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1
p. 126-129
Deux Arcs de Triomphe sont trouvez sous terre à Rheims, sur lesquels M. de Santeüil Chanoine de S. Victor fait des Vers. Eloge de cette Maison. [titre d'après la table]
Début :
Comme jamais Monarque n'eut tant de gloire que luy [...]
Mots clefs :
Arcs de triomphe, Rheims, Mr de Santeuil, Lyon, Vers, Chanoine de S. Victor
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texteReconnaissance textuelle : Deux Arcs de Triomphe sont trouvez sous terre à Rheims, sur lesquels M. de Santeüil Chanoine de S. Victor fait des Vers. Eloge de cette Maison. [titre d'après la table]
Com- me jamais Monarque n'eût tant
GALANT. 79
de gloire que luy , c'eſt peu qu'Arles nous ait fourny des Obéliſques pour graver fon Nom , & tranſmettre à la Poſterité les grandes actions dont nous n'avions point encor veu d'exemples ; on a trouvé ſous terre deux Arcs de Triomphe à
Rheims , comme ſi les Conque- ſtes de Sa Majeſté allant plus viſte que les mains des Ouvriers
ne pourroient faire pour luy éleverdesMonumens dignes de luy, la terre prenoit ſoin d'en produire , & fe faifoit un avantage de contribuer quelque cho- ſe àluy aſſurerl'Immortalité qui luy eſt deuë. M. de Santeuil,
Chanoine de S. Victor, a fait des
Vers Latins là-deſſus , que j'au- rois tâché de vous faire voir en
noſtre Langue , ſi j'en avois pu
exprimer la force. Il a le Génie
Dij
80 LE MERCVRE
admirable pour la Poëfie , auſſi- bien que quantité d'autres de cette Maiſon , dans laquelle j'ay appris que Monfieur le Pre- fident de Bailleul avoit choiſi ſa
Retraite. Il ne le pouvoit faire dans une Abbaye , ny plus an- cienne ny plus noble. Elle eft remplie de Perſonnes deQuali- té qui meriteroient qu'on les nommat Comtes de Paris , à l'exemple des Chanoines de Lyon qui portent le titre de Comtes.
La Maiſon eſt ſpacieufe , les Jar- dins agreables , & la Biblioté- que une des plus belles qu'on puiſſe voir. Elle eſt d'autant plus utile , que le Public a la liberté de ſe ſervir de ſes Livres , qui font fort curieux & en tres-gran- de quantité
GALANT. 79
de gloire que luy , c'eſt peu qu'Arles nous ait fourny des Obéliſques pour graver fon Nom , & tranſmettre à la Poſterité les grandes actions dont nous n'avions point encor veu d'exemples ; on a trouvé ſous terre deux Arcs de Triomphe à
Rheims , comme ſi les Conque- ſtes de Sa Majeſté allant plus viſte que les mains des Ouvriers
ne pourroient faire pour luy éleverdesMonumens dignes de luy, la terre prenoit ſoin d'en produire , & fe faifoit un avantage de contribuer quelque cho- ſe àluy aſſurerl'Immortalité qui luy eſt deuë. M. de Santeuil,
Chanoine de S. Victor, a fait des
Vers Latins là-deſſus , que j'au- rois tâché de vous faire voir en
noſtre Langue , ſi j'en avois pu
exprimer la force. Il a le Génie
Dij
80 LE MERCVRE
admirable pour la Poëfie , auſſi- bien que quantité d'autres de cette Maiſon , dans laquelle j'ay appris que Monfieur le Pre- fident de Bailleul avoit choiſi ſa
Retraite. Il ne le pouvoit faire dans une Abbaye , ny plus an- cienne ny plus noble. Elle eft remplie de Perſonnes deQuali- té qui meriteroient qu'on les nommat Comtes de Paris , à l'exemple des Chanoines de Lyon qui portent le titre de Comtes.
La Maiſon eſt ſpacieufe , les Jar- dins agreables , & la Biblioté- que une des plus belles qu'on puiſſe voir. Elle eſt d'autant plus utile , que le Public a la liberté de ſe ſervir de ſes Livres , qui font fort curieux & en tres-gran- de quantité
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Résumé : Deux Arcs de Triomphe sont trouvez sous terre à Rheims, sur lesquels M. de Santeüil Chanoine de S. Victor fait des Vers. Eloge de cette Maison. [titre d'après la table]
Le texte célèbre la renommée d'un monarque, dont la gloire est telle qu'Arles a fourni des obélisques pour graver son nom et ses exploits. À Reims, deux arcs de triomphe témoignent de ses conquêtes rapides, surpassant même la rapidité des ouvriers pour ériger des monuments en son honneur. La terre elle-même semble contribuer à son immortalité. Le chanoine de Saint-Victor, M. de Santeuil, a composé des vers latins sur ce sujet, traduits en français par l'auteur. Santeuil est loué pour son génie poétique, ainsi que d'autres membres de son abbaye. L'abbé de Bailleul a choisi cette abbaye comme retraite, ancienne et noble, abritant des personnes de qualité dignes du titre de comtes de Paris, à l'instar des chanoines de Lyon. L'abbaye est spacieuse, avec des jardins agréables et une bibliothèque remarquable, l'une des plus belles existantes. Cette bibliothèque est particulièrement utile car elle permet au public d'accéder librement à ses nombreux livres très intéressants.
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2
p. 254-262
Ouverture de l'Assemblée du Clergé, avec les noms de ceux qui la composent. [titre d'après la table]
Début :
L'Ouverture de l'Assemblée Generale du Clergé de France, se fit [...]
Mots clefs :
Assemblée générale du Clergé de France, Église, Messe, Archevêque, Prêches, Province de Paris, Évêques, Abbé, Toulouse, Alby, Bourges, Rouen, Bordeaux, Vienne, Reims, Narbonne, Lyon, Marquis, Cérémonies, Audiences, Clercs
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texteReconnaissance textuelle : Ouverture de l'Assemblée du Clergé, avec les noms de ceux qui la composent. [titre d'après la table]
L'Ouverture de l'Affemblée
Generale du Clergé de
France , fe fit à Saint Germain
en Laye le 4. de ce mois , dans
l'Eglife des Recolets , par une-
Meffe du Saint Efprit . M
GALANT: 255
l'Archevefque de Paris officia
en habits Pontificaux ; & M
l'Evefque d'Amiens preſcha
fur le fujet de cette Affemblée.
Ceux qui la compofent
font :
oqmidis
PROVINCE DE PARIS.
M. l'Archevefque.
M. l'Evefque de Chartres.
MIS les Abbez Cheron & de
Lufancy.
SENS.
M. l'Archevefque de Sens.
M. l'Evefque de Troye.
Miles Abbez de Chavigny
& Pecquot.
256 MERCURE
ARLES.
M. le Coadjuteur d'Arles.
M. l'Evefque de Saint Paul
Trois- Chateau.
Mrs les Abbez Roubaut & de
Vintimille.
TOULOUSE.
M. l'Archevelque de Touloufe.
M. l'Evefque de S. Papoul.
MS les Abbez Rouffeau &
de Gives .
ALBY.
M. l'Archevefque d'Alby.
M. l'Evefque de Mande
M's les Abbez Hennequin
& Langlois.
GALANT 257
BOURGES .
M. l'Archevefque de Bourges
.
M. l'Evefque de Tulles .
M's les Abbez du Favoit , de:
Serocourt , & Phelippeaux ,,
Agent.
RoüEN.
M. le Coadjuteur de Rouen..
M. l'Evefque de Lifieux.
M's les Abbez de Grancey
& de Champigny.
BORDEAUX.
M. d'Archevelque de Bor
deaux.
M. l'Evefque de Condomi
Juin 1685
Σ
258 MERCURE
rs
M's les Abbez de Vaillac &
d'Aubigny . "
SAUCH.н.
M. l'Archevefque d'Auch.
M. l'Evefque de l'Eſcar. **
Ms les Abbez de Pibrac &
de Poudenx .
VIENNE.
M. l'Evefqye du Vivier.
M. l'Evefque de Valence.
M's les Abbez le Camus, Bla
che, & de Villars, Agent.
REIMS.
M. l'Evefque d'Amiens.
M. l'Evefque de Boulogne.
-M" les Abbez de Sillery, de
GALANT 259
Beuvron & Deſmarets , an
cien
Agent.yaniduA.D
TOURS.
M. l'Evefque de Quimper.
M. l'Evefque du Mans . M
M's des Abbez Amelor & Ro
rs
bert. washood ob
AIX.
M. l'Evefque d'Apt.
M. l'Evefque de Sifteron .
Ms les Abbez de Fourbin &
de
Vallavoir.
NARBONN E.
M. l'Evefque de Lodeve.
M. l'Evefque de Carcaffonne.
Ms les Abbez de Caftres, de
l'Augnac, & de Befons, an
Y ij
260 MERCURE
cien Agent.
LYON
M. l'Evefque de Chalons .
M. l'Evefque de Mâcon
M's les Abbez de Chalmafel
&
Brochondriaɔ
AMBRUNED
A
M. l'Evefque de Digne.
M. l'Evefque de Vence .
rs
M's les Abbez Drubec & de
Ratabon,
M' l'Archevefque de Paris
prefide à cette Affemblée ,
qui a M's les Abbez Defmarefts
ancien Agent, & Cheron
pour Promoteurs , & M les
Abbez de Beſons ancien A-
;
GALANT. 261
gent, & Hennequin pour Se
cretaires. Deux jours aprés
M" les Prelats & Deputez le
rendirent à Verfailles à l'Aud
dience du Roy , à laquelle ils
furent conduits par Mile Mar
quis de Blainville , Grand Maî
tre des Ceremonies . M'l'Archevefque
de Paris harangua
le Roy , & luy prefenta les
Deputez ; aprés quoy ils eurent
audience de Monfei.
gneur le Dauphin , & de Madame
la Dauphine. Le 1. du
mefme mois , M. le Pelletier
Controlleur general des Finances,
& M. Boucherat Con
262 MERCURE
feiller d'Eftat , s'eftant rendus
à faint Germain à leur Affemblée
, avec M. le Marquis de
Seignelay , y furent receusen
qualité de Commiffaires du
Roy. M. Boucherat porta la
parole , & leur prefenta une
Lettre de Sa Majefté , dont il
leur expliqua les intentions.
Ils y retournerent le 14. & M.
l'Archevelque de Paris , comme
Preſident de l'Affemblée,
leur dit que le Clergé avoit
accordé tout d'une voix la
fomme de trois millions au
Roy, en forme de don gra
quit.
Generale du Clergé de
France , fe fit à Saint Germain
en Laye le 4. de ce mois , dans
l'Eglife des Recolets , par une-
Meffe du Saint Efprit . M
GALANT: 255
l'Archevefque de Paris officia
en habits Pontificaux ; & M
l'Evefque d'Amiens preſcha
fur le fujet de cette Affemblée.
Ceux qui la compofent
font :
oqmidis
PROVINCE DE PARIS.
M. l'Archevefque.
M. l'Evefque de Chartres.
MIS les Abbez Cheron & de
Lufancy.
SENS.
M. l'Archevefque de Sens.
M. l'Evefque de Troye.
Miles Abbez de Chavigny
& Pecquot.
256 MERCURE
ARLES.
M. le Coadjuteur d'Arles.
M. l'Evefque de Saint Paul
Trois- Chateau.
Mrs les Abbez Roubaut & de
Vintimille.
TOULOUSE.
M. l'Archevelque de Touloufe.
M. l'Evefque de S. Papoul.
MS les Abbez Rouffeau &
de Gives .
ALBY.
M. l'Archevefque d'Alby.
M. l'Evefque de Mande
M's les Abbez Hennequin
& Langlois.
GALANT 257
BOURGES .
M. l'Archevefque de Bourges
.
M. l'Evefque de Tulles .
M's les Abbez du Favoit , de:
Serocourt , & Phelippeaux ,,
Agent.
RoüEN.
M. le Coadjuteur de Rouen..
M. l'Evefque de Lifieux.
M's les Abbez de Grancey
& de Champigny.
BORDEAUX.
M. d'Archevelque de Bor
deaux.
M. l'Evefque de Condomi
Juin 1685
Σ
258 MERCURE
rs
M's les Abbez de Vaillac &
d'Aubigny . "
SAUCH.н.
M. l'Archevefque d'Auch.
M. l'Evefque de l'Eſcar. **
Ms les Abbez de Pibrac &
de Poudenx .
VIENNE.
M. l'Evefqye du Vivier.
M. l'Evefque de Valence.
M's les Abbez le Camus, Bla
che, & de Villars, Agent.
REIMS.
M. l'Evefque d'Amiens.
M. l'Evefque de Boulogne.
-M" les Abbez de Sillery, de
GALANT 259
Beuvron & Deſmarets , an
cien
Agent.yaniduA.D
TOURS.
M. l'Evefque de Quimper.
M. l'Evefque du Mans . M
M's des Abbez Amelor & Ro
rs
bert. washood ob
AIX.
M. l'Evefque d'Apt.
M. l'Evefque de Sifteron .
Ms les Abbez de Fourbin &
de
Vallavoir.
NARBONN E.
M. l'Evefque de Lodeve.
M. l'Evefque de Carcaffonne.
Ms les Abbez de Caftres, de
l'Augnac, & de Befons, an
Y ij
260 MERCURE
cien Agent.
LYON
M. l'Evefque de Chalons .
M. l'Evefque de Mâcon
M's les Abbez de Chalmafel
&
Brochondriaɔ
AMBRUNED
A
M. l'Evefque de Digne.
M. l'Evefque de Vence .
rs
M's les Abbez Drubec & de
Ratabon,
M' l'Archevefque de Paris
prefide à cette Affemblée ,
qui a M's les Abbez Defmarefts
ancien Agent, & Cheron
pour Promoteurs , & M les
Abbez de Beſons ancien A-
;
GALANT. 261
gent, & Hennequin pour Se
cretaires. Deux jours aprés
M" les Prelats & Deputez le
rendirent à Verfailles à l'Aud
dience du Roy , à laquelle ils
furent conduits par Mile Mar
quis de Blainville , Grand Maî
tre des Ceremonies . M'l'Archevefque
de Paris harangua
le Roy , & luy prefenta les
Deputez ; aprés quoy ils eurent
audience de Monfei.
gneur le Dauphin , & de Madame
la Dauphine. Le 1. du
mefme mois , M. le Pelletier
Controlleur general des Finances,
& M. Boucherat Con
262 MERCURE
feiller d'Eftat , s'eftant rendus
à faint Germain à leur Affemblée
, avec M. le Marquis de
Seignelay , y furent receusen
qualité de Commiffaires du
Roy. M. Boucherat porta la
parole , & leur prefenta une
Lettre de Sa Majefté , dont il
leur expliqua les intentions.
Ils y retournerent le 14. & M.
l'Archevelque de Paris , comme
Preſident de l'Affemblée,
leur dit que le Clergé avoit
accordé tout d'une voix la
fomme de trois millions au
Roy, en forme de don gra
quit.
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Résumé : Ouverture de l'Assemblée du Clergé, avec les noms de ceux qui la composent. [titre d'après la table]
L'Assemblée Générale du Clergé de France s'est tenue à Saint-Germain-en-Laye du 4 juin 1685, inaugurée par une messe du Saint-Esprit. L'archevêque de Paris a officié, et l'évêque d'Amiens a prononcé un sermon. Les participants comprenaient divers archevêques, évêques et abbés de provinces françaises telles que Paris, Sens, Arles, Toulouse, et autres. L'archevêque de Paris présidait, assisté par les abbés Desmarets, Cheron, Besons et Hennequin. Deux jours plus tard, les prélats se sont rendus à Versailles pour une audience royale, où ils ont été reçus par le roi, le Dauphin et la Dauphine. Le 1er juin, des commissaires royaux, dont M. Pelletier et M. Boucherat, ont présenté les intentions du roi. Le 14 juin, l'archevêque de Paris a annoncé que le clergé avait accordé un don gratuit de trois millions au roi.
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3
p. 119-127
Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Début :
Il y a déja un mois qu'on doit vous avoir apris la mort [...]
Mots clefs :
Duc de Villeroy, Décès, Gouverneur, Louis XIII, Lyon, Marquis, Combat, Province, Conseil royal, Mariage
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Il y a déja un mois qu'on
120 MERCURE
doit vous avoir apris la mort
de Meffire Nicolas de Neufville
, Duc de Villeroy , Pair
& Marefchal de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur
de Magny , &c. arrivée
le 28. du mois paffé. II
eftoit Commandeur des Ordres
de Sa Majeſté , Gouverneur
de Lyon, & des Païs
Lyonnois , Forefts , & Beaujolois,
& avoit efté élevé Enfant
d'honneur auprés du
Roy Louis XIII . Il fut receu
Gouverneur de Lyon en furvivance
de M le Marquis
d'Alincourt fon Pere en 1615.
&
GALANT 121
1
►
4
)
& paffa en Italie avec M' le
Marefchal de Lediguieres
.
Il y fervit aux Sieges & prifes
de Feliffan , de Non & de
la Roque en 1617. & en France
à celuy de S. Jean d'Angely
en 1621. Il commandoit
un Regiment d'Infanterie au
Siege de Montauban , & un
Corps de fix mille hommes
qu'il mena à celuy de Montpelier
en 1623. Apréala prife
Pas-de-Suze , Il y fut laiffé
avec huit mille hommes ,
ce qui n'empefcha pas qu'il
ne fe trouvaft au Combat de
Carignan en 1630. Trois ans
du
Decembre 1685. L
122 MERCURE
aprés il fut renvoyé en Italie ,
& commanda dans Pignerol,
& dans Cafal jufques en
1635. Il affifta à la priſe du Fort
de la Vilate , & commanda
un quartier de l'Armée du
Roy , au Siege de Valence
dans le Milanez en la mefme
année. Il paffa dans la
Franche Comté en 1636. fe
trouva au Siege de Dole , &
reduig plufieurs petites Places
de cette Province fous
l'Obeiffance de Sa Majefté ,
aprés quoy il conduifit le
Corps d'Armée qu'il commandoit
au Siege de Turin
GALANT. 123
en 1640. Quatre ans aprés il
paffa en Catalogne, & revint
l'année fuivante enLorraine,
où il prit la Ville de la Mothe
le 7.Juillet 1645. Au mois
de Mars 1646. il fut choifi
pour eftre Gouverneur dú
Roy , qui le fit Marefchal de
France le 20. d'Octobre de
la mefine année. Il ſe trouva
au Sacre de Sa Majefté , où il
reprefenta la Perfonne du
Grand Maiſtre. Sa Majefté
le fit Chef de fon . Confeil
Royal des Finances en 1661.
Chevalier du Saint Efprit le
premier de Janvier 1662. &
Lij
124 MERCURE
Duc & Pair le 15. Decembre
1663. Il eft mort icy âgéde 88.
ans. Il avoit efté marié en
1617. à Magdelaine de Crequy,
feconde Fille de Charles
de Blanchefort
de Crequy ,
Duc de Lediguieres , Pair ,
& Marefchal de France , &
de Magdelaine de Bonnes fa
premiere Femme. Il a eu de
ce Mariage Charles Marquis
d'Alincourt , mort le
25. de Janvier 1645 âgé de
19. ans , Françoiſe de Neuf
ville mariée avec Jufte Louis
Comte de Tournon , puis
à Henry Louis d'Albert ,
GALANT. 125
e
;
dit d'Ailly , Duc de Chaunes
Pair de France ; & en
troifiémes Nopces à Jean
Vignier Marquis de Hauterive
Catherine de Neufville
, qui époufa le 7. Octobre
1660. Louis de Lorraine
Comte d'Armagnac ,
grand Efcuyer de France ;
François de Neufville Duc
de Villeroy , receu en furvivance
du Gouvernement
de Lyon , Colonel du Regiment
Lyonois , & Lieutenant
General des Armées
de Sa Majesté. Ce Duc é-
1 poufa le 28. Mars 1562- Marie
Liij
126 MERCURE
Marguerite de Coffe , Fille
de Louis de Coffe Duc de
Briffac , & de Catherine de
Gondy. Comme il n'a jamais
laiffé échaper aucune occafion
de ſe ſignaler , il étoit
du Combat de Raab en
Hongrie donné contre les
Turcs le premier Aouſt
1664. Il accompagna le Roy
en la Campagne de Flandres
de 1667. & en la Conquefte
de la Franche Comté , & fe
diftingua à la prife de Dole
en 1668. Il fervit enfuite dans
l'Armée de l'Evefqué de
Munſter pendant la Guerre
GALANT 127
faite aux Hollandoi en 1672 .
& il a donné des marques
d'une valeur intrepide , &
d'une grande intelligence
au Meſtier des Armes , dans
tout ce qui s'eft fait pendant
les cinq années qu'ont duré
les dernieres Guerres. Je ne
vous parle point de la Maifon
de Villeroy , elle eft affez
connue , & il fuffit de vous
dire icy pour marquer fon
ancienneté , qu'elle a rendu
de tres grands fervices fous,
les fept derniers de nos Rois.
120 MERCURE
doit vous avoir apris la mort
de Meffire Nicolas de Neufville
, Duc de Villeroy , Pair
& Marefchal de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur
de Magny , &c. arrivée
le 28. du mois paffé. II
eftoit Commandeur des Ordres
de Sa Majeſté , Gouverneur
de Lyon, & des Païs
Lyonnois , Forefts , & Beaujolois,
& avoit efté élevé Enfant
d'honneur auprés du
Roy Louis XIII . Il fut receu
Gouverneur de Lyon en furvivance
de M le Marquis
d'Alincourt fon Pere en 1615.
&
GALANT 121
1
►
4
)
& paffa en Italie avec M' le
Marefchal de Lediguieres
.
Il y fervit aux Sieges & prifes
de Feliffan , de Non & de
la Roque en 1617. & en France
à celuy de S. Jean d'Angely
en 1621. Il commandoit
un Regiment d'Infanterie au
Siege de Montauban , & un
Corps de fix mille hommes
qu'il mena à celuy de Montpelier
en 1623. Apréala prife
Pas-de-Suze , Il y fut laiffé
avec huit mille hommes ,
ce qui n'empefcha pas qu'il
ne fe trouvaft au Combat de
Carignan en 1630. Trois ans
du
Decembre 1685. L
122 MERCURE
aprés il fut renvoyé en Italie ,
& commanda dans Pignerol,
& dans Cafal jufques en
1635. Il affifta à la priſe du Fort
de la Vilate , & commanda
un quartier de l'Armée du
Roy , au Siege de Valence
dans le Milanez en la mefme
année. Il paffa dans la
Franche Comté en 1636. fe
trouva au Siege de Dole , &
reduig plufieurs petites Places
de cette Province fous
l'Obeiffance de Sa Majefté ,
aprés quoy il conduifit le
Corps d'Armée qu'il commandoit
au Siege de Turin
GALANT. 123
en 1640. Quatre ans aprés il
paffa en Catalogne, & revint
l'année fuivante enLorraine,
où il prit la Ville de la Mothe
le 7.Juillet 1645. Au mois
de Mars 1646. il fut choifi
pour eftre Gouverneur dú
Roy , qui le fit Marefchal de
France le 20. d'Octobre de
la mefine année. Il ſe trouva
au Sacre de Sa Majefté , où il
reprefenta la Perfonne du
Grand Maiſtre. Sa Majefté
le fit Chef de fon . Confeil
Royal des Finances en 1661.
Chevalier du Saint Efprit le
premier de Janvier 1662. &
Lij
124 MERCURE
Duc & Pair le 15. Decembre
1663. Il eft mort icy âgéde 88.
ans. Il avoit efté marié en
1617. à Magdelaine de Crequy,
feconde Fille de Charles
de Blanchefort
de Crequy ,
Duc de Lediguieres , Pair ,
& Marefchal de France , &
de Magdelaine de Bonnes fa
premiere Femme. Il a eu de
ce Mariage Charles Marquis
d'Alincourt , mort le
25. de Janvier 1645 âgé de
19. ans , Françoiſe de Neuf
ville mariée avec Jufte Louis
Comte de Tournon , puis
à Henry Louis d'Albert ,
GALANT. 125
e
;
dit d'Ailly , Duc de Chaunes
Pair de France ; & en
troifiémes Nopces à Jean
Vignier Marquis de Hauterive
Catherine de Neufville
, qui époufa le 7. Octobre
1660. Louis de Lorraine
Comte d'Armagnac ,
grand Efcuyer de France ;
François de Neufville Duc
de Villeroy , receu en furvivance
du Gouvernement
de Lyon , Colonel du Regiment
Lyonois , & Lieutenant
General des Armées
de Sa Majesté. Ce Duc é-
1 poufa le 28. Mars 1562- Marie
Liij
126 MERCURE
Marguerite de Coffe , Fille
de Louis de Coffe Duc de
Briffac , & de Catherine de
Gondy. Comme il n'a jamais
laiffé échaper aucune occafion
de ſe ſignaler , il étoit
du Combat de Raab en
Hongrie donné contre les
Turcs le premier Aouſt
1664. Il accompagna le Roy
en la Campagne de Flandres
de 1667. & en la Conquefte
de la Franche Comté , & fe
diftingua à la prife de Dole
en 1668. Il fervit enfuite dans
l'Armée de l'Evefqué de
Munſter pendant la Guerre
GALANT 127
faite aux Hollandoi en 1672 .
& il a donné des marques
d'une valeur intrepide , &
d'une grande intelligence
au Meſtier des Armes , dans
tout ce qui s'eft fait pendant
les cinq années qu'ont duré
les dernieres Guerres. Je ne
vous parle point de la Maifon
de Villeroy , elle eft affez
connue , & il fuffit de vous
dire icy pour marquer fon
ancienneté , qu'elle a rendu
de tres grands fervices fous,
les fept derniers de nos Rois.
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Résumé : Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Nicolas de Neufville, Duc de Villeroy, est décédé le 28 du mois précédent à l'âge de 88 ans. Il fut Commandeur des Ordres du Roi, Gouverneur de Lyon et des pays environnants, et avait été élevé Enfant d'honneur auprès du roi Louis XIII. Nommé Gouverneur de Lyon en 1615 en survivance de son père, le Marquis d'Alincourt, il participa à de nombreuses campagnes militaires en Italie et en France, se distinguant lors des sièges de Felissan, Non, La Roque, Saint-Jean-d'Angély, Montauban, Montpellier, Pas-de-Suze, Carignan, Pignerol, Casal, Valence, Dole, Turin et La Mothe. En 1646, il devint Gouverneur du Roi et fut nommé Maréchal de France. Il assista au sacre du Roi, fut nommé Chef du Conseil Royal des Finances en 1661, Chevalier du Saint-Esprit en 1662, et Duc et Pair en 1663. Il épousa Magdeleine de Créquy en 1617, avec qui il eut plusieurs enfants, dont François de Neufville, qui lui succéda comme Gouverneur de Lyon et Lieutenant Général des Armées du Roi. François participa également à des campagnes militaires en Hongrie, en Flandre, en Franche-Comté et durant la guerre contre les Hollandais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 115-117
Fondation faite à Lyon pour des Prieres pendant les trois derniers jours du Carnaval, [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, que suivant un usage tres-ancien, on expose [...]
Mots clefs :
Carnaval, Lyon, Fondation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fondation faite à Lyon pour des Prieres pendant les trois derniers jours du Carnaval, [titre d'après la table]
Vous fçauez , que fuivant
un ufage tres ancien , on expofe tous les ans à Paris le S.
Sacrement pendant les trois
derniers jours du Carnaval ,
afin que pendant que les débau
ches de la faifon y regnent ,
faffe de continuelles Prieres
pour arrefter la colere de
Dieu ; c'est ce qui vient apparament de donner lieu à Me.
Pérrichon , un des plus confiKij
116 MERURE
>
derables Citoyens de Lyon ;
d'y faire une Fondation dans
l'Hôpital de la Charité , qui
fera beaucoup d'honneur à
fa Memoire. Il luy adonné un
fond pour faire chanter tous
les ans pendant les trois jours
du Carnaval une grande
Meffe avec Diacre , & SousDiacre , & qui doit cftre precédéc par une Priere en forme
de Sermon le matin. Il doit
y avoit l'aprés- dînée les Vefpres en Mufique ; il y aura
auffi Salut , & le Sermon qui
fera toujours fait par les plus
habiles Predicateurs. Les trois
GALANT 17
$
Prédicateurs qui ont ouvert
cette année la Fondation
font le Pere Epiphane de Lyon,
Provincial des Recolets , qui
fir l'Eloge en Chaire de Mr
Perrichon , qui fut fort
applaudi ; Mr Brunet , Chanoine Regulier de Saint Au
guftin de la Congregation de
Saint Ruf , qui prêche le Ca
refme à Sainte Croix , & le
Pere LombardJefuite.
un ufage tres ancien , on expofe tous les ans à Paris le S.
Sacrement pendant les trois
derniers jours du Carnaval ,
afin que pendant que les débau
ches de la faifon y regnent ,
faffe de continuelles Prieres
pour arrefter la colere de
Dieu ; c'est ce qui vient apparament de donner lieu à Me.
Pérrichon , un des plus confiKij
116 MERURE
>
derables Citoyens de Lyon ;
d'y faire une Fondation dans
l'Hôpital de la Charité , qui
fera beaucoup d'honneur à
fa Memoire. Il luy adonné un
fond pour faire chanter tous
les ans pendant les trois jours
du Carnaval une grande
Meffe avec Diacre , & SousDiacre , & qui doit cftre precédéc par une Priere en forme
de Sermon le matin. Il doit
y avoit l'aprés- dînée les Vefpres en Mufique ; il y aura
auffi Salut , & le Sermon qui
fera toujours fait par les plus
habiles Predicateurs. Les trois
GALANT 17
$
Prédicateurs qui ont ouvert
cette année la Fondation
font le Pere Epiphane de Lyon,
Provincial des Recolets , qui
fir l'Eloge en Chaire de Mr
Perrichon , qui fut fort
applaudi ; Mr Brunet , Chanoine Regulier de Saint Au
guftin de la Congregation de
Saint Ruf , qui prêche le Ca
refme à Sainte Croix , & le
Pere LombardJefuite.
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Résumé : Fondation faite à Lyon pour des Prieres pendant les trois derniers jours du Carnaval, [titre d'après la table]
À Paris, une ancienne tradition consiste à exposer le Saint-Sacrement les trois derniers jours du Carême pour prier et apaiser la colère divine après les excès du Carnaval. Inspiré par cette pratique, M. Pérrichon, un citoyen lyonnais respecté, a fondé une célébration annuelle à l'Hôpital de la Charité de Lyon. Cette célébration inclut une grande messe avec diacre et sous-diacre, précédée d'un sermon matinal. L'après-midi, des vêpres musicales, un salut et un autre sermon sont organisés, tous prononcés par des prédicateurs compétents. Cette année, les prédicateurs ayant ouvert la fondation sont le Père Épiphane de Lyon, provincial des Recolets, M. Brunet, chanoine régulier de Saint Augustin, et le Père Lombard, jésuite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 117-159
Second Article des morts, [titre d'après la table]
Début :
Je vous manday le mois passé la mort de Mr Fléchier Evêque [...]
Mots clefs :
Morts, Seigneur, Fille, Comte, Lyon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Second Article des morts, [titre d'après la table]
Je vous mandayle mois paffe
la mort de Mr Fléchier Evêque
de Nifmes ,
feulement pour
vous l'annoncer & vous mar
quer que je vous en parlerois
>
118 MERCURE
plus amplement. Je tiens ma
parole ; mais je ne vous en
apprendray rien qui ne fort
beaucoup au - deffous de ce
qu'on pourroit dire d'un Prelat fi generalement eftimé.
Vous fçavez que l'efprit de
Mr Fléchier a brillé de fi bonne heure par des ouvrages de
toutes les fortes de caracteres
qui font diftinguer l'esprit des
hommes , que Mrs de l'Academie Françoife curent à peine
connu l'étendue de fon vafte
genic , & remarqué la pureté
de la Langue qui fe trouvoit
dans tous les ouvragés ?, qu'il
GALANT 119
fut choisi pour eftre un des.
Membres de ce fçavant Corps;
il n'eftoit pas encore élevé à
l'Epifcopat. Quand il s'eſt agi
de parler en Orateur , jamais
perfonne n'a porté plus loin
que luy l'Art Oratoire , & lors
qu'il s'eft agi de Vers , ceux
qu'il a faits ont toûjours paru
juftes & de fi bon gouft qu'
ils ont efté generalement eftimez. Auffia- t- il toûjours paffé
pour un homme univerfel. On
a toûjours remarqué dans fa
Profe , unparfait caractere d'éloquence , & formé fur les
meilleurs modeles des anciens
120 MERCURE
Romains quand il a parlé leur
Langue , & la même choſe a
paru lorfqu'il a parlé la noſtre.
Il a fait des Odes , & des Poëmes qui ont fait beaucoup
d'honneur à la France , & en
cela , il a imité les grands Prelats des premiers ficcles de l'Eglife , qui fregardoient cette
maniere d'écrire en Vers ,
des fujets utiles ou chretiens ,
& entr'autres Saint Paulin
Saint Profper , & Saint Gregoire de Nazianze , non comme un vain amuſement ; mais
comme une fainte & loüable
occupation , &ces grands Evêfur
ques
GALANT 12T
laiffoient
ques des premiers temps ne
pas d'eftre fort bons
Orateurs , quoy qu'ils fuffent
fort bons Poëtes ; plufieurs de
ces Prelats, ont comme Mr l'Evêque de Nifmes, compofé des
Hiftoires , des Oraiſons funebres & des Sermons qu'ils ont
laiffez àla pofterité. Il a fait l'hiftoire du Cardinal Commendon , qui eft écrite avec une
grande pureté de langage; celle
de l'Empereur Theodofe qu'il
a faite par ordre du Roy pour
l'inftruction de Monfeigneur
le Dauphin, & la Vie du Cardinal Ximenés que les EfpaMars 1710. Ꮮ
122 MERCURE
gnols ont Traduite en leur
Langue. Tous ces Ouvrages
font des temoignages authen
tiques & éternels de fa grande
habileté dans l'Art de bien
écrire & de bien parler ; mais
fes Oraifons funebres l'ont
immortalifé en immortalifant
ceux pour qui elles ont efté
faites. La Morale de JefusChriſt , y regne par tout ; ainfi
au lieu que la plupart des
Oraifons funebres n'ont fou .
vent cfté que des Eloges de
ceux pour qui elles ont efté
compofées, les fiennes ont toujours confondu la vanité du
GALANT 123
fiecle & fait triompher en mêmetemps l'humilité chreſtienne, & elles ont toûjours eſté
des Chef d'œuvres d'une Eloquence qui a toujours tout rapporté à Dieu , & qui n'a rien
eu de profane. Comme on n'a
pû les entendre fans tranſport,
on ne peut les lire fans en eftre
touché. Ainfi elles n'édifient
pas moins qu'elles furprennent , & ceux qui aiment les
vertus chreftiennes ,font charmezde les voir triompher dans
des Difcours où l'on n'a fouvent vû regner que les vertus
civiles & morales , politiques
ou guerrieres.
124 MERCURE
Quant à fes Sermons , foit
qu'il y ait fait des Eloges des
Saints , foit qu'il y ait inſtruit
familierement les peuples , ou
qu'il y ait parlé d'une maniere
plus relevée aux Teftes couronnées , onen a toujours efté
également charmé. On les a
toûjours admirez quand même on les a vûs dépoüillez de
l'action qui les animoit fi noblement. Comme il eftoit extrêmement verfé dans l'Ecriture , &inftruit à fond dans la
connoiffance des Peres , on n'y
trouvoit point de ces idées
communes &vagues qui n'ont
GALANT 125.
rien que de general , qui ne
tombent fur perfonne en particulier , & que perfonne ne
s'applique , ny de ces détails
dangereux qui fervent plutoft
àapprendre les intrigues du peché qu'à convertir le pecheur.
Mais ony voit des Dogmes qui
n'inftruifent que pour éclairer
& pour confondre ; une Morale qui ne plaift que pour toucher , & par tout dequoy raffafier les ames d'une agreable &
folide nourriture. Ony voit une
Morale qui n'eft ny lâche ny
fevere; des portraits des mœurs
de ce fiecle peints au naturel, &
Liij
126 MERCURE
formez fur la parfaite connoif.
fance qu'il avoit du cœur humain , & fur l'ufage du grand
monde.
Tous fes travaux extraordinaires , & tout le temps qu'il a
donné à l'étude du Cabinet ,
ne luy ont jamais empêché un
moment de fe confacrer au
bien de fon Diocefe. Il écoutoit tout le monde avec bonté ; il foûtenoit les interefts des
Pauvres avec žele , & fon exactitude eftoit grande à remplir
toutes les fonctions de la Prelature. Les dernieres qu'il a
faites ont efté non-feulement
GALANT 127
le charme de tout fon Diocefe;
mais auffi de toute l'Europe.
Ce font les deux Lettres Pattorales qu'il a faites pendant le
fort de la calamité publique.
Elles furent trouvées li rem
plies d'onction , &fi confolantes que les plus malheureux
aprés les avoir vûës, fouffroient
avec patience , & ſe faifoient
un plaifir de leur malheur. Jamais ouvrage n'a plus touché
les cœurs , & quoy que l'Evê.
que parlaft , il fembloit que
F'on n'entendoit parler que l'Ecriture. Ces Lettres ont elté
imprimées dans toutes les ProLiiij
128 MERCURE
vinces du Royaume , & il et
peu de Peres de familles qui ne
les confervent.
La mort a auffi enlevé M de
Longueval , fœur de MⓇ de la
Ferté Senecterre. Elle fut nommée Prieure de Noftre Dame
de Bon- fecours , Ordre de S.
Benoit au mois de Janvier
1705. par Monfieur l'Archevêque de Paris. Sa douceur &
fon exactitude à obferver toutes les Regles de fon Ordre la
font extrêmement regretter
de ſes Religieufes , & elles font
penetrées de la douleur
mort leur a caufée.
que fa
GALANT 129
e
Dame N..... Alleman de
Montmartin , veuve de Mre
N.... de Cinfrans de Vauferre , eft morte dans les Terres.
Elle eftoit fœur de Mr l'Evêque de Grenoble , & fille de
Gafpard 4 du nom , Seigneur
de Montmartin, Gafpard Alleman-Montmartin fon grand
pere époufa Jeanne de Loras ,
fille d'Abel de Loras , Chevalier de l'Ordre du Roy, & de
Marguerite du Pré. Il eftoit
frere de Madeleine Alleman
mariée à Claude du Fenoil ,
d'une Maiſon tres ancienne du
"
Lyonnois. Mr de Champier ,
130 MERCUR E
( Claude Alleman ) oncle de la
Dame qui vient de mourir , a
laiffé des enfans , fçavoir , Mr
le Marquis de Champier, Mr
l'Abbé de Champier Chanoine & grand Vicaire de Grenoble & feuë MⓇ la Marquife de
Belmont. Gafpard Alleman ,
fecond fils de Falque Alleman
Seigneur de la Roche Chenard
& de Françoiſe de Saint Pricft
forma la branche de Montmartin en 1556. Antoine Alleman fut Evêque de Cahors
dans le quinziéme fiecle ; Antoine fon frere en fut Archidiacre , & Charles Chanoine
GALANT IZE
de Gap & non Evêque , commel'ont cru quelques Auteurs..
Boniface Alleman fut Comte
de Lyon dans le quinzième fieclc. Laurent Alleman fur Evê
que de Grenoble fur la fin du
même fiecle. Il eut une fœur
mariée dans la Maifon du Terrail ; d'où vint Pierre troifiéme:
du nom , Seigneur du Terrail ,
dit le Chevalier Bayard , & fils
d'Aymon du Terrail. La Maifon des Alleman a formé jufqu'à vingt branches differentes , & c'eft une de ces branches qui a donné un celebre
Evêque à l'Eglife de Cahors..
132 MERCURE
Guichenon la fait defcendre
d'un Raoul Alleman , Prince
de Foucigny , qui vivoit en
1125. d'autres la font defcendre d'un Allemandus de Vrifiaco. M de Vauferre laiffe des
enfans. Il y en a un Chanoine
de S. Mauris de Vienne , &un
beau-frere qui en eſt Chantre.
Ils ont fuccedé l'un & l'autre
à Mr l'Evêque de Grenoble.
La Maiſon de feu M' de Vauferre, beau-frere de M' l'Evêque de Grenoble , eft tres- ancienne. Sufanne de Beaumont
de la Maifon du fameux Baron
des Adrets, eftant veuve du Ba-
GALANT 133
ron de Tarnavas de Piémont ,
époufa Cefar de Vauferre
dont les enfans prirent la qualité de Barons des Adrets ; & le
diftinguerent longtemps dans
la Profeffion des Armes.
Mc la Comteffe de Vauferre
qui vient de mourir avoit eſté
une des plus belles perfonnes
de fon temps ; elle eftoit fœur
de M' le Comte de Montmartin Lieutenant de Royde Dauphiné au département de Vienne; qui a épousé une fille de
Mrle Marquis de Puyfieux , &
qui avoit épousé en premieres
nôces Mlle de Seve , niece de
134 MERCURE
M' l'Evêque d'Arras , & fille
de feu Mr de Seve premier
Prefident du Parlement de
Mets , & Intendant de la Generalité des trois Evêchez
Mets, Toul & Verdun.
La Soeur Marie Therefe du
Saint Efprit la plus ancienne
Religieufe du Convent des
Carmelites de Lyon , y cft
morte âgée de 68. ans , & de
53. ans de Religion. Elle a
efté pendant fix ans Sou Prieure de cette Maiſon & longtemps Maitreffe des Novices ;
elle avoit le don d'Oraiſon
d'une maniere tout à fait fin-
MERCURE 135
guliere ; & elle eftoit dans une
grande réputation dans tout
fon Ordre. Elle s'eftoit fait
une fi grande habitude de la
pratique de l'humilité qu'elle
eftoit devenue comme infenfible à tout ce qui fatte les fens ;
c'eft à dire qu'elle n'écoutoit
plusla nature : on a remarqué
qu'elle a demeuré 33 .
fans fe chauffer , & elle jeûnoit
quelques jours de chaque
femaine , au pain & à l'cau.
Elle avoit perdu la vûë depuis
plufieurs années , & elle foutenoit une pareille affliction avec
une vertu & une patience qui
ans
136 MERCURE
édifioient depuis long- temps
fa Communauté. Elle renouvella quelque temps avant que
demourir ,fa Profeffion , c'eftà- dire,au bout des so ans ; dés
qu'elle eut fait cette Ceremonie , elle dit à toute la Communauté qu'elle ne tenoit plus à la
terre , qu'elle s'y regardoit comme
n'y eftantplus, & elle ne penfoit
plus qu'à l'Eternité ou tendoient tous fes defirs. Il fembloit que Dieu luyavoit donné
quelque lumiere fur letemps de
fa mott, car plus il approchoit
plus fa ferveur redoubloit
& elle ne ceffoit point de dire
GALANT 137
qu'elle touchoit à ſon terme &
que fa carriere alloit finir. Cette
Sainte Religieufe , eftoit de
Lyon , & fille de feu M' de
Chapuis , ancien Echevin de la
même Ville. Ce nom-là eft
fort confiderable à Lyon , où
il y a plufieurs Maiſons qui le
portent.
La mort dont je vais vous
parler , a cauſé un fi grand
mouvement qu'elle me donne
lieu de vous entretenir d'un
grand nombre de familles de
la plus haute diftinction , &
vous ferezfurpriſe d'apprendre
que les Comtes de Saint Jean
Mars 1710. M
138 MERCURE
de Lyon, ont vû leur Chapttre compofé de foixante &
quatorze fils de Rois.
Mre N....de Chaſteauneuf,
Chanoine de l'Eglife & Comte
de Lyon , & Chamarrier de la
même Eglife , cft mort âgé
d'environ 65. ans. Il eftoit oncle de Mr l'Evêque de Noyon,
& frere de Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant
dans le Lyonnois , Foréz &
Baujollois , & ci- devant Meſtre
de Camp dans le Regiment de
la Reine. Ce Comte eftoit oncle de feu Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant.
GALANT 139
).
le Regiment de Villeroy , &
qui fut tué à la Bataille de Malplaquet l'année derniere , &de
Mr l'Abbé de Rochebonne ,
Comte de Lyon , ci - devant
Chantre de la même Eglife , &
à prefent Chamarrier à la place de fon oncle. La dignité de
Chantre qui eft la quatrième de
l'Eglife ( celle de Chamarrier
n'eftant que la cinquième, mais
d'un plus grand revenu ) a efté
donnée à Mrle Comte de Sarron, & la place que ce mouvement a fait vacquer a eſté don
née à Mr l'Abbé de Lugny
de l'illuftre Maifon de Levy , &
Mij
140 MERCURE
petit-neveu de Mr l'Archevêque de Lyon; Mcla Marquife
de Lugny, mere du nouveau
Comte , cftant fœur de Mr le
Comte de Saint- Georges Précenteur de cette Eglife , &niece de Mr l'Archevêque. La
Maifon de Chaſteauneuf eſt
tres ancienne & tres- illuftrée ;
en voicy quelques preuves.
Agnés de Chateauneuf , fille
de Bernard de Chafteauneuf,
& d'une fille de la Maifon de
Clermont , époufa fur la fin du
quatorziéme fiecle Guigues Alleman , Seigneur d'Uriage ; on
difoit autrefois que la Maiſon
GALANT 141
des Alleman venoit des Souverains de Foucigny. Pierre de
Chafteauneuf, ayeul de celuy
qui donne lieu à cet Article ,
eftoit Chevalier de l'Ordre du
Roy, Capitaine de cinquante
hommes d'Armes , Sénéchal
du Puy & Bailly de Velay. Il
époufa Huguette d'Oin de la
Maifon de Feugeres, heritiere
univerfelle de Claude de Feugeres fonpere , &de Jacqueline de Montdor , fille de Zacha-
> rie Seigneur de Chamboſt , &
de Louiſe de la Liegue. Mr de
Chafteauneufn'eut point d'enfans de cette Dame , mais il en
142 MERCURE
fut heritier , c'eft pourquoy le
pere de celuy qui vient de mourir portoit la qualité de Marquis d'Oin , & un de fes freres
Comte de Lyon & Chantre de
la même Eglife , Comte de
Chamboft ; celuy - cy fut un
de ceux de fon temps qui
curent le plus de part en la
confiance de Mr de Villeroy
Archevefque de Lyon. Mr
de Chasteauneuf fon pere fut
pendant toute fa vie , fore
attaché à Mr d'Alincourt pere
de ce Prelat. Ifabeau de Talaru petite- niece du Cardinal de
ce nom , Archevêque de Lyon,
GALANT 143
époufa dans le quinziéme fieele Antoine de Chafteauneuf,
Seigneur de Ligniec en Foréz.
Elle eftoit fœur de Guillaume
de Talaru , Chanoine &Chantre & enfuite Archidiacre de
Lyon , & fille d'Antoine de
Talaru & d'Alix d'Albon
de la Maifon du Maréchal
de Saint André , & elle eftoit
niece d'Amé de Talaru Chanoine & enfuite Archevêque
aprés fon oncle le Cardinal.
Dans le quinziéme fiecle les.
Maifons de Talaru , & de
Chateauneuf, renouvellerent
leurs alliances par le Mariage
THE LAD
144 MERCURE
ге
de M Antoine de Chateauneuf Chevalier Seigneur de
Rochebonne avec Ifabelle
de Talaru
fille de Jean de
Talaru
qui forma
la branche
de Chalmazel
, & de Catherine
de la Tour d'Auvergne
, fille
d'Annet
de la Tour Seigneur
d'Oliergues
& de Beatrix
de
Chalençon
, c'est par là que
M de Rochebonne
font
alliez à M de Bouillon
& de
Polignac
; en 1521.
Claude
de Chateauneuf
Seigneur
de
Rochebonne
, époufa
Cathe
rine de Talaru
fille de Gaſpard
Seigneur
de Chalmazel
& de
Marguerite
rs
GALANT 145
Marguerite Raulin veuve de
Philibert de Grolée Baron de
Senefcey. Cette Dame eftoit
niéce du Cardinal Raulin , &
fa mere eftoit de la Maiſon de
Levi-coufan. Enfin un peu
aprés le milieu du penultiéme
fiecle Dame Anne le Long ,
fille de Pierre Seigneur de
Chenillac , & d'Anne Barton
des Vicomtes de Montbas
& veuvede François de Talaru
Seigneur de Chalmazel , qui
fut tué au Siége de la Rochelle
en 1573. épousa en ſecondes
nôces Pierre de Chafteauneuf
Mars 1710. N
146 MERCURE
re
Chevalier Seigneur de Rochebonne Capitaine de 50. hom
mes d'armes , alors veuf d'Huguette d'Oin dont j'ay parlé
& elle en cutle Marquis d'Oin ,
pere de celuy qui vient de
mourir & pere de M Jean de
Rochebonne Chevalier de
Saint Lazare en 1668. A toutes ces illuftres alliances Mude
$ Chafteauneuf , joignoit celles de Cruffol , d'Uzés , & de
Grignan , Malla Marquife de
Rochebonne d'aujourd'huy
mere de M'Evêque de
Noyon , eftant foeur de M
de Comte de Grignan Cheva-
GALANT 147
lier des Ordres du Roy , &
-fond Lieutenant General en
Provence, 210 , amma DePa
bhu M'de Comte de Sarron
3 qui aeu la dignité de Chantre
vacantepar le mouvement qu'a
caufé la mort de M de Chaf
⚫teauneufe, eft d'une naiffance
rres Aqualifiée comme vous
allez voir. André de Sarron,
Seigneur des Forges , époufa
5 dans l'année 1535. Charlotte
d'Amanzé fille den François
d'Amanzé , & de Catherine
de Semur , d'une illuftre Maifon deBourgogne. Philippine
der Sarron , fille d'Antoine
Nij
148 MERCURE
or d'Efpinay
2 & Ide
Catherine
de Sivricu époufa
Euftache
Arod , un des ayeux
de M.l'Abbé
de Saint Rob
main Ambaſſadeur
à Munſter
lots duTraité de Paix. Jean de
Sarron
Chevalier
Seigneur
des
Forges
en Beaujollois , Lieute
nant de la Compagnie
d'Or
donnance
de M le Marquis
d'Halincourt
grand
pere de
Mle Maréchal
de Villeroy
,
époufa
labeau
de Rebé fille
d'Eftienne
de Rebésin
& Ade
Françoile
de Chabeu
; &
veuve de M le Baron de Vaux.
Cette Dame
elloit niéce de
GALANT 149
fou Mr de RebéCommandeur
des Ordres du Roy , & Archos
vêque de Narbonne. Charlotte
de Sarcon épousa dans le pe
multiéme fiecle Claude de
Salemardyd'ou vint Jaqueline
de Salemard époufe de Louis
de Thelis , un des ayeux de
Ml'Abbéde Valorges ; enfin
Philippine de Sarron fille de
Guillaume de Sarron , &
d'Yolande de Gletteins époufa
Eftienne de Varennes , d'une
illuftre Maifon du Lyonnois ,
fille du Seigneur de Cendars ,
&deDauphine Arod. Mrle
Comte de Sarron, à un frere
N iij
150 MARCURE
cader à Saint Jean nommé
Mr le Comte des Forges La
dignité de Chantre attefte
poffedée par de grands hom
mes & fur tout par Amé de
Talaru Grand Canonifte &
qui eftant Député de l'Eglife
de Lyon , au Concile de Conf
tance , fut élu pendant fon
ábfence Archevêque de la
même Eglife.
Mr l'Abbé de Lugny qui
a2 eu le Comté vacant par cette mort, eſt de l'illuftre Maifon de Levi. Il eft allié à la
Maiſon d'Agoult & à celle de
Crequy à caufe de Blanche •
GALANY 351
Y
deLevi , fille de Gilbert de Le
vi & de Jacqueline Dumas, qui
époula Louis d'Agoult , Seis
gneur de Montauban fils de
Claude d'Agoult & de Louiſe
d'Agoult , fa coufine ; Marguerite de Levi , fille d'Euftache ,
Chevalier Seigneur de Quaylus , Ville-neuve , la Perriere ,
& d'Alix Dame de Coufan ,
épouſa en 1471. Guillaume
d'Albon , Seigneur de S. Forgeux , & des ayeux du Maréchal de Saint André. Louife de
Levi , fille de Jean Seigneur de
Coulan & de Loüife de Breffoles , d'une illuftre Maiſon
Niiij
152 MERURE
d'Auvergne & de Bourgogne
dont Mrs de Breffolles Previcu
font premiers Barons ,
époufa
en premieres nôces Annet de
Talaru Seigneur de Chalmazel, & en fecondes noces Guil
laume de Talaru fon coufine
Seigneur de la Grange ; du pre
mier lit elle eut unefille quien- i
tra dansla Maifon de Montaynard de Marcieux en Dauphiné.
Louife de Levi époufa Amé
de Talaru vers la fin du quint
ziéme fiecle .
Antoine de Levi
Seigneur de Vauvert , avoit
époufé Louife de Tournon ,
fille d'Odon de Tournon , Seis
GALANT 153
vyls
gneur de Beauchaftel & d'Anne de Corgenon. Odon eſtoit
grand oncle du celebre Cardinal de Tournon Archevêquer
de Lyon. Enfin Jacques de Levy Seigneur de Chafteaumorand époufa Louiſe de Tournon, Tœur du Cardinal , &petite niece d'Odon , dont je
viens deparler. Nos Rois font
Chanoines d'honneur de l'E2
glife de Lyon ; Charles VII.
le reconnut dans une Charte
accordée à cette Eglife. , ..
In illud confortium , dit- il , en
parlant de ce Chapitre, cui ratione Delphinatus & Ducatus.
154 MERCURE
Biturienfis adfcriptifumus. C'elt
donc comme Dauphins de
Viennois & Ducs de Berryque
les Rois de France ont la qua
fité de Chanoines d'honneur
de cette Eglife. Les Ducs de
Bourgogne l'eftoient detemps
immemorial , & les Dauphins
de Viennoiss eurent la même
qualité en 1228. &enfuite elle
fut accordée aux Ducsde Ber
ry. Derubis dit qu'en 1245;
ce Chapitre eftoit compofé de
74 fils de Rois.
I
DameCharlotte Madeleine
de Blaignac eft morte à Tou
loufe âgée de 40. ans, elle eftoit
GALANT 155
Alle de Mre Charles Dumont ,
Seigneur & Baron de Blaignac ,
Commiffaire & Infpecteur ge
neral de la Marine , GrandMaistre des Eaux & Forefts au
Département de Guyenne
homme d'un grand merite ; il
s'établit à Touloufe & époufa
Dame Marguerite de Voifins ,
defcendue des anciensComtes
do Touloufe ; il maria fa fille
avec Mre Jofeph de Gargas
Seigneur de Montrave & Remonville ,d'une des plus illuf
tres Maifons de Touloufe, qui
audonnénance Parlement un
tres-grand nombre de Magif
156 MERCURE
trats depuis fa creation . Elle
a cu de ce mariage deux gato
çons qui promettent tout ce
que l'on peut attendre des
perfonnes de cette naiffance.
On peut dire avec juftice que
cette Dame eftoit d'un me
rite qui fe faifoit diftinguer
entre les perfonnes de fon
fexe , & que la nature en avoit
formé un ouvrage parfait
Auffi eft elle generalement
regrettée de tous ceux qui
l'ont connue. Il ne reste plus
de cette famille que¡ Mre
Gabriel Dumont , Seigneur &
Baron de Blaignac fon frere
GALANT 159
ancien Officier de la Marine,
où il a fervi vingt- cinq ans , &
s'eft fort diftingué dans toures les occafions où il s'eft
trouvé. Il s'eft retiré depuis
quatre ans ; il a épousé AnneMarguerite de Befançon d'une des plus illuftres Maifons
de Paris , qui a donné à ce Par
lement un grand nombre de
Magiftrats depuis qu'il a efté
rendu fedentaire ; un Evêque
à fon Eglife , un Archevêque à
celle de Reims , &.aux Armées
plufieurs Lieutenans generaux,
& alliée aux meilleures Maifons du Royaume, Leur fepul-
158 MERCURE
turc eft auk Cordeliers dans la
Chapelle que fonda Hugues
de Befançon , Confeiller au
Parlement en 131420Mrsude
Bullion y ont leur fepulture à
caufe des alliances qu'ils cont
contractéesavec cette Maifon,
La famille de Mr Dumont eft
originaire de Bourgogne , où
clle eft alliée à la plus grande
partic des perfonnes du premier rang. Elle paffa il y a environ cent cinquante ans dans
de Pays du Maine , où elle prit
alliance avec la Maifon de
Beaumanoir , & avec d'autres
perfonnes de diftinction , &
#GALANT 159
elle eft à prefent fedentaire à
Toulouſe. Ceux de cette Maifon fervent de pere en fils depuis plus de 400. an
la mort de Mr Fléchier Evêque
de Nifmes ,
feulement pour
vous l'annoncer & vous mar
quer que je vous en parlerois
>
118 MERCURE
plus amplement. Je tiens ma
parole ; mais je ne vous en
apprendray rien qui ne fort
beaucoup au - deffous de ce
qu'on pourroit dire d'un Prelat fi generalement eftimé.
Vous fçavez que l'efprit de
Mr Fléchier a brillé de fi bonne heure par des ouvrages de
toutes les fortes de caracteres
qui font diftinguer l'esprit des
hommes , que Mrs de l'Academie Françoife curent à peine
connu l'étendue de fon vafte
genic , & remarqué la pureté
de la Langue qui fe trouvoit
dans tous les ouvragés ?, qu'il
GALANT 119
fut choisi pour eftre un des.
Membres de ce fçavant Corps;
il n'eftoit pas encore élevé à
l'Epifcopat. Quand il s'eſt agi
de parler en Orateur , jamais
perfonne n'a porté plus loin
que luy l'Art Oratoire , & lors
qu'il s'eft agi de Vers , ceux
qu'il a faits ont toûjours paru
juftes & de fi bon gouft qu'
ils ont efté generalement eftimez. Auffia- t- il toûjours paffé
pour un homme univerfel. On
a toûjours remarqué dans fa
Profe , unparfait caractere d'éloquence , & formé fur les
meilleurs modeles des anciens
120 MERCURE
Romains quand il a parlé leur
Langue , & la même choſe a
paru lorfqu'il a parlé la noſtre.
Il a fait des Odes , & des Poëmes qui ont fait beaucoup
d'honneur à la France , & en
cela , il a imité les grands Prelats des premiers ficcles de l'Eglife , qui fregardoient cette
maniere d'écrire en Vers ,
des fujets utiles ou chretiens ,
& entr'autres Saint Paulin
Saint Profper , & Saint Gregoire de Nazianze , non comme un vain amuſement ; mais
comme une fainte & loüable
occupation , &ces grands Evêfur
ques
GALANT 12T
laiffoient
ques des premiers temps ne
pas d'eftre fort bons
Orateurs , quoy qu'ils fuffent
fort bons Poëtes ; plufieurs de
ces Prelats, ont comme Mr l'Evêque de Nifmes, compofé des
Hiftoires , des Oraiſons funebres & des Sermons qu'ils ont
laiffez àla pofterité. Il a fait l'hiftoire du Cardinal Commendon , qui eft écrite avec une
grande pureté de langage; celle
de l'Empereur Theodofe qu'il
a faite par ordre du Roy pour
l'inftruction de Monfeigneur
le Dauphin, & la Vie du Cardinal Ximenés que les EfpaMars 1710. Ꮮ
122 MERCURE
gnols ont Traduite en leur
Langue. Tous ces Ouvrages
font des temoignages authen
tiques & éternels de fa grande
habileté dans l'Art de bien
écrire & de bien parler ; mais
fes Oraifons funebres l'ont
immortalifé en immortalifant
ceux pour qui elles ont efté
faites. La Morale de JefusChriſt , y regne par tout ; ainfi
au lieu que la plupart des
Oraifons funebres n'ont fou .
vent cfté que des Eloges de
ceux pour qui elles ont efté
compofées, les fiennes ont toujours confondu la vanité du
GALANT 123
fiecle & fait triompher en mêmetemps l'humilité chreſtienne, & elles ont toûjours eſté
des Chef d'œuvres d'une Eloquence qui a toujours tout rapporté à Dieu , & qui n'a rien
eu de profane. Comme on n'a
pû les entendre fans tranſport,
on ne peut les lire fans en eftre
touché. Ainfi elles n'édifient
pas moins qu'elles furprennent , & ceux qui aiment les
vertus chreftiennes ,font charmezde les voir triompher dans
des Difcours où l'on n'a fouvent vû regner que les vertus
civiles & morales , politiques
ou guerrieres.
124 MERCURE
Quant à fes Sermons , foit
qu'il y ait fait des Eloges des
Saints , foit qu'il y ait inſtruit
familierement les peuples , ou
qu'il y ait parlé d'une maniere
plus relevée aux Teftes couronnées , onen a toujours efté
également charmé. On les a
toûjours admirez quand même on les a vûs dépoüillez de
l'action qui les animoit fi noblement. Comme il eftoit extrêmement verfé dans l'Ecriture , &inftruit à fond dans la
connoiffance des Peres , on n'y
trouvoit point de ces idées
communes &vagues qui n'ont
GALANT 125.
rien que de general , qui ne
tombent fur perfonne en particulier , & que perfonne ne
s'applique , ny de ces détails
dangereux qui fervent plutoft
àapprendre les intrigues du peché qu'à convertir le pecheur.
Mais ony voit des Dogmes qui
n'inftruifent que pour éclairer
& pour confondre ; une Morale qui ne plaift que pour toucher , & par tout dequoy raffafier les ames d'une agreable &
folide nourriture. Ony voit une
Morale qui n'eft ny lâche ny
fevere; des portraits des mœurs
de ce fiecle peints au naturel, &
Liij
126 MERCURE
formez fur la parfaite connoif.
fance qu'il avoit du cœur humain , & fur l'ufage du grand
monde.
Tous fes travaux extraordinaires , & tout le temps qu'il a
donné à l'étude du Cabinet ,
ne luy ont jamais empêché un
moment de fe confacrer au
bien de fon Diocefe. Il écoutoit tout le monde avec bonté ; il foûtenoit les interefts des
Pauvres avec žele , & fon exactitude eftoit grande à remplir
toutes les fonctions de la Prelature. Les dernieres qu'il a
faites ont efté non-feulement
GALANT 127
le charme de tout fon Diocefe;
mais auffi de toute l'Europe.
Ce font les deux Lettres Pattorales qu'il a faites pendant le
fort de la calamité publique.
Elles furent trouvées li rem
plies d'onction , &fi confolantes que les plus malheureux
aprés les avoir vûës, fouffroient
avec patience , & ſe faifoient
un plaifir de leur malheur. Jamais ouvrage n'a plus touché
les cœurs , & quoy que l'Evê.
que parlaft , il fembloit que
F'on n'entendoit parler que l'Ecriture. Ces Lettres ont elté
imprimées dans toutes les ProLiiij
128 MERCURE
vinces du Royaume , & il et
peu de Peres de familles qui ne
les confervent.
La mort a auffi enlevé M de
Longueval , fœur de MⓇ de la
Ferté Senecterre. Elle fut nommée Prieure de Noftre Dame
de Bon- fecours , Ordre de S.
Benoit au mois de Janvier
1705. par Monfieur l'Archevêque de Paris. Sa douceur &
fon exactitude à obferver toutes les Regles de fon Ordre la
font extrêmement regretter
de ſes Religieufes , & elles font
penetrées de la douleur
mort leur a caufée.
que fa
GALANT 129
e
Dame N..... Alleman de
Montmartin , veuve de Mre
N.... de Cinfrans de Vauferre , eft morte dans les Terres.
Elle eftoit fœur de Mr l'Evêque de Grenoble , & fille de
Gafpard 4 du nom , Seigneur
de Montmartin, Gafpard Alleman-Montmartin fon grand
pere époufa Jeanne de Loras ,
fille d'Abel de Loras , Chevalier de l'Ordre du Roy, & de
Marguerite du Pré. Il eftoit
frere de Madeleine Alleman
mariée à Claude du Fenoil ,
d'une Maiſon tres ancienne du
"
Lyonnois. Mr de Champier ,
130 MERCUR E
( Claude Alleman ) oncle de la
Dame qui vient de mourir , a
laiffé des enfans , fçavoir , Mr
le Marquis de Champier, Mr
l'Abbé de Champier Chanoine & grand Vicaire de Grenoble & feuë MⓇ la Marquife de
Belmont. Gafpard Alleman ,
fecond fils de Falque Alleman
Seigneur de la Roche Chenard
& de Françoiſe de Saint Pricft
forma la branche de Montmartin en 1556. Antoine Alleman fut Evêque de Cahors
dans le quinziéme fiecle ; Antoine fon frere en fut Archidiacre , & Charles Chanoine
GALANT IZE
de Gap & non Evêque , commel'ont cru quelques Auteurs..
Boniface Alleman fut Comte
de Lyon dans le quinzième fieclc. Laurent Alleman fur Evê
que de Grenoble fur la fin du
même fiecle. Il eut une fœur
mariée dans la Maifon du Terrail ; d'où vint Pierre troifiéme:
du nom , Seigneur du Terrail ,
dit le Chevalier Bayard , & fils
d'Aymon du Terrail. La Maifon des Alleman a formé jufqu'à vingt branches differentes , & c'eft une de ces branches qui a donné un celebre
Evêque à l'Eglife de Cahors..
132 MERCURE
Guichenon la fait defcendre
d'un Raoul Alleman , Prince
de Foucigny , qui vivoit en
1125. d'autres la font defcendre d'un Allemandus de Vrifiaco. M de Vauferre laiffe des
enfans. Il y en a un Chanoine
de S. Mauris de Vienne , &un
beau-frere qui en eſt Chantre.
Ils ont fuccedé l'un & l'autre
à Mr l'Evêque de Grenoble.
La Maiſon de feu M' de Vauferre, beau-frere de M' l'Evêque de Grenoble , eft tres- ancienne. Sufanne de Beaumont
de la Maifon du fameux Baron
des Adrets, eftant veuve du Ba-
GALANT 133
ron de Tarnavas de Piémont ,
époufa Cefar de Vauferre
dont les enfans prirent la qualité de Barons des Adrets ; & le
diftinguerent longtemps dans
la Profeffion des Armes.
Mc la Comteffe de Vauferre
qui vient de mourir avoit eſté
une des plus belles perfonnes
de fon temps ; elle eftoit fœur
de M' le Comte de Montmartin Lieutenant de Royde Dauphiné au département de Vienne; qui a épousé une fille de
Mrle Marquis de Puyfieux , &
qui avoit épousé en premieres
nôces Mlle de Seve , niece de
134 MERCURE
M' l'Evêque d'Arras , & fille
de feu Mr de Seve premier
Prefident du Parlement de
Mets , & Intendant de la Generalité des trois Evêchez
Mets, Toul & Verdun.
La Soeur Marie Therefe du
Saint Efprit la plus ancienne
Religieufe du Convent des
Carmelites de Lyon , y cft
morte âgée de 68. ans , & de
53. ans de Religion. Elle a
efté pendant fix ans Sou Prieure de cette Maiſon & longtemps Maitreffe des Novices ;
elle avoit le don d'Oraiſon
d'une maniere tout à fait fin-
MERCURE 135
guliere ; & elle eftoit dans une
grande réputation dans tout
fon Ordre. Elle s'eftoit fait
une fi grande habitude de la
pratique de l'humilité qu'elle
eftoit devenue comme infenfible à tout ce qui fatte les fens ;
c'eft à dire qu'elle n'écoutoit
plusla nature : on a remarqué
qu'elle a demeuré 33 .
fans fe chauffer , & elle jeûnoit
quelques jours de chaque
femaine , au pain & à l'cau.
Elle avoit perdu la vûë depuis
plufieurs années , & elle foutenoit une pareille affliction avec
une vertu & une patience qui
ans
136 MERCURE
édifioient depuis long- temps
fa Communauté. Elle renouvella quelque temps avant que
demourir ,fa Profeffion , c'eftà- dire,au bout des so ans ; dés
qu'elle eut fait cette Ceremonie , elle dit à toute la Communauté qu'elle ne tenoit plus à la
terre , qu'elle s'y regardoit comme
n'y eftantplus, & elle ne penfoit
plus qu'à l'Eternité ou tendoient tous fes defirs. Il fembloit que Dieu luyavoit donné
quelque lumiere fur letemps de
fa mott, car plus il approchoit
plus fa ferveur redoubloit
& elle ne ceffoit point de dire
GALANT 137
qu'elle touchoit à ſon terme &
que fa carriere alloit finir. Cette
Sainte Religieufe , eftoit de
Lyon , & fille de feu M' de
Chapuis , ancien Echevin de la
même Ville. Ce nom-là eft
fort confiderable à Lyon , où
il y a plufieurs Maiſons qui le
portent.
La mort dont je vais vous
parler , a cauſé un fi grand
mouvement qu'elle me donne
lieu de vous entretenir d'un
grand nombre de familles de
la plus haute diftinction , &
vous ferezfurpriſe d'apprendre
que les Comtes de Saint Jean
Mars 1710. M
138 MERCURE
de Lyon, ont vû leur Chapttre compofé de foixante &
quatorze fils de Rois.
Mre N....de Chaſteauneuf,
Chanoine de l'Eglife & Comte
de Lyon , & Chamarrier de la
même Eglife , cft mort âgé
d'environ 65. ans. Il eftoit oncle de Mr l'Evêque de Noyon,
& frere de Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant
dans le Lyonnois , Foréz &
Baujollois , & ci- devant Meſtre
de Camp dans le Regiment de
la Reine. Ce Comte eftoit oncle de feu Mr le Marquis de
Rochebonne , Commandant.
GALANT 139
).
le Regiment de Villeroy , &
qui fut tué à la Bataille de Malplaquet l'année derniere , &de
Mr l'Abbé de Rochebonne ,
Comte de Lyon , ci - devant
Chantre de la même Eglife , &
à prefent Chamarrier à la place de fon oncle. La dignité de
Chantre qui eft la quatrième de
l'Eglife ( celle de Chamarrier
n'eftant que la cinquième, mais
d'un plus grand revenu ) a efté
donnée à Mrle Comte de Sarron, & la place que ce mouvement a fait vacquer a eſté don
née à Mr l'Abbé de Lugny
de l'illuftre Maifon de Levy , &
Mij
140 MERCURE
petit-neveu de Mr l'Archevêque de Lyon; Mcla Marquife
de Lugny, mere du nouveau
Comte , cftant fœur de Mr le
Comte de Saint- Georges Précenteur de cette Eglife , &niece de Mr l'Archevêque. La
Maifon de Chaſteauneuf eſt
tres ancienne & tres- illuftrée ;
en voicy quelques preuves.
Agnés de Chateauneuf , fille
de Bernard de Chafteauneuf,
& d'une fille de la Maifon de
Clermont , époufa fur la fin du
quatorziéme fiecle Guigues Alleman , Seigneur d'Uriage ; on
difoit autrefois que la Maiſon
GALANT 141
des Alleman venoit des Souverains de Foucigny. Pierre de
Chafteauneuf, ayeul de celuy
qui donne lieu à cet Article ,
eftoit Chevalier de l'Ordre du
Roy, Capitaine de cinquante
hommes d'Armes , Sénéchal
du Puy & Bailly de Velay. Il
époufa Huguette d'Oin de la
Maifon de Feugeres, heritiere
univerfelle de Claude de Feugeres fonpere , &de Jacqueline de Montdor , fille de Zacha-
> rie Seigneur de Chamboſt , &
de Louiſe de la Liegue. Mr de
Chafteauneufn'eut point d'enfans de cette Dame , mais il en
142 MERCURE
fut heritier , c'eft pourquoy le
pere de celuy qui vient de mourir portoit la qualité de Marquis d'Oin , & un de fes freres
Comte de Lyon & Chantre de
la même Eglife , Comte de
Chamboft ; celuy - cy fut un
de ceux de fon temps qui
curent le plus de part en la
confiance de Mr de Villeroy
Archevefque de Lyon. Mr
de Chasteauneuf fon pere fut
pendant toute fa vie , fore
attaché à Mr d'Alincourt pere
de ce Prelat. Ifabeau de Talaru petite- niece du Cardinal de
ce nom , Archevêque de Lyon,
GALANT 143
époufa dans le quinziéme fieele Antoine de Chafteauneuf,
Seigneur de Ligniec en Foréz.
Elle eftoit fœur de Guillaume
de Talaru , Chanoine &Chantre & enfuite Archidiacre de
Lyon , & fille d'Antoine de
Talaru & d'Alix d'Albon
de la Maifon du Maréchal
de Saint André , & elle eftoit
niece d'Amé de Talaru Chanoine & enfuite Archevêque
aprés fon oncle le Cardinal.
Dans le quinziéme fiecle les.
Maifons de Talaru , & de
Chateauneuf, renouvellerent
leurs alliances par le Mariage
THE LAD
144 MERCURE
ге
de M Antoine de Chateauneuf Chevalier Seigneur de
Rochebonne avec Ifabelle
de Talaru
fille de Jean de
Talaru
qui forma
la branche
de Chalmazel
, & de Catherine
de la Tour d'Auvergne
, fille
d'Annet
de la Tour Seigneur
d'Oliergues
& de Beatrix
de
Chalençon
, c'est par là que
M de Rochebonne
font
alliez à M de Bouillon
& de
Polignac
; en 1521.
Claude
de Chateauneuf
Seigneur
de
Rochebonne
, époufa
Cathe
rine de Talaru
fille de Gaſpard
Seigneur
de Chalmazel
& de
Marguerite
rs
GALANT 145
Marguerite Raulin veuve de
Philibert de Grolée Baron de
Senefcey. Cette Dame eftoit
niéce du Cardinal Raulin , &
fa mere eftoit de la Maiſon de
Levi-coufan. Enfin un peu
aprés le milieu du penultiéme
fiecle Dame Anne le Long ,
fille de Pierre Seigneur de
Chenillac , & d'Anne Barton
des Vicomtes de Montbas
& veuvede François de Talaru
Seigneur de Chalmazel , qui
fut tué au Siége de la Rochelle
en 1573. épousa en ſecondes
nôces Pierre de Chafteauneuf
Mars 1710. N
146 MERCURE
re
Chevalier Seigneur de Rochebonne Capitaine de 50. hom
mes d'armes , alors veuf d'Huguette d'Oin dont j'ay parlé
& elle en cutle Marquis d'Oin ,
pere de celuy qui vient de
mourir & pere de M Jean de
Rochebonne Chevalier de
Saint Lazare en 1668. A toutes ces illuftres alliances Mude
$ Chafteauneuf , joignoit celles de Cruffol , d'Uzés , & de
Grignan , Malla Marquife de
Rochebonne d'aujourd'huy
mere de M'Evêque de
Noyon , eftant foeur de M
de Comte de Grignan Cheva-
GALANT 147
lier des Ordres du Roy , &
-fond Lieutenant General en
Provence, 210 , amma DePa
bhu M'de Comte de Sarron
3 qui aeu la dignité de Chantre
vacantepar le mouvement qu'a
caufé la mort de M de Chaf
⚫teauneufe, eft d'une naiffance
rres Aqualifiée comme vous
allez voir. André de Sarron,
Seigneur des Forges , époufa
5 dans l'année 1535. Charlotte
d'Amanzé fille den François
d'Amanzé , & de Catherine
de Semur , d'une illuftre Maifon deBourgogne. Philippine
der Sarron , fille d'Antoine
Nij
148 MERCURE
or d'Efpinay
2 & Ide
Catherine
de Sivricu époufa
Euftache
Arod , un des ayeux
de M.l'Abbé
de Saint Rob
main Ambaſſadeur
à Munſter
lots duTraité de Paix. Jean de
Sarron
Chevalier
Seigneur
des
Forges
en Beaujollois , Lieute
nant de la Compagnie
d'Or
donnance
de M le Marquis
d'Halincourt
grand
pere de
Mle Maréchal
de Villeroy
,
époufa
labeau
de Rebé fille
d'Eftienne
de Rebésin
& Ade
Françoile
de Chabeu
; &
veuve de M le Baron de Vaux.
Cette Dame
elloit niéce de
GALANT 149
fou Mr de RebéCommandeur
des Ordres du Roy , & Archos
vêque de Narbonne. Charlotte
de Sarcon épousa dans le pe
multiéme fiecle Claude de
Salemardyd'ou vint Jaqueline
de Salemard époufe de Louis
de Thelis , un des ayeux de
Ml'Abbéde Valorges ; enfin
Philippine de Sarron fille de
Guillaume de Sarron , &
d'Yolande de Gletteins époufa
Eftienne de Varennes , d'une
illuftre Maifon du Lyonnois ,
fille du Seigneur de Cendars ,
&deDauphine Arod. Mrle
Comte de Sarron, à un frere
N iij
150 MARCURE
cader à Saint Jean nommé
Mr le Comte des Forges La
dignité de Chantre attefte
poffedée par de grands hom
mes & fur tout par Amé de
Talaru Grand Canonifte &
qui eftant Député de l'Eglife
de Lyon , au Concile de Conf
tance , fut élu pendant fon
ábfence Archevêque de la
même Eglife.
Mr l'Abbé de Lugny qui
a2 eu le Comté vacant par cette mort, eſt de l'illuftre Maifon de Levi. Il eft allié à la
Maiſon d'Agoult & à celle de
Crequy à caufe de Blanche •
GALANY 351
Y
deLevi , fille de Gilbert de Le
vi & de Jacqueline Dumas, qui
époula Louis d'Agoult , Seis
gneur de Montauban fils de
Claude d'Agoult & de Louiſe
d'Agoult , fa coufine ; Marguerite de Levi , fille d'Euftache ,
Chevalier Seigneur de Quaylus , Ville-neuve , la Perriere ,
& d'Alix Dame de Coufan ,
épouſa en 1471. Guillaume
d'Albon , Seigneur de S. Forgeux , & des ayeux du Maréchal de Saint André. Louife de
Levi , fille de Jean Seigneur de
Coulan & de Loüife de Breffoles , d'une illuftre Maiſon
Niiij
152 MERURE
d'Auvergne & de Bourgogne
dont Mrs de Breffolles Previcu
font premiers Barons ,
époufa
en premieres nôces Annet de
Talaru Seigneur de Chalmazel, & en fecondes noces Guil
laume de Talaru fon coufine
Seigneur de la Grange ; du pre
mier lit elle eut unefille quien- i
tra dansla Maifon de Montaynard de Marcieux en Dauphiné.
Louife de Levi époufa Amé
de Talaru vers la fin du quint
ziéme fiecle .
Antoine de Levi
Seigneur de Vauvert , avoit
époufé Louife de Tournon ,
fille d'Odon de Tournon , Seis
GALANT 153
vyls
gneur de Beauchaftel & d'Anne de Corgenon. Odon eſtoit
grand oncle du celebre Cardinal de Tournon Archevêquer
de Lyon. Enfin Jacques de Levy Seigneur de Chafteaumorand époufa Louiſe de Tournon, Tœur du Cardinal , &petite niece d'Odon , dont je
viens deparler. Nos Rois font
Chanoines d'honneur de l'E2
glife de Lyon ; Charles VII.
le reconnut dans une Charte
accordée à cette Eglife. , ..
In illud confortium , dit- il , en
parlant de ce Chapitre, cui ratione Delphinatus & Ducatus.
154 MERCURE
Biturienfis adfcriptifumus. C'elt
donc comme Dauphins de
Viennois & Ducs de Berryque
les Rois de France ont la qua
fité de Chanoines d'honneur
de cette Eglife. Les Ducs de
Bourgogne l'eftoient detemps
immemorial , & les Dauphins
de Viennoiss eurent la même
qualité en 1228. &enfuite elle
fut accordée aux Ducsde Ber
ry. Derubis dit qu'en 1245;
ce Chapitre eftoit compofé de
74 fils de Rois.
I
DameCharlotte Madeleine
de Blaignac eft morte à Tou
loufe âgée de 40. ans, elle eftoit
GALANT 155
Alle de Mre Charles Dumont ,
Seigneur & Baron de Blaignac ,
Commiffaire & Infpecteur ge
neral de la Marine , GrandMaistre des Eaux & Forefts au
Département de Guyenne
homme d'un grand merite ; il
s'établit à Touloufe & époufa
Dame Marguerite de Voifins ,
defcendue des anciensComtes
do Touloufe ; il maria fa fille
avec Mre Jofeph de Gargas
Seigneur de Montrave & Remonville ,d'une des plus illuf
tres Maifons de Touloufe, qui
audonnénance Parlement un
tres-grand nombre de Magif
156 MERCURE
trats depuis fa creation . Elle
a cu de ce mariage deux gato
çons qui promettent tout ce
que l'on peut attendre des
perfonnes de cette naiffance.
On peut dire avec juftice que
cette Dame eftoit d'un me
rite qui fe faifoit diftinguer
entre les perfonnes de fon
fexe , & que la nature en avoit
formé un ouvrage parfait
Auffi eft elle generalement
regrettée de tous ceux qui
l'ont connue. Il ne reste plus
de cette famille que¡ Mre
Gabriel Dumont , Seigneur &
Baron de Blaignac fon frere
GALANT 159
ancien Officier de la Marine,
où il a fervi vingt- cinq ans , &
s'eft fort diftingué dans toures les occafions où il s'eft
trouvé. Il s'eft retiré depuis
quatre ans ; il a épousé AnneMarguerite de Befançon d'une des plus illuftres Maifons
de Paris , qui a donné à ce Par
lement un grand nombre de
Magiftrats depuis qu'il a efté
rendu fedentaire ; un Evêque
à fon Eglife , un Archevêque à
celle de Reims , &.aux Armées
plufieurs Lieutenans generaux,
& alliée aux meilleures Maifons du Royaume, Leur fepul-
158 MERCURE
turc eft auk Cordeliers dans la
Chapelle que fonda Hugues
de Befançon , Confeiller au
Parlement en 131420Mrsude
Bullion y ont leur fepulture à
caufe des alliances qu'ils cont
contractéesavec cette Maifon,
La famille de Mr Dumont eft
originaire de Bourgogne , où
clle eft alliée à la plus grande
partic des perfonnes du premier rang. Elle paffa il y a environ cent cinquante ans dans
de Pays du Maine , où elle prit
alliance avec la Maifon de
Beaumanoir , & avec d'autres
perfonnes de diftinction , &
#GALANT 159
elle eft à prefent fedentaire à
Toulouſe. Ceux de cette Maifon fervent de pere en fils depuis plus de 400. an
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Résumé : Second Article des morts, [titre d'après la table]
Le texte annonce la mort de Monsieur Fléchier, évêque de Nîmes, une nouvelle déjà communiquée au destinataire. Fléchier était reconnu pour son esprit brillant et ses œuvres littéraires variées, incluant l'oratoire et la poésie. Il fut membre de l'Académie française et auteur d'ouvrages historiques et d'oraisons funèbres très appréciés. Ses sermons étaient également célèbres pour leur éloquence et leur profondeur morale. Malgré ses nombreuses activités littéraires, Fléchier resta dévoué au bien de son diocèse, notamment durant une période de calamité publique. Le texte mentionne également le décès de Madame de Longueval, prieure de Notre-Dame de Bon-Secours, et de Madame Alleman de Montmartin, en fournissant des détails sur leurs familles et leurs titres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 194-201
Ce qui s'est passé au Chapitre Provincial des grands Augustins, tenu dans leur grand Convent de Lyon, [titre d'après la table]
Début :
Le Chapitre Provincial des Augustins s'est tenu depuis quelque temps [...]
Mots clefs :
Chapitre Provincial, Couvent des augustins, Lyon, Père le Blanc, Docteur, Harangue
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texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé au Chapitre Provincial des grands Augustins, tenu dans leur grand Convent de Lyon, [titre d'après la table]
Le Chapitre Provincial des
Augustins s'est tenu depuis
quelque temps dans leur grand
Convent de Lyon. Le Pçjc de
Morillon de Poyle Docteur de>
Sorbonne & de la Ville de
Beziers, ayant fini son temps
de Provincial, on luy a
donné
pour successeur le P. de Coha-
de de la Province d'Auvergne, & qui a
déjà pasle par les
charges principales de l'Ordre.
Le P. le Blanc Docteur de Sorbonne & d'un merite generalement reconnu a
esté fait Definiteur. Selon l'usage ordinaire il y eut des Theses de Theologie dans le cours de ce Chapitre Le P. de Courcclles Saint
Julien d'une Maison très qualissée de FrancheComté, Pretre de cct Ordre, en soutint le
Lundy il. du mois de May
dans l'Eglise. Elles estoient sur
la Penitence. Mr de Cohadc
Docteur de la Maison & So-*
cieté de Sorbonne, Custode de
l'Eglise Paroissiale de SainteCroix, & un des Vicaires Généraux de Mr l'Archevêque de
Lyon en fit l'ouverture par une l,
tres-belle Harangue à la gloire,
du Soûtenantqu'ilfelicita sur
le retour de sa santo'-( lePere dcl
Saint Julien avoit c:fié:plaladc à
Cremieuoùil demeure) & dans
laquelleil donna des loüanges
àl'Ordre des Augustins,&aux
grands hommes qui en font
fortis.Gilles de Rome,&un
grand nombre d'autres n'ysu
lent pas oubliez. Il argument
ensuite sur i'Amicion;& il ifJ
r
puya beaucoup sur un Décret
de laFaculté de Paris, qui semble favoriser l'opinion de ceux
qui disent quel'amour de Dieu
commence n'est pas absolumenc necessaire dans ce Sacrement. Un jeune Docteur de
Sorbonne argumenta ensuite
sur l'inutilité de la Penitence
pour la justification(vous sçavez sans doute, que dans la
dispute celuy qui argumente
prend toûjours le mauvais parti > ôc attaquede frontlesveritez les mieux établies, & que
ce ne font que des combats
feints) ce jeune Docteur s'ap-
puya de l'autorité de quantité
de Conciles, & de celle de la
Confession d'Aufbourg,& sur
tout cela il étala une grande
érudition. Le P. Rolin Jacobin
Bachelier de Sorbonne &grand
Predicateur, argumenta enfuite sur l'Attrition
,
& unPcre
Carme qui prit enfuitc la These argumenta fort solidement
sur la necessité de se confesser
& de recourir à la Penitence,
dés qu'on estoit tombé dans le
péchémortel, sous peine d'en
commettre de nouveau chaque fois qu'on diffère de recourir au remede. Enfin le Perc
Valant Jesuite & un des Professeurs de Theologie dans le
grand College, fit laclôture;
il commença par une Harangue qui fut tres belle,& d'une
latinité très pure; illoü
1
fort le
Soutenant,&il parla de la noblesse de son origine d'une maniere très -
avantageuse. Il s'étendit ensuite sur l'affinitéqu'il
y avoit toujours euë entre l'Ordre des Augustins & la Compagnie de Jesus. Illoüa fort les
grands hommes sortis du premier de ces Or dres, & à cette
occasion il parla de Mr l'Evêque d'Ascalonquiest à la Chi-
ne, &,qui a
esté Augustin, Ce
Prélat dans les. questionsagîtées en ce Pays-là, apris hautcment le parti desPP. Jesuites,
sur cela le Pere Valant fit une
belle& touchante peinture île
ItCâf ou est à present la'ç-hrftienté en la Chine; & en parlant de leurs adversairesqu'il
traita de Scioli, il eniît desportraits qui plurent fort. Son argument fut court à cause de
l'heure qui sonna. Le Soutenant fit ensuite son Harangue,
qui fut tresbelle&biendéclamée,, Elleestoità laloüangedu
Chapitre Provincial. Le Perc
Rousset Docteur en Theologie presidoit.
Augustins s'est tenu depuis
quelque temps dans leur grand
Convent de Lyon. Le Pçjc de
Morillon de Poyle Docteur de>
Sorbonne & de la Ville de
Beziers, ayant fini son temps
de Provincial, on luy a
donné
pour successeur le P. de Coha-
de de la Province d'Auvergne, & qui a
déjà pasle par les
charges principales de l'Ordre.
Le P. le Blanc Docteur de Sorbonne & d'un merite generalement reconnu a
esté fait Definiteur. Selon l'usage ordinaire il y eut des Theses de Theologie dans le cours de ce Chapitre Le P. de Courcclles Saint
Julien d'une Maison très qualissée de FrancheComté, Pretre de cct Ordre, en soutint le
Lundy il. du mois de May
dans l'Eglise. Elles estoient sur
la Penitence. Mr de Cohadc
Docteur de la Maison & So-*
cieté de Sorbonne, Custode de
l'Eglise Paroissiale de SainteCroix, & un des Vicaires Généraux de Mr l'Archevêque de
Lyon en fit l'ouverture par une l,
tres-belle Harangue à la gloire,
du Soûtenantqu'ilfelicita sur
le retour de sa santo'-( lePere dcl
Saint Julien avoit c:fié:plaladc à
Cremieuoùil demeure) & dans
laquelleil donna des loüanges
àl'Ordre des Augustins,&aux
grands hommes qui en font
fortis.Gilles de Rome,&un
grand nombre d'autres n'ysu
lent pas oubliez. Il argument
ensuite sur i'Amicion;& il ifJ
r
puya beaucoup sur un Décret
de laFaculté de Paris, qui semble favoriser l'opinion de ceux
qui disent quel'amour de Dieu
commence n'est pas absolumenc necessaire dans ce Sacrement. Un jeune Docteur de
Sorbonne argumenta ensuite
sur l'inutilité de la Penitence
pour la justification(vous sçavez sans doute, que dans la
dispute celuy qui argumente
prend toûjours le mauvais parti > ôc attaquede frontlesveritez les mieux établies, & que
ce ne font que des combats
feints) ce jeune Docteur s'ap-
puya de l'autorité de quantité
de Conciles, & de celle de la
Confession d'Aufbourg,& sur
tout cela il étala une grande
érudition. Le P. Rolin Jacobin
Bachelier de Sorbonne &grand
Predicateur, argumenta enfuite sur l'Attrition
,
& unPcre
Carme qui prit enfuitc la These argumenta fort solidement
sur la necessité de se confesser
& de recourir à la Penitence,
dés qu'on estoit tombé dans le
péchémortel, sous peine d'en
commettre de nouveau chaque fois qu'on diffère de recourir au remede. Enfin le Perc
Valant Jesuite & un des Professeurs de Theologie dans le
grand College, fit laclôture;
il commença par une Harangue qui fut tres belle,& d'une
latinité très pure; illoü
1
fort le
Soutenant,&il parla de la noblesse de son origine d'une maniere très -
avantageuse. Il s'étendit ensuite sur l'affinitéqu'il
y avoit toujours euë entre l'Ordre des Augustins & la Compagnie de Jesus. Illoüa fort les
grands hommes sortis du premier de ces Or dres, & à cette
occasion il parla de Mr l'Evêque d'Ascalonquiest à la Chi-
ne, &,qui a
esté Augustin, Ce
Prélat dans les. questionsagîtées en ce Pays-là, apris hautcment le parti desPP. Jesuites,
sur cela le Pere Valant fit une
belle& touchante peinture île
ItCâf ou est à present la'ç-hrftienté en la Chine; & en parlant de leurs adversairesqu'il
traita de Scioli, il eniît desportraits qui plurent fort. Son argument fut court à cause de
l'heure qui sonna. Le Soutenant fit ensuite son Harangue,
qui fut tresbelle&biendéclamée,, Elleestoità laloüangedu
Chapitre Provincial. Le Perc
Rousset Docteur en Theologie presidoit.
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Résumé : Ce qui s'est passé au Chapitre Provincial des grands Augustins, tenu dans leur grand Convent de Lyon, [titre d'après la table]
Le Chapitre Provincial des Augustins s'est tenu récemment au grand couvent de Lyon. Le Père Morillon de Poyle a terminé son mandat de Provincial et a été remplacé par le Père de Cohade de la Province d'Auvergne. Le Père le Blanc a été nommé Définiteur. Conformément à la tradition, des thèses de théologie ont été soutenues. Le Père de Courcelles Saint Julien a soutenu des thèses sur la pénitence le 11 mai. Monsieur de Cohade a ouvert la séance en louant le soutenant et l'Ordre des Augustins, mentionnant Gilles de Rome. Un jeune Docteur de Sorbonne a argumenté sur l'inutilité de la pénitence pour la justification. Le Père Rolin et un Père Carme ont ensuite discuté de l'attrition et de la nécessité de la confession. Le Père Valant, Jésuite, a clôturé les débats en latin, soulignant l'affinité entre les Augustins et la Compagnie de Jésus. Il a également parlé des chrétiens en Chine. Le soutenant a conclu en louant le Chapitre Provincial, sous la présidence du Père Rousset.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 145-202
PROCEZ D'UNE PETITE FILLE reclamée par deux meres.
Début :
Ce Procez se poursuit presentement à Lyon ; mais je prendray [...]
Mots clefs :
Femme, Joie, Mari, Mariage, Grossesse, Amour, Aventure, Bon bourgeois, Grimaces, Procès, Lyon
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texteReconnaissance textuelle : PROCEZ D'UNE PETITE FILLE reclamée par deux meres.
PROCEZ
D'UNE PETITE FILLE
reclamée par deuxmeres.
Ce Procez sepoursuit
presentement à
Lyon ; mais je prendray
l'histoire de plus
loin, car on vient de
m'envoyer des Mémoires
secrets sur l'origine
de cette Avanture.
Ce sont les amours
d'un jeune Lyonnois
& d'une jeune Lyon.,-
noise. Je tairay le nom
de ces deux Amants;
l'histoire est pourtant
publique. Tout Lyon
les connoist
, toute la
Ville les nomme;je ne
les nommeray point ,
je veux estre plus difcret
qu'uneVille entiere.
Leurs noms de
1 galanterie
-
seront , si
vous voulez, Cleonte
& Angelique; & sans
rien changer au fond
de l'Avanture
,
je déguiseray
feulement les
noms, & les qualitez
des principauxActeurs.
Angelique & Cleonte
se rencontrerent par
hazard dans uneAssemblée.
Angelique fille
sage & modeste regarda
tant Cleonte dés la
premiere fois ,-que dés
la seconde ellen'osoit
plus le regarder; mais
C leonte moinstimide
fixasi tendrement ses
yeux sur elle qu'il en
devint passionnement
amoureux.
,-. SiAngeliqueestbrune
ou blonde,si Cleonte
a beaucoup d'esprit
: ous'ilenapeu je n'en
sçay rien. On ne m'a
pas fait le détail de
leurs perfections; mais
j'ay sçuqu'ilss'entr'aimerent
comme s'ils
eussentesté parfaits.
Cleonte trouva un
jour l'occasion de parleren
particulier à Angélique;
d'abord'illuy
fitune déclaration d'amour
à la françoise, &
sans s'amuserà luy apprendre
qu'il l'aimoit,
il commença par luy
jurer qu'il l'aimeroit
toute savie; mais Angelique
le conjura de
ne la point aimer,parce
que des raisons defamille
l'empescheroient
de pouvoir jamais estre
àluy.
Que je fuis malheureux
! s'écria Cleonte,
un Pere avare que j'ay
m'empeschera aussi
d'estre à vous. Ils se
conterent l'un à autre
toutes les raisons de samille
qui s'oppoloienç
à leurunion, & là dessus
ils resolurenttresprudemment
de ne se
plus voir. Angélique
s'en alloit, mais par un
excez de prudence elle
revint sur ses pas pour
défendre à Cleonte de
penjferjamais à elle,,
Ouy ,dit-elle
, pour
vostre repos je vous defends
de maimer. Que
vous estes cruelle! s'é.
cria Cleonte, de soup-.
çonner feulement que
je puisse vous obéir !
ah ! me défendre de
vous aimer c'est me
prouver que vous ne
m'aimez P"ueres.Enfui.
te il se plaignit de [on
malheur en des termes
si tendres, si passionnez
qu'Angelique en soupira,
& luy dit en
voulant fuir
,
he bien
Cleonte aimez moy
donc; mais jevous deffends
de me voir jamais.
Cleonte l'arreste,
se jette à ses genoux, se
desespere;vousaimer
sans vous voir , vous
voulez donc que je
meure. Helas! luy répond-
elle, (croyant
déja le voir mourant)
helas voyez-moy donc;
mais ne me parlez plus
de vostreamour.Autre
dcfefpoir : autres menaces
de mourir.He
bien (dit Angelique
toute troublée ) vous
me parlerez donc; mais
que personne n'en sçacherien
;car si j'y con*
sens,c'est dans fefpe*
rance qu'il arrivera
quelque changement
dans nos affaires.Il en
arrivera sans doute, reprit
Cleonte ; mon amour
m'enassure.~urf
Ils se quitterent dans
l'esperance de pouvoir
obtenir par leurs soins leconsentement de
leurs parents, &C se virent
plusieurs fois pour
se rendre compte des
facilitez qu'ils se fia-,
toient d'avoir trouvées.
Cependant les
obstacles estoient tousjours
lesmesmes; ilsne
diminuoient qu'à leurs
yeux; mais ils se 1es
diminuoient l'unà l'autreàmesure
que Ie.de-!
sir. de les surmonter
augmentent dans tous
les deux. En un mot
leur amour les aveugla
si fort qu'en peu de
jourstoutesles difficultez
di sparurent. Ils se
persuaderent fermement
que rien ne pouvoit
plus s'opposer à
leur Mariage, & qu'ils
n'avoientcontreeux
qu'un peu de temps à»
attendre. Ils remirent
donc lesformalitezà
ce temps- là;mais dés ce
mesme jour la foy de
Mariage fut donnéereciproquement.
UnAnneau
fut mis au doigt
de l'Epouse, & tous
deux convaincus que
lafoy mutuelle& l'anneau
nuptial suffisoient,
tous deux enfin
dans l'aveuglement &
dans la bonne foy s'imaginerent
estrsassez
mariez pour pouvoir
s'assurer qu'ilsl'estoient..
Le Pere de Cieonte
estoit pour lorsà Paris.
SonconsentementcC*
toit necessaire, & nos
Epouxestoient convenus
que c'estoit par la,
qu'il falloitcommencer.
AinsiCieonteresolut
de partir au plustost.
Les adieux furent:
plus tendres que tristes,
parce que Cleorite
estoit seur, disoit-il,
de rapporter le con fen^
tement de son pere. Il
ne quittoit Angélique
que pour aller saffurer
le bonheur de passer avec
elle le reste de la
vie. Il part enfin, 84
laisse Angelique fort
triste de son dépare,
mais tres - persuadée
que le mariage se confirmeroit
à ion retour.
Quelques semaines
secoulerent: Angéliqueentrela
tristesse &
l'esperance n'estoit pas
tant à plaindre qu'elle
le fut dans lafuite. Les
reflexions commencèrentà
la troubler:elle
envisage sa faute, elle
en a honte; maiselle
se flate quecette honte
seratousjours Ignoree, ,
ne sedoutant point jusques-
là
ques-là quelle portoit
dans son sein une preuve
qu'on ne peut tenir
cachée qu'env iron huit
ou neuf mois. Elle ne
connoissoitencore quune
partie du mal qu'-
elleaveit fait: ainsielle
n'en estoit qu'à demi
repentante. Ses regrets
estoient moderez par
un souvenir agréable ;
les regrets sinceres ne
luy vinrentqu'avec les
maux de coeur. ;
Imaginez-vous ses
allarmes & sa douleur;
joignez à cela l'absence
de san Amant : elle
n'en recevoit aucunes
nouvelles; elle se crut
oubliée, trahie, abandonnée.
A quis'en
plaindre? à qui se con- «
sier dans une situation
si cruelle?elle ne trouve
de sou lagement que
dans ses larmes. Laifsons-
la pleurer à loisir
pendantque nous parlerons
des autres personnes
qui ont part à
cette avanture.
Une femme debien,
avoit épousédepuis
quelques années un
bon Bourgeois fortcurieux
d'avoir lignée
,
& fort mal intentionné
pour ses heritiers
collateraux. Cette femme
que je nommeray
Donmene ,va fraire icy
un personnage tout Opt
posé à celuy d'Angelique,
Dorimene avoit le
malheur d'estre sterile,
& c'est ce qui la de[c!:
peroit, car cette sterilité
la faisoit presque,
haïr de son Mary. Le
bon. Bourgeois qui se
preparoit pour lors à
faire un long voyage,
estoit au desespoir de
partir sans sestre assuré
un ,
héritier. Un soir
qu'il rentroit chez luy
triste & rêveur, sa sens"
me qui avoit médité
tout le jour la maniéré
dont ellele recevroit,
attend le momentqu'il
rentre dans sachambre,
court, à luy comme
une femme transportée
de joye
y
se jette à son
col encriant d'unevoix
entrecoupée
,
bonne
nouvelle mon cherMary
! bonne nouve lle !
j'ay tant de joye que je
ne puis parler. Quelle
joye?dit le Mary,de
quoy s'agit-il?Elle, au
lieu de repondre
, recule
quelques pas comme
une femme qui
chancelle, & se laiflc
tomber sur un fauteüil
, en feignant de sévanouir.
Le bon homme
allarmé s'empresse à la
fairerevei-iirellerevient
un peu, le regain
de tendrement, & luy
dit d'une voix soible
ah mon cher maryî
voicy la troisiéme fois
que je m'évanouisdepuis
ce matin
,
& ce
font ces cvanoiiilïcments
qui j-ont ma
joye. Elle recommence
à lembrasser:nouvelle
joye; nouveaux transports.
Estes-vousfolle?
dit leMary Je vous le
repete répliquala femme
, ce sont ces éva- nouiflèments,& ces
maux decoeurqui me
charment, car ils confirment
les doutes que
j'aydepuis quelque
temps. Oïïy mon cher
Mary,jecroisqu'enfin
je suis en estat de vous
donner un gcag9e v0ivant de ma tendresseconjugale.
Ah Ciel! s'écrie
le
le bon Bourgeois3quoy
vous feriez enceinte ?
-cfc-ilpossible?Ellejure
qu'ellele croie. Il
-cmbra& à on tour cetle
qu'ilcroit fécondé;
il est plus charmé qu'-
elle ne seignait de l'estre.
Ce n'e st plus entr'eux
que"mnfports,
que larmes de joye
feintes & veritables.
En un mot depuis ce
moment jusqu'à son
dépare elle joua cette
alternative de joye Se
d'évanoüissement. Et
il partit convaincu qu'-
il trouveroit à Ion retour
Je fils aisné de plusieurs
autresqu'elle luy
promit en iuy disant
adieu.
Dés que leMary fut
parti, Dorimene ne
s'occupa plus que du
foin de paroistre grosse
aux yeux de ses voisiÎIGS
)
& de terminer
cette grossesse comme
si elle eust esté veritable.
Pourcela-ilfalloit
un Enfant d'emprunt;
il falloit confier son
dessein à quelqu'un qui
pust l'aider. Elle fut
trouve£r uneJSage-fem- me qui avoit été autrefois
sa Servante, femme
habile, inventive,
une intriguante enfin,
qui s'appelloit Nerine.
Aprésavoir promis
- une grosse recompense
à cette Nerine
,
Dorimene
luy dit en deux
mots que son dessein
estoit dedonner un fils
à son Mary.
Nerine pleine de ze- lecommenceà luy faire
l'éloge du plus dis-
* cret de tous les jeunes
Lyonnois qu'elle connoissoit.
Dorimenel'interrompt
avec coleré.
Estes-vous folle? ne
po. ,,>
me., connoissez * pas?Jevous - vous pas? Je vous ccoonnnnooiiss
de reste, dit Nerine ;
mais pour faire plaisir à
son Mary,une honneste
femme ne pourroitelle
pas Taisezvous
Nerine. Mais
comment faire donc
Madame ? Comment
faire? reprit Dorimen-
e, je vais vous expliquer
mon dessein,
Dorimene & Nerine
eurent ensemble une
conversation fort
longue. Pour conclure
en deux mots ,
qu'il
fcilloit chercher dansla
Villequelque femme
ou fillequi craignift autant
de paroistreMere
que Dorimene souhaitoit
de lcHre,afin qu'-
elle voulust bien luy
cederson droit de male
ternité.
rendant que nostre
intriguante va cher- ,
cher cet enfant de hazard
chez les plus jolies
personnes de la
Ville,quoyquecela se
trouve aussi chez les
plus laides, Dorimene
commence à joüer toutes
les affectations &
les grimaces d'une premiere
grossesse. Propose-
t-on à Dorimene
une Promenade , elle
l'accepteroit, dit-elle ;
mais la difficulté c'est
la voiture. Le Carosse
la blesserois ; la Chaise
à Porteurs luy souleve
lecoeur; elleapeuren
Batteau ; à pied on fait
des faux pas, le plus
leurest de rester chez
elle; mais elle craint
d'y donner à joüer. Les
grimaces & les contorfions
des Joüeurs luy
sont horreur;elle ne
veut voir que des femmes
gracieuses &C de
beaux hommes. Point
de Spectacles, surtout
I ni Comed ies niOperai,
elle accoucheroit d'un
Neptune ou d'un Arlel.
quin. Elle se reduit
donc au plaisir de la
bonne chere ; elle s'y
dédommagé en se jettant
sur les plus friands
morceaux. Elle les arrache
à ses voisins de
Table: tout permis,
dit-elle,c'est une envie
de femme grosse ; elle
veut mangerde tout ce
qu'elle voit, & dire
tout ce qui luy vient
en pensée,jusqu'à des
médisances, de crainte
que son Enfantn'en
foit marqué.
Parmy toutes ces
feintes, elle n'oublie
pas la principale; il
sautfigurerpar laceinture.
Elle applique
fous un large Corcet
un Coussinet de satinbien
matclasséferriblable
à ceux dont les femmes
maigresse font des
hanches majestueuses.
Dorimene s'en garnit,
& prend foin d'augmenterdemoisenmois
cette grossesse de cotton.
En un mot ,
elle
joüe son rolle si naturellement
que les plus
sins y sont trompez.,
Retournons à la pauvre
Angélique qu_i- prend a*utant de peine,<,
àcacher les défauts de
1 la taille, que celle-cy.
etnipreendnpounr gaester.la
Angélique estoit ro.
peu prés sur son septicme
mois lorsqu'elle sucj
contrainte par une mere
imperieuses qu'elle^
avoit dalleravecelle,
misiter une voisine,&
cette voisine effoit
stement Dorimene.
Cette Mere dd''AAnnggecil'il--
que estoit scrupuleuse
sur Je cérémonial des
visites. Elle '- en devoit
,
une à Dorimene;elle
veut absolument que
[1. fille l'accompagne
dans ce devoir indis-
I pensable. Angelique obéït,&
les voilà chez
I Dorimeneoù plusieurs
autres voisines scitoientassemblées.
;:;.
Angelique souffre 8c
gémit de se voir emprisonnée
dans un habit
serieux ; son corps
la ferre cruellement
quoyqu'il foit lassé
.bien lasche.Ellesetient
droite & se guinde en
hauteur pour tenir
gmoines deuplaceren.lar- Dorimene au coiw
traire estale la grossesse
avec ostentation, bien
à son aise, sans ceinture,
sa Robbe ouverte
à deux battans , appuyant
nonchalemment
ses deux bras
croisez sur l'honorable
fardeau dont chacun
la selicite. Quel crevercoeur
pour Angelique!
quel contraste ! Helas!
dit-elleenellemesme,
que cette femme effc
.t.Jcureu!e de pouvoir
ainsi fairegloire de ce
qui fera ma honte
,
si
l'on s'en apperçoit.
La Sage-femme eCtoit
pour lors dans la
chambre de Dorimene
qui affeotoit de la tenir
prés d'elle depeurd'accident.
Dés qu'Angeliqueavoit
paru cette
rusée avoit remarque
sa taille renforcée &
contrainte
,
sa démarche
che pesante&embarxaffée;
il n'en falloitpas
davantage pour donner
des soupçons à une
connoisseuse. Elle observe
de plus unvisage
affligé & maigri dont
les traitss'a longent. -
Angélique s'apperçoit
qu'on l'examine;elle
est troublée
,
il n'enfaut
pas davantage
pour mettre Nerineau
fait. Cette intriguante
s'approche de Dorimene,
& luydit à l'oreille
: voilà une fille qui
a bien la mine d'avoir
de trop de ce qui
vous manque.
Angeliqua la voyant
parler bas ne douta
plus du jugement
qu'on faisoit d'elle, 8c
pour surcroist de malheur
quelqu'un s'avisa
de dire à Dorimene
qu'elle cfkoit en de boa*
nes mains davoir Nerine
pour Sage-femme.
Au mot de Sage - femme
Angelique paslit
comme un Criminel
qui voit son Juge. La
Mere crut quelle se
trouvoit mal. Nerine
officieuse courut la secourir
par avance, &
c'est ce qui acheva de
lu troubler. Dés que la
Sage-femme a mis la
main sur elle se croit à
terme; lapeurlasaisit;
- elle tombe en foiblesse.
Onla porte sur un lit}-
dans une chambre voisineoù
fous prétexte de
la laisser rcpofcr
,
sa
Mere& lesautres femmes
qui avoientaidé à
la faire revenir de sa
foiblesse, la laisserent
feuleavec Nerine.
Ce fut là le premici:
moment de bonheur
pour Angéliquedepuis
le départde sonAmant,
car Nerine, aprés toutes
les façons que vous
pouvez vous imaginer,
luy fit tout avoüer,
devint sa Confidente ,
& luy promit de la ri.
rer d'affaire sans que sa
Mere mesme puft s'en
appercevoir. En effet,
depuis ce jour-là Ntri,
ne & Angélique prirent
secretement des
mesures.Angélique avoit
une Tante qu'elle
aimoitfort;elle resolut
de luy confier son secret.
Cette Tante avoit
une Maison de Campagne
fort prés de la
Ville. Àinsï quand Nerine
jugea qu'il estoit
temps, la Tante obtint
de la Mere que sa filfe"
iroit passer quelques
jours avec elle à la campagne.
-
Ce fut là qu'Angelique,
parle lecours de
Nerine, se debarassa de
ce qui pouvoit nuire a
sa réputation. Elle retourna
bientost aprés à
la Ville où elle parut
plusbelle, plus fraische,
& plus fille que
jamais.
--
Voicy où comment
cele sujet du Procez.
LaTante& laNièce,
à la sollicitation de Ne- Il-le, conv inrent qu-):-
elle se chargeroit de
l'Enfant qu'elle pro-
~,
mitparunBilletdereprefencerroutes
les fois
que l'amour maternel
d'Angelique la presseroit
de voir en secret
cette petite fille, car
c'eneftoitune, 6L qui
ressembloit parfaitement
à saMere.
Nerine part avec la
petite fille, & court
d'abord chez Dorimene
nequi n'attendoit que
l'heure d'accoucher de
l'Enfant d'Angelique.
Elle s'estoit mise depuis
quelques jours au
lit, oùplusieurs voisiries
la venoient voir.
Les témoins luy efc
toient necessaires afin
qu'on ne pust dans la
fuite luy chicaner la
proprieté de l'Enfant
qui alloit paroistre. Il
falloit donc que ces
voilines vissent & ne
vissent pas; c'e st ce qui
l'embarassoit; car elles
estoient trop curieuses
& trop empressées à la
secourir. Ilestoitdifficile
d'éluder leurs curiositez
ind iscretes.
D'un autre côté Nerineestoitarrivée
avec
l'Enfant parune petite
ruë destournée oùdonnoit
un Jardin de la
maison.Ellegagnapar
un degré dérobe une
Garderobeoù ellelaissa
l'Enfant. Cette Garderobe
donnoit dans la
ruelle du lit de Dorimene
; Nerine entra
seule dans la chambre a donnalesignal.Ausc?
si-tost Dorimene pria
lesvoisines delalaisser
reposer.Elless'éloignèrenttoutesjusqu'à
l'autre
bout de la chambre
,
& bien ditDorimene
impatiente, a
-
quoy en sommes nous.
Tout va bien répond
tout bas Nerine;nous
avons tiré d'affaire nostre
pauvre fille enceinte,
& je vais vous faire
acoucher de l'Enfant
de cette fille-là.
Pendant qu'elles parloient
bas de la maniere
dont elles alloient
joüerdes gobelets l'Enfant
quis'ennuyoitseul
dans la Garderobese
mità crier comme un
Enfant déjà né; lesvoisines
entendirent ces
cris, prématurez
,
6c
tout estoit perdu si Dorimene
n'eu a eu la prefence
d'esprit de couvrir
les cris de l'Enfant
par les siens.Nerine
crioitaussi
, courage,
Madame, courage, &
cela fit un chorus pareil
à celuy que firent
jadis les Corybantespour
cacher àSaturne
les cris du jeuneJupi- ter.
Dans ce moment
Nerine escamota siadroitement
l'Enfant,
que l'ayant glissé sur le
bord du lit, elle l'en
tira comme s'ilfustvenu
de plus loin,& le fit
voir à ces connoisseuses
qui s'estoient avancées.
Elles admirerent sa
beauté, le trouvant
pourtant un peu trop
fort pour sonâge. Nerine
leur figne que la
malade avoit un grand
mal de teste.Elles sortirent
doucement sur
la pointe du pied en
attendant le Baptesme
qui se fit le lendemain
soletnnel lement.
Voila un Enfant
bienvrayemblablement
establidans lafamille
deDorimene.Il y
fut élevépendantquel:
que temps sans qu'Angelique
sceutque c'efroit
le sien. On ne m'a
point dit comment eJ-*
Je en fut in struite;mais
faites attention icy à
ia circonstance la plus
eftonnante de toute
l'histoire. Vous avez
veu la timide Angelique
cacher en tremblant
les fuites de son
mariagesecret, &C on
la voit à present reclamer
publiquement le
témoin de sa faute. Ellenecraint
plus de publier
sa honte: cechangement
neparoist pas
vraysemblable ; c'est
cependant un fait public
, dC qui, comme
j'ay dit, fait à present à
Lion lesujet d'un
grandProcez. L'Avocat
dit que l'amour, matemelseul
la déterminéeàfaireuntel
éclat;
maiselle a eu des raisons
particulières que
je ne puis encore reveler
au public, quand le
Procez sera jugé
,
il
me fera permis dedire
ce que je sçai de ce dé..
nouement,quinerouleencoreà
Lyon, que
sur ladéclaration de la
Sâge- femme.
D'UNE PETITE FILLE
reclamée par deuxmeres.
Ce Procez sepoursuit
presentement à
Lyon ; mais je prendray
l'histoire de plus
loin, car on vient de
m'envoyer des Mémoires
secrets sur l'origine
de cette Avanture.
Ce sont les amours
d'un jeune Lyonnois
& d'une jeune Lyon.,-
noise. Je tairay le nom
de ces deux Amants;
l'histoire est pourtant
publique. Tout Lyon
les connoist
, toute la
Ville les nomme;je ne
les nommeray point ,
je veux estre plus difcret
qu'uneVille entiere.
Leurs noms de
1 galanterie
-
seront , si
vous voulez, Cleonte
& Angelique; & sans
rien changer au fond
de l'Avanture
,
je déguiseray
feulement les
noms, & les qualitez
des principauxActeurs.
Angelique & Cleonte
se rencontrerent par
hazard dans uneAssemblée.
Angelique fille
sage & modeste regarda
tant Cleonte dés la
premiere fois ,-que dés
la seconde ellen'osoit
plus le regarder; mais
C leonte moinstimide
fixasi tendrement ses
yeux sur elle qu'il en
devint passionnement
amoureux.
,-. SiAngeliqueestbrune
ou blonde,si Cleonte
a beaucoup d'esprit
: ous'ilenapeu je n'en
sçay rien. On ne m'a
pas fait le détail de
leurs perfections; mais
j'ay sçuqu'ilss'entr'aimerent
comme s'ils
eussentesté parfaits.
Cleonte trouva un
jour l'occasion de parleren
particulier à Angélique;
d'abord'illuy
fitune déclaration d'amour
à la françoise, &
sans s'amuserà luy apprendre
qu'il l'aimoit,
il commença par luy
jurer qu'il l'aimeroit
toute savie; mais Angelique
le conjura de
ne la point aimer,parce
que des raisons defamille
l'empescheroient
de pouvoir jamais estre
àluy.
Que je fuis malheureux
! s'écria Cleonte,
un Pere avare que j'ay
m'empeschera aussi
d'estre à vous. Ils se
conterent l'un à autre
toutes les raisons de samille
qui s'oppoloienç
à leurunion, & là dessus
ils resolurenttresprudemment
de ne se
plus voir. Angélique
s'en alloit, mais par un
excez de prudence elle
revint sur ses pas pour
défendre à Cleonte de
penjferjamais à elle,,
Ouy ,dit-elle
, pour
vostre repos je vous defends
de maimer. Que
vous estes cruelle! s'é.
cria Cleonte, de soup-.
çonner feulement que
je puisse vous obéir !
ah ! me défendre de
vous aimer c'est me
prouver que vous ne
m'aimez P"ueres.Enfui.
te il se plaignit de [on
malheur en des termes
si tendres, si passionnez
qu'Angelique en soupira,
& luy dit en
voulant fuir
,
he bien
Cleonte aimez moy
donc; mais jevous deffends
de me voir jamais.
Cleonte l'arreste,
se jette à ses genoux, se
desespere;vousaimer
sans vous voir , vous
voulez donc que je
meure. Helas! luy répond-
elle, (croyant
déja le voir mourant)
helas voyez-moy donc;
mais ne me parlez plus
de vostreamour.Autre
dcfefpoir : autres menaces
de mourir.He
bien (dit Angelique
toute troublée ) vous
me parlerez donc; mais
que personne n'en sçacherien
;car si j'y con*
sens,c'est dans fefpe*
rance qu'il arrivera
quelque changement
dans nos affaires.Il en
arrivera sans doute, reprit
Cleonte ; mon amour
m'enassure.~urf
Ils se quitterent dans
l'esperance de pouvoir
obtenir par leurs soins leconsentement de
leurs parents, &C se virent
plusieurs fois pour
se rendre compte des
facilitez qu'ils se fia-,
toient d'avoir trouvées.
Cependant les
obstacles estoient tousjours
lesmesmes; ilsne
diminuoient qu'à leurs
yeux; mais ils se 1es
diminuoient l'unà l'autreàmesure
que Ie.de-!
sir. de les surmonter
augmentent dans tous
les deux. En un mot
leur amour les aveugla
si fort qu'en peu de
jourstoutesles difficultez
di sparurent. Ils se
persuaderent fermement
que rien ne pouvoit
plus s'opposer à
leur Mariage, & qu'ils
n'avoientcontreeux
qu'un peu de temps à»
attendre. Ils remirent
donc lesformalitezà
ce temps- là;mais dés ce
mesme jour la foy de
Mariage fut donnéereciproquement.
UnAnneau
fut mis au doigt
de l'Epouse, & tous
deux convaincus que
lafoy mutuelle& l'anneau
nuptial suffisoient,
tous deux enfin
dans l'aveuglement &
dans la bonne foy s'imaginerent
estrsassez
mariez pour pouvoir
s'assurer qu'ilsl'estoient..
Le Pere de Cieonte
estoit pour lorsà Paris.
SonconsentementcC*
toit necessaire, & nos
Epouxestoient convenus
que c'estoit par la,
qu'il falloitcommencer.
AinsiCieonteresolut
de partir au plustost.
Les adieux furent:
plus tendres que tristes,
parce que Cleorite
estoit seur, disoit-il,
de rapporter le con fen^
tement de son pere. Il
ne quittoit Angélique
que pour aller saffurer
le bonheur de passer avec
elle le reste de la
vie. Il part enfin, 84
laisse Angelique fort
triste de son dépare,
mais tres - persuadée
que le mariage se confirmeroit
à ion retour.
Quelques semaines
secoulerent: Angéliqueentrela
tristesse &
l'esperance n'estoit pas
tant à plaindre qu'elle
le fut dans lafuite. Les
reflexions commencèrentà
la troubler:elle
envisage sa faute, elle
en a honte; maiselle
se flate quecette honte
seratousjours Ignoree, ,
ne sedoutant point jusques-
là
ques-là quelle portoit
dans son sein une preuve
qu'on ne peut tenir
cachée qu'env iron huit
ou neuf mois. Elle ne
connoissoitencore quune
partie du mal qu'-
elleaveit fait: ainsielle
n'en estoit qu'à demi
repentante. Ses regrets
estoient moderez par
un souvenir agréable ;
les regrets sinceres ne
luy vinrentqu'avec les
maux de coeur. ;
Imaginez-vous ses
allarmes & sa douleur;
joignez à cela l'absence
de san Amant : elle
n'en recevoit aucunes
nouvelles; elle se crut
oubliée, trahie, abandonnée.
A quis'en
plaindre? à qui se con- «
sier dans une situation
si cruelle?elle ne trouve
de sou lagement que
dans ses larmes. Laifsons-
la pleurer à loisir
pendantque nous parlerons
des autres personnes
qui ont part à
cette avanture.
Une femme debien,
avoit épousédepuis
quelques années un
bon Bourgeois fortcurieux
d'avoir lignée
,
& fort mal intentionné
pour ses heritiers
collateraux. Cette femme
que je nommeray
Donmene ,va fraire icy
un personnage tout Opt
posé à celuy d'Angelique,
Dorimene avoit le
malheur d'estre sterile,
& c'est ce qui la de[c!:
peroit, car cette sterilité
la faisoit presque,
haïr de son Mary. Le
bon. Bourgeois qui se
preparoit pour lors à
faire un long voyage,
estoit au desespoir de
partir sans sestre assuré
un ,
héritier. Un soir
qu'il rentroit chez luy
triste & rêveur, sa sens"
me qui avoit médité
tout le jour la maniéré
dont ellele recevroit,
attend le momentqu'il
rentre dans sachambre,
court, à luy comme
une femme transportée
de joye
y
se jette à son
col encriant d'unevoix
entrecoupée
,
bonne
nouvelle mon cherMary
! bonne nouve lle !
j'ay tant de joye que je
ne puis parler. Quelle
joye?dit le Mary,de
quoy s'agit-il?Elle, au
lieu de repondre
, recule
quelques pas comme
une femme qui
chancelle, & se laiflc
tomber sur un fauteüil
, en feignant de sévanouir.
Le bon homme
allarmé s'empresse à la
fairerevei-iirellerevient
un peu, le regain
de tendrement, & luy
dit d'une voix soible
ah mon cher maryî
voicy la troisiéme fois
que je m'évanouisdepuis
ce matin
,
& ce
font ces cvanoiiilïcments
qui j-ont ma
joye. Elle recommence
à lembrasser:nouvelle
joye; nouveaux transports.
Estes-vousfolle?
dit leMary Je vous le
repete répliquala femme
, ce sont ces éva- nouiflèments,& ces
maux decoeurqui me
charment, car ils confirment
les doutes que
j'aydepuis quelque
temps. Oïïy mon cher
Mary,jecroisqu'enfin
je suis en estat de vous
donner un gcag9e v0ivant de ma tendresseconjugale.
Ah Ciel! s'écrie
le
le bon Bourgeois3quoy
vous feriez enceinte ?
-cfc-ilpossible?Ellejure
qu'ellele croie. Il
-cmbra& à on tour cetle
qu'ilcroit fécondé;
il est plus charmé qu'-
elle ne seignait de l'estre.
Ce n'e st plus entr'eux
que"mnfports,
que larmes de joye
feintes & veritables.
En un mot depuis ce
moment jusqu'à son
dépare elle joua cette
alternative de joye Se
d'évanoüissement. Et
il partit convaincu qu'-
il trouveroit à Ion retour
Je fils aisné de plusieurs
autresqu'elle luy
promit en iuy disant
adieu.
Dés que leMary fut
parti, Dorimene ne
s'occupa plus que du
foin de paroistre grosse
aux yeux de ses voisiÎIGS
)
& de terminer
cette grossesse comme
si elle eust esté veritable.
Pourcela-ilfalloit
un Enfant d'emprunt;
il falloit confier son
dessein à quelqu'un qui
pust l'aider. Elle fut
trouve£r uneJSage-fem- me qui avoit été autrefois
sa Servante, femme
habile, inventive,
une intriguante enfin,
qui s'appelloit Nerine.
Aprésavoir promis
- une grosse recompense
à cette Nerine
,
Dorimene
luy dit en deux
mots que son dessein
estoit dedonner un fils
à son Mary.
Nerine pleine de ze- lecommenceà luy faire
l'éloge du plus dis-
* cret de tous les jeunes
Lyonnois qu'elle connoissoit.
Dorimenel'interrompt
avec coleré.
Estes-vous folle? ne
po. ,,>
me., connoissez * pas?Jevous - vous pas? Je vous ccoonnnnooiiss
de reste, dit Nerine ;
mais pour faire plaisir à
son Mary,une honneste
femme ne pourroitelle
pas Taisezvous
Nerine. Mais
comment faire donc
Madame ? Comment
faire? reprit Dorimen-
e, je vais vous expliquer
mon dessein,
Dorimene & Nerine
eurent ensemble une
conversation fort
longue. Pour conclure
en deux mots ,
qu'il
fcilloit chercher dansla
Villequelque femme
ou fillequi craignift autant
de paroistreMere
que Dorimene souhaitoit
de lcHre,afin qu'-
elle voulust bien luy
cederson droit de male
ternité.
rendant que nostre
intriguante va cher- ,
cher cet enfant de hazard
chez les plus jolies
personnes de la
Ville,quoyquecela se
trouve aussi chez les
plus laides, Dorimene
commence à joüer toutes
les affectations &
les grimaces d'une premiere
grossesse. Propose-
t-on à Dorimene
une Promenade , elle
l'accepteroit, dit-elle ;
mais la difficulté c'est
la voiture. Le Carosse
la blesserois ; la Chaise
à Porteurs luy souleve
lecoeur; elleapeuren
Batteau ; à pied on fait
des faux pas, le plus
leurest de rester chez
elle; mais elle craint
d'y donner à joüer. Les
grimaces & les contorfions
des Joüeurs luy
sont horreur;elle ne
veut voir que des femmes
gracieuses &C de
beaux hommes. Point
de Spectacles, surtout
I ni Comed ies niOperai,
elle accoucheroit d'un
Neptune ou d'un Arlel.
quin. Elle se reduit
donc au plaisir de la
bonne chere ; elle s'y
dédommagé en se jettant
sur les plus friands
morceaux. Elle les arrache
à ses voisins de
Table: tout permis,
dit-elle,c'est une envie
de femme grosse ; elle
veut mangerde tout ce
qu'elle voit, & dire
tout ce qui luy vient
en pensée,jusqu'à des
médisances, de crainte
que son Enfantn'en
foit marqué.
Parmy toutes ces
feintes, elle n'oublie
pas la principale; il
sautfigurerpar laceinture.
Elle applique
fous un large Corcet
un Coussinet de satinbien
matclasséferriblable
à ceux dont les femmes
maigresse font des
hanches majestueuses.
Dorimene s'en garnit,
& prend foin d'augmenterdemoisenmois
cette grossesse de cotton.
En un mot ,
elle
joüe son rolle si naturellement
que les plus
sins y sont trompez.,
Retournons à la pauvre
Angélique qu_i- prend a*utant de peine,<,
àcacher les défauts de
1 la taille, que celle-cy.
etnipreendnpounr gaester.la
Angélique estoit ro.
peu prés sur son septicme
mois lorsqu'elle sucj
contrainte par une mere
imperieuses qu'elle^
avoit dalleravecelle,
misiter une voisine,&
cette voisine effoit
stement Dorimene.
Cette Mere dd''AAnnggecil'il--
que estoit scrupuleuse
sur Je cérémonial des
visites. Elle '- en devoit
,
une à Dorimene;elle
veut absolument que
[1. fille l'accompagne
dans ce devoir indis-
I pensable. Angelique obéït,&
les voilà chez
I Dorimeneoù plusieurs
autres voisines scitoientassemblées.
;:;.
Angelique souffre 8c
gémit de se voir emprisonnée
dans un habit
serieux ; son corps
la ferre cruellement
quoyqu'il foit lassé
.bien lasche.Ellesetient
droite & se guinde en
hauteur pour tenir
gmoines deuplaceren.lar- Dorimene au coiw
traire estale la grossesse
avec ostentation, bien
à son aise, sans ceinture,
sa Robbe ouverte
à deux battans , appuyant
nonchalemment
ses deux bras
croisez sur l'honorable
fardeau dont chacun
la selicite. Quel crevercoeur
pour Angelique!
quel contraste ! Helas!
dit-elleenellemesme,
que cette femme effc
.t.Jcureu!e de pouvoir
ainsi fairegloire de ce
qui fera ma honte
,
si
l'on s'en apperçoit.
La Sage-femme eCtoit
pour lors dans la
chambre de Dorimene
qui affeotoit de la tenir
prés d'elle depeurd'accident.
Dés qu'Angeliqueavoit
paru cette
rusée avoit remarque
sa taille renforcée &
contrainte
,
sa démarche
che pesante&embarxaffée;
il n'en falloitpas
davantage pour donner
des soupçons à une
connoisseuse. Elle observe
de plus unvisage
affligé & maigri dont
les traitss'a longent. -
Angélique s'apperçoit
qu'on l'examine;elle
est troublée
,
il n'enfaut
pas davantage
pour mettre Nerineau
fait. Cette intriguante
s'approche de Dorimene,
& luydit à l'oreille
: voilà une fille qui
a bien la mine d'avoir
de trop de ce qui
vous manque.
Angeliqua la voyant
parler bas ne douta
plus du jugement
qu'on faisoit d'elle, 8c
pour surcroist de malheur
quelqu'un s'avisa
de dire à Dorimene
qu'elle cfkoit en de boa*
nes mains davoir Nerine
pour Sage-femme.
Au mot de Sage - femme
Angelique paslit
comme un Criminel
qui voit son Juge. La
Mere crut quelle se
trouvoit mal. Nerine
officieuse courut la secourir
par avance, &
c'est ce qui acheva de
lu troubler. Dés que la
Sage-femme a mis la
main sur elle se croit à
terme; lapeurlasaisit;
- elle tombe en foiblesse.
Onla porte sur un lit}-
dans une chambre voisineoù
fous prétexte de
la laisser rcpofcr
,
sa
Mere& lesautres femmes
qui avoientaidé à
la faire revenir de sa
foiblesse, la laisserent
feuleavec Nerine.
Ce fut là le premici:
moment de bonheur
pour Angéliquedepuis
le départde sonAmant,
car Nerine, aprés toutes
les façons que vous
pouvez vous imaginer,
luy fit tout avoüer,
devint sa Confidente ,
& luy promit de la ri.
rer d'affaire sans que sa
Mere mesme puft s'en
appercevoir. En effet,
depuis ce jour-là Ntri,
ne & Angélique prirent
secretement des
mesures.Angélique avoit
une Tante qu'elle
aimoitfort;elle resolut
de luy confier son secret.
Cette Tante avoit
une Maison de Campagne
fort prés de la
Ville. Àinsï quand Nerine
jugea qu'il estoit
temps, la Tante obtint
de la Mere que sa filfe"
iroit passer quelques
jours avec elle à la campagne.
-
Ce fut là qu'Angelique,
parle lecours de
Nerine, se debarassa de
ce qui pouvoit nuire a
sa réputation. Elle retourna
bientost aprés à
la Ville où elle parut
plusbelle, plus fraische,
& plus fille que
jamais.
--
Voicy où comment
cele sujet du Procez.
LaTante& laNièce,
à la sollicitation de Ne- Il-le, conv inrent qu-):-
elle se chargeroit de
l'Enfant qu'elle pro-
~,
mitparunBilletdereprefencerroutes
les fois
que l'amour maternel
d'Angelique la presseroit
de voir en secret
cette petite fille, car
c'eneftoitune, 6L qui
ressembloit parfaitement
à saMere.
Nerine part avec la
petite fille, & court
d'abord chez Dorimene
nequi n'attendoit que
l'heure d'accoucher de
l'Enfant d'Angelique.
Elle s'estoit mise depuis
quelques jours au
lit, oùplusieurs voisiries
la venoient voir.
Les témoins luy efc
toient necessaires afin
qu'on ne pust dans la
fuite luy chicaner la
proprieté de l'Enfant
qui alloit paroistre. Il
falloit donc que ces
voilines vissent & ne
vissent pas; c'e st ce qui
l'embarassoit; car elles
estoient trop curieuses
& trop empressées à la
secourir. Ilestoitdifficile
d'éluder leurs curiositez
ind iscretes.
D'un autre côté Nerineestoitarrivée
avec
l'Enfant parune petite
ruë destournée oùdonnoit
un Jardin de la
maison.Ellegagnapar
un degré dérobe une
Garderobeoù ellelaissa
l'Enfant. Cette Garderobe
donnoit dans la
ruelle du lit de Dorimene
; Nerine entra
seule dans la chambre a donnalesignal.Ausc?
si-tost Dorimene pria
lesvoisines delalaisser
reposer.Elless'éloignèrenttoutesjusqu'à
l'autre
bout de la chambre
,
& bien ditDorimene
impatiente, a
-
quoy en sommes nous.
Tout va bien répond
tout bas Nerine;nous
avons tiré d'affaire nostre
pauvre fille enceinte,
& je vais vous faire
acoucher de l'Enfant
de cette fille-là.
Pendant qu'elles parloient
bas de la maniere
dont elles alloient
joüerdes gobelets l'Enfant
quis'ennuyoitseul
dans la Garderobese
mità crier comme un
Enfant déjà né; lesvoisines
entendirent ces
cris, prématurez
,
6c
tout estoit perdu si Dorimene
n'eu a eu la prefence
d'esprit de couvrir
les cris de l'Enfant
par les siens.Nerine
crioitaussi
, courage,
Madame, courage, &
cela fit un chorus pareil
à celuy que firent
jadis les Corybantespour
cacher àSaturne
les cris du jeuneJupi- ter.
Dans ce moment
Nerine escamota siadroitement
l'Enfant,
que l'ayant glissé sur le
bord du lit, elle l'en
tira comme s'ilfustvenu
de plus loin,& le fit
voir à ces connoisseuses
qui s'estoient avancées.
Elles admirerent sa
beauté, le trouvant
pourtant un peu trop
fort pour sonâge. Nerine
leur figne que la
malade avoit un grand
mal de teste.Elles sortirent
doucement sur
la pointe du pied en
attendant le Baptesme
qui se fit le lendemain
soletnnel lement.
Voila un Enfant
bienvrayemblablement
establidans lafamille
deDorimene.Il y
fut élevépendantquel:
que temps sans qu'Angelique
sceutque c'efroit
le sien. On ne m'a
point dit comment eJ-*
Je en fut in struite;mais
faites attention icy à
ia circonstance la plus
eftonnante de toute
l'histoire. Vous avez
veu la timide Angelique
cacher en tremblant
les fuites de son
mariagesecret, &C on
la voit à present reclamer
publiquement le
témoin de sa faute. Ellenecraint
plus de publier
sa honte: cechangement
neparoist pas
vraysemblable ; c'est
cependant un fait public
, dC qui, comme
j'ay dit, fait à present à
Lion lesujet d'un
grandProcez. L'Avocat
dit que l'amour, matemelseul
la déterminéeàfaireuntel
éclat;
maiselle a eu des raisons
particulières que
je ne puis encore reveler
au public, quand le
Procez sera jugé
,
il
me fera permis dedire
ce que je sçai de ce dé..
nouement,quinerouleencoreà
Lyon, que
sur ladéclaration de la
Sâge- femme.
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Résumé : PROCEZ D'UNE PETITE FILLE reclamée par deux meres.
Le texte relate une histoire complexe impliquant plusieurs personnages à Lyon. L'intrigue commence par une jeune fille, Angélique, qui est réclamée par deux mères lors d'un procès. Angélique et Cleonte, deux jeunes Lyonnais, tombent amoureux malgré les obstacles familiaux. Ils échangent des anneaux et se considèrent mariés, attendant le consentement de leurs parents. Cleonte part à Paris pour obtenir l'accord de son père. Pendant son absence, Angélique, enceinte, est tourmentée par la honte et l'absence de nouvelles de Cleonte, se croyant trahie et abandonnée. Parallèlement, Dorimene, une femme stérile, simule une grossesse pour satisfaire son mari. Elle cherche une femme ou une fille enceinte pour adopter son enfant. Nerine, une sage-femme, remarque Angélique chez Dorimene et suspecte sa grossesse. Cette découverte conduit au procès où deux mères réclament la jeune fille. L'histoire se poursuit avec Angélique, enceinte de son amant secret, perturbée par l'annonce de la venue d'une sage-femme. Nerine, une servante, devient la confidente d'Angélique et l'aide à cacher sa grossesse. Elles élaborent un plan avec la tante d'Angélique, qui possède une maison de campagne où Angélique accouche en secret. Nerine emmène ensuite l'enfant chez Dorimene, qui est sur le point d'accoucher publiquement pour dissimuler la véritable identité de l'enfant. Nerine introduit l'enfant dans la chambre de Dorimene de manière discrète, malgré la curiosité des voisines. Dorimene et Nerine parviennent à tromper les voisines en faisant croire que l'enfant est le sien. L'enfant est élevé dans la famille de Dorimene sans qu'Angélique en soit informée pendant un certain temps. Plus tard, Angélique décide de révéler publiquement sa maternité, ce qui conduit à un procès à Lyon. L'avocat d'Angélique invoque l'amour maternel comme motif de cette révélation, mais des raisons particulières, non encore divulguées, expliquent ce changement de comportement. Le dénouement de l'histoire reste en suspens, dépendant de la déclaration de la sage-femme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 126-133
INONDATIONS.
Début :
Inondation de Geneve. Le degel & la fonte des neiges [...]
Mots clefs :
Genève, Lyon, Rhône, Saône, Inondations, Eau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INONDATIONS.
INONDATIONS,
Inondation de Gencve.
L,-Le degel & la fonte
des neigesfirent enfler de
forre la petite riviere d'Aire
,
& luy donnèrent un
cours si rapide,que le 12.
du mois de Février elle fit
rétrograderle Rhone dans
le Lac, & fit tourner à contre
sens
,
pendant tour un
jour, les roues. desMoulins
àc< des, machines qui
fervent aux Fontaines publiques
, ce qu'on navoit
jamais vü.
Le Rhônedevint sienflé
par le concours de plufleurs
rivieres qui s'y jettent
yqu'à l'endro où il
se joint avec la Saône, il
tenoitune demi-tieuë:mais
ce qui en de plus remarquable,
c'est qu'il traversentleLac
de Geneve dans
toute sa longueur, sans se
meiler à ses eaux, tant l'impetuosité
avec laquelle il y
entroit étoit grande. Un
pareil événementn'auroitil
pas donné lieu à la Fable
du Fleuve Acis quiestant
devenu amoureux de lix
Nymphe Galatée, alla la
chercher jusques dans la
Sicile, sans mesler ses eaux
à celles de la mer.
De Lyon.
Jer/âfondu Rhône é5 de
la Saône a Lyon le 13. Février,veilledeS.
Ad-attkias ,dans la
Placea'ppellee Confort.
La veille de la Feste
de S, Matth ieu, aprés mi^
nuit, le Rhône avec la Saone
furent entièrement dé-
:bordez, contre les effetsordinaires
dece fleuve & cte
cette riviere qui ne grossissent
que dans l'intervalle
dequelquesjours. Le lit du
premier,qui termine la
Ville de Lyon du cofté de
la Province de D,1Uphiné'j;
& celuy de la Saône qui
couleau milieu de 11Ville,
-se joignirent dans la Place
L
,.
de Bellecour & celle de
Confort,avec une si orande
abondance d'eau, q"c
toute la partie de cette Ville
qui le trouve entre ces'
deux Places jusques dans la
ruë Merciere
,
fut si fort
inondée que toutes les maisons
ne purent plus se communiquer
que par bateaux.
On na pas de peine à concevoir
le desordre que cela
a causé dans tout ce quartier
par l'interruption du
commerce,&c le demcnagement
des boutiques ou
plusieurs marchandises furent
mouillez Les Eglises
desJacobins,des Celestins,
& de la Charité en ont le
plus souffert. Le vieux Alsenal
qui est voisin de la
Saone a elle presque tout
inondé.Heureusementtoute
l'Artillerie & les munitions
de guerre avoient esté
transportées depuis peu
d'années dans le nouvel
Arsenal basty par les soins
deMr le Maréchal de villeroy
,
nostre Gouverneur.
Le Pont de bois de Bellecour
a esté presque tout
emporté, ainsi que quantité
de maisons du Fauxbourg
de la Guillotiere.
Cequ'il ya de remarquable
, c'est qu'on a observé
par une Inscription gravée
sur une Pyramide bastie
detemps immémorialdans
le milieu de la Place de
Confort, que le Rhône &
la Saone ne s'estôient pas
joints dans cette Place depuis
l'an 1554.&.cjue par
les mesures de la hauteur
où l'eau monta alors., on a
vérifié que cette demiere
inondationasurpassel'autre
d un pied & demy.
A l'égard de Paris
,
il
ny a pas eu d'effets fort
extraor dinaires. L'inondation
& l'eau n'a esté qu'à
trois pieds & demi prés du.
marbre qu'ona mis dans le
Cloistre des Celeitins,pour
marquerla hauteur del'eau
en Février1658 J'attendois
des remarque sur les ravages
qu'a faitlaLoire, je ne
les aurayque pour le mois
prochain.
Inondation de Gencve.
L,-Le degel & la fonte
des neigesfirent enfler de
forre la petite riviere d'Aire
,
& luy donnèrent un
cours si rapide,que le 12.
du mois de Février elle fit
rétrograderle Rhone dans
le Lac, & fit tourner à contre
sens
,
pendant tour un
jour, les roues. desMoulins
àc< des, machines qui
fervent aux Fontaines publiques
, ce qu'on navoit
jamais vü.
Le Rhônedevint sienflé
par le concours de plufleurs
rivieres qui s'y jettent
yqu'à l'endro où il
se joint avec la Saône, il
tenoitune demi-tieuë:mais
ce qui en de plus remarquable,
c'est qu'il traversentleLac
de Geneve dans
toute sa longueur, sans se
meiler à ses eaux, tant l'impetuosité
avec laquelle il y
entroit étoit grande. Un
pareil événementn'auroitil
pas donné lieu à la Fable
du Fleuve Acis quiestant
devenu amoureux de lix
Nymphe Galatée, alla la
chercher jusques dans la
Sicile, sans mesler ses eaux
à celles de la mer.
De Lyon.
Jer/âfondu Rhône é5 de
la Saône a Lyon le 13. Février,veilledeS.
Ad-attkias ,dans la
Placea'ppellee Confort.
La veille de la Feste
de S, Matth ieu, aprés mi^
nuit, le Rhône avec la Saone
furent entièrement dé-
:bordez, contre les effetsordinaires
dece fleuve & cte
cette riviere qui ne grossissent
que dans l'intervalle
dequelquesjours. Le lit du
premier,qui termine la
Ville de Lyon du cofté de
la Province de D,1Uphiné'j;
& celuy de la Saône qui
couleau milieu de 11Ville,
-se joignirent dans la Place
L
,.
de Bellecour & celle de
Confort,avec une si orande
abondance d'eau, q"c
toute la partie de cette Ville
qui le trouve entre ces'
deux Places jusques dans la
ruë Merciere
,
fut si fort
inondée que toutes les maisons
ne purent plus se communiquer
que par bateaux.
On na pas de peine à concevoir
le desordre que cela
a causé dans tout ce quartier
par l'interruption du
commerce,&c le demcnagement
des boutiques ou
plusieurs marchandises furent
mouillez Les Eglises
desJacobins,des Celestins,
& de la Charité en ont le
plus souffert. Le vieux Alsenal
qui est voisin de la
Saone a elle presque tout
inondé.Heureusementtoute
l'Artillerie & les munitions
de guerre avoient esté
transportées depuis peu
d'années dans le nouvel
Arsenal basty par les soins
deMr le Maréchal de villeroy
,
nostre Gouverneur.
Le Pont de bois de Bellecour
a esté presque tout
emporté, ainsi que quantité
de maisons du Fauxbourg
de la Guillotiere.
Cequ'il ya de remarquable
, c'est qu'on a observé
par une Inscription gravée
sur une Pyramide bastie
detemps immémorialdans
le milieu de la Place de
Confort, que le Rhône &
la Saone ne s'estôient pas
joints dans cette Place depuis
l'an 1554.&.cjue par
les mesures de la hauteur
où l'eau monta alors., on a
vérifié que cette demiere
inondationasurpassel'autre
d un pied & demy.
A l'égard de Paris
,
il
ny a pas eu d'effets fort
extraor dinaires. L'inondation
& l'eau n'a esté qu'à
trois pieds & demi prés du.
marbre qu'ona mis dans le
Cloistre des Celeitins,pour
marquerla hauteur del'eau
en Février1658 J'attendois
des remarque sur les ravages
qu'a faitlaLoire, je ne
les aurayque pour le mois
prochain.
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Résumé : INONDATIONS.
En février, des inondations ont touché plusieurs régions. À Genève, la fonte des neiges a gonflé la rivière d'Aire, inversant le cours du Rhône et affectant des moulins le 12 février. Le Rhône, enflé par plusieurs rivières, a traversé le Lac Léman sans se mélanger à ses eaux. À Lyon, le Rhône et la Saône ont débordé la veille de la fête de Saint Matthieu, inondant la ville entre les places Bellecour et Confort. Cette inondation a causé des désordres commerciaux et endommagé plusieurs bâtiments, dont des églises et l'ancien arsenal. Le pont de bois de Bellecour et des maisons du faubourg de la Guillotière ont été emportés. Une inscription sur une pyramide à la place de Confort indiquait que les deux fleuves ne s'étaient pas joints depuis 1554, et cette inondation a surpassé la précédente de un pied et demi. À Paris, l'inondation a atteint trois pieds et demi de hauteur dans le cloître des Célestins.
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9
p. 125-134
JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Début :
De Lion ce 20 Fevrier. Il seroit inutile de vous envoyer un dispositif [...]
Mots clefs :
Procès, Lyon, Enfant, Mères, Amour
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texteReconnaissance textuelle : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
IIIe PARTIE
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
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Résumé : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Le texte décrit un procès impliquant Angelique et son enfant, né d'une relation secrète avec Cleonte. Deux mères se disputent la garde : la mère biologique, Angelique, et la mère adoptive. Angelique n'a pas pu prouver sa grossesse et l'allaitement, ce qui a conduit à la garde de l'enfant par la mère adoptive. Angelique a abandonné le procès, probablement en raison du manque de preuves et du désintérêt de Cleonte. La relation entre Angelique et Cleonte a commencé par un mariage secret, mais Cleonte a changé d'avis en route vers Paris, où il a hérité d'une fortune et oublié Angelique. Des années plus tard, malade, Cleonte a reconnu Angelique et leur fille dans un testament, leur laissant une somme d'argent et une pension. Après sa mort, Angelique a réclamé l'enfant, déclenchant le procès.
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10
p. 113-133
GRAND ACCIDENT ARRIVÉ A LYON
Début :
L'accident arrivé à Lyon le onze Octobre est si [...]
Mots clefs :
Accident, Lyon, Pont de la Guillotière, Chevaux, Foule, Peuple, Femmes, Barrière, Chirurgiens, Cadavres, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAND ACCIDENT ARRIVÉ A LYON
GRAND ACCIDENT,
ARRIVE' A LYON.
L'Accidentarrivé à
Lyon le onze Octobre
est si extraordinaire,
que l'on a crû en devoir
donner le récit
dans les mêmes termes
qu'il a esté envoyé par
un témoin oculaire.
De Lyon le 12. Octobre.
Hier Dimanche, onze
de ce mois, entre six &
sept heures du soir, cmi
centpersonnes furent
tuées oublessées sur le
Pont du "BJoone de la
Cuillotiere ; en voici le
sujet. Tous les ans lepeuplede
Lyon-va en dévotionà
une Eglise en Dlluphiné,
à une lieuë de la
Ville,sous l'invocation
desaint DenIs) dans la
Paroisse de Bron, & le
jour de la dévotion est
toujours le Dimanche qui
suitlejourde la fêtede
de ce Saint. Tout lepeuple
revenoit en soule, &
si pressé
, que depuis le
bout de la Guillotiere jusques
à la forte dela Ville
tout estoit plein&ferré
à ïexceZj. Lepont du
Rhône,comme voussçat¡;
ez. a une descente ajjez*
rapideauprès de la porte
qUI vienten Bellecourt,
cette foule de peuple à
l'endroit de cette descente
fut renversee&culbutée
demaniere que les dernierspoussant
lespremiers
ceux-cise monterent les
unssur les autres jusques
àla hauteur d'unpremier
étage,&s',é,.craso- ienttous
impitoyablement, en sortequ'on
tira lescorpsétous
se,souslapresseaunombre
de deux cent dix-huit
personnes quej'ay evues é.
tenduës le long du rampart
: les autres furent
emportez chezeux partie
mourans, (5 expirerent
peu de tempsaprés
vestrearrivez,plusieurs
vinrent finir leurvie
à l'Hôtel-Dieu, &plusieurs
enfin ont eeé blesfezj
,
meurtresou estropiez
: des familles entieresy
ontperi, peres, meres
fj) enfans. Des maris
y ont vu mourir leurs
femmes, des femmes y
ont vûécraser leursmaris
: Jugezcombien de
veuves, d'orphelins, en
un mot quelledesolation
Ifrmlna une journée qui
jusques-là avoit estési
bellei e5 où on s'efîoit bien
diverti.Vousestesenpeine
de sçavoir comment
arriva un accidentsisunefie
&si I*noü;>sIZ)OUS
allez.. l'apprendre.
Comme la nuit tomboit
lessoldats desportes
voulant rançonner les
gens qui se trouveroient
fermez hors de la Ville , tirerent la barrièredela
porte)(J) lessaisoient composer
pour entrer les uns
aprés les autres:cetteceremonie
donna le temps à
la foule du monde à se
presser encore davantage
à l'endroit du corps de
garde qui efi entre les
deuxportes,joint à ce qu'-
onsonnoit la retraitepour
faire avancer à grands
pas ceux qui estoient encore
au fauxbourg,& le
long des chemins:Voila
donc unepopulaceentasfée
au devant de cette
barriere
,
attendez un
moment, vous la verrez,
déboucher de la maniere
du monde laplussurprenante.
Un carosse venant
de Bellecour se presenta
àcettebarriere poursortir
la Ville ; les soldats
sont obligez, de leur donner
passagê, ft} pour cela
d'ouvrir ladite barriere;
toutaussitôt le peuple qui
est u" animal se jetta
avec tant d'impetuosité
pour profiter de cette ouruertur£,
& entrer plus
visse que leschevaux,
quinepouvantsoustenir
l'ffur; de la foule furent
renyerfezj dans le même
temps ; tout ce peuple ensemblese
jetta autravers
des chevaux, & en un
instant tout futconfondu,
hommes&femmes, ensans,
chevaux & caresse,
tout fut écrasé. Vous noterez,
qu'au dedans de
cette barriere étoientdeux
chaisesroulantes,des homme-
rà cheval
,
deschaises
àporteurs, 19 que le torrent
dela foulequipoussoit
toujours de dessus le
Pont,jointà l'avantage
que luy donnoit la descente
,que necessairement
les premiers furent obligez,
ase monter les uns
sur les autres à la hauteur
que je vouf aydit,
les chaises furent moulëes,
les chevaux étouffez^
avec les gens, non
sans avoir mordu &
rué de grands coups de
pieds, quifaisoientencore
plus tomber ceux quiestoient
contraints de s'en
approcher. Je vous laisse
à lueer quel désordre,
quels hurlemens, quels
hannissemens
, & quel
deuil afuivt cette trisse
scene.
Mais ce que v,ous admirerez,
encore davantage
eïl que ma soeur avec
une femme de chambre,
qui étoient allées àla
Guillotierre à pied pour
voirentrertoutcemonde,
eurent le bonheur dese
trouver prés de la barriere
lorsquonl'ouvrit pour
laiserpasser le carosse, &
quelles n'eurent que le
tems deseglisseràcoté du
carosie rerdans la
Ville, lorfàuuvinstant
aprèscemêmecarosse fut
renversé, & que to'4tle
fracas arriva ; la Maitrefft
du carofe estMadame
de Servien,&fut
traînéepar deuxsoldats
de la porte dans le Corps
de Garde: mais elle eut
lechagrin de voir perir
fon cocher, ses deux chevfaurx
,a&csoancajroiss.eetout
Des Chirurgiens acconrurent
à cet événement,
comme à lafindune bata
lie ; &entre autres
operations qu'ils eurent à
faire, celled'ouvrir les
femmes enceintes pour
en tirer les enfins fitpaslamoindre;pa,rmnye
tous ces morts il y a eu
,de bons Bourgeois, des
Marchands, despersonnes
aisées
,
des artisans3
.des valets & des sermantes.
Mr. le Prévost des,
Marchands> Mr. de
Vallorge Major de la
Ville,t0 Air.leProcureur
General, y accouturent,
ilsy ont passé
toute la nuit à faire ranger
les corpsmorts, à les
numérotersurlefront &
les marquerd'un cachet,
en même temps ils flisoientfaire
un pacquet de
leurs effets & de tout
-ce qui étoit sur eux
sujet àse perdre,&ma1--
quoient cepacquet du mê.
me numero rU du mème
cachet, afin que les Parens
pussent recevoir tout
ce qui pouvoit leur appartenir.
Le lendemain chacun
.a!la reconnoître les liens,
& ces Cadavres furent
emportez, chacun en sa
.P¿,roij]e,poury être enterrez;
deforte qu'après
lesVespres l'on nevojoit
par toute la Ville, que
ides Enterremens & des
lamentations.
D'autres Lettres portent
que la principale
cause de ce grand accident,
dent, fut que les gens
qui étoient les pluséloi.
gnez de tabarrière, entendant
le grand bruit
qu'on y faisoit, au lieu
des'écarter pour donner
aux autres la facilité
d'ouvrir le passage,
s'avancerent tout à
coup, soit par la curiosité
desçavoir ce que c'était, soit par la
crainte qu'ils avoient
-
de ne pouvoir rentrer
dans la ville, ensorte
que ceux qui se trouvoienc
à la tête de cette
longue file, ne pouvant
avancer furent renversez;
queceuxquiétoient
les plus prés d'eux furent
en Incme temps
culbutez sureux, & sur
ceux-cy, ceux qui les
joignoient,ne pouvant
faire autre chose que de
monter sur ceux qui
étoient devant eux, par
l'imposibilité de résister
au poids qui les
pressoit par derriere >
qu'un Lieutenant Colonel
qui avoit misle
pistolet à la main pour
le faire faire jour au travers
de la foule, avoit
aussi été étouffé de même
que son cheval, Se
que l'on avoit trouvé
dans la riviere une lieuë
au-dessous duPont,plusieurs
personnes qui s'y
étoient jettées plûtost
que de le laisserécraser
contre le parapet.
Le Pont de la Guillotiere,
sur le Rhosne,
est basti degrosses pierres
de taille: il a cent
cinquante pas de longueursur
dix-neuf
grandes arches: Ily a
dans le milieu de ce
Pont une forte Tour
que l'on dit faire la réparation
du Lyonnois
& du Dauphiné, quoyque
le Faux-bourg de
la Guiilotiere
, qui est
au, bout de ce Pont,
prétende estreduLyonnoise
On garde ordinairement
les portes de
laVillede Lyon: mais
principalement celle
du Rhosne, comme
étant la plus proche des
Terres Etrangères.
ARRIVE' A LYON.
L'Accidentarrivé à
Lyon le onze Octobre
est si extraordinaire,
que l'on a crû en devoir
donner le récit
dans les mêmes termes
qu'il a esté envoyé par
un témoin oculaire.
De Lyon le 12. Octobre.
Hier Dimanche, onze
de ce mois, entre six &
sept heures du soir, cmi
centpersonnes furent
tuées oublessées sur le
Pont du "BJoone de la
Cuillotiere ; en voici le
sujet. Tous les ans lepeuplede
Lyon-va en dévotionà
une Eglise en Dlluphiné,
à une lieuë de la
Ville,sous l'invocation
desaint DenIs) dans la
Paroisse de Bron, & le
jour de la dévotion est
toujours le Dimanche qui
suitlejourde la fêtede
de ce Saint. Tout lepeuple
revenoit en soule, &
si pressé
, que depuis le
bout de la Guillotiere jusques
à la forte dela Ville
tout estoit plein&ferré
à ïexceZj. Lepont du
Rhône,comme voussçat¡;
ez. a une descente ajjez*
rapideauprès de la porte
qUI vienten Bellecourt,
cette foule de peuple à
l'endroit de cette descente
fut renversee&culbutée
demaniere que les dernierspoussant
lespremiers
ceux-cise monterent les
unssur les autres jusques
àla hauteur d'unpremier
étage,&s',é,.craso- ienttous
impitoyablement, en sortequ'on
tira lescorpsétous
se,souslapresseaunombre
de deux cent dix-huit
personnes quej'ay evues é.
tenduës le long du rampart
: les autres furent
emportez chezeux partie
mourans, (5 expirerent
peu de tempsaprés
vestrearrivez,plusieurs
vinrent finir leurvie
à l'Hôtel-Dieu, &plusieurs
enfin ont eeé blesfezj
,
meurtresou estropiez
: des familles entieresy
ontperi, peres, meres
fj) enfans. Des maris
y ont vu mourir leurs
femmes, des femmes y
ont vûécraser leursmaris
: Jugezcombien de
veuves, d'orphelins, en
un mot quelledesolation
Ifrmlna une journée qui
jusques-là avoit estési
bellei e5 où on s'efîoit bien
diverti.Vousestesenpeine
de sçavoir comment
arriva un accidentsisunefie
&si I*noü;>sIZ)OUS
allez.. l'apprendre.
Comme la nuit tomboit
lessoldats desportes
voulant rançonner les
gens qui se trouveroient
fermez hors de la Ville , tirerent la barrièredela
porte)(J) lessaisoient composer
pour entrer les uns
aprés les autres:cetteceremonie
donna le temps à
la foule du monde à se
presser encore davantage
à l'endroit du corps de
garde qui efi entre les
deuxportes,joint à ce qu'-
onsonnoit la retraitepour
faire avancer à grands
pas ceux qui estoient encore
au fauxbourg,& le
long des chemins:Voila
donc unepopulaceentasfée
au devant de cette
barriere
,
attendez un
moment, vous la verrez,
déboucher de la maniere
du monde laplussurprenante.
Un carosse venant
de Bellecour se presenta
àcettebarriere poursortir
la Ville ; les soldats
sont obligez, de leur donner
passagê, ft} pour cela
d'ouvrir ladite barriere;
toutaussitôt le peuple qui
est u" animal se jetta
avec tant d'impetuosité
pour profiter de cette ouruertur£,
& entrer plus
visse que leschevaux,
quinepouvantsoustenir
l'ffur; de la foule furent
renyerfezj dans le même
temps ; tout ce peuple ensemblese
jetta autravers
des chevaux, & en un
instant tout futconfondu,
hommes&femmes, ensans,
chevaux & caresse,
tout fut écrasé. Vous noterez,
qu'au dedans de
cette barriere étoientdeux
chaisesroulantes,des homme-
rà cheval
,
deschaises
àporteurs, 19 que le torrent
dela foulequipoussoit
toujours de dessus le
Pont,jointà l'avantage
que luy donnoit la descente
,que necessairement
les premiers furent obligez,
ase monter les uns
sur les autres à la hauteur
que je vouf aydit,
les chaises furent moulëes,
les chevaux étouffez^
avec les gens, non
sans avoir mordu &
rué de grands coups de
pieds, quifaisoientencore
plus tomber ceux quiestoient
contraints de s'en
approcher. Je vous laisse
à lueer quel désordre,
quels hurlemens, quels
hannissemens
, & quel
deuil afuivt cette trisse
scene.
Mais ce que v,ous admirerez,
encore davantage
eïl que ma soeur avec
une femme de chambre,
qui étoient allées àla
Guillotierre à pied pour
voirentrertoutcemonde,
eurent le bonheur dese
trouver prés de la barriere
lorsquonl'ouvrit pour
laiserpasser le carosse, &
quelles n'eurent que le
tems deseglisseràcoté du
carosie rerdans la
Ville, lorfàuuvinstant
aprèscemêmecarosse fut
renversé, & que to'4tle
fracas arriva ; la Maitrefft
du carofe estMadame
de Servien,&fut
traînéepar deuxsoldats
de la porte dans le Corps
de Garde: mais elle eut
lechagrin de voir perir
fon cocher, ses deux chevfaurx
,a&csoancajroiss.eetout
Des Chirurgiens acconrurent
à cet événement,
comme à lafindune bata
lie ; &entre autres
operations qu'ils eurent à
faire, celled'ouvrir les
femmes enceintes pour
en tirer les enfins fitpaslamoindre;pa,rmnye
tous ces morts il y a eu
,de bons Bourgeois, des
Marchands, despersonnes
aisées
,
des artisans3
.des valets & des sermantes.
Mr. le Prévost des,
Marchands> Mr. de
Vallorge Major de la
Ville,t0 Air.leProcureur
General, y accouturent,
ilsy ont passé
toute la nuit à faire ranger
les corpsmorts, à les
numérotersurlefront &
les marquerd'un cachet,
en même temps ils flisoientfaire
un pacquet de
leurs effets & de tout
-ce qui étoit sur eux
sujet àse perdre,&ma1--
quoient cepacquet du mê.
me numero rU du mème
cachet, afin que les Parens
pussent recevoir tout
ce qui pouvoit leur appartenir.
Le lendemain chacun
.a!la reconnoître les liens,
& ces Cadavres furent
emportez, chacun en sa
.P¿,roij]e,poury être enterrez;
deforte qu'après
lesVespres l'on nevojoit
par toute la Ville, que
ides Enterremens & des
lamentations.
D'autres Lettres portent
que la principale
cause de ce grand accident,
dent, fut que les gens
qui étoient les pluséloi.
gnez de tabarrière, entendant
le grand bruit
qu'on y faisoit, au lieu
des'écarter pour donner
aux autres la facilité
d'ouvrir le passage,
s'avancerent tout à
coup, soit par la curiosité
desçavoir ce que c'était, soit par la
crainte qu'ils avoient
-
de ne pouvoir rentrer
dans la ville, ensorte
que ceux qui se trouvoienc
à la tête de cette
longue file, ne pouvant
avancer furent renversez;
queceuxquiétoient
les plus prés d'eux furent
en Incme temps
culbutez sureux, & sur
ceux-cy, ceux qui les
joignoient,ne pouvant
faire autre chose que de
monter sur ceux qui
étoient devant eux, par
l'imposibilité de résister
au poids qui les
pressoit par derriere >
qu'un Lieutenant Colonel
qui avoit misle
pistolet à la main pour
le faire faire jour au travers
de la foule, avoit
aussi été étouffé de même
que son cheval, Se
que l'on avoit trouvé
dans la riviere une lieuë
au-dessous duPont,plusieurs
personnes qui s'y
étoient jettées plûtost
que de le laisserécraser
contre le parapet.
Le Pont de la Guillotiere,
sur le Rhosne,
est basti degrosses pierres
de taille: il a cent
cinquante pas de longueursur
dix-neuf
grandes arches: Ily a
dans le milieu de ce
Pont une forte Tour
que l'on dit faire la réparation
du Lyonnois
& du Dauphiné, quoyque
le Faux-bourg de
la Guiilotiere
, qui est
au, bout de ce Pont,
prétende estreduLyonnoise
On garde ordinairement
les portes de
laVillede Lyon: mais
principalement celle
du Rhosne, comme
étant la plus proche des
Terres Etrangères.
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Résumé : GRAND ACCIDENT ARRIVÉ A LYON
Le 11 octobre, un accident tragique s'est produit à Lyon sur le Pont de la Guillotière. Environ cent personnes ont été tuées ou blessées lors d'une procession de retour d'une dévotion à une église en Dauphiné. La foule, pressée de rentrer en ville, s'est amassée sur le pont, provoquant une bousculade meurtrière. Les derniers de la file ont poussé les premiers, entraînant une chute en cascade où les gens se sont écrasés les uns sur les autres. Les corps ont été retrouvés le long du rempart, et de nombreux blessés ont été transportés à l'Hôtel-Dieu. Des familles entières ont été décimées, laissant de nombreux veufs et orphelins. L'accident a été exacerbé par l'ouverture de la barrière de la porte pour laisser passer un carrosse, permettant à la foule de se précipiter en avant. La descente rapide du pont et la pression de la foule ont contribué à la tragédie. Des chirurgiens ont dû intervenir pour des opérations d'urgence, y compris l'extraction d'enfants de femmes enceintes. Les autorités, dont le Prévôt des Marchands, le Major de la Ville et le Procureur Général, ont passé la nuit à organiser les corps et à récupérer les effets personnels des victimes. Le lendemain, les corps ont été identifiés et enterrés, et la ville était en deuil. D'autres rapports indiquent que la curiosité et la peur des retardataires ont également contribué à l'accident. Le Pont de la Guillotière, long de cent cinquante pas et composé de dix-neuf arches, est un point stratégique de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 236-241
Mr Anisson continué Prevost des Marchands de la Ville de Lyon, [titre d'après la table]
Début :
On fait quelquefois de grandes fautes dans le Mercure, par [...]
Mots clefs :
Correction, Prévôt des marchands, Lyon, Commerce, Prévôts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr Anisson continué Prevost des Marchands de la Ville de Lyon, [titre d'après la table]
On fait quelquefois de grandes fautes dans
le Mercure
, par le desir
de bien faire
,
veut-on
donner des Nouvelle^
trop fraiches, on est en
danger d'en donner de
douteuses, c'estcequ'on
afait lemois passé, pour,
ne s'être pas donne le
temps de verifier un
mémoire, qui portoit:
que M. Anisson,député
de la ville de Lionau
conseildu Commerce,
avoitété fait Prevost
des Marchands de ladite Ville, & cela ne s'est
pas trouvé vray. C'est
M. Ravat, qui, ayant été nommé pour les an- nées 1708. & 1709. &
continuépour 1710. 8C
1 1 1711. a
été continué une
xçconde fois pour 1712.
&C171}.
,', De Lion.
Le Prevost des Marchands de Lion préside
à !afJLÏrifdi&iÇ>n de la
consignation de Lion
Ja plus celebre de l'Europe pourles affaires du
Commerce, dont les Jugemens sont executez
dans toute l'étenduëdu
JVpyaume
,
&.- meme
dans les Pays étrangers,
8c il commande dans la
Ville enl'a'bf l'absence du
Gouverneur,!
, M,, Ravat. s'est donduit dans cette place
avectant de prudence
&desagesse,pendant
les quatreannéesdernieres ,qu'il a mérité
d'êtrecontinué
une
fecondefois,parune distinctionqui n'a - point
eûd'exemple depuis117
ans auc ansquelala Prevosté Prévoie des
Marchands a
été établie dans Lion.
Quoiqu'on n'ait point
dû prévoircette continuation, M. le Maréchal de Villeroy a
bien
connu qu'il rempliroit,
en la faisant, les voeux
de tous les ordres de la
ville de Lion, qui regarde comme une justice de faire joüir M.
Ravat de la tranquillité que nous esperons
par la Paix, puisqu'il a
1
essuyé
,,ffuye pendant quatre
années toutes fortes de
~raver[es, l'aproche des
ennemis, la famine,
& le dérangement du
Commerce, ayant remedié à tous ces maux ila satisfaction de tout
le monde,& retabli la
~seureté, l'abondance,
& la confiance dans les
affaires
le Mercure
, par le desir
de bien faire
,
veut-on
donner des Nouvelle^
trop fraiches, on est en
danger d'en donner de
douteuses, c'estcequ'on
afait lemois passé, pour,
ne s'être pas donne le
temps de verifier un
mémoire, qui portoit:
que M. Anisson,député
de la ville de Lionau
conseildu Commerce,
avoitété fait Prevost
des Marchands de ladite Ville, & cela ne s'est
pas trouvé vray. C'est
M. Ravat, qui, ayant été nommé pour les an- nées 1708. & 1709. &
continuépour 1710. 8C
1 1 1711. a
été continué une
xçconde fois pour 1712.
&C171}.
,', De Lion.
Le Prevost des Marchands de Lion préside
à !afJLÏrifdi&iÇ>n de la
consignation de Lion
Ja plus celebre de l'Europe pourles affaires du
Commerce, dont les Jugemens sont executez
dans toute l'étenduëdu
JVpyaume
,
&.- meme
dans les Pays étrangers,
8c il commande dans la
Ville enl'a'bf l'absence du
Gouverneur,!
, M,, Ravat. s'est donduit dans cette place
avectant de prudence
&desagesse,pendant
les quatreannéesdernieres ,qu'il a mérité
d'êtrecontinué
une
fecondefois,parune distinctionqui n'a - point
eûd'exemple depuis117
ans auc ansquelala Prevosté Prévoie des
Marchands a
été établie dans Lion.
Quoiqu'on n'ait point
dû prévoircette continuation, M. le Maréchal de Villeroy a
bien
connu qu'il rempliroit,
en la faisant, les voeux
de tous les ordres de la
ville de Lion, qui regarde comme une justice de faire joüir M.
Ravat de la tranquillité que nous esperons
par la Paix, puisqu'il a
1
essuyé
,,ffuye pendant quatre
années toutes fortes de
~raver[es, l'aproche des
ennemis, la famine,
& le dérangement du
Commerce, ayant remedié à tous ces maux ila satisfaction de tout
le monde,& retabli la
~seureté, l'abondance,
& la confiance dans les
affaires
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Résumé : Mr Anisson continué Prevost des Marchands de la Ville de Lyon, [titre d'après la table]
Le texte critique la publication hâtive de fausses nouvelles dans le Mercure, illustrant ce danger par un exemple récent. Le mois précédent, une information erronée avait été publiée selon laquelle M. Anisson avait été nommé Prévôt des Marchands de Lyon. En réalité, c'est M. Ravat qui occupait ce poste depuis 1708, ayant été réélu pour les années 1708 à 1711 et reconduit pour 1712 et 1713. Le Prévôt des Marchands de Lyon préside la juridiction de la consignation de Lyon, célèbre en Europe pour ses jugements exécutés dans tout le royaume et même à l'étranger. Il assure également la gouvernance de la ville en l'absence du gouverneur. M. Ravat a exercé cette fonction avec prudence et sagesse, méritant ainsi une reconduction exceptionnelle, la première depuis 117 ans. Le maréchal de Villeroy a reconnu que cette décision répondait aux attentes de tous les habitants de Lyon, qui apprécient la gestion de M. Ravat face aux difficultés telles que la guerre, la famine et les perturbations commerciales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 195-208
CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
Début :
Un jeune Officier devint amoureux d'une jeune personne appellée [...]
Mots clefs :
Mère, Fille, Lyon, Deux pères, Officier amoureux, Fidélité, Marianne, Juge, Procès, Loi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
CONTRE-PARTII
duprocès deLion.
LA PETITE FILLE.
àdeux feres, UN -
jeuneOfficier devint amoureux d'une jeune
personne appellée Marianne ;elle: lepréféra à un
vieux Bourgeoistrés-opulent. CetOScierecoic si
bienfait & si pauvre,
qu'il fit. compassionà une
riche veuve,, ni jeune, ni
belle, mais d'un bon natu- rel. Elle eut autant d'envie
de faire la fortune de l'Ofsicier, que l'Officier enavoit defairecelle de Marianne: mais quel parti
prendre ?
S'épouser sans
bIen, c'étoit se rendremiserablesépouserle vieillard
& lavieille,c'étoit sacrifierleur bonheur pour des
richesses nos jeunes amans
ne pouvoient s'y resoudre.
Cependant le vieillard &
la vieille les pressoientfort,
ôc le mauvais état de leurs
adiréslesprenant encore
davantage, ilsse conseillejent
enfin
l'un àl'autre ce
qu'ils ne pouvaient se resoudre d'executer :ce fut;
d'épouser ceux qui pouvoient leur donner moyen
d'être quelque jour l'un &
l'autre bienà leur aise; car
quoyqu'ils ne souhaitassent
pas en se mariant de devenir bientôt veufs, le grand
âge du Bourgeois & de la
veuve devoirprévenir leur
souhait en peu d'années. Ils
prirent donc la verrueufe
refollition de ne se jamais,
voir,dés, qu'ils auroient
promis chacunà leur vieille
moitié une fidélité inviolable. Ilsalut se separer
que ne se dirent point ces
tendres amans! que de soûpirs ! que de larmes ! La,,
douleur d'une separationsi
cruelle redoubla leur ten.
dresse, & troubla leur rarson. L'Officier perditlerespeét
,
Marianne perdit la
ttamqnrane;ils ne se poffedoientplus. Jenesçaicomment ilsse separerent:mais
ils promirentde se revoir
encore; cependant levieillard & la vieille vouloient
terminer leurs mariages;
les jeunes remettoienttoujours aulendemain; & de
lendemainen lendemain ils
auroient;différé. toute leur
vie,sansunecrainte fecrece
qui obligea Marianne de
conclure les noces au plûtôfcv Elle n'y perdit pas un
moment,&au moyen de
cette diligence levieillard
eut lignée justement au
bout de neuf mois.
,
L'Officier s'étoit marié
dés le même jour à cette
vieille veuve, enquil'amour fit par miraclel'effet
de la jeunesse;car à 60. ans,..
dit-on, elle accoucha d'une:
fille, à qui ayant donné le
peu de chaleur naturelle
quilui restoit, ellemourut à
rinftantj&rÔfficier se trouvant pere & veuf en même
jour, se fit un plaisir de
-
don.
ner secretement cette fille
à nourrir à la même nourrice qui nourrissoitdéjà
celle de Marianne. Ensuite
roncier partit pour la
guerre, parce que la vertueuseMarianne nevouloir
:
point le voir tant. que [olt;
mari vivroit,
Peu de temps après le
vieillard & Marianne sa
femme furent,obligez dé
faire un longvoyage pour des affaires importantes;
en tprie que lesdeux petites
filles resterent en nourrice
ensèmble, & l'une des deux
ecant morte peu aprés,
la nourrice avare voyant la
mere 6c tes, deuxperes absens, continua de se faire
payer des deux côtex lapensîôn de celle qui restoit
;
mais; l'embarras fut que là*
nourrice étant morteenfuite subitement. la fille, qui pouvoiravoirquatre oucinqans,resta entre
les mainsd'une voisine,qui
s'en chargea pour tâcherde
tirer encoreles deux pensions.Mais l'Officier revint
Bientôtde l'armée, & s'empara dela petitefille, qu'il
crut de bonne foy être celle
qu'ilavoit euë deson mariage, parce quelle avoit
beaucoup de son air.
-
Il faut remarquer que
personne ne sçavoit plus véritablement àqui elle, ap-
-.
«
p^fceaoic :la jeune mere ficeles deuxperes ne l'avoient,
point vuedepuis sa naissance, 6c cela doiuia lieu à.
un grand procès
; car le
vieillardde retour
,.
voulut
avoir le fruit desonmariage ,
dontl'Officiers'étoit
emparé.Onplaida la causè,
quelquesJuges opinerenc.x
~t~c~M/~ de iobfeuritêimfmttrairitrépandissur
xt4tte affaire
y
l'enfant reftttroit au perc leplusriche parcemieux qu'iletoitélever. en ÇÏAÏ de III
Un autre Juge, plusér
claire, demanda si la petite
fille n'avoit point encore VIL la mere ; on Ion. réponditque
-
Il nousresse donc,dit ce
*
Jpge, deux moyens de con
noitresi la femme du vieillard
te mere ou non. Le premier, *
cVyî la ressemblance,quenous
examineron dans lafuite.
Vautre moyen,.t'ifl qu'il!
fautmettre la petite fille au
milieu d'une douzaine dam..dtres du mêmeâge, v', qu'on
.l(S amene toutes ensemble. deJ
vant nous.
On!executa l'arrêtcom-
rne ce dernierJuge. l'avoit
prononcé; onamena à
laudience suivante cette troupe de petitesfilles,l'ondit
-"a lamere de choisir celle
de toutespour qui elle se
sentoit le plus d'inclination
naturelle,&ellechoisitjustement entre toutes la pe- tite filleen question.
Je sçavoisbien, dit le Juge,quel'instinctferoit meilleurJuge
que moy :
la ressemblnceparfaitequeje vois entre lamere & lafillemepersuade encore que
Cinfliniléfl
veritable.
Les deuxperescepenJant etoieil'tns à ce
jugement. Le vieillard
,,, -transporté de joye qu'on feûtjugépubliquement qu'à
sonâge il pouvoitêtre >
pere,
courut pour embrasser la
;;petite fille
;
maiselle eut
peur, & s'écria en le repoussant: Ah
ce n'est point là monpapa, j'aime bien mieux
celui.ci;continuait-elle, en
se tournant vers l'Officier,
qu'elle courutembrasser ;
ahjevois bien que celui-ci est
mon "iraipapa.
Cet évenementimprévu
embarassaquelques-uns des oient-.:tdHoie,nt-ils i si s,t
CinjlinB a donnél'enfant àla
•
mere.tSPau-vieill.irdy le même
injlinÛ taaujji donné a
l'Ofsficier :
ainjïcelanedécidé
rIen.
.,Ol\JNt queIey pluscensez opinerent pour le premierinstinct; parce que la
inerc' étant designée sûrementparl'instinct
,
&le
pere demontréparlemariage avec la mere,ilfaloit
suivrelaloyà l'égard du
pere,&non l'instinct. En
effetcen'estpasla faute des
.)uges si la loy ne s'accorde
pastoûjours avec l'instinct.
duprocès deLion.
LA PETITE FILLE.
àdeux feres, UN -
jeuneOfficier devint amoureux d'une jeune
personne appellée Marianne ;elle: lepréféra à un
vieux Bourgeoistrés-opulent. CetOScierecoic si
bienfait & si pauvre,
qu'il fit. compassionà une
riche veuve,, ni jeune, ni
belle, mais d'un bon natu- rel. Elle eut autant d'envie
de faire la fortune de l'Ofsicier, que l'Officier enavoit defairecelle de Marianne: mais quel parti
prendre ?
S'épouser sans
bIen, c'étoit se rendremiserablesépouserle vieillard
& lavieille,c'étoit sacrifierleur bonheur pour des
richesses nos jeunes amans
ne pouvoient s'y resoudre.
Cependant le vieillard &
la vieille les pressoientfort,
ôc le mauvais état de leurs
adiréslesprenant encore
davantage, ilsse conseillejent
enfin
l'un àl'autre ce
qu'ils ne pouvaient se resoudre d'executer :ce fut;
d'épouser ceux qui pouvoient leur donner moyen
d'être quelque jour l'un &
l'autre bienà leur aise; car
quoyqu'ils ne souhaitassent
pas en se mariant de devenir bientôt veufs, le grand
âge du Bourgeois & de la
veuve devoirprévenir leur
souhait en peu d'années. Ils
prirent donc la verrueufe
refollition de ne se jamais,
voir,dés, qu'ils auroient
promis chacunà leur vieille
moitié une fidélité inviolable. Ilsalut se separer
que ne se dirent point ces
tendres amans! que de soûpirs ! que de larmes ! La,,
douleur d'une separationsi
cruelle redoubla leur ten.
dresse, & troubla leur rarson. L'Officier perditlerespeét
,
Marianne perdit la
ttamqnrane;ils ne se poffedoientplus. Jenesçaicomment ilsse separerent:mais
ils promirentde se revoir
encore; cependant levieillard & la vieille vouloient
terminer leurs mariages;
les jeunes remettoienttoujours aulendemain; & de
lendemainen lendemain ils
auroient;différé. toute leur
vie,sansunecrainte fecrece
qui obligea Marianne de
conclure les noces au plûtôfcv Elle n'y perdit pas un
moment,&au moyen de
cette diligence levieillard
eut lignée justement au
bout de neuf mois.
,
L'Officier s'étoit marié
dés le même jour à cette
vieille veuve, enquil'amour fit par miraclel'effet
de la jeunesse;car à 60. ans,..
dit-on, elle accoucha d'une:
fille, à qui ayant donné le
peu de chaleur naturelle
quilui restoit, ellemourut à
rinftantj&rÔfficier se trouvant pere & veuf en même
jour, se fit un plaisir de
-
don.
ner secretement cette fille
à nourrir à la même nourrice qui nourrissoitdéjà
celle de Marianne. Ensuite
roncier partit pour la
guerre, parce que la vertueuseMarianne nevouloir
:
point le voir tant. que [olt;
mari vivroit,
Peu de temps après le
vieillard & Marianne sa
femme furent,obligez dé
faire un longvoyage pour des affaires importantes;
en tprie que lesdeux petites
filles resterent en nourrice
ensèmble, & l'une des deux
ecant morte peu aprés,
la nourrice avare voyant la
mere 6c tes, deuxperes absens, continua de se faire
payer des deux côtex lapensîôn de celle qui restoit
;
mais; l'embarras fut que là*
nourrice étant morteenfuite subitement. la fille, qui pouvoiravoirquatre oucinqans,resta entre
les mainsd'une voisine,qui
s'en chargea pour tâcherde
tirer encoreles deux pensions.Mais l'Officier revint
Bientôtde l'armée, & s'empara dela petitefille, qu'il
crut de bonne foy être celle
qu'ilavoit euë deson mariage, parce quelle avoit
beaucoup de son air.
-
Il faut remarquer que
personne ne sçavoit plus véritablement àqui elle, ap-
-.
«
p^fceaoic :la jeune mere ficeles deuxperes ne l'avoient,
point vuedepuis sa naissance, 6c cela doiuia lieu à.
un grand procès
; car le
vieillardde retour
,.
voulut
avoir le fruit desonmariage ,
dontl'Officiers'étoit
emparé.Onplaida la causè,
quelquesJuges opinerenc.x
~t~c~M/~ de iobfeuritêimfmttrairitrépandissur
xt4tte affaire
y
l'enfant reftttroit au perc leplusriche parcemieux qu'iletoitélever. en ÇÏAÏ de III
Un autre Juge, plusér
claire, demanda si la petite
fille n'avoit point encore VIL la mere ; on Ion. réponditque
-
Il nousresse donc,dit ce
*
Jpge, deux moyens de con
noitresi la femme du vieillard
te mere ou non. Le premier, *
cVyî la ressemblance,quenous
examineron dans lafuite.
Vautre moyen,.t'ifl qu'il!
fautmettre la petite fille au
milieu d'une douzaine dam..dtres du mêmeâge, v', qu'on
.l(S amene toutes ensemble. deJ
vant nous.
On!executa l'arrêtcom-
rne ce dernierJuge. l'avoit
prononcé; onamena à
laudience suivante cette troupe de petitesfilles,l'ondit
-"a lamere de choisir celle
de toutespour qui elle se
sentoit le plus d'inclination
naturelle,&ellechoisitjustement entre toutes la pe- tite filleen question.
Je sçavoisbien, dit le Juge,quel'instinctferoit meilleurJuge
que moy :
la ressemblnceparfaitequeje vois entre lamere & lafillemepersuade encore que
Cinfliniléfl
veritable.
Les deuxperescepenJant etoieil'tns à ce
jugement. Le vieillard
,,, -transporté de joye qu'on feûtjugépubliquement qu'à
sonâge il pouvoitêtre >
pere,
courut pour embrasser la
;;petite fille
;
maiselle eut
peur, & s'écria en le repoussant: Ah
ce n'est point là monpapa, j'aime bien mieux
celui.ci;continuait-elle, en
se tournant vers l'Officier,
qu'elle courutembrasser ;
ahjevois bien que celui-ci est
mon "iraipapa.
Cet évenementimprévu
embarassaquelques-uns des oient-.:tdHoie,nt-ils i si s,t
CinjlinB a donnél'enfant àla
•
mere.tSPau-vieill.irdy le même
injlinÛ taaujji donné a
l'Ofsficier :
ainjïcelanedécidé
rIen.
.,Ol\JNt queIey pluscensez opinerent pour le premierinstinct; parce que la
inerc' étant designée sûrementparl'instinct
,
&le
pere demontréparlemariage avec la mere,ilfaloit
suivrelaloyà l'égard du
pere,&non l'instinct. En
effetcen'estpasla faute des
.)uges si la loy ne s'accorde
pastoûjours avec l'instinct.
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Résumé : CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
Le texte raconte l'histoire d'un jeune officier amoureux de Marianne, une jeune femme qu'il préfère à un vieux bourgeois riche. Une riche veuve, bienveillante mais ni jeune ni belle, souhaite également aider l'officier. Les deux jeunes amants, confrontés à des pressions et des difficultés financières, décident de se marier chacun avec l'aîné de l'autre pour assurer leur avenir, promettant de ne jamais se revoir après leur mariage. Marianne épouse rapidement le vieillard, qui décède neuf mois plus tard. L'officier épouse la veuve, qui donne naissance à une fille avant de mourir. L'officier confie sa fille à la même nourrice que celle de Marianne. Marianne refuse de voir l'officier tant que son mari est en vie. Peu après, Marianne et son beau-père doivent partir en voyage, laissant les deux filles chez la nourrice. À la mort de la nourrice, une voisine prend en charge la fille restante pour percevoir les deux pensions. L'officier revient de la guerre et récupère la petite fille, croyant qu'elle est la sienne. Un procès s'ensuit entre les deux pères pour déterminer la véritable filiation de l'enfant. Un juge propose de laisser la mère choisir son enfant parmi plusieurs filles. Marianne reconnaît immédiatement sa fille. Les juges, bien que divisés, décident de suivre la loi, attribuant l'enfant au père légitime, le vieillard. Cependant, l'enfant refuse le vieillard et court vers l'officier, affirmant qu'il est son vrai père.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 70
DONS DU ROY.
Début :
Le May le Roy donna l'Abbaye de la Prée, Ordre de Cisteaux [...]
Mots clefs :
Dons, Abbaye, Diocèse, Lyon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
S DU ROY.
Le May le Roy donna
l'Abbaye de la Prée,
Ordre de Cisteaux,Diocese
de Bourges, à l'Abbé de
Montlaur
Et le Prieuré de Boisset
Diocese de Lyon, à l'Abbé
Robinet Aumônier de Madame
la Duchesse de Bourbon.
Le May le Roy donna
l'Abbaye de la Prée,
Ordre de Cisteaux,Diocese
de Bourges, à l'Abbé de
Montlaur
Et le Prieuré de Boisset
Diocese de Lyon, à l'Abbé
Robinet Aumônier de Madame
la Duchesse de Bourbon.
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14
p. 155-173
LETTRE à Monsieur B ....
Début :
Puisque vous souhaitez, Monsieur, que je vous apprenne l'Histoire de [...]
Mots clefs :
Académie, Lyon, Égypte, Syrie, Sciences, Belles-lettres, Conférences, Érudition, Académiciens, Publications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Monsieur B ....
LETTRE
- àMonsieurB.
Puisque
vous souhaitez,
Monsieur,que je vous apprenne
l'Histoire de l'Académieétablie
à Lyon, je
vais tascher de satisfaire
vôtre curiosité.
Cette Académie est digne
de cette Villecélébre,
elle a pour objet les Sciences
& les belles Lettres:
elle aété formée au mois
de Janvier de l'année1708.
& n'estoit d'abord composée
que de six personnes
quisont les Reverends
Peres Jesuites Brun & de
Colonia
,
Mr Dugas le
Président, Mr Villemot
Curé de la Guillotiere, Mr
de Puget, & Mr Falconnet.
La maison de ce dernier
Academicienétait le lieu
des conferences;ils joüissaient
des plaisirs les plus
purs que peut produire la
societé des esprits, lorsque
MrTrudaine Intendant de
cette Ville, sollicité par
l'amour qu'il a pour les
Sciences & les beaux Arts,
souhaita d'entrer dans ces
conferences. On s'assembla
chez lui, mais le gran d
concours du monde qui
sabordait chez ce Magistrat
) troublant la liberté
des assem blées
) on jugea
sa propos de se rendre chez
[Mr de la Valette en Belleà
cour, qui a une très- bell
Bibliothèque. Le nombr
des Académiciens s'aug
mentaalors, on reçut NI
de la Valecte le Pere & M
de la Valette le fils, Mr d
Serre, Mr Brossette, M
l'Abbé de Gouverner, M
Mahudel&Mrl'AbbéTi^
caut de Bellont. L'anné
suivante 1 710. on recei
Mr de Sainsonds.
Mr de Trudaine ~ayan été appellé à rintendanc
de Bourgogne, Mr de M^
lian qui fut nommé à
place ,succeda à l'inclind
tion que Mr de Trudaine
avait pour l'Académie, il
est fort assidu aux conférences.
On a receu depuis en
1711 Mr Aubert&Mrde
Glatigni. Je ne garde aucun
ordre encre les Académiciens
,
je les nommeà
mesure qu'ils se presentent
à mon esprit Je ferois ravi
de les faire connaîtrepar
des éloges personnels: mais
ennemis des loüanges les
plus legitimes,ils me de£.-
fendent de leur payer un
tribut auquel l'équité ellemême
m'avait assujetti.
J'ay la liberté de parler de
Mr dePuget que la mort
a ravi à la Republique des
Lettres; il estoit connu de
tous les Sçavans par ses
experiences sur l'Aymanc,
& par ses découvertes dans
cette partie de la Physique.
J'exprimerais ici son caractere
si tous les Journalistes
ne m'avaientprévenu.
Ils ont saisi tous les
traits de ce Sçavant celebre,
ils n'en ont laissé aucun
à peindre.
On sJalfenlbIe régulierement
rement tous les Lundis sur
les trois heures du soir, la
conférence dure environ
trois heures. Les Académiciens
y exercent leur érudition
sur toutes fortes
de sujets.
Mr de Villemot a parlé
premièrement des erreurs
populaires en matiere de
Physique & de Mathématique.
Secondement de l'Idolatrie,
de son origine & de
son progrez.
Troisièmement de 'la
force des nerfs.
Quatrièmement des pré-
Adamites
,
du Deluge ôc
de son universalité.
Cinquièmement, de la
confession publique qui se
faisoit dans les premiers
siecles de l'Eglise.
Mr Brossette a fait deux
discours, le premier de la
Peinture, dela Sculpture,
de l'Architecture, de leur
origine, de leur progrès,
& de leur perfection.
Le fecond
,
de la sepulture
des Anciens.
Mr le Président Dugas
a fait un discours sur le bon
goût en matiere de belles
Lettres.
Le Pere Brun a fait quatre
Dissertations.
La premiere, sur les fausses
Decretales.
La seconde, sur l'unité,
qui, selon les Platoniciens,
est le principe de la beauté.
La troisième,sur les vents.
La quatrième
,
sur les
vrais miracles.
- Mr Mahudel a traité prémièrement
desMomies&
des superstitions des Egyptiens.
Secondement, des quesrions
Philologiques sur la
Paillon deJesusChrist.
Troisiémement.,des Talismans.
Quatrièmement
,
des
Fontaines.
Mr Aubert, lejourdesa
reception
,
fit un discours
sur le Bejaune ou sur la
Bienvenuë.
Il a encore fait deux autres
discours.
Le premier, sur la Manumission
des Esclaves.
Et le second sur un Canon
du Concile d'Elvire.
LePere de Colonia a fait
plusieurs Disserrations.
Premierement
,
sur les
Textes originaux de l'Ecrirure
fainte.
Secondement, sur la verion
des Septante.
Troisiémement,sur les
choses vrayes qui ne sont
pas vraisemblables.
Quatrièmement, sur le
l'Infini créé.
Cinquièmement, sur l'origine
& les variations du
jeusne du Caresme.
Sixiémement, sur la Rcgale,
la Pragmatique Sandion
& le Concordat.
Septiememcnt,sur les plus
beaux endroits des Auteurs
du siecle d'Auguste.
Huitièmement, sur les
plus belles Epitaphes des
Grecs, des Latins& des
François.
Neuvièmement
,
sur la
Cabale &surla Massore.
Dixiémement, sur l'antiquité
des Temps.
Onzièmement, sur les
Catacombes.
Mr l'Abbé de Gouver.
net a fait deux discours.
Le premier, sur Cassiodore
e Apollonius de
Thiane.
Le [econd) sur laverité
les Miracles.
Mr l'Abbé Tricaut a
arlé fut les persecutions
e FEgliic.
L'on voit que toutes les
ciences,l'antique,le moerne,
le sacre, & le profane
J tout est embrasse par
ces nouveaux Académiciens.
Ils agitent plusieurs
questions fut la Langue
Françoise.
Quoyque je doive ceder
du moins pour un temps
à la loy qu'ils m'ont prescrite
de ne les point louer,
je ne puis m'empescher d^
dire icy que plusieurs d'entr'eux
ont donné des ouvrages
au public, qui leur
ont acquis de la reputa.
tion parmy les Sçavans.
Mr de Villemor a don.
né un nouveau Systeme,
ou une nouvelle Explication
des mouvemens des
Planettes. Cet ouvrage qui
est rempli de vûës ingenieufès
fait honneur à la
Philosophie de Descartes.
Mr Brofetreacomposé
une Table des Titres des
Livres du Droite une Histoire
stoireparticulière de Lyon,
comme il estoit fore lié
avec Despreaux,ce fameux
Auteur luy a découvert
confidemment les secrets
de son stile, & il la conduit
souvent à lasource où
il puisoit toutes ses pensées
heureuses.
Mr l'Abbé de Gouvernet
qui est fort distingué
par sa naissance,est grand
Vicaire de ce Diocese ; il
a donné au public un Commentaire
sur laGenere. Je
succomberois facilementà
la tentation de le louer, si
je m'arrestois davantage
surce sujet. -4..
Le Pere de Colonia a mis
en lumiere des ouvrages
dans plusieurs genres d'érudition
; il a composé plusieurs
Tragedies Françoises
qu'il a alliées avec la
faintere de son estat. Il a
fait present au public d'une
Rhetoriquelatine. Il presensa
àMonfeigneur leDuc
de Bourgogne decedéDauphin
de France,un ouvrage
qui a pour titre les Annquitez
sacrées & profanes
d{.; Lyon. Il a fait une Die:
fertation sur le Taurobole
découvertàLyon en 1704.
Il a fait encore plusieurs
dissèrtations sur divers moninnens
antiques.C'est un
genie vasse & universel , Sce trait delouange m'échape.
Il a un des plus
beaux cabinets de Medailes
que la curiosité la plus
riche & la plus fçavance
uifJè assembler ; il. a une
suite de Médaillés Consuaires
de Rome en argent; il a la fuite des Empereurs
Romains en grand, moyen
m petit bronze une fuite
des Rois de SyrieJune luite
des Rois d'Egypte, une
fuite des Medailles de laSicile&
de la grande Grece
en argent & en bronze. Il
a plusieurs Idoles de l'Egypte,
de la Grece, de Rome;
des Lampes antiques
en bronze; une Histoire
métallique des Papes en
argent&en or;une partie
de la vie du Roy en argent,
desmonnoyesdargent des
trois races de nos Rois.
Je m'interromps moy.
mesme,& jecesse de 1erdecette par
lerdecetteAAccaaddéémmiieeasi
des sujets qui la composent
: car malgré la loy
qu'on m'a imposée je serois
porté à louër le rare
sçavoir & la profondemodeftie
du Pere Brun & le
mérité de Mr Dugas, du
Président & des autres Academiciens.
RELATION
- àMonsieurB.
Puisque
vous souhaitez,
Monsieur,que je vous apprenne
l'Histoire de l'Académieétablie
à Lyon, je
vais tascher de satisfaire
vôtre curiosité.
Cette Académie est digne
de cette Villecélébre,
elle a pour objet les Sciences
& les belles Lettres:
elle aété formée au mois
de Janvier de l'année1708.
& n'estoit d'abord composée
que de six personnes
quisont les Reverends
Peres Jesuites Brun & de
Colonia
,
Mr Dugas le
Président, Mr Villemot
Curé de la Guillotiere, Mr
de Puget, & Mr Falconnet.
La maison de ce dernier
Academicienétait le lieu
des conferences;ils joüissaient
des plaisirs les plus
purs que peut produire la
societé des esprits, lorsque
MrTrudaine Intendant de
cette Ville, sollicité par
l'amour qu'il a pour les
Sciences & les beaux Arts,
souhaita d'entrer dans ces
conferences. On s'assembla
chez lui, mais le gran d
concours du monde qui
sabordait chez ce Magistrat
) troublant la liberté
des assem blées
) on jugea
sa propos de se rendre chez
[Mr de la Valette en Belleà
cour, qui a une très- bell
Bibliothèque. Le nombr
des Académiciens s'aug
mentaalors, on reçut NI
de la Valecte le Pere & M
de la Valette le fils, Mr d
Serre, Mr Brossette, M
l'Abbé de Gouverner, M
Mahudel&Mrl'AbbéTi^
caut de Bellont. L'anné
suivante 1 710. on recei
Mr de Sainsonds.
Mr de Trudaine ~ayan été appellé à rintendanc
de Bourgogne, Mr de M^
lian qui fut nommé à
place ,succeda à l'inclind
tion que Mr de Trudaine
avait pour l'Académie, il
est fort assidu aux conférences.
On a receu depuis en
1711 Mr Aubert&Mrde
Glatigni. Je ne garde aucun
ordre encre les Académiciens
,
je les nommeà
mesure qu'ils se presentent
à mon esprit Je ferois ravi
de les faire connaîtrepar
des éloges personnels: mais
ennemis des loüanges les
plus legitimes,ils me de£.-
fendent de leur payer un
tribut auquel l'équité ellemême
m'avait assujetti.
J'ay la liberté de parler de
Mr dePuget que la mort
a ravi à la Republique des
Lettres; il estoit connu de
tous les Sçavans par ses
experiences sur l'Aymanc,
& par ses découvertes dans
cette partie de la Physique.
J'exprimerais ici son caractere
si tous les Journalistes
ne m'avaientprévenu.
Ils ont saisi tous les
traits de ce Sçavant celebre,
ils n'en ont laissé aucun
à peindre.
On sJalfenlbIe régulierement
rement tous les Lundis sur
les trois heures du soir, la
conférence dure environ
trois heures. Les Académiciens
y exercent leur érudition
sur toutes fortes
de sujets.
Mr de Villemot a parlé
premièrement des erreurs
populaires en matiere de
Physique & de Mathématique.
Secondement de l'Idolatrie,
de son origine & de
son progrez.
Troisièmement de 'la
force des nerfs.
Quatrièmement des pré-
Adamites
,
du Deluge ôc
de son universalité.
Cinquièmement, de la
confession publique qui se
faisoit dans les premiers
siecles de l'Eglise.
Mr Brossette a fait deux
discours, le premier de la
Peinture, dela Sculpture,
de l'Architecture, de leur
origine, de leur progrès,
& de leur perfection.
Le fecond
,
de la sepulture
des Anciens.
Mr le Président Dugas
a fait un discours sur le bon
goût en matiere de belles
Lettres.
Le Pere Brun a fait quatre
Dissertations.
La premiere, sur les fausses
Decretales.
La seconde, sur l'unité,
qui, selon les Platoniciens,
est le principe de la beauté.
La troisième,sur les vents.
La quatrième
,
sur les
vrais miracles.
- Mr Mahudel a traité prémièrement
desMomies&
des superstitions des Egyptiens.
Secondement, des quesrions
Philologiques sur la
Paillon deJesusChrist.
Troisiémement.,des Talismans.
Quatrièmement
,
des
Fontaines.
Mr Aubert, lejourdesa
reception
,
fit un discours
sur le Bejaune ou sur la
Bienvenuë.
Il a encore fait deux autres
discours.
Le premier, sur la Manumission
des Esclaves.
Et le second sur un Canon
du Concile d'Elvire.
LePere de Colonia a fait
plusieurs Disserrations.
Premierement
,
sur les
Textes originaux de l'Ecrirure
fainte.
Secondement, sur la verion
des Septante.
Troisiémement,sur les
choses vrayes qui ne sont
pas vraisemblables.
Quatrièmement, sur le
l'Infini créé.
Cinquièmement, sur l'origine
& les variations du
jeusne du Caresme.
Sixiémement, sur la Rcgale,
la Pragmatique Sandion
& le Concordat.
Septiememcnt,sur les plus
beaux endroits des Auteurs
du siecle d'Auguste.
Huitièmement, sur les
plus belles Epitaphes des
Grecs, des Latins& des
François.
Neuvièmement
,
sur la
Cabale &surla Massore.
Dixiémement, sur l'antiquité
des Temps.
Onzièmement, sur les
Catacombes.
Mr l'Abbé de Gouver.
net a fait deux discours.
Le premier, sur Cassiodore
e Apollonius de
Thiane.
Le [econd) sur laverité
les Miracles.
Mr l'Abbé Tricaut a
arlé fut les persecutions
e FEgliic.
L'on voit que toutes les
ciences,l'antique,le moerne,
le sacre, & le profane
J tout est embrasse par
ces nouveaux Académiciens.
Ils agitent plusieurs
questions fut la Langue
Françoise.
Quoyque je doive ceder
du moins pour un temps
à la loy qu'ils m'ont prescrite
de ne les point louer,
je ne puis m'empescher d^
dire icy que plusieurs d'entr'eux
ont donné des ouvrages
au public, qui leur
ont acquis de la reputa.
tion parmy les Sçavans.
Mr de Villemor a don.
né un nouveau Systeme,
ou une nouvelle Explication
des mouvemens des
Planettes. Cet ouvrage qui
est rempli de vûës ingenieufès
fait honneur à la
Philosophie de Descartes.
Mr Brofetreacomposé
une Table des Titres des
Livres du Droite une Histoire
stoireparticulière de Lyon,
comme il estoit fore lié
avec Despreaux,ce fameux
Auteur luy a découvert
confidemment les secrets
de son stile, & il la conduit
souvent à lasource où
il puisoit toutes ses pensées
heureuses.
Mr l'Abbé de Gouvernet
qui est fort distingué
par sa naissance,est grand
Vicaire de ce Diocese ; il
a donné au public un Commentaire
sur laGenere. Je
succomberois facilementà
la tentation de le louer, si
je m'arrestois davantage
surce sujet. -4..
Le Pere de Colonia a mis
en lumiere des ouvrages
dans plusieurs genres d'érudition
; il a composé plusieurs
Tragedies Françoises
qu'il a alliées avec la
faintere de son estat. Il a
fait present au public d'une
Rhetoriquelatine. Il presensa
àMonfeigneur leDuc
de Bourgogne decedéDauphin
de France,un ouvrage
qui a pour titre les Annquitez
sacrées & profanes
d{.; Lyon. Il a fait une Die:
fertation sur le Taurobole
découvertàLyon en 1704.
Il a fait encore plusieurs
dissèrtations sur divers moninnens
antiques.C'est un
genie vasse & universel , Sce trait delouange m'échape.
Il a un des plus
beaux cabinets de Medailes
que la curiosité la plus
riche & la plus fçavance
uifJè assembler ; il. a une
suite de Médaillés Consuaires
de Rome en argent; il a la fuite des Empereurs
Romains en grand, moyen
m petit bronze une fuite
des Rois de SyrieJune luite
des Rois d'Egypte, une
fuite des Medailles de laSicile&
de la grande Grece
en argent & en bronze. Il
a plusieurs Idoles de l'Egypte,
de la Grece, de Rome;
des Lampes antiques
en bronze; une Histoire
métallique des Papes en
argent&en or;une partie
de la vie du Roy en argent,
desmonnoyesdargent des
trois races de nos Rois.
Je m'interromps moy.
mesme,& jecesse de 1erdecette par
lerdecetteAAccaaddéémmiieeasi
des sujets qui la composent
: car malgré la loy
qu'on m'a imposée je serois
porté à louër le rare
sçavoir & la profondemodeftie
du Pere Brun & le
mérité de Mr Dugas, du
Président & des autres Academiciens.
RELATION
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Résumé : LETTRE à Monsieur B ....
L'Académie de Lyon, fondée en janvier 1708, se consacre aux sciences et aux belles-lettres. Initialement composée de six membres, dont les Pères Jésuites Brun et de Colonia, Mr Dugas, Mr Villemot, Mr de Puget et Mr Falconnet, elle se réunissait chez ce dernier. À la demande de Mr Trudaine, Intendant de Lyon, les réunions se tinrent ensuite chez lui avant de se déplacer chez Mr de La Valette en raison de l'affluence croissante. L'Académie s'agrandit avec l'ajout de nouveaux membres tels que Mr de La Valette père et fils, Mr de Serre, Mr Brossette, l'Abbé de Gouvernet, Mr Mahudel et l'Abbé Tricaut de Bellont. En 1710, Mr de Sainsonds et en 1711, Mr Aubert et Mr de Glatigni rejoignirent l'Académie. Les académiciens se réunissent régulièrement chaque lundi à 15 heures pour des conférences durants trois heures, abordant divers sujets. Parmi les contributions notables, Mr de Villemot parla des erreurs populaires en physique et mathématiques, de l'idolâtrie, de la force des nerfs, des pré-adamites, du déluge et de la confession publique dans les premiers siècles de l'Église. Mr Brossette discourut sur la peinture, la sculpture, l'architecture et les sépultures des Anciens. Mr Dugas traita du bon goût en matière de belles-lettres. Le Père Brun disserta sur les fausses décrétales, l'unité selon les Platoniciens, les vents et les vrais miracles. Mr Mahudel aborda les momies, les superstitions égyptiennes, les questions philologiques sur le paillon de Jésus-Christ, les talismans et les fontaines. Mr Aubert parla du bejaune, de la manumission des esclaves et d'un canon du Concile d'Elvire. Le Père de Colonia fit plusieurs dissertations sur des sujets variés, allant des textes originaux de l'Écriture sainte aux catacombes. L'Académie embrasse toutes les sciences, anciennes et modernes, sacrées et profanes. Plusieurs membres ont publié des ouvrages notables, comme Mr de Villemot sur les mouvements des planètes, Mr Brossette sur le droit et l'histoire de Lyon, et le Père de Colonia sur divers sujets d'érudition. L'Académie possède également une riche collection de médailles et d'objets antiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 87-94
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Ce jour-là même le Roy a donné l'Archevêché de [...]
Mots clefs :
Lyon, Roi, Diocèse, Abbaye, Maréchal, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Ce jour-là même le Roy
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie
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Résumé : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs nominations et successions dans des fonctions ecclésiastiques et abbatiales. Le roi a attribué l'Archevêché de Lyon, vacant après la mort de Messire Claude de Saint-Georges, à Messire François-Paul de Neuville de Villeroy, abbé de Fescamp et fils du maréchal de Villeroy. L'Archevêché de Lyon est qualifié de Primat des Gaules et Comte de Lyon. L'Évêché de Lisieux, vacant après la mort de Messire Léonor Goyon de Matignon, a été attribué à l'abbé de Brancas, aumônier du roi et frère du marquis de Brancas, lieutenant général des armées du roi et ancien ambassadeur en Espagne. La famille Brancas est originaire du royaume de Naples et possède des branches notables, dont celle de Cereste, aînée de la famille. L'Évêché de Lisieux en Normandie est suffragant de Rouen et comprend 580 paroisses. Plusieurs abbayes ont également été attribuées, notamment l'Abbaye de Lessay à l'abbé de Matignon, neveu de l'ancien évêque de Lisieux, et l'Abbaye de Saint-Julien de Tours à M. de la Croix, chapelain du roi. D'autres abbayes, comme celles de Sauvelade, Notre-Dame de Torigny, Villedieu, Notre-Dame de Josaphat, Bonaigues, Estival, Issy, et Vernon, ont été attribuées à des conseillers parlementaires, des nobles et des familles distinguées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 78-80
De Paris.
Début :
Le Baron d'Espar, General Suedois, est arrivé ici depuis [...]
Mots clefs :
Chevalier de Malthe, Lyon, Roi, Piédestal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
LeBarond'Espar,General
Suedois) est arrivé ici
depuis quelques jours;dépêché
par le Roy sonmaître
pour quelque négociation
, & on veut qu'il ait
engagé le Duché de Deux-
Ponts au Roy de France
',
pour plusieurssommes d'argent
qu'il lui a envoyées.
-"Unegrande partieMes
Officiers François vent servir
dans la Républiquede
Venise contre les Turcs.. T
Le Comte d'Estaires,
Ambassadeur d'Angleterre,
est arrivé en cetteville
pour remplacer M. Prior,
qui s'en retournera dans
peu. G iiij
Il est arrivé à Lyon pliîsieurs
barques chargées de
marbre de Genes, pour erre
employé à l'ornement du
pié d'estal de la Figure du
Roy,mise dans la Place de
Louis le Grand, ci- devant
Bellecour.
Les Chevaliers de Malthe
ont reçu un dernier ordre
du Grand Maître de se
rendre à Malrhe pour le 15.
de Mars. Il partent aduellement.
LeBarond'Espar,General
Suedois) est arrivé ici
depuis quelques jours;dépêché
par le Roy sonmaître
pour quelque négociation
, & on veut qu'il ait
engagé le Duché de Deux-
Ponts au Roy de France
',
pour plusieurssommes d'argent
qu'il lui a envoyées.
-"Unegrande partieMes
Officiers François vent servir
dans la Républiquede
Venise contre les Turcs.. T
Le Comte d'Estaires,
Ambassadeur d'Angleterre,
est arrivé en cetteville
pour remplacer M. Prior,
qui s'en retournera dans
peu. G iiij
Il est arrivé à Lyon pliîsieurs
barques chargées de
marbre de Genes, pour erre
employé à l'ornement du
pié d'estal de la Figure du
Roy,mise dans la Place de
Louis le Grand, ci- devant
Bellecour.
Les Chevaliers de Malthe
ont reçu un dernier ordre
du Grand Maître de se
rendre à Malrhe pour le 15.
de Mars. Il partent aduellement.
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Résumé : De Paris.
Le baron d'Espar, général suédois, est à Paris pour négocier avec le roi de France concernant le Duché de Deux-Ponts. Plusieurs officiers français se préparent à aider la République de Venise contre les Turcs. Le comte d'Estaires remplace M. Prior comme ambassadeur d'Angleterre. À Lyon, du marbre de Gênes arrive pour la statue royale. Les Chevaliers de Malte doivent rejoindre Malte avant le 15 mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 113-129
CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
Début :
Une des principales difficultez qui faisoient apprehender à [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Ambassadeur, Lyon, Marseille, Valence, Compliment, Paris, Officiers, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
CHAPITRE VI.
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
Fermer
18
p. 2432-2441
LETTRE écrite à M. D. L. R. au sujet de l'Histoire Litteraire de Lyon, composée par le R. P. de Colonia, de la Compagnie de Jesus. Second Volume.
Début :
Ne vous impatientez plus, Monsieur, vous recevrez incessamment le second [...]
Mots clefs :
Histoire littéraire, Lyon, Église, Auteurs, Auteurs lyonnais, Historien, Abbaye, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. au sujet de l'Histoire Litteraire de Lyon, composée par le R. P. de Colonia, de la Compagnie de Jesus. Second Volume.
LETTRE écrite à M. D. L. R. aufujet
de l'Hiftoire Litteraire de Lyon , composée
par le R. P. de Colonia , de la Compagnie
de Jefus. Second Volume.
N
E vous impatientez plus , Monfieur,
vous recevrez inceffamment le fecond
Volume de l'Hiftoire de Lyon
compofée par le R. P. de Colonia. Lorf
que vous verrez ce fecond Volume vous
ne vous plaindrez pas du temps que le
Libraire à employé à le faire paroître.
Vous ferez au contraire furpris de la diligence
avec laquelle il en a acceleré l'impreffion.
Il eft imprimé , comme le premier
, à Lyon , chez Fr. Rigolet . Il eſt
dédié pareillement à M" les Prévôt des
Marchands, Echevins de la Ville de Lyon ,
Préfidens , Juges , &c. au nombre defquels
on voit avec plaifir le celebre M. Broffette,
La fuite de l'Hiftoire de Lyon appartenoit
de droit au Corps de Ville , encore
plus que le commencement ; les deux
derniers fiecles de cette Hiftoire ont feuls
fourni à l'Auteur une moiffon plus abondante
que les quinze premiers ; & ce qui
doit intereffer plus directement ce Corps
de
NOVEMBRE. 1730. 2438
de Ville , c'eft , dit notre Hiftorien , que
parmi tous les celebres Lyonnois dont on
fait connoître les Ouvrages , il s'en trouve
un grand nombre qui ont avec cet ilfuftre
Corps des relations plus particufieres
& plus intimes que celles que donne
une même Patrie. Le P. de Colonia'
nous avertit que plufieurs d'entre eux
ont occupé dans leur temps les mêmes
places dans ce Corps , & qu'on voit leurs
Portraits dans le magnifique Hôtel de la'
Ville de Lyon , & que leurs noms font
écrits dans les Faftes Confulaires ; mais
ces Monumen's domeftiques & muets ,
ajoûte l'Auteur , qui ont perpetué leur
mémoire dans la Ville de Lyon , ne fuf
fifoient pas pour les illuftrer chez les Na
tions étrangères , cela étoit réfervé à l'é
legante plume du Pere de Colonia , &
c'est par cette Hiftoire Litteraire qu'on y
parviendra ..
On trouvé à la tête de ce Volume un
Avertiffement' , par lequel le R. P. de
Colonia nous apprend qu'il avoit d'abord
eu la pensée , en travaillant à ce fecond
Volume , d'y faire entrer un certain nom
bre de celebres Lyonnois , qui fe font le
plus diftingués dans les beaux Arts. Getté
Ville a produit dans ces derniers temps
des Sculpteurs , des Peintres , des Graveurs
& des Architectes , dont les pet-
Ev fonae
2434 MERCURE DE FRANCE
fonalitez , dit le P. de C. qu'on aime
fort aujourd'hui , auroient orné les deux
derniers fiecles de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon ; en effet , Monfieur , les noms do
Stella , du petit Bernard , de Coylevox ,
des Couftous , auroient eu de quoi piquer
la curiofité des perfonnes qui ont
du gout pour les Arts Liberaux. Tous
ces hommes recommandables par leurs
divers talens , & aufquels il faut joindre
les Audran , Etienne , Defrochers , &c.
auroient pû figurer avec honneur dans
cet Ouvrage ; mais deux raifons qui ont
paru
folides à l'Auteur , l'ont empêché
de les y placer. La premiere , dit - il , eft
que ce qui concerne fimplement les beaux
Arts , lui a paru une matiere étrangere à
une Hiftoire Litteraire qui doit fe renfermer
dans les Sciences. La deuxième eft la
crainte qu'il a euë de groffir trop ce Volume
en cherchant à l'enrichir. Vous voyez ,
Monfieur , que le fçavant Jefuite penfe
bien differemment de vous fur l'objet
d'une Hiftoire Litteraire , vous êtes perfuadé
que les Sciences & les Arts ne doi
vent , pour ainfi dire , faire qu'un corps.
dans une Hiftoire Litteraire ; fi vous étiez
à portée de difcuter ce fentiment avec
Hiftorien de la Ville de Lyon , je vous
inviterois à le faire.
Ce fecond Volume a encore de commun
NOVEMBRE. 1730. 2435
mun avec le premier , qu'il eft divité par
fiecles , les fiecles font divifez par Chapitres
, & enfin les Chapitres par Paragraphes
: ordre qui ne peut manquer de répandre
de la clarté fur tout l'Ouvrage.
Le P. de Colonia reconnoît de bonne
foi que le nouveau fiecle où il entre
dans ce Volume , c'eft à -dire le feptiéme
& le huitième , n'eft gueres propre de
fon fonds à fervir de montre pour cette
feconde partie de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon. La fterilité Litteraire , dit-il , a été
très grande. L'Auteur en tire les caufes
des fréquentes irruptions que les Sarrafins
d'Espagne & d'Afrique avec leurs
effroyables Armées , firent dans nos plus
belles Provinces, des ravages qu'y caufe
rent nos propres armées, alors prefqu'auffi
formidables que celles des ennemis , de
la foibleffe de la plupart de nos Rois , de
la Tyranie des Maires du Palais , & en
particulier de celle d'Ebroin ; des Guerres
Civiles , des inondations , des maladiescontagieufes
, &c. tout cela enfemble concourut
à étouffer generalement dans les
efprits l'amour de l'étude & le
gour des
bonnes Lettres ; de forte qu'on ne voit
paroître aucun Auteur Lyonnois fur la
Scene dans toute l'Hiftoire Litteraire du
feptiéme & du huitiéme fiecle. Mais on
ne fera pas furpris de cette ftérilité , fi on
E vj fale
2436 MERCURE DE FRANCE
fait reflexion , avec notre Hiftorien , que
la France elle- même , & la France toute
entiere , ne fournit à peine durant tout
ce temps-là que trois ou quatre Auteurs ,
dont les Ecrits & le nom même foient
venus jufqu'à nous .
C'eft pour remplir une partie de ce
vuide que le P. de Colonia fait l'Hiftoire
du Commerce Litteraire du Pape Grégoire
le Grand , avec Etherius , Archevêque
de Lyon ; ce qui donne lieu à l'Auteur de
publier plufieurs faits qui regardent ce
dernier , & de les éclaircir en relevant les
erreurs qu'on a débitées à ſon ſujet.
Deux Evenemens confiderables lui fourniffent
une ample matiere pour le fecond
Chapitre de ce fiecle. Le premier eft la
fondation ou plutôt le rétabliffement de
la celebre Abbaye d'Aifnay , dont la Reine
Brunehault voulut être la Reftauratrice ..
Le fecond Evenement eft la dépofition
de S. Didier. Le premier donne occafion
de faire l'Hiftoire abregée , mais claire ,
de la celebre Abbaye d'Aifnay , de faire
remarquer fon antiquité , l'étimologie des
fon nom , les Regles qu'on y a embraffées,
dont celle de S.. Martin eft la plus ancienne
, celle de S. Benoît , felon l'Auteur ,,
n'y ayant été adoptée que dans le douzié.
me & treiziéme fiecle.
Une chofe qui paroît finguliere dans
cette
7
NOVEMBRE. 1730. 2437
cette Abbaye , c'eft une antique Chapelle,
bâtie en l'honneur de l'Immaculée Conception
, d'où l'Auteur prend occafion d'é
claircir ce que l'ancienne Tradition nous
apprend fur ce fujet.
Les faits rapportez dans le refte de ce
fiecle regardent la Ville de Lyon en par
ticulier. On y traite de la fondation de
quelques Eglifes , entr'autres de celle de
S. Etienne , de Sainte Croix & l'Eglife
Métropolitaine de S. Jean - Baptifte. Jo
pafferai legerement fur ce que l'Auteur
dit de ces deux premieres ; mais il y a
dans la troifiéme des fingularitez qui mé
ritent de n'être pas obmifes dans cette
Lettre. Une des principales , ce font deux
Croix qu'on voit en tout temps aux deux
extrémitez de l'Autel , elles font , felon
le P. de Colonia , un Monument du treiziéme
fiecle , Monument qui nous a conférvé
la mémoire de la réunion de l'Eglife
Latine & de l'Eglife Grecque , quis
fe fit dans cette même Eglife en 1274 .
Les habits de pourpre dont font revêtues
quelques figures qu'on voit repréfentées
fur d'anciennes vitres de l'Eglifes
font connoître que c'étoit- là anciennement
l'habit ordinaire des Chanoines dè
cette Métropole , ce qui donne lieu au
P. de C. de remarquer que le Pape Inno
cent IV. qui réfida fix ou fept ans dans
Lyon
2438 MERCURE DE FRANCE
Lyon , adopta cet habit & le donna à fes
Cardinaux .
De l'Eglife Cathédrale , le P. de C. paffe
à celle de S. Jean , & une des fingularitez
de cette Eglife c'eft le Jubilé qu'on y
gagne toutes les fois que la Fête de faint
Jean- Baptifte fe rencontre le même jour
que la Fête du S. Sacrement , ce qui n'eſt
arrivé qu'une fois chaque fiecle depuis
l'établiffement de cette derniere Fête.
Le neuviéme fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , a été un peu plus fertile pour
les Lettres. Leydrade , quarante-fixiéme
Archevêque de Lyon , Bibliothecaire de
Charlemagne , & un de fes principaux
Favoris , fut également le Réparateur de la
plupart des Lieux Saints , le Reſtaurateur
des Sciences , & le Réformateur de l'Of
fice divin de l'Eglife de Lyon.
Les erreurs que Felix d'Urgel répandoit
de fon temps , donnerent occafion à
Leydrade de fignaler fon zele , auquel Ur
gel fit tant d'attention , qu'il fit abjuration
de fon Herefie ; mais il ne perfevera
pas long- temps dans fes bons fentimens.
S. Agobard , Florus , & S, Remi , tous
Archevêques de Lyon , fe fignalerent par
leurs Ecrits & par les Adverfaires qu'ils
eurent à combattre. Les erreurs que Felix
d'Urgel débitoit du temps de Leydrade ,
donnerent occafion à ce dernier de fignaler
fon
NOVEMBRE. 1730. 2439
fon zele , il écrivit , & S. Agobard après
lui , contre ces erreurs , lefquelles , pour
le temps , ne laifferent pas d'occafionner
plufieurs Ecrits , dont l'Hiſtorien fait le
dénombrement.
Jean Scot , furnommé Erigene , fut
l'objet du zele, ou plutôt de l'indignation
de Florus. Enfin S. Remy , Archevêque
de Lyon , fe fignala par divers emplois ,
par les avantages qu'il procura à fon Egli
Te & par le foin dont il fut chargé de
répondre à ce que trois Evêques avoient
écrit à Amolon , au fujet de Godercalque.
L'Hiftoire parte enfuite de la Lettre dogmatique
de cet Archevêque , & de fon
Traité contre les quatre fameux Articles
de Quiercy.
Le dixième fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon retombé dans la ſtérilité , fait
voir la viciffitude des chofes humaines.
Cette ftérilité a engagé l'Hiftorien à net
parler de ce fiecle que conjointement avec
l'onzième , ainfi qu'il en a ufé à l'égard
du feptiéme & du huitiéme. Ce qui regarde
Halinard , foixante-cinquiéme Arvêque
de Lyon , & Humbert fon fucceffeur
, Hugues & S. Jubin ou Gebin , rempliffent
une bonne partie de ce fiecle
avec l'Hiftoire du féjour de S. Anfelme
de Cantorbery à Lyon. Ce qui donne occafion
au P.de Colonia de narrer des chofes
bien curieufes. Le
2440 MERCURE DE FRANCE
Le douzième fiecle ne prefente encore
rien fur les Lettres humaines ; mais la
celebre Lettre dogmatique que S. Bernard
écrivit à l'Eglife Metropolitaine de
Lyon , & les Relations oppofées des Auteurs
Lyonnois fur les Pauvres de Lyon ,
& fur leur fameux Chef Pierre Valdo
Bourgeois de cette Ville , le bien & le mal
qu'on en a dit , font les principaux ob
jets des recherches du P. de C. Il prend
de-là occafion de faire connoître le caractere
de S. Bernard & fes intimes liaifons
avec l'Eglife de Lyon , fans oublier
l'Hiftoire de la Fête de l'Immaculée Conception
; il rapporte d'après le P. Martene
, un fait curieux , arrivé à Dijon ,
lequel prouve , felon l'Hiftorien , que les
Dominicains celebroient anciennement là
Fête de l'Immaculée Conception.
Comme le treiziéme & le quitorziémé
fiecles ont encore été ftériles en Auteurs
qui puiffent illuftrer la Bibliotheque Lyonnoife,
c'eft ainfi que le P. de C. appelle
quelquefois fon Hiftoire Litteraire : l'HIL
torien a trouvé à propos de n'en parler
que conjointement l'un avec l'autre , &
de fe répandre fur ce qui peut intereffer
THiftoire generale : Ainfi le premier Concile
general tenu fous Innocent IV. fait
un des plus beaux objets & des plus confiderables
de cette Hiftoire , le P. de C.-
}
NOVEMBRE . 1730. 2441
en fait un Article curieux par les diverfes
circonftances qu'il rapporte. Il en agit de
même à l'égard d'un autre Concile qui
fut indiqué à Lyon par Théalde ou Thi
bauld , ancien Chanoine de l'Eglife Métropolitaine
de Lyon, & depuis Pape, connu
fous le nom de Grégoire X. Enfin trois
Auteurs , plus ou moins connus , comme
le dit le P. de C. achevent de remplir le
vuide de ces deux fiecles . Parmi ces Auteurs
il y a deux Cardinaux , Bernard Aygler
& Jean de la Grange , autrement dit
le Cardinal d'Amiens , & le troiſieme eft
une perfonne de l'autre fexe, diftinguée par
une éminente pieté. C'eft la vertueufe Marguerite
, Chartreufe . On ne connoît plus ,
dit le P. de C. ni leur perfonne , ni leurs
Ecrits, ce qui l'engage à les faire connoître
lui-même & à entrer dans un détail circonftancié
de ce qui regarde ces trois Sujets,
Nous donnerons la fuite de cette Lettre
dans le prochain Mercure.
de l'Hiftoire Litteraire de Lyon , composée
par le R. P. de Colonia , de la Compagnie
de Jefus. Second Volume.
N
E vous impatientez plus , Monfieur,
vous recevrez inceffamment le fecond
Volume de l'Hiftoire de Lyon
compofée par le R. P. de Colonia. Lorf
que vous verrez ce fecond Volume vous
ne vous plaindrez pas du temps que le
Libraire à employé à le faire paroître.
Vous ferez au contraire furpris de la diligence
avec laquelle il en a acceleré l'impreffion.
Il eft imprimé , comme le premier
, à Lyon , chez Fr. Rigolet . Il eſt
dédié pareillement à M" les Prévôt des
Marchands, Echevins de la Ville de Lyon ,
Préfidens , Juges , &c. au nombre defquels
on voit avec plaifir le celebre M. Broffette,
La fuite de l'Hiftoire de Lyon appartenoit
de droit au Corps de Ville , encore
plus que le commencement ; les deux
derniers fiecles de cette Hiftoire ont feuls
fourni à l'Auteur une moiffon plus abondante
que les quinze premiers ; & ce qui
doit intereffer plus directement ce Corps
de
NOVEMBRE. 1730. 2438
de Ville , c'eft , dit notre Hiftorien , que
parmi tous les celebres Lyonnois dont on
fait connoître les Ouvrages , il s'en trouve
un grand nombre qui ont avec cet ilfuftre
Corps des relations plus particufieres
& plus intimes que celles que donne
une même Patrie. Le P. de Colonia'
nous avertit que plufieurs d'entre eux
ont occupé dans leur temps les mêmes
places dans ce Corps , & qu'on voit leurs
Portraits dans le magnifique Hôtel de la'
Ville de Lyon , & que leurs noms font
écrits dans les Faftes Confulaires ; mais
ces Monumen's domeftiques & muets ,
ajoûte l'Auteur , qui ont perpetué leur
mémoire dans la Ville de Lyon , ne fuf
fifoient pas pour les illuftrer chez les Na
tions étrangères , cela étoit réfervé à l'é
legante plume du Pere de Colonia , &
c'est par cette Hiftoire Litteraire qu'on y
parviendra ..
On trouvé à la tête de ce Volume un
Avertiffement' , par lequel le R. P. de
Colonia nous apprend qu'il avoit d'abord
eu la pensée , en travaillant à ce fecond
Volume , d'y faire entrer un certain nom
bre de celebres Lyonnois , qui fe font le
plus diftingués dans les beaux Arts. Getté
Ville a produit dans ces derniers temps
des Sculpteurs , des Peintres , des Graveurs
& des Architectes , dont les pet-
Ev fonae
2434 MERCURE DE FRANCE
fonalitez , dit le P. de C. qu'on aime
fort aujourd'hui , auroient orné les deux
derniers fiecles de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon ; en effet , Monfieur , les noms do
Stella , du petit Bernard , de Coylevox ,
des Couftous , auroient eu de quoi piquer
la curiofité des perfonnes qui ont
du gout pour les Arts Liberaux. Tous
ces hommes recommandables par leurs
divers talens , & aufquels il faut joindre
les Audran , Etienne , Defrochers , &c.
auroient pû figurer avec honneur dans
cet Ouvrage ; mais deux raifons qui ont
paru
folides à l'Auteur , l'ont empêché
de les y placer. La premiere , dit - il , eft
que ce qui concerne fimplement les beaux
Arts , lui a paru une matiere étrangere à
une Hiftoire Litteraire qui doit fe renfermer
dans les Sciences. La deuxième eft la
crainte qu'il a euë de groffir trop ce Volume
en cherchant à l'enrichir. Vous voyez ,
Monfieur , que le fçavant Jefuite penfe
bien differemment de vous fur l'objet
d'une Hiftoire Litteraire , vous êtes perfuadé
que les Sciences & les Arts ne doi
vent , pour ainfi dire , faire qu'un corps.
dans une Hiftoire Litteraire ; fi vous étiez
à portée de difcuter ce fentiment avec
Hiftorien de la Ville de Lyon , je vous
inviterois à le faire.
Ce fecond Volume a encore de commun
NOVEMBRE. 1730. 2435
mun avec le premier , qu'il eft divité par
fiecles , les fiecles font divifez par Chapitres
, & enfin les Chapitres par Paragraphes
: ordre qui ne peut manquer de répandre
de la clarté fur tout l'Ouvrage.
Le P. de Colonia reconnoît de bonne
foi que le nouveau fiecle où il entre
dans ce Volume , c'eft à -dire le feptiéme
& le huitième , n'eft gueres propre de
fon fonds à fervir de montre pour cette
feconde partie de l'Hiftoire Litteraire de
Lyon. La fterilité Litteraire , dit-il , a été
très grande. L'Auteur en tire les caufes
des fréquentes irruptions que les Sarrafins
d'Espagne & d'Afrique avec leurs
effroyables Armées , firent dans nos plus
belles Provinces, des ravages qu'y caufe
rent nos propres armées, alors prefqu'auffi
formidables que celles des ennemis , de
la foibleffe de la plupart de nos Rois , de
la Tyranie des Maires du Palais , & en
particulier de celle d'Ebroin ; des Guerres
Civiles , des inondations , des maladiescontagieufes
, &c. tout cela enfemble concourut
à étouffer generalement dans les
efprits l'amour de l'étude & le
gour des
bonnes Lettres ; de forte qu'on ne voit
paroître aucun Auteur Lyonnois fur la
Scene dans toute l'Hiftoire Litteraire du
feptiéme & du huitiéme fiecle. Mais on
ne fera pas furpris de cette ftérilité , fi on
E vj fale
2436 MERCURE DE FRANCE
fait reflexion , avec notre Hiftorien , que
la France elle- même , & la France toute
entiere , ne fournit à peine durant tout
ce temps-là que trois ou quatre Auteurs ,
dont les Ecrits & le nom même foient
venus jufqu'à nous .
C'eft pour remplir une partie de ce
vuide que le P. de Colonia fait l'Hiftoire
du Commerce Litteraire du Pape Grégoire
le Grand , avec Etherius , Archevêque
de Lyon ; ce qui donne lieu à l'Auteur de
publier plufieurs faits qui regardent ce
dernier , & de les éclaircir en relevant les
erreurs qu'on a débitées à ſon ſujet.
Deux Evenemens confiderables lui fourniffent
une ample matiere pour le fecond
Chapitre de ce fiecle. Le premier eft la
fondation ou plutôt le rétabliffement de
la celebre Abbaye d'Aifnay , dont la Reine
Brunehault voulut être la Reftauratrice ..
Le fecond Evenement eft la dépofition
de S. Didier. Le premier donne occafion
de faire l'Hiftoire abregée , mais claire ,
de la celebre Abbaye d'Aifnay , de faire
remarquer fon antiquité , l'étimologie des
fon nom , les Regles qu'on y a embraffées,
dont celle de S.. Martin eft la plus ancienne
, celle de S. Benoît , felon l'Auteur ,,
n'y ayant été adoptée que dans le douzié.
me & treiziéme fiecle.
Une chofe qui paroît finguliere dans
cette
7
NOVEMBRE. 1730. 2437
cette Abbaye , c'eft une antique Chapelle,
bâtie en l'honneur de l'Immaculée Conception
, d'où l'Auteur prend occafion d'é
claircir ce que l'ancienne Tradition nous
apprend fur ce fujet.
Les faits rapportez dans le refte de ce
fiecle regardent la Ville de Lyon en par
ticulier. On y traite de la fondation de
quelques Eglifes , entr'autres de celle de
S. Etienne , de Sainte Croix & l'Eglife
Métropolitaine de S. Jean - Baptifte. Jo
pafferai legerement fur ce que l'Auteur
dit de ces deux premieres ; mais il y a
dans la troifiéme des fingularitez qui mé
ritent de n'être pas obmifes dans cette
Lettre. Une des principales , ce font deux
Croix qu'on voit en tout temps aux deux
extrémitez de l'Autel , elles font , felon
le P. de Colonia , un Monument du treiziéme
fiecle , Monument qui nous a conférvé
la mémoire de la réunion de l'Eglife
Latine & de l'Eglife Grecque , quis
fe fit dans cette même Eglife en 1274 .
Les habits de pourpre dont font revêtues
quelques figures qu'on voit repréfentées
fur d'anciennes vitres de l'Eglifes
font connoître que c'étoit- là anciennement
l'habit ordinaire des Chanoines dè
cette Métropole , ce qui donne lieu au
P. de C. de remarquer que le Pape Inno
cent IV. qui réfida fix ou fept ans dans
Lyon
2438 MERCURE DE FRANCE
Lyon , adopta cet habit & le donna à fes
Cardinaux .
De l'Eglife Cathédrale , le P. de C. paffe
à celle de S. Jean , & une des fingularitez
de cette Eglife c'eft le Jubilé qu'on y
gagne toutes les fois que la Fête de faint
Jean- Baptifte fe rencontre le même jour
que la Fête du S. Sacrement , ce qui n'eſt
arrivé qu'une fois chaque fiecle depuis
l'établiffement de cette derniere Fête.
Le neuviéme fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , a été un peu plus fertile pour
les Lettres. Leydrade , quarante-fixiéme
Archevêque de Lyon , Bibliothecaire de
Charlemagne , & un de fes principaux
Favoris , fut également le Réparateur de la
plupart des Lieux Saints , le Reſtaurateur
des Sciences , & le Réformateur de l'Of
fice divin de l'Eglife de Lyon.
Les erreurs que Felix d'Urgel répandoit
de fon temps , donnerent occafion à
Leydrade de fignaler fon zele , auquel Ur
gel fit tant d'attention , qu'il fit abjuration
de fon Herefie ; mais il ne perfevera
pas long- temps dans fes bons fentimens.
S. Agobard , Florus , & S, Remi , tous
Archevêques de Lyon , fe fignalerent par
leurs Ecrits & par les Adverfaires qu'ils
eurent à combattre. Les erreurs que Felix
d'Urgel débitoit du temps de Leydrade ,
donnerent occafion à ce dernier de fignaler
fon
NOVEMBRE. 1730. 2439
fon zele , il écrivit , & S. Agobard après
lui , contre ces erreurs , lefquelles , pour
le temps , ne laifferent pas d'occafionner
plufieurs Ecrits , dont l'Hiſtorien fait le
dénombrement.
Jean Scot , furnommé Erigene , fut
l'objet du zele, ou plutôt de l'indignation
de Florus. Enfin S. Remy , Archevêque
de Lyon , fe fignala par divers emplois ,
par les avantages qu'il procura à fon Egli
Te & par le foin dont il fut chargé de
répondre à ce que trois Evêques avoient
écrit à Amolon , au fujet de Godercalque.
L'Hiftoire parte enfuite de la Lettre dogmatique
de cet Archevêque , & de fon
Traité contre les quatre fameux Articles
de Quiercy.
Le dixième fiecle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon retombé dans la ſtérilité , fait
voir la viciffitude des chofes humaines.
Cette ftérilité a engagé l'Hiftorien à net
parler de ce fiecle que conjointement avec
l'onzième , ainfi qu'il en a ufé à l'égard
du feptiéme & du huitiéme. Ce qui regarde
Halinard , foixante-cinquiéme Arvêque
de Lyon , & Humbert fon fucceffeur
, Hugues & S. Jubin ou Gebin , rempliffent
une bonne partie de ce fiecle
avec l'Hiftoire du féjour de S. Anfelme
de Cantorbery à Lyon. Ce qui donne occafion
au P.de Colonia de narrer des chofes
bien curieufes. Le
2440 MERCURE DE FRANCE
Le douzième fiecle ne prefente encore
rien fur les Lettres humaines ; mais la
celebre Lettre dogmatique que S. Bernard
écrivit à l'Eglife Metropolitaine de
Lyon , & les Relations oppofées des Auteurs
Lyonnois fur les Pauvres de Lyon ,
& fur leur fameux Chef Pierre Valdo
Bourgeois de cette Ville , le bien & le mal
qu'on en a dit , font les principaux ob
jets des recherches du P. de C. Il prend
de-là occafion de faire connoître le caractere
de S. Bernard & fes intimes liaifons
avec l'Eglife de Lyon , fans oublier
l'Hiftoire de la Fête de l'Immaculée Conception
; il rapporte d'après le P. Martene
, un fait curieux , arrivé à Dijon ,
lequel prouve , felon l'Hiftorien , que les
Dominicains celebroient anciennement là
Fête de l'Immaculée Conception.
Comme le treiziéme & le quitorziémé
fiecles ont encore été ftériles en Auteurs
qui puiffent illuftrer la Bibliotheque Lyonnoife,
c'eft ainfi que le P. de C. appelle
quelquefois fon Hiftoire Litteraire : l'HIL
torien a trouvé à propos de n'en parler
que conjointement l'un avec l'autre , &
de fe répandre fur ce qui peut intereffer
THiftoire generale : Ainfi le premier Concile
general tenu fous Innocent IV. fait
un des plus beaux objets & des plus confiderables
de cette Hiftoire , le P. de C.-
}
NOVEMBRE . 1730. 2441
en fait un Article curieux par les diverfes
circonftances qu'il rapporte. Il en agit de
même à l'égard d'un autre Concile qui
fut indiqué à Lyon par Théalde ou Thi
bauld , ancien Chanoine de l'Eglife Métropolitaine
de Lyon, & depuis Pape, connu
fous le nom de Grégoire X. Enfin trois
Auteurs , plus ou moins connus , comme
le dit le P. de C. achevent de remplir le
vuide de ces deux fiecles . Parmi ces Auteurs
il y a deux Cardinaux , Bernard Aygler
& Jean de la Grange , autrement dit
le Cardinal d'Amiens , & le troiſieme eft
une perfonne de l'autre fexe, diftinguée par
une éminente pieté. C'eft la vertueufe Marguerite
, Chartreufe . On ne connoît plus ,
dit le P. de C. ni leur perfonne , ni leurs
Ecrits, ce qui l'engage à les faire connoître
lui-même & à entrer dans un détail circonftancié
de ce qui regarde ces trois Sujets,
Nous donnerons la fuite de cette Lettre
dans le prochain Mercure.
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Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. au sujet de l'Histoire Litteraire de Lyon, composée par le R. P. de Colonia, de la Compagnie de Jesus. Second Volume.
La lettre annonce la publication imminente du second volume de l'Histoire Littéraire de Lyon, rédigée par le R. P. de Colonia de la Compagnie de Jésus. Ce volume, imprimé à Lyon chez Fr. Rigolet, est dédié aux Prévôt des Marchands et aux Echevins de la Ville de Lyon, et mentionne notamment M. Broffette. L'auteur observe que les deux derniers siècles de l'histoire lyonnaise ont fourni plus de matière que les quinze premiers, en raison de la présence de nombreux Lyonnois célèbres ayant des relations avec le Corps de Ville. Initialement, le Père de Colonia avait prévu d'inclure des artistes lyonnais distingués dans les beaux-arts, mais il a choisi de se concentrer uniquement sur les sciences pour cette histoire littéraire. Le volume est structuré par siècles, chapitres et paragraphes pour faciliter la compréhension. Les septième et huitième siècles sont marqués par une stérilité littéraire due à diverses perturbations, telles que les invasions, les guerres civiles et les épidémies. L'auteur traite également de la fondation de l'abbaye d'Ainay et de la déposition de Saint Didier. Le neuvième siècle voit une reprise littéraire avec des figures comme Leydrade, S. Agobard, Florus et S. Remi. Les dixième et onzième siècles retombent dans la stérilité, bien que des personnages comme Halinard et Humbert soient mentionnés. Le douzième siècle est marqué par la lettre dogmatique de Saint Bernard et les relations concernant Pierre Valdo. Enfin, les treizième et quatorzième siècles sont également stériles en auteurs, mais l'auteur discute des conciles généraux et de quelques auteurs mineurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 2662-2667
SUITE de l'Extrait de l'Histoire Litteraire de la Ville de Lyon du Pere de Colonia.
Début :
Le quinziéme siécle commence à être assez varié. Guy, Pape, & Mathieu [...]
Mots clefs :
Histoire littéraire, Lyon, Cardinal, Lettres, Imprimerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Extrait de l'Histoire Litteraire de la Ville de Lyon du Pere de Colonia.
SUITE de PExtrait de l'Hiftoire Litte
raire de la Ville de Lyon du Pere -
de Colonia:
L
nego-
E quinziéme fiécle commence à être
affez varié. Guy , Pape , & Mathieu
Thomaffin,fçavans Lyonnois, en occupent
le commencement. Le premiar étoit Jurifconfulte
, & Mathieu Thomaffin ſe diftingua
furtout dans une fameufe
ciation dont Louis XI. le chargea. Cette
negociation , fuivant le P. de Colonia
a produit un rare Manufcrit dont il a
jugé à propos de donner une notice. On
en conferve l'Original dans les Archives
de la Chambre des Comptes de Grenoble
, dont Thomaffin fut Preſident. Ce
rare Manufcrit porte pour titre : Regiftre
Delphinal , fait par le commandement du
Prince Louis Dauphin , par Mathieu Thomaffin
de Lyon , Confeiller Delphinal , &çi
Le venerable Gerfon n'eft'
pas Lyonnois
de naiffance ; mais comme il avoit
choifi la Ville de Lyon pour le lieu de fa
retraite , & qu'il y a paffe les dix dernie
res années de la vie , le P. de Colonia en
parle fort au long , en fe bornant cependant
à ce qui eft de fon ſujet , c'eſt-à-dire ,
à ce qui eft de particulier pour l'Hiftoire
de Lyon dans la vie de cet illuftre Chan-
I. Vol. cclier
DECEMBRE. 1730. 2663
celier de l'Univerfité de Paris , l'Hiftoire
du Cardinal Louis Allemand , connu fous
le nom du Cardinal d'Arles , & furtout
par la grande entrepriſe qu'il fit pour être
Pape , occupe une bonne partie du quinziéme
fiécle , lequel eft terminé par un
détail affez circonftancié du rétabliſſement
des Sciences dans cette grande Ville . Les
circonftances en font curieufes , & meri
tent toute votre attention .
Nous voici enfin arrivez au feize &
dix- feptiéme fiécle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , c'est - à- dire , à l'âge d'or de
la Litterature dans Lyon . L'Hiſtorien
donne d'abord une idée de la Litte
rature en general du feiziéme fiécle , &
il entre dans le détail des caufes qui l'ont
fait fleurir dans Lyons ce qui lui donne'
lieu de parler des Pienfes Comedies que les
Religieux jouerent , en préfence de Louis
XII. & de la Reine Anne de Bretagne.
A ces pieufes Comedies , dit notre Hiftotien
, fuccéda l'avanture finguliere du
nouveau Mercure ou du nouvel Apollonius
, qui parut à Lyon l'an 1501. & qui
par fa fcience univerfelle , & par fes rares
fecrets , étonna très fort Louis XII. &
toute fa Cour. » C'étoit un Italien nommé
Jean , qui fe faifoit annoncer fous
» le nom de nouvel Apollonius , ou de
nouveau Mercure , & qui fe vantoit de
I.Vols réunig
£664 MERCURE DE FRANCE
» réünir dans fa feule perfonne toute la
» fcience qu'avoient jamais eue les plus fçavans
Auteurs Hebreux, Grecs , & Latins.
» Le nouveau Mercure prétendoit fçavoir
toutes les profondeurs & les fineffes de
l'Art , tant vanté de la tranfmutation
» des Métaux ; il poffedoit parfaitement
» la Magie naturelle , & c. Il fit deux préfens
au Roi , fçavoir , une épée d'une fabrique
toute finguliere & remplie de cent
quatre- vingt couteaux ; & un bouclier ,
au milieu duquel on voyoit un miroir
magique , fabriqué comme l'épée , fous
certaines conftellations , & c. Le détail de
cette avanture , qui étonna fort la Cour
de Louis XII. merite que vous la lifież
en entier dans cette Hiftoire.
Le P. de Colonia paffe enfuite à l'Aca
démie Litteraire de Fourviere , ou de l'An
gelique ; il indique les Auteurs qui en ont
fait mention , les Membres qui la compo
foient , les études qu'on y faifoit , & termine
cet article par quelques Remarquès
fur le Prefident de l'Ange , qui a donné
fon nom à la maiſon , où cette Academie
s'affembloit. Il n'eft pas poffible , Monfieur
, d'entrer dans le détail de tout ce
qui s'eft paffé de curieux & d'intereffan't
pour l'Hiftoire Litteraire de Lyon dan's
ces deux derniers fiécles , fans exceder de
beaucoup les bornes d'une Lettre .
I.Vol.
Vouts
DECEMBRE . 1730. 2665
Vous avez vû que l'Hiftorien ne fe
borne pas à faire mention dans fon Ou
vrage des Sçavans nés à Lyon , le Chancelier
Gerfon , quoi qu'étranger à cette
Ville , comme je l'ai déja dit , ne laiffe pas
de figurer dans fon Hiftoire par le long
fejour qu'il y a fait , & par les fçavans
Ouvrages qu'il y a compofez ; il en eft
de même de Clement Marot. Le P. de
Colonia remarque que ce Poëte , pendant
un féjour affez long qu'il fit dans Lyon
mit la Jeuneffe de cette Ville dans le
gout
de la Poëfie Françoife , & qu'elle alloit
en prendre des leçons dans fa maiſon .
Marot ne fe borna pas à marquer fon inclination
pour la Ville de Lyon pendant
qu'il y demeura , il voulut que la pofterité
eut connoiffance du féjour qu'il y
avoit fait , & il ne quitta cette fameufe
Ville qu'en lui faifant un folennel adieu
& en compofant des Vers à fon honneur
celui de fes habitans confervant
encore après fon départ des relations particulieres
avec les gens de Lettres qu'il
avoit laiffez . C'eft ce que le P. de Colonia
fait fentir avec fon attention ordinaire.
Le P. de Colonia fait enfuite paffer
comme en revue les Sçavans de l'un & de
l'autre fexe qui ont pris naiffance dans
Lyon , & qui font en grand nombre
I. Vol.
on
2666 MERCURE DE FRANCE
on voit ici avec plaifir parmi les femmes ,
Claudine & Sybille Seve , Jeanne Gaildarde
, Louife Labbé , Clemence de Bourges
, les Vouté , les Du Perrat , les Duchoul
, & c . L'Hiſtolre de l'Imprimerie de
Lyon vient enfuite , ce qui donne occafion
de parler de Jean Trerchel , premier
modele & pere de l'Imprimerie
Lyonoife , & des premiers Ouvrages qui
fortirent de fa preffe ; on n'oublie pas
Joffe Bade , qui après avoir exercé longtems
l'Art de l'Imprimerie à Lyon , alla
le pratiquer à Paris , où il établit le celebre
Pralum Afcenfianum. Sebaftien Gri
phius , &c.
On voit avec plaifir l'éloge , ou plutôt
Hiftoire entiere du College de la Trinité
de Lyon , tant de l'ancien que du nouveau
, occupé par les R R. PP. Jefuites,
& dont le P. de Colonia fait un détail curieux
, en rapportant beaucoup de particularitez
concernant les gens de Lettres
qui l'ont habité , ou qui en font fortis
tant pour ce qui regarde la Poëfie , l'Hiftoire
, la Grammaire , que les Humanitez
, &c. L'Hiftorien termine enfin fon
fçavant Ouvrage par une Notice ample
& curieufe de la Bibliotheque de ce fameux
College dans laquelle on voir
beaucoup d'éditions des plus rares & des
plus anciennes telles font un Tite-
,
I. Vol.
Live
O
DECEMBRE
. 1730. 2667
"
Live en deux volumes in folio , fur un
beau vélin hiftorié , & d'une parfaite confervation
, imprimé en 1470. à Venife par
Vincent de Spire . La Bible de Gryphius
& les Commentaires de Dolet. Le Talmud
mis au jour à Veniſe par Daniel Bombergue
, & un nombre infini d'autres éditions
de très - grande conféquence . Elles
peuvent , à la verité , le trouver dans les
autres Bibliotheques : mais en voici une
que l'Hiftorien croit pouvoir appeller
unique en Europe , du moins en France
où elle n'a paruë que cette année 1730,
c'eft une Hiftoire generale de la Chine en
30. volumes imprimez à Pe- kin,en beau
papier & en beaux caracteres Chinois.
Chaque volume a quatorze pouces de long
fur fept de large , &c. On y voit aufli les
Lettres originales de Sixte V. écrites par le
Cardinal Sadolet , que le P.de Colonia fe
prépare de donner au Public. A la Notice
de la Bibliotheque qui paroît très curieuſe ,
le P. de Colonia en joint une du curieux
Cabinet du même College , qui ne merite
pas moins l'attention des Antiquaires
mais ce feroit ôter à la defcription de
l'Auteur beaucoup de fon merite, que de
la donner en abregé ; c'eft pourquoi je
ne crois pouvoir faire mieux. que de
Vou
renvoyer à l'Ouvrage même.
Je fuis , &c.
raire de la Ville de Lyon du Pere -
de Colonia:
L
nego-
E quinziéme fiécle commence à être
affez varié. Guy , Pape , & Mathieu
Thomaffin,fçavans Lyonnois, en occupent
le commencement. Le premiar étoit Jurifconfulte
, & Mathieu Thomaffin ſe diftingua
furtout dans une fameufe
ciation dont Louis XI. le chargea. Cette
negociation , fuivant le P. de Colonia
a produit un rare Manufcrit dont il a
jugé à propos de donner une notice. On
en conferve l'Original dans les Archives
de la Chambre des Comptes de Grenoble
, dont Thomaffin fut Preſident. Ce
rare Manufcrit porte pour titre : Regiftre
Delphinal , fait par le commandement du
Prince Louis Dauphin , par Mathieu Thomaffin
de Lyon , Confeiller Delphinal , &çi
Le venerable Gerfon n'eft'
pas Lyonnois
de naiffance ; mais comme il avoit
choifi la Ville de Lyon pour le lieu de fa
retraite , & qu'il y a paffe les dix dernie
res années de la vie , le P. de Colonia en
parle fort au long , en fe bornant cependant
à ce qui eft de fon ſujet , c'eſt-à-dire ,
à ce qui eft de particulier pour l'Hiftoire
de Lyon dans la vie de cet illuftre Chan-
I. Vol. cclier
DECEMBRE. 1730. 2663
celier de l'Univerfité de Paris , l'Hiftoire
du Cardinal Louis Allemand , connu fous
le nom du Cardinal d'Arles , & furtout
par la grande entrepriſe qu'il fit pour être
Pape , occupe une bonne partie du quinziéme
fiécle , lequel eft terminé par un
détail affez circonftancié du rétabliſſement
des Sciences dans cette grande Ville . Les
circonftances en font curieufes , & meri
tent toute votre attention .
Nous voici enfin arrivez au feize &
dix- feptiéme fiécle de l'Hiftoire Litteraire
de Lyon , c'est - à- dire , à l'âge d'or de
la Litterature dans Lyon . L'Hiſtorien
donne d'abord une idée de la Litte
rature en general du feiziéme fiécle , &
il entre dans le détail des caufes qui l'ont
fait fleurir dans Lyons ce qui lui donne'
lieu de parler des Pienfes Comedies que les
Religieux jouerent , en préfence de Louis
XII. & de la Reine Anne de Bretagne.
A ces pieufes Comedies , dit notre Hiftotien
, fuccéda l'avanture finguliere du
nouveau Mercure ou du nouvel Apollonius
, qui parut à Lyon l'an 1501. & qui
par fa fcience univerfelle , & par fes rares
fecrets , étonna très fort Louis XII. &
toute fa Cour. » C'étoit un Italien nommé
Jean , qui fe faifoit annoncer fous
» le nom de nouvel Apollonius , ou de
nouveau Mercure , & qui fe vantoit de
I.Vols réunig
£664 MERCURE DE FRANCE
» réünir dans fa feule perfonne toute la
» fcience qu'avoient jamais eue les plus fçavans
Auteurs Hebreux, Grecs , & Latins.
» Le nouveau Mercure prétendoit fçavoir
toutes les profondeurs & les fineffes de
l'Art , tant vanté de la tranfmutation
» des Métaux ; il poffedoit parfaitement
» la Magie naturelle , & c. Il fit deux préfens
au Roi , fçavoir , une épée d'une fabrique
toute finguliere & remplie de cent
quatre- vingt couteaux ; & un bouclier ,
au milieu duquel on voyoit un miroir
magique , fabriqué comme l'épée , fous
certaines conftellations , & c. Le détail de
cette avanture , qui étonna fort la Cour
de Louis XII. merite que vous la lifież
en entier dans cette Hiftoire.
Le P. de Colonia paffe enfuite à l'Aca
démie Litteraire de Fourviere , ou de l'An
gelique ; il indique les Auteurs qui en ont
fait mention , les Membres qui la compo
foient , les études qu'on y faifoit , & termine
cet article par quelques Remarquès
fur le Prefident de l'Ange , qui a donné
fon nom à la maiſon , où cette Academie
s'affembloit. Il n'eft pas poffible , Monfieur
, d'entrer dans le détail de tout ce
qui s'eft paffé de curieux & d'intereffan't
pour l'Hiftoire Litteraire de Lyon dan's
ces deux derniers fiécles , fans exceder de
beaucoup les bornes d'une Lettre .
I.Vol.
Vouts
DECEMBRE . 1730. 2665
Vous avez vû que l'Hiftorien ne fe
borne pas à faire mention dans fon Ou
vrage des Sçavans nés à Lyon , le Chancelier
Gerfon , quoi qu'étranger à cette
Ville , comme je l'ai déja dit , ne laiffe pas
de figurer dans fon Hiftoire par le long
fejour qu'il y a fait , & par les fçavans
Ouvrages qu'il y a compofez ; il en eft
de même de Clement Marot. Le P. de
Colonia remarque que ce Poëte , pendant
un féjour affez long qu'il fit dans Lyon
mit la Jeuneffe de cette Ville dans le
gout
de la Poëfie Françoife , & qu'elle alloit
en prendre des leçons dans fa maiſon .
Marot ne fe borna pas à marquer fon inclination
pour la Ville de Lyon pendant
qu'il y demeura , il voulut que la pofterité
eut connoiffance du féjour qu'il y
avoit fait , & il ne quitta cette fameufe
Ville qu'en lui faifant un folennel adieu
& en compofant des Vers à fon honneur
celui de fes habitans confervant
encore après fon départ des relations particulieres
avec les gens de Lettres qu'il
avoit laiffez . C'eft ce que le P. de Colonia
fait fentir avec fon attention ordinaire.
Le P. de Colonia fait enfuite paffer
comme en revue les Sçavans de l'un & de
l'autre fexe qui ont pris naiffance dans
Lyon , & qui font en grand nombre
I. Vol.
on
2666 MERCURE DE FRANCE
on voit ici avec plaifir parmi les femmes ,
Claudine & Sybille Seve , Jeanne Gaildarde
, Louife Labbé , Clemence de Bourges
, les Vouté , les Du Perrat , les Duchoul
, & c . L'Hiſtolre de l'Imprimerie de
Lyon vient enfuite , ce qui donne occafion
de parler de Jean Trerchel , premier
modele & pere de l'Imprimerie
Lyonoife , & des premiers Ouvrages qui
fortirent de fa preffe ; on n'oublie pas
Joffe Bade , qui après avoir exercé longtems
l'Art de l'Imprimerie à Lyon , alla
le pratiquer à Paris , où il établit le celebre
Pralum Afcenfianum. Sebaftien Gri
phius , &c.
On voit avec plaifir l'éloge , ou plutôt
Hiftoire entiere du College de la Trinité
de Lyon , tant de l'ancien que du nouveau
, occupé par les R R. PP. Jefuites,
& dont le P. de Colonia fait un détail curieux
, en rapportant beaucoup de particularitez
concernant les gens de Lettres
qui l'ont habité , ou qui en font fortis
tant pour ce qui regarde la Poëfie , l'Hiftoire
, la Grammaire , que les Humanitez
, &c. L'Hiftorien termine enfin fon
fçavant Ouvrage par une Notice ample
& curieufe de la Bibliotheque de ce fameux
College dans laquelle on voir
beaucoup d'éditions des plus rares & des
plus anciennes telles font un Tite-
,
I. Vol.
Live
O
DECEMBRE
. 1730. 2667
"
Live en deux volumes in folio , fur un
beau vélin hiftorié , & d'une parfaite confervation
, imprimé en 1470. à Venife par
Vincent de Spire . La Bible de Gryphius
& les Commentaires de Dolet. Le Talmud
mis au jour à Veniſe par Daniel Bombergue
, & un nombre infini d'autres éditions
de très - grande conféquence . Elles
peuvent , à la verité , le trouver dans les
autres Bibliotheques : mais en voici une
que l'Hiftorien croit pouvoir appeller
unique en Europe , du moins en France
où elle n'a paruë que cette année 1730,
c'eft une Hiftoire generale de la Chine en
30. volumes imprimez à Pe- kin,en beau
papier & en beaux caracteres Chinois.
Chaque volume a quatorze pouces de long
fur fept de large , &c. On y voit aufli les
Lettres originales de Sixte V. écrites par le
Cardinal Sadolet , que le P.de Colonia fe
prépare de donner au Public. A la Notice
de la Bibliotheque qui paroît très curieuſe ,
le P. de Colonia en joint une du curieux
Cabinet du même College , qui ne merite
pas moins l'attention des Antiquaires
mais ce feroit ôter à la defcription de
l'Auteur beaucoup de fon merite, que de
la donner en abregé ; c'eft pourquoi je
ne crois pouvoir faire mieux. que de
Vou
renvoyer à l'Ouvrage même.
Je fuis , &c.
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Résumé : SUITE de l'Extrait de l'Histoire Litteraire de la Ville de Lyon du Pere de Colonia.
Le texte présente un aperçu de l'histoire littéraire de Lyon aux quinzième et seizième siècles. Au quinzième siècle, plusieurs figures notables se distinguent, notamment Guy, Pape, et Mathieu Thomassin, un savant lyonnais. Thomassin est particulièrement connu pour une négociation importante menée pour Louis XI, dont un manuscrit rare est conservé aux Archives de la Chambre des Comptes de Grenoble. Le chanoine Gerfom, bien que étranger à Lyon, y a passé les dix dernières années de sa vie et est mentionné pour ses contributions. L'histoire du Cardinal Louis Allemand, connu sous le nom de Cardinal d'Arles, est également notable. Le seizième siècle est décrit comme l'âge d'or de la littérature lyonnaise. Des pièces de théâtre étaient jouées par des religieux devant Louis XII et la reine Anne de Bretagne. En 1501, un Italien nommé Jean, se faisant appeler le nouveau Mercure ou Apollonius, a impressionné la cour de Louis XII par ses connaissances universelles et ses secrets rares. Jean prétendait maîtriser la transmutation des métaux et la magie naturelle, et il a offert au roi une épée et un bouclier aux propriétés magiques. Le texte évoque également l'Académie littéraire de Fourvière, ou de l'Ange, et ses membres, ainsi que l'imprimerie lyonnaise, avec des figures comme Jean Trerchel et Josse Bade. L'histoire du Collège de la Trinité de Lyon, occupé par les Jésuites, est détaillée, ainsi que sa bibliothèque contenant des éditions rares et anciennes. Parmi les ouvrages notables, on trouve un exemplaire du Tite-Live imprimé en 1470 à Venise, la Bible de Gryphius, et une histoire générale de la Chine en 30 volumes imprimée à Pékin. Le texte se termine par une mention des lettres originales de Sixte V écrites par le Cardinal Sadolet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 481-491
OBSERVATIONS sur deux Colomnes milliaires, adressées à M. D. L. R. par M. le Beuf, Chanoine d'Auxerre.
Début :
Comme je crois, Monsieur, que personne ne s'avise de soutenir que la [...]
Mots clefs :
Colonnes milliaires, Inscriptions, Monuments anciens, Carcassonne, Dijon, Antiquités, Épigraphie, Langres, Lyon
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur deux Colomnes milliaires, adressées à M. D. L. R. par M. le Beuf, Chanoine d'Auxerre.
OBSERVATIONS sur deux Colomnes
milliaires , adressées à M. D. L. R.
par M. le Benf, Chanoine d'Auxerre.
Co
Omme je crois , Monsieur , que personne
ne s'avise de soutenir. que la
Pierre trouvée proche Carcassonne , de
laquelle il est fait mention dans le Mercure
de Juin 1729. soit un reste de Colomne
milliaire , il seroit inutile d'ajoûter
de nouvelles raisons à celles qui ont été
produites dans ce Journal pour détruire
cette idée. Vous vous êtes servi de l'occasion
que vous a presentée l'Inscription
qui est gravée dessus , pour en publier
une qu'on lit sur une veritable Colonne
milliaire , située entre Langres et Dijon .
Je ne puis me persuader que vous ayez
crû que ce fût une nouvelle découverte,
dont il fût à propos d'instruire le Public
, aussi-tôt qu'elle est venue à votre
connoissance. Je me souviens fort bien
que lorsque je vous envoyai la Description
telle que je l'avois trouvée dans des
Mémoires écrits il y a plus de soixante.
ans , je ne prétendis pas que la Pierre sur
laquelle est gravée cette Inscription , cût
été inconnue jusqu'alors , et vous entrâtes
482 MERCURE DE FRANCE
tes fort bien dans ma pensée, lorsque vous
marquâtes dans votre Journal que
l'Inscription
dont il s'agit avoit été découverte
il y a du temps.
&
Quelques Lecteurs auront , sans doute,
reconnu que par cette époque , j'ai eû
intention de remonter plus haut que la
découverte de la même Inscription , qui
› est annoncée dans les Memoires de Trévoux
de l'an 1703. puisque là copie que
je vous ai envoyée avoit été écrite dès
l'an 1662. Bien plus , je vous avouerai ,
qu'ayant recouru au vaste Recueil de
Gruter , j'y ai trouvé la même Inscrip
tion quant au fond. Ainsi toute l'utilité
qui revient au Public de la part que vous
lui avez faite de l'Inscription de la Colomne
située proche Sacquenay , consiste
à sçavoir que differens Lecteurs l'ont prise
differemment sur les lieux , selon qu'il
étoient plus ou moins au fait de déchiffrer
ces sortes de Monumens exposez aux injures
de l'air depuis tant de siecles.
Il s'agit présentement de décider qui!
sont ceux qui ont lû plus exactement ce
que contient cette Inscription . Gruter l'a
publiée il y a plus d'un siecle , sur les Memoires
de Roussat , mais d'une maniere
si visiblement dépravée , et pleine de tant
de fautes , qu'on ne peut presquen en inferer
autre chose , sinon qu'elle est de
l'EmMARS.
17310 483
l'Empereur Claude , et qu'elle désigne un
éloignement de Langres de vingt- deux
mille pas . Il s'explique encore très-mal ,
lorsqu'il dit qu'elle étoit à Langres , puisqu'il
est absurde de penser qu'un Monument
dressé pour marquer une distance
de plusieurs lieues de cette Ville , fût
placé dans la Ville même d'où se prend
cette distance .
Il faut , sans doute , entendre cette position
de la Colomne en question , de la
même maniere qu'on entend ce que le
même Gruter dit de celle de Solaize, lorsqu'il
marque qu'elle est à Vienne , ( a )
quoiqu'elle en soit à deux bonnes lieuës.
Gruter écrivant hors du Royaume , ne
s'est pas toûjours picqué de parler avec
l'exactitude et la précision convenable
des Inscriptions qui y sont renfermées.
Au reste il est bon et utile que de temps
en temps les mêmes Inscriptions reparoissent
, afin qu'on puisse dans la suite
en développer le contenu avec plus de
certitude , et de parvenir à en donner
une explication qui ne souffre plus de difficulté.
Pour vous épargner la peine de recourir
à Gruter , aux Memoires de Trévoux
, et même à la copie faite sur ce que
le Pere Chifflet a dicté en 1662. je les
représenterai ici telles qu'elles sont imprimées
.
(a ) Page 188.
484 MERCURE DE FRANCE .
Gruter , page 153 .
TI CLAVD DRVSI F.
CAESAR AVG GER
MANIC. T NI XXX
TRIB. POTEST III P M
III P. P. COS. IX.. E
I ... SICNS ... IIII
AND . M. P. XXII.
Copie du Pere Chifflet.
TI. CLAVD. DRVSI F.
CAESAR AVG GER
MANIC. PONT. MAX.
TRIB. POTEST III IMP.
I Р. P. COS. III. DE
SIGN IIII
AND. M. P. XXII.
Memoires de Trévoux , 1703. page 1647 .
TI. CLAVD DRVSI F.
CAESAR AVG. GER
MANIC. PONT. MAX
TRIB. POTEST II. IMP.
III. P. P. COS. II DE
SIGNAT III.
AND. M. P. XXII.
Je suis persuadé , Monsieur , qu'avec
d'attention sur ces trois copies,
un peu on
MARS. 1731. 485
on sera convaincu que c'est la même Inscription
prise differemment differens
par
Lecteurs ; et que comme les Mémoires de
Trévoux, et la Copie du P.Chifflet, ne sont
pas censez citer une autre Inscription ,
que celle du Village de Saquenay , quoiqu'il
y ait de la variation dans les dates ,
celle aussi qu'on trouve dans Gruter n'appartient
pas non - plus à une autre Cofomne
milliaire , et que c'est celle du même
Village . Le nombre égal de sept lignes ,
partagées d'une maniere toute semblable ,
joint à la cotte du milliaire , qui est la
même par tout , est , ce me semble , une
démonstration suffisante de cette identité.
Il est visible que dans Gruter la fin de
la troisième , quatrième et cinquiéme lignes,
et toute la sixième, sont plutôt ébauchées
par des gens qui ont deviné comme
ils ont pû , que bien représentées dans
le style ordinaire ; et ainsi les differences
qu'on y trouve n'établissant rien de solide
, on doit les expliquer par les copies
prises posterieurement.
Il ne resteroit plus qu'à sçavoir qui a
le mieux lû les chiffres du Tribunat dé
Claude , ceux du Consulat et de la désignation
, ou le Pere Chifflet en 166 2. ou
M. Moreau de Montour en 1703. mais on
peut en toute sûreté se reposer sur l'exacritude
de cet habile Académicien , sup-
D posé
46 MERCURE DE FRANCE
posé que ce soit de ses propres yeux qu'il
ait vû la Colomne dont je parle , et non
par les yeux d'autrui . J'ajoûterai seulement
à ce qu'il a écrit sur ce Monument,
les dimensions qu'un de vos amis , à qui
vous avez recommandé la chose , en est
allé prendre sur les lieux , et qu'il m'a
communiquées. La base de cette Colomne
sort de terre environ la hauteur de deux
pieds , et la largeur de la même base est
à peu près égale. La Colomne a en ellemême
six à sept pieds de hauteur et cinq
à six pieds de circonference ; desorte que
d'élevation de tout ce qui paroît hors de
terre est de huit à neuf pieds. Au reste
si quelque Antiquaire a encore des doutes
sur cette Inscription , à cause des variantes
qui paroissent , il peut se contenter
et aller l'éxaminer lui- même dans le
Pays où elle se trouve.
J'invite aussi à faire la même démar•
che , à l'égard de la Colomne milliaire de
Solaize , tous ceux qui ne voudroient pas
ajoûter foi à ce que je suis en état de vous.
en dire. Je l'ai examinée assez long- tems
et avec assez d'attention , pour pouvoir
en parler sçavamment. L'Inscription de
cette Colomne , quoique très-bien conservée
, et très - lisible , à souffert aussi
beaucoup de variantes . Gruter la donne
dans une distribution de lignes toute differente
MARS. 1731. 487
ferente de ce qu'elle est. Outre cela il
obmet le chiffre du milliaire qui est VII.
et il prend les deux lettres P. P. significatives
de Pater Patria , pour toute autre
chose que ce qu'elles désignent. Le
Pere du Bois , Celestin , qui a recueilli
les Inscriptions du Pays Viennois et des
environs, autant qu'il lui a été possible, se
trompe aussi beaucoup sur les derniers caracteres
de cette Inscription , lorsqu'il
la fait finir ainsi : COS II ROM .
J'ajoûterai à tout cela que l'inexactitude
de Gruter a été suivie par quelques Modernes
, et c'est ce qu'il est important
d'observer. Ces derniers ne s'étant pas
donné la peine de recourir à l'Original,
se sont crûs assez autorisez pour conclure
que la fin de cette Inscription signifioit
REFECIT, supposant que Gruter avoit
été fidelement instruit de ce qu'elle contenoit,
et qu'il en falloit juger comme de
celle d'une autre Colomne milliaire qu'on
dit être à Montpellier. Pour moi qui
m'en suis défié , je n'ai pas manqué , en
revenant de Vienne l'année derniere , au
mois d'Octobre , de quitter la route nouvelle
, qui passe à Saint Saphorin d'Ozon ,
pour rentrer dans l'ancienne route militaire
à Solaire , qui n'en est éloigné que
d'un quart de lieuë , à main gauche , et
y ayant trouvé sur le bord de ce grand
Dij chemin
488 MERCURE DE FRANCE
chemin la Colomne dont je vous parle
voici les remarques que j'y ai faites.
- Elle est assise sur quatre degrés de pierre
qui forment autant de cercles . Le chemin
le plus droit , auprès duquel elle est,
conduit à Lyon , l'autre mene au Village
même de Solaize. Sa hauteur , compris la
base et le chapiteau , est de neuf à dix
pieds , et ce chapiteau est surmonté d'une
Croix , qu'on voit bien avoir été mise
là après coup , et apparament pour
contribuer à la conservation du Monument.
Cela n'a pas cependant empêché
que quelques Paysans n'ayent jetté des
pierres contre cette Colomne , ensorte
que les deux premieres lettres de la premiere
ligne et les deux premieres de la
quatrième en ont été un peu défigurées ,
mais elles sont encore suffisament lisibles
; et voici l'arrangement dans lequel
les lignes qui la compsent sont conçuës :
TI. CLAVDIVS DRUSI F.
CAESAR AVGVST.
GERMANICVS
PONT. MAX. TR. POT. III.
IMP. III COS III. P. P.
VII.
Je puis vous protester qu'il n'y a pas
autre chose , et que j'ai pris tout le soin
possible
MARS. 1731. 489
possible pour m'assurer de la yeritable
lecture de cette Inscription . Le RE , que
quelques Sçavans prétendent finir la derniere
ligne , n'y est aucunement. Au lieu
de cela le double P. y est très-visible ;
et pour conclusion , on y voit d'un caractere
un peu plus gros le nombre Romain
VII. qui marque qu'en cet endroit
finit le septiéme milliaire de Vienne à
Lyon. En effet Inscription de la Colomne
est tournée du côté de Vienne , et
elle fait face à ceux qui montent la perite
Montagne , sur laquelle est situé le
Village. Ce septième milliaire fait la moitié
du chemin d'entre les deux grandes
Villes ; et sans doute que c'est parce qu'on
se reposoit en cet endroit, et que les Troupes
y faisoient alte , qu'on l'a appellé Selatium
, et depuis Solaize , en langage vulgaire
, formé sur le Latin.
J'eus l'obligation à M. Baudrand , digne
Curé de la Paroisse , cousin du celebre
Géographe de ce nom , de m'avoir
conduit lui- même dans le lieu de son territoire
où cette Colomne est érigée. On
ne connoît aucunement dans ce Village
la Maison des Bernardins , dans laquelle
le Pere du Bois assuroit en 1605. qu'on
la voyoit. M. le Curé me fit voir aussi
à quelques pas au- dessous de cette Colomine
les restes d'un Canal fait d'une
D iij matiere
490 MERCURE DE FRANCE
matiere qu'on appelle du Bleton , dans le
Pays, et qui n'est que du gravier détrempé
avec de la Chaux. Je ne puis vous
marquer ce que le Pere Ménetrier a dit
de cette Inscription de Solaize dans son
Histoire Consulaire de Lyon. C'est un
Livre qui manque dans nos cantons. J'aime
mieux , au reste , avoir vû par moi-même
l'Original , que beaucoup de copies infideles
, sur lesquelles on ne peut compter
, comme sur celle que j'ai l'honneur
de vous envoyer.
J'ai vu cette année dans un Jardin situé
derriere l'Eglise de l'Abbaye de S. Medard
de Soissons , l'Inscription rapportée
par Dom Martenne , dans son second
Voyage Litteraire , page 18. C'est aussi
une de ces Colomnes milliaires , quoique
le terme de mille ni la lettre initiale ne
s'y trouvent pas ; mais elle n'est pas du
Regne de l'Empereur Claude. Comme
l'injure du temps en a rendu les caracteres
difficiles à suivre , je n'ai pû verifier
les copies qui en ont été faites. Mais pour
le sûr , le mot Leuga , y est employé.
Je vous ai avoué franchement que je
crois qu'il faut abandonner toute idée de
Colomne milliaire à l'égard de la Colomne
de Carcassonne. C'est par où j'ai commencé
cette Lettre. Permettez , en la finissant
, que je revienne à ce qui a été
observé
MARS. 1731. 451
observé sur la Lettre de M. de Murat ,
Juge- Mage de cette Ville , et que je vous
fasse faire attention qu'il y a un exemple
de trop parmi ceux qu'on a apportés à dessein
de prouver que souvent un même
homme avoit un double nom , dont l'un
étoit le dérivé ou le diminutif de l'autre ,
et d'en conclure que le même Prince avoit
pû s'appeller Numerius- Numerianus. C'est
la citation qu'on fait du Martyrologe Romain
au 31 , May. On dit que Cantius et
Cantianus , sont les deux noms d'un même
homme ; mais on l'avance gratis et
contre la foi de l'Histoire. Les Actes que
Dom Mabillon a donné de ces saints Martyrs
à la fin de son Livre de la Liturgie.
Gallicane, sur un Manuscrit deM.Obrecht,
et le Sermon de S. Maxime de Turin ,
font trois personnes de Cantus Cantianus
et Cantianitta S. Maxime dit : Quam benè
et jucundè tres Martyres uno penè vocabulo
nuncupantur ! Les Actes disent : Advenerunt
tres Germani ex urbe Româ , &c. Voilà
qui me paroît décisif. Je suis , &c.
Ce 18. Octobre 1730 .
milliaires , adressées à M. D. L. R.
par M. le Benf, Chanoine d'Auxerre.
Co
Omme je crois , Monsieur , que personne
ne s'avise de soutenir. que la
Pierre trouvée proche Carcassonne , de
laquelle il est fait mention dans le Mercure
de Juin 1729. soit un reste de Colomne
milliaire , il seroit inutile d'ajoûter
de nouvelles raisons à celles qui ont été
produites dans ce Journal pour détruire
cette idée. Vous vous êtes servi de l'occasion
que vous a presentée l'Inscription
qui est gravée dessus , pour en publier
une qu'on lit sur une veritable Colonne
milliaire , située entre Langres et Dijon .
Je ne puis me persuader que vous ayez
crû que ce fût une nouvelle découverte,
dont il fût à propos d'instruire le Public
, aussi-tôt qu'elle est venue à votre
connoissance. Je me souviens fort bien
que lorsque je vous envoyai la Description
telle que je l'avois trouvée dans des
Mémoires écrits il y a plus de soixante.
ans , je ne prétendis pas que la Pierre sur
laquelle est gravée cette Inscription , cût
été inconnue jusqu'alors , et vous entrâtes
482 MERCURE DE FRANCE
tes fort bien dans ma pensée, lorsque vous
marquâtes dans votre Journal que
l'Inscription
dont il s'agit avoit été découverte
il y a du temps.
&
Quelques Lecteurs auront , sans doute,
reconnu que par cette époque , j'ai eû
intention de remonter plus haut que la
découverte de la même Inscription , qui
› est annoncée dans les Memoires de Trévoux
de l'an 1703. puisque là copie que
je vous ai envoyée avoit été écrite dès
l'an 1662. Bien plus , je vous avouerai ,
qu'ayant recouru au vaste Recueil de
Gruter , j'y ai trouvé la même Inscrip
tion quant au fond. Ainsi toute l'utilité
qui revient au Public de la part que vous
lui avez faite de l'Inscription de la Colomne
située proche Sacquenay , consiste
à sçavoir que differens Lecteurs l'ont prise
differemment sur les lieux , selon qu'il
étoient plus ou moins au fait de déchiffrer
ces sortes de Monumens exposez aux injures
de l'air depuis tant de siecles.
Il s'agit présentement de décider qui!
sont ceux qui ont lû plus exactement ce
que contient cette Inscription . Gruter l'a
publiée il y a plus d'un siecle , sur les Memoires
de Roussat , mais d'une maniere
si visiblement dépravée , et pleine de tant
de fautes , qu'on ne peut presquen en inferer
autre chose , sinon qu'elle est de
l'EmMARS.
17310 483
l'Empereur Claude , et qu'elle désigne un
éloignement de Langres de vingt- deux
mille pas . Il s'explique encore très-mal ,
lorsqu'il dit qu'elle étoit à Langres , puisqu'il
est absurde de penser qu'un Monument
dressé pour marquer une distance
de plusieurs lieues de cette Ville , fût
placé dans la Ville même d'où se prend
cette distance .
Il faut , sans doute , entendre cette position
de la Colomne en question , de la
même maniere qu'on entend ce que le
même Gruter dit de celle de Solaize, lorsqu'il
marque qu'elle est à Vienne , ( a )
quoiqu'elle en soit à deux bonnes lieuës.
Gruter écrivant hors du Royaume , ne
s'est pas toûjours picqué de parler avec
l'exactitude et la précision convenable
des Inscriptions qui y sont renfermées.
Au reste il est bon et utile que de temps
en temps les mêmes Inscriptions reparoissent
, afin qu'on puisse dans la suite
en développer le contenu avec plus de
certitude , et de parvenir à en donner
une explication qui ne souffre plus de difficulté.
Pour vous épargner la peine de recourir
à Gruter , aux Memoires de Trévoux
, et même à la copie faite sur ce que
le Pere Chifflet a dicté en 1662. je les
représenterai ici telles qu'elles sont imprimées
.
(a ) Page 188.
484 MERCURE DE FRANCE .
Gruter , page 153 .
TI CLAVD DRVSI F.
CAESAR AVG GER
MANIC. T NI XXX
TRIB. POTEST III P M
III P. P. COS. IX.. E
I ... SICNS ... IIII
AND . M. P. XXII.
Copie du Pere Chifflet.
TI. CLAVD. DRVSI F.
CAESAR AVG GER
MANIC. PONT. MAX.
TRIB. POTEST III IMP.
I Р. P. COS. III. DE
SIGN IIII
AND. M. P. XXII.
Memoires de Trévoux , 1703. page 1647 .
TI. CLAVD DRVSI F.
CAESAR AVG. GER
MANIC. PONT. MAX
TRIB. POTEST II. IMP.
III. P. P. COS. II DE
SIGNAT III.
AND. M. P. XXII.
Je suis persuadé , Monsieur , qu'avec
d'attention sur ces trois copies,
un peu on
MARS. 1731. 485
on sera convaincu que c'est la même Inscription
prise differemment differens
par
Lecteurs ; et que comme les Mémoires de
Trévoux, et la Copie du P.Chifflet, ne sont
pas censez citer une autre Inscription ,
que celle du Village de Saquenay , quoiqu'il
y ait de la variation dans les dates ,
celle aussi qu'on trouve dans Gruter n'appartient
pas non - plus à une autre Cofomne
milliaire , et que c'est celle du même
Village . Le nombre égal de sept lignes ,
partagées d'une maniere toute semblable ,
joint à la cotte du milliaire , qui est la
même par tout , est , ce me semble , une
démonstration suffisante de cette identité.
Il est visible que dans Gruter la fin de
la troisième , quatrième et cinquiéme lignes,
et toute la sixième, sont plutôt ébauchées
par des gens qui ont deviné comme
ils ont pû , que bien représentées dans
le style ordinaire ; et ainsi les differences
qu'on y trouve n'établissant rien de solide
, on doit les expliquer par les copies
prises posterieurement.
Il ne resteroit plus qu'à sçavoir qui a
le mieux lû les chiffres du Tribunat dé
Claude , ceux du Consulat et de la désignation
, ou le Pere Chifflet en 166 2. ou
M. Moreau de Montour en 1703. mais on
peut en toute sûreté se reposer sur l'exacritude
de cet habile Académicien , sup-
D posé
46 MERCURE DE FRANCE
posé que ce soit de ses propres yeux qu'il
ait vû la Colomne dont je parle , et non
par les yeux d'autrui . J'ajoûterai seulement
à ce qu'il a écrit sur ce Monument,
les dimensions qu'un de vos amis , à qui
vous avez recommandé la chose , en est
allé prendre sur les lieux , et qu'il m'a
communiquées. La base de cette Colomne
sort de terre environ la hauteur de deux
pieds , et la largeur de la même base est
à peu près égale. La Colomne a en ellemême
six à sept pieds de hauteur et cinq
à six pieds de circonference ; desorte que
d'élevation de tout ce qui paroît hors de
terre est de huit à neuf pieds. Au reste
si quelque Antiquaire a encore des doutes
sur cette Inscription , à cause des variantes
qui paroissent , il peut se contenter
et aller l'éxaminer lui- même dans le
Pays où elle se trouve.
J'invite aussi à faire la même démar•
che , à l'égard de la Colomne milliaire de
Solaize , tous ceux qui ne voudroient pas
ajoûter foi à ce que je suis en état de vous.
en dire. Je l'ai examinée assez long- tems
et avec assez d'attention , pour pouvoir
en parler sçavamment. L'Inscription de
cette Colomne , quoique très-bien conservée
, et très - lisible , à souffert aussi
beaucoup de variantes . Gruter la donne
dans une distribution de lignes toute differente
MARS. 1731. 487
ferente de ce qu'elle est. Outre cela il
obmet le chiffre du milliaire qui est VII.
et il prend les deux lettres P. P. significatives
de Pater Patria , pour toute autre
chose que ce qu'elles désignent. Le
Pere du Bois , Celestin , qui a recueilli
les Inscriptions du Pays Viennois et des
environs, autant qu'il lui a été possible, se
trompe aussi beaucoup sur les derniers caracteres
de cette Inscription , lorsqu'il
la fait finir ainsi : COS II ROM .
J'ajoûterai à tout cela que l'inexactitude
de Gruter a été suivie par quelques Modernes
, et c'est ce qu'il est important
d'observer. Ces derniers ne s'étant pas
donné la peine de recourir à l'Original,
se sont crûs assez autorisez pour conclure
que la fin de cette Inscription signifioit
REFECIT, supposant que Gruter avoit
été fidelement instruit de ce qu'elle contenoit,
et qu'il en falloit juger comme de
celle d'une autre Colomne milliaire qu'on
dit être à Montpellier. Pour moi qui
m'en suis défié , je n'ai pas manqué , en
revenant de Vienne l'année derniere , au
mois d'Octobre , de quitter la route nouvelle
, qui passe à Saint Saphorin d'Ozon ,
pour rentrer dans l'ancienne route militaire
à Solaire , qui n'en est éloigné que
d'un quart de lieuë , à main gauche , et
y ayant trouvé sur le bord de ce grand
Dij chemin
488 MERCURE DE FRANCE
chemin la Colomne dont je vous parle
voici les remarques que j'y ai faites.
- Elle est assise sur quatre degrés de pierre
qui forment autant de cercles . Le chemin
le plus droit , auprès duquel elle est,
conduit à Lyon , l'autre mene au Village
même de Solaize. Sa hauteur , compris la
base et le chapiteau , est de neuf à dix
pieds , et ce chapiteau est surmonté d'une
Croix , qu'on voit bien avoir été mise
là après coup , et apparament pour
contribuer à la conservation du Monument.
Cela n'a pas cependant empêché
que quelques Paysans n'ayent jetté des
pierres contre cette Colomne , ensorte
que les deux premieres lettres de la premiere
ligne et les deux premieres de la
quatrième en ont été un peu défigurées ,
mais elles sont encore suffisament lisibles
; et voici l'arrangement dans lequel
les lignes qui la compsent sont conçuës :
TI. CLAVDIVS DRUSI F.
CAESAR AVGVST.
GERMANICVS
PONT. MAX. TR. POT. III.
IMP. III COS III. P. P.
VII.
Je puis vous protester qu'il n'y a pas
autre chose , et que j'ai pris tout le soin
possible
MARS. 1731. 489
possible pour m'assurer de la yeritable
lecture de cette Inscription . Le RE , que
quelques Sçavans prétendent finir la derniere
ligne , n'y est aucunement. Au lieu
de cela le double P. y est très-visible ;
et pour conclusion , on y voit d'un caractere
un peu plus gros le nombre Romain
VII. qui marque qu'en cet endroit
finit le septiéme milliaire de Vienne à
Lyon. En effet Inscription de la Colomne
est tournée du côté de Vienne , et
elle fait face à ceux qui montent la perite
Montagne , sur laquelle est situé le
Village. Ce septième milliaire fait la moitié
du chemin d'entre les deux grandes
Villes ; et sans doute que c'est parce qu'on
se reposoit en cet endroit, et que les Troupes
y faisoient alte , qu'on l'a appellé Selatium
, et depuis Solaize , en langage vulgaire
, formé sur le Latin.
J'eus l'obligation à M. Baudrand , digne
Curé de la Paroisse , cousin du celebre
Géographe de ce nom , de m'avoir
conduit lui- même dans le lieu de son territoire
où cette Colomne est érigée. On
ne connoît aucunement dans ce Village
la Maison des Bernardins , dans laquelle
le Pere du Bois assuroit en 1605. qu'on
la voyoit. M. le Curé me fit voir aussi
à quelques pas au- dessous de cette Colomine
les restes d'un Canal fait d'une
D iij matiere
490 MERCURE DE FRANCE
matiere qu'on appelle du Bleton , dans le
Pays, et qui n'est que du gravier détrempé
avec de la Chaux. Je ne puis vous
marquer ce que le Pere Ménetrier a dit
de cette Inscription de Solaize dans son
Histoire Consulaire de Lyon. C'est un
Livre qui manque dans nos cantons. J'aime
mieux , au reste , avoir vû par moi-même
l'Original , que beaucoup de copies infideles
, sur lesquelles on ne peut compter
, comme sur celle que j'ai l'honneur
de vous envoyer.
J'ai vu cette année dans un Jardin situé
derriere l'Eglise de l'Abbaye de S. Medard
de Soissons , l'Inscription rapportée
par Dom Martenne , dans son second
Voyage Litteraire , page 18. C'est aussi
une de ces Colomnes milliaires , quoique
le terme de mille ni la lettre initiale ne
s'y trouvent pas ; mais elle n'est pas du
Regne de l'Empereur Claude. Comme
l'injure du temps en a rendu les caracteres
difficiles à suivre , je n'ai pû verifier
les copies qui en ont été faites. Mais pour
le sûr , le mot Leuga , y est employé.
Je vous ai avoué franchement que je
crois qu'il faut abandonner toute idée de
Colomne milliaire à l'égard de la Colomne
de Carcassonne. C'est par où j'ai commencé
cette Lettre. Permettez , en la finissant
, que je revienne à ce qui a été
observé
MARS. 1731. 451
observé sur la Lettre de M. de Murat ,
Juge- Mage de cette Ville , et que je vous
fasse faire attention qu'il y a un exemple
de trop parmi ceux qu'on a apportés à dessein
de prouver que souvent un même
homme avoit un double nom , dont l'un
étoit le dérivé ou le diminutif de l'autre ,
et d'en conclure que le même Prince avoit
pû s'appeller Numerius- Numerianus. C'est
la citation qu'on fait du Martyrologe Romain
au 31 , May. On dit que Cantius et
Cantianus , sont les deux noms d'un même
homme ; mais on l'avance gratis et
contre la foi de l'Histoire. Les Actes que
Dom Mabillon a donné de ces saints Martyrs
à la fin de son Livre de la Liturgie.
Gallicane, sur un Manuscrit deM.Obrecht,
et le Sermon de S. Maxime de Turin ,
font trois personnes de Cantus Cantianus
et Cantianitta S. Maxime dit : Quam benè
et jucundè tres Martyres uno penè vocabulo
nuncupantur ! Les Actes disent : Advenerunt
tres Germani ex urbe Româ , &c. Voilà
qui me paroît décisif. Je suis , &c.
Ce 18. Octobre 1730 .
Fermer
Résumé : OBSERVATIONS sur deux Colomnes milliaires, adressées à M. D. L. R. par M. le Beuf, Chanoine d'Auxerre.
La lettre de M. le Bénf, Chanoine d'Auxerre, adressée à M. D. L. R., traite de deux colonnes milliaires. L'auteur conteste l'affirmation selon laquelle une pierre découverte près de Carcassonne serait une colonne milliaire, jugeant les arguments du Mercure de juin 1729 suffisants pour réfuter cette idée. Il évoque une colonne milliaire située entre Langres et Dijon, connue depuis plus de soixante ans et publiée dans les Mémoires de Trévoux en 1703. Plusieurs copies de l'inscription de cette colonne existent, notamment dans le recueil de Gruter, mais elles contiennent des erreurs. L'auteur compare différentes versions de l'inscription, soulignant les variations et les erreurs de lecture. La lettre mentionne également une colonne milliaire à Solaize, près de Vienne, en décrivant son état et son inscription. L'auteur critique les inexactitudes de Gruter et d'autres auteurs modernes qui n'ont pas consulté l'original. Il conclut en réfutant à nouveau l'idée que la colonne de Carcassonne soit milliaire et en discutant des noms des saints martyrs Cantius et Cantianus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
21
p. 536-553
Discours sur les avantages et la nécessité de l'Union, [titre d'après la table]
Début :
Discours sur les avantages et la nécessité de l'Union ; prononcé [...]
Mots clefs :
Lyon, Union, Discours, Prévôt, Concorde, Discorde, Magistrats, Justice, Société, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur les avantages et la nécessité de l'Union, [titre d'après la table]
DISCOURS sur les avantages et la né
cessité de l'Union ; prononcé dans l'Hôtel
de Ville de Lyon , le 21 Decembre 1730.
jour de S. Thomas , la premiere année de
la Prevoté de M. Camille Perrichon , par
Me A. G. Boucher d'Argis , Avocat au
Parlement. A Lyon , chez André Laurent,
Imprimeur de M. le Duc de Villeroy & de
ta Ville , rue Raifin , à la Vérité , 1731 .
in 4.
Tous les ans , le 21 Decembre , il se
fait à Lyon , dans l'Hôtel de Ville , un
Discours public , où assistent en ceremonie
l'Archevêque , le Gouverneur de
la Ville , le Lieutenant de Roy , l'Intendant
, les Comtes de Lyon , la Cour des
Monnoyes , le Bureau des Finances , l'Election
, le Prevôt des Marchans et les
Echevins , les anciens Prevôts des Marchands
et Echevins.
Ce Discours qui roule sur tel sujet qu'il
plaît à l'Orateur de choisir , se termine
par des complimens addressez à chacune
des et à chacune des Compapersonnes
gnies que nous venons de nommer ,
il est précédé d'un Discours au Roy ,
et à present d'un autre à la Reine , et
d'un troisiéme au Dauphin.
६
M. Boucher d'Argis , Avccat au Parlement
de Paris , déja connu par quelques
Plaidoyers qui ont été goutez , fut
choisi
MAR S. 1731. 537
choisi pour faire le Discours du mois de
Decembre dernier , qui est celui dont
nous allons rendre compte.
L'Orateur y prend pour texte ces mots
de Salluste, dans son histoire de la guerre
des Romains contre Jugurtha.
› Concordia parve res crescunt . discordia
maxime dilabuntur. Et après avoir apos
trophé le Roy , la Reine , et Monseigneur
le Dauphin , dont les Portraits étoient
présens ; il apostrophe tout de suite M. le
Duc de Villeroy , Gouverneur de Lyons
M. le Duc de Retz , Lieutenant de Roy ;
M. Pouletier , Intendant ; Messieurs les
Comtes de Lyon , la Cour des Monnoyes ,
le Bureau des Finances,l'Election , M.Perrichon
, Prevôt des Marchands , Mess . les
Echevins , actuellement en charge , et
enfin Mrs les anciens Prevôts des Marchands
et Echevins.
Nous n'avons point nommé M. l'Archevêque
, parce que sa maladie ne lui
permit pas d'être présent.
Quoique le Discours soit françois , les
Apostrophes sont en latin , comme c'ess
Fusage : Les voici.
Rex Christianissime ,
Regina Christianissima.
Serenissime Delphine.
'Summe Provinciæ moderator,
1
Fiij Digni
538 MERCURE DE FRANCE
Dignissime Pro -Rex.
Amplissime Dicoearcha.
Nobilissimi Lugduni Comites.
Præses et Senatores integerrimi.
Præses et Regii Questores ornatissimi,
Tributorum Descriptores sapientissimi,
Clarissime Mercatorum Præses , nec non civitas
tis Præfecte .
Lectissimi ac Providentissimi Consules.
Viri de Patriâ quàm optime meriti.
Caterique Auditores omnium Ordinum commendatissimi.
c'est
Après ces saluts , M. Boucher d'Argis
commence son Discours, où il se propose
de montrer le prix inestimable de l'Union
. Son début est que de tous les avantages
qui contribuent à la splendeur d'un
Etat et au bonheur des Peuples , il n'en
est point de comparable à l'Union , que
par elle
que la fortune des particu
liers s'accroît et se conserve , que les
forces d'un Etat s'augmentent et se perpetuent
, que se forme cette Puissance qui
fait redouter un Empire à tous les autres
Peuples , et les force à le respecter ; que
sans l'Union,toute Société , quelque puissante
qu'elle paroisse à nos yeux , éprouve
bien-tôt que toute cette force apparente
n'étoit qu'une veritable foiblesse , enfin
que
MARS. 1731. $39
que sans l'Union l'on ne peut s'attendre
de voir subsister ni les Coutumes les
mieux établies , ni les Empires les plus
florissans.
,
Pour faire sentir la vérité de ces maximes
M. d'Argis demande quel autre
motif que celui des secours qu'on doit
attendre de l'Union , a engagé les hom
mes dans les siècles les plus reculez à for--
mer entr'eux ces Sociétez , que le temps
et l'experience n'ont pas encore cessé de
perfectionner. N'est- ce pas , dit-il , ce qui
Les a obligez de s'assembler , de bâtir des
Villes , de se faire des Loix pour y amener
FOrdre et la Justice parmi eux. L'Homme,,
continuë- t- il , ce chef- d'oeuvre de la naș
ture , si parfait , si achevé , et que ses prox
pres perfections rendent incompréhensible à
Ini-même; cet être , dont l'intelligence s'étend
·au-delà des bornes de l'Univers ; le croiroiton
, Messieurs , ne peut cependant se suffire
à lui-même il ne sçauroit fournir à tous ses
differens besoins , le secours de ses semblables:
lui est nécessaire ; je ne dis
pas
seulement
pour soutenir la foiblesse de l'enfance , mais
pour suppléer dans tous les âges , aux défauts
qui sont inséparables de sa nature ; ainsi l'a
ordonné le Créateur. Est-ce pour humilier
Homme et lui faire sentir qu'il n'est pas
encore tout àfait hors du neant ? N'est- cepas
plutôt pour lier ensemble les hommes par des
Fij noeuds
$40 MERCURE DE FRANCE.
noeuds d'autant plus indissolubles qu'un inferêt
commun les forme et les serre ? On peut
donc dire de l'Union , qu'elle est aussi nécessaire
qu'avantageuse , puisqu'elle est le
principe et la source de la grandeur d'un
Etat et de la félicité des Peuples .
M.d'Argis prévoit icy l'erreur où pourroit
conduire le mot équivoque d'Union,
et comme rien n'est plus important dans
un point de la conséquence de celui - cy
que de bien définir un terme essentiel sur
lequel roule tout ce qu'on avance , l'Orateur
a soin d'en éloigner jusqu'à la
moindre ambiguité. A
Mais quelle est , dit- il , cette Union désirable
qui peut seule procurer de si grands
avantages ? Ce n'est pas seulement une Sosiété
formée au hazard entre plusieurs hommes
qui se rassembleroient en un même lien
pour réunir leurs forces , leurs talens , leur
industrie, et se préter un secours mutuel.L’Vnion
dans ce point de vûë , ne laisseroit pas
de leur être utile et même nécessaire , mais
elle seroit encore imparfaite ce ne seroit
qu'une assemblée formée par l'interêt à laquelle
souvent le coeur n'auroit point de
part. Ceux qui seroient ainsi rassen.ble ,.
pourroient être divisez interieurement. Ils ne
seroient même que plus à plaindre d'être
réunis dans un même lieu , s'ils n'étoient
encore plus unis de coeur et d'affection.
A
MARS. 1731.
541
A ces trairs l'Auteur en ajoute d'autres
qui ne permettent pas de se méprendre
sur la véritable Union dont il parle .
•
La concorde , dit- il , qui doit nécessairement
procurer la gloire de l'Etat et la félicité
des Peuples , n'est autre chose qu'une société
formée par des liaisons de bienveillance
contractée entre un Peuple entier , qui semble
être convenu de ne composer qu'une simple
famille sous un même Chef: Cette société
est fondée sur les Loix qui reglent les devoirs
de chaque membre de cette famille . L
zele et l'application qu'ils ont à s'acquitter
chacun des fonctions qui leur ont été destinées
, l'attention qu'ils ont de ne point se
troubler les uns les autres , forment cett ?
union parfaite qui procure des avantages
considérables à la société , qu'elle se voit en
état de résister à tous ceux qui voudroient
La détruire. Chaque Membre de cette Société
voit augmenter chaque jour sa fortune et
fouit en paix du fruit de ses travaux et de
son industrie.
si
Après cette explication , M. d'Argis expose
ce que c'est qu'un Etat . Il remarque
que c'est un Corps , et que les Citoyens
en sont les membres ; que le rapport mutuel
que ces Citoyens ont entr'eux,donne
à ce Corps l'ame et la vie , et forme un
composé merveilleux qui ne peut subsiter,
ni conserver son être sans cette heu
F v reuse
$42 MERCURE DE FRANCE
reuse harmonie que l'on admire dans l'U
nivers et dans toutes les Parties qui le
composent.
Il appuye de l'expérience sa réfléxion.
11 demande si l'on n'éprouve pas tous les
jours dans l'éxécution des projets , même
les plus ordinaires , l'avantage et la nécessité
de se réünir plusieurs pour y
réüssir ; il fait observer que souvent un
seul se rebuteroit, et que deux s'animent ;
que l'un a le conseil et l'autre l'exécu
tion ; l'un la force et l'autre l'adresse ;
le se- les talens sont partagez et que que
Cours mutuel vient about de tout, ensorte
que l'Union conduit au succès des entreprises
les plus difficiles.
Nous passons quelques autres refléxions
pour venir à la peinture que M. Boucher
d'Argis, qui ne perd jamais de vûë
son objet , trouve occasion de faire du
bonheur complet d'un Etat. Peinture ,
dont les traits bien considerez , offrent
d'utiles leçons .
Le bonheur de l'Etat , dit-il , est parfait
Lorsque chaque Citoyen se renferme dans de
justes bornes , s'applique uniquement à remplir
ses devoirs , et ne contrevient point aux
Loix qui sont le fondement de la société civile
; car cette douce paix que la concorde
procure aux Peuples , est le fruit de lajus→
tice et l'ouvrage de ceux qui en sont les dér
posiMARS.
1731. 543
›
positaires ; c'est la justice qui apporte par
tout cet ordre , et cette simetrie politique qui
unit les personnes de différentes conditions
les différens corps , les differens états ; c'est
elle qui entretient cette liaison si utile et si
nécessaire entre les différentes nations , c'est
elle qui concilie par la modération l'inégalité
des humeurs et des esprits , et qui entretient
chacun dans son rang et ses droits , c'est
elle qui établit la subordination ; enfin qui
réprime la licence et le désordre enprotegeant
l'innocence et soutenant la vérité.
L'Orateur ajoute que les troubles , les
dissentions , qui interrompent quelquefois
la tranquillité d'un Etat , ou des par
ticuliers , ne viennent que des excès que
la Justice n'a point réprimez ; après quoi
il conclud que ce sont donc les Loix qui
forment et qui entretiennent cette Union
si avantageuse et si nécessaire pour la
gloire et le bonheur des Peuples , que pat
conséquent il est de l'attention des Magis
trats qui sont chargez du soin de faire
exécuter ces Loix , qu'on doit attendre la
conservation d'un bien si précieux, puis
que ce sont eux qui par leur autorité, et
plus encore par leur prudence , doivent
entretenir dans un Etat cet accord , cette
harmonie , cette subordination si désirables
, sans quoi les peuples ne peuvent
être sensibles aux autres biens..
Fvj Telle
་ ་
t
544 MERCURE DE FRANCE
Telle est l'idée que M. Boucher d'Argis
veut qu'on se fasse de la concorde et
de l'Union qui doit regner entre les differens
Peuples d'un même Etat. Tels sont
les fondemens qu'il pose de leur grandeu
er de leur félicité ? Il en appelle icy aux
exemples que fournit là- dessus l'Histoire.
Il veut que l'on jette les yeux sur les
Empires les plus florissans , qu'on les
considere dans leur origine , qu'on les
suive dans leurs différens progrès jusqu'au
dégré de Puissance et de Grandeur où ils
sont parvenus , et il soutient qu'on n'en
découvrira pas un seul qui dans toutes les
occasions importantes ne se soit soutena
et ne se soit élevé par l'effet de l'Union.
Il cite sur ce point l'ancienne Rome
qui par la force de ses armes , soumit
presque toute la terre.
Ce n'étoit d'abord , dit-il , qu'une assemblée
de quelques Bergers & les Nations voisines
étoient puissantes et redoutables ; il paroissoit
difficile qu'une Ville naissante comme
celle- là , pût jamais s'élever au milieu de
tant de Peuples , jaloux de son établissement
; cependant malgré tous les avantages
que les Peuples de l'Italie avoient sur elle ;
P'Union des Romains la rendit plus puissan
te que cette multitude de Nations ennemis
qui l'environnoient de toutes parts. Unis
pour le bien de la Patrie , animez d'un même
zele
MARS. 1731. 545
zéle pour la gloire , ilsfurent toujours invincibles
, et la posterité de cette petite troupe
Bergers conquit tout l'Univers.A
de
Notre Orateur ne manque pas icy
l'occasion qui se présente de rapporter ce
que firent les Romains , pour marquer
combien ils s'estimoient redevables à la-
Concorde. Comme leur Empire , remarque-
t- il , devoit tous ses progrès à l'Union
, ils la regarderent comme un présent
du ciel , et s'en firent une Divinité
qu'ils adorerent sous le nom de la Concorde.
Camille voulut qu'on lui rendit
un culte solennel , et lui éleva un Temple
, où l'on faisoit des Sacrifices pour
la
coujurer de répandre dans tous les coeurs
des sentimens de paix et d'union.
Mais sans s'arrêter à des exemples
étrangers pour faire voir ce que peut
l'Union , M.d'Argis n'en veut point d'autres
que le bonheur dont la France joüit
depuis son origine. Bonheur , dit - il ,
qui n'a souffert d'alteration que dans ces
tems orageux où les furies , je veux dire , les
passions , je veux dire cette ambition qui
rompt les attachemens les plus naturels, vint
soufler dans tous les coeurs le trouble et la
discorde , et causer des désordres que
la sagesse
et la valeur de nos Rois ont tellement
fait évanouir , que nous ne les connoissons
plus que par l'Histoire.
Ainsi
146 MERCURE DE FRANCE
Ainsi la Concorde, continuë notre Orateur
, ( lequel fait toujours servir ses réfléxions
de preuve à son texte, et ne sçait
ce que s'est que de s'écarter à de vaines
digressions. ) Ainsi la Concorde qui avoit
uni pendant tant de siécles toutes les Villes
et toutes les Provinces dont est composé
cet Etat si vaste et si floritsant, cette
même Concorde les réunit encore aujourd'hui
et les lie entr'elles par des liens
d'autant plus parfaits , qu'elles ont mieux
reconnu par une fatale experience, les mal .
heurs qu'entraîne après soi la Discorde.
Ici M. d'Argis , par une de ces tran
sitions, où il y a quelquefois d'autant plus
d'art qu'il y en paroît moins , trouve
moyen , en se tenant toujours renfermé
dans son sujet , de passer à l'éloge de la
Ville de Lyon.
Quelbonheur pour cette Ville , s'écrie - t-il,
de n'avoirjamais éprouvé que les avantages
de l'Union, et qu'il lui est glorieux de s'êtra
toujours élevée par sa sagesse et sa constance ,
au- dessus des exemples pernicieux que lui
donnerent dans les malheureux temps , dont
nous venons de parler , la pluspart des Villes
du Royaume , et d'avoir ainsi surpassé la
Ville même à laquelle seule elle peut ceder le
rang dans l'Etat.
Tout ne paroît- il pas annoncer icy cette
Union désirable , et ne dirait- on pas que la
natura
MARS. 1731. $47
"
nature même y porte les habitans fortune
de cette Ville.
M. d'Argis en appelle là- dessus à la
seule situation de la Ville dont il parle..
- Deux Fleuves superbes et majestueux ,
dit-il , qui après avoir arrosé diverses contrées
, viennent mêler leurs eaux aux pieds
des murs de cette Ville , pour ne faire plus
qu'un Fleuve , malgré l'extrême difference de
leur cours ; ne semblent - ils pas nous appren
dre quel est l'heureux caractere et la disposi
tion naturelle de ceux qui en habitent les
bords.
Cette Ville , située au centre de l'Europe,
ne paroît-elle pas faite pour réunir les diffé
rens Peuples que son commerce florissant y
attire ?
Après ces réfléxions sur la situation
du lieu , l'Orateur entre dans le détail de
plusieurs circonstances glorieuses à la
Ville de Lyon.
·
Il remarque que les Romains distin
guerent toujours cette Ville de tout le
reste de leur domination , qu'ils firent
gloire de contribuer à sa grandeur , et
qu'en reconnoissance
des avantages que
son commerce leur procuroit , ils voulurent
qu'elle fût , pour ainsi dire , unieavec
Rome , et qu'elle fût reconnue pour
Colonie Romaine; que l'Empereur Clau
de qui y étoit né , le proposa lui-même
348 MERCURE DE FRANCE
*
*
au Sénat , et fit à cette occasion la Ha
rangue que cette Ville conserve encore ,
dans laquelle il representa de quelle importance
il étoit pour l'Empire , d'attacher
de plus en plus à la Patrie de tant
d'Illustres Sénateurs , une Alliée fidelle incapable
de manquer à ses engagemens.
Que le Sénat qui connoissoit les avantages
et la nécessité de l'Union , reçut avec
empressement la proposition de l'Empereur,
et fit gloire d'associer Lyon à Rome.
Que ce n'est pas seulement avec les
Peuples voisins que les habitans de cette
celebre Ville sçavent entretenir des liaisons
utiles à leur Commerce , mais que
le succès de ce Commerce dépend encore
bien plus de la bonne intelligence dans
laquelle ces mêmes Habitans vivent entre
eux , et sur tout de ces societez particulieres
qui font l'union des fonds er
des soins de plusieurs Négocians ; societez
qui rendent le Commerce de Lyon
plus considerable et en même tems plus
facile , par le secours mutuel que ceux
qui les composent se prétent en travail,
lant de concert au bien commun.
M.d'Argis n'oublie pas de mettre ici sous
les yeux la justice et l'équité qui président
à ce Commerce ; l'attention des Magistrats
à maintenir par tout le bon ordre ,
l'empressement des Citoyens à observer
les
MARS. 1731. 549
les Loix , leur attachement au Prince 1
qu'ils regardent comme le lien de leur
union , enfin les épreuves que dans les
situations les plus difficiles nos Rois ont
faites de cet inviolable attachement , et
sur lesquelles est fondée cette confiance
singuliere qui se repose de la garde d'u
ne Ville si importante , sur ses seuls Citoyens
, & c.
Tout ce qu'a dit jusqu'ici l'Orateur ;
aboutit à cette conclusion , qu'il n'est rien
de plus avantageux que l'union , et que
c'est elle qui contribuë le plus à la gran,
deur d'un Etat et au bonheur des Peuples.
Concordia parva res crescunt.
Reste à montrer les malheurs qu'entraîne
avec soi la funeste discorde , selon
ces autres paroles du Texte : Discordia
maxima dilabuntur. Et c'est ce que M.d'Argis
fait voir par plusieurs Refléxions et
par plusieurs exemples.
Il veut qu'on se représente d'abord un
Monstre conduit par la rage , les yeux enflammez
, le front couvert de sang , secoüant
dans ses mains de noirs flambeaux,
répandant en tous lieux les soupçons , la
frayeur , les allarmes , traînant après lui
la haîne et l'inhumanité .
Telle est , dit-il , et plus affreuse encore
la Discorde qui ravage un Etat ; on n'y
voit que fuaestes, ligues , qu'intrigues crimi
nelles
5 MERCURE DE FRANCE
nelles , qu'odieuses conspirations ; les Peu
ples , au lieu de réunir leurs forces contre les
ennemis de l'Etat , les tournent contre euxmêmes
et se détruisent. La gloire de l'Etat
s'obscurcit , et bientôt sa grandeur et sa puissance
s'évanoüissent ; mais le plus terrible
effet de la desunion ce sont les Guerres civiless:
ces Guerres qui font frémir la Nature , et qui
pourtant l'échauffent. On suit aveuglément
differens partis , l'unjuste , si l'on veut , l'autre
injuste ; mais ils sont également violens
également cruels ; l'un et l'autre cherche à
verser le sang qu'il devroit deffendre. Le
fils armé contre le pere , le frere contre le freres.
tous aspirent à une victoire dont ils devroient
rongir; le parti que la fortune aveugle favorise,
ne triomphe que sur les ruines de la
Patrie.
M. d'Argis représente ici combien legere
est souvent la cause de tant de maux;
et remontant à l'Histoire Romaine , ildemande
combien les démêlez de Marius:
et de Sylla , devenus une dissension publique
, ne couterent pas de sang à Rome,
tour-à-tour esclave de ces deux Tyrans
? Il remarque comme elle se livre ensuite
à l'ambition de César et de Pompée,
non pour deffendre sa liberté , mais pour
servir la jalousie de deux Rivaux , et
comme le Trophée que César éleve à
Pharsale , devient le tombeau de la liberté
>
· pu
MARS. 1731. $52
publique ; mais une observation essen
tielle qu'il fait à ce sujet , c'est que le
sort de l'Empire fût le même que celui
de la République ; il soutint toute sa
gloire , il conserva toute son étendue
tant qu'il n'eut qu'un Maître absolu
dont l'autorité réunissoit tant de Peuples.
Au lieu le que partage l'affoiblit , en
avilit la majesté , et le rendit la conquête
facile des Barbares qu'il avoit autrefois.
subjuguez .
L'Orateur descend ensuite à la Monar
chie Françoise ; mais c'est pour déclarer
qu'il ne peut se résoudre à parler des périls
où la discorde a mis autrefois cette
Monarchie , qu'à la verité la fidélité de
Lyon paroîtroit avec éclat ; mais que
cette Ville veut bien renoncer à la gloire
qui lui en reviendroit , pourvû qu'on lui
épargne un souvenir si douloureux.
Si des Etats l'on passe à l'interieur des
Familles ; quels maux n'y cause pas la discorde
? Cet article n'échappe pas à M.d'Argis
, il expose aux yeux les desordres qui
surviennent , lorsque l'union , si necessaire
entre ceux que la Nature unit déja par
les liens du sang , cesse de regler leurs dé
marches , et qu'une haine implacable formée
par l'intérêt ou par quelqu'autre pas+
sion aussi funeste , s'empare de leurs es
prits. Plus l'union , dit- il , et l'amitié sant
natu
352 MERCURE DE FRANCE
naturelles entre ces personnes , plus il semble
qu'il soit difficile de les reunir lorsqu'elles
sont malheureusement divisées. La déroute
se met alors dans les fortunes les mieux établies
, les Maisons les plus brillantes et les
plus illustres périssent on voit avec douleur
ceux qui sont particulierement nez pour
se prêter un secours mutuel, prendre plaisir à
se détruire réciproquement delà ces inimitiez
irréconciliables qui se perpetuent dans
et qui se soutiennent encore
sur les ruines même des Maisons qu'elles
ont renversées.
les Familles
--
,
- Notre Auteur , après une suite d'autres
Refléxions sur les malheurs qu'entraîne
la discorde , finit en ces termes :
: Mais ne nous arrêtons pas davantage à
ses objets odieux , écartons ces images funespes
, qui ne doivent servir qu'à nous apprendre
la necessité de l'union. Je n'ai pas
besoin de faire envisager à cette Ville ," les
malheurs de la desunion qu'elle ne connut
jamais. Elle est , au contraire , le modele
d'union le plus parfait qu'on puisse proposer
à toutes les Villes du Royaume . Enfaut- il
d'autre preuve que cette auguste Assemblée
où j'ai l'honneur de voir tant de grands hom
mes et tant de Corps illustres réunis , qui
concourent tous à entretenir l'union parfaite
qui regne dans cette Ville..
Au Discours de M.d'Argis en succedent
qua-
养
MAR S. 1731 .
553
quatorze autres du même Orateur, comme
nous l'avons marqué ; le premier au Roi ,
le second à la Reine , le troisiéme au Dau
phin , et les autres aux differentes personnes
et aux differentes Compagnies que
nous avons nommées au commencement.
Ces Discours ont tous rapport à l'union;
et quoique très - differens entr'eux par
leurs differens sujets , ausquels ils sont si
propres , qu'ils ne peuvent être appliquez
à d'autres , l'Auteur a pris soin de
les tourner de maniere , que nonobstant
cette difference essentielle et absolument
requise,ils se réunissent tous à representer
F'excellence de l'union , ce qui n'est pas
l'effet d'un Art médiocre . Il conviendroit
d'en citer ici quelques uns , mais l'étendue
de notre Extrait ne le comporte pas.
cessité de l'Union ; prononcé dans l'Hôtel
de Ville de Lyon , le 21 Decembre 1730.
jour de S. Thomas , la premiere année de
la Prevoté de M. Camille Perrichon , par
Me A. G. Boucher d'Argis , Avocat au
Parlement. A Lyon , chez André Laurent,
Imprimeur de M. le Duc de Villeroy & de
ta Ville , rue Raifin , à la Vérité , 1731 .
in 4.
Tous les ans , le 21 Decembre , il se
fait à Lyon , dans l'Hôtel de Ville , un
Discours public , où assistent en ceremonie
l'Archevêque , le Gouverneur de
la Ville , le Lieutenant de Roy , l'Intendant
, les Comtes de Lyon , la Cour des
Monnoyes , le Bureau des Finances , l'Election
, le Prevôt des Marchans et les
Echevins , les anciens Prevôts des Marchands
et Echevins.
Ce Discours qui roule sur tel sujet qu'il
plaît à l'Orateur de choisir , se termine
par des complimens addressez à chacune
des et à chacune des Compapersonnes
gnies que nous venons de nommer ,
il est précédé d'un Discours au Roy ,
et à present d'un autre à la Reine , et
d'un troisiéme au Dauphin.
६
M. Boucher d'Argis , Avccat au Parlement
de Paris , déja connu par quelques
Plaidoyers qui ont été goutez , fut
choisi
MAR S. 1731. 537
choisi pour faire le Discours du mois de
Decembre dernier , qui est celui dont
nous allons rendre compte.
L'Orateur y prend pour texte ces mots
de Salluste, dans son histoire de la guerre
des Romains contre Jugurtha.
› Concordia parve res crescunt . discordia
maxime dilabuntur. Et après avoir apos
trophé le Roy , la Reine , et Monseigneur
le Dauphin , dont les Portraits étoient
présens ; il apostrophe tout de suite M. le
Duc de Villeroy , Gouverneur de Lyons
M. le Duc de Retz , Lieutenant de Roy ;
M. Pouletier , Intendant ; Messieurs les
Comtes de Lyon , la Cour des Monnoyes ,
le Bureau des Finances,l'Election , M.Perrichon
, Prevôt des Marchands , Mess . les
Echevins , actuellement en charge , et
enfin Mrs les anciens Prevôts des Marchands
et Echevins.
Nous n'avons point nommé M. l'Archevêque
, parce que sa maladie ne lui
permit pas d'être présent.
Quoique le Discours soit françois , les
Apostrophes sont en latin , comme c'ess
Fusage : Les voici.
Rex Christianissime ,
Regina Christianissima.
Serenissime Delphine.
'Summe Provinciæ moderator,
1
Fiij Digni
538 MERCURE DE FRANCE
Dignissime Pro -Rex.
Amplissime Dicoearcha.
Nobilissimi Lugduni Comites.
Præses et Senatores integerrimi.
Præses et Regii Questores ornatissimi,
Tributorum Descriptores sapientissimi,
Clarissime Mercatorum Præses , nec non civitas
tis Præfecte .
Lectissimi ac Providentissimi Consules.
Viri de Patriâ quàm optime meriti.
Caterique Auditores omnium Ordinum commendatissimi.
c'est
Après ces saluts , M. Boucher d'Argis
commence son Discours, où il se propose
de montrer le prix inestimable de l'Union
. Son début est que de tous les avantages
qui contribuent à la splendeur d'un
Etat et au bonheur des Peuples , il n'en
est point de comparable à l'Union , que
par elle
que la fortune des particu
liers s'accroît et se conserve , que les
forces d'un Etat s'augmentent et se perpetuent
, que se forme cette Puissance qui
fait redouter un Empire à tous les autres
Peuples , et les force à le respecter ; que
sans l'Union,toute Société , quelque puissante
qu'elle paroisse à nos yeux , éprouve
bien-tôt que toute cette force apparente
n'étoit qu'une veritable foiblesse , enfin
que
MARS. 1731. $39
que sans l'Union l'on ne peut s'attendre
de voir subsister ni les Coutumes les
mieux établies , ni les Empires les plus
florissans.
,
Pour faire sentir la vérité de ces maximes
M. d'Argis demande quel autre
motif que celui des secours qu'on doit
attendre de l'Union , a engagé les hom
mes dans les siècles les plus reculez à for--
mer entr'eux ces Sociétez , que le temps
et l'experience n'ont pas encore cessé de
perfectionner. N'est- ce pas , dit-il , ce qui
Les a obligez de s'assembler , de bâtir des
Villes , de se faire des Loix pour y amener
FOrdre et la Justice parmi eux. L'Homme,,
continuë- t- il , ce chef- d'oeuvre de la naș
ture , si parfait , si achevé , et que ses prox
pres perfections rendent incompréhensible à
Ini-même; cet être , dont l'intelligence s'étend
·au-delà des bornes de l'Univers ; le croiroiton
, Messieurs , ne peut cependant se suffire
à lui-même il ne sçauroit fournir à tous ses
differens besoins , le secours de ses semblables:
lui est nécessaire ; je ne dis
pas
seulement
pour soutenir la foiblesse de l'enfance , mais
pour suppléer dans tous les âges , aux défauts
qui sont inséparables de sa nature ; ainsi l'a
ordonné le Créateur. Est-ce pour humilier
Homme et lui faire sentir qu'il n'est pas
encore tout àfait hors du neant ? N'est- cepas
plutôt pour lier ensemble les hommes par des
Fij noeuds
$40 MERCURE DE FRANCE.
noeuds d'autant plus indissolubles qu'un inferêt
commun les forme et les serre ? On peut
donc dire de l'Union , qu'elle est aussi nécessaire
qu'avantageuse , puisqu'elle est le
principe et la source de la grandeur d'un
Etat et de la félicité des Peuples .
M.d'Argis prévoit icy l'erreur où pourroit
conduire le mot équivoque d'Union,
et comme rien n'est plus important dans
un point de la conséquence de celui - cy
que de bien définir un terme essentiel sur
lequel roule tout ce qu'on avance , l'Orateur
a soin d'en éloigner jusqu'à la
moindre ambiguité. A
Mais quelle est , dit- il , cette Union désirable
qui peut seule procurer de si grands
avantages ? Ce n'est pas seulement une Sosiété
formée au hazard entre plusieurs hommes
qui se rassembleroient en un même lien
pour réunir leurs forces , leurs talens , leur
industrie, et se préter un secours mutuel.L’Vnion
dans ce point de vûë , ne laisseroit pas
de leur être utile et même nécessaire , mais
elle seroit encore imparfaite ce ne seroit
qu'une assemblée formée par l'interêt à laquelle
souvent le coeur n'auroit point de
part. Ceux qui seroient ainsi rassen.ble ,.
pourroient être divisez interieurement. Ils ne
seroient même que plus à plaindre d'être
réunis dans un même lieu , s'ils n'étoient
encore plus unis de coeur et d'affection.
A
MARS. 1731.
541
A ces trairs l'Auteur en ajoute d'autres
qui ne permettent pas de se méprendre
sur la véritable Union dont il parle .
•
La concorde , dit- il , qui doit nécessairement
procurer la gloire de l'Etat et la félicité
des Peuples , n'est autre chose qu'une société
formée par des liaisons de bienveillance
contractée entre un Peuple entier , qui semble
être convenu de ne composer qu'une simple
famille sous un même Chef: Cette société
est fondée sur les Loix qui reglent les devoirs
de chaque membre de cette famille . L
zele et l'application qu'ils ont à s'acquitter
chacun des fonctions qui leur ont été destinées
, l'attention qu'ils ont de ne point se
troubler les uns les autres , forment cett ?
union parfaite qui procure des avantages
considérables à la société , qu'elle se voit en
état de résister à tous ceux qui voudroient
La détruire. Chaque Membre de cette Société
voit augmenter chaque jour sa fortune et
fouit en paix du fruit de ses travaux et de
son industrie.
si
Après cette explication , M. d'Argis expose
ce que c'est qu'un Etat . Il remarque
que c'est un Corps , et que les Citoyens
en sont les membres ; que le rapport mutuel
que ces Citoyens ont entr'eux,donne
à ce Corps l'ame et la vie , et forme un
composé merveilleux qui ne peut subsiter,
ni conserver son être sans cette heu
F v reuse
$42 MERCURE DE FRANCE
reuse harmonie que l'on admire dans l'U
nivers et dans toutes les Parties qui le
composent.
Il appuye de l'expérience sa réfléxion.
11 demande si l'on n'éprouve pas tous les
jours dans l'éxécution des projets , même
les plus ordinaires , l'avantage et la nécessité
de se réünir plusieurs pour y
réüssir ; il fait observer que souvent un
seul se rebuteroit, et que deux s'animent ;
que l'un a le conseil et l'autre l'exécu
tion ; l'un la force et l'autre l'adresse ;
le se- les talens sont partagez et que que
Cours mutuel vient about de tout, ensorte
que l'Union conduit au succès des entreprises
les plus difficiles.
Nous passons quelques autres refléxions
pour venir à la peinture que M. Boucher
d'Argis, qui ne perd jamais de vûë
son objet , trouve occasion de faire du
bonheur complet d'un Etat. Peinture ,
dont les traits bien considerez , offrent
d'utiles leçons .
Le bonheur de l'Etat , dit-il , est parfait
Lorsque chaque Citoyen se renferme dans de
justes bornes , s'applique uniquement à remplir
ses devoirs , et ne contrevient point aux
Loix qui sont le fondement de la société civile
; car cette douce paix que la concorde
procure aux Peuples , est le fruit de lajus→
tice et l'ouvrage de ceux qui en sont les dér
posiMARS.
1731. 543
›
positaires ; c'est la justice qui apporte par
tout cet ordre , et cette simetrie politique qui
unit les personnes de différentes conditions
les différens corps , les differens états ; c'est
elle qui entretient cette liaison si utile et si
nécessaire entre les différentes nations , c'est
elle qui concilie par la modération l'inégalité
des humeurs et des esprits , et qui entretient
chacun dans son rang et ses droits , c'est
elle qui établit la subordination ; enfin qui
réprime la licence et le désordre enprotegeant
l'innocence et soutenant la vérité.
L'Orateur ajoute que les troubles , les
dissentions , qui interrompent quelquefois
la tranquillité d'un Etat , ou des par
ticuliers , ne viennent que des excès que
la Justice n'a point réprimez ; après quoi
il conclud que ce sont donc les Loix qui
forment et qui entretiennent cette Union
si avantageuse et si nécessaire pour la
gloire et le bonheur des Peuples , que pat
conséquent il est de l'attention des Magis
trats qui sont chargez du soin de faire
exécuter ces Loix , qu'on doit attendre la
conservation d'un bien si précieux, puis
que ce sont eux qui par leur autorité, et
plus encore par leur prudence , doivent
entretenir dans un Etat cet accord , cette
harmonie , cette subordination si désirables
, sans quoi les peuples ne peuvent
être sensibles aux autres biens..
Fvj Telle
་ ་
t
544 MERCURE DE FRANCE
Telle est l'idée que M. Boucher d'Argis
veut qu'on se fasse de la concorde et
de l'Union qui doit regner entre les differens
Peuples d'un même Etat. Tels sont
les fondemens qu'il pose de leur grandeu
er de leur félicité ? Il en appelle icy aux
exemples que fournit là- dessus l'Histoire.
Il veut que l'on jette les yeux sur les
Empires les plus florissans , qu'on les
considere dans leur origine , qu'on les
suive dans leurs différens progrès jusqu'au
dégré de Puissance et de Grandeur où ils
sont parvenus , et il soutient qu'on n'en
découvrira pas un seul qui dans toutes les
occasions importantes ne se soit soutena
et ne se soit élevé par l'effet de l'Union.
Il cite sur ce point l'ancienne Rome
qui par la force de ses armes , soumit
presque toute la terre.
Ce n'étoit d'abord , dit-il , qu'une assemblée
de quelques Bergers & les Nations voisines
étoient puissantes et redoutables ; il paroissoit
difficile qu'une Ville naissante comme
celle- là , pût jamais s'élever au milieu de
tant de Peuples , jaloux de son établissement
; cependant malgré tous les avantages
que les Peuples de l'Italie avoient sur elle ;
P'Union des Romains la rendit plus puissan
te que cette multitude de Nations ennemis
qui l'environnoient de toutes parts. Unis
pour le bien de la Patrie , animez d'un même
zele
MARS. 1731. 545
zéle pour la gloire , ilsfurent toujours invincibles
, et la posterité de cette petite troupe
Bergers conquit tout l'Univers.A
de
Notre Orateur ne manque pas icy
l'occasion qui se présente de rapporter ce
que firent les Romains , pour marquer
combien ils s'estimoient redevables à la-
Concorde. Comme leur Empire , remarque-
t- il , devoit tous ses progrès à l'Union
, ils la regarderent comme un présent
du ciel , et s'en firent une Divinité
qu'ils adorerent sous le nom de la Concorde.
Camille voulut qu'on lui rendit
un culte solennel , et lui éleva un Temple
, où l'on faisoit des Sacrifices pour
la
coujurer de répandre dans tous les coeurs
des sentimens de paix et d'union.
Mais sans s'arrêter à des exemples
étrangers pour faire voir ce que peut
l'Union , M.d'Argis n'en veut point d'autres
que le bonheur dont la France joüit
depuis son origine. Bonheur , dit - il ,
qui n'a souffert d'alteration que dans ces
tems orageux où les furies , je veux dire , les
passions , je veux dire cette ambition qui
rompt les attachemens les plus naturels, vint
soufler dans tous les coeurs le trouble et la
discorde , et causer des désordres que
la sagesse
et la valeur de nos Rois ont tellement
fait évanouir , que nous ne les connoissons
plus que par l'Histoire.
Ainsi
146 MERCURE DE FRANCE
Ainsi la Concorde, continuë notre Orateur
, ( lequel fait toujours servir ses réfléxions
de preuve à son texte, et ne sçait
ce que s'est que de s'écarter à de vaines
digressions. ) Ainsi la Concorde qui avoit
uni pendant tant de siécles toutes les Villes
et toutes les Provinces dont est composé
cet Etat si vaste et si floritsant, cette
même Concorde les réunit encore aujourd'hui
et les lie entr'elles par des liens
d'autant plus parfaits , qu'elles ont mieux
reconnu par une fatale experience, les mal .
heurs qu'entraîne après soi la Discorde.
Ici M. d'Argis , par une de ces tran
sitions, où il y a quelquefois d'autant plus
d'art qu'il y en paroît moins , trouve
moyen , en se tenant toujours renfermé
dans son sujet , de passer à l'éloge de la
Ville de Lyon.
Quelbonheur pour cette Ville , s'écrie - t-il,
de n'avoirjamais éprouvé que les avantages
de l'Union, et qu'il lui est glorieux de s'êtra
toujours élevée par sa sagesse et sa constance ,
au- dessus des exemples pernicieux que lui
donnerent dans les malheureux temps , dont
nous venons de parler , la pluspart des Villes
du Royaume , et d'avoir ainsi surpassé la
Ville même à laquelle seule elle peut ceder le
rang dans l'Etat.
Tout ne paroît- il pas annoncer icy cette
Union désirable , et ne dirait- on pas que la
natura
MARS. 1731. $47
"
nature même y porte les habitans fortune
de cette Ville.
M. d'Argis en appelle là- dessus à la
seule situation de la Ville dont il parle..
- Deux Fleuves superbes et majestueux ,
dit-il , qui après avoir arrosé diverses contrées
, viennent mêler leurs eaux aux pieds
des murs de cette Ville , pour ne faire plus
qu'un Fleuve , malgré l'extrême difference de
leur cours ; ne semblent - ils pas nous appren
dre quel est l'heureux caractere et la disposi
tion naturelle de ceux qui en habitent les
bords.
Cette Ville , située au centre de l'Europe,
ne paroît-elle pas faite pour réunir les diffé
rens Peuples que son commerce florissant y
attire ?
Après ces réfléxions sur la situation
du lieu , l'Orateur entre dans le détail de
plusieurs circonstances glorieuses à la
Ville de Lyon.
·
Il remarque que les Romains distin
guerent toujours cette Ville de tout le
reste de leur domination , qu'ils firent
gloire de contribuer à sa grandeur , et
qu'en reconnoissance
des avantages que
son commerce leur procuroit , ils voulurent
qu'elle fût , pour ainsi dire , unieavec
Rome , et qu'elle fût reconnue pour
Colonie Romaine; que l'Empereur Clau
de qui y étoit né , le proposa lui-même
348 MERCURE DE FRANCE
*
*
au Sénat , et fit à cette occasion la Ha
rangue que cette Ville conserve encore ,
dans laquelle il representa de quelle importance
il étoit pour l'Empire , d'attacher
de plus en plus à la Patrie de tant
d'Illustres Sénateurs , une Alliée fidelle incapable
de manquer à ses engagemens.
Que le Sénat qui connoissoit les avantages
et la nécessité de l'Union , reçut avec
empressement la proposition de l'Empereur,
et fit gloire d'associer Lyon à Rome.
Que ce n'est pas seulement avec les
Peuples voisins que les habitans de cette
celebre Ville sçavent entretenir des liaisons
utiles à leur Commerce , mais que
le succès de ce Commerce dépend encore
bien plus de la bonne intelligence dans
laquelle ces mêmes Habitans vivent entre
eux , et sur tout de ces societez particulieres
qui font l'union des fonds er
des soins de plusieurs Négocians ; societez
qui rendent le Commerce de Lyon
plus considerable et en même tems plus
facile , par le secours mutuel que ceux
qui les composent se prétent en travail,
lant de concert au bien commun.
M.d'Argis n'oublie pas de mettre ici sous
les yeux la justice et l'équité qui président
à ce Commerce ; l'attention des Magistrats
à maintenir par tout le bon ordre ,
l'empressement des Citoyens à observer
les
MARS. 1731. 549
les Loix , leur attachement au Prince 1
qu'ils regardent comme le lien de leur
union , enfin les épreuves que dans les
situations les plus difficiles nos Rois ont
faites de cet inviolable attachement , et
sur lesquelles est fondée cette confiance
singuliere qui se repose de la garde d'u
ne Ville si importante , sur ses seuls Citoyens
, & c.
Tout ce qu'a dit jusqu'ici l'Orateur ;
aboutit à cette conclusion , qu'il n'est rien
de plus avantageux que l'union , et que
c'est elle qui contribuë le plus à la gran,
deur d'un Etat et au bonheur des Peuples.
Concordia parva res crescunt.
Reste à montrer les malheurs qu'entraîne
avec soi la funeste discorde , selon
ces autres paroles du Texte : Discordia
maxima dilabuntur. Et c'est ce que M.d'Argis
fait voir par plusieurs Refléxions et
par plusieurs exemples.
Il veut qu'on se représente d'abord un
Monstre conduit par la rage , les yeux enflammez
, le front couvert de sang , secoüant
dans ses mains de noirs flambeaux,
répandant en tous lieux les soupçons , la
frayeur , les allarmes , traînant après lui
la haîne et l'inhumanité .
Telle est , dit-il , et plus affreuse encore
la Discorde qui ravage un Etat ; on n'y
voit que fuaestes, ligues , qu'intrigues crimi
nelles
5 MERCURE DE FRANCE
nelles , qu'odieuses conspirations ; les Peu
ples , au lieu de réunir leurs forces contre les
ennemis de l'Etat , les tournent contre euxmêmes
et se détruisent. La gloire de l'Etat
s'obscurcit , et bientôt sa grandeur et sa puissance
s'évanoüissent ; mais le plus terrible
effet de la desunion ce sont les Guerres civiless:
ces Guerres qui font frémir la Nature , et qui
pourtant l'échauffent. On suit aveuglément
differens partis , l'unjuste , si l'on veut , l'autre
injuste ; mais ils sont également violens
également cruels ; l'un et l'autre cherche à
verser le sang qu'il devroit deffendre. Le
fils armé contre le pere , le frere contre le freres.
tous aspirent à une victoire dont ils devroient
rongir; le parti que la fortune aveugle favorise,
ne triomphe que sur les ruines de la
Patrie.
M. d'Argis représente ici combien legere
est souvent la cause de tant de maux;
et remontant à l'Histoire Romaine , ildemande
combien les démêlez de Marius:
et de Sylla , devenus une dissension publique
, ne couterent pas de sang à Rome,
tour-à-tour esclave de ces deux Tyrans
? Il remarque comme elle se livre ensuite
à l'ambition de César et de Pompée,
non pour deffendre sa liberté , mais pour
servir la jalousie de deux Rivaux , et
comme le Trophée que César éleve à
Pharsale , devient le tombeau de la liberté
>
· pu
MARS. 1731. $52
publique ; mais une observation essen
tielle qu'il fait à ce sujet , c'est que le
sort de l'Empire fût le même que celui
de la République ; il soutint toute sa
gloire , il conserva toute son étendue
tant qu'il n'eut qu'un Maître absolu
dont l'autorité réunissoit tant de Peuples.
Au lieu le que partage l'affoiblit , en
avilit la majesté , et le rendit la conquête
facile des Barbares qu'il avoit autrefois.
subjuguez .
L'Orateur descend ensuite à la Monar
chie Françoise ; mais c'est pour déclarer
qu'il ne peut se résoudre à parler des périls
où la discorde a mis autrefois cette
Monarchie , qu'à la verité la fidélité de
Lyon paroîtroit avec éclat ; mais que
cette Ville veut bien renoncer à la gloire
qui lui en reviendroit , pourvû qu'on lui
épargne un souvenir si douloureux.
Si des Etats l'on passe à l'interieur des
Familles ; quels maux n'y cause pas la discorde
? Cet article n'échappe pas à M.d'Argis
, il expose aux yeux les desordres qui
surviennent , lorsque l'union , si necessaire
entre ceux que la Nature unit déja par
les liens du sang , cesse de regler leurs dé
marches , et qu'une haine implacable formée
par l'intérêt ou par quelqu'autre pas+
sion aussi funeste , s'empare de leurs es
prits. Plus l'union , dit- il , et l'amitié sant
natu
352 MERCURE DE FRANCE
naturelles entre ces personnes , plus il semble
qu'il soit difficile de les reunir lorsqu'elles
sont malheureusement divisées. La déroute
se met alors dans les fortunes les mieux établies
, les Maisons les plus brillantes et les
plus illustres périssent on voit avec douleur
ceux qui sont particulierement nez pour
se prêter un secours mutuel, prendre plaisir à
se détruire réciproquement delà ces inimitiez
irréconciliables qui se perpetuent dans
et qui se soutiennent encore
sur les ruines même des Maisons qu'elles
ont renversées.
les Familles
--
,
- Notre Auteur , après une suite d'autres
Refléxions sur les malheurs qu'entraîne
la discorde , finit en ces termes :
: Mais ne nous arrêtons pas davantage à
ses objets odieux , écartons ces images funespes
, qui ne doivent servir qu'à nous apprendre
la necessité de l'union. Je n'ai pas
besoin de faire envisager à cette Ville ," les
malheurs de la desunion qu'elle ne connut
jamais. Elle est , au contraire , le modele
d'union le plus parfait qu'on puisse proposer
à toutes les Villes du Royaume . Enfaut- il
d'autre preuve que cette auguste Assemblée
où j'ai l'honneur de voir tant de grands hom
mes et tant de Corps illustres réunis , qui
concourent tous à entretenir l'union parfaite
qui regne dans cette Ville..
Au Discours de M.d'Argis en succedent
qua-
养
MAR S. 1731 .
553
quatorze autres du même Orateur, comme
nous l'avons marqué ; le premier au Roi ,
le second à la Reine , le troisiéme au Dau
phin , et les autres aux differentes personnes
et aux differentes Compagnies que
nous avons nommées au commencement.
Ces Discours ont tous rapport à l'union;
et quoique très - differens entr'eux par
leurs differens sujets , ausquels ils sont si
propres , qu'ils ne peuvent être appliquez
à d'autres , l'Auteur a pris soin de
les tourner de maniere , que nonobstant
cette difference essentielle et absolument
requise,ils se réunissent tous à representer
F'excellence de l'union , ce qui n'est pas
l'effet d'un Art médiocre . Il conviendroit
d'en citer ici quelques uns , mais l'étendue
de notre Extrait ne le comporte pas.
Fermer
Résumé : Discours sur les avantages et la nécessité de l'Union, [titre d'après la table]
Le 21 décembre 1730, Me A. G. Boucher d'Argis, avocat au Parlement de Paris, prononça un discours à Lyon sur l'importance de l'union. Cet événement annuel se déroulait à l'Hôtel de Ville de Lyon en présence de diverses autorités, dont l'archevêque, le gouverneur, le lieutenant du roi, l'intendant, les comtes de Lyon, et d'autres dignitaires. Le discours, intitulé 'Discours sur les avantages et la nécessité de l'Union', s'inspirait d'une citation de Salluste : 'Concordia parve res crescunt. discordia maxime dilabuntur.' Boucher d'Argis souligna que l'union est essentielle pour la grandeur d'un État et le bonheur des peuples. Il expliqua que l'union permet l'accroissement et la conservation de la fortune des individus, ainsi que l'augmentation et la pérennité des forces d'un État. Sans union, même les sociétés les plus puissantes risquent de s'effondrer. L'orateur définissait l'union non seulement comme une association d'intérêts, mais aussi comme une société fondée sur la bienveillance et les lois, où chaque membre contribue à la prospérité commune. Il illustra son propos par des exemples historiques, notamment l'ascension de Rome grâce à l'union de ses citoyens. Boucher d'Argis conclut en affirmant que les lois et les magistrats sont cruciaux pour maintenir cette union et assurer la paix et la justice dans l'État. Il cita également l'exemple de la France, dont le bonheur et la stabilité étaient attribués à la concorde entre ses provinces et villes. Le discours loua Lyon pour avoir toujours bénéficié des avantages de l'union et pour avoir su se maintenir au-dessus des exemples pernicieux donnés par d'autres villes du royaume. La situation géographique de Lyon, au centre de l'Europe et traversée par deux fleuves majestueux, symbolise l'union et la disposition naturelle de ses habitants à l'harmonie. L'orateur rappela que les Romains avaient distingué Lyon et l'avaient associée à Rome en raison de son importance commerciale et stratégique. Il insista sur la nécessité de l'union pour le succès du commerce lyonnais, qui repose sur la bonne intelligence entre les habitants et les sociétés de négociants. Boucher d'Argis décrivit ensuite les ravages de la discorde, qu'il compara à un monstre semant la haine et l'inhumanité. Il illustra ses propos par des exemples historiques, comme les guerres civiles romaines et les divisions au sein de la monarchie française. Il conclut en soulignant que Lyon, modèle d'union parfaite, doit continuer à promouvoir cette valeur essentielle pour éviter les malheurs de la désunion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 2440-2446
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire du 3. Septembre, le cardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Consistoire, Lyon, Diocèse, Infant d'Espagne, Cardinal, Troupe, Conseil collatéral de Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ans le Consistoire du 3. Septembre , le
Dcardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de
Nôtre-Dame de Ham Diocèse de Noyon
pour l'Abbé de Sesmaisons ; il préconisa ensuite
I'Evêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon
P'Abbé de S. Simon pour l'Evêché de Noyon
et l'Abbé de Laubrieres pour l'Evêché de
Soissons.
› A la fin du Consistoire le Pape par une
grace particuliere ' , accorda le Pallium à l'Evêque
de Marseille.
Dans le Consistoire tenu au Quirinal le 240.
Septembre , le Cardinal Orthoboni , Protecteur
des affaires de France › proposa l'Evêché de
Mackarska pour M. Etienne Blascowich , Prêtre
du Diocèse de Spalatro ; l'Abbaye de N. D. de
Canderly , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Alby ,
pour l'Abbé de Foucaud ; celle de Dalone
même Ordre , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé
de Vignau , et celle de Senanques , même Ordre
, Diocêse de Cavaillon' › pour l'Abbé de
Pins de Roquefort. Il préconisa ensuite l'Abbé
de Tilly pour l'Evêché d'Orange , et l'Archevêque
de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Rodez
Le 27. du même mois , le Pape tint un autre
ConOCTOBRE.
1731 : 2441
Consistoire public , dans lequel S. S. donna le
Chapeau de Cardinal à Joseph Firrao , Napolitain
, Evêque d'Aversa et à Antoine - Xavier
Gentile , Romain , Archevêque de Petra.
>
L'Abbé Segardi a été nommé pour porter
le Bonnet au Cardinal Vincent Bichi de Sienne,
Archevêque de Laodicée , cy-devant Nonce en
Portugal ; l'Abbé Pasch au Cardinal Sinibald
Doria , Genois , Archevêque de Benevent , et
M. Altoviti au Cardinal Antoine Guadagni ,
Carme Déchaussé de Elorence Neveu de S. St
et à present Evêque d'Arezzo .
Le 18. Septembre , on reçût avis à Rome que
la Duchesse Douairiere de Parme n'êtant point
grosse , M. Oddi , Commissaire du Pape , avoit
fait afficher des Actes de prise de Possession an
nom de S. S. par lesquels il étoit declaré que
les Duchés de Parme et de Plaisance étant Fiefs
relevant du S. Siege , il étoit deffendu aux Peuples
de ces Duchés de reconnoître d'autre Souverain
que le Pape ; mais que le General Stampa,
Commissaire de l'Empereur
"
et son Ministre
Plénipotentiaire , avoit pris possession de ce
même Duché au nom de l'Infant Don Carlos ,
et fait ôter les Actes affichés par les soins de
' M. Oddi.
3
On écrit de Venise , que la Duchesse Douairiere
de Parme étoit retournée auprès du Duc
de Modene son Pere et que le General Stampa
avoit donné des Ordres pour la reception de
F'Infant Don Carlos .
,
>
Par d'autres avis " on a appris que la même
Duchesse Douairiere de Parme avoit declaré
le 13. Septembre qu'elle n'étoit point grosse ,
que le lendemain le General Stampa avoit pris
possession des Duchés de Parme et de Plaisance
Hiij au
2442 MERCURE DE FRANCE
au nom de l'Infant d'Espagne Don Carlos ; qu'
Notaire Imperial , accompagné d'autres Officiers -
de Justice , avoit la l'Edit publié à cet effet daz
Balcon de la maison du Gouverneur de Parme ,
qui est situé sur la grande Place de cette Ville
od il y avoit an grand concours de Peuple , er
que le même jour ce General avoit écrit à tous
Jes Magistrats des Tribunaux de ces Duchés
de continuer les fonctions de leurs Charges
jusqu'à nouvel ordre.
La citation faite au Cardinal Coscia , de comparoître
devant la Congregation de Non Nullis
étant prête à expirer , ce Cardinal a envoyé á
Rome des Certificats de ses Medecins à Naples ,
qui déclarent qu'il est au lit par la Goûte , et
qu'il n'est pas en état de faire le Voyage.
Le 1. Octobre > on publia un Decret de la
Congregation de Non Nullis ; par lequel tous
les Benefices du Cardinal Coscia sont déclarez
vacants , et à la nomination de S. S.
La Donation que le feu Pape Benoît XIII.
avoit faite au Seminaire de Montalto , de quelques
revenus affectés au soulagement des Pauvres
de la même Ville a été annullée le
par
Pape
>
}
On ajoûte que le Commandant d'Ajaccio
avoit défait un Corps de Rebelles , qui s'étoient
assemblés à Mazzanaz , que depuis la Garnison
de la même Ville avoit fait une sortie dans
Laquelle elle avoit tué plusieurs Rebelles , et
leur avoit pris quantité de Chevaux et d'autres
Bestiaux.
Le bruit court que l'Empereur a resolu de
terminer par un Ttaité , les differends de cette
Republique avec les Rebelles de Corse , et qu'on
avoit dépêché de Vienne un Courier chargé
d'InsOCTOBRE.
1731 2443
d'Instructions pout le General Wachtendoncs ,
qui commande les Troupes de S. M. 1. dans
cette Isle.
3.
, pour
Le Courier depêché par le Cardinal Alexandre
Albani , à Turin informer le Roy de
·Sardaigne de ce qui s'étoit passé dans le Consistoire
ou le Pape supprima les Privileges accordés
à de Prince sous le précedept Pontificat , remint
le 3 à Rome , et le bruit s'est répandu adepuis ,
que le Roy de Sardaigne avoit declaré qu'il
étoit inutile de penser à aucun accommode-
• ment ; qu'il croyoit que le Pape n'avoit pas
Te pouvoir de supprimer une Bulle de son Prédecesseur
et qu'il étoit resolu de se servir de
cette Bulle pour demeurer en possession de tout
ce que le feu Pape lui avoit accordé.
>
la Le Duc Cesarini a obtenu du Pape per-
`mission d'emprunter 22000. Ecus dans les
Monts de Piété , pour achever la construction
-de son Nouveau Theatre.
Le bruit court à Rome , que le Cardinal
d'Althan , qui y doit atriver dans peu , et loger
dans le Palais du Cardinal Belluga , s'est attiré
la disgrace de l'Empereur , pour avoir deffendu
aux Protestans de son Diocèse d'épouser des
filles de leur Secte , et pour avoir voulu des
obliger de faire baptiser leurs Enfans par des
Ecclesiastiques Catholiques , quoique par les Constitutions de l'Empire ils eussent des Privileges
contraires ; pour éviter que ces Innovations
n'excitâssent quelques désordres dans ce
Diocèse , S. M. I supprime par un Edit toutes
Jes Ordonnances de ce Cardinal.
Le Cardinal Bentivoglio ayant reçu de Seville
les pleins pouvoirs du Roy d'Espagne , pour
prendre possession au nom de l'Infant Don
Hiiij Carlos
2444 MERCURE DE FRANCE
Carlos , des Biens Allodiaux dépendans du Do
ché de Parme , qui sont situez a Rome et dans
P'Etat Ecclesiastique , ce Cardinal fit faire le
22. Septembre cette prise de Possession par
PAvocat Ferruci , assisté d'un Notaire et d'au
tres Officiers de Justice ; et le 29. cette Emimence
alla en grand Cortege prendre possession
du Palais Farnese au nom de l'Infant Don
Carlos.
>
>
Le Tribunal de la Rote se rassembla le premier
d'Octobre , selon la coûtume , et l'Abbé de
Gamaches , Auditeur de Rote pour la France ,
en fit l'ouverture par un Discours trés- éloquent.
M. Charles Fornary , arriva à Genes le 13 .
du mois dernier , rapporta au grand Conseil ,
que pendant les pluyes continuelles qui tomboient
depuis plusieurs jours dans l'Isle de Corse,
il avoit été impossible de poursuivre les Re
belles dans le quartier de Vescovado mais
qu'un Détachement des Troupes de la Republique
leur avoit enlevé beaucoup de Bestiaux ,
et fait un grand nombre de Prisonniers ; que
la Garnison d'Ajaccio avoit fait aussi plusieurs
sorties contre les Rebelles , et qu'elle avoit toujours
emporté sur eux quelque avantage ; que
la Republique de Genes avoit envoyé dans cette
Isle une Compagnie de Grisons de 200. hommes
, et qu'elle frettoit des Bâtiments pour le
transport de plusieurs autres Compagnies qu'on
leve actuellement chez les Grisons , dont on
devoit former un Regiment. Elle a obtenu de
l'Empereur le second Corps de Troupes qu'elle
lui a fait demander , composé d'un Bataillon
du Regiment d'Oneille , d'un autre du Regiment
de Walsegg , de deux Compagnies des
Grenadiers de ces Regimens , d'une Compagnie
détachée
OCTOBRE 1731. 2445
" détachée de 6o . Hommes et de 150. Hussars.
Ces Troupes partirent de Genes le 24. Septembre
, embarquées sur un Convoy de transport ,
qui doit être arrivé à la Bastia.
Les dernieres Nouvelles de Genes portent
les 2000. hommes de Troupes Imperiales
dont on a parlé , ont débarqué à la Bastia ,
d'où ils ont marché depuis pour aller joindre
le premier Corps de Troupes que l'Empereur
avoit accordé à cette Republique . !
Le Don gratuit de 300000. Ducats , offerts
à l'Empereur par les differentes Communautez
de la Ville de Naples n'a pas été accepté ,
et S. M. I. a déclaré qu'elle avoit besoin cette
aunée d'une Somme de 485 mille florins pour
l'entretien de ses Troupes.
On apprend de Naples , qu'on y avoit publié
un Ordre de l'Empereur , qui deffend aux Offi
ciers de la Nonciature de passer
à pied ,
cheval , ou en voiture devant le Palais du Conseil
Collateral , sous peine d'encourir son indignation
; que ce Conseil avoit fait publier des
Lettres inhibitoires , par lesquelles il ordonne
à tous les Amodiateurs , Receveurs , Agens , ou
Administrateurs des Biens Ecclesiastiques et Seculiers
du Cardinal Coscia , de lui remettre incessamment
les revenus qu'ils ont reçûs depuis:
la saisie qui a été faite par le Nonce du Pape ,
sans qu'il leur soit permis de retarder leurs .
Payemens , sous pretexte de la peine d'excommunication
dont ils ont été menacez.
On meuble actuellement à Rome le Palais
Bonelli pour le Duc de S. Aignan , Ambassa→
deur du Roi T. Ch ,
Le 9. Septembre , il y eut à Rome une
Congrégation extraordinaire , composée des
H Car2446
MERCURE DE FRANCE
Cardinaux Imperiali , Davia , Corsini , Gri
maldi , et Aldobrandini , au sujet des Officiers
de la Nonciature de Naples , que l'Empereur
a exilés.
Le Conseil Collateral de Naples prétend
que le Nonce du Pape lui remette les procedures
qu'il a faites contre le Cardinal Coscia , qui
ont été déclarées nulles , ayant été commencées
à l'insçu de ce Tribunal er sans avoir demandé
le consentement de l'Empereur.
>
Il est aussi survenu de grands differends
entre ce Conseil et le nouvel Archevêque de
Benevent , au sujet de la convocation d'un Synode
que ce Prélat a indiqué sans la permission
de ce Conseil , et il a été deffendu aux Curés
et aux autres Beneficiers de la partie du Diocèse
de Benevent qui est située dans le Royaume
de Naples , d'y assister , sous peine de la saisie
de leur Temporel.
Ans le Consistoire du 3. Septembre , le
Dcardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de
Nôtre-Dame de Ham Diocèse de Noyon
pour l'Abbé de Sesmaisons ; il préconisa ensuite
I'Evêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon
P'Abbé de S. Simon pour l'Evêché de Noyon
et l'Abbé de Laubrieres pour l'Evêché de
Soissons.
› A la fin du Consistoire le Pape par une
grace particuliere ' , accorda le Pallium à l'Evêque
de Marseille.
Dans le Consistoire tenu au Quirinal le 240.
Septembre , le Cardinal Orthoboni , Protecteur
des affaires de France › proposa l'Evêché de
Mackarska pour M. Etienne Blascowich , Prêtre
du Diocèse de Spalatro ; l'Abbaye de N. D. de
Canderly , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Alby ,
pour l'Abbé de Foucaud ; celle de Dalone
même Ordre , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé
de Vignau , et celle de Senanques , même Ordre
, Diocêse de Cavaillon' › pour l'Abbé de
Pins de Roquefort. Il préconisa ensuite l'Abbé
de Tilly pour l'Evêché d'Orange , et l'Archevêque
de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Rodez
Le 27. du même mois , le Pape tint un autre
ConOCTOBRE.
1731 : 2441
Consistoire public , dans lequel S. S. donna le
Chapeau de Cardinal à Joseph Firrao , Napolitain
, Evêque d'Aversa et à Antoine - Xavier
Gentile , Romain , Archevêque de Petra.
>
L'Abbé Segardi a été nommé pour porter
le Bonnet au Cardinal Vincent Bichi de Sienne,
Archevêque de Laodicée , cy-devant Nonce en
Portugal ; l'Abbé Pasch au Cardinal Sinibald
Doria , Genois , Archevêque de Benevent , et
M. Altoviti au Cardinal Antoine Guadagni ,
Carme Déchaussé de Elorence Neveu de S. St
et à present Evêque d'Arezzo .
Le 18. Septembre , on reçût avis à Rome que
la Duchesse Douairiere de Parme n'êtant point
grosse , M. Oddi , Commissaire du Pape , avoit
fait afficher des Actes de prise de Possession an
nom de S. S. par lesquels il étoit declaré que
les Duchés de Parme et de Plaisance étant Fiefs
relevant du S. Siege , il étoit deffendu aux Peuples
de ces Duchés de reconnoître d'autre Souverain
que le Pape ; mais que le General Stampa,
Commissaire de l'Empereur
"
et son Ministre
Plénipotentiaire , avoit pris possession de ce
même Duché au nom de l'Infant Don Carlos ,
et fait ôter les Actes affichés par les soins de
' M. Oddi.
3
On écrit de Venise , que la Duchesse Douairiere
de Parme étoit retournée auprès du Duc
de Modene son Pere et que le General Stampa
avoit donné des Ordres pour la reception de
F'Infant Don Carlos .
,
>
Par d'autres avis " on a appris que la même
Duchesse Douairiere de Parme avoit declaré
le 13. Septembre qu'elle n'étoit point grosse ,
que le lendemain le General Stampa avoit pris
possession des Duchés de Parme et de Plaisance
Hiij au
2442 MERCURE DE FRANCE
au nom de l'Infant d'Espagne Don Carlos ; qu'
Notaire Imperial , accompagné d'autres Officiers -
de Justice , avoit la l'Edit publié à cet effet daz
Balcon de la maison du Gouverneur de Parme ,
qui est situé sur la grande Place de cette Ville
od il y avoit an grand concours de Peuple , er
que le même jour ce General avoit écrit à tous
Jes Magistrats des Tribunaux de ces Duchés
de continuer les fonctions de leurs Charges
jusqu'à nouvel ordre.
La citation faite au Cardinal Coscia , de comparoître
devant la Congregation de Non Nullis
étant prête à expirer , ce Cardinal a envoyé á
Rome des Certificats de ses Medecins à Naples ,
qui déclarent qu'il est au lit par la Goûte , et
qu'il n'est pas en état de faire le Voyage.
Le 1. Octobre > on publia un Decret de la
Congregation de Non Nullis ; par lequel tous
les Benefices du Cardinal Coscia sont déclarez
vacants , et à la nomination de S. S.
La Donation que le feu Pape Benoît XIII.
avoit faite au Seminaire de Montalto , de quelques
revenus affectés au soulagement des Pauvres
de la même Ville a été annullée le
par
Pape
>
}
On ajoûte que le Commandant d'Ajaccio
avoit défait un Corps de Rebelles , qui s'étoient
assemblés à Mazzanaz , que depuis la Garnison
de la même Ville avoit fait une sortie dans
Laquelle elle avoit tué plusieurs Rebelles , et
leur avoit pris quantité de Chevaux et d'autres
Bestiaux.
Le bruit court que l'Empereur a resolu de
terminer par un Ttaité , les differends de cette
Republique avec les Rebelles de Corse , et qu'on
avoit dépêché de Vienne un Courier chargé
d'InsOCTOBRE.
1731 2443
d'Instructions pout le General Wachtendoncs ,
qui commande les Troupes de S. M. 1. dans
cette Isle.
3.
, pour
Le Courier depêché par le Cardinal Alexandre
Albani , à Turin informer le Roy de
·Sardaigne de ce qui s'étoit passé dans le Consistoire
ou le Pape supprima les Privileges accordés
à de Prince sous le précedept Pontificat , remint
le 3 à Rome , et le bruit s'est répandu adepuis ,
que le Roy de Sardaigne avoit declaré qu'il
étoit inutile de penser à aucun accommode-
• ment ; qu'il croyoit que le Pape n'avoit pas
Te pouvoir de supprimer une Bulle de son Prédecesseur
et qu'il étoit resolu de se servir de
cette Bulle pour demeurer en possession de tout
ce que le feu Pape lui avoit accordé.
>
la Le Duc Cesarini a obtenu du Pape per-
`mission d'emprunter 22000. Ecus dans les
Monts de Piété , pour achever la construction
-de son Nouveau Theatre.
Le bruit court à Rome , que le Cardinal
d'Althan , qui y doit atriver dans peu , et loger
dans le Palais du Cardinal Belluga , s'est attiré
la disgrace de l'Empereur , pour avoir deffendu
aux Protestans de son Diocèse d'épouser des
filles de leur Secte , et pour avoir voulu des
obliger de faire baptiser leurs Enfans par des
Ecclesiastiques Catholiques , quoique par les Constitutions de l'Empire ils eussent des Privileges
contraires ; pour éviter que ces Innovations
n'excitâssent quelques désordres dans ce
Diocèse , S. M. I supprime par un Edit toutes
Jes Ordonnances de ce Cardinal.
Le Cardinal Bentivoglio ayant reçu de Seville
les pleins pouvoirs du Roy d'Espagne , pour
prendre possession au nom de l'Infant Don
Hiiij Carlos
2444 MERCURE DE FRANCE
Carlos , des Biens Allodiaux dépendans du Do
ché de Parme , qui sont situez a Rome et dans
P'Etat Ecclesiastique , ce Cardinal fit faire le
22. Septembre cette prise de Possession par
PAvocat Ferruci , assisté d'un Notaire et d'au
tres Officiers de Justice ; et le 29. cette Emimence
alla en grand Cortege prendre possession
du Palais Farnese au nom de l'Infant Don
Carlos.
>
>
Le Tribunal de la Rote se rassembla le premier
d'Octobre , selon la coûtume , et l'Abbé de
Gamaches , Auditeur de Rote pour la France ,
en fit l'ouverture par un Discours trés- éloquent.
M. Charles Fornary , arriva à Genes le 13 .
du mois dernier , rapporta au grand Conseil ,
que pendant les pluyes continuelles qui tomboient
depuis plusieurs jours dans l'Isle de Corse,
il avoit été impossible de poursuivre les Re
belles dans le quartier de Vescovado mais
qu'un Détachement des Troupes de la Republique
leur avoit enlevé beaucoup de Bestiaux ,
et fait un grand nombre de Prisonniers ; que
la Garnison d'Ajaccio avoit fait aussi plusieurs
sorties contre les Rebelles , et qu'elle avoit toujours
emporté sur eux quelque avantage ; que
la Republique de Genes avoit envoyé dans cette
Isle une Compagnie de Grisons de 200. hommes
, et qu'elle frettoit des Bâtiments pour le
transport de plusieurs autres Compagnies qu'on
leve actuellement chez les Grisons , dont on
devoit former un Regiment. Elle a obtenu de
l'Empereur le second Corps de Troupes qu'elle
lui a fait demander , composé d'un Bataillon
du Regiment d'Oneille , d'un autre du Regiment
de Walsegg , de deux Compagnies des
Grenadiers de ces Regimens , d'une Compagnie
détachée
OCTOBRE 1731. 2445
" détachée de 6o . Hommes et de 150. Hussars.
Ces Troupes partirent de Genes le 24. Septembre
, embarquées sur un Convoy de transport ,
qui doit être arrivé à la Bastia.
Les dernieres Nouvelles de Genes portent
les 2000. hommes de Troupes Imperiales
dont on a parlé , ont débarqué à la Bastia ,
d'où ils ont marché depuis pour aller joindre
le premier Corps de Troupes que l'Empereur
avoit accordé à cette Republique . !
Le Don gratuit de 300000. Ducats , offerts
à l'Empereur par les differentes Communautez
de la Ville de Naples n'a pas été accepté ,
et S. M. I. a déclaré qu'elle avoit besoin cette
aunée d'une Somme de 485 mille florins pour
l'entretien de ses Troupes.
On apprend de Naples , qu'on y avoit publié
un Ordre de l'Empereur , qui deffend aux Offi
ciers de la Nonciature de passer
à pied ,
cheval , ou en voiture devant le Palais du Conseil
Collateral , sous peine d'encourir son indignation
; que ce Conseil avoit fait publier des
Lettres inhibitoires , par lesquelles il ordonne
à tous les Amodiateurs , Receveurs , Agens , ou
Administrateurs des Biens Ecclesiastiques et Seculiers
du Cardinal Coscia , de lui remettre incessamment
les revenus qu'ils ont reçûs depuis:
la saisie qui a été faite par le Nonce du Pape ,
sans qu'il leur soit permis de retarder leurs .
Payemens , sous pretexte de la peine d'excommunication
dont ils ont été menacez.
On meuble actuellement à Rome le Palais
Bonelli pour le Duc de S. Aignan , Ambassa→
deur du Roi T. Ch ,
Le 9. Septembre , il y eut à Rome une
Congrégation extraordinaire , composée des
H Car2446
MERCURE DE FRANCE
Cardinaux Imperiali , Davia , Corsini , Gri
maldi , et Aldobrandini , au sujet des Officiers
de la Nonciature de Naples , que l'Empereur
a exilés.
Le Conseil Collateral de Naples prétend
que le Nonce du Pape lui remette les procedures
qu'il a faites contre le Cardinal Coscia , qui
ont été déclarées nulles , ayant été commencées
à l'insçu de ce Tribunal er sans avoir demandé
le consentement de l'Empereur.
>
Il est aussi survenu de grands differends
entre ce Conseil et le nouvel Archevêque de
Benevent , au sujet de la convocation d'un Synode
que ce Prélat a indiqué sans la permission
de ce Conseil , et il a été deffendu aux Curés
et aux autres Beneficiers de la partie du Diocèse
de Benevent qui est située dans le Royaume
de Naples , d'y assister , sous peine de la saisie
de leur Temporel.
Fermer
Résumé : ITALIE.
En septembre et octobre 1731, plusieurs événements ecclésiastiques et politiques marquants se sont produits. Le 3 septembre, lors d'un consistoire, le cardinal Ottoboni proposa diverses nominations, notamment l'Abbaye de Notre-Dame de Ham pour l'Abbé de Sesmaisons, l'Évêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon, l'Abbé de Saint-Simon pour l'Évêché de Noyon, et l'Abbé de Laubrières pour l'Évêché de Soissons. Le Pape accorda également le Pallium à l'Évêque de Marseille. Le 24 septembre, lors d'un autre consistoire, le cardinal Ottoboni proposa plusieurs autres nominations, dont l'Évêché de Mackarska pour Étienne Blascowich, l'Abbaye de Notre-Dame de Canderly pour l'Abbé de Foucaud, l'Abbaye de Dalone pour l'Abbé de Vignau, et l'Abbaye de Sénanques pour l'Abbé de Pins de Roquefort. Il préconisa également l'Abbé de Tilly pour l'Évêché d'Orange et l'Archevêque de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval. Le 27 septembre, le Pape attribua le chapeau de cardinal à Joseph Firrao et Antoine-Xavier Gentile. Des tensions politiques émergèrent concernant les Duchés de Parme et de Plaisance. La Duchesse Douairière de Parme déclara ne pas être enceinte, permettant au Général Stampa de prendre possession des duchés au nom de l'Infant Don Carlos, malgré les actes de prise de possession affichés par le Commissaire du Pape, M. Oddi. En Corse, des opérations militaires furent menées contre des rebelles, et des troupes impériales furent envoyées pour renforcer la garnison d'Ajaccio. Il fut également rapporté que l'Empereur envisageait un traité pour résoudre les différends avec les rebelles corses. À Rome, le Duc Césarini obtint la permission d'emprunter des fonds pour achever la construction de son théâtre. Le Cardinal d'Althan, en disgrâce auprès de l'Empereur, vit ses ordonnances supprimées. Le Cardinal Bentivoglio prit possession de biens allodiaux au nom de l'Infant Don Carlos. Le Tribunal de la Rote se rassembla le 1er octobre, et des nouvelles militaires concernant la Corse furent rapportées. À Naples, des ordres de l'Empereur et des lettres inhibitoires furent publiés, et des différends surgirent entre le Conseil Collateral et le nouvel Archevêque de Benevent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
23
p. 935-943
LETTRE à M. de la R. contenant quelques particularitez sur la personne et la Vie de M. Aubert, Doyen des Avocats de Lyon.
Début :
MONSIEUR, L'éxactitude scrupuleuse que vous faites paroître dans l'Ouvrage [...]
Mots clefs :
Lyon, Lettres, Dictionnaire de Richelet, Gloire, Esprit, Avocat, Célèbre, Mémoire, Pierre Aubert, République des Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. de la R. contenant quelques particularitez sur la personne et la Vie de M. Aubert, Doyen des Avocats de Lyon.
LETTRE à M. de la R. contenant
quelques particularitez sur la personne
et la Vie de M. Aubert , Doyen des
Avocats de Lyon.
MONS ONSIEUR ,
L'éxactitude scrupuleuse que vous fai
tes paroître dans l'Ouvrage périodique
qui attire l'attention du Public et des
Gens de Lettres , depuis que vous y
donnez vos soins , m'engage à vous addresser
quelques Memoires sur la Vie de
M. Aubert , dont vous nous annoncez la
mort dans le Mercure du mois de Mars
dernier. J'ose me flatter que vous vou
drez bien leur donner une place dans
celui que vous avez actuellement sous la
presse. Persuadé , comme je le suis , Monsieur
, que l'article inseré dans votre dernier
Mercure à son sujet , ne peut venir
que de quelque personne qui n'est
pas bien au fait de ce qui regarde cet
homme célebre , sur la vie duquel j'ai
l'honneur de vous adresser le Mémoire
cy-joint ; j'oserai relever quelques endroits
de ce même article de votre Jour-
E v nal
936 MERCURE DE FRANCE
Il
nal du mois dernier , qui m'ont parû
répréhensibles , par rapport à l'exactitude
qui n'y est pas tout à fait observée.
1°. M. Aubert est mort à 91. ans et
non pas à 94. en voici la
preuve.
est né , comme je le dis dans mon Mémoire
, le 9. Février 1642. et il est mort
le 18. Février 1733. Voyez son article
dans la Bibliotheque des Aureurs , mise
à la tête du Richelet.
2. On ne doit pas dire qu'il ait commencé
à travailler aux augmentations du
Dictionnaire de Richeler à l'âge de 90.
ans. Comment , en effer , cela pourroit
il être , puisque ce Livre étoit déja sous la
presse dès la fin de l'année 1723. quoi,
qu'il n'ait été achevé d'imprimer qu'en
1728 ? Il est clair par la date de sa naissance
, que je viens de citer , qu'en 1723,
il n'avoit que 8r. ans , et il n'est pas
moins certain , puisque c'est de lui- même
que je le tiens , qu'il a commencé à tra
vailler aux augmentations de ce Diction
naire plus de 15 ans auparavant qu'il le
donnât à l'Imprimeur. Par conséquent il
n'avoit guéres que 65. lorsqu'il entreprit
ce travail. Une pareille erreur seroit capable
, si elle n'étoit pas relevée , de décréditer
un Livre aussi important qu'est
le Dictionnaire de Richelet ; en un mor,
une
MAY. 1733 937
une Encyclopédie de la Langue Françoise
, qui sera toûjours estimée des personnes
doctes et de tous les gens de bon
goût. Je suis avec toute la considération
possible , &c.
A Paris de 12. Avril 1733 .
L. B. D.
PIERRE AUBERT , Avocat , nâquic
à Lyon le 9. Février 1642. Ses premieres
études de Grammaire et de Rhétorique
commencerent à développer son
génie , et ses heureuses dispositions pa
furent bien-tôt dans tout leur jour. Quoique
fort jeune, l'amour des Belles-Lettres
qu'il possedoit au souverain degré
, lui faisoit dévorer tous les Livres
nouveaux qui paroissoient alors , et par
un jugement déja formé , il y prenoit
tout ce qui pouvoit contribuer à la po
litesse de son style et à lui inspirer des
pensées également vives et délicates . La
Poësie même l'amusa pendant quelque
temps . A l'âge de 16. à 17. ans , il vit
par hazard un Roman intitulé , le Voyage
de l'Isle d'Amour , qui lui fit bien -tôc
concevoir l'idée d'en écrire le Retour. I
ne s'étoit proposé de communiquer ce
petit travail qu'à ses plus chers amis ,
E vj mais
938 MERCURE DE FRANCE
mais l'évenement ne répondit point à ses
intentions ; car après le cours de ses études
, ayant quitté pour quelque temps
la Province , afin de puiser le bon goût
dans la Capitale du Royaume , qui est la
source de la belle Litterature , son pere
profita de son départ , et de concert avec
ses amis , fit imprimer cette legere ébauche
de l'esprit d'un jeune homme , qui
dans la suite a fait l'ornement et la gloire
d'un Corps dont il étoit un si digne
Membre.
De retour à Lyon , il donna toute son
application à l'étude du Droit , et prit
ensuite le parti du Barreau . Le succès des
premieres Causes qu'il plaida sembloit
l'inviter à continuer , mais une santé foible
et délicate interrompit sa course et
l'obligea de prendre une autre roure pour
parvenir à une gloire qui n'est pas solide.
Ce seroit sans doute ici le lieu de
rapporter quelques traits singuliers de la
vivacité de génie et de la présence d'esprit
de ce célebre Avocat Consultant ;
mais comme je me suis seulement proposé
de donner des Mémoires sur les
principales actions de la vie d'un homme
qui m'a honoré de son amitié , je me
restreindrai donc à en rapporter ici les
circonstances les plus essentielles , persuade
MAY. 17337 939
suadé qu'elles ne pourront qu'être bien
reçûës de ceux qui ne se sont point laissé
prévenir par de faux préjugez , ou par
une jalousie indigne des veritables gens
de Lettres .
Il fit pendant plusieurs années la fonction
de Procureur du Roy dans la Jurisdiction
de la Conservation des Privileges
des Foires de Lyon , si fameuses
même parmi les Etrangers . Son esprit
et sa capacité lui mériterent la protection
de la Maison de Villeroy , et une
amitié mêlée de beaucoup de déférence
de la part du dernier Maréchal de ce
nom . Ce fut aussi ce même mérite qui
engagea la Ville de Lyon à le choisir
en 1700. pour un de ses Echevins . Il
fut nommé quelque temps après Procureur
du Roy de la Police de la même
Ville , Charge qu'il a exercée jusqu'à sa
mort , de même que celle de Juge de
l'Archevêché et du Comté de Lyon.
Malgré les grandes et pénibles occupations
que lui procuroient ces differens
Emplois , l'amour de l'étude étoit trop
profondément enraciné dans son esprit ,
pour ne lui pas donner les intervales de
temps que pouvoient lui laisser les fréquentes
Audiances qu'il étoit obligé d'accorder
à ceux qui venoient le consulter,
C'étoit
940 MERCURE DE FRANCE
C'étoit donc cette violente , mais louable
passion pour les Lettres , qui lui fit
acquerir à grands frais cette Bibliothe
que aussi nombreuse que bien choisie
qui a toujours été ouverre à ses amis
et qui est aujourd'hui , pour ainsi dire
l'héritage de tous les Amateurs des Sciences
, par le soin qu'il a pris de la rendre
publique.
Revenons à ses Ouvrages. H publia
en 1710. son Recueil de Factums , imprimé
à Lyon , chez Anisson , en deux vomes
in 4. Il a été du nombre de ceux
qui commencerent à faire des Assemblées
Académiques , qui furent en 1725. établies
en forme d'Académie reglée par
Lettres Patentes du Roy , sous le titre
d'Académie des Sciences et des Belles-
Lettres.
En 1728. parut son Dictionnaire de
Richelet , avec des Additions d'Histoire
de Grammaire , de Critique et de Jurisprudence
, en 3. volumes in folie , imprimé
chez Duplain . On trouve à la tête
de cet Ouvrage le sentiment de M. Lancelot
sur cette nouvelle Edition du Dictionnaire
de Richelet , où ce célebre Académicien
rend à notre Auteur un témoi
gnage qui fera toujours honneur à sa
mémoire. On y voit aussi un Abregé de
la
MAY. 17337 940
la Vie des Auteurs citez dans ce Dictionnaire
, recueilli par M. Laurent le
Clerc de S. Sulpice de Lyon , connû
dans la République des Lettres par un
grand nombre d'augmentations qu'il a
données pour le Dictionnaire de Moréry,
et par plusieurs autres Ouvrages :
En 1731. se voyant dans un âge trèsavancé
, et son esprit n'ayant encore reçû
aucune atteinte par le grand nombre
d'années , il prit une résolution qui rendra
sa mémoire chere à ceux qui aiment
véritablement le bien et la gloire de leur
Patrie.
Dans l'appréhension où il étoit que
parmi les embarras d'une succession , ses
Climenes , ( c'est ainsi qu'il appelloit ses
Livres ) ne se vissent dans la dure né
cessité de la division , il prit le parti de
proposer à Mrs du Consulat , sa Biblio
theque pour la rendre publique.
Il manquoit depuis trop long- temps.
la gloire de cette seconde Ville du Royau
me , un Monument qui la rendît en quel
que sorte supérieure à une infinité d'autres
Villes , en alliant dans son sein les
Muses et le Commerce , pour qu'une proposition
si importante et si digne des
sentimens d'un parfait Cytoyen , pût être
rejettée par des personnes qui doivent
Se
942 MERCURE DE FRANCE
pu .
se montrer sur tous les autres , jaloux
d'un si beau titre. Elle fut donc reçûë
avec la joye et la reconnoissance que
méritoit un si grand attachement à la
Patrie. Mrs les Echevins , et à leur tête
M. Perrichon , que son mérite personnel
a élevé à la Place de Prévôt des Mar>
chands , et que son zele pour P'utilité
blique , rend cher aux differens Corps de
Négocians qui travaillent avec succès sous
ses auspices , assignerent à notre Auteur
2000. livres de pension pendant sa vie
et 5oo. écus de rente après sa mort à
M. Duchol son Neveu. Ils laissereng
néanmoins au premier le reste de ses
jours , la joissance de ces mêmes Livres,
qui avoient fait les délices de sa jeune se ,
et sa consolation dans un âge plus avancé.
Enfin ayant mis sa chere Bibliotheque
hors d'état d'être jamais divisée , il ne
songea plus qu'à finir en paix sa carriere
dans la retraite de son Cabinet , donnant
toutefois quelques heures de son temps à
ses amis et aux Gens de lettres qui ont
continué de lui rendre visite jusqu'à sa
mort , qui arriva le 18. Février 1733-
Si la Ville de Lyon a l'avantage de recueillir
les fruits du travail de notre célebre
Avocat , par l'utilité qu'elle retire
de ce bel établissement , elle ne pouvoit
mieux
MAY. 94% 1733.
qu'en
mieux marquer sa reconnoissance ,
choisissant , comme elle a fait , pour son
Bibliothequaire un homme versé dans l'a
connoissance des Livres , aussi distingué
dans le Barreau par la profession d'Avocat
, qu'il éxerce avec honneur , que
connu dans la République des Lettres
par les Notes curieuses qu'il a données
sur les Oeuvres de Despreaux , et en
dernier lieu sur celles de Regnier. C'est
par les sages avis et l'étroite amitié dont
il étoit lié avec M. Aubert , que la Ville
de Lyon possede un si riche et si utile
Présent , ensorte que l'on peut dire à
bon droit que cet habile Commentateur
partage la gloire d'un don si précieux
avec le Bienfaicteur même.
*
L. B. D.
* M. Claude Brosset , Avocat au Présidial de
Lyon.
quelques particularitez sur la personne
et la Vie de M. Aubert , Doyen des
Avocats de Lyon.
MONS ONSIEUR ,
L'éxactitude scrupuleuse que vous fai
tes paroître dans l'Ouvrage périodique
qui attire l'attention du Public et des
Gens de Lettres , depuis que vous y
donnez vos soins , m'engage à vous addresser
quelques Memoires sur la Vie de
M. Aubert , dont vous nous annoncez la
mort dans le Mercure du mois de Mars
dernier. J'ose me flatter que vous vou
drez bien leur donner une place dans
celui que vous avez actuellement sous la
presse. Persuadé , comme je le suis , Monsieur
, que l'article inseré dans votre dernier
Mercure à son sujet , ne peut venir
que de quelque personne qui n'est
pas bien au fait de ce qui regarde cet
homme célebre , sur la vie duquel j'ai
l'honneur de vous adresser le Mémoire
cy-joint ; j'oserai relever quelques endroits
de ce même article de votre Jour-
E v nal
936 MERCURE DE FRANCE
Il
nal du mois dernier , qui m'ont parû
répréhensibles , par rapport à l'exactitude
qui n'y est pas tout à fait observée.
1°. M. Aubert est mort à 91. ans et
non pas à 94. en voici la
preuve.
est né , comme je le dis dans mon Mémoire
, le 9. Février 1642. et il est mort
le 18. Février 1733. Voyez son article
dans la Bibliotheque des Aureurs , mise
à la tête du Richelet.
2. On ne doit pas dire qu'il ait commencé
à travailler aux augmentations du
Dictionnaire de Richeler à l'âge de 90.
ans. Comment , en effer , cela pourroit
il être , puisque ce Livre étoit déja sous la
presse dès la fin de l'année 1723. quoi,
qu'il n'ait été achevé d'imprimer qu'en
1728 ? Il est clair par la date de sa naissance
, que je viens de citer , qu'en 1723,
il n'avoit que 8r. ans , et il n'est pas
moins certain , puisque c'est de lui- même
que je le tiens , qu'il a commencé à tra
vailler aux augmentations de ce Diction
naire plus de 15 ans auparavant qu'il le
donnât à l'Imprimeur. Par conséquent il
n'avoit guéres que 65. lorsqu'il entreprit
ce travail. Une pareille erreur seroit capable
, si elle n'étoit pas relevée , de décréditer
un Livre aussi important qu'est
le Dictionnaire de Richelet ; en un mor,
une
MAY. 1733 937
une Encyclopédie de la Langue Françoise
, qui sera toûjours estimée des personnes
doctes et de tous les gens de bon
goût. Je suis avec toute la considération
possible , &c.
A Paris de 12. Avril 1733 .
L. B. D.
PIERRE AUBERT , Avocat , nâquic
à Lyon le 9. Février 1642. Ses premieres
études de Grammaire et de Rhétorique
commencerent à développer son
génie , et ses heureuses dispositions pa
furent bien-tôt dans tout leur jour. Quoique
fort jeune, l'amour des Belles-Lettres
qu'il possedoit au souverain degré
, lui faisoit dévorer tous les Livres
nouveaux qui paroissoient alors , et par
un jugement déja formé , il y prenoit
tout ce qui pouvoit contribuer à la po
litesse de son style et à lui inspirer des
pensées également vives et délicates . La
Poësie même l'amusa pendant quelque
temps . A l'âge de 16. à 17. ans , il vit
par hazard un Roman intitulé , le Voyage
de l'Isle d'Amour , qui lui fit bien -tôc
concevoir l'idée d'en écrire le Retour. I
ne s'étoit proposé de communiquer ce
petit travail qu'à ses plus chers amis ,
E vj mais
938 MERCURE DE FRANCE
mais l'évenement ne répondit point à ses
intentions ; car après le cours de ses études
, ayant quitté pour quelque temps
la Province , afin de puiser le bon goût
dans la Capitale du Royaume , qui est la
source de la belle Litterature , son pere
profita de son départ , et de concert avec
ses amis , fit imprimer cette legere ébauche
de l'esprit d'un jeune homme , qui
dans la suite a fait l'ornement et la gloire
d'un Corps dont il étoit un si digne
Membre.
De retour à Lyon , il donna toute son
application à l'étude du Droit , et prit
ensuite le parti du Barreau . Le succès des
premieres Causes qu'il plaida sembloit
l'inviter à continuer , mais une santé foible
et délicate interrompit sa course et
l'obligea de prendre une autre roure pour
parvenir à une gloire qui n'est pas solide.
Ce seroit sans doute ici le lieu de
rapporter quelques traits singuliers de la
vivacité de génie et de la présence d'esprit
de ce célebre Avocat Consultant ;
mais comme je me suis seulement proposé
de donner des Mémoires sur les
principales actions de la vie d'un homme
qui m'a honoré de son amitié , je me
restreindrai donc à en rapporter ici les
circonstances les plus essentielles , persuade
MAY. 17337 939
suadé qu'elles ne pourront qu'être bien
reçûës de ceux qui ne se sont point laissé
prévenir par de faux préjugez , ou par
une jalousie indigne des veritables gens
de Lettres .
Il fit pendant plusieurs années la fonction
de Procureur du Roy dans la Jurisdiction
de la Conservation des Privileges
des Foires de Lyon , si fameuses
même parmi les Etrangers . Son esprit
et sa capacité lui mériterent la protection
de la Maison de Villeroy , et une
amitié mêlée de beaucoup de déférence
de la part du dernier Maréchal de ce
nom . Ce fut aussi ce même mérite qui
engagea la Ville de Lyon à le choisir
en 1700. pour un de ses Echevins . Il
fut nommé quelque temps après Procureur
du Roy de la Police de la même
Ville , Charge qu'il a exercée jusqu'à sa
mort , de même que celle de Juge de
l'Archevêché et du Comté de Lyon.
Malgré les grandes et pénibles occupations
que lui procuroient ces differens
Emplois , l'amour de l'étude étoit trop
profondément enraciné dans son esprit ,
pour ne lui pas donner les intervales de
temps que pouvoient lui laisser les fréquentes
Audiances qu'il étoit obligé d'accorder
à ceux qui venoient le consulter,
C'étoit
940 MERCURE DE FRANCE
C'étoit donc cette violente , mais louable
passion pour les Lettres , qui lui fit
acquerir à grands frais cette Bibliothe
que aussi nombreuse que bien choisie
qui a toujours été ouverre à ses amis
et qui est aujourd'hui , pour ainsi dire
l'héritage de tous les Amateurs des Sciences
, par le soin qu'il a pris de la rendre
publique.
Revenons à ses Ouvrages. H publia
en 1710. son Recueil de Factums , imprimé
à Lyon , chez Anisson , en deux vomes
in 4. Il a été du nombre de ceux
qui commencerent à faire des Assemblées
Académiques , qui furent en 1725. établies
en forme d'Académie reglée par
Lettres Patentes du Roy , sous le titre
d'Académie des Sciences et des Belles-
Lettres.
En 1728. parut son Dictionnaire de
Richelet , avec des Additions d'Histoire
de Grammaire , de Critique et de Jurisprudence
, en 3. volumes in folie , imprimé
chez Duplain . On trouve à la tête
de cet Ouvrage le sentiment de M. Lancelot
sur cette nouvelle Edition du Dictionnaire
de Richelet , où ce célebre Académicien
rend à notre Auteur un témoi
gnage qui fera toujours honneur à sa
mémoire. On y voit aussi un Abregé de
la
MAY. 17337 940
la Vie des Auteurs citez dans ce Dictionnaire
, recueilli par M. Laurent le
Clerc de S. Sulpice de Lyon , connû
dans la République des Lettres par un
grand nombre d'augmentations qu'il a
données pour le Dictionnaire de Moréry,
et par plusieurs autres Ouvrages :
En 1731. se voyant dans un âge trèsavancé
, et son esprit n'ayant encore reçû
aucune atteinte par le grand nombre
d'années , il prit une résolution qui rendra
sa mémoire chere à ceux qui aiment
véritablement le bien et la gloire de leur
Patrie.
Dans l'appréhension où il étoit que
parmi les embarras d'une succession , ses
Climenes , ( c'est ainsi qu'il appelloit ses
Livres ) ne se vissent dans la dure né
cessité de la division , il prit le parti de
proposer à Mrs du Consulat , sa Biblio
theque pour la rendre publique.
Il manquoit depuis trop long- temps.
la gloire de cette seconde Ville du Royau
me , un Monument qui la rendît en quel
que sorte supérieure à une infinité d'autres
Villes , en alliant dans son sein les
Muses et le Commerce , pour qu'une proposition
si importante et si digne des
sentimens d'un parfait Cytoyen , pût être
rejettée par des personnes qui doivent
Se
942 MERCURE DE FRANCE
pu .
se montrer sur tous les autres , jaloux
d'un si beau titre. Elle fut donc reçûë
avec la joye et la reconnoissance que
méritoit un si grand attachement à la
Patrie. Mrs les Echevins , et à leur tête
M. Perrichon , que son mérite personnel
a élevé à la Place de Prévôt des Mar>
chands , et que son zele pour P'utilité
blique , rend cher aux differens Corps de
Négocians qui travaillent avec succès sous
ses auspices , assignerent à notre Auteur
2000. livres de pension pendant sa vie
et 5oo. écus de rente après sa mort à
M. Duchol son Neveu. Ils laissereng
néanmoins au premier le reste de ses
jours , la joissance de ces mêmes Livres,
qui avoient fait les délices de sa jeune se ,
et sa consolation dans un âge plus avancé.
Enfin ayant mis sa chere Bibliotheque
hors d'état d'être jamais divisée , il ne
songea plus qu'à finir en paix sa carriere
dans la retraite de son Cabinet , donnant
toutefois quelques heures de son temps à
ses amis et aux Gens de lettres qui ont
continué de lui rendre visite jusqu'à sa
mort , qui arriva le 18. Février 1733-
Si la Ville de Lyon a l'avantage de recueillir
les fruits du travail de notre célebre
Avocat , par l'utilité qu'elle retire
de ce bel établissement , elle ne pouvoit
mieux
MAY. 94% 1733.
qu'en
mieux marquer sa reconnoissance ,
choisissant , comme elle a fait , pour son
Bibliothequaire un homme versé dans l'a
connoissance des Livres , aussi distingué
dans le Barreau par la profession d'Avocat
, qu'il éxerce avec honneur , que
connu dans la République des Lettres
par les Notes curieuses qu'il a données
sur les Oeuvres de Despreaux , et en
dernier lieu sur celles de Regnier. C'est
par les sages avis et l'étroite amitié dont
il étoit lié avec M. Aubert , que la Ville
de Lyon possede un si riche et si utile
Présent , ensorte que l'on peut dire à
bon droit que cet habile Commentateur
partage la gloire d'un don si précieux
avec le Bienfaicteur même.
*
L. B. D.
* M. Claude Brosset , Avocat au Présidial de
Lyon.
Fermer
Résumé : LETTRE à M. de la R. contenant quelques particularitez sur la personne et la Vie de M. Aubert, Doyen des Avocats de Lyon.
La lettre adressée à M. de la R. corrige plusieurs informations erronées concernant la vie de Pierre Aubert, Doyen des Avocats de Lyon. Pierre Aubert est né le 9 février 1642 à Lyon et est décédé le 18 février 1733 à l'âge de 91 ans, contrairement à ce que le Mercure de France avait publié. L'auteur de la lettre rectifie également l'âge d'Aubert lorsqu'il a commencé à travailler aux augmentations du Dictionnaire de Richelet, affirmant qu'il avait 65 ans et non 90 ans. Pierre Aubert a démontré très tôt un talent pour les lettres et la poésie. À l'âge de 16 ou 17 ans, il a écrit un roman intitulé 'Le Retour de l'Isle d'Amour'. Après ses études de droit, il a exercé la profession d'avocat mais a dû abandonner en raison de sa santé fragile. Il a ensuite occupé plusieurs postes administratifs à Lyon, notamment celui de Procureur du Roi et d'Échevin. Aubert était également un érudit passionné par les lettres et les sciences. Il a publié plusieurs ouvrages, dont un Recueil de Factums en 1710 et une édition augmentée du Dictionnaire de Richelet en 1728. En 1731, il a décidé de léguer sa bibliothèque à la ville de Lyon pour en faire une bibliothèque publique. Cette proposition a été acceptée avec reconnaissance, et Aubert a reçu une pension de 2000 livres pendant sa vie et une rente de 500 écus pour son neveu après sa mort. La bibliothèque, riche et bien choisie, est devenue un héritage pour tous les amateurs des sciences. Aubert a passé ses dernières années dans la retraite, recevant des amis et des gens de lettres jusqu'à sa mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 2011-2021
MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
Début :
Le premier de ces deux volumes contient les changemens, les corrections et [...]
Mots clefs :
Pontus de Tyard, Paris, Lyon, France, Jean de Tournes, Ouvrage, Volumes, Savants, Écrit, Traité, Français, Mamert Patisson
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres, dans la République des Let
tres, & c. Tom. 20 et 21. A Paris , chez.
Briasson , rue S. Jacques , à la Science..
173.2.
Le premier de ces deux volumes contient
les changemens , les corrections et
les additions que l'Auteur a trouvées à
propos de faire pour les Tomes 11. 11 .
13. 14. 15. 16. 17. et 18. précedens . Ony
remarque par tout son exactitude et
son amour pour la verité ; et qu'il ne
tient pas à ses soins infatigables , que
nous n'ayons en ce genre un Ouvrage
parfait. Ce vingtiéme tome contient aussi
trois Tables qui sont d'une grande utilité
dans un pareil Recueil ; sçavoir , une
Table Générale des Matiéres qni ont été
traitées par les Auteurs dont il est parlé
dans les neuf volumes précédens ; une
Table alphabétique des Auteurs , contenus
dans les 20 volumes de ces Mémoires;
et une Table Nécrologique, qui marque
la date de la mort des Sçavans contenus
dans les neuf volumes précédens.
Le
1012 MERCURE DE FRANCE
Le 21. dont nous avons icy à rendrè
compte , contient les Noms , l'Eloge et
le Catalogue raisonné de 36 Sçavans , qui
ont vécu en différens temps , et qui se
sont distinguez pour la plupart , dans la
République des Lettres. Tels sont , entre
les autres , le Cardinal Bessarion
Pontus de Tyard, Philippe Cluvier , Jean
Louis Vivés , Edouard Pocock , Nicolas
Rigault , Gilles - André de la Roque, Jean
Fronteau , et Louis Boivin.Pour ne point
exceder certaines bornes , nous nous contenterons
de rapporter icy ce que l'Auteur
expose au sujet de Pontus de Tyard .
PONTus de Tyard , Seigneur de Bissy ,
nâquit vers l'an 1521. au Château de Bissy
, dans le Diocèse de Mâcon , de Jean
de Tyard , Lieutenant General au Bailliage
du Mâconnois, et de Jeanne de Ganay
, fille d'un Chancelier de France.
Son nom est écrit tantôt Tyard , et
tantôt Thiard ; mais cette orthographe
est vicieuse il doit s'écrire Tyard ; c'est
ainsi que les meilleurs Auteurs l'ont écrit,
-et c'est ainsi qu'il l'a écrit lui- même.
Pour ce qui est du nom de Ponthus
c'est celui d'un Héros fabuleux , sur lequel
on a un Roman , qui est fort peu
connu , et qui se trouve dans le Catalogue
de la Bibliotheque de M. du Fay ,
Sous
SEPTEMBRE , 1733. 2013
Bous ce titre: Le Roman du noble Roy Ponthus
, fils du Roy de Galice , et de la belle
Sidoine, fille du Roy de Bretagne , in 4.sans
date , en Lettre Gothique . On étoit autrefois
dans l'usage de donner de semblables
noms aux Enfans ; ainsi Jamin , Poëte
comtemporain de Pontus de Tyard ,
a porté celui d'Amadis , dont le Roman
n'est ignoré de personne. M. de la Monnoye
, qui nous apprend ces particularitez
dans ses Additions , aux Jugemens des
Sçavans de Baillet , rapporte dans le Ménagiana
, tom. I. pag. 236. une plaisanterie
sur ce sujet , qu'il ne faut pas omettre,
Pontus de Tyard étant , dit- il , à la
» cérémonie d'un Baptême, en qualité de
>>Parrain ; le Curé faisoit difficulté de
» nommer l'Enfant , Pontus , sur ce qu'il
» ne connoissoit point de Saint de ce
» nom- là. Comment , lui dit l'Evêque 2
M. le Curé ,vous ne songez donc pas au
» Saint , dont l'Eglise fait mention dans
» l'Hymne : Quem terra , Pontus, athera ?
» A ces mots , le bon Curé , qui ne s'étoit
jamais fort chargé de latin ; Monsei-
» gneur , lui dit- il , je vous demande par
» don , il est vrai que je n'y songeois pas.
» Et là- dessus il baptisa l'enfant sous ce
» nom.
2014 MERCURE DE FRANCE
Il fut instruit avec beaucoup de soin ,
dès son enfance, dans les Langues Latine
et Grecque , et même dans l'Hebraïques
mais quoiqu'il affecte de faire parade de
cette derniere, dans son Traité : De recta
nominum impositione , ce qu'il en sçavoit
étoit fort peu de chose ; ce peu lui a fait
cependant trouver place dans la Gallia
Orientalis , de Colomies , parmi les Sçavans
Hébraïsans François.
La Poësie Françoise l'occupa aussi dans
sa jeunesse , et il acquit par là de la réputation.
Ronsard lui attribuë même la
gloire d'avoir le premier introduit les
Sonnets en France. Mais la fortune n'a
point été dans la suite aussi riante à l'égard
de ses Poësies, qu'elle le fut d'abord.
Il a contribué lui-même à les faire disgracier
, par le mépris qu'il en fit ,et qu'il
en inspira aux autres dans un âge plus
mûr.
Il quitta la Poësie , pour se donner
à des Etudes plus sérieuses , et passa à
la Philosophie , aux Mathématiques , et
enfin à la Théologie. La plupart de ses
Ouvrages sont des preuves des connoissances
qu'il avoit acquises dans toutes
ses Sciences. Mais elles étoient alors si
imparfaites , ou la maniere dont on s'y
prenoit pour les apprendre étoit si mauvaise
,
SEPTEMBRE. 1733. 2015
yaise , que tout ce qui nous reste de lui
est un cahos d'érudition mal dirigée , où
Il n'y a presque rien à apprendre.
passa quelques années à la Cour
Roy Henri III . qui conçut de l'afection
pour lui , et lui donna l'Evêché
de Châlons sur Saone , dont il prit possession
le 16. Juin 1578. après avoir été
quelques années Archidiacre de cette
Église et Protonotaire Apostolique.
S'étant trouvé le premier des Dépu
tez de sa Province , dans l'Assemblée
des Etats qui fut tenuë à Blois l'an 1588.
il soutint l'autorité du Roy contre le
reste du Clergé , qui favorisoit la ligue ,
et il parla en sa faveur avec tant de force
et de dignité , qu'il fit de fortes impressions
sur l'esprit de ceux qui assistoient
à cette Assemblée , et en ramena
plusieurs à leur devoir,
Après 20. ans d'Episcopat , se voyant
accablé par les années et affligé des troubles
qui agitoient le Royaume , il se démit
de son Evêché et en fit pourvoir
Cyrus de Tyard , son neveu . S'étant ensuite
retiré dans une de ses Terres , il
ne s'occupa plus que du soin de son saat
. Ce fut là qu'il mourut le 23. Sepembre
1605. âgé de 84. ans.
Il exprima ses sentimens sur sa mort
dans
2018 MERCURE DE FRANCE
dans ces Vers , qu'il composa lui - même
avant que de mourir .
Non teneor longe dulcisque cupidine vita
Sat vixit , cui non vita pudenda fuit.
Nec fama illustris me tangit gloria , forsan ;
Per genium vivent sat mea scripta suum.
Nil
que moror quo sint mea membra tegenda se
pulchro ;
Hac propria baredis sit pia cura mei.
Sed cupio ut tandem mens Christo inixa levetur;
Peccati duro pondere , ad Astra vehar.
Ces Vers ont été gravez sur un Monument
qu'on lui a rigé dans le Choeur
de l'Eglise Cathédrale de Châlons , avec
ces mots au bas .
Pontus Tyardaus Bissianus Ep. Cabil.
Extremum hoc voveb, scribebat,
Il conserva jusqu'à la fin de sa vie là
vigueur de son corps et de son esprit.
Comme il avoit un grand corps et qu'il
étoit assidu à l'étude , il mangeoit beaucoup
et bûvoit de- même , sans mettre
jamais d'eau dans son vin , si violent que
soient ceux qui croissent sur le bord de
La Saône. Ce qu'il y a de singulier , c'est
qu'en se mettant au lit , il avaloit toûjours
un grand verre de vin pur , sans
que
SEPTEMBRE. 1733. 2017
uc sa santé en fût jamais alterée. Baillet et
1x qui l'ont suivi , ont trouvé que ce
coit point assez , et ont substitué mal
propos , au grand verre dont parle
M. Thou , un pot , en disant qu'il avoit
coûtume de boire un pot de vin pur
avant que de s'endormir..
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Erreurs Amoureuses. Lyon , Jean de
Tournes , 1549 . in 8.Il n'a pas mis son nom
à cet Ouvrage , qui contient plusieurs
Sonnets , divisez en trois Livres.
2. Solitaire premier , ou Prose des Mu
ses et de la Fureur Poëtique . Avec des Vers
Lyriques sur la fin . Lyon , Jean de Tournes
, 1552. in fol.
3. Solitaire second , on Prose des Muses.
Avec des Vers Lyriques sur la fin .
Lyon , Jean de Tournes , 1552. in 8.
4. Les Oeuvres Poëtiques de Pontus de
Tyard. A sçavoir , trois Livres des Erreurs,
Amoureuses. Un Livre de Vers
Lyriques. Un Recueil de ses nouvelles
Euvres Poëtiques . Paris , Galiot du Pré,
1573. in 4, Tout cela n'est plus recher
ché , ni presque connu de personne.
5. Leon Hebreu , de l'Amour , Dialo
gue, Lyon , Jean de Tournes
, issi.
in 8. Il parut la même année une autre
Tra
2018 MERCURE DE FRANCE
Traduction de l'Ouvrage de Leon , sous
ce titre La sainte Philosophie de l'Amour
de Leon Hebreu , traduite de l'Italien
par le sieur du Parc (Denis Sauvage.)
Lyon , Guillaume Roville , 1551. in 8.
Ce Livre ne méritoit pas qu'on prît tant
de peine pour lui.
6. Discours du Temps , de l'An et de
ses parties. Lyon , Jean de Tournes, 1556.
in & . It. Paris , et Mamert Patisson , 1556.
in 4. C'est l'Edition que du Verdier a
mise mal à propos , in folio.
7. L'Univers , on Discours des parties
et de la nature du Monde. Lyon , Jean
de Tournes , 1557. in 4. Il y a dans ce
Livre , au rapport de du Verdier , quelques
pages prises et traduites mot à mot
du Livre du Monde de Philon , Juif.
L'Auteur l'ayant depuis revû et augmenté
, le publia de nouveau sous le
titre suivant.
8. Deux Discours de la nature du Mon
de et de ses parties ; à sçavoir , le premier
Curieux , traitant des choses matérielles ; et
le second Curieux , des intellectuelles. Paris,
Mamert Patisson , 1578. in 4. On voit
à la tête un avant- Discours par J. D. du
Perron , Professeur du Roy aux Langues,
aux Mathématiques et en la Philosophic,
qui fut ensuite Cardinal.
9.
SEPTEMBRE 1733. 2019
9. Mantice , on Discours de la verité
divination par Astrologie. Lyon , Jean
de Tournes , 1558. in 4.
to. Ephemerides Octava Sphere , seu
Tabelle Diaria Ortus , Occasus , et mediationis
coeli illustrium stellarum inerransium
, pro universâ Galliâ , et his regionibus
que Polum Boreum elevatum habent
ad so, grad. Lugduni , Joan. Torà
39.
pasius
, 1562.
in
fol.
11. De Coelestibus Asterismis Poematium
ad Petrum Ronsardum. Paris , apud
Galeotum à Prato , 1573. in 4.
12. Homelies sur les Evangiles. Paris ;
Mamert Patisson , 1586. in 8.
13. Duodecim Fabula Fluviorum vel
Fontium : unà cum Descriptione pro Pictura
et Epigrammatis. Paris , Joan . Richer,
1586. in 8. Je ne sçai ce que c'est que
cet Ouvrage , ni en quelle Langue il est
écrits le P. Louis Jacob en rapporte ainsi
le titre , mais sans marquer s'il est écrit
en Latin ou en François.
14. Les Discours Philosophiques de Pontus
de Tyard. Paris , 1587. in 4. C'est un
Recueil des Ouvrages que j'ai marquez
au N° 2. 3. 6. E. 9.
15. Homelies sur le Décalogue. Paris ,
1588. in 8.
16. Extrait de la Généalogie de Hugues
Capes
2020 MERCURE DE FRANCE
Capet , Roy de France , et des premiers
Successeurs de la Race de Charlemagne en
France. Paris , Mamert Patisson , 1594.
in 8. M. de Thou , dans le 77. Livre de
son Histoire , attribue à Pontus de Tyard
cet Ouvrage , qui est anonyme , et Duchêne
, à la page 30. de sa Bibliotheque
des Historiens de France , dit qu'il l'a
fait pour servir de Réponse au Livre de
François de Rosieres, intitulé : Stemmata
Ducum Lotharingia. Paris , 1580. in fol.
17. Derecta nominum impositione . Lugduni
, Jacobus Roussin ; 1603. in 8 .
Pontus de Tyard , marque dans l'Epitre
à Louis de Tyard , son neveu , qui est
à la tête de ce petit Traité , que dans
le commencement des troubles de la
France , il avoit traduit du Grec deux
Opuscules de Philon , et qu'il avoit composé
ce Traité pour servir de Préface à
sa Traduction ; mais que Fréderic Morel
l'ayant prévenu en publiant une Version
Latine d'un de ces mêmes Opuscules
, et en promettant la Version de
l'autre , il avoit supprimé la sienne , et
sé contentoit de donner au Public l'Ouvrage
qu'il lui adressoit , avec quelques
Notes sur les Livres qu'il avoit traduits.
18. Annotationes in Libros Philonis Judai
, de Transnominatis , et Allegoria Sa
STR.
SEPTEMBRE . 1733. 2021
cra . A la suite du Traité précedent .
19. Fragmentum Epistola pii cujusdam
Episcopi , quo Pseudo -Jesuita Caroli , et
ejs Congerronum maledicta repellit. Hanovix
, 1604. in 8. A la suite de Caroli
Molinai Consilium super commodis et in-
Commodis nova Secta Jesuitarum . Item.
dans la Bibliothecâ Pontificia , editâ à
Joanne Scherzero, Lipsiæ , 1677. in 4.
avec la Souscription P. T. E. C. qui signifie
Pontus Tyardaus Episcopus Cabilonensis.
Item. Traduit en François à la
page 378. du Livre de David Homme
intitulé : Le Contr' Assassin. Lyon , 1612 .
Illustres, dans la République des Let
tres, & c. Tom. 20 et 21. A Paris , chez.
Briasson , rue S. Jacques , à la Science..
173.2.
Le premier de ces deux volumes contient
les changemens , les corrections et
les additions que l'Auteur a trouvées à
propos de faire pour les Tomes 11. 11 .
13. 14. 15. 16. 17. et 18. précedens . Ony
remarque par tout son exactitude et
son amour pour la verité ; et qu'il ne
tient pas à ses soins infatigables , que
nous n'ayons en ce genre un Ouvrage
parfait. Ce vingtiéme tome contient aussi
trois Tables qui sont d'une grande utilité
dans un pareil Recueil ; sçavoir , une
Table Générale des Matiéres qni ont été
traitées par les Auteurs dont il est parlé
dans les neuf volumes précédens ; une
Table alphabétique des Auteurs , contenus
dans les 20 volumes de ces Mémoires;
et une Table Nécrologique, qui marque
la date de la mort des Sçavans contenus
dans les neuf volumes précédens.
Le
1012 MERCURE DE FRANCE
Le 21. dont nous avons icy à rendrè
compte , contient les Noms , l'Eloge et
le Catalogue raisonné de 36 Sçavans , qui
ont vécu en différens temps , et qui se
sont distinguez pour la plupart , dans la
République des Lettres. Tels sont , entre
les autres , le Cardinal Bessarion
Pontus de Tyard, Philippe Cluvier , Jean
Louis Vivés , Edouard Pocock , Nicolas
Rigault , Gilles - André de la Roque, Jean
Fronteau , et Louis Boivin.Pour ne point
exceder certaines bornes , nous nous contenterons
de rapporter icy ce que l'Auteur
expose au sujet de Pontus de Tyard .
PONTus de Tyard , Seigneur de Bissy ,
nâquit vers l'an 1521. au Château de Bissy
, dans le Diocèse de Mâcon , de Jean
de Tyard , Lieutenant General au Bailliage
du Mâconnois, et de Jeanne de Ganay
, fille d'un Chancelier de France.
Son nom est écrit tantôt Tyard , et
tantôt Thiard ; mais cette orthographe
est vicieuse il doit s'écrire Tyard ; c'est
ainsi que les meilleurs Auteurs l'ont écrit,
-et c'est ainsi qu'il l'a écrit lui- même.
Pour ce qui est du nom de Ponthus
c'est celui d'un Héros fabuleux , sur lequel
on a un Roman , qui est fort peu
connu , et qui se trouve dans le Catalogue
de la Bibliotheque de M. du Fay ,
Sous
SEPTEMBRE , 1733. 2013
Bous ce titre: Le Roman du noble Roy Ponthus
, fils du Roy de Galice , et de la belle
Sidoine, fille du Roy de Bretagne , in 4.sans
date , en Lettre Gothique . On étoit autrefois
dans l'usage de donner de semblables
noms aux Enfans ; ainsi Jamin , Poëte
comtemporain de Pontus de Tyard ,
a porté celui d'Amadis , dont le Roman
n'est ignoré de personne. M. de la Monnoye
, qui nous apprend ces particularitez
dans ses Additions , aux Jugemens des
Sçavans de Baillet , rapporte dans le Ménagiana
, tom. I. pag. 236. une plaisanterie
sur ce sujet , qu'il ne faut pas omettre,
Pontus de Tyard étant , dit- il , à la
» cérémonie d'un Baptême, en qualité de
>>Parrain ; le Curé faisoit difficulté de
» nommer l'Enfant , Pontus , sur ce qu'il
» ne connoissoit point de Saint de ce
» nom- là. Comment , lui dit l'Evêque 2
M. le Curé ,vous ne songez donc pas au
» Saint , dont l'Eglise fait mention dans
» l'Hymne : Quem terra , Pontus, athera ?
» A ces mots , le bon Curé , qui ne s'étoit
jamais fort chargé de latin ; Monsei-
» gneur , lui dit- il , je vous demande par
» don , il est vrai que je n'y songeois pas.
» Et là- dessus il baptisa l'enfant sous ce
» nom.
2014 MERCURE DE FRANCE
Il fut instruit avec beaucoup de soin ,
dès son enfance, dans les Langues Latine
et Grecque , et même dans l'Hebraïques
mais quoiqu'il affecte de faire parade de
cette derniere, dans son Traité : De recta
nominum impositione , ce qu'il en sçavoit
étoit fort peu de chose ; ce peu lui a fait
cependant trouver place dans la Gallia
Orientalis , de Colomies , parmi les Sçavans
Hébraïsans François.
La Poësie Françoise l'occupa aussi dans
sa jeunesse , et il acquit par là de la réputation.
Ronsard lui attribuë même la
gloire d'avoir le premier introduit les
Sonnets en France. Mais la fortune n'a
point été dans la suite aussi riante à l'égard
de ses Poësies, qu'elle le fut d'abord.
Il a contribué lui-même à les faire disgracier
, par le mépris qu'il en fit ,et qu'il
en inspira aux autres dans un âge plus
mûr.
Il quitta la Poësie , pour se donner
à des Etudes plus sérieuses , et passa à
la Philosophie , aux Mathématiques , et
enfin à la Théologie. La plupart de ses
Ouvrages sont des preuves des connoissances
qu'il avoit acquises dans toutes
ses Sciences. Mais elles étoient alors si
imparfaites , ou la maniere dont on s'y
prenoit pour les apprendre étoit si mauvaise
,
SEPTEMBRE. 1733. 2015
yaise , que tout ce qui nous reste de lui
est un cahos d'érudition mal dirigée , où
Il n'y a presque rien à apprendre.
passa quelques années à la Cour
Roy Henri III . qui conçut de l'afection
pour lui , et lui donna l'Evêché
de Châlons sur Saone , dont il prit possession
le 16. Juin 1578. après avoir été
quelques années Archidiacre de cette
Église et Protonotaire Apostolique.
S'étant trouvé le premier des Dépu
tez de sa Province , dans l'Assemblée
des Etats qui fut tenuë à Blois l'an 1588.
il soutint l'autorité du Roy contre le
reste du Clergé , qui favorisoit la ligue ,
et il parla en sa faveur avec tant de force
et de dignité , qu'il fit de fortes impressions
sur l'esprit de ceux qui assistoient
à cette Assemblée , et en ramena
plusieurs à leur devoir,
Après 20. ans d'Episcopat , se voyant
accablé par les années et affligé des troubles
qui agitoient le Royaume , il se démit
de son Evêché et en fit pourvoir
Cyrus de Tyard , son neveu . S'étant ensuite
retiré dans une de ses Terres , il
ne s'occupa plus que du soin de son saat
. Ce fut là qu'il mourut le 23. Sepembre
1605. âgé de 84. ans.
Il exprima ses sentimens sur sa mort
dans
2018 MERCURE DE FRANCE
dans ces Vers , qu'il composa lui - même
avant que de mourir .
Non teneor longe dulcisque cupidine vita
Sat vixit , cui non vita pudenda fuit.
Nec fama illustris me tangit gloria , forsan ;
Per genium vivent sat mea scripta suum.
Nil
que moror quo sint mea membra tegenda se
pulchro ;
Hac propria baredis sit pia cura mei.
Sed cupio ut tandem mens Christo inixa levetur;
Peccati duro pondere , ad Astra vehar.
Ces Vers ont été gravez sur un Monument
qu'on lui a rigé dans le Choeur
de l'Eglise Cathédrale de Châlons , avec
ces mots au bas .
Pontus Tyardaus Bissianus Ep. Cabil.
Extremum hoc voveb, scribebat,
Il conserva jusqu'à la fin de sa vie là
vigueur de son corps et de son esprit.
Comme il avoit un grand corps et qu'il
étoit assidu à l'étude , il mangeoit beaucoup
et bûvoit de- même , sans mettre
jamais d'eau dans son vin , si violent que
soient ceux qui croissent sur le bord de
La Saône. Ce qu'il y a de singulier , c'est
qu'en se mettant au lit , il avaloit toûjours
un grand verre de vin pur , sans
que
SEPTEMBRE. 1733. 2017
uc sa santé en fût jamais alterée. Baillet et
1x qui l'ont suivi , ont trouvé que ce
coit point assez , et ont substitué mal
propos , au grand verre dont parle
M. Thou , un pot , en disant qu'il avoit
coûtume de boire un pot de vin pur
avant que de s'endormir..
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Erreurs Amoureuses. Lyon , Jean de
Tournes , 1549 . in 8.Il n'a pas mis son nom
à cet Ouvrage , qui contient plusieurs
Sonnets , divisez en trois Livres.
2. Solitaire premier , ou Prose des Mu
ses et de la Fureur Poëtique . Avec des Vers
Lyriques sur la fin . Lyon , Jean de Tournes
, 1552. in fol.
3. Solitaire second , on Prose des Muses.
Avec des Vers Lyriques sur la fin .
Lyon , Jean de Tournes , 1552. in 8.
4. Les Oeuvres Poëtiques de Pontus de
Tyard. A sçavoir , trois Livres des Erreurs,
Amoureuses. Un Livre de Vers
Lyriques. Un Recueil de ses nouvelles
Euvres Poëtiques . Paris , Galiot du Pré,
1573. in 4, Tout cela n'est plus recher
ché , ni presque connu de personne.
5. Leon Hebreu , de l'Amour , Dialo
gue, Lyon , Jean de Tournes
, issi.
in 8. Il parut la même année une autre
Tra
2018 MERCURE DE FRANCE
Traduction de l'Ouvrage de Leon , sous
ce titre La sainte Philosophie de l'Amour
de Leon Hebreu , traduite de l'Italien
par le sieur du Parc (Denis Sauvage.)
Lyon , Guillaume Roville , 1551. in 8.
Ce Livre ne méritoit pas qu'on prît tant
de peine pour lui.
6. Discours du Temps , de l'An et de
ses parties. Lyon , Jean de Tournes, 1556.
in & . It. Paris , et Mamert Patisson , 1556.
in 4. C'est l'Edition que du Verdier a
mise mal à propos , in folio.
7. L'Univers , on Discours des parties
et de la nature du Monde. Lyon , Jean
de Tournes , 1557. in 4. Il y a dans ce
Livre , au rapport de du Verdier , quelques
pages prises et traduites mot à mot
du Livre du Monde de Philon , Juif.
L'Auteur l'ayant depuis revû et augmenté
, le publia de nouveau sous le
titre suivant.
8. Deux Discours de la nature du Mon
de et de ses parties ; à sçavoir , le premier
Curieux , traitant des choses matérielles ; et
le second Curieux , des intellectuelles. Paris,
Mamert Patisson , 1578. in 4. On voit
à la tête un avant- Discours par J. D. du
Perron , Professeur du Roy aux Langues,
aux Mathématiques et en la Philosophic,
qui fut ensuite Cardinal.
9.
SEPTEMBRE 1733. 2019
9. Mantice , on Discours de la verité
divination par Astrologie. Lyon , Jean
de Tournes , 1558. in 4.
to. Ephemerides Octava Sphere , seu
Tabelle Diaria Ortus , Occasus , et mediationis
coeli illustrium stellarum inerransium
, pro universâ Galliâ , et his regionibus
que Polum Boreum elevatum habent
ad so, grad. Lugduni , Joan. Torà
39.
pasius
, 1562.
in
fol.
11. De Coelestibus Asterismis Poematium
ad Petrum Ronsardum. Paris , apud
Galeotum à Prato , 1573. in 4.
12. Homelies sur les Evangiles. Paris ;
Mamert Patisson , 1586. in 8.
13. Duodecim Fabula Fluviorum vel
Fontium : unà cum Descriptione pro Pictura
et Epigrammatis. Paris , Joan . Richer,
1586. in 8. Je ne sçai ce que c'est que
cet Ouvrage , ni en quelle Langue il est
écrits le P. Louis Jacob en rapporte ainsi
le titre , mais sans marquer s'il est écrit
en Latin ou en François.
14. Les Discours Philosophiques de Pontus
de Tyard. Paris , 1587. in 4. C'est un
Recueil des Ouvrages que j'ai marquez
au N° 2. 3. 6. E. 9.
15. Homelies sur le Décalogue. Paris ,
1588. in 8.
16. Extrait de la Généalogie de Hugues
Capes
2020 MERCURE DE FRANCE
Capet , Roy de France , et des premiers
Successeurs de la Race de Charlemagne en
France. Paris , Mamert Patisson , 1594.
in 8. M. de Thou , dans le 77. Livre de
son Histoire , attribue à Pontus de Tyard
cet Ouvrage , qui est anonyme , et Duchêne
, à la page 30. de sa Bibliotheque
des Historiens de France , dit qu'il l'a
fait pour servir de Réponse au Livre de
François de Rosieres, intitulé : Stemmata
Ducum Lotharingia. Paris , 1580. in fol.
17. Derecta nominum impositione . Lugduni
, Jacobus Roussin ; 1603. in 8 .
Pontus de Tyard , marque dans l'Epitre
à Louis de Tyard , son neveu , qui est
à la tête de ce petit Traité , que dans
le commencement des troubles de la
France , il avoit traduit du Grec deux
Opuscules de Philon , et qu'il avoit composé
ce Traité pour servir de Préface à
sa Traduction ; mais que Fréderic Morel
l'ayant prévenu en publiant une Version
Latine d'un de ces mêmes Opuscules
, et en promettant la Version de
l'autre , il avoit supprimé la sienne , et
sé contentoit de donner au Public l'Ouvrage
qu'il lui adressoit , avec quelques
Notes sur les Livres qu'il avoit traduits.
18. Annotationes in Libros Philonis Judai
, de Transnominatis , et Allegoria Sa
STR.
SEPTEMBRE . 1733. 2021
cra . A la suite du Traité précedent .
19. Fragmentum Epistola pii cujusdam
Episcopi , quo Pseudo -Jesuita Caroli , et
ejs Congerronum maledicta repellit. Hanovix
, 1604. in 8. A la suite de Caroli
Molinai Consilium super commodis et in-
Commodis nova Secta Jesuitarum . Item.
dans la Bibliothecâ Pontificia , editâ à
Joanne Scherzero, Lipsiæ , 1677. in 4.
avec la Souscription P. T. E. C. qui signifie
Pontus Tyardaus Episcopus Cabilonensis.
Item. Traduit en François à la
page 378. du Livre de David Homme
intitulé : Le Contr' Assassin. Lyon , 1612 .
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Résumé : MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
Le texte présente deux volumes d'une œuvre intitulée 'Mémoire pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres'. Le vingtième volume inclut des corrections et des additions pour les tomes précédents, ainsi que trois tables utiles : une Table Générale des Matières, une Table alphabétique des Auteurs et une Table Nécrologique. Le vingt-et-unième volume éloge 36 savants, dont Pontus de Tyard. Pontus de Tyard, né vers 1521 au Château de Bissy, reçut une éducation précoce en langues anciennes et en poésie. Il est reconnu pour avoir introduit les sonnets en France. Par la suite, il se consacra à des études plus sérieuses telles que la philosophie, les mathématiques et la théologie. Sa carrière le mena à la cour de Henri III, où il obtint l'évêché de Châlons-sur-Saône. Il soutint l'autorité royale lors des États de Blois en 1588. Après vingt ans d'épiscopat, il se retira et mourut en 1605 à l'âge de 84 ans. Le texte mentionne également plusieurs des œuvres de Tyard, qui couvrent une large gamme de genres, allant des poèmes à des traités théologiques et philosophiques.
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25
p. 547-548
ETABLISSEMENT d'une Bibliotheque publique à Lyon.
Début :
Mr Aubert, Avocat, ancien Echevin de Lyon, et Procureur du Roy en la Jurisdiction [...]
Mots clefs :
Bibliothèque publique, Lyon, Pierre Aubert, Avocat, Consulat, Établissement, Échevin, Prévôt des marchands
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texteReconnaissance textuelle : ETABLISSEMENT d'une Bibliotheque publique à Lyon.
ETABLISSEMENT d'une
Bibliotheque publique à Lyon.
Mi
R Aubert , Avocat , ancien Echevin de
Lyon , et Procureur du Roy en la Jurisdiction
de la Police , ayant pris soin de former
une Bibliotheque considerable , tant par le nom.
bre que par le choix des Livres , en a fait une
donation à Mrs les Prévôt des Marchands et
Echevins de la même Ville , à condition qu'elle
sera rendue publique après sa mort , suivant les
clauses inserées dans l'Acte du 22 May 1731.
M. Aubert étant mort au mois de Fevrier
1733. Mrs du Consulat ont laissé la Bibliotheque
dans la Maison qu'il occupoit , à la Place
de S. Jean , l'ont appropriée et l'ont décoréed'une
maniere convenable , en attendant qu'ils
fassent construire un Logement digne d'un établissement
si utile et si honorable à la Ville de
Lyon , et qui est dû aux soins et à la vigilance
de M. Perrichon , Prévôt des Marchands.
Le Consulat a aussi destiné un fond annuel à
perpétuité pour l'entretien et l'augmentation de
cette Bibliotheque , qui sera ouverte au Public
deux jours de chaque Semaine ; sçavoir , les Lundis
et Vendredis non feriez , depuis neuf heures
jusqu'à onze , et depuis trois heures après midi
jusqu'à cinq en Hyver , et jusqu'à six en Eté. La
premiere ouverture en fut faite le premier jour
de Decembre 1733 .
Le Consulat a nommé pour Bibliothecaire ,
M. Brossette , Avocat , et ancien Echevin ; et
pour Sous- Bibliothecaire M. Deschamps , Avocat.
On a placé dans une des Salles de la Bibliotheque:
le Portrait de M. Aubert , avec cette Inscription.
Petrus
548 MERCURE DE FRANCE
PETRUS AUBERT ,
In Foro Lugdunensi Patronus
Ingenio , doctrinâ , eloquentiâ
Insignis ;
Academia Litteraria Socius ;
Vir Consularis :
Patriam , Civis optimus , hac Bibliotheca
Donavit.
Anno 1731
Obiit Die 184 Februarii 1733. atatis 92 .
Bibliotheque publique à Lyon.
Mi
R Aubert , Avocat , ancien Echevin de
Lyon , et Procureur du Roy en la Jurisdiction
de la Police , ayant pris soin de former
une Bibliotheque considerable , tant par le nom.
bre que par le choix des Livres , en a fait une
donation à Mrs les Prévôt des Marchands et
Echevins de la même Ville , à condition qu'elle
sera rendue publique après sa mort , suivant les
clauses inserées dans l'Acte du 22 May 1731.
M. Aubert étant mort au mois de Fevrier
1733. Mrs du Consulat ont laissé la Bibliotheque
dans la Maison qu'il occupoit , à la Place
de S. Jean , l'ont appropriée et l'ont décoréed'une
maniere convenable , en attendant qu'ils
fassent construire un Logement digne d'un établissement
si utile et si honorable à la Ville de
Lyon , et qui est dû aux soins et à la vigilance
de M. Perrichon , Prévôt des Marchands.
Le Consulat a aussi destiné un fond annuel à
perpétuité pour l'entretien et l'augmentation de
cette Bibliotheque , qui sera ouverte au Public
deux jours de chaque Semaine ; sçavoir , les Lundis
et Vendredis non feriez , depuis neuf heures
jusqu'à onze , et depuis trois heures après midi
jusqu'à cinq en Hyver , et jusqu'à six en Eté. La
premiere ouverture en fut faite le premier jour
de Decembre 1733 .
Le Consulat a nommé pour Bibliothecaire ,
M. Brossette , Avocat , et ancien Echevin ; et
pour Sous- Bibliothecaire M. Deschamps , Avocat.
On a placé dans une des Salles de la Bibliotheque:
le Portrait de M. Aubert , avec cette Inscription.
Petrus
548 MERCURE DE FRANCE
PETRUS AUBERT ,
In Foro Lugdunensi Patronus
Ingenio , doctrinâ , eloquentiâ
Insignis ;
Academia Litteraria Socius ;
Vir Consularis :
Patriam , Civis optimus , hac Bibliotheca
Donavit.
Anno 1731
Obiit Die 184 Februarii 1733. atatis 92 .
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Résumé : ETABLISSEMENT d'une Bibliotheque publique à Lyon.
Le texte décrit la création d'une bibliothèque publique à Lyon. R. Aubert, avocat et ancien échevin, a légué sa bibliothèque à la ville de Lyon, à condition qu'elle soit ouverte au public après sa mort, selon un acte du 22 mai 1731. Aubert est décédé en février 1733. Les membres du consulat lyonnais ont conservé la bibliothèque dans la maison d'Aubert, place de S. Jean, en attendant la construction d'un bâtiment approprié. M. Perrichon, prévôt des marchands, a supervisé ce projet. Un fonds annuel a été alloué pour l'entretien et l'augmentation de la bibliothèque, qui a ouvert au public les lundis et vendredis, de 9 heures à 11 heures et de 15 heures à 17 heures en hiver, et jusqu'à 18 heures en été. La première ouverture a eu lieu le 1er décembre 1733. M. Brossette a été nommé bibliothécaire et M. Deschamps sous-bibliothécaire. Un portrait d'Aubert avec une inscription latine a été placé dans la bibliothèque.
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26
p. 1324-1329
REMARQUE sur l'Origine du Jubilé de Lyon de la présente année 1734.
Début :
Ne croyez pas, Monsieur, que je veuille rien contester sur le Jubilé [...]
Mots clefs :
Jubilé, Lyon, Église Saint-Jean, Église, Concours, Bulles, Jésus-Christ, Église de Lyon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUE sur l'Origine du Jubilé de Lyon de la présente année 1734.
REMARQUE sur ' Origine du Jubilé
de Lyon de la présente année 1734-
N
E
croyez pas , Monsieur , que je
veuille rien contester
sur le Jubilé
de Lyon de la présente année , sur lequel
il paroit un Livre nouveau
. J'ai attendu
pour répondre à votre question , que ce
Jubilé fur ouvert , afin que ni vous ni
ceux à qui vous ferez voir mes pensées ne
m'inputiez
point d'avoir voulu le combattre
ou en diminuer
le concours. J'ai
lû attentivement
le Livre imprimé sur
ce sujet chez Pierre Valfray. On y traite
la matiere dans toute l'étenduë
qu'elle
peut recevoir. Mais j'ai été surpris qu'on
II Vol. n'y
JUIN. 1734-
1325
n'y développât point ce qui peut avoir
fait naître cette dévotion . On bâtissoit
au milieu du quinziéme siécle le devant
de l'Eglise de S. Jean de Lyon . Il falloit
des sommes considérables pour achever
cet édifice. Il fut naturel de recourir
à Rome pour avoir des Indulgences en
forme de Jubilé . On put donc les obrenir
aisément l'an 1450. du Pape Nicolas
V. et si elles furent attachées à la Nativité
de S. Jean , c'est qu'alors on choisissoit
à dessein le tems des plus grands
jours de l'année , afin d'attirer des Pelerins
de plus loin . Or comme les Indulgences
Plenieres en forme de Jubilé
obtenues en 1450. pour l'Eglise de Lyon ,
eurent leur premiere exécution l'an 1451 .
auquels la S. Jean concouroit avec la
Fête- Dieu , les peuples crurent que cette
concurrence , qui est rare , étoit la cause
de l'indulgence , quoiqu'elle n'y eut in-
Alué en aucune maniere et il étoit d'autant
plus facile de se persuader cela , que
S. Jean- Baptiste est Patron de l'Eglise de
Lyon. Ce concours prodigieux arrivé en
1451. se divulgua ensuite dans leRoyaume
:les peres le racontérent à leurs enfants
sans oublier la circonstance de
Poccurrence des deux Fêtes , remarquée
par ceux qui avoient fait le voyage de
1 I. Vol. Lyon,
7326 MERCURE DE FRANCE
Lyon. C'est ce qui donna naissance à la
tradition , qu'on fit revivre en 1546..
lorsqu'il n'y restoit presque plus personne
qui eut vû la premiere solemnité
de 1451 .
Jubilé que
*
Comme ma coutume est de ne rien
aporter sans preuve , je vous ferai partde
la teneur d'une Bulle d'un semblable
le Roy Charles VIII. et sa
Soeur Anne de France obtinrent en 1485.
pour porter les Fidéles à contribuer au
rétablissement d'une Eglise Collégiale du
titre de S. Etienne. Ne vous imaginez
pas que ce fut à la S. Etienne d'Eté , encore
moins à celle d'Hyver que le concours
fut assigné par le Saint Pere , ce
fut à la S. Jean de même qu'à Lyon , et
ce concours devoit durer trois jours.
Omnibus et singulis utriusque sexus
Christi fidelibus verè pænitentibus et confessis
qui Ecclesiam predictam et quatuor altaria
in ea sita per dilectos filios Capitulum
ejusdem specificanda , annis singulis à primis
Vesperis diei Nativitatis S. Joannis
-Baptiste et inclusivè per duos sequentes
dies pro primo usque ad occasum solis devote
visitaverint , et ad præmissum pium ipsius
Ecclesia reparationis et instaurationis opus
manus porrexerint adjutrices , eamdem prorsus
et omnimodam plenariam anni Jubilei
II. Vel. IndulJUI
N. 1734 1327
Indulgentiam et peccatorum remissionem
quam consequerentur, si ad urbem intra annum
Jubilei hujusmodi cum contigerit illud
advenire , personaliter venirent , et Apostolorum
præ lictorum Basilicas ac Lateranensem
et Beata Maria Majoris ejusdem urbis
Ecclesias statutis ad id per predecessores
nostros Romanos Pontifices diebus de vote
visitarent , et alia caritatis et devotionis
opera pro ipsius anni Jubilei Indulgentia
consequenda exerceri solita exercerint , autoritate
Apostolicâ tenore præsentium concedimus
et largimur. Cela est suivi de la
clause pour le pouvoir des Confesseurs
et après le style ordinaire , est la limitation
du tems en ces termes : Presentibus
post triennium à data presentium computandis
minimè valituris.
Il ne vous sera pas difficile , Monsieur ,
de faire vos réflexions sur ce que je viens
de vous raporter , et d'en faire une application
aux Bulles qui ont dû exister pour
Lyon . Je ne sçai si l'Ecrivain de 1666.
ou celui de la présente année ont senti
qu'il pourroit y avoir eû une semblable
limitation dans les Bulles qui avoient
accordé le Jubilé de 1451. Au moins il
est visible qu'elles insistent fort sur la
nouvelle vigueur que le Pape Sixte IV.
leur a donnée en les confirmant ; et
11. Vol.
peut328
MERCURE DE FRANCE
peut- être avoient- elles besoin de cette
formalité.
que
En conséquence de cette confirmation
ou extension , il a été libre à un chacun
cette présente année 1734. d'aller profiter
de l'ouverture faite à Lyon des Trésors
de l'Eglise , et je ne doute pas que
le concours n'ait été encore plus grand
dans les années 1451. 1546. et 1666.
Ĉes sortes de cérémonies vont toujours
en augmentant . Vous en avez une preuve
toute recente dans ce qui vient d'arriver
à Orleans à l'Entrée du nouvel Evêque.
Le nombre des prisonniers délivrez n’alloit
autrefois qu'à cent ou deux cens
et maintenant il passe de beaucoup le
nombre de mille.
"
Quoique l'édifice de l'Eglise de S. Jean
de Lyon ne soit pas d'un entretien aussi
onereux que celui de Nôtre Dame de
Paris , Nôtre- Dame de Chartres , Nôtres
Dame de Reims ou de Roüen , il n'est
pas inutile
que dans chaque
siécle il y ait une année dans laquelle
les Fidéles
puissent
contribuer
comme
par honneur
, à l'entretien
du bâtiment
de cette Eglise
primatiale
des Gaules . Je dis dans chaque siécle en supposant
qu'on
ne touchera point à la réforme
du Calendrier
fite
sous Gregoire
XIII . selon laquelle
l'Au-
11 Vol. teur
JUIN 1734. 13:5
>
teur a préyû chaque année de cette concurrer.
ce jusqu'à - ce que nous ayons
atteint l'an trois mille depuis Jesus-
Christ. Car si on revenoit à l'ancien
calcul usité depuis Jesus - Christ jusqu'à
Gregoire XIII. on seroit quelquefois
247. ans sans voir cette concurrence ,
Au reste il n'y a rien à craindre de la
discussion que j'aurois souhaité qu'on
eut pû faire des Bulles primitives. Selon
le calcul usité aujourd'hui , la Fête- Dieu
n'arrivera le jour de Saint Jean , qu'en
l'an 1886. auquel tems il est sûr que
pas un de ceux qui lisent cette année ma
petite observation ne sera sur terre
très- probable qu'on ne songera guere
à examiner l'origine de la chose , dont
on sera encore plus éloigné de cent
cinquante ans , qu'on ne l'est aujour
d'hui.
A..... le 26 Juin 1734.
de Lyon de la présente année 1734-
N
E
croyez pas , Monsieur , que je
veuille rien contester
sur le Jubilé
de Lyon de la présente année , sur lequel
il paroit un Livre nouveau
. J'ai attendu
pour répondre à votre question , que ce
Jubilé fur ouvert , afin que ni vous ni
ceux à qui vous ferez voir mes pensées ne
m'inputiez
point d'avoir voulu le combattre
ou en diminuer
le concours. J'ai
lû attentivement
le Livre imprimé sur
ce sujet chez Pierre Valfray. On y traite
la matiere dans toute l'étenduë
qu'elle
peut recevoir. Mais j'ai été surpris qu'on
II Vol. n'y
JUIN. 1734-
1325
n'y développât point ce qui peut avoir
fait naître cette dévotion . On bâtissoit
au milieu du quinziéme siécle le devant
de l'Eglise de S. Jean de Lyon . Il falloit
des sommes considérables pour achever
cet édifice. Il fut naturel de recourir
à Rome pour avoir des Indulgences en
forme de Jubilé . On put donc les obrenir
aisément l'an 1450. du Pape Nicolas
V. et si elles furent attachées à la Nativité
de S. Jean , c'est qu'alors on choisissoit
à dessein le tems des plus grands
jours de l'année , afin d'attirer des Pelerins
de plus loin . Or comme les Indulgences
Plenieres en forme de Jubilé
obtenues en 1450. pour l'Eglise de Lyon ,
eurent leur premiere exécution l'an 1451 .
auquels la S. Jean concouroit avec la
Fête- Dieu , les peuples crurent que cette
concurrence , qui est rare , étoit la cause
de l'indulgence , quoiqu'elle n'y eut in-
Alué en aucune maniere et il étoit d'autant
plus facile de se persuader cela , que
S. Jean- Baptiste est Patron de l'Eglise de
Lyon. Ce concours prodigieux arrivé en
1451. se divulgua ensuite dans leRoyaume
:les peres le racontérent à leurs enfants
sans oublier la circonstance de
Poccurrence des deux Fêtes , remarquée
par ceux qui avoient fait le voyage de
1 I. Vol. Lyon,
7326 MERCURE DE FRANCE
Lyon. C'est ce qui donna naissance à la
tradition , qu'on fit revivre en 1546..
lorsqu'il n'y restoit presque plus personne
qui eut vû la premiere solemnité
de 1451 .
Jubilé que
*
Comme ma coutume est de ne rien
aporter sans preuve , je vous ferai partde
la teneur d'une Bulle d'un semblable
le Roy Charles VIII. et sa
Soeur Anne de France obtinrent en 1485.
pour porter les Fidéles à contribuer au
rétablissement d'une Eglise Collégiale du
titre de S. Etienne. Ne vous imaginez
pas que ce fut à la S. Etienne d'Eté , encore
moins à celle d'Hyver que le concours
fut assigné par le Saint Pere , ce
fut à la S. Jean de même qu'à Lyon , et
ce concours devoit durer trois jours.
Omnibus et singulis utriusque sexus
Christi fidelibus verè pænitentibus et confessis
qui Ecclesiam predictam et quatuor altaria
in ea sita per dilectos filios Capitulum
ejusdem specificanda , annis singulis à primis
Vesperis diei Nativitatis S. Joannis
-Baptiste et inclusivè per duos sequentes
dies pro primo usque ad occasum solis devote
visitaverint , et ad præmissum pium ipsius
Ecclesia reparationis et instaurationis opus
manus porrexerint adjutrices , eamdem prorsus
et omnimodam plenariam anni Jubilei
II. Vel. IndulJUI
N. 1734 1327
Indulgentiam et peccatorum remissionem
quam consequerentur, si ad urbem intra annum
Jubilei hujusmodi cum contigerit illud
advenire , personaliter venirent , et Apostolorum
præ lictorum Basilicas ac Lateranensem
et Beata Maria Majoris ejusdem urbis
Ecclesias statutis ad id per predecessores
nostros Romanos Pontifices diebus de vote
visitarent , et alia caritatis et devotionis
opera pro ipsius anni Jubilei Indulgentia
consequenda exerceri solita exercerint , autoritate
Apostolicâ tenore præsentium concedimus
et largimur. Cela est suivi de la
clause pour le pouvoir des Confesseurs
et après le style ordinaire , est la limitation
du tems en ces termes : Presentibus
post triennium à data presentium computandis
minimè valituris.
Il ne vous sera pas difficile , Monsieur ,
de faire vos réflexions sur ce que je viens
de vous raporter , et d'en faire une application
aux Bulles qui ont dû exister pour
Lyon . Je ne sçai si l'Ecrivain de 1666.
ou celui de la présente année ont senti
qu'il pourroit y avoir eû une semblable
limitation dans les Bulles qui avoient
accordé le Jubilé de 1451. Au moins il
est visible qu'elles insistent fort sur la
nouvelle vigueur que le Pape Sixte IV.
leur a donnée en les confirmant ; et
11. Vol.
peut328
MERCURE DE FRANCE
peut- être avoient- elles besoin de cette
formalité.
que
En conséquence de cette confirmation
ou extension , il a été libre à un chacun
cette présente année 1734. d'aller profiter
de l'ouverture faite à Lyon des Trésors
de l'Eglise , et je ne doute pas que
le concours n'ait été encore plus grand
dans les années 1451. 1546. et 1666.
Ĉes sortes de cérémonies vont toujours
en augmentant . Vous en avez une preuve
toute recente dans ce qui vient d'arriver
à Orleans à l'Entrée du nouvel Evêque.
Le nombre des prisonniers délivrez n’alloit
autrefois qu'à cent ou deux cens
et maintenant il passe de beaucoup le
nombre de mille.
"
Quoique l'édifice de l'Eglise de S. Jean
de Lyon ne soit pas d'un entretien aussi
onereux que celui de Nôtre Dame de
Paris , Nôtre- Dame de Chartres , Nôtres
Dame de Reims ou de Roüen , il n'est
pas inutile
que dans chaque
siécle il y ait une année dans laquelle
les Fidéles
puissent
contribuer
comme
par honneur
, à l'entretien
du bâtiment
de cette Eglise
primatiale
des Gaules . Je dis dans chaque siécle en supposant
qu'on
ne touchera point à la réforme
du Calendrier
fite
sous Gregoire
XIII . selon laquelle
l'Au-
11 Vol. teur
JUIN 1734. 13:5
>
teur a préyû chaque année de cette concurrer.
ce jusqu'à - ce que nous ayons
atteint l'an trois mille depuis Jesus-
Christ. Car si on revenoit à l'ancien
calcul usité depuis Jesus - Christ jusqu'à
Gregoire XIII. on seroit quelquefois
247. ans sans voir cette concurrence ,
Au reste il n'y a rien à craindre de la
discussion que j'aurois souhaité qu'on
eut pû faire des Bulles primitives. Selon
le calcul usité aujourd'hui , la Fête- Dieu
n'arrivera le jour de Saint Jean , qu'en
l'an 1886. auquel tems il est sûr que
pas un de ceux qui lisent cette année ma
petite observation ne sera sur terre
très- probable qu'on ne songera guere
à examiner l'origine de la chose , dont
on sera encore plus éloigné de cent
cinquante ans , qu'on ne l'est aujour
d'hui.
A..... le 26 Juin 1734.
Fermer
Résumé : REMARQUE sur l'Origine du Jubilé de Lyon de la présente année 1734.
Le texte aborde l'origine du Jubilé de Lyon en 1734. L'auteur ne remet pas en question ce Jubilé, mais déplore que le livre récemment publié sur le sujet n'explique pas l'origine de cette dévotion. Il rappelle qu'au milieu du XVe siècle, la construction de la façade de l'église Saint-Jean de Lyon nécessitait des fonds importants. En 1450, le pape Nicolas V accorda des indulgences en forme de Jubilé pour encourager les dons. Ces indulgences furent mises en œuvre pour la première fois en 1451, lors de la fête de la Nativité de Saint-Jean et de la Fête-Dieu. La coïncidence de ces deux fêtes amena les fidèles à croire que cette coïncidence était la cause de l'indulgence, renforcée par le fait que Saint-Jean-Baptiste est le patron de l'église de Lyon. Cette tradition se perpétua et fut réactivée en 1546. L'auteur mentionne également une bulle papale obtenue par le roi Charles VIII et sa sœur Anne de France en 1485, qui accordait des indulgences pour la contribution à la restauration d'une église collégiale. Il souligne l'importance de maintenir cette tradition pour l'entretien de l'église Saint-Jean de Lyon, malgré les réformes du calendrier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 1842-1850
ASSEMBLÉE publique de la même Académie, du 22 Avril 1744.
Début :
LES grandes occupat[i]ons de M. Pallu, Intendant de Lyon, ne lui ayant pas permis de donner, / Mémoire, contenant la Description de plusieurs Machines de Guerre. Les [...]
Mots clefs :
Lyon, Degrés, Calcul, Observation, Éclipse de lune, Provence, Nombres, Soleil, Machine, Arithmétique, Arts libéraux, Cadrans solaires, Phtisie, Observations météorologiques, Architecture
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texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE publique de la même Académie, du 22 Avril 1744.
ASSEMBLE' E publique de la même
Académie , du 22 Avril 1744.
I
Es grandes occupat ons de M. Pallu , Inten
dant de Lyon , ne lui ayant pas permis de donner,
en qualité de Directeur de l'Académie, les Extraits
des Mémoires qui y ont été lûs depuis la
derniere Aff mblée publique il avoit prié M.
Borde,President de la précédente année , d'en faire
le Recueil & la lecture. Voici les Extraits qu'il a
rapportés.
?
Mémoire , contenant la Defcription de plufieurs
Machines de Guerre.
Les avantages que le Public peut retirer des ingénieufes
inventions , & des Machines qui forment
le curieux Cabinet de M. Grollier de Servieres
viennent infentiblen: ent orner nos Regifties. Ce
Mémoire contient des détails de conftruction &
d'apAOUST.
1744. 1.843
application. 1 : D'une Machine qui fert à forer
des Canons. Le Canon eft jetté en tonte tout maffif,
eft placé fur cette Machine & y ett fufpendu , dans
une fituation renventée & perpendiculaire , fur des
piéces de bois , qui lui permettent de defcendre infenfiblement
fur des forets de diferentes grandeurs
& force , qui en détachent ia natiere , en
tournant rapidement fur leur centre , par l'action
des chevaux , ou de tout utre moteur. Une feconde
Machiné faire paffer du Canon > pour au travers
d'une Riviere , loifqu'il n'y a point de Pont.
Une troifiéme , pour transporter ailément du Canon
fur divers endroits du Rempart ; moyen etile lorf
que les batteries des affiégés ont été démontées en
partie , & qu'il eft néceffaire de taire feu en plu-
Geurs endroits 4. Un Pont volant , pour trav.rfer
un foflé 5 ° . & 6 ° Deux moyens différens & d'une
grande fimplicité , pour éventer les Mines des affié--
geans , les prevenir & les inonder.
Sur les fractions des Nombres.
Les opérations d'Arithmetique préfentent fou
vent des fractions , dont il eit neceflaire de connoître
la valeur relativement à l'efpéce dont elles font
parties aliquotes , il faut pour y parvenir, employer
des réductions , qui fouvent , par la longueur du
calcul , deviennent fufceptibles d'erreur. M. l'Abbé
Dugaiby, qui a fenti ces difficultés , a cru pouvoir
les lever , en. imaginant des tables & des échelles
où ces reductions ie trouvent toutes faites , au premier
coup d'oeil ; un Inftrument qui a quelque rap- .
port au Compas de proportion , & inventé pour faciliter
la conftruction de ces échelles lui a fervi uti- >
lement. I elt compofé de deux régles , donc l'une
eft divifée fuivant la fuite naturelle des Nombres ,
I vj
&
1844 MERCURE DE FRANCE.
& l'autre , felon l'ordre des Nombres impairs ; le
centre de mouvement des deux régles eft variable
fur l'une des deux . Cet Inftrument divife tout cercle
& tout, fecteur à volonté , felon les différentes gradations
des Nombres , marqués fur la principale.
régle , & réfout méchaniquement & fans calcul le
Problême de Papus , fans avoir recours aux lignes
du fecond genre.
Obfervations du Paffage de la Planette de
Mercure fur le Soleil , le matin du 5
Novembre 1743 .
que
2
Un Phenomene fenfible & obfervé avec exactitude
, préſente aux Aftronomes des preuves de la
jufteffe , ou de la fauffeté de leurs hypotéfes . Il leur
eft donc extrêmement important de n'en pas laiffer
échapper l'heureux inftant. Le Paffage de Mercure
fur le Soleil , eft d'autant plus utile à l'Aftronomie,
le mouvement de cette Planette n'eft pas encore
bien connu , fes révolutions , quoique promp
tes , ne le placent que rarement dans une fiuation
propre à être obfervé. Le Phénomene annoncé par
les Ephemerides , avertit le P. Beraud de le précautionner
pour l'Obfervation Une Lunette de 20
pieds un quart de cercle , une Machine parallactique
& une Pendule réglée fur le mouvement vrai ,
furent préparées pour cette Obfervation ; le tems la
favorifa parfaitement . Mercure parut par la Lunette
de 20 pieds, exactement rond , fort noir , & fa circonférence
bien terminée , fans nebulofité , & fans
anneau lumineux. L'inftant de fon immerſion totale
fut à 8 heures du matin , 49' f1 " , tems vrai , &
celui de l'émerfion totale à i heures après midi ,
21' 20" , le tems de fon immerfion . totale à fon
émerfion entiere fut de 4 heures 3.1 ' 29" , & le tems
I
que
A O UST. 1744. . 1845
que fon diamétre mit à paffer le bord occidental dư
Soleil de z ' 6" , d'où l'on a conclu , que le moment
de for entrée fur le bord oriental , fut à 8 heures 47°
45" , qui différe du tems de l'entrée déterminée ,
par les Tables de 14' 33 " dont il a avancé , le diamétre
apparent du Soleil ce jour-là , étant de 32 °
30" ; la route entiere de Mercure comparée à ce
diamétre eft de 27 ' 14" . Le P. Beraud , par un calcul
intéreffant & tiré de cette Obfervation , donne
le rapport de la grandeur véritable de Mercure &
fon diamétre ; comparée à celle de la Terre , elle
eft comme 388 à 1200, c'eft- à-dire, que fon diamètre
eft un peu plus d'un tiers de celui de la Terre ; fa
furface un neuvième , & ſa ſolidité un vingt - feptiéme:
ce qui fe trouve très conforme aux précédentes
déterminations données par les Aftronomes les
plus exacts. Cette Obfervation annonce donc une
erreur dans les Tables, mais le P. Beraud ne fe preffe
pas de la conclure ; c'eft à la conformité des Obfervations
du même Phénomene à décider de la justef
fe ou de l'erreur des Tables qui les prédiſent.
Obfervation de l'Eclipfe de Lune , du z
Novembre 1743-
Le moment de cette Eclipfe a encore précédé le
tems où elle devoit arriver , felon les Ephémerides
de 15' 42 " , différence trop confidérable & qui auroit
pu faire douter de l'exactitude de l'Obfervation
, fi le P. Beraud n'avoit eu la fatisfaction de
voit la fienne ne différer que de peu de fecondes de
celles qui ont été faites en même-tems , à Toulon ,
par le P. du Chatelard , l'un de nos Académiciens
affociés , & à Marseille , par le P. Permas . Tel eft
P'ufage de ces fortes de comparaifons . Eiles font à
l'Aftro1846
MERCURE DE FRANCE.
FAftronomie , ce que les démonftrations font à la
Géométrie .
Sur les proportions dans l'Arithmetique.
M. l'Abbé Dugaiby préfenta un fecond Inftrument
qu'il a inventé , pour faciliter l'intelligence &
P'ufage des régles de proportions . Le quatrieme
proportionnel à trois nombres donnés, vient comme
de lui même fe placer fur l'Inftrument , par une
opération fimple ,immédiate & fans calcul , qui ne
demande que beaucoup de précifion dans l'inftru
ment.
Sur la perfection des Arts Libéraux.
L'Architecture , la Peinture , la Sculpture & la
Gravure , font des Arts infiniment précieux , la perfection
où nous les voyons , a conduit M. de la
Monce à en pénétrer la caufe . Les Analyfes qu'il
en a faites , lui font voir par tout , que les habiles.
Maîtres n'ont été tels que par une étude fuivie &
attentive des beaux Arts & des Sciences , qui conduifent
à leur intelligence. Il fait voir que les cinq
ordres d'Architecture doivent être confiderés com
me les lettres de l'Alphabet , c'eft - à- dire fufceptibles
d'une combinaiſon étonnante , laquelle bien enten
duë ne manquera jamais de plaire . Que le Pinceau
guidé par l'H ftoire , la Fable & les diverfes productions
de la Nature , préfentera tout à la fois , le
bon goût , la vérité la nobleffe de l'exécution
& enfin que le Cifeau & le Burin conduits par des
mains attentives , produiront ces Chefs-d'oeuvres
d'une pratique haoile & d'une fçavante imitation..
Sur
AOUST. 1847
1744.
Sur la conftruction des Cadrans Solaires , Verticaux
, Méridionaux déclinans ; & la
connoiffance de la Méridienne fur des Plans
Verticaux.
&
La Géométrie fe place par tout avec fuccès ; le
calcul différentiel vient au fecours d'une pratique
de Gnomonique , & fournit par une formule , une
Méthode fimple & exacte , pour trouver la déclinaifon
d'un Plan vertical , & en conféquence , la
ligne méridienne fur ce Plan . M., Mathon , à l'aide
de cette méthode , tire une tangente à la ligne
d'ombre d'un ftyle droit , élevé perpendiculairemert
fur le Plan , au point le lus près de midi ,
en conclut , par le calcul , le vrai point du midi , &
Ja hauteur du Pôle. Une feconde méthode pour
trouver la même méridienne , fans avoir befoin de
connoître la déclinaifon du Plan , fuppofe la maniere
ordinaire pour tracer la meridienne fur des
Plans horifontaux , par des cercles concentriques ,
décrits du pied d'un ftyle droit mais pour éviter
les erreurs , produites par le changemen de déclimaifon
du Soleil , M. Mathon propoſe de tirer une
tangente à la ligne d'ombre , au point trouvé part
Poble vation le complement de l'Angle de cette
tangente , avec une ligne verticale fera l'Angle
cherché entre la fous- litaire & la ligne de midi Les
petits arcs de la Courbe décrite , par l'extrêmité de
P'ombre , peuvent être pris , fans erreur fenfible
pour des lignes droites , furtout lorfqu'on fera ufage
de ftyles un peu longs.
:
Sur
1848 MERCURE DE FRANCE.
Sur l'ufage du Sucre de lait , dans l'Emoptifie
&les fueurs immédiates qui accompagnent
ordinairement la Phibyfi .
M. Moegling , l'un des Académiciens affociés ,
nous fit part de la maniere fitée en fon Pays , pour
la compofition du Sucre de lait ; elle est peu diffé
tente de celle des Suiffes . D'heureuſes applications
qu'il afaites de ceRemede à l'Emoptyfie & à l'Eryfie ,
l'ont perfuadé , qu'il n'opéroit efficacement dans
l'une & l'autre maladie , que par les fels abondans
qu'il renferme , lefquels fe mêlant avec le fang ,
l'embaraffent , en arrêtent la fougue, & l'empêchent
de monter avec impétuofité dans les poulmons ,
& par leur qualité aftringeante , confolident les petits
vaiffeaux , & font ceffer les vomiffemens & crachemens
de fang . Il rafraîchit la chaleur immoderée,
& refferre les pores qui laiffent échapper avec
trop de facilité la Lymphe qui circule avec le fang-
Obfervations météorologiques faites à Lyon en
l'année 1743 »
comparées avec celles de
Provence , qui nous ont été envoyées par Le
P. du Chatelard & par M. Boeuf , Confeiller
au Parlement d'Aix.
Le plus grand froid a été à Lyon le 28 Janvier ,
de 7 dégrés au deffous de la congélation , & en Provence
le 23 , feulement de deux dégrés tous la congélation
, donc le froid de l'Hyver 1743.à Lyon , a
été plus grand que celui de Provence des dégrés .
La plus grande chaleur à Lyon de l'Eté 1743 , a
été le 18 Juin de 29 dégrés au - deffus de la congélation
& en Provence le 1 Août de 23 dégrés ,
›
donc
AOUST. 1744. 1849
donc l'Eté de Lyon a été plus chaud que celui de
Provence de 6 dégrés , & à peu près dans la même
proportion du froid. Nous avons déja remarqué ,
dans les années précédentes , des différences prelque
auffi fenfibles .
Les hauteurs du Barométre ont été à peu près les
mêmes à Lyon & en Provence , & les mêmes jours
relativement à la hauteur des Lieux.
3
La déclinaifon de l'Aiguille aimantée a été affés
conftamment de 16 dégrés à Toulon , & à Lyon
de 15 dégrés 30' Nord - Ouest.
Sur la meilleure maniere d'enfeigner
l'Arithmétique.
l'or-
Il eft certain que plufieurs perfonnes fe plaignent
d'avoir oublié à chiffrer , prefqu'auffi- tôt qu'ils l'avoient
appris . M. Cheinet fait voir évidemment que
ce défaut ne vient pas feulement du peu d'habitude
qu'on en conferve , mais bien plus encore de la
maniere dont on a été enſeigné. Il ne faut que fentir
la différence qu'il y a entre un Arithméticien &
un Chiffreur. Les Maîtres n'enfeignent , pour
dinaire , que la fimple pratique de l'Arithinétique ,
qui s'oublie fort aisément , au lieu que les principes
de certe Science ne pénétrent dans l'entendeinent ,
que pour s'y affûrer une place conftante , & y former
des traces inéfaçables. Plufieurs raifons enga
gent M. Cheinet à donner des inſtructions aux Maî.
tres & aux Difciples , pour les conduire sûrement
dans la théorie & dans la pratique de cette Scien-
EC.
Obfer
1850 MERCURE DE FRANCE.
Obfervations fur la réforme de la Severonde ,
en ufage dans cette Ville , & nommée communément
Forget.
C'est ici une espéce de reproche fait à l'habitude ,
au mauvais goût & au préjugé ; la Severonde ou le
Forget des Toits de cette Ville , a préfenté à M.
Delorme des fujets d'Obfervations critiques , qui
paroiffent bien fondées. Elles portent fur la faillie
défectueufe que cette Severonde préfente à la vûë ,
fur fon inutilité pour préferver de la pluye le mûr
de face & les paffans : fur l'oeconomie de fa rétorme
, dans la conftruction & dans les réparations fré
quentes : fur les dangers aufquels expofe la faillie
hors-d'oeuvre , en facilitant à la flâme la communication
d'une maison à l'autre ; fur la diminution du
jour , nuifible aux Ouvriers & aux Manufactures ;
& enfin fur l'humidité & le mauvais air qu'elle
maintient dans les appartemens , par fon oppofition
à une circulation aifée . M. Delorme ajoute à toutes
cès Obfervations , deux modéles tirés de la belle
& fimple Architecture , qu'il feroit à fouhaiter
qu'on voulut imiter , mais une certaine fatalité veut
que l'indiférence pour le bien public , piévale pref
que toûjours.
M. Cheinet lût un Mémoire fur l'harmonie & fur
les régles de la compofition ; l'Extrait en a été
donné dans la précédente Affemblée publique.
M. Delamonce fit la lecture d'un Mémoire fur
plufieurs anciens Temples , & leur comparaiſon avec
nos Eglifes modernes . L'Extrait fe trouve avec ceux
de la Séance publique du 8 Mai 1743 .
M. Gaviner termina la Séance , par un Mémoire
fur les Régules Métalliques , dont on a vû l'Extrait
avec ceux de la précédente Aſſemblée publique.
Académie , du 22 Avril 1744.
I
Es grandes occupat ons de M. Pallu , Inten
dant de Lyon , ne lui ayant pas permis de donner,
en qualité de Directeur de l'Académie, les Extraits
des Mémoires qui y ont été lûs depuis la
derniere Aff mblée publique il avoit prié M.
Borde,President de la précédente année , d'en faire
le Recueil & la lecture. Voici les Extraits qu'il a
rapportés.
?
Mémoire , contenant la Defcription de plufieurs
Machines de Guerre.
Les avantages que le Public peut retirer des ingénieufes
inventions , & des Machines qui forment
le curieux Cabinet de M. Grollier de Servieres
viennent infentiblen: ent orner nos Regifties. Ce
Mémoire contient des détails de conftruction &
d'apAOUST.
1744. 1.843
application. 1 : D'une Machine qui fert à forer
des Canons. Le Canon eft jetté en tonte tout maffif,
eft placé fur cette Machine & y ett fufpendu , dans
une fituation renventée & perpendiculaire , fur des
piéces de bois , qui lui permettent de defcendre infenfiblement
fur des forets de diferentes grandeurs
& force , qui en détachent ia natiere , en
tournant rapidement fur leur centre , par l'action
des chevaux , ou de tout utre moteur. Une feconde
Machiné faire paffer du Canon > pour au travers
d'une Riviere , loifqu'il n'y a point de Pont.
Une troifiéme , pour transporter ailément du Canon
fur divers endroits du Rempart ; moyen etile lorf
que les batteries des affiégés ont été démontées en
partie , & qu'il eft néceffaire de taire feu en plu-
Geurs endroits 4. Un Pont volant , pour trav.rfer
un foflé 5 ° . & 6 ° Deux moyens différens & d'une
grande fimplicité , pour éventer les Mines des affié--
geans , les prevenir & les inonder.
Sur les fractions des Nombres.
Les opérations d'Arithmetique préfentent fou
vent des fractions , dont il eit neceflaire de connoître
la valeur relativement à l'efpéce dont elles font
parties aliquotes , il faut pour y parvenir, employer
des réductions , qui fouvent , par la longueur du
calcul , deviennent fufceptibles d'erreur. M. l'Abbé
Dugaiby, qui a fenti ces difficultés , a cru pouvoir
les lever , en. imaginant des tables & des échelles
où ces reductions ie trouvent toutes faites , au premier
coup d'oeil ; un Inftrument qui a quelque rap- .
port au Compas de proportion , & inventé pour faciliter
la conftruction de ces échelles lui a fervi uti- >
lement. I elt compofé de deux régles , donc l'une
eft divifée fuivant la fuite naturelle des Nombres ,
I vj
&
1844 MERCURE DE FRANCE.
& l'autre , felon l'ordre des Nombres impairs ; le
centre de mouvement des deux régles eft variable
fur l'une des deux . Cet Inftrument divife tout cercle
& tout, fecteur à volonté , felon les différentes gradations
des Nombres , marqués fur la principale.
régle , & réfout méchaniquement & fans calcul le
Problême de Papus , fans avoir recours aux lignes
du fecond genre.
Obfervations du Paffage de la Planette de
Mercure fur le Soleil , le matin du 5
Novembre 1743 .
que
2
Un Phenomene fenfible & obfervé avec exactitude
, préſente aux Aftronomes des preuves de la
jufteffe , ou de la fauffeté de leurs hypotéfes . Il leur
eft donc extrêmement important de n'en pas laiffer
échapper l'heureux inftant. Le Paffage de Mercure
fur le Soleil , eft d'autant plus utile à l'Aftronomie,
le mouvement de cette Planette n'eft pas encore
bien connu , fes révolutions , quoique promp
tes , ne le placent que rarement dans une fiuation
propre à être obfervé. Le Phénomene annoncé par
les Ephemerides , avertit le P. Beraud de le précautionner
pour l'Obfervation Une Lunette de 20
pieds un quart de cercle , une Machine parallactique
& une Pendule réglée fur le mouvement vrai ,
furent préparées pour cette Obfervation ; le tems la
favorifa parfaitement . Mercure parut par la Lunette
de 20 pieds, exactement rond , fort noir , & fa circonférence
bien terminée , fans nebulofité , & fans
anneau lumineux. L'inftant de fon immerſion totale
fut à 8 heures du matin , 49' f1 " , tems vrai , &
celui de l'émerfion totale à i heures après midi ,
21' 20" , le tems de fon immerfion . totale à fon
émerfion entiere fut de 4 heures 3.1 ' 29" , & le tems
I
que
A O UST. 1744. . 1845
que fon diamétre mit à paffer le bord occidental dư
Soleil de z ' 6" , d'où l'on a conclu , que le moment
de for entrée fur le bord oriental , fut à 8 heures 47°
45" , qui différe du tems de l'entrée déterminée ,
par les Tables de 14' 33 " dont il a avancé , le diamétre
apparent du Soleil ce jour-là , étant de 32 °
30" ; la route entiere de Mercure comparée à ce
diamétre eft de 27 ' 14" . Le P. Beraud , par un calcul
intéreffant & tiré de cette Obfervation , donne
le rapport de la grandeur véritable de Mercure &
fon diamétre ; comparée à celle de la Terre , elle
eft comme 388 à 1200, c'eft- à-dire, que fon diamètre
eft un peu plus d'un tiers de celui de la Terre ; fa
furface un neuvième , & ſa ſolidité un vingt - feptiéme:
ce qui fe trouve très conforme aux précédentes
déterminations données par les Aftronomes les
plus exacts. Cette Obfervation annonce donc une
erreur dans les Tables, mais le P. Beraud ne fe preffe
pas de la conclure ; c'eft à la conformité des Obfervations
du même Phénomene à décider de la justef
fe ou de l'erreur des Tables qui les prédiſent.
Obfervation de l'Eclipfe de Lune , du z
Novembre 1743-
Le moment de cette Eclipfe a encore précédé le
tems où elle devoit arriver , felon les Ephémerides
de 15' 42 " , différence trop confidérable & qui auroit
pu faire douter de l'exactitude de l'Obfervation
, fi le P. Beraud n'avoit eu la fatisfaction de
voit la fienne ne différer que de peu de fecondes de
celles qui ont été faites en même-tems , à Toulon ,
par le P. du Chatelard , l'un de nos Académiciens
affociés , & à Marseille , par le P. Permas . Tel eft
P'ufage de ces fortes de comparaifons . Eiles font à
l'Aftro1846
MERCURE DE FRANCE.
FAftronomie , ce que les démonftrations font à la
Géométrie .
Sur les proportions dans l'Arithmetique.
M. l'Abbé Dugaiby préfenta un fecond Inftrument
qu'il a inventé , pour faciliter l'intelligence &
P'ufage des régles de proportions . Le quatrieme
proportionnel à trois nombres donnés, vient comme
de lui même fe placer fur l'Inftrument , par une
opération fimple ,immédiate & fans calcul , qui ne
demande que beaucoup de précifion dans l'inftru
ment.
Sur la perfection des Arts Libéraux.
L'Architecture , la Peinture , la Sculpture & la
Gravure , font des Arts infiniment précieux , la perfection
où nous les voyons , a conduit M. de la
Monce à en pénétrer la caufe . Les Analyfes qu'il
en a faites , lui font voir par tout , que les habiles.
Maîtres n'ont été tels que par une étude fuivie &
attentive des beaux Arts & des Sciences , qui conduifent
à leur intelligence. Il fait voir que les cinq
ordres d'Architecture doivent être confiderés com
me les lettres de l'Alphabet , c'eft - à- dire fufceptibles
d'une combinaiſon étonnante , laquelle bien enten
duë ne manquera jamais de plaire . Que le Pinceau
guidé par l'H ftoire , la Fable & les diverfes productions
de la Nature , préfentera tout à la fois , le
bon goût , la vérité la nobleffe de l'exécution
& enfin que le Cifeau & le Burin conduits par des
mains attentives , produiront ces Chefs-d'oeuvres
d'une pratique haoile & d'une fçavante imitation..
Sur
AOUST. 1847
1744.
Sur la conftruction des Cadrans Solaires , Verticaux
, Méridionaux déclinans ; & la
connoiffance de la Méridienne fur des Plans
Verticaux.
&
La Géométrie fe place par tout avec fuccès ; le
calcul différentiel vient au fecours d'une pratique
de Gnomonique , & fournit par une formule , une
Méthode fimple & exacte , pour trouver la déclinaifon
d'un Plan vertical , & en conféquence , la
ligne méridienne fur ce Plan . M., Mathon , à l'aide
de cette méthode , tire une tangente à la ligne
d'ombre d'un ftyle droit , élevé perpendiculairemert
fur le Plan , au point le lus près de midi ,
en conclut , par le calcul , le vrai point du midi , &
Ja hauteur du Pôle. Une feconde méthode pour
trouver la même méridienne , fans avoir befoin de
connoître la déclinaifon du Plan , fuppofe la maniere
ordinaire pour tracer la meridienne fur des
Plans horifontaux , par des cercles concentriques ,
décrits du pied d'un ftyle droit mais pour éviter
les erreurs , produites par le changemen de déclimaifon
du Soleil , M. Mathon propoſe de tirer une
tangente à la ligne d'ombre , au point trouvé part
Poble vation le complement de l'Angle de cette
tangente , avec une ligne verticale fera l'Angle
cherché entre la fous- litaire & la ligne de midi Les
petits arcs de la Courbe décrite , par l'extrêmité de
P'ombre , peuvent être pris , fans erreur fenfible
pour des lignes droites , furtout lorfqu'on fera ufage
de ftyles un peu longs.
:
Sur
1848 MERCURE DE FRANCE.
Sur l'ufage du Sucre de lait , dans l'Emoptifie
&les fueurs immédiates qui accompagnent
ordinairement la Phibyfi .
M. Moegling , l'un des Académiciens affociés ,
nous fit part de la maniere fitée en fon Pays , pour
la compofition du Sucre de lait ; elle est peu diffé
tente de celle des Suiffes . D'heureuſes applications
qu'il afaites de ceRemede à l'Emoptyfie & à l'Eryfie ,
l'ont perfuadé , qu'il n'opéroit efficacement dans
l'une & l'autre maladie , que par les fels abondans
qu'il renferme , lefquels fe mêlant avec le fang ,
l'embaraffent , en arrêtent la fougue, & l'empêchent
de monter avec impétuofité dans les poulmons ,
& par leur qualité aftringeante , confolident les petits
vaiffeaux , & font ceffer les vomiffemens & crachemens
de fang . Il rafraîchit la chaleur immoderée,
& refferre les pores qui laiffent échapper avec
trop de facilité la Lymphe qui circule avec le fang-
Obfervations météorologiques faites à Lyon en
l'année 1743 »
comparées avec celles de
Provence , qui nous ont été envoyées par Le
P. du Chatelard & par M. Boeuf , Confeiller
au Parlement d'Aix.
Le plus grand froid a été à Lyon le 28 Janvier ,
de 7 dégrés au deffous de la congélation , & en Provence
le 23 , feulement de deux dégrés tous la congélation
, donc le froid de l'Hyver 1743.à Lyon , a
été plus grand que celui de Provence des dégrés .
La plus grande chaleur à Lyon de l'Eté 1743 , a
été le 18 Juin de 29 dégrés au - deffus de la congélation
& en Provence le 1 Août de 23 dégrés ,
›
donc
AOUST. 1744. 1849
donc l'Eté de Lyon a été plus chaud que celui de
Provence de 6 dégrés , & à peu près dans la même
proportion du froid. Nous avons déja remarqué ,
dans les années précédentes , des différences prelque
auffi fenfibles .
Les hauteurs du Barométre ont été à peu près les
mêmes à Lyon & en Provence , & les mêmes jours
relativement à la hauteur des Lieux.
3
La déclinaifon de l'Aiguille aimantée a été affés
conftamment de 16 dégrés à Toulon , & à Lyon
de 15 dégrés 30' Nord - Ouest.
Sur la meilleure maniere d'enfeigner
l'Arithmétique.
l'or-
Il eft certain que plufieurs perfonnes fe plaignent
d'avoir oublié à chiffrer , prefqu'auffi- tôt qu'ils l'avoient
appris . M. Cheinet fait voir évidemment que
ce défaut ne vient pas feulement du peu d'habitude
qu'on en conferve , mais bien plus encore de la
maniere dont on a été enſeigné. Il ne faut que fentir
la différence qu'il y a entre un Arithméticien &
un Chiffreur. Les Maîtres n'enfeignent , pour
dinaire , que la fimple pratique de l'Arithinétique ,
qui s'oublie fort aisément , au lieu que les principes
de certe Science ne pénétrent dans l'entendeinent ,
que pour s'y affûrer une place conftante , & y former
des traces inéfaçables. Plufieurs raifons enga
gent M. Cheinet à donner des inſtructions aux Maî.
tres & aux Difciples , pour les conduire sûrement
dans la théorie & dans la pratique de cette Scien-
EC.
Obfer
1850 MERCURE DE FRANCE.
Obfervations fur la réforme de la Severonde ,
en ufage dans cette Ville , & nommée communément
Forget.
C'est ici une espéce de reproche fait à l'habitude ,
au mauvais goût & au préjugé ; la Severonde ou le
Forget des Toits de cette Ville , a préfenté à M.
Delorme des fujets d'Obfervations critiques , qui
paroiffent bien fondées. Elles portent fur la faillie
défectueufe que cette Severonde préfente à la vûë ,
fur fon inutilité pour préferver de la pluye le mûr
de face & les paffans : fur l'oeconomie de fa rétorme
, dans la conftruction & dans les réparations fré
quentes : fur les dangers aufquels expofe la faillie
hors-d'oeuvre , en facilitant à la flâme la communication
d'une maison à l'autre ; fur la diminution du
jour , nuifible aux Ouvriers & aux Manufactures ;
& enfin fur l'humidité & le mauvais air qu'elle
maintient dans les appartemens , par fon oppofition
à une circulation aifée . M. Delorme ajoute à toutes
cès Obfervations , deux modéles tirés de la belle
& fimple Architecture , qu'il feroit à fouhaiter
qu'on voulut imiter , mais une certaine fatalité veut
que l'indiférence pour le bien public , piévale pref
que toûjours.
M. Cheinet lût un Mémoire fur l'harmonie & fur
les régles de la compofition ; l'Extrait en a été
donné dans la précédente Affemblée publique.
M. Delamonce fit la lecture d'un Mémoire fur
plufieurs anciens Temples , & leur comparaiſon avec
nos Eglifes modernes . L'Extrait fe trouve avec ceux
de la Séance publique du 8 Mai 1743 .
M. Gaviner termina la Séance , par un Mémoire
fur les Régules Métalliques , dont on a vû l'Extrait
avec ceux de la précédente Aſſemblée publique.
Fermer
28
p. 1882-1884
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise d'Ypres.
Début :
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN, Cardinal, Prêtre de la Sainte Eglise Romaine, [...]
Mots clefs :
Lyon, Mandement, Ypres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise d'Ypres.
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal
de Tencin , au fujet de la priſe d'Ypres .
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Eglife Romaine
, du Titre des Saints Nérée & Aquilée ,
Archevêque & Comte de Lyon , Primat de
France , Commandeur de l'Ordre du Saint-
Efprit , Miniftre d'Etat , &c . ,
A tous Abbés , Doyens , Chapitres
Prieurs , Curés , Vicaires & autres Eccléfiaftii
AOUST. 1744. 1885
tiques Séculiers & Réguliers , & à tous les
Fidéles de notre Diocéfe : SALUT & Bénédiction
en Notre- Seigneur.
Nos Voeux unis à ceux de notre Augufte
Monarque, mes très chers Freres , font montés
jufqu'au Trône du Tout- Puiffant , & en
ont obtenu de nouveaux fuccès , plus rapides
que nous n'ofons peut-être les efperer.
Ils ne font pas cependant le principal fujet
des actions de graces que nous devons au
Seigneur. Ce qui les exige infiniment da
vantage , c'eft la confervation de la Perfonne
Sacrée du Roi au milieu des périls , ou
fa valeur & fon amour pour les Peuples
l'ont exposé. Qui de nous , mes très-chers
Freres , n'a pas tremblé au recit de ces périls
? Et la joyce de voir ceffer , du moins
pour quelque tems , les frayeurs qu'ils nous
infpiroient , n'a-t'elle pas été le premier
mouvement qui s'eft élevé dans tous les
coeurs à la nouvelle de la Prife d'Ypres ?
Puiffe une prompte & folide Paix bannir
pour toujours ces vives allarmes ! Jufqueslà
nous aurons acheté trop chérement les
plus glorieufes Conquêtes.
A CES CAUSES , Nous Cardinal Archevêque
& Comte de Lyon fufdit , après en
avoir fait conférer de notre part avec nos
vénérables Freres Meffieurs les Doyen , Cha
noines & Chapitre de l'Eglife Comtes de
Hij Lyon ,
1884 MERCURE DE FRANCE.
Lyon , avons ordonné & ordonnons que le
Dimanche dix -neuf du préfent mois de
Juillet , à dix heures du matin , le Te Deum
fera chanté folemnellement avec le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons en Actions de
Graces de la Prife d'Ypres , dans notre Egli
fe Primatiale , où les Compagnies , qui ont
accoûtumé d'affifter à de pareilles cérémonies
font invitées , de fe rendre .
A l'égard des autres Villes , Bourgs &
Villages de notre Diocèfe , nous ordonnons
que le Dimanche ou la Fête après la reception
de notre préfent Mandement , on chantera
pareillement le Te Deum , le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons pour le même
fujer : Et fera notre préfent Mandement lû ,
publié & affiché par tout où befoin ſera .
DONNE' à Paris le huit du mois de Juillet
1744. Signé , P. CARD, DE TENCIN .
de Tencin , au fujet de la priſe d'Ypres .
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Eglife Romaine
, du Titre des Saints Nérée & Aquilée ,
Archevêque & Comte de Lyon , Primat de
France , Commandeur de l'Ordre du Saint-
Efprit , Miniftre d'Etat , &c . ,
A tous Abbés , Doyens , Chapitres
Prieurs , Curés , Vicaires & autres Eccléfiaftii
AOUST. 1744. 1885
tiques Séculiers & Réguliers , & à tous les
Fidéles de notre Diocéfe : SALUT & Bénédiction
en Notre- Seigneur.
Nos Voeux unis à ceux de notre Augufte
Monarque, mes très chers Freres , font montés
jufqu'au Trône du Tout- Puiffant , & en
ont obtenu de nouveaux fuccès , plus rapides
que nous n'ofons peut-être les efperer.
Ils ne font pas cependant le principal fujet
des actions de graces que nous devons au
Seigneur. Ce qui les exige infiniment da
vantage , c'eft la confervation de la Perfonne
Sacrée du Roi au milieu des périls , ou
fa valeur & fon amour pour les Peuples
l'ont exposé. Qui de nous , mes très-chers
Freres , n'a pas tremblé au recit de ces périls
? Et la joyce de voir ceffer , du moins
pour quelque tems , les frayeurs qu'ils nous
infpiroient , n'a-t'elle pas été le premier
mouvement qui s'eft élevé dans tous les
coeurs à la nouvelle de la Prife d'Ypres ?
Puiffe une prompte & folide Paix bannir
pour toujours ces vives allarmes ! Jufqueslà
nous aurons acheté trop chérement les
plus glorieufes Conquêtes.
A CES CAUSES , Nous Cardinal Archevêque
& Comte de Lyon fufdit , après en
avoir fait conférer de notre part avec nos
vénérables Freres Meffieurs les Doyen , Cha
noines & Chapitre de l'Eglife Comtes de
Hij Lyon ,
1884 MERCURE DE FRANCE.
Lyon , avons ordonné & ordonnons que le
Dimanche dix -neuf du préfent mois de
Juillet , à dix heures du matin , le Te Deum
fera chanté folemnellement avec le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons en Actions de
Graces de la Prife d'Ypres , dans notre Egli
fe Primatiale , où les Compagnies , qui ont
accoûtumé d'affifter à de pareilles cérémonies
font invitées , de fe rendre .
A l'égard des autres Villes , Bourgs &
Villages de notre Diocèfe , nous ordonnons
que le Dimanche ou la Fête après la reception
de notre préfent Mandement , on chantera
pareillement le Te Deum , le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons pour le même
fujer : Et fera notre préfent Mandement lû ,
publié & affiché par tout où befoin ſera .
DONNE' à Paris le huit du mois de Juillet
1744. Signé , P. CARD, DE TENCIN .
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29
p. 185-186
« On écrit de Lyon du même mois, qu'il vient d'arriver un terrible accident : deux maisons bâties [...] »
Début :
On écrit de Lyon du même mois, qu'il vient d'arriver un terrible accident : deux maisons bâties [...]
Mots clefs :
Lyon, Accident, Feu, Comte de Brionne, Charles-Marie de La Condamine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Lyon du même mois, qu'il vient d'arriver un terrible accident : deux maisons bâties [...] »
On écrit de Lyon du même mois , qu'il vient
d'arriver un terrible accident : deux maiſons bâties
fur le Pont de pierre du côté du Change , font tombées,
partie ſur le Pont ,& partie dans la riviere ,
&ont écrasé pluſieurs perſonnes , il y en a eu beau.
coupd'autres noyées. La riviere eſt enflée extraordinairement
, & eſt beaucoup plus haute qu'elle
n'étoit il y a quatre ans ; les maiſons du Quai font
dans l'eau
On mandede la mêmeVille que le feu a pris au
Couvent des Célestins ; l'embraſement a été fi
violent , que malgré les ſecours que l'on a apportés,
I iij
186 MERCURE DE FRANCE.
les flîmes n'ont épargné qu'une très-petite partie
du Bâtiment ; la Bibliothéque a été entierement
brûlée ; les Religieux n'ont pu ſauver que leurs
Archives.
Le Roi a accordé à M. le Comte de Brionne , la
ſurvivance de la Charge de Grand Ecuyer , que
poffede M. le Prince Charles de Lorraine , oncle
de ce Prince .
M de la Condamine , l'un des Académiciens qui
ont été au Perou , eſt arrivé à la Haye.
d'arriver un terrible accident : deux maiſons bâties
fur le Pont de pierre du côté du Change , font tombées,
partie ſur le Pont ,& partie dans la riviere ,
&ont écrasé pluſieurs perſonnes , il y en a eu beau.
coupd'autres noyées. La riviere eſt enflée extraordinairement
, & eſt beaucoup plus haute qu'elle
n'étoit il y a quatre ans ; les maiſons du Quai font
dans l'eau
On mandede la mêmeVille que le feu a pris au
Couvent des Célestins ; l'embraſement a été fi
violent , que malgré les ſecours que l'on a apportés,
I iij
186 MERCURE DE FRANCE.
les flîmes n'ont épargné qu'une très-petite partie
du Bâtiment ; la Bibliothéque a été entierement
brûlée ; les Religieux n'ont pu ſauver que leurs
Archives.
Le Roi a accordé à M. le Comte de Brionne , la
ſurvivance de la Charge de Grand Ecuyer , que
poffede M. le Prince Charles de Lorraine , oncle
de ce Prince .
M de la Condamine , l'un des Académiciens qui
ont été au Perou , eſt arrivé à la Haye.
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30
p. 111-114
De Lyon le 15.
Début :
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq heures du matin, que M. le Marquis de [...]
Mots clefs :
Lyon, Commandant, Roi, Cardinal, Repas, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Lyon le 15.
De Lyon le 15.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
Fermer
31
p. 114-128
DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
Début :
Messieurs les Prévôt des Marchands & Echevins firent élever sur le Pont de pierre [...]
Mots clefs :
Lyon, Illuminations, Naissance du duc de Bourgogne, Transparent, Lampions, Fleurs de lys, Mots, Étoiles, Feu, Place, Milieu, Façade, Cartouche, Couronne
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
DESCRIPTION des illuminations faites
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
115
surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
119
JANVIER. 1752.
des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
zed by Goo
JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
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surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
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des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
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JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
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32
p. 131-132
« DISCOURS sur les avantages des Sciences & des Arts, prononcé dans l'assemblée [...] »
Début :
DISCOURS sur les avantages des Sciences & des Arts, prononcé dans l'assemblée [...]
Mots clefs :
Sciences, Lyon, Genève, Jean-Jacques Rousseau
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texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS sur les avantages des Sciences & des Arts, prononcé dans l'assemblée [...] »
DISCOURS fur les avantages des Sciences
& des Arts , prononcé dans l'affemblée
publique de l'Académie des Sciences &
Belles Lettres de Lyon, le 22 Juin 1751 , -
avec la réponse de Jean J. Rouleau , citoyen
de Geneve . A Geneve chez Barillot
82 fils ,- 1732 , in 8 °. 130. pag. -
་་ ་
Le difcours Iu à Lyon a paru pour
premiere fois dans le Mercure il y a plu
ไม่
F: vi
ijź MERCURE DEFRANCE.
fieurs mois , & nous avons dit fans flatterie
l'impreffion qu'il avoit faite dans le
public. La réponſe de M. Rouffeau nous
paroît fupérieure à tout ce qu'il a écrit fur
l'importante queftion qui l'occupe depuis
long-tems : fes expreffions font , à ce que
nous croyons , plus énergiques , fes images
plus vives , fes raifonnemens plus preffans,
Les principes plus dévelopés . Le tableau
qu'il trace de nos meurs eft affreux ; s'il
n'eft pas reffemblant , l'accufation eft on
ne peut pas plus odieuſe ; mais s'il l'eft nous
fommes bien corrompus. Le caractere de
M. Rouffeau donne malheureuſement du
poids à la fatyre : c'eſt un homme vrai &
éclairé.
& des Arts , prononcé dans l'affemblée
publique de l'Académie des Sciences &
Belles Lettres de Lyon, le 22 Juin 1751 , -
avec la réponse de Jean J. Rouleau , citoyen
de Geneve . A Geneve chez Barillot
82 fils ,- 1732 , in 8 °. 130. pag. -
་་ ་
Le difcours Iu à Lyon a paru pour
premiere fois dans le Mercure il y a plu
ไม่
F: vi
ijź MERCURE DEFRANCE.
fieurs mois , & nous avons dit fans flatterie
l'impreffion qu'il avoit faite dans le
public. La réponſe de M. Rouffeau nous
paroît fupérieure à tout ce qu'il a écrit fur
l'importante queftion qui l'occupe depuis
long-tems : fes expreffions font , à ce que
nous croyons , plus énergiques , fes images
plus vives , fes raifonnemens plus preffans,
Les principes plus dévelopés . Le tableau
qu'il trace de nos meurs eft affreux ; s'il
n'eft pas reffemblant , l'accufation eft on
ne peut pas plus odieuſe ; mais s'il l'eft nous
fommes bien corrompus. Le caractere de
M. Rouffeau donne malheureuſement du
poids à la fatyre : c'eſt un homme vrai &
éclairé.
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Résumé : « DISCOURS sur les avantages des Sciences & des Arts, prononcé dans l'assemblée [...] »
Le discours sur les avantages des Sciences et des Arts, prononcé par Jean-Jacques Rousseau à l'Académie des Sciences et Belles Lettres de Lyon le 22 juin 1751, avait été publié précédemment dans le Mercure de France et avait reçu un accueil favorable. Rousseau, citoyen de Genève, y explore une question importante qu'il étudie depuis longtemps. Sa réponse est saluée pour ses expressions énergiques, ses images vives, ses raisonnements persuasifs et ses principes bien développés. Dans ce texte, Rousseau décrit les mœurs contemporaines de manière critique, les qualifiant d'affreuses. Si son tableau ne reflète pas la réalité, l'accusation reste grave ; sinon, cela indique une corruption profonde de la société. Le caractère authentique et éclairé de Rousseau renforce la crédibilité de sa satire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 63
VERS Aux Habitans de Lyon*.
Début :
Il est vrai que Plutus est au rang de vos Dieux, [...]
Mots clefs :
Dieu, Dieux, Lyon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Aux Habitans de Lyon*.
VERS
Aux Habitans de Lyon *.
IL eft vrai que Plutus eft au rang de vos Dieux ,
Et c'eſt un riché appui pour votre aimable ville ;
Il n'a point de plus bel afyle :
Ailleurs il eſt aveugle , il a chez vous des yeux.
Il n'étoit autrefois que Dieu de la richeſſe ,
Vous en faites le Dieu des arts :
J'ai vu couler dans vos remparts
Les ondes du Pactole & les eaux du Permeffe.
* On les attribue à M. de V....
Aux Habitans de Lyon *.
IL eft vrai que Plutus eft au rang de vos Dieux ,
Et c'eſt un riché appui pour votre aimable ville ;
Il n'a point de plus bel afyle :
Ailleurs il eſt aveugle , il a chez vous des yeux.
Il n'étoit autrefois que Dieu de la richeſſe ,
Vous en faites le Dieu des arts :
J'ai vu couler dans vos remparts
Les ondes du Pactole & les eaux du Permeffe.
* On les attribue à M. de V....
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34
p. 204-211
Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Début :
Vous recevrez, Monsieur, avec la présente, les certificats de MM. les Médecins [...]
Mots clefs :
Toulouse, M. Laboric, M. Keyser, Dragées, Maladies vénériennes, Succès, Certificats, Médecins, Chirurgiens, Guérison, Rennes, Cure, Besançon, Lyon, M. Rey, M. Dupont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Nouvelles épreuves faites à Toulouse , à Rennes en:
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
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Résumé : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
En 1758, plusieurs villes françaises ont mené des épreuves et certifications pour évaluer l'efficacité des dragées de M. Keyser dans le traitement des maladies vénériennes. À Toulouse, M. Laborie, maître en chirurgie, a traité deux malades sous la supervision de médecins et chirurgiens. Ces derniers ont attesté de la guérison rapide et sans inconvénients des patients. Les Capitouls, les médecins, et M. le Président de Nupces ont confirmé l'authenticité de ces témoignages. À Rennes, M. Dupont et M. Sevoy ont certifié la guérison de trois patients grâce aux dragées de M. Keyser. À Besançon, M. Juffy a rapporté le succès du traitement sur un employé et un aubergiste. À Lyon, M. Rey a informé de la guérison de deux malades sous la supervision de M. le Prévôt des Marchands et des Recteurs de l'Hôtel-Dieu. Enfin, M. Garengeot a attesté de l'efficacité du remède sur trois officiers de l'armée, malgré les conditions difficiles de la campagne militaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 208-212
Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Début :
Comme il n'est pas possible de mettre en entier les détails des [...]
Mots clefs :
Lyon, Docteurs, Chirurgie, Malades, Symptômes, Ulcères, M. Keyser, Guérison, Bordeaux, Certificats, Cure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Guérifons particulieres à Lyon à Bordeaux .
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
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Résumé : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Le document relate des guérisons de maladies vénériennes à Lyon et Bordeaux. À Lyon, les docteurs et chirurgiens du Collège des Médecins et de l'Hôpital Général ont examiné deux patients, J. B. Blain et Augustin Brun, atteints de maladies vénériennes. Après traitement par Jean-Baptiste Rey suivant la méthode de M. Keyfer, les patients ont été déclarés guéris. Le certificat de guérison a été signé par les médecins Chol et Magneval, ainsi que le chirurgien Puy, et confirmé par les recteurs et administrateurs de l'hôpital. À Bordeaux, deux cas de guérison notables sont rapportés. La première concerne une dame souffrant de symptômes graves, y compris des ulcères profonds dans la gorge et le nez, qui a été guérie par les dragées de M. Keyfer. La seconde concerne une jeune fille de 18 ans, enceinte de six mois, également guérie par le même traitement. Les médecins de santé Bernarda et Cazaux ont certifié ces guérisons. Les autorités de Bordeaux, y compris les maires et jurats, ont confirmé l'authenticité des certificats. M. Keyfer réitère l'efficacité de sa méthode et promet de publier une liste de ses correspondants dans un prochain volume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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36
p. 225-249
ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
ROUEN. Du 11 au 17 Novembre 1759. Messieurs m. o. g. d. Feydeau de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaies, Province, Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen, Tours, Strasbourg, Lille, Pau, Troyes, Poitiers, Besançon, Limoges, Amiens, Riom
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texteReconnaissance textuelle : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
ÉTAT
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
Fermer
Résumé : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente un état des contributions en vaisselle apportées aux monnoies des villes de province entre novembre 1759 et février 1760. Il énumère les noms et les titres des personnes ayant effectué ces dons dans diverses villes françaises, ainsi que les montants correspondants en livres, sous et deniers. Les villes mentionnées incluent Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Chaque section du document commence par la période concernée et les noms des individus, souvent des dignitaires, des intendants, des présidents, des évêques et autres notables, accompagnés des montants en monnaie apportés. Par exemple, à Rouen, des contributions ont été faites par des personnes telles que des intendants et des présidents. À Lyon, des dignitaires et des évêques ont apporté des montants variés. Les contributions proviennent également de villes comme La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Le document se termine par la date de février 1760. Les montants des contributions varient considérablement, reflétant l'importance et la générosité des contributeurs. Les contributions sont souvent accompagnées de la mention 'm. o. g.' et des montants en livres, sous et deniers. Ce document offre un aperçu des dons financiers effectués par des personnalités influentes dans diverses régions de la France à la fin de l'année 1759 et au début de l'année 1760.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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37
p. 217-240
SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
RHEIMS. Du 3 Décembre 1759, au 31 dudit. Messieurs m. o. g. Henri Duwalk, [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaies, Province, Villes, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, Lille, Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Limoges, Bourges, Amiens, Tours, Caen, Riom, Pau, Poitiers, Besançon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
SUITE de l'Etat de la Vaiffelle portée
aux Monnoies des Villes de Province.
RHEIM S.
Du 3 Décembre 1759 , au 31 dudit.
Meffieurs
Henri Duwalk , Comte de Dampierre.
L'Evêque de Sidon.
le Marquis de Longueval.
le Baron de Viffec de la Cude.
Duchêne de Ruville, Commiffaire
Provincial à Sedan.
Dubois de Livry , ancien Capitaine
au Régiment Dauphin , Caval.
Charonnier d'Hauterive , Lieuten.
pour le Roi à Rocroy.
Leleu , Receveur des Tailles à
Rheims.
Didelot , Direct. des Aides à Châlons.
l'Abbaye d'Igny , Ordre de Câteaux .
Croifat , Baron de Thiers.
l'Abbaye de S. Remi , de Rheinis .
l'Abbaye de S. Nicaife , de Rheims.
l'Abbaye de Valfecret , Ordre de
Prémontré.
l'Abbaye de Valchrétien , ' Ordre
dé Prémontré.
les R. P. Cordeliers de Rheims.
l'Abbaye de S. Pierre d'Hautvilliers.
Dorigny, Ecuyer , Seigneur d'Agny.
m. g.
33 7 12
IQ
3 6
133 6
53 2
18
60 S
$67 6
228
17
365 18
97 5
71
S
50 3
86
3-12
52
18
23 4
73 2 12
SI 4
218 MERCURE DE FRANCE
M.fieurs
Suite de Rheims .
m .
0. ğ
124 IS
82 3
21 2 6
De Cambray , Secrét. du Roi.
l'Abbaye des Trois- Fontaines.
d'Haudrecy , Brigadier des armées
du Roi.
La Compagnie de Meffieurs les
Chevaliers de l'Arquebule.
l'Abbaye de Saint Thierry.
l'Abbaye des Dames d'Argenfol .
Domilier , Directeur général des
Fermes à Soiffons .
l'Abbaye des Dames de l'Amour-
Dieu , Ordre de Cîteaux .
Maldan de Courchamps , Aide-
Major de la Ville de Sédan.
IS 618
17
20 2
40 6
36 33
II 7 12
NANTES.
Du 10 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Jofeph Poigneau du Pélevin . 4 14 14
Galbault Dufort , Maître des
Comptes.
245
18 Madame la Veuve Duguenot
Dubreil,
Demonti , ancien Garde du Roi.
Millain , Commiflaire général .
De Brice de Monpleflis- Defcartes,
Defpinofe , Seigneur de Frofay.
De la Rablais , Maître des Comtes.
Stabletonne , Comte de Trêves.
216 21
6 21
3
162 5
II 6
12
9
8559
197 4 12
114ƒ 9
MARS. 1760. 219
GRENOBLE.
Du 17 Décembre 1760. au 3 Janvier
Meffieurs
Du Perreau , Major de Valence.
Le Marq.de Montegnard , Lieutenant
général.
L'Evêque de Dye.
Defguers , Commiffaire or lonnateur
des Guerres en Dauphiné
De Roftaing , Seigneur de Fiancé.
L'Archevêque d'Ambrun .
D'Herculais.
De Fufferet , Confeiller au Parlement.
Le Chapitre de la Cathédrale de Gap .
m. o. g.
55.7
66 7
117 6
23 4 2E
176 2I
149 3
233 18
20.6 12
23 12
A IX.
Du 3 au 27 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Archevêque d'Arles .
Le Duc de Villars. ( Second Article . )
Daynt.
Rollin , Marquis de Villeneuve .
m. o. g.
262 2
6
ts
43
164 7
"
153 2 12.
13 7
II 15
Mad. la Marquife de Valbelle.
Dezande-Maziere , Recev. à Siſteron .
Taurel , Gén . Provinc. des Monnoies.
Nicolas Borrelly , Ecuyer,de Marſeille. 186 6 1s
De Creiffel , ancien Lieutenant Colonel
de Cavalerie. 21 4
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite "d'Aix .
m. o. g. de
122
le Chap . de l'Eglife Métropolitaine
d'Aix .
Caftillon , Avocat gén . au Parlem.
l'Evêque de Fréjus .
Saurin de Muras , Confeiller àla
Chambre des Comptes.
Dalbertas , Premier Préſident de
la Cour des Comptes.
Fourbin , Baron d'Aupede.
le Baron de Forbs, Commandant
du Fort S. Jean à Marſeille.
Demie , Major du même Fort.
Mazenor , Préfident à la Cour des
Comptes.
Joannis , Procureur général à la
Cour des Comptes.
Jullien , Avocat au Parlement .
Daugery, Confeiller , Procureur
du Roi à Draguignan.
Michaëlis Dufeuil , Confeiller à la
Cour des Comptes.
de la Roquette , Préfident à ta
Cour des Comptes .
Philippe , Tréforier du Pays .
d'Ecrofe , Ecuyer de la ville du
Pertuis.
d'Albert , Préfident à la Cour des
Comptes.
Boiffon Lafalle , Confeiller à la
Cour des Comptes.
Rouffet , Marquis de Sillons.
Aillaud , Chevalier , Seigneur du
Caftellet.
13 2 18
13694
134
281 4 3
32 79
7512
113 I 21
33 4 28
9 I 3
15 3 18
35 615
91 3
100 I
29
455 3
26 1 13 12
SI I
1062 18
MARS. 1760.
221
RENNES,
Du 11 au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
Le Comte de S. Pern - Ligouyer,
Seot , Lieut. de Roi de S. Mało .
Pariette , Receveur général des
devoirs.
ledit fieur.
le Comte Dubois de Lamotte.
Geflin de Trémargat , Préfident
au Parlement.
l'Evêque de S. Malo.
le Comte de Mufillac.
l'Abbaye royale de St Mélaine.
Duplefix d'Argentré , ancien
Major du Rég. de Brancas.
L'Abbaye royale de Redon.
La Communauté des Religieufes
du Colombier , de Rennes.
m . 0. g: d.
109 I
2.3
100 2 13 12
19 6 22 12
43 5 3
27 7
41 S 14
ส
49 4 ΙΣ
697. IS
34621
3.8 3 12
4 7 10 12
MĘT Z.
Du 21 Novembre au 13 Décembre 1759-
Meffieurs
De Carriere , ancien Capitaine des
Grenadiers de France , & Pre
mier Préfident du Bureau des
Finances ,
De Charel , ancien Tréforier.
m. o. g. d.
1 2
171 4 I
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Metz.
Meffieurs
D'Aligre, Chanoine de la Collégiale
de S. Sauveur.
l'Evêque de Verdun .
les Chanoines féculiers de S. Louis ,
à Metz.
l'Abbé de Mareille , grand Doyen
de la Cathédrale .
le Comte de Fouquet , Maréchal
de camp.
l'Evêque de Toul .
l'Abbé Donnery, grand Doyen de
la Cathédrale de Toul.
de Vallory, Lieutenant pour le Roi ,
& Ingénieur en chef à Toul.
Le Marquis de Choiseul , Commandant
en Lorraine.
Le Comte de Guftine des Aufftans.
L'Abbé de la Richardie , Abbé de
S. Clément .
Sa Majefté le Roi de Pologne.
Le Chancelier de Lorraine.
De la Galaifiere , fils , Intendant
de Lorraine .
m. 0. g. d.
95536
483 5
12 3 7 36
108 4
174 6 6
193 34
165 6
19 1 2
173 34
812 336
7974
1875 36 IF
t 542 I
Aliot , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi de Pologne .
Thomas , grand Doyen de la
Cathédrale.
De Verdun , Fermier général de
Tournée .
Deriffon , Lieuten. de Roi à Verdun.
De Verdun .
Le Baron de Béry , Brigadier des
Armées du Roi.
12967
157 37
17 1 6
90 2
2561
18 67
2376
Mad. la Compeffe de Choiſeul- Meuze. 118 7
MARS. 1760. 2237
STRASBOURG.
Du 22 Novembre , au 30 Décembre 1959.
Meffieurs
Grau , Directeur des Fermes , & Mad.
fa mere.
Etienne , Curé de la Paroiffe Royale de
S. Louis.
Barbier , Receveur des Finances .
Praz, Directeur des Fourrages.
De Trelans , Lieutenant de Roi à Straf
bourg.
De S. André , Lieutenant général , &
Commandant de la Province .
D'Hauteval , Major de la Place.
Baron , Commiffaire ordonnateur.
L'Evêque de Strasbourg.
m. o. g.
584 14
17 4 *
64 3 6
32 2 6
339 6 13
430 3
326 6
99421
731 1 }
2
9 49 3
Aubert , Major de la Place à Strasbourg. 12 7
Denac , Lieut. de Roi au neuf Brilac .
De Klinglin , premier Préfident à
Colmar.
Immendorff, Chancelier de la Collégiale
de Neuviller.
De Mougé , Receveur général des
Finances.
D'Authel , Seigneur de Namsheim.
Rouffeau , Directeur général des Salines
à Dieuſe.
147 4 18
60 3
14 S 1
30 5
6
14 7
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
LILLE .
De Burghelle Cotereau.
Lancy de la Rayere , Secrétaire du Roi.
Farez d'Ogmont , Tréforier des Etatsde
Lille
Imbert de la Plaleque.
Rinquier , Confeiller:
Raffin de Bodigny , Confeiller au Parlement
de Flandre.
De Madre Confeiller.
Bernard , Major de Condé.
Le Mefre du Quénel.
Poulle Davan , Mayeur.
De Wallerave.
De Verghelle.
44 6 7
142 3 6
117 17
1662
2842
47 3
1766
45 7
19 4 S
13 24
Rouffeau , Greffier Criminel.
Madame la Préfi lente de Briffeuille.
Le Baron de Briffeuille.
Pajor , Commiflaire des Guerres.
De Gouve , Subdélégué à Arras .
d'Haffrenques , Subdélégué à Lille.
Begon , Intendant de la Marine
Dunkerque.
de Caumartin , Intendant.
les Religieux de Marchiennes.
le Mefre Crateghem , Bourgeois de
Lille .
le Marquis de Cernay S. Gal
Madame la Marquife les Danois ,
Valenciennes.
Madame la Comteffe de Cernay ,
Valenciennes.
12 1 4
III 2
1964
176 6
60 2
70 6 4
71 2 I
244 I
à
222 7
335 4 S
15922
20 43
22532
à
263 46
à
62 27
Laurent , Commiffaire des Guerres. 246 2 2
MARS. 1760 : 225
Meffieurs
Suite de Lille.
Vanzeler de Santes .
les Religieux de Loos , près Lille.
Madame la Princeffe de Rohan , Abbelle
de Marquére.
les Jéfuites de Douay.
l'Abbaye de l'Oos , près Lille, ( Second
Article. )
Mademoiſelle Beviere , de Douay.
Raziere de la Howardrie , à Douay.
de Logny , Directeur des Fermes,
Dante.
l'Abbaye de Saint, à Douay.
le Marquis de Barbançon.
Muiffard.
le Marquis de Croix.
de Caumartin , Intendant.
Taverne de Reneſeure .
Malus , Commiſſaire des Guerres.
m. 0. g.
129 7 4
134 3 2
110 5 S
161 S
55 3
24
le Marquis de Caftejas , Commandant à
Manhove , Magiftrat.
Mariambourg.
Turpin , Préfident à Mortier.
Baffet , Secrétaire d'Intendance.
de S. Pern , Lieutenant général .
les Jéfuites Ecoffois , de Douay.
Mauroy , Directeur des Domaines au
Hameau.
Somming , Lieutenant de Roi à Valenciennes.
l'Evêque de S. Omer.
Ingiliart du Plois.
Stappens de Fléchinel.
J
de Lefpaule , Négociant à Lille.
MM. les Trinitaires de Douay..
**
32 I 3
7513
38 64
40 I 7
27, 7
80 4 2
359 37
14 2 2
79 $ 5
86
2164
14 7 2
26
9067
t
119 7 $
336 D
39.3
37 7
375 3
70 3 3
186 1 6
5563
1867
K.V
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Les Dames Brigitines de Douay.
d'Henin.
André d'Henin.
Les jefuites d'Armentieres.
L'Abbaye de Phalempin.
de la Haye , de Lille.
Les Jéfuites du Collège de Lille .
l'Abbé Chomel , Chanoine d'Arras.
L'Abbaye de S Bertin , à S. Omer.
de la Tuillerie , Commiflaire Ordonnateur
à Dunkerque.
Belzunce , Lieutenant de Roi à Douay.
Madame la veuve Cramé..
de Surmont Flégart.
de Malezieux , Recev. des Domaines ,
Palifot de Beauvais , Receveur des
Domaines.
Rouffel , Tréforier.
de Fouilleufe , Commandant pour le
Roi à Philippeville.
L'Abbaye de Château ,. en Flandres.
Libert de Beaumont.
m. g.
12 2 2
1433
If I 2
7 3 L
17 4 I
3362
215 62
6023
277 22
6456
45 66
IS 74.
44 3
8922
58 6 1 .
23 6.
17 4 I
2667
63 7
ROUE N.
Du 19 Novembre , au 1 Décembre 1759-
Meffieurs
Chateau . Giron , Directeur des
Fermes.
De la Beuyere , Direct. des Dom
Charles Defchamps , Négociant.
m. o. g. d.
6 46. I
317 7 15
45 1 22 ΓΟ
MARS. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Rouen.
Le Marquis Doudelor .
le Préfident du Moucel.
le Préfident Louraille.
Madame l'Abbeffe de S. Louis .
le Febvre , premier Echevin de
Ville.
le Préfident de Bailleul.
Morel , Infpect. des Manufact .
Godinot , Inſpecteur des Indes.
le Préfident de Rouville.
de Chaffaigne , Receveur des
Tailles.
le Président de la Londe.
la Confréirie de S. Clément.
“ Therine , Abbé de S. Victor.
le Président de Motteville.
l'Abbé de Saint Ouin.
m. o. g . d.
81 7 4 12
110 7 12
395 3 12
9 1
546
27 I
119 I
17 I
9 6
171 I
672
7 12
322 I 12
115 7 9
9
14 6 12
6
161 1 4 12
19 12
43
Pigeon , Confeiller au Parlement. 44 4 21
Guerin , de Tourville . 70 I 3
LYON.
Du 26 Novembre au 14 Décembre 1759.
Meffieurs
le Chevalier de Vatenges .
le Commandeur du Saillant .
Poffuel Defverneaux , Préfident.
Guillard , l'aîné Négociant , Suiffe.
de la Vernette de Mâcon .
Mogniat , Docteur de Sorbonne .
1992
m.
0. g.
3
I 2
175 6
152
18 7 21
58 6 18
29
K vj
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lyon.
Meffieurs
m. •. g.
Dervieux , Duvillars. 635
16 4 12
10 S
Defpa gnat , Commandant à Bourg.
Vianet.
Tronchin , de Genève , Négociant . 109 4 9
Du Villars , Comte de Lyon .
le Meau , de Ville - franche.
Picaud de la Motte,
Rollin , de Saint Etienne.
le Maître , Médecin à Saint Etienne.
Thioliere , Chang . à St. Etienne.
de Lurieux , de S. Etienne.
le Curé de la Platriere.
Dugas , de Bois S. Juft.
Bodin , Maire de Mâcon.
l'Abbaye de Béniffons- Dieu.
De la Tour- du Pin .
les Chanoines de S. Chef.
l'Archevêque de Vienne.
l'Abbaye de S. André- le-haut.
les Chanoines de Fourviere..
le Curé de Condrieu .
71 13
59 4 IS
544 12
18 2 18
37
8321
20 I 6
30 I
180 6 21
45 63
25 1 12
3 12
SI 4 18
225 3
24 7 12
62
3 I 3
les Chanoines de S. Pierre de Vienne. 75 2 20
de S. Torrent , Abbé de S. Sulpice ,
Ordre de Cîteaux .
les Chanoines de l'Eglife Cathédrale
de Vienne.
de a Roquette , Secrétaire du Roi.
Terraffon , Négociant.
Valfrai , Imprimeur du Roi.
Jaquette , Curé de Saint Bonet.
222 3 12
33 S IS
128 2 15
88 3 18
45 [ 21
1 2 6
MARS. 1760.
22.0
LA ROCHELLE.
Du au 24 Décembre 1.7.59.
Meffieurs
Valler , de Sallignac de Marennes.
Poujaud de Montjardin , Receveur
des Tailles.
le Maréchal de Senectere , Commandant.
Madame Desherbieres , veuve .
Andrien, Commiffaire de la Marine
à Rochefort .
du Barail , Vice- Amiral de France.
Rochard , A vocat.
Les Bénédictins de S. Michel en
Therm .
de Pont , Tréforier de France .
Bechillon de Vallans .
le Marquis de Brémond.
m. 0.
g.t
142 5
502 I 6
57 7
2316
I 2
67 6
6
109 7 12
33
143 S 12
Petit , Receveur général des Fermes
du Roi. 154 3 12
BORDEA U'X.
Du 13 au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
Latour , Recev. des Tailles d'Agen.
Les Bénédictins de Bordeaux .
La Grauler , Commandant du
Château Trompette.
Les Bénédictins de la Réole.
46
196 7:18
32 1 18
36
230 MERCURE DE FRANCE
Suite de Bordeaux.
Messieurs
Le Duc de la Force.
m. o. g.
3636 6
24 I Les Bénédictins de la Sauve. 6
Meilhan , Syndic du Chapitre de
Saint Michel de la Réole.
Le même.
le Duc de Lorges , Commandant en
75
7 I
Guienne.
Canniere.
124 3 6
10 7 21
TOULOUSE.
Du 12 au 31 Décembre 1759 .
Meffieurs
du Guefclin , Evêque de Cahors.
de Langles , Evêque de S. Papoul .
Nárbonne , Evêque de Laftoure.
MM . les Chapelains de Gazeron.
le Marquis d'Alzan .
de Celés , Confeiller au Parlement .
Grimaldy , Evêque de Rhodés.
Baftard , Profeffeur.
les Dames Feuillentines , de Toulouſe.
l'Abbaye de la Baftide des Feuillans .
le Comte de Marlartie .
Catalan , Evêque de Rieux.
m. o. g.
253 I2
290 4 12
219 3
123 2 12
726
73
54
28
ΙΣ
16 6 18
47 6
168 6
88
124 2
II 4 ΙΣ
Boucaud , Evêque d'Alet.
Madame Doujat.
de Fontange , Evêque de Lavaur .
d'Aignant , Préfident au Préfidial à
Auch.
le Comte de Lupé du Garonné.
Madame de Bonnal de la Granliere .
L'Eglife de la Baſtide du Seron.
64 3 ri
27 3
652
81.
77
MARS. 1760. 13 སྨྲ
MONTPELLIER.
Du 30 Novembre au 31 Décembre 1759.
Mefsieurs
le Chevalier de Botteville , Commandant
à Alais .
l'Evêque d'Alais.
l'Archevêque de Narbonne.
le Maréchal de Thomond.
l'Archevêque de Toulouſe.
le Comte de Rhote , Lieut. général.
le Marquis de S. Felix .
d'Alfanty , d'Alais.
l'Evêque d'Uzès.
le Chevalier d'Alais .
l'Evêque de Carcaffonne.
l'Archidiacre de Narbonne.
m. o. go
45 7 18
22 7
415 6
66 3 12
ISS 5 12
203 4 12
118 6 12
356
125 I
33 3 6₁
228 I
74 6 12
60 3 12
ر
Delpech , Ecuyer.
l'Evêque de Beziers.
l'Evêque de Lodève.
l'Evêque de Mende.
204 12
985
le Marquis de Calviere , Lieut, gén . 78 4
de Montaulieu S , Hypolyte.
275 S
283
DIJON.
Du 4 Décembre 1759 , au 7 Janvier 1760%
Meffieurs
de Gramond , Préfident à la Chambre
des Comptes.
de Buffon.
de la Martine.
m. o. g
47.4 . 12
61 4
19 5 124
** MERCURE DE FRANCE.
Suite de Dijon
Messieurs
Poulletier , Receveur Général des Domaines.
de Vergennes , Préfident à la Chambre
des Comptes.
Madame la Comtelle des Barres .
Le Prieuré de Maiziere , Ordre de
Citeaux.
de Vellemont , Confeiller au Parlem.
de Varrene , Secrétaire des Etats de
m. o. g.
40 6 12
40 7
14 I
185 2
47 1 6
122 6
Bourgogne .
de la Valette , Capitaine de Vaiffeaux. 280
Madame Rigoley. 411 7 18
de Montigny , Directeur des Fermes, 200 4 6 de Bouhier de Chevigny
.
de Montdragon , Maître- d'hôtel du
Roi
Gaudelet , Ecuyer.
de Breffey , Seigneur du Baffin
Vaillant.
Cureau , Prêtre à Chaillon.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Dijon.
le Marquis de Longecour , Capitaine
148
339 3 18
15 18
60
8 2 18
127
161 2 18
1296
3:23 4
55 12
Ruffey , Préfident . 170 I 6
4. 3
le Chevalier Bouhier , Brigadier des
Armées du Roi. 249 5
896 6
le Marqns d'Inceny , de Châlons, 158
Les jacobins de Dijon. 73-418
Lamy de Sameray , ancien Confeiller
de Cavalerie.
au Parlement .
Madame la Préfidente Richard.
Perrault , Maire de Châlons.
Madame l'Abbeffe de S Julien.
MARS. 1760, 233
Meffieurs
Suite de Dijon.
m.
Madame la Préfidente de Verfalieux . 79, 2
l'Abbé Ballin.
Les Dames Religienfes du Réfuge de
Dijon.
Madame la Préfidente de Périgny.
Madame de Migieux.
de Buffon . Second Article. )
Madame de la Foreſt,
63824
61 1 12
127 5 12
235 1 6
39 S 12
2303
PERPIGNAN.
Du 6 au 11 Décembre 1759.
Meffieurs
le Grand - Prieur de Cahors.
de Redon , Lieutenant de Roi.
le Commandant de Cahors,
Le même.
Hugues.
m. o. g.
93 12
102 I
86 3
65
12
21 7
Meffieurs
ORLEANS.
Du 2 au 11 Janvier 1760.
L'Eglife de S. Vincent d'Orléans.
L'Eglife Royale de S. Aignant.
Les anciens Carmes.
Les Carmes déchauffés.
Le Seminaire d'Orléans.
m. o.
15 S
132 5
34 6 12
35
z 2 X2
234 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Orléans:
Les Chartreux d'Orléans .
Les Minimes d'Orléans .
Les Jéfuites du Collège d'Orléans.
Les Jéfuites de la Congrégation.
Les Religieux d'Ambert.
de S. Michel , premier Préſident de
la Chambre des Comptes de Blois.
Les Religieux de l'Abbaye de l'Aumône
, dite le petit Cîteaux , dans
le Comté de Dunois .
"
Les Freres Prêcheurs d'Orléans .
Poulin , Prieur de Vouron.
MM. du Chapitre de l'Eglife de Notre-
Dame de Clery , Diocèſe d'Orléans.
m . o. g.
45 4
19 2
130
SI S
26 2 18
79 2 12
22 3
34 2
3 I
24 2 露
LIMOGES.
Du 17 Janvier au 3 Février 1760 .
" Meffieurs
Les Bénédictins de Limoges.
Limoges.
Madame l'Abbeffe des Allois , de
Alexandre Galard de Béarn.
L'Abbaye de Solignac.
L'Evêque de Perpignan .
m. o. g.
38
16
14 7
33 2
226 4 I
MARS. 1760. 235
BOURGES.
Du 22 Janvier au 11 Février 1760 .
Meffieurs
L'Eglife de Bourges.
Les Bénédictins de Bourges .
L'Abbaye de Saint Laurent .
MM. les Chanoines Réguliers de
Bourges.
Les Auguftins de Bourges.
m. o. g.
୨୨ 7
27.6
24 4
46
12 I
235
Les Bernardines de Bourges. 35 I
+44
La Paroiffe de Saint Pierre ,
le
Les Peres Jéfuites.
marché de Bourges.
La Congrégation deſdits Jéfuites .
d'Orfanne de Tizay , d'Iffoudun .
38 2 2
40 I
18 3 2
19 5 6
Meffieurs
AMIENS.
Du Février , au 13 dudit.
L'Abbaye de Cercamps .
le Vaffeur .
le Marquis de Clermont-Tonnerre.
m . o.
g.
34 7 S
10 I I
13857
23.6. MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
TOURS.
Du 2 au 28 Janvier 1760.
Les Religieux de l'Abbaye de Bourgueil.
MM. du Chapitre de S, Martin.
Les Dames Religieuf.de la Virginité,
Ordre de Citeaux.
L'Eglife de S. Gation, de Tours.
Les Jéfaites du Collège, de Tours.
Les Religieux Feuillans .
Les Peres Minimes du grand
Couvent lès- Tours.
m. 0. g.
31 7 16 12
991 19 12
14 3 22 12
6
9
34 2
so
11 3 19 12
18 6 9
CAEN.
Du 11 ay 31 Décembre 1.7 5.9º
Meffieurs m.
Les Jéfuites. 28 S
Les Dames de la Charité . 9 64%
Dufrêne. 43 3 S
Madame de la Narvanderie. 17 47
Boquet. 10 5 4
de la Virganerie.
Madame & Mlle de Sévaut.
Madame de Baron.
17 4 1
103 I f
7942
Madame de Claffy. 24 រ
d'Hermanville.
de Freſnel. 8967
MARS. 1760. 237
Suite de Caën.
Meffieurs
de Louvigny.
L'Abbaye de Beaumont.
L'Abbaye de S. Vigor.
Le Curé de Talvaude.
Madame de Carbonel.
L'Abbaye de Cérify.
Madame de Saint Louver.
Madame de Lagny.
M. 0. g.
55 24
17 6 1
19 6 4
20 2 I
2253
1422
IIS
46.4 5
31 53
13 47
de Caligny.
de Molandé.
d'Aurcher.
29 25
Madame de Branay. 154 6.4
l'Evêque de Lifieux. 201 I S
de Belleville.
de Miéville.
Marie , Avocat.
123 26
12 2 5
9.3.5
Les Confreres de Condé. ΤΟ 2
L'Abbaye de Barbery.
66 15
Madame le Vaillant.
de Baudis .
32 27
35 3 4
Madame de Buron.
d'Hourville.
le Marquis d'Harcourt.
de Therre.
de Caligny.
Piedoux.
Routier.
de Biodoffe.
Madame de Caftilly .
21 2
129 6 7
170 I 4
79 47
3525
134 7.3
45
16
27 66
203 7 I
238 MERCURE DE FRANCE.
RIOM.
Du 10 Décembre 1759 , au 5 Janvier 1760 .
Meffieurs
m. o. g.
Dufraiffe Duché , Procureur du Roi. 87 7 4
le Comte de Jampigny.
de la Vilatel.
Du tour Carré .
le Marquis de Chabanne .
1307
57 4
255
54 7
Disbray , Receveur des Tailles.
le Comte de la Richardie .
de Laval de la Crême , Subdélégué
. à Riom.
Les Bénédictins de la Chaife- Dieu.
Les Bénédictins de Saint Allir de
Clermont.
L'Evêque de S. Flour,
SS I
7936
746
193 16
30 52
191
PASU.
Du 12 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
le Comte de Grammont. 328 1 15
de Lille , Commiff. des Guerres. 95 5 15
de Courreges Agnos , Confeiller
au Parlement .
le Baron d'Arboucave .
de Belegarde , Lieuten. de Roi.
108 7 15
34 6 18
87 3
MARS. 1760. 239
Meffieurs
Suite de Pau .
Lavant , Receveur des Décimes
à Tarbes.
Les Bénédictins de S. Severcap .
de Logras , Confeiller au Parlement
de Navarre.
m. o. g. d.
13 I
822
4 12
49.3 6
POITIERS.
Du 31 Décembre 1759 , au 17 Janvier 1760 .
Meffieurs
de Choupper , Major du Régiment
de Beauvilliers .
Fouen , Receveur des Tailles.
L'Abbaye de Ste , Croix de Poitiers .
L'Abbaye de l'Etoille , Ordre de
Cîteaux .
m . o. g.
156 5 12
26 I 12
36 6 12
42 If
52 3 12
26 4 18
>
L'Abbaye du Pin , Ordre de Cîteaux .
Palteau , Tréforier de France.
L'Abbaye Royale de Bonnevaux
Ordre de Cîteaux .
L'Abbaye de Saint Jouin , Ordre
de Saint Benoît.
II I
38 7 12
་ ,
I
240 MERCURE DE FRANCE.
BESANÇON.
Du 22 Décembre 1759 , au 8 Janvier 1760 .
Meffieurs
Sarrette.
L'Abbaye de Luzelle.
Colombe.
de Génevreuille.
Mirondot.
de la Rouffelliere.
de Villier.
de Franchevelle.
L'Abbaye de Chalieux.
le Comte de Molans.
´m. o. f.
576
25 5
3612
15378
14 7 If
12 I
d2f-12
18 3 12
-86
12 1
aux Monnoies des Villes de Province.
RHEIM S.
Du 3 Décembre 1759 , au 31 dudit.
Meffieurs
Henri Duwalk , Comte de Dampierre.
L'Evêque de Sidon.
le Marquis de Longueval.
le Baron de Viffec de la Cude.
Duchêne de Ruville, Commiffaire
Provincial à Sedan.
Dubois de Livry , ancien Capitaine
au Régiment Dauphin , Caval.
Charonnier d'Hauterive , Lieuten.
pour le Roi à Rocroy.
Leleu , Receveur des Tailles à
Rheims.
Didelot , Direct. des Aides à Châlons.
l'Abbaye d'Igny , Ordre de Câteaux .
Croifat , Baron de Thiers.
l'Abbaye de S. Remi , de Rheinis .
l'Abbaye de S. Nicaife , de Rheims.
l'Abbaye de Valfecret , Ordre de
Prémontré.
l'Abbaye de Valchrétien , ' Ordre
dé Prémontré.
les R. P. Cordeliers de Rheims.
l'Abbaye de S. Pierre d'Hautvilliers.
Dorigny, Ecuyer , Seigneur d'Agny.
m. g.
33 7 12
IQ
3 6
133 6
53 2
18
60 S
$67 6
228
17
365 18
97 5
71
S
50 3
86
3-12
52
18
23 4
73 2 12
SI 4
218 MERCURE DE FRANCE
M.fieurs
Suite de Rheims .
m .
0. ğ
124 IS
82 3
21 2 6
De Cambray , Secrét. du Roi.
l'Abbaye des Trois- Fontaines.
d'Haudrecy , Brigadier des armées
du Roi.
La Compagnie de Meffieurs les
Chevaliers de l'Arquebule.
l'Abbaye de Saint Thierry.
l'Abbaye des Dames d'Argenfol .
Domilier , Directeur général des
Fermes à Soiffons .
l'Abbaye des Dames de l'Amour-
Dieu , Ordre de Cîteaux .
Maldan de Courchamps , Aide-
Major de la Ville de Sédan.
IS 618
17
20 2
40 6
36 33
II 7 12
NANTES.
Du 10 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Jofeph Poigneau du Pélevin . 4 14 14
Galbault Dufort , Maître des
Comptes.
245
18 Madame la Veuve Duguenot
Dubreil,
Demonti , ancien Garde du Roi.
Millain , Commiflaire général .
De Brice de Monpleflis- Defcartes,
Defpinofe , Seigneur de Frofay.
De la Rablais , Maître des Comtes.
Stabletonne , Comte de Trêves.
216 21
6 21
3
162 5
II 6
12
9
8559
197 4 12
114ƒ 9
MARS. 1760. 219
GRENOBLE.
Du 17 Décembre 1760. au 3 Janvier
Meffieurs
Du Perreau , Major de Valence.
Le Marq.de Montegnard , Lieutenant
général.
L'Evêque de Dye.
Defguers , Commiffaire or lonnateur
des Guerres en Dauphiné
De Roftaing , Seigneur de Fiancé.
L'Archevêque d'Ambrun .
D'Herculais.
De Fufferet , Confeiller au Parlement.
Le Chapitre de la Cathédrale de Gap .
m. o. g.
55.7
66 7
117 6
23 4 2E
176 2I
149 3
233 18
20.6 12
23 12
A IX.
Du 3 au 27 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Archevêque d'Arles .
Le Duc de Villars. ( Second Article . )
Daynt.
Rollin , Marquis de Villeneuve .
m. o. g.
262 2
6
ts
43
164 7
"
153 2 12.
13 7
II 15
Mad. la Marquife de Valbelle.
Dezande-Maziere , Recev. à Siſteron .
Taurel , Gén . Provinc. des Monnoies.
Nicolas Borrelly , Ecuyer,de Marſeille. 186 6 1s
De Creiffel , ancien Lieutenant Colonel
de Cavalerie. 21 4
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite "d'Aix .
m. o. g. de
122
le Chap . de l'Eglife Métropolitaine
d'Aix .
Caftillon , Avocat gén . au Parlem.
l'Evêque de Fréjus .
Saurin de Muras , Confeiller àla
Chambre des Comptes.
Dalbertas , Premier Préſident de
la Cour des Comptes.
Fourbin , Baron d'Aupede.
le Baron de Forbs, Commandant
du Fort S. Jean à Marſeille.
Demie , Major du même Fort.
Mazenor , Préfident à la Cour des
Comptes.
Joannis , Procureur général à la
Cour des Comptes.
Jullien , Avocat au Parlement .
Daugery, Confeiller , Procureur
du Roi à Draguignan.
Michaëlis Dufeuil , Confeiller à la
Cour des Comptes.
de la Roquette , Préfident à ta
Cour des Comptes .
Philippe , Tréforier du Pays .
d'Ecrofe , Ecuyer de la ville du
Pertuis.
d'Albert , Préfident à la Cour des
Comptes.
Boiffon Lafalle , Confeiller à la
Cour des Comptes.
Rouffet , Marquis de Sillons.
Aillaud , Chevalier , Seigneur du
Caftellet.
13 2 18
13694
134
281 4 3
32 79
7512
113 I 21
33 4 28
9 I 3
15 3 18
35 615
91 3
100 I
29
455 3
26 1 13 12
SI I
1062 18
MARS. 1760.
221
RENNES,
Du 11 au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
Le Comte de S. Pern - Ligouyer,
Seot , Lieut. de Roi de S. Mało .
Pariette , Receveur général des
devoirs.
ledit fieur.
le Comte Dubois de Lamotte.
Geflin de Trémargat , Préfident
au Parlement.
l'Evêque de S. Malo.
le Comte de Mufillac.
l'Abbaye royale de St Mélaine.
Duplefix d'Argentré , ancien
Major du Rég. de Brancas.
L'Abbaye royale de Redon.
La Communauté des Religieufes
du Colombier , de Rennes.
m . 0. g: d.
109 I
2.3
100 2 13 12
19 6 22 12
43 5 3
27 7
41 S 14
ส
49 4 ΙΣ
697. IS
34621
3.8 3 12
4 7 10 12
MĘT Z.
Du 21 Novembre au 13 Décembre 1759-
Meffieurs
De Carriere , ancien Capitaine des
Grenadiers de France , & Pre
mier Préfident du Bureau des
Finances ,
De Charel , ancien Tréforier.
m. o. g. d.
1 2
171 4 I
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Metz.
Meffieurs
D'Aligre, Chanoine de la Collégiale
de S. Sauveur.
l'Evêque de Verdun .
les Chanoines féculiers de S. Louis ,
à Metz.
l'Abbé de Mareille , grand Doyen
de la Cathédrale .
le Comte de Fouquet , Maréchal
de camp.
l'Evêque de Toul .
l'Abbé Donnery, grand Doyen de
la Cathédrale de Toul.
de Vallory, Lieutenant pour le Roi ,
& Ingénieur en chef à Toul.
Le Marquis de Choiseul , Commandant
en Lorraine.
Le Comte de Guftine des Aufftans.
L'Abbé de la Richardie , Abbé de
S. Clément .
Sa Majefté le Roi de Pologne.
Le Chancelier de Lorraine.
De la Galaifiere , fils , Intendant
de Lorraine .
m. 0. g. d.
95536
483 5
12 3 7 36
108 4
174 6 6
193 34
165 6
19 1 2
173 34
812 336
7974
1875 36 IF
t 542 I
Aliot , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi de Pologne .
Thomas , grand Doyen de la
Cathédrale.
De Verdun , Fermier général de
Tournée .
Deriffon , Lieuten. de Roi à Verdun.
De Verdun .
Le Baron de Béry , Brigadier des
Armées du Roi.
12967
157 37
17 1 6
90 2
2561
18 67
2376
Mad. la Compeffe de Choiſeul- Meuze. 118 7
MARS. 1760. 2237
STRASBOURG.
Du 22 Novembre , au 30 Décembre 1959.
Meffieurs
Grau , Directeur des Fermes , & Mad.
fa mere.
Etienne , Curé de la Paroiffe Royale de
S. Louis.
Barbier , Receveur des Finances .
Praz, Directeur des Fourrages.
De Trelans , Lieutenant de Roi à Straf
bourg.
De S. André , Lieutenant général , &
Commandant de la Province .
D'Hauteval , Major de la Place.
Baron , Commiffaire ordonnateur.
L'Evêque de Strasbourg.
m. o. g.
584 14
17 4 *
64 3 6
32 2 6
339 6 13
430 3
326 6
99421
731 1 }
2
9 49 3
Aubert , Major de la Place à Strasbourg. 12 7
Denac , Lieut. de Roi au neuf Brilac .
De Klinglin , premier Préfident à
Colmar.
Immendorff, Chancelier de la Collégiale
de Neuviller.
De Mougé , Receveur général des
Finances.
D'Authel , Seigneur de Namsheim.
Rouffeau , Directeur général des Salines
à Dieuſe.
147 4 18
60 3
14 S 1
30 5
6
14 7
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
LILLE .
De Burghelle Cotereau.
Lancy de la Rayere , Secrétaire du Roi.
Farez d'Ogmont , Tréforier des Etatsde
Lille
Imbert de la Plaleque.
Rinquier , Confeiller:
Raffin de Bodigny , Confeiller au Parlement
de Flandre.
De Madre Confeiller.
Bernard , Major de Condé.
Le Mefre du Quénel.
Poulle Davan , Mayeur.
De Wallerave.
De Verghelle.
44 6 7
142 3 6
117 17
1662
2842
47 3
1766
45 7
19 4 S
13 24
Rouffeau , Greffier Criminel.
Madame la Préfi lente de Briffeuille.
Le Baron de Briffeuille.
Pajor , Commiflaire des Guerres.
De Gouve , Subdélégué à Arras .
d'Haffrenques , Subdélégué à Lille.
Begon , Intendant de la Marine
Dunkerque.
de Caumartin , Intendant.
les Religieux de Marchiennes.
le Mefre Crateghem , Bourgeois de
Lille .
le Marquis de Cernay S. Gal
Madame la Marquife les Danois ,
Valenciennes.
Madame la Comteffe de Cernay ,
Valenciennes.
12 1 4
III 2
1964
176 6
60 2
70 6 4
71 2 I
244 I
à
222 7
335 4 S
15922
20 43
22532
à
263 46
à
62 27
Laurent , Commiffaire des Guerres. 246 2 2
MARS. 1760 : 225
Meffieurs
Suite de Lille.
Vanzeler de Santes .
les Religieux de Loos , près Lille.
Madame la Princeffe de Rohan , Abbelle
de Marquére.
les Jéfuites de Douay.
l'Abbaye de l'Oos , près Lille, ( Second
Article. )
Mademoiſelle Beviere , de Douay.
Raziere de la Howardrie , à Douay.
de Logny , Directeur des Fermes,
Dante.
l'Abbaye de Saint, à Douay.
le Marquis de Barbançon.
Muiffard.
le Marquis de Croix.
de Caumartin , Intendant.
Taverne de Reneſeure .
Malus , Commiſſaire des Guerres.
m. 0. g.
129 7 4
134 3 2
110 5 S
161 S
55 3
24
le Marquis de Caftejas , Commandant à
Manhove , Magiftrat.
Mariambourg.
Turpin , Préfident à Mortier.
Baffet , Secrétaire d'Intendance.
de S. Pern , Lieutenant général .
les Jéfuites Ecoffois , de Douay.
Mauroy , Directeur des Domaines au
Hameau.
Somming , Lieutenant de Roi à Valenciennes.
l'Evêque de S. Omer.
Ingiliart du Plois.
Stappens de Fléchinel.
J
de Lefpaule , Négociant à Lille.
MM. les Trinitaires de Douay..
**
32 I 3
7513
38 64
40 I 7
27, 7
80 4 2
359 37
14 2 2
79 $ 5
86
2164
14 7 2
26
9067
t
119 7 $
336 D
39.3
37 7
375 3
70 3 3
186 1 6
5563
1867
K.V
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Les Dames Brigitines de Douay.
d'Henin.
André d'Henin.
Les jefuites d'Armentieres.
L'Abbaye de Phalempin.
de la Haye , de Lille.
Les Jéfuites du Collège de Lille .
l'Abbé Chomel , Chanoine d'Arras.
L'Abbaye de S Bertin , à S. Omer.
de la Tuillerie , Commiflaire Ordonnateur
à Dunkerque.
Belzunce , Lieutenant de Roi à Douay.
Madame la veuve Cramé..
de Surmont Flégart.
de Malezieux , Recev. des Domaines ,
Palifot de Beauvais , Receveur des
Domaines.
Rouffel , Tréforier.
de Fouilleufe , Commandant pour le
Roi à Philippeville.
L'Abbaye de Château ,. en Flandres.
Libert de Beaumont.
m. g.
12 2 2
1433
If I 2
7 3 L
17 4 I
3362
215 62
6023
277 22
6456
45 66
IS 74.
44 3
8922
58 6 1 .
23 6.
17 4 I
2667
63 7
ROUE N.
Du 19 Novembre , au 1 Décembre 1759-
Meffieurs
Chateau . Giron , Directeur des
Fermes.
De la Beuyere , Direct. des Dom
Charles Defchamps , Négociant.
m. o. g. d.
6 46. I
317 7 15
45 1 22 ΓΟ
MARS. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Rouen.
Le Marquis Doudelor .
le Préfident du Moucel.
le Préfident Louraille.
Madame l'Abbeffe de S. Louis .
le Febvre , premier Echevin de
Ville.
le Préfident de Bailleul.
Morel , Infpect. des Manufact .
Godinot , Inſpecteur des Indes.
le Préfident de Rouville.
de Chaffaigne , Receveur des
Tailles.
le Président de la Londe.
la Confréirie de S. Clément.
“ Therine , Abbé de S. Victor.
le Président de Motteville.
l'Abbé de Saint Ouin.
m. o. g . d.
81 7 4 12
110 7 12
395 3 12
9 1
546
27 I
119 I
17 I
9 6
171 I
672
7 12
322 I 12
115 7 9
9
14 6 12
6
161 1 4 12
19 12
43
Pigeon , Confeiller au Parlement. 44 4 21
Guerin , de Tourville . 70 I 3
LYON.
Du 26 Novembre au 14 Décembre 1759.
Meffieurs
le Chevalier de Vatenges .
le Commandeur du Saillant .
Poffuel Defverneaux , Préfident.
Guillard , l'aîné Négociant , Suiffe.
de la Vernette de Mâcon .
Mogniat , Docteur de Sorbonne .
1992
m.
0. g.
3
I 2
175 6
152
18 7 21
58 6 18
29
K vj
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lyon.
Meffieurs
m. •. g.
Dervieux , Duvillars. 635
16 4 12
10 S
Defpa gnat , Commandant à Bourg.
Vianet.
Tronchin , de Genève , Négociant . 109 4 9
Du Villars , Comte de Lyon .
le Meau , de Ville - franche.
Picaud de la Motte,
Rollin , de Saint Etienne.
le Maître , Médecin à Saint Etienne.
Thioliere , Chang . à St. Etienne.
de Lurieux , de S. Etienne.
le Curé de la Platriere.
Dugas , de Bois S. Juft.
Bodin , Maire de Mâcon.
l'Abbaye de Béniffons- Dieu.
De la Tour- du Pin .
les Chanoines de S. Chef.
l'Archevêque de Vienne.
l'Abbaye de S. André- le-haut.
les Chanoines de Fourviere..
le Curé de Condrieu .
71 13
59 4 IS
544 12
18 2 18
37
8321
20 I 6
30 I
180 6 21
45 63
25 1 12
3 12
SI 4 18
225 3
24 7 12
62
3 I 3
les Chanoines de S. Pierre de Vienne. 75 2 20
de S. Torrent , Abbé de S. Sulpice ,
Ordre de Cîteaux .
les Chanoines de l'Eglife Cathédrale
de Vienne.
de a Roquette , Secrétaire du Roi.
Terraffon , Négociant.
Valfrai , Imprimeur du Roi.
Jaquette , Curé de Saint Bonet.
222 3 12
33 S IS
128 2 15
88 3 18
45 [ 21
1 2 6
MARS. 1760.
22.0
LA ROCHELLE.
Du au 24 Décembre 1.7.59.
Meffieurs
Valler , de Sallignac de Marennes.
Poujaud de Montjardin , Receveur
des Tailles.
le Maréchal de Senectere , Commandant.
Madame Desherbieres , veuve .
Andrien, Commiffaire de la Marine
à Rochefort .
du Barail , Vice- Amiral de France.
Rochard , A vocat.
Les Bénédictins de S. Michel en
Therm .
de Pont , Tréforier de France .
Bechillon de Vallans .
le Marquis de Brémond.
m. 0.
g.t
142 5
502 I 6
57 7
2316
I 2
67 6
6
109 7 12
33
143 S 12
Petit , Receveur général des Fermes
du Roi. 154 3 12
BORDEA U'X.
Du 13 au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
Latour , Recev. des Tailles d'Agen.
Les Bénédictins de Bordeaux .
La Grauler , Commandant du
Château Trompette.
Les Bénédictins de la Réole.
46
196 7:18
32 1 18
36
230 MERCURE DE FRANCE
Suite de Bordeaux.
Messieurs
Le Duc de la Force.
m. o. g.
3636 6
24 I Les Bénédictins de la Sauve. 6
Meilhan , Syndic du Chapitre de
Saint Michel de la Réole.
Le même.
le Duc de Lorges , Commandant en
75
7 I
Guienne.
Canniere.
124 3 6
10 7 21
TOULOUSE.
Du 12 au 31 Décembre 1759 .
Meffieurs
du Guefclin , Evêque de Cahors.
de Langles , Evêque de S. Papoul .
Nárbonne , Evêque de Laftoure.
MM . les Chapelains de Gazeron.
le Marquis d'Alzan .
de Celés , Confeiller au Parlement .
Grimaldy , Evêque de Rhodés.
Baftard , Profeffeur.
les Dames Feuillentines , de Toulouſe.
l'Abbaye de la Baftide des Feuillans .
le Comte de Marlartie .
Catalan , Evêque de Rieux.
m. o. g.
253 I2
290 4 12
219 3
123 2 12
726
73
54
28
ΙΣ
16 6 18
47 6
168 6
88
124 2
II 4 ΙΣ
Boucaud , Evêque d'Alet.
Madame Doujat.
de Fontange , Evêque de Lavaur .
d'Aignant , Préfident au Préfidial à
Auch.
le Comte de Lupé du Garonné.
Madame de Bonnal de la Granliere .
L'Eglife de la Baſtide du Seron.
64 3 ri
27 3
652
81.
77
MARS. 1760. 13 སྨྲ
MONTPELLIER.
Du 30 Novembre au 31 Décembre 1759.
Mefsieurs
le Chevalier de Botteville , Commandant
à Alais .
l'Evêque d'Alais.
l'Archevêque de Narbonne.
le Maréchal de Thomond.
l'Archevêque de Toulouſe.
le Comte de Rhote , Lieut. général.
le Marquis de S. Felix .
d'Alfanty , d'Alais.
l'Evêque d'Uzès.
le Chevalier d'Alais .
l'Evêque de Carcaffonne.
l'Archidiacre de Narbonne.
m. o. go
45 7 18
22 7
415 6
66 3 12
ISS 5 12
203 4 12
118 6 12
356
125 I
33 3 6₁
228 I
74 6 12
60 3 12
ر
Delpech , Ecuyer.
l'Evêque de Beziers.
l'Evêque de Lodève.
l'Evêque de Mende.
204 12
985
le Marquis de Calviere , Lieut, gén . 78 4
de Montaulieu S , Hypolyte.
275 S
283
DIJON.
Du 4 Décembre 1759 , au 7 Janvier 1760%
Meffieurs
de Gramond , Préfident à la Chambre
des Comptes.
de Buffon.
de la Martine.
m. o. g
47.4 . 12
61 4
19 5 124
** MERCURE DE FRANCE.
Suite de Dijon
Messieurs
Poulletier , Receveur Général des Domaines.
de Vergennes , Préfident à la Chambre
des Comptes.
Madame la Comtelle des Barres .
Le Prieuré de Maiziere , Ordre de
Citeaux.
de Vellemont , Confeiller au Parlem.
de Varrene , Secrétaire des Etats de
m. o. g.
40 6 12
40 7
14 I
185 2
47 1 6
122 6
Bourgogne .
de la Valette , Capitaine de Vaiffeaux. 280
Madame Rigoley. 411 7 18
de Montigny , Directeur des Fermes, 200 4 6 de Bouhier de Chevigny
.
de Montdragon , Maître- d'hôtel du
Roi
Gaudelet , Ecuyer.
de Breffey , Seigneur du Baffin
Vaillant.
Cureau , Prêtre à Chaillon.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Dijon.
le Marquis de Longecour , Capitaine
148
339 3 18
15 18
60
8 2 18
127
161 2 18
1296
3:23 4
55 12
Ruffey , Préfident . 170 I 6
4. 3
le Chevalier Bouhier , Brigadier des
Armées du Roi. 249 5
896 6
le Marqns d'Inceny , de Châlons, 158
Les jacobins de Dijon. 73-418
Lamy de Sameray , ancien Confeiller
de Cavalerie.
au Parlement .
Madame la Préfidente Richard.
Perrault , Maire de Châlons.
Madame l'Abbeffe de S Julien.
MARS. 1760, 233
Meffieurs
Suite de Dijon.
m.
Madame la Préfidente de Verfalieux . 79, 2
l'Abbé Ballin.
Les Dames Religienfes du Réfuge de
Dijon.
Madame la Préfidente de Périgny.
Madame de Migieux.
de Buffon . Second Article. )
Madame de la Foreſt,
63824
61 1 12
127 5 12
235 1 6
39 S 12
2303
PERPIGNAN.
Du 6 au 11 Décembre 1759.
Meffieurs
le Grand - Prieur de Cahors.
de Redon , Lieutenant de Roi.
le Commandant de Cahors,
Le même.
Hugues.
m. o. g.
93 12
102 I
86 3
65
12
21 7
Meffieurs
ORLEANS.
Du 2 au 11 Janvier 1760.
L'Eglife de S. Vincent d'Orléans.
L'Eglife Royale de S. Aignant.
Les anciens Carmes.
Les Carmes déchauffés.
Le Seminaire d'Orléans.
m. o.
15 S
132 5
34 6 12
35
z 2 X2
234 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Orléans:
Les Chartreux d'Orléans .
Les Minimes d'Orléans .
Les Jéfuites du Collège d'Orléans.
Les Jéfuites de la Congrégation.
Les Religieux d'Ambert.
de S. Michel , premier Préſident de
la Chambre des Comptes de Blois.
Les Religieux de l'Abbaye de l'Aumône
, dite le petit Cîteaux , dans
le Comté de Dunois .
"
Les Freres Prêcheurs d'Orléans .
Poulin , Prieur de Vouron.
MM. du Chapitre de l'Eglife de Notre-
Dame de Clery , Diocèſe d'Orléans.
m . o. g.
45 4
19 2
130
SI S
26 2 18
79 2 12
22 3
34 2
3 I
24 2 露
LIMOGES.
Du 17 Janvier au 3 Février 1760 .
" Meffieurs
Les Bénédictins de Limoges.
Limoges.
Madame l'Abbeffe des Allois , de
Alexandre Galard de Béarn.
L'Abbaye de Solignac.
L'Evêque de Perpignan .
m. o. g.
38
16
14 7
33 2
226 4 I
MARS. 1760. 235
BOURGES.
Du 22 Janvier au 11 Février 1760 .
Meffieurs
L'Eglife de Bourges.
Les Bénédictins de Bourges .
L'Abbaye de Saint Laurent .
MM. les Chanoines Réguliers de
Bourges.
Les Auguftins de Bourges.
m. o. g.
୨୨ 7
27.6
24 4
46
12 I
235
Les Bernardines de Bourges. 35 I
+44
La Paroiffe de Saint Pierre ,
le
Les Peres Jéfuites.
marché de Bourges.
La Congrégation deſdits Jéfuites .
d'Orfanne de Tizay , d'Iffoudun .
38 2 2
40 I
18 3 2
19 5 6
Meffieurs
AMIENS.
Du Février , au 13 dudit.
L'Abbaye de Cercamps .
le Vaffeur .
le Marquis de Clermont-Tonnerre.
m . o.
g.
34 7 S
10 I I
13857
23.6. MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
TOURS.
Du 2 au 28 Janvier 1760.
Les Religieux de l'Abbaye de Bourgueil.
MM. du Chapitre de S, Martin.
Les Dames Religieuf.de la Virginité,
Ordre de Citeaux.
L'Eglife de S. Gation, de Tours.
Les Jéfaites du Collège, de Tours.
Les Religieux Feuillans .
Les Peres Minimes du grand
Couvent lès- Tours.
m. 0. g.
31 7 16 12
991 19 12
14 3 22 12
6
9
34 2
so
11 3 19 12
18 6 9
CAEN.
Du 11 ay 31 Décembre 1.7 5.9º
Meffieurs m.
Les Jéfuites. 28 S
Les Dames de la Charité . 9 64%
Dufrêne. 43 3 S
Madame de la Narvanderie. 17 47
Boquet. 10 5 4
de la Virganerie.
Madame & Mlle de Sévaut.
Madame de Baron.
17 4 1
103 I f
7942
Madame de Claffy. 24 រ
d'Hermanville.
de Freſnel. 8967
MARS. 1760. 237
Suite de Caën.
Meffieurs
de Louvigny.
L'Abbaye de Beaumont.
L'Abbaye de S. Vigor.
Le Curé de Talvaude.
Madame de Carbonel.
L'Abbaye de Cérify.
Madame de Saint Louver.
Madame de Lagny.
M. 0. g.
55 24
17 6 1
19 6 4
20 2 I
2253
1422
IIS
46.4 5
31 53
13 47
de Caligny.
de Molandé.
d'Aurcher.
29 25
Madame de Branay. 154 6.4
l'Evêque de Lifieux. 201 I S
de Belleville.
de Miéville.
Marie , Avocat.
123 26
12 2 5
9.3.5
Les Confreres de Condé. ΤΟ 2
L'Abbaye de Barbery.
66 15
Madame le Vaillant.
de Baudis .
32 27
35 3 4
Madame de Buron.
d'Hourville.
le Marquis d'Harcourt.
de Therre.
de Caligny.
Piedoux.
Routier.
de Biodoffe.
Madame de Caftilly .
21 2
129 6 7
170 I 4
79 47
3525
134 7.3
45
16
27 66
203 7 I
238 MERCURE DE FRANCE.
RIOM.
Du 10 Décembre 1759 , au 5 Janvier 1760 .
Meffieurs
m. o. g.
Dufraiffe Duché , Procureur du Roi. 87 7 4
le Comte de Jampigny.
de la Vilatel.
Du tour Carré .
le Marquis de Chabanne .
1307
57 4
255
54 7
Disbray , Receveur des Tailles.
le Comte de la Richardie .
de Laval de la Crême , Subdélégué
. à Riom.
Les Bénédictins de la Chaife- Dieu.
Les Bénédictins de Saint Allir de
Clermont.
L'Evêque de S. Flour,
SS I
7936
746
193 16
30 52
191
PASU.
Du 12 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
le Comte de Grammont. 328 1 15
de Lille , Commiff. des Guerres. 95 5 15
de Courreges Agnos , Confeiller
au Parlement .
le Baron d'Arboucave .
de Belegarde , Lieuten. de Roi.
108 7 15
34 6 18
87 3
MARS. 1760. 239
Meffieurs
Suite de Pau .
Lavant , Receveur des Décimes
à Tarbes.
Les Bénédictins de S. Severcap .
de Logras , Confeiller au Parlement
de Navarre.
m. o. g. d.
13 I
822
4 12
49.3 6
POITIERS.
Du 31 Décembre 1759 , au 17 Janvier 1760 .
Meffieurs
de Choupper , Major du Régiment
de Beauvilliers .
Fouen , Receveur des Tailles.
L'Abbaye de Ste , Croix de Poitiers .
L'Abbaye de l'Etoille , Ordre de
Cîteaux .
m . o. g.
156 5 12
26 I 12
36 6 12
42 If
52 3 12
26 4 18
>
L'Abbaye du Pin , Ordre de Cîteaux .
Palteau , Tréforier de France.
L'Abbaye Royale de Bonnevaux
Ordre de Cîteaux .
L'Abbaye de Saint Jouin , Ordre
de Saint Benoît.
II I
38 7 12
་ ,
I
240 MERCURE DE FRANCE.
BESANÇON.
Du 22 Décembre 1759 , au 8 Janvier 1760 .
Meffieurs
Sarrette.
L'Abbaye de Luzelle.
Colombe.
de Génevreuille.
Mirondot.
de la Rouffelliere.
de Villier.
de Franchevelle.
L'Abbaye de Chalieux.
le Comte de Molans.
´m. o. f.
576
25 5
3612
15378
14 7 If
12 I
d2f-12
18 3 12
-86
12 1
Fermer
Résumé : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente une liste des états de la vaisselle portée aux monnoies des villes de province entre décembre 1759 et janvier 1760. Il énumère les noms et titres des personnes ayant apporté leur vaisselle dans diverses villes françaises, accompagnés des montants correspondants. Les villes mentionnées incluent Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, Lille, Rouen, Lyon, La Rochelle et Bordeaux. Chaque section commence par la date et la ville concernée, suivie des noms des individus et des montants en livres, sous et deniers. Les personnes listées incluent des nobles, des ecclésiastiques, des officiers militaires et des fonctionnaires. Les montants varient considérablement, reflétant la diversité des contributions. Le document présente également une liste de personnes et d'institutions ayant reçu des dons ou des aides financières entre le 12 décembre 1759 et le 17 janvier 1760 dans diverses régions de France. Les bénéficiaires incluent des évêques, des marquis, des abbés, des religieux, des officiers, des dames de la noblesse, et des institutions religieuses telles que des abbayes, des prieurés, et des chapitres. Les montants des dons sont également mentionnés à côté des noms des bénéficiaires. Les régions concernées incluent Cahors, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Limoges, Bourges, Amiens, Tours, Caen, Riom, Pau, Poitiers, et Besançon. Le document est structuré par périodes et par lieux, détaillant les bénéficiaires et les montants des dons pour chaque période et chaque région.
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38
p. 217-254
SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
ROUE. Du 17 au 22 Décembre 1759. Messieurs m. o. g. d. Landry, Receveur des Octrois. [...]
Mots clefs :
Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Orléans, Rheims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, Lille, Pau, Troyes, Poitiers, Bourges, Amiens, Tours, Caen, Vaisselle, Monnaies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
SUITE de l'Etat de la Vaiffelle portée
aux Monnoies des Villes de Province.
ROUEN.
Du 17 au 22 Décembre 1759 .
Meffieurs
Landry , Receveur des Octrois.
Gaillard , Receveur général des
Fermes.
de Boifmont , Procureur général
de la Chambre des Comptes.
de Flavigny , Manufacturier.
le Marquis de Chaulieu.
le Préfident Courvaudon .
m. o. g. d.
57 3
2444 3
68 S
6
41 6 I 12
32 3 12
270 2 6
LYON.
Du 17 Décembre 1759 , au 29 Février 1760 .
Meffieurs
De Falconet , Commiffaire des
guerres , à Tournon.
le Marquis de Lemps , Commandant
à Tournon.
La Chartreuse de Pierre Châtel.
Les R. P. Céleftins .
m.
0. g.
148 7 18
135 2.21
296 12
126 1 6
l'Abbé de Maubourg,Comte de Lyon. 134 1 21
Bathéon de Vertzieu , Gouverneur
de Vienne.
I. Vol.
145
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lyon.
L'Abbaye Royale de Sainte Claire
d'Annonay.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Saint Marie.
l'Evêque du Puy.
L'Eglife Paroiffiale & Collégiale de
Bourg.
Les Céleftins du Colombier.
Madame la Comteſſe de Broglie.
Girard , Tréforier de France.
le Comte de la Poype.
L'Eglife Paroiffiale de Neuville .
le Comte de Vogué , Brigadier des
armées du Roi.
le Marquis de la Tourrette , Baron
des Etats de Languedoc.
Le Monaftère de la Vifitation , Sainte
Marie de Saint Etienne.
Maindeftre , Tréforier de France.
L'Evêque de Valence.
de Saint Véran .
Les Chanoines de Saint Rambert ,
Ordre de Cluny .
Chauvet , Secrétaire du Roi à St.
Etienne.
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi , Commandant
à Bourg.
Les Miffionnaires de S. Jofeph .
Chalut , Chanoine à Belleville .
le Marquis de la Chaife , Lieut . gén.
Les Cordeliers de S. Bonaventure .
Les Religieufes de S. Benoît.
Les Cordeliers de l'Obſervance.
Mlle Bourlier.
m. 0 .
22 3
87 3
141 4 3
II 4 6
14 3
37 S 3
"
39 I 3
115
26 6
12
7653
70 5 3
217 18
32 6 18
1726 15
41 II
IS 2 18
22
.
66 3
6 18
3 6 ,
71 4
176 2 12
38 1 18
25 I 9
15 33
AVRIL. 1760 . 219
•
1
Meffieurs
Suite de Lyon.
Le tiers-ordre de S. François.
le Comte de Vaux , Lieuten. gén.
les Dominicains .
les Chanoines , Barons de S. juflt.
les Fabriciens de S. Pierre le Vieux.
les Religieufes de Sainte Catherine ,
à S. Etienne .
les Couriers de la Chapelle des
Paffementiers.
La Congrégation des Théologiens ,
au Grand Collège.
La Congrégation des Rhetoriciens ,
audit Collège.
LaCongrégation de Meffieurs , audit
Collège.
La Congrégation des jeunes Artifans ,
Caudit Collège.
1
les Dominicains de Bourg.
les Chanoines d'Ainay .
les Chanoines de S. Antoine.
les Congréganiftes du Mariage de
la Sainte Vierge.
les Chanoines réguliers de la Sainte
Trinité .
d'Origny , Receveur des Gabelles.
les Grands Auguftins .
Les R. P. Chartreux du Couvent
de Porte.
Les Religieufes de la Chartreufe
de Salette.
Les R. P. Chartreux de Lyon.
les Pénitens de la Miféricorde.
les Camerier & Chanoines du Chapitre
de S. Paul.
m
0. g.
22 4 12
49 3 10
6 45 6
30 6 12
84 7
22 7
70 2 18
31 I 6
43 3 6
127 I
3
24 4
97 18
25 3 9
59 I ୨
132 6
3
7 2 3
17 3 IS
397 3
17 I
582 15
20 4 18
108 7 3
110 4 12
Kij
220 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lyon.
m. o. g.
273 6 de Combles , Secrétaire du Roi.
les Carmes des Terreaux.
les Courriers de la Confrérie des
Plieurs de foie.
de la Valette , Chevalier d'honneur
de la Cour des Monnoies.
Chanorier , Receveur des Tailles.
les Chanoines du Chapitre de S.
Nifier.
les Pénitens de la Royale Compagnie
du Coufalon.
Les Religieufes du premier Monaſtère
de Sainte Elizabeth .
Bottu de la Balmondiere.
Hacte , Recev. gén. des Domaines .
Madame de Mélun ; Abbeffe de
l'Abbaye Royale de S. Pierre.
les Chanoines du Chapitre de Fourvière.
Bourlier d'Ailly , Tréforier de Fr.
Tabarreau , Directeur des Poftes.
les Religieufes de Beaulieu en
Roannois.
Madame de Montjouvent , Abbeffe
42 2 21
16
2852 12
so s 12
44 6 .
41 S
26 I
36 6 6
75
602 3
8.4 12
35 1 9
38 4 12
7 12
de l'Abbaye Royale de la Déferte. 32 4 Is
les Confreres de S. Nicolas de S.
Vincent. 19.2 12
Matières d'or portées à ladite Monnois .
Meffieurs
Pupil , premier Préfident de la
Cour des Monnoies.
Millanois , fils.
m . 0.
7156
AVRIL. 1760. 221
Suite de Lyon.
Me fieurs
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi.
Chalut , Chanoine à Belleville.
de Combles , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
d.
5236
6 12
6
LA ROCHELLE.
Du 29 Décembre 1759 , au 12 Févr. 1760.
Meffieurs
le Marquis de Champagné.
de Mougon , Lieutenant des Maréchaux
de France.
L'Evêque de Saintes.
Jourdain , Prieur de l'Abbaye de
Moreille.
Seimars de Boiffizeau.
m . 0. g.
19 2 12
2 I I2
285 1 3
53 1 6
136
BORDEAUX.
Du 2 Janvier , au 23 Février 1760.
Meffieurs
Les Bernardins , de Sainte Livrande.
Les Feuillans , de Bordeaux.
de Reftais , Secrét . de l'Intendance.
Les Bernardins , de l'Abbaye de Faife.
m. o. g. ↑
27 4 12
45 4
18 1 15
57
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
TOULOUSE.
Du 2 Janvier au 1 Février 1760 .
Meffieurs
Dorbellan , Préfident au Parlement.
Lefranc , de Pompignan.
Le Chapitre de Ste. Marie ,d'Auch.
*
m . o.
32 I 22
614
10 4 18
MONTPELLIER .
Du 14 Janvier au 5 Février 1760.
Meffieurs
M. O. g
le Marquis de Gerlande , de l'Etrange. 80 1 18
le Marquis de Vogué , Lieut. gén.
le Marquis de Monteynard .
DIJON.
82 I 12
135 6
Du 8 Janvier au 29 Février 1760 .
{
Meffieurs
Les Cordeliers de Dijon.
Michelinor , de Ganet.
Meot , demeurant à Chatillon .
Les Chartreux , de Dijon.
Vaillant , demeurant à Chatillon .
le Préfident Cocuderoy .
m. o. g.
30 6
37
14 3
62 4
40 7 12
79 3 18
M. le Comte de Malartie , cité dans le dernier
Mercure , eft , M. de Malartie de Montrioux , Premier
Préfident à la Cour des Aydes de Montauban .
1
AVRIL. 1760. 223
Meffieurs
Suite de Dijon.
m. o g.
de Connigant.
l'Abbé Dufert.
le Préfident de Ruffey .
de Changey , Major de Cavalerie.
Les Bénédictins de Dijon.
Les Urfulinesde Dijon.
La Congrégation des Artifans .
de Gurgy , Chevalier de S. Louis .
La Congrégation des Ecoliers.
Dauxilly ,Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
.
Mlles Du laurent.
de Levy.
Gautier , Confeiller au Parlement.
Petit de Breffez .
le Préſident de Lantenay.
Borde du Chatel , de Bourg en Breffe.
Liébeau , Subftitut du Procureur gen.
Seguin , Secrétaire du Roi.
Bouin , Chevalier de S. Louis.
Les Urfulines de S. Jean de l'Aunne.
Les Dames Bernardines de Dijon.
Nicaife , Maître des Comptes.
le Marquis de Villeneuve.
Liégard , Marchand Orfévre.
le Préfident de S. Seinne.
Boilot , Tréforier de France .
Greffier. Petitor ,
Mlle Motot.
Joly de la Borde .
de Mollera , Secrétaire du Roi.
Les Jéfuites de Dijon .
Robelot , Général de la Monnoie.
de Chavoify , de Chatillon.
52 3 15
60 2
20 6 21
78 4 18
71 I 6
91 5 12
24 4
17 6 6
312 18
79 7 IS
18 2 6
73 5 5
155 5 18
86 3
126 7 12
12 2
19 1
6
119 6 6
617 12
225 12
236
Is 6 la
170 7
50 2
103
6
74612
197 22
7 3 3
80521
48 7 12
98 7
4 3 18
49 6 6
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon .
le Beau , Confeiller au Parlement.
l'Abbaye du Lieudieu de Beaune .
l'Evêque de Mâcon.
Le Chap . de S. Pierre de Mâcon.
le Comte de Lantagne.
Les Religieufes de la Ferté.
de Clermont-Tonnerre , Maréchal
de Camp .
m. o. g. d.
67 12
34 I I 12
112 S 21
212 1 3
74 I 12
36 5 15
110 2 18
Madame la Marquife de Maffole. 145 3 10 12
Madame la Comtelle de
Brouindon .
La Chapelle de M. Dauvillars.
Jobard , Payeur des gages du
Parlement.
Motot , un étui d'or.
de Chatoillenot .
le Préſident de Layez.
le Prieur d'Auxonne .
de Martine.
Jacob , Marchand à Dijon.
de Propiat , Direct . des Dom.
de Laraniffe , d'Auxonne.
Poitier , Commiffaire de la
Marine à Auxonne.
de Flameran , d'Auxonne.
la Comteffe de Suremin , en or.
3 on. 4 g. 6 d.
de Basfoffé , d'Auxonne.
37 2 3
14 I
584
ww
3
2 22
23 4 6
86 3 19 12
SI 12
161 6 9
17 4 21
40 6 13 12
52.6.15
43 4 3
42 6.21
14 3 15
20 3
le Maréch de Clermont-Tonnerre. 313 2
Guillemot , Orfévre , en or.
s on. 14 d. & en argent.
le Comte de Jauconn.
Boileau , Receveur du Tabac
à Châalons.
83 5
130 5 5
74 4 12
AVRIL 1760 . 225
Meffieurs
de la Chaiſe.
Suite de Dijon.
de Villediat , Conſeiller au
Parlement.
Vaillant , Maître des Comptes.
Salins, Maître des Comptes.
Le même.
Madame de Chintré .
Madame Henry.
de Locré , Directeur général des
Fermes , à Châalons.
M. M. Seguin
de Blancey , Secrétaire des Etats .
Madame de la Vernette , du Mâconnois.
de la Cerve , de Mâcon.
de Montplaifant , ancien Préſid.
au Parlement.
le Marquis le Camus , Capitaine
au Régim , des Gardes Franç.
Champion .
Vaudremont.
m. o. g. d.
18 4 18
73 IS
56 3 13 12 .
37
217 12
206 7 18
81521
SI 4 19
40 2 18
48 6 15
172 5 18
216 4 7.12 .
168 6 3
204 4 21
563 22 12
de Quincey , Conf. au Parlement. 93
Jeaunnin , ancien Confeiller .
de Valetine , Lieutenant de Roi
de Châalons .
de Charmelieu Receveur.
Baudeffon , d'Auxerre .
l'Abbé de la Cour , Chanoine.
Guillemot , Marchand Orfévre.
de Sainte Colombe , Confeiller
au Parlement.
Joly de Blaify , Conf. honor.
27 13 12
436
15
22 S
77 7
49 7
23 6
22
41 6
13 1
136 I 6
3
Kv
de Goudrecoint , de Chaumont. 80 7
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon.
de Quintin , Procureur Général
du Parlement.
de Quency , Confeiller au Parlem .
L'Abbé de la Loge , Chanoine de
la Sainte Chapelle.
de Colmont , Commiffaire principal
des Guerres à Châlons.
Jannon.
La Vifitation des Châalons .
L'Abbaye de la Ferté.
Madame la Comteffe de
Chaminard .
de Fraffant , Ecuyer.
le Péfident de Bourbonne.
Madame la Comtelle de
Rochouard.
Madaine l'Abbeffe de Lanchard ,
à Châlons .
Borton de la Motte , à Auxonné.
de la Faye.
L'Evêque de Mâcon .
Jordier , ancien Chirurgien- Major
de la Gendarmerie.
Mademoiſelle Lamy.
Les Jacobins de Langres.
Guillemot , Marchand Orfèvre ,
m. o. g. d.
"
13 2 10 12
27 6
FI 3 3
203 18
47 7 15
17 I
HIS
18
3652
16-6-21
2734 12
25059
173 21
4 3 2 I
43 2
345 7 18
141 I 18
128 6 18-
en or , I m . 3 on.. 10 g.
Mademoiſelle Normand , un Erui
d'or 1 on. 12 8.
>
19 4 18
624 12
19 2 12
で
AVRIL 1760. 227
Meffieurs
ORLEANS.
Dus Février au 29 dudit.
Les Bénédictins de l'Abbaye de
Fériere.
Les Barnabites de Montargis.
Les Bénédictins de Vendôme .
Le Monaftere de Saint Laumer de
Blois.
Bourgmoyen , Chanoine de Blois.
Les Jésuites de Blois.
La Congrégation des Ecoliers.
de Saint Lazare de Blois .
Les Jacobins de idem,
Les Minimes idem .
Les Cordeliers , idem.
La Vifitation , idem.
Les Carmelites , idem.
Les Veroniques , idem.
L'Hôtel Dieu , idem .
La Paroiffe Saint Solenne , idem.
La Paroiffe Saint Honoré , idem.
La Paroiffe de Saint Martin , idem.
La Paroiffe de Saint Saturnin , de
Vienne.
L'Abbaye de Pont - le-Roi.
MM. Michel , freres , Négociants.
Madame la Veuve de Seurat , de
Bellerue , d'Orléans .
m. o. g.
31 3
3
38 5 6
18 7
23
7221
4212
23 15
19.3 "
18 2 12
20 18
f 1 18
5 118
14 7
2
203 12
23 212
47 18
2018
31721
80 4 21
40
21 4
$5 18
435 18
27
Decherel , ancien Officier d'Infanterie.
Boyelet , Lieutenant Criminel.
de Saint Germain.
Boyeler , Maréchal- des -Logis de la
Maiſon du Roi.
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite d'Orléans .
Baguenau de la Prairie , Tréforier
de France à Rouen.
Sainſon , Avocat du Roi.
de Genne , du Portail .
Vaudeberg , Sécrétaire du Roi.
de la Toinne , & fon fils.
Madame la Veuve Laurencin.
Dautroche , Doyen des Tréforiers
de France.
Dautroche , Chevalier d'honneur.
Baguenau de Pucheſe .
Madame la Veuve de Mondreux.
Madame la Veuve Jacques Maçon .
Lambert , Maître des Eaux & Forêts
d'Orléans.
Bonvalet , Secrétaire du Roi.
Boileve Darbonne , Tréforier de
France.
m . o . g.
39 2
71 12
35 3
35 I 12
352
20 3
41 4 12
31 4 6
20
21 7
42
II 18
37.7 12
382
54
12
17 S
6
20 S
6
༡༠
1
44 I
13 3
34
22 12
Donnant , Secrétaire du Roi , Directeur
du Domaine.
Pinchinat , Négociant à Orléans.
Bouderaux, Greffier en chefau Bureau
2 des Finances.
Petineau , Négociant à Orléans.
l'Abbaye de S. Benoît.
Beaudouin , ancien Ingénieur.
La Paroiffe de S. Michel Lafferté-
Lovendal.
M. & Mlle Ducoin de Joui.
du Condré , Chanoine de Saint
Aignant.
Seurrat de la Barre , Raffineur.
Miron du Condré , Négociant,
18
13
12
1326
AVRIL. 1760. 229
Meffieurs
Suite d'Orléans.
Crignon de Bonvalet , Lieutenant
des Eaux & Forêts.
Lion du Sabon , Tréſorier des
Ponts & Chauffées.
du Boucheteault.
Dehecre , pere.
Vandeuil de Pourpoy.
Madame la veuve Sainfon Sévetreville.
d'Orléans , Capitaine de Cavalerie.
Barbeau , Greffier des Eaux & Forêts.
Curot , Lieutenant gén . d'Orléans.
Roland Pierrelegriffe.
L'Abbaye du Lieu .
m. o. g.
92
336 15
654 15
II 6
16 2
49 7
25412
N 3
34 5 6
596 ୨
42
RHEIM S.
Du 8 Janvier au 23 Février 1760.
Meffieurs
Defaulx , Chanoine.
L'Abbaye d'Elan , Ordre de Citeaux.
L'Abbaye de l'Ile en Barois , même
Ordre.
La Cathédrale de Châlons.
L'Abbaye de Vaucler , Ordre de
Citeaux.
Madame la veuve de Courtagnon.
le Large , Contrôleur du Grenier
à Sel.
L'Abbaye de S. Mefnie-lez-Châlons.
L'Abbaye de Lavalroi , Ordre de
Citeaux.
m. o. g.
30 4
8 1 64
43
34
54
50 2
88 2 12
32 6
6733
230 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m. o. g.
L'Eglife de Notre-Dame, de Rheims. 112 6
Deuil , Fourrier honoraire chez le
Roi.
le Comte de Romecour.
L'Abbaye de Montfay , Ordre des
Prémontrés .
De la fucceffion de M. de Macnamara.
L'Abbaye de Notre - Dame de
Soiffons.
29 I
IOS 4
7 7 18
54 12
220 4
L'Abbaye de Foigny,ordre de Cîteaux . 34 6 12
L'Abbaye de S. Medard de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Laon.
24 2 12
89 2
687
La Chapelle de l'Hôtel- Dieu de Laon 12 4
NANTES.
Du Janvier au 29 Février
1760.
Meffieurs
m. o. g.
le Duc d'Aiguillon. 772 3 21
La Fabrique de Notre - Dame
d'Hennebon.
Les Chartreux d'Auray.
La Cathédrale de Vannes.
Les Carmes de Ste . Anne.
La Paroiffe de Lomariac.
15212
55
265 2 6
L'Abbaye de S. Pierre de Vannes. 49 4
87 I
II 7
La Paroiffe de Carnac,
Dugouyon des Houllieres .
du Bois de Roche , de Nantes.
La Paroiffe d'Eſdeven.
40 6
If
131 1 7
43
18
AVRIL. 1760.
231
Suite de Nantes.
Meffieurs
m. o. g.
Cakiot , Changeur à Vannes. f1 2 18
Les Dames du Pere Eternel, de Vannes. 2 12
La Paroiffe de Saint Pierre . 2612
La Paroiffe de Languidie. 24 12
La Paroiffe de Baud . 26 9.
La Paroiffe de Plumergat.
Les Peres de S. Vincent , de Vannes .
Les Carmes de Vannes.
Les Cordeliers de Vannes.
La Paroiffe de Peaul.
La Paroiffe de S. Laurent , de Nantes.
2 4 ୨
124 12
12 3
14 2
37
22 18
1
GRENOBLE.
Du 3 Janvier au 21 Février 1760.
Meffieurs
de la Pierre , Subdélegué à Gap .
Madame de la Tourvideau.
le Marquis de Valin.
de la Cofte de Maucune , Conſeiller
honoraire.
le Marquis de Chabrillant.
le Marquis de Joriac,
Madame la veuve Duclat de Montbrun.
Geoffre , Receveur des Tailles à Montlimart.
Boiffet, Receveur des Tailles au même
lieu.
m. o.
Is I
68 3. 3
2/3 18
145 5 TE
69 1 18
36 221
16 7
18 6
20 2 14
de Lavallonne , Commiff. des guerres. 38 1 9/
l'Evêque de Gap.
232 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Grenoble.
Chatellier , de Valence.
le Marquis de Bayanne , de Valence.
l'Abbaye de Saint Antoine.
La grande Chartreufe.
le Marquis de Bourchenu , Premier
Préfið . à la Chambre des Comptes.
le Chapitre de S. André , de Grenoble.
Bailly de Montcarra .
Les Jéfuites de Grenoble.
La Chartreuse de Durbon.
le Marquis de Chabrillant , Maréchal
de
camp.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Grenoble.
Le fecond Monaftere.
Les Jéfuites de Grenoble , de la Congrégation
des Ecoliers.
Les Jéfuites , de la même Ville .
m. og.
39.2 I9
36 3 18
50 2 18
69
60
8
31 6 18
30
26
26 I
68 3
35-2
23 1 12
235
17 12
3
18
si
24 4
865
La Congrégation des Penfionnaires.
Les Religieufes de Sainte Cécile , de
Grenoble .
Les Dominicains de Grenoble.
AIX .
Du 28 Décembre 1759 , au 7 Février 1760.
Meffieurs
du Puiq de Lamotte , ancien Conf.
au Parlement .
de Crelle de Montval , Conf. du
Roi à la Chamb. des Comptes.
m. o. g.
d.
137 S 9
II 6.
AVRIL 1760. 233
Meffieurs
Suite d'Aix.
Lagouffe, de la ville de Manofque.
de Saint-Etienne , idem .
le Baron de Latour- Daigues.
Le Chapitre de la ville d'Apt.
Les Carmes d'Apt.
Les Cordeliers d'Apt.
le Marquis de Jarente , de Marfeille.
le Duc de Crillon , d'Avignon.
Lyon de S. Ferraft , Contrôleur
de la Monnoie.
Pitton , Confeiller honoraire de
la Chambre des Comptes.
m. o. g. d.
5 6 18
57
559 5 15
20 3 16 12
I 4 19 12
47 12
92 521
2004 12
30 3 3
23 1 12
le Marquis d'Arcufia, de Marſeille. 220 2 21
de Calamand , Confeiller à la
Chambre des Comptes.
de Lane , de Marſeille.
M. Cruzé , idem.
Palteau , Subdélégué général ,
en bijoux d'or.
Gaufdry de Saint Eftere.
Le Corps de MM. les Tréforiers
de France .
Le même Corps.
Portaly , Commiſſaire Ordonnateur
à Toulon.
Les Recolets de Notre Dame,
Diocèfe de Siſteron.
La Cathédrale de Glandèves ,
d'Antreveaux.
Madame la veuve Gleire , de
Blandel.
21 5
50 5
42 I
7 12 15
83 I
191 2 3
102 3 9
23
5215
39 I 3
70
234 MERCURE DE FRANCE.
RENNE S.
Du 6 Janvier au 28 Février.
Meffieurs
L'Abbaye Royale de S. Maurice.
L'Abbaye Royale de la Joye.
Made. la veuve du Coetlofquet,
tutrice .
L'Abbaye Royale de Langonet.
L'Abbaye Royale de Begard,
Les Jéfuites.
La Congrégation des Jéfuites.
La Congrégation des Ecoliers.
L'Abbaye de S. Aubin des bois.
Nouail , Recteur d'Argentré .
Guyon des Huilliers , Avocat
général à la Chambre des
Comptes à Nantes.
L'Eglife Cathédrale de Rennes.
Les Dominicains de Rennes.
Vedier , Subdélegué général de
l'Intendance.
m. o. g . d.
20 7 18
12 2 19 12
90 3 3
37 6 19 12
38 2 15
28 5 4 12
18 3 I 12 .
17 4
597
2 4
3
3
21 I 4 IZ
22
32 1 22 12
454 19 12
MET Z.
Du 15 Décembre 1759 , au 28 Février 1760 .
Meffieurs
m. o. g. d.
le Marquis de Clermont-Tonnerre,
Lieuten. ,Colonel du Régiment
de Meftre- de- camp.
Huffon , Subdélegué à Sedan.
34 4
84 7 7.
AVRIL 1760. - 238
Meffieurs
m . 0. g. d.
Suite de Metz.
Le Liepre , Commiſſaire Ordonnatear
des guerres à Toul .
L'Abbaye de Châtillon , Ordre de
Citeaux.
de Tonnoy , Capitaine dans les
Grenadiers de France de Nancy.
Duhameau , Avocat en la Cour , à
Nancy.
le Comte de Germiny , idem.
Seriet , Confeiller d'Etat , idem .
Madame la Marquise de Sarmoife ,
idem .
le Comte de Ludres , idem.
Le T. R. P. de Menou , Directeur
des Miffions , à Nancy.
le Comte du Rozières .
le Comte du Hautoy .
le Marquis de Baffompierre.
de Turique.
le Marquis de Bergevillers.
de Montureux , Colonel.
de Niocourt , Premier Préfident
de la Chambre des Comptes.
de Rouvroy, Premier Président de
la Chambre Souveraine de Lorraine.
Vigneron , premier Préſident de la
Cour Souveraine.
Madame la Comteffe de Hoflife.
le Prélat de Boufey.
le Lorrain , Directeur des Fermes .
le Comte de Lupecourt.
la Comteffe de Curel.
de Marcolle.
34 IS
-22 2 2
643
58 3
67136
36
2155
69 2
71 12
20 3
103.7
6 36
164
4
19 23
40 3
6554
166 4
2476
106 I 36
7 3
2876
8157 36
1
42 2
106 I S
747 $ 36
157
3.6.
236 MERCURE DE FRANCE;
Meffieurs
Suite de Metz.
m. o. g.
de Brichabeau , Confeiller d'Etat.
Prevot , Receveur des Fermes gén.
la Préfidente de Meuvron ,
la Salle , pere ,
16 1 7
6966
944 S
26 2 7
la Salle , pere , demeurant à Sârlouis, 40 6 6
le Comte de Hunoſtin ,
l'Evêque de Metz ,
de Vendel , Abbé de Vernenvillier ,
Ordre de Cîteaux ,
Mangin , Lieutenant Général du Bailliage
de Nancy ,
l'Abbaye de Hauttefeille , de Nancy ,
le Comte d'Hedival , de Nancy ,
de Serre , Confeiller d'Etat ,
Cueillette de Bey ,
de Biron ,
le Fevre , Confeiller d'Etat ,
de Comte de Raigecourt ,
Mathieu , Grand- Maître des Eaux &
Forêts ,
le Comte de Breffey
le Vicomte de Thiange ,
Thibault , Lieutenant Gén . de Police ,
de Muffey , Confeiller d'Etat ,
Simon de la Treche ,
le Chevalier de la Michaudiere ,
Gallois , Sécrétaire d'Etat du Roi de
Pologne ,
167 6 S
148 7 6
883
16.6 4
34 6
33. I 2
22
35 17
20
13 17
7376
41 I
21 2 I
44 S
I
75
13 4 3
16 2 4
21 1
5573
177 S
Mad. la veuve de Gande, de Martanmeville
, Exempt des Gardes- du - Corps, 143 6.2
l'Abbé de Jalival , Ordre des Prémontrés
,
8 6.
l'Abbaye d'Ecurey , Ordre de Cîteaux , 235 2
Potier , Contrôleur des Guerres , 2756
AVRIL. 1760 . 237
STRASBOURG.
Du 31 Décembre 1759 , au 9 Janvier 1760 .
Meffieurs
da Billot , ancien Médecin de l'Hôpital
,
de Chaftel , Tréforier extraordinaire
des Guerres ,
m. o. g.
49 18
3588
LILLE.
Du 11 Décembre 1759 au 29 Février 1760.
Meffieurs
L'Evêque de Saint- Omer ,
le Comte de Blarhimghem ,
le Febvre de Lattre de Ligny ,
l'Abbaye de Marquette ,
le Comte de Souaftre , Colonel des
Grenadiers de France ,
l'Abbaye de Hafnon ,
de Vignancourt de Fletre ,
Langle , Subdélégué de la Flandre
maritime ,
de Rombie , Chanoine à Caffel ,
le Marquis du Barail , Commandant
en Flandres ,
le
Couvreur ,
m. o.g.
235 2
314 S
60 3 .
153 5
52 4 I
93 7 7
148 3
73 3
13 6
1965 S
le Comte d'Oizy , en Artois ,
l'Abbaye de Flines , près Douay ,
Potteau de Carny , Sécrét. du Roi ,
Percou d'Elbeck , à Lamberſart ,
de Frojdmont , Chanoine de S. Pierre ,
20 I 3
189 4
87 5 4
41 I 7
1967
40 75
"
238 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de la Gibaudiere , Commandant à
Cambray ,
la veuve Denyau de Lille ,
le Prince de Croy ,,
Chevalier , Commandant du Fort
Saint-François à Aire ,
l'Abbé de Mouchy , Prévôt de S. Pierre
à Aire ,
l'Abbé de Fumalle, Prévôt de l'Eglife de
Cambray ,
Bourdon d'Haucourt , de Cambray ,
le Marquis de Nedonchelle ,
Briffon , Commiffaire des Guerres à
l'Armée ,
le Camus , Commandant de la Citadelle
à Lille ,
Jacob d'Aigremont à Lille ,
Faulconnier , Gránd- Bailly de Dunkerque
,
la Marquife de Lille ,
L'Abbaye des Prés , à Douay
le Comte de Beaufort , près S. Omer ,
le Chevalier d'Archy ,
Defliot Desrobles ,
Fabricy , Capitaine au Régiment de
Salis , Grifon ,
Jacquerie , Confeiller au Parlement
de Flandres ,
Herts , Confeiller Penfionnaire des
Etats de Lille ,
de Buiffy , Préfident à Mortier au
Parlement.
Les Hofpitalieres de Stenvoordes ,
L'Hôpital Comteffe , à Lille ,
m. o.
19 4 7
49-6-4
6316
87 4
21 2 2
58 6
S
3322
15814
64 6 4
66 53
199 3 2
5672
229 2
50 3
110 6 §
327 S
112 7.6
16 I I
12 6 4
32.63
3477
267
$7
AVRIL 1760. 239
Meffieurs
Suite de Lille.
m. o. g.
L'Abbaye de S. Amand en Flandres , 239 3 2
Dochy, Major de la ville de Cambray , 275 2
de la Châtellenie de Caſſel , 42 32
Buguatre, Prévôt de la ville de Cambray, 20 7 2
Deliot Desrobles ,
Les Chanoines de Sainte Aldegonde ,
19 3.
de Maubeuge ,
102 4 7
de Fourmeftraux, d'Holbecque, 147 3 6
le Comte de Guines , Lieutenant de
Roi d'Artois , 172 32
duMetz de Fromentel , à Valenciennes , 41 1 7
d'Haffrengues de Lannoy , premier
Confeiller des Etats ,
de Briane, Doyen de la Cathédrale de
Saint- Omer ,
33 34
41 4 4
De Latour de Sr. Quentin , de St. Omer, 58 6
le Comte & Sénéchal de Blandecque , 63 5 7
Maximilien Depont, de Wifque,
Enlart de Saint- Maurice ,
31 4
2556
Lefebvre de Halle , Secrétaire du Roi , 29 6 4
la veuve de M. Titelouze, de Balinghien, 20 75
Enlart , Sécrétaire du Roi ,
de Archies , de Drincamp ,
Pelet , Echevin de Saint- Omer ,
Cordez , ancien Directeur des Poftes
à Saint-Omer ,
Huguet du Haillier , Lieutenant- Gér
2064
3325
32 S
146 52
néral de l'Amirauté de Dunkerque , 46 1
Demadre , Bailly de Roubaix ,
L'Abbaye de Saint- Winocq ,
12 12
102 S
L'Abbaye du nouveau Cloître à Bergues, 17 7 4
Vernimen , Président à Mortier du
Parlement ,
de Polinchove , & de Franqueville d'Abancourt,
Confeillers au Parlement, 250 s
240 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de Franqueville , de Fontaine , Confeiller
au Parlement ,
de Franqueville d'Inielle , Confeiller
au Parlement >
le Baron de la Grange , Chevalier
d'honneur ,
de la Fonteyne de Villers ,
Remy , Conſeiller au Parlement ,
Mulet, Confeiller au Parlement ,
Remy Dejardin , Conf. au Parlement ,
Baltazard , Confeiller au Parlement ,
le Comte de Villefort , Gouverneur de
la Citadelle de Valenciennes ,
Vandermeche , Conſeiller au Parlem.
Lecomte de la Chauffée , Avocat au
Parlement ,
m. 0.
g
202 I
32 IS
33 3
148 7 4
22 15
27 7
12 7 4
SI I I
81 6
18 76
1927
Eloy , Confeiller au Parlement 133 1
Dutil , Confeiller- Clerc au Parlement , 12 2 4
le Comte d'Havelin ,
de Flandres
Eloy , Confeiller au Parlement ,
de la Feuly , Prévôt de S. Pierre ,
Taffin , de Goulzen ,
?
Dirval, de Lille ,
Vernimen , Bourguemeſtre de Dunkerque
,
Taverne, Subdélégué à Dunkerque ,
Coppens , d'Honschotte ,
Dunquer , ancien Subdélégué à Dunkerque
,
Lamoral , Conſeiller au Parlement de
Flandres ,
Clément de Saint-Mare ,
de la Lande ,
102
T3 4
85 I
557
184 5
"
407 4
18 6 1
61 13
98 7 4
.
76 S
3437
48 7 4
55 45
Suite
AVRIL. 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille .
Brunot , Préfident à Mortier au Parlement
,
de Biré, Tréforier des Troupes, à Lille ,
Becquet de la Rofiere , à Douay ,
de Forêt , Préfident à Mortier au Parlement
de Flandres ,
Merlin d'Eftreux , Confeiller au Parlem .
Les Jéfuites, de Bergues ,
les Magiftrats de la ville de Bergues ,
les Magiftrats de Dunkerque ,
Plaifant, Greffier de Douay ,
m. o. g.
403 4
35 4
37 14
5932
2 19 2
335 3
544
2942
183
Dagemont , Prévôt Gén . du Hainaut , 84 2 I
Gramont , Doyen de Dunkerque ,
L'Abbaye de Vicogne ,
49 2 2
47 I 2
19 I 4
Heriguier , Confeiller au Parlement , 26 45
Marefcal , Confeiller au Parlement ,
Deflions de Flechin , à Saint-Omer ,
le Marquis d'Oliot , Brigadier des Armées
du Roi ,
le Pelletier , Avocat au Parlement de
Paris, pour feu M. de Roftrenem '
de Ramfault , Directeur du Génie , de
Flandres
,
Les Jéfuites de Caffel ,
de Rombies Chanoine à Caffel .
>
(fecond envoi )
39 5
37 7 2
26 5 I
2576
4I I S
2 6.7
de la Rianderie, Bailli des Etats de Lille , 78 7 5
Debonte de Becquet , à Dunkerque ,
Déguillon , Tréforier de la ville de
Douay ,
Madame du Belloy , veuve du Major
de la Citadelle de Lille ,
de Beaune , ancien Capitaine au Régiment
de Limofin
1. Vol.
2
6234
2625
1627.
11 7 4
L
242 MERCURE DE FRANCE
Suite de Lille.
Meffieurs
Pajot , Directeur des Poftes & Commiffaire
des Guerres ,
m. o. gi
40 3 6
MM. du Chap. de S. Pierre de Douay , 75
le Marquis de la Vieuville , à Stenvoorde
,
de Verghelle de Lambersart ,
Briffaur , Profeffeur Royal à Douay ,
Molin de Vagnonville ,
Hutin , Echevin de la ville de Douay ,
de Varenchant , Directeur des Fermes
à Saint-Quentin ,
de Forceville de Mericourt, à Paris ,
Serrurier fils , à Saint- Quentin ,
3617
4857
1322
2444
Mademoiſelle de Senancourt , à Saint-
Quentin ,
27
48.4
60.7 6
52 23
33 I I
Blotefiere de Grecourt , Chevalier de
S. Louis , 40 S.S
de Rondeau de le Mercerie , à Saint-
Quentin , 712-4
Muller, Procureur du Roi à St. Quentin, 62 2
Serrurier pere , à Saint- Quentin ,
Laurent de Bernouville , Commiffaire
des Guerres à Landrecy ,
d'Orchival , ancien Capitaine de la
Marine ,
Simon de Berfé , à Douay ,
Hennet , Prévôt de Maubeuge ,
Spel de Fling de Premecq2
de Calonne de Merchin
Deioldy , de Lille ,
Parrata , de Lille ,
2
de Segent , Major de Saint- Omer ,
le Page , Directeur de la Monnoye ,
161 34
128 1 4
9935
265
83
3827
6244
7412
1162
61 7
18.6
Coll , Echevin de la ville de Douay , 14 76
AVRIL. 1760. 243
Meffieurs
Suite de Lille.
m . o. g.
MM. du Chapitre de S. Pierre , à Caffel. 37 6
Les Hofpitalieres de Caffel ,
Madame la veuve Cramé. ( Second
envoi. )
155 3
1254
Cambier , Greffier au Parlement de
Douay , 13 IS
1263
255 I
64 13
42 4 3
Beaumaret , Echevin de Douay ,
Madame la veuve Sericourt ,
Vandercruiſe de Lamotte ,
L'Abbaye de Voftine ,
,
›
Dehaut , Profeffeur Royal , à Douay ,
de Varenghien , Ecuyer , à Douay ,
Cambier, Mayeur , à Valenciennes ,
Fizeau , Banquier à Valenciennes
Lehardy Daulnois
Picquet , Echevin , à Dunkerque ,
Drouillard , Confeiller de la Chambre
du Commerce , à Dunkerque ,
Huguet du Hallier , Lieutenant-général
de l'Amirauté , à Dunkerque.
( Second article. )
Lombart , Echevin , à Dunkerque ,
16 4
IS 34
so 13
108 I
68
82 17
23 4
34 4 S
34 3 4
Ravodel , Officier à Saint - Domingue , 23 27
Benoît , Lieutenant des Maréchaux de
France ,
Herrewin , Echevin , à Dunkerque ,
Ingilliard de Wattines , ( par addition. )
Mailly Mainez , de Bleghem ,
Dalhuin Dupont , Subdélégué à Aire ,
L'Abbaye du Verger , à Aire ,
Lefebvre , de Schonvelde ,
Denis de Riacourt , Subftitut du Procureur
Gén. du Parl . de Flandres ,
L'Abbaye de S. Calixte ?
22 2
764
4 3 2
31 32
14 3
25 7.
-33 3
14 4 7
52
•
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lille.
Meffieurs
Godfroy Dufart , Procureur du Roi
au Bureau des Finances .
M. Godefroy de Maillard, Directeur de
la Chambre des Comptes , à Lille.
MM. les Magiftrats de la ville de
Douay.
MM. de la Collégiale de S. Pierre ,
à Aire .
Morincq , Tréforier de la ville de
Dunkerque.
Galhault , Confeiller , à Arras.
Les Chartreux de Bourtillerie , Châ-
'tellenie de Lille.
Le College Anglois de Douay.
m. o.
734
733 7
25
119 4
"
25 5
La Dame veuve Arnaud Genty , à Dunkerque.
Betfort , négociant , à Dunkerque.
Coppens d'Herfin , Procureur du Roi ,
à Dunkerque.
L'Abbaye d'Hafnon .
L'Abbaye de Maroilles , près Landreies
.
L'Abbaye de Liefſies.
L'Abbaye d'Haumont.
37 26
7057
61 53
4622
835 S
16 3 6
127
•
126 76
126 7.6
140 7 S
49 3
Wilerval , Imprimeur du Roi, à Douay. 12 2 4
le Comte de Lagny , ancien Echevin ,
à Douay.
18 54
L'Abbaye de Phalempin, ( Second envoi. ) 12 4
L'Abbaye de S. Vaaft , d'Arras.
L'Abbaye du Mont S. Eloi- lès - Arras .
du Parlement.
25664
Corbie de Bligni , Conſeiller honoraire
64 2
L'Eglife de S. Gery , d'Arras.
I
Madame de Caffel , à Dunkerque.
2766
64.23
5242
AVRIL. 1760 245
Messieurs
Suite de Lille.
Les Bénédictins Anglois , de Douay.
La Paroiffe de Marquilies.
Les Hofpitalieres des Chariottes ,
d'Arras .
L'Abbaye de la Paix , à Douay.
Le Chapitre de S. Amé , à Douay.
L'Abbé des Camps , Prévôt du Chapitre
de Béthune .
Madame la Baronne d'Hinge en
Artois.
L'Abbaye de Beauprez , fur la Lis.
La Paroiffe de Fournes , Diocèle
d'Arras.
MM. les Magiftrats d'Arras.
L'Abbaye de Marculle , près Arras.
de Mefplau , Capitaine au Régiment
de la Marine.
m. o. g.
31
162
3672
4 7 4
116
3116
28 S z
53 I
II S
87 6 1
1572
8324
LesSupérieures Annonciades, de Douay . 27 5 $
Rafoir de Croix , Prévôt de Valenciennes.
La Congrégation des Bourgeois
d'Arras.
La Congrégation des Ecoliers d'Arras .
Les Religieufes , dites Louez - Dieu ,
d'Arras.
Les Jefuites d'Arras .
Desjardins , Chanoine de la Cathé
drale de S. Omer.
La Paroiffe de Fleurbaix , Diocèle
d'Arras.
Mazel , Tréforier des Troupes à
Arras.
Les Religieux de S. François de Salles ,
d'Armentieres. •
ZI I 2
33 I I
II S 7
7 4 3
111 7 7
18 4 S
4 I F
18 22
62
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Madame la Comteffe d'Aumale
veuve du Lieutenant- Général .
D'Haifne , Chapelain de S. Pierre
à Douay.
Maffart , Commiffaire des Guerres
à Philipeville..
les Jéfuites de Valenciennes .
les Carmelites de Douay.
l'Abbaye d'Anay , près Douay.
la Paroifle d'Izel - lès- Equerchim .
l'Abbaye d'Eftrun , près Arras .
les Jéfuites de Cambrai .
m. o. g.
68 6
17 5 4
5044
172 5 2
70 I 4
54.3 5
3.22
21 5
46 44
les Jéfuites de Dunkerque. 82.3 I
les Soeurs grifes , Hofpitalieres de
Douay.
875
la Paroille de Saint- Albin de Douay. 38 2
les Chartreux de Douay .
la Paroiffe Notre- Dame, de Douay.
la Confrérie de Notre- Dame.
l'Abbaye de Vicoigne.
t
l'Abbaye de S. Crépin , près Valenciennes.
les Jéluites de Béthune.
l'Abbaye de S. Jean , à Valenciennes.
la Paroifle de Bourbourg.
l'Abbaye de Bourbourg.
la Chapelle Notre- Dame de la Treille ,
dans l'Eglife de S. Pierre , à Lille.
la Chapelle , Paroiffe de ladite Eglife.
le Choeur de ladite Eglife.
la Paroiffe d'Aubert , Diocèle d'Arras .
la Communauté du Béguinage , de
Valenciennes.
la Paroiffe de Dunkerque.
70
11 2 I
3 3
102 4 2
165 46
62 * 2
81 35
2654
22
214 4 4
62 4 4
121 6
2 I 4
12 3. I
482 6 :2
AVRIL 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille.
les Carmes Chauffés de Douay.
Les mêmes.
la Chapelle Notre- Dame de Bonne-
Efpérance de Valenciennes.
les Carmes- Déchaux de Valenciennes.
la Paroiffe de Beaumont , en Artois.
la Métropole de Cambrai.
l'Abbaye de Vaucelle , près Cambrai.
l'Abbaye de Premy.
m. o. g.
2352
72
656
35 4 4
745
218 4
927 I
47 3 S
l'Abbaye de S. Nicolas d'Arrouaife, près
Bapaume.
l'Abbaye de S. Aubert , à Cambrai.
l'Abbaye d'Anchin , près Douai.
de Coulonge , près Arras.
da
Marhacourt ;
à Saint-Omer,
l'Abbaye de S. Jolle-au - bois , dite
d'Ompmartin .
l'Abbaye de S André- au- bois , Diocèle
d'Amiens .
Durand , Surintendant du Mont- de
Piété , d'Arras.
le Couvent S. Julien , de Douai.
45 I S
103 7
IOIS S
40 I
I
34 x 5
25 3
3342
1832
12 I
l'Abbaye du S. Sépulchre , à Cambrai . 43 6 3
de Percheval , à S. Omer.
le Couvent de la Préfentation , à Aire.
François-Louis le Cellier , à Valenciennes.
867
21
27 5
I
21 I 2
le Couvent de la paix de Jefus , Ordre
de S. Benoît , à Arras.
Lemaire, l'aîné , Bourgeois de cette ville , 16 24
Guilleman, Seigneur de la Barre , à Lille. 2014
la Collégiale de S. Gery , à Cambrai. 34
l'Abbé de Millancourt Vicaire- Géné-
>
ral ,à Cambrai .
10 3
Liv
248 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lille.
es Bénédictines Angloifes , de Dunkerque.
le Couvent de Sainte Agnès, de Cambrai.
Lefebvre , de la Balle- Boulogne.
Bady , de Normond.
Watier , Secrétaire du Roi , à Cambrai.
les Hofpitalieres de S. Jean de Cambrai.
le Prieuré de Fives , près Lille.
les Chartreux de Valenciennes .
Waquernier , Secrétaire du Roi.
de Cregny , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis.
Locart , de Valenciennes.
les Carmelites de Valenciennes.
m. o. g.
37 2
46 53
30.3 1
5622
24 2 I
20 7
49
5065
5374
233.1 3
28 S I
*
20 4
'Abbaye de Brigitines de Valenciennes. 14 2 3
l'Hôtel -Dieu de Valenciennes.
34 2 les Religieufes de la Congrégation de
Notre-Dame de Valenciennes.
Hennet de Baret , Subdélégué a Mau-
47 4 4
beuge .
14 2 4
les Urfulines de Valenciennes .
29 1 1 Morel , Directeur des Fermes du Roi à
Valenciennes.
19 I
108 3 S.
la Paroiffe de S. Jacques de Douai .
Corvifier, ancien Trélorier des Troupes
en Flandres. 10
MATIERES D' O R.
Meffieurs
MM . les Magiftrats de la ville d'Arras
, provenant d'une Eglife.
Lefebvre ,de la Baffe- Boulogne, ancien
Officier d'Infanterie.
m. o.
4 4
6 12
AVRIL. 1760. 249
PAU.
Du 8 Janvier au 16 Février 1760 .
Mefsieurs
Le Comte de Troifville , Gouverneur
du pays de Saulle.
le Baron d'Ulau .
l'Abbé de S. Jean , Ordre des Prémontrés.
la Communauté de Caftenau , riviere
baffe , Diocèle de Tarbes.
la Communauté de Luz , en Barege,
Diocèle de Tarbes.
la Communauté d'Arrens, valée d'Affuns
en Lavedan , de Tarbes.
le Chapelle de Notre-Dame de Poeylaun
, du lieu d'Arrens , vallée
d'Affuns.
la Paroiffe de Pontacq , Diocèle de
Tarbes.
m . 0.5.
119 3 21
13 4 21
221 6 18
45 12
346
65 15
94
TROYE S.
Du 21 Février au 28 dudit mois.
Mefsieurs
Les Religieux de Beaulieu.
grand Séminaire de Troyes.
Le Sueur , ancien Officier , à Bar-fur-
Aube.
les Religieux de Montierame.
Madame l'Abbelle du Paraclet
m. a
7 3
16
48 4 2
ΤΟ
16. J T
玉田
250 MERCURE
DE FRANCE.
#
Messieurs
Suite de Troyes.
m. o. g.
Madame l'Abbeffe aux Nonains , de
Troyes.
MM. de S. Etienne , de Troyes.
les Urfulines de Troyes.
MM. de S. Urbin , de Troyes.
MM . de S. Pierre , de Troyes .
la Congrégation de Troyes.
MM. de Foilly - lès - Troyes.
les Jacobins,de Troyes.
24 I6
36.44
19 2
12 4 I
382-1
49
32 I
387-
Messieurs
POITIERS.
Du 8 au 16 Février 1760.
De la fucceffion de M. Bouliaud , Curé
de la Paroiffe de S. Médard , de
Louars.
l'Abbaye de Chatelier , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Poitiers.
le Marquis de Chataigner.
l'Abbaye de Luffon , Ordre de Fontevrault.
BOURGES.
Du 16 au 28 Février 1760.
L'Annonciade de Bourges.
m. o. g.
36 3
SI
12
59
I
25 1
m. 0. g.
753
AVRIL 1760..
251
Messieurs
Suite de Bourges .
MM. Derfane , de Coulon , & des Coteaux
.
le Séminaire , de Bourges.
m. o. g.
20 4 I
9
les Urfulines, de Bourges.
la Vifitation , de Bourges.
la Congrégation , de Bourges.
JI 2 6
21 I 2
551
AMIEN S.
Du 20 au 28 Février 1760 .
Messieurs
Les Feuillans , d'Amiens.
MM. les Chanoines du Chapitre d'Amiens.
le Chapitre Royal , de Roye.
de Saint-Quentin , Capitaine général
des Côtes.
les Filles de Sainte Génevieve , d'Amiens.
les Jéfuites , d'Amiens.
la Congrégation des Jefuites.
le Séminaire , d'Amiens.
Gerard , Infpecteur des Domaines de
Picardie .
l'Eglife de S. Firmin en Caſtillon, d'Amiens.
la Congrégation des Ecoliers du Collége
des Jéfuites.
les Auguftins , d'Amiens.
m. o. g.
10 25
316 3 7
2962
2565
12 6 3
les Adminiſtrateurs de l'Hôpital d'A-
49 4 2
11 6 5
10 2 6
543
39 I 3
225 2
26 6
miens.
267 S
I vj
252 MERCURE DE FRANCE
Suite d'Amiens.
1
Messieurs
Les Carmes , d'Amiens.
m. o. g.
18 6
les Religieufes de Moramont, d'Amiens. 22 5 4
de la Combe, Prévôt de la Maréchauf
fée de Picardie .
les Religieux de S. Pierre , de Corbie.
Cordier, Receveur particulier des Eaux
& Forêts d'Amiens.
les Religieufes de la Vifitation d'Amiens.
les Cordeliers d'Amiens.
l'Hôtel- Dieu d'Amiens.
la Confrérie de Notre-Dame de Lieſſe
de S. Pierre d'Amiens.
les Jacobins d'Amiens .
15241
86 I I
16
5542
21 7
62 27
12 23
5053
3125
•
les Urfulines d'Amiens .
les Religieufes de S. François , dires
Soeurs grifes .
la Paroifle de S. Remi d'Amiens.
la Confrérie des Cordonniers.
Nicolas Joly , Marchand à Amiens.
Lachenet , Seigneur d'Hedanvele ;
( Second envoi. )
Jean Turbert , Effeyeur en la Monnoye.
La Fabrique de S. Michel d'Amiens.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Germain
d'Amiens.
l'Abbé Piquet , de Noyencourt , Chanoine.
la Fabrique de S. Sulpice d'Amiens.
la Fabrique de S. Firmin , à la porte
d'Amiens.
31
633
475
7 I 1
33 23
1266
33 55
3042
121 7 4
16 53
7
Gallois , Directeur des Droits , à Amiens. 194
'Hôtel- Dieu d'Abbeville.
17
AVRIL 1760. 253
Messieurs
Suite d'Amiens.
les Céleftins, d'Amiens.
les Minimes d'Amiens.
les Prémontrés d'Amiens.
la Paroiffe de S. Firmin le Confeffeur.
le Supérieur de l'Oratoire d'Amiens.
Madame la veuve Gorguelle.
Jofeph Gaugier .
les Bénédictines de l'Hôtel - Dieu de
Corbie.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Leu d'Amiens.
Greffet , de l'Académie Françoiſe.
les Dames Religieufes de S. Julien d'Amiens
.
la Fabrique de la Paroiffe. S. Jacques
d'Amiens.
les Carmelites d'Amiens.
m. 0.
g .
1074
22.2.6
II IS
30 7 3
667
18 4
4E I
4 I
35 17
29 7 3
2564
23 44
3356
TOURS.
Du 6 Janvier au 22 Février 1760.
Messieurs
Les Religieufes de Citeaux , Ordre de
S. Bernard , de la ville de Saint-
Agnan . 1
les Religieufes de Bonlieu , Ordre de
Citeaux .
les Religieux de la Clarté , Ordre de
Cîteaux .
Lenoir , du Diocèſe d'Angers.
l'Abbaye de Fontevrault , Diocèle de
Poitiers.
m. o.
8037
*
48 2 6
43 74
54 3
1424
254 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Tours
la Chartreuse du Legit , Diocèſe de
Tours.
l'Abbaye de Moncé , Ordre de Cîteaux
, Diocèle de Tours.
m. o. g.
425 I
16 3
CAEN.
Du 2 Janvier au 21 Février 1760 .
Messieurs
Derafne.
m. o. g.
113 6 1
l'Evêque de Coutence.
Madame de Tourville.
les Auguftins de Barfleur .
Lanteigne.
de Tierceville.
20 I 4
1565 3
24
# 7
34 3 2
263 les Croifiers.
les Jacobins. 33 4
6
la Cathédrale de Bayeux. 60 7
de Gouville .
la Chapelle de Délivrance .
le Mafurier.
les Nouvelles Catholiques , de Caen.
l'Eglife de S. Nicolas , de Caen.
PEglife Notre -Dame , de Caen.
31 5 6
10 4 5
485 3
427
6
24 I
les Urfulines de Bayeux. 12 6 3
aux Monnoies des Villes de Province.
ROUEN.
Du 17 au 22 Décembre 1759 .
Meffieurs
Landry , Receveur des Octrois.
Gaillard , Receveur général des
Fermes.
de Boifmont , Procureur général
de la Chambre des Comptes.
de Flavigny , Manufacturier.
le Marquis de Chaulieu.
le Préfident Courvaudon .
m. o. g. d.
57 3
2444 3
68 S
6
41 6 I 12
32 3 12
270 2 6
LYON.
Du 17 Décembre 1759 , au 29 Février 1760 .
Meffieurs
De Falconet , Commiffaire des
guerres , à Tournon.
le Marquis de Lemps , Commandant
à Tournon.
La Chartreuse de Pierre Châtel.
Les R. P. Céleftins .
m.
0. g.
148 7 18
135 2.21
296 12
126 1 6
l'Abbé de Maubourg,Comte de Lyon. 134 1 21
Bathéon de Vertzieu , Gouverneur
de Vienne.
I. Vol.
145
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lyon.
L'Abbaye Royale de Sainte Claire
d'Annonay.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Saint Marie.
l'Evêque du Puy.
L'Eglife Paroiffiale & Collégiale de
Bourg.
Les Céleftins du Colombier.
Madame la Comteſſe de Broglie.
Girard , Tréforier de France.
le Comte de la Poype.
L'Eglife Paroiffiale de Neuville .
le Comte de Vogué , Brigadier des
armées du Roi.
le Marquis de la Tourrette , Baron
des Etats de Languedoc.
Le Monaftère de la Vifitation , Sainte
Marie de Saint Etienne.
Maindeftre , Tréforier de France.
L'Evêque de Valence.
de Saint Véran .
Les Chanoines de Saint Rambert ,
Ordre de Cluny .
Chauvet , Secrétaire du Roi à St.
Etienne.
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi , Commandant
à Bourg.
Les Miffionnaires de S. Jofeph .
Chalut , Chanoine à Belleville .
le Marquis de la Chaife , Lieut . gén.
Les Cordeliers de S. Bonaventure .
Les Religieufes de S. Benoît.
Les Cordeliers de l'Obſervance.
Mlle Bourlier.
m. 0 .
22 3
87 3
141 4 3
II 4 6
14 3
37 S 3
"
39 I 3
115
26 6
12
7653
70 5 3
217 18
32 6 18
1726 15
41 II
IS 2 18
22
.
66 3
6 18
3 6 ,
71 4
176 2 12
38 1 18
25 I 9
15 33
AVRIL. 1760 . 219
•
1
Meffieurs
Suite de Lyon.
Le tiers-ordre de S. François.
le Comte de Vaux , Lieuten. gén.
les Dominicains .
les Chanoines , Barons de S. juflt.
les Fabriciens de S. Pierre le Vieux.
les Religieufes de Sainte Catherine ,
à S. Etienne .
les Couriers de la Chapelle des
Paffementiers.
La Congrégation des Théologiens ,
au Grand Collège.
La Congrégation des Rhetoriciens ,
audit Collège.
LaCongrégation de Meffieurs , audit
Collège.
La Congrégation des jeunes Artifans ,
Caudit Collège.
1
les Dominicains de Bourg.
les Chanoines d'Ainay .
les Chanoines de S. Antoine.
les Congréganiftes du Mariage de
la Sainte Vierge.
les Chanoines réguliers de la Sainte
Trinité .
d'Origny , Receveur des Gabelles.
les Grands Auguftins .
Les R. P. Chartreux du Couvent
de Porte.
Les Religieufes de la Chartreufe
de Salette.
Les R. P. Chartreux de Lyon.
les Pénitens de la Miféricorde.
les Camerier & Chanoines du Chapitre
de S. Paul.
m
0. g.
22 4 12
49 3 10
6 45 6
30 6 12
84 7
22 7
70 2 18
31 I 6
43 3 6
127 I
3
24 4
97 18
25 3 9
59 I ୨
132 6
3
7 2 3
17 3 IS
397 3
17 I
582 15
20 4 18
108 7 3
110 4 12
Kij
220 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lyon.
m. o. g.
273 6 de Combles , Secrétaire du Roi.
les Carmes des Terreaux.
les Courriers de la Confrérie des
Plieurs de foie.
de la Valette , Chevalier d'honneur
de la Cour des Monnoies.
Chanorier , Receveur des Tailles.
les Chanoines du Chapitre de S.
Nifier.
les Pénitens de la Royale Compagnie
du Coufalon.
Les Religieufes du premier Monaſtère
de Sainte Elizabeth .
Bottu de la Balmondiere.
Hacte , Recev. gén. des Domaines .
Madame de Mélun ; Abbeffe de
l'Abbaye Royale de S. Pierre.
les Chanoines du Chapitre de Fourvière.
Bourlier d'Ailly , Tréforier de Fr.
Tabarreau , Directeur des Poftes.
les Religieufes de Beaulieu en
Roannois.
Madame de Montjouvent , Abbeffe
42 2 21
16
2852 12
so s 12
44 6 .
41 S
26 I
36 6 6
75
602 3
8.4 12
35 1 9
38 4 12
7 12
de l'Abbaye Royale de la Déferte. 32 4 Is
les Confreres de S. Nicolas de S.
Vincent. 19.2 12
Matières d'or portées à ladite Monnois .
Meffieurs
Pupil , premier Préfident de la
Cour des Monnoies.
Millanois , fils.
m . 0.
7156
AVRIL. 1760. 221
Suite de Lyon.
Me fieurs
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi.
Chalut , Chanoine à Belleville.
de Combles , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
d.
5236
6 12
6
LA ROCHELLE.
Du 29 Décembre 1759 , au 12 Févr. 1760.
Meffieurs
le Marquis de Champagné.
de Mougon , Lieutenant des Maréchaux
de France.
L'Evêque de Saintes.
Jourdain , Prieur de l'Abbaye de
Moreille.
Seimars de Boiffizeau.
m . 0. g.
19 2 12
2 I I2
285 1 3
53 1 6
136
BORDEAUX.
Du 2 Janvier , au 23 Février 1760.
Meffieurs
Les Bernardins , de Sainte Livrande.
Les Feuillans , de Bordeaux.
de Reftais , Secrét . de l'Intendance.
Les Bernardins , de l'Abbaye de Faife.
m. o. g. ↑
27 4 12
45 4
18 1 15
57
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
TOULOUSE.
Du 2 Janvier au 1 Février 1760 .
Meffieurs
Dorbellan , Préfident au Parlement.
Lefranc , de Pompignan.
Le Chapitre de Ste. Marie ,d'Auch.
*
m . o.
32 I 22
614
10 4 18
MONTPELLIER .
Du 14 Janvier au 5 Février 1760.
Meffieurs
M. O. g
le Marquis de Gerlande , de l'Etrange. 80 1 18
le Marquis de Vogué , Lieut. gén.
le Marquis de Monteynard .
DIJON.
82 I 12
135 6
Du 8 Janvier au 29 Février 1760 .
{
Meffieurs
Les Cordeliers de Dijon.
Michelinor , de Ganet.
Meot , demeurant à Chatillon .
Les Chartreux , de Dijon.
Vaillant , demeurant à Chatillon .
le Préfident Cocuderoy .
m. o. g.
30 6
37
14 3
62 4
40 7 12
79 3 18
M. le Comte de Malartie , cité dans le dernier
Mercure , eft , M. de Malartie de Montrioux , Premier
Préfident à la Cour des Aydes de Montauban .
1
AVRIL. 1760. 223
Meffieurs
Suite de Dijon.
m. o g.
de Connigant.
l'Abbé Dufert.
le Préfident de Ruffey .
de Changey , Major de Cavalerie.
Les Bénédictins de Dijon.
Les Urfulinesde Dijon.
La Congrégation des Artifans .
de Gurgy , Chevalier de S. Louis .
La Congrégation des Ecoliers.
Dauxilly ,Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
.
Mlles Du laurent.
de Levy.
Gautier , Confeiller au Parlement.
Petit de Breffez .
le Préſident de Lantenay.
Borde du Chatel , de Bourg en Breffe.
Liébeau , Subftitut du Procureur gen.
Seguin , Secrétaire du Roi.
Bouin , Chevalier de S. Louis.
Les Urfulines de S. Jean de l'Aunne.
Les Dames Bernardines de Dijon.
Nicaife , Maître des Comptes.
le Marquis de Villeneuve.
Liégard , Marchand Orfévre.
le Préfident de S. Seinne.
Boilot , Tréforier de France .
Greffier. Petitor ,
Mlle Motot.
Joly de la Borde .
de Mollera , Secrétaire du Roi.
Les Jéfuites de Dijon .
Robelot , Général de la Monnoie.
de Chavoify , de Chatillon.
52 3 15
60 2
20 6 21
78 4 18
71 I 6
91 5 12
24 4
17 6 6
312 18
79 7 IS
18 2 6
73 5 5
155 5 18
86 3
126 7 12
12 2
19 1
6
119 6 6
617 12
225 12
236
Is 6 la
170 7
50 2
103
6
74612
197 22
7 3 3
80521
48 7 12
98 7
4 3 18
49 6 6
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon .
le Beau , Confeiller au Parlement.
l'Abbaye du Lieudieu de Beaune .
l'Evêque de Mâcon.
Le Chap . de S. Pierre de Mâcon.
le Comte de Lantagne.
Les Religieufes de la Ferté.
de Clermont-Tonnerre , Maréchal
de Camp .
m. o. g. d.
67 12
34 I I 12
112 S 21
212 1 3
74 I 12
36 5 15
110 2 18
Madame la Marquife de Maffole. 145 3 10 12
Madame la Comtelle de
Brouindon .
La Chapelle de M. Dauvillars.
Jobard , Payeur des gages du
Parlement.
Motot , un étui d'or.
de Chatoillenot .
le Préſident de Layez.
le Prieur d'Auxonne .
de Martine.
Jacob , Marchand à Dijon.
de Propiat , Direct . des Dom.
de Laraniffe , d'Auxonne.
Poitier , Commiffaire de la
Marine à Auxonne.
de Flameran , d'Auxonne.
la Comteffe de Suremin , en or.
3 on. 4 g. 6 d.
de Basfoffé , d'Auxonne.
37 2 3
14 I
584
ww
3
2 22
23 4 6
86 3 19 12
SI 12
161 6 9
17 4 21
40 6 13 12
52.6.15
43 4 3
42 6.21
14 3 15
20 3
le Maréch de Clermont-Tonnerre. 313 2
Guillemot , Orfévre , en or.
s on. 14 d. & en argent.
le Comte de Jauconn.
Boileau , Receveur du Tabac
à Châalons.
83 5
130 5 5
74 4 12
AVRIL 1760 . 225
Meffieurs
de la Chaiſe.
Suite de Dijon.
de Villediat , Conſeiller au
Parlement.
Vaillant , Maître des Comptes.
Salins, Maître des Comptes.
Le même.
Madame de Chintré .
Madame Henry.
de Locré , Directeur général des
Fermes , à Châalons.
M. M. Seguin
de Blancey , Secrétaire des Etats .
Madame de la Vernette , du Mâconnois.
de la Cerve , de Mâcon.
de Montplaifant , ancien Préſid.
au Parlement.
le Marquis le Camus , Capitaine
au Régim , des Gardes Franç.
Champion .
Vaudremont.
m. o. g. d.
18 4 18
73 IS
56 3 13 12 .
37
217 12
206 7 18
81521
SI 4 19
40 2 18
48 6 15
172 5 18
216 4 7.12 .
168 6 3
204 4 21
563 22 12
de Quincey , Conf. au Parlement. 93
Jeaunnin , ancien Confeiller .
de Valetine , Lieutenant de Roi
de Châalons .
de Charmelieu Receveur.
Baudeffon , d'Auxerre .
l'Abbé de la Cour , Chanoine.
Guillemot , Marchand Orfévre.
de Sainte Colombe , Confeiller
au Parlement.
Joly de Blaify , Conf. honor.
27 13 12
436
15
22 S
77 7
49 7
23 6
22
41 6
13 1
136 I 6
3
Kv
de Goudrecoint , de Chaumont. 80 7
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon.
de Quintin , Procureur Général
du Parlement.
de Quency , Confeiller au Parlem .
L'Abbé de la Loge , Chanoine de
la Sainte Chapelle.
de Colmont , Commiffaire principal
des Guerres à Châlons.
Jannon.
La Vifitation des Châalons .
L'Abbaye de la Ferté.
Madame la Comteffe de
Chaminard .
de Fraffant , Ecuyer.
le Péfident de Bourbonne.
Madame la Comtelle de
Rochouard.
Madaine l'Abbeffe de Lanchard ,
à Châlons .
Borton de la Motte , à Auxonné.
de la Faye.
L'Evêque de Mâcon .
Jordier , ancien Chirurgien- Major
de la Gendarmerie.
Mademoiſelle Lamy.
Les Jacobins de Langres.
Guillemot , Marchand Orfèvre ,
m. o. g. d.
"
13 2 10 12
27 6
FI 3 3
203 18
47 7 15
17 I
HIS
18
3652
16-6-21
2734 12
25059
173 21
4 3 2 I
43 2
345 7 18
141 I 18
128 6 18-
en or , I m . 3 on.. 10 g.
Mademoiſelle Normand , un Erui
d'or 1 on. 12 8.
>
19 4 18
624 12
19 2 12
で
AVRIL 1760. 227
Meffieurs
ORLEANS.
Dus Février au 29 dudit.
Les Bénédictins de l'Abbaye de
Fériere.
Les Barnabites de Montargis.
Les Bénédictins de Vendôme .
Le Monaftere de Saint Laumer de
Blois.
Bourgmoyen , Chanoine de Blois.
Les Jésuites de Blois.
La Congrégation des Ecoliers.
de Saint Lazare de Blois .
Les Jacobins de idem,
Les Minimes idem .
Les Cordeliers , idem.
La Vifitation , idem.
Les Carmelites , idem.
Les Veroniques , idem.
L'Hôtel Dieu , idem .
La Paroiffe Saint Solenne , idem.
La Paroiffe Saint Honoré , idem.
La Paroiffe de Saint Martin , idem.
La Paroiffe de Saint Saturnin , de
Vienne.
L'Abbaye de Pont - le-Roi.
MM. Michel , freres , Négociants.
Madame la Veuve de Seurat , de
Bellerue , d'Orléans .
m. o. g.
31 3
3
38 5 6
18 7
23
7221
4212
23 15
19.3 "
18 2 12
20 18
f 1 18
5 118
14 7
2
203 12
23 212
47 18
2018
31721
80 4 21
40
21 4
$5 18
435 18
27
Decherel , ancien Officier d'Infanterie.
Boyelet , Lieutenant Criminel.
de Saint Germain.
Boyeler , Maréchal- des -Logis de la
Maiſon du Roi.
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite d'Orléans .
Baguenau de la Prairie , Tréforier
de France à Rouen.
Sainſon , Avocat du Roi.
de Genne , du Portail .
Vaudeberg , Sécrétaire du Roi.
de la Toinne , & fon fils.
Madame la Veuve Laurencin.
Dautroche , Doyen des Tréforiers
de France.
Dautroche , Chevalier d'honneur.
Baguenau de Pucheſe .
Madame la Veuve de Mondreux.
Madame la Veuve Jacques Maçon .
Lambert , Maître des Eaux & Forêts
d'Orléans.
Bonvalet , Secrétaire du Roi.
Boileve Darbonne , Tréforier de
France.
m . o . g.
39 2
71 12
35 3
35 I 12
352
20 3
41 4 12
31 4 6
20
21 7
42
II 18
37.7 12
382
54
12
17 S
6
20 S
6
༡༠
1
44 I
13 3
34
22 12
Donnant , Secrétaire du Roi , Directeur
du Domaine.
Pinchinat , Négociant à Orléans.
Bouderaux, Greffier en chefau Bureau
2 des Finances.
Petineau , Négociant à Orléans.
l'Abbaye de S. Benoît.
Beaudouin , ancien Ingénieur.
La Paroiffe de S. Michel Lafferté-
Lovendal.
M. & Mlle Ducoin de Joui.
du Condré , Chanoine de Saint
Aignant.
Seurrat de la Barre , Raffineur.
Miron du Condré , Négociant,
18
13
12
1326
AVRIL. 1760. 229
Meffieurs
Suite d'Orléans.
Crignon de Bonvalet , Lieutenant
des Eaux & Forêts.
Lion du Sabon , Tréſorier des
Ponts & Chauffées.
du Boucheteault.
Dehecre , pere.
Vandeuil de Pourpoy.
Madame la veuve Sainfon Sévetreville.
d'Orléans , Capitaine de Cavalerie.
Barbeau , Greffier des Eaux & Forêts.
Curot , Lieutenant gén . d'Orléans.
Roland Pierrelegriffe.
L'Abbaye du Lieu .
m. o. g.
92
336 15
654 15
II 6
16 2
49 7
25412
N 3
34 5 6
596 ୨
42
RHEIM S.
Du 8 Janvier au 23 Février 1760.
Meffieurs
Defaulx , Chanoine.
L'Abbaye d'Elan , Ordre de Citeaux.
L'Abbaye de l'Ile en Barois , même
Ordre.
La Cathédrale de Châlons.
L'Abbaye de Vaucler , Ordre de
Citeaux.
Madame la veuve de Courtagnon.
le Large , Contrôleur du Grenier
à Sel.
L'Abbaye de S. Mefnie-lez-Châlons.
L'Abbaye de Lavalroi , Ordre de
Citeaux.
m. o. g.
30 4
8 1 64
43
34
54
50 2
88 2 12
32 6
6733
230 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m. o. g.
L'Eglife de Notre-Dame, de Rheims. 112 6
Deuil , Fourrier honoraire chez le
Roi.
le Comte de Romecour.
L'Abbaye de Montfay , Ordre des
Prémontrés .
De la fucceffion de M. de Macnamara.
L'Abbaye de Notre - Dame de
Soiffons.
29 I
IOS 4
7 7 18
54 12
220 4
L'Abbaye de Foigny,ordre de Cîteaux . 34 6 12
L'Abbaye de S. Medard de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Laon.
24 2 12
89 2
687
La Chapelle de l'Hôtel- Dieu de Laon 12 4
NANTES.
Du Janvier au 29 Février
1760.
Meffieurs
m. o. g.
le Duc d'Aiguillon. 772 3 21
La Fabrique de Notre - Dame
d'Hennebon.
Les Chartreux d'Auray.
La Cathédrale de Vannes.
Les Carmes de Ste . Anne.
La Paroiffe de Lomariac.
15212
55
265 2 6
L'Abbaye de S. Pierre de Vannes. 49 4
87 I
II 7
La Paroiffe de Carnac,
Dugouyon des Houllieres .
du Bois de Roche , de Nantes.
La Paroiffe d'Eſdeven.
40 6
If
131 1 7
43
18
AVRIL. 1760.
231
Suite de Nantes.
Meffieurs
m. o. g.
Cakiot , Changeur à Vannes. f1 2 18
Les Dames du Pere Eternel, de Vannes. 2 12
La Paroiffe de Saint Pierre . 2612
La Paroiffe de Languidie. 24 12
La Paroiffe de Baud . 26 9.
La Paroiffe de Plumergat.
Les Peres de S. Vincent , de Vannes .
Les Carmes de Vannes.
Les Cordeliers de Vannes.
La Paroiffe de Peaul.
La Paroiffe de S. Laurent , de Nantes.
2 4 ୨
124 12
12 3
14 2
37
22 18
1
GRENOBLE.
Du 3 Janvier au 21 Février 1760.
Meffieurs
de la Pierre , Subdélegué à Gap .
Madame de la Tourvideau.
le Marquis de Valin.
de la Cofte de Maucune , Conſeiller
honoraire.
le Marquis de Chabrillant.
le Marquis de Joriac,
Madame la veuve Duclat de Montbrun.
Geoffre , Receveur des Tailles à Montlimart.
Boiffet, Receveur des Tailles au même
lieu.
m. o.
Is I
68 3. 3
2/3 18
145 5 TE
69 1 18
36 221
16 7
18 6
20 2 14
de Lavallonne , Commiff. des guerres. 38 1 9/
l'Evêque de Gap.
232 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Grenoble.
Chatellier , de Valence.
le Marquis de Bayanne , de Valence.
l'Abbaye de Saint Antoine.
La grande Chartreufe.
le Marquis de Bourchenu , Premier
Préfið . à la Chambre des Comptes.
le Chapitre de S. André , de Grenoble.
Bailly de Montcarra .
Les Jéfuites de Grenoble.
La Chartreuse de Durbon.
le Marquis de Chabrillant , Maréchal
de
camp.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Grenoble.
Le fecond Monaftere.
Les Jéfuites de Grenoble , de la Congrégation
des Ecoliers.
Les Jéfuites , de la même Ville .
m. og.
39.2 I9
36 3 18
50 2 18
69
60
8
31 6 18
30
26
26 I
68 3
35-2
23 1 12
235
17 12
3
18
si
24 4
865
La Congrégation des Penfionnaires.
Les Religieufes de Sainte Cécile , de
Grenoble .
Les Dominicains de Grenoble.
AIX .
Du 28 Décembre 1759 , au 7 Février 1760.
Meffieurs
du Puiq de Lamotte , ancien Conf.
au Parlement .
de Crelle de Montval , Conf. du
Roi à la Chamb. des Comptes.
m. o. g.
d.
137 S 9
II 6.
AVRIL 1760. 233
Meffieurs
Suite d'Aix.
Lagouffe, de la ville de Manofque.
de Saint-Etienne , idem .
le Baron de Latour- Daigues.
Le Chapitre de la ville d'Apt.
Les Carmes d'Apt.
Les Cordeliers d'Apt.
le Marquis de Jarente , de Marfeille.
le Duc de Crillon , d'Avignon.
Lyon de S. Ferraft , Contrôleur
de la Monnoie.
Pitton , Confeiller honoraire de
la Chambre des Comptes.
m. o. g. d.
5 6 18
57
559 5 15
20 3 16 12
I 4 19 12
47 12
92 521
2004 12
30 3 3
23 1 12
le Marquis d'Arcufia, de Marſeille. 220 2 21
de Calamand , Confeiller à la
Chambre des Comptes.
de Lane , de Marſeille.
M. Cruzé , idem.
Palteau , Subdélégué général ,
en bijoux d'or.
Gaufdry de Saint Eftere.
Le Corps de MM. les Tréforiers
de France .
Le même Corps.
Portaly , Commiſſaire Ordonnateur
à Toulon.
Les Recolets de Notre Dame,
Diocèfe de Siſteron.
La Cathédrale de Glandèves ,
d'Antreveaux.
Madame la veuve Gleire , de
Blandel.
21 5
50 5
42 I
7 12 15
83 I
191 2 3
102 3 9
23
5215
39 I 3
70
234 MERCURE DE FRANCE.
RENNE S.
Du 6 Janvier au 28 Février.
Meffieurs
L'Abbaye Royale de S. Maurice.
L'Abbaye Royale de la Joye.
Made. la veuve du Coetlofquet,
tutrice .
L'Abbaye Royale de Langonet.
L'Abbaye Royale de Begard,
Les Jéfuites.
La Congrégation des Jéfuites.
La Congrégation des Ecoliers.
L'Abbaye de S. Aubin des bois.
Nouail , Recteur d'Argentré .
Guyon des Huilliers , Avocat
général à la Chambre des
Comptes à Nantes.
L'Eglife Cathédrale de Rennes.
Les Dominicains de Rennes.
Vedier , Subdélegué général de
l'Intendance.
m. o. g . d.
20 7 18
12 2 19 12
90 3 3
37 6 19 12
38 2 15
28 5 4 12
18 3 I 12 .
17 4
597
2 4
3
3
21 I 4 IZ
22
32 1 22 12
454 19 12
MET Z.
Du 15 Décembre 1759 , au 28 Février 1760 .
Meffieurs
m. o. g. d.
le Marquis de Clermont-Tonnerre,
Lieuten. ,Colonel du Régiment
de Meftre- de- camp.
Huffon , Subdélegué à Sedan.
34 4
84 7 7.
AVRIL 1760. - 238
Meffieurs
m . 0. g. d.
Suite de Metz.
Le Liepre , Commiſſaire Ordonnatear
des guerres à Toul .
L'Abbaye de Châtillon , Ordre de
Citeaux.
de Tonnoy , Capitaine dans les
Grenadiers de France de Nancy.
Duhameau , Avocat en la Cour , à
Nancy.
le Comte de Germiny , idem.
Seriet , Confeiller d'Etat , idem .
Madame la Marquise de Sarmoife ,
idem .
le Comte de Ludres , idem.
Le T. R. P. de Menou , Directeur
des Miffions , à Nancy.
le Comte du Rozières .
le Comte du Hautoy .
le Marquis de Baffompierre.
de Turique.
le Marquis de Bergevillers.
de Montureux , Colonel.
de Niocourt , Premier Préfident
de la Chambre des Comptes.
de Rouvroy, Premier Président de
la Chambre Souveraine de Lorraine.
Vigneron , premier Préſident de la
Cour Souveraine.
Madame la Comteffe de Hoflife.
le Prélat de Boufey.
le Lorrain , Directeur des Fermes .
le Comte de Lupecourt.
la Comteffe de Curel.
de Marcolle.
34 IS
-22 2 2
643
58 3
67136
36
2155
69 2
71 12
20 3
103.7
6 36
164
4
19 23
40 3
6554
166 4
2476
106 I 36
7 3
2876
8157 36
1
42 2
106 I S
747 $ 36
157
3.6.
236 MERCURE DE FRANCE;
Meffieurs
Suite de Metz.
m. o. g.
de Brichabeau , Confeiller d'Etat.
Prevot , Receveur des Fermes gén.
la Préfidente de Meuvron ,
la Salle , pere ,
16 1 7
6966
944 S
26 2 7
la Salle , pere , demeurant à Sârlouis, 40 6 6
le Comte de Hunoſtin ,
l'Evêque de Metz ,
de Vendel , Abbé de Vernenvillier ,
Ordre de Cîteaux ,
Mangin , Lieutenant Général du Bailliage
de Nancy ,
l'Abbaye de Hauttefeille , de Nancy ,
le Comte d'Hedival , de Nancy ,
de Serre , Confeiller d'Etat ,
Cueillette de Bey ,
de Biron ,
le Fevre , Confeiller d'Etat ,
de Comte de Raigecourt ,
Mathieu , Grand- Maître des Eaux &
Forêts ,
le Comte de Breffey
le Vicomte de Thiange ,
Thibault , Lieutenant Gén . de Police ,
de Muffey , Confeiller d'Etat ,
Simon de la Treche ,
le Chevalier de la Michaudiere ,
Gallois , Sécrétaire d'Etat du Roi de
Pologne ,
167 6 S
148 7 6
883
16.6 4
34 6
33. I 2
22
35 17
20
13 17
7376
41 I
21 2 I
44 S
I
75
13 4 3
16 2 4
21 1
5573
177 S
Mad. la veuve de Gande, de Martanmeville
, Exempt des Gardes- du - Corps, 143 6.2
l'Abbé de Jalival , Ordre des Prémontrés
,
8 6.
l'Abbaye d'Ecurey , Ordre de Cîteaux , 235 2
Potier , Contrôleur des Guerres , 2756
AVRIL. 1760 . 237
STRASBOURG.
Du 31 Décembre 1759 , au 9 Janvier 1760 .
Meffieurs
da Billot , ancien Médecin de l'Hôpital
,
de Chaftel , Tréforier extraordinaire
des Guerres ,
m. o. g.
49 18
3588
LILLE.
Du 11 Décembre 1759 au 29 Février 1760.
Meffieurs
L'Evêque de Saint- Omer ,
le Comte de Blarhimghem ,
le Febvre de Lattre de Ligny ,
l'Abbaye de Marquette ,
le Comte de Souaftre , Colonel des
Grenadiers de France ,
l'Abbaye de Hafnon ,
de Vignancourt de Fletre ,
Langle , Subdélégué de la Flandre
maritime ,
de Rombie , Chanoine à Caffel ,
le Marquis du Barail , Commandant
en Flandres ,
le
Couvreur ,
m. o.g.
235 2
314 S
60 3 .
153 5
52 4 I
93 7 7
148 3
73 3
13 6
1965 S
le Comte d'Oizy , en Artois ,
l'Abbaye de Flines , près Douay ,
Potteau de Carny , Sécrét. du Roi ,
Percou d'Elbeck , à Lamberſart ,
de Frojdmont , Chanoine de S. Pierre ,
20 I 3
189 4
87 5 4
41 I 7
1967
40 75
"
238 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de la Gibaudiere , Commandant à
Cambray ,
la veuve Denyau de Lille ,
le Prince de Croy ,,
Chevalier , Commandant du Fort
Saint-François à Aire ,
l'Abbé de Mouchy , Prévôt de S. Pierre
à Aire ,
l'Abbé de Fumalle, Prévôt de l'Eglife de
Cambray ,
Bourdon d'Haucourt , de Cambray ,
le Marquis de Nedonchelle ,
Briffon , Commiffaire des Guerres à
l'Armée ,
le Camus , Commandant de la Citadelle
à Lille ,
Jacob d'Aigremont à Lille ,
Faulconnier , Gránd- Bailly de Dunkerque
,
la Marquife de Lille ,
L'Abbaye des Prés , à Douay
le Comte de Beaufort , près S. Omer ,
le Chevalier d'Archy ,
Defliot Desrobles ,
Fabricy , Capitaine au Régiment de
Salis , Grifon ,
Jacquerie , Confeiller au Parlement
de Flandres ,
Herts , Confeiller Penfionnaire des
Etats de Lille ,
de Buiffy , Préfident à Mortier au
Parlement.
Les Hofpitalieres de Stenvoordes ,
L'Hôpital Comteffe , à Lille ,
m. o.
19 4 7
49-6-4
6316
87 4
21 2 2
58 6
S
3322
15814
64 6 4
66 53
199 3 2
5672
229 2
50 3
110 6 §
327 S
112 7.6
16 I I
12 6 4
32.63
3477
267
$7
AVRIL 1760. 239
Meffieurs
Suite de Lille.
m. o. g.
L'Abbaye de S. Amand en Flandres , 239 3 2
Dochy, Major de la ville de Cambray , 275 2
de la Châtellenie de Caſſel , 42 32
Buguatre, Prévôt de la ville de Cambray, 20 7 2
Deliot Desrobles ,
Les Chanoines de Sainte Aldegonde ,
19 3.
de Maubeuge ,
102 4 7
de Fourmeftraux, d'Holbecque, 147 3 6
le Comte de Guines , Lieutenant de
Roi d'Artois , 172 32
duMetz de Fromentel , à Valenciennes , 41 1 7
d'Haffrengues de Lannoy , premier
Confeiller des Etats ,
de Briane, Doyen de la Cathédrale de
Saint- Omer ,
33 34
41 4 4
De Latour de Sr. Quentin , de St. Omer, 58 6
le Comte & Sénéchal de Blandecque , 63 5 7
Maximilien Depont, de Wifque,
Enlart de Saint- Maurice ,
31 4
2556
Lefebvre de Halle , Secrétaire du Roi , 29 6 4
la veuve de M. Titelouze, de Balinghien, 20 75
Enlart , Sécrétaire du Roi ,
de Archies , de Drincamp ,
Pelet , Echevin de Saint- Omer ,
Cordez , ancien Directeur des Poftes
à Saint-Omer ,
Huguet du Haillier , Lieutenant- Gér
2064
3325
32 S
146 52
néral de l'Amirauté de Dunkerque , 46 1
Demadre , Bailly de Roubaix ,
L'Abbaye de Saint- Winocq ,
12 12
102 S
L'Abbaye du nouveau Cloître à Bergues, 17 7 4
Vernimen , Président à Mortier du
Parlement ,
de Polinchove , & de Franqueville d'Abancourt,
Confeillers au Parlement, 250 s
240 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de Franqueville , de Fontaine , Confeiller
au Parlement ,
de Franqueville d'Inielle , Confeiller
au Parlement >
le Baron de la Grange , Chevalier
d'honneur ,
de la Fonteyne de Villers ,
Remy , Conſeiller au Parlement ,
Mulet, Confeiller au Parlement ,
Remy Dejardin , Conf. au Parlement ,
Baltazard , Confeiller au Parlement ,
le Comte de Villefort , Gouverneur de
la Citadelle de Valenciennes ,
Vandermeche , Conſeiller au Parlem.
Lecomte de la Chauffée , Avocat au
Parlement ,
m. 0.
g
202 I
32 IS
33 3
148 7 4
22 15
27 7
12 7 4
SI I I
81 6
18 76
1927
Eloy , Confeiller au Parlement 133 1
Dutil , Confeiller- Clerc au Parlement , 12 2 4
le Comte d'Havelin ,
de Flandres
Eloy , Confeiller au Parlement ,
de la Feuly , Prévôt de S. Pierre ,
Taffin , de Goulzen ,
?
Dirval, de Lille ,
Vernimen , Bourguemeſtre de Dunkerque
,
Taverne, Subdélégué à Dunkerque ,
Coppens , d'Honschotte ,
Dunquer , ancien Subdélégué à Dunkerque
,
Lamoral , Conſeiller au Parlement de
Flandres ,
Clément de Saint-Mare ,
de la Lande ,
102
T3 4
85 I
557
184 5
"
407 4
18 6 1
61 13
98 7 4
.
76 S
3437
48 7 4
55 45
Suite
AVRIL. 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille .
Brunot , Préfident à Mortier au Parlement
,
de Biré, Tréforier des Troupes, à Lille ,
Becquet de la Rofiere , à Douay ,
de Forêt , Préfident à Mortier au Parlement
de Flandres ,
Merlin d'Eftreux , Confeiller au Parlem .
Les Jéfuites, de Bergues ,
les Magiftrats de la ville de Bergues ,
les Magiftrats de Dunkerque ,
Plaifant, Greffier de Douay ,
m. o. g.
403 4
35 4
37 14
5932
2 19 2
335 3
544
2942
183
Dagemont , Prévôt Gén . du Hainaut , 84 2 I
Gramont , Doyen de Dunkerque ,
L'Abbaye de Vicogne ,
49 2 2
47 I 2
19 I 4
Heriguier , Confeiller au Parlement , 26 45
Marefcal , Confeiller au Parlement ,
Deflions de Flechin , à Saint-Omer ,
le Marquis d'Oliot , Brigadier des Armées
du Roi ,
le Pelletier , Avocat au Parlement de
Paris, pour feu M. de Roftrenem '
de Ramfault , Directeur du Génie , de
Flandres
,
Les Jéfuites de Caffel ,
de Rombies Chanoine à Caffel .
>
(fecond envoi )
39 5
37 7 2
26 5 I
2576
4I I S
2 6.7
de la Rianderie, Bailli des Etats de Lille , 78 7 5
Debonte de Becquet , à Dunkerque ,
Déguillon , Tréforier de la ville de
Douay ,
Madame du Belloy , veuve du Major
de la Citadelle de Lille ,
de Beaune , ancien Capitaine au Régiment
de Limofin
1. Vol.
2
6234
2625
1627.
11 7 4
L
242 MERCURE DE FRANCE
Suite de Lille.
Meffieurs
Pajot , Directeur des Poftes & Commiffaire
des Guerres ,
m. o. gi
40 3 6
MM. du Chap. de S. Pierre de Douay , 75
le Marquis de la Vieuville , à Stenvoorde
,
de Verghelle de Lambersart ,
Briffaur , Profeffeur Royal à Douay ,
Molin de Vagnonville ,
Hutin , Echevin de la ville de Douay ,
de Varenchant , Directeur des Fermes
à Saint-Quentin ,
de Forceville de Mericourt, à Paris ,
Serrurier fils , à Saint- Quentin ,
3617
4857
1322
2444
Mademoiſelle de Senancourt , à Saint-
Quentin ,
27
48.4
60.7 6
52 23
33 I I
Blotefiere de Grecourt , Chevalier de
S. Louis , 40 S.S
de Rondeau de le Mercerie , à Saint-
Quentin , 712-4
Muller, Procureur du Roi à St. Quentin, 62 2
Serrurier pere , à Saint- Quentin ,
Laurent de Bernouville , Commiffaire
des Guerres à Landrecy ,
d'Orchival , ancien Capitaine de la
Marine ,
Simon de Berfé , à Douay ,
Hennet , Prévôt de Maubeuge ,
Spel de Fling de Premecq2
de Calonne de Merchin
Deioldy , de Lille ,
Parrata , de Lille ,
2
de Segent , Major de Saint- Omer ,
le Page , Directeur de la Monnoye ,
161 34
128 1 4
9935
265
83
3827
6244
7412
1162
61 7
18.6
Coll , Echevin de la ville de Douay , 14 76
AVRIL. 1760. 243
Meffieurs
Suite de Lille.
m . o. g.
MM. du Chapitre de S. Pierre , à Caffel. 37 6
Les Hofpitalieres de Caffel ,
Madame la veuve Cramé. ( Second
envoi. )
155 3
1254
Cambier , Greffier au Parlement de
Douay , 13 IS
1263
255 I
64 13
42 4 3
Beaumaret , Echevin de Douay ,
Madame la veuve Sericourt ,
Vandercruiſe de Lamotte ,
L'Abbaye de Voftine ,
,
›
Dehaut , Profeffeur Royal , à Douay ,
de Varenghien , Ecuyer , à Douay ,
Cambier, Mayeur , à Valenciennes ,
Fizeau , Banquier à Valenciennes
Lehardy Daulnois
Picquet , Echevin , à Dunkerque ,
Drouillard , Confeiller de la Chambre
du Commerce , à Dunkerque ,
Huguet du Hallier , Lieutenant-général
de l'Amirauté , à Dunkerque.
( Second article. )
Lombart , Echevin , à Dunkerque ,
16 4
IS 34
so 13
108 I
68
82 17
23 4
34 4 S
34 3 4
Ravodel , Officier à Saint - Domingue , 23 27
Benoît , Lieutenant des Maréchaux de
France ,
Herrewin , Echevin , à Dunkerque ,
Ingilliard de Wattines , ( par addition. )
Mailly Mainez , de Bleghem ,
Dalhuin Dupont , Subdélégué à Aire ,
L'Abbaye du Verger , à Aire ,
Lefebvre , de Schonvelde ,
Denis de Riacourt , Subftitut du Procureur
Gén. du Parl . de Flandres ,
L'Abbaye de S. Calixte ?
22 2
764
4 3 2
31 32
14 3
25 7.
-33 3
14 4 7
52
•
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lille.
Meffieurs
Godfroy Dufart , Procureur du Roi
au Bureau des Finances .
M. Godefroy de Maillard, Directeur de
la Chambre des Comptes , à Lille.
MM. les Magiftrats de la ville de
Douay.
MM. de la Collégiale de S. Pierre ,
à Aire .
Morincq , Tréforier de la ville de
Dunkerque.
Galhault , Confeiller , à Arras.
Les Chartreux de Bourtillerie , Châ-
'tellenie de Lille.
Le College Anglois de Douay.
m. o.
734
733 7
25
119 4
"
25 5
La Dame veuve Arnaud Genty , à Dunkerque.
Betfort , négociant , à Dunkerque.
Coppens d'Herfin , Procureur du Roi ,
à Dunkerque.
L'Abbaye d'Hafnon .
L'Abbaye de Maroilles , près Landreies
.
L'Abbaye de Liefſies.
L'Abbaye d'Haumont.
37 26
7057
61 53
4622
835 S
16 3 6
127
•
126 76
126 7.6
140 7 S
49 3
Wilerval , Imprimeur du Roi, à Douay. 12 2 4
le Comte de Lagny , ancien Echevin ,
à Douay.
18 54
L'Abbaye de Phalempin, ( Second envoi. ) 12 4
L'Abbaye de S. Vaaft , d'Arras.
L'Abbaye du Mont S. Eloi- lès - Arras .
du Parlement.
25664
Corbie de Bligni , Conſeiller honoraire
64 2
L'Eglife de S. Gery , d'Arras.
I
Madame de Caffel , à Dunkerque.
2766
64.23
5242
AVRIL. 1760 245
Messieurs
Suite de Lille.
Les Bénédictins Anglois , de Douay.
La Paroiffe de Marquilies.
Les Hofpitalieres des Chariottes ,
d'Arras .
L'Abbaye de la Paix , à Douay.
Le Chapitre de S. Amé , à Douay.
L'Abbé des Camps , Prévôt du Chapitre
de Béthune .
Madame la Baronne d'Hinge en
Artois.
L'Abbaye de Beauprez , fur la Lis.
La Paroiffe de Fournes , Diocèle
d'Arras.
MM. les Magiftrats d'Arras.
L'Abbaye de Marculle , près Arras.
de Mefplau , Capitaine au Régiment
de la Marine.
m. o. g.
31
162
3672
4 7 4
116
3116
28 S z
53 I
II S
87 6 1
1572
8324
LesSupérieures Annonciades, de Douay . 27 5 $
Rafoir de Croix , Prévôt de Valenciennes.
La Congrégation des Bourgeois
d'Arras.
La Congrégation des Ecoliers d'Arras .
Les Religieufes , dites Louez - Dieu ,
d'Arras.
Les Jefuites d'Arras .
Desjardins , Chanoine de la Cathé
drale de S. Omer.
La Paroiffe de Fleurbaix , Diocèle
d'Arras.
Mazel , Tréforier des Troupes à
Arras.
Les Religieux de S. François de Salles ,
d'Armentieres. •
ZI I 2
33 I I
II S 7
7 4 3
111 7 7
18 4 S
4 I F
18 22
62
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Madame la Comteffe d'Aumale
veuve du Lieutenant- Général .
D'Haifne , Chapelain de S. Pierre
à Douay.
Maffart , Commiffaire des Guerres
à Philipeville..
les Jéfuites de Valenciennes .
les Carmelites de Douay.
l'Abbaye d'Anay , près Douay.
la Paroifle d'Izel - lès- Equerchim .
l'Abbaye d'Eftrun , près Arras .
les Jéfuites de Cambrai .
m. o. g.
68 6
17 5 4
5044
172 5 2
70 I 4
54.3 5
3.22
21 5
46 44
les Jéfuites de Dunkerque. 82.3 I
les Soeurs grifes , Hofpitalieres de
Douay.
875
la Paroille de Saint- Albin de Douay. 38 2
les Chartreux de Douay .
la Paroiffe Notre- Dame, de Douay.
la Confrérie de Notre- Dame.
l'Abbaye de Vicoigne.
t
l'Abbaye de S. Crépin , près Valenciennes.
les Jéluites de Béthune.
l'Abbaye de S. Jean , à Valenciennes.
la Paroifle de Bourbourg.
l'Abbaye de Bourbourg.
la Chapelle Notre- Dame de la Treille ,
dans l'Eglife de S. Pierre , à Lille.
la Chapelle , Paroiffe de ladite Eglife.
le Choeur de ladite Eglife.
la Paroiffe d'Aubert , Diocèle d'Arras .
la Communauté du Béguinage , de
Valenciennes.
la Paroiffe de Dunkerque.
70
11 2 I
3 3
102 4 2
165 46
62 * 2
81 35
2654
22
214 4 4
62 4 4
121 6
2 I 4
12 3. I
482 6 :2
AVRIL 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille.
les Carmes Chauffés de Douay.
Les mêmes.
la Chapelle Notre- Dame de Bonne-
Efpérance de Valenciennes.
les Carmes- Déchaux de Valenciennes.
la Paroiffe de Beaumont , en Artois.
la Métropole de Cambrai.
l'Abbaye de Vaucelle , près Cambrai.
l'Abbaye de Premy.
m. o. g.
2352
72
656
35 4 4
745
218 4
927 I
47 3 S
l'Abbaye de S. Nicolas d'Arrouaife, près
Bapaume.
l'Abbaye de S. Aubert , à Cambrai.
l'Abbaye d'Anchin , près Douai.
de Coulonge , près Arras.
da
Marhacourt ;
à Saint-Omer,
l'Abbaye de S. Jolle-au - bois , dite
d'Ompmartin .
l'Abbaye de S André- au- bois , Diocèle
d'Amiens .
Durand , Surintendant du Mont- de
Piété , d'Arras.
le Couvent S. Julien , de Douai.
45 I S
103 7
IOIS S
40 I
I
34 x 5
25 3
3342
1832
12 I
l'Abbaye du S. Sépulchre , à Cambrai . 43 6 3
de Percheval , à S. Omer.
le Couvent de la Préfentation , à Aire.
François-Louis le Cellier , à Valenciennes.
867
21
27 5
I
21 I 2
le Couvent de la paix de Jefus , Ordre
de S. Benoît , à Arras.
Lemaire, l'aîné , Bourgeois de cette ville , 16 24
Guilleman, Seigneur de la Barre , à Lille. 2014
la Collégiale de S. Gery , à Cambrai. 34
l'Abbé de Millancourt Vicaire- Géné-
>
ral ,à Cambrai .
10 3
Liv
248 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lille.
es Bénédictines Angloifes , de Dunkerque.
le Couvent de Sainte Agnès, de Cambrai.
Lefebvre , de la Balle- Boulogne.
Bady , de Normond.
Watier , Secrétaire du Roi , à Cambrai.
les Hofpitalieres de S. Jean de Cambrai.
le Prieuré de Fives , près Lille.
les Chartreux de Valenciennes .
Waquernier , Secrétaire du Roi.
de Cregny , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis.
Locart , de Valenciennes.
les Carmelites de Valenciennes.
m. o. g.
37 2
46 53
30.3 1
5622
24 2 I
20 7
49
5065
5374
233.1 3
28 S I
*
20 4
'Abbaye de Brigitines de Valenciennes. 14 2 3
l'Hôtel -Dieu de Valenciennes.
34 2 les Religieufes de la Congrégation de
Notre-Dame de Valenciennes.
Hennet de Baret , Subdélégué a Mau-
47 4 4
beuge .
14 2 4
les Urfulines de Valenciennes .
29 1 1 Morel , Directeur des Fermes du Roi à
Valenciennes.
19 I
108 3 S.
la Paroiffe de S. Jacques de Douai .
Corvifier, ancien Trélorier des Troupes
en Flandres. 10
MATIERES D' O R.
Meffieurs
MM . les Magiftrats de la ville d'Arras
, provenant d'une Eglife.
Lefebvre ,de la Baffe- Boulogne, ancien
Officier d'Infanterie.
m. o.
4 4
6 12
AVRIL. 1760. 249
PAU.
Du 8 Janvier au 16 Février 1760 .
Mefsieurs
Le Comte de Troifville , Gouverneur
du pays de Saulle.
le Baron d'Ulau .
l'Abbé de S. Jean , Ordre des Prémontrés.
la Communauté de Caftenau , riviere
baffe , Diocèle de Tarbes.
la Communauté de Luz , en Barege,
Diocèle de Tarbes.
la Communauté d'Arrens, valée d'Affuns
en Lavedan , de Tarbes.
le Chapelle de Notre-Dame de Poeylaun
, du lieu d'Arrens , vallée
d'Affuns.
la Paroiffe de Pontacq , Diocèle de
Tarbes.
m . 0.5.
119 3 21
13 4 21
221 6 18
45 12
346
65 15
94
TROYE S.
Du 21 Février au 28 dudit mois.
Mefsieurs
Les Religieux de Beaulieu.
grand Séminaire de Troyes.
Le Sueur , ancien Officier , à Bar-fur-
Aube.
les Religieux de Montierame.
Madame l'Abbelle du Paraclet
m. a
7 3
16
48 4 2
ΤΟ
16. J T
玉田
250 MERCURE
DE FRANCE.
#
Messieurs
Suite de Troyes.
m. o. g.
Madame l'Abbeffe aux Nonains , de
Troyes.
MM. de S. Etienne , de Troyes.
les Urfulines de Troyes.
MM. de S. Urbin , de Troyes.
MM . de S. Pierre , de Troyes .
la Congrégation de Troyes.
MM. de Foilly - lès - Troyes.
les Jacobins,de Troyes.
24 I6
36.44
19 2
12 4 I
382-1
49
32 I
387-
Messieurs
POITIERS.
Du 8 au 16 Février 1760.
De la fucceffion de M. Bouliaud , Curé
de la Paroiffe de S. Médard , de
Louars.
l'Abbaye de Chatelier , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Poitiers.
le Marquis de Chataigner.
l'Abbaye de Luffon , Ordre de Fontevrault.
BOURGES.
Du 16 au 28 Février 1760.
L'Annonciade de Bourges.
m. o. g.
36 3
SI
12
59
I
25 1
m. 0. g.
753
AVRIL 1760..
251
Messieurs
Suite de Bourges .
MM. Derfane , de Coulon , & des Coteaux
.
le Séminaire , de Bourges.
m. o. g.
20 4 I
9
les Urfulines, de Bourges.
la Vifitation , de Bourges.
la Congrégation , de Bourges.
JI 2 6
21 I 2
551
AMIEN S.
Du 20 au 28 Février 1760 .
Messieurs
Les Feuillans , d'Amiens.
MM. les Chanoines du Chapitre d'Amiens.
le Chapitre Royal , de Roye.
de Saint-Quentin , Capitaine général
des Côtes.
les Filles de Sainte Génevieve , d'Amiens.
les Jéfuites , d'Amiens.
la Congrégation des Jefuites.
le Séminaire , d'Amiens.
Gerard , Infpecteur des Domaines de
Picardie .
l'Eglife de S. Firmin en Caſtillon, d'Amiens.
la Congrégation des Ecoliers du Collége
des Jéfuites.
les Auguftins , d'Amiens.
m. o. g.
10 25
316 3 7
2962
2565
12 6 3
les Adminiſtrateurs de l'Hôpital d'A-
49 4 2
11 6 5
10 2 6
543
39 I 3
225 2
26 6
miens.
267 S
I vj
252 MERCURE DE FRANCE
Suite d'Amiens.
1
Messieurs
Les Carmes , d'Amiens.
m. o. g.
18 6
les Religieufes de Moramont, d'Amiens. 22 5 4
de la Combe, Prévôt de la Maréchauf
fée de Picardie .
les Religieux de S. Pierre , de Corbie.
Cordier, Receveur particulier des Eaux
& Forêts d'Amiens.
les Religieufes de la Vifitation d'Amiens.
les Cordeliers d'Amiens.
l'Hôtel- Dieu d'Amiens.
la Confrérie de Notre-Dame de Lieſſe
de S. Pierre d'Amiens.
les Jacobins d'Amiens .
15241
86 I I
16
5542
21 7
62 27
12 23
5053
3125
•
les Urfulines d'Amiens .
les Religieufes de S. François , dires
Soeurs grifes .
la Paroifle de S. Remi d'Amiens.
la Confrérie des Cordonniers.
Nicolas Joly , Marchand à Amiens.
Lachenet , Seigneur d'Hedanvele ;
( Second envoi. )
Jean Turbert , Effeyeur en la Monnoye.
La Fabrique de S. Michel d'Amiens.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Germain
d'Amiens.
l'Abbé Piquet , de Noyencourt , Chanoine.
la Fabrique de S. Sulpice d'Amiens.
la Fabrique de S. Firmin , à la porte
d'Amiens.
31
633
475
7 I 1
33 23
1266
33 55
3042
121 7 4
16 53
7
Gallois , Directeur des Droits , à Amiens. 194
'Hôtel- Dieu d'Abbeville.
17
AVRIL 1760. 253
Messieurs
Suite d'Amiens.
les Céleftins, d'Amiens.
les Minimes d'Amiens.
les Prémontrés d'Amiens.
la Paroiffe de S. Firmin le Confeffeur.
le Supérieur de l'Oratoire d'Amiens.
Madame la veuve Gorguelle.
Jofeph Gaugier .
les Bénédictines de l'Hôtel - Dieu de
Corbie.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Leu d'Amiens.
Greffet , de l'Académie Françoiſe.
les Dames Religieufes de S. Julien d'Amiens
.
la Fabrique de la Paroiffe. S. Jacques
d'Amiens.
les Carmelites d'Amiens.
m. 0.
g .
1074
22.2.6
II IS
30 7 3
667
18 4
4E I
4 I
35 17
29 7 3
2564
23 44
3356
TOURS.
Du 6 Janvier au 22 Février 1760.
Messieurs
Les Religieufes de Citeaux , Ordre de
S. Bernard , de la ville de Saint-
Agnan . 1
les Religieufes de Bonlieu , Ordre de
Citeaux .
les Religieux de la Clarté , Ordre de
Cîteaux .
Lenoir , du Diocèſe d'Angers.
l'Abbaye de Fontevrault , Diocèle de
Poitiers.
m. o.
8037
*
48 2 6
43 74
54 3
1424
254 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Tours
la Chartreuse du Legit , Diocèſe de
Tours.
l'Abbaye de Moncé , Ordre de Cîteaux
, Diocèle de Tours.
m. o. g.
425 I
16 3
CAEN.
Du 2 Janvier au 21 Février 1760 .
Messieurs
Derafne.
m. o. g.
113 6 1
l'Evêque de Coutence.
Madame de Tourville.
les Auguftins de Barfleur .
Lanteigne.
de Tierceville.
20 I 4
1565 3
24
# 7
34 3 2
263 les Croifiers.
les Jacobins. 33 4
6
la Cathédrale de Bayeux. 60 7
de Gouville .
la Chapelle de Délivrance .
le Mafurier.
les Nouvelles Catholiques , de Caen.
l'Eglife de S. Nicolas , de Caen.
PEglife Notre -Dame , de Caen.
31 5 6
10 4 5
485 3
427
6
24 I
les Urfulines de Bayeux. 12 6 3
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Résumé : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente un état des contributions en vaisselle d'or et d'argent apportées aux monnoies des villes de province entre décembre 1759 et avril 1760. Il détaille les apports de diverses personnalités et institutions dans plusieurs villes françaises. À Rouen, entre le 17 et le 22 décembre 1759, des personnalités telles que Landry, Receveur des Octrois, Gaillard, Receveur général des Fermes, et le Marquis de Chaulieu ont contribué. À Lyon, du 17 décembre 1759 au 29 février 1760, des contributions proviennent de De Falconet, Commissaire des guerres, le Marquis de Lemps, et l'Abbé de Maubourg, entre autres. À La Rochelle, du 29 décembre 1759 au 12 février 1760, des figures notables comme le Marquis de Champagné et l'Évêque de Saintes ont apporté des objets de valeur. À Bordeaux, du 2 janvier au 23 février 1760, les Bernardins de Sainte Livrande et les Feuillans de Bordeaux ont également contribué. À Toulouse, du 2 janvier au 1 février 1760, Dorbellan, Président au Parlement, et Lefranc de Pompignan ont fait des apports. À Montpellier, du 14 janvier au 5 février 1760, des contributions proviennent du Marquis de Gerlande et du Marquis de Vogué. À Dijon, du 8 janvier au 29 février 1760, des personnalités comme les Cordeliers de Dijon, Michelinor de Ganet, et le Président Cocuderoy ont apporté des objets de valeur. À Orléans, du 1er février au 29 février 1760, les Bénédictins de l'Abbaye de Férière, les Barnabites de Montargis, et les Jésuites de Blois ont contribué. Enfin, à Reims, du 8 janvier au 23 février 1760, des contributions proviennent de Defaulx, Chanoine, et l'Abbaye d'Elan, Ordre de Citeaux. Le document se conclut par une liste détaillée des montants en monnaie d'or et d'argent apportés par chaque contribuant. Par ailleurs, le document est une série de listes de personnes et d'institutions, accompagnées de montants financiers, publiées dans le Mercure de France entre janvier et avril 1760. Les listes sont organisées par villes et régions, incluant Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, et Lille. Chaque entrée mentionne des individus, des titres, des abbayes, des églises, et des institutions religieuses ou civiles, souvent avec des montants financiers associés. Les personnes listées incluent des nobles, des ecclésiastiques, des fonctionnaires, et des membres de diverses congrégations religieuses. Les montants financiers varient et sont exprimés en livres, sols, et deniers. Le document est également une liste de noms et de titres de personnes et d'institutions, accompagnée de chiffres et de dates. Il commence par une série de noms de nobles, de fonctionnaires, de religieux et de membres de diverses professions, tels que le Marquis de la Vieuville, Briffaur Professeur Royal à Douay, et Hutin Échevin de la ville de Douay. Les noms sont souvent suivis de chiffres, probablement des montants financiers ou des codes spécifiques. Les lieux mentionnés incluent Stenvoorde, Lambersart, Douay, Saint-Quentin, Paris, et Lille. Le texte est daté d'avril 1760 et provient du Mercure de France. Il mentionne des envois et des articles, comme le 'Second envoi' et le 'Second article'. Les noms et les titres couvrent une large gamme de professions et de statuts sociaux, incluant des échevins, des procureurs, des directeurs des fermes, des capitaines, des abbés, et des membres de diverses congrégations religieuses. Enfin, le texte présente une liste de lieux et d'entités historiques, principalement situés dans la région de Caen et de Bayeux. Les éléments mentionnés incluent des groupes religieux tels que les Croifiers et les Jacobins, ainsi que plusieurs édifices religieux comme la Cathédrale de Bayeux, la Chapelle de Délivrance, l'Église de Saint-Nicolas de Caen, l'Église Notre-Dame de Caen, et le couvent des Ursulines de Bayeux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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