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1
p. 10-15
EGLOGUE.
Début :
Je n'attendray point que vous m'ayez fait connoistre / Assise au bord de la Seine [...]
Mots clefs :
Génie, Bergère, Amant, Bocage, Nymphes
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texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
Je n'attendray point que
vous m'ayez fait connoistre
le plaisir que vous aura infailliblementcausé
la lecture
de l'Idille de Madame
des Houlieres, employé
dans la premiere Partie de
cette Lettre, pour vous envoyer
un autre Ouvrage
de cette illustre Personne.
En voicy un Pastoral, dont
les Vers aisez, doux & naturels
, vous feront admirer
de plus en plus la beauté
de son Génie.
EGLOGUE.
ASjifi AH berd de la Seine
SurlefAnchtnt d'un CofteAN,
La Bergere Celtmcne
Laisepaijtreson Troupeau.
Il defeend dans /4 Prairie
SeAns quelle daignefinger le Loup peurramanger
SaBrebis la plmchérie.
Lesouvenir d'fin Berger
Jguc la Fortune cruelle
Force à vivre cloiçnê d'¿lic
Dtids un Climat EtfllrJlJr,
Cause la langueur mortelle
-..!!i Iny fait tout né^ligcY.
Tantojl cédantalaferce
Defis amoureux transports,
Elle grave sur l'etorce
Des Arbriffeaux de ces bords,
Puisse durer, puisse croistre
L'ardeur de mon jeune Amant,
Comme feront sur ce Hestre
Ces marques de mon tourment!
Tantost misant sur lefahlt
Le ??cmd'Acar:te & le fien,
Elle trouve infoportable
'u,'$ Zephirimpitoyable
En !/l/!,"t n'en laisse rien.
Quelle cruelle avanrurc,
1/ r A Dit- elle avec un forpir,
Si ce qu'a faitle Zéphir
M'est un veritable augure,
Que de si tendres amours,
Ne dureront pas toújours!
Je briferois ma Musete
S'il estoit un Iin posteur,
Et du fer de ma Houlete
Je me percerois le coeur.
A ces mots, elle repajjè
Dans sen esprit alarmé,
L'eir,A-str,ziis,l'estrit, I.-i
Î)
t,,ace
L'airyles
traits, l'ejlrit, lagrâce
De ce Berger trop atmr.
Les Op/caux de ce Bocare
SSceti,.'i-,iffnntptpootturrécccoouûteterrÓ
Ce qu'UsC'entendentchanter
Du beau Berger qui Rengage.
Ils voudraient le répeter,
Max leurplu& tendreramage
JNe~la fiauroit imiter. cette trijie Amante
Ne voit sur lherbe Îlaj/aldc
ïvlcjth'cr d'heureux Amans,
Qu'eue nesi reprefcote
Combien Cabsence d'Acante
Luycousse de doux immens.
Jamais des Bergersne viennent
De ces bords délicieux
Ou Jes dcfiwsleretiennent7
J$ueson amour curieux
Ne s'informeJices Lieux
OntdesNymphes assez, belles
Pourfaire des Infdclier.
Enfin millefois lejour
Bile veut, elle appréhendé
Tout ce que craiht &demande
Le'(pl)u"s violent amour. doitplaindre uneBergere
Si pÚlc a sdidrm.ir!
Tourqucy du plaisir etaimer
Faut-ilsefaire une affaire?
Jjjhtels Bergers en font autant
Daï;J £heureuxfiecle où nomjomwcs?
Mante quelle aime tant
Elflns -doute un Jnconfinnt
Comme tow les autres Hlmmts.
vous m'ayez fait connoistre
le plaisir que vous aura infailliblementcausé
la lecture
de l'Idille de Madame
des Houlieres, employé
dans la premiere Partie de
cette Lettre, pour vous envoyer
un autre Ouvrage
de cette illustre Personne.
En voicy un Pastoral, dont
les Vers aisez, doux & naturels
, vous feront admirer
de plus en plus la beauté
de son Génie.
EGLOGUE.
ASjifi AH berd de la Seine
SurlefAnchtnt d'un CofteAN,
La Bergere Celtmcne
Laisepaijtreson Troupeau.
Il defeend dans /4 Prairie
SeAns quelle daignefinger le Loup peurramanger
SaBrebis la plmchérie.
Lesouvenir d'fin Berger
Jguc la Fortune cruelle
Force à vivre cloiçnê d'¿lic
Dtids un Climat EtfllrJlJr,
Cause la langueur mortelle
-..!!i Iny fait tout né^ligcY.
Tantojl cédantalaferce
Defis amoureux transports,
Elle grave sur l'etorce
Des Arbriffeaux de ces bords,
Puisse durer, puisse croistre
L'ardeur de mon jeune Amant,
Comme feront sur ce Hestre
Ces marques de mon tourment!
Tantost misant sur lefahlt
Le ??cmd'Acar:te & le fien,
Elle trouve infoportable
'u,'$ Zephirimpitoyable
En !/l/!,"t n'en laisse rien.
Quelle cruelle avanrurc,
1/ r A Dit- elle avec un forpir,
Si ce qu'a faitle Zéphir
M'est un veritable augure,
Que de si tendres amours,
Ne dureront pas toújours!
Je briferois ma Musete
S'il estoit un Iin posteur,
Et du fer de ma Houlete
Je me percerois le coeur.
A ces mots, elle repajjè
Dans sen esprit alarmé,
L'eir,A-str,ziis,l'estrit, I.-i
Î)
t,,ace
L'airyles
traits, l'ejlrit, lagrâce
De ce Berger trop atmr.
Les Op/caux de ce Bocare
SSceti,.'i-,iffnntptpootturrécccoouûteterrÓ
Ce qu'UsC'entendentchanter
Du beau Berger qui Rengage.
Ils voudraient le répeter,
Max leurplu& tendreramage
JNe~la fiauroit imiter. cette trijie Amante
Ne voit sur lherbe Îlaj/aldc
ïvlcjth'cr d'heureux Amans,
Qu'eue nesi reprefcote
Combien Cabsence d'Acante
Luycousse de doux immens.
Jamais des Bergersne viennent
De ces bords délicieux
Ou Jes dcfiwsleretiennent7
J$ueson amour curieux
Ne s'informeJices Lieux
OntdesNymphes assez, belles
Pourfaire des Infdclier.
Enfin millefois lejour
Bile veut, elle appréhendé
Tout ce que craiht &demande
Le'(pl)u"s violent amour. doitplaindre uneBergere
Si pÚlc a sdidrm.ir!
Tourqucy du plaisir etaimer
Faut-ilsefaire une affaire?
Jjjhtels Bergers en font autant
Daï;J £heureuxfiecle où nomjomwcs?
Mante quelle aime tant
Elflns -doute un Jnconfinnt
Comme tow les autres Hlmmts.
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Résumé : EGLOGUE.
La lettre mentionne l'envoi d'un ouvrage pastoral et partage une idylle de Madame des Houlières. L'histoire met en scène Célimène, une bergère surveillant son troupeau. Elle se remémore un berger éloigné, ce qui cause sa langueur et son désespoir. Célimène exprime ses sentiments amoureux et ses craintes à travers des vers doux et naturels. Elle grave ses tourments sur les arbres et se plaint du zéphyr, qu'elle voit comme un mauvais présage. Elle envisage même le suicide si son amant est infidèle. Ses chants résonnent dans la vallée, touchant les autres bergers. Célimène se lamente sur l'absence de son amant et s'interroge sur les tourments de l'amour. Elle se demande si les bergers de son époque connaissent encore les plaisirs de l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 114-121
Eglogue de Madame des Houlieres, [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers qui sont admirez de toute la Cour. / La Terre fatiguée, impuissante, inutile, [...]
Mots clefs :
Hélas, Appas, Bocage, Dire, Lieux, Hiver, Tircis, Bergère, Troupeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eglogue de Madame des Houlieres, [titre d'après la table]
Voicy des Vers qui sont
admirez de toute la Cour;
Ils sont de Madame des Houlieres,c'est tout dire., i
LA Terrefitiguéimpitiffk'atey
inutile,
Fréparait à rHJverun triomphe
facile.
LeSoleilsans éçlaiprécipitantfin.
cours,
JRendait déjàles nuits plus longues
que letjeurs,
JVvandU Bergere Iris de mille appas,
ornée,
it malgrétant d'appas Amante infortunée,
RegardantlesBuissons a demy dé- pouillcz.
Vous, que mes pleurs, dit die, ont
ta&t defols 1tlo'¡illez
De l'Automne en counoux rcfftntez les.
outrages,
Tombez, Feuilles, tombez, vous dont:
les noirs ombrages
Des plaijirs de Tiretsfaifsient les
fûretez,
Etpayez les chagrins que vousmavez coûtez.
Lieux toujours opposezau bonhclIYde ma vie,
C'est icy qua l'Amour je me vis
asservie.
Icyfay vu l'iiigratqui- me tientfous
sesloixi
Jcyjayfoûpirépourlapremiere fois*-
Mats tandis quepourluyjecraignais* mesfoibîtjfes,
il appelloitfin chien,Caccablçit de
carejjesi
Du desordreoujeHoisloin desipré--
iMloir^
Le Cruelne vitrienrou ne voulut rieh
VOIr.
Ilhua mes Moutons, mon Habit, flJ/J
Houlete,
iltrioffrit de chanter lin Airsursa
Mufte;
il votilutm'enseigner quelleherbe va
paissant
Tour reprendresaforce un Troupeau
languissant;
Ce que fait le Soltildes hrouillers
qu'ilAttire,
N'avIJit.itrien,hélus! deplut doux
a me dire?
Depuis cejourfatal queriay-jepoint
fouffcft?
l/llbflnce, laraison,l'orgueil, rienne
mefert. fay de nos vieux PaHeursconfiâtele
plu*(âge;
j'aymistouffu conseilsvainement
enuflgej
De Victimes, d1Encensfayfatigue
lesDieux; dautres Bergerssouvent
tournélesyeux;
Mais ny lejeuneAtis, ny le tendre
Philene,
Les délicesy l* honneur des Rives de la
Seine,
Dontlefrsntfutcentfoisde Viirthes
couronné,
Sfavans en. Part de vaincre un courageobstiné
Et quej'aidoàmoy-mesme a me rendre inconstante
2i'ontpurompre un moment le charme
qui m'enchante.
Encorserois-je heureuse en ce honteux
lien,
Si ne pouvant maimer, mon Berger
naimmtriem
Mais ilaimeâmesyeux une Beauté
commune
AfoJJederfon cœuril bornefafortunt;
C'estpour ellequ'ilperd le foin defis
Troupeaux;
Tourellefeulementréformentfes Pi-
¡ell/lx;
Etloin dese laffir desfaveurs. quHa
d'elle,
Sa tendresse en reprenduneforce neuvelie.
Bocages, de leursfeux uniques
Confidens,
Bocages quejehays, vottsfiçavez.sije
mens,
Depuis que les beauxjours moyfeule
funefies,
D'un long & trisse Hyver eurent
cbâffé lesrefies,
Jufqua l'heureux débris de. vosfrêles*
beautez,
J$j*elsjours ont-ilspassez, dansces
lieuxécartez,?
JVuevoui a
CIngrate
que j'adore,
Jïnc milgréfesfroideurs,hélas,je
Calme encore!
Jgj/ene tuypeigniez-voos ccs mouvcmens confus,
Ces tourmens,cestransports. que vaut
avez, tantvus!
Jgue ne luy dificz-vous, pour tenter
-ZI-le
fdtendrese,
,
J^uejeJcAymieux aimerque que, luy, que
sa M([Îtrejfi!
Mais ma raisons"égare. Ah! quels.,
foins, quelssecours
Dits-je attendre de t\é>u<> quiftïvex*
leurs amours?
Les Dieux à mes malheursferontpl-tu
ftcourables;
VHyveraurapourmoydesrigueurs
favorables.
Ilapproche, & déja les pugueux:
Aquilons
j
Tbr leurflufle glacé dé]oient nos
Valons;
La neige qui bien-tojîcouvrira la
Prairie,
Retiendra les Trouleaux dans chaque
Bcrgric,
Et Fon ne verraplusfous voflre omafïgeajfis,
Nj Ihenreufc Daphné,nyl'amoureux
TircÚ,
Mais,hélas! quelcfpsirmeflûte
e me confoie?
Avecrapiditéle tanpsfuité" s'en- e, vol
Et bientosi le PrintempsA mon âme
odieux
Ramènera Tirets & Daphné dans ccs
lieux.
FtüiHes, vowreviendrez,,vousrendrez, ces BoÚjÕrnbrcs;
Ilss'aimeront emorfousvosperfdes çwbres^.£i
Et nusvivesdouleurs, G mestranj^
porisjalouxy
Fourmon ingratAmantrenaifront
avec ions.
admirez de toute la Cour;
Ils sont de Madame des Houlieres,c'est tout dire., i
LA Terrefitiguéimpitiffk'atey
inutile,
Fréparait à rHJverun triomphe
facile.
LeSoleilsans éçlaiprécipitantfin.
cours,
JRendait déjàles nuits plus longues
que letjeurs,
JVvandU Bergere Iris de mille appas,
ornée,
it malgrétant d'appas Amante infortunée,
RegardantlesBuissons a demy dé- pouillcz.
Vous, que mes pleurs, dit die, ont
ta&t defols 1tlo'¡illez
De l'Automne en counoux rcfftntez les.
outrages,
Tombez, Feuilles, tombez, vous dont:
les noirs ombrages
Des plaijirs de Tiretsfaifsient les
fûretez,
Etpayez les chagrins que vousmavez coûtez.
Lieux toujours opposezau bonhclIYde ma vie,
C'est icy qua l'Amour je me vis
asservie.
Icyfay vu l'iiigratqui- me tientfous
sesloixi
Jcyjayfoûpirépourlapremiere fois*-
Mats tandis quepourluyjecraignais* mesfoibîtjfes,
il appelloitfin chien,Caccablçit de
carejjesi
Du desordreoujeHoisloin desipré--
iMloir^
Le Cruelne vitrienrou ne voulut rieh
VOIr.
Ilhua mes Moutons, mon Habit, flJ/J
Houlete,
iltrioffrit de chanter lin Airsursa
Mufte;
il votilutm'enseigner quelleherbe va
paissant
Tour reprendresaforce un Troupeau
languissant;
Ce que fait le Soltildes hrouillers
qu'ilAttire,
N'avIJit.itrien,hélus! deplut doux
a me dire?
Depuis cejourfatal queriay-jepoint
fouffcft?
l/llbflnce, laraison,l'orgueil, rienne
mefert. fay de nos vieux PaHeursconfiâtele
plu*(âge;
j'aymistouffu conseilsvainement
enuflgej
De Victimes, d1Encensfayfatigue
lesDieux; dautres Bergerssouvent
tournélesyeux;
Mais ny lejeuneAtis, ny le tendre
Philene,
Les délicesy l* honneur des Rives de la
Seine,
Dontlefrsntfutcentfoisde Viirthes
couronné,
Sfavans en. Part de vaincre un courageobstiné
Et quej'aidoàmoy-mesme a me rendre inconstante
2i'ontpurompre un moment le charme
qui m'enchante.
Encorserois-je heureuse en ce honteux
lien,
Si ne pouvant maimer, mon Berger
naimmtriem
Mais ilaimeâmesyeux une Beauté
commune
AfoJJederfon cœuril bornefafortunt;
C'estpour ellequ'ilperd le foin defis
Troupeaux;
Tourellefeulementréformentfes Pi-
¡ell/lx;
Etloin dese laffir desfaveurs. quHa
d'elle,
Sa tendresse en reprenduneforce neuvelie.
Bocages, de leursfeux uniques
Confidens,
Bocages quejehays, vottsfiçavez.sije
mens,
Depuis que les beauxjours moyfeule
funefies,
D'un long & trisse Hyver eurent
cbâffé lesrefies,
Jufqua l'heureux débris de. vosfrêles*
beautez,
J$j*elsjours ont-ilspassez, dansces
lieuxécartez,?
JVuevoui a
CIngrate
que j'adore,
Jïnc milgréfesfroideurs,hélas,je
Calme encore!
Jgj/ene tuypeigniez-voos ccs mouvcmens confus,
Ces tourmens,cestransports. que vaut
avez, tantvus!
Jgue ne luy dificz-vous, pour tenter
-ZI-le
fdtendrese,
,
J^uejeJcAymieux aimerque que, luy, que
sa M([Îtrejfi!
Mais ma raisons"égare. Ah! quels.,
foins, quelssecours
Dits-je attendre de t\é>u<> quiftïvex*
leurs amours?
Les Dieux à mes malheursferontpl-tu
ftcourables;
VHyveraurapourmoydesrigueurs
favorables.
Ilapproche, & déja les pugueux:
Aquilons
j
Tbr leurflufle glacé dé]oient nos
Valons;
La neige qui bien-tojîcouvrira la
Prairie,
Retiendra les Trouleaux dans chaque
Bcrgric,
Et Fon ne verraplusfous voflre omafïgeajfis,
Nj Ihenreufc Daphné,nyl'amoureux
TircÚ,
Mais,hélas! quelcfpsirmeflûte
e me confoie?
Avecrapiditéle tanpsfuité" s'en- e, vol
Et bientosi le PrintempsA mon âme
odieux
Ramènera Tirets & Daphné dans ccs
lieux.
FtüiHes, vowreviendrez,,vousrendrez, ces BoÚjÕrnbrcs;
Ilss'aimeront emorfousvosperfdes çwbres^.£i
Et nusvivesdouleurs, G mestranj^
porisjalouxy
Fourmon ingratAmantrenaifront
avec ions.
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Résumé : Eglogue de Madame des Houlieres, [titre d'après la table]
Le poème de Madame des Houlières relate les tourments d'une bergère nommée Iris, éprise d'un berger inconstant. La narratrice décrit la fin de l'été et l'arrivée de l'automne, symbolisant la fin de ses espoirs amoureux. Elle se remémore le moment où elle a vu son amant pour la première fois, mais celui-ci l'a rejetée. Depuis, elle est incapable de l'oublier malgré les conseils et les prières. La douleur d'Iris est accentuée par le fait que son amant aime une autre femme. Elle se tourne vers les bocages, témoins de ses souffrances, et espère que l'hiver apportera un soulagement. Cependant, elle craint le retour du printemps, qui ramènera son amant et sa bien-aimée, renforçant ainsi sa jalousie et sa douleur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1252-1254
L'AIGLON ET LE GEAY. FABLE. Présentée à Monseigneur le Comte de Clermont, par M. de Castera, au sujet du Livre intitulé le Théatre des Passions et de la Fortune, que l'Autheur a dedié à son Altesse Serenissime.
Début :
Dans un agréable Bocage, [...]
Mots clefs :
Bocage, Aiglon, Geay, Oiseau, Orgueil, Rossignols, Naïveté, Vérité, Style
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AIGLON ET LE GEAY. FABLE. Présentée à Monseigneur le Comte de Clermont, par M. de Castera, au sujet du Livre intitulé le Théatre des Passions et de la Fortune, que l'Autheur a dedié à son Altesse Serenissime.
JUIN 1731. 1241
}
****************
LETTRE de M. D. L. R. sur un
Ouvrage du R. P. Feijoo , Benedictin
Espagnol.
.
entre les
傻
l'Ouvrage dont vous avez entendu
parler. C'est M. Boyer , Docteur en Me
decine de la Faculté de Montpellier , et
Docteur- Régent en celle de Paris , qui l'a
apporté d'Eſpagne , depuis peu de tems .
Vous sçavez que ce Medecin partit d'ici
sur la fin du mois de Juillet dernier pour
le rétablissement de la santé de M. le
Marquis de Brancars , Ambassadeur de
France à la Cour de S. M. Catholique ;
vous sçavez aussi qu'il a fait un voyage
heureux, et qu'il a ramené M. l'Ambassa
deur parfaitement guéri.
Mais vous pouvez ignorer que notre
Medecin , toujours attentif sur la Litte
rature , et mettant tout à profit à cet
égard , quand il est obligé de voyager ,
n'a pas manqué d'apporter plusieurs Li
vres Espagnols , des meilleurs et des plus
nouveaux. Celui pour lequel vous vous
interessez , ne pouvoit pas être oublié ;
en voici le Titre.
I. Vol. THEA
1242 MERCURE DE FRANCE
THEATRO CRITICO , UNIVERSAL,
O Discursos varios en toto genero de Ma
terias para desengano de Errores comunes.
Dedicado A RP P. Fr. Joseph de Bar
nuero , General de la Congregacion de San
Benito de Espana , Inglaterra , & c. Escrito
por El M. R. P. M. Fr. Benito Jeronymo
Feijoo , Maestro General de la Religion de
San Benito , y Cathedratico de Visperas de
Theologia de la Universidad de Oviedo.
Tercera Impression En Madrid : En la
Imprenta de Francisco del Hierro , Anno de
M. DCC . XXIX . C'est-à -dire , THEA
TRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours
divers sur toute sorte de sujets pour désa
buser les hommes des erreurs communes
et ordinaires . Dédié au Reverendissime
Pere General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne , en Angle
terre, &c. Composé par le R. P. BENOIST
JEROSME FEIJOO , Maître ou Professeur
General dans la même Congrégation ,
Professeur en Thélogie de l'Université
d'Oviedo; quatre Volumes in 4% Troisiéme
Edition. A Madrid , de l'Imprimerie de
François del Hierro , M. DCC. XXIX .
On trouve à la tête du premier Vo
lume une Epitre Dédicatoire fort bien
tournée , adressée au R. P. General Jo
seph de Barnuero , lequel , outre cette
I.Vol.
qualité
JUIN. 1731. 1243
qualité , avoit été le Maître des Etudes
de Théologie de l'Auteur , dans l'Uni
versité de Salamanque. Les Approba
tions de divers Docteurs suivent cette
Dédicace.
Une courte Préface qui déclare les in
tentions du P. Feijoo , et qui fait voir
l'ordre et la disposition de tout son Ou
vrage , est précedée d'une Lettre de Don
Louis de Salazar , Commandeur de l'Or
dre de Calatrava , Conseiller du Conseil
Royal des Ordres , et premier Historio
graphe de Castille et des Indes . Cette
Lettre écrite à notre Auteur le 11. Août
1726. est un Eloge raisonné de son Théa
tre critique ; on peut dire que le suffrage
de ce Seigneur en a entraîné quantité
d'autres , et qu'il n'avoit paru depuis
long- temps de Livre en Espagne plus ge
neralement estimé. D'un autre côté le
R. P. Jean de Champverd , de la Com
pagnie de Jesus , Docteur et Professeur
en Théologie de l'Université d'Alcala ,
Théologien du Roi , et Examinateur Sy
nodal de l'Archevêché de Tolede , pa
roît si content de cet Ouvrage , qu'il nous
assure dans son Approbation , que son
Auteur devoit être appellé le Maître Ge
neral de tous les Arts et des Sciences.
Ce premier Volume de 400. pages
I. Vol. contient
1244 MERCURE DE FRANCE
contient seize Discours divisez chacun en
plusieurs Paragraphes ou Articles . Le
1. Discours est intitulé la Voix du Peuple.
Le II. la Vertu et le Vice. Le III . L'ob
scurité et la haute fortune. IV. La plus
fine Politique. V. La Medecine. VI. Ré
gime pour la conservation de la santé.
VII. La Deffense de la Profession Litte
raire. VIII. L'Astrologie Judiciaire et les
Almanachs. IX. Les Eclipses. X. Les Co
metes. XI. Les Années Climateriques .
XII. La Vieillesse du Monde. XIII . Con
tre les Philosophes modernes . XIV. La
Musique des Eglises . XV. Parallele des
Langues. XVI . Apologie des femmes.
Toutes ces Dissertations fournissent une
lecture agréable et variée , elles sont bien
écrites , et instruisent de beaucoup de
choses. Les Medecins ne sont pas bien
traitez dans la V. s'ils s'avisent de mar
quer à notre Auteur quelque ressenti
ment , les Femmes , et sur tout les Fem
mes sçavantes et vertueuses , seront obli
gées , par reconnoissance , de prendre sa
deffense ; car rien n'est plus recherché
plus obligeant , plus étendu dans le I.Vo
lume , que la XVI. et derniere Disserta
tion , qui est toute employée à la deffense
du beau Sexe. Vous en jugerez si je puis
un jour vous en procurer la lecture .
I. Vol
Passons
JUIN. 1731.
1245
S
1
e.
Passons cependant au second Volume.
T.II. seconde Edition M. DCC . XXX .
Ce volume , comme le précedent, est orné
d'une Dedicace , addressée à un autre
Mecéne , et munie d'Approbations ma
gnifiques. La plus étendue et la plus fla
teuse , est sans doute celle du R. P. Este
van de la Torre , Professeur géneral des
Benedictins d'Espagne , Abbé de S. Vin
cent d'Oviedo , Professeur en Théologie ,
et de l'Ecriture Sainte en l'Université de
la même Ville , lequel paroît si prévenu
du merite de cet ouvrage , et de la haute
capacité de son Autheur , qu'il ne fait
point de difficulté de lui appliquer ce que
le Sçavant P. Mabillon a dit de l'ouvrage
de S. Bernard , de Consideratione , addressé
au Pape Eugene. Hac sane fuit Bernardi
dexteritas , ut , quam primum ejus Libri de
Consideratione in publicum prodiere , eos
certatim exquisierunt , lectitarunt , amave
runt universi. L'Approbateur ne doutant
point qu'il n'arrive la même chose à l'égard
de ce second volume , n'oublie pas dans
cette occasion d'appliquer aussi à nôtre
Autheur ce passage connu de l'Ecriture .
Faciendi plures Libros nullus eft finis.
Ecclesiast. C. 12.v. 12. C'est , dit- il , sui
vre à la lettre le conseil du Sage , on ne
doit , pour ainsi dire , point finir quand
1. Vol. on
1246 MERCURE DE FRANCE
on écrit des livres qui enseignent à dé
tromper les hommes de leurs erreurs , et
à établir des veritez . Enfin le R. P. Joseph
Navajas, Trinitaire, Professeur en Théo
logie , et Examinateur de l'Archevêché
de Toléde , en donnant aussi son attache
et ces éloges à ce livre , ne craint pas de
rien exagerer en le nommant une Biblio
theque entiere.
Hic liber est , Lector , librorum magna sup→
pellex.
Et non exigua Bibliotheca , lege.
Les Dissertations contenues dans ce
second Tome de plus de 400. pages , sont
précedées d'une assés courte Preface , la
quelle a deux principaux Objets : le pre
mier de remercier le public du favorable
accueil qu'il a fait au premier volume ,
le second de parler de quelques envieux ,
qui ont publié des écrits peu mésurés
contre ce livre. Chose inévitable et arri
vée dans tous les temps , à l'égard même
des Autheurs du premier merite. Sur
quoy le P. Feijoo nous parle des disgra
ces qu'eurent à essuyer en France deux cé
lebres Académiciens , sçavoir Pierre Cor
neille et Jean -Louis de Balzac , que les
suffrages du public dédomagerent ample
I. Vol. ment
JUIN. 1731 1247
ment, sur tout , dit- il , le grand Corneille,
qui ne succomba point sous le poids du
credit d'un fameux Ministre , et de la
censure de l'Academie el formidable Cuer
po
de la Academia Francesa , non pas , ajoû
te-t'il, qu'il veuille se comparer à ces deux
grands Genies , mais rappellant seulement
ce fameux exemple,à cause de la parité de
situation où la Fortune le met aujour
d'hui . Il se justifie ensuite sur le titre de
son Ouvrage,où il ne trouve rien de cette
présomption que ses Adversaires luy ont
reprochée. Il a jugé à propos , nous dit-il ,
enfin , par le conseil de personnes sages ,
de publier à la fin de ce second Tome
les deux réponses Apologetiques qu'on y
trouvera. Celle qui regarde le Docteur
Ros est en latin , parceque ce Docteur l'a
attaqué en la même Langue . Il a aussi fait
imprimer la lettre Apologetique du Doc
teur Martinez , crainte, dit il , que ce trait
précieux de sa plume ne soit enseveli dans
l'oubli , tout ce que ce sage et éloquent
Autheur écrit étant digne de l'immorta
lité ; c'est ainsi que nôtre autheur parle
de son Adversaire . A l'égard de la criti
que du Docteur Ros , elle étoit trop lon
gue pour l'imprimer pareillement à la
fin de ce second volume.
>
Les Dissertations qui le composent sont
4. Vol.
au
1248 MERCURE DE FRANCE
au nombre de quinze , dont je me con
tenterai de vous rapporter les titres. I.
Les Guerres Philosophiques . II . L'Histoi
re Naturelle. III. L'Art Divinatoire.
I V. Les Propheties supposées. V. L'Usage
de la Magie . VI. Les modes. VII. La
Vieillesse Morale du Genre Humain .
VIII. La Science Aparente et Superfi
ciele. IX. L'Antipathie entre les Fran
çois et les Espagnols. X. Les Jours Cri
tiques. XI. Le Poids de l'Air. XII . La
Sphere du Feu. XIII. L'Antiperistase .
XIV. Paradoxes Phisiques . XV. Table
contenant la comparaison des Nations..
Ces quinze Discours sont suivis de trois
morceaux de Critique anoncés dans la
Préface, qui ont été composez dépuis l'im
pression du premier volume , lequel en a été
l'occasion.Le premier est intituléCarta De
fensiva & c. ou , Lettre Apologetique de
Don Martin Martinez Docteur en Mede
cine , Medecin de la Maison du Roy, Pro
fesseur d'Anatomie , et actuellement Presi
dent de la Societé Royale des Sciences de
Seville & c.Sur le premier Tome du Thea
tre critique universel du R. P. Feijoo . Il y a
de trés bonnes choses dans cette Lettre ,
elle donne our ainsi dire , un nouveau
lustre au Theatre critique , sur lequel l'Au
theur avoit prié le Medecin de lui mar
I.Vol.
quer
JUIN. 1731. 1249
quer ses sentimens. Il s'en acquitte en
parcourant toutes les dissertations , et en
discourant sommairement sur chacune.
Il paroît que ce Docteur a réservé toute
son érudition , et toute sa critique , à
l'égard de celle qui regarde la Medecine.
Le P. Feijoo a dû s'y attendre aprés tout
ce qu'il a dit de cette science dans sa V.
Dissert. du premier vol. M. Martinez fait
non seulement l'Apologie de la Medeci
ne et des Medecins , mais l'Eloge de cette
Science , et de ceux qui l'ont professée
dans tous les temps ; sur quoy ce Doc
teur nous étale une grande lecture et des
Recherches singulieres. Je vais en éfleurer
quelques -unes. Les Egyptiens , dit il
faisoient des Medecins leurs Prêtres , et
des Prêtres leurs Rois , sur quoy les an
ciens Historiens nous ont conservé cette
formule. Medicus non es ; nolo te constitue
re Regem. Giges et Sapor Rois des Medes
ont été Medecins , sans parler des Prin
ces qui l'ont pareillement été parmi les
Perses , les Arabes , les Syriens & c . La lis
te de ces Rois ou Princes Medecins , est
longue chez nôtre Docteur , et on est tout
étonné d'y trouver des Sujets d'un grand
nom , mais peu connus de côté la ; par
exemple , Hercule , Alexandre le Grand ,
l'Empereur Hadrien &c. Vous jugez bien ,
I. Vol.
Monsieur
1250 MERCURE DE FRANCE
Monsieur que le Pere de la Medecine
Grecque , le Prince , et le Chef de tous'
les Medecins qui sont venus depuis , je
veux dire, Hippocrate , n'est pas oublié;
il finit par lui sa liste et ses éloges , en re
marquant que les Grecs rendirent à ce
grand Homme des honneurs divins , et les
mêmes qu'ils rendoient à Hercule. M.
Martinez pouvoit ajoûter qu'on frappa
aussi pour lui des Medailles ; vous avez
vû . Monsieur , chez
chez moy la
gravure
d'une de ces Medailles où l'on voit d'un
côté la tête d'Hippocrate et autour IП...
TOY et sur le Revers le fameux Baton
d'Esculape entouré d'un Serpent avec ce
mot KION , pour signifier que la
Medaille a été frappée par les habitans de
l'Isle de Cos , Patrie d'Hippocrate , sur
quoy je vous entretiendrai un jour plus
précisement dans un autre Ecrit .
,
Les Medecins chrétiens d'un rang il
lustre , sont joints à ceux du Paganisme.
L'Auteur prend les choses de bien haut ,
il trouve dans des temps posterieurs des
Papes , des Cardinaux , des Prelats Me
decins ; je vous renvoye là dessus au livre
même.
Le second morceau de critique est la Ré
ponse du P. Feijoo à la lettre dont je viens
de vous donner une idée du Docteur
I. Vol. Martinez
JUIN. 1731.
7251
Martinez. Cette Réponse est sage et ac
compagnée de tous les égards , et de tous
les ménagemens qui ne se rencontrent
guéres ordinairement entre des Sçavans
qui écrivent l'un contre l'autre , pour
soutenir des opinions differentes . L'habi
le et poli Benedictin avoue même obli
geamment à son Antagoniste , qu'il ne
fait aucun doute que dans cette contesta
tion litteraire ils ne soient au fond tous
deux de même sentiment ; car , dit- il ,
vous ne disconvenez point que la Mede
cine ne soit accompagnée d'incertitude ,
et moi je n'ay jamais nié positivement
l'utilité de cette Science. Quoique la
Réponse dont il s'agit icy soit addressée
au Docteur Martinez même , elle est pré
cedée d'une Epitre Dedicatoire à l'Illus
triss. Don Fr. Joseph Garcia , Evêque de
Siguenza , pour le remercier de l'accueil
favorable qu'il a fait au premier vol . du
Theatre Critique, et pour le prier de pro
teger également et l'ouvrage et l'Autheur.
Je ne vous dirai rien de la derniere
Piece , parce qu'elle roule a peu prés sur
le même sujet , et que je suis bien aise
que vous en jugiez un jour par vous mê
me ; je me prépare cependant à vous ren
dre compte de la suite de cet Ouvrage
et je suis toujours. & c.
A Paris ce 19. Fevrier 1731 .
I. Vol. с L'AIGLON
1252 MERCURE DE FRANCE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
L'AIGLON ET LE GEAY.
FABLE.
Presentée à Monseigneur le Comte de Cler
mont , par M. de Castera , au sujet du
Livre intitulé le Théatre des Passions et
de la Fortune , que l'Autheur a dedié à
Son Altesse Serenissime.
D Ans un agréable Bocage .
Brilloit un Aiglon glorieux ,
Affable , doux , de beau plumage.
Et qui portoit dans l'éclat de ses yeux
L'infaillible Présage
D'une ame noble et d'un coeur généreux ;
Dés le moment de sa naissance
Hebé , les Graces , et l'Amour ,
Auprés de lui fixerent leur séjour ,
Pour prendre soin de son enfance ;
Jamais les accents douloureux ,
D'un Oyseau triste et malheureux ,
A son oreille en vain ne se firent entendre :
Exempt du chimerique orgueil ,
Qui des grands aveuglés est l'ordinaire écueil ;
De son rang il sçavoit descendre ;
Il sçavoit asservir son coeur ,
Aux Loix d'une amitié tendre et pleine d'ardeurs
1
1. Vol.
Rossignols ,
JUIN.
1253 1731.
Rossignols , Serins et Fauvettes ,
Eternisoient la gloire de leur nom ;
En consacrant à cet illustre Aiglon,
Leurs Refrains et leur's Chansonnettes
Parmi les aimables accents ,
་ ་
Dont ces Chantres Divins varioient leurMusique,'
Un Geay d'humeur simple et rustique ,
Ösa mêler ces fredons glapissants :
Son jargon étoit rude ,
Mais il parloit avec naïveté.
Dire toujours la verité ,
C'étoit et sa Devise et son unique étude.
On lui cria quelle témérité
Enfle aujourd'hui ta voix sans methode et sans
grace ?
Entre les Hôtes du Parnasse.
Apollon ne t'a point compté :
Je sçais bien,repond- t'il, que ma voix est grossiere,
Mais aussi je connois la générosité ,
Qui de l'Auguste Aiglon forme le caractére ,
Mon hommage est juste et sincere ,
Il ne sera point rebuté ;
L'Offrande d'un berger qui vit dans l'innocence ;
Touche le coeur des Immortels ;
Souvent plus de Magnificence
Attire leur mépris , et ternit leurs Autels ;
D'ailleurs , si pour louer cet Aiglon magnanime ?
Il faut àson merite égaler notre voix ,
I. Vol
Les
Cij
1254 MERCURE DE FRANCE
Les plus sçavants Hôtes des bois
N'ont pû l'entreprendre sans crime,
Seigneur , cette allusion ,
Exempte de tout nuage ,
Sous le Portrait de l'Aiglon ,
Dépeint icy vôtre image.
tel que le Geay sans étude et sans fard,
J'ose vous consacrer
mes veilles
¿
D'autres
pourront
avec plus d'Art
Prendre un style pompeux pour charmer vos
oreilles ;
Pour moy
Ecrire poliment surpasse mon pouvoir ,
Je dis ce que je pense , et c'est tout mon sçavoir,
}
****************
LETTRE de M. D. L. R. sur un
Ouvrage du R. P. Feijoo , Benedictin
Espagnol.
.
entre les
傻
l'Ouvrage dont vous avez entendu
parler. C'est M. Boyer , Docteur en Me
decine de la Faculté de Montpellier , et
Docteur- Régent en celle de Paris , qui l'a
apporté d'Eſpagne , depuis peu de tems .
Vous sçavez que ce Medecin partit d'ici
sur la fin du mois de Juillet dernier pour
le rétablissement de la santé de M. le
Marquis de Brancars , Ambassadeur de
France à la Cour de S. M. Catholique ;
vous sçavez aussi qu'il a fait un voyage
heureux, et qu'il a ramené M. l'Ambassa
deur parfaitement guéri.
Mais vous pouvez ignorer que notre
Medecin , toujours attentif sur la Litte
rature , et mettant tout à profit à cet
égard , quand il est obligé de voyager ,
n'a pas manqué d'apporter plusieurs Li
vres Espagnols , des meilleurs et des plus
nouveaux. Celui pour lequel vous vous
interessez , ne pouvoit pas être oublié ;
en voici le Titre.
I. Vol. THEA
1242 MERCURE DE FRANCE
THEATRO CRITICO , UNIVERSAL,
O Discursos varios en toto genero de Ma
terias para desengano de Errores comunes.
Dedicado A RP P. Fr. Joseph de Bar
nuero , General de la Congregacion de San
Benito de Espana , Inglaterra , & c. Escrito
por El M. R. P. M. Fr. Benito Jeronymo
Feijoo , Maestro General de la Religion de
San Benito , y Cathedratico de Visperas de
Theologia de la Universidad de Oviedo.
Tercera Impression En Madrid : En la
Imprenta de Francisco del Hierro , Anno de
M. DCC . XXIX . C'est-à -dire , THEA
TRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours
divers sur toute sorte de sujets pour désa
buser les hommes des erreurs communes
et ordinaires . Dédié au Reverendissime
Pere General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne , en Angle
terre, &c. Composé par le R. P. BENOIST
JEROSME FEIJOO , Maître ou Professeur
General dans la même Congrégation ,
Professeur en Thélogie de l'Université
d'Oviedo; quatre Volumes in 4% Troisiéme
Edition. A Madrid , de l'Imprimerie de
François del Hierro , M. DCC. XXIX .
On trouve à la tête du premier Vo
lume une Epitre Dédicatoire fort bien
tournée , adressée au R. P. General Jo
seph de Barnuero , lequel , outre cette
I.Vol.
qualité
JUIN. 1731. 1243
qualité , avoit été le Maître des Etudes
de Théologie de l'Auteur , dans l'Uni
versité de Salamanque. Les Approba
tions de divers Docteurs suivent cette
Dédicace.
Une courte Préface qui déclare les in
tentions du P. Feijoo , et qui fait voir
l'ordre et la disposition de tout son Ou
vrage , est précedée d'une Lettre de Don
Louis de Salazar , Commandeur de l'Or
dre de Calatrava , Conseiller du Conseil
Royal des Ordres , et premier Historio
graphe de Castille et des Indes . Cette
Lettre écrite à notre Auteur le 11. Août
1726. est un Eloge raisonné de son Théa
tre critique ; on peut dire que le suffrage
de ce Seigneur en a entraîné quantité
d'autres , et qu'il n'avoit paru depuis
long- temps de Livre en Espagne plus ge
neralement estimé. D'un autre côté le
R. P. Jean de Champverd , de la Com
pagnie de Jesus , Docteur et Professeur
en Théologie de l'Université d'Alcala ,
Théologien du Roi , et Examinateur Sy
nodal de l'Archevêché de Tolede , pa
roît si content de cet Ouvrage , qu'il nous
assure dans son Approbation , que son
Auteur devoit être appellé le Maître Ge
neral de tous les Arts et des Sciences.
Ce premier Volume de 400. pages
I. Vol. contient
1244 MERCURE DE FRANCE
contient seize Discours divisez chacun en
plusieurs Paragraphes ou Articles . Le
1. Discours est intitulé la Voix du Peuple.
Le II. la Vertu et le Vice. Le III . L'ob
scurité et la haute fortune. IV. La plus
fine Politique. V. La Medecine. VI. Ré
gime pour la conservation de la santé.
VII. La Deffense de la Profession Litte
raire. VIII. L'Astrologie Judiciaire et les
Almanachs. IX. Les Eclipses. X. Les Co
metes. XI. Les Années Climateriques .
XII. La Vieillesse du Monde. XIII . Con
tre les Philosophes modernes . XIV. La
Musique des Eglises . XV. Parallele des
Langues. XVI . Apologie des femmes.
Toutes ces Dissertations fournissent une
lecture agréable et variée , elles sont bien
écrites , et instruisent de beaucoup de
choses. Les Medecins ne sont pas bien
traitez dans la V. s'ils s'avisent de mar
quer à notre Auteur quelque ressenti
ment , les Femmes , et sur tout les Fem
mes sçavantes et vertueuses , seront obli
gées , par reconnoissance , de prendre sa
deffense ; car rien n'est plus recherché
plus obligeant , plus étendu dans le I.Vo
lume , que la XVI. et derniere Disserta
tion , qui est toute employée à la deffense
du beau Sexe. Vous en jugerez si je puis
un jour vous en procurer la lecture .
I. Vol
Passons
JUIN. 1731.
1245
S
1
e.
Passons cependant au second Volume.
T.II. seconde Edition M. DCC . XXX .
Ce volume , comme le précedent, est orné
d'une Dedicace , addressée à un autre
Mecéne , et munie d'Approbations ma
gnifiques. La plus étendue et la plus fla
teuse , est sans doute celle du R. P. Este
van de la Torre , Professeur géneral des
Benedictins d'Espagne , Abbé de S. Vin
cent d'Oviedo , Professeur en Théologie ,
et de l'Ecriture Sainte en l'Université de
la même Ville , lequel paroît si prévenu
du merite de cet ouvrage , et de la haute
capacité de son Autheur , qu'il ne fait
point de difficulté de lui appliquer ce que
le Sçavant P. Mabillon a dit de l'ouvrage
de S. Bernard , de Consideratione , addressé
au Pape Eugene. Hac sane fuit Bernardi
dexteritas , ut , quam primum ejus Libri de
Consideratione in publicum prodiere , eos
certatim exquisierunt , lectitarunt , amave
runt universi. L'Approbateur ne doutant
point qu'il n'arrive la même chose à l'égard
de ce second volume , n'oublie pas dans
cette occasion d'appliquer aussi à nôtre
Autheur ce passage connu de l'Ecriture .
Faciendi plures Libros nullus eft finis.
Ecclesiast. C. 12.v. 12. C'est , dit- il , sui
vre à la lettre le conseil du Sage , on ne
doit , pour ainsi dire , point finir quand
1. Vol. on
1246 MERCURE DE FRANCE
on écrit des livres qui enseignent à dé
tromper les hommes de leurs erreurs , et
à établir des veritez . Enfin le R. P. Joseph
Navajas, Trinitaire, Professeur en Théo
logie , et Examinateur de l'Archevêché
de Toléde , en donnant aussi son attache
et ces éloges à ce livre , ne craint pas de
rien exagerer en le nommant une Biblio
theque entiere.
Hic liber est , Lector , librorum magna sup→
pellex.
Et non exigua Bibliotheca , lege.
Les Dissertations contenues dans ce
second Tome de plus de 400. pages , sont
précedées d'une assés courte Preface , la
quelle a deux principaux Objets : le pre
mier de remercier le public du favorable
accueil qu'il a fait au premier volume ,
le second de parler de quelques envieux ,
qui ont publié des écrits peu mésurés
contre ce livre. Chose inévitable et arri
vée dans tous les temps , à l'égard même
des Autheurs du premier merite. Sur
quoy le P. Feijoo nous parle des disgra
ces qu'eurent à essuyer en France deux cé
lebres Académiciens , sçavoir Pierre Cor
neille et Jean -Louis de Balzac , que les
suffrages du public dédomagerent ample
I. Vol. ment
JUIN. 1731 1247
ment, sur tout , dit- il , le grand Corneille,
qui ne succomba point sous le poids du
credit d'un fameux Ministre , et de la
censure de l'Academie el formidable Cuer
po
de la Academia Francesa , non pas , ajoû
te-t'il, qu'il veuille se comparer à ces deux
grands Genies , mais rappellant seulement
ce fameux exemple,à cause de la parité de
situation où la Fortune le met aujour
d'hui . Il se justifie ensuite sur le titre de
son Ouvrage,où il ne trouve rien de cette
présomption que ses Adversaires luy ont
reprochée. Il a jugé à propos , nous dit-il ,
enfin , par le conseil de personnes sages ,
de publier à la fin de ce second Tome
les deux réponses Apologetiques qu'on y
trouvera. Celle qui regarde le Docteur
Ros est en latin , parceque ce Docteur l'a
attaqué en la même Langue . Il a aussi fait
imprimer la lettre Apologetique du Doc
teur Martinez , crainte, dit il , que ce trait
précieux de sa plume ne soit enseveli dans
l'oubli , tout ce que ce sage et éloquent
Autheur écrit étant digne de l'immorta
lité ; c'est ainsi que nôtre autheur parle
de son Adversaire . A l'égard de la criti
que du Docteur Ros , elle étoit trop lon
gue pour l'imprimer pareillement à la
fin de ce second volume.
>
Les Dissertations qui le composent sont
4. Vol.
au
1248 MERCURE DE FRANCE
au nombre de quinze , dont je me con
tenterai de vous rapporter les titres. I.
Les Guerres Philosophiques . II . L'Histoi
re Naturelle. III. L'Art Divinatoire.
I V. Les Propheties supposées. V. L'Usage
de la Magie . VI. Les modes. VII. La
Vieillesse Morale du Genre Humain .
VIII. La Science Aparente et Superfi
ciele. IX. L'Antipathie entre les Fran
çois et les Espagnols. X. Les Jours Cri
tiques. XI. Le Poids de l'Air. XII . La
Sphere du Feu. XIII. L'Antiperistase .
XIV. Paradoxes Phisiques . XV. Table
contenant la comparaison des Nations..
Ces quinze Discours sont suivis de trois
morceaux de Critique anoncés dans la
Préface, qui ont été composez dépuis l'im
pression du premier volume , lequel en a été
l'occasion.Le premier est intituléCarta De
fensiva & c. ou , Lettre Apologetique de
Don Martin Martinez Docteur en Mede
cine , Medecin de la Maison du Roy, Pro
fesseur d'Anatomie , et actuellement Presi
dent de la Societé Royale des Sciences de
Seville & c.Sur le premier Tome du Thea
tre critique universel du R. P. Feijoo . Il y a
de trés bonnes choses dans cette Lettre ,
elle donne our ainsi dire , un nouveau
lustre au Theatre critique , sur lequel l'Au
theur avoit prié le Medecin de lui mar
I.Vol.
quer
JUIN. 1731. 1249
quer ses sentimens. Il s'en acquitte en
parcourant toutes les dissertations , et en
discourant sommairement sur chacune.
Il paroît que ce Docteur a réservé toute
son érudition , et toute sa critique , à
l'égard de celle qui regarde la Medecine.
Le P. Feijoo a dû s'y attendre aprés tout
ce qu'il a dit de cette science dans sa V.
Dissert. du premier vol. M. Martinez fait
non seulement l'Apologie de la Medeci
ne et des Medecins , mais l'Eloge de cette
Science , et de ceux qui l'ont professée
dans tous les temps ; sur quoy ce Doc
teur nous étale une grande lecture et des
Recherches singulieres. Je vais en éfleurer
quelques -unes. Les Egyptiens , dit il
faisoient des Medecins leurs Prêtres , et
des Prêtres leurs Rois , sur quoy les an
ciens Historiens nous ont conservé cette
formule. Medicus non es ; nolo te constitue
re Regem. Giges et Sapor Rois des Medes
ont été Medecins , sans parler des Prin
ces qui l'ont pareillement été parmi les
Perses , les Arabes , les Syriens & c . La lis
te de ces Rois ou Princes Medecins , est
longue chez nôtre Docteur , et on est tout
étonné d'y trouver des Sujets d'un grand
nom , mais peu connus de côté la ; par
exemple , Hercule , Alexandre le Grand ,
l'Empereur Hadrien &c. Vous jugez bien ,
I. Vol.
Monsieur
1250 MERCURE DE FRANCE
Monsieur que le Pere de la Medecine
Grecque , le Prince , et le Chef de tous'
les Medecins qui sont venus depuis , je
veux dire, Hippocrate , n'est pas oublié;
il finit par lui sa liste et ses éloges , en re
marquant que les Grecs rendirent à ce
grand Homme des honneurs divins , et les
mêmes qu'ils rendoient à Hercule. M.
Martinez pouvoit ajoûter qu'on frappa
aussi pour lui des Medailles ; vous avez
vû . Monsieur , chez
chez moy la
gravure
d'une de ces Medailles où l'on voit d'un
côté la tête d'Hippocrate et autour IП...
TOY et sur le Revers le fameux Baton
d'Esculape entouré d'un Serpent avec ce
mot KION , pour signifier que la
Medaille a été frappée par les habitans de
l'Isle de Cos , Patrie d'Hippocrate , sur
quoy je vous entretiendrai un jour plus
précisement dans un autre Ecrit .
,
Les Medecins chrétiens d'un rang il
lustre , sont joints à ceux du Paganisme.
L'Auteur prend les choses de bien haut ,
il trouve dans des temps posterieurs des
Papes , des Cardinaux , des Prelats Me
decins ; je vous renvoye là dessus au livre
même.
Le second morceau de critique est la Ré
ponse du P. Feijoo à la lettre dont je viens
de vous donner une idée du Docteur
I. Vol. Martinez
JUIN. 1731.
7251
Martinez. Cette Réponse est sage et ac
compagnée de tous les égards , et de tous
les ménagemens qui ne se rencontrent
guéres ordinairement entre des Sçavans
qui écrivent l'un contre l'autre , pour
soutenir des opinions differentes . L'habi
le et poli Benedictin avoue même obli
geamment à son Antagoniste , qu'il ne
fait aucun doute que dans cette contesta
tion litteraire ils ne soient au fond tous
deux de même sentiment ; car , dit- il ,
vous ne disconvenez point que la Mede
cine ne soit accompagnée d'incertitude ,
et moi je n'ay jamais nié positivement
l'utilité de cette Science. Quoique la
Réponse dont il s'agit icy soit addressée
au Docteur Martinez même , elle est pré
cedée d'une Epitre Dedicatoire à l'Illus
triss. Don Fr. Joseph Garcia , Evêque de
Siguenza , pour le remercier de l'accueil
favorable qu'il a fait au premier vol . du
Theatre Critique, et pour le prier de pro
teger également et l'ouvrage et l'Autheur.
Je ne vous dirai rien de la derniere
Piece , parce qu'elle roule a peu prés sur
le même sujet , et que je suis bien aise
que vous en jugiez un jour par vous mê
me ; je me prépare cependant à vous ren
dre compte de la suite de cet Ouvrage
et je suis toujours. & c.
A Paris ce 19. Fevrier 1731 .
I. Vol. с L'AIGLON
1252 MERCURE DE FRANCE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
L'AIGLON ET LE GEAY.
FABLE.
Presentée à Monseigneur le Comte de Cler
mont , par M. de Castera , au sujet du
Livre intitulé le Théatre des Passions et
de la Fortune , que l'Autheur a dedié à
Son Altesse Serenissime.
D Ans un agréable Bocage .
Brilloit un Aiglon glorieux ,
Affable , doux , de beau plumage.
Et qui portoit dans l'éclat de ses yeux
L'infaillible Présage
D'une ame noble et d'un coeur généreux ;
Dés le moment de sa naissance
Hebé , les Graces , et l'Amour ,
Auprés de lui fixerent leur séjour ,
Pour prendre soin de son enfance ;
Jamais les accents douloureux ,
D'un Oyseau triste et malheureux ,
A son oreille en vain ne se firent entendre :
Exempt du chimerique orgueil ,
Qui des grands aveuglés est l'ordinaire écueil ;
De son rang il sçavoit descendre ;
Il sçavoit asservir son coeur ,
Aux Loix d'une amitié tendre et pleine d'ardeurs
1
1. Vol.
Rossignols ,
JUIN.
1253 1731.
Rossignols , Serins et Fauvettes ,
Eternisoient la gloire de leur nom ;
En consacrant à cet illustre Aiglon,
Leurs Refrains et leur's Chansonnettes
Parmi les aimables accents ,
་ ་
Dont ces Chantres Divins varioient leurMusique,'
Un Geay d'humeur simple et rustique ,
Ösa mêler ces fredons glapissants :
Son jargon étoit rude ,
Mais il parloit avec naïveté.
Dire toujours la verité ,
C'étoit et sa Devise et son unique étude.
On lui cria quelle témérité
Enfle aujourd'hui ta voix sans methode et sans
grace ?
Entre les Hôtes du Parnasse.
Apollon ne t'a point compté :
Je sçais bien,repond- t'il, que ma voix est grossiere,
Mais aussi je connois la générosité ,
Qui de l'Auguste Aiglon forme le caractére ,
Mon hommage est juste et sincere ,
Il ne sera point rebuté ;
L'Offrande d'un berger qui vit dans l'innocence ;
Touche le coeur des Immortels ;
Souvent plus de Magnificence
Attire leur mépris , et ternit leurs Autels ;
D'ailleurs , si pour louer cet Aiglon magnanime ?
Il faut àson merite égaler notre voix ,
I. Vol
Les
Cij
1254 MERCURE DE FRANCE
Les plus sçavants Hôtes des bois
N'ont pû l'entreprendre sans crime,
Seigneur , cette allusion ,
Exempte de tout nuage ,
Sous le Portrait de l'Aiglon ,
Dépeint icy vôtre image.
tel que le Geay sans étude et sans fard,
J'ose vous consacrer
mes veilles
¿
D'autres
pourront
avec plus d'Art
Prendre un style pompeux pour charmer vos
oreilles ;
Pour moy
Ecrire poliment surpasse mon pouvoir ,
Je dis ce que je pense , et c'est tout mon sçavoir,
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Résumé : L'AIGLON ET LE GEAY. FABLE. Présentée à Monseigneur le Comte de Clermont, par M. de Castera, au sujet du Livre intitulé le Théatre des Passions et de la Fortune, que l'Autheur a dedié à son Altesse Serenissime.
En juin 1731, une lettre mentionne un ouvrage du Père Benito Jerónimo Feijoo, bénédictin espagnol. Cet ouvrage, intitulé 'Théâtre critique universel' ou 'Discursos varios en todo genero de materias para desengano de errores comunes', est dédié au Père Joseph de Barnuero, général de la Congrégation de Saint-Benoît en Espagne et en Angleterre. L'ouvrage, en quatre volumes, a été imprimé pour la troisième fois à Madrid en 1729. Il contient des discours variés sur divers sujets visant à désabuser les hommes des erreurs communes. L'ouvrage a été apporté en France par M. Boyer, un médecin de la Faculté de Montpellier et docteur-régent à Paris, qui s'était rendu en Espagne pour soigner le Marquis de Brancars, ambassadeur de France. Boyer, attentif à la littérature, a rapporté plusieurs livres espagnols, dont celui de Feijoo. Le premier volume, de 400 pages, comprend seize discours sur des sujets tels que la voix du peuple, la vertu et le vice, la médecine, l'astrologie, et une apologie des femmes. Le second volume, également de plus de 400 pages, contient quinze discours et est précédé d'une préface remerciant le public et répondant à des critiques. Les approbations de divers docteurs soulignent la qualité et l'importance de l'ouvrage. Le Docteur Martinez, dans une lettre apologétique, défend la médecine et les médecins contre les critiques de Feijoo. Feijoo répond à Martinez de manière respectueuse, reconnaissant les incertitudes de la médecine tout en affirmant son utilité. L'ouvrage a reçu des éloges de plusieurs personnalités, notamment Don Luis de Salazar et le Père Jean de Champverd. Par ailleurs, une lettre et une fable intitulée 'L'Aiglon et le Geai' sont présentées à Monseigneur le Comte de Clermont par M. de Castera. La lettre, datée du 19 février 1731, mentionne que l'auteur ne commentera pas la dernière pièce, préférant que le destinataire en juge par lui-même. Il se prépare à rendre compte de la suite de l'ouvrage. La fable raconte l'histoire d'un aiglon glorieux, affable et doux, né avec des qualités nobles et un cœur généreux. Dès sa naissance, les Grâces, l'Amour et Hébé veillent sur lui. L'aiglon est exempt d'orgueil et sait descendre de son rang pour des amitiés tendres. Les rossignols, serins et fauvettes chantent sa gloire, tandis qu'un geai, avec une voix rude mais naïve, ose également lui rendre hommage. Le geai explique que sa vérité et sa sincérité sont plus précieuses que des louanges pompeuses. Il compare l'aiglon au Comte de Clermont, soulignant que son hommage, bien que simple, est sincère et touchant. Le geai affirme que les offrandes des bergers innocents peuvent toucher les cœurs des immortels, contrairement aux magnificences qui peuvent attirer le mépris.
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p. 1346-1347
MUSETTE EN RONDEAU.
Début :
Charmantes Prairies, [...]
Mots clefs :
Prairies, Bergeries, Gazons, Bocage, Ramage
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texteReconnaissance textuelle : MUSETTE EN RONDEAU.
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
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CORK
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JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
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Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
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Résumé : MUSETTE EN RONDEAU.
Le texte 'Musette en Rondeau' vante la beauté et la sérénité des prairies fleuries, décrites comme des 'charmantes' et des 'aziles des Amours'. Ces lieux sont appréciés pour leur capacité à offrir des jours heureux et à inspirer des sentiments amoureux. Au matin, dès l'aube, les prairies se couvrent de fleurs, procurant des plaisirs sensoriels. Sous un bocage frais, on entend le chant des oiseaux innocents. Dans ces lieux paisibles, les bergères sensibles écoutent les vœux des bergers, et tous vivent heureux sans alarmes, savourant les charmes de leurs tendres feux. Les bergers des environs jouent de la musette, répétant les louanges des prairies. Le texte est daté du 1er juin et provient de la New York Public Library et de la Cork Public Library, grâce aux fondations Astor, Lenox et Tilden.
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