Résultats : 7 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 304-306
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
On écrit que les Jésuites & les Capucins, font de tres-grands fruits [...]
Mots clefs :
Jésuites, Capucins, Religion prétendue réformée, Abjuration, Intendant, Gouverneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
On écrir q11e les Jé[uites
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
Fermer
Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le texte évoque la présence influente des Jésuites et des Capucins dans les places fortes du Royaume de France, soutenus financièrement par les gouverneurs et l'intendant. Par exemple, le gouverneur des Bains d'Arcis aide les Capucins, notamment pour soutenir une femme et ses dix ou douze enfants, dont un sert dans le régiment de Vexin. Ce gouverneur, issu de la maison de La Claffaye et originaire de Touraine, a servi environ 40 à 50 ans dans les armées royales, tant sur terre que sur mer, en Candie, Flandre, Allemagne et Catalogne. Il a participé à divers sièges de villes et porte les marques de nombreux combats.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 299-308
Morts, [titre d'après la table]
Début :
J'ay encore quelques morts à vous apprendre. Je commence [...]
Mots clefs :
Morts, Marquis de Vitry, Baron, Seigneur, Ambassade de Pologne, Duc, Chevalier, Capitaine, Maison de Lhôpital, Charges, Gouverneurs, Marquis de Vandeuvre, Décès, Fils, Filles, Conseiller, Parlement, Seigneur de Villebon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Jay encore quelques morts
à vous apprendre. Je com
mence par celle de Meffire
300 MERCURE
Nicolas Louis de Lhôpital,
Marquis de Vitry , Baron du
Pleffis aux Tournelles , Seigneur
de Morvilliers , & c. Il
a fait connoiftre fon efprit
& fa conduite en divers Employs
, qu'il a pleu au Roy de
luy confier , & fur tout en fon
Ambaffade de Pologne . Il n'a
point laiffé d'Enfans , le ſeul
Fils qu'il avoit eu étant mort
en fon bas âge . Il étoit Frere
du dernier Duc de Vitry , qui
n'a laiffé qu'une Fille , Marie
Françoife Elizabeth de Lhôpital
, mariée à M' le Marquis
de Torcy , de la Maiſon de la
GALANT. 301
Tour, un Fils qu'il avoit étant
mort avant luy par un accident
funcfte. Ce Duc & ce
Marquis de Vitry , étoient
tous deux Fils de Meffire Nicolas
de Lhôpital , Marquis,
puis Duc de Vitry , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres
du Roy , & Gouverneur
de Provence. Il avoit efté auparavant
Capitaine des Gardes
de Sa Majefté, & avoit un
Frere connu fous le nom du
Maréchal de Lhôpital , Gouverneur
de Paris , & Chevalier
des Ordres du Roy , qui avoit
auffi efté Capitaine des Gar302
MERCURE
des du Corps . Le Pere de ces
deux Maréchaux de France,
étoit Meffire Louis de Lhô.
pital , Seigneur de Vitry , Capitaine
des Gardes du Corps.
La Branche des Seigneurs de
Vitry , eft la derniere de la
Maiſon de Lhôpital, dont les
Ainez font Marquis & Comtes
de Lhôpital. Les Marquis
de Sainte Meſme , en font les
premiers Cadets. Cette Maifon
eft trés ancienne, établie
en France il y a prés de quatre
fiécles . On la croit iffue
des anciens Seigneurs de
Lhôpitalet , au Royaume de
•
GALANT. 303
Naples . Elle a eu en France
de tres grands employs , &
l'on y trouve des Chambellans
de nos Roys , des Grands
Mailtres des Eaux & Forefts ,
un grand Maiſtre de la Reyne
Ifabeau de Baviere , des Generaux
d'Armées , des Gou
verneurs de Villes & de Provinces
, des Capitaines de
Gendarmes , des Chevaliers
des Ordres , des Confeillers
de Roys , des Gouverneurs
des Enfans de France , des
Chevaliers d'Honneur des
Reynes , des Maréchaux de
France , &c. Elle eft alliée
304 MERCURE
aux plus illuftres Maiſon's du
Royaume , comme Bracque ,
le Bouteiller de Senslis ,
Courtenay- Blaineau , Rou
hauft , Laval , Coffe , Bruges,
Beauvau , la Mark , Mouſtiers,
Montmirail Huraut
, la
Tour , Do , la Chaftre , Brichanteau
, Levis , Pot , & c.
Ses Armies font , De gueule au
Coq d'argent , armé, cretté,
barbelé d'or. Les diverfes Branches
ont pris diverſes brifu
res .
I
>
عوم
Meffire Jean François de
Megrigny , Marquis de Vandeuvre
, Baron de Couchey,
GALANT. 305
Vicomte de Troye , Cornetre-
Blanche de France , & cy
devant Grand Tranchant du
Roy , eft mort auffi depuis
peu de temps. Il laiffe un Fils
& deux Filles , de feue Dame.
Françoiſe Henriette du Mefnil-
Simon de Beaujeu , fçavoir
Charles Hubert de Megrigny,
Marquis de Vandeuvre , Baron
de Beaujeu , Gabrielle de
Megrigny , & Marie Françoife
de Megrigny.. M' le Marquis
de Vandeuvre qui vient
de mourir , étoit Fils de Mef
fire Jean de Megrigny , Marquis
de Vandeuvre, Vicomte
Fevrier 1685.
Cc
306 MERCURE
de Troye , Baron de Colom
bey , premier Preſident au
Parlement de Provence , puis
Confeiller d'Etat, & de Dame
Renée de Bucy , & petit Fils
de Jean de Megrigny , Vicomte
de Troye & de Briel,
& de Dame Marie Bouguier
Fille de Chriſtophe Bouguier;
Seigneur d'Echarfon , Confeiller
au Parlement , & de
Dame Marie Chartier , Dame
d'Alainville , de la Famille
des Fondateurs , de la Maifon
& College de Boiffy.
Feu M' de Mégrigny , Confeiller
d'Etat , avoit cinq Fre
GALANT. 307
res; Louis de Mégrigny,Chevalier
de Malte ; Jacques de
Mégrigny , Baron de Bonivet,
Préfident au Mortier du
Parlement de Paris, puis Con
feiller d'Honneur dans le même
Parlement ; Mathieu de
Mégrigny , Abbé de Pontigny
, Nicolas de Mégrigny,
Prieur de Souvigny , Chanoine
de l'Eglife de Paris ,,
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes ; & François de
Mégrigny , Comte de Briel,
& d'Alainville
, De Mégrigny
porte d'argent au Lion de
fable...
Cc ij
3c8 MERCURE
Ces morts ont efté fuivies
de celle de Meffire Chriftophe
de Mallebranche , Seigneur
de Villebon . Il eftoit
Frere de M' de Mallebranche
Confeiller au Parlement , fi
eftimé par l'exacte aplication
qu'il a aux Affaires , & du
Pere de Mallebranche , Prêtre
de l'Oratoire , que tant
de doctes Ecrits ont rendu
celebre .
à vous apprendre. Je com
mence par celle de Meffire
300 MERCURE
Nicolas Louis de Lhôpital,
Marquis de Vitry , Baron du
Pleffis aux Tournelles , Seigneur
de Morvilliers , & c. Il
a fait connoiftre fon efprit
& fa conduite en divers Employs
, qu'il a pleu au Roy de
luy confier , & fur tout en fon
Ambaffade de Pologne . Il n'a
point laiffé d'Enfans , le ſeul
Fils qu'il avoit eu étant mort
en fon bas âge . Il étoit Frere
du dernier Duc de Vitry , qui
n'a laiffé qu'une Fille , Marie
Françoife Elizabeth de Lhôpital
, mariée à M' le Marquis
de Torcy , de la Maiſon de la
GALANT. 301
Tour, un Fils qu'il avoit étant
mort avant luy par un accident
funcfte. Ce Duc & ce
Marquis de Vitry , étoient
tous deux Fils de Meffire Nicolas
de Lhôpital , Marquis,
puis Duc de Vitry , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres
du Roy , & Gouverneur
de Provence. Il avoit efté auparavant
Capitaine des Gardes
de Sa Majefté, & avoit un
Frere connu fous le nom du
Maréchal de Lhôpital , Gouverneur
de Paris , & Chevalier
des Ordres du Roy , qui avoit
auffi efté Capitaine des Gar302
MERCURE
des du Corps . Le Pere de ces
deux Maréchaux de France,
étoit Meffire Louis de Lhô.
pital , Seigneur de Vitry , Capitaine
des Gardes du Corps.
La Branche des Seigneurs de
Vitry , eft la derniere de la
Maiſon de Lhôpital, dont les
Ainez font Marquis & Comtes
de Lhôpital. Les Marquis
de Sainte Meſme , en font les
premiers Cadets. Cette Maifon
eft trés ancienne, établie
en France il y a prés de quatre
fiécles . On la croit iffue
des anciens Seigneurs de
Lhôpitalet , au Royaume de
•
GALANT. 303
Naples . Elle a eu en France
de tres grands employs , &
l'on y trouve des Chambellans
de nos Roys , des Grands
Mailtres des Eaux & Forefts ,
un grand Maiſtre de la Reyne
Ifabeau de Baviere , des Generaux
d'Armées , des Gou
verneurs de Villes & de Provinces
, des Capitaines de
Gendarmes , des Chevaliers
des Ordres , des Confeillers
de Roys , des Gouverneurs
des Enfans de France , des
Chevaliers d'Honneur des
Reynes , des Maréchaux de
France , &c. Elle eft alliée
304 MERCURE
aux plus illuftres Maiſon's du
Royaume , comme Bracque ,
le Bouteiller de Senslis ,
Courtenay- Blaineau , Rou
hauft , Laval , Coffe , Bruges,
Beauvau , la Mark , Mouſtiers,
Montmirail Huraut
, la
Tour , Do , la Chaftre , Brichanteau
, Levis , Pot , & c.
Ses Armies font , De gueule au
Coq d'argent , armé, cretté,
barbelé d'or. Les diverfes Branches
ont pris diverſes brifu
res .
I
>
عوم
Meffire Jean François de
Megrigny , Marquis de Vandeuvre
, Baron de Couchey,
GALANT. 305
Vicomte de Troye , Cornetre-
Blanche de France , & cy
devant Grand Tranchant du
Roy , eft mort auffi depuis
peu de temps. Il laiffe un Fils
& deux Filles , de feue Dame.
Françoiſe Henriette du Mefnil-
Simon de Beaujeu , fçavoir
Charles Hubert de Megrigny,
Marquis de Vandeuvre , Baron
de Beaujeu , Gabrielle de
Megrigny , & Marie Françoife
de Megrigny.. M' le Marquis
de Vandeuvre qui vient
de mourir , étoit Fils de Mef
fire Jean de Megrigny , Marquis
de Vandeuvre, Vicomte
Fevrier 1685.
Cc
306 MERCURE
de Troye , Baron de Colom
bey , premier Preſident au
Parlement de Provence , puis
Confeiller d'Etat, & de Dame
Renée de Bucy , & petit Fils
de Jean de Megrigny , Vicomte
de Troye & de Briel,
& de Dame Marie Bouguier
Fille de Chriſtophe Bouguier;
Seigneur d'Echarfon , Confeiller
au Parlement , & de
Dame Marie Chartier , Dame
d'Alainville , de la Famille
des Fondateurs , de la Maifon
& College de Boiffy.
Feu M' de Mégrigny , Confeiller
d'Etat , avoit cinq Fre
GALANT. 307
res; Louis de Mégrigny,Chevalier
de Malte ; Jacques de
Mégrigny , Baron de Bonivet,
Préfident au Mortier du
Parlement de Paris, puis Con
feiller d'Honneur dans le même
Parlement ; Mathieu de
Mégrigny , Abbé de Pontigny
, Nicolas de Mégrigny,
Prieur de Souvigny , Chanoine
de l'Eglife de Paris ,,
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes ; & François de
Mégrigny , Comte de Briel,
& d'Alainville
, De Mégrigny
porte d'argent au Lion de
fable...
Cc ij
3c8 MERCURE
Ces morts ont efté fuivies
de celle de Meffire Chriftophe
de Mallebranche , Seigneur
de Villebon . Il eftoit
Frere de M' de Mallebranche
Confeiller au Parlement , fi
eftimé par l'exacte aplication
qu'il a aux Affaires , & du
Pere de Mallebranche , Prêtre
de l'Oratoire , que tant
de doctes Ecrits ont rendu
celebre .
Fermer
Résumé : Morts, [titre d'après la table]
Le texte évoque plusieurs décès notables au sein de familles illustres. Nicolas Louis de Lhôpital, Marquis de Vitry, est décédé. Il a occupé diverses fonctions royales, notamment celle d'ambassadeur en Pologne. Il n'a pas laissé de descendance, son fils unique étant mort en bas âge. Il était le frère du dernier Duc de Vitry, qui avait une fille, Marie Françoise Élisabeth de Lhôpital, mariée au Marquis de Torcy. Leur père, Nicolas de Lhôpital, avait été Duc de Vitry, Maréchal de France et Gouverneur de Provence. La famille de Lhôpital est une maison ancienne en France, établie depuis près de quatre siècles, et a occupé de hautes fonctions, y compris des maréchaux de France et des gouverneurs. Le texte mentionne également la mort de Jean François de Megrigny, Marquis de Vandeuvre, qui laisse un fils et deux filles. Enfin, Christophe de Mallebranche, Seigneur de Villebon, est décédé. Il était le frère d'un conseiller au Parlement et le père d'un prêtre de l'Oratoire connu pour ses écrits doctes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 104-125
Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Cette Ville est en Picardie sur la riviere d'Aisne, qui la [...]
Mots clefs :
Soissons, Ville, Porte, Intendant, Ambassadeurs, Compagnies, Personnes, Armes, Maire, Palais, Heures, Compagnie, Gouverneurs, Roi, Magnificence, Officiers, Qualité, Canon, Palais épiscopal, Bourgeoisie
4
p. 342-346
SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
Début :
MONSIEUR, C'est une chose assez digne de remarque que [...]
Mots clefs :
Enfants, Gens, Monde, Éducation, Gouverneur, Gouverneurs, Raison, Maîtres, Études, Usage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
SUITE de la Lettre sur le Systême du
Bureau Typographique , et sur l'Education
des Enfans , inserée dans le Mercure
du mois de Janvier.
MONSIE ONSIEUR
C'est une chose assez digne de remarque que
dans un siecle et dans un Pays qui sont devenus
par succession , le centre et le temps des Sciences
er
FEVRIER. 1734. 343
,
et des Arts , toutes les fois qu'il s'agit de discuter
quelques points et de l'examiner sérieusement
, il faille commencer par se récrier sur les
maux que causent les préjugez et la force tirannique
de l'habitude. Si vous demandez â la plupart
des peres et des meres les mieux intentionnez
pour l'éducation de leurs enfans , par quelle
raison ils les laissent si long - temps dans leur bas
âge entre les mains des femmes et des Maîtres du
commun et pourquoi après avoir négligé leurs
premieres études , ils croyent devoir rechercher
ensuite avec le dernier empressement, et même à
grands frais , sous le titre de Gouverneurs , les
plus habiles gens , pour qu'ils donnent à ces mêmes
enfans ce que l'on appelle l'usage du Monde
, et le goût des bonnes choses, ils ne vous diront
pas d'abor que ce soit par oeconomie et
peut- être ensuite par vanité , mais qu'ils suivent
en cela ce qui s'est pratiqué et ce que tout le
monde a coûtume de faire . Voila donc en ceci ,
comme en tout le reste , une mode , un usage , un
préjugé. Si j'entreprends de les combattre, je leur
trouverai peut-être encore de plus zelez Partisans
dans ces mêmes hommes justement employez
à reparer , quoique souvent sans fruit,
les défauts de la premiere éducation. Mais je
prie les uns et les autres de jetter les yeux sur la
maniere dont s'y prennent ceux qui cultivent les
Plantes et qui dressent avec succès les animaux . La
comparaison n'a rien que de très - juste et de trèsmaturel
. Je prétends qu'ils nous indiquent en
quelque façon la méthode qu'il faudroit suivre
pour les Enfans . Cette méthode est connue de
tout le monde ; je n'ai garde de l'exposer inutilement
ici. Tout ce que j'en conclus , c'est que si
pour bien dresser des Chevaux , élever des Singes,
Gij des
244 MERCURE DE FRANCE
des Perroquets , &c. il faut étudier leur tempé
rament et leurs dispositions , à plus forte raison
le faut-il des inclinations des enfans pour leur
former le goût , s'assurer de leur volonté , et les
mener , pour ainsi-dire , avec des lisieres invisibles
et toujours agréables à la pratique constante
de leurs petits devoirs . Or il est évident
que dans
l'un ni dans l'autre cas cette sorte de talent n'est
pas celle des Maîtres vulgaires et des ignorans,
D'où vient, demanderois - je, encore la distinc-'
tion qui s'est établie entre ce qui s'appelle un
Précepteur et un Gouverneur ? Est - ce que leurs
qualitez et leurs fonctions ont quelque chose
d'incompatible ou de peu convenable ? Lequel
possede ou doit posseder exclusivement les parties
nécessaires à leur entreprise ? L'un ou l'autre
cesseroit - il d'être estimable , s'il avoit tout à la
fois ce que l'on croit ne pouvoir communément
trouver que dans l'un des deux séparement ? mais
dans le fond qu'est- ce que l'un sans l'autre ?
qu'esperera - t'on raisonnablement d'un simple
Gouverneur qui ne sera pas un bon Précepteur ,
ou de celui- ci , s'il n'a pas le caractere essentiel
de celui- la ? Ne seroit - il temps de donner un bon
Gouverneur à un Enfant , que lorsqu'il est prêt
à entrer dans le monde , ou à voyager , & c.comme
si tout ce qu'on lui a appris auparavant ne
devoit être alors d'aucun usage, ou si ce que l'on
va lui faire voir n'avoit eu besoin d'aucune préparation
! enfin l'un des deux doit - il jouir d'une
moindre autorité que l'autre sur son Eleve , er
les effets en doivent - ils être differents ?
Trois sortes de gens paroissent dans le Monde
avec l'un ou l'autre de ces caracteres . Les premiers
sont ou des Ecclesiastiques ou des gens
de College , ou des Latinistes du dehors , ausquels
FEVRIER. 1734 345
quels on confie la culture élementaire , ou même
tout le cours des études ordinaires . Les autres
sont des hommes de Lettre , ou même des Militaires
, qui à titre de Gouverneurs , se chargent
uniquement de la conduite des Enfans et de la
formation de leurs sentimens et de leurs manieres.
D'autres destinez seulement à les suivre et
devenus gens de confiance par leurs longs services
et leur sagesse , ne laissent pas de se rendre
utiles au point de remplir passablement la Charge
de ces seconds .
Mais pourquoi ces differences , encore un coup?
et qu'y a - t'il dans ces seconds et derniers , qui
ne suppose en tout ou en partie , la necessité des
qualitez recommandables des premiers ? On sçait
qu'il ne faut gueres plus compter sur la raison
des jeunes gens que sur celle des Enfans , soit
pour leurs démarches , soit pour leurs jugemens,
s'ils n'ont été ou s'ils ne sont actuellement guidez
par d'excellens Maîtres , qui ayent trouvé
l'art de leur rendre la science et la sagesse également
aimable et familiere . Cela signifie - t'il qu'il
est inutile d'employer dès le commencement des
hommes tels qu'on le vient de dire , ou qu'il
vaut mieux ne les leur donner qu'à 14. ou 15.
ans, et lorsqu'il n'est, pour ainsi dire , plus temps
Si cette conséquence est fausse , d'où vient
donc le peu d'estime que l'on accorde aux Précepteurs
en general , et la préference dont on
honore les autres comme s'ils étoient d'une espece
opposée ? Ne sent- on pas plutôt de quelle
ytilité seroit celui qui réuniroit en lui ces deux
personnages si mal à propos distinguez , et combien
il est difficile ou mêine dangereux de s'accommoder
de l'un sans l'autre ? Je laisse à décider
lequel seroit le plus aisé de trouver dans une
Giij pro346
MERCURE DE FRANCE
proportion réciproque ou l'excellent Precepteur
ou le bon Gouverneur , ou lequel des deux est
de plus grande importance dans le plan d'une
belle éducation. Je crois que cette question mérite
d'être examinée à fond , 1º . pour les jeunes
gens qui ont tout à la fois des Gouverneurs et
des Precepteurs. 2 ° . pour les Seigneurs et peres
et meres en general , qui ne donnent des Gouverneurs
à leurs Enfans qu'à la fin de leurs études
3 °. Pour les Bourgeois qui font quelquefois
voyager leurs Enfans dans les Pays Etrangers.
Jay l'honneur d'être , &c .
Bureau Typographique , et sur l'Education
des Enfans , inserée dans le Mercure
du mois de Janvier.
MONSIE ONSIEUR
C'est une chose assez digne de remarque que
dans un siecle et dans un Pays qui sont devenus
par succession , le centre et le temps des Sciences
er
FEVRIER. 1734. 343
,
et des Arts , toutes les fois qu'il s'agit de discuter
quelques points et de l'examiner sérieusement
, il faille commencer par se récrier sur les
maux que causent les préjugez et la force tirannique
de l'habitude. Si vous demandez â la plupart
des peres et des meres les mieux intentionnez
pour l'éducation de leurs enfans , par quelle
raison ils les laissent si long - temps dans leur bas
âge entre les mains des femmes et des Maîtres du
commun et pourquoi après avoir négligé leurs
premieres études , ils croyent devoir rechercher
ensuite avec le dernier empressement, et même à
grands frais , sous le titre de Gouverneurs , les
plus habiles gens , pour qu'ils donnent à ces mêmes
enfans ce que l'on appelle l'usage du Monde
, et le goût des bonnes choses, ils ne vous diront
pas d'abor que ce soit par oeconomie et
peut- être ensuite par vanité , mais qu'ils suivent
en cela ce qui s'est pratiqué et ce que tout le
monde a coûtume de faire . Voila donc en ceci ,
comme en tout le reste , une mode , un usage , un
préjugé. Si j'entreprends de les combattre, je leur
trouverai peut-être encore de plus zelez Partisans
dans ces mêmes hommes justement employez
à reparer , quoique souvent sans fruit,
les défauts de la premiere éducation. Mais je
prie les uns et les autres de jetter les yeux sur la
maniere dont s'y prennent ceux qui cultivent les
Plantes et qui dressent avec succès les animaux . La
comparaison n'a rien que de très - juste et de trèsmaturel
. Je prétends qu'ils nous indiquent en
quelque façon la méthode qu'il faudroit suivre
pour les Enfans . Cette méthode est connue de
tout le monde ; je n'ai garde de l'exposer inutilement
ici. Tout ce que j'en conclus , c'est que si
pour bien dresser des Chevaux , élever des Singes,
Gij des
244 MERCURE DE FRANCE
des Perroquets , &c. il faut étudier leur tempé
rament et leurs dispositions , à plus forte raison
le faut-il des inclinations des enfans pour leur
former le goût , s'assurer de leur volonté , et les
mener , pour ainsi-dire , avec des lisieres invisibles
et toujours agréables à la pratique constante
de leurs petits devoirs . Or il est évident
que dans
l'un ni dans l'autre cas cette sorte de talent n'est
pas celle des Maîtres vulgaires et des ignorans,
D'où vient, demanderois - je, encore la distinc-'
tion qui s'est établie entre ce qui s'appelle un
Précepteur et un Gouverneur ? Est - ce que leurs
qualitez et leurs fonctions ont quelque chose
d'incompatible ou de peu convenable ? Lequel
possede ou doit posseder exclusivement les parties
nécessaires à leur entreprise ? L'un ou l'autre
cesseroit - il d'être estimable , s'il avoit tout à la
fois ce que l'on croit ne pouvoir communément
trouver que dans l'un des deux séparement ? mais
dans le fond qu'est- ce que l'un sans l'autre ?
qu'esperera - t'on raisonnablement d'un simple
Gouverneur qui ne sera pas un bon Précepteur ,
ou de celui- ci , s'il n'a pas le caractere essentiel
de celui- la ? Ne seroit - il temps de donner un bon
Gouverneur à un Enfant , que lorsqu'il est prêt
à entrer dans le monde , ou à voyager , & c.comme
si tout ce qu'on lui a appris auparavant ne
devoit être alors d'aucun usage, ou si ce que l'on
va lui faire voir n'avoit eu besoin d'aucune préparation
! enfin l'un des deux doit - il jouir d'une
moindre autorité que l'autre sur son Eleve , er
les effets en doivent - ils être differents ?
Trois sortes de gens paroissent dans le Monde
avec l'un ou l'autre de ces caracteres . Les premiers
sont ou des Ecclesiastiques ou des gens
de College , ou des Latinistes du dehors , ausquels
FEVRIER. 1734 345
quels on confie la culture élementaire , ou même
tout le cours des études ordinaires . Les autres
sont des hommes de Lettre , ou même des Militaires
, qui à titre de Gouverneurs , se chargent
uniquement de la conduite des Enfans et de la
formation de leurs sentimens et de leurs manieres.
D'autres destinez seulement à les suivre et
devenus gens de confiance par leurs longs services
et leur sagesse , ne laissent pas de se rendre
utiles au point de remplir passablement la Charge
de ces seconds .
Mais pourquoi ces differences , encore un coup?
et qu'y a - t'il dans ces seconds et derniers , qui
ne suppose en tout ou en partie , la necessité des
qualitez recommandables des premiers ? On sçait
qu'il ne faut gueres plus compter sur la raison
des jeunes gens que sur celle des Enfans , soit
pour leurs démarches , soit pour leurs jugemens,
s'ils n'ont été ou s'ils ne sont actuellement guidez
par d'excellens Maîtres , qui ayent trouvé
l'art de leur rendre la science et la sagesse également
aimable et familiere . Cela signifie - t'il qu'il
est inutile d'employer dès le commencement des
hommes tels qu'on le vient de dire , ou qu'il
vaut mieux ne les leur donner qu'à 14. ou 15.
ans, et lorsqu'il n'est, pour ainsi dire , plus temps
Si cette conséquence est fausse , d'où vient
donc le peu d'estime que l'on accorde aux Précepteurs
en general , et la préference dont on
honore les autres comme s'ils étoient d'une espece
opposée ? Ne sent- on pas plutôt de quelle
ytilité seroit celui qui réuniroit en lui ces deux
personnages si mal à propos distinguez , et combien
il est difficile ou mêine dangereux de s'accommoder
de l'un sans l'autre ? Je laisse à décider
lequel seroit le plus aisé de trouver dans une
Giij pro346
MERCURE DE FRANCE
proportion réciproque ou l'excellent Precepteur
ou le bon Gouverneur , ou lequel des deux est
de plus grande importance dans le plan d'une
belle éducation. Je crois que cette question mérite
d'être examinée à fond , 1º . pour les jeunes
gens qui ont tout à la fois des Gouverneurs et
des Precepteurs. 2 ° . pour les Seigneurs et peres
et meres en general , qui ne donnent des Gouverneurs
à leurs Enfans qu'à la fin de leurs études
3 °. Pour les Bourgeois qui font quelquefois
voyager leurs Enfans dans les Pays Etrangers.
Jay l'honneur d'être , &c .
Fermer
Résumé : SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
L'auteur d'une lettre critique les pratiques éducatives de son époque, notant que malgré les progrès scientifiques et artistiques, les méthodes éducatives restent influencées par les habitudes et les préjugés. Il observe que les parents confient leurs jeunes enfants à des femmes et des maîtres ordinaires, puis cherchent des gouverneurs qualifiés pour leur apprendre les manières du monde. L'auteur compare l'éducation des enfants à l'élevage des animaux et à la culture des plantes, soulignant l'importance de comprendre les inclinations et les dispositions des enfants pour adapter leur éducation. Il remet en question la distinction entre précepteurs et gouverneurs, affirmant que les qualités nécessaires à l'éducation des enfants devraient être réunies dans une seule personne. Le texte mentionne trois types de personnes impliquées dans l'éducation : les ecclésiastiques ou latinistes pour les études élémentaires, les hommes de lettres ou militaires comme gouverneurs, et les serviteurs de confiance. L'auteur se demande pourquoi ces rôles sont séparés et suggère que les qualités des précepteurs et des gouverneurs devraient être combinées pour une éducation plus efficace. Il conclut en soulignant l'importance de cette question pour les jeunes ayant à la fois des gouverneurs et des précepteurs, pour les parents qui engagent des gouverneurs tardivement, et pour les bourgeois envoyant leurs enfants voyager à l'étranger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 221-235
RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada, avec le journal historique du siege des Forts de Chouëguen ou Oswego, commencé le 11 Août 1756, & fini le 14 par la prise de ces Forts.
Début :
Les nouveaux préparatifs que les Anglois ont faits pour envahir nos possessions [...]
Mots clefs :
Amérique, Anglais, Canada, Français, Montréal, Marquis de Montcalm, Défense des frontières, Les sauvages, Marquis de Vaudreuil, Forts, Lac Ontario, Gouverneurs, Troupes, Mouvements des troupes, Bataillons, Régiments, Officiers, Rivières, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada, avec le journal historique du siege des Forts de Chouëguen ou Oswego, commencé le 11 Août 1756, & fini le 14 par la prise de ces Forts.
RELATION de ce qui s'eft paffé cette
année en Canada , avec le journal hiſtorique
du fiege des Forts de Choueguen ou
Ofwego, commencé le 11 Août 1756, co
fini le 14 par la prise de ces Forts.
LE
Es nouveaux préparatifs que les Anglois ont
faits pour envahir nos poffeffions en Amérique ,
malgré le mauvais fuccès de leurs entreprifes de
P'année derniere , ont été auffi publics en Europe
que dans le nouveau monde. On s'y étoit attendu
& dans les premiers jours d'Avril dernier , le Roi
fit partir , pour le Canada , un renfort de troupes
commandé par le Marquis de Montcalm ,
Maréchal de Camp.
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
En attendant l'arrivée de ce fecours , & dès la
fin de la campagne derniere , le Marquis de Vaudreuil
, Gouverneur & Lieutenant Général de la
Nouvelle France , avoit pris de juftes meſures
pour la défenſe de nos frontieres. Ses arrangemens
avoient eu même pour objet de faire harceler
les Anglois dans leurs propres Colonies. Il a
tenu des détachemens en campagne durant tout
l'hyver. Les Sauvages ont tué beaucoup de monde ,
on a enlevé une quantité confiderable de beftiaux :
ily a eu un grand nombre de maifons & de magafins
brulés ; les campagnes ont été abandonnées
dans plufieurs endroits des frontieres des Colonies
Angloifes. Ces mouvemens divers ont efficacement
fervi , non feulement à augmenter le mécontentement
qu'avoit caufé parmi elles l'injuftice
des projets de leurs Gouverneurs , mais encore à
faire naître des embarras & des difficultés qui ont
empêché l'exécution de ces projets dans le printemps.
Le Marquis de Vaudreuil ne s'en eft pas tenu
là . Tandis que nos Partis fe fuccedoient fans
relâche fur les frontieres des Anglois , expofées à
leurs courſes , & défoloient furtout la Pensilvanie
, la Virginie & le Mariland , un Corps de nos
troupes , qu'il avoit placé fur la riviere S. Jean ,
y recueilloit les reftes épars des Acadiens chalés
de leurs habitations par les Anglois , & dont une
partie erroit alors dans les bois. La défenſe du
Fort du Quêne & de l'Ohio , ou de la belle Riviere
, étoit confiée à un corps de Canadiens & de
Sauvages commandés par le Sieur Dumas. Un
autre detachement d'environ 500 hommes , obfervoit
l'ennemi du côté du Fort Lydius . Le bataillon
du Régiment de la Reine & celui du Régiment
de Languedoc , campoient devant le Fort
2
N
༡༩.R
te
P
¿
C
DECEMBRE. 1756 . 223
de Carrillon , vers le Lac du Saint- Sacrement. Le
bataillon de Bearn étoit deſtiné pour le Fort de
Niagara , & celui de Guyenne pour le Fort Frontenac
, afin de défendre ces deux poftes importans
dont les ennemis paroiffoient méditer. l'attaque
pendant le cours de la campagne prête à s'ouvrir.
Dès le commencement de l'hyver , le Marquis
de Vaudreuil avoit été informé que , pour l'exécution
de ce projet , les Anglois faifoient raffembler
des troupes avec des provifions confidérables
dans les Forts de Choueguen près du Lac
Ontario ; & c'eft en conféquence de cet avis
qu'au mois de Mars dernier le fieur de Léry attaqua
par fes ordres un Fort où étoit le principal
entrepôt de ces approvifionnemens . Ce Fort
fut enlevé d'affaut & détruit avec tous les bâtimens
qui en dependoient ; & toutes les munitions
qui s'y trouvoient en grande quantité ,
furent enlevées , brûlées , ou jettées dans la Riviere.
Dans la vue de profiter de ce premier
fuccès , le Gouverneur- Général fit un autre détachement
de 700 hommes , Canadiens & Sauvages
, fous les ordres du fieur de Villiers , Capitaine
de la Colonie , pour refferrer les ennemis
de ce côté-là , obferver leurs mouvemens , &
intercepter les tranfports qu'ils pourroient faire
fur la riviere de Choueguen.
Ainfi tout étoit difpofé par le Marquis de Vaudreuil
pour une défenfive vigoureuſe dans les différentes
parties du Canada , fur les lacs Champlain
& du St. Sacrement , vers la Belle - Riviere , &
furtout du côté du lac Ontario , où la défenſe
de nos Forts & même l'attaque des poftes Anglois
avoient été fon objet principal dans la diftribution
des forces de la Colonie.
Tout le monde fçait que l'établiffement des
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Anglois fur le lac Ontario eft une invafion qu'ils
ont faite en pleine paix. Il n'étoit queftion d'abord
de leur part que d'une fimple Maiſon de
commerce. C'eft fous ce feul point de vue qu'ils
en firent la propofition en 1728 , aux Sauvages
Iroquois , qui ne les auroient pas vus tranquillement
fe fortifier tout d'un coup dans le voifinage
de leurs Habitations . On fentit cependant
dès - lors en Canada quel étoit leur véritable objet
dans cet Etabliffèment , qui devoit les mettre
à portée non feulement d'envahir le commerce
des Lacs que les François n'avoient jamais
partagé avec aucune Nation Européenne , mais
encore de couper , par le centre même de la
Colonie de Canada , la communication des poftes
qui en dépendent. Les Gouverneurs François
fe contenterent cependant de réclamer contre
cette ufurpation. Le Roi en fit porter dans
le temps des plaintes à la Cour Britanique , où
elles ont été conſtamment renouvellées dans toutes
les occafions . Mais les Anglois , fans ſe mettre
en peine de la juftice de ces plaintes , &
abufant toujours de l'efprit de paix qui a réglé
dans tous les temps la conduite de la France ,
ie font fortifiés peu à peu à Choueguen , de
maniere qu'ils y avoient établi trois Forts ,
fçavoir :
1º. Le Fort Ontario placé à la droite de la
Riviere , au milieu d'un plateau fort élevé. Il
confiftoit en un quatré de trente toifes de côté ,
dont les faces brifées par le milieu étoient flanquées
par un rédan placé à l'endroit de la brifure.
Il étoit fait de pieux de dix - huit pouces
de diametre applanis fur deux faces , parfaitement
bien joints l'un à l'autre , & fortans de terre de
de huit à neuf pieds . Le follé qui entouroit le
1
1
1
1
DECEMBRE . 1756. 225
Fort avoit dix-huit pieds de largeur fur huit de
profondeur. Les terres qu'on en avoit tirées
avoient été rejettées en glacis fur la contrefcarpe
& en talud fort roide fur la berme. On
avoit pratiqué des creneaux & des embrafures
dans les pieux à fleur de terre rejettée fur la
berme , & un échafaudage de charpente régnoit
tout autour , afin de tirer pardeffus . Il y avoit
huit canons & quatre mortiers à doubles grenades,
2 °. Le vieux Fort de Choueguen , fitué fur
la rive gauche de la Riviere , confiftant en une
Maifon à machicoulis & crénelée au rez de chauf
fée & au premier étage , dont les murs avoient
trois pieds d'épaiffeur & étoient entourés
à trois toiles de diftance d'une autre muraille
de quatre pieds d'épaiffeur fur dix de hauteur
, crénelée & flanquée par deux groffes tours
quarrées. Il y avoit de plus un retranchement
qui entouroit , du côté de la campagne , le
Fort où les Ennemis avoient placés dix- huit
pieces de canon & quinze mortiers & obufiers .
3°. Le Fort Georges , fitué à 300 toifes endelà
de celui de Choueguen fur une hauteur qui
le dominoit. Il étoit de pieux & aſſez mal retranché
en terre fur deux faces .
C'eft principalement au moyen des avantages
que cet Etabliffement donnoit aux Anglois ,
qu'ils s'étoient flattés d'envahir le Canada . Leur
deffein étoit d'abord , ainfi qu'on l'a dit , de
s'emparer du Fort de Niagara & de celui de Frontenac
. Maîtres de ces deux poftes , ils auroient coupé
abfolument la communication , non feulement
des Pays d'en haut , mais encore de la Louifiane
: ils auroient fait tomber une des principales
branches du commerce de Canada ; &
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
en enlevant à cette Colonie une partie de fes
Sauvages alliés , ils fe feroient trouvés à portée
de l'attaquer de toutes parts dans tous les Etabliflemens.
Telles étoient les vues , du moins apparentes
, des Anglois , & les difpofitions faites de notre
part , lorfque les troupes Françoiſes commandées
par le Marquis de Montcalm arriverent au
mois de Mai.
Dès que le Marquis de Vaudreuil eut reça
ce renfort , il envoya fur le lac du St. Sacrement
le bataillon de Royal Rouffillon qui en
faifoit partie. Le Bataillon de la Sarre fut envoyé
à Frontenac avec les deux Ingénieurs François
nouvellement débarqués , aux ordres du fieur
de Bourlamaque Colonel d'Infanterie , pour former
devant cette Place un Camp retranché. Le
Chevalier de Levis , Brigadier , fut deftiné à commander
fur le lac du St. Sacrement ; & le Marquis
de Montcalm devoit fe porter aux lieux
que les ennemis paroîtroient menacer le plus.
Vers le mois de Juin , il parut clairement
par le rapport des Sauvages envoyés à la découverte
, par les dépofitions de plufieurs prifonniers
, & par les préparatifs immenfes faits à
Albany & au Fort Lydius , que les Anglois
avoient des projets d'offenfive du côté de la
Pointe ou du lac du St. Sacrement. Ces nouvelles
confirmerent les Commandans François dans
le deffein d'une diverfion fur le lac Ontario ,
qui devenoit néceffaite pour attirer de ce côtélà
une partie des forces ennemies. Le Marquis
de Montcalm propofa de s'en charger , & même
de tenter , s'il étoit poffible , une entreprife
fur les Etabliffemens Anglois : entrepriſe
deja projettée depuis quelque temps par le Gou
་
་
DECEMBRE. 1756. 227
verneur- Général , qui n'avoit jamais perdu de
vue le fiege des Forts de Choueguen , dont il
connoiffoit toute l'importance. Ce Siege fut réfolu
par le Marquis de Vaudreuil , au cas que
l'état de la Place , & la lenteur des ennemis
permiffent de le former dans cette campagne ,
dont la faifon commençoit à s'avancer. Mais
une pareille expédition exigeoit de grands préparatifs
; les diftances étoient confidérables ; &
les tranfports ne pouvoient s'exécuter qu'avec
des peines & des longueurs infinies , à travers un
pays qui n'a d'autres chemins que des rivieres
remplies de fauts & de rapides , & des lacs où
la violence des vagues rend quelquefois la navigation
prefqu'impoffible . On ne pouvoit donc
fe flatter de réufhir dans ce projet qu'autant qu'il
ne feroit pas pénétré par les ennemis ; & qu'on
ne leur donneroit pas le temps de faire paffer
à Choueguen les nouveaux fecours qu'ils deftineroient
eux-mêmes pour l'attaque des deux
Forts François,
En conféquence le Marquis de Vaudreuil priv
toutes les mesures qui pouvoient accélérer nos
difpofitions & en cacher l'objet . Le fieur Bigot
Intendant du Canada vint à Montreal , & fe char--
gea d'amaffer des munitions de guerre & debouche
, d'en diligenter les convois & de les entretenir
fans interruption. Le fieur Rigaud de
Vaudreuil , Gouverneur des trois Rivieres , fut envoyé
avec un renfort de Canadiens & de Sauvages
, pour prendre le commandement du Camp
du fieur de Villiers . En même temps le fieur de
Bourlamaque reçut ordre de commencer à Frontenac
les préparatifs qu'on jugea néceffaires. Le
fieur de Combles Ingénieur , fut chargé d'aller
avec un détachement reconnoître Choi eguen. E
K. vj
228 MERCURE DE FRANCE.
tandis que tout fe difpofoit ainfi pour cette attaque
, dans la vue de donner le change aux
ennemis , le Marquis de Montcalm partit le 27
de Juin pour le Fort de Carrillon avec le Chevalier
de Levis. Les pofitions à prendre au fujet
de la défenfive dans cette partie , les fortifications
alors commencées à Carrillon , & les
mouvemens des Anglois à Albany , paroiffoient
en effet des raifons fuffifantes pour autorifer la
préfence du Marquis de Montcalm fur le lac
du St. Sacrement , comme dans le pofte où devoient
fe paffer les opérations les plus intéres-
Santes. Ce Général n'y étant resté que le temps
néceffaire pour préparer l'effentiel , & s'attirer
l'attention des Anglois , remit la défenſe de cette
Frontiere au Chevalier de Levis , en lui laiffant
un Corps de trois mille hommes , & reprit le
quinze de Juillet la route de Montreal , où il arriva
le dix -neuf du même mois. Il y reçut fes
dernieres inftructions pour l'entrepriſe contre
les Forts de Choueguen , à laquelle le Marquis
de Vaudreuil fe trouvoit engagé de plus en plus
par la nouvelle toute récente d'un fuccès qui
fembloit en faciliter l'exécution . C'eft celle de
l'échec que les ennemis avoient reçu dans les
premiers jours de Juillet fur le lac Ontario , où
le fieur de Villiers venoit de détruire un convoi
d'environ deux cens bâtimens , & de tuer
u de prendre prifonniers plus de cinq cens
hommes.
Le Marquis de Montcalm repartit de Montreal
le 21 de Juillet , & arriva le ving neuf
à Frontenac , où il trouva tout raffemblé , à
l'exception du détachement commandé par le fieur
Rigaud de Vaudreuil. Ce Corps s'étoit deja
porté fur la Riviere de Choueguen à la Baie
a
t
I
DECEMBRE. 1756. 229
de Niaouré , où le Marquis de Vaudreuil avoit
marqué le rendez -vous général des troupes deftinées
pour l'expédition .
Ces troupes formoient un Corps de trois
mille hommes , y compris le détachement du
fieur de Rigaud , qui devoit fervir d'avant- garde.
Elles étoient compofées des Bataillons de la Sarre
, Guyenne , & Bearn , ne faifant enfemble
que treize cens hommes , & d'environ dix- fept
cens foldats de la Colonie , Miliciens & Sauvages .
Le Marquis de Montcalm n'a pas perdu de
temps pour le mettre en état de partir du Fort
Frontenac. Aprés avoir fait dans cette Place les
préparatifs inféparables d'une opération nouvelle
en ce Pays , & qui préfentoit des difficultés
inconnues en Europe ; après avoir en même
temps pourvu aux difpofitions néceffaires
pour affurer la retraite , en cas que des forces
fupérieures la rendiffent inévitable , il a donné
ordre à deux barques armées fur le Lac Ontario
, l'une de douze , & l'autre de feize canons ,
de fe mettre en croifiere dans les parages de
Chouëguen. Il a établi une chaîne de découvreurs
, Canadiens & Sauvages , fur le chemin
de cette Place à la Ville d'Albanie , pour y intercepter
les Couriers ; & dès le 4 Août il s'eft
embarqué à Frontenac avec la premiere divifion
de fes Troupes , compofée du Bataillon de
la Sarre & de celui de Guyenne , avec 4 pieces
de canon , & eft arrivé le 6 à la Baie de
Niaouré , où la feconde divifion compofée du
Bataillon de Béarn , de Miliciens , & des Bateaux
chargés de l'Artillerie & des vivres , s'eft rendue
le huit.
Le même jour , le Marquis de Montcalm fit
partir l'avant-garde , commandée par le Sieur de
230 MERCURE DE FRANCE.
Rigaud , pour s'avancer à trois lieues de Chouëguen
dans une Anfe nommée l'Anfe- aux -Cabannes.
La premiere divifion y étant arrivée le 10 à
deux heures du matin , Pavant - garde fe porta
quatre heures après par terre & au travers des
bois , à une autre Anfe fituée à une demi- lieue
de Choueguen , pour y favorifer le débarquement
de l'artillerie & des troupes. La premiere divifion
fe rendit à minuit dans cette même Anfe. Le
Marquis de Montcalm parvint à faire établir
auffi -tôt une batterie fur le Lac Ontario , & les
troupes pafferent la nuit au bivouac à la tête des
bateaux.
Le 11 , à la pointe du jour , les Canadiens &
les Sauvages s'avancerent à un quart de lieue do
Fort Ontario , fitué , comme on l'a dit , fur la rive
droite de la Riviere de Chouëguen , & en formoient
l'inveftiffement. Le Sieur de Combles ,
Ingénieur , qui avoit été envoyé à trois heures du
matin pour déterminer cet inveſtiſſement & le
front de l'attaque , fut tué , en revenant de fa découverte
, par un de nos Sauvages qui l'avoit efcorté
, & qui dans l'obcurité le prit malheureuſement
pour un Anglois . Le Sieur Defandrouins ,
autre Ingénieur , qui par-là reftoit ſeul , traça â
travers des bois , en partie marécageux , un chemin
reconnu la veille , pour y conduire de l'Artillerie
; & ce chemin commencé le rr au matin ,
fut pouffé avec tant de vivacité, qu'il fe trouva perfectionné
le lendemain. On avoit en même temps
établi le Camp, la droite appuyée au Lac Ontario
, couverte par la batterie établie la veille , &
qui mettoit les Bateaux hors d'infulte ; & la gauche
à un marais impraticable.
La marche des François , que la précaution de
que de nuit, & d'entrer pour faire halte dans
n'aller
DECEMBRE . 1756. 13 .
les rivieres qui les couvroient , avoit jufqu'alors
dérobée aux Ennemis , leur fut annoncée le même
jour par les Sauvages , qui allerent fufiller juf
qu'au pied du Fort . Trois barques armées fortirent
à midi de la Riviere de Choueguen , vinrent
croifer devant le Camp, firent quelques décharges
de leur Artillerie ; mais le feu de notre batterie
les força de s'éloigner
Le 12 , à la pointe du jour, le Bataillon de Béarn
arriva avec les Bateaux de l'Artillerie & des vivres.
La décharge de ces Bateaux fut faite fur le champ,
en préfence des Barques Angloifes qui croifoient
devant le Camp : la batterie de la greve fut augmentée
le parc de l'Artillerie , & le dépôt des
vivres furent établis ; & le Sieur Pouchot , Capitaine
au Régiment de Béarn , reçut ordre de
faire fonction d'Ingénieur pendant le fiege. La
difpofition fut faite pour l'ouverture de la tranchée
le foir même le Marquis de Montcalm en
donna la direction au Sieur de Bourlamaque
Colonel d'Infanterie , & commanda fix piquets
de travailleurs de cinquante hommes chacun
pour cette nuit , avec deux compagnies de Grenadiers
& trois piquets pour les foutenir .
Avec toute la diligence poffible , on ne put
commencer qu'à minuit le travail de cette tranchée
, qui étoit plutôt une parallele d'environ ico
toifes de front , ouverte à 90 toifes du foffé du
Fort , dans un terrein embarraffé d'abattis & de
troncs d'arbres.Cette parallele achevée à cinq heures
du matin , fut perfectionnée par les travailleurs
du jour , qui y firent les chemins de communication
, & commencerent l'établiſſement des batteries
. Le feu des ennemis qui depuis la pointe du
jour avoit été très-vif , ceffa vers les fix heures
dufoir; & l'on s'apperçut que la Garniſon avoid
232 MERCURE DE FRANCE.
évacué le Fort Ontario , & paflé de l'autre côté
de la riviere dans celui de Choueguen. Elle abandonna
, en fe retirant , 8 pieces de canon & 4
mortiers.
Le Fort ayant auffitôt été occupé par les Grenadiers
de tranchée , des travailleurs furent commandés
pour continuer la communication de la
parallele au bord de la Riviere , où , dès l'entrée
de la nuit , on commença une grande batterie
placée de façon à pouvoir, non feulement battre
le Fort Choueguen & le chemin de ce Fort au Fort
Georges , mais encore prendre à revers le retranchement
qui entouroit le premier de ces Forts.
Vingt pieces de canon furent chariées à bras
d'hommes pendant la nuit ; & ce travail employa
toutes les troupes , à l'exception des piquets &
Gardes du camp.
Le 14 , à la pointe du jour , le Marquis de Montcalm
ordonna au Sieur de Rigaud de paffer à gué
de l'autre côté de la Riviere avec les Canadiens &
les Sauvages , de fe porter dans les bois , & d'inquiéter
la communication au Fort Georges où les
Ennemis paroiffoient faire de grandes difpofitions.
Le Sieur de Rigaud exécuta cet ordre fur le champ.
Quoiqu'il y ait beaucoup d'eau dans cette Riviere,
& que le courant en foit très- rapide , il s'y jetta ,
la traverfa avec les Canadiens & les Sauvages , les
uns à la nage , d'autres dans l'eau jufqu'à la ceinture
ou jufqu'au cou , & fe rendit à fa deftination
, fans que le feu de l'Ennemi fût capable d'arrêter
un feul Canadien , ni Sauvage.
A neuf heures , les Affiégeans eurent neuf pieces
de canon en état de tirer ; & quoique jufqu'alors
le feu des Affiégés eût été fupérieur , ils arborerent
à dix heures le Drapeau blanc . Le Sieur de
Rigaud renvoya au Marquis de Montcalm deux
DECEMBRE . 1756. 23.3
Officiers que le Commandant du Fort lui avoit
adreffés pour demander à capituler. Le Marquis
de Montcalm envoya le Sr de Bougainville , l'un
de fes Aides de Camp , pour fervir d'ôtage , &
propofer les articles de la capitulation , qui furent
que la Garnifon fe rendroit prifonniere de guerre,
& que les troupes Françoifes prendroient fur le
champ poffeffion des Forts . On a déja dit qu'elles
avoient occupé la veille celui d'Ontario . Čes articles
ayant été acceptés par le Commandant Anglois
, le Sieur de la Pauze , Aide-Major au Régiment
de Guyenne , faifant fonction de Major Général
, fut chargé par le Marquis de Montcalm de
les aller rédiger ; & le Sieur de Bourlamaque
nommé Commandant des Forts Georges & Chouëguen
, en prit poffeffion avec deux compagnies de
Grenadiers & les piquets de la tranchée. Il fut
chargé de la démolition de tous les Forts , & du
déblaiement de l'Artillerie , & des munitions de
guerre & de bouche qui s'y trouverent .
La célérité de nos ouvrages dans un terrein que
les Ennemis avoient jugé impraticable , l'établiſ
fement de nos batteries fait fi rapidement , l'idée
que ces travaux ont donnée du nombre des troupes
Françoifes , la mort du Colonel Mercer , Commandant
de Chouëguen , tué à huit heures du marin
, & plus que tout encore , la manoeuvre hardie
du Sieur de Rigaud , & li crainte des Canadiens
& des Sauvages qui faifoient déja feu fur le
Fort , ont fans doute déterminé les Aſſiégés à ne
pas faire une plus longue défenfe .
Ils ont perdu cent cinquante-deux hommes , y
compris quelques Soldats tués par les Sauvages en
voulant fe fauver dans les bois . Le nombre des prifonniers
a été de plus de feize cens , dont quatrevingts
Officiers. On a pris auffi ſept Bâtimens de
234 MERCURE DE FRANCE.
guerre , dont un de dix- huit canons , un de quatorze
, un de dix , un de huit , & les trois autres
armés de pierriers , outre deux cens bâtimens de
tranfport ; & les Officiers & Equipages de ces bâtimens
ont été compris dans la capitulation de la
Garnifon , qui étoit compofée de deux Régimens
de troupes réglées , de Shirley & de Pepperel , &
du Régiment de Milice de Shuyler. L'Artillerie
qu'on a prife , confifte en cent cinquante-cinq pieces
de canon , quatorze mortiers , cinq obuliers
& quarante-fept pierriers , qu'on a enlevés avec
une grande quantité de boulets , bombes , balles
& poudre , & un amas confidérable de vivres.
Le Marquis de Montcalm n'a perdu que trois
hommes , fçavoir un Canadien , un Soldat & un
Canonnier , outre la perte du Sieur de Combles ,
& il n'y a eu dans les différens corps de troupes ,
qui étoient fous fes ordres , qu'environ vingt
bleffés , qui tous le font fort légèrement. Le Sieur
de Bourlamaque & les Sieurs de Palmarol , Capitaine
de Grenadiers , & Duparquet , Capitaine au
Régiment de la Sarre , font de ce nombre.
P
P
д
C
to
d
C
0
é
d
fa
n
&
d
P
9
C1
'C
Le 21 du même mois d'Août , toutes les démolitions
étant achevées , le tranfport des prifonniers
, de l'artillerie & des vivres fait , le Marquis
de Montcalm fe rembarqua avec les troupes , &
fe rendit fur trois divifions à la Baie de Niaouré ,
d'où les différens Corps fe font portés aux deftinations
refpectives que leur avoit indiquées le Marquis
de Vaudreuil , qui a fait dépofer dans les
Eglifes de Québec &des trois Rivieres , avec les ]
cérémonies ordinaires , les quatre Drapeaux des
Régimens de troupes réglées de Shirley & Pepperel
, & celui du Régiment de Milices de Shuyler.
Le fuccès de cette expédition a répandu une
joie générale dans la Colonie , où l'on en connoît
C DECEMBRE. 1756. 235
plus qu'ailleurs tous les avantages . Elle fe trouve
par la délivrée des juftes inquiétudes que lui donnoit
l'établiffement de Choueguen. Elle voit la
communication avec le pays d'enhaut & avec
toutes les Nations Sauvages fes alliées , à l'abri
des troubles auxquels elle étoit expofee . Elle ne
craint plus d'être attaquée de ce côté - là , du
moins avec la fupériorité que donnoit aux Anglois
l'établiſſement qu'on vient de leur enlever ,
& qui les mettoit en état de dominer fur les Lacs ,
où ils avoient déja formé une Marine. Elle eft en
état déformais de réunir fes forces pour la défenſe
de fes frontieres , & elle a la fatisfaction de devoir
cet heureux changement dans fa fituation , aux
fecours puiffans que le Roi a eu la bonté de lui
envoyer.
Elle a fait éclater les fentimens les plus touchans
de refpect & de reconnoiffance pour ces
nouvelles marques de la protection de Sa Majefté ,
& elle feconde avec tout le zele qu'on peut attendre
du peuple le plus fidele & le plus attaché à fon
Prince , les foins infatigables que fe donnent
pour fa défenfe le Marquis de Vaudreuil , ainfi
que le Marquis de Montcalm , & les autres Officiers
qui en font chargés fous les ordres de ce
Gouverneur.
année en Canada , avec le journal hiſtorique
du fiege des Forts de Choueguen ou
Ofwego, commencé le 11 Août 1756, co
fini le 14 par la prise de ces Forts.
LE
Es nouveaux préparatifs que les Anglois ont
faits pour envahir nos poffeffions en Amérique ,
malgré le mauvais fuccès de leurs entreprifes de
P'année derniere , ont été auffi publics en Europe
que dans le nouveau monde. On s'y étoit attendu
& dans les premiers jours d'Avril dernier , le Roi
fit partir , pour le Canada , un renfort de troupes
commandé par le Marquis de Montcalm ,
Maréchal de Camp.
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
En attendant l'arrivée de ce fecours , & dès la
fin de la campagne derniere , le Marquis de Vaudreuil
, Gouverneur & Lieutenant Général de la
Nouvelle France , avoit pris de juftes meſures
pour la défenſe de nos frontieres. Ses arrangemens
avoient eu même pour objet de faire harceler
les Anglois dans leurs propres Colonies. Il a
tenu des détachemens en campagne durant tout
l'hyver. Les Sauvages ont tué beaucoup de monde ,
on a enlevé une quantité confiderable de beftiaux :
ily a eu un grand nombre de maifons & de magafins
brulés ; les campagnes ont été abandonnées
dans plufieurs endroits des frontieres des Colonies
Angloifes. Ces mouvemens divers ont efficacement
fervi , non feulement à augmenter le mécontentement
qu'avoit caufé parmi elles l'injuftice
des projets de leurs Gouverneurs , mais encore à
faire naître des embarras & des difficultés qui ont
empêché l'exécution de ces projets dans le printemps.
Le Marquis de Vaudreuil ne s'en eft pas tenu
là . Tandis que nos Partis fe fuccedoient fans
relâche fur les frontieres des Anglois , expofées à
leurs courſes , & défoloient furtout la Pensilvanie
, la Virginie & le Mariland , un Corps de nos
troupes , qu'il avoit placé fur la riviere S. Jean ,
y recueilloit les reftes épars des Acadiens chalés
de leurs habitations par les Anglois , & dont une
partie erroit alors dans les bois. La défenſe du
Fort du Quêne & de l'Ohio , ou de la belle Riviere
, étoit confiée à un corps de Canadiens & de
Sauvages commandés par le Sieur Dumas. Un
autre detachement d'environ 500 hommes , obfervoit
l'ennemi du côté du Fort Lydius . Le bataillon
du Régiment de la Reine & celui du Régiment
de Languedoc , campoient devant le Fort
2
N
༡༩.R
te
P
¿
C
DECEMBRE. 1756 . 223
de Carrillon , vers le Lac du Saint- Sacrement. Le
bataillon de Bearn étoit deſtiné pour le Fort de
Niagara , & celui de Guyenne pour le Fort Frontenac
, afin de défendre ces deux poftes importans
dont les ennemis paroiffoient méditer. l'attaque
pendant le cours de la campagne prête à s'ouvrir.
Dès le commencement de l'hyver , le Marquis
de Vaudreuil avoit été informé que , pour l'exécution
de ce projet , les Anglois faifoient raffembler
des troupes avec des provifions confidérables
dans les Forts de Choueguen près du Lac
Ontario ; & c'eft en conféquence de cet avis
qu'au mois de Mars dernier le fieur de Léry attaqua
par fes ordres un Fort où étoit le principal
entrepôt de ces approvifionnemens . Ce Fort
fut enlevé d'affaut & détruit avec tous les bâtimens
qui en dependoient ; & toutes les munitions
qui s'y trouvoient en grande quantité ,
furent enlevées , brûlées , ou jettées dans la Riviere.
Dans la vue de profiter de ce premier
fuccès , le Gouverneur- Général fit un autre détachement
de 700 hommes , Canadiens & Sauvages
, fous les ordres du fieur de Villiers , Capitaine
de la Colonie , pour refferrer les ennemis
de ce côté-là , obferver leurs mouvemens , &
intercepter les tranfports qu'ils pourroient faire
fur la riviere de Choueguen.
Ainfi tout étoit difpofé par le Marquis de Vaudreuil
pour une défenfive vigoureuſe dans les différentes
parties du Canada , fur les lacs Champlain
& du St. Sacrement , vers la Belle - Riviere , &
furtout du côté du lac Ontario , où la défenſe
de nos Forts & même l'attaque des poftes Anglois
avoient été fon objet principal dans la diftribution
des forces de la Colonie.
Tout le monde fçait que l'établiffement des
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Anglois fur le lac Ontario eft une invafion qu'ils
ont faite en pleine paix. Il n'étoit queftion d'abord
de leur part que d'une fimple Maiſon de
commerce. C'eft fous ce feul point de vue qu'ils
en firent la propofition en 1728 , aux Sauvages
Iroquois , qui ne les auroient pas vus tranquillement
fe fortifier tout d'un coup dans le voifinage
de leurs Habitations . On fentit cependant
dès - lors en Canada quel étoit leur véritable objet
dans cet Etabliffèment , qui devoit les mettre
à portée non feulement d'envahir le commerce
des Lacs que les François n'avoient jamais
partagé avec aucune Nation Européenne , mais
encore de couper , par le centre même de la
Colonie de Canada , la communication des poftes
qui en dépendent. Les Gouverneurs François
fe contenterent cependant de réclamer contre
cette ufurpation. Le Roi en fit porter dans
le temps des plaintes à la Cour Britanique , où
elles ont été conſtamment renouvellées dans toutes
les occafions . Mais les Anglois , fans ſe mettre
en peine de la juftice de ces plaintes , &
abufant toujours de l'efprit de paix qui a réglé
dans tous les temps la conduite de la France ,
ie font fortifiés peu à peu à Choueguen , de
maniere qu'ils y avoient établi trois Forts ,
fçavoir :
1º. Le Fort Ontario placé à la droite de la
Riviere , au milieu d'un plateau fort élevé. Il
confiftoit en un quatré de trente toifes de côté ,
dont les faces brifées par le milieu étoient flanquées
par un rédan placé à l'endroit de la brifure.
Il étoit fait de pieux de dix - huit pouces
de diametre applanis fur deux faces , parfaitement
bien joints l'un à l'autre , & fortans de terre de
de huit à neuf pieds . Le follé qui entouroit le
1
1
1
1
DECEMBRE . 1756. 225
Fort avoit dix-huit pieds de largeur fur huit de
profondeur. Les terres qu'on en avoit tirées
avoient été rejettées en glacis fur la contrefcarpe
& en talud fort roide fur la berme. On
avoit pratiqué des creneaux & des embrafures
dans les pieux à fleur de terre rejettée fur la
berme , & un échafaudage de charpente régnoit
tout autour , afin de tirer pardeffus . Il y avoit
huit canons & quatre mortiers à doubles grenades,
2 °. Le vieux Fort de Choueguen , fitué fur
la rive gauche de la Riviere , confiftant en une
Maifon à machicoulis & crénelée au rez de chauf
fée & au premier étage , dont les murs avoient
trois pieds d'épaiffeur & étoient entourés
à trois toiles de diftance d'une autre muraille
de quatre pieds d'épaiffeur fur dix de hauteur
, crénelée & flanquée par deux groffes tours
quarrées. Il y avoit de plus un retranchement
qui entouroit , du côté de la campagne , le
Fort où les Ennemis avoient placés dix- huit
pieces de canon & quinze mortiers & obufiers .
3°. Le Fort Georges , fitué à 300 toifes endelà
de celui de Choueguen fur une hauteur qui
le dominoit. Il étoit de pieux & aſſez mal retranché
en terre fur deux faces .
C'eft principalement au moyen des avantages
que cet Etabliffement donnoit aux Anglois ,
qu'ils s'étoient flattés d'envahir le Canada . Leur
deffein étoit d'abord , ainfi qu'on l'a dit , de
s'emparer du Fort de Niagara & de celui de Frontenac
. Maîtres de ces deux poftes , ils auroient coupé
abfolument la communication , non feulement
des Pays d'en haut , mais encore de la Louifiane
: ils auroient fait tomber une des principales
branches du commerce de Canada ; &
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
en enlevant à cette Colonie une partie de fes
Sauvages alliés , ils fe feroient trouvés à portée
de l'attaquer de toutes parts dans tous les Etabliflemens.
Telles étoient les vues , du moins apparentes
, des Anglois , & les difpofitions faites de notre
part , lorfque les troupes Françoiſes commandées
par le Marquis de Montcalm arriverent au
mois de Mai.
Dès que le Marquis de Vaudreuil eut reça
ce renfort , il envoya fur le lac du St. Sacrement
le bataillon de Royal Rouffillon qui en
faifoit partie. Le Bataillon de la Sarre fut envoyé
à Frontenac avec les deux Ingénieurs François
nouvellement débarqués , aux ordres du fieur
de Bourlamaque Colonel d'Infanterie , pour former
devant cette Place un Camp retranché. Le
Chevalier de Levis , Brigadier , fut deftiné à commander
fur le lac du St. Sacrement ; & le Marquis
de Montcalm devoit fe porter aux lieux
que les ennemis paroîtroient menacer le plus.
Vers le mois de Juin , il parut clairement
par le rapport des Sauvages envoyés à la découverte
, par les dépofitions de plufieurs prifonniers
, & par les préparatifs immenfes faits à
Albany & au Fort Lydius , que les Anglois
avoient des projets d'offenfive du côté de la
Pointe ou du lac du St. Sacrement. Ces nouvelles
confirmerent les Commandans François dans
le deffein d'une diverfion fur le lac Ontario ,
qui devenoit néceffaite pour attirer de ce côtélà
une partie des forces ennemies. Le Marquis
de Montcalm propofa de s'en charger , & même
de tenter , s'il étoit poffible , une entreprife
fur les Etabliffemens Anglois : entrepriſe
deja projettée depuis quelque temps par le Gou
་
་
DECEMBRE. 1756. 227
verneur- Général , qui n'avoit jamais perdu de
vue le fiege des Forts de Choueguen , dont il
connoiffoit toute l'importance. Ce Siege fut réfolu
par le Marquis de Vaudreuil , au cas que
l'état de la Place , & la lenteur des ennemis
permiffent de le former dans cette campagne ,
dont la faifon commençoit à s'avancer. Mais
une pareille expédition exigeoit de grands préparatifs
; les diftances étoient confidérables ; &
les tranfports ne pouvoient s'exécuter qu'avec
des peines & des longueurs infinies , à travers un
pays qui n'a d'autres chemins que des rivieres
remplies de fauts & de rapides , & des lacs où
la violence des vagues rend quelquefois la navigation
prefqu'impoffible . On ne pouvoit donc
fe flatter de réufhir dans ce projet qu'autant qu'il
ne feroit pas pénétré par les ennemis ; & qu'on
ne leur donneroit pas le temps de faire paffer
à Choueguen les nouveaux fecours qu'ils deftineroient
eux-mêmes pour l'attaque des deux
Forts François,
En conféquence le Marquis de Vaudreuil priv
toutes les mesures qui pouvoient accélérer nos
difpofitions & en cacher l'objet . Le fieur Bigot
Intendant du Canada vint à Montreal , & fe char--
gea d'amaffer des munitions de guerre & debouche
, d'en diligenter les convois & de les entretenir
fans interruption. Le fieur Rigaud de
Vaudreuil , Gouverneur des trois Rivieres , fut envoyé
avec un renfort de Canadiens & de Sauvages
, pour prendre le commandement du Camp
du fieur de Villiers . En même temps le fieur de
Bourlamaque reçut ordre de commencer à Frontenac
les préparatifs qu'on jugea néceffaires. Le
fieur de Combles Ingénieur , fut chargé d'aller
avec un détachement reconnoître Choi eguen. E
K. vj
228 MERCURE DE FRANCE.
tandis que tout fe difpofoit ainfi pour cette attaque
, dans la vue de donner le change aux
ennemis , le Marquis de Montcalm partit le 27
de Juin pour le Fort de Carrillon avec le Chevalier
de Levis. Les pofitions à prendre au fujet
de la défenfive dans cette partie , les fortifications
alors commencées à Carrillon , & les
mouvemens des Anglois à Albany , paroiffoient
en effet des raifons fuffifantes pour autorifer la
préfence du Marquis de Montcalm fur le lac
du St. Sacrement , comme dans le pofte où devoient
fe paffer les opérations les plus intéres-
Santes. Ce Général n'y étant resté que le temps
néceffaire pour préparer l'effentiel , & s'attirer
l'attention des Anglois , remit la défenſe de cette
Frontiere au Chevalier de Levis , en lui laiffant
un Corps de trois mille hommes , & reprit le
quinze de Juillet la route de Montreal , où il arriva
le dix -neuf du même mois. Il y reçut fes
dernieres inftructions pour l'entrepriſe contre
les Forts de Choueguen , à laquelle le Marquis
de Vaudreuil fe trouvoit engagé de plus en plus
par la nouvelle toute récente d'un fuccès qui
fembloit en faciliter l'exécution . C'eft celle de
l'échec que les ennemis avoient reçu dans les
premiers jours de Juillet fur le lac Ontario , où
le fieur de Villiers venoit de détruire un convoi
d'environ deux cens bâtimens , & de tuer
u de prendre prifonniers plus de cinq cens
hommes.
Le Marquis de Montcalm repartit de Montreal
le 21 de Juillet , & arriva le ving neuf
à Frontenac , où il trouva tout raffemblé , à
l'exception du détachement commandé par le fieur
Rigaud de Vaudreuil. Ce Corps s'étoit deja
porté fur la Riviere de Choueguen à la Baie
a
t
I
DECEMBRE. 1756. 229
de Niaouré , où le Marquis de Vaudreuil avoit
marqué le rendez -vous général des troupes deftinées
pour l'expédition .
Ces troupes formoient un Corps de trois
mille hommes , y compris le détachement du
fieur de Rigaud , qui devoit fervir d'avant- garde.
Elles étoient compofées des Bataillons de la Sarre
, Guyenne , & Bearn , ne faifant enfemble
que treize cens hommes , & d'environ dix- fept
cens foldats de la Colonie , Miliciens & Sauvages .
Le Marquis de Montcalm n'a pas perdu de
temps pour le mettre en état de partir du Fort
Frontenac. Aprés avoir fait dans cette Place les
préparatifs inféparables d'une opération nouvelle
en ce Pays , & qui préfentoit des difficultés
inconnues en Europe ; après avoir en même
temps pourvu aux difpofitions néceffaires
pour affurer la retraite , en cas que des forces
fupérieures la rendiffent inévitable , il a donné
ordre à deux barques armées fur le Lac Ontario
, l'une de douze , & l'autre de feize canons ,
de fe mettre en croifiere dans les parages de
Chouëguen. Il a établi une chaîne de découvreurs
, Canadiens & Sauvages , fur le chemin
de cette Place à la Ville d'Albanie , pour y intercepter
les Couriers ; & dès le 4 Août il s'eft
embarqué à Frontenac avec la premiere divifion
de fes Troupes , compofée du Bataillon de
la Sarre & de celui de Guyenne , avec 4 pieces
de canon , & eft arrivé le 6 à la Baie de
Niaouré , où la feconde divifion compofée du
Bataillon de Béarn , de Miliciens , & des Bateaux
chargés de l'Artillerie & des vivres , s'eft rendue
le huit.
Le même jour , le Marquis de Montcalm fit
partir l'avant-garde , commandée par le Sieur de
230 MERCURE DE FRANCE.
Rigaud , pour s'avancer à trois lieues de Chouëguen
dans une Anfe nommée l'Anfe- aux -Cabannes.
La premiere divifion y étant arrivée le 10 à
deux heures du matin , Pavant - garde fe porta
quatre heures après par terre & au travers des
bois , à une autre Anfe fituée à une demi- lieue
de Choueguen , pour y favorifer le débarquement
de l'artillerie & des troupes. La premiere divifion
fe rendit à minuit dans cette même Anfe. Le
Marquis de Montcalm parvint à faire établir
auffi -tôt une batterie fur le Lac Ontario , & les
troupes pafferent la nuit au bivouac à la tête des
bateaux.
Le 11 , à la pointe du jour , les Canadiens &
les Sauvages s'avancerent à un quart de lieue do
Fort Ontario , fitué , comme on l'a dit , fur la rive
droite de la Riviere de Chouëguen , & en formoient
l'inveftiffement. Le Sieur de Combles ,
Ingénieur , qui avoit été envoyé à trois heures du
matin pour déterminer cet inveſtiſſement & le
front de l'attaque , fut tué , en revenant de fa découverte
, par un de nos Sauvages qui l'avoit efcorté
, & qui dans l'obcurité le prit malheureuſement
pour un Anglois . Le Sieur Defandrouins ,
autre Ingénieur , qui par-là reftoit ſeul , traça â
travers des bois , en partie marécageux , un chemin
reconnu la veille , pour y conduire de l'Artillerie
; & ce chemin commencé le rr au matin ,
fut pouffé avec tant de vivacité, qu'il fe trouva perfectionné
le lendemain. On avoit en même temps
établi le Camp, la droite appuyée au Lac Ontario
, couverte par la batterie établie la veille , &
qui mettoit les Bateaux hors d'infulte ; & la gauche
à un marais impraticable.
La marche des François , que la précaution de
que de nuit, & d'entrer pour faire halte dans
n'aller
DECEMBRE . 1756. 13 .
les rivieres qui les couvroient , avoit jufqu'alors
dérobée aux Ennemis , leur fut annoncée le même
jour par les Sauvages , qui allerent fufiller juf
qu'au pied du Fort . Trois barques armées fortirent
à midi de la Riviere de Choueguen , vinrent
croifer devant le Camp, firent quelques décharges
de leur Artillerie ; mais le feu de notre batterie
les força de s'éloigner
Le 12 , à la pointe du jour, le Bataillon de Béarn
arriva avec les Bateaux de l'Artillerie & des vivres.
La décharge de ces Bateaux fut faite fur le champ,
en préfence des Barques Angloifes qui croifoient
devant le Camp : la batterie de la greve fut augmentée
le parc de l'Artillerie , & le dépôt des
vivres furent établis ; & le Sieur Pouchot , Capitaine
au Régiment de Béarn , reçut ordre de
faire fonction d'Ingénieur pendant le fiege. La
difpofition fut faite pour l'ouverture de la tranchée
le foir même le Marquis de Montcalm en
donna la direction au Sieur de Bourlamaque
Colonel d'Infanterie , & commanda fix piquets
de travailleurs de cinquante hommes chacun
pour cette nuit , avec deux compagnies de Grenadiers
& trois piquets pour les foutenir .
Avec toute la diligence poffible , on ne put
commencer qu'à minuit le travail de cette tranchée
, qui étoit plutôt une parallele d'environ ico
toifes de front , ouverte à 90 toifes du foffé du
Fort , dans un terrein embarraffé d'abattis & de
troncs d'arbres.Cette parallele achevée à cinq heures
du matin , fut perfectionnée par les travailleurs
du jour , qui y firent les chemins de communication
, & commencerent l'établiſſement des batteries
. Le feu des ennemis qui depuis la pointe du
jour avoit été très-vif , ceffa vers les fix heures
dufoir; & l'on s'apperçut que la Garniſon avoid
232 MERCURE DE FRANCE.
évacué le Fort Ontario , & paflé de l'autre côté
de la riviere dans celui de Choueguen. Elle abandonna
, en fe retirant , 8 pieces de canon & 4
mortiers.
Le Fort ayant auffitôt été occupé par les Grenadiers
de tranchée , des travailleurs furent commandés
pour continuer la communication de la
parallele au bord de la Riviere , où , dès l'entrée
de la nuit , on commença une grande batterie
placée de façon à pouvoir, non feulement battre
le Fort Choueguen & le chemin de ce Fort au Fort
Georges , mais encore prendre à revers le retranchement
qui entouroit le premier de ces Forts.
Vingt pieces de canon furent chariées à bras
d'hommes pendant la nuit ; & ce travail employa
toutes les troupes , à l'exception des piquets &
Gardes du camp.
Le 14 , à la pointe du jour , le Marquis de Montcalm
ordonna au Sieur de Rigaud de paffer à gué
de l'autre côté de la Riviere avec les Canadiens &
les Sauvages , de fe porter dans les bois , & d'inquiéter
la communication au Fort Georges où les
Ennemis paroiffoient faire de grandes difpofitions.
Le Sieur de Rigaud exécuta cet ordre fur le champ.
Quoiqu'il y ait beaucoup d'eau dans cette Riviere,
& que le courant en foit très- rapide , il s'y jetta ,
la traverfa avec les Canadiens & les Sauvages , les
uns à la nage , d'autres dans l'eau jufqu'à la ceinture
ou jufqu'au cou , & fe rendit à fa deftination
, fans que le feu de l'Ennemi fût capable d'arrêter
un feul Canadien , ni Sauvage.
A neuf heures , les Affiégeans eurent neuf pieces
de canon en état de tirer ; & quoique jufqu'alors
le feu des Affiégés eût été fupérieur , ils arborerent
à dix heures le Drapeau blanc . Le Sieur de
Rigaud renvoya au Marquis de Montcalm deux
DECEMBRE . 1756. 23.3
Officiers que le Commandant du Fort lui avoit
adreffés pour demander à capituler. Le Marquis
de Montcalm envoya le Sr de Bougainville , l'un
de fes Aides de Camp , pour fervir d'ôtage , &
propofer les articles de la capitulation , qui furent
que la Garnifon fe rendroit prifonniere de guerre,
& que les troupes Françoifes prendroient fur le
champ poffeffion des Forts . On a déja dit qu'elles
avoient occupé la veille celui d'Ontario . Čes articles
ayant été acceptés par le Commandant Anglois
, le Sieur de la Pauze , Aide-Major au Régiment
de Guyenne , faifant fonction de Major Général
, fut chargé par le Marquis de Montcalm de
les aller rédiger ; & le Sieur de Bourlamaque
nommé Commandant des Forts Georges & Chouëguen
, en prit poffeffion avec deux compagnies de
Grenadiers & les piquets de la tranchée. Il fut
chargé de la démolition de tous les Forts , & du
déblaiement de l'Artillerie , & des munitions de
guerre & de bouche qui s'y trouverent .
La célérité de nos ouvrages dans un terrein que
les Ennemis avoient jugé impraticable , l'établiſ
fement de nos batteries fait fi rapidement , l'idée
que ces travaux ont donnée du nombre des troupes
Françoifes , la mort du Colonel Mercer , Commandant
de Chouëguen , tué à huit heures du marin
, & plus que tout encore , la manoeuvre hardie
du Sieur de Rigaud , & li crainte des Canadiens
& des Sauvages qui faifoient déja feu fur le
Fort , ont fans doute déterminé les Aſſiégés à ne
pas faire une plus longue défenfe .
Ils ont perdu cent cinquante-deux hommes , y
compris quelques Soldats tués par les Sauvages en
voulant fe fauver dans les bois . Le nombre des prifonniers
a été de plus de feize cens , dont quatrevingts
Officiers. On a pris auffi ſept Bâtimens de
234 MERCURE DE FRANCE.
guerre , dont un de dix- huit canons , un de quatorze
, un de dix , un de huit , & les trois autres
armés de pierriers , outre deux cens bâtimens de
tranfport ; & les Officiers & Equipages de ces bâtimens
ont été compris dans la capitulation de la
Garnifon , qui étoit compofée de deux Régimens
de troupes réglées , de Shirley & de Pepperel , &
du Régiment de Milice de Shuyler. L'Artillerie
qu'on a prife , confifte en cent cinquante-cinq pieces
de canon , quatorze mortiers , cinq obuliers
& quarante-fept pierriers , qu'on a enlevés avec
une grande quantité de boulets , bombes , balles
& poudre , & un amas confidérable de vivres.
Le Marquis de Montcalm n'a perdu que trois
hommes , fçavoir un Canadien , un Soldat & un
Canonnier , outre la perte du Sieur de Combles ,
& il n'y a eu dans les différens corps de troupes ,
qui étoient fous fes ordres , qu'environ vingt
bleffés , qui tous le font fort légèrement. Le Sieur
de Bourlamaque & les Sieurs de Palmarol , Capitaine
de Grenadiers , & Duparquet , Capitaine au
Régiment de la Sarre , font de ce nombre.
P
P
д
C
to
d
C
0
é
d
fa
n
&
d
P
9
C1
'C
Le 21 du même mois d'Août , toutes les démolitions
étant achevées , le tranfport des prifonniers
, de l'artillerie & des vivres fait , le Marquis
de Montcalm fe rembarqua avec les troupes , &
fe rendit fur trois divifions à la Baie de Niaouré ,
d'où les différens Corps fe font portés aux deftinations
refpectives que leur avoit indiquées le Marquis
de Vaudreuil , qui a fait dépofer dans les
Eglifes de Québec &des trois Rivieres , avec les ]
cérémonies ordinaires , les quatre Drapeaux des
Régimens de troupes réglées de Shirley & Pepperel
, & celui du Régiment de Milices de Shuyler.
Le fuccès de cette expédition a répandu une
joie générale dans la Colonie , où l'on en connoît
C DECEMBRE. 1756. 235
plus qu'ailleurs tous les avantages . Elle fe trouve
par la délivrée des juftes inquiétudes que lui donnoit
l'établiffement de Choueguen. Elle voit la
communication avec le pays d'enhaut & avec
toutes les Nations Sauvages fes alliées , à l'abri
des troubles auxquels elle étoit expofee . Elle ne
craint plus d'être attaquée de ce côté - là , du
moins avec la fupériorité que donnoit aux Anglois
l'établiſſement qu'on vient de leur enlever ,
& qui les mettoit en état de dominer fur les Lacs ,
où ils avoient déja formé une Marine. Elle eft en
état déformais de réunir fes forces pour la défenſe
de fes frontieres , & elle a la fatisfaction de devoir
cet heureux changement dans fa fituation , aux
fecours puiffans que le Roi a eu la bonté de lui
envoyer.
Elle a fait éclater les fentimens les plus touchans
de refpect & de reconnoiffance pour ces
nouvelles marques de la protection de Sa Majefté ,
& elle feconde avec tout le zele qu'on peut attendre
du peuple le plus fidele & le plus attaché à fon
Prince , les foins infatigables que fe donnent
pour fa défenfe le Marquis de Vaudreuil , ainfi
que le Marquis de Montcalm , & les autres Officiers
qui en font chargés fous les ordres de ce
Gouverneur.
Fermer
Résumé : RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada, avec le journal historique du siege des Forts de Chouëguen ou Oswego, commencé le 11 Août 1756, & fini le 14 par la prise de ces Forts.
En 1756, les Britanniques préparaient une invasion des possessions françaises en Amérique. En réponse, le roi de France envoya des renforts commandés par le Marquis de Montcalm. Le Marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, avait déjà pris des mesures pour défendre les frontières et harceler les colonies britanniques. Des détachements français opérèrent durant l'hiver, perturbant les projets britanniques par des attaques sur les colons, le bétail et les maisons. Vaudreuil organisa la défense des forts et la protection des Acadiens déplacés. Il plaça des troupes stratégiquement, notamment sur la rivière Saint-Jean pour défendre le Fort du Quêne et l'Ohio, et observa les mouvements ennemis près du Fort Lydius. Les bataillons de la Reine et de Languedoc campaient près du Fort Carrillon, tandis que ceux de Bearn et de Guyenne étaient destinés aux forts Niagara et Frontenac. En mars, le Sieur de Léry attaqua et détruisit un fort britannique près du lac Ontario, capturant des munitions. Le Gouverneur général envoya ensuite 700 hommes sous les ordres du Sieur de Villiers pour observer les mouvements ennemis et intercepter leurs transports. Les Britanniques avaient établi trois forts à Choueguen (Oswego) sur le lac Ontario, violant les accords de paix et cherchant à contrôler le commerce des lacs et couper les communications françaises. À l'arrivée des troupes françaises commandées par Montcalm en mai, les préparatifs français étaient déjà en place. Le bataillon de Royal Roussillon fut envoyé sur le lac Saint-Sacrement, et celui de la Sarre à Frontenac. Le Chevalier de Lévis commanda sur le lac Saint-Sacrement, tandis que Montcalm se dirigea vers les zones menacées. En juin, des rapports indiquèrent que les Britanniques préparaient une offensive près du lac Saint-Sacrement. Les Français décidèrent de lancer une diversion sur le lac Ontario pour attirer les forces ennemies. Montcalm proposa de s'en charger et de tenter une attaque sur les établissements britanniques, notamment les forts de Choueguen. Le siège des forts de Choueguen fut résolu, mais les préparatifs nécessitaient du temps et de la discrétion. Le Sieur Bigot organisa les munitions et les convois. Le Sieur Rigaud de Vaudreuil prit le commandement du camp du Sieur de Villiers, et le Sieur de Bourlamaque commença les préparatifs à Frontenac. Le Sieur de Combles, ingénieur, fut envoyé en reconnaissance à Choueguen. Le 4 août, Montcalm s'embarqua à Frontenac avec la première division de ses troupes, composée des bataillons de la Sarre et de Guyenne, ainsi que quatre pièces de canon. Le 11 août, les Canadiens et les Sauvages investirent Fort Ontario. Le 12 août, le bataillon de Béarn arriva avec l'artillerie et les vivres. Une tranchée fut ouverte malgré les obstacles, et la garnison évacua Fort Ontario, abandonnant huit pièces de canon et quatre mortiers. Le 14 août, les assiégés arborèrent le drapeau blanc et acceptèrent la capitulation. La garnison ennemie perdit 152 hommes et plus de 620 prisonniers furent faits, incluant 80 officiers. Sept bâtiments de guerre et 200 bâtiments de transport furent capturés. Montcalm perdit trois hommes et environ vingt blessés légers. Le 21 août, après avoir achevé les démolitions et transporté les prisonniers, l'artillerie et les vivres, Montcalm se rembarqua avec les troupes. Cette expédition fut perçue comme un succès majeur, délivrant la colonie des inquiétudes causées par l'établissement de Choueguen et permettant de réunir les forces pour la défense des frontières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 215-218
« Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...] »
Début :
Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...]
Mots clefs :
Lit de justice, Conseillers, Maréchaux, Chancelier de France, Sa Majesté, Gouverneurs, Comtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...] »
LE 13 Décembre , le Parlement qui avoit reçu
les ordres du Roi par M. le Marquis de Dreux ,
Grand Maître de Cérémonies , s'aſſembla pour
le Lit de Justice , que Sa Majesté avoit réſolu
1
216 MERCURE DE FRANCE .
detenir. M. de Lamoignon , Chancelier de France
, accompagné d'un grand nombre de Confeillers
d'Etat & de Maîtres des Requêtes , ſe
rendit au Palais. Les Maréchaux de France , s'y
rendirent en corps avec toute la Connétablie.
Vers les neuf heures & demie du matin , le Roi ,
qui avoit couché à la Meute partit de ce Château ,
ayant dans fon carroſſe Monſeigneur leDauphin,
LeDucd'Orléans , le Prince deCondé & le Comte
de Clermont. Sa Majefté étoit accompagnée d'un
nombreux détachement de ſes Gardes du Corps ,
d'un détachement de cinquante Gendarmes de ſa
Garde, de pareils Détachemens de la Compagnie
des Chevaux- Legers , & des deux Compagnies
desMouſquetaires . Devant le carroffe de Sa Majeſté
étoit le vol du Cabinet. Le Roi arriva ſur les
dix heures & un quart à la Sainte Chapelle ,
où les Maréchaux de France , les Chevaliers des
Ordres , les Gouverneurs & Lieutenans- Généraux
de Provinces , s'étoient aſſemblés pour l'attendre.
Le Prince de Conty & le Comte de la Marche
y avoient auſſi devancé Sa Majeſté. Elle monta
les degrés , précédée de ſa Cour , au ſon des
Trompettes , Hautbois , Fifres & Tambours de
la Chambre. Deux Huiſſiers de la Chambre portoient
leurs Maſſes devant le Roi. L'Abbé de
Vichy-Chamron, Tréſorier de la Sainte Chapelle ,
à la tête des Chanoines , préſenta au Roi la vraie
Croix à baifer , & le complimenta. Le Roi enrendit
la Meſſe , qui fut célébrée par l'Abbé
Châtelain , Chapelain de Sa Majesté , & pendant
laquelle on exécuta le Motet , Laudate Dominum
in Sanctis ejus , de la compoſition du ſieur Bréval ,
Maître de Muſique de la Sainte Chapelle. Lorſque
le Roi eut entendu la Meſſe, quatre Préſidens
& fix Conſeillers , députés par le Parlement , vinrent
JANVIER . 1757. 217
rent recevoir Sa Majefté , & la conduifirent à
la Grand Chambre. Le Roi s'étant affis fur fon
Trône , & toutes les ſéances ayant été priſes en la
maniere accoutumée , dont on peut voir le détail
dans le Mercure du mois d'Octobre de l'année
derniere , Sa Majesté dit : Je viens vous apporter
mes volontés . Mon Chancelier vous les annoncera.
Le Chancelier expliqua les intentions du Roi , &
les motifs qui avoient déterminé Sa Majesté à
tenir ſon Lit de Juſtice. Après que le Chancelier
eut ceffé de parler , M. de Maupeou , premier
Préſident , parla au nom du Parlement. Le Chancelier
monta enſuite vers le Roi , pour prendre ſes
ordres , un genou en terre. Remis en ſa place ,
affis & découvert , il fit ouvrir les portes , & il
ordonna au ſieur Dufranc , Secretaire de la Cour ,
faiſant les fonctions de Greffier en Chef, de lire
deux Déclarations & un Edit. Cette lecture finie ,
les Gens du Roi , M. Joly-de Fleury , Premier
Avocat Général , portant la parole , donnerent
leurs conclufions. Le Chancelier prit les avis ,
& après qu'il en eut rendu compte au Roi , il
prononça l'enregistrement . Ce qui ayant été exécuté,
le Roi fortit dans le même ordre qu'il étoit
entré. Sa Majesté trouva , ainſi qu'à fon arrivée ,
les deux Régimens des Gardes Françoiſes & Suifſes
, qui formoient une double haie dans les
rues , ſur le Pont-Neuf, & fur les Quais , depuis
le Palais juſqu'à l'extrémité du Quai des Tuileries.
Partout , ſur le paſſage du Roi , le peuple
eft accouru en foule , pourjouir de la préſence de
Sa Majefté.
Les Pairs , qui ont aſſiſté à ce Lit de Juſtice ,
font l'Evêque Duc de Laon , les Ducs d'Uzés ,
de Luines ,de Briſſac , Maréchal Duc de Richelieu ,
de la Force , de Rohan , de Luxembourg , de Ville-
II . Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
roy , de Saint -Aignan, Maréchal Ducde Noailles ,
de Fitz - James , d'Antin , de Chaulnes , de Rohan-
Soubize , de Villars- Brancas , de Lauraguais , de
Biron , de la Valliere , de Fleury , Maréchal
Duc de Belle- Ifle. Les Maréchaux de Coigny ,
de Balincourt & de Clermont-Tonnerre , y ont
eu ſéance , étant entrés avec le Roi.
Voici les deux Déclarations , dont l'enrégiftrement
a été ordonné dans le Lit de Juftice.
les ordres du Roi par M. le Marquis de Dreux ,
Grand Maître de Cérémonies , s'aſſembla pour
le Lit de Justice , que Sa Majesté avoit réſolu
1
216 MERCURE DE FRANCE .
detenir. M. de Lamoignon , Chancelier de France
, accompagné d'un grand nombre de Confeillers
d'Etat & de Maîtres des Requêtes , ſe
rendit au Palais. Les Maréchaux de France , s'y
rendirent en corps avec toute la Connétablie.
Vers les neuf heures & demie du matin , le Roi ,
qui avoit couché à la Meute partit de ce Château ,
ayant dans fon carroſſe Monſeigneur leDauphin,
LeDucd'Orléans , le Prince deCondé & le Comte
de Clermont. Sa Majefté étoit accompagnée d'un
nombreux détachement de ſes Gardes du Corps ,
d'un détachement de cinquante Gendarmes de ſa
Garde, de pareils Détachemens de la Compagnie
des Chevaux- Legers , & des deux Compagnies
desMouſquetaires . Devant le carroffe de Sa Majeſté
étoit le vol du Cabinet. Le Roi arriva ſur les
dix heures & un quart à la Sainte Chapelle ,
où les Maréchaux de France , les Chevaliers des
Ordres , les Gouverneurs & Lieutenans- Généraux
de Provinces , s'étoient aſſemblés pour l'attendre.
Le Prince de Conty & le Comte de la Marche
y avoient auſſi devancé Sa Majeſté. Elle monta
les degrés , précédée de ſa Cour , au ſon des
Trompettes , Hautbois , Fifres & Tambours de
la Chambre. Deux Huiſſiers de la Chambre portoient
leurs Maſſes devant le Roi. L'Abbé de
Vichy-Chamron, Tréſorier de la Sainte Chapelle ,
à la tête des Chanoines , préſenta au Roi la vraie
Croix à baifer , & le complimenta. Le Roi enrendit
la Meſſe , qui fut célébrée par l'Abbé
Châtelain , Chapelain de Sa Majesté , & pendant
laquelle on exécuta le Motet , Laudate Dominum
in Sanctis ejus , de la compoſition du ſieur Bréval ,
Maître de Muſique de la Sainte Chapelle. Lorſque
le Roi eut entendu la Meſſe, quatre Préſidens
& fix Conſeillers , députés par le Parlement , vinrent
JANVIER . 1757. 217
rent recevoir Sa Majefté , & la conduifirent à
la Grand Chambre. Le Roi s'étant affis fur fon
Trône , & toutes les ſéances ayant été priſes en la
maniere accoutumée , dont on peut voir le détail
dans le Mercure du mois d'Octobre de l'année
derniere , Sa Majesté dit : Je viens vous apporter
mes volontés . Mon Chancelier vous les annoncera.
Le Chancelier expliqua les intentions du Roi , &
les motifs qui avoient déterminé Sa Majesté à
tenir ſon Lit de Juſtice. Après que le Chancelier
eut ceffé de parler , M. de Maupeou , premier
Préſident , parla au nom du Parlement. Le Chancelier
monta enſuite vers le Roi , pour prendre ſes
ordres , un genou en terre. Remis en ſa place ,
affis & découvert , il fit ouvrir les portes , & il
ordonna au ſieur Dufranc , Secretaire de la Cour ,
faiſant les fonctions de Greffier en Chef, de lire
deux Déclarations & un Edit. Cette lecture finie ,
les Gens du Roi , M. Joly-de Fleury , Premier
Avocat Général , portant la parole , donnerent
leurs conclufions. Le Chancelier prit les avis ,
& après qu'il en eut rendu compte au Roi , il
prononça l'enregistrement . Ce qui ayant été exécuté,
le Roi fortit dans le même ordre qu'il étoit
entré. Sa Majesté trouva , ainſi qu'à fon arrivée ,
les deux Régimens des Gardes Françoiſes & Suifſes
, qui formoient une double haie dans les
rues , ſur le Pont-Neuf, & fur les Quais , depuis
le Palais juſqu'à l'extrémité du Quai des Tuileries.
Partout , ſur le paſſage du Roi , le peuple
eft accouru en foule , pourjouir de la préſence de
Sa Majefté.
Les Pairs , qui ont aſſiſté à ce Lit de Juſtice ,
font l'Evêque Duc de Laon , les Ducs d'Uzés ,
de Luines ,de Briſſac , Maréchal Duc de Richelieu ,
de la Force , de Rohan , de Luxembourg , de Ville-
II . Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
roy , de Saint -Aignan, Maréchal Ducde Noailles ,
de Fitz - James , d'Antin , de Chaulnes , de Rohan-
Soubize , de Villars- Brancas , de Lauraguais , de
Biron , de la Valliere , de Fleury , Maréchal
Duc de Belle- Ifle. Les Maréchaux de Coigny ,
de Balincourt & de Clermont-Tonnerre , y ont
eu ſéance , étant entrés avec le Roi.
Voici les deux Déclarations , dont l'enrégiftrement
a été ordonné dans le Lit de Juftice.
Fermer
Résumé : « Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...] »
Le 13 décembre, le Parlement se réunit pour un Lit de Justice sur ordre du Roi, transmis par le Marquis de Dreux, Grand Maître de Cérémonies. Le Chancelier de France, M. de Lamoignon, accompagné de conseillers d'État et de maîtres des requêtes, se rendit au Palais avec les Maréchaux de France et la Connétablie. Le Roi, accompagné du Dauphin, du Duc d'Orléans, du Prince de Condé et du Comte de Clermont, arriva à la Sainte-Chapelle vers dix heures et un quart. Il y fut accueilli par les Maréchaux de France, les Chevaliers des Ordres et les Gouverneurs de Provinces. Après la messe, célébrée par l'Abbé Châtelain, le Roi se dirigea vers la Grand Chambre où il annonça ses volontés, expliquées par le Chancelier. M. de Maupeou, premier Président, prit la parole au nom du Parlement. Le Chancelier fit ensuite lire deux Déclarations et un Édit par le secrétaire de la Cour. Les Gens du Roi donnèrent leurs conclusions, et le Chancelier prononça l'enregistrement. Le Roi quitta le Parlement dans le même ordre qu'à son arrivée, sous les acclamations du peuple. Plusieurs Ducs et Maréchaux étaient présents parmi les Pairs. Les deux Déclarations enregistrées lors du Lit de Justice furent lues publiquement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 192-194
De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
Début :
Le 25 de ce mois, Leurs Majestés, ainsi que la Famille Royale, signérent le [...]
Mots clefs :
Famille royale, Contrat de mariage, Comte, Marquis, Évêque, Députés, Gouverneurs, Cérémonies, Abbé, Ministre plénipotentiaire, Audience du roi, Lettres de créance, Académie de marine, Monseigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
De VERSAILLES , le 21 Septembre 1763 .
E 25 de ce mois , Leurs Majeſtés , ainſi que
la Famille Royale , ſignérent le Contrat de mariage
du Marquis d'Autichamp , avec la Marquiſe
de Vaſtan. Le 3 de ce mois , celui du
Comte de Jumilhac , avec Demoiselle d'Eſtrabonne
, fillede la Marquiſedu Meinil ; & celui
du Marquis de Louvois , fils du Marquis de
Souvré , avec Demoiselle Gagnat de Longuy.
François - Joſeph d'Andigné , Evêque de Saint-
Pol-de-Léon , prêta ſerment le 27 du mois
dernier , entre les mains de Sa Majesté , pendant
la célébration de la Meſſe.
Le 28 du même mois , la Comteſſe de Guiche
fut préſentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Duchefſe de Gramont.
Le 29 , les Députés des Etats de Languedoc ,
eurent Audience du Roi. Ils furent préſentés à
Sa Ma- eſté par le Comte d'Eu , Gouverneurde
la Province , & par le Comte de S. Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des cérémonies
, & par le ſieur Desgranges , Maître des
Cérémonies , la Députation étoit compoſée , pour
pour le Clergé , de l'Evêque d'Agde , qui porta
la parole , pour la Nobleſſe , du Marquis de
Caylus , pour le Tiers-Etat , des ſieurs Ambry
& la Fage , & du ſieur Goubert , Syndic-Général
de la Province.
La
DECEMBRE. 1763 . 193
La place d'un des Chapelains du Roi étant vacante
par la mort de l'Abbé Bibaut . Sa Majefté
a nommé l'Abbé du Pujet pour la remplir.
Le ſieur de Neville , Miniſtre Plénipotentiaire
de la Grande- Bretagne auprès decette Cour. eut,le
3 de ce mois' , une Audience particuliere du Roi ,
àqui il fit part de la Naiſſance du ſecond Prince
dont la Reine d'Angleterre eſt accouchée.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eſt arrivé de Lunneville ici , le 13 de ce
mois. 19
Le II , le Comteſſe de Guerchy prit congé
de la Cour , pour ſe rendre en Angleterre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé Extraordinaire
du Roi de Dannemarck , près de cette Cour
a eu , le 13 , ſa premiere Audience du Roi , à
qui il a remis ſes Lettres de Créances. Ce Miniſtre
a été préſenté , le même jour , à la Reine
&à la Famille Royale.
La Marquiſe de Valbelle , a été nommée Dame
du Palais de la Reine ſurnuméraire , & le
18 , elle a été préſentée en cette qualité à Leurs
Majeſtés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
de Brancas. La Comteſſe de Jumilhac
a été préſentée , le même jour , à Leurs Majestés
&à la Famille Royale , par la Marquiſe de
Jumilhac.
LeMarquis de Talaru a prêté ſerment entre
les mains de la Reine , pour la Charge de Premier
Maître-d'Hôtel de la Reine , dont le Roi
lui adonné la Survivance.
Le 30 du mois dernier , le ſieur Targe , Cor
reſpondant de l'Académie de Marine , & Profefleur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire
, eut l'honneurde préſenter àMonſeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Provence , les Tomes IX , X , XI & XII
de la Traduction de l'Hiſtoire d'Angleterre du
Docteur Smoller.
,
Jean-Thomas Hériſſant , Imprimeur des Cabinet
& Maiſon du Roi a eu l'honneur de
préſenter à Sa Majesté , le Tome VI & dernier
des Ephémérides de feu l'Abbé de la Caille
, de l'Académie Royale des Sciences. Ce Vor
lume comprend un intervalle de dix ans , depuis
1765 juſqu'a 1775.
E 25 de ce mois , Leurs Majeſtés , ainſi que
la Famille Royale , ſignérent le Contrat de mariage
du Marquis d'Autichamp , avec la Marquiſe
de Vaſtan. Le 3 de ce mois , celui du
Comte de Jumilhac , avec Demoiselle d'Eſtrabonne
, fillede la Marquiſedu Meinil ; & celui
du Marquis de Louvois , fils du Marquis de
Souvré , avec Demoiselle Gagnat de Longuy.
François - Joſeph d'Andigné , Evêque de Saint-
Pol-de-Léon , prêta ſerment le 27 du mois
dernier , entre les mains de Sa Majesté , pendant
la célébration de la Meſſe.
Le 28 du même mois , la Comteſſe de Guiche
fut préſentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Duchefſe de Gramont.
Le 29 , les Députés des Etats de Languedoc ,
eurent Audience du Roi. Ils furent préſentés à
Sa Ma- eſté par le Comte d'Eu , Gouverneurde
la Province , & par le Comte de S. Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des cérémonies
, & par le ſieur Desgranges , Maître des
Cérémonies , la Députation étoit compoſée , pour
pour le Clergé , de l'Evêque d'Agde , qui porta
la parole , pour la Nobleſſe , du Marquis de
Caylus , pour le Tiers-Etat , des ſieurs Ambry
& la Fage , & du ſieur Goubert , Syndic-Général
de la Province.
La
DECEMBRE. 1763 . 193
La place d'un des Chapelains du Roi étant vacante
par la mort de l'Abbé Bibaut . Sa Majefté
a nommé l'Abbé du Pujet pour la remplir.
Le ſieur de Neville , Miniſtre Plénipotentiaire
de la Grande- Bretagne auprès decette Cour. eut,le
3 de ce mois' , une Audience particuliere du Roi ,
àqui il fit part de la Naiſſance du ſecond Prince
dont la Reine d'Angleterre eſt accouchée.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eſt arrivé de Lunneville ici , le 13 de ce
mois. 19
Le II , le Comteſſe de Guerchy prit congé
de la Cour , pour ſe rendre en Angleterre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé Extraordinaire
du Roi de Dannemarck , près de cette Cour
a eu , le 13 , ſa premiere Audience du Roi , à
qui il a remis ſes Lettres de Créances. Ce Miniſtre
a été préſenté , le même jour , à la Reine
&à la Famille Royale.
La Marquiſe de Valbelle , a été nommée Dame
du Palais de la Reine ſurnuméraire , & le
18 , elle a été préſentée en cette qualité à Leurs
Majeſtés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
de Brancas. La Comteſſe de Jumilhac
a été préſentée , le même jour , à Leurs Majestés
&à la Famille Royale , par la Marquiſe de
Jumilhac.
LeMarquis de Talaru a prêté ſerment entre
les mains de la Reine , pour la Charge de Premier
Maître-d'Hôtel de la Reine , dont le Roi
lui adonné la Survivance.
Le 30 du mois dernier , le ſieur Targe , Cor
reſpondant de l'Académie de Marine , & Profefleur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire
, eut l'honneurde préſenter àMonſeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Provence , les Tomes IX , X , XI & XII
de la Traduction de l'Hiſtoire d'Angleterre du
Docteur Smoller.
,
Jean-Thomas Hériſſant , Imprimeur des Cabinet
& Maiſon du Roi a eu l'honneur de
préſenter à Sa Majesté , le Tome VI & dernier
des Ephémérides de feu l'Abbé de la Caille
, de l'Académie Royale des Sciences. Ce Vor
lume comprend un intervalle de dix ans , depuis
1765 juſqu'a 1775.
Fermer
Résumé : De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
En septembre 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de Versailles. Le 25 septembre, le contrat de mariage du Marquis d'Autichamp avec la Marquise de Vastan fut signé par Leurs Majestés et la Famille Royale. Les mariages du Comte de Jumilhac avec Demoiselle d'Estrabonne et du Marquis de Louvois avec Demoiselle Gagnat de Longuy furent célébrés le 3 septembre. François-Joseph d'Andigné, Évêque de Saint-Pol-de-Léon, prêta serment le 27 août devant le Roi. Le 28 septembre, la Comtesse de Guiche fut présentée à Leurs Majestés par la Duchesse de Gramont. Le 29 septembre, les Députés des États de Languedoc eurent audience du Roi, présentés par le Comte d'Eu et le Comte de Saint-Florentin. En décembre 1763, l'Abbé du Pujet fut nommé Chapelain du Roi. Le 3 décembre, le sieur de Neville, Ministre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne, informa le Roi de la naissance du second prince de la Reine d'Angleterre. Le Roi de Pologne arriva à Versailles le 13 décembre. La Comtesse de Guerchy prit congé de la Cour le 11 décembre pour se rendre en Angleterre. Le Baron de Gleichen, Envoyé Extraordinaire du Roi de Danemark, eut sa première audience le 13 décembre. La Marquise de Valbelle et la Comtesse de Jumilhac furent présentées le 18 décembre. Le Marquis de Talaru prêta serment pour la charge de Premier Maître-d'Hôtel de la Reine. Jean-Thomas Hérissant présenta à Sa Majesté le Tome VI des Éphémérides de l'Abbé de la Caille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer