe ſont malheureuſement
adreſſez à
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée , dont ils ont
pris les erreurs , Sa Majesté
avertie de ce défordre, a crû
y devoir pourvoir ; & pour
empeſcher qu'à l'avenir on
n'abuſe de leur ignorance,
Elle a fait publier depuis un
mois une Déclaration qui
A ij
4 MERCURE
porte , que les Mahometans
& Idolâtres qui voudront ſe
faire Chreftiens , ne pourront
eſtre inſtruits que dans la
Religion Catholique. La
meſme Déclaration défend
aux Miniſtres de la Religion
Prétenduë Reformée , de
foufrir dans leurs Temples
ou Aſſemblées, les Perfonnes
de la qualité que je viens de
vous marquer , fous peine,
outre l'amende arbitraire, qui
ſera au moins de cinq cens
livres, d'eſtre privez pour toûjours
de faire aucune fon-
Aion de leur Miniſtere dans
GALANT. 5
le Royaume . On ajoûte à
cette peine l'interdiction entiere
de la meſme Religion,
dans les Temples ou autres
Lieux, où ces fortes de Perſonnes
auront eſté reçeuës,
ou ſoufertes. Voyez , Madame
, ſi l'on peut travailler
plus fortement à ce qui regarde
la gloire de Dieu , &
Pintéreſt de l'Eglife. Dans
la derniere Affemblée gené.
rale que Meſſieurs duClergé
de France ont tenuë icy , ils
firent dreffer un Avertiſſement
Paftoral pour ceux de
la Religion Prétenduë Re
A iij
6 MERCURE
formée ; & par le meſme
principe de zele & de pieté,
Sa Majesté a voulu que la
lecture leur en ait eſté faite
dans tous les Lieux où ils
ont des Temples .
ma Lettre dans
la ſaiſon où nous fommes
, que par des Nouvelles
qui regardent la Religion &
la Pieté. Ce que fait le Roy
de jour en jour , en fournit
Mars 1683 . A
2
MERCURE
un ſi grand nombre de cette
nature, que ne pouvant vous
parler de toutes , à cauſe des
bornes que je fuis contraint
deme prefcrire, je me trouve
chaque mois plus embaraſſé
à les choiſir , qu'à les chercher.
Rien ne vous eſt plus
connu que le zele ardent de
Sa Majefté à voir rentrer au
ſein de l'Egliſe ceux de ſes
Sujets qui en ſont ſortis . Ce
zele ne s'étend pas ſeulement
fur eux ; il va juſqu'à ouvrir
des voyes de ſalut aux Mahometans
& aux Idolâtres.
La France eſt l'abord de tou
GALANT.
3
1
tes les Nations. Ily vient des
Gens de beaucoup de Lieux ,
où l'on ne ſçait ce que c'eſt
que l'Evangile ; & comme
il
il y en a eu quelques-uns,
qui voulant embraſſer le
Chriſtianiſme , ſe ſont malheureuſement
adreſſez à
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée , dont ils ont
pris les erreurs , Sa Majesté
avertie de ce défordre, a crû
y devoir pourvoir ; & pour
empeſcher qu'à l'avenir on
n'abuſe de leur ignorance,
Elle a fait publier depuis un
mois une Déclaration qui
A ij
4 MERCURE
porte , que les Mahometans
& Idolâtres qui voudront ſe
faire Chreftiens , ne pourront
eſtre inſtruits que dans la
Religion Catholique. La
meſme Déclaration défend
aux Miniſtres de la Religion
Prétenduë Reformée , de
foufrir dans leurs Temples
ou Aſſemblées, les Perfonnes
de la qualité que je viens de
vous marquer , fous peine,
outre l'amende arbitraire, qui
ſera au moins de cinq cens
livres, d'eſtre privez pour toûjours
de faire aucune fon-
Aion de leur Miniſtere dans
GALANT. 5
le Royaume . On ajoûte à
cette peine l'interdiction entiere
de la meſme Religion,
dans les Temples ou autres
Lieux, où ces fortes de Perſonnes
auront eſté reçeuës,
ou ſoufertes. Voyez , Madame
, ſi l'on peut travailler
plus fortement à ce qui regarde
la gloire de Dieu , &
Pintéreſt de l'Eglife. Dans
la derniere Affemblée gené.
rale que Meſſieurs duClergé
de France ont tenuë icy , ils
firent dreffer un Avertiſſement
Paftoral pour ceux de
la Religion Prétenduë Re
A iij
6 MERCURE
formée ; & par le meſme
principe de zele & de pieté,
Sa Majesté a voulu que la
lecture leur en ait eſté faite
dans tous les Lieux où ils
ont des Temples .
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En mars 1683, le roi de France a entrepris des actions pour promouvoir la religion catholique. Il vise à ramener ses sujets éloignés de l'Église catholique et à offrir le salut aux mahométans et idolâtres. La France accueille des personnes de diverses nations, certaines désirant se convertir au christianisme mais s'orientant vers la religion prétendue réformée. Pour contrer cela, le roi a publié une déclaration interdisant aux mahométans et idolâtres de recevoir une instruction autre que celle de la religion catholique. Les ministres de la religion prétendue réformée ne peuvent accueillir ces personnes dans leurs temples ou assemblées, sous peine d'amende et d'interdiction d'exercer leur ministère. Les lieux ayant accueilli ces conversions seront interdits à la pratique de cette religion. Par ailleurs, le clergé français a émis un avertissement pastoral destiné aux protestants, lu dans tous les lieux où ils possèdent des temples.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 1-3
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
L'Application du Roy est si grande pour toutes les choses [...]
Mots clefs :
Roi, Religion catholique, Piété, Arrêt du Conseil d'État, Religion prétendue réformée, Charges, Religionnaires, Ordres
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
'APPLICATION du
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En avril 1683, le roi de France démontre un engagement accru pour la promotion de la religion catholique. Depuis plusieurs années, ses actions en faveur de cette cause sont notées. Un arrêt du Conseil d'État a récemment ordonné aux officiers protestants exerçant dans la maison royale, celle des principaux membres de la famille royale, ainsi que ceux bénéficiant des privilèges des galants commerçants, de démissionner de leurs charges dans un délai de deux mois. Cette mesure est mise en place avec prudence et justice, car des ordres similaires avaient déjà été donnés par le passé sans être respectés par les protestants. Ces derniers ne peuvent donc pas se plaindre de la brièveté du délai, étant donné qu'ils étaient déjà conscients de cette possibilité.
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23
p. 236-238
Conversion, [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous parle point de quantité de Conversions considérables qui [...]
Mots clefs :
Conversions, Nièce, Ministre, Religion prétendue réformée, Nouveau catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion, [titre d'après la table]
Je ne vous parle point de
quantitédeConverſions conſidérables
qui fe font icy de
GALANT. 237
jour en jour. Je vous apprendray
ſeulement celle de la
Niece d'un Miniftre , parce
qu'il ſemble que ces fortes de
Perſonnes eftant mieux inf
truites que les autres dans la
Religion Prétenduë Reformée
, n'en font jamais abjuration
, qu'elles ne convainquent
en quelque maniere
ceux de ce Party , qu'elles
l'ont trouvée pleine d'erreurs.
Cette nouvelle Catholique
s'appelle Magdelaine Scalberge.
Elle eſt de Sedan , &
Niece de Me Scalberge , Miniftre
de Chartres . Elle ab
238 MERCURE
jura le Dimanche des Rameaux
, entre les mains du
P. Alexis du Buc , Théatin ,
en préſence de pluſieurs Perfonnes
de qualité.
quantitédeConverſions conſidérables
qui fe font icy de
GALANT. 237
jour en jour. Je vous apprendray
ſeulement celle de la
Niece d'un Miniftre , parce
qu'il ſemble que ces fortes de
Perſonnes eftant mieux inf
truites que les autres dans la
Religion Prétenduë Reformée
, n'en font jamais abjuration
, qu'elles ne convainquent
en quelque maniere
ceux de ce Party , qu'elles
l'ont trouvée pleine d'erreurs.
Cette nouvelle Catholique
s'appelle Magdelaine Scalberge.
Elle eſt de Sedan , &
Niece de Me Scalberge , Miniftre
de Chartres . Elle ab
238 MERCURE
jura le Dimanche des Rameaux
, entre les mains du
P. Alexis du Buc , Théatin ,
en préſence de pluſieurs Perfonnes
de qualité.
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Résumé : Conversion, [titre d'après la table]
Magdeleine Scalberge, nièce d'un ministre protestant de Chartres, s'est convertie au catholicisme. Originaire de Sedan, elle a abjuré sa foi protestante le dimanche des Rameaux. La cérémonie, supervisée par le Père Alexis du Buc, s'est déroulée en présence de notables. Sa conversion est remarquable car elle était bien instruite dans la religion réformée.
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24
p. 159-162
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Party de ceux de la Religion Prétenduë Reformée continuë [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Conversions, Marquis, Archevêque, Madame, Controverse, Abjuration, Gentilhomme, Calvin, Cérémonie
25
p. 219-230
Ce qui s'est passé au Parlement de Toulouse, touchant plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Il y a longtemps que je vous entretiens de Conversions dans [...]
Mots clefs :
Conversion, Parlement, Premier président, Archevêque, Religion prétendue réformée, Seigneur, Accusations, Déclaration, Profession de foi, Temple, Ministre, Providence, Catholique, Erreur, Hérésie
26
p. 1-6
CONVERSION DE Mrs GILLY, ET COURDIL.
Début :
La Conversion de Messieurs Desmahy, Gilly & Courdil, Ministres [...]
Mots clefs :
Conversions, Ministres, Religion prétendue réformée, Érudition, Vérité, Intérêt, Église catholique, Abjuration, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : CONVERSION DE Mrs GILLY, ET COURDIL.
CONVERSION
DE M GILLY,
ET COURDIL.
A Converfion de
Meßieurs Def
maby, Gilly, &
Courdil , Miniftres de la
Religion Prétendue Reformée
, eftfi avantageu
Se à l'Eglife , que je tra
hiroisfesinterefts, fi apres
A
2
ce que je vous en ay dit
dans ma Lettre du mois
de Iuin , je n'achevois
pas de donner à cet Article
toute l'étendue que demande
l'importance du
fujet. Cefont trois Hommes
d'une tres - grande
érudition , qui ont toûjours
mené une vie exempte
de tout reproche,
& qu'on ne peutfoupçonner
d'avoir efté portez à
ce changement par aucune
veuë d'intéreſt d'hu3
main. La feule connoiffance
de la verité qu'ils
ont cherchée avec tous les
foins poßibles , les a fait
renoncer à leurs erreurs,
ils ne font rentrez au
fein de l'Eglife Catholique
, que parce qu'ils ont
efté convaincus que
Cal
vin avoit eu tort de s'en
féparer. Ie n'ay rien à
adjoûter à ce que je vous
ay déja écrit de M² Defmahy
, dont Monfieur
Evefque d'Orleans re-
A ij
4
ceut icy l'Abjuration
dansfa Chapelle, le 27. de
* May , Fefte de l'Afcen_
fion.Ileftévident qu' ayat
a
concerté avec M Gil
ly, es Courdil, le deffein
defe réunir à l'Eglife, il
l'a faitcomme eux parles
raifons qu'ils ont déclarées
publiquement , &
qu'illes euft imitez dans
une action qui n'avoit
point encore eu d'exemple,
file lieu où il exerçoitfon
Miniftere euft efté de la
Genéralité d' Angers. Le
Synode des Prétendus
·Réformez fe tenant
·Sorges parpermißion de
Sa Majesté, en préfence
de M² d' Autichamp,
Lieutenant de Roy , qui
y aẞistoit en qualité de
Commiffaire , M Gilly,
Miniftre de Baugé en
Anjou , & M Courdil,
qui avoit esté Miniftre
de Chasteau du Loir,
& qui prefchoit alors
dans la Paroiffe de Sa
A iij
6
vigny fur Rillé , außi
en Anjou , demanderent
à'y rendre compte de leur
conduite. Ils furent reçeus
, & prirent feance;
&apres qu'onfefut mis
en état de les écouter ,
M' Gilly parla en ces
termes.
DE M GILLY,
ET COURDIL.
A Converfion de
Meßieurs Def
maby, Gilly, &
Courdil , Miniftres de la
Religion Prétendue Reformée
, eftfi avantageu
Se à l'Eglife , que je tra
hiroisfesinterefts, fi apres
A
2
ce que je vous en ay dit
dans ma Lettre du mois
de Iuin , je n'achevois
pas de donner à cet Article
toute l'étendue que demande
l'importance du
fujet. Cefont trois Hommes
d'une tres - grande
érudition , qui ont toûjours
mené une vie exempte
de tout reproche,
& qu'on ne peutfoupçonner
d'avoir efté portez à
ce changement par aucune
veuë d'intéreſt d'hu3
main. La feule connoiffance
de la verité qu'ils
ont cherchée avec tous les
foins poßibles , les a fait
renoncer à leurs erreurs,
ils ne font rentrez au
fein de l'Eglife Catholique
, que parce qu'ils ont
efté convaincus que
Cal
vin avoit eu tort de s'en
féparer. Ie n'ay rien à
adjoûter à ce que je vous
ay déja écrit de M² Defmahy
, dont Monfieur
Evefque d'Orleans re-
A ij
4
ceut icy l'Abjuration
dansfa Chapelle, le 27. de
* May , Fefte de l'Afcen_
fion.Ileftévident qu' ayat
a
concerté avec M Gil
ly, es Courdil, le deffein
defe réunir à l'Eglife, il
l'a faitcomme eux parles
raifons qu'ils ont déclarées
publiquement , &
qu'illes euft imitez dans
une action qui n'avoit
point encore eu d'exemple,
file lieu où il exerçoitfon
Miniftere euft efté de la
Genéralité d' Angers. Le
Synode des Prétendus
·Réformez fe tenant
·Sorges parpermißion de
Sa Majesté, en préfence
de M² d' Autichamp,
Lieutenant de Roy , qui
y aẞistoit en qualité de
Commiffaire , M Gilly,
Miniftre de Baugé en
Anjou , & M Courdil,
qui avoit esté Miniftre
de Chasteau du Loir,
& qui prefchoit alors
dans la Paroiffe de Sa
A iij
6
vigny fur Rillé , außi
en Anjou , demanderent
à'y rendre compte de leur
conduite. Ils furent reçeus
, & prirent feance;
&apres qu'onfefut mis
en état de les écouter ,
M' Gilly parla en ces
termes.
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Résumé : CONVERSION DE Mrs GILLY, ET COURDIL.
Le texte relate la conversion à l'Église catholique de trois ministres de la religion prétendue réformée : Messieurs Desmahys, Gilly et Courdil. Ces individus étaient connus pour leur grande érudition et leur vie exemplaire. Leur conversion était motivée par la conviction que Calvin s'était trompé en se séparant de l'Église catholique. Monsieur Desmahys a abjuré sa foi protestante le 27 mai, lors de la fête de l'Ascension, en présence de l'évêque d'Orléans. Cette décision a été prise en concertation avec Gilly et Courdil, qui ont également déclaré publiquement leurs raisons. Le synode des prétendus réformés, autorisé par le roi et présidé par Monsieur d'Autichamp, a entendu les explications de Gilly, ministre de Baugé en Anjou, et de Courdil, ancien ministre de Château du Loir et alors en poste à Souvigny-sur-Rillé, également en Anjou.
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27
p. 19-22
Autres Abjurations faites au Val-de-Grace, [titre d'après la table]
Début :
Le mesme jour 27 de Juin, deux Gentilhommes de l'Auxerrois, [...]
Mots clefs :
Gentilhommes, Famille, Religion prétendue réformée, Abjuration, Doutes, Vérités, Éclaircissements, Honneur, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Abjurations faites au Val-de-Grace, [titre d'après la table]
Le mefme jour 27.de Juin ,
deux Gentilshommes de
l'Auxerrois , nommez M" du
Moter, dont la Famille avoit
toûjours efté tres - conſidérable
dans le Party de la Reli
gion Prétendue Reformée ,
en firent icy l'abjuration avec
Bij
20 MERCURE
Mademoiſelle du Motet leur
Soeur. Apres avoir fenty
longtemps plufieurs doutes,
fur lefquels ils effayoient de
s'éclaircir dans la Province ,
ils eftoient venus depuis
deux mois à Paris , où les
conférences preſque continuelles
qu'ils eurent avec
des Gens auffi fçavans que
pieux , leur avoient enfin
donné l'entier éclairciffe
ment des Veritez qu'ils cherchoient.
Madame la Maréchale
de la Mote , dont ils
ont l'honneur d'eftre connus
particulierement , les avoit
GALANT. 21
adreffez à M' l'Evefque de
Meaux, qui leur ayant trouvé
la difpofition de coeur,& d'ef
prit neceffaire pour une Action
de cette importance, en
fit la Cerémonie le jour que
je viens de vous marquer,
dans le Choeur de l'Eglife
Royale du Val- de - Grace , à
l'ouverture de la Grille . Ce
grand Prélat leur fit un Dif
cours digne de la force & de
la douceur de fon efprit , &
de toute la réputation qu'il
s'eft acquife. Tous ceux qui
l'entendirent en furent charmez.
La Cerémonie fut faite
22 MERCURE
en préſence de Mademoifelle
d'Orleans, de Mefdames
les Ducheffes d'Aumont, de
Roquelaure , & d'Epernon ,
de Madame l'Abbeffe du
Val-de - Grace, & de toute fa
Communauté
,& d'un grand
nombre d'Amis de ceux
pour qui elle fe faifoit. Ils
prononcerent l'Acte de leur
Abjuration avec un zele
plein de modeftie , dont il
n'y eut perfonne qui ne fuft
touché.
deux Gentilshommes de
l'Auxerrois , nommez M" du
Moter, dont la Famille avoit
toûjours efté tres - conſidérable
dans le Party de la Reli
gion Prétendue Reformée ,
en firent icy l'abjuration avec
Bij
20 MERCURE
Mademoiſelle du Motet leur
Soeur. Apres avoir fenty
longtemps plufieurs doutes,
fur lefquels ils effayoient de
s'éclaircir dans la Province ,
ils eftoient venus depuis
deux mois à Paris , où les
conférences preſque continuelles
qu'ils eurent avec
des Gens auffi fçavans que
pieux , leur avoient enfin
donné l'entier éclairciffe
ment des Veritez qu'ils cherchoient.
Madame la Maréchale
de la Mote , dont ils
ont l'honneur d'eftre connus
particulierement , les avoit
GALANT. 21
adreffez à M' l'Evefque de
Meaux, qui leur ayant trouvé
la difpofition de coeur,& d'ef
prit neceffaire pour une Action
de cette importance, en
fit la Cerémonie le jour que
je viens de vous marquer,
dans le Choeur de l'Eglife
Royale du Val- de - Grace , à
l'ouverture de la Grille . Ce
grand Prélat leur fit un Dif
cours digne de la force & de
la douceur de fon efprit , &
de toute la réputation qu'il
s'eft acquife. Tous ceux qui
l'entendirent en furent charmez.
La Cerémonie fut faite
22 MERCURE
en préſence de Mademoifelle
d'Orleans, de Mefdames
les Ducheffes d'Aumont, de
Roquelaure , & d'Epernon ,
de Madame l'Abbeffe du
Val-de - Grace, & de toute fa
Communauté
,& d'un grand
nombre d'Amis de ceux
pour qui elle fe faifoit. Ils
prononcerent l'Acte de leur
Abjuration avec un zele
plein de modeftie , dont il
n'y eut perfonne qui ne fuft
touché.
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Résumé : Autres Abjurations faites au Val-de-Grace, [titre d'après la table]
Le 27 juin, deux gentilshommes de l'Auxerrois, M. du Moter, et leur sœur, Mademoiselle du Motet, membres d'une famille influente du parti de la Religion Prétendue Réformée, ont abjuré leur foi. Ils étaient arrivés à Paris deux mois plus tôt pour participer à des conférences avec des personnes savantes et pieuses, ce qui leur avait permis de clarifier leurs doutes religieux. Madame la Maréchale de la Mote les avait dirigés vers l'Évêque de Meaux, qui avait jugé leur disposition favorable à cette conversion. La cérémonie a eu lieu dans le chœur de l'Église Royale du Val-de-Grâce, en présence de personnalités notables telles que Mademoiselle d'Orléans, les Duchesses d'Aumont, de Roquelaure et d'Épernon, ainsi que Madame l'Abbesse du Val-de-Grâce et de nombreux amis. L'évêque a prononcé un discours apprécié, et les abjurations ont été faites avec zèle et modestie, émouvant profondément les témoins.
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28
p. 171-174
Conversion, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Duc de S. Aignan, qui joint une piété solide à [...]
Mots clefs :
Duc de S. Aignan, Piété, Qualités, Conversions, Religion prétendue réformée, Obstination, Hérétique, Erreurs, Vérités catholiques, Controverses, Abjuration, Cérémonie, Famille
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texteReconnaissance textuelle : Conversion, [titre d'après la table]
M' le Duc de S. Aignan,
qui joint une pieté folide à
toutes les grandes qualitez
qui diftinguent les Perfonnes
de fa naiffance , a reçeu ces
derniers jours une joye fenfible
de la Converfion du
S' Mathurin Coquenas , fon
Premier Valet de Chambre.
C'eſt un Homme de quarante
ans , né en Languedoc
Pij
172 MERCURE
dans la Religion Prétenduë
Réformée. Ily en a quatorze
qu'il eft au fervice de ce Duc,
qui avoit toûjours efperé ce
changement par la connoiffance
qu'il avoit de fes bonnes
moeurs. Il a eu longtemps
l'obſtination des Herétiques
qui demeurent dans
leurs erreurs , parce qu'ils ne
veulent pas écouter ceux qui
en les combatant font capables
de les détruire ; mais
enfin le zele de M le Duc
de S. Aignan la emporté fur
l'opiniâtre refus qu'il faifoit
d'entendre parler des Veritez
GALANT. 173
Catholiques. Il l'a mis entre
les mains du Perè du Bue
Théatin ; & ce Pere, dont les
doctes Controverfes ramenent
tous les jours tant d'Egarez
, luy a fait connoiftre
la fauffeté des maximes de
Calvin. Il les abjura le 17.
de ce mois , dans la Chapelle
du Château d'Alincourt
prés Magny, appartenant à
Mr le Maréchal de Villeroy
, entre les mains de MF
de Buquet , Curé de Parres ,
Paroiffe de ce Chafteau . La
Cerémonie fe fit en préſence
de M le Duc de S. Aignan , de
Pij
174 MERCURE
Madame la Ducheffe fa Femme,
& de toute leur Famille.
qui joint une pieté folide à
toutes les grandes qualitez
qui diftinguent les Perfonnes
de fa naiffance , a reçeu ces
derniers jours une joye fenfible
de la Converfion du
S' Mathurin Coquenas , fon
Premier Valet de Chambre.
C'eſt un Homme de quarante
ans , né en Languedoc
Pij
172 MERCURE
dans la Religion Prétenduë
Réformée. Ily en a quatorze
qu'il eft au fervice de ce Duc,
qui avoit toûjours efperé ce
changement par la connoiffance
qu'il avoit de fes bonnes
moeurs. Il a eu longtemps
l'obſtination des Herétiques
qui demeurent dans
leurs erreurs , parce qu'ils ne
veulent pas écouter ceux qui
en les combatant font capables
de les détruire ; mais
enfin le zele de M le Duc
de S. Aignan la emporté fur
l'opiniâtre refus qu'il faifoit
d'entendre parler des Veritez
GALANT. 173
Catholiques. Il l'a mis entre
les mains du Perè du Bue
Théatin ; & ce Pere, dont les
doctes Controverfes ramenent
tous les jours tant d'Egarez
, luy a fait connoiftre
la fauffeté des maximes de
Calvin. Il les abjura le 17.
de ce mois , dans la Chapelle
du Château d'Alincourt
prés Magny, appartenant à
Mr le Maréchal de Villeroy
, entre les mains de MF
de Buquet , Curé de Parres ,
Paroiffe de ce Chafteau . La
Cerémonie fe fit en préſence
de M le Duc de S. Aignan , de
Pij
174 MERCURE
Madame la Ducheffe fa Femme,
& de toute leur Famille.
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Résumé : Conversion, [titre d'après la table]
Le duc de Saint-Aignan, reconnu pour sa piété et ses qualités, a éprouvé une grande joie après la conversion de son premier valet de chambre, Mathurin Coquenas. Ce dernier, âgé de quarante ans et originaire du Languedoc, appartenait initialement à la religion prétendue réformée. Employé depuis quatorze ans par le duc, celui-ci avait toujours souhaité sa conversion en raison de ses bonnes mœurs. Coquenas avait longtemps résisté aux tentatives de conversion, refusant d'écouter ceux qui cherchaient à le convaincre. Cependant, le zèle du duc de Saint-Aignan a fini par triompher. Le duc a confié Coquenas au père du Bué, un théatin célèbre pour ses controverses doctrinales. Ce dernier a réussi à persuader Coquenas de l'erreur des maximes calvinistes. Coquenas a abjuré ses croyances le 17 du mois dans la chapelle du château d'Alincourt près de Magny, propriété du maréchal de Villeroy. La cérémonie s'est déroulée en présence du duc de Saint-Aignan, de la duchesse et de toute leur famille, sous la direction de Monseigneur de Buquet, curé de Parres, paroisse du château.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 63-65
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Vous aurez sans doute entendu parler de Mr de Montaigu [...]
Mots clefs :
Mr Montaigu, Ingénieur du roi, Abjuration, Religion prétendue réformée, Doutes, Hérésie, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Vous aurez fans doute entendu
parler de M' de Montaigu
Ingénieur de Sa Majefté,
qui l'a emp'ové depuis quel
ques années à tirer en Basrelief
le Plan de plufieurs
Villes , & particulierement
de Maftric , d'Ipres , & de
Luxembourg. Il y a parfai
tement reüſſy , & ces beaux
Ouvrages qui font confervez
dans les Tuileries , luy
ont attiré beaucoup de louanges
du Public. Il est préſen64
MERCURE
4
tement à S. Omer , où il tra
vaille par l'ordre du Roy à
tirer auffi le Plan de cette
Place. Son bonheur l'ayant
fait loger avec Madame fa
Femme chez M'Lucas Def
forderes Commiſſaire des
Guerres , qui a la conduite
& la Police des Troupes de
S. Omer , & des Villes cir
convoisines , ce Commiffaire
leur a fait naiftre des doutes
fur la Religion Prétendüe
Réformée où ils font nez;
& par fes inftructions › par
fes bons exemples , & par fes
foins , il les a fi bien con-
+
GALANT. 65
duits dans le chemin de la
verité , qu'eftant enfin convaincus
que hors l'Eglife Romaine
il n'y a point de falut,,
ils ont abjuré leur Heréfie.
La Cerémonie de cette Abjuration
fe fit le Dimanche
8. de ce mois , entre les
mains de M l'Evefque de
S. Omer , nommé à l'Arche--
vefché d'Auch.
parler de M' de Montaigu
Ingénieur de Sa Majefté,
qui l'a emp'ové depuis quel
ques années à tirer en Basrelief
le Plan de plufieurs
Villes , & particulierement
de Maftric , d'Ipres , & de
Luxembourg. Il y a parfai
tement reüſſy , & ces beaux
Ouvrages qui font confervez
dans les Tuileries , luy
ont attiré beaucoup de louanges
du Public. Il est préſen64
MERCURE
4
tement à S. Omer , où il tra
vaille par l'ordre du Roy à
tirer auffi le Plan de cette
Place. Son bonheur l'ayant
fait loger avec Madame fa
Femme chez M'Lucas Def
forderes Commiſſaire des
Guerres , qui a la conduite
& la Police des Troupes de
S. Omer , & des Villes cir
convoisines , ce Commiffaire
leur a fait naiftre des doutes
fur la Religion Prétendüe
Réformée où ils font nez;
& par fes inftructions › par
fes bons exemples , & par fes
foins , il les a fi bien con-
+
GALANT. 65
duits dans le chemin de la
verité , qu'eftant enfin convaincus
que hors l'Eglife Romaine
il n'y a point de falut,,
ils ont abjuré leur Heréfie.
La Cerémonie de cette Abjuration
fe fit le Dimanche
8. de ce mois , entre les
mains de M l'Evefque de
S. Omer , nommé à l'Arche--
vefché d'Auch.
Fermer
Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Monsieur de Montaigu, ingénieur royal, est renommé pour ses plans en bas-relief de diverses villes comme Maestricht, Ypres et Luxembourg, exposés aux Tuileries. Actuellement, il travaille à Saint-Omer pour réaliser le plan de la ville sur ordre du roi. Logeant chez Monsieur Lucas Desfossés, commissaire des guerres, Montaigu et son épouse ont été influencés par les instructions et les soins de Desfossés. Ils ont ainsi remis en question leur foi réformée et ont décidé que seule l'Église romaine offrait le salut. Ils ont abjuré leur hérésie lors d'une cérémonie le dimanche 8 du mois, dirigée par l'évêque de Saint-Omer, récemment nommé archevêque d'Auch.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 37-40
« Après vous avoir parlé fort amplement dans deux de mes [...] »
Début :
Après vous avoir parlé fort amplement dans deux de mes [...]
Mots clefs :
Lettres, Campagne, Armes, Conversion, Religion prétendue réformée, Honneur, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Après vous avoir parlé fort amplement dans deux de mes [...] »
Apres vous avoir parlé fore
amplement dans deux de mes
Lettres , des avantages que les
Vénitiens ont remporté fur les
Turcs cette derniere Campagne,
38
MERCURE
je vous envoye le Plan de Sainte
Maure , & de Prévefa , qui font
les deux principales Places que
leurs Armes ont foûmiſes . Vous
levez d'autant plus eftimer ce
Plan , que je l'ay reçû d'un illuftre
Commandeur de Malte , qui
l'a fait dreffer fur les Lieux mêmes
. Ainfi il eft tres- fidelle ,
ayant efté gravé fur un Original,
& non fur ces Deffeins , qui à
force de paffer de main en main ,
& d'eftre copiez par diférentes
Perfonnes, font presque toûjours
défectueux . Si je vous l'envoye
un peu tard ,fongez que ces fortes
de chofes , fur tout quand elles
viennent de loin , ne peuvent
eftre données dans le même
temps qu'on en donne le détail ;
& mefme je mefouviens de vous
en avoir envoyé quelquefois
apres une annéeentiere. J'ay acGALANT.
39
coûtumé de faire graver les Jettons
nouveaux dans ce mois . le
les remets cependant jufqu'au
mois prochain , afin d'avoir plus
de temps à m'informer des Deviles.
Je vous promis la derniere fois ,
de vous entretenir de la Converfion
de Monfieur Alexandre Vignes
, fameux Miniftre de la Religion
Prétenduë Reformée de la
Ville de Grenoble . Ie ne puis
mieux m'acquiter de ma promeffe
, qu'en vous envoyant deux
Lettres qu'on m'a fait l'honneur
de m'adreffer fur ce fujet . Ie les
ay reçues imprimées; & on ne les
auroit pas rendues publiques.
dans le Lieu meſme où cet ancien
& fçavant Miniftre a fait Abjuration
, fielles contenoient autre
choſe que des veritez. Le Parlement
& la Chambre des Comp40
MERCURE
tes , qui ont affifté en Corps à
cette Cerémonie , en font une
particularité fort remarquable.
amplement dans deux de mes
Lettres , des avantages que les
Vénitiens ont remporté fur les
Turcs cette derniere Campagne,
38
MERCURE
je vous envoye le Plan de Sainte
Maure , & de Prévefa , qui font
les deux principales Places que
leurs Armes ont foûmiſes . Vous
levez d'autant plus eftimer ce
Plan , que je l'ay reçû d'un illuftre
Commandeur de Malte , qui
l'a fait dreffer fur les Lieux mêmes
. Ainfi il eft tres- fidelle ,
ayant efté gravé fur un Original,
& non fur ces Deffeins , qui à
force de paffer de main en main ,
& d'eftre copiez par diférentes
Perfonnes, font presque toûjours
défectueux . Si je vous l'envoye
un peu tard ,fongez que ces fortes
de chofes , fur tout quand elles
viennent de loin , ne peuvent
eftre données dans le même
temps qu'on en donne le détail ;
& mefme je mefouviens de vous
en avoir envoyé quelquefois
apres une annéeentiere. J'ay acGALANT.
39
coûtumé de faire graver les Jettons
nouveaux dans ce mois . le
les remets cependant jufqu'au
mois prochain , afin d'avoir plus
de temps à m'informer des Deviles.
Je vous promis la derniere fois ,
de vous entretenir de la Converfion
de Monfieur Alexandre Vignes
, fameux Miniftre de la Religion
Prétenduë Reformée de la
Ville de Grenoble . Ie ne puis
mieux m'acquiter de ma promeffe
, qu'en vous envoyant deux
Lettres qu'on m'a fait l'honneur
de m'adreffer fur ce fujet . Ie les
ay reçues imprimées; & on ne les
auroit pas rendues publiques.
dans le Lieu meſme où cet ancien
& fçavant Miniftre a fait Abjuration
, fielles contenoient autre
choſe que des veritez. Le Parlement
& la Chambre des Comp40
MERCURE
tes , qui ont affifté en Corps à
cette Cerémonie , en font une
particularité fort remarquable.
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31
p. 40-50
A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT, PREMIERE LETTRE Sur la Conversion de Mr Vignes, Ministre de Grenoble. A Grenoble ce 9. Decembre 1684.
Début :
Monsieur, Je viens d'apprendre que Monsieur Vignes, qui a [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Croyance, Ennemis, Ministres, Conversion, Concile, Église, Honneur, Dogme, Salut, Prêcher, Erreur, Albigeois, Temple, Brebis égarée, Apôtres, Évangile, Cérémonies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT, PREMIERE LETTRE Sur la Conversion de Mr Vignes, Ministre de Grenoble. A Grenoble ce 9. Decembre 1684.
Apres vous avoir parlé fore
amplement dans deux de mes
Lettres , des avantages que les
Vénitiens ont remporté fur les
Turcs cette derniere Campagne,
38
MERCURE
je vous envoye le Plan de Sainte
Maure , & de Prévefa , qui font
les deux principales Places que
leurs Armes ont foûmiſes . Vous
levez d'autant plus eftimer ce
Plan , que je l'ay reçû d'un illuftre
Commandeur de Malte , qui
l'a fait dreffer fur les Lieux mêmes
. Ainfi il eft tres- fidelle ,
ayant efté gravé fur un Original,
& non fur ces Deffeins , qui à
force de paffer de main en main ,
& d'eftre copiez par diférentes
Perfonnes, font presque toûjours
défectueux . Si je vous l'envoye
un peu tard ,fongez que ces fortes
de chofes , fur tout quand elles
viennent de loin , ne peuvent
eftre données dans le même
temps qu'on en donne le détail ;
& mefme je mefouviens de vous
en avoir envoyé quelquefois
apres une annéeentiere. J'ay acGALANT.
39
coûtumé de faire graver les Jettons
nouveaux dans ce mois . le
les remets cependant jufqu'au
mois prochain , afin d'avoir plus
de temps à m'informer des Deviles.
Je vous promis la derniere fois ,
de vous entretenir de la Converfion
de Monfieur Alexandre Vignes
, fameux Miniftre de la Religion
Prétenduë Reformée de la
Ville de Grenoble . Ie ne puis
mieux m'acquiter de ma promeffe
, qu'en vous envoyant deux
Lettres qu'on m'a fait l'honneur
de m'adreffer fur ce fujet . Ie les
ay reçues imprimées; & on ne les
auroit pas rendues publiques.
dans le Lieu meſme où cet ancien
& fçavant Miniftre a fait Abjuration
, fielles contenoient autre
choſe que des veritez. Le Parlement
& la Chambre des Comp40
MERCURE
tes , qui ont affifté en Corps à
cette Cerémonie , en font une
particularité fort remarquable.
amplement dans deux de mes
Lettres , des avantages que les
Vénitiens ont remporté fur les
Turcs cette derniere Campagne,
38
MERCURE
je vous envoye le Plan de Sainte
Maure , & de Prévefa , qui font
les deux principales Places que
leurs Armes ont foûmiſes . Vous
levez d'autant plus eftimer ce
Plan , que je l'ay reçû d'un illuftre
Commandeur de Malte , qui
l'a fait dreffer fur les Lieux mêmes
. Ainfi il eft tres- fidelle ,
ayant efté gravé fur un Original,
& non fur ces Deffeins , qui à
force de paffer de main en main ,
& d'eftre copiez par diférentes
Perfonnes, font presque toûjours
défectueux . Si je vous l'envoye
un peu tard ,fongez que ces fortes
de chofes , fur tout quand elles
viennent de loin , ne peuvent
eftre données dans le même
temps qu'on en donne le détail ;
& mefme je mefouviens de vous
en avoir envoyé quelquefois
apres une annéeentiere. J'ay acGALANT.
39
coûtumé de faire graver les Jettons
nouveaux dans ce mois . le
les remets cependant jufqu'au
mois prochain , afin d'avoir plus
de temps à m'informer des Deviles.
Je vous promis la derniere fois ,
de vous entretenir de la Converfion
de Monfieur Alexandre Vignes
, fameux Miniftre de la Religion
Prétenduë Reformée de la
Ville de Grenoble . Ie ne puis
mieux m'acquiter de ma promeffe
, qu'en vous envoyant deux
Lettres qu'on m'a fait l'honneur
de m'adreffer fur ce fujet . Ie les
ay reçues imprimées; & on ne les
auroit pas rendues publiques.
dans le Lieu meſme où cet ancien
& fçavant Miniftre a fait Abjuration
, fielles contenoient autre
choſe que des veritez. Le Parlement
& la Chambre des Comp40
MERCURE
tes , qui ont affifté en Corps à
cette Cerémonie , en font une
particularité fort remarquable.
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Résumé : A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT, PREMIERE LETTRE Sur la Conversion de Mr Vignes, Ministre de Grenoble. A Grenoble ce 9. Decembre 1684.
L'auteur d'une lettre relate les succès militaires des Vénitiens contre les Turcs lors d'une récente campagne. Il envoie des plans des places fortes de Sainte-Maure et de Préveza, conquises par les Vénitiens, dessinés sur place par un illustre commandeur de Malte, garantissant ainsi leur fidélité. L'auteur explique que les plans peuvent être envoyés avec retard en raison des délais de transmission des informations. Il mentionne également qu'il a l'habitude de graver les nouveaux jetons dans un certain mois, mais qu'il les retarde jusqu'au mois suivant pour obtenir plus de détails. Enfin, l'auteur promet de traiter la conversion d'Alexandre Vignes, un célèbre ministre de la religion réformée à Grenoble. Il envoie deux lettres imprimées sur ce sujet, contenant des vérités et rendues publiques avec l'appui du Parlement et de la Chambre des Comptes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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32
p. 50-60
SECONDE LETTRE. Sur l'Abjuration de Mr Vignes. De Grenoble ce 20. Decembre 1684.
Début :
Monsieur, Ma Lettre du 9 de ce mois vous à [...]
Mots clefs :
Religion, Église, Évêque, Convertis, Prédication, Abjuration, Religion prétendue réformée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE LETTRE. Sur l'Abjuration de Mr Vignes. De Grenoble ce 20. Decembre 1684.
SECONDE LETTRE.
Sur l'Abjuration de Mr Vignes.
De Grenoble ce 20. Decembre 1684.
M ONSIEUR ,
9.
Ma Lettre du de ce mois vous
à dû apprendre
la retraite de Monfieur
Vignes, cy- devant Miniftre
de
la Religion
Prétendue
Reformée
de
cette Ville , pour fe bien preparer
à
fon Abjuration
qu'il devoit faire ,
Dimanche
dernier , & qui a esté
faite avec toutes les folemnitez
que
meritoit une fi belle Action.
Vous Scaure done qu'apres Vefpres,
& environ fur les trois heures,
ilferendit à l'Eglife Cathédrale de
GALANT.
SI
t
Notre- Dame , avec le Pere Lamy
Preftre de l'Oratoire , dont la grande
erudition vous doit eftre connuë
par les Ouvrages qu'illa donnez au
Public, & qui par des Converfations
Sçavantes & Spirituelles a beaucoup
contribué à faire revenir Monfieur
Vignes de fes erreurs. Eftans entrez
dans l'Eglife , ils prirent place au
milieu de la Nef, vis- à- vis de la
Chaire où Monfieur l'Evefque devoitprefcher.
Iamais cette Eglife n'a efté remplie
de tant de monde ; & bien
qu'elle foit grande & vafte , neantmoins
outre tous les endroits qui
pouvoient eftre occupez , les Tribunes
, les Chapelles , les Corniches
même, & les piliers , furent d'abord
fi remplis , qu'à midy il n'y eut ancuneplace
vuide , & quelques Portes
affez éloignées , pour ne pouvoir de
Ca
52
4
MERCURE
là oüir le Prédicateur , ne laifferent
pas d'avoir fi grande quantité de.
monde , qu'on ne pût plus y entrer à.
l'heure que je viens de dire ; tellement
que dans une grande Place qui
fert de Cimetiere , & dans les Ruës
voifines . les plus paresseux furent
obligez de s'arrefter , & y referent
jufques à la fin de la Cerémonie
quelque froid rigoureux qu'il fit
alors .
Monfieur l'Evefque monta en
Chaire environ à trois heures & fit
une Prédication qui ne furprit pas,
parce qu'il n'en fait jamais que
de belles & de bonnes , mais qui
charma tous fes Auditeurs par le
prix de la matiere , par l'elegance
du difcours , par la maniere de le
debiter , & par l'application au
fujet de la Converfion de Monfieur
Vignes.
Il commença par la Miffion de
GALANT. $ 3
Saint Tean- Baptifte , fit voir la déference
qu'il eut aux ordres du Ciel
qu'il exécutoit fon humilité à ne
point recevoir des bonneurs qui
n'eftoient deubs qu'à celuy dont il
eftoit le Précurseur , & à ne point
accepter le titre de Meffie qu'on
vouloit luy donner. De là il paffa
aux veritables Miffions des Evêques
des Pasteurs , prouva que dans
l'Eglife Catholique il n'y en avoit
point qui ne fuft dérivée des Apôtres
, rapporta pour exemple la fienne
, & celles des Evefques fes Predeceffeurs
jufques à Domnin , lequel
affifta au Concile d'Aquilée l'an 381 .
qui tenoit la fienne , & fon Ordination
, de l'Evefque de Vienne, & celuy
cy des Apoftres , par
le moyen
de S.Crefcent, premier Prélat de cette
Ville , qui avoit efté Difciples des
Apoftres, & qui mefme felon le raport
d'Adon en fa Chronique ,y avoit
C 3
54 MERCURE
efté laiffe par S. Paul paſſant par
cette Province pour aller en Efpagne.
Qu'il n'en eftoit pas de mesme
de celle des Miniftres , qui ne l'avoient
reçûë que de ceux qui leur
avoient prefché à la naissance de
leur Religion , qui bien loin d'eftre
envoyez par de veritables Paſteurs ,
ne l'estoient que par des Moines dé
froquez , par des Prévaricateurs, &
par des Débauchez ,fans ordre &
Jans approbation.Il s'étendit enfuite
fur quelques autres points de Controverfe
qu'il démela parfaitement
bien ,fit l'éloge de noftre illuftre Converty
, exhorta ceux de la Religion
Prétendue Reformée à suivre Som
exemple, & les Catholiques à perfeverer
, donna cette louange à fon
Diocefe qu'il estoit moins corrompu
que lors qu'il y arriva , & qu'ily
reconnoiffoit des changemens avantageux
à la gloire de Dieu , fit cora
GALANT. 55
noiftre le zele de noftre augufte Momarque
pour éteindre l'Hérefie dans
fon Royaume , & finit par les moyens
de bien fe convertir. Apres fa Prédication
, où affifterent le Parlement
& la Chambre des Comptes en Corps,
il paffa dans le Choeur de l'Eglife reveftu
de fes Habits Pontificaux , &
precedé de fon Chapitre qui l'eftoit
de la Croix, & qui chantoit le Veni
Creator. Il alla la Croffe en main
au Lieu d'où Monfieur Vignes avoit
oiy fa Prédication , & là il reçeut
fon Abjuration que ce fage Converty
fit avec une prefence d'efprit , &
une conftance admirable ; apres laquelle
le Chapitre reprit fon chemin
vers le Grand Autel. Monfieur l'Evefque
y conduifit toûjours par la
main Monfieur Vignes , & y eftant
arrive , il luy donna le Sacrement
de Confirmation , en la ceremonie
duquel Monfieur de Saint André ,
C 4
56 MERCURE
Premier Prefident au Parlement , &
Madame la Comteffe de Clermont ,
furent le Parrain & la Marraine.
Cette Solemnité finie , on chanta le
Te Deum , & on donna la Benediction
du Saint Sacrement ; puis
Monfieur l' Evefque , les Chanoines,
les Preftres , & tous les Cleres , embrafferent
noftre nouveau Converty.
Son illuftre Parrain en fit autant.
On vit répandre des yeux de plufieurs
Perfonnes des larmes de joyez
Monfieur le Duc Makarin , &
Monfieur le Prince de Vvirtemberg,
qui s'y trouverent , en furent fort
édifiek
•
Il n'en eftoit pas arrivé de même
au Temple le lendemain de fa
retraite, qui efloit un Dimanche, car
Les Pfeaumes y furent chantez fi
lamentablement , qu'on connut bien
que ces pauvres Dévoyez avoient le
coeur trifte par l'eloignement de leur
GALANT.
57
le
Pasteur , qu'ils aimoient & eftimoient
fi parfaitement , qu'ils ne
l'appelloient point autrement que
bon Ifraëlite . Le Steur Railly leur
fecond Miniftre , tâcha de les appaifer
par le Difcours qu'il fit fort
éloquemment , fur ce qu'on devoit
fe confoler des pertes qu'on faifoit ;
& bien qu'il n'appliquaft ouvertement
fur la Converfion de Monfieur
Vignes , on vit bien que fa perte les
devoit toucher , & qu'il s'efforçoit
de les en confoler.
Dimanche dernier fon Texte fut
fort diferents car comme les Prétendus
Reformez veulent eftre perfuadez
que Monfieur Vignes a eu des
intérefts temporels pourfe convertir,
il déclama fort contre l'avarice. Il
n'est calomnie , il n'eft outrage , it'
n'eft invective dont les Prétendus
Reformez de cette Ville ne chargent
nostre celebre Converty. Leurs in
CS
58
MERCURE
ce que
juftes reffentimens leur font oublier
que pendant vingt ans ils n'ont
parlé de luy qu'avec éloge , & luy
ont toûjours donné les loüanges qu'il
méritoit . C'est une pauvre vangeancelle
des injures ; mais elle a
esté de tous les Siecles parmy les Heretiques
, & on a toujours veu que
manquant de bonnes raifons , ils fe
font retranche à vouloir perdre de
réputation ceux qui ont connu leurs
erreurs , & qui les ont quittez. Ils
ne vont jamais aux veritables motifs
des Converfions , ils les veulent
ignorer , pour cacher le regret qu'ils
ont de perdre leurs plus honneftes
Gens ; mais tout ce qu'ils difent contr'eux
, n'eft pas capable de diminuer
leur gloire ; & tant d'illuftres
Convertis quiviennent à nous ſiſouvent
, prennent un chemin qui leur
promet non feulement celle du Ciel ,
mais encore toute celle qu'ils peu
GALANT.
59
vent raisonnablement efperer en ce
monde.
le vous envoyeray bientoft une
Lettre que Monfieur Vignes écrit
aux Prétendus Reformez. Elle contiendra
les preuves des veritez de la
Religion Catholique , tirées de leurs
propres Principes. Il donnera auſſi
un Livre qui prouvera ces mefmes
veritez par l'Ecriture , interpretée
par les Peres des quatre premiers
Siecles , & par les Principes des
Protestans, Ainfi le Public appren
dra de la main mefme de ce nouveau
Converty , des motifs plus juftes
de fa Converfion, que ceux qui luy
font attribuez par fes Ennemis .
Te fuis pourtant perfuadé que tous
les Pretendus Reforme de cette Ville
ne le font pas car il y en a tant
qui ont de l'honneur , dufçavoir, &
de la vertu , que difficilement pourront
- ils luy refufer la justice qu'ils
C 6
60
MERCURE
lay doivent , apres l'avoir eftimé
comme il le merite . Ie fuis voftre ,
&c.
ALLARD , Ancien Préfident
en l'Election de Grenoble.
Sur l'Abjuration de Mr Vignes.
De Grenoble ce 20. Decembre 1684.
M ONSIEUR ,
9.
Ma Lettre du de ce mois vous
à dû apprendre
la retraite de Monfieur
Vignes, cy- devant Miniftre
de
la Religion
Prétendue
Reformée
de
cette Ville , pour fe bien preparer
à
fon Abjuration
qu'il devoit faire ,
Dimanche
dernier , & qui a esté
faite avec toutes les folemnitez
que
meritoit une fi belle Action.
Vous Scaure done qu'apres Vefpres,
& environ fur les trois heures,
ilferendit à l'Eglife Cathédrale de
GALANT.
SI
t
Notre- Dame , avec le Pere Lamy
Preftre de l'Oratoire , dont la grande
erudition vous doit eftre connuë
par les Ouvrages qu'illa donnez au
Public, & qui par des Converfations
Sçavantes & Spirituelles a beaucoup
contribué à faire revenir Monfieur
Vignes de fes erreurs. Eftans entrez
dans l'Eglife , ils prirent place au
milieu de la Nef, vis- à- vis de la
Chaire où Monfieur l'Evefque devoitprefcher.
