Résultats : 6 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 1-7
Avant-propos, [titre d'après la table]
Début :
Le nom de Grand a esté donné à beaucoup de Princes, [...]
Mots clefs :
Roi, Auguste monarque, Victoires, Sujets, Religion prétendue réformée, Nouvelles ordonnance, Conversions, Abjurations, Logement de soldats, Hérésie de Calvin, Diminution, Provinces, Poitou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avant-propos, [titre d'après la table]
Enom de Grand a
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Fermer
Résumé : Avant-propos, [titre d'après la table]
Le texte met en lumière les mérites d'un monarque français, qualifié de 'Grand' pour ses nombreuses victoires militaires, ses réformes judiciaires visant à éviter les abus et les procédures longues, ainsi que son zèle religieux. Le roi encourage la conversion des protestants au catholicisme en publiant une ordonnance qui supprime les obstacles à cette conversion. Certains protestants hésitaient à se convertir par crainte des seigneurs locaux, qui pourraient les obliger à loger des soldats. Pour les rassurer, le roi a décrété que les convertis seraient exemptés de loger des soldats et de payer certaines taxes pendant deux ans. Cette mesure vise à favoriser les conversions, et les missionnaires royaux signalent des progrès notables, notamment dans le Poitou où des centaines de personnes se sont récemment converties.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 132-136
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le 7. du dernier mois, Mr. le Comte de Creange, l'un [...]
Mots clefs :
Comte de Créange, Seigneur, Maladie, Abjuration, Hérésie de Luther, Conversions, Religion prétendue réformée, Évêque, Conseiller du Parlement, Cérémonie, Hérésie de Calvin, Mademoiselle , Prières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le 7. du dernier mois,
Mile Comte de Creange,
l'un des plus puiſſans Seigneurs
de la Lorraine Allemande
, abjura l'Heréſie de
Luther, dás l'occaſion d'une
maladie qui le mit en grand
péril. Sa converfion donne
GALANT. 133
d'autant plus de joye, qu'elle
entraînera celle de tout un
grand Peuple, les Sujets ſuivant
en ce Païs- là la Reli
gion de leurs Seigneurs .
Deux jours apres , M. de
StrefCapitaine deCavalerie,
Fils du Colonel de ce nom,
ſi fameux par ſes ſervices,
quitta la Prétenduë Refor.
mée, & en fit abjuration
entre les mains de M. de la
Feüillade Eveſque de Mets,
en préſence de Mide Cogné
Conſeiller du Parlement de
la meſme Ville , qui depuis
deux jours avoit eſté rece
134 MERCVRE
voir ſa Déclaration au Pont
à- Mouſſon . Cette Ceremo
nie ſe fit à Montigny lez
Mets, dans l'Egliſe des Religieuſes
Benedictines de ce
Lieu , dont l'Abbeſſe eſt de
l'ancienne Maiſon de M
Lallemant, ſi recommandable
dans la Robe, & fi connuë
à Paris.
Le 21. du meſme mois,
Mademoiselle d'Iloire, dun
Duché d'Aumale, Mere de
Mademoiselle de Montloüet
, qui demeure à Charenton
, abjura auſſi l'Heréſie
de Calvin dans l'Egliſe
GALANT. 135
de St Eustache , entre les
mains de M. Binard Docteur
en Theologie. Elle
avoit eſté quinze jours auparavant
chez M. Claude
Miniſtre , avec lequel elle
conféra pendant trois heu
res ſur pluſieurs difficultez,
dont Mademoiselle Loir qui
eſtoit préſente , l'avoit priée ,
de luy demander l'éclair.
ciſſement ; & ce Miniſtre
n'ayant pû y fatisfaire , elle
ne balança plus à prendre
party. Mademoiselle Loir
eſt une Perſonne d'eſprit,
dontM.Claude s'eſtoit ſervy
136 MERCVRE
autrefois pour empeſcher la
Converfion de ceux qu'il
voyoit douter, & entr'autres
de la Fille de M. Paneret
Marchand de Vin à Charenton,
avec laquelle, vaincuë
enfin par la force de la
Verité, elle abjura il y a environ
cinq ans , entre les
mains de M. l'Abbé Maillet.
Mile Comte de Creange,
l'un des plus puiſſans Seigneurs
de la Lorraine Allemande
, abjura l'Heréſie de
Luther, dás l'occaſion d'une
maladie qui le mit en grand
péril. Sa converfion donne
GALANT. 133
d'autant plus de joye, qu'elle
entraînera celle de tout un
grand Peuple, les Sujets ſuivant
en ce Païs- là la Reli
gion de leurs Seigneurs .
Deux jours apres , M. de
StrefCapitaine deCavalerie,
Fils du Colonel de ce nom,
ſi fameux par ſes ſervices,
quitta la Prétenduë Refor.
mée, & en fit abjuration
entre les mains de M. de la
Feüillade Eveſque de Mets,
en préſence de Mide Cogné
Conſeiller du Parlement de
la meſme Ville , qui depuis
deux jours avoit eſté rece
134 MERCVRE
voir ſa Déclaration au Pont
à- Mouſſon . Cette Ceremo
nie ſe fit à Montigny lez
Mets, dans l'Egliſe des Religieuſes
Benedictines de ce
Lieu , dont l'Abbeſſe eſt de
l'ancienne Maiſon de M
Lallemant, ſi recommandable
dans la Robe, & fi connuë
à Paris.
Le 21. du meſme mois,
Mademoiselle d'Iloire, dun
Duché d'Aumale, Mere de
Mademoiselle de Montloüet
, qui demeure à Charenton
, abjura auſſi l'Heréſie
de Calvin dans l'Egliſe
GALANT. 135
de St Eustache , entre les
mains de M. Binard Docteur
en Theologie. Elle
avoit eſté quinze jours auparavant
chez M. Claude
Miniſtre , avec lequel elle
conféra pendant trois heu
res ſur pluſieurs difficultez,
dont Mademoiselle Loir qui
eſtoit préſente , l'avoit priée ,
de luy demander l'éclair.
ciſſement ; & ce Miniſtre
n'ayant pû y fatisfaire , elle
ne balança plus à prendre
party. Mademoiselle Loir
eſt une Perſonne d'eſprit,
dontM.Claude s'eſtoit ſervy
136 MERCVRE
autrefois pour empeſcher la
Converfion de ceux qu'il
voyoit douter, & entr'autres
de la Fille de M. Paneret
Marchand de Vin à Charenton,
avec laquelle, vaincuë
enfin par la force de la
Verité, elle abjura il y a environ
cinq ans , entre les
mains de M. l'Abbé Maillet.
