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1
p. 157-168
Abjurations, [titre d'après la table]
Début :
Si l'Abjuration de Monsieur Vignes, Ministre de Grenoble, a fait [...]
Mots clefs :
Abjuration, Monsieur Vignes, Seigneur, Noblesse, Dauphiné, Religion prétendue réformée, Roi de Navarre, Maison d'Arbaud, Charges, Église catholique, Archevêque, Duc de Noailles, Honnêteté, Conversation, Pasteur, Erreur, Compliments
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texteReconnaissance textuelle : Abjurations, [titre d'après la table]
Si l'Abjuration de Monfieur
Vignes , Miniftre de Grenoble,
a fait grand bruit dans le Dauphiné
, celle de Monfieur d'Ar
baud , Seigneur de Blanfac, originaire
d'Arles , n'en a pas moins
fait dans le Languedoc . Ce Gentilhomme
, qui eft d'une fort ancienne
Nobleffe , demeuroit à
Nifmes , à caufe qui faifoit profeffion
de la Religion Pretenduë
Réformée. Ses Prédeceffeurs qui
faifoient la mefme Profeffion , s'y
êtoient êtablis depuis cent ans.
Son Ayeul , né Catholique, avoit
changé de Religion , par l'engagement
qu'il avoit pris dans le
party du Roy de Navarre, qui fut
depois Roy de France , fous le
nom de Henry IV. Il fut honoré
par ce Monarque , de belles
& importantes Commiffions
, &
le fuivit en plufieurs Exploits.
158
MERCURE
Comme cette Maifon , fort confiderée
dans Arles , auffi bien
qu'en Languedoc , avoit toûjours
eû un zele ardent pour tout ce
qui regardoit le culte de Dieu ,
elle avoit laiffé des marques de
fa pieté dans les Eglifes fur les
Autels . Ainfi fes Armes paroiffoient
encore en beaucoup d'endroits
, jufque fur des Croix de
Marbre expofées en public , &
par des fondations de Chapelles ,
conftrutions de Tombeaux de
Marbre , & autres fondations
dans l'Eglife Cathedrale , & chez
les Dominicains. Ces objets qui
frapérent ce Gentilhomme dans
fajeuneffe , furent en quelque
maniére effacez par le fois,
qu'apportérent fes Parens & les
Miniftres de Nifmes , à le fortifier
dans les erreurs de Calvin . Il
étoit alors feul de fa maiſon , ayam
1
GALANT.
159
perdu un Frere aîné , mort au Service
du Roy en Italie , Capitaine
dans le Regiment de montpefat.
Il aimoit les belles Lettres , &
avoit acquis la plupart des Connoiffances
qui font recherchées
par les Perfonnes d'efprit . Cela
fut caufe que Meffieurs de l'Académie
Royale d'Arles , jetterent
les yeux fur luy , pour l'affocier
dans leur Compagnie . Cet engagement
ne fut pas un petit
motif, pour luy faire reprendre
les premiéres impreffions , qui
Juy avoient donné qulque penchant
pour l'Eglife Catholique ,
qui étoit la Religion de fes anceftres
& celle de quantité de
Parens qu'il avoit , & qu'il a encore
, parmy lefquels il y a des
Commandeurs de Malte , comme
il y a eû parmy fes Prédeceffeurs
plufieurs Evefques, & autres
160 MERCURE
que
Perſonnes reveftuës de Charges
confidérables dans Arles , telle
celle de Premiers Conful.
On compre dans cette Maiſon
jufqu'à quatre Confulats . On
peut joindre à tout cela le commerce
de devoir & d'honnefteté
qu'il avoit avec Monfieur
l'Archevefque d'Arles . Ce fçavant
Prélat , qui a toûjours efté
fi fidelle à fon Prince , & à la Religion
Catholique , ne perdoit
pas les occafions de l'exhorter à
ouvrir les yeux à la verité , & il
le faifoit d'une manière fi Apoftolique,&
fi remplie de douceur,
que Monfieur d'Arbaud a depuis
avoüé que fes follicitations , accompagnées
de fa pieté & de fon
exemple , avoient fort contribué
à le retirer de fes erreurs. Il eftoit
dans ces favorables difpofitions ,
lors qu'il alla à Montpellier auffiGALANT.
161
bien
que les autres Gentilshommes
du Languedoc , rendre fes
devoirs à Monfieur le Duc de
Noailles qui avoit eſté nommé
par le Roy pour commander en
Chef dans cette Province . Ce
Duc à qui l'on apprit la Religion
dont il eftoit , luy fit beaucoup
de careffes , & le pria de penfer
ferieufement au peril où l'avoit
mis le malheur de fa naiffance .
Cette entrevue fe paffa en complimens
; & lors que Monfieur
d'Arbaud prenoit congé de Mr
le Duc de Noailles , Monfieur
l'Evefque de Mirepoix qui eftoit
dans la Chambre avec plufieurs
autres Prélats , trouva moyen
d'engager avec luy une converfation
qui dura trois heures. Monfieur
le Comte du Roure , Monfieur
le Vicomte de Polignac ,
Monfieur le Comte de Luffan , &c
160
MERCURE
autres Perſonnes de qualité , y
affiftérent avec Meffieurs les Evêques.
On n'y agita que des matieres
de Controverfes , mais avec
beaucoup d'honnefteré & de
douceur. Cette converfation fut
fuivie de trois ou quatre autres ,
dans la Maiſon de Monfieur l'Evefque
de Mirepoix . Les raifons
que luy apporta ce Prélat furent
fi fortes, qu'ayant commencé dés
ce temps - là à eftre cenvaincu de
la verité, il le fut entierement par
les Lettres que Monfieur l'Evef
que de Mirepoix luy écrivit enfuite
fur fes doutes , & aufquelles
Monfieur d'Arbaud répondoit ,
foutenant toûjours fa Religion ,
fans pourtant fe déclarer Catholique
, quoy qu'il le fuft en effet ,
n'y ayant plus que le feul refpect
humain qui le retinſt . Il laiſſa páffer
encore deux ans ; & enfin ne
GALANT. 1161
pouvant plus résister à la Grace ,
il fit fçavoir à Monfieur de Mirepoix
, qui s'étoit rendu aux derniers
Etats de Languedoc
, qu'étant
incommodé
, il luy étoit impoffible
d'aller fi tofgle trouver à
Montpellier
; mais qu'avant la fin
des Etats , il auroit l'honneur de
le voir , pour recevoir fa Benediction
, en luy declarant qu'il vouloit
vivre & mourir Catholique.
Il fit part de cette nouvelle à
Monfieur le Cardinal de Bonfy &
à Monfieur l'Intendant
, & dés
qu'il eut un peu de ſanté , il alla
à Arles communiquer
ſon deſſein
à Monfieur l'Archevefque
, & à
Monfieur le Coadjuteur
. De là il
fe rendit à Montpellier
, où il
efperoit trouver Monfieur l'Evef
que de Nifmes , & Monfieur l'Evefque
d'Ufés , qui font fes Pafteurs
, auffi bien Monfieur
que
164
MERCURE
l'Archevefque d'Arles , puis qu'il
eft domicilié à Nifmes , & qu'il a
du Bien dans le Diocefe d'Ufés ;
mais Monfieur de Nifmes ne s'y
étant point rencontré , il n'y eut
que Monfieur d'Ufés qui reçeut
fon abjuration comme fon Pafteur
, en prefence de Monfieur
l'Evefque de Mirepoix , & de
Monfieur de Plantade Confeiller
à la Cour des Aydes , Oncle de
Madame d'Arbaud fa Femme. Le
lendemain de cette action qui fe
fit dans la Chapelle des Penitens
blancs , ce fut une réjouiffance
publique dans Montpellier du côté
des Catholiques , & une mortification
inexprimable pour tous
les Prétendus Réformez. La perte
qu'ils font enluy eft d'autant plus
grande , que connoiffant parfaitement
leur Religion , il connoiſt
préfentement toutes les erreurs
GALANT. 165
qui les devroient obliger à la
quitter. Il avoit paffé par toutes
les Claffes de ceux de fon party,
comme font Confiftoire , Deputations,
Synodes , & autres Affemblées
generales , particulieres &
fecretes qu'ils ont accoûtumé de
faire , quand le Roy le leur permet
, pour l'obfervation de leur
Difcipline . Il a paru dans toutes
avec beaucoup d'efprit & de fçavoir
, & fes grandes qualitez appuyées
du bien & de la naiffance ,
Je faifoient confiderer parmi eux
comme un Chefde leur Religion ,
dans les Villes de Nifmes d'Ufés,
& de Montpellier . Ce qui les afflige
davantage , c'est qu'outre la
crainte qu'ils ont de voir fuivre
fon exemple, il a dix Enfans qu'il
efpere ramener à l'Eglife , y en
ayant déja trois ou quatre , qui par
leur âge font devenus Catholi164
MERCURE
ques , fuivant la Declaration du
Roy. D'ailleurs l'exercice public
de la Religion Pretenduë Refor
mée , eft étably dans fa Terre de
Blanfae , où il fait fon plus ordinaire
fejour ; & comme il y a un
grand nombre de Vaffaux de
cette Religion, il pretend qu'avec
le fecours de Monfieur l'Evêque
d'Ulés,dans le Dioceſe duquel eft
cette Terre , fon exemple ne fera
pas fans fruit pour ces Devoyez .
L'accablement des vifites luy
ayant fait quitter Montpellier , il
alla à Nifmes rendre les refpects à
Monfieur l'Evêque. J'aurois peine
à exprimer les honneurs qu'il y
reçut. Meffieurs du Chapitre auffi
bien que Meffieurs du Prefidial ,
vinrent le complimenter
, ce que
firent auffi Meffieurs les Confuls
en Chaperon , avec le Corps de
Ville. On le reçut de la meſme
GALANT. 165
forte à Arles . Toute la Nobleffe,
Tous les Convens , tous les Religieux,
tous les Ordres, & prefque
tout le Peuple , allerent le vifiter.
Le Chapitre luy fit compliment
en Deputation , pour fe réjouir
avec luy de fon retour à l'Eglife ;
& Meffieurs de l'Academie Roya
le,aprés l'avoir vû chacun en particulier
, allerent en Corps luy
marquer leur joye de l'acquifition
que faifoit leur Compagnie,
d'un Confrere nouvellement converty.
Meffieurs les Confuls luy
firent le mefme honneur, en Chaperon
, & avec le Corps de Ville,
compofé d'une Nobleffe illuftre,
& l'affurérent de la fatisfaction
que le Public recevoit , de le voir
revenir enfin au fein de fa mere,
& reparer le fcandale que fes
Predeceffeurs avoient caufé à la
Ville d'Arles, & à l'Eglife Catho168
MERCURE
lique . La joye que tout le monde
a reçûë de cette Converfion , a
obligé Monfieur Sabatier,Gentilhomme
d'un merite fingulier , &
qui n'eft pas un des moindres ornemens
de l'Academie Royale
d'Arles , de faire éclater la fienne
par cette Epître .
Vignes , Miniftre de Grenoble,
a fait grand bruit dans le Dauphiné
, celle de Monfieur d'Ar
baud , Seigneur de Blanfac, originaire
d'Arles , n'en a pas moins
fait dans le Languedoc . Ce Gentilhomme
, qui eft d'une fort ancienne
Nobleffe , demeuroit à
Nifmes , à caufe qui faifoit profeffion
de la Religion Pretenduë
Réformée. Ses Prédeceffeurs qui
faifoient la mefme Profeffion , s'y
êtoient êtablis depuis cent ans.
Son Ayeul , né Catholique, avoit
changé de Religion , par l'engagement
qu'il avoit pris dans le
party du Roy de Navarre, qui fut
depois Roy de France , fous le
nom de Henry IV. Il fut honoré
par ce Monarque , de belles
& importantes Commiffions
, &
le fuivit en plufieurs Exploits.
158
MERCURE
Comme cette Maifon , fort confiderée
dans Arles , auffi bien
qu'en Languedoc , avoit toûjours
eû un zele ardent pour tout ce
qui regardoit le culte de Dieu ,
elle avoit laiffé des marques de
fa pieté dans les Eglifes fur les
Autels . Ainfi fes Armes paroiffoient
encore en beaucoup d'endroits
, jufque fur des Croix de
Marbre expofées en public , &
par des fondations de Chapelles ,
conftrutions de Tombeaux de
Marbre , & autres fondations
dans l'Eglife Cathedrale , & chez
les Dominicains. Ces objets qui
frapérent ce Gentilhomme dans
fajeuneffe , furent en quelque
maniére effacez par le fois,
qu'apportérent fes Parens & les
Miniftres de Nifmes , à le fortifier
dans les erreurs de Calvin . Il
étoit alors feul de fa maiſon , ayam
1
GALANT.
159
perdu un Frere aîné , mort au Service
du Roy en Italie , Capitaine
dans le Regiment de montpefat.
Il aimoit les belles Lettres , &
avoit acquis la plupart des Connoiffances
qui font recherchées
par les Perfonnes d'efprit . Cela
fut caufe que Meffieurs de l'Académie
Royale d'Arles , jetterent
les yeux fur luy , pour l'affocier
dans leur Compagnie . Cet engagement
ne fut pas un petit
motif, pour luy faire reprendre
les premiéres impreffions , qui
Juy avoient donné qulque penchant
pour l'Eglife Catholique ,
qui étoit la Religion de fes anceftres
& celle de quantité de
Parens qu'il avoit , & qu'il a encore
, parmy lefquels il y a des
Commandeurs de Malte , comme
il y a eû parmy fes Prédeceffeurs
plufieurs Evefques, & autres
160 MERCURE
que
Perſonnes reveftuës de Charges
confidérables dans Arles , telle
celle de Premiers Conful.
On compre dans cette Maiſon
jufqu'à quatre Confulats . On
peut joindre à tout cela le commerce
de devoir & d'honnefteté
qu'il avoit avec Monfieur
l'Archevefque d'Arles . Ce fçavant
Prélat , qui a toûjours efté
fi fidelle à fon Prince , & à la Religion
Catholique , ne perdoit
pas les occafions de l'exhorter à
ouvrir les yeux à la verité , & il
le faifoit d'une manière fi Apoftolique,&
fi remplie de douceur,
que Monfieur d'Arbaud a depuis
avoüé que fes follicitations , accompagnées
de fa pieté & de fon
exemple , avoient fort contribué
à le retirer de fes erreurs. Il eftoit
dans ces favorables difpofitions ,
lors qu'il alla à Montpellier auffiGALANT.
161
bien
que les autres Gentilshommes
du Languedoc , rendre fes
devoirs à Monfieur le Duc de
Noailles qui avoit eſté nommé
par le Roy pour commander en
Chef dans cette Province . Ce
Duc à qui l'on apprit la Religion
dont il eftoit , luy fit beaucoup
de careffes , & le pria de penfer
ferieufement au peril où l'avoit
mis le malheur de fa naiffance .
Cette entrevue fe paffa en complimens
; & lors que Monfieur
d'Arbaud prenoit congé de Mr
le Duc de Noailles , Monfieur
l'Evefque de Mirepoix qui eftoit
dans la Chambre avec plufieurs
autres Prélats , trouva moyen
d'engager avec luy une converfation
qui dura trois heures. Monfieur
le Comte du Roure , Monfieur
le Vicomte de Polignac ,
Monfieur le Comte de Luffan , &c
160
MERCURE
autres Perſonnes de qualité , y
affiftérent avec Meffieurs les Evêques.
On n'y agita que des matieres
de Controverfes , mais avec
beaucoup d'honnefteré & de
douceur. Cette converfation fut
fuivie de trois ou quatre autres ,
dans la Maiſon de Monfieur l'Evefque
de Mirepoix . Les raifons
que luy apporta ce Prélat furent
fi fortes, qu'ayant commencé dés
ce temps - là à eftre cenvaincu de
la verité, il le fut entierement par
les Lettres que Monfieur l'Evef
que de Mirepoix luy écrivit enfuite
fur fes doutes , & aufquelles
Monfieur d'Arbaud répondoit ,
foutenant toûjours fa Religion ,
fans pourtant fe déclarer Catholique
, quoy qu'il le fuft en effet ,
n'y ayant plus que le feul refpect
humain qui le retinſt . Il laiſſa páffer
encore deux ans ; & enfin ne
GALANT. 1161
pouvant plus résister à la Grace ,
il fit fçavoir à Monfieur de Mirepoix
, qui s'étoit rendu aux derniers
Etats de Languedoc
, qu'étant
incommodé
, il luy étoit impoffible
d'aller fi tofgle trouver à
Montpellier
; mais qu'avant la fin
des Etats , il auroit l'honneur de
le voir , pour recevoir fa Benediction
, en luy declarant qu'il vouloit
vivre & mourir Catholique.
Il fit part de cette nouvelle à
Monfieur le Cardinal de Bonfy &
à Monfieur l'Intendant
, & dés
qu'il eut un peu de ſanté , il alla
à Arles communiquer
ſon deſſein
à Monfieur l'Archevefque
, & à
Monfieur le Coadjuteur
. De là il
fe rendit à Montpellier
, où il
efperoit trouver Monfieur l'Evef
que de Nifmes , & Monfieur l'Evefque
d'Ufés , qui font fes Pafteurs
, auffi bien Monfieur
que
164
MERCURE
l'Archevefque d'Arles , puis qu'il
eft domicilié à Nifmes , & qu'il a
du Bien dans le Diocefe d'Ufés ;
mais Monfieur de Nifmes ne s'y
étant point rencontré , il n'y eut
que Monfieur d'Ufés qui reçeut
fon abjuration comme fon Pafteur
, en prefence de Monfieur
l'Evefque de Mirepoix , & de
Monfieur de Plantade Confeiller
à la Cour des Aydes , Oncle de
Madame d'Arbaud fa Femme. Le
lendemain de cette action qui fe
fit dans la Chapelle des Penitens
blancs , ce fut une réjouiffance
publique dans Montpellier du côté
des Catholiques , & une mortification
inexprimable pour tous
les Prétendus Réformez. La perte
qu'ils font enluy eft d'autant plus
grande , que connoiffant parfaitement
leur Religion , il connoiſt
préfentement toutes les erreurs
GALANT. 165
qui les devroient obliger à la
quitter. Il avoit paffé par toutes
les Claffes de ceux de fon party,
comme font Confiftoire , Deputations,
Synodes , & autres Affemblées
generales , particulieres &
fecretes qu'ils ont accoûtumé de
faire , quand le Roy le leur permet
, pour l'obfervation de leur
Difcipline . Il a paru dans toutes
avec beaucoup d'efprit & de fçavoir
, & fes grandes qualitez appuyées
du bien & de la naiffance ,
Je faifoient confiderer parmi eux
comme un Chefde leur Religion ,
dans les Villes de Nifmes d'Ufés,
& de Montpellier . Ce qui les afflige
davantage , c'est qu'outre la
crainte qu'ils ont de voir fuivre
fon exemple, il a dix Enfans qu'il
efpere ramener à l'Eglife , y en
ayant déja trois ou quatre , qui par
leur âge font devenus Catholi164
MERCURE
ques , fuivant la Declaration du
Roy. D'ailleurs l'exercice public
de la Religion Pretenduë Refor
mée , eft étably dans fa Terre de
Blanfae , où il fait fon plus ordinaire
fejour ; & comme il y a un
grand nombre de Vaffaux de
cette Religion, il pretend qu'avec
le fecours de Monfieur l'Evêque
d'Ulés,dans le Dioceſe duquel eft
cette Terre , fon exemple ne fera
pas fans fruit pour ces Devoyez .
L'accablement des vifites luy
ayant fait quitter Montpellier , il
alla à Nifmes rendre les refpects à
Monfieur l'Evêque. J'aurois peine
à exprimer les honneurs qu'il y
reçut. Meffieurs du Chapitre auffi
bien que Meffieurs du Prefidial ,
vinrent le complimenter
, ce que
firent auffi Meffieurs les Confuls
en Chaperon , avec le Corps de
Ville. On le reçut de la meſme
GALANT. 165
forte à Arles . Toute la Nobleffe,
Tous les Convens , tous les Religieux,
tous les Ordres, & prefque
tout le Peuple , allerent le vifiter.
Le Chapitre luy fit compliment
en Deputation , pour fe réjouir
avec luy de fon retour à l'Eglife ;
& Meffieurs de l'Academie Roya
le,aprés l'avoir vû chacun en particulier
, allerent en Corps luy
marquer leur joye de l'acquifition
que faifoit leur Compagnie,
d'un Confrere nouvellement converty.
Meffieurs les Confuls luy
firent le mefme honneur, en Chaperon
, & avec le Corps de Ville,
compofé d'une Nobleffe illuftre,
& l'affurérent de la fatisfaction
que le Public recevoit , de le voir
revenir enfin au fein de fa mere,
& reparer le fcandale que fes
Predeceffeurs avoient caufé à la
Ville d'Arles, & à l'Eglife Catho168
MERCURE
lique . La joye que tout le monde
a reçûë de cette Converfion , a
obligé Monfieur Sabatier,Gentilhomme
d'un merite fingulier , &
qui n'eft pas un des moindres ornemens
de l'Academie Royale
d'Arles , de faire éclater la fienne
par cette Epître .
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Résumé : Abjurations, [titre d'après la table]
Le texte relate l'abjuration de Monsieur d'Arbaud, Seigneur de Blanfac, originaire d'Arles, qui a marqué le Languedoc. Ce gentilhomme, issu d'une ancienne famille noble, résidait à Nîmes et pratiquait la Religion Prétendue Réformée, comme ses prédécesseurs établis dans la région depuis un siècle. Son aïeul, initialement catholique, avait changé de religion en rejoignant le parti du roi de Navarre, devenu Henri IV. La famille d'Arbaud, respectée à Arles et en Languedoc, avait laissé des marques de sa piété dans les églises locales. Monsieur d'Arbaud, unique survivant de sa maison après la mort de son frère aîné au service du roi, était épris de belles-lettres et avait acquis des connaissances appréciées par les membres de l'Académie Royale d'Arles, qui souhaitaient l'y associer. Cette perspective, ainsi que les encouragements de l'archevêque d'Arles et de l'évêque de Mirepoix, l'incitèrent à reconsidérer sa foi. Lors d'une visite à Montpellier pour rencontrer le duc de Noailles, il eut plusieurs conversations avec des prélats qui le convainquirent progressivement de la vérité de la foi catholique. Après deux années de réflexion, il annonça son intention d'abjurer sa foi réformée et de se convertir au catholicisme. Il informa l'évêque de Mirepoix, le cardinal de Bonzy et l'intendant de sa décision. Il se rendit ensuite à Arles pour en parler avec l'archevêque et le coadjuteur, avant de se rendre à Montpellier où il abjura publiquement en présence de l'évêque d'Uzès et de l'évêque de Mirepoix. Cette conversion fut accueillie avec joie par les catholiques et avec consternation par les réformés, qui voyaient en lui un leader respecté. Monsieur d'Arbaud espérait également convertir ses dix enfants, plusieurs d'entre eux étant déjà catholiques. Il reçut des honneurs à Nîmes et à Arles, où toute la noblesse et le peuple vinrent le féliciter pour son retour à l'Église catholique. L'Académie Royale d'Arles exprima également sa joie d'accueillir un nouveau converti parmi ses membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 27-33
NOUVELLES de Dauphiné.
Début :
Lettre de Grenoble du 9 Aoust. Les Armées sont en presence [...]
Mots clefs :
Savoie, Dauphiné, Duc de Savoie
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Dauphiné.
NOUVELLES
de Dauphiné
Acere de Grenoble du 9.
Aoust.
Les Armées sont en presence
depuis quinze jours; mais
dans une inaction surprenante.
Il estassez, difficile de penetrer
es
desseins de Monsieur le
Duc de Savoye. Il a porté
lepuis quelques jours son
Camp depuis S. Piere d'Albigny
jusqu'à la plaine de
Montmeillm : son quartier
l'st au Chasteau des Marches
où ilpasseson temps à nous observer
tranquilement. EtMr
le Maréchal de Bervick
4 se retrancher , entre le Fou
Barreau & Chapareillan ; de
maniere que ce posse est absolument
hors d'insulte. Monsieur
deSissy ne l'estpas moins
au Pas de la Crotte & des
Echelles> & l'on craint peu
ou pour mieux dire point du
tout pour ces deux entrées. Il
y en auroit une autreplus ouverte
& moins bien gardée
,
du cosé de S. Geis où l'on
ç'a pûpost que des Milices.
Cependant les Houssardsn'ont
pas encore osé les attaquers ;
comme la Saison s'avance &
qu'il nous doit arriver des
Troupes de différents endroits
ily a lieu de croire que Monsieur
de Savoye se retirera
bien-tôt, d'autant plus qu'il
ne subsiste dans son Camp
qu'avec une peine & une Jé..
pense infinie. Les Convois ne
peuventvenir que par le petit
Saint Bernard dont les chemins
doivent être bien rompus àcause
des pluyes continuelles depuis
quinze jours. Sa Cavallerie
4 bien de la peine à trouver
assezdefourage dans la Savoye
pourysubsister. Le Pain vaut
dix sols la livre dans son
Camp. Le prix du Foin &
de l'Avoineaaugmenté iry;
mais les autres denrées ont
bat'fjé à cause de la grande
quantitéqu'on y en apporte.