Iamais cette Eglife n'a efté remplie
de tant de monde ; & bien
qu'elle foit grande & vafte , neantmoins
outre tous les endroits qui
pouvoient eftre occupez , les Tribunes
, les Chapelles , les Corniches
même, & les piliers , furent d'abord
fi remplis , qu'à midy il n'y eut ancuneplace
vuide , & quelques Portes
affez éloignées , pour ne pouvoir de
Ca
52
4
MERCURE
là oüir le Prédicateur , ne laifferent
pas d'avoir fi grande quantité de.
monde , qu'on ne pût plus y entrer à.
l'heure que je viens de dire ; tellement
que dans une grande Place qui
fert de Cimetiere , & dans les Ruës
voifines . les plus paresseux furent
obligez de s'arrefter , & y referent
jufques à la fin de la Cerémonie
quelque froid rigoureux qu'il fit
alors .
Monfieur l'Evefque monta en
Chaire environ à trois heures & fit
une Prédication qui ne furprit pas,
parce qu'il n'en fait jamais que
de belles & de bonnes , mais qui
charma tous fes Auditeurs par le
prix de la matiere , par l'elegance
du difcours , par la maniere de le
debiter , & par l'application au
fujet de la Converfion de Monfieur
Vignes.
Il commença par la Miffion de
GALANT. $ 3
Saint Tean- Baptifte , fit voir la déference
qu'il eut aux ordres du Ciel
qu'il exécutoit fon humilité à ne
point recevoir des bonneurs qui
n'eftoient deubs qu'à celuy dont il
eftoit le Précurseur , & à ne point
accepter le titre de Meffie qu'on
vouloit luy donner. De là il paffa
aux veritables Miffions des Evêques
des Pasteurs , prouva que dans
l'Eglife Catholique il n'y en avoit
point qui ne fuft dérivée des Apôtres
, rapporta pour exemple la fienne
, & celles des Evefques fes Predeceffeurs
jufques à Domnin , lequel
affifta au Concile d'Aquilée l'an 381 .
qui tenoit la fienne , & fon Ordination
, de l'Evefque de Vienne, & celuy
cy des Apoftres , par
le moyen
de S.Crefcent, premier Prélat de cette
Ville , qui avoit efté Difciples des
Apoftres, & qui mefme felon le raport
d'Adon en fa Chronique ,y avoit
C 3
54 MERCURE
efté laiffe par S. Paul paſſant par
cette Province pour aller en Efpagne.
Qu'il n'en eftoit pas de mesme
de celle des Miniftres , qui ne l'avoient
reçûë que de ceux qui leur
avoient prefché à la naissance de
leur Religion , qui bien loin d'eftre
envoyez par de veritables Paſteurs ,
ne l'estoient que par des Moines dé
froquez , par des Prévaricateurs, &
par des Débauchez ,fans ordre &
Jans approbation.Il s'étendit enfuite
fur quelques autres points de Controverfe
qu'il démela parfaitement
bien ,fit l'éloge de noftre illuftre Converty
, exhorta ceux de la Religion
Prétendue Reformée à suivre Som
exemple, & les Catholiques à perfeverer
, donna cette louange à fon
Diocefe qu'il estoit moins corrompu
que lors qu'il y arriva , & qu'ily
reconnoiffoit des changemens avantageux
à la gloire de Dieu , fit cora
GALANT. 55
noiftre le zele de noftre augufte Momarque
pour éteindre l'Hérefie dans
fon Royaume , & finit par les moyens
de bien fe convertir. Apres fa Prédication
, où affifterent le Parlement
& la Chambre des Comptes en Corps,
il paffa dans le Choeur de l'Eglife reveftu
de fes Habits Pontificaux , &
precedé de fon Chapitre qui l'eftoit
de la Croix, & qui chantoit le Veni
Creator. Il alla la Croffe en main
au Lieu d'où Monfieur Vignes avoit
oiy fa Prédication , & là il reçeut
fon Abjuration que ce fage Converty
fit avec une prefence d'efprit , &
une conftance admirable ; apres laquelle
le Chapitre reprit fon chemin
vers le Grand Autel. Monfieur l'Evefque
y conduifit toûjours par la
main Monfieur Vignes , & y eftant
arrive , il luy donna le Sacrement
de Confirmation , en la ceremonie
duquel Monfieur de Saint André ,
C 4
56 MERCURE
Premier Prefident au Parlement , &
Madame la Comteffe de Clermont ,
furent le Parrain & la Marraine.
Cette Solemnité finie , on chanta le
Te Deum , & on donna la Benediction
du Saint Sacrement ; puis
Monfieur l' Evefque , les Chanoines,
les Preftres , & tous les Cleres , embrafferent
noftre nouveau Converty.
Son illuftre Parrain en fit autant.
On vit répandre des yeux de plufieurs
Perfonnes des larmes de joyez
Monfieur le Duc Makarin , &
Monfieur le Prince de Vvirtemberg,
qui s'y trouverent , en furent fort
édifiek
•
Il n'en eftoit pas arrivé de même
au Temple le lendemain de fa
retraite, qui efloit un Dimanche, car
Les Pfeaumes y furent chantez fi
lamentablement , qu'on connut bien
que ces pauvres Dévoyez avoient le
coeur trifte par l'eloignement de leur
GALANT.
57
le
Pasteur , qu'ils aimoient & eftimoient
fi parfaitement , qu'ils ne
l'appelloient point autrement que
bon Ifraëlite . Le Steur Railly leur
fecond Miniftre , tâcha de les appaifer
par le Difcours qu'il fit fort
éloquemment , fur ce qu'on devoit
fe confoler des pertes qu'on faifoit ;
& bien qu'il n'appliquaft ouvertement
fur la Converfion de Monfieur
Vignes , on vit bien que fa perte les
devoit toucher , & qu'il s'efforçoit
de les en confoler.
Dimanche dernier fon Texte fut
fort diferents car comme les Prétendus
Reformez veulent eftre perfuadez
que Monfieur Vignes a eu des
intérefts temporels pourfe convertir,
il déclama fort contre l'avarice. Il
n'est calomnie , il n'eft outrage , it'
n'eft invective dont les Prétendus
Reformez de cette Ville ne chargent
nostre celebre Converty. Leurs in
CS
58
MERCURE
ce que
juftes reffentimens leur font oublier
que pendant vingt ans ils n'ont
parlé de luy qu'avec éloge , & luy
ont toûjours donné les loüanges qu'il
méritoit . C'est une pauvre vangeancelle
des injures ; mais elle a
esté de tous les Siecles parmy les Heretiques
, & on a toujours veu que
manquant de bonnes raifons , ils fe
font retranche à vouloir perdre de
réputation ceux qui ont connu leurs
erreurs , & qui les ont quittez. Ils
ne vont jamais aux veritables motifs
des Converfions , ils les veulent
ignorer , pour cacher le regret qu'ils
ont de perdre leurs plus honneftes
Gens ; mais tout ce qu'ils difent contr'eux
, n'eft pas capable de diminuer
leur gloire ; & tant d'illuftres
Convertis quiviennent à nous ſiſouvent
, prennent un chemin qui leur
promet non feulement celle du Ciel ,
mais encore toute celle qu'ils peu
GALANT.
59
vent raisonnablement efperer en ce
monde.
le vous envoyeray bientoft une
Lettre que Monfieur Vignes écrit
aux Prétendus Reformez. Elle contiendra
les preuves des veritez de la
Religion Catholique , tirées de leurs
propres Principes. Il donnera auſſi
un Livre qui prouvera ces mefmes
veritez par l'Ecriture , interpretée
par les Peres des quatre premiers
Siecles , & par les Principes des
Protestans, Ainfi le Public appren
dra de la main mefme de ce nouveau
Converty , des motifs plus juftes
de fa Converfion, que ceux qui luy
font attribuez par fes Ennemis .
Te fuis pourtant perfuadé que tous
les Pretendus Reforme de cette Ville
ne le font pas car il y en a tant
qui ont de l'honneur , dufçavoir, &
de la vertu , que difficilement pourront
- ils luy refufer la justice qu'ils
C 6
60
MERCURE
lay doivent , apres l'avoir eftimé
comme il le merite . Ie fuis voftre ,
&c.
ALLARD , Ancien Préfident
en l'Election de Grenoble.
Fermer
Résumé : SECONDE LETTRE. Sur l'Abjuration de Mr Vignes. De Grenoble ce 20. Decembre 1684.
Le 20 décembre 1684, une lettre de Grenoble rapporte l'abjuration de Monsieur Vignes, ancien ministre de la Religion Prétendue Réformée, qui a eu lieu le dimanche précédent. Vignes s'était préparé à cette abjuration en se retirant. La cérémonie s'est déroulée dans la cathédrale Notre-Dame de Grenoble, en présence d'une grande foule. Monsieur l'Évêque a prononcé un sermon sur la mission de Saint Jean-Baptiste, soulignant son humilité et sa déférence. Il a ensuite comparé les missions des évêques catholiques à celles des ministres protestants, critiquant ces derniers pour leur manque de légitimité apostolique. Après le sermon, Vignes a fait son abjuration avec une grande présence d'esprit et de confiance. Il a ensuite reçu le sacrement de confirmation, avec Monsieur de Saint-André et Madame la Comtesse de Clermont comme parrain et marraine. La cérémonie s'est conclue par le chant du Te Deum et des embrassades. Le lendemain, au temple, les psaumes ont été chantés lamentablement, reflétant la tristesse des réformés face à la perte de leur pasteur. Le ministre Railly a tenté de les réconforter, mais sans succès. Les réformés de Grenoble ont accusé Vignes de s'être converti par intérêt temporel, oubliant les éloges qu'ils lui avaient autrefois adressés. La lettre mentionne également l'envoi prochain d'une lettre et d'un livre écrits par Vignes, contenant des preuves des vérités de la religion catholique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
33
p. 157-168
Abjurations, [titre d'après la table]
Début :
Si l'Abjuration de Monsieur Vignes, Ministre de Grenoble, a fait [...]
Mots clefs :
Abjuration, Monsieur Vignes, Seigneur, Noblesse, Dauphiné, Religion prétendue réformée, Roi de Navarre, Maison d'Arbaud, Charges, Église catholique, Archevêque, Duc de Noailles, Honnêteté, Conversation, Pasteur, Erreur, Compliments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjurations, [titre d'après la table]
Si l'Abjuration de Monfieur
Vignes , Miniftre de Grenoble,
a fait grand bruit dans le Dauphiné
, celle de Monfieur d'Ar
baud , Seigneur de Blanfac, originaire
d'Arles , n'en a pas moins
fait dans le Languedoc . Ce Gentilhomme
, qui eft d'une fort ancienne
Nobleffe , demeuroit à
Nifmes , à caufe qui faifoit profeffion
de la Religion Pretenduë
Réformée. Ses Prédeceffeurs qui
faifoient la mefme Profeffion , s'y
êtoient êtablis depuis cent ans.
Son Ayeul , né Catholique, avoit
changé de Religion , par l'engagement
qu'il avoit pris dans le
party du Roy de Navarre, qui fut
depois Roy de France , fous le
nom de Henry IV. Il fut honoré
par ce Monarque , de belles
& importantes Commiffions
, &
le fuivit en plufieurs Exploits.
158
MERCURE
Comme cette Maifon , fort confiderée
dans Arles , auffi bien
qu'en Languedoc , avoit toûjours
eû un zele ardent pour tout ce
qui regardoit le culte de Dieu ,
elle avoit laiffé des marques de
fa pieté dans les Eglifes fur les
Autels . Ainfi fes Armes paroiffoient
encore en beaucoup d'endroits
, jufque fur des Croix de
Marbre expofées en public , &
par des fondations de Chapelles ,
conftrutions de Tombeaux de
Marbre , & autres fondations
dans l'Eglife Cathedrale , & chez
les Dominicains. Ces objets qui
frapérent ce Gentilhomme dans
fajeuneffe , furent en quelque
maniére effacez par le fois,
qu'apportérent fes Parens & les
Miniftres de Nifmes , à le fortifier
dans les erreurs de Calvin . Il
étoit alors feul de fa maiſon , ayam
1
GALANT.
159
perdu un Frere aîné , mort au Service
du Roy en Italie , Capitaine
dans le Regiment de montpefat.
Il aimoit les belles Lettres , &
avoit acquis la plupart des Connoiffances
qui font recherchées
par les Perfonnes d'efprit . Cela
fut caufe que Meffieurs de l'Académie
Royale d'Arles , jetterent
les yeux fur luy , pour l'affocier
dans leur Compagnie . Cet engagement
ne fut pas un petit
motif, pour luy faire reprendre
les premiéres impreffions , qui
Juy avoient donné qulque penchant
pour l'Eglife Catholique ,
qui étoit la Religion de fes anceftres
& celle de quantité de
Parens qu'il avoit , & qu'il a encore
, parmy lefquels il y a des
Commandeurs de Malte , comme
il y a eû parmy fes Prédeceffeurs
plufieurs Evefques, & autres
160 MERCURE
que
Perſonnes reveftuës de Charges
confidérables dans Arles , telle
celle de Premiers Conful.
On compre dans cette Maiſon
jufqu'à quatre Confulats . On
peut joindre à tout cela le commerce
de devoir & d'honnefteté
qu'il avoit avec Monfieur
l'Archevefque d'Arles . Ce fçavant
Prélat , qui a toûjours efté
fi fidelle à fon Prince , & à la Religion
Catholique , ne perdoit
pas les occafions de l'exhorter à
ouvrir les yeux à la verité , & il
le faifoit d'une manière fi Apoftolique,&
fi remplie de douceur,
que Monfieur d'Arbaud a depuis
avoüé que fes follicitations , accompagnées
de fa pieté & de fon
exemple , avoient fort contribué
à le retirer de fes erreurs. Il eftoit
dans ces favorables difpofitions ,
lors qu'il alla à Montpellier auffiGALANT.
161
bien
que les autres Gentilshommes
du Languedoc , rendre fes
devoirs à Monfieur le Duc de
Noailles qui avoit eſté nommé
par le Roy pour commander en
Chef dans cette Province . Ce
Duc à qui l'on apprit la Religion
dont il eftoit , luy fit beaucoup
de careffes , & le pria de penfer
ferieufement au peril où l'avoit
mis le malheur de fa naiffance .
Cette entrevue fe paffa en complimens
; & lors que Monfieur
d'Arbaud prenoit congé de Mr
le Duc de Noailles , Monfieur
l'Evefque de Mirepoix qui eftoit
dans la Chambre avec plufieurs
autres Prélats , trouva moyen
d'engager avec luy une converfation
qui dura trois heures. Monfieur
le Comte du Roure , Monfieur
le Vicomte de Polignac ,
Monfieur le Comte de Luffan , &c
160
MERCURE
autres Perſonnes de qualité , y
affiftérent avec Meffieurs les Evêques.
On n'y agita que des matieres
de Controverfes , mais avec
beaucoup d'honnefteré & de
douceur. Cette converfation fut
fuivie de trois ou quatre autres ,
dans la Maiſon de Monfieur l'Evefque
de Mirepoix . Les raifons
que luy apporta ce Prélat furent
fi fortes, qu'ayant commencé dés
ce temps - là à eftre cenvaincu de
la verité, il le fut entierement par
les Lettres que Monfieur l'Evef
que de Mirepoix luy écrivit enfuite
fur fes doutes , & aufquelles
Monfieur d'Arbaud répondoit ,
foutenant toûjours fa Religion ,
fans pourtant fe déclarer Catholique
, quoy qu'il le fuft en effet ,
n'y ayant plus que le feul refpect
humain qui le retinſt . Il laiſſa páffer
encore deux ans ; & enfin ne
GALANT. 1161
pouvant plus résister à la Grace ,
il fit fçavoir à Monfieur de Mirepoix
, qui s'étoit rendu aux derniers
Etats de Languedoc
, qu'étant
incommodé
, il luy étoit impoffible
d'aller fi tofgle trouver à
Montpellier
; mais qu'avant la fin
des Etats , il auroit l'honneur de
le voir , pour recevoir fa Benediction
, en luy declarant qu'il vouloit
vivre & mourir Catholique.
Il fit part de cette nouvelle à
Monfieur le Cardinal de Bonfy &
à Monfieur l'Intendant
, & dés
qu'il eut un peu de ſanté , il alla
à Arles communiquer
ſon deſſein
à Monfieur l'Archevefque
, & à
Monfieur le Coadjuteur
. De là il
fe rendit à Montpellier
, où il
efperoit trouver Monfieur l'Evef
que de Nifmes , & Monfieur l'Evefque
d'Ufés , qui font fes Pafteurs
, auffi bien Monfieur
que
164
MERCURE
l'Archevefque d'Arles , puis qu'il
eft domicilié à Nifmes , & qu'il a
du Bien dans le Diocefe d'Ufés ;
mais Monfieur de Nifmes ne s'y
étant point rencontré , il n'y eut
que Monfieur d'Ufés qui reçeut
fon abjuration comme fon Pafteur
, en prefence de Monfieur
l'Evefque de Mirepoix , & de
Monfieur de Plantade Confeiller
à la Cour des Aydes , Oncle de
Madame d'Arbaud fa Femme. Le
lendemain de cette action qui fe
fit dans la Chapelle des Penitens
blancs , ce fut une réjouiffance
publique dans Montpellier du côté
des Catholiques , & une mortification
inexprimable pour tous
les Prétendus Réformez. La perte
qu'ils font enluy eft d'autant plus
grande , que connoiffant parfaitement
leur Religion , il connoiſt
préfentement toutes les erreurs
GALANT. 165
qui les devroient obliger à la
quitter. Il avoit paffé par toutes
les Claffes de ceux de fon party,
comme font Confiftoire , Deputations,
Synodes , & autres Affemblées
generales , particulieres &
fecretes qu'ils ont accoûtumé de
faire , quand le Roy le leur permet
, pour l'obfervation de leur
Difcipline . Il a paru dans toutes
avec beaucoup d'efprit & de fçavoir
, & fes grandes qualitez appuyées
du bien & de la naiffance ,
Je faifoient confiderer parmi eux
comme un Chefde leur Religion ,
dans les Villes de Nifmes d'Ufés,
& de Montpellier . Ce qui les afflige
davantage , c'est qu'outre la
crainte qu'ils ont de voir fuivre
fon exemple, il a dix Enfans qu'il
efpere ramener à l'Eglife , y en
ayant déja trois ou quatre , qui par
leur âge font devenus Catholi164
MERCURE
ques , fuivant la Declaration du
Roy. D'ailleurs l'exercice public
de la Religion Pretenduë Refor
mée , eft étably dans fa Terre de
Blanfae , où il fait fon plus ordinaire
fejour ; & comme il y a un
grand nombre de Vaffaux de
cette Religion, il pretend qu'avec
le fecours de Monfieur l'Evêque
d'Ulés,dans le Dioceſe duquel eft
cette Terre , fon exemple ne fera
pas fans fruit pour ces Devoyez .
L'accablement des vifites luy
ayant fait quitter Montpellier , il
alla à Nifmes rendre les refpects à
Monfieur l'Evêque. J'aurois peine
à exprimer les honneurs qu'il y
reçut. Meffieurs du Chapitre auffi
bien que Meffieurs du Prefidial ,
vinrent le complimenter
, ce que
firent auffi Meffieurs les Confuls
en Chaperon , avec le Corps de
Ville. On le reçut de la meſme
GALANT. 165
forte à Arles . Toute la Nobleffe,
Tous les Convens , tous les Religieux,
tous les Ordres, & prefque
tout le Peuple , allerent le vifiter.
Le Chapitre luy fit compliment
en Deputation , pour fe réjouir
avec luy de fon retour à l'Eglife ;
& Meffieurs de l'Academie Roya
le,aprés l'avoir vû chacun en particulier
, allerent en Corps luy
marquer leur joye de l'acquifition
que faifoit leur Compagnie,
d'un Confrere nouvellement converty.
Meffieurs les Confuls luy
firent le mefme honneur, en Chaperon
, & avec le Corps de Ville,
compofé d'une Nobleffe illuftre,
& l'affurérent de la fatisfaction
que le Public recevoit , de le voir
revenir enfin au fein de fa mere,
& reparer le fcandale que fes
Predeceffeurs avoient caufé à la
Ville d'Arles, & à l'Eglife Catho168
MERCURE
lique . La joye que tout le monde
a reçûë de cette Converfion , a
obligé Monfieur Sabatier,Gentilhomme
d'un merite fingulier , &
qui n'eft pas un des moindres ornemens
de l'Academie Royale
d'Arles , de faire éclater la fienne
par cette Epître .
Vignes , Miniftre de Grenoble,
a fait grand bruit dans le Dauphiné
, celle de Monfieur d'Ar
baud , Seigneur de Blanfac, originaire
d'Arles , n'en a pas moins
fait dans le Languedoc . Ce Gentilhomme
, qui eft d'une fort ancienne
Nobleffe , demeuroit à
Nifmes , à caufe qui faifoit profeffion
de la Religion Pretenduë
Réformée. Ses Prédeceffeurs qui
faifoient la mefme Profeffion , s'y
êtoient êtablis depuis cent ans.
Son Ayeul , né Catholique, avoit
changé de Religion , par l'engagement
qu'il avoit pris dans le
party du Roy de Navarre, qui fut
depois Roy de France , fous le
nom de Henry IV. Il fut honoré
par ce Monarque , de belles
& importantes Commiffions
, &
le fuivit en plufieurs Exploits.
158
MERCURE
Comme cette Maifon , fort confiderée
dans Arles , auffi bien
qu'en Languedoc , avoit toûjours
eû un zele ardent pour tout ce
qui regardoit le culte de Dieu ,
elle avoit laiffé des marques de
fa pieté dans les Eglifes fur les
Autels . Ainfi fes Armes paroiffoient
encore en beaucoup d'endroits
, jufque fur des Croix de
Marbre expofées en public , &
par des fondations de Chapelles ,
conftrutions de Tombeaux de
Marbre , & autres fondations
dans l'Eglife Cathedrale , & chez
les Dominicains. Ces objets qui
frapérent ce Gentilhomme dans
fajeuneffe , furent en quelque
maniére effacez par le fois,
qu'apportérent fes Parens & les
Miniftres de Nifmes , à le fortifier
dans les erreurs de Calvin . Il
étoit alors feul de fa maiſon , ayam
1
GALANT.
159
perdu un Frere aîné , mort au Service
du Roy en Italie , Capitaine
dans le Regiment de montpefat.
Il aimoit les belles Lettres , &
avoit acquis la plupart des Connoiffances
qui font recherchées
par les Perfonnes d'efprit . Cela
fut caufe que Meffieurs de l'Académie
Royale d'Arles , jetterent
les yeux fur luy , pour l'affocier
dans leur Compagnie . Cet engagement
ne fut pas un petit
motif, pour luy faire reprendre
les premiéres impreffions , qui
Juy avoient donné qulque penchant
pour l'Eglife Catholique ,
qui étoit la Religion de fes anceftres
& celle de quantité de
Parens qu'il avoit , & qu'il a encore
, parmy lefquels il y a des
Commandeurs de Malte , comme
il y a eû parmy fes Prédeceffeurs
plufieurs Evefques, & autres
160 MERCURE
que
Perſonnes reveftuës de Charges
confidérables dans Arles , telle
celle de Premiers Conful.
On compre dans cette Maiſon
jufqu'à quatre Confulats . On
peut joindre à tout cela le commerce
de devoir & d'honnefteté
qu'il avoit avec Monfieur
l'Archevefque d'Arles . Ce fçavant
Prélat , qui a toûjours efté
fi fidelle à fon Prince , & à la Religion
Catholique , ne perdoit
pas les occafions de l'exhorter à
ouvrir les yeux à la verité , & il
le faifoit d'une manière fi Apoftolique,&
fi remplie de douceur,
que Monfieur d'Arbaud a depuis
avoüé que fes follicitations , accompagnées
de fa pieté & de fon
exemple , avoient fort contribué
à le retirer de fes erreurs. Il eftoit
dans ces favorables difpofitions ,
lors qu'il alla à Montpellier auffiGALANT.
161
bien
que les autres Gentilshommes
du Languedoc , rendre fes
devoirs à Monfieur le Duc de
Noailles qui avoit eſté nommé
par le Roy pour commander en
Chef dans cette Province . Ce
Duc à qui l'on apprit la Religion
dont il eftoit , luy fit beaucoup
de careffes , & le pria de penfer
ferieufement au peril où l'avoit
mis le malheur de fa naiffance .
Cette entrevue fe paffa en complimens
; & lors que Monfieur
d'Arbaud prenoit congé de Mr
le Duc de Noailles , Monfieur
l'Evefque de Mirepoix qui eftoit
dans la Chambre avec plufieurs
autres Prélats , trouva moyen
d'engager avec luy une converfation
qui dura trois heures. Monfieur
le Comte du Roure , Monfieur
le Vicomte de Polignac ,
Monfieur le Comte de Luffan , &c
160
MERCURE
autres Perſonnes de qualité , y
affiftérent avec Meffieurs les Evêques.
On n'y agita que des matieres
de Controverfes , mais avec
beaucoup d'honnefteré & de
douceur. Cette converfation fut
fuivie de trois ou quatre autres ,
dans la Maiſon de Monfieur l'Evefque
de Mirepoix . Les raifons
que luy apporta ce Prélat furent
fi fortes, qu'ayant commencé dés
ce temps - là à eftre cenvaincu de
la verité, il le fut entierement par
les Lettres que Monfieur l'Evef
que de Mirepoix luy écrivit enfuite
fur fes doutes , & aufquelles
Monfieur d'Arbaud répondoit ,
foutenant toûjours fa Religion ,
fans pourtant fe déclarer Catholique
, quoy qu'il le fuft en effet ,
n'y ayant plus que le feul refpect
humain qui le retinſt . Il laiſſa páffer
encore deux ans ; & enfin ne
GALANT. 1161
pouvant plus résister à la Grace ,
il fit fçavoir à Monfieur de Mirepoix
, qui s'étoit rendu aux derniers
Etats de Languedoc
, qu'étant
incommodé
, il luy étoit impoffible
d'aller fi tofgle trouver à
Montpellier
; mais qu'avant la fin
des Etats , il auroit l'honneur de
le voir , pour recevoir fa Benediction
, en luy declarant qu'il vouloit
vivre & mourir Catholique.
Il fit part de cette nouvelle à
Monfieur le Cardinal de Bonfy &
à Monfieur l'Intendant
, & dés
qu'il eut un peu de ſanté , il alla
à Arles communiquer
ſon deſſein
à Monfieur l'Archevefque
, & à
Monfieur le Coadjuteur
. De là il
fe rendit à Montpellier
, où il
efperoit trouver Monfieur l'Evef
que de Nifmes , & Monfieur l'Evefque
d'Ufés , qui font fes Pafteurs
, auffi bien Monfieur
que
164
MERCURE
l'Archevefque d'Arles , puis qu'il
eft domicilié à Nifmes , & qu'il a
du Bien dans le Diocefe d'Ufés ;
mais Monfieur de Nifmes ne s'y
étant point rencontré , il n'y eut
que Monfieur d'Ufés qui reçeut
fon abjuration comme fon Pafteur
, en prefence de Monfieur
l'Evefque de Mirepoix , & de
Monfieur de Plantade Confeiller
à la Cour des Aydes , Oncle de
Madame d'Arbaud fa Femme. Le
lendemain de cette action qui fe
fit dans la Chapelle des Penitens
blancs , ce fut une réjouiffance
publique dans Montpellier du côté
des Catholiques , & une mortification
inexprimable pour tous
les Prétendus Réformez. La perte
qu'ils font enluy eft d'autant plus
grande , que connoiffant parfaitement
leur Religion , il connoiſt
préfentement toutes les erreurs
GALANT. 165
qui les devroient obliger à la
quitter. Il avoit paffé par toutes
les Claffes de ceux de fon party,
comme font Confiftoire , Deputations,
Synodes , & autres Affemblées
generales , particulieres &
fecretes qu'ils ont accoûtumé de
faire , quand le Roy le leur permet
, pour l'obfervation de leur
Difcipline . Il a paru dans toutes
avec beaucoup d'efprit & de fçavoir
, & fes grandes qualitez appuyées
du bien & de la naiffance ,
Je faifoient confiderer parmi eux
comme un Chefde leur Religion ,
dans les Villes de Nifmes d'Ufés,
& de Montpellier . Ce qui les afflige
davantage , c'est qu'outre la
crainte qu'ils ont de voir fuivre
fon exemple, il a dix Enfans qu'il
efpere ramener à l'Eglife , y en
ayant déja trois ou quatre , qui par
leur âge font devenus Catholi164
MERCURE
ques , fuivant la Declaration du
Roy. D'ailleurs l'exercice public
de la Religion Pretenduë Refor
mée , eft étably dans fa Terre de
Blanfae , où il fait fon plus ordinaire
fejour ; & comme il y a un
grand nombre de Vaffaux de
cette Religion, il pretend qu'avec
le fecours de Monfieur l'Evêque
d'Ulés,dans le Dioceſe duquel eft
cette Terre , fon exemple ne fera
pas fans fruit pour ces Devoyez .
L'accablement des vifites luy
ayant fait quitter Montpellier , il
alla à Nifmes rendre les refpects à
Monfieur l'Evêque. J'aurois peine
à exprimer les honneurs qu'il y
reçut. Meffieurs du Chapitre auffi
bien que Meffieurs du Prefidial ,
vinrent le complimenter
, ce que
firent auffi Meffieurs les Confuls
en Chaperon , avec le Corps de
Ville. On le reçut de la meſme
GALANT. 165
forte à Arles . Toute la Nobleffe,
Tous les Convens , tous les Religieux,
tous les Ordres, & prefque
tout le Peuple , allerent le vifiter.
Le Chapitre luy fit compliment
en Deputation , pour fe réjouir
avec luy de fon retour à l'Eglife ;
& Meffieurs de l'Academie Roya
le,aprés l'avoir vû chacun en particulier
, allerent en Corps luy
marquer leur joye de l'acquifition
que faifoit leur Compagnie,
d'un Confrere nouvellement converty.
Meffieurs les Confuls luy
firent le mefme honneur, en Chaperon
, & avec le Corps de Ville,
compofé d'une Nobleffe illuftre,
& l'affurérent de la fatisfaction
que le Public recevoit , de le voir
revenir enfin au fein de fa mere,
& reparer le fcandale que fes
Predeceffeurs avoient caufé à la
Ville d'Arles, & à l'Eglife Catho168
MERCURE
lique . La joye que tout le monde
a reçûë de cette Converfion , a
obligé Monfieur Sabatier,Gentilhomme
d'un merite fingulier , &
qui n'eft pas un des moindres ornemens
de l'Academie Royale
d'Arles , de faire éclater la fienne
par cette Epître .
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Résumé : Abjurations, [titre d'après la table]
Le texte relate l'abjuration de Monsieur d'Arbaud, Seigneur de Blanfac, originaire d'Arles, qui a marqué le Languedoc. Ce gentilhomme, issu d'une ancienne famille noble, résidait à Nîmes et pratiquait la Religion Prétendue Réformée, comme ses prédécesseurs établis dans la région depuis un siècle. Son aïeul, initialement catholique, avait changé de religion en rejoignant le parti du roi de Navarre, devenu Henri IV. La famille d'Arbaud, respectée à Arles et en Languedoc, avait laissé des marques de sa piété dans les églises locales. Monsieur d'Arbaud, unique survivant de sa maison après la mort de son frère aîné au service du roi, était épris de belles-lettres et avait acquis des connaissances appréciées par les membres de l'Académie Royale d'Arles, qui souhaitaient l'y associer. Cette perspective, ainsi que les encouragements de l'archevêque d'Arles et de l'évêque de Mirepoix, l'incitèrent à reconsidérer sa foi. Lors d'une visite à Montpellier pour rencontrer le duc de Noailles, il eut plusieurs conversations avec des prélats qui le convainquirent progressivement de la vérité de la foi catholique. Après deux années de réflexion, il annonça son intention d'abjurer sa foi réformée et de se convertir au catholicisme. Il informa l'évêque de Mirepoix, le cardinal de Bonzy et l'intendant de sa décision. Il se rendit ensuite à Arles pour en parler avec l'archevêque et le coadjuteur, avant de se rendre à Montpellier où il abjura publiquement en présence de l'évêque d'Uzès et de l'évêque de Mirepoix. Cette conversion fut accueillie avec joie par les catholiques et avec consternation par les réformés, qui voyaient en lui un leader respecté. Monsieur d'Arbaud espérait également convertir ses dix enfants, plusieurs d'entre eux étant déjà catholiques. Il reçut des honneurs à Nîmes et à Arles, où toute la noblesse et le peuple vinrent le féliciter pour son retour à l'Église catholique. L'Académie Royale d'Arles exprima également sa joie d'accueillir un nouveau converti parmi ses membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 173-174
« Il ne faut souvent qu'un moment heureux, & la Grace opere. [...] »
Début :
Il ne faut souvent qu'un moment heureux, & la Grace opere. [...]
Mots clefs :
Grâce, Père, Religion prétendue réformée, Conversion, Erreur, Combat, Abjuration, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il ne faut souvent qu'un moment heureux, & la Grace opere. [...] »
Il ne faut fouvent qu'un moment
heureux , & la Grace ope-
H 3
174
MERCURE
re. Le Pere Hilarion de Mortagne
, Capucin des plus zelez ,
paffant de Rouen à la Bouille ,
dans un grand Bateau où il fe
trouve toujours quantité de monde
, y decouvrit une Femme qui
eftoit de la Religion Prétenduë
Reformée . Il combatit fes erreurs
par de fi fortes raisons qu'il l'en
convainquit. Elle abjura peu de
jours apres Tous ceux de la
Bouille ont efté temoin de cette
action .
Mademoiſelle d'Uré , Fille de
Monfieur de la Chaboiffiere ,
Gentilhomme de la Rochelle , a
fait auffi abjuration du Calvinifme
depuis peu de jours . Elle a
depuis époufé Monfieur de Valion
Lieutenant Ayde - Major
au Régiment de Navarre, qui eft
d'une Famille Noble du Soiffonnois
du nom de Haftrel de
Préaux .
heureux , & la Grace ope-
H 3
174
MERCURE
re. Le Pere Hilarion de Mortagne
, Capucin des plus zelez ,
paffant de Rouen à la Bouille ,
dans un grand Bateau où il fe
trouve toujours quantité de monde
, y decouvrit une Femme qui
eftoit de la Religion Prétenduë
Reformée . Il combatit fes erreurs
par de fi fortes raisons qu'il l'en
convainquit. Elle abjura peu de
jours apres Tous ceux de la
Bouille ont efté temoin de cette
action .
Mademoiſelle d'Uré , Fille de
Monfieur de la Chaboiffiere ,
Gentilhomme de la Rochelle , a
fait auffi abjuration du Calvinifme
depuis peu de jours . Elle a
depuis époufé Monfieur de Valion
Lieutenant Ayde - Major
au Régiment de Navarre, qui eft
d'une Famille Noble du Soiffonnois
du nom de Haftrel de
Préaux .
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Résumé : « Il ne faut souvent qu'un moment heureux, & la Grace opere. [...] »
Le Père Hilarion de Mortagne a converti une femme calviniste lors d'un trajet en bateau. Elle a abjuré peu après, témoin par les habitants de La Bouille. Mademoiselle d'Uré, fille du gentilhomme de La Rochelle, a également abjuré et épousé Monsieur de Valion, lieutenant au Régiment de Navarre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 297-299
« On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...] »
Début :
On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Abjuration, Hérésie, Miracle, Incendie, Bénédiction, Ravages
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texteReconnaissance textuelle : « On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...] »
On a eu avis que plufieurs
Perfonnes de la Religion Pré298
MERCURE
ན
M
tendue Réformée , ont abjuré
l'Herefie , pour avoir efté témoins
d'un Miracle arrivé au
Château de Soyons en Dauphiné
, appartenant à M ' le
Marquis de Montauban,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy. C'eſt une tresbelle
Maiſon , qui eft fituée
fur une hauteur. Les Cifter.
nes en étoient taries , & le
Village eft affez loin du Châ
teau. Le feu ayant pris à deux
Chambres pleines de Meu
bles , & le fecours manquant
pour l'éteindre , le Curé du
lieu apporta le S. Sacrement.
GALANT. 299
1 Lors qu'il fut à l'entrée du
premier Pont-levis , le vent
qui étoit tres -furieux , ceffa
tout d'un coup. Il entra dans
le Château , & à peine eut- il
donné la Benediction , que le
feu qu'on voyoit de toutes
parts , demeura fans force , &
ne fit plus de ravage. Les
Procez Verbaux
dreffez par l'ordre de M. l'E
vefque de Valence , juftifient
la verité de ce que je vous
écris.
Perfonnes de la Religion Pré298
MERCURE
ན
M
tendue Réformée , ont abjuré
l'Herefie , pour avoir efté témoins
d'un Miracle arrivé au
Château de Soyons en Dauphiné
, appartenant à M ' le
Marquis de Montauban,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy. C'eſt une tresbelle
Maiſon , qui eft fituée
fur une hauteur. Les Cifter.
nes en étoient taries , & le
Village eft affez loin du Châ
teau. Le feu ayant pris à deux
Chambres pleines de Meu
bles , & le fecours manquant
pour l'éteindre , le Curé du
lieu apporta le S. Sacrement.
GALANT. 299
1 Lors qu'il fut à l'entrée du
premier Pont-levis , le vent
qui étoit tres -furieux , ceffa
tout d'un coup. Il entra dans
le Château , & à peine eut- il
donné la Benediction , que le
feu qu'on voyoit de toutes
parts , demeura fans force , &
ne fit plus de ravage. Les
Procez Verbaux
dreffez par l'ordre de M. l'E
vefque de Valence , juftifient
la verité de ce que je vous
écris.
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Résumé : « On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...] »
À Soyons en Dauphiné, des protestants ont abjuré après un miracle au Château de Montauban. Un incendie y éclata, mais s'éteignit à l'arrivée du curé avec le Saint Sacrement. L'évêque de Valence confirma cet événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 15-17
SUR LA NAISSANCE & le progrés de l'Herésie, sous les régnes de sept dernier de nos Roys ; & sur son déclin sous le régne de LOÜIS LE GRAND. SONNET.
Début :
Je ne vous dis rien de ce qui se fait pour / Sous le grand Roy François ce Monstre prit naissance [...]
Mots clefs :
Hérésie, Religion prétendue réformée, Roi, Monstre, Enfer, Sang, Serpent, Hercule, Louis, Hydre
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE & le progrés de l'Herésie, sous les régnes de sept dernier de nos Roys ; & sur son déclin sous le régne de LOÜIS LE GRAND. SONNET.
Je ne vous dis
rien de ce qui ſe fait pour fai
re Aflceuurriirr en France la veritable
Religion , & pour en
bannir la Prétendue Refor-
, mée. Sa Majesté fait toû-
- jours paroiſtre la plus forte
ardeur pour détruire l'Heré-
: ſie , & toûjours les Muſes tirent
de là ſon plus grand élo-
-ge. Vous le connoiſtrez par
ce Sonnet M' Terraudiere,
premier Eçhevin de Niort.
16 MERCURE
SUR LA NAISSANCE
& le progrés de l'Heréſie,
ſous les régnes des ſept derniers
de nos Roys ; & fur
ſon déclin ſous le régne de
LOUIS LE GRAND .
SONNET.
Ous le grand RoyFrançois ce
Monstreprit naissance
Parde faux Apoftats fufcitez de
l'Enfers
Son Fils HenrySecond s'en alloit
l'étouffer,
S'il n'eustestétuéd'un fatal coup de
Lance.
Se
Apresfa mort on vit cettefatale Engeance
GALANT
17
S'établir parlefeu, s'élever parlefers
François , Charles , Henry la virent
triompher,
Et répandre à leursyeux tout lefang
de la France.
S&
Henryquatre endormit ce Serpent
dangereux ;
Mais ilſe réveilla bien- tost plusfurieux
Etsous Loüis le Juste ilfit bien du
ravage.
52
Enfin le grand LOVIS, l'Hérculedé
nosjours,
Pardes moyens prudens, pardeſages
détours,
Vient d'abatre cette Hydre,&l'Enfer
enenrage.
rien de ce qui ſe fait pour fai
re Aflceuurriirr en France la veritable
Religion , & pour en
bannir la Prétendue Refor-
, mée. Sa Majesté fait toû-
- jours paroiſtre la plus forte
ardeur pour détruire l'Heré-
: ſie , & toûjours les Muſes tirent
de là ſon plus grand élo-
-ge. Vous le connoiſtrez par
ce Sonnet M' Terraudiere,
premier Eçhevin de Niort.
16 MERCURE
SUR LA NAISSANCE
& le progrés de l'Heréſie,
ſous les régnes des ſept derniers
de nos Roys ; & fur
ſon déclin ſous le régne de
LOUIS LE GRAND .
SONNET.
Ous le grand RoyFrançois ce
Monstreprit naissance
Parde faux Apoftats fufcitez de
l'Enfers
Son Fils HenrySecond s'en alloit
l'étouffer,
S'il n'eustestétuéd'un fatal coup de
Lance.
Se
Apresfa mort on vit cettefatale Engeance
GALANT
17
S'établir parlefeu, s'élever parlefers
François , Charles , Henry la virent
triompher,
Et répandre à leursyeux tout lefang
de la France.
S&
Henryquatre endormit ce Serpent
dangereux ;
Mais ilſe réveilla bien- tost plusfurieux
Etsous Loüis le Juste ilfit bien du
ravage.
52
Enfin le grand LOVIS, l'Hérculedé
nosjours,
Pardes moyens prudens, pardeſages
détours,
Vient d'abatre cette Hydre,&l'Enfer
enenrage.
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Résumé : SUR LA NAISSANCE & le progrés de l'Herésie, sous les régnes de sept dernier de nos Roys ; & sur son déclin sous le régne de LOÜIS LE GRAND. SONNET.
Le texte décrit les efforts pour promouvoir la véritable religion en France et éradiquer la Réforme. Le roi, Louis XIV, montre une détermination constante à détruire l'hérésie. Un sonnet de M. Terraudiere, premier échevin de Niort, illustre l'histoire de l'hérésie sous les sept derniers rois de France. L'hérésie naît sous François Ier et est presque étouffée par Henri II, qui meurt ensuite. Elle se développe sous François II, Charles IX et Henri III, avant d'être temporairement endormie par Henri IV. Elle resurgit sous Louis XIII, causant de nombreux ravages. Louis XIV, comparé à Hercule, parvient à abattre cette hydre grâce à des moyens prudents et des stratégies habiles, mettant ainsi en rage l'enfer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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37
p. 27-37
LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
Début :
J'aurois dequoy faire plusieurs Volumes ce mois cy, / Monsieur, Il n'est point de Province en France où la Religion Prétenduë [...]
Mots clefs :
Province, Religion prétendue réformée, Dauphiné, Guillaume Farel, Ministre, Protestants, Calvinisme, Éloquence, Temples, Huguenots, Démolition, Piété, Roi, Ecclésiastiques, Dieu, Obstination, Conversion
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
J'aurois dequoy faire
plufieursVolumes ce mois cy,
en ne parlant feulement que
de ce qu'il fait à l'avantage
de la veritable Religion , fi je
voulois entrer dans toutes les
particularitez où ce grand
Monarque veut bien fe donner
la peine de deſcendre , en
faveur de fes Sujets aveuglez
par une fatale obſtination.
Voicy ce qui m'a efté
envoyé imprimé , fur un de
ces Articles de Religion.
Cij
28 MERCURE
52:5252-5252 SZSZSZ
L'ET TRE
4 A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT ,
Concernant le Temple de Grenoble ,
MONSIEUR,
Il n'eft point de Province en
France où la Religion Prétenduë
Reformée ait efte plutoft receuë
qu'en Dauphiné. J'en trouve trois
caufesprincipales. L'une, c'est qu'
elle a produit les premiers Miniftres
de cette Religion , parmy lefGALANT
. 29
quels a efté Guillaume Farel . L'au
tre, c'eft que le Baron des Adrets ,
le Marquis de Monbrun , &
le Conneftable
de Lefdiguieres
,
trois Chefs Proteftans
tres -puiffans
& redoutez
en attirerent
plus par les armes , & par leur
autorité , que les Miniftres par.
leur éloquence ; & la troifiéme,.
que le Calvinifme
y ayant trouvé
quelque levain de la Secte
des Vaudois , il luy a efté facile
de fe répandre , & de s'estendre.
en plufieurs endroits ; d'où vient
que par tout on avoit bafty des
Temples , mefme contre la difpofition
des Edits.
C iij
30 MERCURE
que
Avant Grenoble en euft
un' , les Huguenots , aprés qu'ils
curent abbatu la plupart des Eglifes
, firent prefcher en celle des
Cordeliers , puis ils éleverent un
Temple à la fin du dernier fiecle
dans un lieu qui estoit alors hors
de la Ville , & que le fameux
Lefdiguieres fit comprendre
un nouvel agrandiffement.
L'an 1671 , le Roy estant pleinement
inftruit de quelle maniere
la chofe s'eftoit paffée , & d'ail
leurs ce Temple eftant fort proche
du Palais Epifcopal , & de l'Eglife
Cathedrale , en ordonna la
démolition , permit qu'on le
dans
GALANT. 31
rétabliſt au Fauxbourg de Tra
cloiftre.
On ne fuivit pas tout - à -fait
les ordres de Sa Majesté , car au
lieu qu'il devoit eftre élevé en ce
Fauxbourg , il le fut dans une
Prairie voifine , à une portée de
Piftolet des Murailles des
Ramparts de la Ville , & fi proche
du College des Jésuites , du
grand Convent des Recollects , de
celuy des Carmes Déchauffez,
du fecond Monaftere de la Vifitation
, de celuy des Bernardines ,
de la Maifon des Orphelines
, que
lors
que les
Huguenots
chantent leurs Pfeaumes , on ne
C iij
32 MERCURE
peut dans ce Collége , ces Convents
& ces Monafteres , étu
dier avec attention , ny faire le
Service Divin , fans en eftre interrompu..
Comme ces inconveniens ont
efté reprefentez au Roy , ce Pieux.
MONARQUE a voulu en
eftre mieux informé par un Procez
verbal dreffe fur l'expérience,
fur une defcente des lieux , dont
Sa Majesté donna il y a quelques
mois fa Commiſſion à M le
Bret Intendant en cette Provin.
ce , & à M' le Marquis d' Arzeliers
, l'un des plus confiderables
Gentilshommes parmy ceux
GALANT 33
Y
de cette Religion , lefquels firent
leur procédure hier Vendredy fi
xiéme de ce mois , d'une maniere
qui merite qu'elle foit racontée.
Pour éviter le tumulte , on logea
aux avenuës du Temple une
Cempagnie de Milice , compofée
de cent Hommes , puis furiles
deux heures aprés midy on donna
la liberté à tout le monde d'y entrer.
Ce fut pourtant avec quelque
peine , parce que la clefde la
grande Porte fe trouvant perduë,
égarée , ou cachée à deſſein , il
fallut paffer par une petite Porte,
Tun aprés l'autre.
Plufieurs Ecclefiaftiques , Se
34 MERCURE
culiers & Religieux, grand nombre
de Catholiques , quelques
Huguenots , occuperent d'abord
tous les Bancs& toutes les Chaifes
du Temple. Cependant comme
il eft grand & vafte , il ne
fut point remply , bien
procedure nefinift qu'à fept heures
du foir , & que chacunypuft
entrer librement.
que
la
Il s'y trouva pourtant aſſez
de monde pour faire connoiftre
par les Hymnes , les Antiennes,
plufieurs Prieres de l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Romaine
, qui y furent chantées,
qu'on pouvoit estre entendu diGALANT.
35
ftinctement de toutes les Eglifes
& Monafteres que je viens de
nommer ; ce qui fut facilement.
connu par les Commiffaires qui
s'y trouverent , & qui y avoient
paffe pendant que l'on chantoit
dans le Temple.
Cette experience a fort étonné
les Huguenots , & ils craignenttous
que leur Temple ne
démoly. On voit visiblement que-
Dieu fe laffe de leur feparation,
qu'il leur tend les bras . Les
plus éclairez le connoiſſent , les
autres le méprifent ; mais leur
obftination eft fi grande , qu'ils ne
veulent point confentir à estre infoit
36 MERCURE
fruits. Ils publient qu'ils lefont
affez , fans confiderer que leurs
Miniftres ne leur ont preſché que
leur Religion , & n'ont eu garde
de leur faire voir la bonté de la
noftre. Ils les ont élevez dans des
erreurs qui leur plaifent , & ils
leur ont caché des veritez qui les
éclaireroient s'ils les connoiffoient.
Peut- eftre que le Saint Esprit les
touchera , & qu'ils l'écouteront.
Cependant nous devons tous prier
DIEU pour leur converfion , benir
noftre AUGUSTE MONARQUE
qui s'y employe
avec tant de zele, louer fon Confeil
des empreffemens qu'il témoi
GALANT. 37
gne pour cela , demander au Ciel
le don de perfuafion en faveur de
ceux qui travaillent à les inftruire
, & la perfeverance en nos
Prélats pour achever le grand
de la réunion . Fe fuis, -ouvrage
voftre , &c.
ALLARD ancien Préfident
en l'Eflection de Grenoble.
