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1
p. 43-64
A MADEMOISELLE DE M. ****
Début :
Vous ne serez pas fachée sans doute, de voir l'Ouvrage / Il n'est pas aisé, Mademoiselle, de vous satisfaire sur [...]
Mots clefs :
Pluies, Soleil, Terre, Mademoiselle , Temps, Cause, Air, Nuée, Vapeurs, Maladies, Année, Siècle
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texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE DE M. ****
Vous neferez pas fachée
sans doute,de voir l'Ouvrage
qui fuir. Il aesté faità
l'occasion des pluyesqui font
tombées au commencement
du Printemps; & il cil: sarc
curieux, mais l'on ne doit
pas le regarder comme si les
pluyes avoientcontinué, puis
que nous avons eu plusde
beaux jours qu'il n'y avoit
d'abord lieu d'enesperer.
A MADEMOISELLE
DE M. ****
~IL n'ejlpas aisé> CMaàemoi-
(elle
t
de vous satisfaire sur
iétonnement ou vous esses avec ucjt ,,. tout le monde, de ce quapres
tant de plujes que nous avons
eues l'esté pasé» il continueceluy-
cydepleuvoir de mesme;
car enfin, lefroid & les pluyes
font des rigueurs de thiver
, /4 chaleur & le beau temps
font l'appanagedel'Esté.Àinjt
cette inondation survenuë dans
l'air où coulent des Torrens de
pluye> dans une fuison où il
doit effre tout brillant des rayons
du Soleil, efl un accident toutà-
fait surprenant
J un prodige
de temps t
dont on ne [fait où
trouver la cause.
Cherchera.t-on cette cauft en
bas cm dans la terre, pour dire
qu'il en efl forti une infinité de
vapeurs,quise fontensuite condenfees
en pluyes ? Mais c'efl
affirmer une chose sans preuve.
Nosyeuxnen peuventeflre témoins
,car lors que les vapeurs
sortent de la terre, elles font si
subtiles qu'elles échapent à nostre
vtu!y e nous ne les appercenjons
que lors qu'ellessefont ah
semblées en corps, & qu'elles ont
composè dansl'air de grossis
nuées. Mais quand même on au..
roit pufaire une observation sensible
de cet amas extraordinaire
devapeurs >vou*aurie% toujours
sujets Mademoifclkide demander
qui efl-ce quiaexcitécettegrande
abondance dt Vapeursiplutoft
l'Eté passé & ccluy
- cy 9 que
les autres Eflez ; car lEjli
ncsi pas la JaiJon naturelle des
vapeurs.
Side la Terre on remonteen
hautj & qu'on j'eleut dans une
région de l'air, peut on avancer>
tiut ilii-crs ,orfuf-,de", dont
lespluycs font compofces>y ont
paruÏEflepc'jJé& celuy..cy,en
^aucoup plus grand nombre
qi/auparavantJ st)qu'ilsfont la
matiere f0 le principe de ces
pluyescontinuelles durant ['Esié,
qui font tant de peine à toute
forte de gens ? çjMais qui efi, ce
qui a remarque cet armas prodigieux
d'Atomes imhrtfens
>
de
corpuscules chaiue;,,de.pluyes ?
Quel Telescopeles a découverts ? ù quand celaferoit
>
MademoifeHe
Jn'e Il on pas toujours en
droit de s'enquerir,d'oùfont venues
les légions de ces atomes inon
ileÇj & qui efl-ce qui les a pu
dffembler & multiplierl'autre
Eslé & celuy-cy
,
plutost que
dans les autres Eflt'{ preccdensf
On peut encore ,
Mademoiselle
j
aller chercher dans le Soleil
unenouvelle pensée sur ce sujet.
Ily a des Philofopbes qui foutiennent
que ce grand Astre n'est
qu'une masse concave de feu9
qu'une Fournaise qui exhale in..
cefjarrimentdu feu de la flamme
J
qu'ilrxcite quelquefois
tant d'exhalalfon.¡ & dtfumees,
quils'en forme alors des nuees
plus frequentes & plus épaisses
qu'à l'ordinaire; que ccsi la ce
qui
quifait tomber des Deluges de
pluies; mais cette nouvelle hypothese
rieji pas probable à tout
'le mondecette idée du Soleil
efl extravagante ,
defaire de ce
bel t^4jlreunefournaise
> comme
le Mont-Vesuve 0* le Mont-
Etna; cm mesme puis que les
exhalaisonslesfumées du
Mont-EthnayneJont pas l'origine
despluyes txtrâordinairrs.
il ny auroit pas lieu de le croire
de celles du Soleil.
Faut-il s'élever encore plus
haut, & consulter les Offres
du firmamentf Il est vrayque
nous y trouvonssept Etoiles à la
upe du TaureAu, qui s'appellent
les E-lyades
,
st) que ces Eloi/el,
s'il en faut croire le nom qu'elles
portent, gr les difeours des Astrologues
3
font"venir la p/uye)
lors quelles se levent sur l'Horison
J & lors quelles s'en retirent
; mais supposé tout cela
)
il
n'y a pourtant là aucune raison
precise
,
qui nous montre la fource
des pluies continuelles de nostre
Esié; car les Hyades n'ont
pas changé le temps de leur lever
& de leur coucherl'autre année
& celle.cy. Elles se leventtoujours
vers la fin ¿"'Oélobre
,
@r
tlles se retirent à la fin d'Avril.
Orald bonne heure qu'ellesfaf~
sintpleuvoir en OBobre & en
Avril. tAvril & Oéîobre ne
font pas des moisd'Esté
)
{0 il
s'agit icy de pluiesextraordinaires
durant l'Eslé. Les Chevreaux
que l'on baptise aussi du nom de
pluvieuses fie levent a la -my- -;
Septembre
à
er se couchent le
lendemain
,
si bien que,si elles
font pleuvoir
J
c'esi en Automne)
@J non pas en Esset ce n'eftqwun
jourou cieux, çy nous voyons
des pluyes perpetuelles. Il n'y a
pas plus de raisond'alleguerl'Etoile
a"Ai-c'lurus
, que l'onérige
"1 <
en EtotUoragtufe;car outre
qu'un Orage ne fait que paftr,
& que nos pluyes ne cessent
point,cessqu^réturus seleve
en Septembre>$ se couche en
t^Avrilt qui font des mois hors
de l-'Etéi. l permist Mademoiselle,
de recourir encore au
Soleilsf'entens dire dans le monde,
qu'ily a des gens qui publienty
que le Soleil efl malAde,
qu'il eflfoible» £r que comme
on perdses forces dans la maladie
tce{lce qui fait qu'il ne peut
pas àprefent cbajfervers la rcgion
polaire du Septentrion, des
nuées grossis ù enceintes de
tipplluuyeJJ qui n'endoivent reve-
nir 7 ;' que dans l'hiver ; mais ceux
quiavec leThilofopbe^foutiennent
que les Cieux font incorru*
ptiblest f0 qu'il ne s'y fait ny
gtneration,ny corruption
> ne
conviendront pas d'un Symptome
AUJF étrangequ'eflceluy de la
maladie du Soleil ysans en afftgner
la cause par quelqueEclipse
extraordinaire
, ou quelque
Thenomene fibricitant. Certes
si le Soleil estoit malade>toute U
Nature lejeroit; car puis qud
-
eflleprincipe de la vie £r de la
fanté.Ptut-on concevoir ce grand
prinoipe estre infirme Ç0 indifpo*
j?tjans que tout le Genre humain
Cil fonjfre>& qur ses influences
si doucesC. sifiaiutaires
en deviennent malignes mor*
tellest Vous particulièrement
)
Afademoifielle>quiparl*éclatde
itojlre beauté avez tant de con..
fiormite avec ce bel Aflre dont on
'Vo.'4sJonnefifouvent le nom/nous
en rejfientirie%ungrandchangement
dans voflre personne.Ainsi
puis que ¡'enat de vofirefiante
nesipas différent cette année de
celuy de l'année pafifiee» e que
'VOUs brillez & éblouiffiZ toujours
comme le Soleil, il efl tresévident
que le Soleilnest pas
malade.
Il y a quelques mois quonapprit
letfuneftesnouvellesdesfeu;:
effroyables qui causerent des défolations
extrêmes dans lajamaique;
& peu de temps après il y
eut auss des feux terribles dans
la Sicile, qui ensouffritdegrandes
ruines. Ces feux souterrains
extraordinaires qui embrafoient
la terrei auroient-ils tire deses
entrailles l'humidité ctntrAle,
pour l'élever en nuées capables
de répandre toutes ces pluyes intemptjlives>
qui fonttantcraindre
pour la corruption & laperte
des fruits denoschamp s (ij. de
l'les Viçnes ? Cette cause efl trop
éloignée* Mademoiselle,pour lui
imputer lespeines & les dommages
que nous fÓuffions de nos
grandes pluyes. LaJamaïque rfl
dans le nouveau MondeJ & la
Sicile ejlJeparêe de nous par une
vasse étendue de terre&de mer.
Puis que nous n'avons point de
part aux tremblemens de terre
que cesfeux ont caufz avec des
calamité^si tragiques> il n'efl
pas raijonnakledefaire venir de
si loin le dégAJl & le desordre qui
nous arrivent dans les pluyes
continuelles.tïHais erfinjfijufques
icyilnyarien de positifs
(ST de convainquant pour trw;*
uer la cause des grandes plftyes
de l'EJlèi ny dans la terre> ny
dans la région de l'air, ny dans
les Etoiles des Hyades> ny dans
telles des Chevreaux dr d'Arc«•
turus*ny dans teSoleilmesme,
non plus que dans le prodige des
feux qui ont faitperir tant d*c~
difices ù tant de perfonnts, que
nous n'appercevons par tout là
aucune lumiere, aucun rAyon,
pour tirer de l'obfcuriié la quefiion
des grandes & excejjives
pluyes dcnoflre Esté, ny a-1* il
point de nouvelles obfcriations à
fairequelque autr(part?Je[çay
bien qu'on ditqu'il pleut beauc-
oup ddans l'A*xbiest)dansl'[E'Ethiopie
durant l'Efléimaiscejl
parce qu'ilnypleutpoint du tout
durantl'hiversmais nous qui
r H' '1 1 avens des Hivers ci*, lespiuyes
coulent comwe des Couves>pour»
aooio0 YyI av.,o. 0>'0:-:-- ;,.;c,., :'lnc,n4 .o0/"caf' e.7>f'ïïflt'eZ?' inont, d:plujes que les
Hivers ?
J'avoue> Mademoiselle> quil
(Il dififcile d'apporter icy aucune
raison décijive»f0 qui ait
lefond d'une véritéincontestable.
Neanmoins pour ne demeurer
pas? comme l'on dit, en si beau
chemin lofe propofcrencoreun
nouvel article de ce Discours, qui
fera comme l'apofltllede laLettre
qui le contient. Il me vient dans
tefp,-&,t quelque ebofe de finguher?
seir;qqui ade laccnnr.t:nce arec iti1 a deizccn-UnCealu t0 letal du Siècle. Nousinsommes
j
1 ,. -' donc aux dernieres arntes ddu
Siècle3comme vous tprouhons
ONe les dernurs moisde/'dnnée
fro. nt toujours yrs:hcux & (;. J'o.'U¡' Ju.. '/0..1,.. V
ndl d,,- inonde^dejrnuis>n:jeurrionsnctisPasdirequ'il
et; eJf de meÇme
desdernieres annéesduSiede
J
quelles ont cujfi leur rennteyfemtnt
de ter:! ps
)
Uurs accidenttrijtes&
tffl:'Sfan<? Lidermere
faisonar l'année (si-a)J-
?.
aJe9
(;J" nous en foujfronsdes peines
&des rigueurs extrêmes ; pourl
lJuuy la dernierefaisonduSiccle
riauroit-elle pas aussi ses fympto*
rnei etonnans >ses funefles chan';';:
gemens deccene)coMme il arrive
dans la vieillejjef Et si après
avoircomparé la fin du Siecle
Avec celle de l'année, nous en
continuons la comparaison avec
lafin de l'homme, qui est la
vieillejje,ilparoijlraunnouveau
jour pour iéclaircijfement duffa
jet present,&defa matiere. Les
dernieres années de l'homme, qui
font celles de lavieillejfe3 l'inondent
de toutesfortes de phlegmess
defluxions, de rhumes>de catha*
u
vcs,&luyfontsouffrir de grands
desordres, &de grandes pertes
danssoncorps. Voil" l'idée jujve
&ressemblante de la vicillejjc
de nojlreSiee/e. Nos pluyts botriblesrJlcontinudles
qui effrayent
tout le monde» @r qui menacent
defairepérir tous les biens de la
terre, fontlesphlegmesy lesfia*
xions,les rhumes, & les fAtbarres
d'un Siecle caducy & qui
en à la veille de sa fin. Ainsi ce
qui ne nous surprendpoint dans
la vieillejje de l'homme) pourquoy
nous étonneroit-ildanscelle
du Siecle, car ce qui arrive en
l'une & en l'autre vieillesse, de
lhomme e du Siccle3A ajttZik
conformité.LaiJJons dont pieu-
'Voir tant quil voudra pleuvoir;
il faut que ce période de lavieilleffi
& de la caducité du Sieclt
je passi. Vous qui esses jeune,
Afademoifdle
, ü qui rMrlttrie%
d'eflre immortelle
> vous
"Utrrez finir ce vieux Saturne)
ce Siecle défaillant*&vousvcr~
rez, naipre les beaux jours, les
beaux mois, les belles années du
nouveau Siecle qui doit bien-tojl
commencer. Horace composa autrefois
un Poème Seculaire pour
honorer le commencement d'un
Siecle, qui arriva de son ternps.
Tlinfra dans ce SiecleSéculaire,
qui est son Chefd'oeuvre, les Vi.
(loires de Crrar Aurufle) & il
engagea les Dames illûflres à
marquer leur ':(ele pour la prof
perité de l*Empire2{omain. Vous
qui estes, Adademoifelle> par
toutes les graces du corps Cm de
lefprit, le plus bel ornement de
rvoflre Sexe, vous fere'{ témoin
des Hymnes Séculaires qui celebreront
le commencement de noflre
Siecle. Ces Hymnes d'une
composition admir"ble, contiendront
lesfaméusesConquefies
les glorieux Triomphes de Louis
le Grcend, & les qja;ix ardens
dufauels vousprendre% part avec
passion, pour la conservation de
la Personne Jacréed'unMonar~
que incÕmparable, C pour 14
prosperitedel'étatJloriJjant de 14
France>dont les armes toujours
terribles &viSlorieufes
t
obscurcissent,
étonnent, abattent la Ligue
de ses Ennemis.
sans doute,de voir l'Ouvrage
qui fuir. Il aesté faità
l'occasion des pluyesqui font
tombées au commencement
du Printemps; & il cil: sarc
curieux, mais l'on ne doit
pas le regarder comme si les
pluyes avoientcontinué, puis
que nous avons eu plusde
beaux jours qu'il n'y avoit
d'abord lieu d'enesperer.
A MADEMOISELLE
DE M. ****
~IL n'ejlpas aisé> CMaàemoi-
(elle
t
de vous satisfaire sur
iétonnement ou vous esses avec ucjt ,,. tout le monde, de ce quapres
tant de plujes que nous avons
eues l'esté pasé» il continueceluy-
cydepleuvoir de mesme;
car enfin, lefroid & les pluyes
font des rigueurs de thiver
, /4 chaleur & le beau temps
font l'appanagedel'Esté.Àinjt
cette inondation survenuë dans
l'air où coulent des Torrens de
pluye> dans une fuison où il
doit effre tout brillant des rayons
du Soleil, efl un accident toutà-
fait surprenant
J un prodige
de temps t
dont on ne [fait où
trouver la cause.
Cherchera.t-on cette cauft en
bas cm dans la terre, pour dire
qu'il en efl forti une infinité de
vapeurs,quise fontensuite condenfees
en pluyes ? Mais c'efl
affirmer une chose sans preuve.
Nosyeuxnen peuventeflre témoins
,car lors que les vapeurs
sortent de la terre, elles font si
subtiles qu'elles échapent à nostre
vtu!y e nous ne les appercenjons
que lors qu'ellessefont ah
semblées en corps, & qu'elles ont
composè dansl'air de grossis
nuées. Mais quand même on au..
roit pufaire une observation sensible
de cet amas extraordinaire
devapeurs >vou*aurie% toujours
sujets Mademoifclkide demander
qui efl-ce quiaexcitécettegrande
abondance dt Vapeursiplutoft
l'Eté passé & ccluy
- cy 9 que
les autres Eflez ; car lEjli
ncsi pas la JaiJon naturelle des
vapeurs.
Side la Terre on remonteen
hautj & qu'on j'eleut dans une
région de l'air, peut on avancer>
tiut ilii-crs ,orfuf-,de", dont
lespluycs font compofces>y ont
paruÏEflepc'jJé& celuy..cy,en
^aucoup plus grand nombre
qi/auparavantJ st)qu'ilsfont la
matiere f0 le principe de ces
pluyescontinuelles durant ['Esié,
qui font tant de peine à toute
forte de gens ? çjMais qui efi, ce
qui a remarque cet armas prodigieux
d'Atomes imhrtfens
>
de
corpuscules chaiue;,,de.pluyes ?
Quel Telescopeles a découverts ? ù quand celaferoit
>
MademoifeHe
Jn'e Il on pas toujours en
droit de s'enquerir,d'oùfont venues
les légions de ces atomes inon
ileÇj & qui efl-ce qui les a pu
dffembler & multiplierl'autre
Eslé & celuy-cy
,
plutost que
dans les autres Eflt'{ preccdensf
On peut encore ,
Mademoiselle
j
aller chercher dans le Soleil
unenouvelle pensée sur ce sujet.
Ily a des Philofopbes qui foutiennent
que ce grand Astre n'est
qu'une masse concave de feu9
qu'une Fournaise qui exhale in..
cefjarrimentdu feu de la flamme
J
qu'ilrxcite quelquefois
tant d'exhalalfon.¡ & dtfumees,
quils'en forme alors des nuees
plus frequentes & plus épaisses
qu'à l'ordinaire; que ccsi la ce
qui
quifait tomber des Deluges de
pluies; mais cette nouvelle hypothese
rieji pas probable à tout
'le mondecette idée du Soleil
efl extravagante ,
defaire de ce
bel t^4jlreunefournaise
> comme
le Mont-Vesuve 0* le Mont-
Etna; cm mesme puis que les
exhalaisonslesfumées du
Mont-EthnayneJont pas l'origine
despluyes txtrâordinairrs.
il ny auroit pas lieu de le croire
de celles du Soleil.
Faut-il s'élever encore plus
haut, & consulter les Offres
du firmamentf Il est vrayque
nous y trouvonssept Etoiles à la
upe du TaureAu, qui s'appellent
les E-lyades
,
st) que ces Eloi/el,
s'il en faut croire le nom qu'elles
portent, gr les difeours des Astrologues
3
font"venir la p/uye)
lors quelles se levent sur l'Horison
J & lors quelles s'en retirent
; mais supposé tout cela
)
il
n'y a pourtant là aucune raison
precise
,
qui nous montre la fource
des pluies continuelles de nostre
Esié; car les Hyades n'ont
pas changé le temps de leur lever
& de leur coucherl'autre année
& celle.cy. Elles se leventtoujours
vers la fin ¿"'Oélobre
,
@r
tlles se retirent à la fin d'Avril.
Orald bonne heure qu'ellesfaf~
sintpleuvoir en OBobre & en
Avril. tAvril & Oéîobre ne
font pas des moisd'Esté
)
{0 il
s'agit icy de pluiesextraordinaires
durant l'Eslé. Les Chevreaux
que l'on baptise aussi du nom de
pluvieuses fie levent a la -my- -;
Septembre
à
er se couchent le
lendemain
,
si bien que,si elles
font pleuvoir
J
c'esi en Automne)
@J non pas en Esset ce n'eftqwun
jourou cieux, çy nous voyons
des pluyes perpetuelles. Il n'y a
pas plus de raisond'alleguerl'Etoile
a"Ai-c'lurus
, que l'onérige
"1 <
en EtotUoragtufe;car outre
qu'un Orage ne fait que paftr,
& que nos pluyes ne cessent
point,cessqu^réturus seleve
en Septembre>$ se couche en
t^Avrilt qui font des mois hors
de l-'Etéi. l permist Mademoiselle,
de recourir encore au
Soleilsf'entens dire dans le monde,
qu'ily a des gens qui publienty
que le Soleil efl malAde,
qu'il eflfoible» £r que comme
on perdses forces dans la maladie
tce{lce qui fait qu'il ne peut
pas àprefent cbajfervers la rcgion
polaire du Septentrion, des
nuées grossis ù enceintes de
tipplluuyeJJ qui n'endoivent reve-
nir 7 ;' que dans l'hiver ; mais ceux
quiavec leThilofopbe^foutiennent
que les Cieux font incorru*
ptiblest f0 qu'il ne s'y fait ny
gtneration,ny corruption
> ne
conviendront pas d'un Symptome
AUJF étrangequ'eflceluy de la
maladie du Soleil ysans en afftgner
la cause par quelqueEclipse
extraordinaire
, ou quelque
Thenomene fibricitant. Certes
si le Soleil estoit malade>toute U
Nature lejeroit; car puis qud
-
eflleprincipe de la vie £r de la
fanté.Ptut-on concevoir ce grand
prinoipe estre infirme Ç0 indifpo*
j?tjans que tout le Genre humain
Cil fonjfre>& qur ses influences
si doucesC. sifiaiutaires
en deviennent malignes mor*
tellest Vous particulièrement
)
Afademoifielle>quiparl*éclatde
itojlre beauté avez tant de con..
fiormite avec ce bel Aflre dont on
'Vo.'4sJonnefifouvent le nom/nous
en rejfientirie%ungrandchangement
dans voflre personne.Ainsi
puis que ¡'enat de vofirefiante
nesipas différent cette année de
celuy de l'année pafifiee» e que
'VOUs brillez & éblouiffiZ toujours
comme le Soleil, il efl tresévident
que le Soleilnest pas
malade.
Il y a quelques mois quonapprit
letfuneftesnouvellesdesfeu;:
effroyables qui causerent des défolations
extrêmes dans lajamaique;
& peu de temps après il y
eut auss des feux terribles dans
la Sicile, qui ensouffritdegrandes
ruines. Ces feux souterrains
extraordinaires qui embrafoient
la terrei auroient-ils tire deses
entrailles l'humidité ctntrAle,
pour l'élever en nuées capables
de répandre toutes ces pluyes intemptjlives>
qui fonttantcraindre
pour la corruption & laperte
des fruits denoschamp s (ij. de
l'les Viçnes ? Cette cause efl trop
éloignée* Mademoiselle,pour lui
imputer lespeines & les dommages
que nous fÓuffions de nos
grandes pluyes. LaJamaïque rfl
dans le nouveau MondeJ & la
Sicile ejlJeparêe de nous par une
vasse étendue de terre&de mer.
Puis que nous n'avons point de
part aux tremblemens de terre
que cesfeux ont caufz avec des
calamité^si tragiques> il n'efl
pas raijonnakledefaire venir de
si loin le dégAJl & le desordre qui
nous arrivent dans les pluyes
continuelles.tïHais erfinjfijufques
icyilnyarien de positifs
(ST de convainquant pour trw;*
uer la cause des grandes plftyes
de l'EJlèi ny dans la terre> ny
dans la région de l'air, ny dans
les Etoiles des Hyades> ny dans
telles des Chevreaux dr d'Arc«•
turus*ny dans teSoleilmesme,
non plus que dans le prodige des
feux qui ont faitperir tant d*c~
difices ù tant de perfonnts, que
nous n'appercevons par tout là
aucune lumiere, aucun rAyon,
pour tirer de l'obfcuriié la quefiion
des grandes & excejjives
pluyes dcnoflre Esté, ny a-1* il
point de nouvelles obfcriations à
fairequelque autr(part?Je[çay
bien qu'on ditqu'il pleut beauc-
oup ddans l'A*xbiest)dansl'[E'Ethiopie
durant l'Efléimaiscejl
parce qu'ilnypleutpoint du tout
durantl'hiversmais nous qui
r H' '1 1 avens des Hivers ci*, lespiuyes
coulent comwe des Couves>pour»
aooio0 YyI av.,o. 0>'0:-:-- ;,.;c,., :'lnc,n4 .o0/"caf' e.7>f'ïïflt'eZ?' inont, d:plujes que les
Hivers ?
J'avoue> Mademoiselle> quil
(Il dififcile d'apporter icy aucune
raison décijive»f0 qui ait
lefond d'une véritéincontestable.
Neanmoins pour ne demeurer
pas? comme l'on dit, en si beau
chemin lofe propofcrencoreun
nouvel article de ce Discours, qui
fera comme l'apofltllede laLettre
qui le contient. Il me vient dans
tefp,-&,t quelque ebofe de finguher?
seir;qqui ade laccnnr.t:nce arec iti1 a deizccn-UnCealu t0 letal du Siècle. Nousinsommes
j
1 ,. -' donc aux dernieres arntes ddu
Siècle3comme vous tprouhons
ONe les dernurs moisde/'dnnée
fro. nt toujours yrs:hcux & (;. J'o.'U¡' Ju.. '/0..1,.. V
ndl d,,- inonde^dejrnuis>n:jeurrionsnctisPasdirequ'il
et; eJf de meÇme
desdernieres annéesduSiede
J
quelles ont cujfi leur rennteyfemtnt
de ter:! ps
)
Uurs accidenttrijtes&
tffl:'Sfan<? Lidermere
faisonar l'année (si-a)J-
?.
aJe9
(;J" nous en foujfronsdes peines
&des rigueurs extrêmes ; pourl
lJuuy la dernierefaisonduSiccle
riauroit-elle pas aussi ses fympto*
rnei etonnans >ses funefles chan';';:
gemens deccene)coMme il arrive
dans la vieillejjef Et si après
avoircomparé la fin du Siecle
Avec celle de l'année, nous en
continuons la comparaison avec
lafin de l'homme, qui est la
vieillejje,ilparoijlraunnouveau
jour pour iéclaircijfement duffa
jet present,&defa matiere. Les
dernieres années de l'homme, qui
font celles de lavieillejfe3 l'inondent
de toutesfortes de phlegmess
defluxions, de rhumes>de catha*
u
vcs,&luyfontsouffrir de grands
desordres, &de grandes pertes
danssoncorps. Voil" l'idée jujve
&ressemblante de la vicillejjc
de nojlreSiee/e. Nos pluyts botriblesrJlcontinudles
qui effrayent
tout le monde» @r qui menacent
defairepérir tous les biens de la
terre, fontlesphlegmesy lesfia*
xions,les rhumes, & les fAtbarres
d'un Siecle caducy & qui
en à la veille de sa fin. Ainsi ce
qui ne nous surprendpoint dans
la vieillejje de l'homme) pourquoy
nous étonneroit-ildanscelle
du Siecle, car ce qui arrive en
l'une & en l'autre vieillesse, de
lhomme e du Siccle3A ajttZik
conformité.LaiJJons dont pieu-
'Voir tant quil voudra pleuvoir;
il faut que ce période de lavieilleffi
& de la caducité du Sieclt
je passi. Vous qui esses jeune,
Afademoifdle
, ü qui rMrlttrie%
d'eflre immortelle
> vous
"Utrrez finir ce vieux Saturne)
ce Siecle défaillant*&vousvcr~
rez, naipre les beaux jours, les
beaux mois, les belles années du
nouveau Siecle qui doit bien-tojl
commencer. Horace composa autrefois
un Poème Seculaire pour
honorer le commencement d'un
Siecle, qui arriva de son ternps.
Tlinfra dans ce SiecleSéculaire,
qui est son Chefd'oeuvre, les Vi.
(loires de Crrar Aurufle) & il
engagea les Dames illûflres à
marquer leur ':(ele pour la prof
perité de l*Empire2{omain. Vous
qui estes, Adademoifelle> par
toutes les graces du corps Cm de
lefprit, le plus bel ornement de
rvoflre Sexe, vous fere'{ témoin
des Hymnes Séculaires qui celebreront
le commencement de noflre
Siecle. Ces Hymnes d'une
composition admir"ble, contiendront
lesfaméusesConquefies
les glorieux Triomphes de Louis
le Grcend, & les qja;ix ardens
dufauels vousprendre% part avec
passion, pour la conservation de
la Personne Jacréed'unMonar~
que incÕmparable, C pour 14
prosperitedel'étatJloriJjant de 14
France>dont les armes toujours
terribles &viSlorieufes
t
obscurcissent,
étonnent, abattent la Ligue
de ses Ennemis.
Fermer
2
p. 123-142
A MONSIEUR ***
Début :
Il m'est tombé entre les mains une Lettre sur les Maladies / Il est vray, Monsieur, que tout le monde voit avec peine [...]
Mots clefs :
Air, Maladies, Année, Terre, Homère, Pluie, Humidité de l'air, Canicule, Printemps, Corps, Chaleurs, Cause, Pluies, Hiver, Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR ***
Il m'eft tombé entre les
mains unc Lettre fur les Maladies
qui regnent aujourdhuy
dans l'Europe . Je vous
en fais part. Rien n'eftant plus
precieux que la fanté , ce qui
la regarde eft toujours d'une
Lij
124 MERCURE
grande utilité à fçavoir.
A MONSIEUR
I
***
Lest vray , Monfieur , que
tout le monde voit avec peine
mourir tous les jours un grand
nombre de perfonnes . Comme fice
n'eftoit pas assez de la Guerre ,
pour eftrele Miniftre de la mort,
dont elle execute les ordres à la
rigueur , les maladies Epidemiquesfont
venues de furcroift pour
augmenter la mortalité. De dire
d'où viennent des Maladies univerfelles
qui regnent dans l'Europe
, c'est ce qu'on fe demande
GALANT 125
es uns aux autres , er qu'il n'eft
pas facile de découvrir . En effet,
tout ce qui eft extraordinaire a
une caufe occulte ; & qui est ce
qui peut trouver la caufe occulie ?
Vous voulez pourtant que je
vous écrive une Lettre fur ce fujet
, &puis que vous le voulez ,
il lefautfaire ; car quoy que je
ne fois pas le la Famille d'Efculape
, les liens de Lettres ont un
Brevet d'entrée dans toutes les
Facultez pour dire leurs avis
fur les matieres qui fe prefentent.
Je vais donc chercher partout
cette caufe occultes & peut - eftre
qu'à force de parcourir diverfes
Liij
126 MERCURE
regions , il y en aura quelqu'une
où elle fe laiffera appercevoir.
C'est d'abord voler bien haut ;
que
de s'élever jufques aux Etoiles.
Mais ilfaut pourtant que
je me guinde là pour y reconnoiftre
l'Orion , autrement la Canicule.
Vous fçavez qu'elle a esté
cette année dans un terrible afcendant
, c'est de là peut- eftre,
qu'est venu tout noftre mal . La
Canicule a donc eftéfurieuſe , &
fi l'on peut ainsi figurer l'action
la fuite de fes influences , ce
Chien enragé a mordu une infinité
de Gens qui en font morts . Ce
que j'attribue à la Canicule , je
GALANT. 127
le tiens d'Homere ce genie fi
eftimé de l'Antiquité. Il dit pofi
tivement au XXII. Livre de
fon Iliade , qu'elle menace de plufieurs
maladies mortelles . Il pretend
qu'elle fait le meſme ravagefurla
terre que faifoit Achille
dans le Camp des Troyens ,
que cet Aftre avec fes flammes ,
n'eft pas moins redoutable au
genre humain que ce Heros
l'eftoit aux Ennemis des Grecs
avec fon Glaive. Il est donc constant
que la Canicule qui s'en eft
prife à toute forte de gens , fans
diftinction d'Etats ny de lieux ,
n'a point efte depuis plufieurs
J
L iiij
128 MERCURE
années fi ardente que celle- cy
Noftre Zone temperée eftoit devenue
une Zone Torride. Le Soleil
au lieu de rayons doux & falutaires
, lançoit des Dards embrafez
, & nous avions des jours
d'Afrique dans le Climat de
l'Europe . Ne feroient- ce point
les grandes ardeurs de la Canicule
, les chaleurs brulantes de cet
Aftre , qui auroient allumé le
feu de tant de fieures?
Avant les chaleurs exceffives
de l'Eté , nous avions eu des
pluyes continuelles dans le Printemps.
Ce n'eftoit que des Eaux
dans l'air & fur la terre , tor- i
GALANT
129
rensrivieres , inondations . On
euft dit qu'ily avoit une revolu
tion des eaux du Deluge . Tant de
pluyes ontfans doute gafté l'air ,
& l'air gafté a beaucoup nuy
aux corps. Nous vivons dans
l'air comme les Poiffons dans
l'eau , car l'air n'eft qu'une eau
fubtile , comme l'eau est un air
épaiffi coagulé. Si donc , lors
que l'eau eft corrompue les Poiffons
en foufrent , il n'est pas
étrange que l'air eftant corrom-
риpu , il ait fait naistre de fâcheu-
Les frequentes maladies, mefmefatales
à ceux qui en ont esté
atteints. Comme nous avons ex
130 MERCURE
Homere pour garant du pouvoir
de la Canicule à nuire fur la
terre , il y a auffi un Auteur d'un
grand nom qui
qui impute aux
pluyes exceffives des fuites dangerenfes
& funeftes . C'eft Hip
pocrate, qui dans la Section troifieme,
à l'Aphorifme onzieme
dit pofitivement , que lors qu'il
y a de grandes pluies dans le
Printemps , il arrive nece neceffairement
dans l'Eté , des fievres malignes
, fur tout aux Femmes &
aux autres personnes , qui , comm
elles, ont un temperament foible
delicat. Voilà la Prediction
de l'Oracle , voicy l'accompliße
GALANT. 131
ment dans noftre trifte experien
ce. Les pluies font tombées avec
debordement en Avril & en
May. Les Fieres font venues
en Fuin & en Fuillet ,
continuent dans l'Automne . Il·
lors
que
elles
dit
mefme que
a efté fec , & accompagné
de
l'Hiver
vents Septentrionaux , cette fechereffe
de l'Hiver fe tourne en
grande humidité dans le Printemps
, & que les vents Septentrionaux
degenerent en vents de
Midy. Cela eft arrivé ; tel a
efté noftre Hiver , tel eft devenu
noftre Printemps. Le derange
ment des Saifons eft rude , é un
132 MERCURE
corps aufi infirme qu'est le corps
bumain , ne peut pas toujours refifter
à ces variations du temps.
De cette forte, le temps ayant
efte indifposé dans l'Hiver , dans
le Printemps , & dans l'Efté ,
les Hommes ont fuivi le temps
&font devenus malades. Permettez
- moy de joindre à ce que
je viens de dire , une confidera
tion Phyfique . Je remarque ··
je foutiens que les grandes &
continuelles pluies du Printemps
ont trop lavé l'air , comme les
Torrents dégraiffent les terres où
ils paffent, & emportent leurs
Sels d'où depend leur fecondité,
t
GALANT. 133
les
Lespluies ont enlevé à l'airfon!
Nitre , elles l'ont fait fondre
elles l'ont deftitué de fon efprit &
de fa vertu. L'air eftant ainfi
noyé , & devenu fierile & impuiffant
, que pouvoient devenir
corps refpirans cet air aride
detruit , finon languir , tomber
enfoibleffe , & enfin mourir?
Cette obfervation trouvera fon
jour dans un exemple de la machine
Pneumatique . Lors qu'on
pouffe l'air hors d'un vafe de
verre dans lequel on a mis un.
Oifeau qui y a le mesme espace
que dans fa Cage , pour s'y remuer
fauter, il arrive à me134
MERCURE
1
fure que le reffert de la machine
jouë , & que l'airfort du vafe,
que l'Oiseau qui eftoit gay , comlanguir.
Il ouvre fon
mence a
petit bec n'en pouvant plus , ilfe
laiffe tomberfur le dos de fes plu
mes , & fi on ne fe preffoit alors
de laiffer rentrer l'air dans le vas
fe , il mourroit dans le moment.
Voila le modele precis de ce
qu'ont fait les pluies. Elles ont,
pour ainsi dire , pompé le Nitre
hors de l'air , elles luy ont fouftraitfa
vertu elaftique ,fon efprit
wife puiffant ; elles luy ont
fait perdre fa force fon effence.
Quel fort eft celuy des corps huGALANT
.
135
mains reduits à respirer un air
qui n'eft plus air , qui n'a plus
Jon ame & fon mouvement , que
d'eftre foibles , malades , & en
danger de mort , à moins d'avoir
une vigueur extreme pour fe fou
tenir dans un pareil état , jusqu'à
ce que l'air foit revivifié , qu'il
foit rentré dans fa premiere com
pofition, & qu'il ait recouvréfa
Substance nitreuse.
for-
Aprés eftre defcendu des Aftres
dans l'air , il faut encore defcendre
de l'airfur la terre. Je me
me icy une idée de la Terre comme
d'une Mere- nourice.Le mauvais
lait des Nourrices , fait perir
136 MERCURE
>
les enfans ; la mauvaise nourri
ture qu'on tire de la terre fait le
meſme préjudice à la vie des perfonnesqui
la reçoivent ; on foufre
, on languit , & cela va fouvent
à la mort. Or à confiderer
la maniere dont on a vécu &
la qualité des alimens qu'on a
priscette année , on a esté mal
fubftanté. Ceres Bacchus , c'est.
à dire , les champs & les vignes
ne nous ont pas laiffé manquer
de pain & de vin , mais le
pain n'a pas efléfait de bon Blé ,
& le vin par une verdeur inufitée
n'efloit pas potable . Les Legumes
& les fruits n'ont pas acquis
GALANT.
137
leur maturité . On amiſme obfervé
avec des Microfcopes , qu'il y
avoit fur leur premiere peau , de
petits Vers , qui eflant pris avec
les fruits & les Legumes que l'on
mangeoit,font devenus degrands
ennemis de la fante à plufieurs ,
& de la vie à quelques uns ,
comme il a paru dans les Malades
qui n'ont este gueris qu'en
rendant des vers , e dans ceux
qui ne les ayant pas rendus en
font morts. La viande non plus ,
n'eftoit pas de bon fuc . Le Betail
a langui cette année , il a eflé
maigre ,fans graiffe , & ſe ſentant
des mauvais pafcages . N'y
Nov. 1693 . M
138 MERCURE
a- t- il pas en tout cela un fujet
complet de Maladies ? Rien de
bon dans le pain , dans le vin
dans la viande , dans les fruits ,
dans les legumes , tout eftant mal
conditionné. Enfin mauvaiſe
nourriture , mauvais lait de la
Nourrice commune du genre bu
main , ne pouvoit que faire languir
enfin mourir plufieurs
Nourriçons.
Onpeut encore rreeggaarrddeerr la terre
dans la double impreffion qu'elle
areceue des pluies continuelles
du Printemps des grandes
chaleurs de l'Efté. Les plaies ont
noyé la terre , qui en eft deve-
> &
GALANT. 139
nuë marecageuſe , & l'on sçait
combien les Marais fent mal
fains. Les chaleurs brûlantes de
l'Eté leur ont fuccedé , elles ont
trouvé les pores de la terre oùverts
, elles en ont élevé des
vapeurs & des exhalaifons mortelles
, matieres des fieres putrides
, des maladies aigres , & caufes
des funerailles qui s'en font
fuivies. Enfin il paroift que
cette année eftant fi mal compofée
, n'a pû eftrè qu'une année de
maladies de mortalité , ce qui
fait la fanté & la vie de l'homme
, c'est l'humide radical & la
chaleur naturelle dans un état ju
Mij
140 MERCURE
c'est
fle & temperé. Si l'un & l'autre
tombent dans l'excés , que Phumide
radical foit inondé de fluxions
, & que la chaleur naturelle
foit augmentée à un degré
extrême par un feu étranger , il
n'y aplus de temperament
,
un defordre , une revolte qui caufe
une guerre civile dans le corps.
Tel a esté , pour ainfi dire, l'humide
radical la chaleur naturelle
des Saifons . Leur eftat a efté
troublé par les pluyes exceffives
du Printemps, & par les chaleurs
extraordinaires
de l'Efté; il n'y a
plus eu de conftitution l'air temperé.
Ainfi le Temps fe portant
GALANT. 141
mal , on a eu part à cette indifpo
fiion , les maladies en font nées,
elles ont attaqué le Genre humain,
elles ont couché plufieurs perfon
nes dans le lit , & plufieurs dans
le tombeau .
Voila, Monfieur, tous les Conjurez
contre la fanté & contre la
vie de l'homme . La Canicule
d'Homere , les Pluges d'Hippo
crate , l'air deftitué de fon Nitre,
la Terre mauvaise Nourrice,
donnant de mauvais lait , eilemefme
mal nourrie, n'eftant point
empregnée de Nitre que l'Air a
de coutume de luy donner ; enfin
les vapeurs & les exhalaifons
142 MERCURE
milignes quifont forties des en
trailles de la Terre , & qui ont
infecte celles de l'homme ;¿ que de
Conjurez! Heureux ceux qui ont
pû fe fauver de leur attentat.
Vous & moy, Monfieur,fommes
de ce petit nombre d'heureux ,
pour nous conferver , je vais finir
cette Lettres car s'il y a du rifque
en demeurant trop longtemps
auprés des Malades , qu'on ne
prenne leur mal , il pourroit eftre
dangereux d'avoir un plus long
commerce avec les Ennemis de la
fanté de la vie de l'homme.
mains unc Lettre fur les Maladies
qui regnent aujourdhuy
dans l'Europe . Je vous
en fais part. Rien n'eftant plus
precieux que la fanté , ce qui
la regarde eft toujours d'une
Lij
124 MERCURE
grande utilité à fçavoir.
A MONSIEUR
I
***
Lest vray , Monfieur , que
tout le monde voit avec peine
mourir tous les jours un grand
nombre de perfonnes . Comme fice
n'eftoit pas assez de la Guerre ,
pour eftrele Miniftre de la mort,
dont elle execute les ordres à la
rigueur , les maladies Epidemiquesfont
venues de furcroift pour
augmenter la mortalité. De dire
d'où viennent des Maladies univerfelles
qui regnent dans l'Europe
, c'est ce qu'on fe demande
GALANT 125
es uns aux autres , er qu'il n'eft
pas facile de découvrir . En effet,
tout ce qui eft extraordinaire a
une caufe occulte ; & qui est ce
qui peut trouver la caufe occulie ?
Vous voulez pourtant que je
vous écrive une Lettre fur ce fujet
, &puis que vous le voulez ,
il lefautfaire ; car quoy que je
ne fois pas le la Famille d'Efculape
, les liens de Lettres ont un
Brevet d'entrée dans toutes les
Facultez pour dire leurs avis
fur les matieres qui fe prefentent.
Je vais donc chercher partout
cette caufe occultes & peut - eftre
qu'à force de parcourir diverfes
Liij
126 MERCURE
regions , il y en aura quelqu'une
où elle fe laiffera appercevoir.
C'est d'abord voler bien haut ;
que
de s'élever jufques aux Etoiles.
Mais ilfaut pourtant que
je me guinde là pour y reconnoiftre
l'Orion , autrement la Canicule.
Vous fçavez qu'elle a esté
cette année dans un terrible afcendant
, c'est de là peut- eftre,
qu'est venu tout noftre mal . La
Canicule a donc eftéfurieuſe , &
fi l'on peut ainsi figurer l'action
la fuite de fes influences , ce
Chien enragé a mordu une infinité
de Gens qui en font morts . Ce
que j'attribue à la Canicule , je
GALANT. 127
le tiens d'Homere ce genie fi
eftimé de l'Antiquité. Il dit pofi
tivement au XXII. Livre de
fon Iliade , qu'elle menace de plufieurs
maladies mortelles . Il pretend
qu'elle fait le meſme ravagefurla
terre que faifoit Achille
dans le Camp des Troyens ,
que cet Aftre avec fes flammes ,
n'eft pas moins redoutable au
genre humain que ce Heros
l'eftoit aux Ennemis des Grecs
avec fon Glaive. Il est donc constant
que la Canicule qui s'en eft
prife à toute forte de gens , fans
diftinction d'Etats ny de lieux ,
n'a point efte depuis plufieurs
J
L iiij
128 MERCURE
années fi ardente que celle- cy
Noftre Zone temperée eftoit devenue
une Zone Torride. Le Soleil
au lieu de rayons doux & falutaires
, lançoit des Dards embrafez
, & nous avions des jours
d'Afrique dans le Climat de
l'Europe . Ne feroient- ce point
les grandes ardeurs de la Canicule
, les chaleurs brulantes de cet
Aftre , qui auroient allumé le
feu de tant de fieures?
Avant les chaleurs exceffives
de l'Eté , nous avions eu des
pluyes continuelles dans le Printemps.
Ce n'eftoit que des Eaux
dans l'air & fur la terre , tor- i
GALANT
129
rensrivieres , inondations . On
euft dit qu'ily avoit une revolu
tion des eaux du Deluge . Tant de
pluyes ontfans doute gafté l'air ,
& l'air gafté a beaucoup nuy
aux corps. Nous vivons dans
l'air comme les Poiffons dans
l'eau , car l'air n'eft qu'une eau
fubtile , comme l'eau est un air
épaiffi coagulé. Si donc , lors
que l'eau eft corrompue les Poiffons
en foufrent , il n'est pas
étrange que l'air eftant corrom-
риpu , il ait fait naistre de fâcheu-
Les frequentes maladies, mefmefatales
à ceux qui en ont esté
atteints. Comme nous avons ex
130 MERCURE
Homere pour garant du pouvoir
de la Canicule à nuire fur la
terre , il y a auffi un Auteur d'un
grand nom qui
qui impute aux
pluyes exceffives des fuites dangerenfes
& funeftes . C'eft Hip
pocrate, qui dans la Section troifieme,
à l'Aphorifme onzieme
dit pofitivement , que lors qu'il
y a de grandes pluies dans le
Printemps , il arrive nece neceffairement
dans l'Eté , des fievres malignes
, fur tout aux Femmes &
aux autres personnes , qui , comm
elles, ont un temperament foible
delicat. Voilà la Prediction
de l'Oracle , voicy l'accompliße
GALANT. 131
ment dans noftre trifte experien
ce. Les pluies font tombées avec
debordement en Avril & en
May. Les Fieres font venues
en Fuin & en Fuillet ,
continuent dans l'Automne . Il·
lors
que
elles
dit
mefme que
a efté fec , & accompagné
de
l'Hiver
vents Septentrionaux , cette fechereffe
de l'Hiver fe tourne en
grande humidité dans le Printemps
, & que les vents Septentrionaux
degenerent en vents de
Midy. Cela eft arrivé ; tel a
efté noftre Hiver , tel eft devenu
noftre Printemps. Le derange
ment des Saifons eft rude , é un
132 MERCURE
corps aufi infirme qu'est le corps
bumain , ne peut pas toujours refifter
à ces variations du temps.
De cette forte, le temps ayant
efte indifposé dans l'Hiver , dans
le Printemps , & dans l'Efté ,
les Hommes ont fuivi le temps
&font devenus malades. Permettez
- moy de joindre à ce que
je viens de dire , une confidera
tion Phyfique . Je remarque ··
je foutiens que les grandes &
continuelles pluies du Printemps
ont trop lavé l'air , comme les
Torrents dégraiffent les terres où
ils paffent, & emportent leurs
Sels d'où depend leur fecondité,
t
GALANT. 133
les
Lespluies ont enlevé à l'airfon!
Nitre , elles l'ont fait fondre
elles l'ont deftitué de fon efprit &
de fa vertu. L'air eftant ainfi
noyé , & devenu fierile & impuiffant
, que pouvoient devenir
corps refpirans cet air aride
detruit , finon languir , tomber
enfoibleffe , & enfin mourir?
Cette obfervation trouvera fon
jour dans un exemple de la machine
Pneumatique . Lors qu'on
pouffe l'air hors d'un vafe de
verre dans lequel on a mis un.
Oifeau qui y a le mesme espace
que dans fa Cage , pour s'y remuer
fauter, il arrive à me134
MERCURE
1
fure que le reffert de la machine
jouë , & que l'airfort du vafe,
que l'Oiseau qui eftoit gay , comlanguir.
Il ouvre fon
mence a
petit bec n'en pouvant plus , ilfe
laiffe tomberfur le dos de fes plu
mes , & fi on ne fe preffoit alors
de laiffer rentrer l'air dans le vas
fe , il mourroit dans le moment.
Voila le modele precis de ce
qu'ont fait les pluies. Elles ont,
pour ainsi dire , pompé le Nitre
hors de l'air , elles luy ont fouftraitfa
vertu elaftique ,fon efprit
wife puiffant ; elles luy ont
fait perdre fa force fon effence.
Quel fort eft celuy des corps huGALANT
.
135
mains reduits à respirer un air
qui n'eft plus air , qui n'a plus
Jon ame & fon mouvement , que
d'eftre foibles , malades , & en
danger de mort , à moins d'avoir
une vigueur extreme pour fe fou
tenir dans un pareil état , jusqu'à
ce que l'air foit revivifié , qu'il
foit rentré dans fa premiere com
pofition, & qu'il ait recouvréfa
Substance nitreuse.
for-
Aprés eftre defcendu des Aftres
dans l'air , il faut encore defcendre
de l'airfur la terre. Je me
me icy une idée de la Terre comme
d'une Mere- nourice.Le mauvais
lait des Nourrices , fait perir
136 MERCURE
>
les enfans ; la mauvaise nourri
ture qu'on tire de la terre fait le
meſme préjudice à la vie des perfonnesqui
la reçoivent ; on foufre
, on languit , & cela va fouvent
à la mort. Or à confiderer
la maniere dont on a vécu &
la qualité des alimens qu'on a
priscette année , on a esté mal
fubftanté. Ceres Bacchus , c'est.
à dire , les champs & les vignes
ne nous ont pas laiffé manquer
de pain & de vin , mais le
pain n'a pas efléfait de bon Blé ,
& le vin par une verdeur inufitée
n'efloit pas potable . Les Legumes
& les fruits n'ont pas acquis
GALANT.
137
leur maturité . On amiſme obfervé
avec des Microfcopes , qu'il y
avoit fur leur premiere peau , de
petits Vers , qui eflant pris avec
les fruits & les Legumes que l'on
mangeoit,font devenus degrands
ennemis de la fante à plufieurs ,
& de la vie à quelques uns ,
comme il a paru dans les Malades
qui n'ont este gueris qu'en
rendant des vers , e dans ceux
qui ne les ayant pas rendus en
font morts. La viande non plus ,
n'eftoit pas de bon fuc . Le Betail
a langui cette année , il a eflé
maigre ,fans graiffe , & ſe ſentant
des mauvais pafcages . N'y
Nov. 1693 . M
138 MERCURE
a- t- il pas en tout cela un fujet
complet de Maladies ? Rien de
bon dans le pain , dans le vin
dans la viande , dans les fruits ,
dans les legumes , tout eftant mal
conditionné. Enfin mauvaiſe
nourriture , mauvais lait de la
Nourrice commune du genre bu
main , ne pouvoit que faire languir
enfin mourir plufieurs
Nourriçons.
Onpeut encore rreeggaarrddeerr la terre
dans la double impreffion qu'elle
areceue des pluies continuelles
du Printemps des grandes
chaleurs de l'Efté. Les plaies ont
noyé la terre , qui en eft deve-
> &
GALANT. 139
nuë marecageuſe , & l'on sçait
combien les Marais fent mal
fains. Les chaleurs brûlantes de
l'Eté leur ont fuccedé , elles ont
trouvé les pores de la terre oùverts
, elles en ont élevé des
vapeurs & des exhalaifons mortelles
, matieres des fieres putrides
, des maladies aigres , & caufes
des funerailles qui s'en font
fuivies. Enfin il paroift que
cette année eftant fi mal compofée
, n'a pû eftrè qu'une année de
maladies de mortalité , ce qui
fait la fanté & la vie de l'homme
, c'est l'humide radical & la
chaleur naturelle dans un état ju
Mij
140 MERCURE
c'est
fle & temperé. Si l'un & l'autre
tombent dans l'excés , que Phumide
radical foit inondé de fluxions
, & que la chaleur naturelle
foit augmentée à un degré
extrême par un feu étranger , il
n'y aplus de temperament
,
un defordre , une revolte qui caufe
une guerre civile dans le corps.
Tel a esté , pour ainfi dire, l'humide
radical la chaleur naturelle
des Saifons . Leur eftat a efté
troublé par les pluyes exceffives
du Printemps, & par les chaleurs
extraordinaires
de l'Efté; il n'y a
plus eu de conftitution l'air temperé.
Ainfi le Temps fe portant
GALANT. 141
mal , on a eu part à cette indifpo
fiion , les maladies en font nées,
elles ont attaqué le Genre humain,
elles ont couché plufieurs perfon
nes dans le lit , & plufieurs dans
le tombeau .
Voila, Monfieur, tous les Conjurez
contre la fanté & contre la
vie de l'homme . La Canicule
d'Homere , les Pluges d'Hippo
crate , l'air deftitué de fon Nitre,
la Terre mauvaise Nourrice,
donnant de mauvais lait , eilemefme
mal nourrie, n'eftant point
empregnée de Nitre que l'Air a
de coutume de luy donner ; enfin
les vapeurs & les exhalaifons
142 MERCURE
milignes quifont forties des en
trailles de la Terre , & qui ont
infecte celles de l'homme ;¿ que de
Conjurez! Heureux ceux qui ont
pû fe fauver de leur attentat.
Vous & moy, Monfieur,fommes
de ce petit nombre d'heureux ,
pour nous conferver , je vais finir
cette Lettres car s'il y a du rifque
en demeurant trop longtemps
auprés des Malades , qu'on ne
prenne leur mal , il pourroit eftre
dangereux d'avoir un plus long
commerce avec les Ennemis de la
fanté de la vie de l'homme.
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3
p. 207
DE ROME, le 12 Janvier.
Début :
On croit que notre Cour & celle de Portugal sont d'accord sur les points qui les divisoient. [...]
Mots clefs :
Cour, Portugal, Pape, Conseil, Ecclésiastiques, Évêque, Nomination, Pluies, Cultures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 12 Janvier.
De ROME , le 12 Janvier.
On croit que notre Cour & celle de Portugal
font d'accord fur les points qui les divifoient. Sa
Sainteté accorde, pour toujours , au Roi de Portugal
& à fon Confeil de Confcience , la déciſion
de tous les différends eccléfiaftiques qui pourroient
furvenir dans les États. Elle demande feulement,
qu'on y appelle un Evêque qui ait fait une étude
fpéciale des cas de confcience & du Droit eccléfaflique.
La nomination du Nonce , à la Cour de
Portugal , ne fe fera aufli que de concert avec
cette Cour. Le Pape propoſe pour cette nonciature
quatre Prélats , parmi lefquels Sa Majesté
Très-fidelle fera un choix.
Les pluies , qui afgeoient ce Pays dépuis plufieurs
mois , & qui fembloient ôter aux gens de
la campagne toute eſpérance de récolte , ont enfin
ceffé. Suivant les nouvelles du 19 , le temps
eft redevenu ferein ; & ce changement a l'appa
rence d'être durable.
On croit que notre Cour & celle de Portugal
font d'accord fur les points qui les divifoient. Sa
Sainteté accorde, pour toujours , au Roi de Portugal
& à fon Confeil de Confcience , la déciſion
de tous les différends eccléfiaftiques qui pourroient
furvenir dans les États. Elle demande feulement,
qu'on y appelle un Evêque qui ait fait une étude
fpéciale des cas de confcience & du Droit eccléfaflique.
La nomination du Nonce , à la Cour de
Portugal , ne fe fera aufli que de concert avec
cette Cour. Le Pape propoſe pour cette nonciature
quatre Prélats , parmi lefquels Sa Majesté
Très-fidelle fera un choix.
Les pluies , qui afgeoient ce Pays dépuis plufieurs
mois , & qui fembloient ôter aux gens de
la campagne toute eſpérance de récolte , ont enfin
ceffé. Suivant les nouvelles du 19 , le temps
eft redevenu ferein ; & ce changement a l'appa
rence d'être durable.
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Résumé : DE ROME, le 12 Janvier.
Le 12 janvier, la Cour de Rome et celle du Portugal ont résolu leurs différends. Le Pape autorise le Roi du Portugal à régler les conflits ecclésiastiques avec l'avis d'un évêque spécialisé. La nomination du Nonce se fera en concertation avec la Cour portugaise. Le Pape propose quatre prélats pour ce poste. Les pluies ont cessé, et le temps est redevenu serein.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 12
A IRIS, que les pluyes continuelles retiennent à la campagne.
Début :
EN vain j'attends votre retour, [...]
Mots clefs :
Pluies, Retour, Martyre, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A IRIS, que les pluyes continuelles retiennent à la campagne.
A IRIS , que les pluyes continuelles
retiennent à la campagne
.
ENN vain j'attends votre retour ,
Belle Iris , il pleut nuit & jour.
Jugez par là de mon martyre !
Il eft bien vrai qu'affez fouvent
Petite pluye abbat grand vent .
Mais comment pourrois- je le dire ?
Plus il pleut & plus je foupire.
Par le mêmes
retiennent à la campagne
.
ENN vain j'attends votre retour ,
Belle Iris , il pleut nuit & jour.
Jugez par là de mon martyre !
Il eft bien vrai qu'affez fouvent
Petite pluye abbat grand vent .
Mais comment pourrois- je le dire ?
Plus il pleut & plus je foupire.
Par le mêmes
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