Monsieur Ddon tfl toûjours
en Mauriennecampé sur les
bords de Arc & de l'Isere
qu'il agarnis de canon dans les
endroits guéables. Si lapluye
continuë encore quelques jours
ces deux Rivieres ne le feront
en aucun endroit pendant le
reste de l'année.Monsieur de
Àfcdavi mandequ'ilestsi
tra**quile dansson Camp qu'il
y fait jàire un Jardin. On
amena hier icy un Ingenieur
que l'on surprit en levant le
Plan du Camp de Barreau,
Nous sommes ici aussi tranquiles
que si nous étions en
temps de Paix; mais on a eu
plusieursallarmes du costé de
S. Genis e du Pont de Beauvoisincependant
les Houssards
n'ont encore osépasserla Riviere
de Guiers qui Jepafe la
Savoye du Dauphine.
D'autres Lettres portent que
Monsieur de Cadrieu t/l.
campé à l'entrée d'une gorge
par o l'on pouroit venir du
cossé de la grande Charteuse,
& tombersur Mont Fleury
> 0* que Monsieur le Maréchal
de Bervickfaisoitaccommoder
des ptjjdges qui conduisent de
son Camp à Briançon afin de
pouvoir s'y porter plus promptement
en cas de besoin, que
Monsieur le Duc de Savoye est
malade; qu'il avoit commence
à tomber des neiges au petit
S. Bernard; qu'il étoit déjà
arrivé8 Bataillons&4. Escadrons
de renfortau Campde
Barreau, que Monsieurle Duc
de Savoye marchait du côtéde
dit Col de Galibier, & que
2l<fonjieur le Maréchal de
Bervick s'avançoitpour luy
endisputer le pâjjage.
de Dauphiné
Acere de Grenoble du 9.
Aoust.
Les Armées sont en presence
depuis quinze jours; mais
dans une inaction surprenante.
Il estassez, difficile de penetrer
es
desseins de Monsieur le
Duc de Savoye. Il a porté
lepuis quelques jours son
Camp depuis S. Piere d'Albigny
jusqu'à la plaine de
Montmeillm : son quartier
l'st au Chasteau des Marches
où ilpasseson temps à nous observer
tranquilement. EtMr
le Maréchal de Bervick
4 se retrancher , entre le Fou
Barreau & Chapareillan ; de
maniere que ce posse est absolument
hors d'insulte. Monsieur
deSissy ne l'estpas moins
au Pas de la Crotte & des
Echelles> & l'on craint peu
ou pour mieux dire point du
tout pour ces deux entrées. Il
y en auroit une autreplus ouverte
& moins bien gardée
,
du cosé de S. Geis où l'on
ç'a pûpost que des Milices.
Cependant les Houssardsn'ont
pas encore osé les attaquers ;
comme la Saison s'avance &
qu'il nous doit arriver des
Troupes de différents endroits
ily a lieu de croire que Monsieur
de Savoye se retirera
bien-tôt, d'autant plus qu'il
ne subsiste dans son Camp
qu'avec une peine & une Jé..
pense infinie. Les Convois ne
peuventvenir que par le petit
Saint Bernard dont les chemins
doivent être bien rompus àcause
des pluyes continuelles depuis
quinze jours. Sa Cavallerie
4 bien de la peine à trouver
assezdefourage dans la Savoye
pourysubsister. Le Pain vaut
dix sols la livre dans son
Camp. Le prix du Foin &
de l'Avoineaaugmenté iry;
mais les autres denrées ont
bat'fjé à cause de la grande
quantitéqu'on y en apporte.
Monsieur Ddon tfl toûjours
en Mauriennecampé sur les
bords de Arc & de l'Isere
qu'il agarnis de canon dans les
endroits guéables. Si lapluye
continuë encore quelques jours
ces deux Rivieres ne le feront
en aucun endroit pendant le
reste de l'année.Monsieur de
Àfcdavi mandequ'ilestsi
tra**quile dansson Camp qu'il
y fait jàire un Jardin. On
amena hier icy un Ingenieur
que l'on surprit en levant le
Plan du Camp de Barreau,
Nous sommes ici aussi tranquiles
que si nous étions en
temps de Paix; mais on a eu
plusieursallarmes du costé de
S. Genis e du Pont de Beauvoisincependant
les Houssards
n'ont encore osépasserla Riviere
de Guiers qui Jepafe la
Savoye du Dauphine.
D'autres Lettres portent que
Monsieur de Cadrieu t/l.
campé à l'entrée d'une gorge
par o l'on pouroit venir du
cossé de la grande Charteuse,
& tombersur Mont Fleury
> 0* que Monsieur le Maréchal
de Bervickfaisoitaccommoder
des ptjjdges qui conduisent de
son Camp à Briançon afin de
pouvoir s'y porter plus promptement
en cas de besoin, que
Monsieur le Duc de Savoye est
malade; qu'il avoit commence
à tomber des neiges au petit
S. Bernard; qu'il étoit déjà
arrivé8 Bataillons&4. Escadrons
de renfortau Campde
Barreau, que Monsieurle Duc
de Savoye marchait du côtéde
dit Col de Galibier, & que
2l<fonjieur le Maréchal de
Bervick s'avançoitpour luy
endisputer le pâjjage.
Fermer
Résumé : NOUVELLES de Dauphiné.
Le texte décrit la situation militaire entre les armées du Duc de Savoie et les forces françaises dans le Dauphiné. Depuis quinze jours, les armées sont face à face mais inactives. Le Duc de Savoie a déplacé son camp de Saint-Pierre-d'Albigny à la plaine de Montmelian. Le Maréchal de Bervick est retranché entre le Fou-Barreau et Chapareillan, tandis que Monsieur de Sissy défend les passages du Pas de la Crotte et des Échelles. Une autre entrée, du côté de Saint-Genis, est moins bien gardée. Les hussards n'ont pas attaqué, et l'arrivée de troupes françaises pourrait forcer le Duc de Savoie à se retirer. Les conditions dans son camp sont difficiles : les convois passent par le col du Petit Saint-Bernard, dont les chemins sont détériorés par les pluies, et la cavalerie manque de fourrage. Monsieur Donat est positionné en Maurienne avec des canons pour défendre les gués. Monsieur de Cadavieul signale une tranquillité totale dans son camp. La région est calme malgré quelques alarmes. Le Duc de Savoie est malade, et des mouvements de troupes sont signalés du côté du col du Galibier. Le Maréchal de Bervick se prépare à disputer le passage au Duc de Savoie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 70-103
NOUVELLES de divers endroits.
Début :
de Venise. Le Maistre d'un Navire Venitien, arrivé de [...]
Mots clefs :
Dunkerque, Cambrai, Strasbourg, Rome, Francfort, Cadix, Varsovie, Dauphiné, Lisbonne, Vigo, Alicante, Lérida, Saragosse, Dublin, Toulon, Bayonne, Hollande, Madrid, Venise
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de divers endroits.
NOUVELLES
de divers endroits.
de Venise.
Le Maistre d'un Navire
Venitien, arrivé de Tripoly
de Barbarie, a raporré que
la Milice du Pays s'etoit
revoltée contre les Deis;
qu'elle en avoir massacré
trois ; qu'un autre qui
s'etant sauvé étoit allé à
Constantinople en avoit
raporté des ordres pour son
retablissement; Mais que
loin queles Peuples y
voulussent consentir,les
troubles étoient beaucoup
augmentez depuis son
retour. Et Ici j, Septembre
il arriva une Marsiliane, qui
avoit raporté que ce Dei
avoir aussi esté massacré par
la Milice & parle Peuple,
& .que les autres s'étoient
sauvez avec beaucoup de
peine.
--
De Rome.
Le 18. Septembre on
celebraàRomedans l'Eglise
Nationale de S. Louis, un
Service solemnel pour le
repos de l'Ame de feu
Monseigneur le Dauphin,
avec un appareil tres-magnifique
du dessein de Mr
•
le Gros fameux Sculpteur
François. Mr le Cardinal
de la Tremoille s'y rendit
avec un Cortege de plus de
soixante Prelats, & les
Cardinaux y assistèrent en
Corps.
de
de Madrid.
Le 26. dumesmemois
on fit aulIi les obseques de
ce Prince à Madrid,avec une
grande magnificence dans
l'Eglisedu Monastere Royal
des Religieuses de l'Incarnation.
Tous les Grands &
Conseils y assisterent, avec
un nombre extraordinaire
de Peuple. La premiere
grande Messe fut celebréc
pontificalement par lEvesque
d'Urgel, la seconde par
l'Evesque deLerida
,
la troifiélne
par le Patriarche des
Indes, & l'Oraison Funebre
fut prononcée par le
Pere Augustin de Cattejon
Jesuite.
Le 2.7. & le 28. les Religieuses
du mesme Monastere
firent aussi faire un
Service solemnel peur le
repos de l'Ame decePrince.
La qiacnéme Messe fut
celebrée pontificalement
par le Pere Alonzo Pimentel
Dominiquain.
Les mesmes jours 2.7. &
2.8. le Cops de Ville fit
faire les mesmes obseques
dans l'Eglise du Monastere
Royal des Dominiquains.
L'Evesque de Lerida y
officia pontificalement, &
Dom Juan de las Heras
prononça l'Oraison Fune.
bre.
Le ig. & le 30. Septembre,
& le 1rOctobre
, les mesmesobseques furent
faitesdans le Monastere
Royal des Carmelites Deschaussées.
La Me(Te fut celebrée
pontificalement par
l'Evesque de Gironne, &
l'OraisonFunebre fut prononcée
par le Pere Pierre
de la Conception, Carme
Deschaussé.
De Holande.
Les Etats Generaux ayant
accepté dêtre Parrains du
jeune Prince de Nassaw,
fils du feu Prince de Nassaw
Srathouder hereditaire de
Frise
,
luy ont fait present
d'une obligation de quatre
mille florins de rente qui luy
devoit estre envoyée dans
une Boëte d'or, avec une
somme pour les Domestiques
de la Chambre de la
Princcffe sa mcre. Les Etats
d'Holande ont aussi fait present
à ce Prince d'une obligation
de deux mille cinq
cens florins de rente dans
une Boëte d'or; & la Province
de Frise luy a confervé
toutes les Charges du
feu Prince son pere, avec
les Regiments des Gardes
de Cavallerie & d'Infanterie,
& une pension de cinq,
mille florins;
DeBayonne le iyOétobre.
Une Fregate du Roy de
rrente canons, commandée
par Mr de la Mothe a attaqué
un Vaisseau Anglois de
soixante canons & l'ayant
abordé après trois heures
de combat, elle alloit s'en
emparer lors qu'il sauta en
l'air avec tout l'équipage
par le feu qui prit à la Sainte
Barbe où étoient les Poudres;
& cela sans que la
Fregate ait reçu d'autre
dommage que ses voiles
brulées.
Deux autres Fregates y
ont amené le 2. un Navire
Anglois chargé de Soyes,
de Cotton, de Noix,de raisins
secs, de beaucoup d'autres
drogues propres à la
Teinture, le tout estimé
deux cens mille livres.
Un Armateur y amena
aussi un Bastiment de la
mesme Nation, chargé de
Sucre.
De Toulon.
Il arriva icy le 4. un
Navire tout demasté qui
étoit remorqué par deux
Armateurs. C'est un Vaisseau
Portugais chargé de
Sucre, de Tabac, & de
Cuir, le tout estimé cent
cinquante mille écus.
Le mesme jour il arriva
aussi un Vaisseau Catalan,
chargé de Vins & d'autres
provisions pour Barcelone.
De Dublin.
La populace, au nombre
de quatre a cinq mille personnes,
a fait de grands
desordres, enlevant les
Toiles peintes des Bouriques
& dechirant les habirs
des femmes qui en étoient
venues, àcause du grand
prejudice que ces Toiles
causoiencaux Manufactures
de Laine; mais ce
desordre fut appaisé par une
proclamation qui fut publiée.
De Lisbone le 26.Septembre.
La misere est extreme
dans ce Royaume; les vivres
n'y ont presque plus
de prix. Le Roy à de nou.
veau envoyé trente Bastimens
en Barbarie pour y
acheter des grains; Mais
comme lis ne sont escortez
que par quatre Vaisseaux de
guerre, on craint qu'ils ne
soient encore enlevez par
les Vaisseaux François qui
croi sent vers le Détroit. Sur
des avis qu 'on a eus de la
Frontiere que les Troupes
Espagnoles avoient reçu
toutes leurs Recruës, leurs
remontes, & un mois de
paye, tous les Officiers qui
étoient icy son partis pour
se rendre à leurs Corps,
Mais nôtre Armée n'a point
de Magasins. Un de nos
Vaisseaux de 54. canons &
de 150.hommes déquipage
ayant donné sur un Banc,
en entrant dans la Rivière,
cil peri; mais tout l'équipage
s'est fauvé l'exception
de dix huit per sonnes qui
ont erté noyées.
D~Z<<' le zz.
*
:
Il partit d'icy un grand
Convoy de vivres avec dix
pieces de canon de 24.livres
de balle & plusieurs Mortiers
pour aller joindtc
l'Armée. Mr de Vendosme
a ordonné de luy envoyer
encore quelque pieces de
canon du mesme calibre.