A Grenoble ce 7. d'Avril 1685 .
plufieursVolumes ce mois cy,
en ne parlant feulement que
de ce qu'il fait à l'avantage
de la veritable Religion , fi je
voulois entrer dans toutes les
particularitez où ce grand
Monarque veut bien fe donner
la peine de deſcendre , en
faveur de fes Sujets aveuglez
par une fatale obſtination.
Voicy ce qui m'a efté
envoyé imprimé , fur un de
ces Articles de Religion.
Cij
28 MERCURE
52:5252-5252 SZSZSZ
L'ET TRE
4 A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT ,
Concernant le Temple de Grenoble ,
MONSIEUR,
Il n'eft point de Province en
France où la Religion Prétenduë
Reformée ait efte plutoft receuë
qu'en Dauphiné. J'en trouve trois
caufesprincipales. L'une, c'est qu'
elle a produit les premiers Miniftres
de cette Religion , parmy lefGALANT
. 29
quels a efté Guillaume Farel . L'au
tre, c'eft que le Baron des Adrets ,
le Marquis de Monbrun , &
le Conneftable
de Lefdiguieres
,
trois Chefs Proteftans
tres -puiffans
& redoutez
en attirerent
plus par les armes , & par leur
autorité , que les Miniftres par.
leur éloquence ; & la troifiéme,.
que le Calvinifme
y ayant trouvé
quelque levain de la Secte
des Vaudois , il luy a efté facile
de fe répandre , & de s'estendre.
en plufieurs endroits ; d'où vient
que par tout on avoit bafty des
Temples , mefme contre la difpofition
des Edits.
C iij
30 MERCURE
que
Avant Grenoble en euft
un' , les Huguenots , aprés qu'ils
curent abbatu la plupart des Eglifes
, firent prefcher en celle des
Cordeliers , puis ils éleverent un
Temple à la fin du dernier fiecle
dans un lieu qui estoit alors hors
de la Ville , & que le fameux
Lefdiguieres fit comprendre
un nouvel agrandiffement.
L'an 1671 , le Roy estant pleinement
inftruit de quelle maniere
la chofe s'eftoit paffée , & d'ail
leurs ce Temple eftant fort proche
du Palais Epifcopal , & de l'Eglife
Cathedrale , en ordonna la
démolition , permit qu'on le
dans
GALANT. 31
rétabliſt au Fauxbourg de Tra
cloiftre.
On ne fuivit pas tout - à -fait
les ordres de Sa Majesté , car au
lieu qu'il devoit eftre élevé en ce
Fauxbourg , il le fut dans une
Prairie voifine , à une portée de
Piftolet des Murailles des
Ramparts de la Ville , & fi proche
du College des Jésuites , du
grand Convent des Recollects , de
celuy des Carmes Déchauffez,
du fecond Monaftere de la Vifitation
, de celuy des Bernardines ,
de la Maifon des Orphelines
, que
lors
que les
Huguenots
chantent leurs Pfeaumes , on ne
C iij
32 MERCURE
peut dans ce Collége , ces Convents
& ces Monafteres , étu
dier avec attention , ny faire le
Service Divin , fans en eftre interrompu..
Comme ces inconveniens ont
efté reprefentez au Roy , ce Pieux.
MONARQUE a voulu en
eftre mieux informé par un Procez
verbal dreffe fur l'expérience,
fur une defcente des lieux , dont
Sa Majesté donna il y a quelques
mois fa Commiſſion à M le
Bret Intendant en cette Provin.
ce , & à M' le Marquis d' Arzeliers
, l'un des plus confiderables
Gentilshommes parmy ceux
GALANT 33
Y
de cette Religion , lefquels firent
leur procédure hier Vendredy fi
xiéme de ce mois , d'une maniere
qui merite qu'elle foit racontée.
Pour éviter le tumulte , on logea
aux avenuës du Temple une
Cempagnie de Milice , compofée
de cent Hommes , puis furiles
deux heures aprés midy on donna
la liberté à tout le monde d'y entrer.
Ce fut pourtant avec quelque
peine , parce que la clefde la
grande Porte fe trouvant perduë,
égarée , ou cachée à deſſein , il
fallut paffer par une petite Porte,
Tun aprés l'autre.
Plufieurs Ecclefiaftiques , Se
34 MERCURE
culiers & Religieux, grand nombre
de Catholiques , quelques
Huguenots , occuperent d'abord
tous les Bancs& toutes les Chaifes
du Temple. Cependant comme
il eft grand & vafte , il ne
fut point remply , bien
procedure nefinift qu'à fept heures
du foir , & que chacunypuft
entrer librement.
que
la
Il s'y trouva pourtant aſſez
de monde pour faire connoiftre
par les Hymnes , les Antiennes,
plufieurs Prieres de l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Romaine
, qui y furent chantées,
qu'on pouvoit estre entendu diGALANT.
35
ftinctement de toutes les Eglifes
& Monafteres que je viens de
nommer ; ce qui fut facilement.
connu par les Commiffaires qui
s'y trouverent , & qui y avoient
paffe pendant que l'on chantoit
dans le Temple.
Cette experience a fort étonné
les Huguenots , & ils craignenttous
que leur Temple ne
démoly. On voit visiblement que-
Dieu fe laffe de leur feparation,
qu'il leur tend les bras . Les
plus éclairez le connoiſſent , les
autres le méprifent ; mais leur
obftination eft fi grande , qu'ils ne
veulent point confentir à estre infoit
36 MERCURE
fruits. Ils publient qu'ils lefont
affez , fans confiderer que leurs
Miniftres ne leur ont preſché que
leur Religion , & n'ont eu garde
de leur faire voir la bonté de la
noftre. Ils les ont élevez dans des
erreurs qui leur plaifent , & ils
leur ont caché des veritez qui les
éclaireroient s'ils les connoiffoient.
Peut- eftre que le Saint Esprit les
touchera , & qu'ils l'écouteront.
Cependant nous devons tous prier
DIEU pour leur converfion , benir
noftre AUGUSTE MONARQUE
qui s'y employe
avec tant de zele, louer fon Confeil
des empreffemens qu'il témoi
GALANT. 37
gne pour cela , demander au Ciel
le don de perfuafion en faveur de
ceux qui travaillent à les inftruire
, & la perfeverance en nos
Prélats pour achever le grand
de la réunion . Fe fuis, -ouvrage
voftre , &c.
ALLARD ancien Préfident
en l'Eflection de Grenoble.
A Grenoble ce 7. d'Avril 1685 .
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Résumé : LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
Le texte aborde la situation de la religion réformée en Dauphiné, notamment à Grenoble. Trois facteurs principaux expliquent la forte présence du protestantisme dans cette région : la présence de ministres protestants influents comme Guillaume Farel, l'influence de chefs protestants puissants tels que le Baron des Adrets, le Marquis de Monbrun et le Connétable de Lesdiguières, ainsi que la présence de sectes vaudoises. À Grenoble, les huguenots avaient érigé un temple après avoir détruit plusieurs églises, malgré les édits royaux. En 1671, le roi ordonna la démolition de ce temple en raison de sa proximité avec des lieux catholiques. Cependant, le temple fut reconstruit près des murailles de la ville, perturbant les activités religieuses et éducatives des catholiques voisins. Pour résoudre ce problème, le roi envoya des commissaires, incluant l'intendant de la province et un noble protestant, afin d'examiner la situation. Une visite du temple fut organisée, durant laquelle des prières catholiques furent chantées, perturbant les activités des couvents et collèges voisins. Cette expérience mit en lumière l'impact négatif du temple sur les activités catholiques. Les huguenots craignaient la démolition de leur temple, mais certains espéraient leur conversion. Le texte se conclut par une prière pour la conversion des protestants et une louange au roi pour ses efforts en faveur de la réunion des religions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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38
p. 37-53
LETTRE SUR LE PRONOSTIC du Sr de la Riviere, Medecin du Roy Henry IV touchant la Religion Protestante en France.
Début :
Le mesme Mr Allard m'a fait encore l'honneur de m'adresser / Monsieur, Toute la Terre admireroit la facilité que vous avez [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Pronostic, Henry IV, Sr de la Riviere, Illustre monarque, Destinée , M. de Sully, Mémoires, Disparition de l'hérésie, Louis le Grand, Prince, Naissance, Science, Religion romaine, Grandes actions, Futur, Difficultés, Temples, Conversions, Huguenots, Erreur, Horoscope, Constellations, Prophéties
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE SUR LE PRONOSTIC du Sr de la Riviere, Medecin du Roy Henry IV touchant la Religion Protestante en France.
Le mefme M' Allard m'a
fait encore l'honneur de m'adreffer
la Lettre fuivante , &
la Copie que j'en ay receuë
eftoit auffi imprimée.
38 MERCURE
SE :SSSESES S22SSSS
LETTRE
SUR LE PRONOSTIC
du S' de la Riviere , Medecin
du Roy Henry IV.
touchant la Religion Proteftante
en France.
A Grenoble le 28. d'Avril 1685,
MONSIEUR,
Toute la Terre admireroit la
facilité que vous avez à louer
inceffamment , & toujours diféremment
noftre augufte MonarGALANT.
39
les vaftes fuque
, fice grand Roy ne renouvelloit
tous les jours parfes belles
genéreuses actions , par les
marques de fa Justice & par les
temoignages de fa Pieté , les amples
matieres
jets par lesquels il remplit fi dignement
tous les
Panegyriques
que l'on fait de luy. Il est fans
doute bien aife de le louer de
-cette maniere ; mais quand on l'a
voulu faire avant fa naiſſance,
qu'on a voulu penétrer l'aveque
le. Ciel
nir , il a falu alors
s'en foit meflé, & que les heureufes
deftinées de Sa Majesté
ayent prévenu fes Faits héror40
MERCURE
I
ques & pieux , pour les publier
avant qu'ils fuffent arrivez.
Vous avez fans doute lû les
Mémoires de M de Sully ; mais
je ne fçay fi vous avez remarqué
le Pronofticfait par le Sª de la Řiviere,
Médecin duRoyHenry IV.
lors de la naiffance du feu Roy,
où prévoyant la fin de la Reli
gion Proteftante en France , il
Tattribue aux foins & à l'application
de LOUIS le Grand.
Il est dans le fecond Volume imprimé
à Amfterdam in fol . ch . s.
pag. 36. en ces termes.
Mais retournant à la fuite
de nos narrations, de laquelle
GALANT. 41
le
nos déplaiſirs de voir toutes
chofes aller , ce nous femble-
t-il , en depériffant , nous
avoient tirez , nous vous ramentevons
pour achever ces
Mémoires de l'année 1601..
comme le Roy & la Reyne
receurent une extréme joye
27. de Septembre par la .
naiffance d'un Dauphin que
Dieu leur envoya , à laquelle
allegreffe participa toute la
France , & vous notamment,
tant les profpéritez du Roy,
& de l'Etat vous eftoient fenfibles
, chacun espérant que
d'un Prince tant genereux,,
May 1685...
D
42 MERCURE
debonnaire & prudent , il
viendroit des Enfans à luy
femblables , ce que le Roy
confirmoit par les projets de
le nourrir comme il avoit efté ,
& de n'obmettre nul foin
pour effayer à luy faire prendre
fon exemple pour regle
de fa conduite ;. & comme
il s'eft fort peu veu de grandes
joyes & lieffes qui ayent
efté entiérement épurées de
tous foucis & follicitudes ,
voire n'ayent efté entremêlées
ou fuivies de déplaifirs
& traverſes , auffi arriva- t- il
ors , qu'une curiofité pon
}
GALANT. 43
neceffaire diminua en quel
que forte l'extréme contentement
du Roy , dont la caufe
fut telle. Sa Majesté ayant
un premier Médecin nommé
la Riviere , lequel n'avoit pas
grande Religion , mais neanmoins
inclinoit plus à la Reformée
qu'à la Romaine , &
qui fe mefloit de faire des
Nativitez , en quoy il avoit
fouvent bien rencontré, Elle:
luy commanda lors qu'Elle
vir la Reyne fa Femme en
travail , de mettre une Mon ..
tre bien ajustée fur la Table,.
pour connoître certainement
#
Dij
44 MERCURE
l'heure & la minute que l'Enfant
viendroit au monde ; que
fi c'eftoit un Fils , d'en tirer
une Heure natale , ce qu'il
promit de faire , & neanmoins
fut quinze jours fans
en parler , dequoy Sa Majeſté
fe reffouvenant lors que vous
luy parlâtes de la Broffe , au
trefois voftre Précepteur, qui
fe mefloit auffi de prédire,
il appella ledit S ' de la Riviere
, & l'ayant tiré à part,
luy dit devant vous , Mais à
propos, M ' de la Riviere , vous
ne me dites rien fur la naif
fance de mon Fils le DauGALANT.
45
phin.Qu'en avez -vous trouvé?
SIRE, répondit il , j'en avois
commencé quelque chofe,
mais j'ay tout laiffé là , ne me
voulant plus amufer à cette
Science , que j'ay en partie
oubliée , l'ayant toûjours reconnue
grandement fautive.
O dit le Roy , je vois bien
que ce n'eft pas là où il vous
tient , car vous n'eftes pas
de ces tant fcrupuleux , mais
c'eft en effet que vous ne
m'en voulez rien dire, crainte
de mentir ou de me fâcher;
mais quoy qu'il y ait , je le
yeux fçavoir, voire vous com
!
46 MERCURE
mande, fur peine de m'offenfer,
de m'en parler librement.
Sur quoy les de la Riviere
voyant preffé , apres trois
ou quatre autres refus , fina
lement comme tout en colere
, luy dit. SIRE , voftre
Fils vivra âge d'Homme , regnera
plus que vous ; mais
vous & luy ferez tous diférens
en inclinations & hu
meurs . Il aimera ſes opinions
& fantaifies , & quelquefois.
celles d'autruy , plus penfer
que dire fera de faifon , de
folations menacent vos an
ciennes affiftances ; vos mé
GALANT. 47
&
apres
nagemens feront déménagez
, il exécutera choles grandes
; fera fort heureux en fes
deffeins , & fera fort parler
de luy dans la Chreftienté ;
toûjours Paix & Guerre ; de
lignée , il en aura ,
luy les chofes empireront
;
qui eft tout ce que vous en
fçaurez de moy , & plus que
je ne m'eftois refolu de vous
en dire . Sur quoy le Roy
s'eftant mis à refver , affez
mélancolique , il luy dit . Vous
entendez
les Huguenots
, je
le vois bien , mais vous dites
cela parce que vous en te48
MERCURE
nez . Sire , dit M ' de la Ri
viere , j'entens tout ce qu'il
vous plaira , mais vous n'en
fçaurez pas davantage de
moy ; & comme tout mutiné
fe retira. Puis le Roy vous .
ayant pris par la main , vous
mena dans le creux d'une Fe
neftre , où il vous entretint
affez long- temps fur ce fujet,
comme nous l'avons entendu
de vous- mefme , fans neanmoins
en avoir rien fceu davantage
, ce que vous fuppléerez
quand il vous plaira .
Des quatre Autheurs qui ont
recüeilly les Mémoires de "M" de
Sully
GALANT. 49
Sully , quelques- uns témoignent
enplufieurs endroits, qu'ils eftoient
de la R.P.R. Cependant ils partent
de ce Pronoftic fort naturellement.
M' de Sully l'eftoit auffi,
le Livre a efté imprimé en une
Ville Proteftante , & par confequent
il en doit paroiftre moinsfufpect.
Que dites- vous, Monfieur,
de celuy qui l'a fait ? Trouvez-
-vous qu'il ait deviné ? Ces affiftances
données par Henry IV.
aux Huguenots , ont- elles efté de
quelque confidération fous fon
Succeffeur ? Na-t-on pas veu
que Louis XIII. a bien fceu dé
ménager les ménagemens de fon
May 1685.
E
50 MERCURE
·Pere , & par
l'abatement
d'un
nombre
infiny de Temples
, par
des Converfions
continuelles
, &
par la décadence
des Affaires
des Huguenots
? Le St de la Riviére
n'a-t- il pas bien jugé que
LOUIS
XIV. en feroit plus
que fon Prédeceffeur
, & que
fous la lignée
de celuy- cy les chofes
des Huguenots
empireroient
.
Nos Prétendus
auront
beau chercher
quelque
détour & quelque
explication
à cet Entretien
, qui
leur foit
favorable
; je croy qu'ils
y reüffiront
auffi mal , qu'ils ont
reiffy
à trouver
dans la Sainte
Ecriture
leurs Dogmes
& leurs
GALANT.
51
Erreurs. Il y a apparence que fi
le S de la Riviere avoit voulu
s'expliquer , il auroit prédit de
grands événemens là- deffus ; mais
comme il eftoit mutiné de ce que
fafcience luy en avoit trop apris,
& qu'il lifoit trop bien dans l'avenir
que la ruine de fa Religion
eftoit refervée aux pieux
deffeins du Roy , il aima mieux
fe taire , que de fe trouver oblige
de dire des chofes qui le chagri
noient , qui auroient étonné ceux
de fon temps , & préparé tout le
monde à voirreüffir ce qu'il avoit
préven. Je voudrois bien, Monficur
, que nos Sçavans vouluſ-
E ij
52 MERCURE
que
fent un peu raifonnerfur la Science
des Horofcopes , & apprendre au
Public par vostre moyen , fi elle
est affeurée
ou non. Je fuis perfuadé
avec bien des Gens ,
les Conftellations qui réguent au
temps des naifances , peuvent infpirer
des inclinations particulie
res , former la bonne ou la
mauvaife fortune ; mais que fur
des Figures tracées , quefur l'exa
men d'une Etoile , que fur l'influence
d'un Signe , on puiffe fon
der quelque certitude pour les
actions futures des Enfins de
celuy qui naist , c'est ce qui me
paffe. Cependant le S de la RiGALANT.
53
viere , enfaisant l'Horoscope de
Louis le Juste , a fait connoistre
ce que Louis LE GRAND fon
Fils devoit faire apres luy n
non content d'avoir appris à
Henry IV. que fon Fils attaqueroit
l'Heréfie , il a fait connoistre
qu'elle feroit aux abois
fous le Régne de fon Petit-fils.
Pour moy , je crois que pour tout
autre que pour le Roy , de fem
blables Propheties feroient im
poffibles ; mais il faut que pour
un Prince extraordinaire , tout
ce qui le regarde foit extraordi_
naire. Jefuis , &c.
fait encore l'honneur de m'adreffer
la Lettre fuivante , &
la Copie que j'en ay receuë
eftoit auffi imprimée.
38 MERCURE
SE :SSSESES S22SSSS
LETTRE
SUR LE PRONOSTIC
du S' de la Riviere , Medecin
du Roy Henry IV.
touchant la Religion Proteftante
en France.
A Grenoble le 28. d'Avril 1685,
MONSIEUR,
Toute la Terre admireroit la
facilité que vous avez à louer
inceffamment , & toujours diféremment
noftre augufte MonarGALANT.
39
les vaftes fuque
, fice grand Roy ne renouvelloit
tous les jours parfes belles
genéreuses actions , par les
marques de fa Justice & par les
temoignages de fa Pieté , les amples
matieres
jets par lesquels il remplit fi dignement
tous les
Panegyriques
que l'on fait de luy. Il est fans
doute bien aife de le louer de
-cette maniere ; mais quand on l'a
voulu faire avant fa naiſſance,
qu'on a voulu penétrer l'aveque
le. Ciel
nir , il a falu alors
s'en foit meflé, & que les heureufes
deftinées de Sa Majesté
ayent prévenu fes Faits héror40
MERCURE
I
ques & pieux , pour les publier
avant qu'ils fuffent arrivez.
Vous avez fans doute lû les
Mémoires de M de Sully ; mais
je ne fçay fi vous avez remarqué
le Pronofticfait par le Sª de la Řiviere,
Médecin duRoyHenry IV.
lors de la naiffance du feu Roy,
où prévoyant la fin de la Reli
gion Proteftante en France , il
Tattribue aux foins & à l'application
de LOUIS le Grand.
Il est dans le fecond Volume imprimé
à Amfterdam in fol . ch . s.
pag. 36. en ces termes.
Mais retournant à la fuite
de nos narrations, de laquelle
GALANT. 41
le
nos déplaiſirs de voir toutes
chofes aller , ce nous femble-
t-il , en depériffant , nous
avoient tirez , nous vous ramentevons
pour achever ces
Mémoires de l'année 1601..
comme le Roy & la Reyne
receurent une extréme joye
27. de Septembre par la .
naiffance d'un Dauphin que
Dieu leur envoya , à laquelle
allegreffe participa toute la
France , & vous notamment,
tant les profpéritez du Roy,
& de l'Etat vous eftoient fenfibles
, chacun espérant que
d'un Prince tant genereux,,
May 1685...
D
42 MERCURE
debonnaire & prudent , il
viendroit des Enfans à luy
femblables , ce que le Roy
confirmoit par les projets de
le nourrir comme il avoit efté ,
& de n'obmettre nul foin
pour effayer à luy faire prendre
fon exemple pour regle
de fa conduite ;. & comme
il s'eft fort peu veu de grandes
joyes & lieffes qui ayent
efté entiérement épurées de
tous foucis & follicitudes ,
voire n'ayent efté entremêlées
ou fuivies de déplaifirs
& traverſes , auffi arriva- t- il
ors , qu'une curiofité pon
}
GALANT. 43
neceffaire diminua en quel
que forte l'extréme contentement
du Roy , dont la caufe
fut telle. Sa Majesté ayant
un premier Médecin nommé
la Riviere , lequel n'avoit pas
grande Religion , mais neanmoins
inclinoit plus à la Reformée
qu'à la Romaine , &
qui fe mefloit de faire des
Nativitez , en quoy il avoit
fouvent bien rencontré, Elle:
luy commanda lors qu'Elle
vir la Reyne fa Femme en
travail , de mettre une Mon ..
tre bien ajustée fur la Table,.
pour connoître certainement
#
Dij
44 MERCURE
l'heure & la minute que l'Enfant
viendroit au monde ; que
fi c'eftoit un Fils , d'en tirer
une Heure natale , ce qu'il
promit de faire , & neanmoins
fut quinze jours fans
en parler , dequoy Sa Majeſté
fe reffouvenant lors que vous
luy parlâtes de la Broffe , au
trefois voftre Précepteur, qui
fe mefloit auffi de prédire,
il appella ledit S ' de la Riviere
, & l'ayant tiré à part,
luy dit devant vous , Mais à
propos, M ' de la Riviere , vous
ne me dites rien fur la naif
fance de mon Fils le DauGALANT.
45
phin.Qu'en avez -vous trouvé?
SIRE, répondit il , j'en avois
commencé quelque chofe,
mais j'ay tout laiffé là , ne me
voulant plus amufer à cette
Science , que j'ay en partie
oubliée , l'ayant toûjours reconnue
grandement fautive.
O dit le Roy , je vois bien
que ce n'eft pas là où il vous
tient , car vous n'eftes pas
de ces tant fcrupuleux , mais
c'eft en effet que vous ne
m'en voulez rien dire, crainte
de mentir ou de me fâcher;
mais quoy qu'il y ait , je le
yeux fçavoir, voire vous com
!
46 MERCURE
mande, fur peine de m'offenfer,
de m'en parler librement.
Sur quoy les de la Riviere
voyant preffé , apres trois
ou quatre autres refus , fina
lement comme tout en colere
, luy dit. SIRE , voftre
Fils vivra âge d'Homme , regnera
plus que vous ; mais
vous & luy ferez tous diférens
en inclinations & hu
meurs . Il aimera ſes opinions
& fantaifies , & quelquefois.
celles d'autruy , plus penfer
que dire fera de faifon , de
folations menacent vos an
ciennes affiftances ; vos mé
GALANT. 47
&
apres
nagemens feront déménagez
, il exécutera choles grandes
; fera fort heureux en fes
deffeins , & fera fort parler
de luy dans la Chreftienté ;
toûjours Paix & Guerre ; de
lignée , il en aura ,
luy les chofes empireront
;
qui eft tout ce que vous en
fçaurez de moy , & plus que
je ne m'eftois refolu de vous
en dire . Sur quoy le Roy
s'eftant mis à refver , affez
mélancolique , il luy dit . Vous
entendez
les Huguenots
, je
le vois bien , mais vous dites
cela parce que vous en te48
MERCURE
nez . Sire , dit M ' de la Ri
viere , j'entens tout ce qu'il
vous plaira , mais vous n'en
fçaurez pas davantage de
moy ; & comme tout mutiné
fe retira. Puis le Roy vous .
ayant pris par la main , vous
mena dans le creux d'une Fe
neftre , où il vous entretint
affez long- temps fur ce fujet,
comme nous l'avons entendu
de vous- mefme , fans neanmoins
en avoir rien fceu davantage
, ce que vous fuppléerez
quand il vous plaira .
Des quatre Autheurs qui ont
recüeilly les Mémoires de "M" de
Sully
GALANT. 49
Sully , quelques- uns témoignent
enplufieurs endroits, qu'ils eftoient
de la R.P.R. Cependant ils partent
de ce Pronoftic fort naturellement.
M' de Sully l'eftoit auffi,
le Livre a efté imprimé en une
Ville Proteftante , & par confequent
il en doit paroiftre moinsfufpect.
Que dites- vous, Monfieur,
de celuy qui l'a fait ? Trouvez-
-vous qu'il ait deviné ? Ces affiftances
données par Henry IV.
aux Huguenots , ont- elles efté de
quelque confidération fous fon
Succeffeur ? Na-t-on pas veu
que Louis XIII. a bien fceu dé
ménager les ménagemens de fon
May 1685.
E
50 MERCURE
·Pere , & par
l'abatement
d'un
nombre
infiny de Temples
, par
des Converfions
continuelles
, &
par la décadence
des Affaires
des Huguenots
? Le St de la Riviére
n'a-t- il pas bien jugé que
LOUIS
XIV. en feroit plus
que fon Prédeceffeur
, & que
fous la lignée
de celuy- cy les chofes
des Huguenots
empireroient
.
Nos Prétendus
auront
beau chercher
quelque
détour & quelque
explication
à cet Entretien
, qui
leur foit
favorable
; je croy qu'ils
y reüffiront
auffi mal , qu'ils ont
reiffy
à trouver
dans la Sainte
Ecriture
leurs Dogmes
& leurs
GALANT.
51
Erreurs. Il y a apparence que fi
le S de la Riviere avoit voulu
s'expliquer , il auroit prédit de
grands événemens là- deffus ; mais
comme il eftoit mutiné de ce que
fafcience luy en avoit trop apris,
& qu'il lifoit trop bien dans l'avenir
que la ruine de fa Religion
eftoit refervée aux pieux
deffeins du Roy , il aima mieux
fe taire , que de fe trouver oblige
de dire des chofes qui le chagri
noient , qui auroient étonné ceux
de fon temps , & préparé tout le
monde à voirreüffir ce qu'il avoit
préven. Je voudrois bien, Monficur
, que nos Sçavans vouluſ-
E ij
52 MERCURE
que
fent un peu raifonnerfur la Science
des Horofcopes , & apprendre au
Public par vostre moyen , fi elle
est affeurée
ou non. Je fuis perfuadé
avec bien des Gens ,
les Conftellations qui réguent au
temps des naifances , peuvent infpirer
des inclinations particulie
res , former la bonne ou la
mauvaife fortune ; mais que fur
des Figures tracées , quefur l'exa
men d'une Etoile , que fur l'influence
d'un Signe , on puiffe fon
der quelque certitude pour les
actions futures des Enfins de
celuy qui naist , c'est ce qui me
paffe. Cependant le S de la RiGALANT.
53
viere , enfaisant l'Horoscope de
Louis le Juste , a fait connoistre
ce que Louis LE GRAND fon
Fils devoit faire apres luy n
non content d'avoir appris à
Henry IV. que fon Fils attaqueroit
l'Heréfie , il a fait connoistre
qu'elle feroit aux abois
fous le Régne de fon Petit-fils.
Pour moy , je crois que pour tout
autre que pour le Roy , de fem
blables Propheties feroient im
poffibles ; mais il faut que pour
un Prince extraordinaire , tout
ce qui le regarde foit extraordi_
naire. Jefuis , &c.
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Résumé : LETTRE SUR LE PRONOSTIC du Sr de la Riviere, Medecin du Roy Henry IV touchant la Religion Protestante en France.
La lettre du 28 avril 1685 discute du pronostic du sieur de la Rivière, médecin du roi Henri IV, concernant l'avenir de la religion protestante en France. Elle souligne la facilité avec laquelle le destinataire loue le monarque pour ses actions justes et pieuses. Les mémoires de Maximilien de Béthune, duc de Sully, incluent un pronostic de la Rivière prédisant la fin de la religion protestante sous Louis XIV, publié dans le second volume des mémoires imprimé à Amsterdam. La lettre mentionne la naissance du dauphin en 1601 et la curiosité du roi Henri IV concernant ce pronostic. La Rivière révèle que le dauphin vivrait plus longtemps que son père mais soutiendrait les huguenots. Henri IV, comprenant que la Rivière était protestant, met fin à la conversation. La lettre note que plusieurs auteurs des mémoires de Sully étaient protestants, ce qui rend le pronostic moins suspect. Elle évoque également la publication d'un livre dans une ville protestante et les assurances données par Henri IV aux Huguenots, se demandant si elles ont été respectées sous Louis XIII. Louis XIII a réduit le nombre de temples protestants et favorisé les conversions, entraînant la décadence des affaires des Huguenots. La Rivière avait prédit que Louis XIV agirait plus sévèrement envers les huguenots. Le texte critique les tentatives des réformés de trouver des explications favorables à cet entretien et suggère que la Rivière aurait pu prédire de grands événements mais a préféré se taire. Il aborde aussi la question de la science des horoscopes, exprimant des doutes sur leur capacité à prédire les actions futures. La Rivière avait tracé l'horoscope de Louis XIV, prédisant sa répression de l'hérésie et la situation sous le règne de son petit-fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
39
p. 7-23
Article contenant plusieurs particularitez touchant les conversions faites dans le Bearn. [titre d'après la table]
Début :
Ce sont Abjurations de toutes parts, & vous serez sans doute [...]
Mots clefs :
Abjurations, Conversions, Religion prétendue réformée, Béarn, Roi, Édit, Déclarations, Temples, Religionnaires, Province, Erreur, Calvinisme, Ministres, Religion romaine, Missionnaires, Évêque, Hérésie, Familles, Auguste monarque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article contenant plusieurs particularitez touchant les conversions faites dans le Bearn. [titre d'après la table]
Ce font Abjurations
de toutes parts , & vous ferez
fans doute furpriſe du grand
nombre de Converfions qui
fe font faites en Bearn , depuis
commencement de Mars
dernier , juſques à la fin du
mois de May. Cette Province
eftant celle du Royaume ,
où la Religion Prétendue
Reformée avoit pris de plus
profondes racines , avoit be
foin d'un zele auffi efficace
que celuy du Roy pour les
extirper. C'eſt à quoy Sa Majefté
a travaillé tres utile
ment , en donnant un Edit
"
$
A
iiij
8 MERCURE
au mois de Fevrier dernier,
par lequel aprés avoir meurement
examiné les differentes
Ufurpations que les Prétendus
Reformez avoient
faites , en fe fervant du malheur
des temps pour étendre
injuftement ce qui leur
avoit efté accordé par les Déclarations
qui leur eftoient
les plus favorables , Elle orles
lieux d'exercidonna
que
ce de cette
Religion
qui
eftoient
au nombre
de vingt
dans le Bearn
, y feroient
réduits
à cinq . Cét Edit ayant
efté donné , M' Foucault
GALANT.
9
Maistre des Requeftes , Commiffaire
départy dans le
Bearn , fut commis pour faire
abattre les quinze Temples
dont la démolition eftoit
ordonnée , & elle fut faite en
moins de quinze jours , par
les Religionnaires meſmes,
aufquels il eftoit enjoint de
la faire dans un mois. Les Miniftres
des cinq Temples reftans
, ayant commis plufieurs
contraventions aux Edits
& Déclarations de Sa
Majefté , il fut décerné contre
eux tous , des Decrets de
prife de corps par le Parle
>
10 MERCURE
ment de Navarre & Bearn,
dont les Habitans Catholi
ques qui avoient eſté con .
traints du temps de la Reyne
Jeanne , de luy payer vingt
livres pour avoir la liberté
d'aller entendre la Meffe
hors du Pays , fe font veus.
enfin délivrez de l'exercice
public de la Religion Prétendue
Reformée. Ces avantages.
remportez par la veritable Religion
, difpoferent les Prétendus
Reformez de cette Province
à ouvrir lesyeuxfur leurs
erreurs, & en détacherent un
grand nombre qui firent leurs
GALANT. II
Abjurations entre les mains
des Curezdes lieux , ou qui vinrent
la faire dans la Ville de
+
Pau. C'eft ce qui obligea M
Foucault de prier les Evefques
de Bearn , d'envoyer des Milfionnaires
dans les lieux où il
y avoit quelque apparence
qu'on voudroit fe convertir.
La Ville de Maflac du Diocefe
de Lefcar , commença d'abord
à donner l'exemple aux
autres . M ' l'Evefque de Lef
car , & M Foucault , qui s'y
tranfporterent le premier
d'Avril avec les Peres Jefuites
, curent la fatisfaction de
•
12 MERCURE
voir rentrer dans l'Eglife plus
de foixante Familles delaVille
& des environs, pendant trois
jours qu'ils y demeurerent , à
quoy les foins & la vigilance
de M' l'Abbe d'Arboucave ,
Archipreftre de Maflac , contribuerent
beaucoup . Ces
heureux commencemens obligerent
ce mefme Prélat &
M'Foucaultde fe rendre le 24 .
du meſme mois au Bourg de
Garlin , où le Miniftre avoit
efté nouvellement decreté
M' Fou- par le Parlement.
cault ayant fait affembler les
Habitans de la Religion PréGALANT.
13
tenduë Reformée fous la Halle
, leur fit entendre que le
Roy eftant bien informé que
leurs Miniftres leur avoient
jufques alors déguifé les veritables
fentimens de la Religion
Romaine , à laquelle ils
imputoient des erreurs dont
elle eftoit fort éloignée , l'amour
que Sa Majesté avoit
pour tous les Peuples , & fon
zele à procurer leur falut,
l'engageoient à fe fervir de
toutes fortes de moyens pour
rappeller à l'Eglife ceux qui
avoient le malheur de s'en
eftre feparez, & que pour ce14
MERCURE
>
la Elle defiroit qu'ils fe fiffent
inftruire par les Miffionnaires
qui venoient leur annoncer
la pureté de l'Evangile ,
aprés quoy un Pere Capucin
ayant monté en Chaire , leur
fit l'expofition de la Foy Catholique
, en expliqua les
Miſtéres , & réfuta en peu de
paroles les erreurs de la Religion
Prétendue Reformée.
M' l'Evefque de Leſcar leur
ayant enfuite demandé fi
quelques uns d'eux avoient
des doutes à luy propoſer, un
des principaux entrà en difpute
, & aprés avoir marqué
GALANT.
15
tout ce qui luy faifoit peine
dans la Religion Catholique,
ce Prelat le fatisfit fi pleinement
qu'il prit le chemin de
l'Eglife . Tous les autres convaincus
ainfi que luy , l'y fuivirent,
& ils y receurent l'Abfolution
de leur Heréfie au
nombre de plus de trois cens.
Le lendemain le mefme Evef
que & M Foucault monterent
à Cheval à la pointe du
jour, & allerent dans les Villages
voifins , où il y eut en
core beaucoup de Chefs de
Famille qui les fuivirent à
Garlin pour faire abjuration,
1
16 MERCURE
Plus de quatre cens Perſonnes
fe convertirent
ce mefme
jour , & entr'autres
le Diacre
qui avoit beaucoup
de credit
parmy les Religionnaires
, &
dont la Converfion
a donné
un grand mouvement
à celles
qui fe font faites depuis , n'y
ayant pas prefentement
à
Garlin , & aux environs
quatre
Familles
de la Religion
Prétendue
Reformée
. Le
nombre
de ceux qui l'ont
quittée monte à prés de douze
cens Perfonnes
, les Enfans
compris . Les Capucins
qui y font actuellement
pour
GALANT. 17
inftruire les nouveaux Convertis
, ont achevé de purger
tout ce Canton de Religionnaires
, & ils travaillent mef
me tres-utilement pour la réformation
des moeurs des Catholiques.
Le 17. de May M'Foucault
fe tranſporta avec M' l'Evêque
de Tarbes, & les Miffionnaires
dans la Ville de Pontac
, & ce Voyage produifit
à l'Eglife le retour de foixante
& dix Familles , entre lef
quelles eft M ' de Caſtelņau ,
Gentilhomme d'une naiffance
fort confidérable. La
Juin 1685.
B
18 MERCURE
Nouvelle de ces Converfions
s'eftant répandue dans tous
les endroits de cette Province
, le Bourg de Pardics , où
il y avoit plus de quatrevingt
Familles de Prétendus
Reformez , changea entiérement
en deux jours , & il n'y
reite préfentement qu'un feul
Homme de cette Religion ,,
toute la Famille s'eftant faite
Catholique. Le troifiéme
jour il y eut une Proceffion ,
à laquelle affiftérent plus de
quatre mille Perfonnes de
quatre à cinq lieuës aux en
virons , qui furent extréme ,
E
GALANT. 19
ment édifiées de la devotion
de ces nouveaux Catholi
ques. Le 21. du mefme mois ,
M'Foucault fe rendit auBourg,
de Lagor , qui eft à une demy-
lieuë de Pardies , & il n'y
fut pas plûtoft arrivé , que
plus de cinquante Chefs de
Familles vinrent demander à
eftre receus à l'Eglife . Le
lendemain if alla dans toutes :
les Maiſons , pour tâcher
d'attirer les autres , qui fe
convertirent prefque tous le
mefme jour , en forte que de
cent trente & une Familles :
de Prétendus Reformez qu'il
1:4
Bij
20 MERCURE
y avoit à Lagor , & aux en
virons , il n'en refte plus que
fix , qui ont demandé du
temps pour le faire inftruire
par les Capucins qui font la
Miffion dans le Bourg.
Toutes ces Converfions
fe font faites fans aucune violence
. Il est évident que tout
l'honneur en eft deu au zéle
de noftre auguſte Monarque,
puis que l'on a remarqué que
le changement des plus obftinez
eft venu de la reflexion
qu'ils ont faite fur les
foins & fur l'application de
Sa Majeſté à faire revenir les
GALANT. 21
Peuples à l'Eglife Romaine.
Ils ne peuvent fe perfuader
qu'un Prince auffi vertueux
& auffi éclairé qu'il eft , puft
marcher dans la mauvaiſe
voye , & que Dieu vouluft
permettre qu'il y cuſt attiré
un nombre infiny d'Ames
qui ont abjuré le Calvinisme
depuis plufieurs années qu'il
travaille à en fapper les fondemens
dans fon Royaume.
Ce qui a achevé de les perfuader,
c'eſt la diférence qu'ils
trouvent entre les moyens
vrayment paternels & remsplis
de charité , dont Sa Ma22
MERCURE
a
"
jeſté ſe ſert pour les rappeller
à l'Eglife , & ceux que la
Reyne Jeanne employa pour
contraindre fes Sujets Catho
liques à embraffer la Reli
gion Prétenduë Reformée,
qu'ils furent forcez de fuivre
, par la faifie de leurs
Biens , & par le maſſacre des
Preftres Seculiers, & des Religieux.
Depuis ce temps - là on a
eu nouvelle , qu'il s'eft encore
converty dans la Ville
de Maflac , foixante Familles,
& qu'il n'y en refte plus préfentement
que huit de la Re
GALANT. 23
3
eligion Prétendue Reformée .
Ce qui s'en eft converty dans
le Bearn pendant ces trois
mois , monte à fix cens foixante
Familles qui font plus
de quatre mille Perfonnes.
de toutes parts , & vous ferez
fans doute furpriſe du grand
nombre de Converfions qui
fe font faites en Bearn , depuis
commencement de Mars
dernier , juſques à la fin du
mois de May. Cette Province
eftant celle du Royaume ,
où la Religion Prétendue
Reformée avoit pris de plus
profondes racines , avoit be
foin d'un zele auffi efficace
que celuy du Roy pour les
extirper. C'eſt à quoy Sa Majefté
a travaillé tres utile
ment , en donnant un Edit
"
$
A
iiij
8 MERCURE
au mois de Fevrier dernier,
par lequel aprés avoir meurement
examiné les differentes
Ufurpations que les Prétendus
Reformez avoient
faites , en fe fervant du malheur
des temps pour étendre
injuftement ce qui leur
avoit efté accordé par les Déclarations
qui leur eftoient
les plus favorables , Elle orles
lieux d'exercidonna
que
ce de cette
Religion
qui
eftoient
au nombre
de vingt
dans le Bearn
, y feroient
réduits
à cinq . Cét Edit ayant
efté donné , M' Foucault
GALANT.
9
Maistre des Requeftes , Commiffaire
départy dans le
Bearn , fut commis pour faire
abattre les quinze Temples
dont la démolition eftoit
ordonnée , & elle fut faite en
moins de quinze jours , par
les Religionnaires meſmes,
aufquels il eftoit enjoint de
la faire dans un mois. Les Miniftres
des cinq Temples reftans
, ayant commis plufieurs
contraventions aux Edits
& Déclarations de Sa
Majefté , il fut décerné contre
eux tous , des Decrets de
prife de corps par le Parle
>
10 MERCURE
ment de Navarre & Bearn,
dont les Habitans Catholi
ques qui avoient eſté con .
traints du temps de la Reyne
Jeanne , de luy payer vingt
livres pour avoir la liberté
d'aller entendre la Meffe
hors du Pays , fe font veus.
enfin délivrez de l'exercice
public de la Religion Prétendue
Reformée. Ces avantages.
remportez par la veritable Religion
, difpoferent les Prétendus
Reformez de cette Province
à ouvrir lesyeuxfur leurs
erreurs, & en détacherent un
grand nombre qui firent leurs
GALANT. II
Abjurations entre les mains
des Curezdes lieux , ou qui vinrent
la faire dans la Ville de
+
Pau. C'eft ce qui obligea M
Foucault de prier les Evefques
de Bearn , d'envoyer des Milfionnaires
dans les lieux où il
y avoit quelque apparence
qu'on voudroit fe convertir.
La Ville de Maflac du Diocefe
de Lefcar , commença d'abord
à donner l'exemple aux
autres . M ' l'Evefque de Lef
car , & M Foucault , qui s'y
tranfporterent le premier
d'Avril avec les Peres Jefuites
, curent la fatisfaction de
•
12 MERCURE
voir rentrer dans l'Eglife plus
de foixante Familles delaVille
& des environs, pendant trois
jours qu'ils y demeurerent , à
quoy les foins & la vigilance
de M' l'Abbe d'Arboucave ,
Archipreftre de Maflac , contribuerent
beaucoup . Ces
heureux commencemens obligerent
ce mefme Prélat &
M'Foucaultde fe rendre le 24 .
du meſme mois au Bourg de
Garlin , où le Miniftre avoit
efté nouvellement decreté
M' Fou- par le Parlement.
cault ayant fait affembler les
Habitans de la Religion PréGALANT.
13
tenduë Reformée fous la Halle
, leur fit entendre que le
Roy eftant bien informé que
leurs Miniftres leur avoient
jufques alors déguifé les veritables
fentimens de la Religion
Romaine , à laquelle ils
imputoient des erreurs dont
elle eftoit fort éloignée , l'amour
que Sa Majesté avoit
pour tous les Peuples , & fon
zele à procurer leur falut,
l'engageoient à fe fervir de
toutes fortes de moyens pour
rappeller à l'Eglife ceux qui
avoient le malheur de s'en
eftre feparez, & que pour ce14
MERCURE
>
la Elle defiroit qu'ils fe fiffent
inftruire par les Miffionnaires
qui venoient leur annoncer
la pureté de l'Evangile ,
aprés quoy un Pere Capucin
ayant monté en Chaire , leur
fit l'expofition de la Foy Catholique
, en expliqua les
Miſtéres , & réfuta en peu de
paroles les erreurs de la Religion
Prétendue Reformée.
M' l'Evefque de Leſcar leur
ayant enfuite demandé fi
quelques uns d'eux avoient
des doutes à luy propoſer, un
des principaux entrà en difpute
, & aprés avoir marqué
GALANT.
15
tout ce qui luy faifoit peine
dans la Religion Catholique,
ce Prelat le fatisfit fi pleinement
qu'il prit le chemin de
l'Eglife . Tous les autres convaincus
ainfi que luy , l'y fuivirent,
& ils y receurent l'Abfolution
de leur Heréfie au
nombre de plus de trois cens.
Le lendemain le mefme Evef
que & M Foucault monterent
à Cheval à la pointe du
jour, & allerent dans les Villages
voifins , où il y eut en
core beaucoup de Chefs de
Famille qui les fuivirent à
Garlin pour faire abjuration,
1
16 MERCURE
Plus de quatre cens Perſonnes
fe convertirent
ce mefme
jour , & entr'autres
le Diacre
qui avoit beaucoup
de credit
parmy les Religionnaires
, &
dont la Converfion
a donné
un grand mouvement
à celles
qui fe font faites depuis , n'y
ayant pas prefentement
à
Garlin , & aux environs
quatre
Familles
de la Religion
Prétendue
Reformée
. Le
nombre
de ceux qui l'ont
quittée monte à prés de douze
cens Perfonnes
, les Enfans
compris . Les Capucins
qui y font actuellement
pour
GALANT. 17
inftruire les nouveaux Convertis
, ont achevé de purger
tout ce Canton de Religionnaires
, & ils travaillent mef
me tres-utilement pour la réformation
des moeurs des Catholiques.
Le 17. de May M'Foucault
fe tranſporta avec M' l'Evêque
de Tarbes, & les Miffionnaires
dans la Ville de Pontac
, & ce Voyage produifit
à l'Eglife le retour de foixante
& dix Familles , entre lef
quelles eft M ' de Caſtelņau ,
Gentilhomme d'une naiffance
fort confidérable. La
Juin 1685.
B
18 MERCURE
Nouvelle de ces Converfions
s'eftant répandue dans tous
les endroits de cette Province
, le Bourg de Pardics , où
il y avoit plus de quatrevingt
Familles de Prétendus
Reformez , changea entiérement
en deux jours , & il n'y
reite préfentement qu'un feul
Homme de cette Religion ,,
toute la Famille s'eftant faite
Catholique. Le troifiéme
jour il y eut une Proceffion ,
à laquelle affiftérent plus de
quatre mille Perfonnes de
quatre à cinq lieuës aux en
virons , qui furent extréme ,
E
GALANT. 19
ment édifiées de la devotion
de ces nouveaux Catholi
ques. Le 21. du mefme mois ,
M'Foucault fe rendit auBourg,
de Lagor , qui eft à une demy-
lieuë de Pardies , & il n'y
fut pas plûtoft arrivé , que
plus de cinquante Chefs de
Familles vinrent demander à
eftre receus à l'Eglife . Le
lendemain if alla dans toutes :
les Maiſons , pour tâcher
d'attirer les autres , qui fe
convertirent prefque tous le
mefme jour , en forte que de
cent trente & une Familles :
de Prétendus Reformez qu'il
1:4
Bij
20 MERCURE
y avoit à Lagor , & aux en
virons , il n'en refte plus que
fix , qui ont demandé du
temps pour le faire inftruire
par les Capucins qui font la
Miffion dans le Bourg.
Toutes ces Converfions
fe font faites fans aucune violence
. Il est évident que tout
l'honneur en eft deu au zéle
de noftre auguſte Monarque,
puis que l'on a remarqué que
le changement des plus obftinez
eft venu de la reflexion
qu'ils ont faite fur les
foins & fur l'application de
Sa Majeſté à faire revenir les
GALANT. 21
Peuples à l'Eglife Romaine.
Ils ne peuvent fe perfuader
qu'un Prince auffi vertueux
& auffi éclairé qu'il eft , puft
marcher dans la mauvaiſe
voye , & que Dieu vouluft
permettre qu'il y cuſt attiré
un nombre infiny d'Ames
qui ont abjuré le Calvinisme
depuis plufieurs années qu'il
travaille à en fapper les fondemens
dans fon Royaume.
Ce qui a achevé de les perfuader,
c'eſt la diférence qu'ils
trouvent entre les moyens
vrayment paternels & remsplis
de charité , dont Sa Ma22
MERCURE
a
"
jeſté ſe ſert pour les rappeller
à l'Eglife , & ceux que la
Reyne Jeanne employa pour
contraindre fes Sujets Catho
liques à embraffer la Reli
gion Prétenduë Reformée,
qu'ils furent forcez de fuivre
, par la faifie de leurs
Biens , & par le maſſacre des
Preftres Seculiers, & des Religieux.
Depuis ce temps - là on a
eu nouvelle , qu'il s'eft encore
converty dans la Ville
de Maflac , foixante Familles,
& qu'il n'y en refte plus préfentement
que huit de la Re
GALANT. 23
3
eligion Prétendue Reformée .
Ce qui s'en eft converty dans
le Bearn pendant ces trois
mois , monte à fix cens foixante
Familles qui font plus
de quatre mille Perfonnes.