Fermer
Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
En Lorraine, le 7 du dernier mois, le Comte de Creange, un puissant seigneur, abjura l'hérésie de Luther après une grave maladie. Sa conversion fut célébrée, car elle influencerait celle de ses sujets. Deux jours plus tard, Monsieur de Streff, capitaine de cavalerie, quitta également la Réforme et fit abjuration devant l'évêque de Metz, en présence d'un conseiller du Parlement de Metz, à Montigny-lès-Metz. Le 21 du même mois, Mademoiselle d'Iloire, du duché d'Aumale, abjura l'hérésie de Calvin à l'église Saint-Eustache. Quinze jours auparavant, elle avait discuté avec M. Claude, ministre, sans obtenir satisfaction. Mademoiselle Loir, initialement opposée aux conversions, avait elle-même abjuré cinq ans plus tôt.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 333-336
Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait plusieurs conversions de Personnes considérables, parmy lesquelles [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Marquis, Duc, Illustre famille, Vicomte, Hérésie de Calvin, Erreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
tolls'est fait plufieurs converfions
de Perfonnes con
fidérables , parmy leſquelles
celle de M le Marquis de
Montaut a donné beaucoup
de joye à M. le Maréchal
Duc de Navailles fon Oncle.
Il eft d'une des plus illuftres
Familles de Bearn , & le feul
qui porte aujourd'huy le
nom de Montaut , par le de
ceds de M. le Marquis de
Montaut fon Coufin.
M. le Vicomte de Beynac
a abjuré comme luy l'Hé
réfie de Calvin , & a fuivy
l'exemple de M. de Beynaç
334 MERCVRE
fon Frere , Meftre de Camp
d'un Régiment de Cava
lerie . Leur Maiſon eft des
meilleures du Perigord.
Dans ce mefme temps.
M. le Chevalier de Vialar,
Capitaine de Chevaux- Legers
dans le Regiment de
Gaffion, a renonce aux me
Crreurs. Il eft de la Fa
mille de M. le Comte de Via
mes
lar, & Domy en Bearn .
M. du Vignau , Gentil
homme de cette mefme Province
, n'a pas peu fervy à
convertir ces deux derniers,
apres s'eftre
tre converty luy-
1001 mefme,
GALANT. 335
mefme. C'eft un Homme
fort éclairé dans les belles
Lettres, & pour qui plufieurs
Illuftres ont une eftime tresparticuliere.
Quoy qu'il ne
foit pas encor avancé en âge,
il poffede entierement les
Peres & l'Ecriture , & il en
tire des preuves fi fortes, que
ceux du Party qu'il a quité,
ne fçauroient que luy ré
pondre.
M. de Chadirac S de Ga
-charnaut, convaincu dès Veritez
dont le Pere Aléxis du
Buc Théatin donne l'éclairciffement
dans les Contro-
Aouft 1681.
Ff
336 MERCVRE
verles , abjura Lundy dernier,
Felte de St Loab noted
Louis, entre
les mains de ce Pere. Cette
action fut d'autant plus folemnelle
, qu'il fit un Dif
cours fort éloquent fur les
motifs qui l'avoient porté
fe convertir. Il le finit par
les Eloges du Roy , qui fé
rend Imitateur de S. Louis
par fon zele pour l'extirpation
de l'Heréfie .
de Perfonnes con
fidérables , parmy leſquelles
celle de M le Marquis de
Montaut a donné beaucoup
de joye à M. le Maréchal
Duc de Navailles fon Oncle.
Il eft d'une des plus illuftres
Familles de Bearn , & le feul
qui porte aujourd'huy le
nom de Montaut , par le de
ceds de M. le Marquis de
Montaut fon Coufin.
M. le Vicomte de Beynac
a abjuré comme luy l'Hé
réfie de Calvin , & a fuivy
l'exemple de M. de Beynaç
334 MERCVRE
fon Frere , Meftre de Camp
d'un Régiment de Cava
lerie . Leur Maiſon eft des
meilleures du Perigord.
Dans ce mefme temps.
M. le Chevalier de Vialar,
Capitaine de Chevaux- Legers
dans le Regiment de
Gaffion, a renonce aux me
Crreurs. Il eft de la Fa
mille de M. le Comte de Via
mes
lar, & Domy en Bearn .
M. du Vignau , Gentil
homme de cette mefme Province
, n'a pas peu fervy à
convertir ces deux derniers,
apres s'eftre
tre converty luy-
1001 mefme,
GALANT. 335
mefme. C'eft un Homme
fort éclairé dans les belles
Lettres, & pour qui plufieurs
Illuftres ont une eftime tresparticuliere.
Quoy qu'il ne
foit pas encor avancé en âge,
il poffede entierement les
Peres & l'Ecriture , & il en
tire des preuves fi fortes, que
ceux du Party qu'il a quité,
ne fçauroient que luy ré
pondre.
M. de Chadirac S de Ga
-charnaut, convaincu dès Veritez
dont le Pere Aléxis du
Buc Théatin donne l'éclairciffement
dans les Contro-
Aouft 1681.
Ff
336 MERCVRE
verles , abjura Lundy dernier,
Felte de St Loab noted
Louis, entre
les mains de ce Pere. Cette
action fut d'autant plus folemnelle
, qu'il fit un Dif
cours fort éloquent fur les
motifs qui l'avoient porté
fe convertir. Il le finit par
les Eloges du Roy , qui fé
rend Imitateur de S. Louis
par fon zele pour l'extirpation
de l'Heréfie .
Fermer
Résumé : Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
En août 1681, plusieurs conversions religieuses notables ont eu lieu. Le Marquis de Montaut, membre d'une famille illustre de Béarn, a apporté une grande joie au Maréchal Duc de Navailles, son oncle, en se convertissant. Le Vicomte de Beynac et son frère, Maître de Camp d'un régiment de cavalerie, ainsi que le Chevalier de Vialar, capitaine de Chevaux-Légers dans le régiment de Gassion, ont également abjuré l'hérésie calviniste. La maison de Beynac est réputée parmi les meilleures du Périgord, tandis que le Chevalier de Vialar appartient à la famille du Comte de Viamés et possède des domaines en Béarn. M. du Vignau, un gentilhomme béarnais érudit en belles lettres, a joué un rôle significatif dans ces conversions après sa propre conversion. Il maîtrise les Pères de l'Église et l'Écriture sainte, impressionnant plusieurs personnes illustres. M. de Chadirac, seigneur de Gacharnaut, s'est converti sous l'influence du Père Alexis du Buc, théatin, et a prononcé un discours éloquent sur ses motivations, concluant par des éloges au roi, comparé à Saint Louis pour son zèle contre l'hérésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 251-253
Autres Conversions, [titre d'après la table]
Début :
On a eu avis de Rheims, que depuis deux mois plus [...]
Mots clefs :
Reims, Soldats allemands, Hérésie de Luther, Hérésie de Calvin, Controverses, Abjuration, Conversion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Conversions, [titre d'après la table]
On a eu avis de Rheims,
que depuis deux mois plus
de quarante Soldats Allemands
, de ceux qui y font
en quartier d'Hyver, ont abjuré
l'Hérefie de Luther &
de Calvin , entre les mains
252 MERCURE
d'un Jacobin de leur Nation,
qui fait de grands fruits en
ce Païs-là.