De Sarragose le 7. Octobre
Le 23. Septembre il
partit d'icy un Convoy de
cent trente Chariots & de
deux cent Mulets chargez
de grains rj que l'on fait
moudre à Fraga & à Lerida
d'où on les transporte à
l'Armée
d'A,lcantr.
- Deux Galliotcs de rifle
d'Ivica ayaj.it attaque un
Navire François par le travers
de Denia, les Galleres
d'Espagne qui étoient dans
ce Port en sortirent, prirent
une de ces Galliotes qui
étoit montée de quatre
vingt dix hommes.Trente
furent tuez dans le combat,
.& les soixante restant surent
mis à la Rame.
De Vigo.
Le 14. Septembre, la
Frégate la Susanne amena
une prise Hollandoisede
trois ce ns tonneaux chargée
de Seigle.
La Fregate le Grison, de
Saint Jean de Luz, y amena
le mesme jour quatre prises,
dont deux de cent tonneaux
chacune étoient chargées de
froment, une de Seigle,
d'Orge, & de plusieurs
Ballots de Marchandises, &
la quatrième du port de
trois cens tonneaux, étoic
chargée d'Acier
,
de Draps
fins, & d'autres riches Marchandises.
Cette Fregate;
avec quelques autres Armateurs
aamené dans ce Port
en fort peu de temps vingtcinq
pri ses.
De Dunkerque.
Le Chevalier Bart, &le
Comte Philippe ont amené
une prise chargée de Vins
de Teinte, d'Oranges & de
Citrons; laFregate la Mutine
a amené un Navire
Anglois chargé de Charbon
de terre, & deux Rançons
de quatre mille trois cens
florins; & la Fregatre la
Sorciereaamené deux Bast -
mens Hollandois chargez
de Moruë.
De Dauphiné.
L'armée de Mr le Duc
de Savoye ayant repassé les
Alpes; & de celle duRoy
consommé les fourages
dans les Vallées dDulx &
dePragelas,MrdeBerwick
ramene les troupes par- la
Vallée de Maurienne, pour
ldes'hdiivsterirbsuer en quartier -,
De Romele 2 6. Septembre. -Le 21. on tint une trÓÏt.
siéme Congregation touchant
l'immunité Eclesiastique
en presence du Pape,
où il se trouva dix Cardinauxavec
les Prelats. Le
foirmesme, undes Expeditionnaires
d'Espagne fut
arresté dans sa maison parce
qu'il avoit servi de temoin
à la signification que Mr
de Molines avoit fait faire
à l'Agent des Eglises de ce
mesme Royaume, pour luy
ordonner d'aller rendre
compte de sa conduite,avec
deffence de s'ingerer dans
les affaires des Eglisesd'Efpagne
parce qu'elles avoient
revoqué leurs procurations
dont il étoit chargé cydevant.
L'autre Expeditionnaire
ayant esté averty
se retira en lieu de seureté.
Le lendemain le Cardinal
Pauluccy, Secretaire d'Etat,
écrivit un billet de la parc
du Pape à Mr Molines où il
il luy marquoit de s'abstenir
de toutes ses fonctions
de Doyen de la Rote,ainsi
que de ses autres emplois.
Le 2 5. il reçut un autre
billet par lequel le Cardinal
Vicaire luy signifioit quele
Pape l'avoit suspendu de
ses Ordres sacrez.
De Varsovie du25.
Septembre.
L'Envoyé du grand Seigneur
; les Députez du Roy
de Suède
, ceux du Kan des
Tartares; & ceux du Palatin
de Kiowie ont eû une Conserence
à Jaslowiecz, à l'entrée
de la haute Podolie avec
plusieurs Senateurs Polonois,
qui ayant déclaré qu'ils
ctoient Députez de la parc
du Roy Auguste, & de
la Républiquede Pologne,
l'envoyé Turc a refusé
de traiter avec eux, & de
leur délivrer les Lettres
dont le Grand Vizir l'avoit
chargé, s'exeusant sur
ce qu'il ne reconnoissoit pas
pour Representans de la Republique,
ceux qui venoient
dela part du Roy Auguste;
que le Grand Seigneur
ne reconnoissoit pas Roy
de Pologne; ajoutant qu'il
avoit ordre de faire des Proposicions
avantageuses à la
Pologne,qu'ilne pouvoir
leur expliquer; mais que 10
grand Visir esperoit que la
Republique favoriseroit le
passage du Roy de Suede ,
& que les Moscovites sortiroient
des Etats de Pologne
,conformement au
Traité conclu avec le Czar,
ensuite dequoy ils se sont
retirez.
De Carelsbade, en Bobeme.
Le Gzar a déclaré que
par le Traité conclu avec le
grand Visir, il avoit promis
de ne se plus méslerdes
Affaires de Pologne, pourvû
que le Roy de Suede ne
s'enmêlastpasnonplus,&
que si Sa Majesté Suedoise
s'en mêloit ; il affisteroit le
Roy Auguste son Allié, de
toutes ses forces; qu'à l'égard
de la restitution d'Asaph
, il ne l'executeroit
qu'aprés que le Roy de
Suede feroit party avec une
Escorte de cinq mille hommes
seulement, pour retourner
dans ses états, &
que si cette Efcortc étoit
plus forteil s'oposeroit à
son passage.
De Francfort le 13. Oéîobre.
Le 11. on fit forcir d'icy
tous les Etrangers, excepté
ceux de la suite des Electeurs
&des Ambassadeurs,
& le lendemain 12. l'Archiduc
fut élû Empreur par les
Electeurs de Tréves, de
Mayence, & Palatin, presents
: & les Ambassadeurs
des Eleveurs de Saxe, de
Brandebourg, & du Duc
d'Hanover, nonobstant les
Protestations de nullité des
ElecteursdeCologne ÔC
de Baviere.
<
«
De Lunevillele16.
Madame la Duchessede
Lorraine, est acouçhée lanuit
derniere d'une Princesfc
; & il est arrivé aujourd'huy
un Courrier dépeché
par l'Electeur de Trêves
qui a rapporté que l'Archiduc
avoit été élû Empereur
le 12, d'une voix unanime.
--
De Cadix le 6. Oftobrt,
Il est venuce marin trente
six Deserteurs de la Garnsson
de Gilbraltar, parmy
lesquels
lesquels il y a deux Lieutenants.
Ils se plaigent de n'a
voir touché aucun prest de
puis six mois; & on dit que
les deux Bataillons qu'on y
a amenez de Portugal ne 0 montoient qu'à trois cens
hommes; dont plus de la
moirié estoient malades, &
que deux Fregates chargées
de vivres, étoient peries en
entrant dans la Baye.
protestent contrel'Election
précipitée d'un Empereur
en faveur de l'Archiduc,
la Capitulation perpetuelle
n'étant pas encore reglée ni
les griefs de l'Empire purgez
touchant les trois Religions
tolerées en Alemagne ; les
Tribunaux de Justice &
l'évaluation des Monnoyes;
Mr Albano
, a déja representé,
que cette élection ne
pouvoit être canonique sans
la presence des Electeurs
de Cologne,& de Baviere :
On n'y a point parlé du neuvième
Ek£toratr, ny de
l'érection de la Prusse en
Royaume.
De Strajbouro le
1 8.
Le Prince Eugene
, a fait
faire de grandes réjouïssances
dans fun Camp pour
l'Electiondu nouvel Empereur
; deux jours aprés il envoya
reconnoîtrenoslignes
par des Ingenieurs escortez
de deux cens Chevaux; mais
nos Troupes étant sorties
sur eux, il y en eut dix neuf
tuez, & quatorze de pris
avec un des Ingenieurs.
Un party de vingt cinq
de nos Houssards, ayant
pénétré dans le derriere de
leur Armée ; mit le feu à
un amas de fourages,&coupa
à coups de fabre environ
mille sacs de farine, a près
quoy ce party se retira avec
trente neuf Chevaux des
ennemis, sans avoir perdu
un seul homme, quoy qu'il
eust été poursuivy pendant
plus de quatre heures.
De Cambray.
JLcs Inspecteurs d'Infanterie
ont commencé au
jourd'huy à faire leur revue,
après laquelle lesTroupes
marcheront dans les Quartiers
qui leur son defigncz.
Mr d'Albergothi a fait faire
devant les Retranchements
deVauvrechain,des Redoutes
& des Fortins oùl'on a
placé de l'Artillerie.
L'infanterie Ennemie est
encore prés de Bouchain, &
on luya envoyé de Tournay,
quatre cens Chariots
chargez de vivres. La Garnsson
deCondé, qui a esté
considerablement augmentée,
à bruié des Fourages,
& enlevé douze cens Sacs
d'A voine
De Dunhrcju?.
Deux de nos Fregates ont
amené deux Bastimens Hollandois
chargez d'Huile de
Baleine, & z-, un Anglors sur
lequelon a trouvé quinze
mille livres sterlin en Guinées,
&environ pourcent
mille livres de Marchandises.
Mr de Benac a fait deux
autres prises, estimées cinquante
mille écus chacune.
de divers endroits.
de Venise.
Le Maistre d'un Navire
Venitien, arrivé de Tripoly
de Barbarie, a raporré que
la Milice du Pays s'etoit
revoltée contre les Deis;
qu'elle en avoir massacré
trois ; qu'un autre qui
s'etant sauvé étoit allé à
Constantinople en avoit
raporté des ordres pour son
retablissement; Mais que
loin queles Peuples y
voulussent consentir,les
troubles étoient beaucoup
augmentez depuis son
retour. Et Ici j, Septembre
il arriva une Marsiliane, qui
avoit raporté que ce Dei
avoir aussi esté massacré par
la Milice & parle Peuple,
& .que les autres s'étoient
sauvez avec beaucoup de
peine.
--
De Rome.
Le 18. Septembre on
celebraàRomedans l'Eglise
Nationale de S. Louis, un
Service solemnel pour le
repos de l'Ame de feu
Monseigneur le Dauphin,
avec un appareil tres-magnifique
du dessein de Mr
•
le Gros fameux Sculpteur
François. Mr le Cardinal
de la Tremoille s'y rendit
avec un Cortege de plus de
soixante Prelats, & les
Cardinaux y assistèrent en
Corps.
de
de Madrid.
Le 26. dumesmemois
on fit aulIi les obseques de
ce Prince à Madrid,avec une
grande magnificence dans
l'Eglisedu Monastere Royal
des Religieuses de l'Incarnation.
Tous les Grands &
Conseils y assisterent, avec
un nombre extraordinaire
de Peuple. La premiere
grande Messe fut celebréc
pontificalement par lEvesque
d'Urgel, la seconde par
l'Evesque deLerida
,
la troifiélne
par le Patriarche des
Indes, & l'Oraison Funebre
fut prononcée par le
Pere Augustin de Cattejon
Jesuite.
Le 2.7. & le 28. les Religieuses
du mesme Monastere
firent aussi faire un
Service solemnel peur le
repos de l'Ame decePrince.
La qiacnéme Messe fut
celebrée pontificalement
par le Pere Alonzo Pimentel
Dominiquain.
Les mesmes jours 2.7. &
2.8. le Cops de Ville fit
faire les mesmes obseques
dans l'Eglise du Monastere
Royal des Dominiquains.
L'Evesque de Lerida y
officia pontificalement, &
Dom Juan de las Heras
prononça l'Oraison Fune.
bre.
Le ig. & le 30. Septembre,
& le 1rOctobre
, les mesmesobseques furent
faitesdans le Monastere
Royal des Carmelites Deschaussées.
La Me(Te fut celebrée
pontificalement par
l'Evesque de Gironne, &
l'OraisonFunebre fut prononcée
par le Pere Pierre
de la Conception, Carme
Deschaussé.
De Holande.
Les Etats Generaux ayant
accepté dêtre Parrains du
jeune Prince de Nassaw,
fils du feu Prince de Nassaw
Srathouder hereditaire de
Frise
,
luy ont fait present
d'une obligation de quatre
mille florins de rente qui luy
devoit estre envoyée dans
une Boëte d'or, avec une
somme pour les Domestiques
de la Chambre de la
Princcffe sa mcre. Les Etats
d'Holande ont aussi fait present
à ce Prince d'une obligation
de deux mille cinq
cens florins de rente dans
une Boëte d'or; & la Province
de Frise luy a confervé
toutes les Charges du
feu Prince son pere, avec
les Regiments des Gardes
de Cavallerie & d'Infanterie,
& une pension de cinq,
mille florins;
DeBayonne le iyOétobre.
Une Fregate du Roy de
rrente canons, commandée
par Mr de la Mothe a attaqué
un Vaisseau Anglois de
soixante canons & l'ayant
abordé après trois heures
de combat, elle alloit s'en
emparer lors qu'il sauta en
l'air avec tout l'équipage
par le feu qui prit à la Sainte
Barbe où étoient les Poudres;
& cela sans que la
Fregate ait reçu d'autre
dommage que ses voiles
brulées.
Deux autres Fregates y
ont amené le 2. un Navire
Anglois chargé de Soyes,
de Cotton, de Noix,de raisins
secs, de beaucoup d'autres
drogues propres à la
Teinture, le tout estimé
deux cens mille livres.
Un Armateur y amena
aussi un Bastiment de la
mesme Nation, chargé de
Sucre.
De Toulon.
Il arriva icy le 4. un
Navire tout demasté qui
étoit remorqué par deux
Armateurs. C'est un Vaisseau
Portugais chargé de
Sucre, de Tabac, & de
Cuir, le tout estimé cent
cinquante mille écus.
Le mesme jour il arriva
aussi un Vaisseau Catalan,
chargé de Vins & d'autres
provisions pour Barcelone.
De Dublin.
La populace, au nombre
de quatre a cinq mille personnes,
a fait de grands
desordres, enlevant les
Toiles peintes des Bouriques
& dechirant les habirs
des femmes qui en étoient
venues, àcause du grand
prejudice que ces Toiles
causoiencaux Manufactures
de Laine; mais ce
desordre fut appaisé par une
proclamation qui fut publiée.
De Lisbone le 26.Septembre.
La misere est extreme
dans ce Royaume; les vivres
n'y ont presque plus
de prix. Le Roy à de nou.
veau envoyé trente Bastimens
en Barbarie pour y
acheter des grains; Mais
comme lis ne sont escortez
que par quatre Vaisseaux de
guerre, on craint qu'ils ne
soient encore enlevez par
les Vaisseaux François qui
croi sent vers le Détroit. Sur
des avis qu 'on a eus de la
Frontiere que les Troupes
Espagnoles avoient reçu
toutes leurs Recruës, leurs
remontes, & un mois de
paye, tous les Officiers qui
étoient icy son partis pour
se rendre à leurs Corps,
Mais nôtre Armée n'a point
de Magasins. Un de nos
Vaisseaux de 54. canons &
de 150.hommes déquipage
ayant donné sur un Banc,
en entrant dans la Rivière,
cil peri; mais tout l'équipage
s'est fauvé l'exception
de dix huit per sonnes qui
ont erté noyées.
D~Z<<' le zz.
*
:
Il partit d'icy un grand
Convoy de vivres avec dix
pieces de canon de 24.livres
de balle & plusieurs Mortiers
pour aller joindtc
l'Armée. Mr de Vendosme
a ordonné de luy envoyer
encore quelque pieces de
canon du mesme calibre.
De Sarragose le 7. Octobre
Le 23. Septembre il
partit d'icy un Convoy de
cent trente Chariots & de
deux cent Mulets chargez
de grains rj que l'on fait
moudre à Fraga & à Lerida
d'où on les transporte à
l'Armée
d'A,lcantr.
- Deux Galliotcs de rifle
d'Ivica ayaj.it attaque un
Navire François par le travers
de Denia, les Galleres
d'Espagne qui étoient dans
ce Port en sortirent, prirent
une de ces Galliotes qui
étoit montée de quatre
vingt dix hommes.Trente
furent tuez dans le combat,
.& les soixante restant surent
mis à la Rame.
De Vigo.
Le 14. Septembre, la
Frégate la Susanne amena
une prise Hollandoisede
trois ce ns tonneaux chargée
de Seigle.
La Fregate le Grison, de
Saint Jean de Luz, y amena
le mesme jour quatre prises,
dont deux de cent tonneaux
chacune étoient chargées de
froment, une de Seigle,
d'Orge, & de plusieurs
Ballots de Marchandises, &
la quatrième du port de
trois cens tonneaux, étoic
chargée d'Acier
,
de Draps
fins, & d'autres riches Marchandises.
Cette Fregate;
avec quelques autres Armateurs
aamené dans ce Port
en fort peu de temps vingtcinq
pri ses.
De Dunkerque.
Le Chevalier Bart, &le
Comte Philippe ont amené
une prise chargée de Vins
de Teinte, d'Oranges & de
Citrons; laFregate la Mutine
a amené un Navire
Anglois chargé de Charbon
de terre, & deux Rançons
de quatre mille trois cens
florins; & la Fregatre la
Sorciereaamené deux Bast -
mens Hollandois chargez
de Moruë.
De Dauphiné.
L'armée de Mr le Duc
de Savoye ayant repassé les
Alpes; & de celle duRoy
consommé les fourages
dans les Vallées dDulx &
dePragelas,MrdeBerwick
ramene les troupes par- la
Vallée de Maurienne, pour
ldes'hdiivsterirbsuer en quartier -,
De Romele 2 6. Septembre. -Le 21. on tint une trÓÏt.
siéme Congregation touchant
l'immunité Eclesiastique
en presence du Pape,
où il se trouva dix Cardinauxavec
les Prelats. Le
foirmesme, undes Expeditionnaires
d'Espagne fut
arresté dans sa maison parce
qu'il avoit servi de temoin
à la signification que Mr
de Molines avoit fait faire
à l'Agent des Eglises de ce
mesme Royaume, pour luy
ordonner d'aller rendre
compte de sa conduite,avec
deffence de s'ingerer dans
les affaires des Eglisesd'Efpagne
parce qu'elles avoient
revoqué leurs procurations
dont il étoit chargé cydevant.
L'autre Expeditionnaire
ayant esté averty
se retira en lieu de seureté.
Le lendemain le Cardinal
Pauluccy, Secretaire d'Etat,
écrivit un billet de la parc
du Pape à Mr Molines où il
il luy marquoit de s'abstenir
de toutes ses fonctions
de Doyen de la Rote,ainsi
que de ses autres emplois.
Le 2 5. il reçut un autre
billet par lequel le Cardinal
Vicaire luy signifioit quele
Pape l'avoit suspendu de
ses Ordres sacrez.
De Varsovie du25.
Septembre.
L'Envoyé du grand Seigneur
; les Députez du Roy
de Suède
, ceux du Kan des
Tartares; & ceux du Palatin
de Kiowie ont eû une Conserence
à Jaslowiecz, à l'entrée
de la haute Podolie avec
plusieurs Senateurs Polonois,
qui ayant déclaré qu'ils
ctoient Députez de la parc
du Roy Auguste, & de
la Républiquede Pologne,
l'envoyé Turc a refusé
de traiter avec eux, & de
leur délivrer les Lettres
dont le Grand Vizir l'avoit
chargé, s'exeusant sur
ce qu'il ne reconnoissoit pas
pour Representans de la Republique,
ceux qui venoient
dela part du Roy Auguste;
que le Grand Seigneur
ne reconnoissoit pas Roy
de Pologne; ajoutant qu'il
avoit ordre de faire des Proposicions
avantageuses à la
Pologne,qu'ilne pouvoir
leur expliquer; mais que 10
grand Visir esperoit que la
Republique favoriseroit le
passage du Roy de Suede ,
& que les Moscovites sortiroient
des Etats de Pologne
,conformement au
Traité conclu avec le Czar,
ensuite dequoy ils se sont
retirez.
De Carelsbade, en Bobeme.
Le Gzar a déclaré que
par le Traité conclu avec le
grand Visir, il avoit promis
de ne se plus méslerdes
Affaires de Pologne, pourvû
que le Roy de Suede ne
s'enmêlastpasnonplus,&
que si Sa Majesté Suedoise
s'en mêloit ; il affisteroit le
Roy Auguste son Allié, de
toutes ses forces; qu'à l'égard
de la restitution d'Asaph
, il ne l'executeroit
qu'aprés que le Roy de
Suede feroit party avec une
Escorte de cinq mille hommes
seulement, pour retourner
dans ses états, &
que si cette Efcortc étoit
plus forteil s'oposeroit à
son passage.
De Francfort le 13. Oéîobre.
Le 11. on fit forcir d'icy
tous les Etrangers, excepté
ceux de la suite des Electeurs
&des Ambassadeurs,
& le lendemain 12. l'Archiduc
fut élû Empreur par les
Electeurs de Tréves, de
Mayence, & Palatin, presents
: & les Ambassadeurs
des Eleveurs de Saxe, de
Brandebourg, & du Duc
d'Hanover, nonobstant les
Protestations de nullité des
ElecteursdeCologne ÔC
de Baviere.
<
«
De Lunevillele16.
Madame la Duchessede
Lorraine, est acouçhée lanuit
derniere d'une Princesfc
; & il est arrivé aujourd'huy
un Courrier dépeché
par l'Electeur de Trêves
qui a rapporté que l'Archiduc
avoit été élû Empereur
le 12, d'une voix unanime.
--
De Cadix le 6. Oftobrt,
Il est venuce marin trente
six Deserteurs de la Garnsson
de Gilbraltar, parmy
lesquels
lesquels il y a deux Lieutenants.
Ils se plaigent de n'a
voir touché aucun prest de
puis six mois; & on dit que
les deux Bataillons qu'on y
a amenez de Portugal ne 0 montoient qu'à trois cens
hommes; dont plus de la
moirié estoient malades, &
que deux Fregates chargées
de vivres, étoient peries en
entrant dans la Baye.
protestent contrel'Election
précipitée d'un Empereur
en faveur de l'Archiduc,
la Capitulation perpetuelle
n'étant pas encore reglée ni
les griefs de l'Empire purgez
touchant les trois Religions
tolerées en Alemagne ; les
Tribunaux de Justice &
l'évaluation des Monnoyes;
Mr Albano
, a déja representé,
que cette élection ne
pouvoit être canonique sans
la presence des Electeurs
de Cologne,& de Baviere :
On n'y a point parlé du neuvième
Ek£toratr, ny de
l'érection de la Prusse en
Royaume.
De Strajbouro le
1 8.
Le Prince Eugene
, a fait
faire de grandes réjouïssances
dans fun Camp pour
l'Electiondu nouvel Empereur
; deux jours aprés il envoya
reconnoîtrenoslignes
par des Ingenieurs escortez
de deux cens Chevaux; mais
nos Troupes étant sorties
sur eux, il y en eut dix neuf
tuez, & quatorze de pris
avec un des Ingenieurs.
Un party de vingt cinq
de nos Houssards, ayant
pénétré dans le derriere de
leur Armée ; mit le feu à
un amas de fourages,&coupa
à coups de fabre environ
mille sacs de farine, a près
quoy ce party se retira avec
trente neuf Chevaux des
ennemis, sans avoir perdu
un seul homme, quoy qu'il
eust été poursuivy pendant
plus de quatre heures.
De Cambray.
JLcs Inspecteurs d'Infanterie
ont commencé au
jourd'huy à faire leur revue,
après laquelle lesTroupes
marcheront dans les Quartiers
qui leur son defigncz.
Mr d'Albergothi a fait faire
devant les Retranchements
deVauvrechain,des Redoutes
& des Fortins oùl'on a
placé de l'Artillerie.
L'infanterie Ennemie est
encore prés de Bouchain, &
on luya envoyé de Tournay,
quatre cens Chariots
chargez de vivres. La Garnsson
deCondé, qui a esté
considerablement augmentée,
à bruié des Fourages,
& enlevé douze cens Sacs
d'A voine
De Dunhrcju?.
Deux de nos Fregates ont
amené deux Bastimens Hollandois
chargez d'Huile de
Baleine, & z-, un Anglors sur
lequelon a trouvé quinze
mille livres sterlin en Guinées,
&environ pourcent
mille livres de Marchandises.
Mr de Benac a fait deux
autres prises, estimées cinquante
mille écus chacune.
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Résumé : NOUVELLES de divers endroits.