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Résumé : Article contenant plusieurs particularitez touchant les conversions faites dans le Bearn. [titre d'après la table]
Entre mars et mai, une vague de conversions au catholicisme a eu lieu en Béarn, une région traditionnellement réformée. En février, le roi avait publié un édit réduisant les lieux de culte réformés de vingt à cinq. Maître Foucault Galant, commissaire royal, a supervisé la démolition des temples non autorisés et l'arrestation de plusieurs ministres réformés. Cette répression a encouragé de nombreux réformés à se convertir au catholicisme, soutenus par des missionnaires jésuites et capucins. Par exemple, à Maslac, plus de soixante familles se sont converties en trois jours, et à Garlin, plus de trois cents personnes après une dispute théologique avec l'évêque de Lescar. Le mouvement s'est intensifié, atteignant près de douze cents conversions, incluant des enfants. Des conversions massives ont également été observées à Pontac et Pardic. À Lagor, plus de cinquante chefs de familles ont demandé à rejoindre l'Église catholique, entraînant la conversion de 131 familles sur 137. Six familles ont souhaité être instruites par les Capucins avant de se convertir. Ces conversions se sont faites sans violence, attribuées au zèle du monarque, dont la vertu et l'éclat ont convaincu les plus réticents. Les habitants ont comparé favorablement les méthodes du roi aux méthodes coercitives de la reine Jeanne, qui avait imposé la religion réformée par la force. En trois mois, 660 familles, soit plus de quatre mille personnes, se sont converties au catholicisme dans le Béarn.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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40
p. 59-64
Arrest du Conseil d'Estat. [titre d'après la table]
Début :
Comme on pourroit perdre une partie du fruit que l'Eglise [...]
Mots clefs :
Religion catholique, Ennemis de la foi, Religion prétendue réformée, Temples, Ministres, Consistoire, Arrêts, Déclarations, Jugement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrest du Conseil d'Estat. [titre d'après la table]
Comme on pourroit perdre
une partie du fruit que l'E60
MERCURE
glife tire de tous ces heureux
progrez de laReligion Catholique
, fi l'on n'empefchoit par
toutes fortes de juftes moyens
que les Ennemis de la Foy ne
fiffent retomber dans leurs erreurs
ceux qui en font fortis , &
ne
détournaffent ceux quifot
encore dans
l'aveuglement
de prefter l'oreille aux veritez
qu'on leur prefche , fur ce
qui fut remontré que dans
plufieurs lieux où l'exercice
de la Religion Prétenduë Reformée
eftoit interdit , & les
Temples démolis , les Miniftres
qui y avoient efté établis
GALANT. 61
3
y faifoient encore leur de
meure, & que fi quelques uns
en fortoient pour aller ailleurs
exercer leur Miniftere , d'autres
eſtoient envoyez à
leur place par des ordres fecrets
des Confiftoires voiſins,
afin d'y continuer furtivement
l'exercice de cette Religion
, le Roy voulant empefcher
la continuation de
cét abus , fit de tres - expreffes
défenfes par Arreſt de fon
Confeil d'Etat du 13. Juillet
+ 1682. & du 17. May 1683. à tous
Miniftres & Propofans de refter
ou de venir s'habituer à
S
62 MERCURE
l'avenir dans les lieux où l'exercice
eftoit interdit , & à
tous ceux qui y avoient efté
Miniftres ou Propofans , de
faire leur demeure plus prés
de ces endroits que de fix
lieuës, fous quelque prétexte
que ce fuft Mais comme ces
deux Arrefts n'avoient elté
donnez que pour les lieux où
l'exercice
de la Religion
Prétendue
Reformée
eftoit
in .
terdit définitivement
, & qu'il
a encore
ceffé
en plufieurs
endroits
, foit en confequence
de Decrets
décernez
contre
quelques
Miniftres
pour
し
GALANT. 63
né le
des contraventions commifes
aux Edits & Déclarations du
Roy , ou en vertu des Juge-
: mens rendus par les premiers
Juges, Sa Majefté par fon Arreft
du Confeil d'Etat don-
30. Avril dernier , a or
donné que les Miniftres & Pro-
= pofans , qui fe trouveront dans
les lieux où l'exercice public de la
Religion Prétenduë Reformée aura
ceffé à l'occafion des Procez
meus , pour raifon de ces contraventions
commifes , feront tenus
de s'en éloigner au moins de trois
lieuës , avec défenfes de faire leur
demeure plusprés de ces lieux
S
1
que
64 MERCURE
de cette diſtance , jufqu'à ce qu'il
en ait efté autrement ordonné définitivement
par les Fuges à qui la
connoiffance defdites contraven
tions appartient.
une partie du fruit que l'E60
MERCURE
glife tire de tous ces heureux
progrez de laReligion Catholique
, fi l'on n'empefchoit par
toutes fortes de juftes moyens
que les Ennemis de la Foy ne
fiffent retomber dans leurs erreurs
ceux qui en font fortis , &
ne
détournaffent ceux quifot
encore dans
l'aveuglement
de prefter l'oreille aux veritez
qu'on leur prefche , fur ce
qui fut remontré que dans
plufieurs lieux où l'exercice
de la Religion Prétenduë Reformée
eftoit interdit , & les
Temples démolis , les Miniftres
qui y avoient efté établis
GALANT. 61
3
y faifoient encore leur de
meure, & que fi quelques uns
en fortoient pour aller ailleurs
exercer leur Miniftere , d'autres
eſtoient envoyez à
leur place par des ordres fecrets
des Confiftoires voiſins,
afin d'y continuer furtivement
l'exercice de cette Religion
, le Roy voulant empefcher
la continuation de
cét abus , fit de tres - expreffes
défenfes par Arreſt de fon
Confeil d'Etat du 13. Juillet
+ 1682. & du 17. May 1683. à tous
Miniftres & Propofans de refter
ou de venir s'habituer à
S
62 MERCURE
l'avenir dans les lieux où l'exercice
eftoit interdit , & à
tous ceux qui y avoient efté
Miniftres ou Propofans , de
faire leur demeure plus prés
de ces endroits que de fix
lieuës, fous quelque prétexte
que ce fuft Mais comme ces
deux Arrefts n'avoient elté
donnez que pour les lieux où
l'exercice
de la Religion
Prétendue
Reformée
eftoit
in .
terdit définitivement
, & qu'il
a encore
ceffé
en plufieurs
endroits
, foit en confequence
de Decrets
décernez
contre
quelques
Miniftres
pour
し
GALANT. 63
né le
des contraventions commifes
aux Edits & Déclarations du
Roy , ou en vertu des Juge-
: mens rendus par les premiers
Juges, Sa Majefté par fon Arreft
du Confeil d'Etat don-
30. Avril dernier , a or
donné que les Miniftres & Pro-
= pofans , qui fe trouveront dans
les lieux où l'exercice public de la
Religion Prétenduë Reformée aura
ceffé à l'occafion des Procez
meus , pour raifon de ces contraventions
commifes , feront tenus
de s'en éloigner au moins de trois
lieuës , avec défenfes de faire leur
demeure plusprés de ces lieux
S
1
que
64 MERCURE
de cette diſtance , jufqu'à ce qu'il
en ait efté autrement ordonné définitivement
par les Fuges à qui la
connoiffance defdites contraven
tions appartient.
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Résumé : Arrest du Conseil d'Estat. [titre d'après la table]
Le roi a pris diverses mesures pour empêcher la persistance de la religion réformée dans les régions où elle est interdite. Malgré les interdictions et la démolition des temples, certains ministres réformés continuaient d'exercer clandestinement. En réponse, le roi a émis des arrêts en juillet 1682 et mai 1683, interdisant aux ministres et prophètes de résider dans ces lieux ou à moins de six lieues de distance. Cependant, l'exercice de la religion réformée persistant dans certains endroits, le roi a publié un nouvel arrêt le 30 avril, ordonnant aux ministres et prophètes de s'éloigner d'au moins trois lieues des lieux où l'exercice public de la religion réformée avait cessé en raison de procédures judiciaires. Cette mesure reste en vigueur jusqu'à ce que les juges compétents décident autrement.
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41
p. 181-182
« Mr d'Escorbiac de Blanc, a esté nommé depuis peu à [...] »
Début :
Mr d'Escorbiac de Blanc, a esté nommé depuis peu à [...]
Mots clefs :
Nomination, Abbaye, Religion prétendue réformée, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mr d'Escorbiac de Blanc, a esté nommé depuis peu à [...] »
M' d'Efcorbiac de Blanc,
efté nommé depuis peu à
A
182 MERCURE
2
l'Abbaye de Marfillac. Il
eftoit né de la Religion Prétendue
Reformée, & il en fit
abjuration
il y a quatre ou
cinq ans entre les mains de
feu M l'Abbé de Lioncel ,
Diocefe de Valence ,
efté nommé depuis peu à
A
182 MERCURE
2
l'Abbaye de Marfillac. Il
eftoit né de la Religion Prétendue
Reformée, & il en fit
abjuration
il y a quatre ou
cinq ans entre les mains de
feu M l'Abbé de Lioncel ,
Diocefe de Valence ,
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42
p. 263-266
Conversion. [titre d'après la table]
Début :
Le Jeudy 7 de ce mois, ce Prelat receut l'Abjuration du Fils [...]
Mots clefs :
Abjuration, Gentilhomme, Famille, Profession de foi, Clergé, Nouveau converti, Conversions, Religion prétendue réformée, Prélat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion. [titre d'après la table]
Le Jeudy 7. de ce mois , ce
Prelat receut l'Abjuration du
Fils de M. de Fontaine Veille
de Coignée , dans la Chapelle
du Roy , à faint Germain .
Ce jeune Gentilhomme , âgé
feulement de vingt ans , eft
d'une des plus anciennes Familles
de la Province du Maine
, & Neveu de M's les Marquis
de Coignée , de Thou ,
& de Thouars. Sa Profeffion
de Foy fut d'autant plus folennelle
, qu'il la fit devant
tout le Clergé affemblé en ce
lieu-là pour les affaires de l'Eglife,
comme je viens de vous
264 MERCURE
le marquer
. M l'Archevel
que ayant embraffé
ce nouveau
Converty
, avec de grandes
marques
de joye de ce
qu'il avoit renoncé à fes erreurs
,
7
Mr les autres Prelats
firent tous la mefme chofe.
On parla de cette converfion
au Roy , & ce Monarque témoigna
beaucoup de fatisfa .
Єtion , d'apprendre qu'elle
s'eftoit faite par les foins de
M. des Chefnes , Lieutenant
general des Eaux & Forefts du
Bailliage d'Alençon . Sa Ma
jefté loua fort fon zele , fe fou
venant que le mefme M. des
Chefnes
GALANT. 265
Chefnes luy avoit prefenté le
dernier mois M. Larpent, мiniftre
converty de la Ville de
Séez .
M. l'Evefque de S. Brieu ,
continuant avec fa vigilance
ordinaire à procurer le falut
de ceux de ſon Dioceſe , entre
autres abjurations qu'il a
fait faire depuis peu de temps,
a receu celle de Mademoiſel
le de Breilmeneu , de forte
qu'il ne reste plus que quatre
Familles de la Religion Pretendue
Reformée dans tour le
Dioceſe de S. Brieu , du grand
nombre qu'il y en avoit lorf-
Juin 1685
Ꮓ
266 MERCURE
que ce Prelat en prit poffef
fiongngis
Prelat receut l'Abjuration du
Fils de M. de Fontaine Veille
de Coignée , dans la Chapelle
du Roy , à faint Germain .
Ce jeune Gentilhomme , âgé
feulement de vingt ans , eft
d'une des plus anciennes Familles
de la Province du Maine
, & Neveu de M's les Marquis
de Coignée , de Thou ,
& de Thouars. Sa Profeffion
de Foy fut d'autant plus folennelle
, qu'il la fit devant
tout le Clergé affemblé en ce
lieu-là pour les affaires de l'Eglife,
comme je viens de vous
264 MERCURE
le marquer
. M l'Archevel
que ayant embraffé
ce nouveau
Converty
, avec de grandes
marques
de joye de ce
qu'il avoit renoncé à fes erreurs
,
7
Mr les autres Prelats
firent tous la mefme chofe.
On parla de cette converfion
au Roy , & ce Monarque témoigna
beaucoup de fatisfa .
Єtion , d'apprendre qu'elle
s'eftoit faite par les foins de
M. des Chefnes , Lieutenant
general des Eaux & Forefts du
Bailliage d'Alençon . Sa Ma
jefté loua fort fon zele , fe fou
venant que le mefme M. des
Chefnes
GALANT. 265
Chefnes luy avoit prefenté le
dernier mois M. Larpent, мiniftre
converty de la Ville de
Séez .
M. l'Evefque de S. Brieu ,
continuant avec fa vigilance
ordinaire à procurer le falut
de ceux de ſon Dioceſe , entre
autres abjurations qu'il a
fait faire depuis peu de temps,
a receu celle de Mademoiſel
le de Breilmeneu , de forte
qu'il ne reste plus que quatre
Familles de la Religion Pretendue
Reformée dans tour le
Dioceſe de S. Brieu , du grand
nombre qu'il y en avoit lorf-
Juin 1685
Ꮓ
266 MERCURE
que ce Prelat en prit poffef
fiongngis
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Résumé : Conversion. [titre d'après la table]
Le 7 juin 1685, un jeune gentilhomme de vingt ans, fils de M. de Fontaine Veillé de Coignée et neveu des marquis de Coignée, de Thou et de Thouars, a prononcé son abjuration dans la chapelle du Roi à Saint-Germain. Cette conversion, qualifiée de solennelle, s'est déroulée devant l'ensemble du clergé réuni pour les affaires de l'Église. L'archevêque et les autres prélats ont exprimé leur joie face à cette décision. Le roi a également manifesté sa satisfaction, soulignant le zèle de M. des Chefnes, lieutenant général des Eaux et Forêts du bailliage d'Alençon, qui avait précédemment présenté au roi M. Larpent, ministre converti de la ville de Sées. Par ailleurs, l'évêque de Saint-Brieuc a obtenu l'abjuration de Mademoiselle de Breilmeneu, réduisant ainsi à quatre le nombre de familles de la religion prétendue réformée dans son diocèse, alors qu'elles étaient nombreuses en juin 1685.
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43
p. 36-37
« Je vous ay parlé depuis peu de temps d'un Arrest du Conseil [...] »
Début :
Je vous ay parlé depuis peu de temps d'un Arrest du Conseil [...]
Mots clefs :
Arrêt du Conseil d'État, Démolition, Temple, Église, Zèle, Religion prétendue réformée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous ay parlé depuis peu de temps d'un Arrest du Conseil [...] »
Je vous ay parlé depuis
peu de temps d'un Arreſt
du Confeil d'Etat , qui ordonnoit
la démolition du
Temple de Chaſtillon fur
Loing. Elle a eſté faite le
mois dernier , par les foins
de M. l'Abbé le Boiteulx
Préchantre , & Chanoine
de l'Eglife Métropolitaine,
& Sindic du Clergé du Diocéfe
de Sens , qui avoit follicité
cét Arreft. C'eft au
zele de ce mefine Abbé
qu'on eft redevable de la
démolition des autres Temples
qui eftoient dans ce
GALANT. 37
Diocéfe , où il n'y a plus aucun
exercice public de laReligion
Prétendue Réformée.
peu de temps d'un Arreſt
du Confeil d'Etat , qui ordonnoit
la démolition du
Temple de Chaſtillon fur
Loing. Elle a eſté faite le
mois dernier , par les foins
de M. l'Abbé le Boiteulx
Préchantre , & Chanoine
de l'Eglife Métropolitaine,
& Sindic du Clergé du Diocéfe
de Sens , qui avoit follicité
cét Arreft. C'eft au
zele de ce mefine Abbé
qu'on eft redevable de la
démolition des autres Temples
qui eftoient dans ce
GALANT. 37
Diocéfe , où il n'y a plus aucun
exercice public de laReligion
Prétendue Réformée.
Fermer
Résumé : « Je vous ay parlé depuis peu de temps d'un Arrest du Conseil [...] »
Un arrêt du Conseil d'État a ordonné la démolition d'un temple à Châtillon-sur-Loing. La démolition a été réalisée sous la direction de l'Abbé Le Boiteux, Prévôt chantre et chanoine de l'Église métropolitaine, également syndic du clergé du diocèse de Sens. Tous les temples du diocèse ont été démolis, supprimant ainsi l'exercice public de la religion prétendue réformée.
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44
p. 89-92
Conversions. [titre d'après la table]
Début :
Il n'est point de lieu où la Grace ne triomphe. Elle [...]
Mots clefs :
Grâce, Triomphe, Coeurs, Hérésie, Seigneur, Familles, Anjou, Religion prétendue réformée, Prince d'Orange, Erreurs, Hérésie de Calvin
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texteReconnaissance textuelle : Conversions. [titre d'après la table]
Il n'eft point de lieu où la
Grace ne triomphe. Elle .
fçait toucher les coeurs dans
le centre mefme de l'Herefie.
C'eft ce qui vient de
paroiftre en la perfonne de
Meffire Theophile de Fefques
d'Arbouville, Seigneur
de Beauchefne , d'une des
plus nobles & anciennes
Familles d'Anjou . Il fut élevé
par fes Parens habituez
en Touraine , dans la Reli .
gion Pretendue Reformée ,
& envoyé dés l'âge de
Juillet 1685.
H
90 MERCURE
douze ans en Allemagne,
auprés du Prince de Naffau
Tillimbourg. Son merite le
fit confiderer de ce Prince,
& d'autres Perfonnes de
qualité , & comme il cherchoit
les occafions de fe fignaler
, il eut des Lettres de
recommandation auprés de
M. le Prince d'Orange , qui
luy donna d'abord une Enfeigne
, en fuite une Lieutenance
, & puis une Compagnie
dans le Regiment de
Torçay. Aprés quinze années
de fervices en Hollande
, il n'en feroit pas demeuGALANT.
91
ré là , fi quelques Doutes
qu'il eut touchant la Reli
gion qu'il profeffoit , ne luy
euffent infpiré une forte refolution
d'abandonner tout
pour s'en éclaircir. Il fe
rendit à Paris , où il eut plu
fieurs Conferences fur ce qui
caufoit ces Doutes . M. Vi
gnier de Richelieu le voyant,
convaincu de fes erreurs , le
preſenta au Pere de la Chaize
, qui chargea le Pere du
Champ du foin de l'inftruire
, & enfin le dixième de ce
mois , il fit Abjuration de
L'Herefie de Calvin dans
Hij
92 MERCURE
l'Egliſe de Saint Louis , entre
les mains du Pere Bobinet
, par l'ordre de M. l'Archevefque
de Paris . La Ceremonie
fut faite en prefence
de plufieurs Perfonnes de
qualité Parens & Amis , entre
lefquels eftoit Madame
de Marmande fa Soeur , qui
creut ne pouvoir mieux témoigner
fa tendreſſe à ce
cher Frere , qu'en faiſant
prés de cent lieuës pour affifter
à cette action .
Grace ne triomphe. Elle .
fçait toucher les coeurs dans
le centre mefme de l'Herefie.
C'eft ce qui vient de
paroiftre en la perfonne de
Meffire Theophile de Fefques
d'Arbouville, Seigneur
de Beauchefne , d'une des
plus nobles & anciennes
Familles d'Anjou . Il fut élevé
par fes Parens habituez
en Touraine , dans la Reli .
gion Pretendue Reformée ,
& envoyé dés l'âge de
Juillet 1685.
H
90 MERCURE
douze ans en Allemagne,
auprés du Prince de Naffau
Tillimbourg. Son merite le
fit confiderer de ce Prince,
& d'autres Perfonnes de
qualité , & comme il cherchoit
les occafions de fe fignaler
, il eut des Lettres de
recommandation auprés de
M. le Prince d'Orange , qui
luy donna d'abord une Enfeigne
, en fuite une Lieutenance
, & puis une Compagnie
dans le Regiment de
Torçay. Aprés quinze années
de fervices en Hollande
, il n'en feroit pas demeuGALANT.
91
ré là , fi quelques Doutes
qu'il eut touchant la Reli
gion qu'il profeffoit , ne luy
euffent infpiré une forte refolution
d'abandonner tout
pour s'en éclaircir. Il fe
rendit à Paris , où il eut plu
fieurs Conferences fur ce qui
caufoit ces Doutes . M. Vi
gnier de Richelieu le voyant,
convaincu de fes erreurs , le
preſenta au Pere de la Chaize
, qui chargea le Pere du
Champ du foin de l'inftruire
, & enfin le dixième de ce
mois , il fit Abjuration de
L'Herefie de Calvin dans
Hij
92 MERCURE
l'Egliſe de Saint Louis , entre
les mains du Pere Bobinet
, par l'ordre de M. l'Archevefque
de Paris . La Ceremonie
fut faite en prefence
de plufieurs Perfonnes de
qualité Parens & Amis , entre
lefquels eftoit Madame
de Marmande fa Soeur , qui
creut ne pouvoir mieux témoigner
fa tendreſſe à ce
cher Frere , qu'en faiſant
prés de cent lieuës pour affifter
à cette action .
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Résumé : Conversions. [titre d'après la table]
Théophile de Fèsques d'Arbouville, seigneur de Beauchefne, issu d'une noble famille d'Anjou, fut élevé dans la religion réformée en Touraine. À douze ans, il fut envoyé en Allemagne servir le prince de Nassau Tillimbourg. Grâce à son mérite, il obtint des recommandations auprès du prince d'Orange, qui lui confia diverses responsabilités militaires en Hollande. Après quinze années de service, des doutes religieux le ramenèrent à Paris. Il participa à plusieurs conférences avec M. Vignier de Richelieu, qui le présenta au père de La Chaize. Le père du Foing l'instruisit, et le 10 du mois, il abjura l'hérésie calviniste dans l'église Saint-Louis, sous la direction du père Bobinet et l'ordre de l'archevêque de Paris. La cérémonie se déroula en présence de plusieurs personnes de qualité, dont sa sœur, Madame de Marmande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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45
p. 92-130
Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
Début :
Il est temps de vous parler des nouveaux Arrests du Conseil [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Ecclésiastique, Officiers, Ministres, Déclaration, Arrêts du conseil, Peine, Procès, Charge, Parlements, Édits, Procureur, Temples, Fonctions, Privilèges, Interdiction, Notaire, Démolition, Amende
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texteReconnaissance textuelle : Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
Il est temps de vous parler
des nouveaux Arrests du Cófeil
d'Eftat , & des dernieres
Declarations du Roy contre
les Pretendus Reformez .
Leur grand nombre vous
GALANT. 93
fa
confirmera ce que je vous
ay dit plufieurs fois , que la
deftruction de l'Herefie eft
la principale affaire à laquelle
Sa Majeſté applique fes
foins ; & que ce Monarque ,
qui ne fe fait pas moins admirer
par fa pieté que par
fageſſe , regarde le falut des
Ames de fes Sujets , comme
la conquefte qui luy peut
donner le plus de gloire. Il a
paru trois Arrefts rendus au
Confeil d'Eftat le neuviéme
du mois paffé. Il y en avoit
déja un du 14 de May , par
lequel Sa Majefté avoit fait
94 MERCURE
defenfes à ceux qui font comis
pour la reception des
Imprimeurs & Libraires
d'en admettre à l'avenir aucuns
de la Religion Pretenduë
Reformée . On empefchoit
par là que les Libraires
de cette Religion , ne puſ
fent , ainfi qu'ils ont fait par
le paffé , vendre des Livres,
& autres Ecrits meflez de
Difcours fcandaleux & diffamatoires
, contre le refpect
dû aux veritez Catholiques ;
ce qui leur eftoit naturel ,
non feulement comme Li-
Braires , mais comme Parri
*
GALANT. 95
fans zelez d'une Religion
contraire à la noftre . Sa Majefté
s'étant fait repreſenter
cet Arreft , & ayant confideré
qu'on ne pouvoit apporter
un entier remede à ce
defordre,tant que les Libraires
& Imprimeurs qui ont
efté cy-devant receus , continueroient
d'exercer la Librairie
, ordonna Que l'Arreft
du quatorziéme May dernier
feroit executé felon fa forme &
teneur; y ajoutant , Elle a fait
de tres- expreffès Defenfes à tous
Libraires Imprimeurs de la
Religion Pretenduë Reformée, de
96 MERCURE
faire à l'avenir aucunes fonctions
de Librairie , à peine de confifca-
་
tion de leurs Livres , Formes ,
Marchandifes , &c.
9.
Le fecond Arreft rendu
le Juillet au Confeil d'Etat,
eft fondé fur ce que ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée ont confervé des
Cimetieres en pluſieurs Vil--
les & Lieux du Royaume, où
l'Exercice de cette Religion
a efté interdit , & qu'ils continuent
à y enterrer les corps
morts . Comme ils ne peuvent
faire ces Enterremens
fans y paroiftre publiquement
GALANT. 97
S
ment affemblez ; ce qui eft
contraire aux Defenfes de
faire aucun Exercice , & que
d'ailleurs les Peuples n'étant
plus àccoûtumez à voir dans
ces Lieux l'exercice d'une
Religion differente de la
leur, de pareils Enterremens
pourroient donner lieu à des
émotions populaires, Sa Majefté
voulant y pourvoir , A
ordonné Que dans les Villes ,
Bourgs & Lieux du Royaume
où il n'y a plus d'exercice de la
Religion Pretendue Reformée ,
ceux de cette Religion ne pour-.
ront y avoir des Cimetiere , &
Aoust 1685.
I
98 MERCURE
qu'ils ferons obligez de délaiffer
dans fix mois ceux qu'ils y ont
àprefent , leur eftant permis defe
pourvoir d'autres Cimetieres hors
de ces Villes , Bourg's & Lieux
où il n'y a plus d'Exercice; s'ils
ne pouvoient trouver de lieux
les
Fuges propres
pour cela
Royaux
leur en marqueront
,
moyennant
quoy ils feront tenus
de payerces lieux aux Proprietai_
res , felon le rapport des Experts,
dont les Parties conviendront
, ou
que les Fuges nommeront
d'office.
Le troifiéme
Arreſt a esté
rendu au Confeil
d'Etat
le
mefine
jour 9. Juiller
, à las
•Lohr frub.
I
*
GALANT. 99
follicitation de M's les Archevefques
, Evefques , &
autres Ecclefiaftiques Députez
à l'Affemblée Generale
du Clergé de France ,
tenue à Saint Germain en
S
Laye. Ils ont repreſenté
qu'encore que le Clergé en
genéral ait deffein de n'affermer
les Biens Ecclefiaftiques
à aucun de ceux de la
Religion Prétenduë Reformée
, voulant en cela fe regler
fur ce qui a efté fait par
Sa Majefté , qui a exclus
ceux de cetteReligion de fes
Fermes & Receptes gené-
I ij
100 MERCURE
rales de fes Finances , & Receptes
particulieres desTailles
, neanmoins ils ont efté
informez que fous differens
prétextes , plufieurs Religionnaires
tiennent encore
des Fermes des Ecclefiaftiques
, ou font Cautions de
ceux qui les font valoir . Le
Roy ayant eſté ſupplié par
eux d'y pourvoir , a fait de
tres - expreffes défenfes à tous les
Ecclefiaftiques du Royaume , de
donner à ferme leurs biens Ecclefiaftiques
à aucuns de la Religion
Prétendue Reformée,ny de les recevoirpour
Cautions de leursFerGALANT.
IOI
mes >
à peine de confifcation au
profit de l'Hofpital du lieu , ou de
celuy qui s'en trouvera le plus proche
, des Revenus qui leur feroient
affermez , ou defquels ils
feroient Cautions, & de mille livres
d'amende contre les Prétendus
Reformez qui feroient Fermiers
ou Cautions, applicable à ces
mefmes Hofpitaux. Sa Majefté
ordonne par ce mefine
que
Arreſt , dans un an pout tout
delay
, les Ecclefiaftiques
dont les
Fermes
font
prefentement
tenues
par les Religionnaires
, on dont ils
font
Cautions
, feront
obligez
de
réfoudre
leurs Baux
à ferme
, t),
I iij.
102 MERCURE
Actes de cautionnement , fans toutefois
qu'ils foient déchargez de
la garantie des Fermes ou cautionnement
pour le paffé,fur quoy
Les Ecclefiaftiques les pourront
pourfuture. On ne peut trop
louer Meffieurs du Clergé
d'avoir demandé cét Arreft
auRoy . Une fréquente communication
entre des Gens
de Religion contraire eft
toûjours à éviter , & c'eft ce
qui feroit difficile de faire à
ceux que des intereſts confiderables
engageroient à
quelque commerce.
Le Roy par Arreſt de fon
GALANT. 103
4 .
Confeil du de Mars 1683-
ordonna à tous les Officiers
de fa Maiſon , & des Maifons
Royales , faifant profef
fion de la Religion Prétendue
Reformée , de fe dé- met
tre de leurs Charges, les déclarant
décheus de tous les
Privileges qui pourroient y
eftre attribuez ; & comme
il refte quelques Veuves
d'Officiers décedez dans
cette Religion , qui joüiſlent
encore actuellement des
Privileges attribuez aux
Charges dont leurs Maris
ont efté pourveus , il a efté
Lijij
104 MERCURE
donné un nouvel Arreft du
Confeil d'Etat le 13. du mois
paffé , par lequel Sa Majesté
déclare toutes Veuves d'Officiers
de fa Maiſon & des Maifons
Royales , lefquelles font profeffion
de la Religion Prétenduë Reformée
, décheuës dés à prefent de
tous les Privileges attribuez aux
Charges que poffedoient leurs
Maris , leur faifant défenfes de
s'en fervir , & à tous Fuges d'y
avoir égard.Il n'y arien de plus
équitable que cét Arreſt .
Puis qu'il eft permis au
moindre Particulier d'employer
à fon ſervice telles
GALANT. 105
Perfonnes qu'il veut , il doit
eftre encore bien plus libre
au Roy de ne fe fervir que
de Catholiques , & lors qu'il
exclut les Prétendus Reforinez
des Charges de fa Maifon
, les Privileges qui y font
attachez ne doivent plus
avoir aucun lieu .
Il y a eu cinq Déclarations
du Roy , enregistrées
Parlement le 26. du mefme
mois de Juillet. La premiere
a eſté donnée fur ce que
les Catholiques qui fervent
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée, en qualité de
106 MERCURE
Domeftiques ,font employés
fouvent par leurs Maiſtres à
des occupations qui les empefchent
de fuivre ce qui eft
prefcrit par les Commandemens
de l'Eglife pour l'obfervation
des Feftes , & des
jours de Jeûnes & d'Abftinence
, & mefine fur ce qu'il
arrive que plufieurs de cette
Religion, aprés avoir perverty
leurs Domestiques Catho
liques , les obligent de paffer
dans les Pays Etrangers pour
quitter leur Religion , &
profeffer la Prétendue Reformée
tombant par là
GALANT 107
dans les cas des peines portées
par les Edits de Sa Majefté
contre ceux qui fe pervertiffent
, ou qui fortent du
Royaume
fans fa permiffion .
Le Roy toûjours remply de
bonté pour fes Sujets , voulant
ofter aux
Catholiques
les occafions
de defobeir
aux Commandemens
de l'Eglife
, & d'encourir
les peines
portées par fesEdits ,a déclaré
qu'il luy plaift, Qu'aucun
defes Sujets Catholiques ne puiffe
fous quelque pretexte que ce
fort ,fervir en qualité de Domeftique
les Pretendus Reformez,
108 MERCURE
aufquels il eftfait de tres expreffes
défenfes de les prendre à leur
Service en quelque qualité que ce
foit , à peine de mille livres d'amende
pour chaque contravention
, & pour donner moyen aux
Catholiques de fe pourvoir , &
aux Pretendus Reformez de
prendre d'autres Domestiques que
des Catholiques , Sa Majesté
leur a accordé le temps de fix mois
du jour que cette Déclaration aura
efté publiée & enregistrée,
aprés lequel temps , Elle veutqu'il
foit procedé concre les Pretendus
Reformez , qui fe trouveront
avoir des Domestiques Catholi
GALANT. 109
ques , qu'ils foient condamnez
à l'amende des mille livres à la
Requeſte de fes Procureurs Genéraux
, & de leurs Subftituts , chacun
dans l'étendue de fa Furifdiction.
Cette Déclaration
a
d'autant
plus de juftice que
ceux qui font reduits à fervir
, eſtant la pluſpart fort
jeunes , & ne voyant point
de Catholiques
chez les Religionnaires
, il eſt fort aiſé
de les ſurprendre à cauſe de
la foibleffe
de l'âge.
Voicy le motif de la feconde
Déclaration
. On a
reconnu que plufieurs de la
110 MERCURE
Religion Pretenduë Reformée
, aprés avoir eſté perſuadez
de leur erreur , avoient
efté détournez de rentrer
dans le fein de l'Eglife Catholique
par les Miniftres
établis dans les lieux de leur
demeure , qui par une longue
habitude s'emparent de
leurs efprits , & leur infpirent
des fentimens contraires
à leur Salut. Pour empefcher
ce defordre , le Roy
ordonna par fon Edit du
mois d'Aouft 1684. que les
Miniftres de la Religion Prétenduë
Reformée
ne pourGALANT.
III
roient exercer leur Miniftere
durant plus de trois ans
dans un meſme lieu , ny
eftre établis Miniftres en
d'autres lieux, s'ils n'eftoient
au moins éloignez de vingt
lieuës de ceux où ils auroient
exercé leur Miniftere. Quoy
que cét Edit ne porte aucune
exception , les Pretendus
Reformez ont voulu l'interpreter
à leur avantage
, &
faire entendre que les Miniftres
qui font exercice
dans les Fiefs n'y font pas
compris , fe fondant fur ce
que ces Miniftres doivent
1
112 MERCURE
eftre regardez comme des
Domestiques à gages de
'ceux chez qui ils exercent
leur Miniftere . Pour remedier
à cét abus ,le Roy a déclaré
qu'il luy plaiſt , Qu'à
l'avenir les Miniftres de la Religion
Pretendue Reformée ne
puiffent exercer leur Miniftere
plus de trois années confecutives
dans un mefme lieu , foit d'exercices
publics , réels , ou de Fiefs,
ny aprés ce temps , ny mesme avant
qu'ilfoit expiré , eftre envoyez
pour faire la fonction de
Minift e en aucun lieu de la mesme
Province ou autre , qu'il ne
GALANT. 113
foit éloigné au moins de vingt
lienës de tous ceux où ils auront
déja exercé leur Miniftere , fans
qu'ils puiffent retourner en aucun
des mefmes lieux où ils en au
ront fait les fonctions pour lesy
faire de nouveau , que douze ans
aprés en eftre fortis , avec de tres
expreffes défences de demeurer
aprés avoir ceffé l'exercice de leur
Miniftere , ou de s'établir dans
la fuite comme Particuliers , fous
quelque pretexte que ce foit , dans
les lieux où ils auront efté Minifres
, nyplus prés que de fix licies;
le tout fous les peines portées parcét
Edit du mois d' Aoust 1684,-
Aouſt 1685.
K
114 MERCURE
.
Les Prétendus Reformez
n'ont aucun lieu de fe plaindre
de cette nouvelle Déclaration
, puis que le Roy
ne leur ofte rien , & que les
trois ans eftant finis , d'autres
Miniftres prennent la place
de ceux qui font obligez de
fe retirer.
que
Il n'y a rien de plus jufte
la troifiéme Déclaration
. Plufieurs Femmes Catholiques
, veuves de Maris
qui faifoient profeſſion de
la Religion Frétenduë Reformée
, eftant inquietées
dans la conduite , & dans
1
8.
GALANT. 115
l'éducation de leurs Enfans,
par les Parens de leurs Ma--
ris , qui leur font établir des
Tuteurs ou Subrogez Tu--
teurs , profeffant leur mef
me Religion , le Roy voulant
donner à ces Veuvess
Catholiques dans la perte
de leurs Maris , la confolation
de pouvoir en veillant
aux biens & à l'avantage de
leurs Enfans , leur procurer
celuy d'eftré inftruits & éle
vez dans la veritable Reli--
gion , a déclaré qu'il luy
plaift , Que les enfans agez de
quatorze ans & au deffous, dones
Kij;
116 MERCURE
les Peres font morts dans la Religion
Pretenduë Reformée , &
qui auront leurs Meres Catholiques
, foient élevez & inftruits
dans la Religion Catholique , &
qu'il ne puiffe leur eſtre donné
pour Tuteurs ou Curateurs , d'autres
que des Catholiques , à peine
contre les Contrevenans, d'amende
& de banniffement pour neuf
ans du reffort des Bailliages , Senechauffees
, ou Justices Royales
du lieude leurdemeure , avec défences
aux Ministres de la Religion
Pretenduë Reformée , &
aux Anciens des Confistoires , de
fouffrir les Enfans des Meres Ca
GALANT. 117
tholiques dans leurs Temples , à
peine contre les Miniftres qui les
y auront foufferts , d'eftre condamnez
à Amende - honorable,
&au Banniſſement à perpetuité
hors du Royaume , avec confifcation
de leurs biens , & interdiction
d'exercice pour toujours dans
les lieux où la contravention aura
efté faite. On fuit par
regles de la Nature
veut qu'une Mere demeurée
veuve , foit Maiftreffe de
fes Enfans pendant leur minorité.
,
là les
qui
Le Roy par plufieurs Edits,
a exclus les Pretendus Refor118
MERCURE
mez , de toutes Charges de:
Judicature , mefme de celles
de Notaires , Procureurs
Huiffiers & Sergens ; & com→
me les Avocats ont beau→ -
dans la pourcoup
de part
fuite des Procez , à cauſe
qu'ils donnent
leursAvis aux
Parties fur la conduite
qu'elles
ont à y tenir , Sa Majeſté
ne jugeant pas moins neceffaire
d'exclure
ceux de la Re--
ligion Pretenduë
Reformée
des fonctions
d'Avocats
, quedes
autres Charges
de Judi--
catúre A declaré qu'Elle
veut Qu'à l'avenir ceux de cette
*
GALANT. 119
Religion ne feront plus receus
Docteurs aux Loix dans les Univerfitez
du Royaume , ny à prefter
Serment d'Avocats ; à quoy
Elle enjoint à fes Avocats
Procureurs Generaux , e leurs:
Subftituts , de tenir la main.
Il n'a pas fuffi à la pieté du
Roy , d'ordonner à tous Notaires
, Procureurs , Huiffiers
& Sergens qui faifoient profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , de fe démettre
de leurs Offices en
faveur des Catholiques ; Sa
Majesté ayant eſté avertie
que plufieurs de ceux qui
120 MERCURE
poffedoient ces Offices , s'étoient
placez prés des Juges,
Avocats , & autres Officiers
de Juftice , & continuoient
leurs fonctions fous ce pretexte
, ſe meſlant journellement
de plufieurs Affaires ,
Elle a voulu y pourvoir ; &
pour empeſcher un tel abus,
Elle a defendu tres- expreßément
à tous Fuges , Avocats , Notaires
, Procureurs , Sergens , Huiffiers
& Praticiens , de fe fervir
d'aucuns Clercs de la Religion
Pretenduë Reformée , à peine de
mille livres d'amende contre les
Contrevenans,applicable à l'Hofpital
GALANT. 121
pital du lieu , ou le plus proche de
ce mefme lieu. Cette Declaration
eftoitune fuite neceffaire
de la precedente.
Je viens d'en voir deux
nouvelles , qui ont efté enregiſtrées
au Parlement le
14. de ce mois. La premiere
porte , que depuis l'Interdiction
de l'Exercice de la Réligion
Pretenduë Reformée,
& la démolition des Temples
en divers lieux du Royaume,
foit parce qu'ils y avoient
efté établis au prejudice de
l'Edit de Nantes , foit parce
qu'on avoit contrevenu aux
Aouſt 1685. L
122 MERCURE
Edits & Declarations de Sa
Majefté , les Pretendus Reformez
viennent & abor
dent de differens Bailliages
& Senéchauffées aux Temples
qui fubfiftent , quoy
qu'ils en foient éloignez de
plus de trente lieuës , en forte
que cette affluence de
Peuple caufe des attroupemens
dans les lieux où l'Exercice
eft permis, du fcandale
dans ceux où ils paſſent,
par les irreverences qu'ils
commettent devant les Eglifes
, & des querelles avec
les Catholiques , par leur
GALANT. 123
de marche tant de nuit que
jour , pendant laquelle ils
chantent leurs Pleaumes à
haute voix , au prejudice des
Défenfes qui en onteſté faites
par divers Arreſts & Declarations
. Comme ces Af
femblées tumultueufes pourroient
avoir de fâcheufes
ſuites , Sa Majeſté , qui veut
empefcher la continuation
de ces defordres , A declaré
qu'il luy plaift , Qu'aucunes
Perfonnes de la Religion Pretendue
Reformée ne puiffent doref
navant aller à l'Exercice aux
Temples qui fe trouveront dans
Lij
124 MERCURE
l'étendue des Bailliages & Senéchauffées
où elles n'ont pas leur
principal domicile , ny fait leur
demeure ordinaire pendant un an
fans difcontinuation, avec de tresexpreffes
Defenses aux Minif
tres & Anciens de les y recevoir,
à peine d'interdiction de l'Exercice
, & démolition des Temples
contre les Miniftres , d'eftre
privez pour toûjours desfonctions
de leur Miniftere dans le Royanme.
La prudence veut , que
dans un Etat bien police , on
empêche tout ce qui approche
de l'attroupement
, &
cela fait voir avec combien
“
GALANT. 125
d'équité cette Declaration a
efté donnée .
La feconde qui a eſté enregiftrée
au Parlement le
mefine jour 14. de ce mois ,
regarde de certains Juges.
Le Roy ayant trouvé à propos
d'ofter aux Confeillers
de fes Cours de Parlement,
qui font encore de la Religion
Pretenduë Reformée,
la connoiffance des Procez
Civils & Criminels des Ecclefiaftiques
, leur faifant
• auffi Defenſes d'eftre Rapporteurs
de ceux des perſonnes
qui auroient abjuré la
L
iij
126 MERCURE
mefme Religion , & de connoiftre
des contraventions
aux Edits & Declarations qui
la concernent ; Sa Majefté a
eſté informée , que quelques
Officiers Catholiques , qui
ont leurs femmes de la Religion
Pretenduë Reformée ,
favorifent dans les Procez
les Particuliers qui en font
auffi profeſſion , à cauſe de
l'accés que ces Particuliers
trouvent auprés d'eux par le
moyen de leurs Femmes , aux
prieres & follicitations def
quelles fe laiffant fouvent
perfuader , ils n'ont pas une
"
GALANT. 127
entiere exactitude, pour faire:
executer regulierement ſes
Edits , & foûtenir l'intereft
de l'Eglife Catholique ; &
voulant rompre le cours d'un
abus fi dangereux , Elle a declaré
qu'il luy plaift , Que les
Officiers Catholiques de fes Cours
de Parlement , & des Juftices in
ferieures , dont les Femmes font
de la Religion Pretenduë Refor
mée , ne puiffent à l'avenir eftre
Rapporteurs d'aucuns Precez , ou
des Ecclefiaftiques conftitaezdans
les Ordres Sacrez , ou Soudiacres,
auront intereft , foit pour raifon
des Benefices qu'ils conteftent , ou
Liiij
128 MERCURE
des droits de ceux dont ilsfont en
poffeffion , foitpour raiſon de leurs
biens particuliers ou patrimoniaux
, en forte que les Ecclefiaftiques
les pourront recufer dans
le Jugement de tous les Procez
où il s'agira de la Difcipline Ec.
clefiaftique , & de l'ordre & celebration
du Service divin , en
remontrant pour toute raison que
les Femmes de ces Officiers font
de la Religion Pretenduë Refor
mée . Sa Majefté a pareillement
ordonné , Que ces mesmes
Officiers ne pourront eftre
Rapporteurs d'aucuns Procez Civils
& Criminels , où ceux qui
GALANT. 129
afe feront convertis , feront Parties
principales ou intervenantes , Accufateurs
ou Accufez , & qu'ils .
pourront estre recufez par la mesme
raifon , par ceux qui auront
abjuré la Religion Pretenduë Reformée
, dans les trois ans avant
la Plainte renduë, ou la Demande
intentée , avec defenfes à ces mefmes
Officiers , de connoiftre & de
demeurer Fuges des Procez Criminels
inftruits, ou qui pourraient
l'eftre à l'avenir , tant aux Miniftres
de cette Religion , qu'aux
Particuliers qui la profeffent,pour
les contraventions qu'ils pourront
avoirfaites à fes Edits & Decla
130 MERCURE
rations , ny de tous les autres Procez
où il s'agira de l'Exercice de
la mefme Religion , & de la démolition
ou interdiction des Tem
ples , pour quelque cauſe que ce
puiffe eftre.
des nouveaux Arrests du Cófeil
d'Eftat , & des dernieres
Declarations du Roy contre
les Pretendus Reformez .
Leur grand nombre vous
GALANT. 93
fa
confirmera ce que je vous
ay dit plufieurs fois , que la
deftruction de l'Herefie eft
la principale affaire à laquelle
Sa Majeſté applique fes
foins ; & que ce Monarque ,
qui ne fe fait pas moins admirer
par fa pieté que par
fageſſe , regarde le falut des
Ames de fes Sujets , comme
la conquefte qui luy peut
donner le plus de gloire. Il a
paru trois Arrefts rendus au
Confeil d'Eftat le neuviéme
du mois paffé. Il y en avoit
déja un du 14 de May , par
lequel Sa Majefté avoit fait
94 MERCURE
defenfes à ceux qui font comis
pour la reception des
Imprimeurs & Libraires
d'en admettre à l'avenir aucuns
de la Religion Pretenduë
Reformée . On empefchoit
par là que les Libraires
de cette Religion , ne puſ
fent , ainfi qu'ils ont fait par
le paffé , vendre des Livres,
& autres Ecrits meflez de
Difcours fcandaleux & diffamatoires
, contre le refpect
dû aux veritez Catholiques ;
ce qui leur eftoit naturel ,
non feulement comme Li-
Braires , mais comme Parri
*
GALANT. 95
fans zelez d'une Religion
contraire à la noftre . Sa Majefté
s'étant fait repreſenter
cet Arreft , & ayant confideré
qu'on ne pouvoit apporter
un entier remede à ce
defordre,tant que les Libraires
& Imprimeurs qui ont
efté cy-devant receus , continueroient
d'exercer la Librairie
, ordonna Que l'Arreft
du quatorziéme May dernier
feroit executé felon fa forme &
teneur; y ajoutant , Elle a fait
de tres- expreffès Defenfes à tous
Libraires Imprimeurs de la
Religion Pretenduë Reformée, de
96 MERCURE
faire à l'avenir aucunes fonctions
de Librairie , à peine de confifca-
་
tion de leurs Livres , Formes ,
Marchandifes , &c.
9.
Le fecond Arreft rendu
le Juillet au Confeil d'Etat,
eft fondé fur ce que ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée ont confervé des
Cimetieres en pluſieurs Vil--
les & Lieux du Royaume, où
l'Exercice de cette Religion
a efté interdit , & qu'ils continuent
à y enterrer les corps
morts . Comme ils ne peuvent
faire ces Enterremens
fans y paroiftre publiquement
GALANT. 97
S
ment affemblez ; ce qui eft
contraire aux Defenfes de
faire aucun Exercice , & que
d'ailleurs les Peuples n'étant
plus àccoûtumez à voir dans
ces Lieux l'exercice d'une
Religion differente de la
leur, de pareils Enterremens
pourroient donner lieu à des
émotions populaires, Sa Majefté
voulant y pourvoir , A
ordonné Que dans les Villes ,
Bourgs & Lieux du Royaume
où il n'y a plus d'exercice de la
Religion Pretendue Reformée ,
ceux de cette Religion ne pour-.
ront y avoir des Cimetiere , &
Aoust 1685.
I
98 MERCURE
qu'ils ferons obligez de délaiffer
dans fix mois ceux qu'ils y ont
àprefent , leur eftant permis defe
pourvoir d'autres Cimetieres hors
de ces Villes , Bourg's & Lieux
où il n'y a plus d'Exercice; s'ils
ne pouvoient trouver de lieux
les
Fuges propres
pour cela
Royaux
leur en marqueront
,
moyennant
quoy ils feront tenus
de payerces lieux aux Proprietai_
res , felon le rapport des Experts,
dont les Parties conviendront
, ou
que les Fuges nommeront
d'office.
Le troifiéme
Arreſt a esté
rendu au Confeil
d'Etat
le
mefine
jour 9. Juiller
, à las
•Lohr frub.
I
*
GALANT. 99
follicitation de M's les Archevefques
, Evefques , &
autres Ecclefiaftiques Députez
à l'Affemblée Generale
du Clergé de France ,
tenue à Saint Germain en
S
Laye. Ils ont repreſenté
qu'encore que le Clergé en
genéral ait deffein de n'affermer
les Biens Ecclefiaftiques
à aucun de ceux de la
Religion Prétenduë Reformée
, voulant en cela fe regler
fur ce qui a efté fait par
Sa Majefté , qui a exclus
ceux de cetteReligion de fes
Fermes & Receptes gené-
I ij
100 MERCURE
rales de fes Finances , & Receptes
particulieres desTailles
, neanmoins ils ont efté
informez que fous differens
prétextes , plufieurs Religionnaires
tiennent encore
des Fermes des Ecclefiaftiques
, ou font Cautions de
ceux qui les font valoir . Le
Roy ayant eſté ſupplié par
eux d'y pourvoir , a fait de
tres - expreffes défenfes à tous les
Ecclefiaftiques du Royaume , de
donner à ferme leurs biens Ecclefiaftiques
à aucuns de la Religion
Prétendue Reformée,ny de les recevoirpour
Cautions de leursFerGALANT.
