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1
p. 83-84
Mort de M. de Bridieu. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur de Bridieu, Lieutenant General des Armées du Roy, et [...]
Mots clefs :
Monsieur de Bridieu, Gouverneur de Guise, Lieutenant général des armées du roi
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texteReconnaissance textuelle : Mort de M. de Bridieu. [titre d'après la table]
Moniteur de Bridieu,
Lieutenant General des
Armées du Roy, & Gouverneur de Guife, a fait
place, auffi-bien que quelques-uns de ces Meilleurs,
aux nouveaux Lieutenans
Generaux que Sa Majellé
84 LE M ERCURE
vient de faire. C’eftoit un
Homme de.bonne mine,
qui avoir fervy longtemps,
Se qui s’efeoie acquis beaucoup de gloire en dépendant Guife avec tant de
prudence & de valeur, que
les Ennemis furent contraints de lever le Siégé.
Il avoir fervy Monfieur de
Guife dans fon Combat
contre Monfieur d’Andelor, &il a toujours elle'fort
CO nfideré d e tous les Princes de cette Maifon.
Lieutenant General des
Armées du Roy, & Gouverneur de Guife, a fait
place, auffi-bien que quelques-uns de ces Meilleurs,
aux nouveaux Lieutenans
Generaux que Sa Majellé
84 LE M ERCURE
vient de faire. C’eftoit un
Homme de.bonne mine,
qui avoir fervy longtemps,
Se qui s’efeoie acquis beaucoup de gloire en dépendant Guife avec tant de
prudence & de valeur, que
les Ennemis furent contraints de lever le Siégé.
Il avoir fervy Monfieur de
Guife dans fon Combat
contre Monfieur d’Andelor, &il a toujours elle'fort
CO nfideré d e tous les Princes de cette Maifon.
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Résumé : Mort de M. de Bridieu. [titre d'après la table]
Le Moniteur de Bridieu rapporte la nomination de nouveaux lieutenants généraux par le roi, incluant un lieutenant général des armées du roi et gouverneur de Guise. Cet homme, expérimenté et valeureux, a défendu Guise avec succès, forçant les ennemis à lever le siège. Il a également servi Monsieur de Guise contre Monsieur d'Andelot et est un confident des princes de cette maison.
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2
p. 62-64
Sa Majesté donne la Charge de Lieutenant de Roy dans la Haute Guyenne à Monsieur le Comte de la Serre. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy qui trouve toûjours celles de récompenser les Services [...]
Mots clefs :
Comte de la Serre, Lieutenant général des armées du roi, Haute Guyenne
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texteReconnaissance textuelle : Sa Majesté donne la Charge de Lieutenant de Roy dans la Haute Guyenne à Monsieur le Comte de la Serre. [titre d'après la table]
Le Roy qui trouve toûjours celles de récompenſer les Ser- vices qu'on luy rend , a honoré depuis peu M. le Comte de la Serre, Fils de feu M. le Marefchal d'Aubetere Lieutenant
-General des Arméesdu Roy , &
Gouverneur des Provinces d'Agenois & de Condomois,de la Charge de fon Lieutenant dans la HauteGuyenne, dont M. le Duc de Bellegarde s'eſtoit dé- mis enſa faveur. Toute la Cour
qui connoiſt M. le Comte de la Serre pourun des meilleurs Of- ficiers du Royaume , luy en a
témoigné ſa joye lors qu'il a
preſtéle Serment entre lesmains de Sa Majesté. Il eſtd'une Mai- fon tres-confiderable.M.leChevalierd'Aubeterre eſt ſon Frere,
&M. le Comte de Jonſac dont
les belles qualitez vous ont fait
GALANT. 43 plaindre la mort , eſtoit ſon Neveu. Songrand merite , ſon ex- perience,& fes longs& impor- tans ſervices pendant plus de trente Campagnes , le rendoient digne de cet Employ qui luy donne de commandement dans
da HauteGuyenne ,en l'abfen.- cede M. le Duc de Roquelaure Gouverneurde toute la Provin- we, & de M.le Marquis d'Am- bre Lieutenant General de Sa
Majeſté dans cette meſme Hau
-General des Arméesdu Roy , &
Gouverneur des Provinces d'Agenois & de Condomois,de la Charge de fon Lieutenant dans la HauteGuyenne, dont M. le Duc de Bellegarde s'eſtoit dé- mis enſa faveur. Toute la Cour
qui connoiſt M. le Comte de la Serre pourun des meilleurs Of- ficiers du Royaume , luy en a
témoigné ſa joye lors qu'il a
preſtéle Serment entre lesmains de Sa Majesté. Il eſtd'une Mai- fon tres-confiderable.M.leChevalierd'Aubeterre eſt ſon Frere,
&M. le Comte de Jonſac dont
les belles qualitez vous ont fait
GALANT. 43 plaindre la mort , eſtoit ſon Neveu. Songrand merite , ſon ex- perience,& fes longs& impor- tans ſervices pendant plus de trente Campagnes , le rendoient digne de cet Employ qui luy donne de commandement dans
da HauteGuyenne ,en l'abfen.- cede M. le Duc de Roquelaure Gouverneurde toute la Provin- we, & de M.le Marquis d'Am- bre Lieutenant General de Sa
Majeſté dans cette meſme Hau
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Résumé : Sa Majesté donne la Charge de Lieutenant de Roy dans la Haute Guyenne à Monsieur le Comte de la Serre. [titre d'après la table]
Le roi a récemment nommé M. le Comte de la Serre, fils du défunt M. le Maréchal d'Aubeterre, au poste de lieutenant dans la Haute-Guyenne, succédant à M. le Duc de Bellegarde. La cour a salué cette décision, reconnaissant en M. le Comte de la Serre l'un des meilleurs officiers du royaume. Sa nomination a été officialisée par son serment devant le roi. Le comte appartient à une famille influente, son frère étant M. le Chevalier d'Aubeterre et son neveu M. le Comte de Jonsac, connu pour ses qualités remarquables. La nomination du comte de la Serre est justifiée par son mérite, son expérience et ses services rendus lors de plus de trente campagnes. Cette décision intervient en l'absence de M. le Duc de Roquelaure, gouverneur de la province, et de M. le Marquis d'Ambre, lieutenant général du roi dans la région.
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3
p. 45
Mort de Dom Ioseph d'Ardennes Comte d'Illes, [titre d'après la table]
Début :
C'est un avantage qui est assuré à Dom Joseph d'Ardenne [...]
Mots clefs :
Dom Joseph d'Ardenne, Lieutenant général des armées du roi
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Dom Ioseph d'Ardennes Comte d'Illes, [titre d'après la table]
'eſt un avantage qui eſt afſuré à Dom Joſeph d'Ardenne , Comte d'Illes , Lieutenant
General des Armées du Roy.
* Il eſt mort apres avoir tres-bien ſervy en ſon temps. Il eſtoit d'une Maiſon fort confiderable , & la Nobleſſe du Rouffillon avoit beaucoup de créance en luy.
General des Armées du Roy.
* Il eſt mort apres avoir tres-bien ſervy en ſon temps. Il eſtoit d'une Maiſon fort confiderable , & la Nobleſſe du Rouffillon avoit beaucoup de créance en luy.
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4
p. 608-609
MORTS, MARIAGES.
Début :
Omer Pucelle, Chevalier, Seigneur d'Orgemont de Darsi &c. Chevalier [...]
Mots clefs :
Chevalier de l'Ordre de Saint Loüis, Veuve, Compagnie des Mousquetaires, Diocèse de Beauvais, Lieutenant général des armées du roi
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, MARIAGES.
MORTS , MARIAGES,
Mer Pucelle , Chevalier , Seigneur d'Orge-
Men
mont de Darsi & c . Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Maréchal des Camps et
Armées du Roi , neveu du feu Maréchal de Catinat
, mourut le 28. Fevrier , âgé de 75. ans.
Dame Louise de la Rue-Bernapré , Abbesse de
l'Abbaye du Moncel , Diocèse de Beauvais , y
est morte , âgée de 83. ans.
Marie- Anne Jacquinot , Veuve de Charles de
Barville , Chevalier , Seigneur de Bois - Landry
Baumarfin & c. Colonel d'un Régiment d'Infan
terie , Chevalier de l'Ordre de S. Louis , mourut
le 9. Mars , âgée de 80. ans.
Le 8. Mars , André Fenel de Tierci , Chevalier
de S. Louis , Ancien Maréchal des Logis de
la premiere Compagnie des Mousquetaires
Mestre de Camp de Cavalerie , mourut âgé de
80. ans.
et
Jean Henri Bouchard d'Esparcis de Lussan
Chevalier d'Aubeterre , Brigadier des Armées du
Roi , mourut le 10. Mars , âgé de 46. ans.
Jean , Comte de Montgomeri , Maréchal des
Camps et Armées du Roi , mourut à Paris le 1 1
âgé de 85. ans.
Dame Marie Hyacinthe le Danois , Veuve de
Jean Philippe d'Estaing , Comte de Saillant ,
Lieutenant- Général des Armées du Roi , Lieute
nant- Colonel du Régiment des Gardes Françoi
et Gouverneur des Ville et Citadelle de Mete
MAR S. 1731. 609
et du Pays Messin , mourut à Paris le 20. de ce
mois dans la 48. année de son âge.
M. Michel Ansel Desgranges , Chevalier , Maître
des Cérémonies de France , mourut le 23 .
Mars , âgé de 83. ans .
La nuit du 19 au 20. du mois dernier , le Duc
de Chatillon -Luxembourg épousa Madame Bouchu
, Veuve du Conseiller d'Etat de ce nom.
Mer Pucelle , Chevalier , Seigneur d'Orge-
Men
mont de Darsi & c . Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Maréchal des Camps et
Armées du Roi , neveu du feu Maréchal de Catinat
, mourut le 28. Fevrier , âgé de 75. ans.
Dame Louise de la Rue-Bernapré , Abbesse de
l'Abbaye du Moncel , Diocèse de Beauvais , y
est morte , âgée de 83. ans.
Marie- Anne Jacquinot , Veuve de Charles de
Barville , Chevalier , Seigneur de Bois - Landry
Baumarfin & c. Colonel d'un Régiment d'Infan
terie , Chevalier de l'Ordre de S. Louis , mourut
le 9. Mars , âgée de 80. ans.
Le 8. Mars , André Fenel de Tierci , Chevalier
de S. Louis , Ancien Maréchal des Logis de
la premiere Compagnie des Mousquetaires
Mestre de Camp de Cavalerie , mourut âgé de
80. ans.
et
Jean Henri Bouchard d'Esparcis de Lussan
Chevalier d'Aubeterre , Brigadier des Armées du
Roi , mourut le 10. Mars , âgé de 46. ans.
Jean , Comte de Montgomeri , Maréchal des
Camps et Armées du Roi , mourut à Paris le 1 1
âgé de 85. ans.
Dame Marie Hyacinthe le Danois , Veuve de
Jean Philippe d'Estaing , Comte de Saillant ,
Lieutenant- Général des Armées du Roi , Lieute
nant- Colonel du Régiment des Gardes Françoi
et Gouverneur des Ville et Citadelle de Mete
MAR S. 1731. 609
et du Pays Messin , mourut à Paris le 20. de ce
mois dans la 48. année de son âge.
M. Michel Ansel Desgranges , Chevalier , Maître
des Cérémonies de France , mourut le 23 .
Mars , âgé de 83. ans .
La nuit du 19 au 20. du mois dernier , le Duc
de Chatillon -Luxembourg épousa Madame Bouchu
, Veuve du Conseiller d'Etat de ce nom.
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Résumé : MORTS, MARIAGES.
En mars 1731, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Mer Pucelle, Chevalier et Seigneur d'Orge-Men, Maréchal des Camps et Armées du Roi et neveu du Maréchal de Catinat, est décédé le 28 février à l'âge de 75 ans. D'autres personnalités décédées incluent Dame Louise de la Rue-Bernapré, Abbesse de l'Abbaye du Moncel, à 83 ans ; Marie-Anne Jacquinot, veuve de Charles de Barville, Colonel d'Infanterie, à 80 ans ; André Fenel de Tierci, Chevalier de Saint-Louis et Ancien Maréchal des Logis des Mousquetaires, à 80 ans ; Jean Henri Bouchard d'Esparcis de Lussan, Brigadier des Armées du Roi, à 46 ans ; Jean, Comte de Montgomeri, Maréchal des Camps et Armées du Roi, à 85 ans ; Dame Marie Hyacinthe le Danois, veuve de Jean Philippe d'Estaing, Lieutenant-Général des Armées du Roi, à 48 ans ; et M. Michel Ansel Desgranges, Chevalier et Maître des Cérémonies de France, à 83 ans. Par ailleurs, le Duc de Chatillon-Luxembourg a épousé Madame Bouchu, veuve du Conseiller d'État Bouchu, la nuit du 19 au 20 février.
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5
p. 1440-1441
Marlchaux de France, du 29 Juin.
Début :
François de Franquetot, Marquis de Coigny, Baron de Nogent sur Loire, [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées du roi, Régiment de cavalerie, Maréchaux de France, Mestre de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Marlchaux de France, du 29 Juin.
Maré chaux de France , du 29 Juin.
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Baron de Nogent sur Loire ,
Seigneur de Villeray , de Maisoncelles ,
de Croiselles et de Poligny , né le 16
II. Vol.
Mars
JUIN. 1734. 144
Mars 1670 , fait successivement Mestre
de Camp du Regiment Royal Etranger
de Cavalerie en 1691 , Gouverneur de la
Ville et Château de Chën , et Bailli de la
même Ville , Brigadier d'armée le 30 Janvier
1702 , Inspecteur General de Cavalerie
au mois de Décembre 1703 , Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1704
pourvû par Lettres du 7 Décembre suivant
de la Charge de Colonel General
des Dragons , pour laquelle il prêta serment
le 10 du même mois , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis en 1705 ,
Lieutenant General des Armées du Roi
le 18 Juin 1789 , Chevalier des Ordres
du Roi le 3 Juin 1724 , et Gouverneur
de la Ville , Château et Principauté
de Sedan , au mois de Novembre 1725 ,
actuellement General de l'Armée de S.M.
en Italie.
François- Marie Comte de Broglio et
de Revel , Baron de Ferrieres , né à Paris
le 11 Juin 1671 , fait Mestre de Camp
du Régiment du Roi Cavalerie en 1694 ,
créé Brigadier le 23 Décembre 1702, Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1794 , et
Licutenant General des Armées du Roi le
29 Mars 1710 , Gouverneur du Mont-
Dauphin au mois de Février 1712 ; Directeur
General de la Cavalerie et des Dra-
11. Vol gons
144
MERCURE DE FRANCE
guns au mois de Mai 1719 , nommé Ambassadeur
en Angleterre au mois de Janvier
1724 , reçu Chevalier des Ordres de
S. M. le 13 Mai 1731 , et nommé au
mois de Janvier dernier Gouverneur de
Bergue - Saint- Vinox .
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Baron de Nogent sur Loire ,
Seigneur de Villeray , de Maisoncelles ,
de Croiselles et de Poligny , né le 16
II. Vol.
Mars
JUIN. 1734. 144
Mars 1670 , fait successivement Mestre
de Camp du Regiment Royal Etranger
de Cavalerie en 1691 , Gouverneur de la
Ville et Château de Chën , et Bailli de la
même Ville , Brigadier d'armée le 30 Janvier
1702 , Inspecteur General de Cavalerie
au mois de Décembre 1703 , Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1704
pourvû par Lettres du 7 Décembre suivant
de la Charge de Colonel General
des Dragons , pour laquelle il prêta serment
le 10 du même mois , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis en 1705 ,
Lieutenant General des Armées du Roi
le 18 Juin 1789 , Chevalier des Ordres
du Roi le 3 Juin 1724 , et Gouverneur
de la Ville , Château et Principauté
de Sedan , au mois de Novembre 1725 ,
actuellement General de l'Armée de S.M.
en Italie.
François- Marie Comte de Broglio et
de Revel , Baron de Ferrieres , né à Paris
le 11 Juin 1671 , fait Mestre de Camp
du Régiment du Roi Cavalerie en 1694 ,
créé Brigadier le 23 Décembre 1702, Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1794 , et
Licutenant General des Armées du Roi le
29 Mars 1710 , Gouverneur du Mont-
Dauphin au mois de Février 1712 ; Directeur
General de la Cavalerie et des Dra-
11. Vol gons
144
MERCURE DE FRANCE
guns au mois de Mai 1719 , nommé Ambassadeur
en Angleterre au mois de Janvier
1724 , reçu Chevalier des Ordres de
S. M. le 13 Mai 1731 , et nommé au
mois de Janvier dernier Gouverneur de
Bergue - Saint- Vinox .
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Résumé : Marlchaux de France, du 29 Juin.
Le texte présente deux figures militaires françaises, François de Franquetot et François-Marie de Broglie. François de Franquetot, Marquis de Coigny, né le 16 mars 1734, a occupé divers postes militaires prestigieux. Il a été Mestre de Camp du Régiment Royal Étranger de Cavalerie en 1691, Gouverneur de la Ville et Château de Chên, et Bailli de la même Ville. Il a également été Brigadier d'armée en 1702, Inspecteur Général de Cavalerie en décembre 1703, et Maréchal de Camp en octobre 1704. Il a été nommé Colonel Général des Dragons en décembre 1704 et Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis en 1705. En 1724, il est devenu Chevalier des Ordres du Roi et Gouverneur de la Ville, Château et Principauté de Sedan en novembre 1725. Actuellement, il est Général de l'Armée de Sa Majesté en Italie. François-Marie de Broglie, Comte de Revel et Baron de Ferrières, né à Paris le 11 juin 1671, a également eu une carrière militaire distinguée. Il a été Mestre de Camp du Régiment du Roi Cavalerie en 1694, Brigadier en décembre 1702, Maréchal de Camp en octobre 1704, et Lieutenant Général des Armées du Roi en mars 1710. Il a été Gouverneur du Mont-Dauphin en février 1712, Directeur Général de la Cavalerie et des Dragons en mai 1719, et Ambassadeur en Angleterre en janvier 1724. Il a été reçu Chevalier des Ordres de Sa Majesté le 13 mai 1731 et nommé Gouverneur de Bergue-Saint-Vinox en janvier de l'année précédente.
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6
p. 58-61
VERS Sur la mort de M. le Marquis de Bauffremont, Lieutenant-Général des armées du Roi, & Chevalier de la Toison d'or ; par M. le Ch. de Saint-Germain-Matinel.
Début :
Eh ! quoi ! tu ne vis plus, & je respire encore ! [...]
Mots clefs :
Mort, Roi, Coeur, Marquis de Bauffremont, Lieutenant général des armées du roi, Chevalier de la Toison d'or
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Sur la mort de M. le Marquis de Bauffremont, Lieutenant-Général des armées du Roi, & Chevalier de la Toison d'or ; par M. le Ch. de Saint-Germain-Matinel.
VERS
Sur la mort de M. le Marquis de Bauffremont
, Lieutenant - Général des armées du
Roi , & Chevalier de la Toifon d'or ; par
M. le Ch. de Saint- Germain-Matinel,
EH quoi ! tu ne vis plus , & je reſpire encore !
On peut donc réfifter aux plus grandes douleurs !
Cher Bauffremont , chere ombre que j'adore ,
Reçois au moins le tribut de mes pleurs !
Dans le fatal moment où tu ceffas de vivre ,
Je crus voir de mes jours s'éteindre le flambeau ;
Frappé du même coup j'étois prêt à te fuivre ,
Trop heureux avec toi de defcendre au tombeau.
Mais , non ; celui qui fit nos deftinées ,
Un Dieu puiffant , maître du fort ,
N'a point voulu réunir nos années ,
Et me laiffe à pleurer ta mort .
J'en fus témoin , grand Dieu ! fur fes lévres éteintes
,
'Je cueillis fon dernier foupir ;
Je le vis fuccomber aux cruelles atteintes
Des friffons de la mort , tomber & s'affoupir .
Ses yeux étoient déja fermés à la lumiere ,
Que fon bras chancélant cherchant encor ma
main ,
Cher ami , me dit - il , j'ai rempli ma carriere ,
DECEMBRE. 59. 1755 .
J'ai befoin maintenant d'un fecours plus qu'humain
:
Alors la charité rallumant fon courage
Il rappelle un inftant fes efprits confondus ;
Et par trois fois du Chrift il embraffe l'image ,
Et difparoît enfin à mes fens éperdus .
O mort trop rigoureufe ! ô mort impitoyable !
Rien n'a pu détourner l'effet de ton courroux ,
Et ta fureur infatiable
Etoit laffe déja de fufpendre fes coups !
En vain pour le fauver , ce guerrier magnanime,
De MELAMPE on ufa tout l'art & le fçavoir ; *
A tes loix eft fujet le Roi le plus fublime ,
Contre ta barbarie il n'eft point de pouvoir.
Quel homme cependant , quelle grande victime
Sur ton fanglant autel tu te viens d'immoler ;
Tu pouvois t'épargner un crime :
Ah ! pour lui tout mon fang demandoit à couler ;
Dans fon coeur palpitant , dans fes tremblantes
veines
Je brulois du defir de le faire paffer ,
Moins émû , s'il fe peut , moins touché de fes
peines
Que de voir fa conftance encor les furpaffer.
MM. Andouillé & Lene , Chirurgiens , ont eu
l'étonnant fecret de prolonger fes jours de plus de
trois mois. On croit devoir à leur habileté à leurs
Soins pleins d'affection , ce témoignage de juftice &
de reconnoiffance.
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Pendant fix mois & plus qu'il a fçu fe contrain
dre ;
Au milieu des douleurs , ferme comme un rocher,
A peine on l'entendit fe plaindre ;
Tranquille fous la main qui craint de l'approcher,
Hélas ! il ne reprend , ne femble reprocher
Que le fujet qu'on a de craindre.
La patience au mal oppofoit fes efforts ;
Et lorfqu'un feu fecret , une brulante flamme
De fon corps épuifé confumoient les refforts ,
Le viſage ſerein , on eût dit que fon ame
Se faifoit un plaifir des fouffrances du corps.
Mais d'où lui venoit donc ce courage paiſible ,
Qui le rendoit fi grand fous le poids de ſes maux ?
Etoit-ce un reste encor de la force invincible
Qui l'avoit diftingué parmi fes fiers rivaux ?
Non ; & quelques vertus qu'alors il fit paroître ,
L'honneur de la patrie, & l'amour de fon Roi ,
Etoient l'unique objet & la fuprême loi
Que dans fes paffions il femblât reconnoître.
Un appui plus folide , & plus noble à la fois ,
Affermiffoit fon coeur dans ce péril extrême ;
Il n'avoit d'autre loi que la vérité même ,
D'autre objet que le Roi des Rois;
Et jufques à fon trône élevant fes penſées ,
Ses maux lui paroiffoient un trop doux châtiment;
Le repentir amer de fes fautes paffées-
Etouffoit dans fon fein tout autre fentiment.
Que dis-je , hélas ! que dis-je , & quel fombre
génie
DECEMBRE. 1755. Gr
Reveille dans mon ame un cruel fouvenir ?
Je l'ai vu , n'ayant plus que l'ombre de la vie ,
Répondre à tous mes foins , même les prévenir ;
Et par des traits marqués de tendreffe infinie ,
Me rendre cent fois plus qu'il n'en pouvoit tenir.
Oui , fans doute , il portoit un coeur ſenſible &
tendre :
Combien de malheureux fe jettoient dans les bras ?
Obligeant à l'excès , & fans en rien attendre ,
Il ignoroit comment on faifoit des ingrats .
Ainfi réuniffant au ferme caractere
D'honnête homme & de citoyen
La piété la plus fincere ;
Au génie élevé , l'humble foi pour foutien ,
Qui lui fit des grandeurs connoître la mifere ,
Il vécut en héros , & mourut en chrétien .
Si jadis emporté par l'ardeur d'un faux zele ,
J'ai chanté mille objets divers ;
Si le gout des plaifirs dicta mes premiers vers ,
J'ignorois les doux noeuds d'une amitié fidelle.
O toi qui t'es couvert des plus nobles lauriers ,
Ainfi que ta vertu , ma douleur immortelle
A tes fombres cyprès attache mes derniers..
Sur la mort de M. le Marquis de Bauffremont
, Lieutenant - Général des armées du
Roi , & Chevalier de la Toifon d'or ; par
M. le Ch. de Saint- Germain-Matinel,
EH quoi ! tu ne vis plus , & je reſpire encore !
On peut donc réfifter aux plus grandes douleurs !
Cher Bauffremont , chere ombre que j'adore ,
Reçois au moins le tribut de mes pleurs !
Dans le fatal moment où tu ceffas de vivre ,
Je crus voir de mes jours s'éteindre le flambeau ;
Frappé du même coup j'étois prêt à te fuivre ,
Trop heureux avec toi de defcendre au tombeau.
Mais , non ; celui qui fit nos deftinées ,
Un Dieu puiffant , maître du fort ,
N'a point voulu réunir nos années ,
Et me laiffe à pleurer ta mort .
J'en fus témoin , grand Dieu ! fur fes lévres éteintes
,
'Je cueillis fon dernier foupir ;
Je le vis fuccomber aux cruelles atteintes
Des friffons de la mort , tomber & s'affoupir .
Ses yeux étoient déja fermés à la lumiere ,
Que fon bras chancélant cherchant encor ma
main ,
Cher ami , me dit - il , j'ai rempli ma carriere ,
DECEMBRE. 59. 1755 .
J'ai befoin maintenant d'un fecours plus qu'humain
:
Alors la charité rallumant fon courage
Il rappelle un inftant fes efprits confondus ;
Et par trois fois du Chrift il embraffe l'image ,
Et difparoît enfin à mes fens éperdus .
O mort trop rigoureufe ! ô mort impitoyable !
Rien n'a pu détourner l'effet de ton courroux ,
Et ta fureur infatiable
Etoit laffe déja de fufpendre fes coups !
En vain pour le fauver , ce guerrier magnanime,
De MELAMPE on ufa tout l'art & le fçavoir ; *
A tes loix eft fujet le Roi le plus fublime ,
Contre ta barbarie il n'eft point de pouvoir.
Quel homme cependant , quelle grande victime
Sur ton fanglant autel tu te viens d'immoler ;
Tu pouvois t'épargner un crime :
Ah ! pour lui tout mon fang demandoit à couler ;
Dans fon coeur palpitant , dans fes tremblantes
veines
Je brulois du defir de le faire paffer ,
Moins émû , s'il fe peut , moins touché de fes
peines
Que de voir fa conftance encor les furpaffer.
MM. Andouillé & Lene , Chirurgiens , ont eu
l'étonnant fecret de prolonger fes jours de plus de
trois mois. On croit devoir à leur habileté à leurs
Soins pleins d'affection , ce témoignage de juftice &
de reconnoiffance.
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Pendant fix mois & plus qu'il a fçu fe contrain
dre ;
Au milieu des douleurs , ferme comme un rocher,
A peine on l'entendit fe plaindre ;
Tranquille fous la main qui craint de l'approcher,
Hélas ! il ne reprend , ne femble reprocher
Que le fujet qu'on a de craindre.
La patience au mal oppofoit fes efforts ;
Et lorfqu'un feu fecret , une brulante flamme
De fon corps épuifé confumoient les refforts ,
Le viſage ſerein , on eût dit que fon ame
Se faifoit un plaifir des fouffrances du corps.
Mais d'où lui venoit donc ce courage paiſible ,
Qui le rendoit fi grand fous le poids de ſes maux ?
Etoit-ce un reste encor de la force invincible
Qui l'avoit diftingué parmi fes fiers rivaux ?
Non ; & quelques vertus qu'alors il fit paroître ,
L'honneur de la patrie, & l'amour de fon Roi ,
Etoient l'unique objet & la fuprême loi
Que dans fes paffions il femblât reconnoître.
Un appui plus folide , & plus noble à la fois ,
Affermiffoit fon coeur dans ce péril extrême ;
Il n'avoit d'autre loi que la vérité même ,
D'autre objet que le Roi des Rois;
Et jufques à fon trône élevant fes penſées ,
Ses maux lui paroiffoient un trop doux châtiment;
Le repentir amer de fes fautes paffées-
Etouffoit dans fon fein tout autre fentiment.
Que dis-je , hélas ! que dis-je , & quel fombre
génie
DECEMBRE. 1755. Gr
Reveille dans mon ame un cruel fouvenir ?
Je l'ai vu , n'ayant plus que l'ombre de la vie ,
Répondre à tous mes foins , même les prévenir ;
Et par des traits marqués de tendreffe infinie ,
Me rendre cent fois plus qu'il n'en pouvoit tenir.
Oui , fans doute , il portoit un coeur ſenſible &
tendre :
Combien de malheureux fe jettoient dans les bras ?
Obligeant à l'excès , & fans en rien attendre ,
Il ignoroit comment on faifoit des ingrats .
Ainfi réuniffant au ferme caractere
D'honnête homme & de citoyen
La piété la plus fincere ;
Au génie élevé , l'humble foi pour foutien ,
Qui lui fit des grandeurs connoître la mifere ,
Il vécut en héros , & mourut en chrétien .
Si jadis emporté par l'ardeur d'un faux zele ,
J'ai chanté mille objets divers ;
Si le gout des plaifirs dicta mes premiers vers ,
J'ignorois les doux noeuds d'une amitié fidelle.
O toi qui t'es couvert des plus nobles lauriers ,
Ainfi que ta vertu , ma douleur immortelle
A tes fombres cyprès attache mes derniers..
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Résumé : VERS Sur la mort de M. le Marquis de Bauffremont, Lieutenant-Général des armées du Roi, & Chevalier de la Toison d'or ; par M. le Ch. de Saint-Germain-Matinel.
Le poème du Chevalier de Saint-Germain-Matinel rend hommage au Marquis de Bauffremont, Lieutenant-Général des armées du Roi et Chevalier de la Toison d'or, décédé en décembre 1755. L'auteur exprime sa douleur et son incrédulité face à la perte de son ami, décrivant avec émotion le moment de sa mort. Le Marquis de Bauffremont a montré un courage et une patience exemplaires malgré ses souffrances, restant serein et digne jusqu'à la fin. Il a été soutenu par les chirurgiens MM. Andouillé et Lene, qui ont prolongé sa vie de plusieurs mois grâce à leurs soins. Le Marquis est dépeint comme un homme d'honneur, dévoué à la patrie et au Roi. Il possédait un cœur sensible et généreux, aidant de nombreux malheureux sans attendre de reconnaissance. Le poème se conclut par une réflexion sur la grandeur et la piété du défunt, soulignant qu'il a vécu en héros et est mort en chrétien.
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7
p. 211-214
MORTS.
Début :
Messire Florent Jean de Valiere, Lieutenant Général des Armées du Roi, [...]
Mots clefs :
Florent Jean de la Valiere, Lieutenant général des armées du roi, Morts, Talents, Vertus, Artillerie, Siège, Jean de La Fontaine, Vers, Héroïsme, Évêque, Cardinal, Comte, Marquis, Maison Russo
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
>
ESSIRE Florent Jean de Valiere , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Grand - Croix
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , Gouverneur
de Bergues , ancien Directeur de l'Artil- ·´
lerie , Affocié libre de l'Académie des Sciences
eft mort à Paris le 6 Janvier âgé de 93 ans. La
vieilletle d'un grand homme eft encore utile à fa
patrie , en ce qu'elle eft une leçon vivante ; & à
quelque âge qu'il difparoiffe de la Terre, c'eſt une
perte pour l'humanité. Les vertus & les talents
de cet Officier refpectable , lui avoient acquis une
eftime univerfelle. D'abord , il s'étoit diftingué ,
par les principes fimples qu'il indiqua fur la conduite
des Mines & des Contre-Mines , principes
dont il détermina l'application avec cette rare
fagacité qui feule pouvoit foumettre à une théorie
exacte la bifarrerie des effets de la poudre. C'eft
à lui que la France doit la fupériorité où eft parvenu
le corps de l'Artillerie , le premier de l'Europe
en ce genre , par les établitlemens digne la grandeur
du Roi , que M. de Valiere a formés en
1720. dans cette partie , & qu'il a dirigés depuis
avec tant de fageſſe & de zéle ; mais furtout par
les inftructions qu'il a données fur cet objet , &
l'attention qu'il a mife à diftinguer les fujets ,
& à les placer fuivant leur aptitude aux différentes
fonctions du fervice de l'artillerie. Sa fupériorité
dans l'attaque & la défenfe des Places , eft
212: MERCURE DE FRANCE.
bien connue par les fiéges nombreux où il efi a
donné les preuves les plus fignalées.
C'eft au fiége du Quefnoy que M. de Valiere
acommandé pour la premiere fois l'artillerie en
chef. Il y fit voir ce que peut l'artillerie bien employée.
Il éteignit en 24 heures , avec 38 - piéces
de canon , 84 bouches à feu que l'Ennemi avoit
fur le front de l'attaque de la Place .
Son foixantiéme & dernier Siége a été celui de
Fribourg en 1744. Quoiqu'il eût été expoſé aur
plus grands dangers pendant foixante ans de fervice
où il s'eft trouvé à tant de Siéges & de Batailles;
quoiqu'il n'y ait aucune efpéce d'armes dont
il n'eût été bleffé , exemple unique peut-être dans
l'hiftoire ; il a fini fa longue carriere au milieu de
fa famille , fans douleur , fans impatience, dans
l'accablement du poids des années ; état qui a
précedé fa fin de onze mois & l'a tenu au lit juſ
qu'à la mort qu'il a vu arriver en Héros Chrétien.
C'eft bien- là le couchant de la vie de l'homme
jufte,que la Fontaine a peint par ces mots fublimes,
C'est le foir d'un beau jour
Avec des vértus héroïques & des talens fi fupérieurs
, M. de Valiere étoit l'homme le plus
fimple & le plus modefte. La valeur cette vertu
qui fait violence à la Nature , étoit en lukt
douce & tranquille. Or fçait qu'il a borné toute
fon ambition ´à donner'dans ſes enfans à ſon
Roi & à fa Patrie de dignes héritiers de fes ta
lents & de fes vertus . L'aîné de fes fils , aujour
d'hui fon fucceffeur , opéroit pour la premiere
fois , fous les yeux de fon pere , au dernier fiége
de Philifbourg en 1734. La batterie qu'il commandoit
attiroit tout le feu des ennemis , & cette
grêle de boulets & de bombes caufoit quelquefois
des diftractions au jeune Elève. Son pere , qu
FEVRIER. 1759. 213
l'obſervoit , lui dit du ton de l'amitié : Si vous
étiez bien occupé de ce que vous faites , vous ne
vous appercevriez pas mon fils , de toutes ces
chofes la.
>
Les vertus guerrières de ce Grand- homme
étoient couronnées par un défintéreffementà toute
épreuve ; & du milieu des batailles , il rapportoit
dans la fociété des moeurs douces & pures qui en
faifoient le charme. C'eſt de lui que M. de Fontenelle
a dit :
De rares talens pour la guerre
En lui furent unis au coeur le plus humain
Jupiter le chargea de lancer fon tonnerre :
Minerve conduifit ſa main.
Un fi bon coeur , une ame fi belle , un fi rare
génie , ont honoré l'humanité. Sa mémoire fera
toujours chere à tout homme de bien , & en vénération
à tout bon François.
MESSIRE Antoine- René de la Roche de Fontenilles
Evêque de Meaux , premier Aumônier de
Madame , Abbé Commendataire des Abbayes de
Saint- Faron , Ordre de Saint Benoît , diocèle
de Meaux, & d'Auberive Ordre de Câteaux , diocèfe
de Langres , & Prieur de Saint Pierre d'Abbeville
, Ordre de Clugny , diocèse d'Amiens , eſt
mort le 7 Janvier , dans fon Palais Epifcopal ,
dans la foixantiéme année de fon âge.
LE CARDINAL d'Argenvilliers eft mort à Røme
le 23 Décembre.
MARIE-Charlotte de Pas-Feuquieres , veuve de
Gafpard , Marquis d'Offun , mere du Marquis
d'Offun , Chevalier des Ordres du Roi , & fon
Ambaſſadeur - extraordinaire auprès du Roi des
Deux- Siciles , mourut dans cette Ville le 4 Janvier
, dans la foixante-dixiéme année de fon âge .
Le fieur Brunet de la Vaiffiere , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE .
l'Ordre-Royal & Militaire de Saint-Louis , mourut
à Saint Didier en Champagne le 24 de Décembre
, dans fa quatre- vingt-treizième année.
Il avoit paffé foixante - douze ans au ſervice du
Roi. Il s'étoit trouvé à la bataille de Stafarde
en 1690.
Anne de Brunſwick d'Hanovre , Gouvernante
des Provinces - Unies , fille aînée du Roi d'Angleterre
, veuve , depuis le 22 Octobre 1751 , de
Guillaume Charles - Henri Friſon de Naffau-
Dieft , Stathouder , mourut à la Haye le 13
Janvier , dans la cinquantiéme année de fon âge.
-
Meffire Paul de Roux , des Comtes de la Rie ,
Marquis de Gaubert & de Courbon , Baron des
Angles , premier Préſident du Parlement de Navarre
, mourut à Montpellier le 21 Décembre.
Il étoit fils d'Alexandre de Roux & de Marianne
de Piolenc. Il avoit fuccédé à fonPere dans la charge
de premierPréſident du Parlement de Navarre.
Il avoit eu de fon premier mariage avec Magdelaine
de Bullion , la Marquiſe de Coriolis d'Elpinoufe
; & de fon fecond mariage avec Louife
de Lons , la Marquife de Mefples & la Marquife
de Gaubert. Il étoit Chef d'une des branches de
la Maiſon Ruffo , qui a paſſé en France à la ſuite
de la Reine Jeanne . Cette Maiſon poſſéde encore
aujourd'hui dans ce Royaume partie des
terres qui leur furent données pour lors par cette
Princeffe en dédommagement de celles qu'elle
perdoit dans le Royaume de Naples.
>
ESSIRE Florent Jean de Valiere , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Grand - Croix
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , Gouverneur
de Bergues , ancien Directeur de l'Artil- ·´
lerie , Affocié libre de l'Académie des Sciences
eft mort à Paris le 6 Janvier âgé de 93 ans. La
vieilletle d'un grand homme eft encore utile à fa
patrie , en ce qu'elle eft une leçon vivante ; & à
quelque âge qu'il difparoiffe de la Terre, c'eſt une
perte pour l'humanité. Les vertus & les talents
de cet Officier refpectable , lui avoient acquis une
eftime univerfelle. D'abord , il s'étoit diftingué ,
par les principes fimples qu'il indiqua fur la conduite
des Mines & des Contre-Mines , principes
dont il détermina l'application avec cette rare
fagacité qui feule pouvoit foumettre à une théorie
exacte la bifarrerie des effets de la poudre. C'eft
à lui que la France doit la fupériorité où eft parvenu
le corps de l'Artillerie , le premier de l'Europe
en ce genre , par les établitlemens digne la grandeur
du Roi , que M. de Valiere a formés en
1720. dans cette partie , & qu'il a dirigés depuis
avec tant de fageſſe & de zéle ; mais furtout par
les inftructions qu'il a données fur cet objet , &
l'attention qu'il a mife à diftinguer les fujets ,
& à les placer fuivant leur aptitude aux différentes
fonctions du fervice de l'artillerie. Sa fupériorité
dans l'attaque & la défenfe des Places , eft
212: MERCURE DE FRANCE.
bien connue par les fiéges nombreux où il efi a
donné les preuves les plus fignalées.
C'eft au fiége du Quefnoy que M. de Valiere
acommandé pour la premiere fois l'artillerie en
chef. Il y fit voir ce que peut l'artillerie bien employée.
Il éteignit en 24 heures , avec 38 - piéces
de canon , 84 bouches à feu que l'Ennemi avoit
fur le front de l'attaque de la Place .
Son foixantiéme & dernier Siége a été celui de
Fribourg en 1744. Quoiqu'il eût été expoſé aur
plus grands dangers pendant foixante ans de fervice
où il s'eft trouvé à tant de Siéges & de Batailles;
quoiqu'il n'y ait aucune efpéce d'armes dont
il n'eût été bleffé , exemple unique peut-être dans
l'hiftoire ; il a fini fa longue carriere au milieu de
fa famille , fans douleur , fans impatience, dans
l'accablement du poids des années ; état qui a
précedé fa fin de onze mois & l'a tenu au lit juſ
qu'à la mort qu'il a vu arriver en Héros Chrétien.
C'eft bien- là le couchant de la vie de l'homme
jufte,que la Fontaine a peint par ces mots fublimes,
C'est le foir d'un beau jour
Avec des vértus héroïques & des talens fi fupérieurs
, M. de Valiere étoit l'homme le plus
fimple & le plus modefte. La valeur cette vertu
qui fait violence à la Nature , étoit en lukt
douce & tranquille. Or fçait qu'il a borné toute
fon ambition ´à donner'dans ſes enfans à ſon
Roi & à fa Patrie de dignes héritiers de fes ta
lents & de fes vertus . L'aîné de fes fils , aujour
d'hui fon fucceffeur , opéroit pour la premiere
fois , fous les yeux de fon pere , au dernier fiége
de Philifbourg en 1734. La batterie qu'il commandoit
attiroit tout le feu des ennemis , & cette
grêle de boulets & de bombes caufoit quelquefois
des diftractions au jeune Elève. Son pere , qu
FEVRIER. 1759. 213
l'obſervoit , lui dit du ton de l'amitié : Si vous
étiez bien occupé de ce que vous faites , vous ne
vous appercevriez pas mon fils , de toutes ces
chofes la.
>
Les vertus guerrières de ce Grand- homme
étoient couronnées par un défintéreffementà toute
épreuve ; & du milieu des batailles , il rapportoit
dans la fociété des moeurs douces & pures qui en
faifoient le charme. C'eſt de lui que M. de Fontenelle
a dit :
De rares talens pour la guerre
En lui furent unis au coeur le plus humain
Jupiter le chargea de lancer fon tonnerre :
Minerve conduifit ſa main.
Un fi bon coeur , une ame fi belle , un fi rare
génie , ont honoré l'humanité. Sa mémoire fera
toujours chere à tout homme de bien , & en vénération
à tout bon François.
MESSIRE Antoine- René de la Roche de Fontenilles
Evêque de Meaux , premier Aumônier de
Madame , Abbé Commendataire des Abbayes de
Saint- Faron , Ordre de Saint Benoît , diocèle
de Meaux, & d'Auberive Ordre de Câteaux , diocèfe
de Langres , & Prieur de Saint Pierre d'Abbeville
, Ordre de Clugny , diocèse d'Amiens , eſt
mort le 7 Janvier , dans fon Palais Epifcopal ,
dans la foixantiéme année de fon âge.
LE CARDINAL d'Argenvilliers eft mort à Røme
le 23 Décembre.
MARIE-Charlotte de Pas-Feuquieres , veuve de
Gafpard , Marquis d'Offun , mere du Marquis
d'Offun , Chevalier des Ordres du Roi , & fon
Ambaſſadeur - extraordinaire auprès du Roi des
Deux- Siciles , mourut dans cette Ville le 4 Janvier
, dans la foixante-dixiéme année de fon âge .
Le fieur Brunet de la Vaiffiere , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE .
l'Ordre-Royal & Militaire de Saint-Louis , mourut
à Saint Didier en Champagne le 24 de Décembre
, dans fa quatre- vingt-treizième année.
Il avoit paffé foixante - douze ans au ſervice du
Roi. Il s'étoit trouvé à la bataille de Stafarde
en 1690.
Anne de Brunſwick d'Hanovre , Gouvernante
des Provinces - Unies , fille aînée du Roi d'Angleterre
, veuve , depuis le 22 Octobre 1751 , de
Guillaume Charles - Henri Friſon de Naffau-
Dieft , Stathouder , mourut à la Haye le 13
Janvier , dans la cinquantiéme année de fon âge.
-
Meffire Paul de Roux , des Comtes de la Rie ,
Marquis de Gaubert & de Courbon , Baron des
Angles , premier Préſident du Parlement de Navarre
, mourut à Montpellier le 21 Décembre.
Il étoit fils d'Alexandre de Roux & de Marianne
de Piolenc. Il avoit fuccédé à fonPere dans la charge
de premierPréſident du Parlement de Navarre.
Il avoit eu de fon premier mariage avec Magdelaine
de Bullion , la Marquiſe de Coriolis d'Elpinoufe
; & de fon fecond mariage avec Louife
de Lons , la Marquife de Mefples & la Marquife
de Gaubert. Il étoit Chef d'une des branches de
la Maiſon Ruffo , qui a paſſé en France à la ſuite
de la Reine Jeanne . Cette Maiſon poſſéde encore
aujourd'hui dans ce Royaume partie des
terres qui leur furent données pour lors par cette
Princeffe en dédommagement de celles qu'elle
perdoit dans le Royaume de Naples.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès de plusieurs personnalités notables. Florent Jean de Valiere, Lieutenant Général des Armées du Roi, Grand-Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, Gouverneur de Bergues, ancien Directeur de l'Artillerie et Associé libre de l'Académie des Sciences, est décédé à Paris le 6 janvier à l'âge de 93 ans. Sa carrière a été marquée par des contributions significatives à l'artillerie, notamment par l'établissement de principes simples pour la conduite des mines et des contre-mines, et par la formation d'un corps d'artillerie supérieur en Europe. Il s'est distingué lors de nombreux sièges, notamment ceux du Quesnoy et de Fribourg en 1744. Malgré les blessures et les dangers encourus, il a terminé sa carrière entouré de sa famille. De Valiere était également connu pour sa simplicité, sa modestie et son désintéressement. Le texte mentionne également le décès de plusieurs autres personnalités : Messire Antoine-René de la Roche de Fontenilles, Évêque de Meaux, le Cardinal d'Argenvilliers, Marie-Charlotte de Pas-Feuquieres, veuve du Marquis d'Offun, le Sieur Brunet de la Vaissière, Chevalier de Saint-Louis, Anne de Brunswick d'Hanovre, Gouvernante des Provinces-Unies, et Meffire Paul de Roux, Marquis de Gaubert et de Courbon, Premier Président du Parlement de Navarre.
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8
p. 205
DE VIENNE le 24 Juin.
Début :
L'Empereur a créé Prince de l'Empire le Duc de Broglie, Lieutenant-Général [...]
Mots clefs :
Duc de Broglie, Prince de l'empire, Lieutenant général des armées du roi, Nomination, Canons, Impératrice de Russie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE le 24 Juin.
DE VIENNE le 24 Juin.
L'Empereur a créé Prince de l'Empire le Duc
de Broglie , Lieutenant - Général des armées du
Roi Très-Chrétien .
L'impératrice de Ruffie a fait préſent à l'Impératrice
Reine , de vingt-neuf piéces de canon
de bronze. Il y en a fix d'une nouvelle invention .
Elles renferment fous une enveloppe de fer battu
un mèchaniſme qui n'eſt encore connu de perfonne.
L'Empereur a créé Prince de l'Empire le Duc
de Broglie , Lieutenant - Général des armées du
Roi Très-Chrétien .
L'impératrice de Ruffie a fait préſent à l'Impératrice
Reine , de vingt-neuf piéces de canon
de bronze. Il y en a fix d'une nouvelle invention .
Elles renferment fous une enveloppe de fer battu
un mèchaniſme qui n'eſt encore connu de perfonne.
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9
p. 210-212
DE PARIS, le 4 Août.
Début :
Le Comte de Bretenil, Envoyé de l'Inde par le sieur de Lally, Lieutenant Général [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées du roi, Troupes, Inde, Siège, Gouverneur, Brigadier, Ministre d'État, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Lettres de noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 4 Août.
DE PARIS, le 4 Août.
Le Comte de Bretenil , Envoyé de l'Inde par
le fieur de Lally , Lieutenant Général des Armées
du Roi , qui y commande les troupes de Sa Majefté
, a apporté la nouvelle qui fuit. Le fieur de
Lally marchoit vers Arcatte , Capitale de la
Province du Carnate , avec les forces néceffaires
pour faire le fiége de cette Place. Le fieur de
Buffy le joignit en chemin , & dans la vue d'épargner
les frais confidérables d'un fiége dont le
fuccès pouvoit être incertain , il propofa au hieur
de Lally de l'envoyer en avant avec un corps de
troupes, pour ellayer de déterminer le Gouverneur
à fe rendre avant que l'Armée l'y contraiSEPTEMBRE.
1759. 211
gnit. Le fieur de Lally approuva la propofition.
Le fieur de Buffy fe mit en marche , & dès qu'il
fut à portée de la Place , il écrivit au Gouverneur
d'Arcatre pour le fommer de recevoir garnifon
Françoife. Celui- ci , au feul nom du fieur
de Buffy , qui s'eft rendu redoutable dans cette
partie de l'Inde , fe détermina fur le champ à lui
envoyer les clefs de la Ville d'Arcatte , en lui demandant
fon amitié & fa protection . Le lendemain
le Comte d'Eftein Brigadier des Armées du
Roi y entra à la tête d'un Détachement & en
*prit poffetiion .
+
>
On ne peut fe difpenfer de faire part au Public
d'une Lettre écrite au fieur de Lally par des
Officiers d'un grade fupérieur à celui du fieur de
Buffy , qui n'étoit alors que Lieutenant - Colonel .
Il eft aujourd'hui Brigadier. )
MONSIEUR ,
T
» L'eftime que nous avons pour M. de Buffy
» fon mérite , ce que nous voyons qu'il a fair ,
» la confidération qu'il a , l'utilité dont elle doit
» être , la néceffité de la lui conferver , & les
» avantages qu'elle produira en l'augmentant, font
les motifs qui nous engagent vous deman- 31
و و
>
» der qu'il faffe le fervice de premier Brigadier.
» Nous le defirons nous vous le demandons.
>> Une pareille démarche eft peut- être fans exemple
; fi elle eft flatteufe pour M. de Buffy, nous
» la croyons honorable pour nous. C'eft la plus
forte preuve que nous puiffions donner du zèle
» que nous avons pour le fervice du Roi . Elle
» étoit réfervée à des gens , qui tranfplantés au
> fond de l'Afie , ont déjà prouvé authentique-
> ment ce même zèle .
גכ »DifpenfateurdesgracesduRoi,c'eftàvous,
Monfieur , à juger fi ce que nous fouhaitons
>> vous eft poffible.
» Nous avons l'honneur d'être , Monfieur , &c .
212 MERCURE DE FRANCE
»D'Eſtein , Landivifiau , Brigadiers . De Breteuil ,
>> de Crillon , de Verdiere , Colonels .
Le Maréchal d'Eftrées Miniftre d'Etat , eft parti
pour aller concerter avec le Maréchal de Contades
les opérations du refte de la campagne
relativement aux circonftances préfentes.
Pro-
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres , dans fon Affemblée du 10 Juillet élut
pour Académicien Aſſocié le fieur le Beau ,
fefleur d'Eloquence au Collège des Graffins , &
frere du fieur le Beau , Secrétaire perpétuel de
la même Académie , à la place du ſieur Bertin
qui a obtenu la vétérance.
Le Roi vient d'accorder des Lettres de Nobleſſe
au fieur Robert de Poitiers qui a fait des recherches
& découvertes fur l'art de fondre les mines de fer
relativement à leurs différentes eſpèces . Au mois
d'Octobre 1757 , le fieur Robert, par ordre de S.M.
réduifit cer Art en Méthode fous la protection de
M. le Comte de S. Florentin ; il la fit imprimer à
la fatisfaction des Maîtres de Forge de plufieurs
Provinces du Royaume qui s'en fervent avec ſuccès
: cette méthode eft le fruit des travaux que
la famille du fieur Robert fait exécuter dans les
Forges depuis près d'un Siècle.
Le Comte de Bretenil , Envoyé de l'Inde par
le fieur de Lally , Lieutenant Général des Armées
du Roi , qui y commande les troupes de Sa Majefté
, a apporté la nouvelle qui fuit. Le fieur de
Lally marchoit vers Arcatte , Capitale de la
Province du Carnate , avec les forces néceffaires
pour faire le fiége de cette Place. Le fieur de
Buffy le joignit en chemin , & dans la vue d'épargner
les frais confidérables d'un fiége dont le
fuccès pouvoit être incertain , il propofa au hieur
de Lally de l'envoyer en avant avec un corps de
troupes, pour ellayer de déterminer le Gouverneur
à fe rendre avant que l'Armée l'y contraiSEPTEMBRE.
1759. 211
gnit. Le fieur de Lally approuva la propofition.
Le fieur de Buffy fe mit en marche , & dès qu'il
fut à portée de la Place , il écrivit au Gouverneur
d'Arcatre pour le fommer de recevoir garnifon
Françoife. Celui- ci , au feul nom du fieur
de Buffy , qui s'eft rendu redoutable dans cette
partie de l'Inde , fe détermina fur le champ à lui
envoyer les clefs de la Ville d'Arcatte , en lui demandant
fon amitié & fa protection . Le lendemain
le Comte d'Eftein Brigadier des Armées du
Roi y entra à la tête d'un Détachement & en
*prit poffetiion .
+
>
On ne peut fe difpenfer de faire part au Public
d'une Lettre écrite au fieur de Lally par des
Officiers d'un grade fupérieur à celui du fieur de
Buffy , qui n'étoit alors que Lieutenant - Colonel .
Il eft aujourd'hui Brigadier. )
MONSIEUR ,
T
» L'eftime que nous avons pour M. de Buffy
» fon mérite , ce que nous voyons qu'il a fair ,
» la confidération qu'il a , l'utilité dont elle doit
» être , la néceffité de la lui conferver , & les
» avantages qu'elle produira en l'augmentant, font
les motifs qui nous engagent vous deman- 31
و و
>
» der qu'il faffe le fervice de premier Brigadier.
» Nous le defirons nous vous le demandons.
>> Une pareille démarche eft peut- être fans exemple
; fi elle eft flatteufe pour M. de Buffy, nous
» la croyons honorable pour nous. C'eft la plus
forte preuve que nous puiffions donner du zèle
» que nous avons pour le fervice du Roi . Elle
» étoit réfervée à des gens , qui tranfplantés au
> fond de l'Afie , ont déjà prouvé authentique-
> ment ce même zèle .
גכ »DifpenfateurdesgracesduRoi,c'eftàvous,
Monfieur , à juger fi ce que nous fouhaitons
>> vous eft poffible.
» Nous avons l'honneur d'être , Monfieur , &c .
212 MERCURE DE FRANCE
»D'Eſtein , Landivifiau , Brigadiers . De Breteuil ,
>> de Crillon , de Verdiere , Colonels .
Le Maréchal d'Eftrées Miniftre d'Etat , eft parti
pour aller concerter avec le Maréchal de Contades
les opérations du refte de la campagne
relativement aux circonftances préfentes.
Pro-
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres , dans fon Affemblée du 10 Juillet élut
pour Académicien Aſſocié le fieur le Beau ,
fefleur d'Eloquence au Collège des Graffins , &
frere du fieur le Beau , Secrétaire perpétuel de
la même Académie , à la place du ſieur Bertin
qui a obtenu la vétérance.
Le Roi vient d'accorder des Lettres de Nobleſſe
au fieur Robert de Poitiers qui a fait des recherches
& découvertes fur l'art de fondre les mines de fer
relativement à leurs différentes eſpèces . Au mois
d'Octobre 1757 , le fieur Robert, par ordre de S.M.
réduifit cer Art en Méthode fous la protection de
M. le Comte de S. Florentin ; il la fit imprimer à
la fatisfaction des Maîtres de Forge de plufieurs
Provinces du Royaume qui s'en fervent avec ſuccès
: cette méthode eft le fruit des travaux que
la famille du fieur Robert fait exécuter dans les
Forges depuis près d'un Siècle.
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Résumé : DE PARIS, le 4 Août.
Le 4 août, le Comte de Breteuil rapporta que le Lieutenant Général des Armées du Roi, le sieur de Lally, se dirigeait vers Arcatte, capitale de la Province du Carnate, pour l'assiéger. Le sieur de Bussy, ayant rejoint de Lally, proposa d'envoyer des troupes pour inciter le Gouverneur à se rendre. De Lally accepta, et après une lettre de Bussy, les clefs de la ville furent remises. Le Comte d'Estein entra ensuite à Arcatte. Des officiers, dont les Brigadiers d'Estein et Landivisiau, demandèrent la nomination de Bussy comme premier Brigadier, soulignant ses mérites. Par ailleurs, le Maréchal d'Estrées consulta le Maréchal de Contades pour les opérations futures. L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres élut le sieur le Beau comme Académicien Associé. Le Roi accorda des Lettres de Noblesse au sieur Robert de Poitiers pour ses découvertes sur la fonte des mines de fer.
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10
p. 214
MORTS.
Début :
Elisabeth-Isabelle de Harville, veuve d'Eléonor-François, Palatin de Dyo, [...]
Mots clefs :
Marquis, Lieutenant général des armées du roi, Morts, Secrétaire-greffier
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Elifabeth-Ifabelle de Harville , veuve d'Eléonor.
François , Palatin de Dyo , Marquis de Monperoux
& de Roquefeuille , Lieutenant- Général des
Armées du Roi , & Meftre de- Camp Général de
la Cavalerie Légere de France , mourut à Paris
le 13 Juillet , âgée de 39 ans .
Jacques Carré, depuis 49 ans Secrétaire - Greffier
des Eaux & Forêts de France au Département de
Poitou , Aunis , Saintonge , Angoumois , Limofin,
Haute & Baffe Marche , Bourbonnois , Nivernois
& dépendances , eft mort le 26 Juillet âgé de
66 ans , & fort regretté par fon habileté , probité
& autres excellentes qualités .
Le célèbre M. de Maupertuis eft mort à Bâle,
le 27 Juillet , né à S. Malo le 28 Septemb . 1698 .
Elifabeth-Ifabelle de Harville , veuve d'Eléonor.
François , Palatin de Dyo , Marquis de Monperoux
& de Roquefeuille , Lieutenant- Général des
Armées du Roi , & Meftre de- Camp Général de
la Cavalerie Légere de France , mourut à Paris
le 13 Juillet , âgée de 39 ans .
Jacques Carré, depuis 49 ans Secrétaire - Greffier
des Eaux & Forêts de France au Département de
Poitou , Aunis , Saintonge , Angoumois , Limofin,
Haute & Baffe Marche , Bourbonnois , Nivernois
& dépendances , eft mort le 26 Juillet âgé de
66 ans , & fort regretté par fon habileté , probité
& autres excellentes qualités .
Le célèbre M. de Maupertuis eft mort à Bâle,
le 27 Juillet , né à S. Malo le 28 Septemb . 1698 .
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Résumé : MORTS.
Le texte mentionne le décès de trois personnalités. Élisabeth-Isabelle de Harville, veuve d'Éléonor, est citée sans autre détail. François, Palatin de Dyo, est décédé à Paris le 13 juillet à 39 ans. Jacques Carré, Secrétaire-Greffier des Eaux et Forêts, est mort le 26 juillet à 66 ans. Enfin, M. de Maupertuis est décédé à Bâle le 27 juillet, né à Saint-Malo en 1698.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 203-216
MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Début :
Si l'on doit apprécier les hommes par les sacrifices qu'ils font à la société, [...]
Mots clefs :
Marquis de Montcalm, Sacrifices, Éloges, Vertu, Lieutenant général des armées du roi, Études, Littérature, Carrière militaire, Régiment, Ardeur , Talents, Amérique, Capitaine, Prodige, Campagnes militaires, Exploits, Gloire, Canada, Homme illustre
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texteReconnaissance textuelle : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
MORT S.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
Fermer
Résumé : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Le Marquis de Montcalm, né en 1712, fut un militaire français distingué pour son dévouement et ses sacrifices pour l'État. Il débuta sa carrière au Régiment de Hainault Infanterie et gravit les échelons jusqu'à devenir Lieutenant-Général des Armées du Roi et commandant en chef des troupes françaises en Amérique septentrionale. Montcalm était également un érudit, maîtrisant les langues grecque et latine, et conservant un goût pour l'étude tout au long de sa carrière. Montcalm servit avec distinction dans plusieurs campagnes en Europe et en Amérique. En Amérique, il montra une bravoure exceptionnelle, une grande prudence et une résolution courageuse, menant des troupes françaises et des alliés autochtones contre des forces ennemies supérieures en nombre. Ses campagnes, notamment autour du lac Saint-Sacrement et du fort Carillon, furent marquées par des victoires stratégiques et des manœuvres audacieuses. En 1759-1760, Montcalm et ses troupes, sous les ordres de Lévi et Bourlamaque, remportèrent une victoire significative contre les forces ennemies. La bataille coûta à l'ennemi environ six mille morts ou blessés, avec trois mille cadavres près de l'abattis. Les Canadiens et les Sauvages ne participèrent pas à cette victoire, rejoignant l'armée cinq jours plus tard. Les soldats crièrent 'Vive le Roi et notre Général!' durant le combat, reflétant leur confiance en Montcalm. Montcalm écrivit à Doreil pour exprimer sa satisfaction de la victoire et regretta de ne pas avoir plus de troupes pour poursuivre l'ennemi. Il loua également ses officiers et soldats, soulignant leur valeur et leur discipline. Dans une lettre à Vaudreuil, il attribua la victoire aux dispositions prises et à l'exemple donné par lui-même. La défense de Québec contre les forces anglaises fut marquée par des combats acharnés pour protéger les vivres et les communications. Montcalm fut blessé mortellement lors d'une bataille décisive près de Québec et mourut le 14 septembre 1760. Ses dernières paroles furent de recommander à ses officiers de préserver l'honneur de la France. Les ennemis et les alliés de Montcalm témoignèrent de ses talents militaires et de ses vertus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 206-207
MARIAGES.
Début :
Marie-Charles de Rohan, Vicomte de Chabot, Capitaine de Cavalerie au Régiment [...]
Mots clefs :
Vicomte, Régiment, Lieutenant général des armées du roi, Bénédiction nuptiale, Contrat de mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
>
Marie- Charles de Rohan , Vicomte de Chabot ,
Capitaine de Cavalerie au Régiment de RoyalJANVIER.
1760 . 207
Etranger , fils de Gui-Augufte de Rohan- Chabot ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & de
feue Dame Yvonne - Silvie de Breyl de Rays ,
époufa le 17 Décembre Gyronne Hyacinthe de
Pons , fille de Charles- Philippe de Pons , Lieutenant
-Général des Armées du Roi , & de Dame
Charlotte-Marie l'Allemand de Betz. La bénédiction
nuptiale leur fut donnée à Paris dans la
Chapelle du Cardinal de Gefvres . Leur Contrat
de Mariage avoit été figné le 16 par le Roi , la
Reine , & la Famille Royale.
>
Marie- Charles de Rohan , Vicomte de Chabot ,
Capitaine de Cavalerie au Régiment de RoyalJANVIER.
1760 . 207
Etranger , fils de Gui-Augufte de Rohan- Chabot ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & de
feue Dame Yvonne - Silvie de Breyl de Rays ,
époufa le 17 Décembre Gyronne Hyacinthe de
Pons , fille de Charles- Philippe de Pons , Lieutenant
-Général des Armées du Roi , & de Dame
Charlotte-Marie l'Allemand de Betz. La bénédiction
nuptiale leur fut donnée à Paris dans la
Chapelle du Cardinal de Gefvres . Leur Contrat
de Mariage avoit été figné le 16 par le Roi , la
Reine , & la Famille Royale.
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Résumé : MARIAGES.
Le 17 décembre 1760, Marie-Charles de Rohan, Vicomte de Chabot et Capitaine de Cavalerie, a épousé Gyronne Hyacinthe de Pons à Paris. Le contrat de mariage a été signé le 16 décembre par le Roi, la Reine et la Famille Royale. Marie-Charles est le fils de Gui-Auguste de Rohan-Chabot et de Yvonne-Sylvie de Breyl de Rays. Gyronne est la fille de Charles-Philippe de Pons et de Charlotte-Marie l'Allemand de Betz.
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13
p. 207-208
MORTS.
Début :
Dame Angélique-Marguerite de Isabeau, veuve de Charles-François-Anne [...]
Mots clefs :
Dame, Veuve, Duc, Lieutenant général des armées du roi, Maréchal de France, Princesse, Comte
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S
Dame Angelique - Marguerite de Ifabeau ,
veuve de Charles - François-Anne- Thomas Sibille,
Marquis de Roncherolles , époufe de Pierre-Charles
de Montboiffier - Beaufort , Marquis de Canillac
, Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Gouverneur de Fecamps , ci- devant premier Enfeigne
de la feconde Compagnie des Moufquetaires
de la Garde du Roi , eft morte à Paris le
29 Novembre dans la cinquante-cinquiéme année
de fon âge.
Dame Marie- Françoife le Maiftre , veuve de
Meffire Guillaume- François Joly de Fleury,ancien
Procureur Général , eft morte le 1 Décembre ,
âgée de quatre -vingt- trois ans.
François de Franquetot , Duc de Coigny , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres du Roi
& de celui de la Toifon d'Or , Gouverneur de la
Haute & Baffe Alface , Grand- Bailli de Caen ,
mourut ici le 18 dans la quatre-vingt- dixiéme
année de fon âge.
1
Meffire Guillaume Bouvier de la Motte , Marquis
de Cepoy , ancien Colonel d'Infanterie ,
Grand Bailli & Gouverneur des Ville & Château
de Montargis , eft mort le 13 , dans fa terre de
Cepoy , agé de foixante-douze ans.
208 MERCURE DE FRANCE..
Marie- Renée de Montmorency Luxembourg ,
époufe de Louis - François- Anne de Neufville ,
Duc de Villeroi , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Maréchal des Camps & Armées
de Sa Majefté , Gouverneur des Provinces de
Lyonnois , de Forêts & de Beaujollois , Gouverneur
Particulier de Lyon , Capitaine de la feconde
Compagnie des Gardes du Corps du Roi , mourut
à Paris le dans la foixante-troifiéme
année de fon âge.
22 ,
Philippe - Louife , née Princeffe de Furftemberg,
Comteffe de Lannoy , eft morte en fon*
Château de la Motte , âgée de foixante- feize ans.
Elle ne laiffe de fon mariage que le Comte de
Lannoy , Brigadier des Armées du Roi , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Anglois , qui a été bleffé dangereuſement
à la bataille de Minden.
Louife- Félicité de Flavacourt , époufe de Louis
Roger , Marquis d'Eftampes , Colonel des Grenadiers
de France , mourut à Paris le 31 Décembre
, âgée de dix- fept ans.
Meffire Claude- Alexandre de Pons , Marquis
de Renepont , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , eft mort en fon Château d'Anmeville
en Lorraine les Décembre , âgé de 79 ans.
·
Meffire Jofeph Auguftin Menjo de Sarré ,
Meftre de Camp de Cavalerie , Maréchal des Logis
de la première Compagnie des Moufquetaires
de la Garde ordinaire du Roi , Chevalier de
l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , mourut
à Paris le 13 dans la cinquante- huitième année
de fon âge.
Dame Marie- Louife- Chrétienne de Saint-Blimond
, Comteffe de Renepont , belle - fille du
Marquis de Pons- Renepont , eft morte en fon
Château de Roche en Champagne le 21 ,
de trente-fix ans.
Dame Angelique - Marguerite de Ifabeau ,
veuve de Charles - François-Anne- Thomas Sibille,
Marquis de Roncherolles , époufe de Pierre-Charles
de Montboiffier - Beaufort , Marquis de Canillac
, Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Gouverneur de Fecamps , ci- devant premier Enfeigne
de la feconde Compagnie des Moufquetaires
de la Garde du Roi , eft morte à Paris le
29 Novembre dans la cinquante-cinquiéme année
de fon âge.
Dame Marie- Françoife le Maiftre , veuve de
Meffire Guillaume- François Joly de Fleury,ancien
Procureur Général , eft morte le 1 Décembre ,
âgée de quatre -vingt- trois ans.
François de Franquetot , Duc de Coigny , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres du Roi
& de celui de la Toifon d'Or , Gouverneur de la
Haute & Baffe Alface , Grand- Bailli de Caen ,
mourut ici le 18 dans la quatre-vingt- dixiéme
année de fon âge.
1
Meffire Guillaume Bouvier de la Motte , Marquis
de Cepoy , ancien Colonel d'Infanterie ,
Grand Bailli & Gouverneur des Ville & Château
de Montargis , eft mort le 13 , dans fa terre de
Cepoy , agé de foixante-douze ans.
208 MERCURE DE FRANCE..
Marie- Renée de Montmorency Luxembourg ,
époufe de Louis - François- Anne de Neufville ,
Duc de Villeroi , Pair de France , Chevalier des
Ordres du Roi , Maréchal des Camps & Armées
de Sa Majefté , Gouverneur des Provinces de
Lyonnois , de Forêts & de Beaujollois , Gouverneur
Particulier de Lyon , Capitaine de la feconde
Compagnie des Gardes du Corps du Roi , mourut
à Paris le dans la foixante-troifiéme
année de fon âge.
22 ,
Philippe - Louife , née Princeffe de Furftemberg,
Comteffe de Lannoy , eft morte en fon*
Château de la Motte , âgée de foixante- feize ans.
Elle ne laiffe de fon mariage que le Comte de
Lannoy , Brigadier des Armées du Roi , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
Anglois , qui a été bleffé dangereuſement
à la bataille de Minden.
Louife- Félicité de Flavacourt , époufe de Louis
Roger , Marquis d'Eftampes , Colonel des Grenadiers
de France , mourut à Paris le 31 Décembre
, âgée de dix- fept ans.
Meffire Claude- Alexandre de Pons , Marquis
de Renepont , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , eft mort en fon Château d'Anmeville
en Lorraine les Décembre , âgé de 79 ans.
·
Meffire Jofeph Auguftin Menjo de Sarré ,
Meftre de Camp de Cavalerie , Maréchal des Logis
de la première Compagnie des Moufquetaires
de la Garde ordinaire du Roi , Chevalier de
l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , mourut
à Paris le 13 dans la cinquante- huitième année
de fon âge.
Dame Marie- Louife- Chrétienne de Saint-Blimond
, Comteffe de Renepont , belle - fille du
Marquis de Pons- Renepont , eft morte en fon
Château de Roche en Champagne le 21 ,
de trente-fix ans.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère les décès de plusieurs personnalités notables. Dame Angélique Marguerite de Beaufort, veuve du Marquis de Canillac, est décédée à Paris le 29 novembre à cinquante-cinq ans. Dame Marie-Françoise Le Maistre, veuve de Guillaume-François Joly de Fleury, est morte le 1 décembre à quatre-vingt-trois ans. François de Franquetot, Duc de Coigny et Maréchal de France, est décédé le 18 à quatre-vingt-dix ans. Messire Guillaume Bouvier de la Motte, Marquis de Cepoy et ancien Colonel d'Infanterie, est mort le 13 à soixante-douze ans dans sa terre de Cepoy. Marie-Renée de Montmorency Luxembourg, épouse du Duc de Villeroi, est décédée à Paris à soixante-treize ans. Philippe-Louise, née Princesse de Furstemberg et Comtesse de Lannoy, est morte à soixante-seize ans, laissant un fils blessé à la bataille de Minden. Louise-Félicité de Flavacourt, épouse du Marquis d'Estampes, est décédée à Paris le 31 décembre à dix-sept ans. Messire Claude-Alexandre de Pons, Marquis de Renepont et Maréchal des Camps et Armées du Roi, est mort en son château d'Anemville en Lorraine à soixante-dix-neuf ans. Messire Joseph-Augustin Menjo de Sarré, Maître de Camp de Cavalerie, est décédé à Paris à cinquante-huit ans. Dame Marie-Louise-Chrétienne de Saint-Blimond, Comtesse de Renepont, est morte en son château de Roche en Champagne à trente-six ans.
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14
p. 249
MARIAGE.
Début :
Messire Armand Gabriel de Rasilly, Lieutenant général des Armées du Roi, [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées du roi, Commandant, Mariage, Demoiselle, Fille, Duc
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Meffire Armand Gabriel de Rafilly , Lieutenant
général des Armées duRoi , Commandeur de l'Ordre
royal & Militaire de S.Louis Ancien Comman→
dant de bataillon du Régiment des Gardes Françoifes
Gouverneur de l'ifle de Ré a épousé ,,
le 23 du mois dernier , Damoiſelle Amédée Adélaïde
de Lorme , fille de . Jean Amédée de Lorme
, Intendant des Finances de feu M. le Duc
d'Orléans , Régent , Intendant de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , & de Louife- Margueritede
Graville , foeur de M. le Comte de Graville ,
Lieutenant général des Armées du Roi, Infpecteur
général de Cavalerie , & Chevalier des Ordres da
Roi:
Meffire Armand Gabriel de Rafilly , Lieutenant
général des Armées duRoi , Commandeur de l'Ordre
royal & Militaire de S.Louis Ancien Comman→
dant de bataillon du Régiment des Gardes Françoifes
Gouverneur de l'ifle de Ré a épousé ,,
le 23 du mois dernier , Damoiſelle Amédée Adélaïde
de Lorme , fille de . Jean Amédée de Lorme
, Intendant des Finances de feu M. le Duc
d'Orléans , Régent , Intendant de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , & de Louife- Margueritede
Graville , foeur de M. le Comte de Graville ,
Lieutenant général des Armées du Roi, Infpecteur
général de Cavalerie , & Chevalier des Ordres da
Roi:
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Résumé : MARIAGE.
Le mariage de Meffire Armand Gabriel de Rafilly, Lieutenant général des Armées du Roi, a eu lieu le 23 du mois précédent. La mariée est Damoiselle Amédée Adélaïde de Lorme, fille de Jean Amédée de Lorme, Intendant des Finances du Duc d'Orléans. La mère de la mariée est Louise-Marguerite de Graville, fille du Comte de Graville, Lieutenant général des Armées du Roi.
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15
p. 214-216
MARIAGES.
Début :
Pierre-Louis, Marquis de Treffort, Capitaine au Régiment de Foix, fils d'Antoine [...]
Mots clefs :
Capitaine, Fils, Comtesse, Fille, Duc, Baron, Chevalier, Bénédiction nuptiale, Contrat de mariage, Famille royale, Lieutenant général des armées du roi, Évêque, Vicomte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Pierre-Louis , Marquis de Treffort , Capitaine
au Régiment de Foix , fils d'Antoine Philibert ,
Marquis de Grollier ; & de Gabrielle- Claude Colbert
de Villacerf , a époufé le 20 du mois de
Février 1760 , Charlotte - Euſtache Sophie de Fuligny
, Dame , Comtelle de Reauremont , fille
de feu Henry de Fuligny- Damas - Rochechouard ,
Baron d'Aubigny ; & de Dame Marie- Gabrielle
de Pons - Praflin . La bénédiction nuptiale leur a
été donnée au Château d'Agée , près de Dijon ,
par M. l'Abbé de Damas,grand Cuftode & Comte
de Lyon , oncle de ladite Dame.
Louis - Hercule - Timoléon de Coffé , Duc de
Coffé-Briffac , Meftre-de-Camp du Régiment de
Bourgogne , Cavalerie , a époufé , le 28 du mois
dernier, Adélaide-Diane-Hortence- Delie Mancini
de Nevers , feconde fille de Louis - Jules- Barbon .
Mazarini Mancini , Duc de Nivernois , Pair de
France, Grand d'Espagne, Noble Vénitien , Baron
Romain , Chevalier des Ordres du Roi , Brigadier
de ſes Armées , l'un des Quarante de l'Académie
Françoiſe, & honoraire de celle des Infcriptions &
Belles Lettres , ci-devant Ambaffadeur extraordinaire
auprès du S. Siége ; & d'Hélene - Angélique-
Françoife Phelypeaux de Ponchartrain.La bénédic
tion nuptiale leur a été donnée par l'Archevêque de
Tours , dans la Chapelle de l'Hôtel de Nivernois.
Leurs Majeftés , & la Famille Royale , avoient
figné leur contrat de Mariage le 23. Le Duc de
Coffé eft fils de Jean - Paul - Timoléon de Collé-
Briffac , Duc de Brillac , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant général de
fes Armées , Gouverneur de Sârlouis , grand Pan
AVRIL. 1760. 215
netier deFrance ; & de Dame Marie-JofepheDurey
de Sauroy.
Achilles-Jofeph Robert , Marquis de Lignerac ,
grand Bailli d'epée , Lieutenant- général , &
Commandant pour le Roi , dans la haute Auvergne
, Capitaine au Régiment de la Ferronaye ,
Dragons, fils defeu Charles- Jofeph Robert, Comte
de Lignerac , Enfeigne des Gendarmes de la Garde
du Roi ; & de Marie - Françoife de Broglie ; a
époulé , le 4 de ce mois , Marie-Odette de Lévi-
Chateau Morand , fille de feu François- Charles
de Lévi- Chateau- Morand, Lieutenant général des .
Armées du Roi , & de la Province de Bourbonnois ;
& de Dame Philiberte Languet de Rochefort . La
bénédiction nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de l'Hôtel d'Ambre , par l'Evêque de
Pamiers. Leur Contrat de Mariage avoit été figné
,le 18 du mois dernier , par Leurs Majeftés ,
& par la Famille Royale.
Joachim -Charles Laure de Montagu , Vicomte
de Beaune , Lieutenant général de la Balle- Auvergne
& du pays de Combrailles , Colonel du
Régiment de Bretagne , Infanterie , fils aîné de
feu Joachim Montagu , Marquis de Bouzols ,
Maréchal - de - Camp , Lieutenant général de la
baffe-Auvergne & du pays de Combrailles ; &
de Laure-Anne Filtz-James , Dame du Palais ,
a épousé , le 3 de ce mois , Marie - Hélene - Charlotte
Caillebot de la Salle , fille de Marie- Louis
Caillebot , Marquis de la Salle , Lieutenant-général
des Armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
général de la Haute & Baffe Marche ,
Capitaine Sous-Lieutenant des Gendarmes de la
Garde ; & de feue Dame Marie-Françoife- Charlotte
de Benoife. La bénédiction nuptiale lear
a été donnée, dans la Chapelle de l'Hôtel de
Matignon , par l'Evêque de Soiffons , oncle du
216 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Beaune Leur Contrat de mariage
avoit été figné , le premier de ce mois , par
Leurs Majeftés , & par la Famille Royale .
Pierre-Louis , Marquis de Treffort , Capitaine
au Régiment de Foix , fils d'Antoine Philibert ,
Marquis de Grollier ; & de Gabrielle- Claude Colbert
de Villacerf , a époufé le 20 du mois de
Février 1760 , Charlotte - Euſtache Sophie de Fuligny
, Dame , Comtelle de Reauremont , fille
de feu Henry de Fuligny- Damas - Rochechouard ,
Baron d'Aubigny ; & de Dame Marie- Gabrielle
de Pons - Praflin . La bénédiction nuptiale leur a
été donnée au Château d'Agée , près de Dijon ,
par M. l'Abbé de Damas,grand Cuftode & Comte
de Lyon , oncle de ladite Dame.
Louis - Hercule - Timoléon de Coffé , Duc de
Coffé-Briffac , Meftre-de-Camp du Régiment de
Bourgogne , Cavalerie , a époufé , le 28 du mois
dernier, Adélaide-Diane-Hortence- Delie Mancini
de Nevers , feconde fille de Louis - Jules- Barbon .
Mazarini Mancini , Duc de Nivernois , Pair de
France, Grand d'Espagne, Noble Vénitien , Baron
Romain , Chevalier des Ordres du Roi , Brigadier
de ſes Armées , l'un des Quarante de l'Académie
Françoiſe, & honoraire de celle des Infcriptions &
Belles Lettres , ci-devant Ambaffadeur extraordinaire
auprès du S. Siége ; & d'Hélene - Angélique-
Françoife Phelypeaux de Ponchartrain.La bénédic
tion nuptiale leur a été donnée par l'Archevêque de
Tours , dans la Chapelle de l'Hôtel de Nivernois.
Leurs Majeftés , & la Famille Royale , avoient
figné leur contrat de Mariage le 23. Le Duc de
Coffé eft fils de Jean - Paul - Timoléon de Collé-
Briffac , Duc de Brillac , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant général de
fes Armées , Gouverneur de Sârlouis , grand Pan
AVRIL. 1760. 215
netier deFrance ; & de Dame Marie-JofepheDurey
de Sauroy.
Achilles-Jofeph Robert , Marquis de Lignerac ,
grand Bailli d'epée , Lieutenant- général , &
Commandant pour le Roi , dans la haute Auvergne
, Capitaine au Régiment de la Ferronaye ,
Dragons, fils defeu Charles- Jofeph Robert, Comte
de Lignerac , Enfeigne des Gendarmes de la Garde
du Roi ; & de Marie - Françoife de Broglie ; a
époulé , le 4 de ce mois , Marie-Odette de Lévi-
Chateau Morand , fille de feu François- Charles
de Lévi- Chateau- Morand, Lieutenant général des .
Armées du Roi , & de la Province de Bourbonnois ;
& de Dame Philiberte Languet de Rochefort . La
bénédiction nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de l'Hôtel d'Ambre , par l'Evêque de
Pamiers. Leur Contrat de Mariage avoit été figné
,le 18 du mois dernier , par Leurs Majeftés ,
& par la Famille Royale.
Joachim -Charles Laure de Montagu , Vicomte
de Beaune , Lieutenant général de la Balle- Auvergne
& du pays de Combrailles , Colonel du
Régiment de Bretagne , Infanterie , fils aîné de
feu Joachim Montagu , Marquis de Bouzols ,
Maréchal - de - Camp , Lieutenant général de la
baffe-Auvergne & du pays de Combrailles ; &
de Laure-Anne Filtz-James , Dame du Palais ,
a épousé , le 3 de ce mois , Marie - Hélene - Charlotte
Caillebot de la Salle , fille de Marie- Louis
Caillebot , Marquis de la Salle , Lieutenant-général
des Armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
général de la Haute & Baffe Marche ,
Capitaine Sous-Lieutenant des Gendarmes de la
Garde ; & de feue Dame Marie-Françoife- Charlotte
de Benoife. La bénédiction nuptiale lear
a été donnée, dans la Chapelle de l'Hôtel de
Matignon , par l'Evêque de Soiffons , oncle du
216 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Beaune Leur Contrat de mariage
avoit été figné , le premier de ce mois , par
Leurs Majeftés , & par la Famille Royale .
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Résumé : MARIAGES.
En 1760, plusieurs mariages notables ont eu lieu. Le 20 février, Pierre-Louis, Marquis de Treffort, a épousé Charlotte-Eustache Sophie de Fuligny, Dame et Comtesse de Reauremont, au Château d'Agée près de Dijon. Le 28 janvier, Louis-Hercule-Timoléon de Coffé, Duc de Coffé-Brissac, a épousé Adélaide-Diane-Hortense-Délie Mancini de Nevers à la Chapelle de l'Hôtel de Nivernois. Le 4 avril, Achilles-Joseph Robert, Marquis de Lignerac, a épousé Marie-Odette de Lévi-Château Morand dans la Chapelle de l'Hôtel d'Ambre. Le 3 avril, Joachim-Charles Laure de Montagu, Vicomte de Beaune, a épousé Marie-Hélène-Charlotte Caillebot de la Salle dans la Chapelle de l'Hôtel de Matignon. Les contrats de mariage de ces unions ont été signés par Leurs Majestés et la Famille Royale.
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16
p. 206-208
MARIAGES.
Début :
M. le Marquis de Citran, Capitaine de Cavalerie dans le Régiment d'Espinchal, [...]
Mots clefs :
Marquis, Fille, Comte, Mariage, Duc, Maréchal, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Contrat de mariage, Lieutenant général des armées du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
M. le Marquis de Citran , Capitaine de Cavaferie
dans le Régiment d'Efpinchal , a épousé , le
15 Mars , à Bordeaux , Mlle de Durfort , fille de
M. le Comte de Durfort , Ambaffadeur à Naples.
Le mariage a été célébré dans la Chapelle
de l'Archevêché , en préſence du Curé de
la Paroifle , par M. l'Evêque de Bazas , affifté
de MM. les Abbés d'Entragues & de Monville ,
MAI. 1760. 207
Chanoines & Dignitaires de l'Eglife Métropoli
taine , & Grands Vicaires ; le premier , de Bordeaux
, & l'autre de Bazas .
M. le Duc de Lorges , en qualité de parent de
la Mariée , & comme faifant les fonctions de
Commandant de la Province , pendant l'abſence
de M. le Maréchal Duc de Richelieu , a fait les
honneurs de la cérémonie , & de la Fète..
-
Guy-André- Marie-Jofeph , Comte de Laval ,
fils de Guy- André - Pierre , Duc de Laval- Montmorenci
, Lieutenant Général des Armées du Roi,
& de Dame Marie-Jacqueline - Hortence de Bulkon
, a époufé , le 14 Avril , Demoiſelle Anne-
Célefte-Françoiſe Jacquier de Vieux - Maiſons ,
fille de Melfire Philippe Guillaume Jacquier
de Vieux Maifons , Confeiller au Parlement , &
de Dame Louife- Renée- Magdeleine Hatte. La
bénédiction nuptiale leur a été donnée , par le
Curé de S. Sulpice , dans la Chapelle titulaire du
S. Efprit Leur Contrat de mariage avoit été figné
le 12 par Leurs Majeftés , & par la Famille
Royale.
>
Pierre -Emé Guiffrey de Monteynard de Marcieu,
Marquis de Bouttieres , Chevalier de l'Ordre
de S. Jean de Jérufalem , Meſtre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie de fon nom , Brigadier
des armées du Roi , Gouverneur des Ville , Citadelle
de Grenoble & du Bailliage du Grailivodan
, fils de feu Laurent- Joſeph - Emé Guiffrey de
Monteynard de Marrieu , Marquis de Bouttières,
Seigneur du Touvet , S. Vincent de Mercuze ,
S. Michel Goncelin , Cheylas , Moreftet , S. Jean
d'Avalon , Marcieu , Savel , &c. Gouverneur pour
le Roi , des Ville , Citadelle de Grenoble , & du
Bailliage du Graifivodan ; & de Françoife Gabrielle
de Miſtral , Marquife de Montmiral ,
208 MERCURE DE FRANCE.
Baronne de Creffol , & Chandieu , Dame de la
Savalle , du Chaftellard en Trièves, de S. Egreve,
Provifien , Mont S. Martin , & c. a époulé , avec
l'agrément du Roi , le 15 Avril 1760 , à Grenoble
, Françoiſe de Prunier de Saint- André , fille
de René- Ifmidon - Nicolas de Prunier , Comte
de Saint André , Marquis de Virieu , Baron de
Beauchêne , Seigneur de la Buiffiere , Bellecombe
, & c . Lieutenant général des armées du Roi ;
& d'Alexandrine Guicharde de Chaponnay . La
bénédiction. nuptiale leur a été donnée dans la
Chapelle des Pénitens , par M. l'Abbé de Bardonnenche
, Vicaire général du Diocèle de Grenoble.
M. le Marquis de Citran , Capitaine de Cavaferie
dans le Régiment d'Efpinchal , a épousé , le
15 Mars , à Bordeaux , Mlle de Durfort , fille de
M. le Comte de Durfort , Ambaffadeur à Naples.
Le mariage a été célébré dans la Chapelle
de l'Archevêché , en préſence du Curé de
la Paroifle , par M. l'Evêque de Bazas , affifté
de MM. les Abbés d'Entragues & de Monville ,
MAI. 1760. 207
Chanoines & Dignitaires de l'Eglife Métropoli
taine , & Grands Vicaires ; le premier , de Bordeaux
, & l'autre de Bazas .
M. le Duc de Lorges , en qualité de parent de
la Mariée , & comme faifant les fonctions de
Commandant de la Province , pendant l'abſence
de M. le Maréchal Duc de Richelieu , a fait les
honneurs de la cérémonie , & de la Fète..
-
Guy-André- Marie-Jofeph , Comte de Laval ,
fils de Guy- André - Pierre , Duc de Laval- Montmorenci
, Lieutenant Général des Armées du Roi,
& de Dame Marie-Jacqueline - Hortence de Bulkon
, a époufé , le 14 Avril , Demoiſelle Anne-
Célefte-Françoiſe Jacquier de Vieux - Maiſons ,
fille de Melfire Philippe Guillaume Jacquier
de Vieux Maifons , Confeiller au Parlement , &
de Dame Louife- Renée- Magdeleine Hatte. La
bénédiction nuptiale leur a été donnée , par le
Curé de S. Sulpice , dans la Chapelle titulaire du
S. Efprit Leur Contrat de mariage avoit été figné
le 12 par Leurs Majeftés , & par la Famille
Royale.
>
Pierre -Emé Guiffrey de Monteynard de Marcieu,
Marquis de Bouttieres , Chevalier de l'Ordre
de S. Jean de Jérufalem , Meſtre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie de fon nom , Brigadier
des armées du Roi , Gouverneur des Ville , Citadelle
de Grenoble & du Bailliage du Grailivodan
, fils de feu Laurent- Joſeph - Emé Guiffrey de
Monteynard de Marrieu , Marquis de Bouttières,
Seigneur du Touvet , S. Vincent de Mercuze ,
S. Michel Goncelin , Cheylas , Moreftet , S. Jean
d'Avalon , Marcieu , Savel , &c. Gouverneur pour
le Roi , des Ville , Citadelle de Grenoble , & du
Bailliage du Graifivodan ; & de Françoife Gabrielle
de Miſtral , Marquife de Montmiral ,
208 MERCURE DE FRANCE.
Baronne de Creffol , & Chandieu , Dame de la
Savalle , du Chaftellard en Trièves, de S. Egreve,
Provifien , Mont S. Martin , & c. a époulé , avec
l'agrément du Roi , le 15 Avril 1760 , à Grenoble
, Françoiſe de Prunier de Saint- André , fille
de René- Ifmidon - Nicolas de Prunier , Comte
de Saint André , Marquis de Virieu , Baron de
Beauchêne , Seigneur de la Buiffiere , Bellecombe
, & c . Lieutenant général des armées du Roi ;
& d'Alexandrine Guicharde de Chaponnay . La
bénédiction. nuptiale leur a été donnée dans la
Chapelle des Pénitens , par M. l'Abbé de Bardonnenche
, Vicaire général du Diocèle de Grenoble.
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Résumé : MARIAGES.
En 1760, trois mariages notables ont eu lieu. Le premier fut celui du Marquis de Citran, Capitaine de Cavaferie, et de Mlle de Durfort, fille de l'Ambassadeur à Naples, le Comte de Durfort. La cérémonie s'est déroulée le 15 mars à Bordeaux, dans la Chapelle de l'Archevêché, en présence de l'Évêque de Bazas et du Duc de Lorges. Le second mariage a uni Guy-André-Marie-Joseph, Comte de Laval, fils du Duc de Laval-Montmorenci, et Demoiselle Anne-Céleste-Françoise Jacquier de Vieux-Maisons, fille d'un Conseiller au Parlement, le 14 avril. La bénédiction nuptiale a été donnée par le Curé de Saint-Sulpice, et le contrat de mariage a été signé par la Famille Royale. Enfin, Pierre-Émé Guiffrey de Monteynard de Marcieu, Marquis de Bouttieres et Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, a épousé Françoise de Prunier de Saint-André le 15 avril à Grenoble. La bénédiction nuptiale a été donnée par l'Abbé de Bardonnenche, Vicaire général du Diocèse de Grenoble.
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17
p. 196-199
De VERSAILLES, le 20 Novembre.
Début :
Le Prince Ferdinand de Brunswick ayant reçu le 14 au soir un courier de la Cour de Londres [...]
Mots clefs :
Préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre, Majesté britannique, Lieutenant général des armées du roi
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 20 Novembre.
De VERSAILLES , le 20 Novembre.
Le Prince Ferdinand de Brunſwick ayant reçu
le 14 au foir un courier de la Cour de Londres
qui lui apprenoit la fignature des préliminaires
de paix entre la France & l'Angleterre , a arrêté
le lendemain , felon les ordres de Sa Majeft
Britannique , avec les Maréchaux d'Eftrées & de
Soubife , munis des ordres du Roi , une fufpenfion
d'armes générale pour les deux armées. En
voici la copie.
CONVENTION arrétée entre l'armée Françoiſe
& l'armée Britannique .
Nous Claude-Louis -François de Regnier,Comte
de Guerchy , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Chevalier de fes Ordres , Colonel - Lieu-
Gouver- tenant de fon Régiment d'Infanterie ,
neur des Ville & Château d'Huningue , muni
des pouvoirs de Meffieurs les Maréchaux Comte
d'Eftrées & Prince de Soubife , commandans én
chefs les armées de Sa Majefté en Allemagne.
Et George Howard , Lieutenant - Général des
Armées de Sa Majefté Britannique , Colonel des
Bafs , le troifiéme Régiment d'Infanterie de Sa
Majeſté , muni des pouvoirs de Son Alteffe SéJANVIER
. 1763 .
197
réniffime Mgr le Duc Ferdinand de Brunſwick &
de Lunebourg , &c &c. commandant en chef
l'armée de Sa Majesté Britannique en Allemagne.
D'après la connoiffance donnée à nos Généraux
refpectifs de la fignature des préliminaires
de la paix , le 3 de ce mois de Novembre à Fontainebleau
, entre le Roi & le Roi d'Eſpagne ,
d'une part ; & le Roi d'Angleterre , de l'autre ; &
nos Généraux defirant faire ceffer , le plutôt poffible
, toute éffufion de fang & les calamnités des
pays quiforment le théâtre de la guerre ; Nous
fommes convenus , en leurs noms & avec leur
approbation , de ce qui fuit :
1.Qu'une fufpenfion d'armes entre toutes les
troupes des deux armées aura lieu , du jour de
la fignature & de la ratification , par les deux
Généraux , de la préfente convention , & le plutôt
poffible , par les troupes qui en font éloignées.
2º. Il y aura une ligne de démarcation , pour
féparer les deux armées , (pécifiée ci- après .
Pour le centre des deux armées ; le cours de la
Lahn , depuis la fource jufqu'à la jonction avec
l'Ohm , & delà , en remontant cette riviere jufqu'à
Merlan. Pour la droite de l'armée Françoife
& la gauche de l'armée Britannique ; pallant
par Lauterbach , & de là fe dirigeant en droiture
fur la Fulde en longeant la riviere d'Alfeld , en
laillant Schlitz devant foi , & enfuite pallant la
Fulde par Hunfeld , Fladungen , & la riviere qui
y palle & va ſe jetter dans la Sala .
A la gauche de l'armée Françoiſe & à la droite
de l'armée Britannique ; depuis les fources de la
Lahn jufqu'à celles de Lenn , & enfuite le cour
de cette derniere riviere , à travers le Duché de
Weftphalie ; & de là , cette même ligne aboutira
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
1
à Nehem fur le Roër , paffera à Uuna , Dormon
de , Alteren , Coesfelt , & finira aux frontieres de
la Hollande.
3. La Garnison de Ziegenhayn fe tiendra tranquille
, & payera dorénavant les beſoins , argent
comptant ,jufqu'à ce qu'elle évacue la Place.
Il lui fera indiqué un endroit pour couper le
bois néceffaire pour fon chauffage , & qui lui fera
fourni pour fon argent au prix établi & connu
dans le pays.
Et , pour pleine & entiere exécution de la préfente
Convention , Nous l'avons fignée , & y
avons mis le fceau de nos armes , lequel fera de
pleine valeur pour être inviolablement obfervée ,
ainfi que fi elle étoit fignée par nos Généraux mêmes
; & pour plus grande affurance , après en
avoir obtenu le pouvoir de nos Généraux , Nous
déclarons qu'elle fera par eux ratifiée . Fait au
Pont de Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzieme de
Novembre, milfept cent foixante- deux , à midi.
( Signé ) LE COMTE DE GUERCHY
& G. HOWARD , Lieutenant - Général,
NOUS , LOUIS - CESAR , COMTE D'ETRÉES
Maréchal de France , commandant les armées du
Roi en Allemagne , Gouverneur de Metz & du
Pays Meflin , Miniftre d'Etat , Chevalier des Ordres
du Roi. Et CHARLES DE ROHAN , PRINCE DE
SOUBISE , Pair & Maréchal de France , Miniftre
d'Etat , Capitaine - Lieutenant des Gendarmes de
la Garde ordinaire du Roi , Gouverneur & Lieutenant-
Général pour Sa Majefté des Provinces de
Flandre & de Haynault , Gouverneur particulier
des Ville & Citadelle de Lille , commandant les
armées du Roi en Allemagne , & c.
Et NOUS FERDINAND , par la grace de Dieu ,
JANVIER. 1763. 199
DUC DE BRUNSWICK ET DE LUNEBOURG , Feld
Maréchal des Armées de Sa Majeſté Prufſienne ,
Colonel d'un Régiment d'Infanterie , Gouverneur
de la Forterelle de Magdebourg , Chevalier des
Ordres de l'Aigle Nair & de Saint Jean de Jerufalem
, commandant en chef l'Armée de Sa Majefté
Britanique en Allemagne , & c.
Après avoir pris la lecture des conditions qui
ont été arrêtées avec M. le Comte de Guerchy
Lieutenant- Général des Armées du Roi , & M.
Howard , Lieutenant- Général des Armées de Sa
Majesté Britanique , fignées aujourd'hui , & contenant
trois articles : DECLARONS que nous avons
pour agréables les conditions portées dans lefdits
articles ; & promettons de les faire exécuter de
bonne foi dans tous les points. EN FOI DE QUOI
Nous avons figné les préfentes , & y avons fait
appofer le fceau de nos armes. FAIT au Pont de
Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzième jour de Novembre
milfept centfoixante- deux , à deux heures
après-midi. Signé ) LE MARECHAL D'ESTREES.
LE MARECHAL PRINCE DE SOUBISE
; & FERDINAND , Duc de BrunSWICK
ET DE LUNEBOUrg.
Le Prince Ferdinand de Brunſwick ayant reçu
le 14 au foir un courier de la Cour de Londres
qui lui apprenoit la fignature des préliminaires
de paix entre la France & l'Angleterre , a arrêté
le lendemain , felon les ordres de Sa Majeft
Britannique , avec les Maréchaux d'Eftrées & de
Soubife , munis des ordres du Roi , une fufpenfion
d'armes générale pour les deux armées. En
voici la copie.
CONVENTION arrétée entre l'armée Françoiſe
& l'armée Britannique .
Nous Claude-Louis -François de Regnier,Comte
de Guerchy , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Chevalier de fes Ordres , Colonel - Lieu-
Gouver- tenant de fon Régiment d'Infanterie ,
neur des Ville & Château d'Huningue , muni
des pouvoirs de Meffieurs les Maréchaux Comte
d'Eftrées & Prince de Soubife , commandans én
chefs les armées de Sa Majefté en Allemagne.
Et George Howard , Lieutenant - Général des
Armées de Sa Majefté Britannique , Colonel des
Bafs , le troifiéme Régiment d'Infanterie de Sa
Majeſté , muni des pouvoirs de Son Alteffe SéJANVIER
. 1763 .
197
réniffime Mgr le Duc Ferdinand de Brunſwick &
de Lunebourg , &c &c. commandant en chef
l'armée de Sa Majesté Britannique en Allemagne.
D'après la connoiffance donnée à nos Généraux
refpectifs de la fignature des préliminaires
de la paix , le 3 de ce mois de Novembre à Fontainebleau
, entre le Roi & le Roi d'Eſpagne ,
d'une part ; & le Roi d'Angleterre , de l'autre ; &
nos Généraux defirant faire ceffer , le plutôt poffible
, toute éffufion de fang & les calamnités des
pays quiforment le théâtre de la guerre ; Nous
fommes convenus , en leurs noms & avec leur
approbation , de ce qui fuit :
1.Qu'une fufpenfion d'armes entre toutes les
troupes des deux armées aura lieu , du jour de
la fignature & de la ratification , par les deux
Généraux , de la préfente convention , & le plutôt
poffible , par les troupes qui en font éloignées.
2º. Il y aura une ligne de démarcation , pour
féparer les deux armées , (pécifiée ci- après .
Pour le centre des deux armées ; le cours de la
Lahn , depuis la fource jufqu'à la jonction avec
l'Ohm , & delà , en remontant cette riviere jufqu'à
Merlan. Pour la droite de l'armée Françoife
& la gauche de l'armée Britannique ; pallant
par Lauterbach , & de là fe dirigeant en droiture
fur la Fulde en longeant la riviere d'Alfeld , en
laillant Schlitz devant foi , & enfuite pallant la
Fulde par Hunfeld , Fladungen , & la riviere qui
y palle & va ſe jetter dans la Sala .
A la gauche de l'armée Françoiſe & à la droite
de l'armée Britannique ; depuis les fources de la
Lahn jufqu'à celles de Lenn , & enfuite le cour
de cette derniere riviere , à travers le Duché de
Weftphalie ; & de là , cette même ligne aboutira
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
1
à Nehem fur le Roër , paffera à Uuna , Dormon
de , Alteren , Coesfelt , & finira aux frontieres de
la Hollande.
3. La Garnison de Ziegenhayn fe tiendra tranquille
, & payera dorénavant les beſoins , argent
comptant ,jufqu'à ce qu'elle évacue la Place.
Il lui fera indiqué un endroit pour couper le
bois néceffaire pour fon chauffage , & qui lui fera
fourni pour fon argent au prix établi & connu
dans le pays.
Et , pour pleine & entiere exécution de la préfente
Convention , Nous l'avons fignée , & y
avons mis le fceau de nos armes , lequel fera de
pleine valeur pour être inviolablement obfervée ,
ainfi que fi elle étoit fignée par nos Généraux mêmes
; & pour plus grande affurance , après en
avoir obtenu le pouvoir de nos Généraux , Nous
déclarons qu'elle fera par eux ratifiée . Fait au
Pont de Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzieme de
Novembre, milfept cent foixante- deux , à midi.
( Signé ) LE COMTE DE GUERCHY
& G. HOWARD , Lieutenant - Général,
NOUS , LOUIS - CESAR , COMTE D'ETRÉES
Maréchal de France , commandant les armées du
Roi en Allemagne , Gouverneur de Metz & du
Pays Meflin , Miniftre d'Etat , Chevalier des Ordres
du Roi. Et CHARLES DE ROHAN , PRINCE DE
SOUBISE , Pair & Maréchal de France , Miniftre
d'Etat , Capitaine - Lieutenant des Gendarmes de
la Garde ordinaire du Roi , Gouverneur & Lieutenant-
Général pour Sa Majefté des Provinces de
Flandre & de Haynault , Gouverneur particulier
des Ville & Citadelle de Lille , commandant les
armées du Roi en Allemagne , & c.
Et NOUS FERDINAND , par la grace de Dieu ,
JANVIER. 1763. 199
DUC DE BRUNSWICK ET DE LUNEBOURG , Feld
Maréchal des Armées de Sa Majeſté Prufſienne ,
Colonel d'un Régiment d'Infanterie , Gouverneur
de la Forterelle de Magdebourg , Chevalier des
Ordres de l'Aigle Nair & de Saint Jean de Jerufalem
, commandant en chef l'Armée de Sa Majefté
Britanique en Allemagne , & c.
Après avoir pris la lecture des conditions qui
ont été arrêtées avec M. le Comte de Guerchy
Lieutenant- Général des Armées du Roi , & M.
Howard , Lieutenant- Général des Armées de Sa
Majesté Britanique , fignées aujourd'hui , & contenant
trois articles : DECLARONS que nous avons
pour agréables les conditions portées dans lefdits
articles ; & promettons de les faire exécuter de
bonne foi dans tous les points. EN FOI DE QUOI
Nous avons figné les préfentes , & y avons fait
appofer le fceau de nos armes. FAIT au Pont de
Brükmüle , fur l'Ohm , le quinzième jour de Novembre
milfept centfoixante- deux , à deux heures
après-midi. Signé ) LE MARECHAL D'ESTREES.
LE MARECHAL PRINCE DE SOUBISE
; & FERDINAND , Duc de BrunSWICK
ET DE LUNEBOUrg.
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Résumé : De VERSAILLES, le 20 Novembre.
Le 20 novembre, le Prince Ferdinand de Brunswick a reçu une communication de la Cour de Londres annonçant la signature des préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre. Le lendemain, il a ordonné, avec les Maréchaux d'Estrées et de Soubise, une suspension générale des hostilités entre les deux armées. Une convention a été établie entre l'armée française et l'armée britannique, signée par Claude-Louis-François de Regnier, Comte de Guerchy, et George Howard. Cette convention prévoit une suspension d'armes entre les troupes des deux armées à partir de la signature et de la ratification par les deux généraux. Une ligne de démarcation a été définie pour séparer les deux armées, incluant des points spécifiques tels que le cours de la Lahn, la Fulde, et la Lenn. La garnison de Ziegenhayn doit rester tranquille et subvenir à ses besoins en attendant son évacuation. La convention a été signée au Pont de Brükmüle sur l'Ohm, le 15 novembre 1762, par les représentants des deux armées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 201-205
MORTS.
Début :
Le 21 Octobre dernier mourut au Château de S. Mandé Dame Claude de Volon de Montmain, [...]
Mots clefs :
Marquis, Lieutenant général des armées du roi, Capitaine de Dragons
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S
Le 21 Octobre dernier mourut au Château de
S. Mandé Dame Claude de Volon de Montmain ,
veuve de Meffire Jean- Baptifte - Jules de Ricard ,
Chevalier , Baron de Courgy , Seigneur de Chenevieres-
fur - Marne , Confeiller du Roi en fes
Confeils , fecond Préfident de la Cour des Aides
de Paris.
Elle laiffe deux enfans , Meffire Marc-Antoine
de Ricard ' , & Dame Philiberte- Blanche de Ri
card , époufe de Meffire Jacques- François de Berulle
, Chevalier , Comte de Berulle , Seigneur de
S: Mandé , fils , frere & oncle des trois Magiftrats
de ce nom qui ont occupé fucceffivement la
place de premier Préfident du Parlement de Dauphiné,
Commandant dans ladite Province , &
arriere-petit- neveu du Cardinal de ce nom "
Fondateur de la Congrégation de l'Oratoire .
Cette Dame étoit la derniere du nom de la
Maifon de Volon , établie depuis long temps
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
en Bourgogne , où elle a formé deux branches
celle des Seigneurs de Montmain & celle de
Seigneurs de Mimure : elle a donné plufieur
Officiers, dans les troupes du Roi , qui y ont
rempli divers emplois , entr'autres un Chevalier
de Malthe , tué à la bataille de Senef , Major
du Régiment des Gardes des Gouverneurs de
Place & Lieutenans- Généraux des Armées du
Roi. Le dernier de la branche des Seigneurs de,
Montmain , qui étoit frere de ladite Dame , étant.
mort fans enfans de Magdelaine Fouquet , four,
du Maréchal Duc de Belle - Ifle..
Et le Marquis de Mimure , dernier de ſa branche
, Menin de Monfeigneur fils unique du Roi
Louis XIV , étant aufli mort fans poſtérité ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & Gouverneur
des Villes & Châteaux d'Auxonne. Cette
Maifon portoit d'azur à la licorne d'argent.
Marc Antoine de Ricard , fils de ladite Dame ,
eft le dernier mâle de fa Maifon , établie en
Provence dès l'an 1080 , comme le juftifie une 、
chartre de ladite année , tirée des Archives de
l'Archevêché d'Aix à l'occafion de la fondation
des Chapelles de Notre Dame & de S. Sauveur ,
à la confervation defquelles Roftang , Archevêque
d'Aix , veilloit à la priere d'Ifnard , d'Amelin &
de Pierre Ricard , trois freres fondateurs defdites
Chapelles.
Cette Maiſon a fait plufieurs branches en Provence
, en Bourgogne , en Quercy & en Italie.
Elle a donné nombre de Magiftrats , d'Officiers
de terre & de mer , des Gouverneurs de Place ,
Châteaux & Villes.
ㄌ La branche établie en Quercy a donné un
Grand - Maître d'artillerie , qui préta ferment de
Décembre 1479. Cette branche , cette place le
14
JANVIER. 1763 .
203
qui étoit établie dans cette Province dès 1352 ,
n'y eft plus connue que fous le nom de Gourdon
Genouillac.
Dans la branche de Provence il y a eu un
Envoyé extraordinaire dans les Cours d'Espagne ,
de Portugal & d'Angleterre , au retour defquelles
il fut fait Confeiller d'Etat , & eut des Lettres de
conceffion pour ajouter à l'écu de fes armes un
chef d'azur chargé d'une fleur de lys d'or.
- ·
Cette Maiſon a aufli fourni grand nombre de
Chevaliers de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
antérieurement à 1364 , que Jean Ricard étoit
Commandeur d'Aix , juſqu'en 1745 & 1756 ,
que font morts les deux derniers Baillifs de ce
nom ; Grand-Croix de cet Ordre , & qui s'y font
diftingués par plufieurs actions mémorables.
La branche aînée de la Maifon de Ricard , qui
polle le en Provence les Marquifats de Ricard
& de Breganfon ne fubfifte plus qu'en trois filles."
"'
L'aînée a épousé M. le Vicomte de Narbonne-
Pelet , Lieutenant-Général des Armées du Roi
Gouverneur des Villes , Châteaux & Vignerie de
Sommieres .
La feconde a époufé M. le Marquis de l'Eltang-
de-Parade.
La feconde branche eft fondue dans la Maifon
de Rochemore , établie en Languedoc.
Et la troifiéme , qui étoit établie en Bourgogne
, ne fubfifte plus que dans les deux enfans de
Madame la Préfidente de Ricard, qui donne lieu
au préfent article .
Marie-Jeanne de Durfort de Lorge , fille unique
du Duc de Randan , époufe de Jean Brera -
gne Charles Godefroi , Sire de la Trémoille , Duc
de Thouars en Poitou , Pair de France , Comite
I vj
204 MERCURE * DE FRANCE.
de Laval au Maine & de Montfort en Bretagne ,
Baron de Vitré , Meftre de Camp.du Régiment
d'Artois , eft morte en cette Ville le 10 Décembre
dernier dans la vingt -huitiéme année de fon
âge.
Jofeph-François de Bocaud , Evêque d'Aleth ,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Loc- Dieu , Ordre de Citeaux , Diocefe de Rhodez ,
eft mort en fon Palais Epifcopal le 6 du même
mois , âgé de 27 ans.
Urbin Balthafar , Chevalier d'Aubigné, Maréchal
des camps, & armées du Roi , Commandant
de Rouen , y eft mort le 12 dans la quarante-
quatrième année de fon âge.
Le Sieur Evrard Titon du Tiller , ancien Capitaine
de Dragons , Maître d'Hôtel de feue
Madame la Dauphine , Mere du Roi , & ancien
Commiffaire Provincial des Guerres , eft décédé à
Paris le 26 du même mois , âgé de 86 ans , Ika été
préfenté à Ste Marguerite la Paroifle , & inhuméau
Couvent des Dames Hofpitalieres de S. Mandé ,
où eft la fépulture de fa famille. Il s'eft rendu
recommandable par fon amour pour les Savans
& pour les Belles Lettres , en l'honneur defquelles
il a élevé un monument en bronze , connu fous
le nom de Parnaffe François . Ses ouvrages Font
rendu célebre dans fa nation & chez tous les
étrangers , qui l'ont admis dans leurs Académies
.
François Deya , Marquis de la Salle , Maréchal
des Camps & Armées du Roi , ci- devant
Maréchal des Logis & Aide- Major de la feconde
Compagnie des Moufquetaires , eft mort le 29
Novembre à Tonnerre , dans la foixante- dixhuitième
année de fon âge.
Marie, Louife Perrine Richard de Fondville',
JANVIER. 1763. 205
Marquise de Chamborant , époufe d'André-
Claude , Marquis de Chamborant , Brigadier des
armées du Roi , Meftre de Camp du Régiment
de Cavalerie Hongroife de fon nom , elt morte
à Paris le 28 du même mois dans la vingtuniéme
année de fon âge.
-Etienne Jouan , Abbé Commendataire de
l'Abbaye de Quarante , Ordre de S. Auguftin ,
Diosefe de Narbonne , eft mort à Paris le 2 Janvier
1763 , âgé de 85 ans.
Jean- Baptifte- François de Villemeur , Lieutenant
Général des Arinées du Roi , Inſpecteur
d'Infanterie , Grand'Croir de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , Gouverneur de Monmedy
, mourut à Paris le même jour dans la
foixante-cinquième année de fon âge.
Hardouin- Therefé de Morel , Marquis de
Putangé, Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Ville & Chateau de Péronne
eft mort le 4 du même mois , âgé de 76 ans.
Reine de Madaillan de Lefparre , veuve de
Léon de Madaillan de Lefparre , Marquis de
Laffay , eft morte les dans la foixante dix- neuviéme
année de fon âge.
Le 21 Octobre dernier mourut au Château de
S. Mandé Dame Claude de Volon de Montmain ,
veuve de Meffire Jean- Baptifte - Jules de Ricard ,
Chevalier , Baron de Courgy , Seigneur de Chenevieres-
fur - Marne , Confeiller du Roi en fes
Confeils , fecond Préfident de la Cour des Aides
de Paris.
Elle laiffe deux enfans , Meffire Marc-Antoine
de Ricard ' , & Dame Philiberte- Blanche de Ri
card , époufe de Meffire Jacques- François de Berulle
, Chevalier , Comte de Berulle , Seigneur de
S: Mandé , fils , frere & oncle des trois Magiftrats
de ce nom qui ont occupé fucceffivement la
place de premier Préfident du Parlement de Dauphiné,
Commandant dans ladite Province , &
arriere-petit- neveu du Cardinal de ce nom "
Fondateur de la Congrégation de l'Oratoire .
Cette Dame étoit la derniere du nom de la
Maifon de Volon , établie depuis long temps
I v
202 MERCURE DE FRANCE .
en Bourgogne , où elle a formé deux branches
celle des Seigneurs de Montmain & celle de
Seigneurs de Mimure : elle a donné plufieur
Officiers, dans les troupes du Roi , qui y ont
rempli divers emplois , entr'autres un Chevalier
de Malthe , tué à la bataille de Senef , Major
du Régiment des Gardes des Gouverneurs de
Place & Lieutenans- Généraux des Armées du
Roi. Le dernier de la branche des Seigneurs de,
Montmain , qui étoit frere de ladite Dame , étant.
mort fans enfans de Magdelaine Fouquet , four,
du Maréchal Duc de Belle - Ifle..
Et le Marquis de Mimure , dernier de ſa branche
, Menin de Monfeigneur fils unique du Roi
Louis XIV , étant aufli mort fans poſtérité ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & Gouverneur
des Villes & Châteaux d'Auxonne. Cette
Maifon portoit d'azur à la licorne d'argent.
Marc Antoine de Ricard , fils de ladite Dame ,
eft le dernier mâle de fa Maifon , établie en
Provence dès l'an 1080 , comme le juftifie une 、
chartre de ladite année , tirée des Archives de
l'Archevêché d'Aix à l'occafion de la fondation
des Chapelles de Notre Dame & de S. Sauveur ,
à la confervation defquelles Roftang , Archevêque
d'Aix , veilloit à la priere d'Ifnard , d'Amelin &
de Pierre Ricard , trois freres fondateurs defdites
Chapelles.
Cette Maiſon a fait plufieurs branches en Provence
, en Bourgogne , en Quercy & en Italie.
Elle a donné nombre de Magiftrats , d'Officiers
de terre & de mer , des Gouverneurs de Place ,
Châteaux & Villes.
ㄌ La branche établie en Quercy a donné un
Grand - Maître d'artillerie , qui préta ferment de
Décembre 1479. Cette branche , cette place le
14
JANVIER. 1763 .
203
qui étoit établie dans cette Province dès 1352 ,
n'y eft plus connue que fous le nom de Gourdon
Genouillac.
Dans la branche de Provence il y a eu un
Envoyé extraordinaire dans les Cours d'Espagne ,
de Portugal & d'Angleterre , au retour defquelles
il fut fait Confeiller d'Etat , & eut des Lettres de
conceffion pour ajouter à l'écu de fes armes un
chef d'azur chargé d'une fleur de lys d'or.
- ·
Cette Maiſon a aufli fourni grand nombre de
Chevaliers de l'Ordre de S. Jean de Jerufalem
antérieurement à 1364 , que Jean Ricard étoit
Commandeur d'Aix , juſqu'en 1745 & 1756 ,
que font morts les deux derniers Baillifs de ce
nom ; Grand-Croix de cet Ordre , & qui s'y font
diftingués par plufieurs actions mémorables.
La branche aînée de la Maifon de Ricard , qui
polle le en Provence les Marquifats de Ricard
& de Breganfon ne fubfifte plus qu'en trois filles."
"'
L'aînée a épousé M. le Vicomte de Narbonne-
Pelet , Lieutenant-Général des Armées du Roi
Gouverneur des Villes , Châteaux & Vignerie de
Sommieres .
La feconde a époufé M. le Marquis de l'Eltang-
de-Parade.
La feconde branche eft fondue dans la Maifon
de Rochemore , établie en Languedoc.
Et la troifiéme , qui étoit établie en Bourgogne
, ne fubfifte plus que dans les deux enfans de
Madame la Préfidente de Ricard, qui donne lieu
au préfent article .
Marie-Jeanne de Durfort de Lorge , fille unique
du Duc de Randan , époufe de Jean Brera -
gne Charles Godefroi , Sire de la Trémoille , Duc
de Thouars en Poitou , Pair de France , Comite
I vj
204 MERCURE * DE FRANCE.
de Laval au Maine & de Montfort en Bretagne ,
Baron de Vitré , Meftre de Camp.du Régiment
d'Artois , eft morte en cette Ville le 10 Décembre
dernier dans la vingt -huitiéme année de fon
âge.
Jofeph-François de Bocaud , Evêque d'Aleth ,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Loc- Dieu , Ordre de Citeaux , Diocefe de Rhodez ,
eft mort en fon Palais Epifcopal le 6 du même
mois , âgé de 27 ans.
Urbin Balthafar , Chevalier d'Aubigné, Maréchal
des camps, & armées du Roi , Commandant
de Rouen , y eft mort le 12 dans la quarante-
quatrième année de fon âge.
Le Sieur Evrard Titon du Tiller , ancien Capitaine
de Dragons , Maître d'Hôtel de feue
Madame la Dauphine , Mere du Roi , & ancien
Commiffaire Provincial des Guerres , eft décédé à
Paris le 26 du même mois , âgé de 86 ans , Ika été
préfenté à Ste Marguerite la Paroifle , & inhuméau
Couvent des Dames Hofpitalieres de S. Mandé ,
où eft la fépulture de fa famille. Il s'eft rendu
recommandable par fon amour pour les Savans
& pour les Belles Lettres , en l'honneur defquelles
il a élevé un monument en bronze , connu fous
le nom de Parnaffe François . Ses ouvrages Font
rendu célebre dans fa nation & chez tous les
étrangers , qui l'ont admis dans leurs Académies
.
François Deya , Marquis de la Salle , Maréchal
des Camps & Armées du Roi , ci- devant
Maréchal des Logis & Aide- Major de la feconde
Compagnie des Moufquetaires , eft mort le 29
Novembre à Tonnerre , dans la foixante- dixhuitième
année de fon âge.
Marie, Louife Perrine Richard de Fondville',
JANVIER. 1763. 205
Marquise de Chamborant , époufe d'André-
Claude , Marquis de Chamborant , Brigadier des
armées du Roi , Meftre de Camp du Régiment
de Cavalerie Hongroife de fon nom , elt morte
à Paris le 28 du même mois dans la vingtuniéme
année de fon âge.
-Etienne Jouan , Abbé Commendataire de
l'Abbaye de Quarante , Ordre de S. Auguftin ,
Diosefe de Narbonne , eft mort à Paris le 2 Janvier
1763 , âgé de 85 ans.
Jean- Baptifte- François de Villemeur , Lieutenant
Général des Arinées du Roi , Inſpecteur
d'Infanterie , Grand'Croir de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , Gouverneur de Monmedy
, mourut à Paris le même jour dans la
foixante-cinquième année de fon âge.
Hardouin- Therefé de Morel , Marquis de
Putangé, Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Gouverneur des Ville & Chateau de Péronne
eft mort le 4 du même mois , âgé de 76 ans.
Reine de Madaillan de Lefparre , veuve de
Léon de Madaillan de Lefparre , Marquis de
Laffay , eft morte les dans la foixante dix- neuviéme
année de fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le 21 octobre dernier, Dame Claude de Volon de Montmain, veuve de Meffire Jean-Baptiste-Jules de Ricard, est décédée au Château de Saint-Mandé. Elle était Chevalier, Baron de Courgy, Seigneur de Chenevières-sur-Marne, et Conseiller du Roi en ses Conseils. Elle a laissé deux enfants : Meffire Marc-Antoine de Ricard et Dame Philiberte-Blanche de Ricard, épouse de Meffire Jacques-François de Bérulle, Chevalier, Comte de Bérulle, Seigneur de Saint-Mandé. Dame Claude de Volon de Montmain était la dernière représentante de la Maison de Volon, établie en Bourgogne, avec deux branches : celle des Seigneurs de Montmain et celle des Seigneurs de Mimure. Elle a fourni plusieurs officiers aux troupes du Roi, dont un Chevalier de Malte tué à la bataille de Senef. Marc-Antoine de Ricard, fils de Dame Claude, est le dernier mâle de la Maison de Ricard, établie en Provence dès l'an 1080. Cette Maison a produit de nombreux magistrats, officiers de terre et de mer, et gouverneurs de places. La branche en Quercy a donné un Grand-Maître d'artillerie en 1479. La branche en Provence a fourni un Envoyé extraordinaire dans les cours d'Espagne, de Portugal et d'Angleterre, ainsi que plusieurs Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La branche aînée de la Maison de Ricard, qui portait les marquisats de Ricard et de Brégançon en Provence, ne subsiste plus qu'en trois filles. L'aînée a épousé le Vicomte de Narbonne-Pelet, Lieutenant-Général des Armées du Roi. La seconde a épousé le Marquis de l'Etang-de-Parade. La seconde branche est fondue dans la Maison de Rochemore en Languedoc, et la troisième branche en Bourgogne ne subsiste plus que dans les deux enfants de Madame la Présidente de Ricard.
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