Le texte relate diverses nouvelles provenant de plusieurs régions. À Venise, une rébellion de la milice de Tripoli contre les Deys a entraîné la mort de trois d'entre eux. Un Dey, réfugié à Constantinople, est revenu avec des ordres pour rétablir son autorité, mais les troubles ont persisté. En septembre, une Marseillaise a rapporté que ce Dey avait également été massacré par la milice et le peuple. À Rome, un service solennel a été célébré le 18 septembre pour le repos de l'âme du feu Dauphin, en présence du cardinal de la Tremoille et de plusieurs prélats. À Madrid, les obsèques du prince ont été célébrées avec magnificence le 26 septembre dans l'église du monastère royal des Religieuses de l'Incarnation, avec des messes et oraisons funèbres prononcées par des dignitaires religieux. En Hollande, les États Généraux ont accepté de parrainer le jeune prince de Nassau, fils du feu prince de Nassau, en lui offrant une rente et des charges militaires. À Bayonne, une frégate française a attaqué un vaisseau anglais de soixante canons, qui a explosé. Deux autres frégates ont capturé un navire anglais chargé de diverses marchandises. À Toulon, un vaisseau portugais démâté et un vaisseau catalan chargé de vins sont arrivés. À Dublin, des désordres causés par la populace ont été apaisés par une proclamation après la destruction de toiles peintes préjudiciables aux manufactures de laine. À Lisbonne, la misère est extrême et le roi a envoyé des navires en Barbarie pour acheter des grains, malgré les menaces des vaisseaux français. À Saragosse, un convoi de chariots et de mulets chargés de grains a été envoyé à l'armée d'Alcant. À Vigo, plusieurs frégates ont amené des prises hollandaise et anglaise chargées de diverses marchandises. À Dunkerque, des prises chargées de vins, de charbon, de morue et d'huile de baleine ont été amenées. En Dauphiné, l'armée du duc de Savoie ayant consommé les fourages, Mr de Berwick a ramené les troupes par la vallée de Maurienne pour les mettre en quartiers d'hiver. À Rome, une congrégation a traité de l'immunité ecclésiastique en présence du Pape, et un expéditionnaire espagnol a été arrêté. À Varsovie, une conférence a eu lieu entre divers envoyés, mais l'envoyé turc a refusé de traiter avec les députés du roi Auguste. À Carlsbad, le czar a déclaré qu'il n'interviendrait plus dans les affaires de Pologne à condition que le roi de Suède en fasse autant. À Francfort, l'archiduc a été élu empereur par les électeurs de Trèves, de Mayence et du Palatin, malgré les protestations des électeurs de Cologne et de Bavière. À Luneville, la duchesse de Lorraine a accouché d'une princesse. À Cadix, trente-six déserteurs de la garnison de Gibraltar se sont plaints de ne pas avoir touché de solde depuis six mois. À Strasbourg, le prince Eugène a célébré l'élection du nouvel empereur et des escarmouches ont eu lieu entre les troupes françaises et ennemies. À Cambrai, les inspecteurs d'infanterie ont commencé leur revue et les troupes ont marché vers leurs quartiers, tandis que des redoutes et des fortins ont été construits devant les retranchements de Vauvrechain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 300-303
Nouvelles de Paris.
Début :
Le vingt-deux de ce mois l'Abbé Fagon fut sacré [...]
Mots clefs :
Paris, Évêque, Rhin, Dauphin, Dauphiné
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris.
Nouvelles de Paris.
Le vingt-deux de ce
mois l'Abbé Fagon fut
facré Evefque de Lombez dans la Chapelle de
l'Archevefché , par le
Cardinal de Noailles ,
Archevefque de Paris ,
GALANT. 301
qui eut pour Affiftans
l'ancien Evefque de
Condom , & l'Evefque
de Saint Omer.
On a eu avis que le
Capitaine Bournonville
ayant paffé le Rhin avco
deux cent cinquante
hommesdes compagnies
franches du Brigadier
la Croix , étoit tombé la
nuitdu trente Avrildans
la Vveteravie , fur le
quartier de cinqe regimensde l'Archiduc, qu'il
302 MERCURE
avoit mis en un trésgrand defordre , y en
ayant eudans la ſurpriſe
pluſieurs tuez & bleſſez ;
& qu'il s'étoit retiré avec environ · foixante
chevaux , avec une perte peu confiderable ,
n'ayant eu en cette occaſion qu'un homme tué
& quelques bleffez.
Le vingt- quatre on
celebra un Service folemnel à la Sainte Chapelle du Palais pour
GALANT. 303,
Monſeigneur le Dauphin & Madamela Dauphine. L'Abbé de Champigny , Treſorier decette Eglife , officia pontificalement. Le Pere de
la RueJefuite prononçar
l'Oraifon funebre. La
Chambre des Comptes.
y affifta en Corps.
Le vingt-deux de ce
mois l'Abbé Fagon fut
facré Evefque de Lombez dans la Chapelle de
l'Archevefché , par le
Cardinal de Noailles ,
Archevefque de Paris ,
GALANT. 301
qui eut pour Affiftans
l'ancien Evefque de
Condom , & l'Evefque
de Saint Omer.
On a eu avis que le
Capitaine Bournonville
ayant paffé le Rhin avco
deux cent cinquante
hommesdes compagnies
franches du Brigadier
la Croix , étoit tombé la
nuitdu trente Avrildans
la Vveteravie , fur le
quartier de cinqe regimensde l'Archiduc, qu'il
302 MERCURE
avoit mis en un trésgrand defordre , y en
ayant eudans la ſurpriſe
pluſieurs tuez & bleſſez ;
& qu'il s'étoit retiré avec environ · foixante
chevaux , avec une perte peu confiderable ,
n'ayant eu en cette occaſion qu'un homme tué
& quelques bleffez.
Le vingt- quatre on
celebra un Service folemnel à la Sainte Chapelle du Palais pour
GALANT. 303,
Monſeigneur le Dauphin & Madamela Dauphine. L'Abbé de Champigny , Treſorier decette Eglife , officia pontificalement. Le Pere de
la RueJefuite prononçar
l'Oraifon funebre. La
Chambre des Comptes.
y affifta en Corps.
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Résumé : Nouvelles de Paris.
Le 22 avril, l'Abbé Fagon fut nommé évêque de Lombez par le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, en présence de l'ancien évêque de Condom et de l'évêque de Saint Omer. Le 30 avril, le capitaine Bournonville, à la tête de 250 hommes des compagnies franches du Brigadier la Croix, traversa le Rhin et attaqua le quartier de cinq régiments de l'Archiduc, causant un grand désordre et plusieurs pertes parmi les ennemis. Bournonville se retira avec environ soixante chevaux, subissant une perte minime avec un homme tué et quelques blessés. Le 24 avril, un service solennel fut célébré à la Sainte-Chapelle du Palais en mémoire du Dauphin et de la Dauphine. L'Abbé de Champigny officia et le Père de la Rue, jésuite, prononça l'oraison funèbre. La Chambre des Comptes assista à cette cérémonie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 146-161
MARIAGE.
Début :
Le 9. du mois d'Août dernier Messire Sebastien de [...]
Mots clefs :
Famille de Guilliet, Famille Boissat, Dauphiné, Généalogie, Enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Le 9. du mois d'Août
dernier Meffire Sebaftien
de Guilliet , Confeiller au
Parlement de Dauphiné ,
Seigneur de Mont Saint
Clair , Leyflin , Aouſte &
•
GALANT 147
Chimilin , a époulé à Grenoble, dans la Chapelle de
l'Evêché , Mademoiſelle de
Boiffat - Cuirieu , fille de
Meffire Charles de Boiffat,
Seigneur de Cuirieu , faint
Didier, Gages & Lauzane;
& de Dame Jeanne-Marie
de Vélin. M. l'Evêque de
Grenoble , allié des deux
parties leur a donné la benediction nuptiale à quatre
heures du matin.
La famille de Guilliet en
Dauphiné eft bonne , elle
eft originaire de Savoye ,
où eft reftée la branche des
Nij
148 MERCURE
Seigneurs de Montou, qui a
donné des Prefidens à la
Chambre des Comptes de
Chamberry. La branche
qui a paffé en Dauphinés'eft
stablie en 145. dans la ville
de Tourdupin , au Bailliage
de Vienne , & l'on voit dans
FEglife Paroifliale de cette
ville la Chapelle & le vaſe
de cette feconde branche ;
dont le droit de Patronage
appartient à ce nouveau
marié. Dés l'année 1461. Rolland de Guilliet fut pourvû
pár Louis XI . d'une Charge
de Confeiller au mêmePar
GALANT. 149
lement , dont les provifions
font enregistrées dans la
Chambre des Comptes de
la même Province. Nicolas
de Guilliet , fils de Pierre ,
& deFrançoife de Grimand
de Mont-faint Clair, a ren
du des fervices à l'Etat fous
le regne d'Henry IV..dans
plufieurs expeditions , dont
il avoit été chargé par le
Connetable de Leldiguieres , duquel il acquit l'amitié & la protection , dont la
Famille s'eft reffentie depuis , par la maniere dont il
sen étoit acquitté avec JacNiij
Iso MERCURE
ques de Guillier fon frere ,
qui dans les mêmes expedi
tions fut fait prifonnier de
guerre , & détenu juſqu'à ce
qu'il eût payé fa rançon à
Galas , commandant une
bande de troupes Neapolitaines qui firent une irru
ption en Dauphiné en 1587.
Scipion de Guilliet , premier fils de Nicolas , a acquis beaucoup de reputa
tion par fon fçavoir , par les
ouvrages qu'il a compofez ,
& par les negociations aufquelles il a été employé par
le feu Roy Louis XIII, &
GALANT. 15i
par la feue Reine Mere pendant fa Regence. Il avoit
commencé de briller en
qualité d'Avocat Conſiſtorial dans le Barreau du Parlement de Dauphiné : aprés
il fut gratifié en 1617. d'une
Charge de Senateur au Senat de Chamberry , a été
enſuite Maître des Requê
tes , ' Intendant de l'armée
du Roy Louis XIII. en Italie , alors commandée par
Charles-Emanuel Duc de
Savoye &enfin Envoyé de
France dans les Cours de
Rome , de Venife & de PiéNiiij
152 MERCURE
mont. Dans la derniere de
ces Cours il fut employé à
negocier le mariage deMal
dame Chrétienne de Fran
ce, fœur du Roy Louis XIII.
avec le Sereniffime Victor
Amedée , Prince de Pié
mont. Aprés quoy il com
pofa un Traité des Alliances.
des Maifons de France &
de Savoye , imprimé à Paris
en 1619. dans lequel Traité
il fait mention de treize dif
ferens mariages qu'il y a
voit déja eus pour fors entre
ces deux Maiſons , de quoy
Son Alteffe Royale de Sa-
GALANTA 153
voye fut fi contente, qu'el
le de retint dans fon Senat
deChamberry jufqu'en
1626. Il avoit été marié à
Laurence de faint Laurens,.
-Michel de Guillier , Seigneur de la Plattiere , fe.
cond fils de Nicolas , a fervi plus de vingt années le
feu Roy Louis XIII, tant
dans la Compagnie des
Gendarmes , commandée
par le Connêtable de Lef
diguieres , qu'en qualité de
Capitaine de cent hommes.
d'armes fous le Maréchal
de Crequy , & avoit époulé
14 MERCURE
Françoife Allemand , tante
de Meffire Ennemond Allemand de Montmartin,
Evêque & Prince de Gre
noble. Georgede Guilliet ,
troifiéme fils de Nicolas , a
été Chanoine de Vienne
Prieur de Terney , & Aumônier de la Reine Mere!
Claude de Guilliet, quatriéme fils de Nicolas , a aufli
été Chanoine de Vienne,
& Official dés 1598. de Pierre , & aprés de Jerôme de
Villars Archevêques. Pierre
de Guilliet , cinquiéme fils
de Nicolas,a été Lieutenane
GALANT Pss
general du Bailliage de
Vienne , lors qu'à caufe des
troubles qui étoient en
Dauphiné au commence.
ment du Regne du Roy
Henry IV. ce fiege a été
transferé dans la ville de
Beaurepaire.
François de Guillier , Ma
giftrat trés-fçavant , fils aîné de Scipion , a rempli
avec éclat la Charge d'Avo
cat General au même Par
lement de Dauphiné , de
laquelle il eft mort revêtų
en 1673. &avoit époufé Marie de Pourroy , de laquelle
156 MERCURE
il n'a eu qu'une fille, mariée
à Mellire Alphonfe de la
Baume , Seigneur de Plu
vinel. Charles de Guilliet
Seigneur de la Chapelle , &
de Tiers en partie , fecond
fils de Scipion , a été Capitaine dans le regiment de
Charolois , & Maître d'Hô.
tel du Roy.
Scipion Nicolas de Guil
liet , Seigneur de la Plaftie
re & de Moydieres, premier
fils de Michel, a fervi le feu
Roy & Sa Majesté regnante
à prefent pendant foixante
années conſecutives , ayant
GALANT. 157J.
commencé dés l'âge de 14.
ans à porter les armes en
qualité de volontaire fous le
grand Prince de Condé, II
a depuis donné dans une infinité d'occafions des mar
ques d'une valeur & d'une
habiletépeu commune dans
le métier de la guerre ; a
paffé par tous les emplois du
fervice de l'infanterie , &
eft mort en 1696. Maréchal
de Camp des armées du
Roy , & Gouverneur des
Ville & Bailliage de Pontarlier en Comté, & du Fort de
Joux. Sa Majeſté l'avoit gra-
158 MERCURE
*
tifié de ce Gouvernement
lors de la prise de Befançon.
Jacques Jofeph de Guilliet
fon frere , Seigneur de la
Plattiere , &c. a auffi donné
des preuves de fon courage
& de fon attachement au
fervice. Il mourut en 1703.
Lieutenant Colonel de Gas
:
tinois , ayant laiffé de Sibille
Pichon fon époufe Scipion
Nicolas de Guillier , Seis
gneur de la Plattiere , &c.a
La famille de Guilliet eft
alle à celles de Mury, de
1a Porte , Allemand , & c.
La famille de Boiffat
GALANT. 559
avec laquelle s'allie le Con
feiller dont je vous apprens
le mariage , eft trés- diftinguée en Dauphiné par fes
emplois & par fes belles alliances.
"
André de Boiffat , fils de
Pierre de Boiflat , fecond
Seigneur de Licieu & de
Gages , a acquis une grande
reputation dans le ferviceŢ
eft mort fans fuire , Lieute
nant general des armées du
Roy, & Gouverneur dupays
de Salée en Rouflillon.
Jean de Boiffat , Seigneur
de Cuiricu , frere de Pierre
160 MERCURE
de Boiffat premier , a formé
lafeconde branche de cette
famille , d'où eft fortie la
nouvelle mariée. De Fran
çoiſe de Courbeau , fille de
Claude & de Jeanne Allemand , il a eu André de
Boiffat , Seigneur de Cui.
rieu , marié à Marguerite
de Berenger ; & Pierre de
Boiffat quatriéme , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy , qui a
été marié à Charlotte de
Villars , fille de Meffire
Claude de Villars , Cheva
lier de l'Ordre du Roy, Gentilhom.
GALANT 981
ulhomme ordinaire de fa
Chambre , ayeul de M. le
Maréchalde Villars , de qui
La nouvelle mariée a l'honneur d'être petite-niece.
Charles de Boiffat a cinq
enfans , ycompris Marguerite de Boiffat , qui eft celle
dont le mariage vient d'ềtre fait.
Cette famille , outre l'alhance qu'elle eft glorieule
d'avoir avec la Maifon de
Villars , eft encore alliée à
celle de Clermont , Alle
mand, & de Beranger.
Le 9. du mois d'Août
dernier Meffire Sebaftien
de Guilliet , Confeiller au
Parlement de Dauphiné ,
Seigneur de Mont Saint
Clair , Leyflin , Aouſte &
•
GALANT 147
Chimilin , a époulé à Grenoble, dans la Chapelle de
l'Evêché , Mademoiſelle de
Boiffat - Cuirieu , fille de
Meffire Charles de Boiffat,
Seigneur de Cuirieu , faint
Didier, Gages & Lauzane;
& de Dame Jeanne-Marie
de Vélin. M. l'Evêque de
Grenoble , allié des deux
parties leur a donné la benediction nuptiale à quatre
heures du matin.
La famille de Guilliet en
Dauphiné eft bonne , elle
eft originaire de Savoye ,
où eft reftée la branche des
Nij
148 MERCURE
Seigneurs de Montou, qui a
donné des Prefidens à la
Chambre des Comptes de
Chamberry. La branche
qui a paffé en Dauphinés'eft
stablie en 145. dans la ville
de Tourdupin , au Bailliage
de Vienne , & l'on voit dans
FEglife Paroifliale de cette
ville la Chapelle & le vaſe
de cette feconde branche ;
dont le droit de Patronage
appartient à ce nouveau
marié. Dés l'année 1461. Rolland de Guilliet fut pourvû
pár Louis XI . d'une Charge
de Confeiller au mêmePar
GALANT. 149
lement , dont les provifions
font enregistrées dans la
Chambre des Comptes de
la même Province. Nicolas
de Guilliet , fils de Pierre ,
& deFrançoife de Grimand
de Mont-faint Clair, a ren
du des fervices à l'Etat fous
le regne d'Henry IV..dans
plufieurs expeditions , dont
il avoit été chargé par le
Connetable de Leldiguieres , duquel il acquit l'amitié & la protection , dont la
Famille s'eft reffentie depuis , par la maniere dont il
sen étoit acquitté avec JacNiij
Iso MERCURE
ques de Guillier fon frere ,
qui dans les mêmes expedi
tions fut fait prifonnier de
guerre , & détenu juſqu'à ce
qu'il eût payé fa rançon à
Galas , commandant une
bande de troupes Neapolitaines qui firent une irru
ption en Dauphiné en 1587.
Scipion de Guilliet , premier fils de Nicolas , a acquis beaucoup de reputa
tion par fon fçavoir , par les
ouvrages qu'il a compofez ,
& par les negociations aufquelles il a été employé par
le feu Roy Louis XIII, &
GALANT. 15i
par la feue Reine Mere pendant fa Regence. Il avoit
commencé de briller en
qualité d'Avocat Conſiſtorial dans le Barreau du Parlement de Dauphiné : aprés
il fut gratifié en 1617. d'une
Charge de Senateur au Senat de Chamberry , a été
enſuite Maître des Requê
tes , ' Intendant de l'armée
du Roy Louis XIII. en Italie , alors commandée par
Charles-Emanuel Duc de
Savoye &enfin Envoyé de
France dans les Cours de
Rome , de Venife & de PiéNiiij
152 MERCURE
mont. Dans la derniere de
ces Cours il fut employé à
negocier le mariage deMal
dame Chrétienne de Fran
ce, fœur du Roy Louis XIII.
avec le Sereniffime Victor
Amedée , Prince de Pié
mont. Aprés quoy il com
pofa un Traité des Alliances.
des Maifons de France &
de Savoye , imprimé à Paris
en 1619. dans lequel Traité
il fait mention de treize dif
ferens mariages qu'il y a
voit déja eus pour fors entre
ces deux Maiſons , de quoy
Son Alteffe Royale de Sa-
GALANTA 153
voye fut fi contente, qu'el
le de retint dans fon Senat
deChamberry jufqu'en
1626. Il avoit été marié à
Laurence de faint Laurens,.
-Michel de Guillier , Seigneur de la Plattiere , fe.
cond fils de Nicolas , a fervi plus de vingt années le
feu Roy Louis XIII, tant
dans la Compagnie des
Gendarmes , commandée
par le Connêtable de Lef
diguieres , qu'en qualité de
Capitaine de cent hommes.
d'armes fous le Maréchal
de Crequy , & avoit époulé
14 MERCURE
Françoife Allemand , tante
de Meffire Ennemond Allemand de Montmartin,
Evêque & Prince de Gre
noble. Georgede Guilliet ,
troifiéme fils de Nicolas , a
été Chanoine de Vienne
Prieur de Terney , & Aumônier de la Reine Mere!
Claude de Guilliet, quatriéme fils de Nicolas , a aufli
été Chanoine de Vienne,
& Official dés 1598. de Pierre , & aprés de Jerôme de
Villars Archevêques. Pierre
de Guilliet , cinquiéme fils
de Nicolas,a été Lieutenane
GALANT Pss
general du Bailliage de
Vienne , lors qu'à caufe des
troubles qui étoient en
Dauphiné au commence.
ment du Regne du Roy
Henry IV. ce fiege a été
transferé dans la ville de
Beaurepaire.
François de Guillier , Ma
giftrat trés-fçavant , fils aîné de Scipion , a rempli
avec éclat la Charge d'Avo
cat General au même Par
lement de Dauphiné , de
laquelle il eft mort revêtų
en 1673. &avoit époufé Marie de Pourroy , de laquelle
156 MERCURE
il n'a eu qu'une fille, mariée
à Mellire Alphonfe de la
Baume , Seigneur de Plu
vinel. Charles de Guilliet
Seigneur de la Chapelle , &
de Tiers en partie , fecond
fils de Scipion , a été Capitaine dans le regiment de
Charolois , & Maître d'Hô.
tel du Roy.
Scipion Nicolas de Guil
liet , Seigneur de la Plaftie
re & de Moydieres, premier
fils de Michel, a fervi le feu
Roy & Sa Majesté regnante
à prefent pendant foixante
années conſecutives , ayant
GALANT. 157J.
commencé dés l'âge de 14.
ans à porter les armes en
qualité de volontaire fous le
grand Prince de Condé, II
a depuis donné dans une infinité d'occafions des mar
ques d'une valeur & d'une
habiletépeu commune dans
le métier de la guerre ; a
paffé par tous les emplois du
fervice de l'infanterie , &
eft mort en 1696. Maréchal
de Camp des armées du
Roy , & Gouverneur des
Ville & Bailliage de Pontarlier en Comté, & du Fort de
Joux. Sa Majeſté l'avoit gra-
158 MERCURE
*
tifié de ce Gouvernement
lors de la prise de Befançon.
Jacques Jofeph de Guilliet
fon frere , Seigneur de la
Plattiere , &c. a auffi donné
des preuves de fon courage
& de fon attachement au
fervice. Il mourut en 1703.
Lieutenant Colonel de Gas
:
tinois , ayant laiffé de Sibille
Pichon fon époufe Scipion
Nicolas de Guillier , Seis
gneur de la Plattiere , &c.a
La famille de Guilliet eft
alle à celles de Mury, de
1a Porte , Allemand , & c.
La famille de Boiffat
GALANT. 559
avec laquelle s'allie le Con
feiller dont je vous apprens
le mariage , eft trés- diftinguée en Dauphiné par fes
emplois & par fes belles alliances.
"
André de Boiffat , fils de
Pierre de Boiflat , fecond
Seigneur de Licieu & de
Gages , a acquis une grande
reputation dans le ferviceŢ
eft mort fans fuire , Lieute
nant general des armées du
Roy, & Gouverneur dupays
de Salée en Rouflillon.
Jean de Boiffat , Seigneur
de Cuiricu , frere de Pierre
160 MERCURE
de Boiffat premier , a formé
lafeconde branche de cette
famille , d'où eft fortie la
nouvelle mariée. De Fran
çoiſe de Courbeau , fille de
Claude & de Jeanne Allemand , il a eu André de
Boiffat , Seigneur de Cui.
rieu , marié à Marguerite
de Berenger ; & Pierre de
Boiffat quatriéme , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy , qui a
été marié à Charlotte de
Villars , fille de Meffire
Claude de Villars , Cheva
lier de l'Ordre du Roy, Gentilhom.
GALANT 981
ulhomme ordinaire de fa
Chambre , ayeul de M. le
Maréchalde Villars , de qui
La nouvelle mariée a l'honneur d'être petite-niece.
Charles de Boiffat a cinq
enfans , ycompris Marguerite de Boiffat , qui eft celle
dont le mariage vient d'ềtre fait.
Cette famille , outre l'alhance qu'elle eft glorieule
d'avoir avec la Maifon de
Villars , eft encore alliée à
celle de Clermont , Alle
mand, & de Beranger.
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Résumé : MARIAGE.
Le 9 août, Sébastien de Guilliet, conseiller au Parlement de Dauphiné et seigneur de plusieurs domaines, a épousé Mademoiselle de Boiffat-Cuirieu à Grenoble. La cérémonie de bénédiction nuptiale a été célébrée par l'évêque de Grenoble à quatre heures du matin. La famille de Guilliet, originaire de Savoie, s'est installée en Dauphiné en 1455. Plusieurs membres de cette famille ont occupé des postes prestigieux, notamment des conseillers au Parlement et des militaires. Par exemple, Nicolas de Guilliet a servi sous Henri IV, et son fils Jacques de Guilliet a été lieutenant colonel de Gastonais. La famille de Boiffat, alliée à celle de Guilliet, est également distinguée en Dauphiné par ses emplois et ses alliances, notamment avec la maison de Villars. Charles de Boiffat, père de la mariée, a cinq enfants, dont Marguerite de Boiffat, l'épouse de Sébastien de Guilliet.
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6
p. 570-571
PHÉNOMENES SINGULIERS, vûs à Briançon en Dauphiné. Extrait de Lettre.
Début :
Le 8. Février, immédiatement après une tempête, et un vent [...]
Mots clefs :
Phénomènes singuliers, Briançon, Dauphiné, Éclairs, Tonnerre, Dragon volant, Garnison, Régiment Dauphin
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texteReconnaissance textuelle : PHÉNOMENES SINGULIERS, vûs à Briançon en Dauphiné. Extrait de Lettre.
PHE'NOMENES SINGULIERS,
vûs à Briançon en Dauphiné. Extrait
de Lettre.
E 8. Février , immédiatement après une tem-
Lpête ,et un vent épouvantable , il tomba une
quantité prodigieuse de neige , et à l'entrée de la
nuit le Ciel parut tout en feu par des éclairs si
vifs et si fréquens , que les yeux étoient également
éblouis et étonnez , en même tems qu'on étoit
frappé de terreur par le bruit horrible du tonensorte
que les Habitans de ce Païs les.
plus âgez et les Troupes qui étoient en Garnison ,
ont assuré que de mémoire d'homme on n'avoit
vûun spectacle si effraïant , ni entendu un bruit
si capable d'épouvanter.
nerre ,
Dans un Fort , nommé les Trois Têtes , contigu
MARS. 1731. 575
"
tigu à la ville de Briançon on apperçut huit
Phenomenes singuliers , aiant la figure de gros
flambeaux ardens , dont deux étoient placez à
droit et à gauche sur les chaînes du Pont-levis ;
deux autres étoient sur la Chapelle , deux sur le
Magazin des Vivres , et les deux derniers sur les
Cazernes;ces huit lumieres ou especes de globes de
feu ne parurent que pendant un bon quart d'heure. -
On prétend qu'il en parut un neuvième , qu'un
Sentinelle assura avoir vu positivement au bout
de son fusil , mais cela n'a pas été confirmé , parce
qu'il n'a pas été vû par d'autres dans ce même tems..