IOI
mes >
à peine de confifcation au
profit de l'Hofpital du lieu , ou de
celuy qui s'en trouvera le plus proche
, des Revenus qui leur feroient
affermez , ou defquels ils
feroient Cautions, & de mille livres
d'amende contre les Prétendus
Reformez qui feroient Fermiers
ou Cautions, applicable à ces
mefmes Hofpitaux. Sa Majefté
ordonne par ce mefine
que
Arreſt , dans un an pout tout
delay
, les Ecclefiaftiques
dont les
Fermes
font
prefentement
tenues
par les Religionnaires
, on dont ils
font
Cautions
, feront
obligez
de
réfoudre
leurs Baux
à ferme
, t),
I iij.
102 MERCURE
Actes de cautionnement , fans toutefois
qu'ils foient déchargez de
la garantie des Fermes ou cautionnement
pour le paffé,fur quoy
Les Ecclefiaftiques les pourront
pourfuture. On ne peut trop
louer Meffieurs du Clergé
d'avoir demandé cét Arreft
auRoy . Une fréquente communication
entre des Gens
de Religion contraire eft
toûjours à éviter , & c'eft ce
qui feroit difficile de faire à
ceux que des intereſts confiderables
engageroient à
quelque commerce.
Le Roy par Arreſt de fon
GALANT. 103
4 .
Confeil du de Mars 1683-
ordonna à tous les Officiers
de fa Maiſon , & des Maifons
Royales , faifant profef
fion de la Religion Prétendue
Reformée , de fe dé- met
tre de leurs Charges, les déclarant
décheus de tous les
Privileges qui pourroient y
eftre attribuez ; & comme
il refte quelques Veuves
d'Officiers décedez dans
cette Religion , qui joüiſlent
encore actuellement des
Privileges attribuez aux
Charges dont leurs Maris
ont efté pourveus , il a efté
Lijij
104 MERCURE
donné un nouvel Arreft du
Confeil d'Etat le 13. du mois
paffé , par lequel Sa Majesté
déclare toutes Veuves d'Officiers
de fa Maiſon & des Maifons
Royales , lefquelles font profeffion
de la Religion Prétenduë Reformée
, décheuës dés à prefent de
tous les Privileges attribuez aux
Charges que poffedoient leurs
Maris , leur faifant défenfes de
s'en fervir , & à tous Fuges d'y
avoir égard.Il n'y arien de plus
équitable que cét Arreſt .
Puis qu'il eft permis au
moindre Particulier d'employer
à fon ſervice telles
GALANT. 105
Perfonnes qu'il veut , il doit
eftre encore bien plus libre
au Roy de ne fe fervir que
de Catholiques , & lors qu'il
exclut les Prétendus Reforinez
des Charges de fa Maifon
, les Privileges qui y font
attachez ne doivent plus
avoir aucun lieu .
Il y a eu cinq Déclarations
du Roy , enregistrées
Parlement le 26. du mefme
mois de Juillet. La premiere
a eſté donnée fur ce que
les Catholiques qui fervent
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée, en qualité de
106 MERCURE
Domeftiques ,font employés
fouvent par leurs Maiſtres à
des occupations qui les empefchent
de fuivre ce qui eft
prefcrit par les Commandemens
de l'Eglife pour l'obfervation
des Feftes , & des
jours de Jeûnes & d'Abftinence
, & mefine fur ce qu'il
arrive que plufieurs de cette
Religion, aprés avoir perverty
leurs Domestiques Catho
liques , les obligent de paffer
dans les Pays Etrangers pour
quitter leur Religion , &
profeffer la Prétendue Reformée
tombant par là
GALANT 107
dans les cas des peines portées
par les Edits de Sa Majefté
contre ceux qui fe pervertiffent
, ou qui fortent du
Royaume
fans fa permiffion .
Le Roy toûjours remply de
bonté pour fes Sujets , voulant
ofter aux
Catholiques
les occafions
de defobeir
aux Commandemens
de l'Eglife
, & d'encourir
les peines
portées par fesEdits ,a déclaré
qu'il luy plaift, Qu'aucun
defes Sujets Catholiques ne puiffe
fous quelque pretexte que ce
fort ,fervir en qualité de Domeftique
les Pretendus Reformez,
108 MERCURE
aufquels il eftfait de tres expreffes
défenfes de les prendre à leur
Service en quelque qualité que ce
foit , à peine de mille livres d'amende
pour chaque contravention
, & pour donner moyen aux
Catholiques de fe pourvoir , &
aux Pretendus Reformez de
prendre d'autres Domestiques que
des Catholiques , Sa Majesté
leur a accordé le temps de fix mois
du jour que cette Déclaration aura
efté publiée & enregistrée,
aprés lequel temps , Elle veutqu'il
foit procedé concre les Pretendus
Reformez , qui fe trouveront
avoir des Domestiques Catholi
GALANT. 109
ques , qu'ils foient condamnez
à l'amende des mille livres à la
Requeſte de fes Procureurs Genéraux
, & de leurs Subftituts , chacun
dans l'étendue de fa Furifdiction.
Cette Déclaration
a
d'autant
plus de juftice que
ceux qui font reduits à fervir
, eſtant la pluſpart fort
jeunes , & ne voyant point
de Catholiques
chez les Religionnaires
, il eſt fort aiſé
de les ſurprendre à cauſe de
la foibleffe
de l'âge.
Voicy le motif de la feconde
Déclaration
. On a
reconnu que plufieurs de la
110 MERCURE
Religion Pretenduë Reformée
, aprés avoir eſté perſuadez
de leur erreur , avoient
efté détournez de rentrer
dans le fein de l'Eglife Catholique
par les Miniftres
établis dans les lieux de leur
demeure , qui par une longue
habitude s'emparent de
leurs efprits , & leur infpirent
des fentimens contraires
à leur Salut. Pour empefcher
ce defordre , le Roy
ordonna par fon Edit du
mois d'Aouft 1684. que les
Miniftres de la Religion Prétenduë
Reformée
ne pourGALANT.
III
roient exercer leur Miniftere
durant plus de trois ans
dans un meſme lieu , ny
eftre établis Miniftres en
d'autres lieux, s'ils n'eftoient
au moins éloignez de vingt
lieuës de ceux où ils auroient
exercé leur Miniftere. Quoy
que cét Edit ne porte aucune
exception , les Pretendus
Reformez ont voulu l'interpreter
à leur avantage
, &
faire entendre que les Miniftres
qui font exercice
dans les Fiefs n'y font pas
compris , fe fondant fur ce
que ces Miniftres doivent
1
112 MERCURE
eftre regardez comme des
Domestiques à gages de
'ceux chez qui ils exercent
leur Miniftere . Pour remedier
à cét abus ,le Roy a déclaré
qu'il luy plaiſt , Qu'à
l'avenir les Miniftres de la Religion
Pretendue Reformée ne
puiffent exercer leur Miniftere
plus de trois années confecutives
dans un mefme lieu , foit d'exercices
publics , réels , ou de Fiefs,
ny aprés ce temps , ny mesme avant
qu'ilfoit expiré , eftre envoyez
pour faire la fonction de
Minift e en aucun lieu de la mesme
Province ou autre , qu'il ne
GALANT. 113
foit éloigné au moins de vingt
lienës de tous ceux où ils auront
déja exercé leur Miniftere , fans
qu'ils puiffent retourner en aucun
des mefmes lieux où ils en au
ront fait les fonctions pour lesy
faire de nouveau , que douze ans
aprés en eftre fortis , avec de tres
expreffes défences de demeurer
aprés avoir ceffé l'exercice de leur
Miniftere , ou de s'établir dans
la fuite comme Particuliers , fous
quelque pretexte que ce foit , dans
les lieux où ils auront efté Minifres
, nyplus prés que de fix licies;
le tout fous les peines portées parcét
Edit du mois d' Aoust 1684,-
Aouſt 1685.
K
114 MERCURE
.
Les Prétendus Reformez
n'ont aucun lieu de fe plaindre
de cette nouvelle Déclaration
, puis que le Roy
ne leur ofte rien , & que les
trois ans eftant finis , d'autres
Miniftres prennent la place
de ceux qui font obligez de
fe retirer.
que
Il n'y a rien de plus jufte
la troifiéme Déclaration
. Plufieurs Femmes Catholiques
, veuves de Maris
qui faifoient profeſſion de
la Religion Frétenduë Reformée
, eftant inquietées
dans la conduite , & dans
1
8.
GALANT. 115
l'éducation de leurs Enfans,
par les Parens de leurs Ma--
ris , qui leur font établir des
Tuteurs ou Subrogez Tu--
teurs , profeffant leur mef
me Religion , le Roy voulant
donner à ces Veuvess
Catholiques dans la perte
de leurs Maris , la confolation
de pouvoir en veillant
aux biens & à l'avantage de
leurs Enfans , leur procurer
celuy d'eftré inftruits & éle
vez dans la veritable Reli--
gion , a déclaré qu'il luy
plaift , Que les enfans agez de
quatorze ans & au deffous, dones
Kij;
116 MERCURE
les Peres font morts dans la Religion
Pretenduë Reformée , &
qui auront leurs Meres Catholiques
, foient élevez & inftruits
dans la Religion Catholique , &
qu'il ne puiffe leur eſtre donné
pour Tuteurs ou Curateurs , d'autres
que des Catholiques , à peine
contre les Contrevenans, d'amende
& de banniffement pour neuf
ans du reffort des Bailliages , Senechauffees
, ou Justices Royales
du lieude leurdemeure , avec défences
aux Ministres de la Religion
Pretenduë Reformée , &
aux Anciens des Confistoires , de
fouffrir les Enfans des Meres Ca
GALANT. 117
tholiques dans leurs Temples , à
peine contre les Miniftres qui les
y auront foufferts , d'eftre condamnez
à Amende - honorable,
&au Banniſſement à perpetuité
hors du Royaume , avec confifcation
de leurs biens , & interdiction
d'exercice pour toujours dans
les lieux où la contravention aura
efté faite. On fuit par
regles de la Nature
veut qu'une Mere demeurée
veuve , foit Maiftreffe de
fes Enfans pendant leur minorité.
,
là les
qui
Le Roy par plufieurs Edits,
a exclus les Pretendus Refor118
MERCURE
mez , de toutes Charges de:
Judicature , mefme de celles
de Notaires , Procureurs
Huiffiers & Sergens ; & com→
me les Avocats ont beau→ -
dans la pourcoup
de part
fuite des Procez , à cauſe
qu'ils donnent
leursAvis aux
Parties fur la conduite
qu'elles
ont à y tenir , Sa Majeſté
ne jugeant pas moins neceffaire
d'exclure
ceux de la Re--
ligion Pretenduë
Reformée
des fonctions
d'Avocats
, quedes
autres Charges
de Judi--
catúre A declaré qu'Elle
veut Qu'à l'avenir ceux de cette
*
GALANT. 119
Religion ne feront plus receus
Docteurs aux Loix dans les Univerfitez
du Royaume , ny à prefter
Serment d'Avocats ; à quoy
Elle enjoint à fes Avocats
Procureurs Generaux , e leurs:
Subftituts , de tenir la main.
Il n'a pas fuffi à la pieté du
Roy , d'ordonner à tous Notaires
, Procureurs , Huiffiers
& Sergens qui faifoient profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , de fe démettre
de leurs Offices en
faveur des Catholiques ; Sa
Majesté ayant eſté avertie
que plufieurs de ceux qui
120 MERCURE
poffedoient ces Offices , s'étoient
placez prés des Juges,
Avocats , & autres Officiers
de Juftice , & continuoient
leurs fonctions fous ce pretexte
, ſe meſlant journellement
de plufieurs Affaires ,
Elle a voulu y pourvoir ; &
pour empeſcher un tel abus,
Elle a defendu tres- expreßément
à tous Fuges , Avocats , Notaires
, Procureurs , Sergens , Huiffiers
& Praticiens , de fe fervir
d'aucuns Clercs de la Religion
Pretenduë Reformée , à peine de
mille livres d'amende contre les
Contrevenans,applicable à l'Hofpital
GALANT. 121
pital du lieu , ou le plus proche de
ce mefme lieu. Cette Declaration
eftoitune fuite neceffaire
de la precedente.
Je viens d'en voir deux
nouvelles , qui ont efté enregiſtrées
au Parlement le
14. de ce mois. La premiere
porte , que depuis l'Interdiction
de l'Exercice de la Réligion
Pretenduë Reformée,
& la démolition des Temples
en divers lieux du Royaume,
foit parce qu'ils y avoient
efté établis au prejudice de
l'Edit de Nantes , foit parce
qu'on avoit contrevenu aux
Aouſt 1685. L
122 MERCURE
Edits & Declarations de Sa
Majefté , les Pretendus Reformez
viennent & abor
dent de differens Bailliages
& Senéchauffées aux Temples
qui fubfiftent , quoy
qu'ils en foient éloignez de
plus de trente lieuës , en forte
que cette affluence de
Peuple caufe des attroupemens
dans les lieux où l'Exercice
eft permis, du fcandale
dans ceux où ils paſſent,
par les irreverences qu'ils
commettent devant les Eglifes
, & des querelles avec
les Catholiques , par leur
GALANT. 123
de marche tant de nuit que
jour , pendant laquelle ils
chantent leurs Pleaumes à
haute voix , au prejudice des
Défenfes qui en onteſté faites
par divers Arreſts & Declarations
. Comme ces Af
femblées tumultueufes pourroient
avoir de fâcheufes
ſuites , Sa Majeſté , qui veut
empefcher la continuation
de ces defordres , A declaré
qu'il luy plaift , Qu'aucunes
Perfonnes de la Religion Pretendue
Reformée ne puiffent doref
navant aller à l'Exercice aux
Temples qui fe trouveront dans
Lij
124 MERCURE
l'étendue des Bailliages & Senéchauffées
où elles n'ont pas leur
principal domicile , ny fait leur
demeure ordinaire pendant un an
fans difcontinuation, avec de tresexpreffes
Defenses aux Minif
tres & Anciens de les y recevoir,
à peine d'interdiction de l'Exercice
, & démolition des Temples
contre les Miniftres , d'eftre
privez pour toûjours desfonctions
de leur Miniftere dans le Royanme.
La prudence veut , que
dans un Etat bien police , on
empêche tout ce qui approche
de l'attroupement
, &
cela fait voir avec combien
“
GALANT. 125
d'équité cette Declaration a
efté donnée .
La feconde qui a eſté enregiftrée
au Parlement le
mefine jour 14. de ce mois ,
regarde de certains Juges.
Le Roy ayant trouvé à propos
d'ofter aux Confeillers
de fes Cours de Parlement,
qui font encore de la Religion
Pretenduë Reformée,
la connoiffance des Procez
Civils & Criminels des Ecclefiaftiques
, leur faifant
• auffi Defenſes d'eftre Rapporteurs
de ceux des perſonnes
qui auroient abjuré la
L
iij
126 MERCURE
mefme Religion , & de connoiftre
des contraventions
aux Edits & Declarations qui
la concernent ; Sa Majefté a
eſté informée , que quelques
Officiers Catholiques , qui
ont leurs femmes de la Religion
Pretenduë Reformée ,
favorifent dans les Procez
les Particuliers qui en font
auffi profeſſion , à cauſe de
l'accés que ces Particuliers
trouvent auprés d'eux par le
moyen de leurs Femmes , aux
prieres & follicitations def
quelles fe laiffant fouvent
perfuader , ils n'ont pas une
"
GALANT. 127
entiere exactitude, pour faire:
executer regulierement ſes
Edits , & foûtenir l'intereft
de l'Eglife Catholique ; &
voulant rompre le cours d'un
abus fi dangereux , Elle a declaré
qu'il luy plaift , Que les
Officiers Catholiques de fes Cours
de Parlement , & des Juftices in
ferieures , dont les Femmes font
de la Religion Pretenduë Refor
mée , ne puiffent à l'avenir eftre
Rapporteurs d'aucuns Precez , ou
des Ecclefiaftiques conftitaezdans
les Ordres Sacrez , ou Soudiacres,
auront intereft , foit pour raifon
des Benefices qu'ils conteftent , ou
Liiij
128 MERCURE
des droits de ceux dont ilsfont en
poffeffion , foitpour raiſon de leurs
biens particuliers ou patrimoniaux
, en forte que les Ecclefiaftiques
les pourront recufer dans
le Jugement de tous les Procez
où il s'agira de la Difcipline Ec.
clefiaftique , & de l'ordre & celebration
du Service divin , en
remontrant pour toute raison que
les Femmes de ces Officiers font
de la Religion Pretenduë Refor
mée . Sa Majefté a pareillement
ordonné , Que ces mesmes
Officiers ne pourront eftre
Rapporteurs d'aucuns Procez Civils
& Criminels , où ceux qui
GALANT. 129
afe feront convertis , feront Parties
principales ou intervenantes , Accufateurs
ou Accufez , & qu'ils .
pourront estre recufez par la mesme
raifon , par ceux qui auront
abjuré la Religion Pretenduë Reformée
, dans les trois ans avant
la Plainte renduë, ou la Demande
intentée , avec defenfes à ces mefmes
Officiers , de connoiftre & de
demeurer Fuges des Procez Criminels
inftruits, ou qui pourraient
l'eftre à l'avenir , tant aux Miniftres
de cette Religion , qu'aux
Particuliers qui la profeffent,pour
les contraventions qu'ils pourront
avoirfaites à fes Edits & Decla
130 MERCURE
rations , ny de tous les autres Procez
où il s'agira de l'Exercice de
la mefme Religion , & de la démolition
ou interdiction des Tem
ples , pour quelque cauſe que ce
puiffe eftre.
Fermer
Résumé : Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
En 1685, le roi de France a mis en œuvre plusieurs mesures visant à réprimer la religion protestante, désignée sous le terme 'Religion Prétendue Réformée'. En juillet 1685, trois arrêts du Conseil d'État ont été promulgués : le premier interdisait aux libraires et imprimeurs protestants de vendre des ouvrages contraires à la foi catholique ; le second ordonnait aux protestants de quitter les cimetières dans les villes où leur religion était interdite ; le troisième empêchait les ecclésiastiques de louer leurs biens ou d'accepter des cautions de la part des protestants. Un précédent arrêt de mars 1683 avait déjà exigé que les officiers protestants se démettent de leurs charges, et un nouvel arrêt du 13 août 1685 concernait les veuves d'officiers protestants. Une déclaration royale du 26 juillet interdisait aux catholiques d'employer des protestants comme domestiques, sous peine d'amende. Une autre déclaration limitait le séjour des ministres protestants dans une même région à trois ans. Une troisième déclaration traitait des veuves catholiques de maris protestants, préoccupées par l'éducation de leurs enfants. Le roi a également ordonné que les enfants de moins de quatorze ans, dont les pères étaient protestants et les mères catholiques, soient élevés dans la religion catholique. Les protestants étaient exclus de diverses charges judiciaires et interdits de se rendre aux temples en dehors de leur lieu de résidence habituel. Les conseillers des parlements protestants étaient privés de la connaissance des procès ecclésiastiques et des affaires de conversion. Enfin, une déclaration royale interdisait aux officiers catholiques mariés à des protestantes de juger certains types de procès pour éviter les influences protestantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
46
p. 137-163
Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
Début :
Mais, Madame, je ne dois pas oublier que je vous ay [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Béarn, Hérésie de Calvin, Succès, Religion prétendue réformée, Religion catholique, Gentilhommes, Religionnaires, Conseillers au Parlement, Lieutenant, Zèle, Seigneurs, Église romaine, Nouveaux convertis, Députés, Acte de délibération, Familles, Foi, Villes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
Mais , Madame,
je ne
dois pas
je vous ay promis la fuite
Aouſt 1685.
oublier que
M
曹
138 MERCURE
des Converfions qui fe font
faites dans le Bearn , pendant
le mois de Juin . Je
vous aurois tenu parole plûtoft
, fans le temps qu'il m'a
fallu employer à concilier
des Relations que j'ay receuës
de divers endroits fur
cette affaire . C'eſt ce qui me
fait vous affeurer que je ne
vous en écriray rien qui ne
foit certain. Je vous ay déja
marqué , que depuis le commencement
de Mars jufques
à la fin de May, plus de
quatre mille cinq cens Perfonnes
avoiét abjuré l'Heré-
1
1
GALANT. 139 *
3
1
fie de Calvin dans cette Province.
Ces heureux fuccez
ont toûjours continué , & les
dix premiers jours de Juin
ont produit plusde trois mille
Abjurations de plufieurs Villes,
Bourgs , &Villages, où M..
Foucault , Commiffaire de
party par Sa Majefté dans
cette même Province , a laif--
fé des Miffionnaires , & tous
les ordres qu'il faut pour
prendre foin de l'inſtruction a
de ceux qui ont demandé du
temps.
Mais ce qui a donné un
grand mouvement aux Con
Mija
140 MERCURE
verfions qui ont fuivy , a
efté la reduction entiere de
la Ville de Salies , dans laquelle
parmy cinq cens Familles
de la Religion Prétenduë
Reformée , il n'y en
avoit pas vingt Catholiques .
Ce fut cette Ville qui du
temps de la Reyne Jeanne,
foûtint un long Siege fur la
Religion Catholique ; ce qui
avoit fait craindre d'abord
qu'il ne fuft fort malaiſé d'en
chaffer l'Heréfie ; mais les
plus cófiderables d'entre les
Gentilhommes & les Bourgeois
ayant abjuré , le PeuGALANT.
141
I
3
S
ple a fuivy , & en moins de
trois jours , il s'eſt converty
plus de deux mille Perfonnes
. M. le Préſident de Gaffion
eftant venu à Salies où
il poffede beaucoup de bien ,
a extrémement contribué
aux Converſions dont je .
vous parle , & comme toutes
les autres Villes du Bearn
avoient les yeux ouverts fur
ce que feroit celle de Salies ;
ce changement genéral de
tous les Habitans les a ébranlées
;
fiter
de
ces
bonnes
difpofide
forte que pour protions
, M. Foucault a fait.
142 MERCURE
deux chofes . La premiere,
a efté d'engager les Sei--
gneurs Catholiques qui ont
des terres où il y avoit des
Religionnaires
, d'aller inceffamment
travailler à leur
Converfion, en quoy ils ont
agy fiefficacement, qu'ils les
ont prefque tous ramenez à
l'Eglife.M.le Préfidét deGaffion
, M " Dorogne , de Candau
, de S. Macary , & Senay,
Confeillers du Parlement de
Navarre , Mrs les Marquis
de Moneins , Senéchal du
Pays de Soulle , de la Taulade
, Lieutenant de Roy , de
GALANT. 143
S
1
Navarreux , M's les Barons
de Boil & d'Affat , & beaucoup
d'autres Officiers &
Gentilshommes , ont utilement
employé le credit
qu'ils ont dans leurs Paroiffes
, pour feconder les intentions
du Roy. Sur tout la
Famille de M. le Baron Darbomave
, n'a rien épargné
dans une occafion fi importante
de ce qui pouvoit fignaler-
fon zele pour la Reli-
B gion Catholique , & pour le
fervicede SaMajefté.La fecó.
de chofe que M. Foucault a
faite , a efté de fe rendre in144,
MERCURE
continent dans les Villes &
dans les Paroiffes qui appartiennent
au Roy , comme
auffi dans celles dont
les Seigneurs font profeffion
de la Religion Prétenduë
Reformée , & pendant:
trois femaines qu'il a employées
à vifiter , à exhorter,
& à faire inftruire les Religionnaires
, il s'eſt fait des
Converfions fans nombre:
dans tous les lieux où il a
efté . Mais ce qu'il y a de
bien
glorieux pour
le
Roy
dans ce grand mouvement
de Religion , c'eſt la ſoumif
fion
1
GALANT: 145
5
fion que les Habitans d'Oleron,
qui eft la plus grandeVille
de la Province, ont témoi
gnéo à fes Ordres , faifant
voir par là qu'ils eftoient
perfuadez qu'ils ne pouvoiết
manquer en fuivant les volontez
d'un Prince , dont
toutes les entrepriſes paroiffent
viſiblement foûtenuës
du Ciel. Ce fage & zelé
Commiffaire qui les fit affembler
en fa prefence , ne
leur eut pas plûtoft fait connoiſtre
que l'intention de Sa
Majeſté eftoit qu'ils ſe fiſfent
inftruire des Principes
Aouft 1685.
1
N
146 MERCURE
de l'Eglife Romaine , qu'ils
demanderent quinze jours
pour le faire , & ce terme
eftant expiré , ils députerent
vers luy M. Colomits , l'un
d'entr'eux , pour luy dire
qu'ils eftoient réfolus d'embraffer
la Religion de leur
Souverain. C'eft ce qu'ils
firent tous avec leurs Femmes
& leurs Enfans , entre
les mains de M. l'Evefque
d'Oleron , & le premier de
Juillet ils affifterent tous à la
Meffe pontificalement celebrée
par ce Prelat , & enrendirent
la Prédication du
GALANT. 147
Is
S
1
Pere Carriere Jeſuite , ayant
à leur tefte M. Goulard Miniftre
, qui s'eftoit converty
quinze jours auparavant , &
qui leur avoit rendu raiſon
des Motifs de fon Abjuration
. Ils vinrent auffi le foir
à l'Eglife , où l'on chanta le
Te Deum , en Action de graces
de cette importante
Converſion . M. l'Evefque
y porta le Saint Sacrement
en Proceffion , & y donna la
Benédiction aux nouveaux
Convertis , & aux autres Catholiques
, dont l'Eglife fe
trouva pleine , & pour mieux
Nij
148 MERCURE
folemnifer le jour heureux
de la réunion de tous les
Habitans d'Oleron fous une
mefme Communion , les Jurats
firent faire des Feux de
joye , & M. Foucaut alluma
le Bucher de celuy qui fut
élevé à la Place publique , au
bruit du Canon & de la
Moufqueterie , & aux acclamatrons
de Vive le Roy . Huit
jours avant le retour des
Prétendus Reformez d'Oleron
à l'Eglife , M. Foucault
retourna à Pau , où dans une
Affemblée des Principaux
de la Ville , il leur fit conGALANT.
149
I noiftre les Motifs preffans
S qu'ils avoient de fuivre au
plûtoft l'exéple de ceux d'Oleron
. Ils luy demanderent
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire . Je n'ay
pas bien fceu quels moyens
il empløya pour réüffir dans
cette derniere entrepriſe;
mais il eſt certain que dés
l'onzième jour , les Habi
tans de Pau luy envoyerent
quatre Députez d'entr'eux .
M. Vidal ancien Avocat
porta la parole , & luy dit ,
Que leur Eglife , fi on pouvoir
encore luy donner ce nom ,
venoir
N iij
150 MERCURE
de les députer pour luy faire connoiftre
, qu'aprés avoir meurement
examiné les Points qui les
avoient tenus fi long- temps ſeparez
de la Communion Romaine , ils
avoiet ouvert les yeux à la verité;
qu'ils eftoient refolus de donner
au Roy , la fatisfaction de les
voir rentrerfousfon Augufte Regne
dans le fein de l'Eglife Catholique
, Apoftolique & Romaine;
qu'ils n'eftoient plus ces Enfans
rebelles & capricieux , qui
méprifoient la voix de leur Mere
, qui ne vouloient écouter
que
ue la voix de l'Etranger ; que
Le Roy qui fe fait un honneur
GALANT. 151
que
d'eftre le Fils aifné de l'Eglife,
les avoit enfin rangez fous fes
loix , mis fous fa Difcipline ,
qu'il leur faifoit prendre ce joug
aife , & ces falutaires chaifnes
leurs Peres avoient fi mal
beureufementbrifes qu'il nefalloit
pas des mains moins puiffantes que
Lesfiennes , pour rendre la veüe à
des Aveugles nez , &pour
transporter des tenebres à la lumiere,&
qu'il eftoit refervé à un Roy
auffi pieux que le LOUIS LE
GRAND , d'éteindre dans
leurs coeurs les fentimens d'une
Religion qu'ils avoient receüe
d'une illuftre Reyne . Ils fini
M. iiij
les
152 MERCURE
rent par des fouhaits , qu'aprés
que noftre invincible Monarque
aura eu ta fatisfaction de
ramener dans l'Eglife fes Sujets
dévoyez,il ait encore la gloire d'y
ranger toutes les Nations infidel
les.
Aprés ce Difcours ces
,
mefmes Députez remirent à
M. Foucault, un Acte de Déliberation
figné de tous les
Chefs de Famille qui
avoient affifté à leur Affeinblée
, conceu en ces termes.
,
GALANT. · 153
N
Ous fous-fignez Habi
tans & Chefs de Fa-
4145 mille de la Ville dePau, ayantfait
juſqu'à prefent profeffion de la
Religion Pretenduë Reformée ,
déclarons que fur ce qui nous a
efté reprefenté par M. Foucault,
Intendant de Bearn Navarre
, que le Roy n'avoit rien plus
à coeur , que de voir tous fes Sujets
reünis fous une mefme Com
munion , & ayant efté informez
que l'on nous avoit déguisé les
veritables fentimens de l'Eglife .
Romaine ; ce qui obligeoit Sa
Majefté qui veille continuelle154
MERCURE
ment au bien & à l'avantage de
fes Sujets , a defirer que nous nous
fiffions inftruire des Veritez Ca.
tholiques , nous aurions fupplié
ledit Sieur Foucault Intendant,
de nous permettre de nous affembler
pour déliberer fur une propofition
fi importante à noftre falut,
cette liberté nous ayant esté
accordée , nous nous sommes affemblez
prefque tous les jours
pendant trois semaines chez le
Sieur de Navailles , Sindic du
Pays de Bearn , & premierJurat
de la Ville de Pau , pour bien
reconnoftre les caufes de noftre feparation
d'avec l'Eglife Romai
GALANT. 155
1
> t nous déterminer fur le
Party que nous avions à fuivre;
fibien qu'aprés avoir meurement
déliberé fur tous les Poincts dans
lefquels
nous
differons , nous aurions
tous d'un commun accord
convenu qu'il eftoit de l'intereft
de nos confciences d'embraffer la
Foy Catholique , Apoftolique &
Romaine. Nous déclarons de
plus qu'encore que le defir de faire
noftrefalut , & la gloire de Dieu
foientles Motifs de noftre changement
; neanmoins l'obeïffance que
nous devons aux ordres de San
Majefté , & la reconnoiſſance
que nous avons de fes foins pa156
MERCURE
•
ternels , ont tres- utilement fervy
à noftre prompte détermination , à
quoy n'ont pas peu contribué les
fages follicitations qui nous ont
efté faites par ledit Sieur Intendant
, qui nous a pris charitablement
par la main pour nous remettre
dans l' Arche . Auffireconnoiffons-
nous dans cette Converfion
, que c'est par fon Canal
que nous avons fenty les effets de
la bonté de noftre Augufte Mo
narque, comme c'est par le Canal
de ce grand Prince , que nous
avons fenty les effets de la Grace
qui nous doit reünir à l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Ros
GALANT. 157 .
maine , que nous déclarons vouloir
profeffer fincerement & de
bonne foy , jusqu'au dernier moment
de noftre vie , enfoydequoy
nous avons figné la prefente Déliberation
à Pau ce 12. Juiller
1685. Ainfi figné Vidal Député,
Faget Avocat & Deyen , la
Vie Avocat, Gruyer Avocat &
Doyen , Dogovein , Faget, Larrieu
Avocat , Remy , Vignat,
Cafaubon Medecin , Blair Avocat
,&c.
Cet Acte de Déliberation
fi folemnel , fut fuivy le Dimanche
15. Juillet , de leur
158 MERCURE
Abjuration , auquel jour on
fit une Proceffion , où le Parlement
& tous les Corps de la
Ville affifterent . Le Te Deum
y fut auffi chanté , & les acclamations
de Vive le Roy ,
furent accompagnées du
bruit du Canon du Château,
& fuivies d'un Feu d'artifice,
& de la décharge de la Mouf
queterie. On peut dire que
la Converfion des Pretendus
Reformez de la Ville de Pau
a efté generale , puis qu'il
n'y refte prefentement que
deux Familles de Gentilshommes
, & une d'un MarGALANT.
159
chand, qui témoignent youloir
perfeverer dans la Religion
Pretenduë Reformée ,
avec les Femmes de trois Of
ficiers du Parlement , & de
quatre autres Bourgeois .
A l'égard des Pretendus
Reformez de la Ville d'Orthez
, qui avoient auſſi demandé
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire ,
M. Foucault s'eftant rendu
à Orthez le lendemain du
jour de l'échéance du terme
qu'il leur avoit accordé, plufieurs
des principaux Habitans
fe convertirent à fon ar
160 MERCURE
rivée, & leur Converfion fut
fuivie le mefine jour de celle
de plus de mille perfonnes,
le lendemain de mille autres ,
& en trois jours il n'y refta
pas deux cens perfonnes de
la Religion Pretenduë Reforinée
, de prés de quatre
mille qu'il y en avoit ;
forte qu'ils font preſentement
réduits à dix ou douze
Familles, qui avec une vingtaine
d'autres s'eftoient engagez
par un Traité , de demeurer
fermes dans leur Religion
, quand mefme tous
ceux qui en faifoient profeſ
de
GALANT. 16T
fion dans le Bearn , fe feroiét
Catholiques,ayat envoyé un
Deputé au Roy, pour le fupplier
de leur permettre d'en
cótinuer l'Exercice ; mais ces
20 autres Familles fe sót détachées,
aprés que M. Foucault
leur a fait
connoiftre que ce
Traité tenoit de la Faction.
Il y avoit encore cent Fa
milles de la Religion Pretenduë
Reformée , dans le Bourg
d'Orthez ; mais M. le Duc de
Grammont , qui en eft Sei--
gneur , leur ayant écrit pour
les engager à fuivre l'exem
ple de tous les autres lieux
Aoust 1685. O
162 MERCURE
de Bearn , elles fe font converties
, à la reſerve de trois
ou quatre qui font entrées
dans le Traité d'affociation
de celles qui perfeverent encore
dans leur opiniaſtreté
à Orthez. Cependant il y a
lieu d'efperer que ce petit
nombre , ainfi que quelques
Gentilshommes , & autres
poffedans des biens nobles ,
qui n'ont pû encore ſe déterminer
, ouvriront bientoft
les yeux à la verité, aprés
un exemple fi perſuaſif , &
fi memorable. Les chofes
eftant en ces termes on
?
GALANT. 163
peut regarder prefentement
le Bearn comme une Province
toute Catholique..
Huit cens Religionnaires
ou
environ difperfez dans toutes
ſes parties , doivent eſtre
comptez pour peu de chofe
fi l'on confidere que c'eft le
refte d'environ vingt deux.
mille , qui rempliffoient les
meilleures Villes & Bourgs
de la Province , & qui étoient
les plus riches. Joignez à
cela que parmy ces nouveaux
Convertis , il y a trois
Miniftres des plus habiles
qui ont fait leur Abjuration
depuis un mois.
je ne
dois pas
je vous ay promis la fuite
Aouſt 1685.
oublier que
M
曹
138 MERCURE
des Converfions qui fe font
faites dans le Bearn , pendant
le mois de Juin . Je
vous aurois tenu parole plûtoft
, fans le temps qu'il m'a
fallu employer à concilier
des Relations que j'ay receuës
de divers endroits fur
cette affaire . C'eſt ce qui me
fait vous affeurer que je ne
vous en écriray rien qui ne
foit certain. Je vous ay déja
marqué , que depuis le commencement
de Mars jufques
à la fin de May, plus de
quatre mille cinq cens Perfonnes
avoiét abjuré l'Heré-
1
1
GALANT. 139 *
3
1
fie de Calvin dans cette Province.
Ces heureux fuccez
ont toûjours continué , & les
dix premiers jours de Juin
ont produit plusde trois mille
Abjurations de plufieurs Villes,
Bourgs , &Villages, où M..
Foucault , Commiffaire de
party par Sa Majefté dans
cette même Province , a laif--
fé des Miffionnaires , & tous
les ordres qu'il faut pour
prendre foin de l'inſtruction a
de ceux qui ont demandé du
temps.
Mais ce qui a donné un
grand mouvement aux Con
Mija
140 MERCURE
verfions qui ont fuivy , a
efté la reduction entiere de
la Ville de Salies , dans laquelle
parmy cinq cens Familles
de la Religion Prétenduë
Reformée , il n'y en
avoit pas vingt Catholiques .
Ce fut cette Ville qui du
temps de la Reyne Jeanne,
foûtint un long Siege fur la
Religion Catholique ; ce qui
avoit fait craindre d'abord
qu'il ne fuft fort malaiſé d'en
chaffer l'Heréfie ; mais les
plus cófiderables d'entre les
Gentilhommes & les Bourgeois
ayant abjuré , le PeuGALANT.
141
I
3
S
ple a fuivy , & en moins de
trois jours , il s'eſt converty
plus de deux mille Perfonnes
. M. le Préſident de Gaffion
eftant venu à Salies où
il poffede beaucoup de bien ,
a extrémement contribué
aux Converſions dont je .
vous parle , & comme toutes
les autres Villes du Bearn
avoient les yeux ouverts fur
ce que feroit celle de Salies ;
ce changement genéral de
tous les Habitans les a ébranlées
;
fiter
de
ces
bonnes
difpofide
forte que pour protions
, M. Foucault a fait.
142 MERCURE
deux chofes . La premiere,
a efté d'engager les Sei--
gneurs Catholiques qui ont
des terres où il y avoit des
Religionnaires
, d'aller inceffamment
travailler à leur
Converfion, en quoy ils ont
agy fiefficacement, qu'ils les
ont prefque tous ramenez à
l'Eglife.M.le Préfidét deGaffion
, M " Dorogne , de Candau
, de S. Macary , & Senay,
Confeillers du Parlement de
Navarre , Mrs les Marquis
de Moneins , Senéchal du
Pays de Soulle , de la Taulade
, Lieutenant de Roy , de
GALANT. 143
S
1
Navarreux , M's les Barons
de Boil & d'Affat , & beaucoup
d'autres Officiers &
Gentilshommes , ont utilement
employé le credit
qu'ils ont dans leurs Paroiffes
, pour feconder les intentions
du Roy. Sur tout la
Famille de M. le Baron Darbomave
, n'a rien épargné
dans une occafion fi importante
de ce qui pouvoit fignaler-
fon zele pour la Reli-
B gion Catholique , & pour le
fervicede SaMajefté.La fecó.
de chofe que M. Foucault a
faite , a efté de fe rendre in144,
MERCURE
continent dans les Villes &
dans les Paroiffes qui appartiennent
au Roy , comme
auffi dans celles dont
les Seigneurs font profeffion
de la Religion Prétenduë
Reformée , & pendant:
trois femaines qu'il a employées
à vifiter , à exhorter,
& à faire inftruire les Religionnaires
, il s'eſt fait des
Converfions fans nombre:
dans tous les lieux où il a
efté . Mais ce qu'il y a de
bien
glorieux pour
le
Roy
dans ce grand mouvement
de Religion , c'eſt la ſoumif
fion
1
GALANT: 145
5
fion que les Habitans d'Oleron,
qui eft la plus grandeVille
de la Province, ont témoi
gnéo à fes Ordres , faifant
voir par là qu'ils eftoient
perfuadez qu'ils ne pouvoiết
manquer en fuivant les volontez
d'un Prince , dont
toutes les entrepriſes paroiffent
viſiblement foûtenuës
du Ciel. Ce fage & zelé
Commiffaire qui les fit affembler
en fa prefence , ne
leur eut pas plûtoft fait connoiſtre
que l'intention de Sa
Majeſté eftoit qu'ils ſe fiſfent
inftruire des Principes
Aouft 1685.
1
N
146 MERCURE
de l'Eglife Romaine , qu'ils
demanderent quinze jours
pour le faire , & ce terme
eftant expiré , ils députerent
vers luy M. Colomits , l'un
d'entr'eux , pour luy dire
qu'ils eftoient réfolus d'embraffer
la Religion de leur
Souverain. C'eft ce qu'ils
firent tous avec leurs Femmes
& leurs Enfans , entre
les mains de M. l'Evefque
d'Oleron , & le premier de
Juillet ils affifterent tous à la
Meffe pontificalement celebrée
par ce Prelat , & enrendirent
la Prédication du
GALANT. 147
Is
S
1
Pere Carriere Jeſuite , ayant
à leur tefte M. Goulard Miniftre
, qui s'eftoit converty
quinze jours auparavant , &
qui leur avoit rendu raiſon
des Motifs de fon Abjuration
. Ils vinrent auffi le foir
à l'Eglife , où l'on chanta le
Te Deum , en Action de graces
de cette importante
Converſion . M. l'Evefque
y porta le Saint Sacrement
en Proceffion , & y donna la
Benédiction aux nouveaux
Convertis , & aux autres Catholiques
, dont l'Eglife fe
trouva pleine , & pour mieux
Nij
148 MERCURE
folemnifer le jour heureux
de la réunion de tous les
Habitans d'Oleron fous une
mefme Communion , les Jurats
firent faire des Feux de
joye , & M. Foucaut alluma
le Bucher de celuy qui fut
élevé à la Place publique , au
bruit du Canon & de la
Moufqueterie , & aux acclamatrons
de Vive le Roy . Huit
jours avant le retour des
Prétendus Reformez d'Oleron
à l'Eglife , M. Foucault
retourna à Pau , où dans une
Affemblée des Principaux
de la Ville , il leur fit conGALANT.
149
I noiftre les Motifs preffans
S qu'ils avoient de fuivre au
plûtoft l'exéple de ceux d'Oleron
. Ils luy demanderent
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire . Je n'ay
pas bien fceu quels moyens
il empløya pour réüffir dans
cette derniere entrepriſe;
mais il eſt certain que dés
l'onzième jour , les Habi
tans de Pau luy envoyerent
quatre Députez d'entr'eux .
M. Vidal ancien Avocat
porta la parole , & luy dit ,
Que leur Eglife , fi on pouvoir
encore luy donner ce nom ,
venoir
N iij
150 MERCURE
de les députer pour luy faire connoiftre
, qu'aprés avoir meurement
examiné les Points qui les
avoient tenus fi long- temps ſeparez
de la Communion Romaine , ils
avoiet ouvert les yeux à la verité;
qu'ils eftoient refolus de donner
au Roy , la fatisfaction de les
voir rentrerfousfon Augufte Regne
dans le fein de l'Eglife Catholique
, Apoftolique & Romaine;
qu'ils n'eftoient plus ces Enfans
rebelles & capricieux , qui
méprifoient la voix de leur Mere
, qui ne vouloient écouter
que
ue la voix de l'Etranger ; que
Le Roy qui fe fait un honneur
GALANT. 151
que
d'eftre le Fils aifné de l'Eglife,
les avoit enfin rangez fous fes
loix , mis fous fa Difcipline ,
qu'il leur faifoit prendre ce joug
aife , & ces falutaires chaifnes
leurs Peres avoient fi mal
beureufementbrifes qu'il nefalloit
pas des mains moins puiffantes que
Lesfiennes , pour rendre la veüe à
des Aveugles nez , &pour
transporter des tenebres à la lumiere,&
qu'il eftoit refervé à un Roy
auffi pieux que le LOUIS LE
GRAND , d'éteindre dans
leurs coeurs les fentimens d'une
Religion qu'ils avoient receüe
d'une illuftre Reyne . Ils fini
M. iiij
les
152 MERCURE
rent par des fouhaits , qu'aprés
que noftre invincible Monarque
aura eu ta fatisfaction de
ramener dans l'Eglife fes Sujets
dévoyez,il ait encore la gloire d'y
ranger toutes les Nations infidel
les.
Aprés ce Difcours ces
,
mefmes Députez remirent à
M. Foucault, un Acte de Déliberation
figné de tous les
Chefs de Famille qui
avoient affifté à leur Affeinblée
, conceu en ces termes.
,
GALANT. · 153
N
Ous fous-fignez Habi
tans & Chefs de Fa-
4145 mille de la Ville dePau, ayantfait
juſqu'à prefent profeffion de la
Religion Pretenduë Reformée ,
déclarons que fur ce qui nous a
efté reprefenté par M. Foucault,
Intendant de Bearn Navarre
, que le Roy n'avoit rien plus
à coeur , que de voir tous fes Sujets
reünis fous une mefme Com
munion , & ayant efté informez
que l'on nous avoit déguisé les
veritables fentimens de l'Eglife .
Romaine ; ce qui obligeoit Sa
Majefté qui veille continuelle154
MERCURE
ment au bien & à l'avantage de
fes Sujets , a defirer que nous nous
fiffions inftruire des Veritez Ca.
tholiques , nous aurions fupplié
ledit Sieur Foucault Intendant,
de nous permettre de nous affembler
pour déliberer fur une propofition
fi importante à noftre falut,
cette liberté nous ayant esté
accordée , nous nous sommes affemblez
prefque tous les jours
pendant trois semaines chez le
Sieur de Navailles , Sindic du
Pays de Bearn , & premierJurat
de la Ville de Pau , pour bien
reconnoftre les caufes de noftre feparation
d'avec l'Eglife Romai
GALANT. 155
1
> t nous déterminer fur le
Party que nous avions à fuivre;
fibien qu'aprés avoir meurement
déliberé fur tous les Poincts dans
lefquels
nous
differons , nous aurions
tous d'un commun accord
convenu qu'il eftoit de l'intereft
de nos confciences d'embraffer la
Foy Catholique , Apoftolique &
Romaine. Nous déclarons de
plus qu'encore que le defir de faire
noftrefalut , & la gloire de Dieu
foientles Motifs de noftre changement
; neanmoins l'obeïffance que
nous devons aux ordres de San
Majefté , & la reconnoiſſance
que nous avons de fes foins pa156
MERCURE
•
ternels , ont tres- utilement fervy
à noftre prompte détermination , à
quoy n'ont pas peu contribué les
fages follicitations qui nous ont
efté faites par ledit Sieur Intendant
, qui nous a pris charitablement
par la main pour nous remettre
dans l' Arche . Auffireconnoiffons-
nous dans cette Converfion
, que c'est par fon Canal
que nous avons fenty les effets de
la bonté de noftre Augufte Mo
narque, comme c'est par le Canal
de ce grand Prince , que nous
avons fenty les effets de la Grace
qui nous doit reünir à l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Ros
GALANT. 157 .
maine , que nous déclarons vouloir
profeffer fincerement & de
bonne foy , jusqu'au dernier moment
de noftre vie , enfoydequoy
nous avons figné la prefente Déliberation
à Pau ce 12. Juiller
1685. Ainfi figné Vidal Député,
Faget Avocat & Deyen , la
Vie Avocat, Gruyer Avocat &
Doyen , Dogovein , Faget, Larrieu
Avocat , Remy , Vignat,
Cafaubon Medecin , Blair Avocat
,&c.
Cet Acte de Déliberation
fi folemnel , fut fuivy le Dimanche
15. Juillet , de leur
158 MERCURE
Abjuration , auquel jour on
fit une Proceffion , où le Parlement
& tous les Corps de la
Ville affifterent . Le Te Deum
y fut auffi chanté , & les acclamations
de Vive le Roy ,
furent accompagnées du
bruit du Canon du Château,
& fuivies d'un Feu d'artifice,
& de la décharge de la Mouf
queterie. On peut dire que
la Converfion des Pretendus
Reformez de la Ville de Pau
a efté generale , puis qu'il
n'y refte prefentement que
deux Familles de Gentilshommes
, & une d'un MarGALANT.
159
chand, qui témoignent youloir
perfeverer dans la Religion
Pretenduë Reformée ,
avec les Femmes de trois Of
ficiers du Parlement , & de
quatre autres Bourgeois .
A l'égard des Pretendus
Reformez de la Ville d'Orthez
, qui avoient auſſi demandé
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire ,
M. Foucault s'eftant rendu
à Orthez le lendemain du
jour de l'échéance du terme
qu'il leur avoit accordé, plufieurs
des principaux Habitans
fe convertirent à fon ar
160 MERCURE
rivée, & leur Converfion fut
fuivie le mefine jour de celle
de plus de mille perfonnes,
le lendemain de mille autres ,
& en trois jours il n'y refta
pas deux cens perfonnes de
la Religion Pretenduë Reforinée
, de prés de quatre
mille qu'il y en avoit ;
forte qu'ils font preſentement
réduits à dix ou douze
Familles, qui avec une vingtaine
d'autres s'eftoient engagez
par un Traité , de demeurer
fermes dans leur Religion
, quand mefme tous
ceux qui en faifoient profeſ
de
GALANT. 16T
fion dans le Bearn , fe feroiét
Catholiques,ayat envoyé un
Deputé au Roy, pour le fupplier
de leur permettre d'en
cótinuer l'Exercice ; mais ces
20 autres Familles fe sót détachées,
aprés que M. Foucault
leur a fait
connoiftre que ce
Traité tenoit de la Faction.
Il y avoit encore cent Fa
milles de la Religion Pretenduë
Reformée , dans le Bourg
d'Orthez ; mais M. le Duc de
Grammont , qui en eft Sei--
gneur , leur ayant écrit pour
les engager à fuivre l'exem
ple de tous les autres lieux
Aoust 1685. O
162 MERCURE
de Bearn , elles fe font converties
, à la reſerve de trois
ou quatre qui font entrées
dans le Traité d'affociation
de celles qui perfeverent encore
dans leur opiniaſtreté
à Orthez. Cependant il y a
lieu d'efperer que ce petit
nombre , ainfi que quelques
Gentilshommes , & autres
poffedans des biens nobles ,
qui n'ont pû encore ſe déterminer
, ouvriront bientoft
les yeux à la verité, aprés
un exemple fi perſuaſif , &
fi memorable. Les chofes
eftant en ces termes on
?
GALANT. 163
peut regarder prefentement
le Bearn comme une Province
toute Catholique..
Huit cens Religionnaires
ou
environ difperfez dans toutes
ſes parties , doivent eſtre
comptez pour peu de chofe
fi l'on confidere que c'eft le
refte d'environ vingt deux.
mille , qui rempliffoient les
meilleures Villes & Bourgs
de la Province , & qui étoient
les plus riches. Joignez à
cela que parmy ces nouveaux
Convertis , il y a trois
Miniftres des plus habiles
qui ont fait leur Abjuration
depuis un mois.
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Résumé : Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
En juin 1685, plus de trois mille personnes en Béarn ont abjuré le calvinisme, portant à près de huit mille le nombre total de conversions depuis mars. Cette vague de conversions a été facilitée par M. Foucault, commissaire du roi, et des missionnaires. La ville de Salies, connue pour sa résistance au catholicisme, a vu une conversion massive en trois jours, influencée par des notables locaux comme le Président de Gassion. Les seigneurs catholiques ont également encouragé les conversions dans leurs domaines. À Oléron, les habitants ont demandé un délai pour s'instruire avant de se convertir collectivement le 1er juillet. À Pau, après une assemblée, les habitants ont décidé de se convertir après un délai de quinze jours. Les protestants de Pau ont envoyé des députés au roi pour annoncer leur retour au catholicisme. M. Vidal, ancien avocat, a déclaré que cette décision était mûrement réfléchie et motivée par la recherche du salut et l'obéissance aux ordres royaux. La conversion a été officialisée le 15 juillet par une procession et des célébrations. À Orthez, plusieurs habitants se sont également convertis, réduisant significativement le nombre de protestants. En août 1685, seules une dizaine de familles protestantes restaient en Béarn, ayant signé un traité pour maintenir leur religion. Cependant, vingt autres familles se sont retirées après avoir appris que ce traité était perçu comme une faction. Le duc de Grammont a encouragé cent familles protestantes à Orthez à se convertir, ne laissant que trois ou quatre familles fidèles à leur foi. Actuellement, le Béarn est considéré comme entièrement catholique, bien que quelques centaines de protestants dispersés subsistent. Trois ministres protestants influents figurent parmi les nouveaux convertis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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47
p. 23-30
Actions de Pieté du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Ce Monarque toûjours appliqué à ce qui regarde la Relgion, [...]
Mots clefs :
Monarque, Religion, Parlement, Édits, Ministres, Religion prétendue réformée, Conversions, Erreurs, Vérité catholique, Doctrine, Calomnies, Dogmes, Livres, Déclaration, Fonctions, Études, Sacrements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Actions de Pieté du Roy. [titre d'après la table]
Ce Monarque
toûjours appliqué à
24 MERCURE
ce qui regarde la Religion ,
a fait un Edit tout plein de
juſtice , qui a eſté enregiſtré
au Parlement le 23. du der,
nier mois. M's les Deputez
du Clergé , luy ayant repre
fenté qu'entre les moyens
dont les Miniftres de le Religion
Pretendue Reformée
fe fervoient pour empefcher
ceux de leur Party de fe convertir
, aucun ne leur réüffifloit
fi
avantageufement
que celuy de donner par des
impoſtures , une faufſe idée
de la Religion Catholique,
Sa Majeſte a fait examiner
les.
GALANT. 25 .
les erreurs que ces Miniftres
ontda hardieffe de luy imputer
, dans les Preſches , ou
dans les Livres qu'ils compofent
; & comme rien ne
bleffe tant le refpect avec lequel
les Edits les obligent
d'en parler, que de l'accufer
de profeffer une Doctrine
qu'elle condamne ; & qu'il
n'eft pas jufte de fouffrir que
leurs calomnies infpirent
aux Religionnaires de l'horreur
contre la verité , qu'ils
ne pourroient s'empefcher
de fuivre fi ces artifices ne
leur en déroboient pas la
Septembre 1685.
C
26 MERCURE
connoiffance
; Elle a defen
du aux Miniftres , & à toutes
perfonnes de la Religion
Pretenduë Reformée , de
preſcher & de compofer aucuns
Livres contre la Foy
Catholique , Apoftolique &
Romaine , & de fe fervir de
termes injurieux ou tendans
à la calomnie , en imputant
aux Catholiques des Dogmes
qu'ils condamnent , &
mefme de parler directemet
ny indirectement en quelque
maniere que ce puiffe
eftre , de la Religion Catho
lique. Les Pretendus Refor
GALANT. 27
mez n'ont point à fe plaindre
, puis qu'il doit fuffire aux
Miniftrés d'une Religion toferée
dans le Royaume, d'en
enfeigner les Maximes , fans
s'élever par des difputes &
par des calomnies contre la
veritable Religion que l'on
y profeffe , & dont leurs Predeceffeurs
fe font malheureuſement
feparez dans le
dernier Siecle .
Le Roy a fait dans le mefme
temps une Declaration ,
qui a efté auffi enregiſtrée
auParlement
. Elle porte qu'il
ne fera plus receu de Mede-
Cij
28 MERCURE
cins de la Religion Preten
due Reformée . Cette Declaration
á efté donnée avec
beaucoup de prudence . De
fortes raifons ayant fait défendre
de recevoir à l'avenir
lesPretendus Reformez dans
aucune Charge de Judicature
, on a connu que la plufpart
des jeunes gens de cette
Religion s'appliqueroient à
étudier en Medecine pour y
prendre les degrez,fe voyant
exclus de toutes autres fonctions
; ce qui augmenteroit
fi confiderablement le nombre
des Medecins CalviniGALANT.
29
ftes , que peu de Catholiques
voudroient dorefnavant s'attacher
à cette Science ; en
forte que ceux qui profefferoient
la veritable Religion
en recevroient dans la fuite
un grand préjudice pour leur
falut lors qu'ils tomberoient
malades , parce que les Medecins
Religionnaires ne ſe
mettroient pas en peine de
les avertir de l'eftat où ils fe
trouveroient pour recevoir
les Sacremens , aufquels ils
n'ont point de foy. Ce mal,
qui eftoit inévitable, demandant
un feur remede , on ne
C iij
30 MERCURE
devoit pas douter que le Roy
n'euft la bonté d'y pourvoir.
C'eft ce qu'il a fait , en défendant
à tous ceux qui font
commis pour la reception
des Médecins , d'en admettre
aucun de la Religion Prétenduë
Reformée . Cet Edit
& cette Declaration font de
plus en plus admirer les juftes
mefures qu'il prend pour
l'accroiffement de la Religion
Catholique , & pour le
falut de fes Sujets .
toûjours appliqué à
24 MERCURE
ce qui regarde la Religion ,
a fait un Edit tout plein de
juſtice , qui a eſté enregiſtré
au Parlement le 23. du der,
nier mois. M's les Deputez
du Clergé , luy ayant repre
fenté qu'entre les moyens
dont les Miniftres de le Religion
Pretendue Reformée
fe fervoient pour empefcher
ceux de leur Party de fe convertir
, aucun ne leur réüffifloit
fi
avantageufement
que celuy de donner par des
impoſtures , une faufſe idée
de la Religion Catholique,
Sa Majeſte a fait examiner
les.
GALANT. 25 .
les erreurs que ces Miniftres
ontda hardieffe de luy imputer
, dans les Preſches , ou
dans les Livres qu'ils compofent
; & comme rien ne
bleffe tant le refpect avec lequel
les Edits les obligent
d'en parler, que de l'accufer
de profeffer une Doctrine
qu'elle condamne ; & qu'il
n'eft pas jufte de fouffrir que
leurs calomnies infpirent
aux Religionnaires de l'horreur
contre la verité , qu'ils
ne pourroient s'empefcher
de fuivre fi ces artifices ne
leur en déroboient pas la
Septembre 1685.
C
26 MERCURE
connoiffance
; Elle a defen
du aux Miniftres , & à toutes
perfonnes de la Religion
Pretenduë Reformée , de
preſcher & de compofer aucuns
Livres contre la Foy
Catholique , Apoftolique &
Romaine , & de fe fervir de
termes injurieux ou tendans
à la calomnie , en imputant
aux Catholiques des Dogmes
qu'ils condamnent , &
mefme de parler directemet
ny indirectement en quelque
maniere que ce puiffe
eftre , de la Religion Catho
lique. Les Pretendus Refor
GALANT. 27
mez n'ont point à fe plaindre
, puis qu'il doit fuffire aux
Miniftrés d'une Religion toferée
dans le Royaume, d'en
enfeigner les Maximes , fans
s'élever par des difputes &
par des calomnies contre la
veritable Religion que l'on
y profeffe , & dont leurs Predeceffeurs
fe font malheureuſement
feparez dans le
dernier Siecle .
Le Roy a fait dans le mefme
temps une Declaration ,
qui a efté auffi enregiſtrée
auParlement
. Elle porte qu'il
ne fera plus receu de Mede-
Cij
28 MERCURE
cins de la Religion Preten
due Reformée . Cette Declaration
á efté donnée avec
beaucoup de prudence . De
fortes raifons ayant fait défendre
de recevoir à l'avenir
lesPretendus Reformez dans
aucune Charge de Judicature
, on a connu que la plufpart
des jeunes gens de cette
Religion s'appliqueroient à
étudier en Medecine pour y
prendre les degrez,fe voyant
exclus de toutes autres fonctions
; ce qui augmenteroit
fi confiderablement le nombre
des Medecins CalviniGALANT.
29
ftes , que peu de Catholiques
voudroient dorefnavant s'attacher
à cette Science ; en
forte que ceux qui profefferoient
la veritable Religion
en recevroient dans la fuite
un grand préjudice pour leur
falut lors qu'ils tomberoient
malades , parce que les Medecins
Religionnaires ne ſe
mettroient pas en peine de
les avertir de l'eftat où ils fe
trouveroient pour recevoir
les Sacremens , aufquels ils
n'ont point de foy. Ce mal,
qui eftoit inévitable, demandant
un feur remede , on ne
C iij
30 MERCURE
devoit pas douter que le Roy
n'euft la bonté d'y pourvoir.
C'eft ce qu'il a fait , en défendant
à tous ceux qui font
commis pour la reception
des Médecins , d'en admettre
aucun de la Religion Prétenduë
Reformée . Cet Edit
& cette Declaration font de
plus en plus admirer les juftes
mefures qu'il prend pour
l'accroiffement de la Religion
Catholique , & pour le
falut de fes Sujets .
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Résumé : Actions de Pieté du Roy. [titre d'après la table]
En septembre 1685, un monarque a publié un édit enregistré au Parlement le 23 août précédent. Cet édit vise à réguler les pratiques des ministres de la religion prétendue réformée, accusés d'utiliser des impostures pour dissuader les conversions au catholicisme. Le roi a examiné les erreurs imputées aux catholiques par ces ministres et a interdit toute prédication ou publication de livres contre la foi catholique. Il a également interdit l'usage de termes injurieux ou calomnieux envers les catholiques. Simultanément, le roi a émis une déclaration interdisant l'admission des protestants dans les professions médicales afin de prévenir l'augmentation du nombre de médecins protestants, qui pourraient négliger les besoins spirituels des patients catholiques malades. Ces mesures montrent l'engagement du roi à renforcer la religion catholique et à assurer le bien-être de ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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48
p. 75-83
Fondation perpetuelle d'une Feste à Issoudun, pour la Naissance du Roy. [titre d'après la table]
Début :
J'ay presentement à vous parler des Habitans d'Issoudun, Capitale [...]
Mots clefs :
Habitants, Issoudun, Fidélité, Prince, Services, Garnison, Bénédictions du ciel, Service solennel, Devises, Inscriptions, Choeur, Magistrats, Mots latins, Louis le Grand, Procession, Cérémonies, Religion prétendue réformée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fondation perpetuelle d'une Feste à Issoudun, pour la Naissance du Roy. [titre d'après la table]
J'ayprelentement à vous
parler des Habitans d'ifriudun,
Capitale du bas Berry.
Ils ont toûjours elle fifidelles
à leurs Princes, qu'ils
en ont esté recompensez par
de très- beaux Privilèges. Le
Roy persuadé de cette verité,
& touché de compassion
pour eux lors que passant
dans la Province en 1651. il
vit leur Ville presque reduite
en cendres,
confirma ces
Privileces, & a eu la bonté
depuis ce temps là de dire
plusieurs fois qu'il se fouviendroit
de leurs services.
En effet Sa Majesté a bien
fait paroistre qu'Elle les distinguoit
entre tousses au- j
tres Sujets de la mesme Province
, puis qu'ils ont esté
les seuls exempts de Garnisons,
6c qu'Elle a hautement
déclaré qu'Elle ne vouloit
pas qu'ils en eussent durant
son Regne. Aullï voulant en
t. marquer leur reconnoisssance,
& l'ardent desir qu'ils ont
d'attirer sur sa Personne Sacrée
& sur toute la Maison
Royale,les Benedictions du
Ciel,ils ont fait une Fondation
perpetuelle de Prieres
Publiques tous les ans au
cinquiéme de Septembre,
jour de l'heureuse Naissance
du Roy, & l'ont commen- céecetteannée par un Service
solennel qui fut fait ce
jour là dans leur Eglise Collégiale.
Ils l'avoient parée
magnifiquement, & ornée de
plusieurs Devises & Infcriptions
à la loüange du Roy.
La Messe fut chantée à trois-
Choeurs de Musique aussibien
que Vespres,ôc l'on fit
un Procession Generale, OU
Mr l'Evesque & Comte
d'Agde,lesMagistrats ôc
autres Corps d'Officiers assisterent.
estoit Le Portrait du Roy exposé au frontispice
du Choeur de l'Eglise,avec
ces Vers au
dessous
qui avoient
pour titre ces mots
Latins:Scribanturbæc in generations
altera
,
&populus qui
creabiturlaudabit Regem. LoVlS LE GRANDyceRoy
d'invinciblepui(Tance,
Te dtfingue
,
issoudun, entre tous
[ ses Sujets
I Parses grâces dr ses biensfaits,
Diftingut toy pour luy par ta reconde
tioijfance
, , Etetle bre àjamaislejourdesanaissance
En faifint tous les Ans ce quau--
à lourd'huy tufais.
.P,ofir
Tour rré"peondre od'un Bq AUXfaveurs Roy sidebonnaire G iiij
-~je fa* U:1 plaijir de nousfaire
du bienr
Noffre z>tle voudrait,toutfaire ne
peutrien,
Seigneur^faitespour luy ce que nous
¡
'Voudrions ftire. ,'voudrionsfaire.
Aprés la Procession,toute
la Bourgeoisie s'estant
mise sous lesarmes,
on alluma
le Feu de joye au bruit
du Canon & de la Mousqueterie,
au son des Tambours
& des Trompettes,
& auxacclamationsdérive
leRoy. Dans la Place ou le
Feu fut allumé, on voyoit
encore ce Prince represenMe
devant une Ville embrasée
y
avecles Vers suivans
quiavoient pour ame, Avis
ïkoecJacra Svii.
E. S fLâmts de ton Roy t'ont.
fait unnoblc Amant, - Ta foy quilvit pour luy dans ton
embrasement
Mnfpireason amour desfemimens si
tendres
8t!J'ü te fait, Ijfiudun
,
renéftrc
de tes cendres.
Cette Ceremonie qui du-
Ta jusques au soir
,
estans
terminée
,
les Particuliers J firent des Illuminations à
toutes les fenestres de leurs
maisons, & des Feux devant
leurs portes ,
& passerent la
plus grande partie de la nuit:
à donner dans les ruës toutes;
fortes de marques d'une allegresseparfaite.
La mesme:
chose doit se faire tous les
ans au mesme jour, suivant
la resolution qui en a esté
prise dans leur Assemblée
Generale. Le lendemain 6.
du mois
,
les Habitans Catholiques
d'Issoudunrecommencerent
la rejoüissence
par la Démolition qui se fit
du Temple de ceux de la
Religion Prerenduë
Refornée
,
ainsi qu'il avoit esté
ugé par Sentence du Bailhage
de la mesme Ville, far
:~s contraventions par eux
nites aux Edits & Déclarasions
de Sa Majelté
parler des Habitans d'ifriudun,
Capitale du bas Berry.
Ils ont toûjours elle fifidelles
à leurs Princes, qu'ils
en ont esté recompensez par
de très- beaux Privilèges. Le
Roy persuadé de cette verité,
& touché de compassion
pour eux lors que passant
dans la Province en 1651. il
vit leur Ville presque reduite
en cendres,
confirma ces
Privileces, & a eu la bonté
depuis ce temps là de dire
plusieurs fois qu'il se fouviendroit
de leurs services.
En effet Sa Majesté a bien
fait paroistre qu'Elle les distinguoit
entre tousses au- j
tres Sujets de la mesme Province
, puis qu'ils ont esté
les seuls exempts de Garnisons,
6c qu'Elle a hautement
déclaré qu'Elle ne vouloit
pas qu'ils en eussent durant
son Regne. Aullï voulant en
t. marquer leur reconnoisssance,
& l'ardent desir qu'ils ont
d'attirer sur sa Personne Sacrée
& sur toute la Maison
Royale,les Benedictions du
Ciel,ils ont fait une Fondation
perpetuelle de Prieres
Publiques tous les ans au
cinquiéme de Septembre,
jour de l'heureuse Naissance
du Roy, & l'ont commen- céecetteannée par un Service
solennel qui fut fait ce
jour là dans leur Eglise Collégiale.
Ils l'avoient parée
magnifiquement, & ornée de
plusieurs Devises & Infcriptions
à la loüange du Roy.
La Messe fut chantée à trois-
Choeurs de Musique aussibien
que Vespres,ôc l'on fit
un Procession Generale, OU
Mr l'Evesque & Comte
d'Agde,lesMagistrats ôc
autres Corps d'Officiers assisterent.
estoit Le Portrait du Roy exposé au frontispice
du Choeur de l'Eglise,avec
ces Vers au
dessous
qui avoient
pour titre ces mots
Latins:Scribanturbæc in generations
altera
,
&populus qui
creabiturlaudabit Regem. LoVlS LE GRANDyceRoy
d'invinciblepui(Tance,
Te dtfingue
,
issoudun, entre tous
[ ses Sujets
I Parses grâces dr ses biensfaits,
Diftingut toy pour luy par ta reconde
tioijfance
, , Etetle bre àjamaislejourdesanaissance
En faifint tous les Ans ce quau--
à lourd'huy tufais.
.P,ofir
Tour rré"peondre od'un Bq AUXfaveurs Roy sidebonnaire G iiij
-~je fa* U:1 plaijir de nousfaire
du bienr
Noffre z>tle voudrait,toutfaire ne
peutrien,
Seigneur^faitespour luy ce que nous
¡
'Voudrions ftire. ,'voudrionsfaire.
Aprés la Procession,toute
la Bourgeoisie s'estant
mise sous lesarmes,
on alluma
le Feu de joye au bruit
du Canon & de la Mousqueterie,
au son des Tambours
& des Trompettes,
& auxacclamationsdérive
leRoy. Dans la Place ou le
Feu fut allumé, on voyoit
encore ce Prince represenMe
devant une Ville embrasée
y
avecles Vers suivans
quiavoient pour ame, Avis
ïkoecJacra Svii.
E. S fLâmts de ton Roy t'ont.
fait unnoblc Amant, - Ta foy quilvit pour luy dans ton
embrasement
Mnfpireason amour desfemimens si
tendres
8t!J'ü te fait, Ijfiudun
,
renéftrc
de tes cendres.
Cette Ceremonie qui du-
Ta jusques au soir
,
estans
terminée
,
les Particuliers J firent des Illuminations à
toutes les fenestres de leurs
maisons, & des Feux devant
leurs portes ,
& passerent la
plus grande partie de la nuit:
à donner dans les ruës toutes;
fortes de marques d'une allegresseparfaite.
La mesme:
chose doit se faire tous les
ans au mesme jour, suivant
la resolution qui en a esté
prise dans leur Assemblée
Generale. Le lendemain 6.
du mois
,
les Habitans Catholiques
d'Issoudunrecommencerent
la rejoüissence
par la Démolition qui se fit
du Temple de ceux de la
Religion Prerenduë
Refornée
,
ainsi qu'il avoit esté
ugé par Sentence du Bailhage
de la mesme Ville, far
:~s contraventions par eux
nites aux Edits & Déclarasions
de Sa Majelté
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Résumé : Fondation perpetuelle d'une Feste à Issoudun, pour la Naissance du Roy. [titre d'après la table]
Les habitants d'Issoudun, capitale du Bas-Berry, étaient reconnus pour leur loyauté envers leurs princes, qui leur avaient accordé divers privilèges. En 1651, après la destruction de la ville, le roi confirma ces privilèges et exprima sa gratitude. Les Issoldunois furent exemptés de garnisons militaires, une faveur unique en province. En signe de reconnaissance, ils instituèrent une prière publique annuelle le 5 septembre, jour de la naissance du roi. Cette année-là, une cérémonie solennelle eut lieu dans leur église collégiale, ornée de devises et d'inscriptions honorant le roi. La messe et les vêpres furent chantées par trois chœurs de musique, suivies d'une procession à laquelle participèrent l'évêque, les magistrats et autres officiers. Un portrait du roi fut exposé avec des vers latins. Après la procession, la bourgeoisie organisa un feu de joie avec des salves de canons, de mousqueterie, des tambours et des trompettes, et des acclamations en l'honneur du roi. La nuit fut illuminée par des feux devant les maisons. Le lendemain, les habitants catholiques démolirent le temple protestant, conformément à une décision du bailliage pour violation des édits royaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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49
p. 274-345
Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
Début :
Je ne doute point que vous n'appreniez avec beaucoup [...]
Mots clefs :
Religion, Conversions, Abjurations, Religion prétendue réformée, Calvinistes, Édits, Roi de France, Évêques, Zèle, Catholiques, Religionnaires, Église, Hérésie, Vérité, Erreurs, Nouveau converti, Communauté, Province, Duc de Noailles, Ennemis, Nîmes, Montpellier, Languedoc, Dauphiné, Déclaration, Interdiction, Ministres, Controverses, M. Allard, Grenoble
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
n'appreniez avec beaucoup
de plaisir, que Mademoiselle
Bernard de Roüen, pour qui
îles galants Ouvrages qui ont
«[parud'elle vous ont donné
citant d'estime
, a fait Abjuration
depuis huit jours. Coinnme
elle a infiniment de l'ef-
1 prix, il est aisé de juger qu'elle
n'a renoncé aux erreurs où
à sa naissàncel'avoit engagée,
» ijuaprès une serieuse & lon-
R gue recherche de la verite.
Mais, Madame,il iR s'agit
plus de vous parler de la Con.
versîon des Particuliers,conmej'ay
fait dans la pluspart
de mes Lettres, il faut presentement
vous entretenir
descelledequantité de Villes
entieres. Lezele deSa Majesté
pour la gloire de Dieu, ôc
sa bonté pour tous ses Sujets;
l'ayant engagé à travailler
O \D, avec degrands foins au salut
des Ames de ceux qui étoient
nez dans la Religion Prétendue
Reforme'e,beaucoup des
principaux de cette Religion,
se font fait instruire
; & comme
ilsavaient plus de lumieres
& plus d'esprit que les autres,
ils ont eu aussi plus de
pénétration, pour reconnoître
que la seule Eglise Catholique
elt la veritable. Beaucoup
ont écrit les Motifs qui
;
les avoient en gagez à se convertir,
& je vous ay fait part
Touvent de ces beaux Ouvrages.
Les moins éclairez,
voyant les plus habiles d'entre
eux, & sur lesquels ils re-
Igloient leur créance, convaincus
des erreurs du Cal-
'viniime
",
se fontrendus en
foule, & voilà à quoy sont
deuës la plus grande partie
des Conversions que nous
voyons tous les jours. Cela
est si vray,que le changement
qui est arrivé dans toutelaVille
de Castres, est une
fuite de celuy de deux personnes
connuës de toute
l'Europe, par la force & par
la beauté de leur esprit. Ce
sont Mr Dacier & Mademoiselle
le Fevre sa Femme,dont
les Ouvrages sont si estimez
de tous les Sçavans. L'Abjuration
qu'ils firent le dernier
mois, de la Religion Prétenduë
Reformée, fut fuivie
de celle de beaucoup de
Personnes de marque, à qui
ces illustres Convertissent;
signer une Délibération de
rentrer dans l'Eglise Catholique.
Ces Conversions en j
attirerent d'autres, ôc c'est
par là que celles qui se font:
faites depuis en sigrad nomItre
dans toutes les Villes du
Languedoc ont commencé.
Vousle pouvezvoir par cette
Réponse queMrDacierafaite
àuneLettre de MrMitton,
dont le merite est connu de
tout le Inonde, & qui luy
uvoit écrit pour l'exhorter à
ouvrir les yeuxà la verité.
A Castres le'jj, Septembre 1685, LE S marques que vms me
donner de vostreAmitié
Jidonjieur3 me fontsi cheres &
siprecieusesJ que je riay pû lire
,sans des transports de joye la Lettre
que vous m'ave^ fait l'honneur
de m'écrlre. Je Juisçerfuadé - que celle que jevousécrisaujourd'hui
ne vous en donnera pas
moins j car elle vous apprendra,
que ma Femme & mey pommes
tres-bons Catholiques. Neus le
prions ilya plus de quatremois,
si nous neufjionsménagé les choses
pour rtndrenoflre Conversion
pinsagreable a Dieueau Roy,
& plusutile à noflre Pays.
Cela nous a heureusement 'reü{-
Jy;En nous déclarant,nous avons
olhgélaplus grande partie de
la Ville à nous suivre. Jeudy
derniernous leur flfmes (îgner une
Délibérationtrès-conforme a la
volonté du Roy. Cela entraîne
tout le resse
, & tout Caflres
fera Catholique dans quatre
joufs lon a jujetdeopérer que
ce bon exemple servira d'inftru-
Rion aux Vdles Toffres
, c
peut-eflremesme à tout le Languedoc.
Voilà,Monsieur
;"
la
plus grande nouvelle que vous
puijJiez recevoir. Si ce que nous
avonsfait pouvoit eflre de quel..
que méritéauprès de Sa Majefié,
nous souhaiterions que cela nous
fervifl a nous rapprocher de
vous.A4Femme Gn" moy regretons
extrêmement voflre Conversation.
Nous avonsplus de
besoin que jamais aavoir devant
les yeux les exemples de vojire
politesse ; mais quelque passion
que nous ayons pour cela3 nous
laissons cefoin a la Providence,
de peur mfouiller par des démarches
qui paroiflroient interef-
JeesJaplus fainte & la plus def
înteressée de toutes les Allions.
Faites-nous feulement la grâce
de vous souvenirtoujours de
nous & de nous écrire. Quand
on nous laissera dans nostre Retraite
, nous noferons nous en
plaindre, & nous aimerons toujours
un lieu où par la Benediélion
de Dieu nous avonsforte
de si bons fruits. Je fuis ,
Monsieur, avec tout l'attache,
ment pojjibie
,
Foflre}&c. )i
* 1
>* ".: Il y a par Apostille. Le
-seulOuvrageejue]aye de prcjl,
cess un petit Traitésur la Rcli.
gion. Je l'ttycomposé a mesure
%jueje travail/ois à meclaircir;
il m'a déjà servyy uuttiillement àà
lever les scrupules de ceux quise
font adressèz k moy.
HAVl--HJ Le 2. du mois pasle Mr
l'Evesque de Saintes s'estanc
rendu à Saint Jean d*Angely,
Ville fameuse par ses Rebel.
lions
,
& qui a esté longtemps
le Siege de l'Heresie
fit assembler les Religionnaires,&
leur ayant explique
les intentions du Roy,
touchant leur retour à l'Eglise
Catholique
,
il les assu- *ra que Sa Majesté useroit
toûjours de plus de douceur
à les porter à s'y reÜnir)
que leurs Predecesseursn'avoientemployé
de violence
pour les contraindre à
s'en separer
;
qu'ainsi Elle
vouloit bien leur donner des
marques de ses bontez
, en
leur permettant de s'assembler
pour reconnoistre l'erreur
qu'ilsavoient suivie
leurs Pcres , & eux depuis plus
d'un Siecle
,
& se faire instruire
des Veritez Catholiques
,
sur lesquelles des Personnes
tres capables les éclairciroient
de tous leurs
Doutes.Le 8. du mesmemois
ces Assemblées commencerent
par l'ordre de ce Prelat
,
qui se retirant à Saintes
où le grand nombre de Conversions
qui s' y
faisoient rendoit
sa presence necessaire
laissa ses ordres , au P. Dom
Anselme Clairé
,
Prieur de
l'Abbaye de Saint Jean, qui
fit aussi tost venir le Pere
Dom Laurent Faidy
,
fameux
dans les Controverses,
pour presider à ces Aiïèmblées,
en presence de M le
Lieutenant General
,
& des
autres Magiltrats de la Ville.
On demanda d'abord aux
Religionnaires la cause de
leur separation d'avec l'Eglise
Romaine, & ils furent
favorablement écoutez sur
toutes les difEcultez qu'ils
proposerent, dont ce zelé
Religieux
,
& le Pere Augustin
de Saint Jean d'AngelyCapucin,
tres-fameux
aussi dans les matières de
Controverse,leur donnerent
des solutions plus que susfisantes
; mais comme c'est
1-e caractere des Pretendus
Reformez d'estre opiniastres
à défendre leurs erreurs, Mr
Durand leur Ministre qui
parloit au nom de tous les
autres, témoignoit toûjours,
au moins extérieurement,
qu'il n'estoit pas convaincu
par les Réponses qui luy étoient
faites. Ces Assemblées
furent continuées huit jours,
foir &: matin dans le Palais;
& pendant ce temps,l'obstination
l'emportant toujours
du costé des Religionnaires,
le Pere Prieur de l'Abbaye
qui assistoit, ou quelque Religieux
de sa part, à toutes
ces Conferences, resolut
d'en avoir de particulieres
avec les plus attachez à la
SetÍe de Calvin. Il vit sur
tout le Ministre
,
& Mr le
Valois fameux Avocat dela
Ville, & l'un des principaux
du party, toujours sence en pre- de MrLambert,Lieutenant
General, & de Mf
le Maistre Avocat du Roy.
Il leur apporta de si puissantes
santesraisons qu'enfin illes
convainquit. Ceux-cy en
ayant attiré un grand nombre
d'autres, le Pere Prieur
fit sçavoir à Mr l'Evesque
de Saintes que tout estoit
disposéà une Reconciliation
generale, & qu'on ne faisoit
que l'attendre pour la faire.
Ce Prelat, si consideré
par son grand zele pour
le Salut & pour la Conversion
des Ames
,
se rendit à
S. Jean d'Angely le Dimanche
16. du mois. Il y arriva
à dix heures du matin
& alladescendreàl'Abbaye,
où le Pere Prieur luy rendit
compte de ce quis'estoit
paiTé. A mesme temps Mrle
Lieutenant General, &>'Mr le
Procureur du Roy
,
firent,
venir par son ordre Mr Du-»
rand Ministre
,
& quelques
autres des principaux Reli"
gionnaires dans la grande
Sallede l'Abbaye.Lors qu'ils
furent assemblez, Mr l'Evesque
de Saintes leur fit ravoir
de nouveau les volontez
de Sa Majesté, &
leur ayant representé d'une
maniere aussi honnesteque
douce ,l'obligation où ils
estoient. de s'y soumettre,
le Ministre prit la parole,
ôc luytémoigna au nom de
tous, qu'ils estoient fort resolus
de profiter des bontez
du Roy, & des instructions
salutaires qu'ils avoiét
receuës. Il donna la Declaration
qu'ilavoit projettée
avec ceux desonparty,&
sur quelque équivoque que
Mr l'Evesque y remarqua,il
es obligea de la reformer.
ls se rassemblerent pour ce- a, & après plusieurs conestations
des plus obltincz,
ls se déterminerentenfin à
faire toutes choses comme
on les souhaitoit d'eux. Pour
rendre cette Action plus solemnelle,
ils se trouverent à
deux heures après midy du
mesmejour au Palais, où
l'on alla processionnellement
en cet ordre. Mr Mathias
Bar, Curé Vicaire perpetuel
de la Paroisse,avec
quelques autres Ecclenafciques,
estoit precedé de la
Croix & de la Baniere. Le:
Pere Prieur de l'Abbaye 06
toute sa Communauté marchoient
ensuite, ayant M
FEvetaue à leur telle en habits
Pontificaux. Mrs les
Magistratslessuivoientvêtus
de leurs Robes de Palais,
avec un tres-grand concours
de peuple. Pendant la Procession
y on continua de
Chanter le Veni Creator que
quatreChantres de l'Abbaye
avoient entonnéau pied du
grand Autel, & on le finit
à la porte du Palais. Le Ministre
& les autres Religionnaires
, y attendoient M.
l'Evesquequileurtémoigna
sa joye de les voir dans de
si heureusesdispositions,&
leur demanda si c'estoit de
bon coeur qu'ils se refolvoient
à abjurer l'Herdie j
dans laquelle ilsavoient si
long-temps perseveré. Alors j
le Ministre & tous les autres
répondirent qu'ilsfai-j
soient cette Adion sans nulle
conrrainte
,
& d'autant plus
volontiers qu'on les avoit
convaincus de l'erreur où
ils vivoient. Cela estant fait
M. l'Eveique les fit tous
mettre à genoux,& après
qu'ils eurent abjuré par la
bouche du Ministre à haute
intelligible voix, ils furent
conduitsavec le corps
1
de la Procession au mesme
ordre qu'on estoit venu les
prendre, en; chantant les
Pseaumes
,
In exitu Israël;
SuperaBabilonis, & Miserere
mei Deus. La Procession
s'arrefta à la grande porte
de l'Eglise,& M. l'Evêque
de Saintes leur ayant fait
une Exhortation tres-touchante
, leur donna à tous
l'Absolution de leur heresie,
aprèsquoyils furent introduits
dans l'Eglise par ce
Prélat, qui entonna le Te
Deum. On chanta les autres
Prieres en action de graces,
& ils s'embrasserent tous
tant le Ministre que les autres,
avec desdemonstrations
de joye extraordinaires. Ce
qu'il y a d'admirable
,
c'est
que cette Ville qui a esté si
longtemps infectée del'heresie
,
& qui pendant plus
de vingt années n'avoit [out:
-
sert aucun Exercice de la
Religion Catholique, y elt
rentrée en huit jours par la
feule force de la verité,
sans que l'on air employé
nulle violence, chacun s'étant
fait instruire,&ayant
esté convaincu de ses erreurs.
La Ville de Montpellier
a suivy l'exemple de Saint
[ Jeand'Angely. La Deliberation
ya esté prise par ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée, pour se convertir
en corps, & elle fut conceuLë
een ces termes. jour du mois de Sep':"-
rembrefNous eslans ajjem-,
blek par l'ordre de M. le Duc.
de Noailles
,
Commandant en
Chef dans cette Province
,
qui
tous a exhorte% de Juinjre les
bonnes inspirationsqu'il a plett
d Dieu de donnerd ceux qui fesontàcomme
nous, trouvezfeparez
tie la veritable Eg-par le
malheur de leur naijjance
y
@T
de répondre au zele& auxjàintes
intentions que le Royade voir
tous ses Sujets remis dans feuleReligion une ;Alous avons délibéré
sur cette matierey é'l' nous
avons creu ne pouvoir prendre
un meilleur party cjuedembrafi
ferlaReligionCatholique, Apofiolique
& Romainey que nos Peres ont quittée) renonçant à
toutes les erreurs contraires; En
foy dequoy Mous avons fîgné la
presenteDélibération
que nous
avons portée a M. le Duc de
Noailles
, promettant de faire
Abjuration quand il le trouvera
à-ptopos, dans les formes&en
la maniere prcfcrite par les Regles
de la Religion Catholique.
'--' Ces Conversions font deuës
aux soins de Mr le Duc de
Noaillesaussi-bien qu'àceux
de Mr le Cardinal de Bonzi,
de Mr l'Evesque de Montpellier)
& de Mrsde Baville,
& Daguesseau. Le concours
a esté si grand dans toutl'Evesché
de Montpellier, &
dans les Eglises où l'onrecevoit
les Abjurationsdesgens
de toutes fortes d'Etats, qu'-
on estoit quelquefois deux
heuresàattendre que les p1 1r,e- miers fisseent place aux autres.
La 1 u tres.La pluspart des Catholiques
furent obligez de ce- der la leur aux Convertis, le
premier Dimanche qui suivit laDélibération, tantcesderniers
vinrent en grandnombre
entendre la Messe dans
l'Eglise Nostre-Dame Apres cechangement général, M1- l'Evesque de Montpellieral- laàLunes&à Minguio, re- cevoir l'Abjuration de tous
ceux de ces Communautez
en Corps. SaintGilles,Sommieres,
5c plusieurs autres
Villes&Lieux voisins
, renoncerent
à l'Heresie dans
le mesme temps.
La Ville de Nismes ne doit
pas moins à M. le Duc de
Noailles, pour ce qui regarde
les Conversions que les
autres Villes dont je viens
de vous parler. Ce Duc y a
fait tout ce que le Roy attendoit
de son zele. Il a parlé,
il a pressé,ses raisons ont elle
vives; mais sa douceur, sa
conduite, & son exemple
n'ont pas esté ce qui a le
moins contribué à gagner
les Religionnaires. Il a travaillé
à convertir les Ministres
mesmees &ily a sibien
reiiflî, qu'ayant reconnu leur
erreurilsl'ontpreschée , pu- bliquement; & ce qu'ils ont dit,aprèsavoirestéconvaincus,
a rendu plusde quinze
mille personneà l'FCT]i(p
Mr le Maréchal Ducde
Duraspassant par Nerac
pour se rendre dans son Duché
de Duras,trouva beaucoup
de Peuple assemblé;&
en ayant demandé la cause,
il apprit que les Pretendus
Reformezdéliberoient s'ils
se rendroient Catholiques,
? & que mesme ils agitoient
> des Questions de Religion.
Comme il sçaitparfaitement
».celle de Calvin, parce qu'il
en a esté, il disputa, & leur fit
connoistre si clairement que
l'Eglise Catholique est la veritable
Eglise, qu'ils se convertirent
tous. Il fit la mesme
chose dansle Duché de
Duras, où par ses lumieres
& ses soins il ne reste aucun
Religionnaire. Un Obstiné
qui tenoit une Bible,luy
ayant fait voir un Passage,
par lequel il combattoit les
veritez de nostre Religion,
D
ce Duc prit la Bible, & layli
fit lire plus bas l'eclaircisse
ment de ce Passage. Le Reli-
gionnairè changea aulIi-tolHl,
desentimens, & plusieurs seil
convertirent aussi-bien que
luy.Lereste suivit.prelque.-)i
-aussi-tost. Mr de Durasarrivai
de Guienne, lors quele Roy v<
partit de Chambor pour Fon- tainebleau, & il asseura qu'illi
y avoit déja en ce temps-là il
cent quinzemille nouveaux XI i1ce.
Le Peuple estant assemblé
àMilhau,Ville de Roüergue, u
pourdéliberer s'il se convertiroit
ou nom, il y en eut qui
s'aviserent de se demander
les uns aux autres pourquoy
ils estoient de la Religion de
Calvin. - On foüilla juique
t dans l'origine, & l'on trouva
que la Ville estant autrefois
toute Catholique, ceux
; qui estoient du party contraire,
se trouvant avec une
Armée à leurs Portes, pen--
dant les Guerres Civiles que
*
la Religionavoitexcitées,les
avoient engagez à prendre
la leur; & il fut conclu ,que
l puis que ce n'estoit point par
une parfaiteconnoissance de
la vraye Religion, qu'ils a--
voient quitté celle de leurs
Peres, il estoit injuste de balancer
plus long-temps à -, y y
rentrer.
Le 2. de ce mois, il y eut il
une semblable Déliberation n
dans la Ville d'Alais. Mr le
Marquis de la Fare, Gouver- -1
neur de Biescou, & Mrdela
Fare Gaujac sonFrere,cy-de-À
vant Capitaine de Cavalerie,
qui y resident tous deux, es- J
tant entrez en négociation
avec quelques-uns desPre- -'
tendusReformez,pour les z\
engager à le soûmettre à la
volontédu Roy, leur apporterent
dès raisons si fortes,
qu'enfin ils les firent consentir
à s'assmbler pour déliberer
en Corps de Communauté
de se rendre Catholiques
Ainsi le jour que je viens de
vous marquer ,
ils firentune
Assemblée de tous les Chefs
de Famille, en presence de
Mrs de la Fare, & ceux qui.
avoient le plus de lumieres;
ayant entrainé les plus ob-.
stinez, la Déliberation fut:
prise
,
& signée conformément
aux intentions de Sa
Majesté
, par tous ceux de
l'Assemblée, au nom de tous,,,
les Religionnaires; après
quoy on députa deux des
principaux Habitans
, pour
l'aller porter à M. le Duc de
Noailles qui estoit à Nifines.
Cette Conversion a esté de
prés de quatre mille personnes,
en sorte qu'il ne reste
plus dans Alais que quelques
Femmes qui n'ont pas voulu
quitter si toit la Religion où
elles sont nées. b
Je ne puis mieuxvous apprendre
ce qui s' est passé en
Dauphiné,à l'égard des Pretendus
Retormez de cette
Province,qu'en vous faisant
part d'une Lettre qui m'a esté
adressée. En voicy la Copie.
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
A Grenoble, le 6. Oâobre1685, V OM /oüez incejjammenï
noflre ÀugusteCiïlonarque
3 parce quincejjamment la
matiere vous y convie ; mais
Att!oüez, Monsieur, que parmy
tout ce qu'il fait, qui merite des
Eloges, Jes foins & sa vigilance
pour étoufferïHerefe dans
son Royaume, font des sujets
admirables pour les luy attirer..
Il fait comme ces Fils aiftez,
qui travaillentcontinuellement à
reparer les ruines de leur maison,
a remettre dans leur Famille les
biens disPersèz, à rappeller les
Freres é'garez, & à j&ûtenir
l'éclat de leur race. Comme il
est le Fils Asné de l'Eglise3
on voit bien qu'en cette qualité
il s'applique à redonner a cette
bonne Mere les Enfans quelle
avoit perdus, à les remettre en
estat de recevoir d'elle ses careiJes
er ses benedrélions, &
à leur inspirer l' obeissance &
le rtspt Et que les véritables Chrefiiens
luy doivent. On ne trouveplus
de rebelles ny d!obfline^;
toutes les Provinces retentirent
du bruit des Conruerfiensfyequentes.
Ce rieflplus cette France qui
se déchiroit eUe-mesme ; ce ne font
plus des Citoyens acharnez à Je
perdre ou à se corrompre; il n'y a
plus ny interess
3
ny politique, ny
ménagement;les violences& les
contraintes n'ont plus de heu ;
ce riefl iu"avec des femimens
de pieté & de connoissance que
les PretendusReforme^ courent
à la Religion de leurs Peres.
Ils ne se rendentquaprèsavoir
esté inflruits ; ils écoutent la gret..
ce> Ù enfin wut Je faitsi deu.
cement (t)si agreabtementJ que
l'on nentend parler, ny de promessesy
ny de bienfaits, ny de
recompensès, pour des changemens
aujJi jufles que jufquicy ils
o'ntparu difficiles. Je mefuis'volontiers
chargé de VQUâ apprendre
que cess de cette maniéré que ceux
de la Religim Pretenduë Reformée
de Dauphiné ont fait leurs
Conversions, & mesmepresque
par tout en Corps de Communauté.
Ceux du Bailliage de
Briançon ont commencé.Alonfizur
le Bret nostre Intendant>
qui
qui sejt trouve Jur les lieux3 a
admire ce zele, & l'a écrit avec
etonnement. En effet, quinen
auroit de voir les Kullécs de
TrageUa3 de j3uryras & de
Ceptnney où (peIne, on top,t
trouver trois ou quatre Maisons
Catholiques, teJire toutes Ja.ujourd'huy-,
cfy:voir triompher la
véritable Keligion^aprésquelle en Õ Ll 4 eslé bannie pendant un Siecle?
Quinze mille personnesy ontfait
leur Abjuration en moins de huit
jours. Le Bailliage d'Ambrun a,
suivy unfibelExernple.LaVillede
Dye,ou lHercfie avoittoujours
le plus triomphé. ne voit
plm dans Jon enceinte aucun
RclWionnaire,bien quily en eust
huit mille.Les Villes de Gap&
de Montehmart Je font rendues
en Corps de Communauté. Le
Bourg de Menei £n
Triéves,OH
depuis ftx''Vingt ans il riy a eu
aucun Catholique, en est aujourd'hui
remply. Mifoen}la(Jrave9
le Mont Délans
,
dans le Pays
d'oyfans,font revenus de rnef
me. Tout efloit plein d'Heretiques.
LaMurea qui estencore
un zrana Bourg5 Ci" ciont les
Habitans efloient a moitié de
la Religion Pretendué ReformiOe,#
en a plus aucun, &
J J tout cela s'eftfait dans le mois
de Septembre. La Ville de Romans
n-en a plus gueres. Quel
Prodige!Mais ilness jamais
d)obstacles pour les Viéloires de
Louis LE GRAND. Ses Conlquefles
pour le 'Patrimoine de Eghfe-} foqt auJF promptes que
- celles qu'il a-faites pourlefient
Je ne vous du rien encore de Grenoble
, où quantité de gens de
mérité3 de qualité (Ô?d'esprit3si
fontmjlruire.Jmfiiien.tofl fef
pere.yoKsfaÍrepàtt des)grades gjr
fameuses Conversions qui sy pre.
pwent.+Dejalefécond de ce mois,
JV,o~l.e,7.4JtcquescDq;dje/sfDeSeigneur de
Sahon, de Cbafleauneufù de
J\4a^amyConseiller au Parlement
de GrtnobleJ afaitabjuration.
lefuis, Monfi:ur,tojlrr,
&c.
ALLARD, ancien President
en l'Election de Grenoble.
On a eu avis que tous les
Pretendus Reformez de la
Ville deLoudun qui estoient
au nombre de trois mille se
sont aussi convertis. Je ne
vous dis rien de Montauban
ny des Villes des environs,
qui en se faisant toutes
Catholiques, ont precedé
ces Conversions.Onoublie
Jûcoft: à
*
present des miliers
de Convertis,qu'on,
ne faisoit autrefois une feule
personne. Ce qu'il y a d'admirable,
c'estque tous ceux
qui renoncent à Calvin,
-
ont gens éclairez des lulieres
de la Foy, qui reonnoissent
la verité
,
& qui
- rendant d'eux-mesmes iennent , en foule après des
éliberations autentiques &
olontaire,demander qu'on
esreçoive dans la veritable
Eglise.
La Ville de Chastelleraut
suivy l'exemple de Loudun
,
& tout s'y est converty.
Les Pretendus Reformez
des Villes voisines se
font instruire pour les imiter,
& tous les Matelots de
lacoste duPaïs d'Aunixau
nombre de quinze cens ont
embrasséla Religion Catholique,
aussi-bien que tout ce
quireftoit à Lyon qui profesfoit
la Pretenduë Reformée.
Tous les Chefs de ces Familles
qui se montoient à soixante
& dix, yont esté trouver
Mr l'Archevesque,& ont.
déclaré qu'eux &leur famille
estoient prests de renoncer
-
à l'Heresie de Calvin; ce
qu'ils ont signé, aprésquoy
ils ont tous fait Abjuration.
Jamais on ne vit tant d'union
qu'il en a paru en cette
rencontre , entre les Catholiques
Se ces nouveaux
Convertis;ils ne se rencontroient
point sans se donner
des marques de leur joye,
&sanss'embrasser. Tous les
Habitans de la Rochelle ont
fait aussi Abjuration à la reserve
de ceux de quatorze
Familles, dont plusieurs foiu
sur le point d'abjurer com-
• me les autres, s'ils ne l'ont
pas déja fait.
Le Pere Alexis du Bue
Theatin
,
qui depuis plusieurs
années a fait un fr
grand nombre de Conversions,
en a fait encore beaucoup
depuis quinze jours.
Voicy par quelles paroles il
finit sa Controverse le Dimanche21.
de ce mois, en
s'adressantaux Pretendus Reformez.
Enfans de la Terre ; Nouveaux
venus, qui a'VtZ presché
jujqxa present des Nowveautez
JcaxdaleuJes(èf des Dogmes inconnus
à toute l'ancienne Eg/ife;
qquuii nn'1a'Vez débité que des.fort- tdes. fo4-
ges & des calomnies
J
il efrtemps
de former la retraite) de changer
de ~f (~r de vous réunir
ail Corps de J. C. dont vous
vous esses (eparez avec tant din~
juflice. Toutes choses vous invitent
à cette réunion
,
le jifence de
l'Ecriture des Peres sur toi
.Ãrtl'cl. !..:::
A
Articles 1101,Il.; r;, rIl., 17,f-U i l& rric*uvtXifefcydevos
Minières qui vous trompent &
"(Jous seduisent depuis plus d"un
Siecle; l'exemple de vos Freres
qui rentrent en foule dans lE.
glzjè ; veflre propre Salut qui cft
impossible dans le Sclnfme ou vous
vive%.Ajouter atouscesMotifs
les Souhaits duplusgrand Ma-.
narque de la Terre, a qui vous
deveKtout accorder3puis qu'il ne sagit qau~e ddfev~oou~s~attirera la pro- ~r /?rcsession
de la ruerité. Dieu l'afitfl
citéen nosjours pour détruire l'He..
rejie dans le fein de fis Etats5
er pour y faire fleurir la feule
Jtisa£ aj4rt*ja a?er* 7?r»Lin *
—•— l''fU;,
veritMeReligionCatholique,
"¿r jy\jL. V '\V111-"1'{" j '1/1'1. aeflcl'uniqueReligion de tous
les Rays fis Àugufcs Predeces
feurs. Cess à frç pieds que ce
Aionflrefurieux dont les mouvemens
ont esté si violens & si
pernicieux a cette Monarchie,
va eflre dhbatu. Le-Ciel luy a
reserve cette gloire> & danspeu
par la rtdyjance}cette Jc-glise qui
se dit Rej-orrnee
,
qui a esle pendant
douze cens ans invijtble dans
l'Univers,Jeraheureusement invijible
en France. Que la pensée
d'une Aflionjiglorieufe,ogrand
Roy ! remplijje vojlre coeur de
joye. Dieu qui a pris plaisir a
vous revêtir de sa force pour une
si grinde entreprise3 fera Le Proteêîeur
de vostre Personne Sacrée
d'une maniere toute particu.
lirrc. Il vous comblera de Jes
faveurs, il étendra les limites de
vostreRoyaume
, en vous affitjettifJant
psr des Conquefîesglorhufes
ces. Notions Infiddes qui
t 'oublent le repos de ses enfans. Iii\
affermira Voflre Sceptre par /«\
nombre devos Descendans; /&\
élevera VoflreAuthoritépar deae
fus celle des plusgrands Monar..-,:
ques du Monde:Enfin tous lesi^
Ennemis de la Véritéferontdanne
l humiliation edans la douleur^
& le Peuple fidele & obeiflantlu
joiïiudun bon-heurquiferafuir-\
1y des Benediélions du Ciel.
Le Roy voyant que les
Conversions .augnlenroientJf
de jour en jour,que la plus
part des Personnes d'un eflJl:
prit solide avoient abjuré
& que la Tréve luylaissoit
un repos dont ses Ayeux
rm'avoient point joüy
, a en- fin donné un Edit qui porte
JIe dernier coup à l'Heresie.
Cét Edit défend de faire aucun
Exercice public de la
R. P. R dans le Royaume.
LaJustice des Motifs qui
:>ont obligé Sa Majeflé d'en
user ainsi
,
paroist évidente
dans le Discours qui luy sert
b d'avant propos, *& elleest
d'autant plus claire,que pour
J la persuader il n'a fallu qu'exposer
les faits sans aucun
raisonnement. Comme la
Vérité fait plus briller
il ce
Discours que les figures de)j
l'Eloquence, chacun de~3
meure d'accord que l'on n'aL',
jamais rien veu,ny de si prudent
ny de si juste.Voicy
les raisons qui y sont dé^-h
duites. '¡
Henry le Grand,Ayeul
de Sa Majesté, voulant eni'f.
pescher que la Paix qu'il a—i
voit procurée à sesSujets,
après les grandes pert-s2- qu'ilsavoientsouffertespar
la durée des Guerres Civiles xc
& Etrangeres, ne sult trou
blée à l'occasion de la
P. R.comme il eQoir arrivé h
I
sous lesRegnes des Roys les
Predecesseurs, regla par [on
Edit donné à Nantes au mois
d'Avril1598. la conduite
qu'on devoit tenir à l'égard
de ceux de cette Religion
Se les lieux dans lesquels ils
en pouvoient faire l'Exercice.
Il établie des Jugesextraordinaires
pour leur ad.
ministrer la Justice
,
& pourveutmesine
pardes Articles
particuliers A tout ce qu'il
jugea necessaire pour maintenir
la tranquillité dans son
Royaume, & pour diminuer
l'aversion qui estoit entre
ceux de l'une & de l'autre Religion
,
afin d'estre plus en
estat de travailler, comme
il avoitresolu de faire, pour
réünir à l'Eglise ceux qui s'en
estoient si facilement éloignez
; & comme il ne pût
effectuer son intention à cause
de sa mort précipitée, &
que l'execution de cét Edit
fut mesme interrompu pendant
la minorité du feu Roy
par de nouvelles entreprises
des Pretendus Reformez
elles donnerent occasion à,
les priver de divers avantages
qui leur avoientestéaccordez.
Neantmoins usant
de sa clemence ordinaire,
il leur accorda encore nouvel un Edit à Nisimes au
mois de Juillet 1629. au
moyen duquella tranquillité
ayant de nouveau esté
retablie, ce Prince animé
dumesme esprit& dumefme
zele pour la Religion
que Henry IV. sonPredecesseury
resolut de profiter
de ce repos, pour tâcher
d)execurer son pieux
dessein
; mais les Guerres
ellant survenuës peu d'années
après
,
& le Royaume.
ayant esté peu de temps
sans agitation, depuis i6tf.
jusqu'àlaTréve concluë
en 1684. avec les Princes
de l'Europe, il n'a pas
esié possible de faire autre
chose pour l'avantage
de la Religion,que de diminuer
le nombre des Exercices
de la pretendue Reformée
par l'Interdiction de
ceux qui se sont trouvez établis
au prejudice de la disposition
des Edits, & par la
Suppresion des Chambres
my parties dont l'Erection
n'avoit esié faite que par provision.
Dieu ayant enfin permis
que la France joiïilïè
dun parfait repos,& que
le Roy luymesme n'estant
pas occupé des soins de proteger
ses Sujets contre ses Ennemis,
ait pu profiter de cette
Trêve qu'il a facilitée dans
la veuë de donner son entie-
Te application à rechercher
Iles
r
moyens de parvenir au;
succez du dessein des Roys
IHeury IV. & Louis XIIL:
b dans lequel il est entré dés
>1 son Avenementàla Couron-
-
(LUe; Sa Majestévoit prefen-
~tement avec la justerecon-
-
noissance qu'Elle doit à
Dieu, que Tes soins ont eu la
fin qu'Elle s'estoit proposée,
puisque la meilleure & la
plus grande partie de ses Sujets
de la R. P. R. ont embrasse
la Catholique;& d'autant
qu'au moyen d'un si
grand nombre de Conversions,
l'exécution de l'Edit
de Nantes, &tout ce qui a
esté ordonné en faveur de la
R. P. R. demeure inutile;
Elleajugé qu'Elle ne pouvoit
rien faire de mieux pour
effacer entierement la memoire
des Troubles, de la
confusion, & des maux que
le progrez de cette fausse
Religion a causez dans le
Royaume, qui ont donné
lieu à cétEdit, & à tant d'autres
Edits & Déclarations qui
lot preceidée,où qui ont estéfaits
en consequence
, que
de le revoquer en
touteson
étenduë. C'estcequ'Ellea
fait par l'Edit dont je vous
parle, qui a estéenregistré
en la Chambre des Vacations
le 22. de ce mois.
Cet Edit revoque non seulement
celuy de Nantesdonné en
Avril1598. avec les Articles arrestez
le deuxiéme May de la mefme
année, & les Lettres Patenres
qui furent expediées sur ces
Artictes,mais encore l'Edit donné
à Nismes enjuillet 1629. que
Sa Majesté declare nuls, & comme
non avenus; ensemble toutes
les Concevions faites pard'autres
Edits,Declarations&Arrestsaux
Pretendus Reformez, dequelque
nature qu'elles puisssentestre en
consequence dequoy Elle veut& illuyplaist, quetous lesTemples
de ceux de la Religion Pretenduë
Reformée situez dans son Royaume,
Terres & Seigneuries de [on,
obeïssance, soient incessamment
démolis.
Il est défendu par ce mesme
Edità tous Pretendus Reformez,
depluss'assemblerpourfairel'Exercice
de cette Religion en aucunlieu ou
mùfcn particulière, fomquelque prétexte
que ccpu:[fi estre, mesme d'Exercicesréels
eudequand
biences Exercicesauroientesté maintenuspar
des ArrcJIs du Conseild'Etat
; £r à tous SeiTueurs de quelque
condition quils foiintydefaire l'Exercice
dâris leurs Maisons & Fiefs,
le tout à peine contre ceux quiferont
cet Exercice, de confiscation de corps
& de biens.
Les autres Articles sont, !Zflt
tous Ministres de lit Religion Pretendue
Reformée,sortirontdu Royaume
quinze jours aprés la publication de
l'Edit, sans y pouvoir jèjOUÍÍUf au
dd.1, ny pendant ce temps de quinzaine
faireaucun Presche, Ex hortation
ny autrt jonEfiOIJ) à peine des
Gaitrts.
J^ue ceux desMinistresquise convertiront,
continueront àjoüir leur
vie durant, & leurs Veuvesaprès
leur decés
,
tandis quelles seront en
viduité
,
des mefines exemptions de
Taille & Logement de Gens deguerre,
dont ils ont jouy pendantqu'ilsfaisoient
la fonction de Ministres; &
qtt'en outre Sa Majesté leurferapayer,
aujjileur viedurant,unepensionplus
forte d'un tiers que les Apointemens
qu'ils touchoient en qualitéde MinijfTes,
de la moitié de Jaquette Pension
leurs Veuvesjoüiront Iluffi aprés leur
mort, tant qu'elles demeureront en
viduité.
£hte les Miniflres convertis, qui
voudront se faire Avocats , ou prendre
les Degrés de Docteursaux Loix,
feront dijJfnjtz des trois ans d'étude
preferites par les Déclarations duRoy;
& quaprès avoirfubyjes Examens
ordinaires
ordinaires , ils Jiront reccw Docteurs,
s'ils en fontjugez, capables, en payant
feulement la moitiédes Droits que Po,%
a accoufttmé de percevoir de ceux
qu'on reçût en chaque Univerfi*.
Zue les Ecoles particulières pour
l'tnfirucïion des Enfans de ceux de la
Religion Pretendue Refermée,& toutes
les chofts généralement quelconques
,qui peuvent marquer une Concijfion,
quelle quelle puisse tfre
,
en
faveur de cette Religion,front dtfendues.
Jt>u£ les Enfansqui naiflrent des
Prétendu*Reformez, ^feront dorefiulsumt
baptisez, par les Curez, des Paroisses,
estantenjointaux Peres&aux
Meres de les envoyer aux Egltfes J
cet effet là, d peine de cinq cens livres
d'amende ; 6- que ces Enfins
(irontenfuite élever en la Ret;g>,,d,,
Catholique, Apoftotique & Romaine,
a quoy ilcfi ordonné tres-exprefémentauxJugés
des lieux de terni II,
main.
jÇhie ceux de lit Religion ?retendue
Riformée quifesontretirez, duRoyaume
avant la publication de cet Edit,
rentreront dans la poffission de leufs
biens, & en jouiront comme ils auvoientpufaire
s'ils y eBoienttoujours
demeure&
, pourveu qu'ils y reviennentdans
le temps de quatre mois du
jour de cette Publication;au contraire
que les biens de ceux qui dans oe temps
là de quatre mois ne reviendrontpas
dans le Royaume, demeureront confifquez,
en conjequence de la Déclara*
tion du 20. d'Aoufl dernitr.
Zue les Preter,dwReformez,eux,
leurs Femmes & Ensans, ne pourront
îortirdurayamrijc,njtriortcraiiieraf
uurs b"",s&effets,fouspeine des Galèrespourles
Hommes}&deconffcaiicn
de corps & de biens pour les Femmes.
J^ue lesDéclarationsrendues contre
les Relaps, feront executées jiLon
leurforme 6 teneur. Ue ceux de la Religion Prétendue
Reformée,enattendant qu'ilplau
Je 4 Dieu de les éclairtr comme les autres
, pourront demeurer dans les ViL
les & Lieux du Royaume,ycontinuer
leurcommerce,de/(Ûrs liens,
sans qu'on lespuijfetroubler
fefcher,fouspntexte ny cm- de leur Rclirien
Cet Edit ayant este publié le
jour mesme de l' Enregistrement,
on commença dés le lendemain à
démolir leTempledeCharenton.
Les Conversions estoient déja
tres- nombreusesà Paris, & il y
en avoit tous les jours presque
dans toutes les l'aroilies• & dans
beaucoup de Communautez;de
forte que chacun estant en mouvement
pour son salut,& plusieurs
se convertissant,ou se faisant instruire,
cet Edit, au lieu de produireaucun
des effets qu'on en
auroit pu craindre autrefois
, a
plûtost servy à ébranler les plus
obstinez
,
qu'à leur faire prendre
des fenrimens contraires à leur
conscience& à leur devoir. Ainsi
il y a lieu d'esperer que le reste
des Religionnairesde Paris,suivra
bien-tost l'exemple de ses Freres,
qu'il voit tous les jours courir en
foule aux pieds des Autels. On y
vient de voir Mrle Duc de Ri-
* chemont, Fils naturel du feu Roy
d'Angleterre. Il afait Abjuration
dans la Chapelle du Chasteau de
Fontainebleau,à l'issuë de la Messe
du Roy, en presencede Sa Majesté
& de toute la Cour,entreles
mains de Mrl'Evesque deMeaux,
qui luy fit un tres beau Discours
sur ce iujer.
J'apprens que Mr le Marquis
de Mirepoix s'est fort distingué
,4
par le zele qu'il a fait voir pour
la Conversion des Pretendus Reformez.
Comme il est extremément
aimé dans cette Province,
luy seul, c'est à dire, suivy de sa
feule Maison,sansaucun aurre secours
,
il a fait changer de Reli.
gion, par son éloquence, & par
la force de la vérité à tout ce qu'il y en avoir dans Mazeres
le Carla , , Saverdan, Lasbordes,
Savarat, Camarade, Mazdazil.
L'exemple, de ces sixVilles,qui
sont des plus importances de la
Province, a esté suivy detousles
Religionnaires des environs. Mr
de la Berchere Intendant de
Guyenne, qui alla joindre M'll
Marquis de MirepoixàMazeres,
seconda tres bien son zele. Mr
l'Abbé de Pailhez de qui cette
Villedépend, n'y fut
pas inutile,
& s'y comporta d'une maniéré
digne de luv. Je vous écriray le
mois prochain les circonstances
de cette grande Action.
Quelque difficile que foit la
Conversion des Heretiques,nous
en voyons aujourd'huy la France
presque entièrementpurgée. Ce
miracle est dû au zele, à la pieté,.
& aux foins du Roy,& il suffit que
ce grand Monarque vive pour
achever un si surprenant Ouvra- ¡
ge.C'est ce qui a esté parfaire:
ment bien representé parune Devise,
dont le Corps est un Soleil
arresté par l'ordre de Josué,com-
-
battant contre les Alllaiccites)
Ennemisdu Peuple de Dieu,avec
ces mots.
Stantem viftoriacertafequetur.
La pensée en est heureuse, & les
quatre Vers suivans l'expriment
d'une maniere également noble
& naturelle.
Contre les Ennemis envieux de si
gloire,
Du Soleil autrefois le Ciel fixa le
cours ;
NOMSflmmes feurs de la viBoire,
Si d'un autre Soleil il prolonge les
iguri.
L'Autheurde cetteDevise cft
un jeune Homme (ritialité, de
dix-sept ans, d'unesprit rare, & d'une application extraordinaire,
c'est le Fils aisné de Mrle Mazuier,
Procureur General auParlementdeToulouse,
dont le zele
pourles interests du Roy & de la
Religion estassez connu. Ilasoûtenu
avec applaudissement une de
ces Theses de universelles,que si peu sopersûonnets eentrnepreinnren.t de
Si je voulois attendre la fin des, Conversions, dont les nouvelles
me viennent de tous costez, je ne finirais point cetArticle. Je les remetsjusqu'au
mois prochain,dans
lequel temps j'espere queje vous entretiendray du changement de
tout ce qui reste de Calvinistes en France. Je croymesme qu'il y a déjà beaucoupplus de Villes en-*
rarementCatholiques que je ne
nous en ay nommé, l'empresse-
¡jfnt estant si grand à fc rendre,&
nouvelles des Abjurations qui
font en Corps, arrivent en si.
.'ivand nombre, que l'on en perd
memoire.
de plaisir, que Mademoiselle
Bernard de Roüen, pour qui
îles galants Ouvrages qui ont
«[parud'elle vous ont donné
citant d'estime
, a fait Abjuration
depuis huit jours. Coinnme
elle a infiniment de l'ef-
1 prix, il est aisé de juger qu'elle
n'a renoncé aux erreurs où
à sa naissàncel'avoit engagée,
» ijuaprès une serieuse & lon-
R gue recherche de la verite.
Mais, Madame,il iR s'agit
plus de vous parler de la Con.
versîon des Particuliers,conmej'ay
fait dans la pluspart
de mes Lettres, il faut presentement
vous entretenir
descelledequantité de Villes
entieres. Lezele deSa Majesté
pour la gloire de Dieu, ôc
sa bonté pour tous ses Sujets;
l'ayant engagé à travailler
O \D, avec degrands foins au salut
des Ames de ceux qui étoient
nez dans la Religion Prétendue
Reforme'e,beaucoup des
principaux de cette Religion,
se font fait instruire
; & comme
ilsavaient plus de lumieres
& plus d'esprit que les autres,
ils ont eu aussi plus de
pénétration, pour reconnoître
que la seule Eglise Catholique
elt la veritable. Beaucoup
ont écrit les Motifs qui
;
les avoient en gagez à se convertir,
& je vous ay fait part
Touvent de ces beaux Ouvrages.
Les moins éclairez,
voyant les plus habiles d'entre
eux, & sur lesquels ils re-
Igloient leur créance, convaincus
des erreurs du Cal-
'viniime
",
se fontrendus en
foule, & voilà à quoy sont
deuës la plus grande partie
des Conversions que nous
voyons tous les jours. Cela
est si vray,que le changement
qui est arrivé dans toutelaVille
de Castres, est une
fuite de celuy de deux personnes
connuës de toute
l'Europe, par la force & par
la beauté de leur esprit. Ce
sont Mr Dacier & Mademoiselle
le Fevre sa Femme,dont
les Ouvrages sont si estimez
de tous les Sçavans. L'Abjuration
qu'ils firent le dernier
mois, de la Religion Prétenduë
Reformée, fut fuivie
de celle de beaucoup de
Personnes de marque, à qui
ces illustres Convertissent;
signer une Délibération de
rentrer dans l'Eglise Catholique.
Ces Conversions en j
attirerent d'autres, ôc c'est
par là que celles qui se font:
faites depuis en sigrad nomItre
dans toutes les Villes du
Languedoc ont commencé.
Vousle pouvezvoir par cette
Réponse queMrDacierafaite
àuneLettre de MrMitton,
dont le merite est connu de
tout le Inonde, & qui luy
uvoit écrit pour l'exhorter à
ouvrir les yeuxà la verité.
A Castres le'jj, Septembre 1685, LE S marques que vms me
donner de vostreAmitié
Jidonjieur3 me fontsi cheres &
siprecieusesJ que je riay pû lire
,sans des transports de joye la Lettre
que vous m'ave^ fait l'honneur
de m'écrlre. Je Juisçerfuadé - que celle que jevousécrisaujourd'hui
ne vous en donnera pas
moins j car elle vous apprendra,
que ma Femme & mey pommes
tres-bons Catholiques. Neus le
prions ilya plus de quatremois,
si nous neufjionsménagé les choses
pour rtndrenoflre Conversion
pinsagreable a Dieueau Roy,
& plusutile à noflre Pays.
Cela nous a heureusement 'reü{-
Jy;En nous déclarant,nous avons
olhgélaplus grande partie de
la Ville à nous suivre. Jeudy
derniernous leur flfmes (îgner une
Délibérationtrès-conforme a la
volonté du Roy. Cela entraîne
tout le resse
, & tout Caflres
fera Catholique dans quatre
joufs lon a jujetdeopérer que
ce bon exemple servira d'inftru-
Rion aux Vdles Toffres
, c
peut-eflremesme à tout le Languedoc.
Voilà,Monsieur
;"
la
plus grande nouvelle que vous
puijJiez recevoir. Si ce que nous
avonsfait pouvoit eflre de quel..
que méritéauprès de Sa Majefié,
nous souhaiterions que cela nous
fervifl a nous rapprocher de
vous.A4Femme Gn" moy regretons
extrêmement voflre Conversation.
Nous avonsplus de
besoin que jamais aavoir devant
les yeux les exemples de vojire
politesse ; mais quelque passion
que nous ayons pour cela3 nous
laissons cefoin a la Providence,
de peur mfouiller par des démarches
qui paroiflroient interef-
JeesJaplus fainte & la plus def
înteressée de toutes les Allions.
Faites-nous feulement la grâce
de vous souvenirtoujours de
nous & de nous écrire. Quand
on nous laissera dans nostre Retraite
, nous noferons nous en
plaindre, & nous aimerons toujours
un lieu où par la Benediélion
de Dieu nous avonsforte
de si bons fruits. Je fuis ,
Monsieur, avec tout l'attache,
ment pojjibie
,
Foflre}&c. )i
* 1
>* ".: Il y a par Apostille. Le
-seulOuvrageejue]aye de prcjl,
cess un petit Traitésur la Rcli.
gion. Je l'ttycomposé a mesure
%jueje travail/ois à meclaircir;
il m'a déjà servyy uuttiillement àà
lever les scrupules de ceux quise
font adressèz k moy.
HAVl--HJ Le 2. du mois pasle Mr
l'Evesque de Saintes s'estanc
rendu à Saint Jean d*Angely,
Ville fameuse par ses Rebel.
lions
,
& qui a esté longtemps
le Siege de l'Heresie
fit assembler les Religionnaires,&
leur ayant explique
les intentions du Roy,
touchant leur retour à l'Eglise
Catholique
,
il les assu- *ra que Sa Majesté useroit
toûjours de plus de douceur
à les porter à s'y reÜnir)
que leurs Predecesseursn'avoientemployé
de violence
pour les contraindre à
s'en separer
;
qu'ainsi Elle
vouloit bien leur donner des
marques de ses bontez
, en
leur permettant de s'assembler
pour reconnoistre l'erreur
qu'ilsavoient suivie
leurs Pcres , & eux depuis plus
d'un Siecle
,
& se faire instruire
des Veritez Catholiques
,
sur lesquelles des Personnes
tres capables les éclairciroient
de tous leurs
Doutes.Le 8. du mesmemois
ces Assemblées commencerent
par l'ordre de ce Prelat
,
qui se retirant à Saintes
où le grand nombre de Conversions
qui s' y
faisoient rendoit
sa presence necessaire
laissa ses ordres , au P. Dom
Anselme Clairé
,
Prieur de
l'Abbaye de Saint Jean, qui
fit aussi tost venir le Pere
Dom Laurent Faidy
,
fameux
dans les Controverses,
pour presider à ces Aiïèmblées,
en presence de M le
Lieutenant General
,
& des
autres Magiltrats de la Ville.
On demanda d'abord aux
Religionnaires la cause de
leur separation d'avec l'Eglise
Romaine, & ils furent
favorablement écoutez sur
toutes les difEcultez qu'ils
proposerent, dont ce zelé
Religieux
,
& le Pere Augustin
de Saint Jean d'AngelyCapucin,
tres-fameux
aussi dans les matières de
Controverse,leur donnerent
des solutions plus que susfisantes
; mais comme c'est
1-e caractere des Pretendus
Reformez d'estre opiniastres
à défendre leurs erreurs, Mr
Durand leur Ministre qui
parloit au nom de tous les
autres, témoignoit toûjours,
au moins extérieurement,
qu'il n'estoit pas convaincu
par les Réponses qui luy étoient
faites. Ces Assemblées
furent continuées huit jours,
foir &: matin dans le Palais;
& pendant ce temps,l'obstination
l'emportant toujours
du costé des Religionnaires,
le Pere Prieur de l'Abbaye
qui assistoit, ou quelque Religieux
de sa part, à toutes
ces Conferences, resolut
d'en avoir de particulieres
avec les plus attachez à la
SetÍe de Calvin. Il vit sur
tout le Ministre
,
& Mr le
Valois fameux Avocat dela
Ville, & l'un des principaux
du party, toujours sence en pre- de MrLambert,Lieutenant
General, & de Mf
le Maistre Avocat du Roy.
Il leur apporta de si puissantes
santesraisons qu'enfin illes
convainquit. Ceux-cy en
ayant attiré un grand nombre
d'autres, le Pere Prieur
fit sçavoir à Mr l'Evesque
de Saintes que tout estoit
disposéà une Reconciliation
generale, & qu'on ne faisoit
que l'attendre pour la faire.
Ce Prelat, si consideré
par son grand zele pour
le Salut & pour la Conversion
des Ames
,
se rendit à
S. Jean d'Angely le Dimanche
16. du mois. Il y arriva
à dix heures du matin
& alladescendreàl'Abbaye,
où le Pere Prieur luy rendit
compte de ce quis'estoit
paiTé. A mesme temps Mrle
Lieutenant General, &>'Mr le
Procureur du Roy
,
firent,
venir par son ordre Mr Du-»
rand Ministre
,
& quelques
autres des principaux Reli"
gionnaires dans la grande
Sallede l'Abbaye.Lors qu'ils
furent assemblez, Mr l'Evesque
de Saintes leur fit ravoir
de nouveau les volontez
de Sa Majesté, &
leur ayant representé d'une
maniere aussi honnesteque
douce ,l'obligation où ils
estoient. de s'y soumettre,
le Ministre prit la parole,
ôc luytémoigna au nom de
tous, qu'ils estoient fort resolus
de profiter des bontez
du Roy, & des instructions
salutaires qu'ils avoiét
receuës. Il donna la Declaration
qu'ilavoit projettée
avec ceux desonparty,&
sur quelque équivoque que
Mr l'Evesque y remarqua,il
es obligea de la reformer.
ls se rassemblerent pour ce- a, & après plusieurs conestations
des plus obltincz,
ls se déterminerentenfin à
faire toutes choses comme
on les souhaitoit d'eux. Pour
rendre cette Action plus solemnelle,
ils se trouverent à
deux heures après midy du
mesmejour au Palais, où
l'on alla processionnellement
en cet ordre. Mr Mathias
Bar, Curé Vicaire perpetuel
de la Paroisse,avec
quelques autres Ecclenafciques,
estoit precedé de la
Croix & de la Baniere. Le:
Pere Prieur de l'Abbaye 06
toute sa Communauté marchoient
ensuite, ayant M
FEvetaue à leur telle en habits
Pontificaux. Mrs les
Magistratslessuivoientvêtus
de leurs Robes de Palais,
avec un tres-grand concours
de peuple. Pendant la Procession
y on continua de
Chanter le Veni Creator que
quatreChantres de l'Abbaye
avoient entonnéau pied du
grand Autel, & on le finit
à la porte du Palais. Le Ministre
& les autres Religionnaires
, y attendoient M.
l'Evesquequileurtémoigna
sa joye de les voir dans de
si heureusesdispositions,&
leur demanda si c'estoit de
bon coeur qu'ils se refolvoient
à abjurer l'Herdie j
dans laquelle ilsavoient si
long-temps perseveré. Alors j
le Ministre & tous les autres
répondirent qu'ilsfai-j
soient cette Adion sans nulle
conrrainte
,
& d'autant plus
volontiers qu'on les avoit
convaincus de l'erreur où
ils vivoient. Cela estant fait
M. l'Eveique les fit tous
mettre à genoux,& après
qu'ils eurent abjuré par la
bouche du Ministre à haute
intelligible voix, ils furent
conduitsavec le corps
1
de la Procession au mesme
ordre qu'on estoit venu les
prendre, en; chantant les
Pseaumes
,
In exitu Israël;
SuperaBabilonis, & Miserere
mei Deus. La Procession
s'arrefta à la grande porte
de l'Eglise,& M. l'Evêque
de Saintes leur ayant fait
une Exhortation tres-touchante
, leur donna à tous
l'Absolution de leur heresie,
aprèsquoyils furent introduits
dans l'Eglise par ce
Prélat, qui entonna le Te
Deum. On chanta les autres
Prieres en action de graces,
& ils s'embrasserent tous
tant le Ministre que les autres,
avec desdemonstrations
de joye extraordinaires. Ce
qu'il y a d'admirable
,
c'est
que cette Ville qui a esté si
longtemps infectée del'heresie
,
& qui pendant plus
de vingt années n'avoit [out:
-
sert aucun Exercice de la
Religion Catholique, y elt
rentrée en huit jours par la
feule force de la verité,
sans que l'on air employé
nulle violence, chacun s'étant
fait instruire,&ayant
esté convaincu de ses erreurs.
La Ville de Montpellier
a suivy l'exemple de Saint
[ Jeand'Angely. La Deliberation
ya esté prise par ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée, pour se convertir
en corps, & elle fut conceuLë
een ces termes. jour du mois de Sep':"-
rembrefNous eslans ajjem-,
blek par l'ordre de M. le Duc.
de Noailles
,
Commandant en
Chef dans cette Province
,
qui
tous a exhorte% de Juinjre les
bonnes inspirationsqu'il a plett
d Dieu de donnerd ceux qui fesontàcomme
nous, trouvezfeparez
tie la veritable Eg-par le
malheur de leur naijjance
y
@T
de répondre au zele& auxjàintes
intentions que le Royade voir
tous ses Sujets remis dans feuleReligion une ;Alous avons délibéré
sur cette matierey é'l' nous
avons creu ne pouvoir prendre
un meilleur party cjuedembrafi
ferlaReligionCatholique, Apofiolique
& Romainey que nos Peres ont quittée) renonçant à
toutes les erreurs contraires; En
foy dequoy Mous avons fîgné la
presenteDélibération
que nous
avons portée a M. le Duc de
Noailles
, promettant de faire
Abjuration quand il le trouvera
à-ptopos, dans les formes&en
la maniere prcfcrite par les Regles
de la Religion Catholique.
'--' Ces Conversions font deuës
aux soins de Mr le Duc de
Noaillesaussi-bien qu'àceux
de Mr le Cardinal de Bonzi,
de Mr l'Evesque de Montpellier)
& de Mrsde Baville,
& Daguesseau. Le concours
a esté si grand dans toutl'Evesché
de Montpellier, &
dans les Eglises où l'onrecevoit
les Abjurationsdesgens
de toutes fortes d'Etats, qu'-
on estoit quelquefois deux
heuresàattendre que les p1 1r,e- miers fisseent place aux autres.
La 1 u tres.La pluspart des Catholiques
furent obligez de ce- der la leur aux Convertis, le
premier Dimanche qui suivit laDélibération, tantcesderniers
vinrent en grandnombre
entendre la Messe dans
l'Eglise Nostre-Dame Apres cechangement général, M1- l'Evesque de Montpellieral- laàLunes&à Minguio, re- cevoir l'Abjuration de tous
ceux de ces Communautez
en Corps. SaintGilles,Sommieres,
5c plusieurs autres
Villes&Lieux voisins
, renoncerent
à l'Heresie dans
le mesme temps.
La Ville de Nismes ne doit
pas moins à M. le Duc de
Noailles, pour ce qui regarde
les Conversions que les
autres Villes dont je viens
de vous parler. Ce Duc y a
fait tout ce que le Roy attendoit
de son zele. Il a parlé,
il a pressé,ses raisons ont elle
vives; mais sa douceur, sa
conduite, & son exemple
n'ont pas esté ce qui a le
moins contribué à gagner
les Religionnaires. Il a travaillé
à convertir les Ministres
mesmees &ily a sibien
reiiflî, qu'ayant reconnu leur
erreurilsl'ontpreschée , pu- bliquement; & ce qu'ils ont dit,aprèsavoirestéconvaincus,
a rendu plusde quinze
mille personneà l'FCT]i(p
Mr le Maréchal Ducde
Duraspassant par Nerac
pour se rendre dans son Duché
de Duras,trouva beaucoup
de Peuple assemblé;&
en ayant demandé la cause,
il apprit que les Pretendus
Reformezdéliberoient s'ils
se rendroient Catholiques,
? & que mesme ils agitoient
> des Questions de Religion.
Comme il sçaitparfaitement
».celle de Calvin, parce qu'il
en a esté, il disputa, & leur fit
connoistre si clairement que
l'Eglise Catholique est la veritable
Eglise, qu'ils se convertirent
tous. Il fit la mesme
chose dansle Duché de
Duras, où par ses lumieres
& ses soins il ne reste aucun
Religionnaire. Un Obstiné
qui tenoit une Bible,luy
ayant fait voir un Passage,
par lequel il combattoit les
veritez de nostre Religion,
D
ce Duc prit la Bible, & layli
fit lire plus bas l'eclaircisse
ment de ce Passage. Le Reli-
gionnairè changea aulIi-tolHl,
desentimens, & plusieurs seil
convertirent aussi-bien que
luy.Lereste suivit.prelque.-)i
-aussi-tost. Mr de Durasarrivai
de Guienne, lors quele Roy v<
partit de Chambor pour Fon- tainebleau, & il asseura qu'illi
y avoit déja en ce temps-là il
cent quinzemille nouveaux XI i1ce.
Le Peuple estant assemblé
àMilhau,Ville de Roüergue, u
pourdéliberer s'il se convertiroit
ou nom, il y en eut qui
s'aviserent de se demander
les uns aux autres pourquoy
ils estoient de la Religion de
Calvin. - On foüilla juique
t dans l'origine, & l'on trouva
que la Ville estant autrefois
toute Catholique, ceux
; qui estoient du party contraire,
se trouvant avec une
Armée à leurs Portes, pen--
dant les Guerres Civiles que
*
la Religionavoitexcitées,les
avoient engagez à prendre
la leur; & il fut conclu ,que
l puis que ce n'estoit point par
une parfaiteconnoissance de
la vraye Religion, qu'ils a--
voient quitté celle de leurs
Peres, il estoit injuste de balancer
plus long-temps à -, y y
rentrer.
Le 2. de ce mois, il y eut il
une semblable Déliberation n
dans la Ville d'Alais. Mr le
Marquis de la Fare, Gouver- -1
neur de Biescou, & Mrdela
Fare Gaujac sonFrere,cy-de-À
vant Capitaine de Cavalerie,
qui y resident tous deux, es- J
tant entrez en négociation
avec quelques-uns desPre- -'
tendusReformez,pour les z\
engager à le soûmettre à la
volontédu Roy, leur apporterent
dès raisons si fortes,
qu'enfin ils les firent consentir
à s'assmbler pour déliberer
en Corps de Communauté
de se rendre Catholiques
Ainsi le jour que je viens de
vous marquer ,
ils firentune
Assemblée de tous les Chefs
de Famille, en presence de
Mrs de la Fare, & ceux qui.
avoient le plus de lumieres;
ayant entrainé les plus ob-.
stinez, la Déliberation fut:
prise
,
& signée conformément
aux intentions de Sa
Majesté
, par tous ceux de
l'Assemblée, au nom de tous,,,
les Religionnaires; après
quoy on députa deux des
principaux Habitans
, pour
l'aller porter à M. le Duc de
Noailles qui estoit à Nifines.
Cette Conversion a esté de
prés de quatre mille personnes,
en sorte qu'il ne reste
plus dans Alais que quelques
Femmes qui n'ont pas voulu
quitter si toit la Religion où
elles sont nées. b
Je ne puis mieuxvous apprendre
ce qui s' est passé en
Dauphiné,à l'égard des Pretendus
Retormez de cette
Province,qu'en vous faisant
part d'une Lettre qui m'a esté
adressée. En voicy la Copie.
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
A Grenoble, le 6. Oâobre1685, V OM /oüez incejjammenï
noflre ÀugusteCiïlonarque
3 parce quincejjamment la
matiere vous y convie ; mais
Att!oüez, Monsieur, que parmy
tout ce qu'il fait, qui merite des
Eloges, Jes foins & sa vigilance
pour étoufferïHerefe dans
son Royaume, font des sujets
admirables pour les luy attirer..
Il fait comme ces Fils aiftez,
qui travaillentcontinuellement à
reparer les ruines de leur maison,
a remettre dans leur Famille les
biens disPersèz, à rappeller les
Freres é'garez, & à j&ûtenir
l'éclat de leur race. Comme il
est le Fils Asné de l'Eglise3
on voit bien qu'en cette qualité
il s'applique à redonner a cette
bonne Mere les Enfans quelle
avoit perdus, à les remettre en
estat de recevoir d'elle ses careiJes
er ses benedrélions, &
à leur inspirer l' obeissance &
le rtspt Et que les véritables Chrefiiens
luy doivent. On ne trouveplus
de rebelles ny d!obfline^;
toutes les Provinces retentirent
du bruit des Conruerfiensfyequentes.
Ce rieflplus cette France qui
se déchiroit eUe-mesme ; ce ne font
plus des Citoyens acharnez à Je
perdre ou à se corrompre; il n'y a
plus ny interess
3
ny politique, ny
ménagement;les violences& les
contraintes n'ont plus de heu ;
ce riefl iu"avec des femimens
de pieté & de connoissance que
les PretendusReforme^ courent
à la Religion de leurs Peres.
Ils ne se rendentquaprèsavoir
esté inflruits ; ils écoutent la gret..
ce> Ù enfin wut Je faitsi deu.
cement (t)si agreabtementJ que
l'on nentend parler, ny de promessesy
ny de bienfaits, ny de
recompensès, pour des changemens
aujJi jufles que jufquicy ils
o'ntparu difficiles. Je mefuis'volontiers
chargé de VQUâ apprendre
que cess de cette maniéré que ceux
de la Religim Pretenduë Reformée
de Dauphiné ont fait leurs
Conversions, & mesmepresque
par tout en Corps de Communauté.
Ceux du Bailliage de
Briançon ont commencé.Alonfizur
le Bret nostre Intendant>
qui
qui sejt trouve Jur les lieux3 a
admire ce zele, & l'a écrit avec
etonnement. En effet, quinen
auroit de voir les Kullécs de
TrageUa3 de j3uryras & de
Ceptnney où (peIne, on top,t
trouver trois ou quatre Maisons
Catholiques, teJire toutes Ja.ujourd'huy-,
cfy:voir triompher la
véritable Keligion^aprésquelle en Õ Ll 4 eslé bannie pendant un Siecle?
Quinze mille personnesy ontfait
leur Abjuration en moins de huit
jours. Le Bailliage d'Ambrun a,
suivy unfibelExernple.LaVillede
Dye,ou lHercfie avoittoujours
le plus triomphé. ne voit
plm dans Jon enceinte aucun
RclWionnaire,bien quily en eust
huit mille.Les Villes de Gap&
de Montehmart Je font rendues
en Corps de Communauté. Le
Bourg de Menei £n
Triéves,OH
depuis ftx''Vingt ans il riy a eu
aucun Catholique, en est aujourd'hui
remply. Mifoen}la(Jrave9
le Mont Délans
,
dans le Pays
d'oyfans,font revenus de rnef
me. Tout efloit plein d'Heretiques.
LaMurea qui estencore
un zrana Bourg5 Ci" ciont les
Habitans efloient a moitié de
la Religion Pretendué ReformiOe,#
en a plus aucun, &
J J tout cela s'eftfait dans le mois
de Septembre. La Ville de Romans
n-en a plus gueres. Quel
Prodige!Mais ilness jamais
d)obstacles pour les Viéloires de
Louis LE GRAND. Ses Conlquefles
pour le 'Patrimoine de Eghfe-} foqt auJF promptes que
- celles qu'il a-faites pourlefient
Je ne vous du rien encore de Grenoble
, où quantité de gens de
mérité3 de qualité (Ô?d'esprit3si
fontmjlruire.Jmfiiien.tofl fef
pere.yoKsfaÍrepàtt des)grades gjr
fameuses Conversions qui sy pre.
pwent.+Dejalefécond de ce mois,
JV,o~l.e,7.4JtcquescDq;dje/sfDeSeigneur de
Sahon, de Cbafleauneufù de
J\4a^amyConseiller au Parlement
de GrtnobleJ afaitabjuration.
lefuis, Monfi:ur,tojlrr,
&c.
ALLARD, ancien President
en l'Election de Grenoble.
On a eu avis que tous les
Pretendus Reformez de la
Ville deLoudun qui estoient
au nombre de trois mille se
sont aussi convertis. Je ne
vous dis rien de Montauban
ny des Villes des environs,
qui en se faisant toutes
Catholiques, ont precedé
ces Conversions.Onoublie
Jûcoft: à
*
present des miliers
de Convertis,qu'on,
ne faisoit autrefois une feule
personne. Ce qu'il y a d'admirable,
c'estque tous ceux
qui renoncent à Calvin,
-
ont gens éclairez des lulieres
de la Foy, qui reonnoissent
la verité
,
& qui
- rendant d'eux-mesmes iennent , en foule après des
éliberations autentiques &
olontaire,demander qu'on
esreçoive dans la veritable
Eglise.
La Ville de Chastelleraut
suivy l'exemple de Loudun
,
& tout s'y est converty.
Les Pretendus Reformez
des Villes voisines se
font instruire pour les imiter,
& tous les Matelots de
lacoste duPaïs d'Aunixau
nombre de quinze cens ont
embrasséla Religion Catholique,
aussi-bien que tout ce
quireftoit à Lyon qui profesfoit
la Pretenduë Reformée.
Tous les Chefs de ces Familles
qui se montoient à soixante
& dix, yont esté trouver
Mr l'Archevesque,& ont.
déclaré qu'eux &leur famille
estoient prests de renoncer
-
à l'Heresie de Calvin; ce
qu'ils ont signé, aprésquoy
ils ont tous fait Abjuration.
Jamais on ne vit tant d'union
qu'il en a paru en cette
rencontre , entre les Catholiques
Se ces nouveaux
Convertis;ils ne se rencontroient
point sans se donner
des marques de leur joye,
&sanss'embrasser. Tous les
Habitans de la Rochelle ont
fait aussi Abjuration à la reserve
de ceux de quatorze
Familles, dont plusieurs foiu
sur le point d'abjurer com-
• me les autres, s'ils ne l'ont
pas déja fait.
Le Pere Alexis du Bue
Theatin
,
qui depuis plusieurs
années a fait un fr
grand nombre de Conversions,
en a fait encore beaucoup
depuis quinze jours.
Voicy par quelles paroles il
finit sa Controverse le Dimanche21.
de ce mois, en
s'adressantaux Pretendus Reformez.
Enfans de la Terre ; Nouveaux
venus, qui a'VtZ presché
jujqxa present des Nowveautez
JcaxdaleuJes(èf des Dogmes inconnus
à toute l'ancienne Eg/ife;
qquuii nn'1a'Vez débité que des.fort- tdes. fo4-
ges & des calomnies
J
il efrtemps
de former la retraite) de changer
de ~f (~r de vous réunir
ail Corps de J. C. dont vous
vous esses (eparez avec tant din~
juflice. Toutes choses vous invitent
à cette réunion
,
le jifence de
l'Ecriture des Peres sur toi
.Ãrtl'cl. !..:::
A
Articles 1101,Il.; r;, rIl., 17,f-U i l& rric*uvtXifefcydevos
Minières qui vous trompent &
"(Jous seduisent depuis plus d"un
Siecle; l'exemple de vos Freres
qui rentrent en foule dans lE.
glzjè ; veflre propre Salut qui cft
impossible dans le Sclnfme ou vous
vive%.Ajouter atouscesMotifs
les Souhaits duplusgrand Ma-.
narque de la Terre, a qui vous
deveKtout accorder3puis qu'il ne sagit qau~e ddfev~oou~s~attirera la pro- ~r /?rcsession
de la ruerité. Dieu l'afitfl
citéen nosjours pour détruire l'He..
rejie dans le fein de fis Etats5
er pour y faire fleurir la feule
Jtisa£ aj4rt*ja a?er* 7?r»Lin *
—•— l''fU;,
veritMeReligionCatholique,
"¿r jy\jL. V '\V111-"1'{" j '1/1'1. aeflcl'uniqueReligion de tous
les Rays fis Àugufcs Predeces
feurs. Cess à frç pieds que ce
Aionflrefurieux dont les mouvemens
ont esté si violens & si
pernicieux a cette Monarchie,
va eflre dhbatu. Le-Ciel luy a
reserve cette gloire> & danspeu
par la rtdyjance}cette Jc-glise qui
se dit Rej-orrnee
,
qui a esle pendant
douze cens ans invijtble dans
l'Univers,Jeraheureusement invijible
en France. Que la pensée
d'une Aflionjiglorieufe,ogrand
Roy ! remplijje vojlre coeur de
joye. Dieu qui a pris plaisir a
vous revêtir de sa force pour une
si grinde entreprise3 fera Le Proteêîeur
de vostre Personne Sacrée
d'une maniere toute particu.
lirrc. Il vous comblera de Jes
faveurs, il étendra les limites de
vostreRoyaume
, en vous affitjettifJant
psr des Conquefîesglorhufes
ces. Notions Infiddes qui
t 'oublent le repos de ses enfans. Iii\
affermira Voflre Sceptre par /«\
nombre devos Descendans; /&\
élevera VoflreAuthoritépar deae
fus celle des plusgrands Monar..-,:
ques du Monde:Enfin tous lesi^
Ennemis de la Véritéferontdanne
l humiliation edans la douleur^
& le Peuple fidele & obeiflantlu
joiïiudun bon-heurquiferafuir-\
1y des Benediélions du Ciel.
Le Roy voyant que les
Conversions .augnlenroientJf
de jour en jour,que la plus
part des Personnes d'un eflJl:
prit solide avoient abjuré
& que la Tréve luylaissoit
un repos dont ses Ayeux
rm'avoient point joüy
, a en- fin donné un Edit qui porte
JIe dernier coup à l'Heresie.
Cét Edit défend de faire aucun
Exercice public de la
R. P. R dans le Royaume.
LaJustice des Motifs qui
:>ont obligé Sa Majeflé d'en
user ainsi
,
paroist évidente
dans le Discours qui luy sert
b d'avant propos, *& elleest
d'autant plus claire,que pour
J la persuader il n'a fallu qu'exposer
les faits sans aucun
raisonnement. Comme la
Vérité fait plus briller
il ce
Discours que les figures de)j
l'Eloquence, chacun de~3
meure d'accord que l'on n'aL',
jamais rien veu,ny de si prudent
ny de si juste.Voicy
les raisons qui y sont dé^-h
duites. '¡
Henry le Grand,Ayeul
de Sa Majesté, voulant eni'f.
pescher que la Paix qu'il a—i
voit procurée à sesSujets,
après les grandes pert-s2- qu'ilsavoientsouffertespar
la durée des Guerres Civiles xc
& Etrangeres, ne sult trou
blée à l'occasion de la
P. R.comme il eQoir arrivé h
I
sous lesRegnes des Roys les
Predecesseurs, regla par [on
Edit donné à Nantes au mois
d'Avril1598. la conduite
qu'on devoit tenir à l'égard
de ceux de cette Religion
Se les lieux dans lesquels ils
en pouvoient faire l'Exercice.
Il établie des Jugesextraordinaires
pour leur ad.
ministrer la Justice
,
& pourveutmesine
pardes Articles
particuliers A tout ce qu'il
jugea necessaire pour maintenir
la tranquillité dans son
Royaume, & pour diminuer
l'aversion qui estoit entre
ceux de l'une & de l'autre Religion
,
afin d'estre plus en
estat de travailler, comme
il avoitresolu de faire, pour
réünir à l'Eglise ceux qui s'en
estoient si facilement éloignez
; & comme il ne pût
effectuer son intention à cause
de sa mort précipitée, &
que l'execution de cét Edit
fut mesme interrompu pendant
la minorité du feu Roy
par de nouvelles entreprises
des Pretendus Reformez
elles donnerent occasion à,
les priver de divers avantages
qui leur avoientestéaccordez.
Neantmoins usant
de sa clemence ordinaire,
il leur accorda encore nouvel un Edit à Nisimes au
mois de Juillet 1629. au
moyen duquella tranquillité
ayant de nouveau esté
retablie, ce Prince animé
dumesme esprit& dumefme
zele pour la Religion
que Henry IV. sonPredecesseury
resolut de profiter
de ce repos, pour tâcher
d)execurer son pieux
dessein
; mais les Guerres
ellant survenuës peu d'années
après
,
& le Royaume.
ayant esté peu de temps
sans agitation, depuis i6tf.
jusqu'àlaTréve concluë
en 1684. avec les Princes
de l'Europe, il n'a pas
esié possible de faire autre
chose pour l'avantage
de la Religion,que de diminuer
le nombre des Exercices
de la pretendue Reformée
par l'Interdiction de
ceux qui se sont trouvez établis
au prejudice de la disposition
des Edits, & par la
Suppresion des Chambres
my parties dont l'Erection
n'avoit esié faite que par provision.
Dieu ayant enfin permis
que la France joiïilïè
dun parfait repos,& que
le Roy luymesme n'estant
pas occupé des soins de proteger
ses Sujets contre ses Ennemis,
ait pu profiter de cette
Trêve qu'il a facilitée dans
la veuë de donner son entie-
Te application à rechercher
Iles
r
moyens de parvenir au;
succez du dessein des Roys
IHeury IV. & Louis XIIL:
b dans lequel il est entré dés
>1 son Avenementàla Couron-
-
(LUe; Sa Majestévoit prefen-
~tement avec la justerecon-
-
noissance qu'Elle doit à
Dieu, que Tes soins ont eu la
fin qu'Elle s'estoit proposée,
puisque la meilleure & la
plus grande partie de ses Sujets
de la R. P. R. ont embrasse
la Catholique;& d'autant
qu'au moyen d'un si
grand nombre de Conversions,
l'exécution de l'Edit
de Nantes, &tout ce qui a
esté ordonné en faveur de la
R. P. R. demeure inutile;
Elleajugé qu'Elle ne pouvoit
rien faire de mieux pour
effacer entierement la memoire
des Troubles, de la
confusion, & des maux que
le progrez de cette fausse
Religion a causez dans le
Royaume, qui ont donné
lieu à cétEdit, & à tant d'autres
Edits & Déclarations qui
lot preceidée,où qui ont estéfaits
en consequence
, que
de le revoquer en
touteson
étenduë. C'estcequ'Ellea
fait par l'Edit dont je vous
parle, qui a estéenregistré
en la Chambre des Vacations
le 22. de ce mois.
Cet Edit revoque non seulement
celuy de Nantesdonné en
Avril1598. avec les Articles arrestez
le deuxiéme May de la mefme
année, & les Lettres Patenres
qui furent expediées sur ces
Artictes,mais encore l'Edit donné
à Nismes enjuillet 1629. que
Sa Majesté declare nuls, & comme
non avenus; ensemble toutes
les Concevions faites pard'autres
Edits,Declarations&Arrestsaux
Pretendus Reformez, dequelque
nature qu'elles puisssentestre en
consequence dequoy Elle veut& illuyplaist, quetous lesTemples
de ceux de la Religion Pretenduë
Reformée situez dans son Royaume,
Terres & Seigneuries de [on,
obeïssance, soient incessamment
démolis.
Il est défendu par ce mesme
Edità tous Pretendus Reformez,
depluss'assemblerpourfairel'Exercice
de cette Religion en aucunlieu ou
mùfcn particulière, fomquelque prétexte
que ccpu:[fi estre, mesme d'Exercicesréels
eudequand
biences Exercicesauroientesté maintenuspar
des ArrcJIs du Conseild'Etat
; £r à tous SeiTueurs de quelque
condition quils foiintydefaire l'Exercice
dâris leurs Maisons & Fiefs,
le tout à peine contre ceux quiferont
cet Exercice, de confiscation de corps
& de biens.
Les autres Articles sont, !Zflt
tous Ministres de lit Religion Pretendue
Reformée,sortirontdu Royaume
quinze jours aprés la publication de
l'Edit, sans y pouvoir jèjOUÍÍUf au
dd.1, ny pendant ce temps de quinzaine
faireaucun Presche, Ex hortation
ny autrt jonEfiOIJ) à peine des
Gaitrts.
J^ue ceux desMinistresquise convertiront,
continueront àjoüir leur
vie durant, & leurs Veuvesaprès
leur decés
,
tandis quelles seront en
viduité
,
des mefines exemptions de
Taille & Logement de Gens deguerre,
dont ils ont jouy pendantqu'ilsfaisoient
la fonction de Ministres; &
qtt'en outre Sa Majesté leurferapayer,
aujjileur viedurant,unepensionplus
forte d'un tiers que les Apointemens
qu'ils touchoient en qualitéde MinijfTes,
de la moitié de Jaquette Pension
leurs Veuvesjoüiront Iluffi aprés leur
mort, tant qu'elles demeureront en
viduité.
£hte les Miniflres convertis, qui
voudront se faire Avocats , ou prendre
les Degrés de Docteursaux Loix,
feront dijJfnjtz des trois ans d'étude
preferites par les Déclarations duRoy;
& quaprès avoirfubyjes Examens
ordinaires
ordinaires , ils Jiront reccw Docteurs,
s'ils en fontjugez, capables, en payant
feulement la moitiédes Droits que Po,%
a accoufttmé de percevoir de ceux
qu'on reçût en chaque Univerfi*.
Zue les Ecoles particulières pour
l'tnfirucïion des Enfans de ceux de la
Religion Pretendue Refermée,& toutes
les chofts généralement quelconques
,qui peuvent marquer une Concijfion,
quelle quelle puisse tfre
,
en
faveur de cette Religion,front dtfendues.
Jt>u£ les Enfansqui naiflrent des
Prétendu*Reformez, ^feront dorefiulsumt
baptisez, par les Curez, des Paroisses,
estantenjointaux Peres&aux
Meres de les envoyer aux Egltfes J
cet effet là, d peine de cinq cens livres
d'amende ; 6- que ces Enfins
(irontenfuite élever en la Ret;g>,,d,,
Catholique, Apoftotique & Romaine,
a quoy ilcfi ordonné tres-exprefémentauxJugés
des lieux de terni II,
main.
jÇhie ceux de lit Religion ?retendue
Riformée quifesontretirez, duRoyaume
avant la publication de cet Edit,
rentreront dans la poffission de leufs
biens, & en jouiront comme ils auvoientpufaire
s'ils y eBoienttoujours
demeure&
, pourveu qu'ils y reviennentdans
le temps de quatre mois du
jour de cette Publication;au contraire
que les biens de ceux qui dans oe temps
là de quatre mois ne reviendrontpas
dans le Royaume, demeureront confifquez,
en conjequence de la Déclara*
tion du 20. d'Aoufl dernitr.
Zue les Preter,dwReformez,eux,
leurs Femmes & Ensans, ne pourront
îortirdurayamrijc,njtriortcraiiieraf
uurs b"",s&effets,fouspeine des Galèrespourles
Hommes}&deconffcaiicn
de corps & de biens pour les Femmes.
J^ue lesDéclarationsrendues contre
les Relaps, feront executées jiLon
leurforme 6 teneur. Ue ceux de la Religion Prétendue
Reformée,enattendant qu'ilplau
Je 4 Dieu de les éclairtr comme les autres
, pourront demeurer dans les ViL
les & Lieux du Royaume,ycontinuer
leurcommerce,de/(Ûrs liens,
sans qu'on lespuijfetroubler
fefcher,fouspntexte ny cm- de leur Rclirien
Cet Edit ayant este publié le
jour mesme de l' Enregistrement,
on commença dés le lendemain à
démolir leTempledeCharenton.
Les Conversions estoient déja
tres- nombreusesà Paris, & il y
en avoit tous les jours presque
dans toutes les l'aroilies• & dans
beaucoup de Communautez;de
forte que chacun estant en mouvement
pour son salut,& plusieurs
se convertissant,ou se faisant instruire,
cet Edit, au lieu de produireaucun
des effets qu'on en
auroit pu craindre autrefois
, a
plûtost servy à ébranler les plus
obstinez
,
qu'à leur faire prendre
des fenrimens contraires à leur
conscience& à leur devoir. Ainsi
il y a lieu d'esperer que le reste
des Religionnairesde Paris,suivra
bien-tost l'exemple de ses Freres,
qu'il voit tous les jours courir en
foule aux pieds des Autels. On y
vient de voir Mrle Duc de Ri-
* chemont, Fils naturel du feu Roy
d'Angleterre. Il afait Abjuration
dans la Chapelle du Chasteau de
Fontainebleau,à l'issuë de la Messe
du Roy, en presencede Sa Majesté
& de toute la Cour,entreles
mains de Mrl'Evesque deMeaux,
qui luy fit un tres beau Discours
sur ce iujer.
J'apprens que Mr le Marquis
de Mirepoix s'est fort distingué
,4
par le zele qu'il a fait voir pour
la Conversion des Pretendus Reformez.
Comme il est extremément
aimé dans cette Province,
luy seul, c'est à dire, suivy de sa
feule Maison,sansaucun aurre secours
,
il a fait changer de Reli.
gion, par son éloquence, & par
la force de la vérité à tout ce qu'il y en avoir dans Mazeres
le Carla , , Saverdan, Lasbordes,
Savarat, Camarade, Mazdazil.
L'exemple, de ces sixVilles,qui
sont des plus importances de la
Province, a esté suivy detousles
Religionnaires des environs. Mr
de la Berchere Intendant de
Guyenne, qui alla joindre M'll
Marquis de MirepoixàMazeres,
seconda tres bien son zele. Mr
l'Abbé de Pailhez de qui cette
Villedépend, n'y fut
pas inutile,
& s'y comporta d'une maniéré
digne de luv. Je vous écriray le
mois prochain les circonstances
de cette grande Action.
Quelque difficile que foit la
Conversion des Heretiques,nous
en voyons aujourd'huy la France
presque entièrementpurgée. Ce
miracle est dû au zele, à la pieté,.
& aux foins du Roy,& il suffit que
ce grand Monarque vive pour
achever un si surprenant Ouvra- ¡
ge.C'est ce qui a esté parfaire:
ment bien representé parune Devise,
dont le Corps est un Soleil
arresté par l'ordre de Josué,com-
-
battant contre les Alllaiccites)
Ennemisdu Peuple de Dieu,avec
ces mots.
Stantem viftoriacertafequetur.
La pensée en est heureuse, & les
quatre Vers suivans l'expriment
d'une maniere également noble
& naturelle.
Contre les Ennemis envieux de si
gloire,
Du Soleil autrefois le Ciel fixa le
cours ;
NOMSflmmes feurs de la viBoire,
Si d'un autre Soleil il prolonge les
iguri.
L'Autheurde cetteDevise cft
un jeune Homme (ritialité, de
dix-sept ans, d'unesprit rare, & d'une application extraordinaire,
c'est le Fils aisné de Mrle Mazuier,
Procureur General auParlementdeToulouse,
dont le zele
pourles interests du Roy & de la
Religion estassez connu. Ilasoûtenu
avec applaudissement une de
ces Theses de universelles,que si peu sopersûonnets eentrnepreinnren.t de
Si je voulois attendre la fin des, Conversions, dont les nouvelles
me viennent de tous costez, je ne finirais point cetArticle. Je les remetsjusqu'au
mois prochain,dans
lequel temps j'espere queje vous entretiendray du changement de
tout ce qui reste de Calvinistes en France. Je croymesme qu'il y a déjà beaucoupplus de Villes en-*
rarementCatholiques que je ne
nous en ay nommé, l'empresse-
¡jfnt estant si grand à fc rendre,&
nouvelles des Abjurations qui
font en Corps, arrivent en si.
.'ivand nombre, que l'on en perd
memoire.
Fermer
Résumé : Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
Au XVIIe siècle, la France a connu plusieurs conversions au catholicisme parmi des figures influentes et des intellectuels protestants. Des personnalités respectées comme Monsieur Dacier et sa femme ont inspiré ces conversions. Des assemblées et des entretiens privés à Castres et Saint-Jean-d'Angély ont encouragé les protestants à revenir au catholicisme, aboutissant à des abjurations publiques. Des villes comme Montpellier, Saint-Gilles, Sommières, et Nîmes ont également vu des conversions massives, influencées par des figures telles que le Duc de Noailles et le Maréchal Duc de Duras. En Dauphiné, des milliers de personnes ont abjuré leur foi réformée à Briançon, Ambrun, et Lyon, grâce à des acteurs clés comme le Père Alexis du Bué. Le texte met en avant les mesures prises par le roi pour promouvoir le catholicisme et met en garde contre les dangers des 'Minières'. Il souligne l'importance de la religion catholique, unique foi des rois prédécesseurs. Le roi est encouragé à se réjouir car Dieu le protégera et étendra son royaume. Un édit royal interdit tout exercice public de la religion prétendue réformée (R.P.R.), révoquant ainsi les édits précédents en faveur des protestants, notamment l'Édit de Nantes de 1598 et celui de Nîmes de 1629. Cet édit ordonne la démolition des temples protestants et interdit tout exercice public ou privé de la religion réformée, sous peine de confiscation de biens et de corps. Les ministres protestants doivent quitter le royaume dans les quinze jours suivant la publication de l'édit, sauf s'ils se convertissent. Les enfants nés de parents protestants doivent être élevés dans la foi catholique. Des figures notables comme le Duc de Richmond et le Marquis de Mirepoix sont mentionnées pour leur zèle dans la conversion des protestants. Grâce à la piété et aux efforts du roi, la France est ainsi presque entièrement purgée de l'hérésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
50
p. 265-295
Articles concernant tout ce qui s'est passé touchant les affaires de la Religion, & les Conversions depuis le mois dernier. [titre d'après la table]
Début :
Vous m'avez paru si satisfaite de ce que je vous ay [...]
Mots clefs :
Conversions, Hérésie, Religion prétendue réformée, Abjurations, Arrêts du conseil, Procès, Nouveaux convertis, Roi, Tuteurs, Déclaration, Erreurs, Calvin, Famille, Religion catholique, Paris, Provinces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Articles concernant tout ce qui s'est passé touchant les affaires de la Religion, & les Conversions depuis le mois dernier. [titre d'après la table]
Vous m'avez paru fi fatisfaite
de ce que je vous ay
mandé dans ma derniere
Lettre , fur ce qui regarde la
Religion ; vous y avez veu
un fi grand nombre de Converfions
faites de bonne foy
par des perfonnes d'efprit ,
dont les lumieres en ont entrainé
d'autres , & mefme des
Villes ențieres , que je ne
Novembre 1685. Ꮓ
266 MERCURE
doute point que vous n'at
tendiez que je vous apprenne
aujourd'huy , que cette
Affaire , la plus importante
qui ait jamais eſté entrepriſe,
eft tout à fait confommée .
Elle eft dans des termes qui
donnent lieu de le croire ;
mais quoy que j'aye autant
de chofes à vous en dire que
le mois paffé , il me fera impoffible
de le faire , à cauſe
des grands Articles qui rempliffent
déja ma Lettre ; &
que quand elle feroit moins
avancée , il ne me reſteroit
pas encore affez de place
GALANT. 267
pour vous dire tout ce que
l'on m'a écrit fur cette matiere.
Ma premiere Lettre fuplera
à ce queje feray obligé
de referver. Depuis ma derniere
, on a publié trois Arrefts
du Confeil d'Etat du
Roy.
que
Le premier porte , Que les
Gentilshommes nouvellement convertis
à la Religion Catholique ,
reprendront dans les Eglifes les
meſmes Places Leurs Anceftres
y avoient avant qu'ils fe
fuffent laiffez infecter de l'Herefiey
jouiront de tous les
honneurs que Le changement de
Zij
268 MERCURE
Religion leur ont fait perdre , en
-forte que ceux qui s'en font mis en
poffeffion depuis ce temps - là , ſeront
obligez de les leurceder. Čet
Arreft eft tout remply de
prudence , puifqu'il épargne
toutes les Conteſtations &
les Procez qui pourroient
naître à l'égarddes marques
d'honneur, dont les Gentilshommes
'fe font toûjours
montrez fort jaloux .. Il eſt
bon d'ailleurs que les nouveaux
Convertis rentrant
dans leurs Droits , ayent la
fatisfaction pendant le Service
Divin, de fe voir placez
GALANT. * 269
en lieu d'où ils puiffent bien.
voir & entendre tout ce qui
concerne une Religion dans
laquelle ils peuvent n'eftre
pas encore entierement af
fermis. Cependant comme
le Roy eft fort jufte , & que
les perfonnes qui ont occupé
ces Places , & jouy de ces
honneurs , pendant que les
Gentilshommes qui viennent
de faire Abjuration , ont
profeffé la Religion Pretendue
Reformée, peuvent avoir
acquis quelque titre qui leur
donne droit de les conferver,
Sa Majesté les laiffe en pou-
:
Z.iij
270 MERCURE
voir d'agir par les voyes ordinaires
de la Juftice.
dé-
Le ſecond Arreſt porte
fenfes à tous Avocats , faifant
actuellement profeffion de la Re
ligion Pretendue Reformée , de
faire aucunes fonctions & Avocar
quelque Cour & Jurifdiction
que ce puiffe eftre. Sa Majefté
par fa Declaration du 11. Juilfet
dernier, avoit déja ordonné
qu'il ne feroit plus receu
aucun Avocat Religionnaire
; & ayant reconnu depuis
la publication du dernier Edit
, qui interdit dans tout le
Royaume l'Exercice de lac
GALANT. 271
Religion Pretenduë Reformée
, qu'il eftoit d'une dangereufe
confequence de laiffer
continuer les fonctions
d'Avocats à ceux qui étoient
déja receus , à caufe de l'abus
qu'ils pourroient faire du
credit que leur donne leur
profeffion fur ceux des Prétendus
Reformez qui leur
confient leurs Affaires , &
que
fe fervant contre eux
de leur confiance
, ils pourroient
les empeſcher de ſe
convertir , Elle a voulu y
7
pourvoir par l'Arreſt dont
je vous parle. Vous en voyez
Z iiij
272 MERCURE
les raifons , & elles vous pa
roiftront fans doute une fuite
de cette fageffe qui ne fe
dément jamais .
Letroifiéme eft uneInterpretation
de l'Arreſt du Confeil
d'Eftat , rendu le 18. Novembre
1680. par lequel le
Roy avoit accordé une furfeance
aux Marchands nouvellement
convertis . Sa Majeſté
ayant efté avertie qu'ils
pretendent fe fervir en tou
tes fortes d'Affaires du Penefice
qui leur a efté accordé,
& particulierementen celles
qui regarde leur Commerce
GALANT. 273
avec les Etrangers , ce qui
porteroit un préjudice notable
à celuy de fes Sujets , Elle
la
furfeance por- a ordonné
que
tée
par l'Arreft de r680. n'aura
& aucun lieu pour les Lettres
Billets de Change , ny pour les
affaires que les Marchands negotians
& Commiffaires Frangois
pourroient avoir avec les
Etrangers pour raison de leur
Commerce. Cette prévoyance
de Sa Majefté prévient quan
tite d'abus & de defordres ,
& marque la bonté qu'Elle a
pour les Etrangers
.
Il y a eu auffi deux Decla
274 MERCURE
rations du Roy , qui ont efte
enregistrées au Parlement le
17. de ce mois. L'une porte,
Qu'il nefera donné pour Tuteurs,
Subrogé- Tuteurs ou Curateurs
aux Enfans dont les Peres ou Meres
font morts on mourront de la
Religion Pretenduë Reformée ,
des perfonnes de la Religion
Catholique , pour avoir foin de
leur éducation & de leurs biens..
Sa Majesté toûjours équitable
& toûjours prudente , remedie
par là à de grands abus..
En effet , les Tuteurs Religionnaires
fe fervant de la
puiffance que cette qualité
que
GALANT. 275
leur donnoit fur leurs Pupilles,
les traitoient feverement
lors qu'ils témoignoiết queldeffein
de fe convertir ,
que
& leur refufoient mefme les
chofes les plus neceffaires
fous pretexte que l'eftat des
<
biens ou desaffaires de la fuci
ceffion de leurs Peres & Meres
ne permettoit pas qu'on
les élevaft fuiuant leur condition
. On a découvert auffr
que quelques -uns de ces Pu
pilles, n'ayant pas laiffé malgré
ces chagrins , d'abjurer
une Religion dans laquelle
ils ettoient perfuadez qu'ils
276 MERCURE
ne pouvoient
faire leur fa-
Fut , leurs Tuteurs en haine
de ce changement
, ont tellement
embaraffé leurs affai →
res , qu'ils en ont receu de
grands préjudices
lors qu'ils
ont eftéMajeurs
. Il étoit tresimportant
de remedier à ces
defordres , & c'eft ce que Sa
Majefté a fait par cette premiere
Declaration .
La feconde ordonne , Que
fi quelques Religionnaires fortent
du Royaume fans permiſſion , &
en dérobent la connoiſſance aux
Iuges ordinaires des Lieux , ceux
qui les découvriront ou dénonce
GALANT. 277
F
ront ,feront mis en poffeffion de la
moitié des fonds qu'ils auront dénoncez
dans les Pays où la Confifcation
a lieu; & que dans ceux
où elle n'eft pas receuë , la moitié
des fruits & revenus des biens
qu'ils découvriront leur fera donnée
, fans qu'on ait égard à ce qui
pourroit eftre opposé de lapart des
Parens & Heritiers de ceux des
Religionnaires qui fe ſeront ainſi
retirez. Cette Declaration remedie
à la negligence des
-Juges des Lieux , qui n'apportant
pas affez de foin pour
proceder contre les Pretendus
Reformez qui s'écha
278 MERCURE
pent du Royaume , font caufe
qu'ils continuent à joüir
des biens qu'ils y ont laif
fez ,foit au moyen des Contrats
de ventes , Ceffions ou
Tranſports fimulez faits au
profit de leurs Parens & Amis
, foit par
d'autres voyes
cachées . Un peu de rigueur
apparente pour ramener les
trop
faire
opiniaftres , eft avantageufe
à ceux à qui elle femble
nuire , & l'on ne fçauroit
pour les intereſts
de la vraye Religion .
Quoy que j'aye encore
à vous parler de Villes entieGALANT.
279
res converties , & que de fi
grands effets de la Grace &
des foins du Roy , duffent
me faire confondre les particuliers
avec la multitude ,
il y en a neanmoins beaucoup
qui doivent eſtre tirez
de la foule , & qui s'eftant
diſtinguez meritent de l'eftre
dans toutes les occafions
où leur exemple peut contribuer
au falut de leur prochain.
Mr Chardon fameux
Avocat eft de ce nombre.
S'il s'eft converty des derniers,
c'est parce qu'il a voulu
eftre fi bien éclaircy de la
28 > MERCURE
Religion qu'il fongeoit à
embraffer
> qu'il ne luy
reftaft aucun fcrupule. Il avouë
qu'eftant né dans une Religion
tolerée , ily eftoir demeuré;
fans avoir eu le temps juſqu'icy
den approfondir les erreurs ; mais
que lors qu'il y avoit fait refle
xion , il avoit fenty qu'une Religion
fi nouvelle ne pouvoit eftre
la veritable, & qu'il n'avoit pú
douter qu'elle n'euft le fort de ceuxe
qui ayant fait des fortunes trop
prodigieufes , fe trouvent élevez
fibaut , qu'il eftprefque impoffible
qu'ils ne retombent dans le
neant d'où ils font fortis. DeGALANT.
281
puis que ce celebre Avocat
a fait Abjuration , il a plaidé
la caufe de Dieu en plufieurs
endroits où il s'eft trouvé avec
desPretendus Reformez,
& leur a fait connoiftre qu'il
ne s'eſtoit converty qu'aprés
avoir examiné à loifir & ,
meurement tout ce qui regardoit
l'une & l'autre Religion
, & que s'il n'cuft pas
efté pleinement convaincu
des erreurs de celle de Calvin
, rien au monde n'auroit
efté capable de l'engager à
s'en feparer.
Nous avons encore eu icy
Aa Novembre 1685.
282 MERCURE
*
une Converfion qui a fait
beaucoupdebruit, & qui
fuivie de quantité d'autres.
a eſté
C'eft celle de M'Foreftier na
tifde Montpellier, qui ayant
eft en Hollande dés l'âge de
fix ans y fut élevé, & employé
par les Etats Generaux , premierement
auprés de M'le
Marquis de Monpoüillan ,
Lieutenant General de leur
Cavallerie; il eftoit auprésde
luy en qualité de Miniſtre
& il eut cette mefme qualité
auprés de leurs Ambaffadeurs
à
Conftantinople & à
Smirne, & en dernier lieu auGALANT.
283
prés de l'Ambaffadeur qu'ils
ont aujourd'huy en France.
Il a fait Abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , & a proteſté qu'à
l'avenir , il confacreroit fa
vie au fervice de l'Eglife Romaine.
Quelques gens cha
grins de ce changement , &
qui d'ailleurs n'eftoient pas
trop fatisfaits de ce qu'il pe
netroit dans leur conduite
plus qu'il n'auroiết fouhaité,
F'ont accufé de quelques def
ordres afin de noircir la Con
verfion ; mais malgré tout
ce qu'on a pû faire , la verité
Aa ij
284 MERCURE
a efté connue , & il n'a aucun
befoin que je juftifie
fon innocence.
. LeLe 15. de ce mois , M¹ Frizes
, quia efté Receveur General
pour Sa Majefté dans
la Generalité de Montpellier,
fit Abjuration avec toute fa
Famille & les Domestiques
.
entre les maius de Mr l'Archevefque
de Paris . Il def
cend de feu Meffire Simeon
Frizes , Baron de Sauve en
Languedoc , qui fut Secretaire
d'Etat & des Comman
demens , fous les Regnes de
Charles IX. Henry III. &
GALANT. 285.
I Henry IV. Sa Converfion
qui s'eft faire en prefence de
quantité de perſonnes de
qualité & de merite , a efté
d'une grande édification , &
doit fervir d'autant plus
perfuader les plus obſtinez,
que M ' Frizes eftoit un des
vingt - quatre Anciens du
Confiftoire de Charenton. Il
avoit toûjours paru des plus
zelez pour la Religion de
Calvin , & il n'a épargné
aucuns efforts pour la foûtenir
tant qu'il la crue
bonne .
Dáns le temps que le Tom
286 MERCURE
beau du Marefchal de Gafſion
s'eſt trouvé enfevely
fous les raynes de Charenton
, la derniere perfonne de
ce nom a fait Abjuration de
l'Herefie entre les mains du
Pere Robinet Jefuite. Elle eft
du Diocefe de Bourges, Veuve
de Meffire Frederic Henry
de Gaffion , & s'appelle
Sufanne Durand . Elle ne s'eft
convertie qu'aprés s'eftre
fait inftruire pendant une
année entiere , & ayoir ellemefme
verifié tous les Paffages
de l'Ecriture , qui pouvoient
fervir à la détromper.
GALANT. 287
Mr & Madame la Marqui
fe de Loftange ont fait la
mefme chofe, & s'y font ſentis
tellement pouffez par la
verité de la Religion Catholique
, que l'Edit de Nantes
n'eftoit pas encore revoqué
lors qu'ils fe font convertis .
Le bruit que fit il y a un
an l'Abjuration de M d'Arbaut
, Gentilhomme
de Nifmes
de l'Academie Royale
d'Arlus , m'oblige à vous informer
des fuites qu'elle a
euës à l'égard de Mademoifelle
d'Arbaut fa Fille. C'eft
une jeune perfonne qui a un
288 MERCURE
merite & des qualitez auffi
diftinguées qu'il y en ait par
my celles de fon fexe qui
font estimées les plus accom
plies. Ce digne Pere , qui avoit
paffé dans les plus confiderables
Emplois dont ceux
de la R. P. R. favorifent les
plus zelez de leur Secte , &
qui ayant d'ailleurs des talens
extraordinaires , s'eftoit
toû ours trouvé dans les Af
faires les plus importantes &
les plus fecretes de cette
Religion , fut enfin aſſez
heureux pour eftre defabu
fé de fes erreurs par les forns
de
GALANT. 289
deM ' l'Evefque deMirepoix.
fon Abjuration
Il
s'attira par
l'eftime
des Etats de Languedoc
qui luy en marquerent
une extrême
joye ; mais
dans
ce bonheur
il eut le
chagrin
de ſe voir abandonné
de Madame
d'Arbaut
fa
Femme
, qui le quitta
avec
ſept ou huit de ſes Enfans
,
& ne luy laiffa
que Mademoiſelle
d'Arbaut
fa Fille
aifnée
, que fa prudence
&
d'autres
raifons
retinrent
auprés
de luy, fans qu'elle
donnaft
aucun
fujet
d'efperer
qu'on
puft luy rendre
fuf-
Bb
Novembre 1685.
290 MERCURE
pectes les Maximes de Calvin
, dans lesquelles elle paroiffoit
entierement invinci
ble. Une opiniâtreté
ſi peu
commune dans une jeune
perfonne , qui avoit devant
les yeux l'exemple d'un Pere
fçavant & habile , étonnoit
tous ceux qui tâchoient de
la combattre. Elle dura une
année , mais enfin M' d'Arbaut
, aprés des foins & des
remontraces inutiles , l'ayant
fait réfoudre de paffer quelques
jours à Arles auprés de
Madame l'Abbeffe de Saint
Cefaire , Soeur de M' Rofe ,
GALANT. 291
pendant qu'il alloit ailleurs
pour quelques affaires , on
gagna fur fon efprit , qui
eft d'une étendue , d'une délicateffe
, & d'une force admirable
, qu'elle entreroit
dans des converfations
aifées
, & fans contrainte , avec
quelque fçavant Ecclefiaftique
qu'elle choifiroit.
pour s'inftruire des veritez
de la Religion Catholique
.
Le Pere Theophile , qui a efté
Provincial des Carmes déchauffez
, tres habile Theologien
& Predicateur
, ayant
efté prié de la voir , luy fit fi
Bb ij
292 MERCURE
bien connoiftre l'erreur où
fa naiſſance l'avoit engagée,
qu'aprés plufieurs Conferen
ces fe fentant entierement
convaincuë , elle confentit à
faire Abjuration , & le fit
fçavoir à M' l'Archevefque
d'Arles. Il en eut une joye
qu'il feroit difficile d'exprimer
, & malgré fon âge extremément
avancé, il voulut
faire luy-même les Ceremonie
de cette Abjuration . Elles
furent faites la veille de
la Touffaints dans laChapelle
de fon Palais , qui quoy que
fort grande , ſe trouva toute
GALANT. 293
remplie d'un concours extraordinaire
de Perfonnes de
qualité. Ce Prelat reveſtu de
fes habits Pontificaux fit un
Difcours fi touchant , & fi
plein de force & d'érudition ,
& l'accompagna d'une fi
grande effufion de larmes
de tendreffe , qu'il fut impoffible
à toute la Compagnie
de s'empefcher d'en verfer.
Cette jeune Demoiſelle s'acquitta
de cette action d'une
maniere toute édifiante , &
fit fa Profeffion de Foy,avec
un zele qui ne laiffa point
douter qu'elle ne fuſt veri-
Bb iij
294 MERCURE
tablement penetrée des veritez
Catholiques .
Páris fuit l'exemple des
Provinces , & on y voit tous
les jours des Converfions
fans nombre. Il ne manquoit
aux Heretiques que d'écou
ter ce que leurs Miniftres
apprehendoient qu'on ne
leur expliquaft trop clairement,
parce qu'ils fçavoient
que la verité leur feroit bientoft
connuë. Jugez combien
ils doivent aux bontez du
Roy , qui les ayant mis en
quelque forte d'obligation
de fe faire inftruire , les a mis
GALANT, 295
en mefme temps dans la
voye du Salut. En effet la
plufpart avoüent qu'ils y feroient
entrez bien plûtoft ,
fi on ne les avoit pas dé
tournez d'entendre la verité
qu'ils reconnoiffent preſentement.
J'apprens que M' Amproux
Confeiller au Parlement de
Paris , furprit agreablement
tous ceux de fa Compagnie
en entrant parmy eux com~
meCatholique,le jour qu'on
fit la Mercuriale.
de ce que je vous ay
mandé dans ma derniere
Lettre , fur ce qui regarde la
Religion ; vous y avez veu
un fi grand nombre de Converfions
faites de bonne foy
par des perfonnes d'efprit ,
dont les lumieres en ont entrainé
d'autres , & mefme des
Villes ențieres , que je ne
Novembre 1685. Ꮓ
266 MERCURE
doute point que vous n'at
tendiez que je vous apprenne
aujourd'huy , que cette
Affaire , la plus importante
qui ait jamais eſté entrepriſe,
eft tout à fait confommée .
Elle eft dans des termes qui
donnent lieu de le croire ;
mais quoy que j'aye autant
de chofes à vous en dire que
le mois paffé , il me fera impoffible
de le faire , à cauſe
des grands Articles qui rempliffent
déja ma Lettre ; &
que quand elle feroit moins
avancée , il ne me reſteroit
pas encore affez de place
GALANT. 267
pour vous dire tout ce que
l'on m'a écrit fur cette matiere.
Ma premiere Lettre fuplera
à ce queje feray obligé
de referver. Depuis ma derniere
, on a publié trois Arrefts
du Confeil d'Etat du
Roy.
que
Le premier porte , Que les
Gentilshommes nouvellement convertis
à la Religion Catholique ,
reprendront dans les Eglifes les
meſmes Places Leurs Anceftres
y avoient avant qu'ils fe
fuffent laiffez infecter de l'Herefiey
jouiront de tous les
honneurs que Le changement de
Zij
268 MERCURE
Religion leur ont fait perdre , en
-forte que ceux qui s'en font mis en
poffeffion depuis ce temps - là , ſeront
obligez de les leurceder. Čet
Arreft eft tout remply de
prudence , puifqu'il épargne
toutes les Conteſtations &
les Procez qui pourroient
naître à l'égarddes marques
d'honneur, dont les Gentilshommes
'fe font toûjours
montrez fort jaloux .. Il eſt
bon d'ailleurs que les nouveaux
Convertis rentrant
dans leurs Droits , ayent la
fatisfaction pendant le Service
Divin, de fe voir placez
GALANT. * 269
en lieu d'où ils puiffent bien.
voir & entendre tout ce qui
concerne une Religion dans
laquelle ils peuvent n'eftre
pas encore entierement af
fermis. Cependant comme
le Roy eft fort jufte , & que
les perfonnes qui ont occupé
ces Places , & jouy de ces
honneurs , pendant que les
Gentilshommes qui viennent
de faire Abjuration , ont
profeffé la Religion Pretendue
Reformée, peuvent avoir
acquis quelque titre qui leur
donne droit de les conferver,
Sa Majesté les laiffe en pou-
:
Z.iij
270 MERCURE
voir d'agir par les voyes ordinaires
de la Juftice.
dé-
Le ſecond Arreſt porte
fenfes à tous Avocats , faifant
actuellement profeffion de la Re
ligion Pretendue Reformée , de
faire aucunes fonctions & Avocar
quelque Cour & Jurifdiction
que ce puiffe eftre. Sa Majefté
par fa Declaration du 11. Juilfet
dernier, avoit déja ordonné
qu'il ne feroit plus receu
aucun Avocat Religionnaire
; & ayant reconnu depuis
la publication du dernier Edit
, qui interdit dans tout le
Royaume l'Exercice de lac
GALANT. 271
Religion Pretenduë Reformée
, qu'il eftoit d'une dangereufe
confequence de laiffer
continuer les fonctions
d'Avocats à ceux qui étoient
déja receus , à caufe de l'abus
qu'ils pourroient faire du
credit que leur donne leur
profeffion fur ceux des Prétendus
Reformez qui leur
confient leurs Affaires , &
que
fe fervant contre eux
de leur confiance
, ils pourroient
les empeſcher de ſe
convertir , Elle a voulu y
7
pourvoir par l'Arreſt dont
je vous parle. Vous en voyez
Z iiij
272 MERCURE
les raifons , & elles vous pa
roiftront fans doute une fuite
de cette fageffe qui ne fe
dément jamais .
Letroifiéme eft uneInterpretation
de l'Arreſt du Confeil
d'Eftat , rendu le 18. Novembre
1680. par lequel le
Roy avoit accordé une furfeance
aux Marchands nouvellement
convertis . Sa Majeſté
ayant efté avertie qu'ils
pretendent fe fervir en tou
tes fortes d'Affaires du Penefice
qui leur a efté accordé,
& particulierementen celles
qui regarde leur Commerce
GALANT. 273
avec les Etrangers , ce qui
porteroit un préjudice notable
à celuy de fes Sujets , Elle
la
furfeance por- a ordonné
que
tée
par l'Arreft de r680. n'aura
& aucun lieu pour les Lettres
Billets de Change , ny pour les
affaires que les Marchands negotians
& Commiffaires Frangois
pourroient avoir avec les
Etrangers pour raison de leur
Commerce. Cette prévoyance
de Sa Majefté prévient quan
tite d'abus & de defordres ,
& marque la bonté qu'Elle a
pour les Etrangers
.
Il y a eu auffi deux Decla
274 MERCURE
rations du Roy , qui ont efte
enregistrées au Parlement le
17. de ce mois. L'une porte,
Qu'il nefera donné pour Tuteurs,
Subrogé- Tuteurs ou Curateurs
aux Enfans dont les Peres ou Meres
font morts on mourront de la
Religion Pretenduë Reformée ,
des perfonnes de la Religion
Catholique , pour avoir foin de
leur éducation & de leurs biens..
Sa Majesté toûjours équitable
& toûjours prudente , remedie
par là à de grands abus..
En effet , les Tuteurs Religionnaires
fe fervant de la
puiffance que cette qualité
que
GALANT. 275
leur donnoit fur leurs Pupilles,
les traitoient feverement
lors qu'ils témoignoiết queldeffein
de fe convertir ,
que
& leur refufoient mefme les
chofes les plus neceffaires
fous pretexte que l'eftat des
<
biens ou desaffaires de la fuci
ceffion de leurs Peres & Meres
ne permettoit pas qu'on
les élevaft fuiuant leur condition
. On a découvert auffr
que quelques -uns de ces Pu
pilles, n'ayant pas laiffé malgré
ces chagrins , d'abjurer
une Religion dans laquelle
ils ettoient perfuadez qu'ils
276 MERCURE
ne pouvoient
faire leur fa-
Fut , leurs Tuteurs en haine
de ce changement
, ont tellement
embaraffé leurs affai →
res , qu'ils en ont receu de
grands préjudices
lors qu'ils
ont eftéMajeurs
. Il étoit tresimportant
de remedier à ces
defordres , & c'eft ce que Sa
Majefté a fait par cette premiere
Declaration .
La feconde ordonne , Que
fi quelques Religionnaires fortent
du Royaume fans permiſſion , &
en dérobent la connoiſſance aux
Iuges ordinaires des Lieux , ceux
qui les découvriront ou dénonce
GALANT. 277
F
ront ,feront mis en poffeffion de la
moitié des fonds qu'ils auront dénoncez
dans les Pays où la Confifcation
a lieu; & que dans ceux
où elle n'eft pas receuë , la moitié
des fruits & revenus des biens
qu'ils découvriront leur fera donnée
, fans qu'on ait égard à ce qui
pourroit eftre opposé de lapart des
Parens & Heritiers de ceux des
Religionnaires qui fe ſeront ainſi
retirez. Cette Declaration remedie
à la negligence des
-Juges des Lieux , qui n'apportant
pas affez de foin pour
proceder contre les Pretendus
Reformez qui s'écha
278 MERCURE
pent du Royaume , font caufe
qu'ils continuent à joüir
des biens qu'ils y ont laif
fez ,foit au moyen des Contrats
de ventes , Ceffions ou
Tranſports fimulez faits au
profit de leurs Parens & Amis
, foit par
d'autres voyes
cachées . Un peu de rigueur
apparente pour ramener les
trop
faire
opiniaftres , eft avantageufe
à ceux à qui elle femble
nuire , & l'on ne fçauroit
pour les intereſts
de la vraye Religion .
Quoy que j'aye encore
à vous parler de Villes entieGALANT.
279
res converties , & que de fi
grands effets de la Grace &
des foins du Roy , duffent
me faire confondre les particuliers
avec la multitude ,
il y en a neanmoins beaucoup
qui doivent eſtre tirez
de la foule , & qui s'eftant
diſtinguez meritent de l'eftre
dans toutes les occafions
où leur exemple peut contribuer
au falut de leur prochain.
Mr Chardon fameux
Avocat eft de ce nombre.
S'il s'eft converty des derniers,
c'est parce qu'il a voulu
eftre fi bien éclaircy de la
28 > MERCURE
Religion qu'il fongeoit à
embraffer
> qu'il ne luy
reftaft aucun fcrupule. Il avouë
qu'eftant né dans une Religion
tolerée , ily eftoir demeuré;
fans avoir eu le temps juſqu'icy
den approfondir les erreurs ; mais
que lors qu'il y avoit fait refle
xion , il avoit fenty qu'une Religion
fi nouvelle ne pouvoit eftre
la veritable, & qu'il n'avoit pú
douter qu'elle n'euft le fort de ceuxe
qui ayant fait des fortunes trop
prodigieufes , fe trouvent élevez
fibaut , qu'il eftprefque impoffible
qu'ils ne retombent dans le
neant d'où ils font fortis. DeGALANT.
281
puis que ce celebre Avocat
a fait Abjuration , il a plaidé
la caufe de Dieu en plufieurs
endroits où il s'eft trouvé avec
desPretendus Reformez,
& leur a fait connoiftre qu'il
ne s'eſtoit converty qu'aprés
avoir examiné à loifir & ,
meurement tout ce qui regardoit
l'une & l'autre Religion
, & que s'il n'cuft pas
efté pleinement convaincu
des erreurs de celle de Calvin
, rien au monde n'auroit
efté capable de l'engager à
s'en feparer.
Nous avons encore eu icy
Aa Novembre 1685.
282 MERCURE
*
une Converfion qui a fait
beaucoupdebruit, & qui
fuivie de quantité d'autres.
a eſté
C'eft celle de M'Foreftier na
tifde Montpellier, qui ayant
eft en Hollande dés l'âge de
fix ans y fut élevé, & employé
par les Etats Generaux , premierement
auprés de M'le
Marquis de Monpoüillan ,
Lieutenant General de leur
Cavallerie; il eftoit auprésde
luy en qualité de Miniſtre
& il eut cette mefme qualité
auprés de leurs Ambaffadeurs
à
Conftantinople & à
Smirne, & en dernier lieu auGALANT.
283
prés de l'Ambaffadeur qu'ils
ont aujourd'huy en France.
Il a fait Abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , & a proteſté qu'à
l'avenir , il confacreroit fa
vie au fervice de l'Eglife Romaine.
Quelques gens cha
grins de ce changement , &
qui d'ailleurs n'eftoient pas
trop fatisfaits de ce qu'il pe
netroit dans leur conduite
plus qu'il n'auroiết fouhaité,
F'ont accufé de quelques def
ordres afin de noircir la Con
verfion ; mais malgré tout
ce qu'on a pû faire , la verité
Aa ij
284 MERCURE
a efté connue , & il n'a aucun
befoin que je juftifie
fon innocence.
. LeLe 15. de ce mois , M¹ Frizes
, quia efté Receveur General
pour Sa Majefté dans
la Generalité de Montpellier,
fit Abjuration avec toute fa
Famille & les Domestiques
.
entre les maius de Mr l'Archevefque
de Paris . Il def
cend de feu Meffire Simeon
Frizes , Baron de Sauve en
Languedoc , qui fut Secretaire
d'Etat & des Comman
demens , fous les Regnes de
Charles IX. Henry III. &
GALANT. 285.
I Henry IV. Sa Converfion
qui s'eft faire en prefence de
quantité de perſonnes de
qualité & de merite , a efté
d'une grande édification , &
doit fervir d'autant plus
perfuader les plus obſtinez,
que M ' Frizes eftoit un des
vingt - quatre Anciens du
Confiftoire de Charenton. Il
avoit toûjours paru des plus
zelez pour la Religion de
Calvin , & il n'a épargné
aucuns efforts pour la foûtenir
tant qu'il la crue
bonne .
Dáns le temps que le Tom
286 MERCURE
beau du Marefchal de Gafſion
s'eſt trouvé enfevely
fous les raynes de Charenton
, la derniere perfonne de
ce nom a fait Abjuration de
l'Herefie entre les mains du
Pere Robinet Jefuite. Elle eft
du Diocefe de Bourges, Veuve
de Meffire Frederic Henry
de Gaffion , & s'appelle
Sufanne Durand . Elle ne s'eft
convertie qu'aprés s'eftre
fait inftruire pendant une
année entiere , & ayoir ellemefme
verifié tous les Paffages
de l'Ecriture , qui pouvoient
fervir à la détromper.
GALANT. 287
Mr & Madame la Marqui
fe de Loftange ont fait la
mefme chofe, & s'y font ſentis
tellement pouffez par la
verité de la Religion Catholique
, que l'Edit de Nantes
n'eftoit pas encore revoqué
lors qu'ils fe font convertis .
Le bruit que fit il y a un
an l'Abjuration de M d'Arbaut
, Gentilhomme
de Nifmes
de l'Academie Royale
d'Arlus , m'oblige à vous informer
des fuites qu'elle a
euës à l'égard de Mademoifelle
d'Arbaut fa Fille. C'eft
une jeune perfonne qui a un
288 MERCURE
merite & des qualitez auffi
diftinguées qu'il y en ait par
my celles de fon fexe qui
font estimées les plus accom
plies. Ce digne Pere , qui avoit
paffé dans les plus confiderables
Emplois dont ceux
de la R. P. R. favorifent les
plus zelez de leur Secte , &
qui ayant d'ailleurs des talens
extraordinaires , s'eftoit
toû ours trouvé dans les Af
faires les plus importantes &
les plus fecretes de cette
Religion , fut enfin aſſez
heureux pour eftre defabu
fé de fes erreurs par les forns
de
GALANT. 289
deM ' l'Evefque deMirepoix.
fon Abjuration
Il
s'attira par
l'eftime
des Etats de Languedoc
qui luy en marquerent
une extrême
joye ; mais
dans
ce bonheur
il eut le
chagrin
de ſe voir abandonné
de Madame
d'Arbaut
fa
Femme
, qui le quitta
avec
ſept ou huit de ſes Enfans
,
& ne luy laiffa
que Mademoiſelle
d'Arbaut
fa Fille
aifnée
, que fa prudence
&
d'autres
raifons
retinrent
auprés
de luy, fans qu'elle
donnaft
aucun
fujet
d'efperer
qu'on
puft luy rendre
fuf-
Bb
Novembre 1685.
290 MERCURE
pectes les Maximes de Calvin
, dans lesquelles elle paroiffoit
entierement invinci
ble. Une opiniâtreté
ſi peu
commune dans une jeune
perfonne , qui avoit devant
les yeux l'exemple d'un Pere
fçavant & habile , étonnoit
tous ceux qui tâchoient de
la combattre. Elle dura une
année , mais enfin M' d'Arbaut
, aprés des foins & des
remontraces inutiles , l'ayant
fait réfoudre de paffer quelques
jours à Arles auprés de
Madame l'Abbeffe de Saint
Cefaire , Soeur de M' Rofe ,
GALANT. 291
pendant qu'il alloit ailleurs
pour quelques affaires , on
gagna fur fon efprit , qui
eft d'une étendue , d'une délicateffe
, & d'une force admirable
, qu'elle entreroit
dans des converfations
aifées
, & fans contrainte , avec
quelque fçavant Ecclefiaftique
qu'elle choifiroit.
pour s'inftruire des veritez
de la Religion Catholique
.
Le Pere Theophile , qui a efté
Provincial des Carmes déchauffez
, tres habile Theologien
& Predicateur
, ayant
efté prié de la voir , luy fit fi
Bb ij
292 MERCURE
bien connoiftre l'erreur où
fa naiſſance l'avoit engagée,
qu'aprés plufieurs Conferen
ces fe fentant entierement
convaincuë , elle confentit à
faire Abjuration , & le fit
fçavoir à M' l'Archevefque
d'Arles. Il en eut une joye
qu'il feroit difficile d'exprimer
, & malgré fon âge extremément
avancé, il voulut
faire luy-même les Ceremonie
de cette Abjuration . Elles
furent faites la veille de
la Touffaints dans laChapelle
de fon Palais , qui quoy que
fort grande , ſe trouva toute
GALANT. 293
remplie d'un concours extraordinaire
de Perfonnes de
qualité. Ce Prelat reveſtu de
fes habits Pontificaux fit un
Difcours fi touchant , & fi
plein de force & d'érudition ,
& l'accompagna d'une fi
grande effufion de larmes
de tendreffe , qu'il fut impoffible
à toute la Compagnie
de s'empefcher d'en verfer.
Cette jeune Demoiſelle s'acquitta
de cette action d'une
maniere toute édifiante , &
fit fa Profeffion de Foy,avec
un zele qui ne laiffa point
douter qu'elle ne fuſt veri-
Bb iij
294 MERCURE
tablement penetrée des veritez
Catholiques .
Páris fuit l'exemple des
Provinces , & on y voit tous
les jours des Converfions
fans nombre. Il ne manquoit
aux Heretiques que d'écou
ter ce que leurs Miniftres
apprehendoient qu'on ne
leur expliquaft trop clairement,
parce qu'ils fçavoient
que la verité leur feroit bientoft
connuë. Jugez combien
ils doivent aux bontez du
Roy , qui les ayant mis en
quelque forte d'obligation
de fe faire inftruire , les a mis
GALANT, 295
en mefme temps dans la
voye du Salut. En effet la
plufpart avoüent qu'ils y feroient
entrez bien plûtoft ,
fi on ne les avoit pas dé
tournez d'entendre la verité
qu'ils reconnoiffent preſentement.
J'apprens que M' Amproux
Confeiller au Parlement de
Paris , furprit agreablement
tous ceux de fa Compagnie
en entrant parmy eux com~
meCatholique,le jour qu'on
fit la Mercuriale.
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Résumé : Articles concernant tout ce qui s'est passé touchant les affaires de la Religion, & les Conversions depuis le mois dernier. [titre d'après la table]
En novembre 1685, la France a connu de nombreuses conversions sincères au catholicisme, impliquant des personnalités influentes dont les décisions ont encouragé d'autres conversions, y compris celles de villes entières. Le roi de France a pris plusieurs mesures pour consolider ces conversions. Trois arrêts du Conseil d'État ont été publiés : le premier permet aux gentilshommes convertis de reprendre leurs places dans les églises ; le second interdit aux avocats protestants d'exercer ; le troisième clarifie une surseance accordée aux marchands convertis. Deux déclarations royales ont également été enregistrées au Parlement : l'une concerne la nomination de tuteurs catholiques pour les enfants de protestants décédés, et l'autre offre des récompenses pour la dénonciation des protestants quittant le royaume sans autorisation. Parmi les conversions notables, on compte Monsieur Chardon, avocat célèbre, Monsieur Foreftier, ancien ministre, Monsieur Frizes, receveur général, Madame Suzanne Durand, veuve de Frédéric Henry de Gassion, Monsieur et Madame la Marquise de Lostange, et Mademoiselle d'Arbaut. Ces conversions sont présentées comme des exemples édifiants. Le texte relate aussi l'histoire d'un père et de sa fille, tous deux impliqués dans des événements religieux significatifs. Le père, après avoir abjuré ses erreurs, vit sa fille, Mademoiselle d'Arbaut, se convertir au catholicisme après des discussions avec des ecclésiastiques. À Paris, plusieurs conversions ont également eu lieu, dont celle de Monsieur Amproux, conseiller au Parlement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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