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Liste
1
p. 169-181
Histoire, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait depuis peu de temps un Mariage, par [...]
Mots clefs :
Mariage, Sexagénaire, Demoiselle, Fortune, Passion, Présents, Dégoût, Ornements, Froideur, Vengeance, Amant, Coeur, Noces, Modération, Église, Refus, Vieillard, Belle
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texteReconnaissance textuelle : Histoire, [titre d'après la table]
Il s'eft fait depuis peu de
temps un Mariage , par un
motif qui vous furprendra.
Un Homme tout au moins
Sexagenaire, s'eftant aviſé dé
devenir amoureux d'une jeu
ne Demoiſelle, plus confide.
rable par fon agrément que
par fa fortune, ne pût refifter
à fa paffion. Aprés luy avoir
rendu pluſieurs viſites , il
parla de l'époufer , & la
pofition qu'il en fit,fut receuë
de fes Parens d'une maniere
affez agreable. Il ne falloit
plus que gagner la Belle, que
T'inégalité de l'âge n'ac-
Juin 1685.
P
pro170
MERCURE
*
commodoit pas. Elle eut de
la peine à fe refoudre à pren .
dre un mary fi vieux . Ce,
pendant comme fa jeuneffe
& fa beauté faifoient preſque
tout fon bien , elle crût devoir
fonger au folide . Ainfi fes
Amis luy confeillant de ne
pas laiffer échaper l'occaſion ,
elle confentit à ce qu'on voulut.
On dreffa le Contrat de
Mariage , dont le bon Homme
regla les conditions biên
moins à fon avantage qu'elle
n'avoit efperé. Cette conduite
luy donna quelque dégoût.
Elle voulut éprouver en d'aua
GALANT. 171
tres chofes fi elle avoit du
pouvoir fur luy. Il luy fit quel
ques prefens de peu de valeur
, & ces prefens luy don- & c
nerent ouverture à s'expliquer
fur un fil de Perles qu'-
elle fouhaitoit. Elle le pria
d'y vouloir bien mettre juf
qu'à mille écus , afin qu'en
luy fervant d'ornement , il luy
pût auffi fervir de reffources
dans l'occafion . Le Vieillard
promit, mais il n'exécuta pas.
Il remit de jour en jour à la
fatisfaire ; & la Belle aprés
s'eftre plainte plufieurs fois
de fon peu d'exactitude ,
re-
Pij
172 MERCURE
folut enfin de ne luy en plus
parler. Il eft vray qu'elle luy
marqua de la froideur , & le
bon Homme qui en devina
la caufe , vit bien qu'il ne la
feroit ceffer qu'en luy appor
tant un fil de Perles . Aprés
avoir combatu plus de trois
femaines , il fit effort fur fon
avarice , & acheta ce que fa
Maiftreffe avoit demandé.
Cependant la Belle qui ne
s'y attendoit plus , ſe fit un
plaifir de fe vanger de fon
vieil Amant. Elle crût ne
pouvoir mieux executer fon
deffein qu'en augmentant
GALANT. 173
pour
le
fon amour. Elle affecta
cela les manieres les plus engageantes
& les plus flateufes
qui puiffent marquer un
coeur veritablement touché
& elle commença
à les prendre
le jour mefme que
Vieillard vint la voir , chargé
du prefent qu'il luy vouloit
faire. Il fut agreablement
furpris
d'un changement
fi peu
attendu , & il en eut d'autant
plus de joye , que n'ayant
plus aucune froideur à ef
fuyer , il pouvoit fe diſpenſer
de donner le fil de Perles.
Cette referve fatisfaifant fon
P iij
174 MERCURE
humeur avare , il le rempor
ta , fans faire connoiftre qu'h
l'eût acheté. C'eftoit un meu
ble , dont à peu de chofe prés
il luy devoit eftre aiſé de retirer
fon argent. Il ne voulut
pas pourtant fe hafter de s'en
défaire. La Belle pouvoit retomber
dans fes froideurs, &
le prefent de fes Perles eftoit
un moyen certain pour l'en
garentir. La complaifance
qu'elle eut pour fon vieil Amant
pendant plus d'an
mois l'ayant rendu éper
duëment amoureux , il pref
fa fi fort la conclufion de fon
GALANT. 175
3
Mariage , qu'on fut enfin
obligé de prendre jour. Ce
qui l'étonna , c'eft que la
Belle ne voulut point qu'on
perdift de temps à aucun appreft
de Nopces , non pas
mefme à luy faire faire des
habirs , dont elle pria qu'on
remift le choix quand on
n'auroit plus d'autres foins à
prendre. Cette moderation
dans une jeune Perfonne qui
devoit eftre fenfible à toutes
les chofes de cette nature ,
eut pour le Vieillard un char
me incroyable . Il s'imagina
qu'elle partageoit les impa
P iii
176 MERCURE
"
tiences que luy donnoit fon
amour , & ne foupçonnanto
& ne
rien moins que le vray motifa
qui la faifoit agir de la forte,
il concerta avec elle qu'ils feu
marieroient de fort grandst
matin , & qu'elle feroit ens
fimple deshabillé . Ils alle
rent à l'Eglife , & le bom
Homme qui avoit fi fort fouhaité
cét heureux jour , s'y
rendit avec la plus vive joye
que peut caufer un bonheurs
parfait. Elle brilloit dans fes
yeux , & jamais perſonne ne
fut fi content qu'il le
Mais un revers auffi cruel
parutu
GALANT. 177
qu'impréveu , troubla bientoft
cette joye. Il fallut donner
fon confentement devant
le Prêtre , & fa Maiftreffe
dit non au lieu du oüy
favorable qu'il en avoit at
tendu . Comme on fe perfuada
qu'elle avoit dit un mot
pour un autre , on luy de
manda jufqu'à trois fois fi
elle vouloit le Vieillard pour
fon Mary ; & d'une voix tresintelligible
, elle repeta
meſme non juſques à trois fois.
Tous les Affiftans furent en
tumulte. On voulut fçavoir
quelle eſtoit la cauſe de ce
Ic
"
178 MERCURE
changement. Elle dit d'a
bord, qu'une fecrette inſpiration
qu'elle avoit eue lors
qu'elle eftoit entrée à l'Eglife
, l'avoit dégoûtée du Ma
riage , & le bon Homme
defefperé de cette réponſe,
la preffa fi bien de s'expliquer
mieux , qu'elle dit enfin tout
haut que fe voyant fur le
•
point de s'engager pour toujours
, elle s'eftoit fouvenue
d'un fil de Perles qu'il luy
avoit promis plufieurs fois ,
fans fe mettre en peine de
dégager fa parole , & qu'elle
ne pouvoit s'imaginer qu'un
GALANT 179
fon-
Homme qui n'eftant que fon
F Amant , manquoit de complaifance
pour elle
geaft à la rendre heureuſe
quand il feroit fon Mary. Le
bon Homme qui depuis l'at
Echat des Perles les avoit toû
jours portées fur luy pour
s'en fervir en cas de beſoin,
fe remit un peu de fa frayeur.
Il dit à la Belle qu'elle fe plaignoit
de luy fort injuftement
, qu'il ne chercheroit
jamais qu'à luy plaire en toutes
chofes , & qu'ayant ache
té le Fil de Perlés fi - toft qu'
elle luy avoit marqué quel180
MERCURE
un , if
que envie d'en avoir un
avoit creu à propos
de ne luy
en faire prefent
qu'aprés
qu'-
elle l'auroit
époufé
, afin qu
elle fuft perfuadée
qu'il ne le
faifoit par aucune
honneſteté
d'Amant
complaifant
, mais
par le feul plaifir qu'il trouvoit
à la convaincre
qu'il la
rendroit
en tout temps Maiftreffe
abfolue
de fes volontez
. En achevant
ces paroles
,
il tira le fil de Perles
, & la
conjura
de l'accepter
. L'excufe
eftoit affez bien tournée
, & les Parens
de la Belle
prirent
avec tant d'ardeur
les
६९
GALANT. 181
iterefts du Vieillard , qu'elle
ne pût fe défendre de rece.
voir fon prefent. Elle prononça
enfuite le terrible mot
dont fi peu de Gens examinent
l'importance . Ainfi l'on
peut dire
que ce Mariage
seft fat pour des Perles. Il
ne laiffe pas d'eftre fort heureux
. La Belle a étudié l'humeur
de fon vieux Mary , &
elle s'y eft accommodée avec
tant d'adreffe , qu'il ne fait
rien que par elle , & veut
toûjours tout ce qu'elle veut.
temps un Mariage , par un
motif qui vous furprendra.
Un Homme tout au moins
Sexagenaire, s'eftant aviſé dé
devenir amoureux d'une jeu
ne Demoiſelle, plus confide.
rable par fon agrément que
par fa fortune, ne pût refifter
à fa paffion. Aprés luy avoir
rendu pluſieurs viſites , il
parla de l'époufer , & la
pofition qu'il en fit,fut receuë
de fes Parens d'une maniere
affez agreable. Il ne falloit
plus que gagner la Belle, que
T'inégalité de l'âge n'ac-
Juin 1685.
P
pro170
MERCURE
*
commodoit pas. Elle eut de
la peine à fe refoudre à pren .
dre un mary fi vieux . Ce,
pendant comme fa jeuneffe
& fa beauté faifoient preſque
tout fon bien , elle crût devoir
fonger au folide . Ainfi fes
Amis luy confeillant de ne
pas laiffer échaper l'occaſion ,
elle confentit à ce qu'on voulut.
On dreffa le Contrat de
Mariage , dont le bon Homme
regla les conditions biên
moins à fon avantage qu'elle
n'avoit efperé. Cette conduite
luy donna quelque dégoût.
Elle voulut éprouver en d'aua
GALANT. 171
tres chofes fi elle avoit du
pouvoir fur luy. Il luy fit quel
ques prefens de peu de valeur
, & ces prefens luy don- & c
nerent ouverture à s'expliquer
fur un fil de Perles qu'-
elle fouhaitoit. Elle le pria
d'y vouloir bien mettre juf
qu'à mille écus , afin qu'en
luy fervant d'ornement , il luy
pût auffi fervir de reffources
dans l'occafion . Le Vieillard
promit, mais il n'exécuta pas.
Il remit de jour en jour à la
fatisfaire ; & la Belle aprés
s'eftre plainte plufieurs fois
de fon peu d'exactitude ,
re-
Pij
172 MERCURE
folut enfin de ne luy en plus
parler. Il eft vray qu'elle luy
marqua de la froideur , & le
bon Homme qui en devina
la caufe , vit bien qu'il ne la
feroit ceffer qu'en luy appor
tant un fil de Perles . Aprés
avoir combatu plus de trois
femaines , il fit effort fur fon
avarice , & acheta ce que fa
Maiftreffe avoit demandé.
Cependant la Belle qui ne
s'y attendoit plus , ſe fit un
plaifir de fe vanger de fon
vieil Amant. Elle crût ne
pouvoir mieux executer fon
deffein qu'en augmentant
GALANT. 173
pour
le
fon amour. Elle affecta
cela les manieres les plus engageantes
& les plus flateufes
qui puiffent marquer un
coeur veritablement touché
& elle commença
à les prendre
le jour mefme que
Vieillard vint la voir , chargé
du prefent qu'il luy vouloit
faire. Il fut agreablement
furpris
d'un changement
fi peu
attendu , & il en eut d'autant
plus de joye , que n'ayant
plus aucune froideur à ef
fuyer , il pouvoit fe diſpenſer
de donner le fil de Perles.
Cette referve fatisfaifant fon
P iij
174 MERCURE
humeur avare , il le rempor
ta , fans faire connoiftre qu'h
l'eût acheté. C'eftoit un meu
ble , dont à peu de chofe prés
il luy devoit eftre aiſé de retirer
fon argent. Il ne voulut
pas pourtant fe hafter de s'en
défaire. La Belle pouvoit retomber
dans fes froideurs, &
le prefent de fes Perles eftoit
un moyen certain pour l'en
garentir. La complaifance
qu'elle eut pour fon vieil Amant
pendant plus d'an
mois l'ayant rendu éper
duëment amoureux , il pref
fa fi fort la conclufion de fon
GALANT. 175
3
Mariage , qu'on fut enfin
obligé de prendre jour. Ce
qui l'étonna , c'eft que la
Belle ne voulut point qu'on
perdift de temps à aucun appreft
de Nopces , non pas
mefme à luy faire faire des
habirs , dont elle pria qu'on
remift le choix quand on
n'auroit plus d'autres foins à
prendre. Cette moderation
dans une jeune Perfonne qui
devoit eftre fenfible à toutes
les chofes de cette nature ,
eut pour le Vieillard un char
me incroyable . Il s'imagina
qu'elle partageoit les impa
P iii
176 MERCURE
"
tiences que luy donnoit fon
amour , & ne foupçonnanto
& ne
rien moins que le vray motifa
qui la faifoit agir de la forte,
il concerta avec elle qu'ils feu
marieroient de fort grandst
matin , & qu'elle feroit ens
fimple deshabillé . Ils alle
rent à l'Eglife , & le bom
Homme qui avoit fi fort fouhaité
cét heureux jour , s'y
rendit avec la plus vive joye
que peut caufer un bonheurs
parfait. Elle brilloit dans fes
yeux , & jamais perſonne ne
fut fi content qu'il le
Mais un revers auffi cruel
parutu
GALANT. 177
qu'impréveu , troubla bientoft
cette joye. Il fallut donner
fon confentement devant
le Prêtre , & fa Maiftreffe
dit non au lieu du oüy
favorable qu'il en avoit at
tendu . Comme on fe perfuada
qu'elle avoit dit un mot
pour un autre , on luy de
manda jufqu'à trois fois fi
elle vouloit le Vieillard pour
fon Mary ; & d'une voix tresintelligible
, elle repeta
meſme non juſques à trois fois.
Tous les Affiftans furent en
tumulte. On voulut fçavoir
quelle eſtoit la cauſe de ce
Ic
"
178 MERCURE
changement. Elle dit d'a
bord, qu'une fecrette inſpiration
qu'elle avoit eue lors
qu'elle eftoit entrée à l'Eglife
, l'avoit dégoûtée du Ma
riage , & le bon Homme
defefperé de cette réponſe,
la preffa fi bien de s'expliquer
mieux , qu'elle dit enfin tout
haut que fe voyant fur le
•
point de s'engager pour toujours
, elle s'eftoit fouvenue
d'un fil de Perles qu'il luy
avoit promis plufieurs fois ,
fans fe mettre en peine de
dégager fa parole , & qu'elle
ne pouvoit s'imaginer qu'un
GALANT 179
fon-
Homme qui n'eftant que fon
F Amant , manquoit de complaifance
pour elle
geaft à la rendre heureuſe
quand il feroit fon Mary. Le
bon Homme qui depuis l'at
Echat des Perles les avoit toû
jours portées fur luy pour
s'en fervir en cas de beſoin,
fe remit un peu de fa frayeur.
Il dit à la Belle qu'elle fe plaignoit
de luy fort injuftement
, qu'il ne chercheroit
jamais qu'à luy plaire en toutes
chofes , & qu'ayant ache
té le Fil de Perlés fi - toft qu'
elle luy avoit marqué quel180
MERCURE
un , if
que envie d'en avoir un
avoit creu à propos
de ne luy
en faire prefent
qu'aprés
qu'-
elle l'auroit
époufé
, afin qu
elle fuft perfuadée
qu'il ne le
faifoit par aucune
honneſteté
d'Amant
complaifant
, mais
par le feul plaifir qu'il trouvoit
à la convaincre
qu'il la
rendroit
en tout temps Maiftreffe
abfolue
de fes volontez
. En achevant
ces paroles
,
il tira le fil de Perles
, & la
conjura
de l'accepter
. L'excufe
eftoit affez bien tournée
, & les Parens
de la Belle
prirent
avec tant d'ardeur
les
६९
GALANT. 181
iterefts du Vieillard , qu'elle
ne pût fe défendre de rece.
voir fon prefent. Elle prononça
enfuite le terrible mot
dont fi peu de Gens examinent
l'importance . Ainfi l'on
peut dire
que ce Mariage
seft fat pour des Perles. Il
ne laiffe pas d'eftre fort heureux
. La Belle a étudié l'humeur
de fon vieux Mary , &
elle s'y eft accommodée avec
tant d'adreffe , qu'il ne fait
rien que par elle , & veut
toûjours tout ce qu'elle veut.
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Résumé : Histoire, [titre d'après la table]
Le texte relate deux histoires distinctes impliquant un mariage entre un homme âgé et une jeune femme. Dans la première histoire, un homme sexagénaire souhaite épouser une jeune femme et obtient l'accord de ses parents. Cependant, la jeune femme hésite en raison de la différence d'âge. Convaincue par ses amis, elle accepte. Le contrat de mariage est rédigé, mais la jeune femme est déçue par les conditions. Elle demande un collier de perles pour tester son influence. Bien que le vieillard promette de l'acheter, il tarde à le faire, ce qui provoque une froideur chez elle. Après trois semaines, il finit par acheter le collier. La jeune femme feint alors de l'aimer davantage, mais refuse de dire 'oui' lors de la cérémonie, invoquant la promesse non tenue. Malgré les explications du vieillard, elle révèle la véritable raison de son comportement. Dans la seconde histoire, un vieillard surnomme la jeune femme 'la Belle' et lui offre un collier de perles. Il affirme que son geste n'est pas motivé par l'amour, mais par le désir de domination. Convaincue par les arguments du vieillard, la Belle accepte le présent et prononce un engagement formel. Leur mariage, conclu pour des perles, se révèle heureux. La Belle adapte son comportement à celui de son mari, influençant toutes ses décisions et obtenant tous ses désirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 263-287
EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
Début :
L'Epithalame qui suit est de M. l'Abbé Genest, dont je viens / Voicy les momens desirez. [...]
Mots clefs :
Noces, Duc de Bourbon, Nymphes, Divinités, Hymen, Charmant, Immortelle, Époux, Épouse, Fête, Beauté, Douceur, Déesse, Coeur, Larmes, Douleur, Liberté, Sentiments, Destin, Louis
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texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
L'Epithalame
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
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Résumé : EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
Le texte présente un épithalame composé par l'Abbé Genest pour célébrer les noces du Duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes. Ce poème met en scène diverses divinités, nymphes et sylvains de Versailles qui chantent et dansent pour honorer l'événement. L'épithalame commence par l'invocation d'Hyménée, le dieu du mariage, et célèbre la beauté et la félicité des jeunes époux. Les divinités expriment leur joie et leur admiration pour cette union, soulignant qu'une telle fête n'a jamais réuni autant de dieux. Les nymphes et les sylvains alternent entre regret pour la jeunesse perdue et admiration pour l'amour des mariés. Le texte se conclut par une célébration joyeuse et harmonieuse de l'union des époux, mettant en avant la beauté et la perfection de leur amour. Par ailleurs, le texte décrit une scène théâtrale célébrant la grandeur et la majesté du roi Louis XIV. Les personnages, incluant des dieux, des nymphes et des sylvains, expriment leur admiration et leur gratitude envers le roi. Ils soulignent sa bonté, ses exploits militaires et son autorité sur les nations, le comparant à un dieu respecté et adoré par tous. La jeune épouse du roi est également louée pour sa majesté et ses grâces. La scène se termine par des chants et des danses célébrant l'amour et le bonheur des amants, avec des vœux pour une vie longue et heureuse. Les personnages invitent les jeunes amants à céder à l'amour et à vivre dans le bonheur éternel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 123-125
EPITALAME Par M. de la F...
Début :
Pour celebrer tes nopces approuvées, [...]
Mots clefs :
Noces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITALAME Par M. de la F...
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
EPITAL AME
Par M. de la F.
Pour celebrer tes nopces approuvées,
J'avois forgé des Vers qui bravoient
l'examen
Lij
124 MERCURE
Dans leurs daites refrains dix
Atrophes achevées
Ramenoient avec art dixfois 10,
bymen.
En faveur de ce Dien dans une
Ode fublime ,
J'avois fi bien du Grec le beau
tourimité
Que j'aurois encouru l'eftime
Des amis de l'Antiquité.
Mais on m'a dit que de chez vous
Mème avant la fin de la fete
L'hymen fortit baiffant la tête
Avec un airplein de couroux.
Amource font là de tes coups !
T'efcortantfinement du Dieu de
l'hymenée
Tu t'introduis auprés de graves
Magiftrats
Obtiens ce que fans tuy l'on ne
t'oltroiroit
pas ,
GALANT . 125
Et dés la premierejournée
Tu le chaffes , & veux dans tes
tendres ebats
Ne devoir qu'à toyfeul la moiffon
des appas ,
Qui fous fon nom te fut abandonnée.
Maisj'aurois deu prévoir le cas,
Aux feduifans attraits dont de
Vienne eft ornée :
Sur ce je n'ay voulu mettre un
Poëme au jour,
Que l'hymen offense prendroit
pour railleries
Et puis le beau fecret de vous
faire ma cour,
Avec mafçavante induftrie
Je ne chantois qu'hymen , vous
ne fentez qu'amour.
fur le Mariagede
M. de Morville.
EPITAL AME
Par M. de la F.
Pour celebrer tes nopces approuvées,
J'avois forgé des Vers qui bravoient
l'examen
Lij
124 MERCURE
Dans leurs daites refrains dix
Atrophes achevées
Ramenoient avec art dixfois 10,
bymen.
En faveur de ce Dien dans une
Ode fublime ,
J'avois fi bien du Grec le beau
tourimité
Que j'aurois encouru l'eftime
Des amis de l'Antiquité.
Mais on m'a dit que de chez vous
Mème avant la fin de la fete
L'hymen fortit baiffant la tête
Avec un airplein de couroux.
Amource font là de tes coups !
T'efcortantfinement du Dieu de
l'hymenée
Tu t'introduis auprés de graves
Magiftrats
Obtiens ce que fans tuy l'on ne
t'oltroiroit
pas ,
GALANT . 125
Et dés la premierejournée
Tu le chaffes , & veux dans tes
tendres ebats
Ne devoir qu'à toyfeul la moiffon
des appas ,
Qui fous fon nom te fut abandonnée.
Maisj'aurois deu prévoir le cas,
Aux feduifans attraits dont de
Vienne eft ornée :
Sur ce je n'ay voulu mettre un
Poëme au jour,
Que l'hymen offense prendroit
pour railleries
Et puis le beau fecret de vous
faire ma cour,
Avec mafçavante induftrie
Je ne chantois qu'hymen , vous
ne fentez qu'amour.
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Résumé : EPITALAME Par M. de la F...
Le texte traite de plusieurs épithalames célébrant le mariage de M. de Morville. L'auteur, M. de la F., avait initialement écrit des vers pour louer cette union. Cependant, il apprend que l'hymen, le dieu du mariage, a quitté la fête de manière impolie. L'auteur attribue cet incident aux actions de l'amour, qui a su charmer des magistrats pour obtenir des faveurs. Il reconnaît également les attraits séducteurs de Vienne, ce qui l'a dissuadé de publier un poème qui pourrait offenser l'hymen. Enfin, il souligne la différence entre son propre sujet, l'hymen, et celui de l'amour, qu'il ne souhaite pas railler.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 52-70
MARIAGES.
Début :
Le Prince Emanuel de Nassaw, Prince du S. Empire, [...]
Mots clefs :
Prince, Marquis, Noces, Maréchal, Duc, Empire, Fille, Père, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Le PrinceEmanuel de
Nassaw, Prince du S. Empire,
premier Lieutenant
des Gardes du CorpsWallons
du Roy d'Espagne,
fils du feu Prince François
Desiré de Nalîau-,
Prince du Saint Empire,
Prince Souverain de Sieghen
,
Doyen des Chevaliers
de la Toison d'or.
Et de N. Comtesse du
Pujet de la Ferre,Comtesïe
du St Empire,épousale
13. May Charlote de
MaillydeNesle,fille de
feu Mr le Marquis de
Nesle, & de Marie Comtesse
deColigny.
Mr le Marquis de Nef,,
le estoit Maréchal des
Camps & des Armées
du Roy, il sur au siége
de Philisbourg. Les
MaisonsdeNassau, de Mailly & de Coligny,
dont ces nouveaux Epoux
defcendenc
,
font si anciennes
,si illustres & si
connuës dans l'Europe,
qu'on se contentera de
rapporrer icy le temps ou
se forma la branche de
Sieghen - Dillembourg,
dont est ce Prince de Nassau.
Le Prince Guillaume
le Belgique est descendu
de l'Empereur Adolphe
de Nassau esleu canoniquement
par le suffrage
des Electeurs le jour de
la saint Jean Baptiste 1292.
& a continué jusques à
Guillaume troisiémePrince
d'Orange mort en Angleterre
en 1702. dernier
malle de la premiere
branche de cette Maison.
Sa mort a fait passer le
droit d'aisnesse à la branche
du Prince Emmanuel,
dont nous- parlons.
Pour ne laisser aucun doute
de cette verité il ne
faut que remarquer que
le Prince Guillaume né à
Dillembourg le 10. Avril
1489.deson mariage avec
Julienne fille de Otho
Comte Destolbourg, eut
Guillaume qui fut le premier
Prince d'Orange de
la Maison de Nassau
,
&
le Prince Jean de Nassau,
le premiera fait la branche
des Princes d'Orange,
qui a fini par la mort
du Prince d'Orange: &
le dernier a fait la branche
de Nassau Sieghem
Dillembougdontle Prince
Emmanuel descend.I
Le Prince Jean Comte
de Nassau dit le Vieux,
épousa en premieres nôces
Elisabeth fille deGeorge
Landgrave de Leuchtemberg
:en secondes nôces
Cunegondefille de
Frideric troisiéme Electeur
Palatin, & en troisiémes
Jeanne fille de Louis
Comte de Vitgenstein; il
laissa en mourant huit
Princes Ôc onze Princesses,
le Prince Jean son filsaisné
qui fut appelle le
Moux
,
continua la posterite,
ilépousa en premieres
nôces Magdelainefille
de Samuel Comre de
Valdeck, & en secondes
nôces Marguerite fille de
Jean Duc de Holstein
Sunderbourg. Il eut pour
fils du premierlit Jean dit
le Jeune, qui épousaen
1618. ErnestinePrincesse
de Ligne Comtesse d'Aremberg.
De ce mariage
est venu le Prince Jean-
François-Desiré de Nasfau
pere duPrince Emmanuel
donc nous parlons.
Cette Famille compte
onze Ducs de Gueldres.
Quatre Electeurs Archevesquesde
Mayence.
Un Evesque de Liege
en 1230. qui fut assassiné
par Theodoric du Prat &
laissa soixante & cinq Ensans
pour successeurs.
-. Un Archevesque de
Cologne, en 1136. & un
Empereur.
LesMaisonsdeMailly
&deColigny dont Madame
laPrincesse de Nasau
est fille, ne sont pas
moins anciennes en noblesse
,
ni moins relevées
en grandes alliances, depuis
l'an 1000. qu'Anselme
de Mailly qui fut tué
au siege de Lille en Flandres
en 1070. jusques à
aujourd'huy que Mr. le
Marquis de Mailly de
Nelle frere de Madame
la Princesse,deNassau :,
Commandant la Gend'armerie
de France, soustient
avec éclat le nom de Mailly.
Il y avoir desjaplusieurs
alliances des Maisons
de Mailly & de Coligny
avec celle de Nassau.
Celles des Princes de Bergues
dont Adrien de Mailly
avoit épousé lafille;
celle de Bourbon, Marguerite
de Mailly ayant
épousé leComtede Roye
&deRoucy. SafilleEleonor
fut mariéeà Loüis de
Bourbon premier Prince
de Condé, Charlorte (a
fille épousa Guillaume de
Nassau, la mere de Marguerite
de Mailly estoit
Loüise de Montmorancy
qui épousa en secondes
noces Gaipard de ColignYCesar
de Beaudean
Comte de Parabere, & de
Pardailhan Baron du Petit
Chasteau lez Rouvans,
Seigneur de la Rousseliere
en Poitou,&c.Brigadier
desArmées du Roy, &
fils d'Alexandre de Beaudean
,vivant,Comte de
Pardailhan
, & Marquis
de la Motte S. Heraye, ÔC
de Jeanne Therese de
Maijand , épousa le huit
de Juin Marie Magdelaine
de la Vieuville,fille
de René François, Marquis
dela Vieuville,Chevalier
d'honeur de la feuë
Reine, Gouverneur &
Lieutenant General pour
le Royen Poitou &c. Et
de Marie Louise de la
Chauffée d'Arrets Dame
d'Atour de Madame la
Duchesse de Berry, fille
deN de la Chauffée Seigneur
d'Arets en Normandie.
La Naissance de ces
deux nouveaux mariés
estantassez connue
,
je
vous diray seulement que
la Maison de Beaudean
de Parabereest une des
anciennes du Pays de Bigorre
,
où elle possedoit
avant l'an 1400. les terres
de Baudéan, de Coursean,
&de Parabere
,
& les Baronies
d'Aux, & de Clermont
en Pordéac.
Jean de BeaudeanComte
de Parabere Marquis
de la Mothe saint Heraye
Lieutenant General des
Armées du Roy & nommé
à l'Ordre du fainr Esprit,
& designé par Bre-
> ver pour estre Mareschal
de France, mourut dans
un âge fort avancésous
le regne de Louis treize.
Il fut marié avec Loiiife
de Gilliers veuve de Francois
de sainte Maure pere
de Charles de sainte Maure
Duc de Montauzier
Gouverneur de feu Monseigneur
le Dauphin;&
il eut de ce Mariage Henry
de Bau dean
,
Comte
de Parabere, Gouverneur
dePoitou,& Comandeur
des
des Ordres du Roy, &C.
- grand pere du Comte de
Parabere d'aujourd'huy.
Et Charles de Beaudean
Seigneur de Neüilhan ,3c
Gouverneur de Niort ,
pere de Suzanne de Beaudean
, 3c d'Angelique de
Beaudean
,
mariée au
Comte de Froulay Suzanne
de Beaudean Dame
d'Honneur de la seuë Reine
,
fut mariéeau Duc de
Navailles Maréchal de
France, duquel mariage
sont issus Françoise de
Montault de Benac mariée
à Charles de Lorraine
Duc d'Elbeuf duquel
mariage elle a eu feue
Madame la Duchesse de
Mantouë.N. de Montault
de Benac mariéeà
Mr le Marquis de Rorelin
, dont est venu Mr le
Marquis de Rotelin. N..
deMontaultdeBenac mariée
à Mr le Marquis de
Pompadour, & de Laurieres
dont est issue Madame
la Marquise de
Courcillon Dame du Palais
de Me laDauphine.
Mademoiselle de la
Vieuville
,
aujourd'huy
Comtesse de Parabere est
petite fille de Charles
Duc dela Vieuville Gouverneur
de Poitou,Chevalier
d'Honneur de la
Reine, Maréchal des
Camps,& Armées du Roy
qui estoit fils de Charles
Duc de la Vieuville Ministred'Etat,&
Sur-Intendant
des Finances, qui
eut pour fille Lucréce
Françoise de laVieuville,
femme d'Ambroisé , François Duc de Bournonville
,
Pere deMadame
laMaréchalle Duchesse
de Noailles.
Le Marquis dela Vieuville
d'aujourd'huy a pour
frere Mr le Comte de
Viennecy-devant Mestre
de Camp du régiment du
Roy Cavallerie ,& Mrle
Bailly de la Vieuville
Grand Croix de lvÍalche;
Mr le Comte de Vienne
est marié avec N. Mitte
de Chevriere
,
fille &
heritiere de Henry Mitte
de Chevriére Comte de
S.Chaumont, dont il a eu
Mr leMarquis de S. Chaumont,
Colonel d'un Regiment
de Dragons.
-'
La ceremonie du Mariage
fut faite par M.rAbbé
de la Vieuville Grand
Vicaire d'Agen frere de
la mariée.
Lors qu'on demanda
au Roy l'agrément de ce
mariage
,
Sa Majesté y
donna son approbation
dans des termes qui font
beaucoup d'honneur aux
deux Maisons des mariés,
& qui marquent qu'ilest
tres satisfait de la manière
dont Mr le Comtede
Parabere l'a servy
, il a
toujours esté en Espagne
depuis le commencement
de cette Guerre, où il s'est
distingueen plusieursoccassons
,
& entr'autres à
la bataille d'Almanzaimmédiatement
aprés laquelle
il fut fait Brigadier
seul par diftindion.
Le PrinceEmanuel de
Nassaw, Prince du S. Empire,
premier Lieutenant
des Gardes du CorpsWallons
du Roy d'Espagne,
fils du feu Prince François
Desiré de Nalîau-,
Prince du Saint Empire,
Prince Souverain de Sieghen
,
Doyen des Chevaliers
de la Toison d'or.
Et de N. Comtesse du
Pujet de la Ferre,Comtesïe
du St Empire,épousale
13. May Charlote de
MaillydeNesle,fille de
feu Mr le Marquis de
Nesle, & de Marie Comtesse
deColigny.
Mr le Marquis de Nef,,
le estoit Maréchal des
Camps & des Armées
du Roy, il sur au siége
de Philisbourg. Les
MaisonsdeNassau, de Mailly & de Coligny,
dont ces nouveaux Epoux
defcendenc
,
font si anciennes
,si illustres & si
connuës dans l'Europe,
qu'on se contentera de
rapporrer icy le temps ou
se forma la branche de
Sieghen - Dillembourg,
dont est ce Prince de Nassau.
Le Prince Guillaume
le Belgique est descendu
de l'Empereur Adolphe
de Nassau esleu canoniquement
par le suffrage
des Electeurs le jour de
la saint Jean Baptiste 1292.
& a continué jusques à
Guillaume troisiémePrince
d'Orange mort en Angleterre
en 1702. dernier
malle de la premiere
branche de cette Maison.
Sa mort a fait passer le
droit d'aisnesse à la branche
du Prince Emmanuel,
dont nous- parlons.
Pour ne laisser aucun doute
de cette verité il ne
faut que remarquer que
le Prince Guillaume né à
Dillembourg le 10. Avril
1489.deson mariage avec
Julienne fille de Otho
Comte Destolbourg, eut
Guillaume qui fut le premier
Prince d'Orange de
la Maison de Nassau
,
&
le Prince Jean de Nassau,
le premiera fait la branche
des Princes d'Orange,
qui a fini par la mort
du Prince d'Orange: &
le dernier a fait la branche
de Nassau Sieghem
Dillembougdontle Prince
Emmanuel descend.I
Le Prince Jean Comte
de Nassau dit le Vieux,
épousa en premieres nôces
Elisabeth fille deGeorge
Landgrave de Leuchtemberg
:en secondes nôces
Cunegondefille de
Frideric troisiéme Electeur
Palatin, & en troisiémes
Jeanne fille de Louis
Comte de Vitgenstein; il
laissa en mourant huit
Princes Ôc onze Princesses,
le Prince Jean son filsaisné
qui fut appelle le
Moux
,
continua la posterite,
ilépousa en premieres
nôces Magdelainefille
de Samuel Comre de
Valdeck, & en secondes
nôces Marguerite fille de
Jean Duc de Holstein
Sunderbourg. Il eut pour
fils du premierlit Jean dit
le Jeune, qui épousaen
1618. ErnestinePrincesse
de Ligne Comtesse d'Aremberg.
De ce mariage
est venu le Prince Jean-
François-Desiré de Nasfau
pere duPrince Emmanuel
donc nous parlons.
Cette Famille compte
onze Ducs de Gueldres.
Quatre Electeurs Archevesquesde
Mayence.
Un Evesque de Liege
en 1230. qui fut assassiné
par Theodoric du Prat &
laissa soixante & cinq Ensans
pour successeurs.
-. Un Archevesque de
Cologne, en 1136. & un
Empereur.
LesMaisonsdeMailly
&deColigny dont Madame
laPrincesse de Nasau
est fille, ne sont pas
moins anciennes en noblesse
,
ni moins relevées
en grandes alliances, depuis
l'an 1000. qu'Anselme
de Mailly qui fut tué
au siege de Lille en Flandres
en 1070. jusques à
aujourd'huy que Mr. le
Marquis de Mailly de
Nelle frere de Madame
la Princesse,deNassau :,
Commandant la Gend'armerie
de France, soustient
avec éclat le nom de Mailly.
Il y avoir desjaplusieurs
alliances des Maisons
de Mailly & de Coligny
avec celle de Nassau.
Celles des Princes de Bergues
dont Adrien de Mailly
avoit épousé lafille;
celle de Bourbon, Marguerite
de Mailly ayant
épousé leComtede Roye
&deRoucy. SafilleEleonor
fut mariéeà Loüis de
Bourbon premier Prince
de Condé, Charlorte (a
fille épousa Guillaume de
Nassau, la mere de Marguerite
de Mailly estoit
Loüise de Montmorancy
qui épousa en secondes
noces Gaipard de ColignYCesar
de Beaudean
Comte de Parabere, & de
Pardailhan Baron du Petit
Chasteau lez Rouvans,
Seigneur de la Rousseliere
en Poitou,&c.Brigadier
desArmées du Roy, &
fils d'Alexandre de Beaudean
,vivant,Comte de
Pardailhan
, & Marquis
de la Motte S. Heraye, ÔC
de Jeanne Therese de
Maijand , épousa le huit
de Juin Marie Magdelaine
de la Vieuville,fille
de René François, Marquis
dela Vieuville,Chevalier
d'honeur de la feuë
Reine, Gouverneur &
Lieutenant General pour
le Royen Poitou &c. Et
de Marie Louise de la
Chauffée d'Arrets Dame
d'Atour de Madame la
Duchesse de Berry, fille
deN de la Chauffée Seigneur
d'Arets en Normandie.
La Naissance de ces
deux nouveaux mariés
estantassez connue
,
je
vous diray seulement que
la Maison de Beaudean
de Parabereest une des
anciennes du Pays de Bigorre
,
où elle possedoit
avant l'an 1400. les terres
de Baudéan, de Coursean,
&de Parabere
,
& les Baronies
d'Aux, & de Clermont
en Pordéac.
Jean de BeaudeanComte
de Parabere Marquis
de la Mothe saint Heraye
Lieutenant General des
Armées du Roy & nommé
à l'Ordre du fainr Esprit,
& designé par Bre-
> ver pour estre Mareschal
de France, mourut dans
un âge fort avancésous
le regne de Louis treize.
Il fut marié avec Loiiife
de Gilliers veuve de Francois
de sainte Maure pere
de Charles de sainte Maure
Duc de Montauzier
Gouverneur de feu Monseigneur
le Dauphin;&
il eut de ce Mariage Henry
de Bau dean
,
Comte
de Parabere, Gouverneur
dePoitou,& Comandeur
des
des Ordres du Roy, &C.
- grand pere du Comte de
Parabere d'aujourd'huy.
Et Charles de Beaudean
Seigneur de Neüilhan ,3c
Gouverneur de Niort ,
pere de Suzanne de Beaudean
, 3c d'Angelique de
Beaudean
,
mariée au
Comte de Froulay Suzanne
de Beaudean Dame
d'Honneur de la seuë Reine
,
fut mariéeau Duc de
Navailles Maréchal de
France, duquel mariage
sont issus Françoise de
Montault de Benac mariée
à Charles de Lorraine
Duc d'Elbeuf duquel
mariage elle a eu feue
Madame la Duchesse de
Mantouë.N. de Montault
de Benac mariéeà
Mr le Marquis de Rorelin
, dont est venu Mr le
Marquis de Rotelin. N..
deMontaultdeBenac mariée
à Mr le Marquis de
Pompadour, & de Laurieres
dont est issue Madame
la Marquise de
Courcillon Dame du Palais
de Me laDauphine.
Mademoiselle de la
Vieuville
,
aujourd'huy
Comtesse de Parabere est
petite fille de Charles
Duc dela Vieuville Gouverneur
de Poitou,Chevalier
d'Honneur de la
Reine, Maréchal des
Camps,& Armées du Roy
qui estoit fils de Charles
Duc de la Vieuville Ministred'Etat,&
Sur-Intendant
des Finances, qui
eut pour fille Lucréce
Françoise de laVieuville,
femme d'Ambroisé , François Duc de Bournonville
,
Pere deMadame
laMaréchalle Duchesse
de Noailles.
Le Marquis dela Vieuville
d'aujourd'huy a pour
frere Mr le Comte de
Viennecy-devant Mestre
de Camp du régiment du
Roy Cavallerie ,& Mrle
Bailly de la Vieuville
Grand Croix de lvÍalche;
Mr le Comte de Vienne
est marié avec N. Mitte
de Chevriere
,
fille &
heritiere de Henry Mitte
de Chevriére Comte de
S.Chaumont, dont il a eu
Mr leMarquis de S. Chaumont,
Colonel d'un Regiment
de Dragons.
-'
La ceremonie du Mariage
fut faite par M.rAbbé
de la Vieuville Grand
Vicaire d'Agen frere de
la mariée.
Lors qu'on demanda
au Roy l'agrément de ce
mariage
,
Sa Majesté y
donna son approbation
dans des termes qui font
beaucoup d'honneur aux
deux Maisons des mariés,
& qui marquent qu'ilest
tres satisfait de la manière
dont Mr le Comtede
Parabere l'a servy
, il a
toujours esté en Espagne
depuis le commencement
de cette Guerre, où il s'est
distingueen plusieursoccassons
,
& entr'autres à
la bataille d'Almanzaimmédiatement
aprés laquelle
il fut fait Brigadier
seul par diftindion.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate le mariage entre le Prince Emmanuel de Nassau et Charlotte de Mailly de Nesle. Le Prince Emmanuel est le fils du Prince François Désiré de Nassau et de la Comtesse du Puget de la Ferre. Charlotte de Mailly de Nesle est la fille du Marquis de Nesle et de Marie Comtesse de Coligny. Les maisons de Nassau, de Mailly et de Coligny sont anciennes et illustres en Europe. La branche de Siegen-Dillembourg, dont descend le Prince Emmanuel, remonte à l'Empereur Adolphe de Nassau, élu en 1292. Le Prince Guillaume de Nassau, né en 1489, a fondé la branche des Princes d'Orange. Après la mort de Guillaume III en 1702, le droit d'aînesse est passé à la branche du Prince Emmanuel. Le Prince Jean de Nassau, dit le Vieux, a épousé plusieurs femmes et a eu de nombreux enfants. Son fils aîné, Jean, a continué la lignée et a épousé Ernestine de Ligne. De ce mariage est issu Jean-François-Désiré de Nassau, père du Prince Emmanuel. Les maisons de Mailly et de Coligny sont également nobles et ont des alliances prestigieuses. La famille de Mailly remonte à Anselme de Mailly, tué au siège de Lille en 1070. Le Marquis de Mailly de Nesle, frère de la Princesse de Nassau, commande la Gendarmerie de France. La cérémonie du mariage a été approuvée par le Roi, qui a souligné les services distingués du Comte de Parabere, présent en Espagne depuis le début de la guerre et promu Brigadier après la bataille d'Almanza.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 49-97
Discours nouveau sur l'origine, la Genealogie, & la Maison de Montmorency.
Début :
Tout le monde est persuadé de l'antiquité de l'illustre [...]
Mots clefs :
Généalogie, Maison de Montmorency, Noces, Origine, Alliances, France, Angleterre, Duc, Comte, Roi, Femme, Duchesse, Empereur, Branches, Armes, Mémoire, Paris, Royaume, Europe, Occident, Église, Guerre, Honneur, Seigneurs de Montmorency
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours nouveau sur l'origine, la Genealogie, & la Maison de Montmorency.
Discours nouveausur ïoriginey
1-t Genealogie, &la mal4
son de Montmorency. -% Tout le monde est persuadédel'antiquité
de l'illustre
Maison de Montmorency,&
personne ne
doute qu'elle ne soit une
des plus anciennes du
Royaume , la qualité de
premiersBarons Chrétiens
en France, avec lecry de
Guerre (Dieu aide au premier
Chrestien ) en marque la
grande antiquité. Mais la
révolution des siecles passez
a fait perdre les vieux
Titres
,
la negligence des
Historiens en dérobent
la memoire, & il est mal
aisé de sçavoir la verité de
son origine.
Celuy auquel nous avons
obligation de la connoissance
de cette Maison est
le fameux André Duchesne
qui par ses soins nous a
laisse dans un gros volume
toute sa posterité depuis
Bouchard I. qui vivoit en jj -' 954. maisil ne s'est pas embarrassé
de rapporter ceux
qui l'ont precedé
,
n'en
:t
ayant point trouvé de
preuves certaines; il rapporte
feulement ce que
d'anciens Autheurs ont dit
des premiers Seigneursde
Montmorency.
Ildit qu'il se trouve dans lapartiedes Gaules qu'on
appelle France deux insignes
commencemens de
conversion ; la premiere
par saint Denis premier
Evesque de Paris, qui a1 procuré la conversion des Gauloisla seconde saint par Remy, Archevesque
de Paris, qui convertit les
François; ces deux conversions
sont cause de deux
opinions touchant l'Autheur
d'une si nobleextraétion.
La premiere
, que LisbiusChevalierdune
tresgrande
Noblesse & d'autorité
parmy les Parisiens
estoit Seigneur de Mont-,
morency proche de cette
Ville, & fut le premier des
Gaulois qui embrassa la
Religion Chrestienne à la
prédication de saint Denis
vers l'an centième de nostre
Redemption, supposé
que ce fut saint Denis
l'Areopagite qui avoir esté
converty par saint Paul
Apostre : mais si l'on fuie
le sentiment de Gregoire
de Tours qui rapporte l'arrivée
de saint Denis dans
les Gaules sousle Coniulac
de Decius & de Gratus, la
conversion de Lisbius ne
pourroit estre que vers l'an
tJ3*
La seconde opinion qui
est de Robert Cenal, Evesque
d'Avranches, au premier
Livre de ses Remarques
Gau loises, & de Claude
Fauchée, au second Livre
de ses AntiquitézFrançoisesdisent
i que ce luy
qui a donné origine à la
Maison de Montmorency
nefutpas lefameux Gaulois
Lisbius,maisun Grand
Baron François nomme
Lisoie (lequel quand Clovis
premier Roy Chrestien
de France, fut baptisé par
saint Remy à Rheims en
499. ) fut le premier des
Seigneurs de sa suite
,
qui
se jetta dans la Cuve des
Fonds après luy
, en memoire
dequoy ses descendansmasles
ontestéhonorez
du titre de premiers
Barons Chrestiens deFrance
,
& ont tousjours eu depuis
pour cry de Guerre ,
Dieu aide au premier Chressien.
Quoy qu'il en soit, on
ne peut douter que les
deux qualitez qui ont tousjours
esté dans cetts illustre
Maison
,
de premier
Chrestien
, & de premier
Baron Chrestien en France,
n'ayent une origine
tres ancienne, &tr.--s illustre,
qui marque que les
anciens Seigneurs de
Montmorency eftoienc
des plus puissants du Royaume
: mais comme la
succession depuis Lisbius,
ou de Lisoie,n'apû se conserver
jusques à nous ,
il
faut s'en tenir à ce que
nous avons de plus asseuré,
& suivre ce qu'en a efcric
Duchesne auquel je renvoye
le Lecteur, qui commence
l'histoire de cette
Maison à Bouchard premier
, comme j'ay dit cydevant,
& quinous a donné
la suite desa posterité,
qui est rapportée dans la
Carte Chronologique de
cette Maison
, par MonsieurChevillard
qui donne
à ce Bouchard premier
un pere , un ayeul,
& un bisayeul
, que Duchesne
ne rapporte pas
mais les ayant trouvez
dans un autheur
)
il les a
rapportez pour faire connoistre
les alliances illustres
qu'ils avoient contractées,
puisque Jean Seigneur
de Montmorency pere de
Bouchard premier, qui vivoit
en 940. avoit épousé
Jeanne fille de Berenger
Comte de Beauvais, fils
d'AdolpheComte de Vermandois
, Everard Sei- j
gneur de Montmorency,
qui vivoit en 892. pere de
Jean & ayeul de Bouchard
premier, épousa Brunelle
fille deGaultier Comte de
Namur, & Leuto ou Leutard
Seigneur de Montmorency
qui vivoit en 845.
avoir épousé Everarde fille
d'un Comte de Ponchieu,
ce Leuto estoit pere d'Everard
& bisayeul de Bouchard
premier, c'est à luyqu'il
commence cet arbre
genealogique, afin defaire
connoistre les trois divers
changements qu'il y
a eus dans les Armes de la
Maison de Montmorency.
Ceux de cette Maison
avoient pris d'abord pour
leurs Armes, comme premiers
Chrestiens, d'or à la
croix de gueules;Bouchard
premier la cantonna de
quatre aiglettes ou allerions
d'azur, pour conservet
la memoire de quatre
Enseignes Impériales prises
à la victoire qu'il remporta
sur l'armée de tEmpereur
Othon II. Matthieu
II. dit le Grand, augmenta
les quatre allerions
de douze autres, en mémoire
de douze autres Enfeignes
Imperiales qui furent
prises à la bataille de
Bouvines sur l'Empereur
OthonIV. en1214 Ainsi
depuis ce temps- là les Seigneurs
de Montmorency
ont tousjours porté d'or à
la croix de gueules, cantonnée
de seize allerions
d'azur; & comme cette
Maison a formé quantité
de branches, ils ont brifé
leurs Armes differemment,
comme on le voit dans la
Carte genealogique, mais
à present comme labranche
aisnéeest éteinteenla
personne de Philippe de
Moutmorency Seigneur
de Nivelle, ôc Comte de
Horne décapité en 1^8.
auquel la branche de Fosfeux
a succedéàl'aisnesse,
toutes les autres branches
des Seigneurs de certe
Maison ont quitté leurs
brisures, & ont retenu les
Armes pleinesqu'ils portent
presentement.
La Maison de Montmorency
s'est separée en
quantité de branches, il y
en a eu plusieurs anciennes
qui font éteintes, mais
elle a conservé son nom
jusqu'à aujourd'huy, par la
succession de la branche
aisnée,dans plusieurs branches
qui subsistent,& quoy
qu'il paroisse de grandes
branches sorties de Mathieu
II. dit le Grand, Seigneur
de Montmorency
il n'y , a eu que la posterité
de son filsaisné Bouc hard
VI. qui ait retenule nom
de Montmorency, parce
que ion fils cadet Guyde
Montmorency fut Seigneur
de Laval, qui comme
heritier desa mereEme
de Laval, sortie d'une tres
noble & tres illustre Maison,
en atransmis le nom
à ses Descendans qui le retiennent
encore aujourd'huy,
ayant retenu les Armes
de Montmorency
,
la
Croix chargée de cinq coquilles
d'argent pour brisure,
comme cadets de sa
Maison.
Quant aux honneurs de
cette Maison, on ne peut
disconvenir qu'elle est des
plus illustrées
, tant dans
les alliances qu'ils ont contractées,
que dans les charges
qu'ils ont possedées,
les honneursqu'ils onteus
par leurs alliances, les font
toucher de près à tout ce
qu'il y a eu de Testes couronnées
dans l'Europe, &
pour le faire connoistre il
faut distinguer ses alliances
en trois manieres. Premierement
,
dans son ancienneté
: Secondement,
depuis
depuis la separation de ses
deux Branches, les Alliances
que celle de la Branche
de Montmorency a contractées
:
Troisiémement,
celle que la Branche de Laval
aeuës. Premierement, les Alliances
qu'ils ont eues anciennement
sont trcs considerables
puisque la premiere
qui estrapportée par
Duchesneestl'épouse qu'il
donne à Bouchard I.Elle
se nommoit Hildegarde,
& estoit fille de Thibaud I.
Comte de Chartres & de
de Bipis,ôc de Ledegarde
de Vermandois. Elle avoit
pour frere Eudes I. Comte
de Chartres & de Blois,
pere de Eudes II. Comte
de Champagne, duquel
sont forcis tous les Comtes
de Champagne; & pour
soeur Emme,femme de
GuillaumeIII. Duc de
Guyenne
, mere de Guillaume
IV. Ducde Guyenne
,
élu Roy d'Italie
, &
Empereur des Romains
duquel sont desçendus les,
Ducs deGuyenne,&Agnés
femme de l'Empereur
Henry III.
-
Hildegarde avoit pour
alliances du costé de sa
mere Ledgarde de Vermandois,
qui estoit fille de
Herbert II. Comte de Vermandois,&
d'une soeur de
Hugues le Grand, Duc de
France
,
& Comte de Paris
, pere du Roy Hugues
Capet; & aussi soeur d'Emme
,
Reine de France,
femme de Raoul, Duc de
Bourgogne, & Roy de
France, si bien qu'elle estoit
cousine du second au
troisiéme degré du Roy
Hugues Capec
,
chef de la
n'oineme Race des Rois
de France qui subsiste aujourd'huy.
Mathieu I. Seigneur de
Montmorency, Connestable
de France, épousa Aline
,
fille de Henry I. Roy
d'Angleterre, &en fecondes
nôces il épousa Alix de
Savoye
, veuve du Roy
Loüis VI. dit le Gros, mere
duRoy Loüis le Jeune, si
bien qu'il avoit l'honneur
d'estre beaupere du Roy
pour lors regnant.
BouchardV.s'alliaavec
Laurence, fille de Baudoüin,
Comte deHainaut,
descendu par les Comtes
de Flandres, de l'Empereur
Charlemagne; elle
estoit tante de BaudoüinV.
Comte de Flandres
, &
Empereur de Constantinople
,
d'Isabeau de Hainaut
,
Epouse du Roy de
France Philippe-Auguste,
& d'Ioland de Hainaut
Impératrice de Constanti-,
nople, femme de Pierre
de Courtenay, auquel elle
porta la Couronne
@
Imperiale.
Matthieu II. avoit épouse
en premières noces Gertrude
de Néelle
,
fille de Thomas Chastelain de ,
Bruges en Flandres
, &
d'une soeur d'Yves, Comte
de Soissons
,
Seigneur de
Néelle.C'estde cetteDame
quetoute la Maison de
Montmorency d'aujourd'huy
descend, parce que
Matthieu II épousa en secondes
noces Emme de
Laval qui luy donna pour
fils Guy de Montmorency,
Seigneur de Laval, comme
jelediray cy-aprés ; cette
Dame estoit soeur aisnée
d'Isabeau de Laval, femme
de Bouchard VI.Seigneur
de Montmorency, fils aisné
du premier lit de Mathieu
IL ainsi l'on peut dire
que dans la separation des
deux branches de Montmorency,
& de Laval, ils
ont les mesmes alliances,
puisque par les mariages
de ces deux Dames de la
Maison de Laval,ils se
trouvoient alliez des Maisons
de France ,
d'Angleterre,
d'Ecosse, de Castille,
des Comtes deThoulouse,&
de quantité d'autres
Maisons tres- considerables.
Secondement
,
les alliances
que la Maison de
Montmorency a contractéesdepuis
sa separation
d'avec la branche de Laval,
sont celles que Mathieu
III. contracta avec
Jeanne de Brienne fille de
Jean Roy de Jerusalem,
qui estoit fille de Henry
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem. Cette
alliance leur en donna de
nouvelles avec la Maison
de France,puisque Henry
Comte
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem
,
avoit
pour mere Marie de France
fille du Roy Loüis le
Jeune, avec les Roys de
Navarre de la Maison de
Champagne
, & avec les
Roys de Jerusalem & de
Chypre, de la Maison de
Lefignen.
Mathieu IV.ditle Grand,
Seigneur de Montmorency
,
fils de Mathieu III.
s'allia avec Marie de
Dreux Princesse du sang
de France, fille de Robert
IV. Comte de Dreux,
qui avoit pour quatriéme
ayeul Robert de France
Comte de Dreux fils du
Roy Loiiis le Gros. D'ailleurs
elle estoit sa parente
par trois endroits,d'abord
au quatriéme degré du
costé maternel par laMaison
de Craon , parce que
Maurice Seigneur de
Craon fut pere de Havoise
de Craon,femme de Guy
VI. Seigneur de Laval, qui
estoit pere d'Isabeau de Laval
mar iée à Bouchard VI.
Seigneur de Montmorency
ayeul de MathieuIV.
Et d'Amaury de Craon,
pere de Jeanne de Craon
femme de Jean Comte de
Montfort ayeulle maternelle
de ladite Dame Marie
de Dreux, par la Maison
de Montfort. Elle estoit
sa parente du quatriéme
au cinquiémedegré,
& par celle de Coucy du
cinquiéme au sixiéme.
Ce ne seroit jamais fait
si on vouloit particularifcr
toutes les alliances les unes
aprés les autres, on se renferme
aux trois recentes; sa
premiereest celle queHenry
Duc de Montmorency
II. du nom,Pair, Marechal
& Amiral de France,
contractaavec Marie Felice
des Ursins en 1612 par
l'entremise du Roy Louis
XIII. & de la Reine Marie
de Medicis sa mere 3,
pour lorsRegente du Royaume
)
qui estoit sa parente
du deuxiéme au troisiéme
degré, puisque la
Reine avoir pour pere
François deMedicisGrand
Duc de Toscane
,
qui estoit
frere d'Elisabeth de
Medicis femme de Paul
des Ursins Duc de Bracciano,
ayeul de Madame la
Duchesse de Montmorency
: ainsil'on peut voir par
cette alliance, l'estime que
le Roy Louis XIII. d'heureuse
memoire,faifoic de
cetteMaison,puisqu'il faisoitépouserà
Monsieur le
Duc de Montmorency sa
parenteau troisiéme degré.
La féconde alliance des
trois ausquelles on s'est retranché
,
est celle de Charlote
Marguerite de Montmorency
,soeur & heritiere
de HenryII. Duc de
Montmorency mort sans
posterité
,
laquelle épousa
en 1609. Henry de Bourbon
II. du nom Prince de
Condé. Cette Princesse
aprés la , mort de son frere
, herita du Duché de
Montmorency, & de plusieurs
autres biens qui sont
entrez parcette alliance
dans laMaison de Condé.
La troisiéme alliance est
celle que fit François Henry
de Montmorency Duc
de Piney -
Luxembourg,
forti de la branche de Bouteville,
quiépousaen 1661.
Magdelaine- Charlotte-
Bonne-Therese de Clermont
Duchesse de Piney-
Luxembourg,fille de Charles-
Henry de C lermont-
Tonnerre, & de Marie de
Luxembourg Duchesse de
Piney
,
qui se défit de sa
Duché en mariant sa fille, àcondition que son époux
porteroit le nom & les Armes
de Luxembourg
,
luy
transmettant le droit de sa
Duché femelle, afin de
conserver le nom de cette
illustre Maison, qui a donné
plusieurs Empereurs
des Romains, des Roys de
Boheme, des Reines de
France, & à d'autres Couronnes
de l'Europe.
Ayant cy-dessus distingué
les alliances de la Maison
de Montmorency en
trois manieres. Premierement
, dans son commencement.
Secondement, depuis la separation de ses
deux grandes branches, &
en troisiéme lieu, en celle
que la branche de Laval a
euë depuis sa separation
d'avec celle de Montmorency.
J'en rapporte quatre
qui sont d'une tresgrande
îllustration. La premiereest
celle que Guy X.
Comte de Laval contracta
en 1347. avec Beatrix
fille d'Artus Duc de Bretagne
, &dont l'arriere petite
filleIsabeau de Laval
épousa Loüis de Bourbon
Comte de Vendôme. C'est
cette seconde alliance qui
doit aujourd'huy faire plus
de plaisir à la Maison de
Montmorency; puisque
c'est de cette Isabeau de
Laval que descend toute la
Maison Royalle de Bourbon,
estant la sixémeayeulle
paternelle de nostre
grand Monarque Loüis
XIV. à present regnant;
qui voit en cette presente
année 1711. son Throfne
affermi dans sa Maison
pour plusieursannées par
la naissance de ses arriere
petits fils Monseigneur le
Duc de Bretagne, &Monseigneur
le Duc d'Anjou,
&par cette alliance toutes
les Testes couronnées de
l'Europe qui regnent aujourd'huy
,
sont alliéesà la
Maison de Montmorency,
La troisiéme alliance
qui fait encore honneur à
cette Maison, c'estdevoir
René d'Anjou Roy de Na",
ples & de Jerusalem
,
qui
épousa Jeanne de Laval en
fecondes noces, mais cette
Reine n'en ayant point eu
d'enfans ,il n'est resté à sa
famille que le plaisir de
s'en souvenir.
La quatriéme & demiere
alliance est celle de
Charlotte d'Arragon fille
de Federic d'Arragon Roy
deNaples, qui fut femme
de Guy XVI. Comte de
Laval; ils eurent plusieurs
enfans, entre autres deux
filles, dont l'aisnée Catherine
de Laval épousa Claude
Sire de Rieux,qui porta
dans la Maison deColigny
le Comté de Laval,
qui a présl'excinction de
cette branche,est tombé
dans celle de sa soeur cadette
Anne de Laval qui
épousa François de la
Tremoille Vicomte de
Thouars,dont est descendu
Monsieur le Duc de la
Tremoille qui possedeaujourd'huy
le Comté de Laval,&
quiàcause de cette
alliance,faitses protcftations
à tous les Traitez de
Paix
,
où il envoye une
personne pour le reprefen"-
ccr , prétendant au Royaume
de Naples comme
heritier d'Anne de Laval
sa quatriéme ayeulle.
-
Sans s'attacher à toutes
les alliances souveraines
de cette illustre Maison,
je diray qu'il y en a quantité
d'autres tres conGderablesquiluy
sont alliées,
& le grand nombre de
Maisons qui y ont pris des
femmes, tient à honneur
d'en estre descendu
,
& se
font un plaisir d'arborer les;
Armes de Montmorency
dansleursalliances.
L'on voit parmy les 1
Grands Officiers du Royaume
de France plus de
Seigneurs de laMaison de
Montmorency que d'aucuneautreMaisons
l'on y
compte deux grands Senéchaux,
six Connestables,&
un Connestable d'Hibcrnie,
neufMaréchaux,quatre
Grands Amiraux, trois
Grands Maistres de la
Maison du Roy, trois
Grands Chambellans,deux
Grands Bouteillers ou Eschansons,
& deux Grands
Pannetiers.
Plusieurs Connestables,
& autres Grands Officiers
de France, sont sortis de
cette Maison tres illustre,
ouenontépousédesfilles,
outre que cette Maison a
aussi produit plusieursDucs
&DuchelTes.
Quoy que la vertu & la
Religion ayent tousjours
esté le partage des Seigneurs
de Montmorency
neanmoins l'on , en voit
tres peu qui ayent estérevestus
de Dignitez Ecclesiastiques;
l'on en voitcependant
un Archevesque
Duc de Reims, des Evesques
d'Orleans, & peu
d'autres.
ilsontencore l'honneur
d'avoir un Saint reconnu
par l'Eglise,donton revere
la memoire aux Vaux
de Cernay enBeauce,c'est
saint Thibaud de Mont-
-
morency Seigneur deMarly,
fils de Mathieu premier,
&
dAline d'Angleterre, lequel
se croisa en 1173. pour
le voyage de la Terre sainte.
A son retour il se fit
Religieux de l'Ordre de
Cisteaux, en l'Abbaye du
Val, puis ilfut Abbé des
Vaux de Cernay à quatre
lieuës de Versailles, entre
Chevreuse &: Ramboüillet,
où il mourut saintementvers
l'an 1189.
Enfin tant de grandeur
dans une Maisonfaitassez
connoistre que la valeur a
esté hereditaire dans l'âme
des Seigneurs de Montmorency,
& leur a tait meriter
tous ces honneurs,
pour avoir tousjours refpandu
leur fang pour la
deffensede leurs Roys, &
de leur patrie, s'estant tousjours
trouvez à la teste des
Armées qu'ils commandoient
en chef, où ils ont
fait paroistre leur courage
avec éclat au milieu des
plus grands perils.
Je n'en veux point un
plus grand exemple que
celuy d'Anne de Montmorency
Duc, Pair, Marechal
,
Connestable
, k,
Fi
Grand Maistre de France,
lequel aprèsavoirblanchi
fous le harnois militaire,
pour la deffenseduRoy,
& de la patrie, remporta
dans le tombeau la gloire
d'estre mort au lit d' honneur
,
puisque commandant
l'Armée Royalle à la
Bataille de saint Denis, il
y receut huit coups mortels
,
dont il mourut deux
jours aprés en son Hostel
de Montmorency à Paris,
estant âgé de prés de quatre
vingt ans, comblant
par ce moyen les derniers
jours de sa vie d'une fin
tres glorieuse, a prés avoir
servy cinq Roys, & après
avoir passé par tous les degrez
d'honneur, & s'estre
trouve à huitBatailles, en
ayant commandé quatre
en chef; aussi le Roy Charles
1X. voulant honorer la
memoire de ce grand Chef
de Guerre
,
ordonna que
sa Pompe funebre fust faite
en l'Eglise de Nostreme
de Paris,avec toute la
magnificencepossible, où
toutes les Cours souveraines
assisterent par ordre du
Roy. De là son corps fut
porté en l'Eglise de saint
Martin de Montmorency,
& son coeur en celle des
Celestins de Paris, où il
futmis dans un Caveau,
proche de celuy du Roy
HenryII. Il estoit bien
juste qu'un coeur quiavoit
esté aimé de son Prince,
& qui avoit eu part à ses
plus im portantes affaires,
fust après son trépas inhumé
proche de celuy qui
luy avoit fait tant d'honneur
durant sa vie,
Mr Chevillard vient de
mettre au jour une Carte
qui a pour Titre: Succession
Chronologique des Empereurs,
&des Impératrices d'Occident,
depuis Charlemagnejusqu'à
present.
On n'entreprend point
de rapporter dans cette
Carte les Empererus Romains,
ni les Empereurs
d'Orient, on s'est borné
à rapporter la Chronologie
des Empereurs, & des
Imperatrices d'Occident,
qui sont ceux qui ont regnéen
Europe depuis l'an
800. On commence par
Charlemagne que l'erreur
commune fait le restaurateur
de l'Empired'Occident
, quoyqu'il soit vray
qu'il estoitEmpereur avant
qu'il cust eHé reconnu tel
par les Romains estantEmpereur
par sa feule qualité
de Roy des François, l'Empire
d'Occident ou du
moins celuy des Gaules
ayant este cedé à Clovis en
508. & confirmé à ses petitsfils
par l'Empereur Justinien.
Il eftvrayque depuis
l'an875. on n'a reconnu
pour Empereurs que
ceux qui ont esté reconnus
tels par les Papes, que mesme
les Rois de Germanie;
& d'autres qui ont esté couronnezEmpereurs,
n'ayant
priscetitre, du moins jusqu'ausiecle
dernier, qu'après
ce couronnement, se
contentant, jusqu'à cette
ceremonie
,
de celuy de
Roy desR omains ou d'Empereurélu.
On met neanmoins
dans cette Carte
ceux que l'erreur publique
reconnoist pour Empereurs
ou qui ont ~estéélus
im Empereurs,
Empereurs
, par des partis,
pour les opposer à ceux
qui avoient esté légitimément
élûs,ilssont distinguez
par des Couronnes
differentes.
1-t Genealogie, &la mal4
son de Montmorency. -% Tout le monde est persuadédel'antiquité
de l'illustre
Maison de Montmorency,&
personne ne
doute qu'elle ne soit une
des plus anciennes du
Royaume , la qualité de
premiersBarons Chrétiens
en France, avec lecry de
Guerre (Dieu aide au premier
Chrestien ) en marque la
grande antiquité. Mais la
révolution des siecles passez
a fait perdre les vieux
Titres
,
la negligence des
Historiens en dérobent
la memoire, & il est mal
aisé de sçavoir la verité de
son origine.
Celuy auquel nous avons
obligation de la connoissance
de cette Maison est
le fameux André Duchesne
qui par ses soins nous a
laisse dans un gros volume
toute sa posterité depuis
Bouchard I. qui vivoit en jj -' 954. maisil ne s'est pas embarrassé
de rapporter ceux
qui l'ont precedé
,
n'en
:t
ayant point trouvé de
preuves certaines; il rapporte
feulement ce que
d'anciens Autheurs ont dit
des premiers Seigneursde
Montmorency.
Ildit qu'il se trouve dans lapartiedes Gaules qu'on
appelle France deux insignes
commencemens de
conversion ; la premiere
par saint Denis premier
Evesque de Paris, qui a1 procuré la conversion des Gauloisla seconde saint par Remy, Archevesque
de Paris, qui convertit les
François; ces deux conversions
sont cause de deux
opinions touchant l'Autheur
d'une si nobleextraétion.
La premiere
, que LisbiusChevalierdune
tresgrande
Noblesse & d'autorité
parmy les Parisiens
estoit Seigneur de Mont-,
morency proche de cette
Ville, & fut le premier des
Gaulois qui embrassa la
Religion Chrestienne à la
prédication de saint Denis
vers l'an centième de nostre
Redemption, supposé
que ce fut saint Denis
l'Areopagite qui avoir esté
converty par saint Paul
Apostre : mais si l'on fuie
le sentiment de Gregoire
de Tours qui rapporte l'arrivée
de saint Denis dans
les Gaules sousle Coniulac
de Decius & de Gratus, la
conversion de Lisbius ne
pourroit estre que vers l'an
tJ3*
La seconde opinion qui
est de Robert Cenal, Evesque
d'Avranches, au premier
Livre de ses Remarques
Gau loises, & de Claude
Fauchée, au second Livre
de ses AntiquitézFrançoisesdisent
i que ce luy
qui a donné origine à la
Maison de Montmorency
nefutpas lefameux Gaulois
Lisbius,maisun Grand
Baron François nomme
Lisoie (lequel quand Clovis
premier Roy Chrestien
de France, fut baptisé par
saint Remy à Rheims en
499. ) fut le premier des
Seigneurs de sa suite
,
qui
se jetta dans la Cuve des
Fonds après luy
, en memoire
dequoy ses descendansmasles
ontestéhonorez
du titre de premiers
Barons Chrestiens deFrance
,
& ont tousjours eu depuis
pour cry de Guerre ,
Dieu aide au premier Chressien.
Quoy qu'il en soit, on
ne peut douter que les
deux qualitez qui ont tousjours
esté dans cetts illustre
Maison
,
de premier
Chrestien
, & de premier
Baron Chrestien en France,
n'ayent une origine
tres ancienne, &tr.--s illustre,
qui marque que les
anciens Seigneurs de
Montmorency eftoienc
des plus puissants du Royaume
: mais comme la
succession depuis Lisbius,
ou de Lisoie,n'apû se conserver
jusques à nous ,
il
faut s'en tenir à ce que
nous avons de plus asseuré,
& suivre ce qu'en a efcric
Duchesne auquel je renvoye
le Lecteur, qui commence
l'histoire de cette
Maison à Bouchard premier
, comme j'ay dit cydevant,
& quinous a donné
la suite desa posterité,
qui est rapportée dans la
Carte Chronologique de
cette Maison
, par MonsieurChevillard
qui donne
à ce Bouchard premier
un pere , un ayeul,
& un bisayeul
, que Duchesne
ne rapporte pas
mais les ayant trouvez
dans un autheur
)
il les a
rapportez pour faire connoistre
les alliances illustres
qu'ils avoient contractées,
puisque Jean Seigneur
de Montmorency pere de
Bouchard premier, qui vivoit
en 940. avoit épousé
Jeanne fille de Berenger
Comte de Beauvais, fils
d'AdolpheComte de Vermandois
, Everard Sei- j
gneur de Montmorency,
qui vivoit en 892. pere de
Jean & ayeul de Bouchard
premier, épousa Brunelle
fille deGaultier Comte de
Namur, & Leuto ou Leutard
Seigneur de Montmorency
qui vivoit en 845.
avoir épousé Everarde fille
d'un Comte de Ponchieu,
ce Leuto estoit pere d'Everard
& bisayeul de Bouchard
premier, c'est à luyqu'il
commence cet arbre
genealogique, afin defaire
connoistre les trois divers
changements qu'il y
a eus dans les Armes de la
Maison de Montmorency.
Ceux de cette Maison
avoient pris d'abord pour
leurs Armes, comme premiers
Chrestiens, d'or à la
croix de gueules;Bouchard
premier la cantonna de
quatre aiglettes ou allerions
d'azur, pour conservet
la memoire de quatre
Enseignes Impériales prises
à la victoire qu'il remporta
sur l'armée de tEmpereur
Othon II. Matthieu
II. dit le Grand, augmenta
les quatre allerions
de douze autres, en mémoire
de douze autres Enfeignes
Imperiales qui furent
prises à la bataille de
Bouvines sur l'Empereur
OthonIV. en1214 Ainsi
depuis ce temps- là les Seigneurs
de Montmorency
ont tousjours porté d'or à
la croix de gueules, cantonnée
de seize allerions
d'azur; & comme cette
Maison a formé quantité
de branches, ils ont brifé
leurs Armes differemment,
comme on le voit dans la
Carte genealogique, mais
à present comme labranche
aisnéeest éteinteenla
personne de Philippe de
Moutmorency Seigneur
de Nivelle, ôc Comte de
Horne décapité en 1^8.
auquel la branche de Fosfeux
a succedéàl'aisnesse,
toutes les autres branches
des Seigneurs de certe
Maison ont quitté leurs
brisures, & ont retenu les
Armes pleinesqu'ils portent
presentement.
La Maison de Montmorency
s'est separée en
quantité de branches, il y
en a eu plusieurs anciennes
qui font éteintes, mais
elle a conservé son nom
jusqu'à aujourd'huy, par la
succession de la branche
aisnée,dans plusieurs branches
qui subsistent,& quoy
qu'il paroisse de grandes
branches sorties de Mathieu
II. dit le Grand, Seigneur
de Montmorency
il n'y , a eu que la posterité
de son filsaisné Bouc hard
VI. qui ait retenule nom
de Montmorency, parce
que ion fils cadet Guyde
Montmorency fut Seigneur
de Laval, qui comme
heritier desa mereEme
de Laval, sortie d'une tres
noble & tres illustre Maison,
en atransmis le nom
à ses Descendans qui le retiennent
encore aujourd'huy,
ayant retenu les Armes
de Montmorency
,
la
Croix chargée de cinq coquilles
d'argent pour brisure,
comme cadets de sa
Maison.
Quant aux honneurs de
cette Maison, on ne peut
disconvenir qu'elle est des
plus illustrées
, tant dans
les alliances qu'ils ont contractées,
que dans les charges
qu'ils ont possedées,
les honneursqu'ils onteus
par leurs alliances, les font
toucher de près à tout ce
qu'il y a eu de Testes couronnées
dans l'Europe, &
pour le faire connoistre il
faut distinguer ses alliances
en trois manieres. Premierement
,
dans son ancienneté
: Secondement,
depuis
depuis la separation de ses
deux Branches, les Alliances
que celle de la Branche
de Montmorency a contractées
:
Troisiémement,
celle que la Branche de Laval
aeuës. Premierement, les Alliances
qu'ils ont eues anciennement
sont trcs considerables
puisque la premiere
qui estrapportée par
Duchesneestl'épouse qu'il
donne à Bouchard I.Elle
se nommoit Hildegarde,
& estoit fille de Thibaud I.
Comte de Chartres & de
de Bipis,ôc de Ledegarde
de Vermandois. Elle avoit
pour frere Eudes I. Comte
de Chartres & de Blois,
pere de Eudes II. Comte
de Champagne, duquel
sont forcis tous les Comtes
de Champagne; & pour
soeur Emme,femme de
GuillaumeIII. Duc de
Guyenne
, mere de Guillaume
IV. Ducde Guyenne
,
élu Roy d'Italie
, &
Empereur des Romains
duquel sont desçendus les,
Ducs deGuyenne,&Agnés
femme de l'Empereur
Henry III.
-
Hildegarde avoit pour
alliances du costé de sa
mere Ledgarde de Vermandois,
qui estoit fille de
Herbert II. Comte de Vermandois,&
d'une soeur de
Hugues le Grand, Duc de
France
,
& Comte de Paris
, pere du Roy Hugues
Capet; & aussi soeur d'Emme
,
Reine de France,
femme de Raoul, Duc de
Bourgogne, & Roy de
France, si bien qu'elle estoit
cousine du second au
troisiéme degré du Roy
Hugues Capec
,
chef de la
n'oineme Race des Rois
de France qui subsiste aujourd'huy.
Mathieu I. Seigneur de
Montmorency, Connestable
de France, épousa Aline
,
fille de Henry I. Roy
d'Angleterre, &en fecondes
nôces il épousa Alix de
Savoye
, veuve du Roy
Loüis VI. dit le Gros, mere
duRoy Loüis le Jeune, si
bien qu'il avoit l'honneur
d'estre beaupere du Roy
pour lors regnant.
BouchardV.s'alliaavec
Laurence, fille de Baudoüin,
Comte deHainaut,
descendu par les Comtes
de Flandres, de l'Empereur
Charlemagne; elle
estoit tante de BaudoüinV.
Comte de Flandres
, &
Empereur de Constantinople
,
d'Isabeau de Hainaut
,
Epouse du Roy de
France Philippe-Auguste,
& d'Ioland de Hainaut
Impératrice de Constanti-,
nople, femme de Pierre
de Courtenay, auquel elle
porta la Couronne
@
Imperiale.
Matthieu II. avoit épouse
en premières noces Gertrude
de Néelle
,
fille de Thomas Chastelain de ,
Bruges en Flandres
, &
d'une soeur d'Yves, Comte
de Soissons
,
Seigneur de
Néelle.C'estde cetteDame
quetoute la Maison de
Montmorency d'aujourd'huy
descend, parce que
Matthieu II épousa en secondes
noces Emme de
Laval qui luy donna pour
fils Guy de Montmorency,
Seigneur de Laval, comme
jelediray cy-aprés ; cette
Dame estoit soeur aisnée
d'Isabeau de Laval, femme
de Bouchard VI.Seigneur
de Montmorency, fils aisné
du premier lit de Mathieu
IL ainsi l'on peut dire
que dans la separation des
deux branches de Montmorency,
& de Laval, ils
ont les mesmes alliances,
puisque par les mariages
de ces deux Dames de la
Maison de Laval,ils se
trouvoient alliez des Maisons
de France ,
d'Angleterre,
d'Ecosse, de Castille,
des Comtes deThoulouse,&
de quantité d'autres
Maisons tres- considerables.
Secondement
,
les alliances
que la Maison de
Montmorency a contractéesdepuis
sa separation
d'avec la branche de Laval,
sont celles que Mathieu
III. contracta avec
Jeanne de Brienne fille de
Jean Roy de Jerusalem,
qui estoit fille de Henry
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem. Cette
alliance leur en donna de
nouvelles avec la Maison
de France,puisque Henry
Comte
Comte de Champagne
Roy de Jerusalem
,
avoit
pour mere Marie de France
fille du Roy Loüis le
Jeune, avec les Roys de
Navarre de la Maison de
Champagne
, & avec les
Roys de Jerusalem & de
Chypre, de la Maison de
Lefignen.
Mathieu IV.ditle Grand,
Seigneur de Montmorency
,
fils de Mathieu III.
s'allia avec Marie de
Dreux Princesse du sang
de France, fille de Robert
IV. Comte de Dreux,
qui avoit pour quatriéme
ayeul Robert de France
Comte de Dreux fils du
Roy Loiiis le Gros. D'ailleurs
elle estoit sa parente
par trois endroits,d'abord
au quatriéme degré du
costé maternel par laMaison
de Craon , parce que
Maurice Seigneur de
Craon fut pere de Havoise
de Craon,femme de Guy
VI. Seigneur de Laval, qui
estoit pere d'Isabeau de Laval
mar iée à Bouchard VI.
Seigneur de Montmorency
ayeul de MathieuIV.
Et d'Amaury de Craon,
pere de Jeanne de Craon
femme de Jean Comte de
Montfort ayeulle maternelle
de ladite Dame Marie
de Dreux, par la Maison
de Montfort. Elle estoit
sa parente du quatriéme
au cinquiémedegré,
& par celle de Coucy du
cinquiéme au sixiéme.
Ce ne seroit jamais fait
si on vouloit particularifcr
toutes les alliances les unes
aprés les autres, on se renferme
aux trois recentes; sa
premiereest celle queHenry
Duc de Montmorency
II. du nom,Pair, Marechal
& Amiral de France,
contractaavec Marie Felice
des Ursins en 1612 par
l'entremise du Roy Louis
XIII. & de la Reine Marie
de Medicis sa mere 3,
pour lorsRegente du Royaume
)
qui estoit sa parente
du deuxiéme au troisiéme
degré, puisque la
Reine avoir pour pere
François deMedicisGrand
Duc de Toscane
,
qui estoit
frere d'Elisabeth de
Medicis femme de Paul
des Ursins Duc de Bracciano,
ayeul de Madame la
Duchesse de Montmorency
: ainsil'on peut voir par
cette alliance, l'estime que
le Roy Louis XIII. d'heureuse
memoire,faifoic de
cetteMaison,puisqu'il faisoitépouserà
Monsieur le
Duc de Montmorency sa
parenteau troisiéme degré.
La féconde alliance des
trois ausquelles on s'est retranché
,
est celle de Charlote
Marguerite de Montmorency
,soeur & heritiere
de HenryII. Duc de
Montmorency mort sans
posterité
,
laquelle épousa
en 1609. Henry de Bourbon
II. du nom Prince de
Condé. Cette Princesse
aprés la , mort de son frere
, herita du Duché de
Montmorency, & de plusieurs
autres biens qui sont
entrez parcette alliance
dans laMaison de Condé.
La troisiéme alliance est
celle que fit François Henry
de Montmorency Duc
de Piney -
Luxembourg,
forti de la branche de Bouteville,
quiépousaen 1661.
Magdelaine- Charlotte-
Bonne-Therese de Clermont
Duchesse de Piney-
Luxembourg,fille de Charles-
Henry de C lermont-
Tonnerre, & de Marie de
Luxembourg Duchesse de
Piney
,
qui se défit de sa
Duché en mariant sa fille, àcondition que son époux
porteroit le nom & les Armes
de Luxembourg
,
luy
transmettant le droit de sa
Duché femelle, afin de
conserver le nom de cette
illustre Maison, qui a donné
plusieurs Empereurs
des Romains, des Roys de
Boheme, des Reines de
France, & à d'autres Couronnes
de l'Europe.
Ayant cy-dessus distingué
les alliances de la Maison
de Montmorency en
trois manieres. Premierement
, dans son commencement.
Secondement, depuis la separation de ses
deux grandes branches, &
en troisiéme lieu, en celle
que la branche de Laval a
euë depuis sa separation
d'avec celle de Montmorency.
J'en rapporte quatre
qui sont d'une tresgrande
îllustration. La premiereest
celle que Guy X.
Comte de Laval contracta
en 1347. avec Beatrix
fille d'Artus Duc de Bretagne
, &dont l'arriere petite
filleIsabeau de Laval
épousa Loüis de Bourbon
Comte de Vendôme. C'est
cette seconde alliance qui
doit aujourd'huy faire plus
de plaisir à la Maison de
Montmorency; puisque
c'est de cette Isabeau de
Laval que descend toute la
Maison Royalle de Bourbon,
estant la sixémeayeulle
paternelle de nostre
grand Monarque Loüis
XIV. à present regnant;
qui voit en cette presente
année 1711. son Throfne
affermi dans sa Maison
pour plusieursannées par
la naissance de ses arriere
petits fils Monseigneur le
Duc de Bretagne, &Monseigneur
le Duc d'Anjou,
&par cette alliance toutes
les Testes couronnées de
l'Europe qui regnent aujourd'huy
,
sont alliéesà la
Maison de Montmorency,
La troisiéme alliance
qui fait encore honneur à
cette Maison, c'estdevoir
René d'Anjou Roy de Na",
ples & de Jerusalem
,
qui
épousa Jeanne de Laval en
fecondes noces, mais cette
Reine n'en ayant point eu
d'enfans ,il n'est resté à sa
famille que le plaisir de
s'en souvenir.
La quatriéme & demiere
alliance est celle de
Charlotte d'Arragon fille
de Federic d'Arragon Roy
deNaples, qui fut femme
de Guy XVI. Comte de
Laval; ils eurent plusieurs
enfans, entre autres deux
filles, dont l'aisnée Catherine
de Laval épousa Claude
Sire de Rieux,qui porta
dans la Maison deColigny
le Comté de Laval,
qui a présl'excinction de
cette branche,est tombé
dans celle de sa soeur cadette
Anne de Laval qui
épousa François de la
Tremoille Vicomte de
Thouars,dont est descendu
Monsieur le Duc de la
Tremoille qui possedeaujourd'huy
le Comté de Laval,&
quiàcause de cette
alliance,faitses protcftations
à tous les Traitez de
Paix
,
où il envoye une
personne pour le reprefen"-
ccr , prétendant au Royaume
de Naples comme
heritier d'Anne de Laval
sa quatriéme ayeulle.
-
Sans s'attacher à toutes
les alliances souveraines
de cette illustre Maison,
je diray qu'il y en a quantité
d'autres tres conGderablesquiluy
sont alliées,
& le grand nombre de
Maisons qui y ont pris des
femmes, tient à honneur
d'en estre descendu
,
& se
font un plaisir d'arborer les;
Armes de Montmorency
dansleursalliances.
L'on voit parmy les 1
Grands Officiers du Royaume
de France plus de
Seigneurs de laMaison de
Montmorency que d'aucuneautreMaisons
l'on y
compte deux grands Senéchaux,
six Connestables,&
un Connestable d'Hibcrnie,
neufMaréchaux,quatre
Grands Amiraux, trois
Grands Maistres de la
Maison du Roy, trois
Grands Chambellans,deux
Grands Bouteillers ou Eschansons,
& deux Grands
Pannetiers.
Plusieurs Connestables,
& autres Grands Officiers
de France, sont sortis de
cette Maison tres illustre,
ouenontépousédesfilles,
outre que cette Maison a
aussi produit plusieursDucs
&DuchelTes.
Quoy que la vertu & la
Religion ayent tousjours
esté le partage des Seigneurs
de Montmorency
neanmoins l'on , en voit
tres peu qui ayent estérevestus
de Dignitez Ecclesiastiques;
l'on en voitcependant
un Archevesque
Duc de Reims, des Evesques
d'Orleans, & peu
d'autres.
ilsontencore l'honneur
d'avoir un Saint reconnu
par l'Eglise,donton revere
la memoire aux Vaux
de Cernay enBeauce,c'est
saint Thibaud de Mont-
-
morency Seigneur deMarly,
fils de Mathieu premier,
&
dAline d'Angleterre, lequel
se croisa en 1173. pour
le voyage de la Terre sainte.
A son retour il se fit
Religieux de l'Ordre de
Cisteaux, en l'Abbaye du
Val, puis ilfut Abbé des
Vaux de Cernay à quatre
lieuës de Versailles, entre
Chevreuse &: Ramboüillet,
où il mourut saintementvers
l'an 1189.
Enfin tant de grandeur
dans une Maisonfaitassez
connoistre que la valeur a
esté hereditaire dans l'âme
des Seigneurs de Montmorency,
& leur a tait meriter
tous ces honneurs,
pour avoir tousjours refpandu
leur fang pour la
deffensede leurs Roys, &
de leur patrie, s'estant tousjours
trouvez à la teste des
Armées qu'ils commandoient
en chef, où ils ont
fait paroistre leur courage
avec éclat au milieu des
plus grands perils.
Je n'en veux point un
plus grand exemple que
celuy d'Anne de Montmorency
Duc, Pair, Marechal
,
Connestable
, k,
Fi
Grand Maistre de France,
lequel aprèsavoirblanchi
fous le harnois militaire,
pour la deffenseduRoy,
& de la patrie, remporta
dans le tombeau la gloire
d'estre mort au lit d' honneur
,
puisque commandant
l'Armée Royalle à la
Bataille de saint Denis, il
y receut huit coups mortels
,
dont il mourut deux
jours aprés en son Hostel
de Montmorency à Paris,
estant âgé de prés de quatre
vingt ans, comblant
par ce moyen les derniers
jours de sa vie d'une fin
tres glorieuse, a prés avoir
servy cinq Roys, & après
avoir passé par tous les degrez
d'honneur, & s'estre
trouve à huitBatailles, en
ayant commandé quatre
en chef; aussi le Roy Charles
1X. voulant honorer la
memoire de ce grand Chef
de Guerre
,
ordonna que
sa Pompe funebre fust faite
en l'Eglise de Nostreme
de Paris,avec toute la
magnificencepossible, où
toutes les Cours souveraines
assisterent par ordre du
Roy. De là son corps fut
porté en l'Eglise de saint
Martin de Montmorency,
& son coeur en celle des
Celestins de Paris, où il
futmis dans un Caveau,
proche de celuy du Roy
HenryII. Il estoit bien
juste qu'un coeur quiavoit
esté aimé de son Prince,
& qui avoit eu part à ses
plus im portantes affaires,
fust après son trépas inhumé
proche de celuy qui
luy avoit fait tant d'honneur
durant sa vie,
Mr Chevillard vient de
mettre au jour une Carte
qui a pour Titre: Succession
Chronologique des Empereurs,
&des Impératrices d'Occident,
depuis Charlemagnejusqu'à
present.
On n'entreprend point
de rapporter dans cette
Carte les Empererus Romains,
ni les Empereurs
d'Orient, on s'est borné
à rapporter la Chronologie
des Empereurs, & des
Imperatrices d'Occident,
qui sont ceux qui ont regnéen
Europe depuis l'an
800. On commence par
Charlemagne que l'erreur
commune fait le restaurateur
de l'Empired'Occident
, quoyqu'il soit vray
qu'il estoitEmpereur avant
qu'il cust eHé reconnu tel
par les Romains estantEmpereur
par sa feule qualité
de Roy des François, l'Empire
d'Occident ou du
moins celuy des Gaules
ayant este cedé à Clovis en
508. & confirmé à ses petitsfils
par l'Empereur Justinien.
Il eftvrayque depuis
l'an875. on n'a reconnu
pour Empereurs que
ceux qui ont esté reconnus
tels par les Papes, que mesme
les Rois de Germanie;
& d'autres qui ont esté couronnezEmpereurs,
n'ayant
priscetitre, du moins jusqu'ausiecle
dernier, qu'après
ce couronnement, se
contentant, jusqu'à cette
ceremonie
,
de celuy de
Roy desR omains ou d'Empereurélu.
On met neanmoins
dans cette Carte
ceux que l'erreur publique
reconnoist pour Empereurs
ou qui ont ~estéélus
im Empereurs,
Empereurs
, par des partis,
pour les opposer à ceux
qui avoient esté légitimément
élûs,ilssont distinguez
par des Couronnes
differentes.
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Résumé : Discours nouveau sur l'origine, la Genealogie, & la Maison de Montmorency.
Le texte traite de la Maison de Montmorency, une des plus anciennes et illustres familles du Royaume de France, reconnue comme les premiers Barons Chrétiens avec le cri de guerre 'Dieu aide au premier Chrétien'. La révolution des siècles passés et la négligence des historiens ont obscurci les vieux titres et l'origine exacte de cette maison. André Duchesne est l'historien ayant le plus contribué à sa connaissance, retraçant sa postérité depuis Bouchard I, vivant en 954. Deux opinions principales existent sur son origine : la première attribue son origine à Lisbius, un noble gaulois converti par saint Denis, tandis que la seconde la rattache à Lisoie, un grand baron francique converti par saint Remy. La Maison de Montmorency a toujours revendiqué les qualités de premier Chrétien et de premier Baron Chrétien, marquant ainsi son ancienne et illustre origine. La succession depuis Lisbius ou Lisoie n'a pas pu être conservée jusqu'à nos jours. Duchesne commence l'histoire de cette Maison à Bouchard I, et Chevillard ajoute des ancêtres supplémentaires pour montrer les alliances illustres contractées par la famille. Les armes de la Maison de Montmorency ont évolué, passant d'une croix de gueules sur fond d'or à une croix cantonnée de seize aiglettes d'azur. La Maison s'est séparée en plusieurs branches, certaines éteintes, mais le nom de Montmorency a été conservé jusqu'à aujourd'hui. Les alliances de la Maison de Montmorency sont extrêmement prestigieuses, incluant des mariages avec des membres des familles royales de France, d'Angleterre, et d'autres maisons nobles. Les alliances plus récentes incluent des mariages avec des membres de la Maison de Condé et de la Maison de Luxembourg. La Maison de Montmorency compte de nombreux Grands Officiers du Royaume de France, tels que des Sénéchaux, Connétables, Maréchaux, Amiraux, Maîtres de la Maison du Roi, Chambellans, Bouteillers, et Pannetiers. Plusieurs membres ont également été Ducs et Duchesses. La famille a produit des dignitaires ecclésiastiques, dont un Archevêque Duc de Reims et des Évêques. Saint Thibaud de Montmorency, Seigneur de Marly, est un membre notable, ayant participé à la croisade et fondé l'abbaye des Vaux de Cernay. La valeur et le courage des Seigneurs de Montmorency sont soulignés, notamment à travers l'exemple d'Anne de Montmorency, Duc, Pair, Maréchal, Connétable et Grand Maître de France, qui mourut glorieusement après avoir commandé l'armée royale à la bataille de Saint-Denis. La mémoire de ce grand chef de guerre fut honorée par une pompe funèbre magnifiquement organisée par le roi Charles IX.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 33-56
DIVERTISSEMENT donné depuis peu à une noce d'un Officier general. Les paroles sont de M. P... & mises en musique par M. de la E.....
Début :
SCENE 1. BELONNE, suivie des Guerrier, & L'HYMEN accompagné [...]
Mots clefs :
Spectacles et divertissements, Noces, Musique, Belonne, Hymen, Amour, Fureur, Plaisir, Douceur, Destin, Didascalie, Soleil, Heures, Ballet, Étourdis, Choeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT donné depuis peu à une noce d'un Officier general. Les paroles sont de M. P... & mises en musique par M. de la E.....
DIVERTISSEMENT
donné depuis peu à une node
d'un Officier general.
Les paroles font de M. P...
mifes en mufique par M.
de la E.......
SCENE L
BELONNE , fuivie des:
Guerriers & L'HYMEN
acccompagné des Amours:
O
BELONNE..
Ui rend l'Hymenfi
teméraire ?
H vient mêler aux cris de
341 MERCURE
guerre & de fureur
De fes chants amoureux:
l'importune langueur.
Ne craint-il point de me
déplaire ?
L'HYMEN.
Sima douceur déplaît à Belonne en colere ,
Ses fureurs ne plaifent gueress
Aux paifibles Amours, I
Quiviennent pour toujours
Diffipertes horreurs par des
chants d'allegreffe.
BELONNE.
Nefçais- tu pas que la fierté
D'une impitoyable Déeſſe
GALANT. 35%
S'irrite par la tendreffe ?
Je fens déja mon cœur de
colere agité :
Mais je fais grace à ta temerité
En faveur de ta foibleffe.
L'HYMEN.
L'Hymen & les Amours
Sont plus forts qu'on ne
penſe ;
Uneheureufe alliance.
Vient d'unir pour toûjours
L'Hymen & les Amours.
Er la Difcorde a bien peu
de puiffance
Lorfque l'on voit d'intelli
gence
MERCURE
L'Hymen & les Amours:
L'HYMEN aux Amours.
Invoquonsle Deftin, lui feul
par fa prefence
Peut de Belonne arrêter la
puiffance.
BELONNE.
Guerriers,par vos fieres cla
meurs:
Venez au Deftin même inſpirer mes fureurs.
CHOEURS des Guerriers »
accompagnez de trompettes.
Deftin , foyez inexorable ,
Que la guerre dure à jamais.
GALANT. 37
CHOEURS des Amours
accompagnez de Autes
douces..
Deltin , ſoyez- nous favorable ,
LHymenvous demande la
paix.
SCENE 11.
LE DESTIN.
JE fais le malheur extrême
De'a plûpart des h'ima'ns :
Mais leurbonheur fupr ne
Eft auffi dans mes mains.
38 MERCURE
Pour les punir je defole la
terre
Par Belonne & par ſon tonnerre ;
Et quand je veux leur donner d'heureux jours ,
J'éteins le flambeau de la
guerre
Par le flambeau des Amours.
Al'arrêt du Deftin que Belonne obeiffe ,
Et qu'Hymen à jamais de
ces lieux la banniſſe.
BELONNE.
Si tout languit dans un pròfond repos,
1
GALANT. 3.9
Que deviendra la valeur
des Heros?
LE DESTIN avec un accompagnement.
La valeur des Heros triomphera du vice ,
La force des Guerriers fervira deformais
Afaire trembler l'injuſtice ,
La force des Guerriers fervira deformais
A maintenir la juftice &
la paix.
LE DESTIN feul.
Fuis donc , va porter la
guerre
Et les horreurs du trépas
40 MERCURE
En quelque coin de la terre
Que le Soleil n'éclaire pas.
Belonne les Guerriers
prennent lafuite, & le Deftin ordonne aux peuples d'invoquer le Soleil, & de de
mander l'abondance lebon.
heur que la guerre avoit in
terrompus.
SCENE IH
LE DESTIN,
APrés avoir chaffé Belonne ,
Peuples , le Deftin vous orསྙབག བརྡ ལྟ D'a-
GALANT. 41
D'avoir recours au Dieuqui
doircombler nos vœux;
C'eſt le Soleil , dont la prèfence
Peut feule conferver dans
ces climats heureux
L'ordre, le calme & l'abon2 dance i
CeDieuquiparfa prudense
Sçait moderer la courfe en
parcourant les airs ;
• CeDieu quipar luiſeulfçait
regler fa puiffance,
Merite feul auffi de regler
2715 Funivers. e
* Le Deftin rentre dans-la
Grotte profonde d'où il étoit Octobre 17125 D
42 MERCURE
forti, & on voit paroître les
Soleil accompagné des Heures.
SCENE IV.
LE SOLEIL & LES
HEURES.
TAnt que le demon de
la guerre
Par fes fureurs a defolé la
terre ,
Le Deſtin a permis que le
demon des airs ,
Le cruel Aquilonfit regner
les hyvers
GALANT.
Dans l'excés de fa rage
Ila voulu confondre les faifons ,
Renverfer les moiffons.
Enfin j'ai diffipé l'orage ,
Jeramene en ces lieux,pour
combler vos defirs
Et l'abondance & les plaifirs.
Une NYMPHE.
Sans l'abondance
Tous les plaiſirs font languiffans,
2.1
On languiroit dans l'abondance
Sans les plaifirs & les jeux
innocens.
Dij
44 MERCURE.
Une autre NYMPHE
Le Soleil qui donne
Une riche autonne
Donne auffi de doux printemps ;.
La même ardeur qui rend
nos moiffons abondantes ,
Parent nos champs.
De mille fleurs naiffantes
Qui charment les fens.
LE SOLEIL parlant
aux Heures.
Vous qui fuivez les loix que
j'ai ſçû vous preſcrire ,
Vous , Heures , dont les pas.
égaux
GALANT.
Marquent mesglorieux tra
vaux ,
Faites qu'on admire
Jufques dans vos jeux
Cet ordre merveilleux
Que ma juſteſſe inſpire.
DIVERTISSEMENT
des Heures..
Les douze Heures forment
une entrée de Baller , fur plufieurs airs dont la méfure &
les chauts imitent au naturel
toutes les differentes manieres
dont les Horloges & les Pendules fonuent les Heures.
464 MERGURE
Toute la Scene ſuivante~
marque la jufteffe des heures ,
&l'égalité du cours du So--
leil.
SCENE V..
Une des HEURES
QUel bruit nouveau ſe
fait entendre ?
Ce font Une autre HEURE..
les Plaifirs turbu
lens
,
Qui malgré nous viennent
ici fe rendre
Leurs chants impetueux
GALANT 47
leurs tranfports violens
Vont troubler nos jeux innocens.
Entrée de Plaifirs turbulens.
L'ETOURDI
Nous cherchions en ces
lieux une Fête éclatante.
Mais rien n'y flate nôtre attente.
Quelle tranquilité le cal
bat me regne icis , wing
Eft- ce done ainfi 260231
Qu'un divertiffement s'aps prête ?
Le defardre, le bruit , le
trouble & le fracas
Nefont-ils pasbenq-294
48 MERCURE
Les charmes d'une Fête?
L'ordre pour nous n'apomt
d'appas.
Quittez , Heures , quittez
l'importune jufteffe ,
Et n'exprimez que la vîteffe :
Du temps , dont vous marquez les pas.
Une des Heures tranquilles.
chante ce qui fuit , accompa
gnée d'une fymphonie douce.
Les pas des Heures char
TODA antes nuo
I
mantes
Ne font jamais affez lents.
Unpetit Chœur d'Heures.
reprend.
Les pas des Heures charmantes Ne
GALANT. 49
Nefont jamais affez lents.
L'ETOURDI.
Les Heures font toûjours
trop lentes
Pour les plaiſirs impatiens.
Courons , agitons- nous , le
repos nous ennuye.
LES ETOURDIS.
Courons , agitons-nous , le
repos nous ennuye ,
Brufquons le temps, paffons
la vie.
Une des HEURES tranquilles.
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Octobre 1712.
E
SP%.
MERCURE
Et nous cherchons à la goûtter
La courfe du temps vous
ennuye
Vous voulez la precipiter,
Que ne pouvons nous l'ar
rêter ?
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Et nous cherchons à la goû
ter..
L'ETOURDI.
Le temps qui fuit , & que
je fuis,
Tout rapide qu'il eft, m'ennuye & minquieter,
Toûjours je le regrette ,
GALANT.
ST
Jamais je n'en joüis.
Une des HEURES tranquilles.
Sans regret. du paffé , la
tranquille innocence
Joüit d'unjour quicontente
fes vœux,
Elle attend fans impatience
Des jours encore plus heu
reux.
L'ETOURDI.
Suivons le temps &ſa vìteffe extrême ,
Il faut courir auffi vîte que
lui ,
s'é¿ ·
S'agiter , s'étourdir , &s'é
viter foy- même
Eij
MERCURE
Pour éviter l'ennui.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
30་ ིན་ vie.
Une des HEURES tran...
quilles.
Tout eft plaifir dans la vie.
? L'ETOURDI.
1:20
Tout eſt chagrin dans la
vie :
Mais ce qui t tient lieu de
plaifirs ,
C'eft de voler de defirs en
defirs.
Hors l'inconftance tout en
nuye.
GALANT. 53
DUO.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
.niv
vie.
L'HEURE tranquille.
Tout eft plaifir dans la vie.
L'HEURE tranquille ſeule.
Quand on fçait avec peu
contenter fon envie ,
Lorique des tranquiles plaifirs
L'innocence nous defennuye,
Tout eft plaifir dans la vie.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin.
E iij
$4
MERCURE
L'HEURE
Tout eft plaifir.
TOUS DEUX enfemble.
Tout eft chagrin dans la
vie.
Tout eft plaifir dans la vie,
DIVERTISSEMENT
des Plaiſirs innocens
& des Heures.
Unpetit Chœur formé par
les Heures reprend les paroles.
dis Duo.
Tout eft plaifir.....
GALANT. 55
UnPlaifir innocent chante
ce qui fuit.
Tout eft plaifir dans la vie ,
Qui fçait dans un heureux
féjour
Profiter d'un beau jour ,
Jamais ne s'ennuye.
Le chant des oifeaux ,
Le murmure des eaux
Une fleur fraîchement . .
cueillie ,
Touteft plaifir dans la vie.
On finit par un Chaur
d'Ecos , qui repetent en differentes manieres les paroles
fuivantes.
Tout eft plaifir dans la vie ;
E
iiij
56 MERCURE
Quand on s'eft fait un fort
au-deffus de l'envie ;
Quand on fçait mêler à
propos
Aux travaux glorieux les
charmes du repos ,
Tout eft plaifir dans la vie.
CHOEUR.
Faifons redire auxEchos :
Tout eft plaifir dans la vie
donné depuis peu à une node
d'un Officier general.
Les paroles font de M. P...
mifes en mufique par M.
de la E.......
SCENE L
BELONNE , fuivie des:
Guerriers & L'HYMEN
acccompagné des Amours:
O
BELONNE..
Ui rend l'Hymenfi
teméraire ?
H vient mêler aux cris de
341 MERCURE
guerre & de fureur
De fes chants amoureux:
l'importune langueur.
Ne craint-il point de me
déplaire ?
L'HYMEN.
Sima douceur déplaît à Belonne en colere ,
Ses fureurs ne plaifent gueress
Aux paifibles Amours, I
Quiviennent pour toujours
Diffipertes horreurs par des
chants d'allegreffe.
BELONNE.
Nefçais- tu pas que la fierté
D'une impitoyable Déeſſe
GALANT. 35%
S'irrite par la tendreffe ?
Je fens déja mon cœur de
colere agité :
Mais je fais grace à ta temerité
En faveur de ta foibleffe.
L'HYMEN.
L'Hymen & les Amours
Sont plus forts qu'on ne
penſe ;
Uneheureufe alliance.
Vient d'unir pour toûjours
L'Hymen & les Amours.
Er la Difcorde a bien peu
de puiffance
Lorfque l'on voit d'intelli
gence
MERCURE
L'Hymen & les Amours:
L'HYMEN aux Amours.
Invoquonsle Deftin, lui feul
par fa prefence
Peut de Belonne arrêter la
puiffance.
BELONNE.
Guerriers,par vos fieres cla
meurs:
Venez au Deftin même inſpirer mes fureurs.
CHOEURS des Guerriers »
accompagnez de trompettes.
Deftin , foyez inexorable ,
Que la guerre dure à jamais.
GALANT. 37
CHOEURS des Amours
accompagnez de Autes
douces..
Deltin , ſoyez- nous favorable ,
LHymenvous demande la
paix.
SCENE 11.
LE DESTIN.
JE fais le malheur extrême
De'a plûpart des h'ima'ns :
Mais leurbonheur fupr ne
Eft auffi dans mes mains.
38 MERCURE
Pour les punir je defole la
terre
Par Belonne & par ſon tonnerre ;
Et quand je veux leur donner d'heureux jours ,
J'éteins le flambeau de la
guerre
Par le flambeau des Amours.
Al'arrêt du Deftin que Belonne obeiffe ,
Et qu'Hymen à jamais de
ces lieux la banniſſe.
BELONNE.
Si tout languit dans un pròfond repos,
1
GALANT. 3.9
Que deviendra la valeur
des Heros?
LE DESTIN avec un accompagnement.
La valeur des Heros triomphera du vice ,
La force des Guerriers fervira deformais
Afaire trembler l'injuſtice ,
La force des Guerriers fervira deformais
A maintenir la juftice &
la paix.
LE DESTIN feul.
Fuis donc , va porter la
guerre
Et les horreurs du trépas
40 MERCURE
En quelque coin de la terre
Que le Soleil n'éclaire pas.
Belonne les Guerriers
prennent lafuite, & le Deftin ordonne aux peuples d'invoquer le Soleil, & de de
mander l'abondance lebon.
heur que la guerre avoit in
terrompus.
SCENE IH
LE DESTIN,
APrés avoir chaffé Belonne ,
Peuples , le Deftin vous orསྙབག བརྡ ལྟ D'a-
GALANT. 41
D'avoir recours au Dieuqui
doircombler nos vœux;
C'eſt le Soleil , dont la prèfence
Peut feule conferver dans
ces climats heureux
L'ordre, le calme & l'abon2 dance i
CeDieuquiparfa prudense
Sçait moderer la courfe en
parcourant les airs ;
• CeDieu quipar luiſeulfçait
regler fa puiffance,
Merite feul auffi de regler
2715 Funivers. e
* Le Deftin rentre dans-la
Grotte profonde d'où il étoit Octobre 17125 D
42 MERCURE
forti, & on voit paroître les
Soleil accompagné des Heures.
SCENE IV.
LE SOLEIL & LES
HEURES.
TAnt que le demon de
la guerre
Par fes fureurs a defolé la
terre ,
Le Deſtin a permis que le
demon des airs ,
Le cruel Aquilonfit regner
les hyvers
GALANT.
Dans l'excés de fa rage
Ila voulu confondre les faifons ,
Renverfer les moiffons.
Enfin j'ai diffipé l'orage ,
Jeramene en ces lieux,pour
combler vos defirs
Et l'abondance & les plaifirs.
Une NYMPHE.
Sans l'abondance
Tous les plaiſirs font languiffans,
2.1
On languiroit dans l'abondance
Sans les plaifirs & les jeux
innocens.
Dij
44 MERCURE.
Une autre NYMPHE
Le Soleil qui donne
Une riche autonne
Donne auffi de doux printemps ;.
La même ardeur qui rend
nos moiffons abondantes ,
Parent nos champs.
De mille fleurs naiffantes
Qui charment les fens.
LE SOLEIL parlant
aux Heures.
Vous qui fuivez les loix que
j'ai ſçû vous preſcrire ,
Vous , Heures , dont les pas.
égaux
GALANT.
Marquent mesglorieux tra
vaux ,
Faites qu'on admire
Jufques dans vos jeux
Cet ordre merveilleux
Que ma juſteſſe inſpire.
DIVERTISSEMENT
des Heures..
Les douze Heures forment
une entrée de Baller , fur plufieurs airs dont la méfure &
les chauts imitent au naturel
toutes les differentes manieres
dont les Horloges & les Pendules fonuent les Heures.
464 MERGURE
Toute la Scene ſuivante~
marque la jufteffe des heures ,
&l'égalité du cours du So--
leil.
SCENE V..
Une des HEURES
QUel bruit nouveau ſe
fait entendre ?
Ce font Une autre HEURE..
les Plaifirs turbu
lens
,
Qui malgré nous viennent
ici fe rendre
Leurs chants impetueux
GALANT 47
leurs tranfports violens
Vont troubler nos jeux innocens.
Entrée de Plaifirs turbulens.
L'ETOURDI
Nous cherchions en ces
lieux une Fête éclatante.
Mais rien n'y flate nôtre attente.
Quelle tranquilité le cal
bat me regne icis , wing
Eft- ce done ainfi 260231
Qu'un divertiffement s'aps prête ?
Le defardre, le bruit , le
trouble & le fracas
Nefont-ils pasbenq-294
48 MERCURE
Les charmes d'une Fête?
L'ordre pour nous n'apomt
d'appas.
Quittez , Heures , quittez
l'importune jufteffe ,
Et n'exprimez que la vîteffe :
Du temps , dont vous marquez les pas.
Une des Heures tranquilles.
chante ce qui fuit , accompa
gnée d'une fymphonie douce.
Les pas des Heures char
TODA antes nuo
I
mantes
Ne font jamais affez lents.
Unpetit Chœur d'Heures.
reprend.
Les pas des Heures charmantes Ne
GALANT. 49
Nefont jamais affez lents.
L'ETOURDI.
Les Heures font toûjours
trop lentes
Pour les plaiſirs impatiens.
Courons , agitons- nous , le
repos nous ennuye.
LES ETOURDIS.
Courons , agitons-nous , le
repos nous ennuye ,
Brufquons le temps, paffons
la vie.
Une des HEURES tranquilles.
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Octobre 1712.
E
SP%.
MERCURE
Et nous cherchons à la goûtter
La courfe du temps vous
ennuye
Vous voulez la precipiter,
Que ne pouvons nous l'ar
rêter ?
Vous cherchez à paffer la
vie ,
Et nous cherchons à la goû
ter..
L'ETOURDI.
Le temps qui fuit , & que
je fuis,
Tout rapide qu'il eft, m'ennuye & minquieter,
Toûjours je le regrette ,
GALANT.
ST
Jamais je n'en joüis.
Une des HEURES tranquilles.
Sans regret. du paffé , la
tranquille innocence
Joüit d'unjour quicontente
fes vœux,
Elle attend fans impatience
Des jours encore plus heu
reux.
L'ETOURDI.
Suivons le temps &ſa vìteffe extrême ,
Il faut courir auffi vîte que
lui ,
s'é¿ ·
S'agiter , s'étourdir , &s'é
viter foy- même
Eij
MERCURE
Pour éviter l'ennui.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
30་ ིན་ vie.
Une des HEURES tran...
quilles.
Tout eft plaifir dans la vie.
? L'ETOURDI.
1:20
Tout eſt chagrin dans la
vie :
Mais ce qui t tient lieu de
plaifirs ,
C'eft de voler de defirs en
defirs.
Hors l'inconftance tout en
nuye.
GALANT. 53
DUO.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin dans la
.niv
vie.
L'HEURE tranquille.
Tout eft plaifir dans la vie.
L'HEURE tranquille ſeule.
Quand on fçait avec peu
contenter fon envie ,
Lorique des tranquiles plaifirs
L'innocence nous defennuye,
Tout eft plaifir dans la vie.
L'ETOURDI.
Tout eft chagrin.
E iij
$4
MERCURE
L'HEURE
Tout eft plaifir.
TOUS DEUX enfemble.
Tout eft chagrin dans la
vie.
Tout eft plaifir dans la vie,
DIVERTISSEMENT
des Plaiſirs innocens
& des Heures.
Unpetit Chœur formé par
les Heures reprend les paroles.
dis Duo.
Tout eft plaifir.....
GALANT. 55
UnPlaifir innocent chante
ce qui fuit.
Tout eft plaifir dans la vie ,
Qui fçait dans un heureux
féjour
Profiter d'un beau jour ,
Jamais ne s'ennuye.
Le chant des oifeaux ,
Le murmure des eaux
Une fleur fraîchement . .
cueillie ,
Touteft plaifir dans la vie.
On finit par un Chaur
d'Ecos , qui repetent en differentes manieres les paroles
fuivantes.
Tout eft plaifir dans la vie ;
E
iiij
56 MERCURE
Quand on s'eft fait un fort
au-deffus de l'envie ;
Quand on fçait mêler à
propos
Aux travaux glorieux les
charmes du repos ,
Tout eft plaifir dans la vie.
CHOEUR.
Faifons redire auxEchos :
Tout eft plaifir dans la vie
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Résumé : DIVERTISSEMENT donné depuis peu à une noce d'un Officier general. Les paroles sont de M. P... & mises en musique par M. de la E.....
Un divertissement récent a été organisé en l'honneur d'un officier général. La scène s'ouvre sur Belonne, déesse de la guerre, accompagnée de guerriers, et l'Hymen, dieu du mariage, entouré des Amours. Belonne s'interroge sur l'audace de l'Hymen à mêler les chants amoureux aux cris de guerre. L'Hymen répond que les Amours et lui sont plus puissants que les fureurs de Belonne. Le Destin intervient alors, expliquant qu'il peut à la fois causer le malheur et le bonheur des hommes. Il ordonne à Belonne de porter la guerre ailleurs et aux peuples d'invoquer le Soleil pour l'abondance et le bonheur. Le Soleil apparaît ensuite, accompagné des Heures, et explique qu'il a dissipé les fureurs de la guerre pour apporter l'abondance et les plaisirs. Une nymphe souligne que l'abondance sans plaisirs est languissante. Le Soleil et les Heures célèbrent l'ordre et la justice, illustrés par une danse des Heures. Des plaisirs turbulents perturbent ensuite la scène, cherchant une fête plus animée. Les Heures tranquilles chantent la beauté de leur rythme régulier, tandis que les étourdis expriment leur ennui face au repos et leur désir de précipiter le temps. Les Heures et les étourdis débattent sur la nature de la vie, les uns trouvant tout chagrin, les autres tout plaisir. Le divertissement se conclut par un chœur affirmant que la vie est pleine de plaisirs pour ceux qui savent en profiter.
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p. 166-168
LE GAZETIER à la jeune Mariée.
Début :
J'aurois jadis mieux badiné peut-estre, [...]
Mots clefs :
Mariée , Jeunesse, Noces, Attachement
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texteReconnaissance textuelle : LE GAZETIER à la jeune Mariée.
LE GAZETIER
à la jeune Mariée. * J'aurois jadis mieux
badinépeut-estre
Quand on tif jeune,il
sied bien d'estre fou,
Mais, par malheur, Iris
monfort est d'estre
VieuxCazetier comme l'abbéBernou;
Hebe la jeune immortelle
Etvostreinférieure erijeu..
ness-e,en appas
Ases Noces fç*4P bien rajeunir
Iolas , Daignez,fairesur moi ce
miracle comme elle3
Je voudroisprolonger mon
cours
Pour redoubler tous les
jours
Le tendre attachement que
j'aipour vostre race,
Pourquoy, ne puis-je rajeunir.
Pour ne voirpas fi-tost la
fin qui le menace
Puisqu'il rieft que ma
mort, quipuisse lefinir.
à la jeune Mariée. * J'aurois jadis mieux
badinépeut-estre
Quand on tif jeune,il
sied bien d'estre fou,
Mais, par malheur, Iris
monfort est d'estre
VieuxCazetier comme l'abbéBernou;
Hebe la jeune immortelle
Etvostreinférieure erijeu..
ness-e,en appas
Ases Noces fç*4P bien rajeunir
Iolas , Daignez,fairesur moi ce
miracle comme elle3
Je voudroisprolonger mon
cours
Pour redoubler tous les
jours
Le tendre attachement que
j'aipour vostre race,
Pourquoy, ne puis-je rajeunir.
Pour ne voirpas fi-tost la
fin qui le menace
Puisqu'il rieft que ma
mort, quipuisse lefinir.
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Résumé : LE GAZETIER à la jeune Mariée.
Le texte 'Le Gazetier' est une adresse à une jeune mariée. L'auteur regrette de ne plus pouvoir badiner comme autrefois, soulignant que la jeunesse sied bien à la folie. Il se compare à un vieillard et à Iris, une divinité jeune et immortelle, en contraste avec la mariée. Il souhaite rajeunir pour prolonger son attachement envers la famille de la mariée et éviter la mort.
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