Résultats : 2806 texte(s)
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2351
p. 204-205
MORTS.
Début :
Louise de Mailly de Buire, est morte le 26 à Lille en [...]
Mots clefs :
Maison de Mailly, Morts, Lieutenant général, Seigneur, Chevalier, Brigadier, Maréchal de camp, Artillerie, Réputation, Maison de Cramezel
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M O R T S.
Louiſe de Mailly de Buire, eſt morte le 26 à
Lille en Flandre. Elle étoit la derniere de la bran
che de Mailly du Quetnoy, ſortie de celle du
Mailly- Haucourt en 1 5 59. Le Prince de Croy lui
ſuccéde dans tous ſes biens.
Le ſieur Bailly , Iieutenant-Général des Armées
du Roi & de l'Artillerie , mourut a Paris le 2 2 ,
âgé de ſoixante-quatorze ans. -
Marie Marguerite Françoiſe de Melun d'Epinoy,
mou ut en cette ville le 4 Avril, âgée de quatre
vingt ſept ans.
Haut & Puiſſant Seigneur Meſſire Paul de la
Roche-Aymon, Chevalier Seigneur de Lavaud ,
Baron de la Farge, Marquis de Saint Maixent,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis, Lieutenant Général des Armée s du Roi ,
Lieutenant-Général de l'Artillerie de France, &
Directeur en chef de ladite Artillerie au Départe
ment de la haute & bafle Normandie, eſt décédé
ruè du FauxbourgSaint Lazare le 22 Mars 1759,
enterré le 23 à Saint Laurent. Il étoit âgé de 7 f
ans 5 mois 2 , jours , étant né le .7 Septembre
1 683. Il eſt entré au Service dans l'Artillerie en
17o3 , a été fait Capitaine de Canoniers en 17o9.
Brigadier d'Infanterie en . .. .. .. 1721.
Maréchal de Camp en . . . . . . . .. 17 34.
Lieutenant-Général de l'Artillerie au Dé
partement de Normandie en . . . . . .. 1738.
Et Lieutenant Général des Armées du Roi
en - • • • • • • • • • • • • • • • • • • I743 •
Il a commandé en chef l'Artillerie à
l'Armée de la Moſelle Cil • • • • • • • 1744
- M A I. 1759. - 2o5
Aux Armées du bas Rhin en . ' 174 r & 1746.
Aux Armées de Flandres en .. 1747 & 1748.
Tous les Gens de Guerre ſçavent avec quelle
diſtinction & quelle réputation il a ſervi tant dans
les Batailles que dans les Siéges.
| On croit inutile de rappeller au Public la belle
& grande Généalogie de ce Seigneur , dont la
Maiſon eſt des plus connuë.
Le 12 Avril mourut à Paris noble Dame Fran
çoiſe Prieur, âgée de ſoixante-quinze ans. Elle
avoit épouſé le 2 Février 17 5 1, Meſſire Pierre
Auguſtin de Cramezel, Chevalier, ſieur de Ker
gerault, anc en O iicier de la Marine , de la
Maiſon duquel on a donné en Juin 17 5 1, une
courte généalogie. -
Un auteur de cette Maiſon ancienne, du nom
d'Armand de Cramezel, né le 4 Décembre 1 34o,
qui épouſa Anne de Martel fille unique, ſe ſignala
beaucoup à Toul, à Metz & à Verdun, ainſi
qu'a la bataille d'Auvray, qui ſe donna le 24 Sep-.
tembre 1 364, entre Jean Comte de Monfort
& Charles de Blois. Les Mémoires du Comte
de Goudon, allié des Comtes d'Anjou, ont laiſſé
une idée de ſa valeur & de la bravoure d'Armand
Cramezel ; il fut aimé & conſidéré par ſes ac
tions, il ne le fut pas moins par ſes talens ; il
avoit celui d'exprimer avec deux ou trois traits le
burin juſqu'a l'humeur & au caractére particulier
de chaque figure ; il avoit encore l'adreſſe ſin
guliere de ramaſſer en peu de place une infinité
de choſes, & ſi on peut le dire , le don de créer
de l'eſpace ; car, comme l'atteſtent les Mémoi
res de M. le Comte de Goulon, en un ſeul pouce
de terrain, il faiſoit voir diſtinctement cinq a ſix
lieues de pays, & une multitude inconcevable
de perſonnages.
Louiſe de Mailly de Buire, eſt morte le 26 à
Lille en Flandre. Elle étoit la derniere de la bran
che de Mailly du Quetnoy, ſortie de celle du
Mailly- Haucourt en 1 5 59. Le Prince de Croy lui
ſuccéde dans tous ſes biens.
Le ſieur Bailly , Iieutenant-Général des Armées
du Roi & de l'Artillerie , mourut a Paris le 2 2 ,
âgé de ſoixante-quatorze ans. -
Marie Marguerite Françoiſe de Melun d'Epinoy,
mou ut en cette ville le 4 Avril, âgée de quatre
vingt ſept ans.
Haut & Puiſſant Seigneur Meſſire Paul de la
Roche-Aymon, Chevalier Seigneur de Lavaud ,
Baron de la Farge, Marquis de Saint Maixent,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis, Lieutenant Général des Armée s du Roi ,
Lieutenant-Général de l'Artillerie de France, &
Directeur en chef de ladite Artillerie au Départe
ment de la haute & bafle Normandie, eſt décédé
ruè du FauxbourgSaint Lazare le 22 Mars 1759,
enterré le 23 à Saint Laurent. Il étoit âgé de 7 f
ans 5 mois 2 , jours , étant né le .7 Septembre
1 683. Il eſt entré au Service dans l'Artillerie en
17o3 , a été fait Capitaine de Canoniers en 17o9.
Brigadier d'Infanterie en . .. .. .. 1721.
Maréchal de Camp en . . . . . . . .. 17 34.
Lieutenant-Général de l'Artillerie au Dé
partement de Normandie en . . . . . .. 1738.
Et Lieutenant Général des Armées du Roi
en - • • • • • • • • • • • • • • • • • • I743 •
Il a commandé en chef l'Artillerie à
l'Armée de la Moſelle Cil • • • • • • • 1744
- M A I. 1759. - 2o5
Aux Armées du bas Rhin en . ' 174 r & 1746.
Aux Armées de Flandres en .. 1747 & 1748.
Tous les Gens de Guerre ſçavent avec quelle
diſtinction & quelle réputation il a ſervi tant dans
les Batailles que dans les Siéges.
| On croit inutile de rappeller au Public la belle
& grande Généalogie de ce Seigneur , dont la
Maiſon eſt des plus connuë.
Le 12 Avril mourut à Paris noble Dame Fran
çoiſe Prieur, âgée de ſoixante-quinze ans. Elle
avoit épouſé le 2 Février 17 5 1, Meſſire Pierre
Auguſtin de Cramezel, Chevalier, ſieur de Ker
gerault, anc en O iicier de la Marine , de la
Maiſon duquel on a donné en Juin 17 5 1, une
courte généalogie. -
Un auteur de cette Maiſon ancienne, du nom
d'Armand de Cramezel, né le 4 Décembre 1 34o,
qui épouſa Anne de Martel fille unique, ſe ſignala
beaucoup à Toul, à Metz & à Verdun, ainſi
qu'a la bataille d'Auvray, qui ſe donna le 24 Sep-.
tembre 1 364, entre Jean Comte de Monfort
& Charles de Blois. Les Mémoires du Comte
de Goudon, allié des Comtes d'Anjou, ont laiſſé
une idée de ſa valeur & de la bravoure d'Armand
Cramezel ; il fut aimé & conſidéré par ſes ac
tions, il ne le fut pas moins par ſes talens ; il
avoit celui d'exprimer avec deux ou trois traits le
burin juſqu'a l'humeur & au caractére particulier
de chaque figure ; il avoit encore l'adreſſe ſin
guliere de ramaſſer en peu de place une infinité
de choſes, & ſi on peut le dire , le don de créer
de l'eſpace ; car, comme l'atteſtent les Mémoi
res de M. le Comte de Goulon, en un ſeul pouce
de terrain, il faiſoit voir diſtinctement cinq a ſix
lieues de pays, & une multitude inconcevable
de perſonnages.
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Résumé : MORTS.
En 1759, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Louise de Mailly de Buire, dernière de la branche de Mailly du Quetnoy, est décédée le 26 avril à Lille en Flandre. Le Prince de Croy a hérité de tous ses biens. À Paris, le sieur Bailly, Lieutenant-Général des Armées du Roi et de l'Artillerie, est mort le 22 avril à l'âge de soixante-quatorze ans. Marie Marguerite Françoise de Melun d'Epinoy est décédée le 4 avril à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Paul de la Roche-Aymon, Chevalier et Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 22 mars à l'âge de 75 ans. Il a servi dans l'artillerie depuis 1703 et a occupé divers postes prestigieux. Françoise Prieur, âgée de soixante-quinze ans, est morte le 12 avril à Paris. Elle avait épousé Pierre Augustin de Cramezel, officier de la Marine. La famille Cramezel est connue pour ses exploits militaires et artistiques, notamment Armand de Cramezel, né en 1340.
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2352
p. 207-208
Compagnie pour la recette des Rentes. Bureau, Rue Quinquempoix, entre le Cul-de-Sac de Venise & l'Hotel Beaufort.
Début :
Cette Compagnie, composée de dix Associés solidaires, fera publiquement & a découvert [...]
Mots clefs :
Rentes, Compagnie, Associés, Notaire, Profit, Remboursement, Rentiers
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texteReconnaissance textuelle : Compagnie pour la recette des Rentes. Bureau, Rue Quinquempoix, entre le Cul-de-Sac de Venise & l'Hotel Beaufort.
CoMPAGNIE pour la recette des Rentes. Bureau,
Rue Quinquempoix , entre le Cul-de-Sac de
Veniſe & l'Hotel Beaufort.-
Cette Compagnie, compoſée de dix Aſſociés ſo-'
lidaires, fera publiquement & a découvert la Re
cette les Rentes de ceux qui voudront l'en charger.
Elle offre aux Renti rs ce qu'ils ne peuvent trou
ver chez un Particulier ; un dépôt fixe , un tra- "
vail continu & une ſolilité d'obligation.
Par ſon Acte de Société, paſſé devant Maître
JDevoulges, Notaire à Paris - elle a pris des me
·ſures pour que les fon is ſoient remis avec la
Plus grande célérité. Comme elle renonce a tout
2o8 M E R CU R E D E F RA N C E.
profit à faire ſur l'argent ou ſur les Lettres, ſon
ſervice ſera très prompt ; elle remettra dans la
Province en reſcriptions par les voyes indiquées
par les Rentiers ; ainſi ſon état ne pouvant jamais
être expoſé, le Public ne le ſera jamais avecelle.
La Compagnie aſſurée d'une correſpondance
très étendue , a fixé ſon honoraire ; ſavoir,
Au deſſous de 5o liv., à 6 d. pour liv.
· De 5o liv. a 1 oo 4 d. pour liv.
, De 1ooo liv. à 2 ooo liv. un pour cent.
: Et demi pour cent , ou meilleure compoſition
ſur les parties au-deſſus de deux mille liv. ſuivant
qu'elles ſont fortes ; le tout outre le rembourſe
ment des frais de quittances, ports de Lettres
& autres débourſés. -
: On ſe chargera de la recette des Rentes de tou
te eſpéce ſur les Revenus du Roi, le Clergé , les
Etats, les Communautés, mème ſur les Particu
liers , pourvu qu'il n'y ait aucunes pourſuites à
faire ; de celle des Coupons, Dividendes , &c.
· La Compagnie a autoriſé le Notaire Dépoſitai
re de la Minute de l'Acte de Société à délivrer par
Extraits les noms , qualités & demeures des Aſſo
ciés a tous ceux qui voudront les connoître.
Les Rentiers ſont priés d'adreſſer leurs Lettres à
M. Boudier & Compagnie, au Bureau, de la Re
cette des Rentes, Rue Quinquempoix, a Paris , &
d'indiquer exactement leur adreſſe, la voye par
laquelle ils deſirent qu'on leur faſle tenir leur ar- .
gent, même à Paris, & s'ils ſouhaitent recevoir
par année ou par ſix mois, ſoit toutes les Parties,
ſoit quelques-unes d'entrelles.
* On leur enverra un modéle de procuration.
Rue Quinquempoix , entre le Cul-de-Sac de
Veniſe & l'Hotel Beaufort.-
Cette Compagnie, compoſée de dix Aſſociés ſo-'
lidaires, fera publiquement & a découvert la Re
cette les Rentes de ceux qui voudront l'en charger.
Elle offre aux Renti rs ce qu'ils ne peuvent trou
ver chez un Particulier ; un dépôt fixe , un tra- "
vail continu & une ſolilité d'obligation.
Par ſon Acte de Société, paſſé devant Maître
JDevoulges, Notaire à Paris - elle a pris des me
·ſures pour que les fon is ſoient remis avec la
Plus grande célérité. Comme elle renonce a tout
2o8 M E R CU R E D E F RA N C E.
profit à faire ſur l'argent ou ſur les Lettres, ſon
ſervice ſera très prompt ; elle remettra dans la
Province en reſcriptions par les voyes indiquées
par les Rentiers ; ainſi ſon état ne pouvant jamais
être expoſé, le Public ne le ſera jamais avecelle.
La Compagnie aſſurée d'une correſpondance
très étendue , a fixé ſon honoraire ; ſavoir,
Au deſſous de 5o liv., à 6 d. pour liv.
· De 5o liv. a 1 oo 4 d. pour liv.
, De 1ooo liv. à 2 ooo liv. un pour cent.
: Et demi pour cent , ou meilleure compoſition
ſur les parties au-deſſus de deux mille liv. ſuivant
qu'elles ſont fortes ; le tout outre le rembourſe
ment des frais de quittances, ports de Lettres
& autres débourſés. -
: On ſe chargera de la recette des Rentes de tou
te eſpéce ſur les Revenus du Roi, le Clergé , les
Etats, les Communautés, mème ſur les Particu
liers , pourvu qu'il n'y ait aucunes pourſuites à
faire ; de celle des Coupons, Dividendes , &c.
· La Compagnie a autoriſé le Notaire Dépoſitai
re de la Minute de l'Acte de Société à délivrer par
Extraits les noms , qualités & demeures des Aſſo
ciés a tous ceux qui voudront les connoître.
Les Rentiers ſont priés d'adreſſer leurs Lettres à
M. Boudier & Compagnie, au Bureau, de la Re
cette des Rentes, Rue Quinquempoix, a Paris , &
d'indiquer exactement leur adreſſe, la voye par
laquelle ils deſirent qu'on leur faſle tenir leur ar- .
gent, même à Paris, & s'ils ſouhaitent recevoir
par année ou par ſix mois, ſoit toutes les Parties,
ſoit quelques-unes d'entrelles.
* On leur enverra un modéle de procuration.
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Résumé : Compagnie pour la recette des Rentes. Bureau, Rue Quinquempoix, entre le Cul-de-Sac de Venise & l'Hotel Beaufort.
La Compagnie pour la recette des Rentes, basée Rue Quinquempoix à Paris, est constituée de dix associés solidaires. Elle propose de recevoir les rentes pour le compte des intéressés, garantissant un dépôt fixe, un travail continu et une solidarité d'obligation. L'acte de société, établi par Maître JDevoulges, Notaire à Paris, assure la rapidité de remise des fonds, la compagnie renonçant à tout profit sur l'argent ou les lettres. Les fonds sont remis en province selon les indications des rentiers, garantissant ainsi la sécurité du public. La compagnie fixe des honoraires variables en fonction du montant des rentes : 6 deniers par livre pour les montants inférieurs à 50 livres, 4 deniers pour ceux entre 50 et 100 livres, et 1% pour ceux entre 1000 et 2000 livres. Pour les montants supérieurs à 2000 livres, une composition spécifique est négociée. La compagnie gère les rentes de toute espèce, y compris celles sur les revenus du Roi, du Clergé, des États, des Communautés et des particuliers, à condition qu'il n'y ait pas de poursuites à faire. Les rentiers sont invités à adresser leurs lettres à M. Boudier & Compagnie, en précisant leur adresse, la voie de remise des fonds et la fréquence de réception des paiements. Un modèle de procuration sera envoyé aux rentiers.
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2353
p. 209-211
De Londres le 18 Avril.
Début :
L'escadre de l'Amiral Cornish, composée de quatre vaisseaux de guerre & de sept [...]
Mots clefs :
Escadre, Amiral, Vaisseaux, Guadeloupe, Port, Équipages, Recrutement, Violences, Députés, Ministres, Corsaires, Armements, Envoyé extraordinaire, Invasion, Général, Parlement, Emprunt
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texteReconnaissance textuelle : De Londres le 18 Avril.
DE LONDRES le 18 Avril.
L'efcadre de l'Amiral Cornish , compofée de
quatre vaiffeaux de guerre & de fept vaiffeaux de
la Compagnie des Indes , partit le 14 du port de
Sainte-Helene. Nous ignorons abfolument le
fuccès de l'entrepriſe fur la Guadeloupe.
L'Amiral Bofcawen eft parti de Portsmouth
avec fix vaiffeaux de guerre pour le rendre à Plymouth
, où fon efcadre doit fe renforcer de quelques
autres bâtimens. Enfuite il mettra à la voile
& ira établir fa croifiere à la hauteur de Breft ,
pour obferver les mouvemens de la flote nombreufe
que les François arment dans ce port , &
qu'on affure devoir inceffamment mettre en
mer.
Du 20,
La néceffité de completter promptement les équi
pages de nos efcadres , continue de rencontrer de
grandes difficultés , & donne lieu à des violences
anouies. Comme on ne trouve plus perfonne à
enlever fur terre , on a pris le parti de fe jetter fur
tous les navires qui arrivent , pour en prendre de
force les matelots. Cette conduite a déja occafioné
du tumulte en divers endroits...
210 MERCURE DE FRANCE.
Du 4 Mai.
Lés Députés extraordinaires des Etats Généraux
ont de fréquentes conférences avec nos Miniftres.
Ils preffent vivement la reftitution des prifes. Elle
a été promife ; mais elle ne s'effectue point. Il s'eft
formé ici un parti confidérable pour foutenir les
intérêts des Corfaires Anglois , contre les plaintes
& les follicitations des propriétaires des navires,
enlevés à la Hollande.
La fâcheufe nouvelle de la bataille de Berghen ,
nous fut apportée le 24. Elle a répandu ici une
vraie confternation .
On continue à Portsmouth l'armement de la
flotte qui doit agir fur les côtes de France , & dont
l'Amiral Anfon prendra le commandement. C'eſt
fur le Royal-Georges que cet Amiral doit arborer,
fon pavilion . Ce vaiffeau de cent canons n'eft pas
encore tout-à-fait équipé , non - plus que quelques
autres qui feront partie de cette flotte . On efpere
cependant qu'elle fera en état de mettre à la voile
le 20 de ce mois.
Le Baron de Kniphaufen , Envoyé extraordinaire
du Roi de Pruffe , propofa dernierement
aux Miniftres du Roi de faire paffer en Allemagne
douze bataillons de nos troupes pour renforcer
l'armée des Alliés. Mais cette propofition fut rejettée
d'une maniere affez vive , par la raison que
l'Angleterre a befoin de toutes les forces pour les
oppofer aux projets d'invaſion dont elle eft me-
!
nacée.
On mande d'Edimbourg , qu'on y a reçu avis
que le Général Hopfon , après avoir détruit les
fortifications de Baffeterre dans l'Ifle de la Guadeloupe
, avoit fait rembarquer les troupes , & qu'il
fe difpofoit à les ramener en Angleterre.
On affure que le Parlement fera obligé de re
voquer la foufcription qui a été ouverte pour un
JUIN 1759 :
21 f
emprunt de fix millions fix cent mille livres fterlings.
On fe propofe de lui fubftituer un emprunt
રે quatre pour cent d'intérêt.
L'efcadre de l'Amiral Cornish , compofée de
quatre vaiffeaux de guerre & de fept vaiffeaux de
la Compagnie des Indes , partit le 14 du port de
Sainte-Helene. Nous ignorons abfolument le
fuccès de l'entrepriſe fur la Guadeloupe.
L'Amiral Bofcawen eft parti de Portsmouth
avec fix vaiffeaux de guerre pour le rendre à Plymouth
, où fon efcadre doit fe renforcer de quelques
autres bâtimens. Enfuite il mettra à la voile
& ira établir fa croifiere à la hauteur de Breft ,
pour obferver les mouvemens de la flote nombreufe
que les François arment dans ce port , &
qu'on affure devoir inceffamment mettre en
mer.
Du 20,
La néceffité de completter promptement les équi
pages de nos efcadres , continue de rencontrer de
grandes difficultés , & donne lieu à des violences
anouies. Comme on ne trouve plus perfonne à
enlever fur terre , on a pris le parti de fe jetter fur
tous les navires qui arrivent , pour en prendre de
force les matelots. Cette conduite a déja occafioné
du tumulte en divers endroits...
210 MERCURE DE FRANCE.
Du 4 Mai.
Lés Députés extraordinaires des Etats Généraux
ont de fréquentes conférences avec nos Miniftres.
Ils preffent vivement la reftitution des prifes. Elle
a été promife ; mais elle ne s'effectue point. Il s'eft
formé ici un parti confidérable pour foutenir les
intérêts des Corfaires Anglois , contre les plaintes
& les follicitations des propriétaires des navires,
enlevés à la Hollande.
La fâcheufe nouvelle de la bataille de Berghen ,
nous fut apportée le 24. Elle a répandu ici une
vraie confternation .
On continue à Portsmouth l'armement de la
flotte qui doit agir fur les côtes de France , & dont
l'Amiral Anfon prendra le commandement. C'eſt
fur le Royal-Georges que cet Amiral doit arborer,
fon pavilion . Ce vaiffeau de cent canons n'eft pas
encore tout-à-fait équipé , non - plus que quelques
autres qui feront partie de cette flotte . On efpere
cependant qu'elle fera en état de mettre à la voile
le 20 de ce mois.
Le Baron de Kniphaufen , Envoyé extraordinaire
du Roi de Pruffe , propofa dernierement
aux Miniftres du Roi de faire paffer en Allemagne
douze bataillons de nos troupes pour renforcer
l'armée des Alliés. Mais cette propofition fut rejettée
d'une maniere affez vive , par la raison que
l'Angleterre a befoin de toutes les forces pour les
oppofer aux projets d'invaſion dont elle eft me-
!
nacée.
On mande d'Edimbourg , qu'on y a reçu avis
que le Général Hopfon , après avoir détruit les
fortifications de Baffeterre dans l'Ifle de la Guadeloupe
, avoit fait rembarquer les troupes , & qu'il
fe difpofoit à les ramener en Angleterre.
On affure que le Parlement fera obligé de re
voquer la foufcription qui a été ouverte pour un
JUIN 1759 :
21 f
emprunt de fix millions fix cent mille livres fterlings.
On fe propofe de lui fubftituer un emprunt
રે quatre pour cent d'intérêt.
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Résumé : De Londres le 18 Avril.
Le 18 avril, l'escadre de l'Amiral Cornish a quitté Sainte-Hélène pour la Guadeloupe, tandis que l'Amiral Boscawen s'est dirigé vers Plymouth pour renforcer son escadre et surveiller la flotte française au large de Brest. Le 20 avril, des difficultés ont surgi pour compléter les équipages, entraînant des violences et des enlèvements forcés de matelots. Le 4 mai, les députés des États Généraux ont pressé la restitution des prises promises mais non effectuées, et la nouvelle de la bataille de Berghen a causé une consternation générale. À Portsmouth, l'armement de la flotte pour agir sur les côtes de France continue, sous le commandement de l'Amiral Anson à bord du Royal-Georges, avec une date de départ prévue le 20 mai. Le Baron de Kniphausen a proposé de transférer des troupes anglaises en Allemagne, mais cette proposition a été rejetée en raison des besoins de défense nationale. Le Général Hopkins a détruit les fortifications de Basse-Terre en Guadeloupe et se prépare à ramener ses troupes en Angleterre. Enfin, le Parlement envisage de révoquer un emprunt de six millions six cent mille livres sterling pour un emprunt à quatre pour cent d'intérêt.
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2354
p. 211-212
DE VERSAILLES, le 3 Mai.
Début :
L'Ecole des Chevaux-Legers de la Garde ordinaire du Roi, vient de donner à Monseigneur [...]
Mots clefs :
Duc de Bourgogne, École, Garde du roi, Maniement des armes, Infanterie, Exercices, Représentation, Inspection, Milice, Abbaye, Diocèse, Ordre, Abbé, Sceau, Marquis, Sa Majesté
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 3 Mai.
DE VERSAILLES le 3 Mai.
L'Ecole des Chevaux- Legers de la Garde ordinaire
du Roi , vient de donner à Monfeigneur le
Duc de Bourgogne le même fpectacle qu'elle offrit
à Sa Majesté au mois de Juin 1756. Les Eleves
de cette Ecole firent devant ce Prince le maniement
des armes , les évolutions de l'infanterie ,
les exercices de l'efcrime & du voltiger. De la
falle de ces exercices , le Prince paffa à une galle
-rie qui domine une vafte carriere , d'où il vit faire
le manége , les évolutions de cavalerie & différentes
courfes de tête. Enfuite les Eléves lui donnèrent
des images de choc & de mêlée de cavalerie
, de poftes attaqués , d'infanterie forcée dans
212 MERCURE DE FRANCE .
fes retranchemens . Ce fpectacle guerrier fe ter
mina par la réunion de l'infanterie & de la cavalerie
formée en bataille devant le Prince , qui en
parut fort fatisfait.
Toutes les perfonnes qui accompagnèrent Monfeigneur
le Duc de Bourgogne, & une foule nombreuſe
de ſpectateurs , applaudirent aux ſuccès des
Eleves de cette Ecole , qui fe perfectionne tous les
jours.
Sa Majefté a chargé de l'Infpection des Milices
Gardes Côtes de la Province de Bretagne , le
Comte de la Noue de Vair , Colonel réformé à la
fuire du régiment de Picardie.
Du 1000
Le Roi a donné l'Abbaye de la Garde - Dieu ,
Ordre de Citeaux , Diocèle de Cahors , à l'Abbé
de Foy , Prêtre du Diocèle de Bourges.
L'Abbaye de Bonlieu , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Limoges , à l'Abbé Defmarais , Grand-Vicaire
& Chanoine de la Cathédrale de Troyes.
L'Abbaye de Madion , Ordre de S. Benoît
Diocèle de Saintes , à l'Abbé d'Hériffon , Chanoine
de la Cathé Irale de Saintes.
Et le Prieuré de S. Pierre Defurunnes , Diocèfe
de la Rochelle , au fieur la Boucherie de Varaiſe ,
Chanoine de la Rochelle , & Confeiller- Clerc au
Préfidial de cette Ville.
Du 17.
Lei de ce mois , le Roi tint le fceau la
pour
quarante-neuvieme fois. Le Marquis de Bethune
prêta ferment entre les mains de Sa Majeſté ,
pour la charge de Colonel- Général de la Cavalerie
Légere , vacante par la mort du Prince de Turenne.
L'Ecole des Chevaux- Legers de la Garde ordinaire
du Roi , vient de donner à Monfeigneur le
Duc de Bourgogne le même fpectacle qu'elle offrit
à Sa Majesté au mois de Juin 1756. Les Eleves
de cette Ecole firent devant ce Prince le maniement
des armes , les évolutions de l'infanterie ,
les exercices de l'efcrime & du voltiger. De la
falle de ces exercices , le Prince paffa à une galle
-rie qui domine une vafte carriere , d'où il vit faire
le manége , les évolutions de cavalerie & différentes
courfes de tête. Enfuite les Eléves lui donnèrent
des images de choc & de mêlée de cavalerie
, de poftes attaqués , d'infanterie forcée dans
212 MERCURE DE FRANCE .
fes retranchemens . Ce fpectacle guerrier fe ter
mina par la réunion de l'infanterie & de la cavalerie
formée en bataille devant le Prince , qui en
parut fort fatisfait.
Toutes les perfonnes qui accompagnèrent Monfeigneur
le Duc de Bourgogne, & une foule nombreuſe
de ſpectateurs , applaudirent aux ſuccès des
Eleves de cette Ecole , qui fe perfectionne tous les
jours.
Sa Majefté a chargé de l'Infpection des Milices
Gardes Côtes de la Province de Bretagne , le
Comte de la Noue de Vair , Colonel réformé à la
fuire du régiment de Picardie.
Du 1000
Le Roi a donné l'Abbaye de la Garde - Dieu ,
Ordre de Citeaux , Diocèle de Cahors , à l'Abbé
de Foy , Prêtre du Diocèle de Bourges.
L'Abbaye de Bonlieu , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Limoges , à l'Abbé Defmarais , Grand-Vicaire
& Chanoine de la Cathédrale de Troyes.
L'Abbaye de Madion , Ordre de S. Benoît
Diocèle de Saintes , à l'Abbé d'Hériffon , Chanoine
de la Cathé Irale de Saintes.
Et le Prieuré de S. Pierre Defurunnes , Diocèfe
de la Rochelle , au fieur la Boucherie de Varaiſe ,
Chanoine de la Rochelle , & Confeiller- Clerc au
Préfidial de cette Ville.
Du 17.
Lei de ce mois , le Roi tint le fceau la
pour
quarante-neuvieme fois. Le Marquis de Bethune
prêta ferment entre les mains de Sa Majeſté ,
pour la charge de Colonel- Général de la Cavalerie
Légere , vacante par la mort du Prince de Turenne.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 3 Mai.
Le 3 mai, l'École des Chevaux-Légers de la Garde ordinaire du Roi a présenté un spectacle au Duc de Bourgogne, similaire à celui offert au Roi en juin 1756. Les élèves ont démontré le maniement des armes, les évolutions de l'infanterie, ainsi que les exercices d'escrime et de voltige. Le Duc a ensuite observé des manœuvres de cavalerie et diverses courses de tête depuis une galerie. Les élèves ont simulé des combats de cavalerie, des attaques de postes et de l'infanterie forcée dans ses retranchements. Le spectacle s'est conclu par une formation en bataille de l'infanterie et de la cavalerie devant le Prince, qui en a été très satisfait. Les spectateurs ont applaudi les performances des élèves, soulignant leur perfectionnement constant. Par ailleurs, le Roi a nommé le Comte de la Noue de Vair à l'inspection des Milices Gardes Côtes de la Province de Bretagne. Il a également attribué diverses abbayes et prieurés à des ecclésiastiques. Le 17 mai, le Roi a tenu le sceau pour la quarante-neuvième fois, et le Marquis de Béthune a prêté serment pour la charge de Colonel-Général de la Cavalerie Légère, vacante suite au décès du Prince de Turenne.
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2355
p. 212-213
DE PARIS, le 5 Mai.
Début :
La Compagnie des Intéressés au Canal de Provence, est obligée d'avertir tous les [...]
Mots clefs :
Actions, Canal de Provence, Arrêts, Ordonnance du roi, Corps royal d'artillerie, Service, Bataillons, Provence, Milice, Maréchal
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 5 Mai.
De PARIS , le Mai.
La Compagnie des Intéreffés au Canal de Proeft
obligée d'avertir tous les Porteurs d'acvence
,
越
1
213
JUIN. 1759.
tions établies fur l'entreprise de ce Canal , que conformément
aux Arrêts rendus le 23 Janvier & le
Avril de cette année , dans la Chambre des
Eaux & Forêts du Parlement d'Aix , ils doivent
avant le 9 du prochain mois deJuin , dépofer leurs
actions à Paris chez le fieur Therese , Notaire, rue
du Roule , & à Aix chez le fieur Pontier ; toutes
les actions qui ne feront pas déposées avant ce
terme , feront réduites à la moitié de leur valeur.
Du 12.
On vient de publier une Ordonnance du Roi ,
en date du 2 du mois dernier , portant Réglement
pour le fervice du Corps Royal de l'Artillerie. Cette
Ordonnance eft divifée en trois parties. La premiere
traite du ſervice en général , la feconde régle
le fervice dans les places , & la troiſiéme a
pour objet le fervice en campagne. 3
On écrit de Marfeille que les fix Bataillons.des
troupes du Roi , qui étoient en Corfe , doivent arriver
inceffamment en Provence . Ce renfort, joint
aux autres troupes qui font dans cette Province ,
formera un corps de dix-huit Bataillons. Il y a de
plus , quatre mille Gardes- Côtes , & une Milice
Bourgeoife de cinq mille hommes , que la Ville
'de Marfeille vient de lever. Le Maréchal de Thomond
a fait mettre en bon état toutes les batteries
qui font fur les côtes de la Méditerrannée. Il a
en Languedoc vingt - cinq Bataillons , & il a fait
un choix parmi les Milices du pays , d'un corps de
cinq mille hommes , qui fe porteront avec promp
titude par- tout où la néceſſité l'exigèra .
La Compagnie des Intéreffés au Canal de Proeft
obligée d'avertir tous les Porteurs d'acvence
,
越
1
213
JUIN. 1759.
tions établies fur l'entreprise de ce Canal , que conformément
aux Arrêts rendus le 23 Janvier & le
Avril de cette année , dans la Chambre des
Eaux & Forêts du Parlement d'Aix , ils doivent
avant le 9 du prochain mois deJuin , dépofer leurs
actions à Paris chez le fieur Therese , Notaire, rue
du Roule , & à Aix chez le fieur Pontier ; toutes
les actions qui ne feront pas déposées avant ce
terme , feront réduites à la moitié de leur valeur.
Du 12.
On vient de publier une Ordonnance du Roi ,
en date du 2 du mois dernier , portant Réglement
pour le fervice du Corps Royal de l'Artillerie. Cette
Ordonnance eft divifée en trois parties. La premiere
traite du ſervice en général , la feconde régle
le fervice dans les places , & la troiſiéme a
pour objet le fervice en campagne. 3
On écrit de Marfeille que les fix Bataillons.des
troupes du Roi , qui étoient en Corfe , doivent arriver
inceffamment en Provence . Ce renfort, joint
aux autres troupes qui font dans cette Province ,
formera un corps de dix-huit Bataillons. Il y a de
plus , quatre mille Gardes- Côtes , & une Milice
Bourgeoife de cinq mille hommes , que la Ville
'de Marfeille vient de lever. Le Maréchal de Thomond
a fait mettre en bon état toutes les batteries
qui font fur les côtes de la Méditerrannée. Il a
en Languedoc vingt - cinq Bataillons , & il a fait
un choix parmi les Milices du pays , d'un corps de
cinq mille hommes , qui fe porteront avec promp
titude par- tout où la néceſſité l'exigèra .
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Résumé : DE PARIS, le 5 Mai.
L'avis de la Compagnie des Intérêffés au Canal de Proeft, daté du 21 juin 1759, informe les porteurs d'actions qu'ils doivent déposer leurs titres avant le 9 juin suivant chez le notaire Therese à Paris ou Pontier à Aix, conformément aux arrêts du Parlement d'Aix de janvier et avril 1759. Les actions non déposées seront réduites de moitié. Par ailleurs, une ordonnance royale du 2 mai 1759 régit le service du Corps Royal de l'Artillerie, divisé en trois parties : le service en général, le service dans les places et le service en campagne. Des nouvelles de Marseille rapportent l'arrivée de six bataillons du roi en Provence, portant le total des troupes à dix-huit bataillons. De plus, quatre mille Gardes-Côtes et une milice bourgeoise de cinq mille hommes ont été levés. Le maréchal de Thomond a préparé des batteries sur les côtes méditerranéennes et rassemblé vingt-cinq bataillons en Languedoc, ainsi qu'une milice de cinq mille hommes prête à intervenir.
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2356
p. 92-120
MELANGES de Littérature, d'Histoire & de Philosophie. Nouvelle édition.
Début :
Ce Recueil de quelques Ouvrages de M. Dalembert contient nombre de morceaux [...]
Mots clefs :
Jean Le Rond d'Alembert, Traduction, Lettres, Homme, Caractère, Morceaux, Genève, Hommes, Langues, Spectacles, Théâtre, Gens de lettres, Vie, Génie, Sentiments, Philosophie, Traduire, Religion, Écrivains, Langue, Lois, Écrivain, Jean-Jacques Rousseau, Moeurs, Manière, Poètes, Pères, Femmes, Éloges, Essai
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MELANGES de Littérature, d'Histoire & de Philosophie. Nouvelle édition.
MELANGES de Littérature , d'Hiftoire
& de Philofophie . Nouvelle édition.
CE Recueil de quelques Ouvrages de
M. Dalembert contient nombre de morceaux
déjà connus ; tels font le difcours
préliminaire de l'Encyclopédie , & la Préface
du troifième Volume de ce Dictionnaire
; l'Effai fur la Société des Gens de
Lettres & des Grands ; les Eloges académiques
de M. Bernoulli , de M. l'Abbé
JUILLET. 1759. 93
Terraffon , de M. le Préſident de Montefquieu,
avec l'Analyſe de l'Eſprit des Loix ;
celui de M. l'Abbé Mallet, & celui de M.
Dumarſais ; les Mémoires de Chriſtine, le
Difcours de réception de M. Dalembert
à l'Académie Françoife , avec des réflexions
fur l'élocution oratoire & fur le ſtyle
en général ; une Deſcription abrégée du
Gouvernement de Genève , & un Effai de
traduction de quelques morceaux de Tacite.
M. Dalembert nous avertit que parmi
ces morceaux déjà foumis au jugement du
Public , il en eft plufieurs qui reparoiffent
avec des augmentations & des changemens
, comme l'Eſſai de traduction des
morceaux de Tacite , le difcours fur l'élocution
&c.
Il a retouché de même l'Effai fur les
Gens de Lettres , & il y a fait quelques
additions relatives à l'état préfent de la
République Littéraire. Il fçait que la liberté
avec laquelle il s'eft exprimé dans
cet Eſſai , a excité quelques murmures ;
» mais a-t-il dit la vérité ? Voilà ce qui
» importe au Public. A- t- il attaqué ou
» même défigné quelqu'un ? Voilà ce qui
» importe aux Particuliers.
Je ferai cependant une obſervation fur
cette franchife philofophique dont per
94 MERCURE DE FRANCE .
fonne n'a droit de s'offenfer & dont fi peu
de gens s'accommodent. On la pardonne à
un Auteur qui n'eft plus , on l'admire dans
fes écrits comme portant le cara & ere
d'une ame libre & courageufe ; mais elle
choque dans un Auteur vivant , & la raifon
en eft bien naturelle. On regarde celui-
ci comme ufurpateur d'une autorité
que l'on veut n'accorder à perſonne ; expofé
à vivre avec lui , on exige qu'il fe
foumette aux loix de cette complaifance
fociale qui épargne la vanité des uns en
cachant la fupériorité des autres. Le plus
inévitable de tous les afcendans , & par
conféquent le plus importun
le plus
odieux pour les ames vaines , c'est l'empire
de la raiſon. Celui qui le fait fentir
fans égards , fans ménagement , eft donc
affuré de déplaire .
,
C'eft à l'homme qui penfe & qui juge
mieux que la multitude , à voir s'il a le
courage de faire des mécontens pendant
fa vie , pour avoir des admirateurs après
fa mort. On propofe un parti modéré :
ce feroit non feulement d'éviter les perfonalités
offenfantes , mais encore de préfenter
les vérités générales avec une circonfpection
timide. Mais la vérité fous
le voile en eft beaucoup moins frappante;
elle languit dans les détours ; la politeffe
JUILLET. 1759. 95 .
l'amollit & l'énerve ; & fouvent en fait
de morale l'éloquence perd de fa force
en perdant de fon âpreté , pareille à ces
remèdes dont on affoiblit la vertu fi on
leur ôte leur amertume . Un Ecrivain
brafque & tranchant doit donc renoncer
à la faveur des gens du monde ; mais fon
parti pris fur cette privation , il n'a plus
qu'un mot à dire: Lecteurs , fuppofez
que je fuis mort , & que j'écrivois il y
» a mille ans. » C'eft au moins dans ce
point de vue que l'on doit confidérer un
Ecrivain Philofophe lorfqu'on veut le
Juger équitablement . On doit l'ifoler de
la fociété , écarter toutes les confidéra
tions perfonnelles , oublier l'homme &
peler les écrits .
Les morceaux dont M. Dalembert a
nouvellement enrichi fes Mélanges , font
des réfléxions fur les éloges Académiques
; une réponse à la Lettre de M.
Rouffeau , Citoven de Genève , fur l'Article
Genève de l'Encyclopédie ; des Ob
fervations fur l'art de traduire ; un Effai
fur les Elémens de Philofophie , ou fur les
principes des connoiffances humaines ; des
réflexions
fur l'ufage & fur l'abus de la
Philofophie
en matière de goût , fur l'abus
en matière de Religion ; fur
dela
critique
la liberté dela
Mufique.
1
96 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les additions faites aux morceaux
déjà connus & qui font en trèsgrand
nombre , ( furtout dans les effais
de traduction de Tacite ) je ne citerai
qu'un endroit de l'effai fur la fociété des
Gens de Lettres avec les Grands. Il s'agit
des protecteurs . » Ce qu'il y a de plus
honteux , pour les Grands & pour la
» Littérature , c'eft que des Ecrivains qui
» deshonorent leur état par la fatyre ,
» trouvent des protecteurs encore plus
» méprifables qu'eux. L'homme de Lettres
"
و د
digne de ce nom dédaigne également
»& de fe plaindre des uns & de répon-
» dre aux autres ; mais quelque peu ſen-
» fible qu'il doive- être aux injures prifes
» en elles-mêmes , il ne doit pas fermer
» les yeux fur l'appui qu'on leur prête ,
»ne fût ce que pour fe former une idée
jufte de ceux qui daignent les favori-
» fer. Dans les pays où la preffe n'eft pas
» libre , la licence d'infulter les Gens de
» Lettres par des fatyres , n'eft qu'une
»preuve du peu de confidération réelle
» qu'on a pour eux , du plaifir même
» qu'on prend à les voir infultés. Et pourquoi
eft-il plus permis d'outrager un
» homme de Lettres qui honore ſa na-
»tion , que de rendre ridicule un homme
» en place qui avilit la fienne ?... Je ne
و ر
» puis
JUILLET. 1759. 97
puisme difpenfer de rapporter à cette
» occafion une anecdote bien propre à
» faire connoître le caractère & l'injufti-
» ce des hommes dont je parle. Un d'entr'eux
tournoit en ridicule la délicateffe
»> exceffive d'un Ecrivain célèbre, qui avoit
» témoigné un chagrin ( trop grand fans
doute ) de quelques fatyres publiées.
» contre lui : l'Ecrivain célèbre fit une
» Chanfon où l'homme en place étoit
» effleuré très- légèrement. Si on eût cru
" l'offenfé , les Loix n'avoient pas affez
»de fupplices pour punir l'injure qu'on
» lui avoit faite. »
Je vais parcourir auffi rapidement qu'il
me fera poffible les morceaux nouvellement
ajoutés à ce Recueil ; mais il en
eft qui demandent une férieufe attention,
Dans les réfléxions fur les éloges académiques
, M. Dalembert ne diffimule
pas les abus de l'ufage où l'on eft de
célébrer des hommes qui ne méritent
que l'oubli ; mais ces abus lui paroiffent
légers en comparaifon des avantages.
»Si les anciens qui élevoient des Statues
aux grands hommes , avoient eu le
"même foin que nous , d'écrire la vie
"des gens de Lettres ; nous aurions , il
eft vrai , quelques Mémoires inutiles ,
I, Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
و د
mais nous ferions plus inftruits fur les
progrès des fciences & des arts & fur les
» découvertes de tous les âges ; hiſtoire
» plus intéreffante pour nous que celle
» d'une foule de Souverains qui n'ont
» fait que du mal aux hommes. >>
Il ne veut pas que l'on fe borne à dire
ce que l'homme de Lettres a fait ; il croit
auffi utile de faire connoître ce qu'il a
été , & de peindre l'homme en mêmetemps
que l'Ecrivain . » Cependant le but
» des éloges littéraires eft de rendre les
» Lettres refpectables , & non de les avi-
» lir. Si donc la conduite a deshonoré
» les ouvrages , quel parti prendre ? Louer
» les ouvrages . Et fi d'un autre côté la
» conduite eft fans reproches & les ou-
» vrages fans mérite , que dire alors ? Se
» taire. » C'eſt en effet le parti le plus
fage & le plus décent : car il me paroît
bien difficile d'obferver dans la peinture
morale des caractères cette diſtinction
délicate que prefcrit M. Dalembert entre
les traits défectueux que l'on peut relever
& ceux qu'on doit paffer fous filence ;
& quand les limites font auffi peu marquées
, en approcher de trop près , c'eſt
s'expofer à les franchir. Ainfi la liberté
que peut fe donner à cet égard un Ecrivain
fûr de lui-même , ne doit jamais tirer
JUILLET. 1759 99
à conféquence , encore moins paffer en
régle, & le plaifir d'obferver le contraſte
ou l'accord des écrits & des moeurs d'un
homme de Lettres qui n'eft plus , ne doit
pas l'emporter fur le danger d'introduire
dans les Sociétés littéraires la fatyre perfonnelle.
» Le ton d'un éloge hiftorique ne doit
» être ni celui d'un Difcours oratoire , ni
» celui d'une narration aride. Les réflexions
philofophiques font l'ame & la
fubitance de ce genre d'écrits .... Ceft
en cela que l'illuftre Secrétaire de l'Académie
des Sciences ( M. de Fonte-
» nelle ) a furtout excellé : c'eſt par-là
» qu'il fera principalement époque dans
» l'Hiſtoire de la Philofophie : c'eſt par- là
» enfin qu'il a rendu fi dangereufe à occu-
» per aujourd'hui la place qu'il a remplie
» avec tant de fuccès. Si on peut lui re-
» procher de légers défauts , c'eft quel-
» quefois trop de familiarité dans le ftyle,
quelquefois trop de recherches & de
>> rafinement dans les idées ; ici une forte
» d'affectation à montrer en petit les
» grandes choſes ; là quelques détails pué-
» rils peu dignes de la gravité d'un ouvrage
philofophique. Voilà pourtant ,
» qui le croiroit ? en quoi la plupart de
E ij
535004
}
Too
MERCURE
DE
FRANCE
. " nos faifeurs d'éloges ont cherché à lu
>> reffembler. >>
»
Les obfervations de M. D. fur l'art de
traduire font pleines de Philofophie & de
goût. De quelque côté qu'on le tourne
» dans les Beaux-arts, dit M , Dalembert ,
» on voit partout la médiocrité dictant les
» Loix , & le génie s'abaiſſant à lui obéir.
C'eſt un Souverain empriſonné par des
» efclaves ; cependant s'il ne doit pas fe
» laiffer fubjuguer , il ne doit
ود
"
pas non
L'art
de la traduction
eft foumis
à cette
régle comme
toutes
les parties.de la littérature
: l'Auteur
en examine
les Loix ; 1.° eu égard
au génie
des Langues
;
2.º relativement
au génie
des Auteurs
; 3. par rapport
aux principes
qu'on
peut
fe faire dans
ce genre
d'écrire
.
plus tout fe permettre. »
Il femble que plus le caractère d'une
Langue approche de celui d'une autre ,
plus il eft facile de bien traduire ; mais
cette même facilité donneroit , felon M.
Dalembert , plus de Traducteurs médiocres
& moins d'excellens. Satisfait du
mérite de la reflemblance , on néglige-
Foit les graces de la diction : or une des
grandes difficultés de l'art d'écrire , &
principalement des traductions , eft , ditil
, de fçavoir jufqu'à quel point on peut
JUILLET. 1759.
101
facrifier l'énergie à la nobleffe , la correction
à la facilité , la juſteſſe rigoureuſe à
la méchanique du ftyle , & une imitation
froide & fervile eft une mauvaiſe traduction.
D'un autre côté , la différence de caractère
des Langues , laiffe au Traducteur
une liberté dangereufe. Ne pouvant donner
à la copie une parfaite reffemblance ,
il doit craindre de ne lui pas donner toute
celle qu'elle peut avoir.
Si l'on étoit difpenfé de bien connoître
le génie & les fineffes des Langues , ce
devroit être des Langues anciennes : cependant
les Traducteurs des Anciens font
traités plus févèrement que les autres.
La fuperftition en faveur de l'antiquité
nous fait fuppofer que les Anciens fe font
toujours exprimés de la manière la plus
heureufe ; c'eft à qui leur trouvera plus
de fineffe & de beautés.
On a prétendu que les Langues n'avoient
point de caractere particulier. M.
Dalembert convient qu'entre les mains
d'un homme de génie chaque Langue ſe
prête à tous les ftyles.
» Mais fi toutes font également propres
à chaque genre d'ouvrage , elles ne le
font pas également à exprimer une
" même idée : c'eft en quoi confifte la
diverfité de leur génie. E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
"
ود
» Les Langues , dit -il , en conféquence
» de cette diverfité , doivent avoir les
» unes fur les autres des avantages réci-
» proques.
Mais leurs avantages feront en
général d'autant plus grands qu'elles
» auront plus de variété dans les tours
» & de brièveté dans la conftruction , de
» licences, & de richeffes . » De toutes les
Langues cultivées par les gens de Lettres ,
F'Italienne eft, felon M. Dalembert, celle
qui réunit ces avantages au plus haut
degré. La Langué Françoife au contraire ,
celle qui met le plus à la gêne les Tra
ducteurs comme les Poëtes.
و د
Si les Langues ont leur génie , les
» Ecrivains ont auffi le leur. Le caractere
de l'original doit donc paffer auffi dans
la copie. Sans cette qualité les tra-
» ductions font des beautés régulieres ,
» fans ame & fans phyfionomie. Repré
» fenter de la même maniere des Au-
» teurs différens , c'eft l'efpéce de contrefens
qui fait le plus de tort à une
» Traduction ; les autres font paffagers
» & fe corrigent .
و د
Le caractère des Ecrivains eft ou dans
la penfée, ou dans le ftyle , ou dans
l'un & dans l'autre. Les Ecrivains dont
le caractère eft dans la penſée , font ceux
qui paffent le moins dans une Langue
JUILLET. 1759. 103
étrangère. Corneille , conclut M. Dalembert
, doit donc être plus facile à traduire
que Racine , & Tacite plus que Sallufte.
» Les Ecrivains les plus intraitables à
» la traduction , font ceux dont la maniere
» d'écrire eſt à eux. Les Anglois ont affez
» bien traduit quelques Tragédies de Ra-
» cine ; je doute , dit M. D. qu'ils tradui-
» fiffent avec le même fuccès les Fables
» de la Fontaine , l'ouvrage peut - être le
plus original que la Langue Françoiſs
» ait produit. "
Les Poëtes peuvent- ils être traduits en
Vers ? Doit - on ne les traduire qu'en
Profe ? M. Dalembert prouve très- bien
que l'un & l'autre eft impoffible . En
Profe l'original eſt dénué du nombre &
de l'harmonie ; en Vers il prend un nombre
& une harmonie nouvelle ; & il faut
avouer que les Poëtes anciens perdent au
change , dans quelque Langue qu'on les
traduife. La gêne du Vers oblige de plus
le Traducteur à dénaturer fouvent l'original
en fubftituant une fentence à une image
, une image à un ſentiment : ce qui
donne beaucoup d'avantage à la traduction
en Profe ; mais dans les Vers la régularité
de la cadence eft une beauté
pour l'oreille , à laquelle la Profe ne peut
E iv
104
MERCURE DE FRANCE.
fuppléer. Ainfi la traduction en Profe
eft une copie reffemblante mais foible :
» la
traduction en Vers eft un ouvrage
» fur le même fujet , plutôt qu'une copie.»
M. Dalembert veut qu'un Traducteur
ofe fe permettre de corriger les traits défectueux
de l'original , qu'il fçache riſquer
au befoin des expreffions nouvelles qu'il
appelle expreffions de génie , & par-là
il entend la réunion néceffaire & adroite
de quelques termes connus , mais qui
n'ont pas encore été mis enfemble. « C'eft,
» dit- il , prefque la feule maniere d'in-
»nover qui foit permife en écrivant. »
Il en donne pour exemple les termes
énergiques & finguliers
qu'employent des
Etrangers de beaucoup d'efprit qui parlent
facilement &
hardiment le françois.
Leur maniere de penfer dans leur Langue
& de s'exprimer dans la nôtre , eft, dit- il,
l'image d'une bonne traduction ; & il prétend
avec raifon que des
traductions bien
faites feroient le moyen le plus fûr & le
plus prompt d'enrichir les Langues. Elles
feront plus , » elles
multiplieront les bons
» modeles ; elles aideront à connoître le
» caractere des Ecrivains , des fiécles &
» des peuples ; elles feront
appercevoir
les nuances qui
diftinguent le goût uni-
» verfel & abfolu du goût national. »
JUILLET. 1759. 105
M. Dalembert invite les Traducteurs à
s'affranchir de l'obligation de traduire un
Auteur d'un bout à l'autre. J'avoue qu'il
feroit avantageux d'abréger en traduifant ,
mais fans laiſſer de lacune , & à condition
qu'on garderoit le fil du récit dans les
Hiftoriens , du raifonnement dans les Philofophes
, & de l'action dans les Poëtes .
C'eft ainfi que je defire depuis longtemps
qu'on ofe traduire le Poëme de Lucain
où je trouve , comme M. Dalembert , de
la déclamation & de la monotonie ; mais
que je ne crois pas auffi dénué d'images
que M. Dalembert le prétend. Les principes
qu'il vient d'expofer font ceux qu'il
a cru devoir fuivre dans la traduction de
différents morceaux de Tacite ; & la maniere
dont il rend compte de fon travail ,
en donneroit feule la plushaute idée. Il faut
en avoir fenti , comme il a fait , toutes les
difficultés pour être en état de les vaincre.
Un des morceaux les plus curieux de
ce Recueil eft la réponſe de M. Dalembert
à M. Rouſſeau , Citoyen de Genêve. Si
j'avois pû la prévoir je n'aurois pas pris
fur moi de juftifier nos Spectacles : ils ont
dans M. Dalembert un Apologifte bien
plus éloquent que moi . J'ai eu le bonheur
de me rencontrer avec lui en bien des
points . Les vérités fimples fe préfentent
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
1
à tout le monde ; mais il n'eft pas donné
à tout le monde de les rendre avec certe
force que leur donne le ftyle de M. D.
و د
Pourquoi des amusemens dit M.
Rouffeau , la vie eft fi courte & le temps
» eft fi précieux ! Qui en doute ? répond
» M. Dalembert . Mais en même temps
» la vie eft fi malheureufe & le plaifir fi
» rare ! Pourquoi envier aux hommes ,
» deftinés prefqu'uniquement par la na-
» ture à pleurer & à mourir, quelques délaffemens
paffagers qui les aident à fup-
» porter l'amertume ou l'infipidité de leur
» exiſtence !... Sans doute tous nos divertiffemens
forcés & factices , inventés &
» mis en ufage par l'oifiveté, font bien au-
» deffous des plaifirs fi purs & fimples
» que devroient nous offrir les devoirs de
» citoyen , d'ami , d'époux , de fils , &
» de pere : mais rendez- nous donc , fi vous
le pouvez , ces devoirs moins pénibles
» & moins triftes ; ou fouffrez qu'après les
» avoir remplis de notre mieux nous nous
» confolions de notre mieux auffi des
chagrins qui les accompagnent. Rendez
» les peuples plus heureux , & par conféquent
les Citoyens moins rares
» amis plus fenfibles & plus conftans ,
» les peres plus juftes , les enfans plus
» tendres , les femmes plus fidèles & plus
ود
"
"
»
ود
les
JUILLET. 1759. 107
vraies : nous ne chercherons point alors
» d'autres plaifirs que ceux qu'on goûte
» au fein de l'amitié , de la Patrie , de la
» nature & de l'amour. »
M. Dalembert avoue que l'eftime pu→
blique eft le but principal des Poëtes
dramatiques comme de tous les Ecrivains,
fans en excepter les Philofophes , qui déclament
contr'elle , & qui femblent la
dédaigner. » L'indifference fe taît , & ne
» fait point tant de bruit ; les injures
» même dites à une nation , ne font quel-
» quefois qu'un moyen plus piquant de
» fe rappeller à fon fouvenir. Et le fa-
» meux Cynique.de la Grèce eût bientôt
» quitté ce tonneau d'où il bravoit les
» préjugés & les Rois , fi les Athéniens
» euffent paffé leur chemin fans le regarder
& fans l'entendre . La vraie Philofophie
ne confifte point à fouler aux
pieds la gloire , & encore moins à le
» dire ; mais à n'en pas faire dépendre
» fon bonheur , même en tâchant de la
» mériter. >>
Mais fi la gloire eft le premier objet
des Poëtes , l'utilité publique peut être au
moins le fecond : or » l'effet de la morale
»du théâtre eſt moins d'opérer un chan-
"gement fubit dans les coeurs corrompus,
que de prémunir contre le vice les ames
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
foibles par l'exercice des fentimens
" honnêtes , & d'affermir dans ces mê
» mes fentimens les ames vertueuſes.
و ر
M. Rouffeau voudroit bannir du théâtre
la Tragédie de Mahomet. » Plût à
» Dieu , dit M. Dalembert , qu'elle y fût
» plus ancienne de deux cens ans ! L'efprit
philofophique qui l'a dictée feroit
» de même date parmi nous , & peut-être
» eût épargné à la Nation Françoife ,
» d'ailleurs fi paifible & fi douce , les
» horreurs & les atrocités religieufes auxquelles
elle s'eft livrée. Si cette Tragédie
laiffe quelque chofe à regretter aux
Sages ,, c'eft de n'y voir que les forfaits
» caufés par le zèle d'une fauffe Religion,
» & non les malheurs encore plus déplo-
» rables , où le zèle aveugle pour une
Religion vraie , peut quelquefois en-
» traîner les hommes.
4
و د
ود
"
و د
A l'égard de l'Amour » Voudriez-vous
» le bannir de la fociété ? demande M.
» Dalembert à M. Rouffeau. Ce feroit ,
» je crois , pour elle , un grand bien &
» un grand mal ; mais vous chercheriez
» en vain à détruire cette paffion... Or fi
» on ne peut & fi on ne doit peut - être
» pas étouffer l'amour dans le coeur des
» hommes , que reste- t-il à faire finon de
» le diriger vers une fin honnête , & de
JUILLET. 1759: 109
» nous montrer dans des exemples illuftres
fes fureurs & fes foibleffes , pour
» nous en défaire ou nous en guérir ?
A l'égard de la Comédie , M. Dalembert
convient que nous fommes plus
frappés du ridicule qu'elle joue que des
vices dont ce ridicule eft la fource ; mais
il obferve avec raifon qu'elle fuppofe
déjà le vice déteſté comme il doit l'être ,
& que c'est le ridicule qu'elle s'attache à
faire fentir. Il eft donc tout fimple ;
» dit-il , que le fentiment qu'elle fuppofe ,
" nous affecte moins ( dans le moment
» de la repréſentation ) que celui qu'elle
» cherche à exciter en nous, fans que pour
» cela elle nous falſe prendre le change
»fur celui de ces deux fentimens qui doit
» dominer dans notre ame. »
En réfutant la critique de M. Roufſeau
fur le caractère du Miſantrope , il en
fait une beaucoup plus jufte à ce qui me
ſemble, du caractère de Philinte. Il trouve
que dans la Scène du Sonnet , Philinte
devoit attendre qu'Oronte lui demandât
fon avis , & fe borner à une approbation
foible. » La colère du Mifantrope fur la
» complaifance de Philinte , n'en eût été
» que plus plaifante , parce qu'elle eût
» été moins fondée ; & la fituation des
» perſonnages eût produit un jeu de théâTO
MERCURE DE FRANCE .
tre d'autant plus grand , que Philinte
" eût été partagé entre l'embarras de
» contredire Alcefte & la crainte de cho-
"quer Oronte. »
M. Dalembert regarde avec raifon la
Comédie attendriffante dont l'Enfant Prodigue
eft le modèle , comme plus intéreffante
pour nous que la Tragédie ellemême.
Les malheurs de la vie privée
» font , dit-il , l'image fidelle des peines
» qui nous affligent ou qui nous mena-
» cent ; un Roi n'eft prefque pas notre
» femblable , & le fort de nos pareils a
bien plus de droits à nos larmes. »
Sur l'Article des Comédiens » com
» ment n'avez-vous pas fenti, demandeM.
D. à M. R. que fi ceux qui repréfentent
» nos pièces méritent d'être deshonorés ,
» ceux qui les compofent mériteroient
auffi de l'être ; & qu'ainfi en élevant
les uns & en aviliffant les autres , nous
» avons été tout à la fois bien inconfé-
» quens & bien barbares , »
Avant que d'aller plus loin , qu'il me
foit permis derépondre un mot à ce qu'ont
dit de moi & de mon Apologie du Théâtre
des Journaliſtes avec lefquels je ferai
toujours fort aife de difcuter mes opinions
itera 5.Luci
On m'a reproché ( Journal de TrévouK,
) JUILLET 17599 III
Avril 1759 , page 859 & fuivantes ) d'être
du nombre de ceux qui arment l'erreur
» de tant de fophifmes, qu'il n'eft prefque
plus poffible de reconnoître ce qu'il
faut croire. Si dans la controverfe des
» Spectacles on n'infifte pas fur les preuves
tirées de la Religion , les Partiſans du
" Théâtre fe fauveront toujours , dit- on ,
» dans le nuage dont ils fçavent fi bien
» s'envelopper. »
»
Rien n'est plus aifé que de démêler
le vice d'un Sophifme ; fi j'en ai employé
quelqu'un en faveur des Spectacles,
il étoit juſte de m'en convaincre & voilà
ce qu'on n'a pas fait . Les preuves tirées
de la Religion décident une queftion
que je n'ai pas révoquée en doute ;
fçavoir que les Spectacles dangereux pour
les moeurs , tels que les ont condamnés
les Peres & les Docteurs de l'Egliſe ,
font en effet condamnables & doivent
être profcrits. Mais peut-il y avoir des
Spectacles utiles aux moeurs ? Et ceux-là
doivent- ils être confervés ? Le Théâtre
François eft-il dans le cas de cette exception
, confidéré feulement comme
compofé de nos Tragédies les plus eftjmées
& de nos meilleures Comédies ?
Voilà de quoi il s'agiffoit dans mes analyfes
de la Lettre de M. Rouſſeau. Sur
11½ MERCURE DE FRANCE.
و د
la Scene Françoife , ai-je dit , » toutes
» les inclinations pernicieufes font con-
» damnées , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
» malheureuſes y font naître la pitié &
la crainte. Les fentimens qui de leur
>> nature peuvent être dirigés au bien &
» au mal , comme l'ambition & l'amour ,
"y font peints avec des couleurs inté-
» reffantes ou odieufes , felon les cir-
» conftancès qui les décident ou vertueux
» ou criminels. Telle eft la régle inva-
» riable de la ſcène tragique , & le Poëte
qui l'auroit violée révolteroit tous les
39
efprits. Ceft-là le fait que j'ai tâché
de prouver à l'égard de la Tragédie : fi
ce fait eft vrai, il eſt évident que le Théâtre
Tragique François n'eft pas du nombre
des Spectacles que l'Evangile & les
Peres de l'Eglife ont condamnés ; mais
que ce fait foit vrai ou non , c'est une
queftion qu'ils n'ont pas décidée , & que
j'ai eu par conféquent la liberté d'exa
miner.
Al'égard de la Comédie , j'ai reconnu
» que le Théâtre , quoique purgé de fon
» ancienne indécence , n'eft pas encore
» affez châtié ; que Dancourt , Monfleury
» & leurs femblables devroient en être
à jamais bannis ; qu'en un mot le feul
JUILLET. 1959. 113
» comique honnête & moral doit être
» donné en ſpectacle. » Il s'agiffoit donc
d'examiner, non pas s'il y avoit des Comédies
répréhensibles du côté des moeurs :
j'en tombois d'accord ; mais s'il y avoit
des Comédies dont les moeurs fuffent bonnes
& les leçons utiles . Et c'eft fur quoi
je croyois que l'Evargile ni les Peres de
l'Eglife n'avoient rien décidé pour le fiécle
préfent.
L'Evangile , difent les Journaliſtes de
Trévoux , condamne tout fans modification
ni reftriction quelconque. Il condamneroit
don cauffi les Tragédies de Collège. Mais
c'eft ce que je ne crois pas. C'est ce que ne
croyoit pas M. Boffuet lorsqu'il répondit
indirectement fur cette queſtion des
Spectacles :qu'il y avoit de grands exemples
pour , & de grandes raifons contre :
car il eft certain qu'il n'eût pas biaifé
fur un point formellement décidé par
l'Evangile. C'eft ce que ne croyoit pas
non plus le Pere Porée , cet homme
pieux , lorfqu'en attaquant les Spectacles
tels qu'ils étoient , il les approuvoit tels
qu'ils pouvoient être. C'eft ce qu'on ne
croit pas à Rome où les Spectacles font
permis & fréquentés par des perfonnes
d'une vie très-édifiante ; ni en France
dans les fociétés chargées de l'éducation
114 MERCURE DE FRANCE.
de la ieuneffe qui prefque toutes , depuis
le Collège de Louis le Grand jufqu'à S.
Cyr , font entrer l'exercice de la déclamation
Théâtrale dans l'inftitution des
jeunes perfonnes de l'un & de l'autre
féxe , comme un moyen de leur former
l'efprit & le coeur. Il eft vrai qu'on choifit
pour cela les piéces les plus épurées ;
mais il ne s'enfuit pas moins qu'un Spectacle
dont les moeurs font bonnes eft
un amuſement permis & utile ; & quant
à la queftion particulière , fi les niceurs
de telle ou de telle de nos piéces font
bonnes ou mauvaiſes , ni l'Evangile ni
les Peres n'ont vraisemblalement rien
prononcé là-deffus. J'ai donc pû entrer
dans cette difcuffion avec M. Rouffeau ,
fans m'expofer à d'autres reproches qu'à
celui de m'être trompé , encore faut- il
qu'on le prouve. Du refte je fuis trèsfenfible
à ce que les mêmes Journaliſtes
ont bien voulu dire d'obligeant fur mes
analyſes ; mais ils me font l'honneur d'y
fuppofer un art que je n'y ai pas mis ;
& je ferois bien plus reconnoiffant s'ils
euffent voulu y appercevoir la fimplicité
& la bonne foi avec lefquelles je dis ce
que je penſe.
K
Revenons à M. Dalembert. Après avoir
juſtifié le Théâtre François , il fait en
JUILLET. 1759. 115
paffant l'apologie des femmes que M. R.:
a fi violemment attaquées. » Le genre:
» humain feroit bien à plaindre , lui ditil
, » fi l'objet le plus digne de nos hom-
» mages étoit en effet auffi rare que
vous le dites. Mais fi par malheur vous
» aviez raifon , quelle en feroit la trifte
caufe ? L'esclavage & l'efpéce d'avilif-
» fement où nous avons mis les femmes.
»Nous traitons la Nature en elles comme
» nous la traitons dans nos jardins : nous
» cherchons à l'orner en l'étouffant. Si la
plupart des Nations ont agi comme
nous à leur égard , c'eft que partout
>> les hommes ont été les plus forts , &
» que partout le plus fort eft l'oppref-
»feur & le tyran du plus foible. Je ne
fçai fi je me trompe , mais il me fem-
» ble que l'éloignement où nous tenons
» les femmes , de tout ce qui peut les
» éclairer & leur élever l'ame , eſt bien
capable , en mettant leur vanité à la
gêne , de flatter leur amour-propre. On
»diroit que nous fentons leurs avanta-
»ges , & que nous voulons les empê¬
cher d'en profiter.
"
Il s'élève contre l'éducation puérile
qu'on leur donne ; & ce morceau plein
d'éloquence ne ſçauroit être affez connu.
Nous avons éprouvé tant de fois , dit-il ,
116 MERCURE DE FRANCE:
SIZEA
co
esc
» combien la culture de l'efprit & l'exer-
» cice des talens font propres à nous dif-
» traire de nos maux , & à nous conſoler
dans nos peines ! pourquoi refufer à la
» plus aimable moitié du genre humain ,
» deftinée à partager avec nous le malheur
d'être , le foulagement le plus pro-
» pre à le lui faire fupporter ? Philofophes
"" que la Nature a répandus fur la ſurface , d
» de la terre , c'eſt à vous à détruire , s'il
vous eft poffible , un préjugé fi funefte ;
c'eft à ceux d'entre vous qui éprouvent
la douceur ou le chagrin d'être peres ,
» d'ofer les premiers fecouer le joug d'un
» barbare uſage , en donnant à leurs filless for
la même éducation qu'à leurs autres
enfans. Qu'elles apprennent feulement
»de vous en recevant cette éducation , el
précieuſe , à la regarder uniquement
» comme un préfervatif contre l'oifivété ,
un rempart contre les malheurs ; & non
»comme l'aliment d'une curiofité vaine
» & le fujet d'une oftentation frivole.o
» Voilà tout ce que vous devez & tout &pasl'id
» ce qu'elles doivent à l'opinion publique , les aux
qui peut les condamner à paroître igno- que
❤rantes , mais non pas les forcer à l'être.quile
» On vous a vu fi
fouvent
pour des motifs esfer
» très-légers , par vanité , ou par humeur ,
»
22 heurter de front les idées de votre
ble
qui
les
les
le
fermet
ful
roient
JUILLET. 1759 117
"
33
-
la´vie
fiécle ;pour quel intérêt plus grand pou-
» vez-vous le braver , que pour l'avantage
de ce que vous devez avoir de plus
cher au monde , pour rendre la vie
» moins amère à ceux qui la tiennent de
» vous , & que la Nature a deſtinés à vous
»furvivre & à fouffrir ; pour leur procurer
» dans l'infortune , dans les maladies , dans
la pauvreté , dans la vieilleffe , des ref-
»fourcesdont notre injuftice les a privées?
» on regarde communément , Monfieur ,
» les femmes comme très fenfibles &
"très foibles ; je les crois au contraire ou
» moins fenfibles ou moins foibles que
» nous. Sans force de corps , fans talens ,
»fans étude qui puiffe les arracher à leurs
" peines , & les leur faire oublier quelques
» momens , elles les fupportent néan-
» moins , elles les dévorent , & fçavent
» quelquefois les cacher mieux que nous :
» cette fermeté fuppofe en elles , ou une
"ame peu fufceptible d'impreffions pro-
» fondes , ou un courage dont nous n'a-
" vons pas l'idée. Combien de fituations
cruelles auxquelles les hommes ne réfiftent
que par le tourbillon d'occupa-
" tions qui les entraîne : les chagrins des
» femmes feroient- ils moins pénétrans &
» moins vifs que les nôtres ? Ils ne le
» devroient pas être. Leurs peines vien-
»
18 MERCURE DE FRANCE.
» nent ordinairement du coeur ; les nôtres
»n'ont fouvent pour principe que la vanité
& l'ambition . Mais ces fentimens
étrangers que l'éducation a portés dans
notre ame , que l'habitude y a gravés ,
»& que l'exemple fortifie , deviennent
( à la honte de l'humanité ) plus puif
fants fur nous que les fentimens naturels;
la douleur fait plus périr de Miniftres
déplacés que d'Amans malheureux. »
و د
M. Dalembert a réfervé pour la fin de
fa Lettre l'Article qui intéreffe Genêve ,
& cet Article a deux objets : le fpectacle,
& le dogme des Miniftres. Quant au premier
, il avoue que la Comédie feroit au
moins inutile aux Génévois s'ils en étoient
encore à l'âge d'or ; mais ils m'ont paru ,
dit-il , affez avancés , ou fi vous voulez
affez pervertis pour pouvoir entendre
Brutus & Rome fauvée , fans avoir à
craindre d'en devenir pires.
A l'égard de la dépenſe , » la Ville de
» Genêve eft , à proportion de fon éten-
» due , une des plus riches de l'Europe , »
& M. Dalembert dit avoir lieu de croire
que plufieurs Citoyens opulens de cette
Ville , qui defireroient y avoir un théâtre
, fourniroient fans peine une partie
de la dépenfe. Un ou deux jours de la
femaine fuffiroient à cet amuſement , &
JUILLET. 1759 . 119
"
on pourroit prendre pour l'un de ces
jours celui où le Peuple fe repofe. Du
refte , dans un état auffi petit , où l'oeil
vigilant des Magiftrats peut s'étendre au
même inftant d'une frontiere à l'autre , il
feroit facile d'éclairer la conduite des
Comédiens , & de maintenir les loix
fomptuaires. » Il ne falloit pas moins ,
pourfuit M. Dalembert , » qu'un Philofophe
exercé comme vous aux paradoxes,
» pour nous foutenir qu'il y a moins de
» mal à s'enyvrer & à médire , qu'à voir
repréſenter Cinna & Polieucte . Il ajoute
que les Citoyens de Genêve ſe récrient
» fort contre cette peinture que M. R. a
» faite de leur vie journalière , qu'ils fe
plaignent que le peu de féjour qu'a
» fait M. R. parmi eux , ne lui ayant
pas laiffé le temps de les connoître
» ni d'en fréquenter affez les différens
» états , il a repréſenté comme l'efprit
général de cette fage République , ce
» qui n'eft tout au plus que le vice obfcur
& méprifé de quelques Sociétés
>> particulières.
A l'égard des fentimens que M. Dālembert
a attribué aux Miniftres de Genêve
en matiere de Religion , il dit en
avoir parlé , non d'après un fecret confié
mais d'après leurs ouvrages , & d'après
120 MERCURE DE FRANCE.
des converfations publiques. Moyens que
M. Rouffeau n'avoit pas compris dans
fon énumération . » Si je me ſuis trompé ,
» ajoute M. Dalembert , tout autre que
» moi , j'oſe le dire , eût été trompé
» de même. Il obferve de plus que les
fentimens qu'il attribue aux Miniftres de
Genêve font une fuite néceffaire de leurs
principes , d'après lefquels il prétend
que quand ils ne feroient pas Sociniens
, il faudroit qu'ils le devinffent ,
non pour l'honneur de leur Religion ,
» mais pour celui de leur Philofophie.
( Je réserve l'Extrait du quatrième Volume
pour le Mercure prochain . )
& de Philofophie . Nouvelle édition.
CE Recueil de quelques Ouvrages de
M. Dalembert contient nombre de morceaux
déjà connus ; tels font le difcours
préliminaire de l'Encyclopédie , & la Préface
du troifième Volume de ce Dictionnaire
; l'Effai fur la Société des Gens de
Lettres & des Grands ; les Eloges académiques
de M. Bernoulli , de M. l'Abbé
JUILLET. 1759. 93
Terraffon , de M. le Préſident de Montefquieu,
avec l'Analyſe de l'Eſprit des Loix ;
celui de M. l'Abbé Mallet, & celui de M.
Dumarſais ; les Mémoires de Chriſtine, le
Difcours de réception de M. Dalembert
à l'Académie Françoife , avec des réflexions
fur l'élocution oratoire & fur le ſtyle
en général ; une Deſcription abrégée du
Gouvernement de Genève , & un Effai de
traduction de quelques morceaux de Tacite.
M. Dalembert nous avertit que parmi
ces morceaux déjà foumis au jugement du
Public , il en eft plufieurs qui reparoiffent
avec des augmentations & des changemens
, comme l'Eſſai de traduction des
morceaux de Tacite , le difcours fur l'élocution
&c.
Il a retouché de même l'Effai fur les
Gens de Lettres , & il y a fait quelques
additions relatives à l'état préfent de la
République Littéraire. Il fçait que la liberté
avec laquelle il s'eft exprimé dans
cet Eſſai , a excité quelques murmures ;
» mais a-t-il dit la vérité ? Voilà ce qui
» importe au Public. A- t- il attaqué ou
» même défigné quelqu'un ? Voilà ce qui
» importe aux Particuliers.
Je ferai cependant une obſervation fur
cette franchife philofophique dont per
94 MERCURE DE FRANCE .
fonne n'a droit de s'offenfer & dont fi peu
de gens s'accommodent. On la pardonne à
un Auteur qui n'eft plus , on l'admire dans
fes écrits comme portant le cara & ere
d'une ame libre & courageufe ; mais elle
choque dans un Auteur vivant , & la raifon
en eft bien naturelle. On regarde celui-
ci comme ufurpateur d'une autorité
que l'on veut n'accorder à perſonne ; expofé
à vivre avec lui , on exige qu'il fe
foumette aux loix de cette complaifance
fociale qui épargne la vanité des uns en
cachant la fupériorité des autres. Le plus
inévitable de tous les afcendans , & par
conféquent le plus importun
le plus
odieux pour les ames vaines , c'est l'empire
de la raiſon. Celui qui le fait fentir
fans égards , fans ménagement , eft donc
affuré de déplaire .
,
C'eft à l'homme qui penfe & qui juge
mieux que la multitude , à voir s'il a le
courage de faire des mécontens pendant
fa vie , pour avoir des admirateurs après
fa mort. On propofe un parti modéré :
ce feroit non feulement d'éviter les perfonalités
offenfantes , mais encore de préfenter
les vérités générales avec une circonfpection
timide. Mais la vérité fous
le voile en eft beaucoup moins frappante;
elle languit dans les détours ; la politeffe
JUILLET. 1759. 95 .
l'amollit & l'énerve ; & fouvent en fait
de morale l'éloquence perd de fa force
en perdant de fon âpreté , pareille à ces
remèdes dont on affoiblit la vertu fi on
leur ôte leur amertume . Un Ecrivain
brafque & tranchant doit donc renoncer
à la faveur des gens du monde ; mais fon
parti pris fur cette privation , il n'a plus
qu'un mot à dire: Lecteurs , fuppofez
que je fuis mort , & que j'écrivois il y
» a mille ans. » C'eft au moins dans ce
point de vue que l'on doit confidérer un
Ecrivain Philofophe lorfqu'on veut le
Juger équitablement . On doit l'ifoler de
la fociété , écarter toutes les confidéra
tions perfonnelles , oublier l'homme &
peler les écrits .
Les morceaux dont M. Dalembert a
nouvellement enrichi fes Mélanges , font
des réfléxions fur les éloges Académiques
; une réponse à la Lettre de M.
Rouffeau , Citoven de Genève , fur l'Article
Genève de l'Encyclopédie ; des Ob
fervations fur l'art de traduire ; un Effai
fur les Elémens de Philofophie , ou fur les
principes des connoiffances humaines ; des
réflexions
fur l'ufage & fur l'abus de la
Philofophie
en matière de goût , fur l'abus
en matière de Religion ; fur
dela
critique
la liberté dela
Mufique.
1
96 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les additions faites aux morceaux
déjà connus & qui font en trèsgrand
nombre , ( furtout dans les effais
de traduction de Tacite ) je ne citerai
qu'un endroit de l'effai fur la fociété des
Gens de Lettres avec les Grands. Il s'agit
des protecteurs . » Ce qu'il y a de plus
honteux , pour les Grands & pour la
» Littérature , c'eft que des Ecrivains qui
» deshonorent leur état par la fatyre ,
» trouvent des protecteurs encore plus
» méprifables qu'eux. L'homme de Lettres
"
و د
digne de ce nom dédaigne également
»& de fe plaindre des uns & de répon-
» dre aux autres ; mais quelque peu ſen-
» fible qu'il doive- être aux injures prifes
» en elles-mêmes , il ne doit pas fermer
» les yeux fur l'appui qu'on leur prête ,
»ne fût ce que pour fe former une idée
jufte de ceux qui daignent les favori-
» fer. Dans les pays où la preffe n'eft pas
» libre , la licence d'infulter les Gens de
» Lettres par des fatyres , n'eft qu'une
»preuve du peu de confidération réelle
» qu'on a pour eux , du plaifir même
» qu'on prend à les voir infultés. Et pourquoi
eft-il plus permis d'outrager un
» homme de Lettres qui honore ſa na-
»tion , que de rendre ridicule un homme
» en place qui avilit la fienne ?... Je ne
و ر
» puis
JUILLET. 1759. 97
puisme difpenfer de rapporter à cette
» occafion une anecdote bien propre à
» faire connoître le caractère & l'injufti-
» ce des hommes dont je parle. Un d'entr'eux
tournoit en ridicule la délicateffe
»> exceffive d'un Ecrivain célèbre, qui avoit
» témoigné un chagrin ( trop grand fans
doute ) de quelques fatyres publiées.
» contre lui : l'Ecrivain célèbre fit une
» Chanfon où l'homme en place étoit
» effleuré très- légèrement. Si on eût cru
" l'offenfé , les Loix n'avoient pas affez
»de fupplices pour punir l'injure qu'on
» lui avoit faite. »
Je vais parcourir auffi rapidement qu'il
me fera poffible les morceaux nouvellement
ajoutés à ce Recueil ; mais il en
eft qui demandent une férieufe attention,
Dans les réfléxions fur les éloges académiques
, M. Dalembert ne diffimule
pas les abus de l'ufage où l'on eft de
célébrer des hommes qui ne méritent
que l'oubli ; mais ces abus lui paroiffent
légers en comparaifon des avantages.
»Si les anciens qui élevoient des Statues
aux grands hommes , avoient eu le
"même foin que nous , d'écrire la vie
"des gens de Lettres ; nous aurions , il
eft vrai , quelques Mémoires inutiles ,
I, Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
و د
mais nous ferions plus inftruits fur les
progrès des fciences & des arts & fur les
» découvertes de tous les âges ; hiſtoire
» plus intéreffante pour nous que celle
» d'une foule de Souverains qui n'ont
» fait que du mal aux hommes. >>
Il ne veut pas que l'on fe borne à dire
ce que l'homme de Lettres a fait ; il croit
auffi utile de faire connoître ce qu'il a
été , & de peindre l'homme en mêmetemps
que l'Ecrivain . » Cependant le but
» des éloges littéraires eft de rendre les
» Lettres refpectables , & non de les avi-
» lir. Si donc la conduite a deshonoré
» les ouvrages , quel parti prendre ? Louer
» les ouvrages . Et fi d'un autre côté la
» conduite eft fans reproches & les ou-
» vrages fans mérite , que dire alors ? Se
» taire. » C'eſt en effet le parti le plus
fage & le plus décent : car il me paroît
bien difficile d'obferver dans la peinture
morale des caractères cette diſtinction
délicate que prefcrit M. Dalembert entre
les traits défectueux que l'on peut relever
& ceux qu'on doit paffer fous filence ;
& quand les limites font auffi peu marquées
, en approcher de trop près , c'eſt
s'expofer à les franchir. Ainfi la liberté
que peut fe donner à cet égard un Ecrivain
fûr de lui-même , ne doit jamais tirer
JUILLET. 1759 99
à conféquence , encore moins paffer en
régle, & le plaifir d'obferver le contraſte
ou l'accord des écrits & des moeurs d'un
homme de Lettres qui n'eft plus , ne doit
pas l'emporter fur le danger d'introduire
dans les Sociétés littéraires la fatyre perfonnelle.
» Le ton d'un éloge hiftorique ne doit
» être ni celui d'un Difcours oratoire , ni
» celui d'une narration aride. Les réflexions
philofophiques font l'ame & la
fubitance de ce genre d'écrits .... Ceft
en cela que l'illuftre Secrétaire de l'Académie
des Sciences ( M. de Fonte-
» nelle ) a furtout excellé : c'eſt par-là
» qu'il fera principalement époque dans
» l'Hiſtoire de la Philofophie : c'eſt par- là
» enfin qu'il a rendu fi dangereufe à occu-
» per aujourd'hui la place qu'il a remplie
» avec tant de fuccès. Si on peut lui re-
» procher de légers défauts , c'eft quel-
» quefois trop de familiarité dans le ftyle,
quelquefois trop de recherches & de
>> rafinement dans les idées ; ici une forte
» d'affectation à montrer en petit les
» grandes choſes ; là quelques détails pué-
» rils peu dignes de la gravité d'un ouvrage
philofophique. Voilà pourtant ,
» qui le croiroit ? en quoi la plupart de
E ij
535004
}
Too
MERCURE
DE
FRANCE
. " nos faifeurs d'éloges ont cherché à lu
>> reffembler. >>
»
Les obfervations de M. D. fur l'art de
traduire font pleines de Philofophie & de
goût. De quelque côté qu'on le tourne
» dans les Beaux-arts, dit M , Dalembert ,
» on voit partout la médiocrité dictant les
» Loix , & le génie s'abaiſſant à lui obéir.
C'eſt un Souverain empriſonné par des
» efclaves ; cependant s'il ne doit pas fe
» laiffer fubjuguer , il ne doit
ود
"
pas non
L'art
de la traduction
eft foumis
à cette
régle comme
toutes
les parties.de la littérature
: l'Auteur
en examine
les Loix ; 1.° eu égard
au génie
des Langues
;
2.º relativement
au génie
des Auteurs
; 3. par rapport
aux principes
qu'on
peut
fe faire dans
ce genre
d'écrire
.
plus tout fe permettre. »
Il femble que plus le caractère d'une
Langue approche de celui d'une autre ,
plus il eft facile de bien traduire ; mais
cette même facilité donneroit , felon M.
Dalembert , plus de Traducteurs médiocres
& moins d'excellens. Satisfait du
mérite de la reflemblance , on néglige-
Foit les graces de la diction : or une des
grandes difficultés de l'art d'écrire , &
principalement des traductions , eft , ditil
, de fçavoir jufqu'à quel point on peut
JUILLET. 1759.
101
facrifier l'énergie à la nobleffe , la correction
à la facilité , la juſteſſe rigoureuſe à
la méchanique du ftyle , & une imitation
froide & fervile eft une mauvaiſe traduction.
D'un autre côté , la différence de caractère
des Langues , laiffe au Traducteur
une liberté dangereufe. Ne pouvant donner
à la copie une parfaite reffemblance ,
il doit craindre de ne lui pas donner toute
celle qu'elle peut avoir.
Si l'on étoit difpenfé de bien connoître
le génie & les fineffes des Langues , ce
devroit être des Langues anciennes : cependant
les Traducteurs des Anciens font
traités plus févèrement que les autres.
La fuperftition en faveur de l'antiquité
nous fait fuppofer que les Anciens fe font
toujours exprimés de la manière la plus
heureufe ; c'eft à qui leur trouvera plus
de fineffe & de beautés.
On a prétendu que les Langues n'avoient
point de caractere particulier. M.
Dalembert convient qu'entre les mains
d'un homme de génie chaque Langue ſe
prête à tous les ftyles.
» Mais fi toutes font également propres
à chaque genre d'ouvrage , elles ne le
font pas également à exprimer une
" même idée : c'eft en quoi confifte la
diverfité de leur génie. E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
"
ود
» Les Langues , dit -il , en conféquence
» de cette diverfité , doivent avoir les
» unes fur les autres des avantages réci-
» proques.
Mais leurs avantages feront en
général d'autant plus grands qu'elles
» auront plus de variété dans les tours
» & de brièveté dans la conftruction , de
» licences, & de richeffes . » De toutes les
Langues cultivées par les gens de Lettres ,
F'Italienne eft, felon M. Dalembert, celle
qui réunit ces avantages au plus haut
degré. La Langué Françoife au contraire ,
celle qui met le plus à la gêne les Tra
ducteurs comme les Poëtes.
و د
Si les Langues ont leur génie , les
» Ecrivains ont auffi le leur. Le caractere
de l'original doit donc paffer auffi dans
la copie. Sans cette qualité les tra-
» ductions font des beautés régulieres ,
» fans ame & fans phyfionomie. Repré
» fenter de la même maniere des Au-
» teurs différens , c'eft l'efpéce de contrefens
qui fait le plus de tort à une
» Traduction ; les autres font paffagers
» & fe corrigent .
و د
Le caractère des Ecrivains eft ou dans
la penfée, ou dans le ftyle , ou dans
l'un & dans l'autre. Les Ecrivains dont
le caractère eft dans la penſée , font ceux
qui paffent le moins dans une Langue
JUILLET. 1759. 103
étrangère. Corneille , conclut M. Dalembert
, doit donc être plus facile à traduire
que Racine , & Tacite plus que Sallufte.
» Les Ecrivains les plus intraitables à
» la traduction , font ceux dont la maniere
» d'écrire eſt à eux. Les Anglois ont affez
» bien traduit quelques Tragédies de Ra-
» cine ; je doute , dit M. D. qu'ils tradui-
» fiffent avec le même fuccès les Fables
» de la Fontaine , l'ouvrage peut - être le
plus original que la Langue Françoiſs
» ait produit. "
Les Poëtes peuvent- ils être traduits en
Vers ? Doit - on ne les traduire qu'en
Profe ? M. Dalembert prouve très- bien
que l'un & l'autre eft impoffible . En
Profe l'original eſt dénué du nombre &
de l'harmonie ; en Vers il prend un nombre
& une harmonie nouvelle ; & il faut
avouer que les Poëtes anciens perdent au
change , dans quelque Langue qu'on les
traduife. La gêne du Vers oblige de plus
le Traducteur à dénaturer fouvent l'original
en fubftituant une fentence à une image
, une image à un ſentiment : ce qui
donne beaucoup d'avantage à la traduction
en Profe ; mais dans les Vers la régularité
de la cadence eft une beauté
pour l'oreille , à laquelle la Profe ne peut
E iv
104
MERCURE DE FRANCE.
fuppléer. Ainfi la traduction en Profe
eft une copie reffemblante mais foible :
» la
traduction en Vers eft un ouvrage
» fur le même fujet , plutôt qu'une copie.»
M. Dalembert veut qu'un Traducteur
ofe fe permettre de corriger les traits défectueux
de l'original , qu'il fçache riſquer
au befoin des expreffions nouvelles qu'il
appelle expreffions de génie , & par-là
il entend la réunion néceffaire & adroite
de quelques termes connus , mais qui
n'ont pas encore été mis enfemble. « C'eft,
» dit- il , prefque la feule maniere d'in-
»nover qui foit permife en écrivant. »
Il en donne pour exemple les termes
énergiques & finguliers
qu'employent des
Etrangers de beaucoup d'efprit qui parlent
facilement &
hardiment le françois.
Leur maniere de penfer dans leur Langue
& de s'exprimer dans la nôtre , eft, dit- il,
l'image d'une bonne traduction ; & il prétend
avec raifon que des
traductions bien
faites feroient le moyen le plus fûr & le
plus prompt d'enrichir les Langues. Elles
feront plus , » elles
multiplieront les bons
» modeles ; elles aideront à connoître le
» caractere des Ecrivains , des fiécles &
» des peuples ; elles feront
appercevoir
les nuances qui
diftinguent le goût uni-
» verfel & abfolu du goût national. »
JUILLET. 1759. 105
M. Dalembert invite les Traducteurs à
s'affranchir de l'obligation de traduire un
Auteur d'un bout à l'autre. J'avoue qu'il
feroit avantageux d'abréger en traduifant ,
mais fans laiſſer de lacune , & à condition
qu'on garderoit le fil du récit dans les
Hiftoriens , du raifonnement dans les Philofophes
, & de l'action dans les Poëtes .
C'eft ainfi que je defire depuis longtemps
qu'on ofe traduire le Poëme de Lucain
où je trouve , comme M. Dalembert , de
la déclamation & de la monotonie ; mais
que je ne crois pas auffi dénué d'images
que M. Dalembert le prétend. Les principes
qu'il vient d'expofer font ceux qu'il
a cru devoir fuivre dans la traduction de
différents morceaux de Tacite ; & la maniere
dont il rend compte de fon travail ,
en donneroit feule la plushaute idée. Il faut
en avoir fenti , comme il a fait , toutes les
difficultés pour être en état de les vaincre.
Un des morceaux les plus curieux de
ce Recueil eft la réponſe de M. Dalembert
à M. Rouſſeau , Citoyen de Genêve. Si
j'avois pû la prévoir je n'aurois pas pris
fur moi de juftifier nos Spectacles : ils ont
dans M. Dalembert un Apologifte bien
plus éloquent que moi . J'ai eu le bonheur
de me rencontrer avec lui en bien des
points . Les vérités fimples fe préfentent
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
1
à tout le monde ; mais il n'eft pas donné
à tout le monde de les rendre avec certe
force que leur donne le ftyle de M. D.
و د
Pourquoi des amusemens dit M.
Rouffeau , la vie eft fi courte & le temps
» eft fi précieux ! Qui en doute ? répond
» M. Dalembert . Mais en même temps
» la vie eft fi malheureufe & le plaifir fi
» rare ! Pourquoi envier aux hommes ,
» deftinés prefqu'uniquement par la na-
» ture à pleurer & à mourir, quelques délaffemens
paffagers qui les aident à fup-
» porter l'amertume ou l'infipidité de leur
» exiſtence !... Sans doute tous nos divertiffemens
forcés & factices , inventés &
» mis en ufage par l'oifiveté, font bien au-
» deffous des plaifirs fi purs & fimples
» que devroient nous offrir les devoirs de
» citoyen , d'ami , d'époux , de fils , &
» de pere : mais rendez- nous donc , fi vous
le pouvez , ces devoirs moins pénibles
» & moins triftes ; ou fouffrez qu'après les
» avoir remplis de notre mieux nous nous
» confolions de notre mieux auffi des
chagrins qui les accompagnent. Rendez
» les peuples plus heureux , & par conféquent
les Citoyens moins rares
» amis plus fenfibles & plus conftans ,
» les peres plus juftes , les enfans plus
» tendres , les femmes plus fidèles & plus
ود
"
"
»
ود
les
JUILLET. 1759. 107
vraies : nous ne chercherons point alors
» d'autres plaifirs que ceux qu'on goûte
» au fein de l'amitié , de la Patrie , de la
» nature & de l'amour. »
M. Dalembert avoue que l'eftime pu→
blique eft le but principal des Poëtes
dramatiques comme de tous les Ecrivains,
fans en excepter les Philofophes , qui déclament
contr'elle , & qui femblent la
dédaigner. » L'indifference fe taît , & ne
» fait point tant de bruit ; les injures
» même dites à une nation , ne font quel-
» quefois qu'un moyen plus piquant de
» fe rappeller à fon fouvenir. Et le fa-
» meux Cynique.de la Grèce eût bientôt
» quitté ce tonneau d'où il bravoit les
» préjugés & les Rois , fi les Athéniens
» euffent paffé leur chemin fans le regarder
& fans l'entendre . La vraie Philofophie
ne confifte point à fouler aux
pieds la gloire , & encore moins à le
» dire ; mais à n'en pas faire dépendre
» fon bonheur , même en tâchant de la
» mériter. >>
Mais fi la gloire eft le premier objet
des Poëtes , l'utilité publique peut être au
moins le fecond : or » l'effet de la morale
»du théâtre eſt moins d'opérer un chan-
"gement fubit dans les coeurs corrompus,
que de prémunir contre le vice les ames
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
foibles par l'exercice des fentimens
" honnêtes , & d'affermir dans ces mê
» mes fentimens les ames vertueuſes.
و ر
M. Rouffeau voudroit bannir du théâtre
la Tragédie de Mahomet. » Plût à
» Dieu , dit M. Dalembert , qu'elle y fût
» plus ancienne de deux cens ans ! L'efprit
philofophique qui l'a dictée feroit
» de même date parmi nous , & peut-être
» eût épargné à la Nation Françoife ,
» d'ailleurs fi paifible & fi douce , les
» horreurs & les atrocités religieufes auxquelles
elle s'eft livrée. Si cette Tragédie
laiffe quelque chofe à regretter aux
Sages ,, c'eft de n'y voir que les forfaits
» caufés par le zèle d'une fauffe Religion,
» & non les malheurs encore plus déplo-
» rables , où le zèle aveugle pour une
Religion vraie , peut quelquefois en-
» traîner les hommes.
4
و د
ود
"
و د
A l'égard de l'Amour » Voudriez-vous
» le bannir de la fociété ? demande M.
» Dalembert à M. Rouffeau. Ce feroit ,
» je crois , pour elle , un grand bien &
» un grand mal ; mais vous chercheriez
» en vain à détruire cette paffion... Or fi
» on ne peut & fi on ne doit peut - être
» pas étouffer l'amour dans le coeur des
» hommes , que reste- t-il à faire finon de
» le diriger vers une fin honnête , & de
JUILLET. 1759: 109
» nous montrer dans des exemples illuftres
fes fureurs & fes foibleffes , pour
» nous en défaire ou nous en guérir ?
A l'égard de la Comédie , M. Dalembert
convient que nous fommes plus
frappés du ridicule qu'elle joue que des
vices dont ce ridicule eft la fource ; mais
il obferve avec raifon qu'elle fuppofe
déjà le vice déteſté comme il doit l'être ,
& que c'est le ridicule qu'elle s'attache à
faire fentir. Il eft donc tout fimple ;
» dit-il , que le fentiment qu'elle fuppofe ,
" nous affecte moins ( dans le moment
» de la repréſentation ) que celui qu'elle
» cherche à exciter en nous, fans que pour
» cela elle nous falſe prendre le change
»fur celui de ces deux fentimens qui doit
» dominer dans notre ame. »
En réfutant la critique de M. Roufſeau
fur le caractère du Miſantrope , il en
fait une beaucoup plus jufte à ce qui me
ſemble, du caractère de Philinte. Il trouve
que dans la Scène du Sonnet , Philinte
devoit attendre qu'Oronte lui demandât
fon avis , & fe borner à une approbation
foible. » La colère du Mifantrope fur la
» complaifance de Philinte , n'en eût été
» que plus plaifante , parce qu'elle eût
» été moins fondée ; & la fituation des
» perſonnages eût produit un jeu de théâTO
MERCURE DE FRANCE .
tre d'autant plus grand , que Philinte
" eût été partagé entre l'embarras de
» contredire Alcefte & la crainte de cho-
"quer Oronte. »
M. Dalembert regarde avec raifon la
Comédie attendriffante dont l'Enfant Prodigue
eft le modèle , comme plus intéreffante
pour nous que la Tragédie ellemême.
Les malheurs de la vie privée
» font , dit-il , l'image fidelle des peines
» qui nous affligent ou qui nous mena-
» cent ; un Roi n'eft prefque pas notre
» femblable , & le fort de nos pareils a
bien plus de droits à nos larmes. »
Sur l'Article des Comédiens » com
» ment n'avez-vous pas fenti, demandeM.
D. à M. R. que fi ceux qui repréfentent
» nos pièces méritent d'être deshonorés ,
» ceux qui les compofent mériteroient
auffi de l'être ; & qu'ainfi en élevant
les uns & en aviliffant les autres , nous
» avons été tout à la fois bien inconfé-
» quens & bien barbares , »
Avant que d'aller plus loin , qu'il me
foit permis derépondre un mot à ce qu'ont
dit de moi & de mon Apologie du Théâtre
des Journaliſtes avec lefquels je ferai
toujours fort aife de difcuter mes opinions
itera 5.Luci
On m'a reproché ( Journal de TrévouK,
) JUILLET 17599 III
Avril 1759 , page 859 & fuivantes ) d'être
du nombre de ceux qui arment l'erreur
» de tant de fophifmes, qu'il n'eft prefque
plus poffible de reconnoître ce qu'il
faut croire. Si dans la controverfe des
» Spectacles on n'infifte pas fur les preuves
tirées de la Religion , les Partiſans du
" Théâtre fe fauveront toujours , dit- on ,
» dans le nuage dont ils fçavent fi bien
» s'envelopper. »
»
Rien n'est plus aifé que de démêler
le vice d'un Sophifme ; fi j'en ai employé
quelqu'un en faveur des Spectacles,
il étoit juſte de m'en convaincre & voilà
ce qu'on n'a pas fait . Les preuves tirées
de la Religion décident une queftion
que je n'ai pas révoquée en doute ;
fçavoir que les Spectacles dangereux pour
les moeurs , tels que les ont condamnés
les Peres & les Docteurs de l'Egliſe ,
font en effet condamnables & doivent
être profcrits. Mais peut-il y avoir des
Spectacles utiles aux moeurs ? Et ceux-là
doivent- ils être confervés ? Le Théâtre
François eft-il dans le cas de cette exception
, confidéré feulement comme
compofé de nos Tragédies les plus eftjmées
& de nos meilleures Comédies ?
Voilà de quoi il s'agiffoit dans mes analyfes
de la Lettre de M. Rouſſeau. Sur
11½ MERCURE DE FRANCE.
و د
la Scene Françoife , ai-je dit , » toutes
» les inclinations pernicieufes font con-
» damnées , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
» malheureuſes y font naître la pitié &
la crainte. Les fentimens qui de leur
>> nature peuvent être dirigés au bien &
» au mal , comme l'ambition & l'amour ,
"y font peints avec des couleurs inté-
» reffantes ou odieufes , felon les cir-
» conftancès qui les décident ou vertueux
» ou criminels. Telle eft la régle inva-
» riable de la ſcène tragique , & le Poëte
qui l'auroit violée révolteroit tous les
39
efprits. Ceft-là le fait que j'ai tâché
de prouver à l'égard de la Tragédie : fi
ce fait eft vrai, il eſt évident que le Théâtre
Tragique François n'eft pas du nombre
des Spectacles que l'Evangile & les
Peres de l'Eglife ont condamnés ; mais
que ce fait foit vrai ou non , c'est une
queftion qu'ils n'ont pas décidée , & que
j'ai eu par conféquent la liberté d'exa
miner.
Al'égard de la Comédie , j'ai reconnu
» que le Théâtre , quoique purgé de fon
» ancienne indécence , n'eft pas encore
» affez châtié ; que Dancourt , Monfleury
» & leurs femblables devroient en être
à jamais bannis ; qu'en un mot le feul
JUILLET. 1959. 113
» comique honnête & moral doit être
» donné en ſpectacle. » Il s'agiffoit donc
d'examiner, non pas s'il y avoit des Comédies
répréhensibles du côté des moeurs :
j'en tombois d'accord ; mais s'il y avoit
des Comédies dont les moeurs fuffent bonnes
& les leçons utiles . Et c'eft fur quoi
je croyois que l'Evargile ni les Peres de
l'Eglife n'avoient rien décidé pour le fiécle
préfent.
L'Evangile , difent les Journaliſtes de
Trévoux , condamne tout fans modification
ni reftriction quelconque. Il condamneroit
don cauffi les Tragédies de Collège. Mais
c'eft ce que je ne crois pas. C'est ce que ne
croyoit pas M. Boffuet lorsqu'il répondit
indirectement fur cette queſtion des
Spectacles :qu'il y avoit de grands exemples
pour , & de grandes raifons contre :
car il eft certain qu'il n'eût pas biaifé
fur un point formellement décidé par
l'Evangile. C'eft ce que ne croyoit pas
non plus le Pere Porée , cet homme
pieux , lorfqu'en attaquant les Spectacles
tels qu'ils étoient , il les approuvoit tels
qu'ils pouvoient être. C'eft ce qu'on ne
croit pas à Rome où les Spectacles font
permis & fréquentés par des perfonnes
d'une vie très-édifiante ; ni en France
dans les fociétés chargées de l'éducation
114 MERCURE DE FRANCE.
de la ieuneffe qui prefque toutes , depuis
le Collège de Louis le Grand jufqu'à S.
Cyr , font entrer l'exercice de la déclamation
Théâtrale dans l'inftitution des
jeunes perfonnes de l'un & de l'autre
féxe , comme un moyen de leur former
l'efprit & le coeur. Il eft vrai qu'on choifit
pour cela les piéces les plus épurées ;
mais il ne s'enfuit pas moins qu'un Spectacle
dont les moeurs font bonnes eft
un amuſement permis & utile ; & quant
à la queftion particulière , fi les niceurs
de telle ou de telle de nos piéces font
bonnes ou mauvaiſes , ni l'Evangile ni
les Peres n'ont vraisemblalement rien
prononcé là-deffus. J'ai donc pû entrer
dans cette difcuffion avec M. Rouffeau ,
fans m'expofer à d'autres reproches qu'à
celui de m'être trompé , encore faut- il
qu'on le prouve. Du refte je fuis trèsfenfible
à ce que les mêmes Journaliſtes
ont bien voulu dire d'obligeant fur mes
analyſes ; mais ils me font l'honneur d'y
fuppofer un art que je n'y ai pas mis ;
& je ferois bien plus reconnoiffant s'ils
euffent voulu y appercevoir la fimplicité
& la bonne foi avec lefquelles je dis ce
que je penſe.
K
Revenons à M. Dalembert. Après avoir
juſtifié le Théâtre François , il fait en
JUILLET. 1759. 115
paffant l'apologie des femmes que M. R.:
a fi violemment attaquées. » Le genre:
» humain feroit bien à plaindre , lui ditil
, » fi l'objet le plus digne de nos hom-
» mages étoit en effet auffi rare que
vous le dites. Mais fi par malheur vous
» aviez raifon , quelle en feroit la trifte
caufe ? L'esclavage & l'efpéce d'avilif-
» fement où nous avons mis les femmes.
»Nous traitons la Nature en elles comme
» nous la traitons dans nos jardins : nous
» cherchons à l'orner en l'étouffant. Si la
plupart des Nations ont agi comme
nous à leur égard , c'eft que partout
>> les hommes ont été les plus forts , &
» que partout le plus fort eft l'oppref-
»feur & le tyran du plus foible. Je ne
fçai fi je me trompe , mais il me fem-
» ble que l'éloignement où nous tenons
» les femmes , de tout ce qui peut les
» éclairer & leur élever l'ame , eſt bien
capable , en mettant leur vanité à la
gêne , de flatter leur amour-propre. On
»diroit que nous fentons leurs avanta-
»ges , & que nous voulons les empê¬
cher d'en profiter.
"
Il s'élève contre l'éducation puérile
qu'on leur donne ; & ce morceau plein
d'éloquence ne ſçauroit être affez connu.
Nous avons éprouvé tant de fois , dit-il ,
116 MERCURE DE FRANCE:
SIZEA
co
esc
» combien la culture de l'efprit & l'exer-
» cice des talens font propres à nous dif-
» traire de nos maux , & à nous conſoler
dans nos peines ! pourquoi refufer à la
» plus aimable moitié du genre humain ,
» deftinée à partager avec nous le malheur
d'être , le foulagement le plus pro-
» pre à le lui faire fupporter ? Philofophes
"" que la Nature a répandus fur la ſurface , d
» de la terre , c'eſt à vous à détruire , s'il
vous eft poffible , un préjugé fi funefte ;
c'eft à ceux d'entre vous qui éprouvent
la douceur ou le chagrin d'être peres ,
» d'ofer les premiers fecouer le joug d'un
» barbare uſage , en donnant à leurs filless for
la même éducation qu'à leurs autres
enfans. Qu'elles apprennent feulement
»de vous en recevant cette éducation , el
précieuſe , à la regarder uniquement
» comme un préfervatif contre l'oifivété ,
un rempart contre les malheurs ; & non
»comme l'aliment d'une curiofité vaine
» & le fujet d'une oftentation frivole.o
» Voilà tout ce que vous devez & tout &pasl'id
» ce qu'elles doivent à l'opinion publique , les aux
qui peut les condamner à paroître igno- que
❤rantes , mais non pas les forcer à l'être.quile
» On vous a vu fi
fouvent
pour des motifs esfer
» très-légers , par vanité , ou par humeur ,
»
22 heurter de front les idées de votre
ble
qui
les
les
le
fermet
ful
roient
JUILLET. 1759 117
"
33
-
la´vie
fiécle ;pour quel intérêt plus grand pou-
» vez-vous le braver , que pour l'avantage
de ce que vous devez avoir de plus
cher au monde , pour rendre la vie
» moins amère à ceux qui la tiennent de
» vous , & que la Nature a deſtinés à vous
»furvivre & à fouffrir ; pour leur procurer
» dans l'infortune , dans les maladies , dans
la pauvreté , dans la vieilleffe , des ref-
»fourcesdont notre injuftice les a privées?
» on regarde communément , Monfieur ,
» les femmes comme très fenfibles &
"très foibles ; je les crois au contraire ou
» moins fenfibles ou moins foibles que
» nous. Sans force de corps , fans talens ,
»fans étude qui puiffe les arracher à leurs
" peines , & les leur faire oublier quelques
» momens , elles les fupportent néan-
» moins , elles les dévorent , & fçavent
» quelquefois les cacher mieux que nous :
» cette fermeté fuppofe en elles , ou une
"ame peu fufceptible d'impreffions pro-
» fondes , ou un courage dont nous n'a-
" vons pas l'idée. Combien de fituations
cruelles auxquelles les hommes ne réfiftent
que par le tourbillon d'occupa-
" tions qui les entraîne : les chagrins des
» femmes feroient- ils moins pénétrans &
» moins vifs que les nôtres ? Ils ne le
» devroient pas être. Leurs peines vien-
»
18 MERCURE DE FRANCE.
» nent ordinairement du coeur ; les nôtres
»n'ont fouvent pour principe que la vanité
& l'ambition . Mais ces fentimens
étrangers que l'éducation a portés dans
notre ame , que l'habitude y a gravés ,
»& que l'exemple fortifie , deviennent
( à la honte de l'humanité ) plus puif
fants fur nous que les fentimens naturels;
la douleur fait plus périr de Miniftres
déplacés que d'Amans malheureux. »
و د
M. Dalembert a réfervé pour la fin de
fa Lettre l'Article qui intéreffe Genêve ,
& cet Article a deux objets : le fpectacle,
& le dogme des Miniftres. Quant au premier
, il avoue que la Comédie feroit au
moins inutile aux Génévois s'ils en étoient
encore à l'âge d'or ; mais ils m'ont paru ,
dit-il , affez avancés , ou fi vous voulez
affez pervertis pour pouvoir entendre
Brutus & Rome fauvée , fans avoir à
craindre d'en devenir pires.
A l'égard de la dépenſe , » la Ville de
» Genêve eft , à proportion de fon éten-
» due , une des plus riches de l'Europe , »
& M. Dalembert dit avoir lieu de croire
que plufieurs Citoyens opulens de cette
Ville , qui defireroient y avoir un théâtre
, fourniroient fans peine une partie
de la dépenfe. Un ou deux jours de la
femaine fuffiroient à cet amuſement , &
JUILLET. 1759 . 119
"
on pourroit prendre pour l'un de ces
jours celui où le Peuple fe repofe. Du
refte , dans un état auffi petit , où l'oeil
vigilant des Magiftrats peut s'étendre au
même inftant d'une frontiere à l'autre , il
feroit facile d'éclairer la conduite des
Comédiens , & de maintenir les loix
fomptuaires. » Il ne falloit pas moins ,
pourfuit M. Dalembert , » qu'un Philofophe
exercé comme vous aux paradoxes,
» pour nous foutenir qu'il y a moins de
» mal à s'enyvrer & à médire , qu'à voir
repréſenter Cinna & Polieucte . Il ajoute
que les Citoyens de Genêve ſe récrient
» fort contre cette peinture que M. R. a
» faite de leur vie journalière , qu'ils fe
plaignent que le peu de féjour qu'a
» fait M. R. parmi eux , ne lui ayant
pas laiffé le temps de les connoître
» ni d'en fréquenter affez les différens
» états , il a repréſenté comme l'efprit
général de cette fage République , ce
» qui n'eft tout au plus que le vice obfcur
& méprifé de quelques Sociétés
>> particulières.
A l'égard des fentimens que M. Dālembert
a attribué aux Miniftres de Genêve
en matiere de Religion , il dit en
avoir parlé , non d'après un fecret confié
mais d'après leurs ouvrages , & d'après
120 MERCURE DE FRANCE.
des converfations publiques. Moyens que
M. Rouffeau n'avoit pas compris dans
fon énumération . » Si je me ſuis trompé ,
» ajoute M. Dalembert , tout autre que
» moi , j'oſe le dire , eût été trompé
» de même. Il obferve de plus que les
fentimens qu'il attribue aux Miniftres de
Genêve font une fuite néceffaire de leurs
principes , d'après lefquels il prétend
que quand ils ne feroient pas Sociniens
, il faudroit qu'ils le devinffent ,
non pour l'honneur de leur Religion ,
» mais pour celui de leur Philofophie.
( Je réserve l'Extrait du quatrième Volume
pour le Mercure prochain . )
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Résumé : MELANGES de Littérature, d'Histoire & de Philosophie. Nouvelle édition.
Le document présente une nouvelle édition des 'Mélanges de Littérature, d'Histoire & de Philosophie' de Diderot, incluant des œuvres telles que le discours préliminaire de l'Encyclopédie et des éloges académiques de figures comme Montesquieu et Dumarsais. Diderot aborde la liberté d'expression philosophique, suggérant de présenter les vérités générales sans offenser et de juger les écrits philosophiques comme s'ils étaient écrits par un auteur décédé. Les nouvelles contributions couvrent divers sujets, notamment les éloges académiques, la traduction, la philosophie et la critique musicale. Dalembert, dans ses réflexions, reconnaît les abus dans les éloges académiques mais en souligne les avantages pour l'instruction. Il critique les écrivains qui introduisent la satire personnelle dans les sociétés littéraires et valorise les traductions en prose. Le texte traite également des rôles du théâtre. D'Alembert défend la tragédie 'Mahomet' de Voltaire et critique le personnage de Philinte dans 'Le Misanthrope'. Il répond aux critiques de Rousseau sur les comédiens, affirmant que les auteurs de pièces méritent autant de respect que les acteurs. L'auteur examine la moralité des spectacles théâtraux, reconnaissant la nécessité de proscrire les spectacles nuisibles aux mœurs tout en discutant des bénéfices potentiels des tragédies et comédies. Concernant l'éducation des femmes, le texte critique les préjugés et l'oisiveté imposées aux femmes, plaidant pour une éducation égale pour les filles et les garçons. À Genève, D'Alembert discute de l'utilité d'un théâtre, estimant que les Genevois sont suffisamment évolués pour en bénéficier sans risque moral.
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2357
p. 217-220
DE VERSAILLES le 24 Mai.
Début :
Le Roi a disposé du Régiment des Volontaires Etrangers de [...]
Mots clefs :
Roi, Baron, Régiment, Marquis, Famille royale, Comte, Parlement, Cavalerie, Abbé, Abbaye, Diocèse, Ordre, Colonel, Nominations, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 24 Mai.
DE VERSAILLES le 24. Mai.
LERoi a difpofé du Régiment des Volontaires
Etrangers de Clermont-Prince , vacant par
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
la promotion du Baron du Blaizel au grade de
Maréchal de Camp , en faveur du fieur de Commeiras.
Le 19 de ce mois le Marquis de Montalembert
prit congé du Roi & de la Famille Royale ,
pour aller à Petersbourg , & de là à l'Armée
Ruffe où il doit faire la campagne prochaine.
Le Roi ayant agréé le choix que S. A. R. l'In-
Fant Duc de Parme a fait du Comte d'Argental ,
Confeiller d'honneur au Parlement de Paris, pour
fon Miniftre plénipotentiaire auprès de Sa Majefté
, il eut fes audiences du Roi & de la Famille
Royale le 22 de ce mois , où il fut conduit par
le fieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs,
Du 31 Mai,
Le Roi a difpofé du Régiment de Xaintonges,
Infanterie , vacant par la démiffion du fieur de la
Grandville , en faveur du Comte Deffalles.
De celui d'Harcourt , Cavalerie , vacant par la
promotion du Marquis de Beuvron à la charge
de Commiffaire général de la Cavalerie , en faveur
du Comte de Preyffac de Cadilhac.
en faveur
De celui d'Henrichemont , Cavalerie , vacant
par la démiffion du Prince de ce nom ,
du Marquis d'Efcouloubre.
Et de celui des Volontaires de Flandre , en faveur
du Chevalier de Jaucourt,
Sa Majesté a donné la majorité de la Gendar
merie , vacante par la démiffion du Vicomte de
Sabran , au Comte de Lordat,
Et un Guidon de Gendarmerie au Comte de
Mauroy.
Le Comte de Beffe de la Richardje eft monté à
la Sous- Lieutenance.
Le Roi a donné l'Evêché de Toulon à l'Abbé
Lafcaris de Vintimille , Aumônier dy Roi,
JUILLET. 1759 ..
219
La Prévôté de Pignan à l'Abbé de Jarente ,
Chanoine honoraire de la Cathédrale de Marfeille.
L'Abbaye de Longues , Ordre de S. Benoît
Dioceſe de Bayeux , à l'Abbé de Cugnac , Chenoine
de l'Eglife de Paris , Vicaire - Général d ♫
Diocéle de Bayeux.
L'Abbaye de l'Iſle de Medoc , Ordre de Š. Auguftin
, Diocéle de Bordeaux , à l'Evêque de
Bazas.
L'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocéſe
de Clermont , à l'Abbé de Retz , de Fraiſſinet ,
Grand-Vicaire du Diocèfe de Mende.
Et l'Abbaye de S. Leonard de Chaume , Ordre
de Citeaux , Diocéfe de la Rochelle , à l'Abbé Dupuy
de Montmejan , Vicaire- Général du Diocéfe
de Bellay.
Du Juin.
Le Roi a accordé dès le 20 Mars dernier , la
Commiffion de Colonel de Cavalerie au Baron de
Breteuil , fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
l'Electeur de Cologne.
Du 14.
Le Roi a accordé le Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Marquis de Saint-
Sernin , au fieur de Chevert , Lieutenant- général
des Armées du Roi , commandant les troupes de
Sa Majesté en Flandre & en Artois.
Hier la Cour prit le deuil pour quatre jours à
Poccafion de la mort de la Princeffe de Sultz→
bach.
Du 21.
Le Roi a nommé le Marquis de Paulmy , cl
devant Miniftre & Secrétaire d'Etat au Départe
ment de la guerre , ſon Ambaſſadeur auprès da
Roi & de la République de Pologne.
Sa Majeſté à admis au nombre de fes Aumo-
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
niers l'Abbé de Clugny , Chanoine de l'Eglife &
Comte de Lyon , à la place de l'Abbé de Laſçaris,
nommé à l'Evêché de Toulon .
LERoi a difpofé du Régiment des Volontaires
Etrangers de Clermont-Prince , vacant par
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
la promotion du Baron du Blaizel au grade de
Maréchal de Camp , en faveur du fieur de Commeiras.
Le 19 de ce mois le Marquis de Montalembert
prit congé du Roi & de la Famille Royale ,
pour aller à Petersbourg , & de là à l'Armée
Ruffe où il doit faire la campagne prochaine.
Le Roi ayant agréé le choix que S. A. R. l'In-
Fant Duc de Parme a fait du Comte d'Argental ,
Confeiller d'honneur au Parlement de Paris, pour
fon Miniftre plénipotentiaire auprès de Sa Majefté
, il eut fes audiences du Roi & de la Famille
Royale le 22 de ce mois , où il fut conduit par
le fieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs,
Du 31 Mai,
Le Roi a difpofé du Régiment de Xaintonges,
Infanterie , vacant par la démiffion du fieur de la
Grandville , en faveur du Comte Deffalles.
De celui d'Harcourt , Cavalerie , vacant par la
promotion du Marquis de Beuvron à la charge
de Commiffaire général de la Cavalerie , en faveur
du Comte de Preyffac de Cadilhac.
en faveur
De celui d'Henrichemont , Cavalerie , vacant
par la démiffion du Prince de ce nom ,
du Marquis d'Efcouloubre.
Et de celui des Volontaires de Flandre , en faveur
du Chevalier de Jaucourt,
Sa Majesté a donné la majorité de la Gendar
merie , vacante par la démiffion du Vicomte de
Sabran , au Comte de Lordat,
Et un Guidon de Gendarmerie au Comte de
Mauroy.
Le Comte de Beffe de la Richardje eft monté à
la Sous- Lieutenance.
Le Roi a donné l'Evêché de Toulon à l'Abbé
Lafcaris de Vintimille , Aumônier dy Roi,
JUILLET. 1759 ..
219
La Prévôté de Pignan à l'Abbé de Jarente ,
Chanoine honoraire de la Cathédrale de Marfeille.
L'Abbaye de Longues , Ordre de S. Benoît
Dioceſe de Bayeux , à l'Abbé de Cugnac , Chenoine
de l'Eglife de Paris , Vicaire - Général d ♫
Diocéle de Bayeux.
L'Abbaye de l'Iſle de Medoc , Ordre de Š. Auguftin
, Diocéle de Bordeaux , à l'Evêque de
Bazas.
L'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocéſe
de Clermont , à l'Abbé de Retz , de Fraiſſinet ,
Grand-Vicaire du Diocèfe de Mende.
Et l'Abbaye de S. Leonard de Chaume , Ordre
de Citeaux , Diocéfe de la Rochelle , à l'Abbé Dupuy
de Montmejan , Vicaire- Général du Diocéfe
de Bellay.
Du Juin.
Le Roi a accordé dès le 20 Mars dernier , la
Commiffion de Colonel de Cavalerie au Baron de
Breteuil , fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
l'Electeur de Cologne.
Du 14.
Le Roi a accordé le Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Marquis de Saint-
Sernin , au fieur de Chevert , Lieutenant- général
des Armées du Roi , commandant les troupes de
Sa Majesté en Flandre & en Artois.
Hier la Cour prit le deuil pour quatre jours à
Poccafion de la mort de la Princeffe de Sultz→
bach.
Du 21.
Le Roi a nommé le Marquis de Paulmy , cl
devant Miniftre & Secrétaire d'Etat au Départe
ment de la guerre , ſon Ambaſſadeur auprès da
Roi & de la République de Pologne.
Sa Majeſté à admis au nombre de fes Aumo-
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
niers l'Abbé de Clugny , Chanoine de l'Eglife &
Comte de Lyon , à la place de l'Abbé de Laſçaris,
nommé à l'Evêché de Toulon .
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Résumé : DE VERSAILLES le 24 Mai.
Le 24 mai 1759, le roi a transféré le Régiment des Volontaires Étrangers de Clermont-Prince au sieur de Commeiras, suite à la promotion du Baron du Blaizel au grade de Maréchal de Camp. Le Marquis de Montalembert a quitté la cour pour se rendre à Petersbourg puis à l'Armée Russe. Le Comte d'Argental, Conseiller d'honneur au Parlement de Paris, a été nommé Ministre plénipotentiaire auprès du roi par l'Infant Duc de Parme et a eu ses audiences le 22 mai. Le 31 mai, plusieurs régiments ont été redistribués : le Régiment de Xaintonges au Comte Deffalles, le Régiment d'Harcourt au Comte de Preyffac de Cadilhac, le Régiment d'Henrichemont au Marquis d'Escouloubre, et le Régiment des Volontaires de Flandre au Chevalier de Jaucourt. Le Comte de Lordat a reçu la majorité de la Gendarmerie, et le Comte de Mauroy un Guidon de Gendarmerie. Le Comte de Besse de la Richardière a été promu à la Sous-Lieutenance. L'Abbé Lafcaris de Vintimille a été nommé à l'Évêché de Toulon. En juillet 1759, plusieurs abbayes et prévôtés ont été attribuées, notamment la Prévôté de Pignan à l'Abbé de Jarente et l'Abbaye de Longues à l'Abbé de Cugnac. En juin, le roi a accordé la commission de Colonel de Cavalerie au Baron de Breteuil et le Gouvernement de Belle-Isle au sieur de Chevert. La cour a observé le deuil pour la mort de la Princesse de Sulzbach. Le Marquis de Paulmy a été nommé Ambassadeur auprès du Roi et de la République de Pologne, et l'Abbé de Clugny a été admis parmi les Aumôniers du roi.
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2358
p. 220
DE PARIS, le 26 Mai.
Début :
Toutes les Troupes qui ont été ci-devant sous les ordres du Duc de Broglie, [...]
Mots clefs :
Duc de Broglie, Troupes, Armée, Prince Ferdinand , Corsaire, Marchandises, Capitaine, Navires étrangers
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 26 Mai.
DE PARIS , le 26 Mai.
Toutes les Troupes qui ont été ci - devant fou
les or tres du Duc de Broglie , fe réuniront fur la
Lahne au refte de l'armée. Plufieurs détachemen
occupent des poftes en avant fur le Haut- Mein
& fur la Fuide. L'armée eft dans un meilleur éta
encore qu'elle ne l'étoit au commencement &
cette guerre , il n'y a point de malades , &
Soldat marque beaucoup d'ardeur & la pli
grande volonté.
>
La marche de notre Armée a fans doute déte
miné le Prince Ferdinand à rappeller prompte
ment le corps de douze à quinze mille homm
qu'il avoit détaché du côté de la Franconie.
On mande de Bayonne que le Corfaire le J
piter de cette Ville , commandé par le fieur Jea
Mimbielle , entra dans ce Port le 8 de ce mois.
vient de terminer une croifiere pendant laquel
il a pris un Navire chargé de tabac , & il a rar
çonné trois autres Bâtimens pour le prix de cir
quante mille livres. Ce Capitaine avoit fecou
généreufement l'année derniere un Vaiffe
d'Amfterdam nommé le Saint - Nicolas , appa
tenant aux fieurs Matheys & Smith.
Toutes les Troupes qui ont été ci - devant fou
les or tres du Duc de Broglie , fe réuniront fur la
Lahne au refte de l'armée. Plufieurs détachemen
occupent des poftes en avant fur le Haut- Mein
& fur la Fuide. L'armée eft dans un meilleur éta
encore qu'elle ne l'étoit au commencement &
cette guerre , il n'y a point de malades , &
Soldat marque beaucoup d'ardeur & la pli
grande volonté.
>
La marche de notre Armée a fans doute déte
miné le Prince Ferdinand à rappeller prompte
ment le corps de douze à quinze mille homm
qu'il avoit détaché du côté de la Franconie.
On mande de Bayonne que le Corfaire le J
piter de cette Ville , commandé par le fieur Jea
Mimbielle , entra dans ce Port le 8 de ce mois.
vient de terminer une croifiere pendant laquel
il a pris un Navire chargé de tabac , & il a rar
çonné trois autres Bâtimens pour le prix de cir
quante mille livres. Ce Capitaine avoit fecou
généreufement l'année derniere un Vaiffe
d'Amfterdam nommé le Saint - Nicolas , appa
tenant aux fieurs Matheys & Smith.
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Résumé : DE PARIS, le 26 Mai.
Le 26 mai à Paris, un ordre est donné pour que toutes les troupes ayant fouillé les trésors du Duc de Broglie se réunissent sur la Lahne avec le reste de l'armée. Plusieurs détachements occupent des postes avancés sur le Haut-Mein et la Fuide. L'armée est en meilleur état qu'au début de la guerre, sans malades, et les soldats montrent une grande ardeur et volonté. Cette progression a probablement incité le Prince Ferdinand à rappeler un corps de douze à quinze mille hommes qu'il avait détaché en Franconie. Par ailleurs, à Bayonne, le corsaire Le Jupiter, commandé par Jean Mimbielle, est entré dans le port le 8 mai après une croisière au cours de laquelle il a capturé un navire chargé de tabac et razzié trois autres bâtiments pour une valeur de soixante mille livres. L'année précédente, ce capitaine avait secouru généreusement le vaisseau d'Amsterdam nommé le Saint-Nicolas, appartenant aux sieurs Matheys & Smith.
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2359
p. 225
« L'Europe vivante & mourante, ou Tableau annuel des principales Cours de [...] »
Début :
L'Europe vivante & mourante, ou Tableau annuel des principales Cours de [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Nouvelle parution, Suite, Europe, États
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Europe vivante & mourante, ou Tableau annuel des principales Cours de [...] »
L'Europe vivante & mourante , ои Tableau
annuel des principales Cours de l'Europe , ſuite du
Memorial de Chronologie , généalogique & hiftorique.
Année 1719. A Bruxelles , chez Erançois
Foppens , au Saint - Elprit , & ſe trouve à
Paris chez Debure l'aîné , Quai des Auguftins.
Ce petit Ouvrage n'eft qu'une fuite du Livre
qui a paru annuellement en 1747, 1748 & 1749,
fous le titre d'Almanach généalogique & hiftorique
, & qui a été continué depuis 1752 ju
qu'en 1755 , fous celui de Mémorial de Chronologie,
généalogique & hiftorique ; mais avec des
différences qui en ont fait chaque année un Livre
différent.
annuel des principales Cours de l'Europe , ſuite du
Memorial de Chronologie , généalogique & hiftorique.
Année 1719. A Bruxelles , chez Erançois
Foppens , au Saint - Elprit , & ſe trouve à
Paris chez Debure l'aîné , Quai des Auguftins.
Ce petit Ouvrage n'eft qu'une fuite du Livre
qui a paru annuellement en 1747, 1748 & 1749,
fous le titre d'Almanach généalogique & hiftorique
, & qui a été continué depuis 1752 ju
qu'en 1755 , fous celui de Mémorial de Chronologie,
généalogique & hiftorique ; mais avec des
différences qui en ont fait chaque année un Livre
différent.
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Résumé : « L'Europe vivante & mourante, ou Tableau annuel des principales Cours de [...] »
Le document 'L'Europe vivante & mourante' est une publication annuelle sur les principales cours européennes. Il succède au 'Mémorial de Chronologie, généalogique & historique' et a été publié pour la première fois en 1719 à Bruxelles et Paris. Il a également été édité sous le titre 'Almanach généalogique & historique' en 1747, 1748 et 1749, puis de 1752 à 1755. Chaque édition diffère, rendant chaque livre unique.
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2360
p. 208
DE VERSAILLES, le 28 Juin.
Début :
Le 22 l'Archevêque d'Alby prêta serment entre les mains du Roi. [...]
Mots clefs :
Archevêque, Serment, Nominations, Colonel, Comte, Commandement, Lettre de noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Juin.
DE VERSAILLES , le 28 Juin.
LE 22 l'Archevêque d'Alby prèia ſerment entre
les mains du Roi.
Le même jour Sa Majesté tint le Sceau pour
la cinquante-deuxième fois.
Le Roi a donné une place de Colonel dant les
Grenadiers de France au Comte de Chabannes ,
ci-devant Enfeigne de vaiffeau & fervant actuellement
en qualité de Volontaire dans le Régiment
du Comte de Talleyrand fon beau-frere.
>
Le 28 la Cour a pris le deuil pour quatre
jours , à l'occafion de la mort de la Princeſſe
d'Anhalt-Zerbſt.
Dus Juillet.
Le Roi a donné au Comte de Raymond , Ma-:
réchal- de- Camp , le commandement de la Province
d'Angoumois.
Sa Majefté a accordé des Lettres de Nobleffe
au fieur Ratte , ci-devant chargé des affaires da
Roi à la Cour de Vienne , en récompenfe de les
fervices.
Dans le dernier Mercure il s'eft gliffé une erreur
de la Gazette , où en parlant du Marquis de
Paulmy , il y eft dit ci-devant Miniftre & Secre
taire d'Etat , il falloit mettre Miniftre , & cia
devant Secrétaire d'Etat.
LE 22 l'Archevêque d'Alby prèia ſerment entre
les mains du Roi.
Le même jour Sa Majesté tint le Sceau pour
la cinquante-deuxième fois.
Le Roi a donné une place de Colonel dant les
Grenadiers de France au Comte de Chabannes ,
ci-devant Enfeigne de vaiffeau & fervant actuellement
en qualité de Volontaire dans le Régiment
du Comte de Talleyrand fon beau-frere.
>
Le 28 la Cour a pris le deuil pour quatre
jours , à l'occafion de la mort de la Princeſſe
d'Anhalt-Zerbſt.
Dus Juillet.
Le Roi a donné au Comte de Raymond , Ma-:
réchal- de- Camp , le commandement de la Province
d'Angoumois.
Sa Majefté a accordé des Lettres de Nobleffe
au fieur Ratte , ci-devant chargé des affaires da
Roi à la Cour de Vienne , en récompenfe de les
fervices.
Dans le dernier Mercure il s'eft gliffé une erreur
de la Gazette , où en parlant du Marquis de
Paulmy , il y eft dit ci-devant Miniftre & Secre
taire d'Etat , il falloit mettre Miniftre , & cia
devant Secrétaire d'Etat.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Juin.
Le 22 juin, l'Archevêque d'Alby a prêté serment devant le Roi, qui a également scellé un document pour la cinquante-deuxième fois. Le Roi a nommé le Comte de Chabannes Colonel des Grenadiers de France, alors qu'il servait comme Volontaire dans le Régiment du Comte de Talleyrand, son beau-frère. Le 28 juin, la Cour a observé un deuil de quatre jours suite au décès de la Princesse d'Anhalt-Zerbst. Le 2 juillet, le Roi a confié au Comte de Raymond, Maréchal de Camp, le commandement de la Province d'Angoumois. De plus, Sa Majesté a accordé des Lettres de Noblesse à M. Ratte, ancien représentant du Roi à la Cour de Vienne, en reconnaissance de ses services. Une erreur a été corrigée dans le dernier Mercure concernant le Marquis de Paulmy, qui doit être désigné comme Ministre et ancien Secrétaire d'État.
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2361
p. 198
DE MADRID, le 28 Juin.
Début :
Don Sebastien de Slava d'Eguillor, Chevalier de l'Ordre de S. Jacques, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Gentilhomme, Capitaine, Secrétaire d'État, Décès, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 28 Juin.
DE
MADRID
,
le
28
Juin
.
Don Sebaſtien de Slava d'Eguillor , Chevalier
de l'Ordre de S. Jacques , Gentilhomme de la
Chambre de Sa Majefté , Capitaine Général de
fes Armées , Secrétaire d'Etat au Département
de la Guerre , mourut ici te 21 âgé de ſoixante-
quinze ans. Il étoit Viceroi de la Nouvelle Gre-
made lors du fiége de Carthagene par les An-
glois. On fut redevable à ſon zéle & à ſa bonne
conduite de la confervation de cette Place impor
tante. Ce Miniftre eft ici généralement regretté,
MADRID
,
le
28
Juin
.
Don Sebaſtien de Slava d'Eguillor , Chevalier
de l'Ordre de S. Jacques , Gentilhomme de la
Chambre de Sa Majefté , Capitaine Général de
fes Armées , Secrétaire d'Etat au Département
de la Guerre , mourut ici te 21 âgé de ſoixante-
quinze ans. Il étoit Viceroi de la Nouvelle Gre-
made lors du fiége de Carthagene par les An-
glois. On fut redevable à ſon zéle & à ſa bonne
conduite de la confervation de cette Place impor
tante. Ce Miniftre eft ici généralement regretté,
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Résumé : DE MADRID, le 28 Juin.
Le 28 juin à Madrid, Don Sebastien de Slava d'Eguillor, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jacques, Gentilhomme de la Chambre du roi, Capitaine Général des Armées et Secrétaire d'État au Département de la Guerre, est décédé à l'âge de soixante-quinze ans. Il avait été Viceroi de la Nouvelle-Grenade et avait défendu Carthagène lors du siège anglais. Il est regretté à Madrid.
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2362
p. 200
DE VERSAILLES, le 12 Juillet.
Début :
Le 8 de ce mois le Chevalier de Floriac, Exempt des Gardes du Corps, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Serment, Sceaux, Archevêque, Nominations, Ministre d'État, Conseil, Sa Majesté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 12 Juillet.
E VERSAILLES , le 12 Juillet.
LES
*
E 8 de ce mois , le Chevalier de Floriac,
Exempt des Gardes du Corps , prêta ferment en-
tre les mains du Roi pour le Gouvernement de
la Haute & Bafle Marche.
Le 9 Sa Majesté tint le Sceau.
Le
10
,
l'Archevêque
de
Rouen
prêta
ferment
entre
les
mains du Roi
,
Du
19
.
Le Roi a nommé Miniftre d'Etat le fieur de
Silhouette , Contrôleur- général de fes finances ,
qui a pris en cette qualité téance au Confeil de Sa
Majefté le 18 de ce mois.
LES
*
E 8 de ce mois , le Chevalier de Floriac,
Exempt des Gardes du Corps , prêta ferment en-
tre les mains du Roi pour le Gouvernement de
la Haute & Bafle Marche.
Le 9 Sa Majesté tint le Sceau.
Le
10
,
l'Archevêque
de
Rouen
prêta
ferment
entre
les
mains du Roi
,
Du
19
.
Le Roi a nommé Miniftre d'Etat le fieur de
Silhouette , Contrôleur- général de fes finances ,
qui a pris en cette qualité téance au Confeil de Sa
Majefté le 18 de ce mois.
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2363
p. 201-210
MORTS.
Début :
Jacques-Claude-Marie-Vincent, Seigneur de Gournay, Conseiller honoraire au Grand Conseil, [...]
Mots clefs :
Seigneur de Gournay, Décès, Vertueux, Qualités, Voyageur, Commerce, Marine, Mémoires, Observation, Étude, Écrits, Éloquence, Principes de commerce, Royaume de France, Réformes, Éloge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M ORTS.
ACQUES-Claude-Marie - Vincent , Seigneur
de Gournay , Confeiller honoraire au Grand'
Confeil İntendant honoraire du Commerce
mourut à Paris le 27 Juin , âgé de 47 ans.
?L'Hiftoire qui
fe
glorifie
de
célébrer
les
Hom-
mes
illuftres
,
néglige trop les
hommes
vertueux
:
La
V
202
MERCURE
DE FRANCE
elle
prodigue fouvent
aux
qualités éclatantes
l'en
cens qui
eft
dû aux
qualités
utiles
;
&
l'humanité
gémit
de
voir
des
trophées
élevés
à
la
mémoire
de
je
ne
fçai
quels
Héros
qui
lui
ont
été
au
moins-
inutiles
,
tandis
qu'on
foule
avec
une
dédaigneuſe
ingratitude
la
cendre
des
bons
Citoyens
.
De
ce
nombre
fut
M.
Vincent de
Gournai
.
Il étoit
né
à
S.
Malo
,
au
mois
de
Mai
1712
,
de Claude
Vincent
,
l'un des plus
confidérables
Négocians de
cette
Ville
&
Secrétaire
du Roi
.
Le
jeune Vincent
def
→
tiné
au
Commerce
,
fut
envoyé à Cadix
dès
l'âge
de
dix
-
fept
ans
.
L'étude
,
les
travaux
de fon
état
firent
dès
lors
tous
les
plaifirs
.
L'activité
de
fon
efprit
le
dirigea vers
le
commerce
.
Tout occupé de fon objet il parcourut l'Efpagne
en obfervateur Philofophe. De retour en France
en 1744 ilfutconnu de M. le Comte de Maurepas,
alors Miniftre de la Marine , qui fentit tout ce
qu'il valoit. Pour étendre les lumières qu'il avoit
recueillies en Espagne , il employa quelques an
nées à voyager en Hollande , en Allemagne , en
Angleterre. Partout il recueilloit des Obferva
tions , des Mémoires fur l'état du Commerce &
de la Marine. Ce n'étoit point un Négociant ,
c'étoit un homme d'Etat qui étudioit le génie
les facultés , les befoins , les relations des diffé
rens peuples de l'Europe.
Comparer
entr'elles les
productions
de
la
Na-
ture
&
des
Arts
dans
les
différens
climats
,
leur
valeur
refpective
,
les frais
d'exportation
&
les
moyens
d'échange
;
embraffer
dans toute
fon
étendue
&
fuivre
dans
fes
révolutions
l'état
desproductions
naturelles
, celui
de
l'induftrie
,
de
la population
,
des
richeffes
,
des finances
,
desbefoins
&
des
caprices
mêmes
de
la
mode
chez
toutes
les
Nations que
le
commerce
réunit ,
pourappuyer
fur la
connoiffance approfondie de tous
AOUST
.
1759.
203
ces détails des fpéculations lucratives ; c'est étu-
dier le commerce en Négociant. Mais découvrir
les cauſes & les effets cachés de cette multitude
de révolutions ; remonter aux refforts fimples
dont l'action toujours combinée , & quelquefois
déguilée par des circonftances locales , dirige tou
tes les opérations du commerce ; s'élever juſqu'à
ces loix uniques & primitives fondées ſur la na-
ture même , par lesquelles toutes les valeurs
exiſtantes dans le commerce fe balancent entre
elles & ſe fixent à une valeur déterminée , faifir
ces rapports compliqués par lefquels le com-
merce s'enchaîne avec toutes les branches de l'c-
conomie politique ; appercevoir la dépendance
réciproque du commerce & de l'agriculture , l'in-
fluence de l'un & de l'autre fur les ticheſſes , fur
la population & fur la force des Etats , fa liaifon
intime avec les loix , les mœurs & toutes les opé-
rations du Gouvernement , furtout avec la dif-
penfation des finances , les fecours qu'il reçoit de
la Marine Militaire & ceux qu'il leur rend , le
changement qu'il produit dans les intérêts ref-
pectifs des Etats , & le poids qu'il met dans la
balance politique ; enfin démêler dans les hazards
des événemens & dans les principes d'adminiſ-
ration adoptés par les différentes Nations de-
l'Europe , les véritables cauſes de leur progrès &
de leur décadence dans le commerce : c'eſt envi-
fager le commerce en Philoſophe & en homme
d'Etat.
Si la fituation où fe trouvoit M. Vincent lę
déterminoit à s'occuper de la ſcience du com-
merce fous le premier de ces deux points de
vue , l'étendue & la pénétration de fon efprit ne
lui permettoient pas de s'y borner. Aux lumières
de l'expérience & de la réflexion il joignit celles.
de la lecture. Les Traités du célébre Jofas Child
I vi
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
qu'il a depuis traduits en François , & les Me
moires du grand Penfionnaire Jean de Wit,
faifoient fon étude affidue. On fçait que ces deux
grands hommes font regardés ,, l'un en Angle
terre , l'autre en Hollande , comme les légifla-
teurs du commerce ; que leurs principes font
devenus des principes nationaux , & que l'ob-
fervation de ces principes eft regardée comme
une des fources de la prodigieufe ſupériorité que
Ces deux Nations ont acquile dans le commerce.
M. Vincent plein de ces fpéculations s'occupoit'
à les vérifier dans la pratique d'un commerce
étendu , fans prévoir qu'il étoit deftiné à en ré-
pandre un jour la lumière en France , & à mê-
riter de fa Patrie le même tribut de reconnoif
fance que l'Angleterre & la Hollande rendent à
la mémoire de ces deux bienfaicteurs de leur
nation & de l'humanité. Mais comme fés talens
& fa probité lui avoient concilié l'eftime de tous
les Négocians de l'Europe , ils lui acquirent bien-
tôt la confiance du Gouvernement. M Jamets de
Villebare fon affocié & fon ami, mourut en 1746,
& le fit fon légataire univerfel : alors M. Vincent
quitta le commerce , & prit le nom de la terre
de Gournai qui faifoit partie de cette fucceffioni
M. de Maurepas lui confeilla de tourner les vues
du côté d'une place d'Intendant du Commerce!
M. de Machault à qui le mérite de M. de Gournai
étoit aufli très - connu , lui fit donner celle qui
vacqua en 1751 par la mort de M. le Tourneur.
Ce fut dès- lors que fa vie devint celle d'un hom-
me public. Son entrée au Bureau du Commerce
parut être l'époque d'une révolution. Il ne put
voir fans étonnement les entraves qu'on avoit
données au commerce & à l'induftrie ; par exem-
ple , que le travail d'un Ouvrier fût exposé à des
rifques & à des frais dont l'homine oifi éroir
AOUST
.
1759
.
205
exempt qu'une
piéce
d'étoffe
fabriquée
fit
un
procès
entre
un
Fabriquant
qui
ne
fçait
pas
lire
&
un
Infpecteur
qui
ne
fçait
pas fabriquer
;
que
l'Infpecteur
fût
cependant
l'arbitre
fouverain
de
la
fortune
du
Fabriquant
.
Ces Statuts qui déterminent jufqu'au nombre
des fils d'une étoffe , qui interdifent aux femmes
le travail de la fabrication , &c ; ces Statues
dont la rigueur ne tend qu'à décourager l'in-
duſtrie , & à lier les mains à des malheureux
qui ne demandent qu'à travailler , lui parurent
auffi oppofés aux principes de la juſtice & de
T'humanité qu'à ceux de l'adminiſtration œco-
nomique.
Il n'étoit pas moins étonné de voir le Gou-
vernement s'occuper à régler le cours de chaque
denrée , interdire un genre d'induſtrie pour en
faire fleurir un autre , affujettir à des gênes par-
ticulières la vente des provifions les plus nécef
faires à la vie , défendre de faire des magasins
d'une denrée dont la récolte varie tous les ans ,
& dont la confommation eft toujours à- peu-près
égale , défendre la fortie d'une denrée fujette à
tomber dans l'aviliffement , & croire s'affurer
Pabondance du bled en rendant la condition du
laboureur plus incertaine & plus malheureuſe
que celle de tous les autres citoyens.
M.
de Gournai ne
prévoyoit pas qu'on
le
pren-
droit
pour un
homme
à ſyſtême
,
lorſqu'il
ne
feroit
que
développer
les
principes
que
l'expé-
rience lui avoit enfeignés
,
&
qu'il
ne
regardoit
que
comme
les
maximes
les
plus fimples
du
fens
commun
:
ils
fe réduifoient tous à celui-
ci
,
Que
dans
le
commerce abandonné
à
lui
-
même
,
il
n'eft
pas
poflible
que
l'intérêt particulier
ne con-
coure pas avec
l'intéret
général
,
&
que
le
Gou-
vernement ne
doit s'en
mêler que pour
lui
ac-
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
corder au befoin fa protection & fes fecours. Tel
eft le fyftême qu'il a développé dans les écrits,
& qu'il a foutenu avec la fermeté la plus coura
geufe jufqu'à la fin de fa vie ; mais ce fyftême
tout inconteftable qu'il eft , au moins à l'égard
des productions intérieures & de l'induftrie qui
les met en valeur , n'a jamais été fans contra-
diction.
Le haut intérêt de l'argent , la multiplicité des
taxes & des droits impolés fur le commerce , lyi
fembloient des obftacles pernicieux à fes pro-
grès ; & de ces idées lumineuſes développées par
les circonstances , il s'étoit fait un plan d'admi
niſtration politique dont il ne s'écarta jamais.
Son éloquence fimple , & animée de cette
chaleur intéreſſante que donne aux difcours d'un
homme vertueux la perfuafion intime qu'il foy
tient la caufe du bien public , n'ôtoit jamais rien
à la folidité de la difcuffion ; quelquefois elle
étoit affaifonnée par une plaifanterie fans amer
tume , & d'autant plus agréable qu'elle étoit
toujours une raiſon. Auffi incapable de prendre
un ton dominant que de parler contre la pensée,
la manière dont il propoſoit ſon ſentiment n'é-
toit impérieufe que par la force des preuves. S:
quelquefois il étoit contredit , il écoutoit avec
patience , répondoit avec politeffe , & difcutoit
avec le fang froid & la candeur d'un homme
qui ne cherche que le vrai. Si quelquefois il
changeoit d'avis , fa première opinion ne fem-
bloit jamais retarder ni affoiblir l'imprellion fubire
que la vérité offerte fait naturellement fur un
efprit jufte.
C'eft à la chaleur avec laquelle il cherchoit
à tourner du côté du commerce & de l'œcono-
mie politique tous les talens qui l'approchoient
c'eft-lurtout à la facilité avec laquelle il con
AOUST
.
1759
.
107
muniquoit toutes les lumières qu'il avoit acquifes,
qu'on doit attribuer cette heureufe fermentation
qui s'eft excitée depuis quelques années fur ces
objets importans , & qui nous a déja procuré
plufieurs Ouvrages remplis de recherches labo-
rieufes & de vmes profondes.
Quelque peine qu'on eût à adopter fes principes
dans toute leur étendue , fes lumières , fon expé
rience , l'eftime générale de tous les Négocians,
pour perfonne , la pureté de fes vues au- deſſus
de tout foupçon , lui attiroient néceſſairement la
confiance du Ministère , & le refpect de ceux-
mêmes qui s'obftinoient à combattre fon opinion,
Son zéle lui infpira le deffein de vifiter le
Royaume , pour y voir par lui-même l'état du
commerce & des fabriques ; & depuis le mois de
Juillet jufqu'au mois de Décembre 1753 , il par
courut la Bourgogne , le Lyonnois , le Dauphiné,
la Provence , le haut & bas Languedoc. En 1755
il vifita la Rochelle , Bordeaux , Montauban , le
reſte de la Guienne jufqu'à Bayonne. En 1756 il
fuivit le cours de la Loire depuis Orléans juſqu'à
Nantes. Il vit auſſi le Maine & l'Anjou , ſuivit la
côte de Bretagne depuis Nantes jufqu'à S. Malo ,
& s'arrêta à Rennes pendant la tenue des Etats
de 1756. Par tout il trouva de nouveaux motifs
de fe confirmer dans ſes principes , & de nouvel-
les armes contre les préjugés qui lui réſiſtoient.
Les fruits des voyages de M. de Gournai furent
la réforme d'une infinité d'abus , une connoiſſance
de l'état des Provinces plus füre & plus capable
de diriger les opérations du Miniſtère , une ap¬
préciation plus exacte des plaintes & des de-
mandes , la facilité procurée au peuple & au
ſimple artiſan de faire entendre leurs voix fou-
vent étouffées par des hommes intéreſſés , de qui
ces malheureux dépendent ; enfin l'émulation
nouvelle que M. de Gournai fçavoit répandre par
268
MERCURE
DE
FRANCE
.
1
fon
éloquence
perfuafive
,
par
la
netteté
avec
laquelle
il
rendoit
fes
idées
,
&
par
l'heureuſe
influence
de
fon
zéle
patriotique
.
C'eſt à fon féjour à Rennes en 1756 qu'on doit en
partie l'existence de la Société établie en Bretagne
de l'autorité des Etats , & fous les aufpices de M.
le Duc d'Eguillon , pour la perfection de l'agri-
culture , du commerce & de l'induftrie ; Société
qui eft la première de ce genre dans le Royaume ,
& qui mérite bien de fervir de modèle. Mais un
talent fans lequel fon zéle eût été infructueux ,
étoit celui de ménager l'orgueil & les prétentions
des autres , d'écarter tous les ombrages de la
rivalité & tous les dégoûts d'une inftruction hu-
miliante. Il lui eft arrivé fouvent de faire hon-
neur à des hommes en place des vues qu'il leur
avoit communiquées. Il lui étoit égal que le bien
qui s'opéroit vint de lui ou d'un autre.
(
Il
a
eu
le
même
défintéreffement
pour
les
Manufcrits qui font
reftés
de
lui
,
&
l'on
y
voir
fon
indifférence
pour
toute réputation
littéraire
;
mais
ils
n'en font pas
moins
précieux
,
même
à
ne
les
regarder
que
du
côté
de
la
compofition
.
Une
éloquence
naturelle
,
une
précifion lami-
neufe dans
l'expofition
des principes
,
un
art
fin-
gulier
de
les
préfenter fous toutes
les faces
&
de
fes
rendre
fenfibles
par
des
applications
juftes
,
&
fouvent piquantes par
leur
jufteffe
même
,
une
politeffe
toujours égale
,
&
une
logique
pleine
de
fagacité
,
enfin
un
ton
de
patriotilme
&
d'he-
manité
qu'il
ne
cherchoit point à prendre
&
qu'il
n'en avoit
que mieux
,
caractérifoient
fes
écrits
comme
la
converſation
.
Prellant jufqu'a l'importunité
lorfqu'il
s'agif-
foit
du
bien public
,
aucun de nos Colons
n'a
loi-
licité
avec autant de
zéle
que
lui la liberté
du
com-
merce
des vailleaux neutres dans nos
Colonies
pendant la guerre
:
fes follicitations étoient d'au
AOUST
.
1759
.
༣༠༡
་
tant plus vives qu'il ne demandoit rien pour lui.
Il est mort fans aucun bienfait de la Cour. Les
pertes qu'il effuya fur les fonds qu'il avoit laillés
en Elpagne ayant dérangé fa fortune , il fe dé-
termina en 1758 à quitter fa charge d'Inten-
dant du Commerce. Des perfonnes en place lui
propoferent de folliciter pour lui les graces du
Roi ; il répondit qu'il avoit toujours regardé de
pareilles graces comme étant d'une conféquence
dangerenfe , furtout dans les circonstances où
l'Etat fe trouvoit , & qu'il ne vouloit pas qu'on
eût à lui reprocher de s'être prêté à des excep-
tions en fa faveur. Il ajouta qu'il ne fe croiroit
pas difpenfé par fa retraite de s'occuper d'objets
utiles , & il demanda de conferver la féance au
Bureau du Commerce avec le titre d'honoraire
qui lui fut accordé.
M. de Silhouette qui avoit pour M. de Gournal
un eftime qui fait l'éloge de l'un & de l'autre ,
ne fut pas plutôt Contrôleur Général , qu'il ré-
folut d'arracher à la retraite un homme dont les
talens & le zéle étoient fi propres à feconder
fes vues mais M. de Gournai étoit déja attaqué
de la maladie dont il eft mort.
Le nom d'homme à fyftéme eft devenu une
efpéce d'arme pour les perfonnes prévenues ou
intéreffées à maintenir quelqu'abus , & l'on n'a
pas manqué de donner ce nom à M. de Gournai ;
mais fi fes principes font jamais pour la France
comme ils l'ont été pour la Hollande & l'An-
gleterre une fource d'abondance & de profpérité ,
nos defcendans fçauront que la reconnoiffance
lui en eft due. Quoiqu'il en foit , une gloire bien
perfonnelle à M. de Gournai eft celle d'une vertu
à toute épreuve l'ombre même du ſoupçon n'en
a jamais terni l'éclat. Appuyée fur un fentiment
profond de juftice & de bienfaifance , elle a fait
de lui un homme doux , modefte , indulgent
210
MERCURE
DE
FRANCE
.
dans
la fociété
;
irréprochable
&
même
auftere
dans
fa
conduite
&
dans
fes
moeurs
;
mais
auf-
tere
pour
lui
feul
,
égal
&
fans
humeur
à
l'égard
des
autres
.
Dans
la vie
privée
,
attentif
à
rendre
heureux
tout
ce
qui
l'environnoit
;
dans
la vie
pu
blique
,
uniquement
occupé
des
profpérités
&
de
la
gloire
de
fa
Patrie
&
du
bonheur de
l'humanité
.
Ce
fentiment
étoit
un
des motifs
qui
l'attachoient
le
plus
fortement à
ce qu'on
appelloit
fon
fyftême
;
&
ce
qu'il
reprochoit
le
plus
vivement
aux
prin
cipes
qu'il
attaquoit
,
étoit
de
favoriler
toujours
la partie
riche
&
oifive
de
la
Société
,
au
préjudice
de
la
partie
pauvre
&
laborieufe
.
Juflitia cultor, rigidi fervator honefti ,
In commune bonus. LUCAN . PHARS. Lib. I.
ACQUES-Claude-Marie - Vincent , Seigneur
de Gournay , Confeiller honoraire au Grand'
Confeil İntendant honoraire du Commerce
mourut à Paris le 27 Juin , âgé de 47 ans.
?L'Hiftoire qui
fe
glorifie
de
célébrer
les
Hom-
mes
illuftres
,
néglige trop les
hommes
vertueux
:
La
V
202
MERCURE
DE FRANCE
elle
prodigue fouvent
aux
qualités éclatantes
l'en
cens qui
eft
dû aux
qualités
utiles
;
&
l'humanité
gémit
de
voir
des
trophées
élevés
à
la
mémoire
de
je
ne
fçai
quels
Héros
qui
lui
ont
été
au
moins-
inutiles
,
tandis
qu'on
foule
avec
une
dédaigneuſe
ingratitude
la
cendre
des
bons
Citoyens
.
De
ce
nombre
fut
M.
Vincent de
Gournai
.
Il étoit
né
à
S.
Malo
,
au
mois
de
Mai
1712
,
de Claude
Vincent
,
l'un des plus
confidérables
Négocians de
cette
Ville
&
Secrétaire
du Roi
.
Le
jeune Vincent
def
→
tiné
au
Commerce
,
fut
envoyé à Cadix
dès
l'âge
de
dix
-
fept
ans
.
L'étude
,
les
travaux
de fon
état
firent
dès
lors
tous
les
plaifirs
.
L'activité
de
fon
efprit
le
dirigea vers
le
commerce
.
Tout occupé de fon objet il parcourut l'Efpagne
en obfervateur Philofophe. De retour en France
en 1744 ilfutconnu de M. le Comte de Maurepas,
alors Miniftre de la Marine , qui fentit tout ce
qu'il valoit. Pour étendre les lumières qu'il avoit
recueillies en Espagne , il employa quelques an
nées à voyager en Hollande , en Allemagne , en
Angleterre. Partout il recueilloit des Obferva
tions , des Mémoires fur l'état du Commerce &
de la Marine. Ce n'étoit point un Négociant ,
c'étoit un homme d'Etat qui étudioit le génie
les facultés , les befoins , les relations des diffé
rens peuples de l'Europe.
Comparer
entr'elles les
productions
de
la
Na-
ture
&
des
Arts
dans
les
différens
climats
,
leur
valeur
refpective
,
les frais
d'exportation
&
les
moyens
d'échange
;
embraffer
dans toute
fon
étendue
&
fuivre
dans
fes
révolutions
l'état
desproductions
naturelles
, celui
de
l'induftrie
,
de
la population
,
des
richeffes
,
des finances
,
desbefoins
&
des
caprices
mêmes
de
la
mode
chez
toutes
les
Nations que
le
commerce
réunit ,
pourappuyer
fur la
connoiffance approfondie de tous
AOUST
.
1759.
203
ces détails des fpéculations lucratives ; c'est étu-
dier le commerce en Négociant. Mais découvrir
les cauſes & les effets cachés de cette multitude
de révolutions ; remonter aux refforts fimples
dont l'action toujours combinée , & quelquefois
déguilée par des circonftances locales , dirige tou
tes les opérations du commerce ; s'élever juſqu'à
ces loix uniques & primitives fondées ſur la na-
ture même , par lesquelles toutes les valeurs
exiſtantes dans le commerce fe balancent entre
elles & ſe fixent à une valeur déterminée , faifir
ces rapports compliqués par lefquels le com-
merce s'enchaîne avec toutes les branches de l'c-
conomie politique ; appercevoir la dépendance
réciproque du commerce & de l'agriculture , l'in-
fluence de l'un & de l'autre fur les ticheſſes , fur
la population & fur la force des Etats , fa liaifon
intime avec les loix , les mœurs & toutes les opé-
rations du Gouvernement , furtout avec la dif-
penfation des finances , les fecours qu'il reçoit de
la Marine Militaire & ceux qu'il leur rend , le
changement qu'il produit dans les intérêts ref-
pectifs des Etats , & le poids qu'il met dans la
balance politique ; enfin démêler dans les hazards
des événemens & dans les principes d'adminiſ-
ration adoptés par les différentes Nations de-
l'Europe , les véritables cauſes de leur progrès &
de leur décadence dans le commerce : c'eſt envi-
fager le commerce en Philoſophe & en homme
d'Etat.
Si la fituation où fe trouvoit M. Vincent lę
déterminoit à s'occuper de la ſcience du com-
merce fous le premier de ces deux points de
vue , l'étendue & la pénétration de fon efprit ne
lui permettoient pas de s'y borner. Aux lumières
de l'expérience & de la réflexion il joignit celles.
de la lecture. Les Traités du célébre Jofas Child
I vi
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
qu'il a depuis traduits en François , & les Me
moires du grand Penfionnaire Jean de Wit,
faifoient fon étude affidue. On fçait que ces deux
grands hommes font regardés ,, l'un en Angle
terre , l'autre en Hollande , comme les légifla-
teurs du commerce ; que leurs principes font
devenus des principes nationaux , & que l'ob-
fervation de ces principes eft regardée comme
une des fources de la prodigieufe ſupériorité que
Ces deux Nations ont acquile dans le commerce.
M. Vincent plein de ces fpéculations s'occupoit'
à les vérifier dans la pratique d'un commerce
étendu , fans prévoir qu'il étoit deftiné à en ré-
pandre un jour la lumière en France , & à mê-
riter de fa Patrie le même tribut de reconnoif
fance que l'Angleterre & la Hollande rendent à
la mémoire de ces deux bienfaicteurs de leur
nation & de l'humanité. Mais comme fés talens
& fa probité lui avoient concilié l'eftime de tous
les Négocians de l'Europe , ils lui acquirent bien-
tôt la confiance du Gouvernement. M Jamets de
Villebare fon affocié & fon ami, mourut en 1746,
& le fit fon légataire univerfel : alors M. Vincent
quitta le commerce , & prit le nom de la terre
de Gournai qui faifoit partie de cette fucceffioni
M. de Maurepas lui confeilla de tourner les vues
du côté d'une place d'Intendant du Commerce!
M. de Machault à qui le mérite de M. de Gournai
étoit aufli très - connu , lui fit donner celle qui
vacqua en 1751 par la mort de M. le Tourneur.
Ce fut dès- lors que fa vie devint celle d'un hom-
me public. Son entrée au Bureau du Commerce
parut être l'époque d'une révolution. Il ne put
voir fans étonnement les entraves qu'on avoit
données au commerce & à l'induftrie ; par exem-
ple , que le travail d'un Ouvrier fût exposé à des
rifques & à des frais dont l'homine oifi éroir
AOUST
.
1759
.
205
exempt qu'une
piéce
d'étoffe
fabriquée
fit
un
procès
entre
un
Fabriquant
qui
ne
fçait
pas
lire
&
un
Infpecteur
qui
ne
fçait
pas fabriquer
;
que
l'Infpecteur
fût
cependant
l'arbitre
fouverain
de
la
fortune
du
Fabriquant
.
Ces Statuts qui déterminent jufqu'au nombre
des fils d'une étoffe , qui interdifent aux femmes
le travail de la fabrication , &c ; ces Statues
dont la rigueur ne tend qu'à décourager l'in-
duſtrie , & à lier les mains à des malheureux
qui ne demandent qu'à travailler , lui parurent
auffi oppofés aux principes de la juſtice & de
T'humanité qu'à ceux de l'adminiſtration œco-
nomique.
Il n'étoit pas moins étonné de voir le Gou-
vernement s'occuper à régler le cours de chaque
denrée , interdire un genre d'induſtrie pour en
faire fleurir un autre , affujettir à des gênes par-
ticulières la vente des provifions les plus nécef
faires à la vie , défendre de faire des magasins
d'une denrée dont la récolte varie tous les ans ,
& dont la confommation eft toujours à- peu-près
égale , défendre la fortie d'une denrée fujette à
tomber dans l'aviliffement , & croire s'affurer
Pabondance du bled en rendant la condition du
laboureur plus incertaine & plus malheureuſe
que celle de tous les autres citoyens.
M.
de Gournai ne
prévoyoit pas qu'on
le
pren-
droit
pour un
homme
à ſyſtême
,
lorſqu'il
ne
feroit
que
développer
les
principes
que
l'expé-
rience lui avoit enfeignés
,
&
qu'il
ne
regardoit
que
comme
les
maximes
les
plus fimples
du
fens
commun
:
ils
fe réduifoient tous à celui-
ci
,
Que
dans
le
commerce abandonné
à
lui
-
même
,
il
n'eft
pas
poflible
que
l'intérêt particulier
ne con-
coure pas avec
l'intéret
général
,
&
que
le
Gou-
vernement ne
doit s'en
mêler que pour
lui
ac-
206
MERCURE
DE
FRANCE
.
corder au befoin fa protection & fes fecours. Tel
eft le fyftême qu'il a développé dans les écrits,
& qu'il a foutenu avec la fermeté la plus coura
geufe jufqu'à la fin de fa vie ; mais ce fyftême
tout inconteftable qu'il eft , au moins à l'égard
des productions intérieures & de l'induftrie qui
les met en valeur , n'a jamais été fans contra-
diction.
Le haut intérêt de l'argent , la multiplicité des
taxes & des droits impolés fur le commerce , lyi
fembloient des obftacles pernicieux à fes pro-
grès ; & de ces idées lumineuſes développées par
les circonstances , il s'étoit fait un plan d'admi
niſtration politique dont il ne s'écarta jamais.
Son éloquence fimple , & animée de cette
chaleur intéreſſante que donne aux difcours d'un
homme vertueux la perfuafion intime qu'il foy
tient la caufe du bien public , n'ôtoit jamais rien
à la folidité de la difcuffion ; quelquefois elle
étoit affaifonnée par une plaifanterie fans amer
tume , & d'autant plus agréable qu'elle étoit
toujours une raiſon. Auffi incapable de prendre
un ton dominant que de parler contre la pensée,
la manière dont il propoſoit ſon ſentiment n'é-
toit impérieufe que par la force des preuves. S:
quelquefois il étoit contredit , il écoutoit avec
patience , répondoit avec politeffe , & difcutoit
avec le fang froid & la candeur d'un homme
qui ne cherche que le vrai. Si quelquefois il
changeoit d'avis , fa première opinion ne fem-
bloit jamais retarder ni affoiblir l'imprellion fubire
que la vérité offerte fait naturellement fur un
efprit jufte.
C'eft à la chaleur avec laquelle il cherchoit
à tourner du côté du commerce & de l'œcono-
mie politique tous les talens qui l'approchoient
c'eft-lurtout à la facilité avec laquelle il con
AOUST
.
1759
.
107
muniquoit toutes les lumières qu'il avoit acquifes,
qu'on doit attribuer cette heureufe fermentation
qui s'eft excitée depuis quelques années fur ces
objets importans , & qui nous a déja procuré
plufieurs Ouvrages remplis de recherches labo-
rieufes & de vmes profondes.
Quelque peine qu'on eût à adopter fes principes
dans toute leur étendue , fes lumières , fon expé
rience , l'eftime générale de tous les Négocians,
pour perfonne , la pureté de fes vues au- deſſus
de tout foupçon , lui attiroient néceſſairement la
confiance du Ministère , & le refpect de ceux-
mêmes qui s'obftinoient à combattre fon opinion,
Son zéle lui infpira le deffein de vifiter le
Royaume , pour y voir par lui-même l'état du
commerce & des fabriques ; & depuis le mois de
Juillet jufqu'au mois de Décembre 1753 , il par
courut la Bourgogne , le Lyonnois , le Dauphiné,
la Provence , le haut & bas Languedoc. En 1755
il vifita la Rochelle , Bordeaux , Montauban , le
reſte de la Guienne jufqu'à Bayonne. En 1756 il
fuivit le cours de la Loire depuis Orléans juſqu'à
Nantes. Il vit auſſi le Maine & l'Anjou , ſuivit la
côte de Bretagne depuis Nantes jufqu'à S. Malo ,
& s'arrêta à Rennes pendant la tenue des Etats
de 1756. Par tout il trouva de nouveaux motifs
de fe confirmer dans ſes principes , & de nouvel-
les armes contre les préjugés qui lui réſiſtoient.
Les fruits des voyages de M. de Gournai furent
la réforme d'une infinité d'abus , une connoiſſance
de l'état des Provinces plus füre & plus capable
de diriger les opérations du Miniſtère , une ap¬
préciation plus exacte des plaintes & des de-
mandes , la facilité procurée au peuple & au
ſimple artiſan de faire entendre leurs voix fou-
vent étouffées par des hommes intéreſſés , de qui
ces malheureux dépendent ; enfin l'émulation
nouvelle que M. de Gournai fçavoit répandre par
268
MERCURE
DE
FRANCE
.
1
fon
éloquence
perfuafive
,
par
la
netteté
avec
laquelle
il
rendoit
fes
idées
,
&
par
l'heureuſe
influence
de
fon
zéle
patriotique
.
C'eſt à fon féjour à Rennes en 1756 qu'on doit en
partie l'existence de la Société établie en Bretagne
de l'autorité des Etats , & fous les aufpices de M.
le Duc d'Eguillon , pour la perfection de l'agri-
culture , du commerce & de l'induftrie ; Société
qui eft la première de ce genre dans le Royaume ,
& qui mérite bien de fervir de modèle. Mais un
talent fans lequel fon zéle eût été infructueux ,
étoit celui de ménager l'orgueil & les prétentions
des autres , d'écarter tous les ombrages de la
rivalité & tous les dégoûts d'une inftruction hu-
miliante. Il lui eft arrivé fouvent de faire hon-
neur à des hommes en place des vues qu'il leur
avoit communiquées. Il lui étoit égal que le bien
qui s'opéroit vint de lui ou d'un autre.
(
Il
a
eu
le
même
défintéreffement
pour
les
Manufcrits qui font
reftés
de
lui
,
&
l'on
y
voir
fon
indifférence
pour
toute réputation
littéraire
;
mais
ils
n'en font pas
moins
précieux
,
même
à
ne
les
regarder
que
du
côté
de
la
compofition
.
Une
éloquence
naturelle
,
une
précifion lami-
neufe dans
l'expofition
des principes
,
un
art
fin-
gulier
de
les
préfenter fous toutes
les faces
&
de
fes
rendre
fenfibles
par
des
applications
juftes
,
&
fouvent piquantes par
leur
jufteffe
même
,
une
politeffe
toujours égale
,
&
une
logique
pleine
de
fagacité
,
enfin
un
ton
de
patriotilme
&
d'he-
manité
qu'il
ne
cherchoit point à prendre
&
qu'il
n'en avoit
que mieux
,
caractérifoient
fes
écrits
comme
la
converſation
.
Prellant jufqu'a l'importunité
lorfqu'il
s'agif-
foit
du
bien public
,
aucun de nos Colons
n'a
loi-
licité
avec autant de
zéle
que
lui la liberté
du
com-
merce
des vailleaux neutres dans nos
Colonies
pendant la guerre
:
fes follicitations étoient d'au
AOUST
.
1759
.
༣༠༡
་
tant plus vives qu'il ne demandoit rien pour lui.
Il est mort fans aucun bienfait de la Cour. Les
pertes qu'il effuya fur les fonds qu'il avoit laillés
en Elpagne ayant dérangé fa fortune , il fe dé-
termina en 1758 à quitter fa charge d'Inten-
dant du Commerce. Des perfonnes en place lui
propoferent de folliciter pour lui les graces du
Roi ; il répondit qu'il avoit toujours regardé de
pareilles graces comme étant d'une conféquence
dangerenfe , furtout dans les circonstances où
l'Etat fe trouvoit , & qu'il ne vouloit pas qu'on
eût à lui reprocher de s'être prêté à des excep-
tions en fa faveur. Il ajouta qu'il ne fe croiroit
pas difpenfé par fa retraite de s'occuper d'objets
utiles , & il demanda de conferver la féance au
Bureau du Commerce avec le titre d'honoraire
qui lui fut accordé.
M. de Silhouette qui avoit pour M. de Gournal
un eftime qui fait l'éloge de l'un & de l'autre ,
ne fut pas plutôt Contrôleur Général , qu'il ré-
folut d'arracher à la retraite un homme dont les
talens & le zéle étoient fi propres à feconder
fes vues mais M. de Gournai étoit déja attaqué
de la maladie dont il eft mort.
Le nom d'homme à fyftéme eft devenu une
efpéce d'arme pour les perfonnes prévenues ou
intéreffées à maintenir quelqu'abus , & l'on n'a
pas manqué de donner ce nom à M. de Gournai ;
mais fi fes principes font jamais pour la France
comme ils l'ont été pour la Hollande & l'An-
gleterre une fource d'abondance & de profpérité ,
nos defcendans fçauront que la reconnoiffance
lui en eft due. Quoiqu'il en foit , une gloire bien
perfonnelle à M. de Gournai eft celle d'une vertu
à toute épreuve l'ombre même du ſoupçon n'en
a jamais terni l'éclat. Appuyée fur un fentiment
profond de juftice & de bienfaifance , elle a fait
de lui un homme doux , modefte , indulgent
210
MERCURE
DE
FRANCE
.
dans
la fociété
;
irréprochable
&
même
auftere
dans
fa
conduite
&
dans
fes
moeurs
;
mais
auf-
tere
pour
lui
feul
,
égal
&
fans
humeur
à
l'égard
des
autres
.
Dans
la vie
privée
,
attentif
à
rendre
heureux
tout
ce
qui
l'environnoit
;
dans
la vie
pu
blique
,
uniquement
occupé
des
profpérités
&
de
la
gloire
de
fa
Patrie
&
du
bonheur de
l'humanité
.
Ce
fentiment
étoit
un
des motifs
qui
l'attachoient
le
plus
fortement à
ce qu'on
appelloit
fon
fyftême
;
&
ce
qu'il
reprochoit
le
plus
vivement
aux
prin
cipes
qu'il
attaquoit
,
étoit
de
favoriler
toujours
la partie
riche
&
oifive
de
la
Société
,
au
préjudice
de
la
partie
pauvre
&
laborieufe
.
Juflitia cultor, rigidi fervator honefti ,
In commune bonus. LUCAN . PHARS. Lib. I.
Fermer
Résumé : MORTS.
Jacques-Claude-Marie Vincent, seigneur de Gournay, conseiller honoraire au Grand Conseil et intendant honoraire du Commerce, est décédé à Paris le 27 juin 1759 à l'âge de 47 ans. Né à Saint-Malo en mai 1712, fils d'un négociant influent et secrétaire du Roi, Vincent de Gournay a été envoyé à Cadix à l'âge de dix-sept ans pour se destiner au commerce. Il a parcouru l'Espagne en observateur philosophe et, de retour en France en 1744, a été remarqué par le comte de Maurepas, ministre de la Marine. Il a ensuite voyagé en Hollande, en Allemagne et en Angleterre pour recueillir des observations sur le commerce et la marine. Vincent de Gournay avait une approche du commerce à la fois pratique et philosophique. Il comparait les productions naturelles et artisanales dans différents climats, analysait leur valeur respective, les frais d'exportation et les moyens d'échange. Il étudiait également les révolutions des productions naturelles, de l'industrie, de la population, des richesses, des finances et des modes chez les nations commerçantes. Il a traduit en français les traités de Josias Child et les mémoires de Jean de Wit, deux figures emblématiques du commerce en Angleterre et en Hollande. En 1746, à la mort de son associé Jamets de Villebare, Vincent de Gournay a quitté le commerce pour devenir intendant du Commerce en 1751. Il a réformé de nombreux abus et promu l'économie politique. Ses voyages à travers la France lui ont permis de constater l'état du commerce et des fabriques, confirmant ses principes économiques. Il a fondé la Société de Bretagne pour la perfection de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. Ses écrits et discours étaient marqués par une éloquence naturelle, une précision dans l'exposition des principes et une logique sagace. En août 1759, Vincent de Gournay a sollicité la liberté du commerce des vaisseaux neutres dans les colonies pendant la guerre, sans demander de bénéfices personnels. Ayant subi des pertes financières, il a quitté sa charge d'Intendant du Commerce en 1758, refusant toute grâce du Roi pour éviter les reproches. Il a demandé à conserver un rôle honorifique au Bureau du Commerce. M. de Silhouette, Contrôleur Général, a tenté de le rappeler, mais Vincent de Gournay était déjà malade. Critiqué sous le nom d'« homme à système », ses principes pourraient bénéficier à la France comme ils l'ont fait pour la Hollande et l'Angleterre. Sa vertu est louée, marquée par la justice et la bienfaisance, le rendant doux, modeste et indulgent en société, et irréprochable dans sa conduite. Dans la vie privée, il était attentif au bonheur de son entourage, et dans la vie publique, il se consacrait aux prospérités et à la gloire de la patrie ainsi qu'au bonheur de l'humanité. Il critiquait les principes qui favorisaient la partie riche et oisive de la société au détriment de la partie pauvre et laborieuse.
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2364
p. 210
DE VERSAILLES, le 15 Juillet.
Début :
Le sieur Vicaire, Recteur de l'Université, a eu l'honneur de présenter [...]
Mots clefs :
Vicaire, Recteur de l'Université, Écoliers, Prix, Abbaye, Ordre, Diocèse, Nominations, Comte, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 15 Juillet.
DE VERSAILLES , le 15 Juillet.
E fieur Vicaire , Recteur de l'Univerſité, a eu
l'honneur de préfenter au Roi , à Monfeigneur
le Dauphin & à Monfeigneur le Duc de Bourgogne
la lifte des noms des Ecoliers qui ont été couronnés
à la diftribution des Prix généraux de
l'Univerfité.
Du 2 Août.
Le Roi a donné l'Abbaye de Vaucelles , Ordre
de Cheaux , Diocèfe de Cambrai , à Dom Pierre
Ruffin , Prieur de la même Abbaye.
Du 16.
Le 10 de ce mois , Sa Majeſté tint le Sceau.
Le Roi a accordé au Comte de Jumilhac , le
Régiment de Royal - Marine , Infanterie , vacant
par la démiffion du Marquis de Mirepoix.
E fieur Vicaire , Recteur de l'Univerſité, a eu
l'honneur de préfenter au Roi , à Monfeigneur
le Dauphin & à Monfeigneur le Duc de Bourgogne
la lifte des noms des Ecoliers qui ont été couronnés
à la diftribution des Prix généraux de
l'Univerfité.
Du 2 Août.
Le Roi a donné l'Abbaye de Vaucelles , Ordre
de Cheaux , Diocèfe de Cambrai , à Dom Pierre
Ruffin , Prieur de la même Abbaye.
Du 16.
Le 10 de ce mois , Sa Majeſté tint le Sceau.
Le Roi a accordé au Comte de Jumilhac , le
Régiment de Royal - Marine , Infanterie , vacant
par la démiffion du Marquis de Mirepoix.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 15 Juillet.
Le 15 juillet, le Recteur de l'Université a présenté au Roi, au Dauphin et au Duc de Bourgogne les écoliers couronnés. Le 2 août, le Roi a attribué l'Abbaye de Vaucelles à Dom Pierre Ruffin. Le 16 août, le Roi a tenu le Sceau le 10 du mois. Il a nommé le Comte de Jumilhac au commandement du Régiment de Royal-Marine.
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2365
p. 210-212
DE PARIS, le 4 Août.
Début :
Le Comte de Bretenil, Envoyé de l'Inde par le sieur de Lally, Lieutenant Général [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées du roi, Troupes, Inde, Siège, Gouverneur, Brigadier, Ministre d'État, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Lettres de noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 4 Août.
DE PARIS, le 4 Août.
Le Comte de Bretenil , Envoyé de l'Inde par
le fieur de Lally , Lieutenant Général des Armées
du Roi , qui y commande les troupes de Sa Majefté
, a apporté la nouvelle qui fuit. Le fieur de
Lally marchoit vers Arcatte , Capitale de la
Province du Carnate , avec les forces néceffaires
pour faire le fiége de cette Place. Le fieur de
Buffy le joignit en chemin , & dans la vue d'épargner
les frais confidérables d'un fiége dont le
fuccès pouvoit être incertain , il propofa au hieur
de Lally de l'envoyer en avant avec un corps de
troupes, pour ellayer de déterminer le Gouverneur
à fe rendre avant que l'Armée l'y contraiSEPTEMBRE.
1759. 211
gnit. Le fieur de Lally approuva la propofition.
Le fieur de Buffy fe mit en marche , & dès qu'il
fut à portée de la Place , il écrivit au Gouverneur
d'Arcatre pour le fommer de recevoir garnifon
Françoife. Celui- ci , au feul nom du fieur
de Buffy , qui s'eft rendu redoutable dans cette
partie de l'Inde , fe détermina fur le champ à lui
envoyer les clefs de la Ville d'Arcatte , en lui demandant
fon amitié & fa protection . Le lendemain
le Comte d'Eftein Brigadier des Armées du
Roi y entra à la tête d'un Détachement & en
*prit poffetiion .
+
>
On ne peut fe difpenfer de faire part au Public
d'une Lettre écrite au fieur de Lally par des
Officiers d'un grade fupérieur à celui du fieur de
Buffy , qui n'étoit alors que Lieutenant - Colonel .
Il eft aujourd'hui Brigadier. )
MONSIEUR ,
T
» L'eftime que nous avons pour M. de Buffy
» fon mérite , ce que nous voyons qu'il a fair ,
» la confidération qu'il a , l'utilité dont elle doit
» être , la néceffité de la lui conferver , & les
» avantages qu'elle produira en l'augmentant, font
les motifs qui nous engagent vous deman- 31
و و
>
» der qu'il faffe le fervice de premier Brigadier.
» Nous le defirons nous vous le demandons.
>> Une pareille démarche eft peut- être fans exemple
; fi elle eft flatteufe pour M. de Buffy, nous
» la croyons honorable pour nous. C'eft la plus
forte preuve que nous puiffions donner du zèle
» que nous avons pour le fervice du Roi . Elle
» étoit réfervée à des gens , qui tranfplantés au
> fond de l'Afie , ont déjà prouvé authentique-
> ment ce même zèle .
גכ »DifpenfateurdesgracesduRoi,c'eftàvous,
Monfieur , à juger fi ce que nous fouhaitons
>> vous eft poffible.
» Nous avons l'honneur d'être , Monfieur , &c .
212 MERCURE DE FRANCE
»D'Eſtein , Landivifiau , Brigadiers . De Breteuil ,
>> de Crillon , de Verdiere , Colonels .
Le Maréchal d'Eftrées Miniftre d'Etat , eft parti
pour aller concerter avec le Maréchal de Contades
les opérations du refte de la campagne
relativement aux circonftances préfentes.
Pro-
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres , dans fon Affemblée du 10 Juillet élut
pour Académicien Aſſocié le fieur le Beau ,
fefleur d'Eloquence au Collège des Graffins , &
frere du fieur le Beau , Secrétaire perpétuel de
la même Académie , à la place du ſieur Bertin
qui a obtenu la vétérance.
Le Roi vient d'accorder des Lettres de Nobleſſe
au fieur Robert de Poitiers qui a fait des recherches
& découvertes fur l'art de fondre les mines de fer
relativement à leurs différentes eſpèces . Au mois
d'Octobre 1757 , le fieur Robert, par ordre de S.M.
réduifit cer Art en Méthode fous la protection de
M. le Comte de S. Florentin ; il la fit imprimer à
la fatisfaction des Maîtres de Forge de plufieurs
Provinces du Royaume qui s'en fervent avec ſuccès
: cette méthode eft le fruit des travaux que
la famille du fieur Robert fait exécuter dans les
Forges depuis près d'un Siècle.
Le Comte de Bretenil , Envoyé de l'Inde par
le fieur de Lally , Lieutenant Général des Armées
du Roi , qui y commande les troupes de Sa Majefté
, a apporté la nouvelle qui fuit. Le fieur de
Lally marchoit vers Arcatte , Capitale de la
Province du Carnate , avec les forces néceffaires
pour faire le fiége de cette Place. Le fieur de
Buffy le joignit en chemin , & dans la vue d'épargner
les frais confidérables d'un fiége dont le
fuccès pouvoit être incertain , il propofa au hieur
de Lally de l'envoyer en avant avec un corps de
troupes, pour ellayer de déterminer le Gouverneur
à fe rendre avant que l'Armée l'y contraiSEPTEMBRE.
1759. 211
gnit. Le fieur de Lally approuva la propofition.
Le fieur de Buffy fe mit en marche , & dès qu'il
fut à portée de la Place , il écrivit au Gouverneur
d'Arcatre pour le fommer de recevoir garnifon
Françoife. Celui- ci , au feul nom du fieur
de Buffy , qui s'eft rendu redoutable dans cette
partie de l'Inde , fe détermina fur le champ à lui
envoyer les clefs de la Ville d'Arcatte , en lui demandant
fon amitié & fa protection . Le lendemain
le Comte d'Eftein Brigadier des Armées du
Roi y entra à la tête d'un Détachement & en
*prit poffetiion .
+
>
On ne peut fe difpenfer de faire part au Public
d'une Lettre écrite au fieur de Lally par des
Officiers d'un grade fupérieur à celui du fieur de
Buffy , qui n'étoit alors que Lieutenant - Colonel .
Il eft aujourd'hui Brigadier. )
MONSIEUR ,
T
» L'eftime que nous avons pour M. de Buffy
» fon mérite , ce que nous voyons qu'il a fair ,
» la confidération qu'il a , l'utilité dont elle doit
» être , la néceffité de la lui conferver , & les
» avantages qu'elle produira en l'augmentant, font
les motifs qui nous engagent vous deman- 31
و و
>
» der qu'il faffe le fervice de premier Brigadier.
» Nous le defirons nous vous le demandons.
>> Une pareille démarche eft peut- être fans exemple
; fi elle eft flatteufe pour M. de Buffy, nous
» la croyons honorable pour nous. C'eft la plus
forte preuve que nous puiffions donner du zèle
» que nous avons pour le fervice du Roi . Elle
» étoit réfervée à des gens , qui tranfplantés au
> fond de l'Afie , ont déjà prouvé authentique-
> ment ce même zèle .
גכ »DifpenfateurdesgracesduRoi,c'eftàvous,
Monfieur , à juger fi ce que nous fouhaitons
>> vous eft poffible.
» Nous avons l'honneur d'être , Monfieur , &c .
212 MERCURE DE FRANCE
»D'Eſtein , Landivifiau , Brigadiers . De Breteuil ,
>> de Crillon , de Verdiere , Colonels .
Le Maréchal d'Eftrées Miniftre d'Etat , eft parti
pour aller concerter avec le Maréchal de Contades
les opérations du refte de la campagne
relativement aux circonftances préfentes.
Pro-
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres , dans fon Affemblée du 10 Juillet élut
pour Académicien Aſſocié le fieur le Beau ,
fefleur d'Eloquence au Collège des Graffins , &
frere du fieur le Beau , Secrétaire perpétuel de
la même Académie , à la place du ſieur Bertin
qui a obtenu la vétérance.
Le Roi vient d'accorder des Lettres de Nobleſſe
au fieur Robert de Poitiers qui a fait des recherches
& découvertes fur l'art de fondre les mines de fer
relativement à leurs différentes eſpèces . Au mois
d'Octobre 1757 , le fieur Robert, par ordre de S.M.
réduifit cer Art en Méthode fous la protection de
M. le Comte de S. Florentin ; il la fit imprimer à
la fatisfaction des Maîtres de Forge de plufieurs
Provinces du Royaume qui s'en fervent avec ſuccès
: cette méthode eft le fruit des travaux que
la famille du fieur Robert fait exécuter dans les
Forges depuis près d'un Siècle.
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Résumé : DE PARIS, le 4 Août.
Le 4 août, le Comte de Breteuil rapporta que le Lieutenant Général des Armées du Roi, le sieur de Lally, se dirigeait vers Arcatte, capitale de la Province du Carnate, pour l'assiéger. Le sieur de Bussy, ayant rejoint de Lally, proposa d'envoyer des troupes pour inciter le Gouverneur à se rendre. De Lally accepta, et après une lettre de Bussy, les clefs de la ville furent remises. Le Comte d'Estein entra ensuite à Arcatte. Des officiers, dont les Brigadiers d'Estein et Landivisiau, demandèrent la nomination de Bussy comme premier Brigadier, soulignant ses mérites. Par ailleurs, le Maréchal d'Estrées consulta le Maréchal de Contades pour les opérations futures. L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres élut le sieur le Beau comme Académicien Associé. Le Roi accorda des Lettres de Noblesse au sieur Robert de Poitiers pour ses découvertes sur la fonte des mines de fer.
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2366
p. 207
DE MADRID, le 12 Août.
Début :
Le 12 de ce mois, à quatre heures & demie du matin, Ferdinand VI, Roi d'Espagne [...]
Mots clefs :
Ferdinand VI, Décès, Roi d'Espagne, Reine, Gouvernement, Nouveau roi, Charles III, Deuil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 12 Août.
DE MADRID , le 12 Août.
Le
12
dc
ce
mois
,
à
quatre heures
&
demie
du
matin
,
Ferdinand
VI
,
Roi
d'Eſpagne
&
des
Indes
,
mourut
au
Palais
de
Villaviciofa
,
dans
la
quatorziéme année de
fon
régne
.
Il
étoit
âgé
de
quarante
-cinq ans
,
dix
mois
&
dix
-
fept jours
.
Du
19
.
Après
la
mort du
Roi
,
la
Reine
Douairiere
a
pris
en
main
le
Gouvernement
,
juſqu'à
l'arri-
vée de
notre
nouveau Roi
,
Charles
III
.
Le
corps
du
Roi
défunt a
été
tranſporté
au Couvent des
Religieufes
de
la
Vifitation
de Madrid
,
où
il
a
été
inhumé
avec
les
cérémonies accoutumées
.
La
Cour
a
pris le
deuil
pour
fix
mois
.
Le
12
dc
ce
mois
,
à
quatre heures
&
demie
du
matin
,
Ferdinand
VI
,
Roi
d'Eſpagne
&
des
Indes
,
mourut
au
Palais
de
Villaviciofa
,
dans
la
quatorziéme année de
fon
régne
.
Il
étoit
âgé
de
quarante
-cinq ans
,
dix
mois
&
dix
-
fept jours
.
Du
19
.
Après
la
mort du
Roi
,
la
Reine
Douairiere
a
pris
en
main
le
Gouvernement
,
juſqu'à
l'arri-
vée de
notre
nouveau Roi
,
Charles
III
.
Le
corps
du
Roi
défunt a
été
tranſporté
au Couvent des
Religieufes
de
la
Vifitation
de Madrid
,
où
il
a
été
inhumé
avec
les
cérémonies accoutumées
.
La
Cour
a
pris le
deuil
pour
fix
mois
.
Fermer
Résumé : DE MADRID, le 12 Août.
Le 12 août, Ferdinand VI, roi d'Espagne et des Indes, est décédé à 45 ans après quatorze années de règne. La reine douairière a assuré l'intérim jusqu'à l'arrivée de Charles III. Le roi a été inhumé au couvent des Religieuses de la Visitation de Madrid. La cour a observé un deuil de six mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2367
p. 213-216
DE VERSAILLES le 30 Août.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de Massay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Bourges, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Abbé, Église, Chevalier, Baron, Comte, Conseiller d'État, Dresde, Capitulation, Garnison, Honneurs, Général, Édits, Parlement, Officiers, Arrêt du conseil
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 30 Août.
DE
VERSAILLES
le
30
Août
.
L
E
Roi
a
donné
l'Abbaye
de Maffay
,
Ordre
de
S.
Benoît
,
Diocèle
de
Bourges
,
à l'Abbé
deJubert
de
Bouville
,
Grand
Vicaire
de
Chartres
.
L'Abbaye de Balle-fontaine , Ordre de Pré-
montré , Diocèſe de Troyes , a l'Abbé de Lomienie
de Brienne , Grand Vicaire de Rouen.
Et la Prevôté de l'Eglife d'Alais , à l'Abbé de
Montolieu , Vicaire Général de ce Diocèfe.
Le 24 , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , la Ducheffe de Grammont fur
préfentée aleurs Majeftés & a la Famille Royale,
& prit le tabouret chez la Reine.
Du
6
Septembre
.
Le
26
du
mois
dernier
,
le
Roi
reçut
Cheva-
liers
de
l'Ordre
du
mérite
Militaire le
Prince
de
Nallau
-
Saarbruck
,
L
eutenant général
des
armées
'
de Sa
Majeſté
,
les
Barons de
Wurmier
&
deTunderfeldt
,
le
Marquis de
Salis
de Mayentel
,
&
le
feur
Hirtzal
de
Saint Gratien
.
Le
même
jour
,
Sa
Majefté
nomma
le
Prince de Nallau-
Saarbruck
,
Grand'Croix
,
&
le
Baron de
Wurme
ler
,
Commandeur du même
ordre
.
"
214 MERCURE DE FRANCE.
Le
8
de
ce
mois
,
la
Cour
prendra
le
deuil
pour
un
mois
,
à
l'occafion
de
la
mort du
Roi
d'El-
pagne
.
Du
13
.
Le
Roi a
donné
la
place
de
Conſeiller
d'Etat
d'épée
,
vacante par
la
mort
du
Marquis
du
May
,
au
Marquis
d'Havrincourt
,
Ambaſſadeur de
Sa
Majefté
en Suéde
.
Le 8 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Un Gentilhomme du Comte de Luface fut
dépêché par ce Prince pour apporter à Sa Ma-
jefté la nouvelle de la délivrance de Dreſde ,
dont l'armée de l'Empire s'eft emparée.
Le Prince de Deux-Ponts étant arrivé le 30
du mois d'Août devant Drefde , fit fommer fur
le champ le Comte de Schmettau. Ce Com-
mandant répondit qu'il fe défendroit jufqu'à la
derniere extrémité. Ce même jour , la groffe
artillerie qui avoit été embarquée à Leutmeritz
arriva à Pyrna on la fit defcendre jufqu'à une
lieue de Drefde , où elle fut débarquée.
>
Les trois jours fuivans, on fut occupé à conf-
truire les batteries. Ce travail fut pouffé fi vive-
ment , que le 2 de ce mois le Comte de Schmet-
tau le voyant fur le point d'être attaqué , fit
propofer au Comte de Maquire , qui comman-
doit dans la Ville neuve , une fufpenfion d'armes
de vingt- quatre heures , pour régler les articles.
préliminaires de la capitulation. Le Prince de
Deux-Ponts lui fit répondre qu'il pouvoit dreffer
ces articles ; qu'il les examineroit ; & que s'il
attendoit qu'on eût tiré contre lui le premier coup
de canon , il feroit prifonnier de guerre.
Le
3
,
le
Comte
de Macquire
apporta
au
Prince
de Deux
-
Ponts
les
propofitions
du
Commandantde Dreide
:
elles
parurent peu convenables
;
elles
furent renvoyées fur le
champ
;
&
les hoftilités
OCTOBRE
.
1759.
215
recommencerent
.
Les travaux
des
batteries
furent
achevés dans
la
journée
du
4.
On
y
plaça
le
ca-
non
pendant
la nuit
pour
être
en
état
de
tirer
les
à
la
pointe
du
jour
:
mais
une
heure avant
le
jour
le
Comte
de
Schmettau
demanda
à
capi-
tuler
.
On
employa
toute
la
journée
à régler
les
Articles
.
La
capitulation fut
fignée
le foir
;
on
fit
rafer
le
retranchement
qui
couvroit
la tête
du
pont
du
côté
de
la
vieille
Ville
,
&
deux
Compa➡
gnies
de
Grenadiers
en
prirent
poffeffion
.
La
garniſon a
obtenu de
fortir
avec
les
hon-
neurs
de
la
guerre
.
On
a
permis aux
régimens
d'emmener
leurs
canons
&
leur
caiffe
militaire
;
&
on
a exigé
qu'ils
fe
rendroient
à
Magdebourg
.
La
caille
du
Roi de
Pruffe
eft
restée
au
pouvoir
des
Vainqueurs
.
Les
prifonniers
&
les
ôtages qui
avoient
été
emmenés
de
différens
Pays ont
été
mis en
liberté
.
Les , le Général Wunschqui forçoit fa marche
dans le deflein de fecourir la Ville de Dreſde ,
ayant appris que la garnifon venoit de capituler ,
fe retira à l'entrée de la nuit. Il fut pourſuivi par
le Général de Vehla , qui l'atteignit le lende
main. Il l'attaqua conjointement avec les Croates
qui avoient été poftés la veille dans les bois. Il
lui tua fix cens hommes , lui prit dix pièces de
canon , & lui fit environ mille prifonniers.
Du
20
.
Le Roi ayant jugé à propos de faire enregif-
trer plufieurs Edits & Déclarations , a mandé à
fon Parlement de fe rendre aujourd'hui à Ver
failles pour prendre féance au Lit de Juſtice que
Sa Majesté à tenu en la maniere accoutumée. En
conféquence le Parlement eft arrivé ici à onze
heures. A midi le Lit de Juftice s'eft ouvert , & Sa
Majesté a ordonné l'enregistrement 1º de l'Edit
portant fuppreffion des Officiers crées fur les Ports,
216
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quais
,
Halles
&
Marchés de
la
Ville
de
Paris
,
depuis
le
Janvier
1727
,
&
la fuppreffion
des
droits
fur le
beurre
,
les
oeufs
&
le
fromage
,
éta-
blis
par
Edit
du
mois
de Septembre
1743. 2
°.
de
l'Edit
portant
création
de
cent
Receveurs
des
rentes
crées fur l'Hôtel
-
de
-
Ville
de
Paris
,
&
autres
effets
publics
.
3
°
.
de
l'Edit
portant
établiſſement
d'une fubvention générale
dans
le
Royaume
,
pour
le
foutien
de
la
guerre
&
pour
l'acquitte-
ment
de
fes
charges
.
4.
d'une
Déclaration
por-
tant
que
la
prorogation
des féances
du
Parlement
ordonnée
par
celle
du
s
du
préfent
mois
,
ceflera
d'avoir
lieu
dès
-
a
-
préfent
.
Il paroît un Edit du Roi du mois d'Août , por-
tant fuppreffion des Offices de Jurés- Vendeurs ,
Prudhommes Contrôleurs , Marqueurs , Lotif-
feurs & Déchargeurs de cuirs , & autres, fous
quelque nom que ce foit , ainfi que des droits à
eux attribués : & établiſſement d'un droit unique
dans tout le Royaume fur les cuirs tanés & ap-
prêtés.
Il paroît auffi deux Arrêts du Confeil , l'un du
25 Août , qui modére les droits fur les fucres
bruts venant de l'étranger ; l'autre dus Sep-
tembre concernant les toiles de coton blanches &
les coiles peintes , teintés & imprimées
VERSAILLES
le
30
Août
.
L
E
Roi
a
donné
l'Abbaye
de Maffay
,
Ordre
de
S.
Benoît
,
Diocèle
de
Bourges
,
à l'Abbé
deJubert
de
Bouville
,
Grand
Vicaire
de
Chartres
.
L'Abbaye de Balle-fontaine , Ordre de Pré-
montré , Diocèſe de Troyes , a l'Abbé de Lomienie
de Brienne , Grand Vicaire de Rouen.
Et la Prevôté de l'Eglife d'Alais , à l'Abbé de
Montolieu , Vicaire Général de ce Diocèfe.
Le 24 , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , la Ducheffe de Grammont fur
préfentée aleurs Majeftés & a la Famille Royale,
& prit le tabouret chez la Reine.
Du
6
Septembre
.
Le
26
du
mois
dernier
,
le
Roi
reçut
Cheva-
liers
de
l'Ordre
du
mérite
Militaire le
Prince
de
Nallau
-
Saarbruck
,
L
eutenant général
des
armées
'
de Sa
Majeſté
,
les
Barons de
Wurmier
&
deTunderfeldt
,
le
Marquis de
Salis
de Mayentel
,
&
le
feur
Hirtzal
de
Saint Gratien
.
Le
même
jour
,
Sa
Majefté
nomma
le
Prince de Nallau-
Saarbruck
,
Grand'Croix
,
&
le
Baron de
Wurme
ler
,
Commandeur du même
ordre
.
"
214 MERCURE DE FRANCE.
Le
8
de
ce
mois
,
la
Cour
prendra
le
deuil
pour
un
mois
,
à
l'occafion
de
la
mort du
Roi
d'El-
pagne
.
Du
13
.
Le
Roi a
donné
la
place
de
Conſeiller
d'Etat
d'épée
,
vacante par
la
mort
du
Marquis
du
May
,
au
Marquis
d'Havrincourt
,
Ambaſſadeur de
Sa
Majefté
en Suéde
.
Le 8 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Un Gentilhomme du Comte de Luface fut
dépêché par ce Prince pour apporter à Sa Ma-
jefté la nouvelle de la délivrance de Dreſde ,
dont l'armée de l'Empire s'eft emparée.
Le Prince de Deux-Ponts étant arrivé le 30
du mois d'Août devant Drefde , fit fommer fur
le champ le Comte de Schmettau. Ce Com-
mandant répondit qu'il fe défendroit jufqu'à la
derniere extrémité. Ce même jour , la groffe
artillerie qui avoit été embarquée à Leutmeritz
arriva à Pyrna on la fit defcendre jufqu'à une
lieue de Drefde , où elle fut débarquée.
>
Les trois jours fuivans, on fut occupé à conf-
truire les batteries. Ce travail fut pouffé fi vive-
ment , que le 2 de ce mois le Comte de Schmet-
tau le voyant fur le point d'être attaqué , fit
propofer au Comte de Maquire , qui comman-
doit dans la Ville neuve , une fufpenfion d'armes
de vingt- quatre heures , pour régler les articles.
préliminaires de la capitulation. Le Prince de
Deux-Ponts lui fit répondre qu'il pouvoit dreffer
ces articles ; qu'il les examineroit ; & que s'il
attendoit qu'on eût tiré contre lui le premier coup
de canon , il feroit prifonnier de guerre.
Le
3
,
le
Comte
de Macquire
apporta
au
Prince
de Deux
-
Ponts
les
propofitions
du
Commandantde Dreide
:
elles
parurent peu convenables
;
elles
furent renvoyées fur le
champ
;
&
les hoftilités
OCTOBRE
.
1759.
215
recommencerent
.
Les travaux
des
batteries
furent
achevés dans
la
journée
du
4.
On
y
plaça
le
ca-
non
pendant
la nuit
pour
être
en
état
de
tirer
les
à
la
pointe
du
jour
:
mais
une
heure avant
le
jour
le
Comte
de
Schmettau
demanda
à
capi-
tuler
.
On
employa
toute
la
journée
à régler
les
Articles
.
La
capitulation fut
fignée
le foir
;
on
fit
rafer
le
retranchement
qui
couvroit
la tête
du
pont
du
côté
de
la
vieille
Ville
,
&
deux
Compa➡
gnies
de
Grenadiers
en
prirent
poffeffion
.
La
garniſon a
obtenu de
fortir
avec
les
hon-
neurs
de
la
guerre
.
On
a
permis aux
régimens
d'emmener
leurs
canons
&
leur
caiffe
militaire
;
&
on
a exigé
qu'ils
fe
rendroient
à
Magdebourg
.
La
caille
du
Roi de
Pruffe
eft
restée
au
pouvoir
des
Vainqueurs
.
Les
prifonniers
&
les
ôtages qui
avoient
été
emmenés
de
différens
Pays ont
été
mis en
liberté
.
Les , le Général Wunschqui forçoit fa marche
dans le deflein de fecourir la Ville de Dreſde ,
ayant appris que la garnifon venoit de capituler ,
fe retira à l'entrée de la nuit. Il fut pourſuivi par
le Général de Vehla , qui l'atteignit le lende
main. Il l'attaqua conjointement avec les Croates
qui avoient été poftés la veille dans les bois. Il
lui tua fix cens hommes , lui prit dix pièces de
canon , & lui fit environ mille prifonniers.
Du
20
.
Le Roi ayant jugé à propos de faire enregif-
trer plufieurs Edits & Déclarations , a mandé à
fon Parlement de fe rendre aujourd'hui à Ver
failles pour prendre féance au Lit de Juſtice que
Sa Majesté à tenu en la maniere accoutumée. En
conféquence le Parlement eft arrivé ici à onze
heures. A midi le Lit de Juftice s'eft ouvert , & Sa
Majesté a ordonné l'enregistrement 1º de l'Edit
portant fuppreffion des Officiers crées fur les Ports,
216
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quais
,
Halles
&
Marchés de
la
Ville
de
Paris
,
depuis
le
Janvier
1727
,
&
la fuppreffion
des
droits
fur le
beurre
,
les
oeufs
&
le
fromage
,
éta-
blis
par
Edit
du
mois
de Septembre
1743. 2
°.
de
l'Edit
portant
création
de
cent
Receveurs
des
rentes
crées fur l'Hôtel
-
de
-
Ville
de
Paris
,
&
autres
effets
publics
.
3
°
.
de
l'Edit
portant
établiſſement
d'une fubvention générale
dans
le
Royaume
,
pour
le
foutien
de
la
guerre
&
pour
l'acquitte-
ment
de
fes
charges
.
4.
d'une
Déclaration
por-
tant
que
la
prorogation
des féances
du
Parlement
ordonnée
par
celle
du
s
du
préfent
mois
,
ceflera
d'avoir
lieu
dès
-
a
-
préfent
.
Il paroît un Edit du Roi du mois d'Août , por-
tant fuppreffion des Offices de Jurés- Vendeurs ,
Prudhommes Contrôleurs , Marqueurs , Lotif-
feurs & Déchargeurs de cuirs , & autres, fous
quelque nom que ce foit , ainfi que des droits à
eux attribués : & établiſſement d'un droit unique
dans tout le Royaume fur les cuirs tanés & ap-
prêtés.
Il paroît auffi deux Arrêts du Confeil , l'un du
25 Août , qui modére les droits fur les fucres
bruts venant de l'étranger ; l'autre dus Sep-
tembre concernant les toiles de coton blanches &
les coiles peintes , teintés & imprimées
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Résumé : DE VERSAILLES le 30 Août.
En août et septembre 1759, plusieurs événements et décisions royales ont marqué la cour. Le 30 août, le roi a attribué diverses abbayes et prévôtés à des abbés et vicaires. Le 24 août, le roi a tenu le sceau et la duchesse de Grammont a été présentée à la famille royale. Le 26 août, le roi a reçu des chevaliers de l'Ordre du mérite militaire et a nommé le prince de Nassau-Saarbruck Grand'Croix et le baron de Wurmer Commandeur du même ordre. Le 8 septembre, la cour a observé un deuil pour la mort du roi d'Espagne. Le 13 septembre, le roi a nommé le marquis d'Havrincourt conseiller d'État d'épée. Sur le front militaire, le 30 août, le prince de Deux-Ponts a assiégé Dresde, qui a capitulé le 5 septembre après des négociations. Les termes de la capitulation ont permis à la garnison de sortir avec les honneurs de la guerre. Le 20 octobre, le roi a tenu un lit de justice pour enregistrer plusieurs édits, notamment la suppression de certains offices et droits, et l'établissement de nouvelles subventions pour soutenir la guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2368
p. 216-232
DE PARIS le 25 Août.
Début :
Un Courier arrivé de Vienne a apporté la nouvelle que le 12 de ce mois les Russes [...]
Mots clefs :
Baron de Laudon, Russes, Prince, Défaite, Colonel, Comte du Lau, Marquis, Seigneur, Lieutenant au régiment du roi, Généalogie, Maison de Lau, Gouverneur, Neveu, Cousine, Nominations, Famille, Origines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS le 25 Août.
DE PARIS le 25 Août.
Un Courier arrivé de Vienne a apporté la
nouvelle que le 12 de ce mois les Rufles foutenus
du corps aux ordres du Baron de Laudon , ont
remporté près de Francfort une feconde victoire
contre les Pruffiens com mandés par le Roi de
Pruffe en perfonne. Ce Prince , après la défaite
entiere de fon armée , a été obligé de fe retirer
avec précipitation fous Cuftrin. On évalue ſa perte
à plus de quinze mille hommes. Son artillerie &
Les bagages ont éte pris.
LE
OCTOBRE
.
1759
.
217
fa
cou-
LE ROI a donné une place de Colonel dans les
Grenadiers de France à Jean Baptifte Comte du
Lau , Lieutenant au Régiment du Roi, Infanterie;
Sa Majesté lui en avoit accordé l'expectative en
1754 il eft fils d'ArmandII du nom , Comte du
Lau , Seigneur de la Côte , de Savignac & la
Routeille en Perigord ; & de Dame Françoife de
Salleton de Laborie , & petit-fils de Jean Armand
Marquis du Lau , Seigneur de la Côte & autres
Heux ; & de Marie - Sibille du Lau fa coufine , iffue
de Germaine maternelle , fille d'Armand du Lau,
Marquis d'Allemans , Baron de Chamniers , Sei-
gneur de Montardi , Couture & Braffac ; & de
Sufanne du Lau , Baronne de Chamniers ,
fine germaine maternelle, & fa parente pater-
nelle du 4º au se degré , fille d'Armand du Lau ,
Baron de Chamniers , Seigneur de Chambon ,
Celettes & autres lieux , Maréchal des Camps &
Armées du Roi , Commandant pour Sa Majesté
dans les Gouvernemens de Balaguier , Ager &
autres Places de la Concque , Colonel de deux
Régimens d'Infanterie, & Gouverneur de Xaintes;
& de Sibille Jaubert de S. Gelais , fille de Fran-
çois Jaubert de S. Gelais , Chevalier , Seigneur
de S. Severin & en partie d'Allemans , & de
Sufanne de Raimond , Dame de S. Severin & de
Bourlac , & niéce & héritiere de Sibille Jaubert ,
Dame d'Allemans , de Montardit , Feidit & Bra
fac , veuve fans enfans , de Clinet d'Aidie , Vi-
comte de Carlux , Chevalier de l'Ordre du Roi.
"
Le Comte du Lau eft neveu de Jean du Lau
d'Allemans , Docteur en Théologie , Curé de la
Paroille de S. Sulpice de Paris , frere de Jean-
Louis du Lau , Evêque de Digne , Abbé de Saint
Romain de Blaye , Prieur du Montaux- Malades ,
mort en l'année 1746 ; de Claude Louis du Lau ,
Chevalier de Malte , dit le Chevalier de la Cô :é ,
I. Val.
K
7
218 MERCURE DE FRANCE.
tué en 1732 fur les Vailleaux de la Religion en
combattant pour fon Ordre , dans lequel il s'étoit
fait confidérer par des actions de valeur ; de Phi-
lippe du Lau , aufli Chevalier, de Malthe , dit le
Chevalier de la Roche , mort en 1734 fur les
Vailleaux de la Religion ; & de Jean du Lau ,
Grand Vicaire de l'Evêché de Pamiers , qui a été
député en 1770 par la Métropole de Toulouſe
à l'Aflemblée Générale du Clergé de France ; &
il eft petit neveu de jean du Lau , Comte d'Al-
lemans , Brigadier des Armées du Roi , Com-
mandeur de l'Ordre de S. Louis , Gouverneur de
Doulens , ci devant Gouverneur de Cognac , &
Lieutenant-Colonel du Régiment du Roi Infan-
terie , qui a épousé par Contrat du mois d'Avril
1745 Jeanne- Louile de Cherifey , fille de Louis
Comte de Cherifey , Lieutenant- Général des Ar-
mées du Roi , Grand Croix de l'Ordre de S. Louis,
Gouverneur du Fort S. Jean de Marſeille , Com-
mandant de toute la Maifon du Roi , & d'Anne
de Paget, dont postérité le Comte d'Allemans
eft frere de Claude-Martin du Lau , Chevalier de
Malthe , Commandeur, de Nice en Provence ,
mort en 1746 , peu de tems après qu'il eut été
nommé à cette Commanderie ; de Jean Louis du
Lau, Baron de Chamniers , Capitaine au Régi-
ment d'Anjou Cavalerie ; & de Jean- Armand du
Lau Comte d'Allemans , Baron de Chamniers ,
Seigneur de Montardi , Couture , Brailac , &c.
Chevalier de l'Ordre de S. Louis , Capitaine au
Régiment du Roi infanterie , qui avoit épouſé
Antoinette-Julie de Beaupoil Saint-Aulaire , fille
de Louis de Beaupoil Saint-Aulaire , Marquis de
Lanmary , Baron d'Angerville , Seigneur des
Forges , Chabannes , &c . Grand & premier
Echanfon de France , Capitaine Commandant
les Gensdarmes de la Reine , & de Jeanne-Marie
OCTOBRE
.
1759
.
219
>
Perrault
,
Baronne
de
Milly
,
Rouvre
,
Angerville
&
la
Riviere
.
Jean
-
Armand
du
Lau
,
Comte
d'Al-
Hemans
,
a
laiffé
de
fon
mariage deux
fils
&
une
fille
fçavoir
1
°
.
Jean
-
Louis
-
Antoine
du Lau
,
Marquis
d'Allemans
,
Baron
de Chamniers
,
Sei-
gneur
de
la
Châtellenie
de Couture
,
&
des
Terres
&
Seigneurie
de Montardi
,
Celles
,
Bertric
&
au-
tres
lieux
qui
a
épousé
Marie Madeleine
le
Coigneux
fille
de
Jacques
Marquis de
Bellabre
,
&
de Marie
-
Anne
de
Neiret
de
la
Ravoye
,
Mar-
quife
de
Bellabre
,
dont
le
fils
aîné
Jean
Armand-
Marie
du Lau
eft
Enfeigne dans
le
Régiment
des
Gardes
Françoiſes
,
après avoir
fervi
dans
les
Chevaux
-
Légers de
la
Garde
.
2º
.
Henri du Lau
,
Chevalier
de
l'ordre
de
S.
Louis
,
Capitaine
au
Régiment de Conty
Cavalerie
,
&
Sufanne
du
Lau
,
mariée
à
Jean
de
Chapt
de
Raftinac
,
Comte
de
Puiguilhem
,
dont
postérité
.
La maifon du Comte du Lau qui donne lieu
à cet article , eft établie en Périgord dès l'an
1429 ; elle eft une branche cadette des Barons
du Lau en Béarn , que l'on a trouvé , après un
mur examen , être iffus des Souverains de Biſcaye,
Comtes d'Alaua & Seigneur de Lod en Biſcaye ;
on en a puiſé les preuves dans les Chartres , dans
les anciennes Chroniques , les Cartulaires & dans
les Hiftoires du temps. La Généalogie de la mai-
fon du Lau a été faite fur de femblables monu-
mens , & fur titres tous originaux , par le Che-
valier Blondeau de Charnage ; & elle fut com-
muniquée avec les titres à M. de Clairambault ,
Généalogifte des Ordres du Roi lorfque le Comte
du Lau obtint les honneurs de la Cour. Nous
défirerions pouvoir inférer ici cet Ouvrage , mais
il est d'une trop grande étendue à caufe des
branches que la maifon du Lau a produit : nous
dirons feulement deux mots fur le rang des an-
Kij
220 MERCURE DE FRANCE
•
"
:
ciens Seigneurs de cette maiſon & fur fon ori-
gine , & nous ne parlerons enfuite qué de la
Branche établie en Périgord.
La maifon du Lau , dit l'Auteur de la Généa-
logie , eft iffue des Souverains de Biſcaye , par
Inigo-Sanches , Seigneur de Lod en Biscaye',
neveu d'Inigo- Loppes Comte d'Alaua . Nous ne
fixerons pas ajoute-t-il l'origine de la maiſon
du Lau à Inigo- Sanches Seigneur de Lod : l'hif-
toire exige que nous la remontions à Dom Lop
ou Fort- Loup , furnommé Suria , * premier Sei-
gneur de Biscaye qui fut élu par la Nation ,
après une bataille qu'il avoit gagné étant à leur
tête , en l'année 870 , fur Ordogne , fils d'Al-
phonfe III , furnommé le Grand , Roi d'Oviedo
& de Léon en ce lieu , & dans tout le cours
de l'Ouvrage , l'Auteur rapporte plufieurs faits
hiftoriques , intérellans & relatifs à fon Ouvrage.
Fort- Loup épouſa 1 ° . Dalda , fille de Sanche-
Eftigues-Ortun , Seigneur de Tariba & de Du-
rango , de laquelle il eut Manfo - Lopes 2º Sei-
gaeur de Biscaye , & de Tariba , pere d'Inigo-
Lopes 3 Seigneur de Bilcaye , dont vint Lopes-
Dias 4 Seigneur de Bilcaye , qui époufa Elvire-
Bermundes , fille de Bermuy l'aînez , & dont il
eut deux fils & une fille , fçavoir , Sanche-
Lopes e Seigneur de Bifcaye , qui fuit , Inigo-
Lopes Comte d'Alaua 6 Seigneur de Biſcaye ,
& Urraca-Lopes mariée à Dom Fernand ,
Roi
de Léon. Sancho - Lopes fut tué à Cubijana de
Morillos en conduifant une armée au fecours
du Comte de Caftille ; il laiffa deux fils en bas
âge , Inigo Lopes , Seigneur de Lod en Biscaye ,
qui fuit , & fort-Sanches , Seigneur d'Orofco ,
tige de la maiſon de ce nom ,
Les Souverains de Biscaye n'ont jamais eu d'autre
sitre que celui de Şeigucup.
OCTOBRE
.
1759. 221
I
Inigo
-
Lopes
,
Seigneur
de
Lod
en
Biſcayé
,
fut
Gouverneur de
la
Ville
de
Navarre
,
&
grand
Ecuyer
des
Ecuries
de
Garcias
,
Roi de
Navarre
,
furnommé
le
Trembleur
:
il
n'étoit
qu'un enfant
à
la
mort
de
fon père
,
ce
qui
fit
que
les
Bifca-
yens engagés dans
des guerres
,
&
ayant
beſoin
d'un
Chef
expérimenté
,
élurent
en
la
place
pour
leur
Seigneur Inigo
Lopes
,
Comte
d'Alaua
for
oncle
paternel
,
*
qui
,
pour
le
dédommager
du
moinsen
quelque
forte
,
lui
donna
la
Seigneurie
de
Lod
en
Bifcaye
,
dent
fa poftérité
prit
lé
nom
on
a de
lui
des
titres
des
années
997
,
1014
&
1920
:
il
eut
deux
fils
,
fçavoir
,
Lopes-
Sanches
,
Seigneur
de
Lod
en
Bifcaye
,
tige
de
la
maifon de
ce
nom
&
de
celle
de
Merdoce
,
&
Guillaume
**
Sance
,
Seigneur
de
la
Terre
du
Lau
en Bearn
,
fituée
comme
dans
un
Fauxbourg
de
la
Ville
de
Lefcar
: il
époufa
une
Dame
nom-
mée
Sancia-
Vacca
;
ils
firent
donation
,
du
con-
fentement de
leurs
fils
,
au
Chapitre
de
Lefcar
,
d'une
partie
des
dixmes de
l'Eglife
du Lau
,
Calbet
du Lau
,
mort
avant
l'an
115
,
leur
petit-
fils
fur
Evêque de
Leſcard
:
Cajard
du Lau
fon
frere
eft
nommé
au rang
des
Barons
du
Béarn
,
après
les
Seigneurs de Gavaſton
&
de Navaille
,
&
avant ceux
de
Domii
,
de Miocens
,
&
autres
:
dans
l'acte
d'un
jugement
folemnel
en
faveur
de
l'Eglife
de
Lefcar
,
rendu par
Talefe
,
Vicomteſſe
de Béarn
,
en
l'abfence
de fon mari
,
vers l'an
1090.
la
maifon du Lau
,
toutesfois
ne
fut pas
comprife dans
le
Réglement de
l'an
1230
;
qui
reftraignoit les
Barons
du
Béarn à un
certain
nombre
;
mais
les
terres
du nom du Lau
,
fituées
***
* Les Hiftoriens s'accordent tous
en
ce
fait
.
**
On
diroit
Sanchés
,
fi
on
le fuivoit
en
Bifcave
.
***
Il
ne changea pas
le
nom
de
Calbet pour
celui
de
Guy
, fuivant qu'on
le
lit
dans
le
Gallia Chriftiana
.
K
iij
A
222 MERCURE DE FRANCE.
en
Chaloffe
&
en
Armagnac
,
ont
toujours
été
qualifiées
Baronnies
:
Arnaud
,
fils
de
Raymond
du Lau
,
étant
dans
le
deffein d'aller
à
la
Terre-
Sainte
,
fit
un
don
au
Chapitre
de
Dacqs
;
Sance
du Lau
fon
fils
,
s'empara
des
biens
que
fon pere
avoit
donné
,
&
les
rendit
en
l'année
1151
;
ces
biens furent
encore
repris
par
leur
poſtérité
,
qui
enfin
les
laiffa
entiérement
au
même
Chapitre
,
Arnaud du Lau
eft
nommé
au rang
des
Ba-
rons
des
terres
de Labour
&
d'Arberac
,
en
un
titre
de
l'an
1193
;
Ponce
,
Seigneur
du
Lau
,
épousa
en 1234
,
Jcanne
,
fille
d'Arivus
,
Vi-
comte
de
Corneillan
,
&
de Marie
de
Vernede
;
il
fut
témoin
avec
les
Seigneurs
de
l'Ifle
&
de
Comenge
,
de l'hommage
que Gerard
,
Comte
d'Armagnac
,
fit
en
1245 pour
fon Château
de
Mauvoifin
,
à
Raimond
,
Comte
de
Touloufe
:
Arnaud
Guillaume
&
Leberon
du
Lau
,
Chevaliers
,
furent
témoins
de l'hommage
que
le
même
Com-
te
d'Armagnac
rendit
en 1254
,
pour
les
Comtés
d'Armagnac
&
de
Fezenfac
,
à
Henri
III
,
Roi
d'Angleterre
,
&
Leberon
du Lau
s'en
rendit
cau
→
tion
Amanieu du Lau
,
Chevalier
de
l'Ordre
des Templiers
,
avoit été
député
en
1235
par
le
Clergé de Gafcogne
,
vers
le
même
Monarque
,
&
il
en
étoit très -
confidéré
;
Gerard
du
Lau
,
Chevalier
,
accompagna
Edouard
,
Roi
d'Angleterre
,
dans
fon
voyage de
la
Terre
Sainte
ce Prince l'envoya
à Ortés
l'an
1273
,
pour
ap
paifer
les
mouvemens
que Gaton
,
Vicomte de
Béarn
y
avoit excité
.
Arnaud Sequin , premier du nom du Lau ,
Chevalier Seigneur de la Baronnie du Lau &
des lieux de Laqui , Geles , Lobe , Heloda , Gau-
be , Pujo , Montijos , Carrera , Caftagnet , Sulaus ,
Perquier , Badigos , Lilauhet , Hontans , Caupet
Margaro , Coerbeoa , Halchet , de la Ville de
.
Un Courier arrivé de Vienne a apporté la
nouvelle que le 12 de ce mois les Rufles foutenus
du corps aux ordres du Baron de Laudon , ont
remporté près de Francfort une feconde victoire
contre les Pruffiens com mandés par le Roi de
Pruffe en perfonne. Ce Prince , après la défaite
entiere de fon armée , a été obligé de fe retirer
avec précipitation fous Cuftrin. On évalue ſa perte
à plus de quinze mille hommes. Son artillerie &
Les bagages ont éte pris.
LE
OCTOBRE
.
1759
.
217
fa
cou-
LE ROI a donné une place de Colonel dans les
Grenadiers de France à Jean Baptifte Comte du
Lau , Lieutenant au Régiment du Roi, Infanterie;
Sa Majesté lui en avoit accordé l'expectative en
1754 il eft fils d'ArmandII du nom , Comte du
Lau , Seigneur de la Côte , de Savignac & la
Routeille en Perigord ; & de Dame Françoife de
Salleton de Laborie , & petit-fils de Jean Armand
Marquis du Lau , Seigneur de la Côte & autres
Heux ; & de Marie - Sibille du Lau fa coufine , iffue
de Germaine maternelle , fille d'Armand du Lau,
Marquis d'Allemans , Baron de Chamniers , Sei-
gneur de Montardi , Couture & Braffac ; & de
Sufanne du Lau , Baronne de Chamniers ,
fine germaine maternelle, & fa parente pater-
nelle du 4º au se degré , fille d'Armand du Lau ,
Baron de Chamniers , Seigneur de Chambon ,
Celettes & autres lieux , Maréchal des Camps &
Armées du Roi , Commandant pour Sa Majesté
dans les Gouvernemens de Balaguier , Ager &
autres Places de la Concque , Colonel de deux
Régimens d'Infanterie, & Gouverneur de Xaintes;
& de Sibille Jaubert de S. Gelais , fille de Fran-
çois Jaubert de S. Gelais , Chevalier , Seigneur
de S. Severin & en partie d'Allemans , & de
Sufanne de Raimond , Dame de S. Severin & de
Bourlac , & niéce & héritiere de Sibille Jaubert ,
Dame d'Allemans , de Montardit , Feidit & Bra
fac , veuve fans enfans , de Clinet d'Aidie , Vi-
comte de Carlux , Chevalier de l'Ordre du Roi.
"
Le Comte du Lau eft neveu de Jean du Lau
d'Allemans , Docteur en Théologie , Curé de la
Paroille de S. Sulpice de Paris , frere de Jean-
Louis du Lau , Evêque de Digne , Abbé de Saint
Romain de Blaye , Prieur du Montaux- Malades ,
mort en l'année 1746 ; de Claude Louis du Lau ,
Chevalier de Malte , dit le Chevalier de la Cô :é ,
I. Val.
K
7
218 MERCURE DE FRANCE.
tué en 1732 fur les Vailleaux de la Religion en
combattant pour fon Ordre , dans lequel il s'étoit
fait confidérer par des actions de valeur ; de Phi-
lippe du Lau , aufli Chevalier, de Malthe , dit le
Chevalier de la Roche , mort en 1734 fur les
Vailleaux de la Religion ; & de Jean du Lau ,
Grand Vicaire de l'Evêché de Pamiers , qui a été
député en 1770 par la Métropole de Toulouſe
à l'Aflemblée Générale du Clergé de France ; &
il eft petit neveu de jean du Lau , Comte d'Al-
lemans , Brigadier des Armées du Roi , Com-
mandeur de l'Ordre de S. Louis , Gouverneur de
Doulens , ci devant Gouverneur de Cognac , &
Lieutenant-Colonel du Régiment du Roi Infan-
terie , qui a épousé par Contrat du mois d'Avril
1745 Jeanne- Louile de Cherifey , fille de Louis
Comte de Cherifey , Lieutenant- Général des Ar-
mées du Roi , Grand Croix de l'Ordre de S. Louis,
Gouverneur du Fort S. Jean de Marſeille , Com-
mandant de toute la Maifon du Roi , & d'Anne
de Paget, dont postérité le Comte d'Allemans
eft frere de Claude-Martin du Lau , Chevalier de
Malthe , Commandeur, de Nice en Provence ,
mort en 1746 , peu de tems après qu'il eut été
nommé à cette Commanderie ; de Jean Louis du
Lau, Baron de Chamniers , Capitaine au Régi-
ment d'Anjou Cavalerie ; & de Jean- Armand du
Lau Comte d'Allemans , Baron de Chamniers ,
Seigneur de Montardi , Couture , Brailac , &c.
Chevalier de l'Ordre de S. Louis , Capitaine au
Régiment du Roi infanterie , qui avoit épouſé
Antoinette-Julie de Beaupoil Saint-Aulaire , fille
de Louis de Beaupoil Saint-Aulaire , Marquis de
Lanmary , Baron d'Angerville , Seigneur des
Forges , Chabannes , &c . Grand & premier
Echanfon de France , Capitaine Commandant
les Gensdarmes de la Reine , & de Jeanne-Marie
OCTOBRE
.
1759
.
219
>
Perrault
,
Baronne
de
Milly
,
Rouvre
,
Angerville
&
la
Riviere
.
Jean
-
Armand
du
Lau
,
Comte
d'Al-
Hemans
,
a
laiffé
de
fon
mariage deux
fils
&
une
fille
fçavoir
1
°
.
Jean
-
Louis
-
Antoine
du Lau
,
Marquis
d'Allemans
,
Baron
de Chamniers
,
Sei-
gneur
de
la
Châtellenie
de Couture
,
&
des
Terres
&
Seigneurie
de Montardi
,
Celles
,
Bertric
&
au-
tres
lieux
qui
a
épousé
Marie Madeleine
le
Coigneux
fille
de
Jacques
Marquis de
Bellabre
,
&
de Marie
-
Anne
de
Neiret
de
la
Ravoye
,
Mar-
quife
de
Bellabre
,
dont
le
fils
aîné
Jean
Armand-
Marie
du Lau
eft
Enfeigne dans
le
Régiment
des
Gardes
Françoiſes
,
après avoir
fervi
dans
les
Chevaux
-
Légers de
la
Garde
.
2º
.
Henri du Lau
,
Chevalier
de
l'ordre
de
S.
Louis
,
Capitaine
au
Régiment de Conty
Cavalerie
,
&
Sufanne
du
Lau
,
mariée
à
Jean
de
Chapt
de
Raftinac
,
Comte
de
Puiguilhem
,
dont
postérité
.
La maifon du Comte du Lau qui donne lieu
à cet article , eft établie en Périgord dès l'an
1429 ; elle eft une branche cadette des Barons
du Lau en Béarn , que l'on a trouvé , après un
mur examen , être iffus des Souverains de Biſcaye,
Comtes d'Alaua & Seigneur de Lod en Biſcaye ;
on en a puiſé les preuves dans les Chartres , dans
les anciennes Chroniques , les Cartulaires & dans
les Hiftoires du temps. La Généalogie de la mai-
fon du Lau a été faite fur de femblables monu-
mens , & fur titres tous originaux , par le Che-
valier Blondeau de Charnage ; & elle fut com-
muniquée avec les titres à M. de Clairambault ,
Généalogifte des Ordres du Roi lorfque le Comte
du Lau obtint les honneurs de la Cour. Nous
défirerions pouvoir inférer ici cet Ouvrage , mais
il est d'une trop grande étendue à caufe des
branches que la maifon du Lau a produit : nous
dirons feulement deux mots fur le rang des an-
Kij
220 MERCURE DE FRANCE
•
"
:
ciens Seigneurs de cette maiſon & fur fon ori-
gine , & nous ne parlerons enfuite qué de la
Branche établie en Périgord.
La maifon du Lau , dit l'Auteur de la Généa-
logie , eft iffue des Souverains de Biſcaye , par
Inigo-Sanches , Seigneur de Lod en Biscaye',
neveu d'Inigo- Loppes Comte d'Alaua . Nous ne
fixerons pas ajoute-t-il l'origine de la maiſon
du Lau à Inigo- Sanches Seigneur de Lod : l'hif-
toire exige que nous la remontions à Dom Lop
ou Fort- Loup , furnommé Suria , * premier Sei-
gneur de Biscaye qui fut élu par la Nation ,
après une bataille qu'il avoit gagné étant à leur
tête , en l'année 870 , fur Ordogne , fils d'Al-
phonfe III , furnommé le Grand , Roi d'Oviedo
& de Léon en ce lieu , & dans tout le cours
de l'Ouvrage , l'Auteur rapporte plufieurs faits
hiftoriques , intérellans & relatifs à fon Ouvrage.
Fort- Loup épouſa 1 ° . Dalda , fille de Sanche-
Eftigues-Ortun , Seigneur de Tariba & de Du-
rango , de laquelle il eut Manfo - Lopes 2º Sei-
gaeur de Biscaye , & de Tariba , pere d'Inigo-
Lopes 3 Seigneur de Bilcaye , dont vint Lopes-
Dias 4 Seigneur de Bilcaye , qui époufa Elvire-
Bermundes , fille de Bermuy l'aînez , & dont il
eut deux fils & une fille , fçavoir , Sanche-
Lopes e Seigneur de Bifcaye , qui fuit , Inigo-
Lopes Comte d'Alaua 6 Seigneur de Biſcaye ,
& Urraca-Lopes mariée à Dom Fernand ,
Roi
de Léon. Sancho - Lopes fut tué à Cubijana de
Morillos en conduifant une armée au fecours
du Comte de Caftille ; il laiffa deux fils en bas
âge , Inigo Lopes , Seigneur de Lod en Biscaye ,
qui fuit , & fort-Sanches , Seigneur d'Orofco ,
tige de la maiſon de ce nom ,
Les Souverains de Biscaye n'ont jamais eu d'autre
sitre que celui de Şeigucup.
OCTOBRE
.
1759. 221
I
Inigo
-
Lopes
,
Seigneur
de
Lod
en
Biſcayé
,
fut
Gouverneur de
la
Ville
de
Navarre
,
&
grand
Ecuyer
des
Ecuries
de
Garcias
,
Roi de
Navarre
,
furnommé
le
Trembleur
:
il
n'étoit
qu'un enfant
à
la
mort
de
fon père
,
ce
qui
fit
que
les
Bifca-
yens engagés dans
des guerres
,
&
ayant
beſoin
d'un
Chef
expérimenté
,
élurent
en
la
place
pour
leur
Seigneur Inigo
Lopes
,
Comte
d'Alaua
for
oncle
paternel
,
*
qui
,
pour
le
dédommager
du
moinsen
quelque
forte
,
lui
donna
la
Seigneurie
de
Lod
en
Bifcaye
,
dent
fa poftérité
prit
lé
nom
on
a de
lui
des
titres
des
années
997
,
1014
&
1920
:
il
eut
deux
fils
,
fçavoir
,
Lopes-
Sanches
,
Seigneur
de
Lod
en
Bifcaye
,
tige
de
la
maifon de
ce
nom
&
de
celle
de
Merdoce
,
&
Guillaume
**
Sance
,
Seigneur
de
la
Terre
du
Lau
en Bearn
,
fituée
comme
dans
un
Fauxbourg
de
la
Ville
de
Lefcar
: il
époufa
une
Dame
nom-
mée
Sancia-
Vacca
;
ils
firent
donation
,
du
con-
fentement de
leurs
fils
,
au
Chapitre
de
Lefcar
,
d'une
partie
des
dixmes de
l'Eglife
du Lau
,
Calbet
du Lau
,
mort
avant
l'an
115
,
leur
petit-
fils
fur
Evêque de
Leſcard
:
Cajard
du Lau
fon
frere
eft
nommé
au rang
des
Barons
du
Béarn
,
après
les
Seigneurs de Gavaſton
&
de Navaille
,
&
avant ceux
de
Domii
,
de Miocens
,
&
autres
:
dans
l'acte
d'un
jugement
folemnel
en
faveur
de
l'Eglife
de
Lefcar
,
rendu par
Talefe
,
Vicomteſſe
de Béarn
,
en
l'abfence
de fon mari
,
vers l'an
1090.
la
maifon du Lau
,
toutesfois
ne
fut pas
comprife dans
le
Réglement de
l'an
1230
;
qui
reftraignoit les
Barons
du
Béarn à un
certain
nombre
;
mais
les
terres
du nom du Lau
,
fituées
***
* Les Hiftoriens s'accordent tous
en
ce
fait
.
**
On
diroit
Sanchés
,
fi
on
le fuivoit
en
Bifcave
.
***
Il
ne changea pas
le
nom
de
Calbet pour
celui
de
Guy
, fuivant qu'on
le
lit
dans
le
Gallia Chriftiana
.
K
iij
A
222 MERCURE DE FRANCE.
en
Chaloffe
&
en
Armagnac
,
ont
toujours
été
qualifiées
Baronnies
:
Arnaud
,
fils
de
Raymond
du Lau
,
étant
dans
le
deffein d'aller
à
la
Terre-
Sainte
,
fit
un
don
au
Chapitre
de
Dacqs
;
Sance
du Lau
fon
fils
,
s'empara
des
biens
que
fon pere
avoit
donné
,
&
les
rendit
en
l'année
1151
;
ces
biens furent
encore
repris
par
leur
poſtérité
,
qui
enfin
les
laiffa
entiérement
au
même
Chapitre
,
Arnaud du Lau
eft
nommé
au rang
des
Ba-
rons
des
terres
de Labour
&
d'Arberac
,
en
un
titre
de
l'an
1193
;
Ponce
,
Seigneur
du
Lau
,
épousa
en 1234
,
Jcanne
,
fille
d'Arivus
,
Vi-
comte
de
Corneillan
,
&
de Marie
de
Vernede
;
il
fut
témoin
avec
les
Seigneurs
de
l'Ifle
&
de
Comenge
,
de l'hommage
que Gerard
,
Comte
d'Armagnac
,
fit
en
1245 pour
fon Château
de
Mauvoifin
,
à
Raimond
,
Comte
de
Touloufe
:
Arnaud
Guillaume
&
Leberon
du
Lau
,
Chevaliers
,
furent
témoins
de l'hommage
que
le
même
Com-
te
d'Armagnac
rendit
en 1254
,
pour
les
Comtés
d'Armagnac
&
de
Fezenfac
,
à
Henri
III
,
Roi
d'Angleterre
,
&
Leberon
du Lau
s'en
rendit
cau
→
tion
Amanieu du Lau
,
Chevalier
de
l'Ordre
des Templiers
,
avoit été
député
en
1235
par
le
Clergé de Gafcogne
,
vers
le
même
Monarque
,
&
il
en
étoit très -
confidéré
;
Gerard
du
Lau
,
Chevalier
,
accompagna
Edouard
,
Roi
d'Angleterre
,
dans
fon
voyage de
la
Terre
Sainte
ce Prince l'envoya
à Ortés
l'an
1273
,
pour
ap
paifer
les
mouvemens
que Gaton
,
Vicomte de
Béarn
y
avoit excité
.
Arnaud Sequin , premier du nom du Lau ,
Chevalier Seigneur de la Baronnie du Lau &
des lieux de Laqui , Geles , Lobe , Heloda , Gau-
be , Pujo , Montijos , Carrera , Caftagnet , Sulaus ,
Perquier , Badigos , Lilauhet , Hontans , Caupet
Margaro , Coerbeoa , Halchet , de la Ville de
.
Fermer
Résumé : DE PARIS le 25 Août.
Le 25 août, un courrier de Vienne a rapporté que le 12 août, les troupes du Baron de Laudon avaient remporté une victoire près de Francfort contre les Prussiens, commandés par le Roi de Prusse en personne. Cette défaite a contraint le Roi de Prusse à se retirer précipitamment vers Custrin, abandonnant plus de quinze mille hommes, ainsi que son artillerie et ses bagages capturés. En octobre 1759, le Roi de France a accordé une place de Colonel dans les Grenadiers de France à Jean-Baptiste Comte du Lau, Lieutenant au Régiment du Roi. Le Comte du Lau est le fils d'Armand II du Lau et de Dame Françoise de Salleton de Laborie, et le petit-fils de Jean-Armand Marquis du Lau. Il est également neveu de plusieurs personnalités notables, dont Jean du Lau d'Allemans, Docteur en Théologie, et Jean-Armand du Lau, Brigadier des Armées du Roi. La maison du Comte du Lau est établie en Périgord depuis 1429 et est une branche cadette des Barons du Lau en Béarn. Selon les recherches généalogiques, cette maison est issue des Souverains de Biscaye, Comtes d'Alava et Seigneurs de Lod en Biscaye. La généalogie de la maison du Lau a été documentée par le Chevalier Blondeau de Charnage et communiquée à M. de Clairambault, Généalogiste des Ordres du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2369
p. 234-235
AVIS très-intéressant.
Début :
Le Cabinet de M. le Chevalier Blondeau de Charnage, ci-devant Lieutenant d'Infanterie, est composé [...]
Mots clefs :
Cabinet, Portefeuille, Titres, Collection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS très-intéressant.
AVIS
très intéressant
.
Le Cabinet de M. le Chevalier Blondeau de
Charnage , ci-devant Lieutenant d'Infanterie , eft
compofé de 931 Portefeuilles , contenant 44000
titres originaux , & un grand nombre de Généa-
logies & de renfeignemens de titres anciens. II
contient d'ailleurs plus de 6000 titres diftribués-
dans des boëtes par ordre alphabétique des noms
des familles. Cette précieufe collection s'étend fur
toutes les Provinces du Royaume , même fur des
Royaumes & Etats étrangers , tels que l'Angle-
terre , la Flandre , l'Italie & la Suille , tant gour
OCTOBRE
.
1759.
235
la
Généalogie
que
pour
l'Hiftoire
,
les
Fiefs
&
le
Domaine du
Roi
.
M. Blondeau de Charnage ſe fera un vrai plaifir
de communiquer ces titres , fans toutefois per-
mettre aucun déplacement. Il ne délivrera aucun
original , mais feulement des copies en bonne
forme. Il eft logé vieille rue du Temple , près
l'Hôtel de Soubife.
très intéressant
.
Le Cabinet de M. le Chevalier Blondeau de
Charnage , ci-devant Lieutenant d'Infanterie , eft
compofé de 931 Portefeuilles , contenant 44000
titres originaux , & un grand nombre de Généa-
logies & de renfeignemens de titres anciens. II
contient d'ailleurs plus de 6000 titres diftribués-
dans des boëtes par ordre alphabétique des noms
des familles. Cette précieufe collection s'étend fur
toutes les Provinces du Royaume , même fur des
Royaumes & Etats étrangers , tels que l'Angle-
terre , la Flandre , l'Italie & la Suille , tant gour
OCTOBRE
.
1759.
235
la
Généalogie
que
pour
l'Hiftoire
,
les
Fiefs
&
le
Domaine du
Roi
.
M. Blondeau de Charnage ſe fera un vrai plaifir
de communiquer ces titres , fans toutefois per-
mettre aucun déplacement. Il ne délivrera aucun
original , mais feulement des copies en bonne
forme. Il eft logé vieille rue du Temple , près
l'Hôtel de Soubife.
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Résumé : AVIS très-intéressant.
L'avis concerne le cabinet du Chevalier Blondeau de Charnage, ancien lieutenant d'infanterie, qui possède une collection de 931 portefeuilles contenant 44 000 titres originaux et 6 000 titres classés alphabétiquement. Cette collection couvre diverses provinces du Royaume et des États étrangers. Elle est utile pour la généalogie, l'histoire et les fiefs. Blondeau de Charnage propose de communiquer ces titres sans les déplacer et ne délivre que des copies. Il réside dans la vieille rue du Temple, près de l'Hôtel de Soubise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2370
p. 235-238
« Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...] »
Début :
Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...]
Mots clefs :
Titres, Famille, Liste, Table alphabétique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...] »
Il
paroît
que
ce
fera
une
chofe
utile
au
Public
,
&
finguliérement
aux
familles
dont
les
titres
font
égarés
,
de
fçavoir
où
retrouver
la
plupart
de
ces
mêmes
titres
qui
ont
été
recueillis
avec
des
foins
&
de
la
dépenfe
,
&
qui
ont
été
mis en
ordre avec
tant d'exactitude
.
Je
donnerai
donc
peu
-
à
peu
la
Table
alphabétique des
noms
des
familles
dont
les
titres
font contenus
dans
cette
précieufe
collection
,
avec
le
nombre
des
titres
concernans
chaque
famille
.
Je
tâcherai
de
ména-
ger
à la fin
de
chaque Mercure
un
elpace
de
quelques pages pour
cet
Article
intérellant
.
Le
Recueil
eft divilé
en
cinq
parties
.
Je
commence
par
celle
des
fanailles
.
Comme cette collection , outre les titres
comprend des Généalogies & des Renfeigne-
nemens , la lettre R fera employée pour marquer
les Renfeignemens , la Lettre G pour marquer que
c'eft une Généalogie ; & la lettre A pour les Ar
moiries.
NOMS
DES MAISONS.
ABA
BOS
.
ABADIE
.
ABANCOURT
.
1.
G.
&ABBE
'
(
L
)
...
1.
G
..
&
NOMBRE
DES TITRES
,
1.
3
.
I.
2
)
236 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES
MAISONS
.
ABEILLE
.
A BELLA
R
D.
A
BELLY
.•
ABERNETY
.
A BILLON
.
ABONDE
.
I.
G.
ABOS
(
D³
)
.
A BOT
.
1.
G.
&
NOMBRE
DES
TITRES
,
1.
I.
6
.
1
.
6
.
I.
A
BOVA
L.
ABRAHAM
.
ABREVOIRES
(
Des
)
.
ABSOLU
.
ABUSSON.
ABZAC
.
1
.
G.
&
ACARD .
ACARIE
,
R.
&
ACERE
'
.
R.
ACHARD .
ACHE' ( d'). R.
ACHER
.
R.
&
ACHERE
S.
R.
ACIER
.
3
.
3
.
261
.
3
.
I.
I.
1
.
A CIGNE
,
R.
&
"
ACRES
(
des
)
.
R.
&
ADAM.
A
DANET
.
ADDE'E
.
J.
I.
17
..
4
.
2.
ADELI
N. I.
ADELINE
. I.
ADJACE
TO
. 1.
OCTOBRE
.
1759
.
237
NOMS
DES
MAISONS
.
ADRON
.
ADONVILLE
.
R.
AGAY
(
d
'
)
.
R
,
AGASS
E.
AGAULT
.
AGES
. (
d
'
)
.
1
,
G.
Se
ACNEAU
.
R.
&A
GOBERT
.
A
GOUT
,
&
AGOULT
,
AGRON
(
d
'
)
.
AGROU
E
'.
AGUENI
N.
R.
&A
GUERRE
.
R.
A
GUESSA
ʊ
(
d
' )
.
AGUET
(
l³
)
.
A
GUILLEN
GUI
(
d
'
)
,
AGUINE
T
,
AGUITO
N.
A JASSON
.
I.
G.
&
Aico
(
d
'
)
,
AIDIE
,
AYELLE
(
d
'
)
.
AIGREMONT
(
d
'
)
.
AICUE
.
R.
AILLY
,
ou
ALLY
.
AILLIER
(
1
)
.
AILLON
(
d
'
)
.
AY MERAY
.
AY MERET
.
ATMERY
ou
AIMERIG
.
AIMIER
,
>
NOMBRE
DES
TITRES
.
I.
1
.
I.
3
.
2
.
I.
3
.
I.
2
.
I
4
.
I.
I
6
.
1
.
I.
5.
I.
2
.
338 MERCURE DE FRANCE.
NOM'S
DES
MAISONS
.
NOMBRE
DES
TITRES
.
AYMINY
.
I.
G.
AYMON
.
I
,
A.
AYMON
NE
T.
R.
AiSNE
'
(
1
'
)
.
AIN
G.
AIRARD
.
AYRAUL T.
AYR OLD E. R.
AKAKIA
paroît
que
ce
fera
une
chofe
utile
au
Public
,
&
finguliérement
aux
familles
dont
les
titres
font
égarés
,
de
fçavoir
où
retrouver
la
plupart
de
ces
mêmes
titres
qui
ont
été
recueillis
avec
des
foins
&
de
la
dépenfe
,
&
qui
ont
été
mis en
ordre avec
tant d'exactitude
.
Je
donnerai
donc
peu
-
à
peu
la
Table
alphabétique des
noms
des
familles
dont
les
titres
font contenus
dans
cette
précieufe
collection
,
avec
le
nombre
des
titres
concernans
chaque
famille
.
Je
tâcherai
de
ména-
ger
à la fin
de
chaque Mercure
un
elpace
de
quelques pages pour
cet
Article
intérellant
.
Le
Recueil
eft divilé
en
cinq
parties
.
Je
commence
par
celle
des
fanailles
.
Comme cette collection , outre les titres
comprend des Généalogies & des Renfeigne-
nemens , la lettre R fera employée pour marquer
les Renfeignemens , la Lettre G pour marquer que
c'eft une Généalogie ; & la lettre A pour les Ar
moiries.
NOMS
DES MAISONS.
ABA
BOS
.
ABADIE
.
ABANCOURT
.
1.
G.
&ABBE
'
(
L
)
...
1.
G
..
&
NOMBRE
DES TITRES
,
1.
3
.
I.
2
)
236 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES
MAISONS
.
ABEILLE
.
A BELLA
R
D.
A
BELLY
.•
ABERNETY
.
A BILLON
.
ABONDE
.
I.
G.
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(
D³
)
.
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.
1.
G.
&
NOMBRE
DES
TITRES
,
1.
I.
6
.
1
.
6
.
I.
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L.
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.
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(
Des
)
.
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.
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.
1
.
G.
&
ACARD .
ACARIE
,
R.
&
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'
.
R.
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ACHER
.
R.
&
ACHERE
S.
R.
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.
3
.
3
.
261
.
3
.
I.
I.
1
.
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,
R.
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"
ACRES
(
des
)
.
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.
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..
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.
2.
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N. I.
ADELINE
. I.
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TO
. 1.
OCTOBRE
.
1759
.
237
NOMS
DES
MAISONS
.
ADRON
.
ADONVILLE
.
R.
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(
d
'
)
.
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,
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.
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.
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,
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.
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.
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(
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.
R.
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,
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.
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(
1
)
.
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(
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'
)
.
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.
AY MERET
.
ATMERY
ou
AIMERIG
.
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,
>
NOMBRE
DES
TITRES
.
I.
1
.
I.
3
.
2
.
I.
3
.
I.
2
.
I
4
.
I.
I
6
.
1
.
I.
5.
I.
2
.
338 MERCURE DE FRANCE.
NOM'S
DES
MAISONS
.
NOMBRE
DES
TITRES
.
AYMINY
.
I.
G.
AYMON
.
I
,
A.
AYMON
NE
T.
R.
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'
(
1
'
)
.
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G.
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.
AYRAUL T.
AYR OLD E. R.
AKAKIA
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Résumé : « Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...] »
Le texte présente un ouvrage destiné à aider le public, notamment les familles ayant perdu la trace de leurs titres. Il propose de retrouver ces titres, recueillis avec soin et mis en ordre avec exactitude. L'auteur prévoit de publier une table alphabétique des noms de familles et le nombre de titres concernés, en réservant un espace dans chaque numéro du Mercure pour cet article. Le recueil est divisé en cinq parties, commençant par celle des familles. La collection inclut des généalogies, des renseignements et des armoiries, marqués respectivement par les lettres G, R et A. Le texte liste plusieurs noms de maisons nobles, accompagnés de leurs généalogies, renseignements ou armoiries, et du nombre de titres associés à chaque famille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2371
p. 205
DE MADRID, le 18 Septembre.
Début :
Le 11 de ce mois, jours désigné par la Reine Douairiere pour faire la proclamation [...]
Mots clefs :
Reine, Proclamation du roi, Charles III, Comte, Gouverneur, Cortège, Cérémonie, Célébrations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 18 Septembre.
DE MADRID , le 18 Septembre.
Le 11 de ce mois , jour défigné par la Reine
Douairiere pour faire la proclamation du Roi
Charles III , le Comte d'Altamira , Gouverneur
de Madrid , fe rendit fur les trois heures après.
midi à l'Hôtel de Ville , accompagné de plufieurs
Seigneurs & Gentilshommes à cheval . Le Corregidor
& les autres Officiers de Ville y étoient
allemblés avec les quatre Hérauts d'armes. Ils
fe joignirent au Comte d'Altamira , & tout ce
cortege fe rendit au Palais de Buenretiro. On
avoit dreffé un grand échafaud au-dellous du
balcon de l'appartement de la Reine Douairiere.
Un des Hérauts d'armes monta fur cet échafaud
en préfence de Sa Majefté & de l'Infant Don
Louis , qui étoient placés fur le balcon . Il fit faire
filence. Alors le Comte d'Altamira fit la proclamation
en difant : Vive le Roi Don Charles III,
notre Seigneur, que Dieu conferve . Cette céré
monie fut fuivie de grandes réjouillances.
Le 11 de ce mois , jour défigné par la Reine
Douairiere pour faire la proclamation du Roi
Charles III , le Comte d'Altamira , Gouverneur
de Madrid , fe rendit fur les trois heures après.
midi à l'Hôtel de Ville , accompagné de plufieurs
Seigneurs & Gentilshommes à cheval . Le Corregidor
& les autres Officiers de Ville y étoient
allemblés avec les quatre Hérauts d'armes. Ils
fe joignirent au Comte d'Altamira , & tout ce
cortege fe rendit au Palais de Buenretiro. On
avoit dreffé un grand échafaud au-dellous du
balcon de l'appartement de la Reine Douairiere.
Un des Hérauts d'armes monta fur cet échafaud
en préfence de Sa Majefté & de l'Infant Don
Louis , qui étoient placés fur le balcon . Il fit faire
filence. Alors le Comte d'Altamira fit la proclamation
en difant : Vive le Roi Don Charles III,
notre Seigneur, que Dieu conferve . Cette céré
monie fut fuivie de grandes réjouillances.
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Résumé : DE MADRID, le 18 Septembre.
Le 11 septembre à Madrid, le roi Charles III a été proclamé. Le Comte d'Altamira, Gouverneur de Madrid, a dirigé la cérémonie à l'Hôtel de Ville puis au Palais de Buenretiro. En présence de la Reine Douairière et de l'Infant Don Louis, il a proclamé : « Vive le Roi Don Charles III ». Des réjouissances ont suivi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2372
p. 207-208
DE VERSAILLES le 15 Septembre.
Début :
Madame la Dauphine accoucha très-heureusement le 23 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Madame la Dauphine, Accouchement, Princesse, Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieux, Abbé, Sceaux, Gouvernement, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 15 Septembre.
DE VERSAILLES le 15 Septembre.
MA
Adame la Dauphine accoucha très-heu
reufement le 23 de ce mois , à cinq heures &
un quart du matin , d'une Princeſſe qui fut ondoyée ·
par l'Evêque d'Auton , premier Aumônier du
Roi en préfence du Vicaire de la paroiffe du Château
Cette Princeffe fut remile enfuite à la
Comtelle de Marían , Gouvernante des enfans de
France.
Le Roi a donné l'Abbaye de Mouzon ,
ordre
de S. Benoît , Diocèfe de Rheims , à l'Abbé de
Rohan-Guimenée , Chanoine de Strasbourg ;
Celle de Cherbourg , Ordre de Saint Auguſtin ,
Diocèle de Coutances , à l'Abbé de Mury , Docteur
de Sorbonne ;
Celle de Niſors , Ordre de Cîteaux , Diocèfe de
Comminges , a l'Abbé de Laftic , Vicaire Géné
ral du même Diocèfe ;
Celle de Moreuil , Ordre de S. Benoît , Dio
cèle d'Amiens , à l'Abbé d'Inguimbert , Vicaire
Général du même Diocèfe ;
Et l'Abbaye régulière de Chaloché , Ordre de
Citeaux, Diocèle d'Angers , à Don Contaud , Re
ligieux du même Ordre.
Du 4 Octobre.
Le 29 du mois dernier le Roi tint le Scean
208 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de
T'e de Ré , vacant par la mort du fieur de
Irincé , en faveur du Comte de Rezilly.
Le Roi a donné le Régiment de Briffac,
vacant par la mort du Duc de Coffé , au Chevalier
de Lemps ; celui de Rouergue , vacant
par la mort du fieur de Sechelles , au Comte de
Champagne- Chapton.
MA
Adame la Dauphine accoucha très-heu
reufement le 23 de ce mois , à cinq heures &
un quart du matin , d'une Princeſſe qui fut ondoyée ·
par l'Evêque d'Auton , premier Aumônier du
Roi en préfence du Vicaire de la paroiffe du Château
Cette Princeffe fut remile enfuite à la
Comtelle de Marían , Gouvernante des enfans de
France.
Le Roi a donné l'Abbaye de Mouzon ,
ordre
de S. Benoît , Diocèfe de Rheims , à l'Abbé de
Rohan-Guimenée , Chanoine de Strasbourg ;
Celle de Cherbourg , Ordre de Saint Auguſtin ,
Diocèle de Coutances , à l'Abbé de Mury , Docteur
de Sorbonne ;
Celle de Niſors , Ordre de Cîteaux , Diocèfe de
Comminges , a l'Abbé de Laftic , Vicaire Géné
ral du même Diocèfe ;
Celle de Moreuil , Ordre de S. Benoît , Dio
cèle d'Amiens , à l'Abbé d'Inguimbert , Vicaire
Général du même Diocèfe ;
Et l'Abbaye régulière de Chaloché , Ordre de
Citeaux, Diocèle d'Angers , à Don Contaud , Re
ligieux du même Ordre.
Du 4 Octobre.
Le 29 du mois dernier le Roi tint le Scean
208 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de
T'e de Ré , vacant par la mort du fieur de
Irincé , en faveur du Comte de Rezilly.
Le Roi a donné le Régiment de Briffac,
vacant par la mort du Duc de Coffé , au Chevalier
de Lemps ; celui de Rouergue , vacant
par la mort du fieur de Sechelles , au Comte de
Champagne- Chapton.
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Résumé : DE VERSAILLES le 15 Septembre.
Le 23 septembre, la Dauphine donna naissance à une princesse à Versailles. La princesse fut ondoyée par l'évêque d'Autun et placée sous la garde de la comtesse de Marly, gouvernante des enfants de France. Le roi attribua plusieurs abbayes à divers abbés : l'abbaye de Mouzon à l'abbé de Rohan-Guimenée, celle de Cherbourg à l'abbé de Mury, celle de Nisors à l'abbé de Laftic, celle de Moreuil à l'abbé d'Inguimbert, et l'abbaye régulière de Chaloché à Dom Contaud. Le 29 septembre, le roi tint un conseil durant lequel il nomma le comte de Rezilly au gouvernement de l'île de Ré, le chevalier de Lemps au régiment de Brissac, et le comte de Champagne-Chapt à celui de Rouergue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2373
p. 208-209
DE PARIS, le 6 Octobre.
Début :
On vient d'apprendre par des lettres de Vienne, que le 21 du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Prince, Attaque, Troupes prussiennes, Arrêt du Conseil d'État, Commissaires, Subventions, Vente de boissons, Vente des cultures, Édits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 6 Octobre.
DE PARIS , le 6 Octobre.
On vient d'apprendre par des lettres de Vienne,
que le 21 du mois dernier , le Prince de Deux-
Ponts avoit attaqué près de Meiffen le corps de
troupes Pruffiennes aux ordres des généraux
Wunsch & Finck ; & qu'après une réfiftance des
plus opiniâtres , l'ennemi avoit été chalé de
tous les poftes qu'il occupoit , avec perte de plufieurs
canons & de beaucoup de foldats tués &
bleffés.
II paroît plufieurs Arrêts du Confeil d'Etat du
Roi : un du 14 Septembre , portant nomination
de Commiffaires de Sa Majesté à la Ferme générale
des Poftes ; deux du 24 , dont l'un décharge
du droit de fubvention les propriétaires des fonds
qui vendront des vins & cidres de leur crû , & les
autres perfonnes non hôteliers ou cabaretiers ofdinaires
qui ne vendront des vins & cidres qu'accidentellement
; l'autre ordonne que les quatre
nouveaux fols pour livre établis par I'E lit du mois
de Septembre , n'auront pas lieu fur le bled , le
feigle , le méteil , l'orge , la farine qui provient
defdits grains ; les pois , les féves , les lentilles ,
le ris , & autres légumes ; un du 16 , qui nomme
des Commiflaires pour procéder à la liquidation
des Offices fupprimés par les Edits des mois
d'Août & Septembre dernier : un autre du 27 du
même mois, qui ordonne qu'il fera furcis juf
OCTOBRE. 1759. 207
qu'au premier Décembre prochain a l'exécution
des Lettres Patentes du 5 Septembre ; un du 28 ,
qui difpenfe du payement des quatre nouveaux
fols pour livres , la marchandiſe de poiffon de
mer fec & falé ; & un du 7 Octobre , qui régle en
faveur des Officiers fur les ports , quais , halles &
marchés de la ville de Paris , fupprimés par Edit
du mois de Septembre dernier , un traitement
provifionnel , jufqu'au remboursement de la finance
de leurs Offices.
On vient d'apprendre par des lettres de Vienne,
que le 21 du mois dernier , le Prince de Deux-
Ponts avoit attaqué près de Meiffen le corps de
troupes Pruffiennes aux ordres des généraux
Wunsch & Finck ; & qu'après une réfiftance des
plus opiniâtres , l'ennemi avoit été chalé de
tous les poftes qu'il occupoit , avec perte de plufieurs
canons & de beaucoup de foldats tués &
bleffés.
II paroît plufieurs Arrêts du Confeil d'Etat du
Roi : un du 14 Septembre , portant nomination
de Commiffaires de Sa Majesté à la Ferme générale
des Poftes ; deux du 24 , dont l'un décharge
du droit de fubvention les propriétaires des fonds
qui vendront des vins & cidres de leur crû , & les
autres perfonnes non hôteliers ou cabaretiers ofdinaires
qui ne vendront des vins & cidres qu'accidentellement
; l'autre ordonne que les quatre
nouveaux fols pour livre établis par I'E lit du mois
de Septembre , n'auront pas lieu fur le bled , le
feigle , le méteil , l'orge , la farine qui provient
defdits grains ; les pois , les féves , les lentilles ,
le ris , & autres légumes ; un du 16 , qui nomme
des Commiflaires pour procéder à la liquidation
des Offices fupprimés par les Edits des mois
d'Août & Septembre dernier : un autre du 27 du
même mois, qui ordonne qu'il fera furcis juf
OCTOBRE. 1759. 207
qu'au premier Décembre prochain a l'exécution
des Lettres Patentes du 5 Septembre ; un du 28 ,
qui difpenfe du payement des quatre nouveaux
fols pour livres , la marchandiſe de poiffon de
mer fec & falé ; & un du 7 Octobre , qui régle en
faveur des Officiers fur les ports , quais , halles &
marchés de la ville de Paris , fupprimés par Edit
du mois de Septembre dernier , un traitement
provifionnel , jufqu'au remboursement de la finance
de leurs Offices.
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Résumé : DE PARIS, le 6 Octobre.
Le 6 octobre, des nouvelles de Vienne rapportent qu'au 21 septembre, le Prince de Deux-Ponts a attaqué près de Meissen un corps de troupes prussiennes commandées par les généraux Wunsch et Finck. Après une résistance acharnée, les forces ennemies ont été chassées de toutes les positions qu'elles occupaient, subissant des pertes importantes en canons et en soldats tués ou blessés. Plusieurs arrêts du Conseil d'État du Roi ont été publiés. Le 14 septembre, un arrêté nomme des commissaires du Roi à la Ferme générale des Postes. Le 24 septembre, deux arrêts sont promulgués : l'un exonère de droit de subvention les propriétaires de fonds vendant des vins et cidres de leur cru, ainsi que les personnes non hôteliers ou cabaretiers qui vendent ces produits accidentellement ; l'autre exonère de la taxe de quatre sols par livre les céréales, légumineuses et riz. Le 16 septembre, un arrêté nomme des commissaires pour liquider les offices supprimés par les édits d'août et septembre. Le 27 septembre, un arrêté ordonne la suspension jusqu'au 1er décembre de l'exécution des Lettres Patentes du 5 septembre. Le 28 septembre, un arrêté dispense de la taxe de quatre sols par livre la marchandise de poisson de mer frais et salé. Enfin, un arrêté du 7 octobre régit un traitement provisoire pour les officiers des ports, quais, halles et marchés de Paris, supprimés par édit de septembre, jusqu'au remboursement de la finance de leurs offices.
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2374
p. 211-213
Suite du Catalogue de M. le chevalier Blondeau du Charnage.
Début :
NOMS Des Maisons. NOMBRE Des Titres. Alabat. I. G. &c I. [...]
Mots clefs :
Noms de famille, Titre de noblesse, Catalogue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du Catalogue de M. le chevalier Blondeau du Charnage.
SUITE du Catalogue de M. le Chevalier
BLONDEAU DU CHARN AGE.
NOMS
DES MAISONS
ALABAT. 1. G. &
ALABONNE.
ALADEN T.
ALLAIRE.
ALLAIS.
NOMBRE
DES TITRE So
1.
I.
I.
Z.
ALLAI X.
ALAMA N.
ALAMARGOT.
ALAMARTINE. I. G. & 1. A.
ALAMEA U.
ALAR D. 1. G. &
ALARY.
ALAUX .
ALEA UM E.
ALBANE L.
ALBERT.
ALBERTA S. 1. G. &
ALBERTHIN.
ALBIAC.
ALBIAT ( d' ).
ALBON.
ALBRET.
ALBRIGNO.
LLEGRAIN , OU ALLEGR & N .
ALLEGRE . I. G. &
6.
2.
87.
I a
2.0.
212 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS.
ALEHAN.
ALE MAIGNE
ALEMAN T.
NOMBRE
DES TITRE S.
1 .
2 .
23:
ALESME ( d').
ALEN.
ALENCE' ( ď }%
A LENÇON.
*
ALES P1' E.
ALEPS.
A LER.
A LES SEA U. R.
ALESSO.!
ALEXANDRE
A LIBERT.
ALICHA M P. R. &
ALIER ( d )
ALIE'S. ( d )
ALIGE .
ALIGRE ( d' ) . R. &
ALIGRE T. G. &
•
ALLIMLHER.
ALINTON ,
10 .
3.
2.
8 .
2.
5 .
5.
14.
1 .
1 .
22.
I.
I.
1.
ALIO T. R.
.11.
ALIX .
A LIXAN T. R. &
2.
4
ALIX BRETON. I.
ALMAIGNE.
ALMAYS ( d³ ).
ALMAS ( d' ).
ALMAURY. R.
I.
T.
OCTOBRE , 1759. 213
NOMBRE
DES TITRES ,
NOMS
DES MAISONS,
ALMERA 9. 1 .
ALNASSAR.
ALLONEA U.
ALLONVILLE,
A LOU. 3 .
ALOUGNY. I. G.
ALPOZZO ( d ' ) .
ALUSSON. R
ALVARES.
ALVASSA T
ALVEQUI N.
ALVIN.
AMA DO N.
AMADOR.
AMALUI.
I
1.
8.
1 .
2.
·
AMAND .
AMANJO N.
AMANZE . 1. A. R, &
A MAURY.
AMBLARD,
AMBOISE .
AMBRA Y.
.ag b .
8 .
2.
7.
AMCE.
3.
A MEIL..
AMELEN, OU A MELAIN.
I.
AMELINE. 2.
AMELLO N, 21.
AMELO T.
AMESTON , ou ADMESTON,
La fuite au Mercure prochair ,
BLONDEAU DU CHARN AGE.
NOMS
DES MAISONS
ALABAT. 1. G. &
ALABONNE.
ALADEN T.
ALLAIRE.
ALLAIS.
NOMBRE
DES TITRE So
1.
I.
I.
Z.
ALLAI X.
ALAMA N.
ALAMARGOT.
ALAMARTINE. I. G. & 1. A.
ALAMEA U.
ALAR D. 1. G. &
ALARY.
ALAUX .
ALEA UM E.
ALBANE L.
ALBERT.
ALBERTA S. 1. G. &
ALBERTHIN.
ALBIAC.
ALBIAT ( d' ).
ALBON.
ALBRET.
ALBRIGNO.
LLEGRAIN , OU ALLEGR & N .
ALLEGRE . I. G. &
6.
2.
87.
I a
2.0.
212 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS.
ALEHAN.
ALE MAIGNE
ALEMAN T.
NOMBRE
DES TITRE S.
1 .
2 .
23:
ALESME ( d').
ALEN.
ALENCE' ( ď }%
A LENÇON.
*
ALES P1' E.
ALEPS.
A LER.
A LES SEA U. R.
ALESSO.!
ALEXANDRE
A LIBERT.
ALICHA M P. R. &
ALIER ( d )
ALIE'S. ( d )
ALIGE .
ALIGRE ( d' ) . R. &
ALIGRE T. G. &
•
ALLIMLHER.
ALINTON ,
10 .
3.
2.
8 .
2.
5 .
5.
14.
1 .
1 .
22.
I.
I.
1.
ALIO T. R.
.11.
ALIX .
A LIXAN T. R. &
2.
4
ALIX BRETON. I.
ALMAIGNE.
ALMAYS ( d³ ).
ALMAS ( d' ).
ALMAURY. R.
I.
T.
OCTOBRE , 1759. 213
NOMBRE
DES TITRES ,
NOMS
DES MAISONS,
ALMERA 9. 1 .
ALNASSAR.
ALLONEA U.
ALLONVILLE,
A LOU. 3 .
ALOUGNY. I. G.
ALPOZZO ( d ' ) .
ALUSSON. R
ALVARES.
ALVASSA T
ALVEQUI N.
ALVIN.
AMA DO N.
AMADOR.
AMALUI.
I
1.
8.
1 .
2.
·
AMAND .
AMANJO N.
AMANZE . 1. A. R, &
A MAURY.
AMBLARD,
AMBOISE .
AMBRA Y.
.ag b .
8 .
2.
7.
AMCE.
3.
A MEIL..
AMELEN, OU A MELAIN.
I.
AMELINE. 2.
AMELLO N, 21.
AMELO T.
AMESTON , ou ADMESTON,
La fuite au Mercure prochair ,
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Résumé : Suite du Catalogue de M. le chevalier Blondeau du Charnage.
Le document est une suite du catalogue du Chevalier Blondeau du Charnage, daté d'octobre 1759. Il liste divers noms de maisons nobles ou titrées, accompagnés du nombre de titres associés à chacune. Par exemple, Alabat possède 1 titre, tandis qu'Allegre en possède 6. La liste inclut des noms tels que Alabat, Alabon, Aladent, Allaire, et bien d'autres, couvrant une large gamme allant d'Alabret à Ameston. Des indications spécifiques comme 'G.' et 'R.' apparaissent, pouvant signifier des distinctions ou des rangs particuliers. Le document semble être une compilation exhaustive de noms de familles nobles.
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2376
p. 204
DE LEIPSICK, le 1 Octobre.
Début :
Les Marchands étrangers qui s'étoient rendus ici pour la Foire, [...]
Mots clefs :
Marchands étrangers, Foire, Prussiens, Officiers, Magistrats, Contributions financières, Refus de vente
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 1 Octobre.
De LEIPSICK , le 1 Octobre.
Les Marchands étrangers qui s'étoient rendus
ici pour la Foire , n'y ont pas trouvé la fureté
qu'on leur avoit fait eſpérer. Les Pruffiens redevenus
maîtres de cette ville , exigent d'énormes
contributions . L'Officier qui les commande n'a
point voulu écouter les repréfentations de nos
Magiftrats , fur l'impuiffance où nous fommes
d'y fatisfaire. Il a fait enfermer dans le Château
de Pleiffenbourg , plufieurs de nos plus riches
Négocians , en déclarant qu'ils ne feront relâchés
que lorfqu'on lui aura payé tout l'argent qu'il
demande. Cette rigueur a répandu l'allarme parmi
les Marchands étrangers . La plupart de
ceux qui étoient en chemin pour venir à la
Foire , font retournés fur leurs pas. Ceux qui
font ici refulent de mettre leurs marchandiſes
en vente. Il eſt défendu à qui que ce foit de
fortir de la ville fans un paffeport figné du
Commandant Pruffien . Les Bourgeois ont ordre
de livrer les armes qui leur ont été rendues par
les troupes de l'Empire , fous peine de cent écus
d'amende . Les Officiers prifonniers de la garnifon
Impériale ont été renvoyés en donnant parole
de ne plus fervir contre le Roi de Pruffe , &
de fe repréfenter lorfqu'ils en feront requis.
Les Marchands étrangers qui s'étoient rendus
ici pour la Foire , n'y ont pas trouvé la fureté
qu'on leur avoit fait eſpérer. Les Pruffiens redevenus
maîtres de cette ville , exigent d'énormes
contributions . L'Officier qui les commande n'a
point voulu écouter les repréfentations de nos
Magiftrats , fur l'impuiffance où nous fommes
d'y fatisfaire. Il a fait enfermer dans le Château
de Pleiffenbourg , plufieurs de nos plus riches
Négocians , en déclarant qu'ils ne feront relâchés
que lorfqu'on lui aura payé tout l'argent qu'il
demande. Cette rigueur a répandu l'allarme parmi
les Marchands étrangers . La plupart de
ceux qui étoient en chemin pour venir à la
Foire , font retournés fur leurs pas. Ceux qui
font ici refulent de mettre leurs marchandiſes
en vente. Il eſt défendu à qui que ce foit de
fortir de la ville fans un paffeport figné du
Commandant Pruffien . Les Bourgeois ont ordre
de livrer les armes qui leur ont été rendues par
les troupes de l'Empire , fous peine de cent écus
d'amende . Les Officiers prifonniers de la garnifon
Impériale ont été renvoyés en donnant parole
de ne plus fervir contre le Roi de Pruffe , &
de fe repréfenter lorfqu'ils en feront requis.
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Résumé : DE LEIPSICK, le 1 Octobre.
Le 1er octobre à Leipzig, les marchands étrangers présents pour la foire n'ont pas trouvé les opportunités commerciales espérées en raison de la situation imposée par les Prussiens, redevenus maîtres de la ville. Ces derniers exigent des contributions énormes et l'officier prussien commandant a ignoré les représentations des magistrats locaux concernant leur incapacité à payer. Plusieurs négociants riches ont été emprisonnés au château de Pleissenbourg jusqu'au paiement des sommes demandées. Cette rigueur a alarmé les marchands étrangers, poussant la plupart de ceux en route pour la foire à faire demi-tour. Ceux déjà sur place refusent de vendre leurs marchandises. Les autorités prussiennes interdisent toute sortie de la ville sans passeport signé par le commandant. Les bourgeois doivent rendre les armes restituées par les troupes impériales, sous peine d'une amende de cent écus. Les officiers prisonniers de la garnison impériale ont été libérés à condition de ne plus servir contre le roi de Prusse et de se représenter sur demande.
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2377
p. 206-207
DE ROME, le 23 Septembre.
Début :
La Congrégation des Rites s'assembla le 15 de ce mois au Quirinal, [...]
Mots clefs :
Congrégation des Rites, Procès, Soeur Claire-Marie de la Passion, Frère Crispin de Viterbe, Promotion, Cardinaux, Liste, Ordre, Prêtres, Diacres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 23 Septembre.
De ROME , le 23 Septembre.
La Congrégation des Rites s'affembla le is de
ce mois au Quirinal , pour inftruire le procès de
la béatification de la vénérable Soeur Claire-
Marie de la Paffion , de l'Ordre des Carmélites
de fainte Therefe , Fondatrice du Monaftere de
Regina Cali.
La même Congrégation dans une feconde Affemblée
admit la pourfuite de la béatification du
vénérable Serviteur de Dieu , Frere Crifpin de
Viterbe , Religieux Lai de l'Ordre des Capucins.
NOVEBMRE. 1759. 207
Du 27.
Le 24 de ce mois Sa Sainteté fit une nombreuſe
promotion de Cardinaux , dont voici la
lifte .
De l'ordre des Prêtres . Ferdinand de Roſſi , Romain
; Ignace Crivelli , Milanois ; Louis Gualterio
, de l'état Eccléfiaftique ; Louis Merlini , de
l'état Eccléfiaftique ; Philippe Acciajuoli , Florentin
; Jerôme Spinola , Génois ; Sante - Veronese ,
Vénitien ; Louis Valenti , de l'état Eccléfiaftique ;
Pierre Guglielmi , de l'état Eccléfiaftique ; Jofeph
Furietti , de Bergame ; Antoine Erba Odescalchi ,
Milanois ; Pierre Buffi , Romain ; Cajetan Fantuzzi
, de Ferrare ; Nicolas Antonelli , de l'état
Eccléfiaftique ; Pierre Conti , de l'état Eccléfiaftique
; Jofeph Caftelli , Milanois ; le Pere Jofeph
Orfi , Florentin , Religieux Dominicain ; le Pere
Laurent Ganganelli , de l'état Eccléfiaftique , Mineur
conventuel.
De l'ordre des Diacres. Jofeph Caraccioli dl
Santo Bono ; Nicolas Perrelli , Napolitain ; Marc
Antoine Colonna , Romain ; André Corfini , Romain.
Par cette promotion toutes les Places du Sacré
Collége fe trouvent remplies.
Du 2 Octobre.
Le Grand-Maitre de l'Ordre de Malte a accordé
au Marquis de Montpefat la permiffion
de porter la Croix de cet Ordre , en reconnoiffance
des anciens fervices rendus par les Chevaliers
de fa maiſon.
La Congrégation des Rites s'affembla le is de
ce mois au Quirinal , pour inftruire le procès de
la béatification de la vénérable Soeur Claire-
Marie de la Paffion , de l'Ordre des Carmélites
de fainte Therefe , Fondatrice du Monaftere de
Regina Cali.
La même Congrégation dans une feconde Affemblée
admit la pourfuite de la béatification du
vénérable Serviteur de Dieu , Frere Crifpin de
Viterbe , Religieux Lai de l'Ordre des Capucins.
NOVEBMRE. 1759. 207
Du 27.
Le 24 de ce mois Sa Sainteté fit une nombreuſe
promotion de Cardinaux , dont voici la
lifte .
De l'ordre des Prêtres . Ferdinand de Roſſi , Romain
; Ignace Crivelli , Milanois ; Louis Gualterio
, de l'état Eccléfiaftique ; Louis Merlini , de
l'état Eccléfiaftique ; Philippe Acciajuoli , Florentin
; Jerôme Spinola , Génois ; Sante - Veronese ,
Vénitien ; Louis Valenti , de l'état Eccléfiaftique ;
Pierre Guglielmi , de l'état Eccléfiaftique ; Jofeph
Furietti , de Bergame ; Antoine Erba Odescalchi ,
Milanois ; Pierre Buffi , Romain ; Cajetan Fantuzzi
, de Ferrare ; Nicolas Antonelli , de l'état
Eccléfiaftique ; Pierre Conti , de l'état Eccléfiaftique
; Jofeph Caftelli , Milanois ; le Pere Jofeph
Orfi , Florentin , Religieux Dominicain ; le Pere
Laurent Ganganelli , de l'état Eccléfiaftique , Mineur
conventuel.
De l'ordre des Diacres. Jofeph Caraccioli dl
Santo Bono ; Nicolas Perrelli , Napolitain ; Marc
Antoine Colonna , Romain ; André Corfini , Romain.
Par cette promotion toutes les Places du Sacré
Collége fe trouvent remplies.
Du 2 Octobre.
Le Grand-Maitre de l'Ordre de Malte a accordé
au Marquis de Montpefat la permiffion
de porter la Croix de cet Ordre , en reconnoiffance
des anciens fervices rendus par les Chevaliers
de fa maiſon.
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Résumé : DE ROME, le 23 Septembre.
Le 11 septembre 1759, la Congrégation des Rites s'est réunie pour instruire le procès de béatification de la vénérable Soeur Claire-Marie de la Passion, fondatrice du monastère de Regina Caeli, et pour poursuivre celle du vénérable Frère Crispin de Viterbe. Le 24 septembre, le pape a promu de nouveaux cardinaux, remplissant ainsi toutes les places du Sacré Collège. Parmi les nouveaux cardinaux de l'ordre des prêtres figurent Ferdinand de Rossi, Ignace Crivelli, Louis Gualterio, Louis Merlini, Philippe Acciajuoli, Jérôme Spinola, Sante Veronese, Louis Valenti, Pierre Guglielmi, Joseph Furietti, Antoine Erba Odescalchi, Pierre Buffi, Cajetan Fantuzzi, Nicolas Antonelli, Pierre Conti, Joseph Castelli, Joseph Orsi, et Laurent Ganganelli. De l'ordre des diacres, les nouveaux cardinaux sont Joseph Caraccioli, Nicolas Perrelli, Marc Antoine Colonna, et André Corfini. Le 2 octobre, le Grand-Maître de l'Ordre de Malte a permis au Marquis de Montpezat de porter la Croix de cet Ordre, en reconnaissance des services rendus par les Chevaliers de sa maison.
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2378
p. *211-211
DE LA HAYE, le 1 Octobre.
Début :
Le Général York présenta le 28 du mois dernier à L.H.P. un Mémoire dans lequel [...]
Mots clefs :
Général York, Mémoire, Plaintes, Hollandais, Commerce, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 1 Octobre.
DE LA HAYE , le 1 Octobre.
Le Général York préfenta le 28 du mois dernier
à L. H. P. un Mémoire dans lequel ce Miniftre
leur fait , au nom du Roi d'Angleterre ,
les plus vives plaintes contre les Hollandois , qu'il
accufe de faire par terre un commerce prohibé
avec la France. Après avoir repréſenté combien
cette conduite eft contraire à l'intelligence que
les Traités ont établie entre les deux Nations , il
parle des préparatifs immenfes que les François
font fur leurs côtes pour tenter une invaſion en
Angleterre ; il fait fentir qu'il eft très - effentiel
pour la fureté de ce Royaume , que fes ennemis
ne reçoivent aucune efpéce de fecours des Puiffances
neutres ; qu'on a droit d'attendre de l'équité
de L. H. P. qu'Elles empêcheront qu'aucun
de leurs fujets ne viole en ce point la foi des
Traités & les régles de la neutralité ; & qu'Elles
doivent cette reconnoiffance aux preuves de modération
& de folide amitié que S. M. Brit . leur
a données , en réprimant les excès des armateurs
Anglois , & en mettant des bornes à leur licence
par un acte du Parlement.
Le Général York préfenta le 28 du mois dernier
à L. H. P. un Mémoire dans lequel ce Miniftre
leur fait , au nom du Roi d'Angleterre ,
les plus vives plaintes contre les Hollandois , qu'il
accufe de faire par terre un commerce prohibé
avec la France. Après avoir repréſenté combien
cette conduite eft contraire à l'intelligence que
les Traités ont établie entre les deux Nations , il
parle des préparatifs immenfes que les François
font fur leurs côtes pour tenter une invaſion en
Angleterre ; il fait fentir qu'il eft très - effentiel
pour la fureté de ce Royaume , que fes ennemis
ne reçoivent aucune efpéce de fecours des Puiffances
neutres ; qu'on a droit d'attendre de l'équité
de L. H. P. qu'Elles empêcheront qu'aucun
de leurs fujets ne viole en ce point la foi des
Traités & les régles de la neutralité ; & qu'Elles
doivent cette reconnoiffance aux preuves de modération
& de folide amitié que S. M. Brit . leur
a données , en réprimant les excès des armateurs
Anglois , & en mettant des bornes à leur licence
par un acte du Parlement.
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Résumé : DE LA HAYE, le 1 Octobre.
Le 1er octobre à La Haye, le général York a remis un mémoire au nom du roi d'Angleterre au Prince de Pays-Bas-Orange. Ce document dénonce le commerce terrestre prohibé entre les Hollandais et la France, violant ainsi les traités entre les deux nations. Le mémoire souligne également les préparatifs français pour une invasion en Angleterre. Le général York insiste sur la nécessité de prévenir tout soutien des puissances neutres aux ennemis de l'Angleterre. Il demande au Prince de Pays-Bas-Orange d'empêcher ses sujets de violer les traités et les règles de neutralité. Le mémoire rappelle enfin les preuves de modération et d'amitié du roi britannique, notamment par la répression des excès des armateurs anglais via un acte du Parlement.
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2379
p. 211-212
DE VERSAILLES le 25 Octobre.
Début :
Le 19 de ce mois, le Roi tint le sceau. Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Roi, Abbaye, Diocèse, Ordre, Vicaire, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 25 Octobre.
DE VERSAILLES le 25 Octobre.
LE19 de ce mois , le Roi tint le ſceau .
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Peyroufe ;
Ordre de Citeaux , Diocèle de Périgueux , à l'Abbé
12 MERCURE DE FRANCE.
de Chapt de Raftignac , Docteur de Sorbonne , &
Vicaire Général du Diocèfe d'Arles ;
Et le Prieuré de Peyraç , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Périgueux , à l'Abbé d'Hymbercourt ,
ancien Vicaire Général du Diocèfe d'Orléans.
LE19 de ce mois , le Roi tint le ſceau .
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Peyroufe ;
Ordre de Citeaux , Diocèle de Périgueux , à l'Abbé
12 MERCURE DE FRANCE.
de Chapt de Raftignac , Docteur de Sorbonne , &
Vicaire Général du Diocèfe d'Arles ;
Et le Prieuré de Peyraç , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Périgueux , à l'Abbé d'Hymbercourt ,
ancien Vicaire Général du Diocèfe d'Orléans.
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2380
p. 212
DE PARIS, le 20 Octobre.
Début :
Les vaisseaux du Roi le Guerrier & le Souverain, chacun de 74 canons, [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Escadre, Canons, Lieutenant, Combat naval, Archevêque, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 20 Octobre.
DE PARIS , le 20 Octobre.
Les vaiffeaux du Roi le Guerrier & le Souverain,
chacun de 74 canons , qui faifoient partie de l'Efcadre
commandée par le fieur de la Clue , & qui
s'en étoient féparés après le combat du 17 Août
dernier , font arrivés au port de Rochefort , l'un
le 28 Septembre , & l'autre le 11 de ce mois.
Le fieur de Village de Villevieille , Lieutenant
de vaiffeau, a été tué dans le combat du 17 à bord
du Guerrier , ainfi que 13 Soldats ; 46 ont été
bleffés.
Le fieur de Paul , Sous -Brigadier des Gardes,
de la Marine , a été tué dans le même combar
à bord du Souverain. La perte de l'équipage de ce
vaiffeau a été de 17 hommes tués, & de 54 bleffés.
Le Souverain a rencontré aux atterrages un
vaiſſeau Anglois de même force ; il a eu contre
ce vaiffeau un combat très vif , dans lequel fix
hommes de fon équipage ont été tués , & 34
bleffés . Il a été obligé de l'abandonner à l'approche
de plufieurs autres vaiffeaux Anglois qui
venoient à fon fecours.
Du 27.
L'Archevêque de Paris ayant eu permiſſion du
Roi de revenir dans fon Diocèfe , arriva à Verfailles
le 20 de ce mois , & eut l'honneur de voir
Sa Majefté le même jour . Il rendit enfuite fes
reſpects à la Reine & à la Famille Royale. Il vint
en cette Ville le lendemain 21 , fur les neufheures
du foir.
Les vaiffeaux du Roi le Guerrier & le Souverain,
chacun de 74 canons , qui faifoient partie de l'Efcadre
commandée par le fieur de la Clue , & qui
s'en étoient féparés après le combat du 17 Août
dernier , font arrivés au port de Rochefort , l'un
le 28 Septembre , & l'autre le 11 de ce mois.
Le fieur de Village de Villevieille , Lieutenant
de vaiffeau, a été tué dans le combat du 17 à bord
du Guerrier , ainfi que 13 Soldats ; 46 ont été
bleffés.
Le fieur de Paul , Sous -Brigadier des Gardes,
de la Marine , a été tué dans le même combar
à bord du Souverain. La perte de l'équipage de ce
vaiffeau a été de 17 hommes tués, & de 54 bleffés.
Le Souverain a rencontré aux atterrages un
vaiſſeau Anglois de même force ; il a eu contre
ce vaiffeau un combat très vif , dans lequel fix
hommes de fon équipage ont été tués , & 34
bleffés . Il a été obligé de l'abandonner à l'approche
de plufieurs autres vaiffeaux Anglois qui
venoient à fon fecours.
Du 27.
L'Archevêque de Paris ayant eu permiſſion du
Roi de revenir dans fon Diocèfe , arriva à Verfailles
le 20 de ce mois , & eut l'honneur de voir
Sa Majefté le même jour . Il rendit enfuite fes
reſpects à la Reine & à la Famille Royale. Il vint
en cette Ville le lendemain 21 , fur les neufheures
du foir.
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Résumé : DE PARIS, le 20 Octobre.
Le 20 octobre, les vaisseaux français le Guerrier et le Souverain, chacun armé de 74 canons, sont arrivés au port de Rochefort après s'être séparés de l'escadre commandée par le sieur de la Clue suite au combat du 17 août. Le Guerrier est arrivé le 28 septembre et le Souverain le 11 octobre. Lors du combat du 17 août, le sieur de Village de Villevieille, lieutenant de vaisseau, et 13 soldats ont été tués à bord du Guerrier, tandis que 46 autres ont été blessés. À bord du Souverain, le sieur de Paul, sous-brigadier des Gardes de la Marine, a été tué, et la perte totale de l'équipage s'est élevée à 17 hommes tués et 54 blessés. Le Souverain a ensuite affronté un vaisseau anglais de même force, subissant six hommes tués et 34 blessés, avant d'abandonner le combat face à plusieurs autres vaisseaux anglais. Par ailleurs, l'Archevêque de Paris, ayant obtenu la permission du Roi de revenir dans son diocèse, est arrivé à Versailles le 20 octobre et a rencontré Sa Majesté le même jour. Il a ensuite rendu ses respects à la Reine et à la Famille Royale, et est arrivé à Paris le lendemain, le 21 octobre, vers neuf heures du matin.
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2381
p. 204-205
DE LA HAYE, le 31 Octobre.
Début :
Les contestations survenues entre les Etats-Généraux & le ministère Anglois, [...]
Mots clefs :
Contestations , Députés, Sa Majesté britannique, Mémoire, Ministères, Commerce
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texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 31 Octobre.
De LA HAYE , le 31 Oftobre. 10
2
Les conteftations furvenues entre les Etats-
Généraux & le miniſtère Anglois , font fur le
point d'être terminées . Conformément aux dernières
inftructions que nos Députés avoient reçues
de Leurs Hautes Puiffances , ils préfenterent le
18 de ce mois aux Miniftres de Sa Majesté Bri
tannique un Mémoire dans lequel ils expofoient
que les Etats- Généraux s'étoient toujours prêtés
aux voies de conciliation ; mais que le ministère
Anglois avoit paru faire peu de cas de leurs rerefufant
d'y répondre par écrits
que Leurs Hautes Puiffances defiroient fincèrehent
le maintien de la bonne intelligence entre
préfentation
P
CDECEMBRE. 1759.2 20
les deux Nations qu'Elles demandoient ſeule
ment que leurs Sujets ne fullent point troublés
dans la jouillance des droits & des prérogatives
qui leur ont été accordés par les Traités , & no--
tamment par celui de 1674. Le miniſtère Anglois
a promis carnos Députés qu'ils recevroient inceffamment
une réponfe fatisfaifante.
Il rette pourtant encore une difficulté , c'eft
que la Cour de Londres prétend interdire à nos
Négocians tout commerce avec les Ports de
France. Elle défigne fpécialement les Ports de la
Seine & de fon embouchure. On ne croit pas que
la République confente a une interdiction fi préjudiciable
aux privilèges de la neutralité qu'elle a
embrallée.
2
Les conteftations furvenues entre les Etats-
Généraux & le miniſtère Anglois , font fur le
point d'être terminées . Conformément aux dernières
inftructions que nos Députés avoient reçues
de Leurs Hautes Puiffances , ils préfenterent le
18 de ce mois aux Miniftres de Sa Majesté Bri
tannique un Mémoire dans lequel ils expofoient
que les Etats- Généraux s'étoient toujours prêtés
aux voies de conciliation ; mais que le ministère
Anglois avoit paru faire peu de cas de leurs rerefufant
d'y répondre par écrits
que Leurs Hautes Puiffances defiroient fincèrehent
le maintien de la bonne intelligence entre
préfentation
P
CDECEMBRE. 1759.2 20
les deux Nations qu'Elles demandoient ſeule
ment que leurs Sujets ne fullent point troublés
dans la jouillance des droits & des prérogatives
qui leur ont été accordés par les Traités , & no--
tamment par celui de 1674. Le miniſtère Anglois
a promis carnos Députés qu'ils recevroient inceffamment
une réponfe fatisfaifante.
Il rette pourtant encore une difficulté , c'eft
que la Cour de Londres prétend interdire à nos
Négocians tout commerce avec les Ports de
France. Elle défigne fpécialement les Ports de la
Seine & de fon embouchure. On ne croit pas que
la République confente a une interdiction fi préjudiciable
aux privilèges de la neutralité qu'elle a
embrallée.
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Résumé : DE LA HAYE, le 31 Octobre.
Le 31 octobre 1759, à La Haye, les tensions entre les États-Généraux et le ministère anglais étaient sur le point de se résoudre. Le 18 octobre, les députés des États-Généraux avaient présenté un mémoire aux ministres britanniques, soulignant les efforts de conciliation des États-Généraux face à l'indifférence anglaise. Les États-Généraux exprimaient leur volonté de maintenir de bonnes relations et demandaient le respect des droits et prérogatives accordés par les traités, notamment celui de 1674. Le ministère anglais promit une réponse satisfaisante. Cependant, une difficulté persistait : la Cour de Londres souhaitait interdire aux négociants des États-Généraux tout commerce avec les ports français de la Seine et de son embouchure. La République refusait cette interdiction, la jugeant préjudiciable à ses privilèges de neutralité.
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2382
p. 207-210
DE VERSAILLES le 8 Novembre.
Début :
Le 2 de ce mois, le Roi tint le Sceau. Sa Majesté a disposé en faveur [...]
Mots clefs :
Nominations, Comte, Abbaye, Diocèse, Ordre, Gouvernement, Maréchal, Arrêt du Conseil d'État, Monnaies, Remboursement, Finances, Parlement, Cérémonie d'ouverture, Vaisseaux, Escadre, Martinique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 8 Novembre.
DE VERSAILLES le 8 Novembre.
LE2
E 2 de ce mois , le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé en faveur du Comte d'Erce
de la charge de Sénéchal & Gouverneur du
Neboufan vacante par la mort du Marquis
d'Espagne.
>
-
Du 15.
Le Roi a accordé au fieur Fremyn de Fontenille
, Sous Brigadier de la feconde Compagnie
des Moufquetaires , le Gouvernement de
Rhetel Mazarin en Champagne , vacant par la
mort du fieur Fremyn de Fontenille , fon frere ,
Meftre - de- Camp & Capitaine au Régiment de
Marcieu , Cavalerie , tué à la bataille du premier
Août.
Sa Majefté a donné l'Abbaye d'Airveaux, Ordre
de S. Auguftin , Diocèle de la Rochelle ,
l'Abbé de Stoupy , Chanoine de l'Eglife de Liége
& Vicaire Général de ce Diocèfe.
Celle de Bugue , Ordre de S. Benoît , Diocèfe
de Périgueux , à la Dame d'Aubullon , Religieufe
& Prieure de la même Abbaye..
Et celle de Fontaine- Guérard , Ordre de Citeaux
, Diocèle de Rouen , à la Dame de Chateaumo
rand , Religieufe aux Filles de Notre-Da
me de Linioges .
208 MERCURE DE FRANCE.
Les Maréchaux d'Eftrées & de Contades font
arrivés ici le ro de ce mois & ont eu l'hon
neur de faluer le Roi.
>
Le Grand - Maître de Malthe a accordé au
Comte de Maulevrier du Fay la permiffion de
porter la Croix de l'Ordre , en reconnoiffance des
Tervices rendus par les ancêtres en 1645 , lorf
que l'Ifle fur menacée d'être affiégée .
On lit dans le Mercure précédent que le
Grand - Maître de Malthe a accordé le même
honneur au Marquis de Montpefat ; il faut lire ,
au Duc de Montpefat. Il portoit le titre de Marquis
avant que le feu Pape dont il étoit fujet
fui eût accordé celui de Duc ou de Prince , de
même qu'à fes defcendans.
110 116 11 Du 17
On vient de publier un Arrêt du Confeil d'Etat
du Roi, en date du 6 de ce mois , où il eft dit
que Sa Majefté a vu avec la plus grande fenfibilité
le zèle & l'empreffement de les fidèles Sujets
à prévenir fes defirs , en portant leurs vaiffelles
à l'Hôtel des Monnoies , avant l'enregistrement
& la publication des Lettres patentes du 26 du
mois dernier & youlant pourvoir à ce qu'il
ne fe commette point d'abus au fujet des reconnoiffances
qui doivent être données par les Direc
teurs des Monnoies , & affurer d'une façon inva
fiable le remboursement de ces reconnoiffances
ainfi que le payement des indemnités qui y font
attribuées , le Roi ordonne qu'au 8 Janvier prochain
, l'état des vaiffelles & argenteries portées
dans chaque Monnoie , & des reconnoiffances
délivrées en conféquence , fera arrêté & figné par
les Directeurs & Contrôleurs , vife dans les Provinces
par les Juges- Gardes , & dans les Villes
de Paris & de Lyon , par les Premiers Prélidens
& Procureurs Généraux Commiffaires des Mon
DECEMBRE. 1759. 200
noies. Cet état fera envoyé au Contrôleur Géné
ral des Finances ; & l'Adjudicataire des Fermes
générales aura ordre de payer entre les mains
des Directeurs des Monnoies , en deniers comp
rans, fur le prix de fon bail , par préférence à
la partie du Tréfor Royal , les fommes néceſſai→
res pour le remboursement des reconnoiffances
& des indemnités qui y font attribuées , conformément
aux états qui feront arrêtés chaque
année au Conſeil de Sa Majeſté.
Le 8 les Docteurs de la maifon & fociété de
Sorbonne ont tenu affemblée pour l'élection de
leur Proviſeur , & ils ont élu unanimement l'Arthevêque
de Paris.
Le 12 , l'ouverture du Parlement fe fit avec
les cérémonies accoutumées par une meffe folemnelle
, à laquelle le fieur Molé , Premier Préfident
, & les Chambres affifterent , & qui fut cé
lébrée par l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle, & Aumônier de Madame la Dauphine.
On apprend de Breft que le vaiffeau du Roi,
l'Achille , commandé par le fieur de Marimires,
Capitaine de vailleau , eft arrivé dans ce porr
les de ce mois , avec les frégates le Zephire &
la Syrenne , commandées par les Sieurs Chevalier
de Graffe , de Bar & de Brofley du Maz , revenant
du Cap de Bonne- Efpérance & de la baye de tous
les Saints .
Le 7 l'efcadre commandée par le fieur de
Bompart , Chef d'Efcadre des armées navales , a
auffi mouillé à la rade de Breft . Elle eſt composée
des vaifleaux le Défenfeur , qu'il commande ; de
L'Hector, commandé par le Comte de Roquefeuille
; du Courageux , par le Comte de Coulage ;
du Diademe , par le fieur de Rofily de Meros ; du
Prothée , par le Chevalier Fouquet ; du Sage , par
le fieur Guichen , Capitaines de vailleau ; de Am
110 MERCURE DE FRANCE.
phion , par le fieur Riouffe ; & de la Fleur-de-lys ,
par le Chevalier d'Oify , Lieutenant de vailleau.
Cette efcadre qui revient de la Martinique & de
Saint Domingue , a apporté une quantité confidérable
de fucre , d'indigo & de caffé pour le
compte du commerce.
LE2
E 2 de ce mois , le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé en faveur du Comte d'Erce
de la charge de Sénéchal & Gouverneur du
Neboufan vacante par la mort du Marquis
d'Espagne.
>
-
Du 15.
Le Roi a accordé au fieur Fremyn de Fontenille
, Sous Brigadier de la feconde Compagnie
des Moufquetaires , le Gouvernement de
Rhetel Mazarin en Champagne , vacant par la
mort du fieur Fremyn de Fontenille , fon frere ,
Meftre - de- Camp & Capitaine au Régiment de
Marcieu , Cavalerie , tué à la bataille du premier
Août.
Sa Majefté a donné l'Abbaye d'Airveaux, Ordre
de S. Auguftin , Diocèle de la Rochelle ,
l'Abbé de Stoupy , Chanoine de l'Eglife de Liége
& Vicaire Général de ce Diocèfe.
Celle de Bugue , Ordre de S. Benoît , Diocèfe
de Périgueux , à la Dame d'Aubullon , Religieufe
& Prieure de la même Abbaye..
Et celle de Fontaine- Guérard , Ordre de Citeaux
, Diocèle de Rouen , à la Dame de Chateaumo
rand , Religieufe aux Filles de Notre-Da
me de Linioges .
208 MERCURE DE FRANCE.
Les Maréchaux d'Eftrées & de Contades font
arrivés ici le ro de ce mois & ont eu l'hon
neur de faluer le Roi.
>
Le Grand - Maître de Malthe a accordé au
Comte de Maulevrier du Fay la permiffion de
porter la Croix de l'Ordre , en reconnoiffance des
Tervices rendus par les ancêtres en 1645 , lorf
que l'Ifle fur menacée d'être affiégée .
On lit dans le Mercure précédent que le
Grand - Maître de Malthe a accordé le même
honneur au Marquis de Montpefat ; il faut lire ,
au Duc de Montpefat. Il portoit le titre de Marquis
avant que le feu Pape dont il étoit fujet
fui eût accordé celui de Duc ou de Prince , de
même qu'à fes defcendans.
110 116 11 Du 17
On vient de publier un Arrêt du Confeil d'Etat
du Roi, en date du 6 de ce mois , où il eft dit
que Sa Majefté a vu avec la plus grande fenfibilité
le zèle & l'empreffement de les fidèles Sujets
à prévenir fes defirs , en portant leurs vaiffelles
à l'Hôtel des Monnoies , avant l'enregistrement
& la publication des Lettres patentes du 26 du
mois dernier & youlant pourvoir à ce qu'il
ne fe commette point d'abus au fujet des reconnoiffances
qui doivent être données par les Direc
teurs des Monnoies , & affurer d'une façon inva
fiable le remboursement de ces reconnoiffances
ainfi que le payement des indemnités qui y font
attribuées , le Roi ordonne qu'au 8 Janvier prochain
, l'état des vaiffelles & argenteries portées
dans chaque Monnoie , & des reconnoiffances
délivrées en conféquence , fera arrêté & figné par
les Directeurs & Contrôleurs , vife dans les Provinces
par les Juges- Gardes , & dans les Villes
de Paris & de Lyon , par les Premiers Prélidens
& Procureurs Généraux Commiffaires des Mon
DECEMBRE. 1759. 200
noies. Cet état fera envoyé au Contrôleur Géné
ral des Finances ; & l'Adjudicataire des Fermes
générales aura ordre de payer entre les mains
des Directeurs des Monnoies , en deniers comp
rans, fur le prix de fon bail , par préférence à
la partie du Tréfor Royal , les fommes néceſſai→
res pour le remboursement des reconnoiffances
& des indemnités qui y font attribuées , conformément
aux états qui feront arrêtés chaque
année au Conſeil de Sa Majeſté.
Le 8 les Docteurs de la maifon & fociété de
Sorbonne ont tenu affemblée pour l'élection de
leur Proviſeur , & ils ont élu unanimement l'Arthevêque
de Paris.
Le 12 , l'ouverture du Parlement fe fit avec
les cérémonies accoutumées par une meffe folemnelle
, à laquelle le fieur Molé , Premier Préfident
, & les Chambres affifterent , & qui fut cé
lébrée par l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle, & Aumônier de Madame la Dauphine.
On apprend de Breft que le vaiffeau du Roi,
l'Achille , commandé par le fieur de Marimires,
Capitaine de vailleau , eft arrivé dans ce porr
les de ce mois , avec les frégates le Zephire &
la Syrenne , commandées par les Sieurs Chevalier
de Graffe , de Bar & de Brofley du Maz , revenant
du Cap de Bonne- Efpérance & de la baye de tous
les Saints .
Le 7 l'efcadre commandée par le fieur de
Bompart , Chef d'Efcadre des armées navales , a
auffi mouillé à la rade de Breft . Elle eſt composée
des vaifleaux le Défenfeur , qu'il commande ; de
L'Hector, commandé par le Comte de Roquefeuille
; du Courageux , par le Comte de Coulage ;
du Diademe , par le fieur de Rofily de Meros ; du
Prothée , par le Chevalier Fouquet ; du Sage , par
le fieur Guichen , Capitaines de vailleau ; de Am
110 MERCURE DE FRANCE.
phion , par le fieur Riouffe ; & de la Fleur-de-lys ,
par le Chevalier d'Oify , Lieutenant de vailleau.
Cette efcadre qui revient de la Martinique & de
Saint Domingue , a apporté une quantité confidérable
de fucre , d'indigo & de caffé pour le
compte du commerce.
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Résumé : DE VERSAILLES le 8 Novembre.
En novembre 1759, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 2 novembre, le roi a nommé le Comte d'Erce au poste de Sénéchal et Gouverneur du Neboufan, succédant au Marquis d'Espagne décédé. Le 15 novembre, le Sieur Fremyn de Fontenille, Sous Brigadier des Mousquetaires, a été désigné Gouverneur de Rhetel Mazarin en Champagne, après le décès de son frère. Le roi a également attribué diverses abbayes : l'Abbaye d'Airveaux à l'Abbé de Stoupy, celle de Bugue à la Dame d'Aubullon, et celle de Fontaine-Guérard à la Dame de Chateaumorand. Les Maréchaux d'Estrées et de Contades ont été reçus par le roi le 10 novembre. Le Grand Maître de Malthe a autorisé le Comte de Maulevrier du Fay à porter la Croix de l'Ordre, en reconnaissance des services rendus par ses ancêtres en 1645. Un arrêt du Conseil d'État, daté du 6 novembre, a été publié pour réguler le dépôt des vaisselles à l'Hôtel des Monnoies et assurer le remboursement des reconnaissances. Le 8 novembre, les Docteurs de la maison et société de Sorbonne ont élu l'Archevêque de Paris comme leur Proviseur. Le 12 novembre, le Parlement a été ouvert par une messe solennelle célébrée par l'Abbé de Sailly. Par ailleurs, des vaisseaux royaux, l'Achille et une escadre commandée par le Sieur de Bompart, sont revenus de missions en Afrique et aux Antilles, apportant des marchandises pour le commerce.
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2383
p. 211-215
Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blondeau de Charnage.
Début :
NOMS Des Maisons. NOMBRE Des Titres. Amette. I. [...]
Mots clefs :
Famille, Titre de noblesse, Table alphabétique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blondeau de Charnage.
SUITE du Catalogue de M. le Chevalier
BLONDEAU DE CHARNAGE.
NOMS
DES MAISONS.
AMETTE .
AMEREVILLE.
AMY ( L' ) .
AMIGAULT.
Амгот .
AMIRAUT , ou ADMIRAUT.
AMOURS ( D' ) .
AMPROU X.
A MULTO N.
NOMBRE
DES TITRE S
1 .
I.
10 .
ANAPPIER. R. Voyez HANNAPIER ,
ANAST. 1. A.
ANCEAU . •
ANCEAU ME.
ANCELM E.
ANDELOT. 1. A. & R.
1 .
21
3.
3.
ANDEUS E.
17
ANDIGNE'. 1. G..
ANDIGNi.
1.
I.
ANDINO .
ANDOINS ( D³ ).
2 .
2 .
ANDRAS .
ANDRAULI SANDRA U.
1 .
ANDREA S.
ANDRE'.
ANDREY. 1. G.
ANDIENAS.
212 MERCURE DE FRANCE
NOMS
DES MAISONS.
ANDRESO T. R.
ANDREV E L. I. A
ANDRIEU .
ASNE ( L').
ANEBAULT (D').
ANNEQUIN.
ANERDET.
NOMBRE
DES TITRES
I
2.
For
1.
1.
ANERDY.
ANERLY.
ANNEVILLE (D³).
ANFRIE. I. A.
ANFROY ,
ANGELY ,
ANGENNES ( D').
ANGENOST.
ANGENOUST,
ANGER.
ANGERVILLE.
ANCEVILLE. I. A.
ANGIBERT.
ANGIRA R D.
ANGLADE ( De l' ) ..
ANGLADE S.
I'
2
It
2.
1
6. ANGLARD ( D' ).
ANGLI BERNIER ( D³).
ANGLUR E.
ANGOT.
ANGOULAIN.
ANGOULEVANT.
ANGUE CHIN ( D³ ) .-
ANGUETI N..
1.
6.
76
I.
3.
8.
DECEMBRE. 1759 . 213
NOMBRE
DES TITRES
NOMS
DES MAISONS.
ASNIERE S.
ANJORAN T.
ANJOU ( D' ),
ANIQUET.
ANISSO N.
ANLEZY ( D' ) . 1. A.
ANQUETE L.
ANQUETI L.
ANSTRUD E. 1. G. & 1. A.
ANTHENA ISE.
ANTOIN E.
ANTHOINET.
ANTHON.
ANTHONNIS , & ANTONIS.
ANTRAVES.
A OUST ( D' ) .
APCHON.
APCHIER. Un Mémoire imprimé.
APELA BONI.
APPOUE L.
APPOUG NY.
AQUA ( D' ).
AQUAQUI A.
ACQUET.
ARA DO N.
ARAGE PIED.
ARAYEPIED , OU ARRAIGEPIED.
ARAGON.
ARAMBAR.
ARRAS ( D' ).
5 .
2
Le
I.
7.
4.
2.
7.
12.
I.
I.
3.
2.
AREALESTE . I. A. R. & 26
214 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS. I
ARBELOT. R.
NOMBRE
DES TITRES
I.
ARBONNE AU.
ARBOUSSIER . I. G
ARCHAMBAULT.
ARCHE ( L' ) .
ARCHER ( L' )
ARCHIA C.
ARCHIE R.
ARCHINBAUE,
ARCY. I. A.
ARCISSA C.
5 .
2.
4.
4 .
2..
I.
AR CO.
2 .
ARSONAT D' ).
1 .
ARCONNEUR ( L' ), 3.
ARDENS ( Des ) . 1 , G.
ARDERET.
I.
ARDIER.
1
ARDILLIER,
ARDON ( D' ),
AREI S.
AREMBERG.
ARINE.
ARERES ( D )
ARESIN.
ARREST ( D'),
ARREV AUT.
ARGENNE S. ( D' },
AKGENT ( D ' ) R.
ARGENTIER,
ARGY D' .
ARGIL LEMONT,
I.
I.
3.
I.
I.
1 .
I.
DECEMBRE. 1759.
219
NOMS
DES MAISONS.
NOMBRE
DES TITRES
ARGILLIERE ( D' ),
ARGILIERES.
ARGONNE.
ARGOUGES .
ARGOUJON.
ARGUM VILLIERS.
ARRIBA T.
BLONDEAU DE CHARNAGE.
NOMS
DES MAISONS.
AMETTE .
AMEREVILLE.
AMY ( L' ) .
AMIGAULT.
Амгот .
AMIRAUT , ou ADMIRAUT.
AMOURS ( D' ) .
AMPROU X.
A MULTO N.
NOMBRE
DES TITRE S
1 .
I.
10 .
ANAPPIER. R. Voyez HANNAPIER ,
ANAST. 1. A.
ANCEAU . •
ANCEAU ME.
ANCELM E.
ANDELOT. 1. A. & R.
1 .
21
3.
3.
ANDEUS E.
17
ANDIGNE'. 1. G..
ANDIGNi.
1.
I.
ANDINO .
ANDOINS ( D³ ).
2 .
2 .
ANDRAS .
ANDRAULI SANDRA U.
1 .
ANDREA S.
ANDRE'.
ANDREY. 1. G.
ANDIENAS.
212 MERCURE DE FRANCE
NOMS
DES MAISONS.
ANDRESO T. R.
ANDREV E L. I. A
ANDRIEU .
ASNE ( L').
ANEBAULT (D').
ANNEQUIN.
ANERDET.
NOMBRE
DES TITRES
I
2.
For
1.
1.
ANERDY.
ANERLY.
ANNEVILLE (D³).
ANFRIE. I. A.
ANFROY ,
ANGELY ,
ANGENNES ( D').
ANGENOST.
ANGENOUST,
ANGER.
ANGERVILLE.
ANCEVILLE. I. A.
ANGIBERT.
ANGIRA R D.
ANGLADE ( De l' ) ..
ANGLADE S.
I'
2
It
2.
1
6. ANGLARD ( D' ).
ANGLI BERNIER ( D³).
ANGLUR E.
ANGOT.
ANGOULAIN.
ANGOULEVANT.
ANGUE CHIN ( D³ ) .-
ANGUETI N..
1.
6.
76
I.
3.
8.
DECEMBRE. 1759 . 213
NOMBRE
DES TITRES
NOMS
DES MAISONS.
ASNIERE S.
ANJORAN T.
ANJOU ( D' ),
ANIQUET.
ANISSO N.
ANLEZY ( D' ) . 1. A.
ANQUETE L.
ANQUETI L.
ANSTRUD E. 1. G. & 1. A.
ANTHENA ISE.
ANTOIN E.
ANTHOINET.
ANTHON.
ANTHONNIS , & ANTONIS.
ANTRAVES.
A OUST ( D' ) .
APCHON.
APCHIER. Un Mémoire imprimé.
APELA BONI.
APPOUE L.
APPOUG NY.
AQUA ( D' ).
AQUAQUI A.
ACQUET.
ARA DO N.
ARAGE PIED.
ARAYEPIED , OU ARRAIGEPIED.
ARAGON.
ARAMBAR.
ARRAS ( D' ).
5 .
2
Le
I.
7.
4.
2.
7.
12.
I.
I.
3.
2.
AREALESTE . I. A. R. & 26
214 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS. I
ARBELOT. R.
NOMBRE
DES TITRES
I.
ARBONNE AU.
ARBOUSSIER . I. G
ARCHAMBAULT.
ARCHE ( L' ) .
ARCHER ( L' )
ARCHIA C.
ARCHIE R.
ARCHINBAUE,
ARCY. I. A.
ARCISSA C.
5 .
2.
4.
4 .
2..
I.
AR CO.
2 .
ARSONAT D' ).
1 .
ARCONNEUR ( L' ), 3.
ARDENS ( Des ) . 1 , G.
ARDERET.
I.
ARDIER.
1
ARDILLIER,
ARDON ( D' ),
AREI S.
AREMBERG.
ARINE.
ARERES ( D )
ARESIN.
ARREST ( D'),
ARREV AUT.
ARGENNE S. ( D' },
AKGENT ( D ' ) R.
ARGENTIER,
ARGY D' .
ARGIL LEMONT,
I.
I.
3.
I.
I.
1 .
I.
DECEMBRE. 1759.
219
NOMS
DES MAISONS.
NOMBRE
DES TITRES
ARGILLIERE ( D' ),
ARGILIERES.
ARGONNE.
ARGOUGES .
ARGOUJON.
ARGUM VILLIERS.
ARRIBA T.
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Résumé : Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blondeau de Charnage.
Le document est une suite du catalogue du Chevalier Blondeau de Charnage, listant les noms de diverses maisons nobles et le nombre de leurs titres. Les entrées sont organisées alphabétiquement, de 'Amette' à 'Arribat'. Chaque nom de maison est suivi du nombre de titres associés, souvent indiqués par des abréviations telles que 'I. A.' pour 'Illustre et Ancien' ou 'R.' pour 'Royal'. Par exemple, 'Amette' possède 1 titre, tandis que 'Amereville' en possède 10. Certaines entrées incluent des notes supplémentaires, comme 'Un Mémoire imprimé' pour 'Apchier'. Le document reflète la diversité et la richesse des maisons nobles listées, couvrant une large gamme de noms et de titres.
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2384
p. 215-216
« Le favorable accueil que l'on fait à l'objet de ce Catalogue [...] »
Début :
Le favorable accueil que l'on fait à l'objet de ce Catalogue [...]
Mots clefs :
Intérêt, Ouvrage, Mémoires, Histoire, Généalogie, Catalogue, Titre de noblesse
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texteReconnaissance textuelle : « Le favorable accueil que l'on fait à l'objet de ce Catalogue [...] »
Le favorable accueil que l'on fait à l'objet de
ce Catalogue engage l'Auteur à rendre publics
fes Mémoires pour fervir à l'Hiftoire générale &
particulière du Royaume & à l'Hiftoire généalogique
des familles il eft garant de tous les
faits qui fe trouvent dans l'ouvrage , & il n'y en
aucun dont il ne produife le titre original, tou
tes les fois qu'il en fera befoin .
1
Cet ouvrage que l'on tranfcrit à préfent , contient
le Catalogue d'un grand nombre d'Archevêques
, Evêques , Abbés , Abbeffes , Prieurs ,
Prieures , Gentilshommes ordinaires de la Cham-
-bre & de la Maifon de nos Rois , de leurs Gentilshommes
fervans, de leurs Ecuyers ordinaires
des Ecuyers de leur écurie , de leurs Panetiers or
dinaires , de leurs Valets tranchans , des Gouverneurs
ou Capitaines de Provinces , de Villes
& de Châteaux forts , des Baillifs d'Épée , des
Châtelains , des Maîtres des Eaux & Forêts , des
· Médecins de nos Rois , des Intendans de leurs
écuries & livrées , des grands Fauconniers & des
Gentilshommes & Tréforiers de la Fauconnerie
-de France , des Sénéchaux , des Verdiers & des
Viguiers. Cer Ouvrage fera encore enrichi d'anecdotes
curieufes & intéreffantes prifes dans les
216 MERCURE DE FRANCE.
titres originaux ou dans les ouvrages des meil
leurs Auteurs qui feront cités exactement ; l'Auteur
fe propofe d'en faire imprimer le premier '
volume dans le courant du mois de Février prochain
les Familles qui ont droit d'y être nommées
pourront s'adreffer à lui : Sa demeure eft
à Paris , vielle rue du Temple , près de l'Hôtel de
Soubife dans la maifon de M.Tallart Apothicaire ;
l'Auteur ne recevra à ce fujet ni mémoires ni copies
quoiqu'en forme probante . Il les reſpecte ,
mais il n'en fera pas ufage ; il exige néceffairement
les titres originaux. Le Public éclairé connoit
combien cette précaution eft indifpenfable , &
combien un femblable ouvrage eft intéreffant.
On s'apperçoit que ce qui le rend encore recommandable
, c'eft qu'on n'y trouvera aucun fait
qui ne foit fondé en preuve autentique.
ce Catalogue engage l'Auteur à rendre publics
fes Mémoires pour fervir à l'Hiftoire générale &
particulière du Royaume & à l'Hiftoire généalogique
des familles il eft garant de tous les
faits qui fe trouvent dans l'ouvrage , & il n'y en
aucun dont il ne produife le titre original, tou
tes les fois qu'il en fera befoin .
1
Cet ouvrage que l'on tranfcrit à préfent , contient
le Catalogue d'un grand nombre d'Archevêques
, Evêques , Abbés , Abbeffes , Prieurs ,
Prieures , Gentilshommes ordinaires de la Cham-
-bre & de la Maifon de nos Rois , de leurs Gentilshommes
fervans, de leurs Ecuyers ordinaires
des Ecuyers de leur écurie , de leurs Panetiers or
dinaires , de leurs Valets tranchans , des Gouverneurs
ou Capitaines de Provinces , de Villes
& de Châteaux forts , des Baillifs d'Épée , des
Châtelains , des Maîtres des Eaux & Forêts , des
· Médecins de nos Rois , des Intendans de leurs
écuries & livrées , des grands Fauconniers & des
Gentilshommes & Tréforiers de la Fauconnerie
-de France , des Sénéchaux , des Verdiers & des
Viguiers. Cer Ouvrage fera encore enrichi d'anecdotes
curieufes & intéreffantes prifes dans les
216 MERCURE DE FRANCE.
titres originaux ou dans les ouvrages des meil
leurs Auteurs qui feront cités exactement ; l'Auteur
fe propofe d'en faire imprimer le premier '
volume dans le courant du mois de Février prochain
les Familles qui ont droit d'y être nommées
pourront s'adreffer à lui : Sa demeure eft
à Paris , vielle rue du Temple , près de l'Hôtel de
Soubife dans la maifon de M.Tallart Apothicaire ;
l'Auteur ne recevra à ce fujet ni mémoires ni copies
quoiqu'en forme probante . Il les reſpecte ,
mais il n'en fera pas ufage ; il exige néceffairement
les titres originaux. Le Public éclairé connoit
combien cette précaution eft indifpenfable , &
combien un femblable ouvrage eft intéreffant.
On s'apperçoit que ce qui le rend encore recommandable
, c'eft qu'on n'y trouvera aucun fait
qui ne foit fondé en preuve autentique.
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Résumé : « Le favorable accueil que l'on fait à l'objet de ce Catalogue [...] »
Le texte présente un catalogue et des mémoires visant à documenter l'histoire générale et particulière du Royaume ainsi que l'histoire généalogique des familles. L'auteur assure l'authenticité des faits relatés et s'engage à fournir les titres originaux si nécessaire. L'ouvrage inclut un catalogue de diverses personnalités, telles que des archevêques, évêques, abbés, abbesses, prieurs, prieures, gentilshommes de la chambre et de la maison des rois, écuyers, gouverneurs, baillis, châtelains, médecins, intendants, fauconniers, sénéchaux, verdiers et viguiers. Il sera enrichi d'anecdotes tirées des titres originaux ou des œuvres des meilleurs auteurs. Le premier volume doit être imprimé en février. Les familles concernées peuvent contacter l'auteur à Paris, rue du Temple, près de l'Hôtel de Soubise. L'auteur exige les titres originaux pour garantir l'authenticité des informations, refusant les mémoires ou copies. Le public est informé de l'importance de cette précaution et de l'intérêt de l'ouvrage, qui ne contient que des faits fondés sur des preuves authentiques.
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2385
p. 195-197
DE LONDRES, le 11 Novembre.
Début :
L'expédition tentée contre Sutatte a eu le succès qu'on desiroit. [...]
Mots clefs :
Flotte anglaise, Bombay, Débarquement, Troupes, Attaque, Désertion, Parlement, Discours, Succès des armes, Sa Majesté anglaise, Caroline, Sauvages, Colonies, Attaques, Forts, Capitaine, New York, Français, Expéditions, Officiers, Québec
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 11 Novembre.
DE LONDRES , le 11 Novembre.
L'expédition tentée contre Suratte a eu le fuccès
qu'on defiroit. La flotte partit de Bombai à la fin
de Février. Les troupes de débarquement étoient
comparées de huit cens Européens & de trois
mille Cipayes. On arriva heureuſement ſur la
côte; mais quand il fut queftion d'entrer dans la
riviere , on ne pût faire aucun ulage des gros
vaiffeaux . On eut beaucoup de peine à faire avancer
jufqu'à la ville un bâtiment de vingt pièces
de canon , & quatre galiotes à bombes. Les troupes
débarquèrent ; elles attaquèrent la place , &
furent repouffées deux fois avec beaucoup de
perte. La défertion , qui devint confidérable , en
diminua encore le nombre. On tenta un dernier
effort. Le bâtiment & les galiotes eurent ordre
de rompre la chaîne qui fermoir l'entrée du port.
Dès que la chaîne fut rompue , on reprit l'attaque
de la place , & dans l'efpace de quatre heures
ony jetta quarante - deux bombes & cinq cens
boulets. La garnifon répondit à ce feu violent par
celui de quatre batteries, qui tuèrent ou bleſsèrent
près de la moitié des équipages de nos bâtimens.
Le 2 Mars le Château capitula , & nos troupes
entrèrent dans la place .
Du 16.
Le 13 de ce mois , le Parlement fut aſſemblé.
Les féances commencèrent dans les deux Cham-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
bres par la lecture d'un Difcours qui leur fut
adreffé de la part du Roi. Ce Difcours rappelle
les principaux fuccès qui ont couronné les armes
de Sa Majesté. Le Roi déclare que comme il n'a
point commencé la guerre par des vues d'ambi
tion , il eft fort éloigné de la continuer par un
motif de reffentiment ; qu'il defire fincèrement de
voir la paix rétablie , & qu'il écoutera volontiers
les propofitions qui pourront lui être faites , pourvu
qu'elles foient honorables pour Sa Majesté &
pour les Alliés.
Du 30.
Nous venons de recevoir les nouvelles fuivantes
de Charleſtown dans la Caroline . Les François
ont mis en mouvement la Nation Indienne
des Chorokées . Ces Sauvages au nombre de trois
mille hommes ont pénétré dans quelques - unes
de nos Colonies. Ils ont paru dans le voisinage
du Fort Laudon , & ont enlevé la chevelure à
quelques foldats de la garnison de ce Fort. Les
habitans de ces contrées ont pris l'épouvante à
leur approche , & ont cherché un afyle dans le
Fort Prince-George. Ils ont rencontré dans les
bois plufieurs partis de ces Sauvages , dont ils
n'ont évité la fureur qu'en abandonnant la plus
grande partie de leurs effets . Plufieurs des Indiens
qui avoient marqué le plus de zèle pour
nos intérêts , font juftement foupçonnés de fomenter
la guerre. Plufieurs établiflemens de
grande valeur ont été abandonnés . Les Fermiers
& les Cultivateurs ont pris la fuite , pour ne
pas demeurer expofés à la cruauté des Sauvages.
Le Capitaine , Stuart marche avec un Corps
de troupes vers le pays des Cherokées . On efpere
beaucoup de l'habileté & de la bravoure de
cet Officier. Les Compagnies Provinciales & fes
Milices ont ordre de fe tenir prêtes à marcher.
JANVIER. 1966 . 197
Ön mande de la nouvelle York les détails
fuivans. Les troupes aux ordres du Général Amherft
ont été occupées jufqu'au 10 Octobre à
fortifier la pointe de la Couronne . On a entrepris
d'y conftruire trois Forts fur les hauteurs
qui commandent cette Place. Dès les premiers
jours d'Octobre , le Général Amherst fit fes dif
pofitions pour traverfer le Lac Champlin. Toutes
les difpofitions étant faites pour l'embarquement,
les troupes au nombre de quatre mille cinq cens
hommes , fe rendirent à bord des bateaux . Le
11 Novembre la flotte mit à la voile , & quelques
jours après elle mouilla à la hauteur du
Fort Saint Jean. Trois bâtimens François étoient
fur cette côte. Le Général Amherſt les fit attaquer.
Deux furent coulés à fond , & le troifiéme
échoua . Les vents contraires empêcherent ce Général
de poursuivre fon expédition ; & le 21 , il
fut obligé de revenir à la pointe de la Couronne .
Un corps de dix mille hommes de troupes fran
çoifes occupe différens poftes , & ne laifle aucune
fureté entre Québec & la pointe de la Couronne.
Le Général Amherſt a beaucoup à craindre
d'un Corps i nombreux. Les Officiers qui le
commandoient , annoncent faas diffimulation ,
qu'auffitôt que la glace fera affez forte pour porter
leur artillerie , ils paroîtront fur les murs de
Québec.
L'expédition tentée contre Suratte a eu le fuccès
qu'on defiroit. La flotte partit de Bombai à la fin
de Février. Les troupes de débarquement étoient
comparées de huit cens Européens & de trois
mille Cipayes. On arriva heureuſement ſur la
côte; mais quand il fut queftion d'entrer dans la
riviere , on ne pût faire aucun ulage des gros
vaiffeaux . On eut beaucoup de peine à faire avancer
jufqu'à la ville un bâtiment de vingt pièces
de canon , & quatre galiotes à bombes. Les troupes
débarquèrent ; elles attaquèrent la place , &
furent repouffées deux fois avec beaucoup de
perte. La défertion , qui devint confidérable , en
diminua encore le nombre. On tenta un dernier
effort. Le bâtiment & les galiotes eurent ordre
de rompre la chaîne qui fermoir l'entrée du port.
Dès que la chaîne fut rompue , on reprit l'attaque
de la place , & dans l'efpace de quatre heures
ony jetta quarante - deux bombes & cinq cens
boulets. La garnifon répondit à ce feu violent par
celui de quatre batteries, qui tuèrent ou bleſsèrent
près de la moitié des équipages de nos bâtimens.
Le 2 Mars le Château capitula , & nos troupes
entrèrent dans la place .
Du 16.
Le 13 de ce mois , le Parlement fut aſſemblé.
Les féances commencèrent dans les deux Cham-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
bres par la lecture d'un Difcours qui leur fut
adreffé de la part du Roi. Ce Difcours rappelle
les principaux fuccès qui ont couronné les armes
de Sa Majesté. Le Roi déclare que comme il n'a
point commencé la guerre par des vues d'ambi
tion , il eft fort éloigné de la continuer par un
motif de reffentiment ; qu'il defire fincèrement de
voir la paix rétablie , & qu'il écoutera volontiers
les propofitions qui pourront lui être faites , pourvu
qu'elles foient honorables pour Sa Majesté &
pour les Alliés.
Du 30.
Nous venons de recevoir les nouvelles fuivantes
de Charleſtown dans la Caroline . Les François
ont mis en mouvement la Nation Indienne
des Chorokées . Ces Sauvages au nombre de trois
mille hommes ont pénétré dans quelques - unes
de nos Colonies. Ils ont paru dans le voisinage
du Fort Laudon , & ont enlevé la chevelure à
quelques foldats de la garnison de ce Fort. Les
habitans de ces contrées ont pris l'épouvante à
leur approche , & ont cherché un afyle dans le
Fort Prince-George. Ils ont rencontré dans les
bois plufieurs partis de ces Sauvages , dont ils
n'ont évité la fureur qu'en abandonnant la plus
grande partie de leurs effets . Plufieurs des Indiens
qui avoient marqué le plus de zèle pour
nos intérêts , font juftement foupçonnés de fomenter
la guerre. Plufieurs établiflemens de
grande valeur ont été abandonnés . Les Fermiers
& les Cultivateurs ont pris la fuite , pour ne
pas demeurer expofés à la cruauté des Sauvages.
Le Capitaine , Stuart marche avec un Corps
de troupes vers le pays des Cherokées . On efpere
beaucoup de l'habileté & de la bravoure de
cet Officier. Les Compagnies Provinciales & fes
Milices ont ordre de fe tenir prêtes à marcher.
JANVIER. 1966 . 197
Ön mande de la nouvelle York les détails
fuivans. Les troupes aux ordres du Général Amherft
ont été occupées jufqu'au 10 Octobre à
fortifier la pointe de la Couronne . On a entrepris
d'y conftruire trois Forts fur les hauteurs
qui commandent cette Place. Dès les premiers
jours d'Octobre , le Général Amherst fit fes dif
pofitions pour traverfer le Lac Champlin. Toutes
les difpofitions étant faites pour l'embarquement,
les troupes au nombre de quatre mille cinq cens
hommes , fe rendirent à bord des bateaux . Le
11 Novembre la flotte mit à la voile , & quelques
jours après elle mouilla à la hauteur du
Fort Saint Jean. Trois bâtimens François étoient
fur cette côte. Le Général Amherſt les fit attaquer.
Deux furent coulés à fond , & le troifiéme
échoua . Les vents contraires empêcherent ce Général
de poursuivre fon expédition ; & le 21 , il
fut obligé de revenir à la pointe de la Couronne .
Un corps de dix mille hommes de troupes fran
çoifes occupe différens poftes , & ne laifle aucune
fureté entre Québec & la pointe de la Couronne.
Le Général Amherſt a beaucoup à craindre
d'un Corps i nombreux. Les Officiers qui le
commandoient , annoncent faas diffimulation ,
qu'auffitôt que la glace fera affez forte pour porter
leur artillerie , ils paroîtront fur les murs de
Québec.
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Résumé : DE LONDRES, le 11 Novembre.
Le 11 novembre, une expédition contre Suratte a réussi. La flotte, partie de Bombay fin février, comprenait huit cents Européens et trois mille Cipayes. Après un débarquement réussi, les troupes ont rencontré des difficultés avec les gros vaisseaux pour avancer vers la ville. Un bâtiment de vingt pièces de canon et quatre galiotes à bombes ont été utilisés pour rompre la chaîne fermant l'entrée du port. Après un assaut intense de quatre heures, la garnison a capitulé le 2 mars, permettant aux troupes d'entrer dans la place. Le 16 novembre, le Parlement a été assemblé et les féances ont commencé par la lecture d'un discours du roi. Ce discours rappelait les succès militaires et exprimait le désir du roi de rétablir la paix de manière honorable. Le 30 novembre, des nouvelles de Charlestown en Caroline ont rapporté que les Français avaient incité la nation indienne des Cherokées à attaquer les colonies. Trois mille Sauvages ont pénétré dans les colonies, semant la peur parmi les habitants. Le Capitaine Stuart a été envoyé avec des troupes pour contrer cette menace. À New York, les troupes du Général Amherst ont fortifié la pointe de la Couronne et ont tenté de traverser le Lac Champlain. Cependant, des vents contraires ont obligé le Général à revenir. Un corps de dix mille troupes françaises occupe divers postes entre Québec et la pointe de la Couronne, posant une menace significative.
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2386
p. 198-199
DE VERSAILLES le 22 Novembre.
Début :
Le Roi a donné le Gouvernement de Rodez au Baron de Tuillier, [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Baron, Sceau, Sa Majesté, Duc, Nominations, Ministre, Lieutenant général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 22 Novembre.
DE VERSAILLES le 22 Novembre.
LEE Roi a donné le Gouvernement de Rodez
au Baron de Tuillier , Mestre de Camp de Dragons
, & Inſpecteur des Côtes de Guyenne.
Du 29.
Le 19 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Sa Majesté a donné au Duc de Briffac le Gou
vernement de Sar-Louis , vacant par la mort du
Prince de Talmont.
Le 21 , le fieur de Silhouette ayant fupplié le
Roi de permettre qu'il fe démît de la place de
Contrôleur Général des Finances , Sa Majesté a
fait choix du fieur Bertin , pour le remplacer. Le
JANVIER. 1760. 199
24 , le nouveau Contrôleur Général eut l'hon
neur d'être préfenté au Roi , par le Comte de
Saint-Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ainfi que le fieur de Sartines , qui a été fubftitué
au fieur Bertin dans la place de Lieutenant Général
de Police.
LEE Roi a donné le Gouvernement de Rodez
au Baron de Tuillier , Mestre de Camp de Dragons
, & Inſpecteur des Côtes de Guyenne.
Du 29.
Le 19 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Sa Majesté a donné au Duc de Briffac le Gou
vernement de Sar-Louis , vacant par la mort du
Prince de Talmont.
Le 21 , le fieur de Silhouette ayant fupplié le
Roi de permettre qu'il fe démît de la place de
Contrôleur Général des Finances , Sa Majesté a
fait choix du fieur Bertin , pour le remplacer. Le
JANVIER. 1760. 199
24 , le nouveau Contrôleur Général eut l'hon
neur d'être préfenté au Roi , par le Comte de
Saint-Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ainfi que le fieur de Sartines , qui a été fubftitué
au fieur Bertin dans la place de Lieutenant Général
de Police.
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Résumé : DE VERSAILLES le 22 Novembre.
Le 22 novembre, le roi a nommé le baron de Tuillier gouverneur de Rodez. Le 29 novembre, le duc de Brissac a remplacé le prince de Talmont à Sarre-Louis. Le 21 novembre, Étienne de Silhouette a démissionné de son poste de Contrôleur Général des Finances, remplacé par Jacques Bertin. Le 24 janvier 1760, Bertin a été présenté au roi par le comte de Saint-Florentin. Antoine de Sartines a succédé à Bertin comme lieutenant général de police.
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2387
p. 203-216
MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Début :
Si l'on doit apprécier les hommes par les sacrifices qu'ils font à la société, [...]
Mots clefs :
Marquis de Montcalm, Sacrifices, Éloges, Vertu, Lieutenant général des armées du roi, Études, Littérature, Carrière militaire, Régiment, Ardeur , Talents, Amérique, Capitaine, Prodige, Campagnes militaires, Exploits, Gloire, Canada, Homme illustre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
MORT S.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
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Résumé : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Le Marquis de Montcalm, né en 1712, fut un militaire français distingué pour son dévouement et ses sacrifices pour l'État. Il débuta sa carrière au Régiment de Hainault Infanterie et gravit les échelons jusqu'à devenir Lieutenant-Général des Armées du Roi et commandant en chef des troupes françaises en Amérique septentrionale. Montcalm était également un érudit, maîtrisant les langues grecque et latine, et conservant un goût pour l'étude tout au long de sa carrière. Montcalm servit avec distinction dans plusieurs campagnes en Europe et en Amérique. En Amérique, il montra une bravoure exceptionnelle, une grande prudence et une résolution courageuse, menant des troupes françaises et des alliés autochtones contre des forces ennemies supérieures en nombre. Ses campagnes, notamment autour du lac Saint-Sacrement et du fort Carillon, furent marquées par des victoires stratégiques et des manœuvres audacieuses. En 1759-1760, Montcalm et ses troupes, sous les ordres de Lévi et Bourlamaque, remportèrent une victoire significative contre les forces ennemies. La bataille coûta à l'ennemi environ six mille morts ou blessés, avec trois mille cadavres près de l'abattis. Les Canadiens et les Sauvages ne participèrent pas à cette victoire, rejoignant l'armée cinq jours plus tard. Les soldats crièrent 'Vive le Roi et notre Général!' durant le combat, reflétant leur confiance en Montcalm. Montcalm écrivit à Doreil pour exprimer sa satisfaction de la victoire et regretta de ne pas avoir plus de troupes pour poursuivre l'ennemi. Il loua également ses officiers et soldats, soulignant leur valeur et leur discipline. Dans une lettre à Vaudreuil, il attribua la victoire aux dispositions prises et à l'exemple donné par lui-même. La défense de Québec contre les forces anglaises fut marquée par des combats acharnés pour protéger les vivres et les communications. Montcalm fut blessé mortellement lors d'une bataille décisive près de Québec et mourut le 14 septembre 1760. Ses dernières paroles furent de recommander à ses officiers de préserver l'honneur de la France. Les ennemis et les alliés de Montcalm témoignèrent de ses talents militaires et de ses vertus.
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2388
p. 204-205
DE VERSAILLES le 20 Décembre.
Début :
La santé de Monseigneur le Duc de Bourgogne qui étoit fort dérangée [...]
Mots clefs :
Duc de Bourgogne, Santé, Abbé, Maréchal de France, Abbaye, Duc, Sceau, Capitaine, Marquis, Démission, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 20 Décembre.
De VERSAILLES le 20 Décembre .
LAfanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
qui étoit fort dérangée depuis quelques mois , fe
rétablit de plus en plus , & l'on eft actuellement
hors de toute inquiétude fur l'état de ce jeune
Prince.
Le Roi a donné à l'Abbé Bulté de Clairy la furvivance
de l'Abbé Baifle , pour la Charge de
Chapelain ordinaire .
Sa Majefté a fait Maréchal de France le Duc
de Broglie , Lieutenant- Général de fes Armées.
Le Roi a donné l'Abbaye réguliere & élective
d'Eftrun , ordre de S. Benoît , Diocèle d'Arras ,
à la Dame de Gennevieres de Samettes , Religieufe
de la même Abbaye.
Le 12 de ce mois , le Duc de Momorency
Luxembourg prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la furvivance de la charge de Capitaine
des Gardes du Corps , dont le Maréchal Duc de
Luxembourg eft titulaire.
Le 21 le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé de la charge de Maître
de fa Garderobe , vacante par la démiffion du
JANVIER. 1760. 205
Marquis de Souvré , en faveur du Marquis de
Chauvelin. Le Roi a auffi difpofé de la pareille
Charge , vacante par la démiffion du Maréchal
de Maillebois , en faveur du Comte de Roisgelin
de Cucé .
LAfanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
qui étoit fort dérangée depuis quelques mois , fe
rétablit de plus en plus , & l'on eft actuellement
hors de toute inquiétude fur l'état de ce jeune
Prince.
Le Roi a donné à l'Abbé Bulté de Clairy la furvivance
de l'Abbé Baifle , pour la Charge de
Chapelain ordinaire .
Sa Majefté a fait Maréchal de France le Duc
de Broglie , Lieutenant- Général de fes Armées.
Le Roi a donné l'Abbaye réguliere & élective
d'Eftrun , ordre de S. Benoît , Diocèle d'Arras ,
à la Dame de Gennevieres de Samettes , Religieufe
de la même Abbaye.
Le 12 de ce mois , le Duc de Momorency
Luxembourg prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la furvivance de la charge de Capitaine
des Gardes du Corps , dont le Maréchal Duc de
Luxembourg eft titulaire.
Le 21 le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé de la charge de Maître
de fa Garderobe , vacante par la démiffion du
JANVIER. 1760. 205
Marquis de Souvré , en faveur du Marquis de
Chauvelin. Le Roi a auffi difpofé de la pareille
Charge , vacante par la démiffion du Maréchal
de Maillebois , en faveur du Comte de Roisgelin
de Cucé .
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Résumé : DE VERSAILLES le 20 Décembre.
Le 20 décembre à Versailles, la santé du Duc de Bourgogne s'est améliorée, dissipant les inquiétudes. Le Roi a nommé l'Abbé Bulté de Clairy Chapelain ordinaire, remplaçant l'Abbé Baifle. Le Duc de Broglie a été promu Maréchal de France et Lieutenant-Général des Armées. L'Abbaye d'Estrun, ordre de Saint-Benoît, a été attribuée à la Dame de Gennevieres de Samettes. Le 12 décembre, le Duc de Montmorency-Luxembourg a prêté serment pour la charge de Capitaine des Gardes du Corps, succédant au Maréchal Duc de Luxembourg. Le 21 décembre, le Roi a tenu le Sceau. Le Marquis de Chauvelin a été nommé Maître de la Garderobe, remplaçant le Marquis de Souvré, et le Comte de Roisgelin de Cucé a succédé au Maréchal de Maillebois à cette charge.
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2389
p. 205-206
DE PARIS, le 22 Décembre.
Début :
Le 17 de ce mois le Parlement, toutes les Chambres assemblées, enregistra un Edit, [...]
Mots clefs :
Parlement, Édit, Rentes viagères, Vaisseaux anglais, Croisic, Officiers, Canons, Menace , Ennemis, Escarmouche, Canada, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 22 Décembre.
De PARIS , le 22 Décembre .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
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Résumé : DE PARIS, le 22 Décembre.
Le 17 décembre, le Parlement de Paris enregistra un édit créant trois millions de rentes viagères sous forme de tontine, divisées en actions de 200 livres chacune, réparties en huit classes. Ces rentes étaient établies sur la Ferme Générale des Postes, les Aydes et les Gabelles. À Vannes, plusieurs vaisseaux anglais apparurent au large du Croisic. Leur chef demanda la restitution des canons des vaisseaux anglais brûlés sur la côte, menaçant de bombarder la ville en cas de refus. La demande fut rejetée, entraînant le bombardement de la ville par les vaisseaux ennemis. En Allemagne, l'armée continua d'occuper ses cantonnements près de Friedberg, tandis que l'armée ennemie resta en position. Quelques escarmouches eurent lieu entre les postes avancés, résultant en la capture de quelques prisonniers ennemis. Le 1er janvier, le lieutenant de frégate Canon, parti en mars précédent avec un convoi pour le Canada, revint. Selon les dernières lettres de Cadix, les vaisseaux ne furent pas désarmés et des ordres contraires furent reçus pour les troupes de terre. Une tempête dispersa l'escadre anglaise, démâtant trois de ses plus gros vaisseaux et les rendant inaptes à naviguer. Les cinq vaisseaux français et les quatre frégates fortifiant Portles durent y rentrer le 7.
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2390
p. 209-215
SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 24 Décembre 1759. Messieurs m. o. g. Courget, Bourgeois de Paris. [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Bourgeois, Conseiller, Marquis, Marchand, Comte, Secrétaire du roi, Liste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de la Lifte de la Vaiffelle portée
à la Monnoie de Paris .
Meffieurs
Du 24 Décembre 1759.
Courget , Bourgeois de Paris.
Mad. Le Blanc, Veuve du Contrôl.
des Rentes .
Brillon , Notaire.
Made Marbourg.
Plus , en or , 4 m. 4 on. ƒ gr. 4.
Le Général des Mathurias.
Pouffot , Infpecteur de Police .
Jourdain de Blicourt , intéreſſé dans
les affaires du Roi.
le Marquis de la Palun , Gouverneur
d'Orange.
De Nefines , fils , Munitionn. gén.
Telles de Saint-Andolle .
De la Salle , Secrétaire du Roi.
Voutier , Secrétaire du Roi .
De la Chenay , Fermier du Roi,
Telles de Lacofte, Grand Maître des
Eaux & Forêts,
Plus , en or , gr. & demi.
Les Peres de Nazareth.
Telle , Traiteur.
Le Marquis de Gouy , Maréchal des
Camps.
Made Gallot , Marchande.
Morinais , ( Quatrième envoi. )
de Pontcarré , ancien Prem . Préfid .
du Parlement de Rouen ,"
Made d'Emery.
m. o.g
9 7 f
II 23
125 1
30 17
10 0 0
5555
276 17
18326
5424
534
6.03
130 4 6
93 10
606
44 7 2
4657
84 1
394 3
4 2
98.1
II ƒ 6
110 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Duport , Maître des Comptes.
de Fontenay.
Geury , Officier de la Reine .
Criftel , Receveur , Port S. Paul.
de la Touche, Intendant des Menus.
Brillon , Notaire.
Darey.
Tourton , Procureur au Châtelet.
de la Brouillaie .
Chalumeau , Proc. au Parlement.
Les Filles de l'Ave- Maria,
Made la Veuve Briffet.
le Marquis de Merry .
les Cordeliers du Grand- Couvent.
Made de Lafontaine , demeurant
au Château de Vincennes .
l'Héritier , Notaire , & Granier
ancien Marchand .
Jacob , Contrôleur de la Maifon
du Roi.
Mérault , Préfident du Bureau des
Finances & Chambre du Domaine
de la Généralité de Paris .
Plus , en or , 7 onc. gr. 12 g.
le Curé de Saint Euſtache.
Tingris , Profeffeur. de Philofophie.
Mile Rouffe , Bourgeoise de Paris .
l'Abbé de la Coffade.
m.o. g.
181 7 £
57 11
2845
456
I
177 7 6
I 2 4
79352
3342
5120
17 7 3
35
60 7
132 I
66 5 x
2472
105 12
35 1 21
10 I 41
49 4 2
915
712 S
12976
Made la Baronne de Befeuval &
M. fon fils . 18302
de Croville , ancien Exempt des
Gardes du Corps.
les Prémontrés , Chef- d'Ordre.
Made Guefnot , Veuve.
2366
222
57
9331
JANVIER. 1760 . 211
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Gueriot du Vivier , Receveur des
Tailles à Moulins .
Donjon , Commis à la Recette des
Finances à Moulins.
Magnier , Notaire.
Duvieux , Secret . de M. Chauvelin ,
Intendant des Finances .
Plus , pour Mile Durieux fa foeur ,
a remis en or I onc. 4 gr. 24 g.
Made Girard de Buffon.
Mlle Rainteau de Lamarre.
m. O
g.
5651
60 O I
is 4 s
44 0 I
45 0 2
13465
3460 3 11
Du 26 Décembre.
Made Huaut , Marchande.
l'Abbé Graffin .
Made de Pormore.
Made de Montaigu , De de Pinceloup .
de Ségent , prem. Commis du Bureau
de la Guerre.
14 2 2
7001
692
29 161
Boiftel , Traiteur.
176 271
6029
356301
Du 27 Décembre.
Mlle Tinelle , 1 flacon d'or , 2 on. 27 g.
Chenu , Commiffaire au Châtelet.
Ruffet , Chirurgien.
l'Abbelle de Maubuſſon .
Made Pagnion .
Made de Vaudré , Abbeffe de l'Eau ,
Ordre de Citeaux.
49 7 61
31 7 7
6620
71 S 4
24 29
de Verneuil , Meftre de camp de Cav .
Randon de Malboiffiere .
57 2 2
173 06
474 4 7
212 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 28 Décembre.
Conftantin , ancien Commis de la
Marine.
le Maréchal de Clermont-Tonnerre.
Barthélemi le Coulteux.
Caruel, Marchand.
Mile Fournier ; à la Communauté
de Saint Chaumont,
les Carmes de la Place Maubert.
Aubin , Confeiller au Parlement.
Plus , en or , 3 one. 4 gr. 18 d.
de Saint Laurent , ancien premier
Commis de la Guerre.
Graffin de Mailly , Ingén. du Roi.
Made l'Abbeffe de Maubuffon.
Made l'Abbelle de Pont- aux-Dames.
La Fabrique de S. Pierre aux Boeufs.
le Président de Paris.
de Hemant , Maître des Comptes.
Made de Crillon , Abbeffe de Villier ,
Ordre de Citeaux.
Gagnat de Longuy , Maître des
Requêtes.
Gaunat de Lamotte , Secrét . du Roi,
L'Eglife de Charonne- les- Paris.
le Marquis de Poyanne ,
Petiton , Bourgeois de Paris .
Malartic , Ecayer,
Du 29 Décembre.
m. o.
2145
78 10
149 01
17 3 4
14 3.7
4936
145 of
177 5 3
102 7 S
995 S
5460
764
5.92 1
13674
79 I I
28544
SI 4 4
3.1 3. 6
428 13
700
12 7
1910 I 2
Deschamps , Tréf. gén . des Monnoies. 34 065
Made de Gouy.
Mlle de Poulprie de Tribodinie .
2
12 3 I
2
17 I IL
JANVIER. 1760 . 213
Suite du 29 Décembre.
Meffieurs
Baubec , Secrétaire du Roi.
le Marquis de Senety , Capitaine aux
Gardes.
Neigre , ancien Lieuten . Criminel.
de Marville , Confeiller d'Etat.
Prevolt , Avocat. 2 onc, 21 gr.
Bruau , Correcteur des Comptes.
Made Saunier.
Claeffen , Direct. de la Compagnie
des Indes.
Les Carmélites , rue Chapon.
m. o. g.
48 13
100 5 6
191 34
84 7 4
2844
129 12
74-4 O
2
113 I 21
2
2932
12 4 I
de Bougainville , de l'Acad . Françoife. 53 5 7 ļ
Maigrot , Secrét. de M. de Valliere.
Guillaume , Contrôleur de la Maiſon
de M. le Comte d'Eu.
Germain , Greffier des Req. du Palais.
Couette d'Eaubonne.
le Marquis d'Asfeld , Maréchal de
Camp.
le Marquis des Seftaux.
Made Hayez.
L'Eglife des Invalides.
La Cathédrale de Chartres.
de Louvel .
Les Petits Auguftins .
Made Dauderau .
Les Théatins.
Les Auguftins , Petits Peres .
Les Carmelites , Fauxb . S. Germain.
Les Cordelieres du Fauxb . S. Marcel.
le Duc de la Rochefoucault.
Les Jacobins de la rue S. Jacques.
Made Prieur , Bourgeoile de Paris.
7847
2277
44 571
66
73
IOI 4 6
4752-7
92 I 6
192 1 5
2006
55 66
677
44 2 0
5003
61-34
II 0 6
581 6 1
68 5 4
44 0 I
1
214 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 29 Décembre.
Boyer , Medecin du Roi.
Made Duclos , Bourgeoile de Paris.
Delaunay , Marchand de Vin .
Made & M. le Marquis d'Antery.
Made de Crillon , Abbeffe de Villiers.
Bercher , Receveur des Domaines
du Roi.
Magny , Maître Peintre.
l'Evêque de Séez.
Dubois de Beauvail.
Les Minimes de la Place Royale.
Vincent , Prem. Commis de M. Chauvelin.
Moraine de Lamotte , Ecuyer , demeurant
à Laval .
Made la Ducheffe de Briffac.
Les Prémontrés de l'Abbaye d'Hérmieres.
m. o. g.
177.0 G
18 I S
25 1 I
221 7
25 I 5
21-6
36 4 4
103 6 0
3202
2 I
27 371
48 4 3
57 S
14 2 I
385502
Du 31 Décembre.
Rolland , Confeiller de Grand'- Ch.
le Marquis de Boiſé de Courſenay .
Dufranc Caftel , Huiffier- Prifeur.
le Duc de la Trémoille.
Davignon , Secrétaire du Roi.
de la Salle , Secrétaire du Roi.
Lenoir l'aîné , Notaire.
Les Bénédictins de la Ville- l'Evêque .
de Moutier , Lieutenant génér, à Pon- *
toife.
Les Religieufes de Bellechaffe.
Les Religieufes du Cherchemidi .
20
907
2
39061
132 3 0
118 0 0
375
I I
70 7 4
129 7 0
88 7 5
6
43 5
2
JANVIER. 17601 215
Meffieurs
Suite du 31 Décembre,
Les Bénédictins de S. Luc d'Efferans ,
près Chantilly.
Made de Chamourfet.
Made l'Abbeffe de Montmartre.
Made Geliffe.
Graffin , Directeur général des Monnoies
, Honoraire.
Frecot de Lanty, Confeiller au Grand
Confeil.
Les Célestins de Morcoucy .
Beat , Receveur au Change de la
Monnoie.
}
Bellanger , Avocat général de la Cour
des Aydes.
le Comte de la Riviere , Vicomte de
Tonnerre .
Made la Veuve de Chancourt .
m.
9.g.
45 7 3
1503 2
I
12 69
61761
403 4 I
636 27
100 4
1857
216 2 2
98 30
169 4 2
245663
à la Monnoie de Paris .
Meffieurs
Du 24 Décembre 1759.
Courget , Bourgeois de Paris.
Mad. Le Blanc, Veuve du Contrôl.
des Rentes .
Brillon , Notaire.
Made Marbourg.
Plus , en or , 4 m. 4 on. ƒ gr. 4.
Le Général des Mathurias.
Pouffot , Infpecteur de Police .
Jourdain de Blicourt , intéreſſé dans
les affaires du Roi.
le Marquis de la Palun , Gouverneur
d'Orange.
De Nefines , fils , Munitionn. gén.
Telles de Saint-Andolle .
De la Salle , Secrétaire du Roi.
Voutier , Secrétaire du Roi .
De la Chenay , Fermier du Roi,
Telles de Lacofte, Grand Maître des
Eaux & Forêts,
Plus , en or , gr. & demi.
Les Peres de Nazareth.
Telle , Traiteur.
Le Marquis de Gouy , Maréchal des
Camps.
Made Gallot , Marchande.
Morinais , ( Quatrième envoi. )
de Pontcarré , ancien Prem . Préfid .
du Parlement de Rouen ,"
Made d'Emery.
m. o.g
9 7 f
II 23
125 1
30 17
10 0 0
5555
276 17
18326
5424
534
6.03
130 4 6
93 10
606
44 7 2
4657
84 1
394 3
4 2
98.1
II ƒ 6
110 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Duport , Maître des Comptes.
de Fontenay.
Geury , Officier de la Reine .
Criftel , Receveur , Port S. Paul.
de la Touche, Intendant des Menus.
Brillon , Notaire.
Darey.
Tourton , Procureur au Châtelet.
de la Brouillaie .
Chalumeau , Proc. au Parlement.
Les Filles de l'Ave- Maria,
Made la Veuve Briffet.
le Marquis de Merry .
les Cordeliers du Grand- Couvent.
Made de Lafontaine , demeurant
au Château de Vincennes .
l'Héritier , Notaire , & Granier
ancien Marchand .
Jacob , Contrôleur de la Maifon
du Roi.
Mérault , Préfident du Bureau des
Finances & Chambre du Domaine
de la Généralité de Paris .
Plus , en or , 7 onc. gr. 12 g.
le Curé de Saint Euſtache.
Tingris , Profeffeur. de Philofophie.
Mile Rouffe , Bourgeoise de Paris .
l'Abbé de la Coffade.
m.o. g.
181 7 £
57 11
2845
456
I
177 7 6
I 2 4
79352
3342
5120
17 7 3
35
60 7
132 I
66 5 x
2472
105 12
35 1 21
10 I 41
49 4 2
915
712 S
12976
Made la Baronne de Befeuval &
M. fon fils . 18302
de Croville , ancien Exempt des
Gardes du Corps.
les Prémontrés , Chef- d'Ordre.
Made Guefnot , Veuve.
2366
222
57
9331
JANVIER. 1760 . 211
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Gueriot du Vivier , Receveur des
Tailles à Moulins .
Donjon , Commis à la Recette des
Finances à Moulins.
Magnier , Notaire.
Duvieux , Secret . de M. Chauvelin ,
Intendant des Finances .
Plus , pour Mile Durieux fa foeur ,
a remis en or I onc. 4 gr. 24 g.
Made Girard de Buffon.
Mlle Rainteau de Lamarre.
m. O
g.
5651
60 O I
is 4 s
44 0 I
45 0 2
13465
3460 3 11
Du 26 Décembre.
Made Huaut , Marchande.
l'Abbé Graffin .
Made de Pormore.
Made de Montaigu , De de Pinceloup .
de Ségent , prem. Commis du Bureau
de la Guerre.
14 2 2
7001
692
29 161
Boiftel , Traiteur.
176 271
6029
356301
Du 27 Décembre.
Mlle Tinelle , 1 flacon d'or , 2 on. 27 g.
Chenu , Commiffaire au Châtelet.
Ruffet , Chirurgien.
l'Abbelle de Maubuſſon .
Made Pagnion .
Made de Vaudré , Abbeffe de l'Eau ,
Ordre de Citeaux.
49 7 61
31 7 7
6620
71 S 4
24 29
de Verneuil , Meftre de camp de Cav .
Randon de Malboiffiere .
57 2 2
173 06
474 4 7
212 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 28 Décembre.
Conftantin , ancien Commis de la
Marine.
le Maréchal de Clermont-Tonnerre.
Barthélemi le Coulteux.
Caruel, Marchand.
Mile Fournier ; à la Communauté
de Saint Chaumont,
les Carmes de la Place Maubert.
Aubin , Confeiller au Parlement.
Plus , en or , 3 one. 4 gr. 18 d.
de Saint Laurent , ancien premier
Commis de la Guerre.
Graffin de Mailly , Ingén. du Roi.
Made l'Abbeffe de Maubuffon.
Made l'Abbelle de Pont- aux-Dames.
La Fabrique de S. Pierre aux Boeufs.
le Président de Paris.
de Hemant , Maître des Comptes.
Made de Crillon , Abbeffe de Villier ,
Ordre de Citeaux.
Gagnat de Longuy , Maître des
Requêtes.
Gaunat de Lamotte , Secrét . du Roi,
L'Eglife de Charonne- les- Paris.
le Marquis de Poyanne ,
Petiton , Bourgeois de Paris .
Malartic , Ecayer,
Du 29 Décembre.
m. o.
2145
78 10
149 01
17 3 4
14 3.7
4936
145 of
177 5 3
102 7 S
995 S
5460
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13674
79 I I
28544
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700
12 7
1910 I 2
Deschamps , Tréf. gén . des Monnoies. 34 065
Made de Gouy.
Mlle de Poulprie de Tribodinie .
2
12 3 I
2
17 I IL
JANVIER. 1760 . 213
Suite du 29 Décembre.
Meffieurs
Baubec , Secrétaire du Roi.
le Marquis de Senety , Capitaine aux
Gardes.
Neigre , ancien Lieuten . Criminel.
de Marville , Confeiller d'Etat.
Prevolt , Avocat. 2 onc, 21 gr.
Bruau , Correcteur des Comptes.
Made Saunier.
Claeffen , Direct. de la Compagnie
des Indes.
Les Carmélites , rue Chapon.
m. o. g.
48 13
100 5 6
191 34
84 7 4
2844
129 12
74-4 O
2
113 I 21
2
2932
12 4 I
de Bougainville , de l'Acad . Françoife. 53 5 7 ļ
Maigrot , Secrét. de M. de Valliere.
Guillaume , Contrôleur de la Maiſon
de M. le Comte d'Eu.
Germain , Greffier des Req. du Palais.
Couette d'Eaubonne.
le Marquis d'Asfeld , Maréchal de
Camp.
le Marquis des Seftaux.
Made Hayez.
L'Eglife des Invalides.
La Cathédrale de Chartres.
de Louvel .
Les Petits Auguftins .
Made Dauderau .
Les Théatins.
Les Auguftins , Petits Peres .
Les Carmelites , Fauxb . S. Germain.
Les Cordelieres du Fauxb . S. Marcel.
le Duc de la Rochefoucault.
Les Jacobins de la rue S. Jacques.
Made Prieur , Bourgeoile de Paris.
7847
2277
44 571
66
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IOI 4 6
4752-7
92 I 6
192 1 5
2006
55 66
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5003
61-34
II 0 6
581 6 1
68 5 4
44 0 I
1
214 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 29 Décembre.
Boyer , Medecin du Roi.
Made Duclos , Bourgeoile de Paris.
Delaunay , Marchand de Vin .
Made & M. le Marquis d'Antery.
Made de Crillon , Abbeffe de Villiers.
Bercher , Receveur des Domaines
du Roi.
Magny , Maître Peintre.
l'Evêque de Séez.
Dubois de Beauvail.
Les Minimes de la Place Royale.
Vincent , Prem. Commis de M. Chauvelin.
Moraine de Lamotte , Ecuyer , demeurant
à Laval .
Made la Ducheffe de Briffac.
Les Prémontrés de l'Abbaye d'Hérmieres.
m. o. g.
177.0 G
18 I S
25 1 I
221 7
25 I 5
21-6
36 4 4
103 6 0
3202
2 I
27 371
48 4 3
57 S
14 2 I
385502
Du 31 Décembre.
Rolland , Confeiller de Grand'- Ch.
le Marquis de Boiſé de Courſenay .
Dufranc Caftel , Huiffier- Prifeur.
le Duc de la Trémoille.
Davignon , Secrétaire du Roi.
de la Salle , Secrétaire du Roi.
Lenoir l'aîné , Notaire.
Les Bénédictins de la Ville- l'Evêque .
de Moutier , Lieutenant génér, à Pon- *
toife.
Les Religieufes de Bellechaffe.
Les Religieufes du Cherchemidi .
20
907
2
39061
132 3 0
118 0 0
375
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70 7 4
129 7 0
88 7 5
6
43 5
2
JANVIER. 17601 215
Meffieurs
Suite du 31 Décembre,
Les Bénédictins de S. Luc d'Efferans ,
près Chantilly.
Made de Chamourfet.
Made l'Abbeffe de Montmartre.
Made Geliffe.
Graffin , Directeur général des Monnoies
, Honoraire.
Frecot de Lanty, Confeiller au Grand
Confeil.
Les Célestins de Morcoucy .
Beat , Receveur au Change de la
Monnoie.
}
Bellanger , Avocat général de la Cour
des Aydes.
le Comte de la Riviere , Vicomte de
Tonnerre .
Made la Veuve de Chancourt .
m.
9.g.
45 7 3
1503 2
I
12 69
61761
403 4 I
636 27
100 4
1857
216 2 2
98 30
169 4 2
245663
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Résumé : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Le document présente une liste de personnes ayant effectué des dépôts à la Monnaie de Paris entre le 24 décembre 1759 et le 31 décembre 1759. Les entrées incluent des individus de diverses professions et statuts sociaux, tels que bourgeois, veuves, notaires, maréchaux, gouverneurs, secrétaires du roi, fermiers du roi, et membres de différentes congrégations religieuses. Chaque dépôt est accompagné de montants en livres, sous, et deniers, indiquant les sommes déposées. Les dépôts sont détaillés jour par jour, avec des mentions spécifiques pour certains individus ou groupes, comme les Pères de Nazareth, les Filles de l'Ave-Maria, ou les Carmélites. Les montants varient considérablement, allant de quelques livres à plusieurs milliers de livres. Le texte se conclut par une liste de dépôts effectués le 31 décembre 1759, incluant des religieux, des avocats, et des nobles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2391
p. 201
DE CONSTANTINOPLE, le 14 Décembre 1759.
Début :
Sa Hautesse a donné, il y a peu de jours, audience à l'Envoyé extraordinaire de Russie. [...]
Mots clefs :
Audience, Envoyé extraordinaire, Ministre, Russie, Félicitation, Impératrice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE CONSTANTINOPLE, le 14 Décembre 1759.
De CONSTANTINOPLE ,
SA
le
14 Décembre 1759
A Hauteffe a donné , il y a peu de jours , audience
à l'Envoyé extraordinaire de Ruffie. Ce
Miniftre étoit accompagné du fieur d'Obereskoff ,
réfident à Conftantinople de la part de la même
Cour. Il préfenta dans cette audience les Lettres
de félicitation , adreffées au Grand- Seigneur par
l'Impératrice de Ruffie , fur fon avènement au
Trône. Les deux Miniftres furent reçus de fa
Hautefle avec beaucoup de témoignages d'affection
& d'intelligence,
SA
le
14 Décembre 1759
A Hauteffe a donné , il y a peu de jours , audience
à l'Envoyé extraordinaire de Ruffie. Ce
Miniftre étoit accompagné du fieur d'Obereskoff ,
réfident à Conftantinople de la part de la même
Cour. Il préfenta dans cette audience les Lettres
de félicitation , adreffées au Grand- Seigneur par
l'Impératrice de Ruffie , fur fon avènement au
Trône. Les deux Miniftres furent reçus de fa
Hautefle avec beaucoup de témoignages d'affection
& d'intelligence,
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2392
p. 205
DE PRAGUE, le 31 Décembre.
Début :
La garnison de Dresde, renforcée jusqu'à vingt mille hommes, met cette [...]
Mots clefs :
Garnison, Impératrice Reine, Baron, Maréchal Daun, Armée, Quartier général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PRAGUE, le 31 Décembre.
De PRAGUE , le 31 Décembre 1759.
La garnison de Drefde , renforcée jufqu'à vingt
mille hommes , met cette Ville à couvert de toute
infulte ; & la bonne pofition du Maréchal de
Daun , qui a fon quartier à Pyrna , rend fes habitans
tranquilles fur les entreprifes du Roi de
Pruffe.
L'Impératrice Reine , a nommé le Baron de
Laudon Général Commandant de fes troupes en
Bohême & en Moravie . Sa nouvelle Armée eft
déjà de vingt mille hommes ; & on a pris des
mefures pour qu'avant le milieu du mois , elle
foit forte de trente . Il a tranſporté fon quartier
général de Brillin où il étoit , à Brixen , afin d'être
plus à portée d'obferver les mouvemens du Prince
de Brunswick.
La garnison de Drefde , renforcée jufqu'à vingt
mille hommes , met cette Ville à couvert de toute
infulte ; & la bonne pofition du Maréchal de
Daun , qui a fon quartier à Pyrna , rend fes habitans
tranquilles fur les entreprifes du Roi de
Pruffe.
L'Impératrice Reine , a nommé le Baron de
Laudon Général Commandant de fes troupes en
Bohême & en Moravie . Sa nouvelle Armée eft
déjà de vingt mille hommes ; & on a pris des
mefures pour qu'avant le milieu du mois , elle
foit forte de trente . Il a tranſporté fon quartier
général de Brillin où il étoit , à Brixen , afin d'être
plus à portée d'obferver les mouvemens du Prince
de Brunswick.
Fermer
Résumé : DE PRAGUE, le 31 Décembre.
Le 31 décembre 1759, à Prague, une garnison de vingt mille hommes protège Dresde. Le maréchal de Daun assure la sécurité à Pirna. L'Impératrice Reine nomme le baron de Laudon général en Bohême et Moravie. Son armée doit passer de vingt à trente mille hommes d'ici mi-janvier. Laudon déplace son quartier général de Brillin à Brixen pour surveiller le prince de Brunswick.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2393
p. 207
DE ROME, le 12 Janvier.
Début :
On croit que notre Cour & celle de Portugal sont d'accord sur les points qui les divisoient. [...]
Mots clefs :
Cour, Portugal, Pape, Conseil, Ecclésiastiques, Évêque, Nomination, Pluies, Cultures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 12 Janvier.
De ROME , le 12 Janvier.
On croit que notre Cour & celle de Portugal
font d'accord fur les points qui les divifoient. Sa
Sainteté accorde, pour toujours , au Roi de Portugal
& à fon Confeil de Confcience , la déciſion
de tous les différends eccléfiaftiques qui pourroient
furvenir dans les États. Elle demande feulement,
qu'on y appelle un Evêque qui ait fait une étude
fpéciale des cas de confcience & du Droit eccléfaflique.
La nomination du Nonce , à la Cour de
Portugal , ne fe fera aufli que de concert avec
cette Cour. Le Pape propoſe pour cette nonciature
quatre Prélats , parmi lefquels Sa Majesté
Très-fidelle fera un choix.
Les pluies , qui afgeoient ce Pays dépuis plufieurs
mois , & qui fembloient ôter aux gens de
la campagne toute eſpérance de récolte , ont enfin
ceffé. Suivant les nouvelles du 19 , le temps
eft redevenu ferein ; & ce changement a l'appa
rence d'être durable.
On croit que notre Cour & celle de Portugal
font d'accord fur les points qui les divifoient. Sa
Sainteté accorde, pour toujours , au Roi de Portugal
& à fon Confeil de Confcience , la déciſion
de tous les différends eccléfiaftiques qui pourroient
furvenir dans les États. Elle demande feulement,
qu'on y appelle un Evêque qui ait fait une étude
fpéciale des cas de confcience & du Droit eccléfaflique.
La nomination du Nonce , à la Cour de
Portugal , ne fe fera aufli que de concert avec
cette Cour. Le Pape propoſe pour cette nonciature
quatre Prélats , parmi lefquels Sa Majesté
Très-fidelle fera un choix.
Les pluies , qui afgeoient ce Pays dépuis plufieurs
mois , & qui fembloient ôter aux gens de
la campagne toute eſpérance de récolte , ont enfin
ceffé. Suivant les nouvelles du 19 , le temps
eft redevenu ferein ; & ce changement a l'appa
rence d'être durable.
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Résumé : DE ROME, le 12 Janvier.
Le 12 janvier, la Cour de Rome et celle du Portugal ont résolu leurs différends. Le Pape autorise le Roi du Portugal à régler les conflits ecclésiastiques avec l'avis d'un évêque spécialisé. La nomination du Nonce se fera en concertation avec la Cour portugaise. Le Pape propose quatre prélats pour ce poste. Les pluies ont cessé, et le temps est redevenu serein.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2394
p. 207-208
DE LONDRES, le 8 Janvier.
Début :
On est toujours dans l'inquiétude au sujet du sieur Thurot, & de sa petite [...]
Mots clefs :
Escadre, Norvège, Vaisseaux, Amiral, Tempête, Prince Ferdinand , Chambre des communes, Emprunt, Georges l'Aveugle, Décès
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texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 8 Janvier.
De LONDRES , le 8 Janvier.
On est toujours dans l'inquiétude au fujet dur
fieur Thurot, & de fa petite efcadre. Quelques avis
venus des Côtes de Norwege , vers la fin du mois
dernier , apprenoient qu'il croifoit fur ces Côtes ,
& qu'il avoit intercepté plufieurs vaiffeaux Anglois.
On dépêcha auffitôt un Courier au Chef
d'efcadre Boys , qui étoit ftationné dans la rade
de Leith en Ecoffe , avec ordre de fe remettre à fa
pourfuite. I fit à l'inftant fes difpofitions pour
appareiller au premier vent favorable , & il fit
prendre les devans aux canots le Scourge & l'Ai
gle. On n'en a plus eu de nouvelles depuis.
On a appris,du 30 , que l'Amiral Saunders eft,
fur fon départ pour aller relever l'Amiral Brode
208 MERCURE DE FRANCE.
rick , qui eft forti de Cadix le 4 du mois dernier.
Il a été de nouveau accueilli par une violente
tempête , qui l'a obligé de fe réfugier en trèsmauvais
état à Gibraltar . On eftime ici qu'il a
été heureux d'être fi près de ce port : car l'eſcadre
Françoife , compofée de cinq vaiffeaux de ligne, &
de trois frégates , eft fortie bientôt après , On
fçait qu'elle a paffé fans oppofition le détroit ,
failant voile pour Toulon .
Après bien des conteftations , la Chambre des
Communes donna , le 23 de ce mois , fon approbation
au Bill concernant l'emprunt de huit millions
de livres sterling , par annuités ; & il vient
feulement d'être arrêté . On dit , qu'on portera.
jufqu'à vingt mille hommes , le corps de troupes
deftiné à renforcer le Prince Ferdinand , fous lesordres
des Généraux Barington & Honeywood.
Il eft mort, à Lithe , dans le Comté de Weftmerland
, un aveugle dès l'enfance , qui par fes
connoiffances pouvoit être réputé l'émule du
célèbre Saunderfon . Il fe nommoit Georges Bercket
, ou , plus vulgairement ,Georges l'Aveugle.
La privation de la vue ne l'avoit pas empêché
de faire dans la Théologie , la Morale , la Métaphyfique
, la Mufique & la Philofophie naturelle ,
des progrès qui étonnoient ceux même qui étoient
le plus verfés dans ces fciences .
On est toujours dans l'inquiétude au fujet dur
fieur Thurot, & de fa petite efcadre. Quelques avis
venus des Côtes de Norwege , vers la fin du mois
dernier , apprenoient qu'il croifoit fur ces Côtes ,
& qu'il avoit intercepté plufieurs vaiffeaux Anglois.
On dépêcha auffitôt un Courier au Chef
d'efcadre Boys , qui étoit ftationné dans la rade
de Leith en Ecoffe , avec ordre de fe remettre à fa
pourfuite. I fit à l'inftant fes difpofitions pour
appareiller au premier vent favorable , & il fit
prendre les devans aux canots le Scourge & l'Ai
gle. On n'en a plus eu de nouvelles depuis.
On a appris,du 30 , que l'Amiral Saunders eft,
fur fon départ pour aller relever l'Amiral Brode
208 MERCURE DE FRANCE.
rick , qui eft forti de Cadix le 4 du mois dernier.
Il a été de nouveau accueilli par une violente
tempête , qui l'a obligé de fe réfugier en trèsmauvais
état à Gibraltar . On eftime ici qu'il a
été heureux d'être fi près de ce port : car l'eſcadre
Françoife , compofée de cinq vaiffeaux de ligne, &
de trois frégates , eft fortie bientôt après , On
fçait qu'elle a paffé fans oppofition le détroit ,
failant voile pour Toulon .
Après bien des conteftations , la Chambre des
Communes donna , le 23 de ce mois , fon approbation
au Bill concernant l'emprunt de huit millions
de livres sterling , par annuités ; & il vient
feulement d'être arrêté . On dit , qu'on portera.
jufqu'à vingt mille hommes , le corps de troupes
deftiné à renforcer le Prince Ferdinand , fous lesordres
des Généraux Barington & Honeywood.
Il eft mort, à Lithe , dans le Comté de Weftmerland
, un aveugle dès l'enfance , qui par fes
connoiffances pouvoit être réputé l'émule du
célèbre Saunderfon . Il fe nommoit Georges Bercket
, ou , plus vulgairement ,Georges l'Aveugle.
La privation de la vue ne l'avoit pas empêché
de faire dans la Théologie , la Morale , la Métaphyfique
, la Mufique & la Philofophie naturelle ,
des progrès qui étonnoient ceux même qui étoient
le plus verfés dans ces fciences .
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Résumé : DE LONDRES, le 8 Janvier.
Le 8 janvier, une inquiétude grandit à Londres face aux activités du flibustier Thurot et de son escadre, repérés en Norvège après avoir intercepté plusieurs vaisseaux anglais. Le chef d'escadre Boys, basé à Leith en Écosse, a reçu l'ordre de les poursuivre avec les navires Scourge et Aigle, dont les nouvelles sont absentes depuis. L'amiral Saunders, en route pour remplacer l'amiral Bodewick à Cadix, a dû se réfugier à Gibraltar en raison d'une tempête. L'escadre française, composée de cinq vaisseaux de ligne et trois frégates, a traversé le détroit de Gibraltar sans obstacle, direction Toulon. La Chambre des Communes a validé un emprunt de huit millions de livres sterling et prévoit de renforcer les troupes du Prince Ferdinand à vingt mille hommes, sous les ordres des généraux Barington et Honeywood. Par ailleurs, Georges Bercket, un aveugle de naissance connu pour ses connaissances en théologie, morale, métaphysique, musique et philosophie naturelle, est décédé à Lithe dans le comté de Weftmerland.
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2395
p. 208
DE LA HAYE, le 27 janvier.
Début :
Tout annonce ici les dispositions pacifiques du gouvernement, & on en peut inférer le [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Querelle, Europe, Dispositions pacifiques, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 27 janvier.
De LA HAYE , le 27 Janvier.
Tout annonce ici les difpofitions pacifiques du
gouvernement, & on en peut inférer le peu de
fondement des bruits répandus de toutes parts ,
que nous allions être entraînés dans la querelle
qui divife toute l'Europe.
Il est mort en cette ville , la femaine derniere,
une femme âgée de cent quinze ans & quelques
mois. Elle a confervé fa raifon &.la vuë juſqu'à
la fin .
Tout annonce ici les difpofitions pacifiques du
gouvernement, & on en peut inférer le peu de
fondement des bruits répandus de toutes parts ,
que nous allions être entraînés dans la querelle
qui divife toute l'Europe.
Il est mort en cette ville , la femaine derniere,
une femme âgée de cent quinze ans & quelques
mois. Elle a confervé fa raifon &.la vuë juſqu'à
la fin .
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2396
p. 209-211
DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
Début :
Sa Majesté a nommé le Comte de Polastron, ci-devant Colonel du Régiment de [...]
Mots clefs :
Nominations, Comte, Régiment, Comtesse, Famille royale, Roi, Maréchal, Marquis, Colonel, Ambassadeur, Sceau, Officiers, Chancellerie, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Chevaliers, Monseigneur le Dauphin, Duc, Prince, Abbaye, Abbé, Ordre, Diocèse, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
De VERSAILLES , le 17 Janvier 1760 , &
jours fuivans.
SA Majeſté a nommé le Comte de Polaſtron ,
ci- devant Colonel du Régiment de la Couronne ,
Infanterie , grand Sénéchal du Comté d'Armagnac
, & Gouverneur de la Ville d'Auch .
Le 6 , la Comteffe de Jumilhac eut l'honneur
d'être préſentée à leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
Le Roi a nommé la Comteffe de Narbonne ,
ci-devant Dame du Palais de feue Madame Infante
, Ducheffe de Parme , pour accompagner
Madame .
Sa Majesté a difpofé du Régiment Royal de
Corfe , vacant par la mort du Comte de Vence ,
en faveur du Vicomte de Vence , Colonel réformé
à la fuite de ce Régiment.
Le 27 de ce mois , le Maréchal de Maillebois ,
prêta ferment entre les mains de Sa Majefté ,pour
le gouvernement d'Alface .
Sa Majefté a nommé , pour fon Ambaffadeur
extraordinaire auprès du Roi des Deux - Siciles ,
le Marquis de Durfort, actuellement Ambaffadeur
auprès de la République de Venife .
Le Comte de Bafchi , ci - devant Ambaffadeur
auprès du Roi de Portugal , remplacera le Marquis
de Durfort à Venife.
Sa Majefté a aufli nommé le Marquis de
210 MERCURE DE FRANCE.
Beauflet, fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
I'Electeur de Cologne .
Le 1 Février , le Roi tint le Sceau. Le même
jour , les Officiers de la Chancellerie de France ,
de fervice & en quartier , & deux Syndics des
Secrétaires du Roi , eurent l'honneur de remettre
à Sa Majefté , en la manière accoutumée &
fuivant l'ufage , les cierges de la Chandeleur . Ils
furent préſentés par le fieur de Brou , Doyen des
Confeillers d'État.
Le lendemain, fête de la Purification de la fainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre du S. Elprit , s'étant aſſemblés ,
vers les onze heures du matin dans le cabinet du
Roi , Sa Majesté tint chapitre , & admit au nombre
des Chevaliers , le Prince des Afturies, & l'Infant
Don Louis. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
, pour fe rendre à la Chapelle . S. M.
étoit en manteau , avec le Collier de l'Ordre pardellus
. Les deux Huiffiers de la Chambre marchoient
devant Elle avec leurs maffes , & Elle
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre
, des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Le Roi affiſta à la Bénédiction
des Cierges & à la Proceflion qui fe fit dans la
Chapelle . La Grand-Meffe fut célébrée par l'Archevêque
de Narbonne, Prélat Commandeur. La
Reine , Madame la Dauphine , Madame, & Mefdame
Victoire , Sophie & Louife , étoient dans la
tribune.
Après la Meffe , S. M. fut reconduite à fon ap
partement en la manière accoutumée.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Vezelai , Diocèſe
Autun , à l'Abbé Berthier , Doyen du Chapitre
FEVRIER. 1760. 211
de la même Abbaye , & ci- devant Vicaire- Géné
ral du Diocèſe de Troyes.
L'Abbaye d'Igny , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Rheims , à l'Abbé de Puyfignieux , ancien
Vicaire - Général du Diocèfe de Lyon.
jours fuivans.
SA Majeſté a nommé le Comte de Polaſtron ,
ci- devant Colonel du Régiment de la Couronne ,
Infanterie , grand Sénéchal du Comté d'Armagnac
, & Gouverneur de la Ville d'Auch .
Le 6 , la Comteffe de Jumilhac eut l'honneur
d'être préſentée à leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
Le Roi a nommé la Comteffe de Narbonne ,
ci-devant Dame du Palais de feue Madame Infante
, Ducheffe de Parme , pour accompagner
Madame .
Sa Majesté a difpofé du Régiment Royal de
Corfe , vacant par la mort du Comte de Vence ,
en faveur du Vicomte de Vence , Colonel réformé
à la fuite de ce Régiment.
Le 27 de ce mois , le Maréchal de Maillebois ,
prêta ferment entre les mains de Sa Majefté ,pour
le gouvernement d'Alface .
Sa Majefté a nommé , pour fon Ambaffadeur
extraordinaire auprès du Roi des Deux - Siciles ,
le Marquis de Durfort, actuellement Ambaffadeur
auprès de la République de Venife .
Le Comte de Bafchi , ci - devant Ambaffadeur
auprès du Roi de Portugal , remplacera le Marquis
de Durfort à Venife.
Sa Majefté a aufli nommé le Marquis de
210 MERCURE DE FRANCE.
Beauflet, fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
I'Electeur de Cologne .
Le 1 Février , le Roi tint le Sceau. Le même
jour , les Officiers de la Chancellerie de France ,
de fervice & en quartier , & deux Syndics des
Secrétaires du Roi , eurent l'honneur de remettre
à Sa Majefté , en la manière accoutumée &
fuivant l'ufage , les cierges de la Chandeleur . Ils
furent préſentés par le fieur de Brou , Doyen des
Confeillers d'État.
Le lendemain, fête de la Purification de la fainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre du S. Elprit , s'étant aſſemblés ,
vers les onze heures du matin dans le cabinet du
Roi , Sa Majesté tint chapitre , & admit au nombre
des Chevaliers , le Prince des Afturies, & l'Infant
Don Louis. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
, pour fe rendre à la Chapelle . S. M.
étoit en manteau , avec le Collier de l'Ordre pardellus
. Les deux Huiffiers de la Chambre marchoient
devant Elle avec leurs maffes , & Elle
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre
, des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Le Roi affiſta à la Bénédiction
des Cierges & à la Proceflion qui fe fit dans la
Chapelle . La Grand-Meffe fut célébrée par l'Archevêque
de Narbonne, Prélat Commandeur. La
Reine , Madame la Dauphine , Madame, & Mefdame
Victoire , Sophie & Louife , étoient dans la
tribune.
Après la Meffe , S. M. fut reconduite à fon ap
partement en la manière accoutumée.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Vezelai , Diocèſe
Autun , à l'Abbé Berthier , Doyen du Chapitre
FEVRIER. 1760. 211
de la même Abbaye , & ci- devant Vicaire- Géné
ral du Diocèſe de Troyes.
L'Abbaye d'Igny , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Rheims , à l'Abbé de Puyfignieux , ancien
Vicaire - Général du Diocèfe de Lyon.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
En janvier 1760, plusieurs nominations et événements notables ont eu lieu à la cour de Versailles. Le 17 janvier, le Comte de Polastron a été nommé grand Sénéchal du Comté d'Armagnac et Gouverneur de la Ville d'Auch. Le 6 janvier, la Comtesse de Jumilhac a été présentée au Roi et à la Famille Royale. La Comtesse de Narbonne a été désignée pour accompagner Madame, succédant à son rôle précédent de Dame du Palais de la défunte Madame Infante, Duchesse de Parme. Le Régiment Royal de Corse a été attribué au Vicomte de Vence. Le 27 janvier, le Maréchal de Maillebois a prêté serment pour le gouvernement d'Alsace. Le Marquis de Durfort a été nommé Ambassadeur extraordinaire auprès du Roi des Deux-Siciles, remplaçant le Comte de Bashi, qui prendra sa place à Venise. Le Marquis de Beauflet a été nommé Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Électeur de Cologne. Le 1er février, le Roi a tenu le Sceau et reçu les cierges de la Chandeleur des Officiers de la Chancellerie de France. Le lendemain, lors de la fête de la Purification de la Sainte Vierge, le Roi a tenu un chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit, admettant le Prince des Asturies et l'Infant Don Louis parmi les Chevaliers. La Grand-Messe a été célébrée par l'Archevêque de Narbonne, en présence de la Reine et des princesses. Le Roi a également accordé l'Abbaye de Vezelay à l'Abbé Berthier et l'Abbaye d'Igny à l'Abbé de Puyfignieux.
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2397
p. 213-216
DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Début :
Le 15 de ce mois, on fit dans l'Eglise Métropolitaine de cette Ville, [...]
Mots clefs :
Service religieux, Repos de l'âme, Roi d'Espagne, Madame, Cérémonies, Église, Décorations, Autel, Oraison funèbre, Marbre, Voûte, Colonne, Lumières, Registres publics, Décès, Mariages, Baptêmes, Tremblement de terre, Secousses, Vaisseaux, Combat, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
De PARIS , le 19 Janvier 1760 , &jours fuivans .
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
Fermer
Résumé : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Le 1er janvier 1760, un service solennel fut organisé dans l'église métropolitaine de Paris pour honorer la mémoire de Ferdinand VI, roi d'Espagne, et de Marie-Madeleine de Portugal, reine d'Espagne. Ce service fut ordonné par le roi de France, qui désigna le Dauphin, le Duc d'Orléans et le Prince de Condé pour le grand deuil du roi d'Espagne, et Madame la Dauphine, Madame et Madame Victoire pour celui de la reine d'Espagne. Les princes et princesses furent conduits à l'église par le Marquis de Dreux et le sieur de Nantouillet. La cérémonie fut assistée par plusieurs archevêques, évêques, ainsi que par le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aides, l'Université et le Corps de Ville. L'archevêque de Paris officia pontificalement, et l'évêque de Vence prononça l'oraison funèbre. L'église était somptueusement décorée : le portail était tendu de noir avec des écussons, le chœur orné d'un ordre ionique en pilastres et arcades, et un catafalque richement décoré. La décoration, dirigée par le sieur de la Ferté et conçue par Michel Ange Slodtz, était dans le goût antique et d'une grande magnificence. Les registres publics des églises paroissiales de Paris indiquèrent 18 446 décès, 4 059 mariages, 19 058 baptêmes et 5 264 enfants trouvés pour l'année précédente. Le 20 janvier, une légère secousse de tremblement de terre fut ressentie à Paris, plus distinctement à Versailles, et signalée à Amsterdam, Leyde, Utrecht, Bruxelles et Cologne. Des secousses furent également ressenties en Norvège et dans le Duché de Holstein. Le 1er février, le sieur Gigot, recteur de l'Université, présenta un cierge au roi, à la reine et à d'autres membres de la famille royale à Versailles. Le même jour, le Père Aubert présenta un cierge à la reine en reconnaissance de l'établissement de l'Ordre de Notre Dame de la Mercy à Paris. Des nouvelles de Toulon indiquèrent le retour de vaisseaux et de frégates à Cadix après une tempête. Enfin, le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire eut lieu le 6 février, avec les numéros 39, 30, 64, 28 et 56.
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2398
p. 217-224
SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 2 Janvier 1760. Messieurs m.o.g. Les Dames de la Croix, rue S. Honoré 6 2 6 [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Liste, Comtesse, Comte, Abbaye, Madame, Lieutenant, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de la Lifte de la Vaiffelle portée
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 2 Janvier 1760 .
Les Dames de la Croix , rue S. Honoré.
De Vaujoye , Receveur du Domaine
de Verſailles .
Le Marquis de Laigues .
Thiroux , Maître des Requêtes.
Chenu , Marchand Epicier.
Ribert , Bourgeois de Paris.
Daudafne , Avocat.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Second Envoi. )
De Perfan , Maître des Requêtes,
Du 4 Janvier.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Troisième Article . )
MM .Joly de Fleury , frères ; Avocat
gén. & Procureur général.
Les Prêtres de la Doctrine Chrét. de
la Maiſon de Saint Jullien .
Loir , Marchand Orfévre.
Les Peres Jéfuites de la Maiſon
Trofeffe.
Lés Dames du Bon Pasteur , du
Fauxbourg S. Germain .
Mlle Aubron , en or , 3 on. I g. 24 g.
m.o.g.
6 2
20 5 3
35 2 }
8174
30 4 3
26112
S I
57 6
21476
414 6 2
2
208
17 I 6
2 4
291 3
I
S
7525-5-6
K
218 MERCURE DE FRANCE
Suite du 4 Janvier.
Madame Cottin , épouse du Direct .
de la Compagnie des Indes ,
en or , 4 onc . 4 gr. 6 g.
La Veuve Datte.
1.0.g.
6 6
53236
Du s Janvier.
Roberdeau , Bourgeois.
Madame la Préſidence Chauvelin .
Meffieurs
Le Marquis de Voyer d'Argenſon .
De Bonnaire , Confeiller au Grand
Confeil .
Madame la Marquiſe de Roye.
Des 6 & 7 Janvier.
Rouillé de Roiffy , Conſeiller honor .
au Parlement .
La Fabrique de Garges , Comté
d'Arnouville .
Du 8 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
Lefévre , Agent de Change.
La Maison de Sorbonne .
m. o. g..
49 3
42 7 S
303 3
39563
172 4 6
2016 3
331 62
97 I
716 I 4
35 7.0-
***
Is 5 2
114 7 I
IO I O
176 4 3
Dů 9 Janvier.
Meld, de l'Abbaye S , Antoine. IOS 3 4
Les Bénédictins de Saint Pere , de
Chartres.
2952
FEVRIER. 1760. 219
Meffieurs
Suite du 9 Janvier.
Thierry , Directeur du Tabac.
Les Bénédictins Anglois
La Paroille de Moret , près Fonrainebleau.
Blondel de Gagny , Tréforier gén .
de la Caiffe des Amortiifemens.
L'Abbé de la Porte.
Les Prémontrés de l'Abbaye de
m . o. g.
I I • G
49 S 2
37 3 4
1ƒ6 1 6
3660
Bellozane , en Bray. 4256
4687 2
Du 10 Janvier.
Vielle , Bourgeois de Paris. 16 6 3
Gervaife , Noraire . 36 3 I
Les Dames Religieufes de S. Dominique
, de Montargis.
Bofcheron , Marchand de Dentelles,
16 54
374 2
107 2 7
Du Janvier.
Liége , Apothicaire du Roi. 64 I 4 %
Fremin , Maître des Comptes.
126 I S
190 3 L
Du 12 Janvier.
Bergeret , Receveur général.
160 6 0
Coudot , Bourgeois de S. Germain.
Vaudive , Greffier au Grand Confeil.
Du 13 Janvier.
Gaudin , Secrétaire du Roi.
822
19 0 1
138
206 0 3
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Janvier.
De Lorme , Bourgeois de Paris.
Mlle Dubois .
Allut, Secrétaire du Roi.
Les Religieufes Annonciades.
Madame Boulle , Veuve du Payeur
des rentes.
.m. o.
40 5 6
80 4 7
129 6 5
154 4 2
ISI S
420 7 I
Du 15 Janvier.
De la Bardouliere , Lieutenant
aux Gardes.
Le Séminaire de S. Sulpice.
Morlac de Montour , ci -dev . Doyen
de Mrs les Maîtres des Requêtes.
Foulon , Intendant de la guerre.
De Fontette , Intendant de Caen ,
( Second Article. )
Du 16 Janvier.
Le Marquis de Chabonnois.
853
41 4 3
144 3 I
8554
Nicolas Bazin , Marchand.
Du 17 Janvier,
Rouleau , Bourgeois de Paris.
Duvivier , Recev. des Confignations
de l'Arfenal.
Madame Mailluet , Marchande,
Le Marquis de Cany.
Elmaugard d'Arioche.
Les Dames de la Vilitation ,
rue
du
Bacq.
19 2 4
2994 S i
2532
206 2
274
18 6
O
42 7 S
46 I G
441 3 7
603 S
33 6 3
1
FEVRIER. 1760 . 221
Suite du 17 Janvier.
Meffieurs
Poujand , Directeur des Fermes .
Les Dames du Prieuré de Haute
Brières , Diocèle de Chartres.
Les Religieufes de Sainte Marie de
Chartres.
(
m. og
47 4 3
68.22
225 2
782 3w.
Du 18 Janvier.
Ribes , Banquier. 77 I
Saulnier , Bourgeois de Paris.
9672
Pagnon , Ecuyer. 742 4
Mufnier de Pleine , Auditeur des
Comptes.
27 3 4
188 $ 7
Du 19 Janvier.
Chomel , ancien Evêque d'Orange . 49 07
Morin , Secrétaire du Roi.
88 54
137 6 3
Des 20 & 21 Janvier.
Le Comte , Conſeiller de l'Election de
Paris , & Subdélégué de M. l'Intendant.
Dibon , Chirurgien Major des Cent-
Suiffes.
Madame la Comteffe de Kerdrain .
Bourgeois , Chirurgien Accoucheur.
L'Abbaye de Saint Denis .
11 3 51
22 7 4
-100 6 7
8625
15226
Checieu , Avocat au Parlement.
Salior , ancien Tapiffier du Roi,
Jobert , chargé de la diftribution du
Mercure de France.
96351
104 I 2
2 4
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Janvier.
Les Religieux de l'Abbaye de Preuilly ,
Ordre de Citeaux .
Le Marquis de Moutier.
Le Comte de Chateauneuf de Randan .
Madame la Préfidente d'Aligre, Douairiere
; & Madame de S. Fargeau ,
auffi Douairiere.
Des mêmes. ( Second Article . )
Blanchart de Guénégaud , Secrétaire
Interprête du Roi.
La Paroiffe de Seaux du Maine .
Madame Fourcoual , Bourgeoife de
Paris.
Erembert , Marchand de Paris .
Le Commandeur Bocheron.
m.
37 3 S
40 6 0
49 4 S
341 I 2
44
43 I I
15 57
9056
15 35
2547
,664 I I
Du 23 Janvier.
Tonnellier , Marchand . ΙΟ
Les Chanoines Réguliers de S. Jeanles-
Sens.
Les Céleftins de Sens.
119 6 4
36 6
Les Pénitens de Sens.
Le Chevalier de Racoins , Capitaine
de Dragons , Régim . Dauphin.
S 41
26222
433 7
Du 24 Janvier.
Rezard , Bourgeois. 27 2 6
Bonin.' S1 7 4
Madame la Marquife de Neufchelles ,
& M. le Marquis de Quigné , fon
petit- fils.
Le Cointe d'Ofmont.
100 6 7
60 6 31
FEVRIER. 1760 . 223
1
Meffieurs
Suite du 24 Janvier.
Teiraffe de Loffedat , Fermier du Roi.
Les Bénédictins , de l'Abbaye de
Thiron.
Lorillier , Intéreffé dans les affaires
m. o.g
24 65
79 74
du Roi.
3105.
376 62
De Saint-Mars , Avocat.
Le Comte de Fennelon.
Du 25 Janvier.
Macquer , Chef de Fruiterie du Roi.
De Corberon , ancien Préfident du
Confeil fouverain d'Alface.
114 1 7
8350
32-751
33 161
264 3
Du 26 Janvier.
Le Comte de Billy.
19271
d'Etampes.
$7 4 *
La Congrégation de Notre-Dame
L'Abbaye de Morigny, près Etampes.
La Paroiffe Notre- Dame d'Etampes.
Du 28 Janvier.
Les Filles Hofpitalières du Fauxb.
S. Marcel , rue de l'Arbalêtre.
Madame l'Abbeffe de Gomer- Fontaine
, en Vexin- François .
Madame de Laborde , Bourgeoife
de Paris.
Jourdain , Bourgeois.
Jourdain , Bourgeois , & Conforts.
Les Dames de l'Abbaye aux Bois.
19. 4 4
30 40
126 7 S
1367
୨
583 2
6862
70 7 4
27 3 I
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 28 Janvier.
Meffieurs
m.o.g.
Les Bernardins de l'Abbaye de Chailly. 39 1 6
Les Bernardins de l'Abbaye de Barbour .
Du 29 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
L'Abbaye de S. Jacques , de Provins.
Le Chapitre de Notre- Dame de Prov.
Foreft , Bourgeois.
83 2 7
370 7 7
32 02
101 2 4
35 24
30 4 2
67
199 I 4
Du 30 Janvier.
Madame la Comtelle d'Egmont ,
Douairiere... 219 3 I
Dumoufleaux , Payeur des rentes. 114 2 3
D'Agueffeau, l'aîné , Confeiller d'Etat
ordin . & au Confeil du Commerce . 238 10 !
Mégref de la Boullay , Officier des
Chaffes.
Lalouette , Marchand de Gallons.
Franget , Orfévre.
Le Comte d'Egmont
.
"
972
753
5404
179 6 I
823 17
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 2 Janvier 1760 .
Les Dames de la Croix , rue S. Honoré.
De Vaujoye , Receveur du Domaine
de Verſailles .
Le Marquis de Laigues .
Thiroux , Maître des Requêtes.
Chenu , Marchand Epicier.
Ribert , Bourgeois de Paris.
Daudafne , Avocat.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Second Envoi. )
De Perfan , Maître des Requêtes,
Du 4 Janvier.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Troisième Article . )
MM .Joly de Fleury , frères ; Avocat
gén. & Procureur général.
Les Prêtres de la Doctrine Chrét. de
la Maiſon de Saint Jullien .
Loir , Marchand Orfévre.
Les Peres Jéfuites de la Maiſon
Trofeffe.
Lés Dames du Bon Pasteur , du
Fauxbourg S. Germain .
Mlle Aubron , en or , 3 on. I g. 24 g.
m.o.g.
6 2
20 5 3
35 2 }
8174
30 4 3
26112
S I
57 6
21476
414 6 2
2
208
17 I 6
2 4
291 3
I
S
7525-5-6
K
218 MERCURE DE FRANCE
Suite du 4 Janvier.
Madame Cottin , épouse du Direct .
de la Compagnie des Indes ,
en or , 4 onc . 4 gr. 6 g.
La Veuve Datte.
1.0.g.
6 6
53236
Du s Janvier.
Roberdeau , Bourgeois.
Madame la Préſidence Chauvelin .
Meffieurs
Le Marquis de Voyer d'Argenſon .
De Bonnaire , Confeiller au Grand
Confeil .
Madame la Marquiſe de Roye.
Des 6 & 7 Janvier.
Rouillé de Roiffy , Conſeiller honor .
au Parlement .
La Fabrique de Garges , Comté
d'Arnouville .
Du 8 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
Lefévre , Agent de Change.
La Maison de Sorbonne .
m. o. g..
49 3
42 7 S
303 3
39563
172 4 6
2016 3
331 62
97 I
716 I 4
35 7.0-
***
Is 5 2
114 7 I
IO I O
176 4 3
Dů 9 Janvier.
Meld, de l'Abbaye S , Antoine. IOS 3 4
Les Bénédictins de Saint Pere , de
Chartres.
2952
FEVRIER. 1760. 219
Meffieurs
Suite du 9 Janvier.
Thierry , Directeur du Tabac.
Les Bénédictins Anglois
La Paroille de Moret , près Fonrainebleau.
Blondel de Gagny , Tréforier gén .
de la Caiffe des Amortiifemens.
L'Abbé de la Porte.
Les Prémontrés de l'Abbaye de
m . o. g.
I I • G
49 S 2
37 3 4
1ƒ6 1 6
3660
Bellozane , en Bray. 4256
4687 2
Du 10 Janvier.
Vielle , Bourgeois de Paris. 16 6 3
Gervaife , Noraire . 36 3 I
Les Dames Religieufes de S. Dominique
, de Montargis.
Bofcheron , Marchand de Dentelles,
16 54
374 2
107 2 7
Du Janvier.
Liége , Apothicaire du Roi. 64 I 4 %
Fremin , Maître des Comptes.
126 I S
190 3 L
Du 12 Janvier.
Bergeret , Receveur général.
160 6 0
Coudot , Bourgeois de S. Germain.
Vaudive , Greffier au Grand Confeil.
Du 13 Janvier.
Gaudin , Secrétaire du Roi.
822
19 0 1
138
206 0 3
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Janvier.
De Lorme , Bourgeois de Paris.
Mlle Dubois .
Allut, Secrétaire du Roi.
Les Religieufes Annonciades.
Madame Boulle , Veuve du Payeur
des rentes.
.m. o.
40 5 6
80 4 7
129 6 5
154 4 2
ISI S
420 7 I
Du 15 Janvier.
De la Bardouliere , Lieutenant
aux Gardes.
Le Séminaire de S. Sulpice.
Morlac de Montour , ci -dev . Doyen
de Mrs les Maîtres des Requêtes.
Foulon , Intendant de la guerre.
De Fontette , Intendant de Caen ,
( Second Article. )
Du 16 Janvier.
Le Marquis de Chabonnois.
853
41 4 3
144 3 I
8554
Nicolas Bazin , Marchand.
Du 17 Janvier,
Rouleau , Bourgeois de Paris.
Duvivier , Recev. des Confignations
de l'Arfenal.
Madame Mailluet , Marchande,
Le Marquis de Cany.
Elmaugard d'Arioche.
Les Dames de la Vilitation ,
rue
du
Bacq.
19 2 4
2994 S i
2532
206 2
274
18 6
O
42 7 S
46 I G
441 3 7
603 S
33 6 3
1
FEVRIER. 1760 . 221
Suite du 17 Janvier.
Meffieurs
Poujand , Directeur des Fermes .
Les Dames du Prieuré de Haute
Brières , Diocèle de Chartres.
Les Religieufes de Sainte Marie de
Chartres.
(
m. og
47 4 3
68.22
225 2
782 3w.
Du 18 Janvier.
Ribes , Banquier. 77 I
Saulnier , Bourgeois de Paris.
9672
Pagnon , Ecuyer. 742 4
Mufnier de Pleine , Auditeur des
Comptes.
27 3 4
188 $ 7
Du 19 Janvier.
Chomel , ancien Evêque d'Orange . 49 07
Morin , Secrétaire du Roi.
88 54
137 6 3
Des 20 & 21 Janvier.
Le Comte , Conſeiller de l'Election de
Paris , & Subdélégué de M. l'Intendant.
Dibon , Chirurgien Major des Cent-
Suiffes.
Madame la Comteffe de Kerdrain .
Bourgeois , Chirurgien Accoucheur.
L'Abbaye de Saint Denis .
11 3 51
22 7 4
-100 6 7
8625
15226
Checieu , Avocat au Parlement.
Salior , ancien Tapiffier du Roi,
Jobert , chargé de la diftribution du
Mercure de France.
96351
104 I 2
2 4
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Janvier.
Les Religieux de l'Abbaye de Preuilly ,
Ordre de Citeaux .
Le Marquis de Moutier.
Le Comte de Chateauneuf de Randan .
Madame la Préfidente d'Aligre, Douairiere
; & Madame de S. Fargeau ,
auffi Douairiere.
Des mêmes. ( Second Article . )
Blanchart de Guénégaud , Secrétaire
Interprête du Roi.
La Paroiffe de Seaux du Maine .
Madame Fourcoual , Bourgeoife de
Paris.
Erembert , Marchand de Paris .
Le Commandeur Bocheron.
m.
37 3 S
40 6 0
49 4 S
341 I 2
44
43 I I
15 57
9056
15 35
2547
,664 I I
Du 23 Janvier.
Tonnellier , Marchand . ΙΟ
Les Chanoines Réguliers de S. Jeanles-
Sens.
Les Céleftins de Sens.
119 6 4
36 6
Les Pénitens de Sens.
Le Chevalier de Racoins , Capitaine
de Dragons , Régim . Dauphin.
S 41
26222
433 7
Du 24 Janvier.
Rezard , Bourgeois. 27 2 6
Bonin.' S1 7 4
Madame la Marquife de Neufchelles ,
& M. le Marquis de Quigné , fon
petit- fils.
Le Cointe d'Ofmont.
100 6 7
60 6 31
FEVRIER. 1760 . 223
1
Meffieurs
Suite du 24 Janvier.
Teiraffe de Loffedat , Fermier du Roi.
Les Bénédictins , de l'Abbaye de
Thiron.
Lorillier , Intéreffé dans les affaires
m. o.g
24 65
79 74
du Roi.
3105.
376 62
De Saint-Mars , Avocat.
Le Comte de Fennelon.
Du 25 Janvier.
Macquer , Chef de Fruiterie du Roi.
De Corberon , ancien Préfident du
Confeil fouverain d'Alface.
114 1 7
8350
32-751
33 161
264 3
Du 26 Janvier.
Le Comte de Billy.
19271
d'Etampes.
$7 4 *
La Congrégation de Notre-Dame
L'Abbaye de Morigny, près Etampes.
La Paroiffe Notre- Dame d'Etampes.
Du 28 Janvier.
Les Filles Hofpitalières du Fauxb.
S. Marcel , rue de l'Arbalêtre.
Madame l'Abbeffe de Gomer- Fontaine
, en Vexin- François .
Madame de Laborde , Bourgeoife
de Paris.
Jourdain , Bourgeois.
Jourdain , Bourgeois , & Conforts.
Les Dames de l'Abbaye aux Bois.
19. 4 4
30 40
126 7 S
1367
୨
583 2
6862
70 7 4
27 3 I
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 28 Janvier.
Meffieurs
m.o.g.
Les Bernardins de l'Abbaye de Chailly. 39 1 6
Les Bernardins de l'Abbaye de Barbour .
Du 29 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
L'Abbaye de S. Jacques , de Provins.
Le Chapitre de Notre- Dame de Prov.
Foreft , Bourgeois.
83 2 7
370 7 7
32 02
101 2 4
35 24
30 4 2
67
199 I 4
Du 30 Janvier.
Madame la Comtelle d'Egmont ,
Douairiere... 219 3 I
Dumoufleaux , Payeur des rentes. 114 2 3
D'Agueffeau, l'aîné , Confeiller d'Etat
ordin . & au Confeil du Commerce . 238 10 !
Mégref de la Boullay , Officier des
Chaffes.
Lalouette , Marchand de Gallons.
Franget , Orfévre.
Le Comte d'Egmont
.
"
972
753
5404
179 6 I
823 17
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Résumé : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Le document présente une liste de personnes et d'institutions ayant effectué des dépôts à la Monnoie de Paris entre le 2 janvier et le 30 janvier 1760. Les contributeurs incluent des nobles, des ecclésiastiques, des marchands, des fonctionnaires et des institutions religieuses. Parmi les notables mentionnés figurent des dames de la Croix, le marquis de Laigues, Thiroux, maître des requêtes, et plusieurs receveurs généraux. Les dépôts sont détaillés avec des mentions de montants en onces, grains et livres tournois. Les institutions religieuses telles que les bénédictins, les jésuites, et les prémontrés apparaissent fréquemment. Le texte mentionne également des directeurs, des avocats, des bourgeois, et des marchands, illustrant une diversité de contributeurs. Les dépôts sont enregistrés quotidiennement, avec des mises à jour régulières des montants et des noms des contributeurs.
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2399
p. 225-249
ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
ROUEN. Du 11 au 17 Novembre 1759. Messieurs m. o. g. d. Feydeau de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaies, Province, Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen, Tours, Strasbourg, Lille, Pau, Troyes, Poitiers, Besançon, Limoges, Amiens, Riom
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texteReconnaissance textuelle : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
ÉTAT
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
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Résumé : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente un état des contributions en vaisselle apportées aux monnoies des villes de province entre novembre 1759 et février 1760. Il énumère les noms et les titres des personnes ayant effectué ces dons dans diverses villes françaises, ainsi que les montants correspondants en livres, sous et deniers. Les villes mentionnées incluent Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Chaque section du document commence par la période concernée et les noms des individus, souvent des dignitaires, des intendants, des présidents, des évêques et autres notables, accompagnés des montants en monnaie apportés. Par exemple, à Rouen, des contributions ont été faites par des personnes telles que des intendants et des présidents. À Lyon, des dignitaires et des évêques ont apporté des montants variés. Les contributions proviennent également de villes comme La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Le document se termine par la date de février 1760. Les montants des contributions varient considérablement, reflétant l'importance et la générosité des contributeurs. Les contributions sont souvent accompagnées de la mention 'm. o. g.' et des montants en livres, sous et deniers. Ce document offre un aperçu des dons financiers effectués par des personnalités influentes dans diverses régions de la France à la fin de l'année 1759 et au début de l'année 1760.
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2400
p. 258-259
« Le Pere Simplicien, Augustin de la Place des Victoires, connu par son Histoire Généalogique [...] »
Début :
Le Pere Simplicien, Augustin de la Place des Victoires, connu par son Histoire Généalogique [...]
Mots clefs :
Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, Supplément
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texteReconnaissance textuelle : « Le Pere Simplicien, Augustin de la Place des Victoires, connu par son Histoire Généalogique [...] »
Le Pere Simplicien , Auguftin de la Place des
Victoires , connu par fon Hiftoire Généalogique
& Chronologique de la Maifon Royale de France
& des Grands Officiers de la Couronne , étant
mort au mois d'Octobre, de l'année dernière ; le
Pere Alexis , Religieux de la même Maiſon , s'eſt
chargé de donner au Public le fupplément de
cette Hiftoire. 11 fe propofe d'obferver dans cet
Ouvrage l'exactitude fcrupuleufe , qui a fait tant
d'honneur à fon Prédéceffeur. En conféquence,
FEVRIER. 1760 . 259
prie ceux qui ont droit de faire inférer leur
Généalogie dans ce Livre , ou qui , y étant déja
iés , auroient quelques additions à communiquer
, de lui envoyer leurs titres & papiers , le
lutôt qu'ils pourront ; étant dans l'intention de
e faire imprimer à la fin de cette année , ou au
commencement de la fuivante .
Victoires , connu par fon Hiftoire Généalogique
& Chronologique de la Maifon Royale de France
& des Grands Officiers de la Couronne , étant
mort au mois d'Octobre, de l'année dernière ; le
Pere Alexis , Religieux de la même Maiſon , s'eſt
chargé de donner au Public le fupplément de
cette Hiftoire. 11 fe propofe d'obferver dans cet
Ouvrage l'exactitude fcrupuleufe , qui a fait tant
d'honneur à fon Prédéceffeur. En conféquence,
FEVRIER. 1760 . 259
prie ceux qui ont droit de faire inférer leur
Généalogie dans ce Livre , ou qui , y étant déja
iés , auroient quelques additions à communiquer
, de lui envoyer leurs titres & papiers , le
lutôt qu'ils pourront ; étant dans l'intention de
e faire imprimer à la fin de cette année , ou au
commencement de la fuivante .
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Résumé : « Le Pere Simplicien, Augustin de la Place des Victoires, connu par son Histoire Généalogique [...] »
Le Père Simplicien, auteur de l''Histoire Généalogique & Chronologique de la Maison Royale de France', est décédé en octobre de l'année précédente. Le Père Alexis prévoit de publier un supplément à cet ouvrage et invite les personnes concernées à lui envoyer leurs titres et papiers. L'impression est prévue pour la fin de l'année 1760 ou le début de l'année suivante.
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