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Détail
Liste
1
p. 213-232
Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Début :
Tant de Personnes m'ont témoigné avoir leu avec plaisir les [...]
Mots clefs :
Angleterre, Roi, Malheurs, Apoplexie, Décès, Trône, Vengeance, Héritier, Joies, Peuple, Confiance, Grandeur, Tranquilité, Couronnement, Cérémonie, Westminster, Fonctions, Titres, Élections, Assemblées, Liste des élus, Duc, Serment, Conseiller, Royaume, Désordres, Voleurs, Proclamation, Sureté publique, Larron, Récompenses, Guillaume Bridgeman
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texteReconnaissance textuelle : Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Tant de Perſonnes m'ont
témoigné avoir leu avec plai.
fir les Nouvelles d'Angleterre
, qui font des Articles importans
dans mes deux dernieres
Lettres , que je puis
croire que vous me parlez
fincerement quand vous
m'aſſeurez que vous en eſtes
contente . L'Hiſtoire des malheurs
du Roy , dont je vous
ay fait un abregé , pouvoit ſe
trouver ſéparément en plu
ſieurs Volumes , mais peuteſtre
toutes les Relations qui
ont couru ne vous auroient
pas fourny le triſte Journal
و
ال
214 MERCURE
de ce qui s'eſtoit paſſé dans
le peu de temps qu'a duré ſa
maladie , ſi je n'avois eu le
foin d'en ramaffer les plus remarquables
circonstances.
Elle a commencé par une attaque
d'Apoplexie , contre
laquelle l'Art des Medecins 2.
efté ſans force. Il ſemble que
comme ſa vie avoit eſté extraordinaire
, il falloit auffi
que ſa mort le fuft. Je vous
envoye un Sonnet qui a esté
fait ſur cette penſée..
GALANT. 215
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE.
Q
Vinesçait de ceRoy l'étonnan-.
temifere!
Ses malheurs purent-ils abairefon.
grand coeur?
Un Trônequi fumoit encor dufang
d'un Pere
Poury monterfi- 10ft luyfaisoit trop
d'horreur.
Ledefirdevangeruneteftesi chere
Al'Univers entier exprimafa dou-
Ieur.
Qu'ily fatisfitbien quandle Cicl 業
moins contraire
Enfindansfes Etatsle ramena vainqueur!
Mais belas ! iln'estplus ; l'impitoyable
Parque
216 MERCURE
Vientde trancher lefildesjours de ce
..... Monarque..
C'auroit estétrop peu cependant pour
lefort
Qui d'abord lefoûmit aux fureurs
de l'envie,
D'avoirpar de grands traits voulu
marquersaviesa :
S'il n'eust faitremarquer le genre de
Samort.
Je vous ay appris avec
quelle fermeté fon Auguste
Succeffeur s'eſt déclaré Ca
tholique. Sa fincerité a efte
heureuſe. Les Peuples ont
eu de la joye de voir qu'il ne
cherchoit point à les trom
per , & qu'il s'en croyoit affez
aimé,
GALANT. 217
aimé , pour leur confier un
fecret de cette importance,
ſans qu'il en deuſt rien apprehender
de fâcheux. La
confiance qu'il a cuë dans l'amour
de ſes Sujets , a produit
l'effet qu'il en avoit attendu.
L'intrepidité en toutes chofes
leur paroiffant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loix , ils ont eſtimé
en luy cette grandeur d'ame
✓ qui l'engage à foûtenir l'indépendance
du rang ou le
Ciel l'a élevé. Puis qu'il leur
laiſſe une entiere liberté de
confcience , il la doit avoir
Avril 1685. T
218 MERCURE
comme eux , & il feroit bien
injuſte qu'il ne joüiſt pas
d'un Privilege qu'il veut bien
leur accorder. Toutes les
Lettres qui viennent de ce
Pays là ne parlent que de la
tranquilité où tout le monde
s'y trouve , des Adreſſes pleines
de ſoûmiffion & de ref
pect , qu'on préſente de toutes
partsau nouveau Roy , &
du choix des Députez pour
le prochain Parlement. Le
16. du dernier mois on expedia
un ordre pour fignifier à
tous les Pairs du Royaume &
à leurs Femmes , de ſe trou
GALANT. 219
ver au Couronnement du
Royavec leurs Robes deCe
remonies & leurs Couron
nes. Les Barons & leurs Femmestauront
des Robes de
Velours Cramoiſy , de meſ
me que les Vicomtes & les
autres Pairs d'une dignité
plus relevée. On a nommé
le Docteur Turner Eveſque
d'Ely , pour preſcher en préſence
de leurs Majeſtez le
jourde cette ceremonie. Les
circonstances en ont eſté ré
ſoluës devant le Roy par le
Conſeil Privé qui s'eſt aſſemblépour
les regler. Les Com-
Tij
220 MERCURE
miſſaires que l'on a choiſis
pour citer tous ceux que le
devoir de leurs Charges , ou
les redevances de leurs Fiefs
obligent à faire quelques
fonctions auCouronnement,
s'affemblerent le 3. de ce
mois dans la Chambre Peinte
du Palais de Westminster,
&commencerent à recevoir
les Requeſtes de ceux qui
prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupentà
verifier lesTitres qu'on
leur préſente , pour accorder
àchacun la fonction qui luy
appartient. Sa Majeſté a fait
GALANT. 221
donner de nouvelles Lettres
à tous les Lords Lieutenans,
ou Gouverneurs des Provinces
que le feu Roy avoit établis.
Les Affemblées pour
les Elections des Députez
qui doivent entrer au Parlement,
ſe font par tout avec
beaucoup de tranquilité.
Ces Elections ont déja eſté
faites par l'Univerſité de
Cambridge , par celle d'OK--
ford , par les Comtez de Bedford
, de Brecon , de Kenr,
deHamp , de Middleſer , de
Durban , de Glocefter , de
Hereford, de Sommerſet, de
Tiij
222 MERCURE
Cambridge , de Suffer , de
Leiceſter , de Hartford , de
Chefter , de Lincoln , de
Huntington , de Darby,
de Radnor , & par les Villes
de Cantorbury , de Darby,
de Shaftsbury , de Wood.
ſtocke , de Midhurst de
Steyning , de Bedvvyn , d'Amodesham
, d'Aileſbury , de
Ludgerſtall , d'Andover , de
Durham , de Warvvicke , de
Leiceſter , de Reading , de
Devvntom , de Heddon , de
Corfe , de Shoreham , de
Stamford , de Brecon , de
Winchester , de Chippin
GALANT. 223
Wicomb , de Chippenham,
d'Ipſvvich , de Hindon , de
Peterboroug , de Southamptom
, de Limmington ,
Westminster , d'Yorc , de
Neſtingham , de Wendover
, d'Eaft-Grimſtead ,
de
d'Abington
,, ddee LLyymm ,, de Covventry
, d'Orford , de Tornes
, de Poole , de Warcham
, de Sbareham , de
Weoby , de Petersfield , de
Nevvcastle , de Borróbridge,
d'Albroug , de Thirske , du
Grand Yarmouth , de Colcheſter
, d'Huſlemere , de
Hereford , de Lempſter , do
T iiij.
224 MERCURE
1
Cardiffe , de Marleboroug,
d'Ilcheſter , de Nevv- Sarum,
de Castle- Rifing , de Tavi
ſtocke , de Chriſt Church,
de Rygate , de Windfor , de
Malton , deNorthallerten,
Nevvarke, de Richmond, de
de
Beverley , de Pontefract, de
Leaverpoole , de Stafford, de
Sandvvick de Cirenceſter, de
Weymouth, de Melcomb, de
Devices , de Hasting , de
Norfolk , de Higham-Ferfars
, de Hetsbury , de Thet
ford & de Dunvvich. Tous
ceux que l'on a choiſis font
Gens d'une grande probité,
GALANT. 225
&dont la pluſpart ont fair
paroiſtre un attachement in
violable au feu Roy dans
les temps les plus difficiles .
Le 6. de ce mois le Duc de
Queenſborouhg grand Trefo
rier , & préſentement grand
Commiſſaire de Sa Majesté
au Royaume d'Ecoffe , & le
Comte de Perth , grand
Chacelier du meſme Royaume
, preſtérent les Sermens
accoûtumez , en qualité de
Conſeillers d'Etat du Conseil
Privé du Roy , & prirent
ſeance au Conſeil ſelon leur
rang . Peu de jours aprés le
226 MERCURE
Duc d'Ormond arriva d'Irlande.
Plus de quarante Carroſſes
à fix Chevaux allerent
au devant de luy, avec quantitéde
Nobleſſe à Cheval. Il alla
auſſi-toſt ſaluer le Roy,& il en
receut un accueil tres -favorable.
Ce Monarque luy donna
en meſme temps le Bâton
de la Charge de Lord Stevvard
, ou Grand Maiſtre de ſa
Maiſon,qu'il poſſedoit ſous le
Roy Charles II. Comme il
employe tous ſes ſoins à éta.
blir la tranquilité de fon
Royaume , & à reprimer tous
les defordres qu'y pourGALANT.
227
}
C
roient commettre lesVoleurs
de grand chemin , il fit publier
le mois paſſe la Proclamation
dont voicy les termes.
A la Courde VVitheal.
DE PAR LE ROY,
& les Seigneurs de ſon Confeil
Privé.
TERoy voulant pourvoir à
lafeureté de fes Sujets dans
les Voyages qu'ils font en ce
Royaume , pour vaquer à leurs
affaires , a ordonné aujourd'huy
228 MERCURE
eſtant en fon Confeil , & il est
ordonné par ces Preſentes à tous
fes Officiers de Justice , &à tous
ſes autres amez Sujets de faire
leurs efforts , & d'user de dili
gence , pour apprehender tous
Larrons & Voleurs de grand
chemin , afin qu'on puiſſe proceceder
contr'eux felon les Loix; &
pour encourager ceux qui appre
benderont lesdits Voleurs , il est
de plus ordonné par Sa Majesté,
que l'on donnera une récompense
de dix livres sterling pour chaque
Voleur arreſté , à celuy ou à ceux
qui en quelque temps que ce ſoit,
depuis le jour de la date des pré
> GALANT. 229
fentes , jusqu'à ce qu'il plaiſe à
Sa Majesté de rappeller cét ordre
par proclamation , ou par un autre
ordre fait en ſon Confeil,
prendront ou apprehenderont aucun
Larron ou Voleur de grand
chemin , & le feront mettre en
lieu de ſeureté. Laquelle ſomme
de dix livres sterling leur fera
payée quinze jours aprés que ledit
Voleur aura esté convaincu ou
prouvé eſtre tel. Et il est enjoint
par ces Préfentes à tous les Sherifs
des Comtez , or autres dans
L'étenduë de leur Jurisdiction ou
telle conviction aura estéfaite ,de
payer à celuy ou à ceux qui ap-
い
230 MERCURE
ON
prehenderont de tels Malfai-
Eteurs,la recompenſeſuſdite dans
le temps cy-deſſus ſpecifié , pour
chaque Voleur ainſi pris &convaincu
,furle Certificat dufuge
ou de deux , ou davantage defuges
de Paix , devant lequel,
lesquels tel Voleur aura efté convaincu.
Laquelle ſomme d'argent
ils prendront des deniers de
Sa Majesté , par eux receus dans
leComté ou telle conviction aura
eſté faite , & laquelle leur fera
paffée encompte, lors qu'ils viendront
rendre leurs comptes à l'Echiquier,
ou Chambre des Finances.
Et le GrandTreforierd'An
GALANT. 231
:
gleterre est autorisé par ces Préſentes
, & a pouvoir de donner
des ordres aux Officiers de l'Echi
quier , de paffer lesdits deniers en
compte aufdits Sherifs selon le
préſent ordre. Il est encore ordonné
àtous Gouverneurs, Lientenans
Gouverneurs , Fuges de
Paix, Maires , Sherifs , Baillis,
&autres Officiers & Perſonnes
de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de prendre cond
- noiſſance du préfent ordre &y
obeïr , comme auffi de prefter fecours
& affistance en tout ce qui
regardera l'execution , ſur peine
d'encourir le déplaisir de SaMa
232 MERCURE
jesté,&d'estre poursuivis comme
contempteurs defon Autorité
Royale.
GUILLAUME BRIDGEMAN.
témoigné avoir leu avec plai.
fir les Nouvelles d'Angleterre
, qui font des Articles importans
dans mes deux dernieres
Lettres , que je puis
croire que vous me parlez
fincerement quand vous
m'aſſeurez que vous en eſtes
contente . L'Hiſtoire des malheurs
du Roy , dont je vous
ay fait un abregé , pouvoit ſe
trouver ſéparément en plu
ſieurs Volumes , mais peuteſtre
toutes les Relations qui
ont couru ne vous auroient
pas fourny le triſte Journal
و
ال
214 MERCURE
de ce qui s'eſtoit paſſé dans
le peu de temps qu'a duré ſa
maladie , ſi je n'avois eu le
foin d'en ramaffer les plus remarquables
circonstances.
Elle a commencé par une attaque
d'Apoplexie , contre
laquelle l'Art des Medecins 2.
efté ſans force. Il ſemble que
comme ſa vie avoit eſté extraordinaire
, il falloit auffi
que ſa mort le fuft. Je vous
envoye un Sonnet qui a esté
fait ſur cette penſée..
GALANT. 215
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE.
Q
Vinesçait de ceRoy l'étonnan-.
temifere!
Ses malheurs purent-ils abairefon.
grand coeur?
Un Trônequi fumoit encor dufang
d'un Pere
Poury monterfi- 10ft luyfaisoit trop
d'horreur.
Ledefirdevangeruneteftesi chere
Al'Univers entier exprimafa dou-
Ieur.
Qu'ily fatisfitbien quandle Cicl 業
moins contraire
Enfindansfes Etatsle ramena vainqueur!
Mais belas ! iln'estplus ; l'impitoyable
Parque
216 MERCURE
Vientde trancher lefildesjours de ce
..... Monarque..
C'auroit estétrop peu cependant pour
lefort
Qui d'abord lefoûmit aux fureurs
de l'envie,
D'avoirpar de grands traits voulu
marquersaviesa :
S'il n'eust faitremarquer le genre de
Samort.
Je vous ay appris avec
quelle fermeté fon Auguste
Succeffeur s'eſt déclaré Ca
tholique. Sa fincerité a efte
heureuſe. Les Peuples ont
eu de la joye de voir qu'il ne
cherchoit point à les trom
per , & qu'il s'en croyoit affez
aimé,
GALANT. 217
aimé , pour leur confier un
fecret de cette importance,
ſans qu'il en deuſt rien apprehender
de fâcheux. La
confiance qu'il a cuë dans l'amour
de ſes Sujets , a produit
l'effet qu'il en avoit attendu.
L'intrepidité en toutes chofes
leur paroiffant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loix , ils ont eſtimé
en luy cette grandeur d'ame
✓ qui l'engage à foûtenir l'indépendance
du rang ou le
Ciel l'a élevé. Puis qu'il leur
laiſſe une entiere liberté de
confcience , il la doit avoir
Avril 1685. T
218 MERCURE
comme eux , & il feroit bien
injuſte qu'il ne joüiſt pas
d'un Privilege qu'il veut bien
leur accorder. Toutes les
Lettres qui viennent de ce
Pays là ne parlent que de la
tranquilité où tout le monde
s'y trouve , des Adreſſes pleines
de ſoûmiffion & de ref
pect , qu'on préſente de toutes
partsau nouveau Roy , &
du choix des Députez pour
le prochain Parlement. Le
16. du dernier mois on expedia
un ordre pour fignifier à
tous les Pairs du Royaume &
à leurs Femmes , de ſe trou
GALANT. 219
ver au Couronnement du
Royavec leurs Robes deCe
remonies & leurs Couron
nes. Les Barons & leurs Femmestauront
des Robes de
Velours Cramoiſy , de meſ
me que les Vicomtes & les
autres Pairs d'une dignité
plus relevée. On a nommé
le Docteur Turner Eveſque
d'Ely , pour preſcher en préſence
de leurs Majeſtez le
jourde cette ceremonie. Les
circonstances en ont eſté ré
ſoluës devant le Roy par le
Conſeil Privé qui s'eſt aſſemblépour
les regler. Les Com-
Tij
220 MERCURE
miſſaires que l'on a choiſis
pour citer tous ceux que le
devoir de leurs Charges , ou
les redevances de leurs Fiefs
obligent à faire quelques
fonctions auCouronnement,
s'affemblerent le 3. de ce
mois dans la Chambre Peinte
du Palais de Westminster,
&commencerent à recevoir
les Requeſtes de ceux qui
prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupentà
verifier lesTitres qu'on
leur préſente , pour accorder
àchacun la fonction qui luy
appartient. Sa Majeſté a fait
GALANT. 221
donner de nouvelles Lettres
à tous les Lords Lieutenans,
ou Gouverneurs des Provinces
que le feu Roy avoit établis.
Les Affemblées pour
les Elections des Députez
qui doivent entrer au Parlement,
ſe font par tout avec
beaucoup de tranquilité.
Ces Elections ont déja eſté
faites par l'Univerſité de
Cambridge , par celle d'OK--
ford , par les Comtez de Bedford
, de Brecon , de Kenr,
deHamp , de Middleſer , de
Durban , de Glocefter , de
Hereford, de Sommerſet, de
Tiij
222 MERCURE
Cambridge , de Suffer , de
Leiceſter , de Hartford , de
Chefter , de Lincoln , de
Huntington , de Darby,
de Radnor , & par les Villes
de Cantorbury , de Darby,
de Shaftsbury , de Wood.
ſtocke , de Midhurst de
Steyning , de Bedvvyn , d'Amodesham
, d'Aileſbury , de
Ludgerſtall , d'Andover , de
Durham , de Warvvicke , de
Leiceſter , de Reading , de
Devvntom , de Heddon , de
Corfe , de Shoreham , de
Stamford , de Brecon , de
Winchester , de Chippin
GALANT. 223
Wicomb , de Chippenham,
d'Ipſvvich , de Hindon , de
Peterboroug , de Southamptom
, de Limmington ,
Westminster , d'Yorc , de
Neſtingham , de Wendover
, d'Eaft-Grimſtead ,
de
d'Abington
,, ddee LLyymm ,, de Covventry
, d'Orford , de Tornes
, de Poole , de Warcham
, de Sbareham , de
Weoby , de Petersfield , de
Nevvcastle , de Borróbridge,
d'Albroug , de Thirske , du
Grand Yarmouth , de Colcheſter
, d'Huſlemere , de
Hereford , de Lempſter , do
T iiij.
224 MERCURE
1
Cardiffe , de Marleboroug,
d'Ilcheſter , de Nevv- Sarum,
de Castle- Rifing , de Tavi
ſtocke , de Chriſt Church,
de Rygate , de Windfor , de
Malton , deNorthallerten,
Nevvarke, de Richmond, de
de
Beverley , de Pontefract, de
Leaverpoole , de Stafford, de
Sandvvick de Cirenceſter, de
Weymouth, de Melcomb, de
Devices , de Hasting , de
Norfolk , de Higham-Ferfars
, de Hetsbury , de Thet
ford & de Dunvvich. Tous
ceux que l'on a choiſis font
Gens d'une grande probité,
GALANT. 225
&dont la pluſpart ont fair
paroiſtre un attachement in
violable au feu Roy dans
les temps les plus difficiles .
Le 6. de ce mois le Duc de
Queenſborouhg grand Trefo
rier , & préſentement grand
Commiſſaire de Sa Majesté
au Royaume d'Ecoffe , & le
Comte de Perth , grand
Chacelier du meſme Royaume
, preſtérent les Sermens
accoûtumez , en qualité de
Conſeillers d'Etat du Conseil
Privé du Roy , & prirent
ſeance au Conſeil ſelon leur
rang . Peu de jours aprés le
226 MERCURE
Duc d'Ormond arriva d'Irlande.
Plus de quarante Carroſſes
à fix Chevaux allerent
au devant de luy, avec quantitéde
Nobleſſe à Cheval. Il alla
auſſi-toſt ſaluer le Roy,& il en
receut un accueil tres -favorable.
Ce Monarque luy donna
en meſme temps le Bâton
de la Charge de Lord Stevvard
, ou Grand Maiſtre de ſa
Maiſon,qu'il poſſedoit ſous le
Roy Charles II. Comme il
employe tous ſes ſoins à éta.
blir la tranquilité de fon
Royaume , & à reprimer tous
les defordres qu'y pourGALANT.
227
}
C
roient commettre lesVoleurs
de grand chemin , il fit publier
le mois paſſe la Proclamation
dont voicy les termes.
A la Courde VVitheal.
DE PAR LE ROY,
& les Seigneurs de ſon Confeil
Privé.
TERoy voulant pourvoir à
lafeureté de fes Sujets dans
les Voyages qu'ils font en ce
Royaume , pour vaquer à leurs
affaires , a ordonné aujourd'huy
228 MERCURE
eſtant en fon Confeil , & il est
ordonné par ces Preſentes à tous
fes Officiers de Justice , &à tous
ſes autres amez Sujets de faire
leurs efforts , & d'user de dili
gence , pour apprehender tous
Larrons & Voleurs de grand
chemin , afin qu'on puiſſe proceceder
contr'eux felon les Loix; &
pour encourager ceux qui appre
benderont lesdits Voleurs , il est
de plus ordonné par Sa Majesté,
que l'on donnera une récompense
de dix livres sterling pour chaque
Voleur arreſté , à celuy ou à ceux
qui en quelque temps que ce ſoit,
depuis le jour de la date des pré
> GALANT. 229
fentes , jusqu'à ce qu'il plaiſe à
Sa Majesté de rappeller cét ordre
par proclamation , ou par un autre
ordre fait en ſon Confeil,
prendront ou apprehenderont aucun
Larron ou Voleur de grand
chemin , & le feront mettre en
lieu de ſeureté. Laquelle ſomme
de dix livres sterling leur fera
payée quinze jours aprés que ledit
Voleur aura esté convaincu ou
prouvé eſtre tel. Et il est enjoint
par ces Préfentes à tous les Sherifs
des Comtez , or autres dans
L'étenduë de leur Jurisdiction ou
telle conviction aura estéfaite ,de
payer à celuy ou à ceux qui ap-
い
230 MERCURE
ON
prehenderont de tels Malfai-
Eteurs,la recompenſeſuſdite dans
le temps cy-deſſus ſpecifié , pour
chaque Voleur ainſi pris &convaincu
,furle Certificat dufuge
ou de deux , ou davantage defuges
de Paix , devant lequel,
lesquels tel Voleur aura efté convaincu.
Laquelle ſomme d'argent
ils prendront des deniers de
Sa Majesté , par eux receus dans
leComté ou telle conviction aura
eſté faite , & laquelle leur fera
paffée encompte, lors qu'ils viendront
rendre leurs comptes à l'Echiquier,
ou Chambre des Finances.
Et le GrandTreforierd'An
GALANT. 231
:
gleterre est autorisé par ces Préſentes
, & a pouvoir de donner
des ordres aux Officiers de l'Echi
quier , de paffer lesdits deniers en
compte aufdits Sherifs selon le
préſent ordre. Il est encore ordonné
àtous Gouverneurs, Lientenans
Gouverneurs , Fuges de
Paix, Maires , Sherifs , Baillis,
&autres Officiers & Perſonnes
de quelque qualité & condition
qu'elles foient , de prendre cond
- noiſſance du préfent ordre &y
obeïr , comme auffi de prefter fecours
& affistance en tout ce qui
regardera l'execution , ſur peine
d'encourir le déplaisir de SaMa
232 MERCURE
jesté,&d'estre poursuivis comme
contempteurs defon Autorité
Royale.
GUILLAUME BRIDGEMAN.
Fermer
2
p. 288
MORTS.
Début :
Messire Honoré Caille, Sieur du Fourny, Auditeur des Comptes, celebre [...]
Mots clefs :
Histoire, Titres, Gentilhomme ordinaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
Messire Honoré Caille , Sieur du Fourny, Auditeur
des Comptes, celebre par la
grande connoissance qu'il
avoit dans nôtre Histoire,
& des anciens Titres, mourut
le20Févrieragé de
Syans.
..vD^neMarie Salmon,
Veuve de Hcnri Vincent de
vicuxmaîon Gentilhommeordinairede
Louis XIII.,
mourutle14.agée de cent
ans &,quatrç mois.
des Comptes, celebre par la
grande connoissance qu'il
avoit dans nôtre Histoire,
& des anciens Titres, mourut
le20Févrieragé de
Syans.
..vD^neMarie Salmon,
Veuve de Hcnri Vincent de
vicuxmaîon Gentilhommeordinairede
Louis XIII.,
mourutle14.agée de cent
ans &,quatrç mois.
Fermer
3
p. 10-19
MARIAGE.
Début :
Le 31. Juillet 1713. le Comte de Pontchartrain, Secretaire d'Etat [...]
Mots clefs :
Mariage, Noblesse, Héritage, Titres, Alliances, Service, Généalogie, Chancellerie, Cérémonie, Patrimoine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Le 31. Juillet 1713. le Comte
de Ponrchartrain, Secretaice
d'Etat, & Commandeur
des Ordres du
Roy, épousa à Pontchartrain
Mademoifclle deLau
befpine de Verderonne;
M. l'Evêque de Chartres
les a mariez.
M. de Pontcharrrain est
fils unique de M. le Chancelier-
Garde des Sceaux de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, Ministre
d'Etat
; & de Madame la
Chanceliere, qui est de la
Maison de Maupeou.
M. leChancelier est
fils de Louis Phelypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
, Conseiller d'Ecir^
& President des Comités
, qui ccoic fils de
Paul Phelypeaux, Seigneur
de Pontchartrain
y
fait Secretaire
d'Etat par Henry:
le Grand.
PaulPhielypeaux fut en..
voyé à Londres, y traita ôc
conc lut la paix avec les
Prices. & sur Plenipotentiaire
du Ray au Trai-té de
Lou dun.
Il ya eu dans cette Maison
huit Secrétaires dera-t.
& cinq Commandeurs des
Ordres du Roy.
Leur genealogie se trouve
dans tant d'ouvrages &
d'archives de differens Orr
-
dres de Chevalerie
,
& est
si connue aussi bien que
leurs grandes alliances de
les services qu'ils ont rendus
à l'Etat, qu'il est inutile
d'en parler ici: de plus en
leur donnant les éloges qui
leur dont dûs, je craindrois
de blesser la modedtie attachée
à leur Maidon.
Mademoiselle de Verderonne
s'appelle Helene Angélique-
Rosalie de Laubedpine.
Elle est fille de
Claude-Estienne de Laubespine,
Comte de Verderonne,
tué à labataille de
Fleurus;& de Marie-Anne
de Festard
,
heritiere de
Beaucourt, d'une ancienne
noblesse de Picardie, qui a
pris des alliances dans les
Maisons de Rubempré, de
Rivery, de Carvoisin-d'Achy,
ôc plusieurs autres des
plus anciennes de cette
Province.
Quant à la Maison de
Laubespine, elle est fort
ancienne
J
ôc illustrée depuis
prés de deux cens ans
des premieres & principales
dignitez de l'Etat. Elle
a donné à l'Eglise plusieurs
v
Prelats considerables, un
Garde des Sceaux de France
)
deux Chanceliers des
Ordres du Roy, quatre
Commandeurs des mêmes
Ordres, deux Secretaires
d'Etat sous les Rois FrançoisPremier,
Henry II. &
sous François II. & Charles
IX. plusieurs Conseillers
d'Etat,& des Ambassadeurs
dans les principales Cours
de l'Europe : & sans encrer
dans le détail des degrez au
dessus de l'an r> 1500. on remarquera
feulement que
Claude de Laubespine, Seigneur
d'Erouville, épousa
l'an 1507. Marguerite le Ber
ruyer, Dame de la Corbiliere,
& que de cette alliance
sortirent, entr'autres
enfans, Claude de Laubespine,
Baron deChâteauneuf,
premier Secretaire
d'Etat, qui a fait la branche
des Marquis de Châteauneuf-
Surcher, alliée dans
les Maisons de la Châtre,
de Neufville-Villeroy, de
S. Chaumont, de Volvire,
Russec, de Cochesilet-Vaucelas
J
de Rouvroy-faint-
Simone de Beauvillier; ôc
se Gilles de Laubespine,
qui a faitla branche des
Marquis de Verderonne. Il
fut pere de Claude de Laubespine,
Seigneur de Verderonne
,
Commandeur &
Secretaire des Ordres du
Roy,marié l'an 1593. avec
Loüise Pot, fille de Claude
Seigneur de Rodes & de
Chemaut, Commandeur ôc
Prevôt des Ordres du Roy,
Grand Maîtredes Ceremonies
de France; 6c de Jacqueline
de la Châtre, de
laquelle il eut Loüise de
Laubespine, mariée à Jean
de Montberon, Comte de
Fontaines-Chalendray
; &
Charles de Laubespine,
Seigneur de Verderonne,
Ambassadeur en Suisse,
Chancelier de Gaston Duc
d'Orleans, & marié avec
Marie le Bray de Flacourt.
Il en eut Claude de Laubespine,
Marquis de Verderonne
, qui épousa Helene
d'Aligre, fille d'Etienne
d'Aligre Chancelier de
France, & petite-fille d'autre
Etienne d'Aligre, aussï
Chancelier de France. De
ce mariage sortit lepere de
Madame la Comtesse de
Pontchartrain, comme il
aété remarqué ci-devant.
Ceux qui voudront en
être instruits plus amplement,
pourront avoir recours
à l'histoire des Chanceliers
&Gardes des Sceaux
de France, par Antoine du
Chesne
; & à l'histoire des
grands Officiers de la Couronne
& de la Maison du
Roy, par le Pere Anselme
de l'édition de 1712.
Le 31. Juillet 1713. le Comte
de Ponrchartrain, Secretaice
d'Etat, & Commandeur
des Ordres du
Roy, épousa à Pontchartrain
Mademoifclle deLau
befpine de Verderonne;
M. l'Evêque de Chartres
les a mariez.
M. de Pontcharrrain est
fils unique de M. le Chancelier-
Garde des Sceaux de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, Ministre
d'Etat
; & de Madame la
Chanceliere, qui est de la
Maison de Maupeou.
M. leChancelier est
fils de Louis Phelypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
, Conseiller d'Ecir^
& President des Comités
, qui ccoic fils de
Paul Phelypeaux, Seigneur
de Pontchartrain
y
fait Secretaire
d'Etat par Henry:
le Grand.
PaulPhielypeaux fut en..
voyé à Londres, y traita ôc
conc lut la paix avec les
Prices. & sur Plenipotentiaire
du Ray au Trai-té de
Lou dun.
Il ya eu dans cette Maison
huit Secrétaires dera-t.
& cinq Commandeurs des
Ordres du Roy.
Leur genealogie se trouve
dans tant d'ouvrages &
d'archives de differens Orr
-
dres de Chevalerie
,
& est
si connue aussi bien que
leurs grandes alliances de
les services qu'ils ont rendus
à l'Etat, qu'il est inutile
d'en parler ici: de plus en
leur donnant les éloges qui
leur dont dûs, je craindrois
de blesser la modedtie attachée
à leur Maidon.
Mademoiselle de Verderonne
s'appelle Helene Angélique-
Rosalie de Laubedpine.
Elle est fille de
Claude-Estienne de Laubespine,
Comte de Verderonne,
tué à labataille de
Fleurus;& de Marie-Anne
de Festard
,
heritiere de
Beaucourt, d'une ancienne
noblesse de Picardie, qui a
pris des alliances dans les
Maisons de Rubempré, de
Rivery, de Carvoisin-d'Achy,
ôc plusieurs autres des
plus anciennes de cette
Province.
Quant à la Maison de
Laubespine, elle est fort
ancienne
J
ôc illustrée depuis
prés de deux cens ans
des premieres & principales
dignitez de l'Etat. Elle
a donné à l'Eglise plusieurs
v
Prelats considerables, un
Garde des Sceaux de France
)
deux Chanceliers des
Ordres du Roy, quatre
Commandeurs des mêmes
Ordres, deux Secretaires
d'Etat sous les Rois FrançoisPremier,
Henry II. &
sous François II. & Charles
IX. plusieurs Conseillers
d'Etat,& des Ambassadeurs
dans les principales Cours
de l'Europe : & sans encrer
dans le détail des degrez au
dessus de l'an r> 1500. on remarquera
feulement que
Claude de Laubespine, Seigneur
d'Erouville, épousa
l'an 1507. Marguerite le Ber
ruyer, Dame de la Corbiliere,
& que de cette alliance
sortirent, entr'autres
enfans, Claude de Laubespine,
Baron deChâteauneuf,
premier Secretaire
d'Etat, qui a fait la branche
des Marquis de Châteauneuf-
Surcher, alliée dans
les Maisons de la Châtre,
de Neufville-Villeroy, de
S. Chaumont, de Volvire,
Russec, de Cochesilet-Vaucelas
J
de Rouvroy-faint-
Simone de Beauvillier; ôc
se Gilles de Laubespine,
qui a faitla branche des
Marquis de Verderonne. Il
fut pere de Claude de Laubespine,
Seigneur de Verderonne
,
Commandeur &
Secretaire des Ordres du
Roy,marié l'an 1593. avec
Loüise Pot, fille de Claude
Seigneur de Rodes & de
Chemaut, Commandeur ôc
Prevôt des Ordres du Roy,
Grand Maîtredes Ceremonies
de France; 6c de Jacqueline
de la Châtre, de
laquelle il eut Loüise de
Laubespine, mariée à Jean
de Montberon, Comte de
Fontaines-Chalendray
; &
Charles de Laubespine,
Seigneur de Verderonne,
Ambassadeur en Suisse,
Chancelier de Gaston Duc
d'Orleans, & marié avec
Marie le Bray de Flacourt.
Il en eut Claude de Laubespine,
Marquis de Verderonne
, qui épousa Helene
d'Aligre, fille d'Etienne
d'Aligre Chancelier de
France, & petite-fille d'autre
Etienne d'Aligre, aussï
Chancelier de France. De
ce mariage sortit lepere de
Madame la Comtesse de
Pontchartrain, comme il
aété remarqué ci-devant.
Ceux qui voudront en
être instruits plus amplement,
pourront avoir recours
à l'histoire des Chanceliers
&Gardes des Sceaux
de France, par Antoine du
Chesne
; & à l'histoire des
grands Officiers de la Couronne
& de la Maison du
Roy, par le Pere Anselme
de l'édition de 1712.
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Résumé : MARIAGE.
Le 31 juillet 1713, le Comte de Pontchartrain, Secrétaire d'État et Commandeur des Ordres du Roi, épousa Mademoiselle de Laubespine de Verderonne. La cérémonie fut dirigée par l'Évêque de Chartres. Le Comte de Pontchartrain est le fils unique de M. le Chancelier-Garde des Sceaux de France et de Madame la Chancelière, issue de la Maison de Maupeou. La famille Pontchartrain compte huit Secrétaires d'État et cinq Commandeurs des Ordres du Roi, et leur généalogie est bien documentée dans divers ouvrages et archives. Mademoiselle de Verderonne, de son nom complet Hélène Angélique-Rosalie de Laubespine, est la fille de Claude-Estienne de Laubespine, Comte de Verderonne, tué à la bataille de Fleurus, et de Marie-Anne de Festard, héritière de Beaucourt, issue d'une ancienne noblesse de Picardie. La Maison de Laubespine est illustre depuis près de deux cents ans et a occupé de hautes fonctions dans l'État, notamment des prélats, des Gardes des Sceaux, des Chanceliers des Ordres du Roi, des Secrétaires d'État, et des ambassadeurs dans les principales cours d'Europe. La généalogie détaillée de la famille peut être trouvée dans des ouvrages tels que l'histoire des Chanceliers et Gardes des Sceaux de France par Antoine du Chesne et l'histoire des grands Officiers de la Couronne et de la Maison du Roi par le Père Anselme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 169-188
MARIAGE.
Début :
Le Marquis de Prie, Aide de Camp de Monsiegneur le [...]
Mots clefs :
Mariage, Marquis, Ambassadeur, Noblesse, Lignées , Familles, Titres, Alliances, Ancêtres, Aristocratie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Le Marquis de Prie, Aide
de Camp de Monseigneur le
Duc de Bourgogne en 1702.
& 1703.Colonel d'un Regiment
de Dragons
,
nommé
en 1713.Ambassadeur pour
le Roy auprès du Roy de Sicile
,
épousa le 28. Décembre
Agnès Berthelor, fille d'Etienne
Berthelot, Ecuyer, Seigneur
de Pleneuf
,
&c. Conseiller
du Royen ses Conseils,
Directeur General de l'Artilletie
de France, & d'Agnès
~Rioult Düilly. Etienne Berthelot
de Pleneuf, cil fils de
François Bert helot
,
Conseillet
d'Etat & Secretaire des
Commandemens de feuë Madame
la Dauphine
,
qui eut
neuf enfans
,
six garçons: * N Berthelot de Joy
,
Secretaire
des Commandemens
en survivance ; Etienne Berthelot
de Pleneuf, pere de la
Marquise de Prie ; Jean-Baptiste
Berthelot de Duchy;N..
Berthelot de S. Alban, morr
Capitaine au Régiment du
Roy;N. Berthelot de Rebourfeau
,
Brigadier & Colonet
du Regiment de Bretagne;
& N. Berthelot de S. Laurent.
Trois filles: la premiere
épousa Mr Dombreval,Avocat
General de la Cour des
Aides; la seconde
,
le Maréchal
de Matignon ; la troisiéme,
M1 le President de Novion,
President à Mortier au
Parlement de Paris.
La Maison de ~Piiecft une
des plus anciennes & des plus
illustres du Royaume : elle a
produit de grands Hommes,
& diversOfficiers de la Couronne.
Jean de Prie I du
nom, Seigneur de Buzancois
(x. de Moulinsen Berry, vivoiten
nôj. Philippes do
Prie, Seigneur de Buzancois
& de Montpoupon, Sénéchal
de Beaucaire & de Nismes,
servir au Siege d'Ypres
l'an 1318. & en d'autres Sieges.
Il avoit épouséIsabeau
de Sainte Maure, de laquelle
il eut plusieurs enfans, entr'-
autres Jean de Prie, Seigneur
de ~Buzancois, & Capitaine de
la Rochelle quiservit dans les
Armées des Rois Philippes de
Valois, & Jean, & se signalaau
Siege de la Charité, &
al la bataille d'Auray en 1364.
Il eut PhilippesCourault, sa
femme, Jean de Prie, Seigeur
de Busancois & de Moulins,
qui prit alliance avec Isabeau
de Chanac, dont il eut
Jean de Prie, Seigneur de Buzancois,
grand Pannetier de
France, & Ca pitaine de la
grosse Tour de Bourges, qui
fut tué l'an 1427. endéfendant
cette Placecontre les
Anglois; Antoine de Prie,
Chevalier Seigneur de Busancois,
de Montpoupon & de
Moulins, étoit grand Queux
de France, l'an 1431. Il épou- sa Madeleined'Amboise ,
fille d'Hugues d'Amboife^Sei*-
gneur de Chaumont , &cv
dont ilcu-t'.ilioiiis-dc Pryc,
René Cardinal, & Aimar,
Radegonde, Religieuse à
Poissy,morteen1501.Chariorcc,
Mauec à Geofroy de
Chabannes, Seigneur de la
Palisse,& Catherine, femme
de Loüis du Puy
,
Seineur du
Coudray en Berry.
Loiiis de Prye, Seigneur de
Buzancois,Chambellan du
Roy & grand Queux de France,
épou sa Jeanne deSalafart,
donc ileut Aimoin de Prye.
-' Aimar de Prye,Seigneur
de Montpoupon & de la
Mothe, alla à la Conqueste
de Naples avec le Roy CharlesVIII.
en1495.& setrouva
à la prise de Capouë en 1501.
& au secours de Therouannc
en 15 1 3. il fut Conseiller &
Chambellan du Roy, Grand
Maistre des Arbalestriers de
France en 1513.& Gouverneur
du saint Esprit. Ce Seigneur
épousa en premieres
nôces Claude de Traves
,
fille
de Thibaud Seigneur de Draci
, & en seconde Claudine
de la Baume, fille de Marc
Comte de Montrevel, desquelles
il a eu plusieurs enfans.
René de Prie Cardinal Eve-,
que de Bayeux ,Abbé de
Bourgüeil ;
soutenuducredit
de son coufin germain, le
Cardinal d' Amboise, il s'éleva
auxDignitez de grand Archi-
! diacre de Bourges, d'Abbé.
i de Bourg -
Dieu,de la Prée
,
d'Evêquc de ~Laboure ,
de
Limoges
,
de Bayeux, &enfin
1 à celle de Cardinal qu'il obtint
i du Pape JulesII. en 1507.
[ deux ans aprés le Cardinal de
* Priealla à Rome & s'y trou- va avec le Cardinal de Clermont,
lorsque le Pape Jules
II. prie les armes contre le
Roy Loüis XII. ce Pontise
fie arrêter le Cardinal de Clermont,&
deffendit au Cardinal
de Prie de sortir de Rome
fous peine d'être privé defcg
Benefices ; mais ces précautions
furent inutiles. Les
Cardinaux de Prie
,
de Carvaïal,
de saint Severin & quelqu'autres
se retirerent à Gennes
d'oùils vinrent à ~Pise
tenir leur Concile; ce coup
irrita furieusement le Pape,
qui les priva du Cardinalat ;
mais ils furent rétablis fous
Leon X. Le Cardinal de Prie
mourut en France "le!). Septembre151
6. & fut enterré à
l'Abbaye de la Prée,où l'on
voit son Tombeau.
Aymar de Prie IIdu nom
Marquis de Coucy
,
Baron de
Montpoupon épousa le 13.
Mars 1593. Loüise de du
Hautaner,fillede Guillaume
Seigneur de Fervaques Maréchal
de France
,
dont il eut
Aymar de Prie tué au fervicc
du Roy au Siege de Montauban,
en 162 1. Loüis & François
de Prie Baron de Plannas
de qui Marie Brochart fillede
Pierre Seigneur de Marigny, a
laissé N.dePre quia des enfans.
-
Loüis de Prie,Marquis de
ToucyépousaFrançoise de
saint Gelais fille d'Artus, Seigneur
de Lanzac
,
& de
Françoise de ~Souvré, morte
le 29. Avril 1693. dont ila
eu Charlotte de Prie mariée le
27. Fevrier ~1639. à Noël de
Bullion
,
Marquis de Gallardon,
Sei1gn)eur de Bonnelles Conseiller d'honneur au Parlement
de Paris & Commandeur
des Ordres du Roy ,
morte le 14. Novembre
1700. âgée78.de Loüise de
Prie Marquise de Toucy
Gouvernante des Enfans de
France,&Surintendante de
leurs Maisons
,
alliée le 22.
Novembre1650. àPhilippe
de la Mothe-~Houdancourc
Duc de Cardonnc Maréchal
de France, morte le 6. Janvier
1709. âgée 85. ans.
François de Prie Baron de
Plannas
,
aprés la mort de
Loiiis det Prie son aîné,
demeura le Chefde la maison.
Il épousa Marie Brochardfille
de Pierre Brochard Seigneur
de Marigny, Maistre des Requestesdel'Hôtel
de la Ville.
Il eut pour enfans Aymara
Antoine, Edme ,& Jean de
Prie.
Aymar Antoine de Prie,
âiné de la Maison
,
Baron de
Plannas &c. Maréchal de
Camp, épousa Jaqueline de
Ferrésfilleunique de N. Ferrés
dont il ~eur Leonor & Loüis
de Prie, qui a épousé Mlle.
de Pleneuf.
Roland Aymar de Prie
Abbé du Papat
,
& Leonor
de Prie Capitaine de Cavalerie.
Madame la Princesse de
Ting yJ acoucha le 30. Novembre
d'un fils, que 1on
nomme le Comte de Luxe,
Elle est femme de MclIirc
Christian Loiiis de Montmorency-
Luxembourg, comme
cy devant fous le nom de
Chevalier de Luxembourg,
& depuis son mariage fous le
nom de Prince de Tingry. Il
cd fils de feu Mr le Mare-
~chai de Luxembourg, & frere
de Mr le Duc de Luxembourg,
Gouverneur de Normandie
, premier de Mr le
Duc de Chastillon & de Madame
la Princesse de Neufchastel
; je ne puis étendre
davantage 1 Eloge de la Maison
de Montmorency que
celle que je vous ay donnée
cy-devant dans le Mercure
du mois de Décembre 1711,
lorsque je vous ay parlé du
mariage de Mondit Seigneur
le Prince de Tin^ry où je
- renvoye le Lecteur. Quand à
la famille de Madame la Princesse
de Tingry
,
elle se nomme
Marie LouisedeHarlay;
elleestfillede flire A-bilcs
de Harlay 4e du nom, Comte
de Beaumont, Conseiller
d'Etat, & de Dame Anne
RenéeduLoüet, fille du Marquis
de ~Coeijanval, Doyen
du Parlement de ~Brecagne,
& petite fille de Achiles de
Harlay 5e du nom, Comte
de Beaumont, premier Pulîdent
au Parlement de Paris,
quia rempli cette haute dignité
avec tanr d intégrité & de
gloire pendant l'espace de 18.
ans Cette famille de Harlay
descend de Gautier de Harlay,
Sergent d'armes du Roy, qui
vivoit en 1397, & depuis luy
Madame la Princesse de Tingry
est au onziémedegré.
Cette famille a donné de tresgrands
hommes, Robert de
Harlay, Baron de Monglac
a esté grand Louvetier de
France; Jean de Harlay a
esté Chevalier du Guet, à
Paris en 1461. Christophe de
Harlay, suc President à Mortier
à Paris en 1555. Achiles
deHarlay fut President à mortier,
Conseiller d'Etat, puis
Premier President. Achiles de
Harlay 20
c: du nom fut Conseiller
au Parlement, Maistre
des Requestes, Conseiller d'Erat
, puis Procureur General
en 1661. pere d'Achiles 3e.
du nom, dont j'ay parlé cydessus
& qui fut Conseiller au
Parlement, Procureur Genc*
ral, enfin premier President,
qui ~écoit l'Ayeul de Madame
la Princesse de Tingry.
Cette famille s'est divisée -
en plusieurs branches dans lesquelles
il s'est rencontré quantité
d'hommes tres illustres,
& des alliances tres ~confiierables
; entr'autres Nicolas
Auçufte de Harlay, Maistre
des Requestes, qui a esté un
tres grand Negotiateur commeila
paru dans ses Ambassades,
ayant esté Plenipotentiaire
à Francfort en 1681.
& pour la Paix generale à ~Rifvick
en 169j.
L'Eglise a eu des ~Prelacs de
distinction de cette famille
dans la branche de Chamvalon,
entrautres François de
Harlay, Abbé de S. Victor,
premier Archevesque Roüen,
& François de Harlay, son
Neveu, & son successeur à
l'Archevesché de Roüen,puis
Archevesque de Paris, Duc.
de S. Clou, en faveur de qui
le Roy Louis XIV. érigea
la Terre de S Clou en Duché
Pairie, & pour luy & ses
successeurs, Archevesques de
Paris, le Roy le fit aussi Commandeur
des ses Ordres ~cn
2664. & le nomma au Cardinalat
en 1690. pour la premiere
Promotion qui se feroit
en faveur desCouronnes:mais
la mort l'empêcha en 1695.
de recevoir cet honneur.
Le Marquis de Prie, Aide
de Camp de Monseigneur le
Duc de Bourgogne en 1702.
& 1703.Colonel d'un Regiment
de Dragons
,
nommé
en 1713.Ambassadeur pour
le Roy auprès du Roy de Sicile
,
épousa le 28. Décembre
Agnès Berthelor, fille d'Etienne
Berthelot, Ecuyer, Seigneur
de Pleneuf
,
&c. Conseiller
du Royen ses Conseils,
Directeur General de l'Artilletie
de France, & d'Agnès
~Rioult Düilly. Etienne Berthelot
de Pleneuf, cil fils de
François Bert helot
,
Conseillet
d'Etat & Secretaire des
Commandemens de feuë Madame
la Dauphine
,
qui eut
neuf enfans
,
six garçons: * N Berthelot de Joy
,
Secretaire
des Commandemens
en survivance ; Etienne Berthelot
de Pleneuf, pere de la
Marquise de Prie ; Jean-Baptiste
Berthelot de Duchy;N..
Berthelot de S. Alban, morr
Capitaine au Régiment du
Roy;N. Berthelot de Rebourfeau
,
Brigadier & Colonet
du Regiment de Bretagne;
& N. Berthelot de S. Laurent.
Trois filles: la premiere
épousa Mr Dombreval,Avocat
General de la Cour des
Aides; la seconde
,
le Maréchal
de Matignon ; la troisiéme,
M1 le President de Novion,
President à Mortier au
Parlement de Paris.
La Maison de ~Piiecft une
des plus anciennes & des plus
illustres du Royaume : elle a
produit de grands Hommes,
& diversOfficiers de la Couronne.
Jean de Prie I du
nom, Seigneur de Buzancois
(x. de Moulinsen Berry, vivoiten
nôj. Philippes do
Prie, Seigneur de Buzancois
& de Montpoupon, Sénéchal
de Beaucaire & de Nismes,
servir au Siege d'Ypres
l'an 1318. & en d'autres Sieges.
Il avoit épouséIsabeau
de Sainte Maure, de laquelle
il eut plusieurs enfans, entr'-
autres Jean de Prie, Seigneur
de ~Buzancois, & Capitaine de
la Rochelle quiservit dans les
Armées des Rois Philippes de
Valois, & Jean, & se signalaau
Siege de la Charité, &
al la bataille d'Auray en 1364.
Il eut PhilippesCourault, sa
femme, Jean de Prie, Seigeur
de Busancois & de Moulins,
qui prit alliance avec Isabeau
de Chanac, dont il eut
Jean de Prie, Seigneur de Buzancois,
grand Pannetier de
France, & Ca pitaine de la
grosse Tour de Bourges, qui
fut tué l'an 1427. endéfendant
cette Placecontre les
Anglois; Antoine de Prie,
Chevalier Seigneur de Busancois,
de Montpoupon & de
Moulins, étoit grand Queux
de France, l'an 1431. Il épou- sa Madeleined'Amboise ,
fille d'Hugues d'Amboife^Sei*-
gneur de Chaumont , &cv
dont ilcu-t'.ilioiiis-dc Pryc,
René Cardinal, & Aimar,
Radegonde, Religieuse à
Poissy,morteen1501.Chariorcc,
Mauec à Geofroy de
Chabannes, Seigneur de la
Palisse,& Catherine, femme
de Loüis du Puy
,
Seineur du
Coudray en Berry.
Loiiis de Prye, Seigneur de
Buzancois,Chambellan du
Roy & grand Queux de France,
épou sa Jeanne deSalafart,
donc ileut Aimoin de Prye.
-' Aimar de Prye,Seigneur
de Montpoupon & de la
Mothe, alla à la Conqueste
de Naples avec le Roy CharlesVIII.
en1495.& setrouva
à la prise de Capouë en 1501.
& au secours de Therouannc
en 15 1 3. il fut Conseiller &
Chambellan du Roy, Grand
Maistre des Arbalestriers de
France en 1513.& Gouverneur
du saint Esprit. Ce Seigneur
épousa en premieres
nôces Claude de Traves
,
fille
de Thibaud Seigneur de Draci
, & en seconde Claudine
de la Baume, fille de Marc
Comte de Montrevel, desquelles
il a eu plusieurs enfans.
René de Prie Cardinal Eve-,
que de Bayeux ,Abbé de
Bourgüeil ;
soutenuducredit
de son coufin germain, le
Cardinal d' Amboise, il s'éleva
auxDignitez de grand Archi-
! diacre de Bourges, d'Abbé.
i de Bourg -
Dieu,de la Prée
,
d'Evêquc de ~Laboure ,
de
Limoges
,
de Bayeux, &enfin
1 à celle de Cardinal qu'il obtint
i du Pape JulesII. en 1507.
[ deux ans aprés le Cardinal de
* Priealla à Rome & s'y trou- va avec le Cardinal de Clermont,
lorsque le Pape Jules
II. prie les armes contre le
Roy Loüis XII. ce Pontise
fie arrêter le Cardinal de Clermont,&
deffendit au Cardinal
de Prie de sortir de Rome
fous peine d'être privé defcg
Benefices ; mais ces précautions
furent inutiles. Les
Cardinaux de Prie
,
de Carvaïal,
de saint Severin & quelqu'autres
se retirerent à Gennes
d'oùils vinrent à ~Pise
tenir leur Concile; ce coup
irrita furieusement le Pape,
qui les priva du Cardinalat ;
mais ils furent rétablis fous
Leon X. Le Cardinal de Prie
mourut en France "le!). Septembre151
6. & fut enterré à
l'Abbaye de la Prée,où l'on
voit son Tombeau.
Aymar de Prie IIdu nom
Marquis de Coucy
,
Baron de
Montpoupon épousa le 13.
Mars 1593. Loüise de du
Hautaner,fillede Guillaume
Seigneur de Fervaques Maréchal
de France
,
dont il eut
Aymar de Prie tué au fervicc
du Roy au Siege de Montauban,
en 162 1. Loüis & François
de Prie Baron de Plannas
de qui Marie Brochart fillede
Pierre Seigneur de Marigny, a
laissé N.dePre quia des enfans.
-
Loüis de Prie,Marquis de
ToucyépousaFrançoise de
saint Gelais fille d'Artus, Seigneur
de Lanzac
,
& de
Françoise de ~Souvré, morte
le 29. Avril 1693. dont ila
eu Charlotte de Prie mariée le
27. Fevrier ~1639. à Noël de
Bullion
,
Marquis de Gallardon,
Sei1gn)eur de Bonnelles Conseiller d'honneur au Parlement
de Paris & Commandeur
des Ordres du Roy ,
morte le 14. Novembre
1700. âgée78.de Loüise de
Prie Marquise de Toucy
Gouvernante des Enfans de
France,&Surintendante de
leurs Maisons
,
alliée le 22.
Novembre1650. àPhilippe
de la Mothe-~Houdancourc
Duc de Cardonnc Maréchal
de France, morte le 6. Janvier
1709. âgée 85. ans.
François de Prie Baron de
Plannas
,
aprés la mort de
Loiiis det Prie son aîné,
demeura le Chefde la maison.
Il épousa Marie Brochardfille
de Pierre Brochard Seigneur
de Marigny, Maistre des Requestesdel'Hôtel
de la Ville.
Il eut pour enfans Aymara
Antoine, Edme ,& Jean de
Prie.
Aymar Antoine de Prie,
âiné de la Maison
,
Baron de
Plannas &c. Maréchal de
Camp, épousa Jaqueline de
Ferrésfilleunique de N. Ferrés
dont il ~eur Leonor & Loüis
de Prie, qui a épousé Mlle.
de Pleneuf.
Roland Aymar de Prie
Abbé du Papat
,
& Leonor
de Prie Capitaine de Cavalerie.
Madame la Princesse de
Ting yJ acoucha le 30. Novembre
d'un fils, que 1on
nomme le Comte de Luxe,
Elle est femme de MclIirc
Christian Loiiis de Montmorency-
Luxembourg, comme
cy devant fous le nom de
Chevalier de Luxembourg,
& depuis son mariage fous le
nom de Prince de Tingry. Il
cd fils de feu Mr le Mare-
~chai de Luxembourg, & frere
de Mr le Duc de Luxembourg,
Gouverneur de Normandie
, premier de Mr le
Duc de Chastillon & de Madame
la Princesse de Neufchastel
; je ne puis étendre
davantage 1 Eloge de la Maison
de Montmorency que
celle que je vous ay donnée
cy-devant dans le Mercure
du mois de Décembre 1711,
lorsque je vous ay parlé du
mariage de Mondit Seigneur
le Prince de Tin^ry où je
- renvoye le Lecteur. Quand à
la famille de Madame la Princesse
de Tingry
,
elle se nomme
Marie LouisedeHarlay;
elleestfillede flire A-bilcs
de Harlay 4e du nom, Comte
de Beaumont, Conseiller
d'Etat, & de Dame Anne
RenéeduLoüet, fille du Marquis
de ~Coeijanval, Doyen
du Parlement de ~Brecagne,
& petite fille de Achiles de
Harlay 5e du nom, Comte
de Beaumont, premier Pulîdent
au Parlement de Paris,
quia rempli cette haute dignité
avec tanr d intégrité & de
gloire pendant l'espace de 18.
ans Cette famille de Harlay
descend de Gautier de Harlay,
Sergent d'armes du Roy, qui
vivoit en 1397, & depuis luy
Madame la Princesse de Tingry
est au onziémedegré.
Cette famille a donné de tresgrands
hommes, Robert de
Harlay, Baron de Monglac
a esté grand Louvetier de
France; Jean de Harlay a
esté Chevalier du Guet, à
Paris en 1461. Christophe de
Harlay, suc President à Mortier
à Paris en 1555. Achiles
deHarlay fut President à mortier,
Conseiller d'Etat, puis
Premier President. Achiles de
Harlay 20
c: du nom fut Conseiller
au Parlement, Maistre
des Requestes, Conseiller d'Erat
, puis Procureur General
en 1661. pere d'Achiles 3e.
du nom, dont j'ay parlé cydessus
& qui fut Conseiller au
Parlement, Procureur Genc*
ral, enfin premier President,
qui ~écoit l'Ayeul de Madame
la Princesse de Tingry.
Cette famille s'est divisée -
en plusieurs branches dans lesquelles
il s'est rencontré quantité
d'hommes tres illustres,
& des alliances tres ~confiierables
; entr'autres Nicolas
Auçufte de Harlay, Maistre
des Requestes, qui a esté un
tres grand Negotiateur commeila
paru dans ses Ambassades,
ayant esté Plenipotentiaire
à Francfort en 1681.
& pour la Paix generale à ~Rifvick
en 169j.
L'Eglise a eu des ~Prelacs de
distinction de cette famille
dans la branche de Chamvalon,
entrautres François de
Harlay, Abbé de S. Victor,
premier Archevesque Roüen,
& François de Harlay, son
Neveu, & son successeur à
l'Archevesché de Roüen,puis
Archevesque de Paris, Duc.
de S. Clou, en faveur de qui
le Roy Louis XIV. érigea
la Terre de S Clou en Duché
Pairie, & pour luy & ses
successeurs, Archevesques de
Paris, le Roy le fit aussi Commandeur
des ses Ordres ~cn
2664. & le nomma au Cardinalat
en 1690. pour la premiere
Promotion qui se feroit
en faveur desCouronnes:mais
la mort l'empêcha en 1695.
de recevoir cet honneur.
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Résumé : MARIAGE.
Le texte traite des mariages et des lignées de deux familles nobles françaises : la famille de Prie et la famille Harlay. Le Marquis de Prie, aide de camp du Duc de Bourgogne en 1702 et 1703, et colonel d'un régiment de dragons en 1713, épousa Agnès Berthelot le 28 décembre. Agnès Berthelot était la fille d'Étienne Berthelot, écuyer et seigneur de Pleneuf, conseiller du roi et directeur général de l'artillerie de France. Étienne Berthelot avait neuf enfants, dont six garçons et trois filles, mariés à des personnalités influentes. La famille de Prie est décrite comme l'une des plus anciennes et illustres du royaume, ayant produit de grands hommes et divers officiers de la couronne. Plusieurs générations de la famille de Prie sont mentionnées, ainsi que leurs alliances matrimoniales et leurs rôles militaires et politiques. Par exemple, Jean de Prie, seigneur de Buzancois, servit lors du siège d'Ypres en 1318. René de Prie, cardinal et évêque de Bayeux, obtint le cardinalat en 1507. Aymar de Prie, marquis de Coucy, épousa Louise de Hautemer en 1593. Le texte mentionne également la famille Harlay, dont Marie Louise de Harlay, princesse de Tingry, est issue. Cette famille a produit de nombreux hommes illustres, tels que Robert de Harlay, grand louvetier de France, et Achille de Harlay, premier président au Parlement de Paris. François de Harlay, archevêque de Rouen et de Paris, fut élevé au cardinalat en 1690.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1114-1125
SUITE des Réflexions sur la Bizarerie de quelques usages, &c. Par M. CAPPERON, ancien Doyen de S. Maxent.
Début :
J'ai dit dans mes premieres Réfléxions sur la Bizarerie [...]
Mots clefs :
Bizarrerie, Usages, Noms, Religieux, Temps, Réflexions, Discours publics, Ouvrages, Titres, Prédicateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Réflexions sur la Bizarerie de quelques usages, &c. Par M. CAPPERON, ancien Doyen de S. Maxent.
UITE des Réflexions sur la Bizarerie
de quelques usages , &c.
J
Par M. CAPPERON, ancien Doyen de S. Maxent.
A
'Ai dit dans mes premieres Réfléxions
sur la Bizarerie de divers usages , qui
ont été insérées dans les Mercures de France, des mois de Janvier et de Février derniers , que cette Bizarerie tiroit son origine de deux sortes de désirs, naturels à tous
les hommes ; sçavoir , du désir qu'ils ont
de satisfaire leurs sens , et de celui qui les
porte à suivre les inclinations secretes que
les passions leur inspirent. J'ai donné
dans ces premieres Réfléxions un échantillon des usages bizares qui sont sortis
de ce desir , qu'ont les hommes de satisfaire leurs sens ; et je vais parler icy de
ceuxque leurs passions differentes ont fait
regner dans certains temps..
Comme la plus belle qualité de l'homme, est d'avoir un esprit capable de pen- ser, de connoître et de raisonner ; il est
I. Vol. na-
JUIN. 1732 IES
naturel que , chacun se sentant pourvu
d'un don si précieux , on saisisse volon-.
tiers tous les moyens propres à faire remarquer aux autres toute la beauté et
toute l'excellence qu'il peut avoir. C'est
aussi ce qui ne manquera pas d'arriver.
Mais ce qu'il y a de singulier , c'est que
souvent le desir qu'on a de faire paroître
son esprit , monte jusqu'à un tel excès ,
que cessant alors de penser et de raisonner juste , lorsqu'on croit le faire briller
avec éclat, on le fair par des endroits, qui
font remarquertout le contraire ; son peu
d'étendue et de justesse par des bizareries
tres- sensibles; ce que je justifierai aisément
par celles que je vais rapporter.
On ne peut pas douter que ce ne soit
particulierement dans les Ecrits et dans les
Discours publics, qu'on s'attache le plus à
fairebriller son esprit.Premierement, parce qu'on a plus de facilité à le faire, ayant
plus de loisir pour choisir ses pensées ,
pour en voir la justesse , et pour leur
donner le tour et l'arrangement qui peuvent les rendre plus frapantes.
D'ailleurs ceux qui composent quelque Ouvrage , qu'ils sçavent devoir être
la ou entendu du public ; sçachant qu'il
doit être exposé à la critique , c'est pour
eux un éguillon tres -vif, qui les excite
1.Vol. puis
16 MERCURE DE FRANCE
puissamment à travailler à plaire aux
Lecteurs ou aux Auditeurs.
Cela posé, il est bon que je dise , que
voulant parler des usages bizares qui ont
quelquefois paru en fait de productions
d'esprit , je ne prétends pas relever toutes les manieres singulieres par lesquelles
certaines personnes ont affecté de se distinguer dans les Ouvrages de leur com
position ; tel qu'est ( par exemple) le stile
serré , sententieux et trop affecté de Seneque , que Quintilien a justement blâmé ;
d'autres qui ont crû orner leurs écrits par
des jeux de mots; et d'autres enfin, qui ont
prétendu se singulariser par un mélange
bizare du Sacré et du Prophane , par des
digressions trop fréquentes, des antithèses
trop multipliées , par un stile enfin trop
éloigné du naturel.
Mais pour m'attacher à quelque chose
de plus marqué , n'avouera- t- on pas que
c'étoit un usage tout- à-fait bizare quecelui qui dominoit sous le Regne de Charles IX. et qui consistoit , non seulement
à remplir les Livres et les Ecrits , que dis
je , jusqu'aux simples Lettres , d'une infinité de passages ? En sorte , dit Varillas ,
que Montluc , Evêque de Valence , écrivant à ce Prince , pour lui rendre compte
d'une Négociation où il étoit employé ,
<
1.Vol. n'ayant
JUIN. 1732. 1117
n'ayant pu faire entrer dans sa premiere
Lettre tous les Passages qu'il avoit préparés , il lui en écrivit une seconde , par
Je Courrier suivant , pour rapporter huis
autres Passages qui lui étoient restez.
Ne peut-on pas mettre dans la même
Classe des usages bizares , en fait d'Ouvrages d'esprit , les Vers burlesques qui
ont eu quelque vogue vers le milieu du
dernier siécle ? par lesquels on s'attachoit
à traduire avec travail et quelque sorte
d'esprit , d'excellens Ouvrages , et ces
Vers n'étoient ordinairement remplis que
de choses triviales , et souvent tres grossieres.
On doit mettre au même rang, ces
titres bizares qu'on a souvent donné àcerrains Livres , pour marquer d'une manicre mystérieuse , qu'on croyoit alors tresspirituelle , le sujet qui y étoit traité. Par
exemple, celui qui fut composé par un
Prêtre de Mante, sur les Antiennes qui
se disent quelques jours avant Noël , et
qui commencent par O ; qu'il in, itula :
La douce moëlle , et la saucefriande des Os
savoureux de l'Avent. Tel étoit un petit
Livre de Controverse , qui avoit pour titre: Lepetit Pistolet de poche , qui tire contre les Hérétiques. Un autre que j'ai lû sur
la pénitence , intitulé : Le Fuzil de laPéI.Vol. mitence
TI MERCURE DE FRANCE
nitence avec Allumette de l'Amour de
Dieu.
>
Après tout , la bizarerie de ces Titres ,
n'eut aucune suite. Il n'en fut pas de même
du Livre du P. Gille Gabriéli , qu'il intitula: Specimina Moralis Christiane et Diabolica. Ce qui l'obligea d'aller à Rome ,
pour se justifier sur la bizarerie de ce titre, qu'il fallut changer dans une nouvel- le édition faite en 1680.
Il ne s'est pas moins formé d'usages bizares , par rapport aux discours publics
de Religion , ou aux Sermons ; car quoique la premiere et la plus ancienne Méthode d'instruire les Peuples fut simple et
familiere, dans la vûë de se rendre également intelligible au commun des fidelles , et aux plus spirituels ; simplicité qui
a duré dans l'Orient , jusqu'au temps de
S. Grégoire de Nazianze ; et dans l'Occident, jusques vers le temps du Pape saint
Léon. Les Saints Evêques qui fleurirent
alors , crurent que les matiéres de la Religion , ne méritoient pas moins d'être
traitées avec toutes les beautez de l'éloquence, que les matiéres prophanes, dans
le dessein aussi , comme ils le disent euxmêmes , de donner à leurs discours, par la
délicatesse du stile , et par le brillant des
pensées , le même gout et le même attrait
1.Vol.
que
'JUIN.
17320 1119
que les miracles donnoient dans les premiers temps aux Discours des Apôtres èt
de leurs Disciples .
L'usage s'établit donc de prêcher avec
art et avec éloquence , ce qui a continué
depuis ; mais il faut avouer que , quoique
parmi les anciens et les modernes , il se
soit trouvé grand nombre d'Orateurs parfaits , qui par leurs Discours méthodiques , et véritablement éloquens , prononcez d'une maniere parfaitement convenable à la dignité et à la sainteté des
sujets , il n'a pas laissé que de s'introduire
de temps en temps quelques usages trop
bizares , pour une fonction aussi sainte et
aussi nécessaire au salut des Peuples.
N'étoit- ce pas , en effet, une bizarerie ,
que l'usage où on étoit il y a peu de siécles , de ne prêcher presqu'en Latin ? C'étoit encore l'usage dans le commencement
du dernier siécle , de remplir les Sermons
de Grec et de Latin. Cette méthode étoitelle fort utile à l'instruction des fidelles ?
Devoit elle faire paroître la justesse de
l'esprit du Prédicateur ? L'usage où l'on
a été à peu près dans le même temps ,
d'employer dans ces Discours, les Apophtegmes de Plutarque ( a ) des Lambeaux
·
( a ) Conceptions Théologiques au Sermon de Pierre de Besse.
1. Vol.
D de
1125 MERCURE DE FRANCE
de l'Histoire Prophane , ou des faits singuliers , souvent même supposezi cet usage , dis - je , étoit - il un usage bien convenable ? Celui encore d'apporter pour
preuve de ce qu'on avançoit , les pensées
quintessenciées de la Théologie Scholastique , émanées de la Philosophie d'Aristote. Il convenoit, sans doute , beaucoup
moins , dans ces Discours instituez pour
rendre la Religion respectable , et pour
faire observer la sévérite de ses maximes ,:
d'user de pensées ou d'expressions souvent fort triviales , propres à divertir et
à faire rire les Auditeurs ; en quoi , comme chacun sçait , le fameux Pere André
Bolanger , Religieux Augustin-Déchaussé , nommé vulgairement Le petit Pere
André , excelloit pardessus tous les autres , vers le milieu du dernier siécle. (b)
Enfin la bizarerie , en fait de Sermons,
est allée jusqu'à former un usage , où on
croiroit qu'il étoit du devoir du Prédicateur, pour donner plus de grace à son Discours , de tousser régulierement dans certains endroits de son Discours , qui paroissoit même alors si nécessaire , qu'on
voit encore aujourd'hui des Sermons imprimez de ce temps- là , où on a observé
de mettre à la marge , Hem, Hem, aux
( a) Mort le 2 Septembre 1657. âgé de 79 ans,
1. Vol. endroits
JUIN. 1732. II2I endroits où le Prédicateur devoit nécessairement tousser.
N'est- ce pas encore aujourd'hui unusage bien bizare, que celui de Prêcher.comme on fait en Italie , où selon ce qu'en
rapportent les Voyageurs, presque tous les Prédicateurs sont de vrais grimaciers, leurs
gêtes étant des gesticulations outrées , suivant les variations de la voix , passant plus
de vingt fois en un quart d'heure , du
fausset à la basse`, criant et s'agitant sans
cesse , se promenant avec chaleur et avec
bruit dans les Chaires , faites la plûpart en
forme de Balcons ou de Tribunes.
Qu'un tel usage est opposé à celui des
premiers siècles de l'Eglise , où nous
voyons , qu'une des raisons qu'apporte
rent les Peres, assemblez au Concile d'Antioche, tenu vers l'an 270, contre Paul de
Samosate , ( a ) pour faire connoître qu'ils
l'avoient justement condamnez ; c'étoit ,
disoient-ils , dans la Lettre synodale qu'ils
écrivirent , qu'outre ses erreurs , et sa vie
licencieuse , non-content d'avoir fait élever dans son Eglise un Tribunal plus haut
que de coûtume , où étoit posé son siége,
orné de tapis , il parloit en élevant ses
mains excessivement , frappant ses cuisses et remuant violemment les pieds
( a ) Eusebe , Hist. Eccles. lib. 7.
"
1. Vol. Dij battant
1122 MERCURE DE FRANCE
battant le Marche- pied de son Siége , affectant de parler d'une voix sourde, comme si elle fut sortie d'une cave ; en un
mot , se comportant, non pas comme un
modeste Prédicateur , mais comme un
Orateur qui harangue au Théatre.
Si le désir de faire paroître son esprit a produit differens usages assez bizares , ainsi qu'on vient de le voir , la complaisance qu'on a à se laisser donner des
distinctions peu convenables , n'en a pas
fourni un moindre nombre. Je n'en toucherai qu'un seul , pour ne pas pousser
ces réflexions trop loin , sçavoir l'usage
qui s'établit autrefois en Angleterre, lorsque la Religion Catholique y regnoit, de
donner aux Religieux et aux Religieuses
qui y étoient en grand nombre, les noms
de Domini et Domina, ce qui ne s'étoit pas
fait jusqu'alors,
Car suivant ce que S. Benoît avoit ordonné par sa Regle , ch. 63. il n'y avoit
précisément que le seul Abbé qu'on devoit nommer Domnus Abbas , comme un
diminutif du mot Dominus , qui signifie
Seigneur ou Monsieur, suivant notre maniere de parler, pour montrer que son autorité , quoiqu'émanée de Dieu , lui étoit
neanmoins très - subordonnée.. Selon la
même Regle , les anciens devoient nomI.Vol. mer
JUIN. 1732. 1123
mer les jeunes Religieux leurs freres , et
les jeunes devoient donner aux anciens le
nom de Nonni , qui équivaloit à celui de
Sancti. S. Jérôme l'employe en ce sens
dans sa Lettre 48. En effet , rien ne convenoit mieux , pour faire souvenir les
Anciens, qu'ils devoient être des modeles
de sainteté pour les jeunes Religieux.
Cet usage dura long - temps et s'observoit même parmi les séculiers , ce qui leur
donnoit lieu , de ne pas nommer autrement les Religieuses , les appellant des
Nonnes , des Nonnettes ou des Nonnains ;
et c'est par rapport à la signification de ce
nom de Nonna, qui signifie Saintes, qu'on
les nomme encore aujourd'hui Sancta
Moniales , en Latin. Les choses demeurerent en cet état , jusqu'à ce que les seculiers commencérent à y apporter du
changement. Dans la vûë de faire honneur aux simples Religieux des Abbayes,
ils qualifierent chaque particulier du nom
de Domnus , quoique ce nom , ne convint
, proprement qu'au seul Abbé ; à peu près
comme aujourd'hui les seculiers , pour
faire honneur au moindre Ecclésiastique, lui donnent le nom d'Abbé. Voilà
quelle est l'origine du nom de Dom , que
plusieurs Religieux ont conservé jusqu'à
nos jours , pendant que plusieurs autres
1.Vol. D iij ayant
7124 MERCURE DE FRANCE
ayant également abandonné les noms de
Nonni, et les Religieuses ceux de Nonna
ceux-là ont pris les noms de Peres et de
Freres ; et celles- ci , ceux de Meres et de
Sœurs.
Enfin les séculiers toujours attentifs à
donner des marques de leur estime et de
leur respect pour les Religieux et les Religieuses , crurent qu'il convenoit encore
d'introduire un usage nouveau , par rapport à leurs noms , et qu'il étoit de la politesse , de leur donner les noms dont on
usoit dans le monde envers les personnes
qui y avoient quelque distinction ; ce qui
s'établit d'autant plutôt en Angleterre ,
que les Religieux , et les Religieuses commençoient d'y vivre d'une maniere assez
séculiere. Ce fut donc alors , qu'on y
commença à donner dans la Langue du
païs aux Religieux et aux Religieuses, les
noms qui équivaloient à ceux de Messieurs et de Dames , c'est- à- dire, Domini ,
et de Domine , en Latin .
Il est vrai que ceux et celles qui étoient
les plus attachez à la perfection de leur
état souffrirent ce changement avec peine; les Supérieurs Ecclésiastiques en furent également choquez; jusques-là qu'un
Archevêque de Cantorbery , se crut obligé d'en faire publiquement ses plaintes
I. Vola dans
JUIN. 1731. 1125 dans une de ses Lettres Pastorales où en
s'addressant aux Religieux et aux Reli- gieuses , il leur disoit , ainsi le que rapporte le P. Thomassin dans sa Discipline Ecclesiastique , part. 4. liv. 1 , Sciatis
vos Monachos , vel Moniales esse, nonDominas, sicut nec Monachi possunt sine ri
diculo Domini appellari.
Cette distinction recherchée dans les
noms n'a pas été particuliere aux Religieux et aux Religieuses , elle l'a été et
l'est encore à beaucoup d'autres ; les Romains (a) de distinction se donnoient jusqu'à quatre noms ; sçavoir , l'avant nom,
le sur-nom, le proche- nom, et le nom; et
encore aujourd'hui c'est une distinction
qu'on affecte en Italie et en Allemagne ,
de donner aux personnes du premier
rang , sur tout aux Princes et aux Princesses , jusqu'à six ou sept noms de Saints
ou de Saintes à leur Batême; ce qu'on imite quelquefois en France et en Espagne..
( a) Alex. ab Alex. genial. dier. lib. 1. cap. 9.
A Eu, le 5 May 1732.
de quelques usages , &c.
J
Par M. CAPPERON, ancien Doyen de S. Maxent.
A
'Ai dit dans mes premieres Réfléxions
sur la Bizarerie de divers usages , qui
ont été insérées dans les Mercures de France, des mois de Janvier et de Février derniers , que cette Bizarerie tiroit son origine de deux sortes de désirs, naturels à tous
les hommes ; sçavoir , du désir qu'ils ont
de satisfaire leurs sens , et de celui qui les
porte à suivre les inclinations secretes que
les passions leur inspirent. J'ai donné
dans ces premieres Réfléxions un échantillon des usages bizares qui sont sortis
de ce desir , qu'ont les hommes de satisfaire leurs sens ; et je vais parler icy de
ceuxque leurs passions differentes ont fait
regner dans certains temps..
Comme la plus belle qualité de l'homme, est d'avoir un esprit capable de pen- ser, de connoître et de raisonner ; il est
I. Vol. na-
JUIN. 1732 IES
naturel que , chacun se sentant pourvu
d'un don si précieux , on saisisse volon-.
tiers tous les moyens propres à faire remarquer aux autres toute la beauté et
toute l'excellence qu'il peut avoir. C'est
aussi ce qui ne manquera pas d'arriver.
Mais ce qu'il y a de singulier , c'est que
souvent le desir qu'on a de faire paroître
son esprit , monte jusqu'à un tel excès ,
que cessant alors de penser et de raisonner juste , lorsqu'on croit le faire briller
avec éclat, on le fair par des endroits, qui
font remarquertout le contraire ; son peu
d'étendue et de justesse par des bizareries
tres- sensibles; ce que je justifierai aisément
par celles que je vais rapporter.
On ne peut pas douter que ce ne soit
particulierement dans les Ecrits et dans les
Discours publics, qu'on s'attache le plus à
fairebriller son esprit.Premierement, parce qu'on a plus de facilité à le faire, ayant
plus de loisir pour choisir ses pensées ,
pour en voir la justesse , et pour leur
donner le tour et l'arrangement qui peuvent les rendre plus frapantes.
D'ailleurs ceux qui composent quelque Ouvrage , qu'ils sçavent devoir être
la ou entendu du public ; sçachant qu'il
doit être exposé à la critique , c'est pour
eux un éguillon tres -vif, qui les excite
1.Vol. puis
16 MERCURE DE FRANCE
puissamment à travailler à plaire aux
Lecteurs ou aux Auditeurs.
Cela posé, il est bon que je dise , que
voulant parler des usages bizares qui ont
quelquefois paru en fait de productions
d'esprit , je ne prétends pas relever toutes les manieres singulieres par lesquelles
certaines personnes ont affecté de se distinguer dans les Ouvrages de leur com
position ; tel qu'est ( par exemple) le stile
serré , sententieux et trop affecté de Seneque , que Quintilien a justement blâmé ;
d'autres qui ont crû orner leurs écrits par
des jeux de mots; et d'autres enfin, qui ont
prétendu se singulariser par un mélange
bizare du Sacré et du Prophane , par des
digressions trop fréquentes, des antithèses
trop multipliées , par un stile enfin trop
éloigné du naturel.
Mais pour m'attacher à quelque chose
de plus marqué , n'avouera- t- on pas que
c'étoit un usage tout- à-fait bizare quecelui qui dominoit sous le Regne de Charles IX. et qui consistoit , non seulement
à remplir les Livres et les Ecrits , que dis
je , jusqu'aux simples Lettres , d'une infinité de passages ? En sorte , dit Varillas ,
que Montluc , Evêque de Valence , écrivant à ce Prince , pour lui rendre compte
d'une Négociation où il étoit employé ,
<
1.Vol. n'ayant
JUIN. 1732. 1117
n'ayant pu faire entrer dans sa premiere
Lettre tous les Passages qu'il avoit préparés , il lui en écrivit une seconde , par
Je Courrier suivant , pour rapporter huis
autres Passages qui lui étoient restez.
Ne peut-on pas mettre dans la même
Classe des usages bizares , en fait d'Ouvrages d'esprit , les Vers burlesques qui
ont eu quelque vogue vers le milieu du
dernier siécle ? par lesquels on s'attachoit
à traduire avec travail et quelque sorte
d'esprit , d'excellens Ouvrages , et ces
Vers n'étoient ordinairement remplis que
de choses triviales , et souvent tres grossieres.
On doit mettre au même rang, ces
titres bizares qu'on a souvent donné àcerrains Livres , pour marquer d'une manicre mystérieuse , qu'on croyoit alors tresspirituelle , le sujet qui y étoit traité. Par
exemple, celui qui fut composé par un
Prêtre de Mante, sur les Antiennes qui
se disent quelques jours avant Noël , et
qui commencent par O ; qu'il in, itula :
La douce moëlle , et la saucefriande des Os
savoureux de l'Avent. Tel étoit un petit
Livre de Controverse , qui avoit pour titre: Lepetit Pistolet de poche , qui tire contre les Hérétiques. Un autre que j'ai lû sur
la pénitence , intitulé : Le Fuzil de laPéI.Vol. mitence
TI MERCURE DE FRANCE
nitence avec Allumette de l'Amour de
Dieu.
>
Après tout , la bizarerie de ces Titres ,
n'eut aucune suite. Il n'en fut pas de même
du Livre du P. Gille Gabriéli , qu'il intitula: Specimina Moralis Christiane et Diabolica. Ce qui l'obligea d'aller à Rome ,
pour se justifier sur la bizarerie de ce titre, qu'il fallut changer dans une nouvel- le édition faite en 1680.
Il ne s'est pas moins formé d'usages bizares , par rapport aux discours publics
de Religion , ou aux Sermons ; car quoique la premiere et la plus ancienne Méthode d'instruire les Peuples fut simple et
familiere, dans la vûë de se rendre également intelligible au commun des fidelles , et aux plus spirituels ; simplicité qui
a duré dans l'Orient , jusqu'au temps de
S. Grégoire de Nazianze ; et dans l'Occident, jusques vers le temps du Pape saint
Léon. Les Saints Evêques qui fleurirent
alors , crurent que les matiéres de la Religion , ne méritoient pas moins d'être
traitées avec toutes les beautez de l'éloquence, que les matiéres prophanes, dans
le dessein aussi , comme ils le disent euxmêmes , de donner à leurs discours, par la
délicatesse du stile , et par le brillant des
pensées , le même gout et le même attrait
1.Vol.
que
'JUIN.
17320 1119
que les miracles donnoient dans les premiers temps aux Discours des Apôtres èt
de leurs Disciples .
L'usage s'établit donc de prêcher avec
art et avec éloquence , ce qui a continué
depuis ; mais il faut avouer que , quoique
parmi les anciens et les modernes , il se
soit trouvé grand nombre d'Orateurs parfaits , qui par leurs Discours méthodiques , et véritablement éloquens , prononcez d'une maniere parfaitement convenable à la dignité et à la sainteté des
sujets , il n'a pas laissé que de s'introduire
de temps en temps quelques usages trop
bizares , pour une fonction aussi sainte et
aussi nécessaire au salut des Peuples.
N'étoit- ce pas , en effet, une bizarerie ,
que l'usage où on étoit il y a peu de siécles , de ne prêcher presqu'en Latin ? C'étoit encore l'usage dans le commencement
du dernier siécle , de remplir les Sermons
de Grec et de Latin. Cette méthode étoitelle fort utile à l'instruction des fidelles ?
Devoit elle faire paroître la justesse de
l'esprit du Prédicateur ? L'usage où l'on
a été à peu près dans le même temps ,
d'employer dans ces Discours, les Apophtegmes de Plutarque ( a ) des Lambeaux
·
( a ) Conceptions Théologiques au Sermon de Pierre de Besse.
1. Vol.
D de
1125 MERCURE DE FRANCE
de l'Histoire Prophane , ou des faits singuliers , souvent même supposezi cet usage , dis - je , étoit - il un usage bien convenable ? Celui encore d'apporter pour
preuve de ce qu'on avançoit , les pensées
quintessenciées de la Théologie Scholastique , émanées de la Philosophie d'Aristote. Il convenoit, sans doute , beaucoup
moins , dans ces Discours instituez pour
rendre la Religion respectable , et pour
faire observer la sévérite de ses maximes ,:
d'user de pensées ou d'expressions souvent fort triviales , propres à divertir et
à faire rire les Auditeurs ; en quoi , comme chacun sçait , le fameux Pere André
Bolanger , Religieux Augustin-Déchaussé , nommé vulgairement Le petit Pere
André , excelloit pardessus tous les autres , vers le milieu du dernier siécle. (b)
Enfin la bizarerie , en fait de Sermons,
est allée jusqu'à former un usage , où on
croiroit qu'il étoit du devoir du Prédicateur, pour donner plus de grace à son Discours , de tousser régulierement dans certains endroits de son Discours , qui paroissoit même alors si nécessaire , qu'on
voit encore aujourd'hui des Sermons imprimez de ce temps- là , où on a observé
de mettre à la marge , Hem, Hem, aux
( a) Mort le 2 Septembre 1657. âgé de 79 ans,
1. Vol. endroits
JUIN. 1732. II2I endroits où le Prédicateur devoit nécessairement tousser.
N'est- ce pas encore aujourd'hui unusage bien bizare, que celui de Prêcher.comme on fait en Italie , où selon ce qu'en
rapportent les Voyageurs, presque tous les Prédicateurs sont de vrais grimaciers, leurs
gêtes étant des gesticulations outrées , suivant les variations de la voix , passant plus
de vingt fois en un quart d'heure , du
fausset à la basse`, criant et s'agitant sans
cesse , se promenant avec chaleur et avec
bruit dans les Chaires , faites la plûpart en
forme de Balcons ou de Tribunes.
Qu'un tel usage est opposé à celui des
premiers siècles de l'Eglise , où nous
voyons , qu'une des raisons qu'apporte
rent les Peres, assemblez au Concile d'Antioche, tenu vers l'an 270, contre Paul de
Samosate , ( a ) pour faire connoître qu'ils
l'avoient justement condamnez ; c'étoit ,
disoient-ils , dans la Lettre synodale qu'ils
écrivirent , qu'outre ses erreurs , et sa vie
licencieuse , non-content d'avoir fait élever dans son Eglise un Tribunal plus haut
que de coûtume , où étoit posé son siége,
orné de tapis , il parloit en élevant ses
mains excessivement , frappant ses cuisses et remuant violemment les pieds
( a ) Eusebe , Hist. Eccles. lib. 7.
"
1. Vol. Dij battant
1122 MERCURE DE FRANCE
battant le Marche- pied de son Siége , affectant de parler d'une voix sourde, comme si elle fut sortie d'une cave ; en un
mot , se comportant, non pas comme un
modeste Prédicateur , mais comme un
Orateur qui harangue au Théatre.
Si le désir de faire paroître son esprit a produit differens usages assez bizares , ainsi qu'on vient de le voir , la complaisance qu'on a à se laisser donner des
distinctions peu convenables , n'en a pas
fourni un moindre nombre. Je n'en toucherai qu'un seul , pour ne pas pousser
ces réflexions trop loin , sçavoir l'usage
qui s'établit autrefois en Angleterre, lorsque la Religion Catholique y regnoit, de
donner aux Religieux et aux Religieuses
qui y étoient en grand nombre, les noms
de Domini et Domina, ce qui ne s'étoit pas
fait jusqu'alors,
Car suivant ce que S. Benoît avoit ordonné par sa Regle , ch. 63. il n'y avoit
précisément que le seul Abbé qu'on devoit nommer Domnus Abbas , comme un
diminutif du mot Dominus , qui signifie
Seigneur ou Monsieur, suivant notre maniere de parler, pour montrer que son autorité , quoiqu'émanée de Dieu , lui étoit
neanmoins très - subordonnée.. Selon la
même Regle , les anciens devoient nomI.Vol. mer
JUIN. 1732. 1123
mer les jeunes Religieux leurs freres , et
les jeunes devoient donner aux anciens le
nom de Nonni , qui équivaloit à celui de
Sancti. S. Jérôme l'employe en ce sens
dans sa Lettre 48. En effet , rien ne convenoit mieux , pour faire souvenir les
Anciens, qu'ils devoient être des modeles
de sainteté pour les jeunes Religieux.
Cet usage dura long - temps et s'observoit même parmi les séculiers , ce qui leur
donnoit lieu , de ne pas nommer autrement les Religieuses , les appellant des
Nonnes , des Nonnettes ou des Nonnains ;
et c'est par rapport à la signification de ce
nom de Nonna, qui signifie Saintes, qu'on
les nomme encore aujourd'hui Sancta
Moniales , en Latin. Les choses demeurerent en cet état , jusqu'à ce que les seculiers commencérent à y apporter du
changement. Dans la vûë de faire honneur aux simples Religieux des Abbayes,
ils qualifierent chaque particulier du nom
de Domnus , quoique ce nom , ne convint
, proprement qu'au seul Abbé ; à peu près
comme aujourd'hui les seculiers , pour
faire honneur au moindre Ecclésiastique, lui donnent le nom d'Abbé. Voilà
quelle est l'origine du nom de Dom , que
plusieurs Religieux ont conservé jusqu'à
nos jours , pendant que plusieurs autres
1.Vol. D iij ayant
7124 MERCURE DE FRANCE
ayant également abandonné les noms de
Nonni, et les Religieuses ceux de Nonna
ceux-là ont pris les noms de Peres et de
Freres ; et celles- ci , ceux de Meres et de
Sœurs.
Enfin les séculiers toujours attentifs à
donner des marques de leur estime et de
leur respect pour les Religieux et les Religieuses , crurent qu'il convenoit encore
d'introduire un usage nouveau , par rapport à leurs noms , et qu'il étoit de la politesse , de leur donner les noms dont on
usoit dans le monde envers les personnes
qui y avoient quelque distinction ; ce qui
s'établit d'autant plutôt en Angleterre ,
que les Religieux , et les Religieuses commençoient d'y vivre d'une maniere assez
séculiere. Ce fut donc alors , qu'on y
commença à donner dans la Langue du
païs aux Religieux et aux Religieuses, les
noms qui équivaloient à ceux de Messieurs et de Dames , c'est- à- dire, Domini ,
et de Domine , en Latin .
Il est vrai que ceux et celles qui étoient
les plus attachez à la perfection de leur
état souffrirent ce changement avec peine; les Supérieurs Ecclésiastiques en furent également choquez; jusques-là qu'un
Archevêque de Cantorbery , se crut obligé d'en faire publiquement ses plaintes
I. Vola dans
JUIN. 1731. 1125 dans une de ses Lettres Pastorales où en
s'addressant aux Religieux et aux Reli- gieuses , il leur disoit , ainsi le que rapporte le P. Thomassin dans sa Discipline Ecclesiastique , part. 4. liv. 1 , Sciatis
vos Monachos , vel Moniales esse, nonDominas, sicut nec Monachi possunt sine ri
diculo Domini appellari.
Cette distinction recherchée dans les
noms n'a pas été particuliere aux Religieux et aux Religieuses , elle l'a été et
l'est encore à beaucoup d'autres ; les Romains (a) de distinction se donnoient jusqu'à quatre noms ; sçavoir , l'avant nom,
le sur-nom, le proche- nom, et le nom; et
encore aujourd'hui c'est une distinction
qu'on affecte en Italie et en Allemagne ,
de donner aux personnes du premier
rang , sur tout aux Princes et aux Princesses , jusqu'à six ou sept noms de Saints
ou de Saintes à leur Batême; ce qu'on imite quelquefois en France et en Espagne..
( a) Alex. ab Alex. genial. dier. lib. 1. cap. 9.
A Eu, le 5 May 1732.
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Résumé : SUITE des Réflexions sur la Bizarerie de quelques usages, &c. Par M. CAPPERON, ancien Doyen de S. Maxent.
Dans ses 'Réflexions sur la Bizarerie de quelques usages', M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, examine les origines des usages bizarres, qu'il attribue à deux désirs naturels chez les hommes : satisfaire leurs sens et suivre leurs passions. Il distingue les usages bizarres issus du désir de faire briller son esprit, souvent au détriment de la justesse et de la raison. Capperon observe que les écrits et discours publics sont particulièrement propices à ces excès, car ils offrent plus de loisir pour choisir et arranger les pensées et sont soumis à la critique. Il cite divers exemples historiques, comme l'usage sous Charles IX de remplir les écrits de passages, ou les vers burlesques du milieu du XVIIe siècle qui traduisaient des œuvres excellentes en textes triviaux. Il mentionne également des titres bizarres donnés à certains livres, comme ceux du Père Gille Gabriéli, qui dut changer le titre de son ouvrage 'Specimina Moralis Christiane et Diabolica' pour éviter des controverses. Capperon aborde aussi les sermons, où des pratiques comme prêcher en latin ou remplir les discours de grec, de latin, ou d'apophtegmes de Plutarque étaient courantes. Il critique les prédicateurs qui utilisaient des expressions triviales pour divertir ou faire rire, et mentionne l'usage italien de gesticuler excessivement pendant les sermons. Il évoque également la complaisance des religieux à accepter des distinctions peu convenables, comme l'usage en Angleterre de donner aux religieux et religieuses les titres de Domini et Domina, ou plus tard, ceux de Messieurs et Dames. Cet usage a évolué au fil du temps, certains religieux adoptant les titres de Père et Frère, et les religieuses ceux de Mère et Sœur. Le texte traite également des réactions face à un changement dans l'usage des titres religieux. Les personnes attachées à la perfection de leur état et les supérieurs ecclésiastiques ont éprouvé des difficultés à accepter ce changement. Un archevêque de Cantorbéry a exprimé publiquement ses plaintes dans une lettre pastorale en juin 1731, adressée aux religieux et religieuses. Il les rappelait que les moines et moniales devaient être appelés 'Monachos' ou 'Moniales' et non 'Domine' ou 'Dominas'. Cette distinction des noms n'était pas unique aux religieux; les Romains de distinction portaient jusqu'à quatre noms, et cette pratique se retrouve encore en Italie et en Allemagne, où les personnes de haut rang, notamment les princes et princesses, reçoivent plusieurs noms de saints à leur baptême. Cette coutume est parfois imitée en France et en Espagne. Le texte est daté d'Eu, le 5 mai 1732.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 234-235
AVIS très-intéressant.
Début :
Le Cabinet de M. le Chevalier Blondeau de Charnage, ci-devant Lieutenant d'Infanterie, est composé [...]
Mots clefs :
Cabinet, Portefeuille, Titres, Collection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS très-intéressant.
AVIS
très intéressant
.
Le Cabinet de M. le Chevalier Blondeau de
Charnage , ci-devant Lieutenant d'Infanterie , eft
compofé de 931 Portefeuilles , contenant 44000
titres originaux , & un grand nombre de Généa-
logies & de renfeignemens de titres anciens. II
contient d'ailleurs plus de 6000 titres diftribués-
dans des boëtes par ordre alphabétique des noms
des familles. Cette précieufe collection s'étend fur
toutes les Provinces du Royaume , même fur des
Royaumes & Etats étrangers , tels que l'Angle-
terre , la Flandre , l'Italie & la Suille , tant gour
OCTOBRE
.
1759.
235
la
Généalogie
que
pour
l'Hiftoire
,
les
Fiefs
&
le
Domaine du
Roi
.
M. Blondeau de Charnage ſe fera un vrai plaifir
de communiquer ces titres , fans toutefois per-
mettre aucun déplacement. Il ne délivrera aucun
original , mais feulement des copies en bonne
forme. Il eft logé vieille rue du Temple , près
l'Hôtel de Soubife.
très intéressant
.
Le Cabinet de M. le Chevalier Blondeau de
Charnage , ci-devant Lieutenant d'Infanterie , eft
compofé de 931 Portefeuilles , contenant 44000
titres originaux , & un grand nombre de Généa-
logies & de renfeignemens de titres anciens. II
contient d'ailleurs plus de 6000 titres diftribués-
dans des boëtes par ordre alphabétique des noms
des familles. Cette précieufe collection s'étend fur
toutes les Provinces du Royaume , même fur des
Royaumes & Etats étrangers , tels que l'Angle-
terre , la Flandre , l'Italie & la Suille , tant gour
OCTOBRE
.
1759.
235
la
Généalogie
que
pour
l'Hiftoire
,
les
Fiefs
&
le
Domaine du
Roi
.
M. Blondeau de Charnage ſe fera un vrai plaifir
de communiquer ces titres , fans toutefois per-
mettre aucun déplacement. Il ne délivrera aucun
original , mais feulement des copies en bonne
forme. Il eft logé vieille rue du Temple , près
l'Hôtel de Soubife.
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Résumé : AVIS très-intéressant.
L'avis concerne le cabinet du Chevalier Blondeau de Charnage, ancien lieutenant d'infanterie, qui possède une collection de 931 portefeuilles contenant 44 000 titres originaux et 6 000 titres classés alphabétiquement. Cette collection couvre diverses provinces du Royaume et des États étrangers. Elle est utile pour la généalogie, l'histoire et les fiefs. Blondeau de Charnage propose de communiquer ces titres sans les déplacer et ne délivre que des copies. Il réside dans la vieille rue du Temple, près de l'Hôtel de Soubise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 235-238
« Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...] »
Début :
Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...]
Mots clefs :
Titres, Famille, Liste, Table alphabétique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...] »
Il
paroît
que
ce
fera
une
chofe
utile
au
Public
,
&
finguliérement
aux
familles
dont
les
titres
font
égarés
,
de
fçavoir
où
retrouver
la
plupart
de
ces
mêmes
titres
qui
ont
été
recueillis
avec
des
foins
&
de
la
dépenfe
,
&
qui
ont
été
mis en
ordre avec
tant d'exactitude
.
Je
donnerai
donc
peu
-
à
peu
la
Table
alphabétique des
noms
des
familles
dont
les
titres
font contenus
dans
cette
précieufe
collection
,
avec
le
nombre
des
titres
concernans
chaque
famille
.
Je
tâcherai
de
ména-
ger
à la fin
de
chaque Mercure
un
elpace
de
quelques pages pour
cet
Article
intérellant
.
Le
Recueil
eft divilé
en
cinq
parties
.
Je
commence
par
celle
des
fanailles
.
Comme cette collection , outre les titres
comprend des Généalogies & des Renfeigne-
nemens , la lettre R fera employée pour marquer
les Renfeignemens , la Lettre G pour marquer que
c'eft une Généalogie ; & la lettre A pour les Ar
moiries.
NOMS
DES MAISONS.
ABA
BOS
.
ABADIE
.
ABANCOURT
.
1.
G.
&ABBE
'
(
L
)
...
1.
G
..
&
NOMBRE
DES TITRES
,
1.
3
.
I.
2
)
236 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES
MAISONS
.
ABEILLE
.
A BELLA
R
D.
A
BELLY
.•
ABERNETY
.
A BILLON
.
ABONDE
.
I.
G.
ABOS
(
D³
)
.
A BOT
.
1.
G.
&
NOMBRE
DES
TITRES
,
1.
I.
6
.
1
.
6
.
I.
A
BOVA
L.
ABRAHAM
.
ABREVOIRES
(
Des
)
.
ABSOLU
.
ABUSSON.
ABZAC
.
1
.
G.
&
ACARD .
ACARIE
,
R.
&
ACERE
'
.
R.
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ACHE' ( d'). R.
ACHER
.
R.
&
ACHERE
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R.
ACIER
.
3
.
3
.
261
.
3
.
I.
I.
1
.
A CIGNE
,
R.
&
"
ACRES
(
des
)
.
R.
&
ADAM.
A
DANET
.
ADDE'E
.
J.
I.
17
..
4
.
2.
ADELI
N. I.
ADELINE
. I.
ADJACE
TO
. 1.
OCTOBRE
.
1759
.
237
NOMS
DES
MAISONS
.
ADRON
.
ADONVILLE
.
R.
AGAY
(
d
'
)
.
R
,
AGASS
E.
AGAULT
.
AGES
. (
d
'
)
.
1
,
G.
Se
ACNEAU
.
R.
&A
GOBERT
.
A
GOUT
,
&
AGOULT
,
AGRON
(
d
'
)
.
AGROU
E
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AGUENI
N.
R.
&A
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.
R.
A
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(
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l³
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(
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T
,
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.
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G.
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d
'
)
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,
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'
)
.
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(
d
'
)
.
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.
R.
AILLY
,
ou
ALLY
.
AILLIER
(
1
)
.
AILLON
(
d
'
)
.
AY MERAY
.
AY MERET
.
ATMERY
ou
AIMERIG
.
AIMIER
,
>
NOMBRE
DES
TITRES
.
I.
1
.
I.
3
.
2
.
I.
3
.
I.
2
.
I
4
.
I.
I
6
.
1
.
I.
5.
I.
2
.
338 MERCURE DE FRANCE.
NOM'S
DES
MAISONS
.
NOMBRE
DES
TITRES
.
AYMINY
.
I.
G.
AYMON
.
I
,
A.
AYMON
NE
T.
R.
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(
1
'
)
.
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.
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paroît
que
ce
fera
une
chofe
utile
au
Public
,
&
finguliérement
aux
familles
dont
les
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font
égarés
,
de
fçavoir
où
retrouver
la
plupart
de
ces
mêmes
titres
qui
ont
été
recueillis
avec
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foins
&
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,
&
qui
ont
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mis en
ordre avec
tant d'exactitude
.
Je
donnerai
donc
peu
-
à
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la
Table
alphabétique des
noms
des
familles
dont
les
titres
font contenus
dans
cette
précieufe
collection
,
avec
le
nombre
des
titres
concernans
chaque
famille
.
Je
tâcherai
de
ména-
ger
à la fin
de
chaque Mercure
un
elpace
de
quelques pages pour
cet
Article
intérellant
.
Le
Recueil
eft divilé
en
cinq
parties
.
Je
commence
par
celle
des
fanailles
.
Comme cette collection , outre les titres
comprend des Généalogies & des Renfeigne-
nemens , la lettre R fera employée pour marquer
les Renfeignemens , la Lettre G pour marquer que
c'eft une Généalogie ; & la lettre A pour les Ar
moiries.
NOMS
DES MAISONS.
ABA
BOS
.
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.
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.
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236 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES
MAISONS
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.
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.
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.
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,
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.
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.
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NOMBRE
DES
TITRES
.
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1
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.
338 MERCURE DE FRANCE.
NOM'S
DES
MAISONS
.
NOMBRE
DES
TITRES
.
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G.
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.
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(
1
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G.
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AYRAUL T.
AYR OLD E. R.
AKAKIA
Fermer
Résumé : « Il paroît que ce sera une chose utile au Public, & singuliérement aux familles dont les [...] »
Le texte présente un ouvrage destiné à aider le public, notamment les familles ayant perdu la trace de leurs titres. Il propose de retrouver ces titres, recueillis avec soin et mis en ordre avec exactitude. L'auteur prévoit de publier une table alphabétique des noms de familles et le nombre de titres concernés, en réservant un espace dans chaque numéro du Mercure pour cet article. Le recueil est divisé en cinq parties, commençant par celle des familles. La collection inclut des généalogies, des renseignements et des armoiries, marqués respectivement par les lettres G, R et A. Le texte liste plusieurs noms de maisons nobles, accompagnés de leurs généalogies, renseignements ou armoiries, et du nombre de titres associés à chaque famille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8
p. 191-193
DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi, pour servir de réponse à celle qui a été remise aux Baron de Breteuil par les Ministres de Sa Majesté Impériale de toutes les Russie.
Début :
Les titres ne sont rien par eux-mêmes ; ils n'ont de réalité qu'autant qu'ils sont reconnus ; [...]
Mots clefs :
Titres, Valeur, Souverains, Puissance, Couronne, Successeur, Princesse, Impératrice Élisabeth, Comtesse, Russie, Reconnaissance, Engagement, Déclaration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi, pour servir de réponse à celle qui a été remise aux Baron de Breteuil par les Ministres de Sa Majesté Impériale de toutes les Russie.
DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi ,
pourfervir de réponſe à celle qui a été remiſe au
Baron de Breteuil par les Miniftres de Sa Majefté
Impéria e de toutes les Ruffies.
20
» Les titres ne font rien par eux- mêmes ; ils
n'ont de réalité qu'autant qu'ils font reconnus ;
& leur valeur dépend de l'idée qu'on y attache
& de l'étendue leur donnent ceux qui ont le
que
droit de les admettre , de les rejetter ou de les
limitter. Les Souverains eux - mêmes ne peuvent
pas s'attribuer des titres à leur choix ; l'aven
de leurs Sujets ne fuffit pas ; celui des autres
» Puiſſances eſt néceffaire , & chaque Couronne,
כ
192 MERCURE DE FRANCE .
libre de reconnoître ou de récufer un titre nou-
» veau , peut auſſi l'adopter avec les modifications
» & les conditions qui lui conviennent.
» En fuivant ce principe , Pierre I & ſes fucceffeurs
, jufqu'à l'impératrice Elifabeth , n'ont ja-
» mais été connus en France que fous la dénomi-
» nation de Czar. Cette Princeffe eft la premiere
de tous les Souverains de Ruffie à qui le Roi
ait accordé le titre Impérial , mais ce fut fous
» la condition expreffe que ce titre ne porteroit
aucun préjudice au cérémonial ufité entre
» les deux Cours.
39
L'Impératrice Elifabeth foufcrivit fans peine
» à cette condition , & s'en eft expliquée de la
se manière la plus précife dans la réverfale , dreffée
par fon ordre & fignée au mois de Mars 1745
par les Comtes de Beftucheff & de Woronzow.
La fille de Pierre I y témoigne toute fa fatisfaction
. Elle y reconnoît que c'eft par amitié & par
» une attention toute particuliere du Roi pour Elle,
que Sa Majeflé a condefcendu à la reconnoif
fance du titre Impérial que d'autres Puissances
lui ont déja concédé , & Elle avoue que cette com-
» plaifance du Roi lui eft tres - agréable.
و د
» Le Roi , animé des mêmes fentimens pour
» l'Impératrice Cathérine , ne fait point difficulté
s de lui accorder aujourd'hui le titre Impérial , & 33
de le reconnoître en Elle comme attaché au
30 Trône de Ruffie : mais Sa Majesté entend que
ɔ cette reconnoiſſance ſoit faite aux mêmes conditions
que fous les deux regnes précédens , &
» Elle déclare que, fi par la fuite quelqu'un des
fucceffeurs de l'Impératrice Catherine , oubliant
» cet engagement folemnel & réciproque , venoit
à former quelque prétention contraire à l'ufage
conftamment fuivi entre les deux Cours fur le
» rang
AVRIL. 1763. 193
८
» rang & la préféance , de ce moment la Couronne
de France , par une jufte réciprocité , reprendroit
fon ancien flyle , & cefferoit de don-
»ner le titre Impérial à celle de Ruffie.
כ כ
Cette déclaration tendante à prévenir tout
fujet de difficulté pour l'avenir , eft une preuve
de l'amitié du Roi pour l'Impératrice , & du defir
fincere qu'il a d'établir entre les deux Cours
une union folide & inaltérable .
Fait à Versailles le 18 Janvier 1763 .
Signé LE DUC DE PRASLIN.
pourfervir de réponſe à celle qui a été remiſe au
Baron de Breteuil par les Miniftres de Sa Majefté
Impéria e de toutes les Ruffies.
20
» Les titres ne font rien par eux- mêmes ; ils
n'ont de réalité qu'autant qu'ils font reconnus ;
& leur valeur dépend de l'idée qu'on y attache
& de l'étendue leur donnent ceux qui ont le
que
droit de les admettre , de les rejetter ou de les
limitter. Les Souverains eux - mêmes ne peuvent
pas s'attribuer des titres à leur choix ; l'aven
de leurs Sujets ne fuffit pas ; celui des autres
» Puiſſances eſt néceffaire , & chaque Couronne,
כ
192 MERCURE DE FRANCE .
libre de reconnoître ou de récufer un titre nou-
» veau , peut auſſi l'adopter avec les modifications
» & les conditions qui lui conviennent.
» En fuivant ce principe , Pierre I & ſes fucceffeurs
, jufqu'à l'impératrice Elifabeth , n'ont ja-
» mais été connus en France que fous la dénomi-
» nation de Czar. Cette Princeffe eft la premiere
de tous les Souverains de Ruffie à qui le Roi
ait accordé le titre Impérial , mais ce fut fous
» la condition expreffe que ce titre ne porteroit
aucun préjudice au cérémonial ufité entre
» les deux Cours.
39
L'Impératrice Elifabeth foufcrivit fans peine
» à cette condition , & s'en eft expliquée de la
se manière la plus précife dans la réverfale , dreffée
par fon ordre & fignée au mois de Mars 1745
par les Comtes de Beftucheff & de Woronzow.
La fille de Pierre I y témoigne toute fa fatisfaction
. Elle y reconnoît que c'eft par amitié & par
» une attention toute particuliere du Roi pour Elle,
que Sa Majeflé a condefcendu à la reconnoif
fance du titre Impérial que d'autres Puissances
lui ont déja concédé , & Elle avoue que cette com-
» plaifance du Roi lui eft tres - agréable.
و د
» Le Roi , animé des mêmes fentimens pour
» l'Impératrice Cathérine , ne fait point difficulté
s de lui accorder aujourd'hui le titre Impérial , & 33
de le reconnoître en Elle comme attaché au
30 Trône de Ruffie : mais Sa Majesté entend que
ɔ cette reconnoiſſance ſoit faite aux mêmes conditions
que fous les deux regnes précédens , &
» Elle déclare que, fi par la fuite quelqu'un des
fucceffeurs de l'Impératrice Catherine , oubliant
» cet engagement folemnel & réciproque , venoit
à former quelque prétention contraire à l'ufage
conftamment fuivi entre les deux Cours fur le
» rang
AVRIL. 1763. 193
८
» rang & la préféance , de ce moment la Couronne
de France , par une jufte réciprocité , reprendroit
fon ancien flyle , & cefferoit de don-
»ner le titre Impérial à celle de Ruffie.
כ כ
Cette déclaration tendante à prévenir tout
fujet de difficulté pour l'avenir , eft une preuve
de l'amitié du Roi pour l'Impératrice , & du defir
fincere qu'il a d'établir entre les deux Cours
une union folide & inaltérable .
Fait à Versailles le 18 Janvier 1763 .
Signé LE DUC DE PRASLIN.
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Résumé : DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi, pour servir de réponse à celle qui a été remise aux Baron de Breteuil par les Ministres de Sa Majesté Impériale de toutes les Russie.
Le document est une déclaration royale française datée du 18 janvier 1763, adressée à l'impératrice Élisabeth de Russie. Elle stipule que les titres souverains n'ont de valeur que s'ils sont reconnus par d'autres puissances. Les souverains ne peuvent s'attribuer des titres sans l'aval des autres cours. En France, les souverains russes étaient connus sous le titre de Czar jusqu'à Élisabeth, qui a reçu le titre impérial sous condition de ne pas modifier le cérémonial entre les deux cours. Élisabeth a accepté cette condition en mars 1745. Le roi de France accorde également le titre impérial à l'impératrice Catherine II, mais sous les mêmes conditions. La déclaration précise que si un successeur de Catherine II conteste ces conditions, la France cessera de reconnaître le titre impérial. Cette déclaration vise à prévenir tout conflit futur et témoigne de l'amitié et du désir d'une union solide entre les deux cours.
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