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1
p. 71-73
Galanteries sur l'accouchement de Madame la Duchesse de Richelieu. [titre d'après la table]
Début :
La joye que vous me marquastes quand je vous appris / Chef-d'oeuvre des chastes Amours [...]
Mots clefs :
Joie, Accouchement, Duchesse, Duc de Richelieu, Enfant, Beauté, Amour, Berceau, Grâces
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texteReconnaissance textuelle : Galanteries sur l'accouchement de Madame la Duchesse de Richelieu. [titre d'après la table]
La joye que vous me marquaftes
quand je vous appris
leMariage de Mademoi
felle Dacigné , avec M. le
Duc deRichelieu , me perſuade
que vous n'en aurez pas
moins , quand vous fçaurez
que cette Ducheffe accoucha
d'une Fille le 22. du mois
72 MERCURE
paffé. Jamais Enfant n'a fait
voir tant de beauté & tant
de blancheur dés le premier
jour de fa naiffance . C'eft
ce qui a donné lieu à ce Madrigal
de M. Vignier , dont
vous connoiffez l'attachement
pour les interefts de
M. le Duc & de Madame la
Ducheffe de Richelieu.
Hef - d'oeuvre des chaftes AChef
mours
De noftre Duc & de noftre Ducheffe,
Que déja tu fais voir d'adreſſe
D'avoir pour te montrer choifi de fi
beauxjours!
Pour ta beauté qui paroiſt fans ſeconde,
Il
GALANT. 73
Il falloit un riche Berceau .
Les Graces en venant au monde
N'en trouverent pas unfibeàu.
quand je vous appris
leMariage de Mademoi
felle Dacigné , avec M. le
Duc deRichelieu , me perſuade
que vous n'en aurez pas
moins , quand vous fçaurez
que cette Ducheffe accoucha
d'une Fille le 22. du mois
72 MERCURE
paffé. Jamais Enfant n'a fait
voir tant de beauté & tant
de blancheur dés le premier
jour de fa naiffance . C'eft
ce qui a donné lieu à ce Madrigal
de M. Vignier , dont
vous connoiffez l'attachement
pour les interefts de
M. le Duc & de Madame la
Ducheffe de Richelieu.
Hef - d'oeuvre des chaftes AChef
mours
De noftre Duc & de noftre Ducheffe,
Que déja tu fais voir d'adreſſe
D'avoir pour te montrer choifi de fi
beauxjours!
Pour ta beauté qui paroiſt fans ſeconde,
Il
GALANT. 73
Il falloit un riche Berceau .
Les Graces en venant au monde
N'en trouverent pas unfibeàu.
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Résumé : Galanteries sur l'accouchement de Madame la Duchesse de Richelieu. [titre d'après la table]
Le 22 septembre 1772, une fille naît du mariage entre Mademoiselle d'Acigné et le Duc de Richelieu. Exceptionnellement belle et blanche, elle inspire un madrigal de M. Vignier. Ce poème compare sa naissance à celle des Grâces, soulignant sa beauté et sa grâce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 200-216
Naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Début :
Quoy qu'il me reste à vous parler d'une infinité de choses [...]
Mots clefs :
Couches, Accouchement, Duchesse de Bourgogne, Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Quoy qu'il me reste à vous
parler d'une infinité de chofes
qui felon l'ordre d'ancienneté,
devroient preceder l'Article
qui fuit , il eft ncanmoins de
ceux dont on doit parler fans
attendrel'ordre des dattes que
je n'obferve pas mefme en
beaucoup de chofes , vous envoyant fouvent plufieurs Articles plutoft dans le temps que
je fuis informé à fond de ce.
qui les regarde , que dans le
temps qu'ils ſe ſont paffez , &
GALANT 201
il meferoit impoffible de vous
écrire fi j'en ufois autrement.
Il fuffit commeje vous ay marqué fouvent, que dans les Articles que je vous envoye ,
quelque temps qu'il y ait que
ce qu'ils contiennent foit paffe ;
il y ait toûjours quelque chofe qui vous foit nouveau dans
ce que je vous mande , & même que je vous envoye fouvent des chofes que vous ne
fçavez pas encore , quoy qu'il
y ait déja longtemps qu'elles fe
foient paffées.
Quant à ce que vous allez
lire , ce font des chofes que la
202 MERCURE
Renommée rend également
publiques en même temps
dans les lieux où elles fe pafu
fent , & qu'elle ne tarde pas a
faire fçavoir dans les lieux les
plus éloignez. Mais comme il
s'agit de faits hiftoriques du
premier rang , il eft à propos
de les donner par ordre , &
d'en faire un Corps qui en
puiffe donner uneidée parfaite
dans les lieux les plus éloignez ;
l'apprendre enfuite aux Etrangers , & laiffer à la Pofterité.
dequoy s'en inſtruire & d'ap
prendre des particularitez qu'l
Tuy eft quelquesfois important
CALANT 203
de fçavoir. Vous jugez bien
que je vais vous parler d'un
morceau d'Histoire qui doit
tenir place dans l'Hiftoire genevale du monde , & je m'imagine qu'en lifant ce Prelude,
vous devinerez d'abord que je
vous vais parler des Couches
de Madame la Ducheffe de:
Bourgogne , & vous ne vous
tromperez pas.
On eftoit attentif fur le
temps que cette Princeffe
accoucheroit, tant parce qu'on
eftoit perfuadé qu'elle eftoit
à terme , qu'à caufe qu'il y
avoit déja du temps qu'elle
204 MERCURE .
avoit fenty quelques douleurs
qui avoient donné lieu de
croire qu'elle accoucheroit
plutoft que l'on n'avoit cru, &
qu'elle avoitfenty ces douleurs
à diverfes reprifes , ce qui cftoit
caufe qu'on attendoit inceffamment le moment de fon
acouchement, que les Princes ,
qui pour leurs interefts particuliers doivent eftre prefens à
de pareils accouchemens ou
du moins dans des lieux d'où ils
puiffent fçavoir ce qui fe paffe
-fans pouvoir eftre trompez,
ne quittoient point Verfailles,
&les habits du Roy demeu
GALANT 205
C
roient toutes les nuits dans la
Chambre de Sa Majefté , afin
de gagner le temps qu'il auroit
fallu perdre pour aller chercher fa Garderobbe.
Enfin le Samedy 15 de ce
mois , fur les fept heures du
matin , cette Princeffe commença à fentir les premieres
douleurs de l'accouchement ,
& comme l'enfant fe trouva
mal tourné , on crut d'abord
quele travail pouroit eſtre rude, & que cette Princeffe n'accoucheroit qu'avec beaucoup
de peine ; mais M' Clement
qui a déja accouché plufieurs
>
206 MERCURE
fois cette Princeffe , qui eft
depuis peu de retour d'Efpagne où il a accouché la Reine ,
& dont le fçavoir eft grand
auffi - bien que l'experience ,
remit auffi toft l'enfant dans
la fituation qu'il devoit eftre :
de maniere que cette Princeffe
accoucha fur les huit heures
demi-quart ; ce que les faifeurs
d'horofcopes feront bien- aife
d'aprendre. Je vous diray
cependant , fans me vouloir
meler d'en faire , qu'il a de
tout temps paffé pour conftant
que les enfans qui naiffoient
le jour eftoient plus heureux
है
GALANT 207
que ceux qui venoient au
monde pendant la nuit. Comme ce Prince eft arriere petit
fils du Roy , rien ne marque
mieux que le Ciel benit la
pofterité de ce Monarque ; &
d'ailleurs il eft tresavantageux
à un Etat d'ayoir beaucoup
de Princes d'une même race
d'autant que lors qu'il paffe
d'une race à unautre , il arrive
fouventdes demeflez qui caufent de grands defordres.
Le bruit de l'accouchement
de Madame la Ducheffe de
Bourgogne , s'eftant auffi-toft
répandu dans toute la Cour
208 MERCURE
T
ycaufa lajoye qu'il eft aifé de
s'imaginer. Le Roy donna au
Prince nouveau né , le nom
de Duc d'Anjou , & il fut ondoyé par M le Cardinal de
Janfon , Grand-Aumônier de
France.
La Renommée , avec la
precipitation qui luy eft ordinaire , lorfqu'il s'agit d'auffi
grandes nouvelles , porta auffitoft à Paris , celle de cette heureufe naiffance , qui prefqu'en
même temps fut fçue de tout
Paris , & annoncée au Public
par la Cloche du Palais qui fe
fait toûjours entendre en de
GALANT 209.
&
par
pareilles occafions ,
le
carillon de la Samaritaine , qui
ne manque jamais de fe faire
entendre auffi ; & dés le jour
même onvit paroiftre les Vers
fuivans, faits par Mr d'Aubicourt.
Sur l'Heureufe Naiffance
de Monſeigneur
LE DUC D'ANJOU.
Le Duc d'Anjou qui regne eft fi
bien établi
SurleTrône où le Cielpermetqu'il
fe maintienne ,
Qu'un Angeſousfon nom nous anFévrier 1710. S
210 MERCURED
4
nonce aujourd'huy,
Qu'il vient tenir un rang que ce
Prince a remply y bonin
Afin qu'on n'ait pas lieu de crain
dre qu'il revienne.
Onvit auffi paroiſtre la Devife fuivante , fur cet accouchement , faite par Mr le Chevalier de Vertron.
Le Corps eft la fleur de Gre
nade, avec ces paroles:
SERVATQUE MIHI NATURA
CORONAM.
Le 16. le Royfit chanter le
GALANT 211
Te Deum dans la Chapelle de
Verfailles , & ayant refolu de
faire chanter dans la Metropolitaine de Paris un Te Deum folemnel , auquel devoient affilter le Parlement & tous , les
Corps qui ont accoûtumé de
l'accompagner dans de parcilles Ceremonies , il écrivit à Mr
le Cardinal de Noailles , Archevêque de Paris , qu'il regar
doit comme une nouvelle & trop
confiderable benediction du Ciel,
la naiſſance de fonfecond Arrierepetit- Fils le Duc d'Anjou , dont
fa Petite - Fille la Ducheffe de
Bourgogne eftoit accouchée ; pour
Sij
212 MERCURE
ne pasfatisfaire à la jufte obligation où il eftoit d'en rendre àDieu
les Actions de graces qui luy
eftoient dûës; & il luy marquoit
de faire chanter le Te Deum
dans l'Eglife Metropolitaine
de fa bonne Ville de Paris , au
jour & à l'heure que le grandMaitre ou Maiftre des Ceremonies luy diroit de fa part.
Commeon chante toûjours.
unTe Deum folemnel pour de
parcilles Naiffances , &que les
jours que ce Te Deum fe chante , on tire un Feu d'artifice
devant l'Hoſtel de Ville , on
n'avoit pas attendu d'ordre
GALANT 213
preparer , & dés que pour le
M's les Prevoft des Marchands
& Echevins curent appris la
Naiffance de Monfeigneur le
Duc d'Anjou , ils y firent travailler.
Le deffein du Feu , dont
je ne vous fais point de Difcription , marquoit par des
figures fimbolifées , que le
Prince que le Ciel vient de
donner à la France , eftant un
prefage certain de fa benediction fur tout le Royaume ,
& de la continuation de cette
fenfible protection dont il a
fouvent reçu de pareilles mar-
214 MERCURB
ques , les Peuples ne pouvoient
en faire voir leur reconnoif
fance avec trop d'éclat , &
marquer auffi les vœux que
ces mêmes Peuples font pour
demander au Tout- puiffant
la confervation d'un fi precieux gage de fa bonté , en
fouhaitant au nouveau Prince
les vertus qui font fi naturelles au fang illuftre d'où il eft
forty. On voyoit dans les
Emblêmes de ce Feu , les fouhaits que les Peuples faifoient
de voir un jour en ce jeune
Prince les vertus & qui font
hereditaires à fonte augufte
GALANT 215
C
fang. lley avoit auffi trois
Emblèmes par lesquelles on
pretendoit faire voir trois des
principales Vertus neceffaires
à un Prince, fçavoir , la Sageffe,
la Grandeur d'ame , & la
Science. Je ne vous dis point
que la Renommée eftoit au
milieu de la Machine , qui
reprefentoit ce Feu , avec fes
deux Trompettes , & dans une
attitude quifaifoit voir qu'elle
eftoit prefte d'aller par toute
la terre annoncer l'heureufer
naiffance qui caufoit tant de
joye à toute la France.
Il y eut le même foir un
216 MERCURE
grandfoupé à l'Hôtel de Ville ,
auquel fe trouverent Monfieur
le Gouverneur de Paris , &
plufieurs perfonnes d'une
qualité diftinguée , & plufieurs
décharges du Canon qu'on
avoit placé le long du Port
de la Grève , & des feux furent
allumez dans toutes les rues
de Paris
parler d'une infinité de chofes
qui felon l'ordre d'ancienneté,
devroient preceder l'Article
qui fuit , il eft ncanmoins de
ceux dont on doit parler fans
attendrel'ordre des dattes que
je n'obferve pas mefme en
beaucoup de chofes , vous envoyant fouvent plufieurs Articles plutoft dans le temps que
je fuis informé à fond de ce.
qui les regarde , que dans le
temps qu'ils ſe ſont paffez , &
GALANT 201
il meferoit impoffible de vous
écrire fi j'en ufois autrement.
Il fuffit commeje vous ay marqué fouvent, que dans les Articles que je vous envoye ,
quelque temps qu'il y ait que
ce qu'ils contiennent foit paffe ;
il y ait toûjours quelque chofe qui vous foit nouveau dans
ce que je vous mande , & même que je vous envoye fouvent des chofes que vous ne
fçavez pas encore , quoy qu'il
y ait déja longtemps qu'elles fe
foient paffées.
Quant à ce que vous allez
lire , ce font des chofes que la
202 MERCURE
Renommée rend également
publiques en même temps
dans les lieux où elles fe pafu
fent , & qu'elle ne tarde pas a
faire fçavoir dans les lieux les
plus éloignez. Mais comme il
s'agit de faits hiftoriques du
premier rang , il eft à propos
de les donner par ordre , &
d'en faire un Corps qui en
puiffe donner uneidée parfaite
dans les lieux les plus éloignez ;
l'apprendre enfuite aux Etrangers , & laiffer à la Pofterité.
dequoy s'en inſtruire & d'ap
prendre des particularitez qu'l
Tuy eft quelquesfois important
CALANT 203
de fçavoir. Vous jugez bien
que je vais vous parler d'un
morceau d'Histoire qui doit
tenir place dans l'Hiftoire genevale du monde , & je m'imagine qu'en lifant ce Prelude,
vous devinerez d'abord que je
vous vais parler des Couches
de Madame la Ducheffe de:
Bourgogne , & vous ne vous
tromperez pas.
On eftoit attentif fur le
temps que cette Princeffe
accoucheroit, tant parce qu'on
eftoit perfuadé qu'elle eftoit
à terme , qu'à caufe qu'il y
avoit déja du temps qu'elle
204 MERCURE .
avoit fenty quelques douleurs
qui avoient donné lieu de
croire qu'elle accoucheroit
plutoft que l'on n'avoit cru, &
qu'elle avoitfenty ces douleurs
à diverfes reprifes , ce qui cftoit
caufe qu'on attendoit inceffamment le moment de fon
acouchement, que les Princes ,
qui pour leurs interefts particuliers doivent eftre prefens à
de pareils accouchemens ou
du moins dans des lieux d'où ils
puiffent fçavoir ce qui fe paffe
-fans pouvoir eftre trompez,
ne quittoient point Verfailles,
&les habits du Roy demeu
GALANT 205
C
roient toutes les nuits dans la
Chambre de Sa Majefté , afin
de gagner le temps qu'il auroit
fallu perdre pour aller chercher fa Garderobbe.
Enfin le Samedy 15 de ce
mois , fur les fept heures du
matin , cette Princeffe commença à fentir les premieres
douleurs de l'accouchement ,
& comme l'enfant fe trouva
mal tourné , on crut d'abord
quele travail pouroit eſtre rude, & que cette Princeffe n'accoucheroit qu'avec beaucoup
de peine ; mais M' Clement
qui a déja accouché plufieurs
>
206 MERCURE
fois cette Princeffe , qui eft
depuis peu de retour d'Efpagne où il a accouché la Reine ,
& dont le fçavoir eft grand
auffi - bien que l'experience ,
remit auffi toft l'enfant dans
la fituation qu'il devoit eftre :
de maniere que cette Princeffe
accoucha fur les huit heures
demi-quart ; ce que les faifeurs
d'horofcopes feront bien- aife
d'aprendre. Je vous diray
cependant , fans me vouloir
meler d'en faire , qu'il a de
tout temps paffé pour conftant
que les enfans qui naiffoient
le jour eftoient plus heureux
है
GALANT 207
que ceux qui venoient au
monde pendant la nuit. Comme ce Prince eft arriere petit
fils du Roy , rien ne marque
mieux que le Ciel benit la
pofterité de ce Monarque ; &
d'ailleurs il eft tresavantageux
à un Etat d'ayoir beaucoup
de Princes d'une même race
d'autant que lors qu'il paffe
d'une race à unautre , il arrive
fouventdes demeflez qui caufent de grands defordres.
Le bruit de l'accouchement
de Madame la Ducheffe de
Bourgogne , s'eftant auffi-toft
répandu dans toute la Cour
208 MERCURE
T
ycaufa lajoye qu'il eft aifé de
s'imaginer. Le Roy donna au
Prince nouveau né , le nom
de Duc d'Anjou , & il fut ondoyé par M le Cardinal de
Janfon , Grand-Aumônier de
France.
La Renommée , avec la
precipitation qui luy eft ordinaire , lorfqu'il s'agit d'auffi
grandes nouvelles , porta auffitoft à Paris , celle de cette heureufe naiffance , qui prefqu'en
même temps fut fçue de tout
Paris , & annoncée au Public
par la Cloche du Palais qui fe
fait toûjours entendre en de
GALANT 209.
&
par
pareilles occafions ,
le
carillon de la Samaritaine , qui
ne manque jamais de fe faire
entendre auffi ; & dés le jour
même onvit paroiftre les Vers
fuivans, faits par Mr d'Aubicourt.
Sur l'Heureufe Naiffance
de Monſeigneur
LE DUC D'ANJOU.
Le Duc d'Anjou qui regne eft fi
bien établi
SurleTrône où le Cielpermetqu'il
fe maintienne ,
Qu'un Angeſousfon nom nous anFévrier 1710. S
210 MERCURED
4
nonce aujourd'huy,
Qu'il vient tenir un rang que ce
Prince a remply y bonin
Afin qu'on n'ait pas lieu de crain
dre qu'il revienne.
Onvit auffi paroiſtre la Devife fuivante , fur cet accouchement , faite par Mr le Chevalier de Vertron.
Le Corps eft la fleur de Gre
nade, avec ces paroles:
SERVATQUE MIHI NATURA
CORONAM.
Le 16. le Royfit chanter le
GALANT 211
Te Deum dans la Chapelle de
Verfailles , & ayant refolu de
faire chanter dans la Metropolitaine de Paris un Te Deum folemnel , auquel devoient affilter le Parlement & tous , les
Corps qui ont accoûtumé de
l'accompagner dans de parcilles Ceremonies , il écrivit à Mr
le Cardinal de Noailles , Archevêque de Paris , qu'il regar
doit comme une nouvelle & trop
confiderable benediction du Ciel,
la naiſſance de fonfecond Arrierepetit- Fils le Duc d'Anjou , dont
fa Petite - Fille la Ducheffe de
Bourgogne eftoit accouchée ; pour
Sij
212 MERCURE
ne pasfatisfaire à la jufte obligation où il eftoit d'en rendre àDieu
les Actions de graces qui luy
eftoient dûës; & il luy marquoit
de faire chanter le Te Deum
dans l'Eglife Metropolitaine
de fa bonne Ville de Paris , au
jour & à l'heure que le grandMaitre ou Maiftre des Ceremonies luy diroit de fa part.
Commeon chante toûjours.
unTe Deum folemnel pour de
parcilles Naiffances , &que les
jours que ce Te Deum fe chante , on tire un Feu d'artifice
devant l'Hoſtel de Ville , on
n'avoit pas attendu d'ordre
GALANT 213
preparer , & dés que pour le
M's les Prevoft des Marchands
& Echevins curent appris la
Naiffance de Monfeigneur le
Duc d'Anjou , ils y firent travailler.
Le deffein du Feu , dont
je ne vous fais point de Difcription , marquoit par des
figures fimbolifées , que le
Prince que le Ciel vient de
donner à la France , eftant un
prefage certain de fa benediction fur tout le Royaume ,
& de la continuation de cette
fenfible protection dont il a
fouvent reçu de pareilles mar-
214 MERCURB
ques , les Peuples ne pouvoient
en faire voir leur reconnoif
fance avec trop d'éclat , &
marquer auffi les vœux que
ces mêmes Peuples font pour
demander au Tout- puiffant
la confervation d'un fi precieux gage de fa bonté , en
fouhaitant au nouveau Prince
les vertus qui font fi naturelles au fang illuftre d'où il eft
forty. On voyoit dans les
Emblêmes de ce Feu , les fouhaits que les Peuples faifoient
de voir un jour en ce jeune
Prince les vertus & qui font
hereditaires à fonte augufte
GALANT 215
C
fang. lley avoit auffi trois
Emblèmes par lesquelles on
pretendoit faire voir trois des
principales Vertus neceffaires
à un Prince, fçavoir , la Sageffe,
la Grandeur d'ame , & la
Science. Je ne vous dis point
que la Renommée eftoit au
milieu de la Machine , qui
reprefentoit ce Feu , avec fes
deux Trompettes , & dans une
attitude quifaifoit voir qu'elle
eftoit prefte d'aller par toute
la terre annoncer l'heureufer
naiffance qui caufoit tant de
joye à toute la France.
Il y eut le même foir un
216 MERCURE
grandfoupé à l'Hôtel de Ville ,
auquel fe trouverent Monfieur
le Gouverneur de Paris , &
plufieurs perfonnes d'une
qualité diftinguée , & plufieurs
décharges du Canon qu'on
avoit placé le long du Port
de la Grève , & des feux furent
allumez dans toutes les rues
de Paris
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Résumé : Naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Le texte traite de la naissance du Duc d'Anjou, fils de la Duchesse de Bourgogne, un événement d'une importance historique majeure. L'auteur précise qu'il ne suit pas toujours un ordre chronologique strict pour relater les faits, préférant parfois envoyer des articles dès qu'il en a connaissance, même s'ils concernent des événements passés. Il souligne que les informations qu'il fournit sont souvent nouvelles pour les destinataires, même si les événements sont anciens. L'auteur mentionne que les faits relatés sont déjà connus par la rumeur publique, mais il est important de les organiser et de les transmettre pour en donner une idée précise, notamment aux étrangers et aux générations futures. Il annonce ensuite la naissance du Duc d'Anjou, soulignant l'attente et l'importance de cet événement. La Duchesse de Bourgogne a accouché le 15 janvier à 8 heures et demie du matin, après des douleurs ressenties depuis plusieurs jours. L'accouchement a été facilité par M. Clément, un médecin expérimenté. La nouvelle de la naissance s'est rapidement répandue à la cour et à Paris, où des célébrations ont eu lieu, y compris des Te Deum et des feux d'artifice. Le Roi a nommé le nouveau-né Duc d'Anjou et a ordonné des cérémonies de remerciement. La population a exprimé sa joie et ses vœux pour l'avenir du prince, symbolisés par des emblèmes et des figures allégoriques lors des festivités.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 218-219
APOSTILLE. Accouchement extraordinaire, fait par la Dame Ferrot Sage-Femme, demeurant à Paris, dans l'Isle, ruë des deux-Ponts.
Début :
Claude Alay Jardinier, demeurant Cul-de-sac S. Laurent, à la [...]
Mots clefs :
Accouchement, Consultations , Chirurgien, Sage-femme, Chair, Césarienne, Garçon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE. Accouchement extraordinaire, fait par la Dame Ferrot Sage-Femme, demeurant à Paris, dans l'Isle, ruë des deux-Ponts.
APOSTILLE.
Accouchement extraordinaire , fait par
la Dame Ferrot Sage- Femme , demeurant
à Paris, dans l'Ifle , ruë des
deux -Ponts.
Chau Cul-de -fac S. Laurent , à la Laude Alay Jardinier , demeu-
Porte S. Denis , aïant fa femme groffe
depuis 14 mois , & ne voyant point de
difpofition
pour fon Accouchement
, fit
faire plufieurs
confultations
de Médecins
, Chirurgiens
& Accoucheurs
,qui
ne pûrent convenir qu'elle eftoit groffe
d'enfant , ( aprés lui avoir fait tous les
remédes imaginables ) : Les uns affûroient
que cette groffeffe ne provenoit
que d'un corps êtranger qui n'avoit pas
pris place dans la matrice ; les autres ,
que c'étoit un monftre , & les autres ,
que ce n'eftoit qu'un mole. Enfin, un des
Chirurgiens
s'avifa d'infinuer
fa main
jufqu'à la matrice , pour en découvrir
la vérité. Il déclara que c'eftoit une
maffe de chair déplacée , qu'il eftoit
impoffible
de pouvoir tirer du ventre
de la mere , fans faire l'Opération
Céfarienne
, & l'expofer à perdre la
DE NOVEMBRE. 219
1
vie. Les chofes en cet êtat , obligérent
ledit Alay d'avoir recours à la
Dame Perrot fort expérimentée dans
fa Profeffion ; laquelle en préfence
de toute fa Famille & de plufieurs
Chirurgiens & amis du mari , fit
fa vifite ; aprés quoi , elle protefta que
cette femme êtoit véritablement groffe
d'enfant qui eftoit ſitué dans la matrice
, & qu'avec la grace de Dieu , elle
fauveroit la mere & l'enfant ; ce qui
arriva heureufement le 24 Novembre
dernier, le troifiéme jour aprés fa vifite ;
la mere êtant accouchée d'un gros garçon
qui a eû vie, contre toute efpérance ,
Accouchement extraordinaire , fait par
la Dame Ferrot Sage- Femme , demeurant
à Paris, dans l'Ifle , ruë des
deux -Ponts.
Chau Cul-de -fac S. Laurent , à la Laude Alay Jardinier , demeu-
Porte S. Denis , aïant fa femme groffe
depuis 14 mois , & ne voyant point de
difpofition
pour fon Accouchement
, fit
faire plufieurs
confultations
de Médecins
, Chirurgiens
& Accoucheurs
,qui
ne pûrent convenir qu'elle eftoit groffe
d'enfant , ( aprés lui avoir fait tous les
remédes imaginables ) : Les uns affûroient
que cette groffeffe ne provenoit
que d'un corps êtranger qui n'avoit pas
pris place dans la matrice ; les autres ,
que c'étoit un monftre , & les autres ,
que ce n'eftoit qu'un mole. Enfin, un des
Chirurgiens
s'avifa d'infinuer
fa main
jufqu'à la matrice , pour en découvrir
la vérité. Il déclara que c'eftoit une
maffe de chair déplacée , qu'il eftoit
impoffible
de pouvoir tirer du ventre
de la mere , fans faire l'Opération
Céfarienne
, & l'expofer à perdre la
DE NOVEMBRE. 219
1
vie. Les chofes en cet êtat , obligérent
ledit Alay d'avoir recours à la
Dame Perrot fort expérimentée dans
fa Profeffion ; laquelle en préfence
de toute fa Famille & de plufieurs
Chirurgiens & amis du mari , fit
fa vifite ; aprés quoi , elle protefta que
cette femme êtoit véritablement groffe
d'enfant qui eftoit ſitué dans la matrice
, & qu'avec la grace de Dieu , elle
fauveroit la mere & l'enfant ; ce qui
arriva heureufement le 24 Novembre
dernier, le troifiéme jour aprés fa vifite ;
la mere êtant accouchée d'un gros garçon
qui a eû vie, contre toute efpérance ,
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Résumé : APOSTILLE. Accouchement extraordinaire, fait par la Dame Ferrot Sage-Femme, demeurant à Paris, dans l'Isle, ruë des deux-Ponts.
Le document décrit le cas médical exceptionnel de Laude Alay, une femme de Porte Saint-Denis, enceinte depuis quatorze mois sans signes d'accouchement. Plusieurs consultations avec des médecins, chirurgiens et sages-femmes n'ont pas permis de diagnostiquer clairement la situation. Les avis divergeaient : certains parlaient d'un corps étranger, d'autres d'un monstre ou d'une tumeur. Un chirurgien a finalement identifié une masse de chair déplacée, nécessitant une césarienne pour éviter le risque de mort maternelle. La sage-femme Dame Ferrot, reconnue pour son expertise, a été appelée et a confirmé la grossesse. Elle a réussi à sauver la mère et l'enfant, un garçon né le 24 novembre, trois jours après sa visite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 219-220
De Londres.
Début :
Le 13 entre 5 & 6 heures du soir, la Princesse de Galles accoucha [...]
Mots clefs :
Princesse de Galles, Accouchement, Lord, Joies, Strasbourg, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres.
De Londres.
Le 13 entre 5 & 6 heures du foir ,
la Princeffe de Galles accoucha hureufement
d'un Prince : Auffitôt , le
Prince fon époux envoya le Lord
Hervey fils du Comte de Briſtol , un
des Seigneurs Gentils - hommes de fa
chambre , pour porter cette agréable
nouvelle au Roy à Hamptoncourt :
Elle fut en même- tems annoncée au
peuple par une décharge du Canon du
Parc & de la Tour , & par le fon des
cloches. Il y ût de grandes illuminations
& autres démonftrations de joïe
par toute la Ville .
220 LE MERCURE
On écrit de Strasbourg du 20 , que
l'Ambaffadeur du Czar de Moſcovie ,
paffa le 18 par cette Ville , avec une fuite
nombreuſe , pour fe rendre à la Cour
de France.
Un Vaiffeau arrivé au Havre , revenant
de la Mer du Sud , a rapporté,
que les Habitans de la Havanne mécontens
du Gouverneur & du Corregidor
, qui avoient voulu mettre un Impôt
fur le Tabac , les avoient enlevés
& fait embarquer dans un Vaiffeau
pour Cadix.
Le 13 entre 5 & 6 heures du foir ,
la Princeffe de Galles accoucha hureufement
d'un Prince : Auffitôt , le
Prince fon époux envoya le Lord
Hervey fils du Comte de Briſtol , un
des Seigneurs Gentils - hommes de fa
chambre , pour porter cette agréable
nouvelle au Roy à Hamptoncourt :
Elle fut en même- tems annoncée au
peuple par une décharge du Canon du
Parc & de la Tour , & par le fon des
cloches. Il y ût de grandes illuminations
& autres démonftrations de joïe
par toute la Ville .
220 LE MERCURE
On écrit de Strasbourg du 20 , que
l'Ambaffadeur du Czar de Moſcovie ,
paffa le 18 par cette Ville , avec une fuite
nombreuſe , pour fe rendre à la Cour
de France.
Un Vaiffeau arrivé au Havre , revenant
de la Mer du Sud , a rapporté,
que les Habitans de la Havanne mécontens
du Gouverneur & du Corregidor
, qui avoient voulu mettre un Impôt
fur le Tabac , les avoient enlevés
& fait embarquer dans un Vaiffeau
pour Cadix.
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Résumé : De Londres.
Le 13, la princesse de Galles a accouché d'un prince. La nouvelle a été annoncée par des salves de canon et des cloches à Londres. À Strasbourg, l'ambassadeur du tsar de Moscovie s'est rendu en France. Un navire du Havre a rapporté une révolte à La Havane contre un nouvel impôt sur le tabac.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 135-142
LETTRE D'UNE DAME, SUR LA PERFIDIE DE SON MARY, A. L'A. D. M.
Début :
Lorsqu'on a entendu le récit de quelque chose de surprenant & de / Il y a quelques années que je me trouvai logée dans une même Maison, [...]
Mots clefs :
Maison, Gentilhomme, Civilité, Déclaration, Inégalité, Richesse, Mariage, Certificat, Tendresse, Relation épistolaire, Accouchement, Passion, Fortune, Larmes, Trahison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'UNE DAME, SUR LA PERFIDIE DE SON MARY, A. L'A. D. M.
Lorsqu'on a entendu le récit de quel
que chofe de furprenant & de merveilleux
, on dit prefque toujours : Que
cela eft fort beau ! Du moins , s'il est
vrai. Mais , je fouhaiterois de tout mon
coeur , que la Rélation que je vais donner
, ſe trouvât fauffe ; quoiqu'elle fait
accompagnée d'une fi grande fimplicité,
& qu'ily ait des traits ſi vifs &fi natu.
rels d'une douleur profonde , qu'elle ne
paroît que trop véritable .
LETTRE
D'UNE DAME ,
SUR LA PERFIDIE DE SON MARY,
A. L'A. D. M.
Ly a quelques années,que je me trou .
vai logée dans une même Maifon ,
avec un jeune Gentil-homme de mérite
. Frapée de fa bonne mine , & plus
135 LE MERCURE
tout en oeuvre >
encore de fes bonnes qualitez , je mis
pour en acquérir
moi-même ; afin de me concilier fon
eftime. La facilité que nous avions de
converfer l'un avec l'autre , nous entraîna
bien- tôt d'une civilité générale,
à une paffion particulière. Il chercha
l'occafion de me déclarer la fienne ;
& moi , qui ne pouvois raiſonablement
prétendre à un homme auffi riche que
Îui , charmée de fa propofition , j'y
répondis en des termes , qui lui faifoient.
connoître , que fa déclaration ne me
déplaifoit pas , fans lui en marquer au
cun excés de joye , ny rien qui ne s'accordât
avec les régles de la bien- féance.
Son pere, quoiqu'homme du monde,
êtoit avare , & en même- tems ambiticux
De forte qu'il n'auroit pas êté
facile de lui perfuader , qu'il pût ſe
trouver quelque autre mérite , dans la
perfonne , ou le caractére d'une femme,
capable de balancer l'inégalité des
richeffes. Cependant , le fils m'entretenoit
toûjours de fon amour , & il ne
perdoit aucune occafion de me témoi
gner fon défintéreffement. Il offrit même
de m'époufer en fecret , & de taire
la chofe , jufqu'à ce qu'il ût obtenu
l'approbation
DE DECEMBRE
137
l'approbation de fon pere , ou qu'il fûc
maître de fon bien. Je l'aimois avec
tendreffe ; & vous pouvez bien croire ,
que je ne lui refufai pas ce que mon
interêt m'obligeoit de lui accorder :
Mais , je n'êtois pas fi neuve , que je
ne priffe avec moi , pour affilter à la
cérémonie de mon Mariage , deux
perfonnes de confiance , du fecret defquelles
j'étois bien füre. Lorfque le
Sacrement nous ût lié , je retirai du
Prêtre, un Certificat figné de ſa main ,
de celle de mon Epoux , & de mes
deux Témoins. Après cela , nous vécumes
plus familiéremene que jamais ,
fous le même toit ; quoique la contrainte
dans laquelle nous vivions en
général , & le foin extréme qu'il fal-
Toit prendre , pour cacher nos entrevûës
, donnaffent à nos démarches , un
air qui fembloit plûtôt venir de la tendreffe
impatiente de jeunes Amans ,
que de la paffion réguliére & ſatisfaite
de perfonnes mariées .
Le pere de mon Epoux , informé
fans doute de nos amours , craignit
dès-lors , que fon fils ne s'engageât avec
moi : De forte qu'il le preffà de fe déclarer
en faveur d'un parti , fur lequel
Décembre 1717. M
138 LE MERCURE
carté >
il avoit jetté les yeux, Pour nous délivrer
l'un & l'autre de cet embaras ,
& prévenir l'éclat de nôtre Mariage ,
qui ne pouvoit guéres fe cacher plus
long- tems , il fut réfolu que j'irois à la
campagne , dans quelque endroit é-
& que nous nous écririons
fous des noms fuppofez. Cela s'exécuta
, & nôtre commerce épiftolaire ne
dura que trop . Quoiqu'il en foit , avec
le fecours de mon aiguille , de mon
clavecin , d'un petit nombre de Livres
choifis ; & plus que tout cela , des
Lettres de mon Epoux que je relifois
à tout moment ; j'y coulai la vie dans
l'attente de voir enfin des jours moins
folitaires. Vous fçaurez d'ailleuts
qu'au bout de quatre mois , après nôtre
féparation , j'accouchai fécretement
d'un enfant , qui ne vécut que peu
d'heures après . Comme on me croyoit
fille dans le canton , où par prudence
je m'êtois exilée, un Gentil- homme du
voifinage , qui eftoit un vrai brutal de
profeffion , s'avifa de m'aimer ; & fa
paffion fut par la fuite , la fource funefte
de tous mes malheurs. Ce Ruftique
eft un de ces Campagnards grol-
Gers , qui croient eftre d'autant plus
DE DECEMBRE .
139
polis , qu'ils négligent toutes les régles
de la polireffe ; & qui ,à l'abry d'un ris
éclatant , d'un ton bruyant , d'un fort
petit génie & d'un grand bien , fe
croient tout permis , fans avoir aucun
égard au tems ou aux lieux . Une Parente
chez qui je demeurois cachée ,
& qui ,fans avoir le fécret de mon Maiiage
, avoit celui de mes couches , s'êtonnoit
, de ce que je faifois paroître
tant de froideur pour ce Gentil- homme
, qui avoit intention de m'époufer ;
puifque , felon elle , la fortune ne me
préfenteroit jamais une occafion plus
favorable , pour réparer ma faute . En
cela , elle avoit raifon de vouloir m'engager
Acette union ; & moi , je n'en
avois pas moins de la refufer conftament.
Comme elle perféveroit opiniatrément
dans ce deffein , quelque priére
& quelque inftance que je lui fiſſe ,
pour qu'elle me délivrât de mon importun
; ma bonne parente croyoit encore
faire merveilles , en l'introduifant
malgré moi , dans mon Appartement ;
perfuadée qu'à la fin , je m'accoutumerois
à fes maniéres . Il fallut donc fouffrir
en dépit de moi , les vifites de cet home.
Un jour , que j'étois affife dans une
Mij
140 LEMERCURE
>
petite fale à manger , toute occupée
de la lecture d'une Lettre de mon
Epoux , dans laquelle je pliois toujours
le Certificat de mon mariage ;
ceRuftre y furvint tout à coup ; & avec
cette familiarité dégoutante , qui eſt
affez ordinaire à de pareils brutaux
il m'arracha brufquement ces papiers
de la main : Je fus d'abord fi confternée
, que me jettant à fes pieds
je le fupliai de me les rendie . Là - deffus
, avec les mêmes airs impertinents
& haïffables , il jura qu'il les liroit ;
plus je redoublois mes inftances plus
fa curiofité augmentoit , jufques à ce
qu'enfin , pénétré d'un dépit qui partoit
fans doute , de la paffion qu'il avoit
pour moi; il jetta les papiers dans le
feu , avec ferment que puifquil ne
devoit pas les lire , celui qui les avoit
écrits , n'auroit pas le bonheur de les
faire fervir au mien. Il eft prefque inutile
de vous avertir , que mes larmes
& mes fanglans reproches obligérent
cet Indigne à fortir de ma Chambre,
couvert de honte & de confufion ; &.
que ce défaftie me caufa des inquiétudes
mortelles . Cependant , j'avois
alors une confiance fi grande en la
,
DE DECEMBRE. 14 .
bonne-foy de mon Epoux , que je lu,
écrivis le mal-heur qui m'étoit arrivé
& que je le priai de me renvoyer un
autre Certificat en bonne forme . Après
m'avoir manqué deux ou trois poftes ,
il me répondit en général , qu'il ne
pouvoit pas m'envoyer alors ce que
je lui demandois ; mais , qu'auffitôt
qu'il pourroit.me le faire tenir en fûseté
, je devois eftre perfuadée qu'il
me donneroit cette fatisfaction. Depuis
cette Epoque , fes Lettres devinrent
plus froides de jour en jour ; & à mefure
que fon indifférence croifloit ,
mes foupçons prenoient de nouvelles
racines. Enfin , c'eft ce qui m'a fair
prendre le parti de me rendre en cette
Ville, où j'ai trouvé que , les deux perfonnes
, qui avoient fervies de Témoins
à nôtre Mariage , êtoient mortes , &
que mon Epoux êtoit veuf d'une jeune
Dame qu'il avoit prife , il n'y a que
trois mois , pour obéir à fon pere. En
un mot , il me fuit & me défavotie.
Si j'allois chez lui , pour le convaincre
de fa perfidie, fon pere ne manqueroit
pas de foûtenir fon fils contre mes
prétentions . Si je divulgois dans le
monde ſa trahison , quelle réparation
Mij
142
LEMERCURE
pourois-je attendre d'une injustice que
je ne fçaurois prouver ? Il s'imagine ,
fans doute , de me réduire par la néceſſité,
à lui céder mes droits pour ure
penfion viagere ; mais , j'en mourrois
plûtôt , que de commettre une telle
lâcheté. Je fuis fa femme : Faites le
fouvenir je vous prie , vous Monfieur ,
qui êtes fon meilleur ami , de fa premiere
tendreffe pour moi , du plaifir
charmant qu'il prenoit , lorfque je venois
à me découvrir par mégarde devant
quelqu'un ; faites le fouvenir de
mon air fot & entrepris , lorfque je
voulois paroître indifférente pour lui
devant la compagnie ; demandez- lui
s'il eft poffible , que moi qui ne pous
vois , quoiqu'il m'en priât , cacher
mon amitié pour lui , je puiffe à préfent
renoncer pour toujours à la fienne .
Ah ! Mr , les coeurs fenfibles ne connoiffent
point d'indifférence dans le
Mariage : Si vous avez quelque compaffion
de l'innocence expofée à l'infamie
, jugez de l'état déplorable où
je me vois réduite. Je fuis &c.
que chofe de furprenant & de merveilleux
, on dit prefque toujours : Que
cela eft fort beau ! Du moins , s'il est
vrai. Mais , je fouhaiterois de tout mon
coeur , que la Rélation que je vais donner
, ſe trouvât fauffe ; quoiqu'elle fait
accompagnée d'une fi grande fimplicité,
& qu'ily ait des traits ſi vifs &fi natu.
rels d'une douleur profonde , qu'elle ne
paroît que trop véritable .
LETTRE
D'UNE DAME ,
SUR LA PERFIDIE DE SON MARY,
A. L'A. D. M.
Ly a quelques années,que je me trou .
vai logée dans une même Maifon ,
avec un jeune Gentil-homme de mérite
. Frapée de fa bonne mine , & plus
135 LE MERCURE
tout en oeuvre >
encore de fes bonnes qualitez , je mis
pour en acquérir
moi-même ; afin de me concilier fon
eftime. La facilité que nous avions de
converfer l'un avec l'autre , nous entraîna
bien- tôt d'une civilité générale,
à une paffion particulière. Il chercha
l'occafion de me déclarer la fienne ;
& moi , qui ne pouvois raiſonablement
prétendre à un homme auffi riche que
Îui , charmée de fa propofition , j'y
répondis en des termes , qui lui faifoient.
connoître , que fa déclaration ne me
déplaifoit pas , fans lui en marquer au
cun excés de joye , ny rien qui ne s'accordât
avec les régles de la bien- féance.
Son pere, quoiqu'homme du monde,
êtoit avare , & en même- tems ambiticux
De forte qu'il n'auroit pas êté
facile de lui perfuader , qu'il pût ſe
trouver quelque autre mérite , dans la
perfonne , ou le caractére d'une femme,
capable de balancer l'inégalité des
richeffes. Cependant , le fils m'entretenoit
toûjours de fon amour , & il ne
perdoit aucune occafion de me témoi
gner fon défintéreffement. Il offrit même
de m'époufer en fecret , & de taire
la chofe , jufqu'à ce qu'il ût obtenu
l'approbation
DE DECEMBRE
137
l'approbation de fon pere , ou qu'il fûc
maître de fon bien. Je l'aimois avec
tendreffe ; & vous pouvez bien croire ,
que je ne lui refufai pas ce que mon
interêt m'obligeoit de lui accorder :
Mais , je n'êtois pas fi neuve , que je
ne priffe avec moi , pour affilter à la
cérémonie de mon Mariage , deux
perfonnes de confiance , du fecret defquelles
j'étois bien füre. Lorfque le
Sacrement nous ût lié , je retirai du
Prêtre, un Certificat figné de ſa main ,
de celle de mon Epoux , & de mes
deux Témoins. Après cela , nous vécumes
plus familiéremene que jamais ,
fous le même toit ; quoique la contrainte
dans laquelle nous vivions en
général , & le foin extréme qu'il fal-
Toit prendre , pour cacher nos entrevûës
, donnaffent à nos démarches , un
air qui fembloit plûtôt venir de la tendreffe
impatiente de jeunes Amans ,
que de la paffion réguliére & ſatisfaite
de perfonnes mariées .
Le pere de mon Epoux , informé
fans doute de nos amours , craignit
dès-lors , que fon fils ne s'engageât avec
moi : De forte qu'il le preffà de fe déclarer
en faveur d'un parti , fur lequel
Décembre 1717. M
138 LE MERCURE
carté >
il avoit jetté les yeux, Pour nous délivrer
l'un & l'autre de cet embaras ,
& prévenir l'éclat de nôtre Mariage ,
qui ne pouvoit guéres fe cacher plus
long- tems , il fut réfolu que j'irois à la
campagne , dans quelque endroit é-
& que nous nous écririons
fous des noms fuppofez. Cela s'exécuta
, & nôtre commerce épiftolaire ne
dura que trop . Quoiqu'il en foit , avec
le fecours de mon aiguille , de mon
clavecin , d'un petit nombre de Livres
choifis ; & plus que tout cela , des
Lettres de mon Epoux que je relifois
à tout moment ; j'y coulai la vie dans
l'attente de voir enfin des jours moins
folitaires. Vous fçaurez d'ailleuts
qu'au bout de quatre mois , après nôtre
féparation , j'accouchai fécretement
d'un enfant , qui ne vécut que peu
d'heures après . Comme on me croyoit
fille dans le canton , où par prudence
je m'êtois exilée, un Gentil- homme du
voifinage , qui eftoit un vrai brutal de
profeffion , s'avifa de m'aimer ; & fa
paffion fut par la fuite , la fource funefte
de tous mes malheurs. Ce Ruftique
eft un de ces Campagnards grol-
Gers , qui croient eftre d'autant plus
DE DECEMBRE .
139
polis , qu'ils négligent toutes les régles
de la polireffe ; & qui ,à l'abry d'un ris
éclatant , d'un ton bruyant , d'un fort
petit génie & d'un grand bien , fe
croient tout permis , fans avoir aucun
égard au tems ou aux lieux . Une Parente
chez qui je demeurois cachée ,
& qui ,fans avoir le fécret de mon Maiiage
, avoit celui de mes couches , s'êtonnoit
, de ce que je faifois paroître
tant de froideur pour ce Gentil- homme
, qui avoit intention de m'époufer ;
puifque , felon elle , la fortune ne me
préfenteroit jamais une occafion plus
favorable , pour réparer ma faute . En
cela , elle avoit raifon de vouloir m'engager
Acette union ; & moi , je n'en
avois pas moins de la refufer conftament.
Comme elle perféveroit opiniatrément
dans ce deffein , quelque priére
& quelque inftance que je lui fiſſe ,
pour qu'elle me délivrât de mon importun
; ma bonne parente croyoit encore
faire merveilles , en l'introduifant
malgré moi , dans mon Appartement ;
perfuadée qu'à la fin , je m'accoutumerois
à fes maniéres . Il fallut donc fouffrir
en dépit de moi , les vifites de cet home.
Un jour , que j'étois affife dans une
Mij
140 LEMERCURE
>
petite fale à manger , toute occupée
de la lecture d'une Lettre de mon
Epoux , dans laquelle je pliois toujours
le Certificat de mon mariage ;
ceRuftre y furvint tout à coup ; & avec
cette familiarité dégoutante , qui eſt
affez ordinaire à de pareils brutaux
il m'arracha brufquement ces papiers
de la main : Je fus d'abord fi confternée
, que me jettant à fes pieds
je le fupliai de me les rendie . Là - deffus
, avec les mêmes airs impertinents
& haïffables , il jura qu'il les liroit ;
plus je redoublois mes inftances plus
fa curiofité augmentoit , jufques à ce
qu'enfin , pénétré d'un dépit qui partoit
fans doute , de la paffion qu'il avoit
pour moi; il jetta les papiers dans le
feu , avec ferment que puifquil ne
devoit pas les lire , celui qui les avoit
écrits , n'auroit pas le bonheur de les
faire fervir au mien. Il eft prefque inutile
de vous avertir , que mes larmes
& mes fanglans reproches obligérent
cet Indigne à fortir de ma Chambre,
couvert de honte & de confufion ; &.
que ce défaftie me caufa des inquiétudes
mortelles . Cependant , j'avois
alors une confiance fi grande en la
,
DE DECEMBRE. 14 .
bonne-foy de mon Epoux , que je lu,
écrivis le mal-heur qui m'étoit arrivé
& que je le priai de me renvoyer un
autre Certificat en bonne forme . Après
m'avoir manqué deux ou trois poftes ,
il me répondit en général , qu'il ne
pouvoit pas m'envoyer alors ce que
je lui demandois ; mais , qu'auffitôt
qu'il pourroit.me le faire tenir en fûseté
, je devois eftre perfuadée qu'il
me donneroit cette fatisfaction. Depuis
cette Epoque , fes Lettres devinrent
plus froides de jour en jour ; & à mefure
que fon indifférence croifloit ,
mes foupçons prenoient de nouvelles
racines. Enfin , c'eft ce qui m'a fair
prendre le parti de me rendre en cette
Ville, où j'ai trouvé que , les deux perfonnes
, qui avoient fervies de Témoins
à nôtre Mariage , êtoient mortes , &
que mon Epoux êtoit veuf d'une jeune
Dame qu'il avoit prife , il n'y a que
trois mois , pour obéir à fon pere. En
un mot , il me fuit & me défavotie.
Si j'allois chez lui , pour le convaincre
de fa perfidie, fon pere ne manqueroit
pas de foûtenir fon fils contre mes
prétentions . Si je divulgois dans le
monde ſa trahison , quelle réparation
Mij
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LEMERCURE
pourois-je attendre d'une injustice que
je ne fçaurois prouver ? Il s'imagine ,
fans doute , de me réduire par la néceſſité,
à lui céder mes droits pour ure
penfion viagere ; mais , j'en mourrois
plûtôt , que de commettre une telle
lâcheté. Je fuis fa femme : Faites le
fouvenir je vous prie , vous Monfieur ,
qui êtes fon meilleur ami , de fa premiere
tendreffe pour moi , du plaifir
charmant qu'il prenoit , lorfque je venois
à me découvrir par mégarde devant
quelqu'un ; faites le fouvenir de
mon air fot & entrepris , lorfque je
voulois paroître indifférente pour lui
devant la compagnie ; demandez- lui
s'il eft poffible , que moi qui ne pous
vois , quoiqu'il m'en priât , cacher
mon amitié pour lui , je puiffe à préfent
renoncer pour toujours à la fienne .
Ah ! Mr , les coeurs fenfibles ne connoiffent
point d'indifférence dans le
Mariage : Si vous avez quelque compaffion
de l'innocence expofée à l'infamie
, jugez de l'état déplorable où
je me vois réduite. Je fuis &c.
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Résumé : LETTRE D'UNE DAME, SUR LA PERFIDIE DE SON MARY, A. L'A. D. M.
Une dame relate une histoire de trahison conjugale. Elle épouse clandestinement un jeune gentilhomme malgré leurs disparités de fortune. Le père du mari, avare et ambitieux, les sépare en envoyant la dame à la campagne. Elle y accouche secrètement d'un enfant qui décède peu après. Un voisin tente de la séduire, encouragé par une parente ignorant le mariage. La dame repousse ses avances, mais le voisin, après avoir découvert une lettre du mari et le certificat de mariage, les détruit par passion non partagée. Le mari, suspecté d'être l'auteur de cet acte, trouve son épouse en larmes et confuse. Elle lui demande un nouveau certificat de mariage, mais ses réponses deviennent distantes et évasives. Elle apprend que les témoins de leur union sont décédés et que son mari est désormais veuf d'une autre femme. Trahie et désavouée, elle craint de ne pouvoir prouver ses allégations et refuse une pension viagère. Elle implore un ami du mari de se souvenir de leur amour passé, exprimant son désespoir et son innocence face à l'infamie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 1767
A LA DÉESSE LUCINE, Qui préside aux Accouchemens.
Début :
Toi, qui des Souverains regles les destinées [...]
Mots clefs :
Accouchement, Naissance du Dauphin, Lucine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA DÉESSE LUCINE, Qui préside aux Accouchemens.
A LA DEESSE LUCINE ,
Qui préfide aux Accouchemens.
Toi . Oi , qui des Souverains regles les deſtinées ,
Qui préfides toûjours aux couches fortunées ,
Tu nous comblas de tes bienfaits ,
Sans pourtant combler nos fouhaits.
Quand du Sang des Bourbons tu deftinois des
Reines ,
En deux fois , il eft vrai, ta main en donna trois ;
On dit alors ; quelles Etrennes !
Voilà déja trois Souveraines ,
Pour le bonheur d'autant de Rois
Mais , Lucine , tu fçais fi nos coeurs & nos voix ,
Te demandoient encor avec bien plus d'inſtance ,
De préfider à la Naiffance ,
Du Dauphin , qui fait à la fois ,
Et le bonheur du monde & l'efpoir de la France.
Qui préfide aux Accouchemens.
Toi . Oi , qui des Souverains regles les deſtinées ,
Qui préfides toûjours aux couches fortunées ,
Tu nous comblas de tes bienfaits ,
Sans pourtant combler nos fouhaits.
Quand du Sang des Bourbons tu deftinois des
Reines ,
En deux fois , il eft vrai, ta main en donna trois ;
On dit alors ; quelles Etrennes !
Voilà déja trois Souveraines ,
Pour le bonheur d'autant de Rois
Mais , Lucine , tu fçais fi nos coeurs & nos voix ,
Te demandoient encor avec bien plus d'inſtance ,
De préfider à la Naiffance ,
Du Dauphin , qui fait à la fois ,
Et le bonheur du monde & l'efpoir de la France.
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Résumé : A LA DÉESSE LUCINE, Qui préside aux Accouchemens.
Le texte est une prière à Lucine, déesse des accouchements et des destinées royales. Elle est remerciée pour la naissance de trois reines Bourbons. Les auteurs espèrent qu'elle présidera à la naissance du Dauphin, apportant bonheur et espoir à la France et au monde.
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7
p. 1894
Mandement du même, sur la grossesse de la Reine, [titre d'après la table]
Début :
Dès le 12. Août, M. l'Archevêque de Paris donna un Mandement pour ordonner des Prieres [...]
Mots clefs :
Reine, Accouchement, Archevêque de Paris, Prières, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement du même, sur la grossesse de la Reine, [titre d'après la table]
Dès le 12. Août , M. l'Archevêque de Paris
donna un Mandement pour ordonner des Prieres
dans tout fon Diocèfe pour P'heureux accouchement
de la Reine. Il eft conçû en ces termes.
Charles , & c. La pieté du Roi qui lui infpire
dans tous les évenemens , de recourir à celui par
qui les Rois regnent , lui a fait défirer que nous
ordonnaffions des Prieres pour l'heureuſe délivrance
& pour la fanté de la Reine , qui eft fort
avancée dans fa groffeffe . Entrez avec nous dans
les intentions de Sa Majefté , pour demander à
Dieu la confervation d'une augufte Reine , que
fes vertus rendent fi refpectabie à tout le Royaume
, auquel elle a déja donné un Dauphin , &
celle du précieux fruit qui eft l'objet de nos efperances
& de nos voeux.
A CES CAUSâs , nous ordonnons , &c.
donna un Mandement pour ordonner des Prieres
dans tout fon Diocèfe pour P'heureux accouchement
de la Reine. Il eft conçû en ces termes.
Charles , & c. La pieté du Roi qui lui infpire
dans tous les évenemens , de recourir à celui par
qui les Rois regnent , lui a fait défirer que nous
ordonnaffions des Prieres pour l'heureuſe délivrance
& pour la fanté de la Reine , qui eft fort
avancée dans fa groffeffe . Entrez avec nous dans
les intentions de Sa Majefté , pour demander à
Dieu la confervation d'une augufte Reine , que
fes vertus rendent fi refpectabie à tout le Royaume
, auquel elle a déja donné un Dauphin , &
celle du précieux fruit qui eft l'objet de nos efperances
& de nos voeux.
A CES CAUSâs , nous ordonnons , &c.
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Résumé : Mandement du même, sur la grossesse de la Reine, [titre d'après la table]
Le 12 août, l'Archevêque de Paris a ordonné des prières pour l'accouchement de la Reine, avancée dans sa grossesse. Le roi exprime sa piété et son recours à Dieu. Les prières visent la santé de la Reine, respectée pour ses vertus et ayant déjà donné un Dauphin, et du futur enfant.
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8
p. 139-143
De Genèves le même jour.
Début :
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident de France en cette Ville, eut reçu la [...]
Mots clefs :
Genève, Jean de Montpeyroux, Dauphine, Hôtel, Honneur, Palme, Accouchement, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Genèves le même jour.
De Genèves le même jour.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
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Résumé : De Genèves le même jour.
À Genève, après l'annonce de l'accouchement de Madame la Dauphine, M. de Montpeyroux, Résident de France, informa les magistrats et organisa diverses actions de grâce. Le 26, il fit chanter le Te Deum dans sa chapelle, décorée somptueusement, suivi d'un repas fastueux auquel participèrent des personnalités françaises, suisses et savoyardes. Le 30, il offrit un second banquet à l'Hôtel de Ville, réunissant magistrats, officiers français et notables. Ce repas compta cent dix convives avec quatre services de cent douze plats chacun. Des salves de canons marquèrent les santés royales. Le soir, la résidence de M. de Montpeyroux fut illuminée et décorée, avec des fontaines de vin pour le peuple. Un bal fut organisé dans la salle du Conseil des Deux Cens, rassemblant trois cents dames et quatre cents cavaliers, et se prolongea jusqu'au matin. Parallèlement, l'Archi-Confrérie Royale des Chevaliers-Voyageurs et Palmiers du Saint-Sépulcre de Jérusalem célébra une messe et chanta le Te Deum en action de grâce le même jour. Le 2 octobre, des représentants de cette confrérie furent envoyés à la cour pour féliciter Leurs Majestés et le Dauphin, sous la conduite du Duc de Gesvres. Ils offrirent une palme au Duc de Bourgogne, que la Duchesse de Tallard accepta en son nom.
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9
p. 195-202
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La Cornette des Chevaux-Légers de la Garde ordinaire du Roi, revint ici [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Duc, Audience, Madame la Dauphine, Comte d'Artois, Officier, Corsaires, Marchandises, Officiers, Accouchement, Nominations, Serment
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
LAJA Cornette des Chevaux- Légers de la Garde
ordinaire du Roi , revint ici d'Arpajon le 19
d'Octobre. Comme la Compagnie , qui ne fert
que par quartiers , eft rarement raffembleé , les
Chevaux- Légers ont faifi le moment de leur réu
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
nion , pour célébrer en corps l'augufte naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Le Duc de
Chaulnes , leur Commandant , eft Gouverneur
de cette Province nouveau motif pour faire éclater
leur joie dans cette heureufe occafion. Ils devoient
fe féparer , après avoir porté leurs étendards
au Roi ; ils n'ont eu par conféquent que deux
fois vingt-quatre heures , pour faire leurs prépa
ratifs , ainfi que pour inviter la Cour , la Ville ,
& tous les corps de la maiſon du Roi.
Le fête commença le 21 , à dix heures du foir,
par un feu d'artifice , qui fut tiré dans l'avenue de
Sceaux , vis-à- vis de l'Hôtel des Chevaux-Légers ,
& dont l'exécution fut parfaite. Toutes les perfonnes
invitées le rendirent enfuite au bal , paré
& malqué. La façade & la cour de l'Hôtel étolent
très-bien illuminées. La falle où l'on danſoit , a
105 pieds de longueur fur 36 de large. Elle étoit
ornée richement , & avec autant d'art que de
goût : elle étoit éclairée par un grand nombre de
luftres & de girandoles. Les fonds oppofés de cette
falle , qui dans toute leur étendue , étoient gare
nis de grandes glaces , en multipliant les objets ,
formoient un fpectacle charmant. La Comteffe
de Marfan , Gouvernante des Enfans de France ,
s'étant excufée d'ouvrir le bal , la jeune Princeffe
de Soubife , fa niece , danfa le premier menuer
avec le Marquis d'Efquelbec , premier Enfeigne
de la compagnie. Le Bal dura jufqu'à huit heures
du matin. Il y eut la plus nombreuſe affemblée ,
& l'on y diftribua avec profufion toutes fortes de
rafraîchiffemens. Le bon ordre qui a régné dans
cette fête , joint à la politeffe & aux attentions
des Chevaux- Légers , n'en a pas fait le moindre
agrément.
La naifance de Monfeigneur le Comte d'Are
DECEMBRE. 1757: 197
tois exigeant des peuples , dont elle affure le
bonheur , un nouveau tribut de reconnoiffance ,
le Roi écrivit le 9 d'Octobre à M. l'Archevêque de
Paris , pour faire rendre à Dieu dans la Capitale
de folemnelles actions de graces. En conféquence,
le Dimanche 13 , le Te Deum fut chanté dans
P'Eglife Métropolitaine , & M. l'Archevêque de
Paris y officia . M. le Chancelier accompagné de
plufieurs Confeillers d'etat & Maîtres des Requê
tes , le parlement , la Chambre des Comptes , la
Cour des Aydes & le Corps de Ville , y affifterent
après y avoir été invités de la part du Roi par M.
Defgranges , Maîtres des Cérémonies .
Le même jour , M. le Prevôt des Marchands
& les Echevins firent tirer dans la place de l'Hôtel
de Ville un feu d'artifice , décoré relativement à
l'objet de l'alegreffe publique. La façade de
l'Hôtel de Ville fut enfuite illuminée par des filets
de terrines, qui régnoient le long des entablemens,
& par des luftres formés de lanternes de verre.
Des ifs portant chacun plus de cent cinquante lu
mieres , entouroient la place .
L'Hôtel du Duc de Chevreufe , nommé au Gou
vernement de Paris , fut orné d'une magnifique
décoration en architecture , éclairée avec un
goût infini. Il y eut auffi des illuminations à l'Hôtel
du Prevôt des Marchands , aux maiſons des
Echevins , & à celles des principaux Officiers du
corps de Ville.
Aux quatre coins de la place de l'Hôtel de
Ville , ainfi qu'à celle de Louis XV , étoient des
fontaines de vin , qui coulerent une partie de la
nuit. On y diftribuoit du pain & des viandes au
peuple , & on avoit placé des orqueftres dans tous
les endroits où fe faifoient ces diftributions .
La cloche de l'Hôtel de ville fonna pendan
I iij
498 MERCURE DE FRANCE.
Toute la journée en tocfin . Il y eut quatre falves
d'artillerie ; la premiere à cinq heures du matin ,
la feconde à midi , la troifieme pendant le Te
Deum , & la derniere avant le feu d'artifice.
Le 24 , le corps de Ville alla à l'Eglife paroif-
Hale de Saint Jeanen Greve , pour rendre les actions
de graces particulieres , & il affifta au Te
Deam qu'il fit chanter en mufique. Ce même
jour , l'Hôtel de Ville , P'Hôtel du Prevôt des
Marchands , les maiſons des Echevins & des principaux
Officiers du corps de Ville , furent illuminés
de nouveau .
Le Roi a difpofé du commandement en Chef
de la province de Languedoc , vacant par la mort
de M. le Maréchal Duc de Mirepoix , en faveur
de M. le Maréchal de Thomond .
Le 3 Novembre , M. le Comte de Sartirane ,
'Ambaffadeur du Roi de Sardaigne , eut une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il complimenta
Sa Majefté , au nom du Roi fon Maître,
fur l'heureux accouchement de Madame la Dauphine
, & fur l'heureufe naiffance de Monftigneur
le Comte d'Artois. Cet Ambafladeur fut
enfuite admis à l'audience de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin , & de Madame la Dauphine.
M. Bertin , latendant de Lyon , a été nommé
Lieutenant-Général de Police , à la place de M.
Berryer.
Le Roi a nommé M. le Marquis du Mefnil ,
Lieutenant Général de fes armées , Infpecteur Général
de la Cavalerie & des Dragons , au Gouver
nement de Brouage , vacant par la mort de M. le
Maréchal Duc de Mirepoix.
Sa Majesté a auffi accordé à M. le Comte de
Montazet , Brigadier de fes armées , Mestre de
Camp réformé à la fuite du Régiment de Dragons
DECEMBRE. 1757. 199
d'Orléans , & Gouverneur du Fort de Scarpe ,
l'Expectative d'une place de Commandeur dans
P'Ordre Militaire de Saint Louis , avec la permiffion
d'en porter dès - à - préfent les honneurs.
Les 27 & 28 d'Octobre , on a reffenti au Havre
deux fecouffes de tremblemens de terre. La
premiere a duré trois minutes , & l'autre deux.
Les habitans effrayés, font fortis de leurs maiſons
pour fe retirer fur la place, Ces mêmes ſecouffes
Te font auffi fait fentir à la même heure au Pontl'Evêque
, fur la rive gauche de la Seine.
Le 6 de Novembre , M. le Chevalier Archinto
arriva ici de Parme , pour complimenter le Roi ,
de la part de l'Infant Duc de Parme , fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois.
Le Roi a nommé à l'Intendance de Lyon M. de
la Michodiere , Intendant d'Auvergne ; & M.
Bernard de Ballainvilliers , Maître des Requêtes ,
à celle d'Auvergne.
Sa Majefté a tenu le Sceau pour la feizieme &
dix-feptieme fois.
Le même jour , M. le Prince de Beauvau prêta
ferment entre les mains du Roi pour la charge
de Capitaine des Gardes , & Sa Majefté reçut celui
de l'Evêque de Senez.
Le Roi accorda ce même jour un brevet d'honneur
à Madame la Comteffe de Lillebonne , &
elle prit en conféquence le Tabouret chez la
Reine.
Sa Majesté a donné à M. le Comte de Talaru ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes de Flandres ,
l'Aide-Majorité de la Gendarmerie , vacante par
la promotion du Vicomte de Sabran , à la Majo
rité de ce corps,
Les entrées de la Chambre ont été accordées
par le Roi à M. le Chevalier Archinto , Gentil-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
homme de la Chambre de l'infant Duc de Parme
Le is , M. Erizzo , Ambaſſadeur de la Répu
blique de Venife , eut une audience particuliere
du Roi,dans laquelle il complimenta Sa Majesté au
nom de la République , fur l'heureux accouchement
de Madame la Dauphine , & fur la naiſſance
de Monfeigneur le Comte d'Artois . Cet Ambaffadeur
fut conduit à cette audience par M. de la
Live , introducteur des Ambafladeurs .
M. le Baron de Lichtinſtein , Miniftre Plénipotentiaire
du Duc de Saxe- Gotha , eut le même
jour une audience de Madame la Dauphine. Il y
fut conduit ainfi qu'à celles de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de
Berry , & de Monſeigneur le Comte de Provence
, par le même Introducteur .
M. de Bompar , Chefd'Eſcadre des Armées Navales
, à fon retour de la Martinique , où il a réfidé
pendant fept ans en qualité de Gouverneur
Général des Inles du Vent , a été préfenté au Roi,
Sa Majefté lui a accordé une penfion de trois mille
livres fur le Tréfor Royal , avec le Cordon rouge
honoraire.
L'ouverture du Parlement fe fit le r2 de ce
mois avec les cérémonies ordinaires , par une
Mefle folemnelle . Elle fut célébrée par M. l'Abbé
de Sailly , Chantre de la Sainte Chapelle , & Aumônier
de Madame la Dauphine . M. Mollé ,
premier Préfident , ayant été reçu & inftallé par
M. Pelletier de Rofambo , Préfident du Parlement
, y affifta avec toutes les Chambres.
Il y a eu le 5 Novembre une action entre l'armés
commandée par M. le Prince de Soubife & celle
du Roi de Pruffe : la premiere ayant été obligée de
faire fa retraite , elle s'eft retirée à Freyburg ,
d'où elle a repaffé l'Unftrutt , & ſe raffemble der
DECEMBRE. 1757 : 201
riere cette riviere . M. le Maréchal Duc de Richelieu
, à qui M. le Prince de Soubife avoit dépêché
un Officier après l'action , s'eft mis en marche à
la tête de foixante bataillons & de foixante- quatre
efcadrons , pour fe porter fur Duderſtatt , où il
fera à portée de recevoir & de foutenir l'armée de
M. le Prince de Soubife , s'il eft néceffaire.
Nous retardons la lifte des Officiers tués ou
bleffés , pour la donner plus exacte le mois pro
chain.
Le Corfaire Anglois le Hancelot , de Jerzey ;
armé de 10 canons , & de 70 hommes d'équipage ,
a été pris par les Vaiffeaux du Roi l'Entreprenant
& le Dragon , qui l'ont fait conduire à Brest.
Les fieurs Bart , Capitaine de Brûlot , & Juin ,
Lieutenant de Frégate , commandant les Frégates
du Roi la Valeur & la Mignonne , fe font rendus
maîtres des Navires Anglois l'Induftrie , l'Eclair
la Marie-Sara & la Satisfaction. Ces quatre bâtimens
, qui alloient de Sunderland à Rotterdam ,
chacun avec un chargement de charbon de terre
étoient tous armés de quelques canons , & ils font
arrivés à Dunkerque.
Le Corfaire le Vengeur , de ce Port , ya remis
Pôtage d'une rançon de 290 guinées , moyennant
laquelle il a relâché un Navire Anglois ,
dont il s'étoit emparé .
On mande de la Rochelle , que le Navire le Titon
l'Africain , de Bordeaux , venant de Saint-
Domingue , a enlevé le Navire Anglois le Thos
mas , de Londres dont la cargaiſon eft compo
fée de 500 barrils de poudre , de so caiffes d'armes
, de toiles , de foieries , & d'autres muni
tions & marchandiſes.
Une Lettre du Capitaine Robert , comman
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
dant la Frégate la Comteffe de la Serre , datée de
20 Octobre dernier , marque qu'il eft arrivé à
Bergue en Norwege, & qu'il y a conduit fept prifes
Angloifes ; que fix de ces prifes font chargés
de chanvre , de lin & de fer , la feptieme , d'uce
petite partie de chanvre & de bois , & qu'il en
attendoit une huitieme qu'il a laiffée au Nord
d'Ifland , le mauvais temps l'ayant obligé de s'en
féparer. Cette derniere eft un Senaw du port de
220 tonneaux , armé de 14 canons , & de 36
hommes d'équipage , qui vient de la Virginie , fa
cargaison confifte en 380 boucauts de tabac.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En octobre et novembre 1757, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 21 octobre, la Compagnie des Chevaux-Légers de la Garde du Roi a célébré la naissance du Comte d'Artois par une fête organisée par le Duc de Chaulnes, commandant de la compagnie et nouvellement nommé gouverneur de province. Cette célébration, qui a réuni une nombreuse assemblée, comprenait un feu d'artifice et un bal, et s'est déroulée dans un ordre exemplaire. Le Roi a également ordonné des actions de grâce pour la naissance du Comte d'Artois. Le 13 octobre, un Te Deum a été chanté à la cathédrale de Paris en présence de hautes autorités, suivi d'un feu d'artifice et d'illuminations à l'Hôtel de Ville. Des distributions de nourriture et de boissons ont été faites au peuple, et des salves d'artillerie ont marqué les moments clés de la journée. Plusieurs nominations et promotions ont été annoncées, notamment celle de M. Bertin comme Lieutenant-Général de Police et de M. le Marquis du Mésnil comme Lieutenant Général des armées et Inspecteur Général de la Cavalerie. Le Roi a également accordé des distinctions honorifiques à plusieurs personnes, dont le Comte de Montazet et la Comtesse de Lillebonne. Sur le plan diplomatique et militaire, des audiences ont été accordées à des ambassadeurs étrangers pour féliciter le Roi sur la naissance du Comte d'Artois. Des actions militaires en Allemagne impliquant le Prince de Soubise et le Roi de Prusse ont été rapportées, ainsi que des prises maritimes par des navires français contre des corsaires anglais.
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10
p. 207-208
DE VERSAILLES le 15 Septembre.
Début :
Madame la Dauphine accoucha très-heureusement le 23 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Madame la Dauphine, Accouchement, Princesse, Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieux, Abbé, Sceaux, Gouvernement, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 15 Septembre.
DE VERSAILLES le 15 Septembre.
MA
Adame la Dauphine accoucha très-heu
reufement le 23 de ce mois , à cinq heures &
un quart du matin , d'une Princeſſe qui fut ondoyée ·
par l'Evêque d'Auton , premier Aumônier du
Roi en préfence du Vicaire de la paroiffe du Château
Cette Princeffe fut remile enfuite à la
Comtelle de Marían , Gouvernante des enfans de
France.
Le Roi a donné l'Abbaye de Mouzon ,
ordre
de S. Benoît , Diocèfe de Rheims , à l'Abbé de
Rohan-Guimenée , Chanoine de Strasbourg ;
Celle de Cherbourg , Ordre de Saint Auguſtin ,
Diocèle de Coutances , à l'Abbé de Mury , Docteur
de Sorbonne ;
Celle de Niſors , Ordre de Cîteaux , Diocèfe de
Comminges , a l'Abbé de Laftic , Vicaire Géné
ral du même Diocèfe ;
Celle de Moreuil , Ordre de S. Benoît , Dio
cèle d'Amiens , à l'Abbé d'Inguimbert , Vicaire
Général du même Diocèfe ;
Et l'Abbaye régulière de Chaloché , Ordre de
Citeaux, Diocèle d'Angers , à Don Contaud , Re
ligieux du même Ordre.
Du 4 Octobre.
Le 29 du mois dernier le Roi tint le Scean
208 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de
T'e de Ré , vacant par la mort du fieur de
Irincé , en faveur du Comte de Rezilly.
Le Roi a donné le Régiment de Briffac,
vacant par la mort du Duc de Coffé , au Chevalier
de Lemps ; celui de Rouergue , vacant
par la mort du fieur de Sechelles , au Comte de
Champagne- Chapton.
MA
Adame la Dauphine accoucha très-heu
reufement le 23 de ce mois , à cinq heures &
un quart du matin , d'une Princeſſe qui fut ondoyée ·
par l'Evêque d'Auton , premier Aumônier du
Roi en préfence du Vicaire de la paroiffe du Château
Cette Princeffe fut remile enfuite à la
Comtelle de Marían , Gouvernante des enfans de
France.
Le Roi a donné l'Abbaye de Mouzon ,
ordre
de S. Benoît , Diocèfe de Rheims , à l'Abbé de
Rohan-Guimenée , Chanoine de Strasbourg ;
Celle de Cherbourg , Ordre de Saint Auguſtin ,
Diocèle de Coutances , à l'Abbé de Mury , Docteur
de Sorbonne ;
Celle de Niſors , Ordre de Cîteaux , Diocèfe de
Comminges , a l'Abbé de Laftic , Vicaire Géné
ral du même Diocèfe ;
Celle de Moreuil , Ordre de S. Benoît , Dio
cèle d'Amiens , à l'Abbé d'Inguimbert , Vicaire
Général du même Diocèfe ;
Et l'Abbaye régulière de Chaloché , Ordre de
Citeaux, Diocèle d'Angers , à Don Contaud , Re
ligieux du même Ordre.
Du 4 Octobre.
Le 29 du mois dernier le Roi tint le Scean
208 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de
T'e de Ré , vacant par la mort du fieur de
Irincé , en faveur du Comte de Rezilly.
Le Roi a donné le Régiment de Briffac,
vacant par la mort du Duc de Coffé , au Chevalier
de Lemps ; celui de Rouergue , vacant
par la mort du fieur de Sechelles , au Comte de
Champagne- Chapton.
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Résumé : DE VERSAILLES le 15 Septembre.
Le 23 septembre, la Dauphine donna naissance à une princesse à Versailles. La princesse fut ondoyée par l'évêque d'Autun et placée sous la garde de la comtesse de Marly, gouvernante des enfants de France. Le roi attribua plusieurs abbayes à divers abbés : l'abbaye de Mouzon à l'abbé de Rohan-Guimenée, celle de Cherbourg à l'abbé de Mury, celle de Nisors à l'abbé de Laftic, celle de Moreuil à l'abbé d'Inguimbert, et l'abbaye régulière de Chaloché à Dom Contaud. Le 29 septembre, le roi tint un conseil durant lequel il nomma le comte de Rezilly au gouvernement de l'île de Ré, le chevalier de Lemps au régiment de Brissac, et le comte de Champagne-Chapt à celui de Rouergue.
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11
p. 49
A Madame de B ..... sur ses premieres couches.
Début :
De votre heureux accouchement [...]
Mots clefs :
Accouchement, Fille, Garçon, Mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madame de B ..... sur ses premieres couches.
A Madame de B ..... fur fes
premieres couches.:
Da votre heureux accouchement
Dont la nouvelle m'eft tranfmife ,
Je fuis charmé , mon aimable Païfe ;
Et de bon coeur vous fais mon
compliment .
Envain une critique amère
Veut déprimer l'enfant qui de vous tient le jour;
C'eft une Fille ! Eh bien ? Un Fils aura fon tour .
Des Grâces Venus fur la mère ,
Et le fut aufli de l'Amour.
Par un Dongiois , au mois de Juillet 1762.
premieres couches.:
Da votre heureux accouchement
Dont la nouvelle m'eft tranfmife ,
Je fuis charmé , mon aimable Païfe ;
Et de bon coeur vous fais mon
compliment .
Envain une critique amère
Veut déprimer l'enfant qui de vous tient le jour;
C'eft une Fille ! Eh bien ? Un Fils aura fon tour .
Des Grâces Venus fur la mère ,
Et le fut aufli de l'Amour.
Par un Dongiois , au mois de Juillet 1762.
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12
p. 192-193
Du 24.
Début :
Madame l'Archiduchesse Infante, qui étoit grosse de sept mois, [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Accouchement, Maladies, Princesse, Symptômes, Médecins, Désolation, Fausse couche, Affaiblissement, Empereur, Commissaire, Diète, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 24.
Du 24.
Madame l'Archiducheffe Infante , qui étoit
groffe de fept mois , eft accouchée d'une fille
qui a vécu aflez de temps pour recevoir le baptême.
Cette faulle couche avoit rendu plus dangereux
les accidens da la petite vérole , les bou
tons s'étoient applatis , & la tête étoit embarrallée
; ces fymptêmes donnoient les plus vives
inquiétudes fur l'état de cette Princeſſe ; mais
aujourd'hui l'éruption paroît le rétablir , la tête
eft libre , & les Médecins ont repris efpérance.
Du 24. กา
·Rien ne peut exprimer la déſolation que répand
à la Cour & dans cette Ville la perte que
nous venons de faire. Tous les fecours de l'Art
n'ont pû conferver Madame l'Archiducheffe Inwicy
to tivist Alefante
JANVIER. 1764. 193
fante: les fuites de fa fauffe couche avoient entiérement
épuisé les forces , & rendoient , chaque
jour , plus dangereux les accidens de la petite vérole.
Hier au matin fe font manifeftés quelques
fymptômes de gangrene ; après midi , la Princeffe
a commencé à avoir la diglutition plus difficile ,
& peu de temps après , elle a refufé tout ce qu'on
lui préfentoit , le poulx s'eft affoibli , la refpira--
tion s'eft embarraffée de plus en plus , & tout a
annoncé dès ce moment les approches de la mort.
Cet état a duré toute la nuit ; ce matin à cinq
heures , fon Alteffe Royale a rendu le dernier foupir
après une agonie courte & tranquille . Cette
Princeffe avoit reçu les facremens le 22 , & le lendemain
, on lui avoit adminiftré l'extrême-onction
dans tout le cours de fa maladie ,
elle a
montré beaucoup de réfignation & de courage.
L'Archiduc s'eſt enfermé avec elle , dès l'inſtant
que la petite véroles'eft manifeftée, & il ne l'a pas
quittée jufqu'au dernier moment.7
Durs Décembre.
L'Empereur a nommé pour fon premier Commiffaire
à la Diete Electorale de Francfort le Prin
ce Jofeph de Lichtenſtein & pour ſecond , le Baron
de Bartenſtein , Confeiller Aulique de Sa Majefté
Impériale . On travaille avec activité aux préparatifs
néceffaires pour le départ de l'Empereur
& des Ambafladeurs qui fuivront Sa Majeſté Impériale
à Francfort .
Madame l'Archiducheffe Infante , qui étoit
groffe de fept mois , eft accouchée d'une fille
qui a vécu aflez de temps pour recevoir le baptême.
Cette faulle couche avoit rendu plus dangereux
les accidens da la petite vérole , les bou
tons s'étoient applatis , & la tête étoit embarrallée
; ces fymptêmes donnoient les plus vives
inquiétudes fur l'état de cette Princeſſe ; mais
aujourd'hui l'éruption paroît le rétablir , la tête
eft libre , & les Médecins ont repris efpérance.
Du 24. กา
·Rien ne peut exprimer la déſolation que répand
à la Cour & dans cette Ville la perte que
nous venons de faire. Tous les fecours de l'Art
n'ont pû conferver Madame l'Archiducheffe Inwicy
to tivist Alefante
JANVIER. 1764. 193
fante: les fuites de fa fauffe couche avoient entiérement
épuisé les forces , & rendoient , chaque
jour , plus dangereux les accidens de la petite vérole.
Hier au matin fe font manifeftés quelques
fymptômes de gangrene ; après midi , la Princeffe
a commencé à avoir la diglutition plus difficile ,
& peu de temps après , elle a refufé tout ce qu'on
lui préfentoit , le poulx s'eft affoibli , la refpira--
tion s'eft embarraffée de plus en plus , & tout a
annoncé dès ce moment les approches de la mort.
Cet état a duré toute la nuit ; ce matin à cinq
heures , fon Alteffe Royale a rendu le dernier foupir
après une agonie courte & tranquille . Cette
Princeffe avoit reçu les facremens le 22 , & le lendemain
, on lui avoit adminiftré l'extrême-onction
dans tout le cours de fa maladie ,
elle a
montré beaucoup de réfignation & de courage.
L'Archiduc s'eſt enfermé avec elle , dès l'inſtant
que la petite véroles'eft manifeftée, & il ne l'a pas
quittée jufqu'au dernier moment.7
Durs Décembre.
L'Empereur a nommé pour fon premier Commiffaire
à la Diete Electorale de Francfort le Prin
ce Jofeph de Lichtenſtein & pour ſecond , le Baron
de Bartenſtein , Confeiller Aulique de Sa Majefté
Impériale . On travaille avec activité aux préparatifs
néceffaires pour le départ de l'Empereur
& des Ambafladeurs qui fuivront Sa Majeſté Impériale
à Francfort .
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Résumé : Du 24.
Le 24 janvier 1764, Madame l'Archiduchesse Infante, enceinte de sept mois, a donné naissance à une fille qui a survécu suffisamment pour être baptisée. Sa grossesse compliquée a aggravé ses symptômes de petite vérole, rendant son état critique. Une amélioration temporaire a été observée lorsque l'éruption cutanée s'est stabilisée, mais les suites de l'accouchement ont épuisé ses forces, aggravant les complications de la maladie. Le 25 janvier, des symptômes de gangrène, des difficultés à avaler et un refus de nourriture sont apparus. Son pouls s'est affaibli et sa respiration est devenue laborieuse. Elle est décédée le 26 janvier à cinq heures du matin après une agonie courte et tranquille. Elle avait reçu les sacrements le 22 janvier et l'extrême-onction le lendemain. L'Archiduc est resté à ses côtés jusqu'à son dernier moment. Par ailleurs, l'Empereur a nommé le Prince Joseph de Liechtenstein et le Baron de Bartenstein comme commissaires pour la Diète électorale de Francfort. Les préparatifs pour le départ de l'Empereur et des ambassadeurs vers Francfort sont en cours.
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13
p. 209
De TURIN, le 18 Janvier 1764.
Début :
Hier, à cinq heures du soir, Madame la Duchesse de Savoye [...]
Mots clefs :
Duchesse, Accouchement, Princesse, Baptême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De TURIN, le 18 Janvier 1764.
De TURIN , le 18 Janvier 1764.
Hier , à cinq heures du ſoir , Madame la Ducheſſe
de Savoye accoucha très - heureuſement
d'une Princeſſe qui fut tenue ce jour là-même
fur les fonts de Baptême par le Roi & Madame
Louiſe ſa Fille , & fut nommée Marie- Charlotte
Antoinette-Adélaïde.
Hier , à cinq heures du ſoir , Madame la Ducheſſe
de Savoye accoucha très - heureuſement
d'une Princeſſe qui fut tenue ce jour là-même
fur les fonts de Baptême par le Roi & Madame
Louiſe ſa Fille , & fut nommée Marie- Charlotte
Antoinette-Adélaïde.
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14
p. *210-210
De La HAYE, le 10 Février 1764.
Début :
Le 4 de ce mois, la Princesse de Nassau-Weilbourg est accouchée d'une [...]
Mots clefs :
Princesse, Accouchement, Baptême, Duchesse, Nomination, Landgrave
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De La HAYE, le 10 Février 1764.
De LA HAYE , le 10 Février 1764 .
,
Le 4 de ce mois , la Princeſſe de Naſſau-Weilbourg
eſt accouchée d'une Princeſſe qui a été te
nue ſur les fonts de Baptême , le 9 , par le Prince&
la Princeſſe Héréditaire de Brunswick , la
Princeffe Marie née Princeſſe d'Angleterre ,
épouſe du Landgrave de Heſſe-Caffel , le Margrave
régnant de Bade-Dourlach , la Ducheffe
Douairiere de Deux- Ponts & la Princeſſe Hend
riette de Naſſau - Saarbruck : elle a été nommée
Auguſte-Marie- Caroline.
,
Le 4 de ce mois , la Princeſſe de Naſſau-Weilbourg
eſt accouchée d'une Princeſſe qui a été te
nue ſur les fonts de Baptême , le 9 , par le Prince&
la Princeſſe Héréditaire de Brunswick , la
Princeffe Marie née Princeſſe d'Angleterre ,
épouſe du Landgrave de Heſſe-Caffel , le Margrave
régnant de Bade-Dourlach , la Ducheffe
Douairiere de Deux- Ponts & la Princeſſe Hend
riette de Naſſau - Saarbruck : elle a été nommée
Auguſte-Marie- Caroline.
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15
p. 211
« Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...] »
Début :
Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...]
Mots clefs :
Épouse, Lieutenant, Marquis, Accouchement, Fille, Maison de Lévis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...] »
Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Auguſtine Michel,
épouſe de François de Lévis, Lieutenant-Général
des Armées du Roi, dit le Marquis de Lévis, ma
riée le 8 Février 1762 , eſt accouchée d'un fils qui
eſt ſon ſecond enfant. Le premier eſt une fille née
le 22 Décembre 1762.
Le Marquis de Lévis & ſon frère aîné, Baron de
Lévis-Ajac, forment la Branche d'Ajac, iſſue de
celle de Lévis Leran, aujourd'hui Mirepoix, par
Salomon de Lévis leur aïeul ,ſecond fils de Gabriel
de Lévis, Comte de Léran, & de Catherine de
Levis-Mirepoix ; lequel Gabriel étoit fils aîné de
Gaſton de Lévis, Comte de Léran, ſeptiéme du
nom , & de Gabrielle de Foix, &c.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
épouſe de François de Lévis, Lieutenant-Général
des Armées du Roi, dit le Marquis de Lévis, ma
riée le 8 Février 1762 , eſt accouchée d'un fils qui
eſt ſon ſecond enfant. Le premier eſt une fille née
le 22 Décembre 1762.
Le Marquis de Lévis & ſon frère aîné, Baron de
Lévis-Ajac, forment la Branche d'Ajac, iſſue de
celle de Lévis Leran, aujourd'hui Mirepoix, par
Salomon de Lévis leur aïeul ,ſecond fils de Gabriel
de Lévis, Comte de Léran, & de Catherine de
Levis-Mirepoix ; lequel Gabriel étoit fils aîné de
Gaſton de Lévis, Comte de Léran, ſeptiéme du
nom , & de Gabrielle de Foix, &c.
La ſuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : « Le 7 Mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse de François de Lévis, [...] »
Le 7 mars 1764, Gabrielle-Augustine Michel, épouse du Marquis de Lévis, a donné naissance à un fils. Leur premier enfant, une fille, est née le 22 décembre 1762. Le Marquis de Lévis et son frère, le Baron de Lévis-Ajac, forment la Branche d'Ajac, issue de la branche de Lévis Leran. Gabriel de Lévis, ancêtre de cette lignée, était fils de Gaston de Lévis et de Gabrielle de Foix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 200
NAISSANCE.
Début :
La Duchesse de la Trimouille accoucha, le Samedi 24 Mars, [...]
Mots clefs :
Accouchement, Duchesse, Fils, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE.
N A I S S A N C E.
La Ducheſſe de la Trimouille accoucha, le
Samedi 24 Mars, d'un fils qui portera le nom
de Prince de Tarente.
La Ducheſſe de la Trimouille accoucha, le
Samedi 24 Mars, d'un fils qui portera le nom
de Prince de Tarente.
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17
p. 170
NAISSANCES.
Début :
Le 3 Mai, Madame la Dauphine est accouchée heureusement d'une [...]
Mots clefs :
Madame la Dauphine, Accouchement, Princesse, Monseigneur, Comte, Duc, Madame, Duchesse, Fille, Fils
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES.
NAISSANCES.
>
Le 3 Mai Madame la Dauphine eſt accouchée
heureufement d'une Princeffe vers les
deux heures du matin. Le même jour , Monſei--
gneur le Duc de Berry , ainfi que Monfeigneur
le Comte de Provence , Monfeigneur le Comte
d'Artois & Madame , fe rendirent à la Chapelle
du Château , immédiatement après la Mefle du
Roi , pour la cérémonie du Baptême de la Princelle
nouvellement née . Leurs Majeftés , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame Adélaïde
, Meflames Victoire , Sophie & Louie , le
Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Comte de Clermont , la Princeſſe
de Conti , le Prince de Conti , la Comteſſe de la
Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre &
le Prince de Lamballe ont affifté cette Cérémonie.
Monfeigneur le Duc de Berry , au nom de l'Infant
Don Philippe , & Madame Adélaide au
nom de la Reine d'Eſpagne Douairiere , ont tenu
fur les Fonts de Baptême cette Princelle qui a été
nommée Elifabeth Philippe- Marie- Helene. Le
Baptême a été adminiftré par l'Archevêque de
Rheims , Grand Aumônier de Sa Majesté , en
préfence du Sieur Allarh , Curé de Paroille du
Château . Plufieurs Princes & Princelles , Seigneurs
& Damés de la Cour ont affifté à cette Cérémonie
, ainfi
que
les Ambaffadeurs
d'Elpagne
& de
Naples
.
Le 4 Avril , la Ducheffe de Charoſt eſt accouchée
d'un fils qui portera le nom de Marquis de
Charoft.
>
Le 3 Mai Madame la Dauphine eſt accouchée
heureufement d'une Princeffe vers les
deux heures du matin. Le même jour , Monſei--
gneur le Duc de Berry , ainfi que Monfeigneur
le Comte de Provence , Monfeigneur le Comte
d'Artois & Madame , fe rendirent à la Chapelle
du Château , immédiatement après la Mefle du
Roi , pour la cérémonie du Baptême de la Princelle
nouvellement née . Leurs Majeftés , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame Adélaïde
, Meflames Victoire , Sophie & Louie , le
Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Comte de Clermont , la Princeſſe
de Conti , le Prince de Conti , la Comteſſe de la
Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre &
le Prince de Lamballe ont affifté cette Cérémonie.
Monfeigneur le Duc de Berry , au nom de l'Infant
Don Philippe , & Madame Adélaide au
nom de la Reine d'Eſpagne Douairiere , ont tenu
fur les Fonts de Baptême cette Princelle qui a été
nommée Elifabeth Philippe- Marie- Helene. Le
Baptême a été adminiftré par l'Archevêque de
Rheims , Grand Aumônier de Sa Majesté , en
préfence du Sieur Allarh , Curé de Paroille du
Château . Plufieurs Princes & Princelles , Seigneurs
& Damés de la Cour ont affifté à cette Cérémonie
, ainfi
que
les Ambaffadeurs
d'Elpagne
& de
Naples
.
Le 4 Avril , la Ducheffe de Charoſt eſt accouchée
d'un fils qui portera le nom de Marquis de
Charoft.
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Résumé : NAISSANCES.
Le 3 mai, Madame la Dauphine a accouché d'une princesse vers deux heures du matin. Le même jour, plusieurs membres de la famille royale, dont le Duc de Berry, le Comte de Provence, le Comte d'Artois et Madame, ont assisté au baptême de la princesse à la chapelle du château. Parmi les présents figuraient Leurs Majestés, le Dauphin, Madame Adélaïde, Mesdames Victoire, Sophie et Louise, ainsi que divers princes, princesses, seigneurs et dames de la cour. Le Duc de Berry et Madame Adélaïde ont tenu la princesse sur les fonts baptismaux au nom de l'Infant Don Philippe et de la Reine d'Espagne douairière, respectivement. La princesse a été nommée Élisabeth Philippe-Marie-Hélène. Le baptême a été administré par l'Archevêque de Reims, Grand Aumônier de Sa Majesté, en présence du Curé de la paroisse du château. Plusieurs princes, princesses, seigneurs et dames de la cour, ainsi que les ambassadeurs d'Espagne et de Naples, ont assisté à la cérémonie. Le 4 avril, la Duchesse de Charost a donné naissance à un fils, qui portera le nom de Marquis de Charost.
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18
p. 173
NAISSANCE.
Début :
Madame la Marquise d'Esparbès, épouse de François de Lussan, [...]
Mots clefs :
Marquise , Épouse, Fille, Accouchement
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE.
NAISSANCE.
Madame la Marquile d'Efparbès , époufe de
François de Luffan , Marquis d'Efparbès , Colonel
du Régiment de Périgord , eft accouchée
d'une fille a Paris le 19 Octobre 1764.
Madame la Marquile d'Efparbès , époufe de
François de Luffan , Marquis d'Efparbès , Colonel
du Régiment de Périgord , eft accouchée
d'une fille a Paris le 19 Octobre 1764.
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19
p. 203-204
NAISSANCES.
Début :
Vers la fin d'Octobre, la Duchesse de Beauvillier est accouchée d'une fille. [...]
Mots clefs :
Duchesse, Marquise , Épouse, Accouchement, Colonel, Régiment
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES.
NAISSANCES.
Vers la fin d'Oftobre , la Ducheffe de Beauvil-
Hers eft accouchée d'une fille .
Le 19 du même mois , la Marquife d'Eſparbès,
Epoufe de François de Lulan , Marquis d'Elpar-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
· bès , Colonel du Régiment de Périgord , eft ac
couchée d'une fille.
Vers la fin d'Oftobre , la Ducheffe de Beauvil-
Hers eft accouchée d'une fille .
Le 19 du même mois , la Marquife d'Eſparbès,
Epoufe de François de Lulan , Marquis d'Elpar-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
· bès , Colonel du Régiment de Périgord , eft ac
couchée d'une fille.
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