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1
p. 64-80
Compliment de Monsieur de Roubin de l'Académie Royale d'Arles, à Messieurs de l'Académie Françoise, en leur presentant des Estampes de l'Obélisque élevé à la gloire du Roy dans la Ville d'Arles. [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçay si l'Autheur de ces Vers est aussi [...]
Mots clefs :
Monsieur Roubin, Académie française, Académie royale d'Arles, Compliment, Obélisque, Arles, Monument, Estampes, Compagnie, Honneur
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texteReconnaissance textuelle : Compliment de Monsieur de Roubin de l'Académie Royale d'Arles, à Messieurs de l'Académie Françoise, en leur presentant des Estampes de l'Obélisque élevé à la gloire du Roy dans la Ville d'Arles. [titre d'après la table]
Je ne ſçay ſi l'Autheur de ces Vers eft auffi bien fondé en raifon qu'il le croit eſtre , mais je fçay que vous en avez beaucoup,
d'eſtimer autant que vous faites le Compliment que je vous ay envoyé deM de Roubin. Il en a
fait un autre que vous ne ferez pas fâchéede voir. Comme l'A- cadémie Royale d'Arles eſt aſſo- ciée àcelle de Paris , & qu'elle a
toûjours pris ſoin d'entretenir avec cet Illuftre Corps , un cor- refpondance dont elle s'eftime
glorieuſe , en deputans Mr de Roubin pour venir preſenter au Roy l'Estampe du fuperbeObe- liſque dont je vous ay parlé la derniere fois , elle le chargead'en offrir en ſuite àMeſſieurs de l'Académie Françoiſe. L'Avis leur en ayant eſté donné, ils luy firent:
dire par M l'Abbé Tallemant le
42 LE MERCVRE
jeune qui eft preſentement Dire- cteur de la Compagnie ( car on en élitun nouveau tous les trois
mois ) qu'ils attendoient avec beaucoupdejoye l'honneur qu'il leur vouloitfaire , & que quand il luy plairoit venir à leur Aſſem- blée , il y ſeroit tres-bien reçeu.
Sur cette affurance , ce Député ſe rendit à l'Apartement du Lou-- vre quele Royleur a donné pour leurs Conferences , ſans les avoir
fait avertirdujour. Ily fut placé au lieu le plus honorable &avant que leur diftribuer les Eſtampes de l'Obeliſque qu'il leur avoit préparées , avec des copies du Sonnet que vous avez veude luy fur ce ſujet , il leur parla ences
termes.
ESSIEURS,
L'AcadémieRoyale d'Ar-
GALANT. 43
10
1
les qui me procure aujourd'huy l'honneurde paroiſtre dans cette Il- lustre Assemblée , composée de tout ce qu'ily a de plus grand&deplus 1 auguste dans la Republique des Let- tres , veut en ufer aupres de la voſtre
comme une Fille biennée , qui vient de temps en temps rendre compte de - fes occcupations &de ſa conduite à
fa Mere, afin dese conferver dans fa bienveillance. C'est pour cela ,
Meſſieurs , qu'elle m'a chargé de vousfaire part de ce ſuperbe &ma- jestueux Monument qui vient d'eſtre érigéparſesſoins à l'honneurde noſtre Invincible Monarque , &
qu'elle croit pouvoir avec justice
compter au nombre de fes ouvrages,
puis que c'est elle qui en inſpira le premier deſſein , qui en afollicité l'execution , &qui a conduit enfin ſi heureusement l'entrepriſe , qu'ellea
merité non seulement les acclama-
44 LE MERCVRE tions du Public , &les applaudiffemens de la Cour, mais , ce qui luy est encor plus glorieux , les complaiſanses mesme du plus grand Roy de la Terre. Jusqu'icy , Meßieurs , je l'a- vouë, nos Muſes timides & trem- blantes ,se défiant de leurs forces,
n'avoient encorrienentrepris de confiderable àſagloire ; &cedant aux voſtres l'avantage de celebrerſesViEtoires par tout le monde , elles se contentoient de chanter en fecret quelques Hymnes àſa loüange , de brûler àfon honneur quelque grain d'Encens , & de venir ſemer de
temps en temps quelques Fleursfur le marche..pied de fon Trône ; mais aujourd'huy , Meßieurs ,elles por- tent bien plus haut leur ambition,
& voulant donnerdes marques plus
éclatantes de la grandeur de leur ze- le à cet incomparable Monarque,
elles viennent de luy consacrer un
GALANT. 45 Ouvrage , qui malgré l'injure des Temps , & la violence mesme des
Eleniens , eſt aſſuréde pouvoir durer
autant que le Monde. Necroyez pas.
neantmoins , Meßieurs, qu'ilsoitde
lanature de ceux que vous enfantez tous les jours , à qui la beauté du Stile , la fublimité des Pensées , la
force de l'Eloquence , la reputation
enfin &le merite des Autheurs,font
comme autant de garaus d'Immor
talité. Non , Meßieurs , celuy dont
je parle icy , doit cftre regardé plû- toft comme un effort de nos mains,
que de nostre esprit , où parun beu- reux artifice , ayant fait fupléer la Nature à l'Art , & la matiere à
laforme , nous avons trouvéleſecret
de ſauver eternellement de l'Oubly,
l'Auguste Nom de LoüIS LE GRAND en le gravant fur le
Marbre &fur laGranite avec des
Caracteres ineffaçables. C'est en
46 LE MERCVRE quoy, Meßieurs, je ne sçaurois m'em- peſcher de m'applaudiren fecret de
cette loüable précaution que nous
avons euë poursa gloire , quand je confidere ſur tout à combien de mal- heureux accidens ſont ſouvent expofez les Ouvrages meſmes desplus grands Hommes. N'est- ce pas en effet une déplorable coustume , ou plutoſt une malheureuſe necessité,
que celle de confier , comme on fait
tous les jours , les Veritez les plus importantes de noſtre Histoire , àla bonne-foy d'un Dépositaire außifoi- ble , außi leger , &außi périſſable que le Papier , qu'un Enfant déchire , que le Vent emporte , que les
Vers rongent , que l'Eau pourrit , &
que lefeu consume avec tant de facilité ? En verité , Meßieurs , je tremble pour l'intereſt des Muſes de noſtre France , toutes lesfois que je m'imagine qu'il ne faudroit qu'une
GALAΝΤ. 47 petite étincelle pour embraser &
réduire en cendres toute la Bibliotheque du Louvre , & priver ainſi malheureſement la Pofteritédufruit
prétieux de tant de ſueurs & de
tant de veilles que vous conſacrez
au Public , &quidevroient immor- taliſer vos illuftres Noms dans la
memoire des Hommes , auſſi bien
que celuy de nostre Auguste Monar- que. Graces au Ciel, Meſſieurs, nous avons trouvé le moyen de le mettre
àcouvert de ces injustices de la For-- tune , & l'Académie Royale d'Ar- les peut dire maintenant avec raiſon , de ce grand &fuperbe Livre
qu'elle vient de consacreràſagloi- re , ce que le Poëte n'a dit autrefois
duſien queparvanité :
Exegi monumentum ære perennius Quod non imberedax , nec Aquilo impotens , &c.
48 LE MERCVRE Vous en allez juger , Meßicurs, par ces Exemplaires que je suis chargé de vous en offrir . & que vous au rez , s'il vous plaist, la bontéde recevoir avec complaisance de la part d'une Compagnie toute remplie de Sentimens de respect &de venera- tion pour la voſtre , &qui nesou.. haiterien tant au monde que de ſe pouvoir rendre digne parsesfervi- ces decette Adoption gloricuſe dont
il vous aplû l'honorer.
Le Compliment , le Sonner&
les Estampes de l'Obeliſque, dont celle qu'on avoit deſtinée pour la Salle del'Académie , eſtoit enrichie d'une fort belle Bordure,
tout fut reçeu avec applaudiffe- ment de cette Illuſtre Affemblée, au nomde laquelle leDire- cteur remercia M² de Roubin
avec les termes les plus civils, &
apres
GALANT 49 après luy avoirdonnémille aſſu- racesde l'eſtime particuliere que la Compagnie avoit toûjours euë pour l'AcadémieRoyale d'Arles,
itſe plaignit obligeamment de ce que ne l'ayant pas averty dujour qu'il avoit choiſy pourleur faire l'honneur qu'ils recevoient , il luyavoitofté le moyendeſe pré- parer à luy répondre avec plus d'ornement,&de faire tenirune
Aſſemblée extraordinairequi luy auroit donné unplus grand nom- bred'Approbateurs. Il le fuppli cependantaunomde là Compa- gnie , de vouloir donner àM²de Mezeray,qui en eſt le Secretai- re , une copie de fon Difcours pour la mettre dans leur Regi- ſtre. Onluy fit les honneurs en- tiers , &ces Meffieur luydonnerent part aux Jettons comme à
une Perſonne de leur Corps. Je Tome VII. C
e
50 LE MERCVRE
croy , Madame ,que vous n'i gnorez pas que c'eſt une Libera- lité duRoyqui leur donne qua- rante lettons d'argent pour cha- que Seance. Ilgilout diſtribuez à ceux qui s'y rencontrent , &
beaucoup d'entre eux ſe font honneur de s'y louver pour les Fecevoir! Commeleschofesdé
pependent quelquefois autant de la maniere dont elles font tournées , que de ce qu'elles valent par elles-meſimes, la Ville d'Ar- les a bien lieu d'eſtre fatisfaite,
puis que fi le zele qu'elle a pour Le Royluy a fait faire de la dé- penſe, on peut dire que Mede Roubinen arelevéleprix.L'A cadémie qui l'a choifi dans fon Corps pour cette Députation,
nedoit pas eſtre moins contente d'avoir nonumeunes Perdonne
dont d'Esprit a fi avantageufe
GALANT5
i ment ſoûtenu la réputation que cette Compagnie s'eſt acquiſe parmy ceux qui connoiffent ce que c'eſtque les belles Lettres.
d'eſtimer autant que vous faites le Compliment que je vous ay envoyé deM de Roubin. Il en a
fait un autre que vous ne ferez pas fâchéede voir. Comme l'A- cadémie Royale d'Arles eſt aſſo- ciée àcelle de Paris , & qu'elle a
toûjours pris ſoin d'entretenir avec cet Illuftre Corps , un cor- refpondance dont elle s'eftime
glorieuſe , en deputans Mr de Roubin pour venir preſenter au Roy l'Estampe du fuperbeObe- liſque dont je vous ay parlé la derniere fois , elle le chargead'en offrir en ſuite àMeſſieurs de l'Académie Françoiſe. L'Avis leur en ayant eſté donné, ils luy firent:
dire par M l'Abbé Tallemant le
42 LE MERCVRE
jeune qui eft preſentement Dire- cteur de la Compagnie ( car on en élitun nouveau tous les trois
mois ) qu'ils attendoient avec beaucoupdejoye l'honneur qu'il leur vouloitfaire , & que quand il luy plairoit venir à leur Aſſem- blée , il y ſeroit tres-bien reçeu.
Sur cette affurance , ce Député ſe rendit à l'Apartement du Lou-- vre quele Royleur a donné pour leurs Conferences , ſans les avoir
fait avertirdujour. Ily fut placé au lieu le plus honorable &avant que leur diftribuer les Eſtampes de l'Obeliſque qu'il leur avoit préparées , avec des copies du Sonnet que vous avez veude luy fur ce ſujet , il leur parla ences
termes.
ESSIEURS,
L'AcadémieRoyale d'Ar-
GALANT. 43
10
1
les qui me procure aujourd'huy l'honneurde paroiſtre dans cette Il- lustre Assemblée , composée de tout ce qu'ily a de plus grand&deplus 1 auguste dans la Republique des Let- tres , veut en ufer aupres de la voſtre
comme une Fille biennée , qui vient de temps en temps rendre compte de - fes occcupations &de ſa conduite à
fa Mere, afin dese conferver dans fa bienveillance. C'est pour cela ,
Meſſieurs , qu'elle m'a chargé de vousfaire part de ce ſuperbe &ma- jestueux Monument qui vient d'eſtre érigéparſesſoins à l'honneurde noſtre Invincible Monarque , &
qu'elle croit pouvoir avec justice
compter au nombre de fes ouvrages,
puis que c'est elle qui en inſpira le premier deſſein , qui en afollicité l'execution , &qui a conduit enfin ſi heureusement l'entrepriſe , qu'ellea
merité non seulement les acclama-
44 LE MERCVRE tions du Public , &les applaudiffemens de la Cour, mais , ce qui luy est encor plus glorieux , les complaiſanses mesme du plus grand Roy de la Terre. Jusqu'icy , Meßieurs , je l'a- vouë, nos Muſes timides & trem- blantes ,se défiant de leurs forces,
n'avoient encorrienentrepris de confiderable àſagloire ; &cedant aux voſtres l'avantage de celebrerſesViEtoires par tout le monde , elles se contentoient de chanter en fecret quelques Hymnes àſa loüange , de brûler àfon honneur quelque grain d'Encens , & de venir ſemer de
temps en temps quelques Fleursfur le marche..pied de fon Trône ; mais aujourd'huy , Meßieurs ,elles por- tent bien plus haut leur ambition,
& voulant donnerdes marques plus
éclatantes de la grandeur de leur ze- le à cet incomparable Monarque,
elles viennent de luy consacrer un
GALANT. 45 Ouvrage , qui malgré l'injure des Temps , & la violence mesme des
Eleniens , eſt aſſuréde pouvoir durer
autant que le Monde. Necroyez pas.
neantmoins , Meßieurs, qu'ilsoitde
lanature de ceux que vous enfantez tous les jours , à qui la beauté du Stile , la fublimité des Pensées , la
force de l'Eloquence , la reputation
enfin &le merite des Autheurs,font
comme autant de garaus d'Immor
talité. Non , Meßieurs , celuy dont
je parle icy , doit cftre regardé plû- toft comme un effort de nos mains,
que de nostre esprit , où parun beu- reux artifice , ayant fait fupléer la Nature à l'Art , & la matiere à
laforme , nous avons trouvéleſecret
de ſauver eternellement de l'Oubly,
l'Auguste Nom de LoüIS LE GRAND en le gravant fur le
Marbre &fur laGranite avec des
Caracteres ineffaçables. C'est en
46 LE MERCVRE quoy, Meßieurs, je ne sçaurois m'em- peſcher de m'applaudiren fecret de
cette loüable précaution que nous
avons euë poursa gloire , quand je confidere ſur tout à combien de mal- heureux accidens ſont ſouvent expofez les Ouvrages meſmes desplus grands Hommes. N'est- ce pas en effet une déplorable coustume , ou plutoſt une malheureuſe necessité,
que celle de confier , comme on fait
tous les jours , les Veritez les plus importantes de noſtre Histoire , àla bonne-foy d'un Dépositaire außifoi- ble , außi leger , &außi périſſable que le Papier , qu'un Enfant déchire , que le Vent emporte , que les
Vers rongent , que l'Eau pourrit , &
que lefeu consume avec tant de facilité ? En verité , Meßieurs , je tremble pour l'intereſt des Muſes de noſtre France , toutes lesfois que je m'imagine qu'il ne faudroit qu'une
GALAΝΤ. 47 petite étincelle pour embraser &
réduire en cendres toute la Bibliotheque du Louvre , & priver ainſi malheureſement la Pofteritédufruit
prétieux de tant de ſueurs & de
tant de veilles que vous conſacrez
au Public , &quidevroient immor- taliſer vos illuftres Noms dans la
memoire des Hommes , auſſi bien
que celuy de nostre Auguste Monar- que. Graces au Ciel, Meſſieurs, nous avons trouvé le moyen de le mettre
àcouvert de ces injustices de la For-- tune , & l'Académie Royale d'Ar- les peut dire maintenant avec raiſon , de ce grand &fuperbe Livre
qu'elle vient de consacreràſagloi- re , ce que le Poëte n'a dit autrefois
duſien queparvanité :
Exegi monumentum ære perennius Quod non imberedax , nec Aquilo impotens , &c.
48 LE MERCVRE Vous en allez juger , Meßicurs, par ces Exemplaires que je suis chargé de vous en offrir . & que vous au rez , s'il vous plaist, la bontéde recevoir avec complaisance de la part d'une Compagnie toute remplie de Sentimens de respect &de venera- tion pour la voſtre , &qui nesou.. haiterien tant au monde que de ſe pouvoir rendre digne parsesfervi- ces decette Adoption gloricuſe dont
il vous aplû l'honorer.
Le Compliment , le Sonner&
les Estampes de l'Obeliſque, dont celle qu'on avoit deſtinée pour la Salle del'Académie , eſtoit enrichie d'une fort belle Bordure,
tout fut reçeu avec applaudiffe- ment de cette Illuſtre Affemblée, au nomde laquelle leDire- cteur remercia M² de Roubin
avec les termes les plus civils, &
apres
GALANT 49 après luy avoirdonnémille aſſu- racesde l'eſtime particuliere que la Compagnie avoit toûjours euë pour l'AcadémieRoyale d'Arles,
itſe plaignit obligeamment de ce que ne l'ayant pas averty dujour qu'il avoit choiſy pourleur faire l'honneur qu'ils recevoient , il luyavoitofté le moyendeſe pré- parer à luy répondre avec plus d'ornement,&de faire tenirune
Aſſemblée extraordinairequi luy auroit donné unplus grand nom- bred'Approbateurs. Il le fuppli cependantaunomde là Compa- gnie , de vouloir donner àM²de Mezeray,qui en eſt le Secretai- re , une copie de fon Difcours pour la mettre dans leur Regi- ſtre. Onluy fit les honneurs en- tiers , &ces Meffieur luydonnerent part aux Jettons comme à
une Perſonne de leur Corps. Je Tome VII. C
e
50 LE MERCVRE
croy , Madame ,que vous n'i gnorez pas que c'eſt une Libera- lité duRoyqui leur donne qua- rante lettons d'argent pour cha- que Seance. Ilgilout diſtribuez à ceux qui s'y rencontrent , &
beaucoup d'entre eux ſe font honneur de s'y louver pour les Fecevoir! Commeleschofesdé
pependent quelquefois autant de la maniere dont elles font tournées , que de ce qu'elles valent par elles-meſimes, la Ville d'Ar- les a bien lieu d'eſtre fatisfaite,
puis que fi le zele qu'elle a pour Le Royluy a fait faire de la dé- penſe, on peut dire que Mede Roubinen arelevéleprix.L'A cadémie qui l'a choifi dans fon Corps pour cette Députation,
nedoit pas eſtre moins contente d'avoir nonumeunes Perdonne
dont d'Esprit a fi avantageufe
GALANT5
i ment ſoûtenu la réputation que cette Compagnie s'eſt acquiſe parmy ceux qui connoiffent ce que c'eſtque les belles Lettres.
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Résumé : Compliment de Monsieur de Roubin de l'Académie Royale d'Arles, à Messieurs de l'Académie Françoise, en leur presentant des Estampes de l'Obélisque élevé à la gloire du Roy dans la Ville d'Arles. [titre d'après la table]
Le texte décrit une correspondance entre deux individus concernant une initiative de l'Académie Royale d'Arles envers l'Académie Française. L'Académie d'Arles, en collaboration avec celle de Paris, a envoyé Monsieur de Roubin pour présenter une estampe d'un obélisque au roi, puis à l'Académie Française. Informée par l'abbé Tallemant, l'Académie Française a exprimé sa joie et son attente de recevoir Monsieur de Roubin. Ce dernier s'est rendu à l'Académie Française sans préavis et a été accueilli avec honneur. Il a présenté l'estampe de l'obélisque, accompagnée d'un sonnet, et a prononcé un discours soulignant la grandeur de l'œuvre dédiée à Louis le Grand. Le discours mettait en avant la durabilité de l'obélisque, contrastant avec la fragilité des œuvres littéraires sur papier. L'Académie Française a accueilli favorablement le discours et les présents, exprimant des regrets de ne pas avoir été prévenue pour mieux préparer la réception. Monsieur de Roubin a été traité avec les honneurs dus à un membre de l'Académie et a reçu des jetons d'argent distribués lors des séances. La ville d'Arles et l'Académie sont satisfaites du zèle et de l'esprit de Monsieur de Roubin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 14-23
Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Début :
Entre tous ceux qui employent les talens où ils excellent, [...]
Mots clefs :
Talents, Mr. Vander Meulen, Actions du Roi, Portraits, Combats, Sièges, Pinceau, Gloire, Gravure, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Entre tous ceux qui employent
les talens où ils
excellent , pour immortaliſer
les actions de Sa Majesté,
M ' Vander Meulen avec fon
Pinceau , fi bien imité par le
Burin , a fans doute merité d
un des premiers rangs. Il eſt
fi fort pour ce qu'il veut exprimer
, que l'imagination eft
auffi toft remplie de ce qu'il
reprefente , & il ne faut qu'un
coup d'oeil pour concevoir
ce qu'on auroit de la peine à
bien comprendre aprés la le-
Aure de plufieurs Volumes.
Si nous avons des Peintres faGALANT.
15
meux pour les Portraits,
comme M's Mignard , de
Troyes , de Larfiliere , Ferdi
dinand , & Rigaut , on peut
dire qu'il eft prefque l'unique
pour la reffemblance des
actions confuſes , telles que
font les Combats , les Sieges,
les Entrées publiques , & genéralement
pour les Portraits
des grandes & éclatantes
actions. Quoy qu'il foit per
mis aux Peintres auffi bien
d'inventer qu'aux Poëtes
beaucoup de chofes , M'Vander
Meulen n'a aucun befoin
de fiction
pour fes
Ouvrages.
16 MERCURE
Ce qui part de fon Pinceau,
ne reprefente jamais que la
verité , & l'on reconnoit au
premier coup d'oeil ce qu'il a
deffein de faire voir. C'eft
par là qu'on l'a choify pour
peindre les glorieufes conqueftes
de Sa Majesté . Outre
les Tableaux qu'il a faits en
fi grand nombre , qu'ils peuvent
remplir plufieurs appartemens
dans les Palais les
plus fomptueux , une grande
partie eftant déja placée au
Chafteau de Marly , où ils
font l'admiration des Cu¬
rieux , il a pris encore le foin
GALANT.
17
de faire graver fes deffeinspar
de tres habiles Graveurs,
afin que les Etrangers puilfent
avoir
l'avantage d'en
joüir comme ils ont fait dans
les années
précedentes . Vois
cy les dernieres Eſtampes qui
ont paru de luy depuis un
mois.
L'Arrivée du Roy- devant
Douay , que Sa Majefté fait
inveftir par la
Cavalerie en
1667.
L'Entrée de la Reyne dans :
Arras en l'année 1667 :
La Veuë de la Ville , & du:
Siege
d'Oudenarde où le Roy
May 1685, B
18 MERCURE
commandoit en perſonne en
l'année 1667.
La Veuë de Courtray , du
coſté du vieux Chaſteau, avec
la marche de l'Armée en l'année
1667.
La Veuë de l'Armée du
Roy campée devant Douay
du cofté de la Porte Noftre
Dame , en la mefme année.
La Prife de Dole dans la
premiere conqueſte que le
Roy a faite de la Franche-
Comté en 1668 .
L'Arrivée du Roy au Camp
de devant Maſtric en l'année
1673.
GALANT. 19
La veuë de Tournay du côté
du vieux Chafteau.
La veuë de la Ville de Gray
en Franche -Comté .
La veuë de la Ville & du
Port de Calais du cofté de la.
Terre.
La veuë de la Ville de l'Ifle:
du cofté du Prieuré de Fives,
& l'Armée du Roy devant la
Place .
Laveuë de Saint Omer du
cofté du Fort de Bournonville,
affiégé , & pris par l'Armée:
du Roy , fous le commandement
de Son Alteffe Royale:
en Avril 1667. defſigné fur les
B. ij
20 MERCURE
lieux , & peint dans un des
coltez du grand Eſcalier du
Chasteau de Versailles .
L'Armée du Prince d'Orange
défaite devant Moncaffel
par l'Armée du Roy,
commandée encore parMonfieur
en 1678. Ce Tableau eft
deffigné fur le naturel , &
peint dans le grand Eſcalier
de Verſailles .
La Veuë de la Ville & Citadelle
de Cambray , affiegées,
& prifes par le Roy au mois
d'Avrilde la même année,deffignées
fur les lieux , & peintes
pour le Roy dans un des côGALANT.
21
rez du grand Eſcalier du Château
de Versailles .
La veuë de la Ville d'Ardres
du cofté de Calais , deffignée
ſur le naturel pour le
Roy.
Toutes ces Eftampes fe
diftribuent à Paris par l'Autheur
, en l'Hoftel des Manufactures
Royales des Gobelins
, & dans la Rue Saint
Jacques , & je ne croy pas
qu'il foit poffible de voir rien
de plus beau de cette nature .
Elle font mefme tres gran
des , & peuvent avec des
Bordures fervir à orner des
22 MERCURE
Galeries , & de grandes Sales.
M' de Vander Meulen pro
met d'en donner de temps
en temps de nouvelles , juf
qu'à ce qu'il ait remply tout
le grand nombre des Conqueftes
de Sa Majefté , & des
Maifons Royales de France;
ce qui pourra former un des
plus grands , & des plus
beaux Volumes qu'on ait jamais
veus & qui marquera
le mieux les avantages du
Regne du Roy , fur les Regnes
precedens. Je n'entreprends
pas de décrire la beauté
de tanc d'éclatantes Pieces,
>
GALANT. 23
où l'exactitude de la forme
des Baftimens , l'ordonnance
des Figures, leurs touchantes
expreffions, les grands effets
des lumieres & des ombres,
& la merveilleufe conduite
du tout enſemble , font un
effet fi fenfible , que la veuë
en eft auffi toft charmée que
frappée. Puis que ces Ou
vrages font devenus pu
blics , je laiffe au Public à en
juger.
les talens où ils
excellent , pour immortaliſer
les actions de Sa Majesté,
M ' Vander Meulen avec fon
Pinceau , fi bien imité par le
Burin , a fans doute merité d
un des premiers rangs. Il eſt
fi fort pour ce qu'il veut exprimer
, que l'imagination eft
auffi toft remplie de ce qu'il
reprefente , & il ne faut qu'un
coup d'oeil pour concevoir
ce qu'on auroit de la peine à
bien comprendre aprés la le-
Aure de plufieurs Volumes.
Si nous avons des Peintres faGALANT.
15
meux pour les Portraits,
comme M's Mignard , de
Troyes , de Larfiliere , Ferdi
dinand , & Rigaut , on peut
dire qu'il eft prefque l'unique
pour la reffemblance des
actions confuſes , telles que
font les Combats , les Sieges,
les Entrées publiques , & genéralement
pour les Portraits
des grandes & éclatantes
actions. Quoy qu'il foit per
mis aux Peintres auffi bien
d'inventer qu'aux Poëtes
beaucoup de chofes , M'Vander
Meulen n'a aucun befoin
de fiction
pour fes
Ouvrages.
16 MERCURE
Ce qui part de fon Pinceau,
ne reprefente jamais que la
verité , & l'on reconnoit au
premier coup d'oeil ce qu'il a
deffein de faire voir. C'eft
par là qu'on l'a choify pour
peindre les glorieufes conqueftes
de Sa Majesté . Outre
les Tableaux qu'il a faits en
fi grand nombre , qu'ils peuvent
remplir plufieurs appartemens
dans les Palais les
plus fomptueux , une grande
partie eftant déja placée au
Chafteau de Marly , où ils
font l'admiration des Cu¬
rieux , il a pris encore le foin
GALANT.
17
de faire graver fes deffeinspar
de tres habiles Graveurs,
afin que les Etrangers puilfent
avoir
l'avantage d'en
joüir comme ils ont fait dans
les années
précedentes . Vois
cy les dernieres Eſtampes qui
ont paru de luy depuis un
mois.
L'Arrivée du Roy- devant
Douay , que Sa Majefté fait
inveftir par la
Cavalerie en
1667.
L'Entrée de la Reyne dans :
Arras en l'année 1667 :
La Veuë de la Ville , & du:
Siege
d'Oudenarde où le Roy
May 1685, B
18 MERCURE
commandoit en perſonne en
l'année 1667.
La Veuë de Courtray , du
coſté du vieux Chaſteau, avec
la marche de l'Armée en l'année
1667.
La Veuë de l'Armée du
Roy campée devant Douay
du cofté de la Porte Noftre
Dame , en la mefme année.
La Prife de Dole dans la
premiere conqueſte que le
Roy a faite de la Franche-
Comté en 1668 .
L'Arrivée du Roy au Camp
de devant Maſtric en l'année
1673.
GALANT. 19
La veuë de Tournay du côté
du vieux Chafteau.
La veuë de la Ville de Gray
en Franche -Comté .
La veuë de la Ville & du
Port de Calais du cofté de la.
Terre.
La veuë de la Ville de l'Ifle:
du cofté du Prieuré de Fives,
& l'Armée du Roy devant la
Place .
Laveuë de Saint Omer du
cofté du Fort de Bournonville,
affiégé , & pris par l'Armée:
du Roy , fous le commandement
de Son Alteffe Royale:
en Avril 1667. defſigné fur les
B. ij
20 MERCURE
lieux , & peint dans un des
coltez du grand Eſcalier du
Chasteau de Versailles .
L'Armée du Prince d'Orange
défaite devant Moncaffel
par l'Armée du Roy,
commandée encore parMonfieur
en 1678. Ce Tableau eft
deffigné fur le naturel , &
peint dans le grand Eſcalier
de Verſailles .
La Veuë de la Ville & Citadelle
de Cambray , affiegées,
& prifes par le Roy au mois
d'Avrilde la même année,deffignées
fur les lieux , & peintes
pour le Roy dans un des côGALANT.
21
rez du grand Eſcalier du Château
de Versailles .
La veuë de la Ville d'Ardres
du cofté de Calais , deffignée
ſur le naturel pour le
Roy.
Toutes ces Eftampes fe
diftribuent à Paris par l'Autheur
, en l'Hoftel des Manufactures
Royales des Gobelins
, & dans la Rue Saint
Jacques , & je ne croy pas
qu'il foit poffible de voir rien
de plus beau de cette nature .
Elle font mefme tres gran
des , & peuvent avec des
Bordures fervir à orner des
22 MERCURE
Galeries , & de grandes Sales.
M' de Vander Meulen pro
met d'en donner de temps
en temps de nouvelles , juf
qu'à ce qu'il ait remply tout
le grand nombre des Conqueftes
de Sa Majefté , & des
Maifons Royales de France;
ce qui pourra former un des
plus grands , & des plus
beaux Volumes qu'on ait jamais
veus & qui marquera
le mieux les avantages du
Regne du Roy , fur les Regnes
precedens. Je n'entreprends
pas de décrire la beauté
de tanc d'éclatantes Pieces,
>
GALANT. 23
où l'exactitude de la forme
des Baftimens , l'ordonnance
des Figures, leurs touchantes
expreffions, les grands effets
des lumieres & des ombres,
& la merveilleufe conduite
du tout enſemble , font un
effet fi fenfible , que la veuë
en eft auffi toft charmée que
frappée. Puis que ces Ou
vrages font devenus pu
blics , je laiffe au Public à en
juger.
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Résumé : Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Le texte met en avant les talents exceptionnels de M. Vander Meulen, un peintre renommé pour sa capacité à représenter avec précision les actions militaires et les événements publics. À la différence de nombreux artistes célèbres pour leurs portraits, Vander Meulen se distingue par son aptitude à dépeindre des scènes complexes telles que les combats, les sièges et les entrées publiques. Ses œuvres sont appréciées pour leur exactitude et leur réalisme, sans recourir à la fiction. Il a été sélectionné pour immortaliser les conquêtes du roi, dont plusieurs tableaux sont exposés dans des palais prestigieux comme Marly et Versailles. De plus, il a fait graver ses dessins par des graveurs compétents afin de permettre aux étrangers d'en bénéficier également. Le texte mentionne diverses œuvres récentes de Vander Meulen, incluant des vues de villes et de batailles, telles que l'arrivée du roi devant Douai, l'entrée de la reine à Arras, et la prise de Dole. Ces estampes, disponibles à Paris, sont louées pour leur beauté et leur grandeur, convenant parfaitement à l'ornementation de galeries et de grandes salles. Vander Meulen prévoit de poursuivre la production de nouvelles œuvres pour documenter les conquêtes du roi et enrichir les maisons royales de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 331-334
« J'ay à vous parler de trois Illustres dans un seul article. [...] »
Début :
J'ay à vous parler de trois Illustres dans un seul article. [...]
Mots clefs :
Peintre, Ouvrage, Portraits, Graveur, Mr Mignard, Hommes, Réputation, Tableaux, Beauté, Devises, Poésie, Estampes, Pinceau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ay à vous parler de trois Illustres dans un seul article. [...] »
Pay à vous parler de trois Illus
ftres das un feul article . Un Peintre
fameux a fait le Portrait d'un ho
me tres-celebre par les Ouvrages,
& ce Portrait a efté gravé par
un tres- habile Graveur . Le Peint
tre eft M Mignard , fils de feu
M' Mignard d'Avignon , & Neveu
de M¹ Mignard , qui n'a be
foin que d'eftre nommé pour eftre :
connu. Jugezi celuy dont je
yous parle eftant digne fils & neveu
de deux hommes fi illuftres,
ne merite pas luy- même ce titre .
Feu M Mignard fon pere , quia a
peint de fi belles chofes dans le
Palais des Thuileries , pouvoit
Ee ij
332 MERCURE
difputer dans l'Art dont il fe mêloit
avec les plus fameux de fon
temps. Il ne faut pas s'étonners'il
a laiffé un fils qui luy faccede
dans fa reputation , & qui ne fe
fait pas moins eftimer par la force
que par la delicateffe de fon pin
ceau. Quand les Portraits qu'il
fait ne feroient pas auffi reffem.
blans qu'ils font , ils pourroient
paffer pour de bons Tableaux , &
le vendre fur ce pied là ce qui
eft affez rare , les Peintres qui tra
vaillent aux Portraits s'attachant
ordinairement beaucoup moinsà
la bonne Peinture qu'à la reffemblance
, qui eft ce que l'on cher
che le plus dans un Portrait. .
Quoy que j'en aye veu plufieurs
de M Mignard , & tous égale
ment beaux , je ne m'en fie ny à
GALANT 333:
·
mes yeux ny à mes lumieres , &
je parle fur la foy des plus habiles
connoiffeurs , & des perfonnes
dusmeilleur gouft . Le Portrait
que cét Illuftre a fait au naturel,
eft de M de Luffy. Ila efté gra
vé par M Rouler , Eleve de M
Poilly , qui aprés avoir apris fon
métier fous un fi grand Maiſtre ,
s'eft perfectionné pendant douze
ans en Italie . Les Devifes qui fervent
d'ornement à ce Portrait,
font de Mil'Abbé Tallemant le
jeune , dont les Ouvrages n'ont
point befoin d'éloges pour eftre.
eftimez. Comme la Poëfie con .
vient bien aux Peintres , parce
que les Peintres & les Poëtes doivent
fouvent travailler d'imagi
nation, M' Mignard ne s'eft pas
contenté de faire connoiftre M
334 MERCURE
de Luffy par fon pinceau , il a auffi
voulu le peindre dans les vers qui
font au bas de l'Estampe de fon
Portrait. Cette Eftampe fe vend
chez celuy qui l'a gravée , ruë
S. Honoré , proche les baftons
Royaux
ftres das un feul article . Un Peintre
fameux a fait le Portrait d'un ho
me tres-celebre par les Ouvrages,
& ce Portrait a efté gravé par
un tres- habile Graveur . Le Peint
tre eft M Mignard , fils de feu
M' Mignard d'Avignon , & Neveu
de M¹ Mignard , qui n'a be
foin que d'eftre nommé pour eftre :
connu. Jugezi celuy dont je
yous parle eftant digne fils & neveu
de deux hommes fi illuftres,
ne merite pas luy- même ce titre .
Feu M Mignard fon pere , quia a
peint de fi belles chofes dans le
Palais des Thuileries , pouvoit
Ee ij
332 MERCURE
difputer dans l'Art dont il fe mêloit
avec les plus fameux de fon
temps. Il ne faut pas s'étonners'il
a laiffé un fils qui luy faccede
dans fa reputation , & qui ne fe
fait pas moins eftimer par la force
que par la delicateffe de fon pin
ceau. Quand les Portraits qu'il
fait ne feroient pas auffi reffem.
blans qu'ils font , ils pourroient
paffer pour de bons Tableaux , &
le vendre fur ce pied là ce qui
eft affez rare , les Peintres qui tra
vaillent aux Portraits s'attachant
ordinairement beaucoup moinsà
la bonne Peinture qu'à la reffemblance
, qui eft ce que l'on cher
che le plus dans un Portrait. .
Quoy que j'en aye veu plufieurs
de M Mignard , & tous égale
ment beaux , je ne m'en fie ny à
GALANT 333:
·
mes yeux ny à mes lumieres , &
je parle fur la foy des plus habiles
connoiffeurs , & des perfonnes
dusmeilleur gouft . Le Portrait
que cét Illuftre a fait au naturel,
eft de M de Luffy. Ila efté gra
vé par M Rouler , Eleve de M
Poilly , qui aprés avoir apris fon
métier fous un fi grand Maiſtre ,
s'eft perfectionné pendant douze
ans en Italie . Les Devifes qui fervent
d'ornement à ce Portrait,
font de Mil'Abbé Tallemant le
jeune , dont les Ouvrages n'ont
point befoin d'éloges pour eftre.
eftimez. Comme la Poëfie con .
vient bien aux Peintres , parce
que les Peintres & les Poëtes doivent
fouvent travailler d'imagi
nation, M' Mignard ne s'eft pas
contenté de faire connoiftre M
334 MERCURE
de Luffy par fon pinceau , il a auffi
voulu le peindre dans les vers qui
font au bas de l'Estampe de fon
Portrait. Cette Eftampe fe vend
chez celuy qui l'a gravée , ruë
S. Honoré , proche les baftons
Royaux
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Résumé : « J'ay à vous parler de trois Illustres dans un seul article. [...] »
L'article traite de Pierre Mignard, un peintre renommé, fils de Nicolas Mignard et neveu de Paul Mignard, tous deux peintres célèbres. Pierre Mignard est particulièrement connu pour ses portraits, dont celui de Monsieur de Lussy, gravé par Jean Rouer, élève de Pierre-Paul Poilly. Rouer a affiné son art en Italie durant douze ans. Les devises accompagnant le portrait ont été rédigées par l'Abbé Tallemant le Jeune. Mignard a également composé des vers pour décrire Monsieur de Lussy, illustrant ainsi la complémentarité entre la poésie et la peinture. L'estampe du portrait est disponible chez le graveur, situé rue Saint-Honoré, près des bastons Royaux.
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4
p. 350
Estampe des Jettons de cette année, remise au mois prochain. [titre d'après la table]
Début :
Je me suis trouvé obligé de remettre au mois prochain l'Estampe [...]
Mots clefs :
Jetons, Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampe des Jettons de cette année, remise au mois prochain. [titre d'après la table]
Je me fuis trouvé obligé de
remettre au mois prochain
Eftampe des Jettons que je
vous envoye tous les ans au
mois de Janvier.
remettre au mois prochain
Eftampe des Jettons que je
vous envoye tous les ans au
mois de Janvier.
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5
p. 145-151
ESTAMPES.
Début :
Voicy la plus nombreuse suite de modes Etrangeres, & en [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Turcs, Femmes, Filles, Monsieur de Ferriol, Suite, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESTAMPES.
ESTAMPES.
V
Oicy la plus nombreu
fe fuite de modes Etran
geres , & en même temps la
plus finguliere qui ait encore
paru .
2
Elle eft compofée de cent
Planches differentes qui ont
chacunes treize pouces & demi
de hauteur , fur environ
neuf pouces de largeur.
Chaque Planche contient,
une , deux , trois ou quatre Fi-
N
Mars
1714.
146 MERCURE
gures , qui font toutes accom.
pagnées de fonds & de chofes
convenables à leurs habits &
à leurs dignitez ...
Cette fuite ne comprend
pas feulement le Grand Seigneur
, la Sultane Reine , les
principaux Officiers du Serail
en habit de ceremonie; mais
auffi le Moufti & tous les
gens de Loy , le Grand Vifir
& les Officiers de guerre de
Terre , le Capitant Pacha &
les Officiers de Marinebit
Aprés ceux-cy viennent les
differentes conditions des
Tures , des femmes & filles
K
GALANT , 147
Turques , des Marchands ,
Aprés quoy font les Juifs,
& Juives & autres fujets Tributaires
ou voifins des Turcs
en Europe , comme font les
Patriarches & autres Grecs ;
des femmes & filles Grecques,
les Hongrois & Hongroifes ,
Bulgares, Valaques , Albanois,
Tartares de Crimée , & entreautres
des filles de plufieurs
Ifles de l'Archipel , dont les
habits extraordinaires font un
fingulier plaifir à voir.
Differents Habitans d'Afie
viennent enfuite Arabes Armeniens
, Perfans & Indiens ,
Nij
148 MERCURE
& enfin des Afriquains & Afriquaines.
Chaque Eftampe de cette
grande fuite eft imprimée ſur
une demie feuille du plus beau
Papier du Nom de Jefus , à
la referve de la derniere Eftampe
qui eft imprimée fur une
Feuille entiere ; elle reprefente
la ceremonic d'un Mariage
Turc.
Monfieur de Ferriol , Ambaffadeur
Extraordinaire de
Sa Majesté à Conftantinople
par une curiofité toute louable
fit peindre d'ap és nature
& à grands frais ces differents
GALANT 149
habillemens en 1707. &
1708. par le fieur Vanmour
habile Peintre Flamand qui
les peignit avec tout le foin
& la fidelité imaginable ; &
aprés que ces Tableaux furent
achevez , Monfieur de Ferriol
les fic expofer à la cenfure pu
blique avant fon départ de
Conftantinople.
C'eft fur ces Tableaux O
riginaux que les Estampes qui
compofent ce Recücil ont été
gravées par les foins de Monfieur
le Hay , qui y a employe
d'excellens Graveurs. L'on
trouvera ce Recücil chez luy ,
Niij
119 MERCURE
4
ruë de Grenelle , Fauxbourg
S. Germain , proche la rue de
la Chaife , & chez Monfieur
du Change, Graveur du Roy,
ruë S. Jacques ; l'on y trouve,
ra auffi la même fuite enluminée
d'aprés les Tableaux
Originaux ; ce qui fera non
feulement connoiftre la forme
, mais encore la veritable
couleur de toutes les differentes
& riches étoffes , dont ces
habillemens font faits ; & l'on
mettra tous les foins poffibles
pour enluminer ces Eftampes
avec intelligence , afin de
leurs donner la verité & le
in
GALANT. 151
merite des Tableaux.
Cette fuite d'Eftampes
pourra fervir à orner des Cabinets
, des Galleries & des
Maifons de Campagne : on
efpere que les Sçavans , les
Curieux & le Gens de gouft
en feront affez de cas , pour
leur donner place dans leurs
porte feuilles ou dans leurs
Bibliotheques.
V
Oicy la plus nombreu
fe fuite de modes Etran
geres , & en même temps la
plus finguliere qui ait encore
paru .
2
Elle eft compofée de cent
Planches differentes qui ont
chacunes treize pouces & demi
de hauteur , fur environ
neuf pouces de largeur.
Chaque Planche contient,
une , deux , trois ou quatre Fi-
N
Mars
1714.
146 MERCURE
gures , qui font toutes accom.
pagnées de fonds & de chofes
convenables à leurs habits &
à leurs dignitez ...
Cette fuite ne comprend
pas feulement le Grand Seigneur
, la Sultane Reine , les
principaux Officiers du Serail
en habit de ceremonie; mais
auffi le Moufti & tous les
gens de Loy , le Grand Vifir
& les Officiers de guerre de
Terre , le Capitant Pacha &
les Officiers de Marinebit
Aprés ceux-cy viennent les
differentes conditions des
Tures , des femmes & filles
K
GALANT , 147
Turques , des Marchands ,
Aprés quoy font les Juifs,
& Juives & autres fujets Tributaires
ou voifins des Turcs
en Europe , comme font les
Patriarches & autres Grecs ;
des femmes & filles Grecques,
les Hongrois & Hongroifes ,
Bulgares, Valaques , Albanois,
Tartares de Crimée , & entreautres
des filles de plufieurs
Ifles de l'Archipel , dont les
habits extraordinaires font un
fingulier plaifir à voir.
Differents Habitans d'Afie
viennent enfuite Arabes Armeniens
, Perfans & Indiens ,
Nij
148 MERCURE
& enfin des Afriquains & Afriquaines.
Chaque Eftampe de cette
grande fuite eft imprimée ſur
une demie feuille du plus beau
Papier du Nom de Jefus , à
la referve de la derniere Eftampe
qui eft imprimée fur une
Feuille entiere ; elle reprefente
la ceremonic d'un Mariage
Turc.
Monfieur de Ferriol , Ambaffadeur
Extraordinaire de
Sa Majesté à Conftantinople
par une curiofité toute louable
fit peindre d'ap és nature
& à grands frais ces differents
GALANT 149
habillemens en 1707. &
1708. par le fieur Vanmour
habile Peintre Flamand qui
les peignit avec tout le foin
& la fidelité imaginable ; &
aprés que ces Tableaux furent
achevez , Monfieur de Ferriol
les fic expofer à la cenfure pu
blique avant fon départ de
Conftantinople.
C'eft fur ces Tableaux O
riginaux que les Estampes qui
compofent ce Recücil ont été
gravées par les foins de Monfieur
le Hay , qui y a employe
d'excellens Graveurs. L'on
trouvera ce Recücil chez luy ,
Niij
119 MERCURE
4
ruë de Grenelle , Fauxbourg
S. Germain , proche la rue de
la Chaife , & chez Monfieur
du Change, Graveur du Roy,
ruë S. Jacques ; l'on y trouve,
ra auffi la même fuite enluminée
d'aprés les Tableaux
Originaux ; ce qui fera non
feulement connoiftre la forme
, mais encore la veritable
couleur de toutes les differentes
& riches étoffes , dont ces
habillemens font faits ; & l'on
mettra tous les foins poffibles
pour enluminer ces Eftampes
avec intelligence , afin de
leurs donner la verité & le
in
GALANT. 151
merite des Tableaux.
Cette fuite d'Eftampes
pourra fervir à orner des Cabinets
, des Galleries & des
Maifons de Campagne : on
efpere que les Sçavans , les
Curieux & le Gens de gouft
en feront affez de cas , pour
leur donner place dans leurs
porte feuilles ou dans leurs
Bibliotheques.
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Résumé : ESTAMPES.
Le texte décrit une collection d'estampes intitulée 'Estampes', publiée en mars 1714. Cette collection se distingue par sa diversité et son caractère unique, comprenant cent planches de treize pouces et demi de hauteur sur environ neuf pouces de largeur. Chaque planche présente une à quatre figures, accompagnées de fonds et d'objets adaptés à leurs habits et dignités. La collection ne se limite pas aux figures du Grand Seigneur, de la Sultane Reine et des principaux officiers du Sérail, mais inclut également des personnages variés tels que le Moufti, des gens de loi, le Grand Vizir, des officiers de guerre et de marine, ainsi que des Turcs, des femmes et filles turques, des marchands, des Juifs, des Grecs, des Hongrois, des Bulgares, des Valaques, des Albanais, des Tartares de Crimée, des habitants de l'Archipel, des Arabes, des Arméniens, des Persans, des Indiens, des Africains et des Africaines. Les estampes sont basées sur des tableaux peints sur nature par le peintre flamand Vanmour, à la demande de Monsieur de Ferriol, ambassadeur à Constantinople en 1707 et 1708. Elles ont été gravées par Monsieur le Hay et ses graveurs. La collection est disponible chez Monsieur le Hay et chez Monsieur du Change, graveur du Roi. Une version enluminée permet de connaître les couleurs des étoffes utilisées dans les habits. Destinée à orner des cabinets, des galeries et des maisons de campagne, cette collection s'adresse aux savants, aux curieux et aux gens de goût, qui peuvent l'inclure dans leurs portefeuilles ou bibliothèques.
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6
p. 180-185
Autre Extrait du Discours que le R. P. Terrasson prononça dev. le Roy le jour de Pasques. [titre d'après la table]
Début :
Le Sermon fini. Mr l'Evêque de Rennes monta en chaire, [...]
Mots clefs :
Évêque, Sermon, Roi de France, Apôtres, Cérémonie, Duc, Estampes, Gentilhommes, Pâques, Jésus, Zèle, Innocence, Amour, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Extrait du Discours que le R. P. Terrasson prononça dev. le Roy le jour de Pasques. [titre d'après la table]
Le Sermon fini . Mr l'Evêque de
Rennes monta en chaire , la Mitre
fur la tête , la Croffe en main , &
donna l'Abfoure. Le Roy vint auffitôt
laver les pieds des 13. Pauvres,
repréfentans les Apôtres après
avoir verfé de l'eau fur leurs pieds ,
& les avoir effuyez , il les leur baifa .
Cette Ceremonie finie , on fervit les
Pauvres dans l'ordre fuivant. Mr
Defgranges Me des Ceremonies ,precedé
d'un Huiffier ; Mr le Marquis
de Dreux grand Me des Ceremonies
-avec fon bâton de Commandement,
fuivi de treize Mes d'Hoftel ; M85
MERCURE. 181.
le Duc grand Me de la Maifon du .
Roy , portant un bâton parfemné de
Fleurs -de-Lis d'or , marchoient les
premiers , en faifant une profonde
Reverence,lorfqu'ilspaffoientdevant
S. M, Enfuite venoit Mer le Duc
d'Orleans , portant un Plat de bois
fur lequel eftoient treize petits pains
avec une Galette , fuivi de Mrle Marquis
d'Estampes fon Capitaine des
Gardes : Merle Comte de Charollois
y portoit une Cruche pleine de
vin avec une coupe par deffus , le .
tout de bois . Merle Prince de Conti,
Me le Duc du Maine , Mgr le Prince.
de Dombes , Mgr le Comte d'Eu
portoient , l'un, un plat de poiffons,
l'autre de legumes ;des confitures &
du fruit , eftant fuivis du grand
Echanfon , du grand Panetier &...
& des Gentilhommes fervans qui
eſtoient au nombre de treize,portans
auffi chacun leur plat ; à mefure que
l'on aportoit ces plats au Roy , S.
M. les donnoit aux Pauvres . Cette
Ceremonie recommença juſqu'à 13 .
fais , parce que l'on fervoit treize
182 LE
NOUVEAU
-
plats à chaque pauvre. La ceremo
nie finie,le Royfe rendit aux Feüillants
pour y entendre les Tenebres.
Le 28. jour de Pâques , le Roy
ayant affifté à tout l'Office du matin
, avec une modeftie exemplaire,
foûtenue de beaucoup de dignité ,
entendit le Sermon prêché par le R.
P. Terraffon . Cet illuftre Prédicateur
acheva d'enlever les fuffrages
de toute la Cour , par le compliment
qu'il adreffa & S. M. & qui
fit la conclufion de fon Difcours.
Pour en voir tous les raports
, il
faut remarquer
que dansl ' Article qui le précedit
, il avoit été établi
que la Refirection
Spirituelle
( pour
être parfaitement
conforme
à la Refurection
de JESUS
- CHRIST
felon la Chair ) devoit être perfeverante
, & exempte
d'une nou- velle mort.
"" C'eft de vous , Omon Sauyeur ,
,, que nous atendons cette impor-
,, tante Grace , & le grand Mitté-
,, re que nous Célébrons , devient
,, le plus ferme appui de notre efpeMERCURE.
is;
›
pour
.2
te
ce
rance : Mais fi la plus pure Inocence
n'eft pas moins fujette à l'infta- «
bilité , que la nouvelle vie que nous ec
embraffons , elle n'a pas un moindre
interêt à obtenir , des mérites
de votre Refurection , la précieuſe
Grace de la Perfeverance . Et .
qui l'emploirions - nous O mon "
Dieu , avec plus de Zele ? que pour «e
ce digne Fils de vôtre Droite , qui «
fait aujourd'huy la refource , & les
delices de tout vôtre Peuple : déja ,
Seigneur , vous l'avez en quelque
forte reffufcité au monde , l'orfqu'en "
ces triſtes jours , où nous vîmes prefque
s'éteindre avec lui , toutes nos ‹‹
efperances , vous le ranimâtes de
votre foufle , & que par les tendres
ménagements de la fidele Gardienne
de fa premiere Enfance
vous le rendîtes à la lumiére , & à ‹
nos plus ardents défirs : Mais ce "
Miracle de vôtre amour n'en eſt
encore le plus important , & la Côn- ,
fervation de fon innocence fignalera
bien plus vôrre mifericorde que
la confervation de fa vie. Tout im- "
,
"
pas ce
34
LE NOUVEAU
;
plore pour lui , Seigneur , une gra-
" ce fifinguliere , & les dons mêmes,
"' que vous avez fi abondament verfé
dans fon âme , en font les confolans
préfages . Cette heureufe
difpofition à la piété ; cette atention
refpectueufe que nous lui avons
> vú donner à vôtre parole , en un âge
"
qui n'y aporte gueres que de l'ennui,
,,& des inquiétudes ; ce Caractere de
,,gravité , qui fans lui rien ôter de fes
graces les plus brillantes , tourne
" toutes fes affections du côté des
" chofes ferieufes , & le laiffe fans ardeur
, & fans goût pour tous les
,,frivoles amuſements è tant d'autres
vertus naillantes , fi hurenfement
cultivées par les fages Miniftres de
"fon éducation prêtent chaque jour
" de nouvelles forces à nos efpéran-
"
33
ces. Mais Seigneur , c'eft au milieu
,, des écueils que flote fon Innocence ,
& le Trône même qui devroit en
rehauffer l'éclat , fera pour elle le
plus dangereux . Bientôt l'yvrelle de
" la Grandeur , le Poifon de la flâterie
, l'Enchantement des plaifirs ,
confpiMERCURE.
185
pur
confp rerontà la corrompre ; & comment
le garentira -t'elle de leurs atreintes
, fi votre Puiffante Grace ne
veille fans ceffe à la proteger? Ah !
Seigneur , ne permettés pas qu'une
fi belle Fleur foit jamais flétrie .
C'est pour un Roy que nous vous
implorons , pour un Roy auffi
à vos yeux , qu'il eft aimable aux
nôtres Que votre amour foit à
jamais gravé dans fon coeur. Que
vôtre Loy foit toujours la régle de
fes entreprifes. Qu'il ne perde jamais
de vûë , ni vos Jugements , ni
vos Récompenfes : Et tandis que
l'Illuftre Prince , Dépofitaire de fa
Puiffance , fignale fa fageffe à lui
préparer fur la Terre , un Royaume
paifible , & floriffant ; fignalez ,
Seigneur , vôtre mifericorde à préparer
, dans le Ciel , à l'un , & à
l'autre , des Couronnes éternelles ,
& incorruptibles.
Rennes monta en chaire , la Mitre
fur la tête , la Croffe en main , &
donna l'Abfoure. Le Roy vint auffitôt
laver les pieds des 13. Pauvres,
repréfentans les Apôtres après
avoir verfé de l'eau fur leurs pieds ,
& les avoir effuyez , il les leur baifa .
Cette Ceremonie finie , on fervit les
Pauvres dans l'ordre fuivant. Mr
Defgranges Me des Ceremonies ,precedé
d'un Huiffier ; Mr le Marquis
de Dreux grand Me des Ceremonies
-avec fon bâton de Commandement,
fuivi de treize Mes d'Hoftel ; M85
MERCURE. 181.
le Duc grand Me de la Maifon du .
Roy , portant un bâton parfemné de
Fleurs -de-Lis d'or , marchoient les
premiers , en faifant une profonde
Reverence,lorfqu'ilspaffoientdevant
S. M, Enfuite venoit Mer le Duc
d'Orleans , portant un Plat de bois
fur lequel eftoient treize petits pains
avec une Galette , fuivi de Mrle Marquis
d'Estampes fon Capitaine des
Gardes : Merle Comte de Charollois
y portoit une Cruche pleine de
vin avec une coupe par deffus , le .
tout de bois . Merle Prince de Conti,
Me le Duc du Maine , Mgr le Prince.
de Dombes , Mgr le Comte d'Eu
portoient , l'un, un plat de poiffons,
l'autre de legumes ;des confitures &
du fruit , eftant fuivis du grand
Echanfon , du grand Panetier &...
& des Gentilhommes fervans qui
eſtoient au nombre de treize,portans
auffi chacun leur plat ; à mefure que
l'on aportoit ces plats au Roy , S.
M. les donnoit aux Pauvres . Cette
Ceremonie recommença juſqu'à 13 .
fais , parce que l'on fervoit treize
182 LE
NOUVEAU
-
plats à chaque pauvre. La ceremo
nie finie,le Royfe rendit aux Feüillants
pour y entendre les Tenebres.
Le 28. jour de Pâques , le Roy
ayant affifté à tout l'Office du matin
, avec une modeftie exemplaire,
foûtenue de beaucoup de dignité ,
entendit le Sermon prêché par le R.
P. Terraffon . Cet illuftre Prédicateur
acheva d'enlever les fuffrages
de toute la Cour , par le compliment
qu'il adreffa & S. M. & qui
fit la conclufion de fon Difcours.
Pour en voir tous les raports
, il
faut remarquer
que dansl ' Article qui le précedit
, il avoit été établi
que la Refirection
Spirituelle
( pour
être parfaitement
conforme
à la Refurection
de JESUS
- CHRIST
felon la Chair ) devoit être perfeverante
, & exempte
d'une nou- velle mort.
"" C'eft de vous , Omon Sauyeur ,
,, que nous atendons cette impor-
,, tante Grace , & le grand Mitté-
,, re que nous Célébrons , devient
,, le plus ferme appui de notre efpeMERCURE.
is;
›
pour
.2
te
ce
rance : Mais fi la plus pure Inocence
n'eft pas moins fujette à l'infta- «
bilité , que la nouvelle vie que nous ec
embraffons , elle n'a pas un moindre
interêt à obtenir , des mérites
de votre Refurection , la précieuſe
Grace de la Perfeverance . Et .
qui l'emploirions - nous O mon "
Dieu , avec plus de Zele ? que pour «e
ce digne Fils de vôtre Droite , qui «
fait aujourd'huy la refource , & les
delices de tout vôtre Peuple : déja ,
Seigneur , vous l'avez en quelque
forte reffufcité au monde , l'orfqu'en "
ces triſtes jours , où nous vîmes prefque
s'éteindre avec lui , toutes nos ‹‹
efperances , vous le ranimâtes de
votre foufle , & que par les tendres
ménagements de la fidele Gardienne
de fa premiere Enfance
vous le rendîtes à la lumiére , & à ‹
nos plus ardents défirs : Mais ce "
Miracle de vôtre amour n'en eſt
encore le plus important , & la Côn- ,
fervation de fon innocence fignalera
bien plus vôrre mifericorde que
la confervation de fa vie. Tout im- "
,
"
pas ce
34
LE NOUVEAU
;
plore pour lui , Seigneur , une gra-
" ce fifinguliere , & les dons mêmes,
"' que vous avez fi abondament verfé
dans fon âme , en font les confolans
préfages . Cette heureufe
difpofition à la piété ; cette atention
refpectueufe que nous lui avons
> vú donner à vôtre parole , en un âge
"
qui n'y aporte gueres que de l'ennui,
,,& des inquiétudes ; ce Caractere de
,,gravité , qui fans lui rien ôter de fes
graces les plus brillantes , tourne
" toutes fes affections du côté des
" chofes ferieufes , & le laiffe fans ardeur
, & fans goût pour tous les
,,frivoles amuſements è tant d'autres
vertus naillantes , fi hurenfement
cultivées par les fages Miniftres de
"fon éducation prêtent chaque jour
" de nouvelles forces à nos efpéran-
"
33
ces. Mais Seigneur , c'eft au milieu
,, des écueils que flote fon Innocence ,
& le Trône même qui devroit en
rehauffer l'éclat , fera pour elle le
plus dangereux . Bientôt l'yvrelle de
" la Grandeur , le Poifon de la flâterie
, l'Enchantement des plaifirs ,
confpiMERCURE.
185
pur
confp rerontà la corrompre ; & comment
le garentira -t'elle de leurs atreintes
, fi votre Puiffante Grace ne
veille fans ceffe à la proteger? Ah !
Seigneur , ne permettés pas qu'une
fi belle Fleur foit jamais flétrie .
C'est pour un Roy que nous vous
implorons , pour un Roy auffi
à vos yeux , qu'il eft aimable aux
nôtres Que votre amour foit à
jamais gravé dans fon coeur. Que
vôtre Loy foit toujours la régle de
fes entreprifes. Qu'il ne perde jamais
de vûë , ni vos Jugements , ni
vos Récompenfes : Et tandis que
l'Illuftre Prince , Dépofitaire de fa
Puiffance , fignale fa fageffe à lui
préparer fur la Terre , un Royaume
paifible , & floriffant ; fignalez ,
Seigneur , vôtre mifericorde à préparer
, dans le Ciel , à l'un , & à
l'autre , des Couronnes éternelles ,
& incorruptibles.
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7
p. 1184-1183
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroit deux nouvelles Estampes d'après Watteau, gravées par Baron & par [...]
Mots clefs :
Estampes, Antoine Watteau, Charles André van Loo
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroit deux nouvelles Eftampes d'après
Watteau , gravées par Baron & par
E.Brien; la premiere,intitulée Colin - Maillard
, & la feconde l'Accord parfait.On les
vend ainfi que les précedentes , chez la
veuve Chereau & chez Surugue , ruë faint
Jacques & rue des Noyers.
La veuve deFrançois Chereau , de l'Aca-
'demie Royale de Peinture & de Sculptu
re , & Graveur du Cabinet du Roy, vend
le Portrait du Roy & de la Reine , tresreffemblant
, d'après les derniers Originaux
, peints par M. Vanloo. Le Roy eft
gravé par le feur Gilles- Edme Petit , & la
Reine , par le fieur Jacques Cherean. Ils
ont tous deux tres -bien réüffi. Ces Portraits
font de la même grandeur de ceux
qui ont paru gravez par le fieur Larmefin.
La veuve Chereau demeure rue S.Fac
ques aux Pilliers d'Or. On trouvera chez
elle le mois prochain , les quatre Saifons
de l'année , d'après M.Lancret , d'un goût
nouveau & fort agréable. Elles font gravées
par les Sieurs Tardieu , Benoît Audran,
Lebas & Girard Scotin. On trouvera auffi
plufieurs Eftampes qu'on grave actuelle-
I. Vol. men
JUIN. 1730. 1183
ment d'après les plus beaux Tableaux de
Watteau.
Watteau , gravées par Baron & par
E.Brien; la premiere,intitulée Colin - Maillard
, & la feconde l'Accord parfait.On les
vend ainfi que les précedentes , chez la
veuve Chereau & chez Surugue , ruë faint
Jacques & rue des Noyers.
La veuve deFrançois Chereau , de l'Aca-
'demie Royale de Peinture & de Sculptu
re , & Graveur du Cabinet du Roy, vend
le Portrait du Roy & de la Reine , tresreffemblant
, d'après les derniers Originaux
, peints par M. Vanloo. Le Roy eft
gravé par le feur Gilles- Edme Petit , & la
Reine , par le fieur Jacques Cherean. Ils
ont tous deux tres -bien réüffi. Ces Portraits
font de la même grandeur de ceux
qui ont paru gravez par le fieur Larmefin.
La veuve Chereau demeure rue S.Fac
ques aux Pilliers d'Or. On trouvera chez
elle le mois prochain , les quatre Saifons
de l'année , d'après M.Lancret , d'un goût
nouveau & fort agréable. Elles font gravées
par les Sieurs Tardieu , Benoît Audran,
Lebas & Girard Scotin. On trouvera auffi
plufieurs Eftampes qu'on grave actuelle-
I. Vol. men
JUIN. 1730. 1183
ment d'après les plus beaux Tableaux de
Watteau.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de deux nouvelles estampes d'après Watteau, gravées par Baron et E. Brien. La première est intitulée 'Colin-Maillard' et la seconde 'L'Accord parfait'. Ces estampes sont en vente chez la veuve Chereau et chez Surugue, respectivement rue Saint-Jacques et rue des Noyers. La veuve de François Chereau, graveur du Cabinet du Roy et membre de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, propose également des portraits du Roi et de la Reine, peints par M. Vanloo. Le Roi est gravé par Gilles-Edme Petit et la Reine par Jacques Chereau. Ces portraits sont de la même grandeur que ceux gravés par Larmefin et sont très ressemblants. La veuve Chereau réside rue Saint-Jacques aux Pilliers d'Or. Prochainement, elle mettra en vente les quatre saisons de l'année, d'après M. Lancret, gravées par Tardieu, Benoît Audran, Lebas et Girard Scotin. Elle propose également plusieurs estampes gravées d'après les tableaux de Watteau.
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8
p. 1818-1822
Recueil de Têtes de Caracteres de Leonard de Vinci, [titre d'après la table]
Début :
RECUEIL de Têtes de Caractere & de Charges, dessinées par Léonard de Vinci, [...]
Mots clefs :
Léonard de Vinci, Estampes, Dessins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recueil de Têtes de Caracteres de Leonard de Vinci, [titre d'après la table]
RECUEIL de Têtes de Caractere & de
Charges , deffinées par Léonard de Vinci,
Florentin , & gravées par M. le C. de C ..
1730. A Paris , rue S. Jacques , aux Colonnes
d'Hercule , chez J. Mariette . Petit
in folio.
Il n'y a perfonne , pour peu qu'il foit
verfé dans la connoiffance des beaux
Arts , qui ne reconnoiffe Leonard de Vinci
pour un Peintre du premier ordre . Ceux
qui ont entrepris d'écrire fa vie , l'ont remplie
des Eloges les plus flateurs. Eh quelles
louanges , en effet , ne font pas dues à
celui
AOUST . 1730. 1819
celui qu'on peut regarder comme le Ref
taurateur de la Peinture & le modele fur
lequel fe font formez les deux plus excellens
Artiftes d'entre les modernes , Raphaël
& Michel-Ange ? Mais il reftoit encore
à prefenter au public quelque Corps.
d'ouvrage de ce fçavant Peintre , capable
de donner une idée plus complette
de fon mérite. Le Recueil de Deffeins qui
vient d'être mis au jour , y paroît trespropre.
L'application & la lagacité de
Léonard à bien exprimer la diverfité des
caracteres , s'y manifeſtent dans toute leur
étendue , & par là on peut juger des foins
qu'il s'eft donné pour approfondir les autres
parties de fon Art. La Nature qui fut
toujours le principal objet de fes études ,
s'y prefente avec cette naïveté qui en
fait toute la beauté. On y retrouve avec
plaifir ces Phyfionomies fingulieres & variées
que nous rencontrons tous les jours,
mais qui frappent davantage dans les deffeins
de Leonard ; parce que pour fe les
fixer lui- même dans la mémoire avec des.
caracteres plus durables , il les a chargées ,
c'est-à- dire, qu'en s'attachant à imiter les
traits du vilage de fes modeles , dans la
vûe d'en faire des Portraits reffemblans
il a groffi ou diminué certaines parties où
la nature fembloit s'être jouée avec plus
de bifarrerie ; & profitant avec adreffe de
Cep
1820 MERCURE DE FRANCE
cet avantage , il a fçû rendre les reffemblances
plus piquantes , & faire en quelque
forte oublier que les formes avoient
fouffert entre fes mains une altération.
Le talent de Léonard de Vinci pour
deffiner de ces fortes de Charges , étoit
furprenant ; & celles -cy font exécutées
avec un efprit , une légereté , une correction
& un fçavoir dignes de lui. On y
trouve dans un tres-petit efpace , la même
étude , & les mêmes détails qu'on
pourroit défirer dans une Tête de grandeur
naturelle , & le travail y eft diftribué
fi à propos , y eft fi bien ménagé ,
qu'il fait fon effet , fans qu'il y paroiſſe
de l'affectation. Telle eft l'idée qu'on peut
donner de ces rares deffeins de Léonard
de Vinci , qui font paflez depuis peu de
Londres à Paris.
·
Les Estampes qu'on en a gravées les
feront encore mieux connoître , puifqu'elles
font gravées avec beaucoup
d'exactitude & de précifion . Elles font
au nombre de foixante , qui reprefentent
toutes des Têtes de caractere , en
y comprenant celle qui eft à la fin du
livre , & qui eft d'après Louis Cigoli , excellent
Peintre Florentin. Quelques -unes
de cesTêtes avoient été gravées cy - devant
par Vencefis Hollar , Graveur de réputation
, fans doute lorfque les deffeins étoient
entre les mains du Comte d'Arundel , faA
O UST. 1730. 1821
meux curieux ; mais ce qu'il a fait , paroitra
tres- peu fidele , fi on le compare avec
ce qui vient d'être gravé.
Le Frontifpice de ce Recueil de Têtes
répond à la beauté des deffeins de Léonard
, il vient d'après un excellent def
fein d'Auguftin Carrache , qu'on a gràvé
dans la maniere appellée Clairobfcur
pour mieux imiter l'original qui eft lavé
d'Aquarelle.
Une Lettre de 22 pages fuit ce Frontif
pice. Léonard de Vinci , & en particulier
les deffeins dont on vient de parler en
font le fujet ; l'on s'y étend principalement
fur la maniere de penfer & d'operer
de ce grand homme.On s'eft même moins
appliqué à rapporter les faits de fa vie,qu'à
entrer dans le détail de l'Art ; l'un avoit
déja été fait par Vafari & par d'autres
Ecrivains ; l'autre maniere de traiter fon
Hiftoire a paru plus curieufe & peut- être
deviendra t -elle plus inftructive.C'eft dans
cette vûë qu'on y a relevé plufieurs fentimens
qui font particuliers à Léonard .
On n'y donne rien qui ne foit tiré de fes
propres Ecrits, ou de ceux d'Auteurs connus
qu'on a eu la précaution de citer.
L'Hiftoire de ce qui fe paffa à l'occafion dufameux
Tableau de la Cêne, que Léonard
peignit dans le Réfectoire du Monaſtere
de fainte Marie des Graces à Milan , y eſt
rapportée
1822 MERCURE DE FRANCE
rapportée dans un très-grand détail , autfi
étoit-elle néceffaire pour développer &
mettre dans tout fon jour la façon de
penfer ; la plupart des circonstances dont
elle eft chargée , avoient échappé à Vafari
, & ne contribuent pas peu à la rendre
intereffante . Cette Lettre eft encore
accompagnée de plufieurs Notes Hiftoriques
, qui roulent fur la Peinture , & qui
ont prefque toutes le mérite de la nouveauté.
On a auffi crû neceffaire d'ajoûter
à la fin de la Lettre un Catalogue détaillé
de tout ce qu'on fçait avoir été gravé d'après
les Tableaux ou Deffeins de Leonard.
Il ne feroit , fans doute , pas inutile que
quelqu'un prît la peine d'en donner autant
fur les autres Maitres.
Charges , deffinées par Léonard de Vinci,
Florentin , & gravées par M. le C. de C ..
1730. A Paris , rue S. Jacques , aux Colonnes
d'Hercule , chez J. Mariette . Petit
in folio.
Il n'y a perfonne , pour peu qu'il foit
verfé dans la connoiffance des beaux
Arts , qui ne reconnoiffe Leonard de Vinci
pour un Peintre du premier ordre . Ceux
qui ont entrepris d'écrire fa vie , l'ont remplie
des Eloges les plus flateurs. Eh quelles
louanges , en effet , ne font pas dues à
celui
AOUST . 1730. 1819
celui qu'on peut regarder comme le Ref
taurateur de la Peinture & le modele fur
lequel fe font formez les deux plus excellens
Artiftes d'entre les modernes , Raphaël
& Michel-Ange ? Mais il reftoit encore
à prefenter au public quelque Corps.
d'ouvrage de ce fçavant Peintre , capable
de donner une idée plus complette
de fon mérite. Le Recueil de Deffeins qui
vient d'être mis au jour , y paroît trespropre.
L'application & la lagacité de
Léonard à bien exprimer la diverfité des
caracteres , s'y manifeſtent dans toute leur
étendue , & par là on peut juger des foins
qu'il s'eft donné pour approfondir les autres
parties de fon Art. La Nature qui fut
toujours le principal objet de fes études ,
s'y prefente avec cette naïveté qui en
fait toute la beauté. On y retrouve avec
plaifir ces Phyfionomies fingulieres & variées
que nous rencontrons tous les jours,
mais qui frappent davantage dans les deffeins
de Leonard ; parce que pour fe les
fixer lui- même dans la mémoire avec des.
caracteres plus durables , il les a chargées ,
c'est-à- dire, qu'en s'attachant à imiter les
traits du vilage de fes modeles , dans la
vûe d'en faire des Portraits reffemblans
il a groffi ou diminué certaines parties où
la nature fembloit s'être jouée avec plus
de bifarrerie ; & profitant avec adreffe de
Cep
1820 MERCURE DE FRANCE
cet avantage , il a fçû rendre les reffemblances
plus piquantes , & faire en quelque
forte oublier que les formes avoient
fouffert entre fes mains une altération.
Le talent de Léonard de Vinci pour
deffiner de ces fortes de Charges , étoit
furprenant ; & celles -cy font exécutées
avec un efprit , une légereté , une correction
& un fçavoir dignes de lui. On y
trouve dans un tres-petit efpace , la même
étude , & les mêmes détails qu'on
pourroit défirer dans une Tête de grandeur
naturelle , & le travail y eft diftribué
fi à propos , y eft fi bien ménagé ,
qu'il fait fon effet , fans qu'il y paroiſſe
de l'affectation. Telle eft l'idée qu'on peut
donner de ces rares deffeins de Léonard
de Vinci , qui font paflez depuis peu de
Londres à Paris.
·
Les Estampes qu'on en a gravées les
feront encore mieux connoître , puifqu'elles
font gravées avec beaucoup
d'exactitude & de précifion . Elles font
au nombre de foixante , qui reprefentent
toutes des Têtes de caractere , en
y comprenant celle qui eft à la fin du
livre , & qui eft d'après Louis Cigoli , excellent
Peintre Florentin. Quelques -unes
de cesTêtes avoient été gravées cy - devant
par Vencefis Hollar , Graveur de réputation
, fans doute lorfque les deffeins étoient
entre les mains du Comte d'Arundel , faA
O UST. 1730. 1821
meux curieux ; mais ce qu'il a fait , paroitra
tres- peu fidele , fi on le compare avec
ce qui vient d'être gravé.
Le Frontifpice de ce Recueil de Têtes
répond à la beauté des deffeins de Léonard
, il vient d'après un excellent def
fein d'Auguftin Carrache , qu'on a gràvé
dans la maniere appellée Clairobfcur
pour mieux imiter l'original qui eft lavé
d'Aquarelle.
Une Lettre de 22 pages fuit ce Frontif
pice. Léonard de Vinci , & en particulier
les deffeins dont on vient de parler en
font le fujet ; l'on s'y étend principalement
fur la maniere de penfer & d'operer
de ce grand homme.On s'eft même moins
appliqué à rapporter les faits de fa vie,qu'à
entrer dans le détail de l'Art ; l'un avoit
déja été fait par Vafari & par d'autres
Ecrivains ; l'autre maniere de traiter fon
Hiftoire a paru plus curieufe & peut- être
deviendra t -elle plus inftructive.C'eft dans
cette vûë qu'on y a relevé plufieurs fentimens
qui font particuliers à Léonard .
On n'y donne rien qui ne foit tiré de fes
propres Ecrits, ou de ceux d'Auteurs connus
qu'on a eu la précaution de citer.
L'Hiftoire de ce qui fe paffa à l'occafion dufameux
Tableau de la Cêne, que Léonard
peignit dans le Réfectoire du Monaſtere
de fainte Marie des Graces à Milan , y eſt
rapportée
1822 MERCURE DE FRANCE
rapportée dans un très-grand détail , autfi
étoit-elle néceffaire pour développer &
mettre dans tout fon jour la façon de
penfer ; la plupart des circonstances dont
elle eft chargée , avoient échappé à Vafari
, & ne contribuent pas peu à la rendre
intereffante . Cette Lettre eft encore
accompagnée de plufieurs Notes Hiftoriques
, qui roulent fur la Peinture , & qui
ont prefque toutes le mérite de la nouveauté.
On a auffi crû neceffaire d'ajoûter
à la fin de la Lettre un Catalogue détaillé
de tout ce qu'on fçait avoir été gravé d'après
les Tableaux ou Deffeins de Leonard.
Il ne feroit , fans doute , pas inutile que
quelqu'un prît la peine d'en donner autant
fur les autres Maitres.
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Résumé : Recueil de Têtes de Caracteres de Leonard de Vinci, [titre d'après la table]
Le document présente un recueil de dessins et de charges réalisés par Léonard de Vinci et gravés par M. le C. de C., publié à Paris en 1730. Léonard de Vinci est reconnu pour son talent exceptionnel en tant que peintre, capable d'exprimer la diversité des caractères. Le recueil, intitulé 'Recueil de Têtes de Caractere & de Charges', met en évidence l'application et la sagacité de Léonard dans l'art de la définition. Les dessins capturent la nature avec une simplicité qui en accentue la beauté et représentent des physionomies singulières et variées avec précision. Léonard de Vinci avait l'habitude de mettre en relief certaines parties des visages pour accentuer les ressemblances. Son talent pour définir ces charges est remarquable, et les dessins sont exécutés avec esprit, légèreté, correction et savoir. Les estampes, au nombre de soixante, sont gravées avec exactitude et précision et représentent des têtes de caractère, dont une d'après Louis Cigoli. Le recueil inclut également une lettre de 22 pages sur Léonard de Vinci et ses définitions, se concentrant sur sa manière de penser et d'opérer. Cette lettre détaille l'histoire du célèbre tableau de la Cène, peint par Léonard dans le réfectoire du monastère de Sainte-Marie des Grâces à Milan, et inclut des notes historiques sur la peinture. Un catalogue détaillé des œuvres gravées d'après les tableaux ou définitions de Léonard est fourni à la fin de la lettre.
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9
p. 1830-1831
« On nous écrit de Caën que le 12 du mois de Juillet dernier, il se fit un exercice public au [...] »
Début :
On nous écrit de Caën que le 12 du mois de Juillet dernier, il se fit un exercice public au [...]
Mots clefs :
Carte de l'Europe, Collège, Estampes, Antoine Watteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On nous écrit de Caën que le 12 du mois de Juillet dernier, il se fit un exercice public au [...] »
On nous écrit de Caen que le 12 du mois de
Juillet dernier il fe fit un exercice public au
College du Bois , fur toute l'Andrienne de Terence
; on ouvrit l'Exercice par la récitation du fixiéme
Livre de Telemaque , traduit en Vers Latins
, comme nous l'avons dit dans un de nos
Journaux , par M. Heurtauld , Profeffeur dans
le même College.
Le 21 du même mois il y eut dans le même
College un autre Exercice fur les trois premiers
Livres de Quint- Curce ; on devoit ouvrir cet
Exercice par la récitation du feptiéme & du huitiéme
Livre de Telemaque , traduits par le même
Auteur qui a entrepris le Poeme entier , mais
l'indifpofition d'un Ecolier en empêcha l'éxecution.
L'Affemblée étoit confiderable , & compofée
de perfonnes de diftinction & de fçavoir , qui
ne font pas en petit nombre dans cette Ville.
Le fieur Guillaume Danet , vient de mettre
au jour une nouvelle Carte de l Europe , dreffée
fur les dernieres Obfervations Aftronomiques
, & fur les Itineraires anciens & modernes
;
A O UST. 1730. 1831
nes ; divifée en fes principales parties , exactement
conforme aux poffeffions des Rois & Prinornée
outre cela d'une Bor- ces d'aujourd'hui ;
dure d'un pouce de large , utile & curieuſe , reprefentant
les Armoiries des Royaumes , Républiques
ou Cantons , & autres Etats Souverains,
Cette Carte eft de la derniere utilité pour toutes
fortes de perfonnes , & particulierement
pour le
foulagement de la mémoire des jeunes perfonnes
qu'on veut inftruire dans la Géographie ou dans
la connoiffance de l'ufage de la Carte. Elle fe
Pont Novend
à Paris , chez ledit fieur Danet ,
tre-Dame , à la Sphere Royale,
Il vient de paroître deux nouvelles Eſtampes
en large , de Watteau , d'une compofition admirable
, & toujours d'un gout noble & galand.
Elles fe vendent chez Chereau , rue S. Jacque s ,
& Surugue , rue des Noyers , fous le titre de
Pifle de Cythere , & les Charmes de la vie.
> a ac-
M. de Maifons , Prefident à Mortier
quis depuis peu une très-belle Antique , repre- fentant l'Amour . On a mis au bas ces deux Vers
de M. de Voltaire.
Qui que tu fois , voici ton Maître.
Il l'eft , ou le fut , on doit l'être.
Le 4 Juillet dernier , le Roy fit choix du fieur
Godin pour remplir la place d'Aftronome
affocié
de l'Académie Royale des Sciences , vacante par la promotion du fieur Lieutaud , à celle d'Aftronome-
Penfionnaire
.
Juillet dernier il fe fit un exercice public au
College du Bois , fur toute l'Andrienne de Terence
; on ouvrit l'Exercice par la récitation du fixiéme
Livre de Telemaque , traduit en Vers Latins
, comme nous l'avons dit dans un de nos
Journaux , par M. Heurtauld , Profeffeur dans
le même College.
Le 21 du même mois il y eut dans le même
College un autre Exercice fur les trois premiers
Livres de Quint- Curce ; on devoit ouvrir cet
Exercice par la récitation du feptiéme & du huitiéme
Livre de Telemaque , traduits par le même
Auteur qui a entrepris le Poeme entier , mais
l'indifpofition d'un Ecolier en empêcha l'éxecution.
L'Affemblée étoit confiderable , & compofée
de perfonnes de diftinction & de fçavoir , qui
ne font pas en petit nombre dans cette Ville.
Le fieur Guillaume Danet , vient de mettre
au jour une nouvelle Carte de l Europe , dreffée
fur les dernieres Obfervations Aftronomiques
, & fur les Itineraires anciens & modernes
;
A O UST. 1730. 1831
nes ; divifée en fes principales parties , exactement
conforme aux poffeffions des Rois & Prinornée
outre cela d'une Bor- ces d'aujourd'hui ;
dure d'un pouce de large , utile & curieuſe , reprefentant
les Armoiries des Royaumes , Républiques
ou Cantons , & autres Etats Souverains,
Cette Carte eft de la derniere utilité pour toutes
fortes de perfonnes , & particulierement
pour le
foulagement de la mémoire des jeunes perfonnes
qu'on veut inftruire dans la Géographie ou dans
la connoiffance de l'ufage de la Carte. Elle fe
Pont Novend
à Paris , chez ledit fieur Danet ,
tre-Dame , à la Sphere Royale,
Il vient de paroître deux nouvelles Eſtampes
en large , de Watteau , d'une compofition admirable
, & toujours d'un gout noble & galand.
Elles fe vendent chez Chereau , rue S. Jacque s ,
& Surugue , rue des Noyers , fous le titre de
Pifle de Cythere , & les Charmes de la vie.
> a ac-
M. de Maifons , Prefident à Mortier
quis depuis peu une très-belle Antique , repre- fentant l'Amour . On a mis au bas ces deux Vers
de M. de Voltaire.
Qui que tu fois , voici ton Maître.
Il l'eft , ou le fut , on doit l'être.
Le 4 Juillet dernier , le Roy fit choix du fieur
Godin pour remplir la place d'Aftronome
affocié
de l'Académie Royale des Sciences , vacante par la promotion du fieur Lieutaud , à celle d'Aftronome-
Penfionnaire
.
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Résumé : « On nous écrit de Caën que le 12 du mois de Juillet dernier, il se fit un exercice public au [...] »
Le 12 juillet, le Collège du Bois à Caen a présenté l'intégralité de l'*Andria* de Térence. L'événement a commencé avec la récitation du sixième livre des *Aventures de Télémaque*, traduit en vers latins par M. Heurtauld. Le 21 juillet, un autre exercice sur les trois premiers livres de Quintus Curcius a été organisé, mais a été perturbé par l'indisposition d'un élève. Les événements ont attiré des personnalités distinguées et savantes de la ville. Guillaume Danet a publié une nouvelle carte de l'Europe, utile pour l'instruction géographique, disponible à Paris. Deux estampes de Jean-Antoine Watteau, *Pilgrimage to Cythera* et *Les Charms of Life*, sont en vente chez Chereau et Surugue. M. de Maisons a acquis une antiquité représentant l'Amour, accompagnée de vers de M. de Voltaire. Le 4 juillet, le roi a nommé M. Godin astronome associé à l'Académie Royale des Sciences.
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10
p. 2465-2456
Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu plusieurs Estampes gravées d'après les Tableaux de Watteau qui se vendent à [...]
Mots clefs :
Antoine Watteau, Tableaux, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu plufieurs Eftampes gravées
d'après les Tableaux de Watteau quife vendent à
Paris chez la Veuve de F. Chereau , Graveur du
Roi , rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , &
chez Surrugue , Graveur , rue des Noyers , visà-
vis S. Yves , chez qui on trouve toutes celles
qui ont paru jufquà préfent , ainfi que les deux ,
Volumes de fes deffeins d'Etude d'après nature
contenant 350. planches.
que
L'on acheve de graver les Tableaux de ce gracieux
Peintre. Si malgré les recherches exactes
l'on a fait pour les découvrir tous , tant en
France que dans les Païs Etrangers , il fe trouvoit
quelque particulier qui en eût quelqu'un
qu'il défirât de faire connoître , on le prie d'en
donner avis à M. de Julienne des Gobelins , qui
fait graver l'oeuvre.
On trouvera dans peu chez les mêmes Marchands
une Eftampe d'après un des plus beaux Tableaux
de ce Peintr;ece morceau qui repréfente un
Bal dans un Salon, eft de grande compofition; l'on ,
fe flate qu'il fatisfera toutes les perfonnes de
gout.
d'après les Tableaux de Watteau quife vendent à
Paris chez la Veuve de F. Chereau , Graveur du
Roi , rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , &
chez Surrugue , Graveur , rue des Noyers , visà-
vis S. Yves , chez qui on trouve toutes celles
qui ont paru jufquà préfent , ainfi que les deux ,
Volumes de fes deffeins d'Etude d'après nature
contenant 350. planches.
que
L'on acheve de graver les Tableaux de ce gracieux
Peintre. Si malgré les recherches exactes
l'on a fait pour les découvrir tous , tant en
France que dans les Païs Etrangers , il fe trouvoit
quelque particulier qui en eût quelqu'un
qu'il défirât de faire connoître , on le prie d'en
donner avis à M. de Julienne des Gobelins , qui
fait graver l'oeuvre.
On trouvera dans peu chez les mêmes Marchands
une Eftampe d'après un des plus beaux Tableaux
de ce Peintr;ece morceau qui repréfente un
Bal dans un Salon, eft de grande compofition; l'on ,
fe flate qu'il fatisfera toutes les perfonnes de
gout.
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente d'estampes gravées d'après les tableaux de Watteau à Paris. Ces estampes sont disponibles chez la Veuve de F. Chereau, Graveur du Roi, rue Saint-Jacques, aux Deux Pilliers d'or, et chez Surrugue, Graveur, rue des Noyers, vis-à-vis Saint-Yves. Chez Surrugue, on peut également trouver deux volumes de ses dessins d'étude d'après nature, contenant 350 planches. La gravure des tableaux de Watteau est en cours d'achèvement. Les personnes possédant des œuvres de Watteau non encore découvertes sont invitées à en informer M. de Julienne des Gobelins, responsable de la gravure. Prochainement, les mêmes marchands proposeront une estampe représentant un bal dans un salon, une œuvre de grande composition qui devrait satisfaire les amateurs d'art.
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11
p. 2919
Roman Comique en Estampe, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur L. SURUGUE, Graveur du Roy, donne avis au public, qu'il distribuë [...]
Mots clefs :
Graveur du roi, Estampes, Roman comique
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texteReconnaissance textuelle : Roman Comique en Estampe, [titre d'après la table]
Le Sieur L. SURUGUE , Graveur du
Roy , donne avis au public , qu'il diftribue
les 4 & 5 Eftampes du Roman Comique
, d'après les Tableaux de M. Pater. Il
demeure rue des Noyers , entre les deux
premieres Portes cocheres , en entrant par
la rue S. Jacques, vis - à- vis le mur de faint
Yves , à Paris. Nous avons donné les fujets
des trois premieres. Celles- cy qui ne
font pas moins bien traitées , reprefentent
: Rabotin à Cheval, la Carabine tirant
fous lui , & la Rapiniere tombant fur ba
Chevre.
Roy , donne avis au public , qu'il diftribue
les 4 & 5 Eftampes du Roman Comique
, d'après les Tableaux de M. Pater. Il
demeure rue des Noyers , entre les deux
premieres Portes cocheres , en entrant par
la rue S. Jacques, vis - à- vis le mur de faint
Yves , à Paris. Nous avons donné les fujets
des trois premieres. Celles- cy qui ne
font pas moins bien traitées , reprefentent
: Rabotin à Cheval, la Carabine tirant
fous lui , & la Rapiniere tombant fur ba
Chevre.
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12
p. 747-748
Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux sont avertis qu'il paroît depuis peu cinq [...]
Mots clefs :
Estampes, Gravures, Tableaux, Paris, Vente, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Les Curieux sont avertis qu'il paroît
depuis peu cinq Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux de feu Antoine
Watteau , par les soins de M. de
Julienne , dont la beauté soutient la réputation
que ce gracieux Peintre s'est acquise
; elles ont pour titre : les Plaisirs du
Bal, Entretiens amoureux , Escorte d'Equipages
, l'Occupation selon l'âge , le Portrait
de watteau. La vente s'en fait à Paris , chez
La Veuve de F. Chereau , Graveur du Roi ,
Fij ruč
748 MERCURE DE FRANCE
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'Or
et chez Surugues , Graveur du Roi , ruë
des Noyers , vis -à - vis S. Yves.
On trouve chez les mêmes toutes les
Estampes que l'on a gravées jusqu'ici d'après
cet Auteur,
M. l'Epicier , un des meilleurs Graveurs
que nous ayons , vient de mettre au jour
une petite Estampe qui lui fait autant
d'honneur qu'elle fait de plaisir aux plus
fins connoisseurs. Elle se vend chez l'Auteur
, rue S. Jacques , près les Jacobins.
Ce tendre et précieux morceau a été gravé
d'après un excellent Tableau du Cabinet
du Comte de Morville , dans lequel l'illustre
Signora Roza - Alba Carriera , Venitienne
, a peint au pastel, une très - belle
femme avec des fleurs , représentant le
Printems. On lit ces quatie Vers au bas
de l'Estampe,
L'éclat des fleurs est peu durable ,
La beauté s'altére aisement ;
Il n'est qu'un instant favorable ,
Et cet instant est le present.
depuis peu cinq Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux de feu Antoine
Watteau , par les soins de M. de
Julienne , dont la beauté soutient la réputation
que ce gracieux Peintre s'est acquise
; elles ont pour titre : les Plaisirs du
Bal, Entretiens amoureux , Escorte d'Equipages
, l'Occupation selon l'âge , le Portrait
de watteau. La vente s'en fait à Paris , chez
La Veuve de F. Chereau , Graveur du Roi ,
Fij ruč
748 MERCURE DE FRANCE
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'Or
et chez Surugues , Graveur du Roi , ruë
des Noyers , vis -à - vis S. Yves.
On trouve chez les mêmes toutes les
Estampes que l'on a gravées jusqu'ici d'après
cet Auteur,
M. l'Epicier , un des meilleurs Graveurs
que nous ayons , vient de mettre au jour
une petite Estampe qui lui fait autant
d'honneur qu'elle fait de plaisir aux plus
fins connoisseurs. Elle se vend chez l'Auteur
, rue S. Jacques , près les Jacobins.
Ce tendre et précieux morceau a été gravé
d'après un excellent Tableau du Cabinet
du Comte de Morville , dans lequel l'illustre
Signora Roza - Alba Carriera , Venitienne
, a peint au pastel, une très - belle
femme avec des fleurs , représentant le
Printems. On lit ces quatie Vers au bas
de l'Estampe,
L'éclat des fleurs est peu durable ,
La beauté s'altére aisement ;
Il n'est qu'un instant favorable ,
Et cet instant est le present.
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de cinq nouvelles estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, supervisées par M. de Julienne. Les titres des estampes sont 'Les Plaisirs du Bal', 'Entretiens amoureux', 'Escorte d'Équipages', 'L'Occupation selon l'âge' et 'Le Portrait de Watteau'. Elles sont en vente à Paris chez la Veuve de F. Chereau et chez Surugues, tous deux graveurs du Roi, qui proposent également les estampes précédemment gravées d'après Watteau. De plus, M. l'Épicier, graveur reconnu, a publié une estampe d'après un tableau du Cabinet du Comte de Morville. Cette œuvre, réalisée au pastel par la Signora Rosa Alba Carriera, représente une belle femme avec des fleurs symbolisant le printemps. L'estampe est accompagnée de quatre vers évoquant la fugacité de la beauté et des fleurs.
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13
p. 1564-1566
Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Début :
Un Livre de quatre feüilles, dont la premiere l'Enjoleur, la seconde le Frileux, la troisiéme [...]
Mots clefs :
Estampes, Mines de plomb, Graveur, Portraits
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Un Livre de quatre feüilles , dont la premiere
PEnjoleur , la seconde le Frileux , la troisiéme
Baccus , la quatriéme le Vendangeur. Deux sont
gravées par Mayreau ; et les deux autres par .
Aveline.
Un autre Livre plus grand aussi de quatre feuil
les : les Sujets de celui - ci sont des plus galants ,
et ornés de berceaux , enrichis de Guirlandes ,
Oiseaux , Trophées et attributs convenables aux
snjers , et soutenus pas des ornemens qui renfer→
ment un paysage en camayeux .
La premiere.gravée par Moyreau est une Fête
Bacchique.
La seconde gravée par M. le Bass, est une
Balanceuse
IL Vol . Lia
JUIN.
1565 1731.
La troisiéme gravée par M. Scotin , est un
Retour de Chaffe.
La quatriéme gravée par Aveline , est un
May.
Tous ces ornemens réussissent parfaitement en
découpure.
Le sieur Gersaint a aussi mis en vente , sur la
demie feuille du grand Aigle , un Cartouche gra
vé d'après un Dessein de Vatteau , d'un goût fort
comique , et d'une forme agréable , qui non- seu
Tement servira pour ceux qui font l'Euvre de
Vatteau , mais aussi pour mettre à la tête de ou
tes sortes de Receuils d'Estampes .
Il a aussi mis au jour d'autres sujets nouveaux
sans ornemens, d'après le même Vatteau , que les
Curieux recherchent avec empressement. En voici
la Liste.
Les agrémens de l'Eté , gravée par M.`de
Favanes,
La Partie quarrée , par Moyreau.
La Collation , par le même.
Le Nauffrage , id.
Les Délaffemens de la Guerre , par M. Crepy.
Les Fatigues de la Guerre , par M. Scotin.
Les deux dernieres morceaux entr'autres , sont
composez avec la vérité si naturelle à Vatteau ,
et les soins que les Graveurs ont pris à les rendre ,
font deux Estampes très piquantes , et d'un goût
exquis. Nous ajoûterons cette réflexion , en
voyant ces Estampes , que l'Art de la gravûre n'a
jamais été en France , ni peut-être ailleurs , à
si haut degré de perfection.
-
m
Les Mines de Plomb qu'on a découvertes à
deux lieues de Rennes en Bretagne , sont si
abondantes , qu'on dit que cent livres de cette
Mine 11. Vol.
1566 MERCURE DE FRANCE
Mine produisent cinquante livres de Métal. On
assure que M. Danicamp , de Saint - Malo , a ob
tenu des Lettres Patentes , qui lui accordent le
Privilege exclusif d'y faire travailler.
On aprend de Londres , que le sieur Jean Das
sier , Genevois , Graveur , qui a été chargé dé
graver les Portraits des Rois d'Angleterre , depuis
Guillaume le Conquérant , jusqu'à present ,
présenta le 15. de ce mois à la Reine
dix
huit Médailles qu'il a faites , dans le nombre des
quelles sont celles de Leurs Majestez.
>
On a appris de Dresden , que le Roy de Po
logne avoit nommé le Docteur Hebenstrit , Me
decin à Leipsic , et grand Naturaliste , pour aller
aux Indes Orientales et Occidentales , et y exa
miner les Plantes extraordinaires qui croissent
dans ce Pays -là , et pour les faire dessiner sur les
lieux , de même que les Animaux : il sera pour
cet effet accompagné d'un Peintre , d'un Graveur
et d'un Chasseur,
PEnjoleur , la seconde le Frileux , la troisiéme
Baccus , la quatriéme le Vendangeur. Deux sont
gravées par Mayreau ; et les deux autres par .
Aveline.
Un autre Livre plus grand aussi de quatre feuil
les : les Sujets de celui - ci sont des plus galants ,
et ornés de berceaux , enrichis de Guirlandes ,
Oiseaux , Trophées et attributs convenables aux
snjers , et soutenus pas des ornemens qui renfer→
ment un paysage en camayeux .
La premiere.gravée par Moyreau est une Fête
Bacchique.
La seconde gravée par M. le Bass, est une
Balanceuse
IL Vol . Lia
JUIN.
1565 1731.
La troisiéme gravée par M. Scotin , est un
Retour de Chaffe.
La quatriéme gravée par Aveline , est un
May.
Tous ces ornemens réussissent parfaitement en
découpure.
Le sieur Gersaint a aussi mis en vente , sur la
demie feuille du grand Aigle , un Cartouche gra
vé d'après un Dessein de Vatteau , d'un goût fort
comique , et d'une forme agréable , qui non- seu
Tement servira pour ceux qui font l'Euvre de
Vatteau , mais aussi pour mettre à la tête de ou
tes sortes de Receuils d'Estampes .
Il a aussi mis au jour d'autres sujets nouveaux
sans ornemens, d'après le même Vatteau , que les
Curieux recherchent avec empressement. En voici
la Liste.
Les agrémens de l'Eté , gravée par M.`de
Favanes,
La Partie quarrée , par Moyreau.
La Collation , par le même.
Le Nauffrage , id.
Les Délaffemens de la Guerre , par M. Crepy.
Les Fatigues de la Guerre , par M. Scotin.
Les deux dernieres morceaux entr'autres , sont
composez avec la vérité si naturelle à Vatteau ,
et les soins que les Graveurs ont pris à les rendre ,
font deux Estampes très piquantes , et d'un goût
exquis. Nous ajoûterons cette réflexion , en
voyant ces Estampes , que l'Art de la gravûre n'a
jamais été en France , ni peut-être ailleurs , à
si haut degré de perfection.
-
m
Les Mines de Plomb qu'on a découvertes à
deux lieues de Rennes en Bretagne , sont si
abondantes , qu'on dit que cent livres de cette
Mine 11. Vol.
1566 MERCURE DE FRANCE
Mine produisent cinquante livres de Métal. On
assure que M. Danicamp , de Saint - Malo , a ob
tenu des Lettres Patentes , qui lui accordent le
Privilege exclusif d'y faire travailler.
On aprend de Londres , que le sieur Jean Das
sier , Genevois , Graveur , qui a été chargé dé
graver les Portraits des Rois d'Angleterre , depuis
Guillaume le Conquérant , jusqu'à present ,
présenta le 15. de ce mois à la Reine
dix
huit Médailles qu'il a faites , dans le nombre des
quelles sont celles de Leurs Majestez.
>
On a appris de Dresden , que le Roy de Po
logne avoit nommé le Docteur Hebenstrit , Me
decin à Leipsic , et grand Naturaliste , pour aller
aux Indes Orientales et Occidentales , et y exa
miner les Plantes extraordinaires qui croissent
dans ce Pays -là , et pour les faire dessiner sur les
lieux , de même que les Animaux : il sera pour
cet effet accompagné d'un Peintre , d'un Graveur
et d'un Chasseur,
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs livres et estampes gravées par divers artistes. Un premier livre de quatre feuilles, illustré par Mayreau et Aveline, représente des personnages tels que le Pénjoleur, le Frileux, Bacchus et le Vendangeur. Un autre livre de quatre feuilles, plus grand, montre des sujets galants ornés de berceaux, guirlandes, oiseaux, trophées et paysages. Les sujets incluent une Fête Bacchique par Mayreau, une Balanceuse par Le Bass, un Retour de Chasse par Scotin et un Mai par Aveline. Le sieur Gersaint a mis en vente divers cartouches et sujets nouveaux d'après des dessins de Watteau, tels que 'Les agrémens de l'Eté' par Favanes, 'La Partie quarrée' par Mayreau, 'La Collation' par Mayreau, 'Le Nauffrage' par Mayreau, 'Les Délaffemens de la Guerre' par Crepy et 'Les Fatigues de la Guerre' par Scotin. Ces estampes sont louées pour leur perfection et leur goût exquis. Le texte mentionne également la découverte de mines de plomb près de Rennes, en Bretagne, avec un privilège exclusif accordé à M. Danicamp. À Londres, le graveur Jean Dassier a présenté des médailles des rois d'Angleterre à la reine. Enfin, le roi de Pologne a nommé le Docteur Hebenstrit pour explorer les plantes et animaux des Indes Orientales et Occidentales, accompagné d'un peintre, d'un graveur et d'un chasseur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 1777-1781
Tableaux et Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Quantité de personnes vont voir aux Gobelins, chez M. Charles Parossel, Peintre de l'Académie [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture, Cavalcade, Ambassadeur du grand seigneur, Palais des Tuileries, Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableaux et Estampes, [titre d'après la table]
Quantité de personnes vont voir aux Gol
lins , chez M. Charles Parossel , Peintre de l'Académie
Royale de Peinture , un Tableau de sa
composition , de 22. pieds de large sur 12: de
hauteur , entierement rempli d'ouvrage et qui
fait un effet admirable . Il représente la Cavalcade
et l'arrivée au Palais des Thuilleries de
Mehemet- Effendi , Ambassadeur du Grand Sei--
gneur , arrivant au Palais des Thuilleries pour
avoir son Audience du Roy. C'est une des pluss
belles Ordonnances et des plus nombreuses qu'on
G puisse
17778 MERCURE
DE FRANCE
puisse mettre daus un Tableau. Les Figures sur
la premiere ligne sont à peu prés grandes comme
demi nature , et paroissent beaucoup plus grandes
par la force du Coloris , la distribution des
groupes , la justesse du dessein , la distribution
du jour et des ombres , tout paroît animé ; les
Chevaux surtout sont d'une force et d'une position
admirable . On voit dans la seconde ligne
du Tableau les Gardes Françoises et Suisses , les
Officiers à la tête , et sur la troisiéme ligne une
foule de Spectateurs dont les differens caracteres
font un extrême plaisir. Ce magnifique Tableau
qu'on va mettre en Tapisserie pour le Roy , fait
beaucoup d'honneur au talent de M. Parossel.
Ces deux Tableaux doivent être suivis de deux
autres du même Auteur, dont on voit les esquis
ses qui réprésenteront la Marche à pied de
l'Ambassadeur et de sa suite , dans leJardin des
Thuilleries , et son départ aprés l'Audience.
Il paroit depuis peu deux trés-belles Estampes
en hauteur , de même grandeur , excellement
gravées par M, Louis Desplaces , d'aprés deux
beaux Tableaux du Cabinet du Duc de Mortemart
, peints Par M. Parossel , réprésentant.
deux Chasses du Lion et du Tigre..
On croit devoir avertir les Curieux , que
dans le nombre de Tableaux choisis , trouvés
dans la succession de M. Perrault , Grand
Maitre des Eaux et Forests, du département de
Bourgogne , que ses heritiers doivent vendre ,
il y en a deux de distinction.
›
Le premier est original du célebre Annibal
Carache , de cinq pieds neuf pouces de hauteur
sur douze pieds et demi de longueur. Ce Tableau
est terminé en demi ceintre les figures
"
sont
JUILLET. 1731. 1779
sont plus grandes que le naturel . On y voit la
Sainte Vierge au milieu ,
assise dans une espece
de Thrône , élevé sur des marches ; elle tient
l'Enfant Jesus debout qui se tourne vers S. Charles
Borromée , lequel est à genoux à sa droite , revêtu
de sa cappe rouge. Ce Saint Cardinal a les
mains jointes dans une attitude qui exprime parfai
tement son humilité et sa ferveur. Il paroit derriere
un jeune Clerc ou porte-Croix qui n'est
presque qu'en buste , et qui semble regarder les
Spectateurs. On prétend que le Peintre s'est peint
lui-même dans cette figure , dans laquelle la
distraction et la vivacité , si propre à la jeunesse
, est aussi parfaitement exprimée , que la
ferveur et la pieté dans celle de S. Charles.
On voit deux autres Figures à la gauche de
la Sainte Vierge , S. Joseph et S. François d'Assise
. On lit sur la seconde marche du Thrône
ces paroles. Gio Mariâ rial , feçë fare.
Ce fameux Tableau qui est peint à quelque
égard dans le goût du Titien et d'une excellen
te beauté , se conserve chez les heritiers de feu
M. Perrault à Châlons sur Saône.
L'autre Tableau est original d'Albert Dure',
peint sur bois , représentant les sept Sacremens
de six pieds trois pouces de hauteur sur trois pieds.
un pouce de largeur . C'est l'interieur d'une Égli→
se,"d'une noble et superbe Architecture ; au milieu
de laquelle est placé un grand. Crucifix.
On voit au pié de la Croix la Sainte Vierge de
hout accablée de douleur , soutenuë par S. Jean
er les deux Maries. On voit un Autel principal
où un Prêtre célebre la Messe , de même qu'à
d'autres Autels , placés dans des Chapelles , et
plusieurs autres figures .
Deux autres Tableaux , de trois pieds neuf
pouces
1780 MERCURE DE FRANCE
pouces de hauteur sur 23. pouces. de largeur chacun
, pour être placés à côté de celui qu'on
vient de décrire , représentent les six autres Sacremens
administrés par un Evêque et des Prê
tres.
Ce Tableau est en dépôt à l'Arcenal , chez
M. le Commissaire general des Poudres à Paris.
Il y a aussi des Figures de Bronze , des Brutes
et Bas-reliefs , Antiques et Modernes , d'un
excellent goût ,
On donne avis aux Curieux , que l'on a mis
en vente depuis peu deux Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux originaux de Watteau.
La premiere représente la Contredanse ,.
gravée par Brillon . La seconde est la Surprise ,.
gravée par Audran. Elles se vendent à Paris
avec toutes celles qui ont été gravées précedemment
, chez la Veuve de François Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surugue , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves.
Il va aussi paroître dans peu une suite d'Es
tampes gravées d'après les Figures Chinoises ,
peintes par le même Watteau , dans le Cabinet
au Roi au Château de la Muette.
On acheve , autant qu'il est possible , de gra
ver tous les Tableaux de ce gracieux Peintre , ce
qui formera'une OEuvre des plus interessantes qui
ayent encore paru.
Nous avons averti le mois passé que lè sicur
L. Surugue , Graveur du Roy , donneroit incessamment
les six et septiéme Estampes du Roman
Comique de Scaron ; mais le desir qu'il a de
remplir l'attente du Public dans cet Ouvrage ,
ne lui permettant pas d'en délivrer aucune Piece
qu'elle
JUILLET. 1731. 1781
quelle ne soit en êtat d'avoir son Approbation ,.
il donne seulement à present la sixième Estampe,
qui est l'Arrivée de l'Operateur à l'Hôtellerie.
Il a fait venir d'Allemagne , sur la demande de
plusieurs personnes distinguées , de très - jolies
Estampes colorées , faites exprès pour Iss Ouvrages
de Découpures , dont on trouvera les assortimens
chez lui , à l'entrée de la rue des Noyers ,
vis-à-vis. le mur de S. Yves.
Le goût pour la Musique devenant tous les
jours plus universel , on a établi au mois d'Avril
dernier une Académie de Musique à Nancy ,
sous la protection et par Lettres Patentes du Duc
de Lorraine , qui en approuve les Assemblées et
les Statuts et Reglemens des Académiciens , selon:
lesquels chaque Académicien ordinaire et honoraire
payera cent livres par an. Les Concerts :
qu'on donnera le Jeudi et le Dimanche de chaque
Semaine , commenceront à cinq heures. Les Aca
démiciens Ordinaires et Honoraires , pourront
conduire deux Dames au Concert ; les Académi–
ciens Asso ciez , une Dame seulement. L'entrée
sera interdite aux enfans au- dessous de l'âge de
dix ans..
Le 19. Article des Reglemens regarde les Sujets
qui pourroient être utiles à l'Académie et hors .
d'état d'avoir des Maîtres et des secours , à quoi
l'Académie pourvoira. Le Sceau de cette Acadé…
mie représente une Lyre avec cette Devise
Allicit etsociat.
lins , chez M. Charles Parossel , Peintre de l'Académie
Royale de Peinture , un Tableau de sa
composition , de 22. pieds de large sur 12: de
hauteur , entierement rempli d'ouvrage et qui
fait un effet admirable . Il représente la Cavalcade
et l'arrivée au Palais des Thuilleries de
Mehemet- Effendi , Ambassadeur du Grand Sei--
gneur , arrivant au Palais des Thuilleries pour
avoir son Audience du Roy. C'est une des pluss
belles Ordonnances et des plus nombreuses qu'on
G puisse
17778 MERCURE
DE FRANCE
puisse mettre daus un Tableau. Les Figures sur
la premiere ligne sont à peu prés grandes comme
demi nature , et paroissent beaucoup plus grandes
par la force du Coloris , la distribution des
groupes , la justesse du dessein , la distribution
du jour et des ombres , tout paroît animé ; les
Chevaux surtout sont d'une force et d'une position
admirable . On voit dans la seconde ligne
du Tableau les Gardes Françoises et Suisses , les
Officiers à la tête , et sur la troisiéme ligne une
foule de Spectateurs dont les differens caracteres
font un extrême plaisir. Ce magnifique Tableau
qu'on va mettre en Tapisserie pour le Roy , fait
beaucoup d'honneur au talent de M. Parossel.
Ces deux Tableaux doivent être suivis de deux
autres du même Auteur, dont on voit les esquis
ses qui réprésenteront la Marche à pied de
l'Ambassadeur et de sa suite , dans leJardin des
Thuilleries , et son départ aprés l'Audience.
Il paroit depuis peu deux trés-belles Estampes
en hauteur , de même grandeur , excellement
gravées par M, Louis Desplaces , d'aprés deux
beaux Tableaux du Cabinet du Duc de Mortemart
, peints Par M. Parossel , réprésentant.
deux Chasses du Lion et du Tigre..
On croit devoir avertir les Curieux , que
dans le nombre de Tableaux choisis , trouvés
dans la succession de M. Perrault , Grand
Maitre des Eaux et Forests, du département de
Bourgogne , que ses heritiers doivent vendre ,
il y en a deux de distinction.
›
Le premier est original du célebre Annibal
Carache , de cinq pieds neuf pouces de hauteur
sur douze pieds et demi de longueur. Ce Tableau
est terminé en demi ceintre les figures
"
sont
JUILLET. 1731. 1779
sont plus grandes que le naturel . On y voit la
Sainte Vierge au milieu ,
assise dans une espece
de Thrône , élevé sur des marches ; elle tient
l'Enfant Jesus debout qui se tourne vers S. Charles
Borromée , lequel est à genoux à sa droite , revêtu
de sa cappe rouge. Ce Saint Cardinal a les
mains jointes dans une attitude qui exprime parfai
tement son humilité et sa ferveur. Il paroit derriere
un jeune Clerc ou porte-Croix qui n'est
presque qu'en buste , et qui semble regarder les
Spectateurs. On prétend que le Peintre s'est peint
lui-même dans cette figure , dans laquelle la
distraction et la vivacité , si propre à la jeunesse
, est aussi parfaitement exprimée , que la
ferveur et la pieté dans celle de S. Charles.
On voit deux autres Figures à la gauche de
la Sainte Vierge , S. Joseph et S. François d'Assise
. On lit sur la seconde marche du Thrône
ces paroles. Gio Mariâ rial , feçë fare.
Ce fameux Tableau qui est peint à quelque
égard dans le goût du Titien et d'une excellen
te beauté , se conserve chez les heritiers de feu
M. Perrault à Châlons sur Saône.
L'autre Tableau est original d'Albert Dure',
peint sur bois , représentant les sept Sacremens
de six pieds trois pouces de hauteur sur trois pieds.
un pouce de largeur . C'est l'interieur d'une Égli→
se,"d'une noble et superbe Architecture ; au milieu
de laquelle est placé un grand. Crucifix.
On voit au pié de la Croix la Sainte Vierge de
hout accablée de douleur , soutenuë par S. Jean
er les deux Maries. On voit un Autel principal
où un Prêtre célebre la Messe , de même qu'à
d'autres Autels , placés dans des Chapelles , et
plusieurs autres figures .
Deux autres Tableaux , de trois pieds neuf
pouces
1780 MERCURE DE FRANCE
pouces de hauteur sur 23. pouces. de largeur chacun
, pour être placés à côté de celui qu'on
vient de décrire , représentent les six autres Sacremens
administrés par un Evêque et des Prê
tres.
Ce Tableau est en dépôt à l'Arcenal , chez
M. le Commissaire general des Poudres à Paris.
Il y a aussi des Figures de Bronze , des Brutes
et Bas-reliefs , Antiques et Modernes , d'un
excellent goût ,
On donne avis aux Curieux , que l'on a mis
en vente depuis peu deux Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux originaux de Watteau.
La premiere représente la Contredanse ,.
gravée par Brillon . La seconde est la Surprise ,.
gravée par Audran. Elles se vendent à Paris
avec toutes celles qui ont été gravées précedemment
, chez la Veuve de François Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surugue , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves.
Il va aussi paroître dans peu une suite d'Es
tampes gravées d'après les Figures Chinoises ,
peintes par le même Watteau , dans le Cabinet
au Roi au Château de la Muette.
On acheve , autant qu'il est possible , de gra
ver tous les Tableaux de ce gracieux Peintre , ce
qui formera'une OEuvre des plus interessantes qui
ayent encore paru.
Nous avons averti le mois passé que lè sicur
L. Surugue , Graveur du Roy , donneroit incessamment
les six et septiéme Estampes du Roman
Comique de Scaron ; mais le desir qu'il a de
remplir l'attente du Public dans cet Ouvrage ,
ne lui permettant pas d'en délivrer aucune Piece
qu'elle
JUILLET. 1731. 1781
quelle ne soit en êtat d'avoir son Approbation ,.
il donne seulement à present la sixième Estampe,
qui est l'Arrivée de l'Operateur à l'Hôtellerie.
Il a fait venir d'Allemagne , sur la demande de
plusieurs personnes distinguées , de très - jolies
Estampes colorées , faites exprès pour Iss Ouvrages
de Découpures , dont on trouvera les assortimens
chez lui , à l'entrée de la rue des Noyers ,
vis-à-vis. le mur de S. Yves.
Le goût pour la Musique devenant tous les
jours plus universel , on a établi au mois d'Avril
dernier une Académie de Musique à Nancy ,
sous la protection et par Lettres Patentes du Duc
de Lorraine , qui en approuve les Assemblées et
les Statuts et Reglemens des Académiciens , selon:
lesquels chaque Académicien ordinaire et honoraire
payera cent livres par an. Les Concerts :
qu'on donnera le Jeudi et le Dimanche de chaque
Semaine , commenceront à cinq heures. Les Aca
démiciens Ordinaires et Honoraires , pourront
conduire deux Dames au Concert ; les Académi–
ciens Asso ciez , une Dame seulement. L'entrée
sera interdite aux enfans au- dessous de l'âge de
dix ans..
Le 19. Article des Reglemens regarde les Sujets
qui pourroient être utiles à l'Académie et hors .
d'état d'avoir des Maîtres et des secours , à quoi
l'Académie pourvoira. Le Sceau de cette Acadé…
mie représente une Lyre avec cette Devise
Allicit etsociat.
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Résumé : Tableaux et Estampes, [titre d'après la table]
En 1778, Charles Parossel, Peintre de l'Académie Royale de Peinture, présenta un tableau de 22 pieds de large sur 12 pieds de hauteur, représentant la cavalcade et l'arrivée au Palais des Tuileries de Mehmet-Effendi, Ambassadeur du Grand Seigneur, pour son audience avec le Roi. Cette œuvre, riche en détails, était acclamée pour son effet admirable et ses nombreuses ordonnances. Les figures de la première ligne étaient grandeur nature, et les chevaux étaient particulièrement remarquables. La seconde ligne montrait les Gardes Françaises et Suisses, ainsi que les officiers, tandis que la troisième ligne représentait une foule de spectateurs aux caractères variés. Ce tableau, destiné à être transformé en tapisserie pour le Roi, fut suivi de deux autres œuvres de Parossel représentant la marche à pied de l'ambassadeur et son départ après l'audience. De plus, deux estampes gravées par Louis Desplaces d'après des tableaux de Parossel, représentant des chasses au lion et au tigre, furent également mises en avant. En 1779, deux tableaux de la succession de M. Perrault, Grand Maître des Eaux et Forêts du département de Bourgogne, furent mis en vente. Le premier était un original d'Annibal Carrache, mesurant cinq pieds neuf pouces de hauteur sur douze pieds et demi de longueur, représentant la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus et Saint Charles Borromée. Le second était un original d'Albert Dürer, peint sur bois, représentant les sept sacrements, mesurant six pieds trois pouces de hauteur sur trois pieds un pouce de largeur. Deux autres tableaux, représentant les six autres sacrements, étaient destinés à être placés à côté du précédent. En 1781, des estampes gravées d'après les tableaux originaux de Watteau, telles que 'La Contredanse' et 'La Surprise', furent mises en vente à Paris. Une suite d'estampes représentant des figures chinoises peintes par Watteau devait également paraître. Par ailleurs, la sixième estampe du 'Roman Comique' de Scarron fut publiée par L. Surugue, Graveur du Roi. Enfin, une Académie de Musique fut établie à Nancy sous la protection du Duc de Lorraine, avec des concerts organisés les jeudis et dimanches, et des règlements spécifiques pour les académiciens et les visiteurs.
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15
p. 1982-1983
Gallerie de Versailles, Desseins et Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Le grand Ouvrage que M. Massé commença en Juillet 1723. est entierement fini depuis le [...]
Mots clefs :
Galeries, Peintures, Château de Versailles, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : Gallerie de Versailles, Desseins et Estampes, [titre d'après la table]
Le grand Ouvrage que M. Massé commença
en Juillet 1723. est entierement fini depuis le
commencement de ce mois , et tout ce qu'il y a
de Curieux et de gens de goût , trouvent qu'il a
parfaitement reussi , aprés huit années de traail
, d'application et de dépense. Cet Ouvrage
laborieux et qui demande de grands talens ,
consiste dans les desseins de toutes les Peintures
de M. le Brun , qui font l'ornement et la magnificence
de la grande Galerie et des deux Sallons
du Château de Versailles Tous ces desseins ,
qu'on va voir chez luy avec grand plaisir , Plaee
Dauphine, au Roy de Prusse , sont faits avec
beaucoup de soin , d'intelligence et de propreté.
ils paroîtront en Estampes dans 4. ans , en
16. morceaux . Les meilleurs Graveurs de Paris
travaillent actuellement.
y
Par la bonté du Roy , cet ouvrage paroîtra
plutôt qu'on n'auroit osé l'esperer , S. M. ayant
permis
AOUS T. 1731. 1983
permis au Sieur Massé , pendant les trois dernie
res années, de laisser les Echaffauts en leur entier,
lors de son séjour à Versailles , et même de travailler
en sa présence , dont elle l'a souvent honoré.
en Juillet 1723. est entierement fini depuis le
commencement de ce mois , et tout ce qu'il y a
de Curieux et de gens de goût , trouvent qu'il a
parfaitement reussi , aprés huit années de traail
, d'application et de dépense. Cet Ouvrage
laborieux et qui demande de grands talens ,
consiste dans les desseins de toutes les Peintures
de M. le Brun , qui font l'ornement et la magnificence
de la grande Galerie et des deux Sallons
du Château de Versailles Tous ces desseins ,
qu'on va voir chez luy avec grand plaisir , Plaee
Dauphine, au Roy de Prusse , sont faits avec
beaucoup de soin , d'intelligence et de propreté.
ils paroîtront en Estampes dans 4. ans , en
16. morceaux . Les meilleurs Graveurs de Paris
travaillent actuellement.
y
Par la bonté du Roy , cet ouvrage paroîtra
plutôt qu'on n'auroit osé l'esperer , S. M. ayant
permis
AOUS T. 1731. 1983
permis au Sieur Massé , pendant les trois dernie
res années, de laisser les Echaffauts en leur entier,
lors de son séjour à Versailles , et même de travailler
en sa présence , dont elle l'a souvent honoré.
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Résumé : Gallerie de Versailles, Desseins et Estampes, [titre d'après la table]
L'ouvrage de M. Massé, initié en juillet 1723 et achevé début 1731, a nécessité huit années de travail et de dépenses. Il consiste en des dessins des peintures de M. Le Brun ornant la grande galerie et les deux salons du château de Versailles. Ces dessins, exposés avec soin et intelligence, ont été appréciés par les amateurs et les gens de goût, ainsi que par la Place Dauphine et le roi de Prusse. Ils seront publiés sous forme d'estampes en seize morceaux au cours des quatre prochaines années par les meilleurs graveurs de Paris. Grâce à la bonté du roi, cet ouvrage paraîtra plus tôt que prévu. Le roi a autorisé M. Massé à laisser les échafaudages en place et à travailler à Versailles en sa présence durant les trois dernières années.
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16
p. 2623-2624
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux d'Estampes sont avertis que l'on a mis en vente chez la Veuve de François [...]
Mots clefs :
Londres, Estampes, Manuscrits, Machine
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Les Curieux d'Estampes sont avertis
a mis en vente chez la Veuve de Françoi :
Chereau Graveur du Roy , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'Or et chez Surugues ,
aussi Graveur du Roy , Rue des Noyers , toute
la suite des Figures Chinoises , gravées d'après
les Peintures d'Antoine Watteau , qui sont
dans le Cabinet du Roy au Château de la
Meutte , en 30. morceaux ; comme auffi deuxnouvelles
Estampes de grande composition ,
gravées d'après deux des plus beaux Tableaux
de ce gracieux Peintre ; l'une a pour titre , Assemblée
Galante l'autre , Rendez - vous de
Chasse.
,
Ces charmans Tableaux , qu'on continuë de
graver avec beaucoup de soin , fourniront dans
peu une oeuvre des plus agréables qui ait encore
paru.
On vient de mettre en vente une trés - belle
Estampe en large , qui est extrémement recherchée
et qui mérite de l'être , elle est gravée pa
M. Lepicier , d'après un Tableau du Cabinet .
M. Fagon , Conseiller d'Etat , peine par M. Ch
Coypel. Cette ingenieuse composition represent
un nombre d'enfans , qui devant et autour d'u
Toilette dressée , se parent des hardes , des nip
et des ajustemens de leurs parens qu'ils ont f
attraper , en imitant avec beaucoup de grace
de naïveté , les airs et les manieres des grand
personnes. Ce joli badinage , dans lequel les Mc.
des du temps sont exactement observées ,
donné lieu à ces quatre Vers qu'on lit au bas c
l'Estampe :
01
Ce
2624 MERCURE DE FRANCE
De la Mode et de ses boutades ,
Ce jeu d'enfant rend les excès ;
Ces atours , malgré leurs succès ,
Sont bien souvent des Mascarades .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë
3. Jacques , au- dessus des Jacobins , & chex
Surugue , rue des Noyers.
On écrit de Londres , que M. Jean Guest a inventé
une Machine qui a été examinée par le
Chevalier Charles Wager , avant son départ
pour la Méditerranée , et depuis par le Docteur
Halley , Astronome du Roy , qui l'ont approuvée.
On assure qu'il doit partir dans peu pour
les Indes Occidentales , afin d'éprouver en Mer
si , comme ce Mathématicien le prétend , sa Machine
donnera exactement la Latitude et la Longitude
en tout temps et en tout lieu , la variation
exacte de l'Aiguille aimantée , et l'heure du jour,
à une minute près. On assure que les Commissaires
de l'Amirauté lui ont promis une récompense
considerable , si cette Machine est aussi
utile qu'il le prétend.
On a aussi appris de Londres , une nouvelle à
1aquelle les Sçavans seront sensibles . Le 3. de ce
mois le feu prit à la Maison du feu Comte
d'Ashburnham , près de l'Abbaye de Westminster
, où l'on conservoit la fameuse Bibliotheque
de Cotton : plusieurs des Manuscrits précieux de
cette Bibliotheque furent consumez par les flammes
, ainsi qu'une partie considerable de cette
Maison.
a mis en vente chez la Veuve de Françoi :
Chereau Graveur du Roy , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'Or et chez Surugues ,
aussi Graveur du Roy , Rue des Noyers , toute
la suite des Figures Chinoises , gravées d'après
les Peintures d'Antoine Watteau , qui sont
dans le Cabinet du Roy au Château de la
Meutte , en 30. morceaux ; comme auffi deuxnouvelles
Estampes de grande composition ,
gravées d'après deux des plus beaux Tableaux
de ce gracieux Peintre ; l'une a pour titre , Assemblée
Galante l'autre , Rendez - vous de
Chasse.
,
Ces charmans Tableaux , qu'on continuë de
graver avec beaucoup de soin , fourniront dans
peu une oeuvre des plus agréables qui ait encore
paru.
On vient de mettre en vente une trés - belle
Estampe en large , qui est extrémement recherchée
et qui mérite de l'être , elle est gravée pa
M. Lepicier , d'après un Tableau du Cabinet .
M. Fagon , Conseiller d'Etat , peine par M. Ch
Coypel. Cette ingenieuse composition represent
un nombre d'enfans , qui devant et autour d'u
Toilette dressée , se parent des hardes , des nip
et des ajustemens de leurs parens qu'ils ont f
attraper , en imitant avec beaucoup de grace
de naïveté , les airs et les manieres des grand
personnes. Ce joli badinage , dans lequel les Mc.
des du temps sont exactement observées ,
donné lieu à ces quatre Vers qu'on lit au bas c
l'Estampe :
01
Ce
2624 MERCURE DE FRANCE
De la Mode et de ses boutades ,
Ce jeu d'enfant rend les excès ;
Ces atours , malgré leurs succès ,
Sont bien souvent des Mascarades .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë
3. Jacques , au- dessus des Jacobins , & chex
Surugue , rue des Noyers.
On écrit de Londres , que M. Jean Guest a inventé
une Machine qui a été examinée par le
Chevalier Charles Wager , avant son départ
pour la Méditerranée , et depuis par le Docteur
Halley , Astronome du Roy , qui l'ont approuvée.
On assure qu'il doit partir dans peu pour
les Indes Occidentales , afin d'éprouver en Mer
si , comme ce Mathématicien le prétend , sa Machine
donnera exactement la Latitude et la Longitude
en tout temps et en tout lieu , la variation
exacte de l'Aiguille aimantée , et l'heure du jour,
à une minute près. On assure que les Commissaires
de l'Amirauté lui ont promis une récompense
considerable , si cette Machine est aussi
utile qu'il le prétend.
On a aussi appris de Londres , une nouvelle à
1aquelle les Sçavans seront sensibles . Le 3. de ce
mois le feu prit à la Maison du feu Comte
d'Ashburnham , près de l'Abbaye de Westminster
, où l'on conservoit la fameuse Bibliotheque
de Cotton : plusieurs des Manuscrits précieux de
cette Bibliotheque furent consumez par les flammes
, ainsi qu'une partie considerable de cette
Maison.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le document annonce la vente de diverses estampes et œuvres d'art. Chez la veuve de François Chereau et chez Surugues, graveurs du roi, sont disponibles la suite des Figures Chinoises d'Antoine Watteau, présentes dans le cabinet du roi au Château de la Muette, ainsi que deux nouvelles estampes intitulées 'Assemblée Galante' et 'Rendez-vous de Chasse'. Une autre estampe, gravée par M. Lepicier d'après un tableau de Charles Coypel, représentant des enfants imitant les adultes, est également en vente. Cette estampe est accompagnée de quatre vers sur la mode et ses excès. Par ailleurs, une invention de M. Jean Guest, une machine pour déterminer la latitude, la longitude, la variation de l'aiguille aimantée et l'heure du jour, a été approuvée par le Chevalier Charles Wager et le Docteur Halley. M. Guest doit tester cette machine en mer lors d'un voyage aux Indes Occidentales. Enfin, un incendie à Londres a détruit une partie de la bibliothèque du comte d'Ashburnham près de l'abbaye de Westminster.
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17
p. 3090-3092
Tableau et Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
On a exposé pendant quatre jours dans le Salon de Diane du Château de Versailles [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableau et Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
On a exposé pendant quatre jours dans
3
11. Fola
le
DECEMBRE. 1731. 3091
fique
I Salon de Diane du Château de Versaillés
, le Tableau de M. Parossel , Peintre
de l'Académie Royale , grande et magnicomposition,
représentant la Caval
cade,ou Entrée Publique de Chelebi -Me
hemet-Effendi , Ambassadeur du Grand-
Seigneur , pour aller à l'Audience du
Roy au Château des Thuilleries. Il entrès
dans le Jardin par le Pont tournant. On
a également applaudi à l'Ordonnance , auz
Dessein , et au Coloris. Nous avons déja:
parlé de ce Tableau , qu'on va mettre en
Tapisserie aux Gobelins.
On donne avis aux Personnes de goût,,
qu'on vient de mettre en vente deux Estampes
nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Pein
tre Flamand , l'une est des Comédiens
François , représentant une Tragi- Co--
médie ; l'autre est un Retour de Guingette
des environs de Paris. Ces deux Estampes
sont gravées d'un goût excellent ; elles se
vendent avec toutes celles précedemment :
gravées par les soins de Mr. de Jullienne..
A Paris , chez la Veuve de François Che--
reau , Graveur du Roy , rue S. Jacques ,,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surugues
Graveur du Roy , ruë des Noyers , vis-à-vis ›
les Murs S. Tves..
IL Koli.
H
3092 MERCURE DE FRANCE
Le Comte de Clermont , Prince du Sang,
a acheté toutes les Pierres gravées de feu
M. de la Faye , et l'Abbé de Rothelin a
acheté toutes les Médailles antiques du
Cabinet du Président de Maison .
3
11. Fola
le
DECEMBRE. 1731. 3091
fique
I Salon de Diane du Château de Versaillés
, le Tableau de M. Parossel , Peintre
de l'Académie Royale , grande et magnicomposition,
représentant la Caval
cade,ou Entrée Publique de Chelebi -Me
hemet-Effendi , Ambassadeur du Grand-
Seigneur , pour aller à l'Audience du
Roy au Château des Thuilleries. Il entrès
dans le Jardin par le Pont tournant. On
a également applaudi à l'Ordonnance , auz
Dessein , et au Coloris. Nous avons déja:
parlé de ce Tableau , qu'on va mettre en
Tapisserie aux Gobelins.
On donne avis aux Personnes de goût,,
qu'on vient de mettre en vente deux Estampes
nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Pein
tre Flamand , l'une est des Comédiens
François , représentant une Tragi- Co--
médie ; l'autre est un Retour de Guingette
des environs de Paris. Ces deux Estampes
sont gravées d'un goût excellent ; elles se
vendent avec toutes celles précedemment :
gravées par les soins de Mr. de Jullienne..
A Paris , chez la Veuve de François Che--
reau , Graveur du Roy , rue S. Jacques ,,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surugues
Graveur du Roy , ruë des Noyers , vis-à-vis ›
les Murs S. Tves..
IL Koli.
H
3092 MERCURE DE FRANCE
Le Comte de Clermont , Prince du Sang,
a acheté toutes les Pierres gravées de feu
M. de la Faye , et l'Abbé de Rothelin a
acheté toutes les Médailles antiques du
Cabinet du Président de Maison .
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Résumé : Tableau et Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Du 11 au 14 décembre 1731, le tableau de M. Parossel, peintre de l'Académie Royale, représentant la cavalcade ou l'entrée publique de Chelebi Mehmet-Effendi, ambassadeur du Grand-Seigneur, a été exposé dans le Salon de Diane du Château de Versailles. Ce tableau, destiné à être transformé en tapisserie aux Gobelins, a été acclamé pour son ordonnance, son dessin et son coloris. Par ailleurs, deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, représentant respectivement une tragi-comédie et un retour de guinguette, ont été mises en vente. Ces estampes, gravées avec un goût excellent, sont disponibles chez la veuve de François Chereau et chez Surugues, graveurs du Roi. Le texte mentionne également des acquisitions récentes : le Comte de Clermont a acheté toutes les pierres gravées de feu M. de la Faye, et l'Abbé de Rothelin a acquis toutes les médailles antiques du Cabinet du Président de Maison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 342-343
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
L'empressement du Public pour les Estampes de l'histoire [...]
Mots clefs :
Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
L'empressement du Public pour les Estampes de l'histoire de Don Quichotte , inventées et peintes
par M. Charles Coypel, fait l'éloge de cet ouvrage bien mieux que toutes les louanges qu'on pour
roit lui donner , et nous croyons faire un vrai
plaisir aux curieux de leur donner avis qu'il en
paroît une nouvelle Piece qui est le Memorable Jugement de Sancho , où il fait rompre la Canne ; la
Composition est des mieux entendues et des plus
agréables ; elle a été gravée avec beaucoup de
soin et d'intelligence par François Jollain. Cette
Estampe se debite,comme les autres, chez le sieur
Surugue , Graveur du Roy.
Il donne aussi les 8 et 9. Estampes du Roman
Comique de Scaron?
, dont l'une représente la Ba- taille
FEVRIER. 1732. 343
taille arrivée dans le Tripot qui troubla la Comédie,
gravée par EdmeJeaurat et l'autre est, Ragotin retiréduCoffre,terminé par L.Surugue sur les tableaux
originaux de J. B. Pater On ne doute pas que
ces deux Sujets ne plaisent beaucoup le desordre
d'un combat tel que celui - cy ne pouvoit être
exprimé avec plus de verité et tous les deux avec
plus de ce vrai Comique qui coule si naturellement de la plume de Scaron.
On trouve aussi chez le sieur Surugue , les
œuvres de MM. Antoine et Charles Coypel ,
Ecuyers premiers Peintres du Roy et de Monsei gneur le Duc d'Orleans.
L'oeuvre de M. Girardon, Sculpteur du Roy , celui d'Antoine Watau très - complet , et ce qui se
fart journellement à Paris en fait d'Estampes &c.
Il fait venir aussi des Estampes des Pays Etrangers , comme les œuvres de B. Picart , des Vvicher , Rubens , et tous les Flamands.
Il attend incessamment une histoire des Plantes en Latin avec les Figures imprimées avec les couleurs naturelles , et un nouveau paquet de ces
Estampes colorées pour les découpures , où Pon
a ramassé tout ce qu'il y a de plus beau en ce
genre dans tout le Pays.
Ledit sieur Surugue, demeure à l'entrée de la ruë
des Noyers, entre les deux premieres portes cocheres, vis-à-vis le mur de S. Yves, à Paris.
par M. Charles Coypel, fait l'éloge de cet ouvrage bien mieux que toutes les louanges qu'on pour
roit lui donner , et nous croyons faire un vrai
plaisir aux curieux de leur donner avis qu'il en
paroît une nouvelle Piece qui est le Memorable Jugement de Sancho , où il fait rompre la Canne ; la
Composition est des mieux entendues et des plus
agréables ; elle a été gravée avec beaucoup de
soin et d'intelligence par François Jollain. Cette
Estampe se debite,comme les autres, chez le sieur
Surugue , Graveur du Roy.
Il donne aussi les 8 et 9. Estampes du Roman
Comique de Scaron?
, dont l'une représente la Ba- taille
FEVRIER. 1732. 343
taille arrivée dans le Tripot qui troubla la Comédie,
gravée par EdmeJeaurat et l'autre est, Ragotin retiréduCoffre,terminé par L.Surugue sur les tableaux
originaux de J. B. Pater On ne doute pas que
ces deux Sujets ne plaisent beaucoup le desordre
d'un combat tel que celui - cy ne pouvoit être
exprimé avec plus de verité et tous les deux avec
plus de ce vrai Comique qui coule si naturellement de la plume de Scaron.
On trouve aussi chez le sieur Surugue , les
œuvres de MM. Antoine et Charles Coypel ,
Ecuyers premiers Peintres du Roy et de Monsei gneur le Duc d'Orleans.
L'oeuvre de M. Girardon, Sculpteur du Roy , celui d'Antoine Watau très - complet , et ce qui se
fart journellement à Paris en fait d'Estampes &c.
Il fait venir aussi des Estampes des Pays Etrangers , comme les œuvres de B. Picart , des Vvicher , Rubens , et tous les Flamands.
Il attend incessamment une histoire des Plantes en Latin avec les Figures imprimées avec les couleurs naturelles , et un nouveau paquet de ces
Estampes colorées pour les découpures , où Pon
a ramassé tout ce qu'il y a de plus beau en ce
genre dans tout le Pays.
Ledit sieur Surugue, demeure à l'entrée de la ruë
des Noyers, entre les deux premieres portes cocheres, vis-à-vis le mur de S. Yves, à Paris.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'une estampe intitulée 'Le Memorable Jugement de Sancho, où il fait rompre la Canne', inspirée de l'histoire de Don Quichotte, créée et peinte par Charles Coypel et gravée par François Jollain. Cette estampe est disponible chez le sieur Surugue, graveur du roi. Le texte mentionne également la disponibilité des 8e et 9e estampes du 'Roman Comique' de Scarron, gravées par Edme Jeaurat et Louis Surugue d'après les tableaux de Jean-Baptiste Pater. Ces estampes représentent des scènes comiques et désordonnées, fidèles à l'esprit de Scarron. Le sieur Surugue propose aussi les œuvres des peintres Antoine et Charles Coypel, écuyers premiers peintres du roi et du duc d'Orléans, ainsi que celles de Girardon et Antoine Watteau. Il vend également des estampes étrangères, notamment celles de Bernard Picart, Adriaen van der Werff, Rubens et d'autres Flamands. Surugue attend la réception d'une histoire des plantes en latin avec des figures imprimées en couleurs naturelles et un nouveau paquet d'estampes colorées pour découpures. Le sieur Surugue réside à l'entrée de la rue des Noyers, entre les deux premières portes cochères, vis-à-vis le mur de Saint-Yves, à Paris.
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19
p. 769-771
Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a obmis dans les précedens Mercures de faire mention [...]
Mots clefs :
Tableaux, Estampes, Académie royale de peinture
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texteReconnaissance textuelle : Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
On a obmis dans les précedens Mercures de
faire mention du Volume contenant la Ceremonie,en Estampes , du Sacre du Roy , qui ut pré- Gijsenté
770 MERCURE DE FRANCE
1
senté à Sa Majesté le Lundi 24. Decembre der
nier , par le Duc de Trême , premier Gentilhom.
me de la Chambre , suivi de M. Dulin , Peintre
ordinaire du Roy et de l'Académie Royale de
Peinture , fequel en a fait les Desseins , d'après
lesquels 18. des meilleurs Graveurs de la même
Académie, ont travaillé. Ce Volume in folio , sur
du papier grand Aigle , représente les principaux
momens de l'Auguste Ceremonie du Sacre , tant
par les grandes Planches , que par les Lettres
Grises ; il a été enrichi de Sujets allegoriques et
de Devises qui répondent aux Momens histori
ques. Et comme dans ces Momens historiques les figures sont petites par rapport à leur multitude
de sieur Dulin a aussi dessiné 30. figures particu
lieres , de grandeur à pouvoir caracteriser tous
les differents habillemems que les Seigneurs,
Grands-Officiers et autres , portent dans leurs
fonctions , à cette Royale Céremonie.
Le Frontispice annonce le sujet du Volume ;
et tous les Discours qui expliquent chaque Estampe , ainsi que la Dédicace et l'Avertissement
sont renfermez dans des Bordures symboliques
très-riches et toutes differentes. L'Avertissement
qui est à la tête du Recueil , rend compte de la maniere dont l'Ouvrage a été conduit."
Il paroît une seconde Estampe du Portrait de
Ja Dlle Dangeville , dont le Public aura lieu d'ê
are plus satisfait que de la premiere.
Ce n'est pas sans fondement que le Public
avoit bien auguré de la capacité du sieur Grégoire, sur les Tableaux de la Croisée de NotreDame , qui viennent d'être posez , après avoir vû
de quelle maniere il s'étoit tiré de? ceux de da Nef
AVRÍL. 1732.® 771
Nef, applaudis universellement par tous les Con
noisseurs. On peut même dire qu'il a été au- delà de
ce qu'on pouvoit attendre de lui , principalement sur les Tableaux de Mr le Brun , et sur ceux de
Mrs Corneille , Höüasse et Jouvenet , parce qu'ils
avoient été si fort gâtez par de mauvaises drogues , qu'on avoit perdu toute esperance d'en
pouvoir jamais appercevoir aucun vestige ; d'autant que jamais personne n'avoit osé se hazarder
d'y retoucher , et qu'on les regardoit comme Ta bleaux abandonnez et perdus.
Cependant le sieur Grégoire , Eleve de M.Restout , dont ona parle à ce sujet dans le Mercure
de Janvier dernier , page 177. par un secret particulier qu'il a trouvé , vient de les rétablir entierement , et leur a rendu leur ancien lustre , en³
les rendant tels qu'ils sortirent jadis des main's de leurs celebres Auteurs.
Si le Public ne se lasse point d'admirer et d'ap
plaudir un Ouvrage regardé de tout le monde
comme une espece de Chef-d'œuvre , il a cela de
commun avec presque toute l'Académie Royale
de Peinture , puisque M. de Boullogne , premier
Peintre du Roy et Directeur de l'Académie , en a
été le premier surpris , et n'a pû lui refuser ses
suffrages , ainsi que Mrs Vancleve, de Largilliere,
Halle , Rigaud , Christophle , Restout , &c. qui
tous ont applaudi et loué le talent du sieur Grégoire sur le rétablissement de ces magnifiques Tableaux.
Au reste , le sieur Grégoire réussit également
sur tous les Tableaux de Cabinet , tant grands
que petits , quelques gâtez , défiguréz et troüez
qu'ils puiseent être. Sa demeure est Parvis de
Notre- Dame, à Paris , du côté de la grande Porte
duCloître, entre un Notaire et un Perruquier.
G iij LETT
faire mention du Volume contenant la Ceremonie,en Estampes , du Sacre du Roy , qui ut pré- Gijsenté
770 MERCURE DE FRANCE
1
senté à Sa Majesté le Lundi 24. Decembre der
nier , par le Duc de Trême , premier Gentilhom.
me de la Chambre , suivi de M. Dulin , Peintre
ordinaire du Roy et de l'Académie Royale de
Peinture , fequel en a fait les Desseins , d'après
lesquels 18. des meilleurs Graveurs de la même
Académie, ont travaillé. Ce Volume in folio , sur
du papier grand Aigle , représente les principaux
momens de l'Auguste Ceremonie du Sacre , tant
par les grandes Planches , que par les Lettres
Grises ; il a été enrichi de Sujets allegoriques et
de Devises qui répondent aux Momens histori
ques. Et comme dans ces Momens historiques les figures sont petites par rapport à leur multitude
de sieur Dulin a aussi dessiné 30. figures particu
lieres , de grandeur à pouvoir caracteriser tous
les differents habillemems que les Seigneurs,
Grands-Officiers et autres , portent dans leurs
fonctions , à cette Royale Céremonie.
Le Frontispice annonce le sujet du Volume ;
et tous les Discours qui expliquent chaque Estampe , ainsi que la Dédicace et l'Avertissement
sont renfermez dans des Bordures symboliques
très-riches et toutes differentes. L'Avertissement
qui est à la tête du Recueil , rend compte de la maniere dont l'Ouvrage a été conduit."
Il paroît une seconde Estampe du Portrait de
Ja Dlle Dangeville , dont le Public aura lieu d'ê
are plus satisfait que de la premiere.
Ce n'est pas sans fondement que le Public
avoit bien auguré de la capacité du sieur Grégoire, sur les Tableaux de la Croisée de NotreDame , qui viennent d'être posez , après avoir vû
de quelle maniere il s'étoit tiré de? ceux de da Nef
AVRÍL. 1732.® 771
Nef, applaudis universellement par tous les Con
noisseurs. On peut même dire qu'il a été au- delà de
ce qu'on pouvoit attendre de lui , principalement sur les Tableaux de Mr le Brun , et sur ceux de
Mrs Corneille , Höüasse et Jouvenet , parce qu'ils
avoient été si fort gâtez par de mauvaises drogues , qu'on avoit perdu toute esperance d'en
pouvoir jamais appercevoir aucun vestige ; d'autant que jamais personne n'avoit osé se hazarder
d'y retoucher , et qu'on les regardoit comme Ta bleaux abandonnez et perdus.
Cependant le sieur Grégoire , Eleve de M.Restout , dont ona parle à ce sujet dans le Mercure
de Janvier dernier , page 177. par un secret particulier qu'il a trouvé , vient de les rétablir entierement , et leur a rendu leur ancien lustre , en³
les rendant tels qu'ils sortirent jadis des main's de leurs celebres Auteurs.
Si le Public ne se lasse point d'admirer et d'ap
plaudir un Ouvrage regardé de tout le monde
comme une espece de Chef-d'œuvre , il a cela de
commun avec presque toute l'Académie Royale
de Peinture , puisque M. de Boullogne , premier
Peintre du Roy et Directeur de l'Académie , en a
été le premier surpris , et n'a pû lui refuser ses
suffrages , ainsi que Mrs Vancleve, de Largilliere,
Halle , Rigaud , Christophle , Restout , &c. qui
tous ont applaudi et loué le talent du sieur Grégoire sur le rétablissement de ces magnifiques Tableaux.
Au reste , le sieur Grégoire réussit également
sur tous les Tableaux de Cabinet , tant grands
que petits , quelques gâtez , défiguréz et troüez
qu'ils puiseent être. Sa demeure est Parvis de
Notre- Dame, à Paris , du côté de la grande Porte
duCloître, entre un Notaire et un Perruquier.
G iij LETT
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Résumé : Cerémonie en Estampes du Sacre du Roy, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un volume illustrant la cérémonie du sacre du roi, offert à Sa Majesté le 24 décembre précédent par le Duc de Trême. Ce volume, en format in-folio sur papier grand Aigle, présente les moments clés de la cérémonie à travers des planches et des lettres grises, enrichies de sujets allégoriques et de devises. Il inclut 30 figures particulières dessinées par M. Dulin, représentant les habits portés lors de la cérémonie. Le frontispice annonce le sujet du volume, et les discours expliquant chaque estampe, ainsi que la dédicace et l'avertissement, sont encadrés dans des bordures symboliques. L'avertissement explique la réalisation de l'ouvrage. Par ailleurs, une seconde estampe du portrait de Mlle Dangeville a été publiée, suscitant une meilleure satisfaction que la première. Le texte mentionne également les travaux de restauration du sieur Grégoire sur les tableaux de la croisée de Notre-Dame. Après avoir restauré ceux de la nef, il a restauré les œuvres de M. Le Brun, M. Corneille, M. Houasse et M. Jouvenet, endommagées par de mauvaises drogues. Grâce à un secret particulier, il leur a rendu leur lustre originel, ce qui a été acclamé par l'Académie Royale de Peinture. Le sieur Grégoire réside à Paris, au Parvis de Notre-Dame, entre un notaire et un perruquier.
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20
p. 1189
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu quatre belles Estampes d'après les [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux de Watteau, Roman comique
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu quatre belles Estampes d'après les Tableaux originaux
de Wateau , du Cabinet de M. de Julienne. Ce sont les quatre Saisons , d'une.
composition aussi agréable qu'ingenieuse,
gravées par les Sr Audran , Larmessin ,
Moireau et Brillon , de 20. pouces de large sur 17. pouces de haut. Elles se vendent chez Surugue , rue des Noyers , et chez
la veuve Chereau , rue S. Jacques.
Il paroît aussi deux nouvelles Estampes du Roman Comique de Scarron, dont
les sujets sont , Bataille arrivée dans le
Tripot , qui trouble la Comédie , et Ragotin
retiré du coffre où la Servante l'avoit enfermé.
gravées par les S Surugue et Jeaurat
d'après les Tableaux du sieur Pater. Eiles.
se vendent chez le même Surugue.
de Wateau , du Cabinet de M. de Julienne. Ce sont les quatre Saisons , d'une.
composition aussi agréable qu'ingenieuse,
gravées par les Sr Audran , Larmessin ,
Moireau et Brillon , de 20. pouces de large sur 17. pouces de haut. Elles se vendent chez Surugue , rue des Noyers , et chez
la veuve Chereau , rue S. Jacques.
Il paroît aussi deux nouvelles Estampes du Roman Comique de Scarron, dont
les sujets sont , Bataille arrivée dans le
Tripot , qui trouble la Comédie , et Ragotin
retiré du coffre où la Servante l'avoit enfermé.
gravées par les S Surugue et Jeaurat
d'après les Tableaux du sieur Pater. Eiles.
se vendent chez le même Surugue.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de quatre estampes des Saisons, d'après Watteau, gravées par Audran, Larmessin, Moireau et Brillon. Deux autres estampes, inspirées du Roman Comique de Scarron, sont également disponibles. Elles sont gravées par Surugue et Jeaurat d'après Pater. Les estampes sont en vente chez Surugue et la veuve Chereau.
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21
p. 1608-1610
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
On donne avis aux Curieux que l'on a mis [...]
Mots clefs :
Estampes, Antoine Watteau, L'Amour de Village
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texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
On donne avis aux Curieux que
1
l'on amis en
vente
JUILLET. 1732 1609
vente , chez la veuve Chereau , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surrugue , Gra
veur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
gravée nouvellement d'après un des plus beaux
Tableaux de feu Vvatteau , qui a pour titre :
Fêtes Vénitiennes.
Il va aussi paroître une grande Estampe , gravée d'après la fameuse Enseigne que Watteau
peignit en Plafond pour M. Gersain , son ami,
sur le Pont Notre Dame , et qui fut regardée par
tous les connoisseurs comme un des plus beaux
Tableaux de ce grand Maître. Ce morceau est à
present dans le Cabinet de M. de Jullienne. Il
l'a fait graver à la suite de toute l'œuvre à laquelle il continue depuis plus de douze années de
faire travailler , par les plus habiles Graveurs du temps.
Il paroît une nouvelle Estampe , en hauteur ovale , intitulée L'Amour de Village , ou l'Amour Naif. Ce sont deux demi figures qui expriment de la maniere du monde la plus fine t
la plus naïve cette pensée ; une tres-belle personne , fâchée contre son Amant , qu'elle voit à ses genoux , plein de soumission , d'ardeur et de
crainte , paroît le rebuter , et ne pas vouloir en- tendre sa justification , dans le temps qu'on lit
dans ses yeux que son dépit ne durera pas longtemps, et qu'elle seroit très - piquée si son Berger étoit infidele. Cela est rendu d'une maniere parfaitement heureuse , d'après un Tableau de M.
Charles Coypel. On lit ces Vers au bas:
La Bergere , long-temps ne sçauroit soûtenir ,
Le courroux qu'un Berger lui donne ;
Contre un retour sincere , elle ne peut tenir ;
G iij Sa
1610 MERCURE DE FRANCE
Sa bouche vainement dit qu'elle veut punir
Ses yeux difent qu'elle pardonne.
Le sieur Lépicié, dont les talens sont tres- connus, auteur de cette Estampe, grave actuellement
son pendant , d'après le même Peintre. Il represente l'Amour de Ville ou l'Amour Coquet.
Le sieur Lépicié demeure rue Saint Louis ,
coin de l'Abreuvoir du Quay des Orfevres , chez
M. Marlié.
au
Il paroît encore une nouvelle Estampe en hau
teur , d'une grande beauté , c'est le Roy à Che
val , suivi d'un détachement de ses Gardes , l'’Epée haute, tres-ressemblant , gravé d'après le Tableau original de M. Parocel , Peintre distingué
de l'Académie Royale : Par N.de Larmessin, Graveur du Roy , ruë des Noyers
1
l'on amis en
vente
JUILLET. 1732 1609
vente , chez la veuve Chereau , rue S. Jacques ,
aux deux Pilliers d'or , et chez Surrugue , Gra
veur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
gravée nouvellement d'après un des plus beaux
Tableaux de feu Vvatteau , qui a pour titre :
Fêtes Vénitiennes.
Il va aussi paroître une grande Estampe , gravée d'après la fameuse Enseigne que Watteau
peignit en Plafond pour M. Gersain , son ami,
sur le Pont Notre Dame , et qui fut regardée par
tous les connoisseurs comme un des plus beaux
Tableaux de ce grand Maître. Ce morceau est à
present dans le Cabinet de M. de Jullienne. Il
l'a fait graver à la suite de toute l'œuvre à laquelle il continue depuis plus de douze années de
faire travailler , par les plus habiles Graveurs du temps.
Il paroît une nouvelle Estampe , en hauteur ovale , intitulée L'Amour de Village , ou l'Amour Naif. Ce sont deux demi figures qui expriment de la maniere du monde la plus fine t
la plus naïve cette pensée ; une tres-belle personne , fâchée contre son Amant , qu'elle voit à ses genoux , plein de soumission , d'ardeur et de
crainte , paroît le rebuter , et ne pas vouloir en- tendre sa justification , dans le temps qu'on lit
dans ses yeux que son dépit ne durera pas longtemps, et qu'elle seroit très - piquée si son Berger étoit infidele. Cela est rendu d'une maniere parfaitement heureuse , d'après un Tableau de M.
Charles Coypel. On lit ces Vers au bas:
La Bergere , long-temps ne sçauroit soûtenir ,
Le courroux qu'un Berger lui donne ;
Contre un retour sincere , elle ne peut tenir ;
G iij Sa
1610 MERCURE DE FRANCE
Sa bouche vainement dit qu'elle veut punir
Ses yeux difent qu'elle pardonne.
Le sieur Lépicié, dont les talens sont tres- connus, auteur de cette Estampe, grave actuellement
son pendant , d'après le même Peintre. Il represente l'Amour de Ville ou l'Amour Coquet.
Le sieur Lépicié demeure rue Saint Louis ,
coin de l'Abreuvoir du Quay des Orfevres , chez
M. Marlié.
au
Il paroît encore une nouvelle Estampe en hau
teur , d'une grande beauté , c'est le Roy à Che
val , suivi d'un détachement de ses Gardes , l'’Epée haute, tres-ressemblant , gravé d'après le Tableau original de M. Parocel , Peintre distingué
de l'Académie Royale : Par N.de Larmessin, Graveur du Roy , ruë des Noyers
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
En juillet 1732, deux estampes sont mises en vente. La première, intitulée 'Fêtes Vénitiennes', est gravée d'après un tableau de Jean-Antoine Watteau et est disponible chez la veuve Chereau et chez Surrugue, graveur du roi. Une autre estampe, également d'après une œuvre de Watteau peinte pour M. Gersain, est annoncée. Cette œuvre, actuellement dans le cabinet de M. de Jullienne, fait partie d'un projet de gravure de l'œuvre complète de Watteau, entrepris depuis plus de douze ans. Une nouvelle estampe ovale, 'L'Amour de Village ou l'Amour Naif', représentant deux demi-figures dans une scène amoureuse, est également présentée. Elle est gravée d'après un tableau de Charles Coypel et accompagnée de vers soulignant la tension entre la colère et le pardon dans l'amour. Cette estampe est réalisée par le sieur Lépicié, qui grave aussi son pendant, 'L'Amour de Ville ou l'Amour Coquet'. Enfin, une estampe représentant le roi à cheval, suivi de ses gardes, est annoncée. Elle est gravée d'après un tableau de M. Parocel par N. de Larmessin, graveur du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 1811-1813
Nouvelles Estampes, &c. [titre d'après la table]
Début :
La Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Piliers d'or, a mis en vente [...]
Mots clefs :
Estampes, Sujets, Marquis de Beringhen, Académie royale de peinture, Jaurat
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, &c. [titre d'après la table]
La Veuve Chereau , ruë S. Jacques ;
aux deux Piliers d'or , a mis en vente
quatre belles Estampes en hauteur , réprésentant les quatre Elemens, d'après les
Tableaux originaux du Cabinet du Marquis de Beringhen , Premier Ecuyer du
Roy , excellemment peints et les sujets
traitez d'une maniere aussi galante que
riche et ingénieuse , par le Sr N. Lancret ,
de l'Académie Royale de Peinture.
I.
1812 MERCURE DE FRANCE
1. L'A IR est exprimé par de jeunes
gens des deux Sexes , qui badinent avec
des boules de savon , des Châteaux de
Carte , des Moulinets , Cerf- volans , &c.
Huit Vers au bas de chaque Estampe ,
ornez de divers traits de Morale , expliquant les Sujets.
2. Des Bergers et des Bergeres dansent
autour d'un FEU de joye.
3. L'EAU est caracterisée par une Pêche , des Poissons , &c.
4. LA TERRE est heureusement exprimée par des Jardiniers , de jeunes Jardinieres , et par quantité de fleurs et de
fruits , &c. Cette Estampe est gravée par
le S Cochin. Les autres le sont par les
Sr Des Places , B. Audran et N. Tardieu.
On vient de donner trois autres nou
velles Estampes , extrémement approu
vées , qu'on vend chez le S Faurat , ruë
S. Jacques , vis-à - vis les Maturins , qui
les a gravées en hauteur , d'après le sieur
Jaurat , Peintre , son frere. Les deux qui
font pendant , et qui auront une suite
sont des sujets de la 2º et de la 14 Fablede la Fontaine. Le Savetier et le Financier,
et l'Amour et la Folic. Le sens, de ces Fables est très bien exprimé et très- bien
rendu dans les deux Estampes. La troisiéme
A OUST. 1732. 1813
sième , qui est un peu plus grande , répresente l'Amour Petit- Maître , au milieu
de quelques jeunes personnes , une des
quelles lui présente un Miroir. On lit
au bas ces quatre Vers.
Enfans , craignez le badinage ,
L'Amour blesse en toute saison.
De ses plaisirs on a l'usage ,
Avant celui de la raison.
aux deux Piliers d'or , a mis en vente
quatre belles Estampes en hauteur , réprésentant les quatre Elemens, d'après les
Tableaux originaux du Cabinet du Marquis de Beringhen , Premier Ecuyer du
Roy , excellemment peints et les sujets
traitez d'une maniere aussi galante que
riche et ingénieuse , par le Sr N. Lancret ,
de l'Académie Royale de Peinture.
I.
1812 MERCURE DE FRANCE
1. L'A IR est exprimé par de jeunes
gens des deux Sexes , qui badinent avec
des boules de savon , des Châteaux de
Carte , des Moulinets , Cerf- volans , &c.
Huit Vers au bas de chaque Estampe ,
ornez de divers traits de Morale , expliquant les Sujets.
2. Des Bergers et des Bergeres dansent
autour d'un FEU de joye.
3. L'EAU est caracterisée par une Pêche , des Poissons , &c.
4. LA TERRE est heureusement exprimée par des Jardiniers , de jeunes Jardinieres , et par quantité de fleurs et de
fruits , &c. Cette Estampe est gravée par
le S Cochin. Les autres le sont par les
Sr Des Places , B. Audran et N. Tardieu.
On vient de donner trois autres nou
velles Estampes , extrémement approu
vées , qu'on vend chez le S Faurat , ruë
S. Jacques , vis-à - vis les Maturins , qui
les a gravées en hauteur , d'après le sieur
Jaurat , Peintre , son frere. Les deux qui
font pendant , et qui auront une suite
sont des sujets de la 2º et de la 14 Fablede la Fontaine. Le Savetier et le Financier,
et l'Amour et la Folic. Le sens, de ces Fables est très bien exprimé et très- bien
rendu dans les deux Estampes. La troisiéme
A OUST. 1732. 1813
sième , qui est un peu plus grande , répresente l'Amour Petit- Maître , au milieu
de quelques jeunes personnes , une des
quelles lui présente un Miroir. On lit
au bas ces quatre Vers.
Enfans , craignez le badinage ,
L'Amour blesse en toute saison.
De ses plaisirs on a l'usage ,
Avant celui de la raison.
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Résumé : Nouvelles Estampes, &c. [titre d'après la table]
La Veuve Chereau, située rue Saint-Jacques aux Deux Piliers d'or, vend quatre estampes inspirées des tableaux du Marquis de Beringhen, Premier Écuyer du Roi. Ces œuvres, peintes par le Sieur N. Lancret de l'Académie Royale de Peinture, illustrent les quatre éléments de manière galante et sont accompagnées de huit vers explicatifs chacune. L'Air est représenté par des jeux avec des boules de savon et des cerfs-volants. Le Feu montre des bergers et bergères dansant autour d'un feu de joie. L'Eau est illustrée par une pêche et des poissons. La Terre est représentée par des jardiniers et une abondance de fleurs et de fruits, gravée par le Sieur Cochin, les autres par les Sieurs Des Places, B. Audran et N. Tardieu. De plus, trois nouvelles estampes gravées par le Sieur Faurat, inspirées des fables de La Fontaine, sont disponibles : 'Le Savetier et le Financier', 'L'Amour et la Folie', et 'L'Amour Petit-Maître' entouré de jeunes personnes, avec quatre vers explicatifs.
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23
p. 242[1]-2430
Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
Début :
LE PARNASSE FRANCOIS, dédié au Roi, par M. Titon du Tillet, Commissaire [...]
Mots clefs :
Parnasse, Vignettes, Estampes, Poètes, Musiciens, Histoire générale, Titon du Tillet, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
LE PARNASSE FRANÇOIS , dédié au Roi ,
par M. Titon DuTillet,Commissaire Provincial des Guerres , ci devant Capitaine
de Dragons , et Maître d'Hôtel de feuë
MADAME LA DAUPHINE , MERE DU ROI.
in -fol. de près de 800 pages , orné de 10.
Vignettes , et de 13 Estampes en taillesdouces. AParis, chez Coignard le fils, Im
primeur du Roi et de l'Académie Françoise,
1732. prix 24 liv. le grand papier , et
15 liv. le petit. Ce volume contient 1.
un Discours sur le dessein que l'Auteur
s'est proposé en faisant éxécuter en Bronze le PARNASSE FRANÇOIS A LA GLOIRS
PE LA FRANCE ET DE LOUIS LE GRAND ,
**
2422 MERCURE DE FRANCE
ET A LA MEMOIRE DES ILLUSTRES POETES
ET MUSICIENS FRANÇOIS. Il donne dans
ce discours une idée des honneurs et des
Monumens que les Peuples les plus célébres de l'Antiquité , surtout les Grecs et
les Romains , accordoient aux personnes
qui se distinguoient dans les Sciences et
dans les beaux Arts ; il marque qu'il a
imité leur exemple en élevant le Parnasse
François.
2. Il fait la description de ce Parnasse ;
qu'il divise en trois parties. La premiere
fait connoître les figures qui composent
ce Groupe , ce qu'elles représentent , et
les rangs différens que nos Poëtes et nos
Musiciens y occupent. Dans la seconde
on voit la disposition de tout ce qui forme će Monument , et l'arrangement des
Figures avec leurs Attributs et leurs Simboles. Dans la troisième , on marque en
quoi le Parnasse FRANÇOIS est allégorique et analogique au PARNASSE DE LA
GRECE , et en quoi il est d'une nouvelle
invention. 3. Un ordre Chronologique
des Poëtes et des Musiciens rassemblez
jusqu'à présent sur lePARNASSE FRANÇOIS,
où l'on donne un Extrait de leur vie
un Catalogue de leurs Ouvrages , sur les
quels on rapporte les jugemens de plusieurs sçavans Critiques.
4.
NOVEMBRE. 1732. 2423
4. Un Essai , ou des Remarques sur la
Poësie et sur la Musique en géneral.
5. Des Remarques plus étenduës sur
l'origine et sur le progrès de la Poësie et
de la Musique Françoise , et particulierement sur nos Spectacles et nos Piéces, de
Théatre.
et
6. Un Poëme Latin du Pere Vaniere , Jésuite , sur le Parnasse François ,
avec une Imitation de ce Poëme en François , la plus grande partie en Vers ,
l'autre en Prose , par le Pere Brumoy , Jésuite. Une Lettre de M. Rousseau , et une
de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon
Du Tillet sur son Parnasse.
M. Titon DuTillet a fait graver en 1723-
une grande et magnifique Estampe du
Parnasse dont nous avons fait la description dans le Mercure du mois de Septembre 172 3. et depuis il a donné une description de ce Monument avec une liste
alphabétique des Poëtes et des Musiciens
qui y sont rassemblez ; nous en avons fait
mention au mois de Juin 1727. que parut
cette Edition ; mais celle dont il vient de
faire part au Public est infiniment plus
ample , parce qu'il y a augmenté le nombre des Poëtes et des Musiciens sur le
Parnasse , et qu'il s'est étendu davantage
sur les articles de ceux dont il avoit parlé
dans la premiere Edition ; outre l'Essai et
les
#424 MERCURE DE FRANCE
les Remarques sur la Poësie et sur la Mu¬
sique qu'il donne dans celle- ci.
On peut dire de cet Ouvrage que nonseulement c'est la description du Parnasse François ; mais encore une Histoi
re générale de la Poësie et de la Musi
que Françoise, où les Curieux trouveront
de quoi se satisfaire.
>
CommeM. Titon du Tillet fait paroî
tre sur le Parnasse environ 250 Poëtes ou
Musiciens , il les distribuë en trois et même en quatre classes pour les y placer. I
marque dans son premier Discours, qu'il
ne lui convient pas d'être aussi severe que
Horace et Despréaux , dont il n'ignore pas
les Arrêts redoutables55; le premier dit
Dieux ni les hommes ne peuvent soufrir la
médiocrité dans les Vers , et qu'on arrache
jusqu'aux Affiches de leurs Ouvrages , mises
sur les Colonnes et aux coins des ruës.
Mediocribus esse Poëtis.
que
Non Di , non homines , non concessere columna.
let
Despréaux est du même sentiment , et
s'explique de cette maniere :
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire ;
Il n'est point de dégrez du médiocre au pire.
Et dans un autre endroit, en parlant de
peuxqui veulent meriter une place sur le Par
NOVEMBRE. 1732. 242
Farnasse , en traitant des sujets nobles et
élevez , il dit :
Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas dégré
Mais il ne faut pas prendre Horace et
Defpreaux tout-à-fait à la lettre dans les
Passages cy-dessus où ils parlent du caracte- re élevé et du sublime de la Poësie , tel que
celui de l'Epopée ou du Poëte Epique , de
Ode Héroïque , et de la Tragedie ; car il est
d'autresgoûts de Poësie , où celui qui y réussit merite le titre de Poëte , et quelque rang
sur le Parnasse.
le Pourquoi voudroit- on qu'il n'y eut que
sommet du Parnasse d'habité , le milieu et
tes differentes Terrasses de cette Montagne
n'offrent-elles pas des endroits rians et délieieux où l'onpeutêtre placé avec distinction et selon le mérite de ses ouvrages.
Voici les Classes ou les Monumens diffe
rens qui distinguent les Poëtes et les Musisiens sur le Parnasse François. 1. Lafigure,
en Pied. 2. Les Médaillons ( cette Classe
peut bien êtrejointe avec la premiere ). 3. Les
noms gravez sur un premier Rouleau de
Bronze. 4. Un second Rouleau contient encore d'autres noms. 5. Un autre Rouleau où
sont écrits les noms de plusieurs personnes
d'un excellent gout , Amateurs et Protecteurs
de la Poësie et de la Musique , qui ont composé
2426 MERCURE DE FRANCE
posé aussi quelques jolis vers ou qui ont excellé dans l'art de chanter ou de jouer de
quelque Instrument. A la tête des Amateurs
et des Protecteurs de la Poësie , on a placé
LE CARDINAL DE RICHELIEU.
Pour faire encore quelque honneur à
notre Nation, M. Titon a mis à la fin de
ce volume une Liste d'environ cinq cent
Poëtes ou Musiciens , dont quelques- uns
peuvent avoir quelque mérite. Il les place dans les Avances ou dans les Campagnes qui environnent le Parnasse , afin
qu'Apollon et son Conseil puissent en admettre quelques- uns sur ce Mont sacré ,
s'ils les en trouvent dignes. Les Curieux
en Poësie et en Musique doivent lui sçavoir bon gré de leur rappelfer les noms
de tous ces Poëtes et de tous ces Musiciens , et en même temps de leur donner
une idée générale de l'hiftoire de notre
Poësie et de notre Musique , d'en faire
voir l'origine , les progrès et le haut
point de perfection où ces deux beaux
Arts sont montez en France, sous le Regne de Louis le Grand , qui est l'Apollon
du Parnasse François.
Pour revenir aux Poëtes et aux Musiciens qu'il a placés sur ce Parnasse , il dit :
Je n'ai point prétendu , comme on peut le
voir , par les differens monumens qu'on trouve
NOVEMBRE. 1732 2427
trouve sur ce Groupe de Bronze , et même
par les Places differentes que les Figures et
Les Médaillons y occupent , que tous les Poëtes et les Musiciens qui y sont rassemblez
soient d'un merite égal et digne des mêmes
honneurs. Je sçai bien qu'on ne trouve pas
facilement des MALHERBES et des RAGANS
pour l'ODE ; des CORNEILLES et des RACINES pour la TRAGEDIE ; des MOLIERESpour
la COMEDIE ; des LA FONTAINE pour LES
FABLES et LES CONTES ; des CHAPELLESpour
la Poësie naturelle , legere et badine ;` des
RACANS et des SEGRAIS pour la PASTORALE et l'EGLOGUE ; des DESPREAUX pour la
SATIRE ; des QUINAULTS pour la MUSIQUE
GHANTANTE ; des LULLYSpourla MUSIQUE,
et des Poëtes François et des Poëtes Latins
tels que les principaux de notre Parnasse
et des DAMES , telles que Mesdames de la
SUZE , des HouLIERES et Mad. de SCUDERY, qui y representent les 3 GRACES.
Il a fallu quelquefois plusieurs siècles pour
trouver un seul de ces beaux génies , et c'est
peut- être le plus grand effort de la nature de
les avoir tous produits dans un même siecle ;
sans parler de tant d'autres hommes qui ont
excellé en même-temps en France dans toutes
Les autres sciences et dans tous les autres beaux
Arts , differens de la Poësie et de la Musique.
Qu'on
2428 MERCURE DE FRANCE
1
Qu'on compteroit peu de ces grands hommes
depuis le regne de César et d'Auguste ! On
roiroit que la nature ce seroit reposée plus de
dix- sept cent ans pourfaire un pareil prodige et rendre le Regne de Louis LE GRAND
T'admiration de tous les siècles.
>
Rendons les bonneurs suprêmes à nosgrands
Poëtes , les Souverains du Parnasse , et
jouissons de leurs excellens Ouvrages ; mais
rendons aussijustice à plusieurs autres de nos.
Poëtes , qui ne les ont point égalé , mais dont
les écrits ne laissent pas d'avoir leur beauté
et leur agrément , donnant à chacun la gloire
et la récompense qui lui est dûë.
Stet sua cuique Mercos.
Comme le Parnasse François n'est consacré qu'aux Poëtes et qu'aux Musiciens
que la mort a enlevez , M. Titon y a
laissé des Places destinées pour y mettre
nos illustres Poëtes et nos fameux Musiciens vivans après leur mort. Il marque
même qu'il sera aisé d'augmenter de
moitié ce Groupe , en y ajoutant par la
Base , deux ou trois terrasses de Bronze
sur lesquelles on pourra placer autant de
figures qu'on le jugera à propos , et pour
y mettre tous les grands Poëtes et tous les fameux Musiciens dont la nature voudra favoriser la France dans les siécles
avenir.
I
NOVEMBRE. 1732. 2429
Il paroît que M. Titon auroit bien souhaité pouvoir passer les bornes qu'il a dû
se prescrire par ces paroles d'un ancien
Auteur , Cineri gloria datur ; les Monu
mens les plus glorieux ne s'accordent
qu'après la mort. Il a même crû qu'il lui
étoit permis de faire exécuter les Médail
lons de nos trois plus anciens Poëtes vi
vans , qui jouissent d'une grande réputa- tion: Ce sont Messieurs de FONTENELLE et
Rousseau , Poëtes François ; et le P. VANIERE, Jésuite , Poëte Latin ; et ceux de
nos deux plus anciens Musiciens pour les
Opéra; Mess. CAMPRA et DESTOUCHES.
Il est bienpersuadé que les Personnes d'esprit et de mérite ne lui en sçauront pas
mauvais gré ; ce fera dans la suite aux Maîtres de l'Art à leur assigner sur le
Parnasse les places qu'ils y méritent. Il
annonce aussi qu'il doit faire exécuter
des Médaillons des Poëtes qui ont le plus
de réputation parmi ceux dont les noms
sont gravez sur le premier Rouleau qu'on
voit sur le Parnasse , et même ceux de
nos Poëtes vivans , qu'il tiendra toûjours
en reserve , pour être placez , quand il
conviendra , sur le Parnasse. Pour rendre
la suite des Médaillons des Poëtes et des
Musiciens François plus complette , il
compte de donner dans quelque- temps les
F Médail
4430 MERCURE DE FRANCE
Médaillons des Poëtes , et des Musiciens qui sont representez en figures
en pied sur le Parnasse , comme ceux
des Dames, qui y representent les trois
Graces.
Il a fait exécuter jusqu'à present 24
Médaillons de Bronze , qui ont deux pou
ces de diametre : Voici les noms de ceux
qui y sont représentez : LA REINE MARGUERITE , CLEMENT MAROT , MALHERJE , VOITURE , SCEVOLE DE SAINTE
MARTHE , MAYNARD , SARASIN , SCARRÓN, BENSERADE, QUINAULT, SANTEUIL,
RAPIN , COMMIRE , LA RUE , LAINEZ ,
LA LANDE, MARAIS , LA MOTTE , LE P.
VANIERE, FONTENELLE, ROUSSEAU,CAMPRA, DESTOUCHES , MAD, DE LA GUERRE.
Sur les revers de ces Médaillons on
mis des devifes et des symboles conve
nables aux caracteres des Personnes qui
font representées sur la tête des Médail
lons
Le sieur Curé , Sculpteur et Cizeleur ,
demeurant à la descente du Quai Pelle
rier,a exécuté ces Médaillons; et M.Titon
lui a permis de les vendre, pour satisfaire
ceux qui en feront curieux.
par M. Titon DuTillet,Commissaire Provincial des Guerres , ci devant Capitaine
de Dragons , et Maître d'Hôtel de feuë
MADAME LA DAUPHINE , MERE DU ROI.
in -fol. de près de 800 pages , orné de 10.
Vignettes , et de 13 Estampes en taillesdouces. AParis, chez Coignard le fils, Im
primeur du Roi et de l'Académie Françoise,
1732. prix 24 liv. le grand papier , et
15 liv. le petit. Ce volume contient 1.
un Discours sur le dessein que l'Auteur
s'est proposé en faisant éxécuter en Bronze le PARNASSE FRANÇOIS A LA GLOIRS
PE LA FRANCE ET DE LOUIS LE GRAND ,
**
2422 MERCURE DE FRANCE
ET A LA MEMOIRE DES ILLUSTRES POETES
ET MUSICIENS FRANÇOIS. Il donne dans
ce discours une idée des honneurs et des
Monumens que les Peuples les plus célébres de l'Antiquité , surtout les Grecs et
les Romains , accordoient aux personnes
qui se distinguoient dans les Sciences et
dans les beaux Arts ; il marque qu'il a
imité leur exemple en élevant le Parnasse
François.
2. Il fait la description de ce Parnasse ;
qu'il divise en trois parties. La premiere
fait connoître les figures qui composent
ce Groupe , ce qu'elles représentent , et
les rangs différens que nos Poëtes et nos
Musiciens y occupent. Dans la seconde
on voit la disposition de tout ce qui forme će Monument , et l'arrangement des
Figures avec leurs Attributs et leurs Simboles. Dans la troisième , on marque en
quoi le Parnasse FRANÇOIS est allégorique et analogique au PARNASSE DE LA
GRECE , et en quoi il est d'une nouvelle
invention. 3. Un ordre Chronologique
des Poëtes et des Musiciens rassemblez
jusqu'à présent sur lePARNASSE FRANÇOIS,
où l'on donne un Extrait de leur vie
un Catalogue de leurs Ouvrages , sur les
quels on rapporte les jugemens de plusieurs sçavans Critiques.
4.
NOVEMBRE. 1732. 2423
4. Un Essai , ou des Remarques sur la
Poësie et sur la Musique en géneral.
5. Des Remarques plus étenduës sur
l'origine et sur le progrès de la Poësie et
de la Musique Françoise , et particulierement sur nos Spectacles et nos Piéces, de
Théatre.
et
6. Un Poëme Latin du Pere Vaniere , Jésuite , sur le Parnasse François ,
avec une Imitation de ce Poëme en François , la plus grande partie en Vers ,
l'autre en Prose , par le Pere Brumoy , Jésuite. Une Lettre de M. Rousseau , et une
de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon
Du Tillet sur son Parnasse.
M. Titon DuTillet a fait graver en 1723-
une grande et magnifique Estampe du
Parnasse dont nous avons fait la description dans le Mercure du mois de Septembre 172 3. et depuis il a donné une description de ce Monument avec une liste
alphabétique des Poëtes et des Musiciens
qui y sont rassemblez ; nous en avons fait
mention au mois de Juin 1727. que parut
cette Edition ; mais celle dont il vient de
faire part au Public est infiniment plus
ample , parce qu'il y a augmenté le nombre des Poëtes et des Musiciens sur le
Parnasse , et qu'il s'est étendu davantage
sur les articles de ceux dont il avoit parlé
dans la premiere Edition ; outre l'Essai et
les
#424 MERCURE DE FRANCE
les Remarques sur la Poësie et sur la Mu¬
sique qu'il donne dans celle- ci.
On peut dire de cet Ouvrage que nonseulement c'est la description du Parnasse François ; mais encore une Histoi
re générale de la Poësie et de la Musi
que Françoise, où les Curieux trouveront
de quoi se satisfaire.
>
CommeM. Titon du Tillet fait paroî
tre sur le Parnasse environ 250 Poëtes ou
Musiciens , il les distribuë en trois et même en quatre classes pour les y placer. I
marque dans son premier Discours, qu'il
ne lui convient pas d'être aussi severe que
Horace et Despréaux , dont il n'ignore pas
les Arrêts redoutables55; le premier dit
Dieux ni les hommes ne peuvent soufrir la
médiocrité dans les Vers , et qu'on arrache
jusqu'aux Affiches de leurs Ouvrages , mises
sur les Colonnes et aux coins des ruës.
Mediocribus esse Poëtis.
que
Non Di , non homines , non concessere columna.
let
Despréaux est du même sentiment , et
s'explique de cette maniere :
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire ;
Il n'est point de dégrez du médiocre au pire.
Et dans un autre endroit, en parlant de
peuxqui veulent meriter une place sur le Par
NOVEMBRE. 1732. 242
Farnasse , en traitant des sujets nobles et
élevez , il dit :
Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas dégré
Mais il ne faut pas prendre Horace et
Defpreaux tout-à-fait à la lettre dans les
Passages cy-dessus où ils parlent du caracte- re élevé et du sublime de la Poësie , tel que
celui de l'Epopée ou du Poëte Epique , de
Ode Héroïque , et de la Tragedie ; car il est
d'autresgoûts de Poësie , où celui qui y réussit merite le titre de Poëte , et quelque rang
sur le Parnasse.
le Pourquoi voudroit- on qu'il n'y eut que
sommet du Parnasse d'habité , le milieu et
tes differentes Terrasses de cette Montagne
n'offrent-elles pas des endroits rians et délieieux où l'onpeutêtre placé avec distinction et selon le mérite de ses ouvrages.
Voici les Classes ou les Monumens diffe
rens qui distinguent les Poëtes et les Musisiens sur le Parnasse François. 1. Lafigure,
en Pied. 2. Les Médaillons ( cette Classe
peut bien êtrejointe avec la premiere ). 3. Les
noms gravez sur un premier Rouleau de
Bronze. 4. Un second Rouleau contient encore d'autres noms. 5. Un autre Rouleau où
sont écrits les noms de plusieurs personnes
d'un excellent gout , Amateurs et Protecteurs
de la Poësie et de la Musique , qui ont composé
2426 MERCURE DE FRANCE
posé aussi quelques jolis vers ou qui ont excellé dans l'art de chanter ou de jouer de
quelque Instrument. A la tête des Amateurs
et des Protecteurs de la Poësie , on a placé
LE CARDINAL DE RICHELIEU.
Pour faire encore quelque honneur à
notre Nation, M. Titon a mis à la fin de
ce volume une Liste d'environ cinq cent
Poëtes ou Musiciens , dont quelques- uns
peuvent avoir quelque mérite. Il les place dans les Avances ou dans les Campagnes qui environnent le Parnasse , afin
qu'Apollon et son Conseil puissent en admettre quelques- uns sur ce Mont sacré ,
s'ils les en trouvent dignes. Les Curieux
en Poësie et en Musique doivent lui sçavoir bon gré de leur rappelfer les noms
de tous ces Poëtes et de tous ces Musiciens , et en même temps de leur donner
une idée générale de l'hiftoire de notre
Poësie et de notre Musique , d'en faire
voir l'origine , les progrès et le haut
point de perfection où ces deux beaux
Arts sont montez en France, sous le Regne de Louis le Grand , qui est l'Apollon
du Parnasse François.
Pour revenir aux Poëtes et aux Musiciens qu'il a placés sur ce Parnasse , il dit :
Je n'ai point prétendu , comme on peut le
voir , par les differens monumens qu'on trouve
NOVEMBRE. 1732 2427
trouve sur ce Groupe de Bronze , et même
par les Places differentes que les Figures et
Les Médaillons y occupent , que tous les Poëtes et les Musiciens qui y sont rassemblez
soient d'un merite égal et digne des mêmes
honneurs. Je sçai bien qu'on ne trouve pas
facilement des MALHERBES et des RAGANS
pour l'ODE ; des CORNEILLES et des RACINES pour la TRAGEDIE ; des MOLIERESpour
la COMEDIE ; des LA FONTAINE pour LES
FABLES et LES CONTES ; des CHAPELLESpour
la Poësie naturelle , legere et badine ;` des
RACANS et des SEGRAIS pour la PASTORALE et l'EGLOGUE ; des DESPREAUX pour la
SATIRE ; des QUINAULTS pour la MUSIQUE
GHANTANTE ; des LULLYSpourla MUSIQUE,
et des Poëtes François et des Poëtes Latins
tels que les principaux de notre Parnasse
et des DAMES , telles que Mesdames de la
SUZE , des HouLIERES et Mad. de SCUDERY, qui y representent les 3 GRACES.
Il a fallu quelquefois plusieurs siècles pour
trouver un seul de ces beaux génies , et c'est
peut- être le plus grand effort de la nature de
les avoir tous produits dans un même siecle ;
sans parler de tant d'autres hommes qui ont
excellé en même-temps en France dans toutes
Les autres sciences et dans tous les autres beaux
Arts , differens de la Poësie et de la Musique.
Qu'on
2428 MERCURE DE FRANCE
1
Qu'on compteroit peu de ces grands hommes
depuis le regne de César et d'Auguste ! On
roiroit que la nature ce seroit reposée plus de
dix- sept cent ans pourfaire un pareil prodige et rendre le Regne de Louis LE GRAND
T'admiration de tous les siècles.
>
Rendons les bonneurs suprêmes à nosgrands
Poëtes , les Souverains du Parnasse , et
jouissons de leurs excellens Ouvrages ; mais
rendons aussijustice à plusieurs autres de nos.
Poëtes , qui ne les ont point égalé , mais dont
les écrits ne laissent pas d'avoir leur beauté
et leur agrément , donnant à chacun la gloire
et la récompense qui lui est dûë.
Stet sua cuique Mercos.
Comme le Parnasse François n'est consacré qu'aux Poëtes et qu'aux Musiciens
que la mort a enlevez , M. Titon y a
laissé des Places destinées pour y mettre
nos illustres Poëtes et nos fameux Musiciens vivans après leur mort. Il marque
même qu'il sera aisé d'augmenter de
moitié ce Groupe , en y ajoutant par la
Base , deux ou trois terrasses de Bronze
sur lesquelles on pourra placer autant de
figures qu'on le jugera à propos , et pour
y mettre tous les grands Poëtes et tous les fameux Musiciens dont la nature voudra favoriser la France dans les siécles
avenir.
I
NOVEMBRE. 1732. 2429
Il paroît que M. Titon auroit bien souhaité pouvoir passer les bornes qu'il a dû
se prescrire par ces paroles d'un ancien
Auteur , Cineri gloria datur ; les Monu
mens les plus glorieux ne s'accordent
qu'après la mort. Il a même crû qu'il lui
étoit permis de faire exécuter les Médail
lons de nos trois plus anciens Poëtes vi
vans , qui jouissent d'une grande réputa- tion: Ce sont Messieurs de FONTENELLE et
Rousseau , Poëtes François ; et le P. VANIERE, Jésuite , Poëte Latin ; et ceux de
nos deux plus anciens Musiciens pour les
Opéra; Mess. CAMPRA et DESTOUCHES.
Il est bienpersuadé que les Personnes d'esprit et de mérite ne lui en sçauront pas
mauvais gré ; ce fera dans la suite aux Maîtres de l'Art à leur assigner sur le
Parnasse les places qu'ils y méritent. Il
annonce aussi qu'il doit faire exécuter
des Médaillons des Poëtes qui ont le plus
de réputation parmi ceux dont les noms
sont gravez sur le premier Rouleau qu'on
voit sur le Parnasse , et même ceux de
nos Poëtes vivans , qu'il tiendra toûjours
en reserve , pour être placez , quand il
conviendra , sur le Parnasse. Pour rendre
la suite des Médaillons des Poëtes et des
Musiciens François plus complette , il
compte de donner dans quelque- temps les
F Médail
4430 MERCURE DE FRANCE
Médaillons des Poëtes , et des Musiciens qui sont representez en figures
en pied sur le Parnasse , comme ceux
des Dames, qui y representent les trois
Graces.
Il a fait exécuter jusqu'à present 24
Médaillons de Bronze , qui ont deux pou
ces de diametre : Voici les noms de ceux
qui y sont représentez : LA REINE MARGUERITE , CLEMENT MAROT , MALHERJE , VOITURE , SCEVOLE DE SAINTE
MARTHE , MAYNARD , SARASIN , SCARRÓN, BENSERADE, QUINAULT, SANTEUIL,
RAPIN , COMMIRE , LA RUE , LAINEZ ,
LA LANDE, MARAIS , LA MOTTE , LE P.
VANIERE, FONTENELLE, ROUSSEAU,CAMPRA, DESTOUCHES , MAD, DE LA GUERRE.
Sur les revers de ces Médaillons on
mis des devifes et des symboles conve
nables aux caracteres des Personnes qui
font representées sur la tête des Médail
lons
Le sieur Curé , Sculpteur et Cizeleur ,
demeurant à la descente du Quai Pelle
rier,a exécuté ces Médaillons; et M.Titon
lui a permis de les vendre, pour satisfaire
ceux qui en feront curieux.
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Résumé : Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente 'Le Parnasse Français', un ouvrage de M. Titon Du Tillet dédié au Roi et publié en 1732. Ce livre de près de 800 pages, illustré de vignettes et d'estampes, se compose de plusieurs sections clés. La première section expose le projet de l'auteur de créer un monument en bronze célébrant la gloire de la France et de Louis le Grand, en hommage aux poètes et musiciens français. L'auteur compare cet hommage aux honneurs accordés aux artistes dans l'Antiquité, notamment par les Grecs et les Romains. Le livre décrit ensuite le Parnasse Français, divisé en trois parties. La première partie présente les figures et leurs représentations. La deuxième détaille la disposition du monument et l'arrangement des figures avec leurs attributs et symboles. La troisième explique les analogies et les innovations par rapport au Parnasse grec. L'ouvrage inclut également un ordre chronologique des poètes et musiciens, des essais sur la poésie et la musique, des remarques sur l'origine et le progrès de ces arts en France, et un poème latin avec son imitation en français. Des lettres de M. Rousseau et de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon Du Tillet sont également présentes. M. Titon Du Tillet a augmenté le nombre de poètes et de musiciens représentés dans cette édition par rapport à la précédente, et a ajouté des essais et des remarques sur la poésie et la musique. Le Parnasse Français est ainsi présenté comme une histoire générale de la poésie et de la musique françaises. L'auteur classe les poètes et musiciens en différentes catégories, reconnaissant que tous ne sont pas de mérite égal. Il mentionne des figures emblématiques comme Malherbe, Racine, Molière, et Lully, tout en rendant hommage à d'autres poètes et musiciens moins célèbres mais méritants. Le Parnasse Français est consacré aux poètes et musiciens décédés, mais des places sont laissées pour les artistes vivants. M. Titon Du Tillet a également fait exécuter des médaillons de bronze pour certains poètes et musiciens, dont les noms sont listés dans le texte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 2449-2450
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il y a en vente chez la Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'Or; et chez [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Antoine Watteau, Enseigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
·Il Y a en vente chez la Veuve Chereau , rue
S. Jacques , aux deux Pilliers d'Or" ; et chez Sû
rugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves , deux Estampes, nouvellement gra.
vées d'après les Tableaux de feu Antoine Wat- teau ; l'une a pour titre : Les agrémens de l'Eté.
Ce Tableau est dans le Cabinet de M. Glucq ,
Conseiller au Parlement. L'autre est l'Enseigne
que Watteau peignit en arrivant de Londresen
172 1. pour M. Gersain , son ami , Marchand
de Tableaux et d'Estampes , sur le Pont Notre- Dame.
Ce morceau qui a 9 pieds 6 pouces de large ,
sur spieds de haut , a toujours été regardé com-mc
2450 MERCURE DE FRANCE
me le Chef- d'œuvre de cet excellent Peintre. Îl
représente le Magazin d'un Marchand , qui est
rempli de differens Tableaux des plus grands
Maîtres ; on y reconnoît le caractere et le goût de chacun de ces Maîtres.
Cette fameuse Enseigne ne fut exposée que 15
jours ; elle fit l'admiration de tout Paris. Elle fut vendue à M. Glucq . On la voit à present dans le
Cabinet de M. Jullienne , qui l'a fait graver
pour la suite dê l'œuvre , qu'il fait toujours con tinuer. On lit ces Vers au bas de l'Estampe.
Watteau dans cette Enseigne , à la fleur de
ses ans >
Des Maîtres de son art imite la maniere ;
Leurs caracteres differens ,
Leurs touches et leur goût composent la matiere
De ces Esquisses Elegans.
Que n'attendions- nous point de tant d'heureux
Talens !
Si le Ciel eut voulu prolonger sa carriere ,
Il auroit surpassé ces Modeles charmans.
S. Jacques , aux deux Pilliers d'Or" ; et chez Sû
rugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , vis- à- vis S. Yves , deux Estampes, nouvellement gra.
vées d'après les Tableaux de feu Antoine Wat- teau ; l'une a pour titre : Les agrémens de l'Eté.
Ce Tableau est dans le Cabinet de M. Glucq ,
Conseiller au Parlement. L'autre est l'Enseigne
que Watteau peignit en arrivant de Londresen
172 1. pour M. Gersain , son ami , Marchand
de Tableaux et d'Estampes , sur le Pont Notre- Dame.
Ce morceau qui a 9 pieds 6 pouces de large ,
sur spieds de haut , a toujours été regardé com-mc
2450 MERCURE DE FRANCE
me le Chef- d'œuvre de cet excellent Peintre. Îl
représente le Magazin d'un Marchand , qui est
rempli de differens Tableaux des plus grands
Maîtres ; on y reconnoît le caractere et le goût de chacun de ces Maîtres.
Cette fameuse Enseigne ne fut exposée que 15
jours ; elle fit l'admiration de tout Paris. Elle fut vendue à M. Glucq . On la voit à present dans le
Cabinet de M. Jullienne , qui l'a fait graver
pour la suite dê l'œuvre , qu'il fait toujours con tinuer. On lit ces Vers au bas de l'Estampe.
Watteau dans cette Enseigne , à la fleur de
ses ans >
Des Maîtres de son art imite la maniere ;
Leurs caracteres differens ,
Leurs touches et leur goût composent la matiere
De ces Esquisses Elegans.
Que n'attendions- nous point de tant d'heureux
Talens !
Si le Ciel eut voulu prolonger sa carriere ,
Il auroit surpassé ces Modeles charmans.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau. La première, intitulée 'Les agrémens de l'Eté', est conservée dans le cabinet de M. Glucq, Conseiller au Parlement. La seconde est une enseigne peinte par Watteau en 1721 pour M. Gersain, un marchand de tableaux et d'estampes. Cette enseigne, mesurant 9 pieds 6 pouces de large sur 6 pieds de haut, est considérée comme le chef-d'œuvre de Watteau. Elle représente le magasin d'un marchand rempli de tableaux de grands maîtres, chacun reconnaissable par son style et son goût. Exposée seulement 15 jours, elle fut admirée par tout Paris avant d'être vendue à M. Glucq. Actuellement, elle se trouve dans le cabinet de M. Jullienne, qui l'a fait graver pour une suite d'œuvres. Une poésie accompagne l'estampe, soulignant le talent de Watteau et son imitation des maîtres de son art.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 2644-2645
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu deux Estampes nouvellement gravées par le sieur Desplaces, d'après [...]
Mots clefs :
Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu deux Estampes nouvelle- L. Vol. lement
DECEMBRE: 1732. 2645
lement gravées par le sieur Desplaces , d'après
Carle Maratte , du Cabinet du Prince de Monaco,
Duc de Valentinois , dont l'une répresente Diane et Acteon et l'autre Diane au Bain ; eiles se
vendent chez Desplaces , ruë de la Jussienne.
DECEMBRE: 1732. 2645
lement gravées par le sieur Desplaces , d'après
Carle Maratte , du Cabinet du Prince de Monaco,
Duc de Valentinois , dont l'une répresente Diane et Acteon et l'autre Diane au Bain ; eiles se
vendent chez Desplaces , ruë de la Jussienne.
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26
p. 2865-2866
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
M. de Julliennes, qui continuë de faire graver les Oeuvres de feu Antoine Watteau, vient de [...]
Mots clefs :
Antoine Watteau, Estampes, Tableau
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texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
es Œuvres de feu Antoine Watteau , vient de
faire paroître quatre Estampes d'après les Ta→
bleaux de ce charmant Peintre. Elles ont pour
II. Vel titre
2865 MERCURE DE FRANCE
titre la Promenade sur les Remparts ; Arlequin jaloux ; la Fileuse et la Marmotte. Ces Estampes
se débitent avec toutes celles gravées précédemment , chez la Veuve Chereau , rue S. Jacques
aux deux Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur
du Roy, rue des Noyers, vis - à-vis S. Yves.
faire paroître quatre Estampes d'après les Ta→
bleaux de ce charmant Peintre. Elles ont pour
II. Vel titre
2865 MERCURE DE FRANCE
titre la Promenade sur les Remparts ; Arlequin jaloux ; la Fileuse et la Marmotte. Ces Estampes
se débitent avec toutes celles gravées précédemment , chez la Veuve Chereau , rue S. Jacques
aux deux Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur
du Roy, rue des Noyers, vis - à-vis S. Yves.
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27
p. 2228-2230
Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux vont voir, avec satisfaction, un Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mont [...]
Mots clefs :
Jacques Dumont, Estampes, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
On écrit de Lisbonne , de la fin du mois dernier
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
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Résumé : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
En octobre 1733, plusieurs événements culturels et académiques ont eu lieu à Lisbonne et en France. À Lisbonne, l'Académie Royale de l'Histoire a organisé une assemblée publique présidée par Don François Xavier de Menezez, Comte d'Ericeira. Lors de cette réunion, Don Nuno de Siva-Teiles a présenté la vie d'un évêque du Diocèse de Porto, et Don Martin de Mendoca de Pina a lu une dissertation sur l'ancienneté et l'usage de tables de pierre quadrangulaires trouvées au Portugal, utilisées pour des sacrifices. En France, un tableau représentant la vocation de Simon-Pierre et d'André, peint par le Sr J. du Mons, a été installé dans le chœur de l'Église des Chartreux. Ce tableau, de 11 pieds de haut sur 8 de large, inclut des figures de Saint Jacques, Saint Jean et Zébédée. Par ailleurs, un portrait gravé par le Sr J. Daullé, d'après un tableau de M. de Troy, était disponible à la vente. Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, intitulées 'La Conversation' et 'Récréation Italienne', étaient également en vente. Les marchands Gersaint et Jourdan ont annoncé une vente aux enchères de dessins et estampes de grands maîtres, tels que Raphaël, Parmesan, Rubens et Poussin, le 16 novembre. Un catalogue des tableaux du cabinet de feu M. Corneille Witter, incluant des œuvres de Paul Véronèse, Annibal Carrache et Rubens, devait être publié et mis en vente à Rotterdam.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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28
p. 558-559
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une suite d'Estampes en large, dans le goût d'Etienne la Belle, qui doivent piquer la [...]
Mots clefs :
Estampes, Goût
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît une suite d'Estampes en large, dans le
goût d'Etienne la Belle , qui doivent piquer la
curiosité du Public et des Curieux du meilleur
goût. Ce sont des Fontaines , des Cascades ,
Ruines , des Rocailles , et Coquillages , des morceaux
d'Architecture , qui font des effets bizarres
, singuliers et pittoresques , par leurs formes
piquantes et extraordinaires , dont souvent aucune
partie ne répond à l'autre , sans que le sujet
en paroisse moins riche et moins agréable. Il y
a aussi des especes de plafonds avec figures et
animaux , groupez avec intelligence , dont les
bordures sont extrémement ingénieuses et variées.
MARS 1734. 559
riées. Le Cartouche qui sert de Frontispice, porte
ce Titre : LIVRE D'ORNEMENS , inventez et
dessinez par J. O. Moissonnier , Architecte,, Dessinateur
de la Chambre et Cabinet du Roy.
chez
Ces Estampes se vendent ruë S. Jacques ,
la veuve Chereau , aux deux Pilliers d'or . Il y en
a près de cinquante de gravées par Laureolli.
goût d'Etienne la Belle , qui doivent piquer la
curiosité du Public et des Curieux du meilleur
goût. Ce sont des Fontaines , des Cascades ,
Ruines , des Rocailles , et Coquillages , des morceaux
d'Architecture , qui font des effets bizarres
, singuliers et pittoresques , par leurs formes
piquantes et extraordinaires , dont souvent aucune
partie ne répond à l'autre , sans que le sujet
en paroisse moins riche et moins agréable. Il y
a aussi des especes de plafonds avec figures et
animaux , groupez avec intelligence , dont les
bordures sont extrémement ingénieuses et variées.
MARS 1734. 559
riées. Le Cartouche qui sert de Frontispice, porte
ce Titre : LIVRE D'ORNEMENS , inventez et
dessinez par J. O. Moissonnier , Architecte,, Dessinateur
de la Chambre et Cabinet du Roy.
chez
Ces Estampes se vendent ruë S. Jacques ,
la veuve Chereau , aux deux Pilliers d'or . Il y en
a près de cinquante de gravées par Laureolli.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
En mars 1734, une série d'estampes au format large, inspirées par Étienne Delafosse, a été publiée. Ces estampes représentent des fontaines, cascades, ruines et éléments architecturaux. Elles se distinguent par leurs formes originales et pittoresques, souvent asymétriques. La collection inclut aussi des motifs de plafonds et des bordures variées. Le frontispice porte le titre 'LIVRE D'ORNEMENTS, inventés et dessinés par J. O. Moissonnier'. Les estampes sont disponibles chez la veuve Chereau, rue Saint-Jacques. Près de cinquante estampes ont été gravées par Laureolli.
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29
p. 753
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
On a mis en vente chez la Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'or, et chez [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
On a mis en vente chez la Veuve Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, peintre flamand et membre de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, sont en vente. Intitulées 'Les Enfants de Bacchus' et 'Fête au Dieu Pan', elles sont disponibles chez la Veuve Chereau et Surrugues. Ces estampes sont en grand format et de la même taille que les originaux de M. Morel. Les vendeurs proposent également l'ensemble des estampes gravées d'après les œuvres de Watteau.
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30
p. 2027-2028
Continuation de l'Histoire de l'Angleterre, proposée par souscription, [titre d'après la table]
Début :
Jean & Paul Knapton, Imprimeurs-Libraires à Londres, dans Ludgate-Street, impriment [...]
Mots clefs :
Angleterre, Rapin de Thoyras, Estampes, Jacob Houbraken
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texteReconnaissance textuelle : Continuation de l'Histoire de l'Angleterre, proposée par souscription, [titre d'après la table]
Jean & Paul Knapton , Imprimeurs-Libraires
à Londres, dans Ludgate- Street , impriment
& débitent par Soufcription laContinuation
de l'Histoire d'Angleterre de M.
Rapin de Thoyras , en Anglois , depuis la révolution
arrivée en 1688 , jufqu'à l'avènement
du Roi Georges II , à quoi on ajoutera
un ample Sommaire , ou Epitome de toute
cette Hiftoire , depuis la defcente de Jules-
Céfar en Angleterre , jufqu'à la mort de
E ij Geor2028
MERCURE DE FRANCE
Georges I , par M, Tindal , M. A. & c.
Cet Ouvrage qui fera imprimé in -folio &
in-octavo , fera orné des Eftampes des Rois ,
des Reines & de plufieurs grands Perſonnages
, gravées par M. Houbraken & par
d'autres habiles Maîtres , avec des Cartes ,
des Médailles & d'autres tailles - douces . On
en débite chaque femaine un Cahier de
quatre feuilles pour fix fols. Les Eftampes
gravées par M. Houbraken , font payées fur
le pied de fix fols chacunes les Cartes &
les autres tailles- douces en coûtent trois . Ce
débit eft ouvert du premier Samedi de Mai
de cette année , & continuera jufqu'à ce
que l'Ouvrage foit achevé.
L'Hiftoire entiere de cet Auteur fe débite
chés les mêmes Libraires,
à Londres, dans Ludgate- Street , impriment
& débitent par Soufcription laContinuation
de l'Histoire d'Angleterre de M.
Rapin de Thoyras , en Anglois , depuis la révolution
arrivée en 1688 , jufqu'à l'avènement
du Roi Georges II , à quoi on ajoutera
un ample Sommaire , ou Epitome de toute
cette Hiftoire , depuis la defcente de Jules-
Céfar en Angleterre , jufqu'à la mort de
E ij Geor2028
MERCURE DE FRANCE
Georges I , par M, Tindal , M. A. & c.
Cet Ouvrage qui fera imprimé in -folio &
in-octavo , fera orné des Eftampes des Rois ,
des Reines & de plufieurs grands Perſonnages
, gravées par M. Houbraken & par
d'autres habiles Maîtres , avec des Cartes ,
des Médailles & d'autres tailles - douces . On
en débite chaque femaine un Cahier de
quatre feuilles pour fix fols. Les Eftampes
gravées par M. Houbraken , font payées fur
le pied de fix fols chacunes les Cartes &
les autres tailles- douces en coûtent trois . Ce
débit eft ouvert du premier Samedi de Mai
de cette année , & continuera jufqu'à ce
que l'Ouvrage foit achevé.
L'Hiftoire entiere de cet Auteur fe débite
chés les mêmes Libraires,
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31
p. 178
« HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place de Cambrai, travaille actuellement à un [...] »
Début :
HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place de Cambrai, travaille actuellement à un [...]
Mots clefs :
Vente, Catalogue, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : « HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place de Cambrai, travaille actuellement à un [...] »
HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place
de Cambrai, travaille actuellement à un
Catalogue d'Estampes, pour une vente des plus
considerables qu'il y ait eue depuis long-teius
& qui se fera au commencement du Careme pro-
chain. Cette vente sera composée de plusieurs
Cabinets remplis des plus belles Estampes de tou-
tes les Ecoles, & des plus ercellens Graveurs.
Les épreuves en sont parfaites, & d'une condition
extraordinaire. Les Curieux pourront s'en con-
vaincre par la libarté qu'ils auront de les voir
plusicurs jours svant la vente, & la publication du
Catalogue, qu'on tachera de cistribuer à la fin de
Février procham, leur donnera le tems nécessaire
pour faire des choix avant d'acheter.
de Cambrai, travaille actuellement à un
Catalogue d'Estampes, pour une vente des plus
considerables qu'il y ait eue depuis long-teius
& qui se fera au commencement du Careme pro-
chain. Cette vente sera composée de plusieurs
Cabinets remplis des plus belles Estampes de tou-
tes les Ecoles, & des plus ercellens Graveurs.
Les épreuves en sont parfaites, & d'une condition
extraordinaire. Les Curieux pourront s'en con-
vaincre par la libarté qu'ils auront de les voir
plusicurs jours svant la vente, & la publication du
Catalogue, qu'on tachera de cistribuer à la fin de
Février procham, leur donnera le tems nécessaire
pour faire des choix avant d'acheter.
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32
p. 152-160
DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
Début :
M. le Comte de Caylus, qui aime, qui pratique les Arts depuis long-tems, [...]
Mots clefs :
Anne Claude de Caylus, Manières de peindre, Arts, Estampes, Tableaux, Graveurs
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texteReconnaissance textuelle : DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
M. le Comte de Caylus , qui aime
qui pratique les Arts depuis long- tems ,
& qui leur a été utile de toutes les manieres
poffibles , a fait part au public dans
l'Affemblée publique de l'Académie des
Infcriptions & Belles - Lettres , tenue le
12 Novembre dernier , d'une des plus
belles découvertes qui ayent été faites depuis
plufieurs fiécles : il a retrouvé une des
manieres de peindre des anciens. C'eſt le
fruit de fes immenfes recherches , & enDECEMBRE.
1754 155
del
•
core plus de fes profondes réflexions. Dès
l'an 1745 il avoit donné une differtation
fur quelques paffages de Pline qui concernoient
les arts dépendans du deffein . Un
de ces paffages roule fur la facon de peindre
pratiquée dans l'antiquité , mais inconnue
de nos jours , que Pline nomme
peinture encaustique * , & dont il diftingue
jufques à trois efpéces.
Ces trois efpéces , dans lefquelles le feu
étoit néceffaire , n'ont aucun rapport avec
l'émail , quoiqu'en difent les interpretes de
Pline, plus fçavans que connoiffeurs. M. de
Caylus , après les avoir combattus dans fa
differtation de 1745 , propofoit des conjectures
vagues fur chacune des efpéces de
Le paffage fuivant eft un de ceux qui ont mis
M. de Caylus fur les voies qui l'ont mené à fa
belle découverte.
Ceris pingere , ac picturam inurere qui primus
excogitaverit , non conftat. Quidam Ariftidis inventum
putant , poftea confummatum à Praxitele . Sed
aliquanto vetuftiores encaustica pictura extitere ,
ut Polygnoti, & Nicanoris , & Arcefilai Pariorum.
Lyfippus quoque Agina picturafua incripfit ,
érixaveer , quod profectò non feciffet , nifi encaufiica
inventa.
Pamphilus quoque Apellis praceptor non pinxiffe
tantum encaufta , fed etiam docuiffe traditur . Paufian
Sicyonium primum in hoc genere nobilem. Brieis
filius hic fuit , ejufdemque primo difcipulus..
- Plinius , lib. 35. cap . XI..
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
peinture encauftique. Il entrevoyoit pour
tant qu'il pourroit retrouver un jour la
maniere de les pratiquer. Les expériences
qu'il a faites depuis , & une lecture trèsrefléchie
de Pline , lui ont fait découvrir
la premiere des trois efpéces. Nous en
parlons avec d'autant plus d'affurance que
nous avons vû , & que tout Paris a vû à
l'Académie la démonftration de ce que
nous avançons. M. de Caylus y a expofé
un tableau qui a été deffiné d'après un
bufte antique de Minerve qui lui appartient
, & colorié d'après nature. M. Vien ,
jeune Peintre , de grande réputation , n'y
a employé que des cires chargées de couleurs
: elles l'ont mis en état d'opérer avec
autant de facilité que le mêlange de l'huile
en peut procurer.
Quelque vif qu'ait été le defir que le
public a montré pour connoître les détails
d'une opération fi curieufe , M. de Caylus
a été forcé de les renvoyer, à cauſe de leur
longueur , à un autre tems. Il s'eft contenté
d'avertir que cette façon de peindre oubliée
depuis tant de fiécles , fournit plus
de fecours que la maniere ordinaire pour
la vérité de l'imitation , qu'elle donne plus
d'éclat & de folidité aux couleurs où l'air
ni les années ne doivent caufer aucune altération
, & qu'enfin on pourra retoucher
DECEMBRE . 1754. 155
5
les ouvrages de ce genre long tems après
qu'ils auront paru , & même auffi fouvent
qu'on le voudra , fans craindre de faire
jamais appercevoir la retouche , ni de fatiguer,
moins encore de tourmenter la couleur.
De tels avantages paroiffent à M. de
Caylus confirmer ce que les auteurs ont
écrit fur les effets de cette ancienne peinture.
Il a obfervé que ces mêmes avantages
pourront être mieux fentis par une plus
longue fuite de pratique. Dans tous les
arts , les premiers effais ont des difficultés
que levent enfin le genie des artiftes. Cependant
, les préparations une fois trouvées
, M. Vien a réuffi fans peine & promptement.
Les amateurs des arts & de l'antiquité
doivent voir reparoître avec plaifir les
moyens que plufieurs grands peintres de la
Grece ont employés pour charmer & pour
inftruire les Grecs , c'eft- à- dire les hommes
dont le goût a été le plus délicat , le plus
jufte & le plus épuré.
On pourroit regarder , ce me femble ,
la gravûre comme une langue que tout le
monde parle , mais dont peu de perfonnes
connoiffent les fineffes. Comme on
voit beaucoup de gens conferver des mots
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
d'habitude , ne fçavoir pas fufpendre leu ?
ton , s'exprimer avec monotonie , &c. on
voit beaucoup de Graveurs qui prennent
un trait fans confiderer l'efprit de l'auteur
, copient le trait fervilement , mettent
enfuite des ombres & des clairs à- peupiès
dans les endroits indiqués par l'original
, & croyent avoir fait une eftampe ;
on ne pourra même en douter , car le nom
du Peintre fera écrit au bas de la planche.
Les maîtres dont le talent eft facile &
l'ordonnance agréable , font d'autant plus
exposés au malheur de ces mauvaiſes traductions
, que leurs compofitions font plus
defirées , & que ces artiſtes étant aimés ,
on veut avoir tout ce qu'ils ont produit.
J'ai vu plus d'une fois des hommes , même
affez éclairés , rougir des mauvaiſes chofes
qu'ils avoient raffemblées , & dire pour excufe
: il faut bien tout avoir. On me dira
que cette néceffité pouffée par - delà les bornes
dans les recueils d'eftampes , eft un
avantage pour foutenir & élever de jeunes
Graveurs ; mais le plus fouvent ils en abufent
; ils travaillent fans attention , & difent
, pour fe confoler de leur peu d'application
ou de leur ignorance , le maître eft
aimé , on a déja beaucoup de fes more
ceaux , il faudra que celui-ci entre dans
la fuite ; & l'ignorant ou le parcffeux fe
DECEMBRE
1754. 357
"
trouve en effet récompenfé d'un travail
dont il auroit mérité d'être puni , du moins
du côté de l'argent. Ces raifons font que
M. Boucher fe trouve plus expofé qu'un
autre à de pareils inconvéniens , & je le
crois trop amateur de fon talent pour n'ê
tre pas perfuadé qu'il feroit charmé d'avoir
toujours été auffi bien rendu qu'il
vient de l'être par M. Daullé dans les deux
ovales qui me restent à décrire. Ils repréfentent
la Mufique Paftorale & les Amufemens
de la campagne ; ce font leurs titres.
Le jeune homme qui tient , dans le dernier
, la corde d'un filet tendu pour prendre
des oifeaux , n'allarme point le fpectateur
pour leur liberté ; il n'eft occupé avec
raifon , que de la jeune perfonne auprès
de laquelle il eft affis ; elle paroît à fon
égard dans la même fituation , & fur- toutne
point aimer cette chaffe , à laquelle elle
tourne abfolument le dos. Le brillant des
chairs , la dégradation du payfage. , le travail
des terraffes , & celui d'une fabrique
placée au- deffus du filet , ne peuvent être
mieux traités. Cependant il faut convenir
que les mêmes beautés . fe trouvent nonfeulement
dans le morceau de la mufique
paftorale , mais que le grouppe des deux
jeunes gens de fexe différent , dont il
eft compofé , eft plus riche de lumiere
158 MERCURE DE FRANCE.
qu'elle eft répandue avec plus d'art &
moins d'interruption. Ces deux pendans ,
traités en ovale dans le quarré , feront l'ornement
de plus d'un cabinet , aujourd'hui
que le nombre des eftampes montées fait
une riante décoration pour un très-grand
nombre de perfonnes qui ne font point
en état de fatisfaire leur goût fur une curiofité
plus confidérable .
On trouvera ces deux eftampes chez
Daullé , rue du Plâtre S. Jacques , & chez
Buldet , rue de Gefvres.
BULDET , rue de Gefvres , au Grand
coeur , vient de mettre en vente trois eftampes
gravées par Pelletier. La premiere
d'après M. Natoire , repréfente Jupiter &
Califto ; la feconde & la troifiéme d'après
M. Pierre , repréfentent le Marché de Tivoli
, & l'Inconftance punie.
DANS le grand nombre d'amateurs qui
ne poffedent des chef- d'oeuvres que pour
eux , il s'en trouve quelques- uns qui cher
chent à répandre le goût des arts , & qui
communiquent volontiers au public tout
ce qui peut l'éclairer. Un des plus ardens
à répandre la lumiere , c'eft M. le Comte
de Vence. Son cabinet eft ouvert à tous
les Graveurs qui ont du talent & de la
DECEMBRE . 1754 159
probité. Il ne leur donne pas indifféremment
fes tableaux ; mais il diftribue à chacun
ce qu'il peut bien rendre . Quoique
fes choix ayent été fort heureux jufqu'ici ,
il en a peu fait qui ayent été auffi généralement
approuvés que celui de M. Wille
, Allemand , pour rendre un des plus
beaux tableaux de Netfcher.
Ce Peintre Allemand , établi dans les
Pays-bas , n'a gueres fait que des portraits ;
il jouit pourtant d'une très- grande réputation
c'eft qu'il a réuffi fi parfaitement
dans la maniere de traiter les étoffes , les
fatins fur-tout , que fes portraits ont mérité
d'être mêlés avec les ouvrages des plus
grands maîtres dans les principaux cabinets
de l'Europe .
Quelque talent qu'eût Netfcher pour
le portrait , il ne s'y eft pas tout-à-fait fixé ,
& il s'eft quelquefois élevé jufqu'à l'hiftoire.
La mort de Cléopatre eft celui de fes
tableaux qui eft le plus connu . Outre le
mérite qu'il a dans fes autres ouvrages ,
il y a jetté une expreffion & une nobleſſe
qu'on cherchoit vainement dans les autres
Peintres de fon école.
M. Wille , déja très- connu par la beauté
de fon burin , a rendu ce beau tableau
avec toute la force & les graces poffibles.
Cet habile Graveur demeure quai
160 MERCURE DE FRANCE .
des Auguftins , à côté de l'Hôtel d'Auver
gne.
Nos Graveurs auroient encore plus de
réputation qu'ils n'en ont en Europe , s'ils
s'attachoient plus fouvent à rendre les
tableaux des grands maîtres. On voit donc
avec plaifir que P. B. Audran , qui porte
un nom fi recommandable dans l'art`qu'il
profeffe , s'eft appliqué à nous donner deux
planches , l'une d'après le Titien , qui repréfente
Apparition de Jefus - Chriſt aux
Pelerins d'Emaus , & l'autre une Defceme
de Croix , dans laquelle le Pouffin a fait
fentir tout le mérite de fon expreffion .
Ces deux eftampes font dédiées à M. le
Comte de Brulh . Ce Miniftre & le Roi
fon maître , poffedent les tréfors de l'Italie
; ils l'augmentent tous les jours , &
bientôt on fera contraint de faire le voyage
de Drefde pour acquerir les plus fûres connoiffances
dans la maniere des grands maî
tres. Le jugement & les yeux ne font formés
que par la comparaiſon.
Audran demeure rue S. Jacques , à la
ville de Paris , entre les rues de la Parche
minerie & du Foin.
M. le Comte de Caylus , qui aime
qui pratique les Arts depuis long- tems ,
& qui leur a été utile de toutes les manieres
poffibles , a fait part au public dans
l'Affemblée publique de l'Académie des
Infcriptions & Belles - Lettres , tenue le
12 Novembre dernier , d'une des plus
belles découvertes qui ayent été faites depuis
plufieurs fiécles : il a retrouvé une des
manieres de peindre des anciens. C'eſt le
fruit de fes immenfes recherches , & enDECEMBRE.
1754 155
del
•
core plus de fes profondes réflexions. Dès
l'an 1745 il avoit donné une differtation
fur quelques paffages de Pline qui concernoient
les arts dépendans du deffein . Un
de ces paffages roule fur la facon de peindre
pratiquée dans l'antiquité , mais inconnue
de nos jours , que Pline nomme
peinture encaustique * , & dont il diftingue
jufques à trois efpéces.
Ces trois efpéces , dans lefquelles le feu
étoit néceffaire , n'ont aucun rapport avec
l'émail , quoiqu'en difent les interpretes de
Pline, plus fçavans que connoiffeurs. M. de
Caylus , après les avoir combattus dans fa
differtation de 1745 , propofoit des conjectures
vagues fur chacune des efpéces de
Le paffage fuivant eft un de ceux qui ont mis
M. de Caylus fur les voies qui l'ont mené à fa
belle découverte.
Ceris pingere , ac picturam inurere qui primus
excogitaverit , non conftat. Quidam Ariftidis inventum
putant , poftea confummatum à Praxitele . Sed
aliquanto vetuftiores encaustica pictura extitere ,
ut Polygnoti, & Nicanoris , & Arcefilai Pariorum.
Lyfippus quoque Agina picturafua incripfit ,
érixaveer , quod profectò non feciffet , nifi encaufiica
inventa.
Pamphilus quoque Apellis praceptor non pinxiffe
tantum encaufta , fed etiam docuiffe traditur . Paufian
Sicyonium primum in hoc genere nobilem. Brieis
filius hic fuit , ejufdemque primo difcipulus..
- Plinius , lib. 35. cap . XI..
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
peinture encauftique. Il entrevoyoit pour
tant qu'il pourroit retrouver un jour la
maniere de les pratiquer. Les expériences
qu'il a faites depuis , & une lecture trèsrefléchie
de Pline , lui ont fait découvrir
la premiere des trois efpéces. Nous en
parlons avec d'autant plus d'affurance que
nous avons vû , & que tout Paris a vû à
l'Académie la démonftration de ce que
nous avançons. M. de Caylus y a expofé
un tableau qui a été deffiné d'après un
bufte antique de Minerve qui lui appartient
, & colorié d'après nature. M. Vien ,
jeune Peintre , de grande réputation , n'y
a employé que des cires chargées de couleurs
: elles l'ont mis en état d'opérer avec
autant de facilité que le mêlange de l'huile
en peut procurer.
Quelque vif qu'ait été le defir que le
public a montré pour connoître les détails
d'une opération fi curieufe , M. de Caylus
a été forcé de les renvoyer, à cauſe de leur
longueur , à un autre tems. Il s'eft contenté
d'avertir que cette façon de peindre oubliée
depuis tant de fiécles , fournit plus
de fecours que la maniere ordinaire pour
la vérité de l'imitation , qu'elle donne plus
d'éclat & de folidité aux couleurs où l'air
ni les années ne doivent caufer aucune altération
, & qu'enfin on pourra retoucher
DECEMBRE . 1754. 155
5
les ouvrages de ce genre long tems après
qu'ils auront paru , & même auffi fouvent
qu'on le voudra , fans craindre de faire
jamais appercevoir la retouche , ni de fatiguer,
moins encore de tourmenter la couleur.
De tels avantages paroiffent à M. de
Caylus confirmer ce que les auteurs ont
écrit fur les effets de cette ancienne peinture.
Il a obfervé que ces mêmes avantages
pourront être mieux fentis par une plus
longue fuite de pratique. Dans tous les
arts , les premiers effais ont des difficultés
que levent enfin le genie des artiftes. Cependant
, les préparations une fois trouvées
, M. Vien a réuffi fans peine & promptement.
Les amateurs des arts & de l'antiquité
doivent voir reparoître avec plaifir les
moyens que plufieurs grands peintres de la
Grece ont employés pour charmer & pour
inftruire les Grecs , c'eft- à- dire les hommes
dont le goût a été le plus délicat , le plus
jufte & le plus épuré.
On pourroit regarder , ce me femble ,
la gravûre comme une langue que tout le
monde parle , mais dont peu de perfonnes
connoiffent les fineffes. Comme on
voit beaucoup de gens conferver des mots
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
d'habitude , ne fçavoir pas fufpendre leu ?
ton , s'exprimer avec monotonie , &c. on
voit beaucoup de Graveurs qui prennent
un trait fans confiderer l'efprit de l'auteur
, copient le trait fervilement , mettent
enfuite des ombres & des clairs à- peupiès
dans les endroits indiqués par l'original
, & croyent avoir fait une eftampe ;
on ne pourra même en douter , car le nom
du Peintre fera écrit au bas de la planche.
Les maîtres dont le talent eft facile &
l'ordonnance agréable , font d'autant plus
exposés au malheur de ces mauvaiſes traductions
, que leurs compofitions font plus
defirées , & que ces artiſtes étant aimés ,
on veut avoir tout ce qu'ils ont produit.
J'ai vu plus d'une fois des hommes , même
affez éclairés , rougir des mauvaiſes chofes
qu'ils avoient raffemblées , & dire pour excufe
: il faut bien tout avoir. On me dira
que cette néceffité pouffée par - delà les bornes
dans les recueils d'eftampes , eft un
avantage pour foutenir & élever de jeunes
Graveurs ; mais le plus fouvent ils en abufent
; ils travaillent fans attention , & difent
, pour fe confoler de leur peu d'application
ou de leur ignorance , le maître eft
aimé , on a déja beaucoup de fes more
ceaux , il faudra que celui-ci entre dans
la fuite ; & l'ignorant ou le parcffeux fe
DECEMBRE
1754. 357
"
trouve en effet récompenfé d'un travail
dont il auroit mérité d'être puni , du moins
du côté de l'argent. Ces raifons font que
M. Boucher fe trouve plus expofé qu'un
autre à de pareils inconvéniens , & je le
crois trop amateur de fon talent pour n'ê
tre pas perfuadé qu'il feroit charmé d'avoir
toujours été auffi bien rendu qu'il
vient de l'être par M. Daullé dans les deux
ovales qui me restent à décrire. Ils repréfentent
la Mufique Paftorale & les Amufemens
de la campagne ; ce font leurs titres.
Le jeune homme qui tient , dans le dernier
, la corde d'un filet tendu pour prendre
des oifeaux , n'allarme point le fpectateur
pour leur liberté ; il n'eft occupé avec
raifon , que de la jeune perfonne auprès
de laquelle il eft affis ; elle paroît à fon
égard dans la même fituation , & fur- toutne
point aimer cette chaffe , à laquelle elle
tourne abfolument le dos. Le brillant des
chairs , la dégradation du payfage. , le travail
des terraffes , & celui d'une fabrique
placée au- deffus du filet , ne peuvent être
mieux traités. Cependant il faut convenir
que les mêmes beautés . fe trouvent nonfeulement
dans le morceau de la mufique
paftorale , mais que le grouppe des deux
jeunes gens de fexe différent , dont il
eft compofé , eft plus riche de lumiere
158 MERCURE DE FRANCE.
qu'elle eft répandue avec plus d'art &
moins d'interruption. Ces deux pendans ,
traités en ovale dans le quarré , feront l'ornement
de plus d'un cabinet , aujourd'hui
que le nombre des eftampes montées fait
une riante décoration pour un très-grand
nombre de perfonnes qui ne font point
en état de fatisfaire leur goût fur une curiofité
plus confidérable .
On trouvera ces deux eftampes chez
Daullé , rue du Plâtre S. Jacques , & chez
Buldet , rue de Gefvres.
BULDET , rue de Gefvres , au Grand
coeur , vient de mettre en vente trois eftampes
gravées par Pelletier. La premiere
d'après M. Natoire , repréfente Jupiter &
Califto ; la feconde & la troifiéme d'après
M. Pierre , repréfentent le Marché de Tivoli
, & l'Inconftance punie.
DANS le grand nombre d'amateurs qui
ne poffedent des chef- d'oeuvres que pour
eux , il s'en trouve quelques- uns qui cher
chent à répandre le goût des arts , & qui
communiquent volontiers au public tout
ce qui peut l'éclairer. Un des plus ardens
à répandre la lumiere , c'eft M. le Comte
de Vence. Son cabinet eft ouvert à tous
les Graveurs qui ont du talent & de la
DECEMBRE . 1754 159
probité. Il ne leur donne pas indifféremment
fes tableaux ; mais il diftribue à chacun
ce qu'il peut bien rendre . Quoique
fes choix ayent été fort heureux jufqu'ici ,
il en a peu fait qui ayent été auffi généralement
approuvés que celui de M. Wille
, Allemand , pour rendre un des plus
beaux tableaux de Netfcher.
Ce Peintre Allemand , établi dans les
Pays-bas , n'a gueres fait que des portraits ;
il jouit pourtant d'une très- grande réputation
c'eft qu'il a réuffi fi parfaitement
dans la maniere de traiter les étoffes , les
fatins fur-tout , que fes portraits ont mérité
d'être mêlés avec les ouvrages des plus
grands maîtres dans les principaux cabinets
de l'Europe .
Quelque talent qu'eût Netfcher pour
le portrait , il ne s'y eft pas tout-à-fait fixé ,
& il s'eft quelquefois élevé jufqu'à l'hiftoire.
La mort de Cléopatre eft celui de fes
tableaux qui eft le plus connu . Outre le
mérite qu'il a dans fes autres ouvrages ,
il y a jetté une expreffion & une nobleſſe
qu'on cherchoit vainement dans les autres
Peintres de fon école.
M. Wille , déja très- connu par la beauté
de fon burin , a rendu ce beau tableau
avec toute la force & les graces poffibles.
Cet habile Graveur demeure quai
160 MERCURE DE FRANCE .
des Auguftins , à côté de l'Hôtel d'Auver
gne.
Nos Graveurs auroient encore plus de
réputation qu'ils n'en ont en Europe , s'ils
s'attachoient plus fouvent à rendre les
tableaux des grands maîtres. On voit donc
avec plaifir que P. B. Audran , qui porte
un nom fi recommandable dans l'art`qu'il
profeffe , s'eft appliqué à nous donner deux
planches , l'une d'après le Titien , qui repréfente
Apparition de Jefus - Chriſt aux
Pelerins d'Emaus , & l'autre une Defceme
de Croix , dans laquelle le Pouffin a fait
fentir tout le mérite de fon expreffion .
Ces deux eftampes font dédiées à M. le
Comte de Brulh . Ce Miniftre & le Roi
fon maître , poffedent les tréfors de l'Italie
; ils l'augmentent tous les jours , &
bientôt on fera contraint de faire le voyage
de Drefde pour acquerir les plus fûres connoiffances
dans la maniere des grands maî
tres. Le jugement & les yeux ne font formés
que par la comparaiſon.
Audran demeure rue S. Jacques , à la
ville de Paris , entre les rues de la Parche
minerie & du Foin.
Fermer
Résumé : DÉCOUVERTE IMPORTANTE.
Le 12 novembre 1754, le comte de Caylus a présenté à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres une découverte majeure : la redécouverte de la technique de peinture encaustique antique. Cette méthode, décrite par Pline, utilise des cires chargées de couleurs, permettant une imitation plus fidèle, un éclat et une solidité accrus des couleurs, ainsi que la possibilité de retouches sans altérer l'œuvre. M. de Caylus a exposé un tableau réalisé selon cette technique pour démontrer sa validité. Il a souligné les avantages significatifs de cette méthode par rapport aux techniques modernes. Les amateurs d'art et d'antiquité ont apprécié cette redécouverte, qui rappelle les méthodes utilisées par les grands peintres grecs. Le texte mentionne également des aspects techniques et des références à des artistes contemporains, tels que M. Vien et M. Boucher. Des discussions sur la gravure et la reproduction des œuvres d'art ont également eu lieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 145-146
PEINTURE.
Début :
Il y a des surprises dans les productions des arts comme dans les ouvrages de [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE.
PEINTURE.
y a des furpriſes dans les productions
des arts comme dans les ouvrages de
littérature ; il eſt également important de
garantir le public des unes & des autres ,
tant pour la perfection de fes connoiffances
que pour l'honneur des arts & la réputation
légitime de chaque artiſte . On
ne peut donc fe difpenfer d'informer tous
les amateurs de la peinture , qu'une fuitë
d'eſtampes nouvellement mife au jour par
le fieur Duflos , comme étant d'après les
tableaux du fieur Boucher , Peintre du Roi ,
n'a été gravée que fur des deffeins informes
, furtivement tirés par les éleves de
ce Peintre , les moins capables & les moins
avancés , livrés enfuite , à fon infçu , au
Graveur , lequel à fon tour a terminé &
mis en vente ces eftampes fans la participation
de l'auteur des tableaux , qui ne peut
G
146 MERCURE DE FRANCE:
ni les reconnoître , ni encore moins les
avouer dans des copies auffi infideles.
y a des furpriſes dans les productions
des arts comme dans les ouvrages de
littérature ; il eſt également important de
garantir le public des unes & des autres ,
tant pour la perfection de fes connoiffances
que pour l'honneur des arts & la réputation
légitime de chaque artiſte . On
ne peut donc fe difpenfer d'informer tous
les amateurs de la peinture , qu'une fuitë
d'eſtampes nouvellement mife au jour par
le fieur Duflos , comme étant d'après les
tableaux du fieur Boucher , Peintre du Roi ,
n'a été gravée que fur des deffeins informes
, furtivement tirés par les éleves de
ce Peintre , les moins capables & les moins
avancés , livrés enfuite , à fon infçu , au
Graveur , lequel à fon tour a terminé &
mis en vente ces eftampes fans la participation
de l'auteur des tableaux , qui ne peut
G
146 MERCURE DE FRANCE:
ni les reconnoître , ni encore moins les
avouer dans des copies auffi infideles.
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Résumé : PEINTURE.
Une controverse entoure des estampes publiées par Duflos, prétendument basées sur les œuvres de Boucher. Ces estampes ont été gravées à partir de dessins réalisés par les élèves les moins compétents de Boucher, sans son accord. Boucher ne reconnaît pas ces copies, jugées infidèles. Le texte insiste sur l'importance d'informer le public pour préserver l'honneur des arts et la réputation des artistes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 153-158
GRAVURE.
Début :
TEMPLE EN L'HONNEUR DE LA DEESSE VENUS, décoration en relief, qui a [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampes, Vénus, Rembrandt, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
EMPLE EN L'HONNEUR DE LA DEESSE
VENUS , décoration en relief , qui a
été exécutéé à Rome , dans la place Farnefe
, en 1747 , à l'occafion de la cérémo-
* On n'a pas cru pouvoir mieux commencer cet
article que par des vers confacrés à la gloire d'unfi
grand Peintre.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE:
nie de l'hommage que le royaume de Naples
rend au Saint Siége ; dédié à M. le
Baron de Hutten , Miniftre de S. A. Mgr.
le Prince Evêque de Spire , à la Cour de
France ; gravé par P. Patte , & ſe vend
chez lui , rue des Noyers , la fixiéme porte
cochere à droite en entrant par la rue Saint
Jacques. Prix livre 10 fols , grandeur
de la feuille du Nom de Jefus.
On fçait que depuis long tems le royaume
de Naples paye un tribut au Saint Siége.
Cette cérémonie fe célébre tous les ans à
Rome la veille de la fête de S. Pierre , avecla
plus grande magnificence. Le Prince
Colonne , Grand Connétable de ce royaume
, accompagné de la plupart des Princes
Romains , va en grand frofque préfenter
au Pape , au nom du Roi fon maître , dans
l'Eglife de S. Pierre , une haquenée blanchequi
eft chargée d'une petite caffette , contenant
en cédules * la redevance que le
royaume de Naples paye chaque année au
Saint Siége . A l'occafion de cette cérémonie
on éleve en relief , au milieu de la place
Farneſe , une magnifique décoration d'architecture
, faifant allufion à quelqu'une
des antiquités qui fe voyent à Naples , ou
* Les cédules font des efpéces de billets d'Etat
ou de lettres de change qui ont cours dans l'Etat
Eccléfiaftique.
AVRIL. 1755 I'S'S
dans fes environs , à Pouzzol , à Bayes ,
& autres lieux . Meffieurs les Penfionnaires
du Roi de France à Rome , font fucceffivement
chargés de compofer cette décoration
, & à l'envi cherchent à fe fignaler
tous les ans par quelques penfées d'architecture
grande & fublime. C'eſt une
de ces compofitions qui a fait l'admiration
unanime des connoiffeurs , que l'on vient
de graver fur les deffeins qu'en fit , en
1747 , M. le Lorrain , aujourd'hui Peintre
du Roi , & pour lors Penfionnaire de S. M.
à fon Accadémie de Rome. On ne craint
point d'affurer que cette eftampe eft de
toute beauté pour l'architecture & les effets
piquans de fa perfpective : elle eft
gravée à l'aide d'une feule ligne,, fuivant
la nouvelle maniere de l'auteur , dont nous
avons parlé dans le Mercure du mois de
Février dernier , & elle mérite d'occuper
un rang diſtingué dans les cabinets des
curieux.; be but
LA PLACE DE LOUIS XV , que l'on
éxécute fur l'efplanade du Pont tournant ,
en face des Tuileries , d'après les deffeins
de M. Gabriel ; premier Architecte du Roi ,
dont la premiere pierre a été pofée par la
Ville le 22 Avril 1754 , fe vend gravée
chez le même P. Patte.
i
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
PORTRAIT DE M. GRANDVAL , peint
par Lancret , Peintre du Roi , en 1742 , &
gravé par J. Le Bas , Graveur du cabinet
du Roi ; de même grandeur que celui de
Mlle Camargo. Prix 3 livres. On lit ces
quatre vers au bas du portrait.
D'attendrir , d'égayer , également capable ;
Tantôt héros , tantôt petit- maître galant :
Il repréſente l'un en copifte excellent ,
L'autre en original aimable.
COLLECTION DE SCULPTURES ANTIQUES
Grecques & Romaines , trouvées à Rome
dans les ruines du palais de Neron & de
Marius .
Cette collection eft rare & finguliere ,
tant par la beauté que par la variété des
morceaux qui la compofent. Les originaux
en marbre de Paros & de Salin , font chez
le fieur Adam l'aîné , Sculpteur ordinaire
du Roi , rue Baffe du chemin du Rempart 3
No. 13. derriere la place de Vendôme ,
entre la rue Saint Louis & la rue Neuve
des Capucines . La collection fe vend à Paris
, chez Joullain , Marchand d'eftampes ,
quai de la Megifferie , à l'enſeigne de la
ville de Rome. 1755.
La façon de graver du fameux Rem
AVRIL 17556
137
1
brandt , qui , fous un heureux defordre ,
peint fi fpirituellement les objets avec att
tant de force que de vérité , paroît avoir
été enfévelie avec fon inventeur ; les difficultés
dont elle eft remplie , ont fans doute
été un obftacle pour ceux qui ont
tenté de marcher fur les traces de cet habile
Peintre & Graveur ; heureufement
elles n'ont point effrayé M. de Marcenay ;
il vient de mettre au jour le portrait de
Rembrandt , peint par lui -même , dont
l'original haut de trois pieds & demi fur
trois de large , fe voit dans le cabinet de
M. le Comte de Vence. Ce Peintre y eft
repréſenté dans fa vieilleffe ; le tableau
ne fe reffent en aucune maniere du froid ,
trop ordinaire à cet âge , bien au contraire
touché à plein pinceau , il eft d'un relief
à étonner ; la lumiere qui vient d'en haut
eft habilement dégradée , ce qui répand.
beaucoup de repos & d'harmonie. Ce Peintre
ayant tout facrifié à la tête , s'eft fervi
d'un fond leger , mais éteint , fur lequel
elle fe détache merveilleufement ; & a af
fecté de négliger les mains , la palette , &
tous les acceffoires qui ne femblent qu'indiqués.
L'accueil favorable que les connoiffeurs
ont fait à ce portrait d'une exécution
très-difficile , & qu'on ofe dire qui
118 MERCURE DE FRANCE.
imite le Rembrandt à s'y tromper , a en
gagé cet artifte à graver le pendant , qui
eft le portrait du Teintoret , également
peint par lui-même ; mais celui- ci eft auffi
correct que l'autre eft négligé. L'un &
l'autre fe vendent chez l'auteur , rue des
Vieux Auguftins , près l'égout . Il donnera
dans peu une fuite de divers morceaux
du Rembrandt , & il grave actuellement
une piece capitale tirée du cabinet de M.
le Marquis de Voyer.
EMPLE EN L'HONNEUR DE LA DEESSE
VENUS , décoration en relief , qui a
été exécutéé à Rome , dans la place Farnefe
, en 1747 , à l'occafion de la cérémo-
* On n'a pas cru pouvoir mieux commencer cet
article que par des vers confacrés à la gloire d'unfi
grand Peintre.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE:
nie de l'hommage que le royaume de Naples
rend au Saint Siége ; dédié à M. le
Baron de Hutten , Miniftre de S. A. Mgr.
le Prince Evêque de Spire , à la Cour de
France ; gravé par P. Patte , & ſe vend
chez lui , rue des Noyers , la fixiéme porte
cochere à droite en entrant par la rue Saint
Jacques. Prix livre 10 fols , grandeur
de la feuille du Nom de Jefus.
On fçait que depuis long tems le royaume
de Naples paye un tribut au Saint Siége.
Cette cérémonie fe célébre tous les ans à
Rome la veille de la fête de S. Pierre , avecla
plus grande magnificence. Le Prince
Colonne , Grand Connétable de ce royaume
, accompagné de la plupart des Princes
Romains , va en grand frofque préfenter
au Pape , au nom du Roi fon maître , dans
l'Eglife de S. Pierre , une haquenée blanchequi
eft chargée d'une petite caffette , contenant
en cédules * la redevance que le
royaume de Naples paye chaque année au
Saint Siége . A l'occafion de cette cérémonie
on éleve en relief , au milieu de la place
Farneſe , une magnifique décoration d'architecture
, faifant allufion à quelqu'une
des antiquités qui fe voyent à Naples , ou
* Les cédules font des efpéces de billets d'Etat
ou de lettres de change qui ont cours dans l'Etat
Eccléfiaftique.
AVRIL. 1755 I'S'S
dans fes environs , à Pouzzol , à Bayes ,
& autres lieux . Meffieurs les Penfionnaires
du Roi de France à Rome , font fucceffivement
chargés de compofer cette décoration
, & à l'envi cherchent à fe fignaler
tous les ans par quelques penfées d'architecture
grande & fublime. C'eſt une
de ces compofitions qui a fait l'admiration
unanime des connoiffeurs , que l'on vient
de graver fur les deffeins qu'en fit , en
1747 , M. le Lorrain , aujourd'hui Peintre
du Roi , & pour lors Penfionnaire de S. M.
à fon Accadémie de Rome. On ne craint
point d'affurer que cette eftampe eft de
toute beauté pour l'architecture & les effets
piquans de fa perfpective : elle eft
gravée à l'aide d'une feule ligne,, fuivant
la nouvelle maniere de l'auteur , dont nous
avons parlé dans le Mercure du mois de
Février dernier , & elle mérite d'occuper
un rang diſtingué dans les cabinets des
curieux.; be but
LA PLACE DE LOUIS XV , que l'on
éxécute fur l'efplanade du Pont tournant ,
en face des Tuileries , d'après les deffeins
de M. Gabriel ; premier Architecte du Roi ,
dont la premiere pierre a été pofée par la
Ville le 22 Avril 1754 , fe vend gravée
chez le même P. Patte.
i
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
PORTRAIT DE M. GRANDVAL , peint
par Lancret , Peintre du Roi , en 1742 , &
gravé par J. Le Bas , Graveur du cabinet
du Roi ; de même grandeur que celui de
Mlle Camargo. Prix 3 livres. On lit ces
quatre vers au bas du portrait.
D'attendrir , d'égayer , également capable ;
Tantôt héros , tantôt petit- maître galant :
Il repréſente l'un en copifte excellent ,
L'autre en original aimable.
COLLECTION DE SCULPTURES ANTIQUES
Grecques & Romaines , trouvées à Rome
dans les ruines du palais de Neron & de
Marius .
Cette collection eft rare & finguliere ,
tant par la beauté que par la variété des
morceaux qui la compofent. Les originaux
en marbre de Paros & de Salin , font chez
le fieur Adam l'aîné , Sculpteur ordinaire
du Roi , rue Baffe du chemin du Rempart 3
No. 13. derriere la place de Vendôme ,
entre la rue Saint Louis & la rue Neuve
des Capucines . La collection fe vend à Paris
, chez Joullain , Marchand d'eftampes ,
quai de la Megifferie , à l'enſeigne de la
ville de Rome. 1755.
La façon de graver du fameux Rem
AVRIL 17556
137
1
brandt , qui , fous un heureux defordre ,
peint fi fpirituellement les objets avec att
tant de force que de vérité , paroît avoir
été enfévelie avec fon inventeur ; les difficultés
dont elle eft remplie , ont fans doute
été un obftacle pour ceux qui ont
tenté de marcher fur les traces de cet habile
Peintre & Graveur ; heureufement
elles n'ont point effrayé M. de Marcenay ;
il vient de mettre au jour le portrait de
Rembrandt , peint par lui -même , dont
l'original haut de trois pieds & demi fur
trois de large , fe voit dans le cabinet de
M. le Comte de Vence. Ce Peintre y eft
repréſenté dans fa vieilleffe ; le tableau
ne fe reffent en aucune maniere du froid ,
trop ordinaire à cet âge , bien au contraire
touché à plein pinceau , il eft d'un relief
à étonner ; la lumiere qui vient d'en haut
eft habilement dégradée , ce qui répand.
beaucoup de repos & d'harmonie. Ce Peintre
ayant tout facrifié à la tête , s'eft fervi
d'un fond leger , mais éteint , fur lequel
elle fe détache merveilleufement ; & a af
fecté de négliger les mains , la palette , &
tous les acceffoires qui ne femblent qu'indiqués.
L'accueil favorable que les connoiffeurs
ont fait à ce portrait d'une exécution
très-difficile , & qu'on ofe dire qui
118 MERCURE DE FRANCE.
imite le Rembrandt à s'y tromper , a en
gagé cet artifte à graver le pendant , qui
eft le portrait du Teintoret , également
peint par lui-même ; mais celui- ci eft auffi
correct que l'autre eft négligé. L'un &
l'autre fe vendent chez l'auteur , rue des
Vieux Auguftins , près l'égout . Il donnera
dans peu une fuite de divers morceaux
du Rembrandt , & il grave actuellement
une piece capitale tirée du cabinet de M.
le Marquis de Voyer.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte présente plusieurs œuvres artistiques et événements historiques. En 1747, une décoration en relief honorant la déesse Vénus a été réalisée à Rome, sur la place Farnèse, à l'occasion d'une cérémonie annuelle où le royaume de Naples rend hommage au Saint-Siège. Cette cérémonie, dirigée par le Prince Colonne, se déroule la veille de la fête de Saint-Pierre et inclut la présentation d'une haquenée blanche portant une cassette contenant des cédules représentant la redevance annuelle. La décoration a été composée par un pensionnaire du Roi de France à Rome et gravée par P. Patte. Elle est disponible à la vente. Le texte mentionne également la place Louis XV, en construction à Paris. Il évoque aussi un portrait de M. Grandval peint par Lancret et gravé par J. Le Bas. Une collection de sculptures antiques grecques et romaines, découvertes dans les ruines du palais de Néron et de Marius, est présentée. Cette collection, composée de morceaux en marbre de Paros et de Salin, est disponible chez le sculpteur Adam l'aîné et chez Joullain, marchand d'estampes. Enfin, le texte évoque le travail de gravure de M. de Marcenay, qui a reproduit des portraits de Rembrandt et du Tintoret, peints par eux-mêmes. Ces gravures sont disponibles chez l'auteur, rue des Vieux Augustins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 140-143
GRAVURE.
Début :
JEAN-BAPTISTE MASSÉ, Peintre & Conseiller de l'Académie royale de [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
EAN- BAPTISTE MASSÉ , Peintre
& Confeiller de l'Académie royale de
Peinture & de Sculpture , a deffiné & fait
graver fous fes yeux tous les tableaux de
la grande galerie de Verfailles & des
deux fallons qui l'accompagnent , peints par
Charles le Brun , premier Peintre de Louis
XIV . Cette admirable collection de gravûre
a donné lieu à un Artiſte , qu'un beau
zéle a rendu Poëte , de faire les vers que
JUIN. 1755. 141
nous avons inférés dans le Mercure de
Mai.
Quoique dans ce genre il n'ait jamais ,
paru d'ouvrage plus digne de la curiofité du
public , tant par fon étendue que par la
beauté de fon exécution , quoiqu'il ait été
univerfellement admiré au fallon , où il a
été exposé en 1753 , & que les Gazettes ,
les Mercures & les Journaux en ayent parlé
avec beaucoup d'éloge , il eft furprenant
qu'on n'ait point indiqué où il fe vendoit ,
ni fur les planches ni dans le livret * que
l'auteur nous a donné lui-même de l'explication
de chacun de ces morceaux. Après
tout un pareil oubli de fa part tourne à fa
louange ; il prouve qu'un noble defintéreffement
l'a feul conduit dans le cours
d'un fi long travail , & que fon objet principal
étoit la gloire de la nation . Pour y
fuppléer , nous avertiffons que cet ouvrage
fe vend à Paris , chez le fieur Maffé
place Dauphine.
Si l'on pouvoit fuppofer qu'il y eût
quelques amateurs d'eftampes qui n'euffent
point entendu parler d'une fi belle
collection , ils pourroient en prendre connoiffance
dans les Journaux de Trévoux ,
* Ce livret ſe vend chez la veuve Amaulry , ay
Palais.
142 MERCURE DE FRANCE.
Décembre 1753 , 1 vol . & Mai 1754 , 2
vol. Le R. P. Bertier l'ayant eue entre fes
mains eft celui qui en a fait l'analyſe la
plus exacte.
AMPHITHEATRE DE LA VILLE
D'HERCULANUM ; décoration faifant allu-.
fion à la nouvelle découverte de cette ville
qui fut enfevelie par les cendres du mont
Vefuve fous l'empire de Titus , laquelle a
été exécutée en relief à Rome dans la place
Farnèfe en 1749 , fur les deffeins de M.
Petitot , premier Architecte de S. A. S.
l'Infant Duc de Parme , à l'occaſion de la
cérémonie de l'hommage que le Royaume
de Naples rend au Saint Siége. Dédié à M.
de Montullé , Baron de Saint-Port , & Secrétaire
des commandemens de la Reine.
Cette perfpective qui eft de la grandeur de
la feuille de nom de Jefus , eft gravée par
P. Patte , & fe vend chez lui , rue des
Noyers , la fixieme porte cochere à droite
en entrant par la rue S. Jacques. Prix 1 liv.
10 fols.
I
Cette eftampe eft le digne pendant du
Temple de Venus annoncé dans le Mercure
du mois d'Avril dernier ; elle repréſente
une de ces décorations que l'on exécute
tous les ans à Rome la veille de la Fête de
5. Pierre , lefquelles font toujours allufion,
JUIN. 1755
143
ainfi que nous l'avons déja dit , à quelques-
unes des antiquités du Royaume de
Naples , dont il eft d'ufage de leur faire
retenir le nom , quoiqu'elles ne forent en
effet que des compofitions de MM. les
Penfionnaires de l'Académie de France à
Rome. Comme chaque ville n'avoit qu'un
amphithéatre , & que c'étoit l'édifice le
plus vafte & le plus remarquable , il eft
naturel qu'on ait défigné cette ville par ce
monument ; ainfi on ne doit pas s'étonner
du titre de cette eftampe , qui eft des plus
remarquables par la beauté de fon architecture
& de fa perfpective , ce qui doit lui
mériter un rang diftingué dans les cabinets
des curieux & des amateurs.
EAN- BAPTISTE MASSÉ , Peintre
& Confeiller de l'Académie royale de
Peinture & de Sculpture , a deffiné & fait
graver fous fes yeux tous les tableaux de
la grande galerie de Verfailles & des
deux fallons qui l'accompagnent , peints par
Charles le Brun , premier Peintre de Louis
XIV . Cette admirable collection de gravûre
a donné lieu à un Artiſte , qu'un beau
zéle a rendu Poëte , de faire les vers que
JUIN. 1755. 141
nous avons inférés dans le Mercure de
Mai.
Quoique dans ce genre il n'ait jamais ,
paru d'ouvrage plus digne de la curiofité du
public , tant par fon étendue que par la
beauté de fon exécution , quoiqu'il ait été
univerfellement admiré au fallon , où il a
été exposé en 1753 , & que les Gazettes ,
les Mercures & les Journaux en ayent parlé
avec beaucoup d'éloge , il eft furprenant
qu'on n'ait point indiqué où il fe vendoit ,
ni fur les planches ni dans le livret * que
l'auteur nous a donné lui-même de l'explication
de chacun de ces morceaux. Après
tout un pareil oubli de fa part tourne à fa
louange ; il prouve qu'un noble defintéreffement
l'a feul conduit dans le cours
d'un fi long travail , & que fon objet principal
étoit la gloire de la nation . Pour y
fuppléer , nous avertiffons que cet ouvrage
fe vend à Paris , chez le fieur Maffé
place Dauphine.
Si l'on pouvoit fuppofer qu'il y eût
quelques amateurs d'eftampes qui n'euffent
point entendu parler d'une fi belle
collection , ils pourroient en prendre connoiffance
dans les Journaux de Trévoux ,
* Ce livret ſe vend chez la veuve Amaulry , ay
Palais.
142 MERCURE DE FRANCE.
Décembre 1753 , 1 vol . & Mai 1754 , 2
vol. Le R. P. Bertier l'ayant eue entre fes
mains eft celui qui en a fait l'analyſe la
plus exacte.
AMPHITHEATRE DE LA VILLE
D'HERCULANUM ; décoration faifant allu-.
fion à la nouvelle découverte de cette ville
qui fut enfevelie par les cendres du mont
Vefuve fous l'empire de Titus , laquelle a
été exécutée en relief à Rome dans la place
Farnèfe en 1749 , fur les deffeins de M.
Petitot , premier Architecte de S. A. S.
l'Infant Duc de Parme , à l'occaſion de la
cérémonie de l'hommage que le Royaume
de Naples rend au Saint Siége. Dédié à M.
de Montullé , Baron de Saint-Port , & Secrétaire
des commandemens de la Reine.
Cette perfpective qui eft de la grandeur de
la feuille de nom de Jefus , eft gravée par
P. Patte , & fe vend chez lui , rue des
Noyers , la fixieme porte cochere à droite
en entrant par la rue S. Jacques. Prix 1 liv.
10 fols.
I
Cette eftampe eft le digne pendant du
Temple de Venus annoncé dans le Mercure
du mois d'Avril dernier ; elle repréſente
une de ces décorations que l'on exécute
tous les ans à Rome la veille de la Fête de
5. Pierre , lefquelles font toujours allufion,
JUIN. 1755
143
ainfi que nous l'avons déja dit , à quelques-
unes des antiquités du Royaume de
Naples , dont il eft d'ufage de leur faire
retenir le nom , quoiqu'elles ne forent en
effet que des compofitions de MM. les
Penfionnaires de l'Académie de France à
Rome. Comme chaque ville n'avoit qu'un
amphithéatre , & que c'étoit l'édifice le
plus vafte & le plus remarquable , il eft
naturel qu'on ait défigné cette ville par ce
monument ; ainfi on ne doit pas s'étonner
du titre de cette eftampe , qui eft des plus
remarquables par la beauté de fon architecture
& de fa perfpective , ce qui doit lui
mériter un rang diftingué dans les cabinets
des curieux & des amateurs.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux principales gravures et leurs contextes. La première gravure est une collection de tableaux de la grande galerie de Versailles et des deux salons adjacents, peints par Charles Le Brun, premier Peintre de Louis XIV. Ces tableaux ont été définis et gravés sous la supervision de Jean-Baptiste Massé, Peintre et Conseiller de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Cette collection, exposée en 1753, a été largement élogiée. Elle se vend à Paris chez le sieur Massé, place Dauphine, et un livret explicatif est disponible chez la veuve Amaulry, au Palais. La seconde gravure représente l'amphithéâtre de la ville d'Herculanum, exécuté en relief à Rome en 1749 pour l'hommage du Royaume de Naples au Saint Siège. Gravée par P. Patte, elle est dédiée à M. de Montullé, Baron de Saint-Port, et Secrétaire des commandements de la Reine. Elle se vend chez P. Patte, rue des Noyers, au prix de 1 livre 10 sols. Cette estampe est décrite comme le pendant du Temple de Vénus et est remarquée pour la beauté de son architecture et de sa perspective.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 210-212
GRAVURE.
Début :
M. de Marcenay vient de faire paroître l'estampe qu'il a gravée d'après le tableau [...]
Mots clefs :
Estampes, Gravure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
M. de Marcenay vient de faire paroître
l'eftampe qu'il a gravée d'après le tableau
original du cabinet de M. le Marquis
de Voyer, que nous avons annoncé dans
le Mercure du mois d'Avril dernier , en
parlant du début de cet Artifte. Il eft de
AOUST. 1755 211
Rembrandt , & repréfente Tobie recouvrant
la vûe. La fcene fe paffe dans l'intérieur
d'une maifon où le Peintre a préféré
certain defordre pittorefque à une architecture
affervie au coftume. Il paroît s'y
être furpaffé dans les effets furprenans qu'il
y a introduits : fon grouppe principal compofé
de quatre figures, Tobie , fa femme ,
fon fils , & l'Ange qui lui avoit fervi de
guide , eft placé dans le centre de la viſion ,
recevant immédiatement le jour de la fenêtre
, d'autant plus éclatant , qu'il a éteint
les extrêmités du tableau , qui d'ailleurs ne
laiffe rien à defirer fur cette partie fi difficile
à traiter , je veux dire le clair- obfcur.
La fingularité qui fouvent a déterminé
Rembrandt dans fes penfées , l'a fait écar
ter ici du texte de l'Ecriture pour transformer
le jeune tobie en oculifte , qui ,
l'aiguille à la main , leve la cataracte à fon
pere. Il eft très attentif à cette opération
délicate , & le vieillard fort fenfible à la
douleur dont il eft affecté ; fa femme femble
l'exhorter à la patience , & prendre
part à fa peine par la façon affectueufe
dont elle lui ferre la main. Plufieurs figures
grouppées dans l'ombre témoignent
leur furpriſe d'une pareille cure .
Ce grand Maître a fçu tirer parti de
tous les accidens qui ont pu le favorifer
212 MERCURE DE FRANCE.
dans la conduite d'un ouvrage auffi extraordinaire.
Il a allumé du feu dans la cheminée
afin de détacher de ce fond enfumé
l'habillement du jeune homme d'un bleu
tirant fur le noir , dont avoit également
befoin une écharpe en or à qui l'ombre auroit
ôté l'effet fans ce ftratagême. C'eft en
core par une fuite de ce folide raiſonnement
qu'il s'eft fervi de ce même vêtement
comme du fond le plus avantageux à la
poignée de fon fabre , qui pour être d'argent
, & frappée du jour principal , paroît
fortir fort réellement du tableau
violence de la pofition.
par
la
Ce détail , quoique fuccinct , pourra
néanmoins donner une idée légere des
beautés répandues dans cette production
piquante , où la touche eft auffi vraie que
fpirituelle , & le clair- obfcur porté à un
dégré de fublimité , fi j'ofe le dire par la
maniere excellente dont il y eft traité.
M. de Marcenay n'a point méconnu les
difficultés d'une pareille entreprife ; mais
les bontés du public fur fon effai l'ont excité
à les mériter de nouveau par des tra
vaux plus confidérables .
L'Eftampe fe vend à Paris chez l'Auteur,
sue des vieux Auguftins , près l'Egoût.
M. de Marcenay vient de faire paroître
l'eftampe qu'il a gravée d'après le tableau
original du cabinet de M. le Marquis
de Voyer, que nous avons annoncé dans
le Mercure du mois d'Avril dernier , en
parlant du début de cet Artifte. Il eft de
AOUST. 1755 211
Rembrandt , & repréfente Tobie recouvrant
la vûe. La fcene fe paffe dans l'intérieur
d'une maifon où le Peintre a préféré
certain defordre pittorefque à une architecture
affervie au coftume. Il paroît s'y
être furpaffé dans les effets furprenans qu'il
y a introduits : fon grouppe principal compofé
de quatre figures, Tobie , fa femme ,
fon fils , & l'Ange qui lui avoit fervi de
guide , eft placé dans le centre de la viſion ,
recevant immédiatement le jour de la fenêtre
, d'autant plus éclatant , qu'il a éteint
les extrêmités du tableau , qui d'ailleurs ne
laiffe rien à defirer fur cette partie fi difficile
à traiter , je veux dire le clair- obfcur.
La fingularité qui fouvent a déterminé
Rembrandt dans fes penfées , l'a fait écar
ter ici du texte de l'Ecriture pour transformer
le jeune tobie en oculifte , qui ,
l'aiguille à la main , leve la cataracte à fon
pere. Il eft très attentif à cette opération
délicate , & le vieillard fort fenfible à la
douleur dont il eft affecté ; fa femme femble
l'exhorter à la patience , & prendre
part à fa peine par la façon affectueufe
dont elle lui ferre la main. Plufieurs figures
grouppées dans l'ombre témoignent
leur furpriſe d'une pareille cure .
Ce grand Maître a fçu tirer parti de
tous les accidens qui ont pu le favorifer
212 MERCURE DE FRANCE.
dans la conduite d'un ouvrage auffi extraordinaire.
Il a allumé du feu dans la cheminée
afin de détacher de ce fond enfumé
l'habillement du jeune homme d'un bleu
tirant fur le noir , dont avoit également
befoin une écharpe en or à qui l'ombre auroit
ôté l'effet fans ce ftratagême. C'eft en
core par une fuite de ce folide raiſonnement
qu'il s'eft fervi de ce même vêtement
comme du fond le plus avantageux à la
poignée de fon fabre , qui pour être d'argent
, & frappée du jour principal , paroît
fortir fort réellement du tableau
violence de la pofition.
par
la
Ce détail , quoique fuccinct , pourra
néanmoins donner une idée légere des
beautés répandues dans cette production
piquante , où la touche eft auffi vraie que
fpirituelle , & le clair- obfcur porté à un
dégré de fublimité , fi j'ofe le dire par la
maniere excellente dont il y eft traité.
M. de Marcenay n'a point méconnu les
difficultés d'une pareille entreprife ; mais
les bontés du public fur fon effai l'ont excité
à les mériter de nouveau par des tra
vaux plus confidérables .
L'Eftampe fe vend à Paris chez l'Auteur,
sue des vieux Auguftins , près l'Egoût.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte annonce la publication d'une gravure réalisée par M. de Marcenay, inspirée d'un tableau original de Rembrandt appartenant au Marquis de Voyer. Cette œuvre, intitulée 'Tobie recouvrant la vue', avait été précédemment annoncée dans le Mercure d'avril 1755. La scène se déroule à l'intérieur d'une maison, où Rembrandt a privilégié un désordre pictural à une architecture conforme aux coutumes. Le groupe principal, composé de Tobie, sa femme, leur fils et un ange, est placé au centre de la composition, recevant la lumière directe d'une fenêtre, contrastant avec les extrémités plus sombres du tableau. Rembrandt a modifié le texte biblique en représentant le jeune Tobie comme un oculiste opérant son père. La femme de Tobie exhorte son mari à la patience, tandis que plusieurs figures dans l'ombre témoignent de leur surprise. Rembrandt utilise divers artifices, comme un feu dans la cheminée, pour mettre en valeur certains éléments du tableau. La gravure est disponible à la vente à Paris chez l'auteur, rue des Vieux Augustins, près l'Égout.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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37
p. 204-206
« LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...] »
Début :
LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...]
Mots clefs :
Estampes, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...] »
LE SI ALTAMET , habile Graveur , vient
de donner au Public deux eftampes qu'il a
gravées d'aprèsTeniers.Elles ont pour titre ,
OCTOBRE . 1755 205
l'une le départ pour le Sabbat , & l'autre
l'arrivée au Sabbat . Les deux tableaux tirés
du cabinet de M. le Comte de Vence ,
palfent pour les plus ingénieux que ce
Peintre Flamand ait compofes. Comme
tout y eft fiction , il y a donné l'eſſor à
fon génie , il en a fait deux fujets de nuit ,
parce que les fcènes magiques qui y font
dépeintes , s'affortiffent mieux avec les ténebres
qu'avec la trop grande lumiere .
Dans le premier , on voit une Magicienne
occupée à préparer des onguents
pour frotter ceux qu'elle envoie au Sabbat .
Autour d'elle font fous les formes les plus
grotéfques , les fuppots du royaume Infernal
, qui applaudiffent à fon travail .
L'un d'eux tient une efpece de flute à bec
pour fonner le départ , d'autres paroiffent
l'accompagner de leurs cris lugubres. Sur
le devant du fujet font tous les attributs de
l'art de la divination . Têtes & offemens de
morts , caracteres écrits en cercle fur le
carreau , cartes difperfées , couteau fiché
en terre , & c. Dans le fond est une femme
qui tient le livre des paroles magiques
, & fait partir par la cheminée à
l'aide de la fumée d'un grand feu , ceux
qui font prêts , & qui ont en main le balet
chargé d'une torche ardente qui doit les
éclairer dans leur route,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le fecond fujet repréfente l'arrivée au
Sabbat. On y voit la forciere & fa fervante
accompagnées de toute la cohorte ténébreufe
, occupées à chercher des trafors à la
lueur du flambeau déja décrit . L'une fouille
la terre , l'autre apporte des herbes & des
racines magiques parmi lesquelles eft une
mandragore : la Scene eft en pleine campagne
au pied d'un gibet en ruine , dont
il ne refte qu'un poteau. Les oiſeaux de
nuit voltigeant ça & là , accompagnent de
leurs cris les inftrumens de mufique qui
annoncent d'une façon comique la joie de
toute la troupe.
Ces deux eftampes expriment parfaitement
les beautés & les fineffes des deux
tableaux & rendent très-bien les effets du
clair-obfcur. Elles fe vendent chez l'Auteur
rue des Mathurins , la quatrieme porte
cochere à gauche en entrant par la rue de
la Harpe , à Paris , 1755 .
de donner au Public deux eftampes qu'il a
gravées d'aprèsTeniers.Elles ont pour titre ,
OCTOBRE . 1755 205
l'une le départ pour le Sabbat , & l'autre
l'arrivée au Sabbat . Les deux tableaux tirés
du cabinet de M. le Comte de Vence ,
palfent pour les plus ingénieux que ce
Peintre Flamand ait compofes. Comme
tout y eft fiction , il y a donné l'eſſor à
fon génie , il en a fait deux fujets de nuit ,
parce que les fcènes magiques qui y font
dépeintes , s'affortiffent mieux avec les ténebres
qu'avec la trop grande lumiere .
Dans le premier , on voit une Magicienne
occupée à préparer des onguents
pour frotter ceux qu'elle envoie au Sabbat .
Autour d'elle font fous les formes les plus
grotéfques , les fuppots du royaume Infernal
, qui applaudiffent à fon travail .
L'un d'eux tient une efpece de flute à bec
pour fonner le départ , d'autres paroiffent
l'accompagner de leurs cris lugubres. Sur
le devant du fujet font tous les attributs de
l'art de la divination . Têtes & offemens de
morts , caracteres écrits en cercle fur le
carreau , cartes difperfées , couteau fiché
en terre , & c. Dans le fond est une femme
qui tient le livre des paroles magiques
, & fait partir par la cheminée à
l'aide de la fumée d'un grand feu , ceux
qui font prêts , & qui ont en main le balet
chargé d'une torche ardente qui doit les
éclairer dans leur route,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le fecond fujet repréfente l'arrivée au
Sabbat. On y voit la forciere & fa fervante
accompagnées de toute la cohorte ténébreufe
, occupées à chercher des trafors à la
lueur du flambeau déja décrit . L'une fouille
la terre , l'autre apporte des herbes & des
racines magiques parmi lesquelles eft une
mandragore : la Scene eft en pleine campagne
au pied d'un gibet en ruine , dont
il ne refte qu'un poteau. Les oiſeaux de
nuit voltigeant ça & là , accompagnent de
leurs cris les inftrumens de mufique qui
annoncent d'une façon comique la joie de
toute la troupe.
Ces deux eftampes expriment parfaitement
les beautés & les fineffes des deux
tableaux & rendent très-bien les effets du
clair-obfcur. Elles fe vendent chez l'Auteur
rue des Mathurins , la quatrieme porte
cochere à gauche en entrant par la rue de
la Harpe , à Paris , 1755 .
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Résumé : « LE Sr ALIAMET, habile Graveur, vient de donner au Public deux estampes qu'il a [...] »
Le graveur Si Altamet a récemment publié deux estampes inspirées des œuvres de Teniers : 'Le départ pour le Sabbat' et 'L'arrivée au Sabbat'. Ces tableaux, provenant du cabinet du Comte de Vence, sont parmi les plus remarquables du peintre flamand Teniers. Les scènes, fictives et nocturnes, mettent en valeur des éléments magiques. Dans la première estampe, une magicienne prépare des onguents pour envoyer des personnes au Sabbat. Autour d'elle, des formes grotesques et des suppôts infernaux applaudissent. Un d'eux joue de la flûte à bec, tandis que d'autres émettent des cris lugubres. Des attributs de divination, comme des têtes de morts et des cartes, sont présents. Une femme tient un livre de paroles magiques et fait partir les participants par la cheminée, éclairés par une torche. La seconde estampe montre l'arrivée au Sabbat. Une sorcière et sa servante, accompagnées de créatures ténébreuses, cherchent des trésors à la lueur d'un flambeau. Elles fouillent la terre et ramassent des herbes magiques, dont une mandragore. La scène se déroule en pleine campagne au pied d'un gibet en ruine. Des oiseaux de nuit et des instruments de musique comique annoncent la joie de la troupe. Ces estampes sont disponibles à la vente chez l'auteur, rue des Mathurins à Paris, en 1755.
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38
p. 213-216
GRAVURE.
Début :
Le Sieur Chenu, Graveur, vient de donner au Public deux parfaitement [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampes, Tableau, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E Sieur Chenu , Graveur , vient de
donner au Public deux parfaitement
belles eftampes d'après les tableaux peints
à Rome , par M. Pierré , Ecuyer , premier
Peintre de S. A. S. Mgneur le Duc d'Or-
Léans. Les fujets font deux Académies de
grandeur naturelle qui paroiffent ici ,
Tous les titres du Supplice de Promethée &
du Repos de Bacchus , parce que l'une qui
eft vue de face , eft attachée avec des chaînes
à un rocher; & l'autre vue par le dos
Le repofe fur une peau de Tigre & a des
pampres de vigne auprès , ce qui caractérife
l'un & l'autre fujet. Il n'eft pas poffible
d'exiger du burin une plus grande
précifion , & les chairs y font rendues avec
la plus grande vérité. Ces deux tableaux
font dans le cabinet de M. le Comte de
Vence. Le fieur Defcamps , Profeffeur de
l'école du deffein à Rouen , qui a eu l'honneur
de lui dédier la vie des Peintres Flamands
, Allemands & Hollandois , dont
les deux premiers tomes ont déja été donnés
au Public , n'a pu fe refufer aux juftes
éloges qu'ils méritent ; & malgré le principe
qu'il s'eft fait de ne parler que des
2
214 MERCURE DE FRANCE.
Peintres de ces trois nations , il dit dans
fon épître dédicatoire que ces tableaux
placés à côté d'un tableau du Rembrandt ,
s'y foutiennent par la couleur , & leur
font fort fupérieurs du côté de la correction
& de l'élegance du deſſein .
LE ST CHEDEL , Graveur , vient de donner
au Public une eftampe d'après Breugel
de Velour , de la même grandeur du tableau
; elle a pour titre Vente de poiffons à
Schevelinge. On y voit une grande multiplicité
de marchands , & plusieurs perfonnes
qui fe promenent au bord de la mer ,
foit à cheval ou dans des voitures. La rade
paroît couverte de vaiffeaux & de bâtimens
de pêcheurs. Ce tableau a tout le
précieux que l'on connoît à ceux de ce
Maître , & le Graveur connu depuis longtems
par fa touche fiere & hardie , en a
rendu les fineffes & les détails avec une
précifion qui né láiffe rien à défirer. Il
loge rue S. André des Arts , en face de la
rue Gît- le- coeur.
LE SI ALIAMET, Graveur, vient de donner
au Public en même tems une eftampe ,
qui a pour titre l'Humilité récompenſée ,
& qui fait pendant à la précédente ;
elle eft d'après le plus grand tableau que
DECEMBRE . 1755. 215
l'on connoiffe de Bartholomée Brehemberg.
Il eft peint fur bois , & a quatre pieds
de large fur trois de hauteur ; mais il a été
réduit de façon que les figures & le tout
fe trouvent en même proportion . Le Peintre
dont les tableaux font l'ornement des
cabinets des curieux , a choisi pour fon
fujet notre Seigneur , & le Centenier qui
eft à fes genoux ; plufieurs figures parfaitement
bien grouppées forment un cercle ,
& paroiffent l'écouter avec attention : le
payfage eft orné fur le devant d'un beau
morceau d'architecture en ruine. On apperçoit
une ville fur des rochers au bord
de la mer qui termine l'horizon ; & le ciel
qui paroît orageux , contribue à faire briller
les parties éclairées de ce tableau . Celui
de Breugel de Velour & ce dernier
font tous les deux du cabinet de M. le
Comte de Vence . Le Sieur Chedel a fait
l'eau- forte de l'un & de l'autre ; mais celle
de Bartholomée Brehemberg a été entierement
finie & retouchée au burin par le
fieur Aliamet , logé rue des Mathurins
la quatrieme porte cochere en entrant par
la rue de la Harpe. On trouvera chez l'un
& l'autre à acheter les deux pendans .
LE Sr DUFLOS vient de faire paroître
deux jolies eftampes qui ont pour titre
216 MERCURE DE FRANCE.
le Billet doux & la Revendeuse à la toilette.
Elles font gravées d'après deux tableaux
peints par M. Louis Aubert. L'un de ces
tableaux repréfente une Dame aflife fur un
fopha , lifant une lettre que vient de lui
apporter un domeftique. Dans l'autre tableau
on voit une Dame à fa toilette , qui
examine des dentelles que lui préfente une
marchande. Ces deux fujets font traités
dans le gout du célebre M. Chardin. Le
Graveur les a rendus avec beaucoup d'intelligence
, & a très bien faifi l'efprit du
Peintre. Les deux eftampes que j'annonce
au Public , fe vendent chez le fieur Duflos
Graveur , rue Galande, à côté de S. Blaiſe .
LE SE RIGAUD vient de mettre au jour
trois différentes vues du château de Bellevae.
Ces trois eftampes font dédiées à
Madame de Pompadour . On trouve chez
lui toutes les vues des Maifons Royales
& autres , & différentes marines & payafages
propres pour l'optique.
Il demeure rue S. Jacques , un peu audeffus
de la rue des Mathurins.
E Sieur Chenu , Graveur , vient de
donner au Public deux parfaitement
belles eftampes d'après les tableaux peints
à Rome , par M. Pierré , Ecuyer , premier
Peintre de S. A. S. Mgneur le Duc d'Or-
Léans. Les fujets font deux Académies de
grandeur naturelle qui paroiffent ici ,
Tous les titres du Supplice de Promethée &
du Repos de Bacchus , parce que l'une qui
eft vue de face , eft attachée avec des chaînes
à un rocher; & l'autre vue par le dos
Le repofe fur une peau de Tigre & a des
pampres de vigne auprès , ce qui caractérife
l'un & l'autre fujet. Il n'eft pas poffible
d'exiger du burin une plus grande
précifion , & les chairs y font rendues avec
la plus grande vérité. Ces deux tableaux
font dans le cabinet de M. le Comte de
Vence. Le fieur Defcamps , Profeffeur de
l'école du deffein à Rouen , qui a eu l'honneur
de lui dédier la vie des Peintres Flamands
, Allemands & Hollandois , dont
les deux premiers tomes ont déja été donnés
au Public , n'a pu fe refufer aux juftes
éloges qu'ils méritent ; & malgré le principe
qu'il s'eft fait de ne parler que des
2
214 MERCURE DE FRANCE.
Peintres de ces trois nations , il dit dans
fon épître dédicatoire que ces tableaux
placés à côté d'un tableau du Rembrandt ,
s'y foutiennent par la couleur , & leur
font fort fupérieurs du côté de la correction
& de l'élegance du deſſein .
LE ST CHEDEL , Graveur , vient de donner
au Public une eftampe d'après Breugel
de Velour , de la même grandeur du tableau
; elle a pour titre Vente de poiffons à
Schevelinge. On y voit une grande multiplicité
de marchands , & plusieurs perfonnes
qui fe promenent au bord de la mer ,
foit à cheval ou dans des voitures. La rade
paroît couverte de vaiffeaux & de bâtimens
de pêcheurs. Ce tableau a tout le
précieux que l'on connoît à ceux de ce
Maître , & le Graveur connu depuis longtems
par fa touche fiere & hardie , en a
rendu les fineffes & les détails avec une
précifion qui né láiffe rien à défirer. Il
loge rue S. André des Arts , en face de la
rue Gît- le- coeur.
LE SI ALIAMET, Graveur, vient de donner
au Public en même tems une eftampe ,
qui a pour titre l'Humilité récompenſée ,
& qui fait pendant à la précédente ;
elle eft d'après le plus grand tableau que
DECEMBRE . 1755. 215
l'on connoiffe de Bartholomée Brehemberg.
Il eft peint fur bois , & a quatre pieds
de large fur trois de hauteur ; mais il a été
réduit de façon que les figures & le tout
fe trouvent en même proportion . Le Peintre
dont les tableaux font l'ornement des
cabinets des curieux , a choisi pour fon
fujet notre Seigneur , & le Centenier qui
eft à fes genoux ; plufieurs figures parfaitement
bien grouppées forment un cercle ,
& paroiffent l'écouter avec attention : le
payfage eft orné fur le devant d'un beau
morceau d'architecture en ruine. On apperçoit
une ville fur des rochers au bord
de la mer qui termine l'horizon ; & le ciel
qui paroît orageux , contribue à faire briller
les parties éclairées de ce tableau . Celui
de Breugel de Velour & ce dernier
font tous les deux du cabinet de M. le
Comte de Vence . Le Sieur Chedel a fait
l'eau- forte de l'un & de l'autre ; mais celle
de Bartholomée Brehemberg a été entierement
finie & retouchée au burin par le
fieur Aliamet , logé rue des Mathurins
la quatrieme porte cochere en entrant par
la rue de la Harpe. On trouvera chez l'un
& l'autre à acheter les deux pendans .
LE Sr DUFLOS vient de faire paroître
deux jolies eftampes qui ont pour titre
216 MERCURE DE FRANCE.
le Billet doux & la Revendeuse à la toilette.
Elles font gravées d'après deux tableaux
peints par M. Louis Aubert. L'un de ces
tableaux repréfente une Dame aflife fur un
fopha , lifant une lettre que vient de lui
apporter un domeftique. Dans l'autre tableau
on voit une Dame à fa toilette , qui
examine des dentelles que lui préfente une
marchande. Ces deux fujets font traités
dans le gout du célebre M. Chardin. Le
Graveur les a rendus avec beaucoup d'intelligence
, & a très bien faifi l'efprit du
Peintre. Les deux eftampes que j'annonce
au Public , fe vendent chez le fieur Duflos
Graveur , rue Galande, à côté de S. Blaiſe .
LE SE RIGAUD vient de mettre au jour
trois différentes vues du château de Bellevae.
Ces trois eftampes font dédiées à
Madame de Pompadour . On trouve chez
lui toutes les vues des Maifons Royales
& autres , & différentes marines & payafages
propres pour l'optique.
Il demeure rue S. Jacques , un peu audeffus
de la rue des Mathurins.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte présente plusieurs gravures récemment réalisées par des artistes renommés. Le Sieur Chenu a produit deux estampes d'après les tableaux de M. Pierré, premier Peintre du Duc d'Orléans. Ces œuvres, intitulées 'Le Supplice de Prométhée' et 'Le Repos de Bacchus', sont situées dans le cabinet du Comte de Vence et sont louées pour leur précision et la vérité des chairs représentées. Le Sieur Descamp, professeur à Rouen, a salué la qualité de ces tableaux, les comparant favorablement à un tableau de Rembrandt. Le Sieur Le St Chedel a gravé une estampe d'après Breugel de Velours, intitulée 'Vente de poissons à Schevelinge', montrant une scène maritime animée. Cette œuvre est appréciée pour sa précision et ses détails. Le Sieur Aliamet a publié une estampe, 'L'Humilité récompensée', d'après Bartholomée Brehemberg, représentant une scène biblique avec Jésus et un centurion. Cette gravure est également située dans le cabinet du Comte de Vence. Le Sieur Duflos a créé deux estampes, 'Le Billet doux' et 'La Revendeuse à la toilette', d'après les tableaux de M. Louis Aubert, dans le style de M. Chardin. Enfin, le Sieur Rigaud a publié trois vues du château de Bellevue, dédiées à Madame de Pompadour, ainsi que diverses autres vues et paysages.
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39
p. 238
AUTRE.
Début :
Le Sieur Audou, Maître Vitrier, rue Saint Victor, vis-à-vis le [...]
Mots clefs :
Vitrier, Magasin, Verre blanc, Estampes, Couleurs, Toile, Bâtiment, Encyclopédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Sieur Audou , Maître Vitrier , rue Saint
Victor , vis-à- vis le Séminaire de Saint Nicolas ,
proche la rue du Paon , tient Magafin de trèsbeaux
Verres blancs de Bohême , & autres , propres
aux Eftampes , Paftels , Voitures , Pendules ,
Miniatures & pour les Croifées. Il monte les Eftam.
pes en bordures de toutes couleurs ; il colle les
Cartes, Thefes fur toile , & entreprend le bâtiment.
Le fixieme volume de l'ENCYCLOPÉDIE
fe délivre aux Soufcripteurs.
LE Sieur Audou , Maître Vitrier , rue Saint
Victor , vis-à- vis le Séminaire de Saint Nicolas ,
proche la rue du Paon , tient Magafin de trèsbeaux
Verres blancs de Bohême , & autres , propres
aux Eftampes , Paftels , Voitures , Pendules ,
Miniatures & pour les Croifées. Il monte les Eftam.
pes en bordures de toutes couleurs ; il colle les
Cartes, Thefes fur toile , & entreprend le bâtiment.
Le fixieme volume de l'ENCYCLOPÉDIE
fe délivre aux Soufcripteurs.
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40
p. 211-212
« Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...] »
Début :
Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...]
Mots clefs :
Estampes, Marchand, Emblèmes, Piété, Morale amusante, Étrennes
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texteReconnaissance textuelle : « Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...] »
Maillard Marchand d'Eftampes , rue S. Jacques
, la deuxième Porte Cochere au- deffus de la
rue des Noyers , même maifon du fieur Farges
Maître Menuifier , débite une fuite d'Emblêmes ,
Deviſes fur divers fujets de Piété & de Morale
amufante , & petites Etrennes ornées de vignettes .
dont il fait des envois aux Maiſons Religieufes &
aux Marchands de Province.
L'Epoufe dudit Maillard exécute toutes fortes de
Caractères , Notes de Plein- chant , Deffeins , Vi212
MERCURE DE FRANCET
gnettes , Ornemens , Bouquets pour meubles , &c.
, la deuxième Porte Cochere au- deffus de la
rue des Noyers , même maifon du fieur Farges
Maître Menuifier , débite une fuite d'Emblêmes ,
Deviſes fur divers fujets de Piété & de Morale
amufante , & petites Etrennes ornées de vignettes .
dont il fait des envois aux Maiſons Religieufes &
aux Marchands de Province.
L'Epoufe dudit Maillard exécute toutes fortes de
Caractères , Notes de Plein- chant , Deffeins , Vi212
MERCURE DE FRANCET
gnettes , Ornemens , Bouquets pour meubles , &c.
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Résumé : « Maillard Marchand d'Estampes, rue S. Jacques, la deuxiéme Porte [...] »
Le document décrit deux artisans à Étampes, rue Saint-Jacques : Maillard, marchand d'estampes, et Maître Menuifier, fournisseur d'emblèmes et de devises. Ils vendent des produits religieux et moraux, ainsi que des étrennes ornées. L'épouse de Maillard réalise des travaux de calligraphie, y compris des dessins et des ornements. Leurs produits sont envoyés aux maisons religieuses et aux marchands de province.
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41
p. 257-258
GRAVURE.
Début :
Nous annonçâmes en 1758, deux estampes gravées par M. Gaillard, d'après M. Boucher, [...]
Mots clefs :
Estampes, Grâce, Beauté, Tableaux, Plaisir, Nouveautés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Nous annonçâmes en 1758 , deux eftampest
gravées par M. Gaillard , d'après M. Boucher ,
& qui ont pour titre , les amansfurpris , & l'agréa
ble leçon. Le gracieux de ces eftampes , ayant
parfaitement imité la beauté des tableaux , le
Public a marqué combien elles lui faifoient de
258 MERCURE DE FRANCE.
plaifir , par le prompt débit qui s'en eft fait . Ainfi
on a lieu d'efpérer , qu'il recevra avec le même
agrément deux autres nouvelles Eftampes , gravées
par la même main , d'après le mêine grand
Peintre , & de la forme des précédentes . Elles ont
pour titre , le Berger récompenfé , & le Panier
mystérieux.
Elles fe vendent chez l'Auteur , rue S. Jacques ,
au-deilus des Jacobins , entre un Perruquier &
une Lingére.
Nous annonçâmes en 1758 , deux eftampest
gravées par M. Gaillard , d'après M. Boucher ,
& qui ont pour titre , les amansfurpris , & l'agréa
ble leçon. Le gracieux de ces eftampes , ayant
parfaitement imité la beauté des tableaux , le
Public a marqué combien elles lui faifoient de
258 MERCURE DE FRANCE.
plaifir , par le prompt débit qui s'en eft fait . Ainfi
on a lieu d'efpérer , qu'il recevra avec le même
agrément deux autres nouvelles Eftampes , gravées
par la même main , d'après le mêine grand
Peintre , & de la forme des précédentes . Elles ont
pour titre , le Berger récompenfé , & le Panier
mystérieux.
Elles fe vendent chez l'Auteur , rue S. Jacques ,
au-deilus des Jacobins , entre un Perruquier &
une Lingére.
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Résumé : GRAVURE.
En 1758, M. Gaillard publie deux gravures inspirées par Boucher : 'Les amants surpris' et 'L'agréable leçon'. Leur succès commercial est rapide. Deux autres gravures, 'Le Berger récompensé' et 'Le Panier mystérieux', sont annoncées. Elles sont disponibles chez l'auteur, rue Saint-Jacques, entre un perruquier et une lingère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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42
p. 210
« Audou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
Début :
Audou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...]
Mots clefs :
Vitrier, Magasin, Verres, Estampes, Couleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Audou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
AUDOU , Maître Vitrier , rue S. Victor , vis - àvis
le Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon , tient Magafin de très beaux Verres blancs
de Bohême & autres , propres aux Eftampes , Paltels
, Voitures , Pendules , Mignatures , & pour
les Croilées. Il monte les Eltampes en Bordures.
de toutes couleurs . Il colle les Cartes , Thefes , far
Toille ; entreprend le Batiment . Le tout à jufte
prix , a Paris.
le Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon , tient Magafin de très beaux Verres blancs
de Bohême & autres , propres aux Eftampes , Paltels
, Voitures , Pendules , Mignatures , & pour
les Croilées. Il monte les Eltampes en Bordures.
de toutes couleurs . Il colle les Cartes , Thefes , far
Toille ; entreprend le Batiment . Le tout à jufte
prix , a Paris.
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43
p. 210-211
« Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...] »
Début :
Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...]
Mots clefs :
Graveur, Estampes, Artiste, Talents, Tableau, Beauté, Morceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...] »
Le Geur BEAUVARLET , Graveur, rue S. Jacques,
vis- à - vis celle des Mathurins , vient de mettre
au jour deux Eftampes qui justifient les grandes
efpérances que ce jeune Artie , plein de feu &.
d'émulation , a déja fait concevoir de les talens .
L'une eft intitulée Action métamorphofé en Cerf,
elle elt dédiée à M. le Cote de Coigny , gra-,
vée de même grandeur que le Tableau , dont les
figures font peintes par Rothenhames , & le
Paysage par Benghel de Velours . L'autre eft
un Colin-Maillard, qui fait le pendant à la baf
cule , qui eft aujou depuis quelque temps. Cerie.
Etampe eft des plus he reufes pour la compofition,
Le Graveur a fçu conferver la fraîcheur &
la touche du pinceau ; leafemble eft , on ne peut,
plus agréable . Noas ofons préfumer que les Con
noilleurs ne pourront qu'en admirer le faire ,
tout à la fois favant & gracieux. Tel eft l'effet
AOUST. 1760. 211
4
que produit celle qui a pour titre , Adéon métamorphofé
en Cerf : plus on la regarde , plus elle
plait , plus elle fatisfait , tant par le précieux que
par le fini.
Nous croyons devoir avertir le Public , que le
même Artiſte a entrepris quatre grands morceaux
d'après Luc Jourdans : il eft après le premier, dont
le fujet eft L'enlevement des Sabines . Quand il
l'aura fini & mis au jour , il propofera les trois
autres par foufcription . Il a cru devoir en agir
ainfi , afin de mettre les Amateurs, à portée de fe
décider plus fûrement. Ceux qui defireroient voir
les admirables Tableaux dont il s'agit , peuvent
fe fatisfaire en allant chez le fieur Beauvarlet ,
qui fe fait un plaifir de les faire voir.
vis- à - vis celle des Mathurins , vient de mettre
au jour deux Eftampes qui justifient les grandes
efpérances que ce jeune Artie , plein de feu &.
d'émulation , a déja fait concevoir de les talens .
L'une eft intitulée Action métamorphofé en Cerf,
elle elt dédiée à M. le Cote de Coigny , gra-,
vée de même grandeur que le Tableau , dont les
figures font peintes par Rothenhames , & le
Paysage par Benghel de Velours . L'autre eft
un Colin-Maillard, qui fait le pendant à la baf
cule , qui eft aujou depuis quelque temps. Cerie.
Etampe eft des plus he reufes pour la compofition,
Le Graveur a fçu conferver la fraîcheur &
la touche du pinceau ; leafemble eft , on ne peut,
plus agréable . Noas ofons préfumer que les Con
noilleurs ne pourront qu'en admirer le faire ,
tout à la fois favant & gracieux. Tel eft l'effet
AOUST. 1760. 211
4
que produit celle qui a pour titre , Adéon métamorphofé
en Cerf : plus on la regarde , plus elle
plait , plus elle fatisfait , tant par le précieux que
par le fini.
Nous croyons devoir avertir le Public , que le
même Artiſte a entrepris quatre grands morceaux
d'après Luc Jourdans : il eft après le premier, dont
le fujet eft L'enlevement des Sabines . Quand il
l'aura fini & mis au jour , il propofera les trois
autres par foufcription . Il a cru devoir en agir
ainfi , afin de mettre les Amateurs, à portée de fe
décider plus fûrement. Ceux qui defireroient voir
les admirables Tableaux dont il s'agit , peuvent
fe fatisfaire en allant chez le fieur Beauvarlet ,
qui fe fait un plaifir de les faire voir.
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Résumé : « Le sieur Beauvarlet, Graveur, rue S. Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins, vient de mettre au jour deux [...] »
Le graveur Geur Beauvarlet, résidant rue Saint-Jacques, a récemment publié deux estampes. La première, 'Action métamorphosé en Cerf', dédiée à M. le Comte de Coigny, reproduit un tableau avec des figures peintes par Rothenhames et un paysage par Benghel de Velours. La seconde, 'Colin-Maillard', est appréciée pour sa composition, sa fraîcheur et sa touche. En août 1760, 'Action métamorphosé en Cerf' est saluée pour son attrait croissant, sa précision et son fini. Beauvarlet travaille également sur quatre grandes œuvres d'après Luc Jourdans, dont la première, 'L'enlèvement des Sabines', est en cours. Les trois autres seront proposées par souscription. Les tableaux originaux peuvent être consultés chez le sieur Beauvarlet.
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44
p. 212
« Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
Début :
Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...]
Mots clefs :
Vitrier, Magasin, Verres, Estampes, Pendules, Mignatures, Couleurs
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texteReconnaissance textuelle : « Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
AUDOU , Maître Vitrier , rue S. Victor , vis - àle
Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon : Tient Magafin de très- beaux Verres blancs
de Bohème & autres propres aux Eftampes , Pafrelles
, Voitures, Pendules, Mignatures , & pour les
Croisées. Il monte les Eftampes en Bordures de
routes couleurs . Il colle les Cartes , Thèfes fur
toile. Entreprend le Bâtiment. Le tout à jufte
prix.
Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon : Tient Magafin de très- beaux Verres blancs
de Bohème & autres propres aux Eftampes , Pafrelles
, Voitures, Pendules, Mignatures , & pour les
Croisées. Il monte les Eftampes en Bordures de
routes couleurs . Il colle les Cartes , Thèfes fur
toile. Entreprend le Bâtiment. Le tout à jufte
prix.
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45
p. 214-215
TANCREDE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES, PAR M. DE VOLTAIRE. Représentée, pour la premiere fois, par les Comédiens François ordinaires du Roi, le 3 Septembre 1760. AVIS AU PUBLIC.
Début :
Cette Piéce, actuellement sous presse avec la Préface, les corrections, additions [...]
Mots clefs :
Pièce, Voltaire, Estampes, Édition, Auteur, Impression
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TANCREDE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES, PAR M. DE VOLTAIRE. Représentée, pour la premiere fois, par les Comédiens François ordinaires du Roi, le 3 Septembre 1760. AVIS AU PUBLIC.
TANCREDE ,
TRAGEDIE EN CINQ ACTES.
Par M. DE VOLTAIRE.
Repréfentée , pour la premiere fois , par les Comédiens
François ordinaires du Roi , te 3
Septembre 1760.
AVIS AU PUBLIC.
Cette Piéce , actuellement fous preſſe avec la
Préface , les corrections , additions & changemens
de M. de Voltaire , va paroître incellamment
; elle fera ornée du Portrait de l'Auteur , &
d'Estampes repréfentant les fituations les plus intéreffantes
de cette Tragédie . Le prix fera le
même que celui ordinaire des Piéces de Théâtre.
On croit devoir avertir le Public de fe donner de
garde d'acheter aucune édition de cette Piéce imprimée
furtivement , & conféquemment pleine de
fautes. On reconnoîtra la bonne édition à ces
mêmes corrections , additions & gravûres , qui
eft la feule avouée de l'Auteur : Elle le vendra
à Paris chez Prault , petit-fils , Libraire , Quái
des Auguftins , la deuxième boutique au - deflus
de la rue Gît-le -coeur , à l'immortalité . Avec
Permiflion.
OCTOBRE. 1760. 215
Madame Helvetius eft accouchée le de
de mois , d'une fille qui a été baptifée à S. Roch.
Elle a eu pour Parrain M. le Duc de Choifeul ,
& pour Marraine , Madame la Duchelle de Grammont
, & a été nommée Béatrix -Henriette .
TRAGEDIE EN CINQ ACTES.
Par M. DE VOLTAIRE.
Repréfentée , pour la premiere fois , par les Comédiens
François ordinaires du Roi , te 3
Septembre 1760.
AVIS AU PUBLIC.
Cette Piéce , actuellement fous preſſe avec la
Préface , les corrections , additions & changemens
de M. de Voltaire , va paroître incellamment
; elle fera ornée du Portrait de l'Auteur , &
d'Estampes repréfentant les fituations les plus intéreffantes
de cette Tragédie . Le prix fera le
même que celui ordinaire des Piéces de Théâtre.
On croit devoir avertir le Public de fe donner de
garde d'acheter aucune édition de cette Piéce imprimée
furtivement , & conféquemment pleine de
fautes. On reconnoîtra la bonne édition à ces
mêmes corrections , additions & gravûres , qui
eft la feule avouée de l'Auteur : Elle le vendra
à Paris chez Prault , petit-fils , Libraire , Quái
des Auguftins , la deuxième boutique au - deflus
de la rue Gît-le -coeur , à l'immortalité . Avec
Permiflion.
OCTOBRE. 1760. 215
Madame Helvetius eft accouchée le de
de mois , d'une fille qui a été baptifée à S. Roch.
Elle a eu pour Parrain M. le Duc de Choifeul ,
& pour Marraine , Madame la Duchelle de Grammont
, & a été nommée Béatrix -Henriette .
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Résumé : TANCREDE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES, PAR M. DE VOLTAIRE. Représentée, pour la premiere fois, par les Comédiens François ordinaires du Roi, le 3 Septembre 1760. AVIS AU PUBLIC.
Le texte annonce la pièce de théâtre 'Tancrede' de Voltaire, une tragédie en cinq actes représentée pour la première fois par les Comédiens Français le 3 septembre 1760. La pièce est actuellement en cours d'impression avec des corrections, des additions et des changements apportés par Voltaire. L'édition officielle inclura le portrait de l'auteur et des gravures des scènes les plus marquantes. Le prix sera identique à celui des pièces de théâtre ordinaires. Le public est mis en garde contre les éditions pirates, qui contiennent des fautes. La bonne édition se distinguera par ses corrections, additions et gravures et sera disponible à Paris chez Prault, petit-fils, libraire au quai des Augustins. Par ailleurs, Madame Helvetius a accouché le 20 octobre 1760 d'une fille, Béatrix-Henriette, baptisée à Saint-Roch. Les parrain et marraine sont respectivement le Duc de Choiseul et la Duchesse de Grammont.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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46
p. 210
« AUDOU, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, proche la rue [...] »
Début :
AUDOU, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, proche la rue [...]
Mots clefs :
Vitrier, Estampes, Pendules, Voitures, Verres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « AUDOU, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, proche la rue [...] »
AUDOU , Maître Vitrier , rue S. Vidor , vis- àvis
le Séminaire de S. Nicolas , proche la rue
du Paon : Tient magafin de très-beaux verres
blancs de Bohême & autres propres aux Eftampes
, Paſtelles , Voitures , Pendules , Mignatures ,
& pour les croifées . Il monte les Eftampes en
Bordures de toutes couleurs . Il colle les Cartes
Thèles , fur toile : Entreprend le Bâtiment . Le
tout à jufte prix . A Paris.
le Séminaire de S. Nicolas , proche la rue
du Paon : Tient magafin de très-beaux verres
blancs de Bohême & autres propres aux Eftampes
, Paſtelles , Voitures , Pendules , Mignatures ,
& pour les croifées . Il monte les Eftampes en
Bordures de toutes couleurs . Il colle les Cartes
Thèles , fur toile : Entreprend le Bâtiment . Le
tout à jufte prix . A Paris.
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47
p. 159-165
GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
Début :
LES Connoisseurs de l'Art de la Gravure sçavent assez les dépenses immenses [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Peintres, Planches, Cabinet
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
GRAVURE.
Avis fur le Recueil d'Eftampes gravées
d'après les plus beaux Tableaux
& Deffeins des principaux Peintres
des Ecoles Romaine & Vénitienne
qui font en France , dans le Cabinet
du ROI; dans celui de Mgr le Duc
d'Orléans , & dans d'autres Cabinets ,
par les foins de M. Crozat ; avec un
abrégé de la Vie des Peintres , & une
Defcription hiftorique de chaque Tableau.
En deux grands volumes in-fol.
forme d'Atlas.
LESES Connoiffeurs de l'Art de la Gravure
fçavent affez les dépenfes immenfes
qu'a faites M. Crozat , pour former
& faire graver cet Ouvrage , que
tout autre que lui n'auroit ofé entreprendre
; c'eft pourquoi on fe difpenfera
d'en faire ici l'éloge , & d'entrer dans
aucun détail relatif à l'objet,
160 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Bafan , Graveur à Paris ;
aujourd'hui poffeffeur des Planches qui
compofent ledit Recueil , donne avis
que dans quelques mois il pourra livrer
au-Public des Exemplaires de ce Recueil
qui depuis plufieurs années étoit devenu
fort rare : il met tous fes foins , & ne
ménage rien , tant pour la beauté du
papier , que pour l'impreffion ; auffi
efpére-t-il que fon Edition fera recherchée
des Curieux .
Dans le nombre des grands Cabinets
qui font en Europe , on ne craint point
d'affurer que celui du Roi mérite à cet
égard une forte de préférence. François
I. en eft regardé comme le Fondateur.
Ce Prince magnifique enrichit la France
de quantité de Tableaux du premier
ordre ; ce fut lui qui fit faire à Raphaël
ces deux Tableaux inimitables , le Saint
Michel & la Sainte Famille , que l'on
voit à Versailles. Ce Cabinet étoit déja
devenu l'objet de l'admiration générale ,
lorfque M. Colbert qui ne refpiroit que
la gloire de fon Prince & l'utilité publique
, entreprit de le faire connoître par
le moyen des Eftampes. Il fit diftribuer
des Tableaux aux plus excellens Graveurs
; mais la mort de ce Miniftre interrompit
ce beau projet ; il ne parut
JUILLET. 1763 . 161
alors que trente-fix Eftampes , lefquelles
forment le volume des Tableaux gravés
dont les planches font dans le Cabinet
du Roi ; il y avoit lieu de craindre qu'on
n'en demeurât là fi M. Crozat animé
du même zéle , n'avoit repris la même.
idée .
,
Son premier volume commence par
deux Eftampes fingulières , ce font deux
Peintures antiques que M. Crozat fit
deffiner dans Rome , afin qu'on pût
avoir une idée de la façon dont les Anciens
ordonnoient leurs Tableaux ; on
trouve enfuite tous les Tableaux de Raphaël
qu'on conferve en France , & qui
font en affez grand nombre ; ceux- ci
font fuivis des productions de Jules Romain
, & des autres Elèves de Raphaël ;
& faifant ainfi paffer en revue tous les
Peintres qui ont illuftré l'Ecole Romaine
, le Recueil eft terminé par les Ouvrages
de Carle Maratte , & par ceux des
Artiftes qui dans ces derniers temps ont
occupé dans Rome les premières places.
Toutes ces Eftampes font précédées
par des Deſcriptions , & par un Abrégé
de la vie des Maîtres , éxact & fouvent
accompagné d'Anecdotes curieufes
qu'on ne rencontre point dans les autres
Livres qui traitent de la Peinture .
162 MERCURE DE FRANCE .
- Le fecond volume contient les Ef
tampes gravées d'après les Tableaux ou
les Deffeins des Peintres de l'Ecole Vénitienne
ou de Lombardie , comme le
Georgion , le Titien , P. Veronèse , &
autres Maîtres auffi illuftres , dont les
compofitions font riches & agréables ,
& qui jufqu'alors n'avoient point encore
été gravées.
Le premier volume , ( c'est-à- dire , la
partie des Estampes , qui commence
avec l'Ecole Romaine jufqu'au Mucian, )
eft compofé de quatre- vingt- dix Piéces ;
le refte de cette Ecole & de l'Ecole Vénitienne
confiſtant en quatre-vingt-douze
Piéces , forme le fecond volume.
Le fieur Bafan vient auffi d'acquérir
toures les Planches qui compofent le volume
connu fous le nom duCabinet d'Aguilles
, compofé de cent dix-huit Eftampes
gravées par Coelmans & autres , d'après
les Tableaux des plus célébres Peintres
Italiens , Flamands & François ,
qui compofoient le Cabinet de M. Boyer
d'Aguilles , Confeiller au Parlement de
Provence ; il fait auffi imprimer , avec
tout le foin poffible , ce Recueil , & il
efpére dans quelques mois pouvoir procurer
au Public des Exemplaires de ce
volume qui , depuis plufieurs années ,
étoit auffi devenu rare.
JUILLET. 1763. 163
Comme depuis plufieurs années ledit
fieur Bafan a gravé ou fait graver beaucoup
de Planches , il vient d'en former
deux volumes qu'il a fait imprimer
avec beaucoup de foin , fur le papier
de grand Aigle fin .
Le premier volume contient cent Eftampes
gravées d'après des Tableaux des
meilleurs Maîtres Flamands & François,
tirés des plus cèlebres Cabinets de Paris ,
& qui repréfentent tous des Sujets &
des Payfages fort agréables .
Le fecond volume compofé de cent
cinquante autres Eftampes , n'eft pas
moins intéreffant. On y voit , comme
dans le premier , divers morceaux agréa
bles , pris d'après les Ouvrages des plus
excellens Peintres des Ecoles Flamande
& Françoife, & quelques Sujets auffi qu'à
fourni l'Ecole Italienne , & qui par la
compofition font d'un goût exquis.
A la tête de chaque volume , il y a
une Deſcription de chacun des Sujets
qui le compofe ; les deux volumes fe
vendent féparément l'un de l'autre , au
gré des Amateurs.
PRIX des Volumes annoncés ci -deus .
Les deux volumes du Crozat , compofés
de cent quatre-vingt deux Eftam164
MERCURE DE FRANCE .
pes , imprimées fur le papier fin de Co.
lombier , fe vendent en feuilles , dans
deux Porte-feuilles fait exprès , la fomme
de cent quarante livres.
Les mêmes Eftampes imprimées fur
le papier de grand Aigle , dans deux
Porte-feuilles faits exprès , fe vendront
cent foixante - dix livres .
Les cent dix- huit Eftampes qui compofent
le Cabinet d'Aguilles , ſe vendront
en feuilles , dans un Porte -feuille
fait exprès , foixante- douze livres
& quatre-vingt-dix livres imprimées fur
le grand Aigle fin .
Les deux volumes qui compofent
l'Euvre du fieur Bafan , fe vendront ,
en feuilles , cent vingt livres chacun .
>
On trouvera chez le fieur Bafan
Graveur à Paris , demeurant dans le
quartier S. Jacques , des Exemplaires
defdits volumes reliés ou brochés ;
Ainfi que chez les principaux Libraires
& Marchands d'Eftampes de toutes
les grandes Villes de l'Europe.
On trouve auffi chez ledit fieurBafan
un affortiment général de toutes fortes
d'Estampes Etrangères & Françoifes ,
tant anciennes que modernes , & des
Deffeins de tous les Maîtres.
JUILLET. 1763. 165
7.ON TROUVE chez le fieur Ouvrier,
Graveur d'Estampes intitulées l'une l'EcolHollandoife,
l'autre l'Ecole Flamande,
d'après les Tableaux originaux de M.
T. Eiſen le Père. Ces deux morceaux
qui nous paroiffent auffi agréables que
bien exécutés , fe vendent chez l'Auteur
, Place Maubert , maifon du fieur
Bellot , Bonnetier , au Soleil d'or. Chaque
Eftampe fe vend 3 liv.
Avis fur le Recueil d'Eftampes gravées
d'après les plus beaux Tableaux
& Deffeins des principaux Peintres
des Ecoles Romaine & Vénitienne
qui font en France , dans le Cabinet
du ROI; dans celui de Mgr le Duc
d'Orléans , & dans d'autres Cabinets ,
par les foins de M. Crozat ; avec un
abrégé de la Vie des Peintres , & une
Defcription hiftorique de chaque Tableau.
En deux grands volumes in-fol.
forme d'Atlas.
LESES Connoiffeurs de l'Art de la Gravure
fçavent affez les dépenfes immenfes
qu'a faites M. Crozat , pour former
& faire graver cet Ouvrage , que
tout autre que lui n'auroit ofé entreprendre
; c'eft pourquoi on fe difpenfera
d'en faire ici l'éloge , & d'entrer dans
aucun détail relatif à l'objet,
160 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Bafan , Graveur à Paris ;
aujourd'hui poffeffeur des Planches qui
compofent ledit Recueil , donne avis
que dans quelques mois il pourra livrer
au-Public des Exemplaires de ce Recueil
qui depuis plufieurs années étoit devenu
fort rare : il met tous fes foins , & ne
ménage rien , tant pour la beauté du
papier , que pour l'impreffion ; auffi
efpére-t-il que fon Edition fera recherchée
des Curieux .
Dans le nombre des grands Cabinets
qui font en Europe , on ne craint point
d'affurer que celui du Roi mérite à cet
égard une forte de préférence. François
I. en eft regardé comme le Fondateur.
Ce Prince magnifique enrichit la France
de quantité de Tableaux du premier
ordre ; ce fut lui qui fit faire à Raphaël
ces deux Tableaux inimitables , le Saint
Michel & la Sainte Famille , que l'on
voit à Versailles. Ce Cabinet étoit déja
devenu l'objet de l'admiration générale ,
lorfque M. Colbert qui ne refpiroit que
la gloire de fon Prince & l'utilité publique
, entreprit de le faire connoître par
le moyen des Eftampes. Il fit diftribuer
des Tableaux aux plus excellens Graveurs
; mais la mort de ce Miniftre interrompit
ce beau projet ; il ne parut
JUILLET. 1763 . 161
alors que trente-fix Eftampes , lefquelles
forment le volume des Tableaux gravés
dont les planches font dans le Cabinet
du Roi ; il y avoit lieu de craindre qu'on
n'en demeurât là fi M. Crozat animé
du même zéle , n'avoit repris la même.
idée .
,
Son premier volume commence par
deux Eftampes fingulières , ce font deux
Peintures antiques que M. Crozat fit
deffiner dans Rome , afin qu'on pût
avoir une idée de la façon dont les Anciens
ordonnoient leurs Tableaux ; on
trouve enfuite tous les Tableaux de Raphaël
qu'on conferve en France , & qui
font en affez grand nombre ; ceux- ci
font fuivis des productions de Jules Romain
, & des autres Elèves de Raphaël ;
& faifant ainfi paffer en revue tous les
Peintres qui ont illuftré l'Ecole Romaine
, le Recueil eft terminé par les Ouvrages
de Carle Maratte , & par ceux des
Artiftes qui dans ces derniers temps ont
occupé dans Rome les premières places.
Toutes ces Eftampes font précédées
par des Deſcriptions , & par un Abrégé
de la vie des Maîtres , éxact & fouvent
accompagné d'Anecdotes curieufes
qu'on ne rencontre point dans les autres
Livres qui traitent de la Peinture .
162 MERCURE DE FRANCE .
- Le fecond volume contient les Ef
tampes gravées d'après les Tableaux ou
les Deffeins des Peintres de l'Ecole Vénitienne
ou de Lombardie , comme le
Georgion , le Titien , P. Veronèse , &
autres Maîtres auffi illuftres , dont les
compofitions font riches & agréables ,
& qui jufqu'alors n'avoient point encore
été gravées.
Le premier volume , ( c'est-à- dire , la
partie des Estampes , qui commence
avec l'Ecole Romaine jufqu'au Mucian, )
eft compofé de quatre- vingt- dix Piéces ;
le refte de cette Ecole & de l'Ecole Vénitienne
confiſtant en quatre-vingt-douze
Piéces , forme le fecond volume.
Le fieur Bafan vient auffi d'acquérir
toures les Planches qui compofent le volume
connu fous le nom duCabinet d'Aguilles
, compofé de cent dix-huit Eftampes
gravées par Coelmans & autres , d'après
les Tableaux des plus célébres Peintres
Italiens , Flamands & François ,
qui compofoient le Cabinet de M. Boyer
d'Aguilles , Confeiller au Parlement de
Provence ; il fait auffi imprimer , avec
tout le foin poffible , ce Recueil , & il
efpére dans quelques mois pouvoir procurer
au Public des Exemplaires de ce
volume qui , depuis plufieurs années ,
étoit auffi devenu rare.
JUILLET. 1763. 163
Comme depuis plufieurs années ledit
fieur Bafan a gravé ou fait graver beaucoup
de Planches , il vient d'en former
deux volumes qu'il a fait imprimer
avec beaucoup de foin , fur le papier
de grand Aigle fin .
Le premier volume contient cent Eftampes
gravées d'après des Tableaux des
meilleurs Maîtres Flamands & François,
tirés des plus cèlebres Cabinets de Paris ,
& qui repréfentent tous des Sujets &
des Payfages fort agréables .
Le fecond volume compofé de cent
cinquante autres Eftampes , n'eft pas
moins intéreffant. On y voit , comme
dans le premier , divers morceaux agréa
bles , pris d'après les Ouvrages des plus
excellens Peintres des Ecoles Flamande
& Françoife, & quelques Sujets auffi qu'à
fourni l'Ecole Italienne , & qui par la
compofition font d'un goût exquis.
A la tête de chaque volume , il y a
une Deſcription de chacun des Sujets
qui le compofe ; les deux volumes fe
vendent féparément l'un de l'autre , au
gré des Amateurs.
PRIX des Volumes annoncés ci -deus .
Les deux volumes du Crozat , compofés
de cent quatre-vingt deux Eftam164
MERCURE DE FRANCE .
pes , imprimées fur le papier fin de Co.
lombier , fe vendent en feuilles , dans
deux Porte-feuilles fait exprès , la fomme
de cent quarante livres.
Les mêmes Eftampes imprimées fur
le papier de grand Aigle , dans deux
Porte-feuilles faits exprès , fe vendront
cent foixante - dix livres .
Les cent dix- huit Eftampes qui compofent
le Cabinet d'Aguilles , ſe vendront
en feuilles , dans un Porte -feuille
fait exprès , foixante- douze livres
& quatre-vingt-dix livres imprimées fur
le grand Aigle fin .
Les deux volumes qui compofent
l'Euvre du fieur Bafan , fe vendront ,
en feuilles , cent vingt livres chacun .
>
On trouvera chez le fieur Bafan
Graveur à Paris , demeurant dans le
quartier S. Jacques , des Exemplaires
defdits volumes reliés ou brochés ;
Ainfi que chez les principaux Libraires
& Marchands d'Eftampes de toutes
les grandes Villes de l'Europe.
On trouve auffi chez ledit fieurBafan
un affortiment général de toutes fortes
d'Estampes Etrangères & Françoifes ,
tant anciennes que modernes , & des
Deffeins de tous les Maîtres.
JUILLET. 1763. 165
7.ON TROUVE chez le fieur Ouvrier,
Graveur d'Estampes intitulées l'une l'EcolHollandoife,
l'autre l'Ecole Flamande,
d'après les Tableaux originaux de M.
T. Eiſen le Père. Ces deux morceaux
qui nous paroiffent auffi agréables que
bien exécutés , fe vendent chez l'Auteur
, Place Maubert , maifon du fieur
Bellot , Bonnetier , au Soleil d'or. Chaque
Eftampe fe vend 3 liv.
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Résumé : GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
Le document présente un recueil d'estampes gravées reproduisant les œuvres des principaux peintres des écoles romaine et vénitienne, conservées dans divers cabinets français, notamment ceux du roi et du duc d'Orléans. Ce projet a été initié par Pierre Crozat et se compose de deux volumes in-folio, accompagnés de descriptions historiques et de biographies des artistes. Le premier volume est dédié à l'école romaine, incluant des peintures antiques et des œuvres de Raphaël, Jules Romain et leurs élèves, ainsi que des artistes contemporains. Le second volume se concentre sur les écoles vénitienne et lombarde, avec des œuvres de Giorgione, Titien, Paolo Veronèse et d'autres maîtres. Deux autres volumes, compilés par le sieur Basan, contiennent des estampes d'après des tableaux de peintres flamands et français. En juillet 1763, une vente d'œuvres gravées et imprimées a eu lieu à Paris. Les œuvres du sieur Basan étaient disponibles en feuilles à cent vingt livres par volume. Des exemplaires reliés ou brochés pouvaient être achetés chez lui, dans le quartier Saint-Jacques, ainsi que chez les principaux libraires et marchands d'estampes en Europe. Le sieur Basan offrait également une large gamme d'estampes étrangères et françaises, anciennes et modernes, ainsi que des dessins de divers maîtres. Par ailleurs, le sieur Ouvrier, graveur d'estampes, vendait deux estampes intitulées 'l'École Hollandaise' et 'l'École Flamande', d'après les tableaux originaux de M. T. Eisen le Père, évaluées à trois livres chacune et disponibles chez l'auteur, place Maubert, à la maison du sieur Bellot, bonnetier, au Soleil d'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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47
GRAVURE. Avis sur le Recueil d'Estampes gravées d'après les plus beaux Tableaux & Desseins des principaux Peintres des Ecoles Romaine & Vénitienne qui sont en France, dans le Cabinet du ROI ; dans celui de Mgr le Duc d'Orléans, & dans d'autres Cabinets, par les soins de M. Crozat ; avec un abrégé de la Vie des Peintres, & une Description historique de chaque Tableau. En deux grands volumes in-fol. forme d'Atlas.
48
p. 131-132
ARTS AGRÉABLES. GRAVURE.
Début :
LE Sr MARTIN, Peintre & Dessinateur, dont la réputation est si connue [...]
Mots clefs :
Estampes, Spectacle, Desseins, Genre, Auteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTS AGRÉABLES. GRAVURE.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
LE ST MARTIN , Peintre & Deffinateur
, dont la réputation eft fi connue
pour s'être diftingué pendant nombre
F vj
MERCURE DE FRANCE .
d'années qu'il a décoré le brillant Spectacle
de l'Opéra par fes deffeins d'habillemens
, ayant été follicité par plufieurs
perfonnes de confidération depuis
fix années qu'il s'en eft retiré , de continuer
à mettre au jour fes idées dans ce
genre ; en reconnoiffance des applaudiffemens
dont le Public a bien voulu
l'honorer tant qu'il a gouverné cette
partie de Spectacle , a cru devoir graver
une collection d'Eftampes en figures
dont l'élégance & la nobleffe s'accordaffent
parfaitemenr avec le caractère
& la conformité des Perſonnages qu'elles
doivent repréſenter .
Nota. Si l'on fouhaitoit avoir de ces
Eftampes coloriées pour en mieu fentir
les effets , on en trouveroit chez l'Auteur.
Si on avoit befoin même de deffeins
de caractères différens de ceux qui
font déja gravés , en lui en défignant
le genre , il les éxécuteroit dans le goût
de ceux qu'il eft en ufage d'envoyer
dans les Cours étrangères.
Ces Eftampes fe vendront chez l'Auteur
, rue de la Sourdière , la deuxième
porte à gauche après le cul-de -fac des
A Jacobins en entrant par la rue S. Honoré
, & chez la veuve Chereau , rue S
Jacques, aux deux pilliers d'or.
GRAVURE.
LE ST MARTIN , Peintre & Deffinateur
, dont la réputation eft fi connue
pour s'être diftingué pendant nombre
F vj
MERCURE DE FRANCE .
d'années qu'il a décoré le brillant Spectacle
de l'Opéra par fes deffeins d'habillemens
, ayant été follicité par plufieurs
perfonnes de confidération depuis
fix années qu'il s'en eft retiré , de continuer
à mettre au jour fes idées dans ce
genre ; en reconnoiffance des applaudiffemens
dont le Public a bien voulu
l'honorer tant qu'il a gouverné cette
partie de Spectacle , a cru devoir graver
une collection d'Eftampes en figures
dont l'élégance & la nobleffe s'accordaffent
parfaitemenr avec le caractère
& la conformité des Perſonnages qu'elles
doivent repréſenter .
Nota. Si l'on fouhaitoit avoir de ces
Eftampes coloriées pour en mieu fentir
les effets , on en trouveroit chez l'Auteur.
Si on avoit befoin même de deffeins
de caractères différens de ceux qui
font déja gravés , en lui en défignant
le genre , il les éxécuteroit dans le goût
de ceux qu'il eft en ufage d'envoyer
dans les Cours étrangères.
Ces Eftampes fe vendront chez l'Auteur
, rue de la Sourdière , la deuxième
porte à gauche après le cul-de -fac des
A Jacobins en entrant par la rue S. Honoré
, & chez la veuve Chereau , rue S
Jacques, aux deux pilliers d'or.
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49
p. 160-173
ABRÉGÉ des propriétés des MIROIRS concaves, des LOUPES à eau & des autres ouvrages qui se fabriquent dans la Manufacture desdits Miroirs concaves & Glaces courbées, établie par Arrêt du Conseil d'Etat du Roi, du 8 Septembre 1756 ; dont le Bureau est à Paris, rue des Prouvaires, la prèmiere porte à gauche en entrant par la rue Saint-Honoré.
Début :
I°. Des MIROIRS concaves. LES Miroirs concaves sont appellés Miroirs de [...]
Mots clefs :
Miroirs, Rayons, Estampes, Lumière, Concave, Diamètre, Corps, Pouces, Bouquet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ABRÉGÉ des propriétés des MIROIRS concaves, des LOUPES à eau & des autres ouvrages qui se fabriquent dans la Manufacture desdits Miroirs concaves & Glaces courbées, établie par Arrêt du Conseil d'Etat du Roi, du 8 Septembre 1756 ; dont le Bureau est à Paris, rue des Prouvaires, la prèmiere porte à gauche en entrant par la rue Saint-Honoré.
ABRÉGÉ des propriétés des MIROIRS
concaves , des LOUPES à eau &
des autres ouvrages qui fe fabriquent
dans la Manufacture defdits Miroirs
concaves & Glaces courbées , établie
par Arrêt du Confeil d'Etat du Roi ,
du 8 Septembre 1756 ; dont le Bureau
eft à Paris rue des Prou-
,
vaires , la prèmiere porte à gauche en
entrant par la rue Saint-Honoré.
L
1º. Des MIROIRS concaves.
ES Miroirs concaves font appellés
Miroirs de Réflection , ou Miroirs de
Catoptrique , parce que tous leurs effets
font produits par les diverfes manières
dont ils réfléchiffent la lumière , & que
la fcience , qui a pour objet la lumière
réfléchie , s'appelle Catoptrique .
Un Miroir concave de cette ManufacOCTOBRE.
1763. 161
ture , eft compofé d'une glace ronde
courbée au feu en portion de fphére
& doucie , & polie , de manière que
la
furface concave & la furface convexe
font exactement deux courbes paralléles ;
d'où il fuit que cette glace a par- tout une
épaiffeur égale , ce qui eft très- important
pour les effets de ces Miroirs : ceux qui
font compofés d'une glace plate pardevant
, & convexe par- derriere , défigu
rent tous les objets qu'on leur préfente ,
La furface convexe eft étamée . Cette glace
eft enfermée dans une bordure de bois
noir , de laquelle fortent , à droite & à
gauche , les extrémités de l'axe du Miroir,
qui font appuyées horizontalement
fur un demi-cercle de cuivre poli , terminé
par un pivot vertical , qui s'enfonce
dans un pied de bois tourné & noirci.
Cette conftruction donne à ces Miroirs
toute la mobilité néceffaire aux expériences
pour lesquelles ils font deſtinés ;
& la beauté de leur monture , les met
en état de figurer dans les cabinets les
plus richement ornés .
La forme fphérique concave qu'ont
ces Miroirs , leur donne la proprieté
de réfléchir eu un petit efpace circu
laire qu'on appelle leur foyer , les
rayons de lumière qui tombent paral-
,
162 MERCURE DE FRANCE.
lèles fur leur furface ; & ce foyer eft un
peu moins éloigné de leur furface , que
le quart du diamètre de la fphère dont
ils font partie : ainfi un de ces Miroirs
étant expofé au foleil incliné , de forte
que fes rayons y tombent perpendiculairement
, ( confidéré comme plan ) ces
rayons feront réfléchis de bas en haut,
& fe réuniront à fon foyer , où cette
réunion produit une chaleur capable
d'enflammer , incinérer , fondre , vitrifier
le corps qu'on expofe à fon
action.
Le foyer des Miroirs , qui n'ont que
neuf ou douze pouces de diamètre , eſt à
dix-huit pouces de diftance du centre du
Miroir en avant. Le foyer des Miroirs
qui ont un plus grand diamètre , eft
plus éloigné de leur centre à proportion
; & dans les petits comme dans les
grands , ce foyer eft toujours tel , qu'il
fait produire au Miroir les plus grands
effets poffibles , felon fa grandeur.
La chaleur du foyer eft toujours proportionnée
à la grandeur du Miroir. Celui
du Roi , fait en cette Manufacture
dont le diamètre eft de 42 pouces ,
fond le fer battu en deux fecondes de
temps ; l'argent y acquiert une telle chaleur
, qu'en tombant dans l'eau , il prend
OCTOBRE. 1763 . 163
la forme d'une toile d'araignée claire ;
les cailloux s'y calcinent & s'y vitrifient
, & c .
M.
Ce Miroir fut préfenté au Roi le 13
Août 1757 , au Château de la Muette,
où il eft refté depuis dans le magnifique
cabinet de Phyfique de S. M. par
Berniere , l'un des quatre Contrôleurs-
Généraux des Ponts & Chauffées de
France qui eft l'Auteur & le Propriétaire
de cette Manufacture.
?
Toutes les fois que l'on veut faire des
expériences de cette efpéce , il faut que
le Miroir foit difpofé parallèlement au
difque du foleil ; alors les rayons fe réuniffent
en en-haut, eu un petit efpace circulaire
, qui eft comme le fommet d'un
cône , dont la furface du Miroir feroit la
bafe. Ainfi ce petit efpace circulaire ,
qui eft le foyer du Miroir , approche
d'autant plus de la ligne verticale , que
le foleil eft plus élevé fur l'horizon ; & ce
foyer eft toujours plus actif à midi , qu'en
toute autre heure de la journée , le foleil
étant bien découvert , & le temps.
fans nuages , ni vapeurs , dans le moment
de l'expérience .
En vous tenant à côté du Miroir
dans une place où les rayons directs du
foleil ne tombent point fur vous , vous
164 MERCURE DE FRANCE.
verrez ce foyer en l'air former une pe
tite pointe rouffe : c'eft en cet endroit
qu'il faut préſenter le corps fur lequel
vous voulez exercer ce foyer ; & pour
que votre Miroir foit fitué comme il
convient, il faut que l'ombre de ce corps
tombe précisément fur le centre du Miroir
; fi cette ombre n'y tombe pas, votre
Miroir eft mal placé , ou mal incliné ,
& vous n'aurez pas tout l'effet dont il
eft capable. Avec un Miroir de 12 pouces
de diamètre , on doit fondre fur le
champ du plomb , de l'étain , du bifmuth
, & c , & enflammer tous les corps
folides inflammables : je dis corps folides
, car ce foyer n'enflamme , ni l'efprit
de vin , ni les autres liqueurs inflammables
, fans interméde.
·
Ainfi la poſition naturelle du foyer
de ces Miroirs , eft de fe porter de bas
en haut mais il eft poffible de le diriger
de haut en- bas ; pour cela , recevez
d'abord les rayons du foleil fur un
Miroir plan , pofé prèfque à plat fur
le plancher. Ce Miroir- plan réfléchira
les rayons de bas en - haut , fous un angle
égal à celui de leur incidence : placez
votre Miroir concave , la furface
inclinée vers la terre , de manière qu'il
reçoive ces rayons réfléchis par le MiOCTOBRE.
1763.
165
roir- plan ; alors votre Miroir concave
donnera un foyer de haut en- bas , que
vous pourrez diriger dans un creufet
évafé , pour l'exercer fur des corps aifés
à fondre , & que vous voudrez pouffer
au-delà de la fufion . Vous pourrez y
calciner de l'antimoine ; y faire bouillir
une petite quantité d'eau ; brûler un peu
de bois , plongé dans l'eau même , & c.
Par le moyen de cette réflection d'un
Miroir-plan , on peut de fort loin introduire
les rayons folaires dans un lieu où
jamais les rayons directs ne pourroient
atteindre , & y former un foyer brûlant.
Placez un Miroir concave debout dans
une chambre du rez-de- chauffée expofée
au Nord , fa glace tournée vers une
cour , ou un jardin. Au fond de cette
cour , ou de ce jardin , fût - ce même à
plus de cent pieds de diftance du Miroir
concave , recevez les rayons du foleil
fur un Miroir-plan , appuyé contre le
dos d'une chaife , & incliné de manière
qu'il réfléchiffe fur le Miroir concave ;
les rayons folaires fe réuniront au foyer
de ce Miroir encore en affez grande
quantité , pour enflammer du bois &
d'autres corps combustibles.
Si l'on place pendant la nuit une groffe
bougie au foyer d'un de ces Miroirs ,
166 MERCURE DE FRANCE.
que ce Miroir foit pofé verticalement ,
ayant fon centre à la hauteur des yeux
d'une perfonne , & que le vent n'agite
point la bougie , à quelque diſtance que
cette perfonne fe recule du Miroir , en
faifant que ces yeux , le centre du Miroir
& fon foyer , foient dans la mêmeligne
, elle verra toute la ſurface du Miroir
en feu , & fi éclatante , qu'elle aura
peine à en foutenir l'impreffion . Cet effet
feroit très-fuprenant , avec un Miroir
d'un grand diamètre , pour quelqu'un
qui fe trouveroit à 500 pas de diftance ,
l'oeil dans cette ligne fans avoir été
prévenu.
La bougie étant ainfi placée , il part
du Miroir une colonne rouffe de lumière
, qu'on peut aifément appercevoir
le long de l'allée du jardin , en ſe tenant
fur le côté. Cette colonne eft compofée
des rayons de lumière que la furface
du Miroir réfléchit , & rend parallèles
entr'eux : qu'on coupe cette colonne
, en interpofant un livre à plus de
cent pieds de diſtance du Miroir , on y
lira d'autant plus aifément , que la nuit
fera plus obfcure .
Les chofes étant en cet état , fi on
fe place derrière le Miroir , on ne fera
point vu ; mais on verra & on reconOCTOBRE.
1763. 167
noîtra toutes les perfonnes qui traverſeront
la colonne de lumière.
Avec deux de ces Miroirs combinés
on a fait à Prague une expérience fort
ingénieufe , qui a été depuis fouvent
repétée. On place au foyer d'un de ces
Miroirs , percé au centre , un gros charbon
, foutenu fur un fupport de fil d'archal
, & qu'on anime avec un foufflet ,
dont le bout s'introduit par le trou qui
eft au cenrre du Miroir ; il part de ce
Miroir une colonne de rayons de feu
qu'on fait tomber fur la furface du fecond
Miroir , placé à vingt ou trente
pieds diſtances du premier. Ce fecond
Miroir réunit ces rayons à fon foyer ,
& il en résulte affez de chaleur pour
fondre des graiffes & de la cire , pour
brûler différens corps , faire partir un
piftolet , & c .
>
Si on place un de ces Miroirs le
dos tourné dans une fenêtre , & qu'on
lui préfente des tableaux , ou des Eftampes
, deffinées en perspective & enluminées
, les lieux repréfentés par ces
tableaux & par ces eftampes , paroîtront
de grandeur naturelle , & avec
une netteté bien fupérieure à celle que
donnent ces optiques communes , compofées
d'une Loupe de verre folide , &
168 MERCURE DE FRANCE.
d'un Miroir - plan incliné : la raiſon en
eft fimple. La lumière fait une double
perte avec ces fortes d'optiques , puifqu'elle
eft réfléchie par un Miroir- plan
& qu'elle traverſe enfuite une loupe d'un
verre épais , & fouvent d'une couleur
foncée ; au lieu que quand on regarde
les mêmes eftampes avec un Miroir concave
, la lumière n'éprouve qu'une feule
réflection.
En préfentant à un des Miroirs de petits
tableaux , ou de petits deffeins , il eft
bien plus aifé d'en remarquer les défauts ,
ou les perfections , qu'en les regardant
directement.
Si l'on ne veut pas prendre la peine de
tenir les eftampes debout devant le Miroir
, ce qui peut fatiguer quand on en a
un grand nombre à voir , on peut les
mettre à plat fur la table où eft le Miroir ,
entre foi & le pied du Miroir , le bas de
l'eftampe tourné du côté du Miroir ; on
fait en forte que le foleil tombe fur les eftampes
; on incline le Miroir vers elles
un peu moins de quarante- cinq degrés ,
& on l'éleve par fon pivot , de manière
que du centre du Miroir fur les eftampes ,
la diſtance foit de la longueur de fon
foyer ; alors , en appuyant les coudes fur
la table , & regardant dans le Miroir , les
eftampes
OCTOBRE . 1763 . 169
eftampes y feront le même effet , que fi
on les tenoit devant lui verticalement.
Remarquez bien que la pofition la plus
avantageufe
du Miroir , eft celle dans laquelle
il tombe fur la glace le moins de
lumière qu'il eft poffible ; & qu'il faut
au contraire que les objets qu'on lui préfente
, comme les eftampes qu'on veut
y voir , foient parfaitement
éclairées , &
même par le foleil , autant que faire ſe
peut ; alors on voit les lieux que repréfentent
ces eftampes , comme fi on étcit
dans ces lieux mêmes ; les ombres y deviennent
naturelles , & tout paroît dans
fa grandeur & dans fa pofition propres.
Il faut feulement , felon la difpofition
de
fa vue , avancer , ou reculer l'eftampe
du Miroir plus ou moins , jufqu'à ce
qu'on en voie l'effet le plus grand , & en
même temps le plus net.
Si yous placez ce Miroir dans le fond
d'une Salle , en face d'un beau point de
vue , varié par des maifons , des arbres
des eaux , & autres objets agréables qui
foient dans le moment éclairés par le foleil
, & que vous préfentiez , à - peu- près
au foyer de ce Miroir , un carton blanc ,
de moitié moins large que fon diamètre
& tenu verticalement entre ces objets &
le Miroir , vous verrez ce point de vue
I. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
ces arbres , ces maifons , fe peindre dans
un fens renverfé fur ce carton avec leurs
couleurs propres : s'il paffe une perſonne
éclairée par le foleil à vingt-cinq ou trente
pieds du Miroir , vous verrez fon image
en petit & avec fes couleurs , paffer en
fens contrairefous votre carton , & la tête
en en-bas.
Si vous pofez ce Miroir verticalement
fur quelque chofe qui l'éléve affez , pour
que le centre de fa glace foit à la hauteur
de vos yeux , qu'il ait le dos tourné au
grand jour , & que vous vous teniez debout
à la diftance de fon foyer feulement,
qui eft , comme on l'a dit , à dix - huit
pouces de fon centre pour les Miroirs de
neuf à douze pouces de diamètre , vous
vous y verrez prodigieufement groffi , &
la tête en en-haut. Si vous reculez à-peuprès
au double de fon foyer , c'est - à -dire ,
a trois pieds du centre du Miroir , vous
vous y verrez de groffeur naturelle , mais
la tête en en- bas ; & en avançant doucement
votre tête vers le Miroir , vous bai-
Jerez votre image qui fortira du Miroir ,
& s'approchera de vous comme vous vous
approcherez d'elle . Si vous reculez encore
d'environ deux pieds pour qu'en allongeant
le bras vers le Miroir à la hauteur
de vos yeux , votre main fe trouve à trois
OCTOBRE. 1763. 171
pieds , à-peu - près du centre du Miroir ,
vous verrez en l'air & en dehors , entre
le Miroir & vous , l'image de votre
main venir au - devant de vous , &
en remuant les doigts , votre main femblera
toucher cette image & en être
touchée , comme fi une autre main prenoit
la vôtre , ainfi comme font ordinairement
deux amis qui fe rencontrent
. Enfin fi vous reculez encore d'environ
un pied , & que tenant votre épée
nue à la main , vous en dirigiez la pointe
vers le centre du Miroir , comme en
vifant vers les yeux de votre image, vous
verrez la pointe de votre épée fortir du
miroir & revenir vers vous, comme fi une
autre perfonne fe battoit contre vous.
Si vous fendez un peu par un bout un
bâton de trois à quatre pieds de longueur,
que vous paffiez dans cette fente
la queue d'un bouquet , & qu'étant
placé comme ci- devant , vous préfentiez
au Miroir ce bâton par le bout où
eft le bouquet , en le dirigeant horizontalement
comme l'épée ; mais en obfervant
de préfenter le bouquet renverfé
, & le tenant éloigné du Miroir
du double de fon foyer , c'est-à - dire ,
de trois pieds du centre , fi c'eft un
Miroir de neuf, & de douze pouces de
Hij
173 MERCURE DE FRANCE.
diamètre ; vous verrez en l'air fon ima
ge les fleurs en en-haut , & plufieurs
perfonnes étant à côté de vous les verront
auffi .
Vous pouvez auffi fufpendre ce bouquet
renversé derrière un carton noir
placé debout devant le Miroir , à la diftance
du double de fon foyer , & qui
ne s'éléve que jufqu'à la moitié de fa
hauteur , en forte qu'on puiffe aiſément
regarder pardeffus dans ce Miroir ; alors
on ne verra pas le bouquet réel , & cependant
on appercevra fon image en
l'air au-deffus de ce carton , en place
duquel même on peut mettre toute autre
chofe qui aura moins l'air d'avoir
été mife exprès,
Avec un peu d'intelligence & d'adreffe
, on peut varier cet effet de bien
des manières , & le rendre très - furprenant
: on peut , par exemple , la nuit
dans une chambre , dans laquelle on ne
verra aucunes lumières , faire voir fur
une table un chat, un chien , un oiſeau ,
un petit enfant même , couchés fur le
côté, & ce que l'on verra ne fera qu'une
image fantaſtique , qui fera d'autant
mieux illufion qu'elle aura tous les mouvemens
animés que fe donnera l'objet
réel qu'on ne verra pas
OCTOBRE. 1763 . 173
Il y a un grand nombre d'autres expériences
curieufes à faire avec ces Miroirs
concaves , & dont le détail feroit
d'une trop grande étendue pour un fimple
extrait comme celui -ci . Je finirai , en
difant que la propriété qu'ils ont de
groffir prodigieufemnt , les rend fort
commodes aux hommes pour ſe rafer
& pour fe nettoyer les dents ; & aux
Dames pour placer leur rouge & en affoiblir
les extrémités graduellement , de
manière à imiter mieux la belle nature,
qu'il eft fait pour fuppléer.
Le refle au Mercure prochain.
concaves , des LOUPES à eau &
des autres ouvrages qui fe fabriquent
dans la Manufacture defdits Miroirs
concaves & Glaces courbées , établie
par Arrêt du Confeil d'Etat du Roi ,
du 8 Septembre 1756 ; dont le Bureau
eft à Paris rue des Prou-
,
vaires , la prèmiere porte à gauche en
entrant par la rue Saint-Honoré.
L
1º. Des MIROIRS concaves.
ES Miroirs concaves font appellés
Miroirs de Réflection , ou Miroirs de
Catoptrique , parce que tous leurs effets
font produits par les diverfes manières
dont ils réfléchiffent la lumière , & que
la fcience , qui a pour objet la lumière
réfléchie , s'appelle Catoptrique .
Un Miroir concave de cette ManufacOCTOBRE.
1763. 161
ture , eft compofé d'une glace ronde
courbée au feu en portion de fphére
& doucie , & polie , de manière que
la
furface concave & la furface convexe
font exactement deux courbes paralléles ;
d'où il fuit que cette glace a par- tout une
épaiffeur égale , ce qui eft très- important
pour les effets de ces Miroirs : ceux qui
font compofés d'une glace plate pardevant
, & convexe par- derriere , défigu
rent tous les objets qu'on leur préfente ,
La furface convexe eft étamée . Cette glace
eft enfermée dans une bordure de bois
noir , de laquelle fortent , à droite & à
gauche , les extrémités de l'axe du Miroir,
qui font appuyées horizontalement
fur un demi-cercle de cuivre poli , terminé
par un pivot vertical , qui s'enfonce
dans un pied de bois tourné & noirci.
Cette conftruction donne à ces Miroirs
toute la mobilité néceffaire aux expériences
pour lesquelles ils font deſtinés ;
& la beauté de leur monture , les met
en état de figurer dans les cabinets les
plus richement ornés .
La forme fphérique concave qu'ont
ces Miroirs , leur donne la proprieté
de réfléchir eu un petit efpace circu
laire qu'on appelle leur foyer , les
rayons de lumière qui tombent paral-
,
162 MERCURE DE FRANCE.
lèles fur leur furface ; & ce foyer eft un
peu moins éloigné de leur furface , que
le quart du diamètre de la fphère dont
ils font partie : ainfi un de ces Miroirs
étant expofé au foleil incliné , de forte
que fes rayons y tombent perpendiculairement
, ( confidéré comme plan ) ces
rayons feront réfléchis de bas en haut,
& fe réuniront à fon foyer , où cette
réunion produit une chaleur capable
d'enflammer , incinérer , fondre , vitrifier
le corps qu'on expofe à fon
action.
Le foyer des Miroirs , qui n'ont que
neuf ou douze pouces de diamètre , eſt à
dix-huit pouces de diftance du centre du
Miroir en avant. Le foyer des Miroirs
qui ont un plus grand diamètre , eft
plus éloigné de leur centre à proportion
; & dans les petits comme dans les
grands , ce foyer eft toujours tel , qu'il
fait produire au Miroir les plus grands
effets poffibles , felon fa grandeur.
La chaleur du foyer eft toujours proportionnée
à la grandeur du Miroir. Celui
du Roi , fait en cette Manufacture
dont le diamètre eft de 42 pouces ,
fond le fer battu en deux fecondes de
temps ; l'argent y acquiert une telle chaleur
, qu'en tombant dans l'eau , il prend
OCTOBRE. 1763 . 163
la forme d'une toile d'araignée claire ;
les cailloux s'y calcinent & s'y vitrifient
, & c .
M.
Ce Miroir fut préfenté au Roi le 13
Août 1757 , au Château de la Muette,
où il eft refté depuis dans le magnifique
cabinet de Phyfique de S. M. par
Berniere , l'un des quatre Contrôleurs-
Généraux des Ponts & Chauffées de
France qui eft l'Auteur & le Propriétaire
de cette Manufacture.
?
Toutes les fois que l'on veut faire des
expériences de cette efpéce , il faut que
le Miroir foit difpofé parallèlement au
difque du foleil ; alors les rayons fe réuniffent
en en-haut, eu un petit efpace circulaire
, qui eft comme le fommet d'un
cône , dont la furface du Miroir feroit la
bafe. Ainfi ce petit efpace circulaire ,
qui eft le foyer du Miroir , approche
d'autant plus de la ligne verticale , que
le foleil eft plus élevé fur l'horizon ; & ce
foyer eft toujours plus actif à midi , qu'en
toute autre heure de la journée , le foleil
étant bien découvert , & le temps.
fans nuages , ni vapeurs , dans le moment
de l'expérience .
En vous tenant à côté du Miroir
dans une place où les rayons directs du
foleil ne tombent point fur vous , vous
164 MERCURE DE FRANCE.
verrez ce foyer en l'air former une pe
tite pointe rouffe : c'eft en cet endroit
qu'il faut préſenter le corps fur lequel
vous voulez exercer ce foyer ; & pour
que votre Miroir foit fitué comme il
convient, il faut que l'ombre de ce corps
tombe précisément fur le centre du Miroir
; fi cette ombre n'y tombe pas, votre
Miroir eft mal placé , ou mal incliné ,
& vous n'aurez pas tout l'effet dont il
eft capable. Avec un Miroir de 12 pouces
de diamètre , on doit fondre fur le
champ du plomb , de l'étain , du bifmuth
, & c , & enflammer tous les corps
folides inflammables : je dis corps folides
, car ce foyer n'enflamme , ni l'efprit
de vin , ni les autres liqueurs inflammables
, fans interméde.
·
Ainfi la poſition naturelle du foyer
de ces Miroirs , eft de fe porter de bas
en haut mais il eft poffible de le diriger
de haut en- bas ; pour cela , recevez
d'abord les rayons du foleil fur un
Miroir plan , pofé prèfque à plat fur
le plancher. Ce Miroir- plan réfléchira
les rayons de bas en - haut , fous un angle
égal à celui de leur incidence : placez
votre Miroir concave , la furface
inclinée vers la terre , de manière qu'il
reçoive ces rayons réfléchis par le MiOCTOBRE.
1763.
165
roir- plan ; alors votre Miroir concave
donnera un foyer de haut en- bas , que
vous pourrez diriger dans un creufet
évafé , pour l'exercer fur des corps aifés
à fondre , & que vous voudrez pouffer
au-delà de la fufion . Vous pourrez y
calciner de l'antimoine ; y faire bouillir
une petite quantité d'eau ; brûler un peu
de bois , plongé dans l'eau même , & c.
Par le moyen de cette réflection d'un
Miroir-plan , on peut de fort loin introduire
les rayons folaires dans un lieu où
jamais les rayons directs ne pourroient
atteindre , & y former un foyer brûlant.
Placez un Miroir concave debout dans
une chambre du rez-de- chauffée expofée
au Nord , fa glace tournée vers une
cour , ou un jardin. Au fond de cette
cour , ou de ce jardin , fût - ce même à
plus de cent pieds de diftance du Miroir
concave , recevez les rayons du foleil
fur un Miroir-plan , appuyé contre le
dos d'une chaife , & incliné de manière
qu'il réfléchiffe fur le Miroir concave ;
les rayons folaires fe réuniront au foyer
de ce Miroir encore en affez grande
quantité , pour enflammer du bois &
d'autres corps combustibles.
Si l'on place pendant la nuit une groffe
bougie au foyer d'un de ces Miroirs ,
166 MERCURE DE FRANCE.
que ce Miroir foit pofé verticalement ,
ayant fon centre à la hauteur des yeux
d'une perfonne , & que le vent n'agite
point la bougie , à quelque diſtance que
cette perfonne fe recule du Miroir , en
faifant que ces yeux , le centre du Miroir
& fon foyer , foient dans la mêmeligne
, elle verra toute la ſurface du Miroir
en feu , & fi éclatante , qu'elle aura
peine à en foutenir l'impreffion . Cet effet
feroit très-fuprenant , avec un Miroir
d'un grand diamètre , pour quelqu'un
qui fe trouveroit à 500 pas de diftance ,
l'oeil dans cette ligne fans avoir été
prévenu.
La bougie étant ainfi placée , il part
du Miroir une colonne rouffe de lumière
, qu'on peut aifément appercevoir
le long de l'allée du jardin , en ſe tenant
fur le côté. Cette colonne eft compofée
des rayons de lumière que la furface
du Miroir réfléchit , & rend parallèles
entr'eux : qu'on coupe cette colonne
, en interpofant un livre à plus de
cent pieds de diſtance du Miroir , on y
lira d'autant plus aifément , que la nuit
fera plus obfcure .
Les chofes étant en cet état , fi on
fe place derrière le Miroir , on ne fera
point vu ; mais on verra & on reconOCTOBRE.
1763. 167
noîtra toutes les perfonnes qui traverſeront
la colonne de lumière.
Avec deux de ces Miroirs combinés
on a fait à Prague une expérience fort
ingénieufe , qui a été depuis fouvent
repétée. On place au foyer d'un de ces
Miroirs , percé au centre , un gros charbon
, foutenu fur un fupport de fil d'archal
, & qu'on anime avec un foufflet ,
dont le bout s'introduit par le trou qui
eft au cenrre du Miroir ; il part de ce
Miroir une colonne de rayons de feu
qu'on fait tomber fur la furface du fecond
Miroir , placé à vingt ou trente
pieds diſtances du premier. Ce fecond
Miroir réunit ces rayons à fon foyer ,
& il en résulte affez de chaleur pour
fondre des graiffes & de la cire , pour
brûler différens corps , faire partir un
piftolet , & c .
>
Si on place un de ces Miroirs le
dos tourné dans une fenêtre , & qu'on
lui préfente des tableaux , ou des Eftampes
, deffinées en perspective & enluminées
, les lieux repréfentés par ces
tableaux & par ces eftampes , paroîtront
de grandeur naturelle , & avec
une netteté bien fupérieure à celle que
donnent ces optiques communes , compofées
d'une Loupe de verre folide , &
168 MERCURE DE FRANCE.
d'un Miroir - plan incliné : la raiſon en
eft fimple. La lumière fait une double
perte avec ces fortes d'optiques , puifqu'elle
eft réfléchie par un Miroir- plan
& qu'elle traverſe enfuite une loupe d'un
verre épais , & fouvent d'une couleur
foncée ; au lieu que quand on regarde
les mêmes eftampes avec un Miroir concave
, la lumière n'éprouve qu'une feule
réflection.
En préfentant à un des Miroirs de petits
tableaux , ou de petits deffeins , il eft
bien plus aifé d'en remarquer les défauts ,
ou les perfections , qu'en les regardant
directement.
Si l'on ne veut pas prendre la peine de
tenir les eftampes debout devant le Miroir
, ce qui peut fatiguer quand on en a
un grand nombre à voir , on peut les
mettre à plat fur la table où eft le Miroir ,
entre foi & le pied du Miroir , le bas de
l'eftampe tourné du côté du Miroir ; on
fait en forte que le foleil tombe fur les eftampes
; on incline le Miroir vers elles
un peu moins de quarante- cinq degrés ,
& on l'éleve par fon pivot , de manière
que du centre du Miroir fur les eftampes ,
la diſtance foit de la longueur de fon
foyer ; alors , en appuyant les coudes fur
la table , & regardant dans le Miroir , les
eftampes
OCTOBRE . 1763 . 169
eftampes y feront le même effet , que fi
on les tenoit devant lui verticalement.
Remarquez bien que la pofition la plus
avantageufe
du Miroir , eft celle dans laquelle
il tombe fur la glace le moins de
lumière qu'il eft poffible ; & qu'il faut
au contraire que les objets qu'on lui préfente
, comme les eftampes qu'on veut
y voir , foient parfaitement
éclairées , &
même par le foleil , autant que faire ſe
peut ; alors on voit les lieux que repréfentent
ces eftampes , comme fi on étcit
dans ces lieux mêmes ; les ombres y deviennent
naturelles , & tout paroît dans
fa grandeur & dans fa pofition propres.
Il faut feulement , felon la difpofition
de
fa vue , avancer , ou reculer l'eftampe
du Miroir plus ou moins , jufqu'à ce
qu'on en voie l'effet le plus grand , & en
même temps le plus net.
Si yous placez ce Miroir dans le fond
d'une Salle , en face d'un beau point de
vue , varié par des maifons , des arbres
des eaux , & autres objets agréables qui
foient dans le moment éclairés par le foleil
, & que vous préfentiez , à - peu- près
au foyer de ce Miroir , un carton blanc ,
de moitié moins large que fon diamètre
& tenu verticalement entre ces objets &
le Miroir , vous verrez ce point de vue
I. Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
ces arbres , ces maifons , fe peindre dans
un fens renverfé fur ce carton avec leurs
couleurs propres : s'il paffe une perſonne
éclairée par le foleil à vingt-cinq ou trente
pieds du Miroir , vous verrez fon image
en petit & avec fes couleurs , paffer en
fens contrairefous votre carton , & la tête
en en-bas.
Si vous pofez ce Miroir verticalement
fur quelque chofe qui l'éléve affez , pour
que le centre de fa glace foit à la hauteur
de vos yeux , qu'il ait le dos tourné au
grand jour , & que vous vous teniez debout
à la diftance de fon foyer feulement,
qui eft , comme on l'a dit , à dix - huit
pouces de fon centre pour les Miroirs de
neuf à douze pouces de diamètre , vous
vous y verrez prodigieufement groffi , &
la tête en en-haut. Si vous reculez à-peuprès
au double de fon foyer , c'est - à -dire ,
a trois pieds du centre du Miroir , vous
vous y verrez de groffeur naturelle , mais
la tête en en- bas ; & en avançant doucement
votre tête vers le Miroir , vous bai-
Jerez votre image qui fortira du Miroir ,
& s'approchera de vous comme vous vous
approcherez d'elle . Si vous reculez encore
d'environ deux pieds pour qu'en allongeant
le bras vers le Miroir à la hauteur
de vos yeux , votre main fe trouve à trois
OCTOBRE. 1763. 171
pieds , à-peu - près du centre du Miroir ,
vous verrez en l'air & en dehors , entre
le Miroir & vous , l'image de votre
main venir au - devant de vous , &
en remuant les doigts , votre main femblera
toucher cette image & en être
touchée , comme fi une autre main prenoit
la vôtre , ainfi comme font ordinairement
deux amis qui fe rencontrent
. Enfin fi vous reculez encore d'environ
un pied , & que tenant votre épée
nue à la main , vous en dirigiez la pointe
vers le centre du Miroir , comme en
vifant vers les yeux de votre image, vous
verrez la pointe de votre épée fortir du
miroir & revenir vers vous, comme fi une
autre perfonne fe battoit contre vous.
Si vous fendez un peu par un bout un
bâton de trois à quatre pieds de longueur,
que vous paffiez dans cette fente
la queue d'un bouquet , & qu'étant
placé comme ci- devant , vous préfentiez
au Miroir ce bâton par le bout où
eft le bouquet , en le dirigeant horizontalement
comme l'épée ; mais en obfervant
de préfenter le bouquet renverfé
, & le tenant éloigné du Miroir
du double de fon foyer , c'est-à - dire ,
de trois pieds du centre , fi c'eft un
Miroir de neuf, & de douze pouces de
Hij
173 MERCURE DE FRANCE.
diamètre ; vous verrez en l'air fon ima
ge les fleurs en en-haut , & plufieurs
perfonnes étant à côté de vous les verront
auffi .
Vous pouvez auffi fufpendre ce bouquet
renversé derrière un carton noir
placé debout devant le Miroir , à la diftance
du double de fon foyer , & qui
ne s'éléve que jufqu'à la moitié de fa
hauteur , en forte qu'on puiffe aiſément
regarder pardeffus dans ce Miroir ; alors
on ne verra pas le bouquet réel , & cependant
on appercevra fon image en
l'air au-deffus de ce carton , en place
duquel même on peut mettre toute autre
chofe qui aura moins l'air d'avoir
été mife exprès,
Avec un peu d'intelligence & d'adreffe
, on peut varier cet effet de bien
des manières , & le rendre très - furprenant
: on peut , par exemple , la nuit
dans une chambre , dans laquelle on ne
verra aucunes lumières , faire voir fur
une table un chat, un chien , un oiſeau ,
un petit enfant même , couchés fur le
côté, & ce que l'on verra ne fera qu'une
image fantaſtique , qui fera d'autant
mieux illufion qu'elle aura tous les mouvemens
animés que fe donnera l'objet
réel qu'on ne verra pas
OCTOBRE. 1763 . 173
Il y a un grand nombre d'autres expériences
curieufes à faire avec ces Miroirs
concaves , & dont le détail feroit
d'une trop grande étendue pour un fimple
extrait comme celui -ci . Je finirai , en
difant que la propriété qu'ils ont de
groffir prodigieufemnt , les rend fort
commodes aux hommes pour ſe rafer
& pour fe nettoyer les dents ; & aux
Dames pour placer leur rouge & en affoiblir
les extrémités graduellement , de
manière à imiter mieux la belle nature,
qu'il eft fait pour fuppléer.
Le refle au Mercure prochain.
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49
ABRÉGÉ des propriétés des MIROIRS concaves, des LOUPES à eau & des autres ouvrages qui se fabriquent dans la Manufacture desdits Miroirs concaves & Glaces courbées, établie par Arrêt du Conseil d'Etat du Roi, du 8 Septembre 1756 ; dont le Bureau est à Paris, rue des Prouvaires, la prèmiere porte à gauche en entrant par la rue Saint-Honoré.
50
p. 208-210
« Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...] »
Début :
Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...]
Mots clefs :
Estampes, Dessins, Vignettes, Ouvrage, Alphabet, Livre, Papiers, Emblèmes, Marchands, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...] »
LE Sieur BRESSON DE MAILLARD , Marchand
d'Eftampes , & Privilégié des Enfans de France ,
en ouvrages de Caractères , Deffeins , Vignettes ,
demeurant rue S. Jacques , Maifon de M. de Lambon
, Avocat , proche M. Duchefne , Marchand
Libraire à Paris , tient un affortiment de Caractères,
Vignettes , & de différentes Fleurs , qu'il a
deffinées d'après nature, & exécutées fur des Planches
de cuivre , avec lefquelles on peut, avec faci
JANVIER . 1764. 209
lité & fur le champ , faire divers Deffeins pour
meubles , & c .
Ledit Sieur exécute pareillement à jour nombre
d'autres ouvrages utiles , & d'une même facilité
dans l'ufage , comme des Adreſſes , Alphabeths
pour apprendre les Enfans à lire , Notes , Etiquettes
, Noms à laiffer en vifite , ou pour mettre fur
les Livres , Marques & Chiffres , Deffeins au fimple
trait pour broder ou peindre d'après.
Il dient auffi un alfortiment de toutes fortes de
Papiers peints en Vignettes , & entreprend de noter
les Livres de Plein- chant.
Il grave auffi en Taille-douce des Adreſſes avec
les attributs des différentes Profeffions , & autres
fujets.
L'Epoufe du Sieur MAILLARD deffine & colore
très - proprement les Fleurs , Emblêmes & Armoiries
, Ecrans. Elle montre aux Dames la manière
de fe fervir des Planches à jour , que l'on peut
qualifier d'Art de deffiner & de peindrefans Maitres
& fournit les Couleurs & autres chofes qui y font
relatives.
On trouvera auffi chez ledit Sieur une fuite affez
confidérable de petites Eftampes en Emblèmes ,
Deviles , Fables choilies , Prières , Bouquets & Sou
haits de bonnes Fêtes , Etrennes brochées en forme
de Calendrier, Emblématiques & Chantantes , pour
la nouvelle Année , préfentées aux Enjans de France..
Ceux qui defireront acheter & connoitre plus
particulièrement toutes lefdites Marchan difes d'Eltampes
, Caractères & Deffeins , & qui fouhaiteront
les vrais Originaux , s'adrefferont directement à
Paris au Sieur MAILLARD ; & en Province à MM.
les Libraires & Marchands d'Eftampes qu'il fournit.
Sçavoir ,
A Lyon , M. Daudet.
Rouen , M. Frere , fur le Port.
2TO MERCURE DE FRANCE.
Toulouſe , M. Jouques , rue S. Rome.
Tours , M. Jagus , Marchand Papetier.
Poitiers , M, Fatour.
Bordeaux , M. Noblet.
La Rochelle , M. Pavie , Marchand, Libraire.
A Nantes , M. Tancrer.
Liege , M. Soer , Marchand Libraire.
Dijon , M. Desventes , Marchand Libraire .
d'Eftampes , & Privilégié des Enfans de France ,
en ouvrages de Caractères , Deffeins , Vignettes ,
demeurant rue S. Jacques , Maifon de M. de Lambon
, Avocat , proche M. Duchefne , Marchand
Libraire à Paris , tient un affortiment de Caractères,
Vignettes , & de différentes Fleurs , qu'il a
deffinées d'après nature, & exécutées fur des Planches
de cuivre , avec lefquelles on peut, avec faci
JANVIER . 1764. 209
lité & fur le champ , faire divers Deffeins pour
meubles , & c .
Ledit Sieur exécute pareillement à jour nombre
d'autres ouvrages utiles , & d'une même facilité
dans l'ufage , comme des Adreſſes , Alphabeths
pour apprendre les Enfans à lire , Notes , Etiquettes
, Noms à laiffer en vifite , ou pour mettre fur
les Livres , Marques & Chiffres , Deffeins au fimple
trait pour broder ou peindre d'après.
Il dient auffi un alfortiment de toutes fortes de
Papiers peints en Vignettes , & entreprend de noter
les Livres de Plein- chant.
Il grave auffi en Taille-douce des Adreſſes avec
les attributs des différentes Profeffions , & autres
fujets.
L'Epoufe du Sieur MAILLARD deffine & colore
très - proprement les Fleurs , Emblêmes & Armoiries
, Ecrans. Elle montre aux Dames la manière
de fe fervir des Planches à jour , que l'on peut
qualifier d'Art de deffiner & de peindrefans Maitres
& fournit les Couleurs & autres chofes qui y font
relatives.
On trouvera auffi chez ledit Sieur une fuite affez
confidérable de petites Eftampes en Emblèmes ,
Deviles , Fables choilies , Prières , Bouquets & Sou
haits de bonnes Fêtes , Etrennes brochées en forme
de Calendrier, Emblématiques & Chantantes , pour
la nouvelle Année , préfentées aux Enjans de France..
Ceux qui defireront acheter & connoitre plus
particulièrement toutes lefdites Marchan difes d'Eltampes
, Caractères & Deffeins , & qui fouhaiteront
les vrais Originaux , s'adrefferont directement à
Paris au Sieur MAILLARD ; & en Province à MM.
les Libraires & Marchands d'Eftampes qu'il fournit.
Sçavoir ,
A Lyon , M. Daudet.
Rouen , M. Frere , fur le Port.
2TO MERCURE DE FRANCE.
Toulouſe , M. Jouques , rue S. Rome.
Tours , M. Jagus , Marchand Papetier.
Poitiers , M, Fatour.
Bordeaux , M. Noblet.
La Rochelle , M. Pavie , Marchand, Libraire.
A Nantes , M. Tancrer.
Liege , M. Soer , Marchand Libraire.
Dijon , M. Desventes , Marchand Libraire .
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Résumé : « Le Sieur Bresson De Maillard, Marchand d'Estampes, & Privilégié des Enfans de [...] »
Le document présente le Sieur Bresson de Maillard, un marchand d'estampes parisien, privilégié des Enfants de France, spécialisé dans les caractères, dessins et vignettes. Il réside rue Saint-Jacques, à la maison de M. de Lambon, avocat, près de M. Duchefne, libraire. Maillard propose divers produits comme des caractères, vignettes, fleurs définis d'après nature, et des outils pour réaliser des dessins pour meubles. Il offre également des adresses, alphabets pour enfants, notes, étiquettes, marques, chiffres, et dessins pour broder ou peindre. Il fournit des papiers peints en vignettes et grave des adresses avec les attributs des différentes professions. Son épouse colore les fleurs, emblèmes, armoiries et écrans, et enseigne aux dames l'utilisation des planches à jour. Le magasin vend des estampes en emblèmes, devises, fables, prières, bouquets et vœux pour les bonnes fêtes, présentés sous forme de calendriers emblématiques et chantants pour la nouvelle année. Les articles sont disponibles à Paris chez Maillard ou en province via des libraires et marchands d'estampes spécifiques, tels que M. Daudet à Lyon, M. Frère à Rouen, M. Jouques à Toulouse, et d'autres dans diverses villes françaises et belges.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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