A un autre Fort de la même ville de Briançon ,
on apperçut un autre Phénomene en forme d'un
Dragon volant , qui se fixa au - dessus des Cazernes
de ce Fort ; on fit prendre les Armes à la
Garnison , composée de neuf Compagnies du
Régiment Dauphin , Infanterie , on essaïa , mais.
en vain de le dissiper par plusieurs coups de fusil
qu'on tira. Le Dragon resta constamment dans
sa place depuis sept heures du soir jusqu'à minuit,
pendant lequel temps il jetta une lumiere si éclatante
, que tout le Fort en fut éclairé , assez pour
le voir distinctement de loin , et même pour lire
très- aisémene ; ensuite le Dragon quitta sa place
et d'un mouvement grave il descendit par-dessus
le premier Fort des Trois Têtes , et on le suivit
des yeux jusques dans un Valon où il disparut.
M. le Comte de Feuquiere se plaint que dans
le Livre des Memoires sur la Guerre , que fen
M. e Marquis de Feuquieres on frere , avoit
fait il y a 25. ans , sans vouloir qu'il parût jamais
, et qui viennent d'être imprimez à Paris
sur une copie volée il y a des obmissions et des
alterations considerables qui défigurent.cet Ouvrage
, et qui feroient tort à la memoire de
M. de Feuquiere, dans l'esprit des Connoisseurs
vûs à Briançon en Dauphiné. Extrait
de Lettre.
E 8. Février , immédiatement après une tem-
Lpête ,et un vent épouvantable , il tomba une
quantité prodigieuse de neige , et à l'entrée de la
nuit le Ciel parut tout en feu par des éclairs si
vifs et si fréquens , que les yeux étoient également
éblouis et étonnez , en même tems qu'on étoit
frappé de terreur par le bruit horrible du tonensorte
que les Habitans de ce Païs les.
plus âgez et les Troupes qui étoient en Garnison ,
ont assuré que de mémoire d'homme on n'avoit
vûun spectacle si effraïant , ni entendu un bruit
si capable d'épouvanter.
nerre ,
Dans un Fort , nommé les Trois Têtes , contigu
MARS. 1731. 575
"
tigu à la ville de Briançon on apperçut huit
Phenomenes singuliers , aiant la figure de gros
flambeaux ardens , dont deux étoient placez à
droit et à gauche sur les chaînes du Pont-levis ;
deux autres étoient sur la Chapelle , deux sur le
Magazin des Vivres , et les deux derniers sur les
Cazernes;ces huit lumieres ou especes de globes de
feu ne parurent que pendant un bon quart d'heure. -
On prétend qu'il en parut un neuvième , qu'un
Sentinelle assura avoir vu positivement au bout
de son fusil , mais cela n'a pas été confirmé , parce
qu'il n'a pas été vû par d'autres dans ce même tems..
A un autre Fort de la même ville de Briançon ,
on apperçut un autre Phénomene en forme d'un
Dragon volant , qui se fixa au - dessus des Cazernes
de ce Fort ; on fit prendre les Armes à la
Garnison , composée de neuf Compagnies du
Régiment Dauphin , Infanterie , on essaïa , mais.
en vain de le dissiper par plusieurs coups de fusil
qu'on tira. Le Dragon resta constamment dans
sa place depuis sept heures du soir jusqu'à minuit,
pendant lequel temps il jetta une lumiere si éclatante
, que tout le Fort en fut éclairé , assez pour
le voir distinctement de loin , et même pour lire
très- aisémene ; ensuite le Dragon quitta sa place
et d'un mouvement grave il descendit par-dessus
le premier Fort des Trois Têtes , et on le suivit
des yeux jusques dans un Valon où il disparut.
M. le Comte de Feuquiere se plaint que dans
le Livre des Memoires sur la Guerre , que fen
M. e Marquis de Feuquieres on frere , avoit
fait il y a 25. ans , sans vouloir qu'il parût jamais
, et qui viennent d'être imprimez à Paris
sur une copie volée il y a des obmissions et des
alterations considerables qui défigurent.cet Ouvrage
, et qui feroient tort à la memoire de
M. de Feuquiere, dans l'esprit des Connoisseurs
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Résumé : PHÉNOMENES SINGULIERS, vûs à Briançon en Dauphiné. Extrait de Lettre.
Le 8 février, après une tempête, une grande quantité de neige tomba à Briançon en Dauphiné. À la tombée de la nuit, des éclairs vifs et fréquents illuminèrent le ciel, accompagnés d'un bruit de tonnerre terrifiant. Les habitants et les troupes en garnison affirmèrent n'avoir jamais vu un spectacle aussi effrayant. Le 5 mars 1731, huit phénomènes lumineux en forme de flambeaux ardents apparurent pendant un quart d'heure au fort des Trois Têtes à Briançon. Deux étaient placés de chaque côté du pont-levis, deux sur la chapelle, deux sur le magasin des vivres, et les deux derniers sur les casernes. Une sentinelle prétendit avoir vu un neuvième phénomène au bout de son fusil, mais cela ne fut pas confirmé. Dans un autre fort de Briançon, un phénomène en forme de dragon volant se fixa au-dessus des casernes. La garnison, composée de neuf compagnies du régiment Dauphin, tenta en vain de dissiper le dragon par des coups de fusil. Le dragon resta en place de 19 heures à minuit, éclairant tout le fort, avant de disparaître dans un vallon. Par ailleurs, le comte de Feuquières se plaignit des omissions et des altérations dans le livre des Mémoires sur la Guerre de son frère, le marquis de Feuquières, récemment imprimé à partir d'une copie volée. Ces modifications défigurent l'œuvre et nuisent à la mémoire de M. de Feuquières.
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7
p. 81-82
LOGOGRYPHE.
Début :
Venez dans nos climats, ô Nymphes du Permesse, [...]
Mots clefs :
Dauphiné
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
VINI ENEZ dans nos climats , ô Nymphes du
Permeffe ,
Joindre vos doux accens , à nos chants d'allégreffe !
Dans un nom chéri , reſpecté ,
Quelle illuftre fécondité !
Du pur fang des Héros , une fource brillante ,
Met le comble à nos voeux , rempliſſant notre
attente .
Bien plus , elle nous rend plus d'une Déité ,
Célèbre dans l'antiquité.
Témoins , le Dieu des Bois , & la chafte Déeffe.
L'Eternelle Sageffe ,
Le Créateur , Arbitre fouverain ,
Habitant toujours dans fon fein .
Si la haine y paroît , c'eſt la haine du vice ,
Oppofée à toute injuſtice ,
Dont elle abhorre les effets .
Elle produit encor , outre ces quatre objets ,
Des amours de Phoebus , une Nymphe allarmée ,
Dv
81 MERCURE DE FRANCE.
Et qui fut , dans fa fuite , en laurier transformée
Le Mont facré. Ce qu'au fort de l'hyver ,
L'Alcyon fait fur les flots de la mer.
Ce qui fert de réveil aux enfans de Bellone ;
Et ce qui , de Cérès , compofe la couronne.;
L'arbre, dont la figure, au bon vieux temps jadis
Par les Dieux , fut donnée à la Nymphe Pithys.
Une Province , & deux Villes de France.
L'Evêché d'un pays , voifin de la Provence.
La fille de Lia ,
Qu'aux fureurs de l'amour , Sichem facrifia ;
Mais dont le crime affreux , tragique dans fes
fuites ,
Le fit périr avec les Sichémites .
Un des tributs d'Ifraël.
Ce que le Prêtre offre à l'Autel .
Un pays riche. Un grand fleuve d'Afie .
Ce qu'en partant , on dit par courtoifie ;
Et qu'un Banqueroutier ,
Ne dit guère à fon Créancier .
Au défaut de voiture, un membre utile à l'homme,
Pour faire le chemin de Warfovie à Rome.
Un des quatre élémens : une faine liqueur,
Qui ne fait pas broncher fon avide buveur.
Et pour finir , Lecteur , un nom pris par cinq
Papes.
Huit pieds font tous ces mots... Vois fi tu les
attrapes.
VINI ENEZ dans nos climats , ô Nymphes du
Permeffe ,
Joindre vos doux accens , à nos chants d'allégreffe !
Dans un nom chéri , reſpecté ,
Quelle illuftre fécondité !
Du pur fang des Héros , une fource brillante ,
Met le comble à nos voeux , rempliſſant notre
attente .
Bien plus , elle nous rend plus d'une Déité ,
Célèbre dans l'antiquité.
Témoins , le Dieu des Bois , & la chafte Déeffe.
L'Eternelle Sageffe ,
Le Créateur , Arbitre fouverain ,
Habitant toujours dans fon fein .
Si la haine y paroît , c'eſt la haine du vice ,
Oppofée à toute injuſtice ,
Dont elle abhorre les effets .
Elle produit encor , outre ces quatre objets ,
Des amours de Phoebus , une Nymphe allarmée ,
Dv
81 MERCURE DE FRANCE.
Et qui fut , dans fa fuite , en laurier transformée
Le Mont facré. Ce qu'au fort de l'hyver ,
L'Alcyon fait fur les flots de la mer.
Ce qui fert de réveil aux enfans de Bellone ;
Et ce qui , de Cérès , compofe la couronne.;
L'arbre, dont la figure, au bon vieux temps jadis
Par les Dieux , fut donnée à la Nymphe Pithys.
Une Province , & deux Villes de France.
L'Evêché d'un pays , voifin de la Provence.
La fille de Lia ,
Qu'aux fureurs de l'amour , Sichem facrifia ;
Mais dont le crime affreux , tragique dans fes
fuites ,
Le fit périr avec les Sichémites .
Un des tributs d'Ifraël.
Ce que le Prêtre offre à l'Autel .
Un pays riche. Un grand fleuve d'Afie .
Ce qu'en partant , on dit par courtoifie ;
Et qu'un Banqueroutier ,
Ne dit guère à fon Créancier .
Au défaut de voiture, un membre utile à l'homme,
Pour faire le chemin de Warfovie à Rome.
Un des quatre élémens : une faine liqueur,
Qui ne fait pas broncher fon avide buveur.
Et pour finir , Lecteur , un nom pris par cinq
Papes.
Huit pieds font tous ces mots... Vois fi tu les
attrapes.
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8
p. 75
« Le mot de la première Enigme, du Mercure précédent, est Oeuf. Celui de [...] »
Début :
Le mot de la première Enigme, du Mercure précédent, est Oeuf. Celui de [...]
Mots clefs :
Oeuf, Bourdaloue, Dauphiné, Delphinus
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texteReconnaissance textuelle : « Le mot de la première Enigme, du Mercure précédent, est Oeuf. Celui de [...] »
LE mot de la première Enigme , du
Mercure précédent , eft Oeuf. Celui de
la feconde , eft , Bourdalouë.
Le mot du premier Logogryphe , eft ,
Dauphine ; dans lequel on trouve , Pan ,
Diane , haine , Daphné , Ida , nid , Ladiane
, épi , Pin , Dauphine , Eu , han ,
Die , Dina , Dan , pain , Jude , adieu ,
pied , Eau , Pie .
Celui du fecond Logogryphe , eſt ,
Delphinus ; où l'on trouve , Jefu , Deus,
Pindus , Delphi , dolus , Delius , Nilus,
Indus , Ilus , Linus , Lepidus Edui ,
Seduni ( Sion ) Elis , Heli , Deli , Pius ,
Linus ( Papa Secondus ) Pelius.
Mercure précédent , eft Oeuf. Celui de
la feconde , eft , Bourdalouë.
Le mot du premier Logogryphe , eft ,
Dauphine ; dans lequel on trouve , Pan ,
Diane , haine , Daphné , Ida , nid , Ladiane
, épi , Pin , Dauphine , Eu , han ,
Die , Dina , Dan , pain , Jude , adieu ,
pied , Eau , Pie .
Celui du fecond Logogryphe , eſt ,
Delphinus ; où l'on trouve , Jefu , Deus,
Pindus , Delphi , dolus , Delius , Nilus,
Indus , Ilus , Linus , Lepidus Edui ,
Seduni ( Sion ) Elis , Heli , Deli , Pius ,
Linus ( Papa Secondus ) Pelius.
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Résumé : « Le mot de la première Enigme, du Mercure précédent, est Oeuf. Celui de [...] »
Le texte présente les solutions à des énigmes et logogryphes du Mercure. La première énigme est 'Œuf', la seconde 'Bourdalouë'. Le premier logogryphe est 'Dauphine', avec des mots dérivés comme 'Pan' et 'Diane'. Le second logogryphe est 'Delphinus', avec des mots dérivés tels que 'Deus' et 'Delphi'.
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