Résultats : 21338 texte(s)
Détail
Liste
1301
p. 201-202
XVI.
Début :
Dans un charmant sejour, où l'on voit les Zephirs [...]
Mots clefs :
Charmant, Zéphyrs, Plaisirs, Énigme, Quenouille, Filer
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texteReconnaissance textuelle : XVI.
XVI. DAns un charmant sejour
,
où ['OfZ.T
voit les Zephirs
D'une haleine Innocente & pure
Caresser en tout temps lesfleNrs & U
verdure,
Je goûte mille doux plaiftrs ;
Çyeft-là que des beautez. que contient
le Mercure
Je fais tous les mots la letbtre :
Et cest dans cet endroitsi propre pour
rêver
Que aune Enigme fort obscure
Jè cherche le vray [ens, & ne puis lé
trouver;
Plus je rêve plus je m'embrouille,
jilors a mon esprit je ne puis rien celer.
Je ne fais que le quereller,
L'injurier, luy chanter poüille.--
Va
,
luy dis-je en couroix , va prendre
une Qjenoiiille,
Tu n:spropre que pour filer.
Larcangc de Bourbon l'Archamb-aut,
Amant de Ciimene.
,
où ['OfZ.T
voit les Zephirs
D'une haleine Innocente & pure
Caresser en tout temps lesfleNrs & U
verdure,
Je goûte mille doux plaiftrs ;
Çyeft-là que des beautez. que contient
le Mercure
Je fais tous les mots la letbtre :
Et cest dans cet endroitsi propre pour
rêver
Que aune Enigme fort obscure
Jè cherche le vray [ens, & ne puis lé
trouver;
Plus je rêve plus je m'embrouille,
jilors a mon esprit je ne puis rien celer.
Je ne fais que le quereller,
L'injurier, luy chanter poüille.--
Va
,
luy dis-je en couroix , va prendre
une Qjenoiiille,
Tu n:spropre que pour filer.
Larcangc de Bourbon l'Archamb-aut,
Amant de Ciimene.
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Résumé : XVI.
Dans un cadre pastoral agréable, le narrateur savoure des plaisirs et admire les beautés décrites dans le Mercure. Il est cependant perturbé par une énigme insoluble. Plus il réfléchit, plus il s'embrouille. Il critique son esprit, le comparant à une quenouille, en référence à l'Arcanget de Bourbon l'Archambaut.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1302
p. 202
XVII.
Début :
QUand je devrois passer pour soi, [...]
Mots clefs :
Écolier, Novice, Écrevisse
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texteReconnaissance textuelle : XVII.
XVII.
QVand jedevrois pt,Ter pour sots
Pour un Ecolier, un Novice,
Jose avancer que /'Ecreviflc
De l'antre Enigme efl le vray mot. - Le tac(me.
QVand jedevrois pt,Ter pour sots
Pour un Ecolier, un Novice,
Jose avancer que /'Ecreviflc
De l'antre Enigme efl le vray mot. - Le tac(me.
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1303
p. 202-203
XVIII.
Début :
Quoy ! dans le temps que le Dieu Mars [...]
Mots clefs :
Mars, Mercure, Dieux, Quenouille, Amant
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texteReconnaissance textuelle : XVIII.
XVIII.
QVoy! dans le temps que le Dieu
Aiars
1M'-enrolle fousfes Etendars,
Pour me faire porter & la pique &
Cépée;
Mercure veut-ilminfulter,
Venant ce mois me presenter
Yne Quenouille encor couverte de poupée?
Qu'il la porte, s'ilveut, a quelqu'autre
qu'à moy Je , ne veux point de ce rsgale;
Et s'il trouve quelqr/ltn qui prenne cet
employ,
Ce doit eflre i'Am.fnt d'une nouvelle
Omphale.
ALCIDOR, du Havre,
QVoy! dans le temps que le Dieu
Aiars
1M'-enrolle fousfes Etendars,
Pour me faire porter & la pique &
Cépée;
Mercure veut-ilminfulter,
Venant ce mois me presenter
Yne Quenouille encor couverte de poupée?
Qu'il la porte, s'ilveut, a quelqu'autre
qu'à moy Je , ne veux point de ce rsgale;
Et s'il trouve quelqr/ltn qui prenne cet
employ,
Ce doit eflre i'Am.fnt d'une nouvelle
Omphale.
ALCIDOR, du Havre,
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1304
p. 203-204
XIX.
Début :
J'Ay veu que j'avois mal pensé [...]
Mots clefs :
Énigme, Quenouille, Esprit
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texteReconnaissance textuelle : XIX.
XIX.
I)-A] veu que savois mal pensé
Des Enigmes du mois pasé;
Mais bien facilement j'ay connu le fnystere,
Que vous avez, caché dans l'Enigme
premiere:
Mercure, & sans beaucoup me fatiguer
Cefprit,
J'y reconnais une Qnenouille.
Si quelqu'un me le contredit,
Y'HJ tomberez, d'accord que fort esprit
f? brouille,
~t/~M~Mf convenir que c'est lejlifie
sens
De les détours embarrafTans.
SYLVIE,du Havre.
I)-A] veu que savois mal pensé
Des Enigmes du mois pasé;
Mais bien facilement j'ay connu le fnystere,
Que vous avez, caché dans l'Enigme
premiere:
Mercure, & sans beaucoup me fatiguer
Cefprit,
J'y reconnais une Qnenouille.
Si quelqu'un me le contredit,
Y'HJ tomberez, d'accord que fort esprit
f? brouille,
~t/~M~Mf convenir que c'est lejlifie
sens
De les détours embarrafTans.
SYLVIE,du Havre.
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1305
p. 204-231
Lettre de Mr de Vienne Plancy, sur l'Ecriture universelle. [titre d'après la table]
Début :
Voicy, Madame, une nouvelle Lettre de Mr de Vienne / Ce n'a pas esté sans raison, Monsieur, que j'ay differé [...]
Mots clefs :
Écriture, Mystère, Promesse, Abréviation, Réflexions, Dictionnaires, Grammaire, Expressions, Verbes, Adjectifs, Adverbe, Langue, Discours, Écrivain, Terminaisons, Déclinaisons, Élocution, Nations, Capitales, Public
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de Mr de Vienne Plancy, sur l'Ecriture universelle. [titre d'après la table]
Voicy
,
Madame, une nouvelle
Lettre de M*deVienne Plancy sur
£Ecriture univcrfelle.
cAEau-Cleranton le4. luin1685. E n'a pas esté sans raison,
Monsieur, que j'ay differé
si long-temps à m'acquitter de
ce quejevousay promis à la fin
de ma derniere Lettre, sur mes
projers d'Ecrirure universelle,
rapportée dans le 23 Extraordinaire.
Dispensez moy neanmoins
de vous apprendre aujourd'huy
la cause de ce retardement;
c'est un mystere qui sera
plus propre à estre éclaircy
uneautrefois. La promesse que
je vous en ay faite a deux parties.
La premiere, m'engageà donner
du jour à mes deux Lettres précedentes
; & la seconde, à fournir
des moyens d'abréviation
pour ces fortes d'Ecriture. Le
jour que je leur puis donner, ne
se tire quedesreflexions qu'il est
à propos de faire sur leur composition
, sur l'enchaînement genéral
& naturel de leurs Djébonnaires;
sur le grand nombre de
mots simples, dont je les ay enrichies
; sur l'exacte distribution
de leurs Chiffres en neuf & en
trois, pour le rapport particulier
rieces mots; sur la faciledistin-
.cion des manieres differentes,
dont elles marquent les neuf parties
du discours, sur la réduction
de leurs noms à une feule façon
de les décliner, & de leurs verbes
à une feule façon aussi de les conjuguer;
&: enfin sur la regle d'équité
que j'ay observée partour
autant que j'ay pû, qui veut qu'on
traite ~égalemenc les choses égales.
Moyens qui ont pour fondemens
la nature, la raison & l'ordre; &
qui parconsequent ne sçauroient
manquer de rendre ces Ecritures
trespropres à s'imprimer dans
l'esprir,&ày conserver sans embarras
le souvenir de leurs caracteres,
tantà l'égard de l'expression
, que de la signification;
mais comme il suffit de proposer
aux Personnes intelligentes les
sujets sur lesquels elles doivent
refléchir,pour les leur faire a pprofondir
,
6c y voir clair, sans
qu'il foit besoin de leséterdre
,
je
laisseray, Monsieur vostre penetration
l'accroissement des lu.
mieres que j'ay données, & je ne
vous en diray rien davantage.
Quant aux moyens d'abreviation
, vous sçavez que toute Ecriture
, comme toute Langue, consiste
dans son Dictionnaire &
dans sa Grammaire ; & qu'il est
impossible dans le fonds, d'abreger
le Dictionnaire
, parce qu'il
doit contenir les expressions de
tous les estres
,
& de tous leurs
accompagnemens;foir qu'on les
détaille directement, commej'ay
fait par un grand cmiloy de
Chiffres primitifs, dans celuy
que j'ay dressé,suivantlamethode
commune; soit qu'on en marque
une partie directement
,
&
l'autre indirectement, en rapportant
les choses subalternes aux
principales, comme j'ay fait par lesecoursdesChiffres auxiliaires,
dans celuy que j'ay proposé selon
la methode particuliere.
Il n'en est pas de mesme de la
Grammaire; on peut abreger les
expressions qui en dépendent,
j'entends les variations de ses
mots. Nostre langue & ses voilîties
réduisent par exemple,
toutes les déclinaisons
,
à celles'
de l'article définy, ou de l'indéfiny
, & ne leur attribuent que
deux genres,&quatre cas. Elles
expriment les degrez de comparaison
,par des adverbes; ceux
de diminution & d'augmentation,
par des adjectifs; les verbes
passifs, par le verbe substantif
avec un participe; &les verbes
meslez ,par la jonctiond'un
pronom personnel, au verbe aébf-
&au passif.
On peut imiter ces abreviations
,
& mesme encherir sur ellis
,
puis qu'on peut reduire les
deux articles àun seul
,
tel que
l'article general de ma methode
particuliere
;
marquer parluy,
le singulier & le plurieldetout
ce qui sedécline ,**aufïîbienque
les genres & les cas, comme je
l'ay déjaproposédanscette Méthode
; joindre dans sa déclinaison
le vocatifau nominatif;commejel'ay
pratiqué dansmaMevÇjwdpÇpmmun.
e ; employerles
aJverbçs plus & moinsleplus Be
Jemoinsà exprimerles degrez de
-
diminution ,ècd/augmçntation,
Auih.bie# que ceux qecomparai.
'JRl1 i:j& former les verbes actifs
par, le verbesubstantifavec leur
participedu temps present, comme
nous composons les verbes
paOEf.çpr.hlY) avec leur participedutemps
passé, selonma premiere
idée, expliquée dans m.t
Lettre de vostre19. Extraordinaire
p. 304&dire parex. jefuis
tyrnant, tuesaimant, il estaimant;
j'ay jil aimant jefiray aimant,
&c.aulieu dedire,j'aime, tuaimes,
il aime,j'ay aiméj'aimerçiy,
&c.
<-. Op peutajoûterd'autresabreviationsà
ceilesrlà* & parex. ne
point donner devariations aux
genres desadjectifs& dtVpàrtU
cipes, commeenont beauIle7
apprùchtnjtlbiitppYockiifftèTmaisles
Craiter comme sage\brave'lessàtrt,
tymt, dont les genresne sont
point distincts ; reduirelaconjugaifon
,
aussi b~in que ladéclinaison
,&à cet effetnelacomposer
que de trois moeufs & modes
à l'imitation de l Hebreu,
sçavoir, de l'infinitif, de l'imperarif,
Be del'indicatif; qui fera
aussi subjonctif&optatifmoyennant
quelques prépositions dont
on l'accompagnera au besoin telles
que sontsi quand, àJmme,flNft
à Dieu quey&c ne luy laisser que
les trois temps principaux, &exprimer
les autres, pardesAdverbes,
comme autrefois, dernitrement
,l'autrejour, recemment, &c..
ny distinguerles Personnes
, que
par les pronoms personnelscomme
on fait en nostre Langue, lors,
qu'on dit,j'aime, tu aime, il aime,
& comme on feroit si l'on y disoit
usm aimons
, vom aimons, ils aimons
& exprimer mesme sans
variation lesingulier & le pluriel
des personnes
,
& en marquer
feulement les nombres par le
moyen des mesmes Pronoms personnels,
à qui on lesattribuera,
commej'ay dit qu'on les pouvoit
attribuer àl'article,pour marquer
ceux des Noms.
On peut enfin à l'imitation de
la Longue Franque bannir mesme
l'arcicle; reduire ladéclinaisonàun
seul Cas commun, & la
conjuguaisonau seul Infinitif, &
en representer encore les temps
principaux par lesAdverbes déja,
presentement,tantost,hier, AUjourd'huy
,
demain,&c. & dire comme
elle par ex. Ji vous vouloir pre..
sentement aimer moy , moy donner
d/ifjitoj?vom mil écus (Ir, au lieu
dedire, sisousme voulez, aimer,
je vota donne)ay mille écus a'or.
Je ne vous-propose pas de mettre
les conjonctions 6c les préposicionsau
rang des Adverbes,
comme les Grecs font à l'égard
des interjections;d'unir les participes
avec les adjectifs, fous le titre
de noms, fie de necompter
ainsiquecinq parties dudiscours;
au lieu de neuf, sçavoir l'article,
le pronom,le nom,le verbe &
l'adverbe. Cette réduction ne
feroit rien à l'abréviation de l'Ecricureny
de la Langue,rpar,ce.qure1
les Caractères ny les mots n'en
feroient pas en moindre quantité,
quoy qu'ils fussentdistribuez
en moins de Classes ,estant tous
également nécellaires pour l'expression
du discours .,;'& devant
par consequent estre distinguez
en quelque sorce l'unde l'autre.
D'ailleurs j'ay marqué dans mes
deux Ecritures, les parties invariables,
par une barre sur elles,
les déclinables par une barre inserée
& droite; & celles qui se
conjuguent par une barre inserée
& courbe: & c'est avoir réduit
toutesles parties du discoursen
trois Classes au lieu de cinq ;mais
il nes'agit pasdecela,comme:je
viens de dire. d 1:)uHôr'rn,(ri
ï,Le; retranchementdes, Car
âcres& des mots ne peut proceder
que des moyensprécedens,
&. je n'en vois point d'autres
que ceux que je viens de
rapporter. On peutlesemployer,
le champ est libre, l'interprete
en échapera. J'aylaide au choix
de l' Ecrivain, dans le cours de
mesLettres
,
l'usage de la pluspart
de ces moyens,& j'en ayexpliqué
mon sentiment
,
mais à
examiner la chose à fonds, ils
font plutost à rejetter qu'à mettre
en pratique. La nature donne
trois genres aux Eftres, 6c
les separe ; pourquoy quitter foa
exemple, 6c mettre en un, le
Masculin 6c leNeutre? La raison
nous montre que leVerbe a six
maniérés d'influersur le nom, 6c
cinqdetémoigner son aéhon;
Pourquoy donc confondre les
Cas & les Modes qui les distinguent?
Estceuneaffaireàlameémoired'apprendre
trois genres
aulieu dedeux,six Cas&cinq-
Modes aulieu d'un plus petit
nombre? Non sans doute, un
quart d'heure de plus, est plus de
temps qu'il ne faut pour s'instruire
pleinement detoutes ces choses;
On dira peut-estre, que si les
mots simples font l'abondance SC-1'
la richessedesLangues.,ils en
augmententaussila peine,au lieu
que les phrases la diminuent;
qu'ainsisçachant en nostre Langue
déclinerl'article, on en sçait
décliner tous les noms ,
puis
qu'on n'a qu'à placer cet article
devanteux,pour en marquer les
Cas;
Cas; que fçachant^ quatre ou
cinq adverbes de comparaison,
on sçaic composer tous les comparatifs
& tous les superlatifs,
puis qu'on n'a qu'à associer ces
Adverbes avec les Adjedifs,
pour les former; que sçachant
conjuguer le Verbe estre
, on
sçait conjuguer tous les Verbes
passifs, puisqu'on n'a qu'à joindre
leur participe passé àcette conjuguaifon
, pour avoir toutes les
autres.
Je réponds à cela, que je remarque
plus d'éclaircissement
que de verité
,
dans l'opinion
qu'on a que ces fortes d'usages
abregent plus l'instruction d'une
Langue, que ceux que j'ay pro.
posez dans mes deux dernieres
Lettres. J'y fais décliner tous les
Noms, tous les Pronoms, & tous
les Participes d'une mesme maniere,
puis que je leur donne à
tous les mesmesterminaisons, 8c
j'en use ainsi à l'égard des Verbes;
& je maintiens que routes
ces déclinaisons & toutes ces
conjuguaifons ne font pas plus
difficiles à retenir, que la déclinaison
du seul article, & que la
conjuguaifon du seul Verbe fubftatftifj
parce qu'on ne sçait pas
plûtost décliner un Nom & conjuguer
un Verbe, qu'on sçait décliner'tous
les autres Noms, ôc
conjuguer tous les autres Verbes.
, -
,
Il en est demesmedelacomposition
de degrez de comparai-
-
son, dediminution, &d'augmentation.
Qui en sçaitformer un,
sçait former tous les autres; 6c
ces compositions ne sont pas
moins aisées que les associations
des Adverbes pour leurs expressions.
C'est le fruit & l'avantagedesrégies
générales,&desrégles
d'équité, que j'ay suivies par
tout le plus exactement qu'il m'a
estépossible. L'un revient donc à
l'autre, mais ce qui résulte de
mon usage me semble bien important;
c'est qu'il me fait exprimer
les choses par la simplicité
des mots, au lieu qu'on tombe
presque à tout momentpar l'autre
maniere dans l'embarras des phrases;
car enfin je ne croy pasm'être
trompé d'avoir préferé jusqu'icy
les mots simples aux phrases
,
5c
par ex. YZJtbs Rema des Latins, à
la VilledeRome des François; l'e
mtllllY; à il est aimé; le deambulavimus
,
à nosu nom femmespromenez,;
le doctior illo, à f>lu&Jfavant
que tuy, &c. Je me fuis fondé sur
l'exemple delanature, qui n'employe
jamais les lignes courbes,
lors qu'elle peut venir à ses fins,
par les lignes droites; & sur la
Sentence des Sages, qui témoignent
qu'en vain on fait avec
beaucoup, cequ'on peut faire
avec peu. Ces raisons m'ont sceu
persuader qu'il falloit éviter les
détours&les longueurs dans l'E.
criture&dansla Langueuniverfelle
, autant qu'ilestoit possible.
Ondira peutestreencore,que
l'Article, le Verbesubstantif,les
Adverbes
,
les comparatifs, &c.
desquels se forment les petites
phrases ou constructions allongées,
font des marques quiaident
à juger de ce qui les suit; mais j'ay
à répondre que les terminaisons,
ou les Chiffres auxiliaires de mes
Caracteres, sont des si;nes qui
aident aussi à juger de ce qui les
précede, &:qu'ainG l'un revient
encore à l'autre
-,
si bien que le
mot simple cftuu: plus au goust
de la nature tk de la sagesse que
la phrase , il est ce me semble à
préferer à elle dans cette occafioti.-
Mais encore une fois, j'en
laisse lechamp libre, commeje
l'ay laissé dans tout le cours de
mes lettres,en y donnantaux Nations
le choix de toutes ces différentes
manieres de s'exprimer; je
ne prétens les obliger qu'à ce
qu'elles trouveront deplus commode
; une élocunon allongée,
quoyqu'ennuyeu se,nelaisse pas
d'estre intelligible. La concordance
l'il: arbitraire, & bien que
Je defaut de ses a gréables rapports
oste beaucoup de la grace
6cde la perfection du stile
,
il ne
luy fait pas perdre toute sa clarté.
Le soinnéccessaire en de prendre
garde seulement qu'il ne se glisse
point d'équivoque dans cét -La barbarie Cepeutsouffrir
mais l'équivoqueest insupportable
;
elle rend le senspropre à décevoir,
& le met quelquefois hors
d'inrel:iTence.
, Voib, Monsieur
, ce que je
pensedes moyens d'abréviation.
Pour peu que vous les exa-
111inicz,vousJuerez1vec moy,
qu'ils sont plus propres à ébloüir,
comme j'aydit, qu'à servir; 6c
que le meilleur partyest de s'en
tenir aux bornes que j'ay données
à l'Ecriture universelle dans
mes deux dernieres Lettres, sans y
innover aucune chose.
Je n'aurois plus rien à vous dire
decette Ecriture, sans la singularité
que jeluyay attribuée
,
dans
ma Lettre de vostre 14. Extraord.
p.345. où j'ay avance qu'elle nétoit
pm sujette à équivoque, & que
mesme on ne luy en causeroit ¡dl,
quand-on en figureroitUsCd)acftns
sans separation,tant ils estointaisez.
adémejlcr. Vous sçavez,Monsieur,
que par ce nlnt de Caractere, je
n'entens pas un Chiffre seul, mais
un Chiffre ou plusieursavec une
enseigne, comme je l'ayexpliqué
dans ma Lettre de vostre 19. Extraord.
p. 323. & c'est de la maniere
dont cette enses gne est faite,&
de l'endroit où elle est mise
, que résulte ce facile démeslement.
Il vous seraaisedereconnoiftre
cetteveriré
,
sans que je
m'étende dans son explication
& le débutdu Textesacré que
j'ay exprimé par l'une & par l'autre
de mes Ecritures, servira à
vous Ll montrer, sans que je m'en
mesle, pour peu que vous preniez
garde aux principes que j'ay établis
en parlant de l'enseigne.
D'autres Thémes vous produiront
aussi cette connoissance, si
vous vous donnez la peine d'en
faire, je vous demanderois volontiers
quelques momens d'application
pour cela,afin que vous
vissiez en mesme temps la grace &
acilité de ces Ecritures, dans
r pratique.
e iii'ciloisperfutadéjusqu'i
sent, qu'on donnoit à nos
chiffresordinaires le nom d)A-
\ques
,
à cause qu'ils devoient
origineàl'industriedes Ara-
; mais je viens d'e stredesabule
cette opinion,par un de mes sAmis de Paris, tres éclairé
toutes sortes de Sciences. Il
mande que cesPeuples qui ha-
,nt le milieu de l'ancien monn'ont
fait que communiquer
Figures, & la maniere de les
ployeràl'occident; & qu'ils
bnt tirées de l'Orient, non pas
la Chine, mais des Indes où
ÎS onteste inventées; &: que
LIT cette raison les Turcs
,
les;
rfes
, 6c les autres Orientaux
appellent ces Chiffres, chiffres
Indiens" Il ajoûte qu'à la verité,
il ya un peu de diffé rence entre
quelques-unes de leurs Figures,
& quelquesunesdecelles dont
nous nous servons
,
toutesfois si
peu considerable
,
qu'on voie
bien que les nostres sont issuës
des leurs, & qu'au restela maniere
de les employer est toute
semblable. Il me cite làdessus,
outre les Relations Orientales,
un AutheurAngloisnommé Bre-
- veredge, dont son Livre imprimé
à Londres en 1669. intitulé
Instutionum Chronologicarum libri
duo, unà cllm totidem Arithmetices
Chronoligicælibellis.Cetteorigine
de nos Chiffres est encore un
grandavantage pourune Ecriture
qui est fondée sur eux, & iln'y a
pas lieu de douter qu'éstant venuJ.
des Indes jusqu'à nous, ils n'ayent
aussi passé jusqu'à la Chine, Se
auxautresEtats les plus avancez
dans l'Orient. Grand acheminement
pour y faire recevoir la
nouvel!C,si"nifiation que j'ay ccc.
trepris de leur donner, pour la
communication des Nations, &
pour la commodité du Commerce.
Car enfin, Monsieur, legrand
& le facile servicequ'on en peut
tirer, doit faire avoüer aux 1plus
opiniâtres
, que les Peuples qui
écrivent à la Chinoise, & les
Chinois mesmes tÎ sonttant les
sages
, ne le seroient glleres s'ils
en avoient la connoissance
,
6c
qu'ils en refusassent l'usage. Je
prierois vojontiers,par vostre entremise,
le sçavant Mr Comiers
Ji\:n faire l'ouverture au jeunè,
Chinois, qui est le sujet de sa Lettre
inserée dans vostre Mercure
de Septembre dernier, si cetEtranger
est encore à Paris,comtne ilyalieudelejuger,parle temps
qu'il faut pour voir les beautez
de cerreincomparableVille, qui
seroit sans doute plus grande que
les deux Capitales de son Pays,,
si les Maisons qu'elle peuple
avoient leurs étages à leurs côfez,
au lieu de les avoir l'un sur
l'autre comme elles,
La façon d'écrire de ceux qui
parlent la Latigue-Latine, la
Grecque, la Teutonique,Se
l' Esclavone
quatreLangues
Meres qui ont pour Filles toutes
les Langues de l'Europe, excepté
la Turque,
est de conduire
leur Plume du costé gauche au
cofté droit; celle desHebreux,
fiede leurs branches est de la mener-
du costé droit au costé gauche,
& celle des Chinois est de la
tirer du haut en bas. Peut-estre
qued'autres Peuples la font aller
debas en haut, tant l'art allffi
bien que la nature se plaist à la
diversité. Mesdeux sortes d' Ecriture
se peuvent marquer de
toutes ces manieres , sans aucun
desordre; & la situation de leurs
Caracteres leur est indifferente.
Il est vray qu'à y bien penser, cét
avantage est commun à toute autre
Ecriture ou Langue, puis qu'il
ne dépend que du capricedes Ecrivains.
Ce qui est à souhaiter pour
l'employ des miennes, c'est qu'il
se trouve quelque Personne assez
charitableenvers le Public, pour
vouloir bien prendre la peine
d'en mettre les deux Dictionnaires
universels dans toutes leurs
étendues
,
afin que les Nations
n'ayant plus qu'à dresser leurs
Dictionnaires particuliers sur l'un
ou sur l'autre de ces universels
à leur choix, elles soient excitées
à y travailler, & à s'en servir. Il
me suffit d'en avoir tracéle plan,
il faut laisser quelque choseà faire
aux autres, comme dit Sorel,
dans l'endroit de sa Science universelle,
où il traite de ce grand
secrer. L'utilité de l'Ouvrage y
doit porter les interessez dans
le Commerce, &la Chambre
Royale qui prend tant de foin
d'étendre le nostre par toute la
terre, peut l'ordonner à quelqu'un
d'eux, avec la récompense
qui luy ensera deuë.
Vous concevez assez,Monsieur
l'avantage que les Peuples en tire.
roient,sans que je m'en explique.
Je serois pourtant bierfaÜe de
sçavoir de vous, qui de l'Ecriture
universelle
, ou de la Langue
de mesme nature, vous sembleroit
d'un plus grand service pour
les Nations? Je vous ay découvert
toutes mes pensées sur le
premier moyen de communicacation
,reste à vous entretenir du
fecond. Le Quartier d'Octobre
ne se passera pas que je n'aye cet
honneur. Je m'y engage, &je
fuis vostre, &c.
DE VIENNE PLANCY.
,
Madame, une nouvelle
Lettre de M*deVienne Plancy sur
£Ecriture univcrfelle.
cAEau-Cleranton le4. luin1685. E n'a pas esté sans raison,
Monsieur, que j'ay differé
si long-temps à m'acquitter de
ce quejevousay promis à la fin
de ma derniere Lettre, sur mes
projers d'Ecrirure universelle,
rapportée dans le 23 Extraordinaire.
Dispensez moy neanmoins
de vous apprendre aujourd'huy
la cause de ce retardement;
c'est un mystere qui sera
plus propre à estre éclaircy
uneautrefois. La promesse que
je vous en ay faite a deux parties.
La premiere, m'engageà donner
du jour à mes deux Lettres précedentes
; & la seconde, à fournir
des moyens d'abréviation
pour ces fortes d'Ecriture. Le
jour que je leur puis donner, ne
se tire quedesreflexions qu'il est
à propos de faire sur leur composition
, sur l'enchaînement genéral
& naturel de leurs Djébonnaires;
sur le grand nombre de
mots simples, dont je les ay enrichies
; sur l'exacte distribution
de leurs Chiffres en neuf & en
trois, pour le rapport particulier
rieces mots; sur la faciledistin-
.cion des manieres differentes,
dont elles marquent les neuf parties
du discours, sur la réduction
de leurs noms à une feule façon
de les décliner, & de leurs verbes
à une feule façon aussi de les conjuguer;
&: enfin sur la regle d'équité
que j'ay observée partour
autant que j'ay pû, qui veut qu'on
traite ~égalemenc les choses égales.
Moyens qui ont pour fondemens
la nature, la raison & l'ordre; &
qui parconsequent ne sçauroient
manquer de rendre ces Ecritures
trespropres à s'imprimer dans
l'esprir,&ày conserver sans embarras
le souvenir de leurs caracteres,
tantà l'égard de l'expression
, que de la signification;
mais comme il suffit de proposer
aux Personnes intelligentes les
sujets sur lesquels elles doivent
refléchir,pour les leur faire a pprofondir
,
6c y voir clair, sans
qu'il foit besoin de leséterdre
,
je
laisseray, Monsieur vostre penetration
l'accroissement des lu.
mieres que j'ay données, & je ne
vous en diray rien davantage.
Quant aux moyens d'abreviation
, vous sçavez que toute Ecriture
, comme toute Langue, consiste
dans son Dictionnaire &
dans sa Grammaire ; & qu'il est
impossible dans le fonds, d'abreger
le Dictionnaire
, parce qu'il
doit contenir les expressions de
tous les estres
,
& de tous leurs
accompagnemens;foir qu'on les
détaille directement, commej'ay
fait par un grand cmiloy de
Chiffres primitifs, dans celuy
que j'ay dressé,suivantlamethode
commune; soit qu'on en marque
une partie directement
,
&
l'autre indirectement, en rapportant
les choses subalternes aux
principales, comme j'ay fait par lesecoursdesChiffres auxiliaires,
dans celuy que j'ay proposé selon
la methode particuliere.
Il n'en est pas de mesme de la
Grammaire; on peut abreger les
expressions qui en dépendent,
j'entends les variations de ses
mots. Nostre langue & ses voilîties
réduisent par exemple,
toutes les déclinaisons
,
à celles'
de l'article définy, ou de l'indéfiny
, & ne leur attribuent que
deux genres,&quatre cas. Elles
expriment les degrez de comparaison
,par des adverbes; ceux
de diminution & d'augmentation,
par des adjectifs; les verbes
passifs, par le verbe substantif
avec un participe; &les verbes
meslez ,par la jonctiond'un
pronom personnel, au verbe aébf-
&au passif.
On peut imiter ces abreviations
,
& mesme encherir sur ellis
,
puis qu'on peut reduire les
deux articles àun seul
,
tel que
l'article general de ma methode
particuliere
;
marquer parluy,
le singulier & le plurieldetout
ce qui sedécline ,**aufïîbienque
les genres & les cas, comme je
l'ay déjaproposédanscette Méthode
; joindre dans sa déclinaison
le vocatifau nominatif;commejel'ay
pratiqué dansmaMevÇjwdpÇpmmun.
e ; employerles
aJverbçs plus & moinsleplus Be
Jemoinsà exprimerles degrez de
-
diminution ,ècd/augmçntation,
Auih.bie# que ceux qecomparai.
'JRl1 i:j& former les verbes actifs
par, le verbesubstantifavec leur
participedu temps present, comme
nous composons les verbes
paOEf.çpr.hlY) avec leur participedutemps
passé, selonma premiere
idée, expliquée dans m.t
Lettre de vostre19. Extraordinaire
p. 304&dire parex. jefuis
tyrnant, tuesaimant, il estaimant;
j'ay jil aimant jefiray aimant,
&c.aulieu dedire,j'aime, tuaimes,
il aime,j'ay aiméj'aimerçiy,
&c.
<-. Op peutajoûterd'autresabreviationsà
ceilesrlà* & parex. ne
point donner devariations aux
genres desadjectifs& dtVpàrtU
cipes, commeenont beauIle7
apprùchtnjtlbiitppYockiifftèTmaisles
Craiter comme sage\brave'lessàtrt,
tymt, dont les genresne sont
point distincts ; reduirelaconjugaifon
,
aussi b~in que ladéclinaison
,&à cet effetnelacomposer
que de trois moeufs & modes
à l'imitation de l Hebreu,
sçavoir, de l'infinitif, de l'imperarif,
Be del'indicatif; qui fera
aussi subjonctif&optatifmoyennant
quelques prépositions dont
on l'accompagnera au besoin telles
que sontsi quand, àJmme,flNft
à Dieu quey&c ne luy laisser que
les trois temps principaux, &exprimer
les autres, pardesAdverbes,
comme autrefois, dernitrement
,l'autrejour, recemment, &c..
ny distinguerles Personnes
, que
par les pronoms personnelscomme
on fait en nostre Langue, lors,
qu'on dit,j'aime, tu aime, il aime,
& comme on feroit si l'on y disoit
usm aimons
, vom aimons, ils aimons
& exprimer mesme sans
variation lesingulier & le pluriel
des personnes
,
& en marquer
feulement les nombres par le
moyen des mesmes Pronoms personnels,
à qui on lesattribuera,
commej'ay dit qu'on les pouvoit
attribuer àl'article,pour marquer
ceux des Noms.
On peut enfin à l'imitation de
la Longue Franque bannir mesme
l'arcicle; reduire ladéclinaisonàun
seul Cas commun, & la
conjuguaisonau seul Infinitif, &
en representer encore les temps
principaux par lesAdverbes déja,
presentement,tantost,hier, AUjourd'huy
,
demain,&c. & dire comme
elle par ex. Ji vous vouloir pre..
sentement aimer moy , moy donner
d/ifjitoj?vom mil écus (Ir, au lieu
dedire, sisousme voulez, aimer,
je vota donne)ay mille écus a'or.
Je ne vous-propose pas de mettre
les conjonctions 6c les préposicionsau
rang des Adverbes,
comme les Grecs font à l'égard
des interjections;d'unir les participes
avec les adjectifs, fous le titre
de noms, fie de necompter
ainsiquecinq parties dudiscours;
au lieu de neuf, sçavoir l'article,
le pronom,le nom,le verbe &
l'adverbe. Cette réduction ne
feroit rien à l'abréviation de l'Ecricureny
de la Langue,rpar,ce.qure1
les Caractères ny les mots n'en
feroient pas en moindre quantité,
quoy qu'ils fussentdistribuez
en moins de Classes ,estant tous
également nécellaires pour l'expression
du discours .,;'& devant
par consequent estre distinguez
en quelque sorce l'unde l'autre.
D'ailleurs j'ay marqué dans mes
deux Ecritures, les parties invariables,
par une barre sur elles,
les déclinables par une barre inserée
& droite; & celles qui se
conjuguent par une barre inserée
& courbe: & c'est avoir réduit
toutesles parties du discoursen
trois Classes au lieu de cinq ;mais
il nes'agit pasdecela,comme:je
viens de dire. d 1:)uHôr'rn,(ri
ï,Le; retranchementdes, Car
âcres& des mots ne peut proceder
que des moyensprécedens,
&. je n'en vois point d'autres
que ceux que je viens de
rapporter. On peutlesemployer,
le champ est libre, l'interprete
en échapera. J'aylaide au choix
de l' Ecrivain, dans le cours de
mesLettres
,
l'usage de la pluspart
de ces moyens,& j'en ayexpliqué
mon sentiment
,
mais à
examiner la chose à fonds, ils
font plutost à rejetter qu'à mettre
en pratique. La nature donne
trois genres aux Eftres, 6c
les separe ; pourquoy quitter foa
exemple, 6c mettre en un, le
Masculin 6c leNeutre? La raison
nous montre que leVerbe a six
maniérés d'influersur le nom, 6c
cinqdetémoigner son aéhon;
Pourquoy donc confondre les
Cas & les Modes qui les distinguent?
Estceuneaffaireàlameémoired'apprendre
trois genres
aulieu dedeux,six Cas&cinq-
Modes aulieu d'un plus petit
nombre? Non sans doute, un
quart d'heure de plus, est plus de
temps qu'il ne faut pour s'instruire
pleinement detoutes ces choses;
On dira peut-estre, que si les
mots simples font l'abondance SC-1'
la richessedesLangues.,ils en
augmententaussila peine,au lieu
que les phrases la diminuent;
qu'ainsisçachant en nostre Langue
déclinerl'article, on en sçait
décliner tous les noms ,
puis
qu'on n'a qu'à placer cet article
devanteux,pour en marquer les
Cas;
Cas; que fçachant^ quatre ou
cinq adverbes de comparaison,
on sçaic composer tous les comparatifs
& tous les superlatifs,
puis qu'on n'a qu'à associer ces
Adverbes avec les Adjedifs,
pour les former; que sçachant
conjuguer le Verbe estre
, on
sçait conjuguer tous les Verbes
passifs, puisqu'on n'a qu'à joindre
leur participe passé àcette conjuguaifon
, pour avoir toutes les
autres.
Je réponds à cela, que je remarque
plus d'éclaircissement
que de verité
,
dans l'opinion
qu'on a que ces fortes d'usages
abregent plus l'instruction d'une
Langue, que ceux que j'ay pro.
posez dans mes deux dernieres
Lettres. J'y fais décliner tous les
Noms, tous les Pronoms, & tous
les Participes d'une mesme maniere,
puis que je leur donne à
tous les mesmesterminaisons, 8c
j'en use ainsi à l'égard des Verbes;
& je maintiens que routes
ces déclinaisons & toutes ces
conjuguaifons ne font pas plus
difficiles à retenir, que la déclinaison
du seul article, & que la
conjuguaifon du seul Verbe fubftatftifj
parce qu'on ne sçait pas
plûtost décliner un Nom & conjuguer
un Verbe, qu'on sçait décliner'tous
les autres Noms, ôc
conjuguer tous les autres Verbes.
, -
,
Il en est demesmedelacomposition
de degrez de comparai-
-
son, dediminution, &d'augmentation.
Qui en sçaitformer un,
sçait former tous les autres; 6c
ces compositions ne sont pas
moins aisées que les associations
des Adverbes pour leurs expressions.
C'est le fruit & l'avantagedesrégies
générales,&desrégles
d'équité, que j'ay suivies par
tout le plus exactement qu'il m'a
estépossible. L'un revient donc à
l'autre, mais ce qui résulte de
mon usage me semble bien important;
c'est qu'il me fait exprimer
les choses par la simplicité
des mots, au lieu qu'on tombe
presque à tout momentpar l'autre
maniere dans l'embarras des phrases;
car enfin je ne croy pasm'être
trompé d'avoir préferé jusqu'icy
les mots simples aux phrases
,
5c
par ex. YZJtbs Rema des Latins, à
la VilledeRome des François; l'e
mtllllY; à il est aimé; le deambulavimus
,
à nosu nom femmespromenez,;
le doctior illo, à f>lu&Jfavant
que tuy, &c. Je me fuis fondé sur
l'exemple delanature, qui n'employe
jamais les lignes courbes,
lors qu'elle peut venir à ses fins,
par les lignes droites; & sur la
Sentence des Sages, qui témoignent
qu'en vain on fait avec
beaucoup, cequ'on peut faire
avec peu. Ces raisons m'ont sceu
persuader qu'il falloit éviter les
détours&les longueurs dans l'E.
criture&dansla Langueuniverfelle
, autant qu'ilestoit possible.
Ondira peutestreencore,que
l'Article, le Verbesubstantif,les
Adverbes
,
les comparatifs, &c.
desquels se forment les petites
phrases ou constructions allongées,
font des marques quiaident
à juger de ce qui les suit; mais j'ay
à répondre que les terminaisons,
ou les Chiffres auxiliaires de mes
Caracteres, sont des si;nes qui
aident aussi à juger de ce qui les
précede, &:qu'ainG l'un revient
encore à l'autre
-,
si bien que le
mot simple cftuu: plus au goust
de la nature tk de la sagesse que
la phrase , il est ce me semble à
préferer à elle dans cette occafioti.-
Mais encore une fois, j'en
laisse lechamp libre, commeje
l'ay laissé dans tout le cours de
mes lettres,en y donnantaux Nations
le choix de toutes ces différentes
manieres de s'exprimer; je
ne prétens les obliger qu'à ce
qu'elles trouveront deplus commode
; une élocunon allongée,
quoyqu'ennuyeu se,nelaisse pas
d'estre intelligible. La concordance
l'il: arbitraire, & bien que
Je defaut de ses a gréables rapports
oste beaucoup de la grace
6cde la perfection du stile
,
il ne
luy fait pas perdre toute sa clarté.
Le soinnéccessaire en de prendre
garde seulement qu'il ne se glisse
point d'équivoque dans cét -La barbarie Cepeutsouffrir
mais l'équivoqueest insupportable
;
elle rend le senspropre à décevoir,
& le met quelquefois hors
d'inrel:iTence.
, Voib, Monsieur
, ce que je
pensedes moyens d'abréviation.
Pour peu que vous les exa-
111inicz,vousJuerez1vec moy,
qu'ils sont plus propres à ébloüir,
comme j'aydit, qu'à servir; 6c
que le meilleur partyest de s'en
tenir aux bornes que j'ay données
à l'Ecriture universelle dans
mes deux dernieres Lettres, sans y
innover aucune chose.
Je n'aurois plus rien à vous dire
decette Ecriture, sans la singularité
que jeluyay attribuée
,
dans
ma Lettre de vostre 14. Extraord.
p.345. où j'ay avance qu'elle nétoit
pm sujette à équivoque, & que
mesme on ne luy en causeroit ¡dl,
quand-on en figureroitUsCd)acftns
sans separation,tant ils estointaisez.
adémejlcr. Vous sçavez,Monsieur,
que par ce nlnt de Caractere, je
n'entens pas un Chiffre seul, mais
un Chiffre ou plusieursavec une
enseigne, comme je l'ayexpliqué
dans ma Lettre de vostre 19. Extraord.
p. 323. & c'est de la maniere
dont cette enses gne est faite,&
de l'endroit où elle est mise
, que résulte ce facile démeslement.
Il vous seraaisedereconnoiftre
cetteveriré
,
sans que je
m'étende dans son explication
& le débutdu Textesacré que
j'ay exprimé par l'une & par l'autre
de mes Ecritures, servira à
vous Ll montrer, sans que je m'en
mesle, pour peu que vous preniez
garde aux principes que j'ay établis
en parlant de l'enseigne.
D'autres Thémes vous produiront
aussi cette connoissance, si
vous vous donnez la peine d'en
faire, je vous demanderois volontiers
quelques momens d'application
pour cela,afin que vous
vissiez en mesme temps la grace &
acilité de ces Ecritures, dans
r pratique.
e iii'ciloisperfutadéjusqu'i
sent, qu'on donnoit à nos
chiffresordinaires le nom d)A-
\ques
,
à cause qu'ils devoient
origineàl'industriedes Ara-
; mais je viens d'e stredesabule
cette opinion,par un de mes sAmis de Paris, tres éclairé
toutes sortes de Sciences. Il
mande que cesPeuples qui ha-
,nt le milieu de l'ancien monn'ont
fait que communiquer
Figures, & la maniere de les
ployeràl'occident; & qu'ils
bnt tirées de l'Orient, non pas
la Chine, mais des Indes où
ÎS onteste inventées; &: que
LIT cette raison les Turcs
,
les;
rfes
, 6c les autres Orientaux
appellent ces Chiffres, chiffres
Indiens" Il ajoûte qu'à la verité,
il ya un peu de diffé rence entre
quelques-unes de leurs Figures,
& quelquesunesdecelles dont
nous nous servons
,
toutesfois si
peu considerable
,
qu'on voie
bien que les nostres sont issuës
des leurs, & qu'au restela maniere
de les employer est toute
semblable. Il me cite làdessus,
outre les Relations Orientales,
un AutheurAngloisnommé Bre-
- veredge, dont son Livre imprimé
à Londres en 1669. intitulé
Instutionum Chronologicarum libri
duo, unà cllm totidem Arithmetices
Chronoligicælibellis.Cetteorigine
de nos Chiffres est encore un
grandavantage pourune Ecriture
qui est fondée sur eux, & iln'y a
pas lieu de douter qu'éstant venuJ.
des Indes jusqu'à nous, ils n'ayent
aussi passé jusqu'à la Chine, Se
auxautresEtats les plus avancez
dans l'Orient. Grand acheminement
pour y faire recevoir la
nouvel!C,si"nifiation que j'ay ccc.
trepris de leur donner, pour la
communication des Nations, &
pour la commodité du Commerce.
Car enfin, Monsieur, legrand
& le facile servicequ'on en peut
tirer, doit faire avoüer aux 1plus
opiniâtres
, que les Peuples qui
écrivent à la Chinoise, & les
Chinois mesmes tÎ sonttant les
sages
, ne le seroient glleres s'ils
en avoient la connoissance
,
6c
qu'ils en refusassent l'usage. Je
prierois vojontiers,par vostre entremise,
le sçavant Mr Comiers
Ji\:n faire l'ouverture au jeunè,
Chinois, qui est le sujet de sa Lettre
inserée dans vostre Mercure
de Septembre dernier, si cetEtranger
est encore à Paris,comtne ilyalieudelejuger,parle temps
qu'il faut pour voir les beautez
de cerreincomparableVille, qui
seroit sans doute plus grande que
les deux Capitales de son Pays,,
si les Maisons qu'elle peuple
avoient leurs étages à leurs côfez,
au lieu de les avoir l'un sur
l'autre comme elles,
La façon d'écrire de ceux qui
parlent la Latigue-Latine, la
Grecque, la Teutonique,Se
l' Esclavone
quatreLangues
Meres qui ont pour Filles toutes
les Langues de l'Europe, excepté
la Turque,
est de conduire
leur Plume du costé gauche au
cofté droit; celle desHebreux,
fiede leurs branches est de la mener-
du costé droit au costé gauche,
& celle des Chinois est de la
tirer du haut en bas. Peut-estre
qued'autres Peuples la font aller
debas en haut, tant l'art allffi
bien que la nature se plaist à la
diversité. Mesdeux sortes d' Ecriture
se peuvent marquer de
toutes ces manieres , sans aucun
desordre; & la situation de leurs
Caracteres leur est indifferente.
Il est vray qu'à y bien penser, cét
avantage est commun à toute autre
Ecriture ou Langue, puis qu'il
ne dépend que du capricedes Ecrivains.
Ce qui est à souhaiter pour
l'employ des miennes, c'est qu'il
se trouve quelque Personne assez
charitableenvers le Public, pour
vouloir bien prendre la peine
d'en mettre les deux Dictionnaires
universels dans toutes leurs
étendues
,
afin que les Nations
n'ayant plus qu'à dresser leurs
Dictionnaires particuliers sur l'un
ou sur l'autre de ces universels
à leur choix, elles soient excitées
à y travailler, & à s'en servir. Il
me suffit d'en avoir tracéle plan,
il faut laisser quelque choseà faire
aux autres, comme dit Sorel,
dans l'endroit de sa Science universelle,
où il traite de ce grand
secrer. L'utilité de l'Ouvrage y
doit porter les interessez dans
le Commerce, &la Chambre
Royale qui prend tant de foin
d'étendre le nostre par toute la
terre, peut l'ordonner à quelqu'un
d'eux, avec la récompense
qui luy ensera deuë.
Vous concevez assez,Monsieur
l'avantage que les Peuples en tire.
roient,sans que je m'en explique.
Je serois pourtant bierfaÜe de
sçavoir de vous, qui de l'Ecriture
universelle
, ou de la Langue
de mesme nature, vous sembleroit
d'un plus grand service pour
les Nations? Je vous ay découvert
toutes mes pensées sur le
premier moyen de communicacation
,reste à vous entretenir du
fecond. Le Quartier d'Octobre
ne se passera pas que je n'aye cet
honneur. Je m'y engage, &je
fuis vostre, &c.
DE VIENNE PLANCY.
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Résumé : Lettre de Mr de Vienne Plancy, sur l'Ecriture universelle. [titre d'après la table]
Dans une lettre du 4 juin 1685, M. de Vienne Plancy présente ses projets concernant une écriture universelle. Il divise son projet en deux parties : l'illustration de ses lettres précédentes et les moyens d'abréviation pour cette écriture. Il aborde plusieurs aspects nécessaires à la compréhension de cette écriture, tels que la composition, l'enchaînement des idées, le nombre de mots simples, la distribution des chiffres, et la distinction des parties du discours. L'auteur souligne que toute écriture repose sur un dictionnaire et une grammaire. Bien que le dictionnaire ne puisse être abrégé, la grammaire peut l'être en réduisant les variations des mots. Il propose de limiter les déclinaisons et les degrés de comparaison, et de simplifier les articles, pronoms, et temps verbaux. Il suggère de réduire les parties du discours à cinq : l'article, le pronom, le nom, le verbe et l'adverbe, et de les classer en trois catégories selon leur invariabilité. M. de Vienne Plancy discute également de la nature des genres et des cas grammaticaux, affirmant que la simplification des genres et des modes ne rendrait pas l'apprentissage plus difficile. Il préfère les mots simples aux phrases complexes et insiste sur la clarté et l'absence d'ambiguïté dans l'écriture. Il aborde la question des chiffres, soulignant leur origine indienne, et mentionne diverses directions d'écriture selon les langues. Enfin, il propose la création de dictionnaires universels pour faciliter la communication entre les nations, laissant aux autres le soin de les développer. Il espère que la Chambre Royale encouragera cette initiative et demande l'avis de son interlocuteur sur la préférence entre une écriture universelle ou une langue de même nature.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1306
p. 232-241
SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS DU XXVII. EXTRAORDINAIRE.
Début :
Si un Mary qui découvre que la Personne qu'il a épousée, [...]
Mots clefs :
Époux, Passion, Femme, Amant, Mariage, Malheur, Amour, Destin, Coeur, Aimer, Liberté, Voeux, Fidélité, Bonheur, Douleur, Tombeaux, Histoire antique, Obsèques, Architecture, Défunts, Sépulture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS DU XXVII. EXTRAORDINAIRE.
SENTIMENS
SUR TOUTES LES QUESTIONS
-DU XXVII.,
EXTRAORDINAIRE.
Si un Mary qui découvre que la
Personne qu'il a épousée,estoit
prévenuedepassion pour un
autre en l'épousant,a plus sujet
de se plaindre d'elle, qu'un
autre Maryn'ena de seplaindre
de sa Femme, lors qu'il
s'apperçoit que depuis son mariageelle
est devenue sensible
auxsoins d'unAmant.
pA- les termes exprès de cette Quession,
Je conclus que le mariage
Malgré toute précaution,
Eflundangereux esclavage
Et bien sujet à1caution.
C'est un rnalhertrinévitable,
Tofl ou tard, une Femme ilimablè"
Trouvequelqueplaijïràsenfaire conten-
Etle joug qu'un Galant nom aidea porter,
Devient un [ouf'infupportaMe. d'
Mats jenesçay lequelefl le plus malheureux,
Deceluy qui découvreen épousantfa-
Femme,
Quavecunautre Amantelleavoit dattii
son ame,
Vn engagement amfJUrCHX::
,OH. celuy qui Jepuù) voitsaFemme
delle
MAlgré l'amourqu'ilapourelle,
Abandonnerson coeur-Àd"impudsq*ueslfQtx>*-$
0
Cependant quand je confidere
De ces deux Maris, la misere,
Avec un peu d'attention:
Je trouve dufécond, le dessin ordinaire,
Et j'ay pour le premier, plus de compaf-
/ion.
W3
Tous deux ont sujet defeplaindre,
Maifils avoienttous deux également a craindre:*• -
EpouferuneBelle &quin'eustpointaime,.
Neferort-ce pas un miracle?
Et dans le Sacrement un coeuraccoutume
PeHto.il àbsonfalmaoucr troluever?un grand
Lequel est le plus facile de n'avoir
jamais d'amour, ou de n'en
avoir qu'une seule fois en toute sa
vie. IL estrare, belle Sylvie,
De n'avoir jAmllü dans la vie»
Mais lors que de ïamour on afuby les--
¡oix *
Heflplus rare encor de riaimerquune
foù. es
VOUSvoirobjlinéeanejamais armer
Peut estre osez.-vous pré urner,
De pouvoir aisement éviter dans la vieiy.
L'amour &[es plus doue:sloix:
Mais apprenez,, belle Sylvie.
S^ue 1 on efl obligé d'aimer tous Unefois!.
80
Quandde ee Dieula tendre violence
VoussoumettrafmssapuiJfllnce;
Quand le moment feravenu,
Moment qui vous efl inconnu
Mais qui vientsans que ton y pcnfe
jPJecroyez. pas d'amoursuivre les douceis
loix
Unefeulefois dans lavie;
Car apprenez., belleSylvie,
onmpeut toeujoufrs lloimerquiandson aÎ.mf':
S'il estplus cruelde ne pouvoir
réüssir à sefaire aimer d'une Personne,
pour qui on sent unetresforte
inclination
, que de la voir
infidele a près qu'on en a receules
plus engageantes marques d'amour.
TVsçais, mon cher Damtn, fiqHclauautre
que moy Doit plusserécrierfu* , un manque defoy.
J'aimais,j'estois aimé d'une jeune Bérgere,
Dontje croyois le coeur &sidette & sincere.
Cependant la volageaprèsmilleferment,
M'abandDnne, mefuit, cherched'autres
Amans, * la confiance est pourelleune chose inconnue,
Et etunnouvel amourson lime
estpre'venue,
Olry, je n'en puis douter ; un rival trop
heureux,
Jouit en liberté de l'objet de mes voeux,- -
Et moy, mIn' cher Damon, je nay de ma
conflance
J^iteletr'fte regret pourtoute recompettfe.
Elle avoit, je£avoué,écoutémesfoupirs»
Et de quelques faveurscontentémes
drfirs;
Maiscefl en celamesmeOH je fuisplus «-
plaindre,
Lors que de monamourje navoisriens
craindret
jQue tout me répondoit de sa ideiité
L'ingrate metrahiti quiltnferoit duté?
Toy-mesme qui cannois jusquou va d'sa
ne Femme,
'Le changement d'humeur, Cinégalité
cEamc>
Tu rnas dit millefois,ravy de mon bonheur,
Que jeferoistoujours lemaifire defort
coeur.
Ctpendant aujourd'hui tu vois bien le
contraire:
Juge dema douleur, jugede macetera
Et tu confie[feras qu'unpareil traitement,
Efl le plus granddes maux que l'onfoujfre
en aimant.
QU'ELLE EST L'ORIGINE
DES TOMBEAUX.
pOur I"Origine des TombeAux,
Superbes, magnifiques, beaux,
Et telsque les Htfloires GrecqueSt
Dififnt qu'on dreffoit aux Obséques
Des Heros de tantiqHité;
LesEgyptiens ont eslé
Les prlmeeru/ui parla druBure
D'HWsuperbe architeElure,
bâtirent magnifiquement, ji leurs Défuntsunmonument.
En des lieuxsecs & non humides.
Dans l Egypte on voitPyramides-
Obelisques, Arcstriomphaux,
Et tout celttfont des TombeAux;
Onvoitaujjidans UJudée3
La Palestine,&l'idumée,
DesSepulchres tes (omptueHX
Où fontenterrez* les Hebreux,
Car ce Peuple a dure cervelle, (C'efl ainsi que le Juif s'appelle,
Chez, sonfameux Legislateur)
Portoit aux Aiorts un grand honneur»
MaisChonneur de la Sépulture,
Ef/oit dans la Loy de Nature,
Pratiqué bien auparavant,
Par tous les Peuplesdu Levant.
Puis quAbrahamfor son vieilâge
Voulut avoir en héritage,
Pourluy ,sa Femme, & tous lesftenii
Vn. Tombeau chez, les Hhhiens,
Lesquels avoient, dit £Ecriture,
Vn qrandfoin de la Sépulture,
Detous ceux de leur Nation:
Chacun danssa condition,
jivo'tun Tombeau domestique,
scunsuperbe
,
l'antre rustique;
Mais tousces divers Monumens;
Ne manquoient larnais <£o*nemettSiuibrahamdoncaleurexemple,
Trfte, menarttnn deuil très amples
Desa chere EpouseS-ara,
Pourl'enterrer-Iekrdemanda,
Non pas cdmmcune récompense,-
JvJais?noyentrant grojfefinanûe, * -
Fourcetemps*la, cela&èntend,
QHilleur délivratout compta)ik*"
Leunfrmdndtt, dis-se,Uneplacé,
Pourinhumertoutesa race,
Dans un certain Champ retiré,
Qui*egardoitdeversÀfembré»
«*
Maisce Peupleàcettesemonce,
Luy fit une honnefle rtponre.
Pniiez., dit-il, de nosTombeaux
Les plus exquis, & lesfins beauxt
Il rieflaucun qui nefefajfè
Ungrand honneurde cette grâce*
uibraham pourcecompliment,
Ne changea pointdefenùment.
Demandant toujours la Caverne,
Le Champ) avecque la Citerne
Quiregardoitdevers Membré.
- Ainsi qu'ilCavoitdejîré,
La chose luyfut accardit. , Et
Et depuis, toute[alignée
Tprit un éternél repos.
Juffue la mesme que les os
De Jacob
, avec grande fuite,
Tfurentapportez, d*Egypte;
Selon qu'il l'avaitsoubassé.
Farsa derniere volonté;
D"où jeconclusparcetteHistoires
Qui mest venue en la mémoire,
Que les PeuplesOrientaux
Ont eu des premiers des TomheAux;
Et qu'enfuitecettecoutume,
EftPa(fëeenplusgrosvolume,
Chez, les Grecs, & chez, les Romains,
Et delà chez, tous les Humains,
DE LA F.lUP.EllIE.
SUR TOUTES LES QUESTIONS
-DU XXVII.,
EXTRAORDINAIRE.
Si un Mary qui découvre que la
Personne qu'il a épousée,estoit
prévenuedepassion pour un
autre en l'épousant,a plus sujet
de se plaindre d'elle, qu'un
autre Maryn'ena de seplaindre
de sa Femme, lors qu'il
s'apperçoit que depuis son mariageelle
est devenue sensible
auxsoins d'unAmant.
pA- les termes exprès de cette Quession,
Je conclus que le mariage
Malgré toute précaution,
Eflundangereux esclavage
Et bien sujet à1caution.
C'est un rnalhertrinévitable,
Tofl ou tard, une Femme ilimablè"
Trouvequelqueplaijïràsenfaire conten-
Etle joug qu'un Galant nom aidea porter,
Devient un [ouf'infupportaMe. d'
Mats jenesçay lequelefl le plus malheureux,
Deceluy qui découvreen épousantfa-
Femme,
Quavecunautre Amantelleavoit dattii
son ame,
Vn engagement amfJUrCHX::
,OH. celuy qui Jepuù) voitsaFemme
delle
MAlgré l'amourqu'ilapourelle,
Abandonnerson coeur-Àd"impudsq*ueslfQtx>*-$
0
Cependant quand je confidere
De ces deux Maris, la misere,
Avec un peu d'attention:
Je trouve dufécond, le dessin ordinaire,
Et j'ay pour le premier, plus de compaf-
/ion.
W3
Tous deux ont sujet defeplaindre,
Maifils avoienttous deux également a craindre:*• -
EpouferuneBelle &quin'eustpointaime,.
Neferort-ce pas un miracle?
Et dans le Sacrement un coeuraccoutume
PeHto.il àbsonfalmaoucr troluever?un grand
Lequel est le plus facile de n'avoir
jamais d'amour, ou de n'en
avoir qu'une seule fois en toute sa
vie. IL estrare, belle Sylvie,
De n'avoir jAmllü dans la vie»
Mais lors que de ïamour on afuby les--
¡oix *
Heflplus rare encor de riaimerquune
foù. es
VOUSvoirobjlinéeanejamais armer
Peut estre osez.-vous pré urner,
De pouvoir aisement éviter dans la vieiy.
L'amour &[es plus doue:sloix:
Mais apprenez,, belle Sylvie.
S^ue 1 on efl obligé d'aimer tous Unefois!.
80
Quandde ee Dieula tendre violence
VoussoumettrafmssapuiJfllnce;
Quand le moment feravenu,
Moment qui vous efl inconnu
Mais qui vientsans que ton y pcnfe
jPJecroyez. pas d'amoursuivre les douceis
loix
Unefeulefois dans lavie;
Car apprenez., belleSylvie,
onmpeut toeujoufrs lloimerquiandson aÎ.mf':
S'il estplus cruelde ne pouvoir
réüssir à sefaire aimer d'une Personne,
pour qui on sent unetresforte
inclination
, que de la voir
infidele a près qu'on en a receules
plus engageantes marques d'amour.
TVsçais, mon cher Damtn, fiqHclauautre
que moy Doit plusserécrierfu* , un manque defoy.
J'aimais,j'estois aimé d'une jeune Bérgere,
Dontje croyois le coeur &sidette & sincere.
Cependant la volageaprèsmilleferment,
M'abandDnne, mefuit, cherched'autres
Amans, * la confiance est pourelleune chose inconnue,
Et etunnouvel amourson lime
estpre'venue,
Olry, je n'en puis douter ; un rival trop
heureux,
Jouit en liberté de l'objet de mes voeux,- -
Et moy, mIn' cher Damon, je nay de ma
conflance
J^iteletr'fte regret pourtoute recompettfe.
Elle avoit, je£avoué,écoutémesfoupirs»
Et de quelques faveurscontentémes
drfirs;
Maiscefl en celamesmeOH je fuisplus «-
plaindre,
Lors que de monamourje navoisriens
craindret
jQue tout me répondoit de sa ideiité
L'ingrate metrahiti quiltnferoit duté?
Toy-mesme qui cannois jusquou va d'sa
ne Femme,
'Le changement d'humeur, Cinégalité
cEamc>
Tu rnas dit millefois,ravy de mon bonheur,
Que jeferoistoujours lemaifire defort
coeur.
Ctpendant aujourd'hui tu vois bien le
contraire:
Juge dema douleur, jugede macetera
Et tu confie[feras qu'unpareil traitement,
Efl le plus granddes maux que l'onfoujfre
en aimant.
QU'ELLE EST L'ORIGINE
DES TOMBEAUX.
pOur I"Origine des TombeAux,
Superbes, magnifiques, beaux,
Et telsque les Htfloires GrecqueSt
Dififnt qu'on dreffoit aux Obséques
Des Heros de tantiqHité;
LesEgyptiens ont eslé
Les prlmeeru/ui parla druBure
D'HWsuperbe architeElure,
bâtirent magnifiquement, ji leurs Défuntsunmonument.
En des lieuxsecs & non humides.
Dans l Egypte on voitPyramides-
Obelisques, Arcstriomphaux,
Et tout celttfont des TombeAux;
Onvoitaujjidans UJudée3
La Palestine,&l'idumée,
DesSepulchres tes (omptueHX
Où fontenterrez* les Hebreux,
Car ce Peuple a dure cervelle, (C'efl ainsi que le Juif s'appelle,
Chez, sonfameux Legislateur)
Portoit aux Aiorts un grand honneur»
MaisChonneur de la Sépulture,
Ef/oit dans la Loy de Nature,
Pratiqué bien auparavant,
Par tous les Peuplesdu Levant.
Puis quAbrahamfor son vieilâge
Voulut avoir en héritage,
Pourluy ,sa Femme, & tous lesftenii
Vn. Tombeau chez, les Hhhiens,
Lesquels avoient, dit £Ecriture,
Vn qrandfoin de la Sépulture,
Detous ceux de leur Nation:
Chacun danssa condition,
jivo'tun Tombeau domestique,
scunsuperbe
,
l'antre rustique;
Mais tousces divers Monumens;
Ne manquoient larnais <£o*nemettSiuibrahamdoncaleurexemple,
Trfte, menarttnn deuil très amples
Desa chere EpouseS-ara,
Pourl'enterrer-Iekrdemanda,
Non pas cdmmcune récompense,-
JvJais?noyentrant grojfefinanûe, * -
Fourcetemps*la, cela&èntend,
QHilleur délivratout compta)ik*"
Leunfrmdndtt, dis-se,Uneplacé,
Pourinhumertoutesa race,
Dans un certain Champ retiré,
Qui*egardoitdeversÀfembré»
«*
Maisce Peupleàcettesemonce,
Luy fit une honnefle rtponre.
Pniiez., dit-il, de nosTombeaux
Les plus exquis, & lesfins beauxt
Il rieflaucun qui nefefajfè
Ungrand honneurde cette grâce*
uibraham pourcecompliment,
Ne changea pointdefenùment.
Demandant toujours la Caverne,
Le Champ) avecque la Citerne
Quiregardoitdevers Membré.
- Ainsi qu'ilCavoitdejîré,
La chose luyfut accardit. , Et
Et depuis, toute[alignée
Tprit un éternél repos.
Juffue la mesme que les os
De Jacob
, avec grande fuite,
Tfurentapportez, d*Egypte;
Selon qu'il l'avaitsoubassé.
Farsa derniere volonté;
D"où jeconclusparcetteHistoires
Qui mest venue en la mémoire,
Que les PeuplesOrientaux
Ont eu des premiers des TomheAux;
Et qu'enfuitecettecoutume,
EftPa(fëeenplusgrosvolume,
Chez, les Grecs, & chez, les Romains,
Et delà chez, tous les Humains,
DE LA F.lUP.EllIE.
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Résumé : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS DU XXVII. EXTRAORDINAIRE.
Le texte explore deux thèmes principaux : la fidélité conjugale et l'origine des tombeaux. En ce qui concerne la fidélité conjugale, il compare deux situations : celle d'un mari apprenant une passion passée de son épouse pour un autre homme avant le mariage, et celle d'un mari découvrant l'infidélité de son épouse après le mariage. Le texte conclut que le premier mari est plus à plaindre, bien que les deux soient malheureux. Il souligne également la nature inévitable de l'amour et de l'infidélité, affirmant que l'amour peut survenir à tout moment et que l'infidélité cause une douleur profonde. Sur le plan historique, le texte traite de l'origine des tombeaux. Il attribue aux Égyptiens l'invention des monuments funéraires magnifiques, tels que les pyramides et les obélisques. Il mentionne aussi les sépulcres des Hébreux en Judée, en Palestine et en Idumée. Les Égyptiens accordaient une grande importance à la sépulture, comme en témoigne l'exemple d'Abraham, qui demanda un tombeau pour lui-même, sa femme Sara et sa descendance. Cette pratique fut ensuite adoptée par d'autres peuples, y compris les Grecs et les Romains, et se répandit parmi tous les humains.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1307
p. 241-244
I.
Début :
Le vray mot de la premiere Enigme du mois de May, / Mes mouvemens sont fort secrets, [...]
Mots clefs :
Secrets, Doctrine, Ange, Gouffre, Onde, Fièvre, Incertitude, Astre, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
Le vray mot de laprcmiere Enigmedumoisde
May, efloit le Flux &
leReflux. Envoicyquelquesexplications
en F-ers.
M I. Es mouvementfont fort secrets, 01 auilsproduifem leurs
effets;--
JParrégléaux yeux detout le mopde.
La DottrlnC;la plus pofonde
Neffoaurboit,silcest vurayrsaintsèquelque , Penetrer&mon ordre, .& marapidité.y ,,. CertainAiman, dans lanature, .') Cause-t-il en moy la figure
Quon mevoitfaire tous les jours?
Vn Ange regle-t-ilmoncours?
Efl-cerufnneverantmegnferiemté,,feou,s leseaux,lpt1
RessorS'jeaussi J'unGOhJfre.
cipite? ou jem'prtr IP -Le Globe itsonbalancement -,
CAuferoient-ils ce mouvement,
Quimèleve & puis t¡uiJmtp¡mt..
Commme un DoeEleur?du temps fexpri- Suis-je unfeusouterrain qui dilate des
flots,
Que le poidsféalrainene aulieu deleur
npsf
1 -
":
00 , Sort-je,parmoyfeul, de mon terme?
Suis-je de l'air, que rOnde enferme
Et quifemeten mouvement
Pour rejoindresonElément?
Le tour & le retour des Rivieres du
monde,
Ou le Soleil enfiruigitent-ils mon Ondci
M ,-
Me croira-t-on un anitrMl,
S£ui refaire, ou quifent un mal,
JQui mecaufe une Fievreéthique,
Dont l'accez.al'heurecrytique,
Produit & reproduit lemefmeeffettoûioursy
Oujila terretourne&forme ainsimon
cours? -
- B3* Ceftdumoins le premiermobile;
Maislarechercheejiinutile
Puis que ¡'Il' découvert monfort, - Lors qu'il tnefl échapé d'abord,
Que danstincertitude,,suparoist mon
> essence,
Lecorapisrtcqout-itfmtaenfgeo.'uverne est tout -< 03
'OHJl'AflreincQnflantenejfit
Prendquelquepartacesujet• ,,
Soit qu'ilpresse tAir foit qu'ilguide
Parsoncourschaquecorps humide,
SSiittoouuttcceellaa ddéiplltift, je nefçay rien de
î plus Jêmaleà mon gré, le Flux& le Re*
flux.
l'INSENSIBLE MONTALTE
May, efloit le Flux &
leReflux. Envoicyquelquesexplications
en F-ers.
M I. Es mouvementfont fort secrets, 01 auilsproduifem leurs
effets;--
JParrégléaux yeux detout le mopde.
La DottrlnC;la plus pofonde
Neffoaurboit,silcest vurayrsaintsèquelque , Penetrer&mon ordre, .& marapidité.y ,,. CertainAiman, dans lanature, .') Cause-t-il en moy la figure
Quon mevoitfaire tous les jours?
Vn Ange regle-t-ilmoncours?
Efl-cerufnneverantmegnferiemté,,feou,s leseaux,lpt1
RessorS'jeaussi J'unGOhJfre.
cipite? ou jem'prtr IP -Le Globe itsonbalancement -,
CAuferoient-ils ce mouvement,
Quimèleve & puis t¡uiJmtp¡mt..
Commme un DoeEleur?du temps fexpri- Suis-je unfeusouterrain qui dilate des
flots,
Que le poidsféalrainene aulieu deleur
npsf
1 -
":
00 , Sort-je,parmoyfeul, de mon terme?
Suis-je de l'air, que rOnde enferme
Et quifemeten mouvement
Pour rejoindresonElément?
Le tour & le retour des Rivieres du
monde,
Ou le Soleil enfiruigitent-ils mon Ondci
M ,-
Me croira-t-on un anitrMl,
S£ui refaire, ou quifent un mal,
JQui mecaufe une Fievreéthique,
Dont l'accez.al'heurecrytique,
Produit & reproduit lemefmeeffettoûioursy
Oujila terretourne&forme ainsimon
cours? -
- B3* Ceftdumoins le premiermobile;
Maislarechercheejiinutile
Puis que ¡'Il' découvert monfort, - Lors qu'il tnefl échapé d'abord,
Que danstincertitude,,suparoist mon
> essence,
Lecorapisrtcqout-itfmtaenfgeo.'uverne est tout -< 03
'OHJl'AflreincQnflantenejfit
Prendquelquepartacesujet• ,,
Soit qu'ilpresse tAir foit qu'ilguide
Parsoncourschaquecorps humide,
SSiittoouuttcceellaa ddéiplltift, je nefçay rien de
î plus Jêmaleà mon gré, le Flux& le Re*
flux.
l'INSENSIBLE MONTALTE
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Résumé : I.
Le texte traite des mouvements du flux et du reflux, probablement en référence aux marées. L'auteur se questionne sur leurs causes possibles, évoquant divers facteurs tels qu'un ange, une force divine, la Lune, le Soleil, ou les rivières du monde. Il envisage également l'influence d'un feu souterrain ou de l'air. Malgré ses investigations, l'auteur reste incertain quant à l'origine exacte de ces phénomènes, soulignant leur mystère persistant. Il conclut en affirmant qu'il observe ces mouvements sans les comprendre pleinement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1308
p. 244-245
II.
Début :
Merveilleux inconnu, quoy que souvent visible, [...]
Mots clefs :
Esprits, Écrits, Astre, Caverne, Flux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II. Erveilleux inconnu
, quoy que
Couvent visible,
- Que tu furprens lesyeux, & charmes
les esprits!
Detes rares effets la causeimperceptible,
Nesipeut expliquerpar deffavant
écrits.
- Quedigs-joe ?suansvcheercherrfnAstereq,ui te Ilnefaut que passeraucreuxdune C..
verne,
T boire sans Argent, pour ne tignorer
fins.
Sansconsulter Platon,Aristote, ny Pline*
On connaîttrop ton oriqine,
Si-tostqu'uneBourseale Flux.
1
RAULT,deRoüen.
, quoy que
Couvent visible,
- Que tu furprens lesyeux, & charmes
les esprits!
Detes rares effets la causeimperceptible,
Nesipeut expliquerpar deffavant
écrits.
- Quedigs-joe ?suansvcheercherrfnAstereq,ui te Ilnefaut que passeraucreuxdune C..
verne,
T boire sans Argent, pour ne tignorer
fins.
Sansconsulter Platon,Aristote, ny Pline*
On connaîttrop ton oriqine,
Si-tostqu'uneBourseale Flux.
1
RAULT,deRoüen.
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1309
p. 245
III.
Début :
Mercure, j'avouë avec toy, [...]
Mots clefs :
Mer, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
favoué avec toy,
Et iene fçauraism'endéfendre,
*QuonnapuA j-ttfquicy comprendre
Delà Merl'immuableloy;
Au moins aùoiieru-tu, je croy, Que je puis biensansmeméprendre
Dire, quand j'ay peineatentendre,
Queceft Flux&: Refluxpourmov.
L'HEROÏNE,de Dormais
Et iene fçauraism'endéfendre,
*QuonnapuA j-ttfquicy comprendre
Delà Merl'immuableloy;
Au moins aùoiieru-tu, je croy, Que je puis biensansmeméprendre
Dire, quand j'ay peineatentendre,
Queceft Flux&: Refluxpourmov.
L'HEROÏNE,de Dormais
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1310
p. 245-246
IV.
Début :
Pourquoy, Catin, sur cette Enigme [...]
Mots clefs :
Flux et reflux, Énigme, Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
IV.
Ottrqttoy, Catift,sur cette Enlvme
Tenez-vousfilong-tempsvostreespritat-
..tAchh -
Puis que lelèns en ejf caché
JMefmealefpnttesublime,
Vwsriy con/ioiflrez. pas plusctair
Quai* Flux& Reflux de laMen
L'HERMAPHRODITE.
Ottrqttoy, Catift,sur cette Enlvme
Tenez-vousfilong-tempsvostreespritat-
..tAchh -
Puis que lelèns en ejf caché
JMefmealefpnttesublime,
Vwsriy con/ioiflrez. pas plusctair
Quai* Flux& Reflux de laMen
L'HERMAPHRODITE.
Fermer
1311
p. 246
V.
Début :
De mon peu de talent à deviner surpris [...]
Mots clefs :
Talent, Mépris, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
1 Injufiemet pour moy tii nietrès du mépris,
Etmefais un reprocherez,peu Legitime.
Il estvray
,
Mercureeflfortclair
Enparier autrement,ceferaitmalparleri
Maisceux qui lifcnt cette Enigme,
Pourtant nyconnaissent pat plut,
Direntils,, qu'auFluxReflux.
LE MOYNE,deDormais
Etmefais un reprocherez,peu Legitime.
Il estvray
,
Mercureeflfortclair
Enparier autrement,ceferaitmalparleri
Maisceux qui lifcnt cette Enigme,
Pourtant nyconnaissent pat plut,
Direntils,, qu'auFluxReflux.
LE MOYNE,deDormais
Fermer
1312
p. 246
VI.
Début :
En vain à mon esprit je done la torture [...]
Mots clefs :
Torture, Ignorance, Énigme, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VI.
VI.
-
ENvainàmonesprit jedone la torture
Peur pouvoir découvrirlejens
Delaiierniere Enigme ou le Galant Mercure,
S'explique en mots embarrafans*
J'avoue a mon desavantage,
Dcuftde mon ignorance un chacunme
blâmer,
qhc jen'y voispointdavantage
Qu'an Flux & KcfluxdelaMer.
LESPADASSIN, de Dormans.
-
ENvainàmonesprit jedone la torture
Peur pouvoir découvrirlejens
Delaiierniere Enigme ou le Galant Mercure,
S'explique en mots embarrafans*
J'avoue a mon desavantage,
Dcuftde mon ignorance un chacunme
blâmer,
qhc jen'y voispointdavantage
Qu'an Flux & KcfluxdelaMer.
LESPADASSIN, de Dormans.
Fermer
1313
p. 247
« Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...] »
Début :
Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...]
Mots clefs :
Liste de noms, Réponses, Énigmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...] »
Ceuxiini ont trouvé ce mflinPfnct , J" font McJJleurs PAgneau de Fere en
Tertenois ë dé -S-enlt~ ; Lieu- ; Eftienhedé Senlis; Lieutondde,
BrignollejT. T. le Çhevalitr
de Montans de Dormans> C. MachottddelaRué
des cinq Diamans;
dT/kon d*Amiens;C. H. d,;4bbfi/.
le,Mcfdemoifdles M.Provais i Nanon
Chajferet de U Vieille Rue du
Temfki1. du:Pa1rc d1e la"Rue Saint Honoré ile Maifire à Mirette ; Pa.fri
UJfan;l*Habitantde UMassin Grillée
du coin delallüe aux OursAmazone
de la Riie des Poulies; la CharmtltePricdfidi
chtfiie; la Prjn.
essè de la Forefid*Afcléon; de /4
Grand- posse; Leger de Verbijjonne
; £Indiffèrent enjoué, de l'arts..
Tertenois ë dé -S-enlt~ ; Lieu- ; Eftienhedé Senlis; Lieutondde,
BrignollejT. T. le Çhevalitr
de Montans de Dormans> C. MachottddelaRué
des cinq Diamans;
dT/kon d*Amiens;C. H. d,;4bbfi/.
le,Mcfdemoifdles M.Provais i Nanon
Chajferet de U Vieille Rue du
Temfki1. du:Pa1rc d1e la"Rue Saint Honoré ile Maifire à Mirette ; Pa.fri
UJfan;l*Habitantde UMassin Grillée
du coin delallüe aux OursAmazone
de la Riie des Poulies; la CharmtltePricdfidi
chtfiie; la Prjn.
essè de la Forefid*Afcléon; de /4
Grand- posse; Leger de Verbijjonne
; £Indiffèrent enjoué, de l'arts..
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Résumé : « Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...] »
Le texte énumère des personnes et des lieux. Les individus incluent le chevalier de Montans de Dormans, C. Machot de la Rue des Cinq Diamants, C. H. d'Abbéville, le marquis de Provais, et Nanon Chajferet de la Vieille Rue. Les lieux mentionnés sont Senlis, Brignolles, Amiens, la Rue Saint-Honoré, Mirette, Massin Grillée, la Rue aux Ours, et la Rue des Poulies. Des titres comme 'le Chevalier' et 'le Marquis' apparaissent, ainsi que des descriptions telles que 'l'Indifférent enjoué, de l'art'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1314
p. 247-248
I.
Début :
Je n'ay receu que deux explications sur le mot / Pour pouvoir ébloüir le monde de ses charmes [...]
Mots clefs :
Charme, Débat, Coeur, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
.ren'J reccuque deux explications
sur le motde Ufécondé, qui cftoit le
Rat.
p I. QnrfoHVoiréblouir le mondedeses
charmes
Catin depuisHang-temps, pna-tlondisse
-débaty-
MAIS pourgagnerdes coeimcefont de
faibles armes,
Elle neprtpdra pasunRar.
LE MOYNE,deDormans.
sur le motde Ufécondé, qui cftoit le
Rat.
p I. QnrfoHVoiréblouir le mondedeses
charmes
Catin depuisHang-temps, pna-tlondisse
-débaty-
MAIS pourgagnerdes coeimcefont de
faibles armes,
Elle neprtpdra pasunRar.
LE MOYNE,deDormans.
Fermer
1315
p. 248
II.
Début :
QUand je voy le Seigneur Mercure, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Rat, Souris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II. Vandje voy le Seigneur Merture,
VenirenR&ivêtu degris,
Je drs, ledrôle a rencolcure
D'en vouloir à quelquesSouris.
L'AVOCAT LANDREUX.
Mademoifetle Petit
,
& M. Berj,
tousdeuxde la Fere en Tartenois, ont
aujjitrouvécemot.
Rajoute quelquesExplications
VenirenR&ivêtu degris,
Je drs, ledrôle a rencolcure
D'en vouloir à quelquesSouris.
L'AVOCAT LANDREUX.
Mademoifetle Petit
,
& M. Berj,
tousdeuxde la Fere en Tartenois, ont
aujjitrouvécemot.
Rajoute quelquesExplications
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1316
p. 248-249
I.
Début :
J'ajoûte quelques Explications qui ont esté faites / Philosophes fameux qui n'avez pû comprendre, [...]
Mots clefs :
Flux et reflux, Efforts, Rat
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texteReconnaissance textuelle : I.
Rajoute quelquesExplications
qui ont estefaites de l'une &de l'autre
Enigme parUllfiNI Madrigal.
p I. Uilçfophesfameuxquin'avez, pu
comprendre,-- DesMenteflux &leReflux »
Je viens tout d un coup de l'apprendre,
Sansfairecommevous mille effortsfuper*
flus.
Jl nefaut yas pourtantque je m'en glorisse,
Depeurquemonftible gémi
Sur unsujet moinsdélicat,
Uneautrefois ne prenne un Rat.
.> L'ABBE DE MARILLAc, autrefois
Lieutenant de Cavalerie.
qui ont estefaites de l'une &de l'autre
Enigme parUllfiNI Madrigal.
p I. Uilçfophesfameuxquin'avez, pu
comprendre,-- DesMenteflux &leReflux »
Je viens tout d un coup de l'apprendre,
Sansfairecommevous mille effortsfuper*
flus.
Jl nefaut yas pourtantque je m'en glorisse,
Depeurquemonftible gémi
Sur unsujet moinsdélicat,
Uneautrefois ne prenne un Rat.
.> L'ABBE DE MARILLAc, autrefois
Lieutenant de Cavalerie.
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1317
p. 249-250
II.
Début :
Mercure pour le coup sur l'Enigme premiere [...]
Mots clefs :
Rat, Flux et reflux, Chagrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
11. Ercuye pourlecoupsurtEnigme
premiere layfaitdes tffrtt Superflus;
1*expliquerois plûtofl le Flux & le Reflux,
Qued'en deviner lemfière,
c malheur ne m"itrrive Ce m'arriveofJuueerrCeI,l
De chagrin mon esprit s'abat,
Ainsi je laisse IIIaerniere,
De peurde prendre encor un Rat.
ÎDIEREVILLE.
premiere layfaitdes tffrtt Superflus;
1*expliquerois plûtofl le Flux & le Reflux,
Qued'en deviner lemfière,
c malheur ne m"itrrive Ce m'arriveofJuueerrCeI,l
De chagrin mon esprit s'abat,
Ainsi je laisse IIIaerniere,
De peurde prendre encor un Rat.
ÎDIEREVILLE.
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1318
p. 250
III.
Début :
Tous ces fameux Docteurs en Vers ainsi qu'en Prose, [...]
Mots clefs :
Docteurs, Prose, Flux et reflux, Vers, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
cesfameuxDoElenrs en Fers
ainsi auen Prose,
.Q.ji du Flux & Reflux ont creu trouver
lacause,
Malgré licence& doflorat,
N'ont souventprisqu'un Rat.
LE SACRIFICATEUR,dela Rue
duPlastre.
ainsi auen Prose,
.Q.ji du Flux & Reflux ont creu trouver
lacause,
Malgré licence& doflorat,
N'ont souventprisqu'un Rat.
LE SACRIFICATEUR,dela Rue
duPlastre.
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1319
p. 250
IV.
Début :
Nos Sçavans du vieux temps, autrefois si celébres [...]
Mots clefs :
Savants, Célèbre, Flux et reflux, Ténèbres, Science, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
Sfavans.4* vieuxtemps,autrefoissicélèbres
ulprès beaucoup defoinfont demeurez
tonftll
Lors que du Flux & du Reflux,
Ils ont voulu percer les èpaisses t-enèbves,
Maigritous leurs travauxsuivis d'un
long debat,
Si pourlepenétrer leursciencefutvaine,
S'ils n'en ont pli trouverune cause certaine,
N'efl-ce pasavoir pris un Ratî
LE -SOLITAIRE DU PARNASSE, de
Reims.
ulprès beaucoup defoinfont demeurez
tonftll
Lors que du Flux & du Reflux,
Ils ont voulu percer les èpaisses t-enèbves,
Maigritous leurs travauxsuivis d'un
long debat,
Si pourlepenétrer leursciencefutvaine,
S'ils n'en ont pli trouverune cause certaine,
N'efl-ce pasavoir pris un Ratî
LE -SOLITAIRE DU PARNASSE, de
Reims.
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1320
p. 251
V.
Début :
Je croyois n'estre qu'une beste [...]
Mots clefs :
Bêtes, Mers, Flux et reflux, Aristote, Onde, Mystère, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
v.
J E croyaisn'estre qu'une bcfie
Aiaûvrjyment ie ne le crois plus,
Vuiïcj.'ienraisonnant dans matelfe,
Tay devine des Mers le Flux & le Re- flux. 7randGénie.,
Sîriflotecegrand Génie,
Ne pÛt jAfflaûleconcevoirf
Ce quifit que par defifPoir,
SoHs tOndsiltermina,favi.
Pourmoy cessun grandcoup d'état;
Je ne ponvois jamaismieuxfaire,
Qucde-déceuvrirunmyfiere,
Ou les plus beaux esprits riontjamais prit
qu'unRit.
Le disgracié Mimi de la Belle Tonton,
de la Ruë Montmartre.
J E croyaisn'estre qu'une bcfie
Aiaûvrjyment ie ne le crois plus,
Vuiïcj.'ienraisonnant dans matelfe,
Tay devine des Mers le Flux & le Re- flux. 7randGénie.,
Sîriflotecegrand Génie,
Ne pÛt jAfflaûleconcevoirf
Ce quifit que par defifPoir,
SoHs tOndsiltermina,favi.
Pourmoy cessun grandcoup d'état;
Je ne ponvois jamaismieuxfaire,
Qucde-déceuvrirunmyfiere,
Ou les plus beaux esprits riontjamais prit
qu'unRit.
Le disgracié Mimi de la Belle Tonton,
de la Ruë Montmartre.
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1321
p. 251-252
« Ces deux Enigmes ont esté aussi expliquées dans leur vray [...] »
Début :
Ces deux Enigmes ont esté aussi expliquées dans leur vray [...]
Mots clefs :
Énigmes, Réponses, Liste de noms, Découverte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ces deux Enigmes ont esté aussi expliquées dans leur vray [...] »
Ces deux Enigmes ont ellé tfujfl
expliquées dans leur vray fins par
Mijifeurs F.Carrier de Roueni Guét'in
d'Annonay Medecin de t'Hofpipital,
Lieutenat au Greniera Sel de
Paris; de la £>uilie de la Rue Beaubourg
; D C. deBeauvaù ; duMef.
nil>•lespetits Thtangeaux du Phrygien
; CAmant qui J)Lrfevere de U
fethe Ruedes P. I Avocat de Fere
en Tartenoà i le brave Marais &si"
Ajjociésle fohVLraiu Arbitre del'HôteldesZJrfîns.
expliquées dans leur vray fins par
Mijifeurs F.Carrier de Roueni Guét'in
d'Annonay Medecin de t'Hofpipital,
Lieutenat au Greniera Sel de
Paris; de la £>uilie de la Rue Beaubourg
; D C. deBeauvaù ; duMef.
nil>•lespetits Thtangeaux du Phrygien
; CAmant qui J)Lrfevere de U
fethe Ruedes P. I Avocat de Fere
en Tartenoà i le brave Marais &si"
Ajjociésle fohVLraiu Arbitre del'HôteldesZJrfîns.
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1322
p. 252-285
ELOGE DU GRAND CORNEILLE A MONSIEUR L'ABBÉ DES VIVIERS AUMOSNIER du Roy, Chanoine de Constance, Protonotaire du Saint Siege.
Début :
Il seroit difficile que l'Ouvrage qui suit ne vous plust pas, / Je voy bien, Monsieur, que vous m'écrivez, non seulement pour m'apprendre [...]
Mots clefs :
Grand, Corneille, Poète, Gloire, Horace, Roi, Ouvrage, Théâtre, Vieillesse, Pièces, Éclat, Louanges, Sentiments, Divertissements, Beauté, Esprit, Agréable, Mort, Excellence, Déclin, Éloge funèbre, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE DU GRAND CORNEILLE A MONSIEUR L'ABBÉ DES VIVIERS AUMOSNIER du Roy, Chanoine de Constance, Protonotaire du Saint Siege.
isseroitdifficile que fOuvrage qui
fuitne t'eus plaflpàs,puùqu'ilefi de
M. de laFevrtrie
,
&fait à la gloire
du fameux M.deCorneille, àla mort
duquelveuiavez, donnédeslarmes»
ELOGE
DU GRAND CORNEILLE
A MONSIEURL'ABBE
DES VIVIERS AUMOSNIER.
du Roy, Chanoine de Constance,
Protonotaire du Saint
Siege. jE voy bien, Monsieur, que
vous m'écrivez, non feulement
- - pour mapprendre la mort de
l'incomparable Monsieur Corneille,
mais encore pour m'engagerà
faire son Oraison Funèbre,
comme si un Panégyrique de ma
façon
,
pouvoit contribuer quelque
chose à sa mémoire ; mais
enfin il ne tiendra pas à*vous,5c àmoy
,
quetoutle monde no
l'admire, &; que ses Envieux, 6c
ses Ennemis, ne soient contraints
de reconnoistre son mérite.Mélons
donc nos larmes avec celles
du Parnasse, &de tous les beaux
esprits qui pleurent la mort de
cet Illustre, ouplutost mélons
nos voix parmy celles de toute la
France, qui chante si hautement
ses louanges. Que dis-je, toute
la France? Rome & l'Italie. entiere
ne luy refuseront pas à sa
mort, des applaudissemens qu'-
elles luy accorderent pendant sa
vie, lors qu'un grand Pape en fit
les éloges ; car enfin, Monsieur.
qui n'est pas convaincu du prix
& de l'excellence de l'admirable
Corneille?Et ne pouvons-nous
pasdirede luy,ceque Virgilea
ditautrefois de son Héros, ou du
moins de ion Daphnis?
Bine ufqm adfydera moins.
Le plus excellent Critique de
nostre Siecle
,
& qu'on pourroit
justement appeller le Génie de la
Satyre,a reconnu leméritédece
grand Homme. Il a remarqué
des défautsdans les plus celébré-
Aurheursj il a fait la guerre
genéralementà tous nos Poëtes,
& par sa delicatesse
,
& par ion
,discernement
,
il les a presque
tous mis au desespoir. Cependant
il a toûjours excepté de sa
cenfute l'Illustre Mr Corneille,
.& mesme ill'a toujours proposé
comme un grand Maistre de
FAit; digne de leiintnattalité., Zc
- de la donner aux autres. Voicy
comme il en parle au Roy.
Etparmy tant£Autbeurs,jtveux
bien£avouer,
Apollon en connoiifqui te peuvent
-
louer.
oiji,j*efcay quentre ceux qui t'adrèssent
leursveilles,
Parmy les Pelletiers,eonn ccoommpittee des
corneilles.
Et dans sa Poëtique, où il désigne
quatre Poëtes qui doivent
travailler à la gloire&au divertissementdu
Rov. eCornâUe pourtoyrallumantfo»
audace,
Soit encor le Corneille, & du Cid &
£Horace.
I.
Il sembleroit d'abord que M.
Despreaux feroit du sentiment
de ceux dont M. Corneille se
plaint dans cette belle Epistre
qu'il adressa au Roy, il y aquelquesannées.
;
J'affaiblis, ou dumoins ilssi le jermaient.
Et qu'il n'arien faitdepuis Horace
&.. le Çid,deUÉorcede ces
deux Pièces ; mais si l'on y fait
un peu de reflexion,on verra
que M. Boisleau est d'un sentimenttout
contraire. Illuytrouve
encore la mesme vigueur, &
le juge capable plus quejamais de
travailler au divertissement du
plus grand, Roy du monde. Ce
feu estoit encore sous la cendre,
il n'estoit pas encore éteint ,il
n'estoit feulement qu'assoupy, &
on levoyoit avec lemefme éclat
& la mesme ardeurquand il en
estoitbesoin. Estcequ'ilneparoissoit
pas dans Sertorius, dans
Oedipe& dans Rhodogune?Eftce
que ces Ouvrages estoientsans
force & languissans
, &que luy
mesme ait eu raison de dire au
Roy?
1
-
Cefont desmalheureux élouffiZJ AU
Berceau, jqL Jjhtunfiul de tes regards peut tirer
du Tomkedu.
Non, non, M. Corneillea
toujours eu le mesmefeu &Ilde
mcÍme génie que dans Horace
,& dans le Cid. Les regards de
sa Majesté pouvoient, je l'avoue,
donner un nouveau lustreàses
Pieces; mais elles meritoient bien
aussi ses regards favorables ; car
il n'y en a aucune qui manque
de grace& de beauté, ôc il a pû
dire hardiment de ses Ouvrages.
Achevé, les derniers rient rien qttï
dégénéré,
Rienqui lesfajfecroire enfansdut*
autrepere.
Il faut donc avouer que M,
Corneille n'a point vieilly,&n'a
point dégeneré. Cependant
l'Autheur des Nouvelles nouvelles,
ditqu'il a pris un vol 1J
haut, que l'âge l'oblige malgré
luy de descendre. Si cet Autheur
a dit cela en parlant de Sophonisbe,
qu'a-t'il pû dire depuis
Mais enfin si les Pieces du grand
Corneille n'ont pas toutes la mesme
vigueur,&la mesme beauté,,
est-ce une raison de l'acculerde
vieillesse, &de s'écrier foy-meC.
we? • Pour bien écrire encorjay trop long*
tempsécrity1l -'r,.
MUls rides dufient passent jufq$ta*
l'esprit
Les Poëtes ont cela de commun
avec les belles Femmes,
qu'iln'y a rienqu'ils a pprehendent
tant que de vieillir
, ou di*
moins de paroistre vieux; & pour
ce sujet, ils font à leurs écrits,
tout ce que lesautres font à leurs
visages. Il semble que les Mufes
leur ayent inspiré cette inclinanation.
Comme elles font toujours
vierges & belles
,
ils,! voudraient
ettre toujours jeunes&
vigonreux Il n'y a rien qu'ils
ne faisent pour conserver cet
agrément,& cette fleur de jeunesse
quifait tout l'êclat, &tout
le brillant de leurs Ouvrages,
Horaceestoitdece sentiment;il
nesouhaitoit ny les honneurs, ny
les richesses
;
il secontentoitd'une
viefrugale & tranquille. Mais ildemandoit au grand Apollon,
d'estre toujourscet Horace
agréable& charmant, cet Horace
plein d'esprit & de feu, cet
Horace les délices de Mecenas ôc
d'Auguste.
Frui parâtù dr validomt'hi
LatoedûRtsxc?precorintégra
Cllm ment*:ntc turptm fencttam
Degere, ueccythata camtim.
Vous voyezcomme il appréhende
la vieillesse, & qu'il l'appelle
la honte & l'infamie des
Poëtes.UnCommentateurd'Horace
, dit sur ces paroles,Nec turpcm
Sencctam. Non delirentem, vel
inhonoratam ferutttutrn,fed lauda
hiltvt
,
dr jucundam. En effet,
Horace & tous les Poëtes doivent
craindre ces deux choses.
Le bon sens & la faveur ne les accompagnent
pas toujours.L'oserây-
je dire, en vous parlant de
M. Corneille? Les Poëtes ontun
grand panchant à la folie;& le
déclin de leur âge est bien souvent
le déclin de leur fortune. Il
faut donc sacrifieràApollon,pour
obtenir comme Horace cette
vieillesse agréable & glorieuse
toutenfemble.
Mais les voeux de Virgile sontà
mon gré bien plus nobles, &bien
plusgenéreux. Horacenecherche
icy que sa [atisFaébon- particuliere.
Unedemandequeleplaisir
&lajoye;&il craintautant
que sa vieillessene soit privée de laMusique, que de l'honneur &
dela gloire. Il ne demande pas
une longue vie, ny une vieillesse
heureuse pour loüer Auguste, &
Mecenas ; mais feulement pour
vivre long-temps,& pour vivre
agréablement:.Virgile au contraire
ne souhaite de longues années
& d'heureux jours, que
pour loüer dignementPollion,
& pour chanter sa gloire.
Omwitamlonge marnâtpars ultimA
vit*,
Spiritut,&\quantumfat erittua di.
cercfaté.
M.Corneille faitles mêmes fou*
haits,& il est bien plus fasché d'être
vieux, que de ce qu'on croit
qu'il a vieilly.Cependant il confa.
creau Roy ce qui luy reste de vie,
& veut finir comme il a commencé
, en travaillant toujours
à la gloire de son Prince, mais il
veut que le Roy profice du temps,
8c fc haste de luy commander
quelque chose. Car
L'offreriejipasbicngranâe, &le
moindre moment,
Teut dispenser mes voeux de l'accomplissement.
Préviens ce dur moment par des ordres
propices,
Compte tous mes desirs pourautant de
x, Jervices. Et laraisonqui l'obligeà parler
dela sorte, c'est que
Cesilluflresbien-tofiriauront plus
- rienàcraindre,
C'estledernier édat d'un feu prefA
s'éteindre,
Sur le pointd'expirer il ta"cbee--
blouir,
Etnefrappt les yeux queiosrs'éva
nüir.
Ou
Oucommeil aditailleurs:
IJ^uipq7rcujtaiJulcc'oambetrftoeusilanmotr,t Jetteun plus viféclat,& tout£uii
coup séteint. ,,,,",,,,, w
»"* Mais,Monsieur
, ce quifaifoit
sa crainte, n'estoit pas la perte
d'une si belle vie, de cette vie
de l'esprit qui le rendra immortel
àla Posterité, & dont lesderniersmomensont
jetté tant d'éclat
& de lumieres; ill'a toujours
possedée sans interruption & sans
foiblesse, & il pouvoit direaussi
iustementque Malherbe.
Je fuù vaincu du temps,jecede kses
outrages,
Mon cjprii feulementexemptdesi "- rigueur9-' Adequoy témoignerenCes derniers
Ouvrages,
SApremierevigueur.
LuJuiJJànüs faveurs dont Pllrnaf/è
m'honore.
Non loin de mon Berceau commencèrent
leur cours,
Je les pojfedayjeune, & les possede
encore,
AUfin de mes jonrs.
Il n'y -avoit queles foiblesses
du corps ,
qui pouvoient allarmer
Mr Corneille,&luy faire dira
en parlant de Sophocle.
le niraypassiloin, d" si mes quinzeluflres,
Fontencor quelque peineaux Modernesillujlres.
S'il en eft^defâcheuxjujqu'a s'en chagriner,
lenauraypou long-tempsA lesimportuner.
Cependant un peu de j-al-ousie
femblefe mêleràsa viei llesse, &
luy faire regarder la reputatiort
de nos jeunes Poëtes, avecquelque
sorte d'émulation; mais pouvoit-
il estre fâché de voir briller
ses Disciples de l'éclat de ses
rayons, & qu'ils empruntaient
quelques lumieres de cette gloire
qui l'environnoit?N'étoit-il point
assez remply de cette éclatante
renommée qu'il s'était acquise,&
que personne ne luy avoit disputée?
Ilest vray que l'honneur est
quelque chose de plus cher, èc
de plus prétieux que la vie. Il
est vray que la vieillesse est ordinairement
avare, mais quelqu'un
a-t-ilpilléoucritiquéses Ouvrages?
On les fuit, on les imite, en
cela feulement où ils ne font pas
inimitables
; car c'est encoreun
avantage qui luy est particulier.
Il a ouvert la Carriere, mais qui
a pû courre avec luy ? Y at'il encor
quelque chose à remporter
au delà du prix qui luy estoit deu?
Nos Poëtes modernes ont prétendu
feulement envisager le but
qu'il avoit touché, & de quelques
loüanges qu'ils soient dignes
, & quelques récompenses
qu'ils reçoivent de la Posterité,
le grand Corneilleaura toûjours
l'avantage de les avoir devancez
en gloire aussi bien qu'en mérite.
Pour 010Y ,
s'il m'est permis de
dire mon sentiment des Ouvrages
de M[ Corneille,je trouve
que trois choses l'ontmisau det:
fus de tous les Autheurs qui ont
paru en ce genre d'écrire; & ces
trois choses l'ont rendu avec justice
digne de la réputation & de
l'immortalité qu'il s'est acquise.
Personne n'a mieux appliquéce
qu'il a pris des Anciens que luy.
Personne n'a mieux entendu le
Théeatre que luy. Personne enfin
n'a écrit en ce genre,d'unemaniére
plus solide& plus durable.Voila,
Monsieur, de la maniere que je
comprens le grand Corneille,&
cequifaitàmonavis,qu'on luy a
donné tant de loüanges.
Si le Théâtre doit en France
toute sa gloire & tout son appuy
au grand Cardinal de Richelieu,il
doit toute sa beauté, & tous ses
ornemens à l'incomparableCorneille.
Commeavant ceCardinal
Théatre estoit peu de chose, le
avant ce Poëtela Comédieavoit
peu d'estime. Les Pieces de Théatre
n'estoient que de grossieres
ébauchesaussi imparfaites quele
Théâtre mesme. Celuy icy n'avoit
point de Loix
,
celles-là n'avoient
point de Regles ; mais ce
grand Ministre faisant son divertissement
de Li Comédie, la Scene
vit alors le plus grand changement
qui eut jamais paru sur le
Théatre. La pudeurJ'honnesteté
,
la bienséance en chasserent
l'effronterie
,
l'impudence & le
libertinage. Enfin la presence
du Cardinal ne purifia pas seulementle
Théâtre
,
il devinr une
étude aussibienqu'unlieude divertissement.
Mais de tous les
Poëtes qui travaillerent à ce
grand Ouvrage, Mr Corneille
sur celuy qui remplir mieux l'idée
que ce Ministre en avoit
conceuë. En effet qui a porté
plus loin que luy l'excellence &
la majesté du Poëme Dramatique?
Qui en a mieux connu les
régles? Qui a eu plus de lumieres
sur ce sujet? Il a réprimé cette
colereimpétueuse, 8ccet amour
licentieux qui faisoient l'horreur
& la corruption de la Scene. Il
en a modéré toutes les passions,
& a joint l'utile, & l'agréable
dans <;es patrions. Il a suivy les
régles avec exactitude
,
mais il
s'en est détaché avec prudence,
& je ne sçay s'il est plus admirable
,
lors qu'illes fuit, que lors
qu'il s'en éloigne. Lors qu'il les
observe,ilsuit Aristote, Horace
& l'antiquité qui souvent n'est
pas sans défauts,&quis'oppose
presque toûjours à nos moeurs,
Seà nostre temps; mais lors qu'il
s'en écarte
,
c'eil: un grand génie
qui sçait ce qui nous plaist,&ce
qui nous déplaist; & pour lors les
regles qu'il tire de cette connoifs-- sance, bien qu'opposées à celles
d'Aristote,sont pourtant les plus
seures&les plus infaillibles. ,:.7 Quelques-uns jaloux de la
gloire de Mr Corneille, n'ont pû
souffrir qu'il ait porté la connois.
sance du Théâtre
,
plus loin que
la Poëtique d'Arsftore. Ils ont
critiquéses Pieces, & ont voulu
que les regles condamnasssent un desesOuvrages, qui avoitréüssi
sans les regles. On dit mesme
que le grand Cardinal estoit de
la partie; maisles beaux Ouvrages
font non seulement au dessüs
des regles, ils font encore au
dessus de lasuffisance&del'authorité.
En vain contre le Cidm Minijhefi"
ligue,
Tout Paris four cbimenea lesjeux
de Rodrigue.
&AcadémieenCerps a beau le cesurer,
Le Public révoltés'objlineal'admirer.
Le Cid fera donc toujours une
preuve immortelle de l'excellent
génie de Mr Corneille. Mairet,
des Marets, Scudery
,
&tant
d'autresont travaillé comme luy
au Poëme Dramatique
,
mais
qu'ont ilsfait devant ou après le
Cid, qui approche du merite de
cette Piece ? Scudcrv, tour appuyé
qu'il estoit d'Aristote,& du
grand Cardinal qui faisoit la for.
tune& la destinée des Ouvrages
de son temps, n'a jamais pu faire
en faveur de l'AmourTirannique,
ce que le Public a fait pour le
Cid. Mais si l'Illustre Corneille atriomphé en dépit d'Aristote,
quelsavantages n'ail point eus
lors qu'il a suivy cét excellent
Maistre de l'Art Poërique? Qjelles
Pieces approchent de la réhu,
laritéde celles qu'il a travaillées
sur ses Préceptes ? Arminius le
disputera-ila ~Ciuna? toineà Rodogune ? Les Vinonmiresà
Dom Sanche d'Aragon?"
Il faut donc demeurer d'accord
qu'il l'emporte en ce genre sur
tous les Poëtes qui l'ont précedé
, soit qu'il suive Aristote ou
qu'il s'en éloigne
; & comme il
dit quelque part luy mesme;si les
premiers qui ont travaillé pour
le Théâtre
, ont travaillé sans
exemple, n'auronsnous pas le
mesme privilege ? Les regles des
Anciens font bonnes, continuëil,
mais leur methode n'est pas
de nostre Siècle; &. qui s'attacheroit
à ne marcher que sur
leurs pas, feroit sans doute peu
de progrez, & divertiroit mal
sonAuditoire. C'estlàentendre
Aristore, mais c'est mieux entendre
le Théatre qu'Aristote. Il
faut lire les Anciens, il faut les
étudier,il fautconnoistre.
- -- vos exemplaria Groecs.
NoBumbvcrfate wauu ,
verfite
diurnâ.
Mais ilne faut pas toujours les
suivre, il faut s'en éloigner quelquefois.
C'estunArt,il faut le
perfectionner, & pour cela aller
plus loin que les Anciens, si l'on
veut découvrir quelque
-
chose.
Il faut. aller au delà des regles
pour en établir de meilleures.
.Nilintcntatum nostri liquere Poé't£t
Nccminimum mtruere decus, vejligia
Groeca
Aufidefcrere.
Il faut faire de nouvelles découvertes.
Il faut risquer quand
ce feroit à ses périls, comme il l'a
dit luy mesme
,
& c'est ce qu'il a
pratiqué si heureusement
,
qu'il
s'est acquis par là la réputation
du piusgrand MustreduThéâtre
qui ait jamaisesté.
Mais s'il a esté plus loin que
les Anciens
,
il a ponssé les Anciens
plus loin qu'ils ne croyoient
aller. Ilapenetréleurgenie,&
luya donné toute l'étenauë qu'il
pouvoit avoir. Ila rectifié, leurs
moeurs, & leurs sentimens, sans
les rendre semblables aux nôtres.
Il a fait les Anciens meilleurs
sans nous les faite ressembler,
ny parler comme nous, 8c
nous comme|eux. Enfin tous ces
Caractères ont esté plûtost des
Originaux que des Copies. Il a
embelly Rome&Athènes;mais
de Rome & d'Athènes, il n'en a
point fait Paris. Il a toujours distingue
l'Areopage & le Senar,
du Parlement, & du Chastelet;
& si LOÜIS LE GRAND ressembleà
Cesar, il distingue toujours
l'Empereur des François,du Conquerant
des Gaules. Voila pour
ce qui regarde les moeurs, & les
caracteres. Quedirons-nousdes
Piecesde Théatre des Anciens,
qu'il a traitées & donc il a soûtenu
le genie & l'invention? Telles
font OCdlpé, Medée, & les
autres qu'il a tirées des Grecs &
des Latins, dans lesquelles on
peut voir cette belle & délicate
imitation des Anciens. Il donne
un tour à tout ce qu'il prend
d'eux, qu'il accommode à son
genie, mais qui est toujours propre
à leur caractere. Ce n'est
point du Latin en François,encore
moins du François en Latin,
Vous m'entendez
,
Monsieur, il
rend les pcnÍees des Anciens naturelles
en nostre Langue, mais
ces pensées ne font point Françoises,
elles demeurent toujours
Grecques & Romaines. C'estoit
le défaut des Poëtes qui l'avoient
précedé
,
ils parloient toujours
comme les Anciens, & faisoient
toujours parler les Anciens comme
eux;c'est à dire que leurs sentimens
estoient François, & leurs
expressions Latines. Quelleconfusion!
quelle barbarie! Cependant
cette Science pedantesque
faisoit une partie de leur entousiasme.
Ils faisoient gloire des
Galimathias, & croyoient n'être
pas Poëtes, si leurs Ouvrages
ne ressembloient aux Oracles.
Pour moy je vous avoüe que je
reconnois la Poësie divine en
cela, de s'estre tirée d'une pareille
obscurité. !Ær Corneille est
un de ceux quia le plus travaillé
à luy donner cette élegance &
cette pureté, dans laquelle nous
la voyions aujourd'huy. Rien
n'est plus net, rien n'est plusno- -
ble que sa diction. Il a de la facilité,
de la.grâce ; il*le
beau tour ,
&. ce font lesqualitez
deson slilequilerendent à mon
avis si recommandable
, & qui
l'élevent au dessus des autres. Il
a écrit d'une maniere solide &
durable, & propre pour tous
les temps ; d'un stile égal, ny
trop vieux, ny trop nouveau.
Point d'affectation
,
point de
préciosité, s'il m'est permis d'user
de ce mot. Toutes ses expressions
font de mise & de bon aloy
,
& sa
Poësie est aussi chaste pour les
moeurs, que pour le stile, ce qui
rendra sa memoire immortelle,
& fera estimer ses Ouvrages dans
tous les Siecles.
Aprés cela, Monsieur
,
puisje
trouver à redire aux honneurs
qu'il a receus de nostre grand
Monarque
,
& luy refuser un
grain d'encens, lors qu'on luy
donne par toutmille loüanges?
Je souscris hautement à cette
grande réputation
,
& j'approuve
qu'il ait dit au Roy dans son remerciement.
Mais centre ces abtu que j'aurûts de
fiffrages
Situ donnois le tiena mes derniers
Ouvrages!
iz me souviens mesme avec
joye du renouvellement d'estime
qu'il plut à Sa Majesté de luy
marquer il y a quelques années,
& qu'Ellese soit Souvenuëdece
Vers.
Sire, un bon mot de grace an Pere de
la chaise.
On ne sçauroit trop payer le
fli vice des Muses, & sur toutle
travail de M. Corneille.
lefers depuàdix am, mais cefi pat
d'autres bras,
J>)ucje versepour toy dufangdans
noscombats,
lepleureciicoreunFils & trembleray
pour l'autre,
Tant que Mtirstroublera Un repos é*
le fJofJre.
Jamais Virgile ne sur plus à
plaindre,quandil décritles maux
que la Guerreluy avoit faits.
Barbarmhasfeçetes?
Mig jamais aussiVirgilenefut
mieux récompensé d'Auguste,
que Mr Corneille l'a esté de nôtre
Grand Monarque. Ilest certain
que tout ce qu'Alexandre a
fait pour Homere, tout ce qu'-
Augusteafait pour Virgile, tout
qu Henry III. a fait pour des
Portes, n'approche point de l'estime
que le Roy a toujours euë
pourcetexcellent Poëte.
Il en connoissoit le merite, &
son rare discernement rendra
toujours sa glorie solide & durable.
Ainsi il pouvoit dire dans
un autre sens que Virgile.
- - - -- Sedcarminatantum
Ncflra valent,
Mais pour joüir d'uneréputatation
aussi longue & aussi glorieuse
que celle de Sophocle, auquel
il a ressemblé en tant de
choses
,
& jusqu'à son vieil âge,
il a toujours eu en veüe lesActions
éclatantes du Roy,& ena iaiffe
une éternelle image dans tous ses
écrits. Le Théatre en effet, ne
peur mieux estre employé qu'à
representerlesvertus du Prince,
& le Prince ne peut ailleurs recevoir
de plus dignes loüanges.
Sa gloire y paroist sans flaterie.
Il y remarque sa Personne & sa
conduite. Il y voit ce qu'il a fait
& ce qu'il doit faire. Enfin quand
le Poëte est habile, le Poëme
Dramatique est un miroir,où le
Prince se voit, & où les Sujets
voyentlePrince.Quinereconnoift
dans Attila nostre invincible
Monarque
,
fous le nom de
Meroüée? Ce n'est point là Celà..
ou Alexandre, c'est L o ii i s
LE GRAND.Ce n'est pointaussi
Aristophane ou Virgile qui en
ont fait le Portraie, c'est l'incomparable
Corneille qui pouvoir
direen mourant quis caneret
Nympk,is, ou plutost quis canerct
Ktccs ? Car si Appelles seul estoit
digne de peindre Alexandre,Corneille.
seul étoit digne depeindre
Loiiis LEGRAND. C'est ce que
j'ay toujourspensédecetillustre
Poëte, & ce que j'ay crudevoir
vous écrire pour vostre Msraction,
& la mienne. Je fuis, &c.
fuitne t'eus plaflpàs,puùqu'ilefi de
M. de laFevrtrie
,
&fait à la gloire
du fameux M.deCorneille, àla mort
duquelveuiavez, donnédeslarmes»
ELOGE
DU GRAND CORNEILLE
A MONSIEURL'ABBE
DES VIVIERS AUMOSNIER.
du Roy, Chanoine de Constance,
Protonotaire du Saint
Siege. jE voy bien, Monsieur, que
vous m'écrivez, non feulement
- - pour mapprendre la mort de
l'incomparable Monsieur Corneille,
mais encore pour m'engagerà
faire son Oraison Funèbre,
comme si un Panégyrique de ma
façon
,
pouvoit contribuer quelque
chose à sa mémoire ; mais
enfin il ne tiendra pas à*vous,5c àmoy
,
quetoutle monde no
l'admire, &; que ses Envieux, 6c
ses Ennemis, ne soient contraints
de reconnoistre son mérite.Mélons
donc nos larmes avec celles
du Parnasse, &de tous les beaux
esprits qui pleurent la mort de
cet Illustre, ouplutost mélons
nos voix parmy celles de toute la
France, qui chante si hautement
ses louanges. Que dis-je, toute
la France? Rome & l'Italie. entiere
ne luy refuseront pas à sa
mort, des applaudissemens qu'-
elles luy accorderent pendant sa
vie, lors qu'un grand Pape en fit
les éloges ; car enfin, Monsieur.
qui n'est pas convaincu du prix
& de l'excellence de l'admirable
Corneille?Et ne pouvons-nous
pasdirede luy,ceque Virgilea
ditautrefois de son Héros, ou du
moins de ion Daphnis?
Bine ufqm adfydera moins.
Le plus excellent Critique de
nostre Siecle
,
& qu'on pourroit
justement appeller le Génie de la
Satyre,a reconnu leméritédece
grand Homme. Il a remarqué
des défautsdans les plus celébré-
Aurheursj il a fait la guerre
genéralementà tous nos Poëtes,
& par sa delicatesse
,
& par ion
,discernement
,
il les a presque
tous mis au desespoir. Cependant
il a toûjours excepté de sa
cenfute l'Illustre Mr Corneille,
.& mesme ill'a toujours proposé
comme un grand Maistre de
FAit; digne de leiintnattalité., Zc
- de la donner aux autres. Voicy
comme il en parle au Roy.
Etparmy tant£Autbeurs,jtveux
bien£avouer,
Apollon en connoiifqui te peuvent
-
louer.
oiji,j*efcay quentre ceux qui t'adrèssent
leursveilles,
Parmy les Pelletiers,eonn ccoommpittee des
corneilles.
Et dans sa Poëtique, où il désigne
quatre Poëtes qui doivent
travailler à la gloire&au divertissementdu
Rov. eCornâUe pourtoyrallumantfo»
audace,
Soit encor le Corneille, & du Cid &
£Horace.
I.
Il sembleroit d'abord que M.
Despreaux feroit du sentiment
de ceux dont M. Corneille se
plaint dans cette belle Epistre
qu'il adressa au Roy, il y aquelquesannées.
;
J'affaiblis, ou dumoins ilssi le jermaient.
Et qu'il n'arien faitdepuis Horace
&.. le Çid,deUÉorcede ces
deux Pièces ; mais si l'on y fait
un peu de reflexion,on verra
que M. Boisleau est d'un sentimenttout
contraire. Illuytrouve
encore la mesme vigueur, &
le juge capable plus quejamais de
travailler au divertissement du
plus grand, Roy du monde. Ce
feu estoit encore sous la cendre,
il n'estoit pas encore éteint ,il
n'estoit feulement qu'assoupy, &
on levoyoit avec lemefme éclat
& la mesme ardeurquand il en
estoitbesoin. Estcequ'ilneparoissoit
pas dans Sertorius, dans
Oedipe& dans Rhodogune?Eftce
que ces Ouvrages estoientsans
force & languissans
, &que luy
mesme ait eu raison de dire au
Roy?
1
-
Cefont desmalheureux élouffiZJ AU
Berceau, jqL Jjhtunfiul de tes regards peut tirer
du Tomkedu.
Non, non, M. Corneillea
toujours eu le mesmefeu &Ilde
mcÍme génie que dans Horace
,& dans le Cid. Les regards de
sa Majesté pouvoient, je l'avoue,
donner un nouveau lustreàses
Pieces; mais elles meritoient bien
aussi ses regards favorables ; car
il n'y en a aucune qui manque
de grace& de beauté, ôc il a pû
dire hardiment de ses Ouvrages.
Achevé, les derniers rient rien qttï
dégénéré,
Rienqui lesfajfecroire enfansdut*
autrepere.
Il faut donc avouer que M,
Corneille n'a point vieilly,&n'a
point dégeneré. Cependant
l'Autheur des Nouvelles nouvelles,
ditqu'il a pris un vol 1J
haut, que l'âge l'oblige malgré
luy de descendre. Si cet Autheur
a dit cela en parlant de Sophonisbe,
qu'a-t'il pû dire depuis
Mais enfin si les Pieces du grand
Corneille n'ont pas toutes la mesme
vigueur,&la mesme beauté,,
est-ce une raison de l'acculerde
vieillesse, &de s'écrier foy-meC.
we? • Pour bien écrire encorjay trop long*
tempsécrity1l -'r,.
MUls rides dufient passent jufq$ta*
l'esprit
Les Poëtes ont cela de commun
avec les belles Femmes,
qu'iln'y a rienqu'ils a pprehendent
tant que de vieillir
, ou di*
moins de paroistre vieux; & pour
ce sujet, ils font à leurs écrits,
tout ce que lesautres font à leurs
visages. Il semble que les Mufes
leur ayent inspiré cette inclinanation.
Comme elles font toujours
vierges & belles
,
ils,! voudraient
ettre toujours jeunes&
vigonreux Il n'y a rien qu'ils
ne faisent pour conserver cet
agrément,& cette fleur de jeunesse
quifait tout l'êclat, &tout
le brillant de leurs Ouvrages,
Horaceestoitdece sentiment;il
nesouhaitoit ny les honneurs, ny
les richesses
;
il secontentoitd'une
viefrugale & tranquille. Mais ildemandoit au grand Apollon,
d'estre toujourscet Horace
agréable& charmant, cet Horace
plein d'esprit & de feu, cet
Horace les délices de Mecenas ôc
d'Auguste.
Frui parâtù dr validomt'hi
LatoedûRtsxc?precorintégra
Cllm ment*:ntc turptm fencttam
Degere, ueccythata camtim.
Vous voyezcomme il appréhende
la vieillesse, & qu'il l'appelle
la honte & l'infamie des
Poëtes.UnCommentateurd'Horace
, dit sur ces paroles,Nec turpcm
Sencctam. Non delirentem, vel
inhonoratam ferutttutrn,fed lauda
hiltvt
,
dr jucundam. En effet,
Horace & tous les Poëtes doivent
craindre ces deux choses.
Le bon sens & la faveur ne les accompagnent
pas toujours.L'oserây-
je dire, en vous parlant de
M. Corneille? Les Poëtes ontun
grand panchant à la folie;& le
déclin de leur âge est bien souvent
le déclin de leur fortune. Il
faut donc sacrifieràApollon,pour
obtenir comme Horace cette
vieillesse agréable & glorieuse
toutenfemble.
Mais les voeux de Virgile sontà
mon gré bien plus nobles, &bien
plusgenéreux. Horacenecherche
icy que sa [atisFaébon- particuliere.
Unedemandequeleplaisir
&lajoye;&il craintautant
que sa vieillessene soit privée de laMusique, que de l'honneur &
dela gloire. Il ne demande pas
une longue vie, ny une vieillesse
heureuse pour loüer Auguste, &
Mecenas ; mais feulement pour
vivre long-temps,& pour vivre
agréablement:.Virgile au contraire
ne souhaite de longues années
& d'heureux jours, que
pour loüer dignementPollion,
& pour chanter sa gloire.
Omwitamlonge marnâtpars ultimA
vit*,
Spiritut,&\quantumfat erittua di.
cercfaté.
M.Corneille faitles mêmes fou*
haits,& il est bien plus fasché d'être
vieux, que de ce qu'on croit
qu'il a vieilly.Cependant il confa.
creau Roy ce qui luy reste de vie,
& veut finir comme il a commencé
, en travaillant toujours
à la gloire de son Prince, mais il
veut que le Roy profice du temps,
8c fc haste de luy commander
quelque chose. Car
L'offreriejipasbicngranâe, &le
moindre moment,
Teut dispenser mes voeux de l'accomplissement.
Préviens ce dur moment par des ordres
propices,
Compte tous mes desirs pourautant de
x, Jervices. Et laraisonqui l'obligeà parler
dela sorte, c'est que
Cesilluflresbien-tofiriauront plus
- rienàcraindre,
C'estledernier édat d'un feu prefA
s'éteindre,
Sur le pointd'expirer il ta"cbee--
blouir,
Etnefrappt les yeux queiosrs'éva
nüir.
Ou
Oucommeil aditailleurs:
IJ^uipq7rcujtaiJulcc'oambetrftoeusilanmotr,t Jetteun plus viféclat,& tout£uii
coup séteint. ,,,,",,,,, w
»"* Mais,Monsieur
, ce quifaifoit
sa crainte, n'estoit pas la perte
d'une si belle vie, de cette vie
de l'esprit qui le rendra immortel
àla Posterité, & dont lesderniersmomensont
jetté tant d'éclat
& de lumieres; ill'a toujours
possedée sans interruption & sans
foiblesse, & il pouvoit direaussi
iustementque Malherbe.
Je fuù vaincu du temps,jecede kses
outrages,
Mon cjprii feulementexemptdesi "- rigueur9-' Adequoy témoignerenCes derniers
Ouvrages,
SApremierevigueur.
LuJuiJJànüs faveurs dont Pllrnaf/è
m'honore.
Non loin de mon Berceau commencèrent
leur cours,
Je les pojfedayjeune, & les possede
encore,
AUfin de mes jonrs.
Il n'y -avoit queles foiblesses
du corps ,
qui pouvoient allarmer
Mr Corneille,&luy faire dira
en parlant de Sophocle.
le niraypassiloin, d" si mes quinzeluflres,
Fontencor quelque peineaux Modernesillujlres.
S'il en eft^defâcheuxjujqu'a s'en chagriner,
lenauraypou long-tempsA lesimportuner.
Cependant un peu de j-al-ousie
femblefe mêleràsa viei llesse, &
luy faire regarder la reputatiort
de nos jeunes Poëtes, avecquelque
sorte d'émulation; mais pouvoit-
il estre fâché de voir briller
ses Disciples de l'éclat de ses
rayons, & qu'ils empruntaient
quelques lumieres de cette gloire
qui l'environnoit?N'étoit-il point
assez remply de cette éclatante
renommée qu'il s'était acquise,&
que personne ne luy avoit disputée?
Ilest vray que l'honneur est
quelque chose de plus cher, èc
de plus prétieux que la vie. Il
est vray que la vieillesse est ordinairement
avare, mais quelqu'un
a-t-ilpilléoucritiquéses Ouvrages?
On les fuit, on les imite, en
cela feulement où ils ne font pas
inimitables
; car c'est encoreun
avantage qui luy est particulier.
Il a ouvert la Carriere, mais qui
a pû courre avec luy ? Y at'il encor
quelque chose à remporter
au delà du prix qui luy estoit deu?
Nos Poëtes modernes ont prétendu
feulement envisager le but
qu'il avoit touché, & de quelques
loüanges qu'ils soient dignes
, & quelques récompenses
qu'ils reçoivent de la Posterité,
le grand Corneilleaura toûjours
l'avantage de les avoir devancez
en gloire aussi bien qu'en mérite.
Pour 010Y ,
s'il m'est permis de
dire mon sentiment des Ouvrages
de M[ Corneille,je trouve
que trois choses l'ontmisau det:
fus de tous les Autheurs qui ont
paru en ce genre d'écrire; & ces
trois choses l'ont rendu avec justice
digne de la réputation & de
l'immortalité qu'il s'est acquise.
Personne n'a mieux appliquéce
qu'il a pris des Anciens que luy.
Personne n'a mieux entendu le
Théeatre que luy. Personne enfin
n'a écrit en ce genre,d'unemaniére
plus solide& plus durable.Voila,
Monsieur, de la maniere que je
comprens le grand Corneille,&
cequifaitàmonavis,qu'on luy a
donné tant de loüanges.
Si le Théâtre doit en France
toute sa gloire & tout son appuy
au grand Cardinal de Richelieu,il
doit toute sa beauté, & tous ses
ornemens à l'incomparableCorneille.
Commeavant ceCardinal
Théatre estoit peu de chose, le
avant ce Poëtela Comédieavoit
peu d'estime. Les Pieces de Théatre
n'estoient que de grossieres
ébauchesaussi imparfaites quele
Théâtre mesme. Celuy icy n'avoit
point de Loix
,
celles-là n'avoient
point de Regles ; mais ce
grand Ministre faisant son divertissement
de Li Comédie, la Scene
vit alors le plus grand changement
qui eut jamais paru sur le
Théatre. La pudeurJ'honnesteté
,
la bienséance en chasserent
l'effronterie
,
l'impudence & le
libertinage. Enfin la presence
du Cardinal ne purifia pas seulementle
Théâtre
,
il devinr une
étude aussibienqu'unlieude divertissement.
Mais de tous les
Poëtes qui travaillerent à ce
grand Ouvrage, Mr Corneille
sur celuy qui remplir mieux l'idée
que ce Ministre en avoit
conceuë. En effet qui a porté
plus loin que luy l'excellence &
la majesté du Poëme Dramatique?
Qui en a mieux connu les
régles? Qui a eu plus de lumieres
sur ce sujet? Il a réprimé cette
colereimpétueuse, 8ccet amour
licentieux qui faisoient l'horreur
& la corruption de la Scene. Il
en a modéré toutes les passions,
& a joint l'utile, & l'agréable
dans <;es patrions. Il a suivy les
régles avec exactitude
,
mais il
s'en est détaché avec prudence,
& je ne sçay s'il est plus admirable
,
lors qu'illes fuit, que lors
qu'il s'en éloigne. Lors qu'il les
observe,ilsuit Aristote, Horace
& l'antiquité qui souvent n'est
pas sans défauts,&quis'oppose
presque toûjours à nos moeurs,
Seà nostre temps; mais lors qu'il
s'en écarte
,
c'eil: un grand génie
qui sçait ce qui nous plaist,&ce
qui nous déplaist; & pour lors les
regles qu'il tire de cette connoifs-- sance, bien qu'opposées à celles
d'Aristote,sont pourtant les plus
seures&les plus infaillibles. ,:.7 Quelques-uns jaloux de la
gloire de Mr Corneille, n'ont pû
souffrir qu'il ait porté la connois.
sance du Théâtre
,
plus loin que
la Poëtique d'Arsftore. Ils ont
critiquéses Pieces, & ont voulu
que les regles condamnasssent un desesOuvrages, qui avoitréüssi
sans les regles. On dit mesme
que le grand Cardinal estoit de
la partie; maisles beaux Ouvrages
font non seulement au dessüs
des regles, ils font encore au
dessus de lasuffisance&del'authorité.
En vain contre le Cidm Minijhefi"
ligue,
Tout Paris four cbimenea lesjeux
de Rodrigue.
&AcadémieenCerps a beau le cesurer,
Le Public révoltés'objlineal'admirer.
Le Cid fera donc toujours une
preuve immortelle de l'excellent
génie de Mr Corneille. Mairet,
des Marets, Scudery
,
&tant
d'autresont travaillé comme luy
au Poëme Dramatique
,
mais
qu'ont ilsfait devant ou après le
Cid, qui approche du merite de
cette Piece ? Scudcrv, tour appuyé
qu'il estoit d'Aristote,& du
grand Cardinal qui faisoit la for.
tune& la destinée des Ouvrages
de son temps, n'a jamais pu faire
en faveur de l'AmourTirannique,
ce que le Public a fait pour le
Cid. Mais si l'Illustre Corneille atriomphé en dépit d'Aristote,
quelsavantages n'ail point eus
lors qu'il a suivy cét excellent
Maistre de l'Art Poërique? Qjelles
Pieces approchent de la réhu,
laritéde celles qu'il a travaillées
sur ses Préceptes ? Arminius le
disputera-ila ~Ciuna? toineà Rodogune ? Les Vinonmiresà
Dom Sanche d'Aragon?"
Il faut donc demeurer d'accord
qu'il l'emporte en ce genre sur
tous les Poëtes qui l'ont précedé
, soit qu'il suive Aristote ou
qu'il s'en éloigne
; & comme il
dit quelque part luy mesme;si les
premiers qui ont travaillé pour
le Théâtre
, ont travaillé sans
exemple, n'auronsnous pas le
mesme privilege ? Les regles des
Anciens font bonnes, continuëil,
mais leur methode n'est pas
de nostre Siècle; &. qui s'attacheroit
à ne marcher que sur
leurs pas, feroit sans doute peu
de progrez, & divertiroit mal
sonAuditoire. C'estlàentendre
Aristore, mais c'est mieux entendre
le Théatre qu'Aristote. Il
faut lire les Anciens, il faut les
étudier,il fautconnoistre.
- -- vos exemplaria Groecs.
NoBumbvcrfate wauu ,
verfite
diurnâ.
Mais ilne faut pas toujours les
suivre, il faut s'en éloigner quelquefois.
C'estunArt,il faut le
perfectionner, & pour cela aller
plus loin que les Anciens, si l'on
veut découvrir quelque
-
chose.
Il faut. aller au delà des regles
pour en établir de meilleures.
.Nilintcntatum nostri liquere Poé't£t
Nccminimum mtruere decus, vejligia
Groeca
Aufidefcrere.
Il faut faire de nouvelles découvertes.
Il faut risquer quand
ce feroit à ses périls, comme il l'a
dit luy mesme
,
& c'est ce qu'il a
pratiqué si heureusement
,
qu'il
s'est acquis par là la réputation
du piusgrand MustreduThéâtre
qui ait jamaisesté.
Mais s'il a esté plus loin que
les Anciens
,
il a ponssé les Anciens
plus loin qu'ils ne croyoient
aller. Ilapenetréleurgenie,&
luya donné toute l'étenauë qu'il
pouvoit avoir. Ila rectifié, leurs
moeurs, & leurs sentimens, sans
les rendre semblables aux nôtres.
Il a fait les Anciens meilleurs
sans nous les faite ressembler,
ny parler comme nous, 8c
nous comme|eux. Enfin tous ces
Caractères ont esté plûtost des
Originaux que des Copies. Il a
embelly Rome&Athènes;mais
de Rome & d'Athènes, il n'en a
point fait Paris. Il a toujours distingue
l'Areopage & le Senar,
du Parlement, & du Chastelet;
& si LOÜIS LE GRAND ressembleà
Cesar, il distingue toujours
l'Empereur des François,du Conquerant
des Gaules. Voila pour
ce qui regarde les moeurs, & les
caracteres. Quedirons-nousdes
Piecesde Théatre des Anciens,
qu'il a traitées & donc il a soûtenu
le genie & l'invention? Telles
font OCdlpé, Medée, & les
autres qu'il a tirées des Grecs &
des Latins, dans lesquelles on
peut voir cette belle & délicate
imitation des Anciens. Il donne
un tour à tout ce qu'il prend
d'eux, qu'il accommode à son
genie, mais qui est toujours propre
à leur caractere. Ce n'est
point du Latin en François,encore
moins du François en Latin,
Vous m'entendez
,
Monsieur, il
rend les pcnÍees des Anciens naturelles
en nostre Langue, mais
ces pensées ne font point Françoises,
elles demeurent toujours
Grecques & Romaines. C'estoit
le défaut des Poëtes qui l'avoient
précedé
,
ils parloient toujours
comme les Anciens, & faisoient
toujours parler les Anciens comme
eux;c'est à dire que leurs sentimens
estoient François, & leurs
expressions Latines. Quelleconfusion!
quelle barbarie! Cependant
cette Science pedantesque
faisoit une partie de leur entousiasme.
Ils faisoient gloire des
Galimathias, & croyoient n'être
pas Poëtes, si leurs Ouvrages
ne ressembloient aux Oracles.
Pour moy je vous avoüe que je
reconnois la Poësie divine en
cela, de s'estre tirée d'une pareille
obscurité. !Ær Corneille est
un de ceux quia le plus travaillé
à luy donner cette élegance &
cette pureté, dans laquelle nous
la voyions aujourd'huy. Rien
n'est plus net, rien n'est plusno- -
ble que sa diction. Il a de la facilité,
de la.grâce ; il*le
beau tour ,
&. ce font lesqualitez
deson slilequilerendent à mon
avis si recommandable
, & qui
l'élevent au dessus des autres. Il
a écrit d'une maniere solide &
durable, & propre pour tous
les temps ; d'un stile égal, ny
trop vieux, ny trop nouveau.
Point d'affectation
,
point de
préciosité, s'il m'est permis d'user
de ce mot. Toutes ses expressions
font de mise & de bon aloy
,
& sa
Poësie est aussi chaste pour les
moeurs, que pour le stile, ce qui
rendra sa memoire immortelle,
& fera estimer ses Ouvrages dans
tous les Siecles.
Aprés cela, Monsieur
,
puisje
trouver à redire aux honneurs
qu'il a receus de nostre grand
Monarque
,
& luy refuser un
grain d'encens, lors qu'on luy
donne par toutmille loüanges?
Je souscris hautement à cette
grande réputation
,
& j'approuve
qu'il ait dit au Roy dans son remerciement.
Mais centre ces abtu que j'aurûts de
fiffrages
Situ donnois le tiena mes derniers
Ouvrages!
iz me souviens mesme avec
joye du renouvellement d'estime
qu'il plut à Sa Majesté de luy
marquer il y a quelques années,
& qu'Ellese soit Souvenuëdece
Vers.
Sire, un bon mot de grace an Pere de
la chaise.
On ne sçauroit trop payer le
fli vice des Muses, & sur toutle
travail de M. Corneille.
lefers depuàdix am, mais cefi pat
d'autres bras,
J>)ucje versepour toy dufangdans
noscombats,
lepleureciicoreunFils & trembleray
pour l'autre,
Tant que Mtirstroublera Un repos é*
le fJofJre.
Jamais Virgile ne sur plus à
plaindre,quandil décritles maux
que la Guerreluy avoit faits.
Barbarmhasfeçetes?
Mig jamais aussiVirgilenefut
mieux récompensé d'Auguste,
que Mr Corneille l'a esté de nôtre
Grand Monarque. Ilest certain
que tout ce qu'Alexandre a
fait pour Homere, tout ce qu'-
Augusteafait pour Virgile, tout
qu Henry III. a fait pour des
Portes, n'approche point de l'estime
que le Roy a toujours euë
pourcetexcellent Poëte.
Il en connoissoit le merite, &
son rare discernement rendra
toujours sa glorie solide & durable.
Ainsi il pouvoit dire dans
un autre sens que Virgile.
- - - -- Sedcarminatantum
Ncflra valent,
Mais pour joüir d'uneréputatation
aussi longue & aussi glorieuse
que celle de Sophocle, auquel
il a ressemblé en tant de
choses
,
& jusqu'à son vieil âge,
il a toujours eu en veüe lesActions
éclatantes du Roy,& ena iaiffe
une éternelle image dans tous ses
écrits. Le Théatre en effet, ne
peur mieux estre employé qu'à
representerlesvertus du Prince,
& le Prince ne peut ailleurs recevoir
de plus dignes loüanges.
Sa gloire y paroist sans flaterie.
Il y remarque sa Personne & sa
conduite. Il y voit ce qu'il a fait
& ce qu'il doit faire. Enfin quand
le Poëte est habile, le Poëme
Dramatique est un miroir,où le
Prince se voit, & où les Sujets
voyentlePrince.Quinereconnoift
dans Attila nostre invincible
Monarque
,
fous le nom de
Meroüée? Ce n'est point là Celà..
ou Alexandre, c'est L o ii i s
LE GRAND.Ce n'est pointaussi
Aristophane ou Virgile qui en
ont fait le Portraie, c'est l'incomparable
Corneille qui pouvoir
direen mourant quis caneret
Nympk,is, ou plutost quis canerct
Ktccs ? Car si Appelles seul estoit
digne de peindre Alexandre,Corneille.
seul étoit digne depeindre
Loiiis LEGRAND. C'est ce que
j'ay toujourspensédecetillustre
Poëte, & ce que j'ay crudevoir
vous écrire pour vostre Msraction,
& la mienne. Je fuis, &c.
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Résumé : ELOGE DU GRAND CORNEILLE A MONSIEUR L'ABBÉ DES VIVIERS AUMOSNIER du Roy, Chanoine de Constance, Protonotaire du Saint Siege.
Pierre Corneille, dramaturge français, est renommé pour son génie et son mérite exceptionnel, même reconnu par des critiques rigoureux comme Nicolas Boileau. Contrairement à l'idée d'un déclin avec l'âge, ses œuvres tardives telles que 'Sertorius', 'Œdipe' et 'Rodogune' montrent une vigueur constante. Corneille aspirait à rester productif jusqu'à la fin de sa vie, redoutant surtout la perte de sa capacité créative. Il a profondément influencé le théâtre français en élevant le niveau de la comédie et en introduisant des règles et une moralité sur scène. Avant Richelieu et Corneille, le théâtre était grossier et dépourvu de règles. Corneille a su modérer les passions et allier l'utile à l'agréable dans ses œuvres, respectant les règles classiques tout en sachant s'en affranchir avec prudence. Ses pièces, comme 'Le Cid', ont toujours rencontré un succès populaire incontestable. Son style est décrit comme solide, durable, clair, noble, facile et gracieux, exempt d'affectation et de préciosité. La reconnaissance royale envers Corneille est comparée aux honneurs accordés à Homère, Virgile et autres grands poètes. Le théâtre, selon le texte, permet de représenter les vertus du prince et de montrer au prince sa propre image et celle de ses sujets. Corneille est ainsi considéré comme le seul digne de peindre Louis le Grand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1323
p. 285-2[89]
SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Début :
Si un Courtisan trompé dans ses esperances, est plus à plaindre [...]
Mots clefs :
Amant, Coeur, Amour, Courtisan, Tromperie, Passion, Héros, Chagrin, Maîtresse, Maux, Trahison, Beauté, Indiscrétion, Prodigalité, Avarice, Secourir, Misérables
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texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
SENTIMENS. s-V'll
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
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Résumé : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Dans cet extrait du 'Mercure Galant', l'auteur compare la déception d'un courtisan à celle d'un amant passionné, jugeant le courtisan plus à plaindre car ses espoirs ne se réalisent jamais. Il exprime son chagrin face à l'indifférence de sa bien-aimée, Iris, qui le traite avec mépris. Le texte aborde ensuite l'infidélité en amour, justifiant l'indiscrétion de l'amant trahi tout en soulignant que les secrets amoureux doivent rester inviolables. L'auteur condamne l'avarice, qu'il considère comme un grand vice, décrivant l'avare comme quelqu'un qui accumule des trésors sans les partager, même pour aider les nécessiteux. À l'inverse, il voit la prodigalité comme une générosité née d'une grandeur d'âme, bien que les excès puissent être nuisibles. Enfin, il avoue son incapacité à soutenir cette prodigalité face à une beauté cruelle qui favorise ses rivaux.
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1324
p. 2[89]-[301]
DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
Début :
Il m'est tombé depuis peu entre les mains un ouvrage fort galant, / Les Muses. Petit Dieu de l'amour [...]
Mots clefs :
Muses, Cupidon, Dieu, Paix, Plaisirs, Empire, Amour, Coeur, Héros, Âme, Hymen, Compliments, Douceur
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texteReconnaissance textuelle : DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
il m'efltombê depuis peu entre les
mainsun Ouvrage fori galant, qui
futfait ily a quelques années ,sir le
mariage d'un Académicien de Villefranche
en Beaujolois. Il efl de M1
Mignêt de Bussy,de U mesme Académie.
DIALOGUE ENTRE LES
MUSES DE L'ACADEMIE
DE VLLLEFRANCHEET CUPIDON.
LES MUSES. P
Etit Dieu de £amour
Vous nom jouez, tout les jours quelque
tour:
Non content cCexercersur la terre &sur
Fonde
Vn empire AbJlIH.
Vout efles encore résolu
-'
De troubler le repos de nostre faix profonde:
Et mèprisant nos Chansons&vos
Jeux,
Vontvenez,près denos FontAines,
jivecque tous vosfeux
Pour en tarir les veines.
C UP IDON.
Belles & dottes Soeurs,pourquoy vont
plaignez-vous
Que dans voffresejourj'étende
ma puissance,
Têtu ceux quifontfournis a mon obèif*
sance,
Ont toujour' reffintylesplaisirslesplUl
doux?
llrieft point de lieuxsur Uterre
Qui ne reconlloij[ent mes Loix, JajfHiertü les plus grands Roys,
Et influes dans les Cieux le Maistre du
Tonnerre,
Ne ffauroit soùtenir mes plusfoibles
efforts,
Tlutonmesmeaumilieu du noirsejour
des morts, Bbij
OHtonne voit jamais que peine & que
martyre,
Reconnaît mon empire
Et mefait avecfoin sa cour.
Aprés cela les filles de mémoire,
Bleffint-elles leur gloire,
Defefoumettreau pouvoirdel'amour?
LES MUSES.
Non, non, filsde Venns, vos parolesfont
veinesy
On ne doit pointsur nostre Mont,
S*amuferkporterleschaînes^
D'un Dieu qui rarement a nos âprs répond,
Et cefi une pure chimere,
D'accorder les loixde Cithére,
Avec celles del'Hèlicon.
Ce riefi pat nostrefait dans nos douces
retraites,
D*estreamoureuses& coquettes;
Etst nom ressentons de tardeur dans nos
cfturs,
Ce nest que pour chanterteplus grand
des Painqnemrs,
Ilméritéseulnoflre zele,
Et ce rieft que pour luy quefont faits nos
Concerts,
Encore efi-ce bien peu riemployer tota nos
Airs,
A celèbrer les faits desa gloire immortelle,
Puis que tant d'autres coeurspleins de
force & etappas,
JnfcjHicy n'y fnfiffentpat.
Enfin des Mufes bien (enfîtes,
Doiventplntofldonnerleurschants &
leurs pensées,
jittxexploits glorieux cCun Héros triomphAnt
QriaHXVaintamusemens d'un jeune&
foible Enfant.
CUPiDo N.
Oüy, M'ifes, ie leconfeffe.
Ilfaut cjuinceffamment voflreTroupe
s'empresse,
Achanterde LOVlS,
Tous lesfaits inouïs:
Il riefi point de Héros qui par leur concurrence,
Bbiij
Puissent avecijue luy partager vos Chansons.
Les ayantfurpa/fezde toutes les façons,
Ilmérite luy seul•/avoir la préférence;
Et merme jurcjua moy,
Bien ro vntilafaitlaloy,
Quand par les vains efforts de mes traits,
derr.es chàrmes, ray voulu tingagtrau milieu des Hyvrrs,
Ou mes jeuxfont goûter mille plaisirs
divers;
Asuspendre le cours deses terribles armes.
Maisbiencjuavecraison ce plus grand
des Guerriers,
Meriteseuld'occuper leParnasse,
Mes Mirtes nefont pont de honteàses
Lauriers;
Maté ils leurs donnent plus de grace.
Les Chants
Quifont unis pourMars & pourma
A:ere,
Ne doivent pas moins plaire,
S'ilsn'enfont pat (ifiers, ils en font plut
touchans.
Ne vous fâchez, doncpasj Mufesprudes
& fages,
De me voirdansvostrefîjour,
Les Bellescomme vousa l'afpeElde lAmour
N'ont jamais estèsisauvages.
Je neveux point d'ailleurs
Faire bréche avos coeurs:
C'est un autre dessein qui vom plairasans
doute,
Si pour un seul moment
Vostre Troupe m'écoute.
Je ne viens feulement
Que pour votufaire part d'une douce nouvelle,
Unde vos Nourrlffons AUjJi tendrequheureux,
sceu par Cesfoins Amoureux,
Enflamerleceeitrd'une Belle: 1 Ilsdoivent au plutost s'unir des plus doux
noeuds,
Et l'Hymen se prépare à couronnerleurs-
- feux, « Bb iiij
Nereïentez-vou4 pas la joye,
Devoir un de vos chers Enfans,
Par des efforts heureux & triomphant
Maif/re d'une si riche proye,
Qf££ charge defiesferstantd'illuflres Captifs.
ji lafpeSi defts yeuxsi brillants &si
vifs,
Le Soleilaujji-tofl paroiss obscur &flm
bre,
Sesrayonsnefont pins qu'un nuage &
qu'une ombre,
Hé! quepo'irroit-ilfaireencet état fâcheux?
Ilfautbien malgré ly qu'un seul le cede
adeux,
Contre leurs doux regards ilneflpointde
coeur tendre
Qjtise puissedéfendre.
On diroit qu'elle <*fat au Lis comme an.
J'mm,
Un notable larcin;
PU;f que leur blancheurlllm égale,
Présdesonteinteiftoujoursfale,
La Rose mesmey perdson incarnat,
Vnautreplusviflesurmonte,
Et quoy quellefait rouge, en ce méchant
état
Onconnoit bien que ce nefl que de honte.
Sanscejje Fon yVoitl'image du Printemps,
Et certainspetitstrqui[ont surson
l'i'ége,
Font tazileasseuréque]aypris en partare
Pourmecouvrirdu mauvais temps.
Je sçay quelle a beaucoup d'autres beautez.
secrettes,
M;,s ce n'est pas dans vos retraites,
Où l';;nioit fairele portrait.
L'heureux Amant qui va s'en rendre
maiflre,
Voudra bien quelque jour peut-eflre,
YOUI en dépeindre quelque trait.
Pourcompoferun tout qui jette mille fiâmes
Danslesplusdures Amn,
L'esprit répond aux charmes deson corps,
Ma Aiere & la Nature en ont fait let
accords,
llneluy manquoit plus quun coeurunpen
fcnfible,
J'aytantfait parmesfoins,
Queje me fuisplacé dans toitssescoins,
Aprés quoyfen ayfait le poJfeJfenrpaisible,
Celuy qui tranrporté d'unesivive ardeur
Voui informe par moy d'unsi rare bonheur.
LES Muses.
Aimable Cupidtn, noj/re Troupe immortelle,
approuve le âeffein qui vom tient prés
deno-'M,
Et ressentaussibien quevous,
LepLiifirque produitvoflre douce nouvelle.
Nomvoulons par nos Airs celebrer le
brau jour,
Où l'Hymen rendra pinsdurables,
Les liensquaformel'Amour
Entre deux objets admirableç.
LOVISpendantun peudetemps
Notu permettra desuspendre les
chants,
Que nofire heureuse destinée,
NousfaitformerpourvanterfesExploit.^
Et nous pourrons donnertoutes nos vtix
Pour un sicharmant Himenée.
Cependant,petit Dieu,
Dépesche-vous d'abandonnerce lieu,
Allez plûtofl auprès de cette belle,
Aiderson tendre Amant a la rendrefidelle.
Allez.inrp'rera son coeur
L',ftime & la tendreJft"
Queméritentl'esprit, la douceur, la fitgejJe,
Deson heureux vainqueur.
Faites luy voir la vive image
Desafélicité,
Etlamoureux hommage,
QjSunsi digne Sujet va rendreasa
beduté.
Allez, dépefehez-vous, napportez plut d'exufes
C'est inutilement consumer tous vosfeux,
Et vos plus tendres jeux,
Ne peuvent qu'ennuyerles Mufes,
Vouiemploirez. bien mieux ces prètieux
momens,
Avecce beau couple£Amans
Sans Vous ils nefçauraient rienfaire,
Quelque (fortquehazarde en
leurfaveur,
Il n'a jammsassez. d'arleur,
Pourarriverau buJt.Iqui peut lesfatisfaire.
Compliment de Cupidon, fait à
Ja Belle.. de la partdes Miu
fcs, sur le sujet de son Mariage.
B
.'SlleJ quej'aimetendrement,
Parle ChoeurdesnenfSoeurs, ma bouche
efldestinée,
Four venirde leur part VOHSfaire compliment
Survofirecharmante Himenée.
Elles mesmes viendraient pour votale
faire en Corps,
Mais leurs jeuxsi paisibles
Ne leur rend pas loisibles,
De semblables efforts.
Depuis le temps qu'il cft, des Mufesy
Elles quittent peu leursejour,
Etsefont peur tfJûlOUrSexclufes
Desmyfieres d'amour.
Elles craindroient de voiriefurieux ravage,
Que tonferasur vos appas:
Mais quoy qu'ilsfnent mis au pillAge,
Belle Iris,n'en rougissez pa4,
Puts que les Mufes mesme,
Quelques grndes que soient leur crainte
& leurfro'deur,
Ne croiront pai offenserleurpudeur,
D'en avoirune joye extrémc;
Si ce ravageun jour pour leurs dosses lefons,
Peut leur fournirdes petits Nourriffons.
mainsun Ouvrage fori galant, qui
futfait ily a quelques années ,sir le
mariage d'un Académicien de Villefranche
en Beaujolois. Il efl de M1
Mignêt de Bussy,de U mesme Académie.
DIALOGUE ENTRE LES
MUSES DE L'ACADEMIE
DE VLLLEFRANCHEET CUPIDON.
LES MUSES. P
Etit Dieu de £amour
Vous nom jouez, tout les jours quelque
tour:
Non content cCexercersur la terre &sur
Fonde
Vn empire AbJlIH.
Vout efles encore résolu
-'
De troubler le repos de nostre faix profonde:
Et mèprisant nos Chansons&vos
Jeux,
Vontvenez,près denos FontAines,
jivecque tous vosfeux
Pour en tarir les veines.
C UP IDON.
Belles & dottes Soeurs,pourquoy vont
plaignez-vous
Que dans voffresejourj'étende
ma puissance,
Têtu ceux quifontfournis a mon obèif*
sance,
Ont toujour' reffintylesplaisirslesplUl
doux?
llrieft point de lieuxsur Uterre
Qui ne reconlloij[ent mes Loix, JajfHiertü les plus grands Roys,
Et influes dans les Cieux le Maistre du
Tonnerre,
Ne ffauroit soùtenir mes plusfoibles
efforts,
Tlutonmesmeaumilieu du noirsejour
des morts, Bbij
OHtonne voit jamais que peine & que
martyre,
Reconnaît mon empire
Et mefait avecfoin sa cour.
Aprés cela les filles de mémoire,
Bleffint-elles leur gloire,
Defefoumettreau pouvoirdel'amour?
LES MUSES.
Non, non, filsde Venns, vos parolesfont
veinesy
On ne doit pointsur nostre Mont,
S*amuferkporterleschaînes^
D'un Dieu qui rarement a nos âprs répond,
Et cefi une pure chimere,
D'accorder les loixde Cithére,
Avec celles del'Hèlicon.
Ce riefi pat nostrefait dans nos douces
retraites,
D*estreamoureuses& coquettes;
Etst nom ressentons de tardeur dans nos
cfturs,
Ce nest que pour chanterteplus grand
des Painqnemrs,
Ilméritéseulnoflre zele,
Et ce rieft que pour luy quefont faits nos
Concerts,
Encore efi-ce bien peu riemployer tota nos
Airs,
A celèbrer les faits desa gloire immortelle,
Puis que tant d'autres coeurspleins de
force & etappas,
JnfcjHicy n'y fnfiffentpat.
Enfin des Mufes bien (enfîtes,
Doiventplntofldonnerleurschants &
leurs pensées,
jittxexploits glorieux cCun Héros triomphAnt
QriaHXVaintamusemens d'un jeune&
foible Enfant.
CUPiDo N.
Oüy, M'ifes, ie leconfeffe.
Ilfaut cjuinceffamment voflreTroupe
s'empresse,
Achanterde LOVlS,
Tous lesfaits inouïs:
Il riefi point de Héros qui par leur concurrence,
Bbiij
Puissent avecijue luy partager vos Chansons.
Les ayantfurpa/fezde toutes les façons,
Ilmérite luy seul•/avoir la préférence;
Et merme jurcjua moy,
Bien ro vntilafaitlaloy,
Quand par les vains efforts de mes traits,
derr.es chàrmes, ray voulu tingagtrau milieu des Hyvrrs,
Ou mes jeuxfont goûter mille plaisirs
divers;
Asuspendre le cours deses terribles armes.
Maisbiencjuavecraison ce plus grand
des Guerriers,
Meriteseuld'occuper leParnasse,
Mes Mirtes nefont pont de honteàses
Lauriers;
Maté ils leurs donnent plus de grace.
Les Chants
Quifont unis pourMars & pourma
A:ere,
Ne doivent pas moins plaire,
S'ilsn'enfont pat (ifiers, ils en font plut
touchans.
Ne vous fâchez, doncpasj Mufesprudes
& fages,
De me voirdansvostrefîjour,
Les Bellescomme vousa l'afpeElde lAmour
N'ont jamais estèsisauvages.
Je neveux point d'ailleurs
Faire bréche avos coeurs:
C'est un autre dessein qui vom plairasans
doute,
Si pour un seul moment
Vostre Troupe m'écoute.
Je ne viens feulement
Que pour votufaire part d'une douce nouvelle,
Unde vos Nourrlffons AUjJi tendrequheureux,
sceu par Cesfoins Amoureux,
Enflamerleceeitrd'une Belle: 1 Ilsdoivent au plutost s'unir des plus doux
noeuds,
Et l'Hymen se prépare à couronnerleurs-
- feux, « Bb iiij
Nereïentez-vou4 pas la joye,
Devoir un de vos chers Enfans,
Par des efforts heureux & triomphant
Maif/re d'une si riche proye,
Qf££ charge defiesferstantd'illuflres Captifs.
ji lafpeSi defts yeuxsi brillants &si
vifs,
Le Soleilaujji-tofl paroiss obscur &flm
bre,
Sesrayonsnefont pins qu'un nuage &
qu'une ombre,
Hé! quepo'irroit-ilfaireencet état fâcheux?
Ilfautbien malgré ly qu'un seul le cede
adeux,
Contre leurs doux regards ilneflpointde
coeur tendre
Qjtise puissedéfendre.
On diroit qu'elle <*fat au Lis comme an.
J'mm,
Un notable larcin;
PU;f que leur blancheurlllm égale,
Présdesonteinteiftoujoursfale,
La Rose mesmey perdson incarnat,
Vnautreplusviflesurmonte,
Et quoy quellefait rouge, en ce méchant
état
Onconnoit bien que ce nefl que de honte.
Sanscejje Fon yVoitl'image du Printemps,
Et certainspetitstrqui[ont surson
l'i'ége,
Font tazileasseuréque]aypris en partare
Pourmecouvrirdu mauvais temps.
Je sçay quelle a beaucoup d'autres beautez.
secrettes,
M;,s ce n'est pas dans vos retraites,
Où l';;nioit fairele portrait.
L'heureux Amant qui va s'en rendre
maiflre,
Voudra bien quelque jour peut-eflre,
YOUI en dépeindre quelque trait.
Pourcompoferun tout qui jette mille fiâmes
Danslesplusdures Amn,
L'esprit répond aux charmes deson corps,
Ma Aiere & la Nature en ont fait let
accords,
llneluy manquoit plus quun coeurunpen
fcnfible,
J'aytantfait parmesfoins,
Queje me fuisplacé dans toitssescoins,
Aprés quoyfen ayfait le poJfeJfenrpaisible,
Celuy qui tranrporté d'unesivive ardeur
Voui informe par moy d'unsi rare bonheur.
LES Muses.
Aimable Cupidtn, noj/re Troupe immortelle,
approuve le âeffein qui vom tient prés
deno-'M,
Et ressentaussibien quevous,
LepLiifirque produitvoflre douce nouvelle.
Nomvoulons par nos Airs celebrer le
brau jour,
Où l'Hymen rendra pinsdurables,
Les liensquaformel'Amour
Entre deux objets admirableç.
LOVISpendantun peudetemps
Notu permettra desuspendre les
chants,
Que nofire heureuse destinée,
NousfaitformerpourvanterfesExploit.^
Et nous pourrons donnertoutes nos vtix
Pour un sicharmant Himenée.
Cependant,petit Dieu,
Dépesche-vous d'abandonnerce lieu,
Allez plûtofl auprès de cette belle,
Aiderson tendre Amant a la rendrefidelle.
Allez.inrp'rera son coeur
L',ftime & la tendreJft"
Queméritentl'esprit, la douceur, la fitgejJe,
Deson heureux vainqueur.
Faites luy voir la vive image
Desafélicité,
Etlamoureux hommage,
QjSunsi digne Sujet va rendreasa
beduté.
Allez, dépefehez-vous, napportez plut d'exufes
C'est inutilement consumer tous vosfeux,
Et vos plus tendres jeux,
Ne peuvent qu'ennuyerles Mufes,
Vouiemploirez. bien mieux ces prètieux
momens,
Avecce beau couple£Amans
Sans Vous ils nefçauraient rienfaire,
Quelque (fortquehazarde en
leurfaveur,
Il n'a jammsassez. d'arleur,
Pourarriverau buJt.Iqui peut lesfatisfaire.
Compliment de Cupidon, fait à
Ja Belle.. de la partdes Miu
fcs, sur le sujet de son Mariage.
B
.'SlleJ quej'aimetendrement,
Parle ChoeurdesnenfSoeurs, ma bouche
efldestinée,
Four venirde leur part VOHSfaire compliment
Survofirecharmante Himenée.
Elles mesmes viendraient pour votale
faire en Corps,
Mais leurs jeuxsi paisibles
Ne leur rend pas loisibles,
De semblables efforts.
Depuis le temps qu'il cft, des Mufesy
Elles quittent peu leursejour,
Etsefont peur tfJûlOUrSexclufes
Desmyfieres d'amour.
Elles craindroient de voiriefurieux ravage,
Que tonferasur vos appas:
Mais quoy qu'ilsfnent mis au pillAge,
Belle Iris,n'en rougissez pa4,
Puts que les Mufes mesme,
Quelques grndes que soient leur crainte
& leurfro'deur,
Ne croiront pai offenserleurpudeur,
D'en avoirune joye extrémc;
Si ce ravageun jour pour leurs dosses lefons,
Peut leur fournirdes petits Nourriffons.
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Résumé : DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
Le texte décrit un dialogue entre les Muses de l'Académie de Villefranche et Cupidon. Les Muses reprochent à Cupidon de troubler leur sérénité et de chercher à dominer leur domaine. Cupidon répond que son influence est partout, touchant même les dieux et les âmes des défunts. Les Muses refusent de se soumettre à l'amour, affirmant que leurs chants célèbrent les grands héros plutôt que les amours éphémères. Cupidon reconnaît la grandeur des héros mais insiste sur l'importance des exploits amoureux. Il annonce ensuite une bonne nouvelle : un jeune couple va se marier. Touchées, les Muses décident d'interrompre leurs chants pour célébrer cette union et demandent à Cupidon de les aider. Le poème est dédié à une jeune femme à l'occasion de son mariage. Il l'encourage à rejoindre une personne aimée et à aider un amant à conquérir son cœur par la douceur et la fidélité. Les Muses, bien qu'elles souhaitent féliciter la mariée, préfèrent éviter les excès amoureux et restent dans leurs jeux paisibles. Elles expriment néanmoins leur joie et leur espoir que ce mariage soit fécond. Le poème se conclut par un compliment des Muses, transmis par le narrateur, pour célébrer cette union charmante.
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1325
p. [302]-[303]
QUESTIONS A DECIDER.
Début :
I. D'où vient que plusieurs Maris qui ont de tres belles Femmes, [...]
Mots clefs :
Questions, Maris, Femmes, Beauté, Laideur, Maîtresse, Amant, Orgues
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texteReconnaissance textuelle : QUESTIONS A DECIDER.
gVESTIONS A DECIDER.
D I. 'Où vient que plusieurs
Maris qui ont de tres-belles
Femmes, en aimentsouvent,
non feu1lemen.t de beaucoup moins belles, mais meime de treslaides.
ir.
Lequel donne plus de joye, de
se faire aimer d'une belle Fiere
qui semble n'avoir aucun panchant
pour l'amour, ou de regagner
le coeur d'une Maistressejustement
irritée, & dent la haine
pour nous paroistinvincible.
III.
Si un Amant peut voir continuellement
sa Maistresse sans s'ennuyer.
IV.
On demande quelle estrougir
ne des Orgues.
D I. 'Où vient que plusieurs
Maris qui ont de tres-belles
Femmes, en aimentsouvent,
non feu1lemen.t de beaucoup moins belles, mais meime de treslaides.
ir.
Lequel donne plus de joye, de
se faire aimer d'une belle Fiere
qui semble n'avoir aucun panchant
pour l'amour, ou de regagner
le coeur d'une Maistressejustement
irritée, & dent la haine
pour nous paroistinvincible.
III.
Si un Amant peut voir continuellement
sa Maistresse sans s'ennuyer.
IV.
On demande quelle estrougir
ne des Orgues.
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Résumé : QUESTIONS A DECIDER.
Le texte pose quatre questions sur les relations amoureuses. Il s'interroge sur les préférences masculines pour des femmes moins attrayantes, compare le plaisir d'être aimé par une belle femme indifférente à celui de reconquérir une maîtresse en colère, et demande si un amant peut voir continuellement sa maîtresse sans s'ennuyer. Il mentionne également la plus haute note des orgues.
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1326
p. [303]
« Il me reste une conversation Académique de Mr de la Fevrerie, [...] »
Début :
Il me reste une conversation Académique de Mr de la Fevrerie, [...]
Mots clefs :
Conversation académique, Origine des tombeaux, Questions
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texteReconnaissance textuelle : « Il me reste une conversation Académique de Mr de la Fevrerie, [...] »
Il me reste une conversation
Académique deMr de la Fevrerie,
dans laquelleil est traite de
l'origine des Tombeaux 6c des
magnifiques Sepultures, avec
d'autres pieces, sur les Questions
du dernier Extraordinaire. Je les
4 Paris ce is.îutile116S/.
Académique deMr de la Fevrerie,
dans laquelleil est traite de
l'origine des Tombeaux 6c des
magnifiques Sepultures, avec
d'autres pieces, sur les Questions
du dernier Extraordinaire. Je les
4 Paris ce is.îutile116S/.
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1327
s. p.
« On donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...] »
Début :
On donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...] »
N donnera toujours un Volume.
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau ,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau ,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
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1328
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par Si l'Hyver vous tenez vos passions [...]
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texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avispourplacer les Figures.
Air qui commence par SiHyver
vous tenez vos paſſionsfecrettes , doit
regarder la page 117..
La Figure doit regarder la page 196.
L'Air qui commence par Ce quifait
le Printemps, doit regarder la page 287.
Air qui commence par SiHyver
vous tenez vos paſſionsfecrettes , doit
regarder la page 117..
La Figure doit regarder la page 196.
L'Air qui commence par Ce quifait
le Printemps, doit regarder la page 287.
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1329
s. p.
AU LECTEUR.
Début :
Des ordres ausquels on ne peut refuser d'obéir, & qu'on reçoit [...]
Mots clefs :
Ordres, Obéir, Monseigneur le Dauphin, Carrousels, Retard
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texteReconnaissance textuelle : AU LECTEUR.
AU LECTEUR .
F
Es ordres aufquels on ne peut
Drefufer d'obeir, & qu'on reçoit
toujours avec plaifir , m'ayant obligé
fur lafin du mois à travailler à la Retation
du Carroufel entrepris par Monfaigneur
le Dauphin , il a falu dérober
au Mercure le temps qu'on a employe
antravail de ce Carroufel, & c'est par
bette raison quece Volumeparoift quelquesjours
plus tard qu'à l'ordinaire.
Omy trouvera deux grands Articles,
fur lesquels on croit y avoir rien faiffe
Joux
a dire. C'eft celuy du Couronnement
du Roy d'Angleterre, & celuy qui con
thes tout ce qui s'eftpassédepuis l'arri
vec du Doge à Paris , jufques àfon dé
part . Lalongueur de ces Articles ayant
pris la place debeaucoup d'autres , on a
effé obligé de les referverpour le mon
pra bain, dans lequel temps onparlera
encore du Carronfet.
F
Es ordres aufquels on ne peut
Drefufer d'obeir, & qu'on reçoit
toujours avec plaifir , m'ayant obligé
fur lafin du mois à travailler à la Retation
du Carroufel entrepris par Monfaigneur
le Dauphin , il a falu dérober
au Mercure le temps qu'on a employe
antravail de ce Carroufel, & c'est par
bette raison quece Volumeparoift quelquesjours
plus tard qu'à l'ordinaire.
Omy trouvera deux grands Articles,
fur lesquels on croit y avoir rien faiffe
Joux
a dire. C'eft celuy du Couronnement
du Roy d'Angleterre, & celuy qui con
thes tout ce qui s'eftpassédepuis l'arri
vec du Doge à Paris , jufques àfon dé
part . Lalongueur de ces Articles ayant
pris la place debeaucoup d'autres , on a
effé obligé de les referverpour le mon
pra bain, dans lequel temps onparlera
encore du Carronfet.
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Résumé : AU LECTEUR.
Une note informe d'un retard dans la publication d'un volume. L'auteur a dû relater le Carrousel du Dauphin, reportant ainsi la sortie prévue. Le volume inclut des articles sur le couronnement du roi d'Angleterre et la visite du Doge à Paris. D'autres sujets sont déplacés au prochain numéro, qui poursuivra sur le Carrousel.
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1330
s. p.
TABLE.
Début :
Prélude contenant plusieurs Nouvelles, I Ouvrages de M. Vander Meulen 15 Paris, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Rélude contenant plufieurs Nouvelles , I
Ouvrages de M. Vander Meulen Pad
Paris ancien & nouveau ,
IS
274
Lettre concernant le Temple de Grenoble , 28
Autre Lettre for le fujet de la Religion , 38
Article touchant la Démolition du Temple de
Chaftillon fur Loing,
54
Autre de Montelimart , touchant le mefme
60
90 .
fujet,
Sonnet,
Jeux Floreaux, & leur origine, avec plufieurs
Piéces faites fur ce fujet,
Particularitez touchant la Méque,
Plainte pour un Mouton à fa Bergere,
128
Troifiéme Dialogue des chofes difficiles à
croire ,
Morts,
-162
31 194
Couronnement du Roy d'Angleterre , conte-
" nant plufieurs particularitez qui n'ont point
encore efté fceues, 197
Panégyrique du Roy prononcé par M. le
Recteur,
Converſions,
Mariage,
275
283
286
288 Morts,
Tout ce qui s'eft paffé depuis l'arrivée du
Doge jufques à fon départ, 289
376
Noms de ceux qui ont expliqué les Enig. 373
Enigmes,
Sermonen Grec par M. l'Abbé Barentins 378-
Fin dela Table.
Rélude contenant plufieurs Nouvelles , I
Ouvrages de M. Vander Meulen Pad
Paris ancien & nouveau ,
IS
274
Lettre concernant le Temple de Grenoble , 28
Autre Lettre for le fujet de la Religion , 38
Article touchant la Démolition du Temple de
Chaftillon fur Loing,
54
Autre de Montelimart , touchant le mefme
60
90 .
fujet,
Sonnet,
Jeux Floreaux, & leur origine, avec plufieurs
Piéces faites fur ce fujet,
Particularitez touchant la Méque,
Plainte pour un Mouton à fa Bergere,
128
Troifiéme Dialogue des chofes difficiles à
croire ,
Morts,
-162
31 194
Couronnement du Roy d'Angleterre , conte-
" nant plufieurs particularitez qui n'ont point
encore efté fceues, 197
Panégyrique du Roy prononcé par M. le
Recteur,
Converſions,
Mariage,
275
283
286
288 Morts,
Tout ce qui s'eft paffé depuis l'arrivée du
Doge jufques à fon départ, 289
376
Noms de ceux qui ont expliqué les Enig. 373
Enigmes,
Sermonen Grec par M. l'Abbé Barentins 378-
Fin dela Table.
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Résumé : TABLE.
La table des matières de 'Rélude contenant plusieurs Nouvelles' inclut des lettres sur le Temple de Grenoble et la religion, des articles sur la démolition de temples à Châtillon-sur-Loing et Montélimar, des poèmes et des pièces sur les Jeux Floraux. Elle mentionne aussi des sujets variés comme La Mecque, une plainte pour un mouton, et un dialogue sur des faits incroyables. Des événements tels que le couronnement du roi d'Angleterre, des conversions, un mariage, et des décès y sont relatés. Enfin, elle se termine par des informations sur l'arrivée et le départ d'un doge, des énigmes expliquées, et un sermon en grec par l'abbé Barentin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1331
p. 1-13
Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Quelque éclat qui ait accompagné le grand nombre de Victoires [...]
Mots clefs :
Victoires, Europe, Roi de France, Gloire, Admiration, Actions, Monarque, Sujets, Ministres, Affaires, Bonté, Arrêt du conseil, Malheureux, Éloges, Louis le Grand, Devises, Inscriptions, Dictionnaire, Palais de Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
UELQUE éclat qui
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
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Résumé : Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
En mai 1685, le roi Louis XIV a accordé une remise annuelle de plus de sept cent mille livres pendant trois ans à plusieurs fermiers généraux, démontrant ainsi sa générosité. Cette décision, examinée personnellement par le roi pour garantir son équité, concernait plus de quarante personnes mentionnées dans un arrêt du Conseil d'État. La réputation du roi est souvent comparée à celle des grands princes de l'histoire, comme le montre l'ouvrage 'Parallèle de Louis le Grand avec les autres Princes qui ont été surnommés Grands' par M. de Verton. Un dictionnaire historique des conquêtes du roi de 1643 à 1679 témoigne également de ses réalisations. Louis XIV est décrit comme modeste face aux éloges, préférant être moins loué. Le texte évoque également des inscriptions poétiques destinées à orner les palais de Versailles et du Louvre, soulignant la supériorité du roi sur la nature et l'art. Une inscription anonyme, destinée au Louvre, est portée par une figure allégorique de la Renommée tenant le portrait du roi et une trompette. Les vers de cette inscription comparent la grandeur et la majesté du roi à celles des empereurs romains, affirmant : 'Monde, viens voir ce que je vois, Et ce que le Soleil admire, Rome dans un Palais, dans Paris un Empire, Et tous les Césars dans un Roy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1332
p. 14-23
Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Début :
Entre tous ceux qui employent les talens où ils excellent, [...]
Mots clefs :
Talents, Mr. Vander Meulen, Actions du Roi, Portraits, Combats, Sièges, Pinceau, Gloire, Gravure, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Entre tous ceux qui employent
les talens où ils
excellent , pour immortaliſer
les actions de Sa Majesté,
M ' Vander Meulen avec fon
Pinceau , fi bien imité par le
Burin , a fans doute merité d
un des premiers rangs. Il eſt
fi fort pour ce qu'il veut exprimer
, que l'imagination eft
auffi toft remplie de ce qu'il
reprefente , & il ne faut qu'un
coup d'oeil pour concevoir
ce qu'on auroit de la peine à
bien comprendre aprés la le-
Aure de plufieurs Volumes.
Si nous avons des Peintres faGALANT.
15
meux pour les Portraits,
comme M's Mignard , de
Troyes , de Larfiliere , Ferdi
dinand , & Rigaut , on peut
dire qu'il eft prefque l'unique
pour la reffemblance des
actions confuſes , telles que
font les Combats , les Sieges,
les Entrées publiques , & genéralement
pour les Portraits
des grandes & éclatantes
actions. Quoy qu'il foit per
mis aux Peintres auffi bien
d'inventer qu'aux Poëtes
beaucoup de chofes , M'Vander
Meulen n'a aucun befoin
de fiction
pour fes
Ouvrages.
16 MERCURE
Ce qui part de fon Pinceau,
ne reprefente jamais que la
verité , & l'on reconnoit au
premier coup d'oeil ce qu'il a
deffein de faire voir. C'eft
par là qu'on l'a choify pour
peindre les glorieufes conqueftes
de Sa Majesté . Outre
les Tableaux qu'il a faits en
fi grand nombre , qu'ils peuvent
remplir plufieurs appartemens
dans les Palais les
plus fomptueux , une grande
partie eftant déja placée au
Chafteau de Marly , où ils
font l'admiration des Cu¬
rieux , il a pris encore le foin
GALANT.
17
de faire graver fes deffeinspar
de tres habiles Graveurs,
afin que les Etrangers puilfent
avoir
l'avantage d'en
joüir comme ils ont fait dans
les années
précedentes . Vois
cy les dernieres Eſtampes qui
ont paru de luy depuis un
mois.
L'Arrivée du Roy- devant
Douay , que Sa Majefté fait
inveftir par la
Cavalerie en
1667.
L'Entrée de la Reyne dans :
Arras en l'année 1667 :
La Veuë de la Ville , & du:
Siege
d'Oudenarde où le Roy
May 1685, B
18 MERCURE
commandoit en perſonne en
l'année 1667.
La Veuë de Courtray , du
coſté du vieux Chaſteau, avec
la marche de l'Armée en l'année
1667.
La Veuë de l'Armée du
Roy campée devant Douay
du cofté de la Porte Noftre
Dame , en la mefme année.
La Prife de Dole dans la
premiere conqueſte que le
Roy a faite de la Franche-
Comté en 1668 .
L'Arrivée du Roy au Camp
de devant Maſtric en l'année
1673.
GALANT. 19
La veuë de Tournay du côté
du vieux Chafteau.
La veuë de la Ville de Gray
en Franche -Comté .
La veuë de la Ville & du
Port de Calais du cofté de la.
Terre.
La veuë de la Ville de l'Ifle:
du cofté du Prieuré de Fives,
& l'Armée du Roy devant la
Place .
Laveuë de Saint Omer du
cofté du Fort de Bournonville,
affiégé , & pris par l'Armée:
du Roy , fous le commandement
de Son Alteffe Royale:
en Avril 1667. defſigné fur les
B. ij
20 MERCURE
lieux , & peint dans un des
coltez du grand Eſcalier du
Chasteau de Versailles .
L'Armée du Prince d'Orange
défaite devant Moncaffel
par l'Armée du Roy,
commandée encore parMonfieur
en 1678. Ce Tableau eft
deffigné fur le naturel , &
peint dans le grand Eſcalier
de Verſailles .
La Veuë de la Ville & Citadelle
de Cambray , affiegées,
& prifes par le Roy au mois
d'Avrilde la même année,deffignées
fur les lieux , & peintes
pour le Roy dans un des côGALANT.
21
rez du grand Eſcalier du Château
de Versailles .
La veuë de la Ville d'Ardres
du cofté de Calais , deffignée
ſur le naturel pour le
Roy.
Toutes ces Eftampes fe
diftribuent à Paris par l'Autheur
, en l'Hoftel des Manufactures
Royales des Gobelins
, & dans la Rue Saint
Jacques , & je ne croy pas
qu'il foit poffible de voir rien
de plus beau de cette nature .
Elle font mefme tres gran
des , & peuvent avec des
Bordures fervir à orner des
22 MERCURE
Galeries , & de grandes Sales.
M' de Vander Meulen pro
met d'en donner de temps
en temps de nouvelles , juf
qu'à ce qu'il ait remply tout
le grand nombre des Conqueftes
de Sa Majefté , & des
Maifons Royales de France;
ce qui pourra former un des
plus grands , & des plus
beaux Volumes qu'on ait jamais
veus & qui marquera
le mieux les avantages du
Regne du Roy , fur les Regnes
precedens. Je n'entreprends
pas de décrire la beauté
de tanc d'éclatantes Pieces,
>
GALANT. 23
où l'exactitude de la forme
des Baftimens , l'ordonnance
des Figures, leurs touchantes
expreffions, les grands effets
des lumieres & des ombres,
& la merveilleufe conduite
du tout enſemble , font un
effet fi fenfible , que la veuë
en eft auffi toft charmée que
frappée. Puis que ces Ou
vrages font devenus pu
blics , je laiffe au Public à en
juger.
les talens où ils
excellent , pour immortaliſer
les actions de Sa Majesté,
M ' Vander Meulen avec fon
Pinceau , fi bien imité par le
Burin , a fans doute merité d
un des premiers rangs. Il eſt
fi fort pour ce qu'il veut exprimer
, que l'imagination eft
auffi toft remplie de ce qu'il
reprefente , & il ne faut qu'un
coup d'oeil pour concevoir
ce qu'on auroit de la peine à
bien comprendre aprés la le-
Aure de plufieurs Volumes.
Si nous avons des Peintres faGALANT.
15
meux pour les Portraits,
comme M's Mignard , de
Troyes , de Larfiliere , Ferdi
dinand , & Rigaut , on peut
dire qu'il eft prefque l'unique
pour la reffemblance des
actions confuſes , telles que
font les Combats , les Sieges,
les Entrées publiques , & genéralement
pour les Portraits
des grandes & éclatantes
actions. Quoy qu'il foit per
mis aux Peintres auffi bien
d'inventer qu'aux Poëtes
beaucoup de chofes , M'Vander
Meulen n'a aucun befoin
de fiction
pour fes
Ouvrages.
16 MERCURE
Ce qui part de fon Pinceau,
ne reprefente jamais que la
verité , & l'on reconnoit au
premier coup d'oeil ce qu'il a
deffein de faire voir. C'eft
par là qu'on l'a choify pour
peindre les glorieufes conqueftes
de Sa Majesté . Outre
les Tableaux qu'il a faits en
fi grand nombre , qu'ils peuvent
remplir plufieurs appartemens
dans les Palais les
plus fomptueux , une grande
partie eftant déja placée au
Chafteau de Marly , où ils
font l'admiration des Cu¬
rieux , il a pris encore le foin
GALANT.
17
de faire graver fes deffeinspar
de tres habiles Graveurs,
afin que les Etrangers puilfent
avoir
l'avantage d'en
joüir comme ils ont fait dans
les années
précedentes . Vois
cy les dernieres Eſtampes qui
ont paru de luy depuis un
mois.
L'Arrivée du Roy- devant
Douay , que Sa Majefté fait
inveftir par la
Cavalerie en
1667.
L'Entrée de la Reyne dans :
Arras en l'année 1667 :
La Veuë de la Ville , & du:
Siege
d'Oudenarde où le Roy
May 1685, B
18 MERCURE
commandoit en perſonne en
l'année 1667.
La Veuë de Courtray , du
coſté du vieux Chaſteau, avec
la marche de l'Armée en l'année
1667.
La Veuë de l'Armée du
Roy campée devant Douay
du cofté de la Porte Noftre
Dame , en la mefme année.
La Prife de Dole dans la
premiere conqueſte que le
Roy a faite de la Franche-
Comté en 1668 .
L'Arrivée du Roy au Camp
de devant Maſtric en l'année
1673.
GALANT. 19
La veuë de Tournay du côté
du vieux Chafteau.
La veuë de la Ville de Gray
en Franche -Comté .
La veuë de la Ville & du
Port de Calais du cofté de la.
Terre.
La veuë de la Ville de l'Ifle:
du cofté du Prieuré de Fives,
& l'Armée du Roy devant la
Place .
Laveuë de Saint Omer du
cofté du Fort de Bournonville,
affiégé , & pris par l'Armée:
du Roy , fous le commandement
de Son Alteffe Royale:
en Avril 1667. defſigné fur les
B. ij
20 MERCURE
lieux , & peint dans un des
coltez du grand Eſcalier du
Chasteau de Versailles .
L'Armée du Prince d'Orange
défaite devant Moncaffel
par l'Armée du Roy,
commandée encore parMonfieur
en 1678. Ce Tableau eft
deffigné fur le naturel , &
peint dans le grand Eſcalier
de Verſailles .
La Veuë de la Ville & Citadelle
de Cambray , affiegées,
& prifes par le Roy au mois
d'Avrilde la même année,deffignées
fur les lieux , & peintes
pour le Roy dans un des côGALANT.
21
rez du grand Eſcalier du Château
de Versailles .
La veuë de la Ville d'Ardres
du cofté de Calais , deffignée
ſur le naturel pour le
Roy.
Toutes ces Eftampes fe
diftribuent à Paris par l'Autheur
, en l'Hoftel des Manufactures
Royales des Gobelins
, & dans la Rue Saint
Jacques , & je ne croy pas
qu'il foit poffible de voir rien
de plus beau de cette nature .
Elle font mefme tres gran
des , & peuvent avec des
Bordures fervir à orner des
22 MERCURE
Galeries , & de grandes Sales.
M' de Vander Meulen pro
met d'en donner de temps
en temps de nouvelles , juf
qu'à ce qu'il ait remply tout
le grand nombre des Conqueftes
de Sa Majefté , & des
Maifons Royales de France;
ce qui pourra former un des
plus grands , & des plus
beaux Volumes qu'on ait jamais
veus & qui marquera
le mieux les avantages du
Regne du Roy , fur les Regnes
precedens. Je n'entreprends
pas de décrire la beauté
de tanc d'éclatantes Pieces,
>
GALANT. 23
où l'exactitude de la forme
des Baftimens , l'ordonnance
des Figures, leurs touchantes
expreffions, les grands effets
des lumieres & des ombres,
& la merveilleufe conduite
du tout enſemble , font un
effet fi fenfible , que la veuë
en eft auffi toft charmée que
frappée. Puis que ces Ou
vrages font devenus pu
blics , je laiffe au Public à en
juger.
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Résumé : Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Le texte met en avant les talents exceptionnels de M. Vander Meulen, un peintre renommé pour sa capacité à représenter avec précision les actions militaires et les événements publics. À la différence de nombreux artistes célèbres pour leurs portraits, Vander Meulen se distingue par son aptitude à dépeindre des scènes complexes telles que les combats, les sièges et les entrées publiques. Ses œuvres sont appréciées pour leur exactitude et leur réalisme, sans recourir à la fiction. Il a été sélectionné pour immortaliser les conquêtes du roi, dont plusieurs tableaux sont exposés dans des palais prestigieux comme Marly et Versailles. De plus, il a fait graver ses dessins par des graveurs compétents afin de permettre aux étrangers d'en bénéficier également. Le texte mentionne diverses œuvres récentes de Vander Meulen, incluant des vues de villes et de batailles, telles que l'arrivée du roi devant Douai, l'entrée de la reine à Arras, et la prise de Dole. Ces estampes, disponibles à Paris, sont louées pour leur beauté et leur grandeur, convenant parfaitement à l'ornementation de galeries et de grandes salles. Vander Meulen prévoit de poursuivre la production de nouvelles œuvres pour documenter les conquêtes du roi et enrichir les maisons royales de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1333
p. 23-27
Paris ancien & nouveau, [titre d'après la table]
Début :
Si par ces Estampes on voit ce que le Roy a fait [...]
Mots clefs :
Agrandissement, Embellissement, Paris, Ouvrage, Description, Édifices, Beauté, Remparts, Éloges, Bonté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Paris ancien & nouveau, [titre d'après la table]
Si par ces Eftampes on
voit ce que le Roy a fait
pour l'agrandiffement &
pour l'embelliſſement de fon
24 MERCURE
1
Royaume , on apprend ce que
Paris luy doit dans un Livre
qui fe vend depuis peu de
jours chez le Sieur Girard à
l'Enſeigne de l'Envie au Palais
. Il eft divifé en trois Volumes
, & porce pour Titre
Paris Ancien & Nouveau.
On y voit la fondation , les ac
croiffemens , le nombre dés Habitans
, des Maifons de cette
grande Ville , avec une Defcription
nouvelle de ce qu'il y a de
plus remarquable dans toutes les
Eglifes , Communautez & Colléges
, dans les Palais , Hoftels
Maifons des Particuliers,
dans
GALANT. 25
dans les Rues & dans les Places
publiques , & ce qu'il y a de
furprenant , c'eft qu'il s'eft
fait plus d'Edifices nouveaux,
& plus d'embelliſſemens à
Paris , depuis le glorieux Regne
de Sa Majefté , qu'il ne
s'y en eftoit fait auparavant en
plufieurs Siecles . Les grandes
actions de ce Monarque ont
eſté cauſe qu'on a rebâty pref
que toutes les Portes de cette
fuperbe Ville , afin de les y
marquer , & la beauté de ces
Portes a donné lieu de travailler
à l'embelliffement
, des
Ramparts , & à élargiffe,
May 1685.
C
26 MERCURE
ment des Ruës. On a fait
en mefme temps des Fontaines
nouvelles , & l'on a relevé
des Quays . On a fait des
Hôpitaux pour les Pauvres
Mandians , & le Roy a pris le
foin de tout ce qui a regardé
le logement & la ſubſiſtance
des Invalides . Tout cela fe
voit dans ces trois Volumes,
qui font un éloge d'autant
plus grand de ce Prince , fans
luy donner pourtant aucune
loüange , que les chofes par
lefquelles on auroit pû le
louer parlent elles- mefmes,
& n'ont pas befoin que
GALANT. 27
·
l'on ajoûte qu'elles font autant
d'effets de fa bonté pour
ſes Peuples , & de fa magnificence.
voit ce que le Roy a fait
pour l'agrandiffement &
pour l'embelliſſement de fon
24 MERCURE
1
Royaume , on apprend ce que
Paris luy doit dans un Livre
qui fe vend depuis peu de
jours chez le Sieur Girard à
l'Enſeigne de l'Envie au Palais
. Il eft divifé en trois Volumes
, & porce pour Titre
Paris Ancien & Nouveau.
On y voit la fondation , les ac
croiffemens , le nombre dés Habitans
, des Maifons de cette
grande Ville , avec une Defcription
nouvelle de ce qu'il y a de
plus remarquable dans toutes les
Eglifes , Communautez & Colléges
, dans les Palais , Hoftels
Maifons des Particuliers,
dans
GALANT. 25
dans les Rues & dans les Places
publiques , & ce qu'il y a de
furprenant , c'eft qu'il s'eft
fait plus d'Edifices nouveaux,
& plus d'embelliſſemens à
Paris , depuis le glorieux Regne
de Sa Majefté , qu'il ne
s'y en eftoit fait auparavant en
plufieurs Siecles . Les grandes
actions de ce Monarque ont
eſté cauſe qu'on a rebâty pref
que toutes les Portes de cette
fuperbe Ville , afin de les y
marquer , & la beauté de ces
Portes a donné lieu de travailler
à l'embelliffement
, des
Ramparts , & à élargiffe,
May 1685.
C
26 MERCURE
ment des Ruës. On a fait
en mefme temps des Fontaines
nouvelles , & l'on a relevé
des Quays . On a fait des
Hôpitaux pour les Pauvres
Mandians , & le Roy a pris le
foin de tout ce qui a regardé
le logement & la ſubſiſtance
des Invalides . Tout cela fe
voit dans ces trois Volumes,
qui font un éloge d'autant
plus grand de ce Prince , fans
luy donner pourtant aucune
loüange , que les chofes par
lefquelles on auroit pû le
louer parlent elles- mefmes,
& n'ont pas befoin que
GALANT. 27
·
l'on ajoûte qu'elles font autant
d'effets de fa bonté pour
ſes Peuples , & de fa magnificence.
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Résumé : Paris ancien & nouveau, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Paris Ancien & Nouveau' publié chez le Sieur Girard décrit la fondation, les agrandissements et la population de Paris. Il est structuré en trois volumes et présente les églises, communautés, collèges, palais, hôtels, maisons particulières, rues et places notables de la ville. Le livre met en avant les nombreux travaux réalisés sous le règne du roi, tels que la reconstruction des portes de la ville, l'embellissement des remparts, l'élargissement des rues, la création de nouvelles fontaines, la construction de quais, et l'établissement d'hôpitaux pour les pauvres et les mendiants. Le souverain a également veillé au logement et à la subsistance des invalides. Les transformations urbaines illustrent la bienveillance et la grandeur du roi envers ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1334
p. 27-37
LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
Début :
J'aurois dequoy faire plusieurs Volumes ce mois cy, / Monsieur, Il n'est point de Province en France où la Religion Prétenduë [...]
Mots clefs :
Province, Religion prétendue réformée, Dauphiné, Guillaume Farel, Ministre, Protestants, Calvinisme, Éloquence, Temples, Huguenots, Démolition, Piété, Roi, Ecclésiastiques, Dieu, Obstination, Conversion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
J'aurois dequoy faire
plufieursVolumes ce mois cy,
en ne parlant feulement que
de ce qu'il fait à l'avantage
de la veritable Religion , fi je
voulois entrer dans toutes les
particularitez où ce grand
Monarque veut bien fe donner
la peine de deſcendre , en
faveur de fes Sujets aveuglez
par une fatale obſtination.
Voicy ce qui m'a efté
envoyé imprimé , fur un de
ces Articles de Religion.
Cij
28 MERCURE
52:5252-5252 SZSZSZ
L'ET TRE
4 A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT ,
Concernant le Temple de Grenoble ,
MONSIEUR,
Il n'eft point de Province en
France où la Religion Prétenduë
Reformée ait efte plutoft receuë
qu'en Dauphiné. J'en trouve trois
caufesprincipales. L'une, c'est qu'
elle a produit les premiers Miniftres
de cette Religion , parmy lefGALANT
. 29
quels a efté Guillaume Farel . L'au
tre, c'eft que le Baron des Adrets ,
le Marquis de Monbrun , &
le Conneftable
de Lefdiguieres
,
trois Chefs Proteftans
tres -puiffans
& redoutez
en attirerent
plus par les armes , & par leur
autorité , que les Miniftres par.
leur éloquence ; & la troifiéme,.
que le Calvinifme
y ayant trouvé
quelque levain de la Secte
des Vaudois , il luy a efté facile
de fe répandre , & de s'estendre.
en plufieurs endroits ; d'où vient
que par tout on avoit bafty des
Temples , mefme contre la difpofition
des Edits.
C iij
30 MERCURE
que
Avant Grenoble en euft
un' , les Huguenots , aprés qu'ils
curent abbatu la plupart des Eglifes
, firent prefcher en celle des
Cordeliers , puis ils éleverent un
Temple à la fin du dernier fiecle
dans un lieu qui estoit alors hors
de la Ville , & que le fameux
Lefdiguieres fit comprendre
un nouvel agrandiffement.
L'an 1671 , le Roy estant pleinement
inftruit de quelle maniere
la chofe s'eftoit paffée , & d'ail
leurs ce Temple eftant fort proche
du Palais Epifcopal , & de l'Eglife
Cathedrale , en ordonna la
démolition , permit qu'on le
dans
GALANT. 31
rétabliſt au Fauxbourg de Tra
cloiftre.
On ne fuivit pas tout - à -fait
les ordres de Sa Majesté , car au
lieu qu'il devoit eftre élevé en ce
Fauxbourg , il le fut dans une
Prairie voifine , à une portée de
Piftolet des Murailles des
Ramparts de la Ville , & fi proche
du College des Jésuites , du
grand Convent des Recollects , de
celuy des Carmes Déchauffez,
du fecond Monaftere de la Vifitation
, de celuy des Bernardines ,
de la Maifon des Orphelines
, que
lors
que les
Huguenots
chantent leurs Pfeaumes , on ne
C iij
32 MERCURE
peut dans ce Collége , ces Convents
& ces Monafteres , étu
dier avec attention , ny faire le
Service Divin , fans en eftre interrompu..
Comme ces inconveniens ont
efté reprefentez au Roy , ce Pieux.
MONARQUE a voulu en
eftre mieux informé par un Procez
verbal dreffe fur l'expérience,
fur une defcente des lieux , dont
Sa Majesté donna il y a quelques
mois fa Commiſſion à M le
Bret Intendant en cette Provin.
ce , & à M' le Marquis d' Arzeliers
, l'un des plus confiderables
Gentilshommes parmy ceux
GALANT 33
Y
de cette Religion , lefquels firent
leur procédure hier Vendredy fi
xiéme de ce mois , d'une maniere
qui merite qu'elle foit racontée.
Pour éviter le tumulte , on logea
aux avenuës du Temple une
Cempagnie de Milice , compofée
de cent Hommes , puis furiles
deux heures aprés midy on donna
la liberté à tout le monde d'y entrer.
Ce fut pourtant avec quelque
peine , parce que la clefde la
grande Porte fe trouvant perduë,
égarée , ou cachée à deſſein , il
fallut paffer par une petite Porte,
Tun aprés l'autre.
Plufieurs Ecclefiaftiques , Se
34 MERCURE
culiers & Religieux, grand nombre
de Catholiques , quelques
Huguenots , occuperent d'abord
tous les Bancs& toutes les Chaifes
du Temple. Cependant comme
il eft grand & vafte , il ne
fut point remply , bien
procedure nefinift qu'à fept heures
du foir , & que chacunypuft
entrer librement.
que
la
Il s'y trouva pourtant aſſez
de monde pour faire connoiftre
par les Hymnes , les Antiennes,
plufieurs Prieres de l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Romaine
, qui y furent chantées,
qu'on pouvoit estre entendu diGALANT.
35
ftinctement de toutes les Eglifes
& Monafteres que je viens de
nommer ; ce qui fut facilement.
connu par les Commiffaires qui
s'y trouverent , & qui y avoient
paffe pendant que l'on chantoit
dans le Temple.
Cette experience a fort étonné
les Huguenots , & ils craignenttous
que leur Temple ne
démoly. On voit visiblement que-
Dieu fe laffe de leur feparation,
qu'il leur tend les bras . Les
plus éclairez le connoiſſent , les
autres le méprifent ; mais leur
obftination eft fi grande , qu'ils ne
veulent point confentir à estre infoit
36 MERCURE
fruits. Ils publient qu'ils lefont
affez , fans confiderer que leurs
Miniftres ne leur ont preſché que
leur Religion , & n'ont eu garde
de leur faire voir la bonté de la
noftre. Ils les ont élevez dans des
erreurs qui leur plaifent , & ils
leur ont caché des veritez qui les
éclaireroient s'ils les connoiffoient.
Peut- eftre que le Saint Esprit les
touchera , & qu'ils l'écouteront.
Cependant nous devons tous prier
DIEU pour leur converfion , benir
noftre AUGUSTE MONARQUE
qui s'y employe
avec tant de zele, louer fon Confeil
des empreffemens qu'il témoi
GALANT. 37
gne pour cela , demander au Ciel
le don de perfuafion en faveur de
ceux qui travaillent à les inftruire
, & la perfeverance en nos
Prélats pour achever le grand
de la réunion . Fe fuis, -ouvrage
voftre , &c.
ALLARD ancien Préfident
en l'Eflection de Grenoble.
A Grenoble ce 7. d'Avril 1685 .
plufieursVolumes ce mois cy,
en ne parlant feulement que
de ce qu'il fait à l'avantage
de la veritable Religion , fi je
voulois entrer dans toutes les
particularitez où ce grand
Monarque veut bien fe donner
la peine de deſcendre , en
faveur de fes Sujets aveuglez
par une fatale obſtination.
Voicy ce qui m'a efté
envoyé imprimé , fur un de
ces Articles de Religion.
Cij
28 MERCURE
52:5252-5252 SZSZSZ
L'ET TRE
4 A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT ,
Concernant le Temple de Grenoble ,
MONSIEUR,
Il n'eft point de Province en
France où la Religion Prétenduë
Reformée ait efte plutoft receuë
qu'en Dauphiné. J'en trouve trois
caufesprincipales. L'une, c'est qu'
elle a produit les premiers Miniftres
de cette Religion , parmy lefGALANT
. 29
quels a efté Guillaume Farel . L'au
tre, c'eft que le Baron des Adrets ,
le Marquis de Monbrun , &
le Conneftable
de Lefdiguieres
,
trois Chefs Proteftans
tres -puiffans
& redoutez
en attirerent
plus par les armes , & par leur
autorité , que les Miniftres par.
leur éloquence ; & la troifiéme,.
que le Calvinifme
y ayant trouvé
quelque levain de la Secte
des Vaudois , il luy a efté facile
de fe répandre , & de s'estendre.
en plufieurs endroits ; d'où vient
que par tout on avoit bafty des
Temples , mefme contre la difpofition
des Edits.
C iij
30 MERCURE
que
Avant Grenoble en euft
un' , les Huguenots , aprés qu'ils
curent abbatu la plupart des Eglifes
, firent prefcher en celle des
Cordeliers , puis ils éleverent un
Temple à la fin du dernier fiecle
dans un lieu qui estoit alors hors
de la Ville , & que le fameux
Lefdiguieres fit comprendre
un nouvel agrandiffement.
L'an 1671 , le Roy estant pleinement
inftruit de quelle maniere
la chofe s'eftoit paffée , & d'ail
leurs ce Temple eftant fort proche
du Palais Epifcopal , & de l'Eglife
Cathedrale , en ordonna la
démolition , permit qu'on le
dans
GALANT. 31
rétabliſt au Fauxbourg de Tra
cloiftre.
On ne fuivit pas tout - à -fait
les ordres de Sa Majesté , car au
lieu qu'il devoit eftre élevé en ce
Fauxbourg , il le fut dans une
Prairie voifine , à une portée de
Piftolet des Murailles des
Ramparts de la Ville , & fi proche
du College des Jésuites , du
grand Convent des Recollects , de
celuy des Carmes Déchauffez,
du fecond Monaftere de la Vifitation
, de celuy des Bernardines ,
de la Maifon des Orphelines
, que
lors
que les
Huguenots
chantent leurs Pfeaumes , on ne
C iij
32 MERCURE
peut dans ce Collége , ces Convents
& ces Monafteres , étu
dier avec attention , ny faire le
Service Divin , fans en eftre interrompu..
Comme ces inconveniens ont
efté reprefentez au Roy , ce Pieux.
MONARQUE a voulu en
eftre mieux informé par un Procez
verbal dreffe fur l'expérience,
fur une defcente des lieux , dont
Sa Majesté donna il y a quelques
mois fa Commiſſion à M le
Bret Intendant en cette Provin.
ce , & à M' le Marquis d' Arzeliers
, l'un des plus confiderables
Gentilshommes parmy ceux
GALANT 33
Y
de cette Religion , lefquels firent
leur procédure hier Vendredy fi
xiéme de ce mois , d'une maniere
qui merite qu'elle foit racontée.
Pour éviter le tumulte , on logea
aux avenuës du Temple une
Cempagnie de Milice , compofée
de cent Hommes , puis furiles
deux heures aprés midy on donna
la liberté à tout le monde d'y entrer.
Ce fut pourtant avec quelque
peine , parce que la clefde la
grande Porte fe trouvant perduë,
égarée , ou cachée à deſſein , il
fallut paffer par une petite Porte,
Tun aprés l'autre.
Plufieurs Ecclefiaftiques , Se
34 MERCURE
culiers & Religieux, grand nombre
de Catholiques , quelques
Huguenots , occuperent d'abord
tous les Bancs& toutes les Chaifes
du Temple. Cependant comme
il eft grand & vafte , il ne
fut point remply , bien
procedure nefinift qu'à fept heures
du foir , & que chacunypuft
entrer librement.
que
la
Il s'y trouva pourtant aſſez
de monde pour faire connoiftre
par les Hymnes , les Antiennes,
plufieurs Prieres de l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Romaine
, qui y furent chantées,
qu'on pouvoit estre entendu diGALANT.
35
ftinctement de toutes les Eglifes
& Monafteres que je viens de
nommer ; ce qui fut facilement.
connu par les Commiffaires qui
s'y trouverent , & qui y avoient
paffe pendant que l'on chantoit
dans le Temple.
Cette experience a fort étonné
les Huguenots , & ils craignenttous
que leur Temple ne
démoly. On voit visiblement que-
Dieu fe laffe de leur feparation,
qu'il leur tend les bras . Les
plus éclairez le connoiſſent , les
autres le méprifent ; mais leur
obftination eft fi grande , qu'ils ne
veulent point confentir à estre infoit
36 MERCURE
fruits. Ils publient qu'ils lefont
affez , fans confiderer que leurs
Miniftres ne leur ont preſché que
leur Religion , & n'ont eu garde
de leur faire voir la bonté de la
noftre. Ils les ont élevez dans des
erreurs qui leur plaifent , & ils
leur ont caché des veritez qui les
éclaireroient s'ils les connoiffoient.
Peut- eftre que le Saint Esprit les
touchera , & qu'ils l'écouteront.
Cependant nous devons tous prier
DIEU pour leur converfion , benir
noftre AUGUSTE MONARQUE
qui s'y employe
avec tant de zele, louer fon Confeil
des empreffemens qu'il témoi
GALANT. 37
gne pour cela , demander au Ciel
le don de perfuafion en faveur de
ceux qui travaillent à les inftruire
, & la perfeverance en nos
Prélats pour achever le grand
de la réunion . Fe fuis, -ouvrage
voftre , &c.
ALLARD ancien Préfident
en l'Eflection de Grenoble.
A Grenoble ce 7. d'Avril 1685 .
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Résumé : LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
Le texte aborde la situation de la religion réformée en Dauphiné, notamment à Grenoble. Trois facteurs principaux expliquent la forte présence du protestantisme dans cette région : la présence de ministres protestants influents comme Guillaume Farel, l'influence de chefs protestants puissants tels que le Baron des Adrets, le Marquis de Monbrun et le Connétable de Lesdiguières, ainsi que la présence de sectes vaudoises. À Grenoble, les huguenots avaient érigé un temple après avoir détruit plusieurs églises, malgré les édits royaux. En 1671, le roi ordonna la démolition de ce temple en raison de sa proximité avec des lieux catholiques. Cependant, le temple fut reconstruit près des murailles de la ville, perturbant les activités religieuses et éducatives des catholiques voisins. Pour résoudre ce problème, le roi envoya des commissaires, incluant l'intendant de la province et un noble protestant, afin d'examiner la situation. Une visite du temple fut organisée, durant laquelle des prières catholiques furent chantées, perturbant les activités des couvents et collèges voisins. Cette expérience mit en lumière l'impact négatif du temple sur les activités catholiques. Les huguenots craignaient la démolition de leur temple, mais certains espéraient leur conversion. Le texte se conclut par une prière pour la conversion des protestants et une louange au roi pour ses efforts en faveur de la réunion des religions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1335
p. 37-53
LETTRE SUR LE PRONOSTIC du Sr de la Riviere, Medecin du Roy Henry IV touchant la Religion Protestante en France.
Début :
Le mesme Mr Allard m'a fait encore l'honneur de m'adresser / Monsieur, Toute la Terre admireroit la facilité que vous avez [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Pronostic, Henry IV, Sr de la Riviere, Illustre monarque, Destinée , M. de Sully, Mémoires, Disparition de l'hérésie, Louis le Grand, Prince, Naissance, Science, Religion romaine, Grandes actions, Futur, Difficultés, Temples, Conversions, Huguenots, Erreur, Horoscope, Constellations, Prophéties
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE SUR LE PRONOSTIC du Sr de la Riviere, Medecin du Roy Henry IV touchant la Religion Protestante en France.
Le mefme M' Allard m'a
fait encore l'honneur de m'adreffer
la Lettre fuivante , &
la Copie que j'en ay receuë
eftoit auffi imprimée.
38 MERCURE
SE :SSSESES S22SSSS
LETTRE
SUR LE PRONOSTIC
du S' de la Riviere , Medecin
du Roy Henry IV.
touchant la Religion Proteftante
en France.
A Grenoble le 28. d'Avril 1685,
MONSIEUR,
Toute la Terre admireroit la
facilité que vous avez à louer
inceffamment , & toujours diféremment
noftre augufte MonarGALANT.
39
les vaftes fuque
, fice grand Roy ne renouvelloit
tous les jours parfes belles
genéreuses actions , par les
marques de fa Justice & par les
temoignages de fa Pieté , les amples
matieres
jets par lesquels il remplit fi dignement
tous les
Panegyriques
que l'on fait de luy. Il est fans
doute bien aife de le louer de
-cette maniere ; mais quand on l'a
voulu faire avant fa naiſſance,
qu'on a voulu penétrer l'aveque
le. Ciel
nir , il a falu alors
s'en foit meflé, & que les heureufes
deftinées de Sa Majesté
ayent prévenu fes Faits héror40
MERCURE
I
ques & pieux , pour les publier
avant qu'ils fuffent arrivez.
Vous avez fans doute lû les
Mémoires de M de Sully ; mais
je ne fçay fi vous avez remarqué
le Pronofticfait par le Sª de la Řiviere,
Médecin duRoyHenry IV.
lors de la naiffance du feu Roy,
où prévoyant la fin de la Reli
gion Proteftante en France , il
Tattribue aux foins & à l'application
de LOUIS le Grand.
Il est dans le fecond Volume imprimé
à Amfterdam in fol . ch . s.
pag. 36. en ces termes.
Mais retournant à la fuite
de nos narrations, de laquelle
GALANT. 41
le
nos déplaiſirs de voir toutes
chofes aller , ce nous femble-
t-il , en depériffant , nous
avoient tirez , nous vous ramentevons
pour achever ces
Mémoires de l'année 1601..
comme le Roy & la Reyne
receurent une extréme joye
27. de Septembre par la .
naiffance d'un Dauphin que
Dieu leur envoya , à laquelle
allegreffe participa toute la
France , & vous notamment,
tant les profpéritez du Roy,
& de l'Etat vous eftoient fenfibles
, chacun espérant que
d'un Prince tant genereux,,
May 1685...
D
42 MERCURE
debonnaire & prudent , il
viendroit des Enfans à luy
femblables , ce que le Roy
confirmoit par les projets de
le nourrir comme il avoit efté ,
& de n'obmettre nul foin
pour effayer à luy faire prendre
fon exemple pour regle
de fa conduite ;. & comme
il s'eft fort peu veu de grandes
joyes & lieffes qui ayent
efté entiérement épurées de
tous foucis & follicitudes ,
voire n'ayent efté entremêlées
ou fuivies de déplaifirs
& traverſes , auffi arriva- t- il
ors , qu'une curiofité pon
}
GALANT. 43
neceffaire diminua en quel
que forte l'extréme contentement
du Roy , dont la caufe
fut telle. Sa Majesté ayant
un premier Médecin nommé
la Riviere , lequel n'avoit pas
grande Religion , mais neanmoins
inclinoit plus à la Reformée
qu'à la Romaine , &
qui fe mefloit de faire des
Nativitez , en quoy il avoit
fouvent bien rencontré, Elle:
luy commanda lors qu'Elle
vir la Reyne fa Femme en
travail , de mettre une Mon ..
tre bien ajustée fur la Table,.
pour connoître certainement
#
Dij
44 MERCURE
l'heure & la minute que l'Enfant
viendroit au monde ; que
fi c'eftoit un Fils , d'en tirer
une Heure natale , ce qu'il
promit de faire , & neanmoins
fut quinze jours fans
en parler , dequoy Sa Majeſté
fe reffouvenant lors que vous
luy parlâtes de la Broffe , au
trefois voftre Précepteur, qui
fe mefloit auffi de prédire,
il appella ledit S ' de la Riviere
, & l'ayant tiré à part,
luy dit devant vous , Mais à
propos, M ' de la Riviere , vous
ne me dites rien fur la naif
fance de mon Fils le DauGALANT.
45
phin.Qu'en avez -vous trouvé?
SIRE, répondit il , j'en avois
commencé quelque chofe,
mais j'ay tout laiffé là , ne me
voulant plus amufer à cette
Science , que j'ay en partie
oubliée , l'ayant toûjours reconnue
grandement fautive.
O dit le Roy , je vois bien
que ce n'eft pas là où il vous
tient , car vous n'eftes pas
de ces tant fcrupuleux , mais
c'eft en effet que vous ne
m'en voulez rien dire, crainte
de mentir ou de me fâcher;
mais quoy qu'il y ait , je le
yeux fçavoir, voire vous com
!
46 MERCURE
mande, fur peine de m'offenfer,
de m'en parler librement.
Sur quoy les de la Riviere
voyant preffé , apres trois
ou quatre autres refus , fina
lement comme tout en colere
, luy dit. SIRE , voftre
Fils vivra âge d'Homme , regnera
plus que vous ; mais
vous & luy ferez tous diférens
en inclinations & hu
meurs . Il aimera ſes opinions
& fantaifies , & quelquefois.
celles d'autruy , plus penfer
que dire fera de faifon , de
folations menacent vos an
ciennes affiftances ; vos mé
GALANT. 47
&
apres
nagemens feront déménagez
, il exécutera choles grandes
; fera fort heureux en fes
deffeins , & fera fort parler
de luy dans la Chreftienté ;
toûjours Paix & Guerre ; de
lignée , il en aura ,
luy les chofes empireront
;
qui eft tout ce que vous en
fçaurez de moy , & plus que
je ne m'eftois refolu de vous
en dire . Sur quoy le Roy
s'eftant mis à refver , affez
mélancolique , il luy dit . Vous
entendez
les Huguenots
, je
le vois bien , mais vous dites
cela parce que vous en te48
MERCURE
nez . Sire , dit M ' de la Ri
viere , j'entens tout ce qu'il
vous plaira , mais vous n'en
fçaurez pas davantage de
moy ; & comme tout mutiné
fe retira. Puis le Roy vous .
ayant pris par la main , vous
mena dans le creux d'une Fe
neftre , où il vous entretint
affez long- temps fur ce fujet,
comme nous l'avons entendu
de vous- mefme , fans neanmoins
en avoir rien fceu davantage
, ce que vous fuppléerez
quand il vous plaira .
Des quatre Autheurs qui ont
recüeilly les Mémoires de "M" de
Sully
GALANT. 49
Sully , quelques- uns témoignent
enplufieurs endroits, qu'ils eftoient
de la R.P.R. Cependant ils partent
de ce Pronoftic fort naturellement.
M' de Sully l'eftoit auffi,
le Livre a efté imprimé en une
Ville Proteftante , & par confequent
il en doit paroiftre moinsfufpect.
Que dites- vous, Monfieur,
de celuy qui l'a fait ? Trouvez-
-vous qu'il ait deviné ? Ces affiftances
données par Henry IV.
aux Huguenots , ont- elles efté de
quelque confidération fous fon
Succeffeur ? Na-t-on pas veu
que Louis XIII. a bien fceu dé
ménager les ménagemens de fon
May 1685.
E
50 MERCURE
·Pere , & par
l'abatement
d'un
nombre
infiny de Temples
, par
des Converfions
continuelles
, &
par la décadence
des Affaires
des Huguenots
? Le St de la Riviére
n'a-t- il pas bien jugé que
LOUIS
XIV. en feroit plus
que fon Prédeceffeur
, & que
fous la lignée
de celuy- cy les chofes
des Huguenots
empireroient
.
Nos Prétendus
auront
beau chercher
quelque
détour & quelque
explication
à cet Entretien
, qui
leur foit
favorable
; je croy qu'ils
y reüffiront
auffi mal , qu'ils ont
reiffy
à trouver
dans la Sainte
Ecriture
leurs Dogmes
& leurs
GALANT.
51
Erreurs. Il y a apparence que fi
le S de la Riviere avoit voulu
s'expliquer , il auroit prédit de
grands événemens là- deffus ; mais
comme il eftoit mutiné de ce que
fafcience luy en avoit trop apris,
& qu'il lifoit trop bien dans l'avenir
que la ruine de fa Religion
eftoit refervée aux pieux
deffeins du Roy , il aima mieux
fe taire , que de fe trouver oblige
de dire des chofes qui le chagri
noient , qui auroient étonné ceux
de fon temps , & préparé tout le
monde à voirreüffir ce qu'il avoit
préven. Je voudrois bien, Monficur
, que nos Sçavans vouluſ-
E ij
52 MERCURE
que
fent un peu raifonnerfur la Science
des Horofcopes , & apprendre au
Public par vostre moyen , fi elle
est affeurée
ou non. Je fuis perfuadé
avec bien des Gens ,
les Conftellations qui réguent au
temps des naifances , peuvent infpirer
des inclinations particulie
res , former la bonne ou la
mauvaife fortune ; mais que fur
des Figures tracées , quefur l'exa
men d'une Etoile , que fur l'influence
d'un Signe , on puiffe fon
der quelque certitude pour les
actions futures des Enfins de
celuy qui naist , c'est ce qui me
paffe. Cependant le S de la RiGALANT.
53
viere , enfaisant l'Horoscope de
Louis le Juste , a fait connoistre
ce que Louis LE GRAND fon
Fils devoit faire apres luy n
non content d'avoir appris à
Henry IV. que fon Fils attaqueroit
l'Heréfie , il a fait connoistre
qu'elle feroit aux abois
fous le Régne de fon Petit-fils.
Pour moy , je crois que pour tout
autre que pour le Roy , de fem
blables Propheties feroient im
poffibles ; mais il faut que pour
un Prince extraordinaire , tout
ce qui le regarde foit extraordi_
naire. Jefuis , &c.
fait encore l'honneur de m'adreffer
la Lettre fuivante , &
la Copie que j'en ay receuë
eftoit auffi imprimée.
38 MERCURE
SE :SSSESES S22SSSS
LETTRE
SUR LE PRONOSTIC
du S' de la Riviere , Medecin
du Roy Henry IV.
touchant la Religion Proteftante
en France.
A Grenoble le 28. d'Avril 1685,
MONSIEUR,
Toute la Terre admireroit la
facilité que vous avez à louer
inceffamment , & toujours diféremment
noftre augufte MonarGALANT.
39
les vaftes fuque
, fice grand Roy ne renouvelloit
tous les jours parfes belles
genéreuses actions , par les
marques de fa Justice & par les
temoignages de fa Pieté , les amples
matieres
jets par lesquels il remplit fi dignement
tous les
Panegyriques
que l'on fait de luy. Il est fans
doute bien aife de le louer de
-cette maniere ; mais quand on l'a
voulu faire avant fa naiſſance,
qu'on a voulu penétrer l'aveque
le. Ciel
nir , il a falu alors
s'en foit meflé, & que les heureufes
deftinées de Sa Majesté
ayent prévenu fes Faits héror40
MERCURE
I
ques & pieux , pour les publier
avant qu'ils fuffent arrivez.
Vous avez fans doute lû les
Mémoires de M de Sully ; mais
je ne fçay fi vous avez remarqué
le Pronofticfait par le Sª de la Řiviere,
Médecin duRoyHenry IV.
lors de la naiffance du feu Roy,
où prévoyant la fin de la Reli
gion Proteftante en France , il
Tattribue aux foins & à l'application
de LOUIS le Grand.
Il est dans le fecond Volume imprimé
à Amfterdam in fol . ch . s.
pag. 36. en ces termes.
Mais retournant à la fuite
de nos narrations, de laquelle
GALANT. 41
le
nos déplaiſirs de voir toutes
chofes aller , ce nous femble-
t-il , en depériffant , nous
avoient tirez , nous vous ramentevons
pour achever ces
Mémoires de l'année 1601..
comme le Roy & la Reyne
receurent une extréme joye
27. de Septembre par la .
naiffance d'un Dauphin que
Dieu leur envoya , à laquelle
allegreffe participa toute la
France , & vous notamment,
tant les profpéritez du Roy,
& de l'Etat vous eftoient fenfibles
, chacun espérant que
d'un Prince tant genereux,,
May 1685...
D
42 MERCURE
debonnaire & prudent , il
viendroit des Enfans à luy
femblables , ce que le Roy
confirmoit par les projets de
le nourrir comme il avoit efté ,
& de n'obmettre nul foin
pour effayer à luy faire prendre
fon exemple pour regle
de fa conduite ;. & comme
il s'eft fort peu veu de grandes
joyes & lieffes qui ayent
efté entiérement épurées de
tous foucis & follicitudes ,
voire n'ayent efté entremêlées
ou fuivies de déplaifirs
& traverſes , auffi arriva- t- il
ors , qu'une curiofité pon
}
GALANT. 43
neceffaire diminua en quel
que forte l'extréme contentement
du Roy , dont la caufe
fut telle. Sa Majesté ayant
un premier Médecin nommé
la Riviere , lequel n'avoit pas
grande Religion , mais neanmoins
inclinoit plus à la Reformée
qu'à la Romaine , &
qui fe mefloit de faire des
Nativitez , en quoy il avoit
fouvent bien rencontré, Elle:
luy commanda lors qu'Elle
vir la Reyne fa Femme en
travail , de mettre une Mon ..
tre bien ajustée fur la Table,.
pour connoître certainement
#
Dij
44 MERCURE
l'heure & la minute que l'Enfant
viendroit au monde ; que
fi c'eftoit un Fils , d'en tirer
une Heure natale , ce qu'il
promit de faire , & neanmoins
fut quinze jours fans
en parler , dequoy Sa Majeſté
fe reffouvenant lors que vous
luy parlâtes de la Broffe , au
trefois voftre Précepteur, qui
fe mefloit auffi de prédire,
il appella ledit S ' de la Riviere
, & l'ayant tiré à part,
luy dit devant vous , Mais à
propos, M ' de la Riviere , vous
ne me dites rien fur la naif
fance de mon Fils le DauGALANT.
45
phin.Qu'en avez -vous trouvé?
SIRE, répondit il , j'en avois
commencé quelque chofe,
mais j'ay tout laiffé là , ne me
voulant plus amufer à cette
Science , que j'ay en partie
oubliée , l'ayant toûjours reconnue
grandement fautive.
O dit le Roy , je vois bien
que ce n'eft pas là où il vous
tient , car vous n'eftes pas
de ces tant fcrupuleux , mais
c'eft en effet que vous ne
m'en voulez rien dire, crainte
de mentir ou de me fâcher;
mais quoy qu'il y ait , je le
yeux fçavoir, voire vous com
!
46 MERCURE
mande, fur peine de m'offenfer,
de m'en parler librement.
Sur quoy les de la Riviere
voyant preffé , apres trois
ou quatre autres refus , fina
lement comme tout en colere
, luy dit. SIRE , voftre
Fils vivra âge d'Homme , regnera
plus que vous ; mais
vous & luy ferez tous diférens
en inclinations & hu
meurs . Il aimera ſes opinions
& fantaifies , & quelquefois.
celles d'autruy , plus penfer
que dire fera de faifon , de
folations menacent vos an
ciennes affiftances ; vos mé
GALANT. 47
&
apres
nagemens feront déménagez
, il exécutera choles grandes
; fera fort heureux en fes
deffeins , & fera fort parler
de luy dans la Chreftienté ;
toûjours Paix & Guerre ; de
lignée , il en aura ,
luy les chofes empireront
;
qui eft tout ce que vous en
fçaurez de moy , & plus que
je ne m'eftois refolu de vous
en dire . Sur quoy le Roy
s'eftant mis à refver , affez
mélancolique , il luy dit . Vous
entendez
les Huguenots
, je
le vois bien , mais vous dites
cela parce que vous en te48
MERCURE
nez . Sire , dit M ' de la Ri
viere , j'entens tout ce qu'il
vous plaira , mais vous n'en
fçaurez pas davantage de
moy ; & comme tout mutiné
fe retira. Puis le Roy vous .
ayant pris par la main , vous
mena dans le creux d'une Fe
neftre , où il vous entretint
affez long- temps fur ce fujet,
comme nous l'avons entendu
de vous- mefme , fans neanmoins
en avoir rien fceu davantage
, ce que vous fuppléerez
quand il vous plaira .
Des quatre Autheurs qui ont
recüeilly les Mémoires de "M" de
Sully
GALANT. 49
Sully , quelques- uns témoignent
enplufieurs endroits, qu'ils eftoient
de la R.P.R. Cependant ils partent
de ce Pronoftic fort naturellement.
M' de Sully l'eftoit auffi,
le Livre a efté imprimé en une
Ville Proteftante , & par confequent
il en doit paroiftre moinsfufpect.
Que dites- vous, Monfieur,
de celuy qui l'a fait ? Trouvez-
-vous qu'il ait deviné ? Ces affiftances
données par Henry IV.
aux Huguenots , ont- elles efté de
quelque confidération fous fon
Succeffeur ? Na-t-on pas veu
que Louis XIII. a bien fceu dé
ménager les ménagemens de fon
May 1685.
E
50 MERCURE
·Pere , & par
l'abatement
d'un
nombre
infiny de Temples
, par
des Converfions
continuelles
, &
par la décadence
des Affaires
des Huguenots
? Le St de la Riviére
n'a-t- il pas bien jugé que
LOUIS
XIV. en feroit plus
que fon Prédeceffeur
, & que
fous la lignée
de celuy- cy les chofes
des Huguenots
empireroient
.
Nos Prétendus
auront
beau chercher
quelque
détour & quelque
explication
à cet Entretien
, qui
leur foit
favorable
; je croy qu'ils
y reüffiront
auffi mal , qu'ils ont
reiffy
à trouver
dans la Sainte
Ecriture
leurs Dogmes
& leurs
GALANT.
51
Erreurs. Il y a apparence que fi
le S de la Riviere avoit voulu
s'expliquer , il auroit prédit de
grands événemens là- deffus ; mais
comme il eftoit mutiné de ce que
fafcience luy en avoit trop apris,
& qu'il lifoit trop bien dans l'avenir
que la ruine de fa Religion
eftoit refervée aux pieux
deffeins du Roy , il aima mieux
fe taire , que de fe trouver oblige
de dire des chofes qui le chagri
noient , qui auroient étonné ceux
de fon temps , & préparé tout le
monde à voirreüffir ce qu'il avoit
préven. Je voudrois bien, Monficur
, que nos Sçavans vouluſ-
E ij
52 MERCURE
que
fent un peu raifonnerfur la Science
des Horofcopes , & apprendre au
Public par vostre moyen , fi elle
est affeurée
ou non. Je fuis perfuadé
avec bien des Gens ,
les Conftellations qui réguent au
temps des naifances , peuvent infpirer
des inclinations particulie
res , former la bonne ou la
mauvaife fortune ; mais que fur
des Figures tracées , quefur l'exa
men d'une Etoile , que fur l'influence
d'un Signe , on puiffe fon
der quelque certitude pour les
actions futures des Enfins de
celuy qui naist , c'est ce qui me
paffe. Cependant le S de la RiGALANT.
53
viere , enfaisant l'Horoscope de
Louis le Juste , a fait connoistre
ce que Louis LE GRAND fon
Fils devoit faire apres luy n
non content d'avoir appris à
Henry IV. que fon Fils attaqueroit
l'Heréfie , il a fait connoistre
qu'elle feroit aux abois
fous le Régne de fon Petit-fils.
Pour moy , je crois que pour tout
autre que pour le Roy , de fem
blables Propheties feroient im
poffibles ; mais il faut que pour
un Prince extraordinaire , tout
ce qui le regarde foit extraordi_
naire. Jefuis , &c.
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Résumé : LETTRE SUR LE PRONOSTIC du Sr de la Riviere, Medecin du Roy Henry IV touchant la Religion Protestante en France.
La lettre du 28 avril 1685 discute du pronostic du sieur de la Rivière, médecin du roi Henri IV, concernant l'avenir de la religion protestante en France. Elle souligne la facilité avec laquelle le destinataire loue le monarque pour ses actions justes et pieuses. Les mémoires de Maximilien de Béthune, duc de Sully, incluent un pronostic de la Rivière prédisant la fin de la religion protestante sous Louis XIV, publié dans le second volume des mémoires imprimé à Amsterdam. La lettre mentionne la naissance du dauphin en 1601 et la curiosité du roi Henri IV concernant ce pronostic. La Rivière révèle que le dauphin vivrait plus longtemps que son père mais soutiendrait les huguenots. Henri IV, comprenant que la Rivière était protestant, met fin à la conversation. La lettre note que plusieurs auteurs des mémoires de Sully étaient protestants, ce qui rend le pronostic moins suspect. Elle évoque également la publication d'un livre dans une ville protestante et les assurances données par Henri IV aux Huguenots, se demandant si elles ont été respectées sous Louis XIII. Louis XIII a réduit le nombre de temples protestants et favorisé les conversions, entraînant la décadence des affaires des Huguenots. La Rivière avait prédit que Louis XIV agirait plus sévèrement envers les huguenots. Le texte critique les tentatives des réformés de trouver des explications favorables à cet entretien et suggère que la Rivière aurait pu prédire de grands événements mais a préféré se taire. Il aborde aussi la question de la science des horoscopes, exprimant des doutes sur leur capacité à prédire les actions futures. La Rivière avait tracé l'horoscope de Louis XIV, prédisant sa répression de l'hérésie et la situation sous le règne de son petit-fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1336
p. 54-60
Article touchant la Démolition du Temple de Chastillon sur Loing, [titre d'après la table]
Début :
Vous voyez, Madame, que par ce qui est rapporté dans cette [...]
Mots clefs :
Hérésie, Conversions, Châtillon-Coligny, Édit, Privilèges, Prêcher, Temple, Prétendus réformés, Destructions, Arrêts, Controverse, Outrages, Louis le Grand, Extermination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article touchant la Démolition du Temple de Chastillon sur Loing, [titre d'après la table]
Vous voyez, Madame, quer
par ce qui eft rapporté dans
cette Lettre , on connoift
qu'au moment de la Naiſſance
de Louis XIII . on découvrit
ce que LoIS LE GRAND
devoit faire un jour pour l'Extirpation
de l'Heréfie . La
quantité de Perfonnes qui
continuent de fe convertir,
donne lieu de dire qu'elle eft
aux abois. Vous fçavez déja
peut-eftre ce qui eſt arrivé
depuis trois mois en la Ville
de Chaftillon fur Loing. Par
l'Edit figné au Château d'Amboiſe
le 19. Mars 1563. on perGALANT.
55
mitaux Gentilshomes
d'avoir
des Preſches chez eux . Les
Seigneurs de Chaſtillon joüirent
de ce Privilege , & enfin
Gafpard de Coligny, Petit- Fils
de l'Amiral , fe trouvant incommodé
du grand nombre
de Peuple qui fe rendoit en
fon Chafteau de Chaftillon
pour affifter au Preſche , fit
transferer cet Exercice dans
la Ville vers l'année 1615. & .
en 1619. il acheta un Jardin ,
où fut bafty le Temple des
Prétendus Reformez . Ainfi à
l'exemple de plufieurs autres
Seigneurs , il fit un Exercice
E iiij
56 MERCURE
public d'un Exercice qui n'étoit
que perfonel Ona prouvé
par Piéces juftificatives , que
les Prétendus Reformez n'ont
commencé à faire leurs Pref
ches dans la Ville de Châtillon
qu'en 1619. dans la
quelle année ilsloüérent deux
Chambres pour y faire leur
Exercice , & que la Place où
ils ont bafty leur Temple, ne
fut achetée qu'en 1619. par
Gafpard de Coligny. Il eft
conſtant qu'avant ce tempslà
, l'Exercice de leur Religion
avoit toûjours efté fait hors
de la Ville, dans la Maifon du
GALANT. 57
Seigneur , qui payoit la principale
portion de l'entretenement
du Miniſtre , & que
cet Exercice dépendoit tellement
de fa perfonne , qu'on
n'auroit ofé y rien changer
qu'il ne l'euft permis . Toutes
ces chofes ayant eſté meurement
examinées , le Roy par
fon Arreft du Confeil d'Etat
du 12. Fevrier dernier , a interdit
pour toûjours l'Exercice
public de la Religion
Prétendue Reformée en la
Ville de Chaſtillon fur Loing,
& ordonné que le Temple
qui y eft conftiuit , fera dé58
MERCURE
moly juſqu'aux fondemens .
Cet Arreft , & plufieurs
autres de mefme nature, confirment
bien ce que le Pere
Alexis du Buc , Theatin, a dit
à la louange du Roy dans
une de fes Controverfes. On
pas de ce grand Monarne
dira
que, comme d'Aza Roy d'Ifraël,
Verumtamen non abftulit excelfa.
Aza eftoitpieux ; il avoit
du zéle pour le culte du vray
Dien. Fecit Aza , dit l'Ecriture
, rectum ante confpectum
Domini. Mais quelque grand
que fust fon zéle pour exterminer
l'Idolatrie , non abftulit:
GALANT. 59
excelfa , il n'abatit pas les Temples
que Salomon avoit fait baftir
aux Idoles. Henry le Grand,
dans un temps fâcheux , & dans
l'impoffibilité de fe vanger des
outrages de ceux de la Religion
Prétendue Reformée
, figna en
leur faveur l'Edit de Nantes,
& leur accorda le Temple de Charenton
, qui est contraire à l'Ar-
·
ticle
14.
de cet Edit , qui défend .
de faire aucun Exercice public de
·la Religion , plus prés de Paris
que quatre lienës. Louis le fufte,
à qui Dieu avoit prestéfon Bras
pour ôter la Rochelle aux Prétendus
Reformez , n'abatit pas
60 MERCURE
le zéle du
les Temples qu'ils y avoient , verumtamen
non abftulit ex.
celfa ; mais LOUIS LE GRAND
imitant la pieté
SaintRoyFofias, qui ôta les Antels
des faux Dieux , & chaſſa
les faux Prophetes , fait démolir
les Prefches par tout fon Royaume
, détruit les Colleges où l'on
enfeignoit l'Heréfie , dans tous
les endroits où l'on n'a point de
droit d'en avoir , employe fa
puissance à exterminer ce Monftre
du fein de fes Etats.
par ce qui eft rapporté dans
cette Lettre , on connoift
qu'au moment de la Naiſſance
de Louis XIII . on découvrit
ce que LoIS LE GRAND
devoit faire un jour pour l'Extirpation
de l'Heréfie . La
quantité de Perfonnes qui
continuent de fe convertir,
donne lieu de dire qu'elle eft
aux abois. Vous fçavez déja
peut-eftre ce qui eſt arrivé
depuis trois mois en la Ville
de Chaftillon fur Loing. Par
l'Edit figné au Château d'Amboiſe
le 19. Mars 1563. on perGALANT.
55
mitaux Gentilshomes
d'avoir
des Preſches chez eux . Les
Seigneurs de Chaſtillon joüirent
de ce Privilege , & enfin
Gafpard de Coligny, Petit- Fils
de l'Amiral , fe trouvant incommodé
du grand nombre
de Peuple qui fe rendoit en
fon Chafteau de Chaftillon
pour affifter au Preſche , fit
transferer cet Exercice dans
la Ville vers l'année 1615. & .
en 1619. il acheta un Jardin ,
où fut bafty le Temple des
Prétendus Reformez . Ainfi à
l'exemple de plufieurs autres
Seigneurs , il fit un Exercice
E iiij
56 MERCURE
public d'un Exercice qui n'étoit
que perfonel Ona prouvé
par Piéces juftificatives , que
les Prétendus Reformez n'ont
commencé à faire leurs Pref
ches dans la Ville de Châtillon
qu'en 1619. dans la
quelle année ilsloüérent deux
Chambres pour y faire leur
Exercice , & que la Place où
ils ont bafty leur Temple, ne
fut achetée qu'en 1619. par
Gafpard de Coligny. Il eft
conſtant qu'avant ce tempslà
, l'Exercice de leur Religion
avoit toûjours efté fait hors
de la Ville, dans la Maifon du
GALANT. 57
Seigneur , qui payoit la principale
portion de l'entretenement
du Miniſtre , & que
cet Exercice dépendoit tellement
de fa perfonne , qu'on
n'auroit ofé y rien changer
qu'il ne l'euft permis . Toutes
ces chofes ayant eſté meurement
examinées , le Roy par
fon Arreft du Confeil d'Etat
du 12. Fevrier dernier , a interdit
pour toûjours l'Exercice
public de la Religion
Prétendue Reformée en la
Ville de Chaſtillon fur Loing,
& ordonné que le Temple
qui y eft conftiuit , fera dé58
MERCURE
moly juſqu'aux fondemens .
Cet Arreft , & plufieurs
autres de mefme nature, confirment
bien ce que le Pere
Alexis du Buc , Theatin, a dit
à la louange du Roy dans
une de fes Controverfes. On
pas de ce grand Monarne
dira
que, comme d'Aza Roy d'Ifraël,
Verumtamen non abftulit excelfa.
Aza eftoitpieux ; il avoit
du zéle pour le culte du vray
Dien. Fecit Aza , dit l'Ecriture
, rectum ante confpectum
Domini. Mais quelque grand
que fust fon zéle pour exterminer
l'Idolatrie , non abftulit:
GALANT. 59
excelfa , il n'abatit pas les Temples
que Salomon avoit fait baftir
aux Idoles. Henry le Grand,
dans un temps fâcheux , & dans
l'impoffibilité de fe vanger des
outrages de ceux de la Religion
Prétendue Reformée
, figna en
leur faveur l'Edit de Nantes,
& leur accorda le Temple de Charenton
, qui est contraire à l'Ar-
·
ticle
14.
de cet Edit , qui défend .
de faire aucun Exercice public de
·la Religion , plus prés de Paris
que quatre lienës. Louis le fufte,
à qui Dieu avoit prestéfon Bras
pour ôter la Rochelle aux Prétendus
Reformez , n'abatit pas
60 MERCURE
le zéle du
les Temples qu'ils y avoient , verumtamen
non abftulit ex.
celfa ; mais LOUIS LE GRAND
imitant la pieté
SaintRoyFofias, qui ôta les Antels
des faux Dieux , & chaſſa
les faux Prophetes , fait démolir
les Prefches par tout fon Royaume
, détruit les Colleges où l'on
enfeignoit l'Heréfie , dans tous
les endroits où l'on n'a point de
droit d'en avoir , employe fa
puissance à exterminer ce Monftre
du fein de fes Etats.
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Résumé : Article touchant la Démolition du Temple de Chastillon sur Loing, [titre d'après la table]
Le texte décrit des événements relatifs à la religion réformée en France, particulièrement à Châtillon-sur-Loing. À la naissance de Louis XIII, des signes annonçaient les futures actions de Louis XIV contre l'hérésie. En 1563, un édit autorisa les gentilshommes à organiser des prêches chez eux. Gaspard de Coligny, petit-fils de l'amiral, déplaça ces prêches en ville en 1615 et acquit un jardin pour y construire un temple en 1619. Avant cela, les prêches se déroulaient dans la maison du seigneur, qui finançait principalement le ministre. Le roi, par un arrêt du Conseil d'État du 12 février, interdit l'exercice public de la religion réformée à Châtillon-sur-Loing et ordonna la démolition du temple. Cet arrêt illustre les mesures de Louis XIV contre les temples réformés, s'inspirant de la piété de rois antérieurs comme Saint Louis, qui avait éliminé les faux dieux et prophètes.
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1337
p. 60-77
Autre de Montelimart, touchant le mesme sujet, [titre d'après la table]
Début :
Il y a lieu d'esperer qu'il en sera bien tôt tout à fait banny. [...]
Mots clefs :
Montélimar, Troubles, Prétendus réformés, Temple, Louis le Grand, Ennemis de la religion, Évêque de Valence, Hérésie, Démolition, Édits, Consistoire, Ordonnance, Procès, Muraille, Croix, Cérémonie royale, Inscriptions, Louanges au roi, Conversions
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texteReconnaissance textuelle : Autre de Montelimart, touchant le mesme sujet, [titre d'après la table]
Il y a lieu d'efperer qu'il en
fera bien tôt tout- à - fait banny.
Il l'eft déja de Montelimard
GALANT. 61
La Province de Dauphiné
par la proximité du Vivarets
& du Languedoc , ayant toûjours
efté le Théatre de la
Guerre , pendant les Troubles
les Prétendus Reque
formez exciterent dans le
Royaume , cette Ville fut regardée
dés lors par les Chefs
les plus puiffans du Party,
comme le lieu qu'ils jugeoient
le plus propre pour
le maintenir. Ce fut dans cét
efprit que M' le Conneftable
de Lefdiguieres , aprés s'en
eftre rendu le Maiſtre , trouvant
dans cette Place qu'il
62 MERCURE
appelloit communément fon
Boulevard de la Plaine , tout
ce qui pouvoit faciliter l'execution
de fes deffeins , non
la force de fa
feulement par
Citadelle
, mais encore par
fa fituation
avantageufe
qui
n'est qu'à un quart de lieuë
du Rofne , y fit bâtir un Temple
l'an 1599. qu'il fonda
de
vingt- quatre mille livres. Les
Particuliers
fuivant fon exemple
, contribuerent
chacun
à
l'envy à le rendre
un des plus
beaux & des plus confiderables
de la Province
. C'eftoit
bien affez qu'il euft ſubſiſté
GALANT. 63
dans tout fon éclat pendant
prés d'un Siecle. Le temps de
fa chûte eftoit arrivé , & Dieu
l'avoit réfervé au glorieux Regne
de LOUIS le Grand , qui
ne goûte jamais un plus doux
trióphe, que lors qu'il le remporte
fur les Ennemis de la
Religion. Le zele qu'il a pour
la faire reconnoiftre dans toute
la France , luy donnant un
juſte diſcernement pour le
choix des Prelats capables.
de la foûtenir , fit tomber le
fien fur Meffire Daniel de
Cofnac, à prefent Evefque de
Valence , & Comte de Die.
64 MERCURE
Sa Maiſon eft fort illuftre , &
a donné des Cardinaux à l'Eglife
. Pour fa Perfonne , je
n'ay point d'autre éloge à
vous en faire qu'en vous difant
, que depuis qu'il a eſté
nommé par Sa Majeſté , il n'a
rien épargné pour détruire
l'Heréfie dans fon Dioceſe ,
Un tres - grand nombre de
Temples que l'on y a abattus
par le foin qu'il a pris de faire
voir des contraventions manifeftes
aux Edits , & aux Dé
clarations du Roy , parlent
mieux de ſa gloire , que tout
ce que je pourrois vous en
GALANT. 65
dire , fans qu'il foit befoin
que je vous faffe fouvenir de
celle qu'il s'acquit dans une
des dernieres Affemblées du
Clergé , dans laquelle il ne
donna pas moins de marques.
de fa pieté, que de fon efprit.
Mais pour ne vous arrefter
pas davantage ſur cet article
qui me meneroit trop loin,
je paffe à ce qui a donné lieu
a la démolition du Temple
de Montelimard. Le Sieur
Chirou qui en eftoit le Mr.
niftre , ayant receuà la Com ..
munion la nommée Amabile
Chaufin , Relapfe, contre les›
May 1685,
F
66 MERCURE
Ordonnances , fut obligé avec
tout le Confiftoire de répondre
au Procez qui luy fuc
intenté au Parlement de Grenoble.
My de Valence montra
le zele d'un veritable Pa
fteur dans tout ce Procez,
dont il commit la pourſuite à
M'Faure Prieur de Saint Mar
cel , & Vifiteur Genéral de
l'Ordre de Cluny , pendant
que d'autres affaires de fon
Dioceſe , aufli importantes
que celle-là, l'appelloient ailleurs
de temps en temps. M
Faure fit toutes les diligences
neceffaires. Les Defenfes
GALANT. 67
des Prétendus Reformez furent
écoutées . On examina
les Ordonnances , & enfin le
12. Juillet de l'année derniere
, le Parlement de Grenoble
donna Arreſt , portant:
que l'Exercice de la Religion
Prétendue Reformée feroit
pour toûjours interdit dans la
Ville de Montelimard le:
Temple razé , & qu'au milieu :
de fa place, il feroit élevé une
Croix de Pierre fur un pied
d'eftal , pour y demeurer à
perpetuité , le Miniftre Chirou
, & la Relapſe , con..
damnez au Banniffemena .
>
Fij.
68 MERCURE
le coup fuft rude
Quoy que
aux Prétendus
Reformez
, il fa
lut qu'ils obeïffent, & ils abatirent
eux- mefmes leur Temple
dés le mois d'Aouft der
nier ; mais comme les fondemens
qui en reftoient
leur
laiffoient
quelque
efperance -
de le revoir un jour fur pied, ik
leur fut ordonné par un fecond
Arreft du mois de Ser
ptembre
fuivant , d'arracher
les fondations
des murailles.
du Temple , & d'en porter
les Materiaux
hors de la Vil
le ; ce qui ayant efté fait , il
ne manquoit
plus pour l'exe
GALANT. 69
que
cution entiere de ces Arrefts,
de faire élever une Croix
au milieu de la Place où l'on
avoit abatu le Temple , qui
fuft un monument éternel
de la victoire qu'elle a remportée
fur l'Heréfie . M' de
·Valence ayant voulu aller luy
mefme en perfonne rendrecompte
de toutes ces chofes
à Sa Majefté, en remit la Ceremonie
jufqu'au 16. Avril
dernier , qu'elle fe firà Mon
telimard avec beaucoup d'éclat
& de pompe . On n'é
pargna aucune dépense pour
embellir certe Croix. Aux
a
7
70 MERCURE
4
quatre faces de fon pied d'eftal
, on lit de fort belles Infcriptions
Latines de la compofition
du Pere le Brun Jéfuite
, qui a prefché tout le
Carefme dans l'Eglife Collé
giale de cette Ville - là , avec
l'applaudiffement genéral de
fon Auditoire. Une partie de
ces Infcriptions marque le
fait , & l'autre eft à la Îoüange
du Roy. Toutes chofes
ayant efté difpofées , M ' l'Evefque
fe rendit à Montelis
mard , non feulement pour
Benediction
de la Croix, mais
pour celle d'une Cloche qui
la
GALANT. 71
fervoit au Téple des Religionnaires
, par un privilege qu'ils
avoient ufurpé. Par les Déclarations
de Sa Majefté des
années 1666. & 1669. il leur
eft défendu de s'affemblerau
fon de la Cloche dans les
lieux où il y a Citadelle ou
Garnifon , ce qui donna lieu
à M's du Chapitre de Sainte
Croix , de fe pourvoir en
1680. devant M' d'Herbigny,
Intendant alors en Dauphi
né , pour faire ordonner
qu'en conformité de ces Déclarations
le Clocher du
Temple feroit démoly , & la
>
72 MERCURE
deux
Cloche fequeftrée . M Bau
teac , fameux Avocat de
Montelimard , entreprit cette
Affaire au nom du Chapi,
tre, & la mit en état par
Difcours publiquement fairs
en prefence de M d'Herbi
gny,de forte que lesReligion
naires fe tenant pour con
damnez , ofterent leur Clos
che dans le delay qui leurfut
donné pour répondre , &
Fenterrerent dans une Cave.
Cette Cloche ayant efté re
mife à M du Chapitre , par
les foins de M Remond l'un
des Chanoines , M Fargier
en
GALANT. 73
en fut le Parain au nom de la
Ville , & Madame de Com
beaumont la Maraine. C'eft
une Dame convertie depuis
environ quatre ans , d'une
pieté exemplaire , & d'un fi
grand zele pour la Religion
Catholique , qu'elle l'a fait
embraffer à toute fa famille,
composée de trois Fils & de
cinq Filles. M' 1' Evefque
fon arrivée fut harangué
par M Baile Lieutenant Genéral
, à la tefte de tout fon
Corps , fon Difcours fut fort
poly ,& prononcé avec beaucoup
de grace. Quoy qu'il
May 1685.
G
74 MERCURE 7
ait à peine vingt ſept ans , il
s'eft acquis l'eftime de tout
le monde dans la fonction
de fa Charge. M' du Claux
Préfident à l'Election qui
parla enfuite , fit un Compli
ment dont on ne fut pas
moins fatisfait.C'eft un Homme
d'un merite diftingué , &
quia beaucoup de délicateffe
d'efprit . M' de Valence qui
fut auffi complimenté par les
Confuls , avant que de le rendre
à la place du Temple , entendit
dans l'Eglife Collégia
le de Sainte Croix , dont le
Chapitre l'avoit cfté prendre
GALANT 75
en Corps , la Predication qui
y fut prononcée par M' Faure.
On peut dire qu'il le furpafla
luy melme en cette occafion
. Il prit pour fon Texy
, Abfit mihi gloriari nifi in
Cruce Domini , & finit par l'Eloge
du Roy , en s'adreſſant
à M l'Eyelque qu'il loua d'une
maniere fort éloquente
fur fon zele pour la Reli
gion. Il receut de grands ap
plaudiffemens de toute l'AL
lemblée qui fe trouva fort
nombreuſe. Enſuite M' de
Valence revetu de fes Habits
Pontificaux , précedé de
ایک
Gij
76 MERCURE
CorpsReligieux & du tous les
20027ten
Chapitre
à la
Place
du
partit
en
Procef
.
fion
pour
a
Temple, pendantque la hou.
velle Cloche & les anciennes
fonnoient à la fois. Me
Comté dé Virvile , Gouver.
neur de Montelimard , qui
avoit regalé ce Prélat magnifiquement
, avoit fait mettre
fous les armes une partie de
La Bourgeoifie, auffi bien que
la Garniſon de la Citadelle.
L'une & l'autre All une fort
diop
Bald
Belle décharge . La Bénegr
ction faite avec les Ceremo
nies ordinaires Mª de Va-
·
GALANT 77
lence receur au pied de la
Croix l'Abjuration d'une
Femme. Il avoit auparavant
receu cceellllee d'un Gentilhom,
me dans un autre lieu . Aprés
qu'il luy eut fait faire fa Profeffion
de Foy, tilheretourna à
l'Eglife dans le mefme ordre
qu'il eftoit party. La Mufi
que qu'on avoit fait venir des
Villes voifines , entonna le
Te Deum , & la Benediction
du Saint Sacrement fut donnée
par M' l'Evefque , qui fut
Μ
remené chez luy par M' du
Chapitre,& par tous les Corps
Religieux.
fera bien tôt tout- à - fait banny.
Il l'eft déja de Montelimard
GALANT. 61
La Province de Dauphiné
par la proximité du Vivarets
& du Languedoc , ayant toûjours
efté le Théatre de la
Guerre , pendant les Troubles
les Prétendus Reque
formez exciterent dans le
Royaume , cette Ville fut regardée
dés lors par les Chefs
les plus puiffans du Party,
comme le lieu qu'ils jugeoient
le plus propre pour
le maintenir. Ce fut dans cét
efprit que M' le Conneftable
de Lefdiguieres , aprés s'en
eftre rendu le Maiſtre , trouvant
dans cette Place qu'il
62 MERCURE
appelloit communément fon
Boulevard de la Plaine , tout
ce qui pouvoit faciliter l'execution
de fes deffeins , non
la force de fa
feulement par
Citadelle
, mais encore par
fa fituation
avantageufe
qui
n'est qu'à un quart de lieuë
du Rofne , y fit bâtir un Temple
l'an 1599. qu'il fonda
de
vingt- quatre mille livres. Les
Particuliers
fuivant fon exemple
, contribuerent
chacun
à
l'envy à le rendre
un des plus
beaux & des plus confiderables
de la Province
. C'eftoit
bien affez qu'il euft ſubſiſté
GALANT. 63
dans tout fon éclat pendant
prés d'un Siecle. Le temps de
fa chûte eftoit arrivé , & Dieu
l'avoit réfervé au glorieux Regne
de LOUIS le Grand , qui
ne goûte jamais un plus doux
trióphe, que lors qu'il le remporte
fur les Ennemis de la
Religion. Le zele qu'il a pour
la faire reconnoiftre dans toute
la France , luy donnant un
juſte diſcernement pour le
choix des Prelats capables.
de la foûtenir , fit tomber le
fien fur Meffire Daniel de
Cofnac, à prefent Evefque de
Valence , & Comte de Die.
64 MERCURE
Sa Maiſon eft fort illuftre , &
a donné des Cardinaux à l'Eglife
. Pour fa Perfonne , je
n'ay point d'autre éloge à
vous en faire qu'en vous difant
, que depuis qu'il a eſté
nommé par Sa Majeſté , il n'a
rien épargné pour détruire
l'Heréfie dans fon Dioceſe ,
Un tres - grand nombre de
Temples que l'on y a abattus
par le foin qu'il a pris de faire
voir des contraventions manifeftes
aux Edits , & aux Dé
clarations du Roy , parlent
mieux de ſa gloire , que tout
ce que je pourrois vous en
GALANT. 65
dire , fans qu'il foit befoin
que je vous faffe fouvenir de
celle qu'il s'acquit dans une
des dernieres Affemblées du
Clergé , dans laquelle il ne
donna pas moins de marques.
de fa pieté, que de fon efprit.
Mais pour ne vous arrefter
pas davantage ſur cet article
qui me meneroit trop loin,
je paffe à ce qui a donné lieu
a la démolition du Temple
de Montelimard. Le Sieur
Chirou qui en eftoit le Mr.
niftre , ayant receuà la Com ..
munion la nommée Amabile
Chaufin , Relapfe, contre les›
May 1685,
F
66 MERCURE
Ordonnances , fut obligé avec
tout le Confiftoire de répondre
au Procez qui luy fuc
intenté au Parlement de Grenoble.
My de Valence montra
le zele d'un veritable Pa
fteur dans tout ce Procez,
dont il commit la pourſuite à
M'Faure Prieur de Saint Mar
cel , & Vifiteur Genéral de
l'Ordre de Cluny , pendant
que d'autres affaires de fon
Dioceſe , aufli importantes
que celle-là, l'appelloient ailleurs
de temps en temps. M
Faure fit toutes les diligences
neceffaires. Les Defenfes
GALANT. 67
des Prétendus Reformez furent
écoutées . On examina
les Ordonnances , & enfin le
12. Juillet de l'année derniere
, le Parlement de Grenoble
donna Arreſt , portant:
que l'Exercice de la Religion
Prétendue Reformée feroit
pour toûjours interdit dans la
Ville de Montelimard le:
Temple razé , & qu'au milieu :
de fa place, il feroit élevé une
Croix de Pierre fur un pied
d'eftal , pour y demeurer à
perpetuité , le Miniftre Chirou
, & la Relapſe , con..
damnez au Banniffemena .
>
Fij.
68 MERCURE
le coup fuft rude
Quoy que
aux Prétendus
Reformez
, il fa
lut qu'ils obeïffent, & ils abatirent
eux- mefmes leur Temple
dés le mois d'Aouft der
nier ; mais comme les fondemens
qui en reftoient
leur
laiffoient
quelque
efperance -
de le revoir un jour fur pied, ik
leur fut ordonné par un fecond
Arreft du mois de Ser
ptembre
fuivant , d'arracher
les fondations
des murailles.
du Temple , & d'en porter
les Materiaux
hors de la Vil
le ; ce qui ayant efté fait , il
ne manquoit
plus pour l'exe
GALANT. 69
que
cution entiere de ces Arrefts,
de faire élever une Croix
au milieu de la Place où l'on
avoit abatu le Temple , qui
fuft un monument éternel
de la victoire qu'elle a remportée
fur l'Heréfie . M' de
·Valence ayant voulu aller luy
mefme en perfonne rendrecompte
de toutes ces chofes
à Sa Majefté, en remit la Ceremonie
jufqu'au 16. Avril
dernier , qu'elle fe firà Mon
telimard avec beaucoup d'éclat
& de pompe . On n'é
pargna aucune dépense pour
embellir certe Croix. Aux
a
7
70 MERCURE
4
quatre faces de fon pied d'eftal
, on lit de fort belles Infcriptions
Latines de la compofition
du Pere le Brun Jéfuite
, qui a prefché tout le
Carefme dans l'Eglife Collé
giale de cette Ville - là , avec
l'applaudiffement genéral de
fon Auditoire. Une partie de
ces Infcriptions marque le
fait , & l'autre eft à la Îoüange
du Roy. Toutes chofes
ayant efté difpofées , M ' l'Evefque
fe rendit à Montelis
mard , non feulement pour
Benediction
de la Croix, mais
pour celle d'une Cloche qui
la
GALANT. 71
fervoit au Téple des Religionnaires
, par un privilege qu'ils
avoient ufurpé. Par les Déclarations
de Sa Majefté des
années 1666. & 1669. il leur
eft défendu de s'affemblerau
fon de la Cloche dans les
lieux où il y a Citadelle ou
Garnifon , ce qui donna lieu
à M's du Chapitre de Sainte
Croix , de fe pourvoir en
1680. devant M' d'Herbigny,
Intendant alors en Dauphi
né , pour faire ordonner
qu'en conformité de ces Déclarations
le Clocher du
Temple feroit démoly , & la
>
72 MERCURE
deux
Cloche fequeftrée . M Bau
teac , fameux Avocat de
Montelimard , entreprit cette
Affaire au nom du Chapi,
tre, & la mit en état par
Difcours publiquement fairs
en prefence de M d'Herbi
gny,de forte que lesReligion
naires fe tenant pour con
damnez , ofterent leur Clos
che dans le delay qui leurfut
donné pour répondre , &
Fenterrerent dans une Cave.
Cette Cloche ayant efté re
mife à M du Chapitre , par
les foins de M Remond l'un
des Chanoines , M Fargier
en
GALANT. 73
en fut le Parain au nom de la
Ville , & Madame de Com
beaumont la Maraine. C'eft
une Dame convertie depuis
environ quatre ans , d'une
pieté exemplaire , & d'un fi
grand zele pour la Religion
Catholique , qu'elle l'a fait
embraffer à toute fa famille,
composée de trois Fils & de
cinq Filles. M' 1' Evefque
fon arrivée fut harangué
par M Baile Lieutenant Genéral
, à la tefte de tout fon
Corps , fon Difcours fut fort
poly ,& prononcé avec beaucoup
de grace. Quoy qu'il
May 1685.
G
74 MERCURE 7
ait à peine vingt ſept ans , il
s'eft acquis l'eftime de tout
le monde dans la fonction
de fa Charge. M' du Claux
Préfident à l'Election qui
parla enfuite , fit un Compli
ment dont on ne fut pas
moins fatisfait.C'eft un Homme
d'un merite diftingué , &
quia beaucoup de délicateffe
d'efprit . M' de Valence qui
fut auffi complimenté par les
Confuls , avant que de le rendre
à la place du Temple , entendit
dans l'Eglife Collégia
le de Sainte Croix , dont le
Chapitre l'avoit cfté prendre
GALANT 75
en Corps , la Predication qui
y fut prononcée par M' Faure.
On peut dire qu'il le furpafla
luy melme en cette occafion
. Il prit pour fon Texy
, Abfit mihi gloriari nifi in
Cruce Domini , & finit par l'Eloge
du Roy , en s'adreſſant
à M l'Eyelque qu'il loua d'une
maniere fort éloquente
fur fon zele pour la Reli
gion. Il receut de grands ap
plaudiffemens de toute l'AL
lemblée qui fe trouva fort
nombreuſe. Enſuite M' de
Valence revetu de fes Habits
Pontificaux , précedé de
ایک
Gij
76 MERCURE
CorpsReligieux & du tous les
20027ten
Chapitre
à la
Place
du
partit
en
Procef
.
fion
pour
a
Temple, pendantque la hou.
velle Cloche & les anciennes
fonnoient à la fois. Me
Comté dé Virvile , Gouver.
neur de Montelimard , qui
avoit regalé ce Prélat magnifiquement
, avoit fait mettre
fous les armes une partie de
La Bourgeoifie, auffi bien que
la Garniſon de la Citadelle.
L'une & l'autre All une fort
diop
Bald
Belle décharge . La Bénegr
ction faite avec les Ceremo
nies ordinaires Mª de Va-
·
GALANT 77
lence receur au pied de la
Croix l'Abjuration d'une
Femme. Il avoit auparavant
receu cceellllee d'un Gentilhom,
me dans un autre lieu . Aprés
qu'il luy eut fait faire fa Profeffion
de Foy, tilheretourna à
l'Eglife dans le mefme ordre
qu'il eftoit party. La Mufi
que qu'on avoit fait venir des
Villes voifines , entonna le
Te Deum , & la Benediction
du Saint Sacrement fut donnée
par M' l'Evefque , qui fut
Μ
remené chez luy par M' du
Chapitre,& par tous les Corps
Religieux.
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Résumé : Autre de Montelimart, touchant le mesme sujet, [titre d'après la table]
Le texte relate la démolition du temple protestant de Montélimar, situé dans la province de Dauphiné, une région marquée par des troubles religieux. En 1599, le connétable de Lesdiguières fit construire ce temple, financé par lui-même et des particuliers, qui resta debout près d'un siècle. Sous le règne de Louis XIV, connu pour son zèle envers la religion catholique, le temple fut démoli. L'évêque Daniel de Cosnac, nommé par le roi, joua un rôle clé dans cette destruction. Un procès fut intenté contre le ministre du temple, Chirou, et une femme relaps, Amabile Chaufin, menant à l'interdiction du protestantisme à Montélimar. Le temple fut rasé en août 1685 et ses fondations détruites en septembre suivant. Une croix fut érigée à sa place et bénie par l'évêque de Valence en avril 1686. En mai 1685, une nouvelle cloche dédiée au Chapitre fut bénie à Montélimar en présence de M. d'Herbigny. Les religieux offrirent leur ancienne cloche, qui fut enterrée. La nouvelle cloche fut remise par M. Remond, chanoine, avec M. Fargier comme parrain et Madame de Combeaumont comme marraine. Cette dame, convertie depuis environ quatre ans, est reconnue pour sa piété et son zèle pour la religion catholique. À l'arrivée de l'évêque, M. Baile, lieutenant général, prononça un discours élogieux, et M. du Claux, président à l'élection, fut complimenté pour son mérite. Après une prédication de M. Faure, une procession se dirigea vers le temple, accompagnée par les cloches sonnant. Le comte de Virville, gouverneur de Montélimar, organisa une réception et aligna la bourgeoisie et la garnison de la citadelle pour saluer l'évêque. Après la bénédiction, l'évêque reçut l'abjuration d'une femme et d'un gentilhomme, et une messe solennelle fut chantée par la musique des villes voisines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1338
p. 78-80
« La Démolition du Temple de Montelimard a donné lieu / Edifice autrefois de superbe structure, [...] »
Début :
La Démolition du Temple de Montelimard a donné lieu / Edifice autrefois de superbe structure, [...]
Mots clefs :
Édifice, Hérésie, Rébellion, Erreur, Imposteurs, Pasteur, Vérité, Ministre, Évêque de Valence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Démolition du Temple de Montelimard a donné lieu / Edifice autrefois de superbe structure, [...] »
La Démolition du Temple
de Montelimard a donné lieu
à ce Sonner de M l'Abbé du
Claux', Chanoine de Sainte
Croix de Montelimard. C'eft
un digne Frere du Préfident
dont je viens de vous parler,
Vous vous fouviendrez que
le nom de M' l'Evefque de
Valence eft Daniel.
Si no
Ε
E.
Borilor calli
Difice autrefois defuperbeſtructure,
Qu'avoient fait l'Herefie & la Rebellion,
Temple, desplusfameuxdela Belianngion,
gion,balk
Où long- tempsont regne l'erreur &
l'imposture.
GALANT. 79
$2
Tune prévoyois pas une telle avanture;
Tes Pasteurs t'affeuroient que toy,
Sainte Sion,
N'eftantjamais fujette à la
tion,
ג
Corrup-
Tes Murs ne tomberoient qu'avecque
la Nature.
S3
Mais où font ces longsjours dont fou
vent l'ontflaté
Ces Miniftres zélez contre la Vcrité?
Tonfort perpétuel n'eftoit donc rien !
qu'un Songe ?
22%
Malgré le Pronostic tes Mursfont démolis.
Giiij
80 MERCURE
Peuples qui le voyez , n'ensoyez pas
Surpris,
Danielfçeut toûjours triompher du
menfonge.
de Montelimard a donné lieu
à ce Sonner de M l'Abbé du
Claux', Chanoine de Sainte
Croix de Montelimard. C'eft
un digne Frere du Préfident
dont je viens de vous parler,
Vous vous fouviendrez que
le nom de M' l'Evefque de
Valence eft Daniel.
Si no
Ε
E.
Borilor calli
Difice autrefois defuperbeſtructure,
Qu'avoient fait l'Herefie & la Rebellion,
Temple, desplusfameuxdela Belianngion,
gion,balk
Où long- tempsont regne l'erreur &
l'imposture.
GALANT. 79
$2
Tune prévoyois pas une telle avanture;
Tes Pasteurs t'affeuroient que toy,
Sainte Sion,
N'eftantjamais fujette à la
tion,
ג
Corrup-
Tes Murs ne tomberoient qu'avecque
la Nature.
S3
Mais où font ces longsjours dont fou
vent l'ontflaté
Ces Miniftres zélez contre la Vcrité?
Tonfort perpétuel n'eftoit donc rien !
qu'un Songe ?
22%
Malgré le Pronostic tes Mursfont démolis.
Giiij
80 MERCURE
Peuples qui le voyez , n'ensoyez pas
Surpris,
Danielfçeut toûjours triompher du
menfonge.
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Résumé : « La Démolition du Temple de Montelimard a donné lieu / Edifice autrefois de superbe structure, [...] »
L'abbé du Claux, chanoine de Sainte-Croix de Montélimar, relate la démolition du Temple de Montélimar, construit après la destruction d'un ancien édifice par l'hérésie et la rébellion. Malgré les prédictions des pasteurs, le Temple a été démoli. L'évêque de Valence, Daniel, a triomphé du mensonge, appelant les peuples à ne pas être surpris.
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1339
p. 80-83
A MONSIEUR L'EVESQUE DE VALENCE Sur son zéle pour la Religion.
Début :
Les Vers qui suivent sont du jeune Gentilhomme dont je vous / Illustre & grand Prélat, dont la sagesse exquise [...]
Mots clefs :
Prélat, Église, Ennemis, Religion, Hérésie, Édits, Triomphe, Montélimar, Hérétique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR L'EVESQUE DE VALENCE Sur son zéle pour la Religion.
Les Vers qui fuivent font
du jeune Gentilhomme dont
je vous envoyay dans ma
Lettre du dernier mois l'Ouvrage
galant qui vous a tant
pleu , fur ce qu'Iris en mou-
27220
rant avoit ordonné à Damon
d'aimer Celimene. Vous ne
l'approuverez peut- eftré pas
moins dans le férieux que
dans l'enjoüe
·
GALANT. 81
A MONSIEUR
L'EVESQUE DE VALENCE
Sur fon zéle pour la
Religion .
Lluftre & grand Prélat, dont lafa-
Sert avec tant d'éclat d'ornemente
l'Eglife,
Que tu fçais bien reglerparmy tant
d'Ennemis
Le Peuple que le Ciel à ta garde a
commis!
De deux Religions malgré la diférence,
Chacun voit les effèts de ta varepru-
→ dence.
Ton oeil veillant à tout, l'Heréfie aux
abois
82 MERCURE
Apprendde nos Edits à respecter les ~
Loix;
Et tandis que LOVIS pour ouvrir la
Campagne
Enleve en Conquerant Luxembourg à
l'Espagne,
Qu'au fuperbe Génois il fait craindre
fes coups,
Ton zéle luyprépare un Triompheplus
doux.
Déja Montelimart t'enfournit la matiere,
C'estpar toy que fon Temple est réduit
enpouffieres
L'Herétique enfrémit, & le voyant
tomber
Avec tout le Party s'attend àfuccomber.
Pourfuis, & nous verrons bien- tost
d'autres miracles;
Tapietéjamais ne craignit les obfta
dles,
GALANT 83
On luy refifte en vain cent Temples
abatus
Ont affez à la France annoncé tes
vertis.
du jeune Gentilhomme dont
je vous envoyay dans ma
Lettre du dernier mois l'Ouvrage
galant qui vous a tant
pleu , fur ce qu'Iris en mou-
27220
rant avoit ordonné à Damon
d'aimer Celimene. Vous ne
l'approuverez peut- eftré pas
moins dans le férieux que
dans l'enjoüe
·
GALANT. 81
A MONSIEUR
L'EVESQUE DE VALENCE
Sur fon zéle pour la
Religion .
Lluftre & grand Prélat, dont lafa-
Sert avec tant d'éclat d'ornemente
l'Eglife,
Que tu fçais bien reglerparmy tant
d'Ennemis
Le Peuple que le Ciel à ta garde a
commis!
De deux Religions malgré la diférence,
Chacun voit les effèts de ta varepru-
→ dence.
Ton oeil veillant à tout, l'Heréfie aux
abois
82 MERCURE
Apprendde nos Edits à respecter les ~
Loix;
Et tandis que LOVIS pour ouvrir la
Campagne
Enleve en Conquerant Luxembourg à
l'Espagne,
Qu'au fuperbe Génois il fait craindre
fes coups,
Ton zéle luyprépare un Triompheplus
doux.
Déja Montelimart t'enfournit la matiere,
C'estpar toy que fon Temple est réduit
enpouffieres
L'Herétique enfrémit, & le voyant
tomber
Avec tout le Party s'attend àfuccomber.
Pourfuis, & nous verrons bien- tost
d'autres miracles;
Tapietéjamais ne craignit les obfta
dles,
GALANT 83
On luy refifte en vain cent Temples
abatus
Ont affez à la France annoncé tes
vertis.
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Résumé : A MONSIEUR L'EVESQUE DE VALENCE Sur son zéle pour la Religion.
Le texte comprend une lettre et un poème adressés à l'évêque de Valence. La lettre évoque un ouvrage galant sur un jeune gentilhomme, Iris, Damon et Célimène, apprécié par le destinataire. Le poème loue l'évêque pour son zèle religieux et son rôle dans la régulation du peuple face aux ennemis. Il met en avant sa vigilance contre l'hérésie et son soutien aux édits royaux. Pendant que Louis XIV mène des campagnes militaires, telles que la conquête de Luxembourg, l'évêque prépare un triomphe spirituel en démolissant un temple hérétique à Montélimar. L'hérétique, conscient de sa défaite imminente, s'attend à succomber. Le poème exprime l'espoir de voir d'autres miracles grâce à la piété inébranlable de l'évêque, qui ne craint pas les obstacles, comme en témoignent les nombreux temples détruits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1340
p. 83-85
« Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...] »
Début :
Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...]
Mots clefs :
Calvinistes, Secte, Faux zèle, Temple, Peine, Sacrifice, Conquête, Démolition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...] »
Le mefme adreffe ces autres
Vers aux Prétendus Reformez
, fur la démolition de
leur Temple.
C
Alvinifte obftiné dans ta Secte
rebelle, a
Ceffepour le Seigneur de l'armer d'un
faux zéle,
Ouvre les yeux enfin ; ton culte luy
déplaist,
Pour abatre ton Temple il a donné
SplArrest, Songs
S'il paroistprononcépar une bouche
bumaine,
84 MERCURE
Le Ciel pourte punir en ordonna la
peine,
Erne l'auroit pasfait, fidans ce triſte
lieu
Turendois les honneurs que l'on doit
an vray Dieu.
Mais ne te trompe pas ; pour le rendre
propice,
Tel qu'il l'offritluy- mefme ilfaut un
Sacrifice.
C'estpar là qu'on luy plaist, &res
Chants languiffans
Ne luy tiennent point lieu
nyd'encens.
ny d'Aurel
Qui te retient le bras, quandilfaut
qu'il s'apprefter
A renverser ce Temple, autrefois ta
Conquefte?? new windo vod
Frape fans t'émouvoir, tous delais feroient
vains, to
Il estjufte aujourd'huy qu'il tombepar
tes mains,
GALANT 85
Et que ton Heréfie oùſe joint le blafpheme
Parjespropres Enfansfe détruife ellemefme.
Vers aux Prétendus Reformez
, fur la démolition de
leur Temple.
C
Alvinifte obftiné dans ta Secte
rebelle, a
Ceffepour le Seigneur de l'armer d'un
faux zéle,
Ouvre les yeux enfin ; ton culte luy
déplaist,
Pour abatre ton Temple il a donné
SplArrest, Songs
S'il paroistprononcépar une bouche
bumaine,
84 MERCURE
Le Ciel pourte punir en ordonna la
peine,
Erne l'auroit pasfait, fidans ce triſte
lieu
Turendois les honneurs que l'on doit
an vray Dieu.
Mais ne te trompe pas ; pour le rendre
propice,
Tel qu'il l'offritluy- mefme ilfaut un
Sacrifice.
C'estpar là qu'on luy plaist, &res
Chants languiffans
Ne luy tiennent point lieu
nyd'encens.
ny d'Aurel
Qui te retient le bras, quandilfaut
qu'il s'apprefter
A renverser ce Temple, autrefois ta
Conquefte?? new windo vod
Frape fans t'émouvoir, tous delais feroient
vains, to
Il estjufte aujourd'huy qu'il tombepar
tes mains,
GALANT 85
Et que ton Heréfie oùſe joint le blafpheme
Parjespropres Enfansfe détruife ellemefme.
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Résumé : « Le mesme adresse ces autres Vers aux Prétendus Reformez, / Calviniste obstiné dans ta Secte rebelle, [...] »
Le poème s'adresse aux 'Prétendus Réformés' concernant la démolition de leur temple. Il exhorte Alviniste, fidèle à sa secte rebelle, à reconnaître que son culte déplaît au Seigneur. Le ciel a ordonné une peine pour punir cette pratique, car elle rend des honneurs indus à un faux dieu. Pour apaiser le Seigneur, un sacrifice authentique est nécessaire, car les chants et les encens sont insuffisants. Le poème incite à agir promptement pour détruire le temple, décrit comme une conquête passée, et à ne pas tarder, car il est juste qu'il tombe aujourd'hui par leurs propres mains. L'hérésie, associée au blasphème, doit être détruite par leurs propres enfants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1341
p. 85-86
« Un Illustre, connu & estimé de toute la France par ses Ouvrages / Chers Dévoyez, mes pauvres Frères, [...] »
Début :
Un Illustre, connu & estimé de toute la France par ses Ouvrages / Chers Dévoyez, mes pauvres Frères, [...]
Mots clefs :
Douleurs, Frères, Malheur, Prélat, Édits, Églises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Un Illustre, connu & estimé de toute la France par ses Ouvrages / Chers Dévoyez, mes pauvres Frères, [...] »
Un Illuftre, connu & eftimé
de toute la France par les Ouvrages
galans , a fait ce qui
fuit fur la Démolition de co
mefme Temple.
C
•
Frères
,
cant
the
ROLL
Hers Devoyez , mes pauvres. V.
J'entre dans vos vives douleurs;
Tousles Aftres vous font contraires,?
Fe
malheurs
ne vois par tout que
Regnerdans vos triftes affaires. "
S &
Noftreferme & pieux Prélat,
Don't lezele faittantd'éctanbul
86 MERCURE
Dontl'ardeur n'est point hypocrite,
Qui depuis trente aus vous combat,
Elevefonfameux mérite
A mesure qu'il vous abat.
Sa
Ilvousfait unejufte guerres ] [ J
Surappuy a unoh
Voyez combien vous hazardız;
Vos Baftimen's les mieux fondez, ! ?
Da von tomber, ou ſont par terre, suk
Vous n'avez Scen que trop ofers
Neprétendez plus abufer
De vos Edits, de vos Franchiſes .
Vos Temples vous vont écraser,
Samvez vous vive en nos Eglifes.
de toute la France par les Ouvrages
galans , a fait ce qui
fuit fur la Démolition de co
mefme Temple.
C
•
Frères
,
cant
the
ROLL
Hers Devoyez , mes pauvres. V.
J'entre dans vos vives douleurs;
Tousles Aftres vous font contraires,?
Fe
malheurs
ne vois par tout que
Regnerdans vos triftes affaires. "
S &
Noftreferme & pieux Prélat,
Don't lezele faittantd'éctanbul
86 MERCURE
Dontl'ardeur n'est point hypocrite,
Qui depuis trente aus vous combat,
Elevefonfameux mérite
A mesure qu'il vous abat.
Sa
Ilvousfait unejufte guerres ] [ J
Surappuy a unoh
Voyez combien vous hazardız;
Vos Baftimen's les mieux fondez, ! ?
Da von tomber, ou ſont par terre, suk
Vous n'avez Scen que trop ofers
Neprétendez plus abufer
De vos Edits, de vos Franchiſes .
Vos Temples vous vont écraser,
Samvez vous vive en nos Eglifes.
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Résumé : « Un Illustre, connu & estimé de toute la France par ses Ouvrages / Chers Dévoyez, mes pauvres Frères, [...] »
Une figure illustre française, connue pour ses œuvres galantes, intervient sur la démolition d'un temple. Elle exprime sa compréhension des douleurs des frères concernés. Un prélat zélé combat depuis trente ans, sa renommée croît tandis qu'il afflige ses adversaires. Il met en garde ces derniers sur les risques encourus et la chute de leurs bastions. Les temples finiront par les écraser, les forçant à vivre dans les églises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1342
p. 86-89
« Je ne sçaurois finir cet Article sans vous faire part d'un / Dans une certaine Province [...] »
Début :
Je ne sçaurois finir cet Article sans vous faire part d'un / Dans une certaine Province [...]
Mots clefs :
Prétendus réformés, Prince, Prêches, Ministre, Artisans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne sçaurois finir cet Article sans vous faire part d'un / Dans une certaine Province [...] »
Je ne fçaurois finir cet Article
fans vous faire part d'un
Madrigal qui enferme une
GALANT. 87
Réponse auffi jufte que fpirituelle
, faite par un Miniftre
de la Religion Prétendue Reformée
dans le Païs des Sevenes
, Homme fort estimé
parmy ceux de fon Party,
mais qui a fait voir une fi
délité particuliere pour fon
Prince en toutes fortes d'oc
cafions , quelque préoccupation.
qu'il ait pour la Reli
gion qu'il profeffe . Le Madrigal
explique le Fair.
D
Ans unecertaine Province,
Où nôtre incomparble Prince
Souffre excor ceux qu'on dit Reformez
Prétendus,
88 MERCURE
Où les Preſches publics ne font pas défendus,
Shah
En un Lieu qu'on a veupeufouvent
dans l'Hiftoire,
Il arriva debat dedans le Confiftoire.
L'on reçoit dans ce Corps des Gens de
Matout état, 23 809
Le petit Artifan, tout comme l'Avocat,
Et mefme à cet honneur la force du fufrage
Mieux que la pieté peut frayerle paf
-Aquagang supleup enollap
Cependant un Tailleur ayant esté
nommé,
Ce choix par quelques- uns nefutpas
confirmé.
&
Sur ce Fait , au lieu de Sentences
Le Miniftre est prie de dire ce qu'il
penfe.
Mes Freres, répond - il, le party le
meilleur ,
kn&
GALANT
89
Malgré des Oppofans les raifons
Smalconçues ,TUO4
C'eft de recevoir le Tailleur ,
Nos Affaires font découfuës.
fans vous faire part d'un
Madrigal qui enferme une
GALANT. 87
Réponse auffi jufte que fpirituelle
, faite par un Miniftre
de la Religion Prétendue Reformée
dans le Païs des Sevenes
, Homme fort estimé
parmy ceux de fon Party,
mais qui a fait voir une fi
délité particuliere pour fon
Prince en toutes fortes d'oc
cafions , quelque préoccupation.
qu'il ait pour la Reli
gion qu'il profeffe . Le Madrigal
explique le Fair.
D
Ans unecertaine Province,
Où nôtre incomparble Prince
Souffre excor ceux qu'on dit Reformez
Prétendus,
88 MERCURE
Où les Preſches publics ne font pas défendus,
Shah
En un Lieu qu'on a veupeufouvent
dans l'Hiftoire,
Il arriva debat dedans le Confiftoire.
L'on reçoit dans ce Corps des Gens de
Matout état, 23 809
Le petit Artifan, tout comme l'Avocat,
Et mefme à cet honneur la force du fufrage
Mieux que la pieté peut frayerle paf
-Aquagang supleup enollap
Cependant un Tailleur ayant esté
nommé,
Ce choix par quelques- uns nefutpas
confirmé.
&
Sur ce Fait , au lieu de Sentences
Le Miniftre est prie de dire ce qu'il
penfe.
Mes Freres, répond - il, le party le
meilleur ,
kn&
GALANT
89
Malgré des Oppofans les raifons
Smalconçues ,TUO4
C'eft de recevoir le Tailleur ,
Nos Affaires font découfuës.
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Résumé : « Je ne sçaurois finir cet Article sans vous faire part d'un / Dans une certaine Province [...] »
Le texte relate la réaction d'un ministre de la religion réformée dans le pays des Sevenes face à une situation politique. Dans une province où le prince tolère les réformés, un tailleur a été nommé dans un corps ouvert à diverses personnes, mais sa nomination n'a pas été confirmée. Interrogé sur cette affaire, le ministre affirme qu'il est préférable d'accepter le tailleur malgré les oppositions et les raisons mal conçues, car cela serait bénéfique pour leurs intérêts. Le ministre est connu pour sa loyauté envers son prince, bien qu'il ait des préoccupations religieuses.
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1343
p. 89-91
BOUTSRIMEZ POUR MADAME DE R...
Début :
Tout le monde est si fort charmé du Roy, que ceux / Ne soyez pas surprise, adorable Cliemene, [...]
Mots clefs :
Climène, Louis, Prince, Hélicon, Apollon, Armes, Lois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTSRIMEZ POUR MADAME DE R...
Tout le monde eft fi fort
charmé du Roy , que ceux
meſme qui ne s'occupoient
qu'à des Vers galans , femblent
n'en pouvoir plus faire
que pour luy. Ce Sonnet de
M' de
Grammont
de Ric
lieu en eft une preuve, fleft:
fur des Bouts- rimez, envoyez
par la Dame mefme à qui il
s'adreffe. (oyyay
May 1685.
H
90 MERCURE
andlocco ab englaM
BOUTS RIMEZ
POUR MADAME DE R ...
N
E foyez pas furprife , adorable
Climene , troT
De n'avoir plus de moy nyfonnet ny
Chanfon .
Le moyen d'approcher maintenant
-Hypocrene za up
LOVI'S occupefeul tout le facté
Vallon, vul
SS
cup
Jay millefoispour vousfollicitéma
31 Veine
onu fie na wol
Etpour vous mille fous monté fur 】
/
Heliconsom
Autant de foispour may l'entreprise
fut vaine;
De ce Prince on n'y peut séparer
Apollon,
،ܐ،
2 bed 11
GALANT. gr
$2
Aujourd'huy, par unfort quejenepuis
comprendre ,
Ce Sonnet que pour vous je voulois
entreprendre, un sk
Se va trouver encor tout entierpour ↑
mon Roy.
Sa
·Ne vous enfachez pas ; &fongez que
fes charmes
Triomphant en tous lieux auffi - bienquefes
Armes,
Et que ce Prince est népour nous don
nerla Loyol
charmé du Roy , que ceux
meſme qui ne s'occupoient
qu'à des Vers galans , femblent
n'en pouvoir plus faire
que pour luy. Ce Sonnet de
M' de
Grammont
de Ric
lieu en eft une preuve, fleft:
fur des Bouts- rimez, envoyez
par la Dame mefme à qui il
s'adreffe. (oyyay
May 1685.
H
90 MERCURE
andlocco ab englaM
BOUTS RIMEZ
POUR MADAME DE R ...
N
E foyez pas furprife , adorable
Climene , troT
De n'avoir plus de moy nyfonnet ny
Chanfon .
Le moyen d'approcher maintenant
-Hypocrene za up
LOVI'S occupefeul tout le facté
Vallon, vul
SS
cup
Jay millefoispour vousfollicitéma
31 Veine
onu fie na wol
Etpour vous mille fous monté fur 】
/
Heliconsom
Autant de foispour may l'entreprise
fut vaine;
De ce Prince on n'y peut séparer
Apollon,
،ܐ،
2 bed 11
GALANT. gr
$2
Aujourd'huy, par unfort quejenepuis
comprendre ,
Ce Sonnet que pour vous je voulois
entreprendre, un sk
Se va trouver encor tout entierpour ↑
mon Roy.
Sa
·Ne vous enfachez pas ; &fongez que
fes charmes
Triomphant en tous lieux auffi - bienquefes
Armes,
Et que ce Prince est népour nous don
nerla Loyol
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Résumé : BOUTSRIMEZ POUR MADAME DE R...
En mai 1685, le roi Louis XIV suscitait une admiration telle que même les poètes galants semblaient ne pouvoir écrire que pour lui. Un sonnet de Monsieur de Grammont, adressé à une dame, illustrait ce phénomène. Intitulé 'Bouts-rimés', le poème exprimait la difficulté de créer des vers pour une autre personne alors que le roi occupait toutes les pensées. L'auteur confessait avoir en vain tenté de solliciter sa muse pour composer un sonnet dédié à une certaine Climène. Il expliquait que Louis XIV monopolisait toute son inspiration, rendant impossible toute autre entreprise poétique. Le sonnet se concluait par l'idée que les charmes de la dame triomphaient partout, tout comme les armes du roi, et que ce dernier était né pour inspirer loyauté et admiration.
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1344
p. 91-98
Jeux Floreaux, & leur origine, avec plusieurs Piéces faites sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay parlé il y a déja quelques années de divers Jeux [...]
Mots clefs :
Jeux, Villes, Jeux floraux, Jeunesse, Poésie, Mémoire, Fleur, Prix, Vers
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texteReconnaissance textuelle : Jeux Floreaux, & leur origine, avec plusieurs Piéces faites sur ce sujet, [titre d'après la table]
Je vous ay parlé il y a déja
quelques années de divers
Jeux qui fe font en plufieus
Villes le premier jour de ce
.mois. Ceux qu'on nomme
Hij
92 MERCURE
Floreaux ou Floraux , font de
'ce nombre. Ils fe font dans.
la Ville de Thouloufe Capi
tale de Languedoc , & tirent
leur origine de ce qu'autre
fois au commencement de
ce mefme mois de May , toute
la Jeuneſſe du Pays & des
Provinces voifines s'y affembloit
, dans un certain lieu
choily , où l'on recitoit toute
forte de Poëfies , Odes , Madrigaux
, Stances , Elegies,
Sonnets , & fur tour des
Chants Royaux. Cela fe faifoit
pendant trois jours , lef
quels eftant expirez , les An
GALANT 93
ciens recueilloient les voix
pour donner le prix . Celuy
qu'on enjugeoit digne , re
cevoit une Couronne de
Laurier , & on l'appelloit
l'Amant Fidelle de la Courd'A
mourally avoit mefme des
Dames qui compofoient ain
fique les Hommes , mais
afin qu'on ne creuft pas que
la complaifande engageaft les.
Juges à leur eftre favorables,
elles renonçoient au prix.
Enfin aprés un fort grand
ɛnombre d'années , une Fer
me de qualité appellée Clemencé
, entraînée par de
1
94 MERCURE
panchant qu'elle avoit pour
la Poefie , forma le deffein
d'éternifer fa memoire en inftituant
une Fefte remarquable
, qu'on nomma les Jeux
Fleureaux , & qu'elle voulut
zeftre celebrée le premiers &
troifiéme jour de May. Elle
laiffa pour cela la plus grande
partie de fon bien à M's de
Ville à condition que tous
elesans ils feroient faire quatre
Fleurs de Vermeil qui feroient
l'Eglantine , le Soucy;
la Violettes & FOcilled. Les
-Trois premieres qui valent au
moins quinze Piſtoles chaGALANT
95
Gens
cune , font pour les jeunes
que l'on trouve dignes
de les remporter par le me
mitè de leurs Ouvrages. Elles
-font d'une coudée de hauteur
, & reprefentent la Fleur
dont elles portent de nom,
avec un pied de Vermeil , ouì
les Armesde la Ville font gravées
La quatrieme qui eſt
plus petite que les autres , eſt
pour les petits Enfans , & fe
donne par faveur. L'Hoftel
de Ville qui eft tres beau,
très grand & tres - fpacieux,
eftoit la maison de cette Dame.
Elle la donna pour y ce706
MERCURE
Febrer eek Jeux] , ainſi que la
Place du Marché que l'on appelle
La Pierre. C'eſt un lieu
couvert , où quantitéidoMar
chands étalent leurs marchandifes.
On commence
ceftè cérémonie tous les as
le premier jour du mois où
nous femmes , par une Moffe
folemnelle qu'on chante
en Müfique
à laquelle
Tout le Corps de Villelathe .
Pendant tout ce jour chacun
recre les Vers qu'il a compo
fez &le troified du mefme
mois, on convie quantitéfèe
Perlonnes des plus confiderables
GALANT. 97
bles de Thouloufe à un dilné
magnifique , aprés lequel on
examine tous les Ouvrages
qui ont efté recitez , & chacun
donne la voix pour les
Prix . Il s'y trouve toûjours
un Préfident au Mortier , &
quatre Confeillers au Parlement.
Cependant on enferme
dans une grande Sale
tous ceux qui afpirent aux
Prix , & chacun y travaille en
particulier à ce qu'on appelle
I'Effay. C'eſt un Sonnet qu'ils
font fur un Vers qui leur eft
donné , & par lequel ils font
obligez de le finir. La der-
May 1685.
1
98 MERCURE
niere fois qu'on diítribua les
Prix , voicy le Vers que l'on
donna pour l'Effay.
Quiconque efpere enDieu n'estjamais
confondu.
quelques années de divers
Jeux qui fe font en plufieus
Villes le premier jour de ce
.mois. Ceux qu'on nomme
Hij
92 MERCURE
Floreaux ou Floraux , font de
'ce nombre. Ils fe font dans.
la Ville de Thouloufe Capi
tale de Languedoc , & tirent
leur origine de ce qu'autre
fois au commencement de
ce mefme mois de May , toute
la Jeuneſſe du Pays & des
Provinces voifines s'y affembloit
, dans un certain lieu
choily , où l'on recitoit toute
forte de Poëfies , Odes , Madrigaux
, Stances , Elegies,
Sonnets , & fur tour des
Chants Royaux. Cela fe faifoit
pendant trois jours , lef
quels eftant expirez , les An
GALANT 93
ciens recueilloient les voix
pour donner le prix . Celuy
qu'on enjugeoit digne , re
cevoit une Couronne de
Laurier , & on l'appelloit
l'Amant Fidelle de la Courd'A
mourally avoit mefme des
Dames qui compofoient ain
fique les Hommes , mais
afin qu'on ne creuft pas que
la complaifande engageaft les.
Juges à leur eftre favorables,
elles renonçoient au prix.
Enfin aprés un fort grand
ɛnombre d'années , une Fer
me de qualité appellée Clemencé
, entraînée par de
1
94 MERCURE
panchant qu'elle avoit pour
la Poefie , forma le deffein
d'éternifer fa memoire en inftituant
une Fefte remarquable
, qu'on nomma les Jeux
Fleureaux , & qu'elle voulut
zeftre celebrée le premiers &
troifiéme jour de May. Elle
laiffa pour cela la plus grande
partie de fon bien à M's de
Ville à condition que tous
elesans ils feroient faire quatre
Fleurs de Vermeil qui feroient
l'Eglantine , le Soucy;
la Violettes & FOcilled. Les
-Trois premieres qui valent au
moins quinze Piſtoles chaGALANT
95
Gens
cune , font pour les jeunes
que l'on trouve dignes
de les remporter par le me
mitè de leurs Ouvrages. Elles
-font d'une coudée de hauteur
, & reprefentent la Fleur
dont elles portent de nom,
avec un pied de Vermeil , ouì
les Armesde la Ville font gravées
La quatrieme qui eſt
plus petite que les autres , eſt
pour les petits Enfans , & fe
donne par faveur. L'Hoftel
de Ville qui eft tres beau,
très grand & tres - fpacieux,
eftoit la maison de cette Dame.
Elle la donna pour y ce706
MERCURE
Febrer eek Jeux] , ainſi que la
Place du Marché que l'on appelle
La Pierre. C'eſt un lieu
couvert , où quantitéidoMar
chands étalent leurs marchandifes.
On commence
ceftè cérémonie tous les as
le premier jour du mois où
nous femmes , par une Moffe
folemnelle qu'on chante
en Müfique
à laquelle
Tout le Corps de Villelathe .
Pendant tout ce jour chacun
recre les Vers qu'il a compo
fez &le troified du mefme
mois, on convie quantitéfèe
Perlonnes des plus confiderables
GALANT. 97
bles de Thouloufe à un dilné
magnifique , aprés lequel on
examine tous les Ouvrages
qui ont efté recitez , & chacun
donne la voix pour les
Prix . Il s'y trouve toûjours
un Préfident au Mortier , &
quatre Confeillers au Parlement.
Cependant on enferme
dans une grande Sale
tous ceux qui afpirent aux
Prix , & chacun y travaille en
particulier à ce qu'on appelle
I'Effay. C'eſt un Sonnet qu'ils
font fur un Vers qui leur eft
donné , & par lequel ils font
obligez de le finir. La der-
May 1685.
1
98 MERCURE
niere fois qu'on diítribua les
Prix , voicy le Vers que l'on
donna pour l'Effay.
Quiconque efpere enDieu n'estjamais
confondu.
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Résumé : Jeux Floreaux, & leur origine, avec plusieurs Piéces faites sur ce sujet, [titre d'après la table]
Les Jeux Floraux sont une tradition toulousaine célébrée au début du mois de mai. Ils consistent en des récitations de poèmes variés sur trois jours, suivies d'un vote pour couronner le meilleur poète avec une couronne de laurier. Les femmes peuvent participer mais ne reçoivent pas de prix pour éviter le favoritisme. Clémence, une dame de qualité, institua les Jeux Fleureaux les 1er et 3 mai, léguant des biens à Toulouse pour créer quatre fleurs de vermeil : l'églantine, le souci, la violette et l'œillet. Ces prix, valant quinze pistoles chacun, récompensent les jeunes poètes et les enfants. La cérémonie inclut une messe solennelle et un dîner pour les notables. Les œuvres sont jugées par un président et quatre conseillers du parlement. Les participants doivent écrire un essai et un sonnet se terminant par un vers imposé, comme 'Quiconque espère en Dieu n'est jamais confondu'.
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1345
p. 98-100
SONNET DE Mr BROÜILHET DU ROCQ Qui remporta l'Eglantine.
Début :
Vous ne serez pas fâchée sans doute de voir ce que / L'orgueilleux Ottoman, pour reparer l'outrage [...]
Mots clefs :
Orgueil, Outrage, Honte, Ciel, Carnage, Ennemi, Vengeance, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET DE Mr BROÜILHET DU ROCQ Qui remporta l'Eglantine.
Vous ne ferez pas fâchée
fans doute de voir ce que
firent là- deffus ceux qui eurent
les trois Prix.
SONNET
DE M' BROUILHET DU ROCQ
Qui remporta l'Eglantine.
C'eſt le Viennois qui parle.
' Orgueilleux Ottoman , pour repourreparer
l'outrage
Qui le couvrit de bonte aux pieds de
V
nos Ramparts,
GALANT. 99
Contre nous puillamment s'arme de
toutes partsiy
Mais le Cielde nouveau détruirafon
ouvrage.
$2
Qu'il médite enfecret un horrible
carnage, 6
Il a beau dans fon fiel empoisonner
fes Dards;
En vain pour regagner fes riches
Etendarts
Dans fa fureur extréme il met touten
ufage.
S&
Ce cruel Ennemy nous veut charger de
Fers,
Et lefunefte état defon dernier revers
Nous réponddes effets d'une entiere
vangeance.
I ij
100 MERCURE
S2
A nos vives douleurs le Seigneur s'eft
rendu,
En luy feul deformais mettons noftre
espérance,
Quiconque efpere en Dieu n'eft
jamais confondu .
fans doute de voir ce que
firent là- deffus ceux qui eurent
les trois Prix.
SONNET
DE M' BROUILHET DU ROCQ
Qui remporta l'Eglantine.
C'eſt le Viennois qui parle.
' Orgueilleux Ottoman , pour repourreparer
l'outrage
Qui le couvrit de bonte aux pieds de
V
nos Ramparts,
GALANT. 99
Contre nous puillamment s'arme de
toutes partsiy
Mais le Cielde nouveau détruirafon
ouvrage.
$2
Qu'il médite enfecret un horrible
carnage, 6
Il a beau dans fon fiel empoisonner
fes Dards;
En vain pour regagner fes riches
Etendarts
Dans fa fureur extréme il met touten
ufage.
S&
Ce cruel Ennemy nous veut charger de
Fers,
Et lefunefte état defon dernier revers
Nous réponddes effets d'une entiere
vangeance.
I ij
100 MERCURE
S2
A nos vives douleurs le Seigneur s'eft
rendu,
En luy feul deformais mettons noftre
espérance,
Quiconque efpere en Dieu n'eft
jamais confondu .
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Résumé : SONNET DE Mr BROÜILHET DU ROCQ Qui remporta l'Eglantine.
Un Viennois adresse un sonnet à un 'Orgueilleux Ottoman' après un affront. L'Ottoman prépare une attaque, mais le ciel semble contrarier ses plans. Ses efforts pour empoisonner ses armes sont vains. L'ennemi veut soumettre les siens par la force, mais ceux-ci répondent avec vengeance. Le poème exprime la confiance en Dieu face aux douleurs et affirme que l'espérance en Lui ne déçoit jamais.
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1346
p. 100-102
SONNET DE Mr DE RAYMOND, Qui remporta le Soucy.
Début :
Renonçons aux plaisirs, sortons du précipice ; [...]
Mots clefs :
Plaisirs, Démon, Douceurs, Crime, Dieu, Plaisirs, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET DE Mr DE RAYMOND, Qui remporta le Soucy.
SONNET
DE M DE RAYMOND,
Qui remporta le Soucy.
R
Enonçons aux plaifirs ,fortons
du précipice;
Dans un cruelpanchant leDemon nous
conduis,
Il vient couvrir nosyeux d'une éternelle
nuit,
Pour nousfaire trouver des douceurs
dans le vice.
GALANT. IOL
Se
Ce n'est plus dans mon ame oùſon
poifon fe gliffe ,
Et ce coeur que le crime a tant defois
féduit,
Détrompé maintenant, &par la Grace
inftruit,
Fait à Dieu de fes maux un entierſacrifice.
$2
Funeftes mouvemens , plaiſirs trop
criminels,
Je quitte vos appaspour des biens éternels,
Le Seigneur deformais fera toute ma
gloire.
52
On ne me verraplus à l'aimerfuf
pendu,
I iij.
102 MERCURE
Je garderay toûjours empreint en ma›
mémoire
Quiconque efpere en Dieu n'eft
jamais confondu .
DE M DE RAYMOND,
Qui remporta le Soucy.
R
Enonçons aux plaifirs ,fortons
du précipice;
Dans un cruelpanchant leDemon nous
conduis,
Il vient couvrir nosyeux d'une éternelle
nuit,
Pour nousfaire trouver des douceurs
dans le vice.
GALANT. IOL
Se
Ce n'est plus dans mon ame oùſon
poifon fe gliffe ,
Et ce coeur que le crime a tant defois
féduit,
Détrompé maintenant, &par la Grace
inftruit,
Fait à Dieu de fes maux un entierſacrifice.
$2
Funeftes mouvemens , plaiſirs trop
criminels,
Je quitte vos appaspour des biens éternels,
Le Seigneur deformais fera toute ma
gloire.
52
On ne me verraplus à l'aimerfuf
pendu,
I iij.
102 MERCURE
Je garderay toûjours empreint en ma›
mémoire
Quiconque efpere en Dieu n'eft
jamais confondu .
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Résumé : SONNET DE Mr DE RAYMOND, Qui remporta le Soucy.
Le sonnet de M. de Raymond, 'Qui remporta le Soucy', décrit une descente dans le péché suivie d'un retour à la grâce divine. Le poète renonce aux plaisirs criminels pour rechercher des biens éternels et fait du Seigneur sa seule gloire. Il affirme ne plus se laisser séduire par les amours profanes et rappelle que ceux qui espèrent en Dieu ne sont jamais déçus.
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1347
p. 102-103
SONNET DE Mr D'ABBATIA, Qui remporta la Violete.
Début :
D'Un bonheur apparent les fragiles appas [...]
Mots clefs :
Bonheur, Appas, Vagabonds, Mer, Espoir, Calme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET DE Mr D'ABBATIA, Qui remporta la Violete.
SONNET
DE MAD'ABBATIA ,
Qui remporta la Violete .
Un bonheur apparent les fra-'
D
giles
appas
Entrainoientaleur gré mon ame vaga
bonde;
l'ay voguéjusqu'icy furune Merprofonde,
Etj'ay trouvé par tout des écueils fur
mespas.
Sa
Le Ciel m'a préfervé de mille affreux
trépas
GALANT. 103
C'est en luyfeul auffi que mon espoirfe
fonde.
Depuis qu'il m'a fait voir les vanitez
du Monde,
Fe le vois à toute heure, & je ne lefuis
pas.
Se
Dans ce funefte état ma déplorable vie
De troubles violens fut toujours pour-
Suivie,
Mais le calme à la fin vient de m'eftre
rendu.
$2
Seigneur, je le vois bien, tabonté me
l'envoye,
C'est pour aller au Ciel une agréable
voye.
Quiconque efpere en Dieu n'eft
jamais confondu.
DE MAD'ABBATIA ,
Qui remporta la Violete .
Un bonheur apparent les fra-'
D
giles
appas
Entrainoientaleur gré mon ame vaga
bonde;
l'ay voguéjusqu'icy furune Merprofonde,
Etj'ay trouvé par tout des écueils fur
mespas.
Sa
Le Ciel m'a préfervé de mille affreux
trépas
GALANT. 103
C'est en luyfeul auffi que mon espoirfe
fonde.
Depuis qu'il m'a fait voir les vanitez
du Monde,
Fe le vois à toute heure, & je ne lefuis
pas.
Se
Dans ce funefte état ma déplorable vie
De troubles violens fut toujours pour-
Suivie,
Mais le calme à la fin vient de m'eftre
rendu.
$2
Seigneur, je le vois bien, tabonté me
l'envoye,
C'est pour aller au Ciel une agréable
voye.
Quiconque efpere en Dieu n'eft
jamais confondu.
Fermer
Résumé : SONNET DE Mr D'ABBATIA, Qui remporta la Violete.
Le poète décrit un parcours spirituel marqué par les dangers terrestres. Après avoir été attiré par les apparences trompeuses, il trouve refuge en Dieu. Sauvé de nombreux périls, il place désormais son espoir en Dieu, qui lui a révélé les vanités du monde. Il trouve la paix grâce à la bonté divine et affirme que ceux qui espèrent en Dieu ne sont jamais déçus.
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1348
p. 104-108
« Ces divers Essays à la fin desquels chaque Autheur écrit [...] »
Début :
Ces divers Essays à la fin desquels chaque Autheur écrit [...]
Mots clefs :
Jeux floraux, Essais, Juges, Prix, Fleurs, Assemblée, Cérémonie, Pièces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ces divers Essays à la fin desquels chaque Autheur écrit [...] »
Ces divers Effays à la fin
defquels chaque Autheur
écrit fon nom , fervent à déterminer
les Juges qui ont
à prononcer fur les prix .
Aprés qu'ils ont décidé de
tout , on
on leur
apporte une
collation fort magnifique , &
l'on en fert une autre feparément
à la Jeuneffe qui a reci
té des Vers. On fe rend enfuite
dans la grande Sale , où
eft la Statuë de Dame Clemence
dans uneNiche contre
la Muraille. Elle eft de Marbre
blanc , couronnée de Fleurs,
& ceinte auffi d'une Ceinture
GALANT. 105
de Fleurs qui va jufqu'en bas.
Les Capitouls au nombre de
huit fe mettent fur leurs Siéges
ordinaires , & M² du Parlement
prennent leurs Places
de l'autre cofté. M' le
Préfident fait fa Harangue ,
aprés quoy un Huiffier de
Ville appelle tout haut celuy
qui a merité le prix de l'Eglantine.
Il vient le recevoir
de la main du Chef du Confiftoire
de la Ville , qui eft
celuy qui préfide aux Jeux .
Toute l'Affemblée fait de
grandes acclamations , qui
font fuivies des fanfares des
A
106 MERCURE
Trompettes . Les Hautbois
& les Violons qui leur répon
dent , font retentir le triom
phe du Vainqueur . Toute
cette Simphonie le mene.
chez luy accompagné
de
tous fes Amis , & de quantité
de Gardes de l'Hoftel de
Ville avec leurs Cafaques &
leurs Halebardes. C'eft un
Huiffier qui porte fa Fleur.
On rend les mefmes honneurs
à ceux qui ont remporté
les Prix de la Violette
& du Soucy . Chacun d'eux
traite fes Amis le jour de la
Trinité , & fe promene l'aGALANT.
107
preſdinée par la Ville avec une
longue fuite de Carroſſes . Les
Capitouls de Thoulouſe ont
deux Robes , l'une ordinaire,
& l'autre de cerémonie. L'or.
dinaire eft my- partie d'Ecar
late & Noir. L'Habit de ce
rémonie eft un long Manteau
tour d'Ecarlate , doublé
de Satin blanc avec des
Hermines fur les deux épaules
; chaque cofté eft de fix
bandes , trois d'Hermines , &
trois de Nates d'Or,& chaque
bande large de trois doigts.
Les Maiftres aux Jeux Fleureaux
font ceux qui ont eu les
108 MERCURE
trois Fleurs . Ils ont droit d'af
fifter tous les ans aux Affemblées
qu'on fait pour cesJeux ,
de donner leurs voix pour
les Prix , & d'eftre de toutes
les Festes de cette nature .
Ceux qui prétendent aux
Prix font diverſes Pieces ,
parmy lefquelles il y a tou
jours un Chant Royal . Voi
cy quelques-unes de celles
qui ont fervy à les faire rem
porter.
defquels chaque Autheur
écrit fon nom , fervent à déterminer
les Juges qui ont
à prononcer fur les prix .
Aprés qu'ils ont décidé de
tout , on
on leur
apporte une
collation fort magnifique , &
l'on en fert une autre feparément
à la Jeuneffe qui a reci
té des Vers. On fe rend enfuite
dans la grande Sale , où
eft la Statuë de Dame Clemence
dans uneNiche contre
la Muraille. Elle eft de Marbre
blanc , couronnée de Fleurs,
& ceinte auffi d'une Ceinture
GALANT. 105
de Fleurs qui va jufqu'en bas.
Les Capitouls au nombre de
huit fe mettent fur leurs Siéges
ordinaires , & M² du Parlement
prennent leurs Places
de l'autre cofté. M' le
Préfident fait fa Harangue ,
aprés quoy un Huiffier de
Ville appelle tout haut celuy
qui a merité le prix de l'Eglantine.
Il vient le recevoir
de la main du Chef du Confiftoire
de la Ville , qui eft
celuy qui préfide aux Jeux .
Toute l'Affemblée fait de
grandes acclamations , qui
font fuivies des fanfares des
A
106 MERCURE
Trompettes . Les Hautbois
& les Violons qui leur répon
dent , font retentir le triom
phe du Vainqueur . Toute
cette Simphonie le mene.
chez luy accompagné
de
tous fes Amis , & de quantité
de Gardes de l'Hoftel de
Ville avec leurs Cafaques &
leurs Halebardes. C'eft un
Huiffier qui porte fa Fleur.
On rend les mefmes honneurs
à ceux qui ont remporté
les Prix de la Violette
& du Soucy . Chacun d'eux
traite fes Amis le jour de la
Trinité , & fe promene l'aGALANT.
107
preſdinée par la Ville avec une
longue fuite de Carroſſes . Les
Capitouls de Thoulouſe ont
deux Robes , l'une ordinaire,
& l'autre de cerémonie. L'or.
dinaire eft my- partie d'Ecar
late & Noir. L'Habit de ce
rémonie eft un long Manteau
tour d'Ecarlate , doublé
de Satin blanc avec des
Hermines fur les deux épaules
; chaque cofté eft de fix
bandes , trois d'Hermines , &
trois de Nates d'Or,& chaque
bande large de trois doigts.
Les Maiftres aux Jeux Fleureaux
font ceux qui ont eu les
108 MERCURE
trois Fleurs . Ils ont droit d'af
fifter tous les ans aux Affemblées
qu'on fait pour cesJeux ,
de donner leurs voix pour
les Prix , & d'eftre de toutes
les Festes de cette nature .
Ceux qui prétendent aux
Prix font diverſes Pieces ,
parmy lefquelles il y a tou
jours un Chant Royal . Voi
cy quelques-unes de celles
qui ont fervy à les faire rem
porter.
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Résumé : « Ces divers Essays à la fin desquels chaque Autheur écrit [...] »
Le texte relate une cérémonie littéraire où des auteurs présentent des essais pour des prix. Après la délibération des juges, une collation est offerte aux juges et aux jeunes ayant reçu des vers. La cérémonie se poursuit dans une grande salle avec une statue de marbre blanc de Dame Clemence. Les Capitouls et des membres du Parlement prennent place, et le président prononce une harangue. Un huissier appelle ensuite le lauréat du prix de l'Églantine, qui reçoit sa récompense des mains du chef du consistoire de la ville, accompagné d'acclamations et de fanfares. Le vainqueur est ensuite escorté chez lui par ses amis et des gardes de l'hôtel de ville. Les lauréats des prix de la Violette et du Souci reçoivent également des honneurs similaires et organisent un banquet pour leurs amis le jour de la Trinité, se promenant en carrosse avec une suite fournie par la ville. Les Capitouls de Toulouse portent des robes spécifiques pour l'occasion. Les maîtres aux Jeux Fleureaux, ayant obtenu les trois fleurs, peuvent participer aux assemblées et voter pour les prix. Les candidats présentent diverses pièces, dont un Chant Royal.
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1349
p. 109-115
LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
Début :
On a beau du Destin mépriser la puissance, [...]
Mots clefs :
Destin, Valeur, Prudence, Héros, Ambition, Rois, Prince, Vainqueur, Paix, Honneur, Alexandre, Soldats, Exploits, Espérance, Ennemis, Lauriers, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
LA DEFAITE
DE PORUS
ROY DES INDES.
CHANT ROYAL.
Na beau du Deftin mépriserla
puiffance,
O
La valeur brave en vainfes ordres
diférens,
Rien ne peutles changer, courage ny
prudences
Mille exemples fameux en font de
feurs garands.
Souvent les hauts deffeins qu'an Héros
envisage
Sont de l'ambition in fuperbe étalage.
110 MERCURE
On a beaufe fier à des biensfi legers ,
Les plus grandsfont tombez dans la
bethonte des fers;
'
Et quoy que la valeurpuifle tout entreprendre,
Hélas ! n'a-t-on pas veu parun trifte
revers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre?
Sa
Porus, ce grand Héros , dont lafeule
présence
Donnoit de la terreur aux Roys les plus
puifans;
CePrince infortuné, mais remply d'af-
Seurance,
Attendfans s'effrayer le Vainqueur
des Perfans.
La Paix qu'on luy préfente offensefon
courage,
∙GALANT. III
Ellefait à fa gloire un trop fenfible
outrage,
Pour l'honneur feulement il a les yeux
ouverts ;
Lefeul bruit defon Nom fait trembler
l'Univers;
Mais quelque heureuxfuccés quefon
caurpuiffe attendre,
·Bellone a refervé pour des destins
amers
Porus qui fuccomba fous le bras.
d'Alexandre.
Sur le bord de l'Hydafpe ilparoist, il
s'avance,
Tous lesflotsfont couverts de cadavresfanglans.
Ilfaitpar mille morts reffentirfa vaillance,
On nefçauroit donner des coups plus .
violens.
112 MERCURE
Millefiers Elephans animez au car.
nage
·Secondent des Soldats l'impitoyable.
rage.
Mais lefier Alexandre oppofant fes
Courfiers
Encourage lesfiensparfes Exploits ·
guerriers,
Et cegenéreux Chefqu'on ne fçauroit
Surprendre,
Court & vole à l'inftant attaquer des
premiers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre.
SS
2
Alexandre tout plein d'une noble
espérance,
Affronte fiérement les périls les plus
grands
Dans ce cruel Combat on levoit quife
Lance,
GALANT 113
Il enfance, il poursuit les Ennemis
errans .
Dans le Campde Porus il fond comme
un Orage,
Par tout fon Bras vainqueur &fou
droye & ravage,
Par tout ce Conquérant moiffonne des
Lauriers,
Ce Héros vaut luy feul des Bataillons
entiers.
En vain les Ennemis tâchent de s'en
défendre,
Il menace déja par des regards altiers‹
Porus qui fuccomba fous le bras
and Alexandre vin r
cand
Enfin on ne voit plus la victoire en
balance DJIA
On n'entend que les cris des Soldats
expirans.
May 1685..
K
114 MERCURE
Porus dans ce Combat estprefquefans
défense,
Toutbaigné dansfonfangfur le corps
des Mourans.
Alexandre pour lors le preffe davantage,
A travers fes Soldats ilſefait un paf-
Sage,
Il renverse lesTours dont ils marchent
couverts.
On voit coulerleurfangpar cent en
droits divers,
La crainte &lafoibleffe à l'envy les
2. font rendre.odoot impiut
Ils livrent aux hazards dès plus
triftes dangers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre. riobair mo ripe
ALLEGORIE.
LOVIS toujours Vainqueur , meſme
audelà des Mers,
GALANT. IS
Part & va conquerir le reste de la
Flandre,
Etfon Royjustement répréfente en ce
Vers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre .
DE PORUS
ROY DES INDES.
CHANT ROYAL.
Na beau du Deftin mépriserla
puiffance,
O
La valeur brave en vainfes ordres
diférens,
Rien ne peutles changer, courage ny
prudences
Mille exemples fameux en font de
feurs garands.
Souvent les hauts deffeins qu'an Héros
envisage
Sont de l'ambition in fuperbe étalage.
110 MERCURE
On a beaufe fier à des biensfi legers ,
Les plus grandsfont tombez dans la
bethonte des fers;
'
Et quoy que la valeurpuifle tout entreprendre,
Hélas ! n'a-t-on pas veu parun trifte
revers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre?
Sa
Porus, ce grand Héros , dont lafeule
présence
Donnoit de la terreur aux Roys les plus
puifans;
CePrince infortuné, mais remply d'af-
Seurance,
Attendfans s'effrayer le Vainqueur
des Perfans.
La Paix qu'on luy préfente offensefon
courage,
∙GALANT. III
Ellefait à fa gloire un trop fenfible
outrage,
Pour l'honneur feulement il a les yeux
ouverts ;
Lefeul bruit defon Nom fait trembler
l'Univers;
Mais quelque heureuxfuccés quefon
caurpuiffe attendre,
·Bellone a refervé pour des destins
amers
Porus qui fuccomba fous le bras.
d'Alexandre.
Sur le bord de l'Hydafpe ilparoist, il
s'avance,
Tous lesflotsfont couverts de cadavresfanglans.
Ilfaitpar mille morts reffentirfa vaillance,
On nefçauroit donner des coups plus .
violens.
112 MERCURE
Millefiers Elephans animez au car.
nage
·Secondent des Soldats l'impitoyable.
rage.
Mais lefier Alexandre oppofant fes
Courfiers
Encourage lesfiensparfes Exploits ·
guerriers,
Et cegenéreux Chefqu'on ne fçauroit
Surprendre,
Court & vole à l'inftant attaquer des
premiers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre.
SS
2
Alexandre tout plein d'une noble
espérance,
Affronte fiérement les périls les plus
grands
Dans ce cruel Combat on levoit quife
Lance,
GALANT 113
Il enfance, il poursuit les Ennemis
errans .
Dans le Campde Porus il fond comme
un Orage,
Par tout fon Bras vainqueur &fou
droye & ravage,
Par tout ce Conquérant moiffonne des
Lauriers,
Ce Héros vaut luy feul des Bataillons
entiers.
En vain les Ennemis tâchent de s'en
défendre,
Il menace déja par des regards altiers‹
Porus qui fuccomba fous le bras
and Alexandre vin r
cand
Enfin on ne voit plus la victoire en
balance DJIA
On n'entend que les cris des Soldats
expirans.
May 1685..
K
114 MERCURE
Porus dans ce Combat estprefquefans
défense,
Toutbaigné dansfonfangfur le corps
des Mourans.
Alexandre pour lors le preffe davantage,
A travers fes Soldats ilſefait un paf-
Sage,
Il renverse lesTours dont ils marchent
couverts.
On voit coulerleurfangpar cent en
droits divers,
La crainte &lafoibleffe à l'envy les
2. font rendre.odoot impiut
Ils livrent aux hazards dès plus
triftes dangers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre. riobair mo ripe
ALLEGORIE.
LOVIS toujours Vainqueur , meſme
audelà des Mers,
GALANT. IS
Part & va conquerir le reste de la
Flandre,
Etfon Royjustement répréfente en ce
Vers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre .
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Résumé : LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
Le texte décrit la défaite de Porus, roi des Indes, face à Alexandre le Grand lors d'une bataille sur les bords de l'Hydaspe. Cette confrontation est marquée par une grande violence, avec des eaux remplies de cadavres et l'engagement d'éléphants. Alexandre, animé par une noble espérance, surmonte les dangers et triomphe finalement. Porus, presque sans défense et entouré de morts, est vaincu. Le récit utilise cette bataille comme une allégorie pour célébrer les victoires du roi Louis, comparé à Alexandre, notamment en Flandre.
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1350
p. 115-118
BALADE Servant de Reponse à celle que Madame des Houlieres a faite sur les mesmes Rimes.
Début :
A Tous chagrins les Maris sont sujets, [...]
Mots clefs :
Femme, Jadis, Désirs, Hymen, Inconstance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BALADE Servant de Reponse à celle que Madame des Houlieres a faite sur les mesmes Rimes.
BALADE
Servant de Reponfe à celle que
Madame des Houlieres a faite.
fur les mefmes Rimes..
A
Fous chagrinsles Marisfont
fujets,
Cette Sentence en ma tefte eft'écrite. I
Ils ont toujours mille remordsfecrets,,
Femmen'aplus que la mine benite,
Toujours en trouble avec elle onba
bite,
Brefon ne voitque Ménagesmaudits ;
Carà telpointl'inconftance eft venues
Kij
H6 MERCURE
Queloyauté dansl'Hymen eftperdue,
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
S&
On ventavoirHabits, Meubles, Van
lets,
LeSexe au Luxe attache le mérite..
De coqueter les defirs indifcrets
Onttoutgaftésla Grande, la Petite,
Partout Pais, foitjeune, on decrépite,
Aimeà charmer; Galansſont applaudis,
PauvreMaryfevoitpaffer pour Grue,
Afes dépens faveur est obtenue.
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
Se
Ieunes Beautez nous tendentdesfilets
Mais évitons cette engeance maudite.
Nefçait-onpasqueparmy tels Objets
L'un veut tromper, l'autrefefélicite
GALANT. 117
D'avoirfçûfaire àpropos l. Hypocrite?
Nous paffons tous pour de francs
Etourdis;
Maïs fi prés d'eux jamais on s'ha- "!
bitue,
Pour le Contrai qu'on n'ait aucune
veuë,
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
$2
Dans l'Hymenée on von horribles s
Faits, F
EnVille, anx Champ's , par tour orles
débite.
Plutoft que vivre avecEfprits coquets,
Sil'on m'encroit, ilfautfefaire Hermite.
Nepensez pas qu'à ce deſſeinj'invite
Parcequejay mes defirs refroidis
118 MERCURE
Ou que je fuis de quelque humeur
bourrue,
Non ; c'est, mafoy, quejeune, &que
chenuë,
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
ENVOY VOY.
CherLicidas,fonge à tes intéreſts; I
Epargne- toy de triftes camouflets.
Defuivre Iris enfin difcontiue.
Ignores-tu qu'au Siécle d'Amadis
De maint CroiffantFamille eftoitpours.
7
-
veuë?
Apire étatla chofe estparvenuë.
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoir
jadis.
Servant de Reponfe à celle que
Madame des Houlieres a faite.
fur les mefmes Rimes..
A
Fous chagrinsles Marisfont
fujets,
Cette Sentence en ma tefte eft'écrite. I
Ils ont toujours mille remordsfecrets,,
Femmen'aplus que la mine benite,
Toujours en trouble avec elle onba
bite,
Brefon ne voitque Ménagesmaudits ;
Carà telpointl'inconftance eft venues
Kij
H6 MERCURE
Queloyauté dansl'Hymen eftperdue,
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
S&
On ventavoirHabits, Meubles, Van
lets,
LeSexe au Luxe attache le mérite..
De coqueter les defirs indifcrets
Onttoutgaftésla Grande, la Petite,
Partout Pais, foitjeune, on decrépite,
Aimeà charmer; Galansſont applaudis,
PauvreMaryfevoitpaffer pour Grue,
Afes dépens faveur est obtenue.
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
Se
Ieunes Beautez nous tendentdesfilets
Mais évitons cette engeance maudite.
Nefçait-onpasqueparmy tels Objets
L'un veut tromper, l'autrefefélicite
GALANT. 117
D'avoirfçûfaire àpropos l. Hypocrite?
Nous paffons tous pour de francs
Etourdis;
Maïs fi prés d'eux jamais on s'ha- "!
bitue,
Pour le Contrai qu'on n'ait aucune
veuë,
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
$2
Dans l'Hymenée on von horribles s
Faits, F
EnVille, anx Champ's , par tour orles
débite.
Plutoft que vivre avecEfprits coquets,
Sil'on m'encroit, ilfautfefaire Hermite.
Nepensez pas qu'à ce deſſeinj'invite
Parcequejay mes defirs refroidis
118 MERCURE
Ou que je fuis de quelque humeur
bourrue,
Non ; c'est, mafoy, quejeune, &que
chenuë,
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoit
jadis.
ENVOY VOY.
CherLicidas,fonge à tes intéreſts; I
Epargne- toy de triftes camouflets.
Defuivre Iris enfin difcontiue.
Ignores-tu qu'au Siécle d'Amadis
De maint CroiffantFamille eftoitpours.
7
-
veuë?
Apire étatla chofe estparvenuë.
Femme n'eft plus ce qu'elle eftoir
jadis.
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Résumé : BALADE Servant de Reponse à celle que Madame des Houlieres a faite sur les mesmes Rimes.
Le texte est une réponse à une œuvre de Madame des Houlières, utilisant les mêmes rimes. L'auteur exprime son mécontentement envers les femmes, affirmant qu'elles ont changé par rapport au passé. Il critique plusieurs comportements négatifs : les remords secrets, l'inconstance et l'attachement au luxe. Les femmes sont décrites comme coquettes et hypocrites, cherchant à charmer et à obtenir des faveurs. L'auteur conseille de se méfier des jeunes beautés et d'éviter ces comportements. Il mentionne également les horreurs commises dans le mariage et les désirs refroidis. Il conclut en exhortant Licidas à se protéger des tristesses amoureuses et à se rappeler que les femmes ne sont plus ce qu'elles étaient autrefois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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