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1
p. 27-37
LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
Début :
J'aurois dequoy faire plusieurs Volumes ce mois cy, / Monsieur, Il n'est point de Province en France où la Religion Prétenduë [...]
Mots clefs :
Province, Religion prétendue réformée, Dauphiné, Guillaume Farel, Ministre, Protestants, Calvinisme, Éloquence, Temples, Huguenots, Démolition, Piété, Roi, Ecclésiastiques, Dieu, Obstination, Conversion
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
J'aurois dequoy faire
plufieursVolumes ce mois cy,
en ne parlant feulement que
de ce qu'il fait à l'avantage
de la veritable Religion , fi je
voulois entrer dans toutes les
particularitez où ce grand
Monarque veut bien fe donner
la peine de deſcendre , en
faveur de fes Sujets aveuglez
par une fatale obſtination.
Voicy ce qui m'a efté
envoyé imprimé , fur un de
ces Articles de Religion.
Cij
28 MERCURE
52:5252-5252 SZSZSZ
L'ET TRE
4 A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT ,
Concernant le Temple de Grenoble ,
MONSIEUR,
Il n'eft point de Province en
France où la Religion Prétenduë
Reformée ait efte plutoft receuë
qu'en Dauphiné. J'en trouve trois
caufesprincipales. L'une, c'est qu'
elle a produit les premiers Miniftres
de cette Religion , parmy lefGALANT
. 29
quels a efté Guillaume Farel . L'au
tre, c'eft que le Baron des Adrets ,
le Marquis de Monbrun , &
le Conneftable
de Lefdiguieres
,
trois Chefs Proteftans
tres -puiffans
& redoutez
en attirerent
plus par les armes , & par leur
autorité , que les Miniftres par.
leur éloquence ; & la troifiéme,.
que le Calvinifme
y ayant trouvé
quelque levain de la Secte
des Vaudois , il luy a efté facile
de fe répandre , & de s'estendre.
en plufieurs endroits ; d'où vient
que par tout on avoit bafty des
Temples , mefme contre la difpofition
des Edits.
C iij
30 MERCURE
que
Avant Grenoble en euft
un' , les Huguenots , aprés qu'ils
curent abbatu la plupart des Eglifes
, firent prefcher en celle des
Cordeliers , puis ils éleverent un
Temple à la fin du dernier fiecle
dans un lieu qui estoit alors hors
de la Ville , & que le fameux
Lefdiguieres fit comprendre
un nouvel agrandiffement.
L'an 1671 , le Roy estant pleinement
inftruit de quelle maniere
la chofe s'eftoit paffée , & d'ail
leurs ce Temple eftant fort proche
du Palais Epifcopal , & de l'Eglife
Cathedrale , en ordonna la
démolition , permit qu'on le
dans
GALANT. 31
rétabliſt au Fauxbourg de Tra
cloiftre.
On ne fuivit pas tout - à -fait
les ordres de Sa Majesté , car au
lieu qu'il devoit eftre élevé en ce
Fauxbourg , il le fut dans une
Prairie voifine , à une portée de
Piftolet des Murailles des
Ramparts de la Ville , & fi proche
du College des Jésuites , du
grand Convent des Recollects , de
celuy des Carmes Déchauffez,
du fecond Monaftere de la Vifitation
, de celuy des Bernardines ,
de la Maifon des Orphelines
, que
lors
que les
Huguenots
chantent leurs Pfeaumes , on ne
C iij
32 MERCURE
peut dans ce Collége , ces Convents
& ces Monafteres , étu
dier avec attention , ny faire le
Service Divin , fans en eftre interrompu..
Comme ces inconveniens ont
efté reprefentez au Roy , ce Pieux.
MONARQUE a voulu en
eftre mieux informé par un Procez
verbal dreffe fur l'expérience,
fur une defcente des lieux , dont
Sa Majesté donna il y a quelques
mois fa Commiſſion à M le
Bret Intendant en cette Provin.
ce , & à M' le Marquis d' Arzeliers
, l'un des plus confiderables
Gentilshommes parmy ceux
GALANT 33
Y
de cette Religion , lefquels firent
leur procédure hier Vendredy fi
xiéme de ce mois , d'une maniere
qui merite qu'elle foit racontée.
Pour éviter le tumulte , on logea
aux avenuës du Temple une
Cempagnie de Milice , compofée
de cent Hommes , puis furiles
deux heures aprés midy on donna
la liberté à tout le monde d'y entrer.
Ce fut pourtant avec quelque
peine , parce que la clefde la
grande Porte fe trouvant perduë,
égarée , ou cachée à deſſein , il
fallut paffer par une petite Porte,
Tun aprés l'autre.
Plufieurs Ecclefiaftiques , Se
34 MERCURE
culiers & Religieux, grand nombre
de Catholiques , quelques
Huguenots , occuperent d'abord
tous les Bancs& toutes les Chaifes
du Temple. Cependant comme
il eft grand & vafte , il ne
fut point remply , bien
procedure nefinift qu'à fept heures
du foir , & que chacunypuft
entrer librement.
que
la
Il s'y trouva pourtant aſſez
de monde pour faire connoiftre
par les Hymnes , les Antiennes,
plufieurs Prieres de l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Romaine
, qui y furent chantées,
qu'on pouvoit estre entendu diGALANT.
35
ftinctement de toutes les Eglifes
& Monafteres que je viens de
nommer ; ce qui fut facilement.
connu par les Commiffaires qui
s'y trouverent , & qui y avoient
paffe pendant que l'on chantoit
dans le Temple.
Cette experience a fort étonné
les Huguenots , & ils craignenttous
que leur Temple ne
démoly. On voit visiblement que-
Dieu fe laffe de leur feparation,
qu'il leur tend les bras . Les
plus éclairez le connoiſſent , les
autres le méprifent ; mais leur
obftination eft fi grande , qu'ils ne
veulent point confentir à estre infoit
36 MERCURE
fruits. Ils publient qu'ils lefont
affez , fans confiderer que leurs
Miniftres ne leur ont preſché que
leur Religion , & n'ont eu garde
de leur faire voir la bonté de la
noftre. Ils les ont élevez dans des
erreurs qui leur plaifent , & ils
leur ont caché des veritez qui les
éclaireroient s'ils les connoiffoient.
Peut- eftre que le Saint Esprit les
touchera , & qu'ils l'écouteront.
Cependant nous devons tous prier
DIEU pour leur converfion , benir
noftre AUGUSTE MONARQUE
qui s'y employe
avec tant de zele, louer fon Confeil
des empreffemens qu'il témoi
GALANT. 37
gne pour cela , demander au Ciel
le don de perfuafion en faveur de
ceux qui travaillent à les inftruire
, & la perfeverance en nos
Prélats pour achever le grand
de la réunion . Fe fuis, -ouvrage
voftre , &c.
ALLARD ancien Préfident
en l'Eflection de Grenoble.
A Grenoble ce 7. d'Avril 1685 .
plufieursVolumes ce mois cy,
en ne parlant feulement que
de ce qu'il fait à l'avantage
de la veritable Religion , fi je
voulois entrer dans toutes les
particularitez où ce grand
Monarque veut bien fe donner
la peine de deſcendre , en
faveur de fes Sujets aveuglez
par une fatale obſtination.
Voicy ce qui m'a efté
envoyé imprimé , fur un de
ces Articles de Religion.
Cij
28 MERCURE
52:5252-5252 SZSZSZ
L'ET TRE
4 A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT ,
Concernant le Temple de Grenoble ,
MONSIEUR,
Il n'eft point de Province en
France où la Religion Prétenduë
Reformée ait efte plutoft receuë
qu'en Dauphiné. J'en trouve trois
caufesprincipales. L'une, c'est qu'
elle a produit les premiers Miniftres
de cette Religion , parmy lefGALANT
. 29
quels a efté Guillaume Farel . L'au
tre, c'eft que le Baron des Adrets ,
le Marquis de Monbrun , &
le Conneftable
de Lefdiguieres
,
trois Chefs Proteftans
tres -puiffans
& redoutez
en attirerent
plus par les armes , & par leur
autorité , que les Miniftres par.
leur éloquence ; & la troifiéme,.
que le Calvinifme
y ayant trouvé
quelque levain de la Secte
des Vaudois , il luy a efté facile
de fe répandre , & de s'estendre.
en plufieurs endroits ; d'où vient
que par tout on avoit bafty des
Temples , mefme contre la difpofition
des Edits.
C iij
30 MERCURE
que
Avant Grenoble en euft
un' , les Huguenots , aprés qu'ils
curent abbatu la plupart des Eglifes
, firent prefcher en celle des
Cordeliers , puis ils éleverent un
Temple à la fin du dernier fiecle
dans un lieu qui estoit alors hors
de la Ville , & que le fameux
Lefdiguieres fit comprendre
un nouvel agrandiffement.
L'an 1671 , le Roy estant pleinement
inftruit de quelle maniere
la chofe s'eftoit paffée , & d'ail
leurs ce Temple eftant fort proche
du Palais Epifcopal , & de l'Eglife
Cathedrale , en ordonna la
démolition , permit qu'on le
dans
GALANT. 31
rétabliſt au Fauxbourg de Tra
cloiftre.
On ne fuivit pas tout - à -fait
les ordres de Sa Majesté , car au
lieu qu'il devoit eftre élevé en ce
Fauxbourg , il le fut dans une
Prairie voifine , à une portée de
Piftolet des Murailles des
Ramparts de la Ville , & fi proche
du College des Jésuites , du
grand Convent des Recollects , de
celuy des Carmes Déchauffez,
du fecond Monaftere de la Vifitation
, de celuy des Bernardines ,
de la Maifon des Orphelines
, que
lors
que les
Huguenots
chantent leurs Pfeaumes , on ne
C iij
32 MERCURE
peut dans ce Collége , ces Convents
& ces Monafteres , étu
dier avec attention , ny faire le
Service Divin , fans en eftre interrompu..
Comme ces inconveniens ont
efté reprefentez au Roy , ce Pieux.
MONARQUE a voulu en
eftre mieux informé par un Procez
verbal dreffe fur l'expérience,
fur une defcente des lieux , dont
Sa Majesté donna il y a quelques
mois fa Commiſſion à M le
Bret Intendant en cette Provin.
ce , & à M' le Marquis d' Arzeliers
, l'un des plus confiderables
Gentilshommes parmy ceux
GALANT 33
Y
de cette Religion , lefquels firent
leur procédure hier Vendredy fi
xiéme de ce mois , d'une maniere
qui merite qu'elle foit racontée.
Pour éviter le tumulte , on logea
aux avenuës du Temple une
Cempagnie de Milice , compofée
de cent Hommes , puis furiles
deux heures aprés midy on donna
la liberté à tout le monde d'y entrer.
Ce fut pourtant avec quelque
peine , parce que la clefde la
grande Porte fe trouvant perduë,
égarée , ou cachée à deſſein , il
fallut paffer par une petite Porte,
Tun aprés l'autre.
Plufieurs Ecclefiaftiques , Se
34 MERCURE
culiers & Religieux, grand nombre
de Catholiques , quelques
Huguenots , occuperent d'abord
tous les Bancs& toutes les Chaifes
du Temple. Cependant comme
il eft grand & vafte , il ne
fut point remply , bien
procedure nefinift qu'à fept heures
du foir , & que chacunypuft
entrer librement.
que
la
Il s'y trouva pourtant aſſez
de monde pour faire connoiftre
par les Hymnes , les Antiennes,
plufieurs Prieres de l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Romaine
, qui y furent chantées,
qu'on pouvoit estre entendu diGALANT.
35
ftinctement de toutes les Eglifes
& Monafteres que je viens de
nommer ; ce qui fut facilement.
connu par les Commiffaires qui
s'y trouverent , & qui y avoient
paffe pendant que l'on chantoit
dans le Temple.
Cette experience a fort étonné
les Huguenots , & ils craignenttous
que leur Temple ne
démoly. On voit visiblement que-
Dieu fe laffe de leur feparation,
qu'il leur tend les bras . Les
plus éclairez le connoiſſent , les
autres le méprifent ; mais leur
obftination eft fi grande , qu'ils ne
veulent point confentir à estre infoit
36 MERCURE
fruits. Ils publient qu'ils lefont
affez , fans confiderer que leurs
Miniftres ne leur ont preſché que
leur Religion , & n'ont eu garde
de leur faire voir la bonté de la
noftre. Ils les ont élevez dans des
erreurs qui leur plaifent , & ils
leur ont caché des veritez qui les
éclaireroient s'ils les connoiffoient.
Peut- eftre que le Saint Esprit les
touchera , & qu'ils l'écouteront.
Cependant nous devons tous prier
DIEU pour leur converfion , benir
noftre AUGUSTE MONARQUE
qui s'y employe
avec tant de zele, louer fon Confeil
des empreffemens qu'il témoi
GALANT. 37
gne pour cela , demander au Ciel
le don de perfuafion en faveur de
ceux qui travaillent à les inftruire
, & la perfeverance en nos
Prélats pour achever le grand
de la réunion . Fe fuis, -ouvrage
voftre , &c.
ALLARD ancien Préfident
en l'Eflection de Grenoble.
A Grenoble ce 7. d'Avril 1685 .
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Résumé : LETTRE A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT. Concernant le Temple de Grenoble.
Le texte aborde la situation de la religion réformée en Dauphiné, notamment à Grenoble. Trois facteurs principaux expliquent la forte présence du protestantisme dans cette région : la présence de ministres protestants influents comme Guillaume Farel, l'influence de chefs protestants puissants tels que le Baron des Adrets, le Marquis de Monbrun et le Connétable de Lesdiguières, ainsi que la présence de sectes vaudoises. À Grenoble, les huguenots avaient érigé un temple après avoir détruit plusieurs églises, malgré les édits royaux. En 1671, le roi ordonna la démolition de ce temple en raison de sa proximité avec des lieux catholiques. Cependant, le temple fut reconstruit près des murailles de la ville, perturbant les activités religieuses et éducatives des catholiques voisins. Pour résoudre ce problème, le roi envoya des commissaires, incluant l'intendant de la province et un noble protestant, afin d'examiner la situation. Une visite du temple fut organisée, durant laquelle des prières catholiques furent chantées, perturbant les activités des couvents et collèges voisins. Cette expérience mit en lumière l'impact négatif du temple sur les activités catholiques. Les huguenots craignaient la démolition de leur temple, mais certains espéraient leur conversion. Le texte se conclut par une prière pour la conversion des protestants et une louange au roi pour ses efforts en faveur de la réunion des religions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 7-21
Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay appris la mort de Monsieur l'Electeur Palatin. [...]
Mots clefs :
Décès, Électeur palatin, Cérémonies, Officiers de la Cour, Pompe funèbre, Gardes du corps, Valets, Gentilshommes, Capitaine, Chambre, Procession, Ambassadeur, Ministre, Ecclésiastiques, Seigneurs, Église, Bourgeoisie, Grands vassaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Je vous ay appris la mort
A
iiij
8 MERCURE
de Monfieur l'Electeur Palatin.
Voicy ce que j'ay tiré
d'une Relation tres exacte ,
touchant les Ceremonies
qui ont efté faites à la Pompe
Funebre de ce Prince . Tous
les Officiers de la Cour , qui
devoient y affifter , s'eſtant
rendus le 10. du mois paffé
fur les dix heures & demie
du foir dans la grande Salle
des Gardes , avec de grands
Manteaux trainans , le Corps
de S. A.E. fut tiré de la Chambre
des
Empereurs, par vingt
quatre Seigneurs du Pays ,
Vaffaux de cet Electeur. Ils
GALANT. 9
le porterent fur leurs épaules
jnfqu'au Char lugubre fur
lequel il devoit eftre , & qui
eftoit attelé au pied de l'Efcalier
de la Salle . Ce Char
eftoit couvert de drap noir,
trainant jufqu'à terre . Si toſt
qu'on eut mis le Corps deffus
, on le couvrit auffi d'un
grand drap de velours noir,
bordé d'hermine aux extré
mitez , & pendant à terre
comme le premier. La marche
fut commencée par fix
Gardes du Corps , qui faifoient
retirer la foule , afin de
rendre le paffage libre. Deux
10 MERCURE
Seigneurs Vaffaux fuivoient,
chacun avec un Bafton de
Commandement
. On voyoit
enfuite deux à deux les vingt
quatreSeigneurs,qui avoient
porté le Corps fur le Char
funebre. Six Valets de pied
venoient apres eux. Ils tenoient
chacun deux Flambeaux
de cire blanche , &
marchoient devant M. de
Richt , Ordonnateur des ordres
du Palais, & grand Chabellan
de feu Mofieur l'Ele-
&teur, & M. Dorigny de Cormont,
Maistre d'Hoftel de ce
mefme Prince , qui avoient
GALANT. II
chacun un Bafton de Commandement
à la main. Quelques
pas apres fuivoit leChar
attelé de huit chevaux caparaçonnez
de noir . Quatre
Seigneurs Vaffaux menoient
les quatre premiers . M. de
Purcius , & M. de Geyder,
Gentilshommes de la Cour,
en menoient deux autres ; &
les deux derniers , qui eftoient
les plus proches de ce
Char, eftoient menez par M.
de Chevrieres Montauban ,
& par M" Colembahe
tous deux Gentilshommes.
de la Chambre du feu Prin12
MERCURE
:
ce, & Capitaines dás fes Gardes
. Le grand Drap qui couvroit
le Char, eftoit foûtenu
aux extrémitez de chaque
coin parM.de Barſchs, grand
Maître d'Hoftel de Madame
l'Electrice Mere ; par M. de
Flove , grand Maiſtre d'Hoftel
de Madame l'Electrice
;
par M. de Berneſtein , grand
Bailly d'Heidelberg
; & par
M. Dedelfein
, grand Bailly
de Mofbahc , & Ecuyer de
feu Monfieur l'Electeur.Il
avoit par deffus le Char un
Dais , que foûtenoient fix
Gentilshommes de la Chamy
GALANT. 13
bre de l'Electeur Charles
Loüis , Pere du Defunt , &
fix Seigneurs du Pays. Ce
Dais eftoit de velours noir,
bordé d'hermines. De chaque
cofté du Char , marchoient
feize Gardes du
Corps, & quatorze Trabans,
ayant à leur tefte M. de Feningen,
Lieutenant Colonel
des Gardes, & grand Veneur,
& M. de Vaкerbac
, Capitaine
Lieutenant des Gardes du
Corps. Vingt - quatre Pages
de la Chambre, chacun avec
deux Flambeaux de cire bláche
, marchoient à coſté des
14 MERCURE
Gardes. Apres le Char , venoit
M. le Baron de Stein-
Kandsfelds grand Maréchal
de l'Electorat, & grand Bailly
du Duché de Simmeren,
precedé par fix autres Pages
avec des Flambeaux. Le
Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique , Fils de Monfieur
le Duc de Neubourg,
à preſent Electeur, marchoit
enfuite , precedé auſſi par
huit Pages avec des Flambeaux.
Douze Gardes du
Corps eftoient à coſté de fa
Perfonne , & la queuë de
fon Manteau eftoit portée
GALANT
15
par M. de Krelfem , Gentilhomme
de la Chambre du
Defunt , & par M' de Kreit
ges
& d'Altemberg , deux de fes
Gentilshommes
. Quatre Pafuivoient
encore la perfonne
de Monfieur le Grand
Maiſtre, avec douze Gardes
Suiffes armez de leurs Pertuifanes
; apres quoy venoit
M. le Comte de Statemberg
,
Frere du fameuxGouverneur
de Vienne , qui eft Lieutenant
General de l'Artillerie
Imperiale, & Gouverneur de
Philifbourg. Deux Pages le
precedoient avec des Flain16
MERCURE
beaux , & la queuë de fon
Manteau eftoit portée par
un autre Page. M. le Comte
de Caſtel , premier Miniſtre
de feu S. A. E. Grand Maître
de fa Maiſon , & Comte de
l'Empire , paroiffoit enfuite,
& precedoit trois Raugraves.
Les Ambaffadeurs &
Miniftres Etrangers marchoient
aprés eux , avec un
grand nombre de Gentilshommes
& de Pages . Ils eftoient
accompagnez des Envoyez
des Princes ou des
Comtes Souverains Vaffaux
du Prince defunt, & de ceux
GALANT. 17
des Villes Imperiales ou Vaffales
.Apres toute cette Troupe
venoit M. le Comte de
Vikeſtein, Grand Ecuyer de
S. A. E. accompagné de tous
les Officiers de la Cour , des
Gouverneurs des Places du
Pays , des Baillis , & autres
Commandans.Quatre Pages
le precedoient avec des Flabeaux
. Il eftoit fuivy du Con
feil d'Etat en Corps , du Confeil
Ecclefiaftique auffi en´
Corps , des deux Chambres .
de Juftice, & des deux Chambres
des Comptes , menées
parM.le Baron Deſtein, Pre-
Aoust 1685.
B
18 MERCURE
fident de la premiere, & Surintendant
des Finances . Le
Corps de l'Univerfité avec
fon Sceptre de Juſtice parti -
culiere , fuivoit tous ces
Corps , & precedoit celuy
des Ecclefiaftiques d'Heidelberg,
& Meffieurs du Magiftrat
, qui estoient accompagnez
du Corps des Doyens
de chaque Meîtier de la Ville
. Cette Troupe eftoit fuivie
des cent Dragons du
Corps,menez par M.de Marcheville
, qui en eſt le Capitaine
Lieutenant . Deux cens
perfonnes, portant des Flam-
1
GALANT.
19
beaux & de grands Manteaux
, marchoient deux à
deux , & finiffoient le Convoy
funebre . On partit de la
baffe -Court du Chafteau Electoral
, à l'heure que j'ay
marquée au commencemet
de cet article . Tous les Va
lets de pied de feu Monſieur
l'Electeur , des deux Electri--
ces , & des Officiers de la
Cour , marchoient en deux
files fur les ailes de tout ce
Convoy. Ils avoient de grads
Manteaux , & tenoient tous
des Flambeaux pour éclairer
la Ceremonie . On marcha
Bij
20 MERCURE
le
a
dans cet ordre- là , depuis le
Palais Electoral jufques à l'Eglife
du S. Efprit , en paſſant
long des remparts pour
venir à l'entrée de la Ville
par la porte du Fauxbourg,
où l'on avoit commencé à
mettre en haye les Soldats
du Regiment des Gardes,
jufques à la porte de l'Eglife.
Les vingt - quatre Seigneurs
Vaffaux qui avoient
mis le Corps fur le Char, l'en
ayant tiré , le porterent au
Maufolée qu'on luy avoit
prepare. Ils l'y placerent au
bruit de toute la Moufque-
1
GALANT. 21
terie des Soldats , jointe à
celle de la Bourgeoisie en
armes , & à l'Artillerie du
Chafteau & de la Ville , qui
frent dans ce moment une
décharge de tout leur Canon.
Cela eftant fait , M' le
Grand Maiſtre fortit de l'Eglife
, accompagné de toute
la Cour , & monta en Carroffe
, ce que firent la plûpart
de ceux qui s'eftoient
trouvez à cette lugubre Ceremonie,
à caufe du mauvais
temps qui furvint ,
A
iiij
8 MERCURE
de Monfieur l'Electeur Palatin.
Voicy ce que j'ay tiré
d'une Relation tres exacte ,
touchant les Ceremonies
qui ont efté faites à la Pompe
Funebre de ce Prince . Tous
les Officiers de la Cour , qui
devoient y affifter , s'eſtant
rendus le 10. du mois paffé
fur les dix heures & demie
du foir dans la grande Salle
des Gardes , avec de grands
Manteaux trainans , le Corps
de S. A.E. fut tiré de la Chambre
des
Empereurs, par vingt
quatre Seigneurs du Pays ,
Vaffaux de cet Electeur. Ils
GALANT. 9
le porterent fur leurs épaules
jnfqu'au Char lugubre fur
lequel il devoit eftre , & qui
eftoit attelé au pied de l'Efcalier
de la Salle . Ce Char
eftoit couvert de drap noir,
trainant jufqu'à terre . Si toſt
qu'on eut mis le Corps deffus
, on le couvrit auffi d'un
grand drap de velours noir,
bordé d'hermine aux extré
mitez , & pendant à terre
comme le premier. La marche
fut commencée par fix
Gardes du Corps , qui faifoient
retirer la foule , afin de
rendre le paffage libre. Deux
10 MERCURE
Seigneurs Vaffaux fuivoient,
chacun avec un Bafton de
Commandement
. On voyoit
enfuite deux à deux les vingt
quatreSeigneurs,qui avoient
porté le Corps fur le Char
funebre. Six Valets de pied
venoient apres eux. Ils tenoient
chacun deux Flambeaux
de cire blanche , &
marchoient devant M. de
Richt , Ordonnateur des ordres
du Palais, & grand Chabellan
de feu Mofieur l'Ele-
&teur, & M. Dorigny de Cormont,
Maistre d'Hoftel de ce
mefme Prince , qui avoient
GALANT. II
chacun un Bafton de Commandement
à la main. Quelques
pas apres fuivoit leChar
attelé de huit chevaux caparaçonnez
de noir . Quatre
Seigneurs Vaffaux menoient
les quatre premiers . M. de
Purcius , & M. de Geyder,
Gentilshommes de la Cour,
en menoient deux autres ; &
les deux derniers , qui eftoient
les plus proches de ce
Char, eftoient menez par M.
de Chevrieres Montauban ,
& par M" Colembahe
tous deux Gentilshommes.
de la Chambre du feu Prin12
MERCURE
:
ce, & Capitaines dás fes Gardes
. Le grand Drap qui couvroit
le Char, eftoit foûtenu
aux extrémitez de chaque
coin parM.de Barſchs, grand
Maître d'Hoftel de Madame
l'Electrice Mere ; par M. de
Flove , grand Maiſtre d'Hoftel
de Madame l'Electrice
;
par M. de Berneſtein , grand
Bailly d'Heidelberg
; & par
M. Dedelfein
, grand Bailly
de Mofbahc , & Ecuyer de
feu Monfieur l'Electeur.Il
avoit par deffus le Char un
Dais , que foûtenoient fix
Gentilshommes de la Chamy
GALANT. 13
bre de l'Electeur Charles
Loüis , Pere du Defunt , &
fix Seigneurs du Pays. Ce
Dais eftoit de velours noir,
bordé d'hermines. De chaque
cofté du Char , marchoient
feize Gardes du
Corps, & quatorze Trabans,
ayant à leur tefte M. de Feningen,
Lieutenant Colonel
des Gardes, & grand Veneur,
& M. de Vaкerbac
, Capitaine
Lieutenant des Gardes du
Corps. Vingt - quatre Pages
de la Chambre, chacun avec
deux Flambeaux de cire bláche
, marchoient à coſté des
14 MERCURE
Gardes. Apres le Char , venoit
M. le Baron de Stein-
Kandsfelds grand Maréchal
de l'Electorat, & grand Bailly
du Duché de Simmeren,
precedé par fix autres Pages
avec des Flambeaux. Le
Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique , Fils de Monfieur
le Duc de Neubourg,
à preſent Electeur, marchoit
enfuite , precedé auſſi par
huit Pages avec des Flambeaux.
Douze Gardes du
Corps eftoient à coſté de fa
Perfonne , & la queuë de
fon Manteau eftoit portée
GALANT
15
par M. de Krelfem , Gentilhomme
de la Chambre du
Defunt , & par M' de Kreit
ges
& d'Altemberg , deux de fes
Gentilshommes
. Quatre Pafuivoient
encore la perfonne
de Monfieur le Grand
Maiſtre, avec douze Gardes
Suiffes armez de leurs Pertuifanes
; apres quoy venoit
M. le Comte de Statemberg
,
Frere du fameuxGouverneur
de Vienne , qui eft Lieutenant
General de l'Artillerie
Imperiale, & Gouverneur de
Philifbourg. Deux Pages le
precedoient avec des Flain16
MERCURE
beaux , & la queuë de fon
Manteau eftoit portée par
un autre Page. M. le Comte
de Caſtel , premier Miniſtre
de feu S. A. E. Grand Maître
de fa Maiſon , & Comte de
l'Empire , paroiffoit enfuite,
& precedoit trois Raugraves.
Les Ambaffadeurs &
Miniftres Etrangers marchoient
aprés eux , avec un
grand nombre de Gentilshommes
& de Pages . Ils eftoient
accompagnez des Envoyez
des Princes ou des
Comtes Souverains Vaffaux
du Prince defunt, & de ceux
GALANT. 17
des Villes Imperiales ou Vaffales
.Apres toute cette Troupe
venoit M. le Comte de
Vikeſtein, Grand Ecuyer de
S. A. E. accompagné de tous
les Officiers de la Cour , des
Gouverneurs des Places du
Pays , des Baillis , & autres
Commandans.Quatre Pages
le precedoient avec des Flabeaux
. Il eftoit fuivy du Con
feil d'Etat en Corps , du Confeil
Ecclefiaftique auffi en´
Corps , des deux Chambres .
de Juftice, & des deux Chambres
des Comptes , menées
parM.le Baron Deſtein, Pre-
Aoust 1685.
B
18 MERCURE
fident de la premiere, & Surintendant
des Finances . Le
Corps de l'Univerfité avec
fon Sceptre de Juſtice parti -
culiere , fuivoit tous ces
Corps , & precedoit celuy
des Ecclefiaftiques d'Heidelberg,
& Meffieurs du Magiftrat
, qui estoient accompagnez
du Corps des Doyens
de chaque Meîtier de la Ville
. Cette Troupe eftoit fuivie
des cent Dragons du
Corps,menez par M.de Marcheville
, qui en eſt le Capitaine
Lieutenant . Deux cens
perfonnes, portant des Flam-
1
GALANT.
19
beaux & de grands Manteaux
, marchoient deux à
deux , & finiffoient le Convoy
funebre . On partit de la
baffe -Court du Chafteau Electoral
, à l'heure que j'ay
marquée au commencemet
de cet article . Tous les Va
lets de pied de feu Monſieur
l'Electeur , des deux Electri--
ces , & des Officiers de la
Cour , marchoient en deux
files fur les ailes de tout ce
Convoy. Ils avoient de grads
Manteaux , & tenoient tous
des Flambeaux pour éclairer
la Ceremonie . On marcha
Bij
20 MERCURE
le
a
dans cet ordre- là , depuis le
Palais Electoral jufques à l'Eglife
du S. Efprit , en paſſant
long des remparts pour
venir à l'entrée de la Ville
par la porte du Fauxbourg,
où l'on avoit commencé à
mettre en haye les Soldats
du Regiment des Gardes,
jufques à la porte de l'Eglife.
Les vingt - quatre Seigneurs
Vaffaux qui avoient
mis le Corps fur le Char, l'en
ayant tiré , le porterent au
Maufolée qu'on luy avoit
prepare. Ils l'y placerent au
bruit de toute la Moufque-
1
GALANT. 21
terie des Soldats , jointe à
celle de la Bourgeoisie en
armes , & à l'Artillerie du
Chafteau & de la Ville , qui
frent dans ce moment une
décharge de tout leur Canon.
Cela eftant fait , M' le
Grand Maiſtre fortit de l'Eglife
, accompagné de toute
la Cour , & monta en Carroffe
, ce que firent la plûpart
de ceux qui s'eftoient
trouvez à cette lugubre Ceremonie,
à caufe du mauvais
temps qui furvint ,
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Résumé : Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Le texte décrit les cérémonies funéraires de l'Électeur Palatin. Le 10 du mois précédent, à dix heures et demie du soir, les officiers de la cour se rassemblèrent dans la grande salle des Gardes, vêtus de grands manteaux traînants. Le corps de l'Électeur fut transporté par vingt-quatre seigneurs jusqu'à un char funèbre situé au pied de l'escalier. Ce char, recouvert de drap noir et de velours noir bordé d'hermine, était tiré par huit chevaux caparaçonnés de noir. La procession débuta avec six gardes du corps, suivis par les seigneurs, six valets de pied portant des flambeaux, et divers dignitaires, dont M. de Richt et M. Dorigny de Cormont. Le cortège comprenait également des membres du conseil d'État, du conseil ecclésiastique, des chambres de justice et des chambres des comptes, ainsi que des ambassadeurs étrangers. Il se dirigea de la basse-cour du château électoral à l'église du Saint-Esprit, longeant les remparts. À l'arrivée à l'église, des soldats du régiment des Gardes étaient alignés. Les seigneurs transportèrent le corps jusqu'à un mausolée, accompagnés par une salve d'artillerie provenant des soldats, de la bourgeoisie en armes, ainsi que des canons du château et de la ville. Après la mise en place du corps, Monsieur le Grand Maître sortit de l'église, suivi par la cour, et tous montèrent en carrosse en raison du mauvais temps.
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3
p. 125-138
Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Début :
De la Cathedrale de Barcelonne. Le Docteur Thomas Elorens, soy-disant [...]
Mots clefs :
Ecclésiastiques, Barcelone, Catalogne, Maréchal de Berwick, Religieux, Chanoine, Chanoine, Église, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Liste des Eccleſiaſtiques ,
des Religieux bannis à perpetuité
de Barcelonne &
de Catalogne , avec défense
d'entrer jamais dans
aucuns des Estats de la domination
de Sa Majesté
Catholique , par ordre de
Monsieur le Maréchal de
Bervvik du deux Septembre
1714.
De la Cathedrale de Barcelonne.
Le Docteur Thomas
Elorens , ſoy-diſant Chancelier
de Catalogne.
Liij
126 MERCURE
Le Docteur Joſeph Rifos
, Chanoine , & Grand
Vicaire du Dioceſe.
André Fox , Chanoine ,
& fon Coadjuteur.
N. Barata , Chanoine &
Docteur .
Le Docteur N. Figaro ,
Beneficier de la Cathedrale
, Prieur de l'Hôpital de
la Mifericorde.
Le Docteur Maurice Andreu
, Beneficier de la Cathedrale.
Vincent Carcazez , idem .
GALANT. 127
De l'Eglise Paroiffe dite
de Pine
Michel Busquets , Vicaire.
Le Docteur François
Galvanii , Beneficier.
Raymond Roffell , idem.
De l'Eglise Paroiſſe de
Sainte Marie.
:
Le Docteur Estienne Maſcaro
, Vicaire perpetuel ,
( ou Curé ) de cette Eglife.
L iiij
128 MERCURE
Le Docteur Raymond
Padrall.στου 2019
Le Docteur François
Serrat.
Le Docteur Varis.
Le Docteur Antoine
Roig.
Le Docteur Magin Sinio.
Le Docteur François
Goli.
Joſeph Compte.
N. Moleni .
Le Docteur Raymond
Torruella , Vicaire.
Jofeph Canfera , Prê
tre.
Tous Beneficiers de cette Eglife.
GALANT.
129
Joſeph Roig , Prêtre , &
Procureur general de l'Hôpital
general dit de ſainte
Croix.
Le Docteur Don Antoine
Sola.
Le Docteur Joſeph d'Efpreu
, Archidiacre & Chanoine
d'Urgal.
Le Docteur Paul Vinas ,
Chanoine de la même Eglife.
Le Docteur Thomas
Borras, Hofpitalier de Tortofa
Le Docteur André Arbell
, Chanoine de Vich.
130 MERCURE
Ces quatre derniers trouvez
dans Barcelonne ayant
abandonné leurs Eglifes.
Religieux ou vivans en Communauté,
Le Docteur Joſeph Campasi
, Camerier du Monastere
de Gerry , Ordre
de faint Benoît.
De la Miffion.
Le Docteur Joſeph Jofrea
, Superieur du Seminaire
de la Miffion.
GALANT.
131
400 Le P. Jerome Dieran.
Minimes .
Le P. Paul Andrau , Provincial.
Jacobins .
Le P. Maître Thomas
Sabater , l'un des Inquifiteurs.
Grands Carmes.
Le P. Maître François
Battaller.
132
MERCURE
Le P. Jean Alau .
Carmes Déchauffez
François Joſeph deChriſt.
Cordeliers.
Le P. Jacques Boldas.
Le P. N. Coll. ىلع
Grands Augustins.
Le P. Maître Diegue Florenza.
Le P. Maître Antoine Recorda.
(
GALANT.
133
Le P. Maître Laurent
Dalmau.
Trinitaires Déchauſſez
Le P. André de ſaint
Pierre.
Le P. Joſeph de la Mere
de Dieu.
De la Mercy.
Le P. Sauveur Folia.
Le P. Jean Vilar .
Le P. Pinille.
Le P. Cuenta.
A
Le P. Arnault, Arragon
nois.
134 MERCURE
Le P. Raphael N. Valencien.
lan.
Le P. N. Caſtro , Caſtil-
Jefuites.
Le P. Gerard Marzille ,
ci - devant Vice - Provinc
cial.
Le P. Dominique Naveſque,
Receveur du grand
College dit de Betlheem.
Le P. Philippe Elanes.
Le P. Jacques Corxet.
Le P. Gregoire Auharri ,
Arragonnois.
GALANT.
135
Le Frere Sall , Majorquin.
Ils eurent tous ordre de
fortir de Barcelonne dans
vingt-quatre heures , & de
tous les Eftats d'Eſpagne
dans huit jours.
Quelques-uns prirent par
mer la route d'Italie ; plu-
✓ ſieurs paſſerent par le Rouffillon.
On leur permit d'abord
trois jours de ſéjour
dans Perpignan , ou M. l'Evêque
défendit qu'on leur
laiſsât dire la Meffe. En-
4
ſuite M. l'Intendant fit publier
une défenſe d'en re-
?
136 MERCURE "
cevoir aucun fans avertir ,
& de le garder plus de
vingt quatre heures. Il permit
pourtant deux fois
vingt - quatre heures pour
les Religieux.
Quelques uns débarquerent
à Collioure : mais on
les obligea de ſe rembarquer
auflitôt en des barques
Genoiſes qui les por
toient , avec leſquelles on
leur a fait prendre la route
d'Italie.
Don N. Sola & Comes ,
Comte de Koque Marti ,
Chanoine de Tolede , ( on
ne
i
GALANT.A
137
ne ſçait pas fi c'eſt le mê
me que l'on trouve dans
la liſte ſous le nom deDon
Antoine Sola) arriva àVillefranche,
Capitale duConflans
en Rouffillon , avec
fes paſſeports du Marquis
de Lede , Gouverneur de
Barcelonne , qui lui permettoit
d'aller à Villefranche
: mais comme ce pafſeport
portoit qu'il étoit
banni de la Monarchie
d'Eſpagne , le Gouverneur
de la place envoya vîte ce
paffeport à Monfieur l'Intendant
, qui ordonna de
Νου. 1714. M
138 MERCURE
le faire fortir inceſſamment
de toute l'étenduë de fon
Intendance. api iwego
On dit que ce n'eſt là
qu'une premiere purgation
faite de la Catalogne ,
&qu'on en fera encoreune
plus forte.
On deſarme tout le pays.
Majorque ne dit encore
rien ; Monfieur le Maré
chal y a envoyé Monfieur
d'Adoncourt , Aide - Major
deſon armée , pour s'aboucher
avec le Gouverneur
& les principaux de cette
Mе.
des Religieux bannis à perpetuité
de Barcelonne &
de Catalogne , avec défense
d'entrer jamais dans
aucuns des Estats de la domination
de Sa Majesté
Catholique , par ordre de
Monsieur le Maréchal de
Bervvik du deux Septembre
1714.
De la Cathedrale de Barcelonne.
Le Docteur Thomas
Elorens , ſoy-diſant Chancelier
de Catalogne.
Liij
126 MERCURE
Le Docteur Joſeph Rifos
, Chanoine , & Grand
Vicaire du Dioceſe.
André Fox , Chanoine ,
& fon Coadjuteur.
N. Barata , Chanoine &
Docteur .
Le Docteur N. Figaro ,
Beneficier de la Cathedrale
, Prieur de l'Hôpital de
la Mifericorde.
Le Docteur Maurice Andreu
, Beneficier de la Cathedrale.
Vincent Carcazez , idem .
GALANT. 127
De l'Eglise Paroiffe dite
de Pine
Michel Busquets , Vicaire.
Le Docteur François
Galvanii , Beneficier.
Raymond Roffell , idem.
De l'Eglise Paroiſſe de
Sainte Marie.
:
Le Docteur Estienne Maſcaro
, Vicaire perpetuel ,
( ou Curé ) de cette Eglife.
L iiij
128 MERCURE
Le Docteur Raymond
Padrall.στου 2019
Le Docteur François
Serrat.
Le Docteur Varis.
Le Docteur Antoine
Roig.
Le Docteur Magin Sinio.
Le Docteur François
Goli.
Joſeph Compte.
N. Moleni .
Le Docteur Raymond
Torruella , Vicaire.
Jofeph Canfera , Prê
tre.
Tous Beneficiers de cette Eglife.
GALANT.
129
Joſeph Roig , Prêtre , &
Procureur general de l'Hôpital
general dit de ſainte
Croix.
Le Docteur Don Antoine
Sola.
Le Docteur Joſeph d'Efpreu
, Archidiacre & Chanoine
d'Urgal.
Le Docteur Paul Vinas ,
Chanoine de la même Eglife.
Le Docteur Thomas
Borras, Hofpitalier de Tortofa
Le Docteur André Arbell
, Chanoine de Vich.
130 MERCURE
Ces quatre derniers trouvez
dans Barcelonne ayant
abandonné leurs Eglifes.
Religieux ou vivans en Communauté,
Le Docteur Joſeph Campasi
, Camerier du Monastere
de Gerry , Ordre
de faint Benoît.
De la Miffion.
Le Docteur Joſeph Jofrea
, Superieur du Seminaire
de la Miffion.
GALANT.
131
400 Le P. Jerome Dieran.
Minimes .
Le P. Paul Andrau , Provincial.
Jacobins .
Le P. Maître Thomas
Sabater , l'un des Inquifiteurs.
Grands Carmes.
Le P. Maître François
Battaller.
132
MERCURE
Le P. Jean Alau .
Carmes Déchauffez
François Joſeph deChriſt.
Cordeliers.
Le P. Jacques Boldas.
Le P. N. Coll. ىلع
Grands Augustins.
Le P. Maître Diegue Florenza.
Le P. Maître Antoine Recorda.
(
GALANT.
133
Le P. Maître Laurent
Dalmau.
Trinitaires Déchauſſez
Le P. André de ſaint
Pierre.
Le P. Joſeph de la Mere
de Dieu.
De la Mercy.
Le P. Sauveur Folia.
Le P. Jean Vilar .
Le P. Pinille.
Le P. Cuenta.
A
Le P. Arnault, Arragon
nois.
134 MERCURE
Le P. Raphael N. Valencien.
lan.
Le P. N. Caſtro , Caſtil-
Jefuites.
Le P. Gerard Marzille ,
ci - devant Vice - Provinc
cial.
Le P. Dominique Naveſque,
Receveur du grand
College dit de Betlheem.
Le P. Philippe Elanes.
Le P. Jacques Corxet.
Le P. Gregoire Auharri ,
Arragonnois.
GALANT.
135
Le Frere Sall , Majorquin.
Ils eurent tous ordre de
fortir de Barcelonne dans
vingt-quatre heures , & de
tous les Eftats d'Eſpagne
dans huit jours.
Quelques-uns prirent par
mer la route d'Italie ; plu-
✓ ſieurs paſſerent par le Rouffillon.
On leur permit d'abord
trois jours de ſéjour
dans Perpignan , ou M. l'Evêque
défendit qu'on leur
laiſsât dire la Meffe. En-
4
ſuite M. l'Intendant fit publier
une défenſe d'en re-
?
136 MERCURE "
cevoir aucun fans avertir ,
& de le garder plus de
vingt quatre heures. Il permit
pourtant deux fois
vingt - quatre heures pour
les Religieux.
Quelques uns débarquerent
à Collioure : mais on
les obligea de ſe rembarquer
auflitôt en des barques
Genoiſes qui les por
toient , avec leſquelles on
leur a fait prendre la route
d'Italie.
Don N. Sola & Comes ,
Comte de Koque Marti ,
Chanoine de Tolede , ( on
ne
i
GALANT.A
137
ne ſçait pas fi c'eſt le mê
me que l'on trouve dans
la liſte ſous le nom deDon
Antoine Sola) arriva àVillefranche,
Capitale duConflans
en Rouffillon , avec
fes paſſeports du Marquis
de Lede , Gouverneur de
Barcelonne , qui lui permettoit
d'aller à Villefranche
: mais comme ce pafſeport
portoit qu'il étoit
banni de la Monarchie
d'Eſpagne , le Gouverneur
de la place envoya vîte ce
paffeport à Monfieur l'Intendant
, qui ordonna de
Νου. 1714. M
138 MERCURE
le faire fortir inceſſamment
de toute l'étenduë de fon
Intendance. api iwego
On dit que ce n'eſt là
qu'une premiere purgation
faite de la Catalogne ,
&qu'on en fera encoreune
plus forte.
On deſarme tout le pays.
Majorque ne dit encore
rien ; Monfieur le Maré
chal y a envoyé Monfieur
d'Adoncourt , Aide - Major
deſon armée , pour s'aboucher
avec le Gouverneur
& les principaux de cette
Mе.
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Résumé : Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Le 2 septembre 1714, le Maréchal de Berwick ordonna l'exil perpétuel de plusieurs ecclésiastiques et religieux de Barcelone et de Catalogne, leur interdisant d'entrer dans les États du roi d'Espagne. Cette mesure concernait des membres de la cathédrale de Barcelone, des églises paroissiales, ainsi que divers ordres religieux tels que les Minimes, Jacobins, Grands Carmes, Cordeliers, Grands Augustins, Trinitaires et Jésuites. Les personnes concernées devaient quitter Barcelone dans les vingt-quatre heures et l'Espagne dans les huit jours. Certains ont pris la mer vers l'Italie ou ont traversé le Roussillon. Ils ont été autorisés à séjourner trois jours à Perpignan, mais l'évêque leur interdit de célébrer la messe. L'intendant publia ensuite une défense d'accueillir ces exilés plus de vingt-quatre heures, avec quelques exceptions pour les religieux. Plusieurs furent contraints de se rembarquer à Collioure vers l'Italie. Le document mentionne également l'arrivée de Don N. Sola & Comes à Villefranche, expulsé en raison de son bannissement de la monarchie espagnole. Cette purge est présentée comme une première étape, avec des actions similaires prévues pour Majorque. Par ailleurs, le pays était en cours de désarmement.
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4
p. 316-320
PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Début :
Le 18. de ce mois M. de l'Escorailles fut reçû dans l'Eglise / On est obligé d'aller à la Guerre contre les ennemis de [...]
Mots clefs :
Obligations, Chevaliers, Ecclésiastiques, Statuts, Notre-Dame du Mont-Carmel, Bulles des papes
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texteReconnaissance textuelle : PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Le 18. de ce mois M. de
l'Eſcorailles fut reçû dans l'Egliſe
de l'Abbaye de S. Germain
des Prez,Chevalier de S.
Lazare par M le Marquis de
Dangeau Grand Maistre de
cet Ordre , dont voicy les
Obligations & les Statuts.
GALANT. 317
:
PRINCIPALES
Obligations des Chevaliers ,
desEcclefiaftiques , &des Freres
Servans de l'Ordre Royal,
Hospitalier , e Militaire de
Noftre-DamedeMont-Carmel
, & de S. Lazare ,fui
vant les Bulles desPapes,
les Statuts de l'Ordre.
On est obligé d'aller à la
Guerre contre les ennemis de
la Foy , & de la Religion Catholique
, lorſqu'il eſt commandé
par le Roy ouleGrand
Maiſtre .
Ddüj
18 MERCURE
On doitgarder 1 Hofpitalité
envers les pauvres lépreux.
On doit dire tous les jours
le petit Office de Noſtre-Dame
à l'uſage de l'Ordre , ou
laCouronne de la Vierge.
Ondoit faire abſtinence de
viande tous les Mecredis de
chaque Semaine , & entendre
la Meſſe tous les Samedis.
On doit ſe confeffer , &
communier les Feſtes de la
Vierge , & particulierement
le jour de Noſtre-Dame de
Mont Carmel.
On ne peut le marier que
deux fois ,& l'on peut époufer
GALANT. 319
une des deux fois une veuve.
On est obligé de porter une
Croix d'or aux Emaux de
l'Ordre, attachée àunCordon
amarante ,& les Freres Servans
une Medaille aux mêmes
Emaux, attachée à une chaî
ne , & fans rubans.
Un des principaux Privileges
de l'Ordre eſt que les
les Chevaliers&Freres , quoique
matiez & non tonfurez ,
peuvent avoir , & tenir des
Penſions fur toute forte de
Benefices à l'exception des
Cures , juſqu'à mille Ducats
d'or dela Chambre Apofto,
Dd iiij
*
320 MERCURE
lique , évaluez environ à fix
mil livres monnoyedeFrance.
Ces Devoirs & Obligations
n'engagent point les Chevaliers
, les Eccleſiaſtiques , &
les Freres Servans ſur peine
de peché mortel , le Grand-
Maiſtre les en peut diſpenſer.
M. d'Eſcorailles eſt d'une
Maiſon des plus anciennes &
des mieux alliées de la Provin.
ce d'Auvergne , dont eſtoit
feuë Madame la Ducheſſe de
Fontange.
l'Eſcorailles fut reçû dans l'Egliſe
de l'Abbaye de S. Germain
des Prez,Chevalier de S.
Lazare par M le Marquis de
Dangeau Grand Maistre de
cet Ordre , dont voicy les
Obligations & les Statuts.
GALANT. 317
:
PRINCIPALES
Obligations des Chevaliers ,
desEcclefiaftiques , &des Freres
Servans de l'Ordre Royal,
Hospitalier , e Militaire de
Noftre-DamedeMont-Carmel
, & de S. Lazare ,fui
vant les Bulles desPapes,
les Statuts de l'Ordre.
On est obligé d'aller à la
Guerre contre les ennemis de
la Foy , & de la Religion Catholique
, lorſqu'il eſt commandé
par le Roy ouleGrand
Maiſtre .
Ddüj
18 MERCURE
On doitgarder 1 Hofpitalité
envers les pauvres lépreux.
On doit dire tous les jours
le petit Office de Noſtre-Dame
à l'uſage de l'Ordre , ou
laCouronne de la Vierge.
Ondoit faire abſtinence de
viande tous les Mecredis de
chaque Semaine , & entendre
la Meſſe tous les Samedis.
On doit ſe confeffer , &
communier les Feſtes de la
Vierge , & particulierement
le jour de Noſtre-Dame de
Mont Carmel.
On ne peut le marier que
deux fois ,& l'on peut époufer
GALANT. 319
une des deux fois une veuve.
On est obligé de porter une
Croix d'or aux Emaux de
l'Ordre, attachée àunCordon
amarante ,& les Freres Servans
une Medaille aux mêmes
Emaux, attachée à une chaî
ne , & fans rubans.
Un des principaux Privileges
de l'Ordre eſt que les
les Chevaliers&Freres , quoique
matiez & non tonfurez ,
peuvent avoir , & tenir des
Penſions fur toute forte de
Benefices à l'exception des
Cures , juſqu'à mille Ducats
d'or dela Chambre Apofto,
Dd iiij
*
320 MERCURE
lique , évaluez environ à fix
mil livres monnoyedeFrance.
Ces Devoirs & Obligations
n'engagent point les Chevaliers
, les Eccleſiaſtiques , &
les Freres Servans ſur peine
de peché mortel , le Grand-
Maiſtre les en peut diſpenſer.
M. d'Eſcorailles eſt d'une
Maiſon des plus anciennes &
des mieux alliées de la Provin.
ce d'Auvergne , dont eſtoit
feuë Madame la Ducheſſe de
Fontange.
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Résumé : PRINCIPALES Obligations des Chevaliers, des Ecclesiastiques, & des Freres Servans de l'Ordre Royal, Hospitalier, & Militaire de Nostre-Dame de Mont-Carmel, & de S. Lazare, suivant les Bulles des Papes, & les Statuts de l'Ordre.
Le 18 du mois, Monsieur de l'Escorailles a été accueilli dans l'Église de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés comme Chevalier de Saint-Lazare par le Marquis de Dangeau, Grand Maître de cet Ordre. Les obligations de l'Ordre Royal, Hospitalier et Militaire de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare ont été exposées. Elles incluent la participation à la guerre contre les ennemis de la foi catholique sur ordre du roi ou du Grand Maître, l'accueil des pauvres lépreux, la récitation quotidienne du petit office de Notre-Dame ou de la Couronne de la Vierge, l'abstinence de viande les mercredis, l'assistance à la messe les samedis, et la confession ainsi que la communion lors des fêtes de la Vierge, notamment le jour de Notre-Dame du Mont-Carmel. Les chevaliers peuvent se marier jusqu'à deux fois, avec la possibilité d'épouser une veuve une seule fois. Ils doivent porter une croix d'or aux émaux de l'Ordre attachée à un cordon amarante, tandis que les frères servants portent une médaille similaire attachée à une chaîne sans rubans. Un privilège notable est la possibilité pour les chevaliers et frères, même mariés et non tonsurés, de recevoir des pensions sur divers bénéfices, sauf les cures, jusqu'à mille ducats d'or de la Chambre Apostolique, évalués à environ six mille livres monnaie de France. Ces devoirs n'engagent pas les membres sur peine de péché mortel, le Grand Maître pouvant les en dispenser. Monsieur de l'Escorailles appartient à une des maisons les plus anciennes et bien alliées de la province d'Auvergne, dont faisait partie feu Madame la Duchesse de Fontange.
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5
p. 474-487
LETTRE. DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS. AU ROY.
Début :
SIRE, Je crois devoir à VOTRE MAJESTÉ un compte [...]
Mots clefs :
Archevêque de Paris, Curé, Sa Majesté, Constitution, Église, Doctrine de l'Église, Ecclésiastiques, Ordonnance, Ministres
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE. DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS. AU ROY.
LETTRE.
***
DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS,
A U ROY
SIRE,
Je crois devoir à VOTRE MAJESTE' un compte
exact de la fituation où j'ai trouvé le Diocèle
de Paris , par rapport aux malheureuſes
conteftations qui affligent l'Eglife de France , de
la conduite que j'ai tenue jufqu'à prefent , pour
ramener les efprits & des mouvemens qui fe font
encore aujourd'hui pour empêcher le bien que
je cherche à y procurer . L'interêt de la Religion
étroitement lié avec celui de l'Etat , exige de l'Evêque
de la Capitale de votre Royaume , SIRE ,
qu'il vous inftruiſe de toutes fes démarches ; & à
qui d'ailleurs pourrois-je mieux expofer mes inquiétudes
& mes peines qu'à un Roi qui aime l'Eglife
, qui protege d'une maniere éclatante les
Miniftres de Jefus- Chrift , & qui en me faiſant
P'honneur de me nommer à la place importante
que j'occupe , m'a promis tous les fecours dont
j'aurois befoin.
Perfonne n'ignore que les Adverfaires de la
Conftitution Unigenitus , n'ont rien négligé pour
révolter les Fideles de la Ville de Paris contre ce
Jugement Apoftolique : on y a répandu des Libelles
fans nombre & de toutes efpeces pour rendre
odieuſe la puiffance dont la Bulle eft émanée,
& mêprifables ceux qui lui étoient foumis. Cet
attaMARS.
1720. 475
attachement fidele pour la Chaire de S. Pierre , ce
refpect filial pour le Vicaire de Jefus -Chrift fur
la terre , qui diftingue l'Eglife Catholique de toutes
les Sectes des Schifmatiques & des Heretiques,
s'eft infenfiblement affoibli ; le fecond Ordre s'eft .
nourri dans des principes contraires à la dépendance
& à la fubordination où il doit être ; de
fimples Fideles fe font accoûtumez à juger les
Juges de la Foi , & à oppofer leurs propres idées
aux décifions du Pape & des Evêques ; telle étoit
la difpofition d'un grand nombre de perfonnes
SIRE, lorfque je pris poffeffion de l'Archevêché
de Paris.
A la vue de ces defordres fi affligeants pour
ceux qui aiment la Religion , & dont le feul récit
coûte infiniment à mon coeur , j'ai été perſuadé ,
que la précipitation ne feroit qu'irriter le mal , &
que des préventions invéterées ne pouvoient être.
gueries que par la charité , par la patience & par,
P'inftruction
Dieu a beni mes premiers foins ; le Chapitre
de mon Eglife Métropolitaine s'eft uni d'abord à
moi , en adherant au Mandement de mon Prédeceffeur
pour l'acceptation de la Conftitution Unigenius
, ce qui me donna d'autant plus de confolation
, qu'il y avoit lieu d'efperer que l'exemple
du premier Corps Ecclefiaftique du Diocèfe
& d'un Corps eftimable par fes lumieres & par
fa capacité , infpireroit au refte du Clergé les
fentimens de foumiffion & de docilité que j'en
devois attendre ; quelques autres en effet ſuivirent
cet exemple , & je reçûs dès -lors de la part de
plufieurs Particuliers , des déclarations précifes
& formelles de leur obéiffance.
Dieu qui vouloit m'éprouver , n'a pas permis
que ma joye fut pleine & entiere , peu de jours
après la déclaration du Chapitre de mon Eglife
Ciij Mé176
MERCURE DE FRANCE.
Métropolitaine , cinq Curez de Paris mé préfens
terent une Lettre avec une Requête fignée d'eux
& de vingt de leurs Confreres , tant de la Ville
que de la Banlieue. Je remarquai d'abord dans cette
démarche une affociation d'Ecclefiaftiques qui ne
font point corps , & qui ne doivent s'affembler
qu'avec leur Archevêque & par fes ordres ; affociation
défenduë par d'anciens Arrêts
que Vo-
TRE MAJESTE' a renouvellez à l'occafion de pareils
mouvemens qui fe firent en 1728. mais
lorfque j'eus i la Lettre & la Requête , ma furprife
& mon étonnement redoublerent .
Je n'avois encore rien fait , SIRE , qui pût don
ner le moindre prétexte aux efprits inquiets d'allarmer
les Peuples ; mon Ordonnance pour l'acceptation
de la Bulle Unigenitus & mon Mandement
pour le renouvellement des Pouvoirs , n'avoient
pas même encore parû , cependant dans la
Lettre dont je viens de parler , ceux qui l'avoient
foufcrite me difoient : que fur des bruits qui fe
repandoient dans le Públic , ils craignoient que
livré aux fuggeftions importunes des personnes
prévenues, & qui ne refpirent que le trouble, je
ne retiraffe les pouvoirs de precher & de confeßer
à une multitude de dignes Miniftres qui travaillent
avec édification dans cette Ville , genera
lement estimez des Peuples qu'ils conduisent
dans la voye du Salut , & des Curez qu'ils foutagent
dans leurs fonctions .
Ils faifoient enfuite entendre quej'allois fubftituer
à ces Miniftres fideles de mauvais fujets
qui refuferoient les Sacremens aux plus faintes
ames , & qui les accorderoient aux pécheurs les
moins préparez que par cette conduite au lieu
du faint concert qui regnoit dans les Paroiffes ,
fallois y mettre le trouble & la divifion , allu
mer le feu du Schifme , & donner occafion aux
libertins
MAR S. 1730. 477
libertins & aux impies de s'affermir dans l'ir
religion.
Un Evêque , SIRE , qui feroit capable de faire
un uſage fi pernicieux de l'autorité qu'il a reçûë
de Jefus- Chrift , ne feroit pas un Paſteur , mais
un loup raviffant, qui, loin d'être occupé des befoins
de fon troupeau , ne penferoit qu'à le ravager.
Comment des Curez ont- ils pû concevoir
une idée fi defavantageufe de leur Archevêque ,
qui ne faifoit que d'entrer dans l'exercice de fon
miniftere , & que l'honneur qu'il avoit d'être
choiſi recemment par VOTRE MAJESTE' devoit
mettre à couvert de pareils foupçons ? Vouloientils
à quelque prix que ce fût, & fans vouloir gar
રે
der même les moindres bienfeances , me décre
diter , m'ôter l'eftime & la confiance des peuples
& me rendre odieux à tout mon Diocèfe ?
La Lettre des vingt-cinq Curez n'étoit pas feu
lement injurieufe à leur Archevêque , elle étoit
encore outrageante pour l'Eglife , par la maniere
dont elle s'expliquoit fur la Conftitution Unige
nitus : ils y reconnoiffoient que ces Miniftres
dont ils avoient fait l'éloge , refufent d'accepter
La Conftitution qui eft , difoient-ils , déferée &
l'Eglife ; & ils ajoûtoient : Sur ce point la canfe
de ces Ecclefiaftiques est la nôtre , ou plutôt
c'est la caufe de la Morale Chrétienne , de la
doctrine de l'Eglife , du langage des S S. Peres &
des Libertex de l'Eglife Gallicane.
Si la Conftitution eft le renversement de la
Morale Chrétienne , de la Doctrine de l'Eglife ,
du langage des Saints Peres & des Libertez de
l'Eglife Gallicane , comme le font entendre ces
vingt-cinq Curez, trois Papes confécutifs qui ont
fait éclater leur zèle pour l'obſervation de la Conftitution
; tous les Evêques de France qui à quatre
ou cinq près , l'ont unanimement acceptée ; ceux
C iiij
des
478 MERCURE DE FRANCE:
des autres Etats , qui fans en excepter un feuf,
y adherent , font donc des prévaricateurs qui
ont trahi & abandonné la verité pour embraffer
& pour foutenir un Decret favorable à l'erreur.
Dans quel état feroit l'Eglife de Jefus- Chrift fi
la verité détruite & ouvertement attaquée par le
Corps des Paſteurs unis à leur Chef , n'avoit plus
pour défenfeurs que quatre ou cinq Evêques ?
les promeffes de Jefus- Chrift , qui a fi pofitivement
déclaré qu'il feroit avec les Apôtres &
leurs fucceffeurs tous les jours jufquà la confommation
du fiecle , feroit fans effet ; les portes
de l'Enfer auroient prévalu contre l'Eglife ; l'autorité
infaillible de cette Epoufe de Jefus-Chrift ,
qui eft toute la fûreté & toute la confolation des
Fideles , fa perpetuelle vifibilité qui l'a fait reconnoître
entre les differentes Communions qui
s'en font féparées , feroient anéanties ; les premiers
Pafteurs ayant le Pape à leur tête ne feroient
plus des guides furs , il faudroit leur préferer fes
propres lumieres & fon efprit particulier ; les
peuples feroient enfin réduits à cette difcuffion
qui leur eft impoffible & qui a plongé les Proteftants
dans un grand nombre d'abſurditez &
d'égalements.
Quant à la Requête qui étoit jointe à la Lettre,
ces mêmes Curez cherchant à fe maintenir dans
la poffeffion qu'ils avoient prétendu ufurper depuis
quelques années de fervir de guides & de
conducteurs à leur Archevêque , excitoient mon
zele pour le fervice de VOTRE MAJESTE' , & me
traçoient avec hauteur la route que je devois
fuivre , avis d'autant plus mal placez que mon
zele n'aura jamais befoin d'être animé , quand il
s'agira de défendre vos droits , SIRE , & de l'indépendance
de votre Couronne ; remontrances qui
convenoient d'autant moins dans la bouche de
ceux
MAR S. 1730. 479.
ceux qui les faifoient , qu'ils contrevenoient formellement
à vos ordres , & qu'ils faifoient des
démarches expreffément condamnées par vos Déclarations
& par vos Arrêts , en même temps
qu'ils vouloient fe donner pour les défenfeurs de
votre autorité.
J'étois en droit , SIRE , de proceder juridi
quement contre ceux qui en avoient ufé avec
moi d'une maniere fi répréhenfible , fur tout
après que leur Lettre a été rendue publique ; je
pouvois regarder ce qu'ils avoient avancé contre la
Bulle comme une contravention manifefte à la Déclaration
du mois d'Août 1720. & les faire punir
fuivant la rigueur des Loix ; mais retenu par les
fentimens de modération & de charité qui font
gravez dans mon coeur , & qui font affez connus
de ceux avec lefquels j'ai vécu , je ne crus pas alors
devoir me fervir de l'autorité qui eft entre mes
mains , encore moins implorer celle de VOTRE
MAJESTE'.
Prêt à publier mon Inftruction Paſtorale fur la
Conftitution Unigenitus , pour diffiper , comme
mon Prédeceffeur l'avoit promis , les doutes &
les fcrupules de ceux qui avoient encore befoin
d'être éclairez fur une matiere fi importante ,
j'efperois que l'expofition que j'y devois faire de
la Doctrine de la Bulle , defabuferoit les efprits les
plus prévenus , & que les principes inconteftablesfur
l'autorité de la Conftitution qui y feroient
établis , détermineroient tous ceux qui refpectent
l'Eglife à fe foumettre au Decret Apoftolique.
Je me contentai donc de mander les cinq Curez
qui m'avoient apporté la Lettre & la Requête , je
leur réprefentai leur faute avec tout le ménagement
poffible; je leur fis les reproches qu'ils méritoient
fur leur affociation , contraire aux Loix de
l'Etat , & d'autant moins convenable , qu'ils fçavoient
C.v
480 MERCURE DE FRANCE :
voient que ma porte leur étoit toûjours ouverte ,
pour écouter ce que chacun d'eux en particulier
voudroit me repreſenter fur l'état de få Paroiffe ;
je leur fis fentir combien leur Lettre m'étoit injurieufe
& à l'Eglife même , je leur parlai de ma
niere à leur faire connoître que les maximes du
Royaume m'étoient auffi précieufes qu'elles le leur
pouvoient être ; je n'omis rien enfin pour les engager
à rentrer en eux-mêmes & à faire de férieufes
reflexions fur leurs fentimens & fur leur conduite.
Quelque temps après cet évenement , SIRE , jet
publiai mon Inftruction Paftorale fur la Conftitution
Unigenitus : j'eus la fatisfaction
que
plufieurs Ecclefiaftiques & differens Corps (a )
touchez & éclairez par cet ouvrage de paix & de
verité , ouvrirent les yeux & defabufez de leurspréventions,
vinrent me déclarer qu'ils obéiffoient.
avec docilité au Decret Apoftolique , quelquesuns
même des Curez , qui avoient figné la Lettre,,
ré racterent leur fignature en fe foumettant plei
nement à mon Ordonnance ; & j'ai été informé
que dans differens Diocèfes cette Inftruction avoit
eu le même fuccès.
A la fin du mois d'Octobre je donnai mon
Mandement pour le renouvellement des pouvoirs.
de prêcher & de confeffer ; je fixai le terme de:
quatre mois pour les Prêtres Séculiers & Reguliers
de la Ville & de la Banlieuë de Paris , pendant
lefquels tous les Confeffeurs feroient obligez
de fe préfenter devant les Examinateurs que je
choifis pour ce difcernement important ; & à l'égard
des Prêtres de la Campagne , afin de ne les
point obliger de venir à la Ville pendant la ri
(a) Les Dominicains, les Carmes , les Prémon
les Doctrinaires. trez
gueur
MARS . 1730. 481
gueur de l'Hyver , je remis cet examen au temps
de l'Eté. En publiant ce Mandement j'avois fuivi
ce que mon Prédeceffeur avoit fait à fon avenement
à l'Archevêché de Paris ; ce que j'avois fait
moi - même à Marſeille & à Aix , & ce que tout
Evêque obferve ordinairement pour connoître les
moeurs , les talens & la Doctrine de ceux à qui il
confie le miniftere le plus redoutable & le plus
faint que des hommes puiffent exercer ; je ne pouvois
d'ailleurs ignorer qu'il y avoit dans lesParoiffes
de Paris & dans celles de la Campagne , un certain
nombre de Prêtres étrangers renvoyez de
leurs Diocèfes, ou qui s'en étoient eux-mêmes
éloignez pour fe fouftraire à l'obéiffance qu'ils
dévoient à leur Evêque , nouveau motif qui m'obligeoit
à prendre des précautions dans le commencement
de mon Epifcopat , pour le choix de
ceux qui devoient travailler fous mes ordres.
Ces Ordonnances , quelques neceffaires , quelques
fages , quelques moderées qu'elles fuffent
n'étoient pas du gout des Adverfaires de la
Bulle : il n'en a pas fallu davantage pour qu'à
cette occafion il fe foit élevé un orage contre
moi ; on a répandu contre mon Inftruction dif
ferents libelles anonymes , dans lefquels on a attaqué
ma doctrine , & on s'eft attaché à repré→
fenter ma moderation même , comme un piege
dont il falloit fe garantir ; on s'eft appliqué à indifpofer
dans plufieurs Paroiffes & dans plufieurs
Communautez les Prédicateurs & les Confeffeurs,
on a répandu les bruits les plus faux fur la ma
niere dont fe paffoient les Examens de l'Archevêché
; on a détourné plufieurs Ecclefiaftiques d'y
venir , dans l'idée de faire manquer le Service des
Paroiffes , de m'en rendre refponfable, & de foulever
les peuples en leur perfuadant que je voulois
leur ôter les Miniftres aufquels ils avoient
Cvj con482
MERCURE DE FRANCE :
1
confiance ; & fur un fi grand nombre de Prêtres
aufquels on continuoit les pouvoirs , il s'en trouvoit
un ou deux que l'on refufàt par incapacité
ou par mauvaiſe doctrine , le bruit de ces
interdits
étoit auffi -tôt publié & exageré dans tout
Paris , les Examinateurs repréfentez comme des
hommes durs & fans lumieres , qui excluoient du
miniftere tous ceux qui étoient les plus capables
de l'exercer ; malignité d'autant plus grande,
que depuis que je fuis en place , SIRE , j'ai renouvellé
les pouvoirs à plus de mille quatre-vingt
Confeffeurs , & qu'il n'y en a que trente qui
foient interdits ; ( a ) de ces trente quelques-uns
ont fait des Sermons fi féditieux , que les Magiftrats
n'auroient pû s'empêcher de les punir , s'ils.
en avoient éû connoiffance ; il y en a d'autres
qui ne font venus aux Examens que pour y déclarer
avec arrogance , qu'ils refufoient d'obeïr à
la Conftitution & à mon Ordonnance , pour faire
eux-mêmes l'énumeration des actes de défobéïffance
qu'ils avoient fignez , & pour affurer qu'ils
y perfiftoient ; quelques autres font connus dans
le public comme des Chefs de parti , qui n'infpirent
que la défobéiffance à l'Eglife & le mépris.
des Puiffances. que Dieu a établies ; il s'en eft trouvé
enfin , qui par rapport à leur incapacité & à
leurs, moeurs ,. ne devoient pas être employez.
Si on n'avoit répandu que des Libelles anonymes
, qui par ce titre feul , portent un caractere
de réprobation , fi je n'avois eû à me plaindre
que de brigues fourdes , que de difcours vagues ,,
que de mouvements fecrets de gens fans aveu ,
j'aurois été bien éloigné d'en importuner VOTRE
(a) S'il y en a d'autres qui foient fans pou
voirs , c'est qu'ils ne fe font pas prefenté aux
Examens pour les faire renouveller.
MA
MARS. 17307 48.
MAJESTE'. Il y a trop long-temps que je fuis
dans le Miniftere Ecclefiaftique , pour ne pas fçavoir
qu'un Evêque doit méprifer ces fortes d'écarts
; mais ce que je ne vous puis cacher , SIRE ,
& ce qui m'attrifte profondément , c'eft que ces
mêmes Curez qui m'avoient écrit la Lettre dont
j'ai eu l'honneur de vous parler , & que j'avois efperé
de ramener par ma modération & par mes
exhortations charitables , n'ont pas craint de m'écrire
une feconde Lettre le 29. Décembre dernier
, & de m'envoyer un Memoire contre mon
Inftruction Paftorale.
Dans cette nouvelle Lettre on m'attaque encore
fur le nombre des Confeffeurs que j'ai interdits
on dit
que le Troupeau va être privé de tous
fes dignes Miniftres , & qu'il fera livré dé
formais à des guides aveugles & relâchez ; on
dépeint la Ville de Paris , cette Ville d'une rare
beauté & qui faifoit l'admiration de toute la
la terre, comme couverte d'afflictions & de ténebres
, & l'on fait entendre que les Peuples de
votre Capitale font dans une confternation generale.
Mais , SIRE , qu'il me foit permis de
répréfenter à VOTRE MAJESTE' quel eft le principe
de toute cette déclamation ? Il s'agit uniquement
, comme j'ai eu l'honneur de vous le faire
obferver de trente Confeffeurs interdits , encore:
même parmi les Curez qui s'en plaignent , il y
en a plufieurs qui n'y ont point d'interêts , les
uns font feuls dans leurs Paroiffes , ( a ) les autres
n'ont qu'un ou deux Ecclefiaftiques qui ne font
point du nombre de ceux aufquels on n'a pas jugé
à propos de renouveller les pouvoirs ; (b) où
( a ) Les Gurez de fainte Marine & de faint
Jean le Rond.
(b) Les Curez du Roule , de Montmartre , de
la Vilette , de la Chapelle & de Conflans.
voit484
MERCURE DE FRANCE .
Voit-on auffi cette prétendue confternation que
F'on fait tant valoir ? Elle ne fe trouve que dans
ceux qui la publient & qui cherchent à l'exciter
par des écrits & par des difcours remplis de calomnies
& d'artifices. *
En fut-il jamais un plus marqué , SIRE , que
l'attention avec laquelle les Auteurs de la Lettre
s'efforcent d'exciter la compaffion des riches en
faveur des Écclefiaftiques qui n'auront plus le
pouvoir de confeffer ? Ils les repréfentent comme
s'ils alloient être réduits à la mendicité ; le miniſtere
de la pénitence , ce miniſtere ſi faint , qui
doit être exercé avec des vûës fi pures & fi defintereffées
, peut-il donc jamais être une reffource
à l'indigence ? Mais ce qui eft de plus criminel
& ce qui pourroit devenir plus dangereux , c'eft
que dans cette même Lettre , dont les copies font
déja répanduës à Paris , & qui fera bientôt imprimée
comme la premiere , on cherche à intereffer
les pauvres en leur annonçant que
les aumônes
qui leur étoient deſtinées , vont être portées
aux Ecclefiaftiques privez de leurs fonctions;
à quoi peut tendre un pareil difcours , finon á
perfuader à ceux qui font dans le befoin , qu'ils
ne doivent plus s'attendre aux fecours qu'ils recevoient
, & que c'eft leur Archevêque qui fait:
tarir les fources fur lefquelles ils peuvent compter?
Le Memoire des Curez n'eft pas plus mefuré
leur Lettre , c'eſt une fatyre & une invective que
* Nota. Qu'avant la feconde Lettre des Curez
à M. l'Archevêque , il y avoit plusieurs
grandes Paroiffes où il n'y avoit aucun Prétre
d'interdit ,fçavoir , de S. Jean , de S. Gervais ,
de S. Roch , de S. Etienne du Mont , de S. Médard
fainte Marguerite ; à faint Germain
de l'Auxerrois un feul .
pleine
MARS. 1730. 485
pleine d'aigreur & de fauffetez contre la Conftitution
Unigenitus , contre mon Inftruction Paftorale
; je refpecte trop les momens de VOTRE
MAJESTE' , pour lui faire un long détail de cette
piece ; il me fuffit de lui remontrer qu'il n'y a
pas un article de mon Inftruction qui n'y foit
attaqué , foit par des ironies picquantes , foit par
des critiques témeraires ; toutes les expreflions de
mon Mandement pour le renouvellement des
pouvoirs , y font tournées avec malignité & condamnées
avec indécence ; les Curez ne s'y font
pas bornez à attaquer l'Ordonnance & le Mandement
que j'ai publiez depuis que je fuis Archevêque
de Paris , ils ont été rechercher une Cenfure
que je fus obligé de faire à Aix contre de
mauvaifes propofitions qu'un Profeffeur en Théologie
avoit avancées ; cenfure à laquelle le Profeffeur
fe foumit , qui ne fut contredite , ni dansle
Diocèfe d'Aix , ni dans l'Eglife de France , &
que les Curez tronquent & défigurent dans leur
Memoire pour la rendre odieufe.
Je ne crois pas, SIRE , qu'on ait jamais vu dans
P'Eglife un exemple d'une pareille révolte du fecond
ordre contre le premier , ni qu'on ait jamais
pouffé plus loin l'efprit d'indépendance & le
renversement de la fubordination la plus effentielle
..
Les Auteurs de la Lettre & du Memoire fe
déclarent mes cooperateurs dans le droit d'enſeigner
& de juger de la Doctrine ; pleins de ces
prétentions chimeriques , ils élevent autel contre
autel ; ils érigent un Tribunal fuperieur au mien ;
c'eft là où mon Ordonnance eft examinée ; ils ne
craignent point d'enſeigner ouvertement une doctrine
contraire à la mienne , & de profcrire celle que
j'ai crû devoir prefenter à mon Diocèfe ; d'autant
plus coupables que ce que j'ai dit dans mon Inf
truction
486 MERCURE DE FRANCE.
truction Paſtorale , je l'ai dit avec le Pape & avec
le Corps des Paſteurs.
Ils devroient cependant fçavoir qu'un Archevêque
en publiant dans fon Diocèſe une Décifion
de l'Eglife , remplit ce que fon Miniſtere exige
de lui ; c'eft aux Evêques à qui Jefus - Chrift a dit
en la perfonne des Apôtres : Allez, enſeignez
toutes les Nations , celui qui vous écoute m'écoute,
& celui qui vous méprise me mépriſe
moi même, c'est à eux que S.Paul dit , en parlant
à Thimothée , confervez le dépôt : les Prêtres
doivent être les premiers à donner l'exemple de
la foumiffion & de l'obéïſſance , & ils doivent
apprendre à tout le Troupeau à refpecter la voix
du premier Paſteur . ´
Après l'expofé que je viens de faire à VOTRE
MAJESTE', elle ne fçauroit douter que je ne connoiffe
toute l'énormité d'une pareille conduite ; je
prévois les fuites funeftes qu'elle peut avoir , je
fens qu'il eft dangereux de la diffimuler , je fçai
même qu'il eft quelquefois neceffaire de faire des
exemples qui puiffent , felon l'Apôtre S. Paul ,
inſpirer une terreur falutaire , je ne puis cependant
encore me réfoudre à punir les coupa→
bles ni à employer ces armes puiffantes quej'ai
en main pour renverser toute hauteur qui s'éleve
contre la fcience de Dieu ; je fupplie Vo-
TRE MAJESTE , de fufpendre les effets de fon
indignation , je veux épuifer les dernieres reffources
de la patience & de la charité ; il n'eſt
pas poffible que ces Ecclefiaftiques ne " reconnoiffent
enfin leur faute, & qu'ils ne réparent par leur
foumiffion le fcandale qu'ils ont donné : je me
flate qu'ils ouvriront les yeux à l'exemple d'un
grand nombre de leurs Confreres , qui blâmant
leur conduite , goutent dans une parfaite obéïffance
à la voix de l'Eglife , cette paix & cette confolation
MARS. 1730. 487
folation qui en font inféparables ; fi cependant
contre mon inclination & contre mon attente
ces Ecclefiaftiques me forcent d'agir en Juge ,
après leur avoir inutilement parlé en Pere , je
ferai mon devoir , SIRE , avec le zele & la fermeté
d'un Evêque , qui après avoir vieilli dane
l'Epiſcopat , n'eft pas venu dans votre Ville Capitale
pour trahir fon miniftere , ni pour le deshonorer
à la fin de fes jours , & j'aurai recours
alors avec confiance à la protection de VOTR
MAJESTE', afin que par un parfait concert des deux
Puiffances du Sacerdoce & de l'Empire , tout ce
qui trouble le bon ordre foit puni felon les voyce
Canoniques & Civiles. Je fuis avec le plus profond
reſpect ,
ȘIRE ,
DE VOTRE MAJESTE',
Le très-humble , très-obéiffant
& très-fidele ferviteur & fujet,
† CHARLES , Archevêque de Paris.
A Paris , le 8. Fevrier 1730.
***
DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS,
A U ROY
SIRE,
Je crois devoir à VOTRE MAJESTE' un compte
exact de la fituation où j'ai trouvé le Diocèle
de Paris , par rapport aux malheureuſes
conteftations qui affligent l'Eglife de France , de
la conduite que j'ai tenue jufqu'à prefent , pour
ramener les efprits & des mouvemens qui fe font
encore aujourd'hui pour empêcher le bien que
je cherche à y procurer . L'interêt de la Religion
étroitement lié avec celui de l'Etat , exige de l'Evêque
de la Capitale de votre Royaume , SIRE ,
qu'il vous inftruiſe de toutes fes démarches ; & à
qui d'ailleurs pourrois-je mieux expofer mes inquiétudes
& mes peines qu'à un Roi qui aime l'Eglife
, qui protege d'une maniere éclatante les
Miniftres de Jefus- Chrift , & qui en me faiſant
P'honneur de me nommer à la place importante
que j'occupe , m'a promis tous les fecours dont
j'aurois befoin.
Perfonne n'ignore que les Adverfaires de la
Conftitution Unigenitus , n'ont rien négligé pour
révolter les Fideles de la Ville de Paris contre ce
Jugement Apoftolique : on y a répandu des Libelles
fans nombre & de toutes efpeces pour rendre
odieuſe la puiffance dont la Bulle eft émanée,
& mêprifables ceux qui lui étoient foumis. Cet
attaMARS.
1720. 475
attachement fidele pour la Chaire de S. Pierre , ce
refpect filial pour le Vicaire de Jefus -Chrift fur
la terre , qui diftingue l'Eglife Catholique de toutes
les Sectes des Schifmatiques & des Heretiques,
s'eft infenfiblement affoibli ; le fecond Ordre s'eft .
nourri dans des principes contraires à la dépendance
& à la fubordination où il doit être ; de
fimples Fideles fe font accoûtumez à juger les
Juges de la Foi , & à oppofer leurs propres idées
aux décifions du Pape & des Evêques ; telle étoit
la difpofition d'un grand nombre de perfonnes
SIRE, lorfque je pris poffeffion de l'Archevêché
de Paris.
A la vue de ces defordres fi affligeants pour
ceux qui aiment la Religion , & dont le feul récit
coûte infiniment à mon coeur , j'ai été perſuadé ,
que la précipitation ne feroit qu'irriter le mal , &
que des préventions invéterées ne pouvoient être.
gueries que par la charité , par la patience & par,
P'inftruction
Dieu a beni mes premiers foins ; le Chapitre
de mon Eglife Métropolitaine s'eft uni d'abord à
moi , en adherant au Mandement de mon Prédeceffeur
pour l'acceptation de la Conftitution Unigenius
, ce qui me donna d'autant plus de confolation
, qu'il y avoit lieu d'efperer que l'exemple
du premier Corps Ecclefiaftique du Diocèfe
& d'un Corps eftimable par fes lumieres & par
fa capacité , infpireroit au refte du Clergé les
fentimens de foumiffion & de docilité que j'en
devois attendre ; quelques autres en effet ſuivirent
cet exemple , & je reçûs dès -lors de la part de
plufieurs Particuliers , des déclarations précifes
& formelles de leur obéiffance.
Dieu qui vouloit m'éprouver , n'a pas permis
que ma joye fut pleine & entiere , peu de jours
après la déclaration du Chapitre de mon Eglife
Ciij Mé176
MERCURE DE FRANCE.
Métropolitaine , cinq Curez de Paris mé préfens
terent une Lettre avec une Requête fignée d'eux
& de vingt de leurs Confreres , tant de la Ville
que de la Banlieue. Je remarquai d'abord dans cette
démarche une affociation d'Ecclefiaftiques qui ne
font point corps , & qui ne doivent s'affembler
qu'avec leur Archevêque & par fes ordres ; affociation
défenduë par d'anciens Arrêts
que Vo-
TRE MAJESTE' a renouvellez à l'occafion de pareils
mouvemens qui fe firent en 1728. mais
lorfque j'eus i la Lettre & la Requête , ma furprife
& mon étonnement redoublerent .
Je n'avois encore rien fait , SIRE , qui pût don
ner le moindre prétexte aux efprits inquiets d'allarmer
les Peuples ; mon Ordonnance pour l'acceptation
de la Bulle Unigenitus & mon Mandement
pour le renouvellement des Pouvoirs , n'avoient
pas même encore parû , cependant dans la
Lettre dont je viens de parler , ceux qui l'avoient
foufcrite me difoient : que fur des bruits qui fe
repandoient dans le Públic , ils craignoient que
livré aux fuggeftions importunes des personnes
prévenues, & qui ne refpirent que le trouble, je
ne retiraffe les pouvoirs de precher & de confeßer
à une multitude de dignes Miniftres qui travaillent
avec édification dans cette Ville , genera
lement estimez des Peuples qu'ils conduisent
dans la voye du Salut , & des Curez qu'ils foutagent
dans leurs fonctions .
Ils faifoient enfuite entendre quej'allois fubftituer
à ces Miniftres fideles de mauvais fujets
qui refuferoient les Sacremens aux plus faintes
ames , & qui les accorderoient aux pécheurs les
moins préparez que par cette conduite au lieu
du faint concert qui regnoit dans les Paroiffes ,
fallois y mettre le trouble & la divifion , allu
mer le feu du Schifme , & donner occafion aux
libertins
MAR S. 1730. 477
libertins & aux impies de s'affermir dans l'ir
religion.
Un Evêque , SIRE , qui feroit capable de faire
un uſage fi pernicieux de l'autorité qu'il a reçûë
de Jefus- Chrift , ne feroit pas un Paſteur , mais
un loup raviffant, qui, loin d'être occupé des befoins
de fon troupeau , ne penferoit qu'à le ravager.
Comment des Curez ont- ils pû concevoir
une idée fi defavantageufe de leur Archevêque ,
qui ne faifoit que d'entrer dans l'exercice de fon
miniftere , & que l'honneur qu'il avoit d'être
choiſi recemment par VOTRE MAJESTE' devoit
mettre à couvert de pareils foupçons ? Vouloientils
à quelque prix que ce fût, & fans vouloir gar
રે
der même les moindres bienfeances , me décre
diter , m'ôter l'eftime & la confiance des peuples
& me rendre odieux à tout mon Diocèfe ?
La Lettre des vingt-cinq Curez n'étoit pas feu
lement injurieufe à leur Archevêque , elle étoit
encore outrageante pour l'Eglife , par la maniere
dont elle s'expliquoit fur la Conftitution Unige
nitus : ils y reconnoiffoient que ces Miniftres
dont ils avoient fait l'éloge , refufent d'accepter
La Conftitution qui eft , difoient-ils , déferée &
l'Eglife ; & ils ajoûtoient : Sur ce point la canfe
de ces Ecclefiaftiques est la nôtre , ou plutôt
c'est la caufe de la Morale Chrétienne , de la
doctrine de l'Eglife , du langage des S S. Peres &
des Libertex de l'Eglife Gallicane.
Si la Conftitution eft le renversement de la
Morale Chrétienne , de la Doctrine de l'Eglife ,
du langage des Saints Peres & des Libertez de
l'Eglife Gallicane , comme le font entendre ces
vingt-cinq Curez, trois Papes confécutifs qui ont
fait éclater leur zèle pour l'obſervation de la Conftitution
; tous les Evêques de France qui à quatre
ou cinq près , l'ont unanimement acceptée ; ceux
C iiij
des
478 MERCURE DE FRANCE:
des autres Etats , qui fans en excepter un feuf,
y adherent , font donc des prévaricateurs qui
ont trahi & abandonné la verité pour embraffer
& pour foutenir un Decret favorable à l'erreur.
Dans quel état feroit l'Eglife de Jefus- Chrift fi
la verité détruite & ouvertement attaquée par le
Corps des Paſteurs unis à leur Chef , n'avoit plus
pour défenfeurs que quatre ou cinq Evêques ?
les promeffes de Jefus- Chrift , qui a fi pofitivement
déclaré qu'il feroit avec les Apôtres &
leurs fucceffeurs tous les jours jufquà la confommation
du fiecle , feroit fans effet ; les portes
de l'Enfer auroient prévalu contre l'Eglife ; l'autorité
infaillible de cette Epoufe de Jefus-Chrift ,
qui eft toute la fûreté & toute la confolation des
Fideles , fa perpetuelle vifibilité qui l'a fait reconnoître
entre les differentes Communions qui
s'en font féparées , feroient anéanties ; les premiers
Pafteurs ayant le Pape à leur tête ne feroient
plus des guides furs , il faudroit leur préferer fes
propres lumieres & fon efprit particulier ; les
peuples feroient enfin réduits à cette difcuffion
qui leur eft impoffible & qui a plongé les Proteftants
dans un grand nombre d'abſurditez &
d'égalements.
Quant à la Requête qui étoit jointe à la Lettre,
ces mêmes Curez cherchant à fe maintenir dans
la poffeffion qu'ils avoient prétendu ufurper depuis
quelques années de fervir de guides & de
conducteurs à leur Archevêque , excitoient mon
zele pour le fervice de VOTRE MAJESTE' , & me
traçoient avec hauteur la route que je devois
fuivre , avis d'autant plus mal placez que mon
zele n'aura jamais befoin d'être animé , quand il
s'agira de défendre vos droits , SIRE , & de l'indépendance
de votre Couronne ; remontrances qui
convenoient d'autant moins dans la bouche de
ceux
MAR S. 1730. 479.
ceux qui les faifoient , qu'ils contrevenoient formellement
à vos ordres , & qu'ils faifoient des
démarches expreffément condamnées par vos Déclarations
& par vos Arrêts , en même temps
qu'ils vouloient fe donner pour les défenfeurs de
votre autorité.
J'étois en droit , SIRE , de proceder juridi
quement contre ceux qui en avoient ufé avec
moi d'une maniere fi répréhenfible , fur tout
après que leur Lettre a été rendue publique ; je
pouvois regarder ce qu'ils avoient avancé contre la
Bulle comme une contravention manifefte à la Déclaration
du mois d'Août 1720. & les faire punir
fuivant la rigueur des Loix ; mais retenu par les
fentimens de modération & de charité qui font
gravez dans mon coeur , & qui font affez connus
de ceux avec lefquels j'ai vécu , je ne crus pas alors
devoir me fervir de l'autorité qui eft entre mes
mains , encore moins implorer celle de VOTRE
MAJESTE'.
Prêt à publier mon Inftruction Paſtorale fur la
Conftitution Unigenitus , pour diffiper , comme
mon Prédeceffeur l'avoit promis , les doutes &
les fcrupules de ceux qui avoient encore befoin
d'être éclairez fur une matiere fi importante ,
j'efperois que l'expofition que j'y devois faire de
la Doctrine de la Bulle , defabuferoit les efprits les
plus prévenus , & que les principes inconteftablesfur
l'autorité de la Conftitution qui y feroient
établis , détermineroient tous ceux qui refpectent
l'Eglife à fe foumettre au Decret Apoftolique.
Je me contentai donc de mander les cinq Curez
qui m'avoient apporté la Lettre & la Requête , je
leur réprefentai leur faute avec tout le ménagement
poffible; je leur fis les reproches qu'ils méritoient
fur leur affociation , contraire aux Loix de
l'Etat , & d'autant moins convenable , qu'ils fçavoient
C.v
480 MERCURE DE FRANCE :
voient que ma porte leur étoit toûjours ouverte ,
pour écouter ce que chacun d'eux en particulier
voudroit me repreſenter fur l'état de få Paroiffe ;
je leur fis fentir combien leur Lettre m'étoit injurieufe
& à l'Eglife même , je leur parlai de ma
niere à leur faire connoître que les maximes du
Royaume m'étoient auffi précieufes qu'elles le leur
pouvoient être ; je n'omis rien enfin pour les engager
à rentrer en eux-mêmes & à faire de férieufes
reflexions fur leurs fentimens & fur leur conduite.
Quelque temps après cet évenement , SIRE , jet
publiai mon Inftruction Paftorale fur la Conftitution
Unigenitus : j'eus la fatisfaction
que
plufieurs Ecclefiaftiques & differens Corps (a )
touchez & éclairez par cet ouvrage de paix & de
verité , ouvrirent les yeux & defabufez de leurspréventions,
vinrent me déclarer qu'ils obéiffoient.
avec docilité au Decret Apoftolique , quelquesuns
même des Curez , qui avoient figné la Lettre,,
ré racterent leur fignature en fe foumettant plei
nement à mon Ordonnance ; & j'ai été informé
que dans differens Diocèfes cette Inftruction avoit
eu le même fuccès.
A la fin du mois d'Octobre je donnai mon
Mandement pour le renouvellement des pouvoirs.
de prêcher & de confeffer ; je fixai le terme de:
quatre mois pour les Prêtres Séculiers & Reguliers
de la Ville & de la Banlieuë de Paris , pendant
lefquels tous les Confeffeurs feroient obligez
de fe préfenter devant les Examinateurs que je
choifis pour ce difcernement important ; & à l'égard
des Prêtres de la Campagne , afin de ne les
point obliger de venir à la Ville pendant la ri
(a) Les Dominicains, les Carmes , les Prémon
les Doctrinaires. trez
gueur
MARS . 1730. 481
gueur de l'Hyver , je remis cet examen au temps
de l'Eté. En publiant ce Mandement j'avois fuivi
ce que mon Prédeceffeur avoit fait à fon avenement
à l'Archevêché de Paris ; ce que j'avois fait
moi - même à Marſeille & à Aix , & ce que tout
Evêque obferve ordinairement pour connoître les
moeurs , les talens & la Doctrine de ceux à qui il
confie le miniftere le plus redoutable & le plus
faint que des hommes puiffent exercer ; je ne pouvois
d'ailleurs ignorer qu'il y avoit dans lesParoiffes
de Paris & dans celles de la Campagne , un certain
nombre de Prêtres étrangers renvoyez de
leurs Diocèfes, ou qui s'en étoient eux-mêmes
éloignez pour fe fouftraire à l'obéiffance qu'ils
dévoient à leur Evêque , nouveau motif qui m'obligeoit
à prendre des précautions dans le commencement
de mon Epifcopat , pour le choix de
ceux qui devoient travailler fous mes ordres.
Ces Ordonnances , quelques neceffaires , quelques
fages , quelques moderées qu'elles fuffent
n'étoient pas du gout des Adverfaires de la
Bulle : il n'en a pas fallu davantage pour qu'à
cette occafion il fe foit élevé un orage contre
moi ; on a répandu contre mon Inftruction dif
ferents libelles anonymes , dans lefquels on a attaqué
ma doctrine , & on s'eft attaché à repré→
fenter ma moderation même , comme un piege
dont il falloit fe garantir ; on s'eft appliqué à indifpofer
dans plufieurs Paroiffes & dans plufieurs
Communautez les Prédicateurs & les Confeffeurs,
on a répandu les bruits les plus faux fur la ma
niere dont fe paffoient les Examens de l'Archevêché
; on a détourné plufieurs Ecclefiaftiques d'y
venir , dans l'idée de faire manquer le Service des
Paroiffes , de m'en rendre refponfable, & de foulever
les peuples en leur perfuadant que je voulois
leur ôter les Miniftres aufquels ils avoient
Cvj con482
MERCURE DE FRANCE :
1
confiance ; & fur un fi grand nombre de Prêtres
aufquels on continuoit les pouvoirs , il s'en trouvoit
un ou deux que l'on refufàt par incapacité
ou par mauvaiſe doctrine , le bruit de ces
interdits
étoit auffi -tôt publié & exageré dans tout
Paris , les Examinateurs repréfentez comme des
hommes durs & fans lumieres , qui excluoient du
miniftere tous ceux qui étoient les plus capables
de l'exercer ; malignité d'autant plus grande,
que depuis que je fuis en place , SIRE , j'ai renouvellé
les pouvoirs à plus de mille quatre-vingt
Confeffeurs , & qu'il n'y en a que trente qui
foient interdits ; ( a ) de ces trente quelques-uns
ont fait des Sermons fi féditieux , que les Magiftrats
n'auroient pû s'empêcher de les punir , s'ils.
en avoient éû connoiffance ; il y en a d'autres
qui ne font venus aux Examens que pour y déclarer
avec arrogance , qu'ils refufoient d'obeïr à
la Conftitution & à mon Ordonnance , pour faire
eux-mêmes l'énumeration des actes de défobéïffance
qu'ils avoient fignez , & pour affurer qu'ils
y perfiftoient ; quelques autres font connus dans
le public comme des Chefs de parti , qui n'infpirent
que la défobéiffance à l'Eglife & le mépris.
des Puiffances. que Dieu a établies ; il s'en eft trouvé
enfin , qui par rapport à leur incapacité & à
leurs, moeurs ,. ne devoient pas être employez.
Si on n'avoit répandu que des Libelles anonymes
, qui par ce titre feul , portent un caractere
de réprobation , fi je n'avois eû à me plaindre
que de brigues fourdes , que de difcours vagues ,,
que de mouvements fecrets de gens fans aveu ,
j'aurois été bien éloigné d'en importuner VOTRE
(a) S'il y en a d'autres qui foient fans pou
voirs , c'est qu'ils ne fe font pas prefenté aux
Examens pour les faire renouveller.
MA
MARS. 17307 48.
MAJESTE'. Il y a trop long-temps que je fuis
dans le Miniftere Ecclefiaftique , pour ne pas fçavoir
qu'un Evêque doit méprifer ces fortes d'écarts
; mais ce que je ne vous puis cacher , SIRE ,
& ce qui m'attrifte profondément , c'eft que ces
mêmes Curez qui m'avoient écrit la Lettre dont
j'ai eu l'honneur de vous parler , & que j'avois efperé
de ramener par ma modération & par mes
exhortations charitables , n'ont pas craint de m'écrire
une feconde Lettre le 29. Décembre dernier
, & de m'envoyer un Memoire contre mon
Inftruction Paftorale.
Dans cette nouvelle Lettre on m'attaque encore
fur le nombre des Confeffeurs que j'ai interdits
on dit
que le Troupeau va être privé de tous
fes dignes Miniftres , & qu'il fera livré dé
formais à des guides aveugles & relâchez ; on
dépeint la Ville de Paris , cette Ville d'une rare
beauté & qui faifoit l'admiration de toute la
la terre, comme couverte d'afflictions & de ténebres
, & l'on fait entendre que les Peuples de
votre Capitale font dans une confternation generale.
Mais , SIRE , qu'il me foit permis de
répréfenter à VOTRE MAJESTE' quel eft le principe
de toute cette déclamation ? Il s'agit uniquement
, comme j'ai eu l'honneur de vous le faire
obferver de trente Confeffeurs interdits , encore:
même parmi les Curez qui s'en plaignent , il y
en a plufieurs qui n'y ont point d'interêts , les
uns font feuls dans leurs Paroiffes , ( a ) les autres
n'ont qu'un ou deux Ecclefiaftiques qui ne font
point du nombre de ceux aufquels on n'a pas jugé
à propos de renouveller les pouvoirs ; (b) où
( a ) Les Gurez de fainte Marine & de faint
Jean le Rond.
(b) Les Curez du Roule , de Montmartre , de
la Vilette , de la Chapelle & de Conflans.
voit484
MERCURE DE FRANCE .
Voit-on auffi cette prétendue confternation que
F'on fait tant valoir ? Elle ne fe trouve que dans
ceux qui la publient & qui cherchent à l'exciter
par des écrits & par des difcours remplis de calomnies
& d'artifices. *
En fut-il jamais un plus marqué , SIRE , que
l'attention avec laquelle les Auteurs de la Lettre
s'efforcent d'exciter la compaffion des riches en
faveur des Écclefiaftiques qui n'auront plus le
pouvoir de confeffer ? Ils les repréfentent comme
s'ils alloient être réduits à la mendicité ; le miniſtere
de la pénitence , ce miniſtere ſi faint , qui
doit être exercé avec des vûës fi pures & fi defintereffées
, peut-il donc jamais être une reffource
à l'indigence ? Mais ce qui eft de plus criminel
& ce qui pourroit devenir plus dangereux , c'eft
que dans cette même Lettre , dont les copies font
déja répanduës à Paris , & qui fera bientôt imprimée
comme la premiere , on cherche à intereffer
les pauvres en leur annonçant que
les aumônes
qui leur étoient deſtinées , vont être portées
aux Ecclefiaftiques privez de leurs fonctions;
à quoi peut tendre un pareil difcours , finon á
perfuader à ceux qui font dans le befoin , qu'ils
ne doivent plus s'attendre aux fecours qu'ils recevoient
, & que c'eft leur Archevêque qui fait:
tarir les fources fur lefquelles ils peuvent compter?
Le Memoire des Curez n'eft pas plus mefuré
leur Lettre , c'eſt une fatyre & une invective que
* Nota. Qu'avant la feconde Lettre des Curez
à M. l'Archevêque , il y avoit plusieurs
grandes Paroiffes où il n'y avoit aucun Prétre
d'interdit ,fçavoir , de S. Jean , de S. Gervais ,
de S. Roch , de S. Etienne du Mont , de S. Médard
fainte Marguerite ; à faint Germain
de l'Auxerrois un feul .
pleine
MARS. 1730. 485
pleine d'aigreur & de fauffetez contre la Conftitution
Unigenitus , contre mon Inftruction Paftorale
; je refpecte trop les momens de VOTRE
MAJESTE' , pour lui faire un long détail de cette
piece ; il me fuffit de lui remontrer qu'il n'y a
pas un article de mon Inftruction qui n'y foit
attaqué , foit par des ironies picquantes , foit par
des critiques témeraires ; toutes les expreflions de
mon Mandement pour le renouvellement des
pouvoirs , y font tournées avec malignité & condamnées
avec indécence ; les Curez ne s'y font
pas bornez à attaquer l'Ordonnance & le Mandement
que j'ai publiez depuis que je fuis Archevêque
de Paris , ils ont été rechercher une Cenfure
que je fus obligé de faire à Aix contre de
mauvaifes propofitions qu'un Profeffeur en Théologie
avoit avancées ; cenfure à laquelle le Profeffeur
fe foumit , qui ne fut contredite , ni dansle
Diocèfe d'Aix , ni dans l'Eglife de France , &
que les Curez tronquent & défigurent dans leur
Memoire pour la rendre odieufe.
Je ne crois pas, SIRE , qu'on ait jamais vu dans
P'Eglife un exemple d'une pareille révolte du fecond
ordre contre le premier , ni qu'on ait jamais
pouffé plus loin l'efprit d'indépendance & le
renversement de la fubordination la plus effentielle
..
Les Auteurs de la Lettre & du Memoire fe
déclarent mes cooperateurs dans le droit d'enſeigner
& de juger de la Doctrine ; pleins de ces
prétentions chimeriques , ils élevent autel contre
autel ; ils érigent un Tribunal fuperieur au mien ;
c'eft là où mon Ordonnance eft examinée ; ils ne
craignent point d'enſeigner ouvertement une doctrine
contraire à la mienne , & de profcrire celle que
j'ai crû devoir prefenter à mon Diocèfe ; d'autant
plus coupables que ce que j'ai dit dans mon Inf
truction
486 MERCURE DE FRANCE.
truction Paſtorale , je l'ai dit avec le Pape & avec
le Corps des Paſteurs.
Ils devroient cependant fçavoir qu'un Archevêque
en publiant dans fon Diocèſe une Décifion
de l'Eglife , remplit ce que fon Miniſtere exige
de lui ; c'eft aux Evêques à qui Jefus - Chrift a dit
en la perfonne des Apôtres : Allez, enſeignez
toutes les Nations , celui qui vous écoute m'écoute,
& celui qui vous méprise me mépriſe
moi même, c'est à eux que S.Paul dit , en parlant
à Thimothée , confervez le dépôt : les Prêtres
doivent être les premiers à donner l'exemple de
la foumiffion & de l'obéïſſance , & ils doivent
apprendre à tout le Troupeau à refpecter la voix
du premier Paſteur . ´
Après l'expofé que je viens de faire à VOTRE
MAJESTE', elle ne fçauroit douter que je ne connoiffe
toute l'énormité d'une pareille conduite ; je
prévois les fuites funeftes qu'elle peut avoir , je
fens qu'il eft dangereux de la diffimuler , je fçai
même qu'il eft quelquefois neceffaire de faire des
exemples qui puiffent , felon l'Apôtre S. Paul ,
inſpirer une terreur falutaire , je ne puis cependant
encore me réfoudre à punir les coupa→
bles ni à employer ces armes puiffantes quej'ai
en main pour renverser toute hauteur qui s'éleve
contre la fcience de Dieu ; je fupplie Vo-
TRE MAJESTE , de fufpendre les effets de fon
indignation , je veux épuifer les dernieres reffources
de la patience & de la charité ; il n'eſt
pas poffible que ces Ecclefiaftiques ne " reconnoiffent
enfin leur faute, & qu'ils ne réparent par leur
foumiffion le fcandale qu'ils ont donné : je me
flate qu'ils ouvriront les yeux à l'exemple d'un
grand nombre de leurs Confreres , qui blâmant
leur conduite , goutent dans une parfaite obéïffance
à la voix de l'Eglife , cette paix & cette confolation
MARS. 1730. 487
folation qui en font inféparables ; fi cependant
contre mon inclination & contre mon attente
ces Ecclefiaftiques me forcent d'agir en Juge ,
après leur avoir inutilement parlé en Pere , je
ferai mon devoir , SIRE , avec le zele & la fermeté
d'un Evêque , qui après avoir vieilli dane
l'Epiſcopat , n'eft pas venu dans votre Ville Capitale
pour trahir fon miniftere , ni pour le deshonorer
à la fin de fes jours , & j'aurai recours
alors avec confiance à la protection de VOTR
MAJESTE', afin que par un parfait concert des deux
Puiffances du Sacerdoce & de l'Empire , tout ce
qui trouble le bon ordre foit puni felon les voyce
Canoniques & Civiles. Je fuis avec le plus profond
reſpect ,
ȘIRE ,
DE VOTRE MAJESTE',
Le très-humble , très-obéiffant
& très-fidele ferviteur & fujet,
† CHARLES , Archevêque de Paris.
A Paris , le 8. Fevrier 1730.
Fermer
Résumé : LETTRE. DE M. L'ARCHEVESQUE DE PARIS. AU ROY.
L'archevêque de Paris informe le roi de la situation tendue dans le diocèse concernant la Constitution Unigenitus. Des libelles ont été diffusés pour discréditer la bulle papale, affaiblissant la fidélité à l'Église. À son arrivée, l'archevêque a opté pour la prudence et la charité. Le chapitre de son église a accepté la Constitution, mais cinq curés de Paris, rejoints par vingt autres, ont exprimé leurs craintes quant à la révocation des pouvoirs de prêcher et de confesser à certains ministres. Ces curés critiquent la Constitution, la jugeant contraire à la morale chrétienne et aux libertés de l'Église gallicane. L'archevêque, malgré les attaques, a choisi la modération et a convoqué les curés dissidents pour leur rappeler l'importance de respecter les lois de l'État. Plusieurs ecclésiastiques se sont ralliés à la Constitution après la publication de son Instruction Pastorale. En octobre, il émet un mandement pour le renouvellement des pouvoirs de prêcher et de confesser, fixant un délai de quatre mois pour les prêtres. En mars 1730, il reporte les examens des prêtres au printemps. Les ordonnances ont suscité des oppositions et des libelles anonymes attaquent sa doctrine. Malgré cela, il renouvelle les pouvoirs de plus de mille quatre-vingts confesseurs, n'interdisant que trente d'entre eux. Une seconde lettre des curés critique son instruction pastorale, mais l'archevêque conteste leur vision. Il dénonce les discours calomnieux et les artifices utilisés pour exciter la compassion des riches et semer la discorde. Il insiste sur la soumission et l'obéissance des prêtres envers les évêques, préférant la patience et la charité avant toute mesure punitive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 896-902
EXPLICATION d'un terme singulier d'anciens Statuts Synodaux du treizième siecle.
Début :
Vous me demandés, Monsieur, si j'aprouve la conjecture des Auteurs [...]
Mots clefs :
Pâques, Nevers, Vignes, Auteurs, Statuts, Saints, Ecclésiastiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION d'un terme singulier d'anciens Statuts Synodaux du treizième siecle.
EXPLICATION d'un termesingu
lierd'anciensStatuts Synodaux du treizié
me siecle.
Ous me demandés , Monsieur , si
Vaprouvela conjecture des Auteurs
de la nouvelle Edition du Glossaire à
la Lettre P. au mot Prisio, touchant le
sens d'un article des Statuts de l'Eglise
deNevers,imprimez au quatriéme To
me des Anecdotes du P. Martene , Col.
1070. Inhibemus , dit ce Statut Synodal ,
etiam sub eadempœna (il s'agit d'excom
munication , ) ne prisiones Canonicorum ,
Clericorum , seu servientium ipsorum , quas
inter Pascha et Pentecosten aliqui vestrum
usu detestabili quandoque faciunt , de ca
tero
MAY. 1735. 897
F
tero faciatis. Les Auteurs de l'Edition du
Glossaire croyent qu'il s'agit là d'une
capture que l'on faisoit des Ecclesiasti
ques qui paroissoient en public , et que
ceux qui arrêtoient ainsi les Chanoines
ou Clercs essayoient en cela d'imiter les
Juifs qui couroient sur les Apôtres après
la Passion deNotre-Seigneur,s'ils les ren
controient , mais comme les Apôtres évi
toientparlafuite le malheur d'être pris,les
Ecclesiastiques de Nevers rachetoient par
le moyen d'une certaine somme , la ve
xation injuste.Hac diviñando, disent ces
Auteurs avec leur modestie ordinaire.
Cee Statuts Synodaux de Nevers sont
de l'an 1246. Il est donc question d'un
mauvais usage du treiziéme siécle. Je
croi en pouvoir donner l'explication par
un Canon d'un Concile de Nantes , pos
terieur de près de deux cent ans ; car
ce qui cessoit dans un lieu continuoit
souvent dans un autre : Les abus n'é
toient réprimez que selon l'étendûë du
zele de ceux qui s'y oposoient. Voici ce
que dit ce Canon , ainsi que je le trou
ve dans les Conciles de la Province de
Tours: In crastino Pascha Clerici Eccle
siarum et alii ad domos adjacentes et alias
accedunt , cameras intrant ,jacentes in Lec
tis capiunt et nudos ducunt per vicos etpla
teas
898 MERCURE DEFRANCE
teas , et ad ipsas Ecclesias non sine ma
gno clamore, et super altare et alibi aquam
superipsos projiciunt, ex quibus sequitur di
vini Officii turbatio , corporum lasio , et
membrorum quandoque mutilatio. Insuper
quidam alii tamClerici quam Laici primâ
die Maii demane ad domos aliorum acce
dunt etcapiunt, et cogunt percaptionem ves
trum seu aliorum bonorum, et se redimere
oportet. Ce Concile de Nantes est de
Fan 1431. Un autre tenu à Angers l'an.
1448 raporte les mêmes folies , et mê
meenparlant de ceux qu'on prenoit dans
leur lit les Fêtes de Pâques , il dit qu'on
les menoit à l'Eglise tout à-fait nuds
nudos penitus.
Vous voyés , Monsieur , que les pri
ses que l'on faisoit à Nevers du temps de
S. Louis , devoient être des prises de
mêmenature: On entroit de grand matin
chez lesEcclesiastiques qui restoient dans
le lit , et on leur faisoit faire apparem
ment quelqu'une des cérémonies ci-des
sus marquées ; il falloit au moins que ce
fussent des grossieretez insignes , puis
que le Statut Sinodal les traite d'usage dé
testable. Ainsi ces prises ne se faisoient
point dans les rues comme on l'a pensé
mais dans les maisons même , et dans les
lits.
Je
8.99
MAY. 1735.
Je ne sçai si je pourrois à présent de
vinerpourquelle raisonon en usoit ainsi,
et cela entre Pâques et la Pentecote. La
mysticité me paroîtroit fort mal placée
pour expliquer l'origine de cet usage. Je
crois qu'il pouvoit venir de la frayeur
continuelle où étoientles Seculiers queles
vignes et les arbres ne fussent endomma
gez par les gelées qui peuvent arriver les
matinées d'après Pâques. Les laiques obli
geoient les Prêtresde se lever , et de faire
des prieres ou des processions matutina
les. Les Paroisses où la dévotion est plus
grande en ces pays-ci , ne les ont pas en
core discontinuées , et elles les fontregu
lierement depuis Pâques jusqu'aux Roga
tions. Dans les Villages on fait lever les
Curez encorebien plus matin.
Les payens Romains avoient la Proces
sion des Robigailles vers le 25. d'Avril.
C'étoit pour la préservation de leurs heri
tages: mais elle ne duroit qu'un jour, etil
semble qu'il n'étoit question chez eux ,
que des terres à bled et non des vignes.
Dans les pays de vignobles on est bien
plus souvent dans la crainte. Vous sça
vés combien il y a de jours dans le mois
d'Avril et de May quisont marquezcom
me critiques dans le Calendrier popu
laire. Nos ancêtres les nommoient parces
diminutifs
900 MERCURE DEFRANCE
diminutifs , Georget , Marquet , Jacquet ,
Croiset , Colinet , Peregrinet , Urbinet
et Rabelais a bien osé dire que François
de Dinteville , l'un de nos Evêques sous
François I. avoit eu la pensée detransfe--rer tous ces saints Gelifs dans le tems de
Ja Canicule , et demettre en place lamy
Aoûtau mois d'Avril , &c.
,
Il étoit permis à unhomme tel queRa
belais de plaisanter ainsismais ce que l'on
a souvent pratiqué en certains lieux dela
France , passe la raillerie. Vous aviez
peut-être cru qu'il n'y avoit eu que les
gens de Villeneuve S. George proche Pa
ris , qui auroient eu la hardiesse de jetter
le 23. Avrit l'Image de leur saint Patron
dans la Seine ou dans l'autre petite ri
viere voisine , parce que ce jour là leurs
vignes avoientgelé. On débite lamême
chose touchant quelques endroits ou
AVerriere Paroisse du Diocèse de Chalons près
sainte Menehoud, onfit autrefois la même chose et
pourlamême raisonde l'image de S.Didier Patron
du Lieu , célebré le 23. May , et la Tradition est
que ceux de la Roche- Guyon sur-Seine , Diocèse
deRouen, jetterent dans l'eau laRelique de saint
Samson,leur Patron, à cause que la pluye ne ces
soit point , quoiqu'ils l'eussent portée en procession
pour ce sujet. Ce S. Samson étoit Evêque de Dol
en Bretagne, selon le PereLobineau, dans ses Saints
de Bretagne au 28 deJuïlles.
S.
MAY. 17358
901
S. Sérénic ( dit Selerin ) est celebré le 7.
du mois de May, etcequi vous surpren
dra , est qu'on faisoit encore bien pis
dans certaines Provinces méridionales du
Royaume. Consultés le volume du Pere
Martene queje vous ai cité au commen
cement de ma Lettre , et vous y verrés à
la page 733. parmi les Additions aux Sta
tuts Sinodaux des Eglises de Cahors et de
Rodez du XII siécle , qu'on y menace
des Sentences de l'Officialité , ceux qui
profanoient pour les raisons queje vous
ai dites , les Images des Saints. Je n'ose
exprimer en François les impietez qu'ils
commettoient, j'ai mis au bas de maLet
tre la teneur * du Statut.
Tout cela prouve que la crainte des
malheurs temporels portoit à commettre
bien des extravagances assez semblables à
celles qu'on pratiquoit lorsque ces mal
heurs étoient arrivez. On étoit ennemi
des Ecclesiastiques dormeurs, par raison
d'interêt; on leur déclaroit la guerre ,
*Abusum detestabilem horrenda devotionis illo
rum qui Cruces, B. Maria aliorumque Sanctorum
imagines seu statuas irreverenti aušu tractantes ,
equis , cum cessent a divinis in aliqua Ecclesia,
velcum est intemperies äeris vel tempestatis velful
gura cadunt , in terraprotrahunt , in urticis et spi
nis supponunt , verberant , dilaniant , percutiunt et
submergunt , penitus reprobantes ,
co
8
quel
90 MERCURE DE FRANCE
quelquesbonnes raisons qu'ils pussent al
leguer touchant les fatigues du Carême ,
on s'en prenoit à eux, lorsque ne conti
nuant pas après Pâques de venir à Mati
nes , les vignes geloient ; et afin que pas
un n'y manquât , on prenoit ceux qu'on
trouvoit dans leurs lits , et on s'en saisis-
soit. Tellesétoient selon moi les prises de
ceux de Nevers,que les Statuts réprou
vent, peut êtreseulement comme atten
tatoires à la Jurisdiction Ecclesiastique.
Je suis, &c,
D'Auxerre ce 19. Novembre 173
lierd'anciensStatuts Synodaux du treizié
me siecle.
Ous me demandés , Monsieur , si
Vaprouvela conjecture des Auteurs
de la nouvelle Edition du Glossaire à
la Lettre P. au mot Prisio, touchant le
sens d'un article des Statuts de l'Eglise
deNevers,imprimez au quatriéme To
me des Anecdotes du P. Martene , Col.
1070. Inhibemus , dit ce Statut Synodal ,
etiam sub eadempœna (il s'agit d'excom
munication , ) ne prisiones Canonicorum ,
Clericorum , seu servientium ipsorum , quas
inter Pascha et Pentecosten aliqui vestrum
usu detestabili quandoque faciunt , de ca
tero
MAY. 1735. 897
F
tero faciatis. Les Auteurs de l'Edition du
Glossaire croyent qu'il s'agit là d'une
capture que l'on faisoit des Ecclesiasti
ques qui paroissoient en public , et que
ceux qui arrêtoient ainsi les Chanoines
ou Clercs essayoient en cela d'imiter les
Juifs qui couroient sur les Apôtres après
la Passion deNotre-Seigneur,s'ils les ren
controient , mais comme les Apôtres évi
toientparlafuite le malheur d'être pris,les
Ecclesiastiques de Nevers rachetoient par
le moyen d'une certaine somme , la ve
xation injuste.Hac diviñando, disent ces
Auteurs avec leur modestie ordinaire.
Cee Statuts Synodaux de Nevers sont
de l'an 1246. Il est donc question d'un
mauvais usage du treiziéme siécle. Je
croi en pouvoir donner l'explication par
un Canon d'un Concile de Nantes , pos
terieur de près de deux cent ans ; car
ce qui cessoit dans un lieu continuoit
souvent dans un autre : Les abus n'é
toient réprimez que selon l'étendûë du
zele de ceux qui s'y oposoient. Voici ce
que dit ce Canon , ainsi que je le trou
ve dans les Conciles de la Province de
Tours: In crastino Pascha Clerici Eccle
siarum et alii ad domos adjacentes et alias
accedunt , cameras intrant ,jacentes in Lec
tis capiunt et nudos ducunt per vicos etpla
teas
898 MERCURE DEFRANCE
teas , et ad ipsas Ecclesias non sine ma
gno clamore, et super altare et alibi aquam
superipsos projiciunt, ex quibus sequitur di
vini Officii turbatio , corporum lasio , et
membrorum quandoque mutilatio. Insuper
quidam alii tamClerici quam Laici primâ
die Maii demane ad domos aliorum acce
dunt etcapiunt, et cogunt percaptionem ves
trum seu aliorum bonorum, et se redimere
oportet. Ce Concile de Nantes est de
Fan 1431. Un autre tenu à Angers l'an.
1448 raporte les mêmes folies , et mê
meenparlant de ceux qu'on prenoit dans
leur lit les Fêtes de Pâques , il dit qu'on
les menoit à l'Eglise tout à-fait nuds
nudos penitus.
Vous voyés , Monsieur , que les pri
ses que l'on faisoit à Nevers du temps de
S. Louis , devoient être des prises de
mêmenature: On entroit de grand matin
chez lesEcclesiastiques qui restoient dans
le lit , et on leur faisoit faire apparem
ment quelqu'une des cérémonies ci-des
sus marquées ; il falloit au moins que ce
fussent des grossieretez insignes , puis
que le Statut Sinodal les traite d'usage dé
testable. Ainsi ces prises ne se faisoient
point dans les rues comme on l'a pensé
mais dans les maisons même , et dans les
lits.
Je
8.99
MAY. 1735.
Je ne sçai si je pourrois à présent de
vinerpourquelle raisonon en usoit ainsi,
et cela entre Pâques et la Pentecote. La
mysticité me paroîtroit fort mal placée
pour expliquer l'origine de cet usage. Je
crois qu'il pouvoit venir de la frayeur
continuelle où étoientles Seculiers queles
vignes et les arbres ne fussent endomma
gez par les gelées qui peuvent arriver les
matinées d'après Pâques. Les laiques obli
geoient les Prêtresde se lever , et de faire
des prieres ou des processions matutina
les. Les Paroisses où la dévotion est plus
grande en ces pays-ci , ne les ont pas en
core discontinuées , et elles les fontregu
lierement depuis Pâques jusqu'aux Roga
tions. Dans les Villages on fait lever les
Curez encorebien plus matin.
Les payens Romains avoient la Proces
sion des Robigailles vers le 25. d'Avril.
C'étoit pour la préservation de leurs heri
tages: mais elle ne duroit qu'un jour, etil
semble qu'il n'étoit question chez eux ,
que des terres à bled et non des vignes.
Dans les pays de vignobles on est bien
plus souvent dans la crainte. Vous sça
vés combien il y a de jours dans le mois
d'Avril et de May quisont marquezcom
me critiques dans le Calendrier popu
laire. Nos ancêtres les nommoient parces
diminutifs
900 MERCURE DEFRANCE
diminutifs , Georget , Marquet , Jacquet ,
Croiset , Colinet , Peregrinet , Urbinet
et Rabelais a bien osé dire que François
de Dinteville , l'un de nos Evêques sous
François I. avoit eu la pensée detransfe--rer tous ces saints Gelifs dans le tems de
Ja Canicule , et demettre en place lamy
Aoûtau mois d'Avril , &c.
,
Il étoit permis à unhomme tel queRa
belais de plaisanter ainsismais ce que l'on
a souvent pratiqué en certains lieux dela
France , passe la raillerie. Vous aviez
peut-être cru qu'il n'y avoit eu que les
gens de Villeneuve S. George proche Pa
ris , qui auroient eu la hardiesse de jetter
le 23. Avrit l'Image de leur saint Patron
dans la Seine ou dans l'autre petite ri
viere voisine , parce que ce jour là leurs
vignes avoientgelé. On débite lamême
chose touchant quelques endroits ou
AVerriere Paroisse du Diocèse de Chalons près
sainte Menehoud, onfit autrefois la même chose et
pourlamême raisonde l'image de S.Didier Patron
du Lieu , célebré le 23. May , et la Tradition est
que ceux de la Roche- Guyon sur-Seine , Diocèse
deRouen, jetterent dans l'eau laRelique de saint
Samson,leur Patron, à cause que la pluye ne ces
soit point , quoiqu'ils l'eussent portée en procession
pour ce sujet. Ce S. Samson étoit Evêque de Dol
en Bretagne, selon le PereLobineau, dans ses Saints
de Bretagne au 28 deJuïlles.
S.
MAY. 17358
901
S. Sérénic ( dit Selerin ) est celebré le 7.
du mois de May, etcequi vous surpren
dra , est qu'on faisoit encore bien pis
dans certaines Provinces méridionales du
Royaume. Consultés le volume du Pere
Martene queje vous ai cité au commen
cement de ma Lettre , et vous y verrés à
la page 733. parmi les Additions aux Sta
tuts Sinodaux des Eglises de Cahors et de
Rodez du XII siécle , qu'on y menace
des Sentences de l'Officialité , ceux qui
profanoient pour les raisons queje vous
ai dites , les Images des Saints. Je n'ose
exprimer en François les impietez qu'ils
commettoient, j'ai mis au bas de maLet
tre la teneur * du Statut.
Tout cela prouve que la crainte des
malheurs temporels portoit à commettre
bien des extravagances assez semblables à
celles qu'on pratiquoit lorsque ces mal
heurs étoient arrivez. On étoit ennemi
des Ecclesiastiques dormeurs, par raison
d'interêt; on leur déclaroit la guerre ,
*Abusum detestabilem horrenda devotionis illo
rum qui Cruces, B. Maria aliorumque Sanctorum
imagines seu statuas irreverenti aušu tractantes ,
equis , cum cessent a divinis in aliqua Ecclesia,
velcum est intemperies äeris vel tempestatis velful
gura cadunt , in terraprotrahunt , in urticis et spi
nis supponunt , verberant , dilaniant , percutiunt et
submergunt , penitus reprobantes ,
co
8
quel
90 MERCURE DE FRANCE
quelquesbonnes raisons qu'ils pussent al
leguer touchant les fatigues du Carême ,
on s'en prenoit à eux, lorsque ne conti
nuant pas après Pâques de venir à Mati
nes , les vignes geloient ; et afin que pas
un n'y manquât , on prenoit ceux qu'on
trouvoit dans leurs lits , et on s'en saisis-
soit. Tellesétoient selon moi les prises de
ceux de Nevers,que les Statuts réprou
vent, peut êtreseulement comme atten
tatoires à la Jurisdiction Ecclesiastique.
Je suis, &c,
D'Auxerre ce 19. Novembre 173
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Résumé : EXPLICATION d'un terme singulier d'anciens Statuts Synodaux du treizième siecle.
Les anciens Statuts Synodaux du XIIIe siècle, tels que ceux de l'Église de Nevers en 1246, interdisaient la capture des chanoines, clercs ou serviteurs entre Pâques et la Pentecôte, qualifiant cette pratique d'« usage détestable ». Cette interdiction visait à prévenir des cérémonies humiliantes où les ecclésiastiques étaient capturés chez eux et devaient payer une rançon. Des conciles ultérieurs, comme ceux de Nantes en 1431 et d'Angers en 1448, mentionnaient des abus similaires impliquant des clercs et des laïcs. Ces pratiques pouvaient être motivées par la peur des gelées printanières, poussant les laïcs à forcer les prêtres à prier pour protéger les cultures. Au XIIe siècle, dans certaines provinces méridionales du Royaume, des pratiques superstitieuses et des abus étaient commis contre les ecclésiastiques. Les autorités ecclésiastiques condamnaient ceux qui profanaient les images des saints en cas de mauvais temps. Ces actes incluaient traîner des croix et statues dans la boue, les battre ou les noyer. Les ecclésiastiques étaient souvent accusés de négligence, comme ne pas assister aux matines, et étaient contraints de participer aux offices. Les statuts synodaux des églises de Cahors et de Rodez condamnaient ces pratiques, les jugeant attentatoires à la juridiction ecclésiastique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 207
DE ROME, le 12 Janvier.
Début :
On croit que notre Cour & celle de Portugal sont d'accord sur les points qui les divisoient. [...]
Mots clefs :
Cour, Portugal, Pape, Conseil, Ecclésiastiques, Évêque, Nomination, Pluies, Cultures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 12 Janvier.
De ROME , le 12 Janvier.
On croit que notre Cour & celle de Portugal
font d'accord fur les points qui les divifoient. Sa
Sainteté accorde, pour toujours , au Roi de Portugal
& à fon Confeil de Confcience , la déciſion
de tous les différends eccléfiaftiques qui pourroient
furvenir dans les États. Elle demande feulement,
qu'on y appelle un Evêque qui ait fait une étude
fpéciale des cas de confcience & du Droit eccléfaflique.
La nomination du Nonce , à la Cour de
Portugal , ne fe fera aufli que de concert avec
cette Cour. Le Pape propoſe pour cette nonciature
quatre Prélats , parmi lefquels Sa Majesté
Très-fidelle fera un choix.
Les pluies , qui afgeoient ce Pays dépuis plufieurs
mois , & qui fembloient ôter aux gens de
la campagne toute eſpérance de récolte , ont enfin
ceffé. Suivant les nouvelles du 19 , le temps
eft redevenu ferein ; & ce changement a l'appa
rence d'être durable.
On croit que notre Cour & celle de Portugal
font d'accord fur les points qui les divifoient. Sa
Sainteté accorde, pour toujours , au Roi de Portugal
& à fon Confeil de Confcience , la déciſion
de tous les différends eccléfiaftiques qui pourroient
furvenir dans les États. Elle demande feulement,
qu'on y appelle un Evêque qui ait fait une étude
fpéciale des cas de confcience & du Droit eccléfaflique.
La nomination du Nonce , à la Cour de
Portugal , ne fe fera aufli que de concert avec
cette Cour. Le Pape propoſe pour cette nonciature
quatre Prélats , parmi lefquels Sa Majesté
Très-fidelle fera un choix.
Les pluies , qui afgeoient ce Pays dépuis plufieurs
mois , & qui fembloient ôter aux gens de
la campagne toute eſpérance de récolte , ont enfin
ceffé. Suivant les nouvelles du 19 , le temps
eft redevenu ferein ; & ce changement a l'appa
rence d'être durable.
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Résumé : DE ROME, le 12 Janvier.
Le 12 janvier, la Cour de Rome et celle du Portugal ont résolu leurs différends. Le Pape autorise le Roi du Portugal à régler les conflits ecclésiastiques avec l'avis d'un évêque spécialisé. La nomination du Nonce se fera en concertation avec la Cour portugaise. Le Pape propose quatre prélats pour ce poste. Les pluies ont cessé, et le temps est redevenu serein.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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