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p. 203-223
« Le premier Août, vingt-quatre des principaux habitans de Chantilly ont signalé [...] »
Début :
Le premier Août, vingt-quatre des principaux habitans de Chantilly ont signalé [...]
Mots clefs :
Naissance du Duc de Bourbon, Prince de Condé, Fête, Feux d'artifice, Démission, Charges, Franche-Comté, Orage, Ouragan, Monseigneur le Dauphin, Révision du régiment, Sa Majesté, Ordonnance du roi, Académie royale des sciences, Accession à des charges, Lit de justice, Ambassadeurs, Comtes, Marquis, Duc d'Orléans, Comte de Clermont, Cérémonie, M. le Chancelier, Discours du roi, Fiscalité, Parlement, Canada, Combats, Vaisseaux anglais, Succès, Duc de Gesvres, Corsaire anglais, Maréchal duc de Richelieu
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texteReconnaissance textuelle : « Le premier Août, vingt-quatre des principaux habitans de Chantilly ont signalé [...] »
LEE premier Août , vingt- quatre des principaux
habitans de Chantilly ont fignalé leur zele & leur
attachement pour le Prince de Condé , en donnant
une très- belle fête à l'occafion de la naiffance du
Duc de Bourbon , & de la convalefcence de Mile
de Bourbon. La fête a commencé par un Te
Deum folemnel , chanté dans l'Eglife de la Paroiffe
, au bruit de trente- fix pieces de canon . A
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
neuf heures du foir , on tira vis-à-vis de la façade
du petit Château , où étoient le Prince & la
Princeffe de Condé , un feu d'artifice dont le deſfein
& l'exécution furent également applaudis.
Dès que le Prince eut donné le fignal , on vit pároître
trois Bateaux fur la piece d'eau , qui eft visà-
vis du petit Château . Ils venoient de trois côtés
différens , & ils fe réunirent pour attaquer un
Fort qu'on avoit conftruit fur le bord de l'eau.
Pendant près de trois quarts d'heure , il firent
pleuvoir une infinité de fufées & de bombes fur
cette efpece de Citadelle. Dans le temps qu'on
croyoit le Fort réduit en cendres , il foudroya
d'artifice les trois Bateaux ; & toute la piece
d'eau devint un étang de feu. A cette attaque fuccéderent
plufieurs caſcades , gerbes , foleils , &c.
Un bruit de trompettes & de cors de chaffe annonça
la victoire remportée par les affiégés . Le
ficur Coufinet , Sculpteur du Frince de Condé
a donné l'idée du fiege , & a conduit le feu des
Bateaux. Le refte du feu a été dirigé par les fieurs
Caftain & Maurice , Artificiers du Roi . Lorſque
l'artifice a ceffé , neuf grands Portiques , ornés
de verdure , qu'on avoit placés en perſpective du
petit Château , furent illuminés. Celui du milieu ,
plus élevé que les autres , étoit furmonté par le
Chiffre couronné du Prince & de la Princeffe de
Condé. Au pied de ces Portiques , une Salle de
verdure , de cent trente pieds en quarré , contenoit
une table de foixante couverts , préparée
pour les époufes des principaux habitans . Sur la
fin du fouper , le Prince & la Princeffe de Condé
fe rendirent dans cette Salle . Ils y furent reçus au
fon des trompettes , cors de chaffe , violons &
autres inftrumens. Le Bal fuivit le fouper. Leurs
Akteffes Séréniffimes danferent indifféremment
OCTOBRE. 1756. 205
avec ceux qui fe préfenterent. Vers les deux
heures du matin , le Prince & la Princeffe retournerent
au Château précédés d'un grand nombre
d'inftrumens , & de douze habitans , qui portoient
chacun un falot devant Leurs Alteffes Séréniffimes.
M. le Maréchal Duc de Richelieu s'eft démis
de fa charge de premier Gentilhomme de la Chambre
en faveur de M. le Duc de Fronfac , fon fils ,
& a obtenu la furvivance de cette Charge.
Le Roi a accordé à M. de Fremeur , Lieutenant
- Général des Armées de Sa Majefté , le Ġouvernement
de Monmédy , vacant par la mort du
Comte de la Claviere , auffi Lieutenant- Général.
M. le Marquis de Talaru , Brigadier d'Infante
rie , & Colonel du Régiment de fon nom , a été
nommé Gouverneur des Villes & Châteaux de
Phaltzbourg & de Saltzbourg , fur la démiffion
de M. le Marquis de Chalmazel fon pere.
Le 9 Août , le Roi fit la cérémonie de recevoir
Chevaliers de l'Ordre de Saint Louis , M. le Comte
d'Egmont , Maréchal de Camp , & M. le Comte
de Balbi , Brigadier , Colonel réformé à la fuite du
Régiment Royal Italien.
Selon les lettres de Franche-Comté, on a effuyé
vers la fin du mois de Juillet , tant à Saint- Claude
que dans les environs , une orage des plus terribles.
Le bruit & les éclats du tonnerre étoient
fi violens , qu'ils faifoient trembler les perſonnes
les plus hardies. Les animaux dans la campagne
cherchoient en mugiffant , quelque retraite affurée.
A chaque éclat , la foudre tomboit en différentes
manieres & dans plufieurs endroits. Les
eaux deſcendoient de la montagne avec tant d'abondance
& de rapidité , qu'elles entraînoîent
rout ce qu'elles rencontroient dans leur paffage.
206 MERCURE DE FRANCE.
Vergers , Maifons , Moulins , Ecluses , rien n'a
refifté . Le 6 Août , la Ville de Saint - Claude
& les campagnes voifines ont prouvé un nouveau
fléau. Un ouragan épouvantable a ruiné dans les
campagnes tout ce que l'orage précédent avoit
épargné. Dans la Ville , la plupart des toits ont
été enlevés , & prefque toutes les cheminées abattues.
Le Clocher des Religieufes de l'Annonciade
a été renversé . Trente des plus gros arbres de la
promenade publique ont été déracinés , & tous
les autres ont été dépouillés de leurs feuilles .
Monfeigneur le Dauphin fit le 11 Août , la
revue de fon Régiment de Cavalerie , dans la
Plaine de Favieres , à cinq lieues de Compiegne.
M. le Comte de Perigord , Meftre de Camp , Lieutenant
de ce Régiment , le fit efcadronner & manoeuvrer.
M. le Marquis de Paulmy , Secretaire
d'Etat au Département de la Guerre en furvivance
du Comte d'Argenfon , accompagna Monfeigneur
le Dauphin.
Le 13 , Sa Majefté fit la revue du Régiment
Royal , Cavalerie , dans la Plaine dite du Moulin
, près de la même Ville. M. le Marquis d'Equevilly,
Meftre de Camp , Lieutenant de ce Régiment
, lui fit faire différentes évolutions . Enfuite
ce Régiment fe porta au lieu nommé le puits
de Berne , où il fit , devant le Roi , l'exercice à
pied , en bufle & en bonnet. Le fils de M. le Marquis
d'Ecquevilly , âgé de dix ans , paſſa au rang
des Cavaliers. Il fit , comme eux , le maniement
des armes & les évolutions à cheval , ainfi
que
l'exercice à pied. Sa Majefté parut très - fatisfaite .
Par une Ordonnance du 15 Fevrier 1749 , le
Roi avoit établi un Aide- Major dans chacune des
quatre Brigades du Régiment des Grenadiers de
France. Sa Majefté ayant reconnu qu'un feul
OCTOBRE. 1756. 207
Officier Major par Brigade ne pouvoit fuffire aux
différens détails de la difcipline & du fervice , a
réglé que l'Etat Major de chaque Brigade feroit à
Pavenir compofé d'un Sergent Major & d'un Aide-
Major. Les emplois de Sergens Majors feront
remplis par les Aides- Majors actuels , pour en
jouir aux honneurs & prérogatives attachés aux
autres Majors de l'Infanterie . Entend Sa Majeſté ,
que M. de Lanjamet , actuellement Major dudit
Régiment , & qui ne peut en conferver le titre
ni les fonctions au moyen de la nouvelle difpofition,
ait le commandement en fecond du Corps.
Le Roi a ordonné que les Régimens d'Infanterie
Irlandoife , de Bulkeley , de Clare , de Dillon
, de Roth , de Berwick & de Lally , fuffent
portés de quatre cens foixante - cinq hommes à
cinq cens vingt - cinq.
Le 15 Août , Fête de l'Affomption de la
Sainte Vierge , la Proceffion folemnelle , qui fe
fait tous les ans à pareil jour en exécution du Voeu
de Louis XIII , ſe fit avec les cérémonies accoutu
mées. L'Abbé de Saint -Exupery , Doyen du Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine , y officia. Le
Parlement , la Chambre des Comptes , la Cour
des Aydes , & le Corps de Ville , y affifterent.
Dans l'affemblée générale que le Corps de Ville
tint le 16 , M. de Bernage fut continué Prevôt
des Marchands. M. Lempereur , Quartinier , &
-M Tribard , Avocat , ont été élus Echevins.
Sa Majesté a accordé à M. de Martigny & à M.
le Chevalier de Mazieres , Maréchaux des Logis de
la premier Compagnie des Moufquetaires , deux
Commiffions de Meftres de Camp , & à MM. de
Pille , de Savigny & de la Foreft , les places de
Maréchaux des Logis , vacantes dans la même
Compagnie. Elle a difpofé des Brigades qu'avoient
208 MERCURE DE FRANCE.
ces trois derniers Officiers , en faveur de MM.
d'Ormençey , de Rouville & de Mondollot. MM .
d'Elevemont , de Caffaignere & Démazet , ont
été fait Sous-Brigadiers. Le Chevalier de Monneron
, & MM. de Beaumont & de Guiry ont -
obtenu la Croix de Saint Louis. Il y a eu plufieurs
penfions , gratifications , & Commiffions de Capitaines
données à divers Moufquetaires.
Le Corfaire commandé par le Capitaine Gaftin
, de Marſeille , a fait dans l'intervalle de
quinze jours deux prifes eftimées cinquante mille
écus. Un des Corfaires de M. Roux , de Corfe , en
a fait auffi une .
L'Académie Royale des Sciences, dans fon Affemblée
du 23 Juin , propofa au Roi pour remplir la
place d'Adjoint- Géometre, vacante par la promotion
de M. de Parcieux au grade d'Affocié , M. le
Chevalier de Borda , Chevau- leger de la Garde
du Roi , & M. Bezout , Cenſeur Royal & Maître
de Mathématiques. M. le Comte d'Argenfon
a écrit le 30 à l'Académie que le Roi avoit choiſi
M. de Borda.
Dans la même Affemblée du 23 , M. Necker ,
Citoyen de Geneve , fut élu Correſpondant de
l'Académie .
Le 23 Août , les Députés des Etats de Languedoc
eurent audience du Roi. Ils furent préſentés
à Sa Majesté par M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province , & par M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Sécretaire d'Etat ; & conduits
par M. de Gifeux , Maître des Cérémonies , en
furvivance de M. Defgranges. La Députation
étoit compofée , pour le Clergé , de l'Evêque de
Viviers qui porta la parole ; du Vicomte de Polignac
, pour la Nobleffe , & de Meſſieurs Valet
Député de Saint- Pons , & Montcabrier , Député
OCTOBRE . 1756. 209
de Toulouſe , pour le Tiers-Etat ; ainfi que de
M. de Montferrier , Syndic Général de la Province.
Ces Députés eurent enſuite audience de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Madame , & de Mefdames Victoire
, Sophie & Louife.
M. le Comte de Merle , Cornette de la premiere
Compagnie des Moufquetaires de la Garde,
eft défigné pour fuccéder à M. le Comte de Baſchi
en qualité d'Ambaffadeur du Roi auprès du Roi
de Portugal.
Sa Majefté a fait Brigadier de Cavalerie M. le
Comte de Perigord , Meftre de Camp- Lieutenant
du Régiment de Monfeigneur le Dauphin ;
Brigadier de Dragons , M. le Duc de Coigny ,
Meftre de Camp Général de ce Corps ; & Brigadier
d'Infanterie , M. le Chevalier de Gramont
Lieutenant-Colonel du Régiment de Vermandois.
Le Roi ayant réfolu de tenir fon Lit de Juftice,
Sa Majefté avant fon départ de Compiegne , ordonna
de faire dans le Château de Verfailles , les
préparatifs néceffaires pour cette cérémonie . La
grande Salle des Gardes fut choifie comme le lieu
qui y étoit le plus propre. M. Defgranges , Maître
des Cérémonies , après avoir reçu les ordres
du Roi , porta au Parlement le 20 Août au matin ,
une Lettre de Sa Majefté pour que le Parlement
fe rendît le lendemain à Verſailles en Corps de
Cour & en Robes rouges. Les Princes du Sang
furent avertis de la part du Roi par M. Defgranges
, qui envoya des Billets d'invitation aux Pairs ,
tant Eccléfiaftiques que Laïques ; aux Maréchaux
de France , aux Chevaliers des Ordres , aux Gouverneurs
& aux Lieutenans Généraux des Provinces.
Le 21 , le Parlement arriva fur les onze heures
à Versailles , & s'affembla dans les deux Salles
210 MERCURE DE FRANCE.
des Ambaffadeurs & du Confeil , d'où il fe rendit
à la Salle préparée pour le Lit de Juſtice . Lorfque
le Parlement eut pris fa féance en la maniere
accoutumée, il fit une Députation de quatre Préfidens
& de fix Confeillers , pour aller au - devant du
Roi. Sa Majesté en habit de cérémonie , fortit de
fon appartement , & la marche fe fit en cet ordre.
Les Tambours , Fifres , Haut- bois & Trompettes
de la Chambre. I es Lieutenans Généraux des Provinces
. Les Gouverneurs de Provinces. Les Chevaliers
des Ordres. Les Maréchaux de France . Les
Hérauts d'Armes . Les Princes du Sang . Le Maître
des Cérémonies . Deux Huiffiers de la Chambre
du Roi , portant leurs Maffes. M. le Prince de
Turenne , Grand Chambellan en furvivance de
M. le Duc de Bouillon ; & à la gauche du Prince
de Turenne le Comte de Brionne , Grand Ecuyer,
portant l'Epée de Parement du Roi . Le Marquis
de Mon mirel , Capitaine de la Compagnie des
Cent Suiffes de la Garde de Sa Majesté. Sur les
aîles près de la perfonne du Roi , les Préfidens &
Confellers Députés , & fix Gardes de la Manche
avec leurs Cortes d'armes & leurs Pertuifanes.
Derriere Sa Majefté , les quatre Capitaines des
Gardes du Corps . Le Chancelier de France fuivoit
le Roi , étant accompagné d'une partie des Confeillers
d'Etat & des Maîtres des Requêtes. Sa Majefté
fe plaça fur fon Trône. Elle avoit à la droite
Monfeigneur le Dauphin , dont le fiege (C ) étoit
placé fur le tapis de Sa Majefté . Aux hauts fieges
(D) du même côté , étoient le Duc d'Orléans , le
Prince de Condé , le Comte de Clermont , le
Prince de Conty & le Comte de la Marche
Princes du Sang. Sur le refte du banc , & fur un
banc en retour (G) , qui alloit juſqu'à la place du
dernier Prince du Sang ; les Ducs de Luynes , de
•
OCTOBRE . 1756 . 211
Briffac, de la Force , de Rohan , de Saint- Aignan ,
de Gefvres , le Maréchal Duc de Noailles , les
Ducs d'Aumont , de Bethune , de Fitzjames , d'Antin
, de Chaulnes , de Villars- Brancas de Lauraguais
, le Prince de Monaco , Duc de Valentinois
les Ducs de Biron , de la Valliere , & le Maréchal
de Belle -Ifle , Duc de Gifors , Pairs Laïcs . A la
gauche du Roy, aux bauis fieges ( H ) ; l'Evêque Duc
de Laon , l'Evêque Comte de Châlons , l'Evêque
Comte de Noyon , Pairs Eccléfiaftiques ; & les
Maréchaux de Coigny & de Balincourt , ( ces
deux Maréchaux de France étant venus avec le
Roi ) Aux pieds de Sa Majesté ( E ) ; le Prince de
Turenne , Grand Chambellan en furvivance du
Duc de Bouillon. A droite, fur un tabouret (F) , auprès
des degrés du Siege Royal , le Comte de Brionne
, Grand Ecuyer , portant au col l'Epée de Pa
rement du Roi. A gauche , fur un banc ( K ) au❤
deffous de celui des Pairs Ecclefiaftiques ; les qua
tre Capitaines des Gardes du Corps du Roi , & le
Marquis de Montmirel , Capitaine Colonel des
Cent Suiffes de la Garde. Plus bas étoit affis fur le
petit degré ( 2 ), par lequel on defcendoit dans le Parquet
, le fieur de Segur , Prevôt de Paris , tenant
un bâton blanc en fa main. Sur une chaise à bras
(L) couverte de l'extrêmité du tapis de velours violet
, femé de fleurs de lys d'or , fervant de drap de
pieds au Roi , Meflite Guillaume de Lamoignon ,
Chancelier de France , vêtu d'une robe de velours
violet , doublée de fatin cramoifi. Sur le banc (P)
répondant à celui où fiéent les Préfidens au Confeil
en la Chambre du Parlement ; Meffire René-
Charles de Maupeou , Premier Préfident ; MM .
Molé , Potier , le Peletier de Rozambo , de Maupeou
, de Lamoignon de Montrevault , d'Aligre ,
le Fevre- d'Ormeflon , & Bochart - de Saron , Sur
212 MERCURE DE FRANCE.
les trois bancs (QR ) couverts de tapisserie , formant
l'enceinte du Parquet ; les Confeillers d'Honneur,
les Préfidens des Enquêtes & des Requêtes , & les
Confeillers de la Grand'Chambre , mêlés . Dans le
Parquet , devant le Chancelier , étoient placés deux
tabourets , celui de la droite (M ) vacant par l'abfence
du Marquis de Dreux , Grand Maître des
Cérémonies , & celui de la gauche (N) occupé par
le fieur Defgranges , Maître des Cérémonies . Au
milieu du Parquet ( i ) & à genoux devant le Roi ,
deux Huiffiers de la Chambre de Sa Majesté ,
tenant leurs Maffes d'argent doré , & à quelque
diſtance ( k ) , fix Hérauts d'armes. Au côté droit ,
Sur les deux bancs ( SS ) couverts de tapis femés de
fleurs de lys ; les Confeillers d'Etat & Maîtres des
Requêtes , vêtus en robe de fatin noir , venus avec
le Chancelier. Sur une forme ( a ) à gauche , en entrant
, vis- à-vis des Préfidens ; le Comte de Saint
Florentin , le Comte d'Argenfon , M. Rouillé &
le Marquis de Paulmy , Secretaires d'Etat . Sur
trois autres bancs ( TVX ) à gauche dans le Parquet
, vis- a-vis des Confeillers d'Etat ; le Marquis
de Beringhen , le Comte de Lautrec , le Marquis
de Puyzieulx , le Comte de Vaulgrenant , le Marquis
de Saffenage , le Comte de Mailly , le Baron
de Montmorency , le Marquis de Chalmazel , le
Comte de la Vauguion , le Marquis d'Armentieres
, & le Marquis de l'Hopital , Chevaliers des
Ordres ; le Comte de Gifors , le Comte de Périgord
, le Marquis de la Tour-Dupin , & le Marquis
de la Salle , Gouverneurs de Provinces ; le
le Marquis de Montalambert , le Comte de Teffé ,
le Marquis de Beaupreau , le Comte de Valentinois
, le Comte de Choifeul , & le Marquis de
Brancas , Lieutenans Généraux de Provinces . A
côté de la forme où étoient les Sécretaires d'Etat ;
OCTOBRE. 1756. 213
le fieur Dufranc , Secretaire de la Cour , faifant
les fonctions de Greffier en Chef, & à côté de lui ,
un des trois principaux Commis pour la Grand'-
Chambre , tenant la plume ; ayant chacun devant
eux un bureau (66) couvert de velours violet . Sur
une autre forme (b) derriere ; le fieur Richard ,
Greffier en Chef Criminel , & les fieurs Yfabeau
& Héron-de Courgis , Secretaires de la Cour. Sur
une autreforme ( d ) , le Marquis de Sourches ,
Grand Prevôt de l'Hôtel . Sur un fiege (m) à l'entrée
du Parquet , le fieur Angely , premier Huiffier.
En la place (f) répondante à celle qu'ils occu
pent , toutes les Chambres aſſemblées , le fieur Joly
de Fleury, Avocat du Roi ; le fieur Joly de Fleury,
Procureur Général , & le fieur Seguier , auffi Avocat
du Roi. Sur le furplus des bancs ( gh , YZ) les
Confeillers des Enquêtes & Requêtes.
Le Roi s'étant affis & couvert , M. le Chancelier
dit , par ordre de Sa Majefté , qu'Elle commandoit
qu'on prêt féance : après quoi , le Roi ,
ayant ôté & remis fon chapeau , dit : « Meffieurs ,
» Je vous ai affemblés ici , pour vous faire fçavoir
» mes intentions & mes volontés ; mon Chance-
» lier va vous les expliquer » .
M. le Chancelier étant monté vers le Roi , &
s'étant agenouillé aux pieds de Sa Majesté pour
recevoir les ordres ; puis étant defcendu , remis
en fa place , affis & couvert , après avoir dit que
le Roi permettoit qu'on le couvrît , prononça le
Difcours fuivant .
MESSIEURS ,
« Pendant qu'une Nation , de tout temps enne-
» mie de la France , fait les derniers efforts pour
» enlever aux habitans de nos Colonies , des pof-
» feffions qui leur appartiennent par les titres les
plus légitimes ; qu'au milieu de la paix la plus
214 MERCURE DE FRANCE.
» profonde , elle ne craint point de violer les trai
tés les plus folemnels ; & que pour détruire no-
>> tre Commerce , elle emploie les voies les plus
» odieufes & les plus contraires à l'humanité , le
Roi ne peut voir qu'avec une extrême ſurpriſe
la réfiftance qu'apporte fon Parlement à la pu-
>> blication de trois de fes Déclarations , dont l'exé-
» cution doit procurer à Sa Majesté des fecours
» néceffaires pour le foutien de nos Colonies & le
> rétabliffement de notre Commerce.
>> On fçait que le Roi ne fait la guerre que
» pour l'intérêt de fes Sujets. Occupé du foin de
» les venger des hoftilités injuftes & continuelles
» qu'ils éprouvoient , il l'étoit encore plus de la
crainte d'être forcé de leur impofer des charges
» extraordinaires malheureuſement indifpenfables
» pour le foutien d'une guerre .
Après avoir oppofé longtemps la patience &
la modération aux entreprifes de fes ennemis , il
» s'eft enfin déterminé à repouffer par la voie des
>> armes leurs infultes multipliées ; & dans la né-
» ceffité d'établir des impôts , il a fait choix de
» ceux qui lui ont paru le moins onéreux . Tel eft
» le motif qui a donné lieu aux trois Déclarations
» que le Roi entend faire publier en fon Lit de
>> Juftice.
» Par la première , le Roi établit un nouveau
» Vingrieme pareil à celui qui fubfifte depuis l'an-
» née 1749 , & dont le produit eſt affecté au paie-
» ment des dettes de la derniere guerre. La per-
>> ception de ce nouveau Vingtieme ceffera trois
» mois après la publication de la Paix. Cette na-
»ture d'impofition fera moins à charge aux Peuples
que toute autre , parce qu'elle fe répartit
»fut tous les Sujets , chacun à proportion de fa
>> fortune..
OCTOBRE . 1756. 215
»
>> La feconde Déclaration ordonne la continua-
» tion pendant dix ans des Deux fols pour livre du
Dixieme , à commencer du dernier jour de l'an-
» née préfente. Le terme de cette impofition &
» de celui du premier Vingrieme , quo que fixé
>> d'une maniere certaine , n'eft pas auffi proche
» que Sa Majesté le defireroit ; mais il faut confi
>> dérer que P'un & l'autre étant deftinés à l'acquit
» des dettes de l'Etat , ils doivent fubfifter julqu'i
» ce que les dettes de l'Etat foient acquittées.
» C'eſt à tort & vainement qu'on cherche à
» jetter l'allarme dans les efprits , en faifant en-
>> tendre que l'incertitude de la durée & la lon-
»gueur de ces deux impofitions font capables dedis
>> minuer le courage des fujets du Roi , & d'altérer
» la confiance qui font la véritable force du Sou-
» verain & de l'Etat. Le témoignage que Sa Ma
» jeſté ſe rend à Elle-même de la tendre affection
» pour les peuples , lui eft un gage affuré de leur
» confiance , en même-temps que les preuves
» qu'il leur a tant de fois données de fon empref-
» fement à les foulager , ſoutiendront toujours &
>> animeront leur courage , furtout dans ce mo-
➤ment où leur honneur & leur fûreté ſont égale-
» ment intéreffés.
» Enfin , par la troifieme Déclaration , le Roi
» proroge pour un certain temps , plufieurs droits
» qui fe perçoivent dans la ville de Paris . Sa Ma-
» jefté n'a pu fe difpenfer d'ordonner cette proro-
» gation qui ne peut être regardée comme pré-
» maturée , parce qu'elle eft néceffaire pour affurer
les engagemens que les conjonctures ont
» forcé de contracter . Quelque onéreux que ces
» droits paroiffent être pour les habitans de la
» Capitale , ils en font en partie dédommagés par
l'ordre & la regle que ceux qui font chargés do
216 MERCURE DE FRANCE.
» les percevoir établiffent dans les marchés pour
faciliter le débit des denrées , & pour en pro-
фу
» curer Pabondance : on voit d'ailleurs par le tarif
» attaché à la Déclaration , l'attention qu'a eu le
» Roi de diminuer , & même de fupprimer entié-
>> rement plufieurs de ces droits fur les denrées les
» plus néceffaires à la vie.
» Le Roi veut donc , que nonobftant les repré-
» fentations réitérées de fon Parlement , fes Déclarations
foient exécutées dans toute leur éten-
» due & fans délai , afin de ne pas interrompre
ni retarder les opérations néceffaires pour
» profiter des fuccès que le Ciel vient d'accorder
» à fes armes.
» Ces heureux événemens dont le Roi n'eft
» flatté que parce qu'il les regarde comme le pré-
» fage d'une paix glorieufe , doivent redoubler
> notre zele. Pourrions-nous regretter des ſecours
» que Sa Majefté ne veut employer que pour
» notre défenfe , fans manquer à ce que nous lui
રે
» devons & à ce que nous nous devons à nous-
» mêmes ! »
Après que M. le Chancelier eut ceffé de parler,
M.le Premier Préfident & tous les Préfidens & Confeillers
mirent un genou en terre. Le Chancelier
leur dit , Le Roi ordonne que vous vous leviez. Ils
fe leverent , & demeurerent debout & découverts.
Alors M.le Premier Préfident parla, & fon Diſcours
fini , le Chancelier monta vers le Roi pour prendre
fes ordres , un genou en terre . Remis en fa
place , affis & découvert , il fit ouvrir les portes ,
& il ordonna au fieur Dufranc de lire les trois
Déclarations. Les portes furent ouvertes , & le
fieur Dufranc ayant lu les Déclarations debout &
découvert , le Chancelier dit aux Gens du Roi
qu'ils pouvoient parler. Aufli -tôt les Gens du Roi
fc
OCTOBRE. 1756. 217
fe mirent à genoux . M. le Chancelier leur dit que le
Roi ordonnoit qu'ils fe levaflent . Ils fe leverent ,'
& debout & découverts , après un Difcours prononcé
par M. Joly de Fleury , Avocat du Roi ,
portant la parole , ils requirent qu'il plût à Sa
Majefté ordonner que fur le repli des trois Déclarations
il fût mis qu'elles avoient été lues &
publiées , Sa Majeſté léante en fon lit de Juſtice ,
& régiítrées au Greffe de la Cour pour être exécu
tées felon leur forme & teneur ; & qu'à l'égard
des deux premieres , Copies collationnées en feroient
envoyées aux Bailliages & Sénéchauffées du
reffort , pour y être pareillement lues , publiées
& enrégiftrées , avec injonction à leurs Subftituts
d'y tenir la main , & d'en certifier la Cour dans le
mois.
Après quoi M. le Chancelier monta vers le Roi ,
mit un genou en terre pour recevoir les ordres ,
& alla prendre l'avis de Monfeigneur le Dauphin ,
des Princes du Sang , des Pairs Laïcs , du Grand
Ecuyer & du Grand Chambellan . Il paffa devant
le Roi , lui fit une profonde révérence , & prit
l'avis des Pairs Eccléfiaftiques , des Maréchaux de
France venus avec le Roi , & des quatre Capitaines
des Gardes du Corps de Sa Majesté . Puis il defcendit
dans le parquet pour prendre les avis du Premier
Préfident , des Préfidens du Parlement , des
Confeillers d'Etats & des Maî res des Requêtes
des Confeillers d'honneur , des Préfidens des Enquêtes
& des Requêtes , & des Confeillers du
Parlement. Il remonta vers le Roi , mit un genou
en terre , redefcendit , & étant affis & couvert , il
prononça :
« Le Roi , féant en fon Lit de Juſtice , a or-
»donné & ordonne que les Déclarations , qui
viennent d'être lues, feront enrégiftrées au Greffe
I. Vol. Κ
218 MERCURE DE FRANCE.
»>de fon Parlement , & que fur le repli d'icelles ;
nil foit mis que lecture en a été faite , & l'enré-
»giftrement ordonné ; ce requérant fon Procu-
»reur Général , pour être le contenu en icelles
>> exécuté felon leur forme & teneur ; & Copies
>>collationnées des deux Déclarations , l'une por-
>> tant établiſſement d'un fecond vingtieme , l'au-
»tre portant prorogation du droit de deux fols
>>pour livre du dizieme , envoyées aux Bailliages
& Sénéchauffées du reffort , pour y être pareik
plement lucs , publiées & régiftrées . Enjoint aux
>>Subftituts de fon Procureur Général d'y tenir la
»main , & d'en certifier la Cour au mois. >>
Enfuite M. le Chancelier dit , que pour la plus
prompte exécution de ce qui venoit d'être or
donné , le Roi vouloit que par le Secretaire de la
Cour , faifant les fonctions de Greffier en Chef
de fon Parlement , il fût mis dans l'inftant même
fur le repli des trois Déclarations qui avoient été
publiées , ce que Sa Majesté avoit ordonné qu'on
y mit. Ce qui ayant été exécuté , le Roi fe leva ,
& fortit dans le même ordre qu'il étoit entré.
Le 25 Août , le Corps de Ville alla à Versailles ,
& ayant à la tête M. le Duc de Gefvres , Gouverneur
de Paris , il eut audience du Roi. Il fut préfenté
à Sa Majesté par M. le Comte d'Argenlon ,
Miniftre & Secretaire d'Etat , & conduit par M.
Defgranges , Maître des Cérémonies . M. de Ber
nage qui a été continué Prevôt des Marchands , &
MM. Lempereur & Tribard , nouveaux Echevins ,
prêterent entre les mains du Roi le ferment de
fidélité , dont M. le Comte d'Argenſon fit la lecture
, ainfi que du fcrutin qui fut préfenté par M.
de la Live de la Briche , Avocat du Roi au Châtelet.
Après cette audience , le Corps de Ville cut
l'honneur de rendre les refpects à la Reine & àla
Famille Royale .
OCTOBRE . 1756. 219
On apprend par des Lettres de l'Ifle Royale
les circonftances fuivantes d'un combat de M.
Beauffier , qui commande l'Efcadre du Roi , partie
de Breft au mois d'Avril dernier , avec les troupes
que Sa Majesté a fait paffer en Canada. M. Beauf
fier revenant de Québec , faifoit route pour Louifbourg
, lorfque le 16 Juillet il apperçut à la diftance
d'environ trois lieues dans le Sud de ce
dernier Port , deux Vaiffeaux Anglois avec deux
Frégates , qui portoient au plus près du vent pour
le reconnoître. M. Beauffier avoit alors avec le
Vaiffeau le Héros qu'il monte , l'illuftre , commandé
par M. de Montalais , Capitaine de Vaiffeau
, & les Frégates la Lycorne & la Syrene , que
commandent MM. de la Rigaudiere & de Brougnon
, Lieutenans de Vaiffeaux. Profitant du vent
du Nord qui fouffloit , il arriva fur le champ
grand fargue fur les Anglois , qui revirerent
promptement de bord , & prirent chaffe. La
crainte de tomber trop fous le vent de Louisbourg,
où il avoit ordre de remettre des provifions deftinées
pour cette Colonie , l'empêcha de poursuivre
long-temps les Anglois , & il entra le même jour
dans ce Port. Il fe preffa d'y débarquer les effets
dont il étoit chargé , ainfi que quelques malades
de fes équipages ; & le lendemain dès cinq heures
du matin , il fe trouva fous voile , & appareilla
pour aller chercher les ennemis. Vers midi il
reconnut les deux Vaiffeaux qu'il avoit chaffés là
veille , & qui n'avoient plus qu'une Frégate avec
& eux. Il força de voiles pour les joindre , & ils firent
la même maneuvre pour l'éviter. M. de
Breugnon joignit bientôt la Frégate Angloife , &
l'attaqua fi vivement , qu'elle fe replia fous le
canon des deux Vaiffeaux , dont le feu ralentit la
pourfuite de M. de Breugnon , qui fut même
M
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
obligé de s'écarter un peu . Sa manoeuvre fervit
cependant à donner à M. Beauffier le temps d'ap
procher les deux Vaiffeaux Anglois , dont l'un
étoit de 74 & l'autre de 64 canons. Il tira d'abord
fur l'un , comptant que l'autre qui étoit fur fa
hanche alloit être attaqué par M. de Montalais.
Mais le calme qui furvint en ce moment , rendit
inutiles tous les efforts que celui - ci put faire
pour s'approcher ; enforte que M. Beauflier eut à
combattre les deux Vaiffeaux Anglois. Le combat
fut très-vif de part & d'autre jufqu'à fept heures
du foir , qu'un petit vent qui s'éleva , ayant donné
à M. de Montalais occafion de faire de la voile ,
les ennemis en profiterent pour s'éloigner. Le
Vaiffeau le Héros fe trouvant prefque défemparé ,
M. Beauffier fut hors d'état de les pourfuivre.
Il s'occupa durant la nuit à faire changer les
voiles & les manoeuvres qui avoient été coupées
dans le Vaiffeau , & il efpéroit de pouvoir rejoin.
dre les ennemis. Mais le lendemain 20 , à huit
heures du matin , il les apperçut , forçant toujours
de voiles , & à une telle dittance , que ne pou
vant pas fe flatter de les approcher , malgré le
mauvais état où ils paroiffoient être , il prit le
parti de retourner à Louifbourg , pour y réparer
entiérement le dommage que le Vaiffeau le Héros
avoit fouffert. Ce Vaiffeau a reçu dans le combat
plus de deux cens coups de canon , foit dans fes
oeuvres- mortes , foit dans fa mâture , fans compter
ceux qui ont porté au deffous de la flottaifon .
Il y a eu dix-huit hommes tués , quarante buit de
bleffés du nombre des derniers font M. de Faget
, Enfeigne de Vaiffeau , qui a une bleffure
confidérable d'un coup de canon à la cuiffe , &
M. Beauffier lui - même , d'un éclat qui a porré
fur la jambe gauche. Cet Officier eſt arrivé au
OCTOBRE. 1756. 211
les
Port Louis le 9 Septembre , avec les Vaiffeaux le
Héros qu'il commande , PIlluftre & la Frégate
la Sirenne. Il étoit parti de Louifbourg le 13
Août , & il avoit alors avec lui la Frégate la Licorne
, commandée par M. Froger de la Rigaudiere
, laquelle s'étant féparée le jour du départ
dans une brume , eft arrivée à Breft quelques jours
avant ces autres Bâtimens. Pendant leur traverfée
, M. Beauflier a fait huit différentes prifes ,
dont trois font chargées de fucre & d'autres denrées
des Iles de l'Amérique. Il a amené avec lui
quatre cens prifonniers , dans le nombre defquels.
font deux Officiers & cent foixante - un foldats
Allemands , qui étoient deftinés pour le Régiment
Royal Américain.
Les Lettres qu'on a reçues par cette occafion ,
portent que, fuivant les rapports faits par les Capitaines
de deux Goëlettes arrivées depuis peu de
Quebec à Louisbourg , M. de Villiers , Capitaine
dans les troupes du Canada , Commandant
un Détachement compofé de Soldats , Canadiens
& Sauvages , avoit attaqué fur la riviere de
Choueguen un convoi confidérable de Bateaux
Anglois , dont il avoit tué 4 à 500 hommes , fait
60 ou 80 prifonniers , & pris tous les Bateaux ,
que les Anglois avoient abandonnés pour ſe ſauver
à terre.
M. l'Evêque d'Autun fut élût le 19 Août , pour
premplir la place qui vaquoit dans l'Académie
Françoife par la mort du Cardinal de Soubize.
La joie que le fuccès de nos armes a repandu
Fa dans tous les coeurs a été d'autant plus vive , que·
Le l'Europe entiere ne croyoit pas notre marine en
& état de former des entreprifes auffi confidérables .
La Cour a témoigné ſa ſatisfaction à l'occaſion de
ala prife du Fort Saint- Philippe , par les illumina-
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
tions les plus galantes . M. le Duc de Gefvres tou
jours magnifique , après s'être uni au public par
Pillumination de fon Hôtel le jour du Te Deum
chanté à la Chapelle du Roi , & le vingt- cinq
Juillet , jour du feu de joie de la ville de Compiegne
qu'il avoit ordonné comme Gouverneur de
la Province , & après avoir fait couler à la porte
de fon Hôtel des fontaines de vin , s'eft diftingué
le 6 Août par une Fête particuliere , où la magnificence
a répondu au bon goût fi reconnu de ce
Seigneur. Il fit fuccéder à un fouper fomptueux
un Feu d'artifice Italien en plufieurs décorations.
La façade & l'intérieur de fon Hôtel & des Jardins
furent fuperbement illuminés fous divers formes
d'architecture . La Fête fut terminée par un bal
où se trouverent les Princes , les Miniftres , les
Etrangers de diftinction , & toutes les Dames de
la Cour .
Le Roi chaffa le 31 Août dans la Plaine de Grenelle
, & foupa à Mont - Rouge chez M. le Duc de
la Valliere.
Meffieurs de Reillans & de Teffieres , Exempts
des Gardes du Corps dans la Compagnie de Mirepoix
, ayant obtenu leur retraite , le Roi a difpofé
de leurs emplois en faveur de M. le Chevalier de
Flahaut & de M. le Marquis de Vexin. Sa Majefté a
nommé MM . de la Villeneuve & de la Seunniere ,
Brigadiers de la même Compagnie , à la place de
MM. de la Ripiere & de Chateauroy , qui ont
auffi obtenu leur retraite . MM . de Beaupine & de
´la Boire ont été faits fous - Brigadiers. Des Commiffions
de Capitaines de Cavalerie ont été expédiées
à plufieurs Gardes du Corps .
On a arrêté deux Anglois , accufés d'être les
incendiaires , qui ont mis le feu , il y a quelque
temps , à un magaſin de Rochefort.
OCTOBRE. 1756. 223
Des Armateurs de Marſeille y ont conduit fiz
prifes eftimées fix cens mille livres.
Un petit Bâtiment à rames de huit canons ,
forti du même Port , & commandé par le Capitaine
Gaffen , s'eft battu pendant trois heures à
la vue du Port de Livourne , contre un Corfaire
Anglois de vingt canons. On eft informé par
des Lettres de ce dernier Port , que le Corfaire a
eu dix-neuf hommes de tués , & un grand nombre
de bleffés . De fon propre aveu , il étoit prêt à fe
rendre , lorfque l'équipage du Capitaine Gaffen ,
aqui étoit mêlé d'étrangers , refufa de fe préſenter
une quatrieme fois à l'abordage. Ce Capitaine n'a
perdu qu'un homme. Depuis que le Corfaire Anglois
eft retourné à Livourne , où le mauvais état
de fon Vaiffeau l'a obligé de relâcher , on y travaille
à lui faire fon procès , fur ce qu'il a défobéï
à une Ordonnance de l'Empereur , en fortant de
-ce Port avec plus de quatre canons.
M. le Maréchal Duc de Richelieu arriva le premier
de Septembre à Paris , & le même jour il eut
P'honneur de faluer le Roi à Choify . Le , M. le
-Duc de Fronsac eut à Verſailles le même honneur.
Le Roi a nommé M. l'Abbé Comte de Bernis ,
fon Ambaffadeur à la Cour de Vienne ; & M. le
Marquis d'Aubeterre eft défigné pour réfider
avec le même caractere à la Cour de Madrid.
habitans de Chantilly ont fignalé leur zele & leur
attachement pour le Prince de Condé , en donnant
une très- belle fête à l'occafion de la naiffance du
Duc de Bourbon , & de la convalefcence de Mile
de Bourbon. La fête a commencé par un Te
Deum folemnel , chanté dans l'Eglife de la Paroiffe
, au bruit de trente- fix pieces de canon . A
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
neuf heures du foir , on tira vis-à-vis de la façade
du petit Château , où étoient le Prince & la
Princeffe de Condé , un feu d'artifice dont le deſfein
& l'exécution furent également applaudis.
Dès que le Prince eut donné le fignal , on vit pároître
trois Bateaux fur la piece d'eau , qui eft visà-
vis du petit Château . Ils venoient de trois côtés
différens , & ils fe réunirent pour attaquer un
Fort qu'on avoit conftruit fur le bord de l'eau.
Pendant près de trois quarts d'heure , il firent
pleuvoir une infinité de fufées & de bombes fur
cette efpece de Citadelle. Dans le temps qu'on
croyoit le Fort réduit en cendres , il foudroya
d'artifice les trois Bateaux ; & toute la piece
d'eau devint un étang de feu. A cette attaque fuccéderent
plufieurs caſcades , gerbes , foleils , &c.
Un bruit de trompettes & de cors de chaffe annonça
la victoire remportée par les affiégés . Le
ficur Coufinet , Sculpteur du Frince de Condé
a donné l'idée du fiege , & a conduit le feu des
Bateaux. Le refte du feu a été dirigé par les fieurs
Caftain & Maurice , Artificiers du Roi . Lorſque
l'artifice a ceffé , neuf grands Portiques , ornés
de verdure , qu'on avoit placés en perſpective du
petit Château , furent illuminés. Celui du milieu ,
plus élevé que les autres , étoit furmonté par le
Chiffre couronné du Prince & de la Princeffe de
Condé. Au pied de ces Portiques , une Salle de
verdure , de cent trente pieds en quarré , contenoit
une table de foixante couverts , préparée
pour les époufes des principaux habitans . Sur la
fin du fouper , le Prince & la Princeffe de Condé
fe rendirent dans cette Salle . Ils y furent reçus au
fon des trompettes , cors de chaffe , violons &
autres inftrumens. Le Bal fuivit le fouper. Leurs
Akteffes Séréniffimes danferent indifféremment
OCTOBRE. 1756. 205
avec ceux qui fe préfenterent. Vers les deux
heures du matin , le Prince & la Princeffe retournerent
au Château précédés d'un grand nombre
d'inftrumens , & de douze habitans , qui portoient
chacun un falot devant Leurs Alteffes Séréniffimes.
M. le Maréchal Duc de Richelieu s'eft démis
de fa charge de premier Gentilhomme de la Chambre
en faveur de M. le Duc de Fronfac , fon fils ,
& a obtenu la furvivance de cette Charge.
Le Roi a accordé à M. de Fremeur , Lieutenant
- Général des Armées de Sa Majefté , le Ġouvernement
de Monmédy , vacant par la mort du
Comte de la Claviere , auffi Lieutenant- Général.
M. le Marquis de Talaru , Brigadier d'Infante
rie , & Colonel du Régiment de fon nom , a été
nommé Gouverneur des Villes & Châteaux de
Phaltzbourg & de Saltzbourg , fur la démiffion
de M. le Marquis de Chalmazel fon pere.
Le 9 Août , le Roi fit la cérémonie de recevoir
Chevaliers de l'Ordre de Saint Louis , M. le Comte
d'Egmont , Maréchal de Camp , & M. le Comte
de Balbi , Brigadier , Colonel réformé à la fuite du
Régiment Royal Italien.
Selon les lettres de Franche-Comté, on a effuyé
vers la fin du mois de Juillet , tant à Saint- Claude
que dans les environs , une orage des plus terribles.
Le bruit & les éclats du tonnerre étoient
fi violens , qu'ils faifoient trembler les perſonnes
les plus hardies. Les animaux dans la campagne
cherchoient en mugiffant , quelque retraite affurée.
A chaque éclat , la foudre tomboit en différentes
manieres & dans plufieurs endroits. Les
eaux deſcendoient de la montagne avec tant d'abondance
& de rapidité , qu'elles entraînoîent
rout ce qu'elles rencontroient dans leur paffage.
206 MERCURE DE FRANCE.
Vergers , Maifons , Moulins , Ecluses , rien n'a
refifté . Le 6 Août , la Ville de Saint - Claude
& les campagnes voifines ont prouvé un nouveau
fléau. Un ouragan épouvantable a ruiné dans les
campagnes tout ce que l'orage précédent avoit
épargné. Dans la Ville , la plupart des toits ont
été enlevés , & prefque toutes les cheminées abattues.
Le Clocher des Religieufes de l'Annonciade
a été renversé . Trente des plus gros arbres de la
promenade publique ont été déracinés , & tous
les autres ont été dépouillés de leurs feuilles .
Monfeigneur le Dauphin fit le 11 Août , la
revue de fon Régiment de Cavalerie , dans la
Plaine de Favieres , à cinq lieues de Compiegne.
M. le Comte de Perigord , Meftre de Camp , Lieutenant
de ce Régiment , le fit efcadronner & manoeuvrer.
M. le Marquis de Paulmy , Secretaire
d'Etat au Département de la Guerre en furvivance
du Comte d'Argenfon , accompagna Monfeigneur
le Dauphin.
Le 13 , Sa Majefté fit la revue du Régiment
Royal , Cavalerie , dans la Plaine dite du Moulin
, près de la même Ville. M. le Marquis d'Equevilly,
Meftre de Camp , Lieutenant de ce Régiment
, lui fit faire différentes évolutions . Enfuite
ce Régiment fe porta au lieu nommé le puits
de Berne , où il fit , devant le Roi , l'exercice à
pied , en bufle & en bonnet. Le fils de M. le Marquis
d'Ecquevilly , âgé de dix ans , paſſa au rang
des Cavaliers. Il fit , comme eux , le maniement
des armes & les évolutions à cheval , ainfi
que
l'exercice à pied. Sa Majefté parut très - fatisfaite .
Par une Ordonnance du 15 Fevrier 1749 , le
Roi avoit établi un Aide- Major dans chacune des
quatre Brigades du Régiment des Grenadiers de
France. Sa Majefté ayant reconnu qu'un feul
OCTOBRE. 1756. 207
Officier Major par Brigade ne pouvoit fuffire aux
différens détails de la difcipline & du fervice , a
réglé que l'Etat Major de chaque Brigade feroit à
Pavenir compofé d'un Sergent Major & d'un Aide-
Major. Les emplois de Sergens Majors feront
remplis par les Aides- Majors actuels , pour en
jouir aux honneurs & prérogatives attachés aux
autres Majors de l'Infanterie . Entend Sa Majeſté ,
que M. de Lanjamet , actuellement Major dudit
Régiment , & qui ne peut en conferver le titre
ni les fonctions au moyen de la nouvelle difpofition,
ait le commandement en fecond du Corps.
Le Roi a ordonné que les Régimens d'Infanterie
Irlandoife , de Bulkeley , de Clare , de Dillon
, de Roth , de Berwick & de Lally , fuffent
portés de quatre cens foixante - cinq hommes à
cinq cens vingt - cinq.
Le 15 Août , Fête de l'Affomption de la
Sainte Vierge , la Proceffion folemnelle , qui fe
fait tous les ans à pareil jour en exécution du Voeu
de Louis XIII , ſe fit avec les cérémonies accoutu
mées. L'Abbé de Saint -Exupery , Doyen du Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine , y officia. Le
Parlement , la Chambre des Comptes , la Cour
des Aydes , & le Corps de Ville , y affifterent.
Dans l'affemblée générale que le Corps de Ville
tint le 16 , M. de Bernage fut continué Prevôt
des Marchands. M. Lempereur , Quartinier , &
-M Tribard , Avocat , ont été élus Echevins.
Sa Majesté a accordé à M. de Martigny & à M.
le Chevalier de Mazieres , Maréchaux des Logis de
la premier Compagnie des Moufquetaires , deux
Commiffions de Meftres de Camp , & à MM. de
Pille , de Savigny & de la Foreft , les places de
Maréchaux des Logis , vacantes dans la même
Compagnie. Elle a difpofé des Brigades qu'avoient
208 MERCURE DE FRANCE.
ces trois derniers Officiers , en faveur de MM.
d'Ormençey , de Rouville & de Mondollot. MM .
d'Elevemont , de Caffaignere & Démazet , ont
été fait Sous-Brigadiers. Le Chevalier de Monneron
, & MM. de Beaumont & de Guiry ont -
obtenu la Croix de Saint Louis. Il y a eu plufieurs
penfions , gratifications , & Commiffions de Capitaines
données à divers Moufquetaires.
Le Corfaire commandé par le Capitaine Gaftin
, de Marſeille , a fait dans l'intervalle de
quinze jours deux prifes eftimées cinquante mille
écus. Un des Corfaires de M. Roux , de Corfe , en
a fait auffi une .
L'Académie Royale des Sciences, dans fon Affemblée
du 23 Juin , propofa au Roi pour remplir la
place d'Adjoint- Géometre, vacante par la promotion
de M. de Parcieux au grade d'Affocié , M. le
Chevalier de Borda , Chevau- leger de la Garde
du Roi , & M. Bezout , Cenſeur Royal & Maître
de Mathématiques. M. le Comte d'Argenfon
a écrit le 30 à l'Académie que le Roi avoit choiſi
M. de Borda.
Dans la même Affemblée du 23 , M. Necker ,
Citoyen de Geneve , fut élu Correſpondant de
l'Académie .
Le 23 Août , les Députés des Etats de Languedoc
eurent audience du Roi. Ils furent préſentés
à Sa Majesté par M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province , & par M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Sécretaire d'Etat ; & conduits
par M. de Gifeux , Maître des Cérémonies , en
furvivance de M. Defgranges. La Députation
étoit compofée , pour le Clergé , de l'Evêque de
Viviers qui porta la parole ; du Vicomte de Polignac
, pour la Nobleffe , & de Meſſieurs Valet
Député de Saint- Pons , & Montcabrier , Député
OCTOBRE . 1756. 209
de Toulouſe , pour le Tiers-Etat ; ainfi que de
M. de Montferrier , Syndic Général de la Province.
Ces Députés eurent enſuite audience de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Madame , & de Mefdames Victoire
, Sophie & Louife.
M. le Comte de Merle , Cornette de la premiere
Compagnie des Moufquetaires de la Garde,
eft défigné pour fuccéder à M. le Comte de Baſchi
en qualité d'Ambaffadeur du Roi auprès du Roi
de Portugal.
Sa Majefté a fait Brigadier de Cavalerie M. le
Comte de Perigord , Meftre de Camp- Lieutenant
du Régiment de Monfeigneur le Dauphin ;
Brigadier de Dragons , M. le Duc de Coigny ,
Meftre de Camp Général de ce Corps ; & Brigadier
d'Infanterie , M. le Chevalier de Gramont
Lieutenant-Colonel du Régiment de Vermandois.
Le Roi ayant réfolu de tenir fon Lit de Juftice,
Sa Majefté avant fon départ de Compiegne , ordonna
de faire dans le Château de Verfailles , les
préparatifs néceffaires pour cette cérémonie . La
grande Salle des Gardes fut choifie comme le lieu
qui y étoit le plus propre. M. Defgranges , Maître
des Cérémonies , après avoir reçu les ordres
du Roi , porta au Parlement le 20 Août au matin ,
une Lettre de Sa Majefté pour que le Parlement
fe rendît le lendemain à Verſailles en Corps de
Cour & en Robes rouges. Les Princes du Sang
furent avertis de la part du Roi par M. Defgranges
, qui envoya des Billets d'invitation aux Pairs ,
tant Eccléfiaftiques que Laïques ; aux Maréchaux
de France , aux Chevaliers des Ordres , aux Gouverneurs
& aux Lieutenans Généraux des Provinces.
Le 21 , le Parlement arriva fur les onze heures
à Versailles , & s'affembla dans les deux Salles
210 MERCURE DE FRANCE.
des Ambaffadeurs & du Confeil , d'où il fe rendit
à la Salle préparée pour le Lit de Juſtice . Lorfque
le Parlement eut pris fa féance en la maniere
accoutumée, il fit une Députation de quatre Préfidens
& de fix Confeillers , pour aller au - devant du
Roi. Sa Majesté en habit de cérémonie , fortit de
fon appartement , & la marche fe fit en cet ordre.
Les Tambours , Fifres , Haut- bois & Trompettes
de la Chambre. I es Lieutenans Généraux des Provinces
. Les Gouverneurs de Provinces. Les Chevaliers
des Ordres. Les Maréchaux de France . Les
Hérauts d'Armes . Les Princes du Sang . Le Maître
des Cérémonies . Deux Huiffiers de la Chambre
du Roi , portant leurs Maffes. M. le Prince de
Turenne , Grand Chambellan en furvivance de
M. le Duc de Bouillon ; & à la gauche du Prince
de Turenne le Comte de Brionne , Grand Ecuyer,
portant l'Epée de Parement du Roi . Le Marquis
de Mon mirel , Capitaine de la Compagnie des
Cent Suiffes de la Garde de Sa Majesté. Sur les
aîles près de la perfonne du Roi , les Préfidens &
Confellers Députés , & fix Gardes de la Manche
avec leurs Cortes d'armes & leurs Pertuifanes.
Derriere Sa Majefté , les quatre Capitaines des
Gardes du Corps . Le Chancelier de France fuivoit
le Roi , étant accompagné d'une partie des Confeillers
d'Etat & des Maîtres des Requêtes. Sa Majefté
fe plaça fur fon Trône. Elle avoit à la droite
Monfeigneur le Dauphin , dont le fiege (C ) étoit
placé fur le tapis de Sa Majefté . Aux hauts fieges
(D) du même côté , étoient le Duc d'Orléans , le
Prince de Condé , le Comte de Clermont , le
Prince de Conty & le Comte de la Marche
Princes du Sang. Sur le refte du banc , & fur un
banc en retour (G) , qui alloit juſqu'à la place du
dernier Prince du Sang ; les Ducs de Luynes , de
•
OCTOBRE . 1756 . 211
Briffac, de la Force , de Rohan , de Saint- Aignan ,
de Gefvres , le Maréchal Duc de Noailles , les
Ducs d'Aumont , de Bethune , de Fitzjames , d'Antin
, de Chaulnes , de Villars- Brancas de Lauraguais
, le Prince de Monaco , Duc de Valentinois
les Ducs de Biron , de la Valliere , & le Maréchal
de Belle -Ifle , Duc de Gifors , Pairs Laïcs . A la
gauche du Roy, aux bauis fieges ( H ) ; l'Evêque Duc
de Laon , l'Evêque Comte de Châlons , l'Evêque
Comte de Noyon , Pairs Eccléfiaftiques ; & les
Maréchaux de Coigny & de Balincourt , ( ces
deux Maréchaux de France étant venus avec le
Roi ) Aux pieds de Sa Majesté ( E ) ; le Prince de
Turenne , Grand Chambellan en furvivance du
Duc de Bouillon. A droite, fur un tabouret (F) , auprès
des degrés du Siege Royal , le Comte de Brionne
, Grand Ecuyer , portant au col l'Epée de Pa
rement du Roi. A gauche , fur un banc ( K ) au❤
deffous de celui des Pairs Ecclefiaftiques ; les qua
tre Capitaines des Gardes du Corps du Roi , & le
Marquis de Montmirel , Capitaine Colonel des
Cent Suiffes de la Garde. Plus bas étoit affis fur le
petit degré ( 2 ), par lequel on defcendoit dans le Parquet
, le fieur de Segur , Prevôt de Paris , tenant
un bâton blanc en fa main. Sur une chaise à bras
(L) couverte de l'extrêmité du tapis de velours violet
, femé de fleurs de lys d'or , fervant de drap de
pieds au Roi , Meflite Guillaume de Lamoignon ,
Chancelier de France , vêtu d'une robe de velours
violet , doublée de fatin cramoifi. Sur le banc (P)
répondant à celui où fiéent les Préfidens au Confeil
en la Chambre du Parlement ; Meffire René-
Charles de Maupeou , Premier Préfident ; MM .
Molé , Potier , le Peletier de Rozambo , de Maupeou
, de Lamoignon de Montrevault , d'Aligre ,
le Fevre- d'Ormeflon , & Bochart - de Saron , Sur
212 MERCURE DE FRANCE.
les trois bancs (QR ) couverts de tapisserie , formant
l'enceinte du Parquet ; les Confeillers d'Honneur,
les Préfidens des Enquêtes & des Requêtes , & les
Confeillers de la Grand'Chambre , mêlés . Dans le
Parquet , devant le Chancelier , étoient placés deux
tabourets , celui de la droite (M ) vacant par l'abfence
du Marquis de Dreux , Grand Maître des
Cérémonies , & celui de la gauche (N) occupé par
le fieur Defgranges , Maître des Cérémonies . Au
milieu du Parquet ( i ) & à genoux devant le Roi ,
deux Huiffiers de la Chambre de Sa Majesté ,
tenant leurs Maffes d'argent doré , & à quelque
diſtance ( k ) , fix Hérauts d'armes. Au côté droit ,
Sur les deux bancs ( SS ) couverts de tapis femés de
fleurs de lys ; les Confeillers d'Etat & Maîtres des
Requêtes , vêtus en robe de fatin noir , venus avec
le Chancelier. Sur une forme ( a ) à gauche , en entrant
, vis- à-vis des Préfidens ; le Comte de Saint
Florentin , le Comte d'Argenfon , M. Rouillé &
le Marquis de Paulmy , Secretaires d'Etat . Sur
trois autres bancs ( TVX ) à gauche dans le Parquet
, vis- a-vis des Confeillers d'Etat ; le Marquis
de Beringhen , le Comte de Lautrec , le Marquis
de Puyzieulx , le Comte de Vaulgrenant , le Marquis
de Saffenage , le Comte de Mailly , le Baron
de Montmorency , le Marquis de Chalmazel , le
Comte de la Vauguion , le Marquis d'Armentieres
, & le Marquis de l'Hopital , Chevaliers des
Ordres ; le Comte de Gifors , le Comte de Périgord
, le Marquis de la Tour-Dupin , & le Marquis
de la Salle , Gouverneurs de Provinces ; le
le Marquis de Montalambert , le Comte de Teffé ,
le Marquis de Beaupreau , le Comte de Valentinois
, le Comte de Choifeul , & le Marquis de
Brancas , Lieutenans Généraux de Provinces . A
côté de la forme où étoient les Sécretaires d'Etat ;
OCTOBRE. 1756. 213
le fieur Dufranc , Secretaire de la Cour , faifant
les fonctions de Greffier en Chef, & à côté de lui ,
un des trois principaux Commis pour la Grand'-
Chambre , tenant la plume ; ayant chacun devant
eux un bureau (66) couvert de velours violet . Sur
une autre forme (b) derriere ; le fieur Richard ,
Greffier en Chef Criminel , & les fieurs Yfabeau
& Héron-de Courgis , Secretaires de la Cour. Sur
une autreforme ( d ) , le Marquis de Sourches ,
Grand Prevôt de l'Hôtel . Sur un fiege (m) à l'entrée
du Parquet , le fieur Angely , premier Huiffier.
En la place (f) répondante à celle qu'ils occu
pent , toutes les Chambres aſſemblées , le fieur Joly
de Fleury, Avocat du Roi ; le fieur Joly de Fleury,
Procureur Général , & le fieur Seguier , auffi Avocat
du Roi. Sur le furplus des bancs ( gh , YZ) les
Confeillers des Enquêtes & Requêtes.
Le Roi s'étant affis & couvert , M. le Chancelier
dit , par ordre de Sa Majefté , qu'Elle commandoit
qu'on prêt féance : après quoi , le Roi ,
ayant ôté & remis fon chapeau , dit : « Meffieurs ,
» Je vous ai affemblés ici , pour vous faire fçavoir
» mes intentions & mes volontés ; mon Chance-
» lier va vous les expliquer » .
M. le Chancelier étant monté vers le Roi , &
s'étant agenouillé aux pieds de Sa Majesté pour
recevoir les ordres ; puis étant defcendu , remis
en fa place , affis & couvert , après avoir dit que
le Roi permettoit qu'on le couvrît , prononça le
Difcours fuivant .
MESSIEURS ,
« Pendant qu'une Nation , de tout temps enne-
» mie de la France , fait les derniers efforts pour
» enlever aux habitans de nos Colonies , des pof-
» feffions qui leur appartiennent par les titres les
plus légitimes ; qu'au milieu de la paix la plus
214 MERCURE DE FRANCE.
» profonde , elle ne craint point de violer les trai
tés les plus folemnels ; & que pour détruire no-
>> tre Commerce , elle emploie les voies les plus
» odieufes & les plus contraires à l'humanité , le
Roi ne peut voir qu'avec une extrême ſurpriſe
la réfiftance qu'apporte fon Parlement à la pu-
>> blication de trois de fes Déclarations , dont l'exé-
» cution doit procurer à Sa Majesté des fecours
» néceffaires pour le foutien de nos Colonies & le
> rétabliffement de notre Commerce.
>> On fçait que le Roi ne fait la guerre que
» pour l'intérêt de fes Sujets. Occupé du foin de
» les venger des hoftilités injuftes & continuelles
» qu'ils éprouvoient , il l'étoit encore plus de la
crainte d'être forcé de leur impofer des charges
» extraordinaires malheureuſement indifpenfables
» pour le foutien d'une guerre .
Après avoir oppofé longtemps la patience &
la modération aux entreprifes de fes ennemis , il
» s'eft enfin déterminé à repouffer par la voie des
>> armes leurs infultes multipliées ; & dans la né-
» ceffité d'établir des impôts , il a fait choix de
» ceux qui lui ont paru le moins onéreux . Tel eft
» le motif qui a donné lieu aux trois Déclarations
» que le Roi entend faire publier en fon Lit de
>> Juftice.
» Par la première , le Roi établit un nouveau
» Vingrieme pareil à celui qui fubfifte depuis l'an-
» née 1749 , & dont le produit eſt affecté au paie-
» ment des dettes de la derniere guerre. La per-
>> ception de ce nouveau Vingtieme ceffera trois
» mois après la publication de la Paix. Cette na-
»ture d'impofition fera moins à charge aux Peuples
que toute autre , parce qu'elle fe répartit
»fut tous les Sujets , chacun à proportion de fa
>> fortune..
OCTOBRE . 1756. 215
»
>> La feconde Déclaration ordonne la continua-
» tion pendant dix ans des Deux fols pour livre du
Dixieme , à commencer du dernier jour de l'an-
» née préfente. Le terme de cette impofition &
» de celui du premier Vingrieme , quo que fixé
>> d'une maniere certaine , n'eft pas auffi proche
» que Sa Majesté le defireroit ; mais il faut confi
>> dérer que P'un & l'autre étant deftinés à l'acquit
» des dettes de l'Etat , ils doivent fubfifter julqu'i
» ce que les dettes de l'Etat foient acquittées.
» C'eſt à tort & vainement qu'on cherche à
» jetter l'allarme dans les efprits , en faifant en-
>> tendre que l'incertitude de la durée & la lon-
»gueur de ces deux impofitions font capables dedis
>> minuer le courage des fujets du Roi , & d'altérer
» la confiance qui font la véritable force du Sou-
» verain & de l'Etat. Le témoignage que Sa Ma
» jeſté ſe rend à Elle-même de la tendre affection
» pour les peuples , lui eft un gage affuré de leur
» confiance , en même-temps que les preuves
» qu'il leur a tant de fois données de fon empref-
» fement à les foulager , ſoutiendront toujours &
>> animeront leur courage , furtout dans ce mo-
➤ment où leur honneur & leur fûreté ſont égale-
» ment intéreffés.
» Enfin , par la troifieme Déclaration , le Roi
» proroge pour un certain temps , plufieurs droits
» qui fe perçoivent dans la ville de Paris . Sa Ma-
» jefté n'a pu fe difpenfer d'ordonner cette proro-
» gation qui ne peut être regardée comme pré-
» maturée , parce qu'elle eft néceffaire pour affurer
les engagemens que les conjonctures ont
» forcé de contracter . Quelque onéreux que ces
» droits paroiffent être pour les habitans de la
» Capitale , ils en font en partie dédommagés par
l'ordre & la regle que ceux qui font chargés do
216 MERCURE DE FRANCE.
» les percevoir établiffent dans les marchés pour
faciliter le débit des denrées , & pour en pro-
фу
» curer Pabondance : on voit d'ailleurs par le tarif
» attaché à la Déclaration , l'attention qu'a eu le
» Roi de diminuer , & même de fupprimer entié-
>> rement plufieurs de ces droits fur les denrées les
» plus néceffaires à la vie.
» Le Roi veut donc , que nonobftant les repré-
» fentations réitérées de fon Parlement , fes Déclarations
foient exécutées dans toute leur éten-
» due & fans délai , afin de ne pas interrompre
ni retarder les opérations néceffaires pour
» profiter des fuccès que le Ciel vient d'accorder
» à fes armes.
» Ces heureux événemens dont le Roi n'eft
» flatté que parce qu'il les regarde comme le pré-
» fage d'une paix glorieufe , doivent redoubler
> notre zele. Pourrions-nous regretter des ſecours
» que Sa Majefté ne veut employer que pour
» notre défenfe , fans manquer à ce que nous lui
રે
» devons & à ce que nous nous devons à nous-
» mêmes ! »
Après que M. le Chancelier eut ceffé de parler,
M.le Premier Préfident & tous les Préfidens & Confeillers
mirent un genou en terre. Le Chancelier
leur dit , Le Roi ordonne que vous vous leviez. Ils
fe leverent , & demeurerent debout & découverts.
Alors M.le Premier Préfident parla, & fon Diſcours
fini , le Chancelier monta vers le Roi pour prendre
fes ordres , un genou en terre . Remis en fa
place , affis & découvert , il fit ouvrir les portes ,
& il ordonna au fieur Dufranc de lire les trois
Déclarations. Les portes furent ouvertes , & le
fieur Dufranc ayant lu les Déclarations debout &
découvert , le Chancelier dit aux Gens du Roi
qu'ils pouvoient parler. Aufli -tôt les Gens du Roi
fc
OCTOBRE. 1756. 217
fe mirent à genoux . M. le Chancelier leur dit que le
Roi ordonnoit qu'ils fe levaflent . Ils fe leverent ,'
& debout & découverts , après un Difcours prononcé
par M. Joly de Fleury , Avocat du Roi ,
portant la parole , ils requirent qu'il plût à Sa
Majefté ordonner que fur le repli des trois Déclarations
il fût mis qu'elles avoient été lues &
publiées , Sa Majeſté léante en fon lit de Juſtice ,
& régiítrées au Greffe de la Cour pour être exécu
tées felon leur forme & teneur ; & qu'à l'égard
des deux premieres , Copies collationnées en feroient
envoyées aux Bailliages & Sénéchauffées du
reffort , pour y être pareillement lues , publiées
& enrégiftrées , avec injonction à leurs Subftituts
d'y tenir la main , & d'en certifier la Cour dans le
mois.
Après quoi M. le Chancelier monta vers le Roi ,
mit un genou en terre pour recevoir les ordres ,
& alla prendre l'avis de Monfeigneur le Dauphin ,
des Princes du Sang , des Pairs Laïcs , du Grand
Ecuyer & du Grand Chambellan . Il paffa devant
le Roi , lui fit une profonde révérence , & prit
l'avis des Pairs Eccléfiaftiques , des Maréchaux de
France venus avec le Roi , & des quatre Capitaines
des Gardes du Corps de Sa Majesté . Puis il defcendit
dans le parquet pour prendre les avis du Premier
Préfident , des Préfidens du Parlement , des
Confeillers d'Etats & des Maî res des Requêtes
des Confeillers d'honneur , des Préfidens des Enquêtes
& des Requêtes , & des Confeillers du
Parlement. Il remonta vers le Roi , mit un genou
en terre , redefcendit , & étant affis & couvert , il
prononça :
« Le Roi , féant en fon Lit de Juſtice , a or-
»donné & ordonne que les Déclarations , qui
viennent d'être lues, feront enrégiftrées au Greffe
I. Vol. Κ
218 MERCURE DE FRANCE.
»>de fon Parlement , & que fur le repli d'icelles ;
nil foit mis que lecture en a été faite , & l'enré-
»giftrement ordonné ; ce requérant fon Procu-
»reur Général , pour être le contenu en icelles
>> exécuté felon leur forme & teneur ; & Copies
>>collationnées des deux Déclarations , l'une por-
>> tant établiſſement d'un fecond vingtieme , l'au-
»tre portant prorogation du droit de deux fols
>>pour livre du dizieme , envoyées aux Bailliages
& Sénéchauffées du reffort , pour y être pareik
plement lucs , publiées & régiftrées . Enjoint aux
>>Subftituts de fon Procureur Général d'y tenir la
»main , & d'en certifier la Cour au mois. >>
Enfuite M. le Chancelier dit , que pour la plus
prompte exécution de ce qui venoit d'être or
donné , le Roi vouloit que par le Secretaire de la
Cour , faifant les fonctions de Greffier en Chef
de fon Parlement , il fût mis dans l'inftant même
fur le repli des trois Déclarations qui avoient été
publiées , ce que Sa Majesté avoit ordonné qu'on
y mit. Ce qui ayant été exécuté , le Roi fe leva ,
& fortit dans le même ordre qu'il étoit entré.
Le 25 Août , le Corps de Ville alla à Versailles ,
& ayant à la tête M. le Duc de Gefvres , Gouverneur
de Paris , il eut audience du Roi. Il fut préfenté
à Sa Majesté par M. le Comte d'Argenlon ,
Miniftre & Secretaire d'Etat , & conduit par M.
Defgranges , Maître des Cérémonies . M. de Ber
nage qui a été continué Prevôt des Marchands , &
MM. Lempereur & Tribard , nouveaux Echevins ,
prêterent entre les mains du Roi le ferment de
fidélité , dont M. le Comte d'Argenſon fit la lecture
, ainfi que du fcrutin qui fut préfenté par M.
de la Live de la Briche , Avocat du Roi au Châtelet.
Après cette audience , le Corps de Ville cut
l'honneur de rendre les refpects à la Reine & àla
Famille Royale .
OCTOBRE . 1756. 219
On apprend par des Lettres de l'Ifle Royale
les circonftances fuivantes d'un combat de M.
Beauffier , qui commande l'Efcadre du Roi , partie
de Breft au mois d'Avril dernier , avec les troupes
que Sa Majesté a fait paffer en Canada. M. Beauf
fier revenant de Québec , faifoit route pour Louifbourg
, lorfque le 16 Juillet il apperçut à la diftance
d'environ trois lieues dans le Sud de ce
dernier Port , deux Vaiffeaux Anglois avec deux
Frégates , qui portoient au plus près du vent pour
le reconnoître. M. Beauffier avoit alors avec le
Vaiffeau le Héros qu'il monte , l'illuftre , commandé
par M. de Montalais , Capitaine de Vaiffeau
, & les Frégates la Lycorne & la Syrene , que
commandent MM. de la Rigaudiere & de Brougnon
, Lieutenans de Vaiffeaux. Profitant du vent
du Nord qui fouffloit , il arriva fur le champ
grand fargue fur les Anglois , qui revirerent
promptement de bord , & prirent chaffe. La
crainte de tomber trop fous le vent de Louisbourg,
où il avoit ordre de remettre des provifions deftinées
pour cette Colonie , l'empêcha de poursuivre
long-temps les Anglois , & il entra le même jour
dans ce Port. Il fe preffa d'y débarquer les effets
dont il étoit chargé , ainfi que quelques malades
de fes équipages ; & le lendemain dès cinq heures
du matin , il fe trouva fous voile , & appareilla
pour aller chercher les ennemis. Vers midi il
reconnut les deux Vaiffeaux qu'il avoit chaffés là
veille , & qui n'avoient plus qu'une Frégate avec
& eux. Il força de voiles pour les joindre , & ils firent
la même maneuvre pour l'éviter. M. de
Breugnon joignit bientôt la Frégate Angloife , &
l'attaqua fi vivement , qu'elle fe replia fous le
canon des deux Vaiffeaux , dont le feu ralentit la
pourfuite de M. de Breugnon , qui fut même
M
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
obligé de s'écarter un peu . Sa manoeuvre fervit
cependant à donner à M. Beauffier le temps d'ap
procher les deux Vaiffeaux Anglois , dont l'un
étoit de 74 & l'autre de 64 canons. Il tira d'abord
fur l'un , comptant que l'autre qui étoit fur fa
hanche alloit être attaqué par M. de Montalais.
Mais le calme qui furvint en ce moment , rendit
inutiles tous les efforts que celui - ci put faire
pour s'approcher ; enforte que M. Beauflier eut à
combattre les deux Vaiffeaux Anglois. Le combat
fut très-vif de part & d'autre jufqu'à fept heures
du foir , qu'un petit vent qui s'éleva , ayant donné
à M. de Montalais occafion de faire de la voile ,
les ennemis en profiterent pour s'éloigner. Le
Vaiffeau le Héros fe trouvant prefque défemparé ,
M. Beauffier fut hors d'état de les pourfuivre.
Il s'occupa durant la nuit à faire changer les
voiles & les manoeuvres qui avoient été coupées
dans le Vaiffeau , & il efpéroit de pouvoir rejoin.
dre les ennemis. Mais le lendemain 20 , à huit
heures du matin , il les apperçut , forçant toujours
de voiles , & à une telle dittance , que ne pou
vant pas fe flatter de les approcher , malgré le
mauvais état où ils paroiffoient être , il prit le
parti de retourner à Louifbourg , pour y réparer
entiérement le dommage que le Vaiffeau le Héros
avoit fouffert. Ce Vaiffeau a reçu dans le combat
plus de deux cens coups de canon , foit dans fes
oeuvres- mortes , foit dans fa mâture , fans compter
ceux qui ont porté au deffous de la flottaifon .
Il y a eu dix-huit hommes tués , quarante buit de
bleffés du nombre des derniers font M. de Faget
, Enfeigne de Vaiffeau , qui a une bleffure
confidérable d'un coup de canon à la cuiffe , &
M. Beauffier lui - même , d'un éclat qui a porré
fur la jambe gauche. Cet Officier eſt arrivé au
OCTOBRE. 1756. 211
les
Port Louis le 9 Septembre , avec les Vaiffeaux le
Héros qu'il commande , PIlluftre & la Frégate
la Sirenne. Il étoit parti de Louifbourg le 13
Août , & il avoit alors avec lui la Frégate la Licorne
, commandée par M. Froger de la Rigaudiere
, laquelle s'étant féparée le jour du départ
dans une brume , eft arrivée à Breft quelques jours
avant ces autres Bâtimens. Pendant leur traverfée
, M. Beauflier a fait huit différentes prifes ,
dont trois font chargées de fucre & d'autres denrées
des Iles de l'Amérique. Il a amené avec lui
quatre cens prifonniers , dans le nombre defquels.
font deux Officiers & cent foixante - un foldats
Allemands , qui étoient deftinés pour le Régiment
Royal Américain.
Les Lettres qu'on a reçues par cette occafion ,
portent que, fuivant les rapports faits par les Capitaines
de deux Goëlettes arrivées depuis peu de
Quebec à Louisbourg , M. de Villiers , Capitaine
dans les troupes du Canada , Commandant
un Détachement compofé de Soldats , Canadiens
& Sauvages , avoit attaqué fur la riviere de
Choueguen un convoi confidérable de Bateaux
Anglois , dont il avoit tué 4 à 500 hommes , fait
60 ou 80 prifonniers , & pris tous les Bateaux ,
que les Anglois avoient abandonnés pour ſe ſauver
à terre.
M. l'Evêque d'Autun fut élût le 19 Août , pour
premplir la place qui vaquoit dans l'Académie
Françoife par la mort du Cardinal de Soubize.
La joie que le fuccès de nos armes a repandu
Fa dans tous les coeurs a été d'autant plus vive , que·
Le l'Europe entiere ne croyoit pas notre marine en
& état de former des entreprifes auffi confidérables .
La Cour a témoigné ſa ſatisfaction à l'occaſion de
ala prife du Fort Saint- Philippe , par les illumina-
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
tions les plus galantes . M. le Duc de Gefvres tou
jours magnifique , après s'être uni au public par
Pillumination de fon Hôtel le jour du Te Deum
chanté à la Chapelle du Roi , & le vingt- cinq
Juillet , jour du feu de joie de la ville de Compiegne
qu'il avoit ordonné comme Gouverneur de
la Province , & après avoir fait couler à la porte
de fon Hôtel des fontaines de vin , s'eft diftingué
le 6 Août par une Fête particuliere , où la magnificence
a répondu au bon goût fi reconnu de ce
Seigneur. Il fit fuccéder à un fouper fomptueux
un Feu d'artifice Italien en plufieurs décorations.
La façade & l'intérieur de fon Hôtel & des Jardins
furent fuperbement illuminés fous divers formes
d'architecture . La Fête fut terminée par un bal
où se trouverent les Princes , les Miniftres , les
Etrangers de diftinction , & toutes les Dames de
la Cour .
Le Roi chaffa le 31 Août dans la Plaine de Grenelle
, & foupa à Mont - Rouge chez M. le Duc de
la Valliere.
Meffieurs de Reillans & de Teffieres , Exempts
des Gardes du Corps dans la Compagnie de Mirepoix
, ayant obtenu leur retraite , le Roi a difpofé
de leurs emplois en faveur de M. le Chevalier de
Flahaut & de M. le Marquis de Vexin. Sa Majefté a
nommé MM . de la Villeneuve & de la Seunniere ,
Brigadiers de la même Compagnie , à la place de
MM. de la Ripiere & de Chateauroy , qui ont
auffi obtenu leur retraite . MM . de Beaupine & de
´la Boire ont été faits fous - Brigadiers. Des Commiffions
de Capitaines de Cavalerie ont été expédiées
à plufieurs Gardes du Corps .
On a arrêté deux Anglois , accufés d'être les
incendiaires , qui ont mis le feu , il y a quelque
temps , à un magaſin de Rochefort.
OCTOBRE. 1756. 223
Des Armateurs de Marſeille y ont conduit fiz
prifes eftimées fix cens mille livres.
Un petit Bâtiment à rames de huit canons ,
forti du même Port , & commandé par le Capitaine
Gaffen , s'eft battu pendant trois heures à
la vue du Port de Livourne , contre un Corfaire
Anglois de vingt canons. On eft informé par
des Lettres de ce dernier Port , que le Corfaire a
eu dix-neuf hommes de tués , & un grand nombre
de bleffés . De fon propre aveu , il étoit prêt à fe
rendre , lorfque l'équipage du Capitaine Gaffen ,
aqui étoit mêlé d'étrangers , refufa de fe préſenter
une quatrieme fois à l'abordage. Ce Capitaine n'a
perdu qu'un homme. Depuis que le Corfaire Anglois
eft retourné à Livourne , où le mauvais état
de fon Vaiffeau l'a obligé de relâcher , on y travaille
à lui faire fon procès , fur ce qu'il a défobéï
à une Ordonnance de l'Empereur , en fortant de
-ce Port avec plus de quatre canons.
M. le Maréchal Duc de Richelieu arriva le premier
de Septembre à Paris , & le même jour il eut
P'honneur de faluer le Roi à Choify . Le , M. le
-Duc de Fronsac eut à Verſailles le même honneur.
Le Roi a nommé M. l'Abbé Comte de Bernis ,
fon Ambaffadeur à la Cour de Vienne ; & M. le
Marquis d'Aubeterre eft défigné pour réfider
avec le même caractere à la Cour de Madrid.
Fermer
Résumé : « Le premier Août, vingt-quatre des principaux habitans de Chantilly ont signalé [...] »
En août 1756, plusieurs événements marquants eurent lieu en France. Le 1er août, les habitants de Chantilly célébrèrent la naissance du Duc de Bourbon et la convalescence de Mademoiselle de Bourbon par une fête en l'honneur du Prince de Condé. La fête débuta par un Te Deum solennel suivi de trente-six coups de canon. Un feu d'artifice fut tiré devant le petit Château, et des bateaux sur la pièce d'eau simulèrent une attaque contre un fort, avec des fusées et des bombes. Le sculpteur Coufinet dirigea l'attaque des bateaux, tandis que les sieurs Capitain et Maurice dirigèrent le reste du feu d'artifice. Après l'artifice, neuf portiques illuminés furent révélés, et un souper suivi d'un bal fut organisé. Le Maréchal Duc de Richelieu céda sa charge de premier Gentilhomme de la Chambre à son fils, le Duc de Fronsac. Le Roi nomma M. de Fremeur gouverneur de Monmédy et le Marquis de Talaru gouverneur des villes et châteaux de Phaltzbourg et de Saltzbourg. Le 9 août, le Roi reçut les comtes d'Egmont et de Balbi comme Chevaliers de l'Ordre de Saint Louis. Des orages violents causèrent des dégâts en Franche-Comté, et le Dauphin passa en revue son régiment de cavalerie à Favières. Le Roi revit également le Régiment Royal, Cavalerie, près de Compiègne. Des ordonnances royales modifièrent l'état-major des brigades du Régiment des Grenadiers de France et augmentèrent les effectifs de plusieurs régiments d'infanterie. Le 15 août, une procession solennelle pour l'Assomption de la Sainte Vierge eut lieu à Paris. Le Roi accorda diverses promotions et pensions à des officiers des Mousquetaires. L'Académie Royale des Sciences choisit le Chevalier de Borda comme Adjoint-Géomètre et élut M. Necker comme Correspondant. Les députés des États de Languedoc furent reçus par le Roi et la famille royale. Le Comte de Merle fut désigné ambassadeur auprès du Roi de Portugal. Le Roi nomma plusieurs brigadiers et fit les préparatifs pour tenir son Lit de Justice à Versailles, où le Parlement et les pairs se rassemblèrent le 21 août. Le 25 août, le Corps de Ville se rendit à Versailles et prêta serment de fidélité au roi. Le Comte d'Argenson présenta un scrutin rédigé par M. de la Live de la Briche, Avocat du Roi au Châtelet. Le Corps de Ville rendit ensuite hommage à la Reine et à la Famille Royale. Des lettres de l'Île Royale rapportèrent un combat impliquant M. Beaufier, commandant une escadre partie de Brest en avril 1756 pour le Canada. Beaufier engagea un combat contre deux vaisseaux anglais près de Louisbourg, subissant de lourds dommages et plusieurs blessés. Il captura huit navires ennemis et amené quatre cents prisonniers. M. de Villiers attaqua un convoi anglais sur la rivière de Choueguen, tuant plusieurs centaines d'hommes et capturant des bateaux. En France, M. l'Évêque d'Autun fut élu à l'Académie Française pour remplacer le Cardinal de Soubize. La Cour célébra les succès militaires par des illuminations et des fêtes. Le Roi nomma l'Abbé Comte de Bernis ambassadeur à Vienne et le Marquis d'Aubeterre à Madrid.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 223-227
DESCRIPTION de la décoration du Temple de Mars, & du Feu d'artifice que la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer la prise du Fort S. Philippe.
Début :
Le Plan du Temple de Mars représentoit un quarré parfait. [...]
Mots clefs :
Bordeaux, Temple de Mars, Feux d'artifice, Obélisque, Marbre, Dorures, Arcade, Statues, Maréchal de Richelieu, Symbolique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION de la décoration du Temple de Mars, & du Feu d'artifice que la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer la prise du Fort S. Philippe.
DESCRIPTION de la décoration du
Temple de Mars , & du Feu d'artifice que
la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer
la prife du Fort S. Philippe
LE Plan du Temple de Mars repréfentoit un
quarré parfait. Sa hauteur, depuis le pavé jufqu'au
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
deffus de la corniche étoit de vingt-deux pieds ;
au deffus de la corniche ou entablement , & au
pourtour de tout l'édifice régnoit une balustrade
dorée de quatre pieds de hauteur.
Au deffus , & fur le milieu du Temple , s'élevoit
un obélifque de trente-fix pieds de hauteur , furmonté
d'un grand Globe d'artifice de cinq pieds
de diametre.
Toute la hauteur de l'édifice étoit de foixantelept
pieds ; tous les corps maffifs du Temple
étoient peints en marbre Sérancolin , & les tables .
& panneaux en marbre verd antique ; les focles du
Temple & de l'obélifque étoient en grotte.
La façade , du côté de l'Hôtel de Ville , étoit
décorée d'un avant - corps de dix- fept pieds de largeur
,fur un pied fix pouces de faillie , dans le milieu
duquel il y avoit une arcade de neuf pieds de
largeur fur dix-neuf pieds d'élévation , formée
par deux pilaftres de quatre pieds de largeur , à
cadres doiés & ornés des panneaux de relief, fur
lefquels étoient peints & rehauffés en or des trophées
d'armes entrelacées de branches de lauriers.
L'impofte , l'archivolte & les tables qui régnoient
au tour de l'archivolte étoient de relief
doré.
Au deffus de l'arcade étoit placé un grand cartouche
en relief de fix pieds fix pouces de largeur
fur neuf pieds de hauteur, y compris la couronne ,
dans lequel étoient deux écuffons accolés aux Armes
de France & de Navarre , entourées des colliers
des Ordres du Roi ; le cartouche , la couronne
& tous les ornemens étoient dorés , & les écusfons
blazonnés en couleur.
Au bas du cartouche , & joignant l'archivolte ;
fortoient deux chûtes en feftons de feuilles de
laurier , en relief doré , de neuf pieds de longueur,
OCTOBRE. 1756. 225
de l'extrêmité defquelles tomboient des guirlandes
auffi de relief , attachées par des agraites.
Dans le renfoncement de l'arcade , étoit placée
la ftatue de M. le Maréchal de Richelieu fous
les habits du Dieu Mars , l'épée à la main , &
appuyée fur des trophées d'armes mêlés de lauriers
; à côté étoit un génie portant le bâton
de Maréchal de France , & les armes de M. le
Duc de Richelieu ; ce grouppe de bronze peint en
tranfparent , étoit élevé fur un piedeſtal Corinthien
de marbre de Carrare , dans le panneau duquel
on lifoit cette infcription : Marti Gallico
civitas Burdigalenfis pofuit.
Le piedeftal portoit fur trois marches de marbre
blanc , veiné.
De chaque côté de l'avant- corps & dans les
parties fimples , étoient deux grands cadres à
bordures & ceintres dorés , ornés dans leur milieu
d'agraffes , le tout en relief doré de fix pieds
fix pouces de largeur , fur treize pieds de hauteur,
y compris un fecond focle peint en marbre de
Carrare , fur lefquels repofoient deux tableaux de
coloris en tranfparent , dont l'un représentoit
Neptune fortant du fein de la mer , appuyé fur un
rocher , tendant fes bras au Génie de la France
qui lui ôtoit des fers qu'il préfentoit à la ftatue
de M. le Maréchal de Richelieu . Dans le focle
da tranfparent qui étoit au bas du tableau ,
étoient ces mots : Neptunus Mediterraneus. Liberatori
fuo. L'Attique au deffus de ce tableau
étoit ornée & chantournée d'une bordure en relief
doré , au milieu de laquelle on voyoit en tranfparent
colorié les colonnes d'Hercule pofées fur des
rochers , entre lefquels étoient la maffue de ce:
Dieu avec la dépouille du Lion de Némée : autour:
étoient ces mots : Et plus ultrà , pour défignen
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
que
les conquêtes du Roi fur les Anglois s'éten➡
droient au delà de Gibraltar figuré par les colonnes
d'Hercule .
Le fecond tableau auffi en tranfparent à gauche
de l'avant -corps , repréfentoit la ville de Bordeaux
fous la figure d'ure femme couronnée de
tours , couverte d'une robe rouge , parfemée de
croiflans d'argent qui font partie des armes de la
Ville. Cette figure dans une attitude d'admiration
pofoit une couronne de lauriers fur l'écuffon
des armes de Monfeigneur le Maréchal de Richelien
, fupportées par deux Génies , dont l'un tenoit
des palmes , & l'autre le bâton de Maréchal
entouré de lauriers .Cet écuffon repofoit fur des tro.
phées d'armes. A côté de la ville de Bordeaux étoit
un autre Génie appuyé fur les armes de la Ville .
Dans le focle on lifoit cette infcription : Civi
tas Burdigalenfis . Gubernatori invictiffimo. Dans
l'Attique au- deffus , ornée comme la précédente
, étoit peint en tranfparent un grand foleil
rayonnant , prefque tout couvert , & traversé dans
fon milieu par d'épais nuages , avec ces mots :
Tegitur , dum fulmina pariet ; pour repréſenter la
longue modération du Roi dont les Anglois ont
fi longtemps abufé , & le fecret impénétrable
avec lequel Sa Majesté a préparé & difpofé toutes
les opérations d'une campagne dont le fuccès
étonne aujourd'ui l'Angleterre.
Tout ce qui peut rendre plus éclatante une
grande fête , fut employé dans celle- ci avec une
magnificence extraordinaire. Illumination géné
tale , feux devant les portes , grand fouper où
cert femmes furent fervies par deux cens cava-
Jicis , feu d'artifice très- long & très - heureuſement
exécuté , bal mafqué répété dans fix falles
immenfes, tout ce que l'art , lajoie & le zele peuOCTOBRE.
1756. 227
vent inventer fut mis en ufage pour exprimer
Padmiration pour M. de Richelieu , & l'amour pour
le Roi.
Temple de Mars , & du Feu d'artifice que
la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer
la prife du Fort S. Philippe
LE Plan du Temple de Mars repréfentoit un
quarré parfait. Sa hauteur, depuis le pavé jufqu'au
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
deffus de la corniche étoit de vingt-deux pieds ;
au deffus de la corniche ou entablement , & au
pourtour de tout l'édifice régnoit une balustrade
dorée de quatre pieds de hauteur.
Au deffus , & fur le milieu du Temple , s'élevoit
un obélifque de trente-fix pieds de hauteur , furmonté
d'un grand Globe d'artifice de cinq pieds
de diametre.
Toute la hauteur de l'édifice étoit de foixantelept
pieds ; tous les corps maffifs du Temple
étoient peints en marbre Sérancolin , & les tables .
& panneaux en marbre verd antique ; les focles du
Temple & de l'obélifque étoient en grotte.
La façade , du côté de l'Hôtel de Ville , étoit
décorée d'un avant - corps de dix- fept pieds de largeur
,fur un pied fix pouces de faillie , dans le milieu
duquel il y avoit une arcade de neuf pieds de
largeur fur dix-neuf pieds d'élévation , formée
par deux pilaftres de quatre pieds de largeur , à
cadres doiés & ornés des panneaux de relief, fur
lefquels étoient peints & rehauffés en or des trophées
d'armes entrelacées de branches de lauriers.
L'impofte , l'archivolte & les tables qui régnoient
au tour de l'archivolte étoient de relief
doré.
Au deffus de l'arcade étoit placé un grand cartouche
en relief de fix pieds fix pouces de largeur
fur neuf pieds de hauteur, y compris la couronne ,
dans lequel étoient deux écuffons accolés aux Armes
de France & de Navarre , entourées des colliers
des Ordres du Roi ; le cartouche , la couronne
& tous les ornemens étoient dorés , & les écusfons
blazonnés en couleur.
Au bas du cartouche , & joignant l'archivolte ;
fortoient deux chûtes en feftons de feuilles de
laurier , en relief doré , de neuf pieds de longueur,
OCTOBRE. 1756. 225
de l'extrêmité defquelles tomboient des guirlandes
auffi de relief , attachées par des agraites.
Dans le renfoncement de l'arcade , étoit placée
la ftatue de M. le Maréchal de Richelieu fous
les habits du Dieu Mars , l'épée à la main , &
appuyée fur des trophées d'armes mêlés de lauriers
; à côté étoit un génie portant le bâton
de Maréchal de France , & les armes de M. le
Duc de Richelieu ; ce grouppe de bronze peint en
tranfparent , étoit élevé fur un piedeſtal Corinthien
de marbre de Carrare , dans le panneau duquel
on lifoit cette infcription : Marti Gallico
civitas Burdigalenfis pofuit.
Le piedeftal portoit fur trois marches de marbre
blanc , veiné.
De chaque côté de l'avant- corps & dans les
parties fimples , étoient deux grands cadres à
bordures & ceintres dorés , ornés dans leur milieu
d'agraffes , le tout en relief doré de fix pieds
fix pouces de largeur , fur treize pieds de hauteur,
y compris un fecond focle peint en marbre de
Carrare , fur lefquels repofoient deux tableaux de
coloris en tranfparent , dont l'un représentoit
Neptune fortant du fein de la mer , appuyé fur un
rocher , tendant fes bras au Génie de la France
qui lui ôtoit des fers qu'il préfentoit à la ftatue
de M. le Maréchal de Richelieu . Dans le focle
da tranfparent qui étoit au bas du tableau ,
étoient ces mots : Neptunus Mediterraneus. Liberatori
fuo. L'Attique au deffus de ce tableau
étoit ornée & chantournée d'une bordure en relief
doré , au milieu de laquelle on voyoit en tranfparent
colorié les colonnes d'Hercule pofées fur des
rochers , entre lefquels étoient la maffue de ce:
Dieu avec la dépouille du Lion de Némée : autour:
étoient ces mots : Et plus ultrà , pour défignen
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
que
les conquêtes du Roi fur les Anglois s'éten➡
droient au delà de Gibraltar figuré par les colonnes
d'Hercule .
Le fecond tableau auffi en tranfparent à gauche
de l'avant -corps , repréfentoit la ville de Bordeaux
fous la figure d'ure femme couronnée de
tours , couverte d'une robe rouge , parfemée de
croiflans d'argent qui font partie des armes de la
Ville. Cette figure dans une attitude d'admiration
pofoit une couronne de lauriers fur l'écuffon
des armes de Monfeigneur le Maréchal de Richelien
, fupportées par deux Génies , dont l'un tenoit
des palmes , & l'autre le bâton de Maréchal
entouré de lauriers .Cet écuffon repofoit fur des tro.
phées d'armes. A côté de la ville de Bordeaux étoit
un autre Génie appuyé fur les armes de la Ville .
Dans le focle on lifoit cette infcription : Civi
tas Burdigalenfis . Gubernatori invictiffimo. Dans
l'Attique au- deffus , ornée comme la précédente
, étoit peint en tranfparent un grand foleil
rayonnant , prefque tout couvert , & traversé dans
fon milieu par d'épais nuages , avec ces mots :
Tegitur , dum fulmina pariet ; pour repréſenter la
longue modération du Roi dont les Anglois ont
fi longtemps abufé , & le fecret impénétrable
avec lequel Sa Majesté a préparé & difpofé toutes
les opérations d'une campagne dont le fuccès
étonne aujourd'ui l'Angleterre.
Tout ce qui peut rendre plus éclatante une
grande fête , fut employé dans celle- ci avec une
magnificence extraordinaire. Illumination géné
tale , feux devant les portes , grand fouper où
cert femmes furent fervies par deux cens cava-
Jicis , feu d'artifice très- long & très - heureuſement
exécuté , bal mafqué répété dans fix falles
immenfes, tout ce que l'art , lajoie & le zele peuOCTOBRE.
1756. 227
vent inventer fut mis en ufage pour exprimer
Padmiration pour M. de Richelieu , & l'amour pour
le Roi.
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Résumé : DESCRIPTION de la décoration du Temple de Mars, & du Feu d'artifice que la ville de Bordeaux a fait tirer pour célébrer la prise du Fort S. Philippe.
Le texte décrit les festivités organisées par la ville de Bordeaux pour célébrer la prise du Fort Saint-Philippe, mettant en avant la décoration du Temple de Mars et un feu d'artifice. Le Temple de Mars était un édifice carré de soixante-sept pieds de hauteur, orné d'une balustrade dorée et d'un obélisque surmonté d'un globe d'artifice. Les matériaux utilisés comprenaient du marbre Sérancolin et du marbre verd antique, avec des décorations en grottes. La façade côté Hôtel de Ville présentait un avant-corps de dix-sept pieds de largeur, avec une arcade de neuf pieds de largeur et dix-neuf pieds d'élévation. Cette arcade était ornée de trophées d'armes et de lauriers. Au-dessus de l'arcade, un cartouche doré affichait les armes de France et de Navarre. Dans l'arcade, une statue du Maréchal de Richelieu en habit de Mars était accompagnée d'un génie portant le bâton de Maréchal. De chaque côté de l'avant-corps, deux tableaux en transparent représentaient Neptune libérant la statue du Maréchal et la ville de Bordeaux couronnant les armes du Maréchal. Ces tableaux étaient ornés de bordures dorées et d'inscriptions latines. La célébration comprenait une illumination générale, des feux devant les portes, un grand souper servi par deux cents cavaliers, un feu d'artifice et des bals masqués dans six salles immenses. Cette fête visait à exprimer l'admiration pour le Maréchal de Richelieu et l'amour pour le Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 227-228
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a accordé à l'Abbaye de Bellaigue, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Bénéfices donnés, Abbayes, Ordres, Diocèses, Religieuses
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SA
›
A Majefté a accordé l'Abbaye de Bellaigue ,
Ordre de Câteaux , Diocèfe de Clermont , à M.
l'Abbé de Durat ; l'Abbaye de Corbie , Ordre de
Saint Benoît , Diocèle d'Amiens , au Cardinal de
Luynes , Archevêque de Sens celle de Saint
Vincent , même Ordre , Diocèfe & Ville de
Laon , au Cardinal de Gefvres ; celle d'Herivaux
Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Paris
, à M. l'Abbé Boifot , Prêtre du Diocèfe de
Befançon; celle de Bellevaux , Ordre de Prémontré
, Diocèfe de Nevers , à M. l'Abbé de Chaffois
l'Abbaye Réguliere de Notre- Dame , Ordre
de Saint Benoît , Diocèfe & Ville de Troyes ,
à la Dame de Montmorin , Religieufe dudit Ordre
; & celle de Villechaffon , même Ordre ,
transférée dans la Ville de Moret , Diocèfe de
Sens , à la Dame d'Arcy , Religieufe de la Congrégation
de Compiegne ; l'Abbaye de Saint
Medard , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de
Soiffons , à M. l'Abbé Comte de Bernis , Confeiller
d'Etat Eccléfiaftique , & Ambaffadeur Extraordinaire
du Roi auprès de Sa Majesté Catho
lique ; l'Abbaye de Lien- Dieu en Jard , Ordre de
Prémontré , Diocèle de Luçon , à M. l'Abbé de
Chalmazel , Vicaire Général de l'Archevêché de
Sens ; celle de Mortemer , Ordre de Câteaux ,
Diocèle de Rouen , à M. l'Abbé de la Luzerne ;
& un Canonicat de la Sainte Chapelle de Paris ,
à M. l'Abbé de Perthuys , un des Chapelains de
Madame.
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi a accordé l'Abbaye de la Chaife-Dieu
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Clermont ,.
au Prince Louis - René - Edouard de Rohan , Chanoise
de Strasbourg ; le Prieuré de Moutons
Diocèle d'Avranches , Ordre de Saint Benoît
à la Dame de Pierrepont , Religieufe du même
Ordre.
SA
›
A Majefté a accordé l'Abbaye de Bellaigue ,
Ordre de Câteaux , Diocèfe de Clermont , à M.
l'Abbé de Durat ; l'Abbaye de Corbie , Ordre de
Saint Benoît , Diocèle d'Amiens , au Cardinal de
Luynes , Archevêque de Sens celle de Saint
Vincent , même Ordre , Diocèfe & Ville de
Laon , au Cardinal de Gefvres ; celle d'Herivaux
Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Paris
, à M. l'Abbé Boifot , Prêtre du Diocèfe de
Befançon; celle de Bellevaux , Ordre de Prémontré
, Diocèfe de Nevers , à M. l'Abbé de Chaffois
l'Abbaye Réguliere de Notre- Dame , Ordre
de Saint Benoît , Diocèfe & Ville de Troyes ,
à la Dame de Montmorin , Religieufe dudit Ordre
; & celle de Villechaffon , même Ordre ,
transférée dans la Ville de Moret , Diocèfe de
Sens , à la Dame d'Arcy , Religieufe de la Congrégation
de Compiegne ; l'Abbaye de Saint
Medard , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de
Soiffons , à M. l'Abbé Comte de Bernis , Confeiller
d'Etat Eccléfiaftique , & Ambaffadeur Extraordinaire
du Roi auprès de Sa Majesté Catho
lique ; l'Abbaye de Lien- Dieu en Jard , Ordre de
Prémontré , Diocèle de Luçon , à M. l'Abbé de
Chalmazel , Vicaire Général de l'Archevêché de
Sens ; celle de Mortemer , Ordre de Câteaux ,
Diocèle de Rouen , à M. l'Abbé de la Luzerne ;
& un Canonicat de la Sainte Chapelle de Paris ,
à M. l'Abbé de Perthuys , un des Chapelains de
Madame.
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi a accordé l'Abbaye de la Chaife-Dieu
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Clermont ,.
au Prince Louis - René - Edouard de Rohan , Chanoise
de Strasbourg ; le Prieuré de Moutons
Diocèle d'Avranches , Ordre de Saint Benoît
à la Dame de Pierrepont , Religieufe du même
Ordre.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le texte énumère diverses abbayes et prieurés attribués par le roi à des dignitaires ecclésiastiques et laïcs. Parmi les bénéficiaires, l'Abbé de Durat reçoit l'Abbaye de Bellaigue, le Cardinal de Luynes obtient l'Abbaye de Corbie, et le Cardinal de Gesvres se voit attribuer l'Abbaye de Saint Vincent à Laon. D'autres bénéficiaires incluent l'Abbé Boisfot pour l'Abbaye d'Herivaux, l'Abbé de Chaffois pour l'Abbaye de Bellevaux, et la Dame de Montmorin pour l'Abbaye de Notre-Dame à Troyes. L'Abbaye de Saint Médard est accordée à l'Abbé Comte de Bernis, tandis que l'Abbaye de Lien-Dieu en Jard est attribuée à l'Abbé de Chalmazel. L'Abbaye de Mortemer est donnée à l'Abbé de la Luzerne, et un canonicat de la Sainte Chapelle de Paris est attribué à l'Abbé de Perthuys. De plus, le Roi accorde l'Abbaye de la Chaise-Dieu au Prince Louis-René-Édouard de Rohan et le Prieuré de Moutons à la Dame de Pierrepont.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 228-234
NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS.
Début :
Nous avons annoncé dans le volume du Mercure du mois d'Août, [...]
Mots clefs :
Naissances, Mariages, Morts, M. Guillaume, Mensonge, Avertissement de l'auteur , Maison de Clerel, Maison Faudoas, Maison de Mastin, Maison de Riencourt, Corrections du volume d'Avril 1756
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS.
NAISSANCES , MARIAGES
ET MORTS.
79 T
Nous avons annoncé dans le volume du t
Mercure du mois d'Août , le mariage de M. Guillaume
, fur la foi d'une lettre qui nous a été
écrite de Befançon le 13 Février 1756. Nous n'avons
point confervé cette lettre , n'imaginant pas
qu'elle dût nous être de quelque utilité.
Qui en effet , auroit pu fe perfuader que l'on
abuferoit de la facilité avec laquelle les différens
Auteurs du Mercure fe font toujours prêtés à inf
truire le Public des événemens qui intéreffent les
Maifons illuftres & les Familles diftinguées du
Royaume , & de notre empreffement particulier
fatisfaire nos Lecteurs fur cet article ! Qui eût
penfé que l'on trouveroit dans cette facilité un
moyen pour jetter du ridicule fur les plus konnêtes
gens ! Je veux bien croire que l'Auteur de cette
lettre n'a pas eu un plus mauvais deffein .
Quoiqu'il en foit , la modeftie de M. Guillau
me auroit dû le mettre à l'abri de la mauvaiſe
plaifanterie , & lui fauver le ridicule qu'a voulu
lui donner l'Anonyme qui nous a écrit . Quoique
la lettre fût fignée , l'Auteur n'en eft pas moins
OCTOBRE . 1756. 229
inconnu , parce qu'il s'eft fans doute fervi d'un
nom fuppofé.
Pour prévenir de pareils inconvéniens , j'avertis
que dorénavant nous ne ferons aucun ufage
dans le Mercure des Mémoires qui nous feront
adreffés , fi les lettres ne font fignées d'une perfonne
de la famille qu'ils concerneront , cachetées
du cachet de fes armes , & datées du lieu
d'où elles auront été ecrites. -
Voici la lettre que nous avons reçue de M. Guillaume
au fujet de l'article qui a été mis dans notre
recueil...
ABefançon , le 15 Août 1756.
Vous jouiffez , Monfieur , d'une trop belle
réputation , pour que j'ofe vous foupçonner d'avoir
eu quelque part au ridicule que me donne
votre Mercure du mois d'Août à l'article des mariages.
C'eft l'ouvrage, je n'en doute point , de quel
que jaloux ou mauvais plaifant. J'en ai été extrê
mement mortifié parce que l'on y compromes
M. l'Archevêque que l'on fuppofe avoir donné la
Bénédiction Nuptiale à mon fils en l'Eglife Métropolitaine
, & quantité d'autres faits également
faux.
Je mene ici une vie privée qui n'auroit pas dû
exciter une femblable dérifion . Je n'ai d'autre
qualité que celle de Confeiller Auditeur en la
Chambre & Cour des Comptes de cette Province ,
& mon fils celle d'Avocat . Vous pouvez juger delà
, Monfieur , que nous ne fommes point faits
pour être mis dans le Mercure .
Rien n'a été plus fimple que la cérémonie du
mariage de mon fils , Elle a été faite dans l'E
glife de S. Jean-Baptifte , Paroiffe de Demoiselle
130 MERCURE DE FRANCE.
Magdeleine Richer, à 8 heures du foir,fans aucune
oftentation .
Je vous crois , Monfieur , intéreffé comme
moi , à découvrir l'Auteur de cette mauvaiſe plaifanterie
: c'eft pourquoi je vous prie , s'il eft poffible
, de m'envoyer la mémoire qui vous a été
adreflé à cette occafion : vous m'obligerez infiniment.
J'ai l'honneur d'être , & c.
GUILLAUME.
Dame Marie-Thérèle de Faudoas , époufe de
Meflire George Réné de Clerel , fieur de Tocque
ville & d'Auville , Capitaine de Cavalerie au Régiment
de Chabriliant , eft accouchée à Bayeux ,
le 14 Juillet d'un fils qui a été baptifé le même
jour , & nommé Georges - Léonard- Bonaventure . Il
a eu pour parrain Meffire Bernard Bonaventure de
Clerel-de Tocqueville fon oncle, & pour marraine
Dame Elizabeth Thérele Senot- de Morfalines ,
Dame & Marquife de Caftilly, fa bifayeule.
+
Le nom de Clerel est très ancien en Normandie
, comme on le voit par les recherches de Meffieurs
de Montfaoucq de Roiffy & de Chamil-
Jard. L'hiftoire fait mention de plufieurs Seigneurs
de ce nom , qui ont fervi avec diftinction fous les
Ducs de Normandie. Cette famille porte pour
armes d'argent à la face de fable , accompagnée
de merlettes de même en chef, & de 3 tourteaux
d'azur en pointe."´
3
La maifon de Fau doas eft originaire de Guyenne
, où les premiers feigneurs de ce nom prenoient
la qualité de premiers Barons Chrétiens
de Guyenne . François de Faudoas , un des defcendans
de ces feigneurs , vint s'établir au Maine , à
Poccafion de l'ilia ce qu'il contracta le 6 Novembre
1592 , avec Renée de Brie , héritiere de fa
OCTOBRE. 1756. 231
maifon & de plufieurs terres dans le Maine . François
de Faudoas fut pere de Jean , en faveur duquel
les terres qu'il poffédoit au Maine , furent
unies & érigées en Comté fous le nom de Serillac.
Jean époufa Marguerite de Piedefer de laquelle
il eut Pierre de Faudoas , Comte de Serillac
, allié en 1679. à Marie- Charlotte de Courtarvel-
de Pezé qui fut mere d'Antoine de Faudoas ,
Comte de Serillac , lequel quitta le Maine pour
venir s'établir en Normandie à cauſe du mariage
qu'il y contracta le 25 Septembre 1709 , avec
Françoife-Hervée de Carbonel , fille & héritiere
d'Hervé , Marquis de Canify , Lieutenant de Roi
en Baffe-Normandie. De cette alliance il a eu :
1º. Marie- Charles- Antoine de Faudoas de Canify,
Comte de Serillac , Baron du Hommet ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , Lieutenant de Roi en Baffe-Normandie
& Gouverneur des Ville & Château d'Avranches ,
pere par Marie- Thérefe de Boran- de Cafiilly , de
la Dame de Clerel.
2º. Renée-Bonne- Françoife de Faudoas.
3º. N.... de Faudoas .
Meffire Pierre Augufte- Anne- Céfar le Maftin,
Comte de Nuaillé , dit le Comte de Maſtin , a
épousé en fecondes ôces , par contrat du 23 Février
1756 , Demoifelle Marie- Magdeleine le
Franc des Elarts , fille de feu Meflire Louis le
Franc-des Effarts & de Demoiſelle N... Mignot.
Le Comte de Maftin eft iffu de Gilles le Maftin,
Ecuyer , feigneur de la Roche- Jaquelin en Bas-
Poitou , vivant en 1320 , lequel avoit épousé
Marie- Anne de Beaumanoir , qui fut mere de
Pierre le Maftin qui rendit hommage en 1351 ,
pour fa feigneurie de la Roche - Jaquelin . On croit
qu'il eut pour femme Valere de Château-Briant ,
232 MERCURE DE FRANCE.
à
qui le rendit pere de Jean le Maftin qualifié Var
let , dans un acte qu'il paffa le 19 Juillet 1375. H
époufa en 1382 , Colette de Marzoles , de laquelle
il eut Gilles le Maftin , marié le 12 Mai 1399 ,
Jeanne de Beaumont- Breffuyres. De cette allian
ce vint Jean le Matin , Ecuyer , feigneur de la
Roche-Jaquelin , allié 10. à Jeanne de Jouffaulme,
dont le fils Jean mourut fans enfans mâles . 2 °. En
1466 , à Jeanne de Sanzay , fille de Jean , Vicomte
héréditaire & Parageur de Poitou , laquelle
étoit le 8 Juillet 1487 , mere & tutrice entr'autres
de René le Maftin , feigneur de la Favriere ,
qui époula Simonne de Villeneuve-Vence. Celleci
tranfigea à Thouars le 5 Décembre 1525 , comme
ayant la garde- noble de fon fils Gabriel le
Maftin , qui , de fon mariage contracté le 18 Mai
1535 avec Jeanne le Roux - de la Roche- des -Aubiers
, eut Claude le Maftin , feigneur de la Fa
vriere du Chatelier- Berle , de Champagné , &c.
Chevalier de l'Ordre du Roi , Gentilhomme de
fa Chambre , & Gentilhomme d'honneur de la
Reine Catherine de Médicis . Il époufa le 17 Décembre
1575 , Jeanne de Barbefieres , fille aînée
& principale héritiere de Sébastien , Baron de
Nuaillé , de Bourgon en Angoumois , de Ferieres
, Beauregard , Cramahé , Čourfon , la Mothe ,
&c. & de Jacquette de Parthenay , Dame d'honneur
de la Reine Catherine de Médicis. De cette
alliance , vint Charles le Maſtin , Baron de Nuaillé
, &c. marié le 12 Octobre 1609 , à Jeanne
Tuflaud de Maifontiers , de laquelle il eut Henri
le Maftin , Baron de Nuaillé , allié le 30 Novembre
1734 , Anne Chefnel d'Efcoyeux , qui fut mere
de Claude le Maftin , dit le Marquis de Nuaillé ,
mort le 13 Février 1692. Il avoit époulé le 26
Octobre 1665. Marie-Anne Tuffet. De ce mariag
ge fortirent :
OCTOBRE. 1756. 235
1º. Charles- Gemanicq le Maftin , Comte de
Nuaillé , mort Brigadier des Armées du Roi , &
Colonel d'un Régiment d'Infanterie de fon nom .
Il avoit époufé en 17 : 4 , Amé- Louife de la Rochefoucaud-
Surgeres , remariée au Marquis de
Nieul , ayant eu de fon premier mariage , Marie-
Anne-Françoife - Félicité le Maftin , veuve du 8
Juin 1748 , de François du Pouget de Nadaillac ,
Baron de S. Pardoux , qui en a laiflé cinq enfanst
2°. Philippe-Augufte le Maftin allié le 30 Novembre
1718 , à Catherine de Viaud qui l'a ren
du pere de Pierre- Augufte- Anne- Célar , dit le
Comte de Maſtin , duquel nous annoncons le fecond
mariage. Il avoit époufé en premieres noces
par Contrat du 21 Avril 1748 , Marie-Françoife
de Boulainvilliers , de laquelle il a eu Louis-Sylveftre
de Maftin , né le 17 Janvier 1752 .
La famille de le Mafin ou le Maftain ( comme
on le trouve en beaucoup d'endroits , ) prétend
être originaire d'Italie , & avoit autrefois
poffédé la principauté de Vérone , & elle porte
pour armes d'argent à fix fleurs de lys d'azur ,
abouttées , mifes en bande à la cotice de gueules ,
brochante fur le tout.
Meffire Charles de Maffo , Marquis de la Ferriere
, Baron de Chaffelay , Lifieu , du Plantin, &
autres lieux , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , Enſeigne , Aide - Major des Gardes du Corps
de Sa Majefté , Sénéchal de Lyon , & de la Province
de Lyonnois , fut mariée le 2 Mars à Dame
Marie- Magdeleine Mazade , veuve du fieur Gafpard
Grimod-de la Reiniere , un des Fermiers Généraux
de Sa Majesté.
Le 16 Mars , Meflire Barbe - Simon , Comté
de Riencourt , Capitaine de Cavalerie au Régiment
d'Archiac , époufa Demoiſelle N... Tiercelin-
de Broffe , fille unique de Meffire Etienne ,
234 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Tiercelin -de Broffe , & de Marie-Auguf
tine-Alexandrine de Crequy. La Bénédiction Nuptiale
leur a été donnée par l'Evêque d'Amiens
dans la Chapelle du Château de Beaucourt. Voyez
pour la Maifon de Riencourt , le fecond volume
du mois d'Avril de ce Journal , pag. 128 &ſuiv.
& corrigez-y ce qui fuit .
Pag. 230 ligne 7. & par Thomas , lifez, &
par Flamene. Lig. 12. avec Jeanne de Borgeau ,
fon époufe , lifez avec Jeanne d'Orgeau , fon
époufe , fille de Jacques , feigneur d'Orgeau ,
& de Jacqueline de Moy , dont deux enfans
fçavoir Antoine de Riencourt , feigneur d'Orival
, qui fuit , & Jacques , 1 quel a formé la
branche de Parfondrue , près Laon.
Pag. 231 , lig. 24. de Thomas de Riencourt ,
lif. de Flamene de Riencourt .. Lig. 26. marié à
N. Dumont , dont , & c. lif. marié par contrat du
2 Septembre 1493 , à Agathe Roubault , fille de
Joachim , Maréchal de France . De cette alliance
vint Thomas de Riencourt , feigneur de Tilloloy
, Vaux , & c . allié à Marie , fille du Seigneur
d'aucourt , dont Hugues , marié , & le refte
comme il eft.
ET MORTS.
79 T
Nous avons annoncé dans le volume du t
Mercure du mois d'Août , le mariage de M. Guillaume
, fur la foi d'une lettre qui nous a été
écrite de Befançon le 13 Février 1756. Nous n'avons
point confervé cette lettre , n'imaginant pas
qu'elle dût nous être de quelque utilité.
Qui en effet , auroit pu fe perfuader que l'on
abuferoit de la facilité avec laquelle les différens
Auteurs du Mercure fe font toujours prêtés à inf
truire le Public des événemens qui intéreffent les
Maifons illuftres & les Familles diftinguées du
Royaume , & de notre empreffement particulier
fatisfaire nos Lecteurs fur cet article ! Qui eût
penfé que l'on trouveroit dans cette facilité un
moyen pour jetter du ridicule fur les plus konnêtes
gens ! Je veux bien croire que l'Auteur de cette
lettre n'a pas eu un plus mauvais deffein .
Quoiqu'il en foit , la modeftie de M. Guillau
me auroit dû le mettre à l'abri de la mauvaiſe
plaifanterie , & lui fauver le ridicule qu'a voulu
lui donner l'Anonyme qui nous a écrit . Quoique
la lettre fût fignée , l'Auteur n'en eft pas moins
OCTOBRE . 1756. 229
inconnu , parce qu'il s'eft fans doute fervi d'un
nom fuppofé.
Pour prévenir de pareils inconvéniens , j'avertis
que dorénavant nous ne ferons aucun ufage
dans le Mercure des Mémoires qui nous feront
adreffés , fi les lettres ne font fignées d'une perfonne
de la famille qu'ils concerneront , cachetées
du cachet de fes armes , & datées du lieu
d'où elles auront été ecrites. -
Voici la lettre que nous avons reçue de M. Guillaume
au fujet de l'article qui a été mis dans notre
recueil...
ABefançon , le 15 Août 1756.
Vous jouiffez , Monfieur , d'une trop belle
réputation , pour que j'ofe vous foupçonner d'avoir
eu quelque part au ridicule que me donne
votre Mercure du mois d'Août à l'article des mariages.
C'eft l'ouvrage, je n'en doute point , de quel
que jaloux ou mauvais plaifant. J'en ai été extrê
mement mortifié parce que l'on y compromes
M. l'Archevêque que l'on fuppofe avoir donné la
Bénédiction Nuptiale à mon fils en l'Eglife Métropolitaine
, & quantité d'autres faits également
faux.
Je mene ici une vie privée qui n'auroit pas dû
exciter une femblable dérifion . Je n'ai d'autre
qualité que celle de Confeiller Auditeur en la
Chambre & Cour des Comptes de cette Province ,
& mon fils celle d'Avocat . Vous pouvez juger delà
, Monfieur , que nous ne fommes point faits
pour être mis dans le Mercure .
Rien n'a été plus fimple que la cérémonie du
mariage de mon fils , Elle a été faite dans l'E
glife de S. Jean-Baptifte , Paroiffe de Demoiselle
130 MERCURE DE FRANCE.
Magdeleine Richer, à 8 heures du foir,fans aucune
oftentation .
Je vous crois , Monfieur , intéreffé comme
moi , à découvrir l'Auteur de cette mauvaiſe plaifanterie
: c'eft pourquoi je vous prie , s'il eft poffible
, de m'envoyer la mémoire qui vous a été
adreflé à cette occafion : vous m'obligerez infiniment.
J'ai l'honneur d'être , & c.
GUILLAUME.
Dame Marie-Thérèle de Faudoas , époufe de
Meflire George Réné de Clerel , fieur de Tocque
ville & d'Auville , Capitaine de Cavalerie au Régiment
de Chabriliant , eft accouchée à Bayeux ,
le 14 Juillet d'un fils qui a été baptifé le même
jour , & nommé Georges - Léonard- Bonaventure . Il
a eu pour parrain Meffire Bernard Bonaventure de
Clerel-de Tocqueville fon oncle, & pour marraine
Dame Elizabeth Thérele Senot- de Morfalines ,
Dame & Marquife de Caftilly, fa bifayeule.
+
Le nom de Clerel est très ancien en Normandie
, comme on le voit par les recherches de Meffieurs
de Montfaoucq de Roiffy & de Chamil-
Jard. L'hiftoire fait mention de plufieurs Seigneurs
de ce nom , qui ont fervi avec diftinction fous les
Ducs de Normandie. Cette famille porte pour
armes d'argent à la face de fable , accompagnée
de merlettes de même en chef, & de 3 tourteaux
d'azur en pointe."´
3
La maifon de Fau doas eft originaire de Guyenne
, où les premiers feigneurs de ce nom prenoient
la qualité de premiers Barons Chrétiens
de Guyenne . François de Faudoas , un des defcendans
de ces feigneurs , vint s'établir au Maine , à
Poccafion de l'ilia ce qu'il contracta le 6 Novembre
1592 , avec Renée de Brie , héritiere de fa
OCTOBRE. 1756. 231
maifon & de plufieurs terres dans le Maine . François
de Faudoas fut pere de Jean , en faveur duquel
les terres qu'il poffédoit au Maine , furent
unies & érigées en Comté fous le nom de Serillac.
Jean époufa Marguerite de Piedefer de laquelle
il eut Pierre de Faudoas , Comte de Serillac
, allié en 1679. à Marie- Charlotte de Courtarvel-
de Pezé qui fut mere d'Antoine de Faudoas ,
Comte de Serillac , lequel quitta le Maine pour
venir s'établir en Normandie à cauſe du mariage
qu'il y contracta le 25 Septembre 1709 , avec
Françoife-Hervée de Carbonel , fille & héritiere
d'Hervé , Marquis de Canify , Lieutenant de Roi
en Baffe-Normandie. De cette alliance il a eu :
1º. Marie- Charles- Antoine de Faudoas de Canify,
Comte de Serillac , Baron du Hommet ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , Lieutenant de Roi en Baffe-Normandie
& Gouverneur des Ville & Château d'Avranches ,
pere par Marie- Thérefe de Boran- de Cafiilly , de
la Dame de Clerel.
2º. Renée-Bonne- Françoife de Faudoas.
3º. N.... de Faudoas .
Meffire Pierre Augufte- Anne- Céfar le Maftin,
Comte de Nuaillé , dit le Comte de Maſtin , a
épousé en fecondes ôces , par contrat du 23 Février
1756 , Demoifelle Marie- Magdeleine le
Franc des Elarts , fille de feu Meflire Louis le
Franc-des Effarts & de Demoiſelle N... Mignot.
Le Comte de Maftin eft iffu de Gilles le Maftin,
Ecuyer , feigneur de la Roche- Jaquelin en Bas-
Poitou , vivant en 1320 , lequel avoit épousé
Marie- Anne de Beaumanoir , qui fut mere de
Pierre le Maftin qui rendit hommage en 1351 ,
pour fa feigneurie de la Roche - Jaquelin . On croit
qu'il eut pour femme Valere de Château-Briant ,
232 MERCURE DE FRANCE.
à
qui le rendit pere de Jean le Maftin qualifié Var
let , dans un acte qu'il paffa le 19 Juillet 1375. H
époufa en 1382 , Colette de Marzoles , de laquelle
il eut Gilles le Maftin , marié le 12 Mai 1399 ,
Jeanne de Beaumont- Breffuyres. De cette allian
ce vint Jean le Matin , Ecuyer , feigneur de la
Roche-Jaquelin , allié 10. à Jeanne de Jouffaulme,
dont le fils Jean mourut fans enfans mâles . 2 °. En
1466 , à Jeanne de Sanzay , fille de Jean , Vicomte
héréditaire & Parageur de Poitou , laquelle
étoit le 8 Juillet 1487 , mere & tutrice entr'autres
de René le Maftin , feigneur de la Favriere ,
qui époula Simonne de Villeneuve-Vence. Celleci
tranfigea à Thouars le 5 Décembre 1525 , comme
ayant la garde- noble de fon fils Gabriel le
Maftin , qui , de fon mariage contracté le 18 Mai
1535 avec Jeanne le Roux - de la Roche- des -Aubiers
, eut Claude le Maftin , feigneur de la Fa
vriere du Chatelier- Berle , de Champagné , &c.
Chevalier de l'Ordre du Roi , Gentilhomme de
fa Chambre , & Gentilhomme d'honneur de la
Reine Catherine de Médicis . Il époufa le 17 Décembre
1575 , Jeanne de Barbefieres , fille aînée
& principale héritiere de Sébastien , Baron de
Nuaillé , de Bourgon en Angoumois , de Ferieres
, Beauregard , Cramahé , Čourfon , la Mothe ,
&c. & de Jacquette de Parthenay , Dame d'honneur
de la Reine Catherine de Médicis. De cette
alliance , vint Charles le Maſtin , Baron de Nuaillé
, &c. marié le 12 Octobre 1609 , à Jeanne
Tuflaud de Maifontiers , de laquelle il eut Henri
le Maftin , Baron de Nuaillé , allié le 30 Novembre
1734 , Anne Chefnel d'Efcoyeux , qui fut mere
de Claude le Maftin , dit le Marquis de Nuaillé ,
mort le 13 Février 1692. Il avoit époulé le 26
Octobre 1665. Marie-Anne Tuffet. De ce mariag
ge fortirent :
OCTOBRE. 1756. 235
1º. Charles- Gemanicq le Maftin , Comte de
Nuaillé , mort Brigadier des Armées du Roi , &
Colonel d'un Régiment d'Infanterie de fon nom .
Il avoit époufé en 17 : 4 , Amé- Louife de la Rochefoucaud-
Surgeres , remariée au Marquis de
Nieul , ayant eu de fon premier mariage , Marie-
Anne-Françoife - Félicité le Maftin , veuve du 8
Juin 1748 , de François du Pouget de Nadaillac ,
Baron de S. Pardoux , qui en a laiflé cinq enfanst
2°. Philippe-Augufte le Maftin allié le 30 Novembre
1718 , à Catherine de Viaud qui l'a ren
du pere de Pierre- Augufte- Anne- Célar , dit le
Comte de Maſtin , duquel nous annoncons le fecond
mariage. Il avoit époufé en premieres noces
par Contrat du 21 Avril 1748 , Marie-Françoife
de Boulainvilliers , de laquelle il a eu Louis-Sylveftre
de Maftin , né le 17 Janvier 1752 .
La famille de le Mafin ou le Maftain ( comme
on le trouve en beaucoup d'endroits , ) prétend
être originaire d'Italie , & avoit autrefois
poffédé la principauté de Vérone , & elle porte
pour armes d'argent à fix fleurs de lys d'azur ,
abouttées , mifes en bande à la cotice de gueules ,
brochante fur le tout.
Meffire Charles de Maffo , Marquis de la Ferriere
, Baron de Chaffelay , Lifieu , du Plantin, &
autres lieux , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , Enſeigne , Aide - Major des Gardes du Corps
de Sa Majefté , Sénéchal de Lyon , & de la Province
de Lyonnois , fut mariée le 2 Mars à Dame
Marie- Magdeleine Mazade , veuve du fieur Gafpard
Grimod-de la Reiniere , un des Fermiers Généraux
de Sa Majesté.
Le 16 Mars , Meflire Barbe - Simon , Comté
de Riencourt , Capitaine de Cavalerie au Régiment
d'Archiac , époufa Demoiſelle N... Tiercelin-
de Broffe , fille unique de Meffire Etienne ,
234 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Tiercelin -de Broffe , & de Marie-Auguf
tine-Alexandrine de Crequy. La Bénédiction Nuptiale
leur a été donnée par l'Evêque d'Amiens
dans la Chapelle du Château de Beaucourt. Voyez
pour la Maifon de Riencourt , le fecond volume
du mois d'Avril de ce Journal , pag. 128 &ſuiv.
& corrigez-y ce qui fuit .
Pag. 230 ligne 7. & par Thomas , lifez, &
par Flamene. Lig. 12. avec Jeanne de Borgeau ,
fon époufe , lifez avec Jeanne d'Orgeau , fon
époufe , fille de Jacques , feigneur d'Orgeau ,
& de Jacqueline de Moy , dont deux enfans
fçavoir Antoine de Riencourt , feigneur d'Orival
, qui fuit , & Jacques , 1 quel a formé la
branche de Parfondrue , près Laon.
Pag. 231 , lig. 24. de Thomas de Riencourt ,
lif. de Flamene de Riencourt .. Lig. 26. marié à
N. Dumont , dont , & c. lif. marié par contrat du
2 Septembre 1493 , à Agathe Roubault , fille de
Joachim , Maréchal de France . De cette alliance
vint Thomas de Riencourt , feigneur de Tilloloy
, Vaux , & c . allié à Marie , fille du Seigneur
d'aucourt , dont Hugues , marié , & le refte
comme il eft.
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Résumé : NAISSANCES, MARIAGES ET MORTS.
Le texte traite de divers événements familiaux et clarifications concernant des informations précédemment publiées. En août 1756, le Mercure a annoncé le mariage de M. Guillaume, mais une lettre anonyme a ridiculisé cet événement. M. Guillaume a répondu en affirmant que la cérémonie de mariage de son fils avait été simple et discrète, et qu'il n'avait aucune qualité notable pour être mentionné dans le Mercure. Il a également demandé l'identité de l'auteur de la lettre anonyme. Le texte mentionne plusieurs naissances et mariages dans des familles nobles. Dame Marie-Thérèse de Faudoas a accouché d'un fils à Bayeux. La famille de Clerel, originaire de Normandie, et la famille de Faudoas, originaire de Guyenne, sont décrites avec leurs armoiries et leurs alliances. Parmi les mariages notables, le Comte de Mastin a épousé Demoiselle Marie-Magdeleine le Franc des Elarts, le Marquis de la Ferrière a épousé Dame Marie-Magdeleine Mazade, et le Comte de Riencourt a épousé Demoiselle Tiercelin-de Broffe. Enfin, le texte se conclut par des corrections et des ajouts concernant les généalogies des familles nobles mentionnées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 234-236
Corrections pour l'article des Morts du Mercure de Mai 1756.
Début :
Pag. 258. lig. 8. Cambousie, lis. Cambolit, Bullac, Viasac, [...]
Mots clefs :
Morts, Corrections
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texteReconnaissance textuelle : Corrections pour l'article des Morts du Mercure de Mai 1756.
Corrections pour l'article des Morts du
Mercure de Mai 1756 .
Pag. 258. lig. 8. Camboufie , lif. Cambolit ,
Bullac , Viafac , le Poujoula.
Idem. lig. 14. Dame de Jonnac , lif. Dame &
Baronne de Sonnac .
Idem. lig. 21. Saint- Alvaire , lif. Sainte-Alvere
.
Pag. 260. lig. 9. N... de Loftanges , dit le Vicomte
, &c. lif. N... de Loftanges , né en 1733 .
actuellement au Séminaire de S. Sulpice à Paris.
OCTOBRE. 1756. 235
Idem. lig. 11. Marie-Julie de Loftanges , ajou
tez , alliée à François - Saturnin de Gallard , Marquis
de Terraube , voyez le Mercure de Juillet ,
premier volume 1756.
Idem lig. 12. Trois autres filles , ajoutez , dont
une mariée à N. de Cugnac.
Pag. 261. lig. 2. de N... lif. de Marie-Antoi
nette Charlotte.
Idem. lig. 6. Renée , lif. Marie-Renée de Loftanges
du Poujoula.
Idem. lig. 10. Jarmons , lif. Jarmioft en Lyonnois
, & ajoutez que Louis de Loftanges , chef de
la branche de Beduer , a quatre foeurs dont une
religieufe à Liflac.
Idem. lig. 14. Felains , lif. Felzins .
Idem. lig. 19. après la Mothe , ajoutez , dont
eft né Hugues de Loftanges , feigneur de Cufac ,
qui eft marié , & a des enfans.
François-Gafton de Carbonnieres , Marquis de
la Capelle, eft mort le s Novembre 1755 , en fon
Château de la Capelle en Agenois , âgé de 63 ans .*
Il laiffe veuve fans enfans fon époule Marie- Anne
de Miran-Verdufan , à laquelle il a laiffé par fon
teftament la jouiffance de fes biens , qui pafferont
enfuite au Comte de Sabran , petit - fils de
Louiſe-Charlotte de Foix , & de Jean-Honoré ,
Comte de Sabran. Louiſe- Charlotte de Foix eft
fille de François- Gafton , Comte de Foix , mort en
1695 , & de fa troifieme femme Dorothée-Théodore
de Poudenas-de Villepinte. La feconde femme du
Comte de Foix , fut Claude du Faur-S. Jory , qui
eut pour fille Angélique- Céfarine de Foix , mere
* Cet article a déja été inféré dans le fecond volume
de Juillet 1756 , page 235 ; mais comme il
s'y eft gliffé beaucoup d'erreurs , on a pris le parti
de le répéter ici en entier.
236 MERCURE DE FRANCE.
du Marquis de la Capelle , dont nous annonçons
la mort , & d'une fille mariée au Marquis de Loffe,
pere de Louife de Loffe aujourd'hui époufe du
Comte de Valence , Brigadier des Armées du Roi ,
Colonel du Régiment de Bourbonnois , inftituée
légataire de la Baronnie de S. Jorry par Angélique-
Céfarine de Foix , fon ayeule maternelle.
Marie-Charlotte de Reffuge , veuve de Gafpard-
Hubert-Magdelon de Vintimille , des Comtes de
Marſeille du Luc , Lieutenant Général des Armées
du Roi , mourut à Paris , les Février , dans la
foixante-huitieme année de fon âge.
François de Saint- Belin , Marquis de Vaudremont
, ancien Meftre de Camp d'un Régiment de
cavalerie de fon nom , eft mort le 26 Janvier , en
fon château de Vaudremont en Champagne , âgé
de 80 ans.
Meffire Paul-Edouard Colbert , Comte de Creuilly
, Maréchal des Camps & Armées de Sa Majefté ,
mourut à Paris le 28 Février , âgé de 74 ans.
Dame Jeanne- Henriette - Françoife - Colette de
la Pierre , épouse de Meffire François - Marie le
Danois , Marquis de Cernay , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Commandeur de l'ordre
Royal & Militaire de S. Louis , eft morte le 2 Mars,
au Château de Raimes, près de Valenciennes, dans
la quarante-fixieme année de fon âge.
Meffire Nicolas le Camus , Commandeur des
Ordres du Roi , & ancien Premier Président de la
Cour des Aides , mourut à Paris le 3 , âgé de fois
xante-dix-huit ans.
Meffire Guillaume- François Joly de Fleury , an
cien Procureur Général du Roi au Parlement
eft mort à Paris le 25 Mars dans la quatre-vingtunieme
année de fon âge.
Mercure de Mai 1756 .
Pag. 258. lig. 8. Camboufie , lif. Cambolit ,
Bullac , Viafac , le Poujoula.
Idem. lig. 14. Dame de Jonnac , lif. Dame &
Baronne de Sonnac .
Idem. lig. 21. Saint- Alvaire , lif. Sainte-Alvere
.
Pag. 260. lig. 9. N... de Loftanges , dit le Vicomte
, &c. lif. N... de Loftanges , né en 1733 .
actuellement au Séminaire de S. Sulpice à Paris.
OCTOBRE. 1756. 235
Idem. lig. 11. Marie-Julie de Loftanges , ajou
tez , alliée à François - Saturnin de Gallard , Marquis
de Terraube , voyez le Mercure de Juillet ,
premier volume 1756.
Idem lig. 12. Trois autres filles , ajoutez , dont
une mariée à N. de Cugnac.
Pag. 261. lig. 2. de N... lif. de Marie-Antoi
nette Charlotte.
Idem. lig. 6. Renée , lif. Marie-Renée de Loftanges
du Poujoula.
Idem. lig. 10. Jarmons , lif. Jarmioft en Lyonnois
, & ajoutez que Louis de Loftanges , chef de
la branche de Beduer , a quatre foeurs dont une
religieufe à Liflac.
Idem. lig. 14. Felains , lif. Felzins .
Idem. lig. 19. après la Mothe , ajoutez , dont
eft né Hugues de Loftanges , feigneur de Cufac ,
qui eft marié , & a des enfans.
François-Gafton de Carbonnieres , Marquis de
la Capelle, eft mort le s Novembre 1755 , en fon
Château de la Capelle en Agenois , âgé de 63 ans .*
Il laiffe veuve fans enfans fon époule Marie- Anne
de Miran-Verdufan , à laquelle il a laiffé par fon
teftament la jouiffance de fes biens , qui pafferont
enfuite au Comte de Sabran , petit - fils de
Louiſe-Charlotte de Foix , & de Jean-Honoré ,
Comte de Sabran. Louiſe- Charlotte de Foix eft
fille de François- Gafton , Comte de Foix , mort en
1695 , & de fa troifieme femme Dorothée-Théodore
de Poudenas-de Villepinte. La feconde femme du
Comte de Foix , fut Claude du Faur-S. Jory , qui
eut pour fille Angélique- Céfarine de Foix , mere
* Cet article a déja été inféré dans le fecond volume
de Juillet 1756 , page 235 ; mais comme il
s'y eft gliffé beaucoup d'erreurs , on a pris le parti
de le répéter ici en entier.
236 MERCURE DE FRANCE.
du Marquis de la Capelle , dont nous annonçons
la mort , & d'une fille mariée au Marquis de Loffe,
pere de Louife de Loffe aujourd'hui époufe du
Comte de Valence , Brigadier des Armées du Roi ,
Colonel du Régiment de Bourbonnois , inftituée
légataire de la Baronnie de S. Jorry par Angélique-
Céfarine de Foix , fon ayeule maternelle.
Marie-Charlotte de Reffuge , veuve de Gafpard-
Hubert-Magdelon de Vintimille , des Comtes de
Marſeille du Luc , Lieutenant Général des Armées
du Roi , mourut à Paris , les Février , dans la
foixante-huitieme année de fon âge.
François de Saint- Belin , Marquis de Vaudremont
, ancien Meftre de Camp d'un Régiment de
cavalerie de fon nom , eft mort le 26 Janvier , en
fon château de Vaudremont en Champagne , âgé
de 80 ans.
Meffire Paul-Edouard Colbert , Comte de Creuilly
, Maréchal des Camps & Armées de Sa Majefté ,
mourut à Paris le 28 Février , âgé de 74 ans.
Dame Jeanne- Henriette - Françoife - Colette de
la Pierre , épouse de Meffire François - Marie le
Danois , Marquis de Cernay , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Commandeur de l'ordre
Royal & Militaire de S. Louis , eft morte le 2 Mars,
au Château de Raimes, près de Valenciennes, dans
la quarante-fixieme année de fon âge.
Meffire Nicolas le Camus , Commandeur des
Ordres du Roi , & ancien Premier Président de la
Cour des Aides , mourut à Paris le 3 , âgé de fois
xante-dix-huit ans.
Meffire Guillaume- François Joly de Fleury , an
cien Procureur Général du Roi au Parlement
eft mort à Paris le 25 Mars dans la quatre-vingtunieme
année de fon âge.
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Résumé : Corrections pour l'article des Morts du Mercure de Mai 1756.
Le document présente des corrections pour un article du Mercure de Mai 1756, incluant des modifications de noms et d'informations sur diverses personnes. Parmi les ajustements notables, on trouve des corrections concernant Camboufie, Dame de Jonnac, Saint-Alvaire, et plusieurs membres de la famille de Loftanges. Le texte mentionne également plusieurs décès. François-Gaston de Carbonnières, Marquis de la Capelle, est mort le 5 novembre 1755 à l'âge de 63 ans, laissant pour veuve Marie-Anne de Miram-Verduzan. Son héritage doit passer au Comte de Sabran, petit-fils de Louise-Charlotte de Foix. D'autres décès notables incluent Marie-Charlotte de Refuge, veuve de Gaspard-Hubert-Magdelon de Vintimille, morte en février 1756 à 68 ans ; François de Saint-Belin, Marquis de Vaudremont, mort le 26 janvier 1756 à 80 ans ; Paul-Édouard Colbert, Comte de Creuilly, mort le 28 février 1756 à 74 ans ; Jeanne-Henriette-Françoise-Colette de la Pierre, morte le 2 mars 1756 à 45 ans ; Nicolas le Camus, mort le 3 mars 1756 à 98 ans ; et Guillaume-François Joly de Fleury, mort le 25 mars 1756 à 81 ans.
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