Le Pere Alexis du Buc ,
Théatin , continue toûjours
à en faire icy de confidérables
, & c'est à fes Controverfes
qu'on doit la converfion
du S Malachie Vedel,
Petit - Nevcu de M Vedel,
l'un des celebres Miniftres
de Geneve . Ceux de Cha
renton, avec lesquels il eſtoit
entré plufieurs fois en conference,
n'ayant pû luy donner
d'éclairciffement qui le
fatisfit fur les doutes que ce
GALANT. 253
Pere luy avoit fait naître , if
fit abjuration entre fes mains
le feptiéme de ce mois .
que depuis deux mois plus
de quarante Soldats Allemands
, de ceux qui y font
en quartier d'Hyver, ont abjuré
l'Hérefie de Luther &
de Calvin , entre les mains
252 MERCURE
d'un Jacobin de leur Nation,
qui fait de grands fruits en
ce Païs-là.
Le Pere Alexis du Buc ,
Théatin , continue toûjours
à en faire icy de confidérables
, & c'est à fes Controverfes
qu'on doit la converfion
du S Malachie Vedel,
Petit - Nevcu de M Vedel,
l'un des celebres Miniftres
de Geneve . Ceux de Cha
renton, avec lesquels il eſtoit
entré plufieurs fois en conference,
n'ayant pû luy donner
d'éclairciffement qui le
fatisfit fur les doutes que ce
GALANT. 253
Pere luy avoit fait naître , if
fit abjuration entre fes mains
le feptiéme de ce mois .
Fermer
Résumé : Autres Conversions, [titre d'après la table]
Depuis deux mois, plus de quarante soldats allemands à Reims ont abandonné les doctrines de Luther et Calvin. Un Jacobin allemand et le Père Alexis du Buc, Théatin, ont réalisé des conversions significatives. Le Père du Buc a converti Malachie Vedel, neveu d'un ministre de Genève, après des conférences avec des protestants de Charenton. Vedel a abjuré le septième jour du mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 89-92
Conversions. [titre d'après la table]
Début :
Il n'est point de lieu où la Grace ne triomphe. Elle [...]
Mots clefs :
Grâce, Triomphe, Coeurs, Hérésie, Seigneur, Familles, Anjou, Religion prétendue réformée, Prince d'Orange, Erreurs, Hérésie de Calvin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions. [titre d'après la table]
Il n'eft point de lieu où la
Grace ne triomphe. Elle .
fçait toucher les coeurs dans
le centre mefme de l'Herefie.
C'eft ce qui vient de
paroiftre en la perfonne de
Meffire Theophile de Fefques
d'Arbouville, Seigneur
de Beauchefne , d'une des
plus nobles & anciennes
Familles d'Anjou . Il fut élevé
par fes Parens habituez
en Touraine , dans la Reli .
gion Pretendue Reformée ,
& envoyé dés l'âge de
Juillet 1685.
H
90 MERCURE
douze ans en Allemagne,
auprés du Prince de Naffau
Tillimbourg. Son merite le
fit confiderer de ce Prince,
& d'autres Perfonnes de
qualité , & comme il cherchoit
les occafions de fe fignaler
, il eut des Lettres de
recommandation auprés de
M. le Prince d'Orange , qui
luy donna d'abord une Enfeigne
, en fuite une Lieutenance
, & puis une Compagnie
dans le Regiment de
Torçay. Aprés quinze années
de fervices en Hollande
, il n'en feroit pas demeuGALANT.
91
ré là , fi quelques Doutes
qu'il eut touchant la Reli
gion qu'il profeffoit , ne luy
euffent infpiré une forte refolution
d'abandonner tout
pour s'en éclaircir. Il fe
rendit à Paris , où il eut plu
fieurs Conferences fur ce qui
caufoit ces Doutes . M. Vi
gnier de Richelieu le voyant,
convaincu de fes erreurs , le
preſenta au Pere de la Chaize
, qui chargea le Pere du
Champ du foin de l'inftruire
, & enfin le dixième de ce
mois , il fit Abjuration de
L'Herefie de Calvin dans
Hij
92 MERCURE
l'Egliſe de Saint Louis , entre
les mains du Pere Bobinet
, par l'ordre de M. l'Archevefque
de Paris . La Ceremonie
fut faite en prefence
de plufieurs Perfonnes de
qualité Parens & Amis , entre
lefquels eftoit Madame
de Marmande fa Soeur , qui
creut ne pouvoir mieux témoigner
fa tendreſſe à ce
cher Frere , qu'en faiſant
prés de cent lieuës pour affifter
à cette action .
Grace ne triomphe. Elle .
fçait toucher les coeurs dans
le centre mefme de l'Herefie.
C'eft ce qui vient de
paroiftre en la perfonne de
Meffire Theophile de Fefques
d'Arbouville, Seigneur
de Beauchefne , d'une des
plus nobles & anciennes
Familles d'Anjou . Il fut élevé
par fes Parens habituez
en Touraine , dans la Reli .
gion Pretendue Reformée ,
& envoyé dés l'âge de
Juillet 1685.
H
90 MERCURE
douze ans en Allemagne,
auprés du Prince de Naffau
Tillimbourg. Son merite le
fit confiderer de ce Prince,
& d'autres Perfonnes de
qualité , & comme il cherchoit
les occafions de fe fignaler
, il eut des Lettres de
recommandation auprés de
M. le Prince d'Orange , qui
luy donna d'abord une Enfeigne
, en fuite une Lieutenance
, & puis une Compagnie
dans le Regiment de
Torçay. Aprés quinze années
de fervices en Hollande
, il n'en feroit pas demeuGALANT.
91
ré là , fi quelques Doutes
qu'il eut touchant la Reli
gion qu'il profeffoit , ne luy
euffent infpiré une forte refolution
d'abandonner tout
pour s'en éclaircir. Il fe
rendit à Paris , où il eut plu
fieurs Conferences fur ce qui
caufoit ces Doutes . M. Vi
gnier de Richelieu le voyant,
convaincu de fes erreurs , le
preſenta au Pere de la Chaize
, qui chargea le Pere du
Champ du foin de l'inftruire
, & enfin le dixième de ce
mois , il fit Abjuration de
L'Herefie de Calvin dans
Hij
92 MERCURE
l'Egliſe de Saint Louis , entre
les mains du Pere Bobinet
, par l'ordre de M. l'Archevefque
de Paris . La Ceremonie
fut faite en prefence
de plufieurs Perfonnes de
qualité Parens & Amis , entre
lefquels eftoit Madame
de Marmande fa Soeur , qui
creut ne pouvoir mieux témoigner
fa tendreſſe à ce
cher Frere , qu'en faiſant
prés de cent lieuës pour affifter
à cette action .
Fermer
Résumé : Conversions. [titre d'après la table]
Théophile de Fèsques d'Arbouville, seigneur de Beauchefne, issu d'une noble famille d'Anjou, fut élevé dans la religion réformée en Touraine. À douze ans, il fut envoyé en Allemagne servir le prince de Nassau Tillimbourg. Grâce à son mérite, il obtint des recommandations auprès du prince d'Orange, qui lui confia diverses responsabilités militaires en Hollande. Après quinze années de service, des doutes religieux le ramenèrent à Paris. Il participa à plusieurs conférences avec M. Vignier de Richelieu, qui le présenta au père de La Chaize. Le père du Foing l'instruisit, et le 10 du mois, il abjura l'hérésie calviniste dans l'église Saint-Louis, sous la direction du père Bobinet et l'ordre de l'archevêque de Paris. La cérémonie se déroula en présence de plusieurs personnes de qualité, dont sa sœur, Madame de Marmande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 137-163
Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
Début :
Mais, Madame, je ne dois pas oublier que je vous ay [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Béarn, Hérésie de Calvin, Succès, Religion prétendue réformée, Religion catholique, Gentilhommes, Religionnaires, Conseillers au Parlement, Lieutenant, Zèle, Seigneurs, Église romaine, Nouveaux convertis, Députés, Acte de délibération, Familles, Foi, Villes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
Mais , Madame,
je ne
dois pas
je vous ay promis la fuite
Aouſt 1685.
oublier que
M
曹
138 MERCURE
des Converfions qui fe font
faites dans le Bearn , pendant
le mois de Juin . Je
vous aurois tenu parole plûtoft
, fans le temps qu'il m'a
fallu employer à concilier
des Relations que j'ay receuës
de divers endroits fur
cette affaire . C'eſt ce qui me
fait vous affeurer que je ne
vous en écriray rien qui ne
foit certain. Je vous ay déja
marqué , que depuis le commencement
de Mars jufques
à la fin de May, plus de
quatre mille cinq cens Perfonnes
avoiét abjuré l'Heré-
1
1
GALANT. 139 *
3
1
fie de Calvin dans cette Province.
Ces heureux fuccez
ont toûjours continué , & les
dix premiers jours de Juin
ont produit plusde trois mille
Abjurations de plufieurs Villes,
Bourgs , &Villages, où M..
Foucault , Commiffaire de
party par Sa Majefté dans
cette même Province , a laif--
fé des Miffionnaires , & tous
les ordres qu'il faut pour
prendre foin de l'inſtruction a
de ceux qui ont demandé du
temps.
Mais ce qui a donné un
grand mouvement aux Con
Mija
140 MERCURE
verfions qui ont fuivy , a
efté la reduction entiere de
la Ville de Salies , dans laquelle
parmy cinq cens Familles
de la Religion Prétenduë
Reformée , il n'y en
avoit pas vingt Catholiques .
Ce fut cette Ville qui du
temps de la Reyne Jeanne,
foûtint un long Siege fur la
Religion Catholique ; ce qui
avoit fait craindre d'abord
qu'il ne fuft fort malaiſé d'en
chaffer l'Heréfie ; mais les
plus cófiderables d'entre les
Gentilhommes & les Bourgeois
ayant abjuré , le PeuGALANT.
141
I
3
S
ple a fuivy , & en moins de
trois jours , il s'eſt converty
plus de deux mille Perfonnes
. M. le Préſident de Gaffion
eftant venu à Salies où
il poffede beaucoup de bien ,
a extrémement contribué
aux Converſions dont je .
vous parle , & comme toutes
les autres Villes du Bearn
avoient les yeux ouverts fur
ce que feroit celle de Salies ;
ce changement genéral de
tous les Habitans les a ébranlées
;
fiter
de
ces
bonnes
difpofide
forte que pour protions
, M. Foucault a fait.
142 MERCURE
deux chofes . La premiere,
a efté d'engager les Sei--
gneurs Catholiques qui ont
des terres où il y avoit des
Religionnaires
, d'aller inceffamment
travailler à leur
Converfion, en quoy ils ont
agy fiefficacement, qu'ils les
ont prefque tous ramenez à
l'Eglife.M.le Préfidét deGaffion
, M " Dorogne , de Candau
, de S. Macary , & Senay,
Confeillers du Parlement de
Navarre , Mrs les Marquis
de Moneins , Senéchal du
Pays de Soulle , de la Taulade
, Lieutenant de Roy , de
GALANT. 143
S
1
Navarreux , M's les Barons
de Boil & d'Affat , & beaucoup
d'autres Officiers &
Gentilshommes , ont utilement
employé le credit
qu'ils ont dans leurs Paroiffes
, pour feconder les intentions
du Roy. Sur tout la
Famille de M. le Baron Darbomave
, n'a rien épargné
dans une occafion fi importante
de ce qui pouvoit fignaler-
fon zele pour la Reli-
B gion Catholique , & pour le
fervicede SaMajefté.La fecó.
de chofe que M. Foucault a
faite , a efté de fe rendre in144,
MERCURE
continent dans les Villes &
dans les Paroiffes qui appartiennent
au Roy , comme
auffi dans celles dont
les Seigneurs font profeffion
de la Religion Prétenduë
Reformée , & pendant:
trois femaines qu'il a employées
à vifiter , à exhorter,
& à faire inftruire les Religionnaires
, il s'eſt fait des
Converfions fans nombre:
dans tous les lieux où il a
efté . Mais ce qu'il y a de
bien
glorieux pour
le
Roy
dans ce grand mouvement
de Religion , c'eſt la ſoumif
fion
1
GALANT: 145
5
fion que les Habitans d'Oleron,
qui eft la plus grandeVille
de la Province, ont témoi
gnéo à fes Ordres , faifant
voir par là qu'ils eftoient
perfuadez qu'ils ne pouvoiết
manquer en fuivant les volontez
d'un Prince , dont
toutes les entrepriſes paroiffent
viſiblement foûtenuës
du Ciel. Ce fage & zelé
Commiffaire qui les fit affembler
en fa prefence , ne
leur eut pas plûtoft fait connoiſtre
que l'intention de Sa
Majeſté eftoit qu'ils ſe fiſfent
inftruire des Principes
Aouft 1685.
