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1
p. 230-231
Autres Vers de M. de Tierceville sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
Début :
Voicy de quelle maniere on a fait parler ce mesme / Celuy dont la main m'a gravé [...]
Mots clefs :
Château de S. Germain, Exploits, Gravure
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texteReconnaissance textuelle : Autres Vers de M. de Tierceville sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
Voicydequelle maniereon a
fait parler ce meſme Chaſteau de S. Germain ſur la meſime
Graveure.
CEluy dont lamainm'agravé ,
Bientoſt par mille Exploits tous rayon nansdegloire ,
Se burinant luy- mesme au Temple de Memoire,
Tome VII. G
146 LEMERCVRE
S'enva dansce grandArt estre un Mai- ſtreachevé.
fait parler ce meſme Chaſteau de S. Germain ſur la meſime
Graveure.
CEluy dont lamainm'agravé ,
Bientoſt par mille Exploits tous rayon nansdegloire ,
Se burinant luy- mesme au Temple de Memoire,
Tome VII. G
146 LEMERCVRE
S'enva dansce grandArt estre un Mai- ſtreachevé.
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2
p. 181-182
« Je vous tiens parole, en vous envoyant les Devises que les [...] »
Début :
Je vous tiens parole, en vous envoyant les Devises que les [...]
Mots clefs :
Devises, Chevaliers, Écus, Course, Versailles, Gravure
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texteReconnaissance textuelle : « Je vous tiens parole, en vous envoyant les Devises que les [...] »
Je vous tiens parole , en
182 MERCURE
vous envoyant les Deviſes
que les Chevaliers portoient
fur leurs Ecus à la Courſe des
Teſtes qu'on fità Verſailles le
dernier Dimanche du Carnaval.
Vous les trouverez gravées
dans cette planche , ou
j'ay tres - peu obſervé les
rangs , les ayant fait graver
a meſure qu'elles me font
tombées entre les mains .
182 MERCURE
vous envoyant les Deviſes
que les Chevaliers portoient
fur leurs Ecus à la Courſe des
Teſtes qu'on fità Verſailles le
dernier Dimanche du Carnaval.
Vous les trouverez gravées
dans cette planche , ou
j'ay tres - peu obſervé les
rangs , les ayant fait graver
a meſure qu'elles me font
tombées entre les mains .
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3
p. 14-23
Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Début :
Entre tous ceux qui employent les talens où ils excellent, [...]
Mots clefs :
Talents, Mr. Vander Meulen, Actions du Roi, Portraits, Combats, Sièges, Pinceau, Gloire, Gravure, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : Ouvrage de M. Vander Meulen [titre d'après la table]
Entre tous ceux qui employent
les talens où ils
excellent , pour immortaliſer
les actions de Sa Majesté,
M ' Vander Meulen avec fon
Pinceau , fi bien imité par le
Burin , a fans doute merité d
un des premiers rangs. Il eſt
fi fort pour ce qu'il veut exprimer
, que l'imagination eft
auffi toft remplie de ce qu'il
reprefente , & il ne faut qu'un
coup d'oeil pour concevoir
ce qu'on auroit de la peine à
bien comprendre aprés la le-
Aure de plufieurs Volumes.
Si nous avons des Peintres faGALANT.
15
meux pour les Portraits,
comme M's Mignard , de
Troyes , de Larfiliere , Ferdi
dinand , & Rigaut , on peut
dire qu'il eft prefque l'unique
pour la reffemblance des
actions confuſes , telles que
font les Combats , les Sieges,
les Entrées publiques , & genéralement
pour les Portraits
des grandes & éclatantes
actions. Quoy qu'il foit per
mis aux Peintres auffi bien
d'inventer qu'aux Poëtes
beaucoup de chofes , M'Vander
Meulen n'a aucun befoin
de fiction
pour fes
Ouvrages.
16 MERCURE
Ce qui part de fon Pinceau,
ne reprefente jamais que la
verité , & l'on reconnoit au
premier coup d'oeil ce qu'il a
deffein de faire voir. C'eft
par là qu'on l'a choify pour
peindre les glorieufes conqueftes
de Sa Majesté . Outre
les Tableaux qu'il a faits en
fi grand nombre , qu'ils peuvent
remplir plufieurs appartemens
dans les Palais les
plus fomptueux , une grande
partie eftant déja placée au
Chafteau de Marly , où ils
font l'admiration des Cu¬
rieux , il a pris encore le foin
GALANT.
17
de faire graver fes deffeinspar
de tres habiles Graveurs,
afin que les Etrangers puilfent
avoir
l'avantage d'en
joüir comme ils ont fait dans
les années
précedentes . Vois
cy les dernieres Eſtampes qui
ont paru de luy depuis un
mois.
L'Arrivée du Roy- devant
Douay , que Sa Majefté fait
inveftir par la
Cavalerie en
1667.
L'Entrée de la Reyne dans :
Arras en l'année 1667 :
La Veuë de la Ville , & du:
Siege
d'Oudenarde où le Roy
May 1685, B
18 MERCURE
commandoit en perſonne en
l'année 1667.
La Veuë de Courtray , du
coſté du vieux Chaſteau, avec
la marche de l'Armée en l'année
1667.
La Veuë de l'Armée du
Roy campée devant Douay
du cofté de la Porte Noftre
Dame , en la mefme année.
La Prife de Dole dans la
premiere conqueſte que le
Roy a faite de la Franche-
Comté en 1668 .
L'Arrivée du Roy au Camp
de devant Maſtric en l'année
1673.
GALANT. 19
La veuë de Tournay du côté
du vieux Chafteau.
La veuë de la Ville de Gray
en Franche -Comté .
La veuë de la Ville & du
Port de Calais du cofté de la.
Terre.
La veuë de la Ville de l'Ifle:
du cofté du Prieuré de Fives,
& l'Armée du Roy devant la
Place .
Laveuë de Saint Omer du
cofté du Fort de Bournonville,
affiégé , & pris par l'Armée:
du Roy , fous le commandement
de Son Alteffe Royale:
en Avril 1667. defſigné fur les
B. ij
20 MERCURE
lieux , & peint dans un des
coltez du grand Eſcalier du
Chasteau de Versailles .
L'Armée du Prince d'Orange
défaite devant Moncaffel
par l'Armée du Roy,
commandée encore parMonfieur
en 1678. Ce Tableau eft
deffigné fur le naturel , &
peint dans le grand Eſcalier
de Verſailles .
La Veuë de la Ville & Citadelle
de Cambray , affiegées,
& prifes par le Roy au mois
d'Avrilde la même année,deffignées
fur les lieux , & peintes
pour le Roy dans un des côGALANT.
21
rez du grand Eſcalier du Château
de Versailles .
La veuë de la Ville d'Ardres
du cofté de Calais , deffignée
ſur le naturel pour le
Roy.
Toutes ces Eftampes fe
diftribuent à Paris par l'Autheur
, en l'Hoftel des Manufactures
Royales des Gobelins
, & dans la Rue Saint
Jacques , & je ne croy pas
qu'il foit poffible de voir rien
de plus beau de cette nature .
Elle font mefme tres gran
des , & peuvent avec des
Bordures fervir à orner des
22 MERCURE
Galeries , & de grandes Sales.
M' de Vander Meulen pro
met d'en donner de temps
en temps de nouvelles , juf
qu'à ce qu'il ait remply tout
le grand nombre des Conqueftes
de Sa Majefté , & des
Maifons Royales de France;
ce qui pourra former un des
plus grands , & des plus
beaux Volumes qu'on ait jamais
veus & qui marquera
le mieux les avantages du
Regne du Roy , fur les Regnes
precedens. Je n'entreprends
pas de décrire la beauté
de tanc d'éclatantes Pieces,
>
GALANT. 23
où l'exactitude de la forme
des Baftimens , l'ordonnance
des Figures, leurs touchantes
expreffions, les grands effets
des lumieres & des ombres,
& la merveilleufe conduite
du tout enſemble , font un
effet fi fenfible , que la veuë
en eft auffi toft charmée que
frappée. Puis que ces Ou
vrages font devenus pu
blics , je laiffe au Public à en
juger.
les talens où ils
excellent , pour immortaliſer
les actions de Sa Majesté,
M ' Vander Meulen avec fon
Pinceau , fi bien imité par le
Burin , a fans doute merité d
un des premiers rangs. Il eſt
fi fort pour ce qu'il veut exprimer
, que l'imagination eft
auffi toft remplie de ce qu'il
reprefente , & il ne faut qu'un
coup d'oeil pour concevoir
ce qu'on auroit de la peine à
bien comprendre aprés la le-
Aure de plufieurs Volumes.
Si nous avons des Peintres faGALANT.
15
meux pour les Portraits,
comme M's Mignard , de
Troyes , de Larfiliere , Ferdi
dinand , & Rigaut , on peut
dire qu'il eft prefque l'unique
pour la reffemblance des
actions confuſes , telles que
font les Combats , les Sieges,
les Entrées publiques , & genéralement
pour les Portraits
des grandes & éclatantes
actions. Quoy qu'il foit per
mis aux Peintres auffi bien
d'inventer qu'aux Poëtes
beaucoup de chofes , M'Vander
Meulen n'a aucun befoin
de fiction
pour fes
Ouvrages.
16 MERCURE
Ce qui part de fon Pinceau,
ne reprefente jamais que la
verité , & l'on reconnoit au
premier coup d'oeil ce qu'il a
deffein de faire voir. C'eft
par là qu'on l'a choify pour
peindre les glorieufes conqueftes
de Sa Majesté . Outre
les Tableaux qu'il a faits en
fi grand nombre , qu'ils peuvent
remplir plufieurs appartemens
dans les Palais les
plus fomptueux , une grande
partie eftant déja placée au
Chafteau de Marly , où ils
font l'admiration des Cu¬
rieux , il a pris encore le foin
GALANT.
17
de faire graver fes deffeinspar
de tres habiles Graveurs,
afin que les Etrangers puilfent
avoir
l'avantage d'en
joüir comme ils ont fait dans
les années
précedentes . Vois
cy les dernieres Eſtampes qui
ont paru de luy depuis un
mois.
L'Arrivée du Roy- devant
Douay , que Sa Majefté fait
inveftir par la
Cavalerie en
1667.
L'Entrée de la Reyne dans :
Arras en l'année 1667 :
La Veuë de la Ville , & du:
Siege
d'Oudenarde où le Roy
May 1685, B
18 MERCURE
commandoit en perſonne en
l'année 1667.
La Veuë de Courtray , du
coſté du vieux Chaſteau, avec
la marche de l'Armée en l'année
1667.
La Veuë de l'Armée du
Roy campée devant Douay
du cofté de la Porte Noftre
Dame , en la mefme année.
La Prife de Dole dans la
premiere conqueſte que le
Roy a faite de la Franche-
Comté en 1668 .
L'Arrivée du Roy au Camp
de devant Maſtric en l'année
1673.
GALANT. 19
La veuë de Tournay du côté
du vieux Chafteau.
La veuë de la Ville de Gray
en Franche -Comté .
La veuë de la Ville & du
Port de Calais du cofté de la.
Terre.
La veuë de la Ville de l'Ifle:
du cofté du Prieuré de Fives,
& l'Armée du Roy devant la
Place .
Laveuë de Saint Omer du
cofté du Fort de Bournonville,
affiégé , & pris par l'Armée:
du Roy , fous le commandement
de Son Alteffe Royale:
en Avril 1667. defſigné fur les
B. ij
20 MERCURE
lieux , & peint dans un des
coltez du grand Eſcalier du
Chasteau de Versailles .
L'Armée du Prince d'Orange
défaite devant Moncaffel
par l'Armée du Roy,
commandée encore parMonfieur
en 1678. Ce Tableau eft
deffigné fur le naturel , &
peint dans le grand Eſcalier
de Verſailles .
La Veuë de la Ville & Citadelle
de Cambray , affiegées,
& prifes par le Roy au mois
d'Avrilde la même année,deffignées
fur les lieux , & peintes
pour le Roy dans un des côGALANT.
21
rez du grand Eſcalier du Château
de Versailles .
La veuë de la Ville d'Ardres
du cofté de Calais , deffignée
ſur le naturel pour le
Roy.
Toutes ces Eftampes fe
diftribuent à Paris par l'Autheur
, en l'Hoftel des Manufactures
Royales des Gobelins
, & dans la Rue Saint
Jacques , & je ne croy pas
qu'il foit poffible de voir rien
de plus beau de cette nature .
Elle font mefme tres gran
des , & peuvent avec des
Bordures fervir à orner des
22 MERCURE
Galeries , & de grandes Sales.
M' de Vander Meulen pro
met d'en donner de temps
en temps de nouvelles , juf
qu'à ce qu'il ait remply tout
le grand nombre des Conqueftes
de Sa Majefté , & des
Maifons Royales de France;
ce qui pourra former un des
plus grands , & des plus
beaux Volumes qu'on ait jamais
veus & qui marquera
le mieux les avantages du
Regne du Roy , fur les Regnes
precedens. Je n'entreprends
pas de décrire la beauté
de tanc d'éclatantes Pieces,
>
GALANT. 23
où l'exactitude de la forme
des Baftimens , l'ordonnance
des Figures, leurs touchantes
expreffions, les grands effets
des lumieres & des ombres,
& la merveilleufe conduite
du tout enſemble , font un
effet fi fenfible , que la veuë
en eft auffi toft charmée que
frappée. Puis que ces Ou
vrages font devenus pu
blics , je laiffe au Public à en
juger.
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4
p. 137-144
Histoire generale de la Fonderie des Lettres & de l'Imprimerie, par PIERRE COT, Fondeur, & Imprimeur-Libraire ordinaire de l'Academie Royale des Inscriptions & Médailles. Volume in 4 o. que l'on doit mettre incessamment sous la Presse, à Paris.
Début :
L'Ouvrage est divisé en trois Parties. 1. On traite dans la premiere [...]
Mots clefs :
Imprimerie, Lettres, Gravure, Livres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire generale de la Fonderie des Lettres & de l'Imprimerie, par PIERRE COT, Fondeur, & Imprimeur-Libraire ordinaire de l'Academie Royale des Inscriptions & Médailles. Volume in 4 o. que l'on doit mettre incessamment sous la Presse, à Paris.
Histoiregenerale de la Fonderie
des Lettres 0* de tlmprimerie,
par P IERRE COT,
Fondeur, 0* Imprimeur-Libraire
ordinaire de l'Academic
Royale des Inscriptions -C
Médailles. Volumein4°. que
l'on doit mettre incessamment
fous la Presse
,
à Paris.
L'Ouvrage est divisé
en trois Parties.
1#ON traite dans la
premiere
de l'origine de l'Ecriture,
& de Tes progrez.
-Aprés avoir parlé des Caracteres
dont les hommes
se sont servis dans les premiers
temps, on en donne
des Tables expliquées,
tant des Caracteres symboliquesdequelques
Peuples,
que des alphabetiques
des autres Nations.
En traitant de l'établissement
de plus anciennes
Bibliotheques,&des Maü'ufçtirs
dont elles étoient
composées, on examine
ce qui peut servir à juger
de ancienneté de ces
Manuscrits. Cela conduit
à ce qui regarde la méchanique
de l'ancienne
Librairie des Grecs, & des
Romains
,
les Ecrivains
ou Copistes des Livres
ausquels les Imprimeurs
ont succedé.
,
2. Laseconde Partiea
pourobjet la Méchanique
de la Fonderie des Caracteres,
& celle de l'Imprimerie
L'on y décrit de
quelle maniere, & quand
4
ces deux Arcs ont été inventez.
L'on y parlede la
Gravûre ou
taille
des Poinçons
de Lettres en acier,
des Matrices en cuivre,&
des Moules pour fondre
les Lettres. Les differens
Caracteres que l'on aemployé,
& que l'on employe
actuellement dansl'impression
des Livres, s'y
trouventplacez chacun
dans leurordre, avi-f- 'v
"Histoire;Onduplique en
passant la manierede graver
sur le cuivre, à l'Eadforte,
au Burin; d'imprimer
en Taille douce.Celle
; degraver sur le Bois, ou de buriner sur les Métaux
}n'y'efi: pas oubliée non
plus que la maniere d'imprimer
des Chinois. Enfin
l'ony joint des remarques sur la Compoficioiy-du
Métal des Lettressonduës:
surlesCaracteres de
Plainchant&deMusique:
sur lesfiguresd'Astrono-
^mie;les Signes de Chymie,
& de Medecine: sur les
Notes des Jurisconsultes,
& sur les Abbreviations
anciennes. 3. La troisiéme Partie
regarde uniquement le travail
de l'Imprimerie, c'està
dire, les dispositions necessaires
pour l'ornement
des Ouvrages:Lafigure des
différentes Impositions:
Les Marques dont les Auteurs
se servent pour corriger
les Epreuves: La maniere
de composer l'Encre.
La description de la
-
Presse, des CalTes. & de
plusieurs autres Ustanciles
f
qui concernent le faitde
l'Imprimerie. L'on donne
une idée de ce que les plus
habiles Fondeurs en Lettres
,
de Imprimeurs ont
fait de plus excellent en
chaque genre de Caraél:e..
re. L'on y fait connoître
ceux qui se font distinguez
par la beauté ou la correction
de leurs Ouvrages,
par leurs sçavoir dans les
belles Lettres, & dans let
recherches d'Antiquité.
L'on y voit avec quel foin
les Papes, les Empereurs,
& les Roisontsoûtenu
l'Imprimerie, & les dépenses
qu'ils yont faites. L'on
y traite de l'Approbation
des Livres, des Marques
des Libraires, des Privileges,
& de tout cequi y a
rapport. L'on donne une
Lifte generale de toutes les
Villes où il y a eu des
Livres imprimez; & l'on
finir par un Dictionnaire
des Termes propres aux
Arts de la Fonderie des
Lettres, de l'Imprimerie,
& de la Librairie,& aux
autres Arts qui en dépendent.
Cet Ouvrage est
prest à metre sous la Prêt
se,& il y aura plus de 100.
Planches.
des Lettres 0* de tlmprimerie,
par P IERRE COT,
Fondeur, 0* Imprimeur-Libraire
ordinaire de l'Academic
Royale des Inscriptions -C
Médailles. Volumein4°. que
l'on doit mettre incessamment
fous la Presse
,
à Paris.
L'Ouvrage est divisé
en trois Parties.
1#ON traite dans la
premiere
de l'origine de l'Ecriture,
& de Tes progrez.
-Aprés avoir parlé des Caracteres
dont les hommes
se sont servis dans les premiers
temps, on en donne
des Tables expliquées,
tant des Caracteres symboliquesdequelques
Peuples,
que des alphabetiques
des autres Nations.
En traitant de l'établissement
de plus anciennes
Bibliotheques,&des Maü'ufçtirs
dont elles étoient
composées, on examine
ce qui peut servir à juger
de ancienneté de ces
Manuscrits. Cela conduit
à ce qui regarde la méchanique
de l'ancienne
Librairie des Grecs, & des
Romains
,
les Ecrivains
ou Copistes des Livres
ausquels les Imprimeurs
ont succedé.
,
2. Laseconde Partiea
pourobjet la Méchanique
de la Fonderie des Caracteres,
& celle de l'Imprimerie
L'on y décrit de
quelle maniere, & quand
4
ces deux Arcs ont été inventez.
L'on y parlede la
Gravûre ou
taille
des Poinçons
de Lettres en acier,
des Matrices en cuivre,&
des Moules pour fondre
les Lettres. Les differens
Caracteres que l'on aemployé,
& que l'on employe
actuellement dansl'impression
des Livres, s'y
trouventplacez chacun
dans leurordre, avi-f- 'v
"Histoire;Onduplique en
passant la manierede graver
sur le cuivre, à l'Eadforte,
au Burin; d'imprimer
en Taille douce.Celle
; degraver sur le Bois, ou de buriner sur les Métaux
}n'y'efi: pas oubliée non
plus que la maniere d'imprimer
des Chinois. Enfin
l'ony joint des remarques sur la Compoficioiy-du
Métal des Lettressonduës:
surlesCaracteres de
Plainchant&deMusique:
sur lesfiguresd'Astrono-
^mie;les Signes de Chymie,
& de Medecine: sur les
Notes des Jurisconsultes,
& sur les Abbreviations
anciennes. 3. La troisiéme Partie
regarde uniquement le travail
de l'Imprimerie, c'està
dire, les dispositions necessaires
pour l'ornement
des Ouvrages:Lafigure des
différentes Impositions:
Les Marques dont les Auteurs
se servent pour corriger
les Epreuves: La maniere
de composer l'Encre.
La description de la
-
Presse, des CalTes. & de
plusieurs autres Ustanciles
f
qui concernent le faitde
l'Imprimerie. L'on donne
une idée de ce que les plus
habiles Fondeurs en Lettres
,
de Imprimeurs ont
fait de plus excellent en
chaque genre de Caraél:e..
re. L'on y fait connoître
ceux qui se font distinguez
par la beauté ou la correction
de leurs Ouvrages,
par leurs sçavoir dans les
belles Lettres, & dans let
recherches d'Antiquité.
L'on y voit avec quel foin
les Papes, les Empereurs,
& les Roisontsoûtenu
l'Imprimerie, & les dépenses
qu'ils yont faites. L'on
y traite de l'Approbation
des Livres, des Marques
des Libraires, des Privileges,
& de tout cequi y a
rapport. L'on donne une
Lifte generale de toutes les
Villes où il y a eu des
Livres imprimez; & l'on
finir par un Dictionnaire
des Termes propres aux
Arts de la Fonderie des
Lettres, de l'Imprimerie,
& de la Librairie,& aux
autres Arts qui en dépendent.
Cet Ouvrage est
prest à metre sous la Prêt
se,& il y aura plus de 100.
Planches.
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Résumé : Histoire generale de la Fonderie des Lettres & de l'Imprimerie, par PIERRE COT, Fondeur, & Imprimeur-Libraire ordinaire de l'Academie Royale des Inscriptions & Médailles. Volume in 4 o. que l'on doit mettre incessamment sous la Presse, à Paris.
L'ouvrage 'Histoire générale de la Fonderie des Lettres et de l'Imprimerie' de Pierre Cot est divisé en trois parties. La première partie traite de l'origine de l'écriture et de ses évolutions, présentant des tables de caractères symboliques et alphabétiques utilisés par diverses nations. Elle explore également l'ancienneté des manuscrits et la mécanique de la librairie antique des Grecs et des Romains, ainsi que le rôle des copistes avant l'imprimerie. La deuxième partie décrit la mécanique de la fonderie des caractères et de l'imprimerie, incluant les méthodes de gravure des poinçons, la création des matrices et des moules, et les différents types de caractères. Elle mentionne aussi les caractères de plain-chant, de musique, les figures d'astronomie, les signes de chimie et de médecine, ainsi que les abréviations anciennes. La troisième partie se concentre sur le travail de l'imprimerie, détaillant les dispositions pour l'ornement des ouvrages, les figures des différentes impositions, les marques des auteurs, la composition de l'encre, et la description des presses et des cales. Elle souligne les contributions des fondateurs et imprimeurs les plus habiles, le soutien des Papes, Empereurs et Rois à l'imprimerie, et les aspects légaux comme l'approbation des livres et les privilèges. L'ouvrage se termine par une liste des villes ayant des livres imprimés et un dictionnaire des termes relatifs à la fonderie des lettres, à l'imprimerie et à la librairie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 262-263
« On apprend aux sçavants, qu'il paroît un portrait du [...] »
Début :
On apprend aux sçavants, qu'il paroît un portrait du [...]
Mots clefs :
Portrait, Gravure, Bayle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend aux sçavants, qu'il paroît un portrait du [...] »
il paroît un portrait du
celebre MrBayle,gravépar
Mr Duchesne.Ces deuxvers
sont au bas du portrait.
Bælius hic ille est cujus
dum scripta vigebunt,
Lis erit, oblectent,erudiantne magis.
celebre MrBayle,gravépar
Mr Duchesne.Ces deuxvers
sont au bas du portrait.
Bælius hic ille est cujus
dum scripta vigebunt,
Lis erit, oblectent,erudiantne magis.
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6
p. 574-575
SUITE des Medailles du Roy.
Début :
LA derniere Médaille qui a été frappée pour le Roy [...]
Mots clefs :
Médailles, Gravure, Duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Medailles du Roy.
SUITE des Medailles du Roy.
A derniere Médaille qui a été frappée pour le
Roy et dont nous donnons ici la gravure ,
fût présentée à S. M. le premier jour de cette Année.
D'un côté on voit la Tête de cet Auguste
Prince couronnée de Laurier , avec la Légende
ordinaire. Nous avons déja donné cette face. Et
sur le revers la France assise et caracterisée par
ses Attributs , tient sur son bras droit LE DUC
' ANJOU , et embrasse de l'autre le DAUPHIN
qui
MARS. 173.1. 575
qui est représenté debout entre ses genoux. Legende
NovUM PERENNITATIS PIGNUS et dans
l'Exergue Dux ANDEGAVENSIS NATUS XXX.
AUGUSTI M. DCC . XXX.
A derniere Médaille qui a été frappée pour le
Roy et dont nous donnons ici la gravure ,
fût présentée à S. M. le premier jour de cette Année.
D'un côté on voit la Tête de cet Auguste
Prince couronnée de Laurier , avec la Légende
ordinaire. Nous avons déja donné cette face. Et
sur le revers la France assise et caracterisée par
ses Attributs , tient sur son bras droit LE DUC
' ANJOU , et embrasse de l'autre le DAUPHIN
qui
MARS. 173.1. 575
qui est représenté debout entre ses genoux. Legende
NovUM PERENNITATIS PIGNUS et dans
l'Exergue Dux ANDEGAVENSIS NATUS XXX.
AUGUSTI M. DCC . XXX.
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Résumé : SUITE des Medailles du Roy.
Le texte décrit une médaille royale offerte au roi le premier jour de l'année. Elle montre le roi couronné de laurier sur une face. Sur l'autre face, la France est assise, tenant le duc d'Anjou et embrassant le dauphin. La légende indique 'NovUM PERENNITATIS PIGNUS' et l'exergue précise 'Dux ANDEGAVENSIS NATUS XXX. AUGUSTI M. DCC. XXX.'
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1986
Médaille du Cardinal de Fleury, [titre d'après la table]
Début :
La Médaille dont nous donnons ici la gravûre, et qui a été frappée depuis peu, mérite une [...]
Mots clefs :
Médaille, Gravure, Cardinal de Fleury
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texteReconnaissance textuelle : Médaille du Cardinal de Fleury, [titre d'après la table]
La Médaille dont nous donnons ici la gravûre
, et qui a été frappée depuis peu , mérite une
particuliere attention à toute sorte d'égards . On
y voit d'un côté le Buste de S E. M. le Cardi
nal de Fleury , avec cette Legende ANDREA
HERCULI S. R. E. CARDINALI PRIM . REGI
NÆ ELEMOSINARIO . et sur le Revers une
Colomne élevée sur son pied destal , au dessus.
de laquelle est un Globe chargé de trois fleurs de
Lys , Simbole de la France. Autour de la Colomne
sont representées debout les quatre prin
cipales Vertus , avec les Attributs qui les caracterisent
; pour Legendes VIRTUTES REGNI ADMINISTRA
; et dans l'Exergue M.DCC.XXXI.
Les coins de cette Médaille , dont on ne peut
trop louer le dessein , le goût , et l'exécution ,
ont été gravez par M. Roettiers.
, et qui a été frappée depuis peu , mérite une
particuliere attention à toute sorte d'égards . On
y voit d'un côté le Buste de S E. M. le Cardi
nal de Fleury , avec cette Legende ANDREA
HERCULI S. R. E. CARDINALI PRIM . REGI
NÆ ELEMOSINARIO . et sur le Revers une
Colomne élevée sur son pied destal , au dessus.
de laquelle est un Globe chargé de trois fleurs de
Lys , Simbole de la France. Autour de la Colomne
sont representées debout les quatre prin
cipales Vertus , avec les Attributs qui les caracterisent
; pour Legendes VIRTUTES REGNI ADMINISTRA
; et dans l'Exergue M.DCC.XXXI.
Les coins de cette Médaille , dont on ne peut
trop louer le dessein , le goût , et l'exécution ,
ont été gravez par M. Roettiers.
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Résumé : Médaille du Cardinal de Fleury, [titre d'après la table]
La médaille récemment frappée présente sur l'avers le buste du Cardinal de Fleury avec la légende ANDREA HERCULI S. R. E. CARDINALI PRIM. REGI NÆ ELEMOSINARIO. Le revers montre une colonne avec un globe et des fleurs de lys, symbolisant la France. Autour de la colonne, les quatre vertus principales sont représentées. La légende indique VIRTUTES REGNI ADMINISTRA et l'exergue mentionne l'année M.DCC.XXXI. La médaille a été gravée par M. Roettiers.
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8
p. 976-977
SUITE des Médailles du Roy.
Début :
Depuis la derniere Médaille dont nous avons donné la gravure [...]
Mots clefs :
Médailles, Gravure, Pont
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texteReconnaissance textuelle : SUITE des Médailles du Roy.
SUITE des Médailles du Roy.
Depuis la derniere Médaille dont nous
avons donné la gravure dans le Mercure
du mois de Mars 1731. frappée au sujet
de la Naissance DU DUC D'ANJOU , on en
a frappé deux autres , dont nous nous
faisons un devoir de parler et d'illustrer
ce Livre , par la représentation des deux
differens Revers , qui sont autant de Monumens Historiques du glorieux Regne
de S. M. Nous nous dispensons d'en donner la Face, parce que c'est la même qui
a déja paru sur les derniers Médailles ,
c'est- à-dire , la Tête de cet Auguste Prince , couronnée de Laurier , avec la Lé
gende ordinaire.
Le Revers de la premiere de ces deux
Médailles , représente le magnifique Pont
que le Roy a fait construire à Compiégne , ville de Picardie , située au conAuent des Rivieres d'Oise & d'Aisne, avec
cette Légende : COMPENDIUM ORNATUM
ET LOCUPLETATUM; et dans l'Exergue :
PONTE NOVO ISARA IMPOSITO. M. DCC.
XXX .
Dans le Revers de l'autre Médaille , on
NOC
MORNATUA
MPENDIUM
PAX
SARA
ET
LOCUPLE!
PLETATU
PONTE NOVO 1SARE IMPOSITO MDCC XXX.
PROVI
META NOVIS
OPERIBUS MUNITA MDCCXXXIL
DA
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MAY. 1732. 1977
voit Minerve assise et environnée des
principaux attributs de la Prudence et de
la Paix, qui remet au génie de l'Architec
ture Militaire le Plan des nouvelles Fortifications de Mets , avec ces mots : Pax
PROVIDA. L'Exergue contient cette Inscription : METE NOVIS OPERIBUS MUNITE. M. DCC. XXXII.
Depuis la derniere Médaille dont nous
avons donné la gravure dans le Mercure
du mois de Mars 1731. frappée au sujet
de la Naissance DU DUC D'ANJOU , on en
a frappé deux autres , dont nous nous
faisons un devoir de parler et d'illustrer
ce Livre , par la représentation des deux
differens Revers , qui sont autant de Monumens Historiques du glorieux Regne
de S. M. Nous nous dispensons d'en donner la Face, parce que c'est la même qui
a déja paru sur les derniers Médailles ,
c'est- à-dire , la Tête de cet Auguste Prince , couronnée de Laurier , avec la Lé
gende ordinaire.
Le Revers de la premiere de ces deux
Médailles , représente le magnifique Pont
que le Roy a fait construire à Compiégne , ville de Picardie , située au conAuent des Rivieres d'Oise & d'Aisne, avec
cette Légende : COMPENDIUM ORNATUM
ET LOCUPLETATUM; et dans l'Exergue :
PONTE NOVO ISARA IMPOSITO. M. DCC.
XXX .
Dans le Revers de l'autre Médaille , on
NOC
MORNATUA
MPENDIUM
PAX
SARA
ET
LOCUPLE!
PLETATU
PONTE NOVO 1SARE IMPOSITO MDCC XXX.
PROVI
META NOVIS
OPERIBUS MUNITA MDCCXXXIL
DA
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MAY. 1732. 1977
voit Minerve assise et environnée des
principaux attributs de la Prudence et de
la Paix, qui remet au génie de l'Architec
ture Militaire le Plan des nouvelles Fortifications de Mets , avec ces mots : Pax
PROVIDA. L'Exergue contient cette Inscription : METE NOVIS OPERIBUS MUNITE. M. DCC. XXXII.
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Résumé : SUITE des Médailles du Roy.
Le texte évoque deux médailles royales frappées après celle célébrant la naissance du duc d'Anjou en mars 1731. Ces médailles commémorent des réalisations du règne du roi. La première médaille représente un pont construit à Compiègne, ville de Picardie située à la confluence des rivières Oise et Aisne. La légende de cette médaille est 'COMPENDIUM ORNATUM ET LOCUPLETATUM' et l'exergue indique 'PONTE NOVO ISARA IMPOSITO. M. DCC. XXX.' La seconde médaille montre Minerve, déesse de la Prudence et de la Paix, remettant au génie de l'architecture militaire le plan des nouvelles fortifications de Metz. La légende de cette médaille est 'PAX PROVIDA' et l'exergue 'METE NOVIS OPERIBUS MUNITE. M. DCC. XXXII.' Les deux médailles partagent la même face, représentant la tête du roi couronnée de laurier avec la légende ordinaire.
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9
p. 175-178
« La gravure en général est un talent soumis, c'est-à-dire l'imitation d'un autre [...] »
Début :
La gravure en général est un talent soumis, c'est-à-dire l'imitation d'un autre [...]
Mots clefs :
Gravure, Graveurs, Peintres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La gravure en général est un talent soumis, c'est-à-dire l'imitation d'un autre [...] »
А
BEAUX ARTS.
Agravure en général eft un talent ſoumis
, c'eft- à- dire l'imitation d'un autre
Art. Il ne faut pas entendre par ce mot ,
une copie féche & fervile ; car l'Artiſte
Graveur ne réuffit que par les équivalens
qu'il fçait préfenter . L'intelligence & le
talent lui font donc néceffaires pour arriver
par des voies différentes au même but
que le Peintre. Cette définition générale
renferme l'idée d'un travail particulier , &
le travail exige des variétés fans nombre.
Un Graveur eft néceffairementobligé de
les obferver , felon les circonftances ; mais
fon premier devoir eft d'être toujours foumis
à l'imitation du trait , & à la maniere
du Maître. Hiv
376 MERCURE DE FRANCE.
L'hiſtoire & le portrait ne font pas traités
de la même façon par les Peintres ; des
paffions , des malles de lumiere très- étendues
, des grouppes , des payſages , des
ciels , de l'air , de la vagueffe , &c. Toutes
ces chofes font fort oppofées à une compofition
fimple , à une lumiere répandue fur
un feul point , à des ornemens foumis &
faits pour concourir à un feul objet ; voilà
les idées générales de ces deux genres. Un
Graveur doit faire fentir leurs différens
effets , fans avoir d'autres fecours que le
blanc & le noir , & les oppofitions qu'il
peut tirer de la variété de fon travail.
Ces difficultés doivent augmenter par la
réflexion , le mérite que l'on reconnoît à
ceux dont le burin a fçu rendre des effets
fi flatteurs à la vûe ; on doit même fouvent
excufer les Artiftes , & ne reprocher qu'aux
Peintres plufieurs chofes moins heureufes
qu'on remarque quelquefois dans leurs
planches ; car tous les Peintres n'ont pas
l'intelligence ou la patience néceffaires pour
retoucher les épreuves , & conduire un
Graveur à l'avantage de fon Art. Rubens
fera toujours le mieux gravé des Peintres.
Plein de goût & d'intelligence , il a formé
fes Graveurs , il retouchoit les épreuves ,
& les accordoit pour le blanc & le noir ,
& donnoit , pour ainfi dire , une nouvelle
DECEMBRE. 1754. 177
harmonie différente de fon tableau , mais
Toujours conféquente & plus convenable.
M. Rigaud a eu les mêmes attentions &
la même conduite pour la belle collection
de fes portraits qu'il a laiffés à la poftérité.
L'un & l'autre de ces grands Artiſtes fçavoient
que dans quelques fiécles leurs Ou
vrages ne feroient plus connus que par la
gravure , & cette idée vraie & humiliante
en quelque façon pour des hommes qui
ont excellé , n'avoit point encore frappé
les Maîtres célébres qui ont paru dans
le premier fiécle du renouvellement des
Arts ; ils faifoient peu de cas de la gravure,
ils la regardoient comme une copie privée
de plufieurs fecours , & s'embarraffoient
peu de la façon dont elle les traduifoit.
Ces réflexions font occafionnées
par un portrait qui repréfente un homme
Tranquille , & dont le loifir ne prend rien
fur Refprit , car fa tête eft vive & animée ;
il eft peint par M. Nonnote , & gravé par
M. Daulé.
La compofition en eft belle & aifée , &
Pexécution du Graveur eft fçavante & d'un
beau détail. Le travail de la tête & des
mains est jufte & careffé ; le fond & les
accompagnemens font bien traités , ils font
à leur ton , & préfentent les variétés de
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
burin , fi néceffaires dans la gravure . If
feroit peut - être à defirer que la robe de
chambre & la vefte euffent été un peu
teintées pour donner plus de repos au refte
du tableau .
Malgré cette legere critique , pour la
quelle même il faudroit que l'on pût comparer
l'original à l'eftampe , nous pouvons
affurer que c'eft un très - bel ouvrage de
gravure , & qui doit faire honneur à foa
Auteur.
On lit ces Vers au bas de l'eftampe :
Latus inprafens animus , quod ultrà eft
Oderit curare , & amara lento
Temperet rifu..... HOR.
Daulé demeure rue du Plâtre S. Jacques.
BEAUX ARTS.
Agravure en général eft un talent ſoumis
, c'eft- à- dire l'imitation d'un autre
Art. Il ne faut pas entendre par ce mot ,
une copie féche & fervile ; car l'Artiſte
Graveur ne réuffit que par les équivalens
qu'il fçait préfenter . L'intelligence & le
talent lui font donc néceffaires pour arriver
par des voies différentes au même but
que le Peintre. Cette définition générale
renferme l'idée d'un travail particulier , &
le travail exige des variétés fans nombre.
Un Graveur eft néceffairementobligé de
les obferver , felon les circonftances ; mais
fon premier devoir eft d'être toujours foumis
à l'imitation du trait , & à la maniere
du Maître. Hiv
376 MERCURE DE FRANCE.
L'hiſtoire & le portrait ne font pas traités
de la même façon par les Peintres ; des
paffions , des malles de lumiere très- étendues
, des grouppes , des payſages , des
ciels , de l'air , de la vagueffe , &c. Toutes
ces chofes font fort oppofées à une compofition
fimple , à une lumiere répandue fur
un feul point , à des ornemens foumis &
faits pour concourir à un feul objet ; voilà
les idées générales de ces deux genres. Un
Graveur doit faire fentir leurs différens
effets , fans avoir d'autres fecours que le
blanc & le noir , & les oppofitions qu'il
peut tirer de la variété de fon travail.
Ces difficultés doivent augmenter par la
réflexion , le mérite que l'on reconnoît à
ceux dont le burin a fçu rendre des effets
fi flatteurs à la vûe ; on doit même fouvent
excufer les Artiftes , & ne reprocher qu'aux
Peintres plufieurs chofes moins heureufes
qu'on remarque quelquefois dans leurs
planches ; car tous les Peintres n'ont pas
l'intelligence ou la patience néceffaires pour
retoucher les épreuves , & conduire un
Graveur à l'avantage de fon Art. Rubens
fera toujours le mieux gravé des Peintres.
Plein de goût & d'intelligence , il a formé
fes Graveurs , il retouchoit les épreuves ,
& les accordoit pour le blanc & le noir ,
& donnoit , pour ainfi dire , une nouvelle
DECEMBRE. 1754. 177
harmonie différente de fon tableau , mais
Toujours conféquente & plus convenable.
M. Rigaud a eu les mêmes attentions &
la même conduite pour la belle collection
de fes portraits qu'il a laiffés à la poftérité.
L'un & l'autre de ces grands Artiſtes fçavoient
que dans quelques fiécles leurs Ou
vrages ne feroient plus connus que par la
gravure , & cette idée vraie & humiliante
en quelque façon pour des hommes qui
ont excellé , n'avoit point encore frappé
les Maîtres célébres qui ont paru dans
le premier fiécle du renouvellement des
Arts ; ils faifoient peu de cas de la gravure,
ils la regardoient comme une copie privée
de plufieurs fecours , & s'embarraffoient
peu de la façon dont elle les traduifoit.
Ces réflexions font occafionnées
par un portrait qui repréfente un homme
Tranquille , & dont le loifir ne prend rien
fur Refprit , car fa tête eft vive & animée ;
il eft peint par M. Nonnote , & gravé par
M. Daulé.
La compofition en eft belle & aifée , &
Pexécution du Graveur eft fçavante & d'un
beau détail. Le travail de la tête & des
mains est jufte & careffé ; le fond & les
accompagnemens font bien traités , ils font
à leur ton , & préfentent les variétés de
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
burin , fi néceffaires dans la gravure . If
feroit peut - être à defirer que la robe de
chambre & la vefte euffent été un peu
teintées pour donner plus de repos au refte
du tableau .
Malgré cette legere critique , pour la
quelle même il faudroit que l'on pût comparer
l'original à l'eftampe , nous pouvons
affurer que c'eft un très - bel ouvrage de
gravure , & qui doit faire honneur à foa
Auteur.
On lit ces Vers au bas de l'eftampe :
Latus inprafens animus , quod ultrà eft
Oderit curare , & amara lento
Temperet rifu..... HOR.
Daulé demeure rue du Plâtre S. Jacques.
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Résumé : « La gravure en général est un talent soumis, c'est-à-dire l'imitation d'un autre [...] »
Le texte explore la gravure comme un art imitant la peinture, nécessitant intelligence et talent pour reproduire les œuvres originales. Les graveurs doivent adapter leur travail aux circonstances tout en restant fidèles au trait et à la manière du maître. Ils doivent également rendre les différences entre l'histoire et le portrait, en utilisant uniquement le blanc et le noir. Les difficultés de la gravure augmentent avec la réflexion, et le mérite est reconnu à ceux qui réussissent à créer des effets flatteurs. Rubens et Rigaud sont mentionnés pour leur collaboration réussie avec des graveurs, retouchant les épreuves pour harmoniser les couleurs. Le texte cite également un portrait gravé par Daulé, représentant un homme tranquille avec une composition belle et aisée, et une exécution savante. Malgré une légère critique sur les teintes de la robe de chambre et de la veste, l'œuvre est jugée très belle et honorable. Daulé réside rue du Plâtre S. Jacques.
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10
p. 187-188
GRAVURE.
Début :
Le Médecin empirique, gravé d'après le tableau original de David Teniers, du [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Le Médecin empirique , gravé d'après
le tableau original de David Teniers , du
cabinet de M. le Comte de Vence , par
J. Tardieu , Graveur du Roi , rue des
Noyers , vis-à- vis celle des Anglois. -
188 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en for
Académie royale de Peinture & Sculpture,
vient de mettre au jour une nouvelle
Eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente le Départ des Cavaliers.
Le tableau original eft au cabinet
de M. L. B. D. H. C'eſt le n° . 78 de la
fuite. Sa demeure eft rue des Mathurins ,
la quatrième porte cochere à gauche , en
entrant par la rue de la Harpe.
Le Médecin empirique , gravé d'après
le tableau original de David Teniers , du
cabinet de M. le Comte de Vence , par
J. Tardieu , Graveur du Roi , rue des
Noyers , vis-à- vis celle des Anglois. -
188 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en for
Académie royale de Peinture & Sculpture,
vient de mettre au jour une nouvelle
Eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente le Départ des Cavaliers.
Le tableau original eft au cabinet
de M. L. B. D. H. C'eſt le n° . 78 de la
fuite. Sa demeure eft rue des Mathurins ,
la quatrième porte cochere à gauche , en
entrant par la rue de la Harpe.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux gravures récentes. La première, 'Le Médecin empirique', est de J. Tardieu, d'après David Teniers, et appartient au Comte de Vence. La seconde, 'Le Départ des Cavaliers', est de MOYREAU, d'après P. Wouvermans, et se trouve au cabinet de M. L. B. D. H., rue des Mathurins.
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11
p. 153-158
GRAVURE.
Début :
TEMPLE EN L'HONNEUR DE LA DEESSE VENUS, décoration en relief, qui a [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampes, Vénus, Rembrandt, Graveur
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
EMPLE EN L'HONNEUR DE LA DEESSE
VENUS , décoration en relief , qui a
été exécutéé à Rome , dans la place Farnefe
, en 1747 , à l'occafion de la cérémo-
* On n'a pas cru pouvoir mieux commencer cet
article que par des vers confacrés à la gloire d'unfi
grand Peintre.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE:
nie de l'hommage que le royaume de Naples
rend au Saint Siége ; dédié à M. le
Baron de Hutten , Miniftre de S. A. Mgr.
le Prince Evêque de Spire , à la Cour de
France ; gravé par P. Patte , & ſe vend
chez lui , rue des Noyers , la fixiéme porte
cochere à droite en entrant par la rue Saint
Jacques. Prix livre 10 fols , grandeur
de la feuille du Nom de Jefus.
On fçait que depuis long tems le royaume
de Naples paye un tribut au Saint Siége.
Cette cérémonie fe célébre tous les ans à
Rome la veille de la fête de S. Pierre , avecla
plus grande magnificence. Le Prince
Colonne , Grand Connétable de ce royaume
, accompagné de la plupart des Princes
Romains , va en grand frofque préfenter
au Pape , au nom du Roi fon maître , dans
l'Eglife de S. Pierre , une haquenée blanchequi
eft chargée d'une petite caffette , contenant
en cédules * la redevance que le
royaume de Naples paye chaque année au
Saint Siége . A l'occafion de cette cérémonie
on éleve en relief , au milieu de la place
Farneſe , une magnifique décoration d'architecture
, faifant allufion à quelqu'une
des antiquités qui fe voyent à Naples , ou
* Les cédules font des efpéces de billets d'Etat
ou de lettres de change qui ont cours dans l'Etat
Eccléfiaftique.
AVRIL. 1755 I'S'S
dans fes environs , à Pouzzol , à Bayes ,
& autres lieux . Meffieurs les Penfionnaires
du Roi de France à Rome , font fucceffivement
chargés de compofer cette décoration
, & à l'envi cherchent à fe fignaler
tous les ans par quelques penfées d'architecture
grande & fublime. C'eſt une
de ces compofitions qui a fait l'admiration
unanime des connoiffeurs , que l'on vient
de graver fur les deffeins qu'en fit , en
1747 , M. le Lorrain , aujourd'hui Peintre
du Roi , & pour lors Penfionnaire de S. M.
à fon Accadémie de Rome. On ne craint
point d'affurer que cette eftampe eft de
toute beauté pour l'architecture & les effets
piquans de fa perfpective : elle eft
gravée à l'aide d'une feule ligne,, fuivant
la nouvelle maniere de l'auteur , dont nous
avons parlé dans le Mercure du mois de
Février dernier , & elle mérite d'occuper
un rang diſtingué dans les cabinets des
curieux.; be but
LA PLACE DE LOUIS XV , que l'on
éxécute fur l'efplanade du Pont tournant ,
en face des Tuileries , d'après les deffeins
de M. Gabriel ; premier Architecte du Roi ,
dont la premiere pierre a été pofée par la
Ville le 22 Avril 1754 , fe vend gravée
chez le même P. Patte.
i
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
PORTRAIT DE M. GRANDVAL , peint
par Lancret , Peintre du Roi , en 1742 , &
gravé par J. Le Bas , Graveur du cabinet
du Roi ; de même grandeur que celui de
Mlle Camargo. Prix 3 livres. On lit ces
quatre vers au bas du portrait.
D'attendrir , d'égayer , également capable ;
Tantôt héros , tantôt petit- maître galant :
Il repréſente l'un en copifte excellent ,
L'autre en original aimable.
COLLECTION DE SCULPTURES ANTIQUES
Grecques & Romaines , trouvées à Rome
dans les ruines du palais de Neron & de
Marius .
Cette collection eft rare & finguliere ,
tant par la beauté que par la variété des
morceaux qui la compofent. Les originaux
en marbre de Paros & de Salin , font chez
le fieur Adam l'aîné , Sculpteur ordinaire
du Roi , rue Baffe du chemin du Rempart 3
No. 13. derriere la place de Vendôme ,
entre la rue Saint Louis & la rue Neuve
des Capucines . La collection fe vend à Paris
, chez Joullain , Marchand d'eftampes ,
quai de la Megifferie , à l'enſeigne de la
ville de Rome. 1755.
La façon de graver du fameux Rem
AVRIL 17556
137
1
brandt , qui , fous un heureux defordre ,
peint fi fpirituellement les objets avec att
tant de force que de vérité , paroît avoir
été enfévelie avec fon inventeur ; les difficultés
dont elle eft remplie , ont fans doute
été un obftacle pour ceux qui ont
tenté de marcher fur les traces de cet habile
Peintre & Graveur ; heureufement
elles n'ont point effrayé M. de Marcenay ;
il vient de mettre au jour le portrait de
Rembrandt , peint par lui -même , dont
l'original haut de trois pieds & demi fur
trois de large , fe voit dans le cabinet de
M. le Comte de Vence. Ce Peintre y eft
repréſenté dans fa vieilleffe ; le tableau
ne fe reffent en aucune maniere du froid ,
trop ordinaire à cet âge , bien au contraire
touché à plein pinceau , il eft d'un relief
à étonner ; la lumiere qui vient d'en haut
eft habilement dégradée , ce qui répand.
beaucoup de repos & d'harmonie. Ce Peintre
ayant tout facrifié à la tête , s'eft fervi
d'un fond leger , mais éteint , fur lequel
elle fe détache merveilleufement ; & a af
fecté de négliger les mains , la palette , &
tous les acceffoires qui ne femblent qu'indiqués.
L'accueil favorable que les connoiffeurs
ont fait à ce portrait d'une exécution
très-difficile , & qu'on ofe dire qui
118 MERCURE DE FRANCE.
imite le Rembrandt à s'y tromper , a en
gagé cet artifte à graver le pendant , qui
eft le portrait du Teintoret , également
peint par lui-même ; mais celui- ci eft auffi
correct que l'autre eft négligé. L'un &
l'autre fe vendent chez l'auteur , rue des
Vieux Auguftins , près l'égout . Il donnera
dans peu une fuite de divers morceaux
du Rembrandt , & il grave actuellement
une piece capitale tirée du cabinet de M.
le Marquis de Voyer.
EMPLE EN L'HONNEUR DE LA DEESSE
VENUS , décoration en relief , qui a
été exécutéé à Rome , dans la place Farnefe
, en 1747 , à l'occafion de la cérémo-
* On n'a pas cru pouvoir mieux commencer cet
article que par des vers confacrés à la gloire d'unfi
grand Peintre.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE:
nie de l'hommage que le royaume de Naples
rend au Saint Siége ; dédié à M. le
Baron de Hutten , Miniftre de S. A. Mgr.
le Prince Evêque de Spire , à la Cour de
France ; gravé par P. Patte , & ſe vend
chez lui , rue des Noyers , la fixiéme porte
cochere à droite en entrant par la rue Saint
Jacques. Prix livre 10 fols , grandeur
de la feuille du Nom de Jefus.
On fçait que depuis long tems le royaume
de Naples paye un tribut au Saint Siége.
Cette cérémonie fe célébre tous les ans à
Rome la veille de la fête de S. Pierre , avecla
plus grande magnificence. Le Prince
Colonne , Grand Connétable de ce royaume
, accompagné de la plupart des Princes
Romains , va en grand frofque préfenter
au Pape , au nom du Roi fon maître , dans
l'Eglife de S. Pierre , une haquenée blanchequi
eft chargée d'une petite caffette , contenant
en cédules * la redevance que le
royaume de Naples paye chaque année au
Saint Siége . A l'occafion de cette cérémonie
on éleve en relief , au milieu de la place
Farneſe , une magnifique décoration d'architecture
, faifant allufion à quelqu'une
des antiquités qui fe voyent à Naples , ou
* Les cédules font des efpéces de billets d'Etat
ou de lettres de change qui ont cours dans l'Etat
Eccléfiaftique.
AVRIL. 1755 I'S'S
dans fes environs , à Pouzzol , à Bayes ,
& autres lieux . Meffieurs les Penfionnaires
du Roi de France à Rome , font fucceffivement
chargés de compofer cette décoration
, & à l'envi cherchent à fe fignaler
tous les ans par quelques penfées d'architecture
grande & fublime. C'eſt une
de ces compofitions qui a fait l'admiration
unanime des connoiffeurs , que l'on vient
de graver fur les deffeins qu'en fit , en
1747 , M. le Lorrain , aujourd'hui Peintre
du Roi , & pour lors Penfionnaire de S. M.
à fon Accadémie de Rome. On ne craint
point d'affurer que cette eftampe eft de
toute beauté pour l'architecture & les effets
piquans de fa perfpective : elle eft
gravée à l'aide d'une feule ligne,, fuivant
la nouvelle maniere de l'auteur , dont nous
avons parlé dans le Mercure du mois de
Février dernier , & elle mérite d'occuper
un rang diſtingué dans les cabinets des
curieux.; be but
LA PLACE DE LOUIS XV , que l'on
éxécute fur l'efplanade du Pont tournant ,
en face des Tuileries , d'après les deffeins
de M. Gabriel ; premier Architecte du Roi ,
dont la premiere pierre a été pofée par la
Ville le 22 Avril 1754 , fe vend gravée
chez le même P. Patte.
i
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
PORTRAIT DE M. GRANDVAL , peint
par Lancret , Peintre du Roi , en 1742 , &
gravé par J. Le Bas , Graveur du cabinet
du Roi ; de même grandeur que celui de
Mlle Camargo. Prix 3 livres. On lit ces
quatre vers au bas du portrait.
D'attendrir , d'égayer , également capable ;
Tantôt héros , tantôt petit- maître galant :
Il repréſente l'un en copifte excellent ,
L'autre en original aimable.
COLLECTION DE SCULPTURES ANTIQUES
Grecques & Romaines , trouvées à Rome
dans les ruines du palais de Neron & de
Marius .
Cette collection eft rare & finguliere ,
tant par la beauté que par la variété des
morceaux qui la compofent. Les originaux
en marbre de Paros & de Salin , font chez
le fieur Adam l'aîné , Sculpteur ordinaire
du Roi , rue Baffe du chemin du Rempart 3
No. 13. derriere la place de Vendôme ,
entre la rue Saint Louis & la rue Neuve
des Capucines . La collection fe vend à Paris
, chez Joullain , Marchand d'eftampes ,
quai de la Megifferie , à l'enſeigne de la
ville de Rome. 1755.
La façon de graver du fameux Rem
AVRIL 17556
137
1
brandt , qui , fous un heureux defordre ,
peint fi fpirituellement les objets avec att
tant de force que de vérité , paroît avoir
été enfévelie avec fon inventeur ; les difficultés
dont elle eft remplie , ont fans doute
été un obftacle pour ceux qui ont
tenté de marcher fur les traces de cet habile
Peintre & Graveur ; heureufement
elles n'ont point effrayé M. de Marcenay ;
il vient de mettre au jour le portrait de
Rembrandt , peint par lui -même , dont
l'original haut de trois pieds & demi fur
trois de large , fe voit dans le cabinet de
M. le Comte de Vence. Ce Peintre y eft
repréſenté dans fa vieilleffe ; le tableau
ne fe reffent en aucune maniere du froid ,
trop ordinaire à cet âge , bien au contraire
touché à plein pinceau , il eft d'un relief
à étonner ; la lumiere qui vient d'en haut
eft habilement dégradée , ce qui répand.
beaucoup de repos & d'harmonie. Ce Peintre
ayant tout facrifié à la tête , s'eft fervi
d'un fond leger , mais éteint , fur lequel
elle fe détache merveilleufement ; & a af
fecté de négliger les mains , la palette , &
tous les acceffoires qui ne femblent qu'indiqués.
L'accueil favorable que les connoiffeurs
ont fait à ce portrait d'une exécution
très-difficile , & qu'on ofe dire qui
118 MERCURE DE FRANCE.
imite le Rembrandt à s'y tromper , a en
gagé cet artifte à graver le pendant , qui
eft le portrait du Teintoret , également
peint par lui-même ; mais celui- ci eft auffi
correct que l'autre eft négligé. L'un &
l'autre fe vendent chez l'auteur , rue des
Vieux Auguftins , près l'égout . Il donnera
dans peu une fuite de divers morceaux
du Rembrandt , & il grave actuellement
une piece capitale tirée du cabinet de M.
le Marquis de Voyer.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte présente plusieurs œuvres artistiques et événements historiques. En 1747, une décoration en relief honorant la déesse Vénus a été réalisée à Rome, sur la place Farnèse, à l'occasion d'une cérémonie annuelle où le royaume de Naples rend hommage au Saint-Siège. Cette cérémonie, dirigée par le Prince Colonne, se déroule la veille de la fête de Saint-Pierre et inclut la présentation d'une haquenée blanche portant une cassette contenant des cédules représentant la redevance annuelle. La décoration a été composée par un pensionnaire du Roi de France à Rome et gravée par P. Patte. Elle est disponible à la vente. Le texte mentionne également la place Louis XV, en construction à Paris. Il évoque aussi un portrait de M. Grandval peint par Lancret et gravé par J. Le Bas. Une collection de sculptures antiques grecques et romaines, découvertes dans les ruines du palais de Néron et de Marius, est présentée. Cette collection, composée de morceaux en marbre de Paros et de Salin, est disponible chez le sculpteur Adam l'aîné et chez Joullain, marchand d'estampes. Enfin, le texte évoque le travail de gravure de M. de Marcenay, qui a reproduit des portraits de Rembrandt et du Tintoret, peints par eux-mêmes. Ces gravures sont disponibles chez l'auteur, rue des Vieux Augustins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 131-134
GRAVURE. Lettre à l'Auteur du Mercure.
Début :
Je vous adresse, Monsieur, la justification de M. Duflos, attaqué dans l'article [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe, Claude-Augustin Duflos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. Lettre à l'Auteur du Mercure.
GRAVURE.
Lettre à l'Auteur du Mercure.
E vous adreffe , Monfieur , la juftifica-
Jinus ad. Duños , attaqué dans l'article
quatrieme du Mercure de Mars : je
vous crois trop équitable pour ne pas
l'inférer
dans celui de Mai ; vous le devez
d'autant plus volontiers qu'elle y tiendra
peu de place ; elle eft auffi courte que fim- eſt
ple.
Un ancien éleve de M. Boucher , &
qu'il ne defavoueroit pas , a remis gratuitement
des deffeins de fon Maître au fieur
Duflos , dont il eft l'ami ; ce Graveur en a
fait l'ufage que tous fes confreres en euffent
fait à fa place. Les deffeins de M. Boucher
plaifent , on fe les arrache ; ils tombent
dans fes mains , il les grave ; affuré du
débit , il les recherche avec plus de foin .
Mais je veux qu'il les eut acquis par des
voies illégitimes ; la mauvaiſe humeur ne
laiffoit- elle à notre fçavant artifte d'autre
reffource que de rendre le larcin public ?:
C'eftun moyen ignoré jufqu'ici de fes con
E vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Freres , & qui plus d'une fois dans le cas
de fe plaindre auffi hautement , n'en ont
rien fait ; la réputation étant , au jugement
des hommes , le plus précieux de tous les
biens , demande des égards infinis . Celle
de notre illuftre Académicien eft fi folidement
établie , que des gravûres qu'il ne
veut pas reconnoître , n'étoient pas faites
pour y porter atteinte : que ne laiffoit- il
juger le public ? Il eût vu clair , & il eût
rendu autant de juftice à fa modération
qu'il en rend à fes ouvrages.
Mais tout grand homme a fa manie ;
celle de M. Boucher eft de n'être point
gravé occupé de beaucoup d'ouvrages
qui plaifent , les momens lui échappent
>
n'a pas toujours le tems d'être neuf ; fes
rableaux répandus chez des particuliers ,
ne font pas connus de tout le monde ; fi
la province lui en demande, quelques coups .
de crayon
, quelques traits habilement
ajoûtés ou changés , en font des portraits
nouveaux , & donnent aux Peintres le tems
de refpirer la gravûre y perd , & le public
auffi , mais l'Académicien
y gagne.
:
Inconnu à M. Boucher & à M. Duflos ,
je n'ai d'autre but , Monfieur , que de défendre
un artifte , dont la bonne foi méritoit
plus d'indulgence ; je fouhaiterois apprendre
à leurs femblables les égards qu'ils
MAÍ. 1755. 133
fe doivent réciproquement , & faite connoître
à tous les Peintres qu'ils trouveront
toujours les Graveurs prêts à profiter de
leurs inftructions lorfqu'ils voudront bien
fe communiquer avec le ton de politeffe
& d'affabilité , qui jette autant d'éclat fur
les arts , qu'il honore & diftingue les François.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ce 20 Mars 1755.
LE fieur Gaillard , Graveur en tailledouce
, qui a déja mis au jour plufieurs
eftampes dont le public a été fort fatisfait
, lui en préfente encore une nouvelle
qui pourra également mériter fon fuffrage.
Elle eft gravée d'après un tableau du célebre
M. Boucher , & repréſente une jeune
& belle Dame à fa toilette. Une jolie Marchande
de modes eft affife par terre à fes
pieds , & étale à fes yeux tous les brillans
colifichets dont le beau fexe fait aujourd'hui
fa parure.
On trouve cette eftampe chez l'auteur ,
rue S. Jacques , au- deffus des Jacobins
chez un Perruquier.
*
PORTRAIT du P. Rainaud , gravé par Audrand
, d'après Bonnet. La reffemblance y
eft très bien faifie. On lit ce quatrain au
134
MERCURE DE FRANCE.
bas de l'eftampe , qui fe vend chez l'auteur ,
rue S. Jacques , à la ville de Paris .
Aux applaudiffemens dûs à fon éloquence ,
Ce grand Orateur échappé ,
Dans les vertus enveloppé ,
Prêche encore par fon filence .
M. NATTIER , Peintre du Roi , & Profeffeur
en fon Académie , vient de donner au
public l'eftampe qu'il a fait graver d'après
le portrait de la Reine , qui a paru au falon
du Louvre en 1748. La reffemblance & la
délicateffe du burin font honneur à M.
Tardieu , Graveur du Roi , connu depuis.
long - tems par les foins qu'il prend de bienfinir
fes ouvrages
.
Cette eftampe , qui s'imprime fur la demi-
feuille de papier grand aigle , fe diftribue
à Paris , chez M. Tardieu , rue des
Noyers , à côté du Commiffaire ; & chez
Joullain , quai de la Mégifferie , à la ville
de Rome.
Lettre à l'Auteur du Mercure.
E vous adreffe , Monfieur , la juftifica-
Jinus ad. Duños , attaqué dans l'article
quatrieme du Mercure de Mars : je
vous crois trop équitable pour ne pas
l'inférer
dans celui de Mai ; vous le devez
d'autant plus volontiers qu'elle y tiendra
peu de place ; elle eft auffi courte que fim- eſt
ple.
Un ancien éleve de M. Boucher , &
qu'il ne defavoueroit pas , a remis gratuitement
des deffeins de fon Maître au fieur
Duflos , dont il eft l'ami ; ce Graveur en a
fait l'ufage que tous fes confreres en euffent
fait à fa place. Les deffeins de M. Boucher
plaifent , on fe les arrache ; ils tombent
dans fes mains , il les grave ; affuré du
débit , il les recherche avec plus de foin .
Mais je veux qu'il les eut acquis par des
voies illégitimes ; la mauvaiſe humeur ne
laiffoit- elle à notre fçavant artifte d'autre
reffource que de rendre le larcin public ?:
C'eftun moyen ignoré jufqu'ici de fes con
E vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Freres , & qui plus d'une fois dans le cas
de fe plaindre auffi hautement , n'en ont
rien fait ; la réputation étant , au jugement
des hommes , le plus précieux de tous les
biens , demande des égards infinis . Celle
de notre illuftre Académicien eft fi folidement
établie , que des gravûres qu'il ne
veut pas reconnoître , n'étoient pas faites
pour y porter atteinte : que ne laiffoit- il
juger le public ? Il eût vu clair , & il eût
rendu autant de juftice à fa modération
qu'il en rend à fes ouvrages.
Mais tout grand homme a fa manie ;
celle de M. Boucher eft de n'être point
gravé occupé de beaucoup d'ouvrages
qui plaifent , les momens lui échappent
>
n'a pas toujours le tems d'être neuf ; fes
rableaux répandus chez des particuliers ,
ne font pas connus de tout le monde ; fi
la province lui en demande, quelques coups .
de crayon
, quelques traits habilement
ajoûtés ou changés , en font des portraits
nouveaux , & donnent aux Peintres le tems
de refpirer la gravûre y perd , & le public
auffi , mais l'Académicien
y gagne.
:
Inconnu à M. Boucher & à M. Duflos ,
je n'ai d'autre but , Monfieur , que de défendre
un artifte , dont la bonne foi méritoit
plus d'indulgence ; je fouhaiterois apprendre
à leurs femblables les égards qu'ils
MAÍ. 1755. 133
fe doivent réciproquement , & faite connoître
à tous les Peintres qu'ils trouveront
toujours les Graveurs prêts à profiter de
leurs inftructions lorfqu'ils voudront bien
fe communiquer avec le ton de politeffe
& d'affabilité , qui jette autant d'éclat fur
les arts , qu'il honore & diftingue les François.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ce 20 Mars 1755.
LE fieur Gaillard , Graveur en tailledouce
, qui a déja mis au jour plufieurs
eftampes dont le public a été fort fatisfait
, lui en préfente encore une nouvelle
qui pourra également mériter fon fuffrage.
Elle eft gravée d'après un tableau du célebre
M. Boucher , & repréſente une jeune
& belle Dame à fa toilette. Une jolie Marchande
de modes eft affife par terre à fes
pieds , & étale à fes yeux tous les brillans
colifichets dont le beau fexe fait aujourd'hui
fa parure.
On trouve cette eftampe chez l'auteur ,
rue S. Jacques , au- deffus des Jacobins
chez un Perruquier.
*
PORTRAIT du P. Rainaud , gravé par Audrand
, d'après Bonnet. La reffemblance y
eft très bien faifie. On lit ce quatrain au
134
MERCURE DE FRANCE.
bas de l'eftampe , qui fe vend chez l'auteur ,
rue S. Jacques , à la ville de Paris .
Aux applaudiffemens dûs à fon éloquence ,
Ce grand Orateur échappé ,
Dans les vertus enveloppé ,
Prêche encore par fon filence .
M. NATTIER , Peintre du Roi , & Profeffeur
en fon Académie , vient de donner au
public l'eftampe qu'il a fait graver d'après
le portrait de la Reine , qui a paru au falon
du Louvre en 1748. La reffemblance & la
délicateffe du burin font honneur à M.
Tardieu , Graveur du Roi , connu depuis.
long - tems par les foins qu'il prend de bienfinir
fes ouvrages
.
Cette eftampe , qui s'imprime fur la demi-
feuille de papier grand aigle , fe diftribue
à Paris , chez M. Tardieu , rue des
Noyers , à côté du Commiffaire ; & chez
Joullain , quai de la Mégifferie , à la ville
de Rome.
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Résumé : GRAVURE. Lettre à l'Auteur du Mercure.
Une lettre adressée à l'auteur du Mercure de France défend un graveur nommé Duflos, accusé dans un article précédent. L'auteur de la lettre, un ancien élève de François Boucher, explique que Duflos a utilisé des dessins de Boucher pour créer des gravures, une pratique courante parmi les graveurs. Il justifie Duflos en précisant que, bien que les dessins aient été obtenus de manière illégitime, Duflos n'a pas cherché à nuire à la réputation de Boucher, dont la renommée est bien établie. La lettre critique également Boucher pour son manque de disponibilité et son désir de contrôler les reproductions de ses œuvres. L'auteur espère que cette affaire servira de leçon sur les égards réciproques entre peintres et graveurs. De plus, le texte mentionne plusieurs gravures récentes, dont une de Gaillard d'après un tableau de Boucher, une de Audrand représentant le Père Rainaud, et une de Tardieu d'après un portrait de la Reine par Nattier.
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13
p. 195-138
GRAVURE.
Début :
La nouvelle estampe que M. de Marcenay vient de mettre au jour, est gravée [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
A nouvelle eftampe que M. de Marcenay
vient de mettre au jour , eft gravée
d'après un payſage de Lucas Van-Uden ,
I ij
796 MERCURE DE FRANCE .
*
·
Peintre célebre dans ce genre , & qui a
-mérité l'eftime de Rubens pour lequel il a
travaillé fouvent. Le fujet eft un commen-
⚫cement d'orage ; le foleil fe couche & fait
place à des nuages qui s'amoncelent & qui
doivent renfermer la foudre , à en juger
-par l'action des figures , dont l'une à genoux
, les mains jointes & l'air effrayé ,
femble prier Dieu de détourner le nuage
i'épais qui s'avance ; les deux autres qui tèmoignent
également de l'effror , accélerent
le pas pour s'en mettre à l'abri , ce qui ' a
déterminé l'auteur à lui donner le titre
fuivant :
C
·
Coup
Le ciel fe couvre. Hâtons- nous,
.Il eft affez probable par le détail immen
fe & très-difficile à rendre dans la gravute
dans lequel Van- Uden eft entré , que c'eft
une vue de Flandre prife de la montagne ,
qui forme le premier plan , d'où l'on découvre
tine vafte plaine très - cultivéé ,
quoiqu'il y ait de grandes forêts ; une belle
riviere , après y avoir formé différens circuits
, y vient baigner fur le devant un antique
château , & entretenir par la fraîcheur
de fes eaux celle d'un bois , dont
Eépais feuillage paroît impénétrable aux
ardeurs du foleil.
Le Peintre a répandu dans ce tableau de
JUIN
1755. 197
grands effets , foit par les beaux accidens
qu'il y a ménagés habilement , foit par les
objets qui y étoient naturellement difpofés
; d'ailleurs il l'a peuplé d'une façon ,
agréable. On y voit un vol de heron , des
cygnes , des canards & des moutons qui
paiffent. Le Graveur a fi bien imité fa maniere
, qu'il eft devenu le rival de fon mo-,
dele , & qu'il paroît lui- même créer un
nouveau genre dans fon art. Son eftampe,
fe vend chez lui , rue des Vieux Auguftins ,
PORTRAIT de M. Chardin , deffiné
par M. Cochin , & gravé par M. Cars. Sa
reffemblance y eft heureufement faifie ;
cette naïveté qui forme fon caractere &
qui regne dans fes ouvrages , y frappe
d'abord les regards : on y reconnoît le La
Fontaine de la peinture.
T
Voici des vers faits pour être mis au bas
de cette eftampe. Un Artifte d'un talent fi
vrai mérite bien cette diftinction , & ne
peut être , felon moi , trop dignement cé-
Tébré par tous les arts réunis enſemble.
De quoi pourroit ici s'étonner la nature
C'eft le portrait naïf de l'un de ſes rivaux,
S'il refpire en cette gravure ,
Elle parle dans fes tableaux.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en fon
Académie royale de Peinture & de Sculpture
, vient de mettre au jour une nouvelle
eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente l'Ecurie flamande .
Le tableau original appartient à M. Denis ,
Tréforier général des Bâtimens du Roi ;
c'eft le n° . 79 de fa fuite . La demeure du
Graveur eft rue des Mathurins, la quatrieme
porte cochere à gauche , en entrant par la
rue de la Harpe.
A nouvelle eftampe que M. de Marcenay
vient de mettre au jour , eft gravée
d'après un payſage de Lucas Van-Uden ,
I ij
796 MERCURE DE FRANCE .
*
·
Peintre célebre dans ce genre , & qui a
-mérité l'eftime de Rubens pour lequel il a
travaillé fouvent. Le fujet eft un commen-
⚫cement d'orage ; le foleil fe couche & fait
place à des nuages qui s'amoncelent & qui
doivent renfermer la foudre , à en juger
-par l'action des figures , dont l'une à genoux
, les mains jointes & l'air effrayé ,
femble prier Dieu de détourner le nuage
i'épais qui s'avance ; les deux autres qui tèmoignent
également de l'effror , accélerent
le pas pour s'en mettre à l'abri , ce qui ' a
déterminé l'auteur à lui donner le titre
fuivant :
C
·
Coup
Le ciel fe couvre. Hâtons- nous,
.Il eft affez probable par le détail immen
fe & très-difficile à rendre dans la gravute
dans lequel Van- Uden eft entré , que c'eft
une vue de Flandre prife de la montagne ,
qui forme le premier plan , d'où l'on découvre
tine vafte plaine très - cultivéé ,
quoiqu'il y ait de grandes forêts ; une belle
riviere , après y avoir formé différens circuits
, y vient baigner fur le devant un antique
château , & entretenir par la fraîcheur
de fes eaux celle d'un bois , dont
Eépais feuillage paroît impénétrable aux
ardeurs du foleil.
Le Peintre a répandu dans ce tableau de
JUIN
1755. 197
grands effets , foit par les beaux accidens
qu'il y a ménagés habilement , foit par les
objets qui y étoient naturellement difpofés
; d'ailleurs il l'a peuplé d'une façon ,
agréable. On y voit un vol de heron , des
cygnes , des canards & des moutons qui
paiffent. Le Graveur a fi bien imité fa maniere
, qu'il eft devenu le rival de fon mo-,
dele , & qu'il paroît lui- même créer un
nouveau genre dans fon art. Son eftampe,
fe vend chez lui , rue des Vieux Auguftins ,
PORTRAIT de M. Chardin , deffiné
par M. Cochin , & gravé par M. Cars. Sa
reffemblance y eft heureufement faifie ;
cette naïveté qui forme fon caractere &
qui regne dans fes ouvrages , y frappe
d'abord les regards : on y reconnoît le La
Fontaine de la peinture.
T
Voici des vers faits pour être mis au bas
de cette eftampe. Un Artifte d'un talent fi
vrai mérite bien cette diftinction , & ne
peut être , felon moi , trop dignement cé-
Tébré par tous les arts réunis enſemble.
De quoi pourroit ici s'étonner la nature
C'eft le portrait naïf de l'un de ſes rivaux,
S'il refpire en cette gravure ,
Elle parle dans fes tableaux.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en fon
Académie royale de Peinture & de Sculpture
, vient de mettre au jour une nouvelle
eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente l'Ecurie flamande .
Le tableau original appartient à M. Denis ,
Tréforier général des Bâtimens du Roi ;
c'eft le n° . 79 de fa fuite . La demeure du
Graveur eft rue des Mathurins, la quatrieme
porte cochere à gauche , en entrant par la
rue de la Harpe.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux gravures récentes. La première, réalisée par M. de Marcenay d'après un paysage de Lucas Van-Uden, peintre apprécié de Rubens, montre un début d'orage avec le soleil couchant et des nuages menaçants. La scène, probablement une vue de Flandre, inclut une plaine cultivée, des forêts, une rivière et un château antique. Van-Uden a intégré des éléments naturels et des animaux comme des hérons, des cygnes, des canards et des moutons. Le graveur a fidèlement reproduit le style de Van-Uden, créant un nouveau genre dans son art. Cette estampe est disponible chez l'artiste, rue des Vieux Augustins. Le texte mentionne également un portrait de M. Chardin, dessiné par M. Cochin et gravé par M. Cars, qui met en avant la naïveté caractéristique de Chardin, surnommé le 'La Fontaine de la peinture'. Enfin, Moyreau, graveur du Roi, a publié une nouvelle estampe d'après P. Wouvermans, représentant une écurie flamande. Le tableau original appartient à M. Denis, Trésorier général des Bâtiments du Roi. Moyreau réside rue des Mathurins, quatrième porte cochère à gauche en entrant par la rue de la Harpe.
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14
p. 236-237
AUTRE A MM. les Imprimeurs.
Début :
Farnçois Gando le jeune, Graveur & Fondeur en caracteres d'Imprimerie; [...]
Mots clefs :
François Gando le jeune, Gravure, Fonderie, Caractères d'imprimerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE A MM. les Imprimeurs.
AUTRE
A MM. les Imprimeurs.
François Gando le jeune , Graveur &Fondenx
en caracteres d'Imprimerie ; & Chanoine fon
affocié , donnent avis à MM. les Auteurs , Impri
meurs-Libraires , qu'ils ont actuellement dans
leur fonderie tous les caracteres néceffaires pour
l'Imprimerie, depuis la Nompareille jufqu'au Gros
Canon , tant romains qu'italiques , anciennes &
nouvelles ; que lefdites italiques font fort eftimées
par le bel oeil qu'elles ont , mais plus encore en ce
qu'elles font gravées fort profondes d'oeil , ce qui
fait qu'elles dureront beaucoup plus , & que l'ime
preffion en viendra plus nette.
Il fe trouve dans ladite fonderie plufieurs carac
teres doubles & triples , comme trois Petit romain
, trois Cicero , deux Saint auguſtin , deux
Gros romain ,, &c.
Tous ces différens caracteres ont leurs lettres
de deux points & leurs vignettes , jufqu'au nombre
de cent vingt , de différentes fortes . Ledis
Gando s'offre de graver généralement tout ce qui
dépend dudit art , en lui demandant des épreuves,
ou en lui envoyant des modeles. MM . les Imprimeurs
feront fürs d'être fervis conformément à
Jeurs demandes , & d'avoir de très- bonne matiere.
Ils fondent auffi des interlignes de toute longueur
& épaiffeur , des réglets fimples , doubles
& triples , auffi de toute longueur & épaiffeur ;
crochets & accolades , &c. Ledit Gando s'offre
JU IN. 1755. 237
auffi de graver toutes fortes de caracteres grecs
hébreux , & c. mufique & plain- chant , & pourvu
toutefois que l'ouvrage en mérite la peine.
Ils invitent MM. les Imprimeurs de leur faire
Phonneur de s'adreffer à eux : on verra que nonobftant
les nouvelles italiques , leurs caracteres
fomains font très-beaux ; la plus grande partie
font connus , ayant fait ayec plufieurs beaux ou
vrages dans cette ville , qui méritent l'approbation
des connoiffeurs.
Ils demeurent rue Galande , dans la maifon de
M. Barbier , Avocat confultant , la deuxieme porte
cochere , àmain droite en entrant par la rue Saint
Jacques.
A MM. les Imprimeurs.
François Gando le jeune , Graveur &Fondenx
en caracteres d'Imprimerie ; & Chanoine fon
affocié , donnent avis à MM. les Auteurs , Impri
meurs-Libraires , qu'ils ont actuellement dans
leur fonderie tous les caracteres néceffaires pour
l'Imprimerie, depuis la Nompareille jufqu'au Gros
Canon , tant romains qu'italiques , anciennes &
nouvelles ; que lefdites italiques font fort eftimées
par le bel oeil qu'elles ont , mais plus encore en ce
qu'elles font gravées fort profondes d'oeil , ce qui
fait qu'elles dureront beaucoup plus , & que l'ime
preffion en viendra plus nette.
Il fe trouve dans ladite fonderie plufieurs carac
teres doubles & triples , comme trois Petit romain
, trois Cicero , deux Saint auguſtin , deux
Gros romain ,, &c.
Tous ces différens caracteres ont leurs lettres
de deux points & leurs vignettes , jufqu'au nombre
de cent vingt , de différentes fortes . Ledis
Gando s'offre de graver généralement tout ce qui
dépend dudit art , en lui demandant des épreuves,
ou en lui envoyant des modeles. MM . les Imprimeurs
feront fürs d'être fervis conformément à
Jeurs demandes , & d'avoir de très- bonne matiere.
Ils fondent auffi des interlignes de toute longueur
& épaiffeur , des réglets fimples , doubles
& triples , auffi de toute longueur & épaiffeur ;
crochets & accolades , &c. Ledit Gando s'offre
JU IN. 1755. 237
auffi de graver toutes fortes de caracteres grecs
hébreux , & c. mufique & plain- chant , & pourvu
toutefois que l'ouvrage en mérite la peine.
Ils invitent MM. les Imprimeurs de leur faire
Phonneur de s'adreffer à eux : on verra que nonobftant
les nouvelles italiques , leurs caracteres
fomains font très-beaux ; la plus grande partie
font connus , ayant fait ayec plufieurs beaux ou
vrages dans cette ville , qui méritent l'approbation
des connoiffeurs.
Ils demeurent rue Galande , dans la maifon de
M. Barbier , Avocat confultant , la deuxieme porte
cochere , àmain droite en entrant par la rue Saint
Jacques.
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Résumé : AUTRE A MM. les Imprimeurs.
François Gando le jeune et son associé, un chanoine, annoncent la disponibilité de divers caractères d'imprimerie dans leur fonderie. Ils proposent des caractères allant de la Nompareille au Gros Canon, en versions romaines et italiques, anciennes et nouvelles. Les italiques sont particulièrement appréciées pour leur esthétique et leur durabilité grâce à une gravure profonde. La fonderie offre également des caractères doubles et triples, des lettres de deux points et des vignettes variées. Gando se propose de graver tout type de caractère sur demande, en fournissant des épreuves ou en utilisant des modèles envoyés. Ils fondent aussi des interlignes, réglets, crochets et accolades de différentes tailles. Gando offre également ses services pour graver des caractères grecs, hébreux, musicaux et de plain-chant, sous réserve de la valeur de l'ouvrage. Ils invitent les imprimeurs à les contacter et mettent en avant la qualité de leurs caractères romains, déjà utilisés dans plusieurs ouvrages appréciés. Leur adresse est rue Galande, dans la maison de M. Barbier, Avocat consultant, deuxième porte cochère à droite en entrant par la rue Saint-Jacques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 140-143
GRAVURE.
Début :
JEAN-BAPTISTE MASSÉ, Peintre & Conseiller de l'Académie royale de [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
EAN- BAPTISTE MASSÉ , Peintre
& Confeiller de l'Académie royale de
Peinture & de Sculpture , a deffiné & fait
graver fous fes yeux tous les tableaux de
la grande galerie de Verfailles & des
deux fallons qui l'accompagnent , peints par
Charles le Brun , premier Peintre de Louis
XIV . Cette admirable collection de gravûre
a donné lieu à un Artiſte , qu'un beau
zéle a rendu Poëte , de faire les vers que
JUIN. 1755. 141
nous avons inférés dans le Mercure de
Mai.
Quoique dans ce genre il n'ait jamais ,
paru d'ouvrage plus digne de la curiofité du
public , tant par fon étendue que par la
beauté de fon exécution , quoiqu'il ait été
univerfellement admiré au fallon , où il a
été exposé en 1753 , & que les Gazettes ,
les Mercures & les Journaux en ayent parlé
avec beaucoup d'éloge , il eft furprenant
qu'on n'ait point indiqué où il fe vendoit ,
ni fur les planches ni dans le livret * que
l'auteur nous a donné lui-même de l'explication
de chacun de ces morceaux. Après
tout un pareil oubli de fa part tourne à fa
louange ; il prouve qu'un noble defintéreffement
l'a feul conduit dans le cours
d'un fi long travail , & que fon objet principal
étoit la gloire de la nation . Pour y
fuppléer , nous avertiffons que cet ouvrage
fe vend à Paris , chez le fieur Maffé
place Dauphine.
Si l'on pouvoit fuppofer qu'il y eût
quelques amateurs d'eftampes qui n'euffent
point entendu parler d'une fi belle
collection , ils pourroient en prendre connoiffance
dans les Journaux de Trévoux ,
* Ce livret ſe vend chez la veuve Amaulry , ay
Palais.
142 MERCURE DE FRANCE.
Décembre 1753 , 1 vol . & Mai 1754 , 2
vol. Le R. P. Bertier l'ayant eue entre fes
mains eft celui qui en a fait l'analyſe la
plus exacte.
AMPHITHEATRE DE LA VILLE
D'HERCULANUM ; décoration faifant allu-.
fion à la nouvelle découverte de cette ville
qui fut enfevelie par les cendres du mont
Vefuve fous l'empire de Titus , laquelle a
été exécutée en relief à Rome dans la place
Farnèfe en 1749 , fur les deffeins de M.
Petitot , premier Architecte de S. A. S.
l'Infant Duc de Parme , à l'occaſion de la
cérémonie de l'hommage que le Royaume
de Naples rend au Saint Siége. Dédié à M.
de Montullé , Baron de Saint-Port , & Secrétaire
des commandemens de la Reine.
Cette perfpective qui eft de la grandeur de
la feuille de nom de Jefus , eft gravée par
P. Patte , & fe vend chez lui , rue des
Noyers , la fixieme porte cochere à droite
en entrant par la rue S. Jacques. Prix 1 liv.
10 fols.
I
Cette eftampe eft le digne pendant du
Temple de Venus annoncé dans le Mercure
du mois d'Avril dernier ; elle repréſente
une de ces décorations que l'on exécute
tous les ans à Rome la veille de la Fête de
5. Pierre , lefquelles font toujours allufion,
JUIN. 1755
143
ainfi que nous l'avons déja dit , à quelques-
unes des antiquités du Royaume de
Naples , dont il eft d'ufage de leur faire
retenir le nom , quoiqu'elles ne forent en
effet que des compofitions de MM. les
Penfionnaires de l'Académie de France à
Rome. Comme chaque ville n'avoit qu'un
amphithéatre , & que c'étoit l'édifice le
plus vafte & le plus remarquable , il eft
naturel qu'on ait défigné cette ville par ce
monument ; ainfi on ne doit pas s'étonner
du titre de cette eftampe , qui eft des plus
remarquables par la beauté de fon architecture
& de fa perfpective , ce qui doit lui
mériter un rang diftingué dans les cabinets
des curieux & des amateurs.
EAN- BAPTISTE MASSÉ , Peintre
& Confeiller de l'Académie royale de
Peinture & de Sculpture , a deffiné & fait
graver fous fes yeux tous les tableaux de
la grande galerie de Verfailles & des
deux fallons qui l'accompagnent , peints par
Charles le Brun , premier Peintre de Louis
XIV . Cette admirable collection de gravûre
a donné lieu à un Artiſte , qu'un beau
zéle a rendu Poëte , de faire les vers que
JUIN. 1755. 141
nous avons inférés dans le Mercure de
Mai.
Quoique dans ce genre il n'ait jamais ,
paru d'ouvrage plus digne de la curiofité du
public , tant par fon étendue que par la
beauté de fon exécution , quoiqu'il ait été
univerfellement admiré au fallon , où il a
été exposé en 1753 , & que les Gazettes ,
les Mercures & les Journaux en ayent parlé
avec beaucoup d'éloge , il eft furprenant
qu'on n'ait point indiqué où il fe vendoit ,
ni fur les planches ni dans le livret * que
l'auteur nous a donné lui-même de l'explication
de chacun de ces morceaux. Après
tout un pareil oubli de fa part tourne à fa
louange ; il prouve qu'un noble defintéreffement
l'a feul conduit dans le cours
d'un fi long travail , & que fon objet principal
étoit la gloire de la nation . Pour y
fuppléer , nous avertiffons que cet ouvrage
fe vend à Paris , chez le fieur Maffé
place Dauphine.
Si l'on pouvoit fuppofer qu'il y eût
quelques amateurs d'eftampes qui n'euffent
point entendu parler d'une fi belle
collection , ils pourroient en prendre connoiffance
dans les Journaux de Trévoux ,
* Ce livret ſe vend chez la veuve Amaulry , ay
Palais.
142 MERCURE DE FRANCE.
Décembre 1753 , 1 vol . & Mai 1754 , 2
vol. Le R. P. Bertier l'ayant eue entre fes
mains eft celui qui en a fait l'analyſe la
plus exacte.
AMPHITHEATRE DE LA VILLE
D'HERCULANUM ; décoration faifant allu-.
fion à la nouvelle découverte de cette ville
qui fut enfevelie par les cendres du mont
Vefuve fous l'empire de Titus , laquelle a
été exécutée en relief à Rome dans la place
Farnèfe en 1749 , fur les deffeins de M.
Petitot , premier Architecte de S. A. S.
l'Infant Duc de Parme , à l'occaſion de la
cérémonie de l'hommage que le Royaume
de Naples rend au Saint Siége. Dédié à M.
de Montullé , Baron de Saint-Port , & Secrétaire
des commandemens de la Reine.
Cette perfpective qui eft de la grandeur de
la feuille de nom de Jefus , eft gravée par
P. Patte , & fe vend chez lui , rue des
Noyers , la fixieme porte cochere à droite
en entrant par la rue S. Jacques. Prix 1 liv.
10 fols.
I
Cette eftampe eft le digne pendant du
Temple de Venus annoncé dans le Mercure
du mois d'Avril dernier ; elle repréſente
une de ces décorations que l'on exécute
tous les ans à Rome la veille de la Fête de
5. Pierre , lefquelles font toujours allufion,
JUIN. 1755
143
ainfi que nous l'avons déja dit , à quelques-
unes des antiquités du Royaume de
Naples , dont il eft d'ufage de leur faire
retenir le nom , quoiqu'elles ne forent en
effet que des compofitions de MM. les
Penfionnaires de l'Académie de France à
Rome. Comme chaque ville n'avoit qu'un
amphithéatre , & que c'étoit l'édifice le
plus vafte & le plus remarquable , il eft
naturel qu'on ait défigné cette ville par ce
monument ; ainfi on ne doit pas s'étonner
du titre de cette eftampe , qui eft des plus
remarquables par la beauté de fon architecture
& de fa perfpective , ce qui doit lui
mériter un rang diftingué dans les cabinets
des curieux & des amateurs.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux principales gravures et leurs contextes. La première gravure est une collection de tableaux de la grande galerie de Versailles et des deux salons adjacents, peints par Charles Le Brun, premier Peintre de Louis XIV. Ces tableaux ont été définis et gravés sous la supervision de Jean-Baptiste Massé, Peintre et Conseiller de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Cette collection, exposée en 1753, a été largement élogiée. Elle se vend à Paris chez le sieur Massé, place Dauphine, et un livret explicatif est disponible chez la veuve Amaulry, au Palais. La seconde gravure représente l'amphithéâtre de la ville d'Herculanum, exécuté en relief à Rome en 1749 pour l'hommage du Royaume de Naples au Saint Siège. Gravée par P. Patte, elle est dédiée à M. de Montullé, Baron de Saint-Port, et Secrétaire des commandements de la Reine. Elle se vend chez P. Patte, rue des Noyers, au prix de 1 livre 10 sols. Cette estampe est décrite comme le pendant du Temple de Vénus et est remarquée pour la beauté de son architecture et de sa perspective.
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16
p. 210-212
GRAVURE.
Début :
M. de Marcenay vient de faire paroître l'estampe qu'il a gravée d'après le tableau [...]
Mots clefs :
Estampes, Gravure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
M. de Marcenay vient de faire paroître
l'eftampe qu'il a gravée d'après le tableau
original du cabinet de M. le Marquis
de Voyer, que nous avons annoncé dans
le Mercure du mois d'Avril dernier , en
parlant du début de cet Artifte. Il eft de
AOUST. 1755 211
Rembrandt , & repréfente Tobie recouvrant
la vûe. La fcene fe paffe dans l'intérieur
d'une maifon où le Peintre a préféré
certain defordre pittorefque à une architecture
affervie au coftume. Il paroît s'y
être furpaffé dans les effets furprenans qu'il
y a introduits : fon grouppe principal compofé
de quatre figures, Tobie , fa femme ,
fon fils , & l'Ange qui lui avoit fervi de
guide , eft placé dans le centre de la viſion ,
recevant immédiatement le jour de la fenêtre
, d'autant plus éclatant , qu'il a éteint
les extrêmités du tableau , qui d'ailleurs ne
laiffe rien à defirer fur cette partie fi difficile
à traiter , je veux dire le clair- obfcur.
La fingularité qui fouvent a déterminé
Rembrandt dans fes penfées , l'a fait écar
ter ici du texte de l'Ecriture pour transformer
le jeune tobie en oculifte , qui ,
l'aiguille à la main , leve la cataracte à fon
pere. Il eft très attentif à cette opération
délicate , & le vieillard fort fenfible à la
douleur dont il eft affecté ; fa femme femble
l'exhorter à la patience , & prendre
part à fa peine par la façon affectueufe
dont elle lui ferre la main. Plufieurs figures
grouppées dans l'ombre témoignent
leur furpriſe d'une pareille cure .
Ce grand Maître a fçu tirer parti de
tous les accidens qui ont pu le favorifer
212 MERCURE DE FRANCE.
dans la conduite d'un ouvrage auffi extraordinaire.
Il a allumé du feu dans la cheminée
afin de détacher de ce fond enfumé
l'habillement du jeune homme d'un bleu
tirant fur le noir , dont avoit également
befoin une écharpe en or à qui l'ombre auroit
ôté l'effet fans ce ftratagême. C'eft en
core par une fuite de ce folide raiſonnement
qu'il s'eft fervi de ce même vêtement
comme du fond le plus avantageux à la
poignée de fon fabre , qui pour être d'argent
, & frappée du jour principal , paroît
fortir fort réellement du tableau
violence de la pofition.
par
la
Ce détail , quoique fuccinct , pourra
néanmoins donner une idée légere des
beautés répandues dans cette production
piquante , où la touche eft auffi vraie que
fpirituelle , & le clair- obfcur porté à un
dégré de fublimité , fi j'ofe le dire par la
maniere excellente dont il y eft traité.
M. de Marcenay n'a point méconnu les
difficultés d'une pareille entreprife ; mais
les bontés du public fur fon effai l'ont excité
à les mériter de nouveau par des tra
vaux plus confidérables .
L'Eftampe fe vend à Paris chez l'Auteur,
sue des vieux Auguftins , près l'Egoût.
M. de Marcenay vient de faire paroître
l'eftampe qu'il a gravée d'après le tableau
original du cabinet de M. le Marquis
de Voyer, que nous avons annoncé dans
le Mercure du mois d'Avril dernier , en
parlant du début de cet Artifte. Il eft de
AOUST. 1755 211
Rembrandt , & repréfente Tobie recouvrant
la vûe. La fcene fe paffe dans l'intérieur
d'une maifon où le Peintre a préféré
certain defordre pittorefque à une architecture
affervie au coftume. Il paroît s'y
être furpaffé dans les effets furprenans qu'il
y a introduits : fon grouppe principal compofé
de quatre figures, Tobie , fa femme ,
fon fils , & l'Ange qui lui avoit fervi de
guide , eft placé dans le centre de la viſion ,
recevant immédiatement le jour de la fenêtre
, d'autant plus éclatant , qu'il a éteint
les extrêmités du tableau , qui d'ailleurs ne
laiffe rien à defirer fur cette partie fi difficile
à traiter , je veux dire le clair- obfcur.
La fingularité qui fouvent a déterminé
Rembrandt dans fes penfées , l'a fait écar
ter ici du texte de l'Ecriture pour transformer
le jeune tobie en oculifte , qui ,
l'aiguille à la main , leve la cataracte à fon
pere. Il eft très attentif à cette opération
délicate , & le vieillard fort fenfible à la
douleur dont il eft affecté ; fa femme femble
l'exhorter à la patience , & prendre
part à fa peine par la façon affectueufe
dont elle lui ferre la main. Plufieurs figures
grouppées dans l'ombre témoignent
leur furpriſe d'une pareille cure .
Ce grand Maître a fçu tirer parti de
tous les accidens qui ont pu le favorifer
212 MERCURE DE FRANCE.
dans la conduite d'un ouvrage auffi extraordinaire.
Il a allumé du feu dans la cheminée
afin de détacher de ce fond enfumé
l'habillement du jeune homme d'un bleu
tirant fur le noir , dont avoit également
befoin une écharpe en or à qui l'ombre auroit
ôté l'effet fans ce ftratagême. C'eft en
core par une fuite de ce folide raiſonnement
qu'il s'eft fervi de ce même vêtement
comme du fond le plus avantageux à la
poignée de fon fabre , qui pour être d'argent
, & frappée du jour principal , paroît
fortir fort réellement du tableau
violence de la pofition.
par
la
Ce détail , quoique fuccinct , pourra
néanmoins donner une idée légere des
beautés répandues dans cette production
piquante , où la touche eft auffi vraie que
fpirituelle , & le clair- obfcur porté à un
dégré de fublimité , fi j'ofe le dire par la
maniere excellente dont il y eft traité.
M. de Marcenay n'a point méconnu les
difficultés d'une pareille entreprife ; mais
les bontés du public fur fon effai l'ont excité
à les mériter de nouveau par des tra
vaux plus confidérables .
L'Eftampe fe vend à Paris chez l'Auteur,
sue des vieux Auguftins , près l'Egoût.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte annonce la publication d'une gravure réalisée par M. de Marcenay, inspirée d'un tableau original de Rembrandt appartenant au Marquis de Voyer. Cette œuvre, intitulée 'Tobie recouvrant la vue', avait été précédemment annoncée dans le Mercure d'avril 1755. La scène se déroule à l'intérieur d'une maison, où Rembrandt a privilégié un désordre pictural à une architecture conforme aux coutumes. Le groupe principal, composé de Tobie, sa femme, leur fils et un ange, est placé au centre de la composition, recevant la lumière directe d'une fenêtre, contrastant avec les extrémités plus sombres du tableau. Rembrandt a modifié le texte biblique en représentant le jeune Tobie comme un oculiste opérant son père. La femme de Tobie exhorte son mari à la patience, tandis que plusieurs figures dans l'ombre témoignent de leur surprise. Rembrandt utilise divers artifices, comme un feu dans la cheminée, pour mettre en valeur certains éléments du tableau. La gravure est disponible à la vente à Paris chez l'auteur, rue des Vieux Augustins, près l'Égout.
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17
p. 202-203
GRAVURE.
Début :
Nous annonçons une estampe représentant une vûe de marine peinte par [...]
Mots clefs :
Gravure, Claude Joseph Vernet, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Nfentant une vue de marine peinte par
OUS annonçons une eftampe repréqu'e
le célébre M. Vernet , dédiée à M. le Marquis
de Marigny. L'accueil & les éloges
'elle a reçus , prouvent affez le mérite
de cette gravûre. Nous ne pouvons mieux
la louer que de tranfcrire ici les propres
expreffions de M. Vernet fur cet ouvrage
, tirées de la lettre qu'il a écrite à M.
Balechou , & préfentée à M. de Marigny
en même tems que l'eftampe gravée
Avignon.
·
Lettre de M. Vernet.
Monfieur , je fuis extrêmement fatisfait
de l'eftampe que vous avez gravée d'après
un de mes tableaux ; elle eft bien entendue,
& a toute la force & l'harmonie qu'on
peut defirer dans une gravûre. J'approuve
très-fort l'intention où vous êtes de la dédier
à M. le Marquis de Marigny , il y va
de ma gloire & de mon intérêt , puifque
cela pourra augmenter la bonne opinion
qu'il a de mes talens , lorfqu'il verra que
vous employez le vôtre à tranſmettre à la
SEPTEMBRE . 1755. 203
postérité mes ouvrages . M. de Marigny a
trop de goût & de difcernement pour ne
pas faire un bon accueil à votre eftampe
& vous rendre toute la juftice que vous
méritez.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Toulon , le 3 Mai 1755 .
Vernet.
LE ST LE ROUGE , Ingénieur , Géographe
du Roi , rue des Auguftins , près
la rue S André , vient de publier une nouvelle
carte du Canada & de la Louifiane
pour l'intelligence des affaires actuelles en
Amérique.
Un effai du cours de l'Oyo ; l'élévation
perfpective de l'école royale militaire ; le
plan de la place de Louis XV. On trouve
chez le même l'Amérique feptentrionale ,
en huit feuilles , publiée a Londres par le
Docteur Mitchel . Prix 36 liv . Plus , un
affortiment des meilleures cartes & eftampes
Angloifes ; & un catalogue général des
meilleurs livres qui ont paru depuis cinquante
ans , en diverfes capitales de l'Allemagne
, & qu'il fournira à jufte prix .
Nfentant une vue de marine peinte par
OUS annonçons une eftampe repréqu'e
le célébre M. Vernet , dédiée à M. le Marquis
de Marigny. L'accueil & les éloges
'elle a reçus , prouvent affez le mérite
de cette gravûre. Nous ne pouvons mieux
la louer que de tranfcrire ici les propres
expreffions de M. Vernet fur cet ouvrage
, tirées de la lettre qu'il a écrite à M.
Balechou , & préfentée à M. de Marigny
en même tems que l'eftampe gravée
Avignon.
·
Lettre de M. Vernet.
Monfieur , je fuis extrêmement fatisfait
de l'eftampe que vous avez gravée d'après
un de mes tableaux ; elle eft bien entendue,
& a toute la force & l'harmonie qu'on
peut defirer dans une gravûre. J'approuve
très-fort l'intention où vous êtes de la dédier
à M. le Marquis de Marigny , il y va
de ma gloire & de mon intérêt , puifque
cela pourra augmenter la bonne opinion
qu'il a de mes talens , lorfqu'il verra que
vous employez le vôtre à tranſmettre à la
SEPTEMBRE . 1755. 203
postérité mes ouvrages . M. de Marigny a
trop de goût & de difcernement pour ne
pas faire un bon accueil à votre eftampe
& vous rendre toute la juftice que vous
méritez.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Toulon , le 3 Mai 1755 .
Vernet.
LE ST LE ROUGE , Ingénieur , Géographe
du Roi , rue des Auguftins , près
la rue S André , vient de publier une nouvelle
carte du Canada & de la Louifiane
pour l'intelligence des affaires actuelles en
Amérique.
Un effai du cours de l'Oyo ; l'élévation
perfpective de l'école royale militaire ; le
plan de la place de Louis XV. On trouve
chez le même l'Amérique feptentrionale ,
en huit feuilles , publiée a Londres par le
Docteur Mitchel . Prix 36 liv . Plus , un
affortiment des meilleures cartes & eftampes
Angloifes ; & un catalogue général des
meilleurs livres qui ont paru depuis cinquante
ans , en diverfes capitales de l'Allemagne
, & qu'il fournira à jufte prix .
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Résumé : GRAVURE.
Le document annonce la publication d'une gravure représentant une vue de marine, réalisée par M. Vernet et dédiée à M. le Marquis de Marigny. Cette œuvre a été bien accueillie et a reçu des éloges, confirmant sa qualité. M. Vernet, dans une lettre datée du 3 mai 1755 et signée à Toulon, exprime sa satisfaction à M. Balechou concernant la gravure et son harmonie. Il approuve la dédicace à M. de Marigny, espérant que cela renforcera la bonne opinion de ce dernier sur ses talents. Par ailleurs, le document mentionne la publication par M. Le St Le Rouge, ingénieur et géographe du Roi, d'une nouvelle carte du Canada et de la Louisiane pour mieux comprendre les affaires actuelles en Amérique. Il propose également divers autres ouvrages cartographiques et un catalogue de livres récents parus en Allemagne.
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18
p. 202-204
GRAVURE.
Début :
Plan géométral de la ville de Bordeaux, levé par ordre de M. de Tourny Intendant [...]
Mots clefs :
Gravure, Bordeaux, Rembrandt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Plevé par ordre de M. de Tourny In-
Lan géométral de la ville de Bordeaux ,
tendant de la généralité , dédié & préſenté
au Roi par Meffieurs les Maire
Sous-
Maire , Jurats , Procureur , Syndic &
Secrétaire de cette ville : les élévations
de fes principaux édifices , forment une
bordure autour de ce plan ; une vue des
promenades de la même ville du côté du
château Trompette , une autre de la Porte
& Place de Bourgogne du côté du Port.
A Paris , chez Lattré , Graveur , rue faint
Jacques , où l'on trouve aufli les Plans
de Malte , la Carte géofphérique du Globe
terreftre , le Plan de Nancy , les Campagnes
du Roi repréfentées par des figures
allégoriques , & le projet d'une Place de
Louis XV , fur l'efplanade des Tuileries
préfenté à la Ville de Paris en 1752 , par
M. d'Aquinot architecte.
OCTOBRE 1755 . 203
LA DOUZIEME planche de M. de Marcenay
vient de paroître , elle eft gravée d'après
un tableau de Rembrant , ( large de
fix pieds fur quatre de haut , du cabinet de
M. le Comte de Vence , ) où vraifemblablement
il a peint les portraits de deux
perfonnes de grande diftinction à en juger
par la magnificence de leurs habillemens
qui pour lors n'étoient point équivoques ,
le luxe n'ayant point encore confondu les
conditions ni fuggéré l'idée d'en impofer à
la postérité.
On y voit une femme vêtue de fatin
blanc , fon manteau de pareille étoffe ,
doublé d'hermine , eft attaché par une
agrafe de pierreries. Le voile qu'elle a
fur la tête négligemment rejetté en arriere
, les perles dont elle eft ornée, & plus
encore fon chapeau de fleurs , dénotent
affez que c'eft une victime de l'Hymenée .
Son époux la conduit par la main , & ne
lui cede point en magnificence ; fur une
vefte de fatin brodée , il porte un manteau
de velours ponceau , enrichi d'une broderie
en or , parfeméé de diamans ; fur l'épaule
eft attachée une toile d'or pliée en
forme de noeud d'épaule , & fa tête eft
couverte d'une toque de velours noir , relevée
par une plume blanche & un cordon
de diamans ; fon hauſle- col défigne affez
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
que c'est un guerrier , peut - être feroit- il
de l'illuftre maifon de Naffau , ce que
Meffieurs les amateurs Hollandois pourront
fort aisément fçavoir à la vue de l'eftampe
, par la connoiffance exacte qu'ils ont
des ouvrages
de cet habile Peintre qui fait
tant d'honneur à leur patrie.
Un détail plus étendu ennuieroit plutôt
qu'il ne rendroit raifon de la maniere excellente
dont Rembrant s'eft tiré de ce
pompeux étalage qui eft pour l'ordinaire
l'écueil du pinceau . Rien ne trouble l'unité
de vifion , s'il eft permis de hafarder cette
expreffion , bien loin de là : diamans , étoffes
, payfage , tout , en un mot , par un
merveilleux affemblage , foumis à ce moteur
puiffant de l'harmonie , le clair - obfcur
, répand fur les chairs cet éclat féduifant
fi néceffaire aux portraits où le vrai
ne peut exifter fans le relief. On trouve
cette eftampe chez l'Auteur , rue des
Vieux Auguftins , près l'Egoût , vis- à -vis la
2º. lanterne , & chez M. Lutton , Commis
au recouvrement du Mercure , rue fainte
Anne , butte S. Roch , entre deux Selliers.
Plevé par ordre de M. de Tourny In-
Lan géométral de la ville de Bordeaux ,
tendant de la généralité , dédié & préſenté
au Roi par Meffieurs les Maire
Sous-
Maire , Jurats , Procureur , Syndic &
Secrétaire de cette ville : les élévations
de fes principaux édifices , forment une
bordure autour de ce plan ; une vue des
promenades de la même ville du côté du
château Trompette , une autre de la Porte
& Place de Bourgogne du côté du Port.
A Paris , chez Lattré , Graveur , rue faint
Jacques , où l'on trouve aufli les Plans
de Malte , la Carte géofphérique du Globe
terreftre , le Plan de Nancy , les Campagnes
du Roi repréfentées par des figures
allégoriques , & le projet d'une Place de
Louis XV , fur l'efplanade des Tuileries
préfenté à la Ville de Paris en 1752 , par
M. d'Aquinot architecte.
OCTOBRE 1755 . 203
LA DOUZIEME planche de M. de Marcenay
vient de paroître , elle eft gravée d'après
un tableau de Rembrant , ( large de
fix pieds fur quatre de haut , du cabinet de
M. le Comte de Vence , ) où vraifemblablement
il a peint les portraits de deux
perfonnes de grande diftinction à en juger
par la magnificence de leurs habillemens
qui pour lors n'étoient point équivoques ,
le luxe n'ayant point encore confondu les
conditions ni fuggéré l'idée d'en impofer à
la postérité.
On y voit une femme vêtue de fatin
blanc , fon manteau de pareille étoffe ,
doublé d'hermine , eft attaché par une
agrafe de pierreries. Le voile qu'elle a
fur la tête négligemment rejetté en arriere
, les perles dont elle eft ornée, & plus
encore fon chapeau de fleurs , dénotent
affez que c'eft une victime de l'Hymenée .
Son époux la conduit par la main , & ne
lui cede point en magnificence ; fur une
vefte de fatin brodée , il porte un manteau
de velours ponceau , enrichi d'une broderie
en or , parfeméé de diamans ; fur l'épaule
eft attachée une toile d'or pliée en
forme de noeud d'épaule , & fa tête eft
couverte d'une toque de velours noir , relevée
par une plume blanche & un cordon
de diamans ; fon hauſle- col défigne affez
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
que c'est un guerrier , peut - être feroit- il
de l'illuftre maifon de Naffau , ce que
Meffieurs les amateurs Hollandois pourront
fort aisément fçavoir à la vue de l'eftampe
, par la connoiffance exacte qu'ils ont
des ouvrages
de cet habile Peintre qui fait
tant d'honneur à leur patrie.
Un détail plus étendu ennuieroit plutôt
qu'il ne rendroit raifon de la maniere excellente
dont Rembrant s'eft tiré de ce
pompeux étalage qui eft pour l'ordinaire
l'écueil du pinceau . Rien ne trouble l'unité
de vifion , s'il eft permis de hafarder cette
expreffion , bien loin de là : diamans , étoffes
, payfage , tout , en un mot , par un
merveilleux affemblage , foumis à ce moteur
puiffant de l'harmonie , le clair - obfcur
, répand fur les chairs cet éclat féduifant
fi néceffaire aux portraits où le vrai
ne peut exifter fans le relief. On trouve
cette eftampe chez l'Auteur , rue des
Vieux Auguftins , près l'Egoût , vis- à -vis la
2º. lanterne , & chez M. Lutton , Commis
au recouvrement du Mercure , rue fainte
Anne , butte S. Roch , entre deux Selliers.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit une gravure commandée par M. de Tourny, représentant le plan géométrique de la ville de Bordeaux. Ce plan, dédié au roi, inclut les élévations des principaux édifices bordelais et des vues des promenades et lieux emblématiques comme le château Trompette et la Porte de Bourgogne. La gravure est disponible chez Lattré, graveur à Paris, qui propose également d'autres plans et cartes, tels que ceux de Malte, Nancy, et des campagnes du roi. Par ailleurs, la douzième planche de M. de Marcenay, gravée d'après un tableau de Rembrandt, a été publiée. Ce tableau, provenant du cabinet du Comte de Vence, représente deux personnes de grande distinction. La femme, vêtue de satin blanc et d'hermine, porte des perles et un chapeau de fleurs, indiquant son statut de mariée. Son époux, en satin brodé et velours ponceau, arbore des diamants et une toque noire, suggérant qu'il pourrait être un guerrier de la maison de Nassau. La gravure est disponible chez l'auteur, rue des Vieux Augustins, et chez M. Lutton, rue Sainte-Anne. Le texte souligne la maîtrise de Rembrandt dans la représentation harmonieuse des détails luxueux sans troubler l'unité de la vision.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 213-216
GRAVURE.
Début :
Le Sieur Chenu, Graveur, vient de donner au Public deux parfaitement [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampes, Tableau, Graveur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E Sieur Chenu , Graveur , vient de
donner au Public deux parfaitement
belles eftampes d'après les tableaux peints
à Rome , par M. Pierré , Ecuyer , premier
Peintre de S. A. S. Mgneur le Duc d'Or-
Léans. Les fujets font deux Académies de
grandeur naturelle qui paroiffent ici ,
Tous les titres du Supplice de Promethée &
du Repos de Bacchus , parce que l'une qui
eft vue de face , eft attachée avec des chaînes
à un rocher; & l'autre vue par le dos
Le repofe fur une peau de Tigre & a des
pampres de vigne auprès , ce qui caractérife
l'un & l'autre fujet. Il n'eft pas poffible
d'exiger du burin une plus grande
précifion , & les chairs y font rendues avec
la plus grande vérité. Ces deux tableaux
font dans le cabinet de M. le Comte de
Vence. Le fieur Defcamps , Profeffeur de
l'école du deffein à Rouen , qui a eu l'honneur
de lui dédier la vie des Peintres Flamands
, Allemands & Hollandois , dont
les deux premiers tomes ont déja été donnés
au Public , n'a pu fe refufer aux juftes
éloges qu'ils méritent ; & malgré le principe
qu'il s'eft fait de ne parler que des
2
214 MERCURE DE FRANCE.
Peintres de ces trois nations , il dit dans
fon épître dédicatoire que ces tableaux
placés à côté d'un tableau du Rembrandt ,
s'y foutiennent par la couleur , & leur
font fort fupérieurs du côté de la correction
& de l'élegance du deſſein .
LE ST CHEDEL , Graveur , vient de donner
au Public une eftampe d'après Breugel
de Velour , de la même grandeur du tableau
; elle a pour titre Vente de poiffons à
Schevelinge. On y voit une grande multiplicité
de marchands , & plusieurs perfonnes
qui fe promenent au bord de la mer ,
foit à cheval ou dans des voitures. La rade
paroît couverte de vaiffeaux & de bâtimens
de pêcheurs. Ce tableau a tout le
précieux que l'on connoît à ceux de ce
Maître , & le Graveur connu depuis longtems
par fa touche fiere & hardie , en a
rendu les fineffes & les détails avec une
précifion qui né láiffe rien à défirer. Il
loge rue S. André des Arts , en face de la
rue Gît- le- coeur.
LE SI ALIAMET, Graveur, vient de donner
au Public en même tems une eftampe ,
qui a pour titre l'Humilité récompenſée ,
& qui fait pendant à la précédente ;
elle eft d'après le plus grand tableau que
DECEMBRE . 1755. 215
l'on connoiffe de Bartholomée Brehemberg.
Il eft peint fur bois , & a quatre pieds
de large fur trois de hauteur ; mais il a été
réduit de façon que les figures & le tout
fe trouvent en même proportion . Le Peintre
dont les tableaux font l'ornement des
cabinets des curieux , a choisi pour fon
fujet notre Seigneur , & le Centenier qui
eft à fes genoux ; plufieurs figures parfaitement
bien grouppées forment un cercle ,
& paroiffent l'écouter avec attention : le
payfage eft orné fur le devant d'un beau
morceau d'architecture en ruine. On apperçoit
une ville fur des rochers au bord
de la mer qui termine l'horizon ; & le ciel
qui paroît orageux , contribue à faire briller
les parties éclairées de ce tableau . Celui
de Breugel de Velour & ce dernier
font tous les deux du cabinet de M. le
Comte de Vence . Le Sieur Chedel a fait
l'eau- forte de l'un & de l'autre ; mais celle
de Bartholomée Brehemberg a été entierement
finie & retouchée au burin par le
fieur Aliamet , logé rue des Mathurins
la quatrieme porte cochere en entrant par
la rue de la Harpe. On trouvera chez l'un
& l'autre à acheter les deux pendans .
LE Sr DUFLOS vient de faire paroître
deux jolies eftampes qui ont pour titre
216 MERCURE DE FRANCE.
le Billet doux & la Revendeuse à la toilette.
Elles font gravées d'après deux tableaux
peints par M. Louis Aubert. L'un de ces
tableaux repréfente une Dame aflife fur un
fopha , lifant une lettre que vient de lui
apporter un domeftique. Dans l'autre tableau
on voit une Dame à fa toilette , qui
examine des dentelles que lui préfente une
marchande. Ces deux fujets font traités
dans le gout du célebre M. Chardin. Le
Graveur les a rendus avec beaucoup d'intelligence
, & a très bien faifi l'efprit du
Peintre. Les deux eftampes que j'annonce
au Public , fe vendent chez le fieur Duflos
Graveur , rue Galande, à côté de S. Blaiſe .
LE SE RIGAUD vient de mettre au jour
trois différentes vues du château de Bellevae.
Ces trois eftampes font dédiées à
Madame de Pompadour . On trouve chez
lui toutes les vues des Maifons Royales
& autres , & différentes marines & payafages
propres pour l'optique.
Il demeure rue S. Jacques , un peu audeffus
de la rue des Mathurins.
E Sieur Chenu , Graveur , vient de
donner au Public deux parfaitement
belles eftampes d'après les tableaux peints
à Rome , par M. Pierré , Ecuyer , premier
Peintre de S. A. S. Mgneur le Duc d'Or-
Léans. Les fujets font deux Académies de
grandeur naturelle qui paroiffent ici ,
Tous les titres du Supplice de Promethée &
du Repos de Bacchus , parce que l'une qui
eft vue de face , eft attachée avec des chaînes
à un rocher; & l'autre vue par le dos
Le repofe fur une peau de Tigre & a des
pampres de vigne auprès , ce qui caractérife
l'un & l'autre fujet. Il n'eft pas poffible
d'exiger du burin une plus grande
précifion , & les chairs y font rendues avec
la plus grande vérité. Ces deux tableaux
font dans le cabinet de M. le Comte de
Vence. Le fieur Defcamps , Profeffeur de
l'école du deffein à Rouen , qui a eu l'honneur
de lui dédier la vie des Peintres Flamands
, Allemands & Hollandois , dont
les deux premiers tomes ont déja été donnés
au Public , n'a pu fe refufer aux juftes
éloges qu'ils méritent ; & malgré le principe
qu'il s'eft fait de ne parler que des
2
214 MERCURE DE FRANCE.
Peintres de ces trois nations , il dit dans
fon épître dédicatoire que ces tableaux
placés à côté d'un tableau du Rembrandt ,
s'y foutiennent par la couleur , & leur
font fort fupérieurs du côté de la correction
& de l'élegance du deſſein .
LE ST CHEDEL , Graveur , vient de donner
au Public une eftampe d'après Breugel
de Velour , de la même grandeur du tableau
; elle a pour titre Vente de poiffons à
Schevelinge. On y voit une grande multiplicité
de marchands , & plusieurs perfonnes
qui fe promenent au bord de la mer ,
foit à cheval ou dans des voitures. La rade
paroît couverte de vaiffeaux & de bâtimens
de pêcheurs. Ce tableau a tout le
précieux que l'on connoît à ceux de ce
Maître , & le Graveur connu depuis longtems
par fa touche fiere & hardie , en a
rendu les fineffes & les détails avec une
précifion qui né láiffe rien à défirer. Il
loge rue S. André des Arts , en face de la
rue Gît- le- coeur.
LE SI ALIAMET, Graveur, vient de donner
au Public en même tems une eftampe ,
qui a pour titre l'Humilité récompenſée ,
& qui fait pendant à la précédente ;
elle eft d'après le plus grand tableau que
DECEMBRE . 1755. 215
l'on connoiffe de Bartholomée Brehemberg.
Il eft peint fur bois , & a quatre pieds
de large fur trois de hauteur ; mais il a été
réduit de façon que les figures & le tout
fe trouvent en même proportion . Le Peintre
dont les tableaux font l'ornement des
cabinets des curieux , a choisi pour fon
fujet notre Seigneur , & le Centenier qui
eft à fes genoux ; plufieurs figures parfaitement
bien grouppées forment un cercle ,
& paroiffent l'écouter avec attention : le
payfage eft orné fur le devant d'un beau
morceau d'architecture en ruine. On apperçoit
une ville fur des rochers au bord
de la mer qui termine l'horizon ; & le ciel
qui paroît orageux , contribue à faire briller
les parties éclairées de ce tableau . Celui
de Breugel de Velour & ce dernier
font tous les deux du cabinet de M. le
Comte de Vence . Le Sieur Chedel a fait
l'eau- forte de l'un & de l'autre ; mais celle
de Bartholomée Brehemberg a été entierement
finie & retouchée au burin par le
fieur Aliamet , logé rue des Mathurins
la quatrieme porte cochere en entrant par
la rue de la Harpe. On trouvera chez l'un
& l'autre à acheter les deux pendans .
LE Sr DUFLOS vient de faire paroître
deux jolies eftampes qui ont pour titre
216 MERCURE DE FRANCE.
le Billet doux & la Revendeuse à la toilette.
Elles font gravées d'après deux tableaux
peints par M. Louis Aubert. L'un de ces
tableaux repréfente une Dame aflife fur un
fopha , lifant une lettre que vient de lui
apporter un domeftique. Dans l'autre tableau
on voit une Dame à fa toilette , qui
examine des dentelles que lui préfente une
marchande. Ces deux fujets font traités
dans le gout du célebre M. Chardin. Le
Graveur les a rendus avec beaucoup d'intelligence
, & a très bien faifi l'efprit du
Peintre. Les deux eftampes que j'annonce
au Public , fe vendent chez le fieur Duflos
Graveur , rue Galande, à côté de S. Blaiſe .
LE SE RIGAUD vient de mettre au jour
trois différentes vues du château de Bellevae.
Ces trois eftampes font dédiées à
Madame de Pompadour . On trouve chez
lui toutes les vues des Maifons Royales
& autres , & différentes marines & payafages
propres pour l'optique.
Il demeure rue S. Jacques , un peu audeffus
de la rue des Mathurins.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte présente plusieurs gravures récemment réalisées par des artistes renommés. Le Sieur Chenu a produit deux estampes d'après les tableaux de M. Pierré, premier Peintre du Duc d'Orléans. Ces œuvres, intitulées 'Le Supplice de Prométhée' et 'Le Repos de Bacchus', sont situées dans le cabinet du Comte de Vence et sont louées pour leur précision et la vérité des chairs représentées. Le Sieur Descamp, professeur à Rouen, a salué la qualité de ces tableaux, les comparant favorablement à un tableau de Rembrandt. Le Sieur Le St Chedel a gravé une estampe d'après Breugel de Velours, intitulée 'Vente de poissons à Schevelinge', montrant une scène maritime animée. Cette œuvre est appréciée pour sa précision et ses détails. Le Sieur Aliamet a publié une estampe, 'L'Humilité récompensée', d'après Bartholomée Brehemberg, représentant une scène biblique avec Jésus et un centurion. Cette gravure est également située dans le cabinet du Comte de Vence. Le Sieur Duflos a créé deux estampes, 'Le Billet doux' et 'La Revendeuse à la toilette', d'après les tableaux de M. Louis Aubert, dans le style de M. Chardin. Enfin, le Sieur Rigaud a publié trois vues du château de Bellevue, dédiées à Madame de Pompadour, ainsi que diverses autres vues et paysages.
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20
p. 143-146
L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
Début :
DANS le nombre des découvertes intéressantes que ce siècle a déja procurées [...]
Mots clefs :
Architecte, Académie, Morceaux, Registre de l'Académie royale d'architecture, Gravure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
L'ART de graver Architecture dans le
goût du Lavis.
DANS ANS le nombre des découvertes
intéreffantes que ce fiècle a déja procurées
aux beaux arts , les amateurs feront
fans doute contens de celle que
le fieur Pierre - André Barabé vient de
mettre au jour. Cet Artifte qui entend
très - bien l'Architecture à laquelle il s'eft
appliqué férieuſement pendant plufieurs
144 MERCURE DE FRANCE:
années à l'École de M. Blondel, Architecte
du Roi , imagina dès le mois de
Janvier 1762 , d'imiter le pinceau dans
la gravure , à la place des tailles ufitées
jufqu'à préfent. Le fieur Barabé connoiffoit
bien la manière appellée la manière
noire que Chemitz & plufieurs
habiles Artiftes en ce genre ont employée
dans des fujets d'hiftoire ; mais
Cette manière noire ne fe pouvant appliquer
à l'Architecture , celle-ci demandant
plus de précifion dans le trait ,
& d'éxactitude dans les ornemens que
n'en éxigent la figure , le payfage , ou
toute autre fabrique des tableaux de
chevalet ; notre Auteur a conçu & fait
forger un outil qui , conduit par des
combinaifons qu'il a appliquées à ce
genre de travail , lui fait faire une mulfitude
infinie de points triangulaires qui
bien fondus enſemble expriment dans
le plus grand degré de perfection les
teintes les plus légères , & les ombres
les plus marquées dans le goût du lavis ,
& même une accélération , à laquelle
il n'avoit d'abord ofé prétendre. Le fieur
Barabé content de fes premiers fuccès ,
communiqua cette nouvelle invention
à M. le Comte de Caylus , qui enchanté
de cette découverte , encouragea l'Auteur
AVRIL. 1763. 145
que
teur & le chargea de lui graver quelques
planches d'après les deffeins de
Meffieurs Mignard que M. de Franque
Architecte du Roi lui avoit fait procurer
& qui ont très-bien réuffi . Ce fçavant
& digne citoyen confeilla même
au fieur Barabé de faire voir ſes épreu
ves à l'Académie Royale d'Architecture.
Il a fuivi ce confeil patriotrique & a été
très - bien accueilli de ce Corps illuftre
auquel il a été préſenté ainfi fes
ouvrages ,le 21 Mars de cette année , par
M. Soufflot , Architecte & Contrôleur
des Bâtimens du Roi , Ecuyer , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel, & .
Membre de cette Académie. Ce jeune
Auteur dans cette féance a goûté la
fatisfaction de voir applaudir fes recherches
, fes talens & fon travail , & d'obtenir
enfuite l'Extrait des Registres de
cette Compagnie ; Extrait que je vais
vous rapporter ici , comme un garant
de la perfection que je viens de vous
annoncer.
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'ARCHITECTURE , du 22
Mars 1763.
M. Barabé a préfenté à PAcadémie
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
quatre morceaux de gravure d'Architecture
éxécutés dans une manière nouvelle
d'après des deffeins du Temple de
Diane à Nîmes , faits à la fin du dernier
fiécle par M. Mignard : ces quatre
Morceaux doivent faire partie d'un Livre
des Antiquités de Languedoc & de
Provence que M. le Comte de Caylus
va donner au Public , & qui fera entiérement
gravé dans cette nouvelle manière
qui a paru à l'Académie très-bien
imiter le lavis à l'encre de la Chine . La
Compagnie qui a vu avec plaifir ces
quatre Morceaux de gravures , & qui
regarde la nouvelle manière dont ils
font exécutés , comme très- agréable &
très- utile , eft d'avis qu'on ne peut trop
encourager M. Barabé qui les a faits à
perfe&ionner de plus en plus ce nouveau
genre de gravures qui rend parfaitement
bien les deffeins d'Architecture.
goût du Lavis.
DANS ANS le nombre des découvertes
intéreffantes que ce fiècle a déja procurées
aux beaux arts , les amateurs feront
fans doute contens de celle que
le fieur Pierre - André Barabé vient de
mettre au jour. Cet Artifte qui entend
très - bien l'Architecture à laquelle il s'eft
appliqué férieuſement pendant plufieurs
144 MERCURE DE FRANCE:
années à l'École de M. Blondel, Architecte
du Roi , imagina dès le mois de
Janvier 1762 , d'imiter le pinceau dans
la gravure , à la place des tailles ufitées
jufqu'à préfent. Le fieur Barabé connoiffoit
bien la manière appellée la manière
noire que Chemitz & plufieurs
habiles Artiftes en ce genre ont employée
dans des fujets d'hiftoire ; mais
Cette manière noire ne fe pouvant appliquer
à l'Architecture , celle-ci demandant
plus de précifion dans le trait ,
& d'éxactitude dans les ornemens que
n'en éxigent la figure , le payfage , ou
toute autre fabrique des tableaux de
chevalet ; notre Auteur a conçu & fait
forger un outil qui , conduit par des
combinaifons qu'il a appliquées à ce
genre de travail , lui fait faire une mulfitude
infinie de points triangulaires qui
bien fondus enſemble expriment dans
le plus grand degré de perfection les
teintes les plus légères , & les ombres
les plus marquées dans le goût du lavis ,
& même une accélération , à laquelle
il n'avoit d'abord ofé prétendre. Le fieur
Barabé content de fes premiers fuccès ,
communiqua cette nouvelle invention
à M. le Comte de Caylus , qui enchanté
de cette découverte , encouragea l'Auteur
AVRIL. 1763. 145
que
teur & le chargea de lui graver quelques
planches d'après les deffeins de
Meffieurs Mignard que M. de Franque
Architecte du Roi lui avoit fait procurer
& qui ont très-bien réuffi . Ce fçavant
& digne citoyen confeilla même
au fieur Barabé de faire voir ſes épreu
ves à l'Académie Royale d'Architecture.
Il a fuivi ce confeil patriotrique & a été
très - bien accueilli de ce Corps illuftre
auquel il a été préſenté ainfi fes
ouvrages ,le 21 Mars de cette année , par
M. Soufflot , Architecte & Contrôleur
des Bâtimens du Roi , Ecuyer , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel, & .
Membre de cette Académie. Ce jeune
Auteur dans cette féance a goûté la
fatisfaction de voir applaudir fes recherches
, fes talens & fon travail , & d'obtenir
enfuite l'Extrait des Registres de
cette Compagnie ; Extrait que je vais
vous rapporter ici , comme un garant
de la perfection que je viens de vous
annoncer.
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'ARCHITECTURE , du 22
Mars 1763.
M. Barabé a préfenté à PAcadémie
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
quatre morceaux de gravure d'Architecture
éxécutés dans une manière nouvelle
d'après des deffeins du Temple de
Diane à Nîmes , faits à la fin du dernier
fiécle par M. Mignard : ces quatre
Morceaux doivent faire partie d'un Livre
des Antiquités de Languedoc & de
Provence que M. le Comte de Caylus
va donner au Public , & qui fera entiérement
gravé dans cette nouvelle manière
qui a paru à l'Académie très-bien
imiter le lavis à l'encre de la Chine . La
Compagnie qui a vu avec plaifir ces
quatre Morceaux de gravures , & qui
regarde la nouvelle manière dont ils
font exécutés , comme très- agréable &
très- utile , eft d'avis qu'on ne peut trop
encourager M. Barabé qui les a faits à
perfe&ionner de plus en plus ce nouveau
genre de gravures qui rend parfaitement
bien les deffeins d'Architecture.
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Résumé : L'ART de graver l'Architecture dans le goût du Lavis.
En janvier 1762, Pierre-André Barabé, formé à l'École de M. Blondel, a inventé une nouvelle technique de gravure architecturale inspirée de la manière noire. Cette méthode utilise des points triangulaires pour imiter le lavis, offrant une grande précision dans les traits et les ornements. Barabé a partagé son invention avec le Comte de Caylus, qui l'a encouragé à graver des planches d'après les dessins de Mignard, fournis par l'architecte du Roi, Franque. Ces œuvres ont été bien accueillies. Le 21 mars 1763, avec le soutien de M. Soufflot, Barabé a présenté ses travaux à l'Académie Royale d'Architecture. L'Académie a apprécié ses recherches et ses talents, et l'a encouragé à perfectionner cette nouvelle méthode. Les gravures présentées étaient celles du Temple de Diane à Nîmes, destinées à un livre sur les Antiquités de Languedoc et de Provence édité par le Comte de Caylus. L'Académie a salué la qualité de ces gravures, les jugeant très utiles et agréables, et a exprimé son soutien à Barabé pour qu'il continue à développer cette technique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 199-200
SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts. LETTRE À M. DE LA PLACE.
Début :
Je vous prie, Monsieur, d'annoncer au Public le Portrait de M. Rousseau [...]
Mots clefs :
Portrait, Rousseau, Poète, Gravure, Éloges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts. LETTRE À M. DE LA PLACE.
SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts.
LETTRE A M. DE LA PLACE.
JE vous prie , Monfieur , d'annoncer au Public
lePortrait de M. Rouffeau . l'un des plus célébres
Poëtes François , gravé par M. Ficquet ,
dont le burin ſçavant & délicat s'eſt déja fi
avantageuſement fait connoître par les beaux
Portraits de MM. Delafontaine & Voltaire . Cette
dernière production mérite les plus grands éloges
, & vous en jugerez vous-même , Monfieur ,
par l'epreuve que j'ai l'honneur de vous envoyer.
Ces trois Portraits de même grandeur ſe trouvent
, enſemble ou féparément , chez les principaux
Marchands d'Eſtampes , chez Duchesne ,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , chez Lattré , Graveur , rue S. Jacques:
àla Ville de Bordeaux.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce. 2.Décembre 1763 .
LETTRE A M. DE LA PLACE.
JE vous prie , Monfieur , d'annoncer au Public
lePortrait de M. Rouffeau . l'un des plus célébres
Poëtes François , gravé par M. Ficquet ,
dont le burin ſçavant & délicat s'eſt déja fi
avantageuſement fait connoître par les beaux
Portraits de MM. Delafontaine & Voltaire . Cette
dernière production mérite les plus grands éloges
, & vous en jugerez vous-même , Monfieur ,
par l'epreuve que j'ai l'honneur de vous envoyer.
Ces trois Portraits de même grandeur ſe trouvent
, enſemble ou féparément , chez les principaux
Marchands d'Eſtampes , chez Duchesne ,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , chez Lattré , Graveur , rue S. Jacques:
àla Ville de Bordeaux.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce. 2.Décembre 1763 .
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. des Beaux-Arts. LETTRE À M. DE LA PLACE.
La lettre du 2 décembre 1763 annonce la publication du portrait de M. Rouffeau, gravé par M. Ficquet. Ce graveur est célèbre pour ses portraits de MM. Delafontaine et Voltaire. Les portraits de Rouffeau, Delafontaine et Voltaire sont disponibles chez Duchesne, Lattré et à Bordeaux. Une épreuve du portrait de Rouffeau est incluse pour jugement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 170-171
GRAVURES.
Début :
M. de Mornas, Géographe du Roi & des Enfans de France, a eu l'honneur, le [...]
Mots clefs :
Gravure, Cartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURES.
GRAVURES.
M. de Mornas , Géographe du Roi &
des Enfans de France , a eu l'honneur , le
22 mai dernier , de préſenter à Sa Majeſté
& à la Famille Royale la huitième livraifon
de fon Atlas , confiftante en vingt
cartes qui forment une fuite du quatrième
volume. Ces cartes ont encore rapport à
la feconde époque du fixième âge du
monde , c'eſt - à- dire , depuis la mort d'Alexandre
le Grand jufqu'à la deftruction de
Carthage. On y traite de la fuite des évé
nemens de l'hiftoire de Pergame , de Bithi
nie , d'Héraciée , de Sparte , d'Athènes ,
d'Achaïe , d'Etolie , de Syracufe , & de
Rome.
L'Auteur fe plaint , avec raiſon , de la
négligence des foufcripteurs à venir retirer
les livraiſons à mesure qu'elles paroiffent ,
& ce n'eft que fur leur exactitude qu'il
compte de pouvoir remplir fes engagemens
pris avec le public. Il ne lui feroit
pas poffible , fans cela , de continuer une
ntreprise qui l'oblige à faire des avances
JUIN 1768. 171
confidérables qu'il ne peut retirer que fucceffivement
& à mesure que les foufcripteurs
viennent fe completter.Il prévient qu'à
compter du premier août prochain , & conformément
à fon dernier avis , il fera
payer ſes cartes un tiers au - deffus du prix
fixé par la première foufcription à tous
ceux qui , avant cette époque , n'auront
pas retiré les fix , fept & huitième livraifons
de fon Atlas , que l'on ne trouve que
chez lui , rue Saint - Jacques , à côté de
Saint Yves.
M. de Mornas , Géographe du Roi &
des Enfans de France , a eu l'honneur , le
22 mai dernier , de préſenter à Sa Majeſté
& à la Famille Royale la huitième livraifon
de fon Atlas , confiftante en vingt
cartes qui forment une fuite du quatrième
volume. Ces cartes ont encore rapport à
la feconde époque du fixième âge du
monde , c'eſt - à- dire , depuis la mort d'Alexandre
le Grand jufqu'à la deftruction de
Carthage. On y traite de la fuite des évé
nemens de l'hiftoire de Pergame , de Bithi
nie , d'Héraciée , de Sparte , d'Athènes ,
d'Achaïe , d'Etolie , de Syracufe , & de
Rome.
L'Auteur fe plaint , avec raiſon , de la
négligence des foufcripteurs à venir retirer
les livraiſons à mesure qu'elles paroiffent ,
& ce n'eft que fur leur exactitude qu'il
compte de pouvoir remplir fes engagemens
pris avec le public. Il ne lui feroit
pas poffible , fans cela , de continuer une
ntreprise qui l'oblige à faire des avances
JUIN 1768. 171
confidérables qu'il ne peut retirer que fucceffivement
& à mesure que les foufcripteurs
viennent fe completter.Il prévient qu'à
compter du premier août prochain , & conformément
à fon dernier avis , il fera
payer ſes cartes un tiers au - deffus du prix
fixé par la première foufcription à tous
ceux qui , avant cette époque , n'auront
pas retiré les fix , fept & huitième livraifons
de fon Atlas , que l'on ne trouve que
chez lui , rue Saint - Jacques , à côté de
Saint Yves.
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