Résultats : 2840 texte(s)
Détail
Liste
951
p. 280-284
Pompe Funebre de la Reyne d'Espagne, [titre d'après la table]
Début :
Le 2. de ce mois Le Roy fit faire un service solemnel [...]
Mots clefs :
Reine d'Espagne, Roi, Espagne
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texteReconnaissance textuelle : Pompe Funebre de la Reyne d'Espagne, [titre d'après la table]
Le 2. de ce mois le
Roy fit faire un ſervice folemnel
dans l'Egliſe de
Noftre- Dame , pour le repos
de l'ame de la Reyne
d'Eſpagne , le Cardinal de
Noailles Archeveſque de
Paris officia , & tous les
Prélats qui estoient à Paris
s'y trouverent , de mefme
que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la
Cour des Aides , l'Univerſité
& le Corps de Ville
د
qui
1
GALANT. 281
qui y avoient eſté invitez
de la part du Roy , par le
Marquis de Dreux Grand
Maistre des Cérémonies.
Madame la Princeſſe de
Conti , Mademoiſelle de
Charolois , & Mademoiſelle
de Clermont , qui eftoient
les Princeſſes du
deüil , estoient menez par
Monfieur le Duc d'Orleans
, le Duc de Bourbon ,
&le Comte de Charolois .
Le Mauſolée de cette
grande Reyne eſtoit ſuperbe
, ſon tombeau eſtoit
placé ſur un pied d'Eſtal
Aa
282 MERCURE
fouſtenu de quatre Lyons ,
fa figure eftoit à pans fur
chaque paneſtoit affife une
Conſole qui portoit une
Girandole. On voyoit au
deffus du Tombeau la rez
preſentation couverte d'un
riche Poele & d'un Manteau
Royal , fur leſquels
eftoit poſée la Couronne
d'Eſpagne , ſur un Carreau,
couverte d'un voile ou cref
pe noir.
Au deſſus du Catafalque
eſtoit élevé un Pavillon
furmonté de quatre aigrettes
, orné de riches pentes
GALANT. 283
garnies d'ornements &
d'attributs en or , au fond
duquel eſtoir une croix de
moire d'aigrettes cantonné
des armes d'Eſpagne, duquel
pavillon partoientqua
tre grandes queües foutenuës
en l'air formant des
feftons. On voyoit ſous le
pavillon un Ange tenant
une couronne d'étoiles re
preſentant l'immortalité.
L'Autel étoit orné dans le
même goût que le tour du
Choeur. Deux cartouches
avec deviſes en bas relief
d'or y étoient aux deuxcô
A a ij
284 MERCURE
tés : au deſſus de l'Autel
étoit unDais richement orné,
dont les queües for
mant des feſtons ſe réünif
foient à la décoration du
Choeur.
Les Ecuffons , cartouches,
tympans & autres ornements
ſont dorés,profilés
&ornés de girandoles portant
des lumieres
Les inſcriptions & deviſes
ont été données par Mr.
Simon Garde du Cabinet
des Medailles du Roy
Roy fit faire un ſervice folemnel
dans l'Egliſe de
Noftre- Dame , pour le repos
de l'ame de la Reyne
d'Eſpagne , le Cardinal de
Noailles Archeveſque de
Paris officia , & tous les
Prélats qui estoient à Paris
s'y trouverent , de mefme
que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la
Cour des Aides , l'Univerſité
& le Corps de Ville
د
qui
1
GALANT. 281
qui y avoient eſté invitez
de la part du Roy , par le
Marquis de Dreux Grand
Maistre des Cérémonies.
Madame la Princeſſe de
Conti , Mademoiſelle de
Charolois , & Mademoiſelle
de Clermont , qui eftoient
les Princeſſes du
deüil , estoient menez par
Monfieur le Duc d'Orleans
, le Duc de Bourbon ,
&le Comte de Charolois .
Le Mauſolée de cette
grande Reyne eſtoit ſuperbe
, ſon tombeau eſtoit
placé ſur un pied d'Eſtal
Aa
282 MERCURE
fouſtenu de quatre Lyons ,
fa figure eftoit à pans fur
chaque paneſtoit affife une
Conſole qui portoit une
Girandole. On voyoit au
deffus du Tombeau la rez
preſentation couverte d'un
riche Poele & d'un Manteau
Royal , fur leſquels
eftoit poſée la Couronne
d'Eſpagne , ſur un Carreau,
couverte d'un voile ou cref
pe noir.
Au deſſus du Catafalque
eſtoit élevé un Pavillon
furmonté de quatre aigrettes
, orné de riches pentes
GALANT. 283
garnies d'ornements &
d'attributs en or , au fond
duquel eſtoir une croix de
moire d'aigrettes cantonné
des armes d'Eſpagne, duquel
pavillon partoientqua
tre grandes queües foutenuës
en l'air formant des
feftons. On voyoit ſous le
pavillon un Ange tenant
une couronne d'étoiles re
preſentant l'immortalité.
L'Autel étoit orné dans le
même goût que le tour du
Choeur. Deux cartouches
avec deviſes en bas relief
d'or y étoient aux deuxcô
A a ij
284 MERCURE
tés : au deſſus de l'Autel
étoit unDais richement orné,
dont les queües for
mant des feſtons ſe réünif
foient à la décoration du
Choeur.
Les Ecuffons , cartouches,
tympans & autres ornements
ſont dorés,profilés
&ornés de girandoles portant
des lumieres
Les inſcriptions & deviſes
ont été données par Mr.
Simon Garde du Cabinet
des Medailles du Roy
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Résumé : Pompe Funebre de la Reyne d'Espagne, [titre d'après la table]
Le 2 du mois, le roi organisa un service solennel à l'église Notre-Dame pour le repos de l'âme de la reine d'Espagne. Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, officia en présence de tous les prélats parisiens, ainsi que du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aides, de l'Université et du Corps de Ville, invités par le marquis de Dreux. Les princesses du deuil, Madame la Princesse de Conti, Mademoiselle de Charolois et Mademoiselle de Clermont, furent accompagnées par Monsieur le Duc d'Orléans, le Duc de Bourbon et le Comte de Charolois. Le mausolée de la reine était somptueux. Son tombeau, soutenu par quatre lions, était orné de consoles portant des girandoles. Au-dessus du tombeau, une représentation était couverte d'un riche poêle et d'un manteau royal, sur lesquels reposait la couronne d'Espagne voilée de crêpe noir. Un pavillon surmonté de quatre aigrettes, orné de riches pendentifs et d'attributs en or, surmontait le catafalque. Une croix de moire d'aigrettes, cantonnée des armes d'Espagne, était visible au fond du pavillon, d'où partaient trois grandes queues formant des festons. Sous le pavillon, un ange tenait une couronne d'étoiles représentant l'immortalité. L'autel était décoré dans le même style que le tour du chœur. Deux cartouches avec des devises en bas-relief doré étaient placées de chaque côté. Un dais richement orné, dont les queues formaient des festons, se réunissaient à la décoration du chœur. Les écussons, cartouches, tympans et autres ornements étaient dorés, profilés et ornés de girandoles portant des lumières. Les inscriptions et devises furent fournies par Monsieur Simon, garde du Cabinet des Médailles du roi.
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952
p. 206-216
Suplément aux nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
On a eu avis de Cadix du 18. Juin que les jours precedens [...]
Mots clefs :
Maréchal, Ministres, Nouvelles
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texteReconnaissance textuelle : Suplément aux nouvelles, [titre d'après la table]
On aeuavisde Cadix du
18. Juin que les jours precedcns
il en estoit encore parti
vingt-deuxvaisseaux deguerre
bien équipez & chargezde
canon, de mortiers, boulets
& d'autresprovisionsde guerre,
& qu'un Vaisseau Portugais
en ayant rencontre un
Algerien, qui emmenoit un
BastimentAnglois
,
l'avait
attaqué & fait couler à fond:
On a receu de Lisbonne la
-'ê
confirmation des grandes réjoüissances
faites pour la naissance
d'un second Prince dont
la. Reine de Portugal est accouchée
le 6. &qui fera nomme
Louis au nom du Roy de
France & de la Reine d'Angleterre.
On ajouteaux Nouvelles
du Camp devant Barcelonne
du 11. Juin qui font dans la
Gazette derniere, que fuivanc
le rapport des Deserteurs fortis
de la Place depuis le 20.
il n'yavoit pas trois mille
hommes de Troupes reglées,
qui ne cherchoient que l'occasson
de deserter aussi. Depuisla
nouvelle de l'approche
du Maréchal de Berwick
,
les Barcelonnois
commençoientà paroistre
plus traitables qu'auparavant,
Lorsque le ficur de Caux fut
envoyé dans la Place pour
l'échange des Prisonniers,on
luy fit toutes sortes de bons
traitemens, & on le regala
magnifiquement en poisson,
& ensuite par des danses de
Dames &de jeunes filles;rien
n'est égal au fanatisme de ces
gens-cy qui comptent sur la
parole
parotedequelquesM~in~
qu'un Ange exterminateur va
les vanger des maux qu'on
leur fait, & de laruine donc
onles menace. Onajouteaussi aux nonvelles
de Perpignan du 17.
que le sieurde la Neuville, Intendant
du Roussillon,ayant
sçu-que-leMaréchal de Bervickvenoit
en poste sans équipagesavec
six chevaux sule-
'f :ment:.. luy enavoit fait pteparrer
vingtscinq de Selle avec
quatre-vingt- dix mulets pour
porter. les équipages qu'il
fournitàce Maréchal
,
& qui
'conMent en quatre-vingt
douzainesde serviettes &de
nappes, trente couvertsdargent,
les batteries de cuisine
nece[aires..,&huitcaiOès rctD
pliesde meilleursvins deFrance,
d'Italie & dEspagne, ~ck
jambons & d'autres provi- sions.•<
On écrit de Bade du L.A
ce mois que les Conferences
continuoient assidument entre
les Ministres deFrance &
del'Empereurle matin fcu.
lement depuis neuf heures
jusqu'à onze tous les jours,
excepté le Mercredy qui est
GcGiné. pour les depêches,
ainsi que le Dimanche. Le
secret n'y est pas moins grand
, qu'à Rastat; Cependant on
içatt que les premières COlt.
ferences ont roulé sur le rétablissement
des deux Electeurs,
dont les Ministresn'avoient
point encore paru à l'Hôtel de
Ville pour délivrer leur plcin
pouvoir, mais ils avoient de
fréquentés & secrettes confè*
- rences avec les Ministres de
1 France, ainsi que. le Marquis
Barette, Ambassadeur d'Espagne
en Suisse qui s'éroit rcrh
duà Badeincognito. On se
flatte que tout sera réglé avant
lafinde ce mois, auquel tems
le Prince Eugène & le Maré*
chal de Villars s'y rendront
pour assister aux conferences
générales, qui ne se tiendront
qu'après que les principaux
articles auront esté reglez &
pour signet le Traité avec les
autres Ministres. Ceux du
Roy & de l'Empereur se régalent
mutuellement, & font
grosse figure malgré la cherté
des vivres, particulièrement
Mr le Comte de Luques, qui
tient tous les jours deux tables
ouvertes également servies de
cinquante à soixante couverts
la sienne estant de quinzeà
dix-huit.
On a eu avis de Lyon que
le Maréchal de Villeroyaprès
avoir ôtéaux Bourgeois la garde
de laVille&,l'avoir donnée
aux Troupes qu'on y avoit
fair marcher d'un Camp qui
est sur la Saonne vers Dole, &
dont il a renvoyé la plus grande
partie depuis que la Ville
:
est tranquille, avoit fait publicr
fous derigoureuses peines
une Ordonnance du Roy
à tous les Bouchers de tuer
des Bestaux & vendre la viande
en détail,en payant les Droits
& les oaraim comme cy devant,
à quoi ils se font fournis,
On avoit d'abord arrestéquelqu'un
des plus coupables de
hi sédition, pour en faire un
chastiment exemplaire; mais
on les a relaschez aprés les a-
Vôir reprimandez. -ie,
Le 18. de ce mois, Mr le
leDuc d' Antin recalarnagni-
'Rqucmcnc Mr l'Electeur de
Bavière, quiestrevenudepuis
quelques joursde Compiegne,
eu il a tué avec une intrépidite
étonnante, un Loup Cf)-
:'ragé,
",
qm- -<kpuis qucJque
temps faisoit de grands ravages
dans tout le Pays.
Le iq; le Tonnere tomba
-
sur la Sacristie des Jacobins
dela,rueS. Dominique, entre
trois,Religieux, sans en
blesser aucun, ni causer aucundesordre.
LaLmeried'Hollande sera
tirée sans aucun délay le premier
Octobre prochaineainsi
ceux quivoudront y prendre
interest, ont encore le temps
d'y mettre.
Les Obseques de Monreigneur
le Duc Berry, furent
faites à S. Denis, le 16. de ce
mois.
Orr filè dira Péùé.;,Cftrc, que
tant de Nouvelles sans suites
Tcflèrriblent à des Pieces de
rapport,dont je devrois orner
d'une autre maniére l'assemblagequ'elles
fontdans
mon Livre;cela peut-estre;
mais doresna,va1nt .o,n.Jn,'a'ura rien à,mè reprocher 1dcffus
& jettes mettray, toutes en
forme d'Histoiredutemps,
dont je feray un Chapitre à
lafindu Mercure;
18. Juin que les jours precedcns
il en estoit encore parti
vingt-deuxvaisseaux deguerre
bien équipez & chargezde
canon, de mortiers, boulets
& d'autresprovisionsde guerre,
& qu'un Vaisseau Portugais
en ayant rencontre un
Algerien, qui emmenoit un
BastimentAnglois
,
l'avait
attaqué & fait couler à fond:
On a receu de Lisbonne la
-'ê
confirmation des grandes réjoüissances
faites pour la naissance
d'un second Prince dont
la. Reine de Portugal est accouchée
le 6. &qui fera nomme
Louis au nom du Roy de
France & de la Reine d'Angleterre.
On ajouteaux Nouvelles
du Camp devant Barcelonne
du 11. Juin qui font dans la
Gazette derniere, que fuivanc
le rapport des Deserteurs fortis
de la Place depuis le 20.
il n'yavoit pas trois mille
hommes de Troupes reglées,
qui ne cherchoient que l'occasson
de deserter aussi. Depuisla
nouvelle de l'approche
du Maréchal de Berwick
,
les Barcelonnois
commençoientà paroistre
plus traitables qu'auparavant,
Lorsque le ficur de Caux fut
envoyé dans la Place pour
l'échange des Prisonniers,on
luy fit toutes sortes de bons
traitemens, & on le regala
magnifiquement en poisson,
& ensuite par des danses de
Dames &de jeunes filles;rien
n'est égal au fanatisme de ces
gens-cy qui comptent sur la
parole
parotedequelquesM~in~
qu'un Ange exterminateur va
les vanger des maux qu'on
leur fait, & de laruine donc
onles menace. Onajouteaussi aux nonvelles
de Perpignan du 17.
que le sieurde la Neuville, Intendant
du Roussillon,ayant
sçu-que-leMaréchal de Bervickvenoit
en poste sans équipagesavec
six chevaux sule-
'f :ment:.. luy enavoit fait pteparrer
vingtscinq de Selle avec
quatre-vingt- dix mulets pour
porter. les équipages qu'il
fournitàce Maréchal
,
& qui
'conMent en quatre-vingt
douzainesde serviettes &de
nappes, trente couvertsdargent,
les batteries de cuisine
nece[aires..,&huitcaiOès rctD
pliesde meilleursvins deFrance,
d'Italie & dEspagne, ~ck
jambons & d'autres provi- sions.•<
On écrit de Bade du L.A
ce mois que les Conferences
continuoient assidument entre
les Ministres deFrance &
del'Empereurle matin fcu.
lement depuis neuf heures
jusqu'à onze tous les jours,
excepté le Mercredy qui est
GcGiné. pour les depêches,
ainsi que le Dimanche. Le
secret n'y est pas moins grand
, qu'à Rastat; Cependant on
içatt que les premières COlt.
ferences ont roulé sur le rétablissement
des deux Electeurs,
dont les Ministresn'avoient
point encore paru à l'Hôtel de
Ville pour délivrer leur plcin
pouvoir, mais ils avoient de
fréquentés & secrettes confè*
- rences avec les Ministres de
1 France, ainsi que. le Marquis
Barette, Ambassadeur d'Espagne
en Suisse qui s'éroit rcrh
duà Badeincognito. On se
flatte que tout sera réglé avant
lafinde ce mois, auquel tems
le Prince Eugène & le Maré*
chal de Villars s'y rendront
pour assister aux conferences
générales, qui ne se tiendront
qu'après que les principaux
articles auront esté reglez &
pour signet le Traité avec les
autres Ministres. Ceux du
Roy & de l'Empereur se régalent
mutuellement, & font
grosse figure malgré la cherté
des vivres, particulièrement
Mr le Comte de Luques, qui
tient tous les jours deux tables
ouvertes également servies de
cinquante à soixante couverts
la sienne estant de quinzeà
dix-huit.
On a eu avis de Lyon que
le Maréchal de Villeroyaprès
avoir ôtéaux Bourgeois la garde
de laVille&,l'avoir donnée
aux Troupes qu'on y avoit
fair marcher d'un Camp qui
est sur la Saonne vers Dole, &
dont il a renvoyé la plus grande
partie depuis que la Ville
:
est tranquille, avoit fait publicr
fous derigoureuses peines
une Ordonnance du Roy
à tous les Bouchers de tuer
des Bestaux & vendre la viande
en détail,en payant les Droits
& les oaraim comme cy devant,
à quoi ils se font fournis,
On avoit d'abord arrestéquelqu'un
des plus coupables de
hi sédition, pour en faire un
chastiment exemplaire; mais
on les a relaschez aprés les a-
Vôir reprimandez. -ie,
Le 18. de ce mois, Mr le
leDuc d' Antin recalarnagni-
'Rqucmcnc Mr l'Electeur de
Bavière, quiestrevenudepuis
quelques joursde Compiegne,
eu il a tué avec une intrépidite
étonnante, un Loup Cf)-
:'ragé,
",
qm- -<kpuis qucJque
temps faisoit de grands ravages
dans tout le Pays.
Le iq; le Tonnere tomba
-
sur la Sacristie des Jacobins
dela,rueS. Dominique, entre
trois,Religieux, sans en
blesser aucun, ni causer aucundesordre.
LaLmeried'Hollande sera
tirée sans aucun délay le premier
Octobre prochaineainsi
ceux quivoudront y prendre
interest, ont encore le temps
d'y mettre.
Les Obseques de Monreigneur
le Duc Berry, furent
faites à S. Denis, le 16. de ce
mois.
Orr filè dira Péùé.;,Cftrc, que
tant de Nouvelles sans suites
Tcflèrriblent à des Pieces de
rapport,dont je devrois orner
d'une autre maniére l'assemblagequ'elles
fontdans
mon Livre;cela peut-estre;
mais doresna,va1nt .o,n.Jn,'a'ura rien à,mè reprocher 1dcffus
& jettes mettray, toutes en
forme d'Histoiredutemps,
dont je feray un Chapitre à
lafindu Mercure;
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Résumé : Suplément aux nouvelles, [titre d'après la table]
Le 18 juin, des nouvelles de Cadix signalent le départ de vingt-deux vaisseaux de guerre bien équipés et chargés de provisions militaires. Un vaisseau portugais a attaqué et coulé un navire algérien transportant un bâtiment anglais. De Lisbonne, on confirme les réjouissances pour la naissance d'un second prince au Portugal, né le 6 juin, qui portera le nom de Louis en hommage au roi de France et à la reine d'Angleterre. À Barcelone, les déserteurs indiquent que moins de trois mille hommes de troupes régulières cherchent à déserter. Depuis l'arrivée du maréchal de Berwick, les Barcelonais semblent plus conciliants. Le sieur de Caux, envoyé pour l'échange des prisonniers, a été bien traité et magnifiquement reçu. À Perpignan, le sieur de la Neuville a fourni des chevaux et des mulets au maréchal de Berwick pour ses équipages. À Bade, les conférences entre les ministres de France et de l'Empereur se poursuivent quotidiennement, sauf le mercredi et le dimanche. Les principaux articles devraient être réglés avant la fin du mois, permettant l'arrivée du prince Eugène et du maréchal de Villars pour les conférences générales. À Lyon, le maréchal de Villeroy a publié une ordonnance royale obligeant les bouchers à vendre de la viande en détail. Le duc d'Antin a accueilli l'électeur de Bavière, qui a récemment tué un loup enragé. Un éclair est tombé sur la sacristie des Jacobins sans causer de dommages. Les obsèques du duc de Berry ont eu lieu à Saint-Denis le 16 juin.
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953
p. 274-275
AU ROY EIPGRAMME.
Début :
Grand Roy que l'Europe revere, [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY EIPGRAMME.
AU ROY
EIPCRAMME.
GRand Roy que l'Europe
revere,
Villars a fait pour vous d'une
bouche sincere
Un discours éloquent, fin,
juste, bien suivi,
Plus on le lit, plus on l'admire,
En un mot, Grand Roy,
c'est tout dire,
Villars vous a loüé, comme
il vous a servi.
DE LAMONOYE.
EIPCRAMME.
GRand Roy que l'Europe
revere,
Villars a fait pour vous d'une
bouche sincere
Un discours éloquent, fin,
juste, bien suivi,
Plus on le lit, plus on l'admire,
En un mot, Grand Roy,
c'est tout dire,
Villars vous a loüé, comme
il vous a servi.
DE LAMONOYE.
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954
p. 286-289
« On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...] »
Début :
On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...]
Mots clefs :
Chancelier de France, Roi, Louis Phélypeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...] »
On raisonne & l'on se
croit en droit de raisonner
à son gré sur les plus grands
événements du monde, &
de donner carriéere à son
imagination, sur les preuves
les plus évidentes
d'un desinteressement parfait
; nous establissons le
principe de nostre erreur,
sur l'excez de nostre foiblesse,
& nous ne nous étonnons,
ou plustost nous ne
nous effrayons souvent des
actions heroïques, que parce
que nous n'en (oinmcs
pas capables, rien cependantn'lit
plus propreàdétruire
nos préjugez, & plus
digne de nostre admiration
quel'exemple de modération
que donne au jourd'huy
à laposterité Messire Loüis
Phelippeaux Comte de
Pontchartrain Chancelier
Garde des Sceaux de Francceei
,M¡finnisi*triIered'dE'Fs-itat, Commandeur
des Ordres du
Roy,cy-devant Secretaire
d'Estat, & Controlleur General
des Finances, qui s'ea
déterminé par de sages &
chrestiennesreflexions à
mettre un intervale entre la
Vie & la more, en portant ledeux de ce mois la demission
de sa Charge entre les
mains de SaMaesté, En cela
il a donné des preuves
d'une grandeur d'ame
,
&
d'une pieté sans exemple.
Quoyque dans les polIes
les plus importants du Royaume
,
il eust toujours
également mérité la confiance
du Roy, l'estime des
Grands,&l'amour des peuples,
il fera encore plus di£
tingué dans Tbiftoire par
cette derniere démarché.
Le public en a paru d'actant
tant7 édifié
, que ce
grandfemme n'a jamais eu
ny plus de santé , ny plus
de force d'esprit, ny plu
s
de consideration pour un e
famille digne detoute -
tendresse
,
& qui prouve
- que tous les égards humains
ontcedez à celuy de l'éte r- -nitéj
croit en droit de raisonner
à son gré sur les plus grands
événements du monde, &
de donner carriéere à son
imagination, sur les preuves
les plus évidentes
d'un desinteressement parfait
; nous establissons le
principe de nostre erreur,
sur l'excez de nostre foiblesse,
& nous ne nous étonnons,
ou plustost nous ne
nous effrayons souvent des
actions heroïques, que parce
que nous n'en (oinmcs
pas capables, rien cependantn'lit
plus propreàdétruire
nos préjugez, & plus
digne de nostre admiration
quel'exemple de modération
que donne au jourd'huy
à laposterité Messire Loüis
Phelippeaux Comte de
Pontchartrain Chancelier
Garde des Sceaux de Francceei
,M¡finnisi*triIered'dE'Fs-itat, Commandeur
des Ordres du
Roy,cy-devant Secretaire
d'Estat, & Controlleur General
des Finances, qui s'ea
déterminé par de sages &
chrestiennesreflexions à
mettre un intervale entre la
Vie & la more, en portant ledeux de ce mois la demission
de sa Charge entre les
mains de SaMaesté, En cela
il a donné des preuves
d'une grandeur d'ame
,
&
d'une pieté sans exemple.
Quoyque dans les polIes
les plus importants du Royaume
,
il eust toujours
également mérité la confiance
du Roy, l'estime des
Grands,&l'amour des peuples,
il fera encore plus di£
tingué dans Tbiftoire par
cette derniere démarché.
Le public en a paru d'actant
tant7 édifié
, que ce
grandfemme n'a jamais eu
ny plus de santé , ny plus
de force d'esprit, ny plu
s
de consideration pour un e
famille digne detoute -
tendresse
,
& qui prouve
- que tous les égards humains
ontcedez à celuy de l'éte r- -nitéj
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Résumé : « On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...] »
Le texte examine la tendance humaine à s'étonner des actions héroïques en raison de notre propre incapacité à les accomplir. Il souligne que la modération est un moyen efficace de détruire les préjugés et de mériter l'admiration. Le texte met en lumière la décision de Messire Louis Phélypeaux, Comte de Pontchartrain, Chancelier et Garde des Sceaux de France, de démissionner de ses fonctions de Secrétaire d'État et Contrôleur Général des Finances. Cette décision, motivée par des réflexions sages et chrétiennes, démontre une grandeur d'âme et une piété exceptionnelles. Malgré ses mérites et la confiance du roi, des grands et du peuple, cette démarche le distinguera davantage dans l'histoire. Le public a été édifié par cette action, soulignant la santé, la force d'esprit et la considération de cet homme pour sa famille, tout en privilégiant les égards de l'éternité.
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955
p. 290-291
Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Début :
Dés qu'il eut remis les Sceaux entre les mains du / Ne craignons plus de Mars l'injuste violence. [...]
Mots clefs :
Roi, Chancelier de France, Daniel François Voysin de La Noiraye
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texteReconnaissance textuelle : Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Dés qu'il eut remis les
,
Sceaux entre les mains, du
Roy, Sa Majestéles donna
a Monsieur Voisin Ministre
& Secretaired'Estac,&le
fit Chancelier de France.
La haute (aceÛe, & lesproondes
lumieresdu Roy,&
s grandes qualitez de Mr
oiGn sont les garands du
erite de cechoix, & des
antages qu'on en doit
endre.
: Compliment qui fuit
luy fut présenté le %yf.
de ce mois par S. T. H.
C. T. O. S. de Caux. NE craignons plus de -iMars l'ïnjufieviolence,
L'équitable Themts dans ja droite balance,
Vapesertoussestraits.,
VOISIN par Ja wrturéunit
deuxgrands titres,
Et la Guerre e5 la Paix
Aujourd'huy dansun hommeont
trouvédeux Arbitres.
!
EXTRAIT
,
Sceaux entre les mains, du
Roy, Sa Majestéles donna
a Monsieur Voisin Ministre
& Secretaired'Estac,&le
fit Chancelier de France.
La haute (aceÛe, & lesproondes
lumieresdu Roy,&
s grandes qualitez de Mr
oiGn sont les garands du
erite de cechoix, & des
antages qu'on en doit
endre.
: Compliment qui fuit
luy fut présenté le %yf.
de ce mois par S. T. H.
C. T. O. S. de Caux. NE craignons plus de -iMars l'ïnjufieviolence,
L'équitable Themts dans ja droite balance,
Vapesertoussestraits.,
VOISIN par Ja wrturéunit
deuxgrands titres,
Et la Guerre e5 la Paix
Aujourd'huy dansun hommeont
trouvédeux Arbitres.
!
EXTRAIT
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Résumé : Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Le roi a nommé Monsieur Voisin Chancelier de France, lui remettant les Sceaux. Cette décision est motivée par la faveur royale et les qualités de Voisin. Le Comte de Caux a présenté un compliment le 5 février. Voisin est reconnu pour son rôle crucial en temps de guerre et de paix, assurant justice et équilibre.
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956
p. 87-94
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Ce jour-là même le Roy a donné l'Archevêché de [...]
Mots clefs :
Lyon, Roi, Diocèse, Abbaye, Maréchal, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Ce jour-là même le Roy
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie
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Résumé : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs nominations et successions dans des fonctions ecclésiastiques et abbatiales. Le roi a attribué l'Archevêché de Lyon, vacant après la mort de Messire Claude de Saint-Georges, à Messire François-Paul de Neuville de Villeroy, abbé de Fescamp et fils du maréchal de Villeroy. L'Archevêché de Lyon est qualifié de Primat des Gaules et Comte de Lyon. L'Évêché de Lisieux, vacant après la mort de Messire Léonor Goyon de Matignon, a été attribué à l'abbé de Brancas, aumônier du roi et frère du marquis de Brancas, lieutenant général des armées du roi et ancien ambassadeur en Espagne. La famille Brancas est originaire du royaume de Naples et possède des branches notables, dont celle de Cereste, aînée de la famille. L'Évêché de Lisieux en Normandie est suffragant de Rouen et comprend 580 paroisses. Plusieurs abbayes ont également été attribuées, notamment l'Abbaye de Lessay à l'abbé de Matignon, neveu de l'ancien évêque de Lisieux, et l'Abbaye de Saint-Julien de Tours à M. de la Croix, chapelain du roi. D'autres abbayes, comme celles de Sauvelade, Notre-Dame de Torigny, Villedieu, Notre-Dame de Josaphat, Bonaigues, Estival, Issy, et Vernon, ont été attribuées à des conseillers parlementaires, des nobles et des familles distinguées.
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957
p. 296-300
Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Hambourg le 30. Juillet que les Lettres de [...]
Mots clefs :
Suède, Hommes, Commandant
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
On écrit de Hambourg le
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
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Résumé : Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
Le 50 juillet, des lettres de Hambourg indiquent qu'aucun combat naval n'a eu lieu entre les flottes suédoise et moscovite, car elles ne se sont pas encore rencontrées. La flotte suédoise s'accroît quotidiennement avec l'arrivée de nouveaux navires, surpassant ainsi celle des Moscovites. Le roi de Danemark passe en revue ses troupes, prêtes le 15 du mois suivant, mais l'avancement de la saison limite ses actions. Il prévoit d'attaquer l'île d'Higelant, défendue par des écueils et des forts. À Stralzund, le général Duker dispose de 9 à 10 000 hommes, renforçables par 3 000 hommes de Wismar, mais n'agira pas avant l'arrivée des Danois. Le roi Auguste, parti de Dresde le 13 juillet, a envoyé des courriers, dont un destiné au roi de Danemark, intercepté près de Kiel et transmis à la régence de Suède.
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958
p. 300-302
Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Début :
Suivant les avis que nous avons de Baden, les Conferences [...]
Mots clefs :
Prince, États, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Extrait d'une Lettre de la Haye
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Le 8 août, les conférences de paix à Baden avancent favorablement. Les discussions sur la restitution des États des deux Électeurs, incluant leurs biens mobiliers, bijoux, pierreries, argent, artillerie et autres munitions, sont conclues. L'arrivée du Prince Eugène et du Maréchal de Villars est imminente pour finaliser la paix. À La Haye, la présence de Gardes du Corps du Roi de Prusse suscite des rumeurs sur une visite incognito du Prince de Prusse aux États Généraux. Parallèlement, plusieurs ports préparent des vaisseaux pour une expédition vers la Mer du Sud, avec des expéditions de l'Amirauté déjà reçues. Le Prince de Saxe n'est pas encore à La Haye, son voyage étant retardé par l'arrivée du Roi Stanislas à la Principauté des Deux Ponts.
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959
p. 302-305
De Vienne le 4. Aoust.
Début :
Le jour du depart du Prince Eugene pour Baden, n'est pas [...]
Mots clefs :
Empereur, Vienne, Turcs, Roi de Suède, Régiments d'infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 4. Aoust.
De Viennele4.Aoust.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
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Résumé : De Vienne le 4. Aoust.
Le 4 août à Vienne, le départ du Prince Eugène pour Baden n'est pas encore déterminé. Il participe régulièrement aux Conseils secrets, mais les décisions ne sont pas divulguées. Les Princes Protestants ont soumis leurs plaintes à l'Empereur, qui les a redirigées vers la Diète. Les questions concernant les deux Électeurs sont supposément résolues, ne laissant que les revendications des Princes d'Italie à traiter. Une conclusion est attendue pour le mois suivant. La route du Roi de Suède reste incertaine. Il se trouvait à Demir-Toca, attendant les instructions et les fonds du Grand Seigneur. Les Turcs déplacent des troupes vers Belgrade. En réponse, l'Empereur a ordonné le rappel de plusieurs régiments d'infanterie, de cavalerie et de dragons d'Italie pour les envoyer en Hongrie. L'objectif est de rassembler 40 000 à 50 000 hommes, en plus des garnisons, d'ici septembre, lorsque l'Empereur doit se rendre à Presbourg.
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960
p. 312-316
Extrait de deux lettres d'Utrecht du 13. & du 14. Aoust.
Début :
Mylord Strafford est venu icy pour presser les Plenipotentiaires [...]
Mots clefs :
Angleterre, Utrecht, Reine d'Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de deux lettres d'Utrecht du 13. & du 14. Aoust.
Extraitde deux lettres d'Utrecht
du 13. Cm du 14.Aoust.
Mylord Strafford est venu
icy pour presser les Plenipotentiaires
d'Espagne & de
Portugal à- faire la
-
Paix. Ceux
de Portugal ont réponduqu'à
l'arrivée du Comte de Ribeyra.
à Madrid
, on luy avoir fait
quelques propositions
, »
sur
quoy
quoy ce Ministreavoitdepesché
à Lisbonne un Courrier
donc on attendoit la réponse.
Les Ministres d'Espagnerépondirent
de leurcosté qu'ils
attcndoient leurs infirulbons.
Ce marin 14 Mylord Straf- tford a receu par un Extraor-
>
binaire une LettredeMylord tBromley Secretaire d'Etat de
Ha Reine d'Angleterre, par la-
>quelle il luy mandeque la
[ Rcineayanccuë une attaque
> d'apoplexie, elle avoit étédeux
1 heures sans connoissance, & trevenue àforce deremedes,
;Çllc avoit eu le temps de fi---------
- - - gner laPatente de Grand Tresorier,
de laquelle Mylord
Arlay Comte d Oxfort avoit
fait sa demission del'ordre de
li Reine six jours auparavant
en faveur du Duc de Scherfbury.
Mylord Bromlay a-w
jousteque le Conseil d'Estat,
Nemine Contradicente
,
avoit
depesché un courier à l'Electeur
d'Hanover avec ces nouvelles
, le priant de passer incessamment
en Angleterre,
& qu'on avoit envoyé une Escadre
de Vaisseaux de guerre
pour l'y tranfportcr. Mylord
Straffort avoit ordredecom-
.,
muniquer ces nouvelles aux
Estats Generaux, & de les
exhorter en vertu des traiter
faits avec la Hollande, à mettre
l'Electeurd'Hanover cvl
possession de la Couronne
d'Angleterre.La manieredonc
le Secretaire d'Estat écrit, fait
voir qu'on est horsd'esperance
pour la santé de la Reine. Les
lettres de Londres du 13. confirmerent
aussi tostcettenouvelle
à Paris, où on a apprit le
1 y, que le , la Reine fut incommodée,
que le 10. au
matin elle eut une attaque
d'appplexie si violente, que
pendant plusieurs heures on la
crut motte :,
qu'elle en revint
neàncmoins^ mais qu'elle retomba&
mourut le 12. entre
$;-t&huic heures du matin.
-
Le¿ mesme jour à deuxheures
aprèsmidy,on proclama dans
lesMiëux''ordinaire!aveefde
grandes ceremonies&sans at*-
cun trouble l'ElecteurdHanbver
Roy 'det là Grande
Btétagne,&leParJemencsa4
journaaulendemain. **>VksÏ -fùunJifc
du 13. Cm du 14.Aoust.
Mylord Strafford est venu
icy pour presser les Plenipotentiaires
d'Espagne & de
Portugal à- faire la
-
Paix. Ceux
de Portugal ont réponduqu'à
l'arrivée du Comte de Ribeyra.
à Madrid
, on luy avoir fait
quelques propositions
, »
sur
quoy
quoy ce Ministreavoitdepesché
à Lisbonne un Courrier
donc on attendoit la réponse.
Les Ministres d'Espagnerépondirent
de leurcosté qu'ils
attcndoient leurs infirulbons.
Ce marin 14 Mylord Straf- tford a receu par un Extraor-
>
binaire une LettredeMylord tBromley Secretaire d'Etat de
Ha Reine d'Angleterre, par la-
>quelle il luy mandeque la
[ Rcineayanccuë une attaque
> d'apoplexie, elle avoit étédeux
1 heures sans connoissance, & trevenue àforce deremedes,
;Çllc avoit eu le temps de fi---------
- - - gner laPatente de Grand Tresorier,
de laquelle Mylord
Arlay Comte d Oxfort avoit
fait sa demission del'ordre de
li Reine six jours auparavant
en faveur du Duc de Scherfbury.
Mylord Bromlay a-w
jousteque le Conseil d'Estat,
Nemine Contradicente
,
avoit
depesché un courier à l'Electeur
d'Hanover avec ces nouvelles
, le priant de passer incessamment
en Angleterre,
& qu'on avoit envoyé une Escadre
de Vaisseaux de guerre
pour l'y tranfportcr. Mylord
Straffort avoit ordredecom-
.,
muniquer ces nouvelles aux
Estats Generaux, & de les
exhorter en vertu des traiter
faits avec la Hollande, à mettre
l'Electeurd'Hanover cvl
possession de la Couronne
d'Angleterre.La manieredonc
le Secretaire d'Estat écrit, fait
voir qu'on est horsd'esperance
pour la santé de la Reine. Les
lettres de Londres du 13. confirmerent
aussi tostcettenouvelle
à Paris, où on a apprit le
1 y, que le , la Reine fut incommodée,
que le 10. au
matin elle eut une attaque
d'appplexie si violente, que
pendant plusieurs heures on la
crut motte :,
qu'elle en revint
neàncmoins^ mais qu'elle retomba&
mourut le 12. entre
$;-t&huic heures du matin.
-
Le¿ mesme jour à deuxheures
aprèsmidy,on proclama dans
lesMiëux''ordinaire!aveefde
grandes ceremonies&sans at*-
cun trouble l'ElecteurdHanbver
Roy 'det là Grande
Btétagne,&leParJemencsa4
journaaulendemain. **>VksÏ -fùunJifc
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Résumé : Extrait de deux lettres d'Utrecht du 13. & du 14. Aoust.
Les lettres d'Utrecht des 13 et 14 août relatent des événements politiques et diplomatiques. Lord Strafford, présent à Utrecht, presse les plénipotentiaires d'Espagne et du Portugal pour conclure la paix. Les représentants portugais attendent des nouvelles du Comte de Ribeyra à Madrid, tandis que les ministres espagnols attendent des instructions de leurs supérieurs. Le 14 août, Lord Strafford reçoit une lettre de Lord Bromley, secrétaire d'État de la reine d'Angleterre, annonçant une attaque d'apoplexie subie par la reine, qui a été inconsciente pendant deux heures. Avant cet incident, la reine avait nommé le Duc de Scherfbury Grand Trésorier, succédant au Comte d'Oxfort. Lord Bromley informe également que l'Électeur d'Hanover a été convoqué en Angleterre et qu'une escadre de vaisseaux de guerre a été envoyée pour le transporter. Lord Strafford doit communiquer ces nouvelles aux États Généraux et les inciter à mettre l'Électeur d'Hanover en possession de la couronne d'Angleterre. Les lettres de Londres confirment que la reine a été incommodée le 11 août, a subi une attaque d'apoplexie le 10 août, et est décédée le 12 août. Le même jour, à 14 heures, l'Électeur d'Hanover est proclamé roi de Grande-Bretagne et d'Irlande.
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961
p. 319-322
De Strasbourg le 30. Juillet. [titre d'après la table]
Début :
A Strasbourg le 30. du passé. On a ici à vil prix le bled de [...]
Mots clefs :
Roi, Strasbourg
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texteReconnaissance textuelle : De Strasbourg le 30. Juillet. [titre d'après la table]
A Strasbourg le 30. du passé.
On a icy a vil prix le bled de
nos magazins, par rapport a
la recolte abondante de cette
année, on n'en garde seulement
que pour la garnison.
Nous apprenons de Baden
duxj. que tes Conferences
s'y continuënt avec succez
& tour ce qu'on n'en dit, n'est
que par conjecture,cequi
donne de l'occupationauxMinistres
des Princes Protestants.
qui n'oublient rien pour faire
mettre ànéant letraité de RIe.
wich. L'Envoyé du Roy de
Sicile se donneaussi de grands
mouvements,pour que le Roy
son Maistre foit compris dans
Id traité,quant à ce qui regardeson
differentavecl'Empereur
:mais les Plenipotentiaires
deSa MajestéImperiale
disent qu'ils n'ont point d'ordred'entrerenmatierelà
def.
fus;&que comme tour eflt
reglé pour ce qui regarde lcs
dcux Electeurs, on nedoute
point que les Conferencesne
pcrenhnenat finidnansl.emoispro- 1. On mande de Bruxelles,que
le29 au soit la Tour neuve
¡, qu'on avoitélevée sur l'Eglise
de S. Nicolas, & où on avoic
i.lcbt..bh le carillon, tomba inopinement,
qu'ellecausa un
grand dommage aux maisons
sines, & tua beaucoupde
monde.
Onapprend des 2 Ponts que te Roy Sta~ y anc~d<~C
la Reine sonespouse, qui étoit
partie de Suede pour le venir
joindre,& qu'il avoit renvoyé
le P~Povioustouski au
Roy de Suede qui estoit en
Turquie au mois de Juin dernier
, pour le remercier de 1*
retraitte qu'il luy a donné dans
ses Estats des deux Pont
On a icy a vil prix le bled de
nos magazins, par rapport a
la recolte abondante de cette
année, on n'en garde seulement
que pour la garnison.
Nous apprenons de Baden
duxj. que tes Conferences
s'y continuënt avec succez
& tour ce qu'on n'en dit, n'est
que par conjecture,cequi
donne de l'occupationauxMinistres
des Princes Protestants.
qui n'oublient rien pour faire
mettre ànéant letraité de RIe.
wich. L'Envoyé du Roy de
Sicile se donneaussi de grands
mouvements,pour que le Roy
son Maistre foit compris dans
Id traité,quant à ce qui regardeson
differentavecl'Empereur
:mais les Plenipotentiaires
deSa MajestéImperiale
disent qu'ils n'ont point d'ordred'entrerenmatierelà
def.
fus;&que comme tour eflt
reglé pour ce qui regarde lcs
dcux Electeurs, on nedoute
point que les Conferencesne
pcrenhnenat finidnansl.emoispro- 1. On mande de Bruxelles,que
le29 au soit la Tour neuve
¡, qu'on avoitélevée sur l'Eglise
de S. Nicolas, & où on avoic
i.lcbt..bh le carillon, tomba inopinement,
qu'ellecausa un
grand dommage aux maisons
sines, & tua beaucoupde
monde.
Onapprend des 2 Ponts que te Roy Sta~ y anc~d<~C
la Reine sonespouse, qui étoit
partie de Suede pour le venir
joindre,& qu'il avoit renvoyé
le P~Povioustouski au
Roy de Suede qui estoit en
Turquie au mois de Juin dernier
, pour le remercier de 1*
retraitte qu'il luy a donné dans
ses Estats des deux Pont
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Résumé : De Strasbourg le 30. Juillet. [titre d'après la table]
À Strasbourg, le 30 du mois précédent, le blé a été vendu à bas prix en raison d'une récolte abondante. Les stocks sont principalement réservés pour la garnison. À Baden, les conférences se poursuivent avec succès, bien que les détails restent conjecturaux. Les ministres des princes protestants cherchent à annuler le traité de Ryswick. L'envoyé du roi de Sicile travaille à inclure son maître dans le traité concernant le différend avec l'empereur. Cependant, les plénipotentiaires de Sa Majesté impériale affirment ne pas avoir d'instructions pour aborder cette question, bien que les discussions sur les deux électeurs soient réglées. Les conférences devraient se conclure prochainement. À Bruxelles, le 29, la tour neuve de l'église de Saint-Nicolas s'est effondrée, causant des dommages importants aux maisons voisines et tuant de nombreuses personnes. Aux Deux-Ponts, le roi et la reine, venue de Suède, sont arrivés. Le roi a renvoyé le prince Pouvoustovski au roi de Suède, en Turquie depuis juin, pour le remercier de la retraite accordée dans ses États des Deux-Ponts.
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962
p. 322-326
A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
Début :
Il est arrivé icy il y a huit jours un grand malheur. Vous [...]
Mots clefs :
Gouverneur, Mort, Sanlúcar de Barrameda, Moines, Couvent
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texteReconnaissance textuelle : A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
A S. LUCAT de Carrameda,
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours
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Résumé : A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
Le 15 juillet, un incident tragique a eu lieu à £iaicii. En Andalousie, des moines vendaient illégalement de la viande, violant ainsi les droits du Roi Catholique et du clergé. Le gouverneur, Don Alonzo Jacinco Velardo, a tenté de mettre fin à cette pratique au couvent des Augustins, mais les moines ont ignoré ses avertissements. Les ministres du roi ont arrêté un garçon en possession de viande de contrebande, ce qui a provoqué la colère d'un moine. Ce dernier a agressé les ministres, entraînant une altercation au cours de laquelle un ministre a tiré sur le moine, le blessant mortellement. Les ministres se sont ensuite réfugiés dans une église. Le lendemain, un moine, parent du moine tué, a tiré sur le gouverneur, le blessant gravement. Le moine a ensuite fui vers un autre couvent. Le gouverneur est gravement blessé et son pronostic vital est engagé.
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963
p. 327-330
De Marseille.
Début :
On a donné dans cette Ville pendant le mois de Juillet plusieurs [...]
Mots clefs :
Marseille, Marquis, Eaux, Reine de Pologne
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texteReconnaissance textuelle : De Marseille.
DeMarseille.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent.
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Résumé : De Marseille.
En juillet, Marseille a célébré la Reine de Pologne, la princesse Sobieski, avec plusieurs fêtes. Sa petite-fille a été remarquée lors des bals chez le Bailli de la Patta et M. Arnoult. Le Comte de Bausse a dansé avec la princesse, et le Marquis de la Bruyère, ancien Syndic des Hôtels et Procureur du pays, a été distingué par plusieurs audiences particulières avec la Reine. Le Marquis est décrit comme un gentilhomme d'esprit et connaisseur des intérêts des princes. Le Vice-Légat d'Avignon a ordonné au Marquis de se rendre à Sorgues pour accueillir la Reine lors de son passage. Par ailleurs, les eaux de Montfrin gagnent en réputation grâce à leurs vertus découvertes par le Docteur Monranier. Les Marquis de Razac et le Baron de Tournefort, Capitaines de Galères, ont recouvré la santé après une grave maladie grâce à ces eaux, attirant ainsi de nombreuses personnes de Provence et du Dauphiné.
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964
p. 330-345
Suite des Nouvelles de Paris.
Début :
L'Edit du Roy qui appelle à la succession de la Couronne [...]
Mots clefs :
Duc du Maine, Comte de Toulouse, Roi, Parlement, Archevêque de Canterbury, Batterie, Armées, Cérémonie, Notre-Dame de la Merci, Messe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Paris.
Suite des Nouvelles de Paris. 4. L'Edit du Roy qui appelle
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
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Résumé : Suite des Nouvelles de Paris.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. Le 2 du mois, un édit royal a été présenté au Parlement, désignant le Duc du Maine et le Comte de Toulouse comme successeurs à la couronne, après tous les Princes du Sang. Les pairs présents incluaient l'Archevêque Duc de Reims, le Duc d'Izé, le Duc de Sully, et plusieurs autres. L'édit a été lu et enregistré après les conclusions du Procureur Général. Le Maréchal de Villars a quitté sa terre de Veaux pour se rendre à Baden afin de rencontrer le Prince Eugène et régler des affaires militaires. À Barcelone, les assiégés ont tenté des opérations contre les mineurs français, mais ont subi des pertes. Les Barcelonnois ont également appelé à l'aide dans la Catalogne. À Londres, la Régence continue de fonctionner tranquillement, composée de régents nommés par le Parlement, incluant l'Archevêque de Cantorbery et le Duc de Buckingham. Le Duc de Schresbury a pris possession de la charge de Grand Trésorier. Les régents ont souscrit à une loterie pour lever des fonds. En France, un incident impliquant des Mousquetaires et le Concierge de M. de Bourvallais a été résolu par le Marquis de Vains. Une fête solennelle de l'Ordre de la Mercy a été célébrée à l'église du Marais, avec une messe en plein-chant et un sermon prononcé par l'Abbé le Paige. Enfin, Louis de Bouchez a prêté serment pour la charge de Grand Prévost, succédant à son père. Le Marquis de Lignerac a été nommé Lieutenant Général de la Province du Haut Auvergne et Grand Bailly du Haut Auvergne.
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965
p. 356-363
Journal de ce qui s'est passé à Versailles depuis le retour de Marly jusqu'au voyage de Fontainebleau. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy arriva à Versailles le 11. La Cour n'a jamais esté [...]
Mots clefs :
Roi, Duc d'Orléans, Duchesse de Berry, Reine d'Angleterre, Dauphin, Sa Majesté, Fontainebleau, Versailles
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texteReconnaissance textuelle : Journal de ce qui s'est passé à Versailles depuis le retour de Marly jusqu'au voyage de Fontainebleau. [titre d'après la table]
Le Roy arriva à Versailles
le II. La Cour n'a jamais esté
si grosse que depuis son retour.
Le 14. Sa Majesté donna
Audiance à l'Envoyé de
Holstein Gottorp
,
qui l'eût
'enfujtc de Monseigneur le
Dauphin., de Madame laDucheflede
Berry, de Madame,
de M.le Duc d'Orléans, & de
Madame la DuchessedOrleans
Le même jour Sa Majesté
se rendit à deux heures ÔC
demie à la Chapelle accompagnée
de Madame la Duchesse.
de Berry,de Madame,de M.
le Duc d'Orléans, ils entendirent
les Vespres chantéespar
la Musique. Le 15.leRoy se
rendit aussiàla même heure
à la Chapelle accompagnéde
Madame la Duchesse de Berry;
de M. le Duc d'Orléans, de
tous les Princes & Princesses
duSang, ils entendirent les
Vespres chantées par laMusique
: ensuite on commença la
Procession. Le Roy pendant
la.marche avoit àson costé
droitM.le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier,&àsa gauche
M. l'Abbé d'Enttagues
Aumônier, & M.leCardinal
de Polignac. Immédiatement
après le Roy suivoit Madame
la Duchesse de Berry, ayant
d'un côté M. l'Abbé de Castres,
& de l'autre M. l'Abbé
de Rouget ses Aumôniers. Ensuitevenoient
Madame la Duchesse,
Madame la Princesse
de Conty, Mademoiselle àc.
Charolois. Le Roy estoit precedé
de M. le Duc d'Orleans,
qui avoit à ses costez M. l'Abbé
deTrissan & M. l'Abbé
Malet ses Aumôniers. Devant
M.le Ducd'Orléansmarchoit
M. le Duc, M. le Comte de
Charolois.
>
M. le Prince de
Comy,M.le Prince de Dombes,
& M.le Comte d'Eu. Le
17. Madame l'Ambassadrice
d'Hollande prie le Tabouret
pour la premièrefoischezMadame
la Duchesse de Berry
,
ÔC
au souper chez le Roy. Le 17.
onapprit que la Reine d'Angleterre
estoit morte le 12.&
que le Duc d'Hanovre avoit
estéproclaméRoy de laGrande
Bretagne. Le 19 M.le Maréchal
de Villars prit congé du
Roy &assura Sa Majesté qu'il
arriveroit à Bade le 25. Le même
jourlePrevost des Marchands
accompagné des Echevins
presenta le scrutinauRoy;
M. Clement harangua S. M.
ensuiteils allerentchez M. le
Dauphin,chezMadame laDuchesse
de Berry,&: chez Madame.
Le 20. les Ambassadeurs
du Royde Sicile&
d'Hollande eurent Audiance
deMadamelaDuchessedeBerry
qu'ilscomplimentèrent.
Celuy dHollanderemit àcettePrincesse
uneLettredesEtats-
Generaux. Le mesme jourle
General desBarnabites accompagnéde20.
Religieuxde son
Ordre
Ordre eûtaussi Audiance du
Roy,de M. le Dauphin
,
&
de Madame laDuchesse de Berry
,
qui l'a donnée à tous les
Ambassadeurs dans une chambre
tenduë dedrap noir Cette
Princesse alla aprèsl'Audiance
à la Messe
,
&traversa les appartemens
portant une robe
de drap noir de neuf aulnes
de long avec un voile long de
dix aulnes, dont la queuë étoit
portée pat son Porte manteau
& quatre de ses Pages. Le 21.
M. Prior notifia à S. M. la
mort dela Reine d'Angleterre
sa maîtresse ,& luy remit une
Lettre de la Regence. Le 22. lesDeputez des Etats de Languedoc
ayants à leur teste M.
le Duc du Maunte Gouverneur
dela Province & M. le Marquis
de la Vrillesse Secretaire
d'Etatpresenterent le Cahier
auRoy :l'Evesque d'Aletharangua.
Ils allerent ensuite
chez M. te Dauphin,chezMadamela
Duchesse d-cberryc-à"
leCercleestoittrès grand; 8c
oùle meemePrelatharangua.
L'onpeut dire que ce Prelat
futapplaudi de toutela Cour.
L'apresdînée on fit joüer les j
eaux en leur faveur. Le 2.J.-,1
,• :
arrivaunCourrier deBarcelonne,&
le24Roy pritle
deüil pour la Reine d'Angleterre
,& M. le Dauphin parue
cejour-là pourla premierefois
encolo1 nne&avec l1'.épée. Lr -e
25. ily eût un concours infini
de peuple pourvoir S. M. &
voir joüer les eaux Le29 le
Roy partit pourallercoucher
à Petit-Bourg
le II. La Cour n'a jamais esté
si grosse que depuis son retour.
Le 14. Sa Majesté donna
Audiance à l'Envoyé de
Holstein Gottorp
,
qui l'eût
'enfujtc de Monseigneur le
Dauphin., de Madame laDucheflede
Berry, de Madame,
de M.le Duc d'Orléans, & de
Madame la DuchessedOrleans
Le même jour Sa Majesté
se rendit à deux heures ÔC
demie à la Chapelle accompagnée
de Madame la Duchesse.
de Berry,de Madame,de M.
le Duc d'Orléans, ils entendirent
les Vespres chantéespar
la Musique. Le 15.leRoy se
rendit aussiàla même heure
à la Chapelle accompagnéde
Madame la Duchesse de Berry;
de M. le Duc d'Orléans, de
tous les Princes & Princesses
duSang, ils entendirent les
Vespres chantées par laMusique
: ensuite on commença la
Procession. Le Roy pendant
la.marche avoit àson costé
droitM.le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier,&àsa gauche
M. l'Abbé d'Enttagues
Aumônier, & M.leCardinal
de Polignac. Immédiatement
après le Roy suivoit Madame
la Duchesse de Berry, ayant
d'un côté M. l'Abbé de Castres,
& de l'autre M. l'Abbé
de Rouget ses Aumôniers. Ensuitevenoient
Madame la Duchesse,
Madame la Princesse
de Conty, Mademoiselle àc.
Charolois. Le Roy estoit precedé
de M. le Duc d'Orleans,
qui avoit à ses costez M. l'Abbé
deTrissan & M. l'Abbé
Malet ses Aumôniers. Devant
M.le Ducd'Orléansmarchoit
M. le Duc, M. le Comte de
Charolois.
>
M. le Prince de
Comy,M.le Prince de Dombes,
& M.le Comte d'Eu. Le
17. Madame l'Ambassadrice
d'Hollande prie le Tabouret
pour la premièrefoischezMadame
la Duchesse de Berry
,
ÔC
au souper chez le Roy. Le 17.
onapprit que la Reine d'Angleterre
estoit morte le 12.&
que le Duc d'Hanovre avoit
estéproclaméRoy de laGrande
Bretagne. Le 19 M.le Maréchal
de Villars prit congé du
Roy &assura Sa Majesté qu'il
arriveroit à Bade le 25. Le même
jourlePrevost des Marchands
accompagné des Echevins
presenta le scrutinauRoy;
M. Clement harangua S. M.
ensuiteils allerentchez M. le
Dauphin,chezMadame laDuchesse
de Berry,&: chez Madame.
Le 20. les Ambassadeurs
du Royde Sicile&
d'Hollande eurent Audiance
deMadamelaDuchessedeBerry
qu'ilscomplimentèrent.
Celuy dHollanderemit àcettePrincesse
uneLettredesEtats-
Generaux. Le mesme jourle
General desBarnabites accompagnéde20.
Religieuxde son
Ordre
Ordre eûtaussi Audiance du
Roy,de M. le Dauphin
,
&
de Madame laDuchesse de Berry
,
qui l'a donnée à tous les
Ambassadeurs dans une chambre
tenduë dedrap noir Cette
Princesse alla aprèsl'Audiance
à la Messe
,
&traversa les appartemens
portant une robe
de drap noir de neuf aulnes
de long avec un voile long de
dix aulnes, dont la queuë étoit
portée pat son Porte manteau
& quatre de ses Pages. Le 21.
M. Prior notifia à S. M. la
mort dela Reine d'Angleterre
sa maîtresse ,& luy remit une
Lettre de la Regence. Le 22. lesDeputez des Etats de Languedoc
ayants à leur teste M.
le Duc du Maunte Gouverneur
dela Province & M. le Marquis
de la Vrillesse Secretaire
d'Etatpresenterent le Cahier
auRoy :l'Evesque d'Aletharangua.
Ils allerent ensuite
chez M. te Dauphin,chezMadamela
Duchesse d-cberryc-à"
leCercleestoittrès grand; 8c
oùle meemePrelatharangua.
L'onpeut dire que ce Prelat
futapplaudi de toutela Cour.
L'apresdînée on fit joüer les j
eaux en leur faveur. Le 2.J.-,1
,• :
arrivaunCourrier deBarcelonne,&
le24Roy pritle
deüil pour la Reine d'Angleterre
,& M. le Dauphin parue
cejour-là pourla premierefois
encolo1 nne&avec l1'.épée. Lr -e
25. ily eût un concours infini
de peuple pourvoir S. M. &
voir joüer les eaux Le29 le
Roy partit pourallercoucher
à Petit-Bourg
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Résumé : Journal de ce qui s'est passé à Versailles depuis le retour de Marly jusqu'au voyage de Fontainebleau. [titre d'après la table]
Le roi arriva à Versailles le 11 mai. La cour était particulièrement nombreuse. Le 14, il reçut l'envoyé de Holstein Gottorp et assista aux vêpres avec des membres de la famille royale. Le 15, il se rendit à la chapelle avec la duchesse de Berry, le duc d'Orléans et d'autres princes. Le 17, l'ambassadrice d'Hollande demanda le tabouret pour la duchesse de Berry et la mort de la reine d'Angleterre fut annoncée, ainsi que la proclamation du duc d'Hanovre comme roi de Grande-Bretagne. Le 19, le maréchal de Villars prit congé pour se rendre à Bade. Le 20, les ambassadeurs du roi de Sicile et d'Hollande eurent audience avec la duchesse de Berry. Le 21, la mort de la reine d'Angleterre fut notifiée au roi. Le 22, les députés des États de Languedoc présentèrent leur cahier au roi. Le 24, le roi prit le deuil pour la reine d'Angleterre et le dauphin apparut en col blanc et avec l'épée. Le 25, une grande foule se rassembla pour voir le roi et les jeux d'eau. Le 29, le roi partit pour coucher à Petit-Bourg.
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966
p. 95-97
L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
Début :
Le plus grand des Guerriers & les plus grand des Rois [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
L'Acrostiche de LOUIS LE
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6.
:
GRAND , où le ſurnom
de Grand se trouve dans
chaque wersd
Leplus granddes Guerriers
& le plus grand des Rois
Offre aux yeux un grand
and
Saint dans ungrand
Politique ,
ف
Un grand zele pour Dieu
dans une ame heroïque:
Il eſt dans un grand hom96
MERCURE
me un grand appui
des loix ;
Son grand coeur eft clement,
ſon bras eſt pacifique.
Le plus grand des mortels,
&le plus merveilleux ,
Eft humble
, autant que
grand , & confond l'orgüeilleux.
Grand de corps , grand
d'eſprit , grand par fes
faits fublimes, :
Rendu grand ici - bas par
des ſoinsmagnanimes ,
Aux
7
GALANT.
97
Aux Cieux plus grand un
jour par les routes qu'il
prend.
N'est - ce pas à bon droit
qu'il eſt ſurnommé
GRAND ?
Digne & grand nom , regnez
par tout comme
en ſes rimes.
MESSANGES.
6.
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Résumé : L'Acrostiche de LOUIS LE GRAND, où le surnom de Grand se trouve dans chaque vers.
Le texte est un acrostiche dédié à Louis XIV, surnommé 'Louis le Grand'. Il le décrit comme un grand guerrier et roi, dévot et héroïque. Louis est présenté comme un homme d'État juste, clément et pacifique, humble malgré sa grandeur. Le poème loue ses actions sublimes et sa magnificence physique et spirituelle, justifiant ainsi son surnom.
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967
p. 122-131
Copie d'une lettre écrite du Pardo le. 15. Août.
Début :
Le mariage du Roy fut déclaré hier après dîné, & [...]
Mots clefs :
Mariage, Princesse, Roi, Nouvelle, Princesse des Asturies, Prince des Asturies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une lettre écrite du Pardo le. 15. Août.
Copie d'une lettre écrite du
Pardo le 15. Août.
Le mariage du Roy fut
declaré hier aprés dîné , &
j'eus l'honneur de baifer
la main à Sa Majeſté comme
beaucoup d'autres. Madame
la Princeſſe montra
4
GALANT. 123
le portrait de la nouvelle
Reine à ceux qui demana
derent à le voir ; elle paroît
belle &bien faite. On étoit
en peine comment le dire
à Monſeigneur le Prince
des Afturies , & il fut decidé
qu'on lui feroit entendre
qu'on le vouloit marier
& le Roy auffi. Il ſe mit à
rire , diſant à M. de Figue.
roa,qui lui porta cette nouvelle
, qu'il lui faisoit un
plaiſant conte ,& que cela
ne pouvoit pas être , qu'il
entendoit bien ce qu'on
youloit lui dire. On lui de
Lij
124 MERCURE
manda ce qu'il entendoit ; il
ne voulut point s'expliquer,
& il fortit de ſon apparte.
ment pour publier cette
nouvelle comme un quento
pafſagero,c'eſt à dire un conte
en l'air. Enfin pendant
fon ſoupé il ne parla d'autre
chofe , & il appella M. do
Figueroa pour lui demander
comment il pouvoit lui
faire croire que le Roy s'al
loit marier , puis qu'il n'y
avoit pas long-temps qu'il
lui avoit fait comprendre
qu'un homme ne pouvoit
pas avoir deux femmes , &
1
GALANT. 125
pourquoy Papa en prenoit
encore une ;diſant toûjours
qu'il penſoit autre choſe ,
ſans vouloir s'expliquer : &
laiſſant cet article à part
qu'onnevouloit pas pouffer
plus loin, il parla de ſonmariage
, & demanda pourquoyonvouloit
le marier fi
jeune. On lui répondit que
cen'étoit encore qu'une parole
donnée depart&d'autre,&
que quand il ſeroit en
âge il ſe marieroit ,que cela
ſe pratiquoit envers lesPrinces.
Ildemanda enſuite ſi ſa
femme pretenduë étoitbel
Liij
126 MERCURE
le;onlui dit qu'oui.Hé bien,
répondit il, fi elle me plaît ,
elle ſera trés - heureuſe avec
moy; car je compte qu'elle
ſera juſte: je lui laiſſerai faire
tout ce qu'elle voudra , je la
ferai bien danſer , & quand
nous irons en caroſſe , j'ordonnerai
qu'iln'aille pas vi
te , peur de faire mal à ſa
groffefſe.
Aprés avoir un peu reflechi,
il commença àdire qu'il
avoit biendes choses à penfer
pour fon mariage ; qu'il
vouloit commander des habitsmagnifiques,&
fur tout
GALANT. 127
:
un bien brodé , parce qu'il
en devoit avoir un de même,
des beaux caroffes , des
-pierreries , & bien d'autres
choſes , qu'il ne lui donneroit
que les unes apres les
autres, parce que s'il donnoit
tout en une fois , il la
lafſeroit , & qu'il aimoit
mieux faire durer le plaifir.
Un moment aprés il dit
qu'il étoit bien obligéàMadamela
Princeſſe de le vouloir
marier , & qu'elle ne
pouvoit pas lui faire un plus
grandplaiſir : mais qu'il jugeoit
bien que ce ne feroit
Liiij
128 MERCURE
pas fitôt,n'ayant encoreque
ſept ans,&qu'on ne marioit
pas avant quatorze ; que
cependant ſi on le marioit
dans huit jours, il ſeroit marié
fortbien.M. de Figueroa
charmé de tous ces dif
cours,comme tous ceux qui
avoient eu l'honneur d'être
prefens, lui fit unequeſtion,
&lui demanda, ſi le jour de
ſon mariage il y avoit bal ,
comme onpouvoit le croire
, qui il prendroit la premiere
pour danſer,ou laReine,
ou la Princeſſe desAfturies
; il répondit qu'il pren
GALANT . 129
droit la Reine , & enſuite
ſa chere petite femme.
Un peu aprés il dit àMadame
la Marquiſe de Salzedo:
Marquiſe,je veux penſer
auſſi àvous ;&comme vous
m'avez bien ſervi ,que vous
avez eu bien de la peine
avec moy,je veux vous faire
Camerera major de la Princeffe
des Afturies. A cette
penfćeelle ne putretenir ſes
larmes &ſajoye. Aprés ſoupé
on le mena chezMadame
la Princeſſe pourvoir le
portrait de la nouvelle Reine,
qu'il trouvabeau, & de
130 MERCURE
A
manda à voir auſſi le por.
trait de la Princeſſe des AL
turies. On lui dit qu'il viendroit
inceſſamment.
Il alla enfuite promener ,
&au retour ilditàM. de Figueroa
qu'il avoit toûjours
penſé aumariage du Roy,&
qu'il ſçavoit bien pourquoy
il ſe marioit. Nevoulant pas
endiredavantage,M. de Figueroa
le pria de lui dire
toutbas. Alors il s'expliqua,
&lui dit qu'il ſçavoit bien
que ſa chere Maman étoit
morte , & qu'il prioit Dieu
pour elle. Ace mot on le
GALANT . 131
lui avoüa , diſant qu'elle
étoit bienheureuſe , parce
qu'elle étoit en Paradis.
Pardo le 15. Août.
Le mariage du Roy fut
declaré hier aprés dîné , &
j'eus l'honneur de baifer
la main à Sa Majeſté comme
beaucoup d'autres. Madame
la Princeſſe montra
4
GALANT. 123
le portrait de la nouvelle
Reine à ceux qui demana
derent à le voir ; elle paroît
belle &bien faite. On étoit
en peine comment le dire
à Monſeigneur le Prince
des Afturies , & il fut decidé
qu'on lui feroit entendre
qu'on le vouloit marier
& le Roy auffi. Il ſe mit à
rire , diſant à M. de Figue.
roa,qui lui porta cette nouvelle
, qu'il lui faisoit un
plaiſant conte ,& que cela
ne pouvoit pas être , qu'il
entendoit bien ce qu'on
youloit lui dire. On lui de
Lij
124 MERCURE
manda ce qu'il entendoit ; il
ne voulut point s'expliquer,
& il fortit de ſon apparte.
ment pour publier cette
nouvelle comme un quento
pafſagero,c'eſt à dire un conte
en l'air. Enfin pendant
fon ſoupé il ne parla d'autre
chofe , & il appella M. do
Figueroa pour lui demander
comment il pouvoit lui
faire croire que le Roy s'al
loit marier , puis qu'il n'y
avoit pas long-temps qu'il
lui avoit fait comprendre
qu'un homme ne pouvoit
pas avoir deux femmes , &
1
GALANT. 125
pourquoy Papa en prenoit
encore une ;diſant toûjours
qu'il penſoit autre choſe ,
ſans vouloir s'expliquer : &
laiſſant cet article à part
qu'onnevouloit pas pouffer
plus loin, il parla de ſonmariage
, & demanda pourquoyonvouloit
le marier fi
jeune. On lui répondit que
cen'étoit encore qu'une parole
donnée depart&d'autre,&
que quand il ſeroit en
âge il ſe marieroit ,que cela
ſe pratiquoit envers lesPrinces.
Ildemanda enſuite ſi ſa
femme pretenduë étoitbel
Liij
126 MERCURE
le;onlui dit qu'oui.Hé bien,
répondit il, fi elle me plaît ,
elle ſera trés - heureuſe avec
moy; car je compte qu'elle
ſera juſte: je lui laiſſerai faire
tout ce qu'elle voudra , je la
ferai bien danſer , & quand
nous irons en caroſſe , j'ordonnerai
qu'iln'aille pas vi
te , peur de faire mal à ſa
groffefſe.
Aprés avoir un peu reflechi,
il commença àdire qu'il
avoit biendes choses à penfer
pour fon mariage ; qu'il
vouloit commander des habitsmagnifiques,&
fur tout
GALANT. 127
:
un bien brodé , parce qu'il
en devoit avoir un de même,
des beaux caroffes , des
-pierreries , & bien d'autres
choſes , qu'il ne lui donneroit
que les unes apres les
autres, parce que s'il donnoit
tout en une fois , il la
lafſeroit , & qu'il aimoit
mieux faire durer le plaifir.
Un moment aprés il dit
qu'il étoit bien obligéàMadamela
Princeſſe de le vouloir
marier , & qu'elle ne
pouvoit pas lui faire un plus
grandplaiſir : mais qu'il jugeoit
bien que ce ne feroit
Liiij
128 MERCURE
pas fitôt,n'ayant encoreque
ſept ans,&qu'on ne marioit
pas avant quatorze ; que
cependant ſi on le marioit
dans huit jours, il ſeroit marié
fortbien.M. de Figueroa
charmé de tous ces dif
cours,comme tous ceux qui
avoient eu l'honneur d'être
prefens, lui fit unequeſtion,
&lui demanda, ſi le jour de
ſon mariage il y avoit bal ,
comme onpouvoit le croire
, qui il prendroit la premiere
pour danſer,ou laReine,
ou la Princeſſe desAfturies
; il répondit qu'il pren
GALANT . 129
droit la Reine , & enſuite
ſa chere petite femme.
Un peu aprés il dit àMadame
la Marquiſe de Salzedo:
Marquiſe,je veux penſer
auſſi àvous ;&comme vous
m'avez bien ſervi ,que vous
avez eu bien de la peine
avec moy,je veux vous faire
Camerera major de la Princeffe
des Afturies. A cette
penfćeelle ne putretenir ſes
larmes &ſajoye. Aprés ſoupé
on le mena chezMadame
la Princeſſe pourvoir le
portrait de la nouvelle Reine,
qu'il trouvabeau, & de
130 MERCURE
A
manda à voir auſſi le por.
trait de la Princeſſe des AL
turies. On lui dit qu'il viendroit
inceſſamment.
Il alla enfuite promener ,
&au retour ilditàM. de Figueroa
qu'il avoit toûjours
penſé aumariage du Roy,&
qu'il ſçavoit bien pourquoy
il ſe marioit. Nevoulant pas
endiredavantage,M. de Figueroa
le pria de lui dire
toutbas. Alors il s'expliqua,
&lui dit qu'il ſçavoit bien
que ſa chere Maman étoit
morte , & qu'il prioit Dieu
pour elle. Ace mot on le
GALANT . 131
lui avoüa , diſant qu'elle
étoit bienheureuſe , parce
qu'elle étoit en Paradis.
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Résumé : Copie d'une lettre écrite du Pardo le. 15. Août.
La lettre du 15 août annonce le mariage du roi. L'auteur a eu l'honneur de baiser la main du roi, ainsi que d'autres personnes présentes. La princesse a présenté le portrait de la nouvelle reine, décrite comme belle et bien faite. La nouvelle du mariage du prince des Asturies a été révélée avec délicatesse. Initialement sceptique, le prince a réagi avec incrédulité, affirmant que cela ne pouvait pas être vrai. Il a ensuite partagé ses réflexions sur son propre mariage futur, exprimant le souhait d'avoir des habits magnifiques et des cadeaux pour sa future épouse. Il a également mentionné son obligation envers la princesse et son désir de voir le portrait de sa future épouse. La lettre se conclut par une promenade du prince, durant laquelle il a discuté avec M. de Figueroa de la mort de sa mère, confirmée comme étant au paradis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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968
p. 131-133
Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Les lettres de Londres du 7. de ce mois, porrent que [...]
Mots clefs :
Communes, Chancelier, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. [titre d'après la table]
Les lettres de Londres du
17. de ce mois , porrent que
-le4. on lut la 2. fois le projet
d'acte pour continuer au
nouveau Roy les revenus
dont la feuë Reine jouiſſoit,
& on refolut d'y ajoûter 2 .
clauſes : l'une, pour donner
pouvoir au grand Treſorier
de payer 65000. liv. ſterlin
d'arrerages dûs auxtroupes
-deHanovrequi ont ſervi en
Flandres en 1712.l'autre pour
132 MERCURE
payer 100000. livres ſterlin
àdifferens particuliers. Le
même jour les Communes
s'étant renduës à la Barre
des Seigneurs par ordredes
Regens,leChancelier dit en
leurs noms aux deuxChambres
, qu'ils avoient reçû le
matin une lettre du Roy
Georges,qui témoignoit êtretrés
farisfaitdela fidelité
que ſes ſujets avoient fait
paroître , & qu'il viendroit
auplûtôt pour travailler à ſe
mettredansun état heureux
&floriſſat. Enſuite leChancelier
declaraque la loterie
GALANT . 133
ne ſe rempliſſoit pas àcauſe que
les interêts étoient trop bas.
Les Communes s'étant retirées,
refolurent le s de donner cinq
pour cent d'interêt au lieu de 4.
Le 6. cette reſolution fut approuvée.
LeComte de Bercley
areçû ordre de faire voile avec
la flote , compoſee de 20. vaifſeaux
& de fix fregates , pour
aller en Hollande embarquer
le nouveau Roy.
Les avis de Hollande du 2.
portent qu'on y attendoit le
RoyGeorges.
17. de ce mois , porrent que
-le4. on lut la 2. fois le projet
d'acte pour continuer au
nouveau Roy les revenus
dont la feuë Reine jouiſſoit,
& on refolut d'y ajoûter 2 .
clauſes : l'une, pour donner
pouvoir au grand Treſorier
de payer 65000. liv. ſterlin
d'arrerages dûs auxtroupes
-deHanovrequi ont ſervi en
Flandres en 1712.l'autre pour
132 MERCURE
payer 100000. livres ſterlin
àdifferens particuliers. Le
même jour les Communes
s'étant renduës à la Barre
des Seigneurs par ordredes
Regens,leChancelier dit en
leurs noms aux deuxChambres
, qu'ils avoient reçû le
matin une lettre du Roy
Georges,qui témoignoit êtretrés
farisfaitdela fidelité
que ſes ſujets avoient fait
paroître , & qu'il viendroit
auplûtôt pour travailler à ſe
mettredansun état heureux
&floriſſat. Enſuite leChancelier
declaraque la loterie
GALANT . 133
ne ſe rempliſſoit pas àcauſe que
les interêts étoient trop bas.
Les Communes s'étant retirées,
refolurent le s de donner cinq
pour cent d'interêt au lieu de 4.
Le 6. cette reſolution fut approuvée.
LeComte de Bercley
areçû ordre de faire voile avec
la flote , compoſee de 20. vaifſeaux
& de fix fregates , pour
aller en Hollande embarquer
le nouveau Roy.
Les avis de Hollande du 2.
portent qu'on y attendoit le
RoyGeorges.
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Résumé : Nouvelles. [titre d'après la table]
Le 17 du mois, le projet d'acte pour maintenir les revenus royaux pour le nouveau roi a été relu une deuxième fois. Deux clauses ont été ajoutées : l'une pour payer 65 000 livres sterling d'arriérés aux troupes de Hanovre ayant servi en Flandres en 1712, et l'autre pour verser 100 000 livres sterling à divers particuliers. Les Communes se sont ensuite rendues à la Chambre des Lords sur ordre des régents. Le chancelier a lu une lettre du roi Georges, exprimant sa satisfaction envers ses sujets et son intention de venir rapidement pour le bien du royaume. Il a aussi signalé que la loterie ne se remplissait pas en raison d'intérêts trop bas, conduisant les Communes à augmenter le taux d'intérêt à cinq pour cent, décision approuvée le 6. De plus, le comte de Berkeley a reçu l'ordre de naviguer avec une flotte de 20 vaisseaux et six frégates pour aller chercher le nouveau roi en Hollande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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969
p. 133-141
Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Début :
SIRE, Nous venons aux pieds du Trône de Vôtre Maj. [...]
Mots clefs :
Roi, Députés de la province du Languedoc, Députés, Discours, Languedoc, Ennemis, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Discours des Deputezde la Province
du Languedoc au Roy.
SIRE ,
1
Nous venons aux pieds du
Trône de Vôtre Maj. lui ren,
1
134 MERCURE
dre le tribut annuel de nôtre
obeïſſance & de nos hõmages.
La Province qui nous depute
ne vantera pas ſon inviolable fidelité
, c'eſt une qualité qui lui
elt commune avec tous ceux
qui ont le bonheur d'être ſoûmis
a vôtre Empire , & ce n'eſt
pas un merite d'étre fidele au
plus grand & au meilleur de
tous les Rois. Ce qui la flate &
la diftingue , eſt le zele ardent
qu'elle a toûjours témoignée
pour la Perſonne facrée de V
M. pour ſon ſervice & pour ſa
gloire ; zele qui dans les temps
les plus difficiles ne s'eſt jamais
démenti , qui lui a fait oublier
fespropresbeſoins pour ne penſer
qu'à ceeuuxx de l'Etat ; & qui
empruntant de nouvelles for.
GALANT. 135.
ces des difficultez &des obſtacles.
lui a fait tirer du fond de
fon amour des reſources que la
nature lui refuſoit . Il étoit bien
juſte , Sire , que par des efforts
juſques là inconnus,elle contribuât
aux frais immenfes d'une
guerre que vous ne ſoûteniez
qu'à regret, & qui devenuë indiſpenſable
& neceſſaire par
les vaſtes projets de l'ambition
de vos ennemis , n'eut jamais
d'autre objet dans les intentions
de V. M. que la paix de
l'Europe&la felicitépublique.
Pourrons - nous jamais-oublier
, & les fiecles à venir le
pourront- ils croire , tout ce que
vôtre tendreſſe pour les peuples
a voulu ſacrifier à leur repos
? mais graces immortelles
:
136 MERCURE
en ſoient renduës auDieu des
armées , il a arrété le bras d'Abraham
prêt à immoler ce qu'il
avoitde plus cher; contentd'un
ſi noble & fi glorieux facrifice ,
il n'a pas permis qu'il s'accomplit,
& par les fuccés les plus éclatans
il a maintenu V.M.dans
la poſſeſſion de faire naître la
paix du fein de ſes victoires.
Quel Princedans des conjon-
Aures ſi favorab es & fi glorieuſes
auroit pû ſe refuſer à la flateuſe
douceur de ſe venger de
fes ennemis , &de porter plus
loin ſes conquêtes : Mais la fageffe
de V. M. toûjours ſuperieure
à toutes paſſions , ne lui
permet pas de perdre un moment
de vue la paix ſi deſirée ,
&ne la rend fentible aux derniers
1
GALANT. 137
miers progrés de ſes armes , qu'
autant qu'elle les regarde comme
le ſeul moyen qui lui ref
toit pour y arriver.
C'eſt pour procurer à l'Eſpagne
le même repos dont nous
jouiſſons que V. M. vient de
prêter au Roy ſon petit- fils fes
troupes victorieuſes à qui rien
ne peut refifter , & qui prêtes à
forcer juſques dans ſes derniers
retranchemens la plus opiniatre
rebellion,feront rentrer das
le devoir des peuples ennemis
d'eux - mêmes , & leur feront
goûter malgréeux les douceurs
de la paix dont l'Europe vous
eft redevable.
Quels biens ne promet pas au
monde une paix fi heureule, ap.
puyée ſur les fondemens folides
Sept. 1714.
3
M
138 MERCURE
de la plus équitable moderation
? Elle nous fait entrevoir
une longue ſuite de beaux jours
que rien ne ſera capable de
troubler. Aprés avoir goûté ſi
long- temps la gloire de vivre
fous l'Empire d'un Royconquerant
, nous goûterons dans un
long repos la douceur de vivre
ſous les loix d'un Roy pacifi
que,& la providence favorable
reünira dans le ſeul regne deV.
M. les differentes gloires des 2.
plusbeaux regnes d'Iſraël.C'eſt
dumoins ce que nous ofonspre
fumer des divines mifericordes.
Les voeux ardens & unanimes
de tous les ſujets de V.M.la perfection
qu'elle donne à l'Eglife,
fon zele pour la fainte doctrine,
ſon amour pour l'unité , ſa
GALANT. 139
piere,ſes vertus, tout en eſt pour
nous un gage preſque certain .
C'eſt ſous ce regne pacifique
quenous allons voir le miel&le
lait coulerde nos montagnes,&
leseauxvives ſe répandre dans
tous les vaiſſeaux de Juda . La
justice& la paix ſe ſont embraffées,
&par cette heureuſe alliance
les loix reprennent leur
vigueur ; l'ordre & la diſcipline
ſe rétabliſſent, l'équité &labonne
foy rentrent dans le commerce
, l'uſure devenuë timide
n'oſe plus ſe montrer.Déja le laboureur
tranquile recüeille
ſans troubles & fans obſtacles
ſes fertiles moiffons,&flaté de la
douce eſperance de joüir du
fruit de ſes mains , il ſe ranime
au travail , & nous promet de
Mij
140 MERCURE
fon induſtrie une continuelle
abondance.
Mais la ſource la plus afſurée
dubonheur que nous attendős
eſt dans le coeur de V. M. Cette
bonté paternelle,qui s'eſt ſi ſouvent&
fi tendrement expliquée
fur les maux inévitables que
traîne aprés ſoy une longue
guerre,ne fera deformais occu.
pée que du ſoin d'y remedier.
Les difficultez s'aplaniront entre
ſesmains,les moyens ſe mul
tiplirõt par les conſeils de la fageſſe,
chaquejour ſeradiftingué
par des bienfaits & par des graces;&
les fruits de la paix, toû
jours amers dans leur primeur,
parviendront enfin par degrez
àla plus heureuſe maturité.
C'eftdans cette confiance que
la Province de Languedoc éGALANT.
141
:
pargnera à V. M. l'inutile recic
de ſes prodigieux épuiſemens ,
des dettes immenfes qu'elle a
contractées pour ſon ſervice,de
la deſolation de pluſieurs contrees
que la famine& les mala
dies ont renduës incultes &defertes.
Bientôt, ſous les regards
favorables de V.M.elle reprendra
fon premier éclat , & il ne
lui reſtera d'autre deſir à former
, que de voir prolonger au
delà des bornes preſcrites une
vie precieuſe , de qui ſeule dépend
nôtre commune felicité.
du Languedoc au Roy.
SIRE ,
1
Nous venons aux pieds du
Trône de Vôtre Maj. lui ren,
1
134 MERCURE
dre le tribut annuel de nôtre
obeïſſance & de nos hõmages.
La Province qui nous depute
ne vantera pas ſon inviolable fidelité
, c'eſt une qualité qui lui
elt commune avec tous ceux
qui ont le bonheur d'être ſoûmis
a vôtre Empire , & ce n'eſt
pas un merite d'étre fidele au
plus grand & au meilleur de
tous les Rois. Ce qui la flate &
la diftingue , eſt le zele ardent
qu'elle a toûjours témoignée
pour la Perſonne facrée de V
M. pour ſon ſervice & pour ſa
gloire ; zele qui dans les temps
les plus difficiles ne s'eſt jamais
démenti , qui lui a fait oublier
fespropresbeſoins pour ne penſer
qu'à ceeuuxx de l'Etat ; & qui
empruntant de nouvelles for.
GALANT. 135.
ces des difficultez &des obſtacles.
lui a fait tirer du fond de
fon amour des reſources que la
nature lui refuſoit . Il étoit bien
juſte , Sire , que par des efforts
juſques là inconnus,elle contribuât
aux frais immenfes d'une
guerre que vous ne ſoûteniez
qu'à regret, & qui devenuë indiſpenſable
& neceſſaire par
les vaſtes projets de l'ambition
de vos ennemis , n'eut jamais
d'autre objet dans les intentions
de V. M. que la paix de
l'Europe&la felicitépublique.
Pourrons - nous jamais-oublier
, & les fiecles à venir le
pourront- ils croire , tout ce que
vôtre tendreſſe pour les peuples
a voulu ſacrifier à leur repos
? mais graces immortelles
:
136 MERCURE
en ſoient renduës auDieu des
armées , il a arrété le bras d'Abraham
prêt à immoler ce qu'il
avoitde plus cher; contentd'un
ſi noble & fi glorieux facrifice ,
il n'a pas permis qu'il s'accomplit,
& par les fuccés les plus éclatans
il a maintenu V.M.dans
la poſſeſſion de faire naître la
paix du fein de ſes victoires.
Quel Princedans des conjon-
Aures ſi favorab es & fi glorieuſes
auroit pû ſe refuſer à la flateuſe
douceur de ſe venger de
fes ennemis , &de porter plus
loin ſes conquêtes : Mais la fageffe
de V. M. toûjours ſuperieure
à toutes paſſions , ne lui
permet pas de perdre un moment
de vue la paix ſi deſirée ,
&ne la rend fentible aux derniers
1
GALANT. 137
miers progrés de ſes armes , qu'
autant qu'elle les regarde comme
le ſeul moyen qui lui ref
toit pour y arriver.
C'eſt pour procurer à l'Eſpagne
le même repos dont nous
jouiſſons que V. M. vient de
prêter au Roy ſon petit- fils fes
troupes victorieuſes à qui rien
ne peut refifter , & qui prêtes à
forcer juſques dans ſes derniers
retranchemens la plus opiniatre
rebellion,feront rentrer das
le devoir des peuples ennemis
d'eux - mêmes , & leur feront
goûter malgréeux les douceurs
de la paix dont l'Europe vous
eft redevable.
Quels biens ne promet pas au
monde une paix fi heureule, ap.
puyée ſur les fondemens folides
Sept. 1714.
3
M
138 MERCURE
de la plus équitable moderation
? Elle nous fait entrevoir
une longue ſuite de beaux jours
que rien ne ſera capable de
troubler. Aprés avoir goûté ſi
long- temps la gloire de vivre
fous l'Empire d'un Royconquerant
, nous goûterons dans un
long repos la douceur de vivre
ſous les loix d'un Roy pacifi
que,& la providence favorable
reünira dans le ſeul regne deV.
M. les differentes gloires des 2.
plusbeaux regnes d'Iſraël.C'eſt
dumoins ce que nous ofonspre
fumer des divines mifericordes.
Les voeux ardens & unanimes
de tous les ſujets de V.M.la perfection
qu'elle donne à l'Eglife,
fon zele pour la fainte doctrine,
ſon amour pour l'unité , ſa
GALANT. 139
piere,ſes vertus, tout en eſt pour
nous un gage preſque certain .
C'eſt ſous ce regne pacifique
quenous allons voir le miel&le
lait coulerde nos montagnes,&
leseauxvives ſe répandre dans
tous les vaiſſeaux de Juda . La
justice& la paix ſe ſont embraffées,
&par cette heureuſe alliance
les loix reprennent leur
vigueur ; l'ordre & la diſcipline
ſe rétabliſſent, l'équité &labonne
foy rentrent dans le commerce
, l'uſure devenuë timide
n'oſe plus ſe montrer.Déja le laboureur
tranquile recüeille
ſans troubles & fans obſtacles
ſes fertiles moiffons,&flaté de la
douce eſperance de joüir du
fruit de ſes mains , il ſe ranime
au travail , & nous promet de
Mij
140 MERCURE
fon induſtrie une continuelle
abondance.
Mais la ſource la plus afſurée
dubonheur que nous attendős
eſt dans le coeur de V. M. Cette
bonté paternelle,qui s'eſt ſi ſouvent&
fi tendrement expliquée
fur les maux inévitables que
traîne aprés ſoy une longue
guerre,ne fera deformais occu.
pée que du ſoin d'y remedier.
Les difficultez s'aplaniront entre
ſesmains,les moyens ſe mul
tiplirõt par les conſeils de la fageſſe,
chaquejour ſeradiftingué
par des bienfaits & par des graces;&
les fruits de la paix, toû
jours amers dans leur primeur,
parviendront enfin par degrez
àla plus heureuſe maturité.
C'eftdans cette confiance que
la Province de Languedoc éGALANT.
141
:
pargnera à V. M. l'inutile recic
de ſes prodigieux épuiſemens ,
des dettes immenfes qu'elle a
contractées pour ſon ſervice,de
la deſolation de pluſieurs contrees
que la famine& les mala
dies ont renduës incultes &defertes.
Bientôt, ſous les regards
favorables de V.M.elle reprendra
fon premier éclat , & il ne
lui reſtera d'autre deſir à former
, que de voir prolonger au
delà des bornes preſcrites une
vie precieuſe , de qui ſeule dépend
nôtre commune felicité.
Fermer
Résumé : Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Les députés de la province du Languedoc adressent un discours au roi pour exprimer leur loyauté et leur dévotion. Ils mettent en avant la fidélité de tous les sujets du roi, mais soulignent que le Languedoc se distingue par son zèle ardent envers la personne royale, son service et sa gloire. La province a toujours soutenu l'État, même dans les périodes difficiles, en mobilisant des ressources malgré les obstacles. Le discours évoque la nécessité d'une guerre contre les ennemis du roi, bien que menée à contrecœur, pour assurer la paix en Europe et le bien public. Les députés remercient Dieu d'avoir mis fin aux conflits et permis au roi de maintenir la paix grâce à ses victoires. Ils louent la sagesse du roi, qui privilégie la paix malgré les succès militaires, et son intervention en Espagne pour y instaurer la paix. Ils espèrent une paix durable et équitable, annonciatrice de prospérité et de justice. Enfin, les députés expriment leur confiance en la bonté paternelle du roi, qui remédiera aux maux causés par la guerre. Ils demandent l'annulation des dettes contractées pour le service du roi et la restauration des régions dévastées, espérant voir la province retrouver son éclat sous la bienveillance royale.
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970
p. 141-144
A Monseigneur le Dauphin.
Début :
MONSEIGNEUR, La Province de Languedoc vient par de respectueux hommages [...]
Mots clefs :
Dauphin, Languedoc, Province de Languedoc
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texteReconnaissance textuelle : A Monseigneur le Dauphin.
AMonseigneur le Dauphin.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
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Résumé : A Monseigneur le Dauphin.
La lettre adressée au Dauphin par la Province de Languedoc exprime la loyauté et l'admiration des auteurs. Ils se réjouissent de servir le Dauphin et voient en lui les vertus de son père. Ils louent également la personne chargée de son éducation pour son succès dans l'inculcation des nobles vertus. Les auteurs espèrent que le Dauphin, en étant proche de son bisaïeul le roi, apprendra l'art de régner et contribuera à la gouvernance du royaume. Ils attribuent la récente paix à la miséricorde divine et prient pour que Dieu préserve le Dauphin pour le bien du roi et du royaume. Leur plus grande espérance est de voir le Dauphin devenir un grand roi, soutien et gloire de son bisaïeul.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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971
p. 197-202
Chapitre où en attendant les conclusions de la Paix generale, l'Auteur du Mercure declare la guerre à l'Auteur du Journal de Verdun. [titre d'après la table]
Début :
Je n'aurois pas manqué de faire ce mois-cy un détail [...]
Mots clefs :
Prince de Vaudemont, Fêtes, Journal de Verdun, Juges, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre où en attendant les conclusions de la Paix generale, l'Auteur du Mercure declare la guerre à l'Auteur du Journal de Verdun. [titre d'après la table]
Je n'aurois pas manqué de
faire ce mois - cy un détail
peut être agreable des grandes
feſtes que M. le Prince de
Vaudemont a donné à Com
mercy à leurs A. R. de Lorraine
& à M. l'Electeur de
Treves , ſi l'Auteur du Journal
de Verdun ( à l'exemple
-des Princes & Princeffes à
R iij
198 MERCURE
ply
Thonneur deſquels ces feftes
ſe celebroient ) ne s'étoit pas
luy-même *fatisfait & remd'admiration
de la majestueuſe
dépense que M. le Prince
Madame la Princeſſe de Vandemont
avoient faites en leur faveur
; encore du plus grand coeur
des belles manieres dont le
tout fut accompagné : Mais helas
!que lesplaiſirs de la vie, même
ceux des Princes ſont courts
&ſujets à bien des traverſes !
Les plaisirs , continue cet
illuſtre Auteur , qui s'étoient
** Ces paroles font tirées mot pour
motdu Journal de Septembre.
GALANT. 199
comme donnez un rendez-vous à
Commercy , s'évanoüirent prefque
auffitôt que les Testes Couronnées
enfurentparties. Enfuite
il annonce d'un ton pitoyable
par le choix des termes,
la mort de Madame la Princeffe
de Vaudemont , dont il
eſt auſſi vray que toute l'éloquence
des hommes exprimeroit
à peine le caractere& les
vertus ,qu'il eſt ſeur que l'Auteur
du Journal de Verdun
qui ſe pare des dépoüilles du
Mercure eſt un mauvais Orateur.
Mais ſur tout ſes raiſonnements
politiques & deciſifs
Riiij
200 MERCURE
me paroiffent fort bien trouvcz.
Ily a lieu de croire , dit-il ,
que lesJuges & arbitres de la
paix compenferont la plupartdes
Articles de dedommagement ,
que leur principale attention roulerafur
la reſtitution àfaire des
Villes&Provinces occupéespendant
le cours d'une guerre longue
sanglante , commencée avecfi
peu de neceffité & defondement.
Carfile motif d'une riche fucceffion
disputée entre deux puiffants
concurrents , a allumé la
guerre d'Espagne , on n'apperçoit
aucun legitime prétexte qui ait
GALANT 201
pit faire entreprendre celle du
Nord.
Oh ! le Juriſte porte fes
veuës bien loin ! que fera-til
maintenant que la Paix eft
faite ? ſi l'on me permet
cependant de raiſonner con
tre luy , l'émulation rendra
peut-eſtre nos ouvrages meil.
leurs:
Je n'offenſe perſonne
Meſſieurs , je le repête encore
; mais je croy qu'il eſt naturel
d'attaquer des eſprits
qui ſe repoſent affez fur la
bonne opinion qu'ils ont de
leur étude pour nous donner
202 MERCURE
des balivernes de leur imagination
pour des productions
ſolides; qu'on neſe previenne
en un mot ny pour eux
ny pour moy ; mais que de
bonne foy ,les gens éclairez
mettent dans la balance , d'un
côté le droit ufurpé que les
uns ont de raiſonner comme
bon leur ſemble , & de
l'autre , l'obligation oùje ſuis
de me taire , juſqu'à ce qu'on
m'accordela libertéde m'éten
dre d'avantage , &qu'ils nous
jugent.
faire ce mois - cy un détail
peut être agreable des grandes
feſtes que M. le Prince de
Vaudemont a donné à Com
mercy à leurs A. R. de Lorraine
& à M. l'Electeur de
Treves , ſi l'Auteur du Journal
de Verdun ( à l'exemple
-des Princes & Princeffes à
R iij
198 MERCURE
ply
Thonneur deſquels ces feftes
ſe celebroient ) ne s'étoit pas
luy-même *fatisfait & remd'admiration
de la majestueuſe
dépense que M. le Prince
Madame la Princeſſe de Vandemont
avoient faites en leur faveur
; encore du plus grand coeur
des belles manieres dont le
tout fut accompagné : Mais helas
!que lesplaiſirs de la vie, même
ceux des Princes ſont courts
&ſujets à bien des traverſes !
Les plaisirs , continue cet
illuſtre Auteur , qui s'étoient
** Ces paroles font tirées mot pour
motdu Journal de Septembre.
GALANT. 199
comme donnez un rendez-vous à
Commercy , s'évanoüirent prefque
auffitôt que les Testes Couronnées
enfurentparties. Enfuite
il annonce d'un ton pitoyable
par le choix des termes,
la mort de Madame la Princeffe
de Vaudemont , dont il
eſt auſſi vray que toute l'éloquence
des hommes exprimeroit
à peine le caractere& les
vertus ,qu'il eſt ſeur que l'Auteur
du Journal de Verdun
qui ſe pare des dépoüilles du
Mercure eſt un mauvais Orateur.
Mais ſur tout ſes raiſonnements
politiques & deciſifs
Riiij
200 MERCURE
me paroiffent fort bien trouvcz.
Ily a lieu de croire , dit-il ,
que lesJuges & arbitres de la
paix compenferont la plupartdes
Articles de dedommagement ,
que leur principale attention roulerafur
la reſtitution àfaire des
Villes&Provinces occupéespendant
le cours d'une guerre longue
sanglante , commencée avecfi
peu de neceffité & defondement.
Carfile motif d'une riche fucceffion
disputée entre deux puiffants
concurrents , a allumé la
guerre d'Espagne , on n'apperçoit
aucun legitime prétexte qui ait
GALANT 201
pit faire entreprendre celle du
Nord.
Oh ! le Juriſte porte fes
veuës bien loin ! que fera-til
maintenant que la Paix eft
faite ? ſi l'on me permet
cependant de raiſonner con
tre luy , l'émulation rendra
peut-eſtre nos ouvrages meil.
leurs:
Je n'offenſe perſonne
Meſſieurs , je le repête encore
; mais je croy qu'il eſt naturel
d'attaquer des eſprits
qui ſe repoſent affez fur la
bonne opinion qu'ils ont de
leur étude pour nous donner
202 MERCURE
des balivernes de leur imagination
pour des productions
ſolides; qu'on neſe previenne
en un mot ny pour eux
ny pour moy ; mais que de
bonne foy ,les gens éclairez
mettent dans la balance , d'un
côté le droit ufurpé que les
uns ont de raiſonner comme
bon leur ſemble , & de
l'autre , l'obligation oùje ſuis
de me taire , juſqu'à ce qu'on
m'accordela libertéde m'éten
dre d'avantage , &qu'ils nous
jugent.
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Résumé : Chapitre où en attendant les conclusions de la Paix generale, l'Auteur du Mercure declare la guerre à l'Auteur du Journal de Verdun. [titre d'après la table]
Le texte décrit les festivités organisées par le Prince de Vaudemont à Commercy en l'honneur des Altesses Royales de Lorraine et de l'Électeur de Trèves. L'auteur du journal de Verdun loue la magnificence et les bonnes manières de ces fêtes, tout en soulignant leur caractère éphémère. Il mentionne également la mort de Madame la Princesse de Vaudemont, saluant ses vertus mais critiquant l'éloquence de l'auteur du journal. Ce dernier aborde les conséquences politiques de la guerre, prédisant que les juges de la paix se concentreront sur la restitution des villes et provinces occupées durant un conflit long et sanglant, sans motif légitime apparent. L'auteur du texte actuel conteste les raisonnements politiques de l'auteur du journal de Verdun et plaide pour une évaluation impartiale des arguments présentés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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972
p. 258-275
NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
Début :
M Jean Pierre de Goës, Comte du Saint Empire Romain [...]
Mots clefs :
Duc, Comte, Prince, Baron, Empereur, Roi de France, Électeur, Abbé, Princes, Évêques, Congrès de la paix à Bade, Paix, Bade, Congrès, Envoyés, Plénipotentiaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
NOMS :
de Meſſicurs les Plenipoten-
1. tiaires &Envoyez qui fe
font trouvez au Congrez de
la Paix à Bade , commencé
le cinquiémeJuin 1714 .
De la part de l'Empereur.
i
M Jean Pierre de Goës ,
Comte du Saint Empire Romain
, Baron de Carleſbergà
Monbourg , Seigneur à Razzenegg
,Ebentalbach , Porhnftein
, & Liebenfels , & c. Conſeiller
de Sa Majesté Imperiale
GALANT. 259
*
& Catholique , Gouverneur
:du Duché de Carinthie , Ambaffadeur
Extraordinaire &
Plenipotentiaire au Congrez
de la Paix à Bade .
M Jean Friderich , Comte
de Scilern , &c. Confeiller &
Affeſſeur dela Chancellerie de
Cour , & Ambaſſadeur Extraordinaire
de Sa Majesté Imperiale
au Congrez de la Paix
àBade.
DuRoyde France.
M. François Charles deVinithamille
, des Comtes de Mar
Yij
260 MERCURE
ſeille , Comte du Luc , Marquis
de la Marthe, Lieutenant
du Roy en Provence , Commandeur
de l'Ordre de Saint
Loüis , Gouverneur des Ifles
Porquerolles , Ambaſſadeur
ordinaire de Sa Majefté aux
Ligues Suiffes & Grifons , &
fon Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire au
Congrez de la Paix.
M. Barberie , Seigneur de
faint Contest , Conſeiller du
Roy en tous ſes Conſeils ,
Maiſtre des Requeſtes ordinaire
de ſon Hoſtel , Intendant
de Juſtice , Police & Fi
GALANT . 161
nances des trois Evêchez de
Metz , Toul , & Verdun , au
Pays de la Sarre & de l'Armée,
Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire de Sa Majeſté
au Congrez de la Paix à
Bade.
A
Son Alteſſe Monfieur.
Le Prince Henry d'Auvergne,
Grand Prevoſt de Strafbourg.
B
Del'Electeur de Baviere.
M. le Baron de Malknecht
>
262 MERCURE
Miniftre & Conſeiller d'Etat
de ſon A. E. de Baviere.
De l'Evesque de Bafle.
M Hauſt , Eveſque deDomitiopolis
, Suffragant &
Grand Doyen du Chapitre de
Bafle.
Des Princes de Birkenfeld.
M. Simon , Confeiller.
C
De l'Electeur de Cologne.
M. le Baron Kargde BeGALANT.
263
benbourg , Grand Chancelier
&Premier Miniſtre de ſon A.
E. Abbé du Mont de ſaint
Michel en Normandie.
Son Alteffe .
M. l'Abbé de Gonzague ,
Prince de Caſtillon , &c,
De Madame la Princeffe , veuve
deM. le Prince de Condé.
M. l'Abbé duBos.
D
DuMarquis de Bade- Dourlach.
M. Stadelman .
264 MERCURE
E
DeMadame la Ducheffe
d'Elbeuf.
M. le Comte Cremone ,
Gentilhomme de la Chambre
de feu M. le Duc deMantouë.
F
De la part des Etats Generaux
des Provinces-Unies..
M. Jean- Louis Ronchel ,
leur Secretaire , Reſident en
Suiffe.
G
GALANT. 268
ر
Du Duc de Guastalla .
M. leComte Loüis Canta
ni , Chambellan & Confcillet
intime de S. A. S. Antoine
Gonzague Duc de Guaſtalla
& Sabionnette, &c.
27 : pradDenGennes
07
2
T
4
M. de Sorba, Miniſtre d'Erat
& Reſident ordinaire à
H
DuLandgrave de Heffe-Caffel.
of germinalline morbent
M. le Baron de Mal ron de Malſbourg ,
Septembre 1714. Z
06 MERCURE
)
Miniſtre & Conſeiller Privé
deM. le Landgrave de Helle-
Caffel
M
Du Landgrave de Heffein
al 90635588 angesmoo
M.de Malcowsky, Con
ſeiller Privé& en même tems
Ple-
S. A.S. Ic
aauufſlſii Envobyyée&&MMiinniſtre
nipotentiaire de S.
Duc de Saxe Gotha , & des
Princes & Etats Proteftansda
Cercle du Haut Rhin , &c.
M. le Landgrave Guillaume le
jeune de Heffe-Rhinfels.
GALANT. 267
Des Chapitresde Hildesheim,
Spire.
M. le Baron de Twikel
d'Havixbek , Chanoine des
Cathedrales d'Hildesheim &
Spire , Archidiacre à Goflar,
Conſeillerd'Etat de l'Evêché
d'Hildesheim , Seigneur de
Meubourg.
DuPrinced'Ifenghein. 1
M. Sanfor , Conſeiller &
Intendant dudit Prince.
Zij
468 MERCURE
1
Du Duc de Lorraine .
M. le Begue , Seigneur de
Germini , & de Lhelod de
Chantreine ,&c. Conſeiller &
Secretaire d'Etat , Garde des
?.
Sceaux de S. A. R. de Lorraine.
Du Chapitre de Liege.
M. le Baron de Vanſoul,
Abbé de Damas , Chanoine
du Chapitre de Liege
GALANT. 269
DeM. le Prince de Ligne.
M. Merode.
M
DeModene.
M. le Comte Jean FrançoisBergomy
, Gentilhomme
de la Chambre , Conſeiller
d'Etat , Gouverneur de la Province
de Garffagnane.
M. l'Abbé Giardini , Conſeiller
& Miniſtre d'Etat de
fon A. S. le Duc de Modene.
Zij
270 MERCURE
• Du Duc de la Mirandole.
M. Regnault Dulioli , Noble
de Bologne ; Profeffeur
public dans les Univerſitez de
Bologne & Padouë.
Du Princede Montbeliard.
M. Charles Leopold Leſpe
rance,Baron de Sanderſleben.
M. Julien Guillaume de
Siegman, Confeiller.
M. Jacques Chriftophe
Cuvier , Confeiller,
GALANT. 277
N
M. le Prince de Naffan Sigben,
10
M. Rivage Co N
Eu-
M
Du Cardinal Ottoboni .
Dung ab pleપવા રૂચીગ
Il P. Ludovico Maria Mau
ro de Chierici Regolari minori
Cowls Mile Comte Paffionci, Reverondaire
de l'une & l'autre
fignature , Prelat domestique
Zamj
272 MERCURE
&Camerier ſecret de ſa Sainreté,
&c.
DuRoy de Pruffe. I
M. le Comte de Metternicht
,Chambellan de ſa Majeſté
Royale de Pruffe , Envoyé
à la Dicte de l'Empire à
Auſbourg.
DuDuc deParme.
bot
M. le Comte OctavioSaint
Severin d'Aragon , Comte
d'O'za , Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. le Duc
de Parme.
GALANT. 273.
François Marie Spinola ,
Duc de ſaint Pierre , Prince
deMolfeta ,&c Grand d'Efpagne
, Gentilhomme de la
Chambre de S.M.C. &Grand
Maistre de la Maiſon de la
Reine Doüaitiere ,&c? g
20
:
Du Roy de Sicile.
M. de Melarede , Miniſtre
d'Etat de S. M. Sicilienne ,
Premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Turin..
A
هق
274 MERGURE
८ slu 192 De Spirecto
M. Drieshe , ConſeillerAu
lique & Directeur de laCham.
bre des Finances de S. A.
Monfieur l'Evêque & Prince
de Spire
T
De l'Electeur de Treves.
M. deUmbſcheinden,Con
ſeiller Privé d'Etat de S. A. E.
de Trevesationele M
Du Grand- Maistre de l'ordre
Teutonique.
M. le Baron de Waldecker
GALANT 378
Commandeur de Virnsberg
& Willembourg
M. Veringen , Confciller
de S. A. S.
W
১৯০
Du Duc de Wirtemberg.
M. de Heſpen , Miniſtre
d'Etat intime de Son A. S.
Monſeigneur le Duc Regens
de Wirtemberg:
Des Marquis Malaspina de
Mulezo&Madrignano.
M. l'Abbé Jean -Baptiste
Cioli.
de Meſſicurs les Plenipoten-
1. tiaires &Envoyez qui fe
font trouvez au Congrez de
la Paix à Bade , commencé
le cinquiémeJuin 1714 .
De la part de l'Empereur.
i
M Jean Pierre de Goës ,
Comte du Saint Empire Romain
, Baron de Carleſbergà
Monbourg , Seigneur à Razzenegg
,Ebentalbach , Porhnftein
, & Liebenfels , & c. Conſeiller
de Sa Majesté Imperiale
GALANT. 259
*
& Catholique , Gouverneur
:du Duché de Carinthie , Ambaffadeur
Extraordinaire &
Plenipotentiaire au Congrez
de la Paix à Bade .
M Jean Friderich , Comte
de Scilern , &c. Confeiller &
Affeſſeur dela Chancellerie de
Cour , & Ambaſſadeur Extraordinaire
de Sa Majesté Imperiale
au Congrez de la Paix
àBade.
DuRoyde France.
M. François Charles deVinithamille
, des Comtes de Mar
Yij
260 MERCURE
ſeille , Comte du Luc , Marquis
de la Marthe, Lieutenant
du Roy en Provence , Commandeur
de l'Ordre de Saint
Loüis , Gouverneur des Ifles
Porquerolles , Ambaſſadeur
ordinaire de Sa Majefté aux
Ligues Suiffes & Grifons , &
fon Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire au
Congrez de la Paix.
M. Barberie , Seigneur de
faint Contest , Conſeiller du
Roy en tous ſes Conſeils ,
Maiſtre des Requeſtes ordinaire
de ſon Hoſtel , Intendant
de Juſtice , Police & Fi
GALANT . 161
nances des trois Evêchez de
Metz , Toul , & Verdun , au
Pays de la Sarre & de l'Armée,
Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire de Sa Majeſté
au Congrez de la Paix à
Bade.
A
Son Alteſſe Monfieur.
Le Prince Henry d'Auvergne,
Grand Prevoſt de Strafbourg.
B
Del'Electeur de Baviere.
M. le Baron de Malknecht
>
262 MERCURE
Miniftre & Conſeiller d'Etat
de ſon A. E. de Baviere.
De l'Evesque de Bafle.
M Hauſt , Eveſque deDomitiopolis
, Suffragant &
Grand Doyen du Chapitre de
Bafle.
Des Princes de Birkenfeld.
M. Simon , Confeiller.
C
De l'Electeur de Cologne.
M. le Baron Kargde BeGALANT.
263
benbourg , Grand Chancelier
&Premier Miniſtre de ſon A.
E. Abbé du Mont de ſaint
Michel en Normandie.
Son Alteffe .
M. l'Abbé de Gonzague ,
Prince de Caſtillon , &c,
De Madame la Princeffe , veuve
deM. le Prince de Condé.
M. l'Abbé duBos.
D
DuMarquis de Bade- Dourlach.
M. Stadelman .
264 MERCURE
E
DeMadame la Ducheffe
d'Elbeuf.
M. le Comte Cremone ,
Gentilhomme de la Chambre
de feu M. le Duc deMantouë.
F
De la part des Etats Generaux
des Provinces-Unies..
M. Jean- Louis Ronchel ,
leur Secretaire , Reſident en
Suiffe.
G
GALANT. 268
ر
Du Duc de Guastalla .
M. leComte Loüis Canta
ni , Chambellan & Confcillet
intime de S. A. S. Antoine
Gonzague Duc de Guaſtalla
& Sabionnette, &c.
27 : pradDenGennes
07
2
T
4
M. de Sorba, Miniſtre d'Erat
& Reſident ordinaire à
H
DuLandgrave de Heffe-Caffel.
of germinalline morbent
M. le Baron de Mal ron de Malſbourg ,
Septembre 1714. Z
06 MERCURE
)
Miniſtre & Conſeiller Privé
deM. le Landgrave de Helle-
Caffel
M
Du Landgrave de Heffein
al 90635588 angesmoo
M.de Malcowsky, Con
ſeiller Privé& en même tems
Ple-
S. A.S. Ic
aauufſlſii Envobyyée&&MMiinniſtre
nipotentiaire de S.
Duc de Saxe Gotha , & des
Princes & Etats Proteftansda
Cercle du Haut Rhin , &c.
M. le Landgrave Guillaume le
jeune de Heffe-Rhinfels.
GALANT. 267
Des Chapitresde Hildesheim,
Spire.
M. le Baron de Twikel
d'Havixbek , Chanoine des
Cathedrales d'Hildesheim &
Spire , Archidiacre à Goflar,
Conſeillerd'Etat de l'Evêché
d'Hildesheim , Seigneur de
Meubourg.
DuPrinced'Ifenghein. 1
M. Sanfor , Conſeiller &
Intendant dudit Prince.
Zij
468 MERCURE
1
Du Duc de Lorraine .
M. le Begue , Seigneur de
Germini , & de Lhelod de
Chantreine ,&c. Conſeiller &
Secretaire d'Etat , Garde des
?.
Sceaux de S. A. R. de Lorraine.
Du Chapitre de Liege.
M. le Baron de Vanſoul,
Abbé de Damas , Chanoine
du Chapitre de Liege
GALANT. 269
DeM. le Prince de Ligne.
M. Merode.
M
DeModene.
M. le Comte Jean FrançoisBergomy
, Gentilhomme
de la Chambre , Conſeiller
d'Etat , Gouverneur de la Province
de Garffagnane.
M. l'Abbé Giardini , Conſeiller
& Miniſtre d'Etat de
fon A. S. le Duc de Modene.
Zij
270 MERCURE
• Du Duc de la Mirandole.
M. Regnault Dulioli , Noble
de Bologne ; Profeffeur
public dans les Univerſitez de
Bologne & Padouë.
Du Princede Montbeliard.
M. Charles Leopold Leſpe
rance,Baron de Sanderſleben.
M. Julien Guillaume de
Siegman, Confeiller.
M. Jacques Chriftophe
Cuvier , Confeiller,
GALANT. 277
N
M. le Prince de Naffan Sigben,
10
M. Rivage Co N
Eu-
M
Du Cardinal Ottoboni .
Dung ab pleપવા રૂચીગ
Il P. Ludovico Maria Mau
ro de Chierici Regolari minori
Cowls Mile Comte Paffionci, Reverondaire
de l'une & l'autre
fignature , Prelat domestique
Zamj
272 MERCURE
&Camerier ſecret de ſa Sainreté,
&c.
DuRoy de Pruffe. I
M. le Comte de Metternicht
,Chambellan de ſa Majeſté
Royale de Pruffe , Envoyé
à la Dicte de l'Empire à
Auſbourg.
DuDuc deParme.
bot
M. le Comte OctavioSaint
Severin d'Aragon , Comte
d'O'za , Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. le Duc
de Parme.
GALANT. 273.
François Marie Spinola ,
Duc de ſaint Pierre , Prince
deMolfeta ,&c Grand d'Efpagne
, Gentilhomme de la
Chambre de S.M.C. &Grand
Maistre de la Maiſon de la
Reine Doüaitiere ,&c? g
20
:
Du Roy de Sicile.
M. de Melarede , Miniſtre
d'Etat de S. M. Sicilienne ,
Premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Turin..
A
هق
274 MERGURE
८ slu 192 De Spirecto
M. Drieshe , ConſeillerAu
lique & Directeur de laCham.
bre des Finances de S. A.
Monfieur l'Evêque & Prince
de Spire
T
De l'Electeur de Treves.
M. deUmbſcheinden,Con
ſeiller Privé d'Etat de S. A. E.
de Trevesationele M
Du Grand- Maistre de l'ordre
Teutonique.
M. le Baron de Waldecker
GALANT 378
Commandeur de Virnsberg
& Willembourg
M. Veringen , Confciller
de S. A. S.
W
১৯০
Du Duc de Wirtemberg.
M. de Heſpen , Miniſtre
d'Etat intime de Son A. S.
Monſeigneur le Duc Regens
de Wirtemberg:
Des Marquis Malaspina de
Mulezo&Madrignano.
M. l'Abbé Jean -Baptiste
Cioli.
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Résumé : NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
Le document décrit la liste des plénipotentiaires et envoyés présents au Congrès de la Paix à Bade, qui a commencé le 5 juin 1714. Les représentants incluent plusieurs dignitaires de haut rang. Pour l'Empereur, les représentants sont Jean Pierre de Goës, Comte du Saint Empire Romain, et Jean Friderich, Comte de Scilern. Pour le Roi de France, les représentants sont François Charles de Vinithamille, Comte de Marville, et Barberie, Seigneur de Saint Contest. Divers princes et États sont également représentés, notamment le Prince Henry d'Auvergne, le Baron de Malknecht pour l'Électeur de Bavière, l'Évêque de Bâle, les Princes de Birkenfeld, l'Électeur de Cologne, Madame la Princesse veuve de Monsieur le Prince de Condé, le Marquis de Bade-Dourlach, Madame la Duchesse d'Elbeuf, les États Généraux des Provinces-Unies, le Duc de Guastalla, le Landgrave de Hesse-Cassel, le Landgrave de Hesse-Hanau, le Duc de Saxe Gotha, les Princes et États protestants du Cercle du Haut Rhin, les Chapitres d'Hildesheim et de Spire, le Prince d'Isembourg, le Duc de Lorraine, le Chapitre de Liège, le Prince de Ligne, le Duc de Modène, le Duc de la Mirandole, le Prince de Montbéliard, le Cardinal Ottoboni, le Roi de Prusse, le Duc de Parme, le Roi de Sicile, l'Évêque et Prince de Spire, l'Électeur de Trèves, le Grand-Maître de l'ordre Teutonique, le Duc de Wurtemberg, et les Marquis Malaspina de Mulazzo et Madrignano. Ces individus sont identifiés par leurs titres et fonctions respectifs, avec quelques détails supplémentaires pour certains.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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973
p. 304-331
JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
Début :
Le Roy partit le 29. Aoust de Versailles pour aller coucher [...]
Mots clefs :
Roi, Fontainebleau, Cour, Seigneurs, Cardinal, Duchesse, Dames, Abbé, Électeurs, Chevaux, Duc d'Orléans, Conseil d'État, Cheval, Duchesse de Berry, Cardinal de Rohan, Seigneurs de la Cour, Chasse du cerf, Chasse, Cerf
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texteReconnaissance textuelle : JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
JOURNAL
de ce qui s'est passé àFontaibleau
juſques au 21. Sep.
tembre 1714.
Le Roy partit le 29. Aouſt
de Verſailles pour aller coucher
à Petitbourg. Madame
la Ducheſſe de Berry eſtoit à
ſon côté dans le fonds du
caroſſe. Madame la Ducheſſe ,
& Madame la Princeſſe de
Conti eſtoient ſur le devant.
Je ne feray pas le détail de
Petitbourg ,
GALANT. 305
Petitbourg , ni de la grande
chere que Monfieur le Duc
d'Antin fit au Roy , & à toute
la Cour. Ce Seigneur a
toûjours fait de même lorf
que Sa Majeſté luy a fait l'honneur
d'y aller coucher. Le Roy
partit le 30. aprés avoir entendu
la Meffe , & avoir diné.
Sa Majesté fut eſcortée pendant
le voyage , par les Gardes
du Corps , les Gendarmes
, les Mouſquetaires ,&
Chevaux - Legers , juſqu'à
Fontainebleau , où S. M. arriva
le 30. à cinq heures du ſoir.
Le Vendredy 31. le Roy
Septembre 1714. Cc
306 MERCURE
alla à la chaffe du Cerf. Tous
les Seigneurs , & Dames de la
Cour portoient l'habit du
Cerf. Les Dames veſtuës en
Amazones à cheval ,& celles
qui estoient en caléche , habil-
Jées en Siamoiſes. S. M.revint
debonneheure , & prit ,
aprés avoir changé de linge
une cariole pour aller viſiter
les réparations.
Le Samedy premier Septembre
, il y eut aprés la Mefſe
Conſeil de confcience ,
où le R. P. le Tellier aſſiſta
ſeul , & l'apreſdinée S. M
alla tirer. Ce même jour on
C
GALANT. 307
apprit la mort du Duc de
Beauvillier.
Le Dimanche 2. il y cût
Conſeil d'Etat , l'apreſdinée
promenade Royale le long du
Canal , fur lequel on voyoit
quatre Gondoles ſculptées&
dorées que des Matelots vef
tus de damas bleu , garni de
galons ,& franges d'or , faifoient
monter & deſcendre ,
à meſure que la caléche du
Roy montoit & defcendoit :
cette caléche eſtoit entourée
de tous les Seigneurs de la
Cour à cheval , & fuivie de
plufieurs caroffes à 8 & à 6 .
Ccij
1
308 MERCURE
chevaux. Celuy de Madame
la Princeſſe de Conty fille du
Roy , de Monfieur le Cardinal
de Rohan, & de Monfieur
le Nonce étoient du nombre.
Ily eût auſſi peſche des Cormorans
; & au retour de la
promenade , S. M. apprit à
M. le Duc de Villeroy qu'elle
avoit donné la placede Préſident
du Conſeil des Finances
à M. le Maréchal de Villeroy
fon pere. Lemeſme jourMonfieur
le Duc d'Orleans arriva
à cinqheures de Paris ,&foupa
avecle Roy qui a toûjours
à ſa droite Madame la Dus
GALANT. 309
cheſſe de Berry , à la gauche
Madame. Monfieur le Duc
d'Orleans à coſté de Madame
la Ducheffe de Berry , & Madame
la Duchefle d'Orleans à
coſté de Madame .
Le Lundy troifiéme , il
y eut Conſeil d'Etat , & on
vit ce jour- là tous les Princes
& Seigneurs de la Cour en
habit du Cerf , ainſi que les
Princeſſes , & Dames veſtuës
en Amazones. S. M. alla
l'apreſdînée à la chaſſe du
Cerf , d'où Elle revint fort
tard ,parce qu'on en courut
deux ; M. l'Ambaſſadeur de
310 MERCURE
Sicile , M. le Nonce , M. le
Cardinal de Rohan y allerent
auffi. M. le Cardinal del Giudice
arriva ce ſoir de Paris.
Le Mardy quatriéme il y
cut Conſeil des Finances. Les
neveux de feu M. le Duc
d'Hamilton furent preſentez
au Roy & à Madame la Ducheffe
de Berry pendant ſa
toilette. Le Roy augmenta ce
jour-là les Gardes du Corps
de cette Princeffe de douze :
cette troupe eſt une des plus
belles qu'on puiſſe voir. Ils
font veſtus de drap noir avec
des Brandebourgs d'un galon
GALANT . 311
velouté , & une Bandoliere
brodée d'argent avec unCeinturon
couvert d'un galon
d'argent , ce qui fait untrésbel
effet. Le Cardinal del Giudice
qui avoit receu ordre du
Roy fon Maiſtre de retourner
en Eſpagne , cûr une longue
conference avec le Roy dans
le cabinet ; enſuite il y eût
Conſeil des Finances. Le Roy
alla tirer l'apreſdinée : ce foirlà
au ſoupé du Roy il y cût
les 24. violons,qui joints avec
les baffes de viole , les hautsbois
, flutes douces , & baffons
firentune tres-belle fym
4
312 MERCURE
phonie à cauſe de la veille de
la naiſſance de S. M. M. le
Cardinal delGiudice s'y trouva
, qui voulut embraſſer les
genoux du Roy , lorſqu'il ſe
leva de table ; mais S. M. le
releva , & l'embraſſa. Cette
Eminence étoit allée prendre
congé deMadame la Duchefſe
de Berry , & de Madame
L'apreſdinée , devant partir le
lendemain matin en chaiſe de
poſte pour Madrid.
Le Mercredy 5. il y cut
Conſeil d'Etat , & l'apreſdinée
promenade Royale le long
du Canal. Monfieur le Duc
d'Orleans
GALANT. 313
d'Orleans étoit à cheval àcôté
de la caléche du Roy , ainſi
que tous les Seigneurs de la
Cour. Il y cut grand nombre
de Caroſſes à 8. & à 6. chevaux
tant des Princeſſes que
des Dames de la Cour. Les
Gondoles monterent & defcendirent
ſur le Canal au lieu
ordinaire, & il y eut une tresbelle
pêche des Cormorans.
Le Jeudy fixiéme il y eut
Conſeil d'Etat, & l'apreſdinée
Sa Majeſté alla à la chaſſe du
Cerf , Madame , Monfieur le
Ducd'Orleans, Mademoiselle
de Charollois , Madame la
Septembre 1714. Dd
314 MERCURE
Marquise de Maillebois curent
place dans le Caroffe du
Roy. Madame la Ducheſſe de
Berry alla auſſi ce jour là ſe,
promener dans la Foreft , elle,
fit entrer dans ſon, Caroffe
Mesdames les Marquiſes de,
Mouchi , de Parabere , & de
Pons; elle étoit eſcortée de
ſes Gardes du Corps. Cette
Princeſſe n'aſſiſte àaucun ſpectacle
public à cauſe du duëil.
Le Vendredy ſeptiéme il y
cut Conſeil de confcience. Le
même jour M. le Nonce ,
&Meffieurs les Ambaſſadeurs
de Sicile&d'Hollande allerent
)
GALANT 3
àla toilette de Madame la
Ducheſſe de Berry , où le cercle
fut tres beau. L'apreſdinéc
Sa Majeſté alla tirer, & il y cut
chaffe du Cerfavec l'équipage
de Mr le Ducd'Enguien.
Le Samedy huitième jourde
laNativité de laVierge ,Monfieur
l'Ambaſladeur d'Hollande
, & Mademoiselle ſa
fille allerent à la toilette de
Madame la Ducheſſe deBerry.
Monfieur le Marquis de la
Vrilliere , & Monfieur le
Comte de Pontchartrain y
allerent auſſi faire leur cour.
A 2. heures & demie le Roy
Ddij
316 MERCURE
ſe rendit à la Tribune de la
Chapelle, accompagné de
Madame la Ducheſſe de
Berry , de Madame , & de
Monfieur le Duc d'Orleans
pour y entendre les Veſpres
qui furent chantées par la
muſique. Le Roy s'affit fur un
fauteüil . Madame la Ducheſſe
de Berry étoit aſſiſe auprés de
S. M. enſuite Madame &
Monfieur le Duc d'Orleans
eſtoient de l'autre coſté. Voicy
le nom de ceux qui eurent
l'honneur d'y ettre affis . Sur la
droite du Roy eſtoient affis
M. le Cardinal de Rohan ,
GALANT. 317
Grand Aumônier , M. l'Abbé
deChoiſeul , M. l'Abbé d'Entragues
Aumôniers du Roy ,
& le R. P. le Tellier. Sur la
gauche étoient affis M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouget , & M. l'Abbé Davejan
, Aumôniers de Madame
la Ducheſſe deBerry . M. l'Abbé
de Magnas , M. l'Abbé de
Verthamont , Aumôniers de
Madame y estoient de même
que M. l'Abbé Malet Aumônier
de Monfieur le Duc d'Orleans.
Derriere le fauteüil du
Roy eſtoit affis M. le Duc de
Villeroy , Capitaine desGar-
Dd iij
318 MERCURE
des. Derriere Madame la Du
cheffe de Berry , M. le Marquis
de Coetenfo fonChevalier
d'honneur, Madame la
Ducheffe de S. Simon ſa Damed'honneur
, & Madamela
Marquiſe de la Vieuville ſa
Dame d'atours. Derriere Madame
eſtoit affiſe Madame de
Châteautieri ; & derriereMonfieur
le Duc d'Orleans , M.le
Marquis d'Estampes ſon Capitaine
des Gardes. Madame
la Ducheſſe , Madame la Princeſſe
de Conty , & Mademoiſelle
de Charollois estoient
dans une des niches. Le mê
GALANT. 319
me jour S. M. entendit le Salut
à fix heures du foir.
Le Dimanche neuviéme il
y eut Conſeil d'Etat. Mrdame
l'Ambaſſadrice d'Hollande
, &Mademoiselle la fille
allerent à la toilette de Madame
la Ducheffe de Berry
où le cercle étoit rempli des
plus grands Seigneurs & Dames
de la Cour. Il y eut ce
jour-là promenade Royale ; 11
y avoit plus de 100. carofles
à8. ou à 6 chevaux . Ceux de
Madame la Princeffe de Conti
fille du Roy , de Monfieur le
Nonce , de Monfieur le Car
Ddij
320 MERCURE
dinal de Rohan ; ceux de
M. l'Ambaſſadeur d'Hollande,
dans l'un deſquels il étoit
avec Madame l'Ambaſſadrice,
&Mademoiselle ſa fille aînée,
&dans l'autre le reſte de ſa famille.
Celuy de l'Ambaſſadeur
de Sicile. Il y avoit un
nombre infini d'étrangers qui
conviennent qu'on ne voit
rien dans l'Europe de plus
beau: en effet , rien n'eſt plus
grand que de voirde deſſus le
Tibre , le Roy deſcendre le
long du Canal avec toute ſa
Cour. Il n'eſt point de plus
beau coup d'oeil que cette va
GALANT. 321
rieté : d'un coſté ſur leCanal
quatre Gondoles dorées qui
voltigent ; &de l'autre cemélange
de Seigneurs à cheval ,
de caroffes ,& de peuple. L'Electeur
deBaviere arriva à neuf
heures du foir.
Le Lundy dix l'Electeur en
tendit la Meſſe du Roy ; il y
cut ce matin Conſeil des Depêches
, & l'apreſdinée pour
la premiere fois Conſeil des
Parties. S. M. alla aprés le diné
à la chaſſe du Cerf. Tous
les Princes & Seigneurs portoient
l'habit du Cerf , de
même que les Princeſſes , &
{
322 MERCURE
Jes Dames veltoes en Amazo
nes ,& à cheval. L'Electeur ,
M. le Prince Ragorza , M. Ic
Nonce , Mile Cardinal deRo
han , de même que tous les
Ambaſfadeurs y allerent auffi
avec un nombre infini d'é
trangers : il y avoit plus de
1000. chevaux , dont il yen
avoit 200. de main qui ſont
au Roy , que des Palefreniers
menoient , qui étoient couverrs
de caparaffons toutbro
dez d'or ; il y avoit auffi plus
dedeux cent caroffes ou caléches.
Le Mardy onze il y eut
GALANT. 323
Conſeil des Finances aprés la
Meffe du Roy , & l'apreſdinéc
Confeil d'Etat Les Princesa
lerent avec pluſieurs Seigneurs
à la challe du Sangher.
Le Mercredy douze M. le
Marquis du Luc , fils deM. le
Comte da Luc , Ambaffadeur
en Sulfe , arriva à huit heures
du matin de Bade , & porta la
nouvelle de la ſignature de la
Paix generale. Ce Seigneur ,
aprés le levé du Roy , fut preſenté
par M. le Marquis de
Torcy , & entra avec S. M.
dans le cabinet ; il y eut enfuite
Confeil d'Etat : le même
324 MERCURE
jour M. leDuc d Enguien alla
avec pluſieurs Seigneurs à la
chaffe du Cerf, &le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
L'e Jeudy treize on chanta
à la Meſſe du Roy un motet
de la compofition de M. Dus
buiffon , il y cut Conſeil d'E.
tat, & fymphonie audiné du
Roy , qui alla immediatement
aprés à la chaſſe du Cerf:Madame,
Monſicur le Ducd'Orleans
, Mademoiselle de Charollois
, Meſdames de Maillebois
, de Rupelmonde , & de
S. Germain étoient dans le caroſſe
de S. M. Tous les PrinGALANT.
325
ces ,& Seigneurs de la Cour
yallerent auſſi ; les Princeſſes
&Dames veſtuës en Amazones
à cheval , & celles qui
étoient en caléches en Siamoiſes
. L'Electeur, M. le Cardinal
de Rohan , M. le Prince
Ragotzi , M le Nonce , tous
les Ambaffadeurs & Envoyez
eſtoient du nombre. Ily avoit
plus de 1000. chevaux , fans
compter les caroffes, caléches,
brelines , phaëtons , & guinguettes
ou chaiſes, qui étoient
toutes d'une tres - grande
beauté. Il yavoit plus de 300.
chevaux de main du Royavec
326 MERCURE
des caparallons tout brodez
d'or. On prit deux Cerfs . Au
retour on fit la curée à huit
heures & demic devant S. M.
pendant que 60. ou 80. cors
ſonnoient ,&que 180 chiens
eſtoient aprés le Cerf qu'on
avoit coupé en morceaux ,
tout cela à la lueur de 100.
lambeaux portez par des Palefteniers
qui bordoient toute
l'allée Royale.
Le Vendredy quatorze il y
eur Conſeil de Conſcience.
M. le Cardinal de Rohan
M le Prince de Rohan , M.
le Prince d'Eſpinoy , & M. le
GALANT. 327
Prince de Soubite allerent àla
toilette de Madame la Duchefle
de Berry luy preſenter
àfigner le Contrat de Mariage
de M. le Prince de Soubiſe
avecMademoiselle d' Elpinoy,
que cette Princeffe figna :M..
le Duc deEnguien alla cejourlà
àla chaſſe du Sanglier ; &
on en prit deux ; le Roy alla
tirer l'apreſdinée..
Le Samedy dix huit il y
cut Conſeil des Finances ,M.
le Duc & M. le Comte de
Toulouſe allerent à la chaffe
du Cerf L' preſdinée S. M.
travailla avec M. Voiſin.
4
328 MERCURE
Le Dimanche ſeize ily eut
Conſeil d'Etat. M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Archevêque
de Lyon , M. le Duc
de la Tremoille , M. l'Am-
-baſſadeur de Malthe , allerent,
à la toilettede Madame la Du
cheffe de Berry , où le cercle
des Dames fut des plus brillans
: il y eut Conſeil d'Etat
l'apreſdinée.
Le Lundy dix- ſeptiéme le
Roy prit medecine. M. le
Duc d'Enguien alla à la chaſſe
du Sanglier , il en prit deux ,
il y eut ce jour là Conſeil des
Parties le matin ; & l'aprefdinée
,
GALANC. 329
dinée Conſeil d Etat .
Le Mardy dix huitiéme il
y cut Conſeil des Finances ;
& l'apreſdinée chaſſe du
Cerf. Tous les Princes , Princeffes
, l'Electeur , les Ambaſſadeurs
y allerent auffi ; & au
retour on fit la curée en preſence
du Roy , de l'Electeur ,
de M. le Duc d'Enguien , de
M. le Comte de Charollois ,&
de tous les Seigneurs de la
Cour.
Le Mercredy dix- neuviéme
on chanta à la Meſſe du Roy
un Motetde la compofition
deM. la Loüette : ily eutCon-
Septembre 1714, Ec
330 MERCURE
feil d'Etat , & M. le Maréchal
de Villeroy y entra pour la
premiere fois en qualité de
Miniſtre. Le Roy alla tirer
l'apreſdinée , & à ſon déboté
M. le Maréchal de Villars
arriva de Bade , à qui S. M.
demanda ;fitout estoit fini , oüy
Sire , répondit ce Maréchal
laPaix Generale eft fignée ;
le Prince Eugene m'a aſſuré
qu'Elle feroit durable.
Le Jeudy vingtiéme ily cut
Confeil d'Etat, une tres belle
ſymphonie au dîné du Roy ,
qui alla à la chaſſe du Cerf
demême que l'Electeur , tous
2
2
7
GALANT. 331
lesPrinces,Seigneurs &Dames
de la Cour.
On joue un tres-gros jeu
tous les jours chez l'Electeur .
de ce qui s'est passé àFontaibleau
juſques au 21. Sep.
tembre 1714.
Le Roy partit le 29. Aouſt
de Verſailles pour aller coucher
à Petitbourg. Madame
la Ducheſſe de Berry eſtoit à
ſon côté dans le fonds du
caroſſe. Madame la Ducheſſe ,
& Madame la Princeſſe de
Conti eſtoient ſur le devant.
Je ne feray pas le détail de
Petitbourg ,
GALANT. 305
Petitbourg , ni de la grande
chere que Monfieur le Duc
d'Antin fit au Roy , & à toute
la Cour. Ce Seigneur a
toûjours fait de même lorf
que Sa Majeſté luy a fait l'honneur
d'y aller coucher. Le Roy
partit le 30. aprés avoir entendu
la Meffe , & avoir diné.
Sa Majesté fut eſcortée pendant
le voyage , par les Gardes
du Corps , les Gendarmes
, les Mouſquetaires ,&
Chevaux - Legers , juſqu'à
Fontainebleau , où S. M. arriva
le 30. à cinq heures du ſoir.
Le Vendredy 31. le Roy
Septembre 1714. Cc
306 MERCURE
alla à la chaffe du Cerf. Tous
les Seigneurs , & Dames de la
Cour portoient l'habit du
Cerf. Les Dames veſtuës en
Amazones à cheval ,& celles
qui estoient en caléche , habil-
Jées en Siamoiſes. S. M.revint
debonneheure , & prit ,
aprés avoir changé de linge
une cariole pour aller viſiter
les réparations.
Le Samedy premier Septembre
, il y eut aprés la Mefſe
Conſeil de confcience ,
où le R. P. le Tellier aſſiſta
ſeul , & l'apreſdinée S. M
alla tirer. Ce même jour on
C
GALANT. 307
apprit la mort du Duc de
Beauvillier.
Le Dimanche 2. il y cût
Conſeil d'Etat , l'apreſdinée
promenade Royale le long du
Canal , fur lequel on voyoit
quatre Gondoles ſculptées&
dorées que des Matelots vef
tus de damas bleu , garni de
galons ,& franges d'or , faifoient
monter & deſcendre ,
à meſure que la caléche du
Roy montoit & defcendoit :
cette caléche eſtoit entourée
de tous les Seigneurs de la
Cour à cheval , & fuivie de
plufieurs caroffes à 8 & à 6 .
Ccij
1
308 MERCURE
chevaux. Celuy de Madame
la Princeſſe de Conty fille du
Roy , de Monfieur le Cardinal
de Rohan, & de Monfieur
le Nonce étoient du nombre.
Ily eût auſſi peſche des Cormorans
; & au retour de la
promenade , S. M. apprit à
M. le Duc de Villeroy qu'elle
avoit donné la placede Préſident
du Conſeil des Finances
à M. le Maréchal de Villeroy
fon pere. Lemeſme jourMonfieur
le Duc d'Orleans arriva
à cinqheures de Paris ,&foupa
avecle Roy qui a toûjours
à ſa droite Madame la Dus
GALANT. 309
cheſſe de Berry , à la gauche
Madame. Monfieur le Duc
d'Orleans à coſté de Madame
la Ducheffe de Berry , & Madame
la Duchefle d'Orleans à
coſté de Madame .
Le Lundy troifiéme , il
y eut Conſeil d'Etat , & on
vit ce jour- là tous les Princes
& Seigneurs de la Cour en
habit du Cerf , ainſi que les
Princeſſes , & Dames veſtuës
en Amazones. S. M. alla
l'apreſdînée à la chaſſe du
Cerf , d'où Elle revint fort
tard ,parce qu'on en courut
deux ; M. l'Ambaſſadeur de
310 MERCURE
Sicile , M. le Nonce , M. le
Cardinal de Rohan y allerent
auffi. M. le Cardinal del Giudice
arriva ce ſoir de Paris.
Le Mardy quatriéme il y
cut Conſeil des Finances. Les
neveux de feu M. le Duc
d'Hamilton furent preſentez
au Roy & à Madame la Ducheffe
de Berry pendant ſa
toilette. Le Roy augmenta ce
jour-là les Gardes du Corps
de cette Princeffe de douze :
cette troupe eſt une des plus
belles qu'on puiſſe voir. Ils
font veſtus de drap noir avec
des Brandebourgs d'un galon
GALANT . 311
velouté , & une Bandoliere
brodée d'argent avec unCeinturon
couvert d'un galon
d'argent , ce qui fait untrésbel
effet. Le Cardinal del Giudice
qui avoit receu ordre du
Roy fon Maiſtre de retourner
en Eſpagne , cûr une longue
conference avec le Roy dans
le cabinet ; enſuite il y eût
Conſeil des Finances. Le Roy
alla tirer l'apreſdinée : ce foirlà
au ſoupé du Roy il y cût
les 24. violons,qui joints avec
les baffes de viole , les hautsbois
, flutes douces , & baffons
firentune tres-belle fym
4
312 MERCURE
phonie à cauſe de la veille de
la naiſſance de S. M. M. le
Cardinal delGiudice s'y trouva
, qui voulut embraſſer les
genoux du Roy , lorſqu'il ſe
leva de table ; mais S. M. le
releva , & l'embraſſa. Cette
Eminence étoit allée prendre
congé deMadame la Duchefſe
de Berry , & de Madame
L'apreſdinée , devant partir le
lendemain matin en chaiſe de
poſte pour Madrid.
Le Mercredy 5. il y cut
Conſeil d'Etat , & l'apreſdinée
promenade Royale le long
du Canal. Monfieur le Duc
d'Orleans
GALANT. 313
d'Orleans étoit à cheval àcôté
de la caléche du Roy , ainſi
que tous les Seigneurs de la
Cour. Il y cut grand nombre
de Caroſſes à 8. & à 6. chevaux
tant des Princeſſes que
des Dames de la Cour. Les
Gondoles monterent & defcendirent
ſur le Canal au lieu
ordinaire, & il y eut une tresbelle
pêche des Cormorans.
Le Jeudy fixiéme il y eut
Conſeil d'Etat, & l'apreſdinée
Sa Majeſté alla à la chaſſe du
Cerf , Madame , Monfieur le
Ducd'Orleans, Mademoiselle
de Charollois , Madame la
Septembre 1714. Dd
314 MERCURE
Marquise de Maillebois curent
place dans le Caroffe du
Roy. Madame la Ducheſſe de
Berry alla auſſi ce jour là ſe,
promener dans la Foreft , elle,
fit entrer dans ſon, Caroffe
Mesdames les Marquiſes de,
Mouchi , de Parabere , & de
Pons; elle étoit eſcortée de
ſes Gardes du Corps. Cette
Princeſſe n'aſſiſte àaucun ſpectacle
public à cauſe du duëil.
Le Vendredy ſeptiéme il y
cut Conſeil de confcience. Le
même jour M. le Nonce ,
&Meffieurs les Ambaſſadeurs
de Sicile&d'Hollande allerent
)
GALANT 3
àla toilette de Madame la
Ducheſſe de Berry , où le cercle
fut tres beau. L'apreſdinéc
Sa Majeſté alla tirer, & il y cut
chaffe du Cerfavec l'équipage
de Mr le Ducd'Enguien.
Le Samedy huitième jourde
laNativité de laVierge ,Monfieur
l'Ambaſladeur d'Hollande
, & Mademoiselle ſa
fille allerent à la toilette de
Madame la Ducheſſe deBerry.
Monfieur le Marquis de la
Vrilliere , & Monfieur le
Comte de Pontchartrain y
allerent auſſi faire leur cour.
A 2. heures & demie le Roy
Ddij
316 MERCURE
ſe rendit à la Tribune de la
Chapelle, accompagné de
Madame la Ducheſſe de
Berry , de Madame , & de
Monfieur le Duc d'Orleans
pour y entendre les Veſpres
qui furent chantées par la
muſique. Le Roy s'affit fur un
fauteüil . Madame la Ducheſſe
de Berry étoit aſſiſe auprés de
S. M. enſuite Madame &
Monfieur le Duc d'Orleans
eſtoient de l'autre coſté. Voicy
le nom de ceux qui eurent
l'honneur d'y ettre affis . Sur la
droite du Roy eſtoient affis
M. le Cardinal de Rohan ,
GALANT. 317
Grand Aumônier , M. l'Abbé
deChoiſeul , M. l'Abbé d'Entragues
Aumôniers du Roy ,
& le R. P. le Tellier. Sur la
gauche étoient affis M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouget , & M. l'Abbé Davejan
, Aumôniers de Madame
la Ducheſſe deBerry . M. l'Abbé
de Magnas , M. l'Abbé de
Verthamont , Aumôniers de
Madame y estoient de même
que M. l'Abbé Malet Aumônier
de Monfieur le Duc d'Orleans.
Derriere le fauteüil du
Roy eſtoit affis M. le Duc de
Villeroy , Capitaine desGar-
Dd iij
318 MERCURE
des. Derriere Madame la Du
cheffe de Berry , M. le Marquis
de Coetenfo fonChevalier
d'honneur, Madame la
Ducheffe de S. Simon ſa Damed'honneur
, & Madamela
Marquiſe de la Vieuville ſa
Dame d'atours. Derriere Madame
eſtoit affiſe Madame de
Châteautieri ; & derriereMonfieur
le Duc d'Orleans , M.le
Marquis d'Estampes ſon Capitaine
des Gardes. Madame
la Ducheſſe , Madame la Princeſſe
de Conty , & Mademoiſelle
de Charollois estoient
dans une des niches. Le mê
GALANT. 319
me jour S. M. entendit le Salut
à fix heures du foir.
Le Dimanche neuviéme il
y eut Conſeil d'Etat. Mrdame
l'Ambaſſadrice d'Hollande
, &Mademoiselle la fille
allerent à la toilette de Madame
la Ducheffe de Berry
où le cercle étoit rempli des
plus grands Seigneurs & Dames
de la Cour. Il y eut ce
jour-là promenade Royale ; 11
y avoit plus de 100. carofles
à8. ou à 6 chevaux . Ceux de
Madame la Princeffe de Conti
fille du Roy , de Monfieur le
Nonce , de Monfieur le Car
Ddij
320 MERCURE
dinal de Rohan ; ceux de
M. l'Ambaſſadeur d'Hollande,
dans l'un deſquels il étoit
avec Madame l'Ambaſſadrice,
&Mademoiselle ſa fille aînée,
&dans l'autre le reſte de ſa famille.
Celuy de l'Ambaſſadeur
de Sicile. Il y avoit un
nombre infini d'étrangers qui
conviennent qu'on ne voit
rien dans l'Europe de plus
beau: en effet , rien n'eſt plus
grand que de voirde deſſus le
Tibre , le Roy deſcendre le
long du Canal avec toute ſa
Cour. Il n'eſt point de plus
beau coup d'oeil que cette va
GALANT. 321
rieté : d'un coſté ſur leCanal
quatre Gondoles dorées qui
voltigent ; &de l'autre cemélange
de Seigneurs à cheval ,
de caroffes ,& de peuple. L'Electeur
deBaviere arriva à neuf
heures du foir.
Le Lundy dix l'Electeur en
tendit la Meſſe du Roy ; il y
cut ce matin Conſeil des Depêches
, & l'apreſdinée pour
la premiere fois Conſeil des
Parties. S. M. alla aprés le diné
à la chaſſe du Cerf. Tous
les Princes & Seigneurs portoient
l'habit du Cerf , de
même que les Princeſſes , &
{
322 MERCURE
Jes Dames veltoes en Amazo
nes ,& à cheval. L'Electeur ,
M. le Prince Ragorza , M. Ic
Nonce , Mile Cardinal deRo
han , de même que tous les
Ambaſfadeurs y allerent auffi
avec un nombre infini d'é
trangers : il y avoit plus de
1000. chevaux , dont il yen
avoit 200. de main qui ſont
au Roy , que des Palefreniers
menoient , qui étoient couverrs
de caparaffons toutbro
dez d'or ; il y avoit auffi plus
dedeux cent caroffes ou caléches.
Le Mardy onze il y eut
GALANT. 323
Conſeil des Finances aprés la
Meffe du Roy , & l'apreſdinéc
Confeil d'Etat Les Princesa
lerent avec pluſieurs Seigneurs
à la challe du Sangher.
Le Mercredy douze M. le
Marquis du Luc , fils deM. le
Comte da Luc , Ambaffadeur
en Sulfe , arriva à huit heures
du matin de Bade , & porta la
nouvelle de la ſignature de la
Paix generale. Ce Seigneur ,
aprés le levé du Roy , fut preſenté
par M. le Marquis de
Torcy , & entra avec S. M.
dans le cabinet ; il y eut enfuite
Confeil d'Etat : le même
324 MERCURE
jour M. leDuc d Enguien alla
avec pluſieurs Seigneurs à la
chaffe du Cerf, &le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
L'e Jeudy treize on chanta
à la Meſſe du Roy un motet
de la compofition de M. Dus
buiffon , il y cut Conſeil d'E.
tat, & fymphonie audiné du
Roy , qui alla immediatement
aprés à la chaſſe du Cerf:Madame,
Monſicur le Ducd'Orleans
, Mademoiselle de Charollois
, Meſdames de Maillebois
, de Rupelmonde , & de
S. Germain étoient dans le caroſſe
de S. M. Tous les PrinGALANT.
325
ces ,& Seigneurs de la Cour
yallerent auſſi ; les Princeſſes
&Dames veſtuës en Amazones
à cheval , & celles qui
étoient en caléches en Siamoiſes
. L'Electeur, M. le Cardinal
de Rohan , M. le Prince
Ragotzi , M le Nonce , tous
les Ambaffadeurs & Envoyez
eſtoient du nombre. Ily avoit
plus de 1000. chevaux , fans
compter les caroffes, caléches,
brelines , phaëtons , & guinguettes
ou chaiſes, qui étoient
toutes d'une tres - grande
beauté. Il yavoit plus de 300.
chevaux de main du Royavec
326 MERCURE
des caparallons tout brodez
d'or. On prit deux Cerfs . Au
retour on fit la curée à huit
heures & demic devant S. M.
pendant que 60. ou 80. cors
ſonnoient ,&que 180 chiens
eſtoient aprés le Cerf qu'on
avoit coupé en morceaux ,
tout cela à la lueur de 100.
lambeaux portez par des Palefteniers
qui bordoient toute
l'allée Royale.
Le Vendredy quatorze il y
eur Conſeil de Conſcience.
M. le Cardinal de Rohan
M le Prince de Rohan , M.
le Prince d'Eſpinoy , & M. le
GALANT. 327
Prince de Soubite allerent àla
toilette de Madame la Duchefle
de Berry luy preſenter
àfigner le Contrat de Mariage
de M. le Prince de Soubiſe
avecMademoiselle d' Elpinoy,
que cette Princeffe figna :M..
le Duc deEnguien alla cejourlà
àla chaſſe du Sanglier ; &
on en prit deux ; le Roy alla
tirer l'apreſdinée..
Le Samedy dix huit il y
cut Conſeil des Finances ,M.
le Duc & M. le Comte de
Toulouſe allerent à la chaffe
du Cerf L' preſdinée S. M.
travailla avec M. Voiſin.
4
328 MERCURE
Le Dimanche ſeize ily eut
Conſeil d'Etat. M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Archevêque
de Lyon , M. le Duc
de la Tremoille , M. l'Am-
-baſſadeur de Malthe , allerent,
à la toilettede Madame la Du
cheffe de Berry , où le cercle
des Dames fut des plus brillans
: il y eut Conſeil d'Etat
l'apreſdinée.
Le Lundy dix- ſeptiéme le
Roy prit medecine. M. le
Duc d'Enguien alla à la chaſſe
du Sanglier , il en prit deux ,
il y eut ce jour là Conſeil des
Parties le matin ; & l'aprefdinée
,
GALANC. 329
dinée Conſeil d Etat .
Le Mardy dix huitiéme il
y cut Conſeil des Finances ;
& l'apreſdinée chaſſe du
Cerf. Tous les Princes , Princeffes
, l'Electeur , les Ambaſſadeurs
y allerent auffi ; & au
retour on fit la curée en preſence
du Roy , de l'Electeur ,
de M. le Duc d'Enguien , de
M. le Comte de Charollois ,&
de tous les Seigneurs de la
Cour.
Le Mercredy dix- neuviéme
on chanta à la Meſſe du Roy
un Motetde la compofition
deM. la Loüette : ily eutCon-
Septembre 1714, Ec
330 MERCURE
feil d'Etat , & M. le Maréchal
de Villeroy y entra pour la
premiere fois en qualité de
Miniſtre. Le Roy alla tirer
l'apreſdinée , & à ſon déboté
M. le Maréchal de Villars
arriva de Bade , à qui S. M.
demanda ;fitout estoit fini , oüy
Sire , répondit ce Maréchal
laPaix Generale eft fignée ;
le Prince Eugene m'a aſſuré
qu'Elle feroit durable.
Le Jeudy vingtiéme ily cut
Confeil d'Etat, une tres belle
ſymphonie au dîné du Roy ,
qui alla à la chaſſe du Cerf
demême que l'Electeur , tous
2
2
7
GALANT. 331
lesPrinces,Seigneurs &Dames
de la Cour.
On joue un tres-gros jeu
tous les jours chez l'Electeur .
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Résumé : JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
Du 29 août au 21 septembre 1714, plusieurs événements significatifs eurent lieu à Fontainebleau. Le roi quitta Versailles le 29 août, accompagné de la Duchesse de Berry, de la Duchesse de Conti et de la Princesse de Conti. À Fontainebleau, le roi s'adonna à diverses activités, notamment des chasses au cerf et des promenades royales le long du canal. Le 1er septembre, le duc de Beauvillier décéda. Le lendemain, le roi nomma le maréchal de Villeroy président du Conseil des Finances. Le 3 septembre, une chasse au cerf se déroula en présence de l'ambassadeur de Sicile, du nonce et du cardinal de Rohan. Le 4 septembre, le roi augmenta les Gardes du Corps de la Duchesse de Berry et reçut les neveux du duc d'Hamilton. Une autre promenade royale eut lieu le 5 septembre. Le 6 septembre, une nouvelle chasse au cerf se tint avec plusieurs membres de la cour. Le 16 septembre, le Duc d'Enguien chassa le sanglier et captura deux bêtes. Le 17 septembre, un conseil des finances se tint, et le Duc d'Enguien ainsi que le Comte de Toulouse allèrent chasser le cerf. Le 18 septembre, plusieurs personnalités assistèrent à la toilette de Madame la Duchesse de Berry. Le 19 septembre, le Duc d'Enguien chassa à nouveau le sanglier. Le 20 septembre, une chasse au cerf se déroula en présence de nombreux princes, princesses, l'Électeur et les ambassadeurs. Le 21 septembre, un motet fut chanté lors de la messe du roi, et le Maréchal de Villeroy fit sa première entrée en tant que ministre. Le Maréchal de Villars arriva de Bade, annonçant la signature de la paix générale.
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974
p. 353
APOSTILLE.
Début :
La Ville de Barcelone est enfin prise, & renduë à discretion [...]
Mots clefs :
Barcelone, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE.
APOSTILLE.
La Ville de Barcelone eſt
enfin priſe , & renduë à difcretion.
Je donneray le mois
prochain un Journal hiſtorique
de tous les grands évenemens
de ce Siege .
La Ville de Barcelone eſt
enfin priſe , & renduë à difcretion.
Je donneray le mois
prochain un Journal hiſtorique
de tous les grands évenemens
de ce Siege .
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975
p. 5-12
Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous mene point au Japon, mais en Portugal [...]
Mots clefs :
Portugal, Lisbonne, Baptême, Seigneurs, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Je ne vous mene
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
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Résumé : Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Le texte relate le baptême de l'Infant Joseph de Portugal à Lisbonne. L'auteur avait réservé des places pour l'événement et offrait une description écrite pour ceux absents. Le 27 août, l'Abbé de Mornay, ambassadeur de France, se rendit au palais royal à onze heures. Le Duc de Cadaval porta l'Infant sous un dais soutenu par trois marquis et trois comtes, suivi par l'ambassadeur et la Marquise de Sainte-Croix avec les objets nécessaires. Le cortège, précédé par des hérauts d'armes et des officiers de justice, se dirigea vers la chapelle où se trouvaient les fonts baptismaux ornés. La cérémonie fut dirigée par le Cardinal, assisté de six évêques. Le Roi, la Reine, l'Infante et ses frères assistèrent depuis une tribune. Après le baptême, le Te Deum fut chanté et le cortège retourna à l'appartement de l'Infant. En soirée, des illuminations et des salves d'artillerie marquèrent la célébration.
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976
p. 68-76
Discours de M. de Réal fit à l'Assemblée du Clergé, de la Noblesse, & de la Justice, le jour qu'il fut installé dans sa Charge de Sénéchal de Forcalquier. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant, s'il vous plaît, à d'autres articles [...]
Mots clefs :
Forcalquier, Sénéchal, Gaspard de Réal de Curban, Roi, Sénéchaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours de M. de Réal fit à l'Assemblée du Clergé, de la Noblesse, & de la Justice, le jour qu'il fut installé dans sa Charge de Sénéchal de Forcalquier. [titre d'après la table]
Je ne ſçai pas encore ,
Meffieurs & Meſdames , fi
j'aibien ou mal faitde vous
donner cette deſcription à
la place d'une Hiſtoriette :
mais je ſçai bien , fans vanité
, que cette lecture vaut
mieux que la vûë des do
gues de la porte S. Martin.
Paſſons maintenant , s'il
vous plaît , à d'autres articles;
fur tout.choiſiſſons les
meilleurs . Voici heureuſementuneHarangue
courte
&d'un ſtile net & concis.
Elle m'a paru bonne , &je
la donne pour telle.
GALANT . 69
(
M. de Real étant arrivé à
Forcalquier le 19. Août 1714.
pouryprendrepoffeffion de
laChargede Senechal , fut
reçû par les habitans ſous les
armes,viſitépar MsduClergé
, de la Nobleffe & du
Siege en Corps , & harangué
par les Confuls en cha.
peron. Il fit preſenter ſes
lettres de proviſions par ſon
Avocat le vingt à l'audience
publique. Il y fut complimenté
par l'Avocat du
Roy,& enſuite par le Lieutenant
General. Il prefida
à l'audience , & prenant
70 MERCURE
ſa place , il parla en ces
termes.
MESSIEURS,
LaJustice prononceroit en
vain des jugemens , fi l'Epée
n'en afſfuroit l'execution ;
l'Epée pourroit ſe porter à des
entrepriſes dangereuses , fi la
Justice ne la conduiſoit.
Les loix les armes , dont
les emploisfontſi differens, se
doivent donc un mutuel ſecours
; elles ont concouruà
mer les grands Empires , elles
concourent à lesfoûtenir ,
àfor
GALANT. 71
cet heureux concert affure la
fortune des particuliers au dedans
, &rend l'Etat puiſſant
redoutable au dehors.
Nous le voyons ce concert
fous un Roy , qui aprés avoir
portéau plus haut point l'art
de regner,femble en avoirfixé
les regles par lafuperioritéde
fon genie. Elles font invariables
dans ce Monarque , &les
Princes les plus habiles dans la
Sciencede gouverner les hommes
,fontceuxdont la conduite
eft moins éloignée de laſienne.
Le nom de Senechal n'eft
guere moins ancien que laMo
72 MERCURE
narchie . Ilfaudroit , pour trouver
fon origine , remonter, ou
peu s'en faut , juſques à celle
du Trône. La France a eu des
Senechaux preſqu'auſſitôt que
des Rois. Ils étoient alors les
premiers Officiers de la Maifon
du Prince ; ilsfont aujourd'hui
dans leurs Senechauffées
d'un côtéles chefs de laJustice ,
de l'autre , ceux de laNobleſſe,
qu'ils conduisent dans
les armées. Et pour dire quelque
choſe qui nous foit plus
particulier, cette Provincefous
Jes Comtes , avant qu'elle eût
paſſeſous la domination de nos
Rois,
GALANT.
73
Rois , recevoit des loix dia
main des Senechaux. Leurs
fonctionsy font preſentement
les mêmes que celles des Senechaux
des autres Provinces du
Royaume. Jele remarque, pour
rappeller par la dignité de ces
fonctions l'idée des devoirs
auſquels elles engagent,&pour
m'exciter par de fi grands objets
àles remplir.
Je m'étois proposé , Meffieurs
, de vous marquer toute
la joye que j'ai de me voir affis
parmi defi dignes Magistratsi
je me flatois de le pouvoir
faire, parce qu'on croit être
Octob.17:4 G
74
MERCURE
súr des expreſſions quand on ne
confulte que ſes ſentimens.
Quels peuvent être les miens ,
instruit de vôtre habileté à
connoître la justice , &de vôtre
integrité à la rendre !
Mais j'ignorois une partie
des engagemens où je me trouve.
Je ne m'y attendois ni à
une installation si glorieuse ,
ni à des demonstrations d'une
bienveillance fi marquée , qui
augmentantmaſenſibilité, rendent
impoffibles les témoignages
d'une reconnoiſſance trop vive
pourpouvoir être exprimée.
Ce n'estpas que je me livre
GALANT. 75
aux charmes flateurs des difcours
que j'ai entendus. En
vain la bouche même qui prononce
les jugemens a parlé; en
vain elle a applaudi à la voix
non ſeulement du peuple , mais
du Parquet : mon coeurſe refuſeàdes
éloges qu'ilſouhaite
de meriter : mais il ne peutfe
refufer à un accüeil qui le prévient
,& qui en m'inſtruiſant
m'encourage d'une maniere fi
obligeante.
Que ne puis - je exprimer
tout ce que je fens ! Il ne manqueroit
rien à mafatisfaction ,
Meſſfieurs, fi je pouvois vous
1
Gij
76 MERCURE
faire connoître toute l'étenduë
de mon zele pour cette Compagnie
, & de mon attachement
pour chacun des Magiftrats
qui la compoſent : mais
c'est le fort de tous les mouvemens
extraordinaires de l'ame,
qu'ils manquent de termes pour
Se produire , & ne paroiffent
tels qu'ils font que par le filence.
Meffieurs & Meſdames , fi
j'aibien ou mal faitde vous
donner cette deſcription à
la place d'une Hiſtoriette :
mais je ſçai bien , fans vanité
, que cette lecture vaut
mieux que la vûë des do
gues de la porte S. Martin.
Paſſons maintenant , s'il
vous plaît , à d'autres articles;
fur tout.choiſiſſons les
meilleurs . Voici heureuſementuneHarangue
courte
&d'un ſtile net & concis.
Elle m'a paru bonne , &je
la donne pour telle.
GALANT . 69
(
M. de Real étant arrivé à
Forcalquier le 19. Août 1714.
pouryprendrepoffeffion de
laChargede Senechal , fut
reçû par les habitans ſous les
armes,viſitépar MsduClergé
, de la Nobleffe & du
Siege en Corps , & harangué
par les Confuls en cha.
peron. Il fit preſenter ſes
lettres de proviſions par ſon
Avocat le vingt à l'audience
publique. Il y fut complimenté
par l'Avocat du
Roy,& enſuite par le Lieutenant
General. Il prefida
à l'audience , & prenant
70 MERCURE
ſa place , il parla en ces
termes.
MESSIEURS,
LaJustice prononceroit en
vain des jugemens , fi l'Epée
n'en afſfuroit l'execution ;
l'Epée pourroit ſe porter à des
entrepriſes dangereuses , fi la
Justice ne la conduiſoit.
Les loix les armes , dont
les emploisfontſi differens, se
doivent donc un mutuel ſecours
; elles ont concouruà
mer les grands Empires , elles
concourent à lesfoûtenir ,
àfor
GALANT. 71
cet heureux concert affure la
fortune des particuliers au dedans
, &rend l'Etat puiſſant
redoutable au dehors.
Nous le voyons ce concert
fous un Roy , qui aprés avoir
portéau plus haut point l'art
de regner,femble en avoirfixé
les regles par lafuperioritéde
fon genie. Elles font invariables
dans ce Monarque , &les
Princes les plus habiles dans la
Sciencede gouverner les hommes
,fontceuxdont la conduite
eft moins éloignée de laſienne.
Le nom de Senechal n'eft
guere moins ancien que laMo
72 MERCURE
narchie . Ilfaudroit , pour trouver
fon origine , remonter, ou
peu s'en faut , juſques à celle
du Trône. La France a eu des
Senechaux preſqu'auſſitôt que
des Rois. Ils étoient alors les
premiers Officiers de la Maifon
du Prince ; ilsfont aujourd'hui
dans leurs Senechauffées
d'un côtéles chefs de laJustice ,
de l'autre , ceux de laNobleſſe,
qu'ils conduisent dans
les armées. Et pour dire quelque
choſe qui nous foit plus
particulier, cette Provincefous
Jes Comtes , avant qu'elle eût
paſſeſous la domination de nos
Rois,
GALANT.
73
Rois , recevoit des loix dia
main des Senechaux. Leurs
fonctionsy font preſentement
les mêmes que celles des Senechaux
des autres Provinces du
Royaume. Jele remarque, pour
rappeller par la dignité de ces
fonctions l'idée des devoirs
auſquels elles engagent,&pour
m'exciter par de fi grands objets
àles remplir.
Je m'étois proposé , Meffieurs
, de vous marquer toute
la joye que j'ai de me voir affis
parmi defi dignes Magistratsi
je me flatois de le pouvoir
faire, parce qu'on croit être
Octob.17:4 G
74
MERCURE
súr des expreſſions quand on ne
confulte que ſes ſentimens.
Quels peuvent être les miens ,
instruit de vôtre habileté à
connoître la justice , &de vôtre
integrité à la rendre !
Mais j'ignorois une partie
des engagemens où je me trouve.
Je ne m'y attendois ni à
une installation si glorieuse ,
ni à des demonstrations d'une
bienveillance fi marquée , qui
augmentantmaſenſibilité, rendent
impoffibles les témoignages
d'une reconnoiſſance trop vive
pourpouvoir être exprimée.
Ce n'estpas que je me livre
GALANT. 75
aux charmes flateurs des difcours
que j'ai entendus. En
vain la bouche même qui prononce
les jugemens a parlé; en
vain elle a applaudi à la voix
non ſeulement du peuple , mais
du Parquet : mon coeurſe refuſeàdes
éloges qu'ilſouhaite
de meriter : mais il ne peutfe
refufer à un accüeil qui le prévient
,& qui en m'inſtruiſant
m'encourage d'une maniere fi
obligeante.
Que ne puis - je exprimer
tout ce que je fens ! Il ne manqueroit
rien à mafatisfaction ,
Meſſfieurs, fi je pouvois vous
1
Gij
76 MERCURE
faire connoître toute l'étenduë
de mon zele pour cette Compagnie
, & de mon attachement
pour chacun des Magiftrats
qui la compoſent : mais
c'est le fort de tous les mouvemens
extraordinaires de l'ame,
qu'ils manquent de termes pour
Se produire , & ne paroiffent
tels qu'ils font que par le filence.
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Résumé : Discours de M. de Réal fit à l'Assemblée du Clergé, de la Noblesse, & de la Justice, le jour qu'il fut installé dans sa Charge de Sénéchal de Forcalquier. [titre d'après la table]
Le 19 août 1714, M. de Réal arriva à Forcalquier pour prendre possession de la charge de Sénéchal. Il fut accueilli par les habitants armés et reçu par les représentants du clergé, de la noblesse et du siège en corps. Le lendemain, lors d'une audience publique, M. de Réal présenta ses lettres de provision. L'avocat du roi et le lieutenant général lui adressèrent des compliments. Dans son discours, M. de Réal insista sur la nécessité de la collaboration entre la justice et l'épée pour assurer l'ordre et la puissance de l'État. Il rappela l'antiquité et la dignité de la fonction de Sénéchal, soulignant que ces derniers étaient autrefois les premiers officiers du prince et jouaient un rôle clé dans l'administration de la justice et la conduite de la noblesse. M. de Réal exprima sa joie et sa gratitude pour l'accueil chaleureux et les marques de bienveillance qu'il reçut, tout en reconnaissant l'habileté et l'intégrité des magistrats présents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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977
p. 102-114
ODE PRÉSENTÉE à l'Académie Françoise pour la distribution des Prix de l'année 1714.
Début :
L'Academie donne tous les deux ans un prix d'Eloquence / Du Roy des Rois la voix puissante [...]
Mots clefs :
Académie française, Prix, Dieu, Roi, Louis XIV, Louis XIII, Choeur, Choeur de Notre-Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE PRÉSENTÉE à l'Académie Françoise pour la distribution des Prix de l'année 1714.
L'Academie donne tous
les deux ans un prix d'Eloquence
& de Poësie , &pretend
par là immortaliſer un
homme tous les deux ans,
Le ſujet du Poëme qui en a
remporté le dernier prix,eft
la loüange du Roy à l'occafion
du nouveau Choeur
de Nôtre Dame , conftruit
par Loüis XIV. & promis
par Loüis XIII. Le prix eſt
unbeauGroupe de bronze,
où l'on voit la Renommée
auprés de la Religion , &la
GALANT. 103
Pietéappuyée ſur unGenie.
Cette Ode n'a pas remporté
le prix de l'Academie
, mais elle l'a bien dif
puté. Ceux qui ont lû celle
qu'on dit l'avoir merité , ne
feront pas 'fachez de lire
celle-capitalaxint
:
ODE PRESENTEE
à l'Academie Françoise pour
la diftribution des Prix de
l'année 1714.
DU Roy des Rois la
voix puiſſante
I iiij
104 MERCURE
S'eſt fait entendre dans ces
lieux.
L'or brille , la toile eſt vi .
vante ,
Le marbre s'anime à mes
yeux.
Prêtreſſes de ce Sanctuaire,
La Paix , la Pieté ſincere ,
La Foy ſouveraine des Rois,
Du Trés - Haut filles immortelles
, :
Raſſemblent en foule au-
すtour d'elles
11
Les arts animez par leurs
VOIX.
O Vierges compagnes des
juſtes ,
GALANT. 105
Je vois deux Heros * profternez
,
Dépoüiller leur bandeaux
auguſtes ,
Par vos mains tant de fois
ornez :
Mais quelle puiſſace celefte
Imprime ſur leur front mo
defte
Cette ſupreme Majesté ,
Terrible & facré caractere,
Dans qui l'oeil étonné re
vere
Les traits de la Divinite.
* Les deux Statues de Loüis XIII. & de
Louis XIV. font aux deux citiz de l'Autet
106 MERCURE
L'un voua ces pompeux
portiques,
Son fils vient de les élever.
O que de projets heroïques
Seul il eſt digne d'achever !
C'eſt lui , c'eſt ce ſage intrepide
Qui triomphe du fort perfide
,
Centre ſa vertu conjuré ,
Etde la diſcorde étouffée
Vient dreſſer un nouveau
trophée
Sur l'Autel qu'il aconfa cré.
Σ
* La paix de l'Empereur faite dans le
temps que le Choeur de Notre-Dame a été
achevé.-
GALANT.
107
Tel autrefois la Cité fainte
Vit le plus ſagedes mortels
Du Dieu qu'enferma fon
enceinte
Dreſſer les ſuperbes autels .
Sa main redoutable& cherie
Loin de ſa paiſible patrie
Ecartoit les troubles afreux
,
Et ſon autorité tranquile
Sur un peuple à lui ſeul docile
Faiſoit luire des jours heureux.
粥
O Toy , cher à nôtre memoire
,
108 MERCURE
Puiſque Louis te doit le
jour ,
Deſcends du pur ſein de la
gloire ,
Des bons Rois immortel
féjour ;
Revois ces rivages illuftres
Où ton Fils depuis tant de
luftres
Porte ton fceptre dans ſes
mains.
Reconnois le aux vertus ſupremes
Qui ceignent de cent dia.
dêmes
Son front reſpectable aux
humains.
GALANT. 109
Viens , l'hereſie infinuante,
Le duel armé par l'affront ,
La revolte pâle & ſanglante
Ici ne levent plus leur front.
Tu vis leur cohorte effrenée,
De leur haleine empoifon-
P née ,
Souffler leur rage ſur tes lis :
Leurs dents , leurs fleches
font briſées ,
Et fur leurs têtes écraſées
Marchetoninvincible Fils .
!
Viens ſous cette voûte nouvelle,
De l'art ouvrage précieux ;
110 MERCURE
Là brûle , allumé par fon
zele,
L'encens que tu promis aux
Cicux.
Offre au Dieu que ſon coeur
revere
Ses voeux ardens , ſa foy
fincere ,
Humble tribut de picté.
Voila les dons que tu demandes;
Grand Dieu , ce ſont là les
• offrandes
Quetu reçois dans ta bonté.
C
Les Rois font les vives ima
ges
GALANT. 111
Du Dieu qu'ils doivent honorer
;
Tous lui conſacrent des
hommages ,
Combien peu ſçavent l'adorer
?
Dans une offrande faftueuſe
Souvent leur pieté pom.
peuſe
AuCiel eſt un objet d'horreur:
(
Sur l'autel que l'orgüeil lui
dreffe
Jevoisune main vangereſſe
Tracer l'arrêt de ſa fureur.
**
८
112 MERCURE
Heureux le Roy que la
Couronne
N'ébloüit point de ſa ſplen
deur ;
Qui, fidele au Dieu qui la
donne,
Ofe être humble dans ſa
grandeur ;
Qui donnant aux Rois des
exemples ,
Au Seigneur éleve des
Temples ,
Des afiles aux malheureux ;
Dont la clairvoyante juſ
tice
Démêle & confond l'artifice
GALANT.
113
1
De l'hypocrite tenebreux.
Affiſte avec lui ſur le trône,
La ſageſſe eſt ſon ferme ap-
*
pui :
Si ſa fortune l'abandonne ,
Le Seigneur eſt toûjours à
lui.
Ses vertus feront couronnées
D'une longue ſuite d'années
,
Trop courte encore à nos
ſouhaits ,
Et l'abondance dans ſes
villes
Octob. 1414 . K
114 MERCURE
Fera germer ſes dons fertiles
Cücillis par les mains de la
paix.
Priere pour le Roy.
Toy qui formas Louis de
tes mains falutaires ,
Pour augmenter ta gloire ,
& pour combler nos
voeux,
Grand Dieu , qu'il ſoit encor
l'appui de nos
neveux ,
Comme il fut celui de nos
peres.
les deux ans un prix d'Eloquence
& de Poësie , &pretend
par là immortaliſer un
homme tous les deux ans,
Le ſujet du Poëme qui en a
remporté le dernier prix,eft
la loüange du Roy à l'occafion
du nouveau Choeur
de Nôtre Dame , conftruit
par Loüis XIV. & promis
par Loüis XIII. Le prix eſt
unbeauGroupe de bronze,
où l'on voit la Renommée
auprés de la Religion , &la
GALANT. 103
Pietéappuyée ſur unGenie.
Cette Ode n'a pas remporté
le prix de l'Academie
, mais elle l'a bien dif
puté. Ceux qui ont lû celle
qu'on dit l'avoir merité , ne
feront pas 'fachez de lire
celle-capitalaxint
:
ODE PRESENTEE
à l'Academie Françoise pour
la diftribution des Prix de
l'année 1714.
DU Roy des Rois la
voix puiſſante
I iiij
104 MERCURE
S'eſt fait entendre dans ces
lieux.
L'or brille , la toile eſt vi .
vante ,
Le marbre s'anime à mes
yeux.
Prêtreſſes de ce Sanctuaire,
La Paix , la Pieté ſincere ,
La Foy ſouveraine des Rois,
Du Trés - Haut filles immortelles
, :
Raſſemblent en foule au-
すtour d'elles
11
Les arts animez par leurs
VOIX.
O Vierges compagnes des
juſtes ,
GALANT. 105
Je vois deux Heros * profternez
,
Dépoüiller leur bandeaux
auguſtes ,
Par vos mains tant de fois
ornez :
Mais quelle puiſſace celefte
Imprime ſur leur front mo
defte
Cette ſupreme Majesté ,
Terrible & facré caractere,
Dans qui l'oeil étonné re
vere
Les traits de la Divinite.
* Les deux Statues de Loüis XIII. & de
Louis XIV. font aux deux citiz de l'Autet
106 MERCURE
L'un voua ces pompeux
portiques,
Son fils vient de les élever.
O que de projets heroïques
Seul il eſt digne d'achever !
C'eſt lui , c'eſt ce ſage intrepide
Qui triomphe du fort perfide
,
Centre ſa vertu conjuré ,
Etde la diſcorde étouffée
Vient dreſſer un nouveau
trophée
Sur l'Autel qu'il aconfa cré.
Σ
* La paix de l'Empereur faite dans le
temps que le Choeur de Notre-Dame a été
achevé.-
GALANT.
107
Tel autrefois la Cité fainte
Vit le plus ſagedes mortels
Du Dieu qu'enferma fon
enceinte
Dreſſer les ſuperbes autels .
Sa main redoutable& cherie
Loin de ſa paiſible patrie
Ecartoit les troubles afreux
,
Et ſon autorité tranquile
Sur un peuple à lui ſeul docile
Faiſoit luire des jours heureux.
粥
O Toy , cher à nôtre memoire
,
108 MERCURE
Puiſque Louis te doit le
jour ,
Deſcends du pur ſein de la
gloire ,
Des bons Rois immortel
féjour ;
Revois ces rivages illuftres
Où ton Fils depuis tant de
luftres
Porte ton fceptre dans ſes
mains.
Reconnois le aux vertus ſupremes
Qui ceignent de cent dia.
dêmes
Son front reſpectable aux
humains.
GALANT. 109
Viens , l'hereſie infinuante,
Le duel armé par l'affront ,
La revolte pâle & ſanglante
Ici ne levent plus leur front.
Tu vis leur cohorte effrenée,
De leur haleine empoifon-
P née ,
Souffler leur rage ſur tes lis :
Leurs dents , leurs fleches
font briſées ,
Et fur leurs têtes écraſées
Marchetoninvincible Fils .
!
Viens ſous cette voûte nouvelle,
De l'art ouvrage précieux ;
110 MERCURE
Là brûle , allumé par fon
zele,
L'encens que tu promis aux
Cicux.
Offre au Dieu que ſon coeur
revere
Ses voeux ardens , ſa foy
fincere ,
Humble tribut de picté.
Voila les dons que tu demandes;
Grand Dieu , ce ſont là les
• offrandes
Quetu reçois dans ta bonté.
C
Les Rois font les vives ima
ges
GALANT. 111
Du Dieu qu'ils doivent honorer
;
Tous lui conſacrent des
hommages ,
Combien peu ſçavent l'adorer
?
Dans une offrande faftueuſe
Souvent leur pieté pom.
peuſe
AuCiel eſt un objet d'horreur:
(
Sur l'autel que l'orgüeil lui
dreffe
Jevoisune main vangereſſe
Tracer l'arrêt de ſa fureur.
**
८
112 MERCURE
Heureux le Roy que la
Couronne
N'ébloüit point de ſa ſplen
deur ;
Qui, fidele au Dieu qui la
donne,
Ofe être humble dans ſa
grandeur ;
Qui donnant aux Rois des
exemples ,
Au Seigneur éleve des
Temples ,
Des afiles aux malheureux ;
Dont la clairvoyante juſ
tice
Démêle & confond l'artifice
GALANT.
113
1
De l'hypocrite tenebreux.
Affiſte avec lui ſur le trône,
La ſageſſe eſt ſon ferme ap-
*
pui :
Si ſa fortune l'abandonne ,
Le Seigneur eſt toûjours à
lui.
Ses vertus feront couronnées
D'une longue ſuite d'années
,
Trop courte encore à nos
ſouhaits ,
Et l'abondance dans ſes
villes
Octob. 1414 . K
114 MERCURE
Fera germer ſes dons fertiles
Cücillis par les mains de la
paix.
Priere pour le Roy.
Toy qui formas Louis de
tes mains falutaires ,
Pour augmenter ta gloire ,
& pour combler nos
voeux,
Grand Dieu , qu'il ſoit encor
l'appui de nos
neveux ,
Comme il fut celui de nos
peres.
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Résumé : ODE PRÉSENTÉE à l'Académie Françoise pour la distribution des Prix de l'année 1714.
L'Académie décerne un prix d'Éloquence et de Poésie tous les deux ans pour honorer un individu. Le dernier sujet du poème primé concernait la louange du roi à l'occasion du nouveau chœur de Notre-Dame, construit par Louis XIV et promis par Louis XIII. Le prix se compose d'un groupe de bronze représentant la Renommée, la Religion et la Piété appuyée sur un Génie. L'ode présentée, bien qu'elle n'ait pas remporté le prix, a été très appréciée. Elle commence par célébrer la voix puissante du 'Roy des Rois' et décrit la magnificence des lieux ornés d'or, de toile et de marbre. L'ode évoque ensuite les prêtresses de la Paix, de la Piété sincère et de la Foi souveraine des Rois, qui rassemblent les arts animés par leurs voix. L'ode mentionne deux héros prosternés, dépoitraillés de leurs bandeaux augustes, symbolisant les statues de Louis XIII et Louis XIV. Elle loue Louis XIV pour ses projets héroïques et ses victoires, comparant ses actions à celles des grands rois du passé. L'ode se conclut par une prière pour que Louis XIV continue de régner avec sagesse et justice, apportant prospérité et paix à son peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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978
p. 123-138
Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant aux nouvelles. Le Prince Royal Electoral de Saxe [...]
Mots clefs :
Roi, Prince, Sa Majesté, Duc, Lettres, Hongrie, Pologne, Troupes, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. [titre d'après la table]
Le Prince Royal Electoral
de Saxe , fils unique du
Roy Auguſte , arriva au
commencement du mois
dernier à Paris , aprés avoir
voyagé en Italie & en Allemagne.
Vers la fin du même
mois ce Prince fut à
Fontainebleau , où il fut
2
preſenté au Roy par Madame
, accompagné du Palatin
de Livonie &de pluſieurs
autres Seigneurs. Ce
Prince fut charmé de l'accüeil
qu'il reçut du Roy ,
Lij
124 MERCURE
auſſi bien que tous les Seigneurs
qui l'accompa
gnoient.
La Reine Doüairiere de
Pologne arriva à Lyon le
18. du mois d'Août , aprés
avoir traverſé une partie de
la Provence & tout le Dauphiné
dans un coche d'eau ,
qu'on lui avoit preparé
pour lui épargner les fatigues
du voyage par terre.
Elle deſcendit à l'Archevêché.
A fon débarquement
M. le Maréchal de Villeroy
fut la complimenter. Il lui
donna la main juſqu'à fa
1
GALANT.
125
chaiſe à porteurs. Il fut accompagné
de M. l'Intendant
, & de M. le Prevôt
des Marchands , ſuivi de
tout le Corps des Echevins
de Lyon , qui harangua
auſſi Sa Majesté Polonoiſe
avant qu'elle débarquât.
Elle avoit avec elle la jeune
Princeſſe de Sobieski ſa petite-
fille.Elle partit de Lyon
en litiere le 29. & la Princeffe
Sobieski dans une autre
avec ſa Gouvernante. Sa
Majefté Polonoiſe s'embarqua
à Roüanne ſur la Loire
, & fut accompagnée de
Liij
126 MERCURE
M. leMaréchal de Villeroy,
& de plus de trente carofſes
, qui la ſuivirent plus
d'une lieuë hors des portes
de la ville. Le 11. Septembre
elle arriva à Nevers ,
où elle fut reçûë au bruit
du canon par le Corps de
Ville en robe rouge , les habitans
étant ſous les armes,
&elle en partit le 12. pour
aller à Blois .
Il y a certains articles de
nouvelles où le precieux
langage du Journal de Verdun
ſe preſente malgrémoy
à mon imagination. En-
1
1
1
GALANT. 127
tr'autres fur celles qu'il debite
de Vienne : * On ajoute
, dit - il , qu'ily étoit arrivé
des Commiſſaires pour y recevoir
des remiſes que les Banquiers
de Hambourg & de
Hollande y ont faitfaire pour
le fervice du Roy de Suede.
M. Hyſteen , qui refide depuis
quelque temps à Petri-Vvaradin
par ordre de Sa Majesté
Suedoiſe , doit faire la deftination
2 de cet argent : mais jufqu'à
ce qu'on ait avis de l'arrivée
de ce Prince fur les Etats
des Princes Chrétiens , on ap-
*Page 278.
L'iiij
128 MERCURE
prehendera toûjours que que
nouvel acroc de l'inconstante 3
varieté dts Infideles.
Que veut- il dire par ces
mots de ſervices, de faire
la deſtination 2 , & d'acroc
de l'inconftante 3 varieté,
&c. Parle-t- il François ou
Allobroge ? & pourquoy
tient - il le même langage
par tout ?
Il eſt neanmoins conſtant
que le départ du Roy de
Suede de Demir-Tcoa eft
mandé de tant d'endroits
differens , qu'on n'oſe prefqueplus
en douter. Les der-
:
GALANT.
129
nieres lettres de Vienne le
confirment, & ajoûtent que
ce Prince traverſera inco
gnitò les Pays Hereditaires
de l'Empereur , qui a donné
ordre qu'on regalât par
tout Sa Majesté Suedoile ,
& qu'on lui donnât dans
tous les lieux de ſon paffage
des marques réelles d'une
amitié & d'une intelligence
parfaite. Le Comte de Villlek
étoit à la veille de partir
pour la Hongrie , afin d'y
recevoir ce Monarque de
la part de l'Empereur, dont
une partie des équipages a
130 MERCURE
pris depuis quelques jours
la route de Presbourg. Le
départ de Sa Majesté Imperiale
pour Presbourg eft
fixé au 10. cependant elle
aordonnéà la Chancellerie
de la Cour de Hongrie de
difpofer toute choſe pour la
conclufion de la Diere , &
d'affifter au couronnement
de l'Imperatrice en qualité
de Reine de Hongrie.
On écrit de Varſovie ,
que le z. de ce mois le Roy
de Pologne fit la revûë de
ſes Gardes à pied , que le
General Cyan marchera
GALANT. 131
vers le Palatinat de Sandomir
avec les Gardes à cheval
, & qu'il ſe joindra aux
troupes Saxonnes qui y
font,plus de huit mille hommes
de la Nobleſſe de Pologne
étant déja montez à
cheval. Le Roy fait affembler
toutes ſes troupes &
fon artillerie; & nonobſtant
la diſette, qui eft grande en
ce pays , & dans les Provinces
les plus fertiles du
Royaume , il fait faire de
grands amas de fourrages ,
d'avoines , de blez , pour la
ſubſiſtance de fon armée.
132 MERCURE
On dit qu'il a deffein des'avancer
à Coſmice , au deçà
de Steczica , afin d'y être à
portée d'obſerver les defſeins
de la Nobleſſe. Les
Dietes des Palatinats de
Maſovie & de Kaliſch ſe
ſont ſeparées fans avoir pris
aucunes refolutions. Ainfi
on voit encore peu de difpoſition
au rétabliſſement
d'une pafaite tranquilité
dans ce Royaume.
On mande de Madrid ,
que le 27. du mois dernier
le Roy alla du Pardo à l'Egliſe
de Notre-Dame d'A
GALANT.
133
tocha , où le Te Deum fur:
chanté en preſence des
Grands, qui s'y étoient rendus
pour rendre graces à
Dieu de la priſe de Barce
lone ,& des heureux ſuccés
de la guerre de Catalogne,
dont on trouvera le détail
dans la ſuite de ce Journal.
Les dernieres lettres de
Rome portent qu'entr'au.
tres audiences confidera
bles que le Pape avoit données
, malgré ſes infirmitez
qui continuent toûjours ,
l'Ambaſſadeur de Malthe
en avoit cu une de Sa Sain-
:
134 MERCURE
:
teté , dans laquelle il lui
avoit donné à connoître
que les Chevaliers de cet
Ordre prenoient ombrage
de l'armement naval des
Turcs , qui intrigue aufli
beaucoup les Venitiens. On
écrit de Veniſe , que l'équipage
du vaiſſeau l'Union ,
arrivé de Smirne , a rapporté
que trois Bachas de
la petite Aſie s'étant revól
tez , avoient mis so. ou 60.
mille hommes en campagne,
& qu'ils demandoient
la tête du Grand Vifir. Si
cette revolte ſe confirme,
GALANT.
135
elle donnera de l'occupation
au Divan , qui paroif->
foit diſpoſé à rompre avec
quelque puiſſance voiſine ;
joint à cela qu'elle empêchera
l'arrivée des cara.
vanes de Perſe à Smirne.
On écrit de Londres , que
le Roy continue à faire de
grands changemens dans
lesCharges. Celle de Capitaine
general des troupes
d'Ecoſſe a été donnée aus
Duc d'Argyle, avec leGouvernement
du château d'E
dimbourg , & celui de Port
Mahon. Le Duc de Mont136
MERCURE
roſſe a été fait Secretaire
d'Etat pour l'Ecoſſe , à la
place du Comte de Maar.
Le Duc de Roxborough a
été fair Garde du Sceau Privé
du même pays, à la place
du Duc d'Athol. Le Marquis
d'Annandale a eu la
Charge de Chancelier que
poſſedoit le Comtede Finlater
& de Seafiel. Le Duc
Schrevvsbury a deman
à ſe demettre de la Charge
de Grand Treſorier , & on
croit que la Treſorerie ſera
adminiſtrée par cinq Commiſſaires
. Le Duc de Som
de
merſet
:
GALANT.
137
merſetpretendoità laCharge
de premier Gentilhomme
de la Chambre : mais il
a accepté la Charge de
grand Ecuyer qu'on lui offroit.
Milord Marlboroug ,
outre la Charge de Capi
taine general des forces
d'Angleterre , a encore obtenu
celle de Colonel du
premier regiment des Gardes
, & celle de grand Maî
tre de l'artillerie. Le Comte
de Sunderland ſon gendre,
qui a été fait Viceroy d'Irlande
, a ordre de partir au
plûtôt , pour aller prendre
Octob. 1714. M
138 MERCURE
poſſeſſion de fon Gouvernement.
Les lettres de Lisbonne
du 14. du mois dernier portent
qu'on y attendoit avec
impatience la flote du Brefil
, au devant de laquelle
on avoit envoyé quatre
vaiſſeaux de guerre , pour
lamettreà couvert des Corfaires
d'Alger & de Salé qui
font en mer.
de Saxe , fils unique du
Roy Auguſte , arriva au
commencement du mois
dernier à Paris , aprés avoir
voyagé en Italie & en Allemagne.
Vers la fin du même
mois ce Prince fut à
Fontainebleau , où il fut
2
preſenté au Roy par Madame
, accompagné du Palatin
de Livonie &de pluſieurs
autres Seigneurs. Ce
Prince fut charmé de l'accüeil
qu'il reçut du Roy ,
Lij
124 MERCURE
auſſi bien que tous les Seigneurs
qui l'accompa
gnoient.
La Reine Doüairiere de
Pologne arriva à Lyon le
18. du mois d'Août , aprés
avoir traverſé une partie de
la Provence & tout le Dauphiné
dans un coche d'eau ,
qu'on lui avoit preparé
pour lui épargner les fatigues
du voyage par terre.
Elle deſcendit à l'Archevêché.
A fon débarquement
M. le Maréchal de Villeroy
fut la complimenter. Il lui
donna la main juſqu'à fa
1
GALANT.
125
chaiſe à porteurs. Il fut accompagné
de M. l'Intendant
, & de M. le Prevôt
des Marchands , ſuivi de
tout le Corps des Echevins
de Lyon , qui harangua
auſſi Sa Majesté Polonoiſe
avant qu'elle débarquât.
Elle avoit avec elle la jeune
Princeſſe de Sobieski ſa petite-
fille.Elle partit de Lyon
en litiere le 29. & la Princeffe
Sobieski dans une autre
avec ſa Gouvernante. Sa
Majefté Polonoiſe s'embarqua
à Roüanne ſur la Loire
, & fut accompagnée de
Liij
126 MERCURE
M. leMaréchal de Villeroy,
& de plus de trente carofſes
, qui la ſuivirent plus
d'une lieuë hors des portes
de la ville. Le 11. Septembre
elle arriva à Nevers ,
où elle fut reçûë au bruit
du canon par le Corps de
Ville en robe rouge , les habitans
étant ſous les armes,
&elle en partit le 12. pour
aller à Blois .
Il y a certains articles de
nouvelles où le precieux
langage du Journal de Verdun
ſe preſente malgrémoy
à mon imagination. En-
1
1
1
GALANT. 127
tr'autres fur celles qu'il debite
de Vienne : * On ajoute
, dit - il , qu'ily étoit arrivé
des Commiſſaires pour y recevoir
des remiſes que les Banquiers
de Hambourg & de
Hollande y ont faitfaire pour
le fervice du Roy de Suede.
M. Hyſteen , qui refide depuis
quelque temps à Petri-Vvaradin
par ordre de Sa Majesté
Suedoiſe , doit faire la deftination
2 de cet argent : mais jufqu'à
ce qu'on ait avis de l'arrivée
de ce Prince fur les Etats
des Princes Chrétiens , on ap-
*Page 278.
L'iiij
128 MERCURE
prehendera toûjours que que
nouvel acroc de l'inconstante 3
varieté dts Infideles.
Que veut- il dire par ces
mots de ſervices, de faire
la deſtination 2 , & d'acroc
de l'inconftante 3 varieté,
&c. Parle-t- il François ou
Allobroge ? & pourquoy
tient - il le même langage
par tout ?
Il eſt neanmoins conſtant
que le départ du Roy de
Suede de Demir-Tcoa eft
mandé de tant d'endroits
differens , qu'on n'oſe prefqueplus
en douter. Les der-
:
GALANT.
129
nieres lettres de Vienne le
confirment, & ajoûtent que
ce Prince traverſera inco
gnitò les Pays Hereditaires
de l'Empereur , qui a donné
ordre qu'on regalât par
tout Sa Majesté Suedoile ,
& qu'on lui donnât dans
tous les lieux de ſon paffage
des marques réelles d'une
amitié & d'une intelligence
parfaite. Le Comte de Villlek
étoit à la veille de partir
pour la Hongrie , afin d'y
recevoir ce Monarque de
la part de l'Empereur, dont
une partie des équipages a
130 MERCURE
pris depuis quelques jours
la route de Presbourg. Le
départ de Sa Majesté Imperiale
pour Presbourg eft
fixé au 10. cependant elle
aordonnéà la Chancellerie
de la Cour de Hongrie de
difpofer toute choſe pour la
conclufion de la Diere , &
d'affifter au couronnement
de l'Imperatrice en qualité
de Reine de Hongrie.
On écrit de Varſovie ,
que le z. de ce mois le Roy
de Pologne fit la revûë de
ſes Gardes à pied , que le
General Cyan marchera
GALANT. 131
vers le Palatinat de Sandomir
avec les Gardes à cheval
, & qu'il ſe joindra aux
troupes Saxonnes qui y
font,plus de huit mille hommes
de la Nobleſſe de Pologne
étant déja montez à
cheval. Le Roy fait affembler
toutes ſes troupes &
fon artillerie; & nonobſtant
la diſette, qui eft grande en
ce pays , & dans les Provinces
les plus fertiles du
Royaume , il fait faire de
grands amas de fourrages ,
d'avoines , de blez , pour la
ſubſiſtance de fon armée.
132 MERCURE
On dit qu'il a deffein des'avancer
à Coſmice , au deçà
de Steczica , afin d'y être à
portée d'obſerver les defſeins
de la Nobleſſe. Les
Dietes des Palatinats de
Maſovie & de Kaliſch ſe
ſont ſeparées fans avoir pris
aucunes refolutions. Ainfi
on voit encore peu de difpoſition
au rétabliſſement
d'une pafaite tranquilité
dans ce Royaume.
On mande de Madrid ,
que le 27. du mois dernier
le Roy alla du Pardo à l'Egliſe
de Notre-Dame d'A
GALANT.
133
tocha , où le Te Deum fur:
chanté en preſence des
Grands, qui s'y étoient rendus
pour rendre graces à
Dieu de la priſe de Barce
lone ,& des heureux ſuccés
de la guerre de Catalogne,
dont on trouvera le détail
dans la ſuite de ce Journal.
Les dernieres lettres de
Rome portent qu'entr'au.
tres audiences confidera
bles que le Pape avoit données
, malgré ſes infirmitez
qui continuent toûjours ,
l'Ambaſſadeur de Malthe
en avoit cu une de Sa Sain-
:
134 MERCURE
:
teté , dans laquelle il lui
avoit donné à connoître
que les Chevaliers de cet
Ordre prenoient ombrage
de l'armement naval des
Turcs , qui intrigue aufli
beaucoup les Venitiens. On
écrit de Veniſe , que l'équipage
du vaiſſeau l'Union ,
arrivé de Smirne , a rapporté
que trois Bachas de
la petite Aſie s'étant revól
tez , avoient mis so. ou 60.
mille hommes en campagne,
& qu'ils demandoient
la tête du Grand Vifir. Si
cette revolte ſe confirme,
GALANT.
135
elle donnera de l'occupation
au Divan , qui paroif->
foit diſpoſé à rompre avec
quelque puiſſance voiſine ;
joint à cela qu'elle empêchera
l'arrivée des cara.
vanes de Perſe à Smirne.
On écrit de Londres , que
le Roy continue à faire de
grands changemens dans
lesCharges. Celle de Capitaine
general des troupes
d'Ecoſſe a été donnée aus
Duc d'Argyle, avec leGouvernement
du château d'E
dimbourg , & celui de Port
Mahon. Le Duc de Mont136
MERCURE
roſſe a été fait Secretaire
d'Etat pour l'Ecoſſe , à la
place du Comte de Maar.
Le Duc de Roxborough a
été fair Garde du Sceau Privé
du même pays, à la place
du Duc d'Athol. Le Marquis
d'Annandale a eu la
Charge de Chancelier que
poſſedoit le Comtede Finlater
& de Seafiel. Le Duc
Schrevvsbury a deman
à ſe demettre de la Charge
de Grand Treſorier , & on
croit que la Treſorerie ſera
adminiſtrée par cinq Commiſſaires
. Le Duc de Som
de
merſet
:
GALANT.
137
merſetpretendoità laCharge
de premier Gentilhomme
de la Chambre : mais il
a accepté la Charge de
grand Ecuyer qu'on lui offroit.
Milord Marlboroug ,
outre la Charge de Capi
taine general des forces
d'Angleterre , a encore obtenu
celle de Colonel du
premier regiment des Gardes
, & celle de grand Maî
tre de l'artillerie. Le Comte
de Sunderland ſon gendre,
qui a été fait Viceroy d'Irlande
, a ordre de partir au
plûtôt , pour aller prendre
Octob. 1714. M
138 MERCURE
poſſeſſion de fon Gouvernement.
Les lettres de Lisbonne
du 14. du mois dernier portent
qu'on y attendoit avec
impatience la flote du Brefil
, au devant de laquelle
on avoit envoyé quatre
vaiſſeaux de guerre , pour
lamettreà couvert des Corfaires
d'Alger & de Salé qui
font en mer.
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Résumé : Nouvelles. [titre d'après la table]
Le Prince Électeur de Saxe, fils du roi Auguste, est arrivé à Paris au début du mois précédent après un voyage en Italie et en Allemagne. Il a été présenté au roi à Fontainebleau par Madame, en compagnie du Palatin de Livonie et d'autres seigneurs. La reine douairière de Pologne et la princesse de Sobieski, sa petite-fille, sont arrivées à Lyon le 18 août et ont quitté la ville le 29 août. La reine s'est embarquée à Roanne sur la Loire, escortée par le maréchal de Villeroy. Des nouvelles de Vienne rapportent l'arrivée de commissaires pour recevoir des fonds des banquiers de Hambourg et de Hollande destinés au roi de Suède. Le départ du roi de Suède de Demir-Tcoa est confirmé, et il traversera incognito les Pays Héréditaires de l'Empereur, qui a ordonné un accueil amical. À Varsovie, le roi de Pologne a passé en revue ses gardes à pied. Le général Cyan se dirige vers le Palatinat de Sandomir avec les gardes à cheval pour rejoindre les troupes saxonnes. Malgré une disette, le roi rassemble des troupes et des provisions pour surveiller les intentions de la noblesse. En Grande-Bretagne et en Écosse, plusieurs changements politiques et militaires ont eu lieu en octobre 1714. Le Duc d'Argyle a été nommé Capitaine général des troupes d'Écosse et gouverneur du château d'Édimbourg ainsi que de Port Mahon. Le Duc de Montrose est devenu Secrétaire d'État pour l'Écosse, remplaçant le Comte de Mar. Le Duc de Roxborough a succédé au Duc d'Atholl comme Garde du Sceau Privé d'Écosse. Le Marquis d'Annandale a obtenu la charge de Chancelier. Le Duc de Shrewsbury a démissionné de sa charge de Grand Trésorier, et la trésorerie sera probablement administrée par cinq commissaires. Le Duc de Somerset a refusé la charge de premier Gentilhomme de la Chambre mais a accepté celle de grand Écuyer. Milord Marlborough a obtenu les charges de Colonel du premier régiment des Gardes et de grand Maître de l'artillerie. Le Comte de Sunderland, gendre de Marlborough, a été nommé Vice-roi d'Irlande et doit partir rapidement pour prendre possession de son gouvernement. À Lisbonne, on attendait la flotte du Brésil, escortée par quatre vaisseaux de guerre pour la protéger des corsaires d'Alger et de Salé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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979
p. 182-185
Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Début :
Dona Maria Angela âgée de 99. ans est morte ces jours [...]
Mots clefs :
Bayonne, Reine d'Espagne, Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Extrait d'une Lettrede Bayonne
du 19. Septembre.
Dona Maria Angela âgée
de99. ans eſt morte ces joursGALANT.
183
cy au ſervice de la Reine
Doüiriere d'Eſpagne, auCaftel
de Lozaque , proche de
Bayonne : c'eſt une maiſon
qui appartient au ſicur Lopés
des Heureaux , LieutenantGeneral
, Civil & Criminel de
Bayonne , où la ReineDoüiriere
d'Eſpagne va paffer tous
les Eſté. Cette Dona Maria
Angela a eſté auſſi au fervice
de l'Infante Marie - Therefe
dEſpagne , & de Madame
Loüfe Reine d'Eſpagne au ffi,
La Reine Doüaniere d'Elpagne
a donné une magnifique
fuſte à Bayonne à l'arti
184 MERCURE
vée de M. le Marquis de Villa
Garcia ,Envoyé du Roy d Efpagne
, pour luy faire partde
fon mariage. Il y acu pendant
huit jours des bals , table ouverte&
fuperbe , chaſſes , jeu,
&toutes lortes de plaiſirs ; le
Palais étoit éclairé dedans &
dehors de bougies & de flambeaux
durant ledit temps ,
avec des ſalves de boites& de
toute l'artillerie. La Muſique
n'y a pas été épargnée. M. le
Cardinal del Judicé venantde
Paris y aſſiſta , auſſi bien que
de Prince Pio venant de Madrid,&
l'Ambaſſadeur&Ambafladrice
>
GALANT 185
baffadrice de Portugal , M. le
Comte de Liveria , à tous lefquels
Sa Majesté Doüniriere
a fait des preſens magnifiques
en pierreries , & tabatieres
d'or enrichies de diamans .
du 19. Septembre.
Dona Maria Angela âgée
de99. ans eſt morte ces joursGALANT.
183
cy au ſervice de la Reine
Doüiriere d'Eſpagne, auCaftel
de Lozaque , proche de
Bayonne : c'eſt une maiſon
qui appartient au ſicur Lopés
des Heureaux , LieutenantGeneral
, Civil & Criminel de
Bayonne , où la ReineDoüiriere
d'Eſpagne va paffer tous
les Eſté. Cette Dona Maria
Angela a eſté auſſi au fervice
de l'Infante Marie - Therefe
dEſpagne , & de Madame
Loüfe Reine d'Eſpagne au ffi,
La Reine Doüaniere d'Elpagne
a donné une magnifique
fuſte à Bayonne à l'arti
184 MERCURE
vée de M. le Marquis de Villa
Garcia ,Envoyé du Roy d Efpagne
, pour luy faire partde
fon mariage. Il y acu pendant
huit jours des bals , table ouverte&
fuperbe , chaſſes , jeu,
&toutes lortes de plaiſirs ; le
Palais étoit éclairé dedans &
dehors de bougies & de flambeaux
durant ledit temps ,
avec des ſalves de boites& de
toute l'artillerie. La Muſique
n'y a pas été épargnée. M. le
Cardinal del Judicé venantde
Paris y aſſiſta , auſſi bien que
de Prince Pio venant de Madrid,&
l'Ambaſſadeur&Ambafladrice
>
GALANT 185
baffadrice de Portugal , M. le
Comte de Liveria , à tous lefquels
Sa Majesté Doüniriere
a fait des preſens magnifiques
en pierreries , & tabatieres
d'or enrichies de diamans .
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Le 19 septembre, une lettre annonce le décès de Dona Maria Angela, âgée de 99 ans, qui servait la Reine Douairière d'Espagne au château de Lozaque près de Bayonne. Ce château appartient au sieur López des Heureaux, Lieutenant Général civil et criminel de Bayonne. Dona Maria Angela avait également été au service de l'Infante Marie-Thérèse d'Espagne et de Madame Louise, Reine d'Espagne. La Reine Douairière a organisé une fête somptueuse à Bayonne pour célébrer le mariage de M. le Marquis de Villa Garcia, Envoyé du Roi d'Espagne. Cet événement de huit jours a inclus des bals, des tables ouvertes, des chasses, des jeux et divers divertissements. Le palais était illuminé par des bougies et des flambeaux, accompagnés de salves d'artillerie et de musique. Parmi les invités figuraient le Cardinal del Judicé de Paris, le Prince Pio de Madrid, ainsi que l'Ambassadeur et l'Ambastrice de Portugal, M. le Comte de Liveria. La Reine Douairière leur a offert des présents magnifiques, notamment des pierreries et des tabatières en or enrichies de diamants.
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980
p. 186-199
A Parme.
Début :
Le 7. de ce mois aprés l'arrivée d'un Courrier d'Espagne [...]
Mots clefs :
Princesse de Parme, Parme, Duc de Parme, Cardinal, Roi d'Espagne, Reine d'Espagne, Gentilhommes, Prince, Princesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Parme.
AParme.
Le 7. de ce mois aprés l'arrivée
d'un Courrier d'Eſpagne
qui apporta à la Princeſſe le
Portrait du Roy d'Eſpagne ,
avec un nouveau preſent de
fix mille piſtoles pour les épingles
,& la nouvelle de l'ordre
envoyé à la Flote pour ſe rendre
à Seſtri , on prit le jour
du 15 pour l'entrée ſolemnel.
le du Cardinal Gozzadıni, Legat;
celuy du 16. pour la fonc-
1
GALANT. 187
1
tion du Mariage ; le 17. pour
les viſites de congé du Cardinal
; le 18. pour ſon départ ,
&le 19 pour celuyde la Reine.
Le Cardinal Legat partit
le 1 4. des confins du Bolonois,
& ſe rendit le ſoir dans ceux
de l'Etat de Parme , fans s'arreſter
à celuy de Modene. Il
logea dans deux maiſons de
campagne , qu'on luy avoit
magnifiquement preparées. Le
lendemain 15. il continua fon
voyage , & fut receu par le
Duc de Parme à trois mille
de la Ville ,& laiflé à dîner
dans la Chartreuſe , où tout
Qij
188 MERCURE
pas
eſtoit auſſi preparé par ordre
du Prince. L'apreſdinée il ſe
rendit ,& s'arreſta àcent pas
des portes de la Ville , où il
trouva une Chapelle , & un
appartement dreſſez , afin de
ſemettre dans ſes grands habits
de Ceremonie , qu'on
appelle , Cappa magna , &
donner lieu à fon Equipage ,
& à ſa ſuite qui eſt de cinq
cent perſonnes , de ſe mettre
en état pour la Cavalcade ,.
laquelle ſe fit dans cet ordre .
Quatre Courriers du Duc
de Parme , fes Trompettes ,
un Officier de ſes Gardes du
GALANT. 189
Corps à la teſte d'un détachement
desGardes ; le Maréchal
de Logis du Cardinal Legat ;
ſes Trompettes;vingt- quatre
Mulets chargez de ſon bagage
; ſa Litiere ; fon Maiſtre
d'écurie; ſa Chaiſe à Porteurs;
le Maiftre de ſa Garderobe
avec un Valet de chambre
& fa valiſe ;les Domestiques
des Evêques ,& des Prelats
qui accompagnoient le Cardinal
; ſes Aumôniers , ſes
Gentilhommes ;& ſes Domeftiques
deux à deux ; ſoixante
Gentilhommes , ou perfonnes
de qualité , qui accompa
190 MERCURE
gnoient le Cardinal ,un àun ;
mais chacun entre deux Gentilhommes
de la Chambre du
Ducde Parme , tous enhabits
de manteau de tres riches
étoffes ,&garnis de dentelles
d'or , d argent , ou de foye
noire ; le Clergé & le Chapitre;
les Hoffiers portant leurs
Maffes , le Muttre des Geremontes
du Pape. La Croix de
la Legation , douze Pages du
Cardinal ; feize Eltafiers , &
Palefieniers à pied , & ceux
des Gentilhommes de ſa fuite,
& de fon accompagnement
aunombre de trois cent. Au
GALANT. 191
}
,
Pont- Levisde la Ville ,le Dais
de brocard d'argent , porté
par huit Gentilhommes
qu'on appelle les anciens de la
Ville , tous lequel il fut receu
&entra dans la Ville en compagnie
du Cardinal Acquavi.
va ,&du Duc de Parme , tres
fuperbement vêtu &monté ;
enfuite du Dais trente- fix Pages
du Duc de Parme ; fixvingt
de fes Gens de livrée ;
les Maiſtres de Chambre ; le
Grand Ecuyer du Duc de
Parme ; ſes Ecuyers ; ceux
des Cardinaux ; des Evêques ;
des Prelats ; & les Magiftrats
r
192 MERCURE
dela Ville. Le reſtedes Gardes
ferma la Cavalcade , aprés
laquelle venoient le Caroſſe
du Corps de la Princeſſe ,
appellé déja celuy de la Reine,
celuy du Corps du Cardinal
Legat ; celuy du Cardinal
Acquaviva , celuydu Duc de
Parme ,& celuy du Prince de
Parme. Vingt cinq Caroffes -
du Cortege noble du Cardi .
nal Legat , compoſé de Gentilhommes
de Bologne , & de
l'Etat de 1EEgglliiffee,,qquuaatriieeCaroffes
du Cortege noble du
Cardinal Acquaviva , quaran.
te-huit carofles de celuy du
Duc
GALANT. 193
Duc de Parme , quatre de
celuy du Prince de Parme ,
fix caroffes du Cardinal Legat
pour ſes Domeſtiques , deux
pour ceux du Cardinal Acquaviva
, dix huit du Duc de Parme
pour ſes Officiers ,& trois
duPrince pour les fiens.
De la Porte par où on entra
dans la Ville , la Cavalcade
ſe fit par la grande &
magnifique ruë , appellée de
Saint Michel , toute bordéc
àpluſieurs rangs de Troupes ,
autant de la Garniſon , que
des Milices , tous en habit
uniforme , outre la Cavalerie
Octobre 1714. R
1
194 MERCURE
du Duc de Parme , & de l'Etat
compoſée de Gentilhommes,
& autres perſonnes vivans
noblement & obligez de ,
monter à Cheval aux ordres
du Prince.
On defcendit à la Cathedrale
, & delà le Cardinal Legat
fut mené , & logé en
Cour. Ceux de ſa ſuite , qui
n'y purent loger , furent diſtribuez
dans le magnifique &
vatte College des nobles ,&
dans dix Palais du voisinage.
Outre les tables de la Cour ,
on en a fait ſervir cinq dans
le College , pour differentes
GALANT. 195
1
conditions de perſonnes ,
dont celle des Eſtafiers étoit
de trois cent trente couverts .
Le lendemain 16. on fe
rendit à la Cathedrale , qui
étoit toute tenduë au dehors
des plus riches , & plus précicules
tapiſſeries de la Maifon
de Parme , & par le dedans
de damas , & de velours
galonnez d'or , avec une
infinité d'autres damas &
d'autres étoffes figurées en
fleurs , en feüillages , & en
d'autres formes tres induſ
trieuſes ,& qui formoient un
*des plus agréables parterres
Rij
196 MERCURE
qu'on ait encore veuen cou
vrant de cette maniere tout le
ciel ou le plafond de l'Eglife.
On avoit ôté du Choeur tous
les ſieges des Chanoines, dref
ſé un Autel par le dedans derriere
le grand Autel , & un
Thrône Royal au milieu du
Choeur , du coté duquel la
Princeffe s'approcha de l'Hôtel
à l'heure de la Ceremonie
du mariage , laquelle fut faire
par le Cardinal Gozzadini à
l'Offertoire de la Meſſe , qu'il
chanta luy même , & le Duc
de Parme l'ayant épousée
comme Procureur du Roy
GALANT. 197
}
d'Eſpagne , la mena ſur le
Thrône , & s'y plaça auſſi
comme ayant l'honneur de repreſenter
Sa Majefté Catholique.
Cette grande & auguſte
fonction fur annoncée à toute
la Ville par la décharge des
Troupes , des Milices , de la
Cavalerie , & de l'artillerie de
la Ville , &de la Fortereffe ; &
ce jour - là , & les deux fuivants
ont eſté celebrez avec
tout ce que la joye & la magnificence
peuvent inventer ,
& former de plus nouveau &
de plus éclatant , dans un
Riij
1,8 MERCURE
)
tems incomparablement plus
long , que celuy qu'on a cu
pour une folemnité de cette
nature& de cette confequence
, la Nobleffe & le Peuple
s'eſtant ſurpaſſez à l'imitation
de leur Prince , pour luy marquer
leur zele , faire leur cour
à la Reine d'Eſpagne , & témoigner
au Roy Catholique
une reconnoiſſance infinie de
l'honneur qu'il a fait à la Maifon
Farnefe.
Outreles compliments faits
à la Reine par la Ville de Parme
, celle de Plaiſance luy a
envoyé une Ambaſſade de
GALANT
NEQUE DE
douze des principau *1S8e93i*
gneurs .
Le 7. de ce mois aprés l'arrivée
d'un Courrier d'Eſpagne
qui apporta à la Princeſſe le
Portrait du Roy d'Eſpagne ,
avec un nouveau preſent de
fix mille piſtoles pour les épingles
,& la nouvelle de l'ordre
envoyé à la Flote pour ſe rendre
à Seſtri , on prit le jour
du 15 pour l'entrée ſolemnel.
le du Cardinal Gozzadıni, Legat;
celuy du 16. pour la fonc-
1
GALANT. 187
1
tion du Mariage ; le 17. pour
les viſites de congé du Cardinal
; le 18. pour ſon départ ,
&le 19 pour celuyde la Reine.
Le Cardinal Legat partit
le 1 4. des confins du Bolonois,
& ſe rendit le ſoir dans ceux
de l'Etat de Parme , fans s'arreſter
à celuy de Modene. Il
logea dans deux maiſons de
campagne , qu'on luy avoit
magnifiquement preparées. Le
lendemain 15. il continua fon
voyage , & fut receu par le
Duc de Parme à trois mille
de la Ville ,& laiflé à dîner
dans la Chartreuſe , où tout
Qij
188 MERCURE
pas
eſtoit auſſi preparé par ordre
du Prince. L'apreſdinée il ſe
rendit ,& s'arreſta àcent pas
des portes de la Ville , où il
trouva une Chapelle , & un
appartement dreſſez , afin de
ſemettre dans ſes grands habits
de Ceremonie , qu'on
appelle , Cappa magna , &
donner lieu à fon Equipage ,
& à ſa ſuite qui eſt de cinq
cent perſonnes , de ſe mettre
en état pour la Cavalcade ,.
laquelle ſe fit dans cet ordre .
Quatre Courriers du Duc
de Parme , fes Trompettes ,
un Officier de ſes Gardes du
GALANT. 189
Corps à la teſte d'un détachement
desGardes ; le Maréchal
de Logis du Cardinal Legat ;
ſes Trompettes;vingt- quatre
Mulets chargez de ſon bagage
; ſa Litiere ; fon Maiſtre
d'écurie; ſa Chaiſe à Porteurs;
le Maiftre de ſa Garderobe
avec un Valet de chambre
& fa valiſe ;les Domestiques
des Evêques ,& des Prelats
qui accompagnoient le Cardinal
; ſes Aumôniers , ſes
Gentilhommes ;& ſes Domeftiques
deux à deux ; ſoixante
Gentilhommes , ou perfonnes
de qualité , qui accompa
190 MERCURE
gnoient le Cardinal ,un àun ;
mais chacun entre deux Gentilhommes
de la Chambre du
Ducde Parme , tous enhabits
de manteau de tres riches
étoffes ,&garnis de dentelles
d'or , d argent , ou de foye
noire ; le Clergé & le Chapitre;
les Hoffiers portant leurs
Maffes , le Muttre des Geremontes
du Pape. La Croix de
la Legation , douze Pages du
Cardinal ; feize Eltafiers , &
Palefieniers à pied , & ceux
des Gentilhommes de ſa fuite,
& de fon accompagnement
aunombre de trois cent. Au
GALANT. 191
}
,
Pont- Levisde la Ville ,le Dais
de brocard d'argent , porté
par huit Gentilhommes
qu'on appelle les anciens de la
Ville , tous lequel il fut receu
&entra dans la Ville en compagnie
du Cardinal Acquavi.
va ,&du Duc de Parme , tres
fuperbement vêtu &monté ;
enfuite du Dais trente- fix Pages
du Duc de Parme ; fixvingt
de fes Gens de livrée ;
les Maiſtres de Chambre ; le
Grand Ecuyer du Duc de
Parme ; ſes Ecuyers ; ceux
des Cardinaux ; des Evêques ;
des Prelats ; & les Magiftrats
r
192 MERCURE
dela Ville. Le reſtedes Gardes
ferma la Cavalcade , aprés
laquelle venoient le Caroſſe
du Corps de la Princeſſe ,
appellé déja celuy de la Reine,
celuy du Corps du Cardinal
Legat ; celuy du Cardinal
Acquaviva , celuydu Duc de
Parme ,& celuy du Prince de
Parme. Vingt cinq Caroffes -
du Cortege noble du Cardi .
nal Legat , compoſé de Gentilhommes
de Bologne , & de
l'Etat de 1EEgglliiffee,,qquuaatriieeCaroffes
du Cortege noble du
Cardinal Acquaviva , quaran.
te-huit carofles de celuy du
Duc
GALANT. 193
Duc de Parme , quatre de
celuy du Prince de Parme ,
fix caroffes du Cardinal Legat
pour ſes Domeſtiques , deux
pour ceux du Cardinal Acquaviva
, dix huit du Duc de Parme
pour ſes Officiers ,& trois
duPrince pour les fiens.
De la Porte par où on entra
dans la Ville , la Cavalcade
ſe fit par la grande &
magnifique ruë , appellée de
Saint Michel , toute bordéc
àpluſieurs rangs de Troupes ,
autant de la Garniſon , que
des Milices , tous en habit
uniforme , outre la Cavalerie
Octobre 1714. R
1
194 MERCURE
du Duc de Parme , & de l'Etat
compoſée de Gentilhommes,
& autres perſonnes vivans
noblement & obligez de ,
monter à Cheval aux ordres
du Prince.
On defcendit à la Cathedrale
, & delà le Cardinal Legat
fut mené , & logé en
Cour. Ceux de ſa ſuite , qui
n'y purent loger , furent diſtribuez
dans le magnifique &
vatte College des nobles ,&
dans dix Palais du voisinage.
Outre les tables de la Cour ,
on en a fait ſervir cinq dans
le College , pour differentes
GALANT. 195
1
conditions de perſonnes ,
dont celle des Eſtafiers étoit
de trois cent trente couverts .
Le lendemain 16. on fe
rendit à la Cathedrale , qui
étoit toute tenduë au dehors
des plus riches , & plus précicules
tapiſſeries de la Maifon
de Parme , & par le dedans
de damas , & de velours
galonnez d'or , avec une
infinité d'autres damas &
d'autres étoffes figurées en
fleurs , en feüillages , & en
d'autres formes tres induſ
trieuſes ,& qui formoient un
*des plus agréables parterres
Rij
196 MERCURE
qu'on ait encore veuen cou
vrant de cette maniere tout le
ciel ou le plafond de l'Eglife.
On avoit ôté du Choeur tous
les ſieges des Chanoines, dref
ſé un Autel par le dedans derriere
le grand Autel , & un
Thrône Royal au milieu du
Choeur , du coté duquel la
Princeffe s'approcha de l'Hôtel
à l'heure de la Ceremonie
du mariage , laquelle fut faire
par le Cardinal Gozzadini à
l'Offertoire de la Meſſe , qu'il
chanta luy même , & le Duc
de Parme l'ayant épousée
comme Procureur du Roy
GALANT. 197
}
d'Eſpagne , la mena ſur le
Thrône , & s'y plaça auſſi
comme ayant l'honneur de repreſenter
Sa Majefté Catholique.
Cette grande & auguſte
fonction fur annoncée à toute
la Ville par la décharge des
Troupes , des Milices , de la
Cavalerie , & de l'artillerie de
la Ville , &de la Fortereffe ; &
ce jour - là , & les deux fuivants
ont eſté celebrez avec
tout ce que la joye & la magnificence
peuvent inventer ,
& former de plus nouveau &
de plus éclatant , dans un
Riij
1,8 MERCURE
)
tems incomparablement plus
long , que celuy qu'on a cu
pour une folemnité de cette
nature& de cette confequence
, la Nobleffe & le Peuple
s'eſtant ſurpaſſez à l'imitation
de leur Prince , pour luy marquer
leur zele , faire leur cour
à la Reine d'Eſpagne , & témoigner
au Roy Catholique
une reconnoiſſance infinie de
l'honneur qu'il a fait à la Maifon
Farnefe.
Outreles compliments faits
à la Reine par la Ville de Parme
, celle de Plaiſance luy a
envoyé une Ambaſſade de
GALANT
NEQUE DE
douze des principau *1S8e93i*
gneurs .
Fermer
Résumé : A Parme.
En octobre 1714, Parme a été le cadre de plusieurs événements significatifs. Le 7 octobre, la princesse a reçu le portrait du roi d'Espagne ainsi qu'un présent de six mille pistoles. Le 15 octobre, le cardinal Gozzadini, légat, a effectué une entrée solennelle à Parme après avoir été accueilli par le duc à trois milles de la ville. Le 16 octobre, le mariage de la princesse avec le duc de Parme a été célébré, avec le cardinal agissant comme procureur du roi d'Espagne. Les visites de congé du cardinal ont eu lieu le 17 octobre, et il a quitté Parme le 18 octobre, suivi par la reine le 19 octobre. L'entrée du cardinal à Parme a été marquée par une cavalcade ordonnée, incluant des courriers, des trompettes, des gardes et divers dignitaires. La procession a traversé la rue Saint-Michel, bordée de troupes en uniforme, jusqu'à la cathédrale où la cérémonie de mariage a été célébrée avec grande solennité. Des tirs d'artillerie et des célébrations ont duré trois jours. Ces festivités ont honoré la Maison Farnèse, mettant en avant la joie et la magnificence de l'événement. La noblesse et le peuple ont manifesté leur zèle et leur loyauté envers leur prince. La ville de Parme a rendu hommage à la Reine d'Espagne, et Plaisance a envoyé une ambassade de douze seigneurs pour témoigner sa reconnaissance au Roi Catholique pour l'honneur accordé à la Maison Farnèse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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981
p. 199-211
A Parme le 17. Septembre.
Début :
Samedy aprés midy 15. de ce mois le Cardinal Gozzadini [...]
Mots clefs :
Reine d'Espagne, Mariage, Princesse, Cardinaux, Dames, Cardinal, Duc de Parme, Princes, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Parme le 17. Septembre.
AParme le 17. Septembre.
Samedy aprés midy 15. de
ce mois le Cardinal Gozzadini
Legat de Sa Sainteté fit
ſon entrée publique en cette
Ville , les Princes & le Cardinal
Acquaviva furent à ſa
rencontre , ily avoit avec luy
beaucoup de Nobleſſe & un
grand nombre de Domeſtiques
tous veſtus de riches &
magnifiques livrées , il eſtoſt
accompagné des Gardes du
-R iiij
200 MERCURE
Corps , les Grenadiers eſtoient
diſpoſez dans les places & l'Infanterie
dans les avenuës du
Cours pour empêcher le defordre
: il eſtoit precedé du
Clergé , cette Ceremonie
commença & finit ſans le
moindre defordre & aux applaudiffements
de tout le
monde.
La Reine voulut la voir &
pour cet effet Elle ſe rendit
avec la Princeſſe ſa mere & la
Princeſſe Iſabelle au Palais
,
du Prince Antoine qui eſt dans
le Cours. A peine le Legat
eſtoit- il paſſfé ſous le Dais avec
GALANT. 201
5
leCardinal Acquaviva , eſtant
tousdeux entre le Duc de Parme,&
le Prince Antoine vêtus
d'un brocard d'or des plus
beaux & des plus riches
qu'Elle defcendit avec les Princeffes
par une porte fecrete
pour ſe trouver au Palais à l'arrivée
du Legat , là , voulant
prendre la derniere place ainſi
qu'Elle avoit accoutumée de
faire , la Princeſſe ſa mere la
luy ceda , & ſe mit dans la
ſeconde , & la Princeſſe Iſabelle
dans la derniere : cette
nuit mêmeElle receut le Legat
ſous le Throne&paſſa enfuite
202 MERCURE
dans un appartement Royal :
on fit les viſites qui durerent
juſqu'à quatre heures pour
donner lieu à l'une & à l'autre
Nobleſſe auſſi-bien qu'aux
Etrangers d'aller aux Opera.
Dimanche matin 16. du
courant , les Grenadiers , l'Infanterie,
les Compagnies des
Gardes du Corps à cheval ,
les Archers , & la Garde Suiffe
furentdans lemême ordreque
le jour precedent &pofé dans
les mêmes endroits. On alla
entendre la Meſſe au Dôme
qui paroiſſoit un Ciel par ſa
grandeur , par les belles pein
GALANT. 203
tures du Corregge & par les
emblêmes qu'on y avoit mis.
La Reine étoit ſous un Thiône
, ayant à ſa main droite le
Duc de Parme qui reprefentoit
le Roy d'Eſpagne. La
Princefle mere de la Reine &
leCardinalAcquaviva étoient
dans des fauteüils hors du
Thrône : dans deux autres
plus bas eſtoient la Princeſſe
Iſabelle & le Prince Antoine.
Le Legat celebra la Meſſe ,&
le Credo fini , il ſe mit ſous un
Dais qu'on luy avoit preparé ,
oùun Prelat lut la procuration
pour le mariage du Roy d'Ef.
204 MERCURE
pagne avee la Reine , & ur
autre la diſpenſe du Pape. Le
Duc de Parme mit enſuite au
doigt de la Reine un anneau
d'un riche diamant ; le Legat
preſenta la rofe , & la Ceremonie
finit avec un applaudiſſement
univerſel. Pendant
qu'elle dura, la Princeſſe mere
de la Reine ne leva jamais les
yeux de deſſus la Reine ſa fille
qui fut complimentée , & elle
enfuite par les Princes & les
deuxCardinaux. Dans le moment
que la Reine defcendit
du Throſne pour ſe retirer
la Princeſſe ſa mere avant de
د
GALANT. 205
luy donner le bras voulut luy
baiſer la main , mais la Reine
employa toute ſa force pour
la retirer avec beaucoup de
vivacité d'eſprit & un grand
reſpect ; là tous ceux qui y prirent
garde ne purent s'empêcher
de pleurer de tendreffe ;
la foule fut grande , & il y
eût un nombre infini de Dames
& de Gentilhommes , celles
cy habillées magnifiquement
& parées de diamants &
de toutes fortes de pierres précieuſes
, & ceux cy avec des
habits à la Romaine galonnez
d'or ,& leurs manteaux dou
206 MERCURE
blez de brocard , excepté les
gens du Legat dont les habits
n'étoient point galonnez d'or,
tous les autres étoient vêtus à
la Françoiſe auſſi magnifiquement
& auffi richement que
les premiers. La Reine mangea
en particulier avec laPrinceffe
la mere , les Princes mangerent
en publicavec les deux
Cardinaux. Le ſoir on repreſenta
une Paftorale dans le
grand Theâtre , cù il y cût
plus de 1 5000. perſonnes. La
Reine y fut avec les Princes &
les Cardinaux qui fortirent au
commencement de la piece
GALANT. 207
pour garder le decorum. Il y
avoit plus de 700. Dames , &
dans la Place du milieu entre
les deux angles on fit un bal
où danſerent douze jeunes
Demoiselles avec autant de
jeunes Seigneurs : de temps à
autre on portoit des rafraî
chiſſements de forbet , &c . on
preſenta à toutes les Dames
quiy étoient des petits paniers
verds attachez à des rubans
remplis de confitures ſeches ,
& on porta des eaux glacées
aux gens de diſtinction Tour
ſe paſſa ſans aucun bruit ny
confufion : à ſept heures ces
208 MERCURE
1
champseliſées diſparurent ,&
chacun ſe retira ſurpris d'une
fi grande magnificence. Le
Legat devoit aujourd'huy
partir , mais les Princes ont
fait tout leur poſſible pour
l'obliger à differer ſon départ
juſqu'à demain. On ne ſçast fi
la Reine qui devoit partir demain
apreſdinée pourra le faire
Samedy pour donner tems
à l'Armée de venir. Le Cardinal
Acquaviva diſpoſe de
tout , & il ne ſe fait rien que
les Princes ne prennent auparavant
ſon avis& fon conſeil :
hier au foir le Duc de Parme
luy
GALANT. 209
:
luy fit preſent d'une Croix
garnie de gros diamants qui
renferme dans le milieu un
morceau de la vraye Croix ,
au haut il y a une pierre d'une
groffeur extraordinaire ; on
dit que cette Croix vaut douze
mille écus , quelques uns
même diſent encore beaucoup
plus . Ces jours paffez les
Cardinaux ont toûjours mangé
avec les Princes , & il y a
apparence que cela continuëra
juſqu'au départ du Legat , qui
probablement fera demain au
foir. La Reine quoyque déja
revêtuë de cette qualité , &
Octobre 1714. S
210 MERCURE
1
quoyqu'elle ait infiniment
d'eſprit , ne fait neanmoins
pas un pas fans en conſulter
auparavant ſon Eminence,qui
paſſe preſque les jours entiers
à luy donner les inftructions
neceffaires. La Princeſſe mere
en uſe déja avec ſa fille comme
elle feroit avec une grande
Reine étrangere. Quand
nous ſommes preſents à leurs
entreveues & aux converfations
qu'elles ont enſemble ,
les larmes nous viennent aux
yeux. On traite d'Excellence
le Comte del Verme ſon Majordome
, & la Comteſſe de
GALANT. 211-
Saint Vital ſa premiere Dame
d'Honneur qui doivent l'accompagner
juſqu'à Seſtri. Il
eſt certain que lorſque le Roy
d'Eſpagne & ſon Confeil
ſçauront toutes ces particularitez
, cela leurs donnera beaucoupde
plaifir.
Samedy aprés midy 15. de
ce mois le Cardinal Gozzadini
Legat de Sa Sainteté fit
ſon entrée publique en cette
Ville , les Princes & le Cardinal
Acquaviva furent à ſa
rencontre , ily avoit avec luy
beaucoup de Nobleſſe & un
grand nombre de Domeſtiques
tous veſtus de riches &
magnifiques livrées , il eſtoſt
accompagné des Gardes du
-R iiij
200 MERCURE
Corps , les Grenadiers eſtoient
diſpoſez dans les places & l'Infanterie
dans les avenuës du
Cours pour empêcher le defordre
: il eſtoit precedé du
Clergé , cette Ceremonie
commença & finit ſans le
moindre defordre & aux applaudiffements
de tout le
monde.
La Reine voulut la voir &
pour cet effet Elle ſe rendit
avec la Princeſſe ſa mere & la
Princeſſe Iſabelle au Palais
,
du Prince Antoine qui eſt dans
le Cours. A peine le Legat
eſtoit- il paſſfé ſous le Dais avec
GALANT. 201
5
leCardinal Acquaviva , eſtant
tousdeux entre le Duc de Parme,&
le Prince Antoine vêtus
d'un brocard d'or des plus
beaux & des plus riches
qu'Elle defcendit avec les Princeffes
par une porte fecrete
pour ſe trouver au Palais à l'arrivée
du Legat , là , voulant
prendre la derniere place ainſi
qu'Elle avoit accoutumée de
faire , la Princeſſe ſa mere la
luy ceda , & ſe mit dans la
ſeconde , & la Princeſſe Iſabelle
dans la derniere : cette
nuit mêmeElle receut le Legat
ſous le Throne&paſſa enfuite
202 MERCURE
dans un appartement Royal :
on fit les viſites qui durerent
juſqu'à quatre heures pour
donner lieu à l'une & à l'autre
Nobleſſe auſſi-bien qu'aux
Etrangers d'aller aux Opera.
Dimanche matin 16. du
courant , les Grenadiers , l'Infanterie,
les Compagnies des
Gardes du Corps à cheval ,
les Archers , & la Garde Suiffe
furentdans lemême ordreque
le jour precedent &pofé dans
les mêmes endroits. On alla
entendre la Meſſe au Dôme
qui paroiſſoit un Ciel par ſa
grandeur , par les belles pein
GALANT. 203
tures du Corregge & par les
emblêmes qu'on y avoit mis.
La Reine étoit ſous un Thiône
, ayant à ſa main droite le
Duc de Parme qui reprefentoit
le Roy d'Eſpagne. La
Princefle mere de la Reine &
leCardinalAcquaviva étoient
dans des fauteüils hors du
Thrône : dans deux autres
plus bas eſtoient la Princeſſe
Iſabelle & le Prince Antoine.
Le Legat celebra la Meſſe ,&
le Credo fini , il ſe mit ſous un
Dais qu'on luy avoit preparé ,
oùun Prelat lut la procuration
pour le mariage du Roy d'Ef.
204 MERCURE
pagne avee la Reine , & ur
autre la diſpenſe du Pape. Le
Duc de Parme mit enſuite au
doigt de la Reine un anneau
d'un riche diamant ; le Legat
preſenta la rofe , & la Ceremonie
finit avec un applaudiſſement
univerſel. Pendant
qu'elle dura, la Princeſſe mere
de la Reine ne leva jamais les
yeux de deſſus la Reine ſa fille
qui fut complimentée , & elle
enfuite par les Princes & les
deuxCardinaux. Dans le moment
que la Reine defcendit
du Throſne pour ſe retirer
la Princeſſe ſa mere avant de
د
GALANT. 205
luy donner le bras voulut luy
baiſer la main , mais la Reine
employa toute ſa force pour
la retirer avec beaucoup de
vivacité d'eſprit & un grand
reſpect ; là tous ceux qui y prirent
garde ne purent s'empêcher
de pleurer de tendreffe ;
la foule fut grande , & il y
eût un nombre infini de Dames
& de Gentilhommes , celles
cy habillées magnifiquement
& parées de diamants &
de toutes fortes de pierres précieuſes
, & ceux cy avec des
habits à la Romaine galonnez
d'or ,& leurs manteaux dou
206 MERCURE
blez de brocard , excepté les
gens du Legat dont les habits
n'étoient point galonnez d'or,
tous les autres étoient vêtus à
la Françoiſe auſſi magnifiquement
& auffi richement que
les premiers. La Reine mangea
en particulier avec laPrinceffe
la mere , les Princes mangerent
en publicavec les deux
Cardinaux. Le ſoir on repreſenta
une Paftorale dans le
grand Theâtre , cù il y cût
plus de 1 5000. perſonnes. La
Reine y fut avec les Princes &
les Cardinaux qui fortirent au
commencement de la piece
GALANT. 207
pour garder le decorum. Il y
avoit plus de 700. Dames , &
dans la Place du milieu entre
les deux angles on fit un bal
où danſerent douze jeunes
Demoiselles avec autant de
jeunes Seigneurs : de temps à
autre on portoit des rafraî
chiſſements de forbet , &c . on
preſenta à toutes les Dames
quiy étoient des petits paniers
verds attachez à des rubans
remplis de confitures ſeches ,
& on porta des eaux glacées
aux gens de diſtinction Tour
ſe paſſa ſans aucun bruit ny
confufion : à ſept heures ces
208 MERCURE
1
champseliſées diſparurent ,&
chacun ſe retira ſurpris d'une
fi grande magnificence. Le
Legat devoit aujourd'huy
partir , mais les Princes ont
fait tout leur poſſible pour
l'obliger à differer ſon départ
juſqu'à demain. On ne ſçast fi
la Reine qui devoit partir demain
apreſdinée pourra le faire
Samedy pour donner tems
à l'Armée de venir. Le Cardinal
Acquaviva diſpoſe de
tout , & il ne ſe fait rien que
les Princes ne prennent auparavant
ſon avis& fon conſeil :
hier au foir le Duc de Parme
luy
GALANT. 209
:
luy fit preſent d'une Croix
garnie de gros diamants qui
renferme dans le milieu un
morceau de la vraye Croix ,
au haut il y a une pierre d'une
groffeur extraordinaire ; on
dit que cette Croix vaut douze
mille écus , quelques uns
même diſent encore beaucoup
plus . Ces jours paffez les
Cardinaux ont toûjours mangé
avec les Princes , & il y a
apparence que cela continuëra
juſqu'au départ du Legat , qui
probablement fera demain au
foir. La Reine quoyque déja
revêtuë de cette qualité , &
Octobre 1714. S
210 MERCURE
1
quoyqu'elle ait infiniment
d'eſprit , ne fait neanmoins
pas un pas fans en conſulter
auparavant ſon Eminence,qui
paſſe preſque les jours entiers
à luy donner les inftructions
neceffaires. La Princeſſe mere
en uſe déja avec ſa fille comme
elle feroit avec une grande
Reine étrangere. Quand
nous ſommes preſents à leurs
entreveues & aux converfations
qu'elles ont enſemble ,
les larmes nous viennent aux
yeux. On traite d'Excellence
le Comte del Verme ſon Majordome
, & la Comteſſe de
GALANT. 211-
Saint Vital ſa premiere Dame
d'Honneur qui doivent l'accompagner
juſqu'à Seſtri. Il
eſt certain que lorſque le Roy
d'Eſpagne & ſon Confeil
ſçauront toutes ces particularitez
, cela leurs donnera beaucoupde
plaifir.
Fermer
Résumé : A Parme le 17. Septembre.
Le 17 septembre, le cardinal Gozzadini, légat du pape, arriva publiquement à Parme, escorté par des nobles et des gardes du corps. Il fut accueilli par les princes et le cardinal Acquaviva. La reine, accompagnée de la princesse sa mère et de la princesse Isabelle, rencontra le légat au palais du prince Antoine. Des visites se poursuivirent tard dans la nuit, permettant à la noblesse et aux étrangers d'assister aux opéras. Le 16 septembre, les forces militaires furent déployées de manière ordonnée pour la messe au Dôme, décoré de peintures et d'emblèmes. La reine, accompagnée du duc de Parme, assista à la cérémonie où le duc lui remit une bague et le légat lui offrit une rose. La cérémonie se conclut sous les applaudissements universels. La princesse mère observa attentivement sa fille durant toute la messe. Après la cérémonie, la reine reçut des félicitations des princes et des cardinaux. Lors de son retrait, la princesse mère tenta de baiser la main de la reine, mais celle-ci refusa avec respect. Le soir, une pastorale fut représentée au grand théâtre devant plus de 15 000 personnes, suivie d'un bal. Le texte met en lumière la relation affectueuse entre la reine et sa mère, comparée au respect dû à une reine étrangère. Le Comte del Verme et la Comtesse de Galant accompagnèrent la reine jusqu'à Sestri. Ces événements devaient ravir le roi d'Espagne et son conseil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
982
p. 211-224
A Genes le 2. Octobre.
Début :
Le 25. du mois dernier la nouvelle Reine d'Espagne arriva [...]
Mots clefs :
Reine, Princesse, Duc, Gênes, Cardinal, Vaisseaux, Duc de Parme, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Genes le 2. Octobre.
AGenes le 2. Octobre.
Le 25. du mois dernier la
nouvelle Reine d'Eſpagne arriva
à Seſtri lieu de cette Republique
à trente mille au
Levant de Genes. M. le Duc
de Parme l'accompagna juf-
Sij
212 MERCURE
qu'au fommet du Mont Sains
te Croix , qui ſépare ſes Etats
de ceux de la Republique , &
où il avoit fait conſtruire avec
des planches une baraque tapiflée&
meublée affez proprement
, où ils ſe repoſerent environ
une demie heure , aprés
quoyce Duc prit congé de la
Princeſſe ,& les dernieres paroles
qu'il luy dit , furent de
luy ſouhaiter un heureux
voyage , & de luy recommander
la protection de ſa
Maifon . Cette Princeſſe fut
rencontrée à ces mêmes confins
par Madame la Princeſſe
GALANT. 213
Piombino ſuivie de la Marquife
Silica femme du Conful
d'Eſpagne à Livourne. Les
Ambaſſadeurs de cette Repu
blique l'y furent recevoir ,&
l'accompagnerent juſqu'à Seftri.
Elle avoit à ſa ſuite M. le
Cardinal Acquaviva
Dame d'Honneur
>
,
une
quatre
Femmes de Chambre , & trois
Aydes. Son Confeffeur qui
eſt un Jeſuite de Ferrare appellé
Pere Belate avec fon
Compagnon , ſon Medecin
Parmefan un Aumônier
د
د
Preſtre , deux Pages d'Honneur
, le Marquis Annibal
214 MERCURE
Scotty de Plaiſance qui l'accompagne
en qualité de Majordome
, foixante Mulets
chargez de ſes équipages &
quarante Cuiraffiers du Duc
de Parme qui l'ont accompagnée
juſqu'à Settry . Elle fut
conduite eny arrivant au Palais
Brignolé qu'on luy avoit
magnifiquement preparé &
onluydonna une Garde Suiffe
de la Republique , avec 400.
autres Soldats devant fon
Palais. Le lendemain de ſon
arrivée les Deputez de la Republique
firent leur entrée , accompagnez
de prés de 200.
GALANT. 215
autres Cavaliers Genois tous
magnifiquement habillez &
24. livrées uniformes & tresfuperbes
: aprés que ces Ambaſſadeurs
eurent fait leur
premier compliment , il luy
preſenterent le régal que la
Republique luy faifoit de 24.
caiſſes remplies de chocolat
• confitures , & eaux d'odeur
toutes couvertes de brocard
d'or&d'argent que cette Princeffe
a accepté de fort bonne
grace. L'apreſdinée du même
jour , M. le Duc Salviaty Ambaſſadeurde
M. le Grand Duc
fit fon entrée ayant trente
,
,
216 MERCURE
hommes de livrée fort magnifique
, deux Trompettes , &
deux Pages , & quatre Cavaliers
pour fon cortege qui fut
augmenté par tous les Officiers
des deux Galeres de Tofcane
, cette nouvelle Reine a
reſté trois jours à Seſtry , pendant
leſquels Elle n'eſt ſortie
qu'une ſeule fois pour aller à
l'Eglife. Cependant dans tout
ce temps-là les Dames de Genes
qui y estoient en grand
nombre & parées avec beaucoup
de faſte ſe ſont données
des feſtes , des bals tres magnifiques
à l'honneur de la
,
Reine
GALANT. 217
Reine . Elle s'embarqua le 30.
fur la Capitane de M. le Duc
de Turcis , & arriva icy te
même jour fur les 22. heures
d'Italie au bruit d'une triple
décharge de toute l'artillerie
de la Ville & des fix Vaiſſeaux
d'Eſpagne qui l'ont attenduë
dans ce Port , Elle fit rendre le
falut à la Ville par trois coups
deCanon de la Galere qui la
portoit , & lors qu'Elle ſe
débarqua toutes les Galeres
tant celles de M. le Duc de
Turcis , que celles de la Republique
, la faluërent aufli par
une triple décharge. Elle fe
Octobre 1714 . T
(
218 MERCURE
débarqua au pas du Fanal parce
que la Mer ſe trouva mauvaiſe
pour defcendre à Saint
Pierre d'Arenne , où on luy
avoit preparé le logement , &
on l'y conduifit enſuite par
terre dans ſa chaiſe à Porteur.
Son débarquement fut d'abord
troublé par une bourafque
qui ſurvint dans un moment,&
qui ne dura heureuſement
qu'un quart d'heure
mais ce fut une ſi forte pluye
&greſſe que plus de fix mille
perſonnes de l'un &de l'autre
ſexe qui estoient venuës pour
la voir en furent moüilleés juf
GALAN . 219
qu'à la chemiſe. Cette Princeſſe
a eſté ſi incommodée
dela Mer dans le petit trajet
de Seſtry icy qui n'eſt que de
dix lieuës , qu'Elle en garde
actuellement le lit , & eſt abſolument
réſoluë de ne plus
s'embarquer. A cet effet Elle
expedie aujourd'huy au Roy
fon Epoux pour luy reprefenter
que ne pouvant ſouffrir le
voyage par Mer , Elle estoit
refoluë d'aller par terre,& Elle
partira au premier beau temps
ayant toujours plû depuis
qu'elle eft icy ; & comme les
chemins ſont extraordinaire-
Tij
220 MERCURE
ment mauvais d'icy à Nice &
qu'Elle ne peut naturellement
les faire qu'en chaiſe àPorteur,
on va diſpoſer les relais pour
dix chaiſes , ſçavoir celle de
la Reine , une pour la Princeſſe
Piombino , une pour M.
le Cardinal Acquaviva , une
pour M. le Marquis de Los
Balbazés, une pour le Marquis
Scotty , une pour Don Carlo
Grillo , qui a ordre de la Reine
de ſe débarquer des Vaif
ſeaux où il eſt un des Lieutenant
Generaux , une pour le
Marquis Maldachini Romain
qui fuit d'ordre du Roy d'EfGALANT.
221
pagne en qualité de Majordome
, une pour les deux Femmes
de Chambre de la Reine ,
& une pour la Princeſſe de
Piombino. Les équipages
s'embarqueront ſur les Vaifſeaux
, à la referve de ce qui
doit ſuivre neceſſairement la
Reine, qu'on fera marcher à
cheval ,& pour les hardes on
acompté qu'il faur 36.Mulets.
Les Vaiſſeaux iront droit à
Micant & les Galeres ſuivront
lacoſte de Ville- franche , ou
Antibes , pour eſtre à portéc
de recevoir les ordres de la
Reine , qui ſuivra la même
T iij
222 MERCURE
coſte par terre. M. le Ducde
Turcis qui avoit receu le premier
ordre du Roy d'Eſpagne
d'embarquer la Princeſſe , a
eſté fort mortifié d'en voir
un autre au General Pez , par
lequel S. M. C. luy mande
qu'Elle defireroit que la Reine
s'embarqua ſur ſes Vaifſeaux.
Surquoy M. le Duc de
Turcis pour montrer quelque
empreſſement, avoit reprefenté
que la commodité des Galeres
eſtoit plus propre pour la
Reine que celle des Vaiſſeaux
& eſtant ſurvenu quelque
petit different fur cela entre 1
GALANT. 223
ce Duc & leGeneral Pez , M.
le Cardinal Acquaviva les
avoit mis d'accord eſtant encore
à Seſtry, en faiſant refoudre
la Reine de venir ſur les
Galeres juſqu'à Genes pour
s'y embarquer enſuite fur les
Vaiſſeaux. Mais il ne s'agit
plus preſentement d'aller par
Mer , puiſque cette Princeffe
a pris la reſolution de ſuivre
ſon voyage par Terre
compte de trouver ou d'attendre
à Toulouze les ordres
&
du Roy ſon Epoux pour la
continuation de ſon voyage
delà en Eſpagne. Elle a expe-
T iiij
224 MERCURE
,
dié à Monaco & à Nice pour
donner part de ſon paſſage.
Cette Princeſſe eſt âgéede 22.
ans, d'une taille moïenne,bien
faite , une belle gorge fort
blanche , des yeux petits
mais fort brillants , Elle eſt
piquée dela petite verole , ſa
vivacité eſt extraordinaire
Elle a beaucoup d'eſprit , elle
brode & peint en mignature
parfaitement bien , elle parle
diverſes Langues, & s'attache
actuellement à l'Eſpagnole.
Le 25. du mois dernier la
nouvelle Reine d'Eſpagne arriva
à Seſtri lieu de cette Republique
à trente mille au
Levant de Genes. M. le Duc
de Parme l'accompagna juf-
Sij
212 MERCURE
qu'au fommet du Mont Sains
te Croix , qui ſépare ſes Etats
de ceux de la Republique , &
où il avoit fait conſtruire avec
des planches une baraque tapiflée&
meublée affez proprement
, où ils ſe repoſerent environ
une demie heure , aprés
quoyce Duc prit congé de la
Princeſſe ,& les dernieres paroles
qu'il luy dit , furent de
luy ſouhaiter un heureux
voyage , & de luy recommander
la protection de ſa
Maifon . Cette Princeſſe fut
rencontrée à ces mêmes confins
par Madame la Princeſſe
GALANT. 213
Piombino ſuivie de la Marquife
Silica femme du Conful
d'Eſpagne à Livourne. Les
Ambaſſadeurs de cette Repu
blique l'y furent recevoir ,&
l'accompagnerent juſqu'à Seftri.
Elle avoit à ſa ſuite M. le
Cardinal Acquaviva
Dame d'Honneur
>
,
une
quatre
Femmes de Chambre , & trois
Aydes. Son Confeffeur qui
eſt un Jeſuite de Ferrare appellé
Pere Belate avec fon
Compagnon , ſon Medecin
Parmefan un Aumônier
د
د
Preſtre , deux Pages d'Honneur
, le Marquis Annibal
214 MERCURE
Scotty de Plaiſance qui l'accompagne
en qualité de Majordome
, foixante Mulets
chargez de ſes équipages &
quarante Cuiraffiers du Duc
de Parme qui l'ont accompagnée
juſqu'à Settry . Elle fut
conduite eny arrivant au Palais
Brignolé qu'on luy avoit
magnifiquement preparé &
onluydonna une Garde Suiffe
de la Republique , avec 400.
autres Soldats devant fon
Palais. Le lendemain de ſon
arrivée les Deputez de la Republique
firent leur entrée , accompagnez
de prés de 200.
GALANT. 215
autres Cavaliers Genois tous
magnifiquement habillez &
24. livrées uniformes & tresfuperbes
: aprés que ces Ambaſſadeurs
eurent fait leur
premier compliment , il luy
preſenterent le régal que la
Republique luy faifoit de 24.
caiſſes remplies de chocolat
• confitures , & eaux d'odeur
toutes couvertes de brocard
d'or&d'argent que cette Princeffe
a accepté de fort bonne
grace. L'apreſdinée du même
jour , M. le Duc Salviaty Ambaſſadeurde
M. le Grand Duc
fit fon entrée ayant trente
,
,
216 MERCURE
hommes de livrée fort magnifique
, deux Trompettes , &
deux Pages , & quatre Cavaliers
pour fon cortege qui fut
augmenté par tous les Officiers
des deux Galeres de Tofcane
, cette nouvelle Reine a
reſté trois jours à Seſtry , pendant
leſquels Elle n'eſt ſortie
qu'une ſeule fois pour aller à
l'Eglife. Cependant dans tout
ce temps-là les Dames de Genes
qui y estoient en grand
nombre & parées avec beaucoup
de faſte ſe ſont données
des feſtes , des bals tres magnifiques
à l'honneur de la
,
Reine
GALANT. 217
Reine . Elle s'embarqua le 30.
fur la Capitane de M. le Duc
de Turcis , & arriva icy te
même jour fur les 22. heures
d'Italie au bruit d'une triple
décharge de toute l'artillerie
de la Ville & des fix Vaiſſeaux
d'Eſpagne qui l'ont attenduë
dans ce Port , Elle fit rendre le
falut à la Ville par trois coups
deCanon de la Galere qui la
portoit , & lors qu'Elle ſe
débarqua toutes les Galeres
tant celles de M. le Duc de
Turcis , que celles de la Republique
, la faluërent aufli par
une triple décharge. Elle fe
Octobre 1714 . T
(
218 MERCURE
débarqua au pas du Fanal parce
que la Mer ſe trouva mauvaiſe
pour defcendre à Saint
Pierre d'Arenne , où on luy
avoit preparé le logement , &
on l'y conduifit enſuite par
terre dans ſa chaiſe à Porteur.
Son débarquement fut d'abord
troublé par une bourafque
qui ſurvint dans un moment,&
qui ne dura heureuſement
qu'un quart d'heure
mais ce fut une ſi forte pluye
&greſſe que plus de fix mille
perſonnes de l'un &de l'autre
ſexe qui estoient venuës pour
la voir en furent moüilleés juf
GALAN . 219
qu'à la chemiſe. Cette Princeſſe
a eſté ſi incommodée
dela Mer dans le petit trajet
de Seſtry icy qui n'eſt que de
dix lieuës , qu'Elle en garde
actuellement le lit , & eſt abſolument
réſoluë de ne plus
s'embarquer. A cet effet Elle
expedie aujourd'huy au Roy
fon Epoux pour luy reprefenter
que ne pouvant ſouffrir le
voyage par Mer , Elle estoit
refoluë d'aller par terre,& Elle
partira au premier beau temps
ayant toujours plû depuis
qu'elle eft icy ; & comme les
chemins ſont extraordinaire-
Tij
220 MERCURE
ment mauvais d'icy à Nice &
qu'Elle ne peut naturellement
les faire qu'en chaiſe àPorteur,
on va diſpoſer les relais pour
dix chaiſes , ſçavoir celle de
la Reine , une pour la Princeſſe
Piombino , une pour M.
le Cardinal Acquaviva , une
pour M. le Marquis de Los
Balbazés, une pour le Marquis
Scotty , une pour Don Carlo
Grillo , qui a ordre de la Reine
de ſe débarquer des Vaif
ſeaux où il eſt un des Lieutenant
Generaux , une pour le
Marquis Maldachini Romain
qui fuit d'ordre du Roy d'EfGALANT.
221
pagne en qualité de Majordome
, une pour les deux Femmes
de Chambre de la Reine ,
& une pour la Princeſſe de
Piombino. Les équipages
s'embarqueront ſur les Vaifſeaux
, à la referve de ce qui
doit ſuivre neceſſairement la
Reine, qu'on fera marcher à
cheval ,& pour les hardes on
acompté qu'il faur 36.Mulets.
Les Vaiſſeaux iront droit à
Micant & les Galeres ſuivront
lacoſte de Ville- franche , ou
Antibes , pour eſtre à portéc
de recevoir les ordres de la
Reine , qui ſuivra la même
T iij
222 MERCURE
coſte par terre. M. le Ducde
Turcis qui avoit receu le premier
ordre du Roy d'Eſpagne
d'embarquer la Princeſſe , a
eſté fort mortifié d'en voir
un autre au General Pez , par
lequel S. M. C. luy mande
qu'Elle defireroit que la Reine
s'embarqua ſur ſes Vaifſeaux.
Surquoy M. le Duc de
Turcis pour montrer quelque
empreſſement, avoit reprefenté
que la commodité des Galeres
eſtoit plus propre pour la
Reine que celle des Vaiſſeaux
& eſtant ſurvenu quelque
petit different fur cela entre 1
GALANT. 223
ce Duc & leGeneral Pez , M.
le Cardinal Acquaviva les
avoit mis d'accord eſtant encore
à Seſtry, en faiſant refoudre
la Reine de venir ſur les
Galeres juſqu'à Genes pour
s'y embarquer enſuite fur les
Vaiſſeaux. Mais il ne s'agit
plus preſentement d'aller par
Mer , puiſque cette Princeffe
a pris la reſolution de ſuivre
ſon voyage par Terre
compte de trouver ou d'attendre
à Toulouze les ordres
&
du Roy ſon Epoux pour la
continuation de ſon voyage
delà en Eſpagne. Elle a expe-
T iiij
224 MERCURE
,
dié à Monaco & à Nice pour
donner part de ſon paſſage.
Cette Princeſſe eſt âgéede 22.
ans, d'une taille moïenne,bien
faite , une belle gorge fort
blanche , des yeux petits
mais fort brillants , Elle eſt
piquée dela petite verole , ſa
vivacité eſt extraordinaire
Elle a beaucoup d'eſprit , elle
brode & peint en mignature
parfaitement bien , elle parle
diverſes Langues, & s'attache
actuellement à l'Eſpagnole.
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Résumé : A Genes le 2. Octobre.
Le 2 octobre, la nouvelle reine d'Espagne arriva à Sestri, dans la République de Gênes, escortée par le duc de Parme jusqu'au Mont Sainte-Croix. Elle fut accueillie par la princesse Piombino, la marquise Silica et les ambassadeurs de la République. La reine était accompagnée de divers dignitaires, dont le cardinal Acquaviva, des dames d'honneur, des femmes de chambre, un confesseur jésuite, un médecin, un aumônier, des pages et le marquis Annibal Scotty en tant que majordome. Elle séjourna trois jours à Sestri, recevant des visites officielles et des présents, notamment 24 caisses de chocolats, confitures et eaux de senteur. Le 30 octobre, elle embarqua sur la galère du duc de Tursis pour Gênes, mais en raison d'un malaise en mer, elle décida de poursuivre son voyage par terre. Des préparatifs furent faits pour organiser des relais pour dix chaises à porteurs destinées à la reine et à son entourage. La princesse, âgée de 22 ans, est décrite comme ayant une taille moyenne, une belle gorge blanche, des yeux petits mais brillants, et des traces de petite vérole. Elle est connue pour sa vivacité, son esprit, ses talents en broderie et en peinture miniature, ainsi que sa maîtrise de plusieurs langues, notamment l'espagnol. Initialement prévue pour se rendre en Espagne par mer, elle choisit de se rendre à Toulouse pour y attendre les ordres du roi, son époux. Elle informa Monaco et Nice de son passage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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983
p. 224-226
« J'avois le mois dernier formé le projet de donner une [...] »
Début :
J'avois le mois dernier formé le projet de donner une [...]
Mots clefs :
Journal historique, Horace, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'avois le mois dernier formé le projet de donner une [...] »
J'avois le mois dernier formé
le projet de donner une
Relation entiere de tout cc
GALANT. 225
qui s'eſt paſſé à Barcelone depuis
que M. de Staremberg
eſt ſorti de cette Place , jufqu'à
preſent. J'avois même
ramaſſe un grand nombre de
Memoires que je deſtinois à
l'execution de ce deffein , &
je n'aurois pas manqué d'en
faire une ſuite exacte , ſi je
n'avois pas trouvé dans mes
manufcrits tant de vuides
qu'il m'a eſté abſolument impoſſible
de les remplir en un
mois . J'auray plus de loiſir
&je feray peut- eſtre plus heureux
le mois prochain. Si je
réüflis enfin dans mes recher226
MERCURE
1
ches , on n'attendra pas longtemps
le Journal hiſtorique de
tous les évenemens de ce fameux
Siege , finon je m'en
tiendray au precepte d'Horace
,&malgré toutes les peines
que j'auray priſes, j'abandonneray
un ouvrage dont la façon
ne me flatteroit pas d'un
heureux fuccés... Et qua *
Defperattractata nitefcere poffe
relinquit.
le projet de donner une
Relation entiere de tout cc
GALANT. 225
qui s'eſt paſſé à Barcelone depuis
que M. de Staremberg
eſt ſorti de cette Place , jufqu'à
preſent. J'avois même
ramaſſe un grand nombre de
Memoires que je deſtinois à
l'execution de ce deffein , &
je n'aurois pas manqué d'en
faire une ſuite exacte , ſi je
n'avois pas trouvé dans mes
manufcrits tant de vuides
qu'il m'a eſté abſolument impoſſible
de les remplir en un
mois . J'auray plus de loiſir
&je feray peut- eſtre plus heureux
le mois prochain. Si je
réüflis enfin dans mes recher226
MERCURE
1
ches , on n'attendra pas longtemps
le Journal hiſtorique de
tous les évenemens de ce fameux
Siege , finon je m'en
tiendray au precepte d'Horace
,&malgré toutes les peines
que j'auray priſes, j'abandonneray
un ouvrage dont la façon
ne me flatteroit pas d'un
heureux fuccés... Et qua *
Defperattractata nitefcere poffe
relinquit.
Fermer
Résumé : « J'avois le mois dernier formé le projet de donner une [...] »
L'auteur souhaite écrire une relation complète des événements à Barcelone depuis le départ de M. de Staremberg. Il a rassemblé des mémoires mais constate des lacunes dans ses manuscrits, rendant impossible leur complétion rapide. Il espère achever son ouvrage le mois suivant ou l'abandonner si les résultats ne le satisfont pas, suivant le précepte d'Horace.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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984
p. 302-342
SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
Début :
Le Jeudy 20. Septembre on chanta un Motet de la [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Princes, Seigneurs, Dames, Princesses, Duchesse, Électeur, Promenade, Cerf, Calèche, Chasse, Calèches, Conseil, Comte, Sanglier, Promenade royale, Trompettes, Cour, Roi, Spectacle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
SUITE DU JOURNAL
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
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Résumé : SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
Du 20 au 27 septembre 1714, plusieurs événements significatifs eurent lieu à la cour de Fontainebleau. Le 20 septembre, un motet de M. Lalouëtte fut interprété, suivi d'un conseil d'État et d'une chasse au cerf. Le Duc de Mortemar annonça l'attaque de Barcelone et la prise de deux bastions. Le 21 septembre, un autre motet de M. de Lalande fut chanté et acclamé lors de la messe royale. Le 23 septembre, le Marquis de Broglio rapporta la reddition de Barcelone. Le 25 septembre, un Te Deum fut célébré pour commémorer cette victoire, accompagné de feux d'artifice et d'illuminations. Du 28 septembre au 7 octobre, le Comte de Luface, fils du roi de Pologne, fut accueilli à la cour. Des chasses au cerf et des promenades royales furent organisées, notamment le 30 septembre pour fêter la prise de Barcelone. Le 7 octobre, le roi se rendit au canal dans une calèche somptueuse, entouré de nombreux seigneurs et dames. Du 8 au 19 octobre, des conseils et des chasses au cerf se poursuivirent, avec des moments marquants comme l'annonce du mariage de la princesse de Parme avec le roi d'Espagne le 9 octobre. Le 19 octobre, l'ambassadeur de Hollande, M. Buis, participa à un conseil de conscience. Le 24 octobre, le roi quitta Fontainebleau pour passer la nuit à Petit-Bourg, et le 25 octobre, la cour se déplaça à Versailles.
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985
p. 10-16
AUX MUSES, SUR LA PAIX. Par Mademoiselle Deshoulieres.
Début :
Par exemple, je vais donner indiffereemment au / [...]
Mots clefs :
Paix, Muses, Louis XIV, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUX MUSES, SUR LA PAIX. Par Mademoiselle Deshoulieres.
Par exemple , je vais don- ..
ner indifferemment au
GALANT. I
monde les vers que Mademoiſelle
Deshoulieres vous
adreſſe ſur la Paix, quoique
je ſente à merveille le merite
du genie qui les a enfantez
:mais je ſuis homme
de parole , & l'on fe moqueroit
de moy , fi , à fon
occafion , apres les injures
que je viens de vous dire ,
je me raccommodois ſi aifément
avec vous.
12 MERCURE
ン
*******
AUX MUSES ,
SUR LA ΡΑΙΧ.
Par Mademoiselle Deshoulieres.
DEs facrez bords que le
Permeſſe arrofe,
Muſes , tranſportez -moy
dans ces lieux enchantez
,
Où Louis , au milieu de .
cent Divinitez ,
A l'ombre des lauriers repofe.
Secondez mes defirs , ve
GALANT . 13
nez, ſçavantes Soeurs ,
Venez d'un air riant &
pretendre
Enrichir mon eſprit d'une
moiſſon de fleurs ;
Venez , hâtez vous de répandre
Sur mes foibles chanſons
vos divines faveurs .
Sans vous oſerois - je pretendre
A l'honneur de chanter la
paix ,
Que Louis dans le cours
de ſes vaſtes projets .
Al'univers a voulu rendre ,
Et que ſes glorieux travaux
(
14 MERCURE
Du celeſte ſejour ont forcé
de deſcendre, 22
Malgré les vains efforts de
ſes fameux rivaux ?
Jaloux du Heros dont l'hiſtoire
Adéja conſacré la rapide
valeur,
Ils avoient confpiré d'abaiſſer
ſa grandeur ;
Ils avoient feduit la victoire,
Qui tant&tantde fois couronna
ce vainqueur.
Pour remplir des deſtins
l'arrêt irrevocable,
Elle revient à lui , vole , &
GALANT. 15
Slance fes traits
Sur cette ligue formidable,
Qui de l'Europe entiere avoit
banni la paix.
Accoûtuméeàmarcher devant
elle
SouslesordresdeceHeros,
Ellereprend ſa place , & la
fiere Immortelle ,
Jalouſe de ſes droits , ansho
tui nonce le repos ,
Que Lours triomphant
rappelle.
De nos malheurs les four-
20oces vont tarir ,
De mille biens la paix fera
ſuivie,
16 MERCURE
Les plaiſirs , les beaux arts
vont revivre & fleurir ,
De nouveaux dons la terre
eſt prête à le couvrir :
Maispour nous ſatisfaire au
gré de nôtre envie ,
Sous les yeux de monRoy
puiſſe croître & meûrir
L'auguſte rejetton d'une ſi
belle tige.
201
Dans l'ardeur que pour lui
nôtre tendreſſe exige ,
Puiſſent les Immortels accorder
à nos voeux
De longs jours à Louis ,&
de longs jours heureux.
ner indifferemment au
GALANT. I
monde les vers que Mademoiſelle
Deshoulieres vous
adreſſe ſur la Paix, quoique
je ſente à merveille le merite
du genie qui les a enfantez
:mais je ſuis homme
de parole , & l'on fe moqueroit
de moy , fi , à fon
occafion , apres les injures
que je viens de vous dire ,
je me raccommodois ſi aifément
avec vous.
12 MERCURE
ン
*******
AUX MUSES ,
SUR LA ΡΑΙΧ.
Par Mademoiselle Deshoulieres.
DEs facrez bords que le
Permeſſe arrofe,
Muſes , tranſportez -moy
dans ces lieux enchantez
,
Où Louis , au milieu de .
cent Divinitez ,
A l'ombre des lauriers repofe.
Secondez mes defirs , ve
GALANT . 13
nez, ſçavantes Soeurs ,
Venez d'un air riant &
pretendre
Enrichir mon eſprit d'une
moiſſon de fleurs ;
Venez , hâtez vous de répandre
Sur mes foibles chanſons
vos divines faveurs .
Sans vous oſerois - je pretendre
A l'honneur de chanter la
paix ,
Que Louis dans le cours
de ſes vaſtes projets .
Al'univers a voulu rendre ,
Et que ſes glorieux travaux
(
14 MERCURE
Du celeſte ſejour ont forcé
de deſcendre, 22
Malgré les vains efforts de
ſes fameux rivaux ?
Jaloux du Heros dont l'hiſtoire
Adéja conſacré la rapide
valeur,
Ils avoient confpiré d'abaiſſer
ſa grandeur ;
Ils avoient feduit la victoire,
Qui tant&tantde fois couronna
ce vainqueur.
Pour remplir des deſtins
l'arrêt irrevocable,
Elle revient à lui , vole , &
GALANT. 15
Slance fes traits
Sur cette ligue formidable,
Qui de l'Europe entiere avoit
banni la paix.
Accoûtuméeàmarcher devant
elle
SouslesordresdeceHeros,
Ellereprend ſa place , & la
fiere Immortelle ,
Jalouſe de ſes droits , ansho
tui nonce le repos ,
Que Lours triomphant
rappelle.
De nos malheurs les four-
20oces vont tarir ,
De mille biens la paix fera
ſuivie,
16 MERCURE
Les plaiſirs , les beaux arts
vont revivre & fleurir ,
De nouveaux dons la terre
eſt prête à le couvrir :
Maispour nous ſatisfaire au
gré de nôtre envie ,
Sous les yeux de monRoy
puiſſe croître & meûrir
L'auguſte rejetton d'une ſi
belle tige.
201
Dans l'ardeur que pour lui
nôtre tendreſſe exige ,
Puiſſent les Immortels accorder
à nos voeux
De longs jours à Louis ,&
de longs jours heureux.
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Résumé : AUX MUSES, SUR LA PAIX. Par Mademoiselle Deshoulieres.
Un homme écrit à une correspondante pour expliquer qu'il ne publiera pas les vers de Mademoiselle Deshoulières sur la paix, bien qu'ils soient méritants, afin d'éviter l'incohérence après avoir récemment critiqué cette dernière. Il souligne qu'il est homme de parole et ne veut pas prêter à rire. Le poème de Mademoiselle Deshoulières, 'Aux Muses, Sur la Paix', invite les Muses à la transporter dans un lieu enchanté où Louis XIV repose sous les lauriers, entouré de divinités. Elle demande leur aide pour enrichir son esprit et chanter la paix instaurée par Louis XIV grâce à ses actions glorieuses. Le poème décrit la Victoire revenant à Louis malgré les rivaux jaloux, rétablissant ainsi la paix en Europe. Cette paix mettra fin aux malheurs, fera renaître les plaisirs et les arts, et permettra à la terre de produire de nouvelles richesses. Enfin, elle souhaite longévité et bonheur à Louis XIV et à son héritier.
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986
p. 109-117
Nouvelles de Vienne. [titre d'après la table]
Début :
Les dernieres lettres de Vienne du 5. de ce mois [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Château, Empereur, Impératrice, Vienne, Cardinal, Cardinal de Saxe, Seigneurs
987
p. 125-138
Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Début :
De la Cathedrale de Barcelonne. Le Docteur Thomas Elorens, soy-disant [...]
Mots clefs :
Ecclésiastiques, Barcelone, Catalogne, Maréchal de Berwick, Religieux, Chanoine, Chanoine, Église, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Liste des Eccleſiaſtiques ,
des Religieux bannis à perpetuité
de Barcelonne &
de Catalogne , avec défense
d'entrer jamais dans
aucuns des Estats de la domination
de Sa Majesté
Catholique , par ordre de
Monsieur le Maréchal de
Bervvik du deux Septembre
1714.
De la Cathedrale de Barcelonne.
Le Docteur Thomas
Elorens , ſoy-diſant Chancelier
de Catalogne.
Liij
126 MERCURE
Le Docteur Joſeph Rifos
, Chanoine , & Grand
Vicaire du Dioceſe.
André Fox , Chanoine ,
& fon Coadjuteur.
N. Barata , Chanoine &
Docteur .
Le Docteur N. Figaro ,
Beneficier de la Cathedrale
, Prieur de l'Hôpital de
la Mifericorde.
Le Docteur Maurice Andreu
, Beneficier de la Cathedrale.
Vincent Carcazez , idem .
GALANT. 127
De l'Eglise Paroiffe dite
de Pine
Michel Busquets , Vicaire.
Le Docteur François
Galvanii , Beneficier.
Raymond Roffell , idem.
De l'Eglise Paroiſſe de
Sainte Marie.
:
Le Docteur Estienne Maſcaro
, Vicaire perpetuel ,
( ou Curé ) de cette Eglife.
L iiij
128 MERCURE
Le Docteur Raymond
Padrall.στου 2019
Le Docteur François
Serrat.
Le Docteur Varis.
Le Docteur Antoine
Roig.
Le Docteur Magin Sinio.
Le Docteur François
Goli.
Joſeph Compte.
N. Moleni .
Le Docteur Raymond
Torruella , Vicaire.
Jofeph Canfera , Prê
tre.
Tous Beneficiers de cette Eglife.
GALANT.
129
Joſeph Roig , Prêtre , &
Procureur general de l'Hôpital
general dit de ſainte
Croix.
Le Docteur Don Antoine
Sola.
Le Docteur Joſeph d'Efpreu
, Archidiacre & Chanoine
d'Urgal.
Le Docteur Paul Vinas ,
Chanoine de la même Eglife.
Le Docteur Thomas
Borras, Hofpitalier de Tortofa
Le Docteur André Arbell
, Chanoine de Vich.
130 MERCURE
Ces quatre derniers trouvez
dans Barcelonne ayant
abandonné leurs Eglifes.
Religieux ou vivans en Communauté,
Le Docteur Joſeph Campasi
, Camerier du Monastere
de Gerry , Ordre
de faint Benoît.
De la Miffion.
Le Docteur Joſeph Jofrea
, Superieur du Seminaire
de la Miffion.
GALANT.
131
400 Le P. Jerome Dieran.
Minimes .
Le P. Paul Andrau , Provincial.
Jacobins .
Le P. Maître Thomas
Sabater , l'un des Inquifiteurs.
Grands Carmes.
Le P. Maître François
Battaller.
132
MERCURE
Le P. Jean Alau .
Carmes Déchauffez
François Joſeph deChriſt.
Cordeliers.
Le P. Jacques Boldas.
Le P. N. Coll. ىلع
Grands Augustins.
Le P. Maître Diegue Florenza.
Le P. Maître Antoine Recorda.
(
GALANT.
133
Le P. Maître Laurent
Dalmau.
Trinitaires Déchauſſez
Le P. André de ſaint
Pierre.
Le P. Joſeph de la Mere
de Dieu.
De la Mercy.
Le P. Sauveur Folia.
Le P. Jean Vilar .
Le P. Pinille.
Le P. Cuenta.
A
Le P. Arnault, Arragon
nois.
134 MERCURE
Le P. Raphael N. Valencien.
lan.
Le P. N. Caſtro , Caſtil-
Jefuites.
Le P. Gerard Marzille ,
ci - devant Vice - Provinc
cial.
Le P. Dominique Naveſque,
Receveur du grand
College dit de Betlheem.
Le P. Philippe Elanes.
Le P. Jacques Corxet.
Le P. Gregoire Auharri ,
Arragonnois.
GALANT.
135
Le Frere Sall , Majorquin.
Ils eurent tous ordre de
fortir de Barcelonne dans
vingt-quatre heures , & de
tous les Eftats d'Eſpagne
dans huit jours.
Quelques-uns prirent par
mer la route d'Italie ; plu-
✓ ſieurs paſſerent par le Rouffillon.
On leur permit d'abord
trois jours de ſéjour
dans Perpignan , ou M. l'Evêque
défendit qu'on leur
laiſsât dire la Meffe. En-
4
ſuite M. l'Intendant fit publier
une défenſe d'en re-
?
136 MERCURE "
cevoir aucun fans avertir ,
& de le garder plus de
vingt quatre heures. Il permit
pourtant deux fois
vingt - quatre heures pour
les Religieux.
Quelques uns débarquerent
à Collioure : mais on
les obligea de ſe rembarquer
auflitôt en des barques
Genoiſes qui les por
toient , avec leſquelles on
leur a fait prendre la route
d'Italie.
Don N. Sola & Comes ,
Comte de Koque Marti ,
Chanoine de Tolede , ( on
ne
i
GALANT.A
137
ne ſçait pas fi c'eſt le mê
me que l'on trouve dans
la liſte ſous le nom deDon
Antoine Sola) arriva àVillefranche,
Capitale duConflans
en Rouffillon , avec
fes paſſeports du Marquis
de Lede , Gouverneur de
Barcelonne , qui lui permettoit
d'aller à Villefranche
: mais comme ce pafſeport
portoit qu'il étoit
banni de la Monarchie
d'Eſpagne , le Gouverneur
de la place envoya vîte ce
paffeport à Monfieur l'Intendant
, qui ordonna de
Νου. 1714. M
138 MERCURE
le faire fortir inceſſamment
de toute l'étenduë de fon
Intendance. api iwego
On dit que ce n'eſt là
qu'une premiere purgation
faite de la Catalogne ,
&qu'on en fera encoreune
plus forte.
On deſarme tout le pays.
Majorque ne dit encore
rien ; Monfieur le Maré
chal y a envoyé Monfieur
d'Adoncourt , Aide - Major
deſon armée , pour s'aboucher
avec le Gouverneur
& les principaux de cette
Mе.
des Religieux bannis à perpetuité
de Barcelonne &
de Catalogne , avec défense
d'entrer jamais dans
aucuns des Estats de la domination
de Sa Majesté
Catholique , par ordre de
Monsieur le Maréchal de
Bervvik du deux Septembre
1714.
De la Cathedrale de Barcelonne.
Le Docteur Thomas
Elorens , ſoy-diſant Chancelier
de Catalogne.
Liij
126 MERCURE
Le Docteur Joſeph Rifos
, Chanoine , & Grand
Vicaire du Dioceſe.
André Fox , Chanoine ,
& fon Coadjuteur.
N. Barata , Chanoine &
Docteur .
Le Docteur N. Figaro ,
Beneficier de la Cathedrale
, Prieur de l'Hôpital de
la Mifericorde.
Le Docteur Maurice Andreu
, Beneficier de la Cathedrale.
Vincent Carcazez , idem .
GALANT. 127
De l'Eglise Paroiffe dite
de Pine
Michel Busquets , Vicaire.
Le Docteur François
Galvanii , Beneficier.
Raymond Roffell , idem.
De l'Eglise Paroiſſe de
Sainte Marie.
:
Le Docteur Estienne Maſcaro
, Vicaire perpetuel ,
( ou Curé ) de cette Eglife.
L iiij
128 MERCURE
Le Docteur Raymond
Padrall.στου 2019
Le Docteur François
Serrat.
Le Docteur Varis.
Le Docteur Antoine
Roig.
Le Docteur Magin Sinio.
Le Docteur François
Goli.
Joſeph Compte.
N. Moleni .
Le Docteur Raymond
Torruella , Vicaire.
Jofeph Canfera , Prê
tre.
Tous Beneficiers de cette Eglife.
GALANT.
129
Joſeph Roig , Prêtre , &
Procureur general de l'Hôpital
general dit de ſainte
Croix.
Le Docteur Don Antoine
Sola.
Le Docteur Joſeph d'Efpreu
, Archidiacre & Chanoine
d'Urgal.
Le Docteur Paul Vinas ,
Chanoine de la même Eglife.
Le Docteur Thomas
Borras, Hofpitalier de Tortofa
Le Docteur André Arbell
, Chanoine de Vich.
130 MERCURE
Ces quatre derniers trouvez
dans Barcelonne ayant
abandonné leurs Eglifes.
Religieux ou vivans en Communauté,
Le Docteur Joſeph Campasi
, Camerier du Monastere
de Gerry , Ordre
de faint Benoît.
De la Miffion.
Le Docteur Joſeph Jofrea
, Superieur du Seminaire
de la Miffion.
GALANT.
131
400 Le P. Jerome Dieran.
Minimes .
Le P. Paul Andrau , Provincial.
Jacobins .
Le P. Maître Thomas
Sabater , l'un des Inquifiteurs.
Grands Carmes.
Le P. Maître François
Battaller.
132
MERCURE
Le P. Jean Alau .
Carmes Déchauffez
François Joſeph deChriſt.
Cordeliers.
Le P. Jacques Boldas.
Le P. N. Coll. ىلع
Grands Augustins.
Le P. Maître Diegue Florenza.
Le P. Maître Antoine Recorda.
(
GALANT.
133
Le P. Maître Laurent
Dalmau.
Trinitaires Déchauſſez
Le P. André de ſaint
Pierre.
Le P. Joſeph de la Mere
de Dieu.
De la Mercy.
Le P. Sauveur Folia.
Le P. Jean Vilar .
Le P. Pinille.
Le P. Cuenta.
A
Le P. Arnault, Arragon
nois.
134 MERCURE
Le P. Raphael N. Valencien.
lan.
Le P. N. Caſtro , Caſtil-
Jefuites.
Le P. Gerard Marzille ,
ci - devant Vice - Provinc
cial.
Le P. Dominique Naveſque,
Receveur du grand
College dit de Betlheem.
Le P. Philippe Elanes.
Le P. Jacques Corxet.
Le P. Gregoire Auharri ,
Arragonnois.
GALANT.
135
Le Frere Sall , Majorquin.
Ils eurent tous ordre de
fortir de Barcelonne dans
vingt-quatre heures , & de
tous les Eftats d'Eſpagne
dans huit jours.
Quelques-uns prirent par
mer la route d'Italie ; plu-
✓ ſieurs paſſerent par le Rouffillon.
On leur permit d'abord
trois jours de ſéjour
dans Perpignan , ou M. l'Evêque
défendit qu'on leur
laiſsât dire la Meffe. En-
4
ſuite M. l'Intendant fit publier
une défenſe d'en re-
?
136 MERCURE "
cevoir aucun fans avertir ,
& de le garder plus de
vingt quatre heures. Il permit
pourtant deux fois
vingt - quatre heures pour
les Religieux.
Quelques uns débarquerent
à Collioure : mais on
les obligea de ſe rembarquer
auflitôt en des barques
Genoiſes qui les por
toient , avec leſquelles on
leur a fait prendre la route
d'Italie.
Don N. Sola & Comes ,
Comte de Koque Marti ,
Chanoine de Tolede , ( on
ne
i
GALANT.A
137
ne ſçait pas fi c'eſt le mê
me que l'on trouve dans
la liſte ſous le nom deDon
Antoine Sola) arriva àVillefranche,
Capitale duConflans
en Rouffillon , avec
fes paſſeports du Marquis
de Lede , Gouverneur de
Barcelonne , qui lui permettoit
d'aller à Villefranche
: mais comme ce pafſeport
portoit qu'il étoit
banni de la Monarchie
d'Eſpagne , le Gouverneur
de la place envoya vîte ce
paffeport à Monfieur l'Intendant
, qui ordonna de
Νου. 1714. M
138 MERCURE
le faire fortir inceſſamment
de toute l'étenduë de fon
Intendance. api iwego
On dit que ce n'eſt là
qu'une premiere purgation
faite de la Catalogne ,
&qu'on en fera encoreune
plus forte.
On deſarme tout le pays.
Majorque ne dit encore
rien ; Monfieur le Maré
chal y a envoyé Monfieur
d'Adoncourt , Aide - Major
deſon armée , pour s'aboucher
avec le Gouverneur
& les principaux de cette
Mе.
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Résumé : Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Le 2 septembre 1714, le Maréchal de Berwick ordonna l'exil perpétuel de plusieurs ecclésiastiques et religieux de Barcelone et de Catalogne, leur interdisant d'entrer dans les États du roi d'Espagne. Cette mesure concernait des membres de la cathédrale de Barcelone, des églises paroissiales, ainsi que divers ordres religieux tels que les Minimes, Jacobins, Grands Carmes, Cordeliers, Grands Augustins, Trinitaires et Jésuites. Les personnes concernées devaient quitter Barcelone dans les vingt-quatre heures et l'Espagne dans les huit jours. Certains ont pris la mer vers l'Italie ou ont traversé le Roussillon. Ils ont été autorisés à séjourner trois jours à Perpignan, mais l'évêque leur interdit de célébrer la messe. L'intendant publia ensuite une défense d'accueillir ces exilés plus de vingt-quatre heures, avec quelques exceptions pour les religieux. Plusieurs furent contraints de se rembarquer à Collioure vers l'Italie. Le document mentionne également l'arrivée de Don N. Sola & Comes à Villefranche, expulsé en raison de son bannissement de la monarchie espagnole. Cette purge est présentée comme une première étape, avec des actions similaires prévues pour Majorque. Par ailleurs, le pays était en cours de désarmement.
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988
p. 143-152
De Londres. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Londres du 14. de ce mois, que le 26. [...]
Mots clefs :
Londres, Baron, Couronne, Comte d'Halifax, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres. [titre d'après la table]
On écrit de Londres du
144 MERCURE
14. de ce mois , que le 26.
du mois dernier le Roy
créa pluſieurs Pairs de la
Grande Bretagne. Milord
Chandon a été fait Comte
de Caernarven ; Milord
Rockingam , Comte de
Rockingam ; Milord Of
fulton , Comte d'Offulton;
Milord Hallifax , Comte
de Hallifax ; Milord Gernſez
, Comte d'Aylesford ;
Milord Harvey , Comte
de Bristol ; & Milord Pelham
, Comte de Clare. Il
fit encore Pairs de la Grande
Bretagne le Comte de
ThoGALANT.
145
Thomond Irlandois , Vicomte
de Tadcaſter ; le
Vicomte de Caſtleton , Ba .
ron Sanderſon de Saxby ;
Milord Sherad , Baron de
Harbouroug ; Milord Pierrepont
, Baron de Pierrepont
de Hauſlip. Ces trois
derniers ſont auſſi Irlandois.
Le ſieur Henry Boyle
a été créé Baron de Carleton
; le Chevalier Richard
Temple , Baron Temple ;
&le Chevalier Michel Vvaſton
, Baron de Vvaſton :
mais il s'eſt excuſé d'accepter
cette dignité. Le
Νου. 1714. N
146 MERCURE
ende
27. le Roy tint au Palais de
faint James , pour la prémiere
fois , Chapitre de
l'Ordre de la Jarretiere ,
dans lequel il fit quatre
Ghevaliers , qui font le
Duc de Rutland , le Duc
de Bolton , le Comte de
Dorfet , & le Comte de
Hallifax. Le Comte d'Ay
lesford a été fait Chance
lier du Duché de Lancafi
tre , à la place de Milord
Burkley de Strerlon , & le
Colonel Killegrevv Gentilhomme
de la Garderobe
du Prince de Galles. Le 25
GALANT 147
Je Marquis de Monteleon ,
Ambaſſadeur d'Eſpagne ,
arriva de Hollande en cette
ville par la voye de Calais
&le 26. au matin il alla vi
fiter les Secretaires d'Eftat ,
qui le même jour allerent
àfon Hôtel lui rendre ſa
viſitean Le même jour le
Maire nomma fix Aldermans
, & douze Membres
du commun Conſeil de la
ville, pour faire la fonc
tion de Maîtres d'Hôtel
&faire fervir le Roy, le
Prince & la Princeſſe au
feftin qu'il donnera le 9.
Nij
148 MERCURE
de ce mois , auquel les Seigneurs
& les Miniftres font
auſſi invitez. Le General
Cadogan ayant reçû fes
inſtructions , partit le 27 .
pour aller en Hollande , à
la place du Comte de Strafford.
Le 31. au matin le
Roy fut couronné dans l'Egliſe
de l'Abbaye de Vveſtminſter
, avec toute la ſo .
Lemnité poſſible , ſuivant le
ceremonial ordinaire , La
marche commença de la
falle de Vveſtminster , Sa
Majefté étant precedée par
les Officiers qui ont accou
GALANT . 149
tume de porter les marques
& de la Dignité Royale
accompagnée des Pairs
leurs couronnes à la main .
La ceremonie du couronnement
fut faite par l'Archevêque
de Cantorbery ,
qui , aprés le ſervice , & le
fermon prononcé par l'Evêque
d'Oxford , mit la
couronne fur la tête du
Roy. Enfuite on chanta le
TeDeum, & quelques hymnes
en muſique au bruit
des trompettes , auquel les
canons de la Tour & du
Parc répondirent. On re-
Niij
150 MERCURE
tourna dans le mémetors
dre à la falle de Viveſtmin
ſter , où un magnifique
feſtin avoit été proparé. Le
Roy & le Prince s'affirent
à une table élevée au bout
de la falle , & les Pairs , la
couronne en tête , à deux
longues tables dreſſées des
deux côtez de la falle vAh
premier ſervice un Heraut
d'armes fit la proclamation
7
en Anglois & en François;
& le champion étant entré
àcheval , armé de toutes
pieces , jetta ſon ganteler ,
comme gage de bataille ,
GALANTM
pour défier aub combat
ceux qui contefteroient le
droit à la couronne pour
de nouveau Roy. A cinq
heures le Roy ſe retira au
Palais de ſaint James ; &
de foir il y eut des feux de
joye , des réjoüiffances , &
des illuminations par toute
la ville. Avant qu'on ſe mît
en marche pour la ceremonie,
deux ou trois écha
fauts à triple étage , dref
fez dans la cour de Vveftminster
& autour du cimetiere
de l'Eglife , chargez
de ſpectateurs , fondi-
Niiij
7
152 MERCURE
rent , en forte qu'il y cut
pluſieurs perſonnes tuées ,
9115.D
& un tres - grand nombre
de bleſſées.
144 MERCURE
14. de ce mois , que le 26.
du mois dernier le Roy
créa pluſieurs Pairs de la
Grande Bretagne. Milord
Chandon a été fait Comte
de Caernarven ; Milord
Rockingam , Comte de
Rockingam ; Milord Of
fulton , Comte d'Offulton;
Milord Hallifax , Comte
de Hallifax ; Milord Gernſez
, Comte d'Aylesford ;
Milord Harvey , Comte
de Bristol ; & Milord Pelham
, Comte de Clare. Il
fit encore Pairs de la Grande
Bretagne le Comte de
ThoGALANT.
145
Thomond Irlandois , Vicomte
de Tadcaſter ; le
Vicomte de Caſtleton , Ba .
ron Sanderſon de Saxby ;
Milord Sherad , Baron de
Harbouroug ; Milord Pierrepont
, Baron de Pierrepont
de Hauſlip. Ces trois
derniers ſont auſſi Irlandois.
Le ſieur Henry Boyle
a été créé Baron de Carleton
; le Chevalier Richard
Temple , Baron Temple ;
&le Chevalier Michel Vvaſton
, Baron de Vvaſton :
mais il s'eſt excuſé d'accepter
cette dignité. Le
Νου. 1714. N
146 MERCURE
ende
27. le Roy tint au Palais de
faint James , pour la prémiere
fois , Chapitre de
l'Ordre de la Jarretiere ,
dans lequel il fit quatre
Ghevaliers , qui font le
Duc de Rutland , le Duc
de Bolton , le Comte de
Dorfet , & le Comte de
Hallifax. Le Comte d'Ay
lesford a été fait Chance
lier du Duché de Lancafi
tre , à la place de Milord
Burkley de Strerlon , & le
Colonel Killegrevv Gentilhomme
de la Garderobe
du Prince de Galles. Le 25
GALANT 147
Je Marquis de Monteleon ,
Ambaſſadeur d'Eſpagne ,
arriva de Hollande en cette
ville par la voye de Calais
&le 26. au matin il alla vi
fiter les Secretaires d'Eftat ,
qui le même jour allerent
àfon Hôtel lui rendre ſa
viſitean Le même jour le
Maire nomma fix Aldermans
, & douze Membres
du commun Conſeil de la
ville, pour faire la fonc
tion de Maîtres d'Hôtel
&faire fervir le Roy, le
Prince & la Princeſſe au
feftin qu'il donnera le 9.
Nij
148 MERCURE
de ce mois , auquel les Seigneurs
& les Miniftres font
auſſi invitez. Le General
Cadogan ayant reçû fes
inſtructions , partit le 27 .
pour aller en Hollande , à
la place du Comte de Strafford.
Le 31. au matin le
Roy fut couronné dans l'Egliſe
de l'Abbaye de Vveſtminſter
, avec toute la ſo .
Lemnité poſſible , ſuivant le
ceremonial ordinaire , La
marche commença de la
falle de Vveſtminster , Sa
Majefté étant precedée par
les Officiers qui ont accou
GALANT . 149
tume de porter les marques
& de la Dignité Royale
accompagnée des Pairs
leurs couronnes à la main .
La ceremonie du couronnement
fut faite par l'Archevêque
de Cantorbery ,
qui , aprés le ſervice , & le
fermon prononcé par l'Evêque
d'Oxford , mit la
couronne fur la tête du
Roy. Enfuite on chanta le
TeDeum, & quelques hymnes
en muſique au bruit
des trompettes , auquel les
canons de la Tour & du
Parc répondirent. On re-
Niij
150 MERCURE
tourna dans le mémetors
dre à la falle de Viveſtmin
ſter , où un magnifique
feſtin avoit été proparé. Le
Roy & le Prince s'affirent
à une table élevée au bout
de la falle , & les Pairs , la
couronne en tête , à deux
longues tables dreſſées des
deux côtez de la falle vAh
premier ſervice un Heraut
d'armes fit la proclamation
7
en Anglois & en François;
& le champion étant entré
àcheval , armé de toutes
pieces , jetta ſon ganteler ,
comme gage de bataille ,
GALANTM
pour défier aub combat
ceux qui contefteroient le
droit à la couronne pour
de nouveau Roy. A cinq
heures le Roy ſe retira au
Palais de ſaint James ; &
de foir il y eut des feux de
joye , des réjoüiffances , &
des illuminations par toute
la ville. Avant qu'on ſe mît
en marche pour la ceremonie,
deux ou trois écha
fauts à triple étage , dref
fez dans la cour de Vveftminster
& autour du cimetiere
de l'Eglife , chargez
de ſpectateurs , fondi-
Niiij
7
152 MERCURE
rent , en forte qu'il y cut
pluſieurs perſonnes tuées ,
9115.D
& un tres - grand nombre
de bleſſées.
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Résumé : De Londres. [titre d'après la table]
En 1714 à Londres, plusieurs événements politiques et cérémoniels marquants ont eu lieu. Le 26 du mois précédent, le roi a créé plusieurs pairs de la Grande-Bretagne, dont Lord Chandon, Lord Rockingham, Lord Offulton, Lord Halifax, Lord Gernsey, Lord Harvey, Lord Pelham, et le comte de Thogalant. Des titres de vicomtes et de barons ont été attribués à des personnalités irlandaises et anglaises, tandis que le chevalier Michel Wvaston a refusé la dignité de baron. Le 27, le roi a tenu le premier chapitre de l'Ordre de la Jarretière au Palais de Saint James, nommant quatre chevaliers : le duc de Rutland, le duc de Bolton, le comte de Dorset, et le comte de Halifax. Le comte d'Aylesford a été nommé chancelier du duché de Lancastre et le colonel Killegrev gentilhomme de la garde-robe du prince de Galles. Le marquis de Monteleon, ambassadeur d'Espagne, est arrivé de Hollande et a été reçu par les secrétaires d'État. Le maire de Londres a nommé des aldermen et des membres du conseil communal pour le festin royal du 9 du mois. Le général Cadogan est parti pour la Hollande, remplaçant le comte de Strafford. Le 31, le roi a été couronné à l'abbaye de Westminster selon le cérémonial traditionnel, dirigé par l'archevêque de Cantorbéry. La cérémonie incluait la mise de la couronne, un sermon par l'évêque d'Oxford, et des chants accompagnés de trompettes et de canons. Un festin a suivi à la salle de Westminster, accompagné de réjouissances et d'illuminations dans la ville.
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989
p. 152-156
De Paris le 17. Novembre 1714.
Début :
Le 8 de ce mois la paix fut publiée avec les ceremonies [...]
Mots clefs :
Paix, Reine d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris le 17. Novembre 1714.
De Paris le 17. Novembre
al q
1714, 2006
Le 8 de ce mois la paix
fut publiée avec les ceremonies
ordinaires. Le 15.
on chanta le Te Deum dans
l'Egliſe Metropolitaine , en
action de graces à Dieu
pour la conclufion de la
paix generale avec l'Empereur
& les Princes de
308
3GALANT. 153
e
FEmpire , qui vient d'être
ratifiée Le Cardinal de
Noailles officia pontificalement
à cette ceremonie ,
qui avoit été annoncée à
Ja pointe du jour par le
canon de la bastille & de
la ville. M. le Chancelier
xy aſſiſta à la tête du Con-
-feil , ainſi que les Compagnies
fuperieures , & les
* autres qui y avoient été invitées.
Le foir il y eut un
grand feu d'artifice devant
P'Hôtel de Ville , où il y
eur un repas magnifique ,
& on fit des feux de joye
154 MERCURE
dans toutes les rats, Hoved
23 Lenudouverture du Par
lement ſe fit par une Meſſe,
celebrée dans la Chapelle
dela grande Salle duPalais,
àlaquelle le Premier Prefi
dent, les Preſidens àMor,
tier , & les Chambres aff
fifterentem
On a reçû avis de Prol
yence , que la Reine d'El
pagne partit de Nice le 20.
du mois dernier , & paffa
le Var à gué, pour entrer
le même jour en Provence,
LeComte de Grignan qui
y commande , alla la re
GALANT
cevoir avec un magnifique
équipage &u donna lles
ordres neceſſaires pour la
commodité du voyage de
cette Princeffet, & pour
faire ſervir ſa table & cel
les de ſa ſuire. Il pria Sa
Majestéde vouloir faire des
entrées folemnelles dans
les villes : mais elle voulue
paffer incognito , & on fic
ſeulement des ſalves Royal
les à ſon arrivée. Elle arriva
en huit jours à Marſeille
, où elle fejourna trois
jours , ayant paffé par Anz
tibes , Frejus , Brignolles &
156 MERCURE
Auriol. Elle allasens trois
autres journées à Arles,ou
elle ſejourna deux jours ,
ayant paſſe à Aixy à Lam
befe & à faint Remy ; &
les. de ce mois elle pafla
le Rhône , & elle entra en
Languedoc. On verrà dans
la fuite de ce Journal un
detail de l'entrée & du fei
jour de cette Princeffe à
Marseille.
al q
1714, 2006
Le 8 de ce mois la paix
fut publiée avec les ceremonies
ordinaires. Le 15.
on chanta le Te Deum dans
l'Egliſe Metropolitaine , en
action de graces à Dieu
pour la conclufion de la
paix generale avec l'Empereur
& les Princes de
308
3GALANT. 153
e
FEmpire , qui vient d'être
ratifiée Le Cardinal de
Noailles officia pontificalement
à cette ceremonie ,
qui avoit été annoncée à
Ja pointe du jour par le
canon de la bastille & de
la ville. M. le Chancelier
xy aſſiſta à la tête du Con-
-feil , ainſi que les Compagnies
fuperieures , & les
* autres qui y avoient été invitées.
Le foir il y eut un
grand feu d'artifice devant
P'Hôtel de Ville , où il y
eur un repas magnifique ,
& on fit des feux de joye
154 MERCURE
dans toutes les rats, Hoved
23 Lenudouverture du Par
lement ſe fit par une Meſſe,
celebrée dans la Chapelle
dela grande Salle duPalais,
àlaquelle le Premier Prefi
dent, les Preſidens àMor,
tier , & les Chambres aff
fifterentem
On a reçû avis de Prol
yence , que la Reine d'El
pagne partit de Nice le 20.
du mois dernier , & paffa
le Var à gué, pour entrer
le même jour en Provence,
LeComte de Grignan qui
y commande , alla la re
GALANT
cevoir avec un magnifique
équipage &u donna lles
ordres neceſſaires pour la
commodité du voyage de
cette Princeffet, & pour
faire ſervir ſa table & cel
les de ſa ſuire. Il pria Sa
Majestéde vouloir faire des
entrées folemnelles dans
les villes : mais elle voulue
paffer incognito , & on fic
ſeulement des ſalves Royal
les à ſon arrivée. Elle arriva
en huit jours à Marſeille
, où elle fejourna trois
jours , ayant paffé par Anz
tibes , Frejus , Brignolles &
156 MERCURE
Auriol. Elle allasens trois
autres journées à Arles,ou
elle ſejourna deux jours ,
ayant paſſe à Aixy à Lam
befe & à faint Remy ; &
les. de ce mois elle pafla
le Rhône , & elle entra en
Languedoc. On verrà dans
la fuite de ce Journal un
detail de l'entrée & du fei
jour de cette Princeffe à
Marseille.
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Résumé : De Paris le 17. Novembre 1714.
Le 8 novembre 1714, la paix fut proclamée à Paris par des cérémonies officielles. Le 15 novembre, un Te Deum fut chanté dans l'église métropolitaine pour célébrer la paix générale avec l'Empereur et les Princes de l'Empire. Cette cérémonie, présidée par le Cardinal de Noailles, fut annoncée par le canon de la Bastille et de la ville. Le Chancelier et les compagnies supérieures y assistèrent. Le soir, un feu d'artifice et des feux de joie eurent lieu à Paris. L'ouverture du Parlement se fit par une messe dans la chapelle du Palais. Par ailleurs, la Reine d'Espagne quitta Nice le 20 octobre, traversant le Var pour entrer en Provence. Accueillie par le Comte de Grignan, elle passa incognito malgré les salves royales. Elle atteignit Marseille en huit jours, y séjourna trois jours, puis continua vers Arles avant de traverser le Rhône pour entrer en Languedoc. Des détails sur son entrée à Marseille seront publiés ultérieurement.
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990
p. 209-277
AVERTISSEMENT. / DESCRIPTION de la Feste que M. Arnoul, Intendant des Galeres & du Commerce à Marseille, donna à la Reine d'Espagne le Lundy 29. Octobre 1714 à l'occasion de la Salle d'Armes de l'Arcenal des Galeres, que sa Majesté voulut bien aller voir, & d'une espece de Triomphe qui avoit esté preparé pour Elle.
Début :
M. Arnoul auroit plutost envoyé cette description, si / SA MAJESTÉ ayant pris la résolution de venir à [...]
Mots clefs :
Pierre Arnoul, Fête, Intendant des Galères et du commerce à Marseille, Reine d'Espagne, Arsenal des galères, Marseille, Reine, Bouclier, Sa Majesté, Minerve, Triomphe, Amour, Salle d'armes, Salle d'armes de l'Arsenal des galères, Chevalier, Ouvrage, Coeur, Princesse, Dames, Inscription, Armes, Espagne, Tapis, Fauteuil, Marchepied, Princesse, Appartement, Marquis, Oracle, Roi d'Espagne, Pièces, Conseiller du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT. / DESCRIPTION de la Feste que M. Arnoul, Intendant des Galeres & du Commerce à Marseille, donna à la Reine d'Espagne le Lundy 29. Octobre 1714 à l'occasion de la Salle d'Armes de l'Arcenal des Galeres, que sa Majesté voulut bien aller voir, & d'une espece de Triomphe qui avoit esté preparé pour Elle.
AVERTISSE MENT.
cet
M. Arnoul auroit pluroſt
envoyé cette deſcription , fi
quand il a voulu mettre par
écrit ce qui regarde la Salle
d'Armes , il ri'eut trouvé que
ouvrage avoit beſoin
d'une liaiſon un peu plusreguliere
en quelques endroits ;
ce qui l'a mis dans l'obligation
d'y faire quelques additions
qui luyont paru neceſſaires
, & auſquelles il en auroit
joint peut-eſtre encore d'autres
, fi on neluy. Fait que
la Reine vouloit avoir cette
Novembre 1714%. S
210 MERCURE
deſcription avant qu'Elle cut
quitté la Provence : au lieu
que cela paroiſſoit beaucoup
moins neceſſaire lorſque l'ouvrage
eſtoit répandu ſur toute
l'étenduë de quatre grandes
falles ougalleries, en plufieurs
pieces détachées ; mais il eſpere
que Sa Majesté aura la bonté
d'agréer ce travail en l'état
qu'il eſt , comme venant du
coeur plutoſt que de l'eſprit
par l'extrême envie qu'il avoit
deluy marquer ſeulement par-
'àfon zele & fon profond
refpecie fe fire auffi
qu'Elle voudra bien confiderer
, qu'il n'a eu que fix jours
د
GALANT 211
de temps pour le compoſer
& l'executer.
DESCRIPTION
de la Feste que M. Arnoul ,
Intendant des Galeres & du
Commerce àMarseille, donna
àla Reine d'Eſpagne leLundy
2.9. Octobre 1714 à l'occaſion
de la Salle d' Armes de l'Arcenal
des Galeres , que Sa Ma-
1 jefté voulut bien aller voir ,
& d'une eſpece de Triomphe
quiy avoit eſté preparé pour
Elle.
SAMAJESTE ayant
pris la réſolution de venir à
Sij
212 MERCURE
Marſeille le 21. d Octobre:
& M. Arnoul l'ayant ſçeu
le 23. jugea bien qu'Elle pourroit
voir la Salle d'Armes des
Galeres , comme eſtant ce
qu'il y a de plus curieux &
qui marque le mieux la puifſance
du Roy ; il ſe mitauffitoſt
en état de la préparer , de
maniere qu'elle pût plaire à la
Reine , & faire partie des
honneurs qu'on devoit luy
rendre. Il chercha là - deſſus
un ſujet qui pût ſervir à fon,
deflein , & s'agiſſant d'une
Salle d'Armes il crût qu'il devoit
le tirer desArmes mêmes,
GALANT. 213
:
Il trouva que le mot Latin
Parma , qui ſignifie Targue ,
Bouclier , ou Ecu , en François
,faiſoit une heureufe allu.
fion au nom de la Reine , il
le choifit & tira de- là occaſion
de faire à Sa Majesté une
eſpece de triomphe , en élevant
le Bouclier , ou Parma
au - deſſus de toutes les autres
armes , non - ſeulement par
les places diftinguées qu'on
pouvoit luy donner partout ,
mais de plus par beaucoup
d'allegories , qui pouvoient
avoir rapport à la Reine ;
c'eſt ce qu'il a eſté queſtion
214 MERCURE
de mettre en execution , &
c'eſt auſſi ce qui s'est fait par
Beaucoup d'Inſcriptions , de
Deviles , ou d'Emblemes répanduës
fur toute l'étenduë
de la premiere Salle , & de
celle qui vers le bout la traverſe
en forme de Croix.
Pour donner d'abord une
idée de fon deſſein , il y avoit
au deſſus de la principale porte
, par où la Reine devoit entrer
, & d'où l'on découvre
toute l'étenduë de la premiere
Salle , un trophée d'armes ,
dont l'Ecu des Armes de Parme
tenoit le defſfas , &le mis
GALANT . 21
licu , avec ces deux mots :
Parma triumphans..
Pour fuivre ce deffein il y
avoit fur toute l'étenduë de
ces deux faltes au plus haut du
plancher ſur le milieu de chaque
poutre , une targue ou
écu des armes de Parme , accompagné
d'une autre targue
de chaque coſté où ſont des
Solcils avec la deviſe du Roy
tels que font ordinairement
tou es les targues des Galeres.
Entre toutes ces targues ou
écus de diſtance en distance
216 MERCURE
on en avoit mis d'autres plus
ornez ayant de même les armes
de Parme , & qui estoient
pareillement attachezau plancher
dans le milieu des poutres
, faiſant autant de deviſes
ou d'emblêmes differentes,
& la premiere qui ſe prefentoit
aprés qu'on eſtoit entré
dans la ſalle exprimée par ce
vers.
Parmarum , Regina , tibi labor
iſte dicatur.
Ce qui faiſoit proprement
en peu de mots l'Epître Dédicatoire
GALANT . 217
こ
dicatoire de tout l'ouvrage.
A quelques diſtancesenfuite
eſtoitun autre écu ou Parma ,
avec les mêmes armes ayant
au-deſſus ce vers .
Arma triumphanti cedant bie
catera Parma
ال
Comme un commande
ment qu'on faiſoit d'abord
aux autres armes de céder au
Boucher ou Parma qui devoit
triompher à l'occation de la
Reine .
L'inſcription ſuivante établiſſfoit
la raiſon pour laquelle
Novembre 1714. T
218 MERCURE
lebouclier devoit en effet être
au-deſſus des autres armes ,
par cet autre verse по лоэ
Illa agitant furie , Parmam
prudentia ducit.
Enſuite comme le bouclier
n'eſt fait que pour parer fans
offenſer , on a pretendu que
pour attirer plus d'honneur
au bouclier , il falloit ôter
de celuy de Minerve qui eft
regardécomme le plus ancien
&le premier de tous , la tête
de Meduſe pour y mettre à la
place les armes de la Reine ,
GALANT. 219
comme devant eſtre beaucoup
plus agreables à cette
Déeffe , qui toute belliqueuſe
qu'elle eſt , ne devoit rien
avoir qui pût empêcher qu'on
s'approchad'Elle , par rapport
aux Sciences & aux Arts dont
Elle eſtoit auſſi la Déeſſe, ce
qui ſe trouve marqué par ce
vers.
Dura medusa fugat , grata es ,
tu Parma Minerva.
On faifoit voir auffitoft
aprés les avantages , & les
merveilleux effets dece chan-
Tij
220 MERCURE
gement , en ce qu'au lieu que
cette tête de Meduſe eſtoit
fi affreuſe qu'Elle changeoit
en pierre ceux qui la regardoient
,,ce nouvel écu qui eſt
proprement le ſceau de la
douceur& de la bonté de la
Reine , marquée par le celefte
azur de ſes Lys , devoit faire
tomber les armes des mains ,
& gagner les coeurs fans violence
, en adouciflant & en attendriſſant
ceux - même que
l'autre auroit pû rendre auſſi
durs que des rochers , ce, qui
étoit expliqué par cet autre
vers:
1
(
GALANT. 221
1
Altera quos fecit lapides , emol
liet ista.
Onfeint enſuite que de pareilles
diſpoſitions ont d'abord
engagél'Amour,qui n'a
voit jamais oſé rien pretendre
fut Minerve , à qui l'on verra
dans la ſuite que la Reine eſt
comparée , & qui eſt auſſi par
tout reprefentée par le bouelier
ou Parma , non- ſeulement
à s'en approcher , mais
que de plus il a joint à la Parma
tous ſes traits , comme autant
de charmes qu'il a don
Tiij
222 MERCURE
nez à la Reine , pour faire la
conqueſte d'un coeur qui luy
convint , au lieu du ſeul bouclier
dont Elle ſe ſervoit contre
luy même , le tout repreſenté
par un Ecu , ou Parma ,
orné des traits , & de toutes
les armes de l'Amour, en forme
de trophée , avec un cartouche
audeſſus qui porte ce
vers :
1.
Huic amor antefugax ,fua tela
21.adjungit arcum,
On feint encore enſuite que
l'Amour continuant de s'inteGALANT
. 2230
reffer pour le bouclier ou Par
ma , qui eſt toûjours icy le
ſymbole , auſſi bien,que lo
ſceau de la Reine, chaſſe luy
même d'auprés d'elle la Hiss
bou de Minerve , qui eſt, toujours
un oiſeau de mauvais augure
, en quelqu'endroit qu'il
foit ,& qui pourroit éloigners
celuy dont Elle doit faire la
conquête avec ſes nouvelles
armes ; & pour marquer en
core plus fon empreſſement
pour Elle , on luy fait derober
à ſa mere un des oiſeaux
qui luy ſont conſacrez , pour
l'aſſocier au bouclier , ce qui
G
ว
Tiiij
224 MERCURE
peut ſe rapporter à tous les
coeurs de quelque caractere
qu'ils ſe trouvent , attachez au
char de la mere d'amour ; le
ンtout repreſenté par le bouclier
ou Parma , ayant toujours
toutes les armes de l'Amour
, comme en trophée
avec un pigeon à coſté , & ce
vers au-deffus :
Subreptam &matri ,Volucrem,
21:00 bubone fugato.
C'eſt ainſi qu'on pretend
que la Reine d'Eſpagne ayant
joint les armes de l'amour , à
GALANT. 225
la bonne odeur de les Lys ,
qui dénote parfaitement , ce
que la Renommée avoit déja
publié de fes vertus ,& de les
grandes qualitez , a fait la conquête
d'un coeur , qui ſeul
eftoit digne de la poffeder ; le
tout reprefenté par une targue
, ou Parma , répandant
une odeur agréable , ornée&
&environnée , comme deflus,
de toutes les armes de Fa
mour , placée dans un grand
coeur , comme dans un Trône,
porté ſur le dos de deux lions,
& appuyé contre deux tours ,
avec la colombe , ou pigeon
2
3
226 MERCURE
donné par l'amourvolti
geant au-deffus , & portant
en ſon bec une couronne de
laurier ,avec ceversad
1..1 1
Sic & odore ſuo , fic Parma
triumphat amore.
1
i
:
11 1001
On prétend enſuite qu'A-2
pollon aprés avoir chantéluymême
juſqu'icy les loüanges
de la targue , ou Parma , va
dans ce qui fuit declarer fest
heureux deſtins , par les ora.)
cles qu'il va rendre , & qui
doivent faire la plus glorieuſe
partie de ſon Triomphe , ce
A
GALANT. 227
i
qu'exprime le vers ſuivant
écrit en groffes Lettres ſur un
cartouche attaché à une poutre
du plancher comme tout
ce qui a precedé , pour preparer
les ſpectateurs à cette
feconde partie du Triomphe.
Cantavit Parmam , jam vatici
netur Apollo.
Ce qui fuit eſt en effetune
Prophette , s'agiſſant en partic
de l'avenir , & un Oracle en
ce qu'ony peut trouver plufieurs
ſens differens , comme
il arrivoit toûjours à ceux qui
228 MERCURE
1
confultoient les Oracles , ce
qui fe voit par le vers fuivant
fur une targue , ou Ecu de
Parme.
Hacse conjungunt Florentia li
lia Parma.
Ce qui veut dire que des
Lys floriffans fe joignent enſemble
par le moyen de la
targue , ou Parma, ou qu'elle
va ſe joindre elle même aux
Eys , ou que par elle, les Lys ,
Parme& Florence ſe joignent
enſemble , ce qui est fondé
fur ce qu'on prétend que la
GALANT. 229
Maiſon de Parme , c'eſt à-dire
la Reine , doit probablement
heriter duDuché deFlorence.
Outre cet avantage qu'Apollon
promet par l'Oracle
precedent qui paroiſt deſigner
le mariage du Roy d'Elpagne,
& de la Reine ; l'Oracle qui
fuit en promet trois autres ,
par une eſpece d'Enigme repreſentée
par unbouclier myparti
des Armes de Parme &
de GrandGonfalonier de l'Eglife
, couvrant en partietrois
tiges de Lys , avec ce versaudeffus
.
230 MERCURE
His erit Umbra , novum Tutamen
, Incrementum.
Parce que l'Umbrella ſignifie
que la Reine aura tousjours
fous fon ombre le Prince des
Afturies & les deux Infants ;
que de plus le bouclier par
luy même eſtant le ſymbole
de la précaution &de la ſeureté
, marque le ſoin qu'Elle
prendra de leur conſervation ,
&qu'Elle donnera de plus au
Roy d'autres enfans dénotez
par les fix Lys de fon écu ,
joints aux trois de celuy du
Roy.
:
GALANT. 231
-1. Cequi fuit elt encore une
Prophetie , un Oracle , & une
Enigme toute enſemble,repreſentée
par l'écu de Parme
Pou Parma , accolé avec celuy
de France ,& ce versaudeffus
.
Radici quàm pulchra dabunt tua
lilia juncta .
1.
-Par'où l'on doit entendre ,
que les Lys de la Maiſon de
France eſtant les premiers qui
ayent jamais parû , on doit les
regarder comme l'origine, le
tronc ou la racine de tous les
1
232 MERCURE
autres ;&que les Lys de Parme
eſtant ainſi rejoints , &
comme entez ſur leur premiere
louche ,ou racine, ne peuvent
manquer de produire
les plus beaux rejettons du
monde.
Er enfin cette premiere falle
eſtoit terminée dans le bout
par une armure dorée& damaſquinée
repreſentant le
Roy Philippes V. ſur un Picdeſtal
, accompagné de ſes
Gardes , avec un Manteau
Royal de velours cramoiſi
doublé d'hermines ayant un
Bâton de commandement
dans
GALANT. 233
dans la main droite , & un
Bouclier auxArmes de Parme,
paſſé dans le bras gauche ,
avec ces mots Eſpagnols :
En braços del Rey valera
Varones.
Ce qui eſt encore unOraele
, en ce que cela ſe peur
entendre en deux manieres ,
lapremiere fur ce qu'un Roy
auſſibrave qu'eſt le Roy d'Elpagne
, fe peut battre contre
pluſieurs , en ſe ſervant du
bouclier pour parer ; & l'autre
fait affez voir que la Reine
Novembre 1714. V
234 MERCURE
en doit avoir des Princes diftinguez
par leur merite &
par leur valeur.
Il faut icy faire remarquer
qu'avant que d'aller juſqu'à
cette figure qui repreſentoit
le Roy d'Eſpagne , il falloit
traverſer la ſeconde Salle qui
ſe croiſe avec la premiere,&
que dans le milicu on y avoit
preparé un marchepied couvert
d'un tapis de Perſe , aved
un fautcüil de damas cramoifi
, garni de grands galons
d'or , pour que la Reine s'y
puſt aſſeoir , en cas qu'elle fuſt
fatiguée ; qu'au deſſus de co
GALANT 235
fauteüil étoit un Soleil quire- :
preſentoit le Roy d'Eſpagne ,
dont les rayons eſtoient figu
rez par des Armes blanches ,
& qu'entre ce Soleil & le fauteüal
, il y avoit une Couronne
d'or fufpendue par des fi
lets inviſibles avec cette legen-
1
Veni de Eridano
Dion Koni coronaberistą ob wait
อา โว ก and softe iup &
Comme ſi le Roy du haut
de ſa gloire l'eût invitée luymême
à venir ſorepoler dans 2
cofauteil pour y eſtre cour
Vij
236 MERCURE
ronnéc , & la reponſe de la
Reine au Roy étoit marquée
par une autre legende au bas
du marchepied qui contenoit
ces mots :
Etàte quid voluifuper terram.
Aprés cet Epiſode que l'attention
qu'on devoit avoir
pour la Reine , avoit donné
licu de placer en cet endroit ,
& qui eſtoit même neceſſaire
par rapport àl'ouvrage pour
ne pas ennuyer , ou fatiguer
Sa Majesté,&ceux qui avoient
l'honneur de la ſuivre , parun
GALANT. 237
trop grand nombre de penſées
de la même eſpece , &
tousjours fur un même ſujet ;
Elle paffa dans la premiereallée
du bras de la Salle qui traverſe
à droite , ou du haut de
l'arcade qui formoit l'entrée
de cette alléependoit cette legende
:
Parma Fata dabit ,jam facta
reclufit Apollo.
En effet , les deux allées
qui partagent ce bras , contenoient
tout ce que les deſtinées
promettoient de glorieux
:
238 MERCURE
& d'avantageux à la targue
ou Parma ; repreſentant la
Reine par pluſieurs autresprédictions
, dont la premiere
étoit :
77
Herculeas ultra tu, Parmaferere
columnassis داد
obreg
Pour marquer que fa renommée
doit aller plus loin
que les travaux d'Hercule en
paſſant au- delà des colomnes
qui les ont borteza: Nana
Et d'autant que l'Amerique
doit eſtre ſous la domination
de la Reine , un autre Bouclier
C
GALANT. 239
aux Armes de Parme ſuivoit,
avec ces mots:
Mundus te nofcet & alter.
On voyoit enſuite dans le
fonds de cette allée , fous un
Soleil , dont les rayons font
formez par des épées , un aur
tre Ecu aux Armes de Parme ,
qui estoit entre deux lions ,
dont l'un fuit tout épouvanté
; & l'autre s'en approche en
ſe baiſſant comme pour en
lêcher le bord ;avec ces deux
vers François au deffus
240 MERCURE
Le Lion de la Flandre en fur
épouvanté,
Le Lion de l'Espagne en doit
eftre enchanté.
Cequi faiſoir alluſion d'un
coſté aux exploits d'Alexan
dre Farneze en Flandre , & de
L'autre aux empreſſements des
Eſpagnols que laReine va gagner
par ſes charmes & par
fes grandes qualitez .
En paſſant dans l'autrepartie
du premier bras de cette
Salle qui forme une ſeconde
allée , on voyoit auffi contre
1 la
:
GALANT. 241
la muraille , fous un autre Soleil
, un autre Ecu aux Armes
deParme poſe ſur deuxTours
ou Chafteaux , avec ce vers
au deſſus.
Castrum pro Castro tibi reddit
Iberia , duplex.
:
Ce qui fait alluſion au Duché
de Castro ,que la Maiſon
de Parme a tousjours touhaité
paſſionnement de r'avoir ,
& aux deux Tours ou Châ
teaux qu'elle retrouve en devenant
Reine d'Eſpagne.
Enſuite la gloire de la Rei-
Novembre 1714. X
242 MERCURE
ne ſembloit patler au delà de
l'étendue du monde entier ,&
monter juſques dans lesCieux,
par les idées qu'ont fourny
l'Ambaſſadeur de Perſe , & le
Chaoux de la Porte , qui font
venusà Marseille précilement
dans le temps que Sa Majeſté
y eſt arrivée , & dont le dernier
doit inceſſamment s'en
retourner à Conftantinople.
Par rapport à celuy cy on
a joint au Bouclier de Parme,,
ou Parma , repreſentant la
Reine , le vers ſuivant :
Jamque volat , Luna, de te
repleat orbem.
qui
GALANT. 243
)
Ce qui fait alluſion au
Croiffant des Ottomans , par
lequel ils ont pretendu mar.
quer qu'ils ne le prenoient
pour armes & pour deviſe
qu'en attendant , qu'eſtant
maiſtres du monde entier leur
Lune fût plaine : &par le vers
cy deſſus on fait voir , qu'elle
valêtre en effet bientôt, mais
que ce ſera de la grande idée
que cet Empire aura de la Reine
, par le recit que ceChaoux
en doit faire à ſon retour.
Quant à ce qui regarde
1
l'Ambaſſadeur de Perſe , ſon
entrée à Marseille a donné
Xij
244 MERCURE
lieu à la Deviſe ſuivante qui
fait la derniere des predictions
d'Apollon ſur les deſtinées du
Bouclier , ou Ecu de Parme ,
&qui eft repreſentée par l'Aurore
, ou Soleil levant , dont
unrayon venant reflechir fur
les Armes de Parme , dont le
champ eſt dor , en reçoit un
nouvel éclat , comme l'Ambaffadeur
en faliant la Reine
lorſqu'il paſſa ſous ſes fenêtres
, ce qui eſt exprimé par le
vers ſuivant :
Ex te luce nova Radius ſplendefcit
Eous .
GALANT. 245
La Reine paſſa enſuite dans
l'autre bras de la gallerie qui
traverſe la premiere , & qui
fait une feule Salle tres-belle
& tres large , où les alluſions
& les myſteres fe decouvroient
, & où devoit s'accomplir
le triomphe de laTargue,
ou Parma , dans toute fa
pompe.
Pour cet effet toutes les
Nations dont la Reine entend
les Langues , s'eſtoient empreſlées
de s'y trouver pour
huy ériger une ſtatuë ſous la
figure de Minerve , &luy don
ner chacune un éloge particu,
Xiij
246 MERCURE
lier ; & le Monde entier y
eſtoit , en ce qu'on y voyoit
les 4. Parties qui le compoſent
, placées chacune dans
fon rang,&qui s'exprimoient quis
par des ſentiments& des mouvements
tous differents , qui
tous augmentoient également
la gloire du triomphe ; & le
Soleil luy même y paroffoit
dans tout fon éclat pour autorifer
& donner lieu aux élo
ges des fix Langues ou Na
tions connues de la Reine.
On trouvoit d'abord dans
cette Salle en ſe tournant unc
grande pyramide entre deux
GALANT. 247
arcades , toute compoſee de
pointes d'épées qui faisoit un
eeffffeett furprenant,, parla beauté
de ſa ſtructure & par fon
éclat , & au deffus eſtoit l'Ecu
de Parme au champ d'or , qui
brilloit encore d'avantage ,
ayant des pointes de bayonnettes
qui luy formoient com
me autant de rayons ; avec
ces deux vers François :
Elle brille au plus baut ,&les
traits de l'envie ,
Ne font icy que blanchir
l'orner.
5
1
Xinj
248 MERCURE
Ce qu'on devoit regarder ,
comme une difpofition pro
chaine à fon triomphe.
!
t
On voyoit enſuite dans le
milieu de cette grande falle ,
un grand Piedeſtal à fix côtez
avec une grande figure audeſſus
repreſentant la Reine
comme une Minerve richement
veſtuë & de la maniere
qu'on la dépeint , ayant une
demy pique à la main droite ,
&au bras gauche un bouclier,
ou Parma , aux armes de Parme
, au lieu de celuy de Me
duſe avec un voile ſur la tête
qui luy couvroit tout le viſaGALANT.
249
ge : au- deſſus de cette figure
eſtoit un ſoleil magnifique
dont les rayons eſtoient formez
de pointes d'épées & de
hallebardes ,d'une grandeur
extraordinaire repreſentant
le Roy , & le tout enſemble
formoit un ſujet qui donnoit
lieu à fix differentes infcriptions
pour autant de differens
rapports , que cette diſpoſition
priſe tout enſemble ,
ou par parties pouvoit avoir
avec la Reine , & qui s'expliquoit
par les fix differentes
langues qu'Elle ſçait.
Celle qui ſe preſentoit
250 MERCURE
d'abord en face eftort Latine
& eſtoit exprimée par ces
mots:
Electa ut fol , terribilis ut caftrorum
acies ordinata .
Ce qui s'explique affez par
luy même , cette figure eftant
environnée d'armes placées
dans un grand ordre tous un
foleil repreſentant le Roy.
Pour en faire enfuite plus
particulierement l'allufion
avecla Reine , la ſeconde infcription
qui estoit en François
faiſoit voir que le titre d'Electa
GALANT. 251
ut fot , luy convenoit parfai
tement Par Ces deux vers :
Comme luy nous l'avons choiſie,
Pour estre icy l'objet de nos refpects.
Er pour faire voir que lá
comparaifon qu'on en faifoit
avec la crainte qu'infpire l'é
clat des armes d'une Armée
rangée en bataille luy convenoit
pareillement , ſuivant
l'idée qu'on doit avoir d'une
jeune Princeſſe qui dés ſes plus
tendres années fait ſon plus
grand plaiſir de la chaffe &
31
252 MERCURE
d'ettre à cheval , faute d'avoir
d'autres occaſions de ſignaler
fon courage , & de marquer
ſon inclination pour les armes,
l'Eſpagnol l'expliquoit pas
cette inſcription :
No Nacio
En el tiempo
De las Amazonas
Porque
Afu coraçon Varonil
Le era devido
Reinar fobre los hombres.
Ytales.
La quatrième infcription ,
& qui estoit en idiome Par
GALANT. 253
mezan , ou Plaiſantin farfoit
voir que les Etats de Parme
eſtant fituez ſur le Pô , autrefois
l'Eridan , où Phaëton fut
precipité ,on pouvoit dire que
ce Fleuve rendoit au Soleil ?
une fille ſage & prudente au
lieu d'un fils préſomptueux ,
temeraire ; la Reine devenant
la petite fille du Roy repreſenté
par le ſoleil, ce qui estoit
exprimé par ces mots:
In cambi
D'unfiol temerer
Al Po
Ghe rend
Una Fiola prudenta.
,
254 MERCURE
:
La cinquieme failoin voir
en Italien , que de cette maniere
on pouvoit dire auffi ,
que le Soleil avoit produit ,
de même que Jupiter une
Minerve ſortie de ſa tête ,
attendu que l'on ſçait que
c'eſt le Roy luy même qui
aprés avoir parcouru dans
fon idée toutes les Cours de
l'Europe pour examiner &
peſer qu'elle pouvoit eſtre la
Princefle qui conviendroit le
mieux au Roy ſon petit fils
avoit chouſi la Princeſſe de
Parme ; ce qui ſe voit par ces
د
mots:
GALANT. 255
Ecoſi ſi vede
Una nueva Minerva
Uscita
Dal capo del fole.
Et la fixieme inſcription
faifoit voir que fi Elle n'eſt
pas veritablement la Déeffe
Minerve que les Payens ont
adorée ,Elle en poſlede ſi parfaitement
les grandes qualitez
& les rares talens , qu'Elle
eſt la veritable & la plus parfaite
reſſemblance , tel qu'estoit
autrefois le Palladium venu
du Ciel , que les Troyens
gardoient foigneuſementdans
en
256 MERCURE
leur Tample ,parce que leurs
deſtins en dépendoient, & que
tant qu'ils l'auroient ils devoient
eſtre victorieux de
leurs ennemis & leur Ville
,
devoit toujours eître imprenable
; ce qui faisoit dire à
l'Allemand qui ſouhaitoit
paffionnement de l'avoir , &
qui ſçaitcequ'il perd.
Glugfelig ist
Spanien
Van ſe ſich
Erhalen Ran
in Seinem
Palladium.
Cc
GALANT. 265
qu'autre illumination qu'on
auron pû luy faire dans cette
falle.
M. Arnoul avoit eû ſoin
de prier M. le Chevalier de
Rancé , premier Chef d'Eſcadre
des Galeres,&quiles commande
à Marseille , de faire
faireun détachement d'autant
de ſoldats qu'il en falloit, pour
border les deux hayes , entre
leſquelles elle auroit à paffer ,
depuis le grand pavillon de
Thorloge de l'Arcenal juſques
à l'entrée de la cour , que la
Reine avoit à traverſer pour
aller à la ſalle d'armes ,& dans
Novembre 1714.. Z
1
266 MERCURE
cette cour ſe trouverent les
Gardes de l'Erendart , ayant
à leur tête M le Chevalier de
Rouffet qui les commande.Sa
Majesté ſçachant que cette
Compagnie eſt toute compoſéede
Gentilshommes , la
pluſpart Chevaliers de Malte
&tous en bon ordre , Elle fit
arrêter ſa chaiſe pour les confiderer
, & M. le Chevalier de
Rouffet la falua de l'Eſponton,
de même que les Officiers
de la Compagnie , comme
avoient fait auparavant , ceux
qui commandoient les Détachemens
des Troupes desGaGALANT.
267
t
Jeres; & M. le Chevalier de
Rouſſet ettost prêt à faire faire
l'exercice à la Compagnie ,
lorſqu'elle le fit appeller pour
luy dire qu'il eſtoit trop tard.
Elle vint mettre enſuite
pied àterre pour monter a la
Salle d'Armes , au bas de l'efcalier
où estoient M. le Chevalier
de Rancé à la tête de
Meffieurs les Officiers Generaux
, les Capitaines , & autres
Officiers desGaleres , qui n'avoient
pas eſté detachez , &
M. Arnoul y estoit pareille-
* ment , de même queMadame
Arnoul habillée & coiffée de
Zij
168 MERCURE
la maniere qui convenoit en
pareille occafion , avec une
grande partie des Dames les
plus-qualifiées du corps desGaléres
, & de la Ville pour recevoir
Sa Majeſté , la ſuivre ,
&luy faire leur cour.ini
Lorſque la Reine entra dans
la Salle d'Armes& lorſqu'elle
en ſortit,on luy tira deux cent
boëtes de l'Arcenal , & pendant
tout le temps qu'elle y
fût, les trompettes & les violons
qui avoient eſté poſtez
dans des lieux où ils pouvoient
eſtre entendus ſans incommoder
ne cefferent point de
joüer
GALANT. 269
31 Quand Sa Majefté eut veu
laSalled'Armes Elle paffa dans
la Maiſon du Roy par une
porte quiy communique , &
fe trouva d'abord dans un
grand appartement compoſé
de cinq pieces , toutes preparées
pour Elle , dans la plus
grande deſquelles , il y avoit
un magnifique canapée ſous
undais , pour qu'Elle pût s'y
repofer en cas qu'Elle ſe trouva
fatiguée avant que d'entrer
dans une grande ſalle qui eſt
jointe à cet appartement où
eſtoit de plus un grandTheâ
tre ,& un Orqueſte , le tout
蓄
Z iij
270 MERCURE
preparé pour luy donner le
divertinfoment de trois differentes
Pieces , ſçavoir lePrologue
de Phaëton , le Medecin
malgré luy de M. deMoliere
, & la Chaffe d'Enée &
Didon de M. Campra , qui
eſtoit chargé en partie da.
l'execution de cette fête.
Elle entra d'abord dans
cette falle fans s'arreſter dans
l'appartement , & Elle y trouva
dans le milieu ſur un marchepied
couvert d'un grand
tapis de Perſe , un fauteüil de
damas cramoiſi garny de
galons d'or , ſous un dais de
GALANT. 271
-
femblable damas & garni de
même de galons d'or & de
grandes crepines. Ce fauteüil
eſtoit couvert d'une grande
toilette de velours cramoiſi ,
garni de mêmes franges & de
galons d'or.
Sa Majefté eſtoit menée
par M. le Marquis de Los
Balbazés chargé par le Roy
d'Elpagne de laconduire dans
tout le voyage ,& Elle estoit
accompagnée de Madame la
Princeffe de Piombino , de
Madame la Princeffe Pio , de
Madame la Comteſſe de Somaglio
,& des autres Dames
Zij
272 MERCURE
?
de ſa Cour.
Quand Sa Majesté voulut
s'affeoir , on découvrit le fauteüil&
la toilette fut miſe devant
Elle ſur le tapis , au bas
d'un grand carreau de velours
cramoiſi garni de galons d'or
qui devoit eſtre ſous fes pieds.
Elle avoit à ſa droite Madame
la Princeſſe de Piombino ,&
Madame la Princeſſe Pio à ſa
gauche fur des tabourets poſez
ſur le tapis du marchepied;
&derriere ſur de pareils tabourets
pofez auffi fur le tapis
Madame la Comteffe de So-..
maglio , & M. le Marquis, de
GALANT 273
:
Los Balbazés , tout le reſtede
la falle eſtoit garni de petits
placets où Elle voulut bien
permettre queles Damesfuffent
aſſiſes pour le ſpectacle :
ecs placets eſtoient derriere
fon dais avec quelques uns
par les côtez ; mais éloignez.
On avoit preparé proche de
cette falle la collation de la
Reine , croyantqu'Elle fe feroit
ſervir dans le temps du
ſpectacle ; mais Elle voulut
attendre qu'il fut fini..
Sa Majesté repaffa enfuite
dans l'appartement qui luy
avoit eſté preparé ; & Elles'ar274
MERCURE
reſta dans la chambre où eſtoit
le dais avec le grand canapée
ou Elle s'afſfit pour faire collation.
• Cette collation estoit com.
poſée de 28.grandes corbeilles
de patiflerie ,de confitures
Léches,de fruits cruds ſans mê.
lange & de ſecs ,le tout en
piramide ; elle fur apportéc
par les Commiſſaires desGaleres
, qui de main en main less
remettoient à M. Arnoul , de
qui les Officiersde la Reine les.
recevoient, pour les preſenter
à Sa Majesté , & toutes les
corbeilles pafferent ainſi deGALANT.
275
-
vant Elle , enfuite aux Dames
de ſa Cour ,& ſucceſſivement
aux autres Dames , aux Gentilhommes
de ſa ſuite , &aux
Officiers & autresGentilhommes
de la Ville , dont toute la
chambre estoit remplie , &
peu de temps aprés SaMajefté
ſe retira.
de
Elle devoit aller en fortant
l'Intendance , à la Maiſon
de Ville , pour y voir l'illumination
desGaleres qu'elle avoit
agrée pour ce même foir ,&
elle en auroit vû tout l'effet
de la maniere que M. de Rancé
avoit fait ranger les Gale276
MERCURE
:
res ; mais comme il étoit tard
Elle aima mieux retourner
chez elle , & quant au Salut -
Royal qu'on luy devoir , M.
deRancé le luy avoit fait faire
le jour precedent. :
Pendant le temps que Sa
Majesté a reſté à Marseille ,
M. le Marquis de Los Balbazés
, M. le Duc de Caſte ſon
fils , Mle Marquis de Grille ,
&les autres Seigneurs les plus
qualifiz de fa Cour firent
Phonneur à M. Arnoul de dîner
chez luy le premier jour ,
le jour ſuivant ils dînerent
chezM. leChevalierdeRancé,
GALANT. 277
& le trofiéme chez M. le
Bailly de la Pailletric , & en
general chacun a fait tout ce
qu'il a pû pour marquer fon
reſpect & fon attachement
pour la Reine , de même que
la corſi ieration qui estoin ûë
à ces Seigneurs,avec beaucoup
d'empreſſement pour tâ her
d'être de quelqu'agrement
de quelque utilité à toutes les
perſonnes de ſa Maiſon.
cet
M. Arnoul auroit pluroſt
envoyé cette deſcription , fi
quand il a voulu mettre par
écrit ce qui regarde la Salle
d'Armes , il ri'eut trouvé que
ouvrage avoit beſoin
d'une liaiſon un peu plusreguliere
en quelques endroits ;
ce qui l'a mis dans l'obligation
d'y faire quelques additions
qui luyont paru neceſſaires
, & auſquelles il en auroit
joint peut-eſtre encore d'autres
, fi on neluy. Fait que
la Reine vouloit avoir cette
Novembre 1714%. S
210 MERCURE
deſcription avant qu'Elle cut
quitté la Provence : au lieu
que cela paroiſſoit beaucoup
moins neceſſaire lorſque l'ouvrage
eſtoit répandu ſur toute
l'étenduë de quatre grandes
falles ougalleries, en plufieurs
pieces détachées ; mais il eſpere
que Sa Majesté aura la bonté
d'agréer ce travail en l'état
qu'il eſt , comme venant du
coeur plutoſt que de l'eſprit
par l'extrême envie qu'il avoit
deluy marquer ſeulement par-
'àfon zele & fon profond
refpecie fe fire auffi
qu'Elle voudra bien confiderer
, qu'il n'a eu que fix jours
د
GALANT 211
de temps pour le compoſer
& l'executer.
DESCRIPTION
de la Feste que M. Arnoul ,
Intendant des Galeres & du
Commerce àMarseille, donna
àla Reine d'Eſpagne leLundy
2.9. Octobre 1714 à l'occaſion
de la Salle d' Armes de l'Arcenal
des Galeres , que Sa Ma-
1 jefté voulut bien aller voir ,
& d'une eſpece de Triomphe
quiy avoit eſté preparé pour
Elle.
SAMAJESTE ayant
pris la réſolution de venir à
Sij
212 MERCURE
Marſeille le 21. d Octobre:
& M. Arnoul l'ayant ſçeu
le 23. jugea bien qu'Elle pourroit
voir la Salle d'Armes des
Galeres , comme eſtant ce
qu'il y a de plus curieux &
qui marque le mieux la puifſance
du Roy ; il ſe mitauffitoſt
en état de la préparer , de
maniere qu'elle pût plaire à la
Reine , & faire partie des
honneurs qu'on devoit luy
rendre. Il chercha là - deſſus
un ſujet qui pût ſervir à fon,
deflein , & s'agiſſant d'une
Salle d'Armes il crût qu'il devoit
le tirer desArmes mêmes,
GALANT. 213
:
Il trouva que le mot Latin
Parma , qui ſignifie Targue ,
Bouclier , ou Ecu , en François
,faiſoit une heureufe allu.
fion au nom de la Reine , il
le choifit & tira de- là occaſion
de faire à Sa Majesté une
eſpece de triomphe , en élevant
le Bouclier , ou Parma
au - deſſus de toutes les autres
armes , non - ſeulement par
les places diftinguées qu'on
pouvoit luy donner partout ,
mais de plus par beaucoup
d'allegories , qui pouvoient
avoir rapport à la Reine ;
c'eſt ce qu'il a eſté queſtion
214 MERCURE
de mettre en execution , &
c'eſt auſſi ce qui s'est fait par
Beaucoup d'Inſcriptions , de
Deviles , ou d'Emblemes répanduës
fur toute l'étenduë
de la premiere Salle , & de
celle qui vers le bout la traverſe
en forme de Croix.
Pour donner d'abord une
idée de fon deſſein , il y avoit
au deſſus de la principale porte
, par où la Reine devoit entrer
, & d'où l'on découvre
toute l'étenduë de la premiere
Salle , un trophée d'armes ,
dont l'Ecu des Armes de Parme
tenoit le defſfas , &le mis
GALANT . 21
licu , avec ces deux mots :
Parma triumphans..
Pour fuivre ce deffein il y
avoit fur toute l'étenduë de
ces deux faltes au plus haut du
plancher ſur le milieu de chaque
poutre , une targue ou
écu des armes de Parme , accompagné
d'une autre targue
de chaque coſté où ſont des
Solcils avec la deviſe du Roy
tels que font ordinairement
tou es les targues des Galeres.
Entre toutes ces targues ou
écus de diſtance en distance
216 MERCURE
on en avoit mis d'autres plus
ornez ayant de même les armes
de Parme , & qui estoient
pareillement attachezau plancher
dans le milieu des poutres
, faiſant autant de deviſes
ou d'emblêmes differentes,
& la premiere qui ſe prefentoit
aprés qu'on eſtoit entré
dans la ſalle exprimée par ce
vers.
Parmarum , Regina , tibi labor
iſte dicatur.
Ce qui faiſoit proprement
en peu de mots l'Epître Dédicatoire
GALANT . 217
こ
dicatoire de tout l'ouvrage.
A quelques diſtancesenfuite
eſtoitun autre écu ou Parma ,
avec les mêmes armes ayant
au-deſſus ce vers .
Arma triumphanti cedant bie
catera Parma
ال
Comme un commande
ment qu'on faiſoit d'abord
aux autres armes de céder au
Boucher ou Parma qui devoit
triompher à l'occation de la
Reine .
L'inſcription ſuivante établiſſfoit
la raiſon pour laquelle
Novembre 1714. T
218 MERCURE
lebouclier devoit en effet être
au-deſſus des autres armes ,
par cet autre verse по лоэ
Illa agitant furie , Parmam
prudentia ducit.
Enſuite comme le bouclier
n'eſt fait que pour parer fans
offenſer , on a pretendu que
pour attirer plus d'honneur
au bouclier , il falloit ôter
de celuy de Minerve qui eft
regardécomme le plus ancien
&le premier de tous , la tête
de Meduſe pour y mettre à la
place les armes de la Reine ,
GALANT. 219
comme devant eſtre beaucoup
plus agreables à cette
Déeffe , qui toute belliqueuſe
qu'elle eſt , ne devoit rien
avoir qui pût empêcher qu'on
s'approchad'Elle , par rapport
aux Sciences & aux Arts dont
Elle eſtoit auſſi la Déeſſe, ce
qui ſe trouve marqué par ce
vers.
Dura medusa fugat , grata es ,
tu Parma Minerva.
On faifoit voir auffitoft
aprés les avantages , & les
merveilleux effets dece chan-
Tij
220 MERCURE
gement , en ce qu'au lieu que
cette tête de Meduſe eſtoit
fi affreuſe qu'Elle changeoit
en pierre ceux qui la regardoient
,,ce nouvel écu qui eſt
proprement le ſceau de la
douceur& de la bonté de la
Reine , marquée par le celefte
azur de ſes Lys , devoit faire
tomber les armes des mains ,
& gagner les coeurs fans violence
, en adouciflant & en attendriſſant
ceux - même que
l'autre auroit pû rendre auſſi
durs que des rochers , ce, qui
étoit expliqué par cet autre
vers:
1
(
GALANT. 221
1
Altera quos fecit lapides , emol
liet ista.
Onfeint enſuite que de pareilles
diſpoſitions ont d'abord
engagél'Amour,qui n'a
voit jamais oſé rien pretendre
fut Minerve , à qui l'on verra
dans la ſuite que la Reine eſt
comparée , & qui eſt auſſi par
tout reprefentée par le bouelier
ou Parma , non- ſeulement
à s'en approcher , mais
que de plus il a joint à la Parma
tous ſes traits , comme autant
de charmes qu'il a don
Tiij
222 MERCURE
nez à la Reine , pour faire la
conqueſte d'un coeur qui luy
convint , au lieu du ſeul bouclier
dont Elle ſe ſervoit contre
luy même , le tout repreſenté
par un Ecu , ou Parma ,
orné des traits , & de toutes
les armes de l'Amour, en forme
de trophée , avec un cartouche
audeſſus qui porte ce
vers :
1.
Huic amor antefugax ,fua tela
21.adjungit arcum,
On feint encore enſuite que
l'Amour continuant de s'inteGALANT
. 2230
reffer pour le bouclier ou Par
ma , qui eſt toûjours icy le
ſymbole , auſſi bien,que lo
ſceau de la Reine, chaſſe luy
même d'auprés d'elle la Hiss
bou de Minerve , qui eſt, toujours
un oiſeau de mauvais augure
, en quelqu'endroit qu'il
foit ,& qui pourroit éloigners
celuy dont Elle doit faire la
conquête avec ſes nouvelles
armes ; & pour marquer en
core plus fon empreſſement
pour Elle , on luy fait derober
à ſa mere un des oiſeaux
qui luy ſont conſacrez , pour
l'aſſocier au bouclier , ce qui
G
ว
Tiiij
224 MERCURE
peut ſe rapporter à tous les
coeurs de quelque caractere
qu'ils ſe trouvent , attachez au
char de la mere d'amour ; le
ンtout repreſenté par le bouclier
ou Parma , ayant toujours
toutes les armes de l'Amour
, comme en trophée
avec un pigeon à coſté , & ce
vers au-deffus :
Subreptam &matri ,Volucrem,
21:00 bubone fugato.
C'eſt ainſi qu'on pretend
que la Reine d'Eſpagne ayant
joint les armes de l'amour , à
GALANT. 225
la bonne odeur de les Lys ,
qui dénote parfaitement , ce
que la Renommée avoit déja
publié de fes vertus ,& de les
grandes qualitez , a fait la conquête
d'un coeur , qui ſeul
eftoit digne de la poffeder ; le
tout reprefenté par une targue
, ou Parma , répandant
une odeur agréable , ornée&
&environnée , comme deflus,
de toutes les armes de Fa
mour , placée dans un grand
coeur , comme dans un Trône,
porté ſur le dos de deux lions,
& appuyé contre deux tours ,
avec la colombe , ou pigeon
2
3
226 MERCURE
donné par l'amourvolti
geant au-deffus , & portant
en ſon bec une couronne de
laurier ,avec ceversad
1..1 1
Sic & odore ſuo , fic Parma
triumphat amore.
1
i
:
11 1001
On prétend enſuite qu'A-2
pollon aprés avoir chantéluymême
juſqu'icy les loüanges
de la targue , ou Parma , va
dans ce qui fuit declarer fest
heureux deſtins , par les ora.)
cles qu'il va rendre , & qui
doivent faire la plus glorieuſe
partie de ſon Triomphe , ce
A
GALANT. 227
i
qu'exprime le vers ſuivant
écrit en groffes Lettres ſur un
cartouche attaché à une poutre
du plancher comme tout
ce qui a precedé , pour preparer
les ſpectateurs à cette
feconde partie du Triomphe.
Cantavit Parmam , jam vatici
netur Apollo.
Ce qui fuit eſt en effetune
Prophette , s'agiſſant en partic
de l'avenir , & un Oracle en
ce qu'ony peut trouver plufieurs
ſens differens , comme
il arrivoit toûjours à ceux qui
228 MERCURE
1
confultoient les Oracles , ce
qui fe voit par le vers fuivant
fur une targue , ou Ecu de
Parme.
Hacse conjungunt Florentia li
lia Parma.
Ce qui veut dire que des
Lys floriffans fe joignent enſemble
par le moyen de la
targue , ou Parma, ou qu'elle
va ſe joindre elle même aux
Eys , ou que par elle, les Lys ,
Parme& Florence ſe joignent
enſemble , ce qui est fondé
fur ce qu'on prétend que la
GALANT. 229
Maiſon de Parme , c'eſt à-dire
la Reine , doit probablement
heriter duDuché deFlorence.
Outre cet avantage qu'Apollon
promet par l'Oracle
precedent qui paroiſt deſigner
le mariage du Roy d'Elpagne,
& de la Reine ; l'Oracle qui
fuit en promet trois autres ,
par une eſpece d'Enigme repreſentée
par unbouclier myparti
des Armes de Parme &
de GrandGonfalonier de l'Eglife
, couvrant en partietrois
tiges de Lys , avec ce versaudeffus
.
230 MERCURE
His erit Umbra , novum Tutamen
, Incrementum.
Parce que l'Umbrella ſignifie
que la Reine aura tousjours
fous fon ombre le Prince des
Afturies & les deux Infants ;
que de plus le bouclier par
luy même eſtant le ſymbole
de la précaution &de la ſeureté
, marque le ſoin qu'Elle
prendra de leur conſervation ,
&qu'Elle donnera de plus au
Roy d'autres enfans dénotez
par les fix Lys de fon écu ,
joints aux trois de celuy du
Roy.
:
GALANT. 231
-1. Cequi fuit elt encore une
Prophetie , un Oracle , & une
Enigme toute enſemble,repreſentée
par l'écu de Parme
Pou Parma , accolé avec celuy
de France ,& ce versaudeffus
.
Radici quàm pulchra dabunt tua
lilia juncta .
1.
-Par'où l'on doit entendre ,
que les Lys de la Maiſon de
France eſtant les premiers qui
ayent jamais parû , on doit les
regarder comme l'origine, le
tronc ou la racine de tous les
1
232 MERCURE
autres ;&que les Lys de Parme
eſtant ainſi rejoints , &
comme entez ſur leur premiere
louche ,ou racine, ne peuvent
manquer de produire
les plus beaux rejettons du
monde.
Er enfin cette premiere falle
eſtoit terminée dans le bout
par une armure dorée& damaſquinée
repreſentant le
Roy Philippes V. ſur un Picdeſtal
, accompagné de ſes
Gardes , avec un Manteau
Royal de velours cramoiſi
doublé d'hermines ayant un
Bâton de commandement
dans
GALANT. 233
dans la main droite , & un
Bouclier auxArmes de Parme,
paſſé dans le bras gauche ,
avec ces mots Eſpagnols :
En braços del Rey valera
Varones.
Ce qui eſt encore unOraele
, en ce que cela ſe peur
entendre en deux manieres ,
lapremiere fur ce qu'un Roy
auſſibrave qu'eſt le Roy d'Elpagne
, fe peut battre contre
pluſieurs , en ſe ſervant du
bouclier pour parer ; & l'autre
fait affez voir que la Reine
Novembre 1714. V
234 MERCURE
en doit avoir des Princes diftinguez
par leur merite &
par leur valeur.
Il faut icy faire remarquer
qu'avant que d'aller juſqu'à
cette figure qui repreſentoit
le Roy d'Eſpagne , il falloit
traverſer la ſeconde Salle qui
ſe croiſe avec la premiere,&
que dans le milicu on y avoit
preparé un marchepied couvert
d'un tapis de Perſe , aved
un fautcüil de damas cramoifi
, garni de grands galons
d'or , pour que la Reine s'y
puſt aſſeoir , en cas qu'elle fuſt
fatiguée ; qu'au deſſus de co
GALANT 235
fauteüil étoit un Soleil quire- :
preſentoit le Roy d'Eſpagne ,
dont les rayons eſtoient figu
rez par des Armes blanches ,
& qu'entre ce Soleil & le fauteüal
, il y avoit une Couronne
d'or fufpendue par des fi
lets inviſibles avec cette legen-
1
Veni de Eridano
Dion Koni coronaberistą ob wait
อา โว ก and softe iup &
Comme ſi le Roy du haut
de ſa gloire l'eût invitée luymême
à venir ſorepoler dans 2
cofauteil pour y eſtre cour
Vij
236 MERCURE
ronnéc , & la reponſe de la
Reine au Roy étoit marquée
par une autre legende au bas
du marchepied qui contenoit
ces mots :
Etàte quid voluifuper terram.
Aprés cet Epiſode que l'attention
qu'on devoit avoir
pour la Reine , avoit donné
licu de placer en cet endroit ,
& qui eſtoit même neceſſaire
par rapport àl'ouvrage pour
ne pas ennuyer , ou fatiguer
Sa Majesté,&ceux qui avoient
l'honneur de la ſuivre , parun
GALANT. 237
trop grand nombre de penſées
de la même eſpece , &
tousjours fur un même ſujet ;
Elle paffa dans la premiereallée
du bras de la Salle qui traverſe
à droite , ou du haut de
l'arcade qui formoit l'entrée
de cette alléependoit cette legende
:
Parma Fata dabit ,jam facta
reclufit Apollo.
En effet , les deux allées
qui partagent ce bras , contenoient
tout ce que les deſtinées
promettoient de glorieux
:
238 MERCURE
& d'avantageux à la targue
ou Parma ; repreſentant la
Reine par pluſieurs autresprédictions
, dont la premiere
étoit :
77
Herculeas ultra tu, Parmaferere
columnassis داد
obreg
Pour marquer que fa renommée
doit aller plus loin
que les travaux d'Hercule en
paſſant au- delà des colomnes
qui les ont borteza: Nana
Et d'autant que l'Amerique
doit eſtre ſous la domination
de la Reine , un autre Bouclier
C
GALANT. 239
aux Armes de Parme ſuivoit,
avec ces mots:
Mundus te nofcet & alter.
On voyoit enſuite dans le
fonds de cette allée , fous un
Soleil , dont les rayons font
formez par des épées , un aur
tre Ecu aux Armes de Parme ,
qui estoit entre deux lions ,
dont l'un fuit tout épouvanté
; & l'autre s'en approche en
ſe baiſſant comme pour en
lêcher le bord ;avec ces deux
vers François au deffus
240 MERCURE
Le Lion de la Flandre en fur
épouvanté,
Le Lion de l'Espagne en doit
eftre enchanté.
Cequi faiſoir alluſion d'un
coſté aux exploits d'Alexan
dre Farneze en Flandre , & de
L'autre aux empreſſements des
Eſpagnols que laReine va gagner
par ſes charmes & par
fes grandes qualitez .
En paſſant dans l'autrepartie
du premier bras de cette
Salle qui forme une ſeconde
allée , on voyoit auffi contre
1 la
:
GALANT. 241
la muraille , fous un autre Soleil
, un autre Ecu aux Armes
deParme poſe ſur deuxTours
ou Chafteaux , avec ce vers
au deſſus.
Castrum pro Castro tibi reddit
Iberia , duplex.
:
Ce qui fait alluſion au Duché
de Castro ,que la Maiſon
de Parme a tousjours touhaité
paſſionnement de r'avoir ,
& aux deux Tours ou Châ
teaux qu'elle retrouve en devenant
Reine d'Eſpagne.
Enſuite la gloire de la Rei-
Novembre 1714. X
242 MERCURE
ne ſembloit patler au delà de
l'étendue du monde entier ,&
monter juſques dans lesCieux,
par les idées qu'ont fourny
l'Ambaſſadeur de Perſe , & le
Chaoux de la Porte , qui font
venusà Marseille précilement
dans le temps que Sa Majeſté
y eſt arrivée , & dont le dernier
doit inceſſamment s'en
retourner à Conftantinople.
Par rapport à celuy cy on
a joint au Bouclier de Parme,,
ou Parma , repreſentant la
Reine , le vers ſuivant :
Jamque volat , Luna, de te
repleat orbem.
qui
GALANT. 243
)
Ce qui fait alluſion au
Croiffant des Ottomans , par
lequel ils ont pretendu mar.
quer qu'ils ne le prenoient
pour armes & pour deviſe
qu'en attendant , qu'eſtant
maiſtres du monde entier leur
Lune fût plaine : &par le vers
cy deſſus on fait voir , qu'elle
valêtre en effet bientôt, mais
que ce ſera de la grande idée
que cet Empire aura de la Reine
, par le recit que ceChaoux
en doit faire à ſon retour.
Quant à ce qui regarde
1
l'Ambaſſadeur de Perſe , ſon
entrée à Marseille a donné
Xij
244 MERCURE
lieu à la Deviſe ſuivante qui
fait la derniere des predictions
d'Apollon ſur les deſtinées du
Bouclier , ou Ecu de Parme ,
&qui eft repreſentée par l'Aurore
, ou Soleil levant , dont
unrayon venant reflechir fur
les Armes de Parme , dont le
champ eſt dor , en reçoit un
nouvel éclat , comme l'Ambaffadeur
en faliant la Reine
lorſqu'il paſſa ſous ſes fenêtres
, ce qui eſt exprimé par le
vers ſuivant :
Ex te luce nova Radius ſplendefcit
Eous .
GALANT. 245
La Reine paſſa enſuite dans
l'autre bras de la gallerie qui
traverſe la premiere , & qui
fait une feule Salle tres-belle
& tres large , où les alluſions
& les myſteres fe decouvroient
, & où devoit s'accomplir
le triomphe de laTargue,
ou Parma , dans toute fa
pompe.
Pour cet effet toutes les
Nations dont la Reine entend
les Langues , s'eſtoient empreſlées
de s'y trouver pour
huy ériger une ſtatuë ſous la
figure de Minerve , &luy don
ner chacune un éloge particu,
Xiij
246 MERCURE
lier ; & le Monde entier y
eſtoit , en ce qu'on y voyoit
les 4. Parties qui le compoſent
, placées chacune dans
fon rang,&qui s'exprimoient quis
par des ſentiments& des mouvements
tous differents , qui
tous augmentoient également
la gloire du triomphe ; & le
Soleil luy même y paroffoit
dans tout fon éclat pour autorifer
& donner lieu aux élo
ges des fix Langues ou Na
tions connues de la Reine.
On trouvoit d'abord dans
cette Salle en ſe tournant unc
grande pyramide entre deux
GALANT. 247
arcades , toute compoſee de
pointes d'épées qui faisoit un
eeffffeett furprenant,, parla beauté
de ſa ſtructure & par fon
éclat , & au deffus eſtoit l'Ecu
de Parme au champ d'or , qui
brilloit encore d'avantage ,
ayant des pointes de bayonnettes
qui luy formoient com
me autant de rayons ; avec
ces deux vers François :
Elle brille au plus baut ,&les
traits de l'envie ,
Ne font icy que blanchir
l'orner.
5
1
Xinj
248 MERCURE
Ce qu'on devoit regarder ,
comme une difpofition pro
chaine à fon triomphe.
!
t
On voyoit enſuite dans le
milieu de cette grande falle ,
un grand Piedeſtal à fix côtez
avec une grande figure audeſſus
repreſentant la Reine
comme une Minerve richement
veſtuë & de la maniere
qu'on la dépeint , ayant une
demy pique à la main droite ,
&au bras gauche un bouclier,
ou Parma , aux armes de Parme
, au lieu de celuy de Me
duſe avec un voile ſur la tête
qui luy couvroit tout le viſaGALANT.
249
ge : au- deſſus de cette figure
eſtoit un ſoleil magnifique
dont les rayons eſtoient formez
de pointes d'épées & de
hallebardes ,d'une grandeur
extraordinaire repreſentant
le Roy , & le tout enſemble
formoit un ſujet qui donnoit
lieu à fix differentes infcriptions
pour autant de differens
rapports , que cette diſpoſition
priſe tout enſemble ,
ou par parties pouvoit avoir
avec la Reine , & qui s'expliquoit
par les fix differentes
langues qu'Elle ſçait.
Celle qui ſe preſentoit
250 MERCURE
d'abord en face eftort Latine
& eſtoit exprimée par ces
mots:
Electa ut fol , terribilis ut caftrorum
acies ordinata .
Ce qui s'explique affez par
luy même , cette figure eftant
environnée d'armes placées
dans un grand ordre tous un
foleil repreſentant le Roy.
Pour en faire enfuite plus
particulierement l'allufion
avecla Reine , la ſeconde infcription
qui estoit en François
faiſoit voir que le titre d'Electa
GALANT. 251
ut fot , luy convenoit parfai
tement Par Ces deux vers :
Comme luy nous l'avons choiſie,
Pour estre icy l'objet de nos refpects.
Er pour faire voir que lá
comparaifon qu'on en faifoit
avec la crainte qu'infpire l'é
clat des armes d'une Armée
rangée en bataille luy convenoit
pareillement , ſuivant
l'idée qu'on doit avoir d'une
jeune Princeſſe qui dés ſes plus
tendres années fait ſon plus
grand plaiſir de la chaffe &
31
252 MERCURE
d'ettre à cheval , faute d'avoir
d'autres occaſions de ſignaler
fon courage , & de marquer
ſon inclination pour les armes,
l'Eſpagnol l'expliquoit pas
cette inſcription :
No Nacio
En el tiempo
De las Amazonas
Porque
Afu coraçon Varonil
Le era devido
Reinar fobre los hombres.
Ytales.
La quatrième infcription ,
& qui estoit en idiome Par
GALANT. 253
mezan , ou Plaiſantin farfoit
voir que les Etats de Parme
eſtant fituez ſur le Pô , autrefois
l'Eridan , où Phaëton fut
precipité ,on pouvoit dire que
ce Fleuve rendoit au Soleil ?
une fille ſage & prudente au
lieu d'un fils préſomptueux ,
temeraire ; la Reine devenant
la petite fille du Roy repreſenté
par le ſoleil, ce qui estoit
exprimé par ces mots:
In cambi
D'unfiol temerer
Al Po
Ghe rend
Una Fiola prudenta.
,
254 MERCURE
:
La cinquieme failoin voir
en Italien , que de cette maniere
on pouvoit dire auffi ,
que le Soleil avoit produit ,
de même que Jupiter une
Minerve ſortie de ſa tête ,
attendu que l'on ſçait que
c'eſt le Roy luy même qui
aprés avoir parcouru dans
fon idée toutes les Cours de
l'Europe pour examiner &
peſer qu'elle pouvoit eſtre la
Princefle qui conviendroit le
mieux au Roy ſon petit fils
avoit chouſi la Princeſſe de
Parme ; ce qui ſe voit par ces
د
mots:
GALANT. 255
Ecoſi ſi vede
Una nueva Minerva
Uscita
Dal capo del fole.
Et la fixieme inſcription
faifoit voir que fi Elle n'eſt
pas veritablement la Déeffe
Minerve que les Payens ont
adorée ,Elle en poſlede ſi parfaitement
les grandes qualitez
& les rares talens , qu'Elle
eſt la veritable & la plus parfaite
reſſemblance , tel qu'estoit
autrefois le Palladium venu
du Ciel , que les Troyens
gardoient foigneuſementdans
en
256 MERCURE
leur Tample ,parce que leurs
deſtins en dépendoient, & que
tant qu'ils l'auroient ils devoient
eſtre victorieux de
leurs ennemis & leur Ville
,
devoit toujours eître imprenable
; ce qui faisoit dire à
l'Allemand qui ſouhaitoit
paffionnement de l'avoir , &
qui ſçaitcequ'il perd.
Glugfelig ist
Spanien
Van ſe ſich
Erhalen Ran
in Seinem
Palladium.
Cc
GALANT. 265
qu'autre illumination qu'on
auron pû luy faire dans cette
falle.
M. Arnoul avoit eû ſoin
de prier M. le Chevalier de
Rancé , premier Chef d'Eſcadre
des Galeres,&quiles commande
à Marseille , de faire
faireun détachement d'autant
de ſoldats qu'il en falloit, pour
border les deux hayes , entre
leſquelles elle auroit à paffer ,
depuis le grand pavillon de
Thorloge de l'Arcenal juſques
à l'entrée de la cour , que la
Reine avoit à traverſer pour
aller à la ſalle d'armes ,& dans
Novembre 1714.. Z
1
266 MERCURE
cette cour ſe trouverent les
Gardes de l'Erendart , ayant
à leur tête M le Chevalier de
Rouffet qui les commande.Sa
Majesté ſçachant que cette
Compagnie eſt toute compoſéede
Gentilshommes , la
pluſpart Chevaliers de Malte
&tous en bon ordre , Elle fit
arrêter ſa chaiſe pour les confiderer
, & M. le Chevalier de
Rouffet la falua de l'Eſponton,
de même que les Officiers
de la Compagnie , comme
avoient fait auparavant , ceux
qui commandoient les Détachemens
des Troupes desGaGALANT.
267
t
Jeres; & M. le Chevalier de
Rouſſet ettost prêt à faire faire
l'exercice à la Compagnie ,
lorſqu'elle le fit appeller pour
luy dire qu'il eſtoit trop tard.
Elle vint mettre enſuite
pied àterre pour monter a la
Salle d'Armes , au bas de l'efcalier
où estoient M. le Chevalier
de Rancé à la tête de
Meffieurs les Officiers Generaux
, les Capitaines , & autres
Officiers desGaleres , qui n'avoient
pas eſté detachez , &
M. Arnoul y estoit pareille-
* ment , de même queMadame
Arnoul habillée & coiffée de
Zij
168 MERCURE
la maniere qui convenoit en
pareille occafion , avec une
grande partie des Dames les
plus-qualifiées du corps desGaléres
, & de la Ville pour recevoir
Sa Majeſté , la ſuivre ,
&luy faire leur cour.ini
Lorſque la Reine entra dans
la Salle d'Armes& lorſqu'elle
en ſortit,on luy tira deux cent
boëtes de l'Arcenal , & pendant
tout le temps qu'elle y
fût, les trompettes & les violons
qui avoient eſté poſtez
dans des lieux où ils pouvoient
eſtre entendus ſans incommoder
ne cefferent point de
joüer
GALANT. 269
31 Quand Sa Majefté eut veu
laSalled'Armes Elle paffa dans
la Maiſon du Roy par une
porte quiy communique , &
fe trouva d'abord dans un
grand appartement compoſé
de cinq pieces , toutes preparées
pour Elle , dans la plus
grande deſquelles , il y avoit
un magnifique canapée ſous
undais , pour qu'Elle pût s'y
repofer en cas qu'Elle ſe trouva
fatiguée avant que d'entrer
dans une grande ſalle qui eſt
jointe à cet appartement où
eſtoit de plus un grandTheâ
tre ,& un Orqueſte , le tout
蓄
Z iij
270 MERCURE
preparé pour luy donner le
divertinfoment de trois differentes
Pieces , ſçavoir lePrologue
de Phaëton , le Medecin
malgré luy de M. deMoliere
, & la Chaffe d'Enée &
Didon de M. Campra , qui
eſtoit chargé en partie da.
l'execution de cette fête.
Elle entra d'abord dans
cette falle fans s'arreſter dans
l'appartement , & Elle y trouva
dans le milieu ſur un marchepied
couvert d'un grand
tapis de Perſe , un fauteüil de
damas cramoiſi garny de
galons d'or , ſous un dais de
GALANT. 271
-
femblable damas & garni de
même de galons d'or & de
grandes crepines. Ce fauteüil
eſtoit couvert d'une grande
toilette de velours cramoiſi ,
garni de mêmes franges & de
galons d'or.
Sa Majefté eſtoit menée
par M. le Marquis de Los
Balbazés chargé par le Roy
d'Elpagne de laconduire dans
tout le voyage ,& Elle estoit
accompagnée de Madame la
Princeffe de Piombino , de
Madame la Princeffe Pio , de
Madame la Comteſſe de Somaglio
,& des autres Dames
Zij
272 MERCURE
?
de ſa Cour.
Quand Sa Majesté voulut
s'affeoir , on découvrit le fauteüil&
la toilette fut miſe devant
Elle ſur le tapis , au bas
d'un grand carreau de velours
cramoiſi garni de galons d'or
qui devoit eſtre ſous fes pieds.
Elle avoit à ſa droite Madame
la Princeſſe de Piombino ,&
Madame la Princeſſe Pio à ſa
gauche fur des tabourets poſez
ſur le tapis du marchepied;
&derriere ſur de pareils tabourets
pofez auffi fur le tapis
Madame la Comteffe de So-..
maglio , & M. le Marquis, de
GALANT 273
:
Los Balbazés , tout le reſtede
la falle eſtoit garni de petits
placets où Elle voulut bien
permettre queles Damesfuffent
aſſiſes pour le ſpectacle :
ecs placets eſtoient derriere
fon dais avec quelques uns
par les côtez ; mais éloignez.
On avoit preparé proche de
cette falle la collation de la
Reine , croyantqu'Elle fe feroit
ſervir dans le temps du
ſpectacle ; mais Elle voulut
attendre qu'il fut fini..
Sa Majesté repaffa enfuite
dans l'appartement qui luy
avoit eſté preparé ; & Elles'ar274
MERCURE
reſta dans la chambre où eſtoit
le dais avec le grand canapée
ou Elle s'afſfit pour faire collation.
• Cette collation estoit com.
poſée de 28.grandes corbeilles
de patiflerie ,de confitures
Léches,de fruits cruds ſans mê.
lange & de ſecs ,le tout en
piramide ; elle fur apportéc
par les Commiſſaires desGaleres
, qui de main en main less
remettoient à M. Arnoul , de
qui les Officiersde la Reine les.
recevoient, pour les preſenter
à Sa Majesté , & toutes les
corbeilles pafferent ainſi deGALANT.
275
-
vant Elle , enfuite aux Dames
de ſa Cour ,& ſucceſſivement
aux autres Dames , aux Gentilhommes
de ſa ſuite , &aux
Officiers & autresGentilhommes
de la Ville , dont toute la
chambre estoit remplie , &
peu de temps aprés SaMajefté
ſe retira.
de
Elle devoit aller en fortant
l'Intendance , à la Maiſon
de Ville , pour y voir l'illumination
desGaleres qu'elle avoit
agrée pour ce même foir ,&
elle en auroit vû tout l'effet
de la maniere que M. de Rancé
avoit fait ranger les Gale276
MERCURE
:
res ; mais comme il étoit tard
Elle aima mieux retourner
chez elle , & quant au Salut -
Royal qu'on luy devoir , M.
deRancé le luy avoit fait faire
le jour precedent. :
Pendant le temps que Sa
Majesté a reſté à Marseille ,
M. le Marquis de Los Balbazés
, M. le Duc de Caſte ſon
fils , Mle Marquis de Grille ,
&les autres Seigneurs les plus
qualifiz de fa Cour firent
Phonneur à M. Arnoul de dîner
chez luy le premier jour ,
le jour ſuivant ils dînerent
chezM. leChevalierdeRancé,
GALANT. 277
& le trofiéme chez M. le
Bailly de la Pailletric , & en
general chacun a fait tout ce
qu'il a pû pour marquer fon
reſpect & fon attachement
pour la Reine , de même que
la corſi ieration qui estoin ûë
à ces Seigneurs,avec beaucoup
d'empreſſement pour tâ her
d'être de quelqu'agrement
de quelque utilité à toutes les
perſonnes de ſa Maiſon.
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Résumé : AVERTISSEMENT. / DESCRIPTION de la Feste que M. Arnoul, Intendant des Galeres & du Commerce à Marseille, donna à la Reine d'Espagne le Lundy 29. Octobre 1714 à l'occasion de la Salle d'Armes de l'Arcenal des Galeres, que sa Majesté voulut bien aller voir, & d'une espece de Triomphe qui avoit esté preparé pour Elle.
Le 29 octobre 1714, M. Arnoul, Intendant des Galères et du Commerce à Marseille, organisa une fête en l'honneur de la Reine d'Espagne lors de sa visite à la Salle d'Armes de l'Arsenal des Galères. Informé de cette visite le 21 octobre, M. Arnoul choisit le mot latin 'Parma' pour la décoration, en référence au nom de la Reine de Parme. La Salle d'Armes fut ornée de trophées d'armes, d'écus et d'inscriptions latines célébrant la Reine. Un trophée d'armes avec l'écu des armes de Parme était placé au-dessus de la porte principale, accompagné de l'inscription 'Parma triumphans'. Divers écus des armes de Parme étaient dispersés dans la salle, accompagnés de devises et d'emblèmes. Une inscription latine soulignait que le bouclier de la Reine devait triompher sur les autres armes. La tête de Méduse sur le bouclier de Minerve fut remplacée par les armes de la Reine, symbolisant sa douceur et sa bonté. Des représentations symboliques et allégoriques liées à la Reine d'Espagne et à la Maison de Parme furent également présentées. L'Amour, représenté par Cupidon, utilisait divers symboles pour conquérir le cœur de la Reine. Il remplaça le bouclier de Minerve par ses propres armes, symbolisant la victoire de l'amour sur la raison. L'Amour chassa le hibou de Minerve et vola un oiseau sacré à sa mère Vénus pour l'associer à son bouclier, symbolisant la conquête des cœurs. Ces éléments étaient représentés par un bouclier avec un pigeon et un vers latin. La Reine d'Espagne, en combinant les armes de l'amour avec la pureté des lys, conquit un cœur digne d'elle. Cette scène était illustrée par une targe de Parme, répandant une odeur agréable et ornée des armes de l'Amour, placée dans un grand cœur porté par deux lions et appuyée contre deux tours, avec une colombe tenant une couronne de laurier. Apollon annonça des destins heureux par des oracles, prédisant l'union des lys florissants par la targe de Parme, symbolisant l'héritage probable du Duché de Florence par la Maison de Parme. Un second oracle promit que la Reine aurait sous son ombre le Prince des Asturies et les deux Infants, et qu'elle donnerait au Roi d'autres enfants. Un troisième oracle prédit que les lys de Parme, joints à ceux de France, produiraient. Lors de sa visite à Marseille, la Reine d'Espagne fut accueillie dans la Salle d'Armes par plusieurs dignitaires, dont M. le Chevalier de Rancé et M.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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990
AVERTISSEMENT. / DESCRIPTION de la Feste que M. Arnoul, Intendant des Galeres & du Commerce à Marseille, donna à la Reine d'Espagne le Lundy 29. Octobre 1714 à l'occasion de la Salle d'Armes de l'Arcenal des Galeres, que sa Majesté voulut bien aller voir, & d'une espece de Triomphe qui avoit esté preparé pour Elle.
991
p. 278-315
TRADUCTION d'une description du Harem, ou de l'Appartement des Femmes du Grand Seigneur.
Début :
Dans le Harem où sont renfermées les femmes du Grand Seigneur [...]
Mots clefs :
Seigneur, Eunuques, Prince, Appartement, Vizir, Dames, Reine, Harem, Sultane, Sérail, Appartement, Reine, Princesse, Cheval, Esclaves, Cuisine, Grand vizir, Fourrure, Affaires, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION d'une description du Harem, ou de l'Appartement des Femmes du Grand Seigneur.
TRADUCTION
d'une description du Harem ,
ou de l'Appartement des Fem-
Appartemer
mes du Grand- Seigneur.
Dans le Harem où ſontrenfermées
les femmes duGrand-
C
GALANT. 279.
Seigneur , il y a trois principaux
appartements , outre сс
luy de ce Prince. Le premier
eſtceluy de la Sultane Validé ,
ou Reine Mere. Le ſecond celuy
de la Suliane Haffki , ou
Reine ; & le troſieme celuy
de la Kiaya Kadin , ou Sur- Intendante
des filles. La Kaya
Kadin a jurisdiction fur toutes
les filles eſclaves du Serrail;
c'eſt elle auſſi qui commande
auxquarante Boula. Les Boula
ſont des filles âgées qui ont
ſoin de faire le lit du Grand-
Seigneur,& de le ſervirquand
il eſt dans l'appartement des
280 MERCURE
1
femmes ; elles ſont ſur le même
pied que les quarante Pages
de la premiere chambre
qui fervent leGrand Seigneur
quand il eſt hors du Harem.
Dix de ces Boula font garde
pendant la nuit à la porte de
la chambre où le Grand Seigneur
couche. Ces Boula deviennent
par droit d'ancienneté
Hazinedar Oufta, ou Treforieres
,& enſuiteKaya Kadin.
La dignité de Kiaya Kadın
eſt la premiere : ſi quelque fille
veut repreſenter quelque choſe
au Grand Seigneur , elle
s'adreſſe à cette Sur- Intendante
,
GALANT. 281
te , & celle cy le fait ſçavoirà
ce Prince , parce qu'il n'y a
qu'elle , & les quarante Boula
qui ayent un libre accés auprés
de la perſonne duGrand-
Seigneur , auffi bien que la
Sultane Haffeki , & les quatre
premieres Kadins ou Dames.
La Kiaya Kadin a la direction
de toutes les filles qui ſont deftinées
pour les plaiſirs du
Grand- Seigneur ; il y en a une
centaine. Celles qui ont eu le
bonheur de plaire à ce Prince
s'appellent Odaliques , c'est- àdire
, filles de la chambre ; &
fi le Grand- Seigneur deman-
Novembre 1714. Aa
282 MERCURE
de quelqu'autre fille qui n'ait
pas encore eſté Odalique , c'eſt
la Kiaya Kadin qui l'introduir ,
aprés qu'elle en a cula permiffion
de la Sultane Validé. Ces
Princes ont cette déference
pour leurs meres.
La Sultane Haffeki , ou Reine
, eſt toûjours celle qui a cu
lapremiere un enfant mâle ;
elle porte une Couronne d'or
fur la tête. Elle & les quatre
premieres Dames qui ont eu
des enfans mâles , ou des filles ,
ont toutes leurs appartemens
leurs cuifines ,& offices à part;
elles ont des Eunuques pour
GALANT. 283
les ſervir dans le Serrail , &
pour les affaires du dehors elles
ont un Agent & des Baltagis
* du vieuxSerrail * qui leurs
font affectez . Elles vont auprés
duGrand Seigneur quand
elles veulent, ſans que laKiaya
Kadin en prenne connoiſſance,
&fice Prince veut aller chez
elles , il les fait ſeulement
avertir par une des Boula , &
alors elles ſe preparent,&vont
au devant de luy , baiſent la
Ce font ceux qui hors du Serrail
executent les commiſſions des Princes,
des femmes , &des Eunuques,
**Palais où on relegue les femmes du
Grand-Seigneur aprés ſa mort..
Aa ij
284 MERCURE
1
terre quand elles font en fa
prefence , le prennent en
fuite ſous les bras , & le conduiſent
dans leur chambre ;
tant que ce Prince reſte avec
ces Dames , ni la Kiaya Kadin ,
ni aucune Boula ne peut entrer
ſans qu'il ne les appelle...
On affigne à la SultaneHaf-
Seki pour appanage certains
fonds de terre quirendent environ
quarante , ou cinquanto
Yuk ou charges d'argent; chaque
charge vaut deux mille
cinq cent livres , on luydonne
encore une perſonne de
probité , & de confideration
GALANT. 285.
pour Agent , qui a ſoin des
affaires au dehors , & des appanages
, &qui en rend compte
au premier Eunuque , &
celuy cy à la Sultane Haffeki.
Celuy qui porte les ordres à
l'Agent aprés les avoir receu
du premier Eunuque , eſt le
Baltagi , qui eſt Kahuegi , ou
faiſeur du caffe de la Sultane.
On doit obſerver qu'il n'y
aqu'une Sultane Haßki , qui
comme j'ay dit eſt toûjours
celle qui accouche la premiere
d'un enfant mâle ; que fi
on ne luy donne point la
Couronne , on ne luy fair
:
2.86. MERCURE
point ſa Maiſon ,on ne l'ap
pelleque BacheKadin , premiere
Dame , & les autres Dames
Odaliques, qui ont enſuite des
enfans , font appellées la ſeconde
Dame , la troifiéme:
Dame ,& cela juſqu'à la neu
viéme ; parce que c'eſt la coû
tume qu'il peut y en avoir
juſqu'à neuf; mais elles n'ont
ni Maiſons à part , ni Appanages
; on leur affigne ſeulement
un certain nombre de
plats dela cuiſine Imperiale
on leur donne un ou deux
Eunuques pour les ſervir au
dedans,& quelques Baltagis,
ॐ
GALANT. 287
pour les fervir au dehors du
Serrail ;& outreles dépenſes.
tant pour leurs perſonnes .
que pour celle des Princes ou
Princeſſes leurs enfans le
Grand-Seigneur leur donne
une dizaine de bourſes , c'eſtà-
dire quinze mille livres pour
leurs menus plaiſirs.
Si parmi ces Dames qui ont
cudes enfans mâles , il y en a
quelqu'une que le Grand Scigneur
honore d'une bienveillance
particuliere , ce Prince
luy donne pour Appanage un
fonds de terre ſuffifantà faire
environ quinze ou vingt char288
MERCURE
ges d'argent,
Il n'en eſt pas de même à
l'égard de la Sultane Validé ,
dés que le Prince ſon fils eſt
fur le Trône , elle a en qualitéde
Reine Mere , fa Maifon
en particulier , elle a de gros
Appanages , elle a un Agent
au dehors ; & quand elle ordonne
au Grand- Viſir de faire
quelque choſe , ce premier
Miniſtre le repreſente au
Grand Seigneur , qui donne
aufſcoſt ſon confentement
par écrit :fi leGrand Seigneur
vient à mourir , & que fon &
fils monte fur le Trône , la
Sultane
GALANT. 289
Sultane Validé, comme grandmere
a toûjours les mêmes
honneurs ; mais elle ne ſe mêle
plus des affaires ,& la mere
du Prince n'eſt que la ſeconde
en dignitez , elle a pourtant
unemaiſon à part& les mêmes
Officiers que la grand'mere :
fi la grand' mere meurt, la Reine
devient abſoluë , & fi elle
vient à mourir, la Kiaya Kadın
prend fa place dans les affaires
qui regardent ſeulement l'appartement
des femmes , fans
ſe mêler des affaires du dehors.
Quand le Grand Seigneur
meurt , s'il n'a point de fils
Novembre 1714. Bb
290 MERCURE
pour luy fucceder د ou que
celuy qu'il a , ſoit trop jeune
pour regner , on met ſur le
Thrône le frere du Grand-
Seigneur , ou un autre Prince,
&alors la mere de ce Princedevient
Sultane Validé , &
on envoye au vieux Serrail
la Sultane Validé du Prince
mort , & elle y demeure juſqu'à
ſa mort fans pouvoir ſe
marier ; mais ſi le fils d'une
Sultane Haffeki ou d'une
autre Dame Odalique , vient à
mourir pendant que leGrand-
Seigneur ſon pere eſt en vie,
la mere du Prince ne reſte
,
1
GALANT. 291
point dans le Serrail , aprés
la mort du Grand- Seigneur ,
on la marie à quelque Viſir ,
ou on l'envoye au vieux Serrail.
Al'égard des Dames Odali
ques qui n'ont eu que des filles
, on les marie quelquefois
quand même leurs filles font
encore en vie , & du vivant
même du Grand Seigneur ;
cela ſepratique demême à l'égard
des Dames Odaliques qui
n'ont point eu d'enfans : mais
pour celles qui ont eu des enfans
mâles , on ne les marie
point , tant que leurs fils font
(
Bbij
292 MERCURE
en vie, on les envoye au vieux
Serrail. Dés que le Grand-Scigneur
vient à mourir , fi un
de ces Princes par ſucceſſion
de temps , devientGrand- Seigneur
, alors la mere de ce
Prince revient dans le Serrail
en qualité de Sultane Validé.
La Sultane Kalidé a plus de
cent filles eſclaves pour la fervir.
La premiere eſt la Hazinedar
Oufta , ou Treforiere ; &
la ſecondeKontongi Boula , qui
eſt celle qui eſt chargée de la
caffette aux bijoux; elle a deux
cuiſines , l'une dans l'appartement
des femmes , & l'autre
au dehors ; elle a trente ou
GALANT. 293
quarante Eunuques , dont le
chef s'appelle Bacha Aga ,ou
premier Aga , ce ſont ceux
qui ont ſoindes emplettes ,&
des affaires de toutes les eſclaves:
outre ce premier Aga , il
y en a encore deux autres
qu'on appelle ſecond & troifiémeAga
, & ces trois Aga
commandent les autres Eunuques.
Tous les Eunuques ſont
eſclaves : quand ils ſont vieux
on leur donne la liberté , &
on les envoye au Caire , en
leur donnant une paye par
jour depuis trente Paras *juf-
**Un Paras vaut 18. deniers de France.
ВБ ij
294 MERCURE
qu'à cent cinquante.
r
ว
La Maiſon de la Sultane
Haffeki est compoféede la même
maniere que cellede laSultane
Validé. Ily a environ fix
cent filles eſclaves dans l'appartement
des femmes ; les
unes deſtinées pour le Grand-
Seigneur ,& les autres pour le
ſervice de la Sultane Validé
pour celuyde la SultaneHaffeki
,&des autres Dames,quand
elles ont ſervy long temps ,
on les marie quelquefois à des
Agas , ou à des Secretaires de
laPorte ; mais la Kiaya Radin ,
& la Hazinedar Boula ouTreGALANT
. 295
foriere du Grand- Seigneur ,
reſtent juſqu'à leur mort dans
le Serrail.
Il y a trois ou quatre cent
Eunuques noirs qui ſervent
dans l'appartement des femmes
; leur chef s'appelle Kizlar
Aga. Celuy-cy les commande
tous , & fon pouvoir
eſt grand tant au dedans qu'au
dehors , il eſt toûjours auprés
de la perſonne du Grand Scigneur
, & on peut dire que ce
Prince n'a pas moins d'égard
pour luy , que pour leGrand-
Vifir.
Tous les Telhis ou Suppli
Bb iiij
296 MERCURE
ques & repreſentations que le
Grand-Vifir ou les autres Vifirs
veulent faire au Grand-
Seigneur, paſſent par les mains
dduuKiflar-Aga , & on ne peut
faire aucun preſent au Prince,
ni luy faire ſçavoir la moindre
choſe , ni avoir aucune réponſe
de luy fans ſa permiffion ,
& particulierement quand le
Grand- Seigneur eſt dansl'ap.
partement des femmes , &
ſuppoſé que le Kiflar-Aga cût
des affaires , il envoye à ſa
place le Hazinedar , ou Treforier
qui eſt auſſi unEunuque
noir , ou un des dix huit Eu-
}
e
ALANT. 2.97
nuques qu'on appelle Favoris,
&enfuite ils luy viennent rendrecomptede
ceque leGrand-
Seigneur a répondu. LeKiflar-
Aga eſt au-deſſus des autres
Viſirs , c'eſt pour cela que
dans les marches publiques
fon cheval a des chaînes d'or
au col comme celuy du
Grand-Seigneur &du Grand-
Viſir ; les chevaux des autres
Viſirs n'ont que des chaînes
d'argent,il porte auſſi les jours
de ceremonie la veſte de ſatin
blanc fourée de Martre Zibeline
, comme le Grand- Vizir ;
les autres Viſirs la portent
,
298 MERCURE
rouge , ou verte.
Enfin cet Officier eft toû
jours auprés du Grand Seigneur
, quand il eſt dans le
Harem ou au dehors , foit
,
ou que
qu'il monte à cheval pour aller
à la promenade ,
quelqu'un le traite ; il a accés
huprés du Grand- Seigneur en
quelqu'endroit qu'il foit , à
moins qu'il ne fût feul auprés
de la Sultane- Validé, de la Sultane-
Haff ki , ou de quelqu'autre
Dame Odalique , alors il
n'entre pas par refpect , &
quand même il auroit unTelhis
du Grand- Viſir , il n'entre
GALANT. 299
point àmoins qu'il ne ſoit appellé
, au lieu que le Hazinedar
&les autres Eunuques favoris
ne vont auprés de ce Prince
que quand ils font appellez ,
ou quand le KiflarAga les envoye
pour luy dire quelque
choſe. C'eſt luy qui a les clefs
des portes du Harem , & les
Eunuques de garde luy portent
les clefs , aprés qu'ils les
ont fermées , & le matin ils
reprennent les clefs pour les
ouvrir : fi le Grand Seigneur
veut fortir pendant la nuit
les Eunuques de garde avertiffent
le Kiflar-Aga , & alors
>
300 MERCURE
il va luy-mêmeouvrir la por
te.
Toutes les nuits il y a quarante
Eunuques de garde avec
deux favoris à la porte desap
partemens , & au dehors des
murailles du coſté desjardins ,
il y a toutes les nuits quatre
ou cinq cent Bostangis * qui
font la garde , & les uns , &
les autres font tous armez ; le
Kiflar-Aga fair quelquefois la
ronde pendant la nuit , & s'il
trouve quelqu'un des Gar-
* Ce font les Jardiniers qui compoſent
ceCorps , dont le Boſtangis-Bachi
eft le Chef.
GALANT. 301
des endormi , ou qui ne foit
point en ſon poſte , le lende
main il luy fait donner cing
cent coups de bâtons ſur la
plante des pieds , & l'envoye
au vieux Serrail .
L'appartement! du Kiflar-
Aga eſt auprés de la porte de
l'appartement des femmes, il
y a environ cent Eunuques ,
& cent Baltagis à ſon ſervice.,
les uns pour le ſervir en dedans
, & les autres au dehors.;
il y a auſſi une cuiſine au dehors
, & des Officiers juſqu'au
nombre de cent cinquante
perſonnes,ils dependent pour
302 MERCURE
tant du Chefde la cuiſine Imperiale
, & c'eſt le Kiflargi Bachi
ou Chefde la chambre de
l'Office du Grand - Seigneur
qui eſt leur Sur- Intendant ; ils
portent tous des bonnets
blancs faits en pain de ſucre ,
excepté que le bout eſt rond.
La Sultane Validé , la Sultane
Haffeki , & les autres Dames
Odaliques ont un certain nombre
de plats de la cuiſine du
Grand- Seigneur ; mais cela eſt
pour les filles qui font à leur
ſervice , car elles ne mangent
quece qui leur eſt preparédans
les cuiſines qu'elles ont dans
0
GALANT. 303
leurs appartements. Les viandes
pour le reſte des filles &
des Eunuques ſont preparées
dans la cuiſine du Kıflar-Aga.
Les Baltagis du vieux Serrail
compoſent unCorps d'environquatre
cens hommes ; ils
ont pour leur Chef le Baltagilar
Kiayaffi , qui les punit
quand ils fontquelques fautes.
Il porte une ceinture large de
brocard d'or ,& le bonnet de
feutre jaune pointu , & qui
eſt un peu plus grand qu'un
grand pain de ſucre ; les Bal.
tagis portent auſſi de ſemblables
bonnets de feutre jaune ,
304 MERCURE
ils ſervent les femmes du Serrail
du Grand-Seigneur , &
celles qui ſont dans le vieux
Serrail. Ce font eux qui font
toutes les emplettes&les commiſſions
au dehors , ils dependent
du Kiflar-Aga.
:
Quand les femmes du
Grand-Seigneur font en marche
pour aller d'un lieu à un
autre , ils marchent àpied au
tour des caroffes avec leurs
épécs , les Eunuques font à
cheval auffiarmez , & marchent
devant & derriere les
caroffes ; ily a aufli bon nombredeBostangis
, qui marchent
un
GALANT . 305 .
:
un peu éloignez , & conduiſent
de cette maniere les
femmes d'un gîte à l'autre.
Les Baltagis , ont ſoin de
charger & décharger le bagage.
Onfait le caffé de la Sultane
Validé,de la Sultane Haßeki ,
de la Bache Kadin , de la Kiaya
Kadin , & du Kiflar Aga , au
dehors ou à des chambres
particulieres pour cela deſſervies
par vingt ou trenteBaltagis
, & chacunes de ces chambres
a un chef qui eſt un
ancien Baltagi , qu'on appelle
Kahuegi Bachi.
Novembre 1714. Cc
306 MERCURE
Ces faiſeurs de caffé font
eſtimez parmi le corps des
Baltagis ,& quand ils ſortent
de-là on leur donne des employs
confiderables ou de
bons Ziamets * , ou on les fait
Capigis - Bachis.
Le Secretaire du Kiflar-Aga
eſt auſſi eſtimé , on l'appelle
Yazigi Effendi ,il eſt quelque
fois chargé des ordres du
Grand-Seigneur pour leGrand
Viſir , & il va toûjours auprés
de ce premier Miniftre
pour lesaffaires du KıflarAga.
Ce Secretaire eft pourtant
au- deſſous du BaltagisKiayaffi
* Fonds de terres
GALANT . 307
& porte un bonnet de feutre
jaune , comme celuy de ces
Officiers; mais dans les voyages
ils portent tous des bonnets
de draps rouges comme
ceux des Bostangis ;c'eſt leBaltagi
Larkiayaffi qui porte ordinairement
les Haticherifs ,
ou ordres duGrand Seigneur
tant par écrit que de bouche
au Grand Vıfır ,aux autres
Viſirs , & au Moufti : quand
ila ſervi long- temps , on le
fait Capigi Bachi , ou on luy
donne quelqu'autre employ
confiderable .
Les Baltagis peuvent deve
Ccij
308 MERCURE
nir Sphais , ou Cavaliers avec
dix-huit afpres * de paye par
jour ,ou bien Chaoux ; c'eſtàdire
Huiffier.
Autrefois quand les fils
des Grands Seigneurs eſtoient
devenus grands on leur donnoit
des Provinces à gouverner
, & on leur donnoit un
Viſir ſage & prudent pour
Kiaya ouLieutenant ; cesPrinces
apprenoient par là les affaires
du monde , & quand le
Grand Seigneur venoit à mourir
, les Officiers de la Porte ,
* Un Aſpre vaut dix-huit deniers de
Franse.
GALANT. 309
tous les Chefs des Corps des
Milices , & tous les Docteurs
de la Loy en donnoient avis
au Prince aîné , & à ſon arrivée
on l'inſtalloit à la place du
Grand Seigneur ſon pere.Dés
qu'il avoit l'autorité en main
il faiſoit revenir ſes freres , &
les mettoitdans les priſons qui
font deſtinées pour ces Princes
,&qui font dans l'appartement
des femmes , & on
leur donnoit pour les ſervir
quelques vieilles Boula
quelques Eunuques noirs avec
tout ce qu'il leur faut pour
Ieur nourriture& leur entre-
د
&
310 MERCURE
tien , & ils demeuroient enfermez
juſqu'à ce que leur
rang d'être Empereur , vint
ou que la mort les delivrat :&
fi quelqu'un de ces Princes ne
venoit point fe remettre en
prifon , on le pourfuivoit jufqu'à
ce qu'on le prit ,& on le
faiſoit enfuite mourir.Aujourd'huy
il n'en eft pas demême,
pendant que le Grand-Seigneur
leur pere eſt vivant , ils
font élevez auprés de luy , &
quand il meurt on met ſur le
Trône le premier né , & fes
autres freres dans les priſons
qui font dans l'appartement
し
GALANT. 311
des femmes ſous la garde de
la SultaneValidé ,& cela fe fait
de l'avisde tous les principaux
Officiers de l'Empire , & ils
prennent une declaration par
écrit de cette Princeffe , comme
il ne ſera fait aucun tort à
ces Princes. On donne auffi à
ces Princes quelques vieilles
Boula , & quelques Eunuques
pour les fervir dans leurs prifons,&
quelques Baltagis pour
les fervir au dehors .
Al'égard des Sultanes ou
filles des Grands- Seigneurs ,
c'eſt l'ordinaire qu'on les
maric environ à l'âge de
1
>
312 MERCURE
ſept ans , à quelque Viſir qui
ne ſoit point marié; quelques
jours aprés que le mariage a
été celebré , on conduit en
cérémonie cette Princeſſe avec.
ſa dot ; & fon trouffeau.
chez fon Epoux ; on luy don
ne auffi trente ou quarante
filles , & une vingtaine d'Eunuques
noirs pour la fervir.
Le Grand-Viſir , les Viſirs de
route , tous les principaux.
Docteurs de laLoy& generalement
tous les principaux
Officiers de la Porte marchent
à cheval au -devant des
Caroffes de la Princeffe , le
د
Kiflar
GALANT. 313
Kiflar-Aga & quelques Eunuques
favoris le précedent ;
Quand la Princeſſe eſt arrivée
chez ſon Epoux , le Kiflar-
Aga la luy remet entre les
mains ,& luy la conduit dans
fon appartement ,& la remet
entre les mains de ſa Kiaya-
Kadin, de fa nourrice , & de
ſes gouvernantes , il fort enſuite
de l'appartement de la
Princeffe , & traite tous les
principaux Officiers qui l'ont
accompagné ; aprés le repas
il donne au Grand Viſir , au
Kiflar-Aga , au Moufty , aux
deux Kadileskers , au Cadi de
Novembre 1714. Dd
314 MERCURE
Conftantinople ,& à tous les
les Viſirs de route à chacun
une fourrure de martre zibline;
il endonne à tous les autres
principaux Officiers de la
Caftanie; il donne auffi des
fourrures de martre zibline
auxEunuques favorisqui ont
accompagné le Kiflar-Aga ,&
diſtribuë de l'argent àtousles
autres chacun ſuivant ſa qualité,
& aprés que le Grand-
Vıfır , le Kflar-Aga, les autres
Viſirs , les Docteurs de la
Loy ont felicité le nouveau
marié, chacun ſe retire chez
ſoy. Le lendemain il va renGALANT.
315
dre ſa viſite au Grand-Viſir
qui luy donne une fourrure
de martre zibline ; le premier
Miniſtre l'envoye enfuite au
Grand- Seigneur , ce Prince
luy donne un Caftan de drap
d'or fourré de martre zibline ,
comme ſon gendre , il va
aprés chez le Kıflar- Aga où la
Reine Mere luy envoye une
fourrure de martre zibline ,
&puis il ſe retire chez luy.
d'une description du Harem ,
ou de l'Appartement des Fem-
Appartemer
mes du Grand- Seigneur.
Dans le Harem où ſontrenfermées
les femmes duGrand-
C
GALANT. 279.
Seigneur , il y a trois principaux
appartements , outre сс
luy de ce Prince. Le premier
eſtceluy de la Sultane Validé ,
ou Reine Mere. Le ſecond celuy
de la Suliane Haffki , ou
Reine ; & le troſieme celuy
de la Kiaya Kadin , ou Sur- Intendante
des filles. La Kaya
Kadin a jurisdiction fur toutes
les filles eſclaves du Serrail;
c'eſt elle auſſi qui commande
auxquarante Boula. Les Boula
ſont des filles âgées qui ont
ſoin de faire le lit du Grand-
Seigneur,& de le ſervirquand
il eſt dans l'appartement des
280 MERCURE
1
femmes ; elles ſont ſur le même
pied que les quarante Pages
de la premiere chambre
qui fervent leGrand Seigneur
quand il eſt hors du Harem.
Dix de ces Boula font garde
pendant la nuit à la porte de
la chambre où le Grand Seigneur
couche. Ces Boula deviennent
par droit d'ancienneté
Hazinedar Oufta, ou Treforieres
,& enſuiteKaya Kadin.
La dignité de Kiaya Kadın
eſt la premiere : ſi quelque fille
veut repreſenter quelque choſe
au Grand Seigneur , elle
s'adreſſe à cette Sur- Intendante
,
GALANT. 281
te , & celle cy le fait ſçavoirà
ce Prince , parce qu'il n'y a
qu'elle , & les quarante Boula
qui ayent un libre accés auprés
de la perſonne duGrand-
Seigneur , auffi bien que la
Sultane Haffeki , & les quatre
premieres Kadins ou Dames.
La Kiaya Kadin a la direction
de toutes les filles qui ſont deftinées
pour les plaiſirs du
Grand- Seigneur ; il y en a une
centaine. Celles qui ont eu le
bonheur de plaire à ce Prince
s'appellent Odaliques , c'est- àdire
, filles de la chambre ; &
fi le Grand- Seigneur deman-
Novembre 1714. Aa
282 MERCURE
de quelqu'autre fille qui n'ait
pas encore eſté Odalique , c'eſt
la Kiaya Kadin qui l'introduir ,
aprés qu'elle en a cula permiffion
de la Sultane Validé. Ces
Princes ont cette déference
pour leurs meres.
La Sultane Haffeki , ou Reine
, eſt toûjours celle qui a cu
lapremiere un enfant mâle ;
elle porte une Couronne d'or
fur la tête. Elle & les quatre
premieres Dames qui ont eu
des enfans mâles , ou des filles ,
ont toutes leurs appartemens
leurs cuifines ,& offices à part;
elles ont des Eunuques pour
GALANT. 283
les ſervir dans le Serrail , &
pour les affaires du dehors elles
ont un Agent & des Baltagis
* du vieuxSerrail * qui leurs
font affectez . Elles vont auprés
duGrand Seigneur quand
elles veulent, ſans que laKiaya
Kadin en prenne connoiſſance,
&fice Prince veut aller chez
elles , il les fait ſeulement
avertir par une des Boula , &
alors elles ſe preparent,&vont
au devant de luy , baiſent la
Ce font ceux qui hors du Serrail
executent les commiſſions des Princes,
des femmes , &des Eunuques,
**Palais où on relegue les femmes du
Grand-Seigneur aprés ſa mort..
Aa ij
284 MERCURE
1
terre quand elles font en fa
prefence , le prennent en
fuite ſous les bras , & le conduiſent
dans leur chambre ;
tant que ce Prince reſte avec
ces Dames , ni la Kiaya Kadin ,
ni aucune Boula ne peut entrer
ſans qu'il ne les appelle...
On affigne à la SultaneHaf-
Seki pour appanage certains
fonds de terre quirendent environ
quarante , ou cinquanto
Yuk ou charges d'argent; chaque
charge vaut deux mille
cinq cent livres , on luydonne
encore une perſonne de
probité , & de confideration
GALANT. 285.
pour Agent , qui a ſoin des
affaires au dehors , & des appanages
, &qui en rend compte
au premier Eunuque , &
celuy cy à la Sultane Haffeki.
Celuy qui porte les ordres à
l'Agent aprés les avoir receu
du premier Eunuque , eſt le
Baltagi , qui eſt Kahuegi , ou
faiſeur du caffe de la Sultane.
On doit obſerver qu'il n'y
aqu'une Sultane Haßki , qui
comme j'ay dit eſt toûjours
celle qui accouche la premiere
d'un enfant mâle ; que fi
on ne luy donne point la
Couronne , on ne luy fair
:
2.86. MERCURE
point ſa Maiſon ,on ne l'ap
pelleque BacheKadin , premiere
Dame , & les autres Dames
Odaliques, qui ont enſuite des
enfans , font appellées la ſeconde
Dame , la troifiéme:
Dame ,& cela juſqu'à la neu
viéme ; parce que c'eſt la coû
tume qu'il peut y en avoir
juſqu'à neuf; mais elles n'ont
ni Maiſons à part , ni Appanages
; on leur affigne ſeulement
un certain nombre de
plats dela cuiſine Imperiale
on leur donne un ou deux
Eunuques pour les ſervir au
dedans,& quelques Baltagis,
ॐ
GALANT. 287
pour les fervir au dehors du
Serrail ;& outreles dépenſes.
tant pour leurs perſonnes .
que pour celle des Princes ou
Princeſſes leurs enfans le
Grand-Seigneur leur donne
une dizaine de bourſes , c'eſtà-
dire quinze mille livres pour
leurs menus plaiſirs.
Si parmi ces Dames qui ont
cudes enfans mâles , il y en a
quelqu'une que le Grand Scigneur
honore d'une bienveillance
particuliere , ce Prince
luy donne pour Appanage un
fonds de terre ſuffifantà faire
environ quinze ou vingt char288
MERCURE
ges d'argent,
Il n'en eſt pas de même à
l'égard de la Sultane Validé ,
dés que le Prince ſon fils eſt
fur le Trône , elle a en qualitéde
Reine Mere , fa Maifon
en particulier , elle a de gros
Appanages , elle a un Agent
au dehors ; & quand elle ordonne
au Grand- Viſir de faire
quelque choſe , ce premier
Miniſtre le repreſente au
Grand Seigneur , qui donne
aufſcoſt ſon confentement
par écrit :fi leGrand Seigneur
vient à mourir , & que fon &
fils monte fur le Trône , la
Sultane
GALANT. 289
Sultane Validé, comme grandmere
a toûjours les mêmes
honneurs ; mais elle ne ſe mêle
plus des affaires ,& la mere
du Prince n'eſt que la ſeconde
en dignitez , elle a pourtant
unemaiſon à part& les mêmes
Officiers que la grand'mere :
fi la grand' mere meurt, la Reine
devient abſoluë , & fi elle
vient à mourir, la Kiaya Kadın
prend fa place dans les affaires
qui regardent ſeulement l'appartement
des femmes , fans
ſe mêler des affaires du dehors.
Quand le Grand Seigneur
meurt , s'il n'a point de fils
Novembre 1714. Bb
290 MERCURE
pour luy fucceder د ou que
celuy qu'il a , ſoit trop jeune
pour regner , on met ſur le
Thrône le frere du Grand-
Seigneur , ou un autre Prince,
&alors la mere de ce Princedevient
Sultane Validé , &
on envoye au vieux Serrail
la Sultane Validé du Prince
mort , & elle y demeure juſqu'à
ſa mort fans pouvoir ſe
marier ; mais ſi le fils d'une
Sultane Haffeki ou d'une
autre Dame Odalique , vient à
mourir pendant que leGrand-
Seigneur ſon pere eſt en vie,
la mere du Prince ne reſte
,
1
GALANT. 291
point dans le Serrail , aprés
la mort du Grand- Seigneur ,
on la marie à quelque Viſir ,
ou on l'envoye au vieux Serrail.
Al'égard des Dames Odali
ques qui n'ont eu que des filles
, on les marie quelquefois
quand même leurs filles font
encore en vie , & du vivant
même du Grand Seigneur ;
cela ſepratique demême à l'égard
des Dames Odaliques qui
n'ont point eu d'enfans : mais
pour celles qui ont eu des enfans
mâles , on ne les marie
point , tant que leurs fils font
(
Bbij
292 MERCURE
en vie, on les envoye au vieux
Serrail. Dés que le Grand-Scigneur
vient à mourir , fi un
de ces Princes par ſucceſſion
de temps , devientGrand- Seigneur
, alors la mere de ce
Prince revient dans le Serrail
en qualité de Sultane Validé.
La Sultane Kalidé a plus de
cent filles eſclaves pour la fervir.
La premiere eſt la Hazinedar
Oufta , ou Treforiere ; &
la ſecondeKontongi Boula , qui
eſt celle qui eſt chargée de la
caffette aux bijoux; elle a deux
cuiſines , l'une dans l'appartement
des femmes , & l'autre
au dehors ; elle a trente ou
GALANT. 293
quarante Eunuques , dont le
chef s'appelle Bacha Aga ,ou
premier Aga , ce ſont ceux
qui ont ſoindes emplettes ,&
des affaires de toutes les eſclaves:
outre ce premier Aga , il
y en a encore deux autres
qu'on appelle ſecond & troifiémeAga
, & ces trois Aga
commandent les autres Eunuques.
Tous les Eunuques ſont
eſclaves : quand ils ſont vieux
on leur donne la liberté , &
on les envoye au Caire , en
leur donnant une paye par
jour depuis trente Paras *juf-
**Un Paras vaut 18. deniers de France.
ВБ ij
294 MERCURE
qu'à cent cinquante.
r
ว
La Maiſon de la Sultane
Haffeki est compoféede la même
maniere que cellede laSultane
Validé. Ily a environ fix
cent filles eſclaves dans l'appartement
des femmes ; les
unes deſtinées pour le Grand-
Seigneur ,& les autres pour le
ſervice de la Sultane Validé
pour celuyde la SultaneHaffeki
,&des autres Dames,quand
elles ont ſervy long temps ,
on les marie quelquefois à des
Agas , ou à des Secretaires de
laPorte ; mais la Kiaya Radin ,
& la Hazinedar Boula ouTreGALANT
. 295
foriere du Grand- Seigneur ,
reſtent juſqu'à leur mort dans
le Serrail.
Il y a trois ou quatre cent
Eunuques noirs qui ſervent
dans l'appartement des femmes
; leur chef s'appelle Kizlar
Aga. Celuy-cy les commande
tous , & fon pouvoir
eſt grand tant au dedans qu'au
dehors , il eſt toûjours auprés
de la perſonne du Grand Scigneur
, & on peut dire que ce
Prince n'a pas moins d'égard
pour luy , que pour leGrand-
Vifir.
Tous les Telhis ou Suppli
Bb iiij
296 MERCURE
ques & repreſentations que le
Grand-Vifir ou les autres Vifirs
veulent faire au Grand-
Seigneur, paſſent par les mains
dduuKiflar-Aga , & on ne peut
faire aucun preſent au Prince,
ni luy faire ſçavoir la moindre
choſe , ni avoir aucune réponſe
de luy fans ſa permiffion ,
& particulierement quand le
Grand- Seigneur eſt dansl'ap.
partement des femmes , &
ſuppoſé que le Kiflar-Aga cût
des affaires , il envoye à ſa
place le Hazinedar , ou Treforier
qui eſt auſſi unEunuque
noir , ou un des dix huit Eu-
}
e
ALANT. 2.97
nuques qu'on appelle Favoris,
&enfuite ils luy viennent rendrecomptede
ceque leGrand-
Seigneur a répondu. LeKiflar-
Aga eſt au-deſſus des autres
Viſirs , c'eſt pour cela que
dans les marches publiques
fon cheval a des chaînes d'or
au col comme celuy du
Grand-Seigneur &du Grand-
Viſir ; les chevaux des autres
Viſirs n'ont que des chaînes
d'argent,il porte auſſi les jours
de ceremonie la veſte de ſatin
blanc fourée de Martre Zibeline
, comme le Grand- Vizir ;
les autres Viſirs la portent
,
298 MERCURE
rouge , ou verte.
Enfin cet Officier eft toû
jours auprés du Grand Seigneur
, quand il eſt dans le
Harem ou au dehors , foit
,
ou que
qu'il monte à cheval pour aller
à la promenade ,
quelqu'un le traite ; il a accés
huprés du Grand- Seigneur en
quelqu'endroit qu'il foit , à
moins qu'il ne fût feul auprés
de la Sultane- Validé, de la Sultane-
Haff ki , ou de quelqu'autre
Dame Odalique , alors il
n'entre pas par refpect , &
quand même il auroit unTelhis
du Grand- Viſir , il n'entre
GALANT. 299
point àmoins qu'il ne ſoit appellé
, au lieu que le Hazinedar
&les autres Eunuques favoris
ne vont auprés de ce Prince
que quand ils font appellez ,
ou quand le KiflarAga les envoye
pour luy dire quelque
choſe. C'eſt luy qui a les clefs
des portes du Harem , & les
Eunuques de garde luy portent
les clefs , aprés qu'ils les
ont fermées , & le matin ils
reprennent les clefs pour les
ouvrir : fi le Grand Seigneur
veut fortir pendant la nuit
les Eunuques de garde avertiffent
le Kiflar-Aga , & alors
>
300 MERCURE
il va luy-mêmeouvrir la por
te.
Toutes les nuits il y a quarante
Eunuques de garde avec
deux favoris à la porte desap
partemens , & au dehors des
murailles du coſté desjardins ,
il y a toutes les nuits quatre
ou cinq cent Bostangis * qui
font la garde , & les uns , &
les autres font tous armez ; le
Kiflar-Aga fair quelquefois la
ronde pendant la nuit , & s'il
trouve quelqu'un des Gar-
* Ce font les Jardiniers qui compoſent
ceCorps , dont le Boſtangis-Bachi
eft le Chef.
GALANT. 301
des endormi , ou qui ne foit
point en ſon poſte , le lende
main il luy fait donner cing
cent coups de bâtons ſur la
plante des pieds , & l'envoye
au vieux Serrail .
L'appartement! du Kiflar-
Aga eſt auprés de la porte de
l'appartement des femmes, il
y a environ cent Eunuques ,
& cent Baltagis à ſon ſervice.,
les uns pour le ſervir en dedans
, & les autres au dehors.;
il y a auſſi une cuiſine au dehors
, & des Officiers juſqu'au
nombre de cent cinquante
perſonnes,ils dependent pour
302 MERCURE
tant du Chefde la cuiſine Imperiale
, & c'eſt le Kiflargi Bachi
ou Chefde la chambre de
l'Office du Grand - Seigneur
qui eſt leur Sur- Intendant ; ils
portent tous des bonnets
blancs faits en pain de ſucre ,
excepté que le bout eſt rond.
La Sultane Validé , la Sultane
Haffeki , & les autres Dames
Odaliques ont un certain nombre
de plats de la cuiſine du
Grand- Seigneur ; mais cela eſt
pour les filles qui font à leur
ſervice , car elles ne mangent
quece qui leur eſt preparédans
les cuiſines qu'elles ont dans
0
GALANT. 303
leurs appartements. Les viandes
pour le reſte des filles &
des Eunuques ſont preparées
dans la cuiſine du Kıflar-Aga.
Les Baltagis du vieux Serrail
compoſent unCorps d'environquatre
cens hommes ; ils
ont pour leur Chef le Baltagilar
Kiayaffi , qui les punit
quand ils fontquelques fautes.
Il porte une ceinture large de
brocard d'or ,& le bonnet de
feutre jaune pointu , & qui
eſt un peu plus grand qu'un
grand pain de ſucre ; les Bal.
tagis portent auſſi de ſemblables
bonnets de feutre jaune ,
304 MERCURE
ils ſervent les femmes du Serrail
du Grand-Seigneur , &
celles qui ſont dans le vieux
Serrail. Ce font eux qui font
toutes les emplettes&les commiſſions
au dehors , ils dependent
du Kiflar-Aga.
:
Quand les femmes du
Grand-Seigneur font en marche
pour aller d'un lieu à un
autre , ils marchent àpied au
tour des caroffes avec leurs
épécs , les Eunuques font à
cheval auffiarmez , & marchent
devant & derriere les
caroffes ; ily a aufli bon nombredeBostangis
, qui marchent
un
GALANT . 305 .
:
un peu éloignez , & conduiſent
de cette maniere les
femmes d'un gîte à l'autre.
Les Baltagis , ont ſoin de
charger & décharger le bagage.
Onfait le caffé de la Sultane
Validé,de la Sultane Haßeki ,
de la Bache Kadin , de la Kiaya
Kadin , & du Kiflar Aga , au
dehors ou à des chambres
particulieres pour cela deſſervies
par vingt ou trenteBaltagis
, & chacunes de ces chambres
a un chef qui eſt un
ancien Baltagi , qu'on appelle
Kahuegi Bachi.
Novembre 1714. Cc
306 MERCURE
Ces faiſeurs de caffé font
eſtimez parmi le corps des
Baltagis ,& quand ils ſortent
de-là on leur donne des employs
confiderables ou de
bons Ziamets * , ou on les fait
Capigis - Bachis.
Le Secretaire du Kiflar-Aga
eſt auſſi eſtimé , on l'appelle
Yazigi Effendi ,il eſt quelque
fois chargé des ordres du
Grand-Seigneur pour leGrand
Viſir , & il va toûjours auprés
de ce premier Miniftre
pour lesaffaires du KıflarAga.
Ce Secretaire eft pourtant
au- deſſous du BaltagisKiayaffi
* Fonds de terres
GALANT . 307
& porte un bonnet de feutre
jaune , comme celuy de ces
Officiers; mais dans les voyages
ils portent tous des bonnets
de draps rouges comme
ceux des Bostangis ;c'eſt leBaltagi
Larkiayaffi qui porte ordinairement
les Haticherifs ,
ou ordres duGrand Seigneur
tant par écrit que de bouche
au Grand Vıfır ,aux autres
Viſirs , & au Moufti : quand
ila ſervi long- temps , on le
fait Capigi Bachi , ou on luy
donne quelqu'autre employ
confiderable .
Les Baltagis peuvent deve
Ccij
308 MERCURE
nir Sphais , ou Cavaliers avec
dix-huit afpres * de paye par
jour ,ou bien Chaoux ; c'eſtàdire
Huiffier.
Autrefois quand les fils
des Grands Seigneurs eſtoient
devenus grands on leur donnoit
des Provinces à gouverner
, & on leur donnoit un
Viſir ſage & prudent pour
Kiaya ouLieutenant ; cesPrinces
apprenoient par là les affaires
du monde , & quand le
Grand Seigneur venoit à mourir
, les Officiers de la Porte ,
* Un Aſpre vaut dix-huit deniers de
Franse.
GALANT. 309
tous les Chefs des Corps des
Milices , & tous les Docteurs
de la Loy en donnoient avis
au Prince aîné , & à ſon arrivée
on l'inſtalloit à la place du
Grand Seigneur ſon pere.Dés
qu'il avoit l'autorité en main
il faiſoit revenir ſes freres , &
les mettoitdans les priſons qui
font deſtinées pour ces Princes
,&qui font dans l'appartement
des femmes , & on
leur donnoit pour les ſervir
quelques vieilles Boula
quelques Eunuques noirs avec
tout ce qu'il leur faut pour
Ieur nourriture& leur entre-
د
&
310 MERCURE
tien , & ils demeuroient enfermez
juſqu'à ce que leur
rang d'être Empereur , vint
ou que la mort les delivrat :&
fi quelqu'un de ces Princes ne
venoit point fe remettre en
prifon , on le pourfuivoit jufqu'à
ce qu'on le prit ,& on le
faiſoit enfuite mourir.Aujourd'huy
il n'en eft pas demême,
pendant que le Grand-Seigneur
leur pere eſt vivant , ils
font élevez auprés de luy , &
quand il meurt on met ſur le
Trône le premier né , & fes
autres freres dans les priſons
qui font dans l'appartement
し
GALANT. 311
des femmes ſous la garde de
la SultaneValidé ,& cela fe fait
de l'avisde tous les principaux
Officiers de l'Empire , & ils
prennent une declaration par
écrit de cette Princeffe , comme
il ne ſera fait aucun tort à
ces Princes. On donne auffi à
ces Princes quelques vieilles
Boula , & quelques Eunuques
pour les fervir dans leurs prifons,&
quelques Baltagis pour
les fervir au dehors .
Al'égard des Sultanes ou
filles des Grands- Seigneurs ,
c'eſt l'ordinaire qu'on les
maric environ à l'âge de
1
>
312 MERCURE
ſept ans , à quelque Viſir qui
ne ſoit point marié; quelques
jours aprés que le mariage a
été celebré , on conduit en
cérémonie cette Princeſſe avec.
ſa dot ; & fon trouffeau.
chez fon Epoux ; on luy don
ne auffi trente ou quarante
filles , & une vingtaine d'Eunuques
noirs pour la fervir.
Le Grand-Viſir , les Viſirs de
route , tous les principaux.
Docteurs de laLoy& generalement
tous les principaux
Officiers de la Porte marchent
à cheval au -devant des
Caroffes de la Princeffe , le
د
Kiflar
GALANT. 313
Kiflar-Aga & quelques Eunuques
favoris le précedent ;
Quand la Princeſſe eſt arrivée
chez ſon Epoux , le Kiflar-
Aga la luy remet entre les
mains ,& luy la conduit dans
fon appartement ,& la remet
entre les mains de ſa Kiaya-
Kadin, de fa nourrice , & de
ſes gouvernantes , il fort enſuite
de l'appartement de la
Princeffe , & traite tous les
principaux Officiers qui l'ont
accompagné ; aprés le repas
il donne au Grand Viſir , au
Kiflar-Aga , au Moufty , aux
deux Kadileskers , au Cadi de
Novembre 1714. Dd
314 MERCURE
Conftantinople ,& à tous les
les Viſirs de route à chacun
une fourrure de martre zibline;
il endonne à tous les autres
principaux Officiers de la
Caftanie; il donne auffi des
fourrures de martre zibline
auxEunuques favorisqui ont
accompagné le Kiflar-Aga ,&
diſtribuë de l'argent àtousles
autres chacun ſuivant ſa qualité,
& aprés que le Grand-
Vıfır , le Kflar-Aga, les autres
Viſirs , les Docteurs de la
Loy ont felicité le nouveau
marié, chacun ſe retire chez
ſoy. Le lendemain il va renGALANT.
315
dre ſa viſite au Grand-Viſir
qui luy donne une fourrure
de martre zibline ; le premier
Miniſtre l'envoye enfuite au
Grand- Seigneur , ce Prince
luy donne un Caftan de drap
d'or fourré de martre zibline ,
comme ſon gendre , il va
aprés chez le Kıflar- Aga où la
Reine Mere luy envoye une
fourrure de martre zibline ,
&puis il ſe retire chez luy.
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Résumé : TRADUCTION d'une description du Harem, ou de l'Appartement des Femmes du Grand Seigneur.
Le harem ottoman est organisé autour de trois principaux appartements : celui de la Sultane Validé, celui de la Sultane Haffki et celui de la Kiaya Kadin. La Kiaya Kadin supervise les filles esclaves et les Boula, des femmes âgées au service du sultan. Ces dernières peuvent accéder à des rôles plus élevés, tels que Hazinedar Oufta ou Kiaya Kadin. La Sultane Haffki, reconnaissable à sa couronne d'or, ainsi que les quatre premières dames ayant des enfants mâles ou des filles, possèdent leurs propres appartements et eunuques. Elles ont également le privilège de voir le sultan sans intermédiaire. La Sultane Validé, après l'accession de son fils au trône, dispose d'une maison particulière et d'appanages. En cas de décès du sultan, la mère du nouveau sultan devient la principale figure féminine, suivie par la Sultane Validé, puis par la Kiaya Kadin. En l'absence d'héritier mâle, un frère ou un prince succède au sultan, et la mère du nouveau sultan devient Sultane Validé. La mère d'un prince décédé est envoyée au vieux serrail. Les odalisques sans enfants mâles peuvent être mariées, tandis que celles ayant des fils restent au serrail. La Sultane Validé est servie par de nombreux esclaves et eunuques, dirigés par le Kizlar Aga, qui contrôle l'accès au sultan et supervise les communications et les présents. L'organisation du palais comprend divers corps, tels que les Bostangis, supervisés par le Bostangis-Bachi, et les Baltagis, dirigés par le Baltagilar Kiayaffi. Ces derniers servent les femmes du harem et effectuent des tâches extérieures. Les cérémonies d'arrivée d'une princesse incluent des distributions de cadeaux et des visites protocolaires au Grand-Visir et à la Reine Mère.
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992
p. 124-131
Nouvelles de Stralsund. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Stralsund, que la Reine, épouse du Roy [...]
Mots clefs :
Reine, Roi, Stralsund, Roi de Suède, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Stralsund. [titre d'après la table]
On écrit de Stralſund ,
que la Reine , épouſe du
Roy Staniſlas , en étoit partie
pour aller au Duché de
Deuxponts trouver ſon époux
; que le Roy de Suede
y devoit inceſſamment arriver
& que le Roy de
Pologne devoit paſſer l'hyGALANT
125
ver à Dreſde. L'ordinaire
ſuivant on cut avis que le
Roy de Suede étoit campé
àune lieuë de Tergovviſt ,
Capitale de la Valaquie ;
qu'il y ſejourneroit juſqu'au
retour d'un exprés qu'il avoit
envoyé à ſon Reſident
en cette Cour , avec ordre
de faire ſes excuſes à l'Empereur
, fur ce qu'il ne lui
avoit pas écrit pour lui demander
paſſage dans ſes
5
Eftats ; qu'il avoit apprehendé,
faute d'être bien informé
de l'état preſent des
affaires, que ſa lettre ne fût
Liij
126 MERCURE
pas reçûë s'il ne donnoit
Sa Majefté Imperiale les ti
tres convenables. Le Sicur
Sternhock rendit compte
de cette commiffion aux
Miniſtres de l'Empereur ,
qui lui répondirent que Sa
Majesté Imperiale n'avoit
eu d'autres confiderations
que celles de l'amitié , &
de la bonne intelligence
qu'ilvouloit entretenir avec
le Roy de Suede , lors qu'-
elle lui avoit accordé un
paſſage libre dans ſes Etats;
qu'il pouvoit neanmoins
continuer ſa route en toute
GALANT . 127
liberté, & fe faire recevoir
partout comme il le jugeroit
à propos. Le Comte de
Vviltſeck partit auffitôt
pour aller au devant delui ,
aprés avoir preparé toutes
les choſes neceſſaires pour
la reception de ce Prince,
reception
depuis ſon entrée en Tranfilvanie
juſqu'à Lyntz dans
la haute Autriche , d'où il
arriva le 22. Novembre entre
trois & quatre heures
du matin , ſous le nom d'un
Gentilhomme d'Holſtein ,
fuivi ſeulement de trois
perfonnes. Il fut conduit au
L iiij
128 MERCURE
General du Ckair , qui le
reconnut auffitôt qu'il eut
⚫quitté une perruque noire
qu'il avoit priſe à Cronſtad
en Tranſilvanie pour y
pouvoir paſſer incognito. Il
avoit fait en huit jours
plus de cent lieuës d'Allemagne
en pofte ; & au lieu
de s'expoſer aprés une ſi
longue courſe , il s'enferma
avec ſes Generaux qui étoient
à Stralfund , pour
مه
s'informer particulierement
de l'état de ſes affaires.
Je ne parle point des
réjoüiſſances qu'on y fit à ۱
GALANT . 129
Br
fon arrivée . Les Gazettes
m'épargnent fur ce ſujet le
ſoin d'entrer dans le détail
delamaniere dont ce Prince
a été reçû. On ajoûte
que l'impatience que ce
Prince avoit d'arriver dans
ſes Eftats l'a fait paſſer à
Vienne & à Caffel ſans y
être connu. Le Roy de Danemarek
& le Czar , que
le retour de ce Prince inquiere
, ont mis , l'un des
troupes en campagne, pour
aller renforcer les corps qui
gardent les paſſages de la
Trave ; & l'autre fait tra130
MERCURE
vailler à la conſtruction de
pluſieurs vaiſſeaux , galeres
& galiotes , & à deſſein , à
ce qu'on dit , de retirer ſes
troupes de Finlande , pour
être mieux en état de dé
fendre ſes autres conquêtes.
Le Prince de Moſcovie ſon
fils est allé paſſer le Carnaval
à Venife.
Le 22. Novembre le Sieur
Stanhope Secretaire d'Eftat
, & Milord Cobham ,
Envoyez de la Grande Bretagne
, arriverent à Vien:
ne , & le même jour Monfieur
Stanhope eut une au
GALANT. 131
dience particuliere de l'Em
pereur.
que la Reine , épouſe du
Roy Staniſlas , en étoit partie
pour aller au Duché de
Deuxponts trouver ſon époux
; que le Roy de Suede
y devoit inceſſamment arriver
& que le Roy de
Pologne devoit paſſer l'hyGALANT
125
ver à Dreſde. L'ordinaire
ſuivant on cut avis que le
Roy de Suede étoit campé
àune lieuë de Tergovviſt ,
Capitale de la Valaquie ;
qu'il y ſejourneroit juſqu'au
retour d'un exprés qu'il avoit
envoyé à ſon Reſident
en cette Cour , avec ordre
de faire ſes excuſes à l'Empereur
, fur ce qu'il ne lui
avoit pas écrit pour lui demander
paſſage dans ſes
5
Eftats ; qu'il avoit apprehendé,
faute d'être bien informé
de l'état preſent des
affaires, que ſa lettre ne fût
Liij
126 MERCURE
pas reçûë s'il ne donnoit
Sa Majefté Imperiale les ti
tres convenables. Le Sicur
Sternhock rendit compte
de cette commiffion aux
Miniſtres de l'Empereur ,
qui lui répondirent que Sa
Majesté Imperiale n'avoit
eu d'autres confiderations
que celles de l'amitié , &
de la bonne intelligence
qu'ilvouloit entretenir avec
le Roy de Suede , lors qu'-
elle lui avoit accordé un
paſſage libre dans ſes Etats;
qu'il pouvoit neanmoins
continuer ſa route en toute
GALANT . 127
liberté, & fe faire recevoir
partout comme il le jugeroit
à propos. Le Comte de
Vviltſeck partit auffitôt
pour aller au devant delui ,
aprés avoir preparé toutes
les choſes neceſſaires pour
la reception de ce Prince,
reception
depuis ſon entrée en Tranfilvanie
juſqu'à Lyntz dans
la haute Autriche , d'où il
arriva le 22. Novembre entre
trois & quatre heures
du matin , ſous le nom d'un
Gentilhomme d'Holſtein ,
fuivi ſeulement de trois
perfonnes. Il fut conduit au
L iiij
128 MERCURE
General du Ckair , qui le
reconnut auffitôt qu'il eut
⚫quitté une perruque noire
qu'il avoit priſe à Cronſtad
en Tranſilvanie pour y
pouvoir paſſer incognito. Il
avoit fait en huit jours
plus de cent lieuës d'Allemagne
en pofte ; & au lieu
de s'expoſer aprés une ſi
longue courſe , il s'enferma
avec ſes Generaux qui étoient
à Stralfund , pour
مه
s'informer particulierement
de l'état de ſes affaires.
Je ne parle point des
réjoüiſſances qu'on y fit à ۱
GALANT . 129
Br
fon arrivée . Les Gazettes
m'épargnent fur ce ſujet le
ſoin d'entrer dans le détail
delamaniere dont ce Prince
a été reçû. On ajoûte
que l'impatience que ce
Prince avoit d'arriver dans
ſes Eftats l'a fait paſſer à
Vienne & à Caffel ſans y
être connu. Le Roy de Danemarek
& le Czar , que
le retour de ce Prince inquiere
, ont mis , l'un des
troupes en campagne, pour
aller renforcer les corps qui
gardent les paſſages de la
Trave ; & l'autre fait tra130
MERCURE
vailler à la conſtruction de
pluſieurs vaiſſeaux , galeres
& galiotes , & à deſſein , à
ce qu'on dit , de retirer ſes
troupes de Finlande , pour
être mieux en état de dé
fendre ſes autres conquêtes.
Le Prince de Moſcovie ſon
fils est allé paſſer le Carnaval
à Venife.
Le 22. Novembre le Sieur
Stanhope Secretaire d'Eftat
, & Milord Cobham ,
Envoyez de la Grande Bretagne
, arriverent à Vien:
ne , & le même jour Monfieur
Stanhope eut une au
GALANT. 131
dience particuliere de l'Em
pereur.
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Résumé : Nouvelles de Stralsund. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et militaires en Europe. La reine, épouse du roi Stanislas, a quitté Stralsund pour rejoindre son mari dans le Duché de Deux-Ponts. Le roi de Suède, après avoir campé près de Tergovist, capitale de la Valachie, a envoyé un émissaire pour s'excuser auprès de l'empereur de ne pas avoir demandé la permission de traverser ses États. L'empereur a accepté, permettant au roi de Suède de poursuivre son voyage. Le comte de Wiltseck a organisé la réception du roi de Suède depuis la Transylvanie jusqu'à Linz, où il est arrivé incognito. Le roi de Danemark et le tsar, préoccupés par le retour du roi de Suède, ont renforcé leurs défenses : le Danemark a augmenté ses troupes aux passages de la Trave, tandis que le tsar a construit des navires et envisagé de retirer ses troupes de Finlande. Par ailleurs, le fils du tsar a célébré le carnaval à Venise. Le 22 novembre, Stanhope, secrétaire d'État, et lord Cobham, envoyés de Grande-Bretagne, sont arrivés à Vienne, où Stanhope a eu une audience privée avec l'empereur.
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993
p. 131-135
Nouvelles de Madrid. [titre d'après la table]
Début :
Le dix du mois passé la paix concluë avec les Estats [...]
Mots clefs :
Madrid, Palais, Reine, Finances, Espagne, Princesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Madrid. [titre d'après la table]
Le dix du mois paſſé la
paix conclue avec les Eftats
Generaux des Provin
cesUnies fut publiée à Ma
drid avec les folemnitez accoûtumées
, & l'on envoya
en même temps ordre de la
publier dans toutes les vil
les du Royaume. La maiſon
de la Reine étoit déja.
partie pour aller attendre
Sa Majefté ſur la frontiere
de la Navarre , ſur l'avis
que l'on avoit eu que cette
Princeſſe étoit arrivée le
132 MERCURE
27.Octobre àMarseille; qu'
elle avoit de là paſſeà Aix,à
Arles & àMontpellier , où
elle étoit arrivée le 7. deNos
vembre, qu'elle s'y étoit re.
poſée le 8. & qu'elle en devoit
partir le 9. pour continuer
la route versToulouſe;
qu'elle étoit reçûë avec tous
les honneurs poſſibles dans
tous les lieux où elle paſſoir,
& regalée magnifiquement
par les ſoins de M. le Duc de
Roquelaure, Commandant
de la Province du Langue.
doc ; qu'elle étoit arrivée le
19. à Toulouſe , qu'elle deGALANT
. 133
し
voit en partir le 21. ſe rendre
en fix journées àTarbes; &
que la Reine d'Eſpagne
Douairiere étoit partie le 18.
de Bayonne,pour aller viſiter
lanouvelle Reine ſa niece;
qu'enfin le Roy d'Eſpagne
ſe diſpoſoit à partir luimême
pour aller la recevoir
au Palais de Guadalazara.
Sa Maj . Cath. a nom.
mé l'Evêque de Gironda
Controlleur general des Finances
, Don Manuel Badillo
pour les affaires eccleſiaſtiques
; le Marquis de
Grimaldo Secretaire uni134
MERCURE
Don
verſel des dépêches étran
geres ; Don Miguel Fernandes
Durand pour les affaires
de la guerre ;
Bernardo Tinagero pour
celles de la marine ; & Don
Joſeph Patiño pour les finances
des Indes Occidentales.
Le mariage de Don Alexandro
Lanti , neveu de
Madame la Princeſſe des
Urſins , a été conclu avec
la fille du Comte de Plie
go , & la ceremonie s'en
eſt faite au Palais le 28. du
mois paſſé , en preſence de
GALANT. 135
S. M. Ils doivent aller demeurer
au Palais du Buen-
Retiro . La mariée a été fai.
te Dame d'honneur de la
Reine avec fix mille piaf
tres d'appointement.
paix conclue avec les Eftats
Generaux des Provin
cesUnies fut publiée à Ma
drid avec les folemnitez accoûtumées
, & l'on envoya
en même temps ordre de la
publier dans toutes les vil
les du Royaume. La maiſon
de la Reine étoit déja.
partie pour aller attendre
Sa Majefté ſur la frontiere
de la Navarre , ſur l'avis
que l'on avoit eu que cette
Princeſſe étoit arrivée le
132 MERCURE
27.Octobre àMarseille; qu'
elle avoit de là paſſeà Aix,à
Arles & àMontpellier , où
elle étoit arrivée le 7. deNos
vembre, qu'elle s'y étoit re.
poſée le 8. & qu'elle en devoit
partir le 9. pour continuer
la route versToulouſe;
qu'elle étoit reçûë avec tous
les honneurs poſſibles dans
tous les lieux où elle paſſoir,
& regalée magnifiquement
par les ſoins de M. le Duc de
Roquelaure, Commandant
de la Province du Langue.
doc ; qu'elle étoit arrivée le
19. à Toulouſe , qu'elle deGALANT
. 133
し
voit en partir le 21. ſe rendre
en fix journées àTarbes; &
que la Reine d'Eſpagne
Douairiere étoit partie le 18.
de Bayonne,pour aller viſiter
lanouvelle Reine ſa niece;
qu'enfin le Roy d'Eſpagne
ſe diſpoſoit à partir luimême
pour aller la recevoir
au Palais de Guadalazara.
Sa Maj . Cath. a nom.
mé l'Evêque de Gironda
Controlleur general des Finances
, Don Manuel Badillo
pour les affaires eccleſiaſtiques
; le Marquis de
Grimaldo Secretaire uni134
MERCURE
Don
verſel des dépêches étran
geres ; Don Miguel Fernandes
Durand pour les affaires
de la guerre ;
Bernardo Tinagero pour
celles de la marine ; & Don
Joſeph Patiño pour les finances
des Indes Occidentales.
Le mariage de Don Alexandro
Lanti , neveu de
Madame la Princeſſe des
Urſins , a été conclu avec
la fille du Comte de Plie
go , & la ceremonie s'en
eſt faite au Palais le 28. du
mois paſſé , en preſence de
GALANT. 135
S. M. Ils doivent aller demeurer
au Palais du Buen-
Retiro . La mariée a été fai.
te Dame d'honneur de la
Reine avec fix mille piaf
tres d'appointement.
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Résumé : Nouvelles de Madrid. [titre d'après la table]
Le 10 du mois précédent, la paix avec les États Généraux des Provinces-Unies a été publiée à Madrid. La maison de la Reine a quitté Madrid pour rejoindre Sa Majesté à la frontière de la Navarre. La Reine est arrivée à Marseille le 27 octobre, puis a traversé Aix, Arles et Montpellier, où elle est arrivée le 7 novembre. Elle a repris sa route vers Toulouse le 9 et y a été accueillie par le Duc de Roquelaure. Elle est arrivée à Toulouse le 19 et en est repartie le 21 pour Tarbes. La Reine douairière d'Espagne est partie de Bayonne le 18 pour rencontrer la nouvelle Reine. Le Roi d'Espagne se préparait à accueillir la Reine au Palais de Guadalajara. Le roi catholique a nommé plusieurs responsables pour diverses affaires, notamment l'Évêque de Gironde pour les finances et le Marquis de Grimaldo pour les dépêches étrangères. Le mariage de Don Alexandre Lanti, neveu de Madame la Princesse des Ursins, avec la fille du Comte de Pleigo a été célébré au Palais le 28 du mois précédent. La mariée a été nommée Dame d'honneur de la Reine avec un appointement de six mille piastres.
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994
p. 136-161
MANIFESTE.
Début :
Il n'en est pas de même d'un Manifeste / Jacques troisiéme par la grace de Dieu Roy de la [...]
Mots clefs :
Sujets, Dieu, Lois, Prince, Gouvernement, Droit, Succession, Angleterre, Gouvernement, Jacques III, Lois fondamentales, Roi, Grande-Bretagne, Injustice, Peuples, Intérêt, Pays, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANIFESTE.
Il n'en eft
pas de même d'un Manifeſte
du Pretendant , qui a
été depuis peu imprimé
dans la ſuite des nouvelles
d'Amſterdam , & que je ne
donne ici que parce que je
ne le croy pas dans les
mains de tout le monde.
22
MANIFESTE
Jacques troiſieme , par
la grace de Dieu Roy de la
J
GranGALANT
. 137 า
Grande Bretagne, de France&
d'Irlande , Défenfeur
de la Foy ,&c. àtous Rois,
Princes & Potentats , & à
tous nos bien amez ſujets ,
Salut.
Dans une conjoncture
aufli extraordinaire & auſſi
importante , ou nôtre droit
hereditaire à la Couronne
d'Angleterre eſt trés injuf
tement violé , & où même
les Princes Souverains de
l'Europe ſont ſi fortement
intereſſez , nous ne pouvons
demeurer dans le filence ,
ſansmanquer àce qui nous
Dec. 1714. M
138 MERCURE
eſt dû , & à ce qui les regarden
- aab anchoros
Tout le monde ſçait que
dans la revolution de l'année
1688. la Monarchie Angloiſe
a été renversée
qu'on a commencé à y
jetter les fondemens d'un
Gouvernement Républi
cain, par le pouvoir ſouve
rain que le peuple s'eſt attribué
lors qu'il s'eft affemblé
fans aucune autorité ,
qu'il s'eſt érigé en Parlement
, & qu'il s'eft arrogé
le droit de depoſer & d'élire
ſes Rois, contre les loix
M
GALANT. 139
(
fondamentales du pays , &
au mépris des fermens les
plus folemnels dont les
Chrétiens ſoient capables
d'être liez. On ne peut auffi
ignorer ce que le feu Roy
nôtre pere,de gloricufe memoire
, a ſouffert par cette
injuſte & violente revolu-
Aprés la mort , la fucceffion
aux Couronnes que
le Prince d'Orange avoit
uſurpées nous étant acquiſe
legitimement ſuivant les
loix fondamentales de l'Ef
rat , nous reclamâmes nos
Mij
140 MERCURE
1
droits par notre Declaration
ſcellée de nôtre grand
ſceau , en datte du 8. Octobre
1701. & auflitôt qu'il
plut à la divine Providence
de nous mettre en état d'entreprendre
de les recouvrer
, nous y fimes toutes
nos diligences & nos juſtes
efforts , ſans qu'il ait rien
manqué de nôtre part d'où
l'on nous ait pû imputer le
mauvais ſuccés de cette expedition
og up
Ayant appris enſuite que
l'on negocioit la paix , &
que dans le traité qui étoit
GALANT. 141
fur le pointd'en être co clu
onn'avoit eu aucun égard
ànos droits , nous publiâ
mes nôtre proteſtation, da
tée de faint Germainen .
Laye le 25. Avril 1712. de la
maniere la plus folemnelle
& la plus aurentique que
l'état où nous étions alors
put nous le permettre ; foutenant
nôtre droit incontef
table à nos Couronnes , &
proteſtant contre tout ce
qui pourroit être ſtipulé
dans ledit traitéà nôtre prejudice
3. Quoyque nous ayons été
142 MERCURE
depuis ce temps- là obligé
de fortir de France , pour
nous retirer dans un pays
plus éloigné , nous n'avons
pas perdu devûë nosRoyaumes&
nos peuples , perſuadez
que tôt ou tard il plaira
àDieu de nous faire rendre
justice , & de ramener nos
ſujets à l'obeïſſance qu'ils
nous doivent , en nous rétabliffant
fur le trône de
nos peres ; & nous n'avons
enfin ceffé d'eſperer que ,
malgré la revolte declarée
des uns , & l'engagement
forcé des autres , le Dieu
GALANT . 143
des lumieres leur ouvriroit
les yeux , & les convain.
croit non ſeulementde l'injuſtice
évidente qui nous eſt
faite &à la Couronne, mais
encore des dangereuſes
conſequences qui en reſul
tent contr'eux-mêmes. Ce
n'eſt pas nôtre interêt ſeul
qui nous fait agir ; l'amour
naturel & inalterable que
nous avons pour nôtre peuple
eſt tel , que comme
nous n'avons pû voir fans
douleur leur fang & leurs
treſors prodiguez dans la
derniere guerre , en oppo
141 MERCURE
fition à nôtre droit indubi
table , auſſi nous ne pouvons
que reſſentir une extreme
affliction de ce qu'ils
ſe trouvent expoſez à être
afſujettis à un pouvoir ar
bitraire , & à devenir la
proye des étrangers
Outre que l'Electeur de
Brunſvvick eſt un des plus
éloignez de tous les parens
que nous avons,&par conſequent
un des derniers de
ceux qui peuvent , aprés
nous , pretendre ànosCou
ronnes ; il eſt d'ailleurs évi
dent que rien n'eſt plus
Ancon
GALANT.
145
contraire aux maximes de
l'Angleterre , que d'avoir
établi avec tant d'injuſtice
la fucceffion dans la Maiſon
d'un Prince qui eſt étranger
, puiſſant , & fi abfolu
dans ſes Eſtats , qu'il
n'y a jamais experimenté la
moindre contradiction de
la part de ſes ſujets : Prince
qui n'a aucune connoif
ſance de nos loix , de nos
coûtumes , de nos manieres,
de nôtre langue ; qui
de plus eſt ſoûtenu d'une
armée nombreuſe de ſes
propres ſujets , appuyé de
Dec. 1714 . N
146 MERCURE
l'aſſiſtance qu'un Eftat voi
fin eft obligé de lui donner
quand il le requerra , & favoriſé
de pluſieurs milliers
d'étrangers refugiez en Angleterre
depuis plus de
trente ans qui lui feront
dévoüez en toutes occafions.
১
De plus , que peuvent enviſager
nos ſujets, ſi ce n'eſt
des guerres&des diviſions
infinies qui s'enfuivront neceſſairement
du renverſement
d'une loy auſſi ſacrée
& auſſi fondamentale que
T'eſt celle du droit heredi
GALANT . 147
taire , lequel juſqu'ici s'étoit
toujours maintenu contre
les ufurpations même
qui avoient eu les plus
grands ſuccés,quelque longues
qu'elles euffent été
le gouvernement n'ayant
pû ſubſiſter en repos jufqu'à
ce qu'il eût été remis
fur ſes anciens & ſolides
fondemens ?
د
Que ſi l'on veut encore
confiderer le grand nom
bre de ceux dont les droits,
aprés nous & avant la Maiſon
d'Hanover , ſont auſſi
clairs & auſſi indubitables
Nij
148 MERCURE
1
que les nôtres même , ne
doit on pas penſer qu'ils ne
manqueront ni de volonté,
ni de puiſſace pour les faire
valoir chacun à leur tour ,
& pour ſuſciter une guerre
éternelle contre nos Royaumes
, qui ne manquera jamais
d'être accompagnée
d'une guerre civile , qui
fera la ſuite inévitable des
diviſions inteſtines dont ils
font agitez ?
Il n'eſt rien donc de plus
évident, que nos peuples ne
ſçauroient joüir d'une paix
&d'une felicité durable
1
GALANT.
149
qu'en rétabliſſant la fucceffion
dans la ligne directe ,
&en nous rappellant, comme
étant l'heritier immediat
& legitime , & le feul
Anglois de naiſſance qui
reſte de la Famille Royale.
C'eſt à quoy nous nous étions
attendu, par la raiſon
que c'eſt le veritable interêt
de la Grande Bretagne ,
&que nous avions lieu d'efperer
qu'une nation , qui ne
manque ni de ſageſſe ni de
prudence, pourvoiroit dans
une fi belle occafion à ſa
fûreté par nôtre rétabliſſe
Niij
150 MERCURE
ment , que nous aimions
mieux devoir à ſa bonne
volonté qu'à l'évenement
d'une guerre , dont la juftice
à nôtre égard n'auroit
pû nous conſoler des malheurs
qu'elle cauſeroit à nos
Royaumes.
Mais pourquoy riſquer
tous ces malheurs , quand
on a ſçû , ou qu'au moins
on a bien pû ſçavoir dans
toute la nation , les affurances
reïterées & irrevocables
que nous avons données,
fignées de nôtre main,
que des qu'il plairoit à Dieu
GALANT.
151
de nous rétablir ſur le trô-
()
ne, les loix du pays ſeroient
la regle de nôtre gouvernement
, que nous accorderions
une amniftie generale
à nos ſujets de tout ce
qui a été fait contre les
loix , & que nous donnerions
toute la fûreté & la
fatisfaction qu'ils pourroient
defirer pour la conſervation
de leur Religion ,
de leurs droits , libertez &
proprietez.
Cependant toutes ces
avances de nôtre part n'ont
ſervi de rien ; car aprés le
N iiij
152 MERCURE
decés de la Princeſſe nôtre
ſoeur. , dont les bonnes intentions
en nôtre faveur ,
qui nous étoient connues ,
& avoient cauſe nôtre inaction
pendant ces dernieres
années , n'ont pû être effectuées
par la ſurpriſe de
fa mort ; il est arrivé , con
tre nôtre attente ,
peuples , au lieu de profiter
de la favorable occaſion de
tout remettre dans l'ordre ,
&de concourir au veritable
intérêt du Royaume , en
nous rendant juſtice , & fe
la faiſant à eux-mêmes , ont
que nos
1
GALANIM 153
immediatement proclamé
pour leur Roy un Prince
étranger à nôtre préjudice ,
contre les loix fondamentales
dudroit hereditaire de
laCoutone,que nul acte ne
ſçauroit juſtement abroger.
L'injuſtice & la violence
étant donc ainſi venuë à
fon comble, nous avons crû
qu'il étoit de nôtre devoir ,
de nôtre honneur , & d'une
indiſpenſable obligation ,
par rapport à ce que nous
devons à nous - même , à
nôtre pofterité & à nos peuples
, d'employer tous nos
154
MERCURE
fur
efforts pour ſoûtenir nos
droits de la meilleure maniere
qu'il nous feroit poffible.
C'eſt pourquoy ,
le premier avis qui nous fut
donné de l'état des chofes ,
nous partîmes de nôtre refidence
ordinaire , pour
nous tranſporter en quelque
lieu de nos Estats, dans
le deſſein de nous mettre à
la tête de ceux de nos fideles
ſujets qui étoient difpoſez
à ſoûtenir nos droits ,
& à s'oppofer avec nous
contre toute forte d'invafion
étrangere : mais vouGALANT.
ISS
1
lant paſſer au travers de la
France pour nous aller embarquer
, non ſeulement
toute afſiſtance nous y a
été refulée ,à raiſon des engagemens
qu'on en avoit
pris dans le dernier traité
de paix ; mais on s'y eſt même
opposé à nôtre paſſage,
tellement que nous avons
été obligez de retourner
en Lorraine .
Dans un contretemps fi
affligeant , & au milieu des
obſtacles que nous avons
rencontrez de toutes parts,
nôtre confolation eſt que
156 MERCURE
nous avons au moins fait ce
que nous avonspû pour parvenir
à nos juſtes fins,& que
fur cela nous n'avons rien
à nous reprocher : mais
comme nôtre cauſe eſt celle
de la justice même , nous
eſperons que la Providence,
quand il en ſera temps,
nous donnera les moyens
de la ſoûtenir ; que Dieu
touchera enfin les coeurs de
nos ſujets d'un veritable repentir
de l'injure criante
qu'ils nous ont faite
qu'il les excitera à rentrer
dans leur devoir.
,
&
GALANT. 157
Que fi les affaires demeurent
dans une ſi mauvaiſe
ſituation,tous les Princes
& Potentats qui font à
preſent en paix,ne doiventils
pas faire de ferieuſes reflexions
ſur l'exemple dangereux
qu'ils ont devant les
yeux , & fur ce que pluſieursd'entr'euxontàcraindre
de l'union des forces de
l'Angleterre avec celles des
Estats de l'Electeur d'Hanover,
dont le pouvoir exorbitant
ne s'accorde gueres
aveclabalancede l'Europe,
pour laquelle ils ont com158
MERCURE
battu toute cette derniere
guerre. C'eſt donc avec
justice , & conformément
à leurs veritables interêts ,
que nous demandons , pour
le recouvrement de nôtre
droit , leur affiftance , que
leur honneur auſſi bien que
leur interêt les obligent de
nous accorder autant qu'il
leur fera poſſible.
2
Au reſte, dans cette triſte
conjoncture où tout nous
manque , ce qui ne peut
nous être ôté , c'eſt la liberté
avec laquelle nous
declarons à la face de touGALANT.
59
te la terre , que comme notre
droit eſt inalienable ,
auſſi ſommes nous refolu ,
avec l'aide de Dieu , de ne
jamais nous en départir
qu'avec la vie.
C'eſt pourquoy nous proteſtons
encore folemnellement
par ces preſentes , &
de la maniere la plus forte
qui nous eſt poſſible , contre
toute forte d'injuſtice
quelconque faite contre
nous , nos legitimes heritiers
ou ſucceſſeurs ; nous
refervant & conſervant
par ces preſentes ſignées de
,
160 MERCURE
nôtre main , & fcellées de
nôtre grand ſceau, tous nos
droits & pretentions , qui
demeurent & demeureront
dans leur pleine force : declarantque
ci aprés nous ne
croirons pas être reſponſables
devant Dieu , ni devant
les hommes , de toutes
les pernicieuſes conſequences
que cette nouvelle
ulurpation de nosCouronnes
pourroit attirer ſur nos
ſujets & fur toute la Chrétienté.
Donné à nôtre Cour
àPlombieres le vingt-neuviéme
jour d'Août mil ſept
cepr
GALANT. 161
cent quatorze , & de nôtre
Regne le treiziéme.
pas de même d'un Manifeſte
du Pretendant , qui a
été depuis peu imprimé
dans la ſuite des nouvelles
d'Amſterdam , & que je ne
donne ici que parce que je
ne le croy pas dans les
mains de tout le monde.
22
MANIFESTE
Jacques troiſieme , par
la grace de Dieu Roy de la
J
GranGALANT
. 137 า
Grande Bretagne, de France&
d'Irlande , Défenfeur
de la Foy ,&c. àtous Rois,
Princes & Potentats , & à
tous nos bien amez ſujets ,
Salut.
Dans une conjoncture
aufli extraordinaire & auſſi
importante , ou nôtre droit
hereditaire à la Couronne
d'Angleterre eſt trés injuf
tement violé , & où même
les Princes Souverains de
l'Europe ſont ſi fortement
intereſſez , nous ne pouvons
demeurer dans le filence ,
ſansmanquer àce qui nous
Dec. 1714. M
138 MERCURE
eſt dû , & à ce qui les regarden
- aab anchoros
Tout le monde ſçait que
dans la revolution de l'année
1688. la Monarchie Angloiſe
a été renversée
qu'on a commencé à y
jetter les fondemens d'un
Gouvernement Républi
cain, par le pouvoir ſouve
rain que le peuple s'eſt attribué
lors qu'il s'eft affemblé
fans aucune autorité ,
qu'il s'eſt érigé en Parlement
, & qu'il s'eft arrogé
le droit de depoſer & d'élire
ſes Rois, contre les loix
M
GALANT. 139
(
fondamentales du pays , &
au mépris des fermens les
plus folemnels dont les
Chrétiens ſoient capables
d'être liez. On ne peut auffi
ignorer ce que le feu Roy
nôtre pere,de gloricufe memoire
, a ſouffert par cette
injuſte & violente revolu-
Aprés la mort , la fucceffion
aux Couronnes que
le Prince d'Orange avoit
uſurpées nous étant acquiſe
legitimement ſuivant les
loix fondamentales de l'Ef
rat , nous reclamâmes nos
Mij
140 MERCURE
1
droits par notre Declaration
ſcellée de nôtre grand
ſceau , en datte du 8. Octobre
1701. & auflitôt qu'il
plut à la divine Providence
de nous mettre en état d'entreprendre
de les recouvrer
, nous y fimes toutes
nos diligences & nos juſtes
efforts , ſans qu'il ait rien
manqué de nôtre part d'où
l'on nous ait pû imputer le
mauvais ſuccés de cette expedition
og up
Ayant appris enſuite que
l'on negocioit la paix , &
que dans le traité qui étoit
GALANT. 141
fur le pointd'en être co clu
onn'avoit eu aucun égard
ànos droits , nous publiâ
mes nôtre proteſtation, da
tée de faint Germainen .
Laye le 25. Avril 1712. de la
maniere la plus folemnelle
& la plus aurentique que
l'état où nous étions alors
put nous le permettre ; foutenant
nôtre droit incontef
table à nos Couronnes , &
proteſtant contre tout ce
qui pourroit être ſtipulé
dans ledit traitéà nôtre prejudice
3. Quoyque nous ayons été
142 MERCURE
depuis ce temps- là obligé
de fortir de France , pour
nous retirer dans un pays
plus éloigné , nous n'avons
pas perdu devûë nosRoyaumes&
nos peuples , perſuadez
que tôt ou tard il plaira
àDieu de nous faire rendre
justice , & de ramener nos
ſujets à l'obeïſſance qu'ils
nous doivent , en nous rétabliffant
fur le trône de
nos peres ; & nous n'avons
enfin ceffé d'eſperer que ,
malgré la revolte declarée
des uns , & l'engagement
forcé des autres , le Dieu
GALANT . 143
des lumieres leur ouvriroit
les yeux , & les convain.
croit non ſeulementde l'injuſtice
évidente qui nous eſt
faite &à la Couronne, mais
encore des dangereuſes
conſequences qui en reſul
tent contr'eux-mêmes. Ce
n'eſt pas nôtre interêt ſeul
qui nous fait agir ; l'amour
naturel & inalterable que
nous avons pour nôtre peuple
eſt tel , que comme
nous n'avons pû voir fans
douleur leur fang & leurs
treſors prodiguez dans la
derniere guerre , en oppo
141 MERCURE
fition à nôtre droit indubi
table , auſſi nous ne pouvons
que reſſentir une extreme
affliction de ce qu'ils
ſe trouvent expoſez à être
afſujettis à un pouvoir ar
bitraire , & à devenir la
proye des étrangers
Outre que l'Electeur de
Brunſvvick eſt un des plus
éloignez de tous les parens
que nous avons,&par conſequent
un des derniers de
ceux qui peuvent , aprés
nous , pretendre ànosCou
ronnes ; il eſt d'ailleurs évi
dent que rien n'eſt plus
Ancon
GALANT.
145
contraire aux maximes de
l'Angleterre , que d'avoir
établi avec tant d'injuſtice
la fucceffion dans la Maiſon
d'un Prince qui eſt étranger
, puiſſant , & fi abfolu
dans ſes Eſtats , qu'il
n'y a jamais experimenté la
moindre contradiction de
la part de ſes ſujets : Prince
qui n'a aucune connoif
ſance de nos loix , de nos
coûtumes , de nos manieres,
de nôtre langue ; qui
de plus eſt ſoûtenu d'une
armée nombreuſe de ſes
propres ſujets , appuyé de
Dec. 1714 . N
146 MERCURE
l'aſſiſtance qu'un Eftat voi
fin eft obligé de lui donner
quand il le requerra , & favoriſé
de pluſieurs milliers
d'étrangers refugiez en Angleterre
depuis plus de
trente ans qui lui feront
dévoüez en toutes occafions.
১
De plus , que peuvent enviſager
nos ſujets, ſi ce n'eſt
des guerres&des diviſions
infinies qui s'enfuivront neceſſairement
du renverſement
d'une loy auſſi ſacrée
& auſſi fondamentale que
T'eſt celle du droit heredi
GALANT . 147
taire , lequel juſqu'ici s'étoit
toujours maintenu contre
les ufurpations même
qui avoient eu les plus
grands ſuccés,quelque longues
qu'elles euffent été
le gouvernement n'ayant
pû ſubſiſter en repos jufqu'à
ce qu'il eût été remis
fur ſes anciens & ſolides
fondemens ?
د
Que ſi l'on veut encore
confiderer le grand nom
bre de ceux dont les droits,
aprés nous & avant la Maiſon
d'Hanover , ſont auſſi
clairs & auſſi indubitables
Nij
148 MERCURE
1
que les nôtres même , ne
doit on pas penſer qu'ils ne
manqueront ni de volonté,
ni de puiſſace pour les faire
valoir chacun à leur tour ,
& pour ſuſciter une guerre
éternelle contre nos Royaumes
, qui ne manquera jamais
d'être accompagnée
d'une guerre civile , qui
fera la ſuite inévitable des
diviſions inteſtines dont ils
font agitez ?
Il n'eſt rien donc de plus
évident, que nos peuples ne
ſçauroient joüir d'une paix
&d'une felicité durable
1
GALANT.
149
qu'en rétabliſſant la fucceffion
dans la ligne directe ,
&en nous rappellant, comme
étant l'heritier immediat
& legitime , & le feul
Anglois de naiſſance qui
reſte de la Famille Royale.
C'eſt à quoy nous nous étions
attendu, par la raiſon
que c'eſt le veritable interêt
de la Grande Bretagne ,
&que nous avions lieu d'efperer
qu'une nation , qui ne
manque ni de ſageſſe ni de
prudence, pourvoiroit dans
une fi belle occafion à ſa
fûreté par nôtre rétabliſſe
Niij
150 MERCURE
ment , que nous aimions
mieux devoir à ſa bonne
volonté qu'à l'évenement
d'une guerre , dont la juftice
à nôtre égard n'auroit
pû nous conſoler des malheurs
qu'elle cauſeroit à nos
Royaumes.
Mais pourquoy riſquer
tous ces malheurs , quand
on a ſçû , ou qu'au moins
on a bien pû ſçavoir dans
toute la nation , les affurances
reïterées & irrevocables
que nous avons données,
fignées de nôtre main,
que des qu'il plairoit à Dieu
GALANT.
151
de nous rétablir ſur le trô-
()
ne, les loix du pays ſeroient
la regle de nôtre gouvernement
, que nous accorderions
une amniftie generale
à nos ſujets de tout ce
qui a été fait contre les
loix , & que nous donnerions
toute la fûreté & la
fatisfaction qu'ils pourroient
defirer pour la conſervation
de leur Religion ,
de leurs droits , libertez &
proprietez.
Cependant toutes ces
avances de nôtre part n'ont
ſervi de rien ; car aprés le
N iiij
152 MERCURE
decés de la Princeſſe nôtre
ſoeur. , dont les bonnes intentions
en nôtre faveur ,
qui nous étoient connues ,
& avoient cauſe nôtre inaction
pendant ces dernieres
années , n'ont pû être effectuées
par la ſurpriſe de
fa mort ; il est arrivé , con
tre nôtre attente ,
peuples , au lieu de profiter
de la favorable occaſion de
tout remettre dans l'ordre ,
&de concourir au veritable
intérêt du Royaume , en
nous rendant juſtice , & fe
la faiſant à eux-mêmes , ont
que nos
1
GALANIM 153
immediatement proclamé
pour leur Roy un Prince
étranger à nôtre préjudice ,
contre les loix fondamentales
dudroit hereditaire de
laCoutone,que nul acte ne
ſçauroit juſtement abroger.
L'injuſtice & la violence
étant donc ainſi venuë à
fon comble, nous avons crû
qu'il étoit de nôtre devoir ,
de nôtre honneur , & d'une
indiſpenſable obligation ,
par rapport à ce que nous
devons à nous - même , à
nôtre pofterité & à nos peuples
, d'employer tous nos
154
MERCURE
fur
efforts pour ſoûtenir nos
droits de la meilleure maniere
qu'il nous feroit poffible.
C'eſt pourquoy ,
le premier avis qui nous fut
donné de l'état des chofes ,
nous partîmes de nôtre refidence
ordinaire , pour
nous tranſporter en quelque
lieu de nos Estats, dans
le deſſein de nous mettre à
la tête de ceux de nos fideles
ſujets qui étoient difpoſez
à ſoûtenir nos droits ,
& à s'oppofer avec nous
contre toute forte d'invafion
étrangere : mais vouGALANT.
ISS
1
lant paſſer au travers de la
France pour nous aller embarquer
, non ſeulement
toute afſiſtance nous y a
été refulée ,à raiſon des engagemens
qu'on en avoit
pris dans le dernier traité
de paix ; mais on s'y eſt même
opposé à nôtre paſſage,
tellement que nous avons
été obligez de retourner
en Lorraine .
Dans un contretemps fi
affligeant , & au milieu des
obſtacles que nous avons
rencontrez de toutes parts,
nôtre confolation eſt que
156 MERCURE
nous avons au moins fait ce
que nous avonspû pour parvenir
à nos juſtes fins,& que
fur cela nous n'avons rien
à nous reprocher : mais
comme nôtre cauſe eſt celle
de la justice même , nous
eſperons que la Providence,
quand il en ſera temps,
nous donnera les moyens
de la ſoûtenir ; que Dieu
touchera enfin les coeurs de
nos ſujets d'un veritable repentir
de l'injure criante
qu'ils nous ont faite
qu'il les excitera à rentrer
dans leur devoir.
,
&
GALANT. 157
Que fi les affaires demeurent
dans une ſi mauvaiſe
ſituation,tous les Princes
& Potentats qui font à
preſent en paix,ne doiventils
pas faire de ferieuſes reflexions
ſur l'exemple dangereux
qu'ils ont devant les
yeux , & fur ce que pluſieursd'entr'euxontàcraindre
de l'union des forces de
l'Angleterre avec celles des
Estats de l'Electeur d'Hanover,
dont le pouvoir exorbitant
ne s'accorde gueres
aveclabalancede l'Europe,
pour laquelle ils ont com158
MERCURE
battu toute cette derniere
guerre. C'eſt donc avec
justice , & conformément
à leurs veritables interêts ,
que nous demandons , pour
le recouvrement de nôtre
droit , leur affiftance , que
leur honneur auſſi bien que
leur interêt les obligent de
nous accorder autant qu'il
leur fera poſſible.
2
Au reſte, dans cette triſte
conjoncture où tout nous
manque , ce qui ne peut
nous être ôté , c'eſt la liberté
avec laquelle nous
declarons à la face de touGALANT.
59
te la terre , que comme notre
droit eſt inalienable ,
auſſi ſommes nous refolu ,
avec l'aide de Dieu , de ne
jamais nous en départir
qu'avec la vie.
C'eſt pourquoy nous proteſtons
encore folemnellement
par ces preſentes , &
de la maniere la plus forte
qui nous eſt poſſible , contre
toute forte d'injuſtice
quelconque faite contre
nous , nos legitimes heritiers
ou ſucceſſeurs ; nous
refervant & conſervant
par ces preſentes ſignées de
,
160 MERCURE
nôtre main , & fcellées de
nôtre grand ſceau, tous nos
droits & pretentions , qui
demeurent & demeureront
dans leur pleine force : declarantque
ci aprés nous ne
croirons pas être reſponſables
devant Dieu , ni devant
les hommes , de toutes
les pernicieuſes conſequences
que cette nouvelle
ulurpation de nosCouronnes
pourroit attirer ſur nos
ſujets & fur toute la Chrétienté.
Donné à nôtre Cour
àPlombieres le vingt-neuviéme
jour d'Août mil ſept
cepr
GALANT. 161
cent quatorze , & de nôtre
Regne le treiziéme.
Fermer
Résumé : MANIFESTE.
Jacques III, se proclamant roi de Grande-Bretagne, de France et d'Irlande, condamne la révolution de 1688 qui a renversé la monarchie anglaise et instauré un gouvernement républicain illégitime. Il affirme que, conformément aux lois fondamentales, la couronne lui revient légitimement après le traitement injuste infligé à son père. Jacques III rappelle ses déclarations de 1701 et de 1712, où il protestait contre les traités qui ignoraient ses droits. En exil, il aspire à restaurer son trône pour protéger son peuple des périls d'un pouvoir arbitraire et étranger. Il critique l'Électeur de Brunswick, le jugeant trop éloigné et ignorant des lois et coutumes anglaises, et prévient des conflits futurs si la succession héréditaire n'est pas rétablie. Jacques III soutient que la paix et la prospérité durables pour les peuples britanniques ne peuvent être atteintes qu'en rétablissant la succession dans la ligne directe et en le reconnaissant comme héritier légitime. Il promet de gouverner selon les lois du pays, d'accorder une amnistie générale et de garantir la sécurité religieuse et les libertés des sujets. Après la proclamation d'un prince étranger comme roi à la mort de sa sœur, Jacques III décide de défendre ses droits, malgré les obstacles rencontrés, notamment en France. Il appelle les princes et potentats européens à soutenir sa cause pour maintenir l'équilibre européen et déclare solennellement qu'il ne renoncera jamais à ses droits légitimes. Le document est daté du 29 août 1714.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
995
p. 161-168
« Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...] »
Début :
Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...]
Mots clefs :
Roi, Cardinal, Archevêque, Marquis, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...] »
Des lettres de Londres
du 1 s. de ce mois , portent
qu'on continuoit à faire des
changemens dans les charges
& emplois , & quoy
qu'ils ne foient pas achevez
, on parle déja de dépoſer
quelqu'un de ceux
que lenouveauRoy a nommez
, entr'autres le Comte
de Notingham , Prefident
du Conſeil Privé ,
& fon frere , que l'on foupçonne
de favorifer le par-
Dec.1714. Ο
162 MERCURE
ti du Pretendant .
On avoit publié un projet
pour mettre une taxe
fur les fonds publics : mais
on ne croit pas que leParlement
l'approuve , àcauſe
que cela ruïneroit le credit
de la nation , & décourageroit
les étrangersd'envoyer
leur argent , & même
de le retirer; ce qui feroit
baiffer confiderablement
le prix des actions ,
& feroit cauſe qu'à l'avenir
les fonds que l'on accorderoit
au Roy ne ſeroient pas
remplis.
GALANT.
163
On arrêta la ſemaine paf.
ſée un nommé Oncale , qui
s'embarquoit pour France ,
on l'a mené en priſon ; on
l'accuſe d'avoir enrôlé du
monde pour le ſervice du
Pretendant.lephanteb
Le ſoir du 10. on amena
quatorze prifonniers , qui
feront condamnez à mort.
Les lettres de Veniſe portentque
les preparatifs extraordinaires
des Turcs par
mer &par terre alarment
fort les Venitiens & les
Malthois,qui prennent tou-
O ij
164 MERCURE
tes leurs précautions pour
ſe mettre àcouvert des irruptions
de cette énorme
puiſſance.
A
On mande de Plaiſance
du mois de Novembre dernier
, que Leurs Alteſſes Sereniffimes
M. le Duc & M
la Ducheſſe de Parme ont
couru grand riſque de ſe
noyer dans le Stiron , qui
eſt un torrent voiſin du
bourg de faint Domini
que qui s'étoit debordé
avec tant d'impetuofité ,
que les caroſſes où étoient
GALANT. 165
Leurs A. Sont été envelopez
dans ce debordement
, dont elles n'ont échapé
que par un miracle.
On a fait à leur retour à
Parme des prieres & des
réjoüiſſances pour le ſalut
de Leurs A. S.
an Le derniert du mois paſſé
Monfieur l'Abbé de Villeroy
fut facré Archevêque
de Lyon ,par les mains du
Cardinal de Rohan , aſſiſté
des Evêques de Noyon &
de Limoges : cette ceremonie
ſe fit dans l'Egliſe
166 MERCURE
de la Maiſon Profeſſe des
Jeſuites.
Le premier de ce mois
M. l'Archevêque de Lyon
prêta ſermenr de fidelité
entre les mains du Roy à
Marly.
Le 25. du paſſé Monfieur
l'Abbé de Trudaine fut facré
Evêque de Senlis dans
l'Eglife des Religieuſes de
fainte Elifabeth ;M. le Cardinal
de Rohan en fit la
ceremonie , aſſiſtédes Evêques
de Noyon& de Séez.
Le 29. il prêta ferment
GALANT. 167
de fidelité à Marly entre
les mains du Roy.
Le Roy a donné au Comte
du Luc une penſion de
huit mille livres , & lui a
accordé la ſurvivance de
fes Charges & de ſon Gouvernement
pour ſes enfans.
M. leComte de Croiſſy ,
frere de M. le Marquis le
Torcy , a été nommé pour
aller en ambaſſade aupres
du Roy de Suede ; & M. le
Marquis de Sommery en
Baviere.
168 MERCURE
1
L'Electeur de Cologne
donna le.... un regal magnifique
au Prince Royal
de Saxe , au fon des tymbales
&des trompettes. On
continuë d'emballer les bagages
de cet Electeur , qui
doit retourner inceſſamment
dans ſes Eſtats.
Le 18. de ce mois Meffieurs
les Princes de Soubize
& d'Epinoy prirent
feance au Parlement en
qualité de Ducs & Pairs.
du 1 s. de ce mois , portent
qu'on continuoit à faire des
changemens dans les charges
& emplois , & quoy
qu'ils ne foient pas achevez
, on parle déja de dépoſer
quelqu'un de ceux
que lenouveauRoy a nommez
, entr'autres le Comte
de Notingham , Prefident
du Conſeil Privé ,
& fon frere , que l'on foupçonne
de favorifer le par-
Dec.1714. Ο
162 MERCURE
ti du Pretendant .
On avoit publié un projet
pour mettre une taxe
fur les fonds publics : mais
on ne croit pas que leParlement
l'approuve , àcauſe
que cela ruïneroit le credit
de la nation , & décourageroit
les étrangersd'envoyer
leur argent , & même
de le retirer; ce qui feroit
baiffer confiderablement
le prix des actions ,
& feroit cauſe qu'à l'avenir
les fonds que l'on accorderoit
au Roy ne ſeroient pas
remplis.
GALANT.
163
On arrêta la ſemaine paf.
ſée un nommé Oncale , qui
s'embarquoit pour France ,
on l'a mené en priſon ; on
l'accuſe d'avoir enrôlé du
monde pour le ſervice du
Pretendant.lephanteb
Le ſoir du 10. on amena
quatorze prifonniers , qui
feront condamnez à mort.
Les lettres de Veniſe portentque
les preparatifs extraordinaires
des Turcs par
mer &par terre alarment
fort les Venitiens & les
Malthois,qui prennent tou-
O ij
164 MERCURE
tes leurs précautions pour
ſe mettre àcouvert des irruptions
de cette énorme
puiſſance.
A
On mande de Plaiſance
du mois de Novembre dernier
, que Leurs Alteſſes Sereniffimes
M. le Duc & M
la Ducheſſe de Parme ont
couru grand riſque de ſe
noyer dans le Stiron , qui
eſt un torrent voiſin du
bourg de faint Domini
que qui s'étoit debordé
avec tant d'impetuofité ,
que les caroſſes où étoient
GALANT. 165
Leurs A. Sont été envelopez
dans ce debordement
, dont elles n'ont échapé
que par un miracle.
On a fait à leur retour à
Parme des prieres & des
réjoüiſſances pour le ſalut
de Leurs A. S.
an Le derniert du mois paſſé
Monfieur l'Abbé de Villeroy
fut facré Archevêque
de Lyon ,par les mains du
Cardinal de Rohan , aſſiſté
des Evêques de Noyon &
de Limoges : cette ceremonie
ſe fit dans l'Egliſe
166 MERCURE
de la Maiſon Profeſſe des
Jeſuites.
Le premier de ce mois
M. l'Archevêque de Lyon
prêta ſermenr de fidelité
entre les mains du Roy à
Marly.
Le 25. du paſſé Monfieur
l'Abbé de Trudaine fut facré
Evêque de Senlis dans
l'Eglife des Religieuſes de
fainte Elifabeth ;M. le Cardinal
de Rohan en fit la
ceremonie , aſſiſtédes Evêques
de Noyon& de Séez.
Le 29. il prêta ferment
GALANT. 167
de fidelité à Marly entre
les mains du Roy.
Le Roy a donné au Comte
du Luc une penſion de
huit mille livres , & lui a
accordé la ſurvivance de
fes Charges & de ſon Gouvernement
pour ſes enfans.
M. leComte de Croiſſy ,
frere de M. le Marquis le
Torcy , a été nommé pour
aller en ambaſſade aupres
du Roy de Suede ; & M. le
Marquis de Sommery en
Baviere.
168 MERCURE
1
L'Electeur de Cologne
donna le.... un regal magnifique
au Prince Royal
de Saxe , au fon des tymbales
&des trompettes. On
continuë d'emballer les bagages
de cet Electeur , qui
doit retourner inceſſamment
dans ſes Eſtats.
Le 18. de ce mois Meffieurs
les Princes de Soubize
& d'Epinoy prirent
feance au Parlement en
qualité de Ducs & Pairs.
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Résumé : « Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...] »
En décembre 1714, à Londres, des changements politiques notables ont lieu, avec des rumeurs de destitution de certains nommés par le nouveau roi, comme le Comte de Nottingham et son frère, accusés de soutenir le Prétendant. Un projet de taxe sur les fonds publics est publié, mais son approbation par le Parlement semble improbable en raison des risques pour le crédit national et les investissements étrangers. À Paris, un individu nommé Oncale est arrêté pour avoir recruté des partisans pour le Prétendant, et quatorze prisonniers sont condamnés à mort. À Venise, les préparatifs turcs suscitent des inquiétudes, poussant les Vénitiens et les Maltais à prendre des mesures de précaution. À Plaisance, le Duc et la Duchesse de Parme échappent de peu à la noyade, ce qui entraîne des prières et des réjouissances à leur retour à Parme. En France, l'Abbé de Villeroy devient Archevêque de Lyon et prête serment au roi, tout comme l'Abbé de Trudaine, nommé Évêque de Senlis. Le roi accorde une pension et des charges au Comte du Luc pour ses enfants. Le Comte de Croissy est nommé ambassadeur en Suède et le Marquis de Sommery en Bavière. L'Électeur de Cologne offre un banquet au Prince Royal de Saxe, tandis que les Princes de Soubize et d'Epinoy prennent séance au Parlement en tant que Ducs et Pairs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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996
p. 313-315
Vers Latins sur la Démolition du Port de Dunkerque, dont l'Auteur donnera peut-estre la traduction en Vers François. [titre d'après la table]
Début :
Classibus armatis celebris Dunkerka per orbem [...]
Mots clefs :
Dunkerque, Port de Dunkerque, Démolition du port de Dunkerque
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texteReconnaissance textuelle : Vers Latins sur la Démolition du Port de Dunkerque, dont l'Auteur donnera peut-estre la traduction en Vers François. [titre d'après la table]
Claflibus armatis celebris
Dunkerka per orbem
Urbs invicta Mari , non ruitura
cadit.
7
Triſtem jure doles portus
Dunkerka ruinam ,
Sed Gemis incaffum , numina
** Decembre 1714. Dd
314 MERCURE
læva ſinunt
Portum Neptunus pofuit bo,
realibus oris,
Ut Dunkerka maris fola manerer
hera
Abnuit Imperium Domina
ſeptentrio totus ,
Jacturam portus Jupiter ipſe
ljuber, OVS
Fit Carthago potens armis
hinc æmula Romæ ,
Bello rivalem perdere Roma
cupit. ved U
Dunkerka nequeunt hoftes
ſpectare Trophas ,
Funditus ut perear , cuncta
movere volunt ,
GALANT 315
$
Vincere conantur pugnis na
valibus Angli ,
At fruftra quærunt ſternere
}
pacis ope ,
Omnibus illuſtrem populis te
gloria fecit ,
Perniciemque tuam Gloria
ſumma paric .
Quid tibi nobilius , quam tali
occumbere fato.
SiDunkerka-labes,Gallia pace
Beat.
Dunkerka per orbem
Urbs invicta Mari , non ruitura
cadit.
7
Triſtem jure doles portus
Dunkerka ruinam ,
Sed Gemis incaffum , numina
** Decembre 1714. Dd
314 MERCURE
læva ſinunt
Portum Neptunus pofuit bo,
realibus oris,
Ut Dunkerka maris fola manerer
hera
Abnuit Imperium Domina
ſeptentrio totus ,
Jacturam portus Jupiter ipſe
ljuber, OVS
Fit Carthago potens armis
hinc æmula Romæ ,
Bello rivalem perdere Roma
cupit. ved U
Dunkerka nequeunt hoftes
ſpectare Trophas ,
Funditus ut perear , cuncta
movere volunt ,
GALANT 315
$
Vincere conantur pugnis na
valibus Angli ,
At fruftra quærunt ſternere
}
pacis ope ,
Omnibus illuſtrem populis te
gloria fecit ,
Perniciemque tuam Gloria
ſumma paric .
Quid tibi nobilius , quam tali
occumbere fato.
SiDunkerka-labes,Gallia pace
Beat.
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Résumé : Vers Latins sur la Démolition du Port de Dunkerque, dont l'Auteur donnera peut-estre la traduction en Vers François. [titre d'après la table]
En décembre 1714, Dunkerque, célèbre pour son port, est détruite mais reste invaincue par la mer. Neptune avait fondé ce port pour dominer les côtes, mais l'Empire du Nord s'y oppose. Jupiter approuve sa destruction, permettant à Carthage de rivaliser avec Rome. Les Anglais échouent à vaincre Dunkerque. Sa chute conduit à la paix en Gaule.
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997
p. 316-320
PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Début :
Le 18. de ce mois M. de l'Escorailles fut reçû dans l'Eglise / On est obligé d'aller à la Guerre contre les ennemis de [...]
Mots clefs :
Obligations, Chevaliers, Ecclésiastiques, Statuts, Notre-Dame du Mont-Carmel, Bulles des papes
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texteReconnaissance textuelle : PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Le 18. de ce mois M. de
l'Eſcorailles fut reçû dans l'Egliſe
de l'Abbaye de S. Germain
des Prez,Chevalier de S.
Lazare par M le Marquis de
Dangeau Grand Maistre de
cet Ordre , dont voicy les
Obligations & les Statuts.
GALANT. 317
:
PRINCIPALES
Obligations des Chevaliers ,
desEcclefiaftiques , &des Freres
Servans de l'Ordre Royal,
Hospitalier , e Militaire de
Noftre-DamedeMont-Carmel
, & de S. Lazare ,fui
vant les Bulles desPapes,
les Statuts de l'Ordre.
On est obligé d'aller à la
Guerre contre les ennemis de
la Foy , & de la Religion Catholique
, lorſqu'il eſt commandé
par le Roy ouleGrand
Maiſtre .
Ddüj
18 MERCURE
On doitgarder 1 Hofpitalité
envers les pauvres lépreux.
On doit dire tous les jours
le petit Office de Noſtre-Dame
à l'uſage de l'Ordre , ou
laCouronne de la Vierge.
Ondoit faire abſtinence de
viande tous les Mecredis de
chaque Semaine , & entendre
la Meſſe tous les Samedis.
On doit ſe confeffer , &
communier les Feſtes de la
Vierge , & particulierement
le jour de Noſtre-Dame de
Mont Carmel.
On ne peut le marier que
deux fois ,& l'on peut époufer
GALANT. 319
une des deux fois une veuve.
On est obligé de porter une
Croix d'or aux Emaux de
l'Ordre, attachée àunCordon
amarante ,& les Freres Servans
une Medaille aux mêmes
Emaux, attachée à une chaî
ne , & fans rubans.
Un des principaux Privileges
de l'Ordre eſt que les
les Chevaliers&Freres , quoique
matiez & non tonfurez ,
peuvent avoir , & tenir des
Penſions fur toute forte de
Benefices à l'exception des
Cures , juſqu'à mille Ducats
d'or dela Chambre Apofto,
Dd iiij
*
320 MERCURE
lique , évaluez environ à fix
mil livres monnoyedeFrance.
Ces Devoirs & Obligations
n'engagent point les Chevaliers
, les Eccleſiaſtiques , &
les Freres Servans ſur peine
de peché mortel , le Grand-
Maiſtre les en peut diſpenſer.
M. d'Eſcorailles eſt d'une
Maiſon des plus anciennes &
des mieux alliées de la Provin.
ce d'Auvergne , dont eſtoit
feuë Madame la Ducheſſe de
Fontange.
l'Eſcorailles fut reçû dans l'Egliſe
de l'Abbaye de S. Germain
des Prez,Chevalier de S.
Lazare par M le Marquis de
Dangeau Grand Maistre de
cet Ordre , dont voicy les
Obligations & les Statuts.
GALANT. 317
:
PRINCIPALES
Obligations des Chevaliers ,
desEcclefiaftiques , &des Freres
Servans de l'Ordre Royal,
Hospitalier , e Militaire de
Noftre-DamedeMont-Carmel
, & de S. Lazare ,fui
vant les Bulles desPapes,
les Statuts de l'Ordre.
On est obligé d'aller à la
Guerre contre les ennemis de
la Foy , & de la Religion Catholique
, lorſqu'il eſt commandé
par le Roy ouleGrand
Maiſtre .
Ddüj
18 MERCURE
On doitgarder 1 Hofpitalité
envers les pauvres lépreux.
On doit dire tous les jours
le petit Office de Noſtre-Dame
à l'uſage de l'Ordre , ou
laCouronne de la Vierge.
Ondoit faire abſtinence de
viande tous les Mecredis de
chaque Semaine , & entendre
la Meſſe tous les Samedis.
On doit ſe confeffer , &
communier les Feſtes de la
Vierge , & particulierement
le jour de Noſtre-Dame de
Mont Carmel.
On ne peut le marier que
deux fois ,& l'on peut époufer
GALANT. 319
une des deux fois une veuve.
On est obligé de porter une
Croix d'or aux Emaux de
l'Ordre, attachée àunCordon
amarante ,& les Freres Servans
une Medaille aux mêmes
Emaux, attachée à une chaî
ne , & fans rubans.
Un des principaux Privileges
de l'Ordre eſt que les
les Chevaliers&Freres , quoique
matiez & non tonfurez ,
peuvent avoir , & tenir des
Penſions fur toute forte de
Benefices à l'exception des
Cures , juſqu'à mille Ducats
d'or dela Chambre Apofto,
Dd iiij
*
320 MERCURE
lique , évaluez environ à fix
mil livres monnoyedeFrance.
Ces Devoirs & Obligations
n'engagent point les Chevaliers
, les Eccleſiaſtiques , &
les Freres Servans ſur peine
de peché mortel , le Grand-
Maiſtre les en peut diſpenſer.
M. d'Eſcorailles eſt d'une
Maiſon des plus anciennes &
des mieux alliées de la Provin.
ce d'Auvergne , dont eſtoit
feuë Madame la Ducheſſe de
Fontange.
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Résumé : PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Le 18 du mois, Monsieur de l'Escorailles a été accueilli dans l'Église de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés comme Chevalier de Saint-Lazare par le Marquis de Dangeau, Grand Maître de cet Ordre. Les obligations de l'Ordre Royal, Hospitalier et Militaire de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare ont été exposées. Elles incluent la participation à la guerre contre les ennemis de la foi catholique sur ordre du roi ou du Grand Maître, l'accueil des pauvres lépreux, la récitation quotidienne du petit office de Notre-Dame ou de la Couronne de la Vierge, l'abstinence de viande les mercredis, l'assistance à la messe les samedis, et la confession ainsi que la communion lors des fêtes de la Vierge, notamment le jour de Notre-Dame du Mont-Carmel. Les chevaliers peuvent se marier jusqu'à deux fois, avec la possibilité d'épouser une veuve une seule fois. Ils doivent porter une croix d'or aux émaux de l'Ordre attachée à un cordon amarante, tandis que les frères servants portent une médaille similaire attachée à une chaîne sans rubans. Un privilège notable est la possibilité pour les chevaliers et frères, même mariés et non tonsurés, de recevoir des pensions sur divers bénéfices, sauf les cures, jusqu'à mille ducats d'or de la Chambre Apostolique, évalués à environ six mille livres monnaie de France. Ces devoirs n'engagent pas les membres sur peine de péché mortel, le Grand Maître pouvant les en dispenser. Monsieur de l'Escorailles appartient à une des maisons les plus anciennes et bien alliées de la province d'Auvergne, dont faisait partie feu Madame la Duchesse de Fontange.
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998
p. 54-73
Ebauche de quelques unes des principales Nuits de Sceaux. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant, Messieurs, aux autres articles de ce Journal. En [...]
Mots clefs :
Fête, Duchesse de Brissac, Princesse, Intermède, Abeille, Divertissements, Roi, Danse, Marquis de Caumont La Force, Comédie italienne, Nuits de Sceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ebauche de quelques unes des principales Nuits de Sceaux. [titre d'après la table]
Messïeurs
, aux autres articles
de ce Journal. En voicijustement
un, que vous lirez
sans doute avec plaisir.
Son Altesse Serenissîme
Madame la Duchesse du
Maine, donr je fuis persuadé
que tout le monde a
entendu mille fois loüer
avec justicele goût,la delicatesse
& l'esprit, a paru
si contente de plusieurs Fêtes
charmantes qui ont été
representées dans sa maison
de Sceaux, que j'ai mis tout
en usage pour en avoir la
datte, l'arrangement,les
divertissemens, les paroles
& la musique, dont je me
fuis long-temps flaté de
vous donner le détail, si je
pouvois reiïflîr dans mon
adbesssoeliunm:emntais cela m'a été
impossible, lX;
c'est de quoy je fuis d'autant
plus mortifié, que j'ose
vous affurer, sur la parole
d'un grand nombre de gens
d'eiprit & de distinction qui
les ont vûës, que c'est ce
que je vous aurois peut-être
donné de meilleur. Cependant
tous mes soins
n'ont pas été inutiles, ôc
après bien des mouvemens,
j'ai enfin été assez heureux
pour en apprendre ce que
vous en allez lire.
La Fête que donna Madame
la Duchesse de Brissac
avec M le Marquis de
Caumont la Force, étoic
compolée de trois Intermedes
differens) mais qui
avoient quelque liaisonentreux.
Le premier, intitulé
les Champs Elysées, commençât
par le Roy de la
Fête, qui conjuroit la nuit
de le favoriser dans le def.
fein qu'il avoit de donner
une Fête à Son Alreflfe Se.
reniflime. Apres cette invocation
il rencontroit un
Magiciende ses amis, à qui
-ilconfiait l'embarras ou il
jfe trouvoit d'être obligé de
presideràcefpc&acle, &
de ne sçavoir comment s'y
prendre pour le rendre
agreable & nouveau. Le
Magicien lui offroit de le
conduire aux Champs Elysées,
pour y consulter les
ombres des plus grands
Poètes de l'antiquité, &
des Poëtes modernes. Le
Roy acceptoic l'offre du
Migicieniils defcendoienc
dans le Royaume de Pluton
, où tous ces grands
hommes leur temoignoienf
un égal empressement a fe- *
conder leur entreprise, par
ce qu'ils connoilloient les
grandes vertus de la Princesse)
& que (on nom avoic
paffé Fonde noire. Enfin
Anacrcon étoit celui qui se
chargeoit lui seul de fecou.
rir le Roy de la Fête. Il prioit
l'Amour de la conduire luimême,
& de lui marquer
par là sa reconnoissance de
ce que ce Poëte galant l'avoir
si bien celebré dans Ces
écrits. Orphée venoit en.
fuite avec Arion, & plufleurs
ombres) qui charmées
de les entendre, les
environnoient sans ccfTc.
Cet Intermede finiÍfoit par
une scené que chantoienc
deux grands Musiciens, 8c
les ombres témoignoient
par leur danse le plaisir qu'-
ellesavoient d'écouter leurs
agreables concerts.
Le second Intermede
étoit intitulé l'Amour bief,
fé par l'Abeille. L'Amour
engagé par Anacreon à se
charger du foin de la Fête,
venoit à Sceaux pour la préparer.
Le Sommeil defefperé
d'être banni de la Cour
de la Princcflè, & ne poui
vanfc iupporrer que l'Amour)
qu'il regarde comnie
Ion plus grand ennemi,
fût!charge" d'une commiffion
sihonorable, répandoit
ses pavots sur ce petit
Dieu, & faisoit si bien qu'il
l'endormoit. Pendant le
sommeil de l'Amour une
abeille venoit le piquer.
L'Amour se réveilloit en
faisant des imprecations
contr'ellejôc dans le temps
qu'il alloit jurer par le Styx
de l'exterminer elle & toute
[on espece yVenus paroiffoie
pour arrêter le efrment
temeraire de son fils, & lui
reprefenranc que l'abeille
étoit fous la proteâion de
la Princesse
; qu'elle en avoit
composé sa dévise
, &
inllitué nn Ordre fous le
nom de l'Abeille. L'Amour
fc repentoit, de sa colere,
Se difoic sur le champ qu'il
guerissoit sa blessure;enfuite
il appelloit tous les autres
Amours, & mettant
l'abeille au rang des astres,
il en celebroit lapotheofe
avec eux.
L'Amour & [es. freres
composoient aussi le troi:"\
siéme Intermede. Il paroisfoit
fous la figure d'Arlequin)
& tous les freres fous
celles des personnages de
la ComedieItalienne,parce
qu'ils avoient remarqué
que la Princesse les voyoit
avec peine dans sa Cour
fous leur propre figure, &
quelle craignôic qu'ils n'y
causassent du desordre:mais
souhaitant de n'en point
sortir, & de former un spec.
tacle qui lui fût agréable,
ils alloient mettre leur arc
& leurs fleches à ses pieds,
& representoient ensuite
une petite Comedie Italienne-.,
intitulée les Fêtesnocturnes
J ou l'Epée enchantée.
Quinze jours après, cette
Fête fut suivie de celle de
l'inconnu. Voicien peu de
mots quel en étaie le sujet.
Une personne qui ne vouloit
point se faire connoî?
tre entreprenoit de donner
une Fête, mais d'y rappel-
1er, s'il écoit poilible, cette
premiere (Implicite que les
grandes nuits de Sceaux
avoient euë lors qu'elles
comcommencerent,
parce que
l'éclat où on les avoit portées
mettoit une trop grandeémulation
entre ceux
qui donnoient ces fortes de
divertissemens. Le premier
Intermedecommençoitpar
le Mystere, quivenoit avec
deux deks.. suivans pour
preparer laFête,&pour
dépayser les curieux qui
voudroient découvrir par
qui elle auroit été donnée.
D'autressuivans du Mystere
venoient le joindre, &
aprés quelques discours&
quelques ceremonies convenables
au sujet, ils formoienctous
ensemble un
divertissement.
Pourrépondre à l'idée
qu'on avoir de rappeller la
simplicité dans les grandes
nuits, Astrée paroissoitavec
deux de les suivantes,
pour donner à la Princesse
unerepresentationdesplaisirs
simples & innocens du
premierâge. PlusieursBergers
, &un grand nombre
de Bergeres formoient ce
divertissement,& par leurs
chansons, aussi bien que
par leurs danses, ils exprimoient
les charmes de ]a
vie champêtre, & ils faisoient
une naïve description
des plaisirs que l'ongoûte
lors qu'on est exempt d'ambition
, & que l'on fuit les
loix de la nature. C'étoit là
le second Intermede de la
Fête de l'inconnu.
Cerés formoit le troisiéme,
& suivie d'un grand
nombre de Laboureurs &
de Moissonneurs, elle venoit
offrir à la Princesse les
premices des fruits &des
moissons.
La Fête qui fut donnée
aprés celle-ci avoit pour
fujer la ceinture de Venus
qui avoit été perduë
,
&
que l'on venoit chercher à
Sceaux. Elle est de la composition
de M. de laMotte;
maiscomme j'en ignore les
circonstances, je n$ peux
en faire ici la description.
C'étoit encore un inconnu
qui donnoit cette Fête.
Un troisiéme inconnu
s'est chargé du dernier de
ces Divertissemens, qui a
précédé de peu de jours le
départ de Son Altesse Serenissime
pour Versailles. Le
sujet de cette Fête étoitsingulier.
C'étoit une de ces
veillées que les paysans &
les paysannes de villages
font pendant les hyvers,
lors qu'ils se rassemblent
pour travailler tous enferra
ble aprés leur souper. Celle-
ci étoit composée des
habitans de Sceaux. Une
vieille nommée Ragonde,
veuve fort riche, aimoit
passionnément un jeune
paysan nommé Colin. Celui
ci ne pouvoit la souffrir
à cause de l'inégalité de
'r¡g.e., & parce qu'il avoit
du goût pour la fille de la
veuve, nommée Colette.
C'est sur cette matiere que
rouloient tous les entretiens
de la veillée. La vieille
amoureusefaisoit tous ses
efforts pour gagner Colin;
ôc voyant qu'il sobftinoit à
la mépriser, elle contoit
une histoire qui tendoit à
lui faire croire qu'elle étoit
sorciere, & que s'il ne l'aimoit
pas, elle sçauroit bien
l'y contraindre par ses malefices.
Colin racontoit une
autre histoire qui tendoit à
lui persuader qu'il ne la
craignoit point. Les autres
paysans interrompoient
cette conversation on dansoit
,
& par là finissoit le
premier Intermede.
-; Le second Intermede étoit
composé de plusieurs
paysansapostez par lavieille,
& déguisez en Lutins,
en Demons & en Sorciers.
Colin trompé par Colette,
qui obeïssoit aux ordres de
sa mere, & aux conseils
d'un autre paysan nommé
Lucas,pour qui cette jeune
paysanne avoit beaucoup
de tendresse
,
donnoit un
rendez-vous à Colin, lui
faisant accroire que c'étoit
àl'insçûdesamere.Colins'y
rendoitavec empressemet;
& dans le moment qu'il
attendoit sa chere Coletre,
tous ces faux Lutins & Demons
effrayoient Colin,
tant par leurs danses que
parleurs chants. Ragonde
le voyant presque mort de;
peur,paroissoit, pour lui
dire qu'elle alloit l'abandonner
à la fureur de ces
Lutins soûmis à ses ordres,
s'il ne promettoit pas de
l'épouser. Colin épouvanté
ne
ne faisoit plus aucune resistance,
&:
faisoit
des sermens
d'épouser Ragonde. La
vieille satisfaite congedioit
les Lutins, les Sorciers ôc
les Demons,&emmenoit
son cher Colin.
Le troisiémeIntermede
étoit la noce de Lucas & de
Colette, & celle de Ragonde
& de Colin. Tout le
villagecelebroitce double
mariage;ôc aprésplusieurs
danses &: plusieurs chansons,
cette ceremonie sinissoit
par uncharivari.
, aux autres articles
de ce Journal. En voicijustement
un, que vous lirez
sans doute avec plaisir.
Son Altesse Serenissîme
Madame la Duchesse du
Maine, donr je fuis persuadé
que tout le monde a
entendu mille fois loüer
avec justicele goût,la delicatesse
& l'esprit, a paru
si contente de plusieurs Fêtes
charmantes qui ont été
representées dans sa maison
de Sceaux, que j'ai mis tout
en usage pour en avoir la
datte, l'arrangement,les
divertissemens, les paroles
& la musique, dont je me
fuis long-temps flaté de
vous donner le détail, si je
pouvois reiïflîr dans mon
adbesssoeliunm:emntais cela m'a été
impossible, lX;
c'est de quoy je fuis d'autant
plus mortifié, que j'ose
vous affurer, sur la parole
d'un grand nombre de gens
d'eiprit & de distinction qui
les ont vûës, que c'est ce
que je vous aurois peut-être
donné de meilleur. Cependant
tous mes soins
n'ont pas été inutiles, ôc
après bien des mouvemens,
j'ai enfin été assez heureux
pour en apprendre ce que
vous en allez lire.
La Fête que donna Madame
la Duchesse de Brissac
avec M le Marquis de
Caumont la Force, étoic
compolée de trois Intermedes
differens) mais qui
avoient quelque liaisonentreux.
Le premier, intitulé
les Champs Elysées, commençât
par le Roy de la
Fête, qui conjuroit la nuit
de le favoriser dans le def.
fein qu'il avoit de donner
une Fête à Son Alreflfe Se.
reniflime. Apres cette invocation
il rencontroit un
Magiciende ses amis, à qui
-ilconfiait l'embarras ou il
jfe trouvoit d'être obligé de
presideràcefpc&acle, &
de ne sçavoir comment s'y
prendre pour le rendre
agreable & nouveau. Le
Magicien lui offroit de le
conduire aux Champs Elysées,
pour y consulter les
ombres des plus grands
Poètes de l'antiquité, &
des Poëtes modernes. Le
Roy acceptoic l'offre du
Migicieniils defcendoienc
dans le Royaume de Pluton
, où tous ces grands
hommes leur temoignoienf
un égal empressement a fe- *
conder leur entreprise, par
ce qu'ils connoilloient les
grandes vertus de la Princesse)
& que (on nom avoic
paffé Fonde noire. Enfin
Anacrcon étoit celui qui se
chargeoit lui seul de fecou.
rir le Roy de la Fête. Il prioit
l'Amour de la conduire luimême,
& de lui marquer
par là sa reconnoissance de
ce que ce Poëte galant l'avoir
si bien celebré dans Ces
écrits. Orphée venoit en.
fuite avec Arion, & plufleurs
ombres) qui charmées
de les entendre, les
environnoient sans ccfTc.
Cet Intermede finiÍfoit par
une scené que chantoienc
deux grands Musiciens, 8c
les ombres témoignoient
par leur danse le plaisir qu'-
ellesavoient d'écouter leurs
agreables concerts.
Le second Intermede
étoit intitulé l'Amour bief,
fé par l'Abeille. L'Amour
engagé par Anacreon à se
charger du foin de la Fête,
venoit à Sceaux pour la préparer.
Le Sommeil defefperé
d'être banni de la Cour
de la Princcflè, & ne poui
vanfc iupporrer que l'Amour)
qu'il regarde comnie
Ion plus grand ennemi,
fût!charge" d'une commiffion
sihonorable, répandoit
ses pavots sur ce petit
Dieu, & faisoit si bien qu'il
l'endormoit. Pendant le
sommeil de l'Amour une
abeille venoit le piquer.
L'Amour se réveilloit en
faisant des imprecations
contr'ellejôc dans le temps
qu'il alloit jurer par le Styx
de l'exterminer elle & toute
[on espece yVenus paroiffoie
pour arrêter le efrment
temeraire de son fils, & lui
reprefenranc que l'abeille
étoit fous la proteâion de
la Princesse
; qu'elle en avoit
composé sa dévise
, &
inllitué nn Ordre fous le
nom de l'Abeille. L'Amour
fc repentoit, de sa colere,
Se difoic sur le champ qu'il
guerissoit sa blessure;enfuite
il appelloit tous les autres
Amours, & mettant
l'abeille au rang des astres,
il en celebroit lapotheofe
avec eux.
L'Amour & [es. freres
composoient aussi le troi:"\
siéme Intermede. Il paroisfoit
fous la figure d'Arlequin)
& tous les freres fous
celles des personnages de
la ComedieItalienne,parce
qu'ils avoient remarqué
que la Princesse les voyoit
avec peine dans sa Cour
fous leur propre figure, &
quelle craignôic qu'ils n'y
causassent du desordre:mais
souhaitant de n'en point
sortir, & de former un spec.
tacle qui lui fût agréable,
ils alloient mettre leur arc
& leurs fleches à ses pieds,
& representoient ensuite
une petite Comedie Italienne-.,
intitulée les Fêtesnocturnes
J ou l'Epée enchantée.
Quinze jours après, cette
Fête fut suivie de celle de
l'inconnu. Voicien peu de
mots quel en étaie le sujet.
Une personne qui ne vouloit
point se faire connoî?
tre entreprenoit de donner
une Fête, mais d'y rappel-
1er, s'il écoit poilible, cette
premiere (Implicite que les
grandes nuits de Sceaux
avoient euë lors qu'elles
comcommencerent,
parce que
l'éclat où on les avoit portées
mettoit une trop grandeémulation
entre ceux
qui donnoient ces fortes de
divertissemens. Le premier
Intermedecommençoitpar
le Mystere, quivenoit avec
deux deks.. suivans pour
preparer laFête,&pour
dépayser les curieux qui
voudroient découvrir par
qui elle auroit été donnée.
D'autressuivans du Mystere
venoient le joindre, &
aprés quelques discours&
quelques ceremonies convenables
au sujet, ils formoienctous
ensemble un
divertissement.
Pourrépondre à l'idée
qu'on avoir de rappeller la
simplicité dans les grandes
nuits, Astrée paroissoitavec
deux de les suivantes,
pour donner à la Princesse
unerepresentationdesplaisirs
simples & innocens du
premierâge. PlusieursBergers
, &un grand nombre
de Bergeres formoient ce
divertissement,& par leurs
chansons, aussi bien que
par leurs danses, ils exprimoient
les charmes de ]a
vie champêtre, & ils faisoient
une naïve description
des plaisirs que l'ongoûte
lors qu'on est exempt d'ambition
, & que l'on fuit les
loix de la nature. C'étoit là
le second Intermede de la
Fête de l'inconnu.
Cerés formoit le troisiéme,
& suivie d'un grand
nombre de Laboureurs &
de Moissonneurs, elle venoit
offrir à la Princesse les
premices des fruits &des
moissons.
La Fête qui fut donnée
aprés celle-ci avoit pour
fujer la ceinture de Venus
qui avoit été perduë
,
&
que l'on venoit chercher à
Sceaux. Elle est de la composition
de M. de laMotte;
maiscomme j'en ignore les
circonstances, je n$ peux
en faire ici la description.
C'étoit encore un inconnu
qui donnoit cette Fête.
Un troisiéme inconnu
s'est chargé du dernier de
ces Divertissemens, qui a
précédé de peu de jours le
départ de Son Altesse Serenissime
pour Versailles. Le
sujet de cette Fête étoitsingulier.
C'étoit une de ces
veillées que les paysans &
les paysannes de villages
font pendant les hyvers,
lors qu'ils se rassemblent
pour travailler tous enferra
ble aprés leur souper. Celle-
ci étoit composée des
habitans de Sceaux. Une
vieille nommée Ragonde,
veuve fort riche, aimoit
passionnément un jeune
paysan nommé Colin. Celui
ci ne pouvoit la souffrir
à cause de l'inégalité de
'r¡g.e., & parce qu'il avoit
du goût pour la fille de la
veuve, nommée Colette.
C'est sur cette matiere que
rouloient tous les entretiens
de la veillée. La vieille
amoureusefaisoit tous ses
efforts pour gagner Colin;
ôc voyant qu'il sobftinoit à
la mépriser, elle contoit
une histoire qui tendoit à
lui faire croire qu'elle étoit
sorciere, & que s'il ne l'aimoit
pas, elle sçauroit bien
l'y contraindre par ses malefices.
Colin racontoit une
autre histoire qui tendoit à
lui persuader qu'il ne la
craignoit point. Les autres
paysans interrompoient
cette conversation on dansoit
,
& par là finissoit le
premier Intermede.
-; Le second Intermede étoit
composé de plusieurs
paysansapostez par lavieille,
& déguisez en Lutins,
en Demons & en Sorciers.
Colin trompé par Colette,
qui obeïssoit aux ordres de
sa mere, & aux conseils
d'un autre paysan nommé
Lucas,pour qui cette jeune
paysanne avoit beaucoup
de tendresse
,
donnoit un
rendez-vous à Colin, lui
faisant accroire que c'étoit
àl'insçûdesamere.Colins'y
rendoitavec empressemet;
& dans le moment qu'il
attendoit sa chere Coletre,
tous ces faux Lutins & Demons
effrayoient Colin,
tant par leurs danses que
parleurs chants. Ragonde
le voyant presque mort de;
peur,paroissoit, pour lui
dire qu'elle alloit l'abandonner
à la fureur de ces
Lutins soûmis à ses ordres,
s'il ne promettoit pas de
l'épouser. Colin épouvanté
ne
ne faisoit plus aucune resistance,
&:
faisoit
des sermens
d'épouser Ragonde. La
vieille satisfaite congedioit
les Lutins, les Sorciers ôc
les Demons,&emmenoit
son cher Colin.
Le troisiémeIntermede
étoit la noce de Lucas & de
Colette, & celle de Ragonde
& de Colin. Tout le
villagecelebroitce double
mariage;ôc aprésplusieurs
danses &: plusieurs chansons,
cette ceremonie sinissoit
par uncharivari.
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Résumé : Ebauche de quelques unes des principales Nuits de Sceaux. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs fêtes organisées par des personnalités de la haute société française. La première fête, organisée par Madame la Duchesse du Maine à Sceaux, comportait trois intermèdes. Le premier, 'Les Champs Élysées', montrait le Roi de la Fête consultant les ombres des grands poètes pour honorer la Duchesse. Le deuxième intermède, 'L'Amour blessé par l'Abeille', représentait l'Amour piqué par une abeille, symbolisant la protection de la Duchesse. Le troisième intermède présentait l'Amour et ses frères dans une pièce intitulée 'Les Fêtes nocturnes ou l'Épée enchantée'. Une autre fête, 'La Fête de l'Inconnu', fut organisée par une personne anonyme pour rappeler la simplicité des premières grandes nuits de Sceaux. Elle comprenait trois intermèdes : un mystère préparant la fête, Astrée et ses suivantes illustrant les plaisirs champêtres, et Cérès offrant les prémices des fruits et des moissons à la Princesse. Trois autres fêtes furent organisées en l'honneur d'une princesse. La première voyait Cérès offrir les prémices des fruits et des moissons à la princesse. La deuxième, organisée par M. de la Motte, concernait la recherche de la ceinture de Vénus perdue à Sceaux. La troisième fête, avant le départ de la princesse pour Versailles, représentait une veillée paysanne de Sceaux. Cette veillée mettait en scène Ragonde, une veuve riche, amoureuse de Colin, un jeune paysan préférant Colette, la fille de Ragonde. Avec l'aide de Colette et de Lucas, Ragonde tentait de séduire Colin en utilisant la peur et la sorcellerie. Colin, effrayé par des lutins et des démons, acceptait finalement d'épouser Ragonde. La fête se concluait par un double mariage entre Lucas et Colette, ainsi que Ragonde et Colin, célébré par des danses et des chansons, et se terminait par un charivari.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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999
p. 75-85
Aventure singuliere. [titre d'après la table]
Début :
La police exacte qui s'observe à Paris est sans contredit [...]
Mots clefs :
Police de Paris, Police, Chevalier, Magistrat, Paris, Prince de Transylvanie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Aventure singuliere. [titre d'après la table]
La police exacte qui s'observe
à Paris est sans contredit
une des plus admirables
choses du monde; les
ordres y sont si bien donnez
& les mesures si bien
prises contre tout ce qui
peut nuire à la furece publique,
qu'on pretend qu'il
est presque impossible que
rien y échape à la precaution
& aux lumieres du Magiftrat
illustre quiest revêtu
presque seul du soin
penible de contenir jour &
nuitunmillion dames dans
un ordre presque toûjours
égal. Cependant, malgré
ses soins & sa vigilance infinis,
il ne laisse peut- erre
pas de s'y passer foliveftfc
bien deschoses(la galanterie
à part) dont le secret
ne fort pas facilement des
mains de ceux qui en font
les auteurs. En voici une
preuve.
M. le Chevalier de P.
sortant il y a environ quinze
jours, entre les dis pu
onze heures du soir, de'
chez le Prince de Transylvanie
,
dont chacun sçait
que la maison cita present
la première & laplusnoble
academie (le' jeu qui (oft
dans le ROYJUIlle) fut embrassé
brusquement par
quatre hommes déguisez,
jetté dans un carosse, promené
une bonne heure
dans les ruës de Paris, 5c
deposé enfindansunemaifOD).
QÙ d'abord on lemena a
la cave )
où on le laissa faire
d'assez tristesreflexions juc.-
qu'au lendemain matin.
Ses guides masquez furent
à la pointe du jour lui
rendre visite
, non pour lui
demander comment il avoit
passé la nuit, ni pour
le consoler de la mauvaise
avanture quilui étoit arrivée
la veille, mais pour l'exhorter
à la mert. Un d'eux
prie la parole, & lui dit:
Dans l'extremitéoùvôtre
imprudéce vous jette,Monsieur,
il ne vous reste plus
d'autre parti à prendre que
celui de mourir. Examinezvous,&
disposez-vous au
plus grand voyageque vous
puissiez faire.L'hommeque
vous avez offensé doit venir
incessamment vous arracher
la vie; si en attendant
vous avez besoin de
quelque chose, on va vous
apporter à boire ôc à manger.
Le Chevalier, qui est
homme d'honneur,&: qu'il
en faut croire sur sa parole,
assure que, quoique nature
pâtît beaucoup en lui, il ne
reçut pas trop mal ce compliment,
& qu'il répondit à
ces Meilleurs qu'ilétoitresolu
à la mort, puis qu'ils
l'avoient condamnéàmourir,
qu'au reste il étoit sûr
qu'il n'avoir ni querelles
J ni procès, ni affaires de
coeur, niintrigues de jeu
qui pussent luisusciter aucup
ennemi dans le monde;
que cependant il y avoit
long-temps qu'il n'avait
rien pris, & qu'ils lui feroiéc
plaisir de lui donner quelque
chose à manger. Ce
qu'onfit sur le champ. La
compagnie alors le quitta.
Vers le milieu de la nuit
suivante, il entendit ouvrir
avec grand bruit les portes
de la cave où il ccoic. Je
vous -
laisse à penser s'ilfc
crut prés de saderniere
heure, lors qu'il vit à la faveur
des lumieres les quatresatellites
s'approcher de
lui, & le livrer en même
temps à la fureur d'un autre
homme qu'il n'avoit point
encore vû. Cet homme tenoità
sa main une epéenue:
mais il fut bien étonné, lors
qu'au lieu de la sentir employer
à l'usageauquel illa
croyoit destinée, il entendit
celuiqu'il prenoit déjà pour
son bourreau dire aux autres
acteurs de la tragedie :
(
Quel homme m'avez-vous
amenéici,Meiffeurs?&d'où
vient cette mépri[c?Nevous
avois- je pas assez bien fait
son portrait ? Et toy, maraud,
dit-il à un d'entr'eux,
ne m'as,tu pas assuré que
tu le connoissois ? Allez,
vous êtes des faquins, re.
menez-moy feulement cet
homme dans la ville, Se
gardez-vous de lui faire aucun
tort.
Ilstirerent aussîtôt le pauvre
Chevalier de son cachot;
ils lui banderent les
yeux,ils le jetterent dans
le carosse de celui qui venoit
de leur parler avec
tant d'autorité
; & après un
grand nombre de tours &
de détours, ils le mirent enfin
au milieu du boulevard
de la porte Montmartre
où , avant de le quitter, ils
lui firent ce dernier compliment:
Vous sçavez,Monsieur,
que nous ne vous avons
rien pris de vôrre argent
, ni de vosnipes, &
mêmenousn'en voulons
rien; voici vôtre canne ôc
vôtreépée que nous mettons
à vos pieds: mais ne
soyez pas assez imprudent
pour vous débander les
yeux d'un bon quart d'heurc.
Nous allons rester deux
auprès de vous a vous examiner
, & prêts a vous tuer
si ce malheur vous arrive.
Le Chevalier qui venoit
de l'echaper si belle, leur
jura qu'il se garderoit bien
d'avoir envie de voir clair,
malgré eux. Il leur tint parole
; ils se retirèrent : il
rentra dans la ville, & le
lendemain J au plus tard, il
conta son histoire à tout le
monde. Je l'ai fçûc de la
premiere main, & je vous
la donne de lamienne,telle
qu'on me l'a donnée.
à Paris est sans contredit
une des plus admirables
choses du monde; les
ordres y sont si bien donnez
& les mesures si bien
prises contre tout ce qui
peut nuire à la furece publique,
qu'on pretend qu'il
est presque impossible que
rien y échape à la precaution
& aux lumieres du Magiftrat
illustre quiest revêtu
presque seul du soin
penible de contenir jour &
nuitunmillion dames dans
un ordre presque toûjours
égal. Cependant, malgré
ses soins & sa vigilance infinis,
il ne laisse peut- erre
pas de s'y passer foliveftfc
bien deschoses(la galanterie
à part) dont le secret
ne fort pas facilement des
mains de ceux qui en font
les auteurs. En voici une
preuve.
M. le Chevalier de P.
sortant il y a environ quinze
jours, entre les dis pu
onze heures du soir, de'
chez le Prince de Transylvanie
,
dont chacun sçait
que la maison cita present
la première & laplusnoble
academie (le' jeu qui (oft
dans le ROYJUIlle) fut embrassé
brusquement par
quatre hommes déguisez,
jetté dans un carosse, promené
une bonne heure
dans les ruës de Paris, 5c
deposé enfindansunemaifOD).
QÙ d'abord on lemena a
la cave )
où on le laissa faire
d'assez tristesreflexions juc.-
qu'au lendemain matin.
Ses guides masquez furent
à la pointe du jour lui
rendre visite
, non pour lui
demander comment il avoit
passé la nuit, ni pour
le consoler de la mauvaise
avanture quilui étoit arrivée
la veille, mais pour l'exhorter
à la mert. Un d'eux
prie la parole, & lui dit:
Dans l'extremitéoùvôtre
imprudéce vous jette,Monsieur,
il ne vous reste plus
d'autre parti à prendre que
celui de mourir. Examinezvous,&
disposez-vous au
plus grand voyageque vous
puissiez faire.L'hommeque
vous avez offensé doit venir
incessamment vous arracher
la vie; si en attendant
vous avez besoin de
quelque chose, on va vous
apporter à boire ôc à manger.
Le Chevalier, qui est
homme d'honneur,&: qu'il
en faut croire sur sa parole,
assure que, quoique nature
pâtît beaucoup en lui, il ne
reçut pas trop mal ce compliment,
& qu'il répondit à
ces Meilleurs qu'ilétoitresolu
à la mort, puis qu'ils
l'avoient condamnéàmourir,
qu'au reste il étoit sûr
qu'il n'avoir ni querelles
J ni procès, ni affaires de
coeur, niintrigues de jeu
qui pussent luisusciter aucup
ennemi dans le monde;
que cependant il y avoit
long-temps qu'il n'avait
rien pris, & qu'ils lui feroiéc
plaisir de lui donner quelque
chose à manger. Ce
qu'onfit sur le champ. La
compagnie alors le quitta.
Vers le milieu de la nuit
suivante, il entendit ouvrir
avec grand bruit les portes
de la cave où il ccoic. Je
vous -
laisse à penser s'ilfc
crut prés de saderniere
heure, lors qu'il vit à la faveur
des lumieres les quatresatellites
s'approcher de
lui, & le livrer en même
temps à la fureur d'un autre
homme qu'il n'avoit point
encore vû. Cet homme tenoità
sa main une epéenue:
mais il fut bien étonné, lors
qu'au lieu de la sentir employer
à l'usageauquel illa
croyoit destinée, il entendit
celuiqu'il prenoit déjà pour
son bourreau dire aux autres
acteurs de la tragedie :
(
Quel homme m'avez-vous
amenéici,Meiffeurs?&d'où
vient cette mépri[c?Nevous
avois- je pas assez bien fait
son portrait ? Et toy, maraud,
dit-il à un d'entr'eux,
ne m'as,tu pas assuré que
tu le connoissois ? Allez,
vous êtes des faquins, re.
menez-moy feulement cet
homme dans la ville, Se
gardez-vous de lui faire aucun
tort.
Ilstirerent aussîtôt le pauvre
Chevalier de son cachot;
ils lui banderent les
yeux,ils le jetterent dans
le carosse de celui qui venoit
de leur parler avec
tant d'autorité
; & après un
grand nombre de tours &
de détours, ils le mirent enfin
au milieu du boulevard
de la porte Montmartre
où , avant de le quitter, ils
lui firent ce dernier compliment:
Vous sçavez,Monsieur,
que nous ne vous avons
rien pris de vôrre argent
, ni de vosnipes, &
mêmenousn'en voulons
rien; voici vôtre canne ôc
vôtreépée que nous mettons
à vos pieds: mais ne
soyez pas assez imprudent
pour vous débander les
yeux d'un bon quart d'heurc.
Nous allons rester deux
auprès de vous a vous examiner
, & prêts a vous tuer
si ce malheur vous arrive.
Le Chevalier qui venoit
de l'echaper si belle, leur
jura qu'il se garderoit bien
d'avoir envie de voir clair,
malgré eux. Il leur tint parole
; ils se retirèrent : il
rentra dans la ville, & le
lendemain J au plus tard, il
conta son histoire à tout le
monde. Je l'ai fçûc de la
premiere main, & je vous
la donne de lamienne,telle
qu'on me l'a donnée.
Fermer
Résumé : Aventure singuliere. [titre d'après la table]
Le texte relate l'enlèvement du Chevalier de P. à Paris, malgré la surveillance de la police. L'incident se produit alors que le Chevalier quitte la résidence du Prince de Transylvanie. Quatre individus déguisés l'enlèvent et le conduisent dans une cave. On lui annonce qu'il sera exécuté en raison de ses imprudences. Le Chevalier, affirmant ne pas avoir d'ennemis, demande à manger. Pendant la nuit, un homme armé d'une épée pénètre dans la cave. Après avoir réprimandé ses complices, il décide de libérer le Chevalier. Ce dernier est ensuite ramené à Paris, où on lui restitue ses effets personnels. Dès le lendemain, il raconte son aventure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1000
p. 103-107
Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Début :
Les bontez de Sa Majesté Catholique, toûjours attentive à tout [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Avocats, Conseillers, Marquis, Finances, Présidents des finances d'Espagne, Officiers des finances d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Les bontez de Sa Majesté
Catholique,toujours at.
tentive à tout ce qui peut
contribuer au repos, au
profit & à l'instruction de
ses sujets, n'éclatent pas
feulement dans le choix
qu'Elle fait d'hommes il.
lustres & sçavans pour conserver
la pureté, ôc augmenter,
s'il est possible,les
beautez d'une des principales
& des plus énergi
ques Langues de l'Europe,
telle quel'est la LangueEspagnole
:maisencoredans
les soins qu'Elle prend de
choisir des sujets dignes tk
capables d'administrer avec
toute l'intégrité qu'ils lui
doivent les finances de ses
Royaumes.
Ceux qu'Elle a preposez
à cette administration, sont.
Presidens de Caflille. -
D. Michel François Guerra.
Le Marquis d'Arenda.
D. François Portel.
D. Sebastien Romero.
D. Manuel de Azevedo.
Avocats Generaux.
D. Juan Rozillo.
D. François de Harriara.
Nouveaux Conseillers de Cc
tille.
D. Alphonse Castellanos.
D. Pedre Gomez de la Cava.
D. André Gonzales de Bar-
Zia.*
D. François Ycolano.
D. Jerôme Pardo.
Ajjejjeurs d'Etat.
D. Garcia de Haraziel.
Le Marquis de Handia.
Ajjejjcur Militaire.
Le Comte de Valdé de Aguilao.
Nouveaux Presidens des Finances.
D. François Rimol Qui-»
ro ga.
D. Balchazard de Hazevedo.
Avocats Généraux des Fi.
nances.
D. Manuel de Tolede.
D. François de Hetera.
Avocats Generaux du Conseil
des Indes.
D. François la Chica.
D. Diegue Valdez.
L'on a ordonné à D. François
de Harana, & à D. Pedro
de la Grava, tous deux
Conseillers de Castille, de
• ne point paroître à la Junte
jusqu'à nouvel ordre.
Catholique,toujours at.
tentive à tout ce qui peut
contribuer au repos, au
profit & à l'instruction de
ses sujets, n'éclatent pas
feulement dans le choix
qu'Elle fait d'hommes il.
lustres & sçavans pour conserver
la pureté, ôc augmenter,
s'il est possible,les
beautez d'une des principales
& des plus énergi
ques Langues de l'Europe,
telle quel'est la LangueEspagnole
:maisencoredans
les soins qu'Elle prend de
choisir des sujets dignes tk
capables d'administrer avec
toute l'intégrité qu'ils lui
doivent les finances de ses
Royaumes.
Ceux qu'Elle a preposez
à cette administration, sont.
Presidens de Caflille. -
D. Michel François Guerra.
Le Marquis d'Arenda.
D. François Portel.
D. Sebastien Romero.
D. Manuel de Azevedo.
Avocats Generaux.
D. Juan Rozillo.
D. François de Harriara.
Nouveaux Conseillers de Cc
tille.
D. Alphonse Castellanos.
D. Pedre Gomez de la Cava.
D. André Gonzales de Bar-
Zia.*
D. François Ycolano.
D. Jerôme Pardo.
Ajjejjeurs d'Etat.
D. Garcia de Haraziel.
Le Marquis de Handia.
Ajjejjcur Militaire.
Le Comte de Valdé de Aguilao.
Nouveaux Presidens des Finances.
D. François Rimol Qui-»
ro ga.
D. Balchazard de Hazevedo.
Avocats Généraux des Fi.
nances.
D. Manuel de Tolede.
D. François de Hetera.
Avocats Generaux du Conseil
des Indes.
D. François la Chica.
D. Diegue Valdez.
L'on a ordonné à D. François
de Harana, & à D. Pedro
de la Grava, tous deux
Conseillers de Castille, de
• ne point paroître à la Junte
jusqu'à nouvel ordre.
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Résumé : Noms des Presidens & Officiers des Finances d'Espagne. [titre d'après la table]
Le texte souligne les initiatives de Sa Majesté Catholique pour le bien-être, le profit et l'instruction de ses sujets. Cette attention se traduit par la sélection d'hommes illustres et savants pour préserver et enrichir la langue espagnole, reconnue comme l'une des principales et plus énergiques langues d'Europe. De plus, Sa Majesté s'assure de choisir des individus dignes et capables pour gérer avec intégrité les finances de ses royaumes. Plusieurs personnalités sont nommées à divers postes administratifs et judiciaires, tels que Présidents de Castille, Avocats Généraux, Conseillers de Castille, Ajjejjeurs d'État, Ajjejjcurs Militaires, Présidents des Finances, et Avocats Généraux des Finances et du Conseil des Indes. Parmi ces noms figurent D. Michel François Guerra, le Marquis d'Arenda, D. François Portel, et d'autres. Enfin, il est précisé que D. François de Harana et D. Pedro de la Grava, Conseillers de Castille, ont reçu l'ordre de ne pas se présenter à la Junte jusqu'à nouvel ordre.
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