Résultats : 21770 texte(s)
Détail
Liste
4101
p. 138-141
De Londres le 14 Octobre.
Début :
L'Emprisonement du Comte de Peterborough fait ici l'attention publique & [...]
Mots clefs :
Emprisonnement, Comte, Jacobites, Milord, Parlement, Assemblée, Trône, Couronnement, Rebelles, Baron
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texteReconnaissance textuelle : De Londres le 14 Octobre.
De Londres le 14 Octobre.
L'Emprifonement
du Comte de Peterborough
fait ici l'attention publique
& donne lieu à divers raifonnemens
; mais , on ne peut pas fe perfuader
que ce Milord ait été capable de former
le deffein d'attenter à la vie du
Prétendant : Quoi que les Jacobites publient
que ce Milord avoit promis soooo
D'OCTOBRE.
1;9
piftoles à un Italien , pour exécuter ce
noir complot , & que c'eft ce même
Italien qui l'eft venu déceler .
Comme le Parlement fe doit affem .
bler au commencement de Décembre ,
les Toris ne régligent rien, afin d'avarcer
leurs interelts . Pour cet effet , ils
font des Affemblées dans la Campagne,
pour concerter les moyens de gagner
la fupériorité fur le préfent Miniftére .
La nuitdu Samedy au Dimanche dernier
,'quelques mal affectionnez répandirent
jufques dans le Palais de St James
& à Hamptoncourt, deux , Libelles ;
Pan fous le titre , Avis à l'Armée &
au Peuple d'Angleterre , qui contient en
fubftance , que fi on veut vivre en paix
dans ce Royaume , il faut néceffairement
appeller le veritable heritier de
la Couronne & le mettre fur le Trône.
L'autre eft intitulé , Avis à M. Ro~
bert Vvalpool , par lequel l'Auteur prétend
prouver que le Roy Georges a contrevenu
à l'Acte qui établit la fucceffion
à la Couronne dans la ligne proteftante
; & qu'il a même agi contre le
ferment qu'il fit à fon couronnement
&c. Il ne faut pas douter que fi on:
découvre les Auteurs de ces Ecrits fe
Mij
140
LE MERCURE
ditieux , on ne les puniffe felon tou
te la rigueur des Loix .
On apréhende que les Rebelles qui fe
font retirez dans les Montagnes d'Ecoffe,
ne faffent des irruptions dans le plat-
Pays. On craint même que d'autres Mécontents
ne s'y joignent & n'éxcitent
une nouvelle Rebellion . Le Roy a
donné ordre au Comte de Sutherland &
au Lord Lorat , de fe rendre inceffam-.
ment en Ecoffe ; afin de prévenir leurs
pernicieux deffeins enfaifant marcherles
Troupes & les Milices contre eux , &
en mettant en oeuvre tout ce qu'ils jugeront
néceffaire pour éviter ce malheur :
Mais on croit que ces Seigneurs rencontreront
de grandes difficultez , & qu'il
fera comme impoffible , de les réduire,
à caufe qu'ils occupent des Montagnes
inacceffibles .
Il y a quelques jours que le Baron-
Shader Allemand , prefenta un Mémoireau
Roy à Hamptoncourt , dans lequel
il accufoit le Comte de Bradbourg
qu'on dit être un Moine françois
défrocqué , d'avoir parlé avec
beaucoup de mépris de S. M. jufqu'à l'avoir
appellé un Prince de deux liards..
Le Roy ayant examiné ce Mémoire fir
D'OCTOBRE.. 1411
1
venir l'un & l'autre en fa préfence pour.
les
interroger.
Le Baron foutine que,fon accufatione
étoit véritable, & que pour la vérifier ,
S. M. n'avoit qu'à confiderer la maṛ-
que, qui étoit gravée fur le front du
Comte ; que c'étoit lui- même qui la lui .
avoitimprimée par un coup de chandeliers
parce qu'il n'avoit pu fouffrir les
difcours fcandaleux que celui- ci tenoit
de S. M.Le Comte aïant été obligé d'en
convenir , S. M. s'eft contentée d'ordonner
à cet Imprudent de ne plus fe:
prafenter à l'avenir devant lui , le Roy
lui ayant fait fouvent l'honneur de le
faire manger à fa Table ; & le
pour
Baron , il le pria de ne plus parler de
certe affaire .
L'Emprifonement
du Comte de Peterborough
fait ici l'attention publique
& donne lieu à divers raifonnemens
; mais , on ne peut pas fe perfuader
que ce Milord ait été capable de former
le deffein d'attenter à la vie du
Prétendant : Quoi que les Jacobites publient
que ce Milord avoit promis soooo
D'OCTOBRE.
1;9
piftoles à un Italien , pour exécuter ce
noir complot , & que c'eft ce même
Italien qui l'eft venu déceler .
Comme le Parlement fe doit affem .
bler au commencement de Décembre ,
les Toris ne régligent rien, afin d'avarcer
leurs interelts . Pour cet effet , ils
font des Affemblées dans la Campagne,
pour concerter les moyens de gagner
la fupériorité fur le préfent Miniftére .
La nuitdu Samedy au Dimanche dernier
,'quelques mal affectionnez répandirent
jufques dans le Palais de St James
& à Hamptoncourt, deux , Libelles ;
Pan fous le titre , Avis à l'Armée &
au Peuple d'Angleterre , qui contient en
fubftance , que fi on veut vivre en paix
dans ce Royaume , il faut néceffairement
appeller le veritable heritier de
la Couronne & le mettre fur le Trône.
L'autre eft intitulé , Avis à M. Ro~
bert Vvalpool , par lequel l'Auteur prétend
prouver que le Roy Georges a contrevenu
à l'Acte qui établit la fucceffion
à la Couronne dans la ligne proteftante
; & qu'il a même agi contre le
ferment qu'il fit à fon couronnement
&c. Il ne faut pas douter que fi on:
découvre les Auteurs de ces Ecrits fe
Mij
140
LE MERCURE
ditieux , on ne les puniffe felon tou
te la rigueur des Loix .
On apréhende que les Rebelles qui fe
font retirez dans les Montagnes d'Ecoffe,
ne faffent des irruptions dans le plat-
Pays. On craint même que d'autres Mécontents
ne s'y joignent & n'éxcitent
une nouvelle Rebellion . Le Roy a
donné ordre au Comte de Sutherland &
au Lord Lorat , de fe rendre inceffam-.
ment en Ecoffe ; afin de prévenir leurs
pernicieux deffeins enfaifant marcherles
Troupes & les Milices contre eux , &
en mettant en oeuvre tout ce qu'ils jugeront
néceffaire pour éviter ce malheur :
Mais on croit que ces Seigneurs rencontreront
de grandes difficultez , & qu'il
fera comme impoffible , de les réduire,
à caufe qu'ils occupent des Montagnes
inacceffibles .
Il y a quelques jours que le Baron-
Shader Allemand , prefenta un Mémoireau
Roy à Hamptoncourt , dans lequel
il accufoit le Comte de Bradbourg
qu'on dit être un Moine françois
défrocqué , d'avoir parlé avec
beaucoup de mépris de S. M. jufqu'à l'avoir
appellé un Prince de deux liards..
Le Roy ayant examiné ce Mémoire fir
D'OCTOBRE.. 1411
1
venir l'un & l'autre en fa préfence pour.
les
interroger.
Le Baron foutine que,fon accufatione
étoit véritable, & que pour la vérifier ,
S. M. n'avoit qu'à confiderer la maṛ-
que, qui étoit gravée fur le front du
Comte ; que c'étoit lui- même qui la lui .
avoitimprimée par un coup de chandeliers
parce qu'il n'avoit pu fouffrir les
difcours fcandaleux que celui- ci tenoit
de S. M.Le Comte aïant été obligé d'en
convenir , S. M. s'eft contentée d'ordonner
à cet Imprudent de ne plus fe:
prafenter à l'avenir devant lui , le Roy
lui ayant fait fouvent l'honneur de le
faire manger à fa Table ; & le
pour
Baron , il le pria de ne plus parler de
certe affaire .
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4102
p. 134-137
PLAINTES D'UN AMANT.
Début :
Voicy d'autres paroles que vous trouverez fort agréables, & / Languissant & réveur aux bords d'une Fontaine, [...]
Mots clefs :
Rêveur, Fontaine, Argent, Ruisseaux, Murmures, Amour, Berger, Galant, Songe, Tendresse, Peine, Éternelle
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texteReconnaissance textuelle : PLAINTES D'UN AMANT.
Voicy d'autres paroles que
vous trouverez fort agréables
, & tres - propres à eſtre
chantées.Elles ſont de Mademoiſelle
Caſtille.
GALANT. 135
PLAINTES D'UN AMANT.
Anguiffant &réveur aux
L bords d'une Fontaine,
Helas! dis-je cent foisfongeant à
Céliméne,
Ces petits flots d'argent
Vont d'un cours diligent
R'embellir l'émailde la Plaine.
Ces Ruiffeaux
Ontrepris leur doux murmures
CesCoftraux
Une nouvelle Verdures
Ces Ormeaux
Redonnent leurs frais ombragesz
Ces Oyseaux
Fontretentir ces Bocages
Demillechans nouveaux.
CeGazon,
CeValon
136 MERCURE
Refleurit,
Tout rit
Dans noftre Village,
Tout fait l'amour, touts'engage.
Tircis ce galant Berger
Qui nefaitque fonger
Aréjouir Irisſon aimable Bergere,
Vaméditant pour elle tout lejour
CentpetitsAirs nouveauxfurfa Fla
te legere,
EtSa Bergereàson tour
Nefongefans ceffe
Qu'àfoulagerson amour
D'unpeu de tendreſſe.
Enfin dans nos Hameaux , dans nos
Bois, dansnos Champs
Toutse prépare aux plaisirs innocens
Que ramene
Le Printemps.
L'on n'y verra plus d'inhumaine
GALANT. 137
Quemon ingrate Céliméne,
Qui ne promet à mes feux trop
conftans
Qu'une éternelle peine..
vous trouverez fort agréables
, & tres - propres à eſtre
chantées.Elles ſont de Mademoiſelle
Caſtille.
GALANT. 135
PLAINTES D'UN AMANT.
Anguiffant &réveur aux
L bords d'une Fontaine,
Helas! dis-je cent foisfongeant à
Céliméne,
Ces petits flots d'argent
Vont d'un cours diligent
R'embellir l'émailde la Plaine.
Ces Ruiffeaux
Ontrepris leur doux murmures
CesCoftraux
Une nouvelle Verdures
Ces Ormeaux
Redonnent leurs frais ombragesz
Ces Oyseaux
Fontretentir ces Bocages
Demillechans nouveaux.
CeGazon,
CeValon
136 MERCURE
Refleurit,
Tout rit
Dans noftre Village,
Tout fait l'amour, touts'engage.
Tircis ce galant Berger
Qui nefaitque fonger
Aréjouir Irisſon aimable Bergere,
Vaméditant pour elle tout lejour
CentpetitsAirs nouveauxfurfa Fla
te legere,
EtSa Bergereàson tour
Nefongefans ceffe
Qu'àfoulagerson amour
D'unpeu de tendreſſe.
Enfin dans nos Hameaux , dans nos
Bois, dansnos Champs
Toutse prépare aux plaisirs innocens
Que ramene
Le Printemps.
L'on n'y verra plus d'inhumaine
GALANT. 137
Quemon ingrate Céliméne,
Qui ne promet à mes feux trop
conftans
Qu'une éternelle peine..
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Résumé : PLAINTES D'UN AMANT.
Le poème 'Plaintes d'un Amant' de Mademoiselle Castille dépeint un paysage printanier où la nature renaît. Les fontaines, les ruisseaux, les arbres et les oiseaux embellissent la plaine et apportent joie et amour au village. Cependant, le narrateur souffre de l'indifférence de Célimène, une femme insensible à ses sentiments. Autour de lui, des signes de bonheur et d'amour sont visibles, comme l'affection partagée entre Tircis, un berger, et Irisson, une bergère. Le poème se conclut sur une note mélancolique, soulignant l'absence de réciprocité dans les sentiments du narrateur envers Célimène.
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4103
p. 130-131
Allemagne.
Début :
Le six de Decembre on afficha à Vienne deux Ordonnances contre les Mandians [...]
Mots clefs :
Mendiants, Empereur, Comte, Capitaine Pretorius
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texteReconnaissance textuelle : Allemagne.
Atlemajgte.'
Le six de Décembre on afficha à Vien
ne deux Ordonnances contre les Marídians
& autres gens íâns aveu , par les
quelles les personnes charijables font in-:
Vicées' à porter Ieuf% aumônes dans le'
tronc public des Eglises , afin que la dií
tribution s'en saífe avec Comtoilsance par'
te Comte de Khevenhuller , Lieutenant
de cette Vdk.-
On imnde de hambourg que. le Ca
pitaine Pretarius , soupçonné d'être le'
principal Auteur de l'aísaífinat du feu
Comte de Rantzau avoit été arrêté à
CrbíTen en Silesie , 6c de.là conduit dans
les prisons de Rendefbòurg.
Le Comte Merích, Plenipotentiaire de
l'Empereur dans leCercle de la Bafle Saxe#
a été choisi par S.M.I. pour assister en qua
lité de son CommiiTaire àl'électionde l'E.
1
JAN V 1ER i/jrV *jî
vêque de Hildeim. On ne doute pas que
le Prince Theodore de Biviere , Evêque
de Ratiíbonne y ëc Coadjuteur de Freysingen
, ne íôit élu. Le Comte de Curìeni
a été revêtu du même caractere y
de la part de l'Empereur , à l'élection d«
^Evêque de Liege.
Le six de Décembre on afficha à Vien
ne deux Ordonnances contre les Marídians
& autres gens íâns aveu , par les
quelles les personnes charijables font in-:
Vicées' à porter Ieuf% aumônes dans le'
tronc public des Eglises , afin que la dií
tribution s'en saífe avec Comtoilsance par'
te Comte de Khevenhuller , Lieutenant
de cette Vdk.-
On imnde de hambourg que. le Ca
pitaine Pretarius , soupçonné d'être le'
principal Auteur de l'aísaífinat du feu
Comte de Rantzau avoit été arrêté à
CrbíTen en Silesie , 6c de.là conduit dans
les prisons de Rendefbòurg.
Le Comte Merích, Plenipotentiaire de
l'Empereur dans leCercle de la Bafle Saxe#
a été choisi par S.M.I. pour assister en qua
lité de son CommiiTaire àl'électionde l'E.
1
JAN V 1ER i/jrV *jî
vêque de Hildeim. On ne doute pas que
le Prince Theodore de Biviere , Evêque
de Ratiíbonne y ëc Coadjuteur de Freysingen
, ne íôit élu. Le Comte de Curìeni
a été revêtu du même caractere y
de la part de l'Empereur , à l'élection d«
^Evêque de Liege.
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Résumé : Allemagne.
Le 6 décembre, Vienne publia deux ordonnances contre les Marídians et autres personnes sans aveu, invitant à des dons charitables dans les églises, supervisés par le Comte de Khevenhuller. À Hambourg, le capitaine Pretarius, suspecté du meurtre du Comte de Rantzau, fut arrêté en Silésie et incarcéré à Rendebòurg. Le Comte Merích, représentant impérial en Basse-Saxe, fut désigné pour l'élection de l'évêque de Hildesheim, où le Prince Théodore de Bavière est pressenti. L'Empereur nomma également le Comte de Curìeni pour l'élection de l'évêque de Liège.
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4104
p. 972-976
Memoire sur la maniere de colorer les Pierres, [titre d'après la table]
Début :
Dans la derniere assemblée publique de l'Académie Royale des [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Colorer, Pierres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoire sur la maniere de colorer les Pierres, [titre d'après la table]
Dáns la derniere assemblée publique de
L'Académie Royale des Sciences , M. Dufay lut un second Mémoire sur la maniere
de colorer les Pierres ; nous avons donné
l'Extrait du premier dans le Mercure de
Decembre 1730. 1. vol. Celui- cy- contient
MAY. 1732.
973*
tient deux parties ; dans la premiere M..
Dufay remedie à quelques inconveniens
qui se rencontroient dans l'emploi de certaines couleurs , décrites dans son premier Mémoire , et il en ajoute quelquesunes , qu'il n'a découvertes que depuis
peu ; dans la seconde partie , il donne la
maniere de former des desseins en blanc
sur la Cornaline, ou de blanchir le champ
de la Cornaline, et d'y tracer des desseins
en rouge.
La maniere dont l'Auteur employe la
Gomme , appellée Sang de Dragon , pour
fair le rouge sur du Marbre blanc , est
bien simple; il broye cette Gomme dans
un Mortier d'Agathe , et y met quelques.
goutes d'Esprit de vin ; il l'employe ainsi
avec le Pinceau , sans qu'elle se grumele,
ou s'empâte , comme il arrive , en la dissolvant à l'ordinaire ; pour faireun rouges
très brun , il y ajoûte de la Poix noire ,
suivant la nuance qu'il désire, il employe
la Gomme gutte pour le jaune de la même maniere; et si avec l'une ou l'autre de
ces couleurs on veut réserver des Parties
blanches au milieu de la tache , fl suffit de
mettre un enduitde blanc d'Espagne.avec
de l'Eau gommée dans les endroits que
l'on veut conserver ; on peut passer la
couleur pardessus , sans craindre qu'elles
les endommage.. Lors
974 MERCURE DE FRANCE
Lorsque ces couleurs sont employées ,
on porte la piece de marbre dans un Four
ordinaire , et on l'y laisse jusques à ce
qu'on s'apperçoive par quelque échantil
lon que les couleurs sont fonduës et ont
bien pénétré.
Le marbre étant froid , on y met la dissolution de Sang de dragon pour faire la
couleur de chair ; le marbre n'a pas -besoin d'être chaud pour cette nuance,
non plus que pour le bleu , qui se fait
avec une dissolution de tournesol, dans
une lessive de chaux et d'urine ; cette liqueur pénétre le marbre à froid et entre
très-avant. Elle fait un très beau bleu , tirant quelquefois sur le violet , suivant
que la liqueur est plus ou moins chargée
de Tournesol , ou qu'elle a digéré plus
long- temps:
Lorsque le marbre est entierement peint,
on le ponce pour enlever le marc des couleurs , et on le polit à l'ordinaire ; de la
sorte on peut faire pénétrer dans le marbre blanc toutes les couleurs imaginables,
et par consequent imiter les marbres les
plus beaux et les plus précieux.
A l'égard de la seconde Partie qui regarde Is Cornalines , la pratique en est
fort simple, et voicy comme M. Dufay
en a fait la découverte ; il voulut essayer
d'é-
MA Y. 17327 975
d'émailler une Cornaline ; elle ne put pas
soutenir,sans se casser,la chaleur nécessaire pour fondre l'émail ; mais l'ayant retiré du feu , il s'apperçut que les endroits
qui avoient été couverts d'émail , étoient
blancs , le reste étant demeuré rouge ; il
imagina que l'émail avoit occasionne plus
de chaleur dans les endroits où il avoit été
appliqué, et il essaya de faire la même chose
avec d'autres matieres terreuses ; en ayant
essayéplusieurs, il trouva qu'aucune ne faisoit mieux que le Colchotar dissous dans
l'Eau gommée, on forme avec cette matiere des desseins sur la Cornaline , et en la
chauffantpetit à petit sous uneMoufle, tout
ce qui est couvert de Colchorar blanchit,
et le champ de la pierre demeure rouge.
M.Dufay a aussi remarqué qu'on pouvoit
nuancer ce blanc et le faire plus mat en
des endroits qu'en d'autres , en donnant
plus ou moins d'épaisseur à l'enduit de
Colchotar ; on peut aussi ombrer ces sortes de desseins avec la dissolution d'argent dans l'Esprit de Nitre, en sorte qu'il
ne faut présentement qu'un ouvrier hapour porter cet art à son plus haut
dégré de perfection. M. Dufay finit par
quelques Observations sur le choix des
Cornalines les plus propres à cette sorte
de travail , parce qu'elles ne le sont pas
bile
tou
976 MERCURE DE FRANCE
toutes également , et qu'il y en a même
qui n'y sçauroient absolument être employées
L'Académie Royale des Sciences , M. Dufay lut un second Mémoire sur la maniere
de colorer les Pierres ; nous avons donné
l'Extrait du premier dans le Mercure de
Decembre 1730. 1. vol. Celui- cy- contient
MAY. 1732.
973*
tient deux parties ; dans la premiere M..
Dufay remedie à quelques inconveniens
qui se rencontroient dans l'emploi de certaines couleurs , décrites dans son premier Mémoire , et il en ajoute quelquesunes , qu'il n'a découvertes que depuis
peu ; dans la seconde partie , il donne la
maniere de former des desseins en blanc
sur la Cornaline, ou de blanchir le champ
de la Cornaline, et d'y tracer des desseins
en rouge.
La maniere dont l'Auteur employe la
Gomme , appellée Sang de Dragon , pour
fair le rouge sur du Marbre blanc , est
bien simple; il broye cette Gomme dans
un Mortier d'Agathe , et y met quelques.
goutes d'Esprit de vin ; il l'employe ainsi
avec le Pinceau , sans qu'elle se grumele,
ou s'empâte , comme il arrive , en la dissolvant à l'ordinaire ; pour faireun rouges
très brun , il y ajoûte de la Poix noire ,
suivant la nuance qu'il désire, il employe
la Gomme gutte pour le jaune de la même maniere; et si avec l'une ou l'autre de
ces couleurs on veut réserver des Parties
blanches au milieu de la tache , fl suffit de
mettre un enduitde blanc d'Espagne.avec
de l'Eau gommée dans les endroits que
l'on veut conserver ; on peut passer la
couleur pardessus , sans craindre qu'elles
les endommage.. Lors
974 MERCURE DE FRANCE
Lorsque ces couleurs sont employées ,
on porte la piece de marbre dans un Four
ordinaire , et on l'y laisse jusques à ce
qu'on s'apperçoive par quelque échantil
lon que les couleurs sont fonduës et ont
bien pénétré.
Le marbre étant froid , on y met la dissolution de Sang de dragon pour faire la
couleur de chair ; le marbre n'a pas -besoin d'être chaud pour cette nuance,
non plus que pour le bleu , qui se fait
avec une dissolution de tournesol, dans
une lessive de chaux et d'urine ; cette liqueur pénétre le marbre à froid et entre
très-avant. Elle fait un très beau bleu , tirant quelquefois sur le violet , suivant
que la liqueur est plus ou moins chargée
de Tournesol , ou qu'elle a digéré plus
long- temps:
Lorsque le marbre est entierement peint,
on le ponce pour enlever le marc des couleurs , et on le polit à l'ordinaire ; de la
sorte on peut faire pénétrer dans le marbre blanc toutes les couleurs imaginables,
et par consequent imiter les marbres les
plus beaux et les plus précieux.
A l'égard de la seconde Partie qui regarde Is Cornalines , la pratique en est
fort simple, et voicy comme M. Dufay
en a fait la découverte ; il voulut essayer
d'é-
MA Y. 17327 975
d'émailler une Cornaline ; elle ne put pas
soutenir,sans se casser,la chaleur nécessaire pour fondre l'émail ; mais l'ayant retiré du feu , il s'apperçut que les endroits
qui avoient été couverts d'émail , étoient
blancs , le reste étant demeuré rouge ; il
imagina que l'émail avoit occasionne plus
de chaleur dans les endroits où il avoit été
appliqué, et il essaya de faire la même chose
avec d'autres matieres terreuses ; en ayant
essayéplusieurs, il trouva qu'aucune ne faisoit mieux que le Colchotar dissous dans
l'Eau gommée, on forme avec cette matiere des desseins sur la Cornaline , et en la
chauffantpetit à petit sous uneMoufle, tout
ce qui est couvert de Colchorar blanchit,
et le champ de la pierre demeure rouge.
M.Dufay a aussi remarqué qu'on pouvoit
nuancer ce blanc et le faire plus mat en
des endroits qu'en d'autres , en donnant
plus ou moins d'épaisseur à l'enduit de
Colchotar ; on peut aussi ombrer ces sortes de desseins avec la dissolution d'argent dans l'Esprit de Nitre, en sorte qu'il
ne faut présentement qu'un ouvrier hapour porter cet art à son plus haut
dégré de perfection. M. Dufay finit par
quelques Observations sur le choix des
Cornalines les plus propres à cette sorte
de travail , parce qu'elles ne le sont pas
bile
tou
976 MERCURE DE FRANCE
toutes également , et qu'il y en a même
qui n'y sçauroient absolument être employées
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Résumé : Memoire sur la maniere de colorer les Pierres, [titre d'après la table]
Lors de la dernière assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, M. Du Fay a présenté un second mémoire sur la manière de colorer les pierres, publié en mai 1732. Ce mémoire est divisé en deux parties. Dans la première, Du Fay corrige des inconvénients mentionnés dans son premier mémoire et ajoute de nouvelles couleurs récemment découvertes. Il décrit également comment former des dessins en blanc sur la cornaline ou blanchir son champ pour tracer des dessins en rouge. Pour obtenir du rouge sur du marbre blanc, Du Fay utilise la gomme appelée Sang de Dragon, qu'il broie dans un mortier d'agate avec quelques gouttes d'esprit de vin, puis applique avec un pinceau. Pour des rouges plus bruns, il ajoute de la poix noire. Il utilise la gomme gutte pour obtenir du jaune de la même manière. Pour préserver des parties blanches, il applique un enduit de blanc d'Espagne mélangé à de l'eau gommée. Après l'application des couleurs, la pièce de marbre est placée dans un four jusqu'à ce que les couleurs soient fondues et bien pénétrées. Pour la couleur de chair et le bleu, le marbre n'a pas besoin d'être chaud. Le bleu est obtenu avec une dissolution de tournesol dans une lessive de chaux et d'urine, qui pénètre le marbre à froid. Une fois le marbre entièrement peint, il est poncé pour enlever les résidus de couleur, puis poli. Ainsi, toutes les couleurs peuvent être intégrées dans le marbre blanc, permettant d'imiter les marbres les plus beaux et les plus précieux. Dans la seconde partie, Du Fay explique comment créer des dessins sur la cornaline. Il a découvert que l'émail, en fondant, blanchit les zones couvertes. Il utilise ensuite le colchotar dissous dans l'eau gommée pour former des dessins, qui blanchissent en chauffant. Il est également possible de nuancer ces blancs et de les ombrer avec une dissolution d'argent dans l'esprit de nitre. Du Fay conclut avec des observations sur le choix des cornalines les plus adaptées à ce type de travail.
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4105
p. 1612-1617
Description Philosophique des Ouvrages de la Nature, &c. [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION PHILOSOPHIQUE des Ouvrages de la Nature, où l'on tache [...]
Mots clefs :
Poissons, Glands, Chêne, Oeufs de poissons, Plantes, Feuille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description Philosophique des Ouvrages de la Nature, &c. [titre d'après la table]
DESCRIPTION PHILOSOPHIQUE
des Ouvrages de la Nature , où l'on tache
de faire voir les diverfes gradations des
Mineraux & des Animaux. On y joine
une Defcription de l'état preſent du Jardinage
dans la grande Bretagne , & en
d'autres Pays de l'Europe , avec de nouvelles
experiences pour améliorer les
Terres fteriles , & pour multiplier toutes
ortes d'Arbres. Ouvrage enrichi de pluffeurs
belles Figures . Par Richard Bradley,
de la Societé Royale. A Londres , chez
W
>
JUILLET. 1730. 1613
W. Mears , 1721. grand in 4°. de 194
pages.
Dans l'examen de l'accroiffement des
Plantes , l'Auteur fuppofe que 12 Glands',
nouvellement cueillis , pefent une once ,
& qu'un Chefne dans fon état de perfection
, c'eſt- à - dire , au bout de cent ans
pefe environ 15 tonneaux ; de forte que
dans l'efpace de cent ans , un Gland du
poids de la 12 partie d'une onze , produit
un Arbre qui pefe 33600 liv. c'eft- à dire ,
$ 37600 onces , ou 6457200 Glands. On
voit par là que ce Gland , dans l'efpace de
cent ans , s'eft augmenté chaque année ,
l'une portant l'autre , de 64512 parties ,
ce qui fait 5376 onces. L'experience nous
enfeigne , continue l'auteur , que la premiere
année , le jeune Chene pefe environ
trois fois autant que le Gland ; que
2de année il peſe environ trois fois autant
que la premiere ; & la troisième année ,
environ trois fois autant que la 2de ; &
ainfi de fuite dans la même progreffion ,
pendant le principal temps de l'accroiffement
du Chene . M. Bradley ne compte
pas le poids , ou le nombre des Glands
qu'un Chene peut porter depuis fa 30
année jufqu'à la 100. Il croit que cet Arbre
n'en produit pas moins de cent Boiffeaux
, qui contiennent vrai - femblables
ment 384000 Glands ; car fi l'on compte
la
›
1614 MERCURE DE FRANCE
o Glinds par pinte , ce qui fait 3840
Glands par Boiffeau ; 100 Boiffeaux contiendront
le nombre que nous venons de
marquer. Et fi l'on fuppofe que 12 Glands
pefent une once le poids entier des Glands
montera à 32000 onces , ou 2000 livres ,
L'Auteur ajoute que fa fupputation des
Glands n'eft pas moins moderée que ce
qu'il a dit du poids du Chene , y com
pris fes racines & fes branches. Il a vû
cueillir 4 facs de Glands d'un feul Chene
, lefquels faifoient 16 boiffeaux . Il croit
donc que l'on peut compter cinq boif
feaux de Glands chaque année , l'une portant
l'autre ; ce qui fait en cent ans , soo
boiffeaux , lefquels pefent 10000 liv. fuivant
la fupputation précedente , & font
1920000 Glands . Et fi l'on fuppofe que
le poids des feuilles & des coffes des Glands
que le Chene produit pendant cent ans ,
cft égal au poids des Glands ; cet Arbre
aura tiré de la terre , de l'eau & de l'air ,
durant cet intervale , une nourriture du
poids de 524000 liv.ce qui eft un accroif
fement merveilleux.
L'Auteur entreprend de faire voir que
dans les Plantes annuelles , comme la Citrouille
ou la Courge , la proportion du
poids de la Plante , comparé avec le poids
de la femence, eft à peu près la même que
celle du Chene ; & que l'accroiffement
proJUILLET
. 1730. 1615
progreffif eft à peu près femblable , à proportion
du temps. Comme l'accroiffement
de ces Plantes fe fait fort vîte , M.Bridleydit
que l'on pourroit voir leur mouvement
avec un bon Microfcope . Il y a des
Microfcopes qui font paroire un fimple
Point de la groffeur d'un grain de fable ,
fous un Diametre de trois pouces. Si l'on
fuppofe qu'une feuille croît d'un pouce &
demi en 24 heures , & qu'un pouce contient
so points ; il s'enfuivra que cette
feuille s'augmente de 75 points en 24
heures .
Et fi chacun de ces Points paroit avoir
trois pouces de diametre par le Microfcope
, cet accroiffement fera de 18 pieds ,
pouces,
De forte que fi l'on mettoit un Microſcope
fur une feuille de Citroüille ,lorfque
le foleil luit , on y pourroit découvrir
la circulation de la féve , & l'on au
roit le plaifir de voir croître la Plante &
d'obferver le mouvement de fes parties ,
lequel feroit plus promt que celui d'une
Aiguille d'Horloge qui marque les minutes.
Les Maquereaux ,ajoute l'Auteur en parlant
des Poiffons ; les Harengs & plufieurs
autres fortes de Poiffons , paffent vers les
côtes de la grande Bretagne dans certai
nes faifons , pour chercher leur nourritu
re
1616 MERCURE DE FRANCE
re dans la Manché & dans les Rivieres &
pour y frayer. Le nombre des oeufs de
quelques poiffons eft prefque incroyable.
Dans le Merlus , par exemple , on compte
250 oeufs dans un cube de la 14 partic
d'un pouces & fuivant cette proportion ,
un Merlus doit contenir plus d'un million
d'oeufs. Suppofé que chaque cuf devint
un poiffon , & que dans les 5 ans
chacun de ces poiffons en produit d'autres
, il y en auroit 500 mille millions ; &
5 ans après, fuivant la même fupputation,
il y en auroit environ mille Myriades de
Myriades. Cet accroiffement produit originairement
par un feul poiffon , dans
l'efpace de dix ans , nous donne lieu de
croire que dans mille ans les Merlus occu
peroient un plus grand eſpace que celui
du Monde entier.
Tous ces oeufs ne font pas féconds ;
d'ailleurs ils font frequemment dévorez
par des poiffons d'une autre efpece , ou détruits
par d'autres accidens . Si la 40 ° partie
des oeufs de chaque année produifoit
d'autres poiffons , la Mer auroit de la
peine à les contenir. Les Poiffons des Rivieres
& des Lacs ne font pas moins féconds
en leur genre. Une Carpe fait 20000
oeufs , & la Tenche en fait peut - être dix
mille . On peut dire en general que plus un
poiffon a d'ennemis , plus la nature a eu
foin
JUILLET. 1730. 1617
Loin de la mettre en état de travailler abondamment
à la propagation de fon
Efpece.
des Ouvrages de la Nature , où l'on tache
de faire voir les diverfes gradations des
Mineraux & des Animaux. On y joine
une Defcription de l'état preſent du Jardinage
dans la grande Bretagne , & en
d'autres Pays de l'Europe , avec de nouvelles
experiences pour améliorer les
Terres fteriles , & pour multiplier toutes
ortes d'Arbres. Ouvrage enrichi de pluffeurs
belles Figures . Par Richard Bradley,
de la Societé Royale. A Londres , chez
W
>
JUILLET. 1730. 1613
W. Mears , 1721. grand in 4°. de 194
pages.
Dans l'examen de l'accroiffement des
Plantes , l'Auteur fuppofe que 12 Glands',
nouvellement cueillis , pefent une once ,
& qu'un Chefne dans fon état de perfection
, c'eſt- à - dire , au bout de cent ans
pefe environ 15 tonneaux ; de forte que
dans l'efpace de cent ans , un Gland du
poids de la 12 partie d'une onze , produit
un Arbre qui pefe 33600 liv. c'eft- à dire ,
$ 37600 onces , ou 6457200 Glands. On
voit par là que ce Gland , dans l'efpace de
cent ans , s'eft augmenté chaque année ,
l'une portant l'autre , de 64512 parties ,
ce qui fait 5376 onces. L'experience nous
enfeigne , continue l'auteur , que la premiere
année , le jeune Chene pefe environ
trois fois autant que le Gland ; que
2de année il peſe environ trois fois autant
que la premiere ; & la troisième année ,
environ trois fois autant que la 2de ; &
ainfi de fuite dans la même progreffion ,
pendant le principal temps de l'accroiffement
du Chene . M. Bradley ne compte
pas le poids , ou le nombre des Glands
qu'un Chene peut porter depuis fa 30
année jufqu'à la 100. Il croit que cet Arbre
n'en produit pas moins de cent Boiffeaux
, qui contiennent vrai - femblables
ment 384000 Glands ; car fi l'on compte
la
›
1614 MERCURE DE FRANCE
o Glinds par pinte , ce qui fait 3840
Glands par Boiffeau ; 100 Boiffeaux contiendront
le nombre que nous venons de
marquer. Et fi l'on fuppofe que 12 Glands
pefent une once le poids entier des Glands
montera à 32000 onces , ou 2000 livres ,
L'Auteur ajoute que fa fupputation des
Glands n'eft pas moins moderée que ce
qu'il a dit du poids du Chene , y com
pris fes racines & fes branches. Il a vû
cueillir 4 facs de Glands d'un feul Chene
, lefquels faifoient 16 boiffeaux . Il croit
donc que l'on peut compter cinq boif
feaux de Glands chaque année , l'une portant
l'autre ; ce qui fait en cent ans , soo
boiffeaux , lefquels pefent 10000 liv. fuivant
la fupputation précedente , & font
1920000 Glands . Et fi l'on fuppofe que
le poids des feuilles & des coffes des Glands
que le Chene produit pendant cent ans ,
cft égal au poids des Glands ; cet Arbre
aura tiré de la terre , de l'eau & de l'air ,
durant cet intervale , une nourriture du
poids de 524000 liv.ce qui eft un accroif
fement merveilleux.
L'Auteur entreprend de faire voir que
dans les Plantes annuelles , comme la Citrouille
ou la Courge , la proportion du
poids de la Plante , comparé avec le poids
de la femence, eft à peu près la même que
celle du Chene ; & que l'accroiffement
proJUILLET
. 1730. 1615
progreffif eft à peu près femblable , à proportion
du temps. Comme l'accroiffement
de ces Plantes fe fait fort vîte , M.Bridleydit
que l'on pourroit voir leur mouvement
avec un bon Microfcope . Il y a des
Microfcopes qui font paroire un fimple
Point de la groffeur d'un grain de fable ,
fous un Diametre de trois pouces. Si l'on
fuppofe qu'une feuille croît d'un pouce &
demi en 24 heures , & qu'un pouce contient
so points ; il s'enfuivra que cette
feuille s'augmente de 75 points en 24
heures .
Et fi chacun de ces Points paroit avoir
trois pouces de diametre par le Microfcope
, cet accroiffement fera de 18 pieds ,
pouces,
De forte que fi l'on mettoit un Microſcope
fur une feuille de Citroüille ,lorfque
le foleil luit , on y pourroit découvrir
la circulation de la féve , & l'on au
roit le plaifir de voir croître la Plante &
d'obferver le mouvement de fes parties ,
lequel feroit plus promt que celui d'une
Aiguille d'Horloge qui marque les minutes.
Les Maquereaux ,ajoute l'Auteur en parlant
des Poiffons ; les Harengs & plufieurs
autres fortes de Poiffons , paffent vers les
côtes de la grande Bretagne dans certai
nes faifons , pour chercher leur nourritu
re
1616 MERCURE DE FRANCE
re dans la Manché & dans les Rivieres &
pour y frayer. Le nombre des oeufs de
quelques poiffons eft prefque incroyable.
Dans le Merlus , par exemple , on compte
250 oeufs dans un cube de la 14 partic
d'un pouces & fuivant cette proportion ,
un Merlus doit contenir plus d'un million
d'oeufs. Suppofé que chaque cuf devint
un poiffon , & que dans les 5 ans
chacun de ces poiffons en produit d'autres
, il y en auroit 500 mille millions ; &
5 ans après, fuivant la même fupputation,
il y en auroit environ mille Myriades de
Myriades. Cet accroiffement produit originairement
par un feul poiffon , dans
l'efpace de dix ans , nous donne lieu de
croire que dans mille ans les Merlus occu
peroient un plus grand eſpace que celui
du Monde entier.
Tous ces oeufs ne font pas féconds ;
d'ailleurs ils font frequemment dévorez
par des poiffons d'une autre efpece , ou détruits
par d'autres accidens . Si la 40 ° partie
des oeufs de chaque année produifoit
d'autres poiffons , la Mer auroit de la
peine à les contenir. Les Poiffons des Rivieres
& des Lacs ne font pas moins féconds
en leur genre. Une Carpe fait 20000
oeufs , & la Tenche en fait peut - être dix
mille . On peut dire en general que plus un
poiffon a d'ennemis , plus la nature a eu
foin
JUILLET. 1730. 1617
Loin de la mettre en état de travailler abondamment
à la propagation de fon
Efpece.
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Résumé : Description Philosophique des Ouvrages de la Nature, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage philosophique de Richard Bradley, membre de la Société Royale, publié à Londres en 1730. Cet ouvrage explore les gradations des minéraux et des animaux, ainsi que l'état actuel du jardinage en Grande-Bretagne et en Europe. Bradley propose des expériences pour améliorer les terres stériles et multiplier diverses espèces d'arbres, enrichissant son travail de nombreuses illustrations. Bradley étudie la croissance des plantes, en particulier celle des chênes. Il estime qu'un gland de 1/12 d'once peut produire un arbre pesant environ 15 tonneaux en 100 ans, soit une augmentation annuelle de 5376 onces. La croissance du chêne suit une progression géométrique, triplant de poids chaque année pendant les premières années. Bradley calcule également que chaque chêne produit environ 100 boisseaux de glands en 100 ans, soit environ 32000 onces ou 2000 livres. L'auteur compare cette croissance à celle des plantes annuelles comme la citrouille, dont la proportion de poids par rapport à la semence est similaire à celle du chêne. Il suggère que l'observation de cette croissance pourrait être possible avec un microscope. Le texte aborde également la reproduction des poissons. Les maquereaux et les harengs se déplacent vers les côtes britanniques pour se nourrir et se reproduire. Par exemple, un merlu peut contenir plus d'un million d'œufs, et en supposant que chaque œuf devienne un poisson, la population pourrait croître exponentiellement. Cependant, tous les œufs ne sont pas féconds et beaucoup sont détruits par des prédateurs ou des accidents. Les poissons d'eau douce, comme la carpe et la tanche, sont également très féconds.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4106
p. 130-136
Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Début :
Des soins si continuels pour ne laisser aucun lieu aux [...]
Mots clefs :
Hérétiques, Religion catholique, M. Godeau, Collège des Grassins, Auditoire, Discours, Prince, Monarque, Conversion, Applaudissements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Des foins fi continuels
pour ne laiffer aucun licu
aux Heretiques d'abuſer des
Privileges qu'ils ont obtenus
pendant le malheur des téps,
font de fortes preuves du zeleardent
de Sa Majeſté, pour
les interefts de la Religion-
Catholique. C'eſt ce zele ,de
plus en plus admirable , qui
a fourny à M. Godeau Pro-
1
GALANT 131
feffeur en Rethorique , le ful
jet du Difcours qu'il prononça
le 10. de ce mois au College
des Graffins. La matiere
eftoit fi vafte , qu'il eut le
champ libre pour faire écla
ter fon éloquence . Auffireceut-
il de fon Auditoire tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit attendre. Il repre
fenta d'abord le Roy , avec
toutes les grandes qualitez
qui peuvent contribuer à
rendre un Prince parfait , &
foûtint que l'Univerfité de
Paris avoit une obligation
naturelle d'employer toute
3.
132 MERCURE
la force de fes Orateurs à
publier en toutes les Langues
qu'elle enfeigne , les ra
res vertus de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que loin
d'eftre épouvanté par la grandeur
du Sujet qui paroiffoit infiny , il
éprouvoit au contraire une extra,
ordinaire facilité à le traiter, puis
qu'il apelloit àfonfecours une vertu
, qui eftoit comme le centre où
ellesfe réuniffoiet toutes en laperfonne
de Sa Majefté , fçavoirfon
zele , & fon invincible attachement
à affermir la Religion Catholique
par laforce defes Armes
hors de l'Eftat, à la faire fleu
GALANT. 133
rir dans l'Estat par fa fageffe.
Le partage de fon Difcours
fut juftifié dans toute ſon és
tenduë ; & pour le faire , M.
Godeau n'eut befoin que de
jetter la veuë fur l'Hiftoire
de la vie du Roy . Le Secours
de Raab , qui chaſſa les Infidelles
de la Chreftienté en
1664. les rapides Conquef
tes en Hollande , qui mirent
en liberté une infinité de Catholiques
opprimez; leVoyage
fait à Strasbourg , où Sa
Majefté en recevantles Soûmiffions
de fes Sujets, rendit
à la Ville fon legitime Paf134
MERCURE
teur , & y rétablit le veritable
Culte, enfin la Réduction
des Pirates d'Alger & de Tripoli
, trouverent
leur place
dans cet excellent Difcours,
auquel il mefla tous les ornemens
capables de mettre
dans un beau jour les plus
importantes
matieres. La feconde
Partie confiftaen une
expofition de la conduite
Chreftienne du Roy pour la
Converfion des Heretiques.
Il fit remarquer qu'il n'y avoit
que ce grand Monar
que qui puſt executer ce falutaire
Deffein. Il le prouva
GALANT. 135
“ማ
en parcourant les Regnes de
fes Predeceffeurs , depuis la
naiffance de l'Herefie , & fit
voir que Sa Majeſté avoit
fuivy pas à pas les premiers
Empereurs , dont la Pieté
s'eft exercée fi laborieufe
ment àprocurer l'unité de la
Foy parmy les Chreftiens.
Ce fut en cet endroit qu'il fit
plufieurs belles applications
des paroles & des maximes
des Saints Peres, & entre autres
de Saint Cyprien , de
Saint Auguftin , & de Saint
Paulin . Il finit par une Apoftrophe
à l'Univerfité , l'ex136
MERCURE
hortant de travailler à rendre
immortel par fes Difcours
& par fes Hiftoires le
fouvenir des grands avantages
que la Religion Catholique
avoit receus de
Louis LE GRAND , & promit
pour elle qu'aprés les
gravez dans les coeurs avoir
gravez
de tous fes Enfans , elle les
confacreroit encore par une
Fefte folemnelle à la memoire
de tous les Siecles.
pour ne laiffer aucun licu
aux Heretiques d'abuſer des
Privileges qu'ils ont obtenus
pendant le malheur des téps,
font de fortes preuves du zeleardent
de Sa Majeſté, pour
les interefts de la Religion-
Catholique. C'eſt ce zele ,de
plus en plus admirable , qui
a fourny à M. Godeau Pro-
1
GALANT 131
feffeur en Rethorique , le ful
jet du Difcours qu'il prononça
le 10. de ce mois au College
des Graffins. La matiere
eftoit fi vafte , qu'il eut le
champ libre pour faire écla
ter fon éloquence . Auffireceut-
il de fon Auditoire tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit attendre. Il repre
fenta d'abord le Roy , avec
toutes les grandes qualitez
qui peuvent contribuer à
rendre un Prince parfait , &
foûtint que l'Univerfité de
Paris avoit une obligation
naturelle d'employer toute
3.
132 MERCURE
la force de fes Orateurs à
publier en toutes les Langues
qu'elle enfeigne , les ra
res vertus de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que loin
d'eftre épouvanté par la grandeur
du Sujet qui paroiffoit infiny , il
éprouvoit au contraire une extra,
ordinaire facilité à le traiter, puis
qu'il apelloit àfonfecours une vertu
, qui eftoit comme le centre où
ellesfe réuniffoiet toutes en laperfonne
de Sa Majefté , fçavoirfon
zele , & fon invincible attachement
à affermir la Religion Catholique
par laforce defes Armes
hors de l'Eftat, à la faire fleu
GALANT. 133
rir dans l'Estat par fa fageffe.
Le partage de fon Difcours
fut juftifié dans toute ſon és
tenduë ; & pour le faire , M.
Godeau n'eut befoin que de
jetter la veuë fur l'Hiftoire
de la vie du Roy . Le Secours
de Raab , qui chaſſa les Infidelles
de la Chreftienté en
1664. les rapides Conquef
tes en Hollande , qui mirent
en liberté une infinité de Catholiques
opprimez; leVoyage
fait à Strasbourg , où Sa
Majefté en recevantles Soûmiffions
de fes Sujets, rendit
à la Ville fon legitime Paf134
MERCURE
teur , & y rétablit le veritable
Culte, enfin la Réduction
des Pirates d'Alger & de Tripoli
, trouverent
leur place
dans cet excellent Difcours,
auquel il mefla tous les ornemens
capables de mettre
dans un beau jour les plus
importantes
matieres. La feconde
Partie confiftaen une
expofition de la conduite
Chreftienne du Roy pour la
Converfion des Heretiques.
Il fit remarquer qu'il n'y avoit
que ce grand Monar
que qui puſt executer ce falutaire
Deffein. Il le prouva
GALANT. 135
“ማ
en parcourant les Regnes de
fes Predeceffeurs , depuis la
naiffance de l'Herefie , & fit
voir que Sa Majeſté avoit
fuivy pas à pas les premiers
Empereurs , dont la Pieté
s'eft exercée fi laborieufe
ment àprocurer l'unité de la
Foy parmy les Chreftiens.
Ce fut en cet endroit qu'il fit
plufieurs belles applications
des paroles & des maximes
des Saints Peres, & entre autres
de Saint Cyprien , de
Saint Auguftin , & de Saint
Paulin . Il finit par une Apoftrophe
à l'Univerfité , l'ex136
MERCURE
hortant de travailler à rendre
immortel par fes Difcours
& par fes Hiftoires le
fouvenir des grands avantages
que la Religion Catholique
avoit receus de
Louis LE GRAND , & promit
pour elle qu'aprés les
gravez dans les coeurs avoir
gravez
de tous fes Enfans , elle les
confacreroit encore par une
Fefte folemnelle à la memoire
de tous les Siecles.
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Résumé : Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Le 10 du mois en cours, M. Godeau, professeur de rhétorique au Collège des Granges, a prononcé un discours visant à louer le zèle du roi pour la défense de la religion catholique. Il a souligné les qualités du roi et l'obligation de l'Université de Paris de célébrer ses vertus. Godeau a mentionné plusieurs exploits militaires et politiques du roi, notamment le secours de Raab en 1664, les conquêtes en Hollande, la visite à Strasbourg, et la réduction des pirates d'Alger et de Tripoli. La seconde partie du discours a mis en avant la conduite chrétienne du roi pour la conversion des hérétiques, comparant ses actions à celles des premiers empereurs chrétiens. Godeau a conclu en exhortant l'Université à immortaliser les bienfaits du roi pour la religion catholique et à organiser une fête solennelle en sa mémoire.
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4107
p. 141-148
SUR UNE TRADUCTION des Pseaumes, faite en Vers par Mademoiselle Cheron. ODE.
Début :
Je vous parlay il y a quelque temps d'un Essay de / Equitable Renommée, [...]
Mots clefs :
Yeux, Psaumes, Renommée, Parnasse, Femme, Beau sexe, Déesse, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR UNE TRADUCTION des Pseaumes, faite en Vers par Mademoiselle Cheron. ODE.
Je vous parlay il y a
quelque temps d'un Essay de
1
Pseaumes & de Cantiques,
que Mademoiselle Cheron a
mis en Vers, enrichis d'un
grand nombre de Figures. Je
ne fçaurois mieux justifierce
que je vousendisd'avanta-
Par le merite charmée,
Sauvés les noms ecldtanJ >
Suspens ta voix de tonnerre,
Qui redouble 4e la guerre
Le tumultueux effroy i
Et d'un accent plein de grâce
Viens celebrer au Parnasse
Yne Femme comme toy.
Ce beau Sexe dont la flâme
Prend sa fourcedans les Cieux,
2Je captivepointnostre amt Par le seulplaisir des yeux.
CheZ/flf la delicate{fe\
Le bon goujJ" la politeffe
Regnent don air éleve.
Sanssecours & sans culture
Jl reçoit de la Nature
l'n esprit tout cultive.
Des omorcs de deux mille ans.
Et Rome>deSttlpicie
Honore encor les tulens.
La Greque de satenireffe,
Avec art^avecfinesse,
Peint les transports aveuglez^}
Et la Ramaine plus rage,
Des douceurs du Mariage
Charme les espritsrezltzr
Et toy, FIance) dont la gloire
Fournit tantde grands objets,
Pour embellirtonMiftoire
Manqueras tu de sujets
A l'Italie i
à la Greee,
Superbes pour la Noblesse
De quelque nom favory,
Oppose en troupe confuse
Bernard,Det-j-ardins, laSu%e,
Des Houlieres,,Scudery.
Mab
Mais quelle Etoile nouvelle
Brille à mes yeux étonne^
Dont la splendeur immortelle
Rendra nos Fasses o111ez!
.F,/i.(e une chlt/le Dèesset
EfI-ce Anne la Prophetesse}
Sœur & Compagne <£Aron,
Quifous un habit de Mufe,
Par une pieuse rufey
Se fait appeller Chéron l
Cheron
,
Mufe, ou Propheteffey
Que1,E(pritSaintdans tes Vers
Affermit bien la foible(Je
Dun c&ur accablé de fers!
Soitquilsdécrivent Latteinte
Du remords & de la crainte
Qui fuitrImpie en tout lieu,
Soit que leur fainte energie
jtfous fdffe VApologie
De laconduite de Dttu.
DAvid, que la repentance
De son crime avoitpurge,
A CameYe penitence
Par us Vers efl rengagé.
Dans le comble de la gloire
Vne touchante memoife
Attendrit ce (age Roy,
Et ta Version fidelle
LilY rend si dculcrtrsibelle,
Qùil pleure encor avec toy.
Les Hébreux dans leurs fouf
frances
A leury~,
Aimçnt par tes remontrances
La peine de leurs pechez..:
Ce Peuple que ta voix fljtê,
N'abhorre plus tant l*Euphratt^
Ennobly de Ils chanfills..
Etvoudroit sur fort rivage - -
Vivre encor dans l'efciavage
Eclairé par tes leçons.
0 beautez,, qui du Tarnaffe
Ave, connu l'art touchant,
A Cheron
,
qui vous efface.
Cedex^lagrâce du Chant.
Leséclatantes merveilles,
Qui font £objet de ses veilles 9
L'èleventjusques aux Cieuxt
Et sa gloire nous devance
t
Comme le Dieu quelleencenfe
Devance les autres Dieux.
Vole,Deesse,oùt'engdge
Le foin de nos intereftSk
Le Rhin, la Meuse, & le Tage,
Frissonnent de nos apprefls.
Recommence la fatigue,
Qjtà la honte de la Ligue
ZOVIStedonneanjourd'huy;
Seul il te met hors d'haleine,
jEt tes cent bouches à peine
Suffifent-elles pour luy.
quelque temps d'un Essay de
1
Pseaumes & de Cantiques,
que Mademoiselle Cheron a
mis en Vers, enrichis d'un
grand nombre de Figures. Je
ne fçaurois mieux justifierce
que je vousendisd'avanta-
Par le merite charmée,
Sauvés les noms ecldtanJ >
Suspens ta voix de tonnerre,
Qui redouble 4e la guerre
Le tumultueux effroy i
Et d'un accent plein de grâce
Viens celebrer au Parnasse
Yne Femme comme toy.
Ce beau Sexe dont la flâme
Prend sa fourcedans les Cieux,
2Je captivepointnostre amt Par le seulplaisir des yeux.
CheZ/flf la delicate{fe\
Le bon goujJ" la politeffe
Regnent don air éleve.
Sanssecours & sans culture
Jl reçoit de la Nature
l'n esprit tout cultive.
Des omorcs de deux mille ans.
Et Rome>deSttlpicie
Honore encor les tulens.
La Greque de satenireffe,
Avec art^avecfinesse,
Peint les transports aveuglez^}
Et la Ramaine plus rage,
Des douceurs du Mariage
Charme les espritsrezltzr
Et toy, FIance) dont la gloire
Fournit tantde grands objets,
Pour embellirtonMiftoire
Manqueras tu de sujets
A l'Italie i
à la Greee,
Superbes pour la Noblesse
De quelque nom favory,
Oppose en troupe confuse
Bernard,Det-j-ardins, laSu%e,
Des Houlieres,,Scudery.
Mab
Mais quelle Etoile nouvelle
Brille à mes yeux étonne^
Dont la splendeur immortelle
Rendra nos Fasses o111ez!
.F,/i.(e une chlt/le Dèesset
EfI-ce Anne la Prophetesse}
Sœur & Compagne <£Aron,
Quifous un habit de Mufe,
Par une pieuse rufey
Se fait appeller Chéron l
Cheron
,
Mufe, ou Propheteffey
Que1,E(pritSaintdans tes Vers
Affermit bien la foible(Je
Dun c&ur accablé de fers!
Soitquilsdécrivent Latteinte
Du remords & de la crainte
Qui fuitrImpie en tout lieu,
Soit que leur fainte energie
jtfous fdffe VApologie
De laconduite de Dttu.
DAvid, que la repentance
De son crime avoitpurge,
A CameYe penitence
Par us Vers efl rengagé.
Dans le comble de la gloire
Vne touchante memoife
Attendrit ce (age Roy,
Et ta Version fidelle
LilY rend si dculcrtrsibelle,
Qùil pleure encor avec toy.
Les Hébreux dans leurs fouf
frances
A leury~,
Aimçnt par tes remontrances
La peine de leurs pechez..:
Ce Peuple que ta voix fljtê,
N'abhorre plus tant l*Euphratt^
Ennobly de Ils chanfills..
Etvoudroit sur fort rivage - -
Vivre encor dans l'efciavage
Eclairé par tes leçons.
0 beautez,, qui du Tarnaffe
Ave, connu l'art touchant,
A Cheron
,
qui vous efface.
Cedex^lagrâce du Chant.
Leséclatantes merveilles,
Qui font £objet de ses veilles 9
L'èleventjusques aux Cieuxt
Et sa gloire nous devance
t
Comme le Dieu quelleencenfe
Devance les autres Dieux.
Vole,Deesse,oùt'engdge
Le foin de nos intereftSk
Le Rhin, la Meuse, & le Tage,
Frissonnent de nos apprefls.
Recommence la fatigue,
Qjtà la honte de la Ligue
ZOVIStedonneanjourd'huy;
Seul il te met hors d'haleine,
jEt tes cent bouches à peine
Suffifent-elles pour luy.
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Résumé : SUR UNE TRADUCTION des Pseaumes, faite en Vers par Mademoiselle Cheron. ODE.
La lettre traite d'un ouvrage de psaumes et de cantiques mis en vers par Mademoiselle Cheron, enrichi de nombreuses figures. L'auteur loue les mérites de cet ouvrage et célèbre la capacité des femmes à charmer par leur grâce et leur esprit naturel. Il cite des poétesses grecques et romaines ainsi que des figures bibliques comme Anne la prophétesse pour illustrer le talent de Cheron. La lettre souligne la profondeur et la beauté des vers de Cheron, capables de toucher les cœurs et de guider les âmes. L'auteur admire particulièrement la manière dont Cheron décrit les remords et la repentance, et comment ses écrits influencent positivement les peuples, à l'instar des Hébreux. Enfin, il exalte la gloire et les mérites de Cheron, la comparant à une déesse dont les œuvres surpassent celles des autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4108
p. 141-150
D'Ecosse, [titre d'après la table]
Début :
Les dernieres Lettres d'Ecosse ne portoient rien de remarquable [...]
Mots clefs :
Seigneurs, Requête, Roi, Voix, Chambre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Ecosse, [titre d'après la table]
Les dernieres Lettres d'E
cosse ne pottoient ricn deremarquable,
sinon que les
Troupes du Royavoient fait
un nombre considerable de
prisonniers sur les Mécontents,
parmi lesquels il yavoit
plusieurs Officiers Irlandois
-, Anglois,& merne quelques
François.
Onmande de Londres du
deux de ce mois, que le pre
mier
,
le Royenvoya ordre
au Gouverneur de la Tour
, de livrer les six Seigneurscondamnez
entre les mains des
Scherifs, qui receurenten même
temps l'ordrede les faire
executer le sept sur la Place
l-,
prés de la Tour, le Régiment
des Gardes Cavalerie
, commandé
par le Duc d'Agyle,
& desdétachementsdes Gardes
à pied, & à cheval devoient
estre fous les armes au lieu de
l'execution pour empêcher la
populace de se soulever. Le
Dirécteur de l'échafaut avoir
déjareceu ordre d'en faire un
sur lequelily eût six billots,
pour couper la tête aux six
Seigneurs en même temps.
Les Lettres de Londres du 6.
ne font mention que des adresses
presentées au Roy & des
remerciements qu'il a fait aux
Chambres, &c. Le 5.les Communcs
lurenr pour la troisiéme
fois le Bill pour punir les mutins,
&c. & M. Pultney, Secretaire
d'Etat fut dépêché
pour le porter aux Seigneurs,
ensuite lesDames Epouses des
Seigneurs condamnezaccompagnées
d'autres Dames du
premier rang, se presenterent
à la Barre avec une Requeste ,
pour Supplier la Chambre de
vouloir interceder auprès du
Roy,& le prier d'accorder à
leurs époux un repir Cette
Requeste ayant esté prise par
un
un Membre pour en faire la le-
Ctute,M.Walpoi proposade
s'ajourner pour quelquesjours;
il fut secondé par pluficurs
Membres qui ne vouloient pas
nonplus entendre parler de ré
pic , disant que cesaffaires ne
passoient pas presentement,&
que laChambre devoit s'ajourner;
mais ceux qui estoient d'opinion
délibercrent, fut cette
Requeste
)
& representerent
¡,'lue cette affaire estoit de si
grandeimportance, qu'elle
meritoit bien l'attention de la
Chambre ; ils proposerent
>
d'ordonner que la Icâurc en
seroit faite pour dekberetfut
ce sujet ;mais contrela premiere
proposition cftok pour
s'ajourner
, jon délibéra sur
cela
, ce qui donna lieu:à-de
grands débats PQl)r& contre ;
mais enfin, à laoplurpluéde
161. voix tt contre^ijj. la
question passa à IJffillnatjve
& la Chambre, s'ajourna la'
huitaine,croyant qu'avant cc
temps-la l'ececution des six
Seigneurs seroit ; faite; mais
,ccsDansesayantprefentéune pareilleRequêteauxSeigneurs,
elle fut receuë, & la lecture
en ayant este faite ,onmit en
,
délibération
,
sçavoir si on
priveroit le Roy de vouloir accorder
un répit aux six Seigneurs
condamnez; il y eût
surce sujet de grands débats
& plusieurs beaux discours
faitspour contre;mais enfin
par la pluralité de dix voix
l'affirmative l'emporta, & on
résolut de presencer uneAdresseau
Roy pour cela. Ensuite
le Lord Stanford proposas'il
: ne seroit pas à propos de limiter
le temps, que le Roy devoit
accorder à ces criminels
dans cette adresse ,& ledébat
recommença ; d'un cossé on
soûtenoit qu'on ne devoit pas
limiter le temps; mais qu'il falloit
laissercela à la volonté du
Roy & les autres soutenoient
qu'il falloit le limiterparer que
le Roy pourroit accorder un
telrépit,que ICI jugementcontrecescriminels
ne feroit pas
executé. Enfin il sur résolu
que le temps seroit limité pour
un mois Le Roy pre":
voyant que dans le Conseil &
le Parlement,les opinions sont
partagées sur la question sçavoir
si le Roy est en droit d'accorder
grace aux six Seigneurs
condamnez, S. M. aremis
cetrarjàfïauc au ParlêfrVent &
ditàMadama de Dcrw'-e
jvatccr :Madame 9jefuisfâ-
,hé Je re érÁJ
,
uche.Jenaîtreérut, aAcclrkerjjffîl'%{--''VV(oMu$$ -.rlellUn,t..8-.- -- Il est certain que le Prince
de Galles a donné sa voix en
efyeur des Condamnez, & bien
des gens ont cru que cesSeigneurs
ne feroitntpastraitez
àlarigueur.
: Le General Gordon sest
retiré dansles montagnes avec
zooo. hommes d'Infanterie
, 1 & les 500. chevaux qui s'étoientséparez
de ce General
continuoient le long de la
CoLtcA beaucoup des princi
paux rebelles venoient se COLI-C:
mettre.
cosse ne pottoient ricn deremarquable,
sinon que les
Troupes du Royavoient fait
un nombre considerable de
prisonniers sur les Mécontents,
parmi lesquels il yavoit
plusieurs Officiers Irlandois
-, Anglois,& merne quelques
François.
Onmande de Londres du
deux de ce mois, que le pre
mier
,
le Royenvoya ordre
au Gouverneur de la Tour
, de livrer les six Seigneurscondamnez
entre les mains des
Scherifs, qui receurenten même
temps l'ordrede les faire
executer le sept sur la Place
l-,
prés de la Tour, le Régiment
des Gardes Cavalerie
, commandé
par le Duc d'Agyle,
& desdétachementsdes Gardes
à pied, & à cheval devoient
estre fous les armes au lieu de
l'execution pour empêcher la
populace de se soulever. Le
Dirécteur de l'échafaut avoir
déjareceu ordre d'en faire un
sur lequelily eût six billots,
pour couper la tête aux six
Seigneurs en même temps.
Les Lettres de Londres du 6.
ne font mention que des adresses
presentées au Roy & des
remerciements qu'il a fait aux
Chambres, &c. Le 5.les Communcs
lurenr pour la troisiéme
fois le Bill pour punir les mutins,
&c. & M. Pultney, Secretaire
d'Etat fut dépêché
pour le porter aux Seigneurs,
ensuite lesDames Epouses des
Seigneurs condamnezaccompagnées
d'autres Dames du
premier rang, se presenterent
à la Barre avec une Requeste ,
pour Supplier la Chambre de
vouloir interceder auprès du
Roy,& le prier d'accorder à
leurs époux un repir Cette
Requeste ayant esté prise par
un
un Membre pour en faire la le-
Ctute,M.Walpoi proposade
s'ajourner pour quelquesjours;
il fut secondé par pluficurs
Membres qui ne vouloient pas
nonplus entendre parler de ré
pic , disant que cesaffaires ne
passoient pas presentement,&
que laChambre devoit s'ajourner;
mais ceux qui estoient d'opinion
délibercrent, fut cette
Requeste
)
& representerent
¡,'lue cette affaire estoit de si
grandeimportance, qu'elle
meritoit bien l'attention de la
Chambre ; ils proposerent
>
d'ordonner que la Icâurc en
seroit faite pour dekberetfut
ce sujet ;mais contrela premiere
proposition cftok pour
s'ajourner
, jon délibéra sur
cela
, ce qui donna lieu:à-de
grands débats PQl)r& contre ;
mais enfin, à laoplurpluéde
161. voix tt contre^ijj. la
question passa à IJffillnatjve
& la Chambre, s'ajourna la'
huitaine,croyant qu'avant cc
temps-la l'ececution des six
Seigneurs seroit ; faite; mais
,ccsDansesayantprefentéune pareilleRequêteauxSeigneurs,
elle fut receuë, & la lecture
en ayant este faite ,onmit en
,
délibération
,
sçavoir si on
priveroit le Roy de vouloir accorder
un répit aux six Seigneurs
condamnez; il y eût
surce sujet de grands débats
& plusieurs beaux discours
faitspour contre;mais enfin
par la pluralité de dix voix
l'affirmative l'emporta, & on
résolut de presencer uneAdresseau
Roy pour cela. Ensuite
le Lord Stanford proposas'il
: ne seroit pas à propos de limiter
le temps, que le Roy devoit
accorder à ces criminels
dans cette adresse ,& ledébat
recommença ; d'un cossé on
soûtenoit qu'on ne devoit pas
limiter le temps; mais qu'il falloit
laissercela à la volonté du
Roy & les autres soutenoient
qu'il falloit le limiterparer que
le Roy pourroit accorder un
telrépit,que ICI jugementcontrecescriminels
ne feroit pas
executé. Enfin il sur résolu
que le temps seroit limité pour
un mois Le Roy pre":
voyant que dans le Conseil &
le Parlement,les opinions sont
partagées sur la question sçavoir
si le Roy est en droit d'accorder
grace aux six Seigneurs
condamnez, S. M. aremis
cetrarjàfïauc au ParlêfrVent &
ditàMadama de Dcrw'-e
jvatccr :Madame 9jefuisfâ-
,hé Je re érÁJ
,
uche.Jenaîtreérut, aAcclrkerjjffîl'%{--''VV(oMu$$ -.rlellUn,t..8-.- -- Il est certain que le Prince
de Galles a donné sa voix en
efyeur des Condamnez, & bien
des gens ont cru que cesSeigneurs
ne feroitntpastraitez
àlarigueur.
: Le General Gordon sest
retiré dansles montagnes avec
zooo. hommes d'Infanterie
, 1 & les 500. chevaux qui s'étoientséparez
de ce General
continuoient le long de la
CoLtcA beaucoup des princi
paux rebelles venoient se COLI-C:
mettre.
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4109
p. 138-146
A MADAME DE ***
Début :
Le Mariage dont vous me parlez est fait. L'aimable Personne / Rien n'est plus certain, Madame. L'Anglois qui a [...]
Mots clefs :
Amour, Mariage, Langue, Angleterre, Coeur, Langage, Hyménée , Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE ***
Le Mariage dont vous me
parlez eft fait . L'aimable PerGALANT
139
e
kurt juin Leute , you
rez bien aife de voir. En voi-
Mij
cy une Copie.
128 MERCURE
f
1
S
ariage dont vous me
ft fait. L'aimable PerGALANT.
139
7
*
fonne, à l'avantage de qui vô
tre Parente vous a écrit tant
de chofes , s'eft réfoluë à paffer
fa vie en Angleterre , où
elle a fuivy l'Anglois qui a
fceu toucher fon coeur. Ce
qu'il y a de particulier , c'eſt
qu'aucun des deux n'entendant
la Langue de l'autre , ils
feront réduits pendant quelque
temps à ne fe parler que
par Interprétes . Un Amy de
la Mariée qui s'eft rencontré
à Londres , lors qu'elle y eft
arrivée , a écrit là deffus une
fort jolie Lettre , que vous ferez
bien- aiſe de voir. En voi-
Mij
cy une Copie.
140 MERCURE
255:22222 2522: 2222
A MADAME DE *** :
R
dame.
ne
Ien n'eft plus certain , Madame.
L'Anglois qui a
époufé Mademoiselle de ***
parle point notre Langue , &
Mademoiselle de *** ne sçait
pas un mot d'Anglois . Cela paroift
d'abord affez bizarre , mais
c'eft faute de bien confiderer ce
dont il s'agit.
Dés le moment qu'un cour
foûpire ,
On connoift en tous lieux ce que
cela veut dire ,.
GALANT. 141
Et malgré Babel & fa Tour,
Dans le Climat le plus fauvage,
Ne demandez que de l'amour ,
On entendra voſtre langage .
La Terre en mille Etats à beau fe
partager;
En Afie, en Afrique, en Europe,
il n'importe
L'Amour n'eft jamais Eträger
En quelque Païs qu'on le
porte .
Comme il eft Pere de tous les
Hommes , il eft entendu de tous
fes Enfans. Il eft vray que quand
"il veut faire quelque mauvais
coup , comme ilfaut qu'il fe maf
que et qu'il se déguife , il faut
auffi qu'il fe ferve de la Langue
#
142 MERCURE
du Pais ; mais quand il eft conduit
par l'Hymenée ,fans lequel
il ne peut estre recen chez les
honneftes Gens , il luyfuffit defe
montrer pourfe faire entendre.
En quelque Langue qu'il s'exprime,
On fçait d'abord ce qu'il prétend
;
Et dés qu'il peut parler fans
crime,
Une honnefte Fille l'entend.
La raison de cela , c'eſt que
la Langue d'Amour n'eft
qu'une tradition tres fimple &
tres aifée , dont la Nature eft dépofitaire
, & qu'elle ne manque
GALANT. 143
jamais de reveler à toutes les
Filles quand elles en ont besoin.
Parmy toutes les Nations
Si toft que l'on en vient aux pri
vautez fecretes ,
L'Hymen en ces occafions
A certaines expreffions
Quin'ont point befoin d'interpretes.
que
Ne vous étonnez donc point
deux Perfonnes Etrangeres ,
d'un langagefidiférent, ayent
pú fe résoudre de fe marier enfemble
, & croyez comme un Article
de Foy naturelle, que
fortes de myfleres , tout le monde
parle François . Ajoûtez à cela
dans ces
144 MERCURE
que de jeunes Epoux ont leur
maniere particuliere de s'entretenir
indépendamment de toutes.
les Langues de la Terre.
Les plus beaux difcours qu'on
entend,
Pour des cours enflamez font des -
contes frivoles ,
Et l'Amour pour eftre content
,
Ne s'amufe pas aux paroles .
L'Amour est la feule de tou--
tes les Divinitez dont le fervice
n'a jamais changé ; fon culte est
encore à préfent tel qu'il eftoit au
commencement du Monde. On
luy adreffe les mefmes voeux , on
luy
GALANT. 145
luy fait les mefmes Sacrifices ; on
luy immole les mefmes Victimes ;
quand deux Amans veulent
bien affifter en perfonne à fes
Mifteresfecrets , on n'en a pas fitoft
chaffe les Prophanes , que
pleins de ce Dieu qui les poffede,
ils en comprennent en un moment
toutes les Ceremonies , &
tout ce qui fe fait en fon honneur.
Si vous faifiez ce for Argument
à Thomas Diafoirus ; Vos
deux Epoux ne parlent pas
la mefme Langue ; Ergo , ils
ne s'entendent pas. Il vous
répondroit. Diftinguo , Made-
Février 1685.
N
146 MERCURE
moifelle. Ils ne s'entendent
pas le jour. Concedo , Mademoifelle.
Ils ne s'entendent
pas la nuit. Nego , Mademoifelle
. Or s'entendre la nuit , c'eft
s'entendre la moitié de la vie,
c'est beaucoup pour des Mariez.
Teconnois bien des Gens, &
vous auffi , qui parlent tres bon
François , & qui n'en demanderoient
pas d'avantage.
Qu'un Mariage eft plein d'appas
Quand la nuit un Epoux peur
contenter la Alame,
Et que le jour il n'entend pas
Les fottifes que dit fa Femme.
parlez eft fait . L'aimable PerGALANT
139
e
kurt juin Leute , you
rez bien aife de voir. En voi-
Mij
cy une Copie.
128 MERCURE
f
1
S
ariage dont vous me
ft fait. L'aimable PerGALANT.
139
7
*
fonne, à l'avantage de qui vô
tre Parente vous a écrit tant
de chofes , s'eft réfoluë à paffer
fa vie en Angleterre , où
elle a fuivy l'Anglois qui a
fceu toucher fon coeur. Ce
qu'il y a de particulier , c'eſt
qu'aucun des deux n'entendant
la Langue de l'autre , ils
feront réduits pendant quelque
temps à ne fe parler que
par Interprétes . Un Amy de
la Mariée qui s'eft rencontré
à Londres , lors qu'elle y eft
arrivée , a écrit là deffus une
fort jolie Lettre , que vous ferez
bien- aiſe de voir. En voi-
Mij
cy une Copie.
140 MERCURE
255:22222 2522: 2222
A MADAME DE *** :
R
dame.
ne
Ien n'eft plus certain , Madame.
L'Anglois qui a
époufé Mademoiselle de ***
parle point notre Langue , &
Mademoiselle de *** ne sçait
pas un mot d'Anglois . Cela paroift
d'abord affez bizarre , mais
c'eft faute de bien confiderer ce
dont il s'agit.
Dés le moment qu'un cour
foûpire ,
On connoift en tous lieux ce que
cela veut dire ,.
GALANT. 141
Et malgré Babel & fa Tour,
Dans le Climat le plus fauvage,
Ne demandez que de l'amour ,
On entendra voſtre langage .
La Terre en mille Etats à beau fe
partager;
En Afie, en Afrique, en Europe,
il n'importe
L'Amour n'eft jamais Eträger
En quelque Païs qu'on le
porte .
Comme il eft Pere de tous les
Hommes , il eft entendu de tous
fes Enfans. Il eft vray que quand
"il veut faire quelque mauvais
coup , comme ilfaut qu'il fe maf
que et qu'il se déguife , il faut
auffi qu'il fe ferve de la Langue
#
142 MERCURE
du Pais ; mais quand il eft conduit
par l'Hymenée ,fans lequel
il ne peut estre recen chez les
honneftes Gens , il luyfuffit defe
montrer pourfe faire entendre.
En quelque Langue qu'il s'exprime,
On fçait d'abord ce qu'il prétend
;
Et dés qu'il peut parler fans
crime,
Une honnefte Fille l'entend.
La raison de cela , c'eſt que
la Langue d'Amour n'eft
qu'une tradition tres fimple &
tres aifée , dont la Nature eft dépofitaire
, & qu'elle ne manque
GALANT. 143
jamais de reveler à toutes les
Filles quand elles en ont besoin.
Parmy toutes les Nations
Si toft que l'on en vient aux pri
vautez fecretes ,
L'Hymen en ces occafions
A certaines expreffions
Quin'ont point befoin d'interpretes.
que
Ne vous étonnez donc point
deux Perfonnes Etrangeres ,
d'un langagefidiférent, ayent
pú fe résoudre de fe marier enfemble
, & croyez comme un Article
de Foy naturelle, que
fortes de myfleres , tout le monde
parle François . Ajoûtez à cela
dans ces
144 MERCURE
que de jeunes Epoux ont leur
maniere particuliere de s'entretenir
indépendamment de toutes.
les Langues de la Terre.
Les plus beaux difcours qu'on
entend,
Pour des cours enflamez font des -
contes frivoles ,
Et l'Amour pour eftre content
,
Ne s'amufe pas aux paroles .
L'Amour est la feule de tou--
tes les Divinitez dont le fervice
n'a jamais changé ; fon culte est
encore à préfent tel qu'il eftoit au
commencement du Monde. On
luy adreffe les mefmes voeux , on
luy
GALANT. 145
luy fait les mefmes Sacrifices ; on
luy immole les mefmes Victimes ;
quand deux Amans veulent
bien affifter en perfonne à fes
Mifteresfecrets , on n'en a pas fitoft
chaffe les Prophanes , que
pleins de ce Dieu qui les poffede,
ils en comprennent en un moment
toutes les Ceremonies , &
tout ce qui fe fait en fon honneur.
Si vous faifiez ce for Argument
à Thomas Diafoirus ; Vos
deux Epoux ne parlent pas
la mefme Langue ; Ergo , ils
ne s'entendent pas. Il vous
répondroit. Diftinguo , Made-
Février 1685.
N
146 MERCURE
moifelle. Ils ne s'entendent
pas le jour. Concedo , Mademoifelle.
Ils ne s'entendent
pas la nuit. Nego , Mademoifelle
. Or s'entendre la nuit , c'eft
s'entendre la moitié de la vie,
c'est beaucoup pour des Mariez.
Teconnois bien des Gens, &
vous auffi , qui parlent tres bon
François , & qui n'en demanderoient
pas d'avantage.
Qu'un Mariage eft plein d'appas
Quand la nuit un Epoux peur
contenter la Alame,
Et que le jour il n'entend pas
Les fottifes que dit fa Femme.
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Résumé : A MADAME DE ***
Le texte décrit un mariage entre une jeune femme française et un homme anglais. Les époux ne parlent pas la même langue, ce qui les contraint à utiliser des interprètes pour communiquer. Un ami de la mariée, rencontré à Londres, a rédigé une lettre relatant cette situation. Le texte met en avant que l'amour surmonte les barrières linguistiques, permettant aux jeunes mariés de se comprendre malgré leurs différences. Il souligne que l'amour est universel et que les couples trouvent des moyens uniques de communiquer, particulièrement dans l'intimité. Le texte conclut en affirmant que se comprendre la nuit est suffisant pour un couple marié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4110
p. 142-152
NOUVELLES de Vismar.
Début :
Les Lettres de Wismar portent qu'aprés la défaite des [...]
Mots clefs :
Armée, Général Stenbock, Troupes, Holstein, Électeur de Brandebourg, Wismar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Vismar.
NOUVELLES
de Vifmar.
Les Lettres de Wilmar
portent qu'aprés la défaite
des Troupes Danoifes &
Saxones , le General Stenbock
laiffa rafraifchir fon
GALANT . 143
>
armée aux environs de
Gadebusch , & qu'enfuite il
eftoit venu à Vilmar pour
donner quelques ordres ;
il y a laiffé une garniſon
de trois mille hommes
quelques jours aprés il retourna
à fon armée qu'il
fit marcher vers la Trave,
qu'il avoit appris que trois
mille Dragons demontés
du renfort qu'il attendoit
de Suede , eftoient arrivés
aux environs de Vifmar , &
avoit envoyé des Pilotes
pour les amener à Travenunde
où ils ont debar144
MERCURE
quez ; d'autres lettres portent
qu'ils ont joint l'armée
, & qu'ils feront remontez
dans peu dans le
païs de Holſtein qui eft
fort abondant en Chevaux
. On mande de Roftock
du 2. Janvier que le
Lecours arrivé de Suede
confifte en cinq mille Cavaliers
tous Dragons , &
en deux mille Fantaffins .
Le General Steinbock a
envoyé ordre à quatre Regimens
qui eftoient cantonnés
prés de Stetin & à
un Bataillon Suedois qui
eftoit
GALANT . 145
eftoit à Tormingen dans
le Holften Ducal , de venir
joindre fon armée . La
nuit du premier au ſecond
de Janvier ce General fit
paffer la Trave à toute fon
armée , avec douze pieces
de Canon des Pontons &
tous les materiaux neceffaires
pour conftruire des
Ponts fur les rivieres du
Païs de Holſtein . Le deux
il fit avancer fon armée
vers Segeberg , Odeſlo &
Steinhors où l'on fit une
décharge general de l'artillerie
& de la Moufque-
Fanvier 1713 .
N
146 MERCURE
terie pour celebrer la Victoire
de Gadebuch : il
avoit fait un détachement
>
& qui pris les devants
s'empara des Magafins de
Segeberg & OldeЛlo , dont
une partie avoit été amenée
à l'armée avec le
Sieur Gericken Commiffaire
du Roi de Dannemarck
.
Danoife Sa Majefté
ayant appris que l'armée
Suedoife avoit paffé la
Trave , continua fa route
vers Copenhague & envoya
ordre aux troupes
1
GALANT. 147
du Païs de Jutland & du
refte du Royaume de Dannemarck
de fe mettre en
marche pour renforcer
fon armée , avec cinq mille
hommes qu'il a ordonné
de faire revenir de
Norwege.
Le General Steinbock
a envoyé de tous coſtez
des détachemens pour ef
tablir les contributions :
il a fait declarer au peuples
du Holftein que ne
pouvant fe difpenfer d'y
entrer fuivant les loix de
guerre , il les exhorte à la
Nij
148 MERCURE
fe tenir tranquilles , les affurant
qu'il aura foin d'empefcher
qu'on n'exerce
contre eux aucune hoftilité
, pourvu qu'ils payent
les contributions . On écrit
du Holftein que ce General
fait obferver à fes
troupes une exacte difcipline
, & qu'il a fait demander
au Holſtein -Danois
un million de Florins
de contributions
, quatrecent
vingt mille Florins au
Holftein Ducal , & trois
cens mille à cette Ville.
On efcrit de BrunfGALANT.
149
wich qu'il s'y eft tenu plufieurs
conferences entre
les Miniftres de l'Electeur
de Brandebourg , du Duc
de wolfenbutel , du Duc
d'Hanover & du Landgrave
de Heffe. Caffel pour
chercher les moyens de
terminer les troubles de
la baffe Allemagne . Que le
bruit court qu'ils ont refolu
de former une armée
de trente à quarante mille
hommes , qui fera employée
contre ceux qui
refuferont de confentir à la
Paix à des conditions rai
N iij
150 MERCURE
fonnables; qu'ils fe font feparés
à la referve du Comte
de Schonborn Miniftre
de l'Archiduc qui eft
refté icy , que les autres
font allé rendre compte
à
leurs Maiftres de ce qui
s'eft paffé aux Conferences.
Les Lettres de Berlin
du trois Janvier portent
que le Comte Flemming
General des troupes Saxones
, y eftoit arrivé ce jour
là du Holftein & qu'il
avoit eu audience de l'Electeur
de Brandebourg.
On mande de Dreide
GALANT . 151
que le Comte dewirzthumb
eftoit arrivé le 27. Decembre
; qu'il avoit quitté
le Roy Augufte fur la
Frontiere de Pologne , &
qu'il avoit ordre de faire
travailler aux recruês des
troupes Saxones principalement
de celles qui fe
font trouvées à la Bataille
de Gadebuch , & qui font
retournées en Pomeranie .
On efcrit de Varfovie du
21. Decembre qu'on y attendoit
le Roy Augufte le
26. où le 27. qu'on y avoit
publié depuis quelques
Niiij
152 MERCURE
jours par ordre de ce
Prince un Decret par lequel
le Roi Staniſlas ci devant
Palatin de Pofnanie ,
le Palatin de Kiovie , le
Prince Michel Vviefnowiefki
, le Prince Sapieha
Starofte de Bobruis , les Generaux
Grudzinski &
en
Smiegies xi , & plus de
cinquante autres nommés
dans ce Decret , fon cités
à comparoiſtre
perfonne à la Diete generale
dans fix femaines à
peine d'être declarez rebelles
, & de la confifcation
de leurs biens.
de Vifmar.
Les Lettres de Wilmar
portent qu'aprés la défaite
des Troupes Danoifes &
Saxones , le General Stenbock
laiffa rafraifchir fon
GALANT . 143
>
armée aux environs de
Gadebusch , & qu'enfuite il
eftoit venu à Vilmar pour
donner quelques ordres ;
il y a laiffé une garniſon
de trois mille hommes
quelques jours aprés il retourna
à fon armée qu'il
fit marcher vers la Trave,
qu'il avoit appris que trois
mille Dragons demontés
du renfort qu'il attendoit
de Suede , eftoient arrivés
aux environs de Vifmar , &
avoit envoyé des Pilotes
pour les amener à Travenunde
où ils ont debar144
MERCURE
quez ; d'autres lettres portent
qu'ils ont joint l'armée
, & qu'ils feront remontez
dans peu dans le
païs de Holſtein qui eft
fort abondant en Chevaux
. On mande de Roftock
du 2. Janvier que le
Lecours arrivé de Suede
confifte en cinq mille Cavaliers
tous Dragons , &
en deux mille Fantaffins .
Le General Steinbock a
envoyé ordre à quatre Regimens
qui eftoient cantonnés
prés de Stetin & à
un Bataillon Suedois qui
eftoit
GALANT . 145
eftoit à Tormingen dans
le Holften Ducal , de venir
joindre fon armée . La
nuit du premier au ſecond
de Janvier ce General fit
paffer la Trave à toute fon
armée , avec douze pieces
de Canon des Pontons &
tous les materiaux neceffaires
pour conftruire des
Ponts fur les rivieres du
Païs de Holſtein . Le deux
il fit avancer fon armée
vers Segeberg , Odeſlo &
Steinhors où l'on fit une
décharge general de l'artillerie
& de la Moufque-
Fanvier 1713 .
N
146 MERCURE
terie pour celebrer la Victoire
de Gadebuch : il
avoit fait un détachement
>
& qui pris les devants
s'empara des Magafins de
Segeberg & OldeЛlo , dont
une partie avoit été amenée
à l'armée avec le
Sieur Gericken Commiffaire
du Roi de Dannemarck
.
Danoife Sa Majefté
ayant appris que l'armée
Suedoife avoit paffé la
Trave , continua fa route
vers Copenhague & envoya
ordre aux troupes
1
GALANT. 147
du Païs de Jutland & du
refte du Royaume de Dannemarck
de fe mettre en
marche pour renforcer
fon armée , avec cinq mille
hommes qu'il a ordonné
de faire revenir de
Norwege.
Le General Steinbock
a envoyé de tous coſtez
des détachemens pour ef
tablir les contributions :
il a fait declarer au peuples
du Holftein que ne
pouvant fe difpenfer d'y
entrer fuivant les loix de
guerre , il les exhorte à la
Nij
148 MERCURE
fe tenir tranquilles , les affurant
qu'il aura foin d'empefcher
qu'on n'exerce
contre eux aucune hoftilité
, pourvu qu'ils payent
les contributions . On écrit
du Holftein que ce General
fait obferver à fes
troupes une exacte difcipline
, & qu'il a fait demander
au Holſtein -Danois
un million de Florins
de contributions
, quatrecent
vingt mille Florins au
Holftein Ducal , & trois
cens mille à cette Ville.
On efcrit de BrunfGALANT.
149
wich qu'il s'y eft tenu plufieurs
conferences entre
les Miniftres de l'Electeur
de Brandebourg , du Duc
de wolfenbutel , du Duc
d'Hanover & du Landgrave
de Heffe. Caffel pour
chercher les moyens de
terminer les troubles de
la baffe Allemagne . Que le
bruit court qu'ils ont refolu
de former une armée
de trente à quarante mille
hommes , qui fera employée
contre ceux qui
refuferont de confentir à la
Paix à des conditions rai
N iij
150 MERCURE
fonnables; qu'ils fe font feparés
à la referve du Comte
de Schonborn Miniftre
de l'Archiduc qui eft
refté icy , que les autres
font allé rendre compte
à
leurs Maiftres de ce qui
s'eft paffé aux Conferences.
Les Lettres de Berlin
du trois Janvier portent
que le Comte Flemming
General des troupes Saxones
, y eftoit arrivé ce jour
là du Holftein & qu'il
avoit eu audience de l'Electeur
de Brandebourg.
On mande de Dreide
GALANT . 151
que le Comte dewirzthumb
eftoit arrivé le 27. Decembre
; qu'il avoit quitté
le Roy Augufte fur la
Frontiere de Pologne , &
qu'il avoit ordre de faire
travailler aux recruês des
troupes Saxones principalement
de celles qui fe
font trouvées à la Bataille
de Gadebuch , & qui font
retournées en Pomeranie .
On efcrit de Varfovie du
21. Decembre qu'on y attendoit
le Roy Augufte le
26. où le 27. qu'on y avoit
publié depuis quelques
Niiij
152 MERCURE
jours par ordre de ce
Prince un Decret par lequel
le Roi Staniſlas ci devant
Palatin de Pofnanie ,
le Palatin de Kiovie , le
Prince Michel Vviefnowiefki
, le Prince Sapieha
Starofte de Bobruis , les Generaux
Grudzinski &
en
Smiegies xi , & plus de
cinquante autres nommés
dans ce Decret , fon cités
à comparoiſtre
perfonne à la Diete generale
dans fix femaines à
peine d'être declarez rebelles
, & de la confifcation
de leurs biens.
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Résumé : NOUVELLES de Vismar.
En janvier 1713, des événements militaires et diplomatiques significatifs se sont déroulés en Europe du Nord. Après la défaite des troupes danoises et saxonnes, le général Stenbock a réorganisé son armée près de Gadebusch, puis s'est rendu à Vilmar pour donner des ordres. Il y a laissé une garnison de trois mille hommes avant de rejoindre son armée, qu'il a dirigée vers la Trave. Trois mille dragons suédois, arrivés près de Vilmar, ont été transférés à Travenmünde. Stenbock a également ordonné à plusieurs régiments et bataillons suédois de se rallier à son armée. La nuit du 1er au 2 janvier, il a fait traverser la Trave à son armée, avec des canons et des matériaux pour construire des ponts. Le 2 janvier, l'armée a avancé vers Segeberg, Odeslo et Steinhors, où une décharge d'artillerie a célébré la victoire de Gadebusch. Le roi de Danemark, informé du passage de la Trave par l'armée suédoise, a continué sa route vers Copenhague et a ordonné aux troupes du Jutland et du reste du royaume de renforcer son armée. Stenbock a envoyé des détachements pour établir des contributions et a assuré aux habitants du Holstein qu'il éviterait les hostilités s'ils payaient les contributions demandées. Parallèlement, des conférences ont eu lieu à Brunswick entre les ministres de plusieurs princes allemands pour trouver des moyens de terminer les troubles en Basse-Allemagne. Le comte Flemming, général des troupes saxonnes, est arrivé à Berlin le 3 janvier. À Dresde, le comte de Wirzthumb a reçu l'ordre de recruter des troupes saxonnes, notamment celles revenues de la bataille de Gadebusch. À Varsovie, un décret royal a convoqué plusieurs nobles à comparaître à la Diète générale sous peine de rébellion.
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4111
p. 125-126
JETTONS FRAPPÉS pour le premier jour de Janvier 1730. avec l'explication des Types &c.
Début :
I. TRESOR ROYAL. Le Soleil parcourant les Signes du Zodiaque. Legende. Ordine cuique suo. [...]
Mots clefs :
Jetons, Trésor royal, Parties casuelles, Chambre aux deniers, Extraordinaire des guerres, Ordinaire des guerres, Bâtiments du roi, Artillerie, Galères, Maison de la reine
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texteReconnaissance textuelle : JETTONS FRAPPÉS pour le premier jour de Janvier 1730. avec l'explication des Types &c.
ÌETTONS FR AFP E'S pour le
premier jour de Janvier 1730. avtc
l'explication des Types &c.
r. Trésor Royal.
Lc Soleil parcourant les Signes du Zo
diaque. Légende. Ordinc cuique suo.
II. Parties Casuelles.
Un Laurier & la Foudre qui tombe
d^ns le lointain. Légende. Solvic formidîne
cafus.
III. Chambre aux Deniers.-
Une Fortune avec un bandeau ôté de
dessus ses yeux & pendant \ laquelle
répand des pieces d'argent. Legìnde»-
Nec infeia-.
IV. Extraordinaires besGuerres.
•' Des Trompettes ornées de leurs Ban»
detojes. Légende. Pacem non Bella cienti-
V. Ordinaire des Guerres.
Un esiain d'Abeilles , qui environ
nent leur Roi. Légende. Major mole
animus.
lis MERCURE DE FRANCE.
VI. Basti ïíÊfJS du Roy.
Uri diamant taillé eh brillant , & ri
chement monté. Légende. Natura micat
& ane.
VIL Artillerie.
La Renommée tenant fa trompette., d*ô iì
pend une Banderole aux Armes du Dau-4
phin 5 plus des Feux & des Canons.
Légende. Regalis nuncia partus.
VIII. Marine.
Une Aigle qui donne la chasse à des.
Oiíeaux de proye. Légende. Majoribus
apt*.
IX. Galères;
Des Syrenes à la tète d'un Promontoire.
Légende. Délectant atque timentur.
X. Maxsok de la Reine.
Une Vigne chargée de quatre grap
pes , dont une est très-remarquable. Lí*
gendi. Nec vota fefellit.
premier jour de Janvier 1730. avtc
l'explication des Types &c.
r. Trésor Royal.
Lc Soleil parcourant les Signes du Zo
diaque. Légende. Ordinc cuique suo.
II. Parties Casuelles.
Un Laurier & la Foudre qui tombe
d^ns le lointain. Légende. Solvic formidîne
cafus.
III. Chambre aux Deniers.-
Une Fortune avec un bandeau ôté de
dessus ses yeux & pendant \ laquelle
répand des pieces d'argent. Legìnde»-
Nec infeia-.
IV. Extraordinaires besGuerres.
•' Des Trompettes ornées de leurs Ban»
detojes. Légende. Pacem non Bella cienti-
V. Ordinaire des Guerres.
Un esiain d'Abeilles , qui environ
nent leur Roi. Légende. Major mole
animus.
lis MERCURE DE FRANCE.
VI. Basti ïíÊfJS du Roy.
Uri diamant taillé eh brillant , & ri
chement monté. Légende. Natura micat
& ane.
VIL Artillerie.
La Renommée tenant fa trompette., d*ô iì
pend une Banderole aux Armes du Dau-4
phin 5 plus des Feux & des Canons.
Légende. Regalis nuncia partus.
VIII. Marine.
Une Aigle qui donne la chasse à des.
Oiíeaux de proye. Légende. Majoribus
apt*.
IX. Galères;
Des Syrenes à la tète d'un Promontoire.
Légende. Délectant atque timentur.
X. Maxsok de la Reine.
Une Vigne chargée de quatre grap
pes , dont une est très-remarquable. Lí*
gendi. Nec vota fefellit.
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Résumé : JETTONS FRAPPÉS pour le premier jour de Janvier 1730. avec l'explication des Types &c.
Le document de 1730 décrit les emblèmes et légendes associés aux différentes parties du Trésor Royal. Le Trésor Royal est représenté par le Soleil parcourant les Signes du Zodiaque, avec la légende 'Ordinæ cuique suo' (Chacun à son ordre). Les Parties Casuelles montrent un Laurier et la Foudre tombant au loin, avec la légende 'Solvic formidîne cafus' (La foudre redoutable est apaisée). La Chambre aux Deniers présente une Fortune avec un bandeau ôté de ses yeux, répandant des pièces d'argent, avec la légende 'Nec infeia-' (Ni trompeuse). Les Extraordinaires des Guerres sont illustrés par des Trompettes ornées de leurs banderoles, avec la légende 'Pacem non Bella cienti-' (Les guerres ne cherchent pas la paix). L'Ordinaire des Guerres montre un essaim d'abeilles entourant leur Roi, avec la légende 'Major mole animus' (Un grand esprit dans un petit corps). Les Bâtiments du Roy sont représentés par un diamant taillé en brillant et richement monté, avec la légende 'Natura micat & ane' (La nature brille et s'anime). L'Artillerie est illustrée par La Renommée tenant sa trompette, avec des Feux et des Canons, et la légende 'Regalis nuncia partus' (Messager royal de la naissance). La Marine montre une Aigle chassant des oiseaux de proie, avec la légende 'Majoribus apt*' (Apte aux plus grands). Les Galères présentent des Sirènes à la tête d'un Promontoire, avec la légende 'Délectant atque timentur' (Elles charment et effraient). Enfin, la Maison de la Reine est représentée par une Vigne chargée de quatre grappes, avec la légende 'Nec vota fefellit' (Les vœux ne sont pas déçus).
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4112
p. 2465-2456
Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu plusieurs Estampes gravées d'après les Tableaux de Watteau qui se vendent à [...]
Mots clefs :
Antoine Watteau, Tableaux, Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu plufieurs Eftampes gravées
d'après les Tableaux de Watteau quife vendent à
Paris chez la Veuve de F. Chereau , Graveur du
Roi , rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , &
chez Surrugue , Graveur , rue des Noyers , visà-
vis S. Yves , chez qui on trouve toutes celles
qui ont paru jufquà préfent , ainfi que les deux ,
Volumes de fes deffeins d'Etude d'après nature
contenant 350. planches.
que
L'on acheve de graver les Tableaux de ce gracieux
Peintre. Si malgré les recherches exactes
l'on a fait pour les découvrir tous , tant en
France que dans les Païs Etrangers , il fe trouvoit
quelque particulier qui en eût quelqu'un
qu'il défirât de faire connoître , on le prie d'en
donner avis à M. de Julienne des Gobelins , qui
fait graver l'oeuvre.
On trouvera dans peu chez les mêmes Marchands
une Eftampe d'après un des plus beaux Tableaux
de ce Peintr;ece morceau qui repréfente un
Bal dans un Salon, eft de grande compofition; l'on ,
fe flate qu'il fatisfera toutes les perfonnes de
gout.
d'après les Tableaux de Watteau quife vendent à
Paris chez la Veuve de F. Chereau , Graveur du
Roi , rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , &
chez Surrugue , Graveur , rue des Noyers , visà-
vis S. Yves , chez qui on trouve toutes celles
qui ont paru jufquà préfent , ainfi que les deux ,
Volumes de fes deffeins d'Etude d'après nature
contenant 350. planches.
que
L'on acheve de graver les Tableaux de ce gracieux
Peintre. Si malgré les recherches exactes
l'on a fait pour les découvrir tous , tant en
France que dans les Païs Etrangers , il fe trouvoit
quelque particulier qui en eût quelqu'un
qu'il défirât de faire connoître , on le prie d'en
donner avis à M. de Julienne des Gobelins , qui
fait graver l'oeuvre.
On trouvera dans peu chez les mêmes Marchands
une Eftampe d'après un des plus beaux Tableaux
de ce Peintr;ece morceau qui repréfente un
Bal dans un Salon, eft de grande compofition; l'on ,
fe flate qu'il fatisfera toutes les perfonnes de
gout.
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente d'estampes gravées d'après les tableaux de Watteau à Paris. Ces estampes sont disponibles chez la Veuve de F. Chereau, Graveur du Roi, rue Saint-Jacques, aux Deux Pilliers d'or, et chez Surrugue, Graveur, rue des Noyers, vis-à-vis Saint-Yves. Chez Surrugue, on peut également trouver deux volumes de ses dessins d'étude d'après nature, contenant 350 planches. La gravure des tableaux de Watteau est en cours d'achèvement. Les personnes possédant des œuvres de Watteau non encore découvertes sont invitées à en informer M. de Julienne des Gobelins, responsable de la gravure. Prochainement, les mêmes marchands proposeront une estampe représentant un bal dans un salon, une œuvre de grande composition qui devrait satisfaire les amateurs d'art.
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4113
p. 2039
CHANSON.
Début :
Je ne veux point faire de choix, [...]
Mots clefs :
Choix, Dieu, Amour, Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
E ne veux point faire de choix ,
Entre le bon vin et ma Maîtresse ;
Je ne veux point faire de choix ;
Oui , je bois et j'aime à la fois ,
Le verre en main ,
Le Dieu du vin ,
Avec son jus me verse l'allegresse ,
12 Ah quelle yvresse .
Auprès de quelqu'objet charmant ,
Le Dieu d'Amour m'occupe tendrement ,
Ah ! qu'il me blesse agréablement !
Venez tous deux ,
Me rendre heureux ;
Amour , Bacchus , partagez ma tendresse ,
Par votre adresse ,
Je suis au comble de mes voeux .
E ne veux point faire de choix ,
Entre le bon vin et ma Maîtresse ;
Je ne veux point faire de choix ;
Oui , je bois et j'aime à la fois ,
Le verre en main ,
Le Dieu du vin ,
Avec son jus me verse l'allegresse ,
12 Ah quelle yvresse .
Auprès de quelqu'objet charmant ,
Le Dieu d'Amour m'occupe tendrement ,
Ah ! qu'il me blesse agréablement !
Venez tous deux ,
Me rendre heureux ;
Amour , Bacchus , partagez ma tendresse ,
Par votre adresse ,
Je suis au comble de mes voeux .
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4114
p. 549
« On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
Début :
On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...]
Mots clefs :
Vue recouvrée, Vérole, Tremblements de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
On a appris par des Lettres de Suede , un fait
extrémement singulier. Un enfant de onze ans ,
né aveugle à Torna , a recouvré la vûë le 13
jour d'une petite verole. Belle matiere à Dissertation sur les maladies et les accidens qui peuvent être utiles au Corps humain.
On apprend de Corfou , par la voye de Venise , qu'il y étoit tombé pendant trois jours une
pluye si abondante , que plusieurs Villages voisins avoient été submergez ; que cette pluye
avoit été précédée d'une secousse assez vive de
tremblement de terre , accompagnée d'un grand
bruit , qu'on avoit entendu du côté du Port , où
la Mer avoit paru se gonfler ; que dans un seul
jour le tonnerre étoit tombé cinq fois sur un même Vaisseau de Guerre , où il n'avoit tué que
deux Matelots , et que pendant la tempête , l'air
étoit tout rempli de Hiboux , de Chauve-souris
et d'autres Oiseaux Nocturnes , qui venoient se
percher sur les Mats et les Vergues des Bâtimens du Port.
extrémement singulier. Un enfant de onze ans ,
né aveugle à Torna , a recouvré la vûë le 13
jour d'une petite verole. Belle matiere à Dissertation sur les maladies et les accidens qui peuvent être utiles au Corps humain.
On apprend de Corfou , par la voye de Venise , qu'il y étoit tombé pendant trois jours une
pluye si abondante , que plusieurs Villages voisins avoient été submergez ; que cette pluye
avoit été précédée d'une secousse assez vive de
tremblement de terre , accompagnée d'un grand
bruit , qu'on avoit entendu du côté du Port , où
la Mer avoit paru se gonfler ; que dans un seul
jour le tonnerre étoit tombé cinq fois sur un même Vaisseau de Guerre , où il n'avoit tué que
deux Matelots , et que pendant la tempête , l'air
étoit tout rempli de Hiboux , de Chauve-souris
et d'autres Oiseaux Nocturnes , qui venoient se
percher sur les Mats et les Vergues des Bâtimens du Port.
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Résumé : « On a appris par des Lettres de Suede, un fait [...] »
Un enfant de onze ans, né aveugle à Torna, a recouvré la vue après la petite vérole. À Corfou, une pluie abondante a duré trois jours, précédée d'un tremblement de terre et d'une mer gonflée. Le même jour, un vaisseau de guerre a été frappé cinq fois par la foudre, tuant deux matelots. Des oiseaux nocturnes ont envahi le port pendant la tempête.
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4115
p. 1605
« LE RENDEZ-vous, Comédie en Vers, représentée pour la premiere fois le 27. May. A Paris, [...] »
Début :
LE RENDEZ-vous, Comédie en Vers, représentée pour la premiere fois le 27. May. A Paris, [...]
Mots clefs :
Rendez-vous
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE RENDEZ-vous, Comédie en Vers, représentée pour la premiere fois le 27. May. A Paris, [...] »
LA RENDEZ - Vous , Comédie en Vers , représentée
pour la premiere fois le 27. May. A Pa,
ris , Quay des Augustins , 1733. in 8. de 46.
pages. Prix 20. sols.
Cette Piece , qui est dédiée à Monseigneur le
Comte de Clermont, soutient à la lecture le plai
sir qu'elle a fait à la Représentation .
pour la premiere fois le 27. May. A Pa,
ris , Quay des Augustins , 1733. in 8. de 46.
pages. Prix 20. sols.
Cette Piece , qui est dédiée à Monseigneur le
Comte de Clermont, soutient à la lecture le plai
sir qu'elle a fait à la Représentation .
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4116
p. 2259
« LE 15 Octobre, l'Académie Royale de Musique remit au Théatre Alcide, ou [...] »
Début :
LE 15 Octobre, l'Académie Royale de Musique remit au Théatre Alcide, ou [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE 15 Octobre, l'Académie Royale de Musique remit au Théatre Alcide, ou [...] »
IMuique remit anTheatre
leTriomphe d' Hercule , dont le Poëme eſt de
M. de Capiſtron,& la Muſique de Mrs Louis
de Lully & Marais .
Le 23 , on reprit la Pastorale Héroïque
d'Acis & Galatée , dont il a été parlé dans
le Mercure du mois d'Août dernier.
leTriomphe d' Hercule , dont le Poëme eſt de
M. de Capiſtron,& la Muſique de Mrs Louis
de Lully & Marais .
Le 23 , on reprit la Pastorale Héroïque
d'Acis & Galatée , dont il a été parlé dans
le Mercure du mois d'Août dernier.
Fermer
4117
p. 2259
la Dispute, nouvelle Piéce, représentée sur le Théâtre François, [titre d'après la table]
Début :
Le 19, les Comédiens François donnerent la premiere représentation d'une Comédie [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Comédie nouvelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : la Dispute, nouvelle Piéce, représentée sur le Théâtre François, [titre d'après la table]
Le 19 , les Comédiens François donnerent
la premiere repréſentation d'une Comédie
nouvelle , en Profe & en un Acte ,
intitulée la Difpute, Cette nouveauté n'ayant
pas été goûtée du Public , l'Auteur l'a reti
rée après la premiere repréſentation .
la premiere repréſentation d'une Comédie
nouvelle , en Profe & en un Acte ,
intitulée la Difpute, Cette nouveauté n'ayant
pas été goûtée du Public , l'Auteur l'a reti
rée après la premiere repréſentation .
Fermer
4118
p. 143-144
MARIAGES.
Début :
Marie-Louise-Genevieve de Bouchet de Sourches, fille de [...]
Mots clefs :
Comte, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGE
5
Marie Louiſe-Genevieve det
Bouchet de Sourches , fille de
144 MERCURE
M. Louis François de Bouchet
de Sourches, Conſeillerd'Etat,
Prevot de l'Hôtel , & grand
Prevôt de France , &de Marie-
Genevieve de Chambes , née
Comteffe de Montſorau.épou.
fa le 16. May Jean-Baptiste-Nicolas
Demés de la Chenaye ,
Comte de Rougemont, Grand
Tranchant , Porte - Cornette
blanche,Gouverneur de Meulan
, & a eu soooo. livres de
brevet de retenuë fur ſes deux
premieres Charges.
M. deBaguevilledeBonnetot
, frere de Me la Prefidente
d'Aligre , & de Me la Premiere
Preſidente de Pontcarré , a
épouſe le 23. Juín Mademoi
ſelle de Châtillon , fille de M.
le Comte de Châtillon.
5
Marie Louiſe-Genevieve det
Bouchet de Sourches , fille de
144 MERCURE
M. Louis François de Bouchet
de Sourches, Conſeillerd'Etat,
Prevot de l'Hôtel , & grand
Prevôt de France , &de Marie-
Genevieve de Chambes , née
Comteffe de Montſorau.épou.
fa le 16. May Jean-Baptiste-Nicolas
Demés de la Chenaye ,
Comte de Rougemont, Grand
Tranchant , Porte - Cornette
blanche,Gouverneur de Meulan
, & a eu soooo. livres de
brevet de retenuë fur ſes deux
premieres Charges.
M. deBaguevilledeBonnetot
, frere de Me la Prefidente
d'Aligre , & de Me la Premiere
Preſidente de Pontcarré , a
épouſe le 23. Juín Mademoi
ſelle de Châtillon , fille de M.
le Comte de Châtillon.
Fermer
Résumé : MARIAGES.
Le texte mentionne deux mariages. Le premier, le 16 mai, unit Marie Louise-Geneviève de Bouchet de Sourches à Jean-Baptiste-Nicolas Demés de la Chenaye, Comte de Rougemont. Le second, le 23 juin, concerne Monsieur de Bagueville de Bonnetot et Mademoiselle de Châtillon.
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4119
p. 100-101
« Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...] »
Début :
Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...] »
ARTICLE
des Morts.
DonDiegoMesiaPhilippe
de Gusman ,
Marquis
de Leganez,Grand
d'Espagne,&c.est mortà
Paris le 28.Février 1711.
Don Joseph de Linas,
Archevêque de Taragone,
cy-devant General de l'Or-
1 dre de la Mercy
,
est mort
à Barcelone.L'Archiducl'y
avoit fait conduire, &confisquertous
ses biens àcause
de sa perseverance de fidélité
pour Philippe V. Il
a donné des marques de
zele pour son Roy legitime
jusqu'au dernier jour
de sa vie. Il a ordonné que
soncorps feroit transporté
àSaragosse,où il avoitfait
bastir un magnifiqueMonastere
& fondé une Bibliotheque
publique.-
des Morts.
DonDiegoMesiaPhilippe
de Gusman ,
Marquis
de Leganez,Grand
d'Espagne,&c.est mortà
Paris le 28.Février 1711.
Don Joseph de Linas,
Archevêque de Taragone,
cy-devant General de l'Or-
1 dre de la Mercy
,
est mort
à Barcelone.L'Archiducl'y
avoit fait conduire, &confisquertous
ses biens àcause
de sa perseverance de fidélité
pour Philippe V. Il
a donné des marques de
zele pour son Roy legitime
jusqu'au dernier jour
de sa vie. Il a ordonné que
soncorps feroit transporté
àSaragosse,où il avoitfait
bastir un magnifiqueMonastere
& fondé une Bibliotheque
publique.-
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Résumé : « Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...] »
L'article annonce le décès de deux personnalités espagnoles. Don Diego Messía Felipe de Guzmán, Marquis de Leganés et Grand d'Espagne, est mort à Paris le 28 février 1711. Don Joseph de Linas, Archevêque de Tarragone et ancien Général de l'Ordre de la Mercy, est décédé à Barcelone. Ses biens furent confisqués par l'Archiduc pour sa fidélité à Philippe V. Il souhaita être inhumé à Saragosse, où il avait fondé un monastère et une bibliothèque.
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4120
p. 2259-2260
Coraline Arlequin & Arlequin Coraline, nouvelle Piéce, joüée sur le Théatre de l'Hôtel de Bourgogne, [titre d'après la table]
Début :
Le 25, les Comédiens Italiens représenterent le Mari Garçon & les Talens déplacés. [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Coraline, Marie Anne Véronèse, Arlequin
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texteReconnaissance textuelle : Coraline Arlequin & Arlequin Coraline, nouvelle Piéce, joüée sur le Théatre de l'Hôtel de Bourgogne, [titre d'après la table]
Le 25 , les Comédiens Italiens repréſenterent
le Mari Garçon & les Talens déplacés.
Cette Piéce fut ſuivie d'un Divertiſſement,
dans lequel la Dile Coraline exécuta unPas
de Deux avec le Sr Ballety , qui a été fort
applaudi . Le Spectacle finit par un nouveau
Feu d'artifice en Berceau , dont la compofition
a parû très-ingénieufe .
Le
2260 MERCURE DE FRANCE.
Le 26 , ils donnerent la premiere repréſentation
de Coraline Arlequin , & d'Arlequin
Coraline , Piéce Italienne en trois Actes
; elle fut ſuivie d'un nouveau Divertifſement,
de la compoſition du ſieur Deshayes
, lequel a fait beaucoup de plaifir ; il
eft exécuté par les meilleurs Danfeurs &
Danfeuſes de la Troupe , tous habillés en
Arlequins & en Arlequines. La Dile Coraline
y exécute un Pas de Deux avec le Sr Ballety
; la Dlle Veronese , foeur cadette de
Coraline , danſa une Entrée avec beaucoup
de grace.
le Mari Garçon & les Talens déplacés.
Cette Piéce fut ſuivie d'un Divertiſſement,
dans lequel la Dile Coraline exécuta unPas
de Deux avec le Sr Ballety , qui a été fort
applaudi . Le Spectacle finit par un nouveau
Feu d'artifice en Berceau , dont la compofition
a parû très-ingénieufe .
Le
2260 MERCURE DE FRANCE.
Le 26 , ils donnerent la premiere repréſentation
de Coraline Arlequin , & d'Arlequin
Coraline , Piéce Italienne en trois Actes
; elle fut ſuivie d'un nouveau Divertifſement,
de la compoſition du ſieur Deshayes
, lequel a fait beaucoup de plaifir ; il
eft exécuté par les meilleurs Danfeurs &
Danfeuſes de la Troupe , tous habillés en
Arlequins & en Arlequines. La Dile Coraline
y exécute un Pas de Deux avec le Sr Ballety
; la Dlle Veronese , foeur cadette de
Coraline , danſa une Entrée avec beaucoup
de grace.
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4121
p. 763-764
Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Tessier, connu pour les Portraits au petit point [...]
Mots clefs :
Portraits, Société des arts, Tableaux, Aiguille, Curieux, Paris
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texteReconnaissance textuelle : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
A Amiens le 9. Fevrier 1731 .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
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Résumé : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Le 9 février 1731, à Amiens, le Sieur Tessier, connu pour ses portraits au petit point, a présenté deux tableaux à la Société des Arts. Ces œuvres représentent le Roi et la Reine en buste, de grandeur naturelle, et ont été exécutées avec une grande régularité. L'aiguille y fond les nuances des laines de manière harmonieuse, comparable à l'utilisation du pinceau. La Société des Arts a reconnu le mérite et le talent de Tessier en délivrant un extrait le 28 novembre 1730. Tessier espère recevoir des commandes similaires. Il possède également les portraits du Roi et de la Reine, ainsi qu'une Vierge et une Madeleine, d'après M. le Brun. Sa demeure est située sur le Pont Notre-Dame, près de la Pompe au Tapis de Turquie, à Paris.
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4122
p. 1763-1764
EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
Début :
J'ai reçû, au reste, par M. le Chevalier de Bauffremont les Lettres que vous [...]
Mots clefs :
Enfants, Méthode, Observations grammaticales
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur
du Bureau Tipographique par un
Principal de College de Province , le 12.
Juillet 173 .
J
' Ai reçû , au reste , par M. le Chevalier
de Bauffremont les Lettres que vous
lui aviez remises pour moi. J'ai lû particuliérement
la sixième qui regarde le Rudiment
pratique ; et cette Lecture n'a fait
que me confirmer dans l'idée que j'en
avois déja , qui est qu'on ne pouvoit ima
giner une voye plus simple et plus proportionnée
aux Enfans pour leur appren
dre les Elemens de toutes sortes de Langues.
Je dis plus ; je soutiens que le fond
de votre Méthode qui ne consiste qu'à
commencer par les Operations les plus
simples et les plus débarassées de toutes ces
Observations Grammaticales qui ne font
que brouiller les Enfans ; je soutiens , dis- .
je , que cette Méthode toute seule dégagée
de tout l'attirail du Bureau Tipographique,
est la seule qui convienne aux Enfans.
et j'en fais moi- même ici l'expérience pour
un Neveu de six ans que j'ai auprès de
moi. Je suis même persuadé que les Maîtres
n'en emploiroient pas d'autre , s'ils
comprenoient bien eux-mêmes le Métier
qu'ils
1764 MERCURE DE FRANCE
qu'ils font , et les véritables principes sur
lesquels il est fondé. Mais la plupart n'agissent
que par routine , et se mettent peu
en peine des progrès de l'Enfant , pourvu
que leur honoraire coure toûjours . Je m'imagine
que si votre Méthode prend une
fois bien le dessus , on reviendra de tous
ces vieux préjugez qui n'ont servi jusqu'apresent
qu'à retarder les progrès des Enfans,
en tenant captive l'heureuse facilité
de quelques- uns , et en étouffant le peu
de disposision des autres. Je suis , &c .
du Bureau Tipographique par un
Principal de College de Province , le 12.
Juillet 173 .
J
' Ai reçû , au reste , par M. le Chevalier
de Bauffremont les Lettres que vous
lui aviez remises pour moi. J'ai lû particuliérement
la sixième qui regarde le Rudiment
pratique ; et cette Lecture n'a fait
que me confirmer dans l'idée que j'en
avois déja , qui est qu'on ne pouvoit ima
giner une voye plus simple et plus proportionnée
aux Enfans pour leur appren
dre les Elemens de toutes sortes de Langues.
Je dis plus ; je soutiens que le fond
de votre Méthode qui ne consiste qu'à
commencer par les Operations les plus
simples et les plus débarassées de toutes ces
Observations Grammaticales qui ne font
que brouiller les Enfans ; je soutiens , dis- .
je , que cette Méthode toute seule dégagée
de tout l'attirail du Bureau Tipographique,
est la seule qui convienne aux Enfans.
et j'en fais moi- même ici l'expérience pour
un Neveu de six ans que j'ai auprès de
moi. Je suis même persuadé que les Maîtres
n'en emploiroient pas d'autre , s'ils
comprenoient bien eux-mêmes le Métier
qu'ils
1764 MERCURE DE FRANCE
qu'ils font , et les véritables principes sur
lesquels il est fondé. Mais la plupart n'agissent
que par routine , et se mettent peu
en peine des progrès de l'Enfant , pourvu
que leur honoraire coure toûjours . Je m'imagine
que si votre Méthode prend une
fois bien le dessus , on reviendra de tous
ces vieux préjugez qui n'ont servi jusqu'apresent
qu'à retarder les progrès des Enfans,
en tenant captive l'heureuse facilité
de quelques- uns , et en étouffant le peu
de disposision des autres. Je suis , &c .
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Résumé : EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
Le 12 juillet 173, un principal de collège de province écrit à un auteur pour discuter de la méthode d'enseignement des langues décrite dans la sixième lettre du 'Rudiment pratique', reçue via le Chevalier de Bauffremont. Le principal approuve cette méthode, qu'il juge la plus simple et adaptée pour les enfants. Elle commence par des opérations simples et évite les observations grammaticales complexes. Il applique cette méthode avec succès à son neveu de six ans. Le principal critique les maîtres qui agissent par routine et ne se soucient pas des progrès des enfants, tant qu'ils sont payés. Il espère que la méthode de l'auteur, si elle est bien comprise et adoptée, permettra de surmonter les préjugés anciens et d'améliorer les progrès des enfants.
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4123
p. 549-550
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît chez la veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux [...]
Mots clefs :
Estampe, Tableau de Watteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
u Port.
Il paroît chez la veuve Chereau , ruë S. Jac.
ques , aux deux Pilliers , et chez Surugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
nouvellement gravée , d'après un Tableau de
Watteau , representant une sainte Famille , dontle
55 MERCURE DE FRANCE
le public connoisseur , aura tout lieu d'être satisfait.
Il va encore paroître dans peu 4 Estampes
d'après les 4 Saisons , peintes par ledit Watteau,
et dont les compositions gálantes pourront
plaire généralement
On continue à graver sans relâche , d'après
plusieurs Tableaux de grande composition , du
même Auteur ; entr'autres , le fameux Enseigue
qu'il fit pour M. Gersain , son ami , et qui fut
exposé pour les curieux , pendant quelque
temps , au Pont Notre- Dame.
Il paroît chez la veuve Chereau , ruë S. Jac.
ques , aux deux Pilliers , et chez Surugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
nouvellement gravée , d'après un Tableau de
Watteau , representant une sainte Famille , dontle
55 MERCURE DE FRANCE
le public connoisseur , aura tout lieu d'être satisfait.
Il va encore paroître dans peu 4 Estampes
d'après les 4 Saisons , peintes par ledit Watteau,
et dont les compositions gálantes pourront
plaire généralement
On continue à graver sans relâche , d'après
plusieurs Tableaux de grande composition , du
même Auteur ; entr'autres , le fameux Enseigue
qu'il fit pour M. Gersain , son ami , et qui fut
exposé pour les curieux , pendant quelque
temps , au Pont Notre- Dame.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Une estampe de la sainte Famille, d'après Watteau, est disponible chez la veuve Chereau et Surugues. Quatre autres estampes des Quatre Saisons seront bientôt disponibles. La gravure de tableaux de Watteau, dont l'Enseigne pour M. Gersain, se poursuit. L'Enseigne a été exposé au Pont Notre-Dame.
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4124
p. 2483-2484
ENIGME.
Début :
J'ai plus d'un pere, & ne suis point bâtard, [...]
Mots clefs :
Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E. ·
J'ai plus d'un pere , & ne fuis point bâtard,
De tout mon corps , fans être illégitime ,
Chaque membre a fon pere à part ,
Et l'on ne m'en fait point un crime.
De membres étrangers quoique je fois formé ;
Je ne fuis pourtant point difforme ;
Loin que je fois un Monftre énorme ,
Je fais un tout dont le monde eft charmé.
Auffitôt né je parle . Ingénieux , utile ,
Sçavant par fois , j'amuse & la Cour & la Ville.
Je veux plaire , je veux me rendre curieux ;
C'eft
2484 MERCURE DE FRANCE
C'est là mon but, mais,quoique je pro,ette,
Quoique j'aime à chanter toujours la chansonnette,
On m'accuse pourtant fouvent d'être ennuyeux.
Le croira-t'on ? Je vois multiplier mon Etre
Et fans quitter le Lieu qui m'a vû naître ,
Je vole en mille Endroits divers ,
Et deviens citoyen presque de l'Univers.
>
Mon regne n'eft pas long . Je vois bientôt un frere
Sur mes ruines établi ,
Qui me fait tomber dans l'oubli.
Quoique je fois commun , quoique je fois vulgaire ;
Il faut donner pourtant de l'argent pour me voir,
Autrement il n'eft point poffible de m'avoir.
Mais par un dernier trait faisons - nous mieux con
noître.
Je suis devant tes yeux , & dans tes mains peut êtro
J. A. Masson d'Arras.
J'ai plus d'un pere , & ne fuis point bâtard,
De tout mon corps , fans être illégitime ,
Chaque membre a fon pere à part ,
Et l'on ne m'en fait point un crime.
De membres étrangers quoique je fois formé ;
Je ne fuis pourtant point difforme ;
Loin que je fois un Monftre énorme ,
Je fais un tout dont le monde eft charmé.
Auffitôt né je parle . Ingénieux , utile ,
Sçavant par fois , j'amuse & la Cour & la Ville.
Je veux plaire , je veux me rendre curieux ;
C'eft
2484 MERCURE DE FRANCE
C'est là mon but, mais,quoique je pro,ette,
Quoique j'aime à chanter toujours la chansonnette,
On m'accuse pourtant fouvent d'être ennuyeux.
Le croira-t'on ? Je vois multiplier mon Etre
Et fans quitter le Lieu qui m'a vû naître ,
Je vole en mille Endroits divers ,
Et deviens citoyen presque de l'Univers.
>
Mon regne n'eft pas long . Je vois bientôt un frere
Sur mes ruines établi ,
Qui me fait tomber dans l'oubli.
Quoique je fois commun , quoique je fois vulgaire ;
Il faut donner pourtant de l'argent pour me voir,
Autrement il n'eft point poffible de m'avoir.
Mais par un dernier trait faisons - nous mieux con
noître.
Je suis devant tes yeux , & dans tes mains peut êtro
J. A. Masson d'Arras.
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4125
p. 1605-1606
Dissertation sur le Feu Boréal, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATION sur le Feu Boreal. Par M. D. J. A. M. R. D. C. Sapienti nihil novum aut peregrinum. [...]
Mots clefs :
Feu boréal, Descartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dissertation sur le Feu Boréal, &c. [titre d'après la table]
DISSERTATION sur le Feu Boreal . Par M. D.
J. A. M. R. D. C. Sapienti nihil novum aut peregrinum
. Aristot . apud Diog. Lib . 6. A Paris ,
rue de la Parcheminerie , chez Bullot , 1733. in 8.
de 111. pages , sans la Table, l'Avertissement , & c .
On lit dans ce court Avertissement , que
l'Auteur , après avoir détruit les préjugez de
ceux qui ont de la peine à se rendre aux sistêmes
des Philosophes mondernes, développe avec
autant de netteté que de précision , quelques
principes de la Philosophie de Descartes ; il entre
ensuite dans l'examen des questions de
Physique qui ont quelque rapport à son Sujet,
ou qui peuvent servir à l'éclaircir ; il propose enfin
son Sistême particulier sur les causes , sur la
nature
1606 MERCURE DE FRANCE
mature et sur les proprietez du Feu Boreal, et
répond en même - temps à quelques objections.
Mais il sçait de plus trouver l'adressr de récompenser
ses Lecteurs d'un sujet naturellement sérieux
et stérile ; ensorte qu'on pourra trouver
également dans ce petit Ouvrage de quoi se saaisfaire
et de quoi se des - ennuyer.
J. A. M. R. D. C. Sapienti nihil novum aut peregrinum
. Aristot . apud Diog. Lib . 6. A Paris ,
rue de la Parcheminerie , chez Bullot , 1733. in 8.
de 111. pages , sans la Table, l'Avertissement , & c .
On lit dans ce court Avertissement , que
l'Auteur , après avoir détruit les préjugez de
ceux qui ont de la peine à se rendre aux sistêmes
des Philosophes mondernes, développe avec
autant de netteté que de précision , quelques
principes de la Philosophie de Descartes ; il entre
ensuite dans l'examen des questions de
Physique qui ont quelque rapport à son Sujet,
ou qui peuvent servir à l'éclaircir ; il propose enfin
son Sistême particulier sur les causes , sur la
nature
1606 MERCURE DE FRANCE
mature et sur les proprietez du Feu Boreal, et
répond en même - temps à quelques objections.
Mais il sçait de plus trouver l'adressr de récompenser
ses Lecteurs d'un sujet naturellement sérieux
et stérile ; ensorte qu'on pourra trouver
également dans ce petit Ouvrage de quoi se saaisfaire
et de quoi se des - ennuyer.
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Résumé : Dissertation sur le Feu Boréal, &c. [titre d'après la table]
La 'DISSERTATION sur le Feu Boréal' de M. D., publiée à Paris en 1733, s'étend sur 111 pages, à l'exclusion de la table et de l'avertissement. L'auteur commence par réfuter les préjugés contre les systèmes des philosophes modernes et expose les principes de la philosophie de Descartes avec clarté et précision. Il traite ensuite de questions de physique pertinentes pour son sujet, clarifiant ainsi les aspects liés au Feu Boréal. L'ouvrage présente un système particulier sur les causes, la nature et les propriétés du Feu Boréal, tout en répondant à diverses objections. L'auteur s'efforce également de rendre le sujet, naturellement sérieux et aride, accessible et intéressant pour les lecteurs.
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4126
p. 2449-2450
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il y a en vente chez la Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'Or; et chez [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Antoine Watteau, Enseigne
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texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
·Il Y a en vente chez la Veuve Chereau , rue
S. Jacques , aux deux Pilliers d'Or" ; et chez Sû
rugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves , deux Estampes, nouvellement gra.
vées d'après les Tableaux de feu Antoine Wat- teau ; l'une a pour titre : Les agrémens de l'Eté.
Ce Tableau est dans le Cabinet de M. Glucq ,
Conseiller au Parlement. L'autre est l'Enseigne
que Watteau peignit en arrivant de Londresen
172 1. pour M. Gersain , son ami , Marchand
de Tableaux et d'Estampes , sur le Pont Notre- Dame.
Ce morceau qui a 9 pieds 6 pouces de large ,
sur spieds de haut , a toujours été regardé com-mc
2450 MERCURE DE FRANCE
me le Chef- d'œuvre de cet excellent Peintre. Îl
représente le Magazin d'un Marchand , qui est
rempli de differens Tableaux des plus grands
Maîtres ; on y reconnoît le caractere et le goût de chacun de ces Maîtres.
Cette fameuse Enseigne ne fut exposée que 15
jours ; elle fit l'admiration de tout Paris. Elle fut vendue à M. Glucq . On la voit à present dans le
Cabinet de M. Jullienne , qui l'a fait graver
pour la suite dê l'œuvre , qu'il fait toujours con tinuer. On lit ces Vers au bas de l'Estampe.
Watteau dans cette Enseigne , à la fleur de
ses ans >
Des Maîtres de son art imite la maniere ;
Leurs caracteres differens ,
Leurs touches et leur goût composent la matiere
De ces Esquisses Elegans.
Que n'attendions- nous point de tant d'heureux
Talens !
Si le Ciel eut voulu prolonger sa carriere ,
Il auroit surpassé ces Modeles charmans.
S. Jacques , aux deux Pilliers d'Or" ; et chez Sû
rugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves , deux Estampes, nouvellement gra.
vées d'après les Tableaux de feu Antoine Wat- teau ; l'une a pour titre : Les agrémens de l'Eté.
Ce Tableau est dans le Cabinet de M. Glucq ,
Conseiller au Parlement. L'autre est l'Enseigne
que Watteau peignit en arrivant de Londresen
172 1. pour M. Gersain , son ami , Marchand
de Tableaux et d'Estampes , sur le Pont Notre- Dame.
Ce morceau qui a 9 pieds 6 pouces de large ,
sur spieds de haut , a toujours été regardé com-mc
2450 MERCURE DE FRANCE
me le Chef- d'œuvre de cet excellent Peintre. Îl
représente le Magazin d'un Marchand , qui est
rempli de differens Tableaux des plus grands
Maîtres ; on y reconnoît le caractere et le goût de chacun de ces Maîtres.
Cette fameuse Enseigne ne fut exposée que 15
jours ; elle fit l'admiration de tout Paris. Elle fut vendue à M. Glucq . On la voit à present dans le
Cabinet de M. Jullienne , qui l'a fait graver
pour la suite dê l'œuvre , qu'il fait toujours con tinuer. On lit ces Vers au bas de l'Estampe.
Watteau dans cette Enseigne , à la fleur de
ses ans >
Des Maîtres de son art imite la maniere ;
Leurs caracteres differens ,
Leurs touches et leur goût composent la matiere
De ces Esquisses Elegans.
Que n'attendions- nous point de tant d'heureux
Talens !
Si le Ciel eut voulu prolonger sa carriere ,
Il auroit surpassé ces Modeles charmans.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau. La première, intitulée 'Les agrémens de l'Eté', est conservée dans le cabinet de M. Glucq, Conseiller au Parlement. La seconde est une enseigne peinte par Watteau en 1721 pour M. Gersain, un marchand de tableaux et d'estampes. Cette enseigne, mesurant 9 pieds 6 pouces de large sur 6 pieds de haut, est considérée comme le chef-d'œuvre de Watteau. Elle représente le magasin d'un marchand rempli de tableaux de grands maîtres, chacun reconnaissable par son style et son goût. Exposée seulement 15 jours, elle fut admirée par tout Paris avant d'être vendue à M. Glucq. Actuellement, elle se trouve dans le cabinet de M. Jullienne, qui l'a fait graver pour une suite d'œuvres. Une poésie accompagne l'estampe, soulignant le talent de Watteau et son imitation des maîtres de son art.
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4127
p. 137-138
AIR NOUVEAU.
Début :
L'Air nouveau que je vous envoye, est d'un de nos / LE repos, l'ombre, le silence [...]
Mots clefs :
Ombre, Silence, Confidence, Ennuis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
L'Air nouveau que je vous
Decembre 1685. M
128 MERCURE
envoye, eſt d'un de nos plus
grands Maiſtres .
AIR NOUVEAU.
L E repos , l'ombre , le filence ,
Tout m'oblige en ces lieux à faire
confidence
De mes ennuis les plus fecrets ;
Je me fens foulage. d'y conter mon
martyre.
Je ne le dis qu'à des Forefts ,
Mais enfin c'est toujours le dire.
Decembre 1685. M
128 MERCURE
envoye, eſt d'un de nos plus
grands Maiſtres .
AIR NOUVEAU.
L E repos , l'ombre , le filence ,
Tout m'oblige en ces lieux à faire
confidence
De mes ennuis les plus fecrets ;
Je me fens foulage. d'y conter mon
martyre.
Je ne le dis qu'à des Forefts ,
Mais enfin c'est toujours le dire.
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4128
p. 78-79
L'Anonyme plagiaire de Thoulouse.
Début :
Je vous pille vous-mesme, Seigneur Mercure, pour satisfaire aux [...]
Mots clefs :
Chanson
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texteReconnaissance textuelle : L'Anonyme plagiaire de Thoulouse.
L'Anonyme plagiaire
- de Thoulouse.
Je vouspille rvous-mef
me., SeigneurAdercure,
poursatisfaire aux petites
tasches que vous hn-
PoftZ au public, je veux
dire que jf respondsavostre
in vino veritas par
quatre Vers que jecrois
de VOUJ.
In vino sinceritas
Le plus fourbe en beuvant
devenu plus sincere,
Dit tout ce qu'il a fait &
tout ce qu'il veut faire,
Son coeur nage dans le
verre.
In vino sinceritas.
Soyezsincereaussisans
mwir m>jay pris cecy
dans un petit Livre intitulé
Le Puits de la Veritéce
Livre n'est-ilpas de
vous.
- de Thoulouse.
Je vouspille rvous-mef
me., SeigneurAdercure,
poursatisfaire aux petites
tasches que vous hn-
PoftZ au public, je veux
dire que jf respondsavostre
in vino veritas par
quatre Vers que jecrois
de VOUJ.
In vino sinceritas
Le plus fourbe en beuvant
devenu plus sincere,
Dit tout ce qu'il a fait &
tout ce qu'il veut faire,
Son coeur nage dans le
verre.
In vino sinceritas.
Soyezsincereaussisans
mwir m>jay pris cecy
dans un petit Livre intitulé
Le Puits de la Veritéce
Livre n'est-ilpas de
vous.
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Résumé : L'Anonyme plagiaire de Thoulouse.
Lettre adressée au 'Seigneur Adercure' citant 'in vino veritas'. L'auteur attribue quatre vers à 'VOUJ', décrivant la sincérité d'une personne ivre. Ces vers proviennent du livre 'Le Puits de la Vérité', dont la propriété est incertaine.
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4129
p. 144-145
Réponses aux Questions. Réponses à la première. Par l'Amant opiniâtre.
Début :
Faites maintenant l'usage qu'il vous plaira des réponses / Lequel a le plus à souffrir du coeur ou de l'amour propre par le mépris d'un objet aimé. [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponses aux Questions. Réponses à la première. Par l'Amant opiniâtre.
Faites maintenant Tufagc
qu'ilvous plaira des réponses
que je vous envoye aux cjucftions
propokzJe mois dernier.
Réponfcs
Réponses aux Questions.
Réponse à la première.
Par l'Amant opiniâtre.
Lequel a le plus à souffrir
du coeuroudel'amour propre
par le mépris d'un objet aimé.
La qurflion eji'vaine;
Un cotât bien enfiamé.
N'éprouve que la peine
Ve riejlre pas aimé.
qu'ilvous plaira des réponses
que je vous envoye aux cjucftions
propokzJe mois dernier.
Réponfcs
Réponses aux Questions.
Réponse à la première.
Par l'Amant opiniâtre.
Lequel a le plus à souffrir
du coeuroudel'amour propre
par le mépris d'un objet aimé.
La qurflion eji'vaine;
Un cotât bien enfiamé.
N'éprouve que la peine
Ve riejlre pas aimé.
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4130
p. 551-552
EXTRAIT des Remarques sur l'innovation de l'Orthographe, trouvées dans un vieux Manuscrit.
Début :
Il y a long-temps que les bons Grammairiens et les ueritables Sçauans en general, se sont [...]
Mots clefs :
Orthographe, Langue, Écrire, Goût, Lieu, Mots, Belles-lettres
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Remarques sur l'innovation de l'Orthographe, trouvées dans un vieux Manuscrit.
EXTRAIT des Remarques sur l'innovation
de l'Orthographe , trouvées dans
un vieux Manuscrit.
L y
*
I a long- temps que les bons Grammairiens
et les ueritables Sçauans en general , se sont
plaincts des innouations de l'Orthographe Moderne.
Il semble qu'on veuille entierement abbolir
la trace de toute étymologie. C'est vn principe
de corruption dans la Langue qu'vne maniere
d'escripre jausitée , et qui renuerse toutes les
constructions . Ceulx qui n'ont pas abbandonné
entierement le goust des belles-lettres doiuent
s'opposer uiuement au progrez d'vn abus si generalement
répandu. Peut - on n'estre pas choqué
en lisant , par exemple , fantaisie , fantôme , Faisan
, au lieu de Phantasie , Phantosme , Phasian?
Le plaisir des bonnes tables n'est-il pas plus grand
quand on sçaict que cet Oiseau a pris son nom
du Fleuve Phasis , et que lês Cuisiniers des Argonautes
l'apporterent les premiers en Grece ?
2
On retranche la lettre b dans bien des mots ,
et les t , les g , les b , les l , les d , les c , les f , &c.
auant les s à tous les mots pluriers des noms ,
aux singuliers des verbes , & c . on escript desja ,
Caldéen , Calcedoine , sepulcre corde , colere , Cameléon
, Canon , Caron , Baccus , gens , gans ,
plons , je dois , chevaux , respects , baillis , rans
bans , fau-bours , aune , veaux , enfans , & c. aulieu
d'escripre auec nos Ancestres , Chaldéen ,
Chalcedoine , Sepulchre , Chorde , Cholere , Chaneléon
, Chanon, Charon , Bacchus , gents , gands
plombs
552 MERCURE DE FRANCE
plombs , je doibs , cheuaulx , respecs , baillifs , rangs;
Fauxbourgs , aulne , uiaulx , enfants , ¿c.
Je ne puis lire sans baillemens les mots , j'aimois
, points , doigts , uint , un , ¿c. au lieu de
' amabois, poings , poincts, doigts, uingts , ung, & c.
et ce dernier mot un me fait douter si je dois lire
les v11. sept , ou les ungs . On escripra bien-tost
homme , Afriquain . republiquain , persone , lân ,
pân , Can . fân , mou , cou , fou : sou , artisan ,
livre , cuivre , lievre , François , Normand , &c.
au lieu d'escripre home , Aphricain , respublicain
persone , Laon , Caen , Paon , faon , mol , col ,fol ,
sol , artife , optife , libure , liepure , cuibure , Francois
, Norman , &c.
Le mauuais goust ramene jnsensiblement la
Barbarie et les rauages de la Barbarie influent sur
tous les obiects qui sont de la plus grande conséquence
pour la Societé. Rien ne contribue tant
à la politesse d'une Nation et au progrez des
belles - lettres que la pureté de la langue , et la
langue ne peut auoir d'ennemi plus dangereux
que le mauluais goust de l'Orthographe et de
l'Escripture.
Nota. Les Remarques paroissent être une Paree
de celles du Mercure d'Octobre dernier p . 2153 .
de l'Orthographe , trouvées dans
un vieux Manuscrit.
L y
*
I a long- temps que les bons Grammairiens
et les ueritables Sçauans en general , se sont
plaincts des innouations de l'Orthographe Moderne.
Il semble qu'on veuille entierement abbolir
la trace de toute étymologie. C'est vn principe
de corruption dans la Langue qu'vne maniere
d'escripre jausitée , et qui renuerse toutes les
constructions . Ceulx qui n'ont pas abbandonné
entierement le goust des belles-lettres doiuent
s'opposer uiuement au progrez d'vn abus si generalement
répandu. Peut - on n'estre pas choqué
en lisant , par exemple , fantaisie , fantôme , Faisan
, au lieu de Phantasie , Phantosme , Phasian?
Le plaisir des bonnes tables n'est-il pas plus grand
quand on sçaict que cet Oiseau a pris son nom
du Fleuve Phasis , et que lês Cuisiniers des Argonautes
l'apporterent les premiers en Grece ?
2
On retranche la lettre b dans bien des mots ,
et les t , les g , les b , les l , les d , les c , les f , &c.
auant les s à tous les mots pluriers des noms ,
aux singuliers des verbes , & c . on escript desja ,
Caldéen , Calcedoine , sepulcre corde , colere , Cameléon
, Canon , Caron , Baccus , gens , gans ,
plons , je dois , chevaux , respects , baillis , rans
bans , fau-bours , aune , veaux , enfans , & c. aulieu
d'escripre auec nos Ancestres , Chaldéen ,
Chalcedoine , Sepulchre , Chorde , Cholere , Chaneléon
, Chanon, Charon , Bacchus , gents , gands
plombs
552 MERCURE DE FRANCE
plombs , je doibs , cheuaulx , respecs , baillifs , rangs;
Fauxbourgs , aulne , uiaulx , enfants , ¿c.
Je ne puis lire sans baillemens les mots , j'aimois
, points , doigts , uint , un , ¿c. au lieu de
' amabois, poings , poincts, doigts, uingts , ung, & c.
et ce dernier mot un me fait douter si je dois lire
les v11. sept , ou les ungs . On escripra bien-tost
homme , Afriquain . republiquain , persone , lân ,
pân , Can . fân , mou , cou , fou : sou , artisan ,
livre , cuivre , lievre , François , Normand , &c.
au lieu d'escripre home , Aphricain , respublicain
persone , Laon , Caen , Paon , faon , mol , col ,fol ,
sol , artife , optife , libure , liepure , cuibure , Francois
, Norman , &c.
Le mauuais goust ramene jnsensiblement la
Barbarie et les rauages de la Barbarie influent sur
tous les obiects qui sont de la plus grande conséquence
pour la Societé. Rien ne contribue tant
à la politesse d'une Nation et au progrez des
belles - lettres que la pureté de la langue , et la
langue ne peut auoir d'ennemi plus dangereux
que le mauluais goust de l'Orthographe et de
l'Escripture.
Nota. Les Remarques paroissent être une Paree
de celles du Mercure d'Octobre dernier p . 2153 .
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Résumé : EXTRAIT des Remarques sur l'innovation de l'Orthographe, trouvées dans un vieux Manuscrit.
Le texte 'Remarques sur l'innovation de l'Orthographe' critique les modifications apportées à l'orthographe moderne. Les auteurs déplorent que ces innovations effacent les traces étymologiques et corrompent la langue. Ils expriment leur choc face à des mots comme 'fantaisie' ou 'faisan' au lieu de 'Phantasie' ou 'Phasian'. Ils regrettent également la suppression de certaines lettres, comme le 'b' dans plusieurs mots, et la simplification des pluriels et des verbes. Par exemple, 'gens' remplace 'gents' et 'cheval' remplace 'cheuaulx'. Les auteurs déplorent aussi les nouvelles orthographes de mots comme 'un', 'aimois', 'points' et 'doigts'. Ils craignent que ces changements ne ramènent la barbarie et nuisent à la politesse de la nation et au progrès des belles-lettres. La pureté de la langue est menacée par le mauvais goût en orthographe et en écriture.
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4131
p. 142-144
MORT.
Début :
Dame Claire le Picard, épouse de M. Henry d'Aguesseau, Conseiller [...]
Mots clefs :
Claire le Picard , Henry d'Aguesseau , Conseiller d'État, Parlement, Finances
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texteReconnaissance textuelle : MORT.
AiO R T.
Dame Claire le Picard,
épouse de M. Henry d'Aguesseau,
Conseiller d'Etat
ordinaire & au Conseil
Royal des Finances,mourut
le 10. Septembre,âgée
de 68.ans.
M. d'Aguesseauestfils de
M. Antoine d'Aguesseau,
Maître des Requêtes, puis
Premier President de Bordeaux,&
a étéConseiller au
Parlement de Metz,Maître
des Requêtes, President
au Grand Conseil, Intendant
à Limoges, à Bordeaux,
& en Languedoc,
a été nomméConseiller
d'Etat en 1683. & au Conseil
Royal des Finances en
Août 1695.
Me d'Aguesseau qui vient de
mourir étoit fille de M. Jean-
Baptiste le Picard, Seigneur de
Perigny, Conseiller au Parlement
, puis Maître des Requêtes,
&de Dame Catherine Talon
; & a laissé pour enfans M.
Henry-François d'Aguesseau,
Procureur General du Parlement,
qui a des enfans deDame
Anne le Fevre d'Ormesson, M.
l'Abbé d'Aguesseau,M. Jofeph-
Antoine d'Aguesseau, Conseiller
au Parlement, N. d'Aguesseau,
mariée à M. le Comte de
Tavannes, de la Maison du
Saulx;&N.d'Aguesseau,mariée
à M. Pierre.Hector le Guerchois,
Maître des Requêtes.
Dame Claire le Picard,
épouse de M. Henry d'Aguesseau,
Conseiller d'Etat
ordinaire & au Conseil
Royal des Finances,mourut
le 10. Septembre,âgée
de 68.ans.
M. d'Aguesseauestfils de
M. Antoine d'Aguesseau,
Maître des Requêtes, puis
Premier President de Bordeaux,&
a étéConseiller au
Parlement de Metz,Maître
des Requêtes, President
au Grand Conseil, Intendant
à Limoges, à Bordeaux,
& en Languedoc,
a été nomméConseiller
d'Etat en 1683. & au Conseil
Royal des Finances en
Août 1695.
Me d'Aguesseau qui vient de
mourir étoit fille de M. Jean-
Baptiste le Picard, Seigneur de
Perigny, Conseiller au Parlement
, puis Maître des Requêtes,
&de Dame Catherine Talon
; & a laissé pour enfans M.
Henry-François d'Aguesseau,
Procureur General du Parlement,
qui a des enfans deDame
Anne le Fevre d'Ormesson, M.
l'Abbé d'Aguesseau,M. Jofeph-
Antoine d'Aguesseau, Conseiller
au Parlement, N. d'Aguesseau,
mariée à M. le Comte de
Tavannes, de la Maison du
Saulx;&N.d'Aguesseau,mariée
à M. Pierre.Hector le Guerchois,
Maître des Requêtes.
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Résumé : MORT.
Le texte annonce le décès de Dame Claire le Picard, épouse de M. Henry d'Aguesseau, survenu le 10 septembre à l'âge de 68 ans. M. Henry d'Aguesseau, Conseiller d'État ordinaire et au Conseil Royal des Finances, est le fils de M. Antoine d'Aguesseau, ancien Maître des Requêtes et Premier Président de Bordeaux. Henry d'Aguesseau a exercé diverses fonctions, notamment Conseiller au Parlement de Metz, Maître des Requêtes, Président au Grand Conseil, et Intendant à Limoges, Bordeaux et en Languedoc. Il a été nommé Conseiller d'État en 1683 et au Conseil Royal des Finances en août 1695. Dame Claire le Picard était la fille de M. Jean-Baptiste le Picard, Seigneur de Perigny, Conseiller au Parlement, puis Maître des Requêtes, et de Dame Catherine Talon. Elle laisse plusieurs enfants, dont M. Henry-François d'Aguesseau, Procureur Général du Parlement, marié à Dame Anne le Fevre d'Ormesson, M. l'Abbé d'Aguesseau, M. Joseph-Antoine d'Aguesseau, Conseiller au Parlement, Mlle d'Aguesseau, mariée à M. le Comte de Tavannes, et Mlle d'Aguesseau, mariée à M. Pierre Hector le Guerchois, Maître des Requêtes.
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4132
p. 125-127
JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1733. avec l'explication des Types, &c.
Début :
I. TRESOR ROYAL. Un Fleuve qui forme plusieurs Ruisseaux. Legende : [...]
Mots clefs :
Jetons, Trésor royal, Parties casuelles, Chambre aux deniers, Ordinaire des guerres, Extraordinaire des guerres, Bâtiments du roi, Artillerie, Marine, Galères, Ville de Paris, Maison de la reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1733. avec l'explication des Types, &c.
JETTONS FRAPPEZ pour I0
premier- four de Janvier 173;. avec fixa
t piimtion des Types , de.
' I. Tiuzson ROYAL.
Un Fleuve qui forme‘ plusieurs Ruis
seaux. Legende: Ex ma omrgs.
"i II. PARTIES CASUELLES,
‘l Dédale traversant les Airs avec le se
- , COQ“
dut-A
w l.
ris MERCURE DE n: ANCE
cours des ailes qu’il s‘est faites. Isegendef’
Vimt prudentia Casnm.
III. Cnaunnn AUX Dnnrrnsg
w La Déesse de la Terre couchée et cn-Ë
tourée de Pampres et de Gerbes. Légende:
z 7721m1 Iavi Nectârque fim.
' IV. Onnmamr nrs GUERRES.
_ L’Egide de Pallas , couverte de son
Casque. Légende: Praxidinm et devras.
V. Exmaonnmamn nrs Gurnnrs.‘
Un Oyseau de preye qui voudroit prenä
"dre Fessor, mais qui est retenu par ses
Longes. Légende: Impatient pagne.
VI. BASTIMENS nvRov.
Une Lyre. Legende : Lenîmcn dulæ laid
i r 60mm.
V LI.
La Foudre suspendue‘ sur un Globe
Ierrcstre. Legende zforgis quo junerit ira.
VIII. MARINE.
Metcureflraversant les Airs , son Ca-‘
ducée à la maimLegende‘: Mihi para/in:
ARTILLLRIE.
1X.
JANVIER. 173-3.. 11.2
IX. GALrnzs.
v
I
_ Ùes‘ Aigles, qui après‘ avoir quitté le
Foudre, se reposent fierement sur leurs
aires. Légende : Nui tuile: mm fulmirm
ttsmnt.‘ - '
' X. LA-‘V-ILLE ne PAnrÏs.
_ Les Armes de la Ville d’un côté; cel
les de Michel-Erienne Turgot, Ptévôt
des Marchands ,. de l’autre. Légende:
5071 nom et se: qualïtez.
XI. MAISON me LA REINE.
Une Grenade couronnéfientfouverte '
‘et pleine de grains. Legende:%ot foeta,
COVWIÜ.’
premier- four de Janvier 173;. avec fixa
t piimtion des Types , de.
' I. Tiuzson ROYAL.
Un Fleuve qui forme‘ plusieurs Ruis
seaux. Legende: Ex ma omrgs.
"i II. PARTIES CASUELLES,
‘l Dédale traversant les Airs avec le se
- , COQ“
dut-A
w l.
ris MERCURE DE n: ANCE
cours des ailes qu’il s‘est faites. Isegendef’
Vimt prudentia Casnm.
III. Cnaunnn AUX Dnnrrnsg
w La Déesse de la Terre couchée et cn-Ë
tourée de Pampres et de Gerbes. Légende:
z 7721m1 Iavi Nectârque fim.
' IV. Onnmamr nrs GUERRES.
_ L’Egide de Pallas , couverte de son
Casque. Légende: Praxidinm et devras.
V. Exmaonnmamn nrs Gurnnrs.‘
Un Oyseau de preye qui voudroit prenä
"dre Fessor, mais qui est retenu par ses
Longes. Légende: Impatient pagne.
VI. BASTIMENS nvRov.
Une Lyre. Legende : Lenîmcn dulæ laid
i r 60mm.
V LI.
La Foudre suspendue‘ sur un Globe
Ierrcstre. Legende zforgis quo junerit ira.
VIII. MARINE.
Metcureflraversant les Airs , son Ca-‘
ducée à la maimLegende‘: Mihi para/in:
ARTILLLRIE.
1X.
JANVIER. 173-3.. 11.2
IX. GALrnzs.
v
I
_ Ùes‘ Aigles, qui après‘ avoir quitté le
Foudre, se reposent fierement sur leurs
aires. Légende : Nui tuile: mm fulmirm
ttsmnt.‘ - '
' X. LA-‘V-ILLE ne PAnrÏs.
_ Les Armes de la Ville d’un côté; cel
les de Michel-Erienne Turgot, Ptévôt
des Marchands ,. de l’autre. Légende:
5071 nom et se: qualïtez.
XI. MAISON me LA REINE.
Une Grenade couronnéfientfouverte '
‘et pleine de grains. Legende:%ot foeta,
COVWIÜ.’
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Résumé : JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1733. avec l'explication des Types, &c.
Le document présente une série de jetons frappés en janvier 1733, illustrant divers thèmes et légendes. Ces jetons sont classés en plusieurs catégories : 'Parties Casuelles', 'Chambre aux Deniers', 'Ornements des Guerres', 'Bâtimens Provost', 'Marine', 'Artillerie', et 'Galères'. Chaque jeton comporte une image symbolique accompagnée d'une légende en latin. Par exemple, un jeton montre un fleuve se divisant en ruisseaux avec la légende 'Ex maris omnia', tandis qu'un autre représente Mercure en vol avec la légende 'Virtute prudentia casum'. D'autres jetons illustrent des thèmes comme la déesse de la Terre entourée de pampres et de gerbes, l'égide de Pallas, un oiseau de proie retenu par ses chaînes, une lyre, la foudre sur un globe terrestre, des aigles sur leurs nids, les armes de la ville de Paris et de Michel-Etienne Turgot, et une grenade couronnée et ouverte. Le document se conclut par la date 'JANVIER. 1733.. 11.2'.
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4133
p. 141-143
OPERATION.
Début :
Nouvelle Lune en Juin le 167 de l'année à [...]
Mots clefs :
Opération, Lune, Astronomie, Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OPERATION.
OPERATIONS
Nouvelle Lune en Juin
le 167 de l'année à 6. heu
res , 18. minutes du matin.
Nouvelle Lune en- May
le 137. de l'année à 3. heu
res , 12. minutes du matin.
Il reſte 30. jours , 3. heu
res , 6. minutes.
a
Oftez de ces 30. jours , 3 .
heures, 6. minutes, 29. jours,
12. heures , 44. minutes.
All refte les oo. 14 heu
res , 227 minutes.
Par confequent dans la
14 MERCURE
་
connoiffance destemps que
M. Lieutaud a donnée au
Public pour l'année 1711. il
s'y trouve une Lune, & un
mois Lunairetrop grandde
14. heures & 22 minutes ,
&uneLunaifonde30. jours,
3. heures & 6. minutes. Ce
font deux erreurs contrai
res au Calendrier Gregorien , & aux propres fenti
mens de M. Caffini , dont
voici lesparoles : Omnis Lunatio 29%
ad 30 extenditur. C'étoit à
M. Touraine qu'il écrivoit
il y a plus de quinze ans
dies fuperat, nulla
GALANT 143
pour répondre à une regle
duCalendrier , canon 2. Ut
nimirum Lunationes ita fibi
mutuò fuccedant , ut alterna.
tim fex contineant 39. dies ,
& fex alia dies tantum 29″.
complectantur
Nouvelle Lune en Juin
le 167 de l'année à 6. heu
res , 18. minutes du matin.
Nouvelle Lune en- May
le 137. de l'année à 3. heu
res , 12. minutes du matin.
Il reſte 30. jours , 3. heu
res , 6. minutes.
a
Oftez de ces 30. jours , 3 .
heures, 6. minutes, 29. jours,
12. heures , 44. minutes.
All refte les oo. 14 heu
res , 227 minutes.
Par confequent dans la
14 MERCURE
་
connoiffance destemps que
M. Lieutaud a donnée au
Public pour l'année 1711. il
s'y trouve une Lune, & un
mois Lunairetrop grandde
14. heures & 22 minutes ,
&uneLunaifonde30. jours,
3. heures & 6. minutes. Ce
font deux erreurs contrai
res au Calendrier Gregorien , & aux propres fenti
mens de M. Caffini , dont
voici lesparoles : Omnis Lunatio 29%
ad 30 extenditur. C'étoit à
M. Touraine qu'il écrivoit
il y a plus de quinze ans
dies fuperat, nulla
GALANT 143
pour répondre à une regle
duCalendrier , canon 2. Ut
nimirum Lunationes ita fibi
mutuò fuccedant , ut alterna.
tim fex contineant 39. dies ,
& fex alia dies tantum 29″.
complectantur
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Résumé : OPERATION.
Le texte traite des phases de la Lune et des erreurs dans un calendrier. Il mentionne deux nouvelles lunes : la première en juin, le 167e jour de l'année à 6 heures et 18 minutes du matin, et la seconde en mai, le 137e jour de l'année à 3 heures et 12 minutes du matin. La durée entre ces deux nouvelles lunes est calculée à 30 jours, 3 heures et 6 minutes. Cependant, des divergences sont notées dans les données fournies par M. Lieutaud pour l'année 1711, indiquant une Lune trop grande de 14 heures et 22 minutes et une lunaison de 30 jours, 3 heures et 6 minutes. Ces erreurs contredisent le calendrier grégorien et les observations de M. Cassini, qui stipule que toute lunaison s'étend de 29 à 30 jours. Le texte cite également une règle du calendrier canon 2, précisant que les lunaisons doivent alterner entre 29 et 30 jours.
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4134
p. 142-144
MARIAGES.
Début :
Le Prince Frederic Guillaume Duc de Curlande, épousa le 13. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Le Prince Frederic Guillaume
Duc de Curlande,
épousa le 13. Novembre
1710. la Princesse Anne,
fille de feu Jean, Grand Duc
de Moscovie
,
& niécede
celuiqui regne aujourd hui.
Ce Prince est fils de Casimit
,
Duc de Curlande,
mort le22. Janvier 1698.
& de Sosie de Brandebourg
sa deuxiémefemme
,
fille
de Frederic Guillaume, Electeur
de Brandebourg.
Le22 dece mois1711. Mr
le Comte de Chatillon, fils
de Claude Eleazar Duc de
Chatillon, Premier Gentilhomme
de la Chambre de
Monsieur le Duc d'Orleans
,
épousa MademoiselleVoisin,
fille de Mr
Voisin
,
Secretaire d'Etat,
Mr le Comte de Chatillon
est frereaîné du Marquisde
Chatillon ; ces deux freres
font les seuls mâles restans
de cette grande &tres-illustre
Maison, par ce que Mr
le Marquis de Chatillon n'a
que deux filles de son Mariage
avec Marie Rosalie
deBrouilly dePiennes, soeur
cadette d'Olimpe de Piennes,
Duchesse d'Aumont.
Le Prince Frederic Guillaume
Duc de Curlande,
épousa le 13. Novembre
1710. la Princesse Anne,
fille de feu Jean, Grand Duc
de Moscovie
,
& niécede
celuiqui regne aujourd hui.
Ce Prince est fils de Casimit
,
Duc de Curlande,
mort le22. Janvier 1698.
& de Sosie de Brandebourg
sa deuxiémefemme
,
fille
de Frederic Guillaume, Electeur
de Brandebourg.
Le22 dece mois1711. Mr
le Comte de Chatillon, fils
de Claude Eleazar Duc de
Chatillon, Premier Gentilhomme
de la Chambre de
Monsieur le Duc d'Orleans
,
épousa MademoiselleVoisin,
fille de Mr
Voisin
,
Secretaire d'Etat,
Mr le Comte de Chatillon
est frereaîné du Marquisde
Chatillon ; ces deux freres
font les seuls mâles restans
de cette grande &tres-illustre
Maison, par ce que Mr
le Marquis de Chatillon n'a
que deux filles de son Mariage
avec Marie Rosalie
deBrouilly dePiennes, soeur
cadette d'Olimpe de Piennes,
Duchesse d'Aumont.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate deux mariages. Le Prince Frédéric Guillaume, Duc de Curlande, épousa le 13 novembre 1710 la Princesse Anne, fille du défunt Jean, Grand Duc de Moscovie. Le Comte de Chatillon, fils de Claude Éléazar Duc de Chatillon, épousa Mademoiselle Voisin, fille de Monsieur Voisin, Secrétaire d'État.
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4135
p. 567-569
COUPLETS.
Début :
Ce n'est point à la Trompette, [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS.
COUPLETS.
CE n'eft point à la
Trompette
A chanter notre Dauphin ,
C'eſt à vous , tendre Muſette ;
Chantez fon heureux deftin.
Sorti du plus beau Sang du Monde ,
Il nous promet un Héros ;
Né dans la paix la plus profonde ,
Il nous annonce le
repos.
Refrein.
Chantez , chantez , tendre Mufette
Notre bonheur & fon deftin.
Qu'après vous , l'écho répete ;
Vive , vive notre Dauphin.
柒
Dans les jours de fa colere ;
Le Ciel nous avoit punis ;
568 MERCURE DE FRANCE,
Sa main jufte , mais fevere ,
Avoit moiffonné nos Lys .
Par un retour de la clémence ,
Le Ciel à feché nos pleurs ;
Donner un Dauphin à la France ,
C'eft réparer tous nos malheurs.
Chantez , chantez , &c .
2
Tout Peuple , à l'envi , celebre
Le fort du Dauphin nouveau
Par divers prodiges l'Ebre
Vient éclairer fon Berceau.
Sur cet Enfant le Tibre arrête
Ses plus amoureux regards ,
Et pour lui fe met plus en fête ,
Qu'à la naiffance des Cefars ,
Chantez , chantez , &c.
Venez , aimable Jeuneſſe ,
Témoigez-lui votre amour ;
Notre âge nous intereffe
A lui faire notre cour.
Tous doivent chanter fa Naiffance
Le Dauphin eft né pour tous.
Moins éloignez de fon Enfance ,
Il eft encor plus né pour nous.
Chantez , chantez , &c.
Dans
MARS. 1730. 559
*
Dans ce jour qui nous rappelle
La Naiffance de Louis ,
Faifons voir un même zele ,
Pour le Pere & pour le Fils.
L'un fans prendre en main fon Tonnerre ;
A furpaffé les Vainqueurs ;
L'autre fans regner fur la Terre ,
Regne en naiffant fur tous les coeurs.
Chantez , chantez, tendre Muſette ,
Notre bonheur & leur deftin ;
Qu'après vous l'Echo repete ,
Vive Louis & fon Dauphin.
>
* Cette petite Fête Paſtorale ſe donna le 【e.
Février , jour de la Naiſſance du Roi. Réciterent
les Idles , André de Creil , Louis de Maupeou
de Bruyeres , Eugene Blondel d'Aubert
Vincent Maynon. Chants. Chantala Mufette ,
Louis Marie de la Salle . Accompagnérent avec
des Inftrumens de Mufique , Gabriël de Trellon,
Michel Larcher , Pierre Couet.
CE n'eft point à la
Trompette
A chanter notre Dauphin ,
C'eſt à vous , tendre Muſette ;
Chantez fon heureux deftin.
Sorti du plus beau Sang du Monde ,
Il nous promet un Héros ;
Né dans la paix la plus profonde ,
Il nous annonce le
repos.
Refrein.
Chantez , chantez , tendre Mufette
Notre bonheur & fon deftin.
Qu'après vous , l'écho répete ;
Vive , vive notre Dauphin.
柒
Dans les jours de fa colere ;
Le Ciel nous avoit punis ;
568 MERCURE DE FRANCE,
Sa main jufte , mais fevere ,
Avoit moiffonné nos Lys .
Par un retour de la clémence ,
Le Ciel à feché nos pleurs ;
Donner un Dauphin à la France ,
C'eft réparer tous nos malheurs.
Chantez , chantez , &c .
2
Tout Peuple , à l'envi , celebre
Le fort du Dauphin nouveau
Par divers prodiges l'Ebre
Vient éclairer fon Berceau.
Sur cet Enfant le Tibre arrête
Ses plus amoureux regards ,
Et pour lui fe met plus en fête ,
Qu'à la naiffance des Cefars ,
Chantez , chantez , &c.
Venez , aimable Jeuneſſe ,
Témoigez-lui votre amour ;
Notre âge nous intereffe
A lui faire notre cour.
Tous doivent chanter fa Naiffance
Le Dauphin eft né pour tous.
Moins éloignez de fon Enfance ,
Il eft encor plus né pour nous.
Chantez , chantez , &c.
Dans
MARS. 1730. 559
*
Dans ce jour qui nous rappelle
La Naiffance de Louis ,
Faifons voir un même zele ,
Pour le Pere & pour le Fils.
L'un fans prendre en main fon Tonnerre ;
A furpaffé les Vainqueurs ;
L'autre fans regner fur la Terre ,
Regne en naiffant fur tous les coeurs.
Chantez , chantez, tendre Muſette ,
Notre bonheur & leur deftin ;
Qu'après vous l'Echo repete ,
Vive Louis & fon Dauphin.
>
* Cette petite Fête Paſtorale ſe donna le 【e.
Février , jour de la Naiſſance du Roi. Réciterent
les Idles , André de Creil , Louis de Maupeou
de Bruyeres , Eugene Blondel d'Aubert
Vincent Maynon. Chants. Chantala Mufette ,
Louis Marie de la Salle . Accompagnérent avec
des Inftrumens de Mufique , Gabriël de Trellon,
Michel Larcher , Pierre Couet.
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Résumé : COUPLETS.
Le poème célèbre la naissance du Dauphin, fils du roi de France, en invitant la musette à chanter son bonheur et son destin heureux. Le Dauphin, issu du 'plus beau Sang du Monde', est annoncé comme un héros prometteur de paix. Le refrain répète l'invitation à chanter ces thèmes. La France, autrefois punie par le Ciel, voit ses malheurs réparés par cette naissance. Divers prodiges et fleuves, comme l'Èbre et le Tibre, célèbrent cet événement. La jeunesse est encouragée à témoigner son amour au Dauphin, né pour tous et particulièrement pour les jeunes. Le poème conclut par une célébration conjointe du roi Louis et de son fils, soulignant que le roi a surpassé les vainqueurs sans prendre en main son tonnerre, et que le Dauphin règne déjà sur les cœurs à sa naissance. La fête pastorale a eu lieu en février, jour de la naissance du roi, et a été récitée par plusieurs personnes, accompagnée de chants et d'instruments de musique.
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4136
p. 141-143
A MADAME DES HOULIERES, Sur sa derniere Ballade. On n'aime plus comme on aimoit jadis.
Début :
Les Vers qui suivent vous paroistront galamment tournez / J'en demeure d'accord, charmante DES-HOULIERES; [...]
Mots clefs :
Jadis, Aimer
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME DES HOULIERES, Sur sa derniere Ballade. On n'aime plus comme on aimoit jadis.
Les Vers qui fuivent vous
paroiftront galamment tournez; ils font de M'de Lofme.
142 MERCURE
A MADAME
DES HOULIERES,
I
Surfa derniere Ballade.
On n'aime plus comme on
aimoit jadis.
'En demeure d'accord, charmante
DES-HOVLIERES;
Maisfi chaque Beauté poẞédoit vos
Lumieres ,
On reverroit bien-toft le fiécle d'Amadis.
Lebongouft , la délicateffe,
Lefçavoir, &la politeffe,
Régnentpartout dans vos Ecrits.
Quelcœurneferoitpoint épris,
Voyantavecquellefineffe
Vousfçavezparlerde tendreffe ?
Rienn'égale vos tendres dits.
Sicomme vous toutes les Femmes
GALANT.
143
Avoient l'art detoucher les ames ,
Onaimeroitbien-toft comme onaimois
jadis.
paroiftront galamment tournez; ils font de M'de Lofme.
142 MERCURE
A MADAME
DES HOULIERES,
I
Surfa derniere Ballade.
On n'aime plus comme on
aimoit jadis.
'En demeure d'accord, charmante
DES-HOVLIERES;
Maisfi chaque Beauté poẞédoit vos
Lumieres ,
On reverroit bien-toft le fiécle d'Amadis.
Lebongouft , la délicateffe,
Lefçavoir, &la politeffe,
Régnentpartout dans vos Ecrits.
Quelcœurneferoitpoint épris,
Voyantavecquellefineffe
Vousfçavezparlerde tendreffe ?
Rienn'égale vos tendres dits.
Sicomme vous toutes les Femmes
GALANT.
143
Avoient l'art detoucher les ames ,
Onaimeroitbien-toft comme onaimois
jadis.
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Résumé : A MADAME DES HOULIERES, Sur sa derniere Ballade. On n'aime plus comme on aimoit jadis.
Le texte est une dédicace poétique à Madame des Houlières. L'auteur déplore la perte des valeurs de l'amour passé et suggère que ses lumières pourraient restaurer une époque idéalisée de chevalerie. Il loue ses écrits pour leur bon goût, délicatesse, science et politesse. Il admire sa manière de parler de la tendresse et conclut que son art pourrait raviver l'amour ancien.
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4137
p. 141-144
DEUXIÈME LETTRE d'une jeune Etrangére,sur les Modes actuelles des Françoifes.
Début :
Je suis fort aise, ma chère Miss, d'avoir réussi à t'amuser, & fort glorieuse [...]
Mots clefs :
Minois, Coiffure, Huppe, Négligé
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texteReconnaissance textuelle : DEUXIÈME LETTRE d'une jeune Etrangére,sur les Modes actuelles des Françoifes.
'DEUXIÈME LETTRE d'une jeune
Etrangére ,fur les Modes actuelles des
Françoifes . ( * )
JEE Je fuis
d'avoir réuffi à t'amufer , & fort glorieufe
que les François , qui voyagent
dans notre Patrie , t'ayent confirmé ce
que tu aurois pris fans cela pour un
Conte de mon imagination . Quelquesuns
de ces Meffieurs , plus délicats &
plus raifonnables que la Cohie de leurs
Compatriotes , s'étoient confiés à moi
fur le regret qu'ils avoient de ne plus
trouver autant de jolies Françoiſes ,
qu'ils en avoient vues autrefois. Je
leur fis faire attention aux énormes Hup.
pes dont je t'ai entretenue , dans ma
fort aife , ma chère Miſs ,
(*)Voyez la première Lettre , dans le fecond ,
Volume de Janvier.
142 MERCURE DE FRANCE.
précédente ; is convinrent que cette
caufe leur avoit fait perdre une infinité
de jolis minois. Cependant les Françoifes
m'y paroiffent fi attachées que ,
pour finir fur l'article de leur coëffure ,
tu fçauras qu'elles en ont imaginé une
dans le négligé , qui leur enveloppe
toute la tête , avec deux grands volets
en avant , pour laiffer à découvert le
fommet de ces têtes , afin de faire fortir
toujours la Huppe du toupet. J'ai de
la peine à te donner bien jufte l'idée de
ce Bonnet : tu n'en connoîtras jamais
tout le ridicule , à moins que je ne t'en
faffe paffer un de ce pays ; tu pourras
l'éffayer fur ta petite épagneule , quand
les vapeurs noires te tourmenteront
trop fort. En attendant , imagines- toi
deux grands ailerons de chaque côté
d'un vifage , qui excédent de ſept ou
huit grands pouces la phyfionomie &
de deux ou trois les plus grands nez de
France. Ces ailerons ne paroiffent tenir
à rien par le haut ; car , comme je te
l'ai déja dit , il faut que la Huppe ait fa
faillie franche : mais ils font attachés par
derrière à une ample bourfe de linge
qui enveloppe le volumineux amas
de cheveux dont les Françoifes font àpréfent
leur plus chère parure. On met
FEVRIER, 1763. 143
par là-deffus une efpèce de couronne
en rubans bouillonnés , qui paroît nouée
avec une rofette des mêmes rubans vers
l'extrémité postérieure du crâne ; je fuis
bien trompée fi tout cela ne s'appelle
pas fort ingénieufement un Cabriolet :
je n'ofe cependant t'en affurer , car
leurs ouvrières & marchandes de brillans
Chiffons , la plupart du temps fans
goût comme fans raifonnement , ont
la fuprême légiflation fur cette partie ,
& chaque femaine changent les noms
de ces bagatelles , pour obliger celles
qui les portent à en faire faire de nouvelles.
Cabriolet ou non , l'image , telle
que je viens de te la décrire , d'un vifage
qu'on donne à deviner dans cet enfoncement,
à-peu-près dans la proportion des
papillons que nous avons dans nos cabinets
, dont le corps eft fi petit pour
l'étendue de leurs aîles ; une tête oblongue
& applatie à l'inftar de quelques
Peuples fauvages ; voilà une Françoife
dans fon négligé coquet. Je te parlerai
une autre fois de l'habillement qui conftitue
ce même négligé. Il s'en faut bien
qu'il m'ait paru avoir les mêmes ridicules.
Je n'en fuis pas furprife , car il y
auroit en cela quelqu'ordre & quelque
conféquence ; dès-lors les Françoifes
144 MERCURE DE FRANCE.
feroient étrangères dans leur propre
Patrie. Donne-toi un peu de patience ;
quand je t'aurai fait paffer en revue
les femmes de ce Pays , nous examinerons
un peu les hommes , furtout ceux
qu'on appelle les Agréables : car le
nom de Petit-Maître commence à être
furanné , je t'en avertis , ce n'eſt plus
le mot , que pour les Ecrivains qui étudient
le monde dans leur petite chambre
obfcure , & qui le peignent d'après
les cercles bourgeois où ils ont
accès. Je t'embraffe de tout mon coeur
& c.
Etrangére ,fur les Modes actuelles des
Françoifes . ( * )
JEE Je fuis
d'avoir réuffi à t'amufer , & fort glorieufe
que les François , qui voyagent
dans notre Patrie , t'ayent confirmé ce
que tu aurois pris fans cela pour un
Conte de mon imagination . Quelquesuns
de ces Meffieurs , plus délicats &
plus raifonnables que la Cohie de leurs
Compatriotes , s'étoient confiés à moi
fur le regret qu'ils avoient de ne plus
trouver autant de jolies Françoiſes ,
qu'ils en avoient vues autrefois. Je
leur fis faire attention aux énormes Hup.
pes dont je t'ai entretenue , dans ma
fort aife , ma chère Miſs ,
(*)Voyez la première Lettre , dans le fecond ,
Volume de Janvier.
142 MERCURE DE FRANCE.
précédente ; is convinrent que cette
caufe leur avoit fait perdre une infinité
de jolis minois. Cependant les Françoifes
m'y paroiffent fi attachées que ,
pour finir fur l'article de leur coëffure ,
tu fçauras qu'elles en ont imaginé une
dans le négligé , qui leur enveloppe
toute la tête , avec deux grands volets
en avant , pour laiffer à découvert le
fommet de ces têtes , afin de faire fortir
toujours la Huppe du toupet. J'ai de
la peine à te donner bien jufte l'idée de
ce Bonnet : tu n'en connoîtras jamais
tout le ridicule , à moins que je ne t'en
faffe paffer un de ce pays ; tu pourras
l'éffayer fur ta petite épagneule , quand
les vapeurs noires te tourmenteront
trop fort. En attendant , imagines- toi
deux grands ailerons de chaque côté
d'un vifage , qui excédent de ſept ou
huit grands pouces la phyfionomie &
de deux ou trois les plus grands nez de
France. Ces ailerons ne paroiffent tenir
à rien par le haut ; car , comme je te
l'ai déja dit , il faut que la Huppe ait fa
faillie franche : mais ils font attachés par
derrière à une ample bourfe de linge
qui enveloppe le volumineux amas
de cheveux dont les Françoifes font àpréfent
leur plus chère parure. On met
FEVRIER, 1763. 143
par là-deffus une efpèce de couronne
en rubans bouillonnés , qui paroît nouée
avec une rofette des mêmes rubans vers
l'extrémité postérieure du crâne ; je fuis
bien trompée fi tout cela ne s'appelle
pas fort ingénieufement un Cabriolet :
je n'ofe cependant t'en affurer , car
leurs ouvrières & marchandes de brillans
Chiffons , la plupart du temps fans
goût comme fans raifonnement , ont
la fuprême légiflation fur cette partie ,
& chaque femaine changent les noms
de ces bagatelles , pour obliger celles
qui les portent à en faire faire de nouvelles.
Cabriolet ou non , l'image , telle
que je viens de te la décrire , d'un vifage
qu'on donne à deviner dans cet enfoncement,
à-peu-près dans la proportion des
papillons que nous avons dans nos cabinets
, dont le corps eft fi petit pour
l'étendue de leurs aîles ; une tête oblongue
& applatie à l'inftar de quelques
Peuples fauvages ; voilà une Françoife
dans fon négligé coquet. Je te parlerai
une autre fois de l'habillement qui conftitue
ce même négligé. Il s'en faut bien
qu'il m'ait paru avoir les mêmes ridicules.
Je n'en fuis pas furprife , car il y
auroit en cela quelqu'ordre & quelque
conféquence ; dès-lors les Françoifes
144 MERCURE DE FRANCE.
feroient étrangères dans leur propre
Patrie. Donne-toi un peu de patience ;
quand je t'aurai fait paffer en revue
les femmes de ce Pays , nous examinerons
un peu les hommes , furtout ceux
qu'on appelle les Agréables : car le
nom de Petit-Maître commence à être
furanné , je t'en avertis , ce n'eſt plus
le mot , que pour les Ecrivains qui étudient
le monde dans leur petite chambre
obfcure , & qui le peignent d'après
les cercles bourgeois où ils ont
accès. Je t'embraffe de tout mon coeur
& c.
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Résumé : DEUXIÈME LETTRE d'une jeune Etrangére,sur les Modes actuelles des Françoifes.
La deuxième lettre d'une jeune étrangère discute des modes actuelles des Françaises. L'auteure se réjouit que des Français ayant visité sa patrie aient validé ses observations sur les tendances françaises. Certains Français déplorent la diminution du nombre de jolies femmes, attribuant cela à la popularité des énormes coiffures appelées 'Huppe'. Malgré cela, les Françaises restent fidèles à ces coiffures et ont inventé une version négligée, le 'Cabriolet', qui couvre toute la tête sauf le sommet. Cette coiffure est décrite comme ridicule, avec de grands volets de chaque côté du visage, comparée à des papillons et à des têtes oblongues et aplaties. L'auteure prévoit de parler de l'habillement constituant ce négligé dans une prochaine lettre et d'examiner ensuite les hommes, notamment ceux appelés les 'Agréables', le terme 'Petit-Maître' étant désormais dépassé.
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4138
p. 141-144
A Monseigneur le Dauphin.
Début :
MONSEIGNEUR, La Province de Languedoc vient par de respectueux hommages [...]
Mots clefs :
Dauphin, Languedoc, Province de Languedoc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Monseigneur le Dauphin.
AMonseigneur le Dauphin.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
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Résumé : A Monseigneur le Dauphin.
La lettre adressée au Dauphin par la Province de Languedoc exprime la loyauté et l'admiration des auteurs. Ils se réjouissent de servir le Dauphin et voient en lui les vertus de son père. Ils louent également la personne chargée de son éducation pour son succès dans l'inculcation des nobles vertus. Les auteurs espèrent que le Dauphin, en étant proche de son bisaïeul le roi, apprendra l'art de régner et contribuera à la gouvernance du royaume. Ils attribuent la récente paix à la miséricorde divine et prient pour que Dieu préserve le Dauphin pour le bien du roi et du royaume. Leur plus grande espérance est de voir le Dauphin devenir un grand roi, soutien et gloire de son bisaïeul.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4139
p. 130-133
RONDEAU redoublé, & decisif, sur le sujet des Anciens & des Modernes.
Début :
Qu'un tournebroche ait sceu nous étonner [...]
Mots clefs :
Lumière, Anciens et Modernes, Auteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU redoublé, & decisif, sur le sujet des Anciens & des Modernes.
RONDE AU
redoublé, & decisif, sur le
su jet des Anciens& des Modernes. ;
Q£tun tournebroche aitfît#
nous étonner
QuandsonAuteur luy donna la
lumiere;
lele crois btsn sans trop l'exd^-
miner,
Sur toutjadis qu'on n'exominoit
guere.
Mais dés qu'on vitl'horloge
menagere
Regler le temps é l'heure du
disner
,
Onfut surpris defus nostre bemisphere
Qu'untournebroche aitsceu nous
étonner.
De même AUiF
, si propre à
suborner,
Vartd*Anflote autrefois fccut
nous plaire,
, Sans rien comprendre on l'admiroitproôner.
Quandfin Auteur luj donna la
lumiere.
Lloinegtenmst,"pprréosDsepfelarrtees,
Etparraisonsfçacbanrse cramponner
, Fait voir que n'est l'autre qu'un
pauvre here,
Je le crois bien sans trop l'examiner.
'," Si les derniers sçavent tout
aetrorJer.
Ces faits pofe%
, que conclure
d'Homere,
Qu'à l'admirer on a pû j'obftintr
Sur toutjadis qu'on nexammoit
guere.
cMlaaisdierpoeser comme vérité
Que sur ces Vers on n'ait fce» rafiner.,
Que rien de mieux ne se peut i"
I"{.',' maisfaire
A dire vray cejl plus mal raisonner
Qu'untournebroche.
Par l'Auteur desînteresse
des bords de la Marne.
redoublé, & decisif, sur le
su jet des Anciens& des Modernes. ;
Q£tun tournebroche aitfît#
nous étonner
QuandsonAuteur luy donna la
lumiere;
lele crois btsn sans trop l'exd^-
miner,
Sur toutjadis qu'on n'exominoit
guere.
Mais dés qu'on vitl'horloge
menagere
Regler le temps é l'heure du
disner
,
Onfut surpris defus nostre bemisphere
Qu'untournebroche aitsceu nous
étonner.
De même AUiF
, si propre à
suborner,
Vartd*Anflote autrefois fccut
nous plaire,
, Sans rien comprendre on l'admiroitproôner.
Quandfin Auteur luj donna la
lumiere.
Lloinegtenmst,"pprréosDsepfelarrtees,
Etparraisonsfçacbanrse cramponner
, Fait voir que n'est l'autre qu'un
pauvre here,
Je le crois bien sans trop l'examiner.
'," Si les derniers sçavent tout
aetrorJer.
Ces faits pofe%
, que conclure
d'Homere,
Qu'à l'admirer on a pû j'obftintr
Sur toutjadis qu'on nexammoit
guere.
cMlaaisdierpoeser comme vérité
Que sur ces Vers on n'ait fce» rafiner.,
Que rien de mieux ne se peut i"
I"{.',' maisfaire
A dire vray cejl plus mal raisonner
Qu'untournebroche.
Par l'Auteur desînteresse
des bords de la Marne.
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4140
p. 86-90
MARINE.
Début :
Du Havre le 8. Avril. Le Vaisseau du Roy le [...]
Mots clefs :
Le Havre, Dunkerque, La Rochelle, Morlaix, Brest, Cherbourg
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texteReconnaissance textuelle : MARINE.
JQMrArR<INE. ^]>
? DuHavreleS. Avril.
-- tmw&
Le Vaisseau du Roy se
* Sephirea. prisun Vaisseau
Angiois chargé de Sucre
du Bresil, & decent cinquante
pieces de Vin de
MJderc. J&nïi &V
'"Mic~.
DeDunquerque le13.Avril
i^uon
La Renommée a pris
un Bastiment Hotiandors
chargé de Moruë
,
& la
Marie-Charlotte en a pris
unHambourgeoischargré
de Cuivre,d'Acier, d'Amidon
,& de plusieurs
autreseffets, letoutesti-
..me cent mille livres.
De la Rochelle le 16. Avril.
,t
-
La Corvette du Roy
laRenée tJ , commandée
parMr Foüilleuse,a pris à
l'abordage le Marlborough,
Corsaire de Grenezey
Le Capitaine & le
Lieutenant ont esté bieslez
à mort ,
& plusieurs
autresont eslé tuez, i&;
blessez.
DeMorlaix le 17. Avril.
MrChauvel de Jonval
a pris un Navire Anglois
de ii. canons,chargé de
plomb, d'Estain
,
de Harengs
,
de Sardines, &
d'autresMarchandises.
«
De Brestle 29. Avril.
Le Vaisseaula Couronne
de S. Malo, de huit canons,
a pris un Corsaire -de
de Grenefey
,
de dix canons,
& de 72. hommes
d'équipage.
De Cherbourg le 29.Avril.
Mr Fontaine a amene
unNavire chargé d'Orge,
qu'il a pris à la coste d'Angleterre
où l'équipage
s'est fauyé*•
De Brestle 30 -
Le Ltiz-,lnçay- a pris un
Vaisseau Anglois forti de
Cork,chargé de Froment
& d'Orge pour Lisbonne.
Mr du Tertre Daniel a
pris un Paquebot Anglois
allant à la Jamaïque.
MrChauvel de Dunval
a pris deux Bastiments
Hollandois chargez de
Pois; & un Armateur de
Dunquerque a amené un
NyavirieAnnglo
? DuHavreleS. Avril.
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Le Vaisseau du Roy se
* Sephirea. prisun Vaisseau
Angiois chargé de Sucre
du Bresil, & decent cinquante
pieces de Vin de
MJderc. J&nïi &V
'"Mic~.
DeDunquerque le13.Avril
i^uon
La Renommée a pris
un Bastiment Hotiandors
chargé de Moruë
,
& la
Marie-Charlotte en a pris
unHambourgeoischargré
de Cuivre,d'Acier, d'Amidon
,& de plusieurs
autreseffets, letoutesti-
..me cent mille livres.
De la Rochelle le 16. Avril.
,t
-
La Corvette du Roy
laRenée tJ , commandée
parMr Foüilleuse,a pris à
l'abordage le Marlborough,
Corsaire de Grenezey
Le Capitaine & le
Lieutenant ont esté bieslez
à mort ,
& plusieurs
autresont eslé tuez, i&;
blessez.
DeMorlaix le 17. Avril.
MrChauvel de Jonval
a pris un Navire Anglois
de ii. canons,chargé de
plomb, d'Estain
,
de Harengs
,
de Sardines, &
d'autresMarchandises.
«
De Brestle 29. Avril.
Le Vaisseaula Couronne
de S. Malo, de huit canons,
a pris un Corsaire -de
de Grenefey
,
de dix canons,
& de 72. hommes
d'équipage.
De Cherbourg le 29.Avril.
Mr Fontaine a amene
unNavire chargé d'Orge,
qu'il a pris à la coste d'Angleterre
où l'équipage
s'est fauyé*•
De Brestle 30 -
Le Ltiz-,lnçay- a pris un
Vaisseau Anglois forti de
Cork,chargé de Froment
& d'Orge pour Lisbonne.
Mr du Tertre Daniel a
pris un Paquebot Anglois
allant à la Jamaïque.
MrChauvel de Dunval
a pris deux Bastiments
Hollandois chargez de
Pois; & un Armateur de
Dunquerque a amené un
NyavirieAnnglo
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Résumé : MARINE.
En avril, plusieurs prises de navires ont été réalisées par des vaisseaux français. Le 13 avril, la Renommée a capturé un navire hollandais chargé de morue, et la Marie-Charlotte a pris un navire hambourgeois transportant du cuivre, de l'acier, de l'amidon et d'autres marchandises, évaluées à environ cent mille livres. Le 16 avril, la corvette royale la Renée a pris à l'abordage le Marlborough, un corsaire de Grenesey, tuant le capitaine, le lieutenant et plusieurs membres d'équipage. Le 17 avril, M. Chauvel de Jonval a capturé un navire anglais de onze canons chargé de plomb, d'étain, de harengs, de sardines et d'autres marchandises. Le 29 avril, le vaisseau la Couronne de Saint-Malo a pris un corsaire de Grenesey de dix canons et 72 hommes d'équipage. À Cherbourg, M. Fontaine a amené un navire chargé d'orge pris au large des côtes anglaises. Le 30 avril, M. du Tertre Daniel a capturé un paquebot anglais se rendant en Jamaïque, et M. Chauvel de Dunval a pris deux navires hollandais chargés de pois. De plus, un armateur de Dunkerque a amené un navire anglais.
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4141
p. 2465-2467
« On voit depuis peu dans l'Eglise des Minimes de la Place Royale un fort beau Tableau de 12. [...] »
Début :
On voit depuis peu dans l'Eglise des Minimes de la Place Royale un fort beau Tableau de 12. [...]
Mots clefs :
Tableau, Académie royale de peinture, Peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On voit depuis peu dans l'Eglise des Minimes de la Place Royale un fort beau Tableau de 12. [...] »
On voit depuis peu dans l'Eglife des Minimes
de la Place Royale un fort beau Tableau de 12 .
piés de large fur 8. de hauteur , fait par le fieur
I. Dumont , de l'Académie Royale de Peinture
& Sculpture , qui y a traité en figures grandes.
comme le naturel un fujet fort connu dans notre
Hiftoire c'eft S. François de Paule conduit
par le Dauphin à Louis XI, fon pere , lequel reçoit
l'Homme de Dieu au milieu de fa Cour ,
lui demande fa benediction , à quoi le faint Re
ligieux femble répondre qu'on ne doit la deman
der qu'à Dieu. Les Connoiffeurs paroiffent faisfaits
de la compofition , du deffein & du colo-
&
ris
2466 MERCURE DE FRANCE
ris de cet Ouvrage , qu'on trouve dans le gout
de l'Ecole Venitienne.
On a reçu depuis peu à l'Académie Royale de
Peinture & Sculpture les feurs Parrocel, & N Na
toire , deux excellens Sujets Le premier eft neveus
de Jofeph Parrocel , Peintre celebre de la mêmes
Académie , qui a fait quantité d'Ouvrages trèscftimez
dans le gout du Bourguignon , fameux›
Peintre Jefuite , de Salvator Rofe , &c. fils de
Louis Parrocel , très bon Peintre , frere aîné de
Jofeph , qui s'établit à Avignon , & petit- fils de
Barthelemi Parrocel , natif de Montbriffon en Fo
rès , d'une très honnête famille , qui le premier
de fon nom profeffa la Peinture & vint s'établir a
Brignoles en Provence. Le nouvel Académicien eft
coufin germain du fieur Charles Parrocel , fils der
Jofeph , qui peint des Batailles dans le gout de
fon pere , Peintre du Roi & de l'Academic Roya
le , connu par beaucoup de très - bons Ou
vrages , mais particuliérement par un fameux
Tableau repréfentant l'Audience que Mehemeti
Effendi, Ambaffadeur du Grand- Seigneur, cut du
Roi , au Palais des Tuilleries en 1721 .
Le fieur P.Parrocel avoit un frere aîné ommé
Jacques Ignace , mort dans les Pays Etrangers ,
dont les Tableaux de Batailles font fort connus
en Italie , lequel a laiffé un fils nommé Etienne ,
qui eft fort bon Peintre à Rome. Celui cy eft neveu
& Eleve du nouvel Académicien , à qui l'Académie
a fait l'honneur qu'elle fit il y a quelques
années au Signor Ricci,& à la Signora Rofalba,en
le laiffant le maître du ſujet du Tableau qu'il doit
faire pour l'Académie. Il eft depuis longtemps :
établi à Avignon , où il jouit de la réputation
qu'il s'y eft acquife , après avoir fait divers voya
ges en Itaile.
Le fieur Natoire , eft un jeune homme qui a
beaucoup de talens , qui donne de grandes eſperan
ces , & qui dès à prefent produit des Ouvrages
qui le font beaucoup eftimer . Il a fait un affez
long séjour à Rome , & a eu la gloire d'y remporter,
il y a trois ans ,le Prix de la Peinture, au
jugement de l'Académie de S. Luc . Il cft Eleve de
M. le Moine , un des meilleurs Peintres de l'Aca
démie.
de la Place Royale un fort beau Tableau de 12 .
piés de large fur 8. de hauteur , fait par le fieur
I. Dumont , de l'Académie Royale de Peinture
& Sculpture , qui y a traité en figures grandes.
comme le naturel un fujet fort connu dans notre
Hiftoire c'eft S. François de Paule conduit
par le Dauphin à Louis XI, fon pere , lequel reçoit
l'Homme de Dieu au milieu de fa Cour ,
lui demande fa benediction , à quoi le faint Re
ligieux femble répondre qu'on ne doit la deman
der qu'à Dieu. Les Connoiffeurs paroiffent faisfaits
de la compofition , du deffein & du colo-
&
ris
2466 MERCURE DE FRANCE
ris de cet Ouvrage , qu'on trouve dans le gout
de l'Ecole Venitienne.
On a reçu depuis peu à l'Académie Royale de
Peinture & Sculpture les feurs Parrocel, & N Na
toire , deux excellens Sujets Le premier eft neveus
de Jofeph Parrocel , Peintre celebre de la mêmes
Académie , qui a fait quantité d'Ouvrages trèscftimez
dans le gout du Bourguignon , fameux›
Peintre Jefuite , de Salvator Rofe , &c. fils de
Louis Parrocel , très bon Peintre , frere aîné de
Jofeph , qui s'établit à Avignon , & petit- fils de
Barthelemi Parrocel , natif de Montbriffon en Fo
rès , d'une très honnête famille , qui le premier
de fon nom profeffa la Peinture & vint s'établir a
Brignoles en Provence. Le nouvel Académicien eft
coufin germain du fieur Charles Parrocel , fils der
Jofeph , qui peint des Batailles dans le gout de
fon pere , Peintre du Roi & de l'Academic Roya
le , connu par beaucoup de très - bons Ou
vrages , mais particuliérement par un fameux
Tableau repréfentant l'Audience que Mehemeti
Effendi, Ambaffadeur du Grand- Seigneur, cut du
Roi , au Palais des Tuilleries en 1721 .
Le fieur P.Parrocel avoit un frere aîné ommé
Jacques Ignace , mort dans les Pays Etrangers ,
dont les Tableaux de Batailles font fort connus
en Italie , lequel a laiffé un fils nommé Etienne ,
qui eft fort bon Peintre à Rome. Celui cy eft neveu
& Eleve du nouvel Académicien , à qui l'Académie
a fait l'honneur qu'elle fit il y a quelques
années au Signor Ricci,& à la Signora Rofalba,en
le laiffant le maître du ſujet du Tableau qu'il doit
faire pour l'Académie. Il eft depuis longtemps :
établi à Avignon , où il jouit de la réputation
qu'il s'y eft acquife , après avoir fait divers voya
ges en Itaile.
Le fieur Natoire , eft un jeune homme qui a
beaucoup de talens , qui donne de grandes eſperan
ces , & qui dès à prefent produit des Ouvrages
qui le font beaucoup eftimer . Il a fait un affez
long séjour à Rome , & a eu la gloire d'y remporter,
il y a trois ans ,le Prix de la Peinture, au
jugement de l'Académie de S. Luc . Il cft Eleve de
M. le Moine , un des meilleurs Peintres de l'Aca
démie.
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Résumé : « On voit depuis peu dans l'Eglise des Minimes de la Place Royale un fort beau Tableau de 12. [...] »
Le texte met en lumière plusieurs œuvres et artistes notables dans le domaine de la peinture. Un tableau de Jean Dumont, membre de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture, est exposé dans l'église des Minimes de la Place Royale. Cette œuvre, mesurant 12 pieds de large sur 8 de hauteur, représente Saint François de Paule conduit par le Dauphin à Louis XI. Les connaisseurs apprécient la composition, le dessin et les couleurs de ce tableau, qui s'inscrit dans le goût de l'École Vénitienne. L'Académie Royale de Peinture et Sculpture a récemment accueilli deux nouveaux membres : Parrocel et Natoire. Joseph Parrocel, père du nouvel académicien, est un peintre célèbre connu pour ses œuvres dans le style de Salvator Rosa. La famille Parrocel compte plusieurs artistes renommés, dont Louis Parrocel, établi à Avignon, et Barthélemi Parrocel, originaire de Montbrison en Forez. Le nouvel académicien est le cousin germain de Charles Parrocel, peintre de batailles et auteur d'un tableau représentant l'audience de Mehmet Effendi au Palais des Tuileries en 1721. Jacques Ignace Parrocel, frère aîné de Pierre Parrocel, est connu pour ses tableaux de batailles en Italie. Son fils, Étienne Parrocel, est un peintre reconnu à Rome et neveu du nouvel académicien. L'Académie a honoré Pierre Parrocel en lui laissant le choix du sujet de son tableau académique, comme elle l'avait fait pour Ricci et Rosalba. Natoire, un jeune peintre talentueux, a passé plusieurs années à Rome où il a remporté le Prix de la Peinture de l'Académie de Saint-Luc. Élève de M. le Moine, il est déjà très estimé pour ses œuvres.
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4142
p. 116-120
Nouvelle Experience sur le Vitriol.
Début :
J'ay bien affaire du Vitriol, dira cely qui n'aime [...]
Mots clefs :
Vitriol, Vitriol blanc, Physicien, Fermentation, Expérience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Experience sur le Vitriol.
Nouvelle Expériencesur
le Vitriol.
J'ay bien affaire du Vitriol.
dira ccluy qui n'aime
que les ouvrages Galants
? J'ay bien affaire de
Galanterie, dira ce vieux
Physicien ?
Moy je dis que j'ay ai:
faire de tout, parce que
je travaille pour tout le
monde. Cecy ferasi vous
voulez pour le Physicien
seul; c'est à luy qu'il faut
demander si cette Expérience
méritéd'être don.
née au Public. Il vous dira
avec raison que les
moindres Expériences en
Physique sont des chemins
ouverts pour arriver
aux plus importantes
découvertes;ainsi il fuffit
pour moy qu'une Expérience
soit vraye ,
&C
qu'elle soit nouvelle : je
tienscelle-ci de Mr Lemery
,
Medecin. Il est
de l' Academie Royale
des Sciences. deVitriolmêlé avec
lefer après une fermentation
mcdiocre
3
produit un Vitriol
vert fmblable au Vitriol naturels
mais quand au lieu dEsprisde
Vitriol onJeJertde l'huile
de VItriol, quieflU partie la
plusacide duVitriol, ilJefait
d'abord une petitefermentation
qui cejfc bien-tofl,quiaprès
quelques jotlrs se renouvelle
fous la forme de fusées blanches
qui s'¡/c'fIent jusques a la
jurjact du liquide3 &toute U
Truffe du fer devient une bouillie
ire.blanche, çy qui al'odeur
de soufre commun. Enfin quand
lafermentationeftcefféej lefer,
au lieu de devenirVitriol verd
comme dans l'opération précédentejdevient
tout d'un coup
Vitriol blanc; &on trouve à
sa surface une poussiere noire
dontilsemble s'être dépoüilJé,
& qui vray-semblablement
l'auroit rendu verd: carquand
on brouille ensemble le Vitriol
blanc&cette poussiere, il acquiert
une teinte de verd.
Ily a pluficurs remarquesa
fairefurceteopération^entrautres
la double fermentation
qui arrive, & dont l'une succedeà
l'autre;& en fécond lieu;)
de ce que par unefeule opération
onfait tout d'un coup du Vitriol
blanc, car onsçait que pour en
avoir, ilfaut calciner le Vitriol
'lJerd, &ensuite le drjJoudre, le
filtrer &faire évaporer la liqueur.
Nous passons ici les raifomemens
pbyfiques, & nous
nous contentons du faitqui est
remarquable.
le Vitriol.
J'ay bien affaire du Vitriol.
dira ccluy qui n'aime
que les ouvrages Galants
? J'ay bien affaire de
Galanterie, dira ce vieux
Physicien ?
Moy je dis que j'ay ai:
faire de tout, parce que
je travaille pour tout le
monde. Cecy ferasi vous
voulez pour le Physicien
seul; c'est à luy qu'il faut
demander si cette Expérience
méritéd'être don.
née au Public. Il vous dira
avec raison que les
moindres Expériences en
Physique sont des chemins
ouverts pour arriver
aux plus importantes
découvertes;ainsi il fuffit
pour moy qu'une Expérience
soit vraye ,
&C
qu'elle soit nouvelle : je
tienscelle-ci de Mr Lemery
,
Medecin. Il est
de l' Academie Royale
des Sciences. deVitriolmêlé avec
lefer après une fermentation
mcdiocre
3
produit un Vitriol
vert fmblable au Vitriol naturels
mais quand au lieu dEsprisde
Vitriol onJeJertde l'huile
de VItriol, quieflU partie la
plusacide duVitriol, ilJefait
d'abord une petitefermentation
qui cejfc bien-tofl,quiaprès
quelques jotlrs se renouvelle
fous la forme de fusées blanches
qui s'¡/c'fIent jusques a la
jurjact du liquide3 &toute U
Truffe du fer devient une bouillie
ire.blanche, çy qui al'odeur
de soufre commun. Enfin quand
lafermentationeftcefféej lefer,
au lieu de devenirVitriol verd
comme dans l'opération précédentejdevient
tout d'un coup
Vitriol blanc; &on trouve à
sa surface une poussiere noire
dontilsemble s'être dépoüilJé,
& qui vray-semblablement
l'auroit rendu verd: carquand
on brouille ensemble le Vitriol
blanc&cette poussiere, il acquiert
une teinte de verd.
Ily a pluficurs remarquesa
fairefurceteopération^entrautres
la double fermentation
qui arrive, & dont l'une succedeà
l'autre;& en fécond lieu;)
de ce que par unefeule opération
onfait tout d'un coup du Vitriol
blanc, car onsçait que pour en
avoir, ilfaut calciner le Vitriol
'lJerd, &ensuite le drjJoudre, le
filtrer &faire évaporer la liqueur.
Nous passons ici les raifomemens
pbyfiques, & nous
nous contentons du faitqui est
remarquable.
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Résumé : Nouvelle Experience sur le Vitriol.
Le texte décrit une expérience impliquant le vitriol, un composé chimique, réalisée par Monsieur Lemery, médecin membre de l'Académie Royale des Sciences. L'expérience consiste à mélanger du vitriol avec du fer, produisant un vitriol vert similaire au vitriol naturel. En utilisant de l'huile de vitriol, la partie la plus acide, une double fermentation se produit. Initialement, une petite fermentation apparaît, suivie de fusées blanches s'élevant à la surface. Le fer se transforme en une bouillie blanche à l'odeur de soufre. Une fois la fermentation terminée, le fer devient du vitriol blanc, avec une poussière noire à la surface qui, mélangée au vitriol blanc, lui donne une teinte verte. L'auteur met en évidence la double fermentation et la transformation rapide du fer en vitriol blanc, un processus habituellement long et complexe. Le texte se concentre sur la description du phénomène observé sans entrer dans les explications physiques détaillées.
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4143
p. 123-127
« Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Début :
Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Physique nouvelle en dialogues, Marquise de Sévigné, Académie des Jeux floraux, Dictionnaire des termes de pratique, Peintre, Lettres, Pellegrini, Boucher, Louis de Boullogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Simart , Libraire , donnera dans le mois de
Mars prochain un Recueil des Lettres de Madame
la Marquire de Sevigné , en quatre Volumes in
12. Il y a à la tête un beau Portrait de cette
Illustre Auteur. On n'a rien oublié pour rendre
cette Edition parfaite , soit par rapport aux
Caracteres et au papier , soit par le soin qu'on a
pris de collationner exactement chaque Lettre
sur l'original.
Il a paru au commencement de l'Année deraiere
un nouveau Recueil des Piéces de Poësie et
d'Eloquence , présentées à l'Académie des Jeux
Floraux les Prix des Années 1729. et 1730. pour
imprimé à Toulouze , chez le Camus . On trouve
à la page 231. une Imitation en vers François
de la premiere Elégie des Tristes d'Ovide , commençant
par ce vers : Ouvrage infortuné , fruis
amer de mes larmes , &c . Mais ce qui a surpris le
plus , c'est qu'on lit dans l'Avertissement qui est
au-devant , que M. F.... Conseiller du Roy
Commissaire de la Marine au Département de
Toulon, s'est déclaré l'Auteur de cette Piéce. Il y
>
lic
224 MERCURE DE FRANCE
lieu de croire que cet Article y a été inseré sang
sa participation . Car on sçait que la même imisation
avoit déja paru dès 1727. au Tome III.
Pag. 363. de la continuation des Mémoires de
Littérature , qui s'imprime à Paris chez Simart
laquelle y avoit été donnée sous le nom de M.
Le P. B. L'Auteur de ces Mémoires l'appelle un
des plus grands et des plus sçavans Magistrats du
Royaume; et l'on a appris qu'en effet c'étoit M.
le Président Bouhier qui fut reçu la même année
à l'Académie Françoise. Dans cette nouvelle
Edition il y a quelques changemens , mais de peu
d'importance , qui n'empêchent pas qu'on ne
reconnoisse aisément que c'est la même Piéce
qu'on auroit mieux fait de laisser dans l'état où
l'Auteur l'avoit mise.
Le Pere Regnault J. qui a donné ici une nou
velle Edition de ses Entretiens Physiques , ou de
la Physique nouvelle en Dialogues , réimprimée à
Amsterdam , et traduite en Anglois à Londres ,
va donner l'origine ancienne de la Physique nouvelle.
L'Ouvrage est fait en forme d'entretiens par
Lettres ; et il s'imprime chez Jacques Clousier.
C'est un parallele de l'ancienne Physique et de la
Physique nouvelle , où l'on se propose de montrer
, sur tout , trois choses.
1. Ce que la Physique nouvelle a de la Physique
ancienne.
2. Le dégré de perfection de la Physique nouvelle
sur la Physique ancienne .
3. Comment la Physique est parvenue à ce
dégré de perfection .
Il a paru au commencement de cet année un
Rouvel Ouvrage de M. Claude-Joseph De Ferriere,
Doyca
JANVIER 1734. 125
,
Doyen des Docteurs Régens de la Faculté de
Droits de Paris . Ce Livre à pour titre : Nouvelle
Introduction à la Pratique ou Dictionnaire des
termes de Pratique , de Droit , d'Ordonnances et do
Coutumes , avec les Jurisdictions de France. Il est
en deux Volumes in quarto , et se vend à Paris ;
ehez Michel Brunet , et Claude Prudhomme , en la
grande Salle du Palais . Cet Ouvrage avoit déja
paru sous le titre d'Introduction à la Pratique ,
en deux Volumes in douze. Les réimpressions
qui en ont été faites , dans les tems qu'il n'étoit
qu'un simple projet , font assez connoître de
quelle utilité doit être celui qui paroît aujourd'hui
avec des augmentations si considérables ,
que l'Auteur a crû devoir faire ajouter à son titre
celui de Dictionnaire ; ensorte que c'est plutôt
un nouvel Ouvrage qu'une réimpression de celui
qui avoit paru jusqu'à présent.
On a réimprimé depuis peu à Londres , avec
un Apendix d'Edouard Baynard , Membre du
College des Médecins , l'Histoire des Bains froids.
tant anciens que modernes ; par le Chevalieg
Jean Floyer, 2 Vol . in 8.
Ambroise Haude , Libraire du Roy de Prusse
et de l'Académie des Sciences à Berlin, avertit les
Gens de Lettres qu'il imprime par souscription
un Ouvrage important , qui a pour titre La
Chronologie de l'Histoire Sainte et des Historiens
Profanes , qui la concernent , depuis la sortie d'Eypte
jusqu'à la Captivité de Babylone. Par Alphonse
de Vignoles , 2. Vol. 4. On distribue le
Programme dans plusieurs grandes Villes de
l'Europe, chez les principaux Libraires, et à Paris
chez Briasson , lesquels recevront les Souscrip
cione
126 MERCURE DE FRANCE
tions jusqu'à la fin d'Avril 1734. On promet que
l'Ouvrage sera achevé d'imprimer au commencement
d'Octobre de cette même année 1734. Le
prix pour le papier ordinaire sera de huit florins
de Hollande , et pour le grand papier de
onze florins.
&
Le 31. de Décembre dernier M. Pellegrini .
Peintre Venitien, fut reçu de l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , sur un Tableau
qu'il lui a envoyé. Le Sujet est allégorique: c'est
la Modestie qui présente l'Ouvrage de ce Peintre
à l'Académie , sous la figure de la Peinture , avee
le Génie de la France qui écrit le jugemeut
qu'elle en fait. M.Pellegrini avoit été agréé dès le
tems qu'il vint à Paris , où il peignit la Galerie de
la Banque.
Le même jour M. Cars de Paris , un de nos
meilleurs Graveurs , Graveur en Taille - douce
ayant presenté les Portraits de Mrs Sebastien
Bourdon Peintre , et Michel Anguier , Sculpteur,
tous deux de l'Académie, qu'il a gravez d'après
Mrs Rigaud et Revel, fut aussi reçu Académicien,
Le 30 Janvier M. Boucher , Peintre , digne
Eleve de M. le Moine , déja connu par quantité
d'Ouvrages qui font honneur à la feinture et à
ses heureux talens , fut reçu à l'Académie d'une
voix unanime sur un Tableau en large , représentant
Renaud et Armide dans les plaisirs , avec
un fond de Paysage , orné d'Architecture , les
figures sont demi nature.
Un autre excellent Sujet fut reçu le même
jour , sur les Portraits en hauteur jusqu'aux genoux
, de Mrs Galoche Peintre , et le Moine pere,
Sculpteur , c'est M. Tocquet qui a de grands talens
pour le Portrait.
JANVIER.
127 1724.
Eleve de feu M. Boul- M. Verdot , Peintre
longne Paîné , étant mort depuis peu Professeur
ałe l'Académie , M. Noël Coypel a été nommé
par l'Academie pour remplir cette place , er
M. du Mont le Romain , a été nommé Adjoin
Professeur .
La perte que cette Académie à faite depuis
peu de M. de Boullongne son Directeur , et premier
Peintre du Roy , n'a apporté aucun changement
; il n'a pas plû à S. M. de nommer de
Premier Peintre , et l'Académie n'a point éû dẹ
Directeur. Sur l'avis de M. Rigault , un des plus
dignes de remplir cette place , l'Académie a délibéré
que les quatre Recteurs feroient chacun
pendant trois mois les fonctions de Directeur.
Ce que cette Illustre Académie vient de faire
et qui a encore été generalement approuvé , c'est
l'Election d'Academicien Honoraire et Amateur,
de M. de Boullogne , Conseiller au Parlement
de Metz , Premier Commis des Finances , et fils
de feu M. de Boullongne , Premier Peintre du
Roy , dont nous avons parlé dans le premier
Volume du Mercure de Décembre dernier
page 2663.
Mars prochain un Recueil des Lettres de Madame
la Marquire de Sevigné , en quatre Volumes in
12. Il y a à la tête un beau Portrait de cette
Illustre Auteur. On n'a rien oublié pour rendre
cette Edition parfaite , soit par rapport aux
Caracteres et au papier , soit par le soin qu'on a
pris de collationner exactement chaque Lettre
sur l'original.
Il a paru au commencement de l'Année deraiere
un nouveau Recueil des Piéces de Poësie et
d'Eloquence , présentées à l'Académie des Jeux
Floraux les Prix des Années 1729. et 1730. pour
imprimé à Toulouze , chez le Camus . On trouve
à la page 231. une Imitation en vers François
de la premiere Elégie des Tristes d'Ovide , commençant
par ce vers : Ouvrage infortuné , fruis
amer de mes larmes , &c . Mais ce qui a surpris le
plus , c'est qu'on lit dans l'Avertissement qui est
au-devant , que M. F.... Conseiller du Roy
Commissaire de la Marine au Département de
Toulon, s'est déclaré l'Auteur de cette Piéce. Il y
>
lic
224 MERCURE DE FRANCE
lieu de croire que cet Article y a été inseré sang
sa participation . Car on sçait que la même imisation
avoit déja paru dès 1727. au Tome III.
Pag. 363. de la continuation des Mémoires de
Littérature , qui s'imprime à Paris chez Simart
laquelle y avoit été donnée sous le nom de M.
Le P. B. L'Auteur de ces Mémoires l'appelle un
des plus grands et des plus sçavans Magistrats du
Royaume; et l'on a appris qu'en effet c'étoit M.
le Président Bouhier qui fut reçu la même année
à l'Académie Françoise. Dans cette nouvelle
Edition il y a quelques changemens , mais de peu
d'importance , qui n'empêchent pas qu'on ne
reconnoisse aisément que c'est la même Piéce
qu'on auroit mieux fait de laisser dans l'état où
l'Auteur l'avoit mise.
Le Pere Regnault J. qui a donné ici une nou
velle Edition de ses Entretiens Physiques , ou de
la Physique nouvelle en Dialogues , réimprimée à
Amsterdam , et traduite en Anglois à Londres ,
va donner l'origine ancienne de la Physique nouvelle.
L'Ouvrage est fait en forme d'entretiens par
Lettres ; et il s'imprime chez Jacques Clousier.
C'est un parallele de l'ancienne Physique et de la
Physique nouvelle , où l'on se propose de montrer
, sur tout , trois choses.
1. Ce que la Physique nouvelle a de la Physique
ancienne.
2. Le dégré de perfection de la Physique nouvelle
sur la Physique ancienne .
3. Comment la Physique est parvenue à ce
dégré de perfection .
Il a paru au commencement de cet année un
Rouvel Ouvrage de M. Claude-Joseph De Ferriere,
Doyca
JANVIER 1734. 125
,
Doyen des Docteurs Régens de la Faculté de
Droits de Paris . Ce Livre à pour titre : Nouvelle
Introduction à la Pratique ou Dictionnaire des
termes de Pratique , de Droit , d'Ordonnances et do
Coutumes , avec les Jurisdictions de France. Il est
en deux Volumes in quarto , et se vend à Paris ;
ehez Michel Brunet , et Claude Prudhomme , en la
grande Salle du Palais . Cet Ouvrage avoit déja
paru sous le titre d'Introduction à la Pratique ,
en deux Volumes in douze. Les réimpressions
qui en ont été faites , dans les tems qu'il n'étoit
qu'un simple projet , font assez connoître de
quelle utilité doit être celui qui paroît aujourd'hui
avec des augmentations si considérables ,
que l'Auteur a crû devoir faire ajouter à son titre
celui de Dictionnaire ; ensorte que c'est plutôt
un nouvel Ouvrage qu'une réimpression de celui
qui avoit paru jusqu'à présent.
On a réimprimé depuis peu à Londres , avec
un Apendix d'Edouard Baynard , Membre du
College des Médecins , l'Histoire des Bains froids.
tant anciens que modernes ; par le Chevalieg
Jean Floyer, 2 Vol . in 8.
Ambroise Haude , Libraire du Roy de Prusse
et de l'Académie des Sciences à Berlin, avertit les
Gens de Lettres qu'il imprime par souscription
un Ouvrage important , qui a pour titre La
Chronologie de l'Histoire Sainte et des Historiens
Profanes , qui la concernent , depuis la sortie d'Eypte
jusqu'à la Captivité de Babylone. Par Alphonse
de Vignoles , 2. Vol. 4. On distribue le
Programme dans plusieurs grandes Villes de
l'Europe, chez les principaux Libraires, et à Paris
chez Briasson , lesquels recevront les Souscrip
cione
126 MERCURE DE FRANCE
tions jusqu'à la fin d'Avril 1734. On promet que
l'Ouvrage sera achevé d'imprimer au commencement
d'Octobre de cette même année 1734. Le
prix pour le papier ordinaire sera de huit florins
de Hollande , et pour le grand papier de
onze florins.
&
Le 31. de Décembre dernier M. Pellegrini .
Peintre Venitien, fut reçu de l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , sur un Tableau
qu'il lui a envoyé. Le Sujet est allégorique: c'est
la Modestie qui présente l'Ouvrage de ce Peintre
à l'Académie , sous la figure de la Peinture , avee
le Génie de la France qui écrit le jugemeut
qu'elle en fait. M.Pellegrini avoit été agréé dès le
tems qu'il vint à Paris , où il peignit la Galerie de
la Banque.
Le même jour M. Cars de Paris , un de nos
meilleurs Graveurs , Graveur en Taille - douce
ayant presenté les Portraits de Mrs Sebastien
Bourdon Peintre , et Michel Anguier , Sculpteur,
tous deux de l'Académie, qu'il a gravez d'après
Mrs Rigaud et Revel, fut aussi reçu Académicien,
Le 30 Janvier M. Boucher , Peintre , digne
Eleve de M. le Moine , déja connu par quantité
d'Ouvrages qui font honneur à la feinture et à
ses heureux talens , fut reçu à l'Académie d'une
voix unanime sur un Tableau en large , représentant
Renaud et Armide dans les plaisirs , avec
un fond de Paysage , orné d'Architecture , les
figures sont demi nature.
Un autre excellent Sujet fut reçu le même
jour , sur les Portraits en hauteur jusqu'aux genoux
, de Mrs Galoche Peintre , et le Moine pere,
Sculpteur , c'est M. Tocquet qui a de grands talens
pour le Portrait.
JANVIER.
127 1724.
Eleve de feu M. Boul- M. Verdot , Peintre
longne Paîné , étant mort depuis peu Professeur
ałe l'Académie , M. Noël Coypel a été nommé
par l'Academie pour remplir cette place , er
M. du Mont le Romain , a été nommé Adjoin
Professeur .
La perte que cette Académie à faite depuis
peu de M. de Boullongne son Directeur , et premier
Peintre du Roy , n'a apporté aucun changement
; il n'a pas plû à S. M. de nommer de
Premier Peintre , et l'Académie n'a point éû dẹ
Directeur. Sur l'avis de M. Rigault , un des plus
dignes de remplir cette place , l'Académie a délibéré
que les quatre Recteurs feroient chacun
pendant trois mois les fonctions de Directeur.
Ce que cette Illustre Académie vient de faire
et qui a encore été generalement approuvé , c'est
l'Election d'Academicien Honoraire et Amateur,
de M. de Boullogne , Conseiller au Parlement
de Metz , Premier Commis des Finances , et fils
de feu M. de Boullongne , Premier Peintre du
Roy , dont nous avons parlé dans le premier
Volume du Mercure de Décembre dernier
page 2663.
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Résumé : « Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Le texte présente plusieurs publications et événements littéraires et artistiques. Simart, Libraire, prévoit de publier un recueil des lettres de Madame la Marquise de Sévigné en quatre volumes, incluant un portrait de l'auteur et une édition soignée. À Toulouse, un nouveau recueil des pièces de poésie et d'éloquence, présentées à l'Académie des Jeux Floraux pour les années 1729 et 1730, a été imprimé. Ce recueil contient une imitation en vers français de la première élégie des Tristes d'Ovide, dont l'auteur est contesté. Le Père Regnault prépare une nouvelle édition de ses Entretiens Physiques, comparant l'ancienne et la nouvelle physique. Claude-Joseph de Ferrière a publié une 'Nouvelle Introduction à la Pratique', un dictionnaire des termes juridiques. À Londres, l'Histoire des Bains froids de Jean Floyer a été réimprimée avec un appendice. Alphonse de Vignoles travaille sur une 'Chronologie de l'Histoire Sainte', dont la souscription est ouverte jusqu'à avril 1734. L'Académie Royale de Peinture et de Sculpture a accueilli plusieurs nouveaux membres, dont Pellegrini, Cars, Boucher et Tocquet. L'Académie a également nommé Noël Coypel et du Mont le Romain comme professeurs, et élu M. de Boullogne comme académicien honoraire.
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4144
p. 143-147
Ceremonie faite par la Compagnie des Penitens Bleus de Toulouse, [titre d'après la table]
Début :
La Compagnie des Penitens Bleus de Touluse a jusqu'icy [...]
Mots clefs :
Compagnie des Pénitents bleus de Toulouse, Confrérie, Maréchal de Noailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonie faite par la Compagnie des Penitens Bleus de Toulouse, [titre d'après la table]
La Compagnie des Penitens
Bleus ue Toulouſe a jufqu'icy
fait trop de bruit pour n'eftre
pas generalement connuë , &
elle a cu un figrand nombre
144 MERCURE
d'illuftres Confreres, que l'on
peut dire qu'il n'y en a point
de plus illuftre en Europe.
Vous fçavez que le Roy eft
de cette Confrairie , & que
lorfque Meffeigneurs les Princes pafferent par Touloufe
ils s'y firent recevoir à l'exemple de S. M. Ce fut dans ce
même temps que Mr le Maréchal de Noailles qui les accompagnoit , s'yfit recevoir. Cette Confrairie a tous les ans un
Prieur nouveau , & Mr le Maréchal de Noailles eftant mort
dans l'année qu'il en eftoit
Prieur , les Confreres ordonnerent
GALANY 145
nerent qu'on luy feroit un
Service folemnel , & qu'on
feroit une Oraifon funebre à
la gloire de ce Maréchal; elle
fut prononcée par Mr de Malauberc Archipreftre de Grenade. Cet Eloge funebre fut
trouvé fi beauque l'on fouhaita de le voir imprimé , mais la
modeftie de l'Orateur l'empêcha de le donner au Public.
Cependant s'eftant laiſſé vaincredepuis ce temps-là aux preffantes follicitations de fes
Confreres , & des principales
perfonnes de Toulouſe , il
confentit de le faire imprimer.
Février 1710. N
146 MERCURE
Il fe vend à Toulouſe chez la
veuve Boude , Claude Gilles le
Camus , & Jacques Loyau.
Pour vous marquer combien la Compagnie des Penitens bleus eft illuftre , je dois
vous dire feulement les noms
des Confreres qui ont eu foin
de la Pompe funebre dont je
viens de vous parler. Ce font
Mrs les Comtes de Fimarcon
& d'Efclignac , Maîtres de
Chapelle ; le Comte de Pibrac;
Mauriac ; Nolet ; l'Abbé de
Chalvel de Caulet - Grandmond ; de Lopes ; le Chevalier de Clary ; Pujols , Con-
GALANT 147
feiller au Parlement ; Epigat
Sindic , de la Compagnie , &
de Nupces, Prefident à Mortier , à quifeu Mr le Maréchal
deNoailles avoit confié la direction de la Compagnie dans
l'année de fa Charge de Prieur.
Bleus ue Toulouſe a jufqu'icy
fait trop de bruit pour n'eftre
pas generalement connuë , &
elle a cu un figrand nombre
144 MERCURE
d'illuftres Confreres, que l'on
peut dire qu'il n'y en a point
de plus illuftre en Europe.
Vous fçavez que le Roy eft
de cette Confrairie , & que
lorfque Meffeigneurs les Princes pafferent par Touloufe
ils s'y firent recevoir à l'exemple de S. M. Ce fut dans ce
même temps que Mr le Maréchal de Noailles qui les accompagnoit , s'yfit recevoir. Cette Confrairie a tous les ans un
Prieur nouveau , & Mr le Maréchal de Noailles eftant mort
dans l'année qu'il en eftoit
Prieur , les Confreres ordonnerent
GALANY 145
nerent qu'on luy feroit un
Service folemnel , & qu'on
feroit une Oraifon funebre à
la gloire de ce Maréchal; elle
fut prononcée par Mr de Malauberc Archipreftre de Grenade. Cet Eloge funebre fut
trouvé fi beauque l'on fouhaita de le voir imprimé , mais la
modeftie de l'Orateur l'empêcha de le donner au Public.
Cependant s'eftant laiſſé vaincredepuis ce temps-là aux preffantes follicitations de fes
Confreres , & des principales
perfonnes de Toulouſe , il
confentit de le faire imprimer.
Février 1710. N
146 MERCURE
Il fe vend à Toulouſe chez la
veuve Boude , Claude Gilles le
Camus , & Jacques Loyau.
Pour vous marquer combien la Compagnie des Penitens bleus eft illuftre , je dois
vous dire feulement les noms
des Confreres qui ont eu foin
de la Pompe funebre dont je
viens de vous parler. Ce font
Mrs les Comtes de Fimarcon
& d'Efclignac , Maîtres de
Chapelle ; le Comte de Pibrac;
Mauriac ; Nolet ; l'Abbé de
Chalvel de Caulet - Grandmond ; de Lopes ; le Chevalier de Clary ; Pujols , Con-
GALANT 147
feiller au Parlement ; Epigat
Sindic , de la Compagnie , &
de Nupces, Prefident à Mortier , à quifeu Mr le Maréchal
deNoailles avoit confié la direction de la Compagnie dans
l'année de fa Charge de Prieur.
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Résumé : Ceremonie faite par la Compagnie des Penitens Bleus de Toulouse, [titre d'après la table]
Le texte évoque la Compagnie des Pénitents Bleus de Toulouse, une confrérie prestigieuse en Europe. Des personnalités telles que le roi, les princes et le maréchal de Noailles y étaient reçues. Chaque année, la confrérie élisait un nouveau prieur. En 1710, le maréchal de Noailles, alors prieur, décéda. Les confrères organisèrent un service solennel et une oraison funèbre, prononcée par M. de Maulaber, archiprêtre de Grenade. Bien que modeste, M. de Maulaber accepta finalement de publier l'oraison après des sollicitations. L'oraison fut vendue à Toulouse chez plusieurs libraires. La renommée de la confrérie est illustrée par la participation de notables, incluant des comtes, des maîtres de chapelle, des conseillers au Parlement et des présidents à mortier.
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4145
p. 142-146
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné au Prince de Masseran, Pere du [...]
Mots clefs :
Espagne, Roi, Troupes, Portugais, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'Espagne. T
Le Roy adonné au Prince
de Mafferan , Pere du Marquis de Crevecoeur , la Grandeffe de la premiere Claffe
&à DonFranciſco Antonio
de Salcedo & Aguirré Corredigor de Cordoue , le titre
de Caftille & la Surintendance generale des revenus
142 MERCURE
du Roy en Andaloufic.
Le Roy a fait donner
quatre mille piftolles auMarquis deMonteleon troifiéme
Plenipotentiaire de Sa Majesté qui eft parti pour aller
à Paris joindre les deux autres Plenipotentiaire accom
pagné du Duc d'Atri & de
plufieurs perfonnes dequalité. On mandede Catalogne
que les Troupes du Roy y
joüiffent dune grande tran-
•quilité , que le Duc de Ven
dome fait la vifite des places
qui font fur les côtes du
Royaume de Valence &
GALANT. 143
qu'on attend fon arrivée en
Catalogne pour commencer la Campagne, que les
Troupes Angloifes vendoient tous leurs Equipages
-& n'attendent que les Vailfeauxpour s'embarquer. On
mande d'Eftramadure que
l'Armées'aflemble & qu'elle
doit camper le premier de
May en front de bandiere
tau voifinage de Badajoz au
nombre de trente- cinq baraillons & de foizante oréize
Escadrons pour commencer
Ja Campagne. Onvécrit de
Valencequele Duc de Vent
144 MERCURE
dome y étoit arrivé , où ila
été reçû avec des acclamations extraordinaires , il a
logé au Palais de l'Archevefque où il n'a refté que
deux jours étant allé demcurer au Grao entre la Ville &
la mere. On mande de Cartagene qu'on a vu paffer une
Elcadre Françoile commandée par le fieur Caffart compofée de douze Vaiffeaux de
guerre avec deux Galliotes
a bombes & quinze cens
hommes de débarquement
faifant voile vers le Détroit.
Les lettres de Cadix affurent
7
quel
GALANT. 145
que cette Escadre étoit entréé dans le Port fans qu'on
fçût fon deffein , qu'il y
étoit auffi arrivé un Vaiffeau
Portugais pris du côté de
l'Ile de Madere avec cent
Francois prifonniers de
guerre qu'il amenoit à Lif
bonne. On mande de Ca17
talogne que les ennemis
avoient faits avancer quel
ques troupes vers Mequinenca à l'embouchure de la
Segre pour empêcher la
navigation fur l'Ebro , mais
le Comte de Muret Lieute
nant general fe preparoit à
May 1712.
N
146 MERCURE
les combattre. Les lettres
d'Eftramadure allurent que
dés le 25. d'Avril quelques
Regiments étoient campez
présde Badajoz , que le refte
des troupes étoient en marche pour les joindre , que
les Portugais s'affembloient
aux environs d Eftremoz.
On mande de Cadix qu'-
outre l'Eſcadre Francoife
commandée par le fieur,
Caffard qui étoit dans ce
port , il y en étoit encore
arrivé un autre dans les
ports de l'Ocean fans qu'on
fsut pour quel deffein
Le Roy adonné au Prince
de Mafferan , Pere du Marquis de Crevecoeur , la Grandeffe de la premiere Claffe
&à DonFranciſco Antonio
de Salcedo & Aguirré Corredigor de Cordoue , le titre
de Caftille & la Surintendance generale des revenus
142 MERCURE
du Roy en Andaloufic.
Le Roy a fait donner
quatre mille piftolles auMarquis deMonteleon troifiéme
Plenipotentiaire de Sa Majesté qui eft parti pour aller
à Paris joindre les deux autres Plenipotentiaire accom
pagné du Duc d'Atri & de
plufieurs perfonnes dequalité. On mandede Catalogne
que les Troupes du Roy y
joüiffent dune grande tran-
•quilité , que le Duc de Ven
dome fait la vifite des places
qui font fur les côtes du
Royaume de Valence &
GALANT. 143
qu'on attend fon arrivée en
Catalogne pour commencer la Campagne, que les
Troupes Angloifes vendoient tous leurs Equipages
-& n'attendent que les Vailfeauxpour s'embarquer. On
mande d'Eftramadure que
l'Armées'aflemble & qu'elle
doit camper le premier de
May en front de bandiere
tau voifinage de Badajoz au
nombre de trente- cinq baraillons & de foizante oréize
Escadrons pour commencer
Ja Campagne. Onvécrit de
Valencequele Duc de Vent
144 MERCURE
dome y étoit arrivé , où ila
été reçû avec des acclamations extraordinaires , il a
logé au Palais de l'Archevefque où il n'a refté que
deux jours étant allé demcurer au Grao entre la Ville &
la mere. On mande de Cartagene qu'on a vu paffer une
Elcadre Françoile commandée par le fieur Caffart compofée de douze Vaiffeaux de
guerre avec deux Galliotes
a bombes & quinze cens
hommes de débarquement
faifant voile vers le Détroit.
Les lettres de Cadix affurent
7
quel
GALANT. 145
que cette Escadre étoit entréé dans le Port fans qu'on
fçût fon deffein , qu'il y
étoit auffi arrivé un Vaiffeau
Portugais pris du côté de
l'Ile de Madere avec cent
Francois prifonniers de
guerre qu'il amenoit à Lif
bonne. On mande de Ca17
talogne que les ennemis
avoient faits avancer quel
ques troupes vers Mequinenca à l'embouchure de la
Segre pour empêcher la
navigation fur l'Ebro , mais
le Comte de Muret Lieute
nant general fe preparoit à
May 1712.
N
146 MERCURE
les combattre. Les lettres
d'Eftramadure allurent que
dés le 25. d'Avril quelques
Regiments étoient campez
présde Badajoz , que le refte
des troupes étoient en marche pour les joindre , que
les Portugais s'affembloient
aux environs d Eftremoz.
On mande de Cadix qu'-
outre l'Eſcadre Francoife
commandée par le fieur,
Caffard qui étoit dans ce
port , il y en étoit encore
arrivé un autre dans les
ports de l'Ocean fans qu'on
fsut pour quel deffein
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
En 1712, plusieurs événements militaires et politiques marquent l'Espagne. Le roi accorde la Grandeffe de la première classe à Don Francisco Antonio de Salcedo et Aguirre, ainsi que le titre de Castille et la surintendance générale des revenus du roi en Andalousie. Le marquis de Monteleon, plénipotentiaire de Sa Majesté, se rend à Paris avec le duc d'Atri. En Catalogne, les troupes royales maintiennent la tranquillité, tandis que le duc de Vendôme inspecte les places sur les côtes du royaume de Valence. Les troupes anglaises se préparent à embarquer. En Estrémadure, l'armée se rassemble près de Badajoz. À Valence, le duc de Vendôme est accueilli avec enthousiasme. À Carthagène, une escadre française de douze vaisseaux de guerre et quinze cents hommes de débarquement se dirige vers le Détroit. À Cadix, cette escadre entre dans le port, accompagnée d'un vaisseau portugais capturant des prisonniers français. En Catalogne, les ennemis avancent vers Mequinenza pour bloquer la navigation sur l'Èbre, mais le comte de Muret se prépare à les combattre. En Estrémadure, des régiments campent près de Badajoz et les Portugais se rassemblent près d'Estremoz. À Cadix, une autre escadre française arrive dans les ports de l'Océan.
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4146
p. 139-148
« INTRODUCTION à la lecture des Auteurs Allemands, pour l'usage de l'Ecole [...] »
Début :
INTRODUCTION à la lecture des Auteurs Allemands, pour l'usage de l'Ecole [...]
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texteReconnaissance textuelle : « INTRODUCTION à la lecture des Auteurs Allemands, pour l'usage de l'Ecole [...] »
INTRODUCTION à la lecture des Auteurs
Allemands, pour l'usage de l'Ecole
Royale Militaire ; ſervant de ſuite
aux nouveaux principes de la Langue
Allemande , publiés parM. Junker,Doc-
teur en Philofophie , Profeſſeur de la
Langue Allemande à l'Ecole Royale
Militaire , Membre ordinaire de l'Aca-
démie Royale Allemande de Gottingue.
AParis, chez Mufier, Fils , Libraire ,
quai des Auguſtins , au coin de la rue
pavée, à S. Etienne. Avec approbation
& privilège du Roi; 1763. Vol. in-12.
Avec le ſecours de ce Livre , on ap-
prendra aisément & en peu de temps,
la Langue Allemande: On y léve toutes
les difficultés qui arrêtent les commen-
cans; & avec la ſeule connoiſſance de
140 MERCURE DE FRANCE.
ladéclinaiſon &dela conjugaison , cet
Ouvrage menera fort loin ceux qui le
prendrontpourguide. L'Auteur a choiſi
pourtexte les Fables & Contes deGel-
lert, Auteur très-eſtimable par l'élé-
gance & la pureté de ſon ſtyle , ainfi
que par les grâces de ſon eſprit. Il a mis
au bas de chaque page des notes qui
facilitent le ſens littéral du Texte.
LES Révolutions de l'Univers repré-
ſentées en 30 Cartes géographiques
chacune de deux feuilles , avec des re-
marques & des obſervations fur chacu-
ned'elles : Ouvrage deſtiné à facilter la
lecture & l'étude de l'Histoire Générale.
Paris, 1763. in-fol. forme d'Atlas.
:
Cet Ouvrage fe débite chez le fieur
JulienGéographe , Cour de l'Hôtel de
Soubife. Il ſe vend 60 liv. en blanc ,
c'eſt àdire enluminé & non relié.
L'Auteur a faittirer un petit nombre
desRemarquesdans la forme in-12. On
en trouverades éxemplaires chez Cave-
lier, Libraire , rue Saint Jacques , au
Lys d'Or , chacun ſevend 36ſols bro-
ché.
Le fieur Monier , relieur , rue Saint
Jean de Beauvais , proche le paſſage
de Saint Jean de Latran , aſſemble &
FEVRIER. 1764.
141
relie ces Cartes d'une manière com-
mode& propre.
LES JEUX D'ENFANS , Poëme tiré
du Hollandois ; par M. Feutry , avec
cetteEpigraphe : Non meræ nuga ; à
la Haye ,& ſe trouve à Paris , chez
Durand , neveu , Libraire , rue S. Jac-:
ques, à la Sageſſe; 1764; très-petitebro-
chure in-16.
M. Feutry n'a pris que le titre& l'i-
dée générale d'une piéce qui ſe trouve
dans un Recueilde Poëſies Hollandoiſes
du célébre Carız. Quelques mots de ce
Poëme en feront connoître le ſujet.
»Attiré par le charme d'un beau jour ,
>une foule d'enfans aimables s'échap-
» pent de la triſte enceinte d'une Ville,
»& vient ſe répandre au loin ſurle ga-
>>zon fleuri. Là,ſemblables à de tendres
» agneaux , ces enfans bondiffent ; ils
>>ſe diſperſent par petites bandes que
>> forment naturellement leurs inclina-
>>>tions & leurs goûts ; & ils commen-
> cent bientôt leurs jeux différens. Ce
font ces jeux , tels que le Colin-mail-
lard, le Balon , le Cerf-volant , &c. &c.
que décrit M. Feutry. Chaque jeu eſt
accompagné d'une moralité qui rend
ceLivretauffi utile qu'agréable.
142 MERCURE DE FRANCE.
DICTIONNAIRE médicinal portatif,
contenant une méthode ſure pour con-
noître & guérir les maladies critiques &
chroniques , par des remédes ſimples &
proportionnés à la connoiſſance de tout
le monde ; & pluſieurs remédes parti-
culiers: on y a joint un Dictionnaire
abrégé des plantes uſuelles. Par M. ***
Docteur en Médecine ; à Paris , chez
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille Bou-
clerie ; 1763 ; avec approbation & pri-
vilége du Roi. Vol. in-12 de 600 pages.
Prix , 3 liv. relié.
Le titre de ce Livre en fait ſuffifa-
ment connoître l'objet & l'utilité , &
nous difpenfe d'entrer dans d'autres dé .
tails.
HISTOIRE de Dannemarck , par M.
Mallet ; à Genève , & ſe trouve à Paris
chez Robustel& Charpentier , Libraires,
quai des Auguſtins , 6 vol. in- 12.
Avant que nous entreprenions de
rendre un compte plus détaillé de cet
Ouvrage curieux , nous indiquerons ce
que contient chaque volume. Le pre-
mier est une introduction à l'Hiſtoire
du Dannemarck , où l'on traite de la re-
ligion , des loix , des mœurs &des ufa-
FEVRIER. 1764.
143
ges des anciens Danois. Cette partie
avoit déja été imprimée , & nous en
avions parlé dans quelques-uns de nos
Mercures. Il en eſt de même du ſecond
volume , qui contientles monumens de
laMythologie & de la Poëfie des anciens
Peuples du Nord. Le troiſième tome
commence à l'établiſſement de la Mo-
narchie Danoiſe , juſqu'à la mort de
Valdmar le Victorieux en 1241. Le
quatrième eſt depuis la mort de Vald-
mar, juſqu'à l'avénement de la Maiſon
d'Oldenbourg au Trône , en 1448. Le
cinquième , depuis cet avènement , juf-
qu'à la dépoſition de Chrétien II. Le
fixiéme s'étend depuis cette dépofition ,
juſqu'à la Paix de Stetin.
MÉMOIRES hiſtoriques , critiques , &
Anecdotes des Reines & Régentes de
France , avec ces Epigraphes : Copia
judiciumfæpe morata meum eft. Ovid.....
Nec in cunctis fervat fortuna tenorem.
Manil..... Utile quidfit , profpiciunt. Ju-
ven. Sat. 6 ; à Amſterdam , chez Néaul-
me , Libraire , & ſe trouvent, à Paris,
chez les mêmes Libraires que l'Ouvrage
précédent ; 1764 ; 7. vol. in-12.
Nous nous contenterons aujourd'hui
de cette fimple annonce ; l'Ouvrage eſt
144 MERCURE DE FRANCE.
de nature à fournir plus d'un Extrait :
nous pourrons donc y revenir pluſieurs
fois.
APPEL des Étrangers dansnos Co-
lonies; à Paris, chez Deſſainjunior,
Libraire , quai des Auguſtins ; 1763 ,
brochure in-12.
L'Auteur , qui ne ſe nomme point ,
nous apprend qu'il a déja donné au Pu-
blicun TraitéfurlerappeldesProteftans
en France ; & un autre Ouvrage relati-
vementà la Police ſur les Mendians , les
Vagabonds , les Filles proſtituées ,& les
gens fans aveu. L'objet qu'il ſe propoſe
eſt de rendre notre population plus
nombreuſe & plus robuſte , en chaf-
fant l'oiſiveté & le libertinage. Son
but aujourd'hui eſt de prouverla nécef-
fité où nous ſommesd'appeller dansnos
Colonies , & même parmi nous , dans
nos Provinces , autant de Peuplades
étrangèresque nous pourrons eny atti
rer de l'un & de l'autre ſéxe ; & de les
y inviter même par des établiſſemens
avantageux.
MÉMOIRES ſur les Manufactures de
Draps & autres étoffes de Laine ; à Pa-
ris , chez Saugrain le jeune , rue du
Hurepoix ,
FEVRIER. 1764.
145
Hurepoix, a la Fleur de Lys d'or, 1764 ,
brochure in-12.
CeLivreeftdiviſéendeuxparties.Dans
la première , l'Auteur parle des Laines
d'Eſpagne , & de la manière de les met-
treen œuvre: Dans la ſeconde, de celles
de France , & de la façon de les em-
ployer. Il commence par les plus petites
opérations de la Fabrique des Draps.
Il
prend les Laines immédiatement après
qu'elles fontcoupées; il continuejuſqu'à
la parfaite réduction de ces laines en
étoffes. Il joint des remarques fur cha-
que opération , ſoit pour les perfection-
ner , ſoit pour en corriger les défauts, &
il faitdes deſcriptions ſuccinctes des ma-
chines & inftrumens néceſſaires.
LES Intrigues hiſtoriques & galantes
du Serrail ,ſous le Règne del'Empereur
Selim; à la Haye , & se trouvent à
Paris, chez Duchefne , rue S. Jacques',
au Temple du Goût , 1764 , brochure
in-12 , en deux parties.
Cet agréable Roman eſt écrit avec
eſprit, & préſente des détails de mœurs
Turques & Françoiſes , qui ont beau-
coup de rapport avec ce qu'on trouve
dans le Conte de Soliman II.
G
1
146 MERCURE DE FRANCE.
NOUVELLE Traduction de divers
morceaux choiſis des Œuvres de Plutar
que ; par M. l'Abbé Lambert ; à Paris,
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec Approbation
& Privilége du Roi ; 1764 , I vol, in- 12,
Les divers morceaux de Plutarque ,
traduits par M. l'Abbé Lambert , font un
Traité ſur l'Ame des Bêtes , l'Examen du
Syſtème d'Epicure , les Faits mémora-
bles des Dames illuſtres de l'ancienne
Gréce,les moyens de réprimer la colère ,
le Traité de l'Avarice, & un autreTraité
fur le Contentement de l'Eſprit.
L'OPTIQUE , ou le Chinois à Mem-
phis , Eſſais traduits de l'Egyptien ; à
Londres , chez Michel Rey , Libraire ;
1763 , deux parties in 12 , dont nous
ne tarderons pas de donner un Extrait.
On en trouve des Exemplaires à Paris ,
chez Nyon , quai des Auguſtins , &
chez Knapen , au Palais.
TRAITÉ de Paix entre Descartes &
Newton; précédé des Vies littéraires de
ces deux Chefs de la Phyſique moderne ;
par le P. Aimé-Henri Pauliam , Profef-
ſeurde Phyſique au Colleged'Avignon,
de la Compagnie de Jeſus ; àAvignon ,
FEVRIER. 1764.
147
chez Girard , Imprimeur-Libraire , à la
Place S. Didier ; 1763 ; avec permiffion
des Supérieurs : trois volumes in-12.
Nous parlerons plus amplementde cet
Ouvrage.
L'ÉLEVE de la Nature; avec cette
Epigraphe : Meare de cælo ad terram , de
terra adfidera mundi. Lucrece , liv. 1 , à
Amsterdam , & ſe trouve à Par is chez
Panckoucke , rue & à côté de la Comé-
die Françoiſe; 1764; 2parties , formant
un vol. in- 12.
L'Auteur ſe propoſe dans la première
partie de cette eſpèce de Roman , de
former un honnête homme , heureux
par lui-même ; & dans la ſeconde , de
rendre cet honnête homme encore plus
heureux , en en faiſant un bon citoyen.
HISTOIRE de la Réunion de la Bre-
tagne à la France, où l'on trouve des
Anecdotes fur la Princeſſe Anne, fille de
François II, dernier Duc de Bretagne ,
femme des Rois Charles VIII & Louis
XII; par l'Abbé Irail: avec cette Epi-
graphe : Connubiojungamftabili , pro-
priamque dicabo. Vig. Eneid. Lib. 1. à
Paris , chez P. E. Germ. Durandneveu,
ue S. Jacques , àla Sageſſe; 1764; avec
(
Gij
1
148 MERCURE DE FRANCE.
approbation & permiffion , 2vol. in-12.
prix des deux volumes reliés en un, 21,
10 f. Nous enpromettons unExtrait.
Allemands, pour l'usage de l'Ecole
Royale Militaire ; ſervant de ſuite
aux nouveaux principes de la Langue
Allemande , publiés parM. Junker,Doc-
teur en Philofophie , Profeſſeur de la
Langue Allemande à l'Ecole Royale
Militaire , Membre ordinaire de l'Aca-
démie Royale Allemande de Gottingue.
AParis, chez Mufier, Fils , Libraire ,
quai des Auguſtins , au coin de la rue
pavée, à S. Etienne. Avec approbation
& privilège du Roi; 1763. Vol. in-12.
Avec le ſecours de ce Livre , on ap-
prendra aisément & en peu de temps,
la Langue Allemande: On y léve toutes
les difficultés qui arrêtent les commen-
cans; & avec la ſeule connoiſſance de
140 MERCURE DE FRANCE.
ladéclinaiſon &dela conjugaison , cet
Ouvrage menera fort loin ceux qui le
prendrontpourguide. L'Auteur a choiſi
pourtexte les Fables & Contes deGel-
lert, Auteur très-eſtimable par l'élé-
gance & la pureté de ſon ſtyle , ainfi
que par les grâces de ſon eſprit. Il a mis
au bas de chaque page des notes qui
facilitent le ſens littéral du Texte.
LES Révolutions de l'Univers repré-
ſentées en 30 Cartes géographiques
chacune de deux feuilles , avec des re-
marques & des obſervations fur chacu-
ned'elles : Ouvrage deſtiné à facilter la
lecture & l'étude de l'Histoire Générale.
Paris, 1763. in-fol. forme d'Atlas.
:
Cet Ouvrage fe débite chez le fieur
JulienGéographe , Cour de l'Hôtel de
Soubife. Il ſe vend 60 liv. en blanc ,
c'eſt àdire enluminé & non relié.
L'Auteur a faittirer un petit nombre
desRemarquesdans la forme in-12. On
en trouverades éxemplaires chez Cave-
lier, Libraire , rue Saint Jacques , au
Lys d'Or , chacun ſevend 36ſols bro-
ché.
Le fieur Monier , relieur , rue Saint
Jean de Beauvais , proche le paſſage
de Saint Jean de Latran , aſſemble &
FEVRIER. 1764.
141
relie ces Cartes d'une manière com-
mode& propre.
LES JEUX D'ENFANS , Poëme tiré
du Hollandois ; par M. Feutry , avec
cetteEpigraphe : Non meræ nuga ; à
la Haye ,& ſe trouve à Paris , chez
Durand , neveu , Libraire , rue S. Jac-:
ques, à la Sageſſe; 1764; très-petitebro-
chure in-16.
M. Feutry n'a pris que le titre& l'i-
dée générale d'une piéce qui ſe trouve
dans un Recueilde Poëſies Hollandoiſes
du célébre Carız. Quelques mots de ce
Poëme en feront connoître le ſujet.
»Attiré par le charme d'un beau jour ,
>une foule d'enfans aimables s'échap-
» pent de la triſte enceinte d'une Ville,
»& vient ſe répandre au loin ſurle ga-
>>zon fleuri. Là,ſemblables à de tendres
» agneaux , ces enfans bondiffent ; ils
>>ſe diſperſent par petites bandes que
>> forment naturellement leurs inclina-
>>>tions & leurs goûts ; & ils commen-
> cent bientôt leurs jeux différens. Ce
font ces jeux , tels que le Colin-mail-
lard, le Balon , le Cerf-volant , &c. &c.
que décrit M. Feutry. Chaque jeu eſt
accompagné d'une moralité qui rend
ceLivretauffi utile qu'agréable.
142 MERCURE DE FRANCE.
DICTIONNAIRE médicinal portatif,
contenant une méthode ſure pour con-
noître & guérir les maladies critiques &
chroniques , par des remédes ſimples &
proportionnés à la connoiſſance de tout
le monde ; & pluſieurs remédes parti-
culiers: on y a joint un Dictionnaire
abrégé des plantes uſuelles. Par M. ***
Docteur en Médecine ; à Paris , chez
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille Bou-
clerie ; 1763 ; avec approbation & pri-
vilége du Roi. Vol. in-12 de 600 pages.
Prix , 3 liv. relié.
Le titre de ce Livre en fait ſuffifa-
ment connoître l'objet & l'utilité , &
nous difpenfe d'entrer dans d'autres dé .
tails.
HISTOIRE de Dannemarck , par M.
Mallet ; à Genève , & ſe trouve à Paris
chez Robustel& Charpentier , Libraires,
quai des Auguſtins , 6 vol. in- 12.
Avant que nous entreprenions de
rendre un compte plus détaillé de cet
Ouvrage curieux , nous indiquerons ce
que contient chaque volume. Le pre-
mier est une introduction à l'Hiſtoire
du Dannemarck , où l'on traite de la re-
ligion , des loix , des mœurs &des ufa-
FEVRIER. 1764.
143
ges des anciens Danois. Cette partie
avoit déja été imprimée , & nous en
avions parlé dans quelques-uns de nos
Mercures. Il en eſt de même du ſecond
volume , qui contientles monumens de
laMythologie & de la Poëfie des anciens
Peuples du Nord. Le troiſième tome
commence à l'établiſſement de la Mo-
narchie Danoiſe , juſqu'à la mort de
Valdmar le Victorieux en 1241. Le
quatrième eſt depuis la mort de Vald-
mar, juſqu'à l'avénement de la Maiſon
d'Oldenbourg au Trône , en 1448. Le
cinquième , depuis cet avènement , juf-
qu'à la dépoſition de Chrétien II. Le
fixiéme s'étend depuis cette dépofition ,
juſqu'à la Paix de Stetin.
MÉMOIRES hiſtoriques , critiques , &
Anecdotes des Reines & Régentes de
France , avec ces Epigraphes : Copia
judiciumfæpe morata meum eft. Ovid.....
Nec in cunctis fervat fortuna tenorem.
Manil..... Utile quidfit , profpiciunt. Ju-
ven. Sat. 6 ; à Amſterdam , chez Néaul-
me , Libraire , & ſe trouvent, à Paris,
chez les mêmes Libraires que l'Ouvrage
précédent ; 1764 ; 7. vol. in-12.
Nous nous contenterons aujourd'hui
de cette fimple annonce ; l'Ouvrage eſt
144 MERCURE DE FRANCE.
de nature à fournir plus d'un Extrait :
nous pourrons donc y revenir pluſieurs
fois.
APPEL des Étrangers dansnos Co-
lonies; à Paris, chez Deſſainjunior,
Libraire , quai des Auguſtins ; 1763 ,
brochure in-12.
L'Auteur , qui ne ſe nomme point ,
nous apprend qu'il a déja donné au Pu-
blicun TraitéfurlerappeldesProteftans
en France ; & un autre Ouvrage relati-
vementà la Police ſur les Mendians , les
Vagabonds , les Filles proſtituées ,& les
gens fans aveu. L'objet qu'il ſe propoſe
eſt de rendre notre population plus
nombreuſe & plus robuſte , en chaf-
fant l'oiſiveté & le libertinage. Son
but aujourd'hui eſt de prouverla nécef-
fité où nous ſommesd'appeller dansnos
Colonies , & même parmi nous , dans
nos Provinces , autant de Peuplades
étrangèresque nous pourrons eny atti
rer de l'un & de l'autre ſéxe ; & de les
y inviter même par des établiſſemens
avantageux.
MÉMOIRES ſur les Manufactures de
Draps & autres étoffes de Laine ; à Pa-
ris , chez Saugrain le jeune , rue du
Hurepoix ,
FEVRIER. 1764.
145
Hurepoix, a la Fleur de Lys d'or, 1764 ,
brochure in-12.
CeLivreeftdiviſéendeuxparties.Dans
la première , l'Auteur parle des Laines
d'Eſpagne , & de la manière de les met-
treen œuvre: Dans la ſeconde, de celles
de France , & de la façon de les em-
ployer. Il commence par les plus petites
opérations de la Fabrique des Draps.
Il
prend les Laines immédiatement après
qu'elles fontcoupées; il continuejuſqu'à
la parfaite réduction de ces laines en
étoffes. Il joint des remarques fur cha-
que opération , ſoit pour les perfection-
ner , ſoit pour en corriger les défauts, &
il faitdes deſcriptions ſuccinctes des ma-
chines & inftrumens néceſſaires.
LES Intrigues hiſtoriques & galantes
du Serrail ,ſous le Règne del'Empereur
Selim; à la Haye , & se trouvent à
Paris, chez Duchefne , rue S. Jacques',
au Temple du Goût , 1764 , brochure
in-12 , en deux parties.
Cet agréable Roman eſt écrit avec
eſprit, & préſente des détails de mœurs
Turques & Françoiſes , qui ont beau-
coup de rapport avec ce qu'on trouve
dans le Conte de Soliman II.
G
1
146 MERCURE DE FRANCE.
NOUVELLE Traduction de divers
morceaux choiſis des Œuvres de Plutar
que ; par M. l'Abbé Lambert ; à Paris,
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec Approbation
& Privilége du Roi ; 1764 , I vol, in- 12,
Les divers morceaux de Plutarque ,
traduits par M. l'Abbé Lambert , font un
Traité ſur l'Ame des Bêtes , l'Examen du
Syſtème d'Epicure , les Faits mémora-
bles des Dames illuſtres de l'ancienne
Gréce,les moyens de réprimer la colère ,
le Traité de l'Avarice, & un autreTraité
fur le Contentement de l'Eſprit.
L'OPTIQUE , ou le Chinois à Mem-
phis , Eſſais traduits de l'Egyptien ; à
Londres , chez Michel Rey , Libraire ;
1763 , deux parties in 12 , dont nous
ne tarderons pas de donner un Extrait.
On en trouve des Exemplaires à Paris ,
chez Nyon , quai des Auguſtins , &
chez Knapen , au Palais.
TRAITÉ de Paix entre Descartes &
Newton; précédé des Vies littéraires de
ces deux Chefs de la Phyſique moderne ;
par le P. Aimé-Henri Pauliam , Profef-
ſeurde Phyſique au Colleged'Avignon,
de la Compagnie de Jeſus ; àAvignon ,
FEVRIER. 1764.
147
chez Girard , Imprimeur-Libraire , à la
Place S. Didier ; 1763 ; avec permiffion
des Supérieurs : trois volumes in-12.
Nous parlerons plus amplementde cet
Ouvrage.
L'ÉLEVE de la Nature; avec cette
Epigraphe : Meare de cælo ad terram , de
terra adfidera mundi. Lucrece , liv. 1 , à
Amsterdam , & ſe trouve à Par is chez
Panckoucke , rue & à côté de la Comé-
die Françoiſe; 1764; 2parties , formant
un vol. in- 12.
L'Auteur ſe propoſe dans la première
partie de cette eſpèce de Roman , de
former un honnête homme , heureux
par lui-même ; & dans la ſeconde , de
rendre cet honnête homme encore plus
heureux , en en faiſant un bon citoyen.
HISTOIRE de la Réunion de la Bre-
tagne à la France, où l'on trouve des
Anecdotes fur la Princeſſe Anne, fille de
François II, dernier Duc de Bretagne ,
femme des Rois Charles VIII & Louis
XII; par l'Abbé Irail: avec cette Epi-
graphe : Connubiojungamftabili , pro-
priamque dicabo. Vig. Eneid. Lib. 1. à
Paris , chez P. E. Germ. Durandneveu,
ue S. Jacques , àla Sageſſe; 1764; avec
(
Gij
1
148 MERCURE DE FRANCE.
approbation & permiffion , 2vol. in-12.
prix des deux volumes reliés en un, 21,
10 f. Nous enpromettons unExtrait.
Fermer
4147
p. 143-152
De Londres. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Londres du 14. de ce mois, que le 26. [...]
Mots clefs :
Londres, Baron, Couronne, Comte d'Halifax, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres. [titre d'après la table]
On écrit de Londres du
144 MERCURE
14. de ce mois , que le 26.
du mois dernier le Roy
créa pluſieurs Pairs de la
Grande Bretagne. Milord
Chandon a été fait Comte
de Caernarven ; Milord
Rockingam , Comte de
Rockingam ; Milord Of
fulton , Comte d'Offulton;
Milord Hallifax , Comte
de Hallifax ; Milord Gernſez
, Comte d'Aylesford ;
Milord Harvey , Comte
de Bristol ; & Milord Pelham
, Comte de Clare. Il
fit encore Pairs de la Grande
Bretagne le Comte de
ThoGALANT.
145
Thomond Irlandois , Vicomte
de Tadcaſter ; le
Vicomte de Caſtleton , Ba .
ron Sanderſon de Saxby ;
Milord Sherad , Baron de
Harbouroug ; Milord Pierrepont
, Baron de Pierrepont
de Hauſlip. Ces trois
derniers ſont auſſi Irlandois.
Le ſieur Henry Boyle
a été créé Baron de Carleton
; le Chevalier Richard
Temple , Baron Temple ;
&le Chevalier Michel Vvaſton
, Baron de Vvaſton :
mais il s'eſt excuſé d'accepter
cette dignité. Le
Νου. 1714. N
146 MERCURE
ende
27. le Roy tint au Palais de
faint James , pour la prémiere
fois , Chapitre de
l'Ordre de la Jarretiere ,
dans lequel il fit quatre
Ghevaliers , qui font le
Duc de Rutland , le Duc
de Bolton , le Comte de
Dorfet , & le Comte de
Hallifax. Le Comte d'Ay
lesford a été fait Chance
lier du Duché de Lancafi
tre , à la place de Milord
Burkley de Strerlon , & le
Colonel Killegrevv Gentilhomme
de la Garderobe
du Prince de Galles. Le 25
GALANT 147
Je Marquis de Monteleon ,
Ambaſſadeur d'Eſpagne ,
arriva de Hollande en cette
ville par la voye de Calais
&le 26. au matin il alla vi
fiter les Secretaires d'Eftat ,
qui le même jour allerent
àfon Hôtel lui rendre ſa
viſitean Le même jour le
Maire nomma fix Aldermans
, & douze Membres
du commun Conſeil de la
ville, pour faire la fonc
tion de Maîtres d'Hôtel
&faire fervir le Roy, le
Prince & la Princeſſe au
feftin qu'il donnera le 9.
Nij
148 MERCURE
de ce mois , auquel les Seigneurs
& les Miniftres font
auſſi invitez. Le General
Cadogan ayant reçû fes
inſtructions , partit le 27 .
pour aller en Hollande , à
la place du Comte de Strafford.
Le 31. au matin le
Roy fut couronné dans l'Egliſe
de l'Abbaye de Vveſtminſter
, avec toute la ſo .
Lemnité poſſible , ſuivant le
ceremonial ordinaire , La
marche commença de la
falle de Vveſtminster , Sa
Majefté étant precedée par
les Officiers qui ont accou
GALANT . 149
tume de porter les marques
& de la Dignité Royale
accompagnée des Pairs
leurs couronnes à la main .
La ceremonie du couronnement
fut faite par l'Archevêque
de Cantorbery ,
qui , aprés le ſervice , & le
fermon prononcé par l'Evêque
d'Oxford , mit la
couronne fur la tête du
Roy. Enfuite on chanta le
TeDeum, & quelques hymnes
en muſique au bruit
des trompettes , auquel les
canons de la Tour & du
Parc répondirent. On re-
Niij
150 MERCURE
tourna dans le mémetors
dre à la falle de Viveſtmin
ſter , où un magnifique
feſtin avoit été proparé. Le
Roy & le Prince s'affirent
à une table élevée au bout
de la falle , & les Pairs , la
couronne en tête , à deux
longues tables dreſſées des
deux côtez de la falle vAh
premier ſervice un Heraut
d'armes fit la proclamation
7
en Anglois & en François;
& le champion étant entré
àcheval , armé de toutes
pieces , jetta ſon ganteler ,
comme gage de bataille ,
GALANTM
pour défier aub combat
ceux qui contefteroient le
droit à la couronne pour
de nouveau Roy. A cinq
heures le Roy ſe retira au
Palais de ſaint James ; &
de foir il y eut des feux de
joye , des réjoüiffances , &
des illuminations par toute
la ville. Avant qu'on ſe mît
en marche pour la ceremonie,
deux ou trois écha
fauts à triple étage , dref
fez dans la cour de Vveftminster
& autour du cimetiere
de l'Eglife , chargez
de ſpectateurs , fondi-
Niiij
7
152 MERCURE
rent , en forte qu'il y cut
pluſieurs perſonnes tuées ,
9115.D
& un tres - grand nombre
de bleſſées.
144 MERCURE
14. de ce mois , que le 26.
du mois dernier le Roy
créa pluſieurs Pairs de la
Grande Bretagne. Milord
Chandon a été fait Comte
de Caernarven ; Milord
Rockingam , Comte de
Rockingam ; Milord Of
fulton , Comte d'Offulton;
Milord Hallifax , Comte
de Hallifax ; Milord Gernſez
, Comte d'Aylesford ;
Milord Harvey , Comte
de Bristol ; & Milord Pelham
, Comte de Clare. Il
fit encore Pairs de la Grande
Bretagne le Comte de
ThoGALANT.
145
Thomond Irlandois , Vicomte
de Tadcaſter ; le
Vicomte de Caſtleton , Ba .
ron Sanderſon de Saxby ;
Milord Sherad , Baron de
Harbouroug ; Milord Pierrepont
, Baron de Pierrepont
de Hauſlip. Ces trois
derniers ſont auſſi Irlandois.
Le ſieur Henry Boyle
a été créé Baron de Carleton
; le Chevalier Richard
Temple , Baron Temple ;
&le Chevalier Michel Vvaſton
, Baron de Vvaſton :
mais il s'eſt excuſé d'accepter
cette dignité. Le
Νου. 1714. N
146 MERCURE
ende
27. le Roy tint au Palais de
faint James , pour la prémiere
fois , Chapitre de
l'Ordre de la Jarretiere ,
dans lequel il fit quatre
Ghevaliers , qui font le
Duc de Rutland , le Duc
de Bolton , le Comte de
Dorfet , & le Comte de
Hallifax. Le Comte d'Ay
lesford a été fait Chance
lier du Duché de Lancafi
tre , à la place de Milord
Burkley de Strerlon , & le
Colonel Killegrevv Gentilhomme
de la Garderobe
du Prince de Galles. Le 25
GALANT 147
Je Marquis de Monteleon ,
Ambaſſadeur d'Eſpagne ,
arriva de Hollande en cette
ville par la voye de Calais
&le 26. au matin il alla vi
fiter les Secretaires d'Eftat ,
qui le même jour allerent
àfon Hôtel lui rendre ſa
viſitean Le même jour le
Maire nomma fix Aldermans
, & douze Membres
du commun Conſeil de la
ville, pour faire la fonc
tion de Maîtres d'Hôtel
&faire fervir le Roy, le
Prince & la Princeſſe au
feftin qu'il donnera le 9.
Nij
148 MERCURE
de ce mois , auquel les Seigneurs
& les Miniftres font
auſſi invitez. Le General
Cadogan ayant reçû fes
inſtructions , partit le 27 .
pour aller en Hollande , à
la place du Comte de Strafford.
Le 31. au matin le
Roy fut couronné dans l'Egliſe
de l'Abbaye de Vveſtminſter
, avec toute la ſo .
Lemnité poſſible , ſuivant le
ceremonial ordinaire , La
marche commença de la
falle de Vveſtminster , Sa
Majefté étant precedée par
les Officiers qui ont accou
GALANT . 149
tume de porter les marques
& de la Dignité Royale
accompagnée des Pairs
leurs couronnes à la main .
La ceremonie du couronnement
fut faite par l'Archevêque
de Cantorbery ,
qui , aprés le ſervice , & le
fermon prononcé par l'Evêque
d'Oxford , mit la
couronne fur la tête du
Roy. Enfuite on chanta le
TeDeum, & quelques hymnes
en muſique au bruit
des trompettes , auquel les
canons de la Tour & du
Parc répondirent. On re-
Niij
150 MERCURE
tourna dans le mémetors
dre à la falle de Viveſtmin
ſter , où un magnifique
feſtin avoit été proparé. Le
Roy & le Prince s'affirent
à une table élevée au bout
de la falle , & les Pairs , la
couronne en tête , à deux
longues tables dreſſées des
deux côtez de la falle vAh
premier ſervice un Heraut
d'armes fit la proclamation
7
en Anglois & en François;
& le champion étant entré
àcheval , armé de toutes
pieces , jetta ſon ganteler ,
comme gage de bataille ,
GALANTM
pour défier aub combat
ceux qui contefteroient le
droit à la couronne pour
de nouveau Roy. A cinq
heures le Roy ſe retira au
Palais de ſaint James ; &
de foir il y eut des feux de
joye , des réjoüiffances , &
des illuminations par toute
la ville. Avant qu'on ſe mît
en marche pour la ceremonie,
deux ou trois écha
fauts à triple étage , dref
fez dans la cour de Vveftminster
& autour du cimetiere
de l'Eglife , chargez
de ſpectateurs , fondi-
Niiij
7
152 MERCURE
rent , en forte qu'il y cut
pluſieurs perſonnes tuées ,
9115.D
& un tres - grand nombre
de bleſſées.
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Résumé : De Londres. [titre d'après la table]
En 1714 à Londres, plusieurs événements politiques et cérémoniels marquants ont eu lieu. Le 26 du mois précédent, le roi a créé plusieurs pairs de la Grande-Bretagne, dont Lord Chandon, Lord Rockingham, Lord Offulton, Lord Halifax, Lord Gernsey, Lord Harvey, Lord Pelham, et le comte de Thogalant. Des titres de vicomtes et de barons ont été attribués à des personnalités irlandaises et anglaises, tandis que le chevalier Michel Wvaston a refusé la dignité de baron. Le 27, le roi a tenu le premier chapitre de l'Ordre de la Jarretière au Palais de Saint James, nommant quatre chevaliers : le duc de Rutland, le duc de Bolton, le comte de Dorset, et le comte de Halifax. Le comte d'Aylesford a été nommé chancelier du duché de Lancastre et le colonel Killegrev gentilhomme de la garde-robe du prince de Galles. Le marquis de Monteleon, ambassadeur d'Espagne, est arrivé de Hollande et a été reçu par les secrétaires d'État. Le maire de Londres a nommé des aldermen et des membres du conseil communal pour le festin royal du 9 du mois. Le général Cadogan est parti pour la Hollande, remplaçant le comte de Strafford. Le 31, le roi a été couronné à l'abbaye de Westminster selon le cérémonial traditionnel, dirigé par l'archevêque de Cantorbéry. La cérémonie incluait la mise de la couronne, un sermon par l'évêque d'Oxford, et des chants accompagnés de trompettes et de canons. Un festin a suivi à la salle de Westminster, accompagné de réjouissances et d'illuminations dans la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4148
p. 137-151
Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
A l'ouverture de cette These, Mr de Rouviere fit le / MESSIEURS, J'enreprens aujourd'huy une Composition, qui depuis plus de [...]
Mots clefs :
Thèse, Thériaque, Remède, Docteurs, Composition, Réputation, Galien, Peste, Guérison, Mérite, Efficacité, Empereurs, Baume, Louis le Grand, Honneur, Applaudissements, Approbation, Médecins, Doyens, Apothicaires
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texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
A l'ouverture de cette The .
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
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Résumé : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
En mars 1685, M. de Rouvière a prononcé un discours devant les docteurs régents, le doyen, les professeurs de la Faculté de Médecine, ainsi que M. de La Reynie et le procureur du roi. Ce discours portait sur la composition de la thériaque, un remède célèbre en médecine depuis des siècles. La thériaque, initialement attribuée à Mithridate, roi du Pont, a été améliorée par Andromachus, qui y a ajouté des vipères. Les Romains admiraient ses propriétés, et elle a conservé sa réputation jusqu'au règne de Louis XIV. Sous les empereurs Néron, Marc Aurèle et Lucius Verus, Galien, un médecin célèbre, a été chargé de préparer la thériaque. Sa préparation a été cruciale pour lutter contre une peste qui a frappé Rome en 166. Après la mort de Marc Aurèle, la thériaque a été négligée, mais l'empereur Septime Sévère l'a rétablie, rendant à Galien les honneurs et les responsabilités qu'il méritait. Galien a continué à préparer la thériaque jusqu'à sa mort en l'an 200. Le discours met en avant l'importance de la thériaque à travers les époques et les nations. L'orateur exprime son désir de renouveler la préparation ancienne d'Andromachus en utilisant des médicaments authentiques. Il mentionne les efforts de Louis XIV pour obtenir des ingrédients rares et précieux, soulignant la grandeur et la générosité du roi. Le discours se conclut par des remerciements aux autorités médicales et royales pour leur approbation et leur soutien.
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4149
p. 145-189
LA RUNE. A Madame la Marquise de M.
Début :
Quand d'une ardeur si peu commune [...]
Mots clefs :
Rhune, Diable, Dieu, Collier, Tribune, Pyrénées, Rocher, Soleil, Baleine, Rivage, Dame, Almanachs, Amour
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texteReconnaissance textuelle : LA RUNE. A Madame la Marquise de M.
LA RUNE.
A Madame la Marquife
de M.
QUand d'une ardeur´ fi
peu commune
On vous entend pouffer
tout bas
Et des foûpirs & des helas ,
Qui croiroit que c'eſt pour
la Rune?
Quelques gens trop promts
à la main
Fuillet 1712 .
N
146 MERCURE
A juger mal de leur prochain ,
Pourront s'imaginer peutêtre ,
S'ils n'ont l'honneur devous
connoître ,
Que la Rune eft un cava
lier,
Non de tels qu'on en voit
paroître
A Paris au moins un millier,
Dont le merite fingulier
Nepaffe point le Petit-Maître :
Mais un de ceux au grand
colier ,
GALANT. 147
Quiparfonair diſcret, honnête ,
Vous auroit donné dans la
tête.
Mais j'en avertis promptement ,
Point de jugement temeraire ,
La Rune pour qui feulement
Vous foûpirez fi tendrement
Et fans enfaire de myſtere ;
La Rune qui feul fçut toucher
Un cœur toûjours fage &
fevere ;
Nij
148 MERCURE
La Rune qui feul peut vous
plaire ,
Helas n'eft qu'un pauvre
rocher.
Sur la cime des Pirenées .
Oùbravant depuis fix mille
ans
Et la foudre & les deftinées,
Il compte les fiecles courans ,
Comme nous comptons les
années ;
Ce rocher orgueilleux &
fier
Etend au large fon empire ,
Et paroiffant feul & fans
pair,
GALANT. 149
Parpitiépour ce qui refpire
Sans tomber refte prefque
en l'air.
Devant fon énorme figure
Lesautresrochers fes fujets,
Vils avortons de la nature ,
Ne femblent que des marmoufers ,
Dont les plus hauts & les
mieux faits
Nelui vont pasà la ceinture.
De là comme d'un Belveder ,
Allongeant fon col vers la
mer,
Il voit fous lui la terre &
l'onde ,
N iij
150 MERCURE
Ét dominant également
Sur l'un & fur l'autre ele.
ment *
Semble , faifant par tout la
ronde ,
Contempler curieufement
Ce qui le fait dans tout le
monde.
Contre fon chefaudacieux
Qui touche preſque jufqu'
aux cieux ,
Paroît cloüé comme une
cage
Un pauvre petit hermitage,
Deux cellules pour loge.
nient ,
GALANT. ISL
Avec un peu de jardinage ,
Qui cultivélegerement
Fournit affez abondamment
Herbes & fruits pour le ménage.
Joignez encoreaubâtiment
Sur l'un des bouts une Chapelle ,
Et del'hermitage charmant
Vous aurez un portrait fi.
delle.
Cependant du rochervoiſin
Le paffant qui va fon chemin,
S'il tourne vers là la prunelle ,
Niiij
152 MERCURE
Au lieu d'un logement hu
main ,
Demaiſon , Chapelle & jardin ,
Croit nevoir qu'un nid d’hirondelle.
Or,foit nid d'hirondelle où
non,
C'eſt où vous pretendez ,
dit
on ,
Aller fixer vôtre demeure.
Ce deffein eft loüable &
bon ,
Vous le voulez , à la bonne
heure :
Mais tandis qu'au gré de
VOS Vœux
GALANT.
153
Votre équipage fe prepare,
Que vous prenez vôtre fimarre
Et que l'on treffe vos cheveux ;
Que de papier & de clincaille
Vous ornez le chapeau de
paille ,
Qui dans cette aimable prifon
Doitvous tenir lieu de coiffure ;
Avant d'entrer dans la voiture ,
Et de quitter nôtre horizon,
Souffrez que,commede raifon ,
154 MERCURE
Je prêche ici vôtre vêture.
Lafolitude eftbelle envers,
On eft charmé de fa pein
ture :
Mais elle a de fâcheux re,
vers ,
Et malgré ce qu'on s'en
figure ,
Donnebien de la tablature.
J'en fçai mille exemples divers ,
Quelque bien qu'on foit le
temps dure ,
Et je vois dans cet univers
Qu'on aime à changer de
poſture.
GALANT. 159
Quand vous aurez fait le
plongeon,
Et que vous vous ferez perchée
Sur le haut de vôtre donjon,
Vous y ferez bien empê.
chée.
Delà vous verrez, je le veux,
La mer en orages feconde ,
Rouler fes flots impetueux,
Et blanchir les rocs de fon
onde :
Encor le fait eft-il douteux ;
Car du fommet de cette
roche,
Avec l'œil le plus délié ,
Pour voir la mer qui bat fon
pié
156 MERCURE
Il faut des lunettes d'approche.
Mais voyez-la , je le veux
bien;
Voyez, fi vous voulez , encore
Depuis le rivage Chrétien
Jufques au rivage du More ;
Confiderez de toutes parts
Vingt & vingt Royaumes
épars ;
Voyez encore , s'il fe peut
faire ,
Tout ce que leSoleil éclaire;
Et , fi jamais rien vous a
plû,
Ayoüez , fainte folitaire ,
GALANT. 157
Que cette vûë a de quoy
plaire :
Mais d'un coup d'œil on a
tout vû.
Durant cela le jour s'allonge,
Le Soleil marche avec lenreur :
Il eſt encor dans fa hauteur ,
Qu'on attend l'inſtant qu'il
ſe plonge ,
Et qu'enfin le fommeil vainqueur
Du cruel chagrin qui vous
ronge ,
Etourdiffe vôtre langueur,
158 MERCURE
Et par l'image d'un beau
fonge
Charme l'ennui de vôtre
cecur.
Lorfque cet ennui vous poffede ,
La priere eft un bon remede ;
Tout hermite en doit faire
cas ,
S'il veut que Dieu lui foit
en aide.
Vousprierez , je n'en doute
pas:
Mais l'ame eft quelquefois
bien tiede ,
Et quand deprier on eft las,
GALANT.
159
Il faut trouver quelque intermede.
Jeveux que dans vôtre oraifon
Dieu vous anime & vous
confole ,
Qu'il éclaire vôtre raiſon ,
Et vousporte aucœur fa
role :
paMais aprés toutes ces faveurs ,
Vous trouverez comme
tant d'autres ,
Bientôt la fin de vos ferveurs
Et le bout de vos patenôtres ,
160 MERCURE
Et gare auffi quelques vapeurs.
Ce n'eft pas que de vôtre
Dune,
Comme du haut d'une Tribune ,
Vous pourrez prêcher les
poiffons ,
Qui réveillez par vos doux
fons ,
Et curieux de vous connoître ,
Pour mieux entendre vos
leçons ,
Mettront la tête à la fenêtre.
Je
GALANT. 161
Jevois déja les eftourgeons
Sur la merfaireun promontoire ,
Avec un peuple de goujons
Qui courent à votre auditoire :
Les dauphins en gens du
grand air ,
Pardeffus l'eau levant la tête ,
Et ruminant quelque conquête ,
Viennent d'un pas de Duc
& Pair.
CommeDames de haut parage
Lesbaleines plus lentement
Juillet 1712.
162 MERCURE
S'avancent en grand équi
page ,
Traînant aprés elles maint
page
Qui fend les eaux gaillar
dement.
Prêchez mais au fortir de
chaire
N'attendez point de com.
pliment ,
Les poiffons n'en fçavent
point faire ;
Non, ni baleine ni faumon
N'aura jamais Fefprit de
direr:
Le grand talent ! le beau
fermom! J
GALANT. 163
Cependant il n'en faut pas
¡ire ,
Un compliment un peu
teur
flaSoulage le Predicateur ;
Il ne prêche que pour inftruire :
Mais après tout je croirois
bien
Qu'un compliment ne gâte
rien.
C'eft chofe enfin bien ennuyeuſe ,
Fut- on même grande caufeufe ,
D'entretenir un peuple for,
Quifait fortir deles paupieres O ij
164 MERCURE
Des yeux grands comme
des falieres ,
Et jamais ne vous répond
mot.
Un long filence nous at
triſte ;
Encor faut-il dans le befoin
Avoir quelqu'un qui prenne foin
Devous dire, Dieu vous affifte.
Ce monde a de fort grands
défauts ,
Ne craignez pas que je l'excufe ;
Il eſt méchant,leger &faux,
GALANT. 165
Il trompe, il feduit, il abuſe,
Il eft auteur de mille maux:
Mais tel qu'il eft il nous
amufe ,
Sans ceffe il fournit à nos
yeux
Mille fpectacles curieux.
Sa ſcene mobile & chanPlaît même
geante
par fon changement ;
Toûjours nouvel évenement
Que fon efprit fecond enfante
Nous réveille agreablement.
166 MERCURE
L'un rit , & l'autre fe lamente ,
Tous deux trompez égale.
ment ,
L'un arrive au port fûrement
L'autre eft encor dans la
tourmente ;
L'un perd fon bien , l'autre
l'augmente ;
L'un pourfuit inutilement
Lafortune toûjours fuyante ,
L'autre l'attend tranquile
ment,
Ou parvient fans fçavoir
comment
GALANT. 167
Et prefque contre ſon at
tente.
L'un reüffit heureuſement,
L'autre, aprés bien du mou.
vement ,
Trouve un rival qui le fupplante.
L'un en pefte , l'autre en
plaifante ,
L'un vous brufque groffierement ,
L'autre d'une main caref
fante
Vous poignarde civile
ment.
L'unaime Dieutrés- ardem ,
ment ,
168 MERCURE
Ou fait femblant , que je ne
mente ;
Pour fon prochain , il s'en
exempte.
L'autre s'aime trés tendrement ,
Et d'autrui fort peu fe tourmente.
L'unfe venge devotement ,
L'autre avec éclat , & s'en
vante.
L'un parle des Saints doctement,
L'autre les revere humblement
Et de les fuivre fe contenشر te. :
L'un
GALANT. 169
L'un a de l'air , de l'agrément ,
L'autre par fa mine é
pouvante ;
L'un fait un bon contrat
de rente ,
Et l'autre fait un teſtament ,
L'un à quinze ans , l'ame
dolente ,
1
Va prendre gifte au monument ,
Et l'autre prend femme
à foixante
L'un fe fait tuer trifteFuillet 1712.
P
170 MERCURE
ment ,
L'autre naift au mefme
moment
Pour remplir la place
vacante ;
On rencontre indifferemment
Un Bapteſme , un Enterrement ;
Enfin c'eft une Comedie
De voir ce qu'on voit
tous les jours :
Vous diriez en voyant
ces tours ,
Quela fortune s'eftudie
GALANT. 171
Sans ceffe à varier fon
cours ;
Tousjours quelque metamorphofe
Donne matiere à l'entretien ,
Mais fur la Rune on ne
voit rien ,
f
Ou c'eſt tousjours la
meſme choſe ;
En un mot dans ce pau30 vre nid
On ne fçait qui meurt ,
ny qui vit.
Il est bien vray qu'à voPij
172 MERCURE
ftre Rune
Vous ferez proche de la
Lune ,
Et que mefme en faiſant
chemin ,
Elle peut vous toucher
la main.
Mais en ferez - vous plus
chanceuſe ,
Et pouvez - vous faire
grand castr
D'une voiſine fi fafcheufe ?
Si l'on en croit les Almanachs ,
GALANT. 173
La Dame eft fort capricieuſe ,
Donnant dans des hauts
& des bas.
Elle fera la précieuſe
Voilant quelquefois fes
appas ,
Quelquefois ne les voilant pas ;
Tantoft ſe montrant toute entiere ,
Tantoft feulement à moiCastié ,
Sans que par foupir ny
priere ,
P iij
174 MERCURE
Ny par les droits de l'amitié ,
Vous puifficz durant fa 45
carrière.
En obtenir pour un moments
Comme une grace finguliere ,
De changer fon ajuſte20hing ment.
D'ailleurs il ne faut nullement
Qu'elle vous foit ſi familiere ;
Croyez-moy , c'eſt ſans
GALANT. 175
paffion ,
Avec une telle ouvriere
Point trop de frequentation ;
Car outre fa complexion
Que l'on dit eſtre fort
mauvaiſe ,
N'eftant jamais , ne vous
deplaife ,
Sans quelque bonne fluxion ,
Outre fes rhumes , fes catharres,
Qu'on gagne par contagion ,
P iiij
176 MERCURE
Ainfi que fes humeurs
bifarres
Dans cette trifte region ;
Sa conduite n'eft pas bien
nette ,
Jevousle dis auparavant,
Bien qu'elle foit vieille
planette ,
Elle met en jeune coquette ,
Du rouge & des mouches fouvent ,
Et fe farde fous fa cornette
Je le fçay de plus d'un
GALANT. 177
fçavant
Qu'elle reçoit à fa toillette :
De plus , ſi ce n'eſt un
faux bruit ,
Au lieu de vivre en femme fage ,
Elle abandonne fon mefnage ,
Et court le bal toute la
nuit.
De là vient, je croy , certain conte
D'un certain jeune Endimion
178 MERCURE
Que le monde a mis fur
fon compte ;
Etcette indigne affection
Adans tous lieux fur fon
paffage
Taché fa reputation ,
Autant ou plus que fon
vifage.
Peut - eftre eft - ce une
fiction ,
Mais enfin cela la diffame ;
Et pourquoy fortant de
fon
trou ,
Va-t-elle auffi la bonne
GALANT. 179
Dame
Courir la nuit le guilledou ,
Lebeaumeftier pour une
femme ;
Et puis après l'a plaindra t'on
Quand on luy vient
chanter fa gamme,
Ou luy donner quelque
dicton ;
Helas la pauvre malheureufe land on
Le bel honneur où la
voila
180 MERCURE
De paffer pour une coureufe!
La verrez - vous après
cela ?
Vous n'aurez point cette
manie ,
Et c'eft für quoyl'on veut
compter ;
Voila pourtant la compagnie ,
Dont il faudra vous contenter.
Il ne faut point que l'on
vous berce
De cet efpoir trompeur
GALANT. 181
I
& vain,
Que vous puiffiez avoir
commerce
Avec aucun viſage humain ;
Si ce n'eft quelque pauvre haire ,
Qui dans les rochers égaré ,
Vint à vous d'un air é-
- ploré,
Cherchant remede à fa
mifere.
Il fera d'un ton doulouov kreux ,
182 MERCURE
S'il vous trouve prompt
à le croire ,
Du defaftre le plus affreux ,
La trifte & lamentable
hiſtoire ,
Mais tout cela fent le
grimoire ,
Prenez bien garde à l'hameçon :
Et crainte de tout malefice ,
Fermez la porte fans façon ,
Et luy dites , Dieu yous
GALANT. 183
beniffe.
Mais la charité .... mais
enfin
On dit que le diable eſt
bien fin ,
Le drofle eft fait au badinage ,
C'eſt un franc archipatelin ,
Sombre, fournois , fourbe & malin ,
Qui fçait jouer fon perfonnage ,
Et qui pour fonder le
terrain ,
184 MERCURE
Va ſouvent en pelerinage ,
Defiez- vous du pelerin ;
Mais fans que le diable
s'en mefle ,
Il s'en fait aſſez aujourdhuy.
Et quoy qu'on jette tout
fur luy ,
Ce n'eft pas toujours luy
qui gretle :
Nous avons au dedans
de nous
Un ennemy bien plus
à craindre ,
GALANT. 184
Il porte les plus rudes
coups ,
Et perfonne n'ofe s'en
plaindre ,
Chacun l'excufe & le
cherit ,
Et s'il arrive quelque
hiſtoire ,
On s'en prend au malin
eſprit ,
A qui l'on en fait bien
accroire.
Il a tout fait, il a tout dit,
On compte fort fur fon
credit ;
Fuillet 1712. Q
186 MERCURE
C'eft luy qui fait qu'on
fuit la peine ,
Et que l'on cherche le
plaifir ,
C'eft luy qui par la main
nous meine
Où nous porte noftre
defir ;
C'eft luy qui fait la medifance ,
C'eft luy qui dicte la
vengeance ,
C'eft luy dont l'afcendant certain
Rend le foldat dur &
GALANT. 187
barbare ,
Rend le noble fier &
hautain ,
Rend le jeune homme
libertin ,
Et le fexagenaire avare.
Le fourbe dans fes trahifons ,
Et le faint dans fes oraifons ,
Imputent tout à fa malice.
De tous les maux que
nous faifons
Il eſt l'autheur & le comQij
188 MERCURE
plice ;
He laiffons - le pour ce
qu'il eft :
Pourquoy faut il qu'on
s'imagine
Qu'il fait jouer comme
il luy plaiſt ,
Les refforts de noftre
machine ,
On l'accufe de maintforfait ,
Mais à bien juger de
l'affaire
Souvent ce n'eft
qui fait ,
pas luy
GALANT. 189
Il ne fait que nous laiſſer
faire.
On fe livre à la volupté ,
Parce qu'elle flatte &
qu'on l'aime ,
Et fi du diable on eft
tenté ,
Il faut dire la verité ,
Chacun eft un diable à
foy -mefme.
A Madame la Marquife
de M.
QUand d'une ardeur´ fi
peu commune
On vous entend pouffer
tout bas
Et des foûpirs & des helas ,
Qui croiroit que c'eſt pour
la Rune?
Quelques gens trop promts
à la main
Fuillet 1712 .
N
146 MERCURE
A juger mal de leur prochain ,
Pourront s'imaginer peutêtre ,
S'ils n'ont l'honneur devous
connoître ,
Que la Rune eft un cava
lier,
Non de tels qu'on en voit
paroître
A Paris au moins un millier,
Dont le merite fingulier
Nepaffe point le Petit-Maître :
Mais un de ceux au grand
colier ,
GALANT. 147
Quiparfonair diſcret, honnête ,
Vous auroit donné dans la
tête.
Mais j'en avertis promptement ,
Point de jugement temeraire ,
La Rune pour qui feulement
Vous foûpirez fi tendrement
Et fans enfaire de myſtere ;
La Rune qui feul fçut toucher
Un cœur toûjours fage &
fevere ;
Nij
148 MERCURE
La Rune qui feul peut vous
plaire ,
Helas n'eft qu'un pauvre
rocher.
Sur la cime des Pirenées .
Oùbravant depuis fix mille
ans
Et la foudre & les deftinées,
Il compte les fiecles courans ,
Comme nous comptons les
années ;
Ce rocher orgueilleux &
fier
Etend au large fon empire ,
Et paroiffant feul & fans
pair,
GALANT. 149
Parpitiépour ce qui refpire
Sans tomber refte prefque
en l'air.
Devant fon énorme figure
Lesautresrochers fes fujets,
Vils avortons de la nature ,
Ne femblent que des marmoufers ,
Dont les plus hauts & les
mieux faits
Nelui vont pasà la ceinture.
De là comme d'un Belveder ,
Allongeant fon col vers la
mer,
Il voit fous lui la terre &
l'onde ,
N iij
150 MERCURE
Ét dominant également
Sur l'un & fur l'autre ele.
ment *
Semble , faifant par tout la
ronde ,
Contempler curieufement
Ce qui le fait dans tout le
monde.
Contre fon chefaudacieux
Qui touche preſque jufqu'
aux cieux ,
Paroît cloüé comme une
cage
Un pauvre petit hermitage,
Deux cellules pour loge.
nient ,
GALANT. ISL
Avec un peu de jardinage ,
Qui cultivélegerement
Fournit affez abondamment
Herbes & fruits pour le ménage.
Joignez encoreaubâtiment
Sur l'un des bouts une Chapelle ,
Et del'hermitage charmant
Vous aurez un portrait fi.
delle.
Cependant du rochervoiſin
Le paffant qui va fon chemin,
S'il tourne vers là la prunelle ,
Niiij
152 MERCURE
Au lieu d'un logement hu
main ,
Demaiſon , Chapelle & jardin ,
Croit nevoir qu'un nid d’hirondelle.
Or,foit nid d'hirondelle où
non,
C'eſt où vous pretendez ,
dit
on ,
Aller fixer vôtre demeure.
Ce deffein eft loüable &
bon ,
Vous le voulez , à la bonne
heure :
Mais tandis qu'au gré de
VOS Vœux
GALANT.
153
Votre équipage fe prepare,
Que vous prenez vôtre fimarre
Et que l'on treffe vos cheveux ;
Que de papier & de clincaille
Vous ornez le chapeau de
paille ,
Qui dans cette aimable prifon
Doitvous tenir lieu de coiffure ;
Avant d'entrer dans la voiture ,
Et de quitter nôtre horizon,
Souffrez que,commede raifon ,
154 MERCURE
Je prêche ici vôtre vêture.
Lafolitude eftbelle envers,
On eft charmé de fa pein
ture :
Mais elle a de fâcheux re,
vers ,
Et malgré ce qu'on s'en
figure ,
Donnebien de la tablature.
J'en fçai mille exemples divers ,
Quelque bien qu'on foit le
temps dure ,
Et je vois dans cet univers
Qu'on aime à changer de
poſture.
GALANT. 159
Quand vous aurez fait le
plongeon,
Et que vous vous ferez perchée
Sur le haut de vôtre donjon,
Vous y ferez bien empê.
chée.
Delà vous verrez, je le veux,
La mer en orages feconde ,
Rouler fes flots impetueux,
Et blanchir les rocs de fon
onde :
Encor le fait eft-il douteux ;
Car du fommet de cette
roche,
Avec l'œil le plus délié ,
Pour voir la mer qui bat fon
pié
156 MERCURE
Il faut des lunettes d'approche.
Mais voyez-la , je le veux
bien;
Voyez, fi vous voulez , encore
Depuis le rivage Chrétien
Jufques au rivage du More ;
Confiderez de toutes parts
Vingt & vingt Royaumes
épars ;
Voyez encore , s'il fe peut
faire ,
Tout ce que leSoleil éclaire;
Et , fi jamais rien vous a
plû,
Ayoüez , fainte folitaire ,
GALANT. 157
Que cette vûë a de quoy
plaire :
Mais d'un coup d'œil on a
tout vû.
Durant cela le jour s'allonge,
Le Soleil marche avec lenreur :
Il eſt encor dans fa hauteur ,
Qu'on attend l'inſtant qu'il
ſe plonge ,
Et qu'enfin le fommeil vainqueur
Du cruel chagrin qui vous
ronge ,
Etourdiffe vôtre langueur,
158 MERCURE
Et par l'image d'un beau
fonge
Charme l'ennui de vôtre
cecur.
Lorfque cet ennui vous poffede ,
La priere eft un bon remede ;
Tout hermite en doit faire
cas ,
S'il veut que Dieu lui foit
en aide.
Vousprierez , je n'en doute
pas:
Mais l'ame eft quelquefois
bien tiede ,
Et quand deprier on eft las,
GALANT.
159
Il faut trouver quelque intermede.
Jeveux que dans vôtre oraifon
Dieu vous anime & vous
confole ,
Qu'il éclaire vôtre raiſon ,
Et vousporte aucœur fa
role :
paMais aprés toutes ces faveurs ,
Vous trouverez comme
tant d'autres ,
Bientôt la fin de vos ferveurs
Et le bout de vos patenôtres ,
160 MERCURE
Et gare auffi quelques vapeurs.
Ce n'eft pas que de vôtre
Dune,
Comme du haut d'une Tribune ,
Vous pourrez prêcher les
poiffons ,
Qui réveillez par vos doux
fons ,
Et curieux de vous connoître ,
Pour mieux entendre vos
leçons ,
Mettront la tête à la fenêtre.
Je
GALANT. 161
Jevois déja les eftourgeons
Sur la merfaireun promontoire ,
Avec un peuple de goujons
Qui courent à votre auditoire :
Les dauphins en gens du
grand air ,
Pardeffus l'eau levant la tête ,
Et ruminant quelque conquête ,
Viennent d'un pas de Duc
& Pair.
CommeDames de haut parage
Lesbaleines plus lentement
Juillet 1712.
162 MERCURE
S'avancent en grand équi
page ,
Traînant aprés elles maint
page
Qui fend les eaux gaillar
dement.
Prêchez mais au fortir de
chaire
N'attendez point de com.
pliment ,
Les poiffons n'en fçavent
point faire ;
Non, ni baleine ni faumon
N'aura jamais Fefprit de
direr:
Le grand talent ! le beau
fermom! J
GALANT. 163
Cependant il n'en faut pas
¡ire ,
Un compliment un peu
teur
flaSoulage le Predicateur ;
Il ne prêche que pour inftruire :
Mais après tout je croirois
bien
Qu'un compliment ne gâte
rien.
C'eft chofe enfin bien ennuyeuſe ,
Fut- on même grande caufeufe ,
D'entretenir un peuple for,
Quifait fortir deles paupieres O ij
164 MERCURE
Des yeux grands comme
des falieres ,
Et jamais ne vous répond
mot.
Un long filence nous at
triſte ;
Encor faut-il dans le befoin
Avoir quelqu'un qui prenne foin
Devous dire, Dieu vous affifte.
Ce monde a de fort grands
défauts ,
Ne craignez pas que je l'excufe ;
Il eſt méchant,leger &faux,
GALANT. 165
Il trompe, il feduit, il abuſe,
Il eft auteur de mille maux:
Mais tel qu'il eft il nous
amufe ,
Sans ceffe il fournit à nos
yeux
Mille fpectacles curieux.
Sa ſcene mobile & chanPlaît même
geante
par fon changement ;
Toûjours nouvel évenement
Que fon efprit fecond enfante
Nous réveille agreablement.
166 MERCURE
L'un rit , & l'autre fe lamente ,
Tous deux trompez égale.
ment ,
L'un arrive au port fûrement
L'autre eft encor dans la
tourmente ;
L'un perd fon bien , l'autre
l'augmente ;
L'un pourfuit inutilement
Lafortune toûjours fuyante ,
L'autre l'attend tranquile
ment,
Ou parvient fans fçavoir
comment
GALANT. 167
Et prefque contre ſon at
tente.
L'un reüffit heureuſement,
L'autre, aprés bien du mou.
vement ,
Trouve un rival qui le fupplante.
L'un en pefte , l'autre en
plaifante ,
L'un vous brufque groffierement ,
L'autre d'une main caref
fante
Vous poignarde civile
ment.
L'unaime Dieutrés- ardem ,
ment ,
168 MERCURE
Ou fait femblant , que je ne
mente ;
Pour fon prochain , il s'en
exempte.
L'autre s'aime trés tendrement ,
Et d'autrui fort peu fe tourmente.
L'unfe venge devotement ,
L'autre avec éclat , & s'en
vante.
L'un parle des Saints doctement,
L'autre les revere humblement
Et de les fuivre fe contenشر te. :
L'un
GALANT. 169
L'un a de l'air , de l'agrément ,
L'autre par fa mine é
pouvante ;
L'un fait un bon contrat
de rente ,
Et l'autre fait un teſtament ,
L'un à quinze ans , l'ame
dolente ,
1
Va prendre gifte au monument ,
Et l'autre prend femme
à foixante
L'un fe fait tuer trifteFuillet 1712.
P
170 MERCURE
ment ,
L'autre naift au mefme
moment
Pour remplir la place
vacante ;
On rencontre indifferemment
Un Bapteſme , un Enterrement ;
Enfin c'eft une Comedie
De voir ce qu'on voit
tous les jours :
Vous diriez en voyant
ces tours ,
Quela fortune s'eftudie
GALANT. 171
Sans ceffe à varier fon
cours ;
Tousjours quelque metamorphofe
Donne matiere à l'entretien ,
Mais fur la Rune on ne
voit rien ,
f
Ou c'eſt tousjours la
meſme choſe ;
En un mot dans ce pau30 vre nid
On ne fçait qui meurt ,
ny qui vit.
Il est bien vray qu'à voPij
172 MERCURE
ftre Rune
Vous ferez proche de la
Lune ,
Et que mefme en faiſant
chemin ,
Elle peut vous toucher
la main.
Mais en ferez - vous plus
chanceuſe ,
Et pouvez - vous faire
grand castr
D'une voiſine fi fafcheufe ?
Si l'on en croit les Almanachs ,
GALANT. 173
La Dame eft fort capricieuſe ,
Donnant dans des hauts
& des bas.
Elle fera la précieuſe
Voilant quelquefois fes
appas ,
Quelquefois ne les voilant pas ;
Tantoft ſe montrant toute entiere ,
Tantoft feulement à moiCastié ,
Sans que par foupir ny
priere ,
P iij
174 MERCURE
Ny par les droits de l'amitié ,
Vous puifficz durant fa 45
carrière.
En obtenir pour un moments
Comme une grace finguliere ,
De changer fon ajuſte20hing ment.
D'ailleurs il ne faut nullement
Qu'elle vous foit ſi familiere ;
Croyez-moy , c'eſt ſans
GALANT. 175
paffion ,
Avec une telle ouvriere
Point trop de frequentation ;
Car outre fa complexion
Que l'on dit eſtre fort
mauvaiſe ,
N'eftant jamais , ne vous
deplaife ,
Sans quelque bonne fluxion ,
Outre fes rhumes , fes catharres,
Qu'on gagne par contagion ,
P iiij
176 MERCURE
Ainfi que fes humeurs
bifarres
Dans cette trifte region ;
Sa conduite n'eft pas bien
nette ,
Jevousle dis auparavant,
Bien qu'elle foit vieille
planette ,
Elle met en jeune coquette ,
Du rouge & des mouches fouvent ,
Et fe farde fous fa cornette
Je le fçay de plus d'un
GALANT. 177
fçavant
Qu'elle reçoit à fa toillette :
De plus , ſi ce n'eſt un
faux bruit ,
Au lieu de vivre en femme fage ,
Elle abandonne fon mefnage ,
Et court le bal toute la
nuit.
De là vient, je croy , certain conte
D'un certain jeune Endimion
178 MERCURE
Que le monde a mis fur
fon compte ;
Etcette indigne affection
Adans tous lieux fur fon
paffage
Taché fa reputation ,
Autant ou plus que fon
vifage.
Peut - eftre eft - ce une
fiction ,
Mais enfin cela la diffame ;
Et pourquoy fortant de
fon
trou ,
Va-t-elle auffi la bonne
GALANT. 179
Dame
Courir la nuit le guilledou ,
Lebeaumeftier pour une
femme ;
Et puis après l'a plaindra t'on
Quand on luy vient
chanter fa gamme,
Ou luy donner quelque
dicton ;
Helas la pauvre malheureufe land on
Le bel honneur où la
voila
180 MERCURE
De paffer pour une coureufe!
La verrez - vous après
cela ?
Vous n'aurez point cette
manie ,
Et c'eft für quoyl'on veut
compter ;
Voila pourtant la compagnie ,
Dont il faudra vous contenter.
Il ne faut point que l'on
vous berce
De cet efpoir trompeur
GALANT. 181
I
& vain,
Que vous puiffiez avoir
commerce
Avec aucun viſage humain ;
Si ce n'eft quelque pauvre haire ,
Qui dans les rochers égaré ,
Vint à vous d'un air é-
- ploré,
Cherchant remede à fa
mifere.
Il fera d'un ton doulouov kreux ,
182 MERCURE
S'il vous trouve prompt
à le croire ,
Du defaftre le plus affreux ,
La trifte & lamentable
hiſtoire ,
Mais tout cela fent le
grimoire ,
Prenez bien garde à l'hameçon :
Et crainte de tout malefice ,
Fermez la porte fans façon ,
Et luy dites , Dieu yous
GALANT. 183
beniffe.
Mais la charité .... mais
enfin
On dit que le diable eſt
bien fin ,
Le drofle eft fait au badinage ,
C'eſt un franc archipatelin ,
Sombre, fournois , fourbe & malin ,
Qui fçait jouer fon perfonnage ,
Et qui pour fonder le
terrain ,
184 MERCURE
Va ſouvent en pelerinage ,
Defiez- vous du pelerin ;
Mais fans que le diable
s'en mefle ,
Il s'en fait aſſez aujourdhuy.
Et quoy qu'on jette tout
fur luy ,
Ce n'eft pas toujours luy
qui gretle :
Nous avons au dedans
de nous
Un ennemy bien plus
à craindre ,
GALANT. 184
Il porte les plus rudes
coups ,
Et perfonne n'ofe s'en
plaindre ,
Chacun l'excufe & le
cherit ,
Et s'il arrive quelque
hiſtoire ,
On s'en prend au malin
eſprit ,
A qui l'on en fait bien
accroire.
Il a tout fait, il a tout dit,
On compte fort fur fon
credit ;
Fuillet 1712. Q
186 MERCURE
C'eft luy qui fait qu'on
fuit la peine ,
Et que l'on cherche le
plaifir ,
C'eft luy qui par la main
nous meine
Où nous porte noftre
defir ;
C'eft luy qui fait la medifance ,
C'eft luy qui dicte la
vengeance ,
C'eft luy dont l'afcendant certain
Rend le foldat dur &
GALANT. 187
barbare ,
Rend le noble fier &
hautain ,
Rend le jeune homme
libertin ,
Et le fexagenaire avare.
Le fourbe dans fes trahifons ,
Et le faint dans fes oraifons ,
Imputent tout à fa malice.
De tous les maux que
nous faifons
Il eſt l'autheur & le comQij
188 MERCURE
plice ;
He laiffons - le pour ce
qu'il eft :
Pourquoy faut il qu'on
s'imagine
Qu'il fait jouer comme
il luy plaiſt ,
Les refforts de noftre
machine ,
On l'accufe de maintforfait ,
Mais à bien juger de
l'affaire
Souvent ce n'eft
qui fait ,
pas luy
GALANT. 189
Il ne fait que nous laiſſer
faire.
On fe livre à la volupté ,
Parce qu'elle flatte &
qu'on l'aime ,
Et fi du diable on eft
tenté ,
Il faut dire la verité ,
Chacun eft un diable à
foy -mefme.
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Résumé : LA RUNE. A Madame la Marquise de M.
La lettre adressée à une marquise traite de la 'Rune', un rocher majestueux et solitaire situé dans les Pyrénées. L'auteur corrige une erreur en précisant que la Rune n'est pas un cavalier mais un rocher imposant qui brave la foudre et les destinées depuis six mille ans. Ce rocher offre une vue panoramique sur de nombreux royaumes et abrite un modeste ermitage avec un jardin et une chapelle. L'auteur explore ensuite les défis de la solitude, soulignant qu'elle peut être à la fois belle et ennuyeuse. Il mentionne les prières comme remède à l'ennui, mais note que l'âme peut se lasser. Il contraste la monotonie de la vie sur la Rune avec les spectacles variés offerts par le monde. Le texte aborde également les caprices de la Lune, voisine de la Rune, en mettant en garde contre ses humeurs changeantes et son comportement imprévisible. Il conclut en avertissant la marquise des dangers de la solitude et des tromperies du monde, tout en soulignant la nécessité de la charité et de la prudence face aux apparences.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4150
p. 139-184
ARTICLE DES SPECTACLES, OU REFLEXIONS SUR SEMIRAMIS.
Début :
On joüa le mois d'Avril dernier, sur le Théatre de la Comedie [...]
Mots clefs :
Théâtre, Public, Auteur, Comédiens, Tragédie, Pièces, Actes, Vengeance, Mort, Mariage, Triomphe, Révoltes, Ennemis, Honneur, Princesse, Menace
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES SPECTACLES, OU REFLEXIONS SUR SEMIRAMIS.
ARTICLE DES SPECTACLES,
OU REFLXIONS SUR SEMIRAMIS .
N joia le mois d'Avril dernier
, fur le Theatre de la
Comedie Françoise , la Mort de
Semiramis , Tragedie de M. de
Crebillon : Le Public lui fir un
accüeil affés favorable ; cependant
l'Auteur jugea à propos de la faire
diſparoître , après ſept repréſenta140
LE MERCURE
1
tions. On répandit dans le Monde
qu'il avoit obtenu des Comediens
, qu'elle fût conſervée pour
l'Hyver prochain. Comme je me
ſuis interditledroit de porter Jugement
des pieces de Theatre , tant
que les Auteurs ont part aux Emolumens
des répreſentations, je reſittai
pour lors à la tentation d'en
donner un petit examen critique.
M. de Crebillon vient de faire:
imprimer cette Tragedie ; la voilà
donc dévoluë au Public : Ainfi , je
ne puis me diſpenſer d'en parler
dans le Mercure; je n'ai pas aflés
de tems , pour l'examiner à tous
égards ; ele me tombe dans les
mains à la findu mois, &lorſque je
ſuis prêt à finir mon Livre. Il faudra
m'en tenir à donner un Extrait
qui rétracel'idéede la Piece,à ceux
qui l'ont vûë au Théatre , &qui
en faſſe defirer la Lecture à ceux
qui ne la connoiffent pas encore.
Je prendrai peut -être , chemin
faiſant , la liberté de hazardev
quelques Remarques critiques ;
L
DE JUILLET. 141
mais cela ſe fera avec tous les
égards dûs à un Auteur du mérite
de M. de Crebillon .
ACTE I.
Ninus Roi des Affiriens fit une
Loi , par laquelle il défera le Trône
après ſa mort à Semiramis ſon
Epouſe , quoiqu'il ût d'elle un fils
nommé Ninias.
Semiramis impatiente de regner,
fit affaffiner ſon Mari.
Tu sçais quelprix ſuivit le don
du Diadême ,
Ninus fut égorgé ſans ſecours ,
Sansamis,
Au pied du même Trône , où
Ninusfut affis.
Belus frere de Semiramis conçût
le deſſein de venger la mort de
Ninus , & de faire reſtituer le
Trône au jeune Ninias .
Je veux venger Ninus & couronnersonfils
;
842 LE MERCURE
Voilà ce qui m'a fair foûlever
tant d'amis ,
Et d'une Soeur enfin , qui foüille
icy magloire ,
Je ne veux plus laiſſfer qu'une
triſte mémoire.
,
Semiramis craignant que Ninias
ne vengeat un jour la mort de fon
Pere médita ſa perte : Belus
ſauva ce jeune Prince , en l'écartant
de la Cour ; il l'envoya dans
le fonds de l'Afie, ſous la conduite
d'un nommé Mermecide , homme
de courage.
Jem'étois aperçu quefacruelle
Mere
Craignoit devoir en lui croître
un vengeur severe ;
J'engageai Mermecide àSauver
de la Cour
Cegage malheureux d'un tropfuneste
amour.
Belus calma les inquiétudes de
Semiramis par la fauſſe nouvelle
de la mort de Ninias,
DE JUILLET. 143
Cependant , pour tromper une
Mere cruelle ,
De la mort de sonfils je ſemay
lanouvelle.
On la crut
.....
Belus avoit une fille nommée
Tenesis, du même âge que Ninias ,
ils avoient l'un & l'autre à peine
5. ans , Belus fit conduire ſa fille
dans un déſert où Mermecide élevoit
Ninias , & maria en ſecret
ces deux enfans .
L'un & l'autre tauchoient à
peine au premier luftre ;
Avec tant de myſtere , on les
unit tous deux
Que tout jusqu'à leur nom ,
fut un secret pour eux.
Belus hâta cemariage , afin qu'il
devint pour lui une nouvelle raiſon
de punir Semiramis.
Pour rendre encor mon coeur
parun lienfi doux .
Plusavide dusangqu'éxigeoit
144 LE MERCURE
mon couroux.
Quand ce mariage ût été célébré,
on ramena Teneſis à Babilone,
où elle fut chérie de Semiramis ;
Mermecide continua d'élever le
jeune Ninias dans ſon défert ſous
le nom de Mérodate & comme
fon propre fils , en attendant qu'il
fut en état de ſoûtenir le nom de
Ninias & d'en défendre les droits .
A peine le jeune Mérodate ût
atteint 15. ans . que trompant la
vigilance de fon pere , il s'échapa
&courur le monde le pauvre
Mermecide le chercha en vain
pendant 10. années.
Depuisdix ans en vain Mermecide
a couru
Après cefilsfi chertout à coup
disparu.
Une ſi longue diſparition fait
craindre à Belus que Ninias ne ſoit
mort.
Depuisdix ans entiers qu une :
fuite
DE JUILLET. 145
fuite imprudente
Le dérobe à mes voeux &
trompe mon attente ,
Je commence en effet à douter
àmon tour
S'il vit &fi je dois compter
furson retour.
Il ya 20 ans que Bélus a marié ſa
fille à Ténesis avec Ninias ; les
Epoux n'avoient alors que s . ans .
Il y a dix ans que Ninias a échapéà
Mermecide , ſi le Prince n'eſt
pas mort comme on le ſoupçonne,
il doit avoir 25 ans.
Là , dans un Bois aux Dieux con-
Sacrédés long tems ,
J'unis pardeSaints Noeuds, ces
Augustes Enfans ;
Depuis vingt-ans mes yeux
n'ontpoint revû le Prince ;
Depuis dix ans en vain Mermecide
a couru &c .
Il eſt bon de remarquer que Bélus
n'a point troublé les 20. premieres
années du Regne de Semiramis
: Il n'a commencé à exciter
les Peuples à la révolte, que depuis
Juillet 1717. N
..
145 LE MERCURE
la diſparition de Ninias.
Tu Sçais , pour occuper une
odieuse Soeur,
Tout ce que j'ai tenté dans ma
majuſtefureur :
Par combien de détours armé
contresa vie ,
J'ai de fois en dix ans ſoûlevé
l'Affyrie.
Semiramis a triomphe de tous
les Périls , par le ſecours d'un jeune
héros , nommé Agenor , à qui
elle a donné le Commandement
de ſes Armées.
Semiramis triomphe , Agenor
• eſt vainqueur ,
Rien n'a pû soûtenir ſa funeste
valeur.
Il y a dix ans , comme nous
avons remarqué , que Bélus excite
differentes Révoltes contre la
Reine ſa ſoeur ; il a trouvé néantmoins
le ſecret de ne lui être point
ſuſpect ; elle croit au contraire ,
lui être comptable de ſes ſuccés ;
elle lui a confié les Murs de Babi
DE JUILLET. 147
lone , elle a partagé avec lui l'Autorité
Souveraine ;c'eſt ainſi qu'elle
lui parle , Acte rer. Scene 4 .
Vous ,de qui la vertu Soûtenant le
devoir,
Contre mes Ennemis fut toûjours
mon espoir ,
A qui j'ai confié les Murs de
Babilone ,
Ou plûtôtpartagé le poids de ma
Couronne .
Mon frere ..
Il eſt vrai que dans la même
fcene , Semiramis commence à lui
marquer quelque défiance , & ſe
plaint de cequ'on instruit les Rebels
de tous ſes deſſeins ; à quoi
Bélus répond.
Suis-je de vos fecretsle seul Dépofitaire?
Etfurquoi fondez-vous unsoupçon
téméraire ;
Sur quelle Conjecture on fur
quelle Action ?
Vous sçavez que mon coeur eft
Sans ambition.
Nij
1
148 LE MERCURE
Semiramis n'inſiſte plus; le feui
des-aveu de Bélus la justifie dans
fon efprit.
J'ai peine à comprendre , commentM.
de Crebillon nous déſigne
Bélus-pour un perſonnage vertueux
; il ne perd pas une occafion
de porter jugement en ſa faveur
dansſa Piéce. Difficilement puisje
me perfuader qu'il entre dans
l'ordre des devoirs de Bélus , de
faire affaffiner ſa ſoeur ; elle est coupabledu
meurtre de Ninus , mais
ce n'eſt pas à lui de punir le crime
d'une ſoeur à qui les Dieux ſemblent
avoir fait grace..
• Idole d'une Courfanshonneur
fans foi ,
Voilà ce que le Ciel protége
contre moi ;
Loin de me féconder dans mon
juſte transport ,
Avec Semiramis ; tout semble
ici d'accord .
Quoi donc le ſeul Bélusrefufera
de faire grace à Semiramis ;
elle partage avec lui la ſouveraine
DEJUILLET . 149
Puiflance , & ce perfide ne veut
uferde ſon autorité que pour faire
affaffiner la Reine ſa ſoeur.
M. de Crebillon ne veut pas
qu'on impute les deſſeins de Bélus
aux conſeils de l'ambition : Il n'a
d'autre vûë que celle de reftituer
à Ninias le Trône de ſon pere ;
mais,il y a dix ans qu'on n'a aucunes
nouvelles de Ninias ; Belus
même , comme nous avons vû ,
commence à croire qu'il eſt mort.
C'eſt alors qu'il ſe hâte de vouloir
répandre le fang de la Reine :
Il ya ici , ou de l'ambition , ou du
fanatifme. Continuons.
Semiramis détrompée des ſoupçons
qu'elle avoit conçûs contre
Bélus , ſe ménage un entrerien ſecret
avec Téneſis ; elle lui révele
l'extreme paffion qu'elle a conçûë
pour Agenor : El'e avoüe la
honte attachée au choix d'un Epoux
qui n'a point de Rois pour
Aveux: Elle a orné fon front d'un
Diademe pour le rendre moins,
indigre d'elle .
Des Modes ass on d'hu ie Tai
déclaré Roy , Niij
150
LE MERCURE
Maisje l'éléve encor pour l'approcher
de moy.
Semiramis craint que le jeune
Héros ne réponde point à ſa paffion.
Pour toucher ce Heros , mes bienfaits
Superflus
Echaufent ta valeur , &nefont
rien de pius ;
De tant d'Amour , helas , foible
réconnoissance !
Ses exploits font encor toute ma
récompense.
Après avoir fait ces confidences
àTéneſis , la Reine éxige d'elle
deux choſes : L'une qu'elle ſerve
fonAmour auprès d'Agenor; l'autre
pelle faffe agréer à Bélus le parti
Selle a pris d'épouſer ceHeros.
qu
qu
Peins- lui fi bien lefeu qui dévore
mon coeur ,
Qu'àson tour ce Heros recon..
noiſſeun Vainqueur ; -
Etfifon coeur pour moi n'avoit
rienà lui dire ,
DE JUILLET.
Tente du moins son coeur par
l'offre d'un Empire :
Il faut faire approuver mon
Amouràmon Frere.
Téneſis aime en ſecret Agenor ,
mais fidéle à la foi qu'elle a jurée à
un Inconnu , à l'âge de cinq ans ,
elleprend le parti de ſervir la paffionde
la Reine.
Tenesis , pour te faire un gonereux
effort
Songeque tu n'es plus maîtreffe
de ton fort.
ACTE II.
La Princeſſe s'acquitt- de la commiſſion
de la Reine auprés d'Acenor.
Agenor réfuſe de répondre à
lapaffion de Semiramis ,&fait une
déclarationd'Amour à Ténetis même.
La fidelle Epouſe réjette avec
mépris les voeux d'Agenor , l'A-.
mant mépriſé la quitte , en ditant
ces paroles.
Qu'entends-je ? quelmipris ?ab
c'enesttrop, Ingrate ,
152 LE MERCURE
Vous n'abuserezplus d'unAmour
qui vous flate.
Agenor eit dans la même ſituation
que Téneſis ; il a été marić
dans ſon enfance ; il fe reproche
l'oubli de ſes Sermens .
J'ai transporté mes Dieux dans
lefatal fejour ,
Pourn'ysacrifier qu'auſeulDieu
de l'Amour;
Maisquej'enfus puni?que l'Himen.
cher Mirame,
Se venge avec rigueur d'une
coupableflame!
Dieux cruels ? faloit - ilprendre
tant de vengeance ,
De l'oubli d'un Serment juré
dans mon enfance .
Bélus inſtruit par Téneſis du
deſſein que Semiramis a formé d'époufer
Agenor , prend le parti
d'empêcher ce Mariage : Il vient
trouser Agenor ; pour lui déclarer
qu'il s ' ppote aux Projets inſouſez
de la Reine.
Je ne connois que trop ses Projets
infenfez.
DE JUILLET. 133
Agenor répond que ſi ſes voeux
le portoient du côté de Semiramis,
il s'embarraſſeroit peu du confenment
de Bélus , mais , qu'il adore
Téneſis .
Etfi jamais l'Amour m'entraînoit
vers la Reine
Je conſulterois peuni Belus nisa
haines
Dans des liens plus doux mon
coeur est retenu ,
Votre fille, Seigneur, est celle que
J'adore,
Etque,ſansſesmépris , j'adorerois
encore
Agenor répond.
Onvantepeuleſangdontj'ai re
çû lavie ,
Maisie n'en connois point à qui
jeporte envie ;.
D'aucun foin fur ce point , mon
coeurn'est combau ,
Le Deſtin m'a fait naitre ausein
de la Vertu ;
C'est elle qui prit ſoin d'élever
mon enfance ,
154 LE MERCURE
Et magloire a depuis paſſsé mon
esperance :
,
Quiconque peut avoir un coeur
telque lemien
Ne connoît point de Sang plus
nobleque lefien;
Et quand j'ai recherché vôtre
anguste Alliance ,
J'ai comptévos vertus , & non
vôtreNaiſſanc .
Agenor finit l'entretien par ces
mots :
Seigneur, àTenesis je refervois
ma foy ,
Parce que mon Amour l'a cru
dignedemoy
J'ai voulu vous l'offrir , dans la
crainte peut être ,
Deme voir obligéde vousdonner
unMaître;
La Reine m'offre icy l'Empire
avecsamain ,
Puisque vous m'yforcez , cefera
dés demain .
Semiramis vient d'apprendre
que Bélus eſt le Chefſecret de la
DE JUILLET . 155
derniere Conſpiration ; l'un des
Confederez nommé Megabize , a
tout revelé.
On me trahit , Seigneur , & le
Traitre est monfrere ,
Ilenveut à vous même , à mon
Tône , à mesjours ,
Side tant deComplots vousn'arrêtés
le cours.
Agenor employe genereuſement
ici ſes bons offices en faveur de
Bélus , il raffûre Semiramis & fufpend
ſa vengeance , après quoi il
veut lui parler de ſon entretien
avecTéneſis.
LaPrinceſſe a daigné dans un
long entretien ,
Semiramis l'interrompt par ces paroles.
Hequoi ? vous l'avezvûë &ne
m'en dites rien ,
Onsçait tout , cependant on gar.
de lefilence ,
Onsetrouble , onfoûpire , &même
en ma présence :
#56 LE MERCURE
Quelsregards ? quel accueüil?
qu'est-ce queje voi ?
Sans doute on vous aura prévenu
contre moi.
Ah Seigneur ! pardonnez ces
pleurs à mes allarmes ,
Et n'accusez que vous de mespremieres
Larmes.
Dans le tems qu'Agenor commence
à parler à Semiramis de ce
qui l'intereſſe ſi fort , elle l'interrompt
pour lui réprocher qu'il ne
lui en dit rien. Semiramis ne fait
pas attention que l'ayant occupé elle-
même du recit de la Conſpiration
tramée par Bélus , il n'étoit
pas poffible qu'Agenor lui parlat
plutôt de fon Amour; je ne ſçai
pourquoi la Reine impute àmépris
&à froideur, les ſoupirs& le trouble
d'Agenor ; il feroit plus naturel
qu'elle attribüât ces ſignes à
l'Amourtimide &refpectueux.Que
veut-elledire par ces mots .
Sansdouteon vous aura prévenue
contre moy.
:
Agenor
• DE JUILLET.
157
Agenor peut- il ignorer ſon crime
? Mais enfin , n'eſt-elle pas
icy extrémement avilie ; je m'en
raporte à M.de Crebillon : Semiramis
aſſûrément devroit parler avec
plus de dignité.
Agenor diffipe les inquietudes
de la Reine par ces parolesgalantes.
Quand on eft, comme vous ,fi ref-
Semblante aux Dieux ,
Dans le coeur des Mortels on devroit
lire mieux :
Que n'en doit point attendre une
Reinefibelle?
Quelcoeur à ſes defirs pourroit
être rebele ?
Nos deux Amans , ap ès avoir
unpeu converſe ſur ce ton, ſe ſéparent
, & l'Acte finit par les Vers
fuivans , que Semiramis adreſſe à
Agenor.
Venez par unHymenſi cheràmes
Souhaits ,
Du perfide Belus confondre les
Projets ,
Juillet 1717.
138 LEMERCURE
Parces noeuds dont je cours baterl'Auguste
Fête,
Venez de l'Univers m'annoncer
laConquête.
Helas ! Je l'ai privédu plusgrand
deſes Rois ,
Maisje lui rends en vous plus
queje ne lui dois.
ACTE III.
Mermecide , après avoir en vain
cherché Ninias en differens Climats
, eſt venu à Babilone rendre
compre àBélus des courſes inutilles
qu'il a faites depuis dix ans. Bélus
l'informe de l'Etat preſent de
la Cour ; il lui apprend qu'un jeune
Guerrier , nommé Agenor , a
fait échouer pluſieurs Conſpirations
tramées contre la Reine , &
qu'elle vient d'être informée , que
fon Frere eſt le Chefſecret de ces
Conſpirations.
Mermecide a été annoncédans
le premier Acte , comme vertueux
&courageux.
DE JUILLET.
159
Tu doisavoir connu ce fameux
Mermecide ,
Safarouche Vertu , son courage
intrépide.
Onel Confeil cet homme debien
donnera-t-il à Belus ? Ecoutons.
Jeſens par vos périls réchauffer
mon audace ,
Prononcez fon Arrêt , condamnez
vôtre soeur ;
J'immole avant la nuit , elle &
Son Deffenseur ;
Ilsemble qu'avec nous le Sort
d'intelligence ,
Livreàtous vosdeſſeinsleGuerrierfans
deffence.
Bélus adopte la moitié du
génereux conſeil de Mermecide;
il conſent qu'on aſſaſſine ſa ſoeur ;
mais , il demande grace pour Agenor.
Perdons masoeur , pourlui , con-
Sens à l'épargner;
Loin de le perdre , il faut tâ
cher de le gagner :
O ij
160 LELE MERCURE
1
Je ſçais un für moyen de l'armer
pour moi-même ,
Que te dirai-je enfin ? c'est Ténefis
qu'il aime,
Mermecide ſemble regretter fa
Victime qu'on lui enléve , il expoſe
à Bélus que Téneſis appartient
à Ninias,& qu'il ne peut plus
en diſpoſer en faveur d'Agenor.
Mais, pour en difpofer, Seigneur
est-elle à vous ?
Ninias engagé dans des liens fi
doux,
En a gardé,peut-être une tendre
memoire.
Voilà un peut- être qui n'eſt pas
ici Loans raifon ; Mermecide n'a
pas grand tort de douter un peu ,
ſi des Epoux des ans,qui ne ſe font
vûs qu'un moment , auront conſervél'un
pour l'autre , un ſouvenir
bien tendre.
Je ne ſçai pourquoi Bélus n'a
pas recours à quelque nullité ou
moyen d'abus contre ce vieux Mariage
que lui propoſe Mermecide,
DE JUILLET. 161 1
cela le fortoit tout d'un coup d'affaire.
Le bon homme avoüe que
fa fille appartient à Ninias , mais,
que s'agiſſant pour ce mêine Ninias
d'un Trône , qu'il ne peut acquerir
que par la perte d'une Epouſe;
on ne doit pas balancer
faire pour lui ce ſacrifice.
AsonpremierHymen arrachons
Ténesis ,
Si je veux d'un ſecond priver
Semiramis ;
Ninias n'auroit plus qu'une efpérance
vaine ,
Si jamais Agenors'uniſſoit à la
Reine.
Enfin, puisque le Sort my con..
traint aujourd'hui ."
Ilfaut,fans murmurer descendre
jusqu'àlui,
En de honteux liens engagerma
Famille
Aux Voeux d'un Inconnufacrifiermafille.
Le parti que prend ici Bélus ,
le ſauve de tous ſoupçons d'ambition
& d'interêr ; il veut enlever
/ Oiij
162 LE MERCURE
on
à ſa ſoeur une Couronne , dont il
partage l'éclat avec elle ; d'une
Couronne dont il eſt heritier en
excluantNinias : Il veut donc faire
monter au Trône d'Aſſyrie le même
Ninias , en ſe dépoüillant de
l'honneur de ſon Alliance ; il en
doit couter la vie à la Reine ſa
foeur , Teneſis ſa fille,va être facrifiée
à un Inconnu ; mais
ne sçauroit acheter trop cher
l'honneur d'une ſi grande Révolution.
Au reſte , Bélus qui craint
avec tant de fondement que Ninias,
ne ſoit mort ; Belus dis-je ,
ne voit-il pas que fiNinias eſt mort
en effet , il aura avancé bien des
frais dont on ne lui tiendra pas.
grand compte , & qui ne lui feront
pas beaucoup d'honneur .
Voilàdonc Bélus réſolu de ramenérà
lui , s'il eſt poſſible, le vaillent
Agenor par l'Hymenée de ſa
fille: Il revient trouver ce Guerrier
, lui fait confidence du deſſein
qu'il a conçu,le faire affaffiner
Semiramis ; & pour lui faire agréer
ceffinat , il lui offie Térefis
en Mariage.
DE JUILLET. 163
De mon indigne soeur la mort
eſt aſſurée ,
Malgré les Dieux & vous ,
mon couroux l'a jurée ;
Ouy , Seigneur , ce jour
terminera lesfiens ,
Deviendra le plus grand , on le
dernierdes miens.
Les Conjurez ſont prêts , leur
Troupe audacieuse ,
Portoit jusquefur vous une main
furieuse,
Sije n'ûffe arrêtéleurs complots
inhumains ,
Aprés avoir bonnement révélé à
Agenor tous ſes deſſens , Bélus lui
propoſe de renoncer à l'Hymen de
la Reine en faveur de Teneſis .
Abandonnez la soeur , je vous
réponddufrere ,
Dites-moi ? Ténesis vous estelle
encor chere&
Agenor répond.
Cruelle n'achevez pas , j'entres
vois vos deſſins ,
Offrez àd'autres veuxvosPré
164 LE MERCURE
Sents inhumains ,
Laiſſez-moi ma Vertu , la vô
tre tropfarouche,
Amon coeur affligé , n'offre rien
qui letouche.
Il me paroît que Bélus eſt bien
imprudent de ne pas s'affûrer de
la foy d'Agenor , avant de lui
confier des ſécrets ſi importants ;
comment peut- il ſe flater de faire
réuſſir ſes projets , puis qu'Agenor
qui en eſt inſtruit peut les faire
échouer.
Je ſai bon gré à Agenor de ne
point prendre conſeil de ſa paſſion
pour Tenefis , & de demeurer fidéle
à la Reine. Mais je ne lui
pardonne pas le jugement qu'il
prononce en faveur de Belus ; il
ne doit point qualifier d'homme
vertueux,un frere perfide qui médire
d'aſſaſſiner ſa ſoeur , affaffinat
pour lequel ildevroit avoird'autant
p'us d'horreur , que ne ſcachant
rien des deſſeins qu'on a en faveur
de Ninias , il ne doit ſuppoſer à
l'aſſaſſin d'autres vûës que celles,
DE JUILLET. 165
de s'emparer lui-même du Trône
Agenor prend des meſures pour
garantir la Reine contre les entrepriſes
de Bélus , il redouble la
Garde du Palais. Téneſis allarmée
du peril qui menace ſon pere , lui
propoſe d'agréer qu'elle tente de
Héchir Agenor en ſa faveur.
:
Agenor a pour moy témoigné
quelque ardeur ,
Que n'aurapointpeut-être étouft
ma rigueur ;
Ainsi que son pouvoir , sa va.
leur est extrême ,
Que ne fera- t- il point pour
plaire à ce qu'il aime ?
Bélus répond.
Agenor ! ab ma fille !' il n'y
-faut plus penser ,
L'Infolent !à quel point il vient
de m'offenser :
Ténesis , si c'eſt là vôtre unique
esperance,
Vous me verrés bien-tôt immolé
Sans défense.
166 LE MERCURE
Je ne vois pas bien pourquoy
Bélus appelle Agenor Infolent , il
ne lui eſt rien échapé dans le dernier
entretien qui le rende digne
de cene Epithete.
En vain Téneſis inſiſte , & veut
faire eſpérer à ſon pere qu'elle
fléchira Agenor. Bélus ne l'écoute
plus ,& lui ordonne de fuir du Palais.
Mafille , il n'est plus tems ,sa
perte est resoluë ;
Plus que les miens ici , ſesjours
font endanger,
Deſes láches Refus,ſonſangva
mevenger:
Adieu,de ce Palais ou bientôt le
carnage
van'offrirà vosyeux qu'une effroyable
image;
Fuiez , dérobez-vous decefuneste
lien ,
Oùje vous dis,peut-être , un eternel
adien.
Je ſuis étonné d'entendre dire
ici à Bélus que les jours d'Agenor
ſont en plus grand danger que les
ſiens propres. Il n'y a qu'un mo
DE JUILLET. 187
mentque j'ai entendu dire au même
Bélus , que bientôt on le verroit
immolé fans défenſe.
Vousme verrez bientôt immoll
Sansdeffense.
ACTE IV.
Malgré le Conſeil de Bélus ,
Téneſis s'cit déterminée à voir
Agenor.
Non , non , malgré Bélus il faut
queje le voye;
DeleurHymendumoinsje veux
troublerlajoye ,
M'offrirà leurs yeux , l'oeil ar.
dentde couroux ,
Les immoler tous deux à mes
transportsjaloux.
Un repentirpeut - être
Amespieds,malgrêlui, raménera
leTraitre :
Pour mon pere du moins , imploronsſonſecours,
Luiſeulpeutm'aſſürer defiprè.
cieuxjours.
168 LE MERCURE
Téneſis vient donc trouverAgenor
au 4. Acte . Voyons ſi elle lui
parle du ton qui convient aux
ſentimens qu'elle vient de montrer.
Nefuyez point , Seigneur : Un
coeurfigenereux ,
Ne doit pas éviter l'abord des
malheureux ?
Helas! Je ne viens point pour
troubler par mes larmes ,
UnHymen qui pour vous , doit
avoirtant de charmes :
Vous ne me verrez point contraire
à vos defirs ,
Ades tranſports fi doux mêler
mes deplafirs.
Je viens , Seigneur ,je viens
tremblante pour un Pere,
Confier à vos soins une Tête fi
chere ,
Embraſſer vos genoux, & d'unfi
ferme appui ,
Implorer le fecours , moins pour
moi que pour lui .
LaPrincefle fait enſuite l'aveu de
ſa paflion pour Agenor , & lui dit
les
DE JUILLET. 169
les raiſons qui l'ont forcée à la combattre.
Jenevous nierai pas , Seigneur ,
queje vous aime,
Je trouve à vous le dire une douceur
extreme ;
Et l'Amourn'a pas crudes-honorer
mon coeur ,
Enyfaiſant pour vous naitre une
vive ardeur :
Mais belas ! cet aven fi doux en
apparence ,
N'endoitpas plus , Seigneur,ftater
vôtre esperance :
Jene sçai point former de parjures
liens ,
Quoiqu'un age bien tendre ait
vúferrer les miens ;
Il n'en est pas moins vrai qu'un
funeste hymenée ,
Aux Loix d'un autre Epoux
Soûmetmadeſtince.
Agenor éprouve le même ſort.
Quedans ſa plus tendre enfance, ſa
foy fut engagée à une perſonne dont
il ne ſçait pas même le nom ; que
Juillet 1717.
P
$70 LE MERCURE
ee Mariage fût célebré dans un
boisprés de Synope.
Près de Synope , O Ciel, qu'a
vez-vousproferè ?
Ne fut- ce point,Seigneur , près
d'un Antre terrible ,
Des Decrets du Destin Interprette
invisible?
AGENOR répond :
C'est là pour la premiere & la
dernierefois ,
Quejevislabeautéqu'onfoûmit
àmesLoix.
DuPiropeèclatantſa Tête étoit
ornce,
Sans pompe cependant elle fut
amenèe.
Un Mortel venerable & dont
l'auguste aspect
Inspiroità lafois la crainte&le
respect ,
Conduiſoit àl' Autel cettejeune
Merveille;
Age peu different , fuite toute
pareille ;
Un Prêtre , deux Viellards, nut
Esclave opresenх,
Deindeme des Retonsk
DE JUILLET. 17
TENESIS.
Mais , Seigneur , à l'Autel ne viton
point vos meres.
AGENOR.
L'un & l'autre avec nous , n'avions
que nos peres .
TENESIS.
Achevez
GINOR,
J'ai tout dit.
TENESIS.
1
Helas , c'étoit donc vous
AGENOR..
Quoi , Madame
TENESIS .
Ah,Seigneur, vous êtes mon Epoun.
AGINOR.
Moi vôtre Epoux , qui , moi , lefile
de Mermecide a Pij
-
172 LE MERCURE
TENESIS.
Ah, Seigneur , ce nomſeul de nôtre
Hymendecide ,
Bélus m'en a parlé cent fois avec
tran port ;
D'unfils qu'il a perdu , plaignant
toujours lefort ;
De celui des Humains , ce fils doit
être Arbitre.
AGENOR.
Mon coeur est moins touché d'un fi
Superbe Titre ,
Que d'un bien ...
TENESIS .
Terminons des tranſportsfuperftus ,
Adieu , Seigneur , adieu , je cours
chercher Belus ,
Les momens nousfont chers , ilfaut
que je vous laiſſe.
Agenor demeure ſeul fur la Scene.
On vient l'avertir qu'un Inconnu
demande à lui parler.
Seigneur, un Etranger qui se cache
avec ſoin ,
DE JUILLET. 173
Demande à vous parler un moment
Sans témoin.
Le prétendu Etranger abordant ,
Agenor lui préſente une Lettre
de la part de Bélus : Pendant qu'Agenor
la lit, l'Etranger tire un poignard
, & comme il en va frapper
Agenor , Agenor pare le coup , &
réconnoît Mermecide; Mermecide
reconnoît Ninias .
Agenor.
Mais, qu'est ce que je vois ? Grands:
Dieux, c'est Mermecide ?
Mermecide ,
Ciel,que vois-je à mon tour ! Mere
datemon fils.
Tandis que Ninias &Mermecide
éclatent en démonstrations de tendrefle
, Semiramis arrive ſur la
Scene , après avoir dir quelques
mots à Agenor ; elle jetre les yeux
fur le vieillard qui est à côté d'Agenor&
reconnoit Mermecide.
...Mais que vois- je avec vous ?
Mon Ennmi,Seigneur,&le plus
grand de tous !
1
Piji
174 LE MERCURE
Ab Traitre ! enfin le Ciel te livre
à ma vengeance .
Agenor demande quel eſt le crime
de cet Etranger .
Dequels crimes s'est donc noirci
cet Etranger ?
Cet Etranger m'est cher ,j'ofe
même aujourd'hui ,
Ici,comme de moi, vous répondre
delui.
La Reine veut ſçavoir quel interrêt
attache Agénor au fost de
Mermecide.
Quelfi grand interrêt prenezvous
à ses jours.
Agénor répond
Voulez-vous qu'à vos coups j'abandonne
mon pere?
Mermecide prend la parole.
Non ,je ne leſuis pas , mais voilà
vôtre mere.
Ma mere .... s'écrie Agenor..
DE JUILLET. 175
Semiramis.
Lui mon fils ? Grands Dieux .
qu'ai-je entendu?
La Reine s'abandonne à toutes
les fureurs de fa paſſion inceſtueuſe
, elle veut d'abord méconnoître
un fils dans Agenor.
Non, tu n'es point mon fils, ex
vaincet Impoſteur
Prétend demon amour démentir
lafureur ;
Si tu l'eſtois , déja la voix de la
Nature ,
Eût détruit de l'amour la premiere
imposture .
Enſuite , elle lui parle comme
àſon fils.
VatejoindreàBélus , coeur ingrat&
perfide ,
Rend-toi dignede moi parunnoir
parricide ,
Viens toi-même chercher dans
mon malhûreux flanc ,
Les tracesdeNinus & le ſcean
176 LE MERCURE
defonsang.
Mais,foitfils,foit amant , n'attend
de moi , Barbare ,
Quelesmêmes horreurs que ton
coeurme prepare :
Comme fils , n'attend rien d'un
coeur ambitieux ,
CommeAmant, encor moins d'un
amourfurieux.
Jepèrirai , le Front ornédu Diademe,
Et s'il faut te ceder , tu pèriras
toi-même.
,
Garde-toi cependant d'une Amante
outragée,
Garde-toi d'une mereà ta perte
engagée;
Adien , fuisfans tarder de ces.
funestes lieux ,
Respectes-y dumoins, Mere, Amante
, ou les Dieux.
Ninias prend le parti de l'obéiffance
; il ſe determine à fuir de
Bablone.
Ouy , je vais vous prouver par
mon obeissance .
DE JUILLET 177
Combien le nom de Mere a fur
moi depuiſſance :
Puiſſe à votre grand coeur ce
nom qui m'eſtfi doux ,
N'inspirerquedesſoinsqui ſoient
dignesdevous.
Il me paroît que M.deCrebillon
vient de faire commettre une grande
faute à Mermecide ; ce Vieillard
ne devoit - il pas laiffer croire
àla Reine,qu'Agenor étoit ſon fils;
cette erreur le tiroit de peril , au
lieu qu'en apprenant à Semiramis
qu'elleeitmere de ce même Agenor
, il s'expoſe à ſe perdre avec
lui. Jene ſçai pourquoi Semiramis
ne prévient pas les deſſeins qu'elle
doit ſuppoſer à ſon fils , foûtenu
de l'appuy de Bélus & des conſeils
de Mermecide. Ambitieuſe
&déſeſperée comme je la vois ici ,
comment ne fait- elle pas arrêrer
ces trois Confederés ; elle laiſſe
néantmoins fortir Ninias & Mermecide.
La voilà ſeule avec Phenice
ſa Confidente qui l'exhorte à
prendrede juſtes meſures contre le
péril qui la menace.
178 LE MERCURE
:
Madame, Ninias n'a point ceffé
devivre
Etquel funeste espoir peut vous
flater encore ,
Puisqu'enfinTenesis est cellequ'il
adore?
Vous seule l'ignorez , lorſque
toute la Cour
Retentitdes long-tems du bruit
deſon Amour :
Loind'en croire aux transportss
quiſéduisent vôtre Ame ,
Dans ceperilpreſſant , Songez à
vous, Madame ,
La Reine ſe livre aux fureursde
la Jaloufie.
Non,jene verraipoint triompher
Tenefis
Des malheurs où le fort reduit
Semiramis :
Sur l'Objet , que sans doute , un
Ingrat mepréfere ,
Ilfaut que je me venge & d'un
fils&d'unfrere ,
Elle est entre mes mains , & le.
fideleArbas ,
DE JUILLET. 199
Au gré de mon couroux ajurl
fon crêpas.
Rentrons, c'estdans le Sangd'une
indigne Rivale
Qu'ilfaut que ma fureur déformaissesignale.
Jene ſuis pas étonné que Semiramis
médite la perte de la Rivale ,
cette vengeance eſt dans le caracterede
fa Paffion;mais je ſuis étonnéqu'elle
aitordonné ſa mort,&l'ait
livrée auMiniſtre de ſa vengeance,
avant qu'elle la connût pour ſaRivalc.
ACTE V.
Semiramis ouvre le cinquiéme
Acte par un Monologue , où elle ſe
rerrace toutes les horreurs de ſa
Faffion.
Oùt'iras-tu cacher ? Quelgouffre
afſés affreux
Estdigne d'enfermer ton Amour
malheureux?
Elle ſe juge indigne du jour.
180 LE MERCURE
Terre, ouvre-moi tonjein , &redonne
aux Enfers
CeMonstre dont ils ont effrayé
l'Univers.
Enfuite, elle eſſaye de rejetter
fon crime ſur les Dieux mêmes ,
Dogmeun peu ſcandaleux !
Dieux qui m'abandonnez à ces
honteux transports ,
N'en attendez , Cruels , ni donleur,
ni remors ;
Jene tiens mon Amour que de
vôtre colere
,
Mais, pour vous en punir , mon
coeur veut s'y complaire.
Ce Monologue eſt interrompu
parPhenice, Confidente de laReine
, & par Arbas ſon fidéle Miniftre.
PHENICE.
Fuyez , Reine , fuyez ; vos Soldats
vous trabiffent ,
Du nom de Ninias , tous ces
lieux retentiffent ,
A
DE JUILLET 185
Apeine a- t-ilparû, qu'àson terrible
aspect ,
Vos Gardes n'ont fait voir que
crainte&que refpect :
Lafiertédans lesyeux , &boüillantde
colére ,
J'ai vû lui-même encor votre
perfidefrere ,
DesSoldats mutine,z échauffant
lafureur
Ordonner à grands cris le trêpas
desasoeur.
Oùfera vôtre azile en ce moment
funeste.
SEMIRAMIS répond.
Va, ne crains rien pourmoi, tant
qu'un soupir me refte ,
Augréde son couroux , le Ciel
peut m'accabler ;
Mais ce seratoûjours , fans me
faire trembler.
Arbas, jefçai pour moijusqu'on
vavôtreZéle ,
Et vous êtes lejeul qui me reſtiez
fidéle;
En remettant icy la Princeſſe en
vosmains ,
Juillet 1717.
182 LE MERCURE
Je vous ai declaré quels étoient
mes deſſeins :
Allez , &vous rendezparvôtre
obéissance ,
Digne de mes bienfaits & de ma
confiance :
Songezdans quels périls , vous
vous précipitez ,
Sices ordres bien-tôt nesont exécutex.
Ces ordres avoient été donnés
àArbas dans le quatriéme Acte ;
je ne ſçai pourquoi ils n'ont pas
été éxécutés. Mais , je comprens
que cemême Arbas devroit s'appercevoir
ici , qu'il court moins de
péril,en refuſant fon miniſtére à la
Reine déſeſpérée , qu'il ne feroit
en éxécutant le meurtre qu'elle
éxige de lui : Ninias & Bélus font
triomphans : la Reine eſt trahie par
fa propre Garde. Arbas eſt le ſeul
de tous ſes Sujets qui lui ſoit reſté
fidéle. Que fera-t-il cet Arbas ?
quand il verſeroit le fang de Téneſis
, cet horrible afſfaſſinat ne feroit
qu'irriter contre la Reine &
DEJUILLET 183
contre lui , les fureurs vengereſſes
deBélus.
Arbas donc , quitte la Scene
pour immoler Téneſis à la jalouſe
rage de Sémiramis : Ninias informé
, je ne ſçai comment , du
péril de la Princeſſe , vient implorer
pour elle la clémence de la
Reine.
Rendez-moi Tènesis , rendezmoi
, mon Epouse ,
Eft-ce àmoi d'éprouver votrefureur
jalouse.
Semiramis inſulte à la douleur.
de Ninias.
Je vais fans differer , contenter
vôtre envie.
Vous rendre Ténesis , mais ce
ferafansvie.
Durant cet entretien , Bélus
arrive fur la Scene , émû du péril
de ſa fille.
C'en est fait , pour jamais vous.
perdezTenesis.
:
Qij
184 LE MERCURE
Mais que vois-je avec vous, Seigneur,
Semiramis ?
Ebquoi ! cette Inhumaine est en
vôtre puissance ,
Et ma fille & Ninus font encorfansvengeance
.
Pendant que Semiramis ſecomplaît
dans les douleurs de Bélus.
&de Ninias , Téneſis ſe préſente
à ſes yeux , ſuivie de Mermecide ,
qui l'a délivrée des mains d'Arbas.
La Reine déſeſperée ſe donne la
mort.
OU REFLXIONS SUR SEMIRAMIS .
N joia le mois d'Avril dernier
, fur le Theatre de la
Comedie Françoise , la Mort de
Semiramis , Tragedie de M. de
Crebillon : Le Public lui fir un
accüeil affés favorable ; cependant
l'Auteur jugea à propos de la faire
diſparoître , après ſept repréſenta140
LE MERCURE
1
tions. On répandit dans le Monde
qu'il avoit obtenu des Comediens
, qu'elle fût conſervée pour
l'Hyver prochain. Comme je me
ſuis interditledroit de porter Jugement
des pieces de Theatre , tant
que les Auteurs ont part aux Emolumens
des répreſentations, je reſittai
pour lors à la tentation d'en
donner un petit examen critique.
M. de Crebillon vient de faire:
imprimer cette Tragedie ; la voilà
donc dévoluë au Public : Ainfi , je
ne puis me diſpenſer d'en parler
dans le Mercure; je n'ai pas aflés
de tems , pour l'examiner à tous
égards ; ele me tombe dans les
mains à la findu mois, &lorſque je
ſuis prêt à finir mon Livre. Il faudra
m'en tenir à donner un Extrait
qui rétracel'idéede la Piece,à ceux
qui l'ont vûë au Théatre , &qui
en faſſe defirer la Lecture à ceux
qui ne la connoiffent pas encore.
Je prendrai peut -être , chemin
faiſant , la liberté de hazardev
quelques Remarques critiques ;
L
DE JUILLET. 141
mais cela ſe fera avec tous les
égards dûs à un Auteur du mérite
de M. de Crebillon .
ACTE I.
Ninus Roi des Affiriens fit une
Loi , par laquelle il défera le Trône
après ſa mort à Semiramis ſon
Epouſe , quoiqu'il ût d'elle un fils
nommé Ninias.
Semiramis impatiente de regner,
fit affaffiner ſon Mari.
Tu sçais quelprix ſuivit le don
du Diadême ,
Ninus fut égorgé ſans ſecours ,
Sansamis,
Au pied du même Trône , où
Ninusfut affis.
Belus frere de Semiramis conçût
le deſſein de venger la mort de
Ninus , & de faire reſtituer le
Trône au jeune Ninias .
Je veux venger Ninus & couronnersonfils
;
842 LE MERCURE
Voilà ce qui m'a fair foûlever
tant d'amis ,
Et d'une Soeur enfin , qui foüille
icy magloire ,
Je ne veux plus laiſſfer qu'une
triſte mémoire.
,
Semiramis craignant que Ninias
ne vengeat un jour la mort de fon
Pere médita ſa perte : Belus
ſauva ce jeune Prince , en l'écartant
de la Cour ; il l'envoya dans
le fonds de l'Afie, ſous la conduite
d'un nommé Mermecide , homme
de courage.
Jem'étois aperçu quefacruelle
Mere
Craignoit devoir en lui croître
un vengeur severe ;
J'engageai Mermecide àSauver
de la Cour
Cegage malheureux d'un tropfuneste
amour.
Belus calma les inquiétudes de
Semiramis par la fauſſe nouvelle
de la mort de Ninias,
DE JUILLET. 143
Cependant , pour tromper une
Mere cruelle ,
De la mort de sonfils je ſemay
lanouvelle.
On la crut
.....
Belus avoit une fille nommée
Tenesis, du même âge que Ninias ,
ils avoient l'un & l'autre à peine
5. ans , Belus fit conduire ſa fille
dans un déſert où Mermecide élevoit
Ninias , & maria en ſecret
ces deux enfans .
L'un & l'autre tauchoient à
peine au premier luftre ;
Avec tant de myſtere , on les
unit tous deux
Que tout jusqu'à leur nom ,
fut un secret pour eux.
Belus hâta cemariage , afin qu'il
devint pour lui une nouvelle raiſon
de punir Semiramis.
Pour rendre encor mon coeur
parun lienfi doux .
Plusavide dusangqu'éxigeoit
144 LE MERCURE
mon couroux.
Quand ce mariage ût été célébré,
on ramena Teneſis à Babilone,
où elle fut chérie de Semiramis ;
Mermecide continua d'élever le
jeune Ninias dans ſon défert ſous
le nom de Mérodate & comme
fon propre fils , en attendant qu'il
fut en état de ſoûtenir le nom de
Ninias & d'en défendre les droits .
A peine le jeune Mérodate ût
atteint 15. ans . que trompant la
vigilance de fon pere , il s'échapa
&courur le monde le pauvre
Mermecide le chercha en vain
pendant 10. années.
Depuisdix ans en vain Mermecide
a couru
Après cefilsfi chertout à coup
disparu.
Une ſi longue diſparition fait
craindre à Belus que Ninias ne ſoit
mort.
Depuisdix ans entiers qu une :
fuite
DE JUILLET. 145
fuite imprudente
Le dérobe à mes voeux &
trompe mon attente ,
Je commence en effet à douter
àmon tour
S'il vit &fi je dois compter
furson retour.
Il ya 20 ans que Bélus a marié ſa
fille à Ténesis avec Ninias ; les
Epoux n'avoient alors que s . ans .
Il y a dix ans que Ninias a échapéà
Mermecide , ſi le Prince n'eſt
pas mort comme on le ſoupçonne,
il doit avoir 25 ans.
Là , dans un Bois aux Dieux con-
Sacrédés long tems ,
J'unis pardeSaints Noeuds, ces
Augustes Enfans ;
Depuis vingt-ans mes yeux
n'ontpoint revû le Prince ;
Depuis dix ans en vain Mermecide
a couru &c .
Il eſt bon de remarquer que Bélus
n'a point troublé les 20. premieres
années du Regne de Semiramis
: Il n'a commencé à exciter
les Peuples à la révolte, que depuis
Juillet 1717. N
..
145 LE MERCURE
la diſparition de Ninias.
Tu Sçais , pour occuper une
odieuse Soeur,
Tout ce que j'ai tenté dans ma
majuſtefureur :
Par combien de détours armé
contresa vie ,
J'ai de fois en dix ans ſoûlevé
l'Affyrie.
Semiramis a triomphe de tous
les Périls , par le ſecours d'un jeune
héros , nommé Agenor , à qui
elle a donné le Commandement
de ſes Armées.
Semiramis triomphe , Agenor
• eſt vainqueur ,
Rien n'a pû soûtenir ſa funeste
valeur.
Il y a dix ans , comme nous
avons remarqué , que Bélus excite
differentes Révoltes contre la
Reine ſa ſoeur ; il a trouvé néantmoins
le ſecret de ne lui être point
ſuſpect ; elle croit au contraire ,
lui être comptable de ſes ſuccés ;
elle lui a confié les Murs de Babi
DE JUILLET. 147
lone , elle a partagé avec lui l'Autorité
Souveraine ;c'eſt ainſi qu'elle
lui parle , Acte rer. Scene 4 .
Vous ,de qui la vertu Soûtenant le
devoir,
Contre mes Ennemis fut toûjours
mon espoir ,
A qui j'ai confié les Murs de
Babilone ,
Ou plûtôtpartagé le poids de ma
Couronne .
Mon frere ..
Il eſt vrai que dans la même
fcene , Semiramis commence à lui
marquer quelque défiance , & ſe
plaint de cequ'on instruit les Rebels
de tous ſes deſſeins ; à quoi
Bélus répond.
Suis-je de vos fecretsle seul Dépofitaire?
Etfurquoi fondez-vous unsoupçon
téméraire ;
Sur quelle Conjecture on fur
quelle Action ?
Vous sçavez que mon coeur eft
Sans ambition.
Nij
1
148 LE MERCURE
Semiramis n'inſiſte plus; le feui
des-aveu de Bélus la justifie dans
fon efprit.
J'ai peine à comprendre , commentM.
de Crebillon nous déſigne
Bélus-pour un perſonnage vertueux
; il ne perd pas une occafion
de porter jugement en ſa faveur
dansſa Piéce. Difficilement puisje
me perfuader qu'il entre dans
l'ordre des devoirs de Bélus , de
faire affaffiner ſa ſoeur ; elle est coupabledu
meurtre de Ninus , mais
ce n'eſt pas à lui de punir le crime
d'une ſoeur à qui les Dieux ſemblent
avoir fait grace..
• Idole d'une Courfanshonneur
fans foi ,
Voilà ce que le Ciel protége
contre moi ;
Loin de me féconder dans mon
juſte transport ,
Avec Semiramis ; tout semble
ici d'accord .
Quoi donc le ſeul Bélusrefufera
de faire grace à Semiramis ;
elle partage avec lui la ſouveraine
DEJUILLET . 149
Puiflance , & ce perfide ne veut
uferde ſon autorité que pour faire
affaffiner la Reine ſa ſoeur.
M. de Crebillon ne veut pas
qu'on impute les deſſeins de Bélus
aux conſeils de l'ambition : Il n'a
d'autre vûë que celle de reftituer
à Ninias le Trône de ſon pere ;
mais,il y a dix ans qu'on n'a aucunes
nouvelles de Ninias ; Belus
même , comme nous avons vû ,
commence à croire qu'il eſt mort.
C'eſt alors qu'il ſe hâte de vouloir
répandre le fang de la Reine :
Il ya ici , ou de l'ambition , ou du
fanatifme. Continuons.
Semiramis détrompée des ſoupçons
qu'elle avoit conçûs contre
Bélus , ſe ménage un entrerien ſecret
avec Téneſis ; elle lui révele
l'extreme paffion qu'elle a conçûë
pour Agenor : El'e avoüe la
honte attachée au choix d'un Epoux
qui n'a point de Rois pour
Aveux: Elle a orné fon front d'un
Diademe pour le rendre moins,
indigre d'elle .
Des Modes ass on d'hu ie Tai
déclaré Roy , Niij
150
LE MERCURE
Maisje l'éléve encor pour l'approcher
de moy.
Semiramis craint que le jeune
Héros ne réponde point à ſa paffion.
Pour toucher ce Heros , mes bienfaits
Superflus
Echaufent ta valeur , &nefont
rien de pius ;
De tant d'Amour , helas , foible
réconnoissance !
Ses exploits font encor toute ma
récompense.
Après avoir fait ces confidences
àTéneſis , la Reine éxige d'elle
deux choſes : L'une qu'elle ſerve
fonAmour auprès d'Agenor; l'autre
pelle faffe agréer à Bélus le parti
Selle a pris d'épouſer ceHeros.
qu
qu
Peins- lui fi bien lefeu qui dévore
mon coeur ,
Qu'àson tour ce Heros recon..
noiſſeun Vainqueur ; -
Etfifon coeur pour moi n'avoit
rienà lui dire ,
DE JUILLET.
Tente du moins son coeur par
l'offre d'un Empire :
Il faut faire approuver mon
Amouràmon Frere.
Téneſis aime en ſecret Agenor ,
mais fidéle à la foi qu'elle a jurée à
un Inconnu , à l'âge de cinq ans ,
elleprend le parti de ſervir la paffionde
la Reine.
Tenesis , pour te faire un gonereux
effort
Songeque tu n'es plus maîtreffe
de ton fort.
ACTE II.
La Princeſſe s'acquitt- de la commiſſion
de la Reine auprés d'Acenor.
Agenor réfuſe de répondre à
lapaffion de Semiramis ,&fait une
déclarationd'Amour à Ténetis même.
La fidelle Epouſe réjette avec
mépris les voeux d'Agenor , l'A-.
mant mépriſé la quitte , en ditant
ces paroles.
Qu'entends-je ? quelmipris ?ab
c'enesttrop, Ingrate ,
152 LE MERCURE
Vous n'abuserezplus d'unAmour
qui vous flate.
Agenor eit dans la même ſituation
que Téneſis ; il a été marić
dans ſon enfance ; il fe reproche
l'oubli de ſes Sermens .
J'ai transporté mes Dieux dans
lefatal fejour ,
Pourn'ysacrifier qu'auſeulDieu
de l'Amour;
Maisquej'enfus puni?que l'Himen.
cher Mirame,
Se venge avec rigueur d'une
coupableflame!
Dieux cruels ? faloit - ilprendre
tant de vengeance ,
De l'oubli d'un Serment juré
dans mon enfance .
Bélus inſtruit par Téneſis du
deſſein que Semiramis a formé d'époufer
Agenor , prend le parti
d'empêcher ce Mariage : Il vient
trouser Agenor ; pour lui déclarer
qu'il s ' ppote aux Projets inſouſez
de la Reine.
Je ne connois que trop ses Projets
infenfez.
DE JUILLET. 133
Agenor répond que ſi ſes voeux
le portoient du côté de Semiramis,
il s'embarraſſeroit peu du confenment
de Bélus , mais , qu'il adore
Téneſis .
Etfi jamais l'Amour m'entraînoit
vers la Reine
Je conſulterois peuni Belus nisa
haines
Dans des liens plus doux mon
coeur est retenu ,
Votre fille, Seigneur, est celle que
J'adore,
Etque,ſansſesmépris , j'adorerois
encore
Agenor répond.
Onvantepeuleſangdontj'ai re
çû lavie ,
Maisie n'en connois point à qui
jeporte envie ;.
D'aucun foin fur ce point , mon
coeurn'est combau ,
Le Deſtin m'a fait naitre ausein
de la Vertu ;
C'est elle qui prit ſoin d'élever
mon enfance ,
154 LE MERCURE
Et magloire a depuis paſſsé mon
esperance :
,
Quiconque peut avoir un coeur
telque lemien
Ne connoît point de Sang plus
nobleque lefien;
Et quand j'ai recherché vôtre
anguste Alliance ,
J'ai comptévos vertus , & non
vôtreNaiſſanc .
Agenor finit l'entretien par ces
mots :
Seigneur, àTenesis je refervois
ma foy ,
Parce que mon Amour l'a cru
dignedemoy
J'ai voulu vous l'offrir , dans la
crainte peut être ,
Deme voir obligéde vousdonner
unMaître;
La Reine m'offre icy l'Empire
avecsamain ,
Puisque vous m'yforcez , cefera
dés demain .
Semiramis vient d'apprendre
que Bélus eſt le Chefſecret de la
DE JUILLET . 155
derniere Conſpiration ; l'un des
Confederez nommé Megabize , a
tout revelé.
On me trahit , Seigneur , & le
Traitre est monfrere ,
Ilenveut à vous même , à mon
Tône , à mesjours ,
Side tant deComplots vousn'arrêtés
le cours.
Agenor employe genereuſement
ici ſes bons offices en faveur de
Bélus , il raffûre Semiramis & fufpend
ſa vengeance , après quoi il
veut lui parler de ſon entretien
avecTéneſis.
LaPrinceſſe a daigné dans un
long entretien ,
Semiramis l'interrompt par ces paroles.
Hequoi ? vous l'avezvûë &ne
m'en dites rien ,
Onsçait tout , cependant on gar.
de lefilence ,
Onsetrouble , onfoûpire , &même
en ma présence :
#56 LE MERCURE
Quelsregards ? quel accueüil?
qu'est-ce queje voi ?
Sans doute on vous aura prévenu
contre moi.
Ah Seigneur ! pardonnez ces
pleurs à mes allarmes ,
Et n'accusez que vous de mespremieres
Larmes.
Dans le tems qu'Agenor commence
à parler à Semiramis de ce
qui l'intereſſe ſi fort , elle l'interrompt
pour lui réprocher qu'il ne
lui en dit rien. Semiramis ne fait
pas attention que l'ayant occupé elle-
même du recit de la Conſpiration
tramée par Bélus , il n'étoit
pas poffible qu'Agenor lui parlat
plutôt de fon Amour; je ne ſçai
pourquoi la Reine impute àmépris
&à froideur, les ſoupirs& le trouble
d'Agenor ; il feroit plus naturel
qu'elle attribüât ces ſignes à
l'Amourtimide &refpectueux.Que
veut-elledire par ces mots .
Sansdouteon vous aura prévenue
contre moy.
:
Agenor
• DE JUILLET.
157
Agenor peut- il ignorer ſon crime
? Mais enfin , n'eſt-elle pas
icy extrémement avilie ; je m'en
raporte à M.de Crebillon : Semiramis
aſſûrément devroit parler avec
plus de dignité.
Agenor diffipe les inquietudes
de la Reine par ces parolesgalantes.
Quand on eft, comme vous ,fi ref-
Semblante aux Dieux ,
Dans le coeur des Mortels on devroit
lire mieux :
Que n'en doit point attendre une
Reinefibelle?
Quelcoeur à ſes defirs pourroit
être rebele ?
Nos deux Amans , ap ès avoir
unpeu converſe ſur ce ton, ſe ſéparent
, & l'Acte finit par les Vers
fuivans , que Semiramis adreſſe à
Agenor.
Venez par unHymenſi cheràmes
Souhaits ,
Du perfide Belus confondre les
Projets ,
Juillet 1717.
138 LEMERCURE
Parces noeuds dont je cours baterl'Auguste
Fête,
Venez de l'Univers m'annoncer
laConquête.
Helas ! Je l'ai privédu plusgrand
deſes Rois ,
Maisje lui rends en vous plus
queje ne lui dois.
ACTE III.
Mermecide , après avoir en vain
cherché Ninias en differens Climats
, eſt venu à Babilone rendre
compre àBélus des courſes inutilles
qu'il a faites depuis dix ans. Bélus
l'informe de l'Etat preſent de
la Cour ; il lui apprend qu'un jeune
Guerrier , nommé Agenor , a
fait échouer pluſieurs Conſpirations
tramées contre la Reine , &
qu'elle vient d'être informée , que
fon Frere eſt le Chefſecret de ces
Conſpirations.
Mermecide a été annoncédans
le premier Acte , comme vertueux
&courageux.
DE JUILLET.
159
Tu doisavoir connu ce fameux
Mermecide ,
Safarouche Vertu , son courage
intrépide.
Onel Confeil cet homme debien
donnera-t-il à Belus ? Ecoutons.
Jeſens par vos périls réchauffer
mon audace ,
Prononcez fon Arrêt , condamnez
vôtre soeur ;
J'immole avant la nuit , elle &
Son Deffenseur ;
Ilsemble qu'avec nous le Sort
d'intelligence ,
Livreàtous vosdeſſeinsleGuerrierfans
deffence.
Bélus adopte la moitié du
génereux conſeil de Mermecide;
il conſent qu'on aſſaſſine ſa ſoeur ;
mais , il demande grace pour Agenor.
Perdons masoeur , pourlui , con-
Sens à l'épargner;
Loin de le perdre , il faut tâ
cher de le gagner :
O ij
160 LELE MERCURE
1
Je ſçais un für moyen de l'armer
pour moi-même ,
Que te dirai-je enfin ? c'est Ténefis
qu'il aime,
Mermecide ſemble regretter fa
Victime qu'on lui enléve , il expoſe
à Bélus que Téneſis appartient
à Ninias,& qu'il ne peut plus
en diſpoſer en faveur d'Agenor.
Mais, pour en difpofer, Seigneur
est-elle à vous ?
Ninias engagé dans des liens fi
doux,
En a gardé,peut-être une tendre
memoire.
Voilà un peut- être qui n'eſt pas
ici Loans raifon ; Mermecide n'a
pas grand tort de douter un peu ,
ſi des Epoux des ans,qui ne ſe font
vûs qu'un moment , auront conſervél'un
pour l'autre , un ſouvenir
bien tendre.
Je ne ſçai pourquoi Bélus n'a
pas recours à quelque nullité ou
moyen d'abus contre ce vieux Mariage
que lui propoſe Mermecide,
DE JUILLET. 161 1
cela le fortoit tout d'un coup d'affaire.
Le bon homme avoüe que
fa fille appartient à Ninias , mais,
que s'agiſſant pour ce mêine Ninias
d'un Trône , qu'il ne peut acquerir
que par la perte d'une Epouſe;
on ne doit pas balancer
faire pour lui ce ſacrifice.
AsonpremierHymen arrachons
Ténesis ,
Si je veux d'un ſecond priver
Semiramis ;
Ninias n'auroit plus qu'une efpérance
vaine ,
Si jamais Agenors'uniſſoit à la
Reine.
Enfin, puisque le Sort my con..
traint aujourd'hui ."
Ilfaut,fans murmurer descendre
jusqu'àlui,
En de honteux liens engagerma
Famille
Aux Voeux d'un Inconnufacrifiermafille.
Le parti que prend ici Bélus ,
le ſauve de tous ſoupçons d'ambition
& d'interêr ; il veut enlever
/ Oiij
162 LE MERCURE
on
à ſa ſoeur une Couronne , dont il
partage l'éclat avec elle ; d'une
Couronne dont il eſt heritier en
excluantNinias : Il veut donc faire
monter au Trône d'Aſſyrie le même
Ninias , en ſe dépoüillant de
l'honneur de ſon Alliance ; il en
doit couter la vie à la Reine ſa
foeur , Teneſis ſa fille,va être facrifiée
à un Inconnu ; mais
ne sçauroit acheter trop cher
l'honneur d'une ſi grande Révolution.
Au reſte , Bélus qui craint
avec tant de fondement que Ninias,
ne ſoit mort ; Belus dis-je ,
ne voit-il pas que fiNinias eſt mort
en effet , il aura avancé bien des
frais dont on ne lui tiendra pas.
grand compte , & qui ne lui feront
pas beaucoup d'honneur .
Voilàdonc Bélus réſolu de ramenérà
lui , s'il eſt poſſible, le vaillent
Agenor par l'Hymenée de ſa
fille: Il revient trouver ce Guerrier
, lui fait confidence du deſſein
qu'il a conçu,le faire affaffiner
Semiramis ; & pour lui faire agréer
ceffinat , il lui offie Térefis
en Mariage.
DE JUILLET. 163
De mon indigne soeur la mort
eſt aſſurée ,
Malgré les Dieux & vous ,
mon couroux l'a jurée ;
Ouy , Seigneur , ce jour
terminera lesfiens ,
Deviendra le plus grand , on le
dernierdes miens.
Les Conjurez ſont prêts , leur
Troupe audacieuse ,
Portoit jusquefur vous une main
furieuse,
Sije n'ûffe arrêtéleurs complots
inhumains ,
Aprés avoir bonnement révélé à
Agenor tous ſes deſſens , Bélus lui
propoſe de renoncer à l'Hymen de
la Reine en faveur de Teneſis .
Abandonnez la soeur , je vous
réponddufrere ,
Dites-moi ? Ténesis vous estelle
encor chere&
Agenor répond.
Cruelle n'achevez pas , j'entres
vois vos deſſins ,
Offrez àd'autres veuxvosPré
164 LE MERCURE
Sents inhumains ,
Laiſſez-moi ma Vertu , la vô
tre tropfarouche,
Amon coeur affligé , n'offre rien
qui letouche.
Il me paroît que Bélus eſt bien
imprudent de ne pas s'affûrer de
la foy d'Agenor , avant de lui
confier des ſécrets ſi importants ;
comment peut- il ſe flater de faire
réuſſir ſes projets , puis qu'Agenor
qui en eſt inſtruit peut les faire
échouer.
Je ſai bon gré à Agenor de ne
point prendre conſeil de ſa paſſion
pour Tenefis , & de demeurer fidéle
à la Reine. Mais je ne lui
pardonne pas le jugement qu'il
prononce en faveur de Belus ; il
ne doit point qualifier d'homme
vertueux,un frere perfide qui médire
d'aſſaſſiner ſa ſoeur , affaffinat
pour lequel ildevroit avoird'autant
p'us d'horreur , que ne ſcachant
rien des deſſeins qu'on a en faveur
de Ninias , il ne doit ſuppoſer à
l'aſſaſſin d'autres vûës que celles,
DE JUILLET. 165
de s'emparer lui-même du Trône
Agenor prend des meſures pour
garantir la Reine contre les entrepriſes
de Bélus , il redouble la
Garde du Palais. Téneſis allarmée
du peril qui menace ſon pere , lui
propoſe d'agréer qu'elle tente de
Héchir Agenor en ſa faveur.
:
Agenor a pour moy témoigné
quelque ardeur ,
Que n'aurapointpeut-être étouft
ma rigueur ;
Ainsi que son pouvoir , sa va.
leur est extrême ,
Que ne fera- t- il point pour
plaire à ce qu'il aime ?
Bélus répond.
Agenor ! ab ma fille !' il n'y
-faut plus penser ,
L'Infolent !à quel point il vient
de m'offenser :
Ténesis , si c'eſt là vôtre unique
esperance,
Vous me verrés bien-tôt immolé
Sans défense.
166 LE MERCURE
Je ne vois pas bien pourquoy
Bélus appelle Agenor Infolent , il
ne lui eſt rien échapé dans le dernier
entretien qui le rende digne
de cene Epithete.
En vain Téneſis inſiſte , & veut
faire eſpérer à ſon pere qu'elle
fléchira Agenor. Bélus ne l'écoute
plus ,& lui ordonne de fuir du Palais.
Mafille , il n'est plus tems ,sa
perte est resoluë ;
Plus que les miens ici , ſesjours
font endanger,
Deſes láches Refus,ſonſangva
mevenger:
Adieu,de ce Palais ou bientôt le
carnage
van'offrirà vosyeux qu'une effroyable
image;
Fuiez , dérobez-vous decefuneste
lien ,
Oùje vous dis,peut-être , un eternel
adien.
Je ſuis étonné d'entendre dire
ici à Bélus que les jours d'Agenor
ſont en plus grand danger que les
ſiens propres. Il n'y a qu'un mo
DE JUILLET. 187
mentque j'ai entendu dire au même
Bélus , que bientôt on le verroit
immolé fans défenſe.
Vousme verrez bientôt immoll
Sansdeffense.
ACTE IV.
Malgré le Conſeil de Bélus ,
Téneſis s'cit déterminée à voir
Agenor.
Non , non , malgré Bélus il faut
queje le voye;
DeleurHymendumoinsje veux
troublerlajoye ,
M'offrirà leurs yeux , l'oeil ar.
dentde couroux ,
Les immoler tous deux à mes
transportsjaloux.
Un repentirpeut - être
Amespieds,malgrêlui, raménera
leTraitre :
Pour mon pere du moins , imploronsſonſecours,
Luiſeulpeutm'aſſürer defiprè.
cieuxjours.
168 LE MERCURE
Téneſis vient donc trouverAgenor
au 4. Acte . Voyons ſi elle lui
parle du ton qui convient aux
ſentimens qu'elle vient de montrer.
Nefuyez point , Seigneur : Un
coeurfigenereux ,
Ne doit pas éviter l'abord des
malheureux ?
Helas! Je ne viens point pour
troubler par mes larmes ,
UnHymen qui pour vous , doit
avoirtant de charmes :
Vous ne me verrez point contraire
à vos defirs ,
Ades tranſports fi doux mêler
mes deplafirs.
Je viens , Seigneur ,je viens
tremblante pour un Pere,
Confier à vos soins une Tête fi
chere ,
Embraſſer vos genoux, & d'unfi
ferme appui ,
Implorer le fecours , moins pour
moi que pour lui .
LaPrincefle fait enſuite l'aveu de
ſa paflion pour Agenor , & lui dit
les
DE JUILLET. 169
les raiſons qui l'ont forcée à la combattre.
Jenevous nierai pas , Seigneur ,
queje vous aime,
Je trouve à vous le dire une douceur
extreme ;
Et l'Amourn'a pas crudes-honorer
mon coeur ,
Enyfaiſant pour vous naitre une
vive ardeur :
Mais belas ! cet aven fi doux en
apparence ,
N'endoitpas plus , Seigneur,ftater
vôtre esperance :
Jene sçai point former de parjures
liens ,
Quoiqu'un age bien tendre ait
vúferrer les miens ;
Il n'en est pas moins vrai qu'un
funeste hymenée ,
Aux Loix d'un autre Epoux
Soûmetmadeſtince.
Agenor éprouve le même ſort.
Quedans ſa plus tendre enfance, ſa
foy fut engagée à une perſonne dont
il ne ſçait pas même le nom ; que
Juillet 1717.
P
$70 LE MERCURE
ee Mariage fût célebré dans un
boisprés de Synope.
Près de Synope , O Ciel, qu'a
vez-vousproferè ?
Ne fut- ce point,Seigneur , près
d'un Antre terrible ,
Des Decrets du Destin Interprette
invisible?
AGENOR répond :
C'est là pour la premiere & la
dernierefois ,
Quejevislabeautéqu'onfoûmit
àmesLoix.
DuPiropeèclatantſa Tête étoit
ornce,
Sans pompe cependant elle fut
amenèe.
Un Mortel venerable & dont
l'auguste aspect
Inspiroità lafois la crainte&le
respect ,
Conduiſoit àl' Autel cettejeune
Merveille;
Age peu different , fuite toute
pareille ;
Un Prêtre , deux Viellards, nut
Esclave opresenх,
Deindeme des Retonsk
DE JUILLET. 17
TENESIS.
Mais , Seigneur , à l'Autel ne viton
point vos meres.
AGENOR.
L'un & l'autre avec nous , n'avions
que nos peres .
TENESIS.
Achevez
GINOR,
J'ai tout dit.
TENESIS.
1
Helas , c'étoit donc vous
AGENOR..
Quoi , Madame
TENESIS .
Ah,Seigneur, vous êtes mon Epoun.
AGINOR.
Moi vôtre Epoux , qui , moi , lefile
de Mermecide a Pij
-
172 LE MERCURE
TENESIS.
Ah, Seigneur , ce nomſeul de nôtre
Hymendecide ,
Bélus m'en a parlé cent fois avec
tran port ;
D'unfils qu'il a perdu , plaignant
toujours lefort ;
De celui des Humains , ce fils doit
être Arbitre.
AGENOR.
Mon coeur est moins touché d'un fi
Superbe Titre ,
Que d'un bien ...
TENESIS .
Terminons des tranſportsfuperftus ,
Adieu , Seigneur , adieu , je cours
chercher Belus ,
Les momens nousfont chers , ilfaut
que je vous laiſſe.
Agenor demeure ſeul fur la Scene.
On vient l'avertir qu'un Inconnu
demande à lui parler.
Seigneur, un Etranger qui se cache
avec ſoin ,
DE JUILLET. 173
Demande à vous parler un moment
Sans témoin.
Le prétendu Etranger abordant ,
Agenor lui préſente une Lettre
de la part de Bélus : Pendant qu'Agenor
la lit, l'Etranger tire un poignard
, & comme il en va frapper
Agenor , Agenor pare le coup , &
réconnoît Mermecide; Mermecide
reconnoît Ninias .
Agenor.
Mais, qu'est ce que je vois ? Grands:
Dieux, c'est Mermecide ?
Mermecide ,
Ciel,que vois-je à mon tour ! Mere
datemon fils.
Tandis que Ninias &Mermecide
éclatent en démonstrations de tendrefle
, Semiramis arrive ſur la
Scene , après avoir dir quelques
mots à Agenor ; elle jetre les yeux
fur le vieillard qui est à côté d'Agenor&
reconnoit Mermecide.
...Mais que vois- je avec vous ?
Mon Ennmi,Seigneur,&le plus
grand de tous !
1
Piji
174 LE MERCURE
Ab Traitre ! enfin le Ciel te livre
à ma vengeance .
Agenor demande quel eſt le crime
de cet Etranger .
Dequels crimes s'est donc noirci
cet Etranger ?
Cet Etranger m'est cher ,j'ofe
même aujourd'hui ,
Ici,comme de moi, vous répondre
delui.
La Reine veut ſçavoir quel interrêt
attache Agénor au fost de
Mermecide.
Quelfi grand interrêt prenezvous
à ses jours.
Agénor répond
Voulez-vous qu'à vos coups j'abandonne
mon pere?
Mermecide prend la parole.
Non ,je ne leſuis pas , mais voilà
vôtre mere.
Ma mere .... s'écrie Agenor..
DE JUILLET. 175
Semiramis.
Lui mon fils ? Grands Dieux .
qu'ai-je entendu?
La Reine s'abandonne à toutes
les fureurs de fa paſſion inceſtueuſe
, elle veut d'abord méconnoître
un fils dans Agenor.
Non, tu n'es point mon fils, ex
vaincet Impoſteur
Prétend demon amour démentir
lafureur ;
Si tu l'eſtois , déja la voix de la
Nature ,
Eût détruit de l'amour la premiere
imposture .
Enſuite , elle lui parle comme
àſon fils.
VatejoindreàBélus , coeur ingrat&
perfide ,
Rend-toi dignede moi parunnoir
parricide ,
Viens toi-même chercher dans
mon malhûreux flanc ,
Les tracesdeNinus & le ſcean
176 LE MERCURE
defonsang.
Mais,foitfils,foit amant , n'attend
de moi , Barbare ,
Quelesmêmes horreurs que ton
coeurme prepare :
Comme fils , n'attend rien d'un
coeur ambitieux ,
CommeAmant, encor moins d'un
amourfurieux.
Jepèrirai , le Front ornédu Diademe,
Et s'il faut te ceder , tu pèriras
toi-même.
,
Garde-toi cependant d'une Amante
outragée,
Garde-toi d'une mereà ta perte
engagée;
Adien , fuisfans tarder de ces.
funestes lieux ,
Respectes-y dumoins, Mere, Amante
, ou les Dieux.
Ninias prend le parti de l'obéiffance
; il ſe determine à fuir de
Bablone.
Ouy , je vais vous prouver par
mon obeissance .
DE JUILLET 177
Combien le nom de Mere a fur
moi depuiſſance :
Puiſſe à votre grand coeur ce
nom qui m'eſtfi doux ,
N'inspirerquedesſoinsqui ſoient
dignesdevous.
Il me paroît que M.deCrebillon
vient de faire commettre une grande
faute à Mermecide ; ce Vieillard
ne devoit - il pas laiffer croire
àla Reine,qu'Agenor étoit ſon fils;
cette erreur le tiroit de peril , au
lieu qu'en apprenant à Semiramis
qu'elleeitmere de ce même Agenor
, il s'expoſe à ſe perdre avec
lui. Jene ſçai pourquoi Semiramis
ne prévient pas les deſſeins qu'elle
doit ſuppoſer à ſon fils , foûtenu
de l'appuy de Bélus & des conſeils
de Mermecide. Ambitieuſe
&déſeſperée comme je la vois ici ,
comment ne fait- elle pas arrêrer
ces trois Confederés ; elle laiſſe
néantmoins fortir Ninias & Mermecide.
La voilà ſeule avec Phenice
ſa Confidente qui l'exhorte à
prendrede juſtes meſures contre le
péril qui la menace.
178 LE MERCURE
:
Madame, Ninias n'a point ceffé
devivre
Etquel funeste espoir peut vous
flater encore ,
Puisqu'enfinTenesis est cellequ'il
adore?
Vous seule l'ignorez , lorſque
toute la Cour
Retentitdes long-tems du bruit
deſon Amour :
Loind'en croire aux transportss
quiſéduisent vôtre Ame ,
Dans ceperilpreſſant , Songez à
vous, Madame ,
La Reine ſe livre aux fureursde
la Jaloufie.
Non,jene verraipoint triompher
Tenefis
Des malheurs où le fort reduit
Semiramis :
Sur l'Objet , que sans doute , un
Ingrat mepréfere ,
Ilfaut que je me venge & d'un
fils&d'unfrere ,
Elle est entre mes mains , & le.
fideleArbas ,
DE JUILLET. 199
Au gré de mon couroux ajurl
fon crêpas.
Rentrons, c'estdans le Sangd'une
indigne Rivale
Qu'ilfaut que ma fureur déformaissesignale.
Jene ſuis pas étonné que Semiramis
médite la perte de la Rivale ,
cette vengeance eſt dans le caracterede
fa Paffion;mais je ſuis étonnéqu'elle
aitordonné ſa mort,&l'ait
livrée auMiniſtre de ſa vengeance,
avant qu'elle la connût pour ſaRivalc.
ACTE V.
Semiramis ouvre le cinquiéme
Acte par un Monologue , où elle ſe
rerrace toutes les horreurs de ſa
Faffion.
Oùt'iras-tu cacher ? Quelgouffre
afſés affreux
Estdigne d'enfermer ton Amour
malheureux?
Elle ſe juge indigne du jour.
180 LE MERCURE
Terre, ouvre-moi tonjein , &redonne
aux Enfers
CeMonstre dont ils ont effrayé
l'Univers.
Enfuite, elle eſſaye de rejetter
fon crime ſur les Dieux mêmes ,
Dogmeun peu ſcandaleux !
Dieux qui m'abandonnez à ces
honteux transports ,
N'en attendez , Cruels , ni donleur,
ni remors ;
Jene tiens mon Amour que de
vôtre colere
,
Mais, pour vous en punir , mon
coeur veut s'y complaire.
Ce Monologue eſt interrompu
parPhenice, Confidente de laReine
, & par Arbas ſon fidéle Miniftre.
PHENICE.
Fuyez , Reine , fuyez ; vos Soldats
vous trabiffent ,
Du nom de Ninias , tous ces
lieux retentiffent ,
A
DE JUILLET 185
Apeine a- t-ilparû, qu'àson terrible
aspect ,
Vos Gardes n'ont fait voir que
crainte&que refpect :
Lafiertédans lesyeux , &boüillantde
colére ,
J'ai vû lui-même encor votre
perfidefrere ,
DesSoldats mutine,z échauffant
lafureur
Ordonner à grands cris le trêpas
desasoeur.
Oùfera vôtre azile en ce moment
funeste.
SEMIRAMIS répond.
Va, ne crains rien pourmoi, tant
qu'un soupir me refte ,
Augréde son couroux , le Ciel
peut m'accabler ;
Mais ce seratoûjours , fans me
faire trembler.
Arbas, jefçai pour moijusqu'on
vavôtreZéle ,
Et vous êtes lejeul qui me reſtiez
fidéle;
En remettant icy la Princeſſe en
vosmains ,
Juillet 1717.
182 LE MERCURE
Je vous ai declaré quels étoient
mes deſſeins :
Allez , &vous rendezparvôtre
obéissance ,
Digne de mes bienfaits & de ma
confiance :
Songezdans quels périls , vous
vous précipitez ,
Sices ordres bien-tôt nesont exécutex.
Ces ordres avoient été donnés
àArbas dans le quatriéme Acte ;
je ne ſçai pourquoi ils n'ont pas
été éxécutés. Mais , je comprens
que cemême Arbas devroit s'appercevoir
ici , qu'il court moins de
péril,en refuſant fon miniſtére à la
Reine déſeſpérée , qu'il ne feroit
en éxécutant le meurtre qu'elle
éxige de lui : Ninias & Bélus font
triomphans : la Reine eſt trahie par
fa propre Garde. Arbas eſt le ſeul
de tous ſes Sujets qui lui ſoit reſté
fidéle. Que fera-t-il cet Arbas ?
quand il verſeroit le fang de Téneſis
, cet horrible afſfaſſinat ne feroit
qu'irriter contre la Reine &
DEJUILLET 183
contre lui , les fureurs vengereſſes
deBélus.
Arbas donc , quitte la Scene
pour immoler Téneſis à la jalouſe
rage de Sémiramis : Ninias informé
, je ne ſçai comment , du
péril de la Princeſſe , vient implorer
pour elle la clémence de la
Reine.
Rendez-moi Tènesis , rendezmoi
, mon Epouse ,
Eft-ce àmoi d'éprouver votrefureur
jalouse.
Semiramis inſulte à la douleur.
de Ninias.
Je vais fans differer , contenter
vôtre envie.
Vous rendre Ténesis , mais ce
ferafansvie.
Durant cet entretien , Bélus
arrive fur la Scene , émû du péril
de ſa fille.
C'en est fait , pour jamais vous.
perdezTenesis.
:
Qij
184 LE MERCURE
Mais que vois-je avec vous, Seigneur,
Semiramis ?
Ebquoi ! cette Inhumaine est en
vôtre puissance ,
Et ma fille & Ninus font encorfansvengeance
.
Pendant que Semiramis ſecomplaît
dans les douleurs de Bélus.
&de Ninias , Téneſis ſe préſente
à ſes yeux , ſuivie de Mermecide ,
qui l'a délivrée des mains d'Arbas.
La Reine déſeſperée ſe donne la
mort.
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