Vous vous fouvcncz, Mada-
-tnc)que Mademclle des Houlicrcs, Fille de l'Illuftrc Madame
dcs Houlicres dont vous avez
vu tant de beaux Ouvrages,
remporta le Prix de Pocfie il y
a
quelques années, par le jugement de i'Academie Françoifc. La beauté de cette Piecc
vous a
saic Souvent souhaiter
d'en voir d'autres de sa fçon.,
& c'est ce qui m'oblige aujourdthuyà vous envoyer celle que vous allez lire. La perte
quelle a
faite depuis quelques
mois par la mort de Mion
Pcre, & la patience dont elle
à besoin dans une santé fort
chancelante,luyont inspiré
les sentimens qui font la matiere de ses Vers.
REFLEXIONS
CHRETIENNES.
AV milieu des ennuir, au milieu
des atarmtst
Où de nouveaux malheurs me plongent tous les jours,
Quelle puissante main pAr d'inviftbles charmes
Des pleursqueje répans vientfujl
pendre le cours ?
Qufuis-je? & dans mon coeur quel
calme vient de naijlre
jgjti
me rappelleenfin alatranquillité?
Helas!cesstoy-.Seigneur* dont l'extrême bonté
M'arfache au dififpoir quifait te méconnoifire
Dans Cexcèsdel'adversité.
Daigneachever cegrandOuvrage,
Ou,sijedois toujours foufrit,
Fais que de mon salut mes peines
soient le gage ;
Ne m'accablede maux que pour te les
offrIr.
Affermissi bien mon courage,
.!!<..u'au milieudespérils
»
qu'auplus
fort de l'orâge,
Jeconftrvelapaix queje viens d'acquérir.
L4 raisson qui de thomme efl le plus
beau partage,
Etdont ilse paretoujours> --
Efi quelquefois cheZ leplssfage
)ans les vives douleurs d'un difficile
Nflge,
Si tu ne viensasonsecours.
établis dans mon ame une vertu confiantei
ïpatgne-moy, Seigneur, Usdouloureux umords
Que me donnentsouvent les coupables transports
D'une douleur impatiente.x
hfuisfiible, & je sens que je ne
puissans loy
Soutenir toutlepoids du malheurqui
maccable.
Tout ce quil a
d'affreux, de plut
insupportable,
Se preftnte sans cejft a moj.
Sans ceffe le coeur plein d'une daintt
mortelle,
Le CŒHr déjàpercé des plus funejles
coups) le
croy te voir Arme aunrigoureux
courouxi
Et quoy qu'à,tes ordrts/idelle,
Je croytoujours me voir traiter en
criminelle.
Eh!qui ne le croiroit?Par de nouveaux malheurs
La fortune & la mort à me nuire
obfiinées,
Ontsur moysansrelâcheexercéleurs
fureursy
Btjc n'ay pu trouver au milieu des
douceurs
J>)uoffrent les plus belles années,
Le lotjîr d'effiyer mespleurs.
'rifles réflexions qui revener. fins
ce-jji,
':tfut-it qui vu lurrttirs mon cccut
foit immoléi
:/oigncz
- vous de woy> dévorante
ttijlefe,
:,ijflt;moJ le refis que le Seigneur
me laisse,
Etcejjez,d'accabler mon writ défilé.
Mais quoy, vous redoublentJefins
que je friffinne.
Quel abtmede maux a mesyeux si
fait voir?
Àh!fl tagrâce niabandonne,
jefuis
encor, Seigneur, en proye au
desespoir.