HISTOIRE NATURELLE DES INSECTES
d'Angleterre , accompagnée de cent Plan
F vj chess
1608 MERCURE DE FRANCE
ches gravées d'après nature , & enluminées
exactement , pour ceux qui le fouhaitent
, par l'Auteur Eleazar Albin
Peintre. A Londres , pour l'Auteur , & fe
vend chez W. F. Innys 1720. in 4º . en
Anglois.
L'Auteur obferve que ceux qui ont
travaillé avant lui fur le même fujet ,
n'ont pas affez fouvent jetté les yeux fur
leurs modeles, ou qu'ils ont affecté de ſurpaffer
la nature. Ce font deux deffauts que
M. Albin a foigneufement évités . Dans fes
Defcriptions il s'eft contenté de rapporter
les faits avec toute l'exactitude poffible.
Lorfqu'une Mouche perce l'écorce d'une
Plante , dit notre Auteur , & y fait fes
oeufs , cela cauſe un changement dans le
tiffu des vaiffeaux de la Plante , & la feve
qui y coule forme une excrefcence , laquelle
non feulement fert de nid au ver
éclos , mais auffi lui fournit une nourriture
convenable , jufqu'à ce qu'il devienne
Mouche. Alors cette Mouche paffe au
travers de l'excrefcence , quelque épaiffe
qu'elle foit; ce qui eft tout - à - fait admirable
, fi on confidere la petiteffe de quelques-
unes de ces Mouches , & l'épaiffeur
& la folidité des excrefcences où elles font
nourries.
L'Auteur admire avec raiſon l'Etre fisprême
JUILLET. 1730. 1609
prême, qui a donné à ces petites créatures
un inftinct capable de les diriger dans
toutes les chofes neceffaires pour leur
confervation & pour la propagation de
leur efpece.
Les Infectes ne font pas leurs oeufs négligemment
& d'une telle maniere que les
vents puiffent les difperfer. Ils font leurs
ceufs fur des Plantes ou fur d'autres Infetes
, qui fervent de nourriture aux vers
éclos. Les oeufs que les Infectes placent fur
les Plantes , y font fi fortement attachez
par une cole , que les pluyes ne fçauroient
les emporter , & lorfqu'ils font contigus ,
ils fe trouvent placez avec tant d'ordre &
d'exactitude , qu'il n'y en a aucun qui
puiffe empêcher un ver de fortir de fon
oeuf.
.
M. Albin trouve admirable la varieté
infinie que l'on remarque dans les figures
& les couleurs des Infectes , & l'uniformité
exacte qui fe trouve toujours dans chaque
efpece. Il n'y a aucune tache, remarquable
qui ne paroiffe dans chaque individu.
Les couleurs des Infectes & particulierement
des Papillons , reffemblent à une
pouffiere ; mais fi on les examine avec un
Microſcope , on voit que les particules de
ces couleurs font tout autant de vrayes
plumes
1610 MERCURE DE FRANCE
plumes , placées dans l'àîle , d'une manie
re exacte & reguliere.
L'Auteur conclud que les Infectes ne
font pas l'effet du hazard , ou d'une matiere
corrompuë , mais l'ouvrage d'une
Puiffance infinie .
Toutes les Planches font gravées avec
beaucoup d'exactitude. On y voit les Infectes
fur les Plantes , & leurs diverfes
transformations.