1
N
146 MERCURE
de l'Eglife Romaine , qu'ils
demanderent quinze jours
pour le faire , & ce terme
eftant expiré , ils députerent
vers luy M. Colomits , l'un
d'entr'eux , pour luy dire
qu'ils eftoient réfolus d'embraffer
la Religion de leur
Souverain. C'eft ce qu'ils
firent tous avec leurs Femmes
& leurs Enfans , entre
les mains de M. l'Evefque
d'Oleron , & le premier de
Juillet ils affifterent tous à la
Meffe pontificalement celebrée
par ce Prelat , & enrendirent
la Prédication du
GALANT. 147
Is
S
1
Pere Carriere Jeſuite , ayant
à leur tefte M. Goulard Miniftre
, qui s'eftoit converty
quinze jours auparavant , &
qui leur avoit rendu raiſon
des Motifs de fon Abjuration
. Ils vinrent auffi le foir
à l'Eglife , où l'on chanta le
Te Deum , en Action de graces
de cette importante
Converſion . M. l'Evefque
y porta le Saint Sacrement
en Proceffion , & y donna la
Benédiction aux nouveaux
Convertis , & aux autres Catholiques
, dont l'Eglife fe
trouva pleine , & pour mieux
Nij
148 MERCURE
folemnifer le jour heureux
de la réunion de tous les
Habitans d'Oleron fous une
mefme Communion , les Jurats
firent faire des Feux de
joye , & M. Foucaut alluma
le Bucher de celuy qui fut
élevé à la Place publique , au
bruit du Canon & de la
Moufqueterie , & aux acclamatrons
de Vive le Roy . Huit
jours avant le retour des
Prétendus Reformez d'Oleron
à l'Eglife , M. Foucault
retourna à Pau , où dans une
Affemblée des Principaux
de la Ville , il leur fit conGALANT.
149
I noiftre les Motifs preffans
S qu'ils avoient de fuivre au
plûtoft l'exéple de ceux d'Oleron
. Ils luy demanderent
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire . Je n'ay
pas bien fceu quels moyens
il empløya pour réüffir dans
cette derniere entrepriſe;
mais il eſt certain que dés
l'onzième jour , les Habi
tans de Pau luy envoyerent
quatre Députez d'entr'eux .
M. Vidal ancien Avocat
porta la parole , & luy dit ,
Que leur Eglife , fi on pouvoir
encore luy donner ce nom ,
venoir
N iij
150 MERCURE
de les députer pour luy faire connoiftre
, qu'aprés avoir meurement
examiné les Points qui les
avoient tenus fi long- temps ſeparez
de la Communion Romaine , ils
avoiet ouvert les yeux à la verité;
qu'ils eftoient refolus de donner
au Roy , la fatisfaction de les
voir rentrerfousfon Augufte Regne
dans le fein de l'Eglife Catholique
, Apoftolique & Romaine;
qu'ils n'eftoient plus ces Enfans
rebelles & capricieux , qui
méprifoient la voix de leur Mere
, qui ne vouloient écouter
que
ue la voix de l'Etranger ; que
Le Roy qui fe fait un honneur
GALANT. 151
que
d'eftre le Fils aifné de l'Eglife,
les avoit enfin rangez fous fes
loix , mis fous fa Difcipline ,
qu'il leur faifoit prendre ce joug
aife , & ces falutaires chaifnes
leurs Peres avoient fi mal
beureufementbrifes qu'il nefalloit
pas des mains moins puiffantes que
Lesfiennes , pour rendre la veüe à
des Aveugles nez , &pour
transporter des tenebres à la lumiere,&
qu'il eftoit refervé à un Roy
auffi pieux que le LOUIS LE
GRAND , d'éteindre dans
leurs coeurs les fentimens d'une
Religion qu'ils avoient receüe
d'une illuftre Reyne . Ils fini
M. iiij
les
152 MERCURE
rent par des fouhaits , qu'aprés
que noftre invincible Monarque
aura eu ta fatisfaction de
ramener dans l'Eglife fes Sujets
dévoyez,il ait encore la gloire d'y
ranger toutes les Nations infidel
les.
Aprés ce Difcours ces
,
mefmes Députez remirent à
M. Foucault, un Acte de Déliberation
figné de tous les
Chefs de Famille qui
avoient affifté à leur Affeinblée
, conceu en ces termes.
,
GALANT. · 153
N
Ous fous-fignez Habi
tans & Chefs de Fa-
4145 mille de la Ville dePau, ayantfait
juſqu'à prefent profeffion de la
Religion Pretenduë Reformée ,
déclarons que fur ce qui nous a
efté reprefenté par M. Foucault,
Intendant de Bearn Navarre
, que le Roy n'avoit rien plus
à coeur , que de voir tous fes Sujets
reünis fous une mefme Com
munion , & ayant efté informez
que l'on nous avoit déguisé les
veritables fentimens de l'Eglife .
Romaine ; ce qui obligeoit Sa
Majefté qui veille continuelle154
MERCURE
ment au bien & à l'avantage de
fes Sujets , a defirer que nous nous
fiffions inftruire des Veritez Ca.
tholiques , nous aurions fupplié
ledit Sieur Foucault Intendant,
de nous permettre de nous affembler
pour déliberer fur une propofition
fi importante à noftre falut,
cette liberté nous ayant esté
accordée , nous nous sommes affemblez
prefque tous les jours
pendant trois semaines chez le
Sieur de Navailles , Sindic du
Pays de Bearn , & premierJurat
de la Ville de Pau , pour bien
reconnoftre les caufes de noftre feparation
d'avec l'Eglife Romai
GALANT. 155
1
> t nous déterminer fur le
Party que nous avions à fuivre;
fibien qu'aprés avoir meurement
déliberé fur tous les Poincts dans
lefquels
nous
differons , nous aurions
tous d'un commun accord
convenu qu'il eftoit de l'intereft
de nos confciences d'embraffer la
Foy Catholique , Apoftolique &
Romaine. Nous déclarons de
plus qu'encore que le defir de faire
noftrefalut , & la gloire de Dieu
foientles Motifs de noftre changement
; neanmoins l'obeïffance que
nous devons aux ordres de San
Majefté , & la reconnoiſſance
que nous avons de fes foins pa156
MERCURE
•
ternels , ont tres- utilement fervy
à noftre prompte détermination , à
quoy n'ont pas peu contribué les
fages follicitations qui nous ont
efté faites par ledit Sieur Intendant
, qui nous a pris charitablement
par la main pour nous remettre
dans l' Arche . Auffireconnoiffons-
nous dans cette Converfion
, que c'est par fon Canal
que nous avons fenty les effets de
la bonté de noftre Augufte Mo
narque, comme c'est par le Canal
de ce grand Prince , que nous
avons fenty les effets de la Grace
qui nous doit reünir à l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Ros
GALANT. 157 .
maine , que nous déclarons vouloir
profeffer fincerement & de
bonne foy , jusqu'au dernier moment
de noftre vie , enfoydequoy
nous avons figné la prefente Déliberation
à Pau ce 12. Juiller
1685. Ainfi figné Vidal Député,
Faget Avocat & Deyen , la
Vie Avocat, Gruyer Avocat &
Doyen , Dogovein , Faget, Larrieu
Avocat , Remy , Vignat,
Cafaubon Medecin , Blair Avocat
,&c.
Cet Acte de Déliberation
fi folemnel , fut fuivy le Dimanche
15. Juillet , de leur
158 MERCURE
Abjuration , auquel jour on
fit une Proceffion , où le Parlement
& tous les Corps de la
Ville affifterent . Le Te Deum
y fut auffi chanté , & les acclamations
de Vive le Roy ,
furent accompagnées du
bruit du Canon du Château,
& fuivies d'un Feu d'artifice,
& de la décharge de la Mouf
queterie. On peut dire que
la Converfion des Pretendus
Reformez de la Ville de Pau
a efté generale , puis qu'il
n'y refte prefentement que
deux Familles de Gentilshommes
, & une d'un MarGALANT.
159
chand, qui témoignent youloir
perfeverer dans la Religion
Pretenduë Reformée ,
avec les Femmes de trois Of
ficiers du Parlement , & de
quatre autres Bourgeois .
A l'égard des Pretendus
Reformez de la Ville d'Orthez
, qui avoient auſſi demandé
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire ,
M. Foucault s'eftant rendu
à Orthez le lendemain du
jour de l'échéance du terme
qu'il leur avoit accordé, plufieurs
des principaux Habitans
fe convertirent à fon ar
160 MERCURE
rivée, & leur Converfion fut
fuivie le mefine jour de celle
de plus de mille perfonnes,
le lendemain de mille autres ,
& en trois jours il n'y refta
pas deux cens perfonnes de
la Religion Pretenduë Reforinée
, de prés de quatre
mille qu'il y en avoit ;
forte qu'ils font preſentement
réduits à dix ou douze
Familles, qui avec une vingtaine
d'autres s'eftoient engagez
par un Traité , de demeurer
fermes dans leur Religion
, quand mefme tous
ceux qui en faifoient profeſ
de
GALANT. 16T
fion dans le Bearn , fe feroiét
Catholiques,ayat envoyé un
Deputé au Roy, pour le fupplier
de leur permettre d'en
cótinuer l'Exercice ; mais ces
20 autres Familles fe sót détachées,
aprés que M. Foucault
leur a fait
connoiftre que ce
Traité tenoit de la Faction.
Il y avoit encore cent Fa
milles de la Religion Pretenduë
Reformée , dans le Bourg
d'Orthez ; mais M. le Duc de
Grammont , qui en eft Sei--
gneur , leur ayant écrit pour
les engager à fuivre l'exem
ple de tous les autres lieux
Aoust 1685. O
162 MERCURE
de Bearn , elles fe font converties
, à la reſerve de trois
ou quatre qui font entrées
dans le Traité d'affociation
de celles qui perfeverent encore
dans leur opiniaſtreté
à Orthez. Cependant il y a
lieu d'efperer que ce petit
nombre , ainfi que quelques
Gentilshommes , & autres
poffedans des biens nobles ,
qui n'ont pû encore ſe déterminer
, ouvriront bientoft
les yeux à la verité, aprés
un exemple fi perſuaſif , &
fi memorable. Les chofes
eftant en ces termes on
?
GALANT. 163
peut regarder prefentement
le Bearn comme une Province
toute Catholique..
Huit cens Religionnaires
ou
environ difperfez dans toutes
ſes parties , doivent eſtre
comptez pour peu de chofe
fi l'on confidere que c'eft le
refte d'environ vingt deux.
mille , qui rempliffoient les
meilleures Villes & Bourgs
de la Province , & qui étoient
les plus riches. Joignez à
cela que parmy ces nouveaux
Convertis , il y a trois
Miniftres des plus habiles
qui ont fait leur Abjuration
depuis un mois.
je ne
dois pas
je vous ay promis la fuite
Aouſt 1685.
oublier que
M
曹
138 MERCURE
des Converfions qui fe font
faites dans le Bearn , pendant
le mois de Juin . Je
vous aurois tenu parole plûtoft
, fans le temps qu'il m'a
fallu employer à concilier
des Relations que j'ay receuës
de divers endroits fur
cette affaire . C'eſt ce qui me
fait vous affeurer que je ne
vous en écriray rien qui ne
foit certain. Je vous ay déja
marqué , que depuis le commencement
de Mars jufques
à la fin de May, plus de
quatre mille cinq cens Perfonnes
avoiét abjuré l'Heré-
1
1
GALANT. 139 *
3
1
fie de Calvin dans cette Province.
Ces heureux fuccez
ont toûjours continué , & les
dix premiers jours de Juin
ont produit plusde trois mille
Abjurations de plufieurs Villes,
Bourgs , &Villages, où M..
Foucault , Commiffaire de
party par Sa Majefté dans
cette même Province , a laif--
fé des Miffionnaires , & tous
les ordres qu'il faut pour
prendre foin de l'inſtruction a
de ceux qui ont demandé du
temps.
Mais ce qui a donné un
grand mouvement aux Con
Mija
140 MERCURE
verfions qui ont fuivy , a
efté la reduction entiere de
la Ville de Salies , dans laquelle
parmy cinq cens Familles
de la Religion Prétenduë
Reformée , il n'y en
avoit pas vingt Catholiques .
Ce fut cette Ville qui du
temps de la Reyne Jeanne,
foûtint un long Siege fur la
Religion Catholique ; ce qui
avoit fait craindre d'abord
qu'il ne fuft fort malaiſé d'en
chaffer l'Heréfie ; mais les
plus cófiderables d'entre les
Gentilhommes & les Bourgeois
ayant abjuré , le PeuGALANT.
141
I
3
S
ple a fuivy , & en moins de
trois jours , il s'eſt converty
plus de deux mille Perfonnes
. M. le Préſident de Gaffion
eftant venu à Salies où
il poffede beaucoup de bien ,
a extrémement contribué
aux Converſions dont je .
vous parle , & comme toutes
les autres Villes du Bearn
avoient les yeux ouverts fur
ce que feroit celle de Salies ;
ce changement genéral de
tous les Habitans les a ébranlées
;
fiter
de
ces
bonnes
difpofide
forte que pour protions
, M. Foucault a fait.
142 MERCURE
deux chofes . La premiere,
a efté d'engager les Sei--
gneurs Catholiques qui ont
des terres où il y avoit des
Religionnaires
, d'aller inceffamment
travailler à leur
Converfion, en quoy ils ont
agy fiefficacement, qu'ils les
ont prefque tous ramenez à
l'Eglife.M.le Préfidét deGaffion
, M " Dorogne , de Candau
, de S. Macary , & Senay,
Confeillers du Parlement de
Navarre , Mrs les Marquis
de Moneins , Senéchal du
Pays de Soulle , de la Taulade
, Lieutenant de Roy , de
GALANT. 143
S
1
Navarreux , M's les Barons
de Boil & d'Affat , & beaucoup
d'autres Officiers &
Gentilshommes , ont utilement
employé le credit
qu'ils ont dans leurs Paroiffes
, pour feconder les intentions
du Roy. Sur tout la
Famille de M. le Baron Darbomave
, n'a rien épargné
dans une occafion fi importante
de ce qui pouvoit fignaler-
fon zele pour la Reli-
B gion Catholique , & pour le
fervicede SaMajefté.La fecó.
de chofe que M. Foucault a
faite , a efté de fe rendre in144,
MERCURE
continent dans les Villes &
dans les Paroiffes qui appartiennent
au Roy , comme
auffi dans celles dont
les Seigneurs font profeffion
de la Religion Prétenduë
Reformée , & pendant:
trois femaines qu'il a employées
à vifiter , à exhorter,
& à faire inftruire les Religionnaires
, il s'eſt fait des
Converfions fans nombre:
dans tous les lieux où il a
efté . Mais ce qu'il y a de
bien
glorieux pour
le
Roy
dans ce grand mouvement
de Religion , c'eſt la ſoumif
fion
1
GALANT: 145
5
fion que les Habitans d'Oleron,
qui eft la plus grandeVille
de la Province, ont témoi
gnéo à fes Ordres , faifant
voir par là qu'ils eftoient
perfuadez qu'ils ne pouvoiết
manquer en fuivant les volontez
d'un Prince , dont
toutes les entrepriſes paroiffent
viſiblement foûtenuës
du Ciel. Ce fage & zelé
Commiffaire qui les fit affembler
en fa prefence , ne
leur eut pas plûtoft fait connoiſtre
que l'intention de Sa
Majeſté eftoit qu'ils ſe fiſfent
inftruire des Principes
Aouft 1685.
1
N
146 MERCURE
de l'Eglife Romaine , qu'ils
demanderent quinze jours
pour le faire , & ce terme
eftant expiré , ils députerent
vers luy M. Colomits , l'un
d'entr'eux , pour luy dire
qu'ils eftoient réfolus d'embraffer
la Religion de leur
Souverain. C'eft ce qu'ils
firent tous avec leurs Femmes
& leurs Enfans , entre
les mains de M. l'Evefque
d'Oleron , & le premier de
Juillet ils affifterent tous à la
Meffe pontificalement celebrée
par ce Prelat , & enrendirent
la Prédication du
GALANT. 147
Is
S
1
Pere Carriere Jeſuite , ayant
à leur tefte M. Goulard Miniftre
, qui s'eftoit converty
quinze jours auparavant , &
qui leur avoit rendu raiſon
des Motifs de fon Abjuration
. Ils vinrent auffi le foir
à l'Eglife , où l'on chanta le
Te Deum , en Action de graces
de cette importante
Converſion . M. l'Evefque
y porta le Saint Sacrement
en Proceffion , & y donna la
Benédiction aux nouveaux
Convertis , & aux autres Catholiques
, dont l'Eglife fe
trouva pleine , & pour mieux
Nij
148 MERCURE
folemnifer le jour heureux
de la réunion de tous les
Habitans d'Oleron fous une
mefme Communion , les Jurats
firent faire des Feux de
joye , & M. Foucaut alluma
le Bucher de celuy qui fut
élevé à la Place publique , au
bruit du Canon & de la
Moufqueterie , & aux acclamatrons
de Vive le Roy . Huit
jours avant le retour des
Prétendus Reformez d'Oleron
à l'Eglife , M. Foucault
retourna à Pau , où dans une
Affemblée des Principaux
de la Ville , il leur fit conGALANT.
149
I noiftre les Motifs preffans
S qu'ils avoient de fuivre au
plûtoft l'exéple de ceux d'Oleron
. Ils luy demanderent
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire . Je n'ay
pas bien fceu quels moyens
il empløya pour réüffir dans
cette derniere entrepriſe;
mais il eſt certain que dés
l'onzième jour , les Habi
tans de Pau luy envoyerent
quatre Députez d'entr'eux .
M. Vidal ancien Avocat
porta la parole , & luy dit ,
Que leur Eglife , fi on pouvoir
encore luy donner ce nom ,
venoir
N iij
150 MERCURE
de les députer pour luy faire connoiftre
, qu'aprés avoir meurement
examiné les Points qui les
avoient tenus fi long- temps ſeparez
de la Communion Romaine , ils
avoiet ouvert les yeux à la verité;
qu'ils eftoient refolus de donner
au Roy , la fatisfaction de les
voir rentrerfousfon Augufte Regne
dans le fein de l'Eglife Catholique
, Apoftolique & Romaine;
qu'ils n'eftoient plus ces Enfans
rebelles & capricieux , qui
méprifoient la voix de leur Mere
, qui ne vouloient écouter
que
ue la voix de l'Etranger ; que
Le Roy qui fe fait un honneur
GALANT. 151
que
d'eftre le Fils aifné de l'Eglife,
les avoit enfin rangez fous fes
loix , mis fous fa Difcipline ,
qu'il leur faifoit prendre ce joug
aife , & ces falutaires chaifnes
leurs Peres avoient fi mal
beureufementbrifes qu'il nefalloit
pas des mains moins puiffantes que
Lesfiennes , pour rendre la veüe à
des Aveugles nez , &pour
transporter des tenebres à la lumiere,&
qu'il eftoit refervé à un Roy
auffi pieux que le LOUIS LE
GRAND , d'éteindre dans
leurs coeurs les fentimens d'une
Religion qu'ils avoient receüe
d'une illuftre Reyne . Ils fini
M. iiij
les
152 MERCURE
rent par des fouhaits , qu'aprés
que noftre invincible Monarque
aura eu ta fatisfaction de
ramener dans l'Eglife fes Sujets
dévoyez,il ait encore la gloire d'y
ranger toutes les Nations infidel
les.
Aprés ce Difcours ces
,
mefmes Députez remirent à
M. Foucault, un Acte de Déliberation
figné de tous les
Chefs de Famille qui
avoient affifté à leur Affeinblée
, conceu en ces termes.
,
GALANT. · 153
N
Ous fous-fignez Habi
tans & Chefs de Fa-
4145 mille de la Ville dePau, ayantfait
juſqu'à prefent profeffion de la
Religion Pretenduë Reformée ,
déclarons que fur ce qui nous a
efté reprefenté par M. Foucault,
Intendant de Bearn Navarre
, que le Roy n'avoit rien plus
à coeur , que de voir tous fes Sujets
reünis fous une mefme Com
munion , & ayant efté informez
que l'on nous avoit déguisé les
veritables fentimens de l'Eglife .
Romaine ; ce qui obligeoit Sa
Majefté qui veille continuelle154
MERCURE
ment au bien & à l'avantage de
fes Sujets , a defirer que nous nous
fiffions inftruire des Veritez Ca.
tholiques , nous aurions fupplié
ledit Sieur Foucault Intendant,
de nous permettre de nous affembler
pour déliberer fur une propofition
fi importante à noftre falut,
cette liberté nous ayant esté
accordée , nous nous sommes affemblez
prefque tous les jours
pendant trois semaines chez le
Sieur de Navailles , Sindic du
Pays de Bearn , & premierJurat
de la Ville de Pau , pour bien
reconnoftre les caufes de noftre feparation
d'avec l'Eglife Romai
GALANT. 155
1
> t nous déterminer fur le
Party que nous avions à fuivre;
fibien qu'aprés avoir meurement
déliberé fur tous les Poincts dans
lefquels
nous
differons , nous aurions
tous d'un commun accord
convenu qu'il eftoit de l'intereft
de nos confciences d'embraffer la
Foy Catholique , Apoftolique &
Romaine. Nous déclarons de
plus qu'encore que le defir de faire
noftrefalut , & la gloire de Dieu
foientles Motifs de noftre changement
; neanmoins l'obeïffance que
nous devons aux ordres de San
Majefté , & la reconnoiſſance
que nous avons de fes foins pa156
MERCURE
•
ternels , ont tres- utilement fervy
à noftre prompte détermination , à
quoy n'ont pas peu contribué les
fages follicitations qui nous ont
efté faites par ledit Sieur Intendant
, qui nous a pris charitablement
par la main pour nous remettre
dans l' Arche . Auffireconnoiffons-
nous dans cette Converfion
, que c'est par fon Canal
que nous avons fenty les effets de
la bonté de noftre Augufte Mo
narque, comme c'est par le Canal
de ce grand Prince , que nous
avons fenty les effets de la Grace
qui nous doit reünir à l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Ros
GALANT. 157 .
maine , que nous déclarons vouloir
profeffer fincerement & de
bonne foy , jusqu'au dernier moment
de noftre vie , enfoydequoy
nous avons figné la prefente Déliberation
à Pau ce 12. Juiller
1685. Ainfi figné Vidal Député,
Faget Avocat & Deyen , la
Vie Avocat, Gruyer Avocat &
Doyen , Dogovein , Faget, Larrieu
Avocat , Remy , Vignat,
Cafaubon Medecin , Blair Avocat
,&c.
Cet Acte de Déliberation
fi folemnel , fut fuivy le Dimanche
15. Juillet , de leur
158 MERCURE
Abjuration , auquel jour on
fit une Proceffion , où le Parlement
& tous les Corps de la
Ville affifterent . Le Te Deum
y fut auffi chanté , & les acclamations
de Vive le Roy ,
furent accompagnées du
bruit du Canon du Château,
& fuivies d'un Feu d'artifice,
& de la décharge de la Mouf
queterie. On peut dire que
la Converfion des Pretendus
Reformez de la Ville de Pau
a efté generale , puis qu'il
n'y refte prefentement que
deux Familles de Gentilshommes
, & une d'un MarGALANT.
159
chand, qui témoignent youloir
perfeverer dans la Religion
Pretenduë Reformée ,
avec les Femmes de trois Of
ficiers du Parlement , & de
quatre autres Bourgeois .
A l'égard des Pretendus
Reformez de la Ville d'Orthez
, qui avoient auſſi demandé
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire ,
M. Foucault s'eftant rendu
à Orthez le lendemain du
jour de l'échéance du terme
qu'il leur avoit accordé, plufieurs
des principaux Habitans
fe convertirent à fon ar
160 MERCURE
rivée, & leur Converfion fut
fuivie le mefine jour de celle
de plus de mille perfonnes,
le lendemain de mille autres ,
& en trois jours il n'y refta
pas deux cens perfonnes de
la Religion Pretenduë Reforinée
, de prés de quatre
mille qu'il y en avoit ;
forte qu'ils font preſentement
réduits à dix ou douze
Familles, qui avec une vingtaine
d'autres s'eftoient engagez
par un Traité , de demeurer
fermes dans leur Religion
, quand mefme tous
ceux qui en faifoient profeſ
de
GALANT. 16T
fion dans le Bearn , fe feroiét
Catholiques,ayat envoyé un
Deputé au Roy, pour le fupplier
de leur permettre d'en
cótinuer l'Exercice ; mais ces
20 autres Familles fe sót détachées,
aprés que M. Foucault
leur a fait
connoiftre que ce
Traité tenoit de la Faction.
Il y avoit encore cent Fa
milles de la Religion Pretenduë
Reformée , dans le Bourg
d'Orthez ; mais M. le Duc de
Grammont , qui en eft Sei--
gneur , leur ayant écrit pour
les engager à fuivre l'exem
ple de tous les autres lieux
Aoust 1685. O
162 MERCURE
de Bearn , elles fe font converties
, à la reſerve de trois
ou quatre qui font entrées
dans le Traité d'affociation
de celles qui perfeverent encore
dans leur opiniaſtreté
à Orthez. Cependant il y a
lieu d'efperer que ce petit
nombre , ainfi que quelques
Gentilshommes , & autres
poffedans des biens nobles ,
qui n'ont pû encore ſe déterminer
, ouvriront bientoft
les yeux à la verité, aprés
un exemple fi perſuaſif , &
fi memorable. Les chofes
eftant en ces termes on
?
GALANT. 163
peut regarder prefentement
le Bearn comme une Province
toute Catholique..
Huit cens Religionnaires
ou
environ difperfez dans toutes
ſes parties , doivent eſtre
comptez pour peu de chofe
fi l'on confidere que c'eft le
refte d'environ vingt deux.
mille , qui rempliffoient les
meilleures Villes & Bourgs
de la Province , & qui étoient
les plus riches. Joignez à
cela que parmy ces nouveaux
Convertis , il y a trois
Miniftres des plus habiles
qui ont fait leur Abjuration
depuis un mois.
Fermer
Résumé : Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
En juin 1685, plus de trois mille personnes en Béarn ont abjuré le calvinisme, portant à près de huit mille le nombre total de conversions depuis mars. Cette vague de conversions a été facilitée par M. Foucault, commissaire du roi, et des missionnaires. La ville de Salies, connue pour sa résistance au catholicisme, a vu une conversion massive en trois jours, influencée par des notables locaux comme le Président de Gassion. Les seigneurs catholiques ont également encouragé les conversions dans leurs domaines. À Oléron, les habitants ont demandé un délai pour s'instruire avant de se convertir collectivement le 1er juillet. À Pau, après une assemblée, les habitants ont décidé de se convertir après un délai de quinze jours. Les protestants de Pau ont envoyé des députés au roi pour annoncer leur retour au catholicisme. M. Vidal, ancien avocat, a déclaré que cette décision était mûrement réfléchie et motivée par la recherche du salut et l'obéissance aux ordres royaux. La conversion a été officialisée le 15 juillet par une procession et des célébrations. À Orthez, plusieurs habitants se sont également convertis, réduisant significativement le nombre de protestants. En août 1685, seules une dizaine de familles protestantes restaient en Béarn, ayant signé un traité pour maintenir leur religion. Cependant, vingt autres familles se sont retirées après avoir appris que ce traité était perçu comme une faction. Le duc de Grammont a encouragé cent familles protestantes à Orthez à se convertir, ne laissant que trois ou quatre familles fidèles à leur foi. Actuellement, le Béarn est considéré comme entièrement catholique, bien que quelques centaines de protestants dispersés subsistent. Trois ministres protestants influents figurent parmi les nouveaux convertis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer