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Liste
1
p. 1-7
Avant-propos, [titre d'après la table]
Début :
Le nom de Grand a esté donné à beaucoup de Princes, [...]
Mots clefs :
Roi, Auguste monarque, Victoires, Sujets, Religion prétendue réformée, Nouvelles ordonnance, Conversions, Abjurations, Logement de soldats, Hérésie de Calvin, Diminution, Provinces, Poitou
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texteReconnaissance textuelle : Avant-propos, [titre d'après la table]
Enom de Grand a
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
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Résumé : Avant-propos, [titre d'après la table]
Le texte met en lumière les mérites d'un monarque français, qualifié de 'Grand' pour ses nombreuses victoires militaires, ses réformes judiciaires visant à éviter les abus et les procédures longues, ainsi que son zèle religieux. Le roi encourage la conversion des protestants au catholicisme en publiant une ordonnance qui supprime les obstacles à cette conversion. Certains protestants hésitaient à se convertir par crainte des seigneurs locaux, qui pourraient les obliger à loger des soldats. Pour les rassurer, le roi a décrété que les convertis seraient exemptés de loger des soldats et de payer certaines taxes pendant deux ans. Cette mesure vise à favoriser les conversions, et les missionnaires royaux signalent des progrès notables, notamment dans le Poitou où des centaines de personnes se sont récemment converties.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1-6
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Je ne puis mieux commencer ma Lettre dans la saison [...]
Mots clefs :
Religion, Piété, Sa Majesté, Christianisme, Religion prétendue réformée, Erreurs, Déclaration, Ministres, Temples, Interdiction, Gloire de Dieu, Discours
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
E ne puis mieux commencer
ma Lettre dans
la ſaiſon où nous fommes
, que par des Nouvelles
qui regardent la Religion &
la Pieté. Ce que fait le Roy
de jour en jour , en fournit
Mars 1683 . A
2
MERCURE
un ſi grand nombre de cette
nature, que ne pouvant vous
parler de toutes , à cauſe des
bornes que je fuis contraint
deme prefcrire, je me trouve
chaque mois plus embaraſſé
à les choiſir , qu'à les chercher.
Rien ne vous eſt plus
connu que le zele ardent de
Sa Majefté à voir rentrer au
ſein de l'Egliſe ceux de ſes
Sujets qui en ſont ſortis . Ce
zele ne s'étend pas ſeulement
fur eux ; il va juſqu'à ouvrir
des voyes de ſalut aux Mahometans
& aux Idolâtres.
La France eſt l'abord de tou
GALANT.
3
1
tes les Nations. Ily vient des
Gens de beaucoup de Lieux ,
où l'on ne ſçait ce que c'eſt
que l'Evangile ; & comme
il
il y en a eu quelques-uns,
qui voulant embraſſer le
Chriſtianiſme , ſe ſont malheureuſement
adreſſez à
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée , dont ils ont
pris les erreurs , Sa Majesté
avertie de ce défordre, a crû
y devoir pourvoir ; & pour
empeſcher qu'à l'avenir on
n'abuſe de leur ignorance,
Elle a fait publier depuis un
mois une Déclaration qui
A ij
4 MERCURE
porte , que les Mahometans
& Idolâtres qui voudront ſe
faire Chreftiens , ne pourront
eſtre inſtruits que dans la
Religion Catholique. La
meſme Déclaration défend
aux Miniſtres de la Religion
Prétenduë Reformée , de
foufrir dans leurs Temples
ou Aſſemblées, les Perfonnes
de la qualité que je viens de
vous marquer , fous peine,
outre l'amende arbitraire, qui
ſera au moins de cinq cens
livres, d'eſtre privez pour toûjours
de faire aucune fon-
Aion de leur Miniſtere dans
GALANT. 5
le Royaume . On ajoûte à
cette peine l'interdiction entiere
de la meſme Religion,
dans les Temples ou autres
Lieux, où ces fortes de Perſonnes
auront eſté reçeuës,
ou ſoufertes. Voyez , Madame
, ſi l'on peut travailler
plus fortement à ce qui regarde
la gloire de Dieu , &
Pintéreſt de l'Eglife. Dans
la derniere Affemblée gené.
rale que Meſſieurs duClergé
de France ont tenuë icy , ils
firent dreffer un Avertiſſement
Paftoral pour ceux de
la Religion Prétenduë Re
A iij
6 MERCURE
formée ; & par le meſme
principe de zele & de pieté,
Sa Majesté a voulu que la
lecture leur en ait eſté faite
dans tous les Lieux où ils
ont des Temples .
ma Lettre dans
la ſaiſon où nous fommes
, que par des Nouvelles
qui regardent la Religion &
la Pieté. Ce que fait le Roy
de jour en jour , en fournit
Mars 1683 . A
2
MERCURE
un ſi grand nombre de cette
nature, que ne pouvant vous
parler de toutes , à cauſe des
bornes que je fuis contraint
deme prefcrire, je me trouve
chaque mois plus embaraſſé
à les choiſir , qu'à les chercher.
Rien ne vous eſt plus
connu que le zele ardent de
Sa Majefté à voir rentrer au
ſein de l'Egliſe ceux de ſes
Sujets qui en ſont ſortis . Ce
zele ne s'étend pas ſeulement
fur eux ; il va juſqu'à ouvrir
des voyes de ſalut aux Mahometans
& aux Idolâtres.
La France eſt l'abord de tou
GALANT.
3
1
tes les Nations. Ily vient des
Gens de beaucoup de Lieux ,
où l'on ne ſçait ce que c'eſt
que l'Evangile ; & comme
il
il y en a eu quelques-uns,
qui voulant embraſſer le
Chriſtianiſme , ſe ſont malheureuſement
adreſſez à
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée , dont ils ont
pris les erreurs , Sa Majesté
avertie de ce défordre, a crû
y devoir pourvoir ; & pour
empeſcher qu'à l'avenir on
n'abuſe de leur ignorance,
Elle a fait publier depuis un
mois une Déclaration qui
A ij
4 MERCURE
porte , que les Mahometans
& Idolâtres qui voudront ſe
faire Chreftiens , ne pourront
eſtre inſtruits que dans la
Religion Catholique. La
meſme Déclaration défend
aux Miniſtres de la Religion
Prétenduë Reformée , de
foufrir dans leurs Temples
ou Aſſemblées, les Perfonnes
de la qualité que je viens de
vous marquer , fous peine,
outre l'amende arbitraire, qui
ſera au moins de cinq cens
livres, d'eſtre privez pour toûjours
de faire aucune fon-
Aion de leur Miniſtere dans
GALANT. 5
le Royaume . On ajoûte à
cette peine l'interdiction entiere
de la meſme Religion,
dans les Temples ou autres
Lieux, où ces fortes de Perſonnes
auront eſté reçeuës,
ou ſoufertes. Voyez , Madame
, ſi l'on peut travailler
plus fortement à ce qui regarde
la gloire de Dieu , &
Pintéreſt de l'Eglife. Dans
la derniere Affemblée gené.
rale que Meſſieurs duClergé
de France ont tenuë icy , ils
firent dreffer un Avertiſſement
Paftoral pour ceux de
la Religion Prétenduë Re
A iij
6 MERCURE
formée ; & par le meſme
principe de zele & de pieté,
Sa Majesté a voulu que la
lecture leur en ait eſté faite
dans tous les Lieux où ils
ont des Temples .
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En mars 1683, le roi de France a entrepris des actions pour promouvoir la religion catholique. Il vise à ramener ses sujets éloignés de l'Église catholique et à offrir le salut aux mahométans et idolâtres. La France accueille des personnes de diverses nations, certaines désirant se convertir au christianisme mais s'orientant vers la religion prétendue réformée. Pour contrer cela, le roi a publié une déclaration interdisant aux mahométans et idolâtres de recevoir une instruction autre que celle de la religion catholique. Les ministres de la religion prétendue réformée ne peuvent accueillir ces personnes dans leurs temples ou assemblées, sous peine d'amende et d'interdiction d'exercer leur ministère. Les lieux ayant accueilli ces conversions seront interdits à la pratique de cette religion. Par ailleurs, le clergé français a émis un avertissement pastoral destiné aux protestants, lu dans tous les lieux où ils possèdent des temples.
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3
p. 1-3
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
L'Application du Roy est si grande pour toutes les choses [...]
Mots clefs :
Roi, Religion catholique, Piété, Arrêt du Conseil d'État, Religion prétendue réformée, Charges, Religionnaires, Ordres
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
'APPLICATION du
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En avril 1683, le roi de France démontre un engagement accru pour la promotion de la religion catholique. Depuis plusieurs années, ses actions en faveur de cette cause sont notées. Un arrêt du Conseil d'État a récemment ordonné aux officiers protestants exerçant dans la maison royale, celle des principaux membres de la famille royale, ainsi que ceux bénéficiant des privilèges des galants commerçants, de démissionner de leurs charges dans un délai de deux mois. Cette mesure est mise en place avec prudence et justice, car des ordres similaires avaient déjà été donnés par le passé sans être respectés par les protestants. Ces derniers ne peuvent donc pas se plaindre de la brièveté du délai, étant donné qu'ils étaient déjà conscients de cette possibilité.
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4
p. 1-3
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Je l'avouë, Madame, j'aurois esté bien surpris, si les [...]
Mots clefs :
Discours, Religion, Prétendus réformés, Conversion, Zèle, Louis le Grand, Église
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
E l'avoue , Madame.
J'aurois efté bien fur
pris , fi les Difcours de
Mrs Gilly & Courdil , que je
vous ay envoyez huit jours
apres ma Lettre de Juin , ne
vous avoient pas donné au-
A '
Juillet 1683.
2 MERCURE
tant de plaifir que vous me
marquez en avoir reçeu de
leur lecture. Les raiſons qui
les ont fait changer de Reli…
gion , ſont ſi preſſantes contre
les Prétendus Réformez,
que fi ceux de ce Party qui
voudront agir de bonne foy,
n'en demeurent pas entierement
convaincus , ils auront
au moins fujet de douter, &
dans leurs doutes , ils ne pourront
recevoir que de tresutiles
éclairciffemens. Ces
Converfions, dont on voit le
nombre augmenter de jour
en jour , font l'effet du zele
GALANT.
3
de Louis LE GRAND , qui
croit ne pouvoir rien faire de
plus glorieux que de tâcher
par toute forte de voyes de
rendre à l'Eglife ce qu'elle a
perdu fous les Regnes précedens.
J'aurois efté bien fur
pris , fi les Difcours de
Mrs Gilly & Courdil , que je
vous ay envoyez huit jours
apres ma Lettre de Juin , ne
vous avoient pas donné au-
A '
Juillet 1683.
2 MERCURE
tant de plaifir que vous me
marquez en avoir reçeu de
leur lecture. Les raiſons qui
les ont fait changer de Reli…
gion , ſont ſi preſſantes contre
les Prétendus Réformez,
que fi ceux de ce Party qui
voudront agir de bonne foy,
n'en demeurent pas entierement
convaincus , ils auront
au moins fujet de douter, &
dans leurs doutes , ils ne pourront
recevoir que de tresutiles
éclairciffemens. Ces
Converfions, dont on voit le
nombre augmenter de jour
en jour , font l'effet du zele
GALANT.
3
de Louis LE GRAND , qui
croit ne pouvoir rien faire de
plus glorieux que de tâcher
par toute forte de voyes de
rendre à l'Eglife ce qu'elle a
perdu fous les Regnes précedens.
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En juillet 1683, l'auteur se réjouit des discours de messieurs Gilly et Courdil, envoyés huit jours après sa lettre de juin, qui ont plu au destinataire. Ces discours justifient leur conversion religieuse et réfutent les prétendus réformés. L'auteur espère convaincre ou faire douter les personnes de bonne foi. Les conversions croissantes sont attribuées au zèle de Louis le Grand pour restaurer l'Église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1-5
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Les vertus du Roy éclatent de plus en plus, & l'on peut [...]
Mots clefs :
Louanges, Vertus, Sa Majesté, Zèle, Provinces, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
MERCURE
GALANT
JANVIER 1685.
Es vertus du Roy
éclatent de plus en
plus , & l'on peut
dire que toute la Terd
re retentit de ſes loüanges ; mais ,
Madame , ce qui doit fort augmenter
l'admiration que vous
avez pour cet augufte Monarque
, c'est que parmy tant demerveilleufes
qualitez qui l'éle-
Fanvier 1685.
A
2 MERCURE
vent audeffus de tous les Hommes
, fa pieté tient toûjours le
premier rang. Il vient encore de
nous en donner de nouvelles
,
marques. Les avis qu'il a reçûs
du mauvais état où font en beaucoup
de Lieux les Nefs des Eglifes
, & les Prefbyteres , l'ont
obligé de remedier à ce defordre.
Pour empefcher qu'il ne continuë
il a efté ordonné par un
Arreft du Confeil d'Etat du 16 .
du dernier mois , que fur les
Procez Verbaux que les Archevefques
& Evefques en feroient
dreffer chacun dans fon Diocéfe
, des Experts feroient nommez
par les Intendans & les Commiffaires
deputez dans les Provinces
& les Generalitez', pour faire la
vifite de ce qui feroit en décadence
, afin de pourvoir enfuite
aux moyens de faire les RéparaGALANT.
3
tions qu'on jugeroit neceffaires.
Dans le temps que Sa Majefté
fait paroiftre un fi grand zéle
pour toutes les chofes qui ont
rapport au culte de Dieu , Elle
n'oublie rien de ce qui peut établir
plus fortement la felicité de
fes Sujets. Ainfi Elle a ordonné
dans toutes les Provinces de fon
Royaume , que , que de fes propres
deniers on fift faire par les Païfans
de chaque Generalité , tour
les Ouvrages qui affureroient la
commodité publique , quelque
confidérable qu'en pût eftre la
dépenfe , & entre autre , ce qui
refte à faire du Canal d'Orleans ,
pour joindre la Riviere de Loire.
Ce fage Monarque , en ce qui
regarde cette entrepriſe , récompenfe
l'induftrie & les foins des
Particuliers , qui parleurs lumie
A 2
4
MERCURE
res contribuent au fuccés des
grands établiffemens ; & en genéral
, il donne à une infinité de
Familles , l'occafion de parvenir
à un état aifé & commode , qu'il
eft feul capable de prévoir & de
procurer. Vous remarquerez ,
Madame,que la Genéralité d'Orleans
a efté l'objet des foins des
trois plus grands Princes du monde,
pour y faire des chofes dignes
de rendre leur Régne immortel.
Céfar y a fait faire un Chemin
qu'on voit encore à préfent, pour
la communication de la Bourgogne
à l'Orleannois . Henry IV. a
fait faire le Canal de Briare , &
LOUIS le Grand fait mettre
celuy d'Orleans dans la
perfection que l'on peut luy fouhaiter.
Ce Canal eft appellé
d'Orleans , à caufe qu'il traverſe
la Foreft d'Orleans , & vient tomGALANT.
ber dans la Loire proche la Ville
qui porte ce nom . Il commence
dans la Riviere de Loing , deux
lieües au- deffous de Montargis,
& eft actuellement navigable
dans une étendüe d'environ huit
heües.
Comme nous fommes dans
le mois d'Etrennes je croy
que vous ferez bien aife de voir
celles de Monfieur Magnin à Sa
Majefté . Voicy dequoy elles
eftoient compofées .
GALANT
JANVIER 1685.
Es vertus du Roy
éclatent de plus en
plus , & l'on peut
dire que toute la Terd
re retentit de ſes loüanges ; mais ,
Madame , ce qui doit fort augmenter
l'admiration que vous
avez pour cet augufte Monarque
, c'est que parmy tant demerveilleufes
qualitez qui l'éle-
Fanvier 1685.
A
2 MERCURE
vent audeffus de tous les Hommes
, fa pieté tient toûjours le
premier rang. Il vient encore de
nous en donner de nouvelles
,
marques. Les avis qu'il a reçûs
du mauvais état où font en beaucoup
de Lieux les Nefs des Eglifes
, & les Prefbyteres , l'ont
obligé de remedier à ce defordre.
Pour empefcher qu'il ne continuë
il a efté ordonné par un
Arreft du Confeil d'Etat du 16 .
du dernier mois , que fur les
Procez Verbaux que les Archevefques
& Evefques en feroient
dreffer chacun dans fon Diocéfe
, des Experts feroient nommez
par les Intendans & les Commiffaires
deputez dans les Provinces
& les Generalitez', pour faire la
vifite de ce qui feroit en décadence
, afin de pourvoir enfuite
aux moyens de faire les RéparaGALANT.
3
tions qu'on jugeroit neceffaires.
Dans le temps que Sa Majefté
fait paroiftre un fi grand zéle
pour toutes les chofes qui ont
rapport au culte de Dieu , Elle
n'oublie rien de ce qui peut établir
plus fortement la felicité de
fes Sujets. Ainfi Elle a ordonné
dans toutes les Provinces de fon
Royaume , que , que de fes propres
deniers on fift faire par les Païfans
de chaque Generalité , tour
les Ouvrages qui affureroient la
commodité publique , quelque
confidérable qu'en pût eftre la
dépenfe , & entre autre , ce qui
refte à faire du Canal d'Orleans ,
pour joindre la Riviere de Loire.
Ce fage Monarque , en ce qui
regarde cette entrepriſe , récompenfe
l'induftrie & les foins des
Particuliers , qui parleurs lumie
A 2
4
MERCURE
res contribuent au fuccés des
grands établiffemens ; & en genéral
, il donne à une infinité de
Familles , l'occafion de parvenir
à un état aifé & commode , qu'il
eft feul capable de prévoir & de
procurer. Vous remarquerez ,
Madame,que la Genéralité d'Orleans
a efté l'objet des foins des
trois plus grands Princes du monde,
pour y faire des chofes dignes
de rendre leur Régne immortel.
Céfar y a fait faire un Chemin
qu'on voit encore à préfent, pour
la communication de la Bourgogne
à l'Orleannois . Henry IV. a
fait faire le Canal de Briare , &
LOUIS le Grand fait mettre
celuy d'Orleans dans la
perfection que l'on peut luy fouhaiter.
Ce Canal eft appellé
d'Orleans , à caufe qu'il traverſe
la Foreft d'Orleans , & vient tomGALANT.
ber dans la Loire proche la Ville
qui porte ce nom . Il commence
dans la Riviere de Loing , deux
lieües au- deffous de Montargis,
& eft actuellement navigable
dans une étendüe d'environ huit
heües.
Comme nous fommes dans
le mois d'Etrennes je croy
que vous ferez bien aife de voir
celles de Monfieur Magnin à Sa
Majefté . Voicy dequoy elles
eftoient compofées .
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
Le 'Mercure Galant' de janvier 1685 célèbre les vertus et les actions du roi de France. Le roi est particulièrement loué pour sa piété, ayant ordonné des réparations des églises et des presbytères en mauvais état via un arrêt du Conseil d'État du 16 décembre précédent. Il montre un grand zèle pour le culte divin et le bien-être de ses sujets, finançant des ouvrages publics dans toutes les provinces. Parmi ces projets figure la construction du Canal d'Orléans, navigable sur environ huit lieues, traversant la forêt d'Orléans et se jetant dans la Loire près d'Orléans. Ce canal commence dans la rivière de Loing, deux lieues en dessous de Montargis. La généralité d'Orléans a déjà été l'objet d'attention de grands princes comme César et Henri IV. Le roi actuel, Louis le Grand, perfectionne le Canal d'Orléans. Le texte se termine par une référence aux étrennes offertes au roi par Monsieur Magnin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 1-2
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
On vous a dit vray, Madame. Ce sont tous les jours Divertissemens [...]
Mots clefs :
Divertissement, Versailles, Majesté, Conseils, Gloire, Royaume de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
N vous a dit
vray,
Madame . Ce font
tous les
jours
Divertiffemens
nouveaux
à
Verſailles . Les Apartemens
, le Bal , l'Opéra
&
la
Comédie
, font des
plaifirs
que l'on y fait
fucceder
Fevrier 1685. A
2 MERCURE
les uns aux autres , & tout
y eft digne de la majeſté du
Lieu ; mais ce qui vous furprendra
, c'eft que pendant
que toute la Cour fe divertit,
le
Roy
que les longs
&Confeils
où il eft inceffamment,
devroient avoir rebuté, prend
encore ce temps pour travailler
en particulier , tant il
a foin de répondre aux intentions
du Ciel , qui ne l'a
mis dans le Trône , qu'afin
qu'en veillant au bien 'de fes
Peuples , il portaft la France
dans le haut degré de gloire
où nous la voyons .
vray,
Madame . Ce font
tous les
jours
Divertiffemens
nouveaux
à
Verſailles . Les Apartemens
, le Bal , l'Opéra
&
la
Comédie
, font des
plaifirs
que l'on y fait
fucceder
Fevrier 1685. A
2 MERCURE
les uns aux autres , & tout
y eft digne de la majeſté du
Lieu ; mais ce qui vous furprendra
, c'eft que pendant
que toute la Cour fe divertit,
le
Roy
que les longs
&Confeils
où il eft inceffamment,
devroient avoir rebuté, prend
encore ce temps pour travailler
en particulier , tant il
a foin de répondre aux intentions
du Ciel , qui ne l'a
mis dans le Trône , qu'afin
qu'en veillant au bien 'de fes
Peuples , il portaft la France
dans le haut degré de gloire
où nous la voyons .
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En février 1685, à Versailles, la cour se divertit dans les appartements, au bal, à l'opéra et à la comédie. Louis XIV profite de ces moments pour travailler en privé, motivé par le désir de répondre aux intentions divines et de porter la France à un haut degré de gloire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1-6
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy qui n'est destiné qu'à de grandes choses, [...]
Mots clefs :
César, Chef-d'oeuvres, Magnificence, Art, Ouvrages, Louis le Grand, Versailles, Grandeur, Royaume de France
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
E Roy qui n'eft def
tiné qu'à de grandes
chofes, vient de faire
uneEntrepriſe vrayment Romaine
, & je ne croy pas
qu'aucun des Céfars en ait
jamais réfolu une pareille..
Ce n'eft pas , Madame , que
Mars
1685.
A
2 MERCURE
1 parmy tant de Chef- d'oeuvres
qui ont rendu l'ancienne
Rome fi celebre , il n'y en
ait eu de trés -importans
, &
dans lefquels laMagnificence
.
a efte jointe à tout ce que
l'Art a de plus ingénieux
;
mais ces Ouvrages que l'on
avoit commencez fans avoir
examiné toute leur grandeur
, & fans en avoir prévû
la dépenfe , eftoient devenus
des Ouvrages de plufieurs
Régnés , au lieu que Louis
LE GRAND voit en mefme
temps , & tout ce qu'il entreprend
, & tout ce qu'il
GALANT.
faut qu'il luy en coufte . Ainfi
l'on peut affurer , que fi depuis
qu'il y a des Hommes
fur la terre , il s'eft fait une
dépenfe plus forte que celle
de conduire la Riviere d'Eure
à Verſailles , il ne s'eft jamais
conclu un Marché de tant
de millions tout à la fois, ny
mefme qui en ait approché.
Cette Riviere dont la fource
eft dans le Perche , paffe à
Chartres , à Nogent-le- Roy,
à Ivry , à Louviers , & va fe
joindre à la Seine au- deffus
du Pont de l'Arche , apres
avoir receu la Drouete , la
A ij
4 MERCURE
Blaie , l'Aure , la Vegre ,
I'Hon , l'Andelle , & divers
autres Ruiffeaux . On va commencer
à Maintenon le mer
veilleux Aqueduc qui luy
fera perdre fon cours ordinaire
, & comme la pente
qu'il faut qu'on luy donne
oblige à prendre un grand
tour, on peut juger combien
ce travail eft confidérable.
Vous ne devez point douter
qu'on ne m'envoye bientoft
la fin , puis que c'eft un
deffein du Roy, que l'on exécute.
L'utilité qu'en peut recevoir
Verfailles , & l'orne_
GALANT.
5
ment que fes fuperbes Jar
dins en tireront , n'eft pas ce
qui a le plus excité le Roy
à entreprendre un Ouvrage
fi digne de la grandeur Françoife,
telle qu'elle eft aujour
d'huy. Ce Prince a eu des
veuës plus dignes d'admiration
, & qui font connoiſtre
la bonté qu'il a pour fes Sujets.
Il a préveu que la plû
part de ceux à qui la Guerre
donnoit dequoy vivre , demeureroient
fans employ ; &
par cette grande entrepriſe il a
voulu leur fournir les moyens
de fubfifter, Il rend par là fon
A iij
6 MERCURE
Nom immortel , & la France
redoutable. Il fait connoiftre
aux Etrangers que fes Finances
ne font point épuiſées,
& que puis que fans rien diminuer
de fes autres dépen
fes , il en entreprend d'extraordinaires
prefque dans
F'instant qu'on voit la Guerre
finie , il feroit preft à la ſoûtenir
tout de nouveau , fren
troublant le repos qu'il vient .
de donner à l'Europe , on
le contraignoit de fe remettre
en Campagne .
tiné qu'à de grandes
chofes, vient de faire
uneEntrepriſe vrayment Romaine
, & je ne croy pas
qu'aucun des Céfars en ait
jamais réfolu une pareille..
Ce n'eft pas , Madame , que
Mars
1685.
A
2 MERCURE
1 parmy tant de Chef- d'oeuvres
qui ont rendu l'ancienne
Rome fi celebre , il n'y en
ait eu de trés -importans
, &
dans lefquels laMagnificence
.
a efte jointe à tout ce que
l'Art a de plus ingénieux
;
mais ces Ouvrages que l'on
avoit commencez fans avoir
examiné toute leur grandeur
, & fans en avoir prévû
la dépenfe , eftoient devenus
des Ouvrages de plufieurs
Régnés , au lieu que Louis
LE GRAND voit en mefme
temps , & tout ce qu'il entreprend
, & tout ce qu'il
GALANT.
faut qu'il luy en coufte . Ainfi
l'on peut affurer , que fi depuis
qu'il y a des Hommes
fur la terre , il s'eft fait une
dépenfe plus forte que celle
de conduire la Riviere d'Eure
à Verſailles , il ne s'eft jamais
conclu un Marché de tant
de millions tout à la fois, ny
mefme qui en ait approché.
Cette Riviere dont la fource
eft dans le Perche , paffe à
Chartres , à Nogent-le- Roy,
à Ivry , à Louviers , & va fe
joindre à la Seine au- deffus
du Pont de l'Arche , apres
avoir receu la Drouete , la
A ij
4 MERCURE
Blaie , l'Aure , la Vegre ,
I'Hon , l'Andelle , & divers
autres Ruiffeaux . On va commencer
à Maintenon le mer
veilleux Aqueduc qui luy
fera perdre fon cours ordinaire
, & comme la pente
qu'il faut qu'on luy donne
oblige à prendre un grand
tour, on peut juger combien
ce travail eft confidérable.
Vous ne devez point douter
qu'on ne m'envoye bientoft
la fin , puis que c'eft un
deffein du Roy, que l'on exécute.
L'utilité qu'en peut recevoir
Verfailles , & l'orne_
GALANT.
5
ment que fes fuperbes Jar
dins en tireront , n'eft pas ce
qui a le plus excité le Roy
à entreprendre un Ouvrage
fi digne de la grandeur Françoife,
telle qu'elle eft aujour
d'huy. Ce Prince a eu des
veuës plus dignes d'admiration
, & qui font connoiſtre
la bonté qu'il a pour fes Sujets.
Il a préveu que la plû
part de ceux à qui la Guerre
donnoit dequoy vivre , demeureroient
fans employ ; &
par cette grande entrepriſe il a
voulu leur fournir les moyens
de fubfifter, Il rend par là fon
A iij
6 MERCURE
Nom immortel , & la France
redoutable. Il fait connoiftre
aux Etrangers que fes Finances
ne font point épuiſées,
& que puis que fans rien diminuer
de fes autres dépen
fes , il en entreprend d'extraordinaires
prefque dans
F'instant qu'on voit la Guerre
finie , il feroit preft à la ſoûtenir
tout de nouveau , fren
troublant le repos qu'il vient .
de donner à l'Europe , on
le contraignoit de fe remettre
en Campagne .
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
Louis XIV entreprend un projet ambitieux consistant à dévier la rivière Eure vers Versailles, comparable par son ampleur à des entreprises romaines. Contrairement aux projets antiques souvent réalisés sur plusieurs règnes, Louis XIV finance et voit immédiatement ses projets. La rivière Eure, prenant sa source dans le Perche, traverse plusieurs localités avant de se jeter dans la Seine. Un aqueduc sera construit à Maintenon pour modifier son cours, nécessitant un tracé complexe et coûteux. La principale motivation du roi n'est pas l'utilité de ce projet pour Versailles et ses jardins, mais de fournir du travail aux sujets affectés par la fin des guerres, démontrant ainsi sa bonté et sa prévision. Ce projet montre également la solidité des finances françaises, capables de soutenir de nouvelles dépenses extraordinaires malgré la fin récente des conflits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 1-15
Prélude, contenant plusieurs Actions de grandeur, de bonté & de libéralité du Roy, & plusieurs Piéces à la gloire de ce Monarque, [titre d'après la table]
Début :
J'AY bien crû, Madame, que ce que je vous ay dit touchant [...]
Mots clefs :
Aqueduc , Roi, Sujets, Bonté, Charges, Aumônier, Troupes, Embellissements, Rivière, Travail, Prince, Seigneur, Royaume, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude, contenant plusieurs Actions de grandeur, de bonté & de libéralité du Roy, & plusieurs Piéces à la gloire de ce Monarque, [titre d'après la table]
'AY bien crû, Madame,
que ce que je vous ay
dit touchant l'Aqueduc
qui doit conduire la Riviere
d'Eure à Verſailles , vous paroiſtroit
auſſi ſurprenant que
digne d'admiration , & que
vous donneriez mille loüan-
Avril 1685. A
MERCURE
ges aux motifs de bonté qui
ont inſpiré ce deſſein au Roy,
puis que ce qu'il a eu principalement
en veuë dans cette
grande entrepriſe , a eſté de
faire trouver les moyens
de ſubſiſter à ceux d'entre
ſes Sujets , qui avoient
beſoin de quelque ſecours,
pour ne pas mener une vie
entierement malheureuſe , &
de fournir de l'occupation à
ſes Troupes , afin qu'une
longue oyſiveté ne les fift
pas devenir inhabiles au
travail , ſi quelques Puiſſances
jalouſes de la Grandeur,
GALANT.
3
troubloient le repos qu'il a
donné à l'Europe. Aprés avoir
ainſi conſulté ſa bonté
pour ſes Sujets , & l'avantage
que pourroit tirer l'Etat
fſii ſes Troupes eſtoient toûjours
endurcies au travail du
remuement des Terres , qui
eſt le travail le plus néceſfaire
dans le Meſtier de la
Guerre , il a regardé qu'en
exécutant cét admirable projet
, il couvroit la France d'u
ne gloire fans égale , & luy
donnoit lieu de ſe vanter d'être
venuë à bout d'un Ouvrage
plus grand qu'aucun
A ij
4 MERCURE
de
de ceux qui ayent jamais
eſté entrepris par les plus
puiſſans Empereurs Romains
; de forte que l'embelliſſement
que Verſailles
recevra des Eaux que cét
étonnant & miraculeux Aqueduc
y doit conduire , n'a
preſque pas eſté conſideré
par le Roy : ce Monarque
comptant pour rien ce qui
regarde ſes propres plaiſirs.
Ce n'eſt pas que la beauté
de Verſailles ſoit pour luy
ſeul. Il ſe fait une joye de
donner cét ornement à la
France , & de tenir ſa Cour
GALANT S
dans un lieu délicieux , où
elle joüit des plaiſirs de toutes
les belles Saiſons , & de
celuy d'eſtre bien logée,
pendant que les ſoins de la
grandeur & du repos de l'Etat
le tiennent dans un travail
qui a fort peu de relâche.
Mais ce Prince eſt auſſi
content , lors que fa Cour,
ſes Sujets , & les Etrangers
joüiffent des charmes de ce
magnifique lieu , & des divertiſſemens
qu'il y donne,
que s'il les prenoit ſans ceſſe
-luy meſme. L'exemple du
travail de l'Aqueduc , a pro-
A iij
6 MERCURE
د
duit un autre bien pour les
malheureux
qui n'ayant
point d'employ à Paris , n'y
pouvoient trouver les moyés
de vivre . Mrs les Prevolt
des Marchands , & Echevins
de la Ville ont fait publier,
non ſeulement qu'ils em
ployeroient toutes les Pernes
qui voudroient travailler
à remuer la Terre des Ramparts
qu'on fait autour de Paris
; mais auſſi qu'ils donneroient
tous les inftrumens
néceſſaires pour ce travail à
ceux qui n'auroient pas dequoy
en avoir. C'eſt ce qu'ils
A
GALANT.
ont fait le neufiéme de ce
mois ; de ſorte que ſi l'on
voit preſentement des Gens
fans employ , & preſſez de la
neceſſité, on ne le doit imputer
qu'à leur pareſſe , &à leur
faineantiſe. On peut ajoûter
à tout cela que ceux qui ont
voulu s'occuper , en ont toûjours
trouvé les occafions,
le Roy ayant fait travailler il
y a déja long-temps àune Levée
depuis Paris juſqu'au
bord de la Riviere qui regar--
de Seve , afin de rendre le
chemin plus praticable , &
plus commode pour ceux
A iiij
8 MERCURE
qui font obligez d'aller à
Verſailles . C'eſt dans cette
meſme veuë que Sa Majeſté
a cru qu'il falloit qu'il y euſt
un Pont au bout de cette Levée
qui conduiſiſt à Seve,
d'où Elle a fait applanir , élargir
, & paver le chemin
juſqu'à Verſailles ; ce qui le
rendra plus aifé & plus
court. Comme Elle a voulu
que ce Pont fuſt achevé en
peu de temps , Elle en a donné
le revenu pour cinquante
ans à des Particuliers qui l'ont
fait conftruire.
On en commence icy un
1
GALANT. 9 ,
de Pierre qu'on appellera le
e fait a Pont Royal , & on le fait aux
dépens de ce genéreux Monarque
, qui n'épargne rien
pour l'embelliſſement de la
Ville , & pour la commodité
de ſes Sujets. Il ſera un peu
plus proche des Tuilleries,
que celuy qu'on appelloit le
Pont Rouge , & que les Eaux.
ont entraîné depuis quelque
temps..
Quoy que le Roy n'ait
point d'occupation plus forte
que de penſer au general , il
ne laiſſe pas de ſe ſouvenir
du particulier..On le voit
८
10 MERCURE
par les penſions des Dames
du Palais , qu'il a conſervées
,
à Madame la Princeſſe de
Tingry , & à Mesdames les
Comtefles de Granmont , &
de Saint Geran qui les
avoient euës du vivant de la
Reyne. M l'Abbé de Rohan
, ſecond Fils de M le
Prince de Soubiſe a efté د
pourveu de l'Abbaye de Saint
Taurin , Ordre de S. Benoiít,
Diocéſe d'Evreux vacante
par la démiſſion volontaire de
M' l'Abbé du Frénoy , qui ſe
trouvant l'aîné de ſa Maiſon,
a cru devoir ſemettre en état
GALANT. II
de la ſoûtenir. Ces grandes
Abbayes ne devant eſtre pof
fedées que par des Perſonnes
d'une distinction particuliere
, on ne peut que loüer ce
choix du Roy , aufli bienque.
celuy qu'il a fait de M' l'Abbé
de Beuvron qu'il a gratifié
de la Charge de l'un de ſes
Aumôniers , vacante depuis
la mort de M' l'Abbé de Saint
Luc. Il y a déja quelque
temps que M'l'Abbé de Beuvron
avoit offert de l'argent
d'une autre Charge d'Aumônier
, mais l'affaire ne ſe put
conclurre , & il a eu du Roy
12 MERCURE
en pur don , celle dont il
vient d'eſtre pourveu , ſaMa
jeſté ne permettát plusque ſes
Charges d'Aumônier ſe vendent
, &voulant à l'avenir les
remplir Elle-meſme de Perſonnes
de merite. C'eſt par
là qu'Elle a donné à M'l'Abbé
de la Sale , Frere de M'de
la Sale Maiſtre de ſa Garderobe
, une autre Charge
d'Aumônier , vacante par la
démiffion volontaire de M
l'Abbé de Saint Valier , qui
eſt party pour le Canada , où
il doit eſtre Coadjuteur de
M lEveſque de Quebec.
GALANT. 13
- Une grande dévotion & le
zele de convertir des Infidé
1
les , luy font faire ce Voyage.
Il accompagne M' le Marquis
d'Enonvile , Colonel des
Dragons de la Reyne , qui
doit eftre Commandant en
ce Païs- là , dont vous ſçavez
que M' le Maréchal d'Eſtrades
eſt Viceroy.
Dans le meſme temps que
le Roy s'applique aux differens
ſoins que je viens de
vous marquer , il ſonge à donner
moyen à la plus jeune
& la plus qualifiée Nobleſſe
de ſon Royaume , des'entre-
4
14 MERCURE
tenir toûjours dans les exer
cices qui font les plus dignes
d'elle , &qui font qu'elle ferd
l'Etat avec plus de gloire &
plus d'avantage , lors qu'ileft
queſtion, ou de le défendre,
ou de le remettre dans ſes juſtes
bornes. C'eſt pour cela
que ce Prince a la bonté de
contribuer à la plus grande
partie de la dépenſe néceſſaire
, pour faire une Courſe de
Têtes,avec toutl'éclat qu'elle
peut eſtre par les plus grands
Seigneurs d'une Cour , qui
n'eſt pas moins renommée
par la bravoure que par la
GALANT 15
galanterie.
que ce que je vous ay
dit touchant l'Aqueduc
qui doit conduire la Riviere
d'Eure à Verſailles , vous paroiſtroit
auſſi ſurprenant que
digne d'admiration , & que
vous donneriez mille loüan-
Avril 1685. A
MERCURE
ges aux motifs de bonté qui
ont inſpiré ce deſſein au Roy,
puis que ce qu'il a eu principalement
en veuë dans cette
grande entrepriſe , a eſté de
faire trouver les moyens
de ſubſiſter à ceux d'entre
ſes Sujets , qui avoient
beſoin de quelque ſecours,
pour ne pas mener une vie
entierement malheureuſe , &
de fournir de l'occupation à
ſes Troupes , afin qu'une
longue oyſiveté ne les fift
pas devenir inhabiles au
travail , ſi quelques Puiſſances
jalouſes de la Grandeur,
GALANT.
3
troubloient le repos qu'il a
donné à l'Europe. Aprés avoir
ainſi conſulté ſa bonté
pour ſes Sujets , & l'avantage
que pourroit tirer l'Etat
fſii ſes Troupes eſtoient toûjours
endurcies au travail du
remuement des Terres , qui
eſt le travail le plus néceſfaire
dans le Meſtier de la
Guerre , il a regardé qu'en
exécutant cét admirable projet
, il couvroit la France d'u
ne gloire fans égale , & luy
donnoit lieu de ſe vanter d'être
venuë à bout d'un Ouvrage
plus grand qu'aucun
A ij
4 MERCURE
de
de ceux qui ayent jamais
eſté entrepris par les plus
puiſſans Empereurs Romains
; de forte que l'embelliſſement
que Verſailles
recevra des Eaux que cét
étonnant & miraculeux Aqueduc
y doit conduire , n'a
preſque pas eſté conſideré
par le Roy : ce Monarque
comptant pour rien ce qui
regarde ſes propres plaiſirs.
Ce n'eſt pas que la beauté
de Verſailles ſoit pour luy
ſeul. Il ſe fait une joye de
donner cét ornement à la
France , & de tenir ſa Cour
GALANT S
dans un lieu délicieux , où
elle joüit des plaiſirs de toutes
les belles Saiſons , & de
celuy d'eſtre bien logée,
pendant que les ſoins de la
grandeur & du repos de l'Etat
le tiennent dans un travail
qui a fort peu de relâche.
Mais ce Prince eſt auſſi
content , lors que fa Cour,
ſes Sujets , & les Etrangers
joüiffent des charmes de ce
magnifique lieu , & des divertiſſemens
qu'il y donne,
que s'il les prenoit ſans ceſſe
-luy meſme. L'exemple du
travail de l'Aqueduc , a pro-
A iij
6 MERCURE
د
duit un autre bien pour les
malheureux
qui n'ayant
point d'employ à Paris , n'y
pouvoient trouver les moyés
de vivre . Mrs les Prevolt
des Marchands , & Echevins
de la Ville ont fait publier,
non ſeulement qu'ils em
ployeroient toutes les Pernes
qui voudroient travailler
à remuer la Terre des Ramparts
qu'on fait autour de Paris
; mais auſſi qu'ils donneroient
tous les inftrumens
néceſſaires pour ce travail à
ceux qui n'auroient pas dequoy
en avoir. C'eſt ce qu'ils
A
GALANT.
ont fait le neufiéme de ce
mois ; de ſorte que ſi l'on
voit preſentement des Gens
fans employ , & preſſez de la
neceſſité, on ne le doit imputer
qu'à leur pareſſe , &à leur
faineantiſe. On peut ajoûter
à tout cela que ceux qui ont
voulu s'occuper , en ont toûjours
trouvé les occafions,
le Roy ayant fait travailler il
y a déja long-temps àune Levée
depuis Paris juſqu'au
bord de la Riviere qui regar--
de Seve , afin de rendre le
chemin plus praticable , &
plus commode pour ceux
A iiij
8 MERCURE
qui font obligez d'aller à
Verſailles . C'eſt dans cette
meſme veuë que Sa Majeſté
a cru qu'il falloit qu'il y euſt
un Pont au bout de cette Levée
qui conduiſiſt à Seve,
d'où Elle a fait applanir , élargir
, & paver le chemin
juſqu'à Verſailles ; ce qui le
rendra plus aifé & plus
court. Comme Elle a voulu
que ce Pont fuſt achevé en
peu de temps , Elle en a donné
le revenu pour cinquante
ans à des Particuliers qui l'ont
fait conftruire.
On en commence icy un
1
GALANT. 9 ,
de Pierre qu'on appellera le
e fait a Pont Royal , & on le fait aux
dépens de ce genéreux Monarque
, qui n'épargne rien
pour l'embelliſſement de la
Ville , & pour la commodité
de ſes Sujets. Il ſera un peu
plus proche des Tuilleries,
que celuy qu'on appelloit le
Pont Rouge , & que les Eaux.
ont entraîné depuis quelque
temps..
Quoy que le Roy n'ait
point d'occupation plus forte
que de penſer au general , il
ne laiſſe pas de ſe ſouvenir
du particulier..On le voit
८
10 MERCURE
par les penſions des Dames
du Palais , qu'il a conſervées
,
à Madame la Princeſſe de
Tingry , & à Mesdames les
Comtefles de Granmont , &
de Saint Geran qui les
avoient euës du vivant de la
Reyne. M l'Abbé de Rohan
, ſecond Fils de M le
Prince de Soubiſe a efté د
pourveu de l'Abbaye de Saint
Taurin , Ordre de S. Benoiít,
Diocéſe d'Evreux vacante
par la démiſſion volontaire de
M' l'Abbé du Frénoy , qui ſe
trouvant l'aîné de ſa Maiſon,
a cru devoir ſemettre en état
GALANT. II
de la ſoûtenir. Ces grandes
Abbayes ne devant eſtre pof
fedées que par des Perſonnes
d'une distinction particuliere
, on ne peut que loüer ce
choix du Roy , aufli bienque.
celuy qu'il a fait de M' l'Abbé
de Beuvron qu'il a gratifié
de la Charge de l'un de ſes
Aumôniers , vacante depuis
la mort de M' l'Abbé de Saint
Luc. Il y a déja quelque
temps que M'l'Abbé de Beuvron
avoit offert de l'argent
d'une autre Charge d'Aumônier
, mais l'affaire ne ſe put
conclurre , & il a eu du Roy
12 MERCURE
en pur don , celle dont il
vient d'eſtre pourveu , ſaMa
jeſté ne permettát plusque ſes
Charges d'Aumônier ſe vendent
, &voulant à l'avenir les
remplir Elle-meſme de Perſonnes
de merite. C'eſt par
là qu'Elle a donné à M'l'Abbé
de la Sale , Frere de M'de
la Sale Maiſtre de ſa Garderobe
, une autre Charge
d'Aumônier , vacante par la
démiffion volontaire de M
l'Abbé de Saint Valier , qui
eſt party pour le Canada , où
il doit eſtre Coadjuteur de
M lEveſque de Quebec.
GALANT. 13
- Une grande dévotion & le
zele de convertir des Infidé
1
les , luy font faire ce Voyage.
Il accompagne M' le Marquis
d'Enonvile , Colonel des
Dragons de la Reyne , qui
doit eftre Commandant en
ce Païs- là , dont vous ſçavez
que M' le Maréchal d'Eſtrades
eſt Viceroy.
Dans le meſme temps que
le Roy s'applique aux differens
ſoins que je viens de
vous marquer , il ſonge à donner
moyen à la plus jeune
& la plus qualifiée Nobleſſe
de ſon Royaume , des'entre-
4
14 MERCURE
tenir toûjours dans les exer
cices qui font les plus dignes
d'elle , &qui font qu'elle ferd
l'Etat avec plus de gloire &
plus d'avantage , lors qu'ileft
queſtion, ou de le défendre,
ou de le remettre dans ſes juſtes
bornes. C'eſt pour cela
que ce Prince a la bonté de
contribuer à la plus grande
partie de la dépenſe néceſſaire
, pour faire une Courſe de
Têtes,avec toutl'éclat qu'elle
peut eſtre par les plus grands
Seigneurs d'une Cour , qui
n'eſt pas moins renommée
par la bravoure que par la
GALANT 15
galanterie.
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Résumé : Prélude, contenant plusieurs Actions de grandeur, de bonté & de libéralité du Roy, & plusieurs Piéces à la gloire de ce Monarque, [titre d'après la table]
Le texte, daté d'avril 1685, discute principalement de l'aqueduc projeté pour acheminer l'eau de la rivière d'Eure à Versailles. L'auteur exprime son admiration pour ce projet, soulignant la bienveillance du roi qui cherche à fournir des moyens de subsistance à ses sujets dans le besoin et à occuper ses troupes pour éviter l'oisiveté. Le roi voit également cet ouvrage comme une source de gloire pour la France, surpassant les réalisations des empereurs romains. L'embellissement de Versailles, bien que notable, n'est pas la principale motivation du roi, qui se préoccupe davantage du bien-être de ses sujets et de la grandeur de l'État. Le texte mentionne également les initiatives prises pour employer les habitants de Paris. Les prévôts des marchands et les échevins offrent des travaux de terrassement et des outils nécessaires. De plus, le roi a entrepris des travaux pour améliorer les routes et les ponts, comme le Pont Royal, afin de faciliter les déplacements vers Versailles. Le roi montre également sa sollicitude envers les particuliers en conservant les pensions des dames du palais et en nommant des abbés à des charges vacantes. Il refuse de vendre les charges d'aumôniers, préférant les attribuer à des personnes de mérite. Il soutient aussi la noblesse en contribuant à l'organisation de courses de têtes, mettant en avant la bravoure et la galanterie de la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 1-13
Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Quelque éclat qui ait accompagné le grand nombre de Victoires [...]
Mots clefs :
Victoires, Europe, Roi de France, Gloire, Admiration, Actions, Monarque, Sujets, Ministres, Affaires, Bonté, Arrêt du conseil, Malheureux, Éloges, Louis le Grand, Devises, Inscriptions, Dictionnaire, Palais de Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
UELQUE éclat qui
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
ait
accompagné le
grand nombre de
Victoires que le Roy a rem
portées fur
l'Europe
prefque
entiere
liguée
contre luy , il
ne s'eft jamais
acquis tant de
gloire , que lors qu'il rendit
May 1685. A
MERCURE
contre luy- mefme en faveur
de fes Sujets , le fameux Arreit
dont tout le monde a
parlé avec autant d'admiration
que de furpriſe. Je ne
repéteray point les particularitez
de cette Action gené
ralement connue. Elles ont
remply plufieurs de mes Lettres
; & fi j'en fais fouvenir
icy , c'est pour dire qu'on
cherchaalors dans toute l'Antiquité
quelque Action qui
puft eftre comparée à celle
que Sa Majefté venoit de
faire , & qu'il fut impoffible
d'en trouver. Il n'apartenoit
3
GALANT.
3
quà ce grand Monarque
feul comparable à luy- mefme,
& fi accoûtumé à faire
des chofes inouies, d'en four.
nir encore une autre de mefme
nature , afin que les Sié,
cles à venir puffent travailler
à en faire des paralelles . Nous
l'avons veuë depuis peu de
jours , & vous en allez demeurer
d'accord , quand je
vous l'auray expliquée dans
toutes les circonstances . Il
s'agiffoit d'accorder une Re ,
mife à plufieurs de fes Sujets,
& Sa Majesté a bien voulu la
faire de plus de fept cens mille
A ij
4 MERCURE
que
livres chaque année d'un Bail
qui ne doit finir que dans
trois ans. Si d'un cofté on
ne fait réflexion que fur la
valeur de la Remife , quoy
tres- conſidérable, & que
de l'autre on regarde le panchant
naturel qui porte le
Roy à faire du bien , cette
Action ne fera pas naiftre
d'abord toute la furprife qu'
elle doit caufer mais elle
redoublera, fi- toft qu'on aura
appris que cette Remife a
efté faite à des Sous Fermiers,
c'eft à dire , à des Gens d'Affaires
, puis qu'il eſt certain
;
GALANT.
ད
qu'encore qu'on foit perfuadé
qu'ils peuvent perdre en quel
ques occafions , le Public ne
croit pas qu'on foit obligé
pour cela de leur accorder
aucunes Remiſes. On prétend
qu'ils gagnent en plus
d'Affaires qu'ils ne perdent,
& cette raiſon fait dire que
l'on ne doit tenir compte :
d'aucune perte à des Perſonnes
qui n'en tiennent pas des
grands gains qu'ils font . Cependant
le Roy , par une
bonté extraordinaire & inoüie
juſques à ce jour , a bien voulu
entrer dans les intéreſts
A iij
6 MERCURE
de ceux qui luy ont repré
fenté qu'ils perdoient. Il s'eft
donné la peine d'examiner
luy- mefme l'Affaire dont ils
fe font plaints , & s'en eſtant
fait faire des raports fidelles
par d'équitables Miniftres qui
luy ont fait connoiftre la ve
rité , ce Prince auffi gené
reux que jufte , n'a voulu
jetter les yeux que fur les
pertes qu'avoient à foufrir les
Intéreffez . Il s'en eft laiffé
toucher ; & craignant ' què
quelques Malheureux , qui
a
peut-eftre n'avoient jamais
gagné d'ailleurs avec luy , s'y
GALANT. 7
trouvant envelopez , ne fuſfent
ruinez d'une maniere à
ne s'en pas relever , & que
leur ruine n'entraînaft encore
celle de quelques autres Familles
, il leur a remis les
fept cens mille livres & plus
dont je viens de vous parler ,
ce qui monte à plus de deux
millions pendant trois années.
Cette bonté toute magnanime
regarde plus de quarante
Perfonnes, qui font nommées
dans l'Arreft du Confeil d'Etat
donné le 17. du dernier
mois , & imprimé depuis ce
temps- là.
A j
8 MERCURE
Il ne faut pas s'étonner
fi une fuite fi continuelle
d'Actions qui font audeffus
de toutes fortes d'éloges , en
attire tant tous les jours au
Roy , non feulement de fes
Sujets , mais encore des Nations
les plus éloignées , où
le bruit de fa grandeur s'eft
répandu . On ne la peut mieux
connoiftre
que par le Livre
intitulé Paralelle de LOUIS
LE GRAND avec les autres
Princes qui ont efté furnommez
Grands. Cet Ouvrage eft de
M' de Vertron de l'Académie
Royale d'Arles. Il fait voir
GALANT. 9
que le Roy a toutes leurs vertus
, fans avoir aucun de leurs
defauts , & l'on Y trouve les
plus beaux traits de l'Hiftoire
univerfelle. Il finit avec ces
paroles divines , qui font l'ame
d'une Devife qui a le
Soleil pour corps .
Non furrexit major.
Rien ne pouvoit mieux finir
un Livre dont le but est de
prouver que le Roy eft au
deffus de tout ce qui a jamais
porté le nom de Grand .
Le mefme jour que M' de
Vertron préfenta ce Paralelle
à Sa Majefté , il eut l'hon10
MERCURE
neur de luy donner en meſme
temps un Dictionnaire Hiftorique
de fes Conqueftes
depuis 1643. jufques en 1679.
Je ne fçay fi celles de toutes
les Puiffances du Monde mifes
enſemble depuis un fiécle,
compoſeroient un Volume
qui approchaft de la groffeur
de celuy dont je vous parle,
Ce Dictionnaire n'eft encore
qu'en manufcrit. Je ne vous
dis point de quelle maniere
le Roy le receut. Il a toujours
beaucoup de retenuë
fur ce qui le louë ; & l'on
fçait qu'un de nos plus illuf
GALANT. II
tres Autheurs luy ayant préfenté
un Ouvrage qui renfermoit
fon Eloge , & qui
avoit efté recité en Public
avec de grands applaudiffemens,
ce Prince luy dit, Qu'il
le loueroit davantage, s'ily eftoit
moins loué. Ce Monarque pou
voit dire la mefme chofe à.
M' de Vertron . C'est encore
luy qui a fait l'Infcription fuivante
pour le Palais de Verfailles.
Non eft aqua domus Regi . Quid majus
in Orbe?
Naturamfuperat LODOIX ,fuperavit
& artem.
12 MERCURE
Ces deux Vers ont efté traduits
de cette forte..
Tout merveilleux qu'est ce Palais,
Il n'a rien d'égal à fon Maistre.
LOVIS, le plus grand Roy que l'on ait
vûjamais ,
Donne l'ame aux beautez que l'ony
voit paroiftre.
A tout ce qui le forme un gouft exquis
a part,
Et dansfa fuperbe structure
Ce Monarque afurpaſſe l'Art,
Comme ilfurpaffe la Nature.
On n'a point encore choify
les Infcriptions qu'on doit
mettre au Louvre & à Ver
failles. La beauté de la matiere
, le defir de la gloire;
& fur tout l'envie de faire
GALANT. 13
quelque chofe qui puiffe
plaire à Sa Majefté , ont engagé
quantité de beaux Ef
pritsà travailler fur ces grands
fujets . Voicy une Infcription
pour le Louvre , faite par un
Autheur qui m'eft inconnu.
On fuppofe une Renommée
au- deffus de ce grand Portail.
Elle doit tenir le Portrait
du Roy d'une main , & de
l'autre fa Trompette , avec
ces Vers dans la Banderole.
Monde , viens voir ce queje voy,
Et ce que le Soleil admire,
Rome dans un Palais , dans Paris un
Empire,
Ettous les Céfars dans un Roy.
Fermer
Résumé : Prélude contenant plusieurs Nouvelles, [titre d'après la table]
En mai 1685, le roi Louis XIV a accordé une remise annuelle de plus de sept cent mille livres pendant trois ans à plusieurs fermiers généraux, démontrant ainsi sa générosité. Cette décision, examinée personnellement par le roi pour garantir son équité, concernait plus de quarante personnes mentionnées dans un arrêt du Conseil d'État. La réputation du roi est souvent comparée à celle des grands princes de l'histoire, comme le montre l'ouvrage 'Parallèle de Louis le Grand avec les autres Princes qui ont été surnommés Grands' par M. de Verton. Un dictionnaire historique des conquêtes du roi de 1643 à 1679 témoigne également de ses réalisations. Louis XIV est décrit comme modeste face aux éloges, préférant être moins loué. Le texte évoque également des inscriptions poétiques destinées à orner les palais de Versailles et du Louvre, soulignant la supériorité du roi sur la nature et l'art. Une inscription anonyme, destinée au Louvre, est portée par une figure allégorique de la Renommée tenant le portrait du roi et une trompette. Les vers de cette inscription comparent la grandeur et la majesté du roi à celles des empereurs romains, affirmant : 'Monde, viens voir ce que je vois, Et ce que le Soleil admire, Rome dans un Palais, dans Paris un Empire, Et tous les Césars dans un Roy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 1-7
Prélude. [titre d'après la table]
Début :
Je vous l'ay dit bien des fois, Madame. L'Eloge du Roy [...]
Mots clefs :
Roi, Éloges, Auguste monarque, Prince chrétien, Audience, Religion, Levant, Missionnaires, Pays ottomans, Gloire, Conquêtes, Édits, Déclarations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude. [titre d'après la table]
E vous l'ay dit bien des
fois , Madame . L'Eloge
du Roy eft une matiere
inépuisable . Les actions qu'il
fait dans le cours de chaque
mois , dignes d'eftre confervées
à la pofterité , font en fi
grand nombre , qu'à peine
Juin 1685 .
A
2 MERCURE
vous ay -je parlé de quelques .
unes , qu'il s'en offre de nouvelles
qui m'empefcheroient
de trouver place pour
d'autres Articles ,ſi je ne mettois
fouvent en deux lignes ,
ce qui pourroit faire le fujet
d'une Lettre entiere . Ainfi
plus je vous écris , plus cette
riche & noble matiere augmente
, & devient confiderable.
En effet , pour peu que
l'on faffe de reflexion fur toutes
les chofes que cét augufte
& pieux Monarque a fait de
mander au Grand Seigneur,
dans la derniere Audience
GALANT.
3
1
que feu M' de Guilleragues
en a euë , on demeurera d accord
que jamais Prince
Chrétien n'a rien fait. de plus
important & de plus utile
pour l'Eglife. Ces differentes
demandes ne regardotent
que la tranquilité , le bien &
l'avancement de la Religion
dans les Etats de Sa Hauteffe,
& il en a obtenu plus de qual
tre - vingt Commandemens
& Barats , ou Lettres de la
Porte , pour des Marchands
François négocians au Le-'
vant , pour les Millionnaires
établis en divers lieux , pourt
A ij
4
MERCURE
les Eglifes que les Catholi
ques ont dans les Pays de la
Domination Ottomane
, pour
celles de Galata , & pour les
Religieux qui font au Saint
Sepulchre , & à Bethleem.
Ces chofes font fi éclatantes,
fi dignes d'un Roy tres- Chrétien
, & meritent tellement
d'eftre admirées
, que l'Envie
la plus obftinée & la plus noi
re ne les fçauroit obscurcir.
Elle a beau fe faire entendre,
elle ne perfuadera pas meſme
les Jaloux de la gloire de ce
Prince , puis qu'il oppoſe des
faits conftants aux préfom-
A
GALANT.
S
ptions fur lesquelles elle fonde
fes calomnies , & qu'il em
ploye tout ce que le bruit de
Les Conqueftes , & l'éclat de fa
gradeur , foûtenu du plus haut
merite , luy ont acquis de réputation
dans l'Empire Ottoman
, pour y faire maintenir
la Religion Chrétienne avec
un entier repos des Catholi
ques. S'il en eft le Protecteur
auprés des Peuples qui en
font les plus mortels Ennemis
, s'il la met chez eux à
couvert de leurs infultes , &
s'il en fait permettre l'Exercice
dans leur Pays , avec au-
A iij
6 MERCURE
tant d'éclat & de feureté
qu'enFrance ,il n'épargne rien
pendant ce temps pour luy
procurer dans fon Royaume ,
toute forte d'avantages , & il
y augmente le nombre des
Catholiques , fans employer
qu'une douceur paternelle, &
fans faire agir la juſtice que
contre ceux qui ont contres
venu aux Edits des Roys fes
Prédéceffeurs , & aux Déclarations
qu'il a efté obligé de
faire pour les maintenir . Auf :
fi n'a - t-onjamais veu fous au .
cun Regne , tant de Religionnaires
rentrer au ſein des
GALANT.
7
l'Eglife .
fois , Madame . L'Eloge
du Roy eft une matiere
inépuisable . Les actions qu'il
fait dans le cours de chaque
mois , dignes d'eftre confervées
à la pofterité , font en fi
grand nombre , qu'à peine
Juin 1685 .
A
2 MERCURE
vous ay -je parlé de quelques .
unes , qu'il s'en offre de nouvelles
qui m'empefcheroient
de trouver place pour
d'autres Articles ,ſi je ne mettois
fouvent en deux lignes ,
ce qui pourroit faire le fujet
d'une Lettre entiere . Ainfi
plus je vous écris , plus cette
riche & noble matiere augmente
, & devient confiderable.
En effet , pour peu que
l'on faffe de reflexion fur toutes
les chofes que cét augufte
& pieux Monarque a fait de
mander au Grand Seigneur,
dans la derniere Audience
GALANT.
3
1
que feu M' de Guilleragues
en a euë , on demeurera d accord
que jamais Prince
Chrétien n'a rien fait. de plus
important & de plus utile
pour l'Eglife. Ces differentes
demandes ne regardotent
que la tranquilité , le bien &
l'avancement de la Religion
dans les Etats de Sa Hauteffe,
& il en a obtenu plus de qual
tre - vingt Commandemens
& Barats , ou Lettres de la
Porte , pour des Marchands
François négocians au Le-'
vant , pour les Millionnaires
établis en divers lieux , pourt
A ij
4
MERCURE
les Eglifes que les Catholi
ques ont dans les Pays de la
Domination Ottomane
, pour
celles de Galata , & pour les
Religieux qui font au Saint
Sepulchre , & à Bethleem.
Ces chofes font fi éclatantes,
fi dignes d'un Roy tres- Chrétien
, & meritent tellement
d'eftre admirées
, que l'Envie
la plus obftinée & la plus noi
re ne les fçauroit obscurcir.
Elle a beau fe faire entendre,
elle ne perfuadera pas meſme
les Jaloux de la gloire de ce
Prince , puis qu'il oppoſe des
faits conftants aux préfom-
A
GALANT.
S
ptions fur lesquelles elle fonde
fes calomnies , & qu'il em
ploye tout ce que le bruit de
Les Conqueftes , & l'éclat de fa
gradeur , foûtenu du plus haut
merite , luy ont acquis de réputation
dans l'Empire Ottoman
, pour y faire maintenir
la Religion Chrétienne avec
un entier repos des Catholi
ques. S'il en eft le Protecteur
auprés des Peuples qui en
font les plus mortels Ennemis
, s'il la met chez eux à
couvert de leurs infultes , &
s'il en fait permettre l'Exercice
dans leur Pays , avec au-
A iij
6 MERCURE
tant d'éclat & de feureté
qu'enFrance ,il n'épargne rien
pendant ce temps pour luy
procurer dans fon Royaume ,
toute forte d'avantages , & il
y augmente le nombre des
Catholiques , fans employer
qu'une douceur paternelle, &
fans faire agir la juſtice que
contre ceux qui ont contres
venu aux Edits des Roys fes
Prédéceffeurs , & aux Déclarations
qu'il a efté obligé de
faire pour les maintenir . Auf :
fi n'a - t-onjamais veu fous au .
cun Regne , tant de Religionnaires
rentrer au ſein des
GALANT.
7
l'Eglife .
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Résumé : Prélude. [titre d'après la table]
Le texte vante les mérites du roi de France, décrit comme un monarque auguste et pieux. Ses exploits sont nombreux et remarquables, notamment ses démarches auprès du sultan ottoman pour garantir la tranquillité et la promotion de la religion catholique dans les États ottomans. Le roi a obtenu des commandements et des lettres de la Porte ottomane pour protéger les marchands français, les millionnaires, les églises catholiques, ainsi que les religieux au Saint-Sépulcre et à Bethléem. Ces actions sont saluées pour leur éclat et leur mérite, malgré les envies et calomnies. En France, le roi favorise l'augmentation des catholiques par la douceur et en appliquant la justice contre ceux qui s'opposent aux édits royaux. Sous son règne, de nombreux religionnaires sont revenus dans le giron de l'Église.
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11
p. 1-21
Prélude, contenant plusieurs actions du Roy. [titre d'après la table]
Début :
La grandeur, la bonté, la magnificence, la liberalité, la pieté, [...]
Mots clefs :
Bonté, Libéralité, Piété, Vertus, Roi, Actions, Éloge, Esclaves, Marquis, Galères, Étrangers, Chrétiens, Chevalier de Tourville, Nomination, Alger, Malheur, Gloire, Bénédiction, Sujets, Le Dey, États, Empereur, Salut, Âme
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texteReconnaissance textuelle : Prélude, contenant plusieurs actions du Roy. [titre d'après la table]
150C
OM
A grandeur, la bonté,
la magnificence,
2 ha la liberalité,la pieté,
& mille autres Vertus du
Roy , ayant fervy de Prélu… .
de à prés de cent cinquante
de mes Lettres, je me troua
Juillet 1685.
A
2 MERCURE
ve plus accablé
que le pre
mier jour , d'une matiere
toute digne d'admiration
&
d'étonnement
, & qui fait
que tous les Etats du Monde
regardent
le bon-heur de la
France avec quelque fentiment
d'envie . Je laiffe plufieurs
Actions furprenantes
de ce Monarque , pour ne
m'attacher qu'à une feule ,
qui pour n'avoir pû trouver
place parmy les Nouvelles
dont je vous ay fait part depuis
quelques mois , ne merite
pas moins d'eftre publiée
. Elle a touché des BarGALANT.
3
bares , & il eſt juſte de la
inettre dans fon jour , afin
que chacun luy donne les
Eloges qu'on luy doit. Mais
comme il m'eft impoffible
de le faire fije ne vous marque
beaucoup de choſes qui
ont précedé.
Je vous diray en peu de
paroles, ce qui eft plus étendu
dans plufieurs de mes
Lettres , & vous parleray
feulement du nombre des
-Efclaves à qui le Roy a fait
donner la liberté par les Algeriens
, & des temps où ils
ont eſté rendus. Aprés que
A ij
4 MERCURE
M' le Marquis du Quefne
eut bombardé la Ville d'Alger
, on luy renvoya d'abord
fix cens Efclaves , tant
Sujets du Roy , qu'Etrangers
, pris fous le Pavillon
de Sa Majefté , parmy lefquels
plufieurs
autres dans
l'impatience
de fe procurer
la liberté , dirent qu'ils eftoient
de ce nombre , & ils
furent délivrez . La Paix
ayant efté conclue l'année
fuivante , les Algeriens
envoyerent
un Ambaſſadeur
au Roy M. lẻ Marquis
d'Amfreville
le remena , &
GALANT
. S
revint d'Alger , fuivant ce
qui avoit eſté ſtipulé , avec
trois cens vingt-cinq Efclaves
Sujets du Roy , vingtcinq
Etrangers pris fous le
Pavillon de France , & cinquante
qui avoient efté pris
fous divers Pavillons étrangers
, aufquels le Roy cut la
bonté de faire donner la liberté.
Aprés cette reftitution
, qui avoit prefque épuifé
d'Efclaves tout l'Etat
d'Algier , un Envoyé du
Dey vint en France , fupplier
le Roy de luy accorder
quelques Turcs & quelques
A iij
6 MERCURE
Janiffaires qui eftoient fur
les Galeres de Sa Majeſté.
Le Roy , dans la veuë de
faire du bien aux Efclaves de
plufieurs Etats de l'Europe ,
donna la liberté à quarante
de ces Turcs , & de ces Janiffaires
qu'on luy demandoit
; mais à condition que
l'on rendroit foixante &
quinze Efclaves Chreftiens
de diverfes Nations , qui
avoient efté pris fous des
Pavillons étrangers . L'Envoyé
partit de Paris il y a
quelques mois pour s'en retourner
à Alger , chargé de
GALANT. 7
cette propofition ; qui n'ayat
pas été prévenue, n'avoit pas
efté entierement acceptée
par l'Envoyé ,parce qu'il n'a ,
voit pas des Pouvoirs fuffifans
pour accorder une chofe
fi onereuſe à l'Etat d'Alger
, & fi avantageuſe aux
Chrétiens. Il fut accompagné
à fon retour par Monfieur
le Chevalier de Tourville,
qui conduifoit les quaranteTures
pour étre échangez
contre les foixante &
quinze Efclaves Chreftiens ,
qui n'eftoient point François
, & que le Roy defiroit
A iiij
8 MERCURE
d'avoir pour leur rendre la
liberté , comme ce Prince
avoit déja fait l'année precedente
à un nombre d'Etrangers
prefque auffi conſiderable
.
Monfieur le Chevalier de
Tourville eftant arrivé à la .
rade d'Alger , envoya que_
rir dans la Ville M. de Sorhainde
, qui y eftoit demeuré
de la part du Roy , & qui
'y faifoit la fonction de Conful
, jufqu'à ce que Sa Majefté
euft nommé
quelqu'un
pour remplir ce pofte . Il luy:
fit entendre
les intentions
PEA
GALANT. 9
du Roy , fur l'échange dont
il s'agiffoit , afin qu'il les allaft
expliquer au Dey . M. de
Sorhainde étant rentré dans
Alger , fe rendit au Palais du
Dey ; & luy ayant expofé fa
Commiffion , le Dey luy répondit
, Qu'il avoit une ſi grande
veneration pour tout ce que
fouhaitoit l'Empereur de France ,
qu'il pouvoit des l'inftant mefme
aller dire de fa part à M. le Chevalier
de Tourville , qu'il fe faifoit
un plaifir à luy mesme de
fatisfaire aux intentions d'un fi
grand Prince ; que M. le
Chevalier de Tourville n'avoit
10 MERCURE
qu'à luy marquer de quellesNations
il vouloit que fuffent les
foixante quinze Efclaves
qu'ilfouhaitoit , afin qu'il les envoyaft
demander à leurs Patrons
pour les mettre en liberté. Sur
cette réponſe , Monfieur le
Chevalier de Tourville expliqua
à M. de Sorhainde
l'intention
de Sa Majefté ,
qui eftoit , Que l'on s'attach aft
procurer la liberté de ceux qui
fe trouvoient hors d'eftit de la
pouvoir jamais efperer. M. de
Sorhainde alla auffi -toft chés
tous les Patrons , & pour fa
tisfaire à la volonté du Roy,
GALANT. II
il choifit parmy les Efclaves
ceux qui luy parurent les
plus mal -heureux . Ainfi l'on
ne vit parmy ces foixante &
quinze Efclaves , que des
Ĝens abandonnez , qui ne
devoient attendre aucun fecours
, ny de leur famille ,
ny de leur Patrie , & jufques
aufquels les liberalitez des
perfonnes charitables , qui
recueillent
des fommes pour
la Redemption des Captifs ,
n'avoient encore pû s'étendre
. La longueur de leur efclavage
leur avoit meſme
cfté tout espoir d'en fortir
12 MERCURE
jamais.Et comme on ne peut
eftre plus malheureux que
lors qu'on n'efpere plus , on
peut dire que leur malheur:
eftoit dans le plus haut degré
où il pouvoit arriver
ainfi ils n'avoient plus lieu
d'attendre leur liberté que
par le moyen de quelque
miracle . Aufli leur a-t- elle
efté procurée par un Prince
dont toute la vie n'eft qu'un
enchainement d'actions extraordinaires.
Lors qu'on annonça
à ces heureux infor
tunez qu'ils eftoient libres ,
ils demeurerent immobiles
GALANT.
13
quelque temps , tant cette
nouvelle leur paroiffoit incroyable
. Il leur eftoit impoffible
de comprendre qu'il
y cuſt quelqu'un fur la terre
capable d'une action jufques
alors inouie , & fi digne
d'un Heros Chreftien . On
leur apprit qu'ils devoient
leur liberté aux genereuſes
& charitables bontez du
plus grand & du meilleur
Prince du monde; & n'ayant
plus fujet d'en douter , ils
crierent auffi- toft en plein
Divan : Vive l'Empereur de
France , noftre Protecteur& nô14
MERCURE
tre Liberateur. Ils prononcerent
ces paroles en verfant
des larmes de joye , & d'un
air fi touchant, & fi remply
d'amour & de reconnoiffance
pour leur Liberateur , que
le Dey & tous ceux qui eftoient
prefens en parurent
attendris , malgré la perte
que l'Etat d'Alger faifoit , &
avouerent
que ce n'eftoit
pas fans raifon que le Ciel
beniffoit toutes les actions
de Sa Majefté , puis qu'Elle
en faifoit qui obligeoient les
Sujets de tant de divers Souverains
à faire des voeux
GALANT. 15
pour Elle. Ces Efclaves , dans
les raviſſemens de joye où
ils eftoient , ne fçachant à
qui la témoigner , en donnerent
des marques au Dey,
comme s'il cuft contribué à
leur bonheur. Je n'ay rienfait
pour vous , leur dit-il ,
à l'Empereur de France que vous
devez entierement voftre liberté.
Il y a parmy ces Efclaves des
Efpagnols , des Italiens , des
Flamans , des Genois , des
c'eft
Hambourgois , des Preftres
Grecs,des Capucins, des Religieux
de l'Ordre de Saint
Benoift , des femmes & des
16 MERCURE
enfans. Ce font autant de
bouches qui vont publier la
gloire du Roy dans tous les
Etats de l'Europe , & faire
des voeux qui continueront
d'attirer fur luy les Benedictions
du Ciel. Il eft aifé de
juger , que puis que le Roy a
procuré deux années de fuite
la liberté à tant d'Etrangers
, il ne reste plus aucun
Efclave dans Alger, ny dans
toute la dépendance de ce
Royaume, qui foit du nombre
de fes Sujets . Ils ont tous
efté mis en liberté , par la
reftitution faite à M. le MarGALANT.
17
quis du Quefne en 1683. par
celle qui fut faite à M. le
Marquis d'Amfreville en
1684. & par celle qui a efté
faite cette année à M. le
Chevalier de Tourville. Ces
differentes reftitutions ont
ofté aux Algeriens plus de
douze cens Efclaves. Ainfi
leur Etat n'eft pas feulement,
dépeuplé d'Efclaves François
, mais il y en refte trespeu
d'autres , de forte qu'il
n'y a prefque point de Nation
de l'Europe , dont les Sujets
ne foient allez publier
chez elle le bien qu'elle a
·Juillet 1645•
.
B
18 MERCURE
receu de Sa Majeſté, ce Prince
n'ayant épargné ny foins
ny dépence pour la liberté
de tant de Malheureux de
quelque Nation qu'ils fuffent.
L'échange ayant efté fait,
le Dey témoigna à M.de Sorhainde
, avec un fort grand
empreffement , qu'il fouhai
toit qu'il filt connoiſtre à M.
le Chevalier de Tourville, la
joye qu'il auroit de le voir ;
& que s'il vouloit prendre la
peine de defcendre à terre,
il le recevroit avec les honneurs
qui estoient deus à un
GALANT. 19
homme de fon rang. M.
le Chevalier de Tourville
répondit , Qu'il eftoit fafche
que l'Employ qu'il avoit l'em
peſchaft de répondre à fon defir :
ceux qui commandent les Flotes
de l'Empereur de France ne pouant
abandonner leur Bord, mais
qu'il iroit dans fon Canot à la
pointe du Mole , d'où il pourroit
le voir . Il ne manqua pas de
s'y rendre , & le Dey l'ayant
convié de nouveau de def
cendre à terre pour l'em
braffer , M. de Tourville fe
fervit pour s'en defendre des
saiſons qu'il avoit déja alle-
Bij
20 MERCURE
guées . Le Dey le pria de faire
avancer fa Chaloupe, afin
qu'il euft le plaifir de le voir
& de l'entretenir de plus
prés : Et lors qu'elle fut approchée
il entra dedans , en
difant ; Que quand les François
n'aimeroient pas autant l'honneur
qu'ils faifoient , er qu'il
n'auroit pas conna M. le Cheva.
lier de Tourville , il croyoit eftre
en feureté avec les Sujets d'un
Prince qui n'eftoit pas moins ef
timé par fes Vertus que par fes
Conqueftes.
On peut dire que les foins
qu'il prend du falut des
GALANT. 21
R
Ames de fes Sujets , attirant
fur luy de jour en jour de
nouvelles graces du Ciel,
ont beaucoup contribué,
non feulement à le rendre
le plus grand Monarque du
monde , mais auffi à le faire
reconnoiltre pour tel
par ceux mefme qui font les
plus jaloux de fa gloire.
OM
A grandeur, la bonté,
la magnificence,
2 ha la liberalité,la pieté,
& mille autres Vertus du
Roy , ayant fervy de Prélu… .
de à prés de cent cinquante
de mes Lettres, je me troua
Juillet 1685.
A
2 MERCURE
ve plus accablé
que le pre
mier jour , d'une matiere
toute digne d'admiration
&
d'étonnement
, & qui fait
que tous les Etats du Monde
regardent
le bon-heur de la
France avec quelque fentiment
d'envie . Je laiffe plufieurs
Actions furprenantes
de ce Monarque , pour ne
m'attacher qu'à une feule ,
qui pour n'avoir pû trouver
place parmy les Nouvelles
dont je vous ay fait part depuis
quelques mois , ne merite
pas moins d'eftre publiée
. Elle a touché des BarGALANT.
3
bares , & il eſt juſte de la
inettre dans fon jour , afin
que chacun luy donne les
Eloges qu'on luy doit. Mais
comme il m'eft impoffible
de le faire fije ne vous marque
beaucoup de choſes qui
ont précedé.
Je vous diray en peu de
paroles, ce qui eft plus étendu
dans plufieurs de mes
Lettres , & vous parleray
feulement du nombre des
-Efclaves à qui le Roy a fait
donner la liberté par les Algeriens
, & des temps où ils
ont eſté rendus. Aprés que
A ij
4 MERCURE
M' le Marquis du Quefne
eut bombardé la Ville d'Alger
, on luy renvoya d'abord
fix cens Efclaves , tant
Sujets du Roy , qu'Etrangers
, pris fous le Pavillon
de Sa Majefté , parmy lefquels
plufieurs
autres dans
l'impatience
de fe procurer
la liberté , dirent qu'ils eftoient
de ce nombre , & ils
furent délivrez . La Paix
ayant efté conclue l'année
fuivante , les Algeriens
envoyerent
un Ambaſſadeur
au Roy M. lẻ Marquis
d'Amfreville
le remena , &
GALANT
. S
revint d'Alger , fuivant ce
qui avoit eſté ſtipulé , avec
trois cens vingt-cinq Efclaves
Sujets du Roy , vingtcinq
Etrangers pris fous le
Pavillon de France , & cinquante
qui avoient efté pris
fous divers Pavillons étrangers
, aufquels le Roy cut la
bonté de faire donner la liberté.
Aprés cette reftitution
, qui avoit prefque épuifé
d'Efclaves tout l'Etat
d'Algier , un Envoyé du
Dey vint en France , fupplier
le Roy de luy accorder
quelques Turcs & quelques
A iij
6 MERCURE
Janiffaires qui eftoient fur
les Galeres de Sa Majeſté.
Le Roy , dans la veuë de
faire du bien aux Efclaves de
plufieurs Etats de l'Europe ,
donna la liberté à quarante
de ces Turcs , & de ces Janiffaires
qu'on luy demandoit
; mais à condition que
l'on rendroit foixante &
quinze Efclaves Chreftiens
de diverfes Nations , qui
avoient efté pris fous des
Pavillons étrangers . L'Envoyé
partit de Paris il y a
quelques mois pour s'en retourner
à Alger , chargé de
GALANT. 7
cette propofition ; qui n'ayat
pas été prévenue, n'avoit pas
efté entierement acceptée
par l'Envoyé ,parce qu'il n'a ,
voit pas des Pouvoirs fuffifans
pour accorder une chofe
fi onereuſe à l'Etat d'Alger
, & fi avantageuſe aux
Chrétiens. Il fut accompagné
à fon retour par Monfieur
le Chevalier de Tourville,
qui conduifoit les quaranteTures
pour étre échangez
contre les foixante &
quinze Efclaves Chreftiens ,
qui n'eftoient point François
, & que le Roy defiroit
A iiij
8 MERCURE
d'avoir pour leur rendre la
liberté , comme ce Prince
avoit déja fait l'année precedente
à un nombre d'Etrangers
prefque auffi conſiderable
.
Monfieur le Chevalier de
Tourville eftant arrivé à la .
rade d'Alger , envoya que_
rir dans la Ville M. de Sorhainde
, qui y eftoit demeuré
de la part du Roy , & qui
'y faifoit la fonction de Conful
, jufqu'à ce que Sa Majefté
euft nommé
quelqu'un
pour remplir ce pofte . Il luy:
fit entendre
les intentions
PEA
GALANT. 9
du Roy , fur l'échange dont
il s'agiffoit , afin qu'il les allaft
expliquer au Dey . M. de
Sorhainde étant rentré dans
Alger , fe rendit au Palais du
Dey ; & luy ayant expofé fa
Commiffion , le Dey luy répondit
, Qu'il avoit une ſi grande
veneration pour tout ce que
fouhaitoit l'Empereur de France ,
qu'il pouvoit des l'inftant mefme
aller dire de fa part à M. le Chevalier
de Tourville , qu'il fe faifoit
un plaifir à luy mesme de
fatisfaire aux intentions d'un fi
grand Prince ; que M. le
Chevalier de Tourville n'avoit
10 MERCURE
qu'à luy marquer de quellesNations
il vouloit que fuffent les
foixante quinze Efclaves
qu'ilfouhaitoit , afin qu'il les envoyaft
demander à leurs Patrons
pour les mettre en liberté. Sur
cette réponſe , Monfieur le
Chevalier de Tourville expliqua
à M. de Sorhainde
l'intention
de Sa Majefté ,
qui eftoit , Que l'on s'attach aft
procurer la liberté de ceux qui
fe trouvoient hors d'eftit de la
pouvoir jamais efperer. M. de
Sorhainde alla auffi -toft chés
tous les Patrons , & pour fa
tisfaire à la volonté du Roy,
GALANT. II
il choifit parmy les Efclaves
ceux qui luy parurent les
plus mal -heureux . Ainfi l'on
ne vit parmy ces foixante &
quinze Efclaves , que des
Ĝens abandonnez , qui ne
devoient attendre aucun fecours
, ny de leur famille ,
ny de leur Patrie , & jufques
aufquels les liberalitez des
perfonnes charitables , qui
recueillent
des fommes pour
la Redemption des Captifs ,
n'avoient encore pû s'étendre
. La longueur de leur efclavage
leur avoit meſme
cfté tout espoir d'en fortir
12 MERCURE
jamais.Et comme on ne peut
eftre plus malheureux que
lors qu'on n'efpere plus , on
peut dire que leur malheur:
eftoit dans le plus haut degré
où il pouvoit arriver
ainfi ils n'avoient plus lieu
d'attendre leur liberté que
par le moyen de quelque
miracle . Aufli leur a-t- elle
efté procurée par un Prince
dont toute la vie n'eft qu'un
enchainement d'actions extraordinaires.
Lors qu'on annonça
à ces heureux infor
tunez qu'ils eftoient libres ,
ils demeurerent immobiles
GALANT.
13
quelque temps , tant cette
nouvelle leur paroiffoit incroyable
. Il leur eftoit impoffible
de comprendre qu'il
y cuſt quelqu'un fur la terre
capable d'une action jufques
alors inouie , & fi digne
d'un Heros Chreftien . On
leur apprit qu'ils devoient
leur liberté aux genereuſes
& charitables bontez du
plus grand & du meilleur
Prince du monde; & n'ayant
plus fujet d'en douter , ils
crierent auffi- toft en plein
Divan : Vive l'Empereur de
France , noftre Protecteur& nô14
MERCURE
tre Liberateur. Ils prononcerent
ces paroles en verfant
des larmes de joye , & d'un
air fi touchant, & fi remply
d'amour & de reconnoiffance
pour leur Liberateur , que
le Dey & tous ceux qui eftoient
prefens en parurent
attendris , malgré la perte
que l'Etat d'Alger faifoit , &
avouerent
que ce n'eftoit
pas fans raifon que le Ciel
beniffoit toutes les actions
de Sa Majefté , puis qu'Elle
en faifoit qui obligeoient les
Sujets de tant de divers Souverains
à faire des voeux
GALANT. 15
pour Elle. Ces Efclaves , dans
les raviſſemens de joye où
ils eftoient , ne fçachant à
qui la témoigner , en donnerent
des marques au Dey,
comme s'il cuft contribué à
leur bonheur. Je n'ay rienfait
pour vous , leur dit-il ,
à l'Empereur de France que vous
devez entierement voftre liberté.
Il y a parmy ces Efclaves des
Efpagnols , des Italiens , des
Flamans , des Genois , des
c'eft
Hambourgois , des Preftres
Grecs,des Capucins, des Religieux
de l'Ordre de Saint
Benoift , des femmes & des
16 MERCURE
enfans. Ce font autant de
bouches qui vont publier la
gloire du Roy dans tous les
Etats de l'Europe , & faire
des voeux qui continueront
d'attirer fur luy les Benedictions
du Ciel. Il eft aifé de
juger , que puis que le Roy a
procuré deux années de fuite
la liberté à tant d'Etrangers
, il ne reste plus aucun
Efclave dans Alger, ny dans
toute la dépendance de ce
Royaume, qui foit du nombre
de fes Sujets . Ils ont tous
efté mis en liberté , par la
reftitution faite à M. le MarGALANT.
17
quis du Quefne en 1683. par
celle qui fut faite à M. le
Marquis d'Amfreville en
1684. & par celle qui a efté
faite cette année à M. le
Chevalier de Tourville. Ces
differentes reftitutions ont
ofté aux Algeriens plus de
douze cens Efclaves. Ainfi
leur Etat n'eft pas feulement,
dépeuplé d'Efclaves François
, mais il y en refte trespeu
d'autres , de forte qu'il
n'y a prefque point de Nation
de l'Europe , dont les Sujets
ne foient allez publier
chez elle le bien qu'elle a
·Juillet 1645•
.
B
18 MERCURE
receu de Sa Majeſté, ce Prince
n'ayant épargné ny foins
ny dépence pour la liberté
de tant de Malheureux de
quelque Nation qu'ils fuffent.
L'échange ayant efté fait,
le Dey témoigna à M.de Sorhainde
, avec un fort grand
empreffement , qu'il fouhai
toit qu'il filt connoiſtre à M.
le Chevalier de Tourville, la
joye qu'il auroit de le voir ;
& que s'il vouloit prendre la
peine de defcendre à terre,
il le recevroit avec les honneurs
qui estoient deus à un
GALANT. 19
homme de fon rang. M.
le Chevalier de Tourville
répondit , Qu'il eftoit fafche
que l'Employ qu'il avoit l'em
peſchaft de répondre à fon defir :
ceux qui commandent les Flotes
de l'Empereur de France ne pouant
abandonner leur Bord, mais
qu'il iroit dans fon Canot à la
pointe du Mole , d'où il pourroit
le voir . Il ne manqua pas de
s'y rendre , & le Dey l'ayant
convié de nouveau de def
cendre à terre pour l'em
braffer , M. de Tourville fe
fervit pour s'en defendre des
saiſons qu'il avoit déja alle-
Bij
20 MERCURE
guées . Le Dey le pria de faire
avancer fa Chaloupe, afin
qu'il euft le plaifir de le voir
& de l'entretenir de plus
prés : Et lors qu'elle fut approchée
il entra dedans , en
difant ; Que quand les François
n'aimeroient pas autant l'honneur
qu'ils faifoient , er qu'il
n'auroit pas conna M. le Cheva.
lier de Tourville , il croyoit eftre
en feureté avec les Sujets d'un
Prince qui n'eftoit pas moins ef
timé par fes Vertus que par fes
Conqueftes.
On peut dire que les foins
qu'il prend du falut des
GALANT. 21
R
Ames de fes Sujets , attirant
fur luy de jour en jour de
nouvelles graces du Ciel,
ont beaucoup contribué,
non feulement à le rendre
le plus grand Monarque du
monde , mais auffi à le faire
reconnoiltre pour tel
par ceux mefme qui font les
plus jaloux de fa gloire.
Fermer
Résumé : Prélude, contenant plusieurs actions du Roy. [titre d'après la table]
En 1685, le roi de France manifesta plusieurs vertus royales, notamment la grandeur, la bonté et la libéralité, en faveur des esclaves chrétiens détenus à Alger. Après le bombardement d'Alger par le marquis du Quesne en 1685, six cents esclaves, incluant des sujets du roi et des étrangers, furent libérés. La paix conclue en 1686 permit la libération supplémentaire de trois cent vingt-cinq sujets du roi, vingt-cinq étrangers sous pavillon français, et cinquante sous divers pavillons étrangers. Un envoyé du Dey d'Alger demanda ensuite la libération de Turcs et janissaires détenus en France, ce que le roi accepta en échange de soixante-quinze esclaves chrétiens de diverses nations. Le chevalier de Tourville fut chargé de cet échange. Le consul français, M. de Sorhainde, négocia également pour libérer les esclaves les plus malheureux, ceux sans espoir de secours. Les esclaves libérés comprenaient des Espagnols, Italiens, Flamands, Génois, Hambourgeois, prêtres grecs, capucins, religieux de l'Ordre de Saint-Benoît, ainsi que des femmes et des enfants. Plusieurs restitutions furent effectuées par des représentants français, notamment le marquis du Quesne en 1683, le marquis d'Amfreville en 1684, et le chevalier de Tourville en 1685. Ces actions réduisirent considérablement le nombre d'esclaves à Alger, touchant presque toutes les nations européennes. Le Dey d'Alger exprima son admiration pour les vertus et les conquêtes du roi, qui attiraient les grâces divines et renforçaient sa réputation mondiale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 1-7
PRelude. [titre d'après la table]
Début :
Ce que vous me dites, Madame, que vous avez senty en lisant le [...]
Mots clefs :
Princes, Souverains, Puissances, Admiration, Divan d'Alger, Esclaves, Tripoli, Madrigal, Religion catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRelude. [titre d'après la table]
E que vous me dites
, Madame
, que
vous avez fenty en
lifant le commencement de
ma Lettre de Juillet , a efté
commun à la plus part de
ceux qui l'ont leue . Ce pre-
Aoust 1685.
A
2 MERCURE
mier Article leur a fait verfer
des larmes de joye ; &
j'ajoûterois qu'il a redoublé
dans leurs coeurs , ces vifs
fentimens d'amour que les
Sujets ont naturellement
pour leurs Princes, s'il eftoit
poffible que celuy que tous
les François ont pour le Roy,
fuft encore capable de quelque
augmentation . Je ne
doute point que cette mefme
action que je vous ay décrite
la derniere fois, & dont
vous avez efté fi fortement
pénetrée , n'ait produit le
mefme effet dans les coeurs
GALANT.
3
d'une partie des Sujets de
tous les Souverains de l'Europe,
puis qu'il y a dans les Etats
de toutes ces Puiffances
d'heureux infortunez, qui ſe
feront un plaifir toute leur
vie de publier les louanges
de l'incomparable Monarque
, auquel ils doivent une
liberté , que par toutes les
raifons que
que je vous ay déja
expliquées , ils eftoient hors
d'efperance de trouver jamais
les moyens de recouvrer
. Ainfi leur malheur ne
pouvoit croiftre , puis qu'il
n'y en a point de plus grand
A ij
4 MERCURE
que celuy de ne pouvoir efperer
aucun foulagement à
fes peines. Mais le Roy ne
faifant rien que de grand
,
l'étonnement doit ceffer
pour faire place à tout ce
que l'admiration peut produire
de plus fort . En effet ,
on n'en
en fçauroit trop avoir
pour une action auffi ſurprenante
que cette derniere
qui a touché le Divan d'Alger
, c'eft à dire , une Affemblée
de coeurs endurcis , &
qui n'avoient jamais connu
ces émotions , qu'on ne reffent
que lors qu'un parfait
GALANT. 5
merite , & des vertus vrayment
extraordinaires lesfont
naître. Les bontez du Roy
n'en font pas demeurées à ce
que je vous ay dit, touchant
les Efclaves de toutes les Nations
de l'Europe , qu'il a
voulu que les Algeriens ayet
rendus. L'affaire de Tripoli
en eſt une fuite glorieuſe ,
meſme pour les malheureux
qui nefont pas nezfes Sujets .
C'est ce qui a obligé M. Vignier
à faire le Madrigal fuivant.
Il eft adreffé aux Peres
de la Mercy , que leur Inftitution
engage à employer
a
A iij
6 MERCURE
le
ratous
leurs foins
chapt des Efclaves.
Mc
pour
Es Peres , vivez en repos ,
Cherchez un plus doux exercice
;
Ne vous expofez plus à la mercy
des flots ,
LOUIS LE GRANDfait voftre
office.
Alger de fon deffein vit le commen
cement ;
A Tripoli prefentement ,
Des Efclavas Chretiens il a finy les
peines ;
Ses Bombes fes Canons ,
Scavent bien mieux rompre leurs
chaifnes ,
Qne ne faifoient vos Patagons.
GALANT. 7
Je devrois icy ,fuivant ma
coûtume , vous dire ce qui
s'eſt paffé à Tripoli , & enfuite
vous entretenir des Arrefts,
Edits , Declarations, &
generalement de tout ce
que le Roy a fait depuis un
mois , pour le bien de fes Sujets
, & pour l'avancement
de la Religion Catholique;
mais comme j'attens encore
quelque éclairciffement fur
ces diverfes matieres , vous
ne trouverez toutes ces cho
fur la fin de ma Let- fes
tre.
, Madame
, que
vous avez fenty en
lifant le commencement de
ma Lettre de Juillet , a efté
commun à la plus part de
ceux qui l'ont leue . Ce pre-
Aoust 1685.
A
2 MERCURE
mier Article leur a fait verfer
des larmes de joye ; &
j'ajoûterois qu'il a redoublé
dans leurs coeurs , ces vifs
fentimens d'amour que les
Sujets ont naturellement
pour leurs Princes, s'il eftoit
poffible que celuy que tous
les François ont pour le Roy,
fuft encore capable de quelque
augmentation . Je ne
doute point que cette mefme
action que je vous ay décrite
la derniere fois, & dont
vous avez efté fi fortement
pénetrée , n'ait produit le
mefme effet dans les coeurs
GALANT.
3
d'une partie des Sujets de
tous les Souverains de l'Europe,
puis qu'il y a dans les Etats
de toutes ces Puiffances
d'heureux infortunez, qui ſe
feront un plaifir toute leur
vie de publier les louanges
de l'incomparable Monarque
, auquel ils doivent une
liberté , que par toutes les
raifons que
que je vous ay déja
expliquées , ils eftoient hors
d'efperance de trouver jamais
les moyens de recouvrer
. Ainfi leur malheur ne
pouvoit croiftre , puis qu'il
n'y en a point de plus grand
A ij
4 MERCURE
que celuy de ne pouvoir efperer
aucun foulagement à
fes peines. Mais le Roy ne
faifant rien que de grand
,
l'étonnement doit ceffer
pour faire place à tout ce
que l'admiration peut produire
de plus fort . En effet ,
on n'en
en fçauroit trop avoir
pour une action auffi ſurprenante
que cette derniere
qui a touché le Divan d'Alger
, c'eft à dire , une Affemblée
de coeurs endurcis , &
qui n'avoient jamais connu
ces émotions , qu'on ne reffent
que lors qu'un parfait
GALANT. 5
merite , & des vertus vrayment
extraordinaires lesfont
naître. Les bontez du Roy
n'en font pas demeurées à ce
que je vous ay dit, touchant
les Efclaves de toutes les Nations
de l'Europe , qu'il a
voulu que les Algeriens ayet
rendus. L'affaire de Tripoli
en eſt une fuite glorieuſe ,
meſme pour les malheureux
qui nefont pas nezfes Sujets .
C'est ce qui a obligé M. Vignier
à faire le Madrigal fuivant.
Il eft adreffé aux Peres
de la Mercy , que leur Inftitution
engage à employer
a
A iij
6 MERCURE
le
ratous
leurs foins
chapt des Efclaves.
Mc
pour
Es Peres , vivez en repos ,
Cherchez un plus doux exercice
;
Ne vous expofez plus à la mercy
des flots ,
LOUIS LE GRANDfait voftre
office.
Alger de fon deffein vit le commen
cement ;
A Tripoli prefentement ,
Des Efclavas Chretiens il a finy les
peines ;
Ses Bombes fes Canons ,
Scavent bien mieux rompre leurs
chaifnes ,
Qne ne faifoient vos Patagons.
GALANT. 7
Je devrois icy ,fuivant ma
coûtume , vous dire ce qui
s'eſt paffé à Tripoli , & enfuite
vous entretenir des Arrefts,
Edits , Declarations, &
generalement de tout ce
que le Roy a fait depuis un
mois , pour le bien de fes Sujets
, & pour l'avancement
de la Religion Catholique;
mais comme j'attens encore
quelque éclairciffement fur
ces diverfes matieres , vous
ne trouverez toutes ces cho
fur la fin de ma Let- fes
tre.
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13
p. 1-2
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Vous le voyez, Madame ; j'ay beau vous parler du [...]
Mots clefs :
Roi, Harangue, Éloge, Grandeur, Vertus morales, Auguste monarque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
Madame;
jay beau
vous parlerduRov
au commencement de routes
mes Lettres. Cette nul
tiere estsi abondante, qu'il
effim*poffible de 1épi:»• Ll
É-", r1
Harangue de Mrle coadJu"
• teur de Roüen, & celle de
Mr d'Ormesson, que je vous
envoyay le dernier mois,
avec l'Eloge que Mrl'Abbé
Cappeau fit de Sa Majesté,
dans le Sermon qu'il prescha
au Louvre le jour de laFeste
de S. Louis, sont remplies
de plusieurs choses nouvelles
qui marquent la Grandeur
& les Vertus Morales
& Politiques de cet Auguite
Monarque. On ne doit pas
s'étonner après
jay beau
vous parlerduRov
au commencement de routes
mes Lettres. Cette nul
tiere estsi abondante, qu'il
effim*poffible de 1épi:»• Ll
É-", r1
Harangue de Mrle coadJu"
• teur de Roüen, & celle de
Mr d'Ormesson, que je vous
envoyay le dernier mois,
avec l'Eloge que Mrl'Abbé
Cappeau fit de Sa Majesté,
dans le Sermon qu'il prescha
au Louvre le jour de laFeste
de S. Louis, sont remplies
de plusieurs choses nouvelles
qui marquent la Grandeur
& les Vertus Morales
& Politiques de cet Auguite
Monarque. On ne doit pas
s'étonner après
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14
p. 1-2
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
C'est avec raison, Madame, que tous ceux qui ont entrepris [...]
Mots clefs :
Miracles, Éloges, Roi, Prince
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texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
'Eft avec raifon,Madame,
que tous ceux
qui ont entrepris l'Eloge
du Roy, ont dit
que fa vie eftoit un conti
nuel enchainement de Miracles.
Ce quife paffe aujour
Novembre 1685. A
2 MERCURE
·
d'huy nous le fait connoiftre
, & il ne me feroit pas
difficile d'y trouver une
ample matiere aux loüanges
de ce grand Prince,
fi je n'avois accoûtumé de
me taire , quand je puis
faire parler un autre en ma
place. Je n'ay ny
le temps
de ramaffer toutes les chofes
que l'on peut dire à fa
gloire , ny l'éloquence qui
me feroit neceffaire pour
les bien repreſenter.
que tous ceux
qui ont entrepris l'Eloge
du Roy, ont dit
que fa vie eftoit un conti
nuel enchainement de Miracles.
Ce quife paffe aujour
Novembre 1685. A
2 MERCURE
·
d'huy nous le fait connoiftre
, & il ne me feroit pas
difficile d'y trouver une
ample matiere aux loüanges
de ce grand Prince,
fi je n'avois accoûtumé de
me taire , quand je puis
faire parler un autre en ma
place. Je n'ay ny
le temps
de ramaffer toutes les chofes
que l'on peut dire à fa
gloire , ny l'éloquence qui
me feroit neceffaire pour
les bien repreſenter.
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15
p. 1-4
PRelude. [titre d'après la table]
Début :
L'Auriez-vous crû, Madame, qu'aprés avoir commencé toutes mes [...]
Mots clefs :
Actions éclatantes, Louis le Grand, Hérésie, Portrait, Abjuration
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texteReconnaissance textuelle : PRelude. [titre d'après la table]
AURIEZ - Vous crû ,
Madame , qu'aprés
avoir
commence
toutes mes Lettres , pendant
neufannées entieres , par le
recit de quelque Action éclatante
de Sa Majeſté , je
Decembre. 1685-- A
2 MERCURE
me trouvaffe fi fort accablé
de ce que j'ay aujourd'huy
à vous en dire , que
manquant de temps pour
bien mettre dans fon jour
une fi belle matiere , je fuſſe
contraint de differer encore
àvous faire voir le Portrait
de Louis LE GRAND , Deftructeur
de l'Herefie. J'efpere
n'oublier aucun des traits
qui pourront , non pas embellir
cette peinture , mais
du moins la faire approcher
de ce qu'elle doit eftre pour
reffembler à la verité. Je fçay
que loin de pouvoir la faire
GALANT.
3
I
briller d'un éclat qui la rehauffe
, il eft mefme impoffible
de la faire paroiftre
telle que font en effet les
grandes chofes qu'elle doit
reprefenter. Ne croyez pas
cependant , Madame , que
cette Lettre ne vous doive
rien apprendre du Roy , à
caufe qu'aucune de fes Actions
n'en fait le premier
Article. Je puis vous dire
qu'il la remplira prefque
toute , puifque vous y trouverez
quantité d'Abjurations
tres-remarquables , &
que les circonftances qui les
A ij
4 MERCURE
accompagnent
, feront con
noiftre non feulement
qu'elles
font finceres
, mais que
ceux qui les ont faites , ne
doivent
qu'à ce Monarque
le falutaire avantage d'avoir
renoncé
à leurs erreurs .
Madame , qu'aprés
avoir
commence
toutes mes Lettres , pendant
neufannées entieres , par le
recit de quelque Action éclatante
de Sa Majeſté , je
Decembre. 1685-- A
2 MERCURE
me trouvaffe fi fort accablé
de ce que j'ay aujourd'huy
à vous en dire , que
manquant de temps pour
bien mettre dans fon jour
une fi belle matiere , je fuſſe
contraint de differer encore
àvous faire voir le Portrait
de Louis LE GRAND , Deftructeur
de l'Herefie. J'efpere
n'oublier aucun des traits
qui pourront , non pas embellir
cette peinture , mais
du moins la faire approcher
de ce qu'elle doit eftre pour
reffembler à la verité. Je fçay
que loin de pouvoir la faire
GALANT.
3
I
briller d'un éclat qui la rehauffe
, il eft mefme impoffible
de la faire paroiftre
telle que font en effet les
grandes chofes qu'elle doit
reprefenter. Ne croyez pas
cependant , Madame , que
cette Lettre ne vous doive
rien apprendre du Roy , à
caufe qu'aucune de fes Actions
n'en fait le premier
Article. Je puis vous dire
qu'il la remplira prefque
toute , puifque vous y trouverez
quantité d'Abjurations
tres-remarquables , &
que les circonftances qui les
A ij
4 MERCURE
accompagnent
, feront con
noiftre non feulement
qu'elles
font finceres
, mais que
ceux qui les ont faites , ne
doivent
qu'à ce Monarque
le falutaire avantage d'avoir
renoncé
à leurs erreurs .
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16
p. 1-7
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy fait tant, & de si grandes choses pour [...]
Mots clefs :
Roi, Royaume, Église, Religion chrétienne, Église, Terre, Livres, Missions
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texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
E Roy fait tant, &
de fi grandes chofes
pour l'intereft de l'Eglife
, que depuis plufieurs
années,je ne vous ay pas écrit
une feule fois ,fans vous man.
der quelque chofe de nou-
Aoust 1686.
A
1
2 MERCURE
veau fur cette matiere, toû、
jours à la gloire de cet Augufte
& Pieux Monarque .
Il n'agit pas feulement dans
fon Royaume, mais fon zele
s'étend par toute la terre,
& ce n'eft qu'en faveur de
la Religion qu'il employe
fon credit auprés de ces
grands Souverains , qui char
mez de tout ce qu'il a fait
de grand , ne luy refuſent
rien de ce qu'il demande.
Je parle mefme de ceux qui
ne font que rarement des
graces aux Rois , & jamais
aux Chreftiens , comme le
GALANT.
3
Grand Seigneur , qui vient
d'accorder au Roy tout ce
qu'il luy a demandé pour
des Religieux de la Terre-
Sainte. Que n'a - t - il point
fait dans le Royaume de
Siam , pour y établir la Religion
Chreftienne , & pour
y faire connoiftre le vray
Dieu, puis que c'eſt à cette
feule confideration qu'il a
fait la dépense d'envoyer un
Ambaffadeur avec une nombreuſe
fuite à fix mille
lieues de fon Royaume. Auffi
la Religion Chreftienne
en a non feulement reçeu
A ij
4 MERCURE
des avantages tres- conſiderables
, mais elle eft fur le
point d'en tirer encore de
plus grands , & il y a fujet
d'efperer qu'elle fera un jour
un entier progrés dans tout
tes les Indes. Pendant que
le Roy fonge à l'établir en
Orient , il s'applique à l'affermir
dans fes Etats , avec
des dépenfes qui répondent
à la grandeur de fes foins ; &
c'eft une chofe incroyable
,
que la quantité de Livres
qu'il a fait imprimer à fes
dépens , & qu'on a diſtribuez
par fon ordre à tous les nouGALANT.
5
veaux Convertis , dans toutes
les Provinces de fon
Royaume. Cela joint aux
Miffions qu'il a fait faire
preſque dans toutes les Villes
, où les Prétendus Reformez
ont efté en grand nombre,
a pour ainfi dire, converty
une feconde fois ceux
qui n'eftoient pas encore
bien affermis dans la croyance
des Veritez Catholiques ,
& je puis vous affeurer que
rien n'a mieux fait paroiftre.
le zele du Roy , ny produit
un plus grand fruit que ces
Miffions , & cette diftribu
A
iij
6 MERCURE
tion de Livres, fi propres à
éclairer lorsque l'on s'en fert
de bonne foy. En effet, pourveu
qu'on veuille examiner
ferieufement dequoy il s'agit
, fans cette prévention
aveugle , qui perd tous les
obftinez , il eft impoffible
qu'on ne fe détrompe , &
que les Erreurs où Calvin a
engagé ceux de fon Party ,
ne paroiffent manifeſtes .
C'est
par là qu'une
Dame
tres
-fpirituelle
& d'un
grand
merite
, Femme
de Mr
le
Procureur
du
Roy
de Bergerac
, a reconnu
l'eftat
déGALANT.
7
plorable , où l'a retenue longtemps
le malheur de fa naiffance.
Voïcy ce qu'elle a
écrit fur fon changement, à
une Dame de fes Parentes ,.
Femme d'un Confeiller au
Parlement de Guyenne.
de fi grandes chofes
pour l'intereft de l'Eglife
, que depuis plufieurs
années,je ne vous ay pas écrit
une feule fois ,fans vous man.
der quelque chofe de nou-
Aoust 1686.
A
1
2 MERCURE
veau fur cette matiere, toû、
jours à la gloire de cet Augufte
& Pieux Monarque .
Il n'agit pas feulement dans
fon Royaume, mais fon zele
s'étend par toute la terre,
& ce n'eft qu'en faveur de
la Religion qu'il employe
fon credit auprés de ces
grands Souverains , qui char
mez de tout ce qu'il a fait
de grand , ne luy refuſent
rien de ce qu'il demande.
Je parle mefme de ceux qui
ne font que rarement des
graces aux Rois , & jamais
aux Chreftiens , comme le
GALANT.
3
Grand Seigneur , qui vient
d'accorder au Roy tout ce
qu'il luy a demandé pour
des Religieux de la Terre-
Sainte. Que n'a - t - il point
fait dans le Royaume de
Siam , pour y établir la Religion
Chreftienne , & pour
y faire connoiftre le vray
Dieu, puis que c'eſt à cette
feule confideration qu'il a
fait la dépense d'envoyer un
Ambaffadeur avec une nombreuſe
fuite à fix mille
lieues de fon Royaume. Auffi
la Religion Chreftienne
en a non feulement reçeu
A ij
4 MERCURE
des avantages tres- conſiderables
, mais elle eft fur le
point d'en tirer encore de
plus grands , & il y a fujet
d'efperer qu'elle fera un jour
un entier progrés dans tout
tes les Indes. Pendant que
le Roy fonge à l'établir en
Orient , il s'applique à l'affermir
dans fes Etats , avec
des dépenfes qui répondent
à la grandeur de fes foins ; &
c'eft une chofe incroyable
,
que la quantité de Livres
qu'il a fait imprimer à fes
dépens , & qu'on a diſtribuez
par fon ordre à tous les nouGALANT.
5
veaux Convertis , dans toutes
les Provinces de fon
Royaume. Cela joint aux
Miffions qu'il a fait faire
preſque dans toutes les Villes
, où les Prétendus Reformez
ont efté en grand nombre,
a pour ainfi dire, converty
une feconde fois ceux
qui n'eftoient pas encore
bien affermis dans la croyance
des Veritez Catholiques ,
& je puis vous affeurer que
rien n'a mieux fait paroiftre.
le zele du Roy , ny produit
un plus grand fruit que ces
Miffions , & cette diftribu
A
iij
6 MERCURE
tion de Livres, fi propres à
éclairer lorsque l'on s'en fert
de bonne foy. En effet, pourveu
qu'on veuille examiner
ferieufement dequoy il s'agit
, fans cette prévention
aveugle , qui perd tous les
obftinez , il eft impoffible
qu'on ne fe détrompe , &
que les Erreurs où Calvin a
engagé ceux de fon Party ,
ne paroiffent manifeſtes .
C'est
par là qu'une
Dame
tres
-fpirituelle
& d'un
grand
merite
, Femme
de Mr
le
Procureur
du
Roy
de Bergerac
, a reconnu
l'eftat
déGALANT.
7
plorable , où l'a retenue longtemps
le malheur de fa naiffance.
Voïcy ce qu'elle a
écrit fur fon changement, à
une Dame de fes Parentes ,.
Femme d'un Confeiller au
Parlement de Guyenne.
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Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
En août 1686, un texte décrit les actions du roi en faveur de l'Église catholique. L'auteur, après plusieurs années de silence, souligne les nombreuses initiatives royales pour soutenir la religion. Le roi agit tant dans son royaume qu'à l'échelle mondiale, utilisant son influence auprès des grands souverains pour promouvoir la foi chrétienne. Par exemple, il a obtenu des faveurs du 'Grand Seigneur' pour des religieux en Terre Sainte et a envoyé une ambassade au Siam pour établir la religion chrétienne. En Orient, il œuvre à l'établissement de la foi, tandis qu'en Occident, il renforce la religion dans ses États par des dépenses considérables pour l'impression et la distribution de livres religieux. Ces actions, accompagnées de missions dans les villes où les protestants étaient nombreux, ont converti de nombreux nouveaux fidèles et affermi la croyance catholique. Une dame spirituelle et méritante, femme du procureur du roi à Bergerac, témoigne de son changement de foi, reconnaissant l'erreur de ses précédentes croyances calvinistes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 1-10
Prélude. [titre d'après la table]
Début :
APRÈS vous avoir fait part de tout ce qui s'est [...]
Mots clefs :
Roi, Peuples, Ambassadeurs de Siam, Relation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude. [titre d'après la table]
VOYAGE
DES AMBASSADEURS
DE SIAM
EN FRANCE.
PRE'S vous avoir
fait part de
tout ce qui s'eft
paffé à la Reception des
An Ambaſſadeurs de France
A
2 Voyage des Amb.
auprés du Roy de Siam ,
& vous avoir donné une
ample Relation de ce qu'-
ils ont fait dans ce Royaume
pendant plus de deux
mois de fejour , j'ay cru
vous devoir auſſi envoyer
un dérail exact de tout ce
que les Ambaſſadeurs de
Siam ont vù , fait & dit
en France , ce qui ne fera
pas moins curieux que ce
que vous avezappris dans
ma Relation de Siam . Si
l'éloignement des lieux
1.
de Siam. 3
nous faifoit regarder comme
Barbares des Peuples
que de vaſtes Mers ſeparent
de nous , nous ne devrions
pas l'eftre moins
à leur égard , puis que
nous ſommes auſſi éloignez
d'eux qu'ilsle font
de nous ; mais on ne
peut donner cetre qualité
aux Peuples d'Orient ,
qu'on fçait avoir toujours
efte eſtimez pour leur fageffe
,& pour leur eſprit.
Ce que trois de leurs Rois
A ij
4 Voyagedes Amb.
firent à la Naiſſance du
Sauveur du Monde , paffera
dans tous les Siecles ,
& ce que font aujourd'huy
ces mefines Peuples
pour honorer leurs Souverains
, apprend à toutes
les Nations qui ont le
bonheur de vivre dans un
Eftat Monarchique , la
veneration qu'elles font
obligées d'avoir pour
ceux que Dieu leur àdonnez
pour les gouverner ,
&qui le reprefentent fur
de Siam. S
Terre. La couleur noire ,
brune , ou blanche ne fait
rien au coeur de l'homme,
& fi l'on en pouvoit tirer
quelque conſequence, elle
devroit eſtre à l'avantage
de ceux qui font plus
- prés du Soleil. Il y a peu
de nos Braves qui ayant
eſſuyé les dures fatigues
où une longueCampagne
engage , ne reviennent
* preſque auffi bazanez que
ces Peuples ,& nous avons
vû noſtre Auguſte Prince,,
A iij
6 Voyage des Amb.
aprés s'eſtre expoſé pendant
des Eftez entiers à la
teſte de les Armées , revenir
à demy reint d'une
couleur qui ne luy pouvoit
eſtre que glorieuſe,
puis qu'elle marquoit fon
affiduité à donner par
tout les ordres , pour faire
mouvoir le grand
Corps qu'il commandoit.
Quand les Peuples d'Orient
n'auroient pas autant
de fageffe & d'avantage
qu'ils en ont par
de Siam.
7
-deſſus quantité d'autres ,
nous devons confiderer
dans les Ambaſſadeurs de
Siam un puiffant Monarque
, qui par leshonneurs
qu'il a rendus à celuy du
Roy , l'a non feulement:
diftingué de tous les Sourains
de la Terre , mais
د
qui a voulu que les trente
deux Nations diffe- -
rentes , qui trafiquent
dans ſes Eſtars fuſſent
و
témoins de cette diftinction
, & qui a meſme
A j
8 Voyage des Amb.
ordonné qu'elle leur fuft
expliquée. Quant à ce qui
regarde les Ambaffadeurs
en leur perſonne , je puis
vous affeurer comme ſçachant
par moy - mefme
une partie des choſes que
vous trouverez dans cette
Relation,qu'on ne peut
avoir plus d'eſprit , plus
de prudence , plus d'honneſteté
, & plus de ſens
froid , qu'on leur en voit
tous les jours ; qu'ils font
galans, que leurs reparties
de Siam. 9
font juftes , & qu'enfin ils
ſe font acquis l'eftime de
tous les honneftes Gens .
Auffi font - ils beaucoup
plus confiderez icy quc
pluſieurs Ambaſſadcurs
de Nations éloignées que
nous avons vus en France
. Mais il n'est pas juſte
que vous m'en croyïez
fur ma parole ; je vais me
taire pour laiffer parler
des faits conftans, Ce
qu'ils ont dit ,& ce qu'ils
ont fait depuis qu'ils font
10 Voyage des Amb.
arrivez en France , n'a
point beſoin d'embelliffement
, & pour vous en
faire avoir une haute idée,
il ne faut que me fervir
des meſmes termes qu'ils
ont employez en plufieurs
occafions .
DES AMBASSADEURS
DE SIAM
EN FRANCE.
PRE'S vous avoir
fait part de
tout ce qui s'eft
paffé à la Reception des
An Ambaſſadeurs de France
A
2 Voyage des Amb.
auprés du Roy de Siam ,
& vous avoir donné une
ample Relation de ce qu'-
ils ont fait dans ce Royaume
pendant plus de deux
mois de fejour , j'ay cru
vous devoir auſſi envoyer
un dérail exact de tout ce
que les Ambaſſadeurs de
Siam ont vù , fait & dit
en France , ce qui ne fera
pas moins curieux que ce
que vous avezappris dans
ma Relation de Siam . Si
l'éloignement des lieux
1.
de Siam. 3
nous faifoit regarder comme
Barbares des Peuples
que de vaſtes Mers ſeparent
de nous , nous ne devrions
pas l'eftre moins
à leur égard , puis que
nous ſommes auſſi éloignez
d'eux qu'ilsle font
de nous ; mais on ne
peut donner cetre qualité
aux Peuples d'Orient ,
qu'on fçait avoir toujours
efte eſtimez pour leur fageffe
,& pour leur eſprit.
Ce que trois de leurs Rois
A ij
4 Voyagedes Amb.
firent à la Naiſſance du
Sauveur du Monde , paffera
dans tous les Siecles ,
& ce que font aujourd'huy
ces mefines Peuples
pour honorer leurs Souverains
, apprend à toutes
les Nations qui ont le
bonheur de vivre dans un
Eftat Monarchique , la
veneration qu'elles font
obligées d'avoir pour
ceux que Dieu leur àdonnez
pour les gouverner ,
&qui le reprefentent fur
de Siam. S
Terre. La couleur noire ,
brune , ou blanche ne fait
rien au coeur de l'homme,
& fi l'on en pouvoit tirer
quelque conſequence, elle
devroit eſtre à l'avantage
de ceux qui font plus
- prés du Soleil. Il y a peu
de nos Braves qui ayant
eſſuyé les dures fatigues
où une longueCampagne
engage , ne reviennent
* preſque auffi bazanez que
ces Peuples ,& nous avons
vû noſtre Auguſte Prince,,
A iij
6 Voyage des Amb.
aprés s'eſtre expoſé pendant
des Eftez entiers à la
teſte de les Armées , revenir
à demy reint d'une
couleur qui ne luy pouvoit
eſtre que glorieuſe,
puis qu'elle marquoit fon
affiduité à donner par
tout les ordres , pour faire
mouvoir le grand
Corps qu'il commandoit.
Quand les Peuples d'Orient
n'auroient pas autant
de fageffe & d'avantage
qu'ils en ont par
de Siam.
7
-deſſus quantité d'autres ,
nous devons confiderer
dans les Ambaſſadeurs de
Siam un puiffant Monarque
, qui par leshonneurs
qu'il a rendus à celuy du
Roy , l'a non feulement:
diftingué de tous les Sourains
de la Terre , mais
د
qui a voulu que les trente
deux Nations diffe- -
rentes , qui trafiquent
dans ſes Eſtars fuſſent
و
témoins de cette diftinction
, & qui a meſme
A j
8 Voyage des Amb.
ordonné qu'elle leur fuft
expliquée. Quant à ce qui
regarde les Ambaffadeurs
en leur perſonne , je puis
vous affeurer comme ſçachant
par moy - mefme
une partie des choſes que
vous trouverez dans cette
Relation,qu'on ne peut
avoir plus d'eſprit , plus
de prudence , plus d'honneſteté
, & plus de ſens
froid , qu'on leur en voit
tous les jours ; qu'ils font
galans, que leurs reparties
de Siam. 9
font juftes , & qu'enfin ils
ſe font acquis l'eftime de
tous les honneftes Gens .
Auffi font - ils beaucoup
plus confiderez icy quc
pluſieurs Ambaſſadcurs
de Nations éloignées que
nous avons vus en France
. Mais il n'est pas juſte
que vous m'en croyïez
fur ma parole ; je vais me
taire pour laiffer parler
des faits conftans, Ce
qu'ils ont dit ,& ce qu'ils
ont fait depuis qu'ils font
10 Voyage des Amb.
arrivez en France , n'a
point beſoin d'embelliffement
, & pour vous en
faire avoir une haute idée,
il ne faut que me fervir
des meſmes termes qu'ils
ont employez en plufieurs
occafions .
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Résumé : Prélude. [titre d'après la table]
Le texte décrit le voyage des ambassadeurs de Siam en France, mettant en lumière leurs activités et observations. L'auteur souligne la sagesse et l'esprit des peuples orientaux, y compris ceux de Siam, et compare les gestes de vénération des souverains à ceux observés à la naissance du Sauveur du Monde. Il insiste sur la diversité des couleurs de peau, affirmant que cela n'affecte pas le cœur des hommes. Le texte loue également la bravoure des peuples orientaux et des soldats français. Les ambassadeurs de Siam ont été honorés par leur monarque, qui a distingué le roi de France devant trente-deux nations différentes. Les ambassadeurs sont appréciés pour leur esprit, leur prudence, leur honnêteté et leur sens froid, gagnant ainsi l'estime des honnêtes gens en France. Leur comportement et leurs paroles sont décrits comme dignes de confiance et respectables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 1-4
PRELUDE. [titre d'après la table]
Début :
Vous devez estre persuadée, Madame, que puis que je vous [...]
Mots clefs :
Matière, Ambassadeurs, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRELUDE. [titre d'après la table]
Ous devez eſtre perfuadée
, Madame ,
que puis que je vous
écris juſques à trois fois ſur
la meſme matiere , je ſuis
A
2 III. P. duVoyage
pleinement convaincu, que
non ſeulement mes Lettres
vous ont eſté agreables , mais
qu'elles ont eu auſſi l'avantage
de plaire à ceux qui les ont
leuës aprés vous. Il eſt vray
qu'elles ſeroient imparfaites,
&qu'elles ne paſſeroient que
pour des Fragmens , ſi je n'a
chevois pas le Journal dont
vous avez vû les deux premie.
res Parties . Je vais continüer
par les choſes qui me reſtent
à vous dire deVerſailles,aprés
quoy je vous marqueray ce
que les Ambaſſadeurs ont
fait à Paris juſques au jour
des Amb. de Siam. 3
qu'ils en font partis pour aller
en Flandre vifiter lesConqueſtes
de Sa Majesté , & je
finiray par une Relation de
tout ce Voyage Ainſi vous
voyez quettout fera nouveau
dans ma Lettre,& que la matiere
qui regarde les deux
precedentes n'y ſera point
rebatuë .
Tout ce que je vous ay
dit dans ma derniere que les
Ambaſſadeurs avoient veu à
Verſailles, leur avoit marqué
la grandeur du Roy d'une
manière qui les avoit extrémement
étonnez , quoy qu'il
A ij
4 III.P.du Voyage
paruſt qu'ils ſe fuſſent attendus
à voir tout ce qu'on ſe
peut imaginer de ſurprenant.
, Madame ,
que puis que je vous
écris juſques à trois fois ſur
la meſme matiere , je ſuis
A
2 III. P. duVoyage
pleinement convaincu, que
non ſeulement mes Lettres
vous ont eſté agreables , mais
qu'elles ont eu auſſi l'avantage
de plaire à ceux qui les ont
leuës aprés vous. Il eſt vray
qu'elles ſeroient imparfaites,
&qu'elles ne paſſeroient que
pour des Fragmens , ſi je n'a
chevois pas le Journal dont
vous avez vû les deux premie.
res Parties . Je vais continüer
par les choſes qui me reſtent
à vous dire deVerſailles,aprés
quoy je vous marqueray ce
que les Ambaſſadeurs ont
fait à Paris juſques au jour
des Amb. de Siam. 3
qu'ils en font partis pour aller
en Flandre vifiter lesConqueſtes
de Sa Majesté , & je
finiray par une Relation de
tout ce Voyage Ainſi vous
voyez quettout fera nouveau
dans ma Lettre,& que la matiere
qui regarde les deux
precedentes n'y ſera point
rebatuë .
Tout ce que je vous ay
dit dans ma derniere que les
Ambaſſadeurs avoient veu à
Verſailles, leur avoit marqué
la grandeur du Roy d'une
manière qui les avoit extrémement
étonnez , quoy qu'il
A ij
4 III.P.du Voyage
paruſt qu'ils ſe fuſſent attendus
à voir tout ce qu'on ſe
peut imaginer de ſurprenant.
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Résumé : PRELUDE. [titre d'après la table]
L'auteur écrit à une destinataire de haut rang pour confirmer la réception et l'appréciation de ses lettres précédentes. Il souligne que ses lettres seraient incomplètes sans le journal qu'elle a déjà consulté. Il prévoit de continuer en décrivant les événements à Versailles, les activités des ambassadeurs à Paris jusqu'au jour des ambassadeurs de Siam, leur départ pour la Flandre, et une relation complète de tout le voyage. L'auteur assure que sa lettre contiendra des informations nouvelles et ne répétera pas les matières des lettres précédentes. Il rappelle également que les ambassadeurs ont été extrêmement étonnés par la grandeur du roi lors de leur visite à Versailles, bien qu'ils se soient attendus à voir des choses surprenantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 1-8
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Quand les Souverains ont gagné quelques Batailles, ou forcé des [...]
Mots clefs :
Grâces, Dieu, Peuples, Corps, Actions, Santé du roi, Églises, Guérison, Manufactures royales, Rétablissement de la santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
j^"^ ÌJ A n d les Sou-
S P verains ont gagné
quelques Batailles,
f ou forcé des Places à se ren
dre , les Peuples en rendent
ordinairement graces à Dieu
I" avec des démonstrations de
Janvier 1687. A
* MERCURE,,
joye, mais ces actions de grâ
ces ne se font que dans une
feule Eglife,&au nom de tou
te une Ville,au lieu que celles
que l'on vient de faire pour
remercier Dieu du retour de
la Santé du Roy, beaucoup
plus considérable à les Peupics
, que s'il avoit gagné des
Royaumes entiers , ont esté
faites dans toufes'les Eglises
de Paris. Cdux 'quí lcsMeíservent
ont prié deux fois ; d'a
bord pour dérnahder la gué
rison de Sá Majtttë j & en
suite pour en rendre graces
à Dieu. Les premiers d'entre
GALANT. ?
les Corps des Bourgeois qui
ont fait taire ces Prieres, ont
commencé comme a fait l'Eglise,
& ils ont eníìiite finy
par des actions de graces.
Ainsi l'Eglife & les Peuples
ont prié chacun fur deux sii,
jets , & ces deux sortes de
Prieres s'estant faites à qua
tre fois differentes, ont esté' à
Tinsiny. J'ay tâché, Madame,
de vous en faire une peinture
au commencement & dans
la fin de ma Lettre de Décembre.
Cépendant il ie trou
ve que je n'ay pû exprimer
qu'imparfaitement le zelc
Aij
r4 MERCURE
des Peuples , & à dire vray ,
c'est une chose impossible.
Toutes les Eglises íùfEsoient
à peine pour ceux qui vottloient
faire faire des Prieres,
& Ton a esté souvent obligé
d'attendre que ceux qui s'estoient
mis en estat d'en faire
faire les premiers , eussent achevé
, pour satisfaire au zele
des autres. Les uns ont fait
prier pendant un jour entier,
les autres pendant trois jours,
& les autres pendant neufj
& enfin, pour rendre ces Priè
res plus celebres , on y a ajou
té la Musique, & 1a décora.
GALANT, s
tion des Eglises où tout ce
que Paris à de plus riche &
de plus íùperbe a paru , avec
les décharges des Boètes &:
de la Mqusqucterie. Enfin
tout estoit en mouvement ,
tout estoit en joye, tout retentiflbit
d'actions de graces,
& il sest mefme trouve des
Corps & des Communautez ,
& des Societez qui ont fait
recommencer plusieurs fois.
M"s des Manufactures Roya
les des Meubles de la Cou
ronne établies aux Gobelins,
ont esté de cc nombre ,, les
Corps, & les Communautez
6 MFRCUR1
n'ont pas feulement fait prier,,
mais plusieurs personnes qui
n'entrent dans aucun Corps y
se sont associées pour faire
prier , & des particuliers qui
n'ont pointvoulu fe faire connoître,&
même des Artisans,,
ont trouvé moyen de faire
tenir dans des Convents des.
sommes considerables , pour
rendre graces, à Dieu d'une
Santé, qui ne doit pas feule
ment estxe prétieufe à toute
i'Europe puis que le Roy y
maintient la Paix , mais en
core à toure la terre , ce Mo
narque faisant des Alliances
GALANT. 7
dans les . Païs les plus recu
lez, & de'peníant des sommes
immenses pour attirer des
Ames à Dieu, en., les faisant
renoncer a l'ídolatrie. Ainsi
ce n'est pas sans íùjet qu'il est
Ies>delicesde ses Peuples , &c
de tous les Etrangers qui
rendent justice au vray mé
rite , &. qui seront ravis d'ap
prendre, ce que l'on a fàit en
France pour le rétabl/'flèmenc
de sa Sante, puis que toute la
terre connoiítra par là lardeur
du zele dont tous les
coeurs des François font pe
netrez pour un Prince fi çjí*
A iiij,
8 MERCURE . :
gne de l 'amour qu'ils ont pour
luy. Si l'on ignoroit par quels
endroits il merite que cet a~
mourait esté jusqu'à 1 excésoà
il est monté,on n'en douteroit
pas en lisant l'Ouvrage que
je vous envoyeí
S P verains ont gagné
quelques Batailles,
f ou forcé des Places à se ren
dre , les Peuples en rendent
ordinairement graces à Dieu
I" avec des démonstrations de
Janvier 1687. A
* MERCURE,,
joye, mais ces actions de grâ
ces ne se font que dans une
feule Eglife,&au nom de tou
te une Ville,au lieu que celles
que l'on vient de faire pour
remercier Dieu du retour de
la Santé du Roy, beaucoup
plus considérable à les Peupics
, que s'il avoit gagné des
Royaumes entiers , ont esté
faites dans toufes'les Eglises
de Paris. Cdux 'quí lcsMeíservent
ont prié deux fois ; d'a
bord pour dérnahder la gué
rison de Sá Majtttë j & en
suite pour en rendre graces
à Dieu. Les premiers d'entre
GALANT. ?
les Corps des Bourgeois qui
ont fait taire ces Prieres, ont
commencé comme a fait l'Eglise,
& ils ont eníìiite finy
par des actions de graces.
Ainsi l'Eglife & les Peuples
ont prié chacun fur deux sii,
jets , & ces deux sortes de
Prieres s'estant faites à qua
tre fois differentes, ont esté' à
Tinsiny. J'ay tâché, Madame,
de vous en faire une peinture
au commencement & dans
la fin de ma Lettre de Décembre.
Cépendant il ie trou
ve que je n'ay pû exprimer
qu'imparfaitement le zelc
Aij
r4 MERCURE
des Peuples , & à dire vray ,
c'est une chose impossible.
Toutes les Eglises íùfEsoient
à peine pour ceux qui vottloient
faire faire des Prieres,
& Ton a esté souvent obligé
d'attendre que ceux qui s'estoient
mis en estat d'en faire
faire les premiers , eussent achevé
, pour satisfaire au zele
des autres. Les uns ont fait
prier pendant un jour entier,
les autres pendant trois jours,
& les autres pendant neufj
& enfin, pour rendre ces Priè
res plus celebres , on y a ajou
té la Musique, & 1a décora.
GALANT, s
tion des Eglises où tout ce
que Paris à de plus riche &
de plus íùperbe a paru , avec
les décharges des Boètes &:
de la Mqusqucterie. Enfin
tout estoit en mouvement ,
tout estoit en joye, tout retentiflbit
d'actions de graces,
& il sest mefme trouve des
Corps & des Communautez ,
& des Societez qui ont fait
recommencer plusieurs fois.
M"s des Manufactures Roya
les des Meubles de la Cou
ronne établies aux Gobelins,
ont esté de cc nombre ,, les
Corps, & les Communautez
6 MFRCUR1
n'ont pas feulement fait prier,,
mais plusieurs personnes qui
n'entrent dans aucun Corps y
se sont associées pour faire
prier , & des particuliers qui
n'ont pointvoulu fe faire connoître,&
même des Artisans,,
ont trouvé moyen de faire
tenir dans des Convents des.
sommes considerables , pour
rendre graces, à Dieu d'une
Santé, qui ne doit pas feule
ment estxe prétieufe à toute
i'Europe puis que le Roy y
maintient la Paix , mais en
core à toure la terre , ce Mo
narque faisant des Alliances
GALANT. 7
dans les . Païs les plus recu
lez, & de'peníant des sommes
immenses pour attirer des
Ames à Dieu, en., les faisant
renoncer a l'ídolatrie. Ainsi
ce n'est pas sans íùjet qu'il est
Ies>delicesde ses Peuples , &c
de tous les Etrangers qui
rendent justice au vray mé
rite , &. qui seront ravis d'ap
prendre, ce que l'on a fàit en
France pour le rétabl/'flèmenc
de sa Sante, puis que toute la
terre connoiítra par là lardeur
du zele dont tous les
coeurs des François font pe
netrez pour un Prince fi çjí*
A iiij,
8 MERCURE . :
gne de l 'amour qu'ils ont pour
luy. Si l'on ignoroit par quels
endroits il merite que cet a~
mourait esté jusqu'à 1 excésoà
il est monté,on n'en douteroit
pas en lisant l'Ouvrage que
je vous envoyeí
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Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
En janvier 1687, les souverains ont remporté des batailles et forcé des places à se rendre, suscitant des actions de grâce limitées à une seule église par ville. Les prières pour la santé du roi ont été plus significatives, se déroulant dans toutes les églises de Paris. Ces services religieux incluaient des prières pour la guérison du roi et des actions de grâce. Les bourgeois ont également organisé des prières. Les églises étaient souvent bondées, et les prières se sont étendues sur des périodes variées, accompagnées de musique et de décorations. Les contributions financières provenaient des corps, communautés, sociétés, particuliers et artisans. La santé du roi était vue comme cruciale pour la paix en Europe et dans le monde, en raison de son rôle dans le maintien des alliances. Les actions de grâce reflétaient l'amour et la dévotion des Français pour leur prince, reconnus par les étrangers et les peuples du monde entier.
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20
p. 1-10
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Toutes les choses qui éclatent aujourd'hui le plus dans le [...]
Mots clefs :
Roi, Siamois, Religion, Monde, Progrès, Siam, Ambassadeurs, Ecclésiastique, Convertir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
T1OUTES les choses
quiéclatentaujourd'huy..
leAplu.s-dans- e monde, & qui ne feront
pasmoinsl'étonnement des
Siecles àvenir,qu'elles font
~'admiration de celuy-cy -,
onteu un commenceme
& un progrés, avant q d'ateindre à un certain~po
de perfection
,
auquel
n'est presque plus possil
derienajoûter, quoy qu'
travaille toûjours à en ~che
cherles moyens. Le mode
de ces grands Vaisseaux
~qu
on voitvoguer sur les Me
fut pris d'abord de deux
; cloüez ensemble, & c'est
qui a servy de commenc
ment auxFlotes quiseroie
aujourd'huy capables
tmroanndseptoorutetrdcaenqsuuecnonatiuet
eluy-cy, supposé qu'on le
oulustaller habiter LaPeinure
a commencé par les conours
qu'on prenoit de l'omre
que formoit la figure d'uf
personne sur la terre,ou
ontre une muraille Les Sçaans
ont appris à connoistre
~es lettres de l'Alphabeth,
vant que de penetrer la
rofondeur des Sciences,
: les plus grands Pecheurs,
: ceux mesme qui n'ont
pnnu le vrayDieu que long-
~emps aprés qu'ils sont venus
,1 monde, l'ont preschéaux
dolâtres, & leur ont fait
part des lumieres de la Foy.
Quand on a portéceslumieres
chez les Nations qui n'cstoient
point éclairées, ~on
y a fait d'abord si peu ~do
progrés, qu'il sembloit quo
l'ardeur des plus zclcz ~pou
le salut de ces Peuples, de
voit demeurer infructueux
Cependant le temps qui M
mene tout, pourveu ~qu'on
ait la constance de ne Il
point relâcher, a fait ~con
vertir des Villes & des Pra
vinces entieres. C'est, Ma
dame, ce qui nous doit fai
re esperer des fruits beau
~pup plus considerables, des
randes choses que le Roy a
~ites,& qu'il execute encore
~pus les jours, afin que les
~rogrés de la Mission de
~lams'augmententOn ne
~oit plus que Temples élevez
la gloire duvrayDieu,dans
: Pays, où l'Idolâtrie re-
~noit seule avant quelesMisonnaires
y eussent esté re-
~eus ; & ce qui marque le
~ien que le Roy fait à la Region
Chrestienne,en soûte-
~ant cette Mission,c'est que
~e puissantEstat setrouvant
~emplyde peuples d'un tresgrand
nombre de Nations
differentes
,
la Religion y
fait tous les jours d'autant
plus de fruit, que
ceux qui seconvertissent
annoncent eusuite l'Evangile
dans les lieux de ~leu
naissance. Les Siamois ~me
mes qui embrassent la Religion
Catholique, font ~do
grands progrés sur ceux ~de 1leur Nation, & l'Ecclesiastique
de Siam dont je vous a
déja parlé plusieurs fois,& su
tout lors qu'ilsoûtint ei
Sorbonne, estant
demeur
à Paris dans le Seminai
re des Missionsétrangeres,
a instruit à la Foy Catholique
deux Siamois, qui avoient
esté amenez en France
par les Mandarins qui y
vinrent en l'an 1685 &: huit
lutres que les Ambassadeurs
qui viennent de s'en rerourner
, y ont laissez pour se
~perfectionner dans les Arts,
que le Roy de Siam a luge
qui luy pourroient estre les
plusutiles. Le mesme Ecclesiastique
a encoreinstruit
an Siamois qui apprend la
conduite des EauxàVersail-
~cs, & îls ont tous receu le
Baptesme. Il y a sujet de croire
qu'ayant esté convertis par
unEcclesiastique de leur Nation,
lors qu'ils seront retournez
en leur Pays,ils y répandrontles
lumieres qu'ils ont
receuës, à l'imitation deceluy
dont ils les tiennent. Ce
qu'il y a de remarquable, ôc;
qui doit faire esperer beaucoup
pour l'avancement de
laReligion chrestienne,c'est
que les Ambassadeurs de
Siam
, avant que de quiter;
la France,ont permis aux
Siamois qu'ils yontlaissez,de
fc faire baptiser
, en casqu'ils
1
s'y sentissent portez. Il ne
faut point de raisonnement
pour faire connoistre que la
consideration qu'ils ont pour
le Roy, les a obligez à leur
donner ce contentement.
Ainsî j'ay eu raison de vous
dire que la Religion devra
beaucoup à ce Prince, & de
croire que puis qu'il s'attache
à tout cequi la peut augmen
ter dans toutes les parties
du monde, ces heureuxcommencemens
ne peuvent avoir
que de grandes suites,
& seront semblables à ce que
je vousaymarquéquiavoit Je VOl1~ ay nlarque qtll aVOlt
receu de si grands accroissemens.
Onpourroit mesme
se promettre davantage, &
en moins de temps puisqu'on
n'a point encore veude
lenteur en aucune chose que
le Roy ait entreprise, & que
recoudre,exécuter & reüssir,
sont presque la mesme chose
encegran,d /Monarque.
quiéclatentaujourd'huy..
leAplu.s-dans- e monde, & qui ne feront
pasmoinsl'étonnement des
Siecles àvenir,qu'elles font
~'admiration de celuy-cy -,
onteu un commenceme
& un progrés, avant q d'ateindre à un certain~po
de perfection
,
auquel
n'est presque plus possil
derienajoûter, quoy qu'
travaille toûjours à en ~che
cherles moyens. Le mode
de ces grands Vaisseaux
~qu
on voitvoguer sur les Me
fut pris d'abord de deux
; cloüez ensemble, & c'est
qui a servy de commenc
ment auxFlotes quiseroie
aujourd'huy capables
tmroanndseptoorutetrdcaenqsuuecnonatiuet
eluy-cy, supposé qu'on le
oulustaller habiter LaPeinure
a commencé par les conours
qu'on prenoit de l'omre
que formoit la figure d'uf
personne sur la terre,ou
ontre une muraille Les Sçaans
ont appris à connoistre
~es lettres de l'Alphabeth,
vant que de penetrer la
rofondeur des Sciences,
: les plus grands Pecheurs,
: ceux mesme qui n'ont
pnnu le vrayDieu que long-
~emps aprés qu'ils sont venus
,1 monde, l'ont preschéaux
dolâtres, & leur ont fait
part des lumieres de la Foy.
Quand on a portéceslumieres
chez les Nations qui n'cstoient
point éclairées, ~on
y a fait d'abord si peu ~do
progrés, qu'il sembloit quo
l'ardeur des plus zclcz ~pou
le salut de ces Peuples, de
voit demeurer infructueux
Cependant le temps qui M
mene tout, pourveu ~qu'on
ait la constance de ne Il
point relâcher, a fait ~con
vertir des Villes & des Pra
vinces entieres. C'est, Ma
dame, ce qui nous doit fai
re esperer des fruits beau
~pup plus considerables, des
randes choses que le Roy a
~ites,& qu'il execute encore
~pus les jours, afin que les
~rogrés de la Mission de
~lams'augmententOn ne
~oit plus que Temples élevez
la gloire duvrayDieu,dans
: Pays, où l'Idolâtrie re-
~noit seule avant quelesMisonnaires
y eussent esté re-
~eus ; & ce qui marque le
~ien que le Roy fait à la Region
Chrestienne,en soûte-
~ant cette Mission,c'est que
~e puissantEstat setrouvant
~emplyde peuples d'un tresgrand
nombre de Nations
differentes
,
la Religion y
fait tous les jours d'autant
plus de fruit, que
ceux qui seconvertissent
annoncent eusuite l'Evangile
dans les lieux de ~leu
naissance. Les Siamois ~me
mes qui embrassent la Religion
Catholique, font ~do
grands progrés sur ceux ~de 1leur Nation, & l'Ecclesiastique
de Siam dont je vous a
déja parlé plusieurs fois,& su
tout lors qu'ilsoûtint ei
Sorbonne, estant
demeur
à Paris dans le Seminai
re des Missionsétrangeres,
a instruit à la Foy Catholique
deux Siamois, qui avoient
esté amenez en France
par les Mandarins qui y
vinrent en l'an 1685 &: huit
lutres que les Ambassadeurs
qui viennent de s'en rerourner
, y ont laissez pour se
~perfectionner dans les Arts,
que le Roy de Siam a luge
qui luy pourroient estre les
plusutiles. Le mesme Ecclesiastique
a encoreinstruit
an Siamois qui apprend la
conduite des EauxàVersail-
~cs, & îls ont tous receu le
Baptesme. Il y a sujet de croire
qu'ayant esté convertis par
unEcclesiastique de leur Nation,
lors qu'ils seront retournez
en leur Pays,ils y répandrontles
lumieres qu'ils ont
receuës, à l'imitation deceluy
dont ils les tiennent. Ce
qu'il y a de remarquable, ôc;
qui doit faire esperer beaucoup
pour l'avancement de
laReligion chrestienne,c'est
que les Ambassadeurs de
Siam
, avant que de quiter;
la France,ont permis aux
Siamois qu'ils yontlaissez,de
fc faire baptiser
, en casqu'ils
1
s'y sentissent portez. Il ne
faut point de raisonnement
pour faire connoistre que la
consideration qu'ils ont pour
le Roy, les a obligez à leur
donner ce contentement.
Ainsî j'ay eu raison de vous
dire que la Religion devra
beaucoup à ce Prince, & de
croire que puis qu'il s'attache
à tout cequi la peut augmen
ter dans toutes les parties
du monde, ces heureuxcommencemens
ne peuvent avoir
que de grandes suites,
& seront semblables à ce que
je vousaymarquéquiavoit Je VOl1~ ay nlarque qtll aVOlt
receu de si grands accroissemens.
Onpourroit mesme
se promettre davantage, &
en moins de temps puisqu'on
n'a point encore veude
lenteur en aucune chose que
le Roy ait entreprise, & que
recoudre,exécuter & reüssir,
sont presque la mesme chose
encegran,d /Monarque.
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Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'évolution progressive de diverses réalisations humaines, telles que la construction de vaisseaux, la peinture et la diffusion de la foi chrétienne. Chaque domaine a commencé modestement et a progressé vers la perfection. Par exemple, les premiers vaisseaux étaient simples mais ont évolué pour devenir des flottes capables de naviguer sur de longues distances. La peinture a débuté par des contours simples avant de se développer en œuvres plus complexes. De même, la propagation de la foi chrétienne a commencé par des efforts modestes, mais a finalement converti des villes et des provinces entières. Le texte met en avant les efforts du roi pour soutenir la mission chrétienne, notamment en soutenant les missionnaires dans diverses régions. Les résultats sont visibles avec la construction de temples dédiés au vrai Dieu dans des pays autrefois idolâtres. Les Siamois montrent des progrès significatifs dans leur adoption de la religion catholique. Un ecclésiastique siamois, basé à Paris, a instruit plusieurs Siamois dans la foi catholique, et ces convertis sont susceptibles de répandre leur nouvelle foi à leur retour en Siam. Les ambassadeurs siamois ont également permis aux Siamois restés en France de se faire baptiser, démontrant ainsi leur respect pour le roi de France. Le texte conclut en soulignant que les initiatives du roi pour promouvoir la religion chrétienne sont prometteuses et devraient continuer à porter des fruits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 1-9
Prélude. [titre d'après la table]
Début :
Si les Sujets d'un Prince qui fait les delices de [...]
Mots clefs :
Roi, Parties, Prince, Règlements, Procureurs, Lettres, Siam, Mercure, Missionnaires, Siamois, Avocats, Conseillers, Plaideurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude. [titre d'après la table]
I les Sujets d'un
Prince qui fait les
delices de fon Peu
ple , & l'admiration
de toute la Terre , doivent
chercher à l'envy à mettre fa
gloire dans fon plus beau jour,
& principalement lors qu'il a
porté celle de l'Eftat jufques au
plus haut degré d'élevation où
Ianvier 1688. A
2 MERC VRE
elle puiffe monter , quelle joye
ne dois-je pas reffentir d'avoir
parlé des grandes & incomparables
actions de l'augufte Souverain
qui nous gouverne, au
commencement de prés de
deux cens de mes Lettres , qui
ont paffé jufqu'au fond des Indes
, & qui y font en quelque
confideration , parce qu'elles
y apprennent les merveilles.
d'un Prince, que quelque Monarques
Indiens commencent.
déja à imiter ! On voit dans la
Relation du Voyage de Siam ,
écrite par Monfieur l'Abbé de
Choify , qu'ayant demandé
des Livres à Batavia , on luy
offrit d'abord le Mercure , comme
le plus curieux qu'on cuft
en ce pays là. Il y avoit longtemps
que les Miffionnaires
établi dans ce Royaume l'y faiGALANT.
3
foient venir . Ils en traduifoient
en Siamois , tous les endroits
qui parloient de ce que
Sa Majesté fait de grand , & de
fes Conqueftes , pour les faire
lire au Roy de Siam . Ie n'avance
rien que je n'aye par
écrit. lugez par là , Madame,
combien vous devez eftre contente
de m'avoir engagé depuis
tant d'années à vous écri
re tous les mois ce qui fe paffe
de plus curieux dans le monde,
puis que vous avez contribué
en quelque façon à faire publier
la gloire du Roy. Ie vais
pourfuivre , &
commenceray
à mon ordinaire par une ac
tion éclatante de ce grand
Monarque , qui m'en fournit
toûjours non
falement pour
en faire une peinture à la tefte
de toutes mes Lettres ,
A 2
4 MERCVRE
mais encore pour en embellir
d'autres endroits . Il fembloit
qu'on ne puft rien ajoûter à
tout ce qu'a fait ce Prince en
faveur de ceux de fes Sujets
qui ont le malheur d'étre obligez
de plaider. On a vû pa
roiftre fous fon regne , un
nouveau Code Civil , & un
Criminel , avec une infinité
de beaux Reglemens , & de
fages Ordonnances fur toutes
les chofes qui peuvent donner
fujet à des conteftations . Il
n'y avoit autrefois qu'à fe prefenter
pour eftre receu Avocat
; on ne refufoit perfonne,
& il n'en coutoit qu'une fomme
tres-modique pour quelques
droits qu'il falloit payer.
Il n'en eft plus de mefme aujourd'huy
; on oblige à étudier
trois ans en droit , & fi quelGALANT.
5.
ques Avocats font prefentement
fouffrir les Parties, il faut
que leur pareffe , & quelques
interefts particuliers en foient
caufe . Les Confeillers ne font
receus qu'après avoir fait voir
leur capacité dans plufieurs
Plaidoyers , & on leur fait fubir
un examen affez rigoureux
pour leur faire peine , fi tout
ce qui a efté ordonné là - deffus
n'engageoit pas les plus pareffeux
à fe rendre habiles . Le
Roy a fait auffi de belles &
judicieufes Ordonnances für
les degrez de parenté des Confeillers
, qui pouvoient quelquefois
caufer du préjudice
aux Parties . Comme on ne
peut apporter de trop exactes
précautions pour leur faire
avoir une bonne & prompte
juftice , fans les expofer à
A. S
6 MERCVRE
d'exceffives dépenfes , tant de
Reglemens ont efté faits , que
quoy qu'il y en euft encore
quelques -uns à fouhaiter , il
fembloit qu'on n'en defiraſt
pas davantage . Cependant Sa
Majefté qui veille plus au
bien de fes Peuples , qu'ils n'ofent
eux - meimes l'attendre
de fa bonté , & qui á toûjours
les yeux ouverts fur tous leurs
befoins , s'applique fans ceffe
à chercher de feurs moyens
pour faire que la neceffité de
plaider foit moins onereuſe à
ceux qui ne s'en peuvent défendre.
C'est pour cela que
le 13. du mois paffé il fut donné
un Arreftau Confeil d'Eftat
du Roy , pour la taxe des Offices
de Procureur.Vous fçavez
Madame , qu'il n'y a point de
Profeffion , quelque utile , &
GALANT. 7
quelque parfaite qu'elle foit
par elle - mefme , dans laquelle
les particuliers de la meſme
profeffion n'introduiſent des
abus. Cela ne fe voit que trop
fouvent parmy les Procureurs
dont plufieurs foulent leurs
Parties , par une fâcheufe
multiplicité de procedures extraordinaires
, & inutiles . Enfuite
ils vendent leurs Charfur
ce pied - là , & ceux qui les
achetent
, croyent
faire peu
de mal en les imitant parce
qu'ayant acheté ces Charges
fort cher, ils feroient mal leurs
affaires s'ils en ufoient autrement.
Ileft doux de prendre ,
& les Plaideurs croiroient fe
mettre au hazard de perdre
leurs cauſes , ou du moins ,
qu'elles feroient pourfuivies
avec une dangereufe: negli-
A
4
8 MERCURE
gence , s'ils refufoient quelque
chofe. Ainfi l'on ne doit
pas s'étonner s'il y a des Procureurs
qui s'enrichiffent . Il
fuffic pour cela qu'ils foient
d'humeur à faire quantité de
procedures , & à exiger des
droits. Les Parties qui ont tout
à craindre d'eux , n'ofent leur
rien refufer ; & il y en a méme
beaucoup qui donnent fans
qu'on leur demande , ce qui
incommode fort le donneur,
qui fe trouve prefque toûjours
ruiné , s'il perd fon procés . Le
Roy voit tout , conçoit tout ,
entre dans tout , & comme il
fuit toûjours l'équité , il pourvoit
à tout par des Reglemens
utiles à tous les intereffez .
Ceux qui fervent à foulager
le plaideur , & qui luy donnent
, pour ainfi dire , la vie ,
>
9
GALANT I
en l'empéchant de fe ruiner,
oftent aux Procureurs le moyen
de rien exiger d'injufte,
& dont leur confcience puiffe
eftre chargée . Voicy l'Arreft
dont je viens de vous parler .
Prince qui fait les
delices de fon Peu
ple , & l'admiration
de toute la Terre , doivent
chercher à l'envy à mettre fa
gloire dans fon plus beau jour,
& principalement lors qu'il a
porté celle de l'Eftat jufques au
plus haut degré d'élevation où
Ianvier 1688. A
2 MERC VRE
elle puiffe monter , quelle joye
ne dois-je pas reffentir d'avoir
parlé des grandes & incomparables
actions de l'augufte Souverain
qui nous gouverne, au
commencement de prés de
deux cens de mes Lettres , qui
ont paffé jufqu'au fond des Indes
, & qui y font en quelque
confideration , parce qu'elles
y apprennent les merveilles.
d'un Prince, que quelque Monarques
Indiens commencent.
déja à imiter ! On voit dans la
Relation du Voyage de Siam ,
écrite par Monfieur l'Abbé de
Choify , qu'ayant demandé
des Livres à Batavia , on luy
offrit d'abord le Mercure , comme
le plus curieux qu'on cuft
en ce pays là. Il y avoit longtemps
que les Miffionnaires
établi dans ce Royaume l'y faiGALANT.
3
foient venir . Ils en traduifoient
en Siamois , tous les endroits
qui parloient de ce que
Sa Majesté fait de grand , & de
fes Conqueftes , pour les faire
lire au Roy de Siam . Ie n'avance
rien que je n'aye par
écrit. lugez par là , Madame,
combien vous devez eftre contente
de m'avoir engagé depuis
tant d'années à vous écri
re tous les mois ce qui fe paffe
de plus curieux dans le monde,
puis que vous avez contribué
en quelque façon à faire publier
la gloire du Roy. Ie vais
pourfuivre , &
commenceray
à mon ordinaire par une ac
tion éclatante de ce grand
Monarque , qui m'en fournit
toûjours non
falement pour
en faire une peinture à la tefte
de toutes mes Lettres ,
A 2
4 MERCVRE
mais encore pour en embellir
d'autres endroits . Il fembloit
qu'on ne puft rien ajoûter à
tout ce qu'a fait ce Prince en
faveur de ceux de fes Sujets
qui ont le malheur d'étre obligez
de plaider. On a vû pa
roiftre fous fon regne , un
nouveau Code Civil , & un
Criminel , avec une infinité
de beaux Reglemens , & de
fages Ordonnances fur toutes
les chofes qui peuvent donner
fujet à des conteftations . Il
n'y avoit autrefois qu'à fe prefenter
pour eftre receu Avocat
; on ne refufoit perfonne,
& il n'en coutoit qu'une fomme
tres-modique pour quelques
droits qu'il falloit payer.
Il n'en eft plus de mefme aujourd'huy
; on oblige à étudier
trois ans en droit , & fi quelGALANT.
5.
ques Avocats font prefentement
fouffrir les Parties, il faut
que leur pareffe , & quelques
interefts particuliers en foient
caufe . Les Confeillers ne font
receus qu'après avoir fait voir
leur capacité dans plufieurs
Plaidoyers , & on leur fait fubir
un examen affez rigoureux
pour leur faire peine , fi tout
ce qui a efté ordonné là - deffus
n'engageoit pas les plus pareffeux
à fe rendre habiles . Le
Roy a fait auffi de belles &
judicieufes Ordonnances für
les degrez de parenté des Confeillers
, qui pouvoient quelquefois
caufer du préjudice
aux Parties . Comme on ne
peut apporter de trop exactes
précautions pour leur faire
avoir une bonne & prompte
juftice , fans les expofer à
A. S
6 MERCVRE
d'exceffives dépenfes , tant de
Reglemens ont efté faits , que
quoy qu'il y en euft encore
quelques -uns à fouhaiter , il
fembloit qu'on n'en defiraſt
pas davantage . Cependant Sa
Majefté qui veille plus au
bien de fes Peuples , qu'ils n'ofent
eux - meimes l'attendre
de fa bonté , & qui á toûjours
les yeux ouverts fur tous leurs
befoins , s'applique fans ceffe
à chercher de feurs moyens
pour faire que la neceffité de
plaider foit moins onereuſe à
ceux qui ne s'en peuvent défendre.
C'est pour cela que
le 13. du mois paffé il fut donné
un Arreftau Confeil d'Eftat
du Roy , pour la taxe des Offices
de Procureur.Vous fçavez
Madame , qu'il n'y a point de
Profeffion , quelque utile , &
GALANT. 7
quelque parfaite qu'elle foit
par elle - mefme , dans laquelle
les particuliers de la meſme
profeffion n'introduiſent des
abus. Cela ne fe voit que trop
fouvent parmy les Procureurs
dont plufieurs foulent leurs
Parties , par une fâcheufe
multiplicité de procedures extraordinaires
, & inutiles . Enfuite
ils vendent leurs Charfur
ce pied - là , & ceux qui les
achetent
, croyent
faire peu
de mal en les imitant parce
qu'ayant acheté ces Charges
fort cher, ils feroient mal leurs
affaires s'ils en ufoient autrement.
Ileft doux de prendre ,
& les Plaideurs croiroient fe
mettre au hazard de perdre
leurs cauſes , ou du moins ,
qu'elles feroient pourfuivies
avec une dangereufe: negli-
A
4
8 MERCURE
gence , s'ils refufoient quelque
chofe. Ainfi l'on ne doit
pas s'étonner s'il y a des Procureurs
qui s'enrichiffent . Il
fuffic pour cela qu'ils foient
d'humeur à faire quantité de
procedures , & à exiger des
droits. Les Parties qui ont tout
à craindre d'eux , n'ofent leur
rien refufer ; & il y en a méme
beaucoup qui donnent fans
qu'on leur demande , ce qui
incommode fort le donneur,
qui fe trouve prefque toûjours
ruiné , s'il perd fon procés . Le
Roy voit tout , conçoit tout ,
entre dans tout , & comme il
fuit toûjours l'équité , il pourvoit
à tout par des Reglemens
utiles à tous les intereffez .
Ceux qui fervent à foulager
le plaideur , & qui luy donnent
, pour ainfi dire , la vie ,
>
9
GALANT I
en l'empéchant de fe ruiner,
oftent aux Procureurs le moyen
de rien exiger d'injufte,
& dont leur confcience puiffe
eftre chargée . Voicy l'Arreft
dont je viens de vous parler .
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Résumé : Prélude. [titre d'après la table]
La lettre décrit les actions et réformes d'un souverain, probablement Louis XIV, et leur impact sur ses sujets et au-delà. L'auteur exprime sa satisfaction d'avoir relaté les grandes actions du roi dans ses lettres, qui ont été lues jusqu'aux Indes et admirées par des monarques locaux. Les missionnaires en Siam traduisent même les exploits du roi pour le roi de Siam. La lettre met en avant les réformes judiciaires entreprises par le souverain. Celui-ci a créé de nouveaux codes civil et criminel, ainsi que des règlements stricts pour les avocats et les conseillers. Le roi a également instauré des mesures pour réduire les coûts et les abus dans les procédures judiciaires, comme la taxation des offices de procureur. Ces réformes visent à garantir une justice équitable et accessible, évitant ainsi la ruine des plaideurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 7-11
Prélude. [titre d'après la table]
Début :
Je ne dis rien de nouveau, Madame, en vous disant [...]
Mots clefs :
Académie royale d'Angers, Prix de poésie, Roi, Peuples éloignés, Admiration, Ouvrages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude. [titre d'après la table]
Ene dis rien de
nouveau, Madame,
en vous disant
que toute la Terre
est remplie de la reputation
du Roy. Mille actions qui
ébloüissent jusques aux Jaloux
de sa grandeur
,
leur
arrachent les loüanges qu'il
est impossible de refuser à
la vérité. Elles font dans la
bouche des Peuples les plus
éloignez,dont les Souverains
luy ont envoyé des Ambassadeurs
pour estretémoins
des merveilles de sa vie. Ses
Sujets qui luy doivent plus
que les Nations Etran gères;
parlent à toute heure avec
admiration de ses grandes
qualitez; mais quelques justes
que soient les divers Eloges
qui luy font donnez de toutes
parts, il est certain que
l'on n'en voit point de meilleur
goust, que ceux qu'on
trouve employez dans les
Ouvrages qui remportent les
Prix proposez par les Academies
des Gens de Lettres. Il
n'y en a aucune aujourd'huy,
qui ne choisisse quelque action
de ce grand Monarque
pour le sujet de ces Prix
, &
comme la matiere est toûjours
belle, que l'émulation
de ceux qui travaillent est
grande, &que les Juges font
fort éclairez, il ne faut pas
s'étonner si les Ouvrages de
cette nature sont plus reguliers
& plusachevez que
beaucoup d'autres. Voicy celuy
qui a remporté cette année
le prix dePoësiepar le jugement
de l'Academie Royale
d'Angers. Elle avoit marqué
pour sujet,les sentimens
de respect & d'admiration
dont les Peuples les plus
éloignez ont donné des témoignages
au Roy par de
celebres Ambassades. La
Priere que vous trouverez à
la fin de cette Piece, est
d'une obligation indispensable,
& c'est par là que doiventfinir
tous ceux qui veulent
entrer dans cette forte
de lice.
nouveau, Madame,
en vous disant
que toute la Terre
est remplie de la reputation
du Roy. Mille actions qui
ébloüissent jusques aux Jaloux
de sa grandeur
,
leur
arrachent les loüanges qu'il
est impossible de refuser à
la vérité. Elles font dans la
bouche des Peuples les plus
éloignez,dont les Souverains
luy ont envoyé des Ambassadeurs
pour estretémoins
des merveilles de sa vie. Ses
Sujets qui luy doivent plus
que les Nations Etran gères;
parlent à toute heure avec
admiration de ses grandes
qualitez; mais quelques justes
que soient les divers Eloges
qui luy font donnez de toutes
parts, il est certain que
l'on n'en voit point de meilleur
goust, que ceux qu'on
trouve employez dans les
Ouvrages qui remportent les
Prix proposez par les Academies
des Gens de Lettres. Il
n'y en a aucune aujourd'huy,
qui ne choisisse quelque action
de ce grand Monarque
pour le sujet de ces Prix
, &
comme la matiere est toûjours
belle, que l'émulation
de ceux qui travaillent est
grande, &que les Juges font
fort éclairez, il ne faut pas
s'étonner si les Ouvrages de
cette nature sont plus reguliers
& plusachevez que
beaucoup d'autres. Voicy celuy
qui a remporté cette année
le prix dePoësiepar le jugement
de l'Academie Royale
d'Angers. Elle avoit marqué
pour sujet,les sentimens
de respect & d'admiration
dont les Peuples les plus
éloignez ont donné des témoignages
au Roy par de
celebres Ambassades. La
Priere que vous trouverez à
la fin de cette Piece, est
d'une obligation indispensable,
& c'est par là que doiventfinir
tous ceux qui veulent
entrer dans cette forte
de lice.
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Résumé : Prélude. [titre d'après la table]
Le texte met en lumière la renommée du roi, dont les actions admirables suscitent l'admiration, même parmi ses détracteurs. Sa grandeur est reconnue par des peuples lointains, qui lui envoient des ambassadeurs pour témoigner de ses exploits. Les sujets du roi ainsi que les nations étrangères louent ses qualités exceptionnelles. Les éloges les plus authentiques proviennent des œuvres littéraires primées par les académies. Chaque année, ces académies choisissent une action du roi comme sujet pour leurs prix littéraires, assurant ainsi des œuvres de haute qualité grâce à l'émulation des auteurs et à la sagacité des juges. Cette année, l'Académie Royale d'Angers a décerné le prix de poésie pour un ouvrage sur les sentiments de respect et d'admiration exprimés par des ambassades célèbres. Le texte se termine par une prière, indispensable pour ceux qui souhaitent participer à cette compétition littéraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 5-27
Prelude qui renferme un abrégé de tout ce que le Roy a fait de grand pendant sa vie. [titre d'après la table]
Début :
Si vous avez esté contente des Ouvrages composez à [...]
Mots clefs :
Éloge, Souverain, Justice, Ordres, Sagesse, Roi, Mazarin, Orateur, Père Cottin, Royaume, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude qui renferme un abrégé de tout ce que le Roy a fait de grand pendant sa vie. [titre d'après la table]
I vous avez eſté contente
des Ouvrages compofez à
la gloire du Roy, & des Eloges
de Sa Majesté prononcez en
divers lieux & en diverfes occafions que je vous envoyay
A iij
6 MERCURE
le mois dernier , vous ne devez
pas prendre moins de plaiſir à
Îire l'Article qui fuit , où vous
trouverez un Abregé de tout
ce que ce Monarque a fait de
grand pendant la vie , & particulierement pour le bien de
Les Sujets.
Le Pere Cottin , Profeſſeur
d'Eloquence dans le petit College de la Ville de Lyon , prononça le jour de Saint André
un Eloge du Roy, en preſence de M' le Prevoft des Marchands & de tout le Confulat ;
l'amour paternel de ce Prince
pour les Sujets , & ce que cet
GALANT 7
amour luy a fait faire firent la
divifion de ce Difcours , qui
reçus de grands applaudiffemens. Avant que d'entrer dans
la premiere partie , il fit un
Compliment à Mrs du Confulat fur le zele avec lequel ils
rempliffent les bonnes intentions du Roy pourfon peuple ,
en faifant voir que quelques
bonnes que fuffent ces intentions & quelque affection que
le Souverain cut pour fon
peuple , il luy feroit preſque
impoffible de les executer ; &
d'en faire gouter les fruits à
fes Sujets , fi fes Miniftres &
1
A iiij
8 MERCURE
ceux qui font chargez de
l'execution de fes ordres dans
les Provinces , n'entroiene fur
cela dans fes veües , & n'étoient
animez du même efprit . Cette
penfée fut délicatement maniée ; & elle luy fournit un
champ fecond d'Eloges pour
Mr Ravat Prevoft des Marchands , & pour les Echevins
dont l'Adminiſtration a efté
d'autant plus difficile que la
faifon a elté des plus fterile &
des plus rigoureufe. Avant de
prouver lamour paternel de
Sa Majefté pour fes Sujets &
de mettre dans une pleine •
GALANT 9
évidence cette qualité fi glorieuſe à un Souverain , & que
les Rois doivent plus eftimer
que tous les lauriers dont ils
peuvent couronner leur tête ,
il fit de ce Monarque , un
portrait auffi beau que naturel;
il le fit voir par tous les endroits qui découvrent en luy
Heroilme , & qui dans le
Paganifme ou dans la folle
Antiquité luy auroit fait meriter à plus jufte titre qu'à plufieurs Empereurs , les honneurs de l'Apotheofe. Il parla
des glorieufes campagnes qu'il
a faites en Perfonne & fur
10 •
MERCURE
ce Printout de celle de 1672. dont
il fut l'ame & le mobile par fa
prudence , fon activité & la
fageffe de fes ordres. Il parla
enfuite de l'amour quece
ceatoûjours eu pour la juftice,
l'exactitude avec laquelle il
l'a toujours fait rendre &
même contre fes interefts ; fa
prudence dans les Confeils où
il a toujours prefidé en perfonne ; fa penetration , & fa
fagacité qui ont brillé d'une
maniere fi extraordinaire dans
les conjonctures les plus difficiles , & dans les affaires les
plus délicates ; enfin fa modé
GALANT II
la
ration dans les profperitez les
plus rapides , & la fermeté
dans les revers les moins meritez & les plus accablans pour
un Prince toujours accoûtumé
à vaincre, fournirent au jeune,
mais éloquent Orateur.
matiere d'un Eloge également
folide & délicat. Il dit enfuite
que toutes ces vertus , & toutes ces qualitezquelques éclatantes
qu'elles fuffent , auroient esté
ternies , ou du moins qu'il leur
auroit manqué quelque chofe , fi
elles n'avoient efté relevées par
l'amour vrayment paternel de ce
Prince pour fes Sujets ; amour
12 MERCURE
auffi effectifque veritable &auffi
veritable qu'il a efté foutenu par
mille traits qui l'ont découvert
durant tout le cours d'un regne
que la Providence n'apermis qui
futfi long que pour en faire le
modele d'un bon & jufte regne
pour montrer à la pofterité en la
perfonne de Louis le Grand
l'image du meilleur Prince qui
fut jamais ; mais d'autant plus
digne des louanges de ceux qui
viendront aprés nous que Sa
bonté a esté naturelle & acqufe.
Louis le Grand a esté bon par
nature ; il n'a fait que fuivre
fon penchant lapensée defon.
,
2
GALANT 13
cœur quand il a aiméfon Peuple;
mais il s'eft auffi fait une étude
particuliere de cet amour ; il l'a
regardé comme le devoir le plus
indifpenfable de fa condition fuprême , & il s'eft dit tous les
jours defa vie , que regner fans.
amour c'eftoit expofer la Royauté
à degenerer en tirannie ; que
rien ne rereffembloit mieux à l'oppreffion que le pouvoir arbitraire
l'amour ne tempere point ;
que l'amour paternel du Roy
parut dés les premieres années de
fon regne ; & que lespremieres
que
étincelles defaraifon furent , pour
ainfi dire , les premieres fignes de
14 MERCURE
l'amour qu'il avoit pour le Peuple dont la nature l'avoit fait
naître le maître ; que cet amour
l'avoit rendu dans tous les temps
defa vic , & prefque dans toutes
les heures de lajournée , accefible à
fes Sujets également prêt à
écouter leurs plaintes & à leur
rendre juftices que le moment où
on l'a veu preferer à un devoir
fi effentiel , maisfifouvent négli
ge, les foins de fa gloire où des
paffions attachées à l'humanité.
eft encore à naître ; mais qu'infenfiblement il anticipoit fur la
deuxième partie. Il la commença en faiſant voir les mar-
GALANT 15
ques de cet amour paternel
que le Roy donna dés qu'il
gouverna par luy- même auffitôt que le Cardinal Mazarin
cur les yeux fermez. Il ajoûta
qu'alors tout futfurfon compte;
& que comme on n'auroit pas mis
fur le compte du Miniftre qui ne
voyoit pas ce qu'il y auroit pú
avoir de plus réprehenfible dans
le Gouvernement fi on y eut remarqué quelque chofe de pareil ,
qu'auffi ne devoit on mettre que
furlefeul compte de ce Monarque
les traits de bonté qui échapoient
en foule defon cœur dés ce tempslà ; il continua ainfi ; ces fages
16 MERCURE
le
judicieufes Ordonnances ont
fait revivrela majefté des Loix ;
ont donné uneformeſtable &
conftante à laJurifprudence Francoife,qui varioitfelon la difference
des Tribunaux , & ont affuré
repos des familles. Loix dont
lafageſſe met leur Auteur au deffus de Licurgue , tant chanté des
Lacedemoniens , des Acheniens , dont l'utilité , & les
avantages éleventLouis le Grand,
non-feulement au- deffus de ces
Legiflateurs Romains ; mais auffi au deffus du celebre Roy des
نوع
Atheniens Codrus , de bonne
d'éternelle memoire , qui pour
GALAN 17
remplir l'Oracle fatal fe dévoüa
pour le falut de fa Patrie ; &
qui ayant efté ledix-feptiéme Roy
de ce Peuple enfut auffi le dernier.
Les Atheniens pour honorer Ja
memoire pour reconnoître autant qu'il eftoit en eux le facrifice de ce genereux Roy abolirent
la Royauté , defefperant d'avoir
un auffi bon Prince pour Souverain. De là le Gouvernement des
Archontes , dont le fils du bon
Codrusfut lepremier. AMANTI
NIL DIFFICILE a dit
un Ancien ;
auffi Louis le
Grand , n'a rien trouvé de difficile quand il a fallu fatisfaire
Janvier 1710.
B
18 MERCURE
l'inclination qu'il a pourfon Peuple ; de cette tendreffe , de cette
"bontépaternellefontnez tant d'Edits pour affurer le repos de fes
Sujets , pour éteindre parmi cette
generofité cruelle & feroce qui
détruifoit la Nobleffe du Royaume ; jeparle de l'Edit des Duels ;
Edit quifoûtenu par la feverité
de la Loy aenfin détruit cettepefte
publique ; de cette bonté paternelle
font forties tant de fages Ordonnances pour la Police exterieure
du Royaume , pour le Reglement
des conditions , &pour donner des
bornes au luxe exceffifauquelfe
livroit infenfiblement la Nation:
GALANT 19
qu'onon ne nous vanteplus , s'écria
l'Orateur, le zele de l'Orateur
Romain ; l'amour de la Patriequi
animoit Ciceron & qui luy fit
découvrir l'horrible conjuration de
Catilina ; la tendreffe que Jules
Cefar conferva pour fes Compa
triotes dans les terreurs delaguer
re qui déchiroit fa malheureuſe
Patrie ; tendreffe qui luy fit recommander à la Bataille de Pharfale qu'on épargnât les Citoyens
Romains ; ne voulant pas qu'unfi
noblefangcoulât àfesyeux quilui
fit envier la mortdufageCaton &
qui luyfit répandre des larmes à la
vue de la teftefanglante de PomBij
20 MERCURE
pée; qu'on ne vante plus fur cette
mort la bontéde celui ci qui deffenditfi long-temps la liberté de
Rome & qui la vit finir avecfa
vie dans cette journée memorable
qui decida du fort de l'Univers ;
que les Panegyriftes deTite & de
Trajan fe taifent , puifque de l'aveu même dupremier ily a euune
journée inutile qui luyfit regretter de n'avoir rien fait pour fes
Sujets , en difant à quelques -uns
de fes Courtifans ; Mes Amis ,
nous avons perdu ce jour ; &
que lefecond contre ce qu'il avoit
écrit au Senat à son élevation à
l'Empire , que jamais par fes
GALANT 21
ordres un homme de bien ne
feroit condamné à la mort , ne
$
donna que trop de preuves de la
haine qu'il portoit aux Chreftiens,
quoy qu'il aff. ctât de ne point publier d'Edit contr'eux : Louis
Le Grand a furpaffé tous ces
modeles de bonté. L'Orateur fit
alors un détail fuivi & foûtenu
par le feu de fon imagination
& par toutes les fineffes de
l'Art , de toutes les marques
de bonté que ce Prince a don
nées à fon peuple. L'Europe fi
fouvent pacifiée dans les temps
où le torrent de fes profperitez luy pouvoit faire tout ef
22 MERCURE
perer de la continuation d'une
guerre jufte. Sa prévoyance
comme un autre Jofeph, àfaire
remplir les greniers publics
dans les temps de fterilité ,
& à envoyer chercher du
Grain dans un autre Hemifphere,dans des terres éloignées
& que nous ne connoiffons
que fur la foy des Relations ;
&fon aplication à rendre par
une heureufe induftrie à fon
Peuple ce que la terre fterile &
infidelle luy refufe , furent des
morceaux habilement maniez.
Il rapella en cet endroit les
horreurs de l'année de calami-
GALANT 23
té qui fit éprouver tant de
rigeurs fur la fin du dernier .
ficcle ; & dont on fe fouviendroit encore avec une espece
de frayeur , fi une calamité &
plus preffante &auffi plus prefente n'en étoufoit le fouvenir. Cefut en cet endroit que
de Pere Cottin fe furpaffa &
que piqué d'une noble émulation contre luy-même , il
tâcha autant de s'élever aúdeffus de luy-même qu'il s'étoit élevé au commencement
de fon Difcours audeffus des
Orateurs ordinaires ; mais le
chef- d'œuvre de l'Art & où
24 MERCURE
il fit de plus grands efforts pour
s'élever & pour loüer plus
magnifiquement fon Heros
c'eft dans le chef d'œuvre de
fa vic , c'eft à dire , dans l'extinction de l'Herefie :il loüa
& avec juftice ce Monarque
d'avoir purgé fes Etats d'un
Monftre qui a efté plufieurs
fois preft àles bouleverfer. Ce
qu'il dit à ce fujet des troubles
que les nouveautez Calviniennes exciterent en France ; &
les defordres aufquelles elles
donnerent licu fur la fin du
16 fiecle , fut curieux & recherché. La fermeté de ce
Prince
GALANT 25
Prince à refufer les offres les
plus éblouiffantes & les plus
capables de tenter une ame
moins grande que la fienne
auprix même de fon repos ;
en quelque maniere de fa
pre gloire , fut mife dans le
plus beau jour qu'elle pouvoit
&
prorecevoir. La France armée
pour la défenſe de la Religion
contre des Princes qui ont
toûjours fait une oftentation
orgüeilleuse de Catholicité &
qui la veulent oprimer en établiffant le culte d'une fauffe
Religion & de toutes les fectes
impies que l'enfer a vomis dans
Fanvier 1710.
C
26 MERCURE
l'Angleterre ; & qui la veulent
oprimer dans le Royaume le
plus Catholique qui ait jamais
efté , donna une belle matiere
& ouvrit un beau champ à
l'Orateur. On connut bien
qu'il parloit de l'Espagne des
fecours & de la protection
donnez au Roy Catholique
& à celuy d'Angleterre , & ces
endroits furent délicatement
touchez. Ce morceau refervé
pour la fin & pour donner
un nouveau relief à toutes les
vertus & à l'amour paternel
de Louis le Grand , eftoit
un effet fufceptible de toutes
GALANT 27
les beautez de l'éloquence
& plus l'Orateur fe trouva en
cet endroit comme en beaucoup d'autres endroits de fon
Difcours , au deffous du fujer
qu'il traitoit , plus onle trouva
digne de le traiter ; & iléprouva en cette occafion que ceux
qui ont le plus d'efprit font
ordinairement ceux qui font
toujours moins fatisfaits d'euxmêmes ; & cependant il a dû
l'eftre des grands applaudiffemens qu'il a reçus.
des Ouvrages compofez à
la gloire du Roy, & des Eloges
de Sa Majesté prononcez en
divers lieux & en diverfes occafions que je vous envoyay
A iij
6 MERCURE
le mois dernier , vous ne devez
pas prendre moins de plaiſir à
Îire l'Article qui fuit , où vous
trouverez un Abregé de tout
ce que ce Monarque a fait de
grand pendant la vie , & particulierement pour le bien de
Les Sujets.
Le Pere Cottin , Profeſſeur
d'Eloquence dans le petit College de la Ville de Lyon , prononça le jour de Saint André
un Eloge du Roy, en preſence de M' le Prevoft des Marchands & de tout le Confulat ;
l'amour paternel de ce Prince
pour les Sujets , & ce que cet
GALANT 7
amour luy a fait faire firent la
divifion de ce Difcours , qui
reçus de grands applaudiffemens. Avant que d'entrer dans
la premiere partie , il fit un
Compliment à Mrs du Confulat fur le zele avec lequel ils
rempliffent les bonnes intentions du Roy pourfon peuple ,
en faifant voir que quelques
bonnes que fuffent ces intentions & quelque affection que
le Souverain cut pour fon
peuple , il luy feroit preſque
impoffible de les executer ; &
d'en faire gouter les fruits à
fes Sujets , fi fes Miniftres &
1
A iiij
8 MERCURE
ceux qui font chargez de
l'execution de fes ordres dans
les Provinces , n'entroiene fur
cela dans fes veües , & n'étoient
animez du même efprit . Cette
penfée fut délicatement maniée ; & elle luy fournit un
champ fecond d'Eloges pour
Mr Ravat Prevoft des Marchands , & pour les Echevins
dont l'Adminiſtration a efté
d'autant plus difficile que la
faifon a elté des plus fterile &
des plus rigoureufe. Avant de
prouver lamour paternel de
Sa Majefté pour fes Sujets &
de mettre dans une pleine •
GALANT 9
évidence cette qualité fi glorieuſe à un Souverain , & que
les Rois doivent plus eftimer
que tous les lauriers dont ils
peuvent couronner leur tête ,
il fit de ce Monarque , un
portrait auffi beau que naturel;
il le fit voir par tous les endroits qui découvrent en luy
Heroilme , & qui dans le
Paganifme ou dans la folle
Antiquité luy auroit fait meriter à plus jufte titre qu'à plufieurs Empereurs , les honneurs de l'Apotheofe. Il parla
des glorieufes campagnes qu'il
a faites en Perfonne & fur
10 •
MERCURE
ce Printout de celle de 1672. dont
il fut l'ame & le mobile par fa
prudence , fon activité & la
fageffe de fes ordres. Il parla
enfuite de l'amour quece
ceatoûjours eu pour la juftice,
l'exactitude avec laquelle il
l'a toujours fait rendre &
même contre fes interefts ; fa
prudence dans les Confeils où
il a toujours prefidé en perfonne ; fa penetration , & fa
fagacité qui ont brillé d'une
maniere fi extraordinaire dans
les conjonctures les plus difficiles , & dans les affaires les
plus délicates ; enfin fa modé
GALANT II
la
ration dans les profperitez les
plus rapides , & la fermeté
dans les revers les moins meritez & les plus accablans pour
un Prince toujours accoûtumé
à vaincre, fournirent au jeune,
mais éloquent Orateur.
matiere d'un Eloge également
folide & délicat. Il dit enfuite
que toutes ces vertus , & toutes ces qualitezquelques éclatantes
qu'elles fuffent , auroient esté
ternies , ou du moins qu'il leur
auroit manqué quelque chofe , fi
elles n'avoient efté relevées par
l'amour vrayment paternel de ce
Prince pour fes Sujets ; amour
12 MERCURE
auffi effectifque veritable &auffi
veritable qu'il a efté foutenu par
mille traits qui l'ont découvert
durant tout le cours d'un regne
que la Providence n'apermis qui
futfi long que pour en faire le
modele d'un bon & jufte regne
pour montrer à la pofterité en la
perfonne de Louis le Grand
l'image du meilleur Prince qui
fut jamais ; mais d'autant plus
digne des louanges de ceux qui
viendront aprés nous que Sa
bonté a esté naturelle & acqufe.
Louis le Grand a esté bon par
nature ; il n'a fait que fuivre
fon penchant lapensée defon.
,
2
GALANT 13
cœur quand il a aiméfon Peuple;
mais il s'eft auffi fait une étude
particuliere de cet amour ; il l'a
regardé comme le devoir le plus
indifpenfable de fa condition fuprême , & il s'eft dit tous les
jours defa vie , que regner fans.
amour c'eftoit expofer la Royauté
à degenerer en tirannie ; que
rien ne rereffembloit mieux à l'oppreffion que le pouvoir arbitraire
l'amour ne tempere point ;
que l'amour paternel du Roy
parut dés les premieres années de
fon regne ; & que lespremieres
que
étincelles defaraifon furent , pour
ainfi dire , les premieres fignes de
14 MERCURE
l'amour qu'il avoit pour le Peuple dont la nature l'avoit fait
naître le maître ; que cet amour
l'avoit rendu dans tous les temps
defa vic , & prefque dans toutes
les heures de lajournée , accefible à
fes Sujets également prêt à
écouter leurs plaintes & à leur
rendre juftices que le moment où
on l'a veu preferer à un devoir
fi effentiel , maisfifouvent négli
ge, les foins de fa gloire où des
paffions attachées à l'humanité.
eft encore à naître ; mais qu'infenfiblement il anticipoit fur la
deuxième partie. Il la commença en faiſant voir les mar-
GALANT 15
ques de cet amour paternel
que le Roy donna dés qu'il
gouverna par luy- même auffitôt que le Cardinal Mazarin
cur les yeux fermez. Il ajoûta
qu'alors tout futfurfon compte;
& que comme on n'auroit pas mis
fur le compte du Miniftre qui ne
voyoit pas ce qu'il y auroit pú
avoir de plus réprehenfible dans
le Gouvernement fi on y eut remarqué quelque chofe de pareil ,
qu'auffi ne devoit on mettre que
furlefeul compte de ce Monarque
les traits de bonté qui échapoient
en foule defon cœur dés ce tempslà ; il continua ainfi ; ces fages
16 MERCURE
le
judicieufes Ordonnances ont
fait revivrela majefté des Loix ;
ont donné uneformeſtable &
conftante à laJurifprudence Francoife,qui varioitfelon la difference
des Tribunaux , & ont affuré
repos des familles. Loix dont
lafageſſe met leur Auteur au deffus de Licurgue , tant chanté des
Lacedemoniens , des Acheniens , dont l'utilité , & les
avantages éleventLouis le Grand,
non-feulement au- deffus de ces
Legiflateurs Romains ; mais auffi au deffus du celebre Roy des
نوع
Atheniens Codrus , de bonne
d'éternelle memoire , qui pour
GALAN 17
remplir l'Oracle fatal fe dévoüa
pour le falut de fa Patrie ; &
qui ayant efté ledix-feptiéme Roy
de ce Peuple enfut auffi le dernier.
Les Atheniens pour honorer Ja
memoire pour reconnoître autant qu'il eftoit en eux le facrifice de ce genereux Roy abolirent
la Royauté , defefperant d'avoir
un auffi bon Prince pour Souverain. De là le Gouvernement des
Archontes , dont le fils du bon
Codrusfut lepremier. AMANTI
NIL DIFFICILE a dit
un Ancien ;
auffi Louis le
Grand , n'a rien trouvé de difficile quand il a fallu fatisfaire
Janvier 1710.
B
18 MERCURE
l'inclination qu'il a pourfon Peuple ; de cette tendreffe , de cette
"bontépaternellefontnez tant d'Edits pour affurer le repos de fes
Sujets , pour éteindre parmi cette
generofité cruelle & feroce qui
détruifoit la Nobleffe du Royaume ; jeparle de l'Edit des Duels ;
Edit quifoûtenu par la feverité
de la Loy aenfin détruit cettepefte
publique ; de cette bonté paternelle
font forties tant de fages Ordonnances pour la Police exterieure
du Royaume , pour le Reglement
des conditions , &pour donner des
bornes au luxe exceffifauquelfe
livroit infenfiblement la Nation:
GALANT 19
qu'onon ne nous vanteplus , s'écria
l'Orateur, le zele de l'Orateur
Romain ; l'amour de la Patriequi
animoit Ciceron & qui luy fit
découvrir l'horrible conjuration de
Catilina ; la tendreffe que Jules
Cefar conferva pour fes Compa
triotes dans les terreurs delaguer
re qui déchiroit fa malheureuſe
Patrie ; tendreffe qui luy fit recommander à la Bataille de Pharfale qu'on épargnât les Citoyens
Romains ; ne voulant pas qu'unfi
noblefangcoulât àfesyeux quilui
fit envier la mortdufageCaton &
qui luyfit répandre des larmes à la
vue de la teftefanglante de PomBij
20 MERCURE
pée; qu'on ne vante plus fur cette
mort la bontéde celui ci qui deffenditfi long-temps la liberté de
Rome & qui la vit finir avecfa
vie dans cette journée memorable
qui decida du fort de l'Univers ;
que les Panegyriftes deTite & de
Trajan fe taifent , puifque de l'aveu même dupremier ily a euune
journée inutile qui luyfit regretter de n'avoir rien fait pour fes
Sujets , en difant à quelques -uns
de fes Courtifans ; Mes Amis ,
nous avons perdu ce jour ; &
que lefecond contre ce qu'il avoit
écrit au Senat à son élevation à
l'Empire , que jamais par fes
GALANT 21
ordres un homme de bien ne
feroit condamné à la mort , ne
$
donna que trop de preuves de la
haine qu'il portoit aux Chreftiens,
quoy qu'il aff. ctât de ne point publier d'Edit contr'eux : Louis
Le Grand a furpaffé tous ces
modeles de bonté. L'Orateur fit
alors un détail fuivi & foûtenu
par le feu de fon imagination
& par toutes les fineffes de
l'Art , de toutes les marques
de bonté que ce Prince a don
nées à fon peuple. L'Europe fi
fouvent pacifiée dans les temps
où le torrent de fes profperitez luy pouvoit faire tout ef
22 MERCURE
perer de la continuation d'une
guerre jufte. Sa prévoyance
comme un autre Jofeph, àfaire
remplir les greniers publics
dans les temps de fterilité ,
& à envoyer chercher du
Grain dans un autre Hemifphere,dans des terres éloignées
& que nous ne connoiffons
que fur la foy des Relations ;
&fon aplication à rendre par
une heureufe induftrie à fon
Peuple ce que la terre fterile &
infidelle luy refufe , furent des
morceaux habilement maniez.
Il rapella en cet endroit les
horreurs de l'année de calami-
GALANT 23
té qui fit éprouver tant de
rigeurs fur la fin du dernier .
ficcle ; & dont on fe fouviendroit encore avec une espece
de frayeur , fi une calamité &
plus preffante &auffi plus prefente n'en étoufoit le fouvenir. Cefut en cet endroit que
de Pere Cottin fe furpaffa &
que piqué d'une noble émulation contre luy-même , il
tâcha autant de s'élever aúdeffus de luy-même qu'il s'étoit élevé au commencement
de fon Difcours audeffus des
Orateurs ordinaires ; mais le
chef- d'œuvre de l'Art & où
24 MERCURE
il fit de plus grands efforts pour
s'élever & pour loüer plus
magnifiquement fon Heros
c'eft dans le chef d'œuvre de
fa vic , c'eft à dire , dans l'extinction de l'Herefie :il loüa
& avec juftice ce Monarque
d'avoir purgé fes Etats d'un
Monftre qui a efté plufieurs
fois preft àles bouleverfer. Ce
qu'il dit à ce fujet des troubles
que les nouveautez Calviniennes exciterent en France ; &
les defordres aufquelles elles
donnerent licu fur la fin du
16 fiecle , fut curieux & recherché. La fermeté de ce
Prince
GALANT 25
Prince à refufer les offres les
plus éblouiffantes & les plus
capables de tenter une ame
moins grande que la fienne
auprix même de fon repos ;
en quelque maniere de fa
pre gloire , fut mife dans le
plus beau jour qu'elle pouvoit
&
prorecevoir. La France armée
pour la défenſe de la Religion
contre des Princes qui ont
toûjours fait une oftentation
orgüeilleuse de Catholicité &
qui la veulent oprimer en établiffant le culte d'une fauffe
Religion & de toutes les fectes
impies que l'enfer a vomis dans
Fanvier 1710.
C
26 MERCURE
l'Angleterre ; & qui la veulent
oprimer dans le Royaume le
plus Catholique qui ait jamais
efté , donna une belle matiere
& ouvrit un beau champ à
l'Orateur. On connut bien
qu'il parloit de l'Espagne des
fecours & de la protection
donnez au Roy Catholique
& à celuy d'Angleterre , & ces
endroits furent délicatement
touchez. Ce morceau refervé
pour la fin & pour donner
un nouveau relief à toutes les
vertus & à l'amour paternel
de Louis le Grand , eftoit
un effet fufceptible de toutes
GALANT 27
les beautez de l'éloquence
& plus l'Orateur fe trouva en
cet endroit comme en beaucoup d'autres endroits de fon
Difcours , au deffous du fujer
qu'il traitoit , plus onle trouva
digne de le traiter ; & iléprouva en cette occafion que ceux
qui ont le plus d'efprit font
ordinairement ceux qui font
toujours moins fatisfaits d'euxmêmes ; & cependant il a dû
l'eftre des grands applaudiffemens qu'il a reçus.
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Résumé : Prelude qui renferme un abrégé de tout ce que le Roy a fait de grand pendant sa vie. [titre d'après la table]
Le texte relate la satisfaction du destinataire concernant les œuvres et éloges en l'honneur du roi, précédemment envoyés. Il annonce un article résumant les grandes actions du monarque au profit de ses sujets. Le Père Cottin, professeur d'éloquence à Lyon, a prononcé un éloge du roi lors de la fête de Saint-André, en présence du prévôt des marchands et du consulat. Cet éloge mettait en avant l'amour paternel du roi pour ses sujets et les actions entreprises pour leur bien-être. Le discours était divisé en deux parties. La première rendait hommage aux ministres et échevins pour leur zèle et leur administration difficile dans un contexte stérile et rigoureux. La seconde partie soulignait l'héroïsme, la justice, la prudence, la pénétration et la modération du roi, illustrées par ses campagnes militaires, notamment celle de 1672. Le Père Cottin a souligné l'amour paternel du roi, naturel et acquis, qui tempère le pouvoir arbitraire et prévient la tyrannie. Il a évoqué les premières manifestations de cet amour dès les débuts du règne, après la mort du Cardinal Mazarin. Le roi a promulgué des ordonnances sages et justes, assurant la majesté des lois et le repos des familles. L'orateur a comparé Louis le Grand à des législateurs antiques comme Licurgue et Codrus, soulignant son dévouement pour son peuple. Il a mentionné divers édits et ordonnances pour assurer la paix et la justice, comme l'édit contre les duels et les régulations contre le luxe excessif. Le discours a également abordé la prévoyance du roi en temps de disette, rappelant les rigueurs de la fin du XVIIe siècle. L'orateur a loué le roi pour avoir purgé le royaume de l'hérésie et pour sa fermeté face aux offres tentantes, notamment en défendant la religion catholique contre les princes protestants. Enfin, le Père Cottin a conclu en soulignant la grandeur de l'amour paternel du roi, illustrée par ses actions en faveur de la France et de ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
24
p. 5-11
Prelude, dans lequel on voit la bonté du Roy, qui remet le Don gratuit aux Etats d'Artois, [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez que les Députez des Etats d'Artois ont esté [...]
Mots clefs :
Don, Abbé de Valbelle, Roi, États d'Artois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude, dans lequel on voit la bonté du Roy, qui remet le Don gratuit aux Etats d'Artois, [titre d'après la table]
Vous
US que les Dé,
fçavez que
putez des Etats d'Artois
ont efté prefentez à Sa Majeſté
en la maniere accoûtumée , &
les Nouvelles publiques qui
s'impriment chaque femaine
A iij
6 MERCURE
vous ont apris tout ce qui a
regardé le Ceremonial de cette
Audiance ; ainfi il ne me refte
qu'à vous dire que M' l'Abbé
de Valbelle , Maistre de l'Oratoire du Roy ; nommé à l'Evêché de Saint Omer , & Député
du Clergé , porta la parole &
fit un Difcours qui plut beaucoup à Sa Majefté , & qui attira de grands applaudiffemens
de tous ceux qui furent prefens à cette Audiance , & qui
eurent le bonheur de l'entendre. Il dit qu'il venoit aux pieds
de Sa Majesté pour l'aßeurer de
lafidelité inviolable defes Sujets
GALANT 7
le de
que Sa Made la Province d'Artois ; qu'Elle
n'en avoit point de plus dévouez
àfon fervice , & qu'ils eftoient
penetrez de la bonté
jeſté avoit euë de leur remettre le
Don gratuit.
Il parla enfuite de la BatailMalplaquet ; de la fermeté des Troupes de Sa Majeſté ,
& de la grande perte des Ennemis en cette occafion , qui leur
avoit fait connoiftre qu'elles
pouvoient encore vaincre
parce que bien qu'elles fe fuffent retirées , elles avoient fait
cette retraite avec un fi grand
ordre , &une fi grande intreA iiij.
8 MERCURE
pidité, que leur marche avoit
paru aux ennemis même , plutoft une victoire qu'une retraite.
la
On ne peut faire trop de
reflexion fur les grandes bontez dont Sa Majesté donne
tous les jours d'éclatantes & de
fenfibles marques à fes Sujets.
Quoyque les Saifons luy ayent
déclaré la guerre , & que
France ait prefque efté la feule
qui ait fouffert des malheurs
caufez l'année derniere par leur
dureté , & que je vous aye fait
le détail de ce qui a caufé le
malheur dont la France n'eft ·
"
GALANT 9
B
pas encore remife, Sa Majefté
qui depuis une année a remis
à fes Sujets la plufpart de fes
droits , & leur a fait à plufieurs
fois de groffes remifes fur les
Tailles , vient encore par une
bonté toutefinguliere , & dont
l'Histoire fournit peu d'exemples , de remettre le Don gracuit aux Etats d'Artois. Cen'eſt
point moy qui donne des
loüanges à Sa Majesté. Je ne
rapporte jamais que des faits
lors que je vous en parle , &
ces faits font fi dignes d'admiration qu'ils loüent affez ce
Monarque fans qu'il foit be-
10 MERCURE
foin de le loüer.
Al'égard de l'intrepidité des
Troupes du Roy dont M² de
Valbelle a parlé dans fon Difcours , il n'y a point d'exemples d'une intrepidité pareille
à celle qu'elles ont fait voir
dans cette Bataille , & plus on
approfondira les chofes , plus
on connoiftra qu'elles ont gagné dix Batailles contre une
depuis le commencement de
la guerre , qu'elles n'ont jamais
fuy; mais que par des fatalitez
que le Ciel a permis , trois ou
quatre Affaires importantes
leur ont efté defavantageufes
GALANT II
ay
fans leur eftre honteufes , &fi
on les examinoit avec attention comme j'ay fait quelquesfois , & que je vous fait re
marquer, celles dont les fuitesont eſté deſavantageuſes n'ont
pas efté celles qui leur ont eſté
les moins glorieufes.
US que les Dé,
fçavez que
putez des Etats d'Artois
ont efté prefentez à Sa Majeſté
en la maniere accoûtumée , &
les Nouvelles publiques qui
s'impriment chaque femaine
A iij
6 MERCURE
vous ont apris tout ce qui a
regardé le Ceremonial de cette
Audiance ; ainfi il ne me refte
qu'à vous dire que M' l'Abbé
de Valbelle , Maistre de l'Oratoire du Roy ; nommé à l'Evêché de Saint Omer , & Député
du Clergé , porta la parole &
fit un Difcours qui plut beaucoup à Sa Majefté , & qui attira de grands applaudiffemens
de tous ceux qui furent prefens à cette Audiance , & qui
eurent le bonheur de l'entendre. Il dit qu'il venoit aux pieds
de Sa Majesté pour l'aßeurer de
lafidelité inviolable defes Sujets
GALANT 7
le de
que Sa Made la Province d'Artois ; qu'Elle
n'en avoit point de plus dévouez
àfon fervice , & qu'ils eftoient
penetrez de la bonté
jeſté avoit euë de leur remettre le
Don gratuit.
Il parla enfuite de la BatailMalplaquet ; de la fermeté des Troupes de Sa Majeſté ,
& de la grande perte des Ennemis en cette occafion , qui leur
avoit fait connoiftre qu'elles
pouvoient encore vaincre
parce que bien qu'elles fe fuffent retirées , elles avoient fait
cette retraite avec un fi grand
ordre , &une fi grande intreA iiij.
8 MERCURE
pidité, que leur marche avoit
paru aux ennemis même , plutoft une victoire qu'une retraite.
la
On ne peut faire trop de
reflexion fur les grandes bontez dont Sa Majesté donne
tous les jours d'éclatantes & de
fenfibles marques à fes Sujets.
Quoyque les Saifons luy ayent
déclaré la guerre , & que
France ait prefque efté la feule
qui ait fouffert des malheurs
caufez l'année derniere par leur
dureté , & que je vous aye fait
le détail de ce qui a caufé le
malheur dont la France n'eft ·
"
GALANT 9
B
pas encore remife, Sa Majefté
qui depuis une année a remis
à fes Sujets la plufpart de fes
droits , & leur a fait à plufieurs
fois de groffes remifes fur les
Tailles , vient encore par une
bonté toutefinguliere , & dont
l'Histoire fournit peu d'exemples , de remettre le Don gracuit aux Etats d'Artois. Cen'eſt
point moy qui donne des
loüanges à Sa Majesté. Je ne
rapporte jamais que des faits
lors que je vous en parle , &
ces faits font fi dignes d'admiration qu'ils loüent affez ce
Monarque fans qu'il foit be-
10 MERCURE
foin de le loüer.
Al'égard de l'intrepidité des
Troupes du Roy dont M² de
Valbelle a parlé dans fon Difcours , il n'y a point d'exemples d'une intrepidité pareille
à celle qu'elles ont fait voir
dans cette Bataille , & plus on
approfondira les chofes , plus
on connoiftra qu'elles ont gagné dix Batailles contre une
depuis le commencement de
la guerre , qu'elles n'ont jamais
fuy; mais que par des fatalitez
que le Ciel a permis , trois ou
quatre Affaires importantes
leur ont efté defavantageufes
GALANT II
ay
fans leur eftre honteufes , &fi
on les examinoit avec attention comme j'ay fait quelquesfois , & que je vous fait re
marquer, celles dont les fuitesont eſté deſavantageuſes n'ont
pas efté celles qui leur ont eſté
les moins glorieufes.
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Résumé : Prelude, dans lequel on voit la bonté du Roy, qui remet le Don gratuit aux Etats d'Artois, [titre d'après la table]
Lors d'une audience, les États d'Artois ont rendu hommage au roi. L'abbé de Valbelle, maître de l'oratoire du roi et député du clergé, a prononcé un discours apprécié. Il a exprimé la fidélité et la dévotion des sujets de la province d'Artois envers le roi, soulignant leur gratitude pour la remise du don gratuit. Valbelle a également évoqué la bataille de Malplaquet, mettant en avant la fermeté des troupes royales et les lourdes pertes ennemies, malgré une retraite ordonnée et rapide. Le texte insiste sur les bienfaits du roi envers ses sujets, notamment la remise des droits et des tailles, malgré les ravages causés par les Saifons. Il conclut en louant l'intrepidité des troupes royales, qui ont remporté de nombreuses victoires malgré quelques défaites non honteuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
25
p. 5-9
Prélude qui contient plusieurs faits curieux qui regardent le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Je ferois un Volume entier si je vous rapportois tout [...]
Mots clefs :
Religion, Roi, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude qui contient plusieurs faits curieux qui regardent le Roy. [titre d'après la table]
E ferois un Volume entier
je vous rapportois tout
ce que l'on a dit à l'égard du
Roy dans la Chaire de verité
dans tous les Sermons qui ont
efté faits pendant tout le Caref
medans tout le Royaume , afin
A iij
6 MERCURE
d'exciter les Peuples à prier
Dieu pour un fi grand Monarque dans les conjonctures
prefentes , & fur tout de l'obligation qu'ils luy avoient
d'avoir tout facrifié pour eux ,
& pour la gloire de Dieu & de
la Religion. Je vous rapporteray feulement ce que
Brunet,de l'Ordre de S. Auguf
tin de la Congregation de S.
Ruf, qui a prêché le Carefme
dernier devant M's les Comtes de Lyon , a dit dans celuy
qu'il fit fur le Scandale , qui eut
grands applaudiffemens. Il
parla de la revocation de l'Ele Pere
GALANT 7
dit de Nantes , & de l'extinction de la Religion Proteftante en France. Il dit que lefcandale que caufoit à l'Eglife de
France l'égarement d'une partie
defes enfans lafaifoit gemir &
la rempliffoit d'amertume ; que
le Roy , toûjours zelé pour ſa
Religion, & fermant les yeux
fur tous les avantages qu'une conduite contraire pouvoit luy apporter , avoit rétabli le culte du
ray Dieu dans fes Etats : plus
Grandparce feal endroit que
les Heros de l'Antiquité que
l'Hiftoire nous vante tant. Le
zele de la Religion & de la MaiAiiij .
tous
8 MERCURE
fon deDieu, ont fait , ajoûta'til , taire en luy toutes les autres
paffions , & il n'a écouté que celle
defairefervirfon Dieu.
que nous
Je crois devoir ajoûter icy
ce que Mrle Prefident de Mefmes dit en parlant du Roy le
jour de fa reception à l'Academie Françoife. Tel
avons vû le Roy dans la profperité defes Armes toûjours victorieufes fous fa conduite , tel nous
le voyons aujourd'huy , que tant
de Nations jaloufes de fa gloire
fefont réunies contre luy, &que
les Saifons mefme ont ſembléſe
foulever contre l'Empire Fran-
GALANT 9
çois ; qu'aurois-je dit qui ne foit
de beaucoup inferieur à la
deur à la nobleffe de fon caractere?
gran
la
Il fçait ce Prince auffi diftingué
parfapieté quepar laprééminence
defa Couronne , que que les bons &
les mauvais fuccés viennent tous
de la main du Maistre des Rois ;
c'eft de l'a qu'iltire ce conftant
amourpourla Religion &pour
faineDoctrine; ce fonds inépuifable de reffources dans les temps les
plus difficiles , cette inébranlable
fermeté d'ame, cette force d'efprit
toujoursfuperieure à l'inconftance
aux caprices de la Fortune.
je vous rapportois tout
ce que l'on a dit à l'égard du
Roy dans la Chaire de verité
dans tous les Sermons qui ont
efté faits pendant tout le Caref
medans tout le Royaume , afin
A iij
6 MERCURE
d'exciter les Peuples à prier
Dieu pour un fi grand Monarque dans les conjonctures
prefentes , & fur tout de l'obligation qu'ils luy avoient
d'avoir tout facrifié pour eux ,
& pour la gloire de Dieu & de
la Religion. Je vous rapporteray feulement ce que
Brunet,de l'Ordre de S. Auguf
tin de la Congregation de S.
Ruf, qui a prêché le Carefme
dernier devant M's les Comtes de Lyon , a dit dans celuy
qu'il fit fur le Scandale , qui eut
grands applaudiffemens. Il
parla de la revocation de l'Ele Pere
GALANT 7
dit de Nantes , & de l'extinction de la Religion Proteftante en France. Il dit que lefcandale que caufoit à l'Eglife de
France l'égarement d'une partie
defes enfans lafaifoit gemir &
la rempliffoit d'amertume ; que
le Roy , toûjours zelé pour ſa
Religion, & fermant les yeux
fur tous les avantages qu'une conduite contraire pouvoit luy apporter , avoit rétabli le culte du
ray Dieu dans fes Etats : plus
Grandparce feal endroit que
les Heros de l'Antiquité que
l'Hiftoire nous vante tant. Le
zele de la Religion & de la MaiAiiij .
tous
8 MERCURE
fon deDieu, ont fait , ajoûta'til , taire en luy toutes les autres
paffions , & il n'a écouté que celle
defairefervirfon Dieu.
que nous
Je crois devoir ajoûter icy
ce que Mrle Prefident de Mefmes dit en parlant du Roy le
jour de fa reception à l'Academie Françoife. Tel
avons vû le Roy dans la profperité defes Armes toûjours victorieufes fous fa conduite , tel nous
le voyons aujourd'huy , que tant
de Nations jaloufes de fa gloire
fefont réunies contre luy, &que
les Saifons mefme ont ſembléſe
foulever contre l'Empire Fran-
GALANT 9
çois ; qu'aurois-je dit qui ne foit
de beaucoup inferieur à la
deur à la nobleffe de fon caractere?
gran
la
Il fçait ce Prince auffi diftingué
parfapieté quepar laprééminence
defa Couronne , que que les bons &
les mauvais fuccés viennent tous
de la main du Maistre des Rois ;
c'eft de l'a qu'iltire ce conftant
amourpourla Religion &pour
faineDoctrine; ce fonds inépuifable de reffources dans les temps les
plus difficiles , cette inébranlable
fermeté d'ame, cette force d'efprit
toujoursfuperieure à l'inconftance
aux caprices de la Fortune.
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Résumé : Prélude qui contient plusieurs faits curieux qui regardent le Roy. [titre d'après la table]
Le texte traite de la dévotion et des actions du roi de France en matière de religion. Un volume entier pourrait détailler les sermons prononcés pendant le Carême pour encourager les peuples à prier pour le roi. Brunet, un moine augustin, a prêché devant les Comtes de Lyon, soulignant la révocation de l'Édit de Nantes et l'extinction du protestantisme en France. Il a loué le zèle du roi pour la religion catholique et a comparé ses actions à celles des héros de l'Antiquité, notant que le roi avait rétabli le culte du vrai Dieu malgré les avantages potentiels d'une autre conduite. Le Président de Mesmes, lors de sa réception à l'Académie Française, a également loué le roi pour sa conduite victorieuse et son amour constant pour la religion, même face à l'adversité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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26
p. 5-9
Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
Début :
Depuis que le Roy a commencé à gouverner par luy [...]
Mots clefs :
Royaume, Religion, Jansénistes, Quiétistes
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texteReconnaissance textuelle : Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
EPUIS que le Roy a
commence a gouverner
par luy mesme, quoyque son
occupation ait esté grande,
soit en paix, foien guerre, ses
premiers soins ont toûjours
regardé l'a.ccrolffcmciit3li pu-
reté, & le culce de la véritable
Religion, pour laquelle il à
toujours tout sacrifié. 'Sel
Edits sur ce sujet sont sans
nombre. Il a
contribuédans
une infinité d'endroits de fom
Royaume à l'établissement des)
Temples;il a
fait construire
celuy du Val-de Grâce qui est
une des Merveilles du Monde,
& celuy des Invalides dont roifl
les Etrangers qui lont vû onn
esté charmez. Il n'a point consideré ce que la suppression de
l'Edit de Nantes coûteroit àa
son Erat
,
& il a cru qu'il gagneroit beaucoup en donnant
j lieu à tous ses Su jets Prote stans
de sortir du Royaume. Monsieur le Chancelier leTellierJ
qui signa la Revocation de cet
Edit,s'écriaaprèsl'avoirsignée,
comme le bon homme Simeon
,
Nunc dimittis servum
tuum in pace. Paroles que le
Roy repeta souvent, en disant
qu'après la revocation de cet
Edit
y
il mourroit content, en
quelque temps qu'il plût à
Dieu de l'appeller. Il a
banni
de son Royaume, non seulement les Protestans
;
mars il a
auili obligé les Jansenistes à
reconnoistre leur erreur, &les
Quietistes à renoncer à la leur,
en sorte que l'on connoist à
present à peine dans son
Royaume, les noms de Protestans
,
de Jansenistes, & de
Quietistes. On ne doit pas s'étonner après routes ces choses,
de la grande dépense qu'il a
faite pour la nouvelle Chapelle de Versaillesàlaquelle on
travaille depuis un grand nombre d'années. Rien ne lui a
coûté pour la construction &
pour les riches ornemens de
cette Chapelle,& plus elle luy
a
coûté dans un temps si difficile, plus il s'est acquis de me-
rite auprès de Dieu. On doit
dédièr-éettt Chapelle,& y celebrer la Messe, le jour de la
Pentecôte, & il y a
lieu de
croire que le Ciel continuera
de répandre ses bénédictions
sur le Roy, à qui il n'a fait
sentir quelques adversitez, que
pour mieux faire connoistre à
toute la Terre, la grandeur de
son ame, & que dans tous les
états ouceMonarque s'e st
trouvé, il a
toûjours rendu des
graces à Dieu, comme dans sa
plus grande prosperité.
commence a gouverner
par luy mesme, quoyque son
occupation ait esté grande,
soit en paix, foien guerre, ses
premiers soins ont toûjours
regardé l'a.ccrolffcmciit3li pu-
reté, & le culce de la véritable
Religion, pour laquelle il à
toujours tout sacrifié. 'Sel
Edits sur ce sujet sont sans
nombre. Il a
contribuédans
une infinité d'endroits de fom
Royaume à l'établissement des)
Temples;il a
fait construire
celuy du Val-de Grâce qui est
une des Merveilles du Monde,
& celuy des Invalides dont roifl
les Etrangers qui lont vû onn
esté charmez. Il n'a point consideré ce que la suppression de
l'Edit de Nantes coûteroit àa
son Erat
,
& il a cru qu'il gagneroit beaucoup en donnant
j lieu à tous ses Su jets Prote stans
de sortir du Royaume. Monsieur le Chancelier leTellierJ
qui signa la Revocation de cet
Edit,s'écriaaprèsl'avoirsignée,
comme le bon homme Simeon
,
Nunc dimittis servum
tuum in pace. Paroles que le
Roy repeta souvent, en disant
qu'après la revocation de cet
Edit
y
il mourroit content, en
quelque temps qu'il plût à
Dieu de l'appeller. Il a
banni
de son Royaume, non seulement les Protestans
;
mars il a
auili obligé les Jansenistes à
reconnoistre leur erreur, &les
Quietistes à renoncer à la leur,
en sorte que l'on connoist à
present à peine dans son
Royaume, les noms de Protestans
,
de Jansenistes, & de
Quietistes. On ne doit pas s'étonner après routes ces choses,
de la grande dépense qu'il a
faite pour la nouvelle Chapelle de Versaillesàlaquelle on
travaille depuis un grand nombre d'années. Rien ne lui a
coûté pour la construction &
pour les riches ornemens de
cette Chapelle,& plus elle luy
a
coûté dans un temps si difficile, plus il s'est acquis de me-
rite auprès de Dieu. On doit
dédièr-éettt Chapelle,& y celebrer la Messe, le jour de la
Pentecôte, & il y a
lieu de
croire que le Ciel continuera
de répandre ses bénédictions
sur le Roy, à qui il n'a fait
sentir quelques adversitez, que
pour mieux faire connoistre à
toute la Terre, la grandeur de
son ame, & que dans tous les
états ouceMonarque s'e st
trouvé, il a
toûjours rendu des
graces à Dieu, comme dans sa
plus grande prosperité.
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Résumé : Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
Depuis que le roi gouverne seul, il a priorisé la pureté et le culte de la véritable religion, sacrifiant tout pour cette cause. Il a édifié des temples et des bâtiments remarquables comme le Val-de-Grâce et les Invalides, attirant l'admiration des étrangers. La révocation de l'Édit de Nantes, bien que coûteuse, a été vue comme un gain spirituel, permettant aux protestants de quitter le royaume. Le chancelier Le Tellier et le roi ont exprimé leur soulagement après cette révocation. Le roi a également banni les protestants et contraint les jansénistes et les quiétistes à reconnaître leurs erreurs. Malgré les difficultés financières, il a fait construire la nouvelle chapelle de Versailles, dédiée à célébrer la messe le jour de la Pentecôte. Le roi a toujours rendu grâce à Dieu, même dans l'adversité, démontrant ainsi la grandeur de son âme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 145-148
Prelude de la Satyre [titre d'après la table]
Début :
Combien de gens vont se déchaîner contre moy ! que [...]
Mots clefs :
Satire, Boileau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude de la Satyre [titre d'après la table]
Combien degens vont se
«déchaîner contre - moy !Que
-de Poëtes modernesvont dé-
^clamer contre le Mercure!
Je vais rendre publique une
Satyre contreleplusfameux
Satyrique qui fut en France.
M. D. S. H. qui me faitpre-
|4çnt decettePiece, mepro-
Cflc*-avec serment,qu'elle
àa.-ja.mais esté imprimée. La
Crainte que j'ay qu'elle ne l'ait
esté , est de tousles inconve-
^iens'qui peuvent resulter de
ma temerité
,
le seul que
kj'apprehende.Cependant j'ay
d'excellentes raisons pour me
rassurer contre cette inquietude.
CettePiece est bonne;
voila déjà un grand Article.
D'ailleurs je croyque jene
déplairay en lamettant au
jour qu'à ceux qui sont euxmêmes
dans legoust de la
Satyre:estce, \m si grand
malheurpouunhommequi
naturellement n'enadmire
point les saillies,& qui se
mocquede toutsonsiel, de
ne pas plaire à ces Messsieurs?
On m'adéjà averti que je ne
feray peutêtre pas impunémentimprimercet
ouvrage,
& quetous les Partisansdu
grandB.m'envoyeront
pour se vanger de mon audace
des billets pleins d'aigreur
& demenaces. Tant mieux.
je me divertiray de leur chafrin,
je le rendray même pu- lie. En un mot, quand ces
Mefficurs, pour charger davantage
le coup de pinceau
queMrde la Bruyere a donné
dur le Mercure, devroient le
mettre dix fois au dessous de
rien, jene pourrois pas m'empêcher
defaire imprimer cette
Piece, à moins que les
Puissances que je dois respecter
, & que jerespecte, ne
m'ordonnassent de la supprimer.
J'ay communiqué ce
dessein à un grand nombre
d'honnestesgens, qui l'ont approuve
: j'en aydifferél'execution
jusqu'à lafin du mois,
pour attendre de nouveaux
avis. Personnenes'est formalisé
de l'intention que j'avois
de donner cette Satyre,par
consequent. Lavoicy.
«déchaîner contre - moy !Que
-de Poëtes modernesvont dé-
^clamer contre le Mercure!
Je vais rendre publique une
Satyre contreleplusfameux
Satyrique qui fut en France.
M. D. S. H. qui me faitpre-
|4çnt decettePiece, mepro-
Cflc*-avec serment,qu'elle
àa.-ja.mais esté imprimée. La
Crainte que j'ay qu'elle ne l'ait
esté , est de tousles inconve-
^iens'qui peuvent resulter de
ma temerité
,
le seul que
kj'apprehende.Cependant j'ay
d'excellentes raisons pour me
rassurer contre cette inquietude.
CettePiece est bonne;
voila déjà un grand Article.
D'ailleurs je croyque jene
déplairay en lamettant au
jour qu'à ceux qui sont euxmêmes
dans legoust de la
Satyre:estce, \m si grand
malheurpouunhommequi
naturellement n'enadmire
point les saillies,& qui se
mocquede toutsonsiel, de
ne pas plaire à ces Messsieurs?
On m'adéjà averti que je ne
feray peutêtre pas impunémentimprimercet
ouvrage,
& quetous les Partisansdu
grandB.m'envoyeront
pour se vanger de mon audace
des billets pleins d'aigreur
& demenaces. Tant mieux.
je me divertiray de leur chafrin,
je le rendray même pu- lie. En un mot, quand ces
Mefficurs, pour charger davantage
le coup de pinceau
queMrde la Bruyere a donné
dur le Mercure, devroient le
mettre dix fois au dessous de
rien, jene pourrois pas m'empêcher
defaire imprimer cette
Piece, à moins que les
Puissances que je dois respecter
, & que jerespecte, ne
m'ordonnassent de la supprimer.
J'ay communiqué ce
dessein à un grand nombre
d'honnestesgens, qui l'ont approuve
: j'en aydifferél'execution
jusqu'à lafin du mois,
pour attendre de nouveaux
avis. Personnenes'est formalisé
de l'intention que j'avois
de donner cette Satyre,par
consequent. Lavoicy.
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Résumé : Prelude de la Satyre [titre d'après la table]
L'auteur décide de publier une satire contre un satiriste français connu, identifié par les initiales M. D. S. H. Il exprime des inquiétudes quant à une éventuelle publication préalable de son œuvre, mais affirme sa qualité. Il anticipe des critiques des poètes modernes et des partisans du Mercure. Malgré les avertissements sur les risques et les menaces, il reste résolu à publier la satire. Il précise qu'il n'abandonnera son projet que si des autorités respectées le lui ordonnent. L'auteur a partagé son intention avec plusieurs personnes honnêtes, qui l'ont approuvée. Il différera la publication jusqu'à la fin du mois pour recueillir davantage d'avis. Personne ne s'est opposé à son projet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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28
p. 3-5
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Optat* supremo collocare Sisyphus in monte saxum. [...]
Mots clefs :
Style
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
Ptat *fupremo collocare
Sıſyphus in monte
faxum.
Envain des fieres Danaïdes
De Promethée d'Ixion
*1893
Le crime la punition
S'offrent à mes esprits timides.
Nul mortel ne verra jamais
* Horace Epod. Ode 13 .
Octob. 1714. Aij
4
MERCURE
rougir mon front
Du fuccés malheureux d'une
grande avanture,
Et j'irai , si je peux , fur le
Sommet du mont
Attacher mon rocher, vosyeux
fi
mon Mercure.
Oui , Meffieurs , je vous
tez ,
attaquerai par tant de cô
, & ſi ſouvent , que je
trouverai peut- être à la fin
l'endroit ſenſible. Je m'attacherai
à vous comme un
oiſeau ſur ſa proye ;je tomberai
tous les mois ſur vous,
& je vous étonnerai du
moins , fi je ne vous plais
GALANT.
S
pas. On commence à dire
de moy que j'ai du ſtile , on
me fait beaucoupde grace :
mais on ne ſçait pas encore
juſqu'on peut aller l'envie
que j'ai de bien faire. On
s'en appercevra peut - être
dans le journal de ce mois.
En attendant que mes faillies
me preſentent quelque
ouvrage qui ſoit plus animé
que ce qui s'offre maintenant
à mon imagination,
commençons par quelque
choſe; auffi bien * ce que je
ſçai le mieux , c'est mon commencement.
Sıſyphus in monte
faxum.
Envain des fieres Danaïdes
De Promethée d'Ixion
*1893
Le crime la punition
S'offrent à mes esprits timides.
Nul mortel ne verra jamais
* Horace Epod. Ode 13 .
Octob. 1714. Aij
4
MERCURE
rougir mon front
Du fuccés malheureux d'une
grande avanture,
Et j'irai , si je peux , fur le
Sommet du mont
Attacher mon rocher, vosyeux
fi
mon Mercure.
Oui , Meffieurs , je vous
tez ,
attaquerai par tant de cô
, & ſi ſouvent , que je
trouverai peut- être à la fin
l'endroit ſenſible. Je m'attacherai
à vous comme un
oiſeau ſur ſa proye ;je tomberai
tous les mois ſur vous,
& je vous étonnerai du
moins , fi je ne vous plais
GALANT.
S
pas. On commence à dire
de moy que j'ai du ſtile , on
me fait beaucoupde grace :
mais on ne ſçait pas encore
juſqu'on peut aller l'envie
que j'ai de bien faire. On
s'en appercevra peut - être
dans le journal de ce mois.
En attendant que mes faillies
me preſentent quelque
ouvrage qui ſoit plus animé
que ce qui s'offre maintenant
à mon imagination,
commençons par quelque
choſe; auffi bien * ce que je
ſçai le mieux , c'est mon commencement.
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Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
Dans une lettre datée d'octobre 1714, un individu se nommant 'Mercure' exprime sa volonté de persévérer face aux défis, comparant sa tâche aux punitions éternelles des figures mythologiques Sisyphes, Danaïdes, Prométhée et Ixion. Il cite une ode d'Horace, soulignant que certains secrets resteront inaccessibles aux mortels. L'auteur évoque une grande aventure malheureuse qui le fait rougir et sa détermination à atteindre le sommet d'une montagne pour y attacher son rocher. Il promet d'utiliser divers moyens pour toucher ses lecteurs et de revenir mensuellement pour les surprendre ou les plaire. Bien que son style soit reconnu et qu'on lui fasse des grâces, l'étendue de son désir de bien faire reste méconnue. Il espère que cela se manifestera dans le journal du mois. Pour commencer, il se concentre sur ce qu'il maîtrise le mieux, affirmant que son début est ce qu'il sait faire de mieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 3-10
Prelude magnifique [titre d'après la table]
Début :
Volages Filles du Permesse, [...]
Mots clefs :
Amour, Divinités, Muses, Historien, Bacchus, Vers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prelude magnifique [titre d'après la table]
Olages Filles du
Permeſſe ,
Sur ce mot fameux
dans laGrece
Faudra-t- il toûjours vous
chercher ?
Et vous tenebreuſes Sybilles
N'aurez vous jamais pour
aziles Aij
4 MERCURE
Qu'une caverne ou qu'un
rocher ?
Vos noires demeures ne
me tententpoint. Recevez,
ſi vous voulez , dans vos
triſtes retraites , dans vos
antres affreux , des mortels
plus curieux que moy. Je
vous abandonne , troupe
ingrate , puiſque vous me
refuſez de m'inſpirer ; je
vais, facrifier deſormaisà
des Divinitez plus puiſſantes
que vous , je vais ſuivre
Baccus & l'Amour. Sous
leur aufpices,
GALANT.
* Nil parvum , aut humili
modo;
Nil mortale loquar : dulce periculum
eft ,
O Lenae, ſequi Deum ,
Cingentem viridi tempora
pampino.
Auteurs de mes écrits , maîtres
demon filence ,
Echauffez mon eſprit& d'amour&
de vin,
Grands Dieux, dóe l'univers
reconnoît la puiſſance ,
Et venez me dicter un lanfi
gage divin.
* Horat. Oda 19.
Aiij
6 MFRCURE
:
Je me moque enfin de
Pegafe & de l'Hypocrene ;
je ne veux plus implorer
l'aſſiſtance d'Apollon ni des
Muſes. Il eſt d'autres Divinitez
plus ſçavantes & plus
aimables qu'eux ; & tant que
je vivrai , mon Iris & le
Champagne m'affranchi
ront de leur joug , & m'aideront
à mépriſer les menaces
de la critique.
Mais avant l'accomplif
ment de nôtre rupture ,
Muſes , écoutez les raifons
de mon mécontentement .
Je ne vous reproche point
GALANT. 7
la malice quevous avez euë
de me laiſſer faire ſouvent
de fort mauvais vers ; j'ai
celade commun avec tant
d'autres , qui ont la folie de
s'imaginer qu'ils font vos
plus chers nourriſſons , que
je ne me ſuis jamais crû en
droit de vous demander
compte de cette rigueur,
Mais dites moy , s'il vous
plaît,quelle reconnoiffance
svez vous euë pour les mortels
qui vous ont ſuivi ?
Quels bons effets ont pros
duit pour eux ces titres fu--
perbes, cet encens , & ces
1
A iiij
8 MERCURE
P
voeux que vous ont prodi
guez leurs mains idolâtres ?
Vous les avez d'abord flatez
de l'eſpoir d'une belle
immortalité ; vous les avez
enyvrez du poiſon de vos
faillies ; vous les avez enfin
enchaînez comme des ef
claves condamnez à chanter
éternellement la gloire
de leur yvreſſe , & l'extravagance
de vos caprices.
Quel fruit enfin ont- ils ti
rez de vos bontez ? Excepté
un trés - petit nombre , ils
ont ſeché dans des Laboratoires
infectez de toutes vos
1
GALANT. 9
méchantes humeurs; ils ont
fui & méprifé les humains
qui n'avoient pas comme
eux ) l'honneur de porter
vos fers. Ils ſe ſont acquis
les noms de fous , de
parafites ,& de gens infupportables
: en un mot , ils
ont abandonné leur patrie,
ou langui , accablez de miferes
dans le ſein de leur familles.
Et j'irois encore aux
pieds de vos autels vous
preſenter des offrandes fi
dangereuſes ? Non , non ,
c'eſtal'Amour , c'eſt à Baccus
que je veux deſormais
10 MERCURE
avoir recours . Vous facrifiera
cependant qui vou
dra , je ne m'y oppoſerai
pas : mais je me contente.
rai de n'avoir dorénavant
plus rien à démêler avec
vous. Je ferai à votre égard
le métier d'un hiſtorien fidele
, & je me chargerai
uniquement duſoin de rendre
compte de ce que l'on
écrira pour ou contre vous,
& de ce que vous écrirez
vous mêmes , ſans prendre
aucune part à vos affaires.
Permeſſe ,
Sur ce mot fameux
dans laGrece
Faudra-t- il toûjours vous
chercher ?
Et vous tenebreuſes Sybilles
N'aurez vous jamais pour
aziles Aij
4 MERCURE
Qu'une caverne ou qu'un
rocher ?
Vos noires demeures ne
me tententpoint. Recevez,
ſi vous voulez , dans vos
triſtes retraites , dans vos
antres affreux , des mortels
plus curieux que moy. Je
vous abandonne , troupe
ingrate , puiſque vous me
refuſez de m'inſpirer ; je
vais, facrifier deſormaisà
des Divinitez plus puiſſantes
que vous , je vais ſuivre
Baccus & l'Amour. Sous
leur aufpices,
GALANT.
* Nil parvum , aut humili
modo;
Nil mortale loquar : dulce periculum
eft ,
O Lenae, ſequi Deum ,
Cingentem viridi tempora
pampino.
Auteurs de mes écrits , maîtres
demon filence ,
Echauffez mon eſprit& d'amour&
de vin,
Grands Dieux, dóe l'univers
reconnoît la puiſſance ,
Et venez me dicter un lanfi
gage divin.
* Horat. Oda 19.
Aiij
6 MFRCURE
:
Je me moque enfin de
Pegafe & de l'Hypocrene ;
je ne veux plus implorer
l'aſſiſtance d'Apollon ni des
Muſes. Il eſt d'autres Divinitez
plus ſçavantes & plus
aimables qu'eux ; & tant que
je vivrai , mon Iris & le
Champagne m'affranchi
ront de leur joug , & m'aideront
à mépriſer les menaces
de la critique.
Mais avant l'accomplif
ment de nôtre rupture ,
Muſes , écoutez les raifons
de mon mécontentement .
Je ne vous reproche point
GALANT. 7
la malice quevous avez euë
de me laiſſer faire ſouvent
de fort mauvais vers ; j'ai
celade commun avec tant
d'autres , qui ont la folie de
s'imaginer qu'ils font vos
plus chers nourriſſons , que
je ne me ſuis jamais crû en
droit de vous demander
compte de cette rigueur,
Mais dites moy , s'il vous
plaît,quelle reconnoiffance
svez vous euë pour les mortels
qui vous ont ſuivi ?
Quels bons effets ont pros
duit pour eux ces titres fu--
perbes, cet encens , & ces
1
A iiij
8 MERCURE
P
voeux que vous ont prodi
guez leurs mains idolâtres ?
Vous les avez d'abord flatez
de l'eſpoir d'une belle
immortalité ; vous les avez
enyvrez du poiſon de vos
faillies ; vous les avez enfin
enchaînez comme des ef
claves condamnez à chanter
éternellement la gloire
de leur yvreſſe , & l'extravagance
de vos caprices.
Quel fruit enfin ont- ils ti
rez de vos bontez ? Excepté
un trés - petit nombre , ils
ont ſeché dans des Laboratoires
infectez de toutes vos
1
GALANT. 9
méchantes humeurs; ils ont
fui & méprifé les humains
qui n'avoient pas comme
eux ) l'honneur de porter
vos fers. Ils ſe ſont acquis
les noms de fous , de
parafites ,& de gens infupportables
: en un mot , ils
ont abandonné leur patrie,
ou langui , accablez de miferes
dans le ſein de leur familles.
Et j'irois encore aux
pieds de vos autels vous
preſenter des offrandes fi
dangereuſes ? Non , non ,
c'eſtal'Amour , c'eſt à Baccus
que je veux deſormais
10 MERCURE
avoir recours . Vous facrifiera
cependant qui vou
dra , je ne m'y oppoſerai
pas : mais je me contente.
rai de n'avoir dorénavant
plus rien à démêler avec
vous. Je ferai à votre égard
le métier d'un hiſtorien fidele
, & je me chargerai
uniquement duſoin de rendre
compte de ce que l'on
écrira pour ou contre vous,
& de ce que vous écrirez
vous mêmes , ſans prendre
aucune part à vos affaires.
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Résumé : Prelude magnifique [titre d'après la table]
Dans une lettre adressée aux Muses, l'auteur exprime son souhait de se libérer de leur influence. Il évoque les lieux mythologiques associés aux Muses, tels que les cavernes et les rochers, mais choisit de se tourner vers des divinités plus puissantes comme Bacchus et l'Amour. L'auteur reproche aux Muses leur ingratitude et leur incapacité à inspirer réellement les poètes. Il souligne que nombreux sont ceux qui, attirés par la promesse d'immortalité des Muses, ont fini par être méprisés et isolés, souvent qualifiés de fous ou de parasites. En conséquence, l'auteur décide de ne plus leur rendre hommage et de se consacrer à d'autres sources d'inspiration. Il se contentera de relater objectivement les œuvres littéraires sans y participer activement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 3-14
Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
Début :
Viginti talentis unam orationem vendidit Isocrates.* Isocrate reçut d'un [...]
Mots clefs :
Mécène, Hommes, Éloquence, Rhétorique, Grecs, Romains, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
Igintitalentis unam
orationem njendidit
Isocrates. *
Isocrate reçut d'un cer-,
tain Prince dix mille écus
pour une harangue. Aretin
reçut d'un autre une chaîne
d'orpour se taire. On payoic
alors les gens pour les obli-
* Plutarque.
ger à garder le silence, ou à parler. Dans ces temps
l'éloquence avoit des licences
que de justes droits
ont supprimées
: mais aussi
d'un autre côté elle meritoit
lX trouvoit souvent des
recompenses.
Chez les Grecs & chez
les Romains on voyoit des
peuples assemblez sous des
portiques & des tribunes.
prêter attentivement l'oreille
aux discours d'un seul
homme, decider sur l'harmonie
de fès paroles, des
interêts du monde,sûmet.
tre l'Europe,ravager l'Afrique&
l'Asie, dérrôner des
Rois,disposer des Empires,
& doner des loix à l'univers.
On couronnoit ensuite de
lauriers rorateur ,
dont on
avoirapprouvé les conseils,
& il retournoit à sa maison,
comme en triomphe,
au milieu des acclamations
du peuple. Alors les plus
grands hommes de Rome
& d'Athenes étoient les
plus éloquens. Lesenfans
des Senateurs, des Consuls
& des Dictateurs n'étoient
distinguez des autres dans
les Ecoles publiques, que
par le nombre des prix qu'-
ils remportoient. Tout le
monde enfin aimoit & cultivoit
les beaux arts.
Les hommes aujourd'hui
ont au moins autant de
goût <5cdespris que nos anciens
: mais les succés de
leurétude ne seressemblent
pas.
Isocratereçut, dis- je,
un present de vingt talens
pour une harangue. Que la
Rethorique épuise maintenant
toutes les figures &
toutes les beautez naturelles
de son art, nul ne lui
en tiendra compte, si ses
merveilles coûtentplus
d'un remerciment. Cette
.indifference a rendu les Auteurs
modernes plus negligens
qu'ils ne feroient.
* Ploravere suis non respondere
favorem
Speratum meritis.
Piquez d'être traitez avec
, tant d'injustice,
Et que chacun les dédaignoit,
* ~Mf. J?~. I. X.x.
Ils ont deleurs talens faits
de prompts sacrifîces
Aux mépris qu'on leur témoignoit.
Cette froideur de ces
mortels élevez,qui sembloient
devoir être les prorecteurs
des partisans des
Muses,a engendréles plaintes,
les murmures & les salm
tyres.
Juvenal en courroux a cherché
dans les hommes
Mille défauts qu'en nous on
n'auroit pas trouvez,
Si son esprit de bile & de
fiel abreuvé
Ne nous avoit dépeints
pires que nous ne
familles.
Ceux à qui lanature a depuis
accordé des talens du
côté de l'esprit, & que la
fortune a maltraitez
, ont
tenu le même langage que
lui, & ilsont presque tous avoüé
que leur verve s'est allumée
contre le mépris qu'-
on a fait de leurs ouvrages.
* Facit indignatio njerjuw.
* Juvenal.Sat.
Mais il faut convenir
aussi que chacun a voulu
avoir des Mecenes, avant
de prendre la peine d'examiners'il
en meritoit.
Pour moy, Meilleurs,
voila le cas où je suis maintenant
; & faute d'en avoir
méritéjusqu'à present pour
mon Livre, c'est le Public
lui même que je prie d'être
le mien. Je fuis en possession
de lui parler tous
lesmois, & cet usage m'apprend
que les Auteurs sont
dans l'erreur,lors qu'ils refusent
de le croire plus indulgent
que les particuliers
ausquelsilss'attachent. Si
nous lui plaisons
,
ses suffrages
nous encouragent;
& s'il ne nous épargne pas
sur nos défauts, il nous ouvre
du moinsles yeux,
& sessifflersnousaident
souventà nous en corriger.
En un mot, quelque lue-"
ces qu'ayent ma priere Se
mes intentions, je lui promets
po" éf trenes, au commencement
de cette année,
de lui faireexactement
confidence de tout ce qui
me tombera entre les
mains ,&qui me paroitra
digne de lui être offert
; je
lui promets de sacrifier mon
livre & ma personne à son
amusement, & de lui communiquer
sincerementjusqu'aux
ouvrages de Prose
& de Poësie dont me me
nacent ceux a qui je n'ai
pas eu l'honneur de plaire.
Enfin je m'en ga ge à lui tenir
toutes les paroles que
je lui ai données dans ma
premiere Preface, mieux
que je ne l'ai fait jusqu'à
present. Je suis persuadé
qu'il est trop équitable pour
ne pas avouer qu'il a bonne
part aux fautes que j'ai commises,
&qu'il n'a tenu qu'à
lui de m'envoyer assez de
bonnes pieces pour remedier
à l'inconvenient de
m'entendre raisonner à ma
fantaisieaussi souvent que
j'ai été obligé de le faire.
En un mot, Messieurs
,
toute la grace que je vous
demande pour vôtre latisfaction,
& pour la
mienne, ne roule que sur
une chose. Que tous ceux
d'entre vous qui se mêlent
d'écrire me fassent part de
leurs ouvrages, aprés en
avoir affranchi le porc,ôç
qu'ils me les envoyent, de
quelques matieres qu'ils
traitent, je tâcherai de
rendre corrects ceux qui
ne le feront pas, & je vous
assurequeje traiterai mieux
les Auteurs, qu'ils n'oseroient
le traiter eux -
mêmes
, s'ils se faisoient imprimer
à part.
.;
J'avois resolu
orationem njendidit
Isocrates. *
Isocrate reçut d'un cer-,
tain Prince dix mille écus
pour une harangue. Aretin
reçut d'un autre une chaîne
d'orpour se taire. On payoic
alors les gens pour les obli-
* Plutarque.
ger à garder le silence, ou à parler. Dans ces temps
l'éloquence avoit des licences
que de justes droits
ont supprimées
: mais aussi
d'un autre côté elle meritoit
lX trouvoit souvent des
recompenses.
Chez les Grecs & chez
les Romains on voyoit des
peuples assemblez sous des
portiques & des tribunes.
prêter attentivement l'oreille
aux discours d'un seul
homme, decider sur l'harmonie
de fès paroles, des
interêts du monde,sûmet.
tre l'Europe,ravager l'Afrique&
l'Asie, dérrôner des
Rois,disposer des Empires,
& doner des loix à l'univers.
On couronnoit ensuite de
lauriers rorateur ,
dont on
avoirapprouvé les conseils,
& il retournoit à sa maison,
comme en triomphe,
au milieu des acclamations
du peuple. Alors les plus
grands hommes de Rome
& d'Athenes étoient les
plus éloquens. Lesenfans
des Senateurs, des Consuls
& des Dictateurs n'étoient
distinguez des autres dans
les Ecoles publiques, que
par le nombre des prix qu'-
ils remportoient. Tout le
monde enfin aimoit & cultivoit
les beaux arts.
Les hommes aujourd'hui
ont au moins autant de
goût <5cdespris que nos anciens
: mais les succés de
leurétude ne seressemblent
pas.
Isocratereçut, dis- je,
un present de vingt talens
pour une harangue. Que la
Rethorique épuise maintenant
toutes les figures &
toutes les beautez naturelles
de son art, nul ne lui
en tiendra compte, si ses
merveilles coûtentplus
d'un remerciment. Cette
.indifference a rendu les Auteurs
modernes plus negligens
qu'ils ne feroient.
* Ploravere suis non respondere
favorem
Speratum meritis.
Piquez d'être traitez avec
, tant d'injustice,
Et que chacun les dédaignoit,
* ~Mf. J?~. I. X.x.
Ils ont deleurs talens faits
de prompts sacrifîces
Aux mépris qu'on leur témoignoit.
Cette froideur de ces
mortels élevez,qui sembloient
devoir être les prorecteurs
des partisans des
Muses,a engendréles plaintes,
les murmures & les salm
tyres.
Juvenal en courroux a cherché
dans les hommes
Mille défauts qu'en nous on
n'auroit pas trouvez,
Si son esprit de bile & de
fiel abreuvé
Ne nous avoit dépeints
pires que nous ne
familles.
Ceux à qui lanature a depuis
accordé des talens du
côté de l'esprit, & que la
fortune a maltraitez
, ont
tenu le même langage que
lui, & ilsont presque tous avoüé
que leur verve s'est allumée
contre le mépris qu'-
on a fait de leurs ouvrages.
* Facit indignatio njerjuw.
* Juvenal.Sat.
Mais il faut convenir
aussi que chacun a voulu
avoir des Mecenes, avant
de prendre la peine d'examiners'il
en meritoit.
Pour moy, Meilleurs,
voila le cas où je suis maintenant
; & faute d'en avoir
méritéjusqu'à present pour
mon Livre, c'est le Public
lui même que je prie d'être
le mien. Je fuis en possession
de lui parler tous
lesmois, & cet usage m'apprend
que les Auteurs sont
dans l'erreur,lors qu'ils refusent
de le croire plus indulgent
que les particuliers
ausquelsilss'attachent. Si
nous lui plaisons
,
ses suffrages
nous encouragent;
& s'il ne nous épargne pas
sur nos défauts, il nous ouvre
du moinsles yeux,
& sessifflersnousaident
souventà nous en corriger.
En un mot, quelque lue-"
ces qu'ayent ma priere Se
mes intentions, je lui promets
po" éf trenes, au commencement
de cette année,
de lui faireexactement
confidence de tout ce qui
me tombera entre les
mains ,&qui me paroitra
digne de lui être offert
; je
lui promets de sacrifier mon
livre & ma personne à son
amusement, & de lui communiquer
sincerementjusqu'aux
ouvrages de Prose
& de Poësie dont me me
nacent ceux a qui je n'ai
pas eu l'honneur de plaire.
Enfin je m'en ga ge à lui tenir
toutes les paroles que
je lui ai données dans ma
premiere Preface, mieux
que je ne l'ai fait jusqu'à
present. Je suis persuadé
qu'il est trop équitable pour
ne pas avouer qu'il a bonne
part aux fautes que j'ai commises,
&qu'il n'a tenu qu'à
lui de m'envoyer assez de
bonnes pieces pour remedier
à l'inconvenient de
m'entendre raisonner à ma
fantaisieaussi souvent que
j'ai été obligé de le faire.
En un mot, Messieurs
,
toute la grace que je vous
demande pour vôtre latisfaction,
& pour la
mienne, ne roule que sur
une chose. Que tous ceux
d'entre vous qui se mêlent
d'écrire me fassent part de
leurs ouvrages, aprés en
avoir affranchi le porc,ôç
qu'ils me les envoyent, de
quelques matieres qu'ils
traitent, je tâcherai de
rendre corrects ceux qui
ne le feront pas, & je vous
assurequeje traiterai mieux
les Auteurs, qu'ils n'oseroient
le traiter eux -
mêmes
, s'ils se faisoient imprimer
à part.
.;
J'avois resolu
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Résumé : Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
Le texte examine la valeur accordée à l'éloquence et à la rhétorique dans l'Antiquité et la compare à l'époque contemporaine. Dans l'Antiquité, l'éloquence était extrêmement prisée. Par exemple, Isocrate reçut une somme importante pour une harangue, tandis qu'Aretin fut récompensé pour se taire, illustrant les différentes manières dont les orateurs étaient valorisés. Chez les Grecs et les Romains, l'éloquence permettait d'influencer des décisions majeures, telles que ravager des continents ou destituer des rois. Les orateurs célèbres étaient couronnés de lauriers et acclamés par le peuple. Les enfants des dignitaires étaient également distingués par leurs talents oratoires. De nos jours, bien que le goût pour les arts soit toujours présent, les succès littéraires ne sont plus récompensés de la même manière. Les auteurs modernes se plaignent souvent de l'indifférence et du mépris qu'ils rencontrent, ce qui les pousse à critiquer sévèrement la société. Cependant, chacun souhaite obtenir des mécènes avant de prouver sa valeur. L'auteur s'adresse au public, le priant de devenir son mécène et promettant de partager avec lui des œuvres littéraires variées. Il reconnaît ses erreurs passées et s'engage à améliorer ses publications futures. Enfin, il invite les écrivains à lui envoyer leurs œuvres pour les corriger et les publier correctement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées. [titre d'après la table]
31
p. 3-12
Prélude qui n'est pas long, & qui ne seroit pas où il est s'il n'y avoit bien affaire. / Chasteaux en Espagne. [titre d'après la table]
Début :
Bienheureux le mortel dont la fertile plume [...]
Mots clefs :
Mercure, Larcins, Ordre du Mercure, Invention , Château en Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude qui n'est pas long, & qui ne seroit pas où il est s'il n'y avoit bien affaire. / Chasteaux en Espagne. [titre d'après la table]
MERCURE
NOUVEAU.
Quecela 't'si beau,Messieurs
> iqire cela est admirable
! Cependant si J'cxecution
d'une si grande
entreprise vous étonne,
croyez moy , détrompezvous
sur l'idée que vous avez
de cet ouvrage. Ce
qui vous paroll: maintenant
un prodige est moins que
rien. Je luis dans le cas &
Mercure, qui est le Dieu
des fourbes & des voleurs,
est tous les deux lui-même.
Il s'enrichit tous les jours
de vos dépouilles, par tout
il vous éclaire, il enregistre
vos actions
>
& il vous
endort quelquefoissous
l'appas des louanges : mais
le plussouvent il mesure le
traitement qu'il vous fait,
à l'accueil que vous lui faites.
Méfiez-vous-en, vous
dis-je, un volume pour lui
est une bagatelle,vos plus
grands soins le divertissent,
& ce qui vous occupe le
plus serieusement ramufe.
Ne traitez point cet aveu
de paradoxe, ne l'interpretez
pas non plus à la lettre.
Je m'explique. Mais
pardonnez-moy ce terme,
qui sans doute vous offense;
vous n'avez pas besoin de
mes explications, & je suppose
que vous m'entendez
toujours.
Je vous disois donc, ou
voulois vous dire
y
Mcffleurs,
que mon Livre,
qui fous vôtre bon plaisir
fera meilleur quand il vous
plaira m'obligera ytravail- er davantage, non seulement
ne me coûte rien, ou
du moins pas grande chose
à faire, quoique, par parenthese,
je le trouve fort
cher d'ailleurs: mais encore
qu'il semble que la fortune
aitchoisi exprès le plus
court mois de l'année pour
m'engager à vous en pre-
:
senter deux au lieu d'un
,
& à vous donner, par ce
traie de ses bontez pour
moy ,une preuve incontestable
de mon art, ou de
mon insuffisance. -,
jSi c'est«un tour malin de
sa façon, je sens pourtant
en depit d'elle,quelle en
aura le démenti, & je vous
jure que, malgré mes negligences
ordinaires, je ne
vous ai encore donné rien
qui approche du merite
des deux volumes de ce
mois. Ce que vous y lirez
de mon invention mecontente,&
je me suis-surpassé
dans les recherches &dans
les larcins que j'ai faits.
Celui-ci porte son titre,
quoique ce foit en dire
en un mot tout le bien
& le mal qui lui conviennent
: aujourd'hui cela ne
suffit pas, & il est bon de
vous apprendre quece discours
doit servir çJc preface
à l'autre, comme leprelude
de l'autre est la véritable
preface de celui-ci. Cette
ruse est un coup de maître,
pour vous engagerà
les lire, ou plûtôt à lesacheter
tous deux. Le Journal
historique du voyage de
l'AmbassadeurdePerse
vous prouvera si j'exagere,
ousi jements.
J'ajoûte à ce début -une
petite reflexion qui se prcfente
à mon imagination.
Ne vous étonnez pas de
voir tout l'ordre de mes
autres Mercures renversé
ce mois-ci. Vous sçavez,
& j'ai eu assez souvent l'honneur
de vous le dire, que
je faisois voeu de ne m'attacher
à aucune regle,&
quemonesprit, esclavede
ses caprices, avoit, & auroit
constammentpour maxime,
celle de ne suivreaucune
methode. En voici
la preuve.
Je triomphe de mes Fi-:
vaux,
Ma tendresse a touché la
beauté qui m'enchante:
Si je ressens encor des maux,
Ce sont ceux que causel'attente.
Vous qui m'arrachez des
soûpirs,
Devoirs,précautions, aus- terebienseance,
Malgré vous, malgré vous
je goûtedesplaisirs:
Il en est dans l'impatience.
Quand viendrez-vous, momens
heureux,
Où sans autres témoins que
le Dieu de Cythere,
Je dois voir l'objet de mes
voeux
Affranchi des soins du mys-
- terei
Tendres regards, tendres
empressemens,
Suivis d'un éloquent silence
Je joüirai de vous dans ces
heureux momens,
J'en joüis même quand j'y
- pense.
NOUVEAU.
Quecela 't'si beau,Messieurs
> iqire cela est admirable
! Cependant si J'cxecution
d'une si grande
entreprise vous étonne,
croyez moy , détrompezvous
sur l'idée que vous avez
de cet ouvrage. Ce
qui vous paroll: maintenant
un prodige est moins que
rien. Je luis dans le cas &
Mercure, qui est le Dieu
des fourbes & des voleurs,
est tous les deux lui-même.
Il s'enrichit tous les jours
de vos dépouilles, par tout
il vous éclaire, il enregistre
vos actions
>
& il vous
endort quelquefoissous
l'appas des louanges : mais
le plussouvent il mesure le
traitement qu'il vous fait,
à l'accueil que vous lui faites.
Méfiez-vous-en, vous
dis-je, un volume pour lui
est une bagatelle,vos plus
grands soins le divertissent,
& ce qui vous occupe le
plus serieusement ramufe.
Ne traitez point cet aveu
de paradoxe, ne l'interpretez
pas non plus à la lettre.
Je m'explique. Mais
pardonnez-moy ce terme,
qui sans doute vous offense;
vous n'avez pas besoin de
mes explications, & je suppose
que vous m'entendez
toujours.
Je vous disois donc, ou
voulois vous dire
y
Mcffleurs,
que mon Livre,
qui fous vôtre bon plaisir
fera meilleur quand il vous
plaira m'obligera ytravail- er davantage, non seulement
ne me coûte rien, ou
du moins pas grande chose
à faire, quoique, par parenthese,
je le trouve fort
cher d'ailleurs: mais encore
qu'il semble que la fortune
aitchoisi exprès le plus
court mois de l'année pour
m'engager à vous en pre-
:
senter deux au lieu d'un
,
& à vous donner, par ce
traie de ses bontez pour
moy ,une preuve incontestable
de mon art, ou de
mon insuffisance. -,
jSi c'est«un tour malin de
sa façon, je sens pourtant
en depit d'elle,quelle en
aura le démenti, & je vous
jure que, malgré mes negligences
ordinaires, je ne
vous ai encore donné rien
qui approche du merite
des deux volumes de ce
mois. Ce que vous y lirez
de mon invention mecontente,&
je me suis-surpassé
dans les recherches &dans
les larcins que j'ai faits.
Celui-ci porte son titre,
quoique ce foit en dire
en un mot tout le bien
& le mal qui lui conviennent
: aujourd'hui cela ne
suffit pas, & il est bon de
vous apprendre quece discours
doit servir çJc preface
à l'autre, comme leprelude
de l'autre est la véritable
preface de celui-ci. Cette
ruse est un coup de maître,
pour vous engagerà
les lire, ou plûtôt à lesacheter
tous deux. Le Journal
historique du voyage de
l'AmbassadeurdePerse
vous prouvera si j'exagere,
ousi jements.
J'ajoûte à ce début -une
petite reflexion qui se prcfente
à mon imagination.
Ne vous étonnez pas de
voir tout l'ordre de mes
autres Mercures renversé
ce mois-ci. Vous sçavez,
& j'ai eu assez souvent l'honneur
de vous le dire, que
je faisois voeu de ne m'attacher
à aucune regle,&
quemonesprit, esclavede
ses caprices, avoit, & auroit
constammentpour maxime,
celle de ne suivreaucune
methode. En voici
la preuve.
Je triomphe de mes Fi-:
vaux,
Ma tendresse a touché la
beauté qui m'enchante:
Si je ressens encor des maux,
Ce sont ceux que causel'attente.
Vous qui m'arrachez des
soûpirs,
Devoirs,précautions, aus- terebienseance,
Malgré vous, malgré vous
je goûtedesplaisirs:
Il en est dans l'impatience.
Quand viendrez-vous, momens
heureux,
Où sans autres témoins que
le Dieu de Cythere,
Je dois voir l'objet de mes
voeux
Affranchi des soins du mys-
- terei
Tendres regards, tendres
empressemens,
Suivis d'un éloquent silence
Je joüirai de vous dans ces
heureux momens,
J'en joüis même quand j'y
- pense.
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