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1
p. 145-153
« Lorsque dans le Mercure du mois de Décembre dernier, vol. I. nous avons [...] »
Début :
Lorsque dans le Mercure du mois de Décembre dernier, vol. I. nous avons [...]
Mots clefs :
Religion, Vers, Traduction, Poème, Étienne Bréard, Profession, Le Mans, Chancelier, Récompense, Ouvriers, Vers latins, Louis Racine
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texteReconnaissance textuelle : « Lorsque dans le Mercure du mois de Décembre dernier, vol. I. nous avons [...] »
Lorfque dans le Mercure du moisde
Décembre dernier , vol. I. nous avons
rendu compte d'une Traduction en vers
Latins , du Poëme de la Religion de M.
Racine , faite par le Sr Etienne Bréard , que
nous difions être Menuifier dans la Ville
G
146 MERCURE DE FRANCE .
du Mans , les morceaux de cette Traduction
, que nous avons rapportés, ont excité
la curiofité de plufieurs perfonnes , & ont
en même tems donné lieu à quelques doutes.
On a demandé fi le Traducteur ne s'étoit
point caché fous un nom fuppofé ,
parce qu'on a eu peine à croire un artifan ,
capable d'avoir entrepris & exécuté la Traduction
entiere d'un Poëme de cette nature.
M. le Chancelier , ayant entendu parler
de ce prodige littéraire , & voulant en
fçavoir la vérité , s'eft donné la peine d'écrire
au Lieutenant Général de la Ville du
Mans , qui d'abord furpris lui- même d'entendre
parler d'un Poëte de fa Ville , qu'il
ne connoiffoit pas , le fit chercher , & le
trouva parmi les ouvriers qui travaillent à
la journée dans les fabfiques d'étamine .
Le Sr Etienne Bréard n'eft donc point Menuifier
, comme nous l'avions dit d'abord ,
parce qu'on ne nous avoit pas exactement
informés ; il eft du nombre de ces ouvriers
qu'il appelle dans la pièce de vers , que
nous allons rapporter , Pannorum artifices
leviorum.
M. le Chancelier, inftruit de l'état d'infirmité
& d'indigence de cet ouvrier , &
édifié de l'emploi qu'il fait de fes momens
de loifir , lui a fait donner une preuve de
FEVRIER. 1749 .
147
fa bienveillance par une gratification . Le
Poëte , furpris d'une récompenfe à laquelle
il s'attendoit fi peu , a dans fon transport
de reconnoiffance , invoqué fon Apollon ,
qui lui a infpiré la Piéce fuivante. Nous
y joindrons la Lettre qu'il a écrite à M.Racine
, & c'est avec plaifir que nous faisons
connoître un homme, qui n'ajamais fongé
à être connu .
O
Illuftriffimo Galliarum Cancellario
Grates.
Uid dubitas , liber , è manibus prodire
dolorum
Filius es , genuit te in fletibus ægra fenectus.
I , proper , & genitus pro Relligionis amore ,
Patris in extremis , ieris quocunque , memento:
Infignem pietate virum , meritifque nitentem,
Ultorem fceleris , folidæ pietatis amicum ,
Cujus confilio regitur fuprema poteftas ,
Confpice follicitum patris puerique patronum .
Pannorum artifices leviorum , attendite ; noftro
Præfectura favet tenui fuprema labori :
Hic non de mifero tentoris pectine res eft,
Non de lanifico fubigenti vellera fabro ;
Condita fed tumulojampridem Mufa refurgens ;
Candidior poftquam tondenti barba cadebar ,
Ingemuit longos fruftrà fenuiffe per annos,
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
Quid faciet Spretos Heliconis fcandere montes
Nititur , antiqui revocans elementa laboris .
Nec te poeniteat ( præfagiit una fororum )
Infolitus tentare vias , pro viribus aude.
Cynthius ad fuperos breviter te ducet honores
Eft liber in manibus faciâ de lege canentis
Racinii , divinum opus. Hunc divina canentem
Infequere , & vertas latiali carmine carmen.
Macte fenex animo , generofum imitare Poëtam ,
Dixit , & Aonio ftillans de fonte liquorem.
Fundit Apollineos , agitatâ mente, furores .
Relligionis amans , de Relligione peritum
Racinii aggredior vigili fudore Poema.
Quanta molis opus ! tremulo fed quanta voluptas:
In latium vatis reddenti carmina , cujus
Gallica Virgilium refonant redolentque Poetam !
Racinio placuit veftitum more latino
Carmen , & immodicâ celebravit laude Camoenas!
Sed quid plura loquor ? Merces & quanta laboris
Dagueffæus adeft , Francorum Regis amicus
Omnia Regali firmans decreta figillo :
Immemor ipfe fui , celsâ de fede Minifter
Largus , ámat noftram,quamvis fit ruftica , mufam.
Scripfit , & immeritas dat munificentia laudes.
Nec mora , largitur lapfis folatia rebus.
SummeTogatorum Princeps , clariffima Regni
FEVRIER . 149 1749.
Lumina , quale tuum dicant mea carmina nomen
Indulgere fenis vigilans dignare diebus ,
Æternas memori folvam modulamine grates.
Amplitudinis tue humillimus & obfequens
tiffimus Stephanus Bréard.
COPIE de la Lettre écrite par le Sr Etienne
Bréard , à M. Racine.
CC
מ
Onfieur , s'il eft vrai que
la Tra+
Mduction de vos fublimes Chants
» fur la Religion ait pû trouver auprès de
» vous un accueil favorable , c'eft à l'Au-
» teur de cette même Religion , que j'en
» dois rendre graces. Sans fon fecours aurois-
je pû réuffit , furtout dans le tems
qu'une paralyfie m'avoit jetté dans un
état digne de compaffion ? Ce malheur
cependant a été favorable pour moi ,
" puifqu'en m'arrachant à la profeffion
» méchanique que j'exerçois , il m'a rappellé
à mes études de mes premieres an-
» nées..
» Né d'un pere fabriquant en étamine ,
» je fus mis d'abord au Collége des Peres
» de l'Oratoire de cette Ville ; j'y fus affez
» bon Ecolier. Je remportai plufieurs fois
» des prix en particulier , & dans les diftri-
" butions publiques. Après ma Philofophie,
» je fis deux ans de Théologie , & j'ai
Giij
ajo MERCURE DE FRANCE .
toujours eû de, mes Maîtres des atteſta-
»tions favorables. A vingt deux ans , j'al
lai à la Trappe , où je paffai quatre mois
en habit de Novice. J'abandonnai enfuite
ce lieu très-faint , mais trop auftére
" pour moi , & je me fouviens que le
» Maître des Novices , en me donnant le
» baifer de paix , me dit, quoique vous nous
» abandonniez , confervez toujours les fentimens
de Religion que nous vous avons infpirés.
Je fortis en pleurant , & je retour-
" nai au Mans , où je fus quelque tems
» Maître d'Ecole . J'avois l'ambition d'ê-
» tre Prêtre , mais ne pouvant efperer
» d'avoir un titre , & d'ailleurs étant un
» peu volage , je renonçai à toute idée de
l'état Eccléfiaftique , & j'embraffai la
" profeffion paternelle , dans laquelle ,
comme fils d'ouvrier , je fus reçu à peu
» de frais . J'ai exercé cette profeffion depuis
l'âge de vingt- quatre ans , & je dois
» remercier Dieu de n'y avoir jamais perdu
de vûe les fentimens de Religion que
j'avois puifés à la Trappe.
»
» En 1744 , étant attaqué d'une påralyfie
qui me laiffoit quelques intervalles ,
» dans lefquels je pouvois lire & m'appli
quer , je trouvai dans le Journal de Ver-
» dun une pièce de vers de M. Roi , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , fur
FEVRIER. 1749. 151
» la convalefcence du Roi. Je voulus voir
» fi , quoiqu'âgé de près de foixante ans ,
»je ferois encore capable de quelque cho-
» fe ; je traduifis cette piéce en vers Lå-
» tins , & je traduifis encore quelques au-
» tres piéces du même Chevalier , com-
» me un Poëme fur le retour du Roi ; &
» un autre fait pour la Maifon de Saint
» Cyr , un autre enfin , que je doute être
» de lui , fur la bataille de Fontenoi . Un
39
jour que je me fentis quelques forces ,
» je me fis mener à l'Abbaye de Saint Vin
» cent , pour rendre vifite à D. Dodart
» & à D. Rivet , célébre par fes vertus &
» fon Hiftoire Littéraire des Gaules , & je
» leur fis voir mes Traductions , qu'ils
» n'attendoient pas d'un homme de inon
âge & de ma profeffion. Ces deux bons
» Religieux , après m'avoir félicité fur ces
» ouvrages , qui ne méritoient pas leur at-
≫tention , me donnerent votre Poëme fur
» la Religion , & m'exhorterent à le tra-
» duire . Je tremblai à cette propofition,
Cependant , me fentant animé intérieu-
» rement , j'entrepris l'ouvrage , & avec
» le fecours de cette grace que vous avez
chantée , je fuis parvenu à achever la
» Traduction entiere. M. l'Abbé de Paris
» a cû la bonté de vous la remettre , & la
» maniere avantageufe , dont vous en
»
G iiij
52. MERCURE DE FRANCE
» avez parlé , m'a infpiré une reconnoif
« fance qui durera toute ma vie. Vous êtes
caufe , fans doute , que la connoiffance ,
» de cette Traduction a été jufqu'à M. le
Chancelier , qui a bien voulu me faire
» affurer , par le premier Magiftrat de no-
» tre Ville , de fa protection , dont il m'a
fait reffentir les effets , par une gratifica-
» tion à laquelle je n'aurois jamais crû
" devoir penfer. Il me reste à vous prier
d'être perfuadé , Monfieur , du refpect , » &c.
Réponse de M. Racine..
»Vous me faites des remerciemens ,
» Monfieur , lorfque c'eft à moi à vous en
faire. Vous ignorez , fans doute , l'hon-
» neur que votre ouvrage fait au mien , &
» parce que vous êtes fort éloigné de pen-.
» fer qu'il foit pour vous un fujet d'amour.
"propre, vous ne foupçonnez pas qu'il en
22
puiffe être un pour moi. La peine qu'on
" a eue à vous découvrir dans votre Ville ; .
» l'indifference que vous avez pour un ta-
» lent , que vous avez toujours facrifié à
» des travaux , aufquels l'efprit n'a point
de part ; une vie obfcure & laborieuſe ,
qu'affligent l'indigence & l'infirmité; en-
» fin les momens les moins douloureux .
que vous laiffe la maladie, employés par
.
FEVRIER . 1749. 153
»
vous à mettre en vers les vérités dont
» vous êtes pénétré. Que de raifons me
» perfuadent , Monfieur , que vous êtes
» bien plus digne que moi de chanter la
Religion , & que fi dans la carriere Poëtique
vous croyez ne marcher qu'après
→ moi comme mon Traducteur , je ne
» marche que bien loin après vous , dans
» le chemin qui conduit à l'objet de nos
vers ! Par le .peu d'empreffement que
» vous avez eu à les faire connoître , il
»paroît affez que ce n'eft
n'eft pas des hommes
» que vous en avez attendu la récompenfe
..
>> Elle vous a cependant
cherché malgré
و ر
fi
vous , & quelle récompenfe ! Vous ne
» vous attendiez pas que votre nom , fi
»peu connu dans votre Ville , dût tout à
coup pénétrer jufqu'à la Cour. Aipfi
lorfque vous voyez celui , qui par fa
» dignité & fes lumieres tient un rang
» élevé , jetter fur vous des regards bien-
" faifans , parce qu'il a été édifié de vos
» faintes occupations , & attendri fur vo
» tre trifte état , vous pouvez bien vous
wécrier ,
y
Sunt hic etiam fua premia laudi ,
Sunt lachryma rerum…….
Je fuis , Monfieur , & c.
Décembre dernier , vol. I. nous avons
rendu compte d'une Traduction en vers
Latins , du Poëme de la Religion de M.
Racine , faite par le Sr Etienne Bréard , que
nous difions être Menuifier dans la Ville
G
146 MERCURE DE FRANCE .
du Mans , les morceaux de cette Traduction
, que nous avons rapportés, ont excité
la curiofité de plufieurs perfonnes , & ont
en même tems donné lieu à quelques doutes.
On a demandé fi le Traducteur ne s'étoit
point caché fous un nom fuppofé ,
parce qu'on a eu peine à croire un artifan ,
capable d'avoir entrepris & exécuté la Traduction
entiere d'un Poëme de cette nature.
M. le Chancelier , ayant entendu parler
de ce prodige littéraire , & voulant en
fçavoir la vérité , s'eft donné la peine d'écrire
au Lieutenant Général de la Ville du
Mans , qui d'abord furpris lui- même d'entendre
parler d'un Poëte de fa Ville , qu'il
ne connoiffoit pas , le fit chercher , & le
trouva parmi les ouvriers qui travaillent à
la journée dans les fabfiques d'étamine .
Le Sr Etienne Bréard n'eft donc point Menuifier
, comme nous l'avions dit d'abord ,
parce qu'on ne nous avoit pas exactement
informés ; il eft du nombre de ces ouvriers
qu'il appelle dans la pièce de vers , que
nous allons rapporter , Pannorum artifices
leviorum.
M. le Chancelier, inftruit de l'état d'infirmité
& d'indigence de cet ouvrier , &
édifié de l'emploi qu'il fait de fes momens
de loifir , lui a fait donner une preuve de
FEVRIER. 1749 .
147
fa bienveillance par une gratification . Le
Poëte , furpris d'une récompenfe à laquelle
il s'attendoit fi peu , a dans fon transport
de reconnoiffance , invoqué fon Apollon ,
qui lui a infpiré la Piéce fuivante. Nous
y joindrons la Lettre qu'il a écrite à M.Racine
, & c'est avec plaifir que nous faisons
connoître un homme, qui n'ajamais fongé
à être connu .
O
Illuftriffimo Galliarum Cancellario
Grates.
Uid dubitas , liber , è manibus prodire
dolorum
Filius es , genuit te in fletibus ægra fenectus.
I , proper , & genitus pro Relligionis amore ,
Patris in extremis , ieris quocunque , memento:
Infignem pietate virum , meritifque nitentem,
Ultorem fceleris , folidæ pietatis amicum ,
Cujus confilio regitur fuprema poteftas ,
Confpice follicitum patris puerique patronum .
Pannorum artifices leviorum , attendite ; noftro
Præfectura favet tenui fuprema labori :
Hic non de mifero tentoris pectine res eft,
Non de lanifico fubigenti vellera fabro ;
Condita fed tumulojampridem Mufa refurgens ;
Candidior poftquam tondenti barba cadebar ,
Ingemuit longos fruftrà fenuiffe per annos,
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
Quid faciet Spretos Heliconis fcandere montes
Nititur , antiqui revocans elementa laboris .
Nec te poeniteat ( præfagiit una fororum )
Infolitus tentare vias , pro viribus aude.
Cynthius ad fuperos breviter te ducet honores
Eft liber in manibus faciâ de lege canentis
Racinii , divinum opus. Hunc divina canentem
Infequere , & vertas latiali carmine carmen.
Macte fenex animo , generofum imitare Poëtam ,
Dixit , & Aonio ftillans de fonte liquorem.
Fundit Apollineos , agitatâ mente, furores .
Relligionis amans , de Relligione peritum
Racinii aggredior vigili fudore Poema.
Quanta molis opus ! tremulo fed quanta voluptas:
In latium vatis reddenti carmina , cujus
Gallica Virgilium refonant redolentque Poetam !
Racinio placuit veftitum more latino
Carmen , & immodicâ celebravit laude Camoenas!
Sed quid plura loquor ? Merces & quanta laboris
Dagueffæus adeft , Francorum Regis amicus
Omnia Regali firmans decreta figillo :
Immemor ipfe fui , celsâ de fede Minifter
Largus , ámat noftram,quamvis fit ruftica , mufam.
Scripfit , & immeritas dat munificentia laudes.
Nec mora , largitur lapfis folatia rebus.
SummeTogatorum Princeps , clariffima Regni
FEVRIER . 149 1749.
Lumina , quale tuum dicant mea carmina nomen
Indulgere fenis vigilans dignare diebus ,
Æternas memori folvam modulamine grates.
Amplitudinis tue humillimus & obfequens
tiffimus Stephanus Bréard.
COPIE de la Lettre écrite par le Sr Etienne
Bréard , à M. Racine.
CC
מ
Onfieur , s'il eft vrai que
la Tra+
Mduction de vos fublimes Chants
» fur la Religion ait pû trouver auprès de
» vous un accueil favorable , c'eft à l'Au-
» teur de cette même Religion , que j'en
» dois rendre graces. Sans fon fecours aurois-
je pû réuffit , furtout dans le tems
qu'une paralyfie m'avoit jetté dans un
état digne de compaffion ? Ce malheur
cependant a été favorable pour moi ,
" puifqu'en m'arrachant à la profeffion
» méchanique que j'exerçois , il m'a rappellé
à mes études de mes premieres an-
» nées..
» Né d'un pere fabriquant en étamine ,
» je fus mis d'abord au Collége des Peres
» de l'Oratoire de cette Ville ; j'y fus affez
» bon Ecolier. Je remportai plufieurs fois
» des prix en particulier , & dans les diftri-
" butions publiques. Après ma Philofophie,
» je fis deux ans de Théologie , & j'ai
Giij
ajo MERCURE DE FRANCE .
toujours eû de, mes Maîtres des atteſta-
»tions favorables. A vingt deux ans , j'al
lai à la Trappe , où je paffai quatre mois
en habit de Novice. J'abandonnai enfuite
ce lieu très-faint , mais trop auftére
" pour moi , & je me fouviens que le
» Maître des Novices , en me donnant le
» baifer de paix , me dit, quoique vous nous
» abandonniez , confervez toujours les fentimens
de Religion que nous vous avons infpirés.
Je fortis en pleurant , & je retour-
" nai au Mans , où je fus quelque tems
» Maître d'Ecole . J'avois l'ambition d'ê-
» tre Prêtre , mais ne pouvant efperer
» d'avoir un titre , & d'ailleurs étant un
» peu volage , je renonçai à toute idée de
l'état Eccléfiaftique , & j'embraffai la
" profeffion paternelle , dans laquelle ,
comme fils d'ouvrier , je fus reçu à peu
» de frais . J'ai exercé cette profeffion depuis
l'âge de vingt- quatre ans , & je dois
» remercier Dieu de n'y avoir jamais perdu
de vûe les fentimens de Religion que
j'avois puifés à la Trappe.
»
» En 1744 , étant attaqué d'une påralyfie
qui me laiffoit quelques intervalles ,
» dans lefquels je pouvois lire & m'appli
quer , je trouvai dans le Journal de Ver-
» dun une pièce de vers de M. Roi , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , fur
FEVRIER. 1749. 151
» la convalefcence du Roi. Je voulus voir
» fi , quoiqu'âgé de près de foixante ans ,
»je ferois encore capable de quelque cho-
» fe ; je traduifis cette piéce en vers Lå-
» tins , & je traduifis encore quelques au-
» tres piéces du même Chevalier , com-
» me un Poëme fur le retour du Roi ; &
» un autre fait pour la Maifon de Saint
» Cyr , un autre enfin , que je doute être
» de lui , fur la bataille de Fontenoi . Un
39
jour que je me fentis quelques forces ,
» je me fis mener à l'Abbaye de Saint Vin
» cent , pour rendre vifite à D. Dodart
» & à D. Rivet , célébre par fes vertus &
» fon Hiftoire Littéraire des Gaules , & je
» leur fis voir mes Traductions , qu'ils
» n'attendoient pas d'un homme de inon
âge & de ma profeffion. Ces deux bons
» Religieux , après m'avoir félicité fur ces
» ouvrages , qui ne méritoient pas leur at-
≫tention , me donnerent votre Poëme fur
» la Religion , & m'exhorterent à le tra-
» duire . Je tremblai à cette propofition,
Cependant , me fentant animé intérieu-
» rement , j'entrepris l'ouvrage , & avec
» le fecours de cette grace que vous avez
chantée , je fuis parvenu à achever la
» Traduction entiere. M. l'Abbé de Paris
» a cû la bonté de vous la remettre , & la
» maniere avantageufe , dont vous en
»
G iiij
52. MERCURE DE FRANCE
» avez parlé , m'a infpiré une reconnoif
« fance qui durera toute ma vie. Vous êtes
caufe , fans doute , que la connoiffance ,
» de cette Traduction a été jufqu'à M. le
Chancelier , qui a bien voulu me faire
» affurer , par le premier Magiftrat de no-
» tre Ville , de fa protection , dont il m'a
fait reffentir les effets , par une gratifica-
» tion à laquelle je n'aurois jamais crû
" devoir penfer. Il me reste à vous prier
d'être perfuadé , Monfieur , du refpect , » &c.
Réponse de M. Racine..
»Vous me faites des remerciemens ,
» Monfieur , lorfque c'eft à moi à vous en
faire. Vous ignorez , fans doute , l'hon-
» neur que votre ouvrage fait au mien , &
» parce que vous êtes fort éloigné de pen-.
» fer qu'il foit pour vous un fujet d'amour.
"propre, vous ne foupçonnez pas qu'il en
22
puiffe être un pour moi. La peine qu'on
" a eue à vous découvrir dans votre Ville ; .
» l'indifference que vous avez pour un ta-
» lent , que vous avez toujours facrifié à
» des travaux , aufquels l'efprit n'a point
de part ; une vie obfcure & laborieuſe ,
qu'affligent l'indigence & l'infirmité; en-
» fin les momens les moins douloureux .
que vous laiffe la maladie, employés par
.
FEVRIER . 1749. 153
»
vous à mettre en vers les vérités dont
» vous êtes pénétré. Que de raifons me
» perfuadent , Monfieur , que vous êtes
» bien plus digne que moi de chanter la
Religion , & que fi dans la carriere Poëtique
vous croyez ne marcher qu'après
→ moi comme mon Traducteur , je ne
» marche que bien loin après vous , dans
» le chemin qui conduit à l'objet de nos
vers ! Par le .peu d'empreffement que
» vous avez eu à les faire connoître , il
»paroît affez que ce n'eft
n'eft pas des hommes
» que vous en avez attendu la récompenfe
..
>> Elle vous a cependant
cherché malgré
و ر
fi
vous , & quelle récompenfe ! Vous ne
» vous attendiez pas que votre nom , fi
»peu connu dans votre Ville , dût tout à
coup pénétrer jufqu'à la Cour. Aipfi
lorfque vous voyez celui , qui par fa
» dignité & fes lumieres tient un rang
» élevé , jetter fur vous des regards bien-
" faifans , parce qu'il a été édifié de vos
» faintes occupations , & attendri fur vo
» tre trifte état , vous pouvez bien vous
wécrier ,
y
Sunt hic etiam fua premia laudi ,
Sunt lachryma rerum…….
Je fuis , Monfieur , & c.
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2
p. 214-215
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 15 la Chambre des Communes accorda cinquante-cinq mille Matelots pour [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Equipage, Mines de Redbrook, Ouvriers, Pillages, Financement militaire, Troupes, Amérique
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 28 Décembre.
Le 1s la Chambre des Communes accorda cinquante-
cinq mille Matelots pour le ſervice de la
Flotte Royale , en ycomprenant onze mille quatre
cens dix-neufSoldats de Marine, Elle réſolut
enmême temps qu'il ſeroit alloué quatre livres
ſterlings par mois pour chaque homme, ladépenſe
de l'artillerie étant compriſe dans cet article. Le
17 elle décida qu'une taxe de quatre ſchelings par
livre ſterling , ſeroit levée ſur les terres.
Les ouvriers des mines de Redbrook , & les
charbonniers de la forêt de Déan , s'attrouperent
tumultueuſement ily a quinze jours , &pillerent
pluſieurs navires chargés de grains.
Le Baron Théodore de Neuhoff , qui après
avoir tant fait parler de lui , étoit preſque entiérement
oublié , vient de terminer ſes joursdans la
JANVIER. 1757. 215
!
prifondu Fleet , où il a éprouvé , pendant les deux
dernieres années de ſa vie , la plus affreuſe miſere.
La Chambre des Communes accorda le 22 au Roi
douze cens treize mille ſept cens quarante-fix livres
ſterlings pour l'entretien de quarante - neuf mille
ſept cens quarante-neuf hommes de troupes de
terre , en y comprenant quatre mille huit invalides
; quatre cens vingt- trois mille neuf cens
ſoixante-trois livres ſterlings pour les garniſons de
Gibraltar & des Colonies de l'Amérique ; quarante-
ſept mille ſoixante pour les Officiers Genéraux
, & pour l'Etat Major ; vingt-trois mille trois
censtrente- cinq pour les troupes Heſſoiſſes , &
quatre cens trente-trois mille vingt-cinq pour les
troupes Hanovériennes. Les troupes Heſſoiſſes
ont enfin quitté leur camp pour prendre les quartiers
d'hyver que le Parlement leur a aſſigné dans
les villes de Salisbury , de Winchester & de Southampton.
On ſe propoſe de lever inceſſamment
deux nouveaux régimens de Montagnards Ecoffois.
Les nouvelles de l'Amérique continuent d'être
défagréables. On a appris que les Chiroquois ,
qui venoient de renouveller leur alliance avec les
Anglois , s'étoient ſaiſis par ſurpriſe d'un Fort
qu'ils avoient permis de conſtruire ſur leur terri
toire,
DE LONDRES , le 28 Décembre.
Le 1s la Chambre des Communes accorda cinquante-
cinq mille Matelots pour le ſervice de la
Flotte Royale , en ycomprenant onze mille quatre
cens dix-neufSoldats de Marine, Elle réſolut
enmême temps qu'il ſeroit alloué quatre livres
ſterlings par mois pour chaque homme, ladépenſe
de l'artillerie étant compriſe dans cet article. Le
17 elle décida qu'une taxe de quatre ſchelings par
livre ſterling , ſeroit levée ſur les terres.
Les ouvriers des mines de Redbrook , & les
charbonniers de la forêt de Déan , s'attrouperent
tumultueuſement ily a quinze jours , &pillerent
pluſieurs navires chargés de grains.
Le Baron Théodore de Neuhoff , qui après
avoir tant fait parler de lui , étoit preſque entiérement
oublié , vient de terminer ſes joursdans la
JANVIER. 1757. 215
!
prifondu Fleet , où il a éprouvé , pendant les deux
dernieres années de ſa vie , la plus affreuſe miſere.
La Chambre des Communes accorda le 22 au Roi
douze cens treize mille ſept cens quarante-fix livres
ſterlings pour l'entretien de quarante - neuf mille
ſept cens quarante-neuf hommes de troupes de
terre , en y comprenant quatre mille huit invalides
; quatre cens vingt- trois mille neuf cens
ſoixante-trois livres ſterlings pour les garniſons de
Gibraltar & des Colonies de l'Amérique ; quarante-
ſept mille ſoixante pour les Officiers Genéraux
, & pour l'Etat Major ; vingt-trois mille trois
censtrente- cinq pour les troupes Heſſoiſſes , &
quatre cens trente-trois mille vingt-cinq pour les
troupes Hanovériennes. Les troupes Heſſoiſſes
ont enfin quitté leur camp pour prendre les quartiers
d'hyver que le Parlement leur a aſſigné dans
les villes de Salisbury , de Winchester & de Southampton.
On ſe propoſe de lever inceſſamment
deux nouveaux régimens de Montagnards Ecoffois.
Les nouvelles de l'Amérique continuent d'être
défagréables. On a appris que les Chiroquois ,
qui venoient de renouveller leur alliance avec les
Anglois , s'étoient ſaiſis par ſurpriſe d'un Fort
qu'ils avoient permis de conſtruire ſur leur terri
toire,
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En décembre, la Chambre des Communes britannique a approuvé l'allocation de 55 000 matelots pour la Flotte Royale, incluant 11 419 soldats de marine, et a décidé d'allouer quatre livres sterling par mois pour chaque homme, couvrant les dépenses d'artillerie. Le 17 décembre, elle a décidé de lever une taxe de quatre schellings par livre sterling sur les terres. Quinze jours auparavant, des ouvriers des mines de Redbrook et des charbonniers de la forêt de Déan avaient pillé plusieurs navires chargés de grains. Le Baron Théodore de Neuhoff est décédé dans la prison de Fleet après deux années de misère. Le 22 janvier 1757, la Chambre a alloué 1 213 746 livres sterling pour l'entretien de 49 749 hommes de troupes terrestres, incluant 4 008 invalides. Elle a également alloué 423 963 livres pour les garnisons de Gibraltar et des colonies américaines, 47 060 livres pour les officiers généraux, 23 335 livres pour les troupes hessoises, et 433 025 livres pour les troupes hanovriennes. Les troupes hessoises ont pris leurs quartiers d'hiver à Salisbury, Winchester et Southampton. Deux nouveaux régiments de montagnards écossais doivent être levés. Les nouvelles d'Amérique sont défavorables, avec des Chiroquois ayant pris un fort anglais par surprise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 147-149
A Messieurs les Conciliateurs.
Début :
MESSIEURS, QUOIQUE Vous n'offriez point votre médiation à tout [...]
Mots clefs :
Monuments, Pays, Conciliateurs, Ouvriers, Médiation, Abus, Arts
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texteReconnaissance textuelle : A Messieurs les Conciliateurs.
MESSIEURS ,
QUOIQUE Vous n'offriez point votre
médiation à tout le monde, j'eſpére
que vous ne ferez pas affez avares de vos
lumières , pour en refufer quelque lueur
à quelqu'un , qui defire ardemment de
s'inftruire. C'eft dans cette vue que j'ai
pris la liberté de vous écrire , par la
vaie du Mercure , pour vous prier de
concilier des chofes qui me paroiffent
finguliérement oppofées. Spectateur par
gout , je réfléchis quelquefois , & cela
fur le premier objet qui me frappe
amais principalement fur les Arts que j'aime
beaucoup .
Jeifaifois donc réfléxion , comment
il fe pouvoit , que dans une Nation où
il y a des prix inftitués , pour récompenfer
ceux qui défignent le mieux quel
étoit le Coftume des Egyptiens , des
Perfes & c., & de tant d'autres Nations
anciennes comment il fe peut , dis-je¹ ,
que dans les Monumens , que cette
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
même Nation érige de nos jours , elle
s'éloigne fi fort du fien , & femble
faire tous fes efforts , pour qu'il foit impoſſible
de fçavoir dans quel fiécle & à
l'honneur de qui ils ont été élevés .
Mais , difent les amateurs de jambes
nues & de draperies , nos habits ne font
pas dignes d'être confacrés , & leur forme
n'eft point affez agréable pour la
tranfmettre à la pofterité ; ils font un
mauvais effet en Sculpture. Mais le reméde
eft fimple furtout dans un pays où
l'on aime le changement . Ces changemens
d'ailleurs font très- avantageux
pour les Manufactures & pour les Ouvriers
en parures ; j'ai même oui-dire à
nn Anglois , qu'on ne changeoit fi fou
vent de modes dans ſon pays , que pour
encourager & faire profiter les Manufactures
, & il eft à remarquer que leurs
nouvelles modes font toujours l'oppofé
de celle qu'ils quittent.
La fureur des Infcriptions Latines
chofe qui doit néceffairement fuivre la
mode des habits à la Romaine , prive
quantité de gens ( & moi tout le premier
) de fatisfaire leur curiofité fur les
Monumens qu'ils rencontrent : fi elles
n'étoient employées que pour défigner
un Savant dans la Langue Latine , je ne
AOUST. 1763. 149
m'en plaindrois pas. Mais on voit du
Grec & du Latin , fur des Monumens
élevés à des perfonnes , qui n'ont jamais
fçu un mot de ces mêmes Langues .
Il me paroît donc ridicule , que pour
connoître les Illuftres de mon pays , il
me faille employer des Interprêtes étrangers.
Ce ne font peut-être ici que des redites
; mais on ne fauroit , je crois , trop
s'élever contre des abus auffi grands &
auffi ridicules.
QUOIQUE Vous n'offriez point votre
médiation à tout le monde, j'eſpére
que vous ne ferez pas affez avares de vos
lumières , pour en refufer quelque lueur
à quelqu'un , qui defire ardemment de
s'inftruire. C'eft dans cette vue que j'ai
pris la liberté de vous écrire , par la
vaie du Mercure , pour vous prier de
concilier des chofes qui me paroiffent
finguliérement oppofées. Spectateur par
gout , je réfléchis quelquefois , & cela
fur le premier objet qui me frappe
amais principalement fur les Arts que j'aime
beaucoup .
Jeifaifois donc réfléxion , comment
il fe pouvoit , que dans une Nation où
il y a des prix inftitués , pour récompenfer
ceux qui défignent le mieux quel
étoit le Coftume des Egyptiens , des
Perfes & c., & de tant d'autres Nations
anciennes comment il fe peut , dis-je¹ ,
que dans les Monumens , que cette
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
même Nation érige de nos jours , elle
s'éloigne fi fort du fien , & femble
faire tous fes efforts , pour qu'il foit impoſſible
de fçavoir dans quel fiécle & à
l'honneur de qui ils ont été élevés .
Mais , difent les amateurs de jambes
nues & de draperies , nos habits ne font
pas dignes d'être confacrés , & leur forme
n'eft point affez agréable pour la
tranfmettre à la pofterité ; ils font un
mauvais effet en Sculpture. Mais le reméde
eft fimple furtout dans un pays où
l'on aime le changement . Ces changemens
d'ailleurs font très- avantageux
pour les Manufactures & pour les Ouvriers
en parures ; j'ai même oui-dire à
nn Anglois , qu'on ne changeoit fi fou
vent de modes dans ſon pays , que pour
encourager & faire profiter les Manufactures
, & il eft à remarquer que leurs
nouvelles modes font toujours l'oppofé
de celle qu'ils quittent.
La fureur des Infcriptions Latines
chofe qui doit néceffairement fuivre la
mode des habits à la Romaine , prive
quantité de gens ( & moi tout le premier
) de fatisfaire leur curiofité fur les
Monumens qu'ils rencontrent : fi elles
n'étoient employées que pour défigner
un Savant dans la Langue Latine , je ne
AOUST. 1763. 149
m'en plaindrois pas. Mais on voit du
Grec & du Latin , fur des Monumens
élevés à des perfonnes , qui n'ont jamais
fçu un mot de ces mêmes Langues .
Il me paroît donc ridicule , que pour
connoître les Illuftres de mon pays , il
me faille employer des Interprêtes étrangers.
Ce ne font peut-être ici que des redites
; mais on ne fauroit , je crois , trop
s'élever contre des abus auffi grands &
auffi ridicules.
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4
p. 193-194
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
Début :
ON a continué les Concerts François jusques au Vendredi 30 Septembre inclusivement [...]
Mots clefs :
Concerts français, Cour, Vigilance , Ouvriers, Accidents
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texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
O Na continué les Concerts François
jufques au Vendredi 30 Septembre
inclufivement
. Ils feront fufpendus
pendant
le féjour de la Cour à Fontainebleau.
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
Malgré la plus grande vigilance & le
nombre des Ouvriers employés aux travaux
de la Salle du Palais des 'Thuileries
on doute qu'elle foit en état d'y jouer
l'Opéra au retour du voyage de Fontainebleau
. La néceffité d'affurer le fervice
de ce Spectacle , de pourvoir à tous
les accidens , & de procurer au Public
autant de commodités & d'agrément
l'on devoit attendre dans ce lieu , a
que
entraîné dans beaucoup plus d'ouvra
ges qu'on n'avoit prévu .
O Na continué les Concerts François
jufques au Vendredi 30 Septembre
inclufivement
. Ils feront fufpendus
pendant
le féjour de la Cour à Fontainebleau.
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
Malgré la plus grande vigilance & le
nombre des Ouvriers employés aux travaux
de la Salle du Palais des 'Thuileries
on doute qu'elle foit en état d'y jouer
l'Opéra au retour du voyage de Fontainebleau
. La néceffité d'affurer le fervice
de ce Spectacle , de pourvoir à tous
les accidens , & de procurer au Public
autant de commodités & d'agrément
l'on devoit attendre dans ce lieu , a
que
entraîné dans beaucoup plus d'ouvra
ges qu'on n'avoit prévu .
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