Résultats : 21797 texte(s)
Détail
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4651
p. 99
QUESTION NOUVELLE.
Début :
Sans préjudice de celles du mois passé que je laisserai encore [...]
Mots clefs :
Amour, Tendresse
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texteReconnaissance textuelle : QUESTION NOUVELLE.
QUESTIONNOUVELLE.
Sans préjudice de celles du
moispasse quejelaisserai encorepour
celui.ci.
Quelle différence yat-
il entre la tendressé-U
l'amour?
Sans préjudice de celles du
moispasse quejelaisserai encorepour
celui.ci.
Quelle différence yat-
il entre la tendressé-U
l'amour?
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4652
p. 160
Au Retiro, ce 10. Février 1715.
Début :
C'est ici, si je ne me trompe, la place des nouvelles d'Espagne. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Au Retiro, ce 10. Février 1715.
Au Retiro ce 10. Février1715.
C'eſt ici , ſi je ne me trompe,
la place des nouvelles d'Efpagne.
C'eſt ici , ſi je ne me trompe,
la place des nouvelles d'Efpagne.
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4653
p. 1006-1007
Turcaret, Comédie en cinq Actes, [titre d'après la table]
Début :
Le 9. de ce mois, les mêmes Comediens remirent au Théâtre la Comédie de Turcaret, en [...]
Mots clefs :
Turcaret, Comédiens-Français
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texteReconnaissance textuelle : Turcaret, Comédie en cinq Actes, [titre d'après la table]
Le 9. de ce mois , les mêmes Comediens remirent
au Théatre la Comédie de Turcaret , en
Profe & en cinq Actes , jouée dans fa nouveauté
pendant l'hyver de 1709. & qui n'avoit point
été repriſe. Élle eft très- bien écrite, pleine d'efprit,
de fituations vives & de traits picquans . Cette
Picce , qui eft très-bien repréſentée , eft de M. le
Sages
MAY. 1730. 1007
Sage , Auteur du faux point d'honneur, de Cefar
Urfin, Comedie en cinq Actes, & de Criſpin Rival
de fon Maitre , en un Acte. M. le Sage eft connu
par quantité d'autres Ouvrages qui caracterifent.
fon efprit , & qui le font regarder comme un de
nos meilleurs Ecrivains.
au Théatre la Comédie de Turcaret , en
Profe & en cinq Actes , jouée dans fa nouveauté
pendant l'hyver de 1709. & qui n'avoit point
été repriſe. Élle eft très- bien écrite, pleine d'efprit,
de fituations vives & de traits picquans . Cette
Picce , qui eft très-bien repréſentée , eft de M. le
Sages
MAY. 1730. 1007
Sage , Auteur du faux point d'honneur, de Cefar
Urfin, Comedie en cinq Actes, & de Criſpin Rival
de fon Maitre , en un Acte. M. le Sage eft connu
par quantité d'autres Ouvrages qui caracterifent.
fon efprit , & qui le font regarder comme un de
nos meilleurs Ecrivains.
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Résumé : Turcaret, Comédie en cinq Actes, [titre d'après la table]
Le 9 mai 1730, la pièce 'Turcaret' a été rejouée au théâtre. Cette comédie en prose et en cinq actes, écrite par M. le Sage, avait été créée en 1709. Elle est appréciée pour son esprit, ses situations vives et ses traits piquants. M. le Sage est également l'auteur de 'Le faux point d'honneur', 'César Ursin' et 'Crispin Rival de son maître'.
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4654
p. 2036-2037
DE TURQUIE ET DE PERSE.
Début :
On a appris que toutes les Provinces de la Perse avoient envoyé des Députés à Ispahan [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Roi de Perse, Ispahan, Mer Caspienne
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texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET DE PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES
DE TURQUIE ET DE PERSE.
O
Na appris que toutes les Provinces de la
Perse avoient envoyé des Députés à Ispa- han pour feliciter le Roi de Perse sur la résolution qu'il a prise de ne point éxécuter le dernier
Traité conclu avec le Grand Seigneur , et pour
l'assurer qu'elles lui fourniront tous les secours
nécessaires pour reprendre les Villes que la situa tion de ses affaires l'avoit obligé de ceder ; que
chaque Province lui avoit envoyé un état des
Troupes qu'elle pouvoit lui fournir , avec offre
de les payer et entretenir pendant deux ans ; que le Roi de Perse avoit actuellement une Armée de
soooo, hommes en Georgie ; une autre de
60000. hommes qui s'étoit emparée des passages
par lesquelles les Turcs sont entrés dans le Pays
pendant la guerre précédente ; et une troisiéme
avec laquelle le Roi de Perse faisoit le Siege d'Erivan. Cette Place n'est point prise comme le
bruit en a couru , mais on ne doute pas qu'elle
ne le soit bien- tôt , les vivres et les munitions de
guerre y manquant.
Les Lettres reçues depuis portent , que les
Troupes Persanes qui avoient leurs quartiers le
long de la Mer Caspienne , en étoient parties
pour se rendre en Armenie , que le Roi de Perse
avoit déja repris plusieurs petites Places de la
Georgie
SEPTEM BR E. 1732. 2037
Georgie qui avoient été cedées au 6. S. par le dernier Traité qu'une autre armée étoit en
marche vers Tauris , que la Ville de Bagdat
étoit bloquée , et qu'on attendoit un renfort de Isoon. hommes pour ouvrir la tranchée.
Les dernieres Lettres de Constantinople portent , que la maladie contagieuse continuoit de
faire de grands ravages , tant dans la Ville que
dans les environs ; qu'on recevoit très-souvent
de mauvaises nouvelles de Perse ; que le peuple
paroissoit toujours disposé à se soulever ; que le
Divan étoit divisé et ne prenoit aucune résolution
pour prévenir les maux dont l'Empire Ottoman
est menacé , que le Gr. Viz. ayant eu quelque
differend avec l'Aga des Janissaires , avoit obtenu
du G. S. sa déposition , dont les Troupes paroissoient mécontentes ; qu'on avoit eu des preuves
que le feu avoit été mis par des mal-intentionnés
aux maisons qui furent brûlées il y a quelque
tems près de l'Arsenal , et que le G. V. avoit fait
arrêter huit de ces Incendiaires , qui avec plusieurs autres séditieux avoient formé le dessein
de mettre le feu à dix ou douze endroits de la
Ville.
LET
DE TURQUIE ET DE PERSE.
O
Na appris que toutes les Provinces de la
Perse avoient envoyé des Députés à Ispa- han pour feliciter le Roi de Perse sur la résolution qu'il a prise de ne point éxécuter le dernier
Traité conclu avec le Grand Seigneur , et pour
l'assurer qu'elles lui fourniront tous les secours
nécessaires pour reprendre les Villes que la situa tion de ses affaires l'avoit obligé de ceder ; que
chaque Province lui avoit envoyé un état des
Troupes qu'elle pouvoit lui fournir , avec offre
de les payer et entretenir pendant deux ans ; que le Roi de Perse avoit actuellement une Armée de
soooo, hommes en Georgie ; une autre de
60000. hommes qui s'étoit emparée des passages
par lesquelles les Turcs sont entrés dans le Pays
pendant la guerre précédente ; et une troisiéme
avec laquelle le Roi de Perse faisoit le Siege d'Erivan. Cette Place n'est point prise comme le
bruit en a couru , mais on ne doute pas qu'elle
ne le soit bien- tôt , les vivres et les munitions de
guerre y manquant.
Les Lettres reçues depuis portent , que les
Troupes Persanes qui avoient leurs quartiers le
long de la Mer Caspienne , en étoient parties
pour se rendre en Armenie , que le Roi de Perse
avoit déja repris plusieurs petites Places de la
Georgie
SEPTEM BR E. 1732. 2037
Georgie qui avoient été cedées au 6. S. par le dernier Traité qu'une autre armée étoit en
marche vers Tauris , que la Ville de Bagdat
étoit bloquée , et qu'on attendoit un renfort de Isoon. hommes pour ouvrir la tranchée.
Les dernieres Lettres de Constantinople portent , que la maladie contagieuse continuoit de
faire de grands ravages , tant dans la Ville que
dans les environs ; qu'on recevoit très-souvent
de mauvaises nouvelles de Perse ; que le peuple
paroissoit toujours disposé à se soulever ; que le
Divan étoit divisé et ne prenoit aucune résolution
pour prévenir les maux dont l'Empire Ottoman
est menacé , que le Gr. Viz. ayant eu quelque
differend avec l'Aga des Janissaires , avoit obtenu
du G. S. sa déposition , dont les Troupes paroissoient mécontentes ; qu'on avoit eu des preuves
que le feu avoit été mis par des mal-intentionnés
aux maisons qui furent brûlées il y a quelque
tems près de l'Arsenal , et que le G. V. avoit fait
arrêter huit de ces Incendiaires , qui avec plusieurs autres séditieux avoient formé le dessein
de mettre le feu à dix ou douze endroits de la
Ville.
LET
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Résumé : DE TURQUIE ET DE PERSE.
En Turquie et en Perse, des délégués des provinces persanes se sont rendus à Ispahan pour féliciter le roi de Perse de sa décision de ne pas exécuter le dernier traité avec le sultan ottoman. Ils ont proposé de fournir des troupes et des ressources pour reprendre les villes cédées. Le roi de Perse dispose de trois armées : une de 50 000 hommes en Géorgie, une autre de 60 000 hommes contrôlant les passages utilisés par les Turcs, et une troisième assiégeant Erivan. Les troupes persanes avancent en Arménie et reprennent des places en Géorgie. Une autre armée marche vers Tauris, et Bagdad est bloquée en attendant des renforts. À Constantinople, une maladie contagieuse continue de faire des ravages, et le peuple est prêt à se soulever. Le Divan est divisé et ne prend aucune mesure pour prévenir les menaces pesant sur l'Empire ottoman. Le grand vizir a déposé l'Aga des Janissaires après un différend, mécontentant ainsi les troupes. Des incendiaires ont été arrêtés après avoir mis le feu à plusieurs maisons près de l'arsenal.
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4655
p. 156-157
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis de la vertu l'acte le plus pénible, [...]
Mots clefs :
Sacrifice
4657
p. 39-40
BOUTS-RIMEZ du mois passé.
Début :
L'un aime le tambour, & l'autre aime la flute, [...]
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS-RIMEZ du mois passé.
BOUTS-RIMEZ
du mois pafle*
L'Vn aime le tambour, &
l'autreaime la Huce,
Le Docteur argumente, 1) le
Boulanger blute
Celui-cid'un coup fier aime
à presser le flanc
Celui-là tire un lièvre, un
autretireau blanc:
Amintese repaîtd'une amou.
reuse flame,
jivfp feroit Iris, mais elle
craint le blâme;
Belise se mocquant O* dti
brun&du blond,
Sur ses voisines fait des couplets
deflonflon.
Chacun a ses plaisirs, mais
, Caron danssa Beee
Nous ~rf~ la mortplus
fineque belcrce
Nous surprend, moisonnant
les humains àgrandsflots;
tAinfidu marbre enfin le temps
détruitles blocs.
du mois pafle*
L'Vn aime le tambour, &
l'autreaime la Huce,
Le Docteur argumente, 1) le
Boulanger blute
Celui-cid'un coup fier aime
à presser le flanc
Celui-là tire un lièvre, un
autretireau blanc:
Amintese repaîtd'une amou.
reuse flame,
jivfp feroit Iris, mais elle
craint le blâme;
Belise se mocquant O* dti
brun&du blond,
Sur ses voisines fait des couplets
deflonflon.
Chacun a ses plaisirs, mais
, Caron danssa Beee
Nous ~rf~ la mortplus
fineque belcrce
Nous surprend, moisonnant
les humains àgrandsflots;
tAinfidu marbre enfin le temps
détruitles blocs.
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Résumé : BOUTS-RIMEZ du mois passé.
Le texte 'Bouts-Rimés' décrit les préférences et activités des personnages. Certains aiment la musique, d'autres des activités comme presser le flanc ou chasser. Aminthe et Iris craignent le blâme. Belise compose des couplets sur ses voisines. La mort, personnifiée par Caron, surprend brutalement les humains. Le temps détruit tout, transformant le marbre en poussière.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4658
p. 156-157
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Si j'ay manqué une fois à dire la verité sur un Article [...]
Mots clefs :
Mademoiselle , Religion de Calvin, Cérémonie, Abjuration, Évêque
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Si j'ay manqué une fois à
dire la verité fur un Article
de cette naturé , vous devez
eftre affurée que je vous donne
aujourd'huy une
velle certaine , en vous apprenant
que Mademoiſelle
Charlote de Leviſton a abjuré
depuis peu de temps la
Religion de Calvin. La ceGALANT.
157
rémonie de cette Abjuration
fe fit à Angers, dans l'Eglife
des Peres Capucins , entre
les mains de M' l'Evefque.
dire la verité fur un Article
de cette naturé , vous devez
eftre affurée que je vous donne
aujourd'huy une
velle certaine , en vous apprenant
que Mademoiſelle
Charlote de Leviſton a abjuré
depuis peu de temps la
Religion de Calvin. La ceGALANT.
157
rémonie de cette Abjuration
fe fit à Angers, dans l'Eglife
des Peres Capucins , entre
les mains de M' l'Evefque.
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4659
p. 2056-2057
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Brieg en Silesie que le 22. Juillet on y avoit roué & ensuite brûlé vif [...]
Mots clefs :
Prince, Duc
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N apprend de Bricg en Silefie que le 227
Juillet on y avoit roué & enfuite, brûlé vif
un Incendiaire qui avoit mis onze fois le feu à
la petite Ville de Pitfcheu .
On écrit de Triefte que la nouvelle Foire avoit
eu tout le fuccès qu'on pouvoit defirer , & que
le concours des Marchands Etrangers y avoit été
très confiderable.
Le Prince de Lobkowits a eu avis de Silefie
que
la petite Ville de Sagan qui lui appartenoit ,
avoit été réduite en cendres , à l'exception du
Château , de deux Eglifes & de vingt Maifons,
Le Roi de Danemarck a promis au Duc d'Holftein-
Ploen de faire fortir de fon Duché les trou
pes
SEPTEMBRE. 1730. 2057
pes Danoifes qui y font en quartier depuis deur
ans , & il lui a permis en même - tems de lever
une Compagnie pour fa garde , & d'en choisir les
Officiers dans les Troupes de S. M. Danoife.
Le Duc Charles Leopold de Meckelbourg a
fait notifier à toute la Nobleffe de fon Duché de
Meckelbourg qu'il avoit réfolu de tenir à Sternberg
une Affemblée des Etats à la fin du mois
prochain. Ce Prince a écrit, dit- on, à l'Empereur,
une Lettre de foumiffion.
Il arriva à Schwerin fur la fin du mois dernier
un Trompette des Troupes de la Commiffion
qui remit à ce Prince une Lettre des Generaux ,
par laquelle on le prie de congédier dans un
certain tems les Milices qu'il a levées depuis fon
retour dans le Duché , & de réduire le nombre
de fes Chaffeurs fur l'ancien pied . On lui a fait
entendre que s'il perfifte à les conferver ,
on blo
quera la Ville de Schwerin avec affez de Trou
pes pour empêcher qu'il n'y puiffe rien entrer ni
en fortir. On ajoute que les Troupes d'execution
fe font depuis emparées des Villages de Lanckau
& de Stneck qui font près de cette Ville , & elles
ont pofé des Gardes avancées dans les Prairies
des environs .
N apprend de Bricg en Silefie que le 227
Juillet on y avoit roué & enfuite, brûlé vif
un Incendiaire qui avoit mis onze fois le feu à
la petite Ville de Pitfcheu .
On écrit de Triefte que la nouvelle Foire avoit
eu tout le fuccès qu'on pouvoit defirer , & que
le concours des Marchands Etrangers y avoit été
très confiderable.
Le Prince de Lobkowits a eu avis de Silefie
que
la petite Ville de Sagan qui lui appartenoit ,
avoit été réduite en cendres , à l'exception du
Château , de deux Eglifes & de vingt Maifons,
Le Roi de Danemarck a promis au Duc d'Holftein-
Ploen de faire fortir de fon Duché les trou
pes
SEPTEMBRE. 1730. 2057
pes Danoifes qui y font en quartier depuis deur
ans , & il lui a permis en même - tems de lever
une Compagnie pour fa garde , & d'en choisir les
Officiers dans les Troupes de S. M. Danoife.
Le Duc Charles Leopold de Meckelbourg a
fait notifier à toute la Nobleffe de fon Duché de
Meckelbourg qu'il avoit réfolu de tenir à Sternberg
une Affemblée des Etats à la fin du mois
prochain. Ce Prince a écrit, dit- on, à l'Empereur,
une Lettre de foumiffion.
Il arriva à Schwerin fur la fin du mois dernier
un Trompette des Troupes de la Commiffion
qui remit à ce Prince une Lettre des Generaux ,
par laquelle on le prie de congédier dans un
certain tems les Milices qu'il a levées depuis fon
retour dans le Duché , & de réduire le nombre
de fes Chaffeurs fur l'ancien pied . On lui a fait
entendre que s'il perfifte à les conferver ,
on blo
quera la Ville de Schwerin avec affez de Trou
pes pour empêcher qu'il n'y puiffe rien entrer ni
en fortir. On ajoute que les Troupes d'execution
fe font depuis emparées des Villages de Lanckau
& de Stneck qui font près de cette Ville , & elles
ont pofé des Gardes avancées dans les Prairies
des environs .
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Résumé : ALLEMAGNE.
En juillet 1730, en Allemagne, un incendiaire ayant mis onze fois le feu à la ville de Pitfcheu a été roué et brûlé vif. La foire de Triefte a connu un grand succès avec une forte présence de marchands étrangers. La ville de Sagan, appartenant au Prince de Lobkowitz, a été détruite par un incendie, sauf le château, deux églises et vingt maisons. Le Roi de Danemark a promis au Duc d'Holstein-Plön de retirer les troupes danoises de son duché après deux ans de présence et lui a permis de lever une compagnie pour sa garde, composée d'officiers des troupes danoises. Le Duc Charles Léopold de Meckelbourg a annoncé une assemblée des États à Sternberg et a écrit une lettre de soumission à l'Empereur. À Schwerin, un trompette a remis au Duc une lettre des généraux lui demandant de congédier les milices levées récemment et de réduire le nombre de chasseurs. En cas de refus, la ville serait bloquée par des troupes, qui ont déjà occupé les villages de Lanckau et Stneck et placé des gardes avancées dans les prairies environnantes.
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4660
p. 1622-1623
Orien Christianus du P. le Quien, &c. [titre d'après la table]
Début :
En parlant du R. P. le Quien dans le Mercure du mois de Mai dernier, nous avons oublié de [...]
Mots clefs :
Mort, Histoire, Boulogne-sur-Mer, Foncemagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Orien Christianus du P. le Quien, &c. [titre d'après la table]
En parlant du R.P. le Quien dans le Mercure
du mois de Mai dernier , nous avons oublié de
rapporter une circonstance de sa mort qui mérite
de trouver ici sa place .
Ce
JUILLET. 1733. 1613
Ce Pere travailloit depuis quelques années à
une Histoire de la Ville de Boulogne sur mer
sa patrie , dans les intervalles que lui laissoit son
grand Ouvrage de l'Oriens Christianus. La veille
de sa mort il demanda à ses Superieurs la permission
de disposer de cette portion de son héritage
, et l'ayant obtenue , il les pria de donner
son Manuscrit à M, de Foncemagne, comme
le dernier gage de son amitié Les K. P. Dominicains
ont fidelement éxecuté cette disposition
du Mourant. L'Histoire de Boulogne fut portée
dès le lendemain de sa mort chez M. de Foncemagne
, de, qui nous sçavons qu'elle n'est pas
encore ,.et ne pourra être si- tôt en état de voir
jour.
du mois de Mai dernier , nous avons oublié de
rapporter une circonstance de sa mort qui mérite
de trouver ici sa place .
Ce
JUILLET. 1733. 1613
Ce Pere travailloit depuis quelques années à
une Histoire de la Ville de Boulogne sur mer
sa patrie , dans les intervalles que lui laissoit son
grand Ouvrage de l'Oriens Christianus. La veille
de sa mort il demanda à ses Superieurs la permission
de disposer de cette portion de son héritage
, et l'ayant obtenue , il les pria de donner
son Manuscrit à M, de Foncemagne, comme
le dernier gage de son amitié Les K. P. Dominicains
ont fidelement éxecuté cette disposition
du Mourant. L'Histoire de Boulogne fut portée
dès le lendemain de sa mort chez M. de Foncemagne
, de, qui nous sçavons qu'elle n'est pas
encore ,.et ne pourra être si- tôt en état de voir
jour.
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Résumé : Orien Christianus du P. le Quien, &c. [titre d'après la table]
Le texte mentionne l'oubli de la mort du R.P. le Quien dans le Mercure de mai 1733. Le 16 juillet 1733, il travaillait sur l'histoire de Boulogne-sur-Mer et l'Oriens Christianus. La veille de sa mort, il demanda à léguer son manuscrit à M. de Foncemagne. Les Dominicains respectèrent sa volonté, mais l'histoire de Boulogne n'est pas publiée.
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4661
p. 146-147
Sermon de Monsieur l'Abbé Fléchier, [titre d'après la table]
Début :
Le Mercredy 17. de ce mois, jour de la Feste de S. Antoine, [...]
Mots clefs :
Saint-Antoine, Fête, Église, Chanoines, Auditoire, Abbé Fléchier, Solitude, Sermon
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texteReconnaissance textuelle : Sermon de Monsieur l'Abbé Fléchier, [titre d'après la table]
Le Mercredy 17. de ce mois,
jour de la Fete de S. Antoine,
Monfieur l'Abbé Fléchier , Aumônier
ordinaire de Madame la
Dauphine , prononça l'Eloge de
GALANT.
147
ce Saint , dans l'Eglife des Reli--
gieux de S. Antoine , Chanoines
Réguliers de Saint Auguftin . Il
s'aquitta de cette action avec un
fi grand fuccés , que fon Auditoire
composé d'un Monde choisi
de tout Paris , en fortit charmé,
& tomba d'accord que la folitude
ne pouvoit eftre louée avec
plus de pieté , de force & d'éloquence.
Il yy eeuutt Mufique &
Symphonie dont on fut fort
fatisfait.
jour de la Fete de S. Antoine,
Monfieur l'Abbé Fléchier , Aumônier
ordinaire de Madame la
Dauphine , prononça l'Eloge de
GALANT.
147
ce Saint , dans l'Eglife des Reli--
gieux de S. Antoine , Chanoines
Réguliers de Saint Auguftin . Il
s'aquitta de cette action avec un
fi grand fuccés , que fon Auditoire
composé d'un Monde choisi
de tout Paris , en fortit charmé,
& tomba d'accord que la folitude
ne pouvoit eftre louée avec
plus de pieté , de force & d'éloquence.
Il yy eeuutt Mufique &
Symphonie dont on fut fort
fatisfait.
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Résumé : Sermon de Monsieur l'Abbé Fléchier, [titre d'après la table]
Le 17 du mois, jour de la fête de Saint Antoine, l'abbé Fléchier a prononcé l'éloge de Saint Antoine à l'église des Religieux de Saint Antoine. Son discours a été acclamé pour sa piété, sa force et son éloquence. La cérémonie a également inclus de la musique appréciée par l'auditoire parisien.
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4662
p. 160-163
CLAVECIN OCULAIRE. LETTRE de M. Rondet, Maître de Mathématiques, sur un article de la réponse du R. P. Laugier, dans le Mercure d'Octobre dernier, aux remarques de M. Frezier, dans celui de Juillet 1754.
Début :
M. R. P. Il y a dix à douze ans que regardant le [...]
Mots clefs :
Clavecin, Couleurs, Mathématiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CLAVECIN OCULAIRE. LETTRE de M. Rondet, Maître de Mathématiques, sur un article de la réponse du R. P. Laugier, dans le Mercure d'Octobre dernier, aux remarques de M. Frezier, dans celui de Juillet 1754.
CLAVECINOCULAIRE.
LETTRE de M. Rondet , Maître de Mathématiques
, fur un article de la réponse
du R. P. Laugier , dans le Mercure
d'Octobre dernier , aux remarques de M..
Frezier , dans celui de Juillet 1754.
Ik
M. R. P.
Ly a dix à douze ans que regardant le
R. P. Caftel comme un des plus grands
Phyficiens & des plus profonds Géometres
de l'Europe , vous voulûtes avoir un
maître de fa main pour une perfonne à laquelle
vous vous intéreffiez . Le choix tombafur
moi , & vous fûtes étonné des progrès
que je lui fis faire en quatre mois .
Cela me donna lieu d'avoir avec vous
quelques conférences , où vous ne cefliez
d'admirer la méthode de la Mathématique
univerfelle.
Vous me parliez même avec extafe de
l'invention du clavecin oculaire , & de la
maniere frappante dont l'auteur en avoit
AVRIL 1755. 161
démontré la théorie , fans doute après les
lettres que ce R. P. avoit écrites à l'illuftre
Préſident de Montefquieu , dans les Mercures
de 1735. Il avoit gagné le public
& les plus opiniâtres étoient convaincus.
Jugez quelle a été ma furpriſe , lorf
qu'en lifant votre réponſe aux remarques
de M. Frezier , j'ai trouvé ces mots : l'idée
d'un clavecin oculaire ne peut trouver place
que dans une imagination féconde en fingularité
, mais peu amie du vrai & du folide.
1
Sans doute , que le P, Caftel a une imagination
féconde en fingularité , c'eft un
don du Ciel affez rare pour être refpecté ;
mais il n'eft pas ami du vrai & du folide ,
& la preuve s'en tire de l'invention de fon
clavecin cependant cette imagination l'a
fait admettre dans la Société de Londres
quoiqu'adverfaire décidé du grand Newton.
Elle lui a attiré des éloges d'une
Académie plus reculée encore , & par là
mêmeplus impartiale , celle de Peterſbourg.
Elle a produit un cours de Phyfique qui
fe dicte publiquement à Paris & ailleurs ;
elle a réuni les fuffrages de plufieurs illuftres
de toutes les nations ; de M. de
Voltaire entr'autres , lui qui loue fi peu.
En quoi donc le clavecin oculaire décele-
t-il une imagination peu amie du vrai
& du folide ? N'eft- il pas vrai que les
162 MERCURE DE FRANCE:
couleurs ont entr'elles des rapports appré
ciables , auffi précisément que ceux des
fons ? C'eſt une fingularité démontrée :
n'eft- il pas vrai les couleurs vont enque
tr'elles par teintes , demi- teintes , & quarts
de teintes ; comme les fons par tons demi-
tons , & quarts de tons ? c'eſt encore
une fingularité demontrée : & ce qui eft
encore plus fingulier , même unique , quoiqu'également
démontré , qu'il y a juftement,
& ni plus ni moins de couleurs fenfibles
à la vûe que de fons fenfibles à
l'oreille . De plus n'eft- il pas vrai que la
variété des couleurs plaît comme la variété
des fons que ces fons ayant entr'eux des
rapports fixes , on y peut mettre de l'harmonie
? que ce n'eft donc plus qu'une affaire
de goût , de pratique , de méchanique
, de faire jouer les couleurs comme
les fons qu'un clavier peut produire cet
effet , tant pour le choix & le brillant des
couleurs , que pour la régularité & l'efpéce
des mouvemens ? & que ce jeu peut
être pouffé par les lumieres & les ténébres ,
artiftement ménagées, à une perfection furprenante
?
Il y aura donc très-réellement & à la
lettre une mufique vifible , comme il y en
a une acoustique. Quant au folide , il eft
le même que celui de la mufique ordiAVRI
L. 1755 163
naire , & c'eft un plaifir de plus dont l'inventeur
fait préfent aux hommes ; mais
il y a plus , c'eft aux Peintres , & fur-tout
aux Teinturiers que j'en appelle ; ceux qui
font plus intelligens peuvent dire de quel
avantage eft pour leur art la nouvelle
théorie des couleurs .
Je vous eftime trop . fincerement
pour
croire que ma franchiſe vous offenfe , & ce
n'eft que par la force de cette eftime que
j'ai cru devoir prévenir un certain public
contre le jugement d'un homme d'efprit
qui s'eſt fait un nom.
J'ai l'honneur d'être , & c.
RONDET.
LETTRE de M. Rondet , Maître de Mathématiques
, fur un article de la réponse
du R. P. Laugier , dans le Mercure
d'Octobre dernier , aux remarques de M..
Frezier , dans celui de Juillet 1754.
Ik
M. R. P.
Ly a dix à douze ans que regardant le
R. P. Caftel comme un des plus grands
Phyficiens & des plus profonds Géometres
de l'Europe , vous voulûtes avoir un
maître de fa main pour une perfonne à laquelle
vous vous intéreffiez . Le choix tombafur
moi , & vous fûtes étonné des progrès
que je lui fis faire en quatre mois .
Cela me donna lieu d'avoir avec vous
quelques conférences , où vous ne cefliez
d'admirer la méthode de la Mathématique
univerfelle.
Vous me parliez même avec extafe de
l'invention du clavecin oculaire , & de la
maniere frappante dont l'auteur en avoit
AVRIL 1755. 161
démontré la théorie , fans doute après les
lettres que ce R. P. avoit écrites à l'illuftre
Préſident de Montefquieu , dans les Mercures
de 1735. Il avoit gagné le public
& les plus opiniâtres étoient convaincus.
Jugez quelle a été ma furpriſe , lorf
qu'en lifant votre réponſe aux remarques
de M. Frezier , j'ai trouvé ces mots : l'idée
d'un clavecin oculaire ne peut trouver place
que dans une imagination féconde en fingularité
, mais peu amie du vrai & du folide.
1
Sans doute , que le P, Caftel a une imagination
féconde en fingularité , c'eft un
don du Ciel affez rare pour être refpecté ;
mais il n'eft pas ami du vrai & du folide ,
& la preuve s'en tire de l'invention de fon
clavecin cependant cette imagination l'a
fait admettre dans la Société de Londres
quoiqu'adverfaire décidé du grand Newton.
Elle lui a attiré des éloges d'une
Académie plus reculée encore , & par là
mêmeplus impartiale , celle de Peterſbourg.
Elle a produit un cours de Phyfique qui
fe dicte publiquement à Paris & ailleurs ;
elle a réuni les fuffrages de plufieurs illuftres
de toutes les nations ; de M. de
Voltaire entr'autres , lui qui loue fi peu.
En quoi donc le clavecin oculaire décele-
t-il une imagination peu amie du vrai
& du folide ? N'eft- il pas vrai que les
162 MERCURE DE FRANCE:
couleurs ont entr'elles des rapports appré
ciables , auffi précisément que ceux des
fons ? C'eſt une fingularité démontrée :
n'eft- il pas vrai les couleurs vont enque
tr'elles par teintes , demi- teintes , & quarts
de teintes ; comme les fons par tons demi-
tons , & quarts de tons ? c'eſt encore
une fingularité demontrée : & ce qui eft
encore plus fingulier , même unique , quoiqu'également
démontré , qu'il y a juftement,
& ni plus ni moins de couleurs fenfibles
à la vûe que de fons fenfibles à
l'oreille . De plus n'eft- il pas vrai que la
variété des couleurs plaît comme la variété
des fons que ces fons ayant entr'eux des
rapports fixes , on y peut mettre de l'harmonie
? que ce n'eft donc plus qu'une affaire
de goût , de pratique , de méchanique
, de faire jouer les couleurs comme
les fons qu'un clavier peut produire cet
effet , tant pour le choix & le brillant des
couleurs , que pour la régularité & l'efpéce
des mouvemens ? & que ce jeu peut
être pouffé par les lumieres & les ténébres ,
artiftement ménagées, à une perfection furprenante
?
Il y aura donc très-réellement & à la
lettre une mufique vifible , comme il y en
a une acoustique. Quant au folide , il eft
le même que celui de la mufique ordiAVRI
L. 1755 163
naire , & c'eft un plaifir de plus dont l'inventeur
fait préfent aux hommes ; mais
il y a plus , c'eft aux Peintres , & fur-tout
aux Teinturiers que j'en appelle ; ceux qui
font plus intelligens peuvent dire de quel
avantage eft pour leur art la nouvelle
théorie des couleurs .
Je vous eftime trop . fincerement
pour
croire que ma franchiſe vous offenfe , & ce
n'eft que par la force de cette eftime que
j'ai cru devoir prévenir un certain public
contre le jugement d'un homme d'efprit
qui s'eſt fait un nom.
J'ai l'honneur d'être , & c.
RONDET.
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Résumé : CLAVECIN OCULAIRE. LETTRE de M. Rondet, Maître de Mathématiques, sur un article de la réponse du R. P. Laugier, dans le Mercure d'Octobre dernier, aux remarques de M. Frezier, dans celui de Juillet 1754.
La lettre de M. Rondet, Maître de Mathématiques, répond à un article du R. P. Laugier publié dans le Mercure d'octobre 1754, qui critiquait les remarques de M. Frezier de juillet 1754. Rondet rappelle que le R. P. Laugier l'avait autrefois admiré pour ses compétences en mathématiques et son travail avec une personne recommandée par lui. Ils avaient discuté de la méthode de la mathématique universelle et de l'invention du clavecin oculaire, dont la théorie avait été démontrée par le R. P. Castel. Rondet exprime sa surprise face à la critique du R. P. Laugier, qui décrivait l'idée du clavecin oculaire comme une singularité peu amie du vrai et du solide. Rondet défend l'invention en soulignant les reconnaissances obtenues par le R. P. Castel, notamment son admission à la Société de Londres et les éloges de l'Académie de Petersbourg. Il mentionne également les cours de physique dictés par Castel et les suffrages de plusieurs illustres personnes, y compris Voltaire. Rondet argue que les couleurs ont des rapports appréciables entre elles, tout comme les sons, et que cette singularité a été démontrée. Il explique que les couleurs et les sons suivent des rapports fixes permettant l'harmonie et que le clavecin oculaire peut produire un effet similaire à celui d'un clavier musical. Il conclut en affirmant que cette invention offre un plaisir supplémentaire et un avantage pour les peintres et les teinturiers, tout en appelant à un jugement plus éclairé sur la nouvelle théorie des couleurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4663
p. 988-991
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 22. du mois dernier, la Populace s'étant assemblée tumultueusement dans divers endroits [...]
Mots clefs :
Peuple, Parlement, Droits, Roi, Intérêt, Chambre des communes, Établissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
2
E 22. du mois dernier , la Populace s'étant
Lassemblée cumultueusement dans divers en
droits de Londres , aliuma des feux dans les ruës
pour témoigner sa joye de ce que l'année derniere
à pareil jour , la Chambre des Communes
rejetta le Bill pour augmenter les droits sur les
Boissons fortes , et pour établir une nouvelle maniere
de les percevoir. Elle cassa les vitres de
P'Hôtel du Lord- Maire et de toutes les maisons,
de ceux qui refuserent de mettre des lumieres sur
leurs fenêtres , et les efforts que firent les Officiers
chargez de la Police , pour faire cesser le désor
dre , furent inutiles.
Le 27. Avril , à 3. heures après midy , le Roy
se rendit à la Chambre des Pairs avec les ceremonies
accoutumées , et S. M. ayant mandé la
Chambre des Communes , donna son consentement
à divers Bills , et fit ensuite le Discours
suivant.
MY LORDS ET MESSIEURS.
>
Je vous remercie d'avoir dépêché si promptement
les affaires publiques , et de la confiance que vous
avez prise en moi pour l'honneur et la seureté de mon
Royaume. Une Session si courte terminée avec
tant d'unanimité et de si justes égards pour le veritable
interêt de la Nation dans une conjoncture si dé-
"
licate
MAY. 7734-
34
licate , donnera beaucoup de poids et de crédit à tou
tes nos démarches , et assurera au Parlement le respect
et la confiance si nécessaires pour maintenir
Phonneur et l'interêt de la Grande-Bretagne , tant
au dedans qu'en dehors.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES
Je dois reconnoître d'une maniere particuliere le Zele
et la promptitude que vous avez montrez dans ce
qui concerna la levée des subsides nécessaires pour le
service de cette année . L'attention que vous avez
eue d'assigner des fonds pour acquitter une grande
partie des dettes de la Marine , dettes qu'on a été
nécessairement et inévitablement obligé de contracter
, et qui portant un interêt plus fort que les anciennes
dettes de la Nation , et étant sujettes à un
décomte , augmentoient la dépense dans tous les
Contracts pour la Flote et pour l'avituaillement ,
doit certainement être regardée comme un servicê
essentiel rendu au Public.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Le temps limitépour l'expiration de ce Parlemens
étant prochain , j'ai resolu de faire publier une Proclamation
pour le dissoudre et pour convoquer un
nouveau Parlement, afin de mettre fin aussi -tôt qu'il
sera possible aux inconveniens qui sont les suites inévitables
d'une Election generale , mais je me croirois
inexcusable si je quittois ce Parlement sans lui
faire la justice de reconnoître toutes les preuves écla
tantes que durant le cours de 7 années il a donné
de son fidele attachement pour ma Personne et pour
mon Gouvernement et de ses égards constants pour
le veritable interêt de la Patrie. La prosperité et
La gloire de mon Regne dépendent de l'affection et
du bonheur de mon Peuple , et le bonheur de mon
Peuple
990 MERCURE DE FRANCE
Peuple dépend de la conservation de tous ses legitimes
droits et Privileges , tels qu'ils sont assurez par
l'établissement présent de la Couronne dans la Ligne
Protestante. L'exacte observation et la juste
execution des Loix sont la meilleure et l'unique sireté,
tant pour le Souverain que pour les Sujets ;
leur interêt est mutuel et indivisible , et par consequent
leurs efforts pour se soutenir mutuellement doivent
être égaux et réciproques ; toute usurpation des
droits du Roy ou de ceux du Peuple , est une diminution
du pouvoir de l'un et de l'autre, qui étant tenu
des deux parts dans ses justes bornes ,fait la balance
qui est si nécessaire pour l'honneur et la dignité
de la Couronne et pour la prosperité du Peuple.
J'observerai religieusement pout cet effet tout ce qui
dépendra de moi , ne doutant point d'un juste retour
de soumission et de reconnoissance de mes Sujeis . Je
dois vous recommander particulierement , et j'attends
cette marque de votre affection si connue , de
faire tous vos efforts pour faire cesser les malheu
reuses divisions de cette Nation , et pour concilier
les esprits de tous ceux qui souhaitent sincerement
la sûreté et la prosperité du Royaume. Ce me seroit
une très-grande satisfaction de voir une parfaite
harmonie rétablie parmi ceux qui n'ont et ne doi→
vent avoir à coeur qu'un même objet , afin qu'il n'y
ait plus de distinction qu'entre ceux qui souhaitent
le maintien de notre heureux établissement présent
dans l'Eglise et dans l'Etat , et ceux qui voudroient
renverser l'une et l'autre ; c'est la seule distinction
qui devroit être remarquée dans un pays où l'interêt
du Roy et du Peuple est le même. Si dans aucun
temps les Droits de la Religion , de la liberté
et de la proprieté , n'ont été maintenus avec plus
d'ardeur de la part du Gouvernement , et si jamais
le Peuple n'en ajoui plus pleinement , qu'on ne met
te doac
MAY. 1734. 991
że donc plus en usage ces noms sacrez comme des
prétextes artificieux etplausibles pour renverser l'établissement
présent sous lequel elles sont à couvert.
Je n'ai rien à souhaiter si non que mon Peuple ne
se laisse point surprendre. J'en appelle à sa conscience
pour ma conduite et j'espere que la Providence
divine le dirigera dans le choix de Deputez
dignes , que le soin et la conservation de la Religion
Protestante , de l'établissement présent et de
tous les Droits Religieux et Civils de la Grande-
Bretagne leur soient confiez .
Le Duc de Buckingham , à qui le Roy a permis
de servir dans l'Armée Françoise , sur le
Rhin , en qualité d'Ayde de Camp du Maréchal
de Berwick , partit le 28. du mois dernier pour
s'y rendre .
Le 3. de ce mois , le Prince et la Princesse
d'Orange, s'étant rendus en Chaises à Porteurs à
Whitehall , s'embarquerent sur une des Berges
du Roy , et descendirent la Tamise jusqu'à Lambeth
, pour y prendre les Carosses du Roy , qui
les ont conduits à Gravesend , d'où le Yacht le
Fubbs doit les transporter en Hollande , sous
l'escorte de cinq Vaisseaux de Guerre.
On apprend en dernier lieu de Londres , qu'il
y a déja 350. Membres du Parlement élûs , ét
dans ce nombre on en compte plus de 200. qui
étoient du dernier Parlement. Plusieurs Habitans
de Douvres ont été accusez d'avoir reçû des
sommes considerables pour donner leurs voix à
certaines personnes dans l'Election qu'ils ont faite
dernierement de leurs Députez au Parlement ,
les Magistrats doivent les poursuivre juridiquemont
, en execution de l'Acte du Parlement contre
ceux qui se laissent corrompre.
2
E 22. du mois dernier , la Populace s'étant
Lassemblée cumultueusement dans divers en
droits de Londres , aliuma des feux dans les ruës
pour témoigner sa joye de ce que l'année derniere
à pareil jour , la Chambre des Communes
rejetta le Bill pour augmenter les droits sur les
Boissons fortes , et pour établir une nouvelle maniere
de les percevoir. Elle cassa les vitres de
P'Hôtel du Lord- Maire et de toutes les maisons,
de ceux qui refuserent de mettre des lumieres sur
leurs fenêtres , et les efforts que firent les Officiers
chargez de la Police , pour faire cesser le désor
dre , furent inutiles.
Le 27. Avril , à 3. heures après midy , le Roy
se rendit à la Chambre des Pairs avec les ceremonies
accoutumées , et S. M. ayant mandé la
Chambre des Communes , donna son consentement
à divers Bills , et fit ensuite le Discours
suivant.
MY LORDS ET MESSIEURS.
>
Je vous remercie d'avoir dépêché si promptement
les affaires publiques , et de la confiance que vous
avez prise en moi pour l'honneur et la seureté de mon
Royaume. Une Session si courte terminée avec
tant d'unanimité et de si justes égards pour le veritable
interêt de la Nation dans une conjoncture si dé-
"
licate
MAY. 7734-
34
licate , donnera beaucoup de poids et de crédit à tou
tes nos démarches , et assurera au Parlement le respect
et la confiance si nécessaires pour maintenir
Phonneur et l'interêt de la Grande-Bretagne , tant
au dedans qu'en dehors.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES
Je dois reconnoître d'une maniere particuliere le Zele
et la promptitude que vous avez montrez dans ce
qui concerna la levée des subsides nécessaires pour le
service de cette année . L'attention que vous avez
eue d'assigner des fonds pour acquitter une grande
partie des dettes de la Marine , dettes qu'on a été
nécessairement et inévitablement obligé de contracter
, et qui portant un interêt plus fort que les anciennes
dettes de la Nation , et étant sujettes à un
décomte , augmentoient la dépense dans tous les
Contracts pour la Flote et pour l'avituaillement ,
doit certainement être regardée comme un servicê
essentiel rendu au Public.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Le temps limitépour l'expiration de ce Parlemens
étant prochain , j'ai resolu de faire publier une Proclamation
pour le dissoudre et pour convoquer un
nouveau Parlement, afin de mettre fin aussi -tôt qu'il
sera possible aux inconveniens qui sont les suites inévitables
d'une Election generale , mais je me croirois
inexcusable si je quittois ce Parlement sans lui
faire la justice de reconnoître toutes les preuves écla
tantes que durant le cours de 7 années il a donné
de son fidele attachement pour ma Personne et pour
mon Gouvernement et de ses égards constants pour
le veritable interêt de la Patrie. La prosperité et
La gloire de mon Regne dépendent de l'affection et
du bonheur de mon Peuple , et le bonheur de mon
Peuple
990 MERCURE DE FRANCE
Peuple dépend de la conservation de tous ses legitimes
droits et Privileges , tels qu'ils sont assurez par
l'établissement présent de la Couronne dans la Ligne
Protestante. L'exacte observation et la juste
execution des Loix sont la meilleure et l'unique sireté,
tant pour le Souverain que pour les Sujets ;
leur interêt est mutuel et indivisible , et par consequent
leurs efforts pour se soutenir mutuellement doivent
être égaux et réciproques ; toute usurpation des
droits du Roy ou de ceux du Peuple , est une diminution
du pouvoir de l'un et de l'autre, qui étant tenu
des deux parts dans ses justes bornes ,fait la balance
qui est si nécessaire pour l'honneur et la dignité
de la Couronne et pour la prosperité du Peuple.
J'observerai religieusement pout cet effet tout ce qui
dépendra de moi , ne doutant point d'un juste retour
de soumission et de reconnoissance de mes Sujeis . Je
dois vous recommander particulierement , et j'attends
cette marque de votre affection si connue , de
faire tous vos efforts pour faire cesser les malheu
reuses divisions de cette Nation , et pour concilier
les esprits de tous ceux qui souhaitent sincerement
la sûreté et la prosperité du Royaume. Ce me seroit
une très-grande satisfaction de voir une parfaite
harmonie rétablie parmi ceux qui n'ont et ne doi→
vent avoir à coeur qu'un même objet , afin qu'il n'y
ait plus de distinction qu'entre ceux qui souhaitent
le maintien de notre heureux établissement présent
dans l'Eglise et dans l'Etat , et ceux qui voudroient
renverser l'une et l'autre ; c'est la seule distinction
qui devroit être remarquée dans un pays où l'interêt
du Roy et du Peuple est le même. Si dans aucun
temps les Droits de la Religion , de la liberté
et de la proprieté , n'ont été maintenus avec plus
d'ardeur de la part du Gouvernement , et si jamais
le Peuple n'en ajoui plus pleinement , qu'on ne met
te doac
MAY. 1734. 991
że donc plus en usage ces noms sacrez comme des
prétextes artificieux etplausibles pour renverser l'établissement
présent sous lequel elles sont à couvert.
Je n'ai rien à souhaiter si non que mon Peuple ne
se laisse point surprendre. J'en appelle à sa conscience
pour ma conduite et j'espere que la Providence
divine le dirigera dans le choix de Deputez
dignes , que le soin et la conservation de la Religion
Protestante , de l'établissement présent et de
tous les Droits Religieux et Civils de la Grande-
Bretagne leur soient confiez .
Le Duc de Buckingham , à qui le Roy a permis
de servir dans l'Armée Françoise , sur le
Rhin , en qualité d'Ayde de Camp du Maréchal
de Berwick , partit le 28. du mois dernier pour
s'y rendre .
Le 3. de ce mois , le Prince et la Princesse
d'Orange, s'étant rendus en Chaises à Porteurs à
Whitehall , s'embarquerent sur une des Berges
du Roy , et descendirent la Tamise jusqu'à Lambeth
, pour y prendre les Carosses du Roy , qui
les ont conduits à Gravesend , d'où le Yacht le
Fubbs doit les transporter en Hollande , sous
l'escorte de cinq Vaisseaux de Guerre.
On apprend en dernier lieu de Londres , qu'il
y a déja 350. Membres du Parlement élûs , ét
dans ce nombre on en compte plus de 200. qui
étoient du dernier Parlement. Plusieurs Habitans
de Douvres ont été accusez d'avoir reçû des
sommes considerables pour donner leurs voix à
certaines personnes dans l'Election qu'ils ont faite
dernierement de leurs Députez au Parlement ,
les Magistrats doivent les poursuivre juridiquemont
, en execution de l'Acte du Parlement contre
ceux qui se laissent corrompre.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 22 du mois précédent, la population de Londres a célébré le rejet par la Chambre des Communes d'un projet de loi visant à augmenter les droits sur les boissons fortes et à modifier leur perception. Cette célébration s'est manifestée par des feux dans les rues et des bris de vitres chez ceux refusant de mettre des lumières à leurs fenêtres. Les efforts de la police pour rétablir l'ordre ont été inutiles. Le 27 avril, le roi s'est rendu à la Chambre des Pairs pour donner son consentement à divers projets de loi. Dans son discours, il a remercié les parlementaires pour leur promptitude et leur unanimité dans la gestion des affaires publiques. Il a souligné l'importance de maintenir l'honneur et l'intérêt de la Grande-Bretagne, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du royaume. Le roi a également reconnu les efforts des Communes pour lever les subsides nécessaires et acquitter une partie des dettes de la Marine. Le roi a annoncé la dissolution du Parlement et la convocation d'un nouveau Parlement pour éviter les inconvénients des élections générales. Il a exprimé sa gratitude pour l'attachement et les égards constants du Parlement envers sa personne et le gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de conserver les droits et privilèges légitimes du peuple et de maintenir l'observation des lois pour la sécurité mutuelle du souverain et des sujets. Le Duc de Buckingham est parti le 28 du mois précédent pour servir dans l'armée française sur le Rhin. Le Prince et la Princesse d'Orange ont quitté Londres pour la Hollande, escortés par des vaisseaux de guerre. À ce jour, 350 membres du nouveau Parlement ont été élus, dont plus de 200 étaient membres du dernier Parlement. Plusieurs habitants de Douvres ont été accusés de corruption lors des élections et doivent être poursuivis en justice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4664
p. 160-164
A Madrid ce 18. Février 1715.
Début :
Monsieur Orry partit la semaine passée pour France aprés avoir [...]
Mots clefs :
Madrid, Reine, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madrid ce 18. Février 1715.
AMadrid ce 18. Février
1715 .
Monfieur Orry partit la
femaine paſſée pour France
aprés avoir remis les papiers
& effets dont il étoit chargé,&
l'on dit comme une choſe
feure quele Fifcal Macanaſe a
entrepris le même voyage .
Dans
GALANT. 161
Dans le même temps l'on
remit un Decret demandant
compte des Miniſtres qui
étoient dans les Conſeils avant
le nouvel établiſſement , ou
nouveau plan , les falaires &
appointemens dont ils joünffoient
,& ce qu'ils étoient devenus
, afin de faire compen.
ſation avec ceux qui ſe payent
actuellement, ce qui eftle com.
mencement d'une grande reforme
, & qui fait prefumer
que les choſes vont eſtre rétablies
en leur premiere ſituation.
Le Cardinal del Judice a été
Mars 1715 .
)
162 MERCURE
en chemin plus longtemps
que l'on ne croyoit , puiſqu'il
n'arriva qu'hier: il fut en droi
ture ſaluer le Roy , qui le receut
avec degrandes démonf.
trations de joye, & qui luy fit
preſent à ſon arrivée de la
Maiſon du Duc de Monteleon
qui a eſté confiſquée au
profit du Roy.
La Reine a eſté indiſpofée
ces jours ci ,& la grande
quantité de fang qu'elle a perdu
a entierement diffipé le
ſoupçon que l'on avoit de ſa
groffeffe; elle s'eſt divertie dans
fon appartement à faire repreGALANT
163
fenter desComedies Eſpagnoles&
Françoiſes.
L'on écrit de Barcelone que
de l'ordre du Viceroy on a enlevé
Dom Joſeph Pinos &
Dom .... Piguera ,& que l'on
les a tiré de nuit de la Ville
ſans qu'on ſcache ce qu'ils
fontdevenus,& comme ils ont
fomenté la derniere rebellion,
il faut qu'on ait reconnu en
eux quelque deffein de remuer
encore ; mais le rette du
Païs eſt fort tranquille , & les
contributions fe payent regulierement.
Tout paroît fort diſpoſé
Oij
164 MERCURE
pour l'expedition de Majorque
& l'on ſçait que les Vailſeaux
ſont ſortis d'Alicante le
trois.
Le Marquis de Manſera ,
Conſeiller au Conſeil d Erat
& Préſident de celuy d'Italie
eſt mort âgé d'environ cent
ans. Il n'a d'autre heritier que
M. le Comte de Pondomar
fon neveu.
Depuis le voyage de M.
Orry on a fait des fonds pour
équiper & mettre à la Mer
les fix Vaiſſeaux qui font fabriquez
depuis prés d'un an.
1715 .
Monfieur Orry partit la
femaine paſſée pour France
aprés avoir remis les papiers
& effets dont il étoit chargé,&
l'on dit comme une choſe
feure quele Fifcal Macanaſe a
entrepris le même voyage .
Dans
GALANT. 161
Dans le même temps l'on
remit un Decret demandant
compte des Miniſtres qui
étoient dans les Conſeils avant
le nouvel établiſſement , ou
nouveau plan , les falaires &
appointemens dont ils joünffoient
,& ce qu'ils étoient devenus
, afin de faire compen.
ſation avec ceux qui ſe payent
actuellement, ce qui eftle com.
mencement d'une grande reforme
, & qui fait prefumer
que les choſes vont eſtre rétablies
en leur premiere ſituation.
Le Cardinal del Judice a été
Mars 1715 .
)
162 MERCURE
en chemin plus longtemps
que l'on ne croyoit , puiſqu'il
n'arriva qu'hier: il fut en droi
ture ſaluer le Roy , qui le receut
avec degrandes démonf.
trations de joye, & qui luy fit
preſent à ſon arrivée de la
Maiſon du Duc de Monteleon
qui a eſté confiſquée au
profit du Roy.
La Reine a eſté indiſpofée
ces jours ci ,& la grande
quantité de fang qu'elle a perdu
a entierement diffipé le
ſoupçon que l'on avoit de ſa
groffeffe; elle s'eſt divertie dans
fon appartement à faire repreGALANT
163
fenter desComedies Eſpagnoles&
Françoiſes.
L'on écrit de Barcelone que
de l'ordre du Viceroy on a enlevé
Dom Joſeph Pinos &
Dom .... Piguera ,& que l'on
les a tiré de nuit de la Ville
ſans qu'on ſcache ce qu'ils
fontdevenus,& comme ils ont
fomenté la derniere rebellion,
il faut qu'on ait reconnu en
eux quelque deffein de remuer
encore ; mais le rette du
Païs eſt fort tranquille , & les
contributions fe payent regulierement.
Tout paroît fort diſpoſé
Oij
164 MERCURE
pour l'expedition de Majorque
& l'on ſçait que les Vailſeaux
ſont ſortis d'Alicante le
trois.
Le Marquis de Manſera ,
Conſeiller au Conſeil d Erat
& Préſident de celuy d'Italie
eſt mort âgé d'environ cent
ans. Il n'a d'autre heritier que
M. le Comte de Pondomar
fon neveu.
Depuis le voyage de M.
Orry on a fait des fonds pour
équiper & mettre à la Mer
les fix Vaiſſeaux qui font fabriquez
depuis prés d'un an.
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4665
p. 51-55
EXTRAIT d'un Compliment prononcé à la Martinique à Mr de Phelypeaux.
Début :
MONSIEUR, Quelle obligation n'avons-vous pas à nostre grand [...]
Mots clefs :
Gouverneur, Martinique, Monarque, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Compliment prononcé à la Martinique à Mr de Phelypeaux.
EXTRAIT
d'un ComplimentproflancedlaMartmique
àMrdePhelypeaux.
MONSIEURY
Quelle obligation n'avons-
nous;pas à nostre
grand Monarquequi malgré
tant d'affaires qui sembloient
occuper toute sa
pnidence& son courage
pour soutenir son Royaume
contre l'envie de la
pluspart des Princes de
l'Europe, n'oublie cependant
pas les peuples qu'il a
loin de ses yeux, & leur
donne des marques de son
attention pour leur bonheur,
& a leur fureté en
vous choisissant pour son
Gouverneur general dans
UUEC partie dç l'Arnerique
qu'il possede.
Quel plaisir pour nous
de remarquer que le Roy.
regarde les Isles quoyqu'éloignées
de luy par cette
vaste étendue de mer ,
comme ua membre inseparable
de sa Monarchie,
puisqu'il nous donne un
Gouverneurd'un nom par
lequel non-seulement nostre
Nouvelle France se
soutient depuis si longtemps
,
mais encore qui
luy est si utile dans le coeur
de son Royaume où nous
le voyons remplir & la premiere
Charge de la Couronne
dans la personne de
l'auguste Chancelier
,
&
les grands travaux du ministere
dans ce' le de t'itiustre
Secretaire d'Estat de la
Marine, & enfin les premiersemploisdela
Guerre
&: du Conseil d'ilftat qui
sont réünis en vous.
Ce nom si connu si respecté,
si cheri, nousest un
gage du bonheur que nous
allons gouster. L es Loix la Police, le , COlnnlerce,
ôc la tranquillité vont fleurir
parmy nous, Se nous
aurons la consolation de
rendre long-temps des graces
singulieres au Seigneur
pqouu'ilr les longues années donnera au grand
Monarque,au grand Ministre,
Se àl'illustre Gouverneur,
qui daignent nous
proteger.
d'un ComplimentproflancedlaMartmique
àMrdePhelypeaux.
MONSIEURY
Quelle obligation n'avons-
nous;pas à nostre
grand Monarquequi malgré
tant d'affaires qui sembloient
occuper toute sa
pnidence& son courage
pour soutenir son Royaume
contre l'envie de la
pluspart des Princes de
l'Europe, n'oublie cependant
pas les peuples qu'il a
loin de ses yeux, & leur
donne des marques de son
attention pour leur bonheur,
& a leur fureté en
vous choisissant pour son
Gouverneur general dans
UUEC partie dç l'Arnerique
qu'il possede.
Quel plaisir pour nous
de remarquer que le Roy.
regarde les Isles quoyqu'éloignées
de luy par cette
vaste étendue de mer ,
comme ua membre inseparable
de sa Monarchie,
puisqu'il nous donne un
Gouverneurd'un nom par
lequel non-seulement nostre
Nouvelle France se
soutient depuis si longtemps
,
mais encore qui
luy est si utile dans le coeur
de son Royaume où nous
le voyons remplir & la premiere
Charge de la Couronne
dans la personne de
l'auguste Chancelier
,
&
les grands travaux du ministere
dans ce' le de t'itiustre
Secretaire d'Estat de la
Marine, & enfin les premiersemploisdela
Guerre
&: du Conseil d'ilftat qui
sont réünis en vous.
Ce nom si connu si respecté,
si cheri, nousest un
gage du bonheur que nous
allons gouster. L es Loix la Police, le , COlnnlerce,
ôc la tranquillité vont fleurir
parmy nous, Se nous
aurons la consolation de
rendre long-temps des graces
singulieres au Seigneur
pqouu'ilr les longues années donnera au grand
Monarque,au grand Ministre,
Se àl'illustre Gouverneur,
qui daignent nous
proteger.
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Résumé : EXTRAIT d'un Compliment prononcé à la Martinique à Mr de Phelypeaux.
Le texte est un hommage à Monsieur de Phélypeaux, nouvellement nommé gouverneur général d'une partie de l'Amérique. L'auteur exprime sa gratitude envers le roi pour son attention envers les peuples éloignés, malgré les nombreuses affaires européennes. Le choix de Phélypeaux souligne l'importance des îles américaines pour la monarchie. Phélypeaux est reconnu pour ses multiples rôles prestigieux : chancelier, secrétaire d'État de la Marine, et haut fonctionnaire dans les domaines de la guerre et du Conseil d'État. Son nom inspire respect et confiance, promettant prospérité, justice et tranquillité. L'auteur espère que le roi, le ministre et le gouverneur bénéficieront de longues années pour continuer à protéger et à gouverner.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4666
p. 165-170
SUITE DU JOURNAL de Paris.
Début :
Le Portrait du Roy, que le Sieur Rigaud avoit commencé [...]
Mots clefs :
Portrait du roi, Peintre, Argentier, Gentilhommes, Charge, Arrêts, Parlement, Actes, Roi, Duc d'Orléans, Conseil, Diamant, Mousquetaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de Paris.
SUITE DU JOURNAL de Paris. LE Portrait du Roy, que le
Sieur Piyaucl avoitcommencé
dés le moisde Septembre 1715, &:.
qu'il n'a fini que depuis quelques
jours, fut présenté le sept, par ce
Peintre célébre, à Mgrle Duc Regent.
On le portale 10 à S. M. qui
parût fort aise de le trouver dans
son Cabiner, parce qu'il est tresbeau
& très
-
ressemblant.
Mr le Grand ayant interdit ces
jours passésl'Argentier de la petite
Ecurie, sur le refus qu'il lui
avoit fait, de lui apporter ses comptes.
Mr le Premier est entré en
cause, prétendant qu'à lui seul appattient
le droit de les (igner,
comme il l'a toûjours fait,du vivantdu
Roy;ce qui a élevé entre
ces deux Seigneurs, unecontestation
qui fera décidéepar le Conseil
de Régence.
Le 16. la grande Chapelle du
Roy forma une opposition contre
les Feüillans, qui, par un ordre
particulier de Mr le Grand Aumonier
, avoient entrepris de
chanter Vêpres, & faire la Priere,
les Dimanches& Fêtes, sur le modéle
de la Chapelle de Versailles.
Mr de Cazau Neveu deMrdu
-
Mont Ecuyer de seu MONSEIGNEUR,
a vendu à Mr Charon
rdlhargè de Gentil-homme Ordre
du Roy, qui lui avoir étédonrée
à la mortde Mr deBourdelin.
MADAME, dont la santéparoitentieren
ent rérablie,est venue cematin,
de Saint Cloud salüer le Roy.
Le22.onpublia l'Arrestsuivant
de i Cour de Parlement, qui fait
défenses à toutes per sonnes de
s'assembler sans permissionduRoy.
Du Vendredy 18. Juin 1717. du
matin.
Ce jour, toutes les Chambresassemblées
, les Gens du Roy sont
entrez&ont apporté,s à la Cour les
copies d'un Aâc sous signature
privée, datté de Paris le onziéme
Juin présent mois 1717, qui paroît
signé ppaarr tcrreennctee - neuf personnes y
-neufpérsonnes.dénommées, lesdites copies signifiées
le 17dud. mois, à laRequête
des dénommés ausdites copies,
comme ayant figné l'original dudit
Acte, l'une par Estienne LesguillierHuissier
à Verge au Châtelet
( dans ces termes) à Nosseigneurs
du Parlement, en la personne de
Maistre Nicolas Dongois Greffier
en Chef dudit Parlement; & l'autre
par le même Lefguillier au
Procureur General du Roy, &ils
ont requisqu'ilplût à la Cour y
pourvoir par les raisons qu'ils lui
ont expliquées
,
fuivant les Conclusions
par écrit du Procureur
General du Roy, qu'ils ont laissées
sur le Bureau, avec les copies dudit
Actesignifié:Eux retirez. Veu
les copies dudit Alte) fous signature
privée,du onziéme Juin 1717,
signifiées le 17 dudit mois, les Ordonnances
& Arrests de lad.Cour,
au sujet des assemblées illicites,
ensemble lesConclusions du Procureur
General du Roy; la matiere
mise en déliberation.
LA COURa ordonné & ordonne
, que les deux significations
faites par led. Estienne Lesguillier
Huissier à Verge au Chastelet
,
tant au Greffier en Chefde ladite
Cour, qu'au Procureur General
du Roy,le 17 Juin pleinemois,
demeureront supprimées, interdit
ledit Lesguillier des fonctions de
sa Charge pendant six mois. Fait
tres-expresses inhibitions& défenses
à toutes personnes, de quelque
estat, qualité& condition qu'elles
soient, de s'assembler sans permission
expresse du Roy,fous les peires
portées par les Ordonnances
!6t:AnCÍts de ladite Cour.
Le~. Ce matin, Mg le Duc
d'Orleans entrant au Conseil, a demandé ce que faisoit le Roy ; sur ce qu'on luia répondu qu'il
étoit aux études. S. A. R. aréplique
je ne veux pas le détour-
»
ner ,
mais après le Conseil, S. M.
aura leplaisir devoir le plus gros
& le plus, parfait Diamant qu'ily
ait dans le monde. En effet, c'est
un brillant gros comme un petit
oeuf, qui pese plus de 600 grains,
d'une trés-belle eau,&sans désauts.
Il a coûté pour le tailler en
-
facettes 6000 Guinées, !&"1'oo en
a retiré 7000,des rognures ;le Capitaine
Pitt de qui il vient,avoit
voulu le vendre au feu Roy, 4.
millions. Le marché s'est cependant
concluavec Mgr leRegent, à2000000.On a déja compté
700000. livres, & l'on s'est
engagé de donner pour les
1500000 livres restans, 200000.
livres par an. On est convenu de
remettre pour nantissement à Mr
.pKi & à Mr Stanhope son beaufrere,
des Diamans de la Couronne
,dont ils seront dépositaires
&garands;& qu'ilsrendront àmesure
qu'on les payera. La France
a maintenant un Diamant à opposer
à la Perle d'Espagne, au
gros Diamant du Grandt>Duc de
Florence, au petit Plarfait d'une
feule Eméraude, dela République
de Gênes, & au fameux Diamant
du Mogol.
Mr de Vaux Ecuyer de la grande
Ecurie,a vendu sa Charge 50000.
livres,à Mr de Nesmond.
Le 25. 4. Mousquetairesayant
prisquérelle à 5. heures du matin
avec 4. Archers du Guet,àla Porte
S. Honoré, Mr de Nizon un
desMousquetairesa û lemalheur
d'y perdre la vie, & un de ses
Camaradesaété blessé. On porta
le mort chez lfCOlumitfaireThienaut,
où il fut ouvert en présence
du Lieutenant Criminel & de plu- -
sieurs Officiers de l'Hôtel.
Sieur Piyaucl avoitcommencé
dés le moisde Septembre 1715, &:.
qu'il n'a fini que depuis quelques
jours, fut présenté le sept, par ce
Peintre célébre, à Mgrle Duc Regent.
On le portale 10 à S. M. qui
parût fort aise de le trouver dans
son Cabiner, parce qu'il est tresbeau
& très
-
ressemblant.
Mr le Grand ayant interdit ces
jours passésl'Argentier de la petite
Ecurie, sur le refus qu'il lui
avoit fait, de lui apporter ses comptes.
Mr le Premier est entré en
cause, prétendant qu'à lui seul appattient
le droit de les (igner,
comme il l'a toûjours fait,du vivantdu
Roy;ce qui a élevé entre
ces deux Seigneurs, unecontestation
qui fera décidéepar le Conseil
de Régence.
Le 16. la grande Chapelle du
Roy forma une opposition contre
les Feüillans, qui, par un ordre
particulier de Mr le Grand Aumonier
, avoient entrepris de
chanter Vêpres, & faire la Priere,
les Dimanches& Fêtes, sur le modéle
de la Chapelle de Versailles.
Mr de Cazau Neveu deMrdu
-
Mont Ecuyer de seu MONSEIGNEUR,
a vendu à Mr Charon
rdlhargè de Gentil-homme Ordre
du Roy, qui lui avoir étédonrée
à la mortde Mr deBourdelin.
MADAME, dont la santéparoitentieren
ent rérablie,est venue cematin,
de Saint Cloud salüer le Roy.
Le22.onpublia l'Arrestsuivant
de i Cour de Parlement, qui fait
défenses à toutes per sonnes de
s'assembler sans permissionduRoy.
Du Vendredy 18. Juin 1717. du
matin.
Ce jour, toutes les Chambresassemblées
, les Gens du Roy sont
entrez&ont apporté,s à la Cour les
copies d'un Aâc sous signature
privée, datté de Paris le onziéme
Juin présent mois 1717, qui paroît
signé ppaarr tcrreennctee - neuf personnes y
-neufpérsonnes.dénommées, lesdites copies signifiées
le 17dud. mois, à laRequête
des dénommés ausdites copies,
comme ayant figné l'original dudit
Acte, l'une par Estienne LesguillierHuissier
à Verge au Châtelet
( dans ces termes) à Nosseigneurs
du Parlement, en la personne de
Maistre Nicolas Dongois Greffier
en Chef dudit Parlement; & l'autre
par le même Lefguillier au
Procureur General du Roy, &ils
ont requisqu'ilplût à la Cour y
pourvoir par les raisons qu'ils lui
ont expliquées
,
fuivant les Conclusions
par écrit du Procureur
General du Roy, qu'ils ont laissées
sur le Bureau, avec les copies dudit
Actesignifié:Eux retirez. Veu
les copies dudit Alte) fous signature
privée,du onziéme Juin 1717,
signifiées le 17 dudit mois, les Ordonnances
& Arrests de lad.Cour,
au sujet des assemblées illicites,
ensemble lesConclusions du Procureur
General du Roy; la matiere
mise en déliberation.
LA COURa ordonné & ordonne
, que les deux significations
faites par led. Estienne Lesguillier
Huissier à Verge au Chastelet
,
tant au Greffier en Chefde ladite
Cour, qu'au Procureur General
du Roy,le 17 Juin pleinemois,
demeureront supprimées, interdit
ledit Lesguillier des fonctions de
sa Charge pendant six mois. Fait
tres-expresses inhibitions& défenses
à toutes personnes, de quelque
estat, qualité& condition qu'elles
soient, de s'assembler sans permission
expresse du Roy,fous les peires
portées par les Ordonnances
!6t:AnCÍts de ladite Cour.
Le~. Ce matin, Mg le Duc
d'Orleans entrant au Conseil, a demandé ce que faisoit le Roy ; sur ce qu'on luia répondu qu'il
étoit aux études. S. A. R. aréplique
je ne veux pas le détour-
»
ner ,
mais après le Conseil, S. M.
aura leplaisir devoir le plus gros
& le plus, parfait Diamant qu'ily
ait dans le monde. En effet, c'est
un brillant gros comme un petit
oeuf, qui pese plus de 600 grains,
d'une trés-belle eau,&sans désauts.
Il a coûté pour le tailler en
-
facettes 6000 Guinées, !&"1'oo en
a retiré 7000,des rognures ;le Capitaine
Pitt de qui il vient,avoit
voulu le vendre au feu Roy, 4.
millions. Le marché s'est cependant
concluavec Mgr leRegent, à2000000.On a déja compté
700000. livres, & l'on s'est
engagé de donner pour les
1500000 livres restans, 200000.
livres par an. On est convenu de
remettre pour nantissement à Mr
.pKi & à Mr Stanhope son beaufrere,
des Diamans de la Couronne
,dont ils seront dépositaires
&garands;& qu'ilsrendront àmesure
qu'on les payera. La France
a maintenant un Diamant à opposer
à la Perle d'Espagne, au
gros Diamant du Grandt>Duc de
Florence, au petit Plarfait d'une
feule Eméraude, dela République
de Gênes, & au fameux Diamant
du Mogol.
Mr de Vaux Ecuyer de la grande
Ecurie,a vendu sa Charge 50000.
livres,à Mr de Nesmond.
Le 25. 4. Mousquetairesayant
prisquérelle à 5. heures du matin
avec 4. Archers du Guet,àla Porte
S. Honoré, Mr de Nizon un
desMousquetairesa û lemalheur
d'y perdre la vie, & un de ses
Camaradesaété blessé. On porta
le mort chez lfCOlumitfaireThienaut,
où il fut ouvert en présence
du Lieutenant Criminel & de plu- -
sieurs Officiers de l'Hôtel.
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4667
p. 159-166
Dernieres nouvelles. du 25. Mars.
Début :
Tous les Colonels ont eu ordre de partir pour se rendre [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Roi, Reine, Colonel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dernieres nouvelles. du 25. Mars.
Dcrmeres nouvelles.
du25.Mars.
Tous les Colonels
ont eu ordre de partir pour se rendre à leurs
Regimens,lesOfficiers
Generaux n'ont eu orf
dre que de se tenir prêts.
..- Le gouvernement de
Fort-L. ouis l'd 1
a
étédonné
àM.de Permangle.
- On écrit que les
Turcs sont entrez en
Pologne avec le Roy
de Suede, &que sur
y cet avis, on a
changé
les dispositions du voyage de l'Archiduc en
Hongrie. On a contremandé plusieurs regimens qui avoientordre
d'aller en Flandres.
Dans le Mercure de
Septembre dernier on
a
oublié dans l'article
des mariages celuyd'un
homme de cent deux
ans qui avoit épousé
une femme de soixante
&dix-huitans,on en fie
les noces à S. Lo. Et ce
mary
mary nommé1Antoine
de laRillere. Thiboust,
est mort le quatre de
ce mois.
C'est un Colonel Espagnol nommé Scevola
qui a
défait les cinqcent chevaux dont on
parle dans l41 autre en,
droit du Mercure.
Mr. le Prince de
Dombes est hors de
danger.
M. de Vandôme est
guéri de sa goutte, qui
avoit retardé son voyage sur la Frontiere de
Valence pour avancer
la Campagne.
C'est la Reyne d'Espagne qui aprit la mort
de Monseigneurle Dauphin au Roy son frere,
on ne sçauroit exprimer
la douleur du Roy &
de la Reyne,ni la part
que les Espagnols yont
pris.
Le Roy a
fait la Scene comme de coûtume
le JeudySaint, en lavant les pieds à douze
pauvres,servis par Monseigneur le Duc de Berry
,
Monsieur le Duc
d'Orleans, Se d'autres
Princes & Seigneurs.
M. l'Evêque de Tournay a
fait l'Absoute, &
l'Abbé de Copis de la
Fare le discours ordinaire.
Le 5. de ce mois le
Milord Pelham mourut
subitement à sa maison
de Campagne, proche
Londres.
Le Chevalier de Soifsons, neveu du Prince
Eugene, est mort de la
petite verole.
Le 7. de ce mois le
Duc d'Ormond fut déclaré General & Commandant en Chef des
Troupes qui sont aux
Pays-bas,à la solde de
la Reyne 5
le Comte
d'Arran
,
son frere, a
été
fait Grand Maistre de
l'Artillerie en Irlande.
Le Duc de Beaufort
a
été fait Gouverneur
du Comté de Glocerter
à la place du Comte
Berklei.
Le Procurateur Ruzzini est parti de Venise
pour se rendre en Hollande, & assister aux
Conferences d'Utrech
pour la paix.
Dona Bernardina veuve de Dom Harazio
Albani %'ctf retirée dans
le Monastere de Torre
de Specchi.
du25.Mars.
Tous les Colonels
ont eu ordre de partir pour se rendre à leurs
Regimens,lesOfficiers
Generaux n'ont eu orf
dre que de se tenir prêts.
..- Le gouvernement de
Fort-L. ouis l'd 1
a
étédonné
àM.de Permangle.
- On écrit que les
Turcs sont entrez en
Pologne avec le Roy
de Suede, &que sur
y cet avis, on a
changé
les dispositions du voyage de l'Archiduc en
Hongrie. On a contremandé plusieurs regimens qui avoientordre
d'aller en Flandres.
Dans le Mercure de
Septembre dernier on
a
oublié dans l'article
des mariages celuyd'un
homme de cent deux
ans qui avoit épousé
une femme de soixante
&dix-huitans,on en fie
les noces à S. Lo. Et ce
mary
mary nommé1Antoine
de laRillere. Thiboust,
est mort le quatre de
ce mois.
C'est un Colonel Espagnol nommé Scevola
qui a
défait les cinqcent chevaux dont on
parle dans l41 autre en,
droit du Mercure.
Mr. le Prince de
Dombes est hors de
danger.
M. de Vandôme est
guéri de sa goutte, qui
avoit retardé son voyage sur la Frontiere de
Valence pour avancer
la Campagne.
C'est la Reyne d'Espagne qui aprit la mort
de Monseigneurle Dauphin au Roy son frere,
on ne sçauroit exprimer
la douleur du Roy &
de la Reyne,ni la part
que les Espagnols yont
pris.
Le Roy a
fait la Scene comme de coûtume
le JeudySaint, en lavant les pieds à douze
pauvres,servis par Monseigneur le Duc de Berry
,
Monsieur le Duc
d'Orleans, Se d'autres
Princes & Seigneurs.
M. l'Evêque de Tournay a
fait l'Absoute, &
l'Abbé de Copis de la
Fare le discours ordinaire.
Le 5. de ce mois le
Milord Pelham mourut
subitement à sa maison
de Campagne, proche
Londres.
Le Chevalier de Soifsons, neveu du Prince
Eugene, est mort de la
petite verole.
Le 7. de ce mois le
Duc d'Ormond fut déclaré General & Commandant en Chef des
Troupes qui sont aux
Pays-bas,à la solde de
la Reyne 5
le Comte
d'Arran
,
son frere, a
été
fait Grand Maistre de
l'Artillerie en Irlande.
Le Duc de Beaufort
a
été fait Gouverneur
du Comté de Glocerter
à la place du Comte
Berklei.
Le Procurateur Ruzzini est parti de Venise
pour se rendre en Hollande, & assister aux
Conferences d'Utrech
pour la paix.
Dona Bernardina veuve de Dom Harazio
Albani %'ctf retirée dans
le Monastere de Torre
de Specchi.
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Résumé : Dernieres nouvelles. du 25. Mars.
Le 25 mars, divers ordres militaires ont été donnés : les colonels doivent rejoindre leurs régiments et les officiers généraux se tenir prêts. M. de Permangle a été nommé gouverneur de Fort-Louis. Les Turcs, accompagnés du roi de Suède, ont envahi la Pologne, modifiant les plans de l'archiduc en Hongrie et annulant le déplacement de régiments vers les Flandres. Le Mercure de septembre a omis de mentionner le mariage d'Antoine de la Rillere Thiboust, cent deux ans, avec une femme de soixante-dix-huit ans, décédé le 4 mars. Le colonel espagnol Scevola a vaincu cinq cents cavaliers. Le prince de Dombes est hors de danger et M. de Vandôme, guéri de la goutte, se prépare à avancer sur la frontière de Valence. La reine d'Espagne a informé son frère de la mort du dauphin, provoquant une grande douleur. Le roi a lavé les pieds de douze pauvres le Jeudi Saint. Milord Pelham et le chevalier de Soissons sont décédés. Le duc d'Ormond a été nommé général en chef aux Pays-Bas et son frère grand maître de l'artillerie en Irlande. Le duc de Beaufort a été nommé gouverneur du comté de Glocester. Le procurateur Ruzzini est parti pour la Hollande pour les conférences de paix d'Utrecht. Dona Bernardina s'est retirée dans le monastère de Torre de Specchi.
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4668
p. 159-166
DETAIL DE LA MORT du Duc d'Hamilton.
Début :
Le vingt-six Novembre le Duc d'Hamilton fut à [...]
Mots clefs :
Mort, Duc d'Hamilton, Procès, Déshonorer, Défis, Coups, Tuer, Maison d'Hamilton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DETAIL DE LA MORT du Duc d'Hamilton.
DETAIL DE LA MORT
du Duc d'Hamilton.
LE vingt- six Novembre
le Duc d'Hamilton sur à la
Cour de la Chancellerie,
au sujet d'un procez qu'il
avoit contre Mylord Mo-
hun, qui produisit un tesmoin sur une des choses
qui estoient en question,
que le Duc recusa
,
parce
qu'il estoit de notorieré publique que cet homme avoit esté recusé plusieurs
fois, comme manquant de
memoire,& que par consequent son tesmoignage
n'estoit point recevable.
MylordMohun dit là dessus
quelques paroles choquantes au Duc, qui se contint
avec beaucoup de moderation. Le vingt-sept le sieur
Macartney fut chez le Duc
d'Hamilton,
d'Hamilton, & l'attendit
fort long temps. Sitost qu'il
arriva illuy fie un appelde
la part de Mylord Mohun
pourse battre le lendemain
dans Hydepark à huit heures dumatin. LeDuc dl-IlA
milton jugeant que c'estoit
une affaire de parti,& ccn'!
certéepar lesseditieux pe-jr
c
hercher un prétexte de le
deshonorer
,
s'il refusoit le
désy, l'accepta, & se rendit à t'heure marquée à IîydePdde Le Duc prit pour
second le ColonelJohnHimilton, Mylord Mohun se
trouva au lieu marque; il
avoit avec luy Macartney
qui luy servit de second.
Le Duc pouffa sonennemi avec tant de vigueur,
qu'aprèsluy avoir porté
quelques coups, il le tua du
dernier, & tomba en merme temps sur luy n'ayant
receu que deux legeres
blesseures ; une au bras &
l'autre à la jambe. Le Colonel John Hamilton mena
si vigoureusement Macartney
,
qu'il le desarma & le
força de lui demander
la vie. Le Colonel voyant
le Duc tombé, courut a
luy
pour l'aider à se relever, il
mit les deux épées à
terre;
dans ce moment Macartney se saisitd'une, & porta
en traistre un coup mortel
au Duc d'Hamilton à la
mamelle droite
,
duquel il
mourut sîtostcju^it fut arrivé à son carrosse. C'ell ce
que le Colonel Hamilton a
declaré après avoir obtenu
un sauf conduit pour se faire porter devant le Conseil
;
ainsi les circonstances.
de cette action la rendent
encore plus odieuse.
Mylord Mohunne laisse
qu'une fille; le Duc d'Hamilton laisse trois fils ôc
trois filles. On fait de
grands préparatifs pour
transporter son corps en
Ecosse
,
& l'enterrer dans
le tombeau de ses Ancestres. La Maison d'Hamilton est une des plus illustres & des plus anciennes
d'Ecosse, dont l'aisné porte
le titre de Duc. La branche aisnée a
fini dans le
dix-septiéme siecle en la
personne du dernier Duc
d'Hamilton
,
qui perdit ta
vie dans. les. troubles d'An- gleterre,&quine laiffaqu'une fille,mariéedepuis
auComte de Duglas, lequel a pris le nom ôc lesarmes d'Hamiltom Unseigneur de ce nom souffrit la
mort en Ecossependantles
- guerres delaReligionl'an
i.4±4- Madame la Comtesse de Gramont d'au jourd'huy Elisabeth Hamilton,
Dame du Palais de la feuë
Reine Marie Therese d'Autriche, Epouse du Roy
Louis LE GRAND,est..
sortie de cette illustre Mai-
son. Il y
aaussi uneFamilk du melme Nom establie
en Irlande.
du Duc d'Hamilton.
LE vingt- six Novembre
le Duc d'Hamilton sur à la
Cour de la Chancellerie,
au sujet d'un procez qu'il
avoit contre Mylord Mo-
hun, qui produisit un tesmoin sur une des choses
qui estoient en question,
que le Duc recusa
,
parce
qu'il estoit de notorieré publique que cet homme avoit esté recusé plusieurs
fois, comme manquant de
memoire,& que par consequent son tesmoignage
n'estoit point recevable.
MylordMohun dit là dessus
quelques paroles choquantes au Duc, qui se contint
avec beaucoup de moderation. Le vingt-sept le sieur
Macartney fut chez le Duc
d'Hamilton,
d'Hamilton, & l'attendit
fort long temps. Sitost qu'il
arriva illuy fie un appelde
la part de Mylord Mohun
pourse battre le lendemain
dans Hydepark à huit heures dumatin. LeDuc dl-IlA
milton jugeant que c'estoit
une affaire de parti,& ccn'!
certéepar lesseditieux pe-jr
c
hercher un prétexte de le
deshonorer
,
s'il refusoit le
désy, l'accepta, & se rendit à t'heure marquée à IîydePdde Le Duc prit pour
second le ColonelJohnHimilton, Mylord Mohun se
trouva au lieu marque; il
avoit avec luy Macartney
qui luy servit de second.
Le Duc pouffa sonennemi avec tant de vigueur,
qu'aprèsluy avoir porté
quelques coups, il le tua du
dernier, & tomba en merme temps sur luy n'ayant
receu que deux legeres
blesseures ; une au bras &
l'autre à la jambe. Le Colonel John Hamilton mena
si vigoureusement Macartney
,
qu'il le desarma & le
força de lui demander
la vie. Le Colonel voyant
le Duc tombé, courut a
luy
pour l'aider à se relever, il
mit les deux épées à
terre;
dans ce moment Macartney se saisitd'une, & porta
en traistre un coup mortel
au Duc d'Hamilton à la
mamelle droite
,
duquel il
mourut sîtostcju^it fut arrivé à son carrosse. C'ell ce
que le Colonel Hamilton a
declaré après avoir obtenu
un sauf conduit pour se faire porter devant le Conseil
;
ainsi les circonstances.
de cette action la rendent
encore plus odieuse.
Mylord Mohunne laisse
qu'une fille; le Duc d'Hamilton laisse trois fils ôc
trois filles. On fait de
grands préparatifs pour
transporter son corps en
Ecosse
,
& l'enterrer dans
le tombeau de ses Ancestres. La Maison d'Hamilton est une des plus illustres & des plus anciennes
d'Ecosse, dont l'aisné porte
le titre de Duc. La branche aisnée a
fini dans le
dix-septiéme siecle en la
personne du dernier Duc
d'Hamilton
,
qui perdit ta
vie dans. les. troubles d'An- gleterre,&quine laiffaqu'une fille,mariéedepuis
auComte de Duglas, lequel a pris le nom ôc lesarmes d'Hamiltom Unseigneur de ce nom souffrit la
mort en Ecossependantles
- guerres delaReligionl'an
i.4±4- Madame la Comtesse de Gramont d'au jourd'huy Elisabeth Hamilton,
Dame du Palais de la feuë
Reine Marie Therese d'Autriche, Epouse du Roy
Louis LE GRAND,est..
sortie de cette illustre Mai-
son. Il y
aaussi uneFamilk du melme Nom establie
en Irlande.
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Résumé : DETAIL DE LA MORT du Duc d'Hamilton.
Le 26 novembre, le Duc d'Hamilton comparaît à la Cour de la Chancellerie contre Lord Mohun. Lors de l'audience, le Duc refuse le témoignage d'un homme connu pour son manque de mémoire. Lord Mohun tient des propos offensants, mais le Duc reste calme. Le lendemain, Macartney défie le Duc au duel pour Lord Mohun. Le Duc accepte et se rend à Hyde Park avec le Colonel John Hamilton comme second. Le Duc blesse gravement Lord Mohun et le tue. Blessé à son tour, le Duc est tué par Macartney qui profite de la confusion. Le Colonel Hamilton témoigne des événements après avoir obtenu un sauf-conduit. Lord Mohun laisse une fille, tandis que le Duc d'Hamilton laisse trois fils et trois filles. Les préparatifs sont en cours pour transporter le corps du Duc en Écosse afin de l'enterrer dans le tombeau de ses ancêtres. La Maison d'Hamilton est l'une des plus illustres et anciennes d'Écosse. La branche aînée s'est éteinte au XVIIe siècle avec le dernier Duc d'Hamilton, tué lors des troubles en Angleterre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4669
p. 794-806
EXTRAIT du nouveau Samson, annoncé dans le dernier Mercure.
Début :
L'Auteur est très-modeste, quand il ne donne cette Tragi-Comédie, que comme une simple [...]
Mots clefs :
Samson, Théâtre, Tragicomédie, Amour, Secret, Force, Mort, Dieu, Coeur, Caractère
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du nouveau Samson, annoncé dans le dernier Mercure.
EXTRAIT du nouveau Samfon
annoncé dans le dernier Mercure .
'Auteur eft très-modefte , quand il ne donne
cette Tragi- Comédie , que comme une fimple
Traduction ; la nouvelle forme fous laquelle il l'a
fait reparoître , mérite bien qu'il s'en dife l'Auteur
; le fieur Riccoboni , qui la mit au Théatre
én 1717. en avoue les deffauts dans fon Avis aux
Lecteurs : voici les termes dont il fe fert. La compofition
Théatrale que je vous prefente aujourd'hui
eft un de ces Monftres dont le Théatrefut
f prodigue en Italie pendant le dernier fiecle.
Cette Piece , telle qu'elle étoit alors , ne laiffa pas
d'avoir un grand fuccès. Le fieur Romagneſi en
a retranché ce qu'il y avoit de monſtrueux. La
Dalila d'autre fois étoit infoutenable au Théatre,
au lieu que celle d'aujourd'hui eft intereffante &
ne tombe dans le malheur que par foibleffe. On
n'a vu de long-temps de fuccès plus frappant que
celui-cy. On n'a pas laiffé cependant de trouver
des deffauts dans la Piéce ; nous ferons part au
Public de ce qui eft venu jufqu'à nous, à la fin de
cet Extrait.
Le Théatre repréfente im Bois, dans l'enfoncement
duquel on découvre le Temple de Dagon.
Dalila ouvre la Scene avec fa Suivante Armillā ; -
elle fait connoître qu'elle s'eft dérobée de la Cour
de Gaza, pour venir implorer le fecours de Dagon,
Idole des Philiftins; elle apprend à Armilla qu'elle
brûle d'un coupable amour pour un Hebreu qu'elle
ne trouva que trop aimable la premiere fois qu'il
parut à fes yeux parmi les Captifs qu'Achab avoit
faits dans fa derniere victoire. Samfon eft . cet
Hebreu dont elle parle ; elle ne laiffe pas de fe
promettre de triompher d'un amour condamné
par une Loi expreffe du Roi des Philiftins. Azael
reproche
AVRIL. 1730. 795
1
1
reproche à Samſon l'indigne repos dans lequel il
languit , au lieu de tourner contre les ennemis de
Dieu ces traits qu'il n'employe que contre des
animaux , dans les vains plaifirs de la Chaffe, Samfon
lui répond qu'il foufcrit aux decrets éternels
qui ont condamné les Hebreux à un pénible ef
clavage , en punition de leurs crimes ; voici comment
il s'exprime :
Du Dieu qui nous punit refpectons la puiffance ;
J'éprouve en l'adorant les traits de fa vengeance,
Et je ne porterois que coups criminels ,
Si je les oppofois aux decrets éternels.
des
L'Auteur ne pouvoit mieux excufer l'inaction
de Samfon . En effet il n'eft déterminé à faire
éclater la force prodigieufe dont le Ciel l'a
doué , que par ces mêmes decrets qu'il refpecte.
Il s'endort fous un Olivier.Pendant fon fommeil
il entend une voix qui chante les Vers fuivans :
La gloire en d'autres lieux t'appelle ,
Samfon , brife ton Arc , abandonne ces bois ;
Que fans tarder le Philiftin rebelle ,
De ton bras triomphant éprouve tout le poids
Que ton coeur à ce bruit de guerre ,
A ces Eclairs , à ce Tonnerre ,
Du Ciel reconnoiffe la voix ;
Et que cet Olivier paifible ,
Difparoiffe à l'afpect terrible ,
De ce Laurier , garant de tes exploits ..
Tout ce qui eft exprimé dans ces Vers arrive
796 MERCURE DE FFRRAANNCE
à mesure qu'on les chante ; les Eclairs brillent , le
Tonnerre gronde & l'Olivier eft changé en Laurier.
Samfon , rempli de l'Efprit de Dieu , jette
fon Carquois comme un indigne ornement ,
il fe prépare à venger les Hebreux , & à les tirer
d'eclavage. Il combat un Lion prêt à dévorer
Dalila , il l'étouffe . Dalila reconnoît l'objet
de fon amour dans celui qui vient de lui fauver
la vie. Samfon ne peut voir tant d'attraits fans
leur rendre les armes. Dalila oppoſe à cet amour
fon devoir & fa Religion ; elle lui fait connoître
qu'elle doit en ce même jour épouſer Achab ,
General des Philiftins ; Samfon fe roidit contre
tous ces obftacles ; Dalila le quitte après lui avoir
fait connoître qu'elle n'eft que trop fenfible à fon
amour. Nous fupprimons ici les Scenes comiques;
elles font trop de diverfion à l'interêt , & ce n'eft
que fur le Théatre Italien que de pareilles difparates
peuvent être excufées ; d'ailleurs la Piece n'a'
pas befoin d'un épiſode fi monftrueux.
Au fecond Acte , le Théatre repréfente le Palais
du Roi des Philiftins . Achab & Dalila com→
mencent cet Acte. Dalila avoue ingenument à
Achab , non-feulement qu'elle ne l'aime point ,'
mais qu'elle aime Samfon ; elle s'excufe par ces
Vers qu'on a trouvés des plus beaux de la Piéce :
Acab , de notre coeur les mouvemens rapides
Naiffent des paffions qui leur fervent de guides ;
Sur nos foibles efprits leur empire abſolu
Malgré tous nos efforts a toûjours prévalu ;
Pour l'un indifferents, pour l'autre pleins de flam
mes ,
Nous ne difpofons point du penchant de nos ames
Sous les traits de l'Amour , lorfque nous flechif-
Lons , Ce
AVRIL. 1730.
797
Ce Dieu nomme l'objet , & nous obéiffons.
On croit que ces Vers feroient encore plus
beaux dans le fiftême Payen. On a trouvé que l'amour
déifié ne convient pas à une Philiftine.
A l'approche de Samfon , Acab redouble fa colere
contre un Rival aimé ; Dalila le fait retirer
par ce Vers , dont on n'a pas bien compris le fens :
Suis mes pas ; vien fçavoir ce que le fort t'aprête.
Emanuel reproche à Samfon fon amour pour
Dalila ; Samfon le raffure par ce ferment :
Oui , je jure , Seigneur , par vos jours précieux
De brifer , de venger nos fers injurieux ,
Et fi je ne remplis toute votre efperance ,
Puiffe pour m'en punir la celefte vengeance -
Me livrer en opprobre aux Philiftins cruets ;
Que traîné par leurs mains au pied de leurs Autels
, ·
Je ferve de jouet à tout ce Peuple impie ,
Et que j'y meure enfin couvert d'ignominie.
Ce ferment n'eft pas tout-à- fait verifié à la fin
de la Piece. Samfon meurt comblé de gloire &
non d'ignominie,
Dans la Scene fuivante qui eft entre Phanor ,
Acab & Dalila , Samfon fe tient au fond du Théatre
fans être apperçû. Le Roi fait d'abord parade
d'un caractere de vertu , qu'il ne foûtient pas dans
la fuite ; il rend ce qu'il doit à la valeur de Samfon
, & dit qu'il l'admire fans la craindre. Samfon
indigné des menaces d'Acab s'approche ; il
défie fon Rival , & brave le Roi même. Le Roi
affectant une espece de juftice , confent que Dalila
798 MERCURE DE FRANCE
lila prononce entre fes deux Amans ; Dalila ne fe
déclare pour aucun des deux ; & n'écoutant que
le zele de la Religion , ôte toute efperance à Samfon
, & dit en fe retirant :
- Je n'épouferai point Samfon. à part , Cruel
devoir !
1
Sur un coeur vertueux connois tout ton pouvoir.
Samfon croyant que Dalila n'a fait jufqu'ici
que le jouer , s'abandonne à toute fa fureur.
Le Théatre repréſente au troifiéme Acte le
Camp des Philiftins . Acab , pour confoler le Roi
du carnage que Samfon feul vient de faire de fes
meilleures Troupes , lui apprend que le Grand-
Prêtre des Hebreux , intimidé par fes menaces
lui a promis de livrer Samfon entre ſes mains
Phanor n'en eft pas plus raffuré.
que
On amene Emanuel , pere de Samfon , priſonnier
; ce genereux Vieillard brave le Roi , & lui
dit fi l'amour de Samfon pour Dalila a long
tems fufpendu fa vengeance , la priſon de fon Pere
le va determiner à la faire éclater. Phanor ordonne
qu'on l'enferme dans une Tour qui paroit
au fond du Théatre.
On vient annoncer à Phanor que Samfon
s'eft laiffé furprendre , & qu'on le lui amene
chargé de fers ; le Roi fort , après avoir rendu
Acab Arbitre du fort de fon Rival . Samfon paroît
chargé de fers; il fait connoître pour quoi il
paroît en cet état par cet à parte.
Pour punir mes Tyrans ma haine a profité
D'un ftratagême heureux qu'eux -mêmes ont inventé
;
Traîtres , qui n'avez pû me vaincre à force oui
yerte ,
Votre
AVRIL. 1730. 799
Votre propre artifice avance votre perte ,
Puifqu'il m'approche enfin de ces lâches Soldats
de mourir déroboit à bras.
Que la peur mon
Acab ordonne à fes Soldats de donner la mort
à Samfon ; l'Hebreu lui dit que c'eft à lui-même
& à tous fes Soldats à trembler ; Acab le menace
d'époufer Dalila en fa préfence même ; ce dernier
outrage pouffe à bout la patience de Samfon ;
il brife fes chaînes , & trouvant par hazard une
mâchoire d'Afne à fes pieds , il les met tous en
fuite avec ce vil inftrument.
Les efforts que Samfon vient de faire lui caufent
une foif qui lui annonce une mort prochai
ne , il reconnoît alors que le bras du Seigneur
s'appefantit fur lui pour le punir de fon amour
pour une Philiftine . Voici comment s'expriment
Les juftes remords,
Mais quel aveuglement fuit ta préfomption
Tu n'as pû furmonter ta folle paffion ,
Et tu veux ignorer , lâche , quels font les crimes
Qui rendent aujourd'hui tes tourmens legitimes!
Souviens- toi que tu viens de combattre en ce lieu
Pour venger ton amour , & non pas pour ton
Dieu,
Malheureux ! tu croyois ne devoir qu'à toi -même
Le fuccès que tu tiens de la bonté fuprême ;
Appuyé de fon bras tu faifois tout trembler ; .
Mais fans lui le plus foible auroit pû t'accabler.
Les Vers fuivans ne font pas moins beaux.
Mon mal redouble ; helas ! mes fens s'évanouifil
tombe ,
Lent ;
Mcs
800 MERCURE DE FRANCE
font obfcurcis & mes genoux flechif
Mes yeux
fent ;
Je vois l'horrible Mort errer autour de moi ;
C'en eft fait ... Dieu puiffant , j'efpere encore en
toi.
Sur les maux de Samfon jette un regard propice
Ta clemence toujours balança ta juftice.
Indigne des honneurs que tu m'as préſentés
Que je partage ici tes immenfes bontés ;
Ah ! fi le repentir fait defcendre ta grace ,
Je ne fçaurois périr , & mon crime s'efface ;
Ce foudre , deftructeur de tant de Philiftins
Produira , fi tu veux , une fource en mes mains ;
C'est toi qui me l'offris contre ce Peuple impie
Il lui donna la mort ; qu'il me rende la vie ,
Semblable à ce Rocher dont Moïfe autrefois
Vit jaillir un torrent fur ton Peuple aux abois.
Ou t'exauce Samfon &c.
il met
II fort une fource d'eau de la mâchoire d'Afne;
..Samfon ayant étanché fa foif, force la Prifon de
fon Pere , & chargé d'une proye fi chere ,
encore fur fes épaules les portes de la Prifon , dont
le poids eft énorme.
Nous fupprimons la premiere Scene du quatriéme
Acte ( où le Théatre repréfente le Palais
du Roi des Philiftins ) à caufe du comique deplacé.
Dans la feconde , le Roi inftruit de la défaite
de fes Troupes n'a point d'autre confident que
Ja fuivante de Dalila , qui lui confeille d'employer
l'artifice , puifque la force ne fert de rien contre
Samfon ; elle lui dit qu'il faut que fa Maîtreffe
Alatte
AVRIL. 1730. 801.
flatte l'efpoir de ce terrible fleau de fes Sujets ,
pour l'engager à lui declarer d'où naît fa prodigieufe
valeur ; Samſòn , continuë -t'elle , a autrefois
brulé pour Tamnatée , il faut faire croire à
Dalila qu'il l'aime encore , afin que fon Amant
ne puiffe calmer fa défiance qu'en lui revelant ce
fatal fecret . Le Roi dont le caractere , comme on
l'a déja remarqué , eft tantôt vicieux , tantôt vertueux
, ne fe détermine qu'avec peine à recourir
à la tromperie qu'avec ce temperament.
Qu'elle perde Samfon ; mais dans cette entre
prife
Que l'amour du devoir , s'il fe peut , la conduiſed
Dalila vient ; le Roi la preffe d'employer pour
le falut de fa Patrie ces mêmes charmes qui ont
triomphé de Samfon. Voici comment il s'exprime.
La force dont Samfon nous accable aujour
d'hui
Confiſte en un ſecret qui n'eſt ſçû que de lui ;
Flattez le d'un hymen , pour percer ce myſtere
Il eft vaincu.
Dalila fe refufe à la perfidie que le Roi exige
d'elle. Acab effrayé vient annoncer au Roi que
tout eft perdu , & le prie de garantir la Tête du
péril qui la menace par une promte fuite. Phanor
ordonne à Dalila de voir Samfon & d'executer
ce qu'il vient de lui propofer pour le bien
de fes Sujets.
Armilla jette adroitement des foupçons jaloux
dans le coeur de Dalila au fujet de Tamnatée , &
lui perfuade qu'elle ne peut mieux s'affurer de la
fidelité de Samfon qu'en exigeant de lui qu'il lui
H dife
802 -MERCURE DE FRANCE
dife d'où peut naître fa force prodigieufe ; Dalila
qui voit alors les confequences d'un tel fecret lui
répond
Et s'il peut reveler ce fecret important
J'en dois aux Philiftins l'avis au même inftant.
Armilla lui fait entendre que rien ne l'oblige`
à donner cet avis , & qu'elle pourra ſe conferver
Samfon , affurée de fa fidelité par cette marque
de confiance .
Samfon arrive ; Armilla fe retire dans le deffein
d'écouter fans être apperçue .
La Scene entre Samfon & Dalila a paru fort
belle , quoique fufceptible de beaucoup de critique.
Samfon fans appercevoir Dalila dont il fe
croit trahi en faveur d'Acab , jure de perdre fon
Rival & le Roi même. Dalila rompant le filence
lui offre fon coeur à percer ; elle fe juftifie de l'infidelité
qu'il lui reproche , & l'ayant amené au
point qu'elle s'eft propofé , elle lui demande le
fatal fecret ; Samfon lui fait entendre qu'il ne
peut lui accorder ce qu'elle lui demande. Voici
les propres paroles :
Princeffe , épargnez-vous un inutile effort ;
Si ce fatal fecret n'entraînoit que ma mort ....
Mais , Madame , à lui feul ma gloire eft attachée
D'une honte éternelle elle feroit tachée ;
A tout autre péril je m'offre fans regret ;
Je vous accorde tout ; laiffez moi mon fecret.
Dalila fe retire , indignée du refus de Samfon,
& lui défend de la yoir jamais ; Samfon la fuit
fans fçavoir ce qu'il doit faire.
Armilla , dans la premiere Scene du cinquiéme
Acto
I
AVRIL. 1730. 803
Acte raconte au Roi tout ce qui s'eft paffé dans
l'Appartement de Dalila ; elle lui dit que s'étant
cachée de maniere à pouvoir tout voir & tour
entendre fans être apperçue , elle a vû Samſon ſe
jetter aux pieds de Dalila , que cette Princeffe
s'obftinant à vouloir apprendre fon fecret , il l'a
voit long- tems trompée par de fauffes confidences
, qu'enfin pour calmer fa colere , il lui avoit
avoué que fa force confiftoit dans fes cheveux ;
elle ajoûte qu'à peine Samfon avoit - il fait ce fatal,
aveu qu'il s'étoit plongé dans un profond fommeil
, qu'elle s'étoit approchée alors , & qu'elle
avoit dit à Dalila que fans doute Samſon la trompoit
& que fa Rivale fe vantoit hautement d'être
la feule dépofitaire de fon fecret , que Dalila pour
le convaincre de menfonge avoit confenti à faire
l'épreuve de fa fincerité ou de fa tromperie , en
lui faifant couper les cheveux , ce qui avoit d'abord
été executé par Armilla. Le Roi promet à
cette perfide fuivante des récompenfes dignes du
fervice qu'elle vient de rendre à fa Patrie.
Le Théatre repréfente l'Appartement de Dalila.
Dalila allarmée du long fommeil de Samfon ,
commence à craindre qu'il n'ait été que trop fincere
, & voyant le Roi fuivi d'une Troupe de
Soldats pour ſe ſaiſir de ſon Amant , elle l'éveille ;
Samfon voulant fe défendre tombe de foibleffe ;
il reproche à Dalila fa perfidie , & avoue qu'il
ne l'a que trop meritée. Phanor ordonne qu'on
lui aille crever les yeux. Dalila fe plonge un poignard
dans le fein. Nous fupprimons encore ici
une Scene comique qui a été trouvée déplacéedans
un fujet fi refpectable.
il
Le Théatre repréfente le Temple de Dagon
où le Roi & toute fa Cour font affemblés. Samfon
privé de la lumiere reconnoit fon crime ,
Lent un repentir fincere , & prie le Seigneur de lui´
rendre
H
804 MERCURE DE FRANCE
rendre fa premiere force afin qu'il puiffe employer
fes derniers momens à delivrer les Hebreux
de l'esclavage & à perdre fes ennemis en
periffant avec eux . Voici une partie de l'ardente
priere qu'il adreffe au Seigneur :
:
Rends leur premiere force à mes bras défarmés
;
Que ma mort foit utile aux Hebreux opprimés
Anime de mes mains les fecouffes rapides ,
Que je puiffe ébranler ces colomnes folides ,
Et que tes ennemis trouvent leurs monumens
Sous ces murs écroulés jufques aux fondemens .
Sanfon eft exaucé : il fecoue les colomnes , &
il est écrafé lui- même avec tous les Philiftins
fous les ruines du Temple de Dagon , ce qui fait
un fpectacle auffi terrible qu'admirable. Ce Temple
, pour le dire en paffant , eft un riche morceau
d'Architecture en rotonde , d'Ordre compofite
, à colomnes torfes de marbre , dont les
Chapiteaux , Bazes & autres ornemens font en
or. Sur le premier Ordre eft une Gallerie remplie
de plufieurs figures de coloris , repréfentant les
Peuples Philiftins. Les Arçades du bas qui conduifent
aux bas côtés font auffi remplies d'un grand
nombre de figures , ainfi que fur la Gallerie d'en
haut. Cette décoration produit un effet admirable
à la vue , fur tout la deftruction totale de ce
fuperbe Edifice . Elle a été compofée fur les deffeins
de M. Le Maire , & peinte par lui .
'Le fuccès étonnant de Samfon , n'a pas peu
contribué à rendre la critique plus fevere qu'elle
ne l'eft ordinairement pour le Théatre Italien .
La juftice qu'on a rendue à beauconp de beaux
Vers qui font répandus dans la Piéce n'a pas empêché
AVRIL. 1730. 805
pêché que les fpectateurs délicats n'ayent fed
mauvais gré à l'Auteur de s'être , pour ainfi dire,
laffé de bien faire dans plufieurs endroits. Tout
le monde a condamné la difparate du bas comique
, & fi la gentilleffe du jeu du St Thomaffin a
fait paffer ce deffaut dans la Repréfentation , la
lecture l'a fait fentir tout entier ; les caracteres
n'ont pas paru également foutenus. Achab , ar'on
dit , n'a prefque point de fentimens d'honneur
, il n'a en vûë que la mort de fon Rival , &
ne veut parvenir à fon but que par des chemins
indignes d'un Chef d'Armée . Phanor n'a rien de
Roi qu'un vain exterieur ; il fait parade de generofité
dans fes paroles ; mais fes actions démentent
fes maximes. Pour Samfon , on convient
qu'il eft tel que l'Ecriture le dépeint , c'eſt - à-dire,
aveuglé par un fol amour ; on peut même dire
que l'Auteur rectifie fon caractere autant que le
refpect qu'on doit avoir pour l'Histoire Sacrée
le peut permettre. Tout le monde a fait un mérite
au fieur Romagnefi d'avoir ennobli le caractere
de Dalila ; mais il ne l'a pu faire fans tomber
dans des inconveniens prefque inévitables . Dalila
a-t'on ajoûté , telle qu'elle eft vertueufe & fidelle
Amante , ne doit pas exiger de Samſon un ſecret
qui doit lui couter & l'honneur & la vie ; elle doit
fe contenter de l'offre qu'il lui fait d'épargner le
fang des Philiftins : en effet peut-elle exiger une
plus grande preuve de fon amour. Samfon ( pourfuivit-
on ) ne doit pas lui feveler fon fecret , furtout
, lui ayant déja voulu donner le change ; fes
premiers menfonges doivent rendre fufpecte à
Dalila la verité qu'il va lui dire ; fa juſte défiance
doit la porter à en faire l'épreuve , & cette épreuve
doit le livrer à la fureur des Philiftins , & entraîner
tous les Hebreux dans fa perte ; on dit à
la décharge de l'Auteur que fon caractere eſt en-
H iij core
306 MERCURE DE FRANCE
core plus defectueux dans l'Hiftoire , mais c'étoit
à l'Auteur à fubftituer le vrai- femblable Théatral
au vrai hiftorique ; on convient que cela éto it
très- embaraffant , mais du moins il n'étoit pas
bien difficile à l'Auteur de rendre fa Dalila vertueufe
jufqu'au bout , & de ne la point faire confentir
à la fatale épreuve ; Armilla auroit pû la
faire à l'infçu de fa Maîtreffe , & même contre fa
défenfe expreffe.
annoncé dans le dernier Mercure .
'Auteur eft très-modefte , quand il ne donne
cette Tragi- Comédie , que comme une fimple
Traduction ; la nouvelle forme fous laquelle il l'a
fait reparoître , mérite bien qu'il s'en dife l'Auteur
; le fieur Riccoboni , qui la mit au Théatre
én 1717. en avoue les deffauts dans fon Avis aux
Lecteurs : voici les termes dont il fe fert. La compofition
Théatrale que je vous prefente aujourd'hui
eft un de ces Monftres dont le Théatrefut
f prodigue en Italie pendant le dernier fiecle.
Cette Piece , telle qu'elle étoit alors , ne laiffa pas
d'avoir un grand fuccès. Le fieur Romagneſi en
a retranché ce qu'il y avoit de monſtrueux. La
Dalila d'autre fois étoit infoutenable au Théatre,
au lieu que celle d'aujourd'hui eft intereffante &
ne tombe dans le malheur que par foibleffe. On
n'a vu de long-temps de fuccès plus frappant que
celui-cy. On n'a pas laiffé cependant de trouver
des deffauts dans la Piéce ; nous ferons part au
Public de ce qui eft venu jufqu'à nous, à la fin de
cet Extrait.
Le Théatre repréfente im Bois, dans l'enfoncement
duquel on découvre le Temple de Dagon.
Dalila ouvre la Scene avec fa Suivante Armillā ; -
elle fait connoître qu'elle s'eft dérobée de la Cour
de Gaza, pour venir implorer le fecours de Dagon,
Idole des Philiftins; elle apprend à Armilla qu'elle
brûle d'un coupable amour pour un Hebreu qu'elle
ne trouva que trop aimable la premiere fois qu'il
parut à fes yeux parmi les Captifs qu'Achab avoit
faits dans fa derniere victoire. Samfon eft . cet
Hebreu dont elle parle ; elle ne laiffe pas de fe
promettre de triompher d'un amour condamné
par une Loi expreffe du Roi des Philiftins. Azael
reproche
AVRIL. 1730. 795
1
1
reproche à Samſon l'indigne repos dans lequel il
languit , au lieu de tourner contre les ennemis de
Dieu ces traits qu'il n'employe que contre des
animaux , dans les vains plaifirs de la Chaffe, Samfon
lui répond qu'il foufcrit aux decrets éternels
qui ont condamné les Hebreux à un pénible ef
clavage , en punition de leurs crimes ; voici comment
il s'exprime :
Du Dieu qui nous punit refpectons la puiffance ;
J'éprouve en l'adorant les traits de fa vengeance,
Et je ne porterois que coups criminels ,
Si je les oppofois aux decrets éternels.
des
L'Auteur ne pouvoit mieux excufer l'inaction
de Samfon . En effet il n'eft déterminé à faire
éclater la force prodigieufe dont le Ciel l'a
doué , que par ces mêmes decrets qu'il refpecte.
Il s'endort fous un Olivier.Pendant fon fommeil
il entend une voix qui chante les Vers fuivans :
La gloire en d'autres lieux t'appelle ,
Samfon , brife ton Arc , abandonne ces bois ;
Que fans tarder le Philiftin rebelle ,
De ton bras triomphant éprouve tout le poids
Que ton coeur à ce bruit de guerre ,
A ces Eclairs , à ce Tonnerre ,
Du Ciel reconnoiffe la voix ;
Et que cet Olivier paifible ,
Difparoiffe à l'afpect terrible ,
De ce Laurier , garant de tes exploits ..
Tout ce qui eft exprimé dans ces Vers arrive
796 MERCURE DE FFRRAANNCE
à mesure qu'on les chante ; les Eclairs brillent , le
Tonnerre gronde & l'Olivier eft changé en Laurier.
Samfon , rempli de l'Efprit de Dieu , jette
fon Carquois comme un indigne ornement ,
il fe prépare à venger les Hebreux , & à les tirer
d'eclavage. Il combat un Lion prêt à dévorer
Dalila , il l'étouffe . Dalila reconnoît l'objet
de fon amour dans celui qui vient de lui fauver
la vie. Samfon ne peut voir tant d'attraits fans
leur rendre les armes. Dalila oppoſe à cet amour
fon devoir & fa Religion ; elle lui fait connoître
qu'elle doit en ce même jour épouſer Achab ,
General des Philiftins ; Samfon fe roidit contre
tous ces obftacles ; Dalila le quitte après lui avoir
fait connoître qu'elle n'eft que trop fenfible à fon
amour. Nous fupprimons ici les Scenes comiques;
elles font trop de diverfion à l'interêt , & ce n'eft
que fur le Théatre Italien que de pareilles difparates
peuvent être excufées ; d'ailleurs la Piece n'a'
pas befoin d'un épiſode fi monftrueux.
Au fecond Acte , le Théatre repréfente le Palais
du Roi des Philiftins . Achab & Dalila com→
mencent cet Acte. Dalila avoue ingenument à
Achab , non-feulement qu'elle ne l'aime point ,'
mais qu'elle aime Samfon ; elle s'excufe par ces
Vers qu'on a trouvés des plus beaux de la Piéce :
Acab , de notre coeur les mouvemens rapides
Naiffent des paffions qui leur fervent de guides ;
Sur nos foibles efprits leur empire abſolu
Malgré tous nos efforts a toûjours prévalu ;
Pour l'un indifferents, pour l'autre pleins de flam
mes ,
Nous ne difpofons point du penchant de nos ames
Sous les traits de l'Amour , lorfque nous flechif-
Lons , Ce
AVRIL. 1730.
797
Ce Dieu nomme l'objet , & nous obéiffons.
On croit que ces Vers feroient encore plus
beaux dans le fiftême Payen. On a trouvé que l'amour
déifié ne convient pas à une Philiftine.
A l'approche de Samfon , Acab redouble fa colere
contre un Rival aimé ; Dalila le fait retirer
par ce Vers , dont on n'a pas bien compris le fens :
Suis mes pas ; vien fçavoir ce que le fort t'aprête.
Emanuel reproche à Samfon fon amour pour
Dalila ; Samfon le raffure par ce ferment :
Oui , je jure , Seigneur , par vos jours précieux
De brifer , de venger nos fers injurieux ,
Et fi je ne remplis toute votre efperance ,
Puiffe pour m'en punir la celefte vengeance -
Me livrer en opprobre aux Philiftins cruets ;
Que traîné par leurs mains au pied de leurs Autels
, ·
Je ferve de jouet à tout ce Peuple impie ,
Et que j'y meure enfin couvert d'ignominie.
Ce ferment n'eft pas tout-à- fait verifié à la fin
de la Piece. Samfon meurt comblé de gloire &
non d'ignominie,
Dans la Scene fuivante qui eft entre Phanor ,
Acab & Dalila , Samfon fe tient au fond du Théatre
fans être apperçû. Le Roi fait d'abord parade
d'un caractere de vertu , qu'il ne foûtient pas dans
la fuite ; il rend ce qu'il doit à la valeur de Samfon
, & dit qu'il l'admire fans la craindre. Samfon
indigné des menaces d'Acab s'approche ; il
défie fon Rival , & brave le Roi même. Le Roi
affectant une espece de juftice , confent que Dalila
798 MERCURE DE FRANCE
lila prononce entre fes deux Amans ; Dalila ne fe
déclare pour aucun des deux ; & n'écoutant que
le zele de la Religion , ôte toute efperance à Samfon
, & dit en fe retirant :
- Je n'épouferai point Samfon. à part , Cruel
devoir !
1
Sur un coeur vertueux connois tout ton pouvoir.
Samfon croyant que Dalila n'a fait jufqu'ici
que le jouer , s'abandonne à toute fa fureur.
Le Théatre repréſente au troifiéme Acte le
Camp des Philiftins . Acab , pour confoler le Roi
du carnage que Samfon feul vient de faire de fes
meilleures Troupes , lui apprend que le Grand-
Prêtre des Hebreux , intimidé par fes menaces
lui a promis de livrer Samfon entre ſes mains
Phanor n'en eft pas plus raffuré.
que
On amene Emanuel , pere de Samfon , priſonnier
; ce genereux Vieillard brave le Roi , & lui
dit fi l'amour de Samfon pour Dalila a long
tems fufpendu fa vengeance , la priſon de fon Pere
le va determiner à la faire éclater. Phanor ordonne
qu'on l'enferme dans une Tour qui paroit
au fond du Théatre.
On vient annoncer à Phanor que Samfon
s'eft laiffé furprendre , & qu'on le lui amene
chargé de fers ; le Roi fort , après avoir rendu
Acab Arbitre du fort de fon Rival . Samfon paroît
chargé de fers; il fait connoître pour quoi il
paroît en cet état par cet à parte.
Pour punir mes Tyrans ma haine a profité
D'un ftratagême heureux qu'eux -mêmes ont inventé
;
Traîtres , qui n'avez pû me vaincre à force oui
yerte ,
Votre
AVRIL. 1730. 799
Votre propre artifice avance votre perte ,
Puifqu'il m'approche enfin de ces lâches Soldats
de mourir déroboit à bras.
Que la peur mon
Acab ordonne à fes Soldats de donner la mort
à Samfon ; l'Hebreu lui dit que c'eft à lui-même
& à tous fes Soldats à trembler ; Acab le menace
d'époufer Dalila en fa préfence même ; ce dernier
outrage pouffe à bout la patience de Samfon ;
il brife fes chaînes , & trouvant par hazard une
mâchoire d'Afne à fes pieds , il les met tous en
fuite avec ce vil inftrument.
Les efforts que Samfon vient de faire lui caufent
une foif qui lui annonce une mort prochai
ne , il reconnoît alors que le bras du Seigneur
s'appefantit fur lui pour le punir de fon amour
pour une Philiftine . Voici comment s'expriment
Les juftes remords,
Mais quel aveuglement fuit ta préfomption
Tu n'as pû furmonter ta folle paffion ,
Et tu veux ignorer , lâche , quels font les crimes
Qui rendent aujourd'hui tes tourmens legitimes!
Souviens- toi que tu viens de combattre en ce lieu
Pour venger ton amour , & non pas pour ton
Dieu,
Malheureux ! tu croyois ne devoir qu'à toi -même
Le fuccès que tu tiens de la bonté fuprême ;
Appuyé de fon bras tu faifois tout trembler ; .
Mais fans lui le plus foible auroit pû t'accabler.
Les Vers fuivans ne font pas moins beaux.
Mon mal redouble ; helas ! mes fens s'évanouifil
tombe ,
Lent ;
Mcs
800 MERCURE DE FRANCE
font obfcurcis & mes genoux flechif
Mes yeux
fent ;
Je vois l'horrible Mort errer autour de moi ;
C'en eft fait ... Dieu puiffant , j'efpere encore en
toi.
Sur les maux de Samfon jette un regard propice
Ta clemence toujours balança ta juftice.
Indigne des honneurs que tu m'as préſentés
Que je partage ici tes immenfes bontés ;
Ah ! fi le repentir fait defcendre ta grace ,
Je ne fçaurois périr , & mon crime s'efface ;
Ce foudre , deftructeur de tant de Philiftins
Produira , fi tu veux , une fource en mes mains ;
C'est toi qui me l'offris contre ce Peuple impie
Il lui donna la mort ; qu'il me rende la vie ,
Semblable à ce Rocher dont Moïfe autrefois
Vit jaillir un torrent fur ton Peuple aux abois.
Ou t'exauce Samfon &c.
il met
II fort une fource d'eau de la mâchoire d'Afne;
..Samfon ayant étanché fa foif, force la Prifon de
fon Pere , & chargé d'une proye fi chere ,
encore fur fes épaules les portes de la Prifon , dont
le poids eft énorme.
Nous fupprimons la premiere Scene du quatriéme
Acte ( où le Théatre repréfente le Palais
du Roi des Philiftins ) à caufe du comique deplacé.
Dans la feconde , le Roi inftruit de la défaite
de fes Troupes n'a point d'autre confident que
Ja fuivante de Dalila , qui lui confeille d'employer
l'artifice , puifque la force ne fert de rien contre
Samfon ; elle lui dit qu'il faut que fa Maîtreffe
Alatte
AVRIL. 1730. 801.
flatte l'efpoir de ce terrible fleau de fes Sujets ,
pour l'engager à lui declarer d'où naît fa prodigieufe
valeur ; Samſòn , continuë -t'elle , a autrefois
brulé pour Tamnatée , il faut faire croire à
Dalila qu'il l'aime encore , afin que fon Amant
ne puiffe calmer fa défiance qu'en lui revelant ce
fatal fecret . Le Roi dont le caractere , comme on
l'a déja remarqué , eft tantôt vicieux , tantôt vertueux
, ne fe détermine qu'avec peine à recourir
à la tromperie qu'avec ce temperament.
Qu'elle perde Samfon ; mais dans cette entre
prife
Que l'amour du devoir , s'il fe peut , la conduiſed
Dalila vient ; le Roi la preffe d'employer pour
le falut de fa Patrie ces mêmes charmes qui ont
triomphé de Samfon. Voici comment il s'exprime.
La force dont Samfon nous accable aujour
d'hui
Confiſte en un ſecret qui n'eſt ſçû que de lui ;
Flattez le d'un hymen , pour percer ce myſtere
Il eft vaincu.
Dalila fe refufe à la perfidie que le Roi exige
d'elle. Acab effrayé vient annoncer au Roi que
tout eft perdu , & le prie de garantir la Tête du
péril qui la menace par une promte fuite. Phanor
ordonne à Dalila de voir Samfon & d'executer
ce qu'il vient de lui propofer pour le bien
de fes Sujets.
Armilla jette adroitement des foupçons jaloux
dans le coeur de Dalila au fujet de Tamnatée , &
lui perfuade qu'elle ne peut mieux s'affurer de la
fidelité de Samfon qu'en exigeant de lui qu'il lui
H dife
802 -MERCURE DE FRANCE
dife d'où peut naître fa force prodigieufe ; Dalila
qui voit alors les confequences d'un tel fecret lui
répond
Et s'il peut reveler ce fecret important
J'en dois aux Philiftins l'avis au même inftant.
Armilla lui fait entendre que rien ne l'oblige`
à donner cet avis , & qu'elle pourra ſe conferver
Samfon , affurée de fa fidelité par cette marque
de confiance .
Samfon arrive ; Armilla fe retire dans le deffein
d'écouter fans être apperçue .
La Scene entre Samfon & Dalila a paru fort
belle , quoique fufceptible de beaucoup de critique.
Samfon fans appercevoir Dalila dont il fe
croit trahi en faveur d'Acab , jure de perdre fon
Rival & le Roi même. Dalila rompant le filence
lui offre fon coeur à percer ; elle fe juftifie de l'infidelité
qu'il lui reproche , & l'ayant amené au
point qu'elle s'eft propofé , elle lui demande le
fatal fecret ; Samfon lui fait entendre qu'il ne
peut lui accorder ce qu'elle lui demande. Voici
les propres paroles :
Princeffe , épargnez-vous un inutile effort ;
Si ce fatal fecret n'entraînoit que ma mort ....
Mais , Madame , à lui feul ma gloire eft attachée
D'une honte éternelle elle feroit tachée ;
A tout autre péril je m'offre fans regret ;
Je vous accorde tout ; laiffez moi mon fecret.
Dalila fe retire , indignée du refus de Samfon,
& lui défend de la yoir jamais ; Samfon la fuit
fans fçavoir ce qu'il doit faire.
Armilla , dans la premiere Scene du cinquiéme
Acto
I
AVRIL. 1730. 803
Acte raconte au Roi tout ce qui s'eft paffé dans
l'Appartement de Dalila ; elle lui dit que s'étant
cachée de maniere à pouvoir tout voir & tour
entendre fans être apperçue , elle a vû Samſon ſe
jetter aux pieds de Dalila , que cette Princeffe
s'obftinant à vouloir apprendre fon fecret , il l'a
voit long- tems trompée par de fauffes confidences
, qu'enfin pour calmer fa colere , il lui avoit
avoué que fa force confiftoit dans fes cheveux ;
elle ajoûte qu'à peine Samfon avoit - il fait ce fatal,
aveu qu'il s'étoit plongé dans un profond fommeil
, qu'elle s'étoit approchée alors , & qu'elle
avoit dit à Dalila que fans doute Samſon la trompoit
& que fa Rivale fe vantoit hautement d'être
la feule dépofitaire de fon fecret , que Dalila pour
le convaincre de menfonge avoit confenti à faire
l'épreuve de fa fincerité ou de fa tromperie , en
lui faifant couper les cheveux , ce qui avoit d'abord
été executé par Armilla. Le Roi promet à
cette perfide fuivante des récompenfes dignes du
fervice qu'elle vient de rendre à fa Patrie.
Le Théatre repréfente l'Appartement de Dalila.
Dalila allarmée du long fommeil de Samfon ,
commence à craindre qu'il n'ait été que trop fincere
, & voyant le Roi fuivi d'une Troupe de
Soldats pour ſe ſaiſir de ſon Amant , elle l'éveille ;
Samfon voulant fe défendre tombe de foibleffe ;
il reproche à Dalila fa perfidie , & avoue qu'il
ne l'a que trop meritée. Phanor ordonne qu'on
lui aille crever les yeux. Dalila fe plonge un poignard
dans le fein. Nous fupprimons encore ici
une Scene comique qui a été trouvée déplacéedans
un fujet fi refpectable.
il
Le Théatre repréfente le Temple de Dagon
où le Roi & toute fa Cour font affemblés. Samfon
privé de la lumiere reconnoit fon crime ,
Lent un repentir fincere , & prie le Seigneur de lui´
rendre
H
804 MERCURE DE FRANCE
rendre fa premiere force afin qu'il puiffe employer
fes derniers momens à delivrer les Hebreux
de l'esclavage & à perdre fes ennemis en
periffant avec eux . Voici une partie de l'ardente
priere qu'il adreffe au Seigneur :
:
Rends leur premiere force à mes bras défarmés
;
Que ma mort foit utile aux Hebreux opprimés
Anime de mes mains les fecouffes rapides ,
Que je puiffe ébranler ces colomnes folides ,
Et que tes ennemis trouvent leurs monumens
Sous ces murs écroulés jufques aux fondemens .
Sanfon eft exaucé : il fecoue les colomnes , &
il est écrafé lui- même avec tous les Philiftins
fous les ruines du Temple de Dagon , ce qui fait
un fpectacle auffi terrible qu'admirable. Ce Temple
, pour le dire en paffant , eft un riche morceau
d'Architecture en rotonde , d'Ordre compofite
, à colomnes torfes de marbre , dont les
Chapiteaux , Bazes & autres ornemens font en
or. Sur le premier Ordre eft une Gallerie remplie
de plufieurs figures de coloris , repréfentant les
Peuples Philiftins. Les Arçades du bas qui conduifent
aux bas côtés font auffi remplies d'un grand
nombre de figures , ainfi que fur la Gallerie d'en
haut. Cette décoration produit un effet admirable
à la vue , fur tout la deftruction totale de ce
fuperbe Edifice . Elle a été compofée fur les deffeins
de M. Le Maire , & peinte par lui .
'Le fuccès étonnant de Samfon , n'a pas peu
contribué à rendre la critique plus fevere qu'elle
ne l'eft ordinairement pour le Théatre Italien .
La juftice qu'on a rendue à beauconp de beaux
Vers qui font répandus dans la Piéce n'a pas empêché
AVRIL. 1730. 805
pêché que les fpectateurs délicats n'ayent fed
mauvais gré à l'Auteur de s'être , pour ainfi dire,
laffé de bien faire dans plufieurs endroits. Tout
le monde a condamné la difparate du bas comique
, & fi la gentilleffe du jeu du St Thomaffin a
fait paffer ce deffaut dans la Repréfentation , la
lecture l'a fait fentir tout entier ; les caracteres
n'ont pas paru également foutenus. Achab , ar'on
dit , n'a prefque point de fentimens d'honneur
, il n'a en vûë que la mort de fon Rival , &
ne veut parvenir à fon but que par des chemins
indignes d'un Chef d'Armée . Phanor n'a rien de
Roi qu'un vain exterieur ; il fait parade de generofité
dans fes paroles ; mais fes actions démentent
fes maximes. Pour Samfon , on convient
qu'il eft tel que l'Ecriture le dépeint , c'eſt - à-dire,
aveuglé par un fol amour ; on peut même dire
que l'Auteur rectifie fon caractere autant que le
refpect qu'on doit avoir pour l'Histoire Sacrée
le peut permettre. Tout le monde a fait un mérite
au fieur Romagnefi d'avoir ennobli le caractere
de Dalila ; mais il ne l'a pu faire fans tomber
dans des inconveniens prefque inévitables . Dalila
a-t'on ajoûté , telle qu'elle eft vertueufe & fidelle
Amante , ne doit pas exiger de Samſon un ſecret
qui doit lui couter & l'honneur & la vie ; elle doit
fe contenter de l'offre qu'il lui fait d'épargner le
fang des Philiftins : en effet peut-elle exiger une
plus grande preuve de fon amour. Samfon ( pourfuivit-
on ) ne doit pas lui feveler fon fecret , furtout
, lui ayant déja voulu donner le change ; fes
premiers menfonges doivent rendre fufpecte à
Dalila la verité qu'il va lui dire ; fa juſte défiance
doit la porter à en faire l'épreuve , & cette épreuve
doit le livrer à la fureur des Philiftins , & entraîner
tous les Hebreux dans fa perte ; on dit à
la décharge de l'Auteur que fon caractere eſt en-
H iij core
306 MERCURE DE FRANCE
core plus defectueux dans l'Hiftoire , mais c'étoit
à l'Auteur à fubftituer le vrai- femblable Théatral
au vrai hiftorique ; on convient que cela éto it
très- embaraffant , mais du moins il n'étoit pas
bien difficile à l'Auteur de rendre fa Dalila vertueufe
jufqu'au bout , & de ne la point faire confentir
à la fatale épreuve ; Armilla auroit pû la
faire à l'infçu de fa Maîtreffe , & même contre fa
défenfe expreffe.
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Résumé : EXTRAIT du nouveau Samson, annoncé dans le dernier Mercure.
Le texte présente la tragédie 'Dalila', initialement jouée en 1717 et révisée par le sieur Riccoboni. La pièce, malgré ses défauts, a connu un grand succès. Elle raconte l'histoire de Dalila, une Philistine amoureuse de Samson, un Hébreu. Dalila doit épouser Achab, le général des Philistins, mais elle est déchirée entre son devoir et son amour pour Samson. Ce dernier, initialement passif, est poussé à l'action par une vision divine et combat les Philistins. Dalila finit par trahir Samson en révélant son secret de force. Samson meurt en héros après une série de combats et de révélations. Une scène spécifique de la pièce 'Samson', jouée en avril 1730, est également décrite. Dans la première scène du cinquième acte, Armilla informe le roi de ce qu'elle a observé dans l'appartement de Dalila. Elle révèle que Samson a avoué à Dalila que sa force résidait dans ses cheveux. Dalila, aidée par Armilla, fait couper les cheveux de Samson pendant qu'il dort, le privant ainsi de sa force. Le roi récompense Armilla pour sa trahison. Dans la scène suivante, Dalila découvre que les soldats du roi sont venus arrêter Samson. Samson, réveillé, reproche à Dalila sa perfidie avant d'être aveuglé. Dalila se suicide. Dans le temple de Dagon, Samson prie pour retrouver sa force afin de délivrer les Hébreux. Sa prière est exaucée, et il détruit le temple en se sacrifiant, tuant ainsi les Philistins. La critique de la pièce souligne des incohérences dans les personnages et l'inclusion de scènes comiques inappropriées. Les spectateurs ont apprécié certains vers mais ont critiqué la disparité des styles et la faiblesse de certains caractères. Dalila est jugée vertueuse, mais son insistance à connaître le secret de Samson est critiquée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4670
p. 1623
QUESTION.
Début :
La Femme peut-elle aller de pair avec l'Homme, tant par la force, que pour la solidité [...]
Mots clefs :
Femme, Homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION.
QUESTION.
La Femme peut-elle aller de pair avec l'Homme
, tant pour la force , que pour la solidité
d'esprit , aussi bien que pour les qualitez d'a
€oeur .
La Femme peut-elle aller de pair avec l'Homme
, tant pour la force , que pour la solidité
d'esprit , aussi bien que pour les qualitez d'a
€oeur .
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4671
p. *1007-1007
« Le même jour l'Académie Royale de Musique remit au Théatre l'Opera d'Alcione, qui n'avoit [...] »
Début :
Le même jour l'Académie Royale de Musique remit au Théatre l'Opera d'Alcione, qui n'avoit [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le même jour l'Académie Royale de Musique remit au Théatre l'Opera d'Alcione, qui n'avoit [...] »
Le même jour l'Académie Royale de Mufique
remit au Théatre l'Opera d'Alcione , qui n'avoit
pas été joué depuis qu'il fut repris au mois d'Avril
1719. Il avoit été joué dans fa nouveauté
en Février 1706 .
Le 16. on donna par extraordinaire , une Reprefentation
de Théfée , pour les Acteurs , comme
cela fe pratique tous les ans à l'ouverture du
Théatre. Cette Piece fut fuivie d'un Pas de Trois,
danfé par la Dlle Camargo , & par les fieurs Blondi
& du Moulin.
remit au Théatre l'Opera d'Alcione , qui n'avoit
pas été joué depuis qu'il fut repris au mois d'Avril
1719. Il avoit été joué dans fa nouveauté
en Février 1706 .
Le 16. on donna par extraordinaire , une Reprefentation
de Théfée , pour les Acteurs , comme
cela fe pratique tous les ans à l'ouverture du
Théatre. Cette Piece fut fuivie d'un Pas de Trois,
danfé par la Dlle Camargo , & par les fieurs Blondi
& du Moulin.
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4672
p. 160
« L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant [...] »
Début :
L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant [...] »
L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant
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4673
p. 2277
« En conséquence, la Procession fut faite le 11 du même mois, avec beaucoup de pompe [...] »
Début :
En conséquence, la Procession fut faite le 11 du même mois, avec beaucoup de pompe [...]
Mots clefs :
Procession, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « En conséquence, la Procession fut faite le 11 du même mois, avec beaucoup de pompe [...] »
En conféquence, la Proceffion fut faite le
11 du même nois , avec beaucoup de pompe
& en plus grand concours qu'à l'ordinaire.
Elle partit des Mathurins pour ſe rendre
à l'Egliſe du Collége Mazarin. On y chanta
unegrande Meffe,& le TeDeum en Muſique.
11 du même nois , avec beaucoup de pompe
& en plus grand concours qu'à l'ordinaire.
Elle partit des Mathurins pour ſe rendre
à l'Egliſe du Collége Mazarin. On y chanta
unegrande Meffe,& le TeDeum en Muſique.
Fermer
4675
p. 100
« J'avois proscrit les Bouts rimez, on m'en redemande, [...] »
Début :
J'avois proscrit les Bouts rimez, on m'en redemande, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'avois proscrit les Bouts rimez, on m'en redemande, [...] »
J'avois proscrit les Bouts
rimez,on m'en redemande,
on en serabien-tôt
las,je les retrancherai,on
veut de tout,onse lassede
tout, celaest naturel, mais
j'avertis que je ne placerai
que les Vers .qui feront
bons, indépendamment
de la contrainte des Bouts
rimez, car nous sommes
dans un Siecle, où la difficulté
d'un Ouvrage n'en
fait point excuser la médiocrité.
rimez,on m'en redemande,
on en serabien-tôt
las,je les retrancherai,on
veut de tout,onse lassede
tout, celaest naturel, mais
j'avertis que je ne placerai
que les Vers .qui feront
bons, indépendamment
de la contrainte des Bouts
rimez, car nous sommes
dans un Siecle, où la difficulté
d'un Ouvrage n'en
fait point excuser la médiocrité.
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4676
p. 987-988
« L'Abbé Pithon-Curt travaille à un Nobiliaire, ou Histoire Généalogique des Maisons et Familles [...] »
Début :
L'Abbé Pithon-Curt travaille à un Nobiliaire, ou Histoire Généalogique des Maisons et Familles [...]
Mots clefs :
Famille, Histoire généalogique, Mémoire, Maisons, Pithon-Curt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Abbé Pithon-Curt travaille à un Nobiliaire, ou Histoire Généalogique des Maisons et Familles [...] »
L'Abbé Pithon- Curt travaille à un Nobiliaire ;
ou Histoire Généalogique des Maisons et Familles
nobles du Comté-Vena'ssin , de la Ville
d'Avignon , et de la Principauté d'Orange. Cet
Ouvrage qui est très - avancé , sera imprimé en
deux volumes , grands in 4. On trouvera par
lettre alphabétique une Planche ou Carte pour
chaque Famille , dans laquelle on verra tous les
degrez de filiation , les Branches , les Alliances ,
et tous les Ecussons en Taille- douce , que les
Curieux pourront faire enluminer.
On trouvera ensuite les preuves de la Famille
dont on aura vû la Table Généalogique réduites
en un Corps d'histoire , où il sera parlé des
Dignitez , Charges et Emplois qu'on aura possedés
, soit dans l'Epée , soit dans la Robe ou
dans l'Eglise
Il faut fournir au même Abbé Pithon - Curt
10, un Mémoire bien détaillé et bien circonstancié
de chaque Famille. 20. Les Contrats de Mariage
, Testamens , Brevets , Bulles , Brefs , et generalement
tout ce qui peut servir de preuve aux
Mémoires qu'on lui fournira . Le tout en Extraits
collationnez sur les Originaux par un ou
plusieurs Notaires , et légalises par un Magis-`
trat authentique , ou par le Juge superieur du
Ressort. 30. Les Armoiries des Alliances qu'on
988 MERCURE DE FRANCE
a contractées , exactement blazonnées . On n'oubliera
pas non plus de parler des Filles qui ont
été mariées , et de celles qui sont entrées en Religion.
Les Maisons qui ont donné des preuves pour
Malte , peuvent en envoyer les Duplicata avec
un Mémoire instructif , et qui suplée à ce que
le Duplicata ne contiendra pas.
Il n'en coutera rien à personne que la peine
d'envoyer les Titres , et de les affranchir à la
Poste . La Noblesse est priée de se hâter , parce
que l'Ouvrage est avancé , et que PAuteur souhaite
avec empressement de le publier . Son
adresse est à Paris , chez le sieur Bonvalet , Marchand
Epicier , ruë du Bacq.
ou Histoire Généalogique des Maisons et Familles
nobles du Comté-Vena'ssin , de la Ville
d'Avignon , et de la Principauté d'Orange. Cet
Ouvrage qui est très - avancé , sera imprimé en
deux volumes , grands in 4. On trouvera par
lettre alphabétique une Planche ou Carte pour
chaque Famille , dans laquelle on verra tous les
degrez de filiation , les Branches , les Alliances ,
et tous les Ecussons en Taille- douce , que les
Curieux pourront faire enluminer.
On trouvera ensuite les preuves de la Famille
dont on aura vû la Table Généalogique réduites
en un Corps d'histoire , où il sera parlé des
Dignitez , Charges et Emplois qu'on aura possedés
, soit dans l'Epée , soit dans la Robe ou
dans l'Eglise
Il faut fournir au même Abbé Pithon - Curt
10, un Mémoire bien détaillé et bien circonstancié
de chaque Famille. 20. Les Contrats de Mariage
, Testamens , Brevets , Bulles , Brefs , et generalement
tout ce qui peut servir de preuve aux
Mémoires qu'on lui fournira . Le tout en Extraits
collationnez sur les Originaux par un ou
plusieurs Notaires , et légalises par un Magis-`
trat authentique , ou par le Juge superieur du
Ressort. 30. Les Armoiries des Alliances qu'on
988 MERCURE DE FRANCE
a contractées , exactement blazonnées . On n'oubliera
pas non plus de parler des Filles qui ont
été mariées , et de celles qui sont entrées en Religion.
Les Maisons qui ont donné des preuves pour
Malte , peuvent en envoyer les Duplicata avec
un Mémoire instructif , et qui suplée à ce que
le Duplicata ne contiendra pas.
Il n'en coutera rien à personne que la peine
d'envoyer les Titres , et de les affranchir à la
Poste . La Noblesse est priée de se hâter , parce
que l'Ouvrage est avancé , et que PAuteur souhaite
avec empressement de le publier . Son
adresse est à Paris , chez le sieur Bonvalet , Marchand
Epicier , ruë du Bacq.
Fermer
Résumé : « L'Abbé Pithon-Curt travaille à un Nobiliaire, ou Histoire Généalogique des Maisons et Familles [...] »
L'Abbé Pithon-Curt rédige un ouvrage en deux volumes intitulé 'Nobiliaire; ou Histoire Généalogique des Maisons et Familles nobles du Comté-Venaissin, de la Ville d'Avignon, et de la Principauté d'Orange'. Cet ouvrage présentera, par ordre alphabétique, une planche ou carte généalogique pour chaque famille, incluant les degrés de filiation, les branches, les alliances et les écussons en taille-douce. Les preuves de chaque famille seront compilées en un corps d'histoire, détaillant les dignités, charges et emplois occupés dans l'épée, la robe ou l'Église. Pour compléter cet ouvrage, l'Abbé Pithon-Curt demande aux familles nobles de fournir un mémoire détaillé, les contrats de mariage, testaments, brevets, bulles, brefs et autres documents probants, tous extraits et collationnés sur les originaux par des notaires et légalisés par un magistrat ou un juge supérieur. Les armoiries des alliances doivent être exactement blasonnées, et les informations sur les filles mariées ou entrées en religion doivent également être incluses. Les familles ayant des preuves pour Malte sont invitées à envoyer les duplicatas avec un mémoire instructif. L'Abbé Pithon-Curt encourage la noblesse à envoyer rapidement les titres nécessaires, sans frais autres que ceux de l'envoi et de l'affranchissement. Son adresse pour recevoir ces documents est chez le sieur Bonvalet, marchand épicier, rue du Bacq à Paris.
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4677
p. 563-564
VERS de M. de Boissy, à la Dlle Sallé, en lui envoyant sa Piece.
Début :
La Bagatelle au jour vient de paroître, [...]
Mots clefs :
Bagatelle
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texteReconnaissance textuelle : VERS de M. de Boissy, à la Dlle Sallé, en lui envoyant sa Piece.
VERS de M. de Boissy , à la Dlle Sallė ,
en lui envoyant sa Piece .
LA Bagatelle au jour vient de paroître,
Et son Auteur ose te l'envoyer.
G vj Vers
364 MERCURE DE FRANCE
Vertueuse Sallé , par le titre peut- être ,
Que l'Ouvrage va t'effrayer !
Rassure-toi , l'enjoûment l'a fait naître ,
Mais j'y respecte la vertu.
Je t'y rends sous son nom l'hommage qui t'es dû.
Pâris avec plaisir a sçû t'y reconnoître ;
Je n'eus jamais que le vrai seul pour Maître;
J'y fais ton Portrait d'après lui ;
J'en demande un Prix aujourd'hui :
C'est le bonheur de te connoître.
en lui envoyant sa Piece .
LA Bagatelle au jour vient de paroître,
Et son Auteur ose te l'envoyer.
G vj Vers
364 MERCURE DE FRANCE
Vertueuse Sallé , par le titre peut- être ,
Que l'Ouvrage va t'effrayer !
Rassure-toi , l'enjoûment l'a fait naître ,
Mais j'y respecte la vertu.
Je t'y rends sous son nom l'hommage qui t'es dû.
Pâris avec plaisir a sçû t'y reconnoître ;
Je n'eus jamais que le vrai seul pour Maître;
J'y fais ton Portrait d'après lui ;
J'en demande un Prix aujourd'hui :
C'est le bonheur de te connoître.
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Résumé : VERS de M. de Boissy, à la Dlle Sallé, en lui envoyant sa Piece.
M. de Boissy adresse un poème et son œuvre 'La Bagatelle' à Mademoiselle Sallé. Il assure la vertu de son contenu, inspiré par l'enjouement tout en respectant la vertu. Il la nomme Pâris dans son œuvre, affirmant suivre la vérité pour la décrire. Il souhaite que son prix soit la connaissance et le bonheur de connaître Mademoiselle Sallé.
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4678
p. 157-158
M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Début :
Les Affaires de Bearn, & particulierement les diférens survenus en [...]
Mots clefs :
Béarn, Catholiques, Protestants, Tensions, Intendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Les Affaires de Bearn , &
particulierement les diférens
furvenus en ce Païs là , entre
les Catholiques & les Proteftans
, ayant obligé le Roy
à choifir quelqu'un pour les
regler ; Sa Majefté a jetté les
yeux fur M ' du Bois - de- Baillet
, Maiſtre des Requeſtes,
qu'elle y envoye en qualité
d'Intendant . Il n'y en a point
encor eu dans cette Province
; & comme un pareil em158
MERCURE
ploy demande un Homme
qui ait autant de prudence
que d'habileté , on peut juger
par ce choix dans quelle
eftime eft ce nouvel Intendant.
Il eft Fils de M' du Bois
du Menillet, Conſeiller en
la Grand' Chambre , & a efté
Avocat General à la Cour des
Aydes de Paris.
particulierement les diférens
furvenus en ce Païs là , entre
les Catholiques & les Proteftans
, ayant obligé le Roy
à choifir quelqu'un pour les
regler ; Sa Majefté a jetté les
yeux fur M ' du Bois - de- Baillet
, Maiſtre des Requeſtes,
qu'elle y envoye en qualité
d'Intendant . Il n'y en a point
encor eu dans cette Province
; & comme un pareil em158
MERCURE
ploy demande un Homme
qui ait autant de prudence
que d'habileté , on peut juger
par ce choix dans quelle
eftime eft ce nouvel Intendant.
Il eft Fils de M' du Bois
du Menillet, Conſeiller en
la Grand' Chambre , & a efté
Avocat General à la Cour des
Aydes de Paris.
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Résumé : M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Le roi a nommé Monsieur du Bois-de-Baillet, Maître des Requêtes, comme premier intendant de la province de Béarn pour régler les conflits entre catholiques et protestants. Ce choix souligne sa prudence et son habileté. Il est le fils de Monsieur du Bois-du-Menillet, Conseiller à la Grand' Chambre, et a été Avocat Général à la Cour des Aides de Paris.
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4679
p. 1623-1624
« Le 2 Mai l'Académie des Sciences élut Mrs Fontaine et Sauveur, pour remplir, au choix du Roi, [...] »
Début :
Le 2 Mai l'Académie des Sciences élut Mrs Fontaine et Sauveur, pour remplir, au choix du Roi, [...]
Mots clefs :
Alexis Fontaine des Bertins, Académie des sciences, Christian Wolff
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2 Mai l'Académie des Sciences élut Mrs Fontaine et Sauveur, pour remplir, au choix du Roi, [...] »
Le 2 Mai l'Académie des Sciences élut Mrs
Fontaine et Sauveur , pour remplir, au choix du
Roi , la place d'Adjoint - Méchanicien , vacante
depuis quelque-tems.
Le 13 du même mois , M. le Comte de Maurepas
écrivit à la Compagnie que le Roi avoit
choisi M. Fontame. Le 20 Juin , cette Académie
élut Mrs Wolfius , Professeur de Mathematique
à Leipsic , et Herman , Professeur aussi de Mathematique
à Petersbourg , pour remplir , au
choix du Roi , la place d'Associé Etranger , vacante
par la mort de Mylord Comte du Pembrac.
Le 27. M. le Comte de Maurepas fit part à la
Com1624
MERCURE DE FRANCE
Compagnie que le Roi avoit choisi M. Wolfius.
Fontaine et Sauveur , pour remplir, au choix du
Roi , la place d'Adjoint - Méchanicien , vacante
depuis quelque-tems.
Le 13 du même mois , M. le Comte de Maurepas
écrivit à la Compagnie que le Roi avoit
choisi M. Fontame. Le 20 Juin , cette Académie
élut Mrs Wolfius , Professeur de Mathematique
à Leipsic , et Herman , Professeur aussi de Mathematique
à Petersbourg , pour remplir , au
choix du Roi , la place d'Associé Etranger , vacante
par la mort de Mylord Comte du Pembrac.
Le 27. M. le Comte de Maurepas fit part à la
Com1624
MERCURE DE FRANCE
Compagnie que le Roi avoit choisi M. Wolfius.
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Résumé : « Le 2 Mai l'Académie des Sciences élut Mrs Fontaine et Sauveur, pour remplir, au choix du Roi, [...] »
Le 2 mai, l'Académie des Sciences élut les messieurs Fontaine et Sauveur pour le poste d'Adjoint-Mécanicien. Le 13 mai, le roi choisit M. Fontaine. Le 20 juin, l'Académie élut les messieurs Wolfius et Herman pour le poste d'Associé Étranger. Le 27 juin, le roi choisit M. Wolfius.
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4680
p. 147-148
Nouvelles distributions d'appartemens donnez par le Roy au Château de Versailles. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a fait depuis peu une nouvelle distribution des appartemens du Château [...]
Mots clefs :
Appartements, Château de Versailles, Duc d'Orléans, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles distributions d'appartemens donnez par le Roy au Château de Versailles. [titre d'après la table]
Le Roy a fait depuis peu une nouvelle
distribution des appartemens du Château
de Versailles , sçavoir , celui de Mon
sieur le Duc d'Orleans a été donné à
M. le Duc de Bourbon , qui n'a point
pris la Surintendance , comme le bruit
en a voit couru. Celui de M. de Clermont
, Capitaine des Suisses de S. A. R.
au Comte de Bussy. Celui du Maíquiá
dela Farre,au Maréchal Duxelles. Ce
lui du Marquis de Simiane , au Duc de
Sully. Celui de M. Coche à M. Chirac*
Premier Medecin de Monsieur le Duc
d'Orleans. Celui du Comte de Noce atr
Marquis de Nangis. Celui du Marquis
d'Etampes au Chevalier de Beringhen /
Premier Ecuyer. Celui de M. & de
Slad2 de Segur au Marquis de Nefles.
Celui de M. des Essars au Duc Dau*
mont. Celui de M. de Cours au Duc de
la Feiiillade. Celui de Madll« de Villeíáránche
au Marquis de Beauveau. Celui
du Comte de Bellifle au Duc de la Val>
liere. Celui de M. le Duc au Prince de
Dombes , & au Comte d'Eu. Celui du
Comte de Sabran au Marquis d'Alegre.
Celui de M. 'Chirac au Vicomte de Ta>.
.yànnes. Celui de M. Bontemps à M.
q vj Pelava
148 MERCURE OE FRANCE.
Desavaret. Celui de M. des Marets à.
M. Bontemps ,. & celui du Duc de Tres
mes au Duc de la Roche.Guyon.
distribution des appartemens du Château
de Versailles , sçavoir , celui de Mon
sieur le Duc d'Orleans a été donné à
M. le Duc de Bourbon , qui n'a point
pris la Surintendance , comme le bruit
en a voit couru. Celui de M. de Clermont
, Capitaine des Suisses de S. A. R.
au Comte de Bussy. Celui du Maíquiá
dela Farre,au Maréchal Duxelles. Ce
lui du Marquis de Simiane , au Duc de
Sully. Celui de M. Coche à M. Chirac*
Premier Medecin de Monsieur le Duc
d'Orleans. Celui du Comte de Noce atr
Marquis de Nangis. Celui du Marquis
d'Etampes au Chevalier de Beringhen /
Premier Ecuyer. Celui de M. & de
Slad2 de Segur au Marquis de Nefles.
Celui de M. des Essars au Duc Dau*
mont. Celui de M. de Cours au Duc de
la Feiiillade. Celui de Madll« de Villeíáránche
au Marquis de Beauveau. Celui
du Comte de Bellifle au Duc de la Val>
liere. Celui de M. le Duc au Prince de
Dombes , & au Comte d'Eu. Celui du
Comte de Sabran au Marquis d'Alegre.
Celui de M. 'Chirac au Vicomte de Ta>.
.yànnes. Celui de M. Bontemps à M.
q vj Pelava
148 MERCURE OE FRANCE.
Desavaret. Celui de M. des Marets à.
M. Bontemps ,. & celui du Duc de Tres
mes au Duc de la Roche.Guyon.
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Résumé : Nouvelles distributions d'appartemens donnez par le Roy au Château de Versailles. [titre d'après la table]
Le roi a récemment réorganisé les appartements au château de Versailles. Le duc d'Orléans a cédé son appartement au duc de Bourbon, qui n'a pas pris la charge de surintendant malgré les rumeurs. Plusieurs autres changements ont été effectués : le comte de Bussy a remplacé M. de Clermont comme capitaine des Suisses ; le maréchal d'Uxelles a pris l'appartement du marquis de La Fare ; le duc de Sully a succédé au marquis de Simiane. M. Chirac, médecin du duc d'Orléans, a pris l'appartement de M. Coche. D'autres transferts notables incluent : le marquis de Nangis a remplacé le comte de Noce ; le chevalier de Beringhen, premier écuyer, a pris l'appartement du marquis d'Etampes ; le marquis de Nèfles a succédé à M. de Slad2 de Segur ; le duc d'Aumont a remplacé M. des Essars ; le duc de la Feuillade a pris l'appartement de M. de Cours ; le marquis de Beauveau a succédé à Mademoiselle de Villars ; le duc de la Vallière a remplacé le comte de Bellifle ; le prince de Dombes et le comte d'Eu ont pris l'appartement de M. le Duc ; le marquis d'Alègre a succédé au comte de Sabran ; le vicomte de Tallyrand a remplacé M. Chirac ; M. Bontemps a pris l'appartement de M. des Marets ; enfin, le duc de la Roche-Guyon a remplacé le duc de Tresmes.
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4681
p. 83-84
ENIGME.
Début :
Ma froideur est sans borne avec mes ennemis, [...]
Mots clefs :
Pipe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
MAfroideur est sans borne
avec mes ennemis,
J'ay de l'ardeurpour mes ttmis,
C'estpoureuxseulsqueje respire,
Je les entretienssansrien dire,
Jesoulage leurs maux,je calme
leurs ennuis,
Je m'estonne qu'estant aussipeu
que je fuis,
J'occupe tant de bonnes testes
;
Telquifit degrandes cenquestes
Dmsiefprit qui m'anime a
puisésonconseils
Tels'endort avec moy la cervelle
troubliée
Quon trouve sage à son reveil,
Et tel dans certaineassemblée,
Sur table me voyant doublée
Ëp-j quadruplée,
Pour me mieux deviner me
touchant de la main,
Reve à moy jusqu'au lendemain.
MAfroideur est sans borne
avec mes ennemis,
J'ay de l'ardeurpour mes ttmis,
C'estpoureuxseulsqueje respire,
Je les entretienssansrien dire,
Jesoulage leurs maux,je calme
leurs ennuis,
Je m'estonne qu'estant aussipeu
que je fuis,
J'occupe tant de bonnes testes
;
Telquifit degrandes cenquestes
Dmsiefprit qui m'anime a
puisésonconseils
Tels'endort avec moy la cervelle
troubliée
Quon trouve sage à son reveil,
Et tel dans certaineassemblée,
Sur table me voyant doublée
Ëp-j quadruplée,
Pour me mieux deviner me
touchant de la main,
Reve à moy jusqu'au lendemain.
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4682
p. 162-163
« Les diversions, si je ne me trompe, fatiguent le Lecteur ; [...] »
Début :
Les diversions, si je ne me trompe, fatiguent le Lecteur ; [...]
Mots clefs :
Diversions, Lecteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les diversions, si je ne me trompe, fatiguent le Lecteur ; [...] »
Les diver sions, si je ne me
trompe ,
fatiguent le Lecteur ;
& jecroy qu'il est plus content
de lire de suite toutce
qu'on a à luy donner à peu
prés demêmeespece , que de
voir un amas de saillies interrompuës,
qui le jettent dans
la necessite de recourir à tout
moment à la table pour y trouverce
qu'il cherche d'amusant
dans un Livre. Cela supposé
je vais sans varier davantage
mes matières luy faire un
ch apitresuividu restedes char
stees gtaclaentes que j'ay à luy con- ter ce mmoiosicscy y.Acommen- Acommencer
par le Portrait d'une Dame
de grande qualité
,
c'est un
original de la main d'un bon
(1 m.mc.
trompe ,
fatiguent le Lecteur ;
& jecroy qu'il est plus content
de lire de suite toutce
qu'on a à luy donner à peu
prés demêmeespece , que de
voir un amas de saillies interrompuës,
qui le jettent dans
la necessite de recourir à tout
moment à la table pour y trouverce
qu'il cherche d'amusant
dans un Livre. Cela supposé
je vais sans varier davantage
mes matières luy faire un
ch apitresuividu restedes char
stees gtaclaentes que j'ay à luy con- ter ce mmoiosicscy y.Acommen- Acommencer
par le Portrait d'une Dame
de grande qualité
,
c'est un
original de la main d'un bon
(1 m.mc.
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4683
p. 2277-2278
LETTRE de M. Lépicié, Sécrétaire de l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture, à M. le C. D. L. R.
Début :
JE réponds avec bien du plaisir, Monsieur, à l'invitation que vous m'avez fait [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Te Deum, Contrôleur général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Lépicié, Sécrétaire de l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture, à M. le C. D. L. R.
LETTRE de M. Lépicié , Sécrétaire de
l'Académie Royale de Peinture de Scalpture
, à M. le C. D. L. R.
J
E réponds avec bien du plaiſir , Monfieur,
à l'invitation que vous m'avez fait
faire , de vous communiquer ce qui s'eſt
paífé au ſujet du Te Deum que l'Académie
Royale de Peinture & de Sculpture a fait
chanter pour le rétabliſſement de la ſanté
duRoi.
Afin de m'en acquitter avec ordre , je
crois qu'il convient de vous expoſer la Délibération
de la Compagnie, qui eſt conçûë
en ces termes ; elle eſt du Samedi 29 Août
dernier.
> Plus la maladie de Sa Majefté a causéde
> conſternation à la France , plus l'heureuſe
>>guérifon
#278 MERCURE DE FRANCE.
>> guériſon de ce Prince a répandu de joye
> dans le coeur de ſes Sujets . Cet événement
>> miraculeux , où Dieu a parû écouter ſi fa-
> vorablement nos prieres , en rappellant à
la vie le plus grand & le meilleur de tous
>> les Rois , mérite que nous lui en rendions
>>d'éternelles graces , & c'eſt pour remplir
>> une obligation ſi juſte , que l'Académie a
> réſolu unanimement de faire chanter un
►Te Deum dans l'Egliſe de S. Louis du Lou-
> vre , où M. le Contrôleur Général , Pro-
> tecteur , ſera invité de ſe trouver .
M. le Contrôleur Général étant parti dans
ce tems- là pour Metz , la Compagnie , qui
comptoit ſur un prompt retour , jugea à
propos de différer le Te Deum, mais les affaires
retenant ce Miniſtre à la Cour , l'Académie
, qui craignit que ce retardement ne
parût une négligence , prit la réſolution de
le faire chanter le Jeudi 17 Septembre.
L'Aſſemblée fut nombreuſe. M. de Blamont,
Sur- Intendant de la Muſique du Roi, chargé
de l'exécution , la rendit très-brillante. Ce
Te Deum, de ſa compoſition, paſſe, avec juftice,
pour un excellent Morceau de Muſique,
frappé au coin des plus grands Maîtres. Le
Verfet, Judex crederis effe venturus, eft admirable,
( ainſi que pluſieurs autres ) pour l'accord
du chant , de l'expreffion &du fentithent.
J'ai l'honneur d'être , &c .
A Paris ce 20 Septembre 1744 .
l'Académie Royale de Peinture de Scalpture
, à M. le C. D. L. R.
J
E réponds avec bien du plaiſir , Monfieur,
à l'invitation que vous m'avez fait
faire , de vous communiquer ce qui s'eſt
paífé au ſujet du Te Deum que l'Académie
Royale de Peinture & de Sculpture a fait
chanter pour le rétabliſſement de la ſanté
duRoi.
Afin de m'en acquitter avec ordre , je
crois qu'il convient de vous expoſer la Délibération
de la Compagnie, qui eſt conçûë
en ces termes ; elle eſt du Samedi 29 Août
dernier.
> Plus la maladie de Sa Majefté a causéde
> conſternation à la France , plus l'heureuſe
>>guérifon
#278 MERCURE DE FRANCE.
>> guériſon de ce Prince a répandu de joye
> dans le coeur de ſes Sujets . Cet événement
>> miraculeux , où Dieu a parû écouter ſi fa-
> vorablement nos prieres , en rappellant à
la vie le plus grand & le meilleur de tous
>> les Rois , mérite que nous lui en rendions
>>d'éternelles graces , & c'eſt pour remplir
>> une obligation ſi juſte , que l'Académie a
> réſolu unanimement de faire chanter un
►Te Deum dans l'Egliſe de S. Louis du Lou-
> vre , où M. le Contrôleur Général , Pro-
> tecteur , ſera invité de ſe trouver .
M. le Contrôleur Général étant parti dans
ce tems- là pour Metz , la Compagnie , qui
comptoit ſur un prompt retour , jugea à
propos de différer le Te Deum, mais les affaires
retenant ce Miniſtre à la Cour , l'Académie
, qui craignit que ce retardement ne
parût une négligence , prit la réſolution de
le faire chanter le Jeudi 17 Septembre.
L'Aſſemblée fut nombreuſe. M. de Blamont,
Sur- Intendant de la Muſique du Roi, chargé
de l'exécution , la rendit très-brillante. Ce
Te Deum, de ſa compoſition, paſſe, avec juftice,
pour un excellent Morceau de Muſique,
frappé au coin des plus grands Maîtres. Le
Verfet, Judex crederis effe venturus, eft admirable,
( ainſi que pluſieurs autres ) pour l'accord
du chant , de l'expreffion &du fentithent.
J'ai l'honneur d'être , &c .
A Paris ce 20 Septembre 1744 .
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4684
p. 118-119
Remarques sur le Duché de Fronsac.
Début :
Fronsac, appellé par les Latins Fronciacum Francum ou Franciacum, est [...]
Mots clefs :
Fronsac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarques sur le Duché de Fronsac.
Remarquessur le Duché
de Fronsac.
Fronfae
,
appelle par
les Latins Fronciacum Francum
ou Franciacum ,
est un
Bourg avec un vieux Chasleau
en Guienne litue irur
une Montagne fort escarpée,
anezpres de la Dordogne
,
à cent lieuës de
Bourdeaux. Aimoin ôc
Eghinart parlent de Fronsac
,&di[ent que Charlemagne
y fit bastir uneForteresse.
Il fut érigé en EXuché
par Henry IV. en Janvier
1598. Ce Duché passa
dans la Maison de Louis
II. Prince deCondé par
son mariage avec Claude
de Maillé,Duchesse de
Fronsac,Marquise deBrezé
>
& depuis il est venu au
Duc de Richelieu dont son
fils unique porte le nom.
Marc-Antoine Front de
de Fronsac.
Fronfae
,
appelle par
les Latins Fronciacum Francum
ou Franciacum ,
est un
Bourg avec un vieux Chasleau
en Guienne litue irur
une Montagne fort escarpée,
anezpres de la Dordogne
,
à cent lieuës de
Bourdeaux. Aimoin ôc
Eghinart parlent de Fronsac
,&di[ent que Charlemagne
y fit bastir uneForteresse.
Il fut érigé en EXuché
par Henry IV. en Janvier
1598. Ce Duché passa
dans la Maison de Louis
II. Prince deCondé par
son mariage avec Claude
de Maillé,Duchesse de
Fronsac,Marquise deBrezé
>
& depuis il est venu au
Duc de Richelieu dont son
fils unique porte le nom.
Marc-Antoine Front de
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Résumé : Remarques sur le Duché de Fronsac.
Le Duché de Fronsac, situé en Guienne près de la Dordogne, est mentionné par les historiens Aimoin et Éginard pour la forteresse construite par Charlemagne. En 1598, Henry IV érigea Fronsac en duché. Le titre passa ensuite à la maison de Louis II, Prince de Condé, puis au Duc de Richelieu.
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4685
p. 162-164
ERRATA Pour le troisiéme Memoire de la Mélodie.
Début :
MOIS D'AVRIL. PAge 82. au bas, double rencontrera. [...]
Mots clefs :
Errata, Mémoire, Page, Ligne, Publication
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA Pour le troisiéme Memoire de la Mélodie.
ERRATA
Pour le troisiéme Memoire
de la Mélodie.
MOIS D'AV RIL.
PAge 82. au bas, double rencontrera. Pagr
94. ligne16. s'accordent. Pag. 96.lig. 6.
coups contre. Pag. 97. lig. 3. & ce que. PPg-
98. lig. 16. aussiest-elle. Pag. 99.lig. 14.
chacun par une ligne. Pag. 100. lig 13. du
Daïré. Pag. 103. lig. 9. de nombres. Pag,
104.lig. i. J35. 144. Pag. 113. 10. deceque
le coup. Pag. 114. Lig. 6. jamais mieux r
que. Pag. 116.lig. 16. des sons qu'elles. Lig-
• 4 8 is.
MOIS DE JUIN.
.Pag. Il. lig. 15. J
, OU
lot
Pag. 1n. 13. exposans -, ou „
P Z" 1.' d 96
Pag. 114. lig*3. lui vient de. Lig. 8. -, ou
11.
144 8 16
—108
Pag6 II». lig. derniert-p -- pag,
3 î
Z. 5 - Il• lig. S. 3 d l. - ou—de. Pag. 130. lig. 14.
16 31
lesj de l'autre. Pag. iji.lig. 4. peut appel-
'I-.L' r r Z. L
krrZ/£ SHI 15. eipofans - Pag.131. zg. 6.—
4 7t
8n. Pag.139. Zig. ij. presque -
,
-i.. PAg.
16 31
¡. 1
5..1 l" 96
141. 16". les - de. Pag. 143. lig.7. -8J 8°
J'¡-f.. —. 3 101 Ltg. Il. ou - comme. Lig. 14.
103
iio x 90
-*=44- ••«16 3» Pllg. 144. l'go 8. -,- pag. 1-45
r 1 n. 7. les 3 d 1, P f: 5 - de l'autre.Pag. 147. Hgd-
- 5 2.4 J
-5; 12. 2.4 J
jP*£ 141. lIg. *--T» -
*
4*3 L'g. I2..- 5 3
r- l 'II Z. si 3, 3 J fcnt la.Pn. 14.9. lig- J 1. est - - 3
1010 10 2jO 40 * lig. 10.—.,—p*g.iji.lig1. . 7.Q{"uarte ..,.. 3 1-3 -
S P Z. lig.y.mineure -. pag. 1jt. lig, 15 15 10. -
, - 5 4 1
-JS, 1-1 l' K 15 If J
- , - - Pilg.1 jt.ltg.8.T-, J; Ji 3 2. 1
is ts l' J 8 si -
1
— Pag.176. Ug.dern. - qui est. P~
S t 9 1.
16 178. lig- 3. d"cr l, 8 -lnerence. Ug.8. 7. raajeu-
II
re
11 Lig. n. font la9. Pag. ISO. lig.7. 8dont 8 - font le ton mineur, & >- le ma-
1 1
icut.
1 Le Public efi "u/fi prié de vouloir bien corriger
ainsi le cinquième vers de lEpigrAtnmt
Latine du mois précèdentsur le Roy:
Nunc armis parlât, & Regem jurecelebrent.
Pour le troisiéme Memoire
de la Mélodie.
MOIS D'AV RIL.
PAge 82. au bas, double rencontrera. Pagr
94. ligne16. s'accordent. Pag. 96.lig. 6.
coups contre. Pag. 97. lig. 3. & ce que. PPg-
98. lig. 16. aussiest-elle. Pag. 99.lig. 14.
chacun par une ligne. Pag. 100. lig 13. du
Daïré. Pag. 103. lig. 9. de nombres. Pag,
104.lig. i. J35. 144. Pag. 113. 10. deceque
le coup. Pag. 114. Lig. 6. jamais mieux r
que. Pag. 116.lig. 16. des sons qu'elles. Lig-
• 4 8 is.
MOIS DE JUIN.
.Pag. Il. lig. 15. J
, OU
lot
Pag. 1n. 13. exposans -, ou „
P Z" 1.' d 96
Pag. 114. lig*3. lui vient de. Lig. 8. -, ou
11.
144 8 16
—108
Pag6 II». lig. derniert-p -- pag,
3 î
Z. 5 - Il• lig. S. 3 d l. - ou—de. Pag. 130. lig. 14.
16 31
lesj de l'autre. Pag. iji.lig. 4. peut appel-
'I-.L' r r Z. L
krrZ/£ SHI 15. eipofans - Pag.131. zg. 6.—
4 7t
8n. Pag.139. Zig. ij. presque -
,
-i.. PAg.
16 31
¡. 1
5..1 l" 96
141. 16". les - de. Pag. 143. lig.7. -8J 8°
J'¡-f.. —. 3 101 Ltg. Il. ou - comme. Lig. 14.
103
iio x 90
-*=44- ••«16 3» Pllg. 144. l'go 8. -,- pag. 1-45
r 1 n. 7. les 3 d 1, P f: 5 - de l'autre.Pag. 147. Hgd-
- 5 2.4 J
-5; 12. 2.4 J
jP*£ 141. lIg. *--T» -
*
4*3 L'g. I2..- 5 3
r- l 'II Z. si 3, 3 J fcnt la.Pn. 14.9. lig- J 1. est - - 3
1010 10 2jO 40 * lig. 10.—.,—p*g.iji.lig1. . 7.Q{"uarte ..,.. 3 1-3 -
S P Z. lig.y.mineure -. pag. 1jt. lig, 15 15 10. -
, - 5 4 1
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- , - - Pilg.1 jt.ltg.8.T-, J; Ji 3 2. 1
is ts l' J 8 si -
1
— Pag.176. Ug.dern. - qui est. P~
S t 9 1.
16 178. lig- 3. d"cr l, 8 -lnerence. Ug.8. 7. raajeu-
II
re
11 Lig. n. font la9. Pag. ISO. lig.7. 8dont 8 - font le ton mineur, & >- le ma-
1 1
icut.
1 Le Public efi "u/fi prié de vouloir bien corriger
ainsi le cinquième vers de lEpigrAtnmt
Latine du mois précèdentsur le Roy:
Nunc armis parlât, & Regem jurecelebrent.
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Résumé : ERRATA Pour le troisiéme Memoire de la Mélodie.
Le document est un errata pