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1
p. 85-106
LETTRE DE Mr LE *** A Mrs de ***
Début :
Si ne sçavois que vous avez de l'amour, & que [...]
Mots clefs :
Vendangeurs, Bal, Village, Femme, Maison, Campagne, Compagnie, Violons, Muscat, Mari, Vendangeuses, Mercure galant, Divertir
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE Mr LE *** A Mrs de ***
LETTRE DEM LE***
Sijen
A Mrs de ***
Ijene ſçavoisque vous avez de l'a- mour , &que la belle Perſonne qui vous attache nesçauroit quiter Paris, je nevouspardonneroispas denepointvenirgoûter avec nous lesplaiſirs de la Campagne,dans une Saiſon ou il y ade longues annéesque nousn'avons eu de fi beauxjours. Il semble que le Soleil ſe leve expréspourfaire fa Courà quanti-- téde Gens choisis de l'un &de l'autre Sexequise trouvent presque dans tous:
nos Villages.Chacun rencontre cequi luy est propre , &à la Houlete prés dont on ne s'estpas encoravisé deſeſervir,la viequ'on mene icy meparoist fi libre fiagreable,queje m'imaginevoirquel quefois ce que Monsieur d'Urfe nous a
point des Bergeres de Ligno. Ons'aſſem- bledansles Prairies , on s'entretient au
borddes Ruiffeaux, &quand le temps
GALAN T. 59 de la Promenade eſt passé,les plusgrax- des Villesn'ont point de Divertiſſemens que nousayonsſujet de regreter. Le croi- rez- vous ? Le Bal, maisle Bal en for- me,ſe donne par tout aux environs ;
comme cen'estque beau Monde , on le
court de Village en Village , comme on faitde Quartier en Quartier à Paris dansle Carnaval. Qu'auroit-on àneſe pasréjouir ? Les Pendanges n'ont peut- estre jamais esté si belles la France triomphe de toutesparts ; &file Ciel nousfavorise d'un Automne tout char- mant,leRoy &ſes Miniſtres travail lent à nous faire trouver agreables les plusvilains jours de laplus rudeSaiſon,
parles soins qu'ilsprennent ou de nous procurerla Paix, ou de nous mettre en étatdenepointsentir les incommoditez de la Guerre. Parmy les Bals de nostre Canton ily en eut undernierement dont In nouveauté ne vous surprendrapeut- estrepas moins qu'elle nous surprit. Ie Soupois chez Mr de***. Ie nesçay fu vous leconnoiffez- C'est unpetit Homme qui aimefort àvoir fes Amis, & dont laMaiſon est un veritable Bijou. On la
Cvj
60 LE MERCVRE
vient voirde tous les costez. Le Lardin
en est fort proprement entretenu. Outre leMuscat qui couvre un Berceau, ilya
des Espaliers qui raportent lesplus ex- cellens Fruitsqu'on puiſſe manger , &je croy que lepetit Homme enferoit part affez libéralement à ceux qui en admi- rent la beauté , ſiſa Femme qui est un peu la Maistreffe , ne trouvoit qu'il est plus judicieux d'en accommoder certai nes Femmes de la Halle qui laviſitent detemps en temps. Apres que nous eû- imesfoupé, on appreſtoit des Cartes pour une Partie d'Hombre , quand le Mai- ftre de la Maisõqui s'estoit approchédes Fenestres , nous appella pour nous faire.
obſerverplusieursflambeaux qui paroif- foient dans La Campagne , &que nous viſmes s'avancerpeuàpeu vers le Villa ge. Ilsy entrerent, &un peu apres nous entendiſmes grandbruit à la Porte , ой trois Carroſſes c'étoiet arreſtez. Ilsavoiet pouraccõpagnement,fix Hommesàche- val veſtus en Paifans, anſſi-bien que les Cocbers &les Laquais.Ceux qui defcen- dirent du premier Carroffe, aveient des Habits unpeu plus propres , mais pour-
GALANT. 6-r
zansde Paifans comme les autres. 'eſtoient des Violons , qui d'abord qu'ils
furent entrezdans la Court ,firent con- noiſtre en joüant qu'on nevenoit là que
pour d'enfer. La Compagnieſuivit. Elle confiftoit enfix Hommes &quatre Femmes veſtus en Vendangeurs & Vendangeuses. Leurs labits estoient de Satin de Gaze d'argent. Les Hommes avoient depetites Hotes argentées ,les Femmes des Paniers de mesme , &les unes &les autres des Serpetes deVen- dangeurs. On ouvrit une grande Salle,
Six Flambeaux portezpar lesfix Hom- mes qui estoient venus àcheval , prêce- derent les Violons qui furentſuivis de cette galante Troupe de Vendangeurs Les Laquaistirerent aufſfitoft desCar- roffes dequoy éclairer la Salle ; &com- meils ne manquoient de rien , &qu'ils estoient en affezgrand nombre pourdan- fer,onnedemeurapaslong-temps à ne rien faire. Le Maistre &la Maiſtreſſe
du Logis furent pris d'abord. Ilsnesça voientquepenſerde cette imprévenega- lanterie. Ils examinoient commemoyqui pouvoient estre les Gens qui ſe donnoient
62 LE MERCVRE
un ſemblable divertiſſement , & ilne nousfut pas possible de le deviner. Tout
ceque nous fçeûmes parquelques mots qui leur échaperent , &qu'ils croyoient Sedire bas ,c'est qu'il yavoit un Duc
parmyeux. On leur entendit meſme ap- pellerun Page , &à l'air de leur danse &àtoutes leursmanieres , ilparût que c'eſtoiet Perſonnes de la plus hauteQua- lité. Lebruit des Violons attiraincontinent danscette Salle tout ce qu'ily avoit de Gens raisonnables dansle Village.
Lesplus joties Paiſannesy vinrent. Eiles eſtoiet déja accoûtumées àſemeſterpar- my les Damesquand il ſe donnoit quelque Feste. Des Bourgeois curieux ſe maſquerent le mieux qu'ils pûrent , &
on peut dire que ce fut un Bal régulier ,
puisque les Masques en furent ,&qu'il yavoitdu Mondede toute efpece. Apres qu'on eutdansé quelque temps , ceux qui avoientamenéles Violonsdemanderêt à
entrer dans le Iardin,&dirent que puis qu'ilsestoient venus pour vendanger , ils neprétendoietpas qu'õles renvoyaſtſans les avoirmisen beſogne. LaMaiſtreſſe de lamaison tremblapourſes Fruits,&vou
GALANT. 63
lut trouver l'heure induë ;mais le petit Homme qui estoit galant ,s'ofrit à estre teur Conducteur ,&dit en riant , Que tout ce qu'il craignoit , c'eſtoit que des Vendangeuſesd'un ſigrand merite ne vouluſſent vendre cherement leur
temps , &qu'ilne fuſt difficile de les payer. Le Jardin fut ouvert , toute la Troupeyentras,le Muſcat fut vendan- gé, &onn'épargna point les Eſpaliers.
LesHores,les Paniers, tout fut remply de ce qu'ily avoitde plus beau Fruit,&
on ne laiſſapresque rien. Le Ieu parut violent , lesdiscours galans cefferent,le petit Homme devintfroid , så Femme encor davantage. Ils vouloientse plaindre , &se retenoient'; on nesçait àqui onparle quand on parle àdes Gensmas- quez. Ils avoientoicy les noms de Duc &de Page , & en ne voulantpas fou- frirqu'on continuact la vendange , ils craignoient den'estre pas Maistres chez eux. Les faux Vendangeurs s'empes- choient derire autant qu'ilspouvoient ,
&en laiſſoient échaper quelques éclats qu'il leur estoit impoſſible de retenir. Les Intereffez rivient du bout des dents. Le
64 LE MERCVRE
Iardinier la Jardiniere, avec les Do
mestiques les plus groſſiers , querelloient ceux qui dépoüilloient les Arbresfi har diment , &alloient jusqu'à les accuferde vol. C'eſtoit affezfoiblement que leurs Maîtresleur ordonnoient deſe taire. Les
faux , mais pourtant trop veritables Vendangeurs ,redoublerent leurs éclats.
de rire à mesurequ'ils voyoient quelque Espalierd'échargé.
Apres qu'ils eurent cueilly tout ce qu'ilsrencontrerent deplus beau,le Ma- ry voyantque c'estoit un malfans reme de ,voulut faire de neceſſité vertu ; &
afin qu'on ne l'accusat pas d'avoirfouf- fert une Galanterie de mauvaiſe grace,
il les mena dansun endroit oùilyavoit encor quelques Arbres à dépouiller. On luyditque ceferoit pour une autrefois ,
parce que des Vendangeurs de leur im- portance n'estoient pas accoustumez à
travaillerfi long- temps; &tandis qu'un d'entr'eux l'afſfura en termesfort éten dus, qu'il n'auroit pas lieudeſe repentir de l'honneſteté qu'il avoit eue les autres monterent en Carroffe. Celuy- cy prit congé dupetitHomme rejoignit sa ComA
GALANT. 65
-
- pagnie , & tout disparut en mesme- temps. Le trouvay l'Avanture auffi bi- zarre qu'il en fut jamais arrivé à per- Sonne. Le Mary qui faisoit le Rieur en enrageant, me demanda ce que jepensois des Vendangeurs,sa Femme lequerella d'avoir conſenty àeſtre la Dupe deleur Mommerie,&nesçachat tous trois quel jugementfaire de leurprocedé,nousren- tramesdans la Salle ,où nous eûmes un
autreſujet de ſurpriſe. Elle estoit encor toute éclairée d'un afſfez grand nombre deBougies qu'ils yavoient fait mettre
pour le Bal,&cette lumiere nousfit ap- percevoir d'abord ſur la Table une par tie des Fruits que nous croyions empor- tez, & qu'ils yavoient fait laiſſer par leurs Gens. La Maîtreſſe du Logis n'en fut que mediocrement confolée. Ils avoient esté cücillis hors de ſaiſon , &
commeils netuy ſembloient pas propres àcequ'elle avoit reſołu d'en faire , elle n'auroit de long-temps cesséde gronder,
fans une Montre de Diamans qui luy faura aux yeux le plus àpropos du mon- de. Elle estoitfur cette mesme Table,avec deriches Tablettes que nous ouvrimes,
66 LE MERCVRE
où nous trouvâmes ces mots écrits.
D'aſſez illuftres Vendangeuſes , qu'on ne dédaigne pas quelquefois de rece- voir à la Cour, ayant eu enviedevos Muſcats, ont crû qu'elles pouvoient ſe donner le plaifir d'exercer voſtre pa- tience enles vendangeant. N'enmur- murez pas. Il y apeut-eſtre des Gens du plus haut rang qui ſouhaiteroient qu'elles ne les miflent pas àde plus fa- cheuſes épreuves.Quelque rude que vous ait pû eſtre celle cy , elles vous priënt de ne l'oublier jamais ; & afin de vousy engager , elles vous laiſſent cetteMontre qui vous fera ſouvenis d'elles toutes les fois que vous y re- garderez à l'heure qu'elles ont fait le dégaſt de vos plusbeaux Fruits. Lepe- titHommetrouva les Vendangeuſesfort honnestes , & cette Galanterie plût fi
fort àſa Femme ,qu'elleſoubaita qu'on revinst le lendemain vendanger aux meſmesconditions ce qui leur estoit de- meuréde Fruits.
Ienevousparleraypoint ,monCher,
detous les autres Bals qui ſeſont don.
nezdansle voisinage. Ie vous marque
GALAN T. 67
F
-
feulement celny-cyàcausede l'Avantu- re. Elle réjouira ſans doute l'aimable Perſonnequivous empeſche de nousve- nirvoir. Tachez à l'en divertir ,& fi
vousjugezqu'elle merite uneplace dans teMercureGalant faites la conter à
F.Autheur,afinqu'il luy donneles em.
belliſſemens dont elle abesoin. Cependant envoyez-moy fix Exemplaires du Vo.
tume du dernier Mois, on me te deman
depar tout oùje vay,&ce n'est pas estre galant quede le refufer aux Belles.C'est par leMercurequ'on apprend toutes les Nouvelles agreables ; &ji Monsieur Mitonacrûlepouvoirnommer la Con- folationdes Provinces , onpeut adjou ter qu'il est lePlaiſir des Compagnies àqui les Vendanges font quiter Paris.
Ienevoyperfonne quine s'en faſſe un fortgranddefa lecture. Tout le monde en est avide,&pendant que les Hom- mess'attachent aux Articlesferieux,les Damesrientdes Historiettes , &s'em
preſſent à chercher le sens des Eni- gmes. Ce 7. d'Octobre 1677
Sijen
A Mrs de ***
Ijene ſçavoisque vous avez de l'a- mour , &que la belle Perſonne qui vous attache nesçauroit quiter Paris, je nevouspardonneroispas denepointvenirgoûter avec nous lesplaiſirs de la Campagne,dans une Saiſon ou il y ade longues annéesque nousn'avons eu de fi beauxjours. Il semble que le Soleil ſe leve expréspourfaire fa Courà quanti-- téde Gens choisis de l'un &de l'autre Sexequise trouvent presque dans tous:
nos Villages.Chacun rencontre cequi luy est propre , &à la Houlete prés dont on ne s'estpas encoravisé deſeſervir,la viequ'on mene icy meparoist fi libre fiagreable,queje m'imaginevoirquel quefois ce que Monsieur d'Urfe nous a
point des Bergeres de Ligno. Ons'aſſem- bledansles Prairies , on s'entretient au
borddes Ruiffeaux, &quand le temps
GALAN T. 59 de la Promenade eſt passé,les plusgrax- des Villesn'ont point de Divertiſſemens que nousayonsſujet de regreter. Le croi- rez- vous ? Le Bal, maisle Bal en for- me,ſe donne par tout aux environs ;
comme cen'estque beau Monde , on le
court de Village en Village , comme on faitde Quartier en Quartier à Paris dansle Carnaval. Qu'auroit-on àneſe pasréjouir ? Les Pendanges n'ont peut- estre jamais esté si belles la France triomphe de toutesparts ; &file Ciel nousfavorise d'un Automne tout char- mant,leRoy &ſes Miniſtres travail lent à nous faire trouver agreables les plusvilains jours de laplus rudeSaiſon,
parles soins qu'ilsprennent ou de nous procurerla Paix, ou de nous mettre en étatdenepointsentir les incommoditez de la Guerre. Parmy les Bals de nostre Canton ily en eut undernierement dont In nouveauté ne vous surprendrapeut- estrepas moins qu'elle nous surprit. Ie Soupois chez Mr de***. Ie nesçay fu vous leconnoiffez- C'est unpetit Homme qui aimefort àvoir fes Amis, & dont laMaiſon est un veritable Bijou. On la
Cvj
60 LE MERCVRE
vient voirde tous les costez. Le Lardin
en est fort proprement entretenu. Outre leMuscat qui couvre un Berceau, ilya
des Espaliers qui raportent lesplus ex- cellens Fruitsqu'on puiſſe manger , &je croy que lepetit Homme enferoit part affez libéralement à ceux qui en admi- rent la beauté , ſiſa Femme qui est un peu la Maistreffe , ne trouvoit qu'il est plus judicieux d'en accommoder certai nes Femmes de la Halle qui laviſitent detemps en temps. Apres que nous eû- imesfoupé, on appreſtoit des Cartes pour une Partie d'Hombre , quand le Mai- ftre de la Maisõqui s'estoit approchédes Fenestres , nous appella pour nous faire.
obſerverplusieursflambeaux qui paroif- foient dans La Campagne , &que nous viſmes s'avancerpeuàpeu vers le Villa ge. Ilsy entrerent, &un peu apres nous entendiſmes grandbruit à la Porte , ой trois Carroſſes c'étoiet arreſtez. Ilsavoiet pouraccõpagnement,fix Hommesàche- val veſtus en Paifans, anſſi-bien que les Cocbers &les Laquais.Ceux qui defcen- dirent du premier Carroffe, aveient des Habits unpeu plus propres , mais pour-
GALANT. 6-r
zansde Paifans comme les autres. 'eſtoient des Violons , qui d'abord qu'ils
furent entrezdans la Court ,firent con- noiſtre en joüant qu'on nevenoit là que
pour d'enfer. La Compagnieſuivit. Elle confiftoit enfix Hommes &quatre Femmes veſtus en Vendangeurs & Vendangeuses. Leurs labits estoient de Satin de Gaze d'argent. Les Hommes avoient depetites Hotes argentées ,les Femmes des Paniers de mesme , &les unes &les autres des Serpetes deVen- dangeurs. On ouvrit une grande Salle,
Six Flambeaux portezpar lesfix Hom- mes qui estoient venus àcheval , prêce- derent les Violons qui furentſuivis de cette galante Troupe de Vendangeurs Les Laquaistirerent aufſfitoft desCar- roffes dequoy éclairer la Salle ; &com- meils ne manquoient de rien , &qu'ils estoient en affezgrand nombre pourdan- fer,onnedemeurapaslong-temps à ne rien faire. Le Maistre &la Maiſtreſſe
du Logis furent pris d'abord. Ilsnesça voientquepenſerde cette imprévenega- lanterie. Ils examinoient commemoyqui pouvoient estre les Gens qui ſe donnoient
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un ſemblable divertiſſement , & ilne nousfut pas possible de le deviner. Tout
ceque nous fçeûmes parquelques mots qui leur échaperent , &qu'ils croyoient Sedire bas ,c'est qu'il yavoit un Duc
parmyeux. On leur entendit meſme ap- pellerun Page , &à l'air de leur danse &àtoutes leursmanieres , ilparût que c'eſtoiet Perſonnes de la plus hauteQua- lité. Lebruit des Violons attiraincontinent danscette Salle tout ce qu'ily avoit de Gens raisonnables dansle Village.
Lesplus joties Paiſannesy vinrent. Eiles eſtoiet déja accoûtumées àſemeſterpar- my les Damesquand il ſe donnoit quelque Feste. Des Bourgeois curieux ſe maſquerent le mieux qu'ils pûrent , &
on peut dire que ce fut un Bal régulier ,
puisque les Masques en furent ,&qu'il yavoitdu Mondede toute efpece. Apres qu'on eutdansé quelque temps , ceux qui avoientamenéles Violonsdemanderêt à
entrer dans le Iardin,&dirent que puis qu'ilsestoient venus pour vendanger , ils neprétendoietpas qu'õles renvoyaſtſans les avoirmisen beſogne. LaMaiſtreſſe de lamaison tremblapourſes Fruits,&vou
GALANT. 63
lut trouver l'heure induë ;mais le petit Homme qui estoit galant ,s'ofrit à estre teur Conducteur ,&dit en riant , Que tout ce qu'il craignoit , c'eſtoit que des Vendangeuſesd'un ſigrand merite ne vouluſſent vendre cherement leur
temps , &qu'ilne fuſt difficile de les payer. Le Jardin fut ouvert , toute la Troupeyentras,le Muſcat fut vendan- gé, &onn'épargna point les Eſpaliers.
LesHores,les Paniers, tout fut remply de ce qu'ily avoitde plus beau Fruit,&
on ne laiſſapresque rien. Le Ieu parut violent , lesdiscours galans cefferent,le petit Homme devintfroid , så Femme encor davantage. Ils vouloientse plaindre , &se retenoient'; on nesçait àqui onparle quand on parle àdes Gensmas- quez. Ils avoientoicy les noms de Duc &de Page , & en ne voulantpas fou- frirqu'on continuact la vendange , ils craignoient den'estre pas Maistres chez eux. Les faux Vendangeurs s'empes- choient derire autant qu'ilspouvoient ,
&en laiſſoient échaper quelques éclats qu'il leur estoit impoſſible de retenir. Les Intereffez rivient du bout des dents. Le
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Iardinier la Jardiniere, avec les Do
mestiques les plus groſſiers , querelloient ceux qui dépoüilloient les Arbresfi har diment , &alloient jusqu'à les accuferde vol. C'eſtoit affezfoiblement que leurs Maîtresleur ordonnoient deſe taire. Les
faux , mais pourtant trop veritables Vendangeurs ,redoublerent leurs éclats.
de rire à mesurequ'ils voyoient quelque Espalierd'échargé.
Apres qu'ils eurent cueilly tout ce qu'ilsrencontrerent deplus beau,le Ma- ry voyantque c'estoit un malfans reme de ,voulut faire de neceſſité vertu ; &
afin qu'on ne l'accusat pas d'avoirfouf- fert une Galanterie de mauvaiſe grace,
il les mena dansun endroit oùilyavoit encor quelques Arbres à dépouiller. On luyditque ceferoit pour une autrefois ,
parce que des Vendangeurs de leur im- portance n'estoient pas accoustumez à
travaillerfi long- temps; &tandis qu'un d'entr'eux l'afſfura en termesfort éten dus, qu'il n'auroit pas lieudeſe repentir de l'honneſteté qu'il avoit eue les autres monterent en Carroffe. Celuy- cy prit congé dupetitHomme rejoignit sa ComA
GALANT. 65
-
- pagnie , & tout disparut en mesme- temps. Le trouvay l'Avanture auffi bi- zarre qu'il en fut jamais arrivé à per- Sonne. Le Mary qui faisoit le Rieur en enrageant, me demanda ce que jepensois des Vendangeurs,sa Femme lequerella d'avoir conſenty àeſtre la Dupe deleur Mommerie,&nesçachat tous trois quel jugementfaire de leurprocedé,nousren- tramesdans la Salle ,où nous eûmes un
autreſujet de ſurpriſe. Elle estoit encor toute éclairée d'un afſfez grand nombre deBougies qu'ils yavoient fait mettre
pour le Bal,&cette lumiere nousfit ap- percevoir d'abord ſur la Table une par tie des Fruits que nous croyions empor- tez, & qu'ils yavoient fait laiſſer par leurs Gens. La Maîtreſſe du Logis n'en fut que mediocrement confolée. Ils avoient esté cücillis hors de ſaiſon , &
commeils netuy ſembloient pas propres àcequ'elle avoit reſołu d'en faire , elle n'auroit de long-temps cesséde gronder,
fans une Montre de Diamans qui luy faura aux yeux le plus àpropos du mon- de. Elle estoitfur cette mesme Table,avec deriches Tablettes que nous ouvrimes,
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où nous trouvâmes ces mots écrits.
D'aſſez illuftres Vendangeuſes , qu'on ne dédaigne pas quelquefois de rece- voir à la Cour, ayant eu enviedevos Muſcats, ont crû qu'elles pouvoient ſe donner le plaifir d'exercer voſtre pa- tience enles vendangeant. N'enmur- murez pas. Il y apeut-eſtre des Gens du plus haut rang qui ſouhaiteroient qu'elles ne les miflent pas àde plus fa- cheuſes épreuves.Quelque rude que vous ait pû eſtre celle cy , elles vous priënt de ne l'oublier jamais ; & afin de vousy engager , elles vous laiſſent cetteMontre qui vous fera ſouvenis d'elles toutes les fois que vous y re- garderez à l'heure qu'elles ont fait le dégaſt de vos plusbeaux Fruits. Lepe- titHommetrouva les Vendangeuſesfort honnestes , & cette Galanterie plût fi
fort àſa Femme ,qu'elleſoubaita qu'on revinst le lendemain vendanger aux meſmesconditions ce qui leur estoit de- meuréde Fruits.
Ienevousparleraypoint ,monCher,
detous les autres Bals qui ſeſont don.
nezdansle voisinage. Ie vous marque
GALAN T. 67
F
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feulement celny-cyàcausede l'Avantu- re. Elle réjouira ſans doute l'aimable Perſonnequivous empeſche de nousve- nirvoir. Tachez à l'en divertir ,& fi
vousjugezqu'elle merite uneplace dans teMercureGalant faites la conter à
F.Autheur,afinqu'il luy donneles em.
belliſſemens dont elle abesoin. Cependant envoyez-moy fix Exemplaires du Vo.
tume du dernier Mois, on me te deman
depar tout oùje vay,&ce n'est pas estre galant quede le refufer aux Belles.C'est par leMercurequ'on apprend toutes les Nouvelles agreables ; &ji Monsieur Mitonacrûlepouvoirnommer la Con- folationdes Provinces , onpeut adjou ter qu'il est lePlaiſir des Compagnies àqui les Vendanges font quiter Paris.
Ienevoyperfonne quine s'en faſſe un fortgranddefa lecture. Tout le monde en est avide,&pendant que les Hom- mess'attachent aux Articlesferieux,les Damesrientdes Historiettes , &s'em
preſſent à chercher le sens des Eni- gmes. Ce 7. d'Octobre 1677
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Résumé : LETTRE DE Mr LE *** A Mrs de ***
La lettre invite à savourer les plaisirs de la campagne durant une saison particulièrement agréable. L'auteur met en avant la liberté et l'agréabilité de la vie rurale, où les gens se rassemblent dans les prairies et au bord des ruisseaux. Les bals sont fréquents et attirent une société élégante qui se déplace de village en village, rappelant les quartiers de Paris pendant le carnaval. La France connaît un triomphe général, et les soins du roi et de ses ministres rendent même les jours les plus rudes agréables. L'auteur décrit ensuite une soirée particulière chez Monsieur de***, un homme appréciant recevoir ses amis dans une maison soigneusement entretenue. Après un dîner, une troupe de faux vendangeurs, vêtus de satin et de gaze d'argent, arrive en carrosse et se met à danser. La maîtresse de maison, surprise, observe ces invités masqués qui se comportent avec élégance et dignité. Après la danse, les faux vendangeurs demandent à vendanger le jardin, malgré les protestations du maître et de la maîtresse. Ils cueillent les fruits les plus beaux et laissent une montre de diamants avec un message flatteur, invitant à ne pas oublier cette aventure. L'auteur conclut en mentionnant qu'il ne parlera pas des autres bals, mais seulement de cette aventure particulière. Il demande également des exemplaires du dernier volume du Mercure Galant pour les distribuer aux belles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 167-179
Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Début :
Je ne dois pas oublier à vous parler d'une Fête qui a esté faite [...]
Mots clefs :
Fête, Naissance du duc d'Anjou, Château, Feu d'artifice, Danse, Violons
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texteReconnaissance textuelle : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Je ne dois pas oublier à vous
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
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Résumé : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
À Château-Gontier, en Anjou, une fête fut organisée pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. À l'annonce de cette nouvelle, Monsieur de Fleurance, écuyer de Madame la Duchesse de Bourgogne, décida de manifester sa joie par des réjouissances publiques. Le 2 du mois, une fête considérée comme l'une des plus élégantes et bien organisées de la province eut lieu. Elle débuta par une décharge de canons à 14 heures, suivie par une assemblée de la bourgeoisie armée sur la grande place à 15 heures. Cette bourgeoisie, composée de jeunes gens bien vêtus et ornés de rubans, se rendit au bûcher préparé sur la place pour y mettre le feu. Monsieur de Fleurance invita des dames à allumer le feu, choisissant des filles de principaux officiers et de gentilshommes pour éviter toute division. Des invités distingués, comme le Comte de Brizay et Monsieur de Flechecourt, participèrent également à la fête. Après l'allumage du bûcher, des salves de mousqueterie et un feu d'artifice furent tirés. La soirée se poursuivit avec des jeux, un souper, et un bal qui dura jusqu'au matin. Les pauvres ne furent pas oubliés, recevant des repas et des boissons. La maison de Monsieur de Fleurance fut illuminée, et des inscriptions latines furent exposées. La fête se termina par un bal qui dura jusqu'au jour, laissant tous les participants très satisfaits de son organisation et de son ordre.
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3
p. 2068-2069
« Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...] »
Début :
Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...]
Mots clefs :
Concert, Choeur, Violons, Prologue, Reine, Comédiens-Français, Comédiens-Italiens, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...] »
Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le
Prologue et le premier Acte de Bellerophon ; il fut continué le 6 et le 11. Les principaux rôles
furent remplis par les Sieurs d'Angerville , Tribou , Chassé et du Bourg , et par les Diles Du- hamel , Courvasier et Robelin , lesquels furent très-bien éxécutéz.
Le 13. on chanta le Prologue et le premier
'Acte de Jephté.
Le 18. le second et le troisiéme Acte ; on répéta le Choeur du premier Acte que la Cour souhaita d'entendre encore une fois , et on finit cet
Opéra le 20. par le quatriéme et cinquième Acte ; le Rôle d'Apollon dans le Prologue fut chanté
par le sieur Dubourg , et ceux de Polymnie, Terpsicore , Venus et la Verité , par les Des Courvasier , Robelin , Mathieu et Lenner ; les principaux Rôles de la Piéce furent chantez par les
Ds Antier et le Maure , et par les Sieurs Chas◄
sé , le Begue , Ducros et Petillot. Ce Concert >
dont l'éxécution fut parfaite , fit beaucoup de
plaisir à la Reine et à toute la Cour , les Auteurs
du Poëme et de la Musique en reçûment des
complimens très-gracieux.
Le 25. jour de S. Louis , les 24 Violons de la Chambre exécuterent au dîné et au souper du
Roi plusieurs Piéces de Simphonies de la compo- sition de M. de Blamont , Sur - Intendant de la
Musique du Roi.
Le 27. on concerta chez la Reiné le Prologue
le premier Acte des Fêtes Grecques et Romai nes&
SEPTEMBRE. 1732. 2069
TIES du même Auteur , qu'on continua le
trente par le second et le troisiéme Acte ; il y
eut le même jour au Souper du Roi une grande
Simphonie , composée de toute sorte d'Instru
mens.
Le 15. 17. et 22. Septembre , on chanta chez
la Reine le Prologue et les cinq Entrées de l'E
rope Galante dont l'éxécution fut parfaite ; les principaux Rôles furent chantés par les meilleurs
Sujets de la Musique du Roi..
Le 16 Septembre les Comédiens François représenterent à Fontainebleau la Tragédie d'Habis , qui fut suivie de la petite Comédie de l'Indiscret , de M. de Voltaire.
Le 18. Les Femmes Sçavantes.
Le 23. La Tragédie de Venceslas et l'Epreuve
Réciproque.
Le 25. Le Médisant.
Le 30. Rhadamiste et l'Amour Diable.
Le 13. les Comédiens Italiens représenterent
l'Embarras des Richesses et la petite Comédie de
l'Ecole des Meres. Le sicur Roland´, dont il a été
parlé , dansa à la fin de la premiere Piéce une
Entrée de Sabotier , et la D Roland , sa fille ,
dansa ensuite un Pas de Deux avec le sieur Lélio qui fit beaucoup de plaisir.
1°
Le 20. Le Jeu de l'Amour et du Hazard ,
fut suivi de la Comédie de la Silphide.
qui
Le 24. Démocrite prétendu Fon , et les Effets du
Dépit.
Le 25. Septembre la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement des Actions fut tirée en la maniere accoutumée à
PHO
2070 MERCURE DE FRANCE
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées a été renduë publique,
aisant en tout le nombre de 319. Actions.
Prologue et le premier Acte de Bellerophon ; il fut continué le 6 et le 11. Les principaux rôles
furent remplis par les Sieurs d'Angerville , Tribou , Chassé et du Bourg , et par les Diles Du- hamel , Courvasier et Robelin , lesquels furent très-bien éxécutéz.
Le 13. on chanta le Prologue et le premier
'Acte de Jephté.
Le 18. le second et le troisiéme Acte ; on répéta le Choeur du premier Acte que la Cour souhaita d'entendre encore une fois , et on finit cet
Opéra le 20. par le quatriéme et cinquième Acte ; le Rôle d'Apollon dans le Prologue fut chanté
par le sieur Dubourg , et ceux de Polymnie, Terpsicore , Venus et la Verité , par les Des Courvasier , Robelin , Mathieu et Lenner ; les principaux Rôles de la Piéce furent chantez par les
Ds Antier et le Maure , et par les Sieurs Chas◄
sé , le Begue , Ducros et Petillot. Ce Concert >
dont l'éxécution fut parfaite , fit beaucoup de
plaisir à la Reine et à toute la Cour , les Auteurs
du Poëme et de la Musique en reçûment des
complimens très-gracieux.
Le 25. jour de S. Louis , les 24 Violons de la Chambre exécuterent au dîné et au souper du
Roi plusieurs Piéces de Simphonies de la compo- sition de M. de Blamont , Sur - Intendant de la
Musique du Roi.
Le 27. on concerta chez la Reiné le Prologue
le premier Acte des Fêtes Grecques et Romai nes&
SEPTEMBRE. 1732. 2069
TIES du même Auteur , qu'on continua le
trente par le second et le troisiéme Acte ; il y
eut le même jour au Souper du Roi une grande
Simphonie , composée de toute sorte d'Instru
mens.
Le 15. 17. et 22. Septembre , on chanta chez
la Reine le Prologue et les cinq Entrées de l'E
rope Galante dont l'éxécution fut parfaite ; les principaux Rôles furent chantés par les meilleurs
Sujets de la Musique du Roi..
Le 16 Septembre les Comédiens François représenterent à Fontainebleau la Tragédie d'Habis , qui fut suivie de la petite Comédie de l'Indiscret , de M. de Voltaire.
Le 18. Les Femmes Sçavantes.
Le 23. La Tragédie de Venceslas et l'Epreuve
Réciproque.
Le 25. Le Médisant.
Le 30. Rhadamiste et l'Amour Diable.
Le 13. les Comédiens Italiens représenterent
l'Embarras des Richesses et la petite Comédie de
l'Ecole des Meres. Le sicur Roland´, dont il a été
parlé , dansa à la fin de la premiere Piéce une
Entrée de Sabotier , et la D Roland , sa fille ,
dansa ensuite un Pas de Deux avec le sieur Lélio qui fit beaucoup de plaisir.
1°
Le 20. Le Jeu de l'Amour et du Hazard ,
fut suivi de la Comédie de la Silphide.
qui
Le 24. Démocrite prétendu Fon , et les Effets du
Dépit.
Le 25. Septembre la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement des Actions fut tirée en la maniere accoutumée à
PHO
2070 MERCURE DE FRANCE
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées a été renduë publique,
aisant en tout le nombre de 319. Actions.
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Résumé : « Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...] »
Du 4 au 20 août 1732, plusieurs représentations musicales se déroulèrent au Concert de la Reine. Le 4 août, le prologue et le premier acte de 'Bellerophon' furent interprétés par les sieurs d'Angerville, Tribou, Chassé, du Bourg, et les demoiselles Duhamel, Courvasier et Robelin. Les représentations continuèrent les 6 et 11 août. Le 13 août, le prologue et le premier acte de 'Jephté' furent chantés, suivis des deuxième, troisième, quatrième et cinquième actes les 18 et 20 août, avec des rôles interprétés par les sieurs Dubourg, Courvasier, Robelin, Mathieu, Lenner, Antier, le Maure, Chassé, le Bègue, Ducros et Petillot. L'exécution fut acclamée par la Reine et la Cour. Le 25 août, à la fête de Saint-Louis, les 24 Violons de la Chambre jouèrent des symphonies de M. de Blamont. Le 27 août, le prologue et le premier acte des 'Fêtes Grecques et Romaines' furent chantés chez la Reine. En septembre, plusieurs représentations eurent lieu. Du 15 au 22 septembre, le prologue et les cinq entrées de 'L'Europe Galante' furent chantés chez la Reine. Le 16 septembre, les Comédiens Français jouèrent 'Habis' et 'L'Indiscret' de Voltaire à Fontainebleau. Du 18 au 30 septembre, diverses pièces de théâtre furent représentées, incluant 'Les Femmes Savantes', 'Venceslas', 'Le Médisant', 'Rhadamiste' et 'L'Amour Diable'. Les Comédiens Italiens jouèrent 'L'Embarras des Richesses' et 'L'École des Mères', avec des danses du sieur Roland et de la demoiselle Roland. Le 25 septembre, la lotterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, avec 319 actions remboursées.
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4
p. 2461-2462
Nouveaux ouvrages de Musique. [titre d'après la table]
Début :
M. Aubert, Intendant de la Musique de S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public sa sixiéme [...]
Mots clefs :
Musique, Public, Symphonie, Musettes, Violons, Hautbois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux ouvrages de Musique. [titre d'après la table]
M. Aubert, Intendant de la Musique de S. A.S.
M. le Duc , vient de donner au Public sa sixiéme
suite du Concert de Symphonie ; cet Ouvrage
est fait exprès pour les Musettes et pour les
Vielles , et peut cependant s'executer , ainsi que.
les cinq précédentes Suites , par les Violons ,
Flutes et Hautbois. L'Auteur donnera à la fin
du present mois un Livre nouveau intitulé , les
Amusettes , contenant six Amusettes ou Sonatilles,
pour les Vielles, Musettes, Violons , Flutes , et
Hautbois , avec la Basse- Continuë. Cette OEuvre
pourra s'executer sur le Clavecin, Dessus et Basse,
en forme de Pieces . On trouve tous cesOuvrages à
la Regle d'or , ruë S. Honoré , à la Croix d'or , ruë
du Roule et chez l'Auteur , rue S. Honoré , visà-
vis la ruë de Grenelle , aux Dames de France,
M. Michel , Chanoine et Maître de Musique
de la Sainte Chapelle de Dijon , a fait chanter
devant le Roy , tous les jours depuis le 23 Octobre
jusqu'au 31. differens Motets , qui ont été
goutez géneralement de toute la Cour et des
Connoisseurs.
Il doit donner au Public incessamment quelques
uns de ses Ouvrages , qui sont actuellement sous
presse ; sçavoir, un Motet à grand Choeur , executé
devant le Roy , et des Leçons de Jeremie à
une , à deux et à trois voix , avec Symphonie et
Sans Symphonie , tant pour les Communautez
Religieuses
2462 MERCURE DE FRANCE
Religieuses , que pour les Chapitres , avec quelques
Observations curieuses ; et se débiteront
à l'Ordinaire chez les sieurs Boivin et le Cler ,
Paris.
Premier Livre de Sonnates , pour le Violoncelle
composé par M. Barriere , Ordinaire de l'Académie
Royale de Musique. Il se vend chez
Boivin , rue S. Honoré , et chez l'Auteur ,
rue des Poulies.
Le sieur Chedeville , cadet , a donné à la Musette
, des augmentations de tours , par le moyen
desquels ceux qui jouent de cet kastrument , peuvent
executer toute sorte de Musique en la transposant
dans le mode convenable. Ces Musettes
descendent en C , sol , ut , en bas , et montent en
G , Ré , Sol de la seconde octave ; elles permettent
de jouer un air entier par accords , et leg
tours d'augmentation s'articulent d'autant
Imieux qu'ils sont tous indépendans les uns des
autres : le grand Chalumeau est tout à l'ordinai
re ; il n'y a de changement que dans la forme du
petit Chalumeau , dont les clefs sont posées et
arrangées avec tant d'art , qu'il faudra peu d'étude
pour en faire usage.
Il vient de donner aussi au Public les Danses
amusantes , son quatrième Livre ; OEuvres pour
la Musette , Vielle , Flute , Hautbois et Violons.
Il demeure dans le petit Cloitre S. Opportune
vis-à-vis la rue des Lombards au Lion d'or..
M. le Duc , vient de donner au Public sa sixiéme
suite du Concert de Symphonie ; cet Ouvrage
est fait exprès pour les Musettes et pour les
Vielles , et peut cependant s'executer , ainsi que.
les cinq précédentes Suites , par les Violons ,
Flutes et Hautbois. L'Auteur donnera à la fin
du present mois un Livre nouveau intitulé , les
Amusettes , contenant six Amusettes ou Sonatilles,
pour les Vielles, Musettes, Violons , Flutes , et
Hautbois , avec la Basse- Continuë. Cette OEuvre
pourra s'executer sur le Clavecin, Dessus et Basse,
en forme de Pieces . On trouve tous cesOuvrages à
la Regle d'or , ruë S. Honoré , à la Croix d'or , ruë
du Roule et chez l'Auteur , rue S. Honoré , visà-
vis la ruë de Grenelle , aux Dames de France,
M. Michel , Chanoine et Maître de Musique
de la Sainte Chapelle de Dijon , a fait chanter
devant le Roy , tous les jours depuis le 23 Octobre
jusqu'au 31. differens Motets , qui ont été
goutez géneralement de toute la Cour et des
Connoisseurs.
Il doit donner au Public incessamment quelques
uns de ses Ouvrages , qui sont actuellement sous
presse ; sçavoir, un Motet à grand Choeur , executé
devant le Roy , et des Leçons de Jeremie à
une , à deux et à trois voix , avec Symphonie et
Sans Symphonie , tant pour les Communautez
Religieuses
2462 MERCURE DE FRANCE
Religieuses , que pour les Chapitres , avec quelques
Observations curieuses ; et se débiteront
à l'Ordinaire chez les sieurs Boivin et le Cler ,
Paris.
Premier Livre de Sonnates , pour le Violoncelle
composé par M. Barriere , Ordinaire de l'Académie
Royale de Musique. Il se vend chez
Boivin , rue S. Honoré , et chez l'Auteur ,
rue des Poulies.
Le sieur Chedeville , cadet , a donné à la Musette
, des augmentations de tours , par le moyen
desquels ceux qui jouent de cet kastrument , peuvent
executer toute sorte de Musique en la transposant
dans le mode convenable. Ces Musettes
descendent en C , sol , ut , en bas , et montent en
G , Ré , Sol de la seconde octave ; elles permettent
de jouer un air entier par accords , et leg
tours d'augmentation s'articulent d'autant
Imieux qu'ils sont tous indépendans les uns des
autres : le grand Chalumeau est tout à l'ordinai
re ; il n'y a de changement que dans la forme du
petit Chalumeau , dont les clefs sont posées et
arrangées avec tant d'art , qu'il faudra peu d'étude
pour en faire usage.
Il vient de donner aussi au Public les Danses
amusantes , son quatrième Livre ; OEuvres pour
la Musette , Vielle , Flute , Hautbois et Violons.
Il demeure dans le petit Cloitre S. Opportune
vis-à-vis la rue des Lombards au Lion d'or..
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Résumé : Nouveaux ouvrages de Musique. [titre d'après la table]
M. Aubert, Intendant de la Musique de Son Altesse Sérénissime, a présenté la sixième suite du Concert de Symphonie, composée pour les musettes et vielles, mais adaptable aux violons, flûtes et hautbois. Il publiera bientôt 'Les Amusettes', contenant six amusettes ou sonatilles pour divers instruments, y compris le clavecin. Ces œuvres sont disponibles à la Régle d'or, rue Saint-Honoré, à la Croix d'or, rue du Roule, et chez l'auteur. M. Michel, Chanoine et Maître de Musique de la Sainte Chapelle de Dijon, a interprété divers motets devant le Roi du 23 au 31 octobre, appréciés par la Cour et les connaisseurs. Il prévoit de publier un motet à grand chœur et des Leçons de Jérémie pour différentes voix, disponibles chez Boivin et le Cler à Paris. M. Barrière, Ordinaire de l'Académie Royale de Musique, a composé un Premier Livre de Sonnates pour le violoncelle, vendu chez Boivin et chez l'auteur. Le sieur Chedeville, cadet, a innové la musette en ajoutant des augmentations de tours, permettant de transposer la musique dans le mode convenable. Il a publié les 'Danses amusantes', son quatrième livre, pour divers instruments. Il réside dans le petit Cloître Saint-Opportune, vis-à-vis la rue des Lombards au Lion d'or.
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p. 209-210
MUSIQUE.
Début :
SECOND livre ou recueil d'airs en duo choisis & ajustés pour les flûtes, violons, [...]
Mots clefs :
Musique, Flûte, Musette, Violons
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
SECOND ECOND livre ou recueil d'airs en duo,
choifis & ajuftés pour les flûtes , violons ,
& pardeffus de violes , dont la plûpart
peuvent le jouer fur la vielle & la mufette ,
tant naturellement , que par des clefs de
tranfpofition pofées au commencement
defdits airs , divifés en fept fuites , avec
un prélude fur chaque ton , par M. Bordet,
Maître de flûte traverfière , gravé par Labaffée.
Prix fix livres en blanc ; fe vend à
Paris , chez ledit fieur Bordet , rue du Ponceau
, près la Fontaine , la feconde porte
cochere à droite en entrant par la rue faint
Denis ; le fieur Bayard Marchand , rue S.
Honoré , à la Régle d'or ; le fieur Le Clerc
Marchand , rue du Roule , à la Croix d'or ;
Mlle Caftagnery Marchande , rue des Prou
vaires , à la Mufique royale ; & à Lyon ,
chez M. Bretonne Marchand , grande rue
Merciere .
L'on trouvera aux même adreffes le premier
livre , auffi à l'ufage de la flûte , du
violon , du pardeffus de viole , & de la
mufette , avec des obfervations fur la touche
defdits inftrumens , en tête duquel eft
un précis des principes de la Mufique , ou
210 MERCURE DE FRANCE.
vrage
fait pour la commodité des Maîtres
& l'utilité des Ecoliers. Ces deux livres
font encore fort utiles aux perfonnes qui
apprennent la Mufique vocale , parce que
la plus grande partie des airs qu'ils contiennent
, font des airs chantans & connus
, & qu'après avoir folfiés les premiers
deffus ils pourront auffi s'exercer fur les
feconds deffus , ce qui ne contribuera
peu à leur avancement & à les amufer.
pas
Le premier livre ayant été fini avec
beaucoup de précipitation , il s'y étoit
gliffé quelques fautes que l'on a corrigées
avant d'en tirer de nouveaux exemplaires.
L'on trouvera encore aux mêmes adreffes
à Paris deux grands concerto pour la
flûte , du même Auteur , en huit parties
féparées ; fçavoir , la flûte , quatre violons,
un alto viole , & deux baffes particulieres.
SECOND ECOND livre ou recueil d'airs en duo,
choifis & ajuftés pour les flûtes , violons ,
& pardeffus de violes , dont la plûpart
peuvent le jouer fur la vielle & la mufette ,
tant naturellement , que par des clefs de
tranfpofition pofées au commencement
defdits airs , divifés en fept fuites , avec
un prélude fur chaque ton , par M. Bordet,
Maître de flûte traverfière , gravé par Labaffée.
Prix fix livres en blanc ; fe vend à
Paris , chez ledit fieur Bordet , rue du Ponceau
, près la Fontaine , la feconde porte
cochere à droite en entrant par la rue faint
Denis ; le fieur Bayard Marchand , rue S.
Honoré , à la Régle d'or ; le fieur Le Clerc
Marchand , rue du Roule , à la Croix d'or ;
Mlle Caftagnery Marchande , rue des Prou
vaires , à la Mufique royale ; & à Lyon ,
chez M. Bretonne Marchand , grande rue
Merciere .
L'on trouvera aux même adreffes le premier
livre , auffi à l'ufage de la flûte , du
violon , du pardeffus de viole , & de la
mufette , avec des obfervations fur la touche
defdits inftrumens , en tête duquel eft
un précis des principes de la Mufique , ou
210 MERCURE DE FRANCE.
vrage
fait pour la commodité des Maîtres
& l'utilité des Ecoliers. Ces deux livres
font encore fort utiles aux perfonnes qui
apprennent la Mufique vocale , parce que
la plus grande partie des airs qu'ils contiennent
, font des airs chantans & connus
, & qu'après avoir folfiés les premiers
deffus ils pourront auffi s'exercer fur les
feconds deffus , ce qui ne contribuera
peu à leur avancement & à les amufer.
pas
Le premier livre ayant été fini avec
beaucoup de précipitation , il s'y étoit
gliffé quelques fautes que l'on a corrigées
avant d'en tirer de nouveaux exemplaires.
L'on trouvera encore aux mêmes adreffes
à Paris deux grands concerto pour la
flûte , du même Auteur , en huit parties
féparées ; fçavoir , la flûte , quatre violons,
un alto viole , & deux baffes particulieres.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document présente le 'SECOND ECOND livre ou recueil d'airs en duo' composé par M. Bordet, Maître de flûte traversière. Ce recueil est destiné aux flûtes, violons et pardeffus de violes, et peut également être joué sur la vielle et la musette grâce à des clefs de transposition fournies. Il est structuré en sept suites, chacune précédée d'un prélude, et est gravé par Labaffée. Le prix est fixé à six livres. Le recueil est disponible à Paris chez plusieurs marchands, dont M. Bordet, rue du Ponceau, et à Lyon chez M. Bretonne. Le premier livre, également disponible, inclut des observations sur la touche des instruments et un précis des principes de la musique, utile pour les maîtres et les élèves. Les deux livres sont bénéfiques pour ceux qui apprennent la musique vocale, car ils contiennent des airs chantants et connus. Le premier livre a été corrigé pour éliminer les fautes présentes dans les premières éditions. De plus, deux grands concertos pour la flûte en huit parties séparées sont également disponibles.
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