Résultats : 21770 texte(s)
Détail
Liste
3951
p. 138-139
SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux prix qui seront distribués le premier Jeudy du mois de Fevrier, 1753.
Début :
L'Académie ayant jugé à propos de réserver le prix de la Prose de 1752, en [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences et beaux-arts de Pau, Académie, Prose, Poésie, Calomnie, Éducation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux prix qui seront distribués le premier Jeudy du mois de Fevrier, 1753.
SUJETS proposés par l'Académie
Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie
à Pau, pour deux prix qui seront
distribués le premier Jeudy du mois de
Fevrier, 1753.
L'Académie ayant jugé à propos de réserver
le prix de la Prose de 1752, en
donnera deux en 175.3: l'un, à un Ouvra-
ge en Prose dont le sujet sera, la calomnis
donne plus d'éclat à la vertu que la flatierie.
Et l'autre, à un Ouvrage de Poësie, qui
aura pour sujet, les avantages de l'éduca-
tion. Les Ouvrages ne pourront excéder
une demie heure de lecture, ils seront
adressés à M. l'Abbé de Sorberio, Secretai-
re de l'Académie; on n'en recevra aucun
MARS.
1752.
139
après le mois de Novembre, & s'ils ne
sont affranchis du port.
Chaque Auteur mettra à la fin de son
Onvrage, la sentence qu'il voudra. Il la
repetera au-dessus d'un billet cacheté,
dans lequel il écrira son nom. M. Mail-
hol est l'Auteur du Poëme qui a remporté
le prix de la Poësie en 1752.
Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie
à Pau, pour deux prix qui seront
distribués le premier Jeudy du mois de
Fevrier, 1753.
L'Académie ayant jugé à propos de réserver
le prix de la Prose de 1752, en
donnera deux en 175.3: l'un, à un Ouvra-
ge en Prose dont le sujet sera, la calomnis
donne plus d'éclat à la vertu que la flatierie.
Et l'autre, à un Ouvrage de Poësie, qui
aura pour sujet, les avantages de l'éduca-
tion. Les Ouvrages ne pourront excéder
une demie heure de lecture, ils seront
adressés à M. l'Abbé de Sorberio, Secretai-
re de l'Académie; on n'en recevra aucun
MARS.
1752.
139
après le mois de Novembre, & s'ils ne
sont affranchis du port.
Chaque Auteur mettra à la fin de son
Onvrage, la sentence qu'il voudra. Il la
repetera au-dessus d'un billet cacheté,
dans lequel il écrira son nom. M. Mail-
hol est l'Auteur du Poëme qui a remporté
le prix de la Poësie en 1752.
Fermer
3952
p. 138-139
« L'HISTOIRE du Languedoc par le P. Vaissette, Bénédictin, est sans aucune comparaison [...] »
Début :
L'HISTOIRE du Languedoc par le P. Vaissette, Bénédictin, est sans aucune comparaison [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'HISTOIRE du Languedoc par le P. Vaissette, Bénédictin, est sans aucune comparaison [...] »
L'HISTOIRE du Languedoc par le P.
Vaissette, Bénédictin, est sans aucune comparaison
la meilleure Histoire de Province
qui ait été faite. Vincent qui l'a imprimée,
& bien imprimée, se propose d'en réim-
primer quelques volumes qui lui man-
quent. Voici les conditions tout à fait
avantageuses qu'il propose pour les Sous-
cripteurs.
Les Souscriptions sont ouvertes depuis
le premier Mars 1752, & l'on ne sera ad-
mis à souscrire que jusqu au premier Juil-
AVRIL. 1752.
139
let suivant: en souscrivant, on recevra les
deux premiers volumes, & l'on payera
trente livres: en recevant les Tomes trois,
quatre & cinque au premier Juillet, on don-
nera trente livres.
Les Souscripteurs sont priés de retirer
les trois derniers volumes dans le courant
de l'année, & ils sont avertis que faute
bar eux de n'avoir retiré la totalité de
l'Ouvrage dans le cours de l'année qui sui-
vra la livraison des trois derniers volu-
mes: ils ne seront plus admis a repeter
les avances qu'il auront faites: c est une
clause ex présse des conditions proposées.
Après le premier Juillet, l'Ouvrage se
vendra le même prix qu'il se vendort pré-
cedemment, c'est-à-dire, cent dix livres
en feuilles, & les volumes ne fe dépareil-
leront plus. Les personnes qui ont déja
les deux premiers volumes de cet Ouvra-
ge sont avertis que, pendant tout le cours
de cette année, on leur donnera séparé-
ment de tous les autres, sçavoir, des trois
quatre & cinq Tomes pour chacun des-
quels elles payeront douze livres en feuil-
les. On pourra même fournir quelques
exemplaires du Tome second à ceux à qui
il pourroit manquer.
Vaissette, Bénédictin, est sans aucune comparaison
la meilleure Histoire de Province
qui ait été faite. Vincent qui l'a imprimée,
& bien imprimée, se propose d'en réim-
primer quelques volumes qui lui man-
quent. Voici les conditions tout à fait
avantageuses qu'il propose pour les Sous-
cripteurs.
Les Souscriptions sont ouvertes depuis
le premier Mars 1752, & l'on ne sera ad-
mis à souscrire que jusqu au premier Juil-
AVRIL. 1752.
139
let suivant: en souscrivant, on recevra les
deux premiers volumes, & l'on payera
trente livres: en recevant les Tomes trois,
quatre & cinque au premier Juillet, on don-
nera trente livres.
Les Souscripteurs sont priés de retirer
les trois derniers volumes dans le courant
de l'année, & ils sont avertis que faute
bar eux de n'avoir retiré la totalité de
l'Ouvrage dans le cours de l'année qui sui-
vra la livraison des trois derniers volu-
mes: ils ne seront plus admis a repeter
les avances qu'il auront faites: c est une
clause ex présse des conditions proposées.
Après le premier Juillet, l'Ouvrage se
vendra le même prix qu'il se vendort pré-
cedemment, c'est-à-dire, cent dix livres
en feuilles, & les volumes ne fe dépareil-
leront plus. Les personnes qui ont déja
les deux premiers volumes de cet Ouvra-
ge sont avertis que, pendant tout le cours
de cette année, on leur donnera séparé-
ment de tous les autres, sçavoir, des trois
quatre & cinq Tomes pour chacun des-
quels elles payeront douze livres en feuil-
les. On pourra même fournir quelques
exemplaires du Tome second à ceux à qui
il pourroit manquer.
Fermer
3954
p. 2444-2445
COENA INSPERATA.
Début :
Piscator liquidis coenam quarebat in undis [...]
Mots clefs :
Coena, Agros, Aura
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COENA INSPERATA.
COENA INSPERATA,
Iscator liquidis cœnam quarebat in undis ,
Mendaci involvens funera cæca dape ;
Frustra : namferri male conscia lusit inanes
Lubrica Prada , dolo callidiore , dolos.
Ergo domum repetens , ripaque iratus iniquæ
Ibat :: nec vacuo spes erat ulla cibi.
Ecce repentino sonuerunt &thera motu
Respicit , attonitum vox iterataferit.
>
Nam
NOVEMBR E. 1732 2445.
Namque Gruem rapti Piscis spolia ampla feren tem
Cognate urgebant , sœva caterva , Grues.
Dum cupit hostilem saxis compescere rixam;
Decidit in medios causafuroris agros.
Natura invidiam Fors vicit : quodque negâ
rant.
Immites undo, mitior Aura dedit.
Quo labor , et Cura? sunt ipsa pericula tanti ?
Fortuna optatas sponte ministrat opes.
Renatus Gillot
Iscator liquidis cœnam quarebat in undis ,
Mendaci involvens funera cæca dape ;
Frustra : namferri male conscia lusit inanes
Lubrica Prada , dolo callidiore , dolos.
Ergo domum repetens , ripaque iratus iniquæ
Ibat :: nec vacuo spes erat ulla cibi.
Ecce repentino sonuerunt &thera motu
Respicit , attonitum vox iterataferit.
>
Nam
NOVEMBR E. 1732 2445.
Namque Gruem rapti Piscis spolia ampla feren tem
Cognate urgebant , sœva caterva , Grues.
Dum cupit hostilem saxis compescere rixam;
Decidit in medios causafuroris agros.
Natura invidiam Fors vicit : quodque negâ
rant.
Immites undo, mitior Aura dedit.
Quo labor , et Cura? sunt ipsa pericula tanti ?
Fortuna optatas sponte ministrat opes.
Renatus Gillot
Fermer
Résumé : COENA INSPERATA.
Un pêcheur échoue à attraper des poissons et rentre frustré. Il aperçoit des grues avec un poisson volé, mais chute en tentant de les arrêter. La nature et le destin lui offrent ensuite des conditions favorables. Le texte conclut sur la fortune qui procure parfois des biens sans effort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3955
p. 120-121
Fille sçavante à Boulogne, [titre d'après la table]
Début :
Nous apprenons de Boulogne, qu'on voit dans cette Ville plusieurs Recueils [...]
Mots clefs :
Laura Bassi, Fille savante, Bologne, Portrait, Recueils
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fille sçavante à Boulogne, [titre d'après la table]
Nous apprenons de Boulogne‘, qu’en
‘voit dans cetteVille plusieurs Recueils
‘de Vers Latins et Italiens, qui y ontété
‘publiez pour celébret le mérite de Made
moiselle B4555 , laquelle a soutenu en La
‘tin publiquement des Thèses sur toute
la Philosophie, avec de grands ‘applaus
dissemens; plusieurs Dames sçavantes, ce
qui n’est pas rare en Italie, comme nous
Tavons remarqué plus d"une fois , ont
‘orné ces Recueils de Pieces de leur façon’.
‘On voit à la tête'du plus cousiderable le
Portrait en taille-douce de cette. illustre
.14. ‘plus
‘J A NvV I E R‘; 173;. ' 1'21
Î
Fille , qui à Page de 2o. ans se trouve ag-'
grégée au Collcge des Philosophes de PU-e
niversité de Boulogne, avec le Titre de
Docfeur, dont elle a pris leiGrade en
Ÿrandeisolfimnité , étant déja Membre de
a ’Institut des Sciences de la même Ville.‘
Dansce Portrait elle paroîr reïrétuë de
la Fourrure de Docteur, avec cette_Ins-,
criprion : LAURA MARIA - CHATARINA
BA s s r , Phil. Doct. Cal. Academ.’ Im
titut. Scientiar. Soviet. eÆt. A7171. XX;
Et au bas est gravé ce Distique , faisant
allusion à la celebre Laure de Petrarque,
leur» «mie , ingenio que et termine nom Petrartha.
Laum haqelaquio et mente Petrarrlm sibi.
‘voit dans cetteVille plusieurs Recueils
‘de Vers Latins et Italiens, qui y ontété
‘publiez pour celébret le mérite de Made
moiselle B4555 , laquelle a soutenu en La
‘tin publiquement des Thèses sur toute
la Philosophie, avec de grands ‘applaus
dissemens; plusieurs Dames sçavantes, ce
qui n’est pas rare en Italie, comme nous
Tavons remarqué plus d"une fois , ont
‘orné ces Recueils de Pieces de leur façon’.
‘On voit à la tête'du plus cousiderable le
Portrait en taille-douce de cette. illustre
.14. ‘plus
‘J A NvV I E R‘; 173;. ' 1'21
Î
Fille , qui à Page de 2o. ans se trouve ag-'
grégée au Collcge des Philosophes de PU-e
niversité de Boulogne, avec le Titre de
Docfeur, dont elle a pris leiGrade en
Ÿrandeisolfimnité , étant déja Membre de
a ’Institut des Sciences de la même Ville.‘
Dansce Portrait elle paroîr reïrétuë de
la Fourrure de Docteur, avec cette_Ins-,
criprion : LAURA MARIA - CHATARINA
BA s s r , Phil. Doct. Cal. Academ.’ Im
titut. Scientiar. Soviet. eÆt. A7171. XX;
Et au bas est gravé ce Distique , faisant
allusion à la celebre Laure de Petrarque,
leur» «mie , ingenio que et termine nom Petrartha.
Laum haqelaquio et mente Petrarrlm sibi.
Fermer
Résumé : Fille sçavante à Boulogne, [titre d'après la table]
Le texte décrit les réalisations académiques de Mademoiselle B4555, également connue sous le nom de Laura Maria Chatarina Bass, à Boulogne. À l'âge de 20 ans, elle a soutenu publiquement des thèses en philosophie, recevant de grands applaudissements. Plusieurs dames savantes, une occurrence fréquente en Italie, ont contribué à des recueils de vers latins et italiens publiés en son honneur. Ces recueils incluent son portrait en taille-douce, la montrant vêtue de la fourrure de docteur, avec l'inscription 'LAURA MARIA CHATARINA BASS, Phil. Doct. Cal. Academ. Institut. Scientiar. Soviet. eÆt. A7171. XX'. Un distique fait allusion à Laure de Pétrarque. Elle a été agrégée au Collège des Philosophes de l'Université de Boulogne et a obtenu le titre de Docteur, étant déjà membre de l'Institut des Sciences de la même ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3956
p. 122-124
« Honoré Tournely, Docteur en Theogie de la Maison & Societé de Sorbonne [...] »
Début :
Honoré Tournely, Docteur en Theogie de la Maison & Societé de Sorbonne [...]
Mots clefs :
Académie royale de l'histoire, Curiosité, Mort, Bijoux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Honoré Tournely, Docteur en Theogie de la Maison & Societé de Sorbonne [...] »
Honoré Tourncly , Docteur én Thectgìe
de la Maison & Société de Sorbonne,
Ancien Professeur Royal en Théo
logie de cette Maison , Chanoine de la
Sainte Chapelle de Paris , & auparavant
de la Cathédrale d'Evreux , Censeur
Royal des Livres * mourut "à Paris 1c
Ï6. Décembre ? âgé de 73. ans , dans 1»
réputation d'un grand Théologien & d'un
Ecclésiastique versé dans toutes les autres
sciences de son Etat. Il a composé plusieurs
Ouvrages de Doctrine <k de Re
ligion , qui font honneur à (a ìwtnoirc*
II étoit Originaire de la Ville d'Ami
bes en Provence.
Jean Bernard Qurscl , Prêtre , Docteur1
de Sorbonne, Chanoine & Grand Péniten
cier de TEgliíe de Paris , né en cette Ville,
mourut le 10. Janvier , âgé de soixarue &c
cinq ans. H avoit été près de sepr an
nées Supérieur de la Communauté des
Prêtres de S. Sulpice , avant que d'ê
tre nommé par le Cardinal de Noailies
à la Grande Penìténceric , qu'il x exer
cée pendant douze ans. II s'étoit pré
paré à ces diíferens emplois par une Re
traite de trente années dans le Sémi
naire de S. Sulpice , ensorte, que toute
sa vie a été consacrée à Dieu , & qu'après
en avoir employé 1a meilleuxe par
Janvier. 17$©; itf
tíe à fa propre sanctification , il a con
sumé le reste à Instruction & au salut
du prochain dans des occupations diffi
ciles & laborieuses , où il a fait paroître
une pureté de moeurs un zele 8c
une çbariié dignes des premiers siéclesde
rÉglise. II avoit une Bibliothèque des
plus curieuses , des plus complètes 8C
d'un prix considérable , qu'il a donnée
par son Testament au Séminaire de saine
Louis de cette Ville*
L'Académie Royale de l'Histoire *
Lisbonne a élu , pour remplir la place
qui vaquoit par la mort de Dom Fran
çois de Souza , Commandant de la
Garde Allemande du Roy , Dom Gonçalve-
Manuel Galvaon de la Cerda ^
Genrilhomme de la Maison du Roy ,
Grand Alcade de 14 Ville de Torram
Commandeur de S. Barthelemi de Rabal
dans l'Ordte de Christ , Conseilles
du Conseil Ultramontain , & Député ai*
Conseil de la Maison de Bragance. Le
Roi ayant approuvé l' Election , le nou
vel Académicien s'est chargé cK'crire
l'Histoire des Rois Dom Pedro 8c Dom
Ferdinand.
Le 17. du mois dernier , le Comte
de Çlcimonc alla voir le Cabinet du
*tf .MERCURE DE FRONCE,
/îcúr Paul Lucas ,• célèbre Voyageur--;
ik y examina avec autant de discernement
que de plaisir les différentes curiosités
anciennes & modernes qui y font ras
semblées. Il s'arrêta fur touc à une belle
Figure antique de Ta Déesse Cerès, rap
portée depuis quelques années d*3ltheîles
, où elle fut trouvée près le Tem
ple de Minerve ; son corps est de mar
bre ; mais les extrémités , c'est- à-dire la
fête „ les pieds & les mains font de bron
ze ^ elle est assise sur une baze de jaspe
floride , 8c dans cette situation , elle a
environ, deux piés de. haut.
Voici un atticle également propre i
Enrichir ces nouvelles &c à faire briller
les Arts , puisque les bijoux vont deve
nir plus communs par la mine de diamans
qu'on a découverte au Brezil -, à ce
qu'on mande de Lisbonne , & qu'on
dit être trésriche. Ces Lettres ajoutent
que les derniers Vaisseaux revenus de la
Baye de Tous tes Saints , en ont ap
porté plusieurs , dans le nombre desquels
îl y en a un qui pefe brut le double da
goids du plus gros diamant qu'on con*
noisse en Kurope ; on l'a mis furie tour
pour le découvrir.
de la Maison & Société de Sorbonne,
Ancien Professeur Royal en Théo
logie de cette Maison , Chanoine de la
Sainte Chapelle de Paris , & auparavant
de la Cathédrale d'Evreux , Censeur
Royal des Livres * mourut "à Paris 1c
Ï6. Décembre ? âgé de 73. ans , dans 1»
réputation d'un grand Théologien & d'un
Ecclésiastique versé dans toutes les autres
sciences de son Etat. Il a composé plusieurs
Ouvrages de Doctrine <k de Re
ligion , qui font honneur à (a ìwtnoirc*
II étoit Originaire de la Ville d'Ami
bes en Provence.
Jean Bernard Qurscl , Prêtre , Docteur1
de Sorbonne, Chanoine & Grand Péniten
cier de TEgliíe de Paris , né en cette Ville,
mourut le 10. Janvier , âgé de soixarue &c
cinq ans. H avoit été près de sepr an
nées Supérieur de la Communauté des
Prêtres de S. Sulpice , avant que d'ê
tre nommé par le Cardinal de Noailies
à la Grande Penìténceric , qu'il x exer
cée pendant douze ans. II s'étoit pré
paré à ces diíferens emplois par une Re
traite de trente années dans le Sémi
naire de S. Sulpice , ensorte, que toute
sa vie a été consacrée à Dieu , & qu'après
en avoir employé 1a meilleuxe par
Janvier. 17$©; itf
tíe à fa propre sanctification , il a con
sumé le reste à Instruction & au salut
du prochain dans des occupations diffi
ciles & laborieuses , où il a fait paroître
une pureté de moeurs un zele 8c
une çbariié dignes des premiers siéclesde
rÉglise. II avoit une Bibliothèque des
plus curieuses , des plus complètes 8C
d'un prix considérable , qu'il a donnée
par son Testament au Séminaire de saine
Louis de cette Ville*
L'Académie Royale de l'Histoire *
Lisbonne a élu , pour remplir la place
qui vaquoit par la mort de Dom Fran
çois de Souza , Commandant de la
Garde Allemande du Roy , Dom Gonçalve-
Manuel Galvaon de la Cerda ^
Genrilhomme de la Maison du Roy ,
Grand Alcade de 14 Ville de Torram
Commandeur de S. Barthelemi de Rabal
dans l'Ordte de Christ , Conseilles
du Conseil Ultramontain , & Député ai*
Conseil de la Maison de Bragance. Le
Roi ayant approuvé l' Election , le nou
vel Académicien s'est chargé cK'crire
l'Histoire des Rois Dom Pedro 8c Dom
Ferdinand.
Le 17. du mois dernier , le Comte
de Çlcimonc alla voir le Cabinet du
*tf .MERCURE DE FRONCE,
/îcúr Paul Lucas ,• célèbre Voyageur--;
ik y examina avec autant de discernement
que de plaisir les différentes curiosités
anciennes & modernes qui y font ras
semblées. Il s'arrêta fur touc à une belle
Figure antique de Ta Déesse Cerès, rap
portée depuis quelques années d*3ltheîles
, où elle fut trouvée près le Tem
ple de Minerve ; son corps est de mar
bre ; mais les extrémités , c'est- à-dire la
fête „ les pieds & les mains font de bron
ze ^ elle est assise sur une baze de jaspe
floride , 8c dans cette situation , elle a
environ, deux piés de. haut.
Voici un atticle également propre i
Enrichir ces nouvelles &c à faire briller
les Arts , puisque les bijoux vont deve
nir plus communs par la mine de diamans
qu'on a découverte au Brezil -, à ce
qu'on mande de Lisbonne , & qu'on
dit être trésriche. Ces Lettres ajoutent
que les derniers Vaisseaux revenus de la
Baye de Tous tes Saints , en ont ap
porté plusieurs , dans le nombre desquels
îl y en a un qui pefe brut le double da
goids du plus gros diamant qu'on con*
noisse en Kurope ; on l'a mis furie tour
pour le découvrir.
Fermer
Résumé : « Honoré Tournely, Docteur en Theogie de la Maison & Societé de Sorbonne [...] »
Le texte évoque plusieurs figures historiques et événements marquants. Honoré Tourncly, docteur en théologie de la Sorbonne, ancien professeur royal en théologie, chanoine de la Sainte Chapelle de Paris et de la Cathédrale d'Évreux, et censeur royal des livres, est décédé à Paris le 16 décembre à l'âge de 73 ans. Originaire d'Amiens, il était reconnu pour ses compétences en théologie et en sciences ecclésiastiques et avait composé plusieurs ouvrages de doctrine et de religion. Jean Bernard Qurscl, prêtre et docteur de Sorbonne, chanoine et grand pénitencier de l'église de Paris, est né et décédé dans cette ville le 10 janvier à l'âge de 65 ans. Il a été supérieur de la Communauté des Prêtres de Saint-Sulpice et a légué une bibliothèque précieuse au Séminaire de Sainte-Louis. L'Académie Royale de l'Histoire de Lisbonne a élu Dom Gonçalve-Manuel Galvaon de la Cerda pour remplacer Dom François de Souza. Dom Gonçalve, gentilhomme de la Maison du Roi et conseiller du Conseil Ultramontain, doit écrire l'histoire des rois Dom Pedro et Dom Ferdinand. Le Comte de Çlcimonc a visité le cabinet de Paul Lucas, examinant diverses curiosités, dont une figure antique de la déesse Cérès. Enfin, une découverte de mines de diamants au Brésil est mentionnée, avec des lettres de Lisbonne indiquant la présence de diamants de grande valeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3957
p. 126-128
Russie.
Début :
Le Grand Chancelier a fait dire aux Ministres Etrangers, que le Czar [...]
Mots clefs :
Tsar, Moscou, Ordres, Cérémonie, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Russie.
LE Grand Chancelier a fait dire aux
Ministres Étrangers , que le Czar
ayant dessein de se faire couronner inces
samment à.Moscou , il croyoit qu'aucun
, d'eux ne refuscroit de se trouver à cette
céremonie. . On
JANVIER 1724. il?
. .On a envoyé à Revel des ordres du
College de l'Amirauté pour faire équi
per les trois Vaisseaux de Guerre , & les
quatre Fregates qui avoient été destinées
pour l'Ocean , Ôc qu'on avoit fait desar
mer depuis environ deux "mois.
Les Metropolitains du pays se sont
rendus à Moscou pour se trouver à la
ceremonie du Couronnement de leurs.
Majestez Czariennes i les principaux Ge
neraux des Gofaques s'y font aussi ren
dus pour recevoir les ordres du Czar à
fen arrivée , & delà rejoindre leurs
troupes qui font campées du côté de
Pultova , où les Tartares íônt venus
camper à six lieues , au nombre de vingt
mille hommes. Oh a posté un corps
de dix mille Cosaques , & de quatre
mille Moscovites dans les environs de
cette Forteresse pour observer la conte-.
hance & les démarches de ces Tartares.
Les douze Riegimens qui devoient pasfer
en revue à Moscou , ont reçu de nou
veaux ordres de se mettre en marche ;
neuf de ces Regimens ont pris la route
de Pultova , Se trois , celle d'Astracan.
Oh apprend de Turquie que le Grand
Visir avoit fait assurer M. Dierling , Ré
sident de l'Empereur à. Constantinople,
que fa Hauteife ne feroit rien contre les
Traitez conclus avec Sa Majesté Impe
riale ,
. MERCURE DE FRANCE:
riale, qu'avec le Roy & la Républiques
de Pologne , & qu'il n'avoit raslèmblé
ses troupes que pour s'opposer aux en-:
treprisci du Czar sur la Perse.
Ministres Étrangers , que le Czar
ayant dessein de se faire couronner inces
samment à.Moscou , il croyoit qu'aucun
, d'eux ne refuscroit de se trouver à cette
céremonie. . On
JANVIER 1724. il?
. .On a envoyé à Revel des ordres du
College de l'Amirauté pour faire équi
per les trois Vaisseaux de Guerre , & les
quatre Fregates qui avoient été destinées
pour l'Ocean , Ôc qu'on avoit fait desar
mer depuis environ deux "mois.
Les Metropolitains du pays se sont
rendus à Moscou pour se trouver à la
ceremonie du Couronnement de leurs.
Majestez Czariennes i les principaux Ge
neraux des Gofaques s'y font aussi ren
dus pour recevoir les ordres du Czar à
fen arrivée , & delà rejoindre leurs
troupes qui font campées du côté de
Pultova , où les Tartares íônt venus
camper à six lieues , au nombre de vingt
mille hommes. Oh a posté un corps
de dix mille Cosaques , & de quatre
mille Moscovites dans les environs de
cette Forteresse pour observer la conte-.
hance & les démarches de ces Tartares.
Les douze Riegimens qui devoient pasfer
en revue à Moscou , ont reçu de nou
veaux ordres de se mettre en marche ;
neuf de ces Regimens ont pris la route
de Pultova , Se trois , celle d'Astracan.
Oh apprend de Turquie que le Grand
Visir avoit fait assurer M. Dierling , Ré
sident de l'Empereur à. Constantinople,
que fa Hauteife ne feroit rien contre les
Traitez conclus avec Sa Majesté Impe
riale ,
. MERCURE DE FRANCE:
riale, qu'avec le Roy & la Républiques
de Pologne , & qu'il n'avoit raslèmblé
ses troupes que pour s'opposer aux en-:
treprisci du Czar sur la Perse.
Fermer
Résumé : Russie.
En janvier 1724, le Grand Chancelier a annoncé que le tsar prévoyait de se faire couronner à Moscou et a invité les ministres étrangers à y assister. Des ordres ont été donnés pour équiper trois vaisseaux de guerre et quatre frégates à Revel. Les métropolites et les principaux généraux des Gofaques se sont rendus à Moscou pour la cérémonie. Après le couronnement, les Gofaques devaient rejoindre leurs troupes près de Pultova, où vingt mille Tartares étaient présents. Un corps de dix mille Cosaques et quatre mille Moscovites a été déployé pour surveiller les Tartares. Douze régiments ont reçu de nouveaux ordres : neuf se sont dirigés vers Pultova et trois vers Astracan. Par ailleurs, la Turquie a assuré qu'elle respecterait les traités avec l'empereur, mais se préparait à contrer les initiatives du tsar en Perse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3958
p. 138-140
ENIGME de M. T. R. E. T.
Début :
Je vais sans me lasser plus loin qu'on ne desire, [...]
Mots clefs :
Bateau échappé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME de M. T. R. E. T.
ENIGME
de M. T. RET
:
Jevaisfans me laſserplus loin
qu'on ne defire ,
Je marche en infenſeſans sçavoir
on jetuais, ca
Etfemblable au Soleil qui n'arrete
jamdis
Je vaisfans m'arrêter ,ſi l'on ne
me retire.
Le bien que l'on mefaitfemble.
4
GALANT. 139
roit un Martire ,
On me tire , on m'attache, on me
charge d'un faix ,
On me pique de pointe , &le bien
que je fais ,
Sans un trop long discours nese
pourroit écrire.
Souvent je suis couvert en la
Saiſon d'Esté,
Sans moy quelque Païsferoit inbabités
Celle qui me détruit je la rends
habitable ,
Oùje vaisſeul ,fans moypas un
n'ofe venir.
Il arrive ſouvent qu'on me voudroit
tenir,
1.
Mij
140 MERCURE
Pourfortir d'un danger quifemble
inevitable.
de M. T. RET
:
Jevaisfans me laſserplus loin
qu'on ne defire ,
Je marche en infenſeſans sçavoir
on jetuais, ca
Etfemblable au Soleil qui n'arrete
jamdis
Je vaisfans m'arrêter ,ſi l'on ne
me retire.
Le bien que l'on mefaitfemble.
4
GALANT. 139
roit un Martire ,
On me tire , on m'attache, on me
charge d'un faix ,
On me pique de pointe , &le bien
que je fais ,
Sans un trop long discours nese
pourroit écrire.
Souvent je suis couvert en la
Saiſon d'Esté,
Sans moy quelque Païsferoit inbabités
Celle qui me détruit je la rends
habitable ,
Oùje vaisſeul ,fans moypas un
n'ofe venir.
Il arrive ſouvent qu'on me voudroit
tenir,
1.
Mij
140 MERCURE
Pourfortir d'un danger quifemble
inevitable.
Fermer
3959
p. 138-140
« Aprés tant de nouvelles generales, dont je croy [...] »
Début :
Aprés tant de nouvelles generales, dont je croy [...]
Mots clefs :
Historiette, Nouvelles générales, Journal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés tant de nouvelles generales, dont je croy [...] »
Aprés tant de nouvelles
generales , dont je croy
( qu'à l'exception d'un petit
nombre de zelez parti-!
ſans qu'elles ont ) le public
>
GALANT.
139
fait auſſi peu de cas que des
vers du Poëte ſans fard ,
n'eſt ce pas dommage de
n'avoir pas au moins une
hiſtoriette à raconter? Oui :
mais ce n'eſt pas ma faute ,
&j'ai tant d'autres chofes à
mettre dans le Journal de
ce mois , que je n'ai ni le
temps d'en faire une , ni de
place pour la mettre. Voila
deux affez mauvaiſes raifons
pour ſe diſpenſer d'amuſer
le lecteur. Vaillent
que vaillent , il faut pourtant
qu'elles paſſent. Cependant
j'apperçoy fur ma
Mij
140
MERCURE
table un paquet fermé
qu'on vient de m'apporter.
Voyons ce qu'il contient.
Fort bien. Liſons toûjours.
generales , dont je croy
( qu'à l'exception d'un petit
nombre de zelez parti-!
ſans qu'elles ont ) le public
>
GALANT.
139
fait auſſi peu de cas que des
vers du Poëte ſans fard ,
n'eſt ce pas dommage de
n'avoir pas au moins une
hiſtoriette à raconter? Oui :
mais ce n'eſt pas ma faute ,
&j'ai tant d'autres chofes à
mettre dans le Journal de
ce mois , que je n'ai ni le
temps d'en faire une , ni de
place pour la mettre. Voila
deux affez mauvaiſes raifons
pour ſe diſpenſer d'amuſer
le lecteur. Vaillent
que vaillent , il faut pourtant
qu'elles paſſent. Cependant
j'apperçoy fur ma
Mij
140
MERCURE
table un paquet fermé
qu'on vient de m'apporter.
Voyons ce qu'il contient.
Fort bien. Liſons toûjours.
Fermer
Résumé : « Aprés tant de nouvelles generales, dont je croy [...] »
L'auteur regrette de ne pas pouvoir publier d'historiette ce mois-ci en raison du manque de temps et d'espace. Il a reçu un paquet fermé qu'il s'apprête à ouvrir. Il reste déterminé à divertir ses lecteurs malgré les contraintes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3960
p. 758-760
REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
Début :
Pierre Chirac, Conseiller d'Etat ordinaire premier Medecin du Roi [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Prix, Réglementation , Médecin du roi, Cachet, Surintendance, Malades, Bouteilles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
REGLEMENT de M. le premier Medecin
du Roi , aufujet des Eaux
Minerales.
Pierre Chirac , Conseiller d'Etat ordinaire
premier Medecin du Roi , et Surintendant des
Eaux Minerales et Medecinales de France : A
tous ceux qui ces presentes Lettres verront , Salut.
La Surintendance des Eaux Minerales dont
le Roi nous a fait l'honneur de nous charger , et
le grand usage qu'on fait d'un remède aussi utile
et aussi nécessaire au Public , exigeant de notre
ministere une attention particuliere pour faire
puiser les Eaux dans les tems les plus favorables
et à les faire distribuer avec toutes les précautions
nécessaires pour rassurer le Public sur toutes sor→
tes de fraudes , nous aurions pris sur cela routes
les mesures possibles pour remplir nos obligations
"
AVRIL. 1731.
759
la satisfaction du Public et au bien des Malades
; et la longue experience que nous avons des
grands avantages que tirent les Malades de l'usage
des Eaux Minerales et Medecinales pour fa
guerison des Maladies chroniques nous engageant
à en faciliter l'usage à toutes sortes de
sonnes ,. nous avons jugé nécessaire d'en moderer
le prix de la maniere suivante , et de le fixer
SCAVOIR.
>
per-
Les Eaux de Forges , qui viennent par relais ,.
la bouteille , a liv. 15. S.
Eaux de Forges qui arrivent par voiture ordi--
naire , la bouteille à
IS S.
Eaux de Sainte - Reine , la bouteille à
Eaux de Valhs , de quatre pintes la bouteille , à
15 S.
Eaux de Balaruc ,de quatre pintes la bouteille, à
12. 1.
Eaux de Cransac, de quatre pintes la bouteille , à
12 1..
121
Eaux Savonneuses de Plombieres de cinq pintes
, la bouteille à
Eaux de Bourbonne , la pinte à
Eaux de Vichi , les 5. pintes à
Eaux de Spa , la pinte, à
1.2.1.
2 t.
lor
2. l. 10 S.-
Surquoi nous défendons trés - expressément aux
Directeurs desdites Eaux Minerales et Distributeurs
d'icelles , d'exiger du Public autre prix que
celui du Tarif ci - dessus marqué , à peine d'être
révoqués sur la premiere plainte qui en sera faite..
Défendons pareillement ausdits Distributeurs des
Eaux Minerales , d'en vendre aucune bouteille
que cachetée du cachet de nos Armes sur l'atta
che du bouchon , à commencer dans trois mois:
du jour du présent Reglement , et ils nous communiqueront
incessamment les Lettres de recep
tion des cachets de nos Armes , qu'il recevront
des
760 MERCURE DE FRANCE
des Fontainiers et autres personnes préposées au
puisage des differentes Eaux Minerales. Voulons
en outre être informés par lesdits Directeurs er
Distributeurs de toutes les voitures d'Eaux Minerales
qu'ils recevront , et de la quantité de bouteilles
qu'elles contiendront relativement à leurs
Lettres d'avis,dont ils nous remettront copie ; et
pour l'execution des articles ci - dessus , avons
nommé pour notre Inspecteur le Sieur Boyer
Docteur en Medecine de la Faculté de Paris et de
Montpellier , pour nous informer de tout ce qui
concernera l'état du Bureau desdites Eaux Minerales
et de leur distribution , et sera le present Reglement
affiché dans ledit Bureau et par tout où
besoin sera. Donné à Versailles ce vingt - huitiéme
Fevrier mil sept cens trente-un. Signé
CHIRA C. Par le premier Medecin du Roi ,
Signé , JOUBERT. Monfieur DU CHASTELET,
Rapporteur.
Enregistré ès Registres du Grand Conseil du
Roi pour être executé selon sa forme & teneur, &
jouir parles Sieurs Alleaume, Duhamel ,la Salle,
Delage , Hennecart & Joubert , de l'effet & contenu
en icelui , suivant l'Arrêt dudit Conseil de
cejourd'hui dix - neuf Mars mil fept cens trente-
un. Signé , VERDUC.
du Roi , aufujet des Eaux
Minerales.
Pierre Chirac , Conseiller d'Etat ordinaire
premier Medecin du Roi , et Surintendant des
Eaux Minerales et Medecinales de France : A
tous ceux qui ces presentes Lettres verront , Salut.
La Surintendance des Eaux Minerales dont
le Roi nous a fait l'honneur de nous charger , et
le grand usage qu'on fait d'un remède aussi utile
et aussi nécessaire au Public , exigeant de notre
ministere une attention particuliere pour faire
puiser les Eaux dans les tems les plus favorables
et à les faire distribuer avec toutes les précautions
nécessaires pour rassurer le Public sur toutes sor→
tes de fraudes , nous aurions pris sur cela routes
les mesures possibles pour remplir nos obligations
"
AVRIL. 1731.
759
la satisfaction du Public et au bien des Malades
; et la longue experience que nous avons des
grands avantages que tirent les Malades de l'usage
des Eaux Minerales et Medecinales pour fa
guerison des Maladies chroniques nous engageant
à en faciliter l'usage à toutes sortes de
sonnes ,. nous avons jugé nécessaire d'en moderer
le prix de la maniere suivante , et de le fixer
SCAVOIR.
>
per-
Les Eaux de Forges , qui viennent par relais ,.
la bouteille , a liv. 15. S.
Eaux de Forges qui arrivent par voiture ordi--
naire , la bouteille à
IS S.
Eaux de Sainte - Reine , la bouteille à
Eaux de Valhs , de quatre pintes la bouteille , à
15 S.
Eaux de Balaruc ,de quatre pintes la bouteille, à
12. 1.
Eaux de Cransac, de quatre pintes la bouteille , à
12 1..
121
Eaux Savonneuses de Plombieres de cinq pintes
, la bouteille à
Eaux de Bourbonne , la pinte à
Eaux de Vichi , les 5. pintes à
Eaux de Spa , la pinte, à
1.2.1.
2 t.
lor
2. l. 10 S.-
Surquoi nous défendons trés - expressément aux
Directeurs desdites Eaux Minerales et Distributeurs
d'icelles , d'exiger du Public autre prix que
celui du Tarif ci - dessus marqué , à peine d'être
révoqués sur la premiere plainte qui en sera faite..
Défendons pareillement ausdits Distributeurs des
Eaux Minerales , d'en vendre aucune bouteille
que cachetée du cachet de nos Armes sur l'atta
che du bouchon , à commencer dans trois mois:
du jour du présent Reglement , et ils nous communiqueront
incessamment les Lettres de recep
tion des cachets de nos Armes , qu'il recevront
des
760 MERCURE DE FRANCE
des Fontainiers et autres personnes préposées au
puisage des differentes Eaux Minerales. Voulons
en outre être informés par lesdits Directeurs er
Distributeurs de toutes les voitures d'Eaux Minerales
qu'ils recevront , et de la quantité de bouteilles
qu'elles contiendront relativement à leurs
Lettres d'avis,dont ils nous remettront copie ; et
pour l'execution des articles ci - dessus , avons
nommé pour notre Inspecteur le Sieur Boyer
Docteur en Medecine de la Faculté de Paris et de
Montpellier , pour nous informer de tout ce qui
concernera l'état du Bureau desdites Eaux Minerales
et de leur distribution , et sera le present Reglement
affiché dans ledit Bureau et par tout où
besoin sera. Donné à Versailles ce vingt - huitiéme
Fevrier mil sept cens trente-un. Signé
CHIRA C. Par le premier Medecin du Roi ,
Signé , JOUBERT. Monfieur DU CHASTELET,
Rapporteur.
Enregistré ès Registres du Grand Conseil du
Roi pour être executé selon sa forme & teneur, &
jouir parles Sieurs Alleaume, Duhamel ,la Salle,
Delage , Hennecart & Joubert , de l'effet & contenu
en icelui , suivant l'Arrêt dudit Conseil de
cejourd'hui dix - neuf Mars mil fept cens trente-
un. Signé , VERDUC.
Fermer
Résumé : REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
Pierre Chirac, Conseiller d'État et premier Médecin du Roi, émet un règlement en tant que Surintendant des Eaux Minérales et Médicinales de France. Il met l'accent sur la surveillance et la distribution des eaux minérales pour garantir leur authenticité et prévenir les fraudes. Le règlement fixe les prix des eaux minérales telles que celles de Forges, Sainte-Reine, Valhs, Balaruc, Cransac, Plombières, Bourbonne, Vichy et Spa. Il interdit aux directeurs et distributeurs de facturer un prix différent de celui établi et impose que toutes les bouteilles soient cachetées avec les armes de Chirac. Les distributeurs doivent informer Chirac de toutes les livraisons d'eaux minérales. Pour assurer la mise en œuvre de ces mesures, Chirac nomme le Docteur Boyer comme inspecteur. Le règlement est signé à Versailles le 28 février 1731 et enregistré par le Grand Conseil du Roi le 19 mars 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3961
p. 137-140
« Samedi 17. Fevrier, jour de la naissance de la Reine [...] »
Début :
Samedi 17. Fevrier, jour de la naissance de la Reine [...]
Mots clefs :
Reine de la Grande-Bretagne, Duc de Richemont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Samedi 17. Fevrier, jour de la naissance de la Reine [...] »
Samedi 17.Février,
jour de la naissance dç
la Reine de la Grande
Bretagne, Monsieur
Prior,Plenipotentiaire
de Sa Majesté
,
traita
magnifiquement le Duc
de Richemont, le Comte
de Karnvvarth, les
Chevaliers Horbarts,
Hatton, Vvebb,& plusieurs
autres Seigneurs
Anglois. Ils parurent
tous magnifiquement
habillez, dans une occasion
où il s'agissoit de
celebrer la naissance d'une
Princesse trés-aimée
de toute la nation. Il y
-
avoit deux tables de
vingt personnes, &une
autre de quinze, toutes
trois à quatre services SC
dessert. Le Duc de Richemont
fit les honneurs
de la première table, Se
MonsieurPrior dela Seconde.
Le repas fut suivi
d'untrés beau concert
j le foir il y eut de
grandes illuminations,
on donna une trés- belle
collation. Tous les gens
de la suite des Seigneurs
furent aussi bien regalez.
Tout le jour se paflfa
dans une joye universelle;
les santez principales
qu'on portoit au
son des trom pettes &
des timbales, furent celles
de la Reine de la
Grande Bretagne, à la
paix gencrale, au bon
Parlement prochain,&
a la bonne correspondance
éternelle entre la
Grande Bretagne &C la
France.
jour de la naissance dç
la Reine de la Grande
Bretagne, Monsieur
Prior,Plenipotentiaire
de Sa Majesté
,
traita
magnifiquement le Duc
de Richemont, le Comte
de Karnvvarth, les
Chevaliers Horbarts,
Hatton, Vvebb,& plusieurs
autres Seigneurs
Anglois. Ils parurent
tous magnifiquement
habillez, dans une occasion
où il s'agissoit de
celebrer la naissance d'une
Princesse trés-aimée
de toute la nation. Il y
-
avoit deux tables de
vingt personnes, &une
autre de quinze, toutes
trois à quatre services SC
dessert. Le Duc de Richemont
fit les honneurs
de la première table, Se
MonsieurPrior dela Seconde.
Le repas fut suivi
d'untrés beau concert
j le foir il y eut de
grandes illuminations,
on donna une trés- belle
collation. Tous les gens
de la suite des Seigneurs
furent aussi bien regalez.
Tout le jour se paflfa
dans une joye universelle;
les santez principales
qu'on portoit au
son des trom pettes &
des timbales, furent celles
de la Reine de la
Grande Bretagne, à la
paix gencrale, au bon
Parlement prochain,&
a la bonne correspondance
éternelle entre la
Grande Bretagne &C la
France.
Fermer
Résumé : « Samedi 17. Fevrier, jour de la naissance de la Reine [...] »
Le 17 février, à l'occasion de la naissance de la Reine de la Grande-Bretagne, Monsieur Prior, Plénipotentiaire de Sa Majesté, organisa un somptueux banquet en l'honneur du Duc de Richemont, du Comte de Karnvvarth, des Chevaliers Horbarts, Hatton, Vvebb, et plusieurs autres Seigneurs anglais. Les invités, magnifiquement habillés, célébrèrent la naissance d'une princesse très aimée de la nation. Le banquet se déroula avec deux tables de vingt personnes et une autre de quinze, toutes servies à quatre services avec dessert. Le Duc de Richemont présida la première table, tandis que Monsieur Prior présida la seconde. Après le repas, un concert et des illuminations furent offerts, suivis d'une collation. Tous les membres de la suite des Seigneurs furent également bien reçus. La journée se passa dans une joie universelle, avec des toasts portés à la Reine de la Grande-Bretagne, à la paix générale, au bon Parlement prochain, et à la bonne correspondance éternelle entre la Grande-Bretagne et la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3962
p. 138-139
Autre en Sonnet.
Début :
Avec l'aide de six femelles, [...]
Mots clefs :
Sonnet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre en Sonnet.
Autre en Sonnet.
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;´
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
****
܂
Dis
12
LYON
1893*
ร
De quoi remplir nos vaites tonneaux .
Ce Dieu fenfib'e à nos defirs
Afare & fagloire & nos plaifirs.
珊譁
r
M
Mij
ubr
ro:
• ar
222
gronie de moi , " muɔ fouvon terėjomnutęSen
Se fepare de l'autre & le tient à l'écart .
A
Autre en Sonnet.
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;'
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
**R
L
139 D'OCTOBRE
Dans les cercles , dans les ruelles ,
Deux de leurs fruits dignes d'amour ,
Partageant la ville & la Cour,
Firent jadis maintes querelles.
J'excelle difficilement ,
Et merite fi rarement
Une veritable loüange ,
Que, lorfqu'on me trouve à fon gré ,
On ne doit pas trouver étrange
Si le Phoenix m'eſt comparé,
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;´
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
****
܂
Dis
12
LYON
1893*
ร
De quoi remplir nos vaites tonneaux .
Ce Dieu fenfib'e à nos defirs
Afare & fagloire & nos plaifirs.
珊譁
r
M
Mij
ubr
ro:
• ar
222
gronie de moi , " muɔ fouvon terėjomnutęSen
Se fepare de l'autre & le tient à l'écart .
A
Autre en Sonnet.
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;'
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
**R
L
139 D'OCTOBRE
Dans les cercles , dans les ruelles ,
Deux de leurs fruits dignes d'amour ,
Partageant la ville & la Cour,
Firent jadis maintes querelles.
J'excelle difficilement ,
Et merite fi rarement
Une veritable loüange ,
Que, lorfqu'on me trouve à fon gré ,
On ne doit pas trouver étrange
Si le Phoenix m'eſt comparé,
Fermer
3963
p. 134-138
De Bruxelles le 10 Octobre 1717.
Début :
On fit hier en cette Ville l'Inauguration de l'Empereur, comme [...]
Mots clefs :
Inauguration, Empereur, Seigneurs, Marquis, Députés, Officiers, Carosse, Messe, Maréchal, Serments, Cérémonie, Obéissance, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Bruxelles le 10 Octobre 1717.
De Bruxelles le 10 Octobre 1717.
ON fithier en cette Vile l'Inauguration
de l'Empereur , comme
Duc deBrabant & de Limbourg. Les Seigneurs
Etats du Duché de Brabant &
lesDéputez de Limbourg, s'étant affemblez
chez le Comte de Tildonc , allerent
en Cavalcade vers les ro heures
du matin, à l'Hôtel de M. le Marquis de
Prié , pour le conduire à l'Eglife Collegiale
de S. Michel & de Sainte Gudule.
La marche commença par le Regiment
du Marquis de wefterlo , les Officiers
à la tête , puis les Députez des
Etats du Duché de Limbourg précédez
des trompettes & timbales ; aprés eux, le
Marquis d'Affche portant le grand
Etendart , comme Guidon héréditaire
du Duché de Brabant , ayant devant
luy' les deux Huiffiers des Etats de cette
Province ; enfuite les trois Receveurs &
le Greffier des Etats de Brabant , les
Députez des Villes d'Anvers , de Bruxelles
& de Louvain ; les Nobles &
les Prélats, chacun felon fon rang, ayant
à leur tête l'Abbé & Comte de Gem-1
bloux comme premier Noble . M. l'ED'OCTOBRE.
-135
vêque d'Anvers & l'Archevêque de
Malines fuivirent enfuite . Le Duc d'Urfel
reprefentant le Comte de Grobbendonc
, comme Maréchal heréditaire de
Brabant , portoit l'Epée , ayant devant
lui trois Herauts- d'Armes aux titres de
Brabant , de Limbourg & du Marquifat
du S : Empire ; à fa droite , le Herautd'Armes
à titre de la Toifon d'or , & à
fa gauche, celui à titre de Lothier , tous
vêtus de leurs cotes d'armes, le Caducéé
en main . M. le Marquis de Prić entouré
de la Noble garde des Archers , &
précedé de celle des Hallebardiers ,
marcha enfuite avec les Gentils - Hommes
,fes autres Officiers domeftiques,
Pages , Valets de pied & Haiduques ,.
fes chevaux de main & fes Caroffes de
corps. La marche fut fermée par le Regiment
de Dragons du Prince de Holftein.
Dés que Son Exc. fut entrée dans
l'Eglife , on commença la Meſſe de la
Sainte Trinité , qui fut chantée pontificalement
par M. l'Archevêque de
Malines , Primar des Pays bas , affifté
du Prélat du Parc Archichapelain des
Ducs de Brabant , du Prélat de Villers
comme Diacre , & du Prélat de S Bernard
comme Soudiacre. La Meſſe fi136
LE MERCURE
nie,Son Exc . mit la main fur le Miffel
qui lui fut préfenté pour ce fujet , &
fit entre les mains dudit Seigneur Archevêque,
le ferment accoûtumé pour
l'obſervation des Droits & Privileges
compérans aux Eglifes de Brabant . Le
Doyen de ladite Eglife fuivi des Chanoines
tous en chapes , vint faire enfuite
à M. de Prié la lecture d'un ferment
particulier pour les Droits & Privileges
de l'Eglife de S. Michel & de
Ste Gudule . Ces fonctions étant achevées
, Son Exc. accompagnée defdits
Seigneurs Etats , reprit la marche dans
le même ordre vers la Cour , où Elle
monta fur le grand Théatre qu'on y
avoit préparé pour cette célébre cérémonie
. Elle s'y mit dans un fauteuil
fous un riche dais , où le Portrait de Sa
Majefté Imp . étoit expofé , & fut entourée
de deux côtez des Seigneurs
Archevêque de Malines , de l'Evêque
d'Anvers , des Prelats , des Nobles
des Deputez , & c. Le Duc d'Urfel repréfentant
le Comte de Grobbendock ,
comme Maréchal héréditaire de Brabant
, tenant l'Epée , fe mit à droite de
la Table , & le Marquis d'Affche à la
gauche, comme Guidon héréditaire de
›
B
D'OCTOBRE
137
Brabant avec l'Etendart de la Province.
Chacun étant placé , le premier Heraut-
d'Armes cria à haute voix Silence,
Silence ; Son Exc. déclara le fujet de
cette Affemblée , à quoi le Greffier des
Etats de Brabant ayant répondu , lût à
haute voix les Lettres de Plein -pouvoir
de Sa Majefté Imp. enfuite les Lettres
de la Joyeufe Entrée avec leurs additions
. Enfin , les deux Sermens
ordinaires en langue Brabançonne &
Bourguignone . M. de Prié mit la main
fur le Miffel qui lui fut préfenté par
l'Archevêque , & fit au nom de l'Em
pereur,comme Duc de Brabant , les deux
fermens mentionnez. Enfuite de quoi ,
on fit à haute voix la lecture du ferment
d'obéiffance & de fidelité que les-
Etats de Brabant devoient prêter. Aprés
quoi , l'Archevêque , l'Evêque & les Prelats
le firent entre les mains de Son
Exc & les Nobles & les Députez des
Chefs Villes , en firent de même . Le
Penfionnaire des Etats de Limbourg fic
enfuite lecture des deux fermens que
Son Exc. devoit prêter aux Etats de
la même Province ; Onlûr enfuite le
ferment de fidélité & d'obéïffance que
les Etats de Limbourg devoient prêtez
Octobre 1717. M
138,
LE MERCURE
& que leurs Députez firentpareillement.
Cette Cérémonie étant achevée , le premier
Roi d'Armes cria trois fois à haute
voix : Vive l'Empereur & Roi , Duc
de Lothier , de Brabant , de Limbourg ,
& Marquis du S. Empire. Les trompettes
& timbales fe firent d'abord entendre
, & on fit trois décharges de
l'Artillerie de nos remparts , au fon de
la Cloche de Triomphe ; pendant quoi,
on jetta au Peuple des Médailles d'or
& d'argent. Son Exc . donna enfuite un
fettin fort magnifique dans le grand Salon
de la Cour , aux Seigneurs Etats des
deux Provinces , comme auffi à plufeurs
autres Seigneurs. Le foir il y eût
un grand feu d'artifice dreffé dans le
Parc derriere le Palais.
ON fithier en cette Vile l'Inauguration
de l'Empereur , comme
Duc deBrabant & de Limbourg. Les Seigneurs
Etats du Duché de Brabant &
lesDéputez de Limbourg, s'étant affemblez
chez le Comte de Tildonc , allerent
en Cavalcade vers les ro heures
du matin, à l'Hôtel de M. le Marquis de
Prié , pour le conduire à l'Eglife Collegiale
de S. Michel & de Sainte Gudule.
La marche commença par le Regiment
du Marquis de wefterlo , les Officiers
à la tête , puis les Députez des
Etats du Duché de Limbourg précédez
des trompettes & timbales ; aprés eux, le
Marquis d'Affche portant le grand
Etendart , comme Guidon héréditaire
du Duché de Brabant , ayant devant
luy' les deux Huiffiers des Etats de cette
Province ; enfuite les trois Receveurs &
le Greffier des Etats de Brabant , les
Députez des Villes d'Anvers , de Bruxelles
& de Louvain ; les Nobles &
les Prélats, chacun felon fon rang, ayant
à leur tête l'Abbé & Comte de Gem-1
bloux comme premier Noble . M. l'ED'OCTOBRE.
-135
vêque d'Anvers & l'Archevêque de
Malines fuivirent enfuite . Le Duc d'Urfel
reprefentant le Comte de Grobbendonc
, comme Maréchal heréditaire de
Brabant , portoit l'Epée , ayant devant
lui trois Herauts- d'Armes aux titres de
Brabant , de Limbourg & du Marquifat
du S : Empire ; à fa droite , le Herautd'Armes
à titre de la Toifon d'or , & à
fa gauche, celui à titre de Lothier , tous
vêtus de leurs cotes d'armes, le Caducéé
en main . M. le Marquis de Prić entouré
de la Noble garde des Archers , &
précedé de celle des Hallebardiers ,
marcha enfuite avec les Gentils - Hommes
,fes autres Officiers domeftiques,
Pages , Valets de pied & Haiduques ,.
fes chevaux de main & fes Caroffes de
corps. La marche fut fermée par le Regiment
de Dragons du Prince de Holftein.
Dés que Son Exc. fut entrée dans
l'Eglife , on commença la Meſſe de la
Sainte Trinité , qui fut chantée pontificalement
par M. l'Archevêque de
Malines , Primar des Pays bas , affifté
du Prélat du Parc Archichapelain des
Ducs de Brabant , du Prélat de Villers
comme Diacre , & du Prélat de S Bernard
comme Soudiacre. La Meſſe fi136
LE MERCURE
nie,Son Exc . mit la main fur le Miffel
qui lui fut préfenté pour ce fujet , &
fit entre les mains dudit Seigneur Archevêque,
le ferment accoûtumé pour
l'obſervation des Droits & Privileges
compérans aux Eglifes de Brabant . Le
Doyen de ladite Eglife fuivi des Chanoines
tous en chapes , vint faire enfuite
à M. de Prié la lecture d'un ferment
particulier pour les Droits & Privileges
de l'Eglife de S. Michel & de
Ste Gudule . Ces fonctions étant achevées
, Son Exc. accompagnée defdits
Seigneurs Etats , reprit la marche dans
le même ordre vers la Cour , où Elle
monta fur le grand Théatre qu'on y
avoit préparé pour cette célébre cérémonie
. Elle s'y mit dans un fauteuil
fous un riche dais , où le Portrait de Sa
Majefté Imp . étoit expofé , & fut entourée
de deux côtez des Seigneurs
Archevêque de Malines , de l'Evêque
d'Anvers , des Prelats , des Nobles
des Deputez , & c. Le Duc d'Urfel repréfentant
le Comte de Grobbendock ,
comme Maréchal héréditaire de Brabant
, tenant l'Epée , fe mit à droite de
la Table , & le Marquis d'Affche à la
gauche, comme Guidon héréditaire de
›
B
D'OCTOBRE
137
Brabant avec l'Etendart de la Province.
Chacun étant placé , le premier Heraut-
d'Armes cria à haute voix Silence,
Silence ; Son Exc. déclara le fujet de
cette Affemblée , à quoi le Greffier des
Etats de Brabant ayant répondu , lût à
haute voix les Lettres de Plein -pouvoir
de Sa Majefté Imp. enfuite les Lettres
de la Joyeufe Entrée avec leurs additions
. Enfin , les deux Sermens
ordinaires en langue Brabançonne &
Bourguignone . M. de Prié mit la main
fur le Miffel qui lui fut préfenté par
l'Archevêque , & fit au nom de l'Em
pereur,comme Duc de Brabant , les deux
fermens mentionnez. Enfuite de quoi ,
on fit à haute voix la lecture du ferment
d'obéiffance & de fidelité que les-
Etats de Brabant devoient prêter. Aprés
quoi , l'Archevêque , l'Evêque & les Prelats
le firent entre les mains de Son
Exc & les Nobles & les Députez des
Chefs Villes , en firent de même . Le
Penfionnaire des Etats de Limbourg fic
enfuite lecture des deux fermens que
Son Exc. devoit prêter aux Etats de
la même Province ; Onlûr enfuite le
ferment de fidélité & d'obéïffance que
les Etats de Limbourg devoient prêtez
Octobre 1717. M
138,
LE MERCURE
& que leurs Députez firentpareillement.
Cette Cérémonie étant achevée , le premier
Roi d'Armes cria trois fois à haute
voix : Vive l'Empereur & Roi , Duc
de Lothier , de Brabant , de Limbourg ,
& Marquis du S. Empire. Les trompettes
& timbales fe firent d'abord entendre
, & on fit trois décharges de
l'Artillerie de nos remparts , au fon de
la Cloche de Triomphe ; pendant quoi,
on jetta au Peuple des Médailles d'or
& d'argent. Son Exc . donna enfuite un
fettin fort magnifique dans le grand Salon
de la Cour , aux Seigneurs Etats des
deux Provinces , comme auffi à plufeurs
autres Seigneurs. Le foir il y eût
un grand feu d'artifice dreffé dans le
Parc derriere le Palais.
Fermer
3964
p. 544-548
DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres.
Début :
I. QUESTION. On suppose pour un moment l'ignorance des [...]
Mots clefs :
Questions, Lettres, Caractères, Système du bureau typographique, Méthode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres.
DEUX QUESTIONS sur la
dénomination des Lettres.
I. QUESTION.
On suppose pour un moment l'ignorance des Lettres , et que leur Inventeur paroissant pour la
premiere fois , donne les mots cy-dessous , pour.
exprimer les sons d'usage, qui signifient des chosesconnues. Il s'agit ensuite de donner des noms
MARS. 17328 $45 à ces nouveaux caracteres. Les noms vulgairess
d'aujourd'hui étant proposez , seroient- ils préfé--
rables aux noms que donne le Systême du Bu
Leau Tipographique ?
II. QUESTION..
On demande lequel se feroit le mieux entendre à
une personne qui ne sçait pas lire , de celui qui, -
pour demander les choses signifiées par les mots
cy-dessous , n'en prononceroit que les Lettres,
selon la Méthode vulgaire ; ou de celui qui n'en
prononceroit que les sons , selon la Méthode da
Bureau Typographique.
EXEMPLES de la Méthode.
Vulgaire. Typographique.
Mots.. Lettres nommées. Noms des Lettres, -
Réputa erre e pe u te ate is tion. o enne
Ailleurs. ai elle elle e u erre
esse.
Héris- ache e erre i esse esse
son. O enne
Café .. ce a effe e
Becasse. be e ce a esse esse e
Quicon- qu u i ce o enne qu
que це
Saucisse esse a u ce i esse
esse e
'Action acte io enne
ka fé
Re pe u te a ci
A lhe eu re ce
he re i ce
be ka ce
ki ke ō ke
se o ce i cen
a csi õ
Bœuf be o e u effe be eu fe
Phiole pe ache i o elle e fe io le
-Vi£... # consone i effe ye i fe
Joseph
545 MERCURE
DE FRANCE
Vulgaire. Typographiqus.
Mots. Lettres nommées. Noms des Lettres
Dâuphin .
Joseph i consone o esse e pe ache
de a u pe ache i
enne
Favori effe au consone o
je o ze è fe
de o fe i
soient erre i esse o ie
Vive
enne te
ú consone i u consone e
fe a ve o re i ze è
ve i ve
Phase pe ache a esse e fe a ze
Ligaé elle ige u e
Gant ge a enne te
Gigue ge i ge u e
Gigot ge i ge ot Agde a gende e
Juge i consone u ge
Gagége a ge e
Jaugé 1 consone a u
ge e
leighé
ghe at
ge i ghe
ge i ghe ot
a ghe de
je u je
ghe a gé
je o gé Lezé elle e zede e le zé
Volé u consone o elle e ve o lé
Louve
ne e le ou ve
elle a ne i me a leme è ze o
elle ou u consoAnimal a enne i emme a
Maison emme a i esse a
enne
Hyper ache i grec pe e
mnestre erre emme enne
e esse terre e
Mnemo emme enne e emsine me o esse i enne e
He i pe re mene fte re
me ne me o zeine
Stockolm
MARS. 17328 547
Vulgaire. Typographie.
Mots. Lettres nommées.
Stockolm.
esse te o ce ka o elle emme
Noms des Lettras.
fteo ke keole me • Mou- emme o u te o
ton enne
None enne o enné e
Ninive enne i enne i u
consone e
Agneau a ge enne e a u
Cha- ce ache a pe e
peau a u
me ou te õ
ne o ne e
ne i ne i've
a gne o
che a pe
Veau u consone e a u ve o
Pain pe a i enne pe î
Vin u consone i enne ve i
Viande u consone i a enne de e
ve iã de
Chou ce ache o u che ou
Volail- u consone a elle a i
le. elle elle e ye ole a lhe
Taxe te a isque e
te a kse
Exil e icse i elle e gze i le
Suson esse u esse o enne se u ze õ
Deux de e u isque de eu ce
Styx
Taxé te a icse e
Perplex pe e erre pe elle e
isque
esse ti grec isque Vœux u cans.o e u icse
Vivre ucons.i u cons.erre e ve i ve re
Zizanie zede i zede a enne ie
Chuche- ce ache u ce ache e
ICE re e erre
ze i ze a ne ie
che u che te re
te a csé
pere pe le ksce
fte i кse ve eu ce
Milhau
548 MERCURE DE FRANCE
Vulgaire.
Mots. Lettres nommées.
Typographique.
Noms des Lettres
Milhau emme i elle ache a ume il he o
Vigneu cons. i ge enne e ve igne.
Proven- pe erre o u consone
çal e enne ce a elle
Langue- elle a enne ge u e de
pe erre o ve a ce
a le
dochien e ce ache ie enne le a ghe de o che Bour- be o u erre ge u ités
gui- i ge enne o enne
gnon Castil- ce a esse te i elle elle
lan. a enne
be ou re ghigne
õ
ka fte i lhe a
Si quelqu'un dit qu'on a choisi exprès les mots
les plus propres, pour faire voir la supériorité de
la Méthode Typographique , sur la Méthode
vulgaire ; on lui répondra, en convenant du fait,
et en défiant tous les Maîtres , sans exception , de
pouvoit trouver un seul mot, en aucune languei vivante ou morte , dans lequel la dénomination.
et la Méthode vulgaire , ayent aucun avantage
sur la Méthode du Bureau. Si le fait est tel
comment se peut - il trouver un seul critique
contre la Pratique de la dénomination des sons
et des Lettres ?
C'est l'effet de la prevention qui met souvent
audessus de la raison de très-grans génies , et
à plus forte raison , de petits esprits incapables de
saisir , de suivre et de retenir les princip
dénomination des Lettres.
I. QUESTION.
On suppose pour un moment l'ignorance des Lettres , et que leur Inventeur paroissant pour la
premiere fois , donne les mots cy-dessous , pour.
exprimer les sons d'usage, qui signifient des chosesconnues. Il s'agit ensuite de donner des noms
MARS. 17328 $45 à ces nouveaux caracteres. Les noms vulgairess
d'aujourd'hui étant proposez , seroient- ils préfé--
rables aux noms que donne le Systême du Bu
Leau Tipographique ?
II. QUESTION..
On demande lequel se feroit le mieux entendre à
une personne qui ne sçait pas lire , de celui qui, -
pour demander les choses signifiées par les mots
cy-dessous , n'en prononceroit que les Lettres,
selon la Méthode vulgaire ; ou de celui qui n'en
prononceroit que les sons , selon la Méthode da
Bureau Typographique.
EXEMPLES de la Méthode.
Vulgaire. Typographique.
Mots.. Lettres nommées. Noms des Lettres, -
Réputa erre e pe u te ate is tion. o enne
Ailleurs. ai elle elle e u erre
esse.
Héris- ache e erre i esse esse
son. O enne
Café .. ce a effe e
Becasse. be e ce a esse esse e
Quicon- qu u i ce o enne qu
que це
Saucisse esse a u ce i esse
esse e
'Action acte io enne
ka fé
Re pe u te a ci
A lhe eu re ce
he re i ce
be ka ce
ki ke ō ke
se o ce i cen
a csi õ
Bœuf be o e u effe be eu fe
Phiole pe ache i o elle e fe io le
-Vi£... # consone i effe ye i fe
Joseph
545 MERCURE
DE FRANCE
Vulgaire. Typographiqus.
Mots. Lettres nommées. Noms des Lettres
Dâuphin .
Joseph i consone o esse e pe ache
de a u pe ache i
enne
Favori effe au consone o
je o ze è fe
de o fe i
soient erre i esse o ie
Vive
enne te
ú consone i u consone e
fe a ve o re i ze è
ve i ve
Phase pe ache a esse e fe a ze
Ligaé elle ige u e
Gant ge a enne te
Gigue ge i ge u e
Gigot ge i ge ot Agde a gende e
Juge i consone u ge
Gagége a ge e
Jaugé 1 consone a u
ge e
leighé
ghe at
ge i ghe
ge i ghe ot
a ghe de
je u je
ghe a gé
je o gé Lezé elle e zede e le zé
Volé u consone o elle e ve o lé
Louve
ne e le ou ve
elle a ne i me a leme è ze o
elle ou u consoAnimal a enne i emme a
Maison emme a i esse a
enne
Hyper ache i grec pe e
mnestre erre emme enne
e esse terre e
Mnemo emme enne e emsine me o esse i enne e
He i pe re mene fte re
me ne me o zeine
Stockolm
MARS. 17328 547
Vulgaire. Typographie.
Mots. Lettres nommées.
Stockolm.
esse te o ce ka o elle emme
Noms des Lettras.
fteo ke keole me • Mou- emme o u te o
ton enne
None enne o enné e
Ninive enne i enne i u
consone e
Agneau a ge enne e a u
Cha- ce ache a pe e
peau a u
me ou te õ
ne o ne e
ne i ne i've
a gne o
che a pe
Veau u consone e a u ve o
Pain pe a i enne pe î
Vin u consone i enne ve i
Viande u consone i a enne de e
ve iã de
Chou ce ache o u che ou
Volail- u consone a elle a i
le. elle elle e ye ole a lhe
Taxe te a isque e
te a kse
Exil e icse i elle e gze i le
Suson esse u esse o enne se u ze õ
Deux de e u isque de eu ce
Styx
Taxé te a icse e
Perplex pe e erre pe elle e
isque
esse ti grec isque Vœux u cans.o e u icse
Vivre ucons.i u cons.erre e ve i ve re
Zizanie zede i zede a enne ie
Chuche- ce ache u ce ache e
ICE re e erre
ze i ze a ne ie
che u che te re
te a csé
pere pe le ksce
fte i кse ve eu ce
Milhau
548 MERCURE DE FRANCE
Vulgaire.
Mots. Lettres nommées.
Typographique.
Noms des Lettres
Milhau emme i elle ache a ume il he o
Vigneu cons. i ge enne e ve igne.
Proven- pe erre o u consone
çal e enne ce a elle
Langue- elle a enne ge u e de
pe erre o ve a ce
a le
dochien e ce ache ie enne le a ghe de o che Bour- be o u erre ge u ités
gui- i ge enne o enne
gnon Castil- ce a esse te i elle elle
lan. a enne
be ou re ghigne
õ
ka fte i lhe a
Si quelqu'un dit qu'on a choisi exprès les mots
les plus propres, pour faire voir la supériorité de
la Méthode Typographique , sur la Méthode
vulgaire ; on lui répondra, en convenant du fait,
et en défiant tous les Maîtres , sans exception , de
pouvoit trouver un seul mot, en aucune languei vivante ou morte , dans lequel la dénomination.
et la Méthode vulgaire , ayent aucun avantage
sur la Méthode du Bureau. Si le fait est tel
comment se peut - il trouver un seul critique
contre la Pratique de la dénomination des sons
et des Lettres ?
C'est l'effet de la prevention qui met souvent
audessus de la raison de très-grans génies , et
à plus forte raison , de petits esprits incapables de
saisir , de suivre et de retenir les princip
Fermer
Résumé : DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres.
Le texte 'DEUX QUESTIONS sur la dénomination des Lettres' aborde deux interrogations principales concernant la dénomination et la prononciation des lettres. La première question examine la préférence entre les noms vulgaires actuels des lettres et ceux proposés par le Système du Bureau Typographique, en supposant une ignorance initiale des lettres. Le texte compare les noms des lettres selon la méthode vulgaire et la méthode typographique à travers divers exemples de mots. La deuxième question explore quelle méthode serait la plus compréhensible pour une personne ne sachant pas lire : prononcer les lettres selon la méthode vulgaire ou les sons selon la méthode typographique. Le texte fournit des exemples comparatifs de mots prononcés selon les deux méthodes. Le texte conclut en défiant les critiques de trouver un mot où la méthode vulgaire serait supérieure à la méthode typographique, affirmant que la prévention et les préjugés peuvent souvent obscurcir la raison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3965
p. 136-140
Jugement porté sur la piéce de Sanson. [titre d'après la table]
Début :
Ayant promis dans le Mercure de Mars de parler de [...]
Mots clefs :
Tragicomédie, Samson, Pièce, Théâtre, Providence, Comique, Arlequin, Philistins, Comédiens-Italiens, Spectateur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Jugement porté sur la piéce de Sanson. [titre d'après la table]
Ayant promis dans le Mercure
de Mars de parler de SANSO N
Tragi- Comedie , il eft de mon
devoir d'acquiter ma parole .
Comme cette Piéce eft entre les
mains de tout le Monde , & que
d'ailleurs , felon l'Editeur même ,
c'eft un de ces Monftres dont le
D'AVRIL 137
Théatre d'Italie fut fi fertil pendant
le dernier Siécle , je crois que
ce feroit abufer de la patience du
Lecteur , que de lui en donner un
Extrait complet. Il fuffira de dire
que le fujet de cette Tragi- Comedie
n'eft autre que la délivrance
des Hebreux & la ruïne des Philiftins
; c'est là ce qui produit l'action
principale ; tout le reste n'étant
que les divers moïens employez
par la Providence pour y.parvenir,
& dans lefquels on a fuivi l'Ecriture
à la Lettre.
Qu'on ne s'attende pas d'y trouver
ni régularité , ni vray -femblance
, l'Autheur ne s'est point affujetti
aux Régles d'Ariftote , il a fuivi
un certain merveilleux , fans
s'embarraffer de la durée du tems ,
de l'unité du Lieu &c. On n'y trou
véra cependant aucun fentiment qui
démente le caractere de Sanfon ,
& qui ne lui convienne : Ce qui
a.parû de plus extraordinaire pour
les François , c'eft de voir Arlequin
efclave d'Acab , qui voulant
138 LE MERCURE
imiter Sanfon dans toutes les actions
de force qu'il lui voit operer,
repand un Comique fi bouffon dans
l'effai qu'il en fait , que les moins
fcrupuleux s'enfont formalifez . Je
n'en raporterai que deux exemples.
Aprés que la perfide DALILA
a coupé les cheveux de Sanfon endormi
, dans lefquels réfidoit le
principe furnaturel de cette force
qui auoit été fi fatalle aux Philiftins
; Arlequin s'imagine qu'en s'en
fervant en guife de Cadenettes ,
il alloit être un autre Sanfon lui.
même alors fe jettant avec con.
fiance fur la Baluftrade
pour
racher ; Aprés quelques efforts
inutils , il fe faifit d'une Lettre
qu'il déchire av c fureur . Enfuite
de cette épreuve de force ,
il, en tente une autre , il attrape
un Poulet qu'il veut mettre en quartiers
par imitation au Lyon déchiré
par Sanfon Comme il eft prêc
de le faire , le Poalet crie ; alors
touché de compaffion , il lui donne
généreufement la vie , bien enten-
:
l'ar.
D'AVRIL 139
:
du que, comme un gourmand qu'il
ett,il le deſtine pour fon fouper. Il
femble qu'aprés un compofe fibizarre
du Prophane avec le Sacré ,
on devroit trouver encoreplus étran
ge que l'on fuivît avec empreffement
une Piéce fi oppofée aux
Loix du Théatre François Voilà
précisément ce qui fait l'éloge des
Comediens Italiens , & de LELIO
en particulier ; puifque malgré
toutes ces difparates , ce dernier
Acteur faifit avec tant d'ame la
dignité de fon fujet, qu'il s'empare
de la bienveillance du fpectateur,
& lui impofe tellement par la verité
de fon jeu , que fouvent il s'attire
des applaudiffemens dans des endroits
qui feroient fiffler tout autre
Comedien. Si le Theatre Italien
a fon LELIO , la Scene Françoiſe
a Mile Defmarts par excellence ,
à qui on doit la même juftice dans
SEMIRAMIS.
Qu'il me foit permis d'hazarder
ici une Réflexion. Les Comédiens
Italiens ont mérité par la fûreté de
140 LE MERCURE
leurs talens, &par la vivacité de leur
émulation, tous les fuffrages dunt le
public a honoré leur Théatre . Le
mérite des Acteurs , a beaucoup
contribué à faire illufion à la multitude
en faveur de leurs Piéces . Les
Auteurs François font d'autant moins
tentez de critiquer ceThéatre,qu'ils
fentent mieux combien les Comedies
Italiennes font informes , comparées
aux Comedies Françoifes.
Cette distance leur eft fi évidente ,
qu'elle les fauve de toute jaloufie.
Mais je crains fort que ces abfurditez
, qui font fortune dans les Piéces
Italiennes , ne s'introduifent
enfin peu à peu dans les nôtres . Je
crois voir le Public difpofé à fe relâcher
de cette févérité infléxible
à qui nous devons la perfection de
nôtre Théatre.
de Mars de parler de SANSO N
Tragi- Comedie , il eft de mon
devoir d'acquiter ma parole .
Comme cette Piéce eft entre les
mains de tout le Monde , & que
d'ailleurs , felon l'Editeur même ,
c'eft un de ces Monftres dont le
D'AVRIL 137
Théatre d'Italie fut fi fertil pendant
le dernier Siécle , je crois que
ce feroit abufer de la patience du
Lecteur , que de lui en donner un
Extrait complet. Il fuffira de dire
que le fujet de cette Tragi- Comedie
n'eft autre que la délivrance
des Hebreux & la ruïne des Philiftins
; c'est là ce qui produit l'action
principale ; tout le reste n'étant
que les divers moïens employez
par la Providence pour y.parvenir,
& dans lefquels on a fuivi l'Ecriture
à la Lettre.
Qu'on ne s'attende pas d'y trouver
ni régularité , ni vray -femblance
, l'Autheur ne s'est point affujetti
aux Régles d'Ariftote , il a fuivi
un certain merveilleux , fans
s'embarraffer de la durée du tems ,
de l'unité du Lieu &c. On n'y trou
véra cependant aucun fentiment qui
démente le caractere de Sanfon ,
& qui ne lui convienne : Ce qui
a.parû de plus extraordinaire pour
les François , c'eft de voir Arlequin
efclave d'Acab , qui voulant
138 LE MERCURE
imiter Sanfon dans toutes les actions
de force qu'il lui voit operer,
repand un Comique fi bouffon dans
l'effai qu'il en fait , que les moins
fcrupuleux s'enfont formalifez . Je
n'en raporterai que deux exemples.
Aprés que la perfide DALILA
a coupé les cheveux de Sanfon endormi
, dans lefquels réfidoit le
principe furnaturel de cette force
qui auoit été fi fatalle aux Philiftins
; Arlequin s'imagine qu'en s'en
fervant en guife de Cadenettes ,
il alloit être un autre Sanfon lui.
même alors fe jettant avec con.
fiance fur la Baluftrade
pour
racher ; Aprés quelques efforts
inutils , il fe faifit d'une Lettre
qu'il déchire av c fureur . Enfuite
de cette épreuve de force ,
il, en tente une autre , il attrape
un Poulet qu'il veut mettre en quartiers
par imitation au Lyon déchiré
par Sanfon Comme il eft prêc
de le faire , le Poalet crie ; alors
touché de compaffion , il lui donne
généreufement la vie , bien enten-
:
l'ar.
D'AVRIL 139
:
du que, comme un gourmand qu'il
ett,il le deſtine pour fon fouper. Il
femble qu'aprés un compofe fibizarre
du Prophane avec le Sacré ,
on devroit trouver encoreplus étran
ge que l'on fuivît avec empreffement
une Piéce fi oppofée aux
Loix du Théatre François Voilà
précisément ce qui fait l'éloge des
Comediens Italiens , & de LELIO
en particulier ; puifque malgré
toutes ces difparates , ce dernier
Acteur faifit avec tant d'ame la
dignité de fon fujet, qu'il s'empare
de la bienveillance du fpectateur,
& lui impofe tellement par la verité
de fon jeu , que fouvent il s'attire
des applaudiffemens dans des endroits
qui feroient fiffler tout autre
Comedien. Si le Theatre Italien
a fon LELIO , la Scene Françoiſe
a Mile Defmarts par excellence ,
à qui on doit la même juftice dans
SEMIRAMIS.
Qu'il me foit permis d'hazarder
ici une Réflexion. Les Comédiens
Italiens ont mérité par la fûreté de
140 LE MERCURE
leurs talens, &par la vivacité de leur
émulation, tous les fuffrages dunt le
public a honoré leur Théatre . Le
mérite des Acteurs , a beaucoup
contribué à faire illufion à la multitude
en faveur de leurs Piéces . Les
Auteurs François font d'autant moins
tentez de critiquer ceThéatre,qu'ils
fentent mieux combien les Comedies
Italiennes font informes , comparées
aux Comedies Françoifes.
Cette distance leur eft fi évidente ,
qu'elle les fauve de toute jaloufie.
Mais je crains fort que ces abfurditez
, qui font fortune dans les Piéces
Italiennes , ne s'introduifent
enfin peu à peu dans les nôtres . Je
crois voir le Public difpofé à fe relâcher
de cette févérité infléxible
à qui nous devons la perfection de
nôtre Théatre.
Fermer
3966
p. 137-142
SUITE DES MORTS.
Début :
Cosme Roger, Prédicateur ordinaire du Roy, Evêque & Seigneur de [...]
Mots clefs :
Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DES MORTS.
SUITE DES MORTS.
Cosme Roger, Prédicateur
ordinaire du Roy, Evêque
& Seigneur de Lombcz,
& cy devant Abbé iu
Superieur GeneraldelaCongregation
deNostre Dame
des Feüillans,Ordre de Cisteaux,
mour ut en son Diocése
le 20. Decembre dernier,
âgé de 95 ans. Les
PP. Feuillans de la ruë S.
Honoré lui ont rendu les
derniers devoirs par un Service
solemnel qu'ils ont fait
dans leur Eglise.
Gilles le Sourd, Docteur
en Theologie, ancien Recteur
de l'Université de Paris
Curé de Saint Paul & PrincipalduCollege
de la Marche,
est mort le deuxiéme
jour de Janvier. MrBouret,
Docteur de la Maison
de Sorbonne & Professeur
en Theologie, a obtenu les
provisions dela Cure de S.
Paul, comme plus ancien
Gradué;on sçaitqueles Beneficesquivaquentpendant
les mois de Janvier & de
Juillet, qu'on nomme mois
derigueurappartiennent aux
plus anciens graduez; 011
appellemois defaveur,Avril
& Octobre
, parce que les
Benefices qui vaquent pen-
,
dant ces deux moispeuvent
estre donnez par le Collateur,
à des Graduez, sans
distinction d'ancienneté.
Cette Cure est disputée à
Mr Bouret par un autte Gradue
,
qui est véritablement
le plus ancien; mais Mr
Bouret prétend qu'il a perdu
son droit d'ancienneté
par un Canonicat de S. Germain
TAuxerois ; voilàle
sujet d'un Procès.
La Paroisse S. Paulestoit
Royale, du temps que les
Rois occupoient le Palais
des Tournelles;cetteEglise
sur construite du temps de
CharlesVI.
Marie Catherine de Bragelonne,
fille de Pierre de
Bragelonne
,
President des
Enquestes du Parlement de
Bretagne, mourut en couches
le 7 Janvier, âgée de
vingt ans. Elle avoit épouséMichel.
Chauvin, Consellier
au Parlement.
Marie Nicolle le Gorlier
de Dreuilly,épouse de Jean-
BaptisteMolé de Champlatreux
,
President à Mortier,
est morte le il de ce mois,
âgée de 33 ans.
René Bonncau
,
Abbé de
S. Martin d'Autun, & cidevant
Aumônier du Rojr
est mort le 23 de ce mois
en sa81 année.
Maximilien Titon
,
E- J
cuyer Seigneur d'Oignons,
Secretaire du Roy & Directeur
General des Ma gasins
d'Armes de Sa Majesté,est
mort le 24 de ce mois, âgé
de 80 ans.
Cosme Roger, Prédicateur
ordinaire du Roy, Evêque
& Seigneur de Lombcz,
& cy devant Abbé iu
Superieur GeneraldelaCongregation
deNostre Dame
des Feüillans,Ordre de Cisteaux,
mour ut en son Diocése
le 20. Decembre dernier,
âgé de 95 ans. Les
PP. Feuillans de la ruë S.
Honoré lui ont rendu les
derniers devoirs par un Service
solemnel qu'ils ont fait
dans leur Eglise.
Gilles le Sourd, Docteur
en Theologie, ancien Recteur
de l'Université de Paris
Curé de Saint Paul & PrincipalduCollege
de la Marche,
est mort le deuxiéme
jour de Janvier. MrBouret,
Docteur de la Maison
de Sorbonne & Professeur
en Theologie, a obtenu les
provisions dela Cure de S.
Paul, comme plus ancien
Gradué;on sçaitqueles Beneficesquivaquentpendant
les mois de Janvier & de
Juillet, qu'on nomme mois
derigueurappartiennent aux
plus anciens graduez; 011
appellemois defaveur,Avril
& Octobre
, parce que les
Benefices qui vaquent pen-
,
dant ces deux moispeuvent
estre donnez par le Collateur,
à des Graduez, sans
distinction d'ancienneté.
Cette Cure est disputée à
Mr Bouret par un autte Gradue
,
qui est véritablement
le plus ancien; mais Mr
Bouret prétend qu'il a perdu
son droit d'ancienneté
par un Canonicat de S. Germain
TAuxerois ; voilàle
sujet d'un Procès.
La Paroisse S. Paulestoit
Royale, du temps que les
Rois occupoient le Palais
des Tournelles;cetteEglise
sur construite du temps de
CharlesVI.
Marie Catherine de Bragelonne,
fille de Pierre de
Bragelonne
,
President des
Enquestes du Parlement de
Bretagne, mourut en couches
le 7 Janvier, âgée de
vingt ans. Elle avoit épouséMichel.
Chauvin, Consellier
au Parlement.
Marie Nicolle le Gorlier
de Dreuilly,épouse de Jean-
BaptisteMolé de Champlatreux
,
President à Mortier,
est morte le il de ce mois,
âgée de 33 ans.
René Bonncau
,
Abbé de
S. Martin d'Autun, & cidevant
Aumônier du Rojr
est mort le 23 de ce mois
en sa81 année.
Maximilien Titon
,
E- J
cuyer Seigneur d'Oignons,
Secretaire du Roy & Directeur
General des Ma gasins
d'Armes de Sa Majesté,est
mort le 24 de ce mois, âgé
de 80 ans.
Fermer
Résumé : SUITE DES MORTS.
Le texte mentionne plusieurs décès survenus en fin d'année et début d'année suivante. Cosme Roger, Prédicateur ordinaire du Roi, Évêque de Lombcz et supérieur général de la Congrégation de Notre Dame des Feuillans, est décédé le 20 décembre à l'âge de 95 ans. Les Feuillans lui ont rendu hommage par un service solennel. Gilles le Sourd, Docteur en Théologie, ancien Recteur de l'Université de Paris, Curé de Saint-Paul et Principal du Collège de la Marche, est mort le 2 janvier. Monsieur Bouret, Docteur de la Maison de Sorbonne et Professeur en Théologie, a obtenu la cure de Saint-Paul en tant que plus ancien gradué, mais cette nomination est contestée, entraînant un procès. Marie Catherine de Bragelonne, fille de Pierre de Bragelonne, Président des Enquestes du Parlement de Bretagne, est décédée en couches le 7 janvier à l'âge de 20 ans. Elle était mariée à Michel Chauvin, Conseiller au Parlement. Marie Nicolle le Gorlier de Dreuilly, épouse de Jean-Baptiste Molé de Champlatreux, Président à Mortier, est morte le 11 janvier à l'âge de 33 ans. René Bonneau, Abbé de Saint-Martin d'Autun et ancien Aumônier du Roi, est décédé le 23 janvier à l'âge de 81 ans. Maximilien Titon, Écuyer Seigneur d'Oignons, Secrétaire du Roi et Directeur Général des Magasins d'Armes de Sa Majesté, est mort le 24 janvier à l'âge de 80 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3967
p. [1]36-142
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
L'Archiduc a cassé la Regence de l'Autriche inferieure pour en [...]
Mots clefs :
Allemagne, Troupes, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne.
L'Archiduca caffé la Regence de l'Autriche infericu
re pour en établir une nouvelle;le Comte SigifmondFrederic de Kevenhiller en a
efté fait Prefident , ila nomméunVice- Prefident & quas
rante Conſeillers ; ce chan
GALANT. 437
gement a fait ungrand nombre de Mécontents , à caufe
que plufieurs perfonnes de
diftinction'en ont efté exi1
lées. Le Comte de Staremberg demande de prompts
& puiffants fecours ; on travaille à luy envoyer le plûtoft qu'il fera poffible de
l'argent & des Troupes. Un
Courrier arrivé de BarcelonInca rapporté que l'Archi-
-ducheffe leftoit entierement
guerie de fon indifpofiition ;
qu'elle attendoit avec impatience l'Eſcadre fur laquelle elle devoir s'embarMay 1712.
M
+38 MERGURE
quer pour retourner à Vien
no. Les Lettres de Conftantinople du 15 Mars affurent
que la guerre avoit cfté de
nouveau refoluë , à moins
que le Czar ne retiré toutes
Les Troupes de Pologne &
d'Ukraine , qu'il n'accorde
au Roy de Suede un libre
paffage par la Pologne ; qu'il
ne le mêle plus des affaitesde ce Royaume- là , & qu'il
-reſticuë à Sa Majeſté Sukdojfe toutes les conqueſtes qu'il
a faites. Commeon ne croit
pas que le Czar confente à
ces demandes , les Turcs
CALANT. 139
font de grands preparatifs.
Ils ont encore envoyé de
grandes ſommes au Roy de
Suede qui fe tient preſt
marcher vers la Pologne le
15. de May avec toutes fes
Troupes , celles du Palatin
de Kiovie & un grand renfort de Turcs & de Tarta
res entreroient en Ukraine
& en Mofcovic. Ces nouvelles donnent beaucoup
d'inquietude , daurant qu'il
ya peu de Troupes en Hongric , que les Places font en
mauvais cftat , qu'il y a un
grand nombre de Mécon
Mij
140 MERCURE
tens. Le Comte de Thaun
continuera cette . Campa
gne
1
de commander en Italic les Troupes Auftrichiennes l'Archiduc a nommé
pour commander fous luy
Je Comte de Thierheim qui
Le prepare à partir pour ce
pais là . Le depart de l'Archiduc pour aller à Pref
bourg , avoit eflé fixé au
o de ce mois, mais on croit
qu'il fera differé jufqu'aprés
la Pentecofte à caufe que le
Danubeeft débordé de nou .
veau ayant inondé la
campagne. On affure que
11
GALANT. 141
le Prince Ragotzi & le Comte Berezini ont fait entendre
à la Cour Orromane que fi
selle leur donnoit un ſecours
mediocre , ils eftoient én
eftat de faire une puiffante
-diverfion.
L'Archiduca caffé la Regence de l'Autriche infericu
re pour en établir une nouvelle;le Comte SigifmondFrederic de Kevenhiller en a
efté fait Prefident , ila nomméunVice- Prefident & quas
rante Conſeillers ; ce chan
GALANT. 437
gement a fait ungrand nombre de Mécontents , à caufe
que plufieurs perfonnes de
diftinction'en ont efté exi1
lées. Le Comte de Staremberg demande de prompts
& puiffants fecours ; on travaille à luy envoyer le plûtoft qu'il fera poffible de
l'argent & des Troupes. Un
Courrier arrivé de BarcelonInca rapporté que l'Archi-
-ducheffe leftoit entierement
guerie de fon indifpofiition ;
qu'elle attendoit avec impatience l'Eſcadre fur laquelle elle devoir s'embarMay 1712.
M
+38 MERGURE
quer pour retourner à Vien
no. Les Lettres de Conftantinople du 15 Mars affurent
que la guerre avoit cfté de
nouveau refoluë , à moins
que le Czar ne retiré toutes
Les Troupes de Pologne &
d'Ukraine , qu'il n'accorde
au Roy de Suede un libre
paffage par la Pologne ; qu'il
ne le mêle plus des affaitesde ce Royaume- là , & qu'il
-reſticuë à Sa Majeſté Sukdojfe toutes les conqueſtes qu'il
a faites. Commeon ne croit
pas que le Czar confente à
ces demandes , les Turcs
CALANT. 139
font de grands preparatifs.
Ils ont encore envoyé de
grandes ſommes au Roy de
Suede qui fe tient preſt
marcher vers la Pologne le
15. de May avec toutes fes
Troupes , celles du Palatin
de Kiovie & un grand renfort de Turcs & de Tarta
res entreroient en Ukraine
& en Mofcovic. Ces nouvelles donnent beaucoup
d'inquietude , daurant qu'il
ya peu de Troupes en Hongric , que les Places font en
mauvais cftat , qu'il y a un
grand nombre de Mécon
Mij
140 MERCURE
tens. Le Comte de Thaun
continuera cette . Campa
gne
1
de commander en Italic les Troupes Auftrichiennes l'Archiduc a nommé
pour commander fous luy
Je Comte de Thierheim qui
Le prepare à partir pour ce
pais là . Le depart de l'Archiduc pour aller à Pref
bourg , avoit eflé fixé au
o de ce mois, mais on croit
qu'il fera differé jufqu'aprés
la Pentecofte à caufe que le
Danubeeft débordé de nou .
veau ayant inondé la
campagne. On affure que
11
GALANT. 141
le Prince Ragotzi & le Comte Berezini ont fait entendre
à la Cour Orromane que fi
selle leur donnoit un ſecours
mediocre , ils eftoient én
eftat de faire une puiffante
-diverfion.
Fermer
Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
En 1712, plusieurs événements politiques et militaires marquent l'Allemagne et l'Europe de l'Est. En Autriche, l'archiduc destitue la Régence et nomme le Comte Sigismond-Frédéric de Kevenhüller président, suscitant l'insatisfaction de certains notables exclus. Le Comte de Starhemberg sollicite des secours financiers et militaires, en cours d'envoi. L'archiduchesse, rétablie, attend une escadre pour retourner à Vienne. À Constantinople, la guerre menace de reprendre si le Czar ne retire pas ses troupes de Pologne et d'Ukraine, n'accorde pas un libre passage au roi de Suède, et ne restitue pas ses conquêtes. Les Turcs se préparent à la guerre et soutiennent le roi de Suède, qui se prépare à marcher vers la Pologne avec des renforts turcs et tartares. Cette situation inquiète en raison du faible nombre de troupes en Hongrie et de l'état déplorable des places fortes. Le Comte de Thau continuera à commander en Italie, secondé par le Comte de Thierheim. Le départ de l'archiduc pour Presbourg est reporté en raison des inondations du Danube. Enfin, le Prince Ragotzi et le Comte Berezini proposent à la Cour orromane de créer une diversion si un secours leur est accordé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3968
p. 134-139
LE MERITE ET LA FORTUNE FABLE.
Début :
La Fable suivante est d'un Auteur incertain. On soupçonne cependant / Le Mérite, Cadet de fort bonne Maison, [...]
Mots clefs :
Mérite, Fortune, Hymen, Époux, Couples, Charmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MERITE ET LA FORTUNE FABLE.
La Fable ſuivante eſt d'un
Auteur incertain. On ſoupçonne
cependant , qu'elle eſt de la compoſition
du Pere Benoît Jeſuîte ,
à qui on attribuë égallement la
lapetite Piéce en Vers qui eft
inférée à la p. 174. du Mercure de
Juin , fur les dernieres Fables que
M. de la Motterécita à l'Academie
Françoise.
ce
Ces 2. ſeuls Morceaux ſont ſuffifans
,pour faire juger , que fi
Pere tournoit ſongénie du côté de
la Poësie , il ſeroit en état de ne
point envier les Talents de nos
meilleurs Poëtes.
LE
MERITE ET LA FORTUNE
FABLE .
IE Mérite , Cadet defort bom
ne Maison ,
Et l'Infante Fortune , opulente heritiere
,
Parlesliensd'Hymenfurent unis ,
dit-on,
DE JUILLET. 135
Au bon vieux Temps c'étoit-làla
maniére
Entr'euxpoint de débat , point de
dissension ;
Il n'étoit bruit partout que de leur
union.
Jamais on ne voyoit Fortune ſans
Mériteزو
Mérite Sans Fortune étoit cas fur-
1 prenant :
C'étoit méme , choſe illicite.
La mode helas ! n'en est plus
maintenant ,
Tantpis ; car , après tout , l'Hymen
étoitfortable ,
L'Epoux étoit bien-fait , infinuant,
aimable ;
L'Epouse avoit de grands attraits
Et du comptant : Que faut - il
davantage?
COMPTANT lui ſeul , tient lieu
des plus beaux traits ,
Audemeurant l'humeur un peu
volage ,
C'étoit leſeul défaut dont on pût la
taxer ;
Mais Méritefin perſonnage
Mij
135 LE MERCURE
Mieux que tout autre avoit scu
la fixer.
Pour un Cadet , une telle Alliance
Devoit sans doute avoir de
grands appas ;
, ACCOSi
de tout bien la joüiffance
Ala longue n'ennuyoit pas.
Chez ce Couple charmant
roi nt à toute beurs
Gens de toute Condition :
L'Interét joint à l'Inclination
Les attiroit à leur demeure ,
D'où l'on ne fortoit point fans
admiration.
Mérite,bean-Diseur enchantoit tout
lemonde;
C'étoit lui qu'on lañoit , Fortune
n'étoit rien.
Cependant c'étoit de fon bien ,
Qu'ilfaisoit largeſſe à laronde ;
Largeſſe àqui , tout bien compté ,
Il devoit le bonheur deſe voir tant
vanté.
Devenu fier de cette préference ,
Il crut Fortune indigne de fon
coeur.
DE JUILLET. 137
Pour elle , plus d'égard, de ſoin ,de
déférence ,
C'étoit mépris , c'étoit hauteur;
Mêmene regardoitſouvent lapau--
ure Infante ,
Que comme il auroit fait sa très
humble ſervante.
Qu'onjuge, fr ce trait dût bienfore
la piquer.
Elle étoit femme , elle étoit mepriſée
,
Pour moins l'on pourroitse cho..
quer;
Elle en fut fi fcandalisée ,
Quefurle champ, sans dire-adien
,
Elle délogea du dit lieu :.
Vousjugez bien qu'elle trouva rewaite
,
Gens d'affaires tous des pre--
miers
La recüeillirent volontiers ;
L'oubliois qu'en partant , ellefit mai-
Son nette ,
- Laiſſant au Méritepour bien ,
Oupeude chose , ou même rien..
Cecoup ne le toucha que de la bonne
Sorte Miij
138 LE MERCURE
Qu'y perdoit it ? un affez foible
appuy
Sans elle il comptoit bien de retenir
chez lui
des Courtijans laflateuse Cohorte:
Ilse trompa ; fors quelques vrais
amis ,
Tout,jusqu'aux gens debien, déferta
le Logis;
Du côté de Fortune & des fots
desſages,
Onvit tourner tousles hommages.
Ce n'est pas tout, ilse voit àson tour
Reduit à lui faresa Cour :
Cette Vengeance a pour elle des
Charmes ,
On sçait afſés que pareil Incident
Pourtout Vindicatif est un morceau
friant :
Mèrite de dep ten verſe maintes
Larmes ,
Mais ses fûpirs font ſuperftes :
Ala porte on le laiſſeàloisirſe morfondre
Pour achever même de le confor
dre ,
Il voit le Crime admis , &`lui feul
refte exilus.
DE JUILLET. 139
Vous noterez , par parenthese ,
Quechosessont encore en cet état ,
Fortune fait toûjours la fiére& la
mauvaise ;
Merite cependant en est mal à fon
aife ,
Entre eux ne pourroit -on faire un
bon concordat ?
Belle reunion à faire :
Mais las ! Apartient.il àdefimples
Mortels ,
De la tenter ? Qui concluroit
l'Affaire ,
Je lui drefſferois des Autels.
Auteur incertain. On ſoupçonne
cependant , qu'elle eſt de la compoſition
du Pere Benoît Jeſuîte ,
à qui on attribuë égallement la
lapetite Piéce en Vers qui eft
inférée à la p. 174. du Mercure de
Juin , fur les dernieres Fables que
M. de la Motterécita à l'Academie
Françoise.
ce
Ces 2. ſeuls Morceaux ſont ſuffifans
,pour faire juger , que fi
Pere tournoit ſongénie du côté de
la Poësie , il ſeroit en état de ne
point envier les Talents de nos
meilleurs Poëtes.
LE
MERITE ET LA FORTUNE
FABLE .
IE Mérite , Cadet defort bom
ne Maison ,
Et l'Infante Fortune , opulente heritiere
,
Parlesliensd'Hymenfurent unis ,
dit-on,
DE JUILLET. 135
Au bon vieux Temps c'étoit-làla
maniére
Entr'euxpoint de débat , point de
dissension ;
Il n'étoit bruit partout que de leur
union.
Jamais on ne voyoit Fortune ſans
Mériteزو
Mérite Sans Fortune étoit cas fur-
1 prenant :
C'étoit méme , choſe illicite.
La mode helas ! n'en est plus
maintenant ,
Tantpis ; car , après tout , l'Hymen
étoitfortable ,
L'Epoux étoit bien-fait , infinuant,
aimable ;
L'Epouse avoit de grands attraits
Et du comptant : Que faut - il
davantage?
COMPTANT lui ſeul , tient lieu
des plus beaux traits ,
Audemeurant l'humeur un peu
volage ,
C'étoit leſeul défaut dont on pût la
taxer ;
Mais Méritefin perſonnage
Mij
135 LE MERCURE
Mieux que tout autre avoit scu
la fixer.
Pour un Cadet , une telle Alliance
Devoit sans doute avoir de
grands appas ;
, ACCOSi
de tout bien la joüiffance
Ala longue n'ennuyoit pas.
Chez ce Couple charmant
roi nt à toute beurs
Gens de toute Condition :
L'Interét joint à l'Inclination
Les attiroit à leur demeure ,
D'où l'on ne fortoit point fans
admiration.
Mérite,bean-Diseur enchantoit tout
lemonde;
C'étoit lui qu'on lañoit , Fortune
n'étoit rien.
Cependant c'étoit de fon bien ,
Qu'ilfaisoit largeſſe à laronde ;
Largeſſe àqui , tout bien compté ,
Il devoit le bonheur deſe voir tant
vanté.
Devenu fier de cette préference ,
Il crut Fortune indigne de fon
coeur.
DE JUILLET. 137
Pour elle , plus d'égard, de ſoin ,de
déférence ,
C'étoit mépris , c'étoit hauteur;
Mêmene regardoitſouvent lapau--
ure Infante ,
Que comme il auroit fait sa très
humble ſervante.
Qu'onjuge, fr ce trait dût bienfore
la piquer.
Elle étoit femme , elle étoit mepriſée
,
Pour moins l'on pourroitse cho..
quer;
Elle en fut fi fcandalisée ,
Quefurle champ, sans dire-adien
,
Elle délogea du dit lieu :.
Vousjugez bien qu'elle trouva rewaite
,
Gens d'affaires tous des pre--
miers
La recüeillirent volontiers ;
L'oubliois qu'en partant , ellefit mai-
Son nette ,
- Laiſſant au Méritepour bien ,
Oupeude chose , ou même rien..
Cecoup ne le toucha que de la bonne
Sorte Miij
138 LE MERCURE
Qu'y perdoit it ? un affez foible
appuy
Sans elle il comptoit bien de retenir
chez lui
des Courtijans laflateuse Cohorte:
Ilse trompa ; fors quelques vrais
amis ,
Tout,jusqu'aux gens debien, déferta
le Logis;
Du côté de Fortune & des fots
desſages,
Onvit tourner tousles hommages.
Ce n'est pas tout, ilse voit àson tour
Reduit à lui faresa Cour :
Cette Vengeance a pour elle des
Charmes ,
On sçait afſés que pareil Incident
Pourtout Vindicatif est un morceau
friant :
Mèrite de dep ten verſe maintes
Larmes ,
Mais ses fûpirs font ſuperftes :
Ala porte on le laiſſeàloisirſe morfondre
Pour achever même de le confor
dre ,
Il voit le Crime admis , &`lui feul
refte exilus.
DE JUILLET. 139
Vous noterez , par parenthese ,
Quechosessont encore en cet état ,
Fortune fait toûjours la fiére& la
mauvaise ;
Merite cependant en est mal à fon
aife ,
Entre eux ne pourroit -on faire un
bon concordat ?
Belle reunion à faire :
Mais las ! Apartient.il àdefimples
Mortels ,
De la tenter ? Qui concluroit
l'Affaire ,
Je lui drefſferois des Autels.
Fermer
3969
p. 137-144
Entrée du Roy & de la Reine de Sicile.
Début :
Les lettres de Palerme du 24. Decembre portent que le [...]
Mots clefs :
Roi de Sicile, Reine de Sicile, Sicile, Prince de Butera, Officiers, Entrée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée du Roy & de la Reine de Sicile.
Entrée du Roy & de la Reine
de Sicile.
Les lettres de Palerms
du 14. Decembre portent
que le Roy & la Reine de
Sicile y firent leur entrée le
jour de S. Thomas;qu'ils
se rendirent àune grande
tente dressée dans la plaine
de S. Erasme, ornée de portiques,
couverts de velours
cramoisi, avec de grandes
dentelles d'argent, au bout
de laquelle on avoit dresse
une chambre tapissée de
brocard d'or, & dans le
fond étoit untrône où leurs
Majestez s'assirent. Que le
Sénat & les principaux Seigneurs
s'y rendirent, & le
Prince de Butera, premier
Noble, complimenta le
Roy de Sicile au nom du
Corps de la Noblesse
: enfuite
il receut l'Etendard
Royal, puis la marche commença
par un regiment de
dragons, les valets de pied
& les pages.
Que le grandJusticier ôc
les 3Juges Civils marchoiét
enfuitejpuis les Dcputez des
villes duRoyaume encorps,
& d'autres Officiers.
; Les Princes i Ducs, Marquis
Se Comtes venoient
après ; vêtus magnifiquement
& bien montez, fuivis
de plusieurs gens de IL
vréesfort lestes.LeSenac
& les Officiers de la Chambre,
du Patrimoint, &c d'aurres,
suivoient avec leurs
trompettes ; puis venoiens
les Evêques Ôc les Abbez.
Le Priace Spiaola-, Tresorier
général,
jettoit au
peuple quantité de pieces
d'argent. Les Officiers du
Roy de Sicile venoient enfuite,
les Gentilshommes
dela boucha lei, Maîtres
d'Hôtel,JesAimôïiiers',
les Gentilshommes de la
Chambrc) lesEcuyers, &
le Maître de la Garderobe.
Le Prince de Butera marchoit
seul, portantl'Etendardpuis
ie Prince Thomas
seul. Le Roy & la Reine
etoient à cheval fous un
dais fort riche, soûtenu par
les Sénateurs; le Marquis
Pallavicina, grand Ecuyer,
portoit l'epée nue : auprès
du Roy &auprèsde la Reine
étoit le Comte de Goivon,
Chevalier d'honneur,
& le Marquis de Tournon.,
Capitaine des Gardes du
Corps; puis les principaux
Officiers & les Dames.
A la porte des Grecs on
avoit dresse un arc de triomphe,
avec des cartouches
qui representoient les principales
actions du Prince.
L'Archevêque de Palerme
l'yattendoit à la tête du
Clergé seculier ®ulier,
& il donna à leurs Majcfter
la croix à baiser.
La marche continua par
la principale ruë magnifiquementornée,&
on arriva
à l'Eglise Métropolitaine,
où le Roy & la Reine montèrent
sur letrône, prépare
à main droite de l'autel
J
ôc
onchanta 1cTe Deum. Puis
le Protonotaire du Royaume
étant monté sur le cinquiémedegré
du trône,
'lut la forme du ferment de
fidélité, qui fut prête par
les trois Etats, l'ecclesiastique,
lemilitaire & le domanial
; & ensuite on presensa
au Roy le ferment
d'observer les loix & les privilèges
du Royaume, qu'il
fit en mettant la main Sur
les Evangiles & en birant
la croix. Il jura ensuite la
confirmation des privilèges
de la ville, contenus dans
le livre qui lui fut presente
par le Prêteur.
On fit durant cette ceremonie
trois salves générales
de l'artillerie. Le Roy
ôc la Reine allerent au Palais
dans le même ordre, &
le foir il y eut un grand feu
d'artifice ôc des illuminations
par toute la ville.
de Sicile.
Les lettres de Palerms
du 14. Decembre portent
que le Roy & la Reine de
Sicile y firent leur entrée le
jour de S. Thomas;qu'ils
se rendirent àune grande
tente dressée dans la plaine
de S. Erasme, ornée de portiques,
couverts de velours
cramoisi, avec de grandes
dentelles d'argent, au bout
de laquelle on avoit dresse
une chambre tapissée de
brocard d'or, & dans le
fond étoit untrône où leurs
Majestez s'assirent. Que le
Sénat & les principaux Seigneurs
s'y rendirent, & le
Prince de Butera, premier
Noble, complimenta le
Roy de Sicile au nom du
Corps de la Noblesse
: enfuite
il receut l'Etendard
Royal, puis la marche commença
par un regiment de
dragons, les valets de pied
& les pages.
Que le grandJusticier ôc
les 3Juges Civils marchoiét
enfuitejpuis les Dcputez des
villes duRoyaume encorps,
& d'autres Officiers.
; Les Princes i Ducs, Marquis
Se Comtes venoient
après ; vêtus magnifiquement
& bien montez, fuivis
de plusieurs gens de IL
vréesfort lestes.LeSenac
& les Officiers de la Chambre,
du Patrimoint, &c d'aurres,
suivoient avec leurs
trompettes ; puis venoiens
les Evêques Ôc les Abbez.
Le Priace Spiaola-, Tresorier
général,
jettoit au
peuple quantité de pieces
d'argent. Les Officiers du
Roy de Sicile venoient enfuite,
les Gentilshommes
dela boucha lei, Maîtres
d'Hôtel,JesAimôïiiers',
les Gentilshommes de la
Chambrc) lesEcuyers, &
le Maître de la Garderobe.
Le Prince de Butera marchoit
seul, portantl'Etendardpuis
ie Prince Thomas
seul. Le Roy & la Reine
etoient à cheval fous un
dais fort riche, soûtenu par
les Sénateurs; le Marquis
Pallavicina, grand Ecuyer,
portoit l'epée nue : auprès
du Roy &auprèsde la Reine
étoit le Comte de Goivon,
Chevalier d'honneur,
& le Marquis de Tournon.,
Capitaine des Gardes du
Corps; puis les principaux
Officiers & les Dames.
A la porte des Grecs on
avoit dresse un arc de triomphe,
avec des cartouches
qui representoient les principales
actions du Prince.
L'Archevêque de Palerme
l'yattendoit à la tête du
Clergé seculier ®ulier,
& il donna à leurs Majcfter
la croix à baiser.
La marche continua par
la principale ruë magnifiquementornée,&
on arriva
à l'Eglise Métropolitaine,
où le Roy & la Reine montèrent
sur letrône, prépare
à main droite de l'autel
J
ôc
onchanta 1cTe Deum. Puis
le Protonotaire du Royaume
étant monté sur le cinquiémedegré
du trône,
'lut la forme du ferment de
fidélité, qui fut prête par
les trois Etats, l'ecclesiastique,
lemilitaire & le domanial
; & ensuite on presensa
au Roy le ferment
d'observer les loix & les privilèges
du Royaume, qu'il
fit en mettant la main Sur
les Evangiles & en birant
la croix. Il jura ensuite la
confirmation des privilèges
de la ville, contenus dans
le livre qui lui fut presente
par le Prêteur.
On fit durant cette ceremonie
trois salves générales
de l'artillerie. Le Roy
ôc la Reine allerent au Palais
dans le même ordre, &
le foir il y eut un grand feu
d'artifice ôc des illuminations
par toute la ville.
Fermer
Résumé : Entrée du Roy & de la Reine de Sicile.
Le 14 décembre, le roi et la reine de Sicile firent leur entrée à Palerme le jour de la Saint-Thomas. Ils se rendirent à une grande tente dans la plaine de Saint-Erasme, ornée de velours cramoisi et de dentelles d'argent, où ils s'assirent sur un trône. Le Sénat et les principaux seigneurs, dont le Prince de Butera, complimentèrent le roi. Une procession débuta avec des dragons, des valets de pied, des pages, des officiers, des princes et des évêques. Le Prince Spada distribua des pièces d'argent au peuple. Le Prince de Butera porta l'étendard, suivi du Prince Thomas. Le roi et la reine chevauchèrent sous un dais soutenu par les sénateurs. À la porte des Grecs, un arc de triomphe fut dressé. L'archevêque de Palerme donna la croix à baiser aux souverains. La procession continua jusqu'à l'église métropolitaine, où le Te Deum fut chanté et où le roi prêta serment de fidélité. Trois salves d'artillerie furent tirées. Le roi et la reine se rendirent ensuite au palais, où un feu d'artifice et des illuminations eurent lieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3970
p. 966-973
Les Génealogies historiques des anciens Patriarches, Empereurs, &c. [titre d'après la table]
Début :
LES GÉNÉALOGIES HISTORIQUES des Anciens Patriarches, Empereurs, Rois, [...]
Mots clefs :
Rois, Histoire, Généalogies, Maisons, Ducs, Anciens, Comtes, Empereurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Génealogies historiques des anciens Patriarches, Empereurs, &c. [titre d'après la table]
LES GE'NEALOGIES HISTORIQUES des
'Anciens Patriarches , Empereurs , Rois
et de toutes les Maisons Souveraines , depuis
le commencement du monde jusqu'à
présent , exposées en Cartes Généalogiques
, tirées des meilleurs Auteurs , avec
des Explications Historiques et Chronologiques
, dans lesquelles l'on trouvera
l'Etablissement , les Révolutions et la
durée des différens Etats du monde , l'Origine
des Maisons Souveraines , leurs
Progrès , Alliances , Droits , Titres, Prétentions
et Armoiries. Quatre volumes
in 4. A Paris , chez Giffart , rue S. Facques
, à Sainte Therese.
C'est le titre d'un Prospectus , imprimé
chez le même Libraire. L'Auteur y propose
l'Etude des Généalogies en général ,
à tous ceux qui lisent l'Histoire , et en
particulier aux Politiques , et aux Avocats.
Si pour bien entendre l'Histoire
dit-il , en citant Rapin de Thoiras , il
est nécessaire de sçavoir par le moyen
de la Géographie , les Lieux où se sont
passés les Evenemens qui servent d'objets
à l'Histoire , et par la Chronologic
les tems où ils sont arrivez , il ne l'est
pas moins de connoître les personnes
qui les ont faits ou qui y ont eu ,
part
MAY. 1733 : 969
part , par le moyen des Généalogies qui
font même connoître les causes des actions
dont l'Histoire parle . C'est , dit il ,
ce queMoyse, le premier et le plus excellent
des Historiens , a parfaitement reconnu
. C'est de ces Livres que nous tirons
les Généalogies des premiers Chefs
des Nations . Il seroit , ajoûte-t- il , à souhaiter
., que ceux qui se sont mêlez d'écrire
l'Histoire eussent imité l'éxactitude
de cet Historien . Pour faire sentir l'excellence
de l'Etude des Généalogies , il
tire ses preuves du soin que les Hebreux
prenoient de conserver les Généalogies
de leurs Familles , et celui que
prit Esdras , de rétablir celles qui
avoient été perdues dans la ruine de
Jerusalem sous Nabuchodonosor. Les
Grecs et les Romains mettoient cette
connoissance au nombre des Sciences.
Sur quoi il cite Horace , qui dit à son
Ami Telephus :
Quantum distet ab Inacho
Codrus pro patriâ non timidus mori :
Narras et genus Æaci.
A l'égard des Politiques , cette étude
est indispensable ; car comment ,
dit notre Auteur , connoîtra- t- on les
droits ou les prétentions des Princes , si
l'on
68 MERCURE DE FRANCE
l'on ne connoît leurs Alliances qui en
sont le principal fondement ; il est
difficile de manier les affaires publiques
d'un Etat , si l'on n'a pas la connoissance
des grandes Maisons , disoit un Sçavant
du Régne d'Henri II. L'Auteur
ajoûte que M. Loisel , dans le Dialogue
qu'il a composé des Avocats du Parlement
de Paris , requiert qu'un Avocat
sçache les Généalogies et les Alliances
de nos Rois , et des principales Maisons
du Royaume.
,
Nous rapporterons , au sujet des défauts
qui se rencontrent dans les Généalogistes
, contre lesquels l'Auteur nous
avertit d'être en garde , ce qu'il cite de
M. l'Abbé Sevin. L'amour du merveil
leux , dit cet habile Académicien , l'interêt
, la vanité , sont comme des sources
toujours ouvertes d'où la Fable
se répand , pour ainsi dire , à grands
flots dans les Annales des Peuples et
des Familles. Dans cette longue Eclipse
que souffrit la lumiere des Lettres ,
l'ignorance enfanta mille folles réveries
sur leur origine. Mais , poursuit - il
avec le même M. Sevin , en craignant
d'accorder à des Fables la créance qu'el
les ne méritent pas ; on la refuse quel
* Dissertation sur l'Histoire,
ques
MAY. 1733. 969
quefois aux Faits les plus certains ; d'autres
au contraire traignant de refuser
aux véritez historiques le tribut qui leur
est dû , le payent à toutes les Fables
qui en empruntent le nom. Il faut être
également en garde et contre la flatterie
des uns , et contre la malignité des
autres , et tenir un juste milieu entre
la crédulité et le Pirrhonisme .
Ainsi pour démêler le faux d'avec
Je vrai , dans les Généalogies comme
dans l'Histoire ; les Sçavans
› sur tout
du dernier siécle , qui se sont appliqués
à l'Etude de l'Histoire et des Généalogies
, les ont dégagées de ce qui nous
les pourroit rendre suspectes , sont ceux
à qui il faut s'en rapporter. C'est Hubners
, parmi ces Sçavans Modernes ,
qui notre Auteur donne la préférence à
cause de l'approbation presqu'universelle
qu'il s'est acquise.
L'Auteur à joint des Explications ou
des Remarques Historiques et Chronos
logiques pour donner une connoissance
éxacte de l'Etablissement des Empires
et des différens Etats du monde , de
P'origine et des progrès des Maisons
Souveraines , de leurs Alliances , préro
gatives , droits et prétentions . Ce Recueil
pourra passer pour un bon Abregé de
l'His
970 MERCURE DE FRANCE
P'Histoire Universelle , qui contiendra
un corps de Généalogies des Maisons,
Souveraines , propre à tous les Lecteurs ,
à ceux qui sçavent déja qui n'ont besoin
que de rappeller ce qu'ils ont déja
Jû dans les sources , et à ceux qui ne
sçavent pas encore , et qui pour se mettre
au fait de l'Histoire ont besoin qu'on
la leur propose d'une maniere simple et
agréable.
Voici quel sera l'ordre et l'arrangement
de tout cet Ouvrage .
I. VOLUME pour l'Histoire sainte. Les
anciens Patriarches , l'origine des Na- '
tions , les Juges , les Rois , les Pontifes des
Juifs. La Famille d'Herode , la Généalogie
de N. S. J. C.
Pour l'Histoire Profane. Table Chronologique
de l'établissement et de la durée
des anciens Royaumes. Les Rois d'Egypte
, d'Assirie , & c.
GRECE. Les Rois de Sicione , d'Ar
gos , &c.
Les anciens Rois Latins , les Rois de
Rome. Table Chronologique de l'Etablissement
et de la durée des nouvelles
Monarchies. Les Familles des Empereurs
Romains et Grecs en Orient et en Oc
cident. Les Empereurs de Trebisonde ;
les Rois de Jerusalem , de Cypre , d'Armenie
,
MAY: 17337 971
menie , les Princes de Galilée , d'Antio
she , de Tripoli.
Les Rois wandales , les Rois Ostrogoths
en Italie , les Rois Lombards , les Rois
d'Italie depuis Charlemagne , les Rois
de Naples et de Sicile.
Les Maisons de Savoye , de Montfer
rat , de Saluces , & c .
II. VOLUME , ALLEMAGNE . Les anciens
Rois de Germanie , les Empereurs Germaniques
jusqu'à présent, Les anciens Marggraves
et Ducs d'Autriche , les Comtes
Ducs , Electeurs , Landgraves , & c.
III. VOLUME , FRANCE, Les Rois de
France avec toutes les Maisons qui en
sont issues. Les Rois de Bourgogne et
d'Arles. Les Ducs de Bourgogne , les
Comtes et Ducs de Nevers , &c.
Les Ducs de Normandie , les Comtes
d'Eu , & c.
ne ,
Les anciens Rois et Ducs d'Aquitai-
& c.
Les Comtes de Toulouse , &c.
Les Comtes de Champagne , & c . Les
Ducs de Lorraine. On verra dans ce
volume comment les différentes Provinces
de France ont été détachées de la
Couronne , les Maisons qui les ont gouvernées
, et comment elles ont été réunies.
IV,
972 MERCURE DE FRANCE
L
IV. VOLUME , PAYS -BAS. Les Ducs de
Brabant , &c.
ESPAGNE. Les Rois Sueves , Wisigots ,
de Léon , & c.
GRANDE-BRETAGNE , Les Rois d'Ecosse,
Maison de Stwart , les Rois d'Angleter
& c. re ,
Les Rois de Dannemarc , et de Nortvege
. La Maison d'Holstein. Les Rois
de Suede , les Czars.
Les Rois de Pologne , de Bohéme , & c.
Les Ducs de Silesie , les Princes de Trans
silvanie , &c.
NATIONS BARBARES . Les Califes , les
Sultans
,
ou Empereurs Ottomans , les
Rois de Perse , les Mogols , les Rois de
Maroc, &c.
On trouvera dans ce dernier Volume
plusieurs Tables Alphabétiques , tant
des matiéres que des Maisons , et une
Table entr'autres,qui est comme un Dictionnaire
Heraldique où pour éviter
les répétitions dans le corps de l'Ouvrage
l'on renvoye pour expliquer les Armoiries
des Maisons qui y sont traitées.
Quoique la dépense des Cartes Gé
néalogiques aille au triple de celles
des Ouvrages d'une autre nature
pour faciliter l'acquisition de celui- ci
on
MAY. 1733. 973
S
on ne le vendra que 45 liv. en blanc les
quatre vol, in-4. de 700 pag. chacun .
L'Editeur ajoute qu'il se prêtera avec facilité
à l'empressement de ceux qui
voudront avoir les Volumes à mesure
qu'ils seront imprimez. Ils s'adresseront
pour cela au Libraire indiqué cidessus.
'Anciens Patriarches , Empereurs , Rois
et de toutes les Maisons Souveraines , depuis
le commencement du monde jusqu'à
présent , exposées en Cartes Généalogiques
, tirées des meilleurs Auteurs , avec
des Explications Historiques et Chronologiques
, dans lesquelles l'on trouvera
l'Etablissement , les Révolutions et la
durée des différens Etats du monde , l'Origine
des Maisons Souveraines , leurs
Progrès , Alliances , Droits , Titres, Prétentions
et Armoiries. Quatre volumes
in 4. A Paris , chez Giffart , rue S. Facques
, à Sainte Therese.
C'est le titre d'un Prospectus , imprimé
chez le même Libraire. L'Auteur y propose
l'Etude des Généalogies en général ,
à tous ceux qui lisent l'Histoire , et en
particulier aux Politiques , et aux Avocats.
Si pour bien entendre l'Histoire
dit-il , en citant Rapin de Thoiras , il
est nécessaire de sçavoir par le moyen
de la Géographie , les Lieux où se sont
passés les Evenemens qui servent d'objets
à l'Histoire , et par la Chronologic
les tems où ils sont arrivez , il ne l'est
pas moins de connoître les personnes
qui les ont faits ou qui y ont eu ,
part
MAY. 1733 : 969
part , par le moyen des Généalogies qui
font même connoître les causes des actions
dont l'Histoire parle . C'est , dit il ,
ce queMoyse, le premier et le plus excellent
des Historiens , a parfaitement reconnu
. C'est de ces Livres que nous tirons
les Généalogies des premiers Chefs
des Nations . Il seroit , ajoûte-t- il , à souhaiter
., que ceux qui se sont mêlez d'écrire
l'Histoire eussent imité l'éxactitude
de cet Historien . Pour faire sentir l'excellence
de l'Etude des Généalogies , il
tire ses preuves du soin que les Hebreux
prenoient de conserver les Généalogies
de leurs Familles , et celui que
prit Esdras , de rétablir celles qui
avoient été perdues dans la ruine de
Jerusalem sous Nabuchodonosor. Les
Grecs et les Romains mettoient cette
connoissance au nombre des Sciences.
Sur quoi il cite Horace , qui dit à son
Ami Telephus :
Quantum distet ab Inacho
Codrus pro patriâ non timidus mori :
Narras et genus Æaci.
A l'égard des Politiques , cette étude
est indispensable ; car comment ,
dit notre Auteur , connoîtra- t- on les
droits ou les prétentions des Princes , si
l'on
68 MERCURE DE FRANCE
l'on ne connoît leurs Alliances qui en
sont le principal fondement ; il est
difficile de manier les affaires publiques
d'un Etat , si l'on n'a pas la connoissance
des grandes Maisons , disoit un Sçavant
du Régne d'Henri II. L'Auteur
ajoûte que M. Loisel , dans le Dialogue
qu'il a composé des Avocats du Parlement
de Paris , requiert qu'un Avocat
sçache les Généalogies et les Alliances
de nos Rois , et des principales Maisons
du Royaume.
,
Nous rapporterons , au sujet des défauts
qui se rencontrent dans les Généalogistes
, contre lesquels l'Auteur nous
avertit d'être en garde , ce qu'il cite de
M. l'Abbé Sevin. L'amour du merveil
leux , dit cet habile Académicien , l'interêt
, la vanité , sont comme des sources
toujours ouvertes d'où la Fable
se répand , pour ainsi dire , à grands
flots dans les Annales des Peuples et
des Familles. Dans cette longue Eclipse
que souffrit la lumiere des Lettres ,
l'ignorance enfanta mille folles réveries
sur leur origine. Mais , poursuit - il
avec le même M. Sevin , en craignant
d'accorder à des Fables la créance qu'el
les ne méritent pas ; on la refuse quel
* Dissertation sur l'Histoire,
ques
MAY. 1733. 969
quefois aux Faits les plus certains ; d'autres
au contraire traignant de refuser
aux véritez historiques le tribut qui leur
est dû , le payent à toutes les Fables
qui en empruntent le nom. Il faut être
également en garde et contre la flatterie
des uns , et contre la malignité des
autres , et tenir un juste milieu entre
la crédulité et le Pirrhonisme .
Ainsi pour démêler le faux d'avec
Je vrai , dans les Généalogies comme
dans l'Histoire ; les Sçavans
› sur tout
du dernier siécle , qui se sont appliqués
à l'Etude de l'Histoire et des Généalogies
, les ont dégagées de ce qui nous
les pourroit rendre suspectes , sont ceux
à qui il faut s'en rapporter. C'est Hubners
, parmi ces Sçavans Modernes ,
qui notre Auteur donne la préférence à
cause de l'approbation presqu'universelle
qu'il s'est acquise.
L'Auteur à joint des Explications ou
des Remarques Historiques et Chronos
logiques pour donner une connoissance
éxacte de l'Etablissement des Empires
et des différens Etats du monde , de
P'origine et des progrès des Maisons
Souveraines , de leurs Alliances , préro
gatives , droits et prétentions . Ce Recueil
pourra passer pour un bon Abregé de
l'His
970 MERCURE DE FRANCE
P'Histoire Universelle , qui contiendra
un corps de Généalogies des Maisons,
Souveraines , propre à tous les Lecteurs ,
à ceux qui sçavent déja qui n'ont besoin
que de rappeller ce qu'ils ont déja
Jû dans les sources , et à ceux qui ne
sçavent pas encore , et qui pour se mettre
au fait de l'Histoire ont besoin qu'on
la leur propose d'une maniere simple et
agréable.
Voici quel sera l'ordre et l'arrangement
de tout cet Ouvrage .
I. VOLUME pour l'Histoire sainte. Les
anciens Patriarches , l'origine des Na- '
tions , les Juges , les Rois , les Pontifes des
Juifs. La Famille d'Herode , la Généalogie
de N. S. J. C.
Pour l'Histoire Profane. Table Chronologique
de l'établissement et de la durée
des anciens Royaumes. Les Rois d'Egypte
, d'Assirie , & c.
GRECE. Les Rois de Sicione , d'Ar
gos , &c.
Les anciens Rois Latins , les Rois de
Rome. Table Chronologique de l'Etablissement
et de la durée des nouvelles
Monarchies. Les Familles des Empereurs
Romains et Grecs en Orient et en Oc
cident. Les Empereurs de Trebisonde ;
les Rois de Jerusalem , de Cypre , d'Armenie
,
MAY: 17337 971
menie , les Princes de Galilée , d'Antio
she , de Tripoli.
Les Rois wandales , les Rois Ostrogoths
en Italie , les Rois Lombards , les Rois
d'Italie depuis Charlemagne , les Rois
de Naples et de Sicile.
Les Maisons de Savoye , de Montfer
rat , de Saluces , & c .
II. VOLUME , ALLEMAGNE . Les anciens
Rois de Germanie , les Empereurs Germaniques
jusqu'à présent, Les anciens Marggraves
et Ducs d'Autriche , les Comtes
Ducs , Electeurs , Landgraves , & c.
III. VOLUME , FRANCE, Les Rois de
France avec toutes les Maisons qui en
sont issues. Les Rois de Bourgogne et
d'Arles. Les Ducs de Bourgogne , les
Comtes et Ducs de Nevers , &c.
Les Ducs de Normandie , les Comtes
d'Eu , & c.
ne ,
Les anciens Rois et Ducs d'Aquitai-
& c.
Les Comtes de Toulouse , &c.
Les Comtes de Champagne , & c . Les
Ducs de Lorraine. On verra dans ce
volume comment les différentes Provinces
de France ont été détachées de la
Couronne , les Maisons qui les ont gouvernées
, et comment elles ont été réunies.
IV,
972 MERCURE DE FRANCE
L
IV. VOLUME , PAYS -BAS. Les Ducs de
Brabant , &c.
ESPAGNE. Les Rois Sueves , Wisigots ,
de Léon , & c.
GRANDE-BRETAGNE , Les Rois d'Ecosse,
Maison de Stwart , les Rois d'Angleter
& c. re ,
Les Rois de Dannemarc , et de Nortvege
. La Maison d'Holstein. Les Rois
de Suede , les Czars.
Les Rois de Pologne , de Bohéme , & c.
Les Ducs de Silesie , les Princes de Trans
silvanie , &c.
NATIONS BARBARES . Les Califes , les
Sultans
,
ou Empereurs Ottomans , les
Rois de Perse , les Mogols , les Rois de
Maroc, &c.
On trouvera dans ce dernier Volume
plusieurs Tables Alphabétiques , tant
des matiéres que des Maisons , et une
Table entr'autres,qui est comme un Dictionnaire
Heraldique où pour éviter
les répétitions dans le corps de l'Ouvrage
l'on renvoye pour expliquer les Armoiries
des Maisons qui y sont traitées.
Quoique la dépense des Cartes Gé
néalogiques aille au triple de celles
des Ouvrages d'une autre nature
pour faciliter l'acquisition de celui- ci
on
MAY. 1733. 973
S
on ne le vendra que 45 liv. en blanc les
quatre vol, in-4. de 700 pag. chacun .
L'Editeur ajoute qu'il se prêtera avec facilité
à l'empressement de ceux qui
voudront avoir les Volumes à mesure
qu'ils seront imprimez. Ils s'adresseront
pour cela au Libraire indiqué cidessus.
Fermer
Résumé : Les Génealogies historiques des anciens Patriarches, Empereurs, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Les Généalogies Historiques des Anciens Patriarches, Empereurs, Rois et de toutes les Maisons Souveraines' a été publié en quatre volumes à Paris chez Giffart en mai 1733. Il retrace les généalogies des diverses dynasties depuis les origines jusqu'à cette date. L'ouvrage inclut des cartes généalogiques et des explications historiques et chronologiques sur l'établissement, les révolutions et la durée des États du monde, ainsi que sur l'origine, les progrès, les alliances, les droits, les titres, les prétentions et les armoiries des maisons souveraines. L'auteur met en avant l'importance des généalogies pour la compréhension de l'histoire, citant Rapin de Thoiras et Moïse comme exemples. Il recommande l'étude des généalogies aux lecteurs d'histoire, aux politiques et aux avocats. L'ouvrage critique les erreurs fréquentes dans les généalogies, souvent influencées par l'amour du merveilleux, l'intérêt et la vanité, et met en garde contre la crédulité et le pyrrhonisme. La structure de l'ouvrage est répartie en quatre volumes. Le premier volume couvre l'histoire sainte et profane, incluant les patriarches, les rois d'Égypte, de Grèce, de Rome, et d'autres dynasties anciennes. Le deuxième volume traite de l'Allemagne, le troisième de la France, et le quatrième des Pays-Bas, de l'Espagne, de la Grande-Bretagne, des nations barbares, et inclut des tables alphabétiques et un dictionnaire héraldique. L'éditeur propose l'achat des volumes à un prix réduit pour faciliter leur acquisition, avec la possibilité de les obtenir au fur et à mesure de leur impression.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3971
p. 772-779
Extrait de la Comédie intitulée le Jeu de l'Amour, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 23 Janvier les Comédiens Italiens donnerent la premiere Représentatoin d'une Comédie [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Théâtre, Comédie, Amour, Maître, Travestissement, Sentiment, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Comédie intitulée le Jeu de l'Amour, &c. [titre d'après la table]
E 23 Janvier les Comédiens Italiens donnela
premiere Repréſentation d'une Comé
die en Profe , & en trois Actes , intitulée : Le Jeu
de l'Amour & du Hazard. Cette Piéce,qui eft de
M. de Marivaux, a été reçue favorablement du
public. En voici l'Extrait , avec quelques remarques
qui font venuës jufqu'à nous.
Au premier Acte , Silvia & fa fuivante Liſette
ouvrent la Scene . Sylvia paroît fâchée contre Lifette,
parce qu'elle a dit ingénument à Orgon fon
pere , qu'elle feroit bien aife d'être mariée . La
raifon qui la porte à témoigner ce mécontentement
à la Suivante , c'eft qu'elle ne fçait pas fi le
mari que fon perelui deftine lui conviendra, quoiqu'on
lui en ait fait des rapports tres-avantageux.
Orgon vient annoncer à fa fille que fon Prétendu
doit arriver ce jour même. Sylvia ne reçoit pas
Cette
AVRIL. 1730. 773
gette nouvelle fans quelques troubles , dont fon
pere lui demande la raiſon ; elle lui fait entendre
- qu'elle voudroit bien voir , avant que de s'engager
, fi cet époux dont on dit tant de bien , lui
convient. Elle prie Orgon de confentir qu'elle l'éprouve
fous les habits & le nom de Lifette , tandis
que Lifette paffera pour Sylvia. Cette idée fait
rire Orgon pour des raifons qu'on va apprendre
dans la Scene fuivante. Il confent au double traveftiffement.
Sylvia & Liſette fortent pour l'aller
exécuter.
Mario , fils d'Orgon , vient féliciter fa foeur
fur fon Hymen prochain , mais elle le quitte en
lui difant qu'elle a des affaires plus férieufes &
plus preffées . Orgon explique cet Enigme à fon
fils ; il commence par lui lire un Fragment d'une
Lettre du pere de fon gendre futur. En voici les
propres termes :
Je ne fçai, au refte , ce que vous penferez d'une
imagination qui eft venue à mon fils ; elle eft
bizare, il en convient lui - même , mais le motif
en eft pardonnable & même délicat ; c'est qu'il
m'a prié de lui permettre de n'arriver d'abord
ehez vous que fous la figure defon valet , qui
de fon côtéfera le perfonnage de fon Maître.
Cette idée paroît tout -à-fait finguliere à Mario
; mais il l'a trouve bien plus comique quand
Orgon lui apprend que par un effet du bazard ,
Sylvia entreprend le même déguiſement faus ſçavoir
le traveftiffement de fon futur époux ; le pere
& le fils fe propofent de jouir de cette Comedie ,
fans prévenir aucun des perfonnages qui l'a vont
jouer.
?
Sylvia , n'ayant pas befoin d'employer tant de
temps que Lifette à fe métamorphofer , revient la
premiere de fa Toilette,& le prépare à bien jouer
fon nouveau rôle.
Derante
774 MER CURE DE FRANCE
Dorante arrive fous les habits d'Arlequin fon
valet , fuivant le projet déja annoncé ; fon début
n'eft pas moins galant que fa perfonne eft relevée.
Orgon & Mario le laiffent tête à tête avec
la fauffe Lifette ; leur converfation eft tout-à-fait
plaifante ; & leurs coeurs commencent à fentir de
la difpofition à s'unir ; ils ont beau protefter l'un
& l'autre que leur horofcope porte qu'ils n'aimeront
que des perfonnes de condition; leur penchant
les entraine malgré eux ce qui femble
les authoriſer en fecret , c'eft que Dorante de fon
côté dit à Sylvia qu'il n'eft pas né pour être va
let, & que Sylvia fait entendre quelque chofe d'aprochant.
Quoiqu'il en foit , cette Scene a fait
plaifir , & a commencé à intereffer le public.
Arlequin arrive enfin ; mais toutes ces paroles
& toutes fes actions font fi peut dignes du perfonnage
qu'il vient reprefenter, que Sylvia le quitte
brufquement, en difant à part : Que le fort eft
bifarre ! aucun de ces deux hommes n'eft à fa
place.
Ce que l'Auteur met dans la bouche du vrai
Dorante , prévient la critique qu'il n'a pas manqué
de prévoir. Il lui dit qu'il lui avoit promis
de quitter fes manieres de parler fottes & triviales
, & qu'il lui avoit fur tout recommandé
d'être férieux , mais a -t- il dû ſe promettre qu'un
Butor lui tiendroit parole ? En effet il retombe
le moment après dans la même faute; on en peut
juger par la réponſe à Orgon, fon prétendu beaupere
; la voicy :
Monfieur, mille pardons! c'eft beaucoup trop ,
& il n'en faut qu'un, quand on n'a fait qu'une
faute ; aufurplus tous mes pardonsfont à votre
Service.
Dans la premiere Scene du fecond Acte , Lifette
fait entendre à Orgon, qu'il eft temps de finir
AVRIL 1730. 775.
nir un jeu qui pourroit aller trop loin , parce que
fes charmes commencent à faire bien du ravage
fur le coeur de Dorante , & que de la maniere
dont il prend feu , elle fe garantit bien - tôt
adorée. Orgon la félicite de fa conquête , & lui
dit qu'il confent qu'elle pouffe fa bonne fortune
jufqu'à l'Hymen. Il l'a charge de faire entendre'
à fa Maîtreffe qu'elle foupçonne Bourguignon , le
prétendu valet de Dorante , de la prévenir contre
fon Maître. Lifette lui promet tout , & fe promer
tout à elle -même. Orgon fe retire voyant venir
le faux Dorante.
Arlequin parle d'amour à Lifette à fa maniere;
le vrai Dorante le vient interrompre pour lui
ordonner tout bas de le débaraffer de tout ce qui
fe paffe , de ne fe point trop livrer à dire fes impertinences
ordinaires , & de paroître férieux ,
rêveur & mêcontent .
Arlequin & Lifette continuent leur entretien ;
chacun d'eux fe croyant indigne de fon bonheur,
s'humilie : Vous me croyez plus de quali
tez que je n'en ay , dit Lifette. Et vous , Madame
, répond Arlequin ; vous ne sçavez pas
les miennes , & je ne devrois vous parler qu'à
genoux. Cette Scene eft le germe de la reconnoiffance
qui doit fe faire entr'eux dans le troifiéme
Acte.
La fauffe Lifette vient les interrompre , comme
le faux Bourguignon vient de faire. Arlequin fe
retire.
Sylvia ordonne à Lifette de fe défaire de ce
brutal qui vient de lui dire des groffiéretez . Lifette
lui répond que M. Orgon vient de lui donner
des ordres directement oppofez aux fiens
elle lui parle de Bourguignon , comme d'un valer
qui l'a prévient contre fon Maître, Sylvia ne peut
s'empêcher de prendre le parti du faux Bourguignon
>
776 MERCURE DE FRANCE
!
gnon, ce qui donne d'étranges foupçons à Lifette,
Les foupçons , quoiqu'ils ne foient expliquez qu'à
demi, la mettent dans une mauvaiſe humeur qui
l'oblige à chaffer Liſette.
Sylvia fait entrevoir dans un court monolo
gue une partie de ce qui fe paffe dans fon coeur.
Voicy par où elle finit fon monologue , voyant
paroître Bourguignon : Voilà cet objet en queftion
, pour qui on veut que je m'emporte , mais
se n'est pas fa faute , le pauvre garçon , ¿je
ne dois pas m'en prendre à lui.
Le faux Bourguignon fait une Scene avec la
fauffe Lifette , dans laquelle ils paroiffent également
agitez. Cette Scene eft interrompue par
l'arrivée d'Orgon & de Mario, qui ayant furpris
Bourguignon à fes genoux, lui en font la guerre
a
d'une maniere à la livrer toute entiere à ſon dépit;
fon pere lui ordonne de continuer fon dé→
guifement , pour voir fi l'averfion qu'elle a pour
Dorante continuëra.
Le faux Bourguignon vient renouer avec la
fauffe Lifette la converfation qu'Orgon & Mario
avoient interrompuë. Cette Scene a été generalement
applaudie & a paru la plus intéreffante de
la Piece. Dorante, par un fentiment de probité
ne veut plus abufer la prétendue Sylvia , qui fe
livre un peu trop au faux Dorante; il déclare à la
fauffe Lifette qu'il n'eft que fon valet , & que c'eft
le vrai Dorante qui lui parle actuellement. Il lui
dit que l'amour qu'il a pour elle ne lui permet
plus aucun engagement , & que ne pouvant être
uni avec elle , attendu la diftance des conditions
qui les fépare ; il feroit trop heureux s'il pouvoit
être affuré de fon coeur. Sylvia lui fait efperer cet
amour qu'il lui demande ; cependant , elle ne lui
rend pas confidence pour confidence , fans qu'on
en puifle pénétrer d'autre raifon que celle de faiAVRIL.
1730. 777
te durer la piece , qui n'eft encore qu'à la fin du
fecond Acte : Paffons au troifiéme.
Nous ne nous étendrons pas beaucoup fur ce
dernier Acte. Il ne s'y agit que de fatisfaire la
petite vanité de Sylvia , qui veut que Dorantefo
détermine à l'époufer , malgré la prétendue inégalité
de conditions. Nous n'appuyerons pas
beaucoup fur la jaloufie que Dorante prend au
fujet de Mario ; la Piece n'en a pas befoin pour
aller fon train.
Dans la premiere Scene , Dorante par un fentiment
de probité , ne veut pas que la fauffe Sylvia
foit abufée plus long-temps par un valet déguifé
. Arlequin ne pouvant obtenir de lui qu'il
lui laiffe pouffer fa pointe , lui promet de lui déclarer
fon état , & le prie de ne pas s'opposer à
fa bonne fortune , fi malgre fa qualité de valet ,
elle veut bien confentir à l'épouſer. Dorante
croyant la chofe impoffible , lui promet ce qu'il
lui demande. Lifette a déja obtenu la même grace
de M. Orgon , qui la lui a d'autant plus facilement
accordée , qu'il fçavoit l'égalité des conditions.
Nous paffons le plus promptement qu'il
nous eft poffible à la reconnoiffance réciproque
du valet & de la fervante. Cette Scene contrafte
parfaitement avec celle duMaître & de la Maîtreſſe
que nous avons déja vûë ; fi cette derniere a été
intereffante , celle qui la fuit eft plaifante . Arlequin
& Lifette s'humilient l'un devant l'autre ,
faute de fe connoître ; enfin Lifette , que la modeftie
outrée d'Arlequin commence à faire douter
de quelque chofe, après avoir dit à part: Tant
d'abaiffement n'eft pas naturel; lui dit tout haut:
Pourquoi me dites - vous cela? Arlequin lui avouë
enfin qu'il n'eft que le valet de Dorante, & Life:-
te ne pouvant s'empêcher d'en rire , prend fa revanche
en lui confeffant qu'elle n'eft que la Sui
vante de Sylvia. G Dorante
A
778 MERCURE DE FRANCE
Dorante a encore une tres -belle Scene avec
Sylvia , mais on l'a trouvée inférieure à celle du
fecond Acte. Elle roule fur la jaloufie que Mario
a donnée à Dorante , dont , comme on l'a déja
remarqué , la piece n'avoit prefque que faire.Le
facrifice que Dorante fait à fa prétendue Suivante,
qui eft de confentir à l'époufer , toute Lifette
qu'elle paroît , détermine enfin Sylvia à lui apprendre
tout fon bonheur.
Voicy les remarques qu'on a faites fur cette
Comédie ; nous ne lommes icy que les échos
du Public. On dit , 1 ° . qu'il n'eft pas vrai-femblable
que Sylvia puiffe fe perfuader qu'un butor
tel qu'Arlequin foit ce même Dorante dont on
lui a fait une peinture fi avantageufe. En effet ,
dès la premiere Scene de la piece, Lifette lui parle
ainfi : On dit que votre futur est bien fait , aimable
, de bonne mine, qu'on ne peut pas avoir
plus d'efprit , qu'on ne sçauroit être d'un meilleur
caractere , &c. Sylvia lui répond : L'Utile
& l'agréable fe trouvent dans le portrait que tu
en fais, on dit qu'il lui reffemble . Dans la
Scene fuivante , M. Orgon parle ainfi à fa fille :
Pour moi , je n'ai jamais vu Dorante , il étoit
abfent quand j'étois chez fon pere ; mais, fur
tout le bien qu'on m'en a dit , je ne sçaurois
craindre que vous vous déplaifiez ni l'un ni
l'autre. La feule vue du faux Dorante ne doitelle
pas faire foupçonner du myftere , fur tout à
Sylvia qui fe trouve dans le cas d'un traveftiffement
, dont elle peut facilement foupçonner fon
Prétendu?
2. Arlequin, à t'on dit, ne ſoûtient pas fon ca
ractere par tout ; des chofes tres-jolies fuccedent
à des groffieretés . En effet,peut-on s'imaginer que
celui qui a dit fi maufladement à fon prétendu
Beaupere : Au furplus tous mes pardons font à
*
Votre
AVRIL. 1730. 779
votre fervice , dife fi joliment à la fauffe Sylvia:
Je voudrois bien pouvoir baiser ces petits mots
là les cueillir fur votre bouche avec la
mienne. 3
3°On auroit voulu que le fecondActe eût été le
troifiéme , & l'on croît que cela n'auroit pas été
difficile ; la raifon qui empêche Sylvia de fe découvrir
après avoir appris que Bourguignon eft
Dorante , n'étant qu'une petite vanité , ne fçau
roit excufer fon filence ; d'ailleurs , Dorante &
Sylvia étant les objets principaux de la piece, c'é
toit par leur reconnoiffance qu'elle devoit finir
& non par celle d'Arlequin & de Lifette , qui
ne font que les finges , l'un de fon Maître , l'autre
de fa Maîtreffe. Au refte tout le monde convient
que la Piece eft bien écrite & pleine d'efprit ,
fentiment & de délicateffe.
premiere Repréſentation d'une Comé
die en Profe , & en trois Actes , intitulée : Le Jeu
de l'Amour & du Hazard. Cette Piéce,qui eft de
M. de Marivaux, a été reçue favorablement du
public. En voici l'Extrait , avec quelques remarques
qui font venuës jufqu'à nous.
Au premier Acte , Silvia & fa fuivante Liſette
ouvrent la Scene . Sylvia paroît fâchée contre Lifette,
parce qu'elle a dit ingénument à Orgon fon
pere , qu'elle feroit bien aife d'être mariée . La
raifon qui la porte à témoigner ce mécontentement
à la Suivante , c'eft qu'elle ne fçait pas fi le
mari que fon perelui deftine lui conviendra, quoiqu'on
lui en ait fait des rapports tres-avantageux.
Orgon vient annoncer à fa fille que fon Prétendu
doit arriver ce jour même. Sylvia ne reçoit pas
Cette
AVRIL. 1730. 773
gette nouvelle fans quelques troubles , dont fon
pere lui demande la raiſon ; elle lui fait entendre
- qu'elle voudroit bien voir , avant que de s'engager
, fi cet époux dont on dit tant de bien , lui
convient. Elle prie Orgon de confentir qu'elle l'éprouve
fous les habits & le nom de Lifette , tandis
que Lifette paffera pour Sylvia. Cette idée fait
rire Orgon pour des raifons qu'on va apprendre
dans la Scene fuivante. Il confent au double traveftiffement.
Sylvia & Liſette fortent pour l'aller
exécuter.
Mario , fils d'Orgon , vient féliciter fa foeur
fur fon Hymen prochain , mais elle le quitte en
lui difant qu'elle a des affaires plus férieufes &
plus preffées . Orgon explique cet Enigme à fon
fils ; il commence par lui lire un Fragment d'une
Lettre du pere de fon gendre futur. En voici les
propres termes :
Je ne fçai, au refte , ce que vous penferez d'une
imagination qui eft venue à mon fils ; elle eft
bizare, il en convient lui - même , mais le motif
en eft pardonnable & même délicat ; c'est qu'il
m'a prié de lui permettre de n'arriver d'abord
ehez vous que fous la figure defon valet , qui
de fon côtéfera le perfonnage de fon Maître.
Cette idée paroît tout -à-fait finguliere à Mario
; mais il l'a trouve bien plus comique quand
Orgon lui apprend que par un effet du bazard ,
Sylvia entreprend le même déguiſement faus ſçavoir
le traveftiffement de fon futur époux ; le pere
& le fils fe propofent de jouir de cette Comedie ,
fans prévenir aucun des perfonnages qui l'a vont
jouer.
?
Sylvia , n'ayant pas befoin d'employer tant de
temps que Lifette à fe métamorphofer , revient la
premiere de fa Toilette,& le prépare à bien jouer
fon nouveau rôle.
Derante
774 MER CURE DE FRANCE
Dorante arrive fous les habits d'Arlequin fon
valet , fuivant le projet déja annoncé ; fon début
n'eft pas moins galant que fa perfonne eft relevée.
Orgon & Mario le laiffent tête à tête avec
la fauffe Lifette ; leur converfation eft tout-à-fait
plaifante ; & leurs coeurs commencent à fentir de
la difpofition à s'unir ; ils ont beau protefter l'un
& l'autre que leur horofcope porte qu'ils n'aimeront
que des perfonnes de condition; leur penchant
les entraine malgré eux ce qui femble
les authoriſer en fecret , c'eft que Dorante de fon
côté dit à Sylvia qu'il n'eft pas né pour être va
let, & que Sylvia fait entendre quelque chofe d'aprochant.
Quoiqu'il en foit , cette Scene a fait
plaifir , & a commencé à intereffer le public.
Arlequin arrive enfin ; mais toutes ces paroles
& toutes fes actions font fi peut dignes du perfonnage
qu'il vient reprefenter, que Sylvia le quitte
brufquement, en difant à part : Que le fort eft
bifarre ! aucun de ces deux hommes n'eft à fa
place.
Ce que l'Auteur met dans la bouche du vrai
Dorante , prévient la critique qu'il n'a pas manqué
de prévoir. Il lui dit qu'il lui avoit promis
de quitter fes manieres de parler fottes & triviales
, & qu'il lui avoit fur tout recommandé
d'être férieux , mais a -t- il dû ſe promettre qu'un
Butor lui tiendroit parole ? En effet il retombe
le moment après dans la même faute; on en peut
juger par la réponſe à Orgon, fon prétendu beaupere
; la voicy :
Monfieur, mille pardons! c'eft beaucoup trop ,
& il n'en faut qu'un, quand on n'a fait qu'une
faute ; aufurplus tous mes pardonsfont à votre
Service.
Dans la premiere Scene du fecond Acte , Lifette
fait entendre à Orgon, qu'il eft temps de finir
AVRIL 1730. 775.
nir un jeu qui pourroit aller trop loin , parce que
fes charmes commencent à faire bien du ravage
fur le coeur de Dorante , & que de la maniere
dont il prend feu , elle fe garantit bien - tôt
adorée. Orgon la félicite de fa conquête , & lui
dit qu'il confent qu'elle pouffe fa bonne fortune
jufqu'à l'Hymen. Il l'a charge de faire entendre'
à fa Maîtreffe qu'elle foupçonne Bourguignon , le
prétendu valet de Dorante , de la prévenir contre
fon Maître. Lifette lui promet tout , & fe promer
tout à elle -même. Orgon fe retire voyant venir
le faux Dorante.
Arlequin parle d'amour à Lifette à fa maniere;
le vrai Dorante le vient interrompre pour lui
ordonner tout bas de le débaraffer de tout ce qui
fe paffe , de ne fe point trop livrer à dire fes impertinences
ordinaires , & de paroître férieux ,
rêveur & mêcontent .
Arlequin & Lifette continuent leur entretien ;
chacun d'eux fe croyant indigne de fon bonheur,
s'humilie : Vous me croyez plus de quali
tez que je n'en ay , dit Lifette. Et vous , Madame
, répond Arlequin ; vous ne sçavez pas
les miennes , & je ne devrois vous parler qu'à
genoux. Cette Scene eft le germe de la reconnoiffance
qui doit fe faire entr'eux dans le troifiéme
Acte.
La fauffe Lifette vient les interrompre , comme
le faux Bourguignon vient de faire. Arlequin fe
retire.
Sylvia ordonne à Lifette de fe défaire de ce
brutal qui vient de lui dire des groffiéretez . Lifette
lui répond que M. Orgon vient de lui donner
des ordres directement oppofez aux fiens
elle lui parle de Bourguignon , comme d'un valer
qui l'a prévient contre fon Maître, Sylvia ne peut
s'empêcher de prendre le parti du faux Bourguignon
>
776 MERCURE DE FRANCE
!
gnon, ce qui donne d'étranges foupçons à Lifette,
Les foupçons , quoiqu'ils ne foient expliquez qu'à
demi, la mettent dans une mauvaiſe humeur qui
l'oblige à chaffer Liſette.
Sylvia fait entrevoir dans un court monolo
gue une partie de ce qui fe paffe dans fon coeur.
Voicy par où elle finit fon monologue , voyant
paroître Bourguignon : Voilà cet objet en queftion
, pour qui on veut que je m'emporte , mais
se n'est pas fa faute , le pauvre garçon , ¿je
ne dois pas m'en prendre à lui.
Le faux Bourguignon fait une Scene avec la
fauffe Lifette , dans laquelle ils paroiffent également
agitez. Cette Scene eft interrompue par
l'arrivée d'Orgon & de Mario, qui ayant furpris
Bourguignon à fes genoux, lui en font la guerre
a
d'une maniere à la livrer toute entiere à ſon dépit;
fon pere lui ordonne de continuer fon dé→
guifement , pour voir fi l'averfion qu'elle a pour
Dorante continuëra.
Le faux Bourguignon vient renouer avec la
fauffe Lifette la converfation qu'Orgon & Mario
avoient interrompuë. Cette Scene a été generalement
applaudie & a paru la plus intéreffante de
la Piece. Dorante, par un fentiment de probité
ne veut plus abufer la prétendue Sylvia , qui fe
livre un peu trop au faux Dorante; il déclare à la
fauffe Lifette qu'il n'eft que fon valet , & que c'eft
le vrai Dorante qui lui parle actuellement. Il lui
dit que l'amour qu'il a pour elle ne lui permet
plus aucun engagement , & que ne pouvant être
uni avec elle , attendu la diftance des conditions
qui les fépare ; il feroit trop heureux s'il pouvoit
être affuré de fon coeur. Sylvia lui fait efperer cet
amour qu'il lui demande ; cependant , elle ne lui
rend pas confidence pour confidence , fans qu'on
en puifle pénétrer d'autre raifon que celle de faiAVRIL.
1730. 777
te durer la piece , qui n'eft encore qu'à la fin du
fecond Acte : Paffons au troifiéme.
Nous ne nous étendrons pas beaucoup fur ce
dernier Acte. Il ne s'y agit que de fatisfaire la
petite vanité de Sylvia , qui veut que Dorantefo
détermine à l'époufer , malgré la prétendue inégalité
de conditions. Nous n'appuyerons pas
beaucoup fur la jaloufie que Dorante prend au
fujet de Mario ; la Piece n'en a pas befoin pour
aller fon train.
Dans la premiere Scene , Dorante par un fentiment
de probité , ne veut pas que la fauffe Sylvia
foit abufée plus long-temps par un valet déguifé
. Arlequin ne pouvant obtenir de lui qu'il
lui laiffe pouffer fa pointe , lui promet de lui déclarer
fon état , & le prie de ne pas s'opposer à
fa bonne fortune , fi malgre fa qualité de valet ,
elle veut bien confentir à l'épouſer. Dorante
croyant la chofe impoffible , lui promet ce qu'il
lui demande. Lifette a déja obtenu la même grace
de M. Orgon , qui la lui a d'autant plus facilement
accordée , qu'il fçavoit l'égalité des conditions.
Nous paffons le plus promptement qu'il
nous eft poffible à la reconnoiffance réciproque
du valet & de la fervante. Cette Scene contrafte
parfaitement avec celle duMaître & de la Maîtreſſe
que nous avons déja vûë ; fi cette derniere a été
intereffante , celle qui la fuit eft plaifante . Arlequin
& Lifette s'humilient l'un devant l'autre ,
faute de fe connoître ; enfin Lifette , que la modeftie
outrée d'Arlequin commence à faire douter
de quelque chofe, après avoir dit à part: Tant
d'abaiffement n'eft pas naturel; lui dit tout haut:
Pourquoi me dites - vous cela? Arlequin lui avouë
enfin qu'il n'eft que le valet de Dorante, & Life:-
te ne pouvant s'empêcher d'en rire , prend fa revanche
en lui confeffant qu'elle n'eft que la Sui
vante de Sylvia. G Dorante
A
778 MERCURE DE FRANCE
Dorante a encore une tres -belle Scene avec
Sylvia , mais on l'a trouvée inférieure à celle du
fecond Acte. Elle roule fur la jaloufie que Mario
a donnée à Dorante , dont , comme on l'a déja
remarqué , la piece n'avoit prefque que faire.Le
facrifice que Dorante fait à fa prétendue Suivante,
qui eft de confentir à l'époufer , toute Lifette
qu'elle paroît , détermine enfin Sylvia à lui apprendre
tout fon bonheur.
Voicy les remarques qu'on a faites fur cette
Comédie ; nous ne lommes icy que les échos
du Public. On dit , 1 ° . qu'il n'eft pas vrai-femblable
que Sylvia puiffe fe perfuader qu'un butor
tel qu'Arlequin foit ce même Dorante dont on
lui a fait une peinture fi avantageufe. En effet ,
dès la premiere Scene de la piece, Lifette lui parle
ainfi : On dit que votre futur est bien fait , aimable
, de bonne mine, qu'on ne peut pas avoir
plus d'efprit , qu'on ne sçauroit être d'un meilleur
caractere , &c. Sylvia lui répond : L'Utile
& l'agréable fe trouvent dans le portrait que tu
en fais, on dit qu'il lui reffemble . Dans la
Scene fuivante , M. Orgon parle ainfi à fa fille :
Pour moi , je n'ai jamais vu Dorante , il étoit
abfent quand j'étois chez fon pere ; mais, fur
tout le bien qu'on m'en a dit , je ne sçaurois
craindre que vous vous déplaifiez ni l'un ni
l'autre. La feule vue du faux Dorante ne doitelle
pas faire foupçonner du myftere , fur tout à
Sylvia qui fe trouve dans le cas d'un traveftiffement
, dont elle peut facilement foupçonner fon
Prétendu?
2. Arlequin, à t'on dit, ne ſoûtient pas fon ca
ractere par tout ; des chofes tres-jolies fuccedent
à des groffieretés . En effet,peut-on s'imaginer que
celui qui a dit fi maufladement à fon prétendu
Beaupere : Au furplus tous mes pardons font à
*
Votre
AVRIL. 1730. 779
votre fervice , dife fi joliment à la fauffe Sylvia:
Je voudrois bien pouvoir baiser ces petits mots
là les cueillir fur votre bouche avec la
mienne. 3
3°On auroit voulu que le fecondActe eût été le
troifiéme , & l'on croît que cela n'auroit pas été
difficile ; la raifon qui empêche Sylvia de fe découvrir
après avoir appris que Bourguignon eft
Dorante , n'étant qu'une petite vanité , ne fçau
roit excufer fon filence ; d'ailleurs , Dorante &
Sylvia étant les objets principaux de la piece, c'é
toit par leur reconnoiffance qu'elle devoit finir
& non par celle d'Arlequin & de Lifette , qui
ne font que les finges , l'un de fon Maître , l'autre
de fa Maîtreffe. Au refte tout le monde convient
que la Piece eft bien écrite & pleine d'efprit ,
fentiment & de délicateffe.
Fermer
Résumé : Extrait de la Comédie intitulée le Jeu de l'Amour, &c. [titre d'après la table]
Le 23 janvier, les Comédiens Italiens ont présenté la première représentation de la comédie en prose et en trois actes intitulée 'Le Jeu de l'Amour et du Hazard' de Pierre de Marivaux. La pièce a été bien accueillie par le public. L'intrigue commence avec Silvia, fille d'Orgon, qui est mécontente de sa suivante Lisette après que celle-ci a exprimé son désir de se marier. Silvia craint que le mari choisi par son père ne lui convienne pas. Orgon annonce à Silvia que son prétendant, Dorante, doit arriver ce jour-là. Silvia demande à son père de lui permettre d'éprouver Dorante en échangeant leurs rôles avec Lisette. Orgon accepte cette idée. Mario, fils d'Orgon, félicite Silvia pour son prochain mariage, mais elle le quitte pour des affaires plus urgentes. Orgon explique à Mario le projet de Silvia et lui lit une lettre du père de Dorante, qui révèle que Dorante souhaite arriver déguisé en valet. Silvia revient déguisée en Lisette et rencontre Dorante, déguisé en valet. Leur conversation est plaisante et ils commencent à s'attirer mutuellement. Cependant, Silvia est déçue par le comportement d'Arlequin, le valet de Dorante, qui ne correspond pas à l'image qu'elle avait de Dorante. Dans le deuxième acte, Lisette informe Orgon que Dorante est tombé amoureux d'elle. Orgon lui permet de poursuivre sa 'bonne fortune'. Dorante ordonne à Arlequin de se comporter sérieusement. Silvia, toujours déguisée, ordonne à Lisette de se débarrasser du valet brutal. Lisette révèle à Silvia que Bourguignon, le valet de Dorante, l'a prévenue contre son maître, ce qui suscite des soupçons chez Silvia. Dans le troisième acte, Dorante, par probité, révèle son identité à Silvia. Arlequin et Lisette se reconnaissent mutuellement comme valets. Silvia finit par révéler son identité à Dorante, qui accepte de l'épouser malgré les différences de condition. La pièce se termine par la reconnaissance réciproque des personnages. Les critiques notent que certaines scènes sont peu vraisemblables et que le caractère d'Arlequin manque de cohérence. Cependant, la pièce est jugée bien écrite et pleine d'esprit, de sentiment et de délicatesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3972
p. 53-105
ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
Début :
J'ay cru que rien ne rendroit ce Parallele plus [...]
Mots clefs :
Homère, Rabelais, Comique, Sublime, Sujet, Éloquence, Auteur, Génie, Neptune, Beau, Idée, Paris, Vers, Paradoxe, Comparaison , Parallèle, Grandeur, Dieux, Sérieux, Combat, Tempête, Panurge, Pantagruel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
ARTICLE BURLESQUE.
SUITE DV PARALLELE
d'Homere&de Rabelais.
*
J'Ay cru que rien ne
rendroit ce Parallele
plus amusantque d'y
mêler de petits contes,
dontle fond estdeRabelais;
mais que j'ai accommodez
de maniere
à pouvoir être lûs des
Dames,& à moins ennuyer
ceux qui ne sont
point afeZj erudits &
"affedwnnez^ Pentagruelistes,
poursavourer,
mâcher&remâcherjusqu'aux
moindres roga-*
tons, & avaler à longs
traits sa -desfuavitezRabelaisiennes
en faveur de
quelques grains de gros
sel,semez par ci par là,
ez., salmigondis & pots
pouris de Maître François.
Pour assortir, ou plûtôrpour
opposer à ces
contes, en trouverai
bien encor quelqu'un
dans Homere, mais je
respecte trop son grand
nom, pour oser rien
mettre du mien dans
ses ouvrages; à peine
ai-je osé retrancher une
bonne moitié du conte
du Cyclope, afin de
rendre l'autre moins
ennuyeuse.
: Pour oposer au grand
& au sublime du Poëte
grec, on trouvera
peut-être dans Maître
François quelques endroits
assez solides pour
faire avouer que Rabelais
cût mieux réussi
dans le sérieux, qu'Homere
n'a réussi dans le
comique, & de là je
prendrai occasion d'avancer
quelques propositions
qui seroient
hardies, téméraires,ridicules
même si on les
avançoit sérieusement,
& dont je n'ose prouver
laveritéqu'en plaisantant;
je les proposeray
donc d'abord
comme des Paradoxes
badins ; tcbadinageaT
cela de bon qu'il peut
éclaircir certaines veritez
qu'une dispute serieuse
ne seroit qu'obscurcirjlcbadinageaencore
cet avanta ge sur la
dispute, qu'au lieud'attirerla*
colere des difputcurs
graves, il n'en
attire qu'un fîlencedédaigneux
, & c'es en
être quitte à bon marché
j car la force des raisonnemens
ne fait que
les irriter au lieu de les
convaincre.
La prévention s'irrite
par la resistance, cest un
animal feroce qu'Homere
eut comparé àun
Taureau furieux
J
qui
parcourant les njaftes
campa?nes de la Lybie,
d'autre but dans sa
fureur que de heurtertête
baiJJie) & de renverser
IÙS plus fortsanimaux
qui oseront l'attaquer
de front.
C'est ainsi que dans
les vastes ambiguitez
dela dispure,les plus
fortes raisons ne tiennent
point contre la
prévention.
Comparons à present
le badinage à l'Abeille
legere, qui voltige en
folâtrant autour de ce
Taureau furieux; elle
badine en fureté entre
ses cornes, lepique legerement,
il ne fait que
secoücr l'oreille,autre
coup d'aiguillon qu'il
méprise, il ne voit point
d'ennemy, cependant
la mouche le pique, ses
piquûres sontlegeres:
maisc11es sontréïterées,
la mouc he se porte avec
agilité par tous les endroits
sensibles, les piqueures
redoublent,il
commence à s'irriter,
se ne voyant à qui s'en
prendre, il tourne sa
colerecontrelui- même,
il s'agite,ilse mord,il
se tourmente, &enfin
il s'épuise,s'affoiblit&
tombe. Procumbithumi
Bos.
Nôtre comparaison
nous a fortéloignez de
nostresujet:tant mieux,
elle n'en est que plus
Homerienne,s'il y a
quelque chose de faux
dans l'application, tant
mieux encore. Homere
est un modele qu'il faut
imiter : ses comparaisons
sont longues, fausses
& semblables les
unes aux autres, il n'importe;
c'est toûjours le
second &C le parfait
Homere.
Les comparaisons de
Rabelais sont plus variées,
plus justes,mais
elles ne sont pas
moins allongées, & la
plûpart sont si basses,
qu'àcet égard ilfaut
bien pour l'honneur du
goût donner la préferenceau
Prince des
Poëtes.
Avantcettedigression
j'ay promis,à propos
d'Homere & de Rabelais
, d'avancer pour rire
quelques proportions
étonnantes, le
premier de ces Paradoxes
c'est :
Qu'il faut pins d'étendue
d'esprit & peutcireplus
d'élévationpour
exceller dans le beau comique
, qu'il n'en faut
pour réussir dansle serieux.
Cette proposition va
révolter d'abord ceux
qui prévenus par refpcâ
pour tout ce qui
a l'air sérieux:
admirent en baillant
un ennuyeux tragique,
Et riant d'une Jjlgne's,
méprisentlecomique.
Le
Le second Paradoxe,
e'est. Que les plus excellentes
piecesserieuses
font mêlées d'excellent
comique
, & par consesquent
qu'un Authtur ne
peut excellerdans lesérieuxy
s'iln'a du talent
pour le comique.r
On trouveroitdans
tous; les siecles, 8cmême
dans lenôtrçxque
les plus grands genies
ont mêlé du winique,
dans leurs ouvrages SC
dans leurs discours,&
les genies mediocres
dérogent même quelquefois
aux prérogatives
de leur gravité,
pour hazarder d'être
plaisans; j'en ai vû s'arrêter
tout court, par
vanité, s'appercevant
qu'ils plaisantoient de
mauvaise grace, & se
déchaîner le moment
d'après contre le meilleur
genre de plaisanterie.
-
Toi qui debite gravement
Tafademédisance,
Caustique par tempec.
ramment,
Serieuxparprudence,
Tumtprifes d'un hon
r, plaisant
La comique élegance,
Comme un gouteux foi- ble&pesant
Mépriseroit la danse.
Les Vers ci-dejjus peuvent Je
chanter sur l'AirdeJÓconde.
Avantque d'avancer
mon troisiéme Paradoxe
,
il faudroit avoir
bien défini le mot de
comique, & celui de subhme
y &C aprés celà
même il seroitpeut-être
encor ridicule de
dire:Quenon-seulement
lè Jubltmerieft pas incompatibleavec<
li\comiqu^
ymais,qmlpssd-J
avoir dans certain comiquedestraitssuperieurs
ausublimeserieux. Voila
unepropositionétonnante,
par rapport à l'idée
qu'on a du sublimc,
que je définirois
volontiers, laperfection
dans le grand : mais on
peut en donner encor
d'autres définitions,&
c'est ce qui nous meneroit
trop loin, il faudroit
trop1 de temps
pourdonneràces trois
Paradoxes toutes les ex*
plications& modifications
qui pourroient
les rendre sérieusement
vrayes > c'est ce que
j'entreprendrai peutêtre
quelque jour,sij'ai
le loisir de mettre en
oeuvre les reflexions
que j'ai faites sur les
fesses idées qu'on a du
sublime, du sérieux &
du comique; contentons-
nous ici de badiner
sur nôtre dernier Paradoxe,
qui nous donnera
occasion de comparer
quelques mor-*
ceaux des deux Autheurs,
dont jecontinuë
le Parallele.
Pour parler selon les
idées communes, disons
: que le comique
nest point sublimepar
lui-mesme
,
mais qu'il
peut renfermer des sens
& des veritez sublimes,
& c'est pour sçavoir
renfermer ces grandes
veritez dans le comique,
qu'il faut un genie
tres étendu.
Ilenfaut moins,par
exemple, pour soûtenirune
morale sublime
par des expressions
fortes & nobles, qui lui
font propres, que pour
la traitter comiquement,
sansl'affoiblir,
&:. sans la dégrader.
Il est'vray que le genre
serieux est plus grand
par luy-même que le
sgaennsre comique, iltient
doute le premier
rang, mais il n'y a point.
au
au Parnasse de ceremonial
qui donne le pas a un Autheur sérieux
surun comique. Ilest
plus grand parexemple,
de traitter la guerre
de Troye ,causée
par lenlevement d'une
Princesse, que la guerre
causéepar l'enlevement
d'un Seau, La
sequi à rapita,mais cette
grandeur est dans le
sujet, & non dans TAutheur
qui le traitte.,8c
celui qui daps le Poème
del'enlevement d'un
Seau, feroit entrer les
idées les plushéroïques
, feroit sansdoute
un plus grand genie"
que celui à qui la grandeur
du sujet fournit
naturellement de grandes
idées.
On ne peut pas soûtenirqu'ily
ait quantité
de hautes idées renfermées
dans le comique
de Rabelais, mais
on prouveroit peut- être
qu'Homere doit une
bonne partie deson sublime
à la grandeurde
son sujet.; ?;!> JU ;
.,' La bassesse des sujets
que Rabelais à traitez
auroit sait tomber son
ouvrage,s'iln'avoit pas étésoustenu par: des
partiesexcellentes;
L'élévation Se lrrraportance
du sujet de
rmiadercûcsoustenuë
qu^îidniémeil yauroit
eu moins de beautez
quon,ny en trouve.
Nous voyons clairementpar
la connolt:
sance dusiecle où Rabelais
avescu, que la
plûpart de ses expressiós
fortes&naïves lui font
propres a lui seul.
Mais les sçavans sans
prévention avouent
-qu:on- neconnoist pas
assez le siecle d'Homere
pour sçavoirenquoi
il dl original:ceuxqui
connoissent le genie
oriental croiront plustost
que ses expressions
nobles& figurées, que
ses comparaisons magnifiques,&
mesme la
pluspart de sesideés
Poëtiques pouvoient
estreaussi communes
aux Grecsde son temps
que les proverbes sensez
le sont à Paris parmi
le peu ple.
Al'égard du sublime
de Rabelais, il faut convenir
qu'il est bien malâisé
de l'appercevoirà
travers le bascomique,
dont il est offusqué, il
dit en parlant de la
Loy comrnentée & embrouillée
par nos Juris-
Confulres
, que c'est
une belle robe à fondd'or
brodée de crote
: j'en dirois
autant de son sublime
,
qu'on me passe
ce mot en attendant
la définition : Mais appellez
comme il vous
plaira l'idée qu'il donne.
de la vraye & naturelle
Eloquence, par la décision
de Pcntagruel
sur le verbiage du li-,
centié, il paroit qu'elle
fit excellente: en voici
l'idée en abbregé.
LAVRAYE ELOQUENCE.
1 uN jour Penragruel
rencontra certainLice-nti.é,,
non autrement sçavant es;
sciences de son métier de
Docteur:mais en recompense
sçachant tres-foncicierement
danser & joüer
à la paume,lequel donc
rencontrépar Pentagruel,
fut interrogé d'où il venoit
5
& luy répondit,je
liens de l'urbe&citécelebrisjimt
quevulgairement onvocite
Lutece.Qu'est-ce à dire,
dit Pentagruel
,
à son truchementordinaire?
je suis
tout ebahi de tel jargon.
C'efc, répond letruchemenrjqu'il
vient de Paris:
Hé,reprit Pentagruel,.
à quoy passez-vous le
temps à Paris vous autres
licentiez^Nflw^repondit le
Licentié
, en nos occupations
dit: Quel diable de langa
ge est-cecy ? Ce nest que latinécorché, dit le Truchement,
& luy semble
qu'il est éloquent Orateur,
pource qu'ildédaigne
l'usance commune de
parler: or le Licentié
croyant que l'étonnement
Se ébahissement dePentagruel
venoit pour admirer
la haute beauté de cette
élocution, se reguinda encore
plus haut &: plus obleur,
si que par longueur
de periodes,poussa patience
à bout. Parbleu, dità
part-foi Pentagruel,je tapprendrai
quelle est vraie Se
naturelle éloquence ;puis
demadaauLicêciédequel
païs il étoit, à quoy répond
ainsi le Licencié.L'illustre
&honoriferantepropagation
demesaves&ataves, tire
son origine primordiale des
Régions Limosiniennes.J'entens
bien, dit Pentagruel,
tu n'es qu'un Limosin de
Limoge, & tu veux faire
5 le Demosthenes de Grece;
Or viens-cà que je te donne
un tour de peigne, lors
le prit à la gorge,disant :
tu écorches le Latin, moy
j'écorcheray le latiniseur,
si fort lui serroit la gorge
que le pauvre Limosin
commence à crier en Limosin,
vée Dicou Gentil.
latre : Hosaint Marsau !
secourami,bau,bau, laisias k
qu'ou AU nom de Dtous
y
dm
ne me tou cas grou.Ah5 dit
Pentagruel en le laissant ;
voila comment je te voulois
remettre en droit chemin
de vraye éloquence;
car à cette, heure viens-tu
de p, rler comme nature,
&, grand biente fasse icelle.
corrp&ion,-v.
Quoique je trouve
dans; cette;idéeune e fpece
de sublime, je ne
le. compareraipas sans
doute,à ce sublime
d'Homere, dans son
Vingtième Livre,oùil
Ïaicporter ainsiJupiter fàcNrëeibptluéendee4s'aDniseTuxA/tsembléedesDieux,
- '.i! r
Je vaisdonc m'asseoir
sur le sommet de l'Olimpe,
ôcregarder le combat :
mais pour vous autres vous
pouvez descendre,& prendre
ouvertement le party
deceux quevous favorilez,
car si Achille attaque
seullesTroyens,ils ne le
soûtiendront pas un moment
:comment le soû-
,tiendroient-ils aujourd'hui
qu'il est armé ,ôc que là
valeur est encoreaiguisée
par la douleur qu'il a de
la
mort de son amy J
qu'-
hier le voyant mêmesans
armes, ils furent remplis
/deterreur^,ôc..,
- E.î:n(.fuiteHomr ere fait
descendre les Dieux de
YOUmpC) qui animant
les troupes des deuxpartisye.
ng,agIentldfbataille, &se mêlenteux-mêmes
days le combat.
En cet endroit -je
quitte lebadinage par
respect, non pour la reputationseule
d'Homere,
mais pour la grandeur,
la majesté&l'élévation
de sa PoëGe;
quel genie! Se avec
quel art inceresse-t-il
icileCiel, la terre &
toute la nature au grad
fpe&acle qu'ilvanous
donner?il nous forceà
nousy interesser nousmêmes;&
voilal'effet
dusublime.
Pédantcecombat,continué
Homere, le Souverainmaître
des Dieux
tonne du haut duCiel,
'& Neptune élevant ses
flots ébranle laterre,
lescimes du Mont Ida
tremblent jusques dans
leurs
leursfondemens,Troye,
le champ de bataille&
les vaisseaux sontagitez.
par des secousses
violentes,le Roy; des
Enfers, épouvanté au
fond de son Palais, s'élance
de son Trône, &
s'écrie de toute sa force
dans la frayeur où il
est, que Neptune, d'un
coup de son Trident,
n'entrouvre laTerre
qui couvre les ombres,
&, qiie cet affreux séjour,
demeure éternelle
des tenebres & de la
mort, abhorré des Hommes8£
craint même des
Dieux,nereçoive pour
la premiere fois la lumiere,&
ne paroisse à
découvert, si grand eil
le bruit que font ces
Dieux, qui marchent
trleess/unsilco'rn*tre les au- ab-quor
Apollon armé detous
ses traits, attaque Neptune
; Minerves'oppose
à Mars, Diane
marche contre Junon,
mais Achille n'en
veut qu'à Hector, il le
cherche dans la mêlée,
impatient de verser le
fang deceHeros,sous
les yeux même du Dieu
Mars qui le protege.
Voila du beau, du
grand, il se fait sentir
par luy-même, il n'a
pasbesoin de Cõmentaire,
comme mille autres
endroits des anciens
Autheurs, qui ne
sont beaux qu'à proportion
de la creduliré
de ceux qui veulent
bien se prester aux. décisionsdes
Commentateurs.
Comparonsàpresent
., deux tableaux de nos
deux Autheurs sur le
même sujet, ils veulent
runU. l'autre representer
unetempeste..
,
Tout ~~p~
en peinture, en mufiqne,
En prose comme en vers.
sérieux ou comique,
Tempeste de Rubens;.
tempefle de Rablais,
jMrwe du grand Poëte
tragique*.
L'on pourroit comparer
la tempeste heroïque,.
Ala tempeste de Ma, -rais.
Ces vers sepeuvent chanter fit- PairdeJoconde.
TEMPESTE
DE
RABELAIS.
EN. nôtre nauf étions
avec Pentagruel le bon,
joyeusementtranquiles,&
étoit la mer tranquillement
triste; car Neptune
en son naturel est melancolique
& fonge-creux
pource qu'il est plus flegmatique
que sanguin.
Bonasse traîtreuse nous
invitoit à molle oisiveté
>1
ôc oisiveté nous invitoit à
boire,or à boisson vineuse
mêlions saucisses,boutargue
& jambons outrement
salez,pour plus vcu
luptueufement faire sentir,
& contraster suavité
nectarine ,douce non
comme,mais plus que lait.
O que feriez mieux, nous
cria le pilote au lieu d'icelles
salinesmangerviandes
douces,pource qu'incontinent
ne boirez peutêtreque
trop salé ; ce que
disoitlepilote par pronom
c::1:
stication; car pilotes ainsi
que chats en goutieres,
fleurent par instincpluyes
& orages.
Et de fait le beau
clair jour qui luisoit perdant
peu à peu sa transparence,
lumineuse
,
devint
d'abord comme entre
chien & loup,puis brun,
obscur, puis presquenoir,
puis si noir,si noir que
fumes saisis de mal peur;
* car autrelumiere n'éclaira
plus nos faces blêmes
&effrayées, que lueurs
d'éclairsfulminantspar
'Tecrevements
de flambantes
nuées, avec millions
de tonnerres tonigrondants
sur tous les tons
&intonations des orgues
de Jupin, les pedales ,
pou, dou ,dou
,
dou3
icy cromornes,Ton, ron,
ron ) ron &C cla
,
cla y
cla
,
clacla
,
misericorde
, crioit Panurge; détournez
l'orage, Tonnez
les cloches, mais cloches
ne sonnerent ,car en
avoit pour lors: voilà
tout en feu, voilà tout en
eau, bourasques de vents,
fiflemens horrifiques, ce1
la fait trois élements
dont de chacun , trop a-
Ivioiis n'y avoit que terre
qui nous manquoit,si
non pourtant que fondrieres
marines furent si
profondes,qu'en fin fond
d'abîmes ouverts eût-on
pu voir,harangs sur sable
-&C moruës engravées, or
'-du fio,nd d'iceuxabysmes r
vagues montoient aux
nuës
,
& d'icelles nûës.
fc precipitoient comme
torrents , montagnes
d'eau, foy disant vagues,
desquelles aucunes
tombant sur la nauf, Panurge
, qui de frayeur
extravaguoit, disoit ho
ho ho, quelle pluye estce
cy 5 vit-on jamais
pleuvoir vagues toutes
brandies: helas,helas
be be be be, , je nage, bou
bou bou bou, ha maudit
cordonnier, mes souliers
prennent l'eau par
le colet de mon pourpoint.
Ha que cette boit:
son est amere ! hala,
hola
,
je n'ay plus soif.
Te tairas - tu ?
crioit
Frere Jean, & viens
plustost nous aider à
manouvrer ,
où sont
nos boulingues
,
noftrc
trinquet est avau l'eau,
amis à ces rambades
Enfans, n'abandonnons,
le tirados, à moy, à moy.
Par icy, par la haut ,
par là bas.
Viens donc, Pcanurge,
viens, ventre de solles,
viens donc. Hé! ne jurons
point, disoit piteusement
Panurge, ne ju.
rons aujourd'huy, mais
demain tant que tu voudras
,
il est maintenant
heure de faire voeux,Se
promettre pelerinages :
ha ha
,
ha ha, ho ho
ho , ho, je nage, bou bi,
bou bous, sommes-nous
au fond? Ah je me
meurs! mais viens donc
icy nous aider, crioit
Frere Jean, au lieu de
moribonder,met la main
à l'estaransol
, gare la
pane, hau amure, amure
bas , peste soit du
pleurard qui nous est
nuisible au lieu de nous
aider. Ha! oüy oüy oüy,
reprenoit Panurge,vous
fuis nuisible
, mettezmoy
donc à terre afin
que puissiez à l'aise manouvrer
tout vostre soul-
Or icelle tempeste
ou tourmente, ou tourmentante
,comme voudrez
, commença à prendre
fin à force de durer,
comme toutes choses
mondaines: terre, terre,
cria le Pilote,& jugez
bien quelle jubilation
senfUlVlt
, a quoy prit
la plus forte part le
craintif Panurge, qui
defeendant le premier
sur l'arene,disoit,ôtrois
& quatre fois heureux.
Jardinier qui plante
choux, car au moins a-til
un pied sur terre, &
l'autre n'en est esloigné
que d'un fer de besche.
Or remettons tempeste
d'Homere à la pro- „ chaine mercuriale ainsi
que plusieurs autres bribes
des deux Autheurs
que nous paralelliferons
par maniere de passetemps
Rabelaisien, & -
non dogmatiquement ,
chose que- trop repeter
ne puis ; car pires sourds
n'y a que ceux qui ne
veulent point entendre.
SUITE DV PARALLELE
d'Homere&de Rabelais.
*
J'Ay cru que rien ne
rendroit ce Parallele
plus amusantque d'y
mêler de petits contes,
dontle fond estdeRabelais;
mais que j'ai accommodez
de maniere
à pouvoir être lûs des
Dames,& à moins ennuyer
ceux qui ne sont
point afeZj erudits &
"affedwnnez^ Pentagruelistes,
poursavourer,
mâcher&remâcherjusqu'aux
moindres roga-*
tons, & avaler à longs
traits sa -desfuavitezRabelaisiennes
en faveur de
quelques grains de gros
sel,semez par ci par là,
ez., salmigondis & pots
pouris de Maître François.
Pour assortir, ou plûtôrpour
opposer à ces
contes, en trouverai
bien encor quelqu'un
dans Homere, mais je
respecte trop son grand
nom, pour oser rien
mettre du mien dans
ses ouvrages; à peine
ai-je osé retrancher une
bonne moitié du conte
du Cyclope, afin de
rendre l'autre moins
ennuyeuse.
: Pour oposer au grand
& au sublime du Poëte
grec, on trouvera
peut-être dans Maître
François quelques endroits
assez solides pour
faire avouer que Rabelais
cût mieux réussi
dans le sérieux, qu'Homere
n'a réussi dans le
comique, & de là je
prendrai occasion d'avancer
quelques propositions
qui seroient
hardies, téméraires,ridicules
même si on les
avançoit sérieusement,
& dont je n'ose prouver
laveritéqu'en plaisantant;
je les proposeray
donc d'abord
comme des Paradoxes
badins ; tcbadinageaT
cela de bon qu'il peut
éclaircir certaines veritez
qu'une dispute serieuse
ne seroit qu'obscurcirjlcbadinageaencore
cet avanta ge sur la
dispute, qu'au lieud'attirerla*
colere des difputcurs
graves, il n'en
attire qu'un fîlencedédaigneux
, & c'es en
être quitte à bon marché
j car la force des raisonnemens
ne fait que
les irriter au lieu de les
convaincre.
La prévention s'irrite
par la resistance, cest un
animal feroce qu'Homere
eut comparé àun
Taureau furieux
J
qui
parcourant les njaftes
campa?nes de la Lybie,
d'autre but dans sa
fureur que de heurtertête
baiJJie) & de renverser
IÙS plus fortsanimaux
qui oseront l'attaquer
de front.
C'est ainsi que dans
les vastes ambiguitez
dela dispure,les plus
fortes raisons ne tiennent
point contre la
prévention.
Comparons à present
le badinage à l'Abeille
legere, qui voltige en
folâtrant autour de ce
Taureau furieux; elle
badine en fureté entre
ses cornes, lepique legerement,
il ne fait que
secoücr l'oreille,autre
coup d'aiguillon qu'il
méprise, il ne voit point
d'ennemy, cependant
la mouche le pique, ses
piquûres sontlegeres:
maisc11es sontréïterées,
la mouc he se porte avec
agilité par tous les endroits
sensibles, les piqueures
redoublent,il
commence à s'irriter,
se ne voyant à qui s'en
prendre, il tourne sa
colerecontrelui- même,
il s'agite,ilse mord,il
se tourmente, &enfin
il s'épuise,s'affoiblit&
tombe. Procumbithumi
Bos.
Nôtre comparaison
nous a fortéloignez de
nostresujet:tant mieux,
elle n'en est que plus
Homerienne,s'il y a
quelque chose de faux
dans l'application, tant
mieux encore. Homere
est un modele qu'il faut
imiter : ses comparaisons
sont longues, fausses
& semblables les
unes aux autres, il n'importe;
c'est toûjours le
second &C le parfait
Homere.
Les comparaisons de
Rabelais sont plus variées,
plus justes,mais
elles ne sont pas
moins allongées, & la
plûpart sont si basses,
qu'àcet égard ilfaut
bien pour l'honneur du
goût donner la préferenceau
Prince des
Poëtes.
Avantcettedigression
j'ay promis,à propos
d'Homere & de Rabelais
, d'avancer pour rire
quelques proportions
étonnantes, le
premier de ces Paradoxes
c'est :
Qu'il faut pins d'étendue
d'esprit & peutcireplus
d'élévationpour
exceller dans le beau comique
, qu'il n'en faut
pour réussir dansle serieux.
Cette proposition va
révolter d'abord ceux
qui prévenus par refpcâ
pour tout ce qui
a l'air sérieux:
admirent en baillant
un ennuyeux tragique,
Et riant d'une Jjlgne's,
méprisentlecomique.
Le
Le second Paradoxe,
e'est. Que les plus excellentes
piecesserieuses
font mêlées d'excellent
comique
, & par consesquent
qu'un Authtur ne
peut excellerdans lesérieuxy
s'iln'a du talent
pour le comique.r
On trouveroitdans
tous; les siecles, 8cmême
dans lenôtrçxque
les plus grands genies
ont mêlé du winique,
dans leurs ouvrages SC
dans leurs discours,&
les genies mediocres
dérogent même quelquefois
aux prérogatives
de leur gravité,
pour hazarder d'être
plaisans; j'en ai vû s'arrêter
tout court, par
vanité, s'appercevant
qu'ils plaisantoient de
mauvaise grace, & se
déchaîner le moment
d'après contre le meilleur
genre de plaisanterie.
-
Toi qui debite gravement
Tafademédisance,
Caustique par tempec.
ramment,
Serieuxparprudence,
Tumtprifes d'un hon
r, plaisant
La comique élegance,
Comme un gouteux foi- ble&pesant
Mépriseroit la danse.
Les Vers ci-dejjus peuvent Je
chanter sur l'AirdeJÓconde.
Avantque d'avancer
mon troisiéme Paradoxe
,
il faudroit avoir
bien défini le mot de
comique, & celui de subhme
y &C aprés celà
même il seroitpeut-être
encor ridicule de
dire:Quenon-seulement
lè Jubltmerieft pas incompatibleavec<
li\comiqu^
ymais,qmlpssd-J
avoir dans certain comiquedestraitssuperieurs
ausublimeserieux. Voila
unepropositionétonnante,
par rapport à l'idée
qu'on a du sublimc,
que je définirois
volontiers, laperfection
dans le grand : mais on
peut en donner encor
d'autres définitions,&
c'est ce qui nous meneroit
trop loin, il faudroit
trop1 de temps
pourdonneràces trois
Paradoxes toutes les ex*
plications& modifications
qui pourroient
les rendre sérieusement
vrayes > c'est ce que
j'entreprendrai peutêtre
quelque jour,sij'ai
le loisir de mettre en
oeuvre les reflexions
que j'ai faites sur les
fesses idées qu'on a du
sublime, du sérieux &
du comique; contentons-
nous ici de badiner
sur nôtre dernier Paradoxe,
qui nous donnera
occasion de comparer
quelques mor-*
ceaux des deux Autheurs,
dont jecontinuë
le Parallele.
Pour parler selon les
idées communes, disons
: que le comique
nest point sublimepar
lui-mesme
,
mais qu'il
peut renfermer des sens
& des veritez sublimes,
& c'est pour sçavoir
renfermer ces grandes
veritez dans le comique,
qu'il faut un genie
tres étendu.
Ilenfaut moins,par
exemple, pour soûtenirune
morale sublime
par des expressions
fortes & nobles, qui lui
font propres, que pour
la traitter comiquement,
sansl'affoiblir,
&:. sans la dégrader.
Il est'vray que le genre
serieux est plus grand
par luy-même que le
sgaennsre comique, iltient
doute le premier
rang, mais il n'y a point.
au
au Parnasse de ceremonial
qui donne le pas a un Autheur sérieux
surun comique. Ilest
plus grand parexemple,
de traitter la guerre
de Troye ,causée
par lenlevement d'une
Princesse, que la guerre
causéepar l'enlevement
d'un Seau, La
sequi à rapita,mais cette
grandeur est dans le
sujet, & non dans TAutheur
qui le traitte.,8c
celui qui daps le Poème
del'enlevement d'un
Seau, feroit entrer les
idées les plushéroïques
, feroit sansdoute
un plus grand genie"
que celui à qui la grandeur
du sujet fournit
naturellement de grandes
idées.
On ne peut pas soûtenirqu'ily
ait quantité
de hautes idées renfermées
dans le comique
de Rabelais, mais
on prouveroit peut- être
qu'Homere doit une
bonne partie deson sublime
à la grandeurde
son sujet.; ?;!> JU ;
.,' La bassesse des sujets
que Rabelais à traitez
auroit sait tomber son
ouvrage,s'iln'avoit pas étésoustenu par: des
partiesexcellentes;
L'élévation Se lrrraportance
du sujet de
rmiadercûcsoustenuë
qu^îidniémeil yauroit
eu moins de beautez
quon,ny en trouve.
Nous voyons clairementpar
la connolt:
sance dusiecle où Rabelais
avescu, que la
plûpart de ses expressiós
fortes&naïves lui font
propres a lui seul.
Mais les sçavans sans
prévention avouent
-qu:on- neconnoist pas
assez le siecle d'Homere
pour sçavoirenquoi
il dl original:ceuxqui
connoissent le genie
oriental croiront plustost
que ses expressions
nobles& figurées, que
ses comparaisons magnifiques,&
mesme la
pluspart de sesideés
Poëtiques pouvoient
estreaussi communes
aux Grecsde son temps
que les proverbes sensez
le sont à Paris parmi
le peu ple.
Al'égard du sublime
de Rabelais, il faut convenir
qu'il est bien malâisé
de l'appercevoirà
travers le bascomique,
dont il est offusqué, il
dit en parlant de la
Loy comrnentée & embrouillée
par nos Juris-
Confulres
, que c'est
une belle robe à fondd'or
brodée de crote
: j'en dirois
autant de son sublime
,
qu'on me passe
ce mot en attendant
la définition : Mais appellez
comme il vous
plaira l'idée qu'il donne.
de la vraye & naturelle
Eloquence, par la décision
de Pcntagruel
sur le verbiage du li-,
centié, il paroit qu'elle
fit excellente: en voici
l'idée en abbregé.
LAVRAYE ELOQUENCE.
1 uN jour Penragruel
rencontra certainLice-nti.é,,
non autrement sçavant es;
sciences de son métier de
Docteur:mais en recompense
sçachant tres-foncicierement
danser & joüer
à la paume,lequel donc
rencontrépar Pentagruel,
fut interrogé d'où il venoit
5
& luy répondit,je
liens de l'urbe&citécelebrisjimt
quevulgairement onvocite
Lutece.Qu'est-ce à dire,
dit Pentagruel
,
à son truchementordinaire?
je suis
tout ebahi de tel jargon.
C'efc, répond letruchemenrjqu'il
vient de Paris:
Hé,reprit Pentagruel,.
à quoy passez-vous le
temps à Paris vous autres
licentiez^Nflw^repondit le
Licentié
, en nos occupations
dit: Quel diable de langa
ge est-cecy ? Ce nest que latinécorché, dit le Truchement,
& luy semble
qu'il est éloquent Orateur,
pource qu'ildédaigne
l'usance commune de
parler: or le Licentié
croyant que l'étonnement
Se ébahissement dePentagruel
venoit pour admirer
la haute beauté de cette
élocution, se reguinda encore
plus haut &: plus obleur,
si que par longueur
de periodes,poussa patience
à bout. Parbleu, dità
part-foi Pentagruel,je tapprendrai
quelle est vraie Se
naturelle éloquence ;puis
demadaauLicêciédequel
païs il étoit, à quoy répond
ainsi le Licencié.L'illustre
&honoriferantepropagation
demesaves&ataves, tire
son origine primordiale des
Régions Limosiniennes.J'entens
bien, dit Pentagruel,
tu n'es qu'un Limosin de
Limoge, & tu veux faire
5 le Demosthenes de Grece;
Or viens-cà que je te donne
un tour de peigne, lors
le prit à la gorge,disant :
tu écorches le Latin, moy
j'écorcheray le latiniseur,
si fort lui serroit la gorge
que le pauvre Limosin
commence à crier en Limosin,
vée Dicou Gentil.
latre : Hosaint Marsau !
secourami,bau,bau, laisias k
qu'ou AU nom de Dtous
y
dm
ne me tou cas grou.Ah5 dit
Pentagruel en le laissant ;
voila comment je te voulois
remettre en droit chemin
de vraye éloquence;
car à cette, heure viens-tu
de p, rler comme nature,
&, grand biente fasse icelle.
corrp&ion,-v.
Quoique je trouve
dans; cette;idéeune e fpece
de sublime, je ne
le. compareraipas sans
doute,à ce sublime
d'Homere, dans son
Vingtième Livre,oùil
Ïaicporter ainsiJupiter fàcNrëeibptluéendee4s'aDniseTuxA/tsembléedesDieux,
- '.i! r
Je vaisdonc m'asseoir
sur le sommet de l'Olimpe,
ôcregarder le combat :
mais pour vous autres vous
pouvez descendre,& prendre
ouvertement le party
deceux quevous favorilez,
car si Achille attaque
seullesTroyens,ils ne le
soûtiendront pas un moment
:comment le soû-
,tiendroient-ils aujourd'hui
qu'il est armé ,ôc que là
valeur est encoreaiguisée
par la douleur qu'il a de
la
mort de son amy J
qu'-
hier le voyant mêmesans
armes, ils furent remplis
/deterreur^,ôc..,
- E.î:n(.fuiteHomr ere fait
descendre les Dieux de
YOUmpC) qui animant
les troupes des deuxpartisye.
ng,agIentldfbataille, &se mêlenteux-mêmes
days le combat.
En cet endroit -je
quitte lebadinage par
respect, non pour la reputationseule
d'Homere,
mais pour la grandeur,
la majesté&l'élévation
de sa PoëGe;
quel genie! Se avec
quel art inceresse-t-il
icileCiel, la terre &
toute la nature au grad
fpe&acle qu'ilvanous
donner?il nous forceà
nousy interesser nousmêmes;&
voilal'effet
dusublime.
Pédantcecombat,continué
Homere, le Souverainmaître
des Dieux
tonne du haut duCiel,
'& Neptune élevant ses
flots ébranle laterre,
lescimes du Mont Ida
tremblent jusques dans
leurs
leursfondemens,Troye,
le champ de bataille&
les vaisseaux sontagitez.
par des secousses
violentes,le Roy; des
Enfers, épouvanté au
fond de son Palais, s'élance
de son Trône, &
s'écrie de toute sa force
dans la frayeur où il
est, que Neptune, d'un
coup de son Trident,
n'entrouvre laTerre
qui couvre les ombres,
&, qiie cet affreux séjour,
demeure éternelle
des tenebres & de la
mort, abhorré des Hommes8£
craint même des
Dieux,nereçoive pour
la premiere fois la lumiere,&
ne paroisse à
découvert, si grand eil
le bruit que font ces
Dieux, qui marchent
trleess/unsilco'rn*tre les au- ab-quor
Apollon armé detous
ses traits, attaque Neptune
; Minerves'oppose
à Mars, Diane
marche contre Junon,
mais Achille n'en
veut qu'à Hector, il le
cherche dans la mêlée,
impatient de verser le
fang deceHeros,sous
les yeux même du Dieu
Mars qui le protege.
Voila du beau, du
grand, il se fait sentir
par luy-même, il n'a
pasbesoin de Cõmentaire,
comme mille autres
endroits des anciens
Autheurs, qui ne
sont beaux qu'à proportion
de la creduliré
de ceux qui veulent
bien se prester aux. décisionsdes
Commentateurs.
Comparonsàpresent
., deux tableaux de nos
deux Autheurs sur le
même sujet, ils veulent
runU. l'autre representer
unetempeste..
,
Tout ~~p~
en peinture, en mufiqne,
En prose comme en vers.
sérieux ou comique,
Tempeste de Rubens;.
tempefle de Rablais,
jMrwe du grand Poëte
tragique*.
L'on pourroit comparer
la tempeste heroïque,.
Ala tempeste de Ma, -rais.
Ces vers sepeuvent chanter fit- PairdeJoconde.
TEMPESTE
DE
RABELAIS.
EN. nôtre nauf étions
avec Pentagruel le bon,
joyeusementtranquiles,&
étoit la mer tranquillement
triste; car Neptune
en son naturel est melancolique
& fonge-creux
pource qu'il est plus flegmatique
que sanguin.
Bonasse traîtreuse nous
invitoit à molle oisiveté
>1
ôc oisiveté nous invitoit à
boire,or à boisson vineuse
mêlions saucisses,boutargue
& jambons outrement
salez,pour plus vcu
luptueufement faire sentir,
& contraster suavité
nectarine ,douce non
comme,mais plus que lait.
O que feriez mieux, nous
cria le pilote au lieu d'icelles
salinesmangerviandes
douces,pource qu'incontinent
ne boirez peutêtreque
trop salé ; ce que
disoitlepilote par pronom
c::1:
stication; car pilotes ainsi
que chats en goutieres,
fleurent par instincpluyes
& orages.
Et de fait le beau
clair jour qui luisoit perdant
peu à peu sa transparence,
lumineuse
,
devint
d'abord comme entre
chien & loup,puis brun,
obscur, puis presquenoir,
puis si noir,si noir que
fumes saisis de mal peur;
* car autrelumiere n'éclaira
plus nos faces blêmes
&effrayées, que lueurs
d'éclairsfulminantspar
'Tecrevements
de flambantes
nuées, avec millions
de tonnerres tonigrondants
sur tous les tons
&intonations des orgues
de Jupin, les pedales ,
pou, dou ,dou
,
dou3
icy cromornes,Ton, ron,
ron ) ron &C cla
,
cla y
cla
,
clacla
,
misericorde
, crioit Panurge; détournez
l'orage, Tonnez
les cloches, mais cloches
ne sonnerent ,car en
avoit pour lors: voilà
tout en feu, voilà tout en
eau, bourasques de vents,
fiflemens horrifiques, ce1
la fait trois élements
dont de chacun , trop a-
Ivioiis n'y avoit que terre
qui nous manquoit,si
non pourtant que fondrieres
marines furent si
profondes,qu'en fin fond
d'abîmes ouverts eût-on
pu voir,harangs sur sable
-&C moruës engravées, or
'-du fio,nd d'iceuxabysmes r
vagues montoient aux
nuës
,
& d'icelles nûës.
fc precipitoient comme
torrents , montagnes
d'eau, foy disant vagues,
desquelles aucunes
tombant sur la nauf, Panurge
, qui de frayeur
extravaguoit, disoit ho
ho ho, quelle pluye estce
cy 5 vit-on jamais
pleuvoir vagues toutes
brandies: helas,helas
be be be be, , je nage, bou
bou bou bou, ha maudit
cordonnier, mes souliers
prennent l'eau par
le colet de mon pourpoint.
Ha que cette boit:
son est amere ! hala,
hola
,
je n'ay plus soif.
Te tairas - tu ?
crioit
Frere Jean, & viens
plustost nous aider à
manouvrer ,
où sont
nos boulingues
,
noftrc
trinquet est avau l'eau,
amis à ces rambades
Enfans, n'abandonnons,
le tirados, à moy, à moy.
Par icy, par la haut ,
par là bas.
Viens donc, Pcanurge,
viens, ventre de solles,
viens donc. Hé! ne jurons
point, disoit piteusement
Panurge, ne ju.
rons aujourd'huy, mais
demain tant que tu voudras
,
il est maintenant
heure de faire voeux,Se
promettre pelerinages :
ha ha
,
ha ha, ho ho
ho , ho, je nage, bou bi,
bou bous, sommes-nous
au fond? Ah je me
meurs! mais viens donc
icy nous aider, crioit
Frere Jean, au lieu de
moribonder,met la main
à l'estaransol
, gare la
pane, hau amure, amure
bas , peste soit du
pleurard qui nous est
nuisible au lieu de nous
aider. Ha! oüy oüy oüy,
reprenoit Panurge,vous
fuis nuisible
, mettezmoy
donc à terre afin
que puissiez à l'aise manouvrer
tout vostre soul-
Or icelle tempeste
ou tourmente, ou tourmentante
,comme voudrez
, commença à prendre
fin à force de durer,
comme toutes choses
mondaines: terre, terre,
cria le Pilote,& jugez
bien quelle jubilation
senfUlVlt
, a quoy prit
la plus forte part le
craintif Panurge, qui
defeendant le premier
sur l'arene,disoit,ôtrois
& quatre fois heureux.
Jardinier qui plante
choux, car au moins a-til
un pied sur terre, &
l'autre n'en est esloigné
que d'un fer de besche.
Or remettons tempeste
d'Homere à la pro- „ chaine mercuriale ainsi
que plusieurs autres bribes
des deux Autheurs
que nous paralelliferons
par maniere de passetemps
Rabelaisien, & -
non dogmatiquement ,
chose que- trop repeter
ne puis ; car pires sourds
n'y a que ceux qui ne
veulent point entendre.
Fermer
Résumé : ARTICLE BURLESQUE. SUITE DU PARALLELE d'Homere & de Rabelais.
L'article compare les œuvres d'Homère et de Rabelais, en soulignant les différences de style et de réception. L'auteur décide de rendre les contes de Rabelais plus accessibles et moins ennuyeux, notamment en retranchant une partie du conte du Cyclope d'Homère pour le rendre moins ennuyeux. Il propose plusieurs paradoxes, comme l'idée que le comique nécessite plus d'étendue d'esprit que le sérieux, et que les œuvres sérieuses excellentes contiennent du comique. L'auteur utilise une métaphore pour comparer la prévention à un taureau furieux et le badinage à une abeille légère qui le pique sans le blesser gravement. Il discute de la difficulté de percevoir le sublime dans les œuvres de Rabelais en raison de leur comique bas. Il cite un exemple de la vraie éloquence dans 'Pantagruel' et le compare à un passage sublime de l'Iliade. Le texte compare également deux descriptions de tempêtes, mettant en avant la tempête de Rubens, celle de Rabelais et la tempête héroïque d'Homère. Il décrit en détail la tempête narrée par Rabelais dans 'Pantagruel'. Cette tempête commence par une mer tranquille et mélancolique, puis se transforme en un chaos de vents, d'éclairs et de vagues monumentales. Les personnages, notamment Panurge et Frère Jean, réagissent avec peur et désespoir, mais aussi avec des tentatives de manœuvre pour sauver le navire. La tempête finit par s'apaiser, apportant un soulagement général, surtout à Panurge, qui exprime sa joie d'avoir enfin un pied sur terre. L'auteur admire la grandeur et la majesté de la poésie d'Homère, qui parvient à impliquer le ciel, la terre et toute la nature dans ses descriptions. Il conclut en quittant le badinage par respect pour Homère. Le texte mentionne la comparaison des tempêtes des deux auteurs comme un passe-temps, sans intention dogmatique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3973
p. 2257
Remedes, [titre d'après la table]
Début :
Le Public est averti que le véritable Suc de Réglisse & de Guimauve blanc, sans sucre, si estimé [...]
Mots clefs :
Public, Suc de réglisse et guimauve blanc, Maladies du poumon, Académie royale de chirurgie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remedes, [titre d'après la table]
Le Public eft averti que le véritable Suc de Régliſſe
& de Guimauve blanc , fans ſucre , ſi eſtimé
pour toutes les maladies du Poulmon , inflammations
, enroüemens , toux , rhume , asthme , poulmonie
& pituite, continuë à ſe débiter depuis plus de
trente ans , de l'aveu & approbation de M. le Premier
Médecin du Roi , chés Mlle Deſmoulins , qui eſt
la ſeule qui en a'le Secret de défunte Mlle Guy ,
quoique depuis quelques années des particuliers
ayent voulu le contrefaire , lesquels pour mieux
tromper le Public , ſe ſont dits Enfans de M. Guy ,
ce qui est une ſuppoſition ; la difference s'en con
noîtra aiſément par la comparaiſon qu'on en pourra
faire.
On peut s'en ſervir en tout tems , le tranſporter
par tout & le garder fi long-tems que l'on veut ,
ſans qu'il ſe gâte jamais , & perde rien de ſa
qualité.
Mlle Deſmoulins demeure rue Guenegaud , Fauxbourg
S. Germain , du côté de la ruë Mazarine , chés
Mad. Poulin , dans l'Allée du Bourrelier , au deuxiémeAppartement.
Nous avons parlé en ſon tems de la capacité reconnuedu
Sr de Laulnay , Chirurgien Juré à Paris ,
de l'Académie Royale de Chirurgie , &des nouvelles
Découvertes qu'il a faites fur le fait des Deſcen.
tes & autres maux de la même eſpece , au grand
foulagement des Malades. Comme il a changé de
demeure , le Public eſt intéreſſe de ſçavoir que ſa
demeure actuelle eſt ruë des Prouveres , au-deſſus &
du même côté de la ruë des deux Ecus.
& de Guimauve blanc , fans ſucre , ſi eſtimé
pour toutes les maladies du Poulmon , inflammations
, enroüemens , toux , rhume , asthme , poulmonie
& pituite, continuë à ſe débiter depuis plus de
trente ans , de l'aveu & approbation de M. le Premier
Médecin du Roi , chés Mlle Deſmoulins , qui eſt
la ſeule qui en a'le Secret de défunte Mlle Guy ,
quoique depuis quelques années des particuliers
ayent voulu le contrefaire , lesquels pour mieux
tromper le Public , ſe ſont dits Enfans de M. Guy ,
ce qui est une ſuppoſition ; la difference s'en con
noîtra aiſément par la comparaiſon qu'on en pourra
faire.
On peut s'en ſervir en tout tems , le tranſporter
par tout & le garder fi long-tems que l'on veut ,
ſans qu'il ſe gâte jamais , & perde rien de ſa
qualité.
Mlle Deſmoulins demeure rue Guenegaud , Fauxbourg
S. Germain , du côté de la ruë Mazarine , chés
Mad. Poulin , dans l'Allée du Bourrelier , au deuxiémeAppartement.
Nous avons parlé en ſon tems de la capacité reconnuedu
Sr de Laulnay , Chirurgien Juré à Paris ,
de l'Académie Royale de Chirurgie , &des nouvelles
Découvertes qu'il a faites fur le fait des Deſcen.
tes & autres maux de la même eſpece , au grand
foulagement des Malades. Comme il a changé de
demeure , le Public eſt intéreſſe de ſçavoir que ſa
demeure actuelle eſt ruë des Prouveres , au-deſſus &
du même côté de la ruë des deux Ecus.
Fermer
3974
p. 78
RÉPONSE, par Monsieur P...
Début :
Les choses qu'on desire touchent de plus prés [...]
Mots clefs :
Désirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE, par Monsieur P...
REsJFON SE>. ~F.~
Les Les cchhoosseessq.quu'.oonn ddeefsiirree
touchent de plus prés
que celles qu'on souhaites,
les dcllrs sont plus ardents
,
les souhaits plus
tranquiles ; on desire ordinairement
pour soi-même,
& l'on ne fait que
souhaiter pour autruy.
Les Les cchhoosseessq.quu'.oonn ddeefsiirree
touchent de plus prés
que celles qu'on souhaites,
les dcllrs sont plus ardents
,
les souhaits plus
tranquiles ; on desire ordinairement
pour soi-même,
& l'on ne fait que
souhaiter pour autruy.
Fermer
3976
p. 139
« LETTRE de M. Grimm sur Omphale, Tragédie lyrique reprise pat l'Académie [...] »
Début :
LETTRE de M. Grimm sur Omphale, Tragédie lyrique reprise pat l'Académie [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Lettre, Friedrich Melchior Grimm, Omphale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRE de M. Grimm sur Omphale, Tragédie lyrique reprise pat l'Académie [...] »
LETTRE de M. Grimm sur Omphale,
Tragédie lyrique reprise pat l'Académie
Royale de Musique, le 14 Janvier 1752.
Brochure de 52 pages.
Tous ceux qui connoissoient l'Auteur de
cotte lettre, sçavoient qu'il avoit l'esprit
étendu, des connoissances fort variées,
& un goût sûr. Le Public sçait maintenant
que c'est un homme qui entend supérieu-
rement la Musique, & qu'il en parle très-
agréablement: sa brochure est pleine de
discussions fines, de réflexions neuves, de
traits forts & hardis. Quoique l'examen
du récitatif d'Omphale soit son principal
objet, ses vues s'etendent à d'autres cho-
ses, & singuliérement au génie de M.
Rameau. Tout le monde na pas adopté
les opinions de M. Grimm, mais nous ne
croyons pas que perfonne ait refuséde l'es-
time à son Ouvrage: nous invitons ceux
qui ne l'ont pas lu à le lire, & ceux qui
l'ont lu à le relire.
Tragédie lyrique reprise pat l'Académie
Royale de Musique, le 14 Janvier 1752.
Brochure de 52 pages.
Tous ceux qui connoissoient l'Auteur de
cotte lettre, sçavoient qu'il avoit l'esprit
étendu, des connoissances fort variées,
& un goût sûr. Le Public sçait maintenant
que c'est un homme qui entend supérieu-
rement la Musique, & qu'il en parle très-
agréablement: sa brochure est pleine de
discussions fines, de réflexions neuves, de
traits forts & hardis. Quoique l'examen
du récitatif d'Omphale soit son principal
objet, ses vues s'etendent à d'autres cho-
ses, & singuliérement au génie de M.
Rameau. Tout le monde na pas adopté
les opinions de M. Grimm, mais nous ne
croyons pas que perfonne ait refuséde l'es-
time à son Ouvrage: nous invitons ceux
qui ne l'ont pas lu à le lire, & ceux qui
l'ont lu à le relire.
Fermer
3977
p. 137
Explication de l'Énigme & du Logogryphe du Mercure précédent.
Début :
Le mot de l'Énigme est les Sept Pseaumes Pénitentiaux ; celui du Logogryphe est [...]
Mots clefs :
Sept psaumes pénitentiels, Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de l'Énigme & du Logogryphe du Mercure précédent.
Explication de l'Enigme & du Logogryphe
du Mercure précédent.
LE mot de l'Enigme eft les Sept Pfeaumes
Pénitentiaux ; celui du Logogryphe eft
Cloche , dans lequel , en retranchant la première
lettre , on trouve Loche , poiffon.
du Mercure précédent.
LE mot de l'Enigme eft les Sept Pfeaumes
Pénitentiaux ; celui du Logogryphe eft
Cloche , dans lequel , en retranchant la première
lettre , on trouve Loche , poiffon.
Fermer
3978
p. 137
Ode au Grand Conty. [titre d'après la table]
Début :
ODE au Grand Conty avec un petit recueil de differentes Poësies par le même, [...]
Mots clefs :
Ode, Poésies, Louis-François de Bourbon-Conti
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ode au Grand Conty. [titre d'après la table]
ODE au Grand Conty avec un petit
recueil de differentes Poëfies par le même ,
Paris in- 12 , chés Thibouft.
recueil de differentes Poëfies par le même ,
Paris in- 12 , chés Thibouft.
Fermer
3979
p. 137
Vers présentés au Roi. [titre d'après la table]
Début :
VERS présentés au Roi sur ses conquêtes, sa convalescence, son retour & son entrée [...]
Mots clefs :
Vers, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers présentés au Roi. [titre d'après la table]
VER s préfentés au Roi fur fes conquê
tes , fa convalefcence , fon retour & fon entrée
à Verfailles , par M. Laffichard , Paris
in- 12 1745 , chés Gonichon.
tes , fa convalefcence , fon retour & fon entrée
à Verfailles , par M. Laffichard , Paris
in- 12 1745 , chés Gonichon.
Fermer
3980
p. 137
Le Quartier d'Hyver. Comedie. [titre d'après la table]
Début :
LE QUARTIER d'hyver, Comédie en vers & en un acte. Paris in-12 1744, chés [...]
Mots clefs :
Comédie, Retour, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Quartier d'Hyver. Comedie. [titre d'après la table]
LE QUARTIER d'hyver , Comédie en
vers & en un acte. Paris in- 12 1744 , chés
la veuve Piffot : cette petite Comédie qui
a pour objet le retour du Roi à Paris , a
été jouée au mois de Novembre dernier
avec fuccès.
vers & en un acte. Paris in- 12 1744 , chés
la veuve Piffot : cette petite Comédie qui
a pour objet le retour du Roi à Paris , a
été jouée au mois de Novembre dernier
avec fuccès.
Fermer
3981
p. 96-97
Du Camp de Villalva le 11. Février.
Début :
Les deux tiers de nostre Armée doit passer la Segre le [...]
Mots clefs :
Camp de Villalva
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Villalva le 11. Février.
Du Camp de Viillalva
le II. Février.
Tes deuxtiers de nostre
Armée doit poejjer la Segre le-
15.au Pont de Leridasous les1
ordres de Mr le Marquis de
Valdecanas&de Mrle Com-
, te Makoni ;~& Mr le Chevalier
dé Croix pdjjera cette
mt/me Riviere-,3 lÉbro, ~&
la
la Cincaproche de Mccpiincnçapouraller
camper à la Granca
; le16.à Torre de Segre
> d'où il continuera sa marche
jusquà Montblanc où il éstablirasa
droite;sagauche joindrala
droite de Mrde Vttldecanas
dont la gauche qui sera
à Igualada fera à portée dese
joindre à la droite de Mr le
Duc de Noailles. Dans cette
situation nous ferons maistres
desdeuxtiers de la Catalogne,
& nous resserrerons beaucoup
l'ennemi dans Barcelone.
le II. Février.
Tes deuxtiers de nostre
Armée doit poejjer la Segre le-
15.au Pont de Leridasous les1
ordres de Mr le Marquis de
Valdecanas&de Mrle Com-
, te Makoni ;~& Mr le Chevalier
dé Croix pdjjera cette
mt/me Riviere-,3 lÉbro, ~&
la
la Cincaproche de Mccpiincnçapouraller
camper à la Granca
; le16.à Torre de Segre
> d'où il continuera sa marche
jusquà Montblanc où il éstablirasa
droite;sagauche joindrala
droite de Mrde Vttldecanas
dont la gauche qui sera
à Igualada fera à portée dese
joindre à la droite de Mr le
Duc de Noailles. Dans cette
situation nous ferons maistres
desdeuxtiers de la Catalogne,
& nous resserrerons beaucoup
l'ennemi dans Barcelone.
Fermer
Résumé : Du Camp de Villalva le 11. Février.
Un ordre militaire du 2 février, du Camp de Villalva, mobilise deux tiers de l'armée. Le 15 février, ces troupes traverseront la Segre et l'Èbre, se dirigeant vers Monzón, puis vers Torre de Segre et Montblanc. La gauche rejoindra le Marquis de Valdecanas à Igualada, contrôlant ainsi deux tiers de la Catalogne et resserrant l'ennemi à Barcelone.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3982
p. 139-140
De Rome. [titre d'après la table]
Début :
On mande de Rome du 23. Octobre que le Pape [...]
Mots clefs :
Rome, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome. [titre d'après la table]
On mande de Rome du
23. Octobre que le Pape
continue ſon ſejour à Caftel
Gandolfe , où il joüit
d'une parfaite ſanté. Quoy
qu'il eût témoigné qu'il
vouloit être en particulier
ſans recevoir des viſites , il
en a neanmoins reçû pluſieurs
des Cardinaux , &
des principales perſonnes
de qualité qui ſe trouvent
dans des maiſons de campagne
du voisinage. L'Abbé
Nazari Bergamaſque ,
Profeſſeur à la Sapience ,
qui avoit autrefois travaillé
Mij
140 MERCURE
"
avec ſuccés à un Journaldes
Sçavans en Italien,eſt mort
âgé de quatre-vingt-un an.
23. Octobre que le Pape
continue ſon ſejour à Caftel
Gandolfe , où il joüit
d'une parfaite ſanté. Quoy
qu'il eût témoigné qu'il
vouloit être en particulier
ſans recevoir des viſites , il
en a neanmoins reçû pluſieurs
des Cardinaux , &
des principales perſonnes
de qualité qui ſe trouvent
dans des maiſons de campagne
du voisinage. L'Abbé
Nazari Bergamaſque ,
Profeſſeur à la Sapience ,
qui avoit autrefois travaillé
Mij
140 MERCURE
"
avec ſuccés à un Journaldes
Sçavans en Italien,eſt mort
âgé de quatre-vingt-un an.
Fermer
Résumé : De Rome. [titre d'après la table]
Le 23 octobre, le Pape réside à Castel Gandolfo en bonne santé. Il a reçu des cardinaux et des personnalités locales malgré son souhait de rester discret. L'abbé Nazari Bergamasque, professeur à la Sapienza et ancien directeur d'un journal savant, est décédé à 81 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3983
p. 547-548
ETABLISSEMENT d'une Bibliotheque publique à Lyon.
Début :
Mr Aubert, Avocat, ancien Echevin de Lyon, et Procureur du Roy en la Jurisdiction [...]
Mots clefs :
Bibliothèque publique, Lyon, Pierre Aubert, Avocat, Consulat, Établissement, Échevin, Prévôt des marchands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETABLISSEMENT d'une Bibliotheque publique à Lyon.
ETABLISSEMENT d'une
Bibliotheque publique à Lyon.
Mi
R Aubert , Avocat , ancien Echevin de
Lyon , et Procureur du Roy en la Jurisdiction
de la Police , ayant pris soin de former
une Bibliotheque considerable , tant par le nom.
bre que par le choix des Livres , en a fait une
donation à Mrs les Prévôt des Marchands et
Echevins de la même Ville , à condition qu'elle
sera rendue publique après sa mort , suivant les
clauses inserées dans l'Acte du 22 May 1731.
M. Aubert étant mort au mois de Fevrier
1733. Mrs du Consulat ont laissé la Bibliotheque
dans la Maison qu'il occupoit , à la Place
de S. Jean , l'ont appropriée et l'ont décoréed'une
maniere convenable , en attendant qu'ils
fassent construire un Logement digne d'un établissement
si utile et si honorable à la Ville de
Lyon , et qui est dû aux soins et à la vigilance
de M. Perrichon , Prévôt des Marchands.
Le Consulat a aussi destiné un fond annuel à
perpétuité pour l'entretien et l'augmentation de
cette Bibliotheque , qui sera ouverte au Public
deux jours de chaque Semaine ; sçavoir , les Lundis
et Vendredis non feriez , depuis neuf heures
jusqu'à onze , et depuis trois heures après midi
jusqu'à cinq en Hyver , et jusqu'à six en Eté. La
premiere ouverture en fut faite le premier jour
de Decembre 1733 .
Le Consulat a nommé pour Bibliothecaire ,
M. Brossette , Avocat , et ancien Echevin ; et
pour Sous- Bibliothecaire M. Deschamps , Avocat.
On a placé dans une des Salles de la Bibliotheque:
le Portrait de M. Aubert , avec cette Inscription.
Petrus
548 MERCURE DE FRANCE
PETRUS AUBERT ,
In Foro Lugdunensi Patronus
Ingenio , doctrinâ , eloquentiâ
Insignis ;
Academia Litteraria Socius ;
Vir Consularis :
Patriam , Civis optimus , hac Bibliotheca
Donavit.
Anno 1731
Obiit Die 184 Februarii 1733. atatis 92 .
Bibliotheque publique à Lyon.
Mi
R Aubert , Avocat , ancien Echevin de
Lyon , et Procureur du Roy en la Jurisdiction
de la Police , ayant pris soin de former
une Bibliotheque considerable , tant par le nom.
bre que par le choix des Livres , en a fait une
donation à Mrs les Prévôt des Marchands et
Echevins de la même Ville , à condition qu'elle
sera rendue publique après sa mort , suivant les
clauses inserées dans l'Acte du 22 May 1731.
M. Aubert étant mort au mois de Fevrier
1733. Mrs du Consulat ont laissé la Bibliotheque
dans la Maison qu'il occupoit , à la Place
de S. Jean , l'ont appropriée et l'ont décoréed'une
maniere convenable , en attendant qu'ils
fassent construire un Logement digne d'un établissement
si utile et si honorable à la Ville de
Lyon , et qui est dû aux soins et à la vigilance
de M. Perrichon , Prévôt des Marchands.
Le Consulat a aussi destiné un fond annuel à
perpétuité pour l'entretien et l'augmentation de
cette Bibliotheque , qui sera ouverte au Public
deux jours de chaque Semaine ; sçavoir , les Lundis
et Vendredis non feriez , depuis neuf heures
jusqu'à onze , et depuis trois heures après midi
jusqu'à cinq en Hyver , et jusqu'à six en Eté. La
premiere ouverture en fut faite le premier jour
de Decembre 1733 .
Le Consulat a nommé pour Bibliothecaire ,
M. Brossette , Avocat , et ancien Echevin ; et
pour Sous- Bibliothecaire M. Deschamps , Avocat.
On a placé dans une des Salles de la Bibliotheque:
le Portrait de M. Aubert , avec cette Inscription.
Petrus
548 MERCURE DE FRANCE
PETRUS AUBERT ,
In Foro Lugdunensi Patronus
Ingenio , doctrinâ , eloquentiâ
Insignis ;
Academia Litteraria Socius ;
Vir Consularis :
Patriam , Civis optimus , hac Bibliotheca
Donavit.
Anno 1731
Obiit Die 184 Februarii 1733. atatis 92 .
Fermer
Résumé : ETABLISSEMENT d'une Bibliotheque publique à Lyon.
Le texte décrit la création d'une bibliothèque publique à Lyon. R. Aubert, avocat et ancien échevin, a légué sa bibliothèque à la ville de Lyon, à condition qu'elle soit ouverte au public après sa mort, selon un acte du 22 mai 1731. Aubert est décédé en février 1733. Les membres du consulat lyonnais ont conservé la bibliothèque dans la maison d'Aubert, place de S. Jean, en attendant la construction d'un bâtiment approprié. M. Perrichon, prévôt des marchands, a supervisé ce projet. Un fonds annuel a été alloué pour l'entretien et l'augmentation de la bibliothèque, qui a ouvert au public les lundis et vendredis, de 9 heures à 11 heures et de 15 heures à 17 heures en hiver, et jusqu'à 18 heures en été. La première ouverture a eu lieu le 1er décembre 1733. M. Brossette a été nommé bibliothécaire et M. Deschamps sous-bibliothécaire. Un portrait d'Aubert avec une inscription latine a été placé dans la bibliothèque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3984
p. 139-140
« LES Délices de la Solitude, ou Réflexions sur les matieres les plus importantes [...] »
Début :
LES Délices de la Solitude, ou Réflexions sur les matieres les plus importantes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LES Délices de la Solitude, ou Réflexions sur les matieres les plus importantes [...] »
LES Délices de la Solitude, ou Réflexions
sur les matieres les plus importantes
Dipiras iO
140 MERCUREDE FRANCE.
tantes au vrai bonheur de l'homme, par M.
le Chevalier de Cramezel, ancien Offi-
cier des vaisseaux du Roi. A Paris, chez
Pecquet 1752, un vol. in-12.
On trouvera dans cet Ouvrage des ré-
flexions détachées sur le bonheur de l'hom-
me, sur la maniere dont il se doit com-
porter à l'égard des autres hommes pour
entretenir avec eux un commerce de dou-
ceur & d'équité, sur le détachement de
cœeur de tous les biens de cette vie; des
soliloques avec Dieu; une espece de Traité
de l'imortalité de l'ame, & de la soumis-
sion due à l'autorité de l'Eglise. Nous ex-
hortons le vertueux Auteur à continuer de
faire un bon usage de son loisir: le public
qui a fait acceuil au premier voluine de
son ouvrage, en verra la suite avec plaisir.
sur les matieres les plus importantes
Dipiras iO
140 MERCUREDE FRANCE.
tantes au vrai bonheur de l'homme, par M.
le Chevalier de Cramezel, ancien Offi-
cier des vaisseaux du Roi. A Paris, chez
Pecquet 1752, un vol. in-12.
On trouvera dans cet Ouvrage des ré-
flexions détachées sur le bonheur de l'hom-
me, sur la maniere dont il se doit com-
porter à l'égard des autres hommes pour
entretenir avec eux un commerce de dou-
ceur & d'équité, sur le détachement de
cœeur de tous les biens de cette vie; des
soliloques avec Dieu; une espece de Traité
de l'imortalité de l'ame, & de la soumis-
sion due à l'autorité de l'Eglise. Nous ex-
hortons le vertueux Auteur à continuer de
faire un bon usage de son loisir: le public
qui a fait acceuil au premier voluine de
son ouvrage, en verra la suite avec plaisir.
Fermer
3985
p. 123-124
Nouveau Plan de Paris en 9. Feüilles, &c. [titre d'après la table]
Début :
NOUVEAU PLAN DE PARIS, et de ses environs, contenant le [...]
Mots clefs :
Plan de Paris, Ingénieur, Cartes, Feuilles, Papier, Gravé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveau Plan de Paris en 9. Feüilles, &c. [titre d'après la table]
NOUVEAU PLAN DE PARTS , et
de ses environs , contenant le détail de
ses Faux- Bourgs , Villages et Maisons de
Campagne. Levé géométriquement parle
sieur Roussel , Ingénieur ordinaire de
Sa Majesté. Dédié et présenté au Roi le
6. de ce mois, Se vend 24. livres en
feuilles. A Paris , chez la Veuve Faillot ,
attenant les grands Augustins.
Ce Plan mérite une attention particuliere
; M. Roussel , Ingénieur ordinaire
du Roy , Chevalier de S. Louis , Chef du
- Bureau des Plans et Cartes de S. M..sous
les ordres du Ministre de la Guerre , qui
en est l'Auteur , n'a rien oublié pour le
rendre utile et agréable au Public . Il a
crû qu'après avoir levé , pour le service
du Roi , les Alpes , les Pyrennées , la Sa
voye, partie des Etats de Piémont , de
Mantouë et de Brabant , il lui convenoit ,
après une pratique de 40. années , de
traiter ce dernier Ouvrage avec tout l'Art
et toute la précision possible , en quoi
on peut dire que l'Auteur a réussi , On
ne trouvera point ailleurs un détail plus
varié et plus agréable ; car outre les Fauxbourgs
de Paris , on y voit avec plaisir
dans.
124 MERCURE DE FRANCE
dans le même Plan , tous les Villages et
les Campagnes qui sont compris entre
Vincennes et S. Cloud. Le Plan est en
neufFeüilles , en beau papier, et fort bien
gravé.
de ses environs , contenant le détail de
ses Faux- Bourgs , Villages et Maisons de
Campagne. Levé géométriquement parle
sieur Roussel , Ingénieur ordinaire de
Sa Majesté. Dédié et présenté au Roi le
6. de ce mois, Se vend 24. livres en
feuilles. A Paris , chez la Veuve Faillot ,
attenant les grands Augustins.
Ce Plan mérite une attention particuliere
; M. Roussel , Ingénieur ordinaire
du Roy , Chevalier de S. Louis , Chef du
- Bureau des Plans et Cartes de S. M..sous
les ordres du Ministre de la Guerre , qui
en est l'Auteur , n'a rien oublié pour le
rendre utile et agréable au Public . Il a
crû qu'après avoir levé , pour le service
du Roi , les Alpes , les Pyrennées , la Sa
voye, partie des Etats de Piémont , de
Mantouë et de Brabant , il lui convenoit ,
après une pratique de 40. années , de
traiter ce dernier Ouvrage avec tout l'Art
et toute la précision possible , en quoi
on peut dire que l'Auteur a réussi , On
ne trouvera point ailleurs un détail plus
varié et plus agréable ; car outre les Fauxbourgs
de Paris , on y voit avec plaisir
dans.
124 MERCURE DE FRANCE
dans le même Plan , tous les Villages et
les Campagnes qui sont compris entre
Vincennes et S. Cloud. Le Plan est en
neufFeüilles , en beau papier, et fort bien
gravé.
Fermer
Résumé : Nouveau Plan de Paris en 9. Feüilles, &c. [titre d'après la table]
Le document présente un nouveau plan de Paris et de ses environs, réalisé par le sieur Roussel, ingénieur ordinaire du Roi et Chevalier de Saint-Louis. Ce plan, dédié au Roi et présenté le 6 du mois, est en vente à Paris chez la Veuve Faillot pour 24 livres en feuilles. Roussel, chef du Bureau des Plans et Cartes de Sa Majesté sous les ordres du Ministre de la Guerre, a mis toute son expérience de 40 années au service de cet ouvrage. Le plan inclut les faubourgs de Paris ainsi que les villages et campagnes situés entre Vincennes et Saint-Cloud. Il est composé de neuf feuilles, imprimées sur beau papier et gravé avec soin. Le document souligne la précision et la variété des détails fournis, rendant le plan utile et agréable au public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3986
p. 2445-2446
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Avignon le 7 Juillet 1732. au sujet d'une Pierre singuliere.
Début :
La disette de nouvelles Litteraires m'oblige de vous part d'une curiosité [...]
Mots clefs :
Pierre, Calcul, Curiosité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Avignon le 7 Juillet 1732. au sujet d'une Pierre singuliere.
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Avi
gnon le 7 Juillet 1732. au sujet d'une
Pierre singuliere.
A disette de nouvelles Litteraires
L'obligede vous faire part d'unecus
riosité naturelle qui me paroît digne d'attention. C'est une pierre ou calcul trouvé depuis peu dans la vessie d'un cadavre; elle m'a parû assez singuliere pour
m'engager à la faire graver avec toute
l'éxactitude , et toute la précision dont
peuvent être capables des ouvriers de
Province. Elle porte avec elle les caracteres d'une vraye végetation , et il sembleroit par-là que la Nature se seroit écartée
des loix génerales et connues pour la for- mation
2446 MERCURE DE FRANCE
mation et l'accroissement successif des
pierres ou calculs ordinaires. Je vous
prie de communiquer la figure que je
vous envoye aux habiles Physiciens de
votre connoissance , et de me faire part
de ce qu'ils en penseront. La pierre est
de couleur cendrée , et pese une demie
once quatre grains. En voici la représen
tation..
Calculus è Vesica Cadaveris extractus
uniformibus et quasi vegetabilibus ramis
exurgens in utramque faciem ad veram
magnitudinem expressus coloris cineritii
pond. Semuncia et Gran. IV.
gnon le 7 Juillet 1732. au sujet d'une
Pierre singuliere.
A disette de nouvelles Litteraires
L'obligede vous faire part d'unecus
riosité naturelle qui me paroît digne d'attention. C'est une pierre ou calcul trouvé depuis peu dans la vessie d'un cadavre; elle m'a parû assez singuliere pour
m'engager à la faire graver avec toute
l'éxactitude , et toute la précision dont
peuvent être capables des ouvriers de
Province. Elle porte avec elle les caracteres d'une vraye végetation , et il sembleroit par-là que la Nature se seroit écartée
des loix génerales et connues pour la for- mation
2446 MERCURE DE FRANCE
mation et l'accroissement successif des
pierres ou calculs ordinaires. Je vous
prie de communiquer la figure que je
vous envoye aux habiles Physiciens de
votre connoissance , et de me faire part
de ce qu'ils en penseront. La pierre est
de couleur cendrée , et pese une demie
once quatre grains. En voici la représen
tation..
Calculus è Vesica Cadaveris extractus
uniformibus et quasi vegetabilibus ramis
exurgens in utramque faciem ad veram
magnitudinem expressus coloris cineritii
pond. Semuncia et Gran. IV.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Avignon le 7 Juillet 1732. au sujet d'une Pierre singuliere.
Le 7 juillet 1732, une lettre d'Avi gnon décrit la découverte d'une pierre singulière trouvée dans la vessie d'un cadavre. Cette pierre, de couleur cendrée et pesant une demi-once et quatre grains, présente des caractéristiques végétales, suggérant une formation atypique. L'auteur, intrigué par cette singularité, a fait graver la pierre avec précision et demande à son destinataire de la soumettre à des physiciens pour obtenir leur avis. La pierre se distingue par ses ramifications uniformes et végétales, écartant ainsi les lois générales de formation des calculs ordinaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3987
p. 121-122
Physique en Dialogue du P. Regnault [titre d'après la table]
Début :
On a fait une nouvelle Edition de la Physique en Dialogues, ou des Entretiens [...]
Mots clefs :
Entretiens physiques, Descartes, Gassendi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Physique en Dialogue du P. Regnault [titre d'après la table]
‘On a fait une nouvelle Edition de la‘
Physique en Dialogues , ou des Entretiens
Physiques de P. Regnault “les. C’cst la‘
\
quatrième , a com ter celle d’Amsterdam _
chez Pierre Hum err, ct la Traduction
Anglaise , imprimée à Loudres , chez W.
Innys et N.Prévôt.On écrit d’Allemagnc
Hue cet Ouvrage y paroîtra bien tôt tra
. uit en Allemand. La nouvelle Edition
Françoise de Paris est augmentée par
ÏAuteut, de la valeur d’un Volume, et
enrichie de Planches nouvelles. Ce sont
de nouveaux Entretiens , et les anciens
Perfectionnez. Les Additions sont faites
_ pour
O .
125. MERCURE DE FR ANCEq
pour les endroits où elles se trouvcnrs‘
et elles sont dans le goût des Entretiens
qu’o_n avoir déja vûs‘, même stile , même
netteté, même agrément. Si l'o_n n’y trou.
ve pas toûiours -le sérieux ordinaire de
la Phylqsophie , c’est que l’on y fait par
ler un jeune homme de beaucoup d’es
prit, d'un esprit cultivé _er dhnvcaractere
enjoüé, qui apprend agréablement la Phÿ
siqueet qui instruit de- même en s’ins—
ttuisant. Un Anonime a dit dans le Mer.‘
cure de Novembre, que les Entretiens
Physiques étoient un Ouvrage estime’,
utile, excellent; mais qu'au lieu d’Aristc_
' et d’Eudoxe , qui sont les Interlocurçurs,
il eût voulu des noms celebijs , comme
Descartes et Gissendi. Il falloir doncque
l’-Auteut parlât ou fit parler toujours ses
Interlocuteurs selon lcs principes de Des-’
cartes ou de Gassendi , souvent contre sa.
ensée , etaux dépens même de la veritél
Et avec quelle vraisemblance le P. Re
gnaulr eûæîl mis dans la bouche de Des
cartes et de Gisséndi __ les nouvelles Dê-æ
cnuvertes qui se sont Faites depuis la mort
de Descattes et de Gassendi jusqu’en 173 2..
Physique en Dialogues , ou des Entretiens
Physiques de P. Regnault “les. C’cst la‘
\
quatrième , a com ter celle d’Amsterdam _
chez Pierre Hum err, ct la Traduction
Anglaise , imprimée à Loudres , chez W.
Innys et N.Prévôt.On écrit d’Allemagnc
Hue cet Ouvrage y paroîtra bien tôt tra
. uit en Allemand. La nouvelle Edition
Françoise de Paris est augmentée par
ÏAuteut, de la valeur d’un Volume, et
enrichie de Planches nouvelles. Ce sont
de nouveaux Entretiens , et les anciens
Perfectionnez. Les Additions sont faites
_ pour
O .
125. MERCURE DE FR ANCEq
pour les endroits où elles se trouvcnrs‘
et elles sont dans le goût des Entretiens
qu’o_n avoir déja vûs‘, même stile , même
netteté, même agrément. Si l'o_n n’y trou.
ve pas toûiours -le sérieux ordinaire de
la Phylqsophie , c’est que l’on y fait par
ler un jeune homme de beaucoup d’es
prit, d'un esprit cultivé _er dhnvcaractere
enjoüé, qui apprend agréablement la Phÿ
siqueet qui instruit de- même en s’ins—
ttuisant. Un Anonime a dit dans le Mer.‘
cure de Novembre, que les Entretiens
Physiques étoient un Ouvrage estime’,
utile, excellent; mais qu'au lieu d’Aristc_
' et d’Eudoxe , qui sont les Interlocurçurs,
il eût voulu des noms celebijs , comme
Descartes et Gissendi. Il falloir doncque
l’-Auteut parlât ou fit parler toujours ses
Interlocuteurs selon lcs principes de Des-’
cartes ou de Gassendi , souvent contre sa.
ensée , etaux dépens même de la veritél
Et avec quelle vraisemblance le P. Re
gnaulr eûæîl mis dans la bouche de Des
cartes et de Gisséndi __ les nouvelles Dê-æ
cnuvertes qui se sont Faites depuis la mort
de Descattes et de Gassendi jusqu’en 173 2..
Fermer
Résumé : Physique en Dialogue du P. Regnault [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de la quatrième édition de l'ouvrage 'Physique en Dialogues, ou des Entretiens Physiques' du Père Regnault. Cette édition est disponible à Amsterdam chez Pierre Humerr, en traduction anglaise à Londres chez W. Innys et N. Prévôt, et une version allemande est attendue prochainement. L'édition française de Paris inclut un volume supplémentaire et de nouvelles planches, avec des entretiens nouveaux et des anciens perfectionnés. L'ouvrage présente des dialogues entre un jeune homme spirituel et cultivé, qui apprend et instruit la physique de manière agréable. Un critique anonyme dans le Mercure de Novembre a loué l'ouvrage comme estimable, utile et excellent, mais a suggéré de remplacer Aristote et Eudoxe par des noms célèbres comme Descartes et Gassendi. Cependant, cette modification obligerait l'auteur à faire adopter aux interlocuteurs les principes de Descartes ou de Gassendi, souvent au détriment de la vérité et de la vraisemblance, notamment concernant les découvertes scientifiques postérieures à la mort de ces philosophes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3988
p. 139-140
ÉNIGME.
Début :
Ne me cherchez point sur la terre, [...]
Mots clefs :
Arête de poisson
3989
p. 2463-2464
Air noté d'après le nouvel Opera. [titre d'après la table]
Début :
L'Opera d'Hippolyte & Aricie continuë avec beaucoup de succès & paroît [...]
Mots clefs :
Chanter, Symphonie, Coeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Air noté d'après le nouvel Opera. [titre d'après la table]
'Opera d'Hippolyte & Aricie continue
avec beaucoup de succès & paroît
toujours plus goûté ; nous avons crû
qu'on en verroit ici un Air avec plaisir
on l'a transposé afin qu'il pûr être chanté
sans interruption de symphonie. L'Auteur
du Poëme y a ajouté quelques vers
qui servent à remplir les notes de symphonie
, qui n'étoient , qui n'étoient pas à la portée de
la voix ; en voici les paroles : C'est la gran
de Prétresse de Diane qui les chante .
Dieu d'Amour , pour nos aziles
Tes tourments ne font pas faits ;
Tous les coeurs Y font tranquilles ,
Tes efforts font inutiles ,
Tu n'en peux troubler la paix ;
De tes chaînes ,
De tes peines ,
Nous ne nous plaindrons jamais .
Tes allarmes ,
Ont des charmes ,
Pour qui manque de raifon ;
Mais nos ames ,
De tes flammes ,
Reconnoissent le poison
Vaj
2464 MERCURE DE FRANCE
Va ; fui ; perds l'espérance ;
Wa ; fui loin de nos coeurs ;
Contre notre indifference ,
Tu n'as point de traits vainqueurs.
avec beaucoup de succès & paroît
toujours plus goûté ; nous avons crû
qu'on en verroit ici un Air avec plaisir
on l'a transposé afin qu'il pûr être chanté
sans interruption de symphonie. L'Auteur
du Poëme y a ajouté quelques vers
qui servent à remplir les notes de symphonie
, qui n'étoient , qui n'étoient pas à la portée de
la voix ; en voici les paroles : C'est la gran
de Prétresse de Diane qui les chante .
Dieu d'Amour , pour nos aziles
Tes tourments ne font pas faits ;
Tous les coeurs Y font tranquilles ,
Tes efforts font inutiles ,
Tu n'en peux troubler la paix ;
De tes chaînes ,
De tes peines ,
Nous ne nous plaindrons jamais .
Tes allarmes ,
Ont des charmes ,
Pour qui manque de raifon ;
Mais nos ames ,
De tes flammes ,
Reconnoissent le poison
Vaj
2464 MERCURE DE FRANCE
Va ; fui ; perds l'espérance ;
Wa ; fui loin de nos coeurs ;
Contre notre indifference ,
Tu n'as point de traits vainqueurs.
Fermer
Résumé : Air noté d'après le nouvel Opera. [titre d'après la table]
L'opéra 'Hippolyte & Aricie' connaît un grand succès. Un air a été transposé pour éviter les interruptions. La grande prêtresse de Diane ajoute des vers exprimant son rejet de l'amour. Elle affirme que l'amour est inutile et que les âmes reconnaissent son poison. Elle ordonne à l'amour de fuir et de ne pas troubler leur paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3990
p. 137-138
ENIGME.
Début :
L'Homme autrefois borné dans ses desirs, [...]
Mots clefs :
Chemin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
L'HOMME autrefois borné dans ſes defirs,
S'écartoit rarement du lieu de fa naiſſance ;
Plus recherché dans fes plaifirs ,
L'Homme aujourd'hui dès fa plus tendre enfance ,
Va parcourir tous les climats
Pour rapporter chez lui l'induftrie & l'aifance.
Dans fes courfes c'eft moi qui dirige fes pas;
Mais il me foule aux pieds pour toute récompenfe
Quoique traité de haut en bas
Nuit & jour je lui tends les bras.
Mais je ne puis être par- tout fon guide.
Il est un élément perfide
Sur lequel , quoiqu'on faffe , on ne me verra pas.
Je le conduis en Italie ,
En Allemagne , en Pologne , en Ruffie ,
Chez l'Eſpagnol , le Suiffe , le François .
Si , curieux de voir d'autres objets ,
138 MERCURE
Il veut encor aller en Angleterre
Je le laiffe embarquer , & fidèle à la terre
Je m'arrête au pas de Calais.
Mais plus vite que lui franchiffant le paffage ,
Je vais l'attendre au premier Port Anglois
Et de nouveau m'offrir à ſon uſage.
Redevenus compagnons de voyage
Sur l'immobile & folide élément ,
Nous y ferpentons hardiment ,
Chacun des deux à fa manière ,
L'un toujours en repos & l'autre en mouvement
Et nous ne nous quittons qu'au bout de la carrière.
L'HOMME autrefois borné dans ſes defirs,
S'écartoit rarement du lieu de fa naiſſance ;
Plus recherché dans fes plaifirs ,
L'Homme aujourd'hui dès fa plus tendre enfance ,
Va parcourir tous les climats
Pour rapporter chez lui l'induftrie & l'aifance.
Dans fes courfes c'eft moi qui dirige fes pas;
Mais il me foule aux pieds pour toute récompenfe
Quoique traité de haut en bas
Nuit & jour je lui tends les bras.
Mais je ne puis être par- tout fon guide.
Il est un élément perfide
Sur lequel , quoiqu'on faffe , on ne me verra pas.
Je le conduis en Italie ,
En Allemagne , en Pologne , en Ruffie ,
Chez l'Eſpagnol , le Suiffe , le François .
Si , curieux de voir d'autres objets ,
138 MERCURE
Il veut encor aller en Angleterre
Je le laiffe embarquer , & fidèle à la terre
Je m'arrête au pas de Calais.
Mais plus vite que lui franchiffant le paffage ,
Je vais l'attendre au premier Port Anglois
Et de nouveau m'offrir à ſon uſage.
Redevenus compagnons de voyage
Sur l'immobile & folide élément ,
Nous y ferpentons hardiment ,
Chacun des deux à fa manière ,
L'un toujours en repos & l'autre en mouvement
Et nous ne nous quittons qu'au bout de la carrière.
Fermer
3991
p. 138-139
« J'interromps ici le cours des Nouvelles, pour les reprendre [...] »
Début :
J'interromps ici le cours des Nouvelles, pour les reprendre [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Jeune homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'interromps ici le cours des Nouvelles, pour les reprendre [...] »
J'interromps ici le cours
des Nouvelles, pour les
reprendre dans un autre
endroit, où je croy qu'elles
trouveront mieux leur
place, & je leur substitue
une Ode d'un jeune homme
de quatorze ans, dont
l'esprit promçt beeucoup.
Le fils de M. Chappe, ancien
Payeur des Rentes,
en est l'auteur. Il a reçu
tant d'applaudissemenssur
cet ouvrage, qu'il ya lieu
d'esperes que les suffrages
des honnêtes gens qui l'ont
vû l'encourageront à en
faire de meilleurs, & le
rendront plus correct.
des Nouvelles, pour les
reprendre dans un autre
endroit, où je croy qu'elles
trouveront mieux leur
place, & je leur substitue
une Ode d'un jeune homme
de quatorze ans, dont
l'esprit promçt beeucoup.
Le fils de M. Chappe, ancien
Payeur des Rentes,
en est l'auteur. Il a reçu
tant d'applaudissemenssur
cet ouvrage, qu'il ya lieu
d'esperes que les suffrages
des honnêtes gens qui l'ont
vû l'encourageront à en
faire de meilleurs, & le
rendront plus correct.
Fermer
3992
p. 133-134
Pension donnée à Me la Duchesse de Saint Aignan. [titre d'après la table]
Début :
Dans le mesme temps que le Roy honora Mr le Duc de Beauvilliers [...]
Mots clefs :
Duchesse, Duc de Beauvillier, Honorer, Pension
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pension donnée à Me la Duchesse de Saint Aignan. [titre d'après la table]
Dans le mefme temps que
le Roy honora
M' le Duc
de Beauvilliers
de la Charge
de Chef de Son Confeil
Royal des Finances , il gra
tifia Madame
la Ducheffe
134 MERCURE
de Saint Aignan d'une penfion
de deux mille écus . On
ne peut avoir plus de vertu ,
plus de modeftie , ny plus
de détachement pour tout
ce qui fe peut appeller honneur
faftueux & vanité
qu'on en voit paroiſtre dans
tous les fentimens de cette
Ducheffe.
le Roy honora
M' le Duc
de Beauvilliers
de la Charge
de Chef de Son Confeil
Royal des Finances , il gra
tifia Madame
la Ducheffe
134 MERCURE
de Saint Aignan d'une penfion
de deux mille écus . On
ne peut avoir plus de vertu ,
plus de modeftie , ny plus
de détachement pour tout
ce qui fe peut appeller honneur
faftueux & vanité
qu'on en voit paroiſtre dans
tous les fentimens de cette
Ducheffe.
Fermer
3994
p. 78-79
AUTRE RÉPONSE, Par Dom Gourmand.
Début :
Il entre plus d'esperance dans les desirs que dans les souhaits. [...]
Mots clefs :
Désirs, Souhaits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE RÉPONSE, Par Dom Gourmand.
AUTREREPONSE,
Par Dom Gourmand.
Il entre plus d'esperance
dans les desirs que dans
lessouhaits.
Sansespoir on souhaitte un
Royaume, un Empire,
On espere manger un Me.,.
Ion qti"on desire.
Par Dom Gourmand.
Il entre plus d'esperance
dans les desirs que dans
lessouhaits.
Sansespoir on souhaitte un
Royaume, un Empire,
On espere manger un Me.,.
Ion qti"on desire.
Fermer
3995
p. 119-120
Les Dons des Enfans de Latone, [titre d'après la table]
Début :
On vend chez De Saint, Libraire, ruë S. Jean de Beauvais : LES DONS DES ENFANS DE LATONE ; [...]
Mots clefs :
Chasse du cerf, Musique, Poèmes, Chants, Fanfares
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Dons des Enfans de Latone, [titre d'après la table]
On vend chez De Saint , Libraire, rue S.Jean
de Beauvais : LES DONS DES ENFANS DE LA
TONE ; la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes.
dédiez au Roy. C'est un Ouvrage qui contient
plus de 4000 Vers , vol . in 8. ( nrichi de Tailles.
douces , dessinées par M. Oudry , er gravées par
le Sr Lebas , avec plusieurs autres gravures de
Musique .
L'Ouvrage est divisé en deux parties , la pre
miere regarde la Musique , et contient deux Poëmes
de 4 Chants chacun. Le premier a pour ti
tre: Apollon ou l'Origine des Spectacles , en Mu
sique ; et le second est une Epître qui parut avec
succès en 1714.contenant aussi 4 chants , revuë,
corrigée et augmentée. Ces deux Poëmes sont
suivis d'une Table Cronologique de tous les .
Opéra qui ont paru en France depuis l'année
1645. jusqu'à present, avec le nom des Auteurs ,
des Paroles et de la Musique..
La seconde Partie de l'Ouvrage est intimulée :
Diane ou les Loix de la Chasse du Cerf; Traduction
tirée d'un Poëme Latin, de Jacques Savary,
imprimé à Caen l'année 1659. accommodé à la
maniere de chasser le Cerf aujourd'hui .
Le Poëme est divisé en 6 chants, et peut contenir
1700 Vers,sans la Préface ; il est suivi d'un Dictionnaire
de tous les termes usitez à la Chasse du
Cerf , tirez de tous les Auteurs qui en ont écrit ,
et de l'usage present.
Pour reünir plus parfaitement les Dons , dés
Enfans de Latone , l'Auteur a jugé à propos d'y
joindre les Paroles d'une nouvelle Chasse du
Cerf , mise en Musique , qu'il compte apparem
ment donner au public, entierement Parodiées , à
ce qu'il dit,sur des Airs choisis des Opéra d'An◄
gleterre , de la composition du Sr Hendel , fameux
120 MERCURE DE FRANCE
meux compositeur , avec des Simphonies étran
geres des meilleurs Auteurs Italiens .
L'Ouvrage enfin est terminé par un Recueil
gravé de toutes les Fanfares connues à la Cour ,
sous différens noms , et composez par M. de
Dampierre , Gentilhomme des plaisirs du Roy ,
imaginés par lui pour servir de signaux à la
Chasse , et faire entendre aux Veneurs la nature
du Cerf que l'on court , ses mouvemens , et toutes
les differentes opérations de la Chasse , avec
tous les tons qu'il y a affectez; ces Fanfares sont
suivies de plusieurs autres nouvelles Fanfares ,
avec les Parodies qui en ont été faites par différentes
personnes; et le tout est réuni sous le titre
commun des Dons des Enfans de Latone.
Nous rendrons compte au public du détail de
chacun de ces Poëmes , dont la lecture fait un
extréme plaisir .
de Beauvais : LES DONS DES ENFANS DE LA
TONE ; la Musique et la Chasse du Cerf, Poëmes.
dédiez au Roy. C'est un Ouvrage qui contient
plus de 4000 Vers , vol . in 8. ( nrichi de Tailles.
douces , dessinées par M. Oudry , er gravées par
le Sr Lebas , avec plusieurs autres gravures de
Musique .
L'Ouvrage est divisé en deux parties , la pre
miere regarde la Musique , et contient deux Poëmes
de 4 Chants chacun. Le premier a pour ti
tre: Apollon ou l'Origine des Spectacles , en Mu
sique ; et le second est une Epître qui parut avec
succès en 1714.contenant aussi 4 chants , revuë,
corrigée et augmentée. Ces deux Poëmes sont
suivis d'une Table Cronologique de tous les .
Opéra qui ont paru en France depuis l'année
1645. jusqu'à present, avec le nom des Auteurs ,
des Paroles et de la Musique..
La seconde Partie de l'Ouvrage est intimulée :
Diane ou les Loix de la Chasse du Cerf; Traduction
tirée d'un Poëme Latin, de Jacques Savary,
imprimé à Caen l'année 1659. accommodé à la
maniere de chasser le Cerf aujourd'hui .
Le Poëme est divisé en 6 chants, et peut contenir
1700 Vers,sans la Préface ; il est suivi d'un Dictionnaire
de tous les termes usitez à la Chasse du
Cerf , tirez de tous les Auteurs qui en ont écrit ,
et de l'usage present.
Pour reünir plus parfaitement les Dons , dés
Enfans de Latone , l'Auteur a jugé à propos d'y
joindre les Paroles d'une nouvelle Chasse du
Cerf , mise en Musique , qu'il compte apparem
ment donner au public, entierement Parodiées , à
ce qu'il dit,sur des Airs choisis des Opéra d'An◄
gleterre , de la composition du Sr Hendel , fameux
120 MERCURE DE FRANCE
meux compositeur , avec des Simphonies étran
geres des meilleurs Auteurs Italiens .
L'Ouvrage enfin est terminé par un Recueil
gravé de toutes les Fanfares connues à la Cour ,
sous différens noms , et composez par M. de
Dampierre , Gentilhomme des plaisirs du Roy ,
imaginés par lui pour servir de signaux à la
Chasse , et faire entendre aux Veneurs la nature
du Cerf que l'on court , ses mouvemens , et toutes
les differentes opérations de la Chasse , avec
tous les tons qu'il y a affectez; ces Fanfares sont
suivies de plusieurs autres nouvelles Fanfares ,
avec les Parodies qui en ont été faites par différentes
personnes; et le tout est réuni sous le titre
commun des Dons des Enfans de Latone.
Nous rendrons compte au public du détail de
chacun de ces Poëmes , dont la lecture fait un
extréme plaisir .
Fermer
Résumé : Les Dons des Enfans de Latone, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de l'ouvrage 'LES DONS DES ENFANS DE LA TONE' chez De Saint, Libraire, rue Saint-Jean de Beauvais. Cet ouvrage, dédié au roi, contient plus de 4000 vers et est illustré par des tailles douces dessinées par M. Oudry et gravées par le Sr Lebas, ainsi que des gravures musicales. Il est divisé en deux parties. La première traite de la musique et comprend deux poèmes de quatre chants chacun : 'Apollon ou l'Origine des Spectacles en Musique' et une épître publiée en 1714. Elle inclut également une table chronologique des opéras parus en France de 1645 à la date de publication, avec les noms des auteurs, des paroles et de la musique. La seconde partie, 'Diane ou les Lois de la Chasse du Cerf', est une traduction d'un poème latin de Jacques Savary, adapté à la chasse au cerf contemporaine. Ce poème, divisé en six chants, contient environ 1700 vers et est suivi d'un dictionnaire des termes de la chasse au cerf. L'auteur inclut aussi les paroles d'une nouvelle chasse au cerf mise en musique, parodiées sur des airs choisis des opéras anglais du Sr Hendel et des symphonies étrangères des meilleurs auteurs italiens. L'ouvrage se termine par un recueil gravé de toutes les fanfares connues à la cour, composées par M. de Dampierre, et de plusieurs autres nouvelles fanfares et leurs parodies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3996
p. 137-139
LOGOGRYPHE.
Début :
Ami Picquot, qui prends goût au supplice [...]
Mots clefs :
Logogriphe
3997
p. 131-133
« Mettre dans un beau jour les plus foibles pensées, [...] »
Début :
Mettre dans un beau jour les plus foibles pensées, [...]
Mots clefs :
Défauts, Auteur, Chanson, Coeur, Ardeur , Grandeur, Mr d'Ambruis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mettre dans un beau jour les plus foibles pensées, [...] »
MEttre dans un beau jour les
plus foibles penjees ,
Réparerpar des tous les defauts d'un
Autheur,
122 MERCURE
Toucherd'une Chanson le moinsfen
fible coeur,
Et redonner la vie àdes choses paſſées.
25
Avec un tour galanı , des manieres
aisées
Peindre les paffionszen inſpirer l'ardeur,
Faire d'un beausujet éclater la gran
deur,
Etsçavoirménager les choses op...
pofées.
Sz
Travaillerfans relache, eftre toûjours
nouveau,
C'eſt montrerce que l' Art a de rare o
de beaus
Etce quejusqu'icy peu de Gens ont
Soeufaire:
25
Mais joindre àces talens un esprit
bientourné,
)
GALANT. 133
Pour plaire également en plus d'un
caractére
Ce n'estqu'au ſeuld' Ambruis quele
Ciel l'a donné.
plus foibles penjees ,
Réparerpar des tous les defauts d'un
Autheur,
122 MERCURE
Toucherd'une Chanson le moinsfen
fible coeur,
Et redonner la vie àdes choses paſſées.
25
Avec un tour galanı , des manieres
aisées
Peindre les paffionszen inſpirer l'ardeur,
Faire d'un beausujet éclater la gran
deur,
Etsçavoirménager les choses op...
pofées.
Sz
Travaillerfans relache, eftre toûjours
nouveau,
C'eſt montrerce que l' Art a de rare o
de beaus
Etce quejusqu'icy peu de Gens ont
Soeufaire:
25
Mais joindre àces talens un esprit
bientourné,
)
GALANT. 133
Pour plaire également en plus d'un
caractére
Ce n'estqu'au ſeuld' Ambruis quele
Ciel l'a donné.
Fermer
Résumé : « Mettre dans un beau jour les plus foibles pensées, [...] »
Le texte décrit un individu doué pour exalter les pensées, corriger les défauts, émouvoir par la chanson et raviver le passé. Il maîtrise les passions, inspire l'ardeur et sublime les beaux sujets. Son art, marqué par l'effort et la nouveauté, est rare et beau. Doté d'un esprit galant, il plaît à divers caractères, qualité attribuée à Ambroise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3998
p. 139-142
EDWIN ET EMMA, ROMANCE DE J. J. ROUSSEAU.
Début :
Au fond d'une sombre valée, [...]
Mots clefs :
Emma, Edwin, Amant, Coeur, Amour, Tombe, Porte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EDWIN ET EMMA, ROMANCE DE J. J. ROUSSEAU.
EDWIN ET EMMA ,
ROMANCE DE J. J. ROUSSEAU.
+
Au fond d'une fom - bre va -
- lé - e , dans
l'en - ceinte d'un bois épais , u -ne hum-ble
chau- mie- rei- folée ca- choit l'in- nocence
& la paix : là vi
-
voit , c'eft en
An - gle- ter- re , u -ne mere dont le
de fir é- toit de laif- fer fur . la -
$
140 MERCURE
ter- re fa fil-le heu- reu- fe , & puis mourir.
La belle Emma , par fa fageffe ,
Faifoit languir, fans le ſavoir ,
Les jeunes garçons de tendreffe ,
Et les filles de déſeſpoir.
Par hafard s'offrit à la belle
Le jeune Edwin , dont le regard,
D'une ardeur chafte & mutuelle ,
Sut enflammer un coeur fans fard.
Emma ne fut point offenſée
De l'offre d'un coeur ingénu ,
Car il n'avoit point de penſée
Qu'il dût cacher à la vertu .
Mais un père avare & fauvage
Refuſe à l'amant écouté
Une fille fans apanage ,
Qui n'a pour dot que fa beauté.
A l'autorité paternelle ,
Que rien ne fauroit défarmer ,
Edwin ne put
être rébelle ,
Mais il ne put ceffer d'aimer .
DE FRANCE.
141
Le pauvre amant paffe & repaffe ,
Non chez Emma , mais tout autour ,
Surprend un cou- l'oeil , voit la place
Qu'elle arrofoit des pleurs d amour.
Souvent la nuit , au clair de lune ,
L'entend près de l'humble jardin
Lamenter fa trifte infortune ,
Jufques à l'aube du matin.
Enfin cet état qui l'oppreſſe ,
Jamais fe voir , toujours s'aimer ,
Dans l'infomnie & la trifteffe
Achève de le confumer .
Edwin , fous les yeux de fon père ,
Languit malade au lit de mort,
Cet homme alors le défefpère ,
Et voudroit réparer fon tort.
C'eft trop tard ; « le ciel que j'implore ,
Dit Edwin , va finir mes jours ;
» Mais laiffez - moi revoir encore
» Celle que j'aimerai toujours ».
Emma vient , le coeur plein d'alarmes
Auprès du lit de fon amant ,
Et voyant périr tant de charmes ,
Tombe, fans pouls , fans mouvement,
On les fépare : Edwin ſe pâme ,
Cherche des yeux fa chère Emma ,
г42
MERCURE
Comme s'il vouloit rendre l'ame
Dans les bras de ce qu'il aima.
Après fa longue défaillance,
Rendue au jour , mais fans eſpoir,
Emma gardé un profond filence ,
Et s'en retourne vers le foir.
Paffant le long d'un ciinetière ,
Elle entend l'oiſeau de la nuit ,
Puis traverfant une bruyère ,
Croit voir une ombre qui la ſuit.
Adieu , lui dit la voix mourante
De l'ombre attachée à ſes pas ;
Puis elle entend , toute tremblante ,
La cloche qui fonne un trépas.
Elle arrive au toît folitaire ,
Frappe à la porte avec effroi ,
C'en eft fait , dit- elle , ô ma mète !
Et de mon amant & de moi.
A ces mots , au feuil de la porte ,
Où fa mère l'appelle cn vain,
Dans fes bras Emma tombe morte ,
Morte d'amour. pour fon Edwin.
Ces amans repofent ensemble ,
Morts l'un pour l'autre au même jour ,
Et la tombe à jamais raffemble
Ceux que devoit unir l'amour.
ROMANCE DE J. J. ROUSSEAU.
+
Au fond d'une fom - bre va -
- lé - e , dans
l'en - ceinte d'un bois épais , u -ne hum-ble
chau- mie- rei- folée ca- choit l'in- nocence
& la paix : là vi
-
voit , c'eft en
An - gle- ter- re , u -ne mere dont le
de fir é- toit de laif- fer fur . la -
$
140 MERCURE
ter- re fa fil-le heu- reu- fe , & puis mourir.
La belle Emma , par fa fageffe ,
Faifoit languir, fans le ſavoir ,
Les jeunes garçons de tendreffe ,
Et les filles de déſeſpoir.
Par hafard s'offrit à la belle
Le jeune Edwin , dont le regard,
D'une ardeur chafte & mutuelle ,
Sut enflammer un coeur fans fard.
Emma ne fut point offenſée
De l'offre d'un coeur ingénu ,
Car il n'avoit point de penſée
Qu'il dût cacher à la vertu .
Mais un père avare & fauvage
Refuſe à l'amant écouté
Une fille fans apanage ,
Qui n'a pour dot que fa beauté.
A l'autorité paternelle ,
Que rien ne fauroit défarmer ,
Edwin ne put
être rébelle ,
Mais il ne put ceffer d'aimer .
DE FRANCE.
141
Le pauvre amant paffe & repaffe ,
Non chez Emma , mais tout autour ,
Surprend un cou- l'oeil , voit la place
Qu'elle arrofoit des pleurs d amour.
Souvent la nuit , au clair de lune ,
L'entend près de l'humble jardin
Lamenter fa trifte infortune ,
Jufques à l'aube du matin.
Enfin cet état qui l'oppreſſe ,
Jamais fe voir , toujours s'aimer ,
Dans l'infomnie & la trifteffe
Achève de le confumer .
Edwin , fous les yeux de fon père ,
Languit malade au lit de mort,
Cet homme alors le défefpère ,
Et voudroit réparer fon tort.
C'eft trop tard ; « le ciel que j'implore ,
Dit Edwin , va finir mes jours ;
» Mais laiffez - moi revoir encore
» Celle que j'aimerai toujours ».
Emma vient , le coeur plein d'alarmes
Auprès du lit de fon amant ,
Et voyant périr tant de charmes ,
Tombe, fans pouls , fans mouvement,
On les fépare : Edwin ſe pâme ,
Cherche des yeux fa chère Emma ,
г42
MERCURE
Comme s'il vouloit rendre l'ame
Dans les bras de ce qu'il aima.
Après fa longue défaillance,
Rendue au jour , mais fans eſpoir,
Emma gardé un profond filence ,
Et s'en retourne vers le foir.
Paffant le long d'un ciinetière ,
Elle entend l'oiſeau de la nuit ,
Puis traverfant une bruyère ,
Croit voir une ombre qui la ſuit.
Adieu , lui dit la voix mourante
De l'ombre attachée à ſes pas ;
Puis elle entend , toute tremblante ,
La cloche qui fonne un trépas.
Elle arrive au toît folitaire ,
Frappe à la porte avec effroi ,
C'en eft fait , dit- elle , ô ma mète !
Et de mon amant & de moi.
A ces mots , au feuil de la porte ,
Où fa mère l'appelle cn vain,
Dans fes bras Emma tombe morte ,
Morte d'amour. pour fon Edwin.
Ces amans repofent ensemble ,
Morts l'un pour l'autre au même jour ,
Et la tombe à jamais raffemble
Ceux que devoit unir l'amour.
Fermer
Résumé : EDWIN ET EMMA, ROMANCE DE J. J. ROUSSEAU.
Le roman 'Edwin et Emma' de J. J. Rousseau se déroule en Angleterre et raconte l'histoire d'une mère souhaitant voir son fils heureux avant de mourir. Emma, une jeune femme innocente et belle, suscite l'affection des jeunes du village. Elle rencontre Edwin, dont le regard sincère et ardent enflamme son cœur. Cependant, le père d'Emma, avare et sauvage, refuse de les marier faute de dot. Malgré cette opposition, Edwin aime Emma en secret et passe ses nuits à pleurer près de sa maison. Il tombe gravement malade et, sur son lit de mort, demande à revoir Emma. À sa vue, elle s'évanouit et, après avoir repris connaissance, se rend dans un cimetière où elle entend une voix lui dire adieu. De retour chez elle, elle meurt en appelant sa mère. Les deux amants décèdent le même jour et sont enterrés ensemble, réunis dans la mort par leur amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3999
p. 141-144
Au Camp d'Haspres le 18. Octobre.
Début :
Mr le Maréchal de Villars fit attaquer la nuit du [...]
Mots clefs :
Haspres, Maréchal de Villars, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp d'Haspres le 18. Octobre.
Au Camp d'Hafpres le
18. Octobre.
Mr le Maréchal de Vib
Jars fir attaquer la nuit du
142 MERCURE
17 l'ouvrage 54. & les
ennemis abandonnerent celuy qui eft marqué 57. la
journée fut employée à pla
cer nos batteries qui voyent
le pied du Baftillon.
Le matin le Maréchal
de Villars ayant eu quelques
avis que les ennemis avoient
fait marcher un gros Corps
de Cavalerie entre Tournay
& Saint Amant à deffein
d'attaquer un fourage que
noftre aile gauche faifoit ,
il y alla en diligence , les
'ennemis ne fongerent pas
à l'attaque hier à fept heures
GALANT. 143
Mr le Maréchal fit attaquer
le chemin couvert de la
droite & de la gauche , en
plein jour & la lunette 51.
fut emportée dans le moment , tout ce qu'il y avoit
d'ennemis dans les dehors
ont efté tuez ou pris avec
un Lieutenant, on coupa les
Sauciffons qui alloient à
plufieurs mines , deux fauterent fans que nous fimes
aucune perte, l'on en a de.
couvert treize des chemins
couvert defquelles on a ofté
la poudre, nous avons eu
cent cinquante foldats tucz
144 MERCURE
ou bleffez , & les trois Com
pagnies de Grenadiers du
Regiment de Cambrefis , de
Hefly bleffé, & fept ou huit
Subalternes , les bleffures
des trois Capitaines ne font
pas dangereuſes , Mr d'Alcgre & prefque tous les Offi
ciers Generaux du Siege
étoient aupres de Mr le
Maréchal , Mrs d'Albergotty , de Silly & de Nangis
étoient venus de la grande
armée
18. Octobre.
Mr le Maréchal de Vib
Jars fir attaquer la nuit du
142 MERCURE
17 l'ouvrage 54. & les
ennemis abandonnerent celuy qui eft marqué 57. la
journée fut employée à pla
cer nos batteries qui voyent
le pied du Baftillon.
Le matin le Maréchal
de Villars ayant eu quelques
avis que les ennemis avoient
fait marcher un gros Corps
de Cavalerie entre Tournay
& Saint Amant à deffein
d'attaquer un fourage que
noftre aile gauche faifoit ,
il y alla en diligence , les
'ennemis ne fongerent pas
à l'attaque hier à fept heures
GALANT. 143
Mr le Maréchal fit attaquer
le chemin couvert de la
droite & de la gauche , en
plein jour & la lunette 51.
fut emportée dans le moment , tout ce qu'il y avoit
d'ennemis dans les dehors
ont efté tuez ou pris avec
un Lieutenant, on coupa les
Sauciffons qui alloient à
plufieurs mines , deux fauterent fans que nous fimes
aucune perte, l'on en a de.
couvert treize des chemins
couvert defquelles on a ofté
la poudre, nous avons eu
cent cinquante foldats tucz
144 MERCURE
ou bleffez , & les trois Com
pagnies de Grenadiers du
Regiment de Cambrefis , de
Hefly bleffé, & fept ou huit
Subalternes , les bleffures
des trois Capitaines ne font
pas dangereuſes , Mr d'Alcgre & prefque tous les Offi
ciers Generaux du Siege
étoient aupres de Mr le
Maréchal , Mrs d'Albergotty , de Silly & de Nangis
étoient venus de la grande
armée
Fermer
Résumé : Au Camp d'Haspres le 18. Octobre.
Le 18 octobre, au Camp d'Hafpres, le Maréchal de Villars ordonna une attaque nocturne sur l'ouvrage 54, forçant les ennemis à abandonner l'ouvrage 57. La journée suivante fut dédiée à la mise en place des batteries au pied du bastion. Le Maréchal reçut des informations sur un mouvement de cavalerie ennemie entre Tournay et Saint Amant, visant à attaquer un fourrage effectué par l'aile gauche. Il se rendit sur place, mais les ennemis ne passèrent pas à l'attaque. Ensuite, il ordonna l'attaque du chemin couvert de la droite et de la gauche, ainsi que de la lunette 51, qui fut prise immédiatement. Tous les ennemis présents furent tués ou capturés, incluant un lieutenant. Les saucissons menant à plusieurs mines furent coupés, et deux mines explosèrent sans causer de pertes. Treize chemins couverts furent découverts et leur poudre saisie. Les pertes françaises s'élevèrent à cent cinquante soldats tués ou blessés, ainsi que les trois compagnies de grenadiers du régiment de Cambrefis, dont plusieurs furent blessés, et sept ou huit subalternes. Les blessures des trois capitaines ne sont pas graves. Monsieur d'Alègre et presque tous les officiers généraux du siège étaient présents auprès du Maréchal. Les messieurs d'Albergotti, de Silly et de Nangis étaient venus de la grande armée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4000
p. 82-85
Estat des Officiers Generaux, & des Troupes qui vont en Espagne.
Début :
LIEUTENANS GENERAUX. Guerchy. Muret. MARECHAUX DE CAMP. Arpajou. Chastillon. Le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estat des Officiers Generaux, & des Troupes qui vont en Espagne.
EstatdesOfficiers Généraux
, &desTroupes cjui vont
en Ejjhlgne.
LIEUTENANSGENERAUX
Guerchy.
Muret.
MARECHAUX DE CAMPArpajou.
Chastillon.
IleDuc deDuras.
Le Comte d'Estaires.
Planque.
Le Comte de Fienne
commandera ,', en Catalogne,
Mr Brancas,Gouverneur
de Gironne, y commandera
fous luy.
MARE'CHAUX DE CAMP
enSardaigne.
Tournon.
Pelleport.
C.ailus,.
Infanterie qui va en Efyagnè.-
Normandie, 3. Bataiilons.
Auvergne,
2, LaCouronne, 2
Artois)
Cinquième du Royal Artillerie,
;i Deuxième des. Bombar- diers,.• Forets,•• 2,
Angoumois,
La Marche, 2»-
Total16.
Cavaleriequi va en.EJfagnz, gne, Berry, 5
Fleches, 3
Putange, 2,
Vaudremont, 2,
Parabere, %,
Germinan, 2,
Dragons.
Bouville, 3
î3olclli,
Chatel, t
Total 2.4.
, &desTroupes cjui vont
en Ejjhlgne.
LIEUTENANSGENERAUX
Guerchy.
Muret.
MARECHAUX DE CAMPArpajou.
Chastillon.
IleDuc deDuras.
Le Comte d'Estaires.
Planque.
Le Comte de Fienne
commandera ,', en Catalogne,
Mr Brancas,Gouverneur
de Gironne, y commandera
fous luy.
MARE'CHAUX DE CAMP
enSardaigne.
Tournon.
Pelleport.
C.ailus,.
Infanterie qui va en Efyagnè.-
Normandie, 3. Bataiilons.
Auvergne,
2, LaCouronne, 2
Artois)
Cinquième du Royal Artillerie,
;i Deuxième des. Bombar- diers,.• Forets,•• 2,
Angoumois,
La Marche, 2»-
Total16.
Cavaleriequi va en.EJfagnz, gne, Berry, 5
Fleches, 3
Putange, 2,
Vaudremont, 2,
Parabere, %,
Germinan, 2,
Dragons.
Bouville, 3
î3olclli,
Chatel, t
Total 2.4.
Fermer
Résumé : Estat des Officiers Generaux, & des Troupes qui vont en Espagne.
Le document liste les officiers généraux et les troupes envoyées en Égypte. Les lieutenants généraux sont Guerchy et Muret. Les maréchaux de camp en France incluent Arpajou, Chastillon, le duc de Duras, le comte d'Estaires, Planque et le comte de Fienne. L'infanterie comprend 16 bataillons de divers régiments. La cavalerie inclut 24 régiments de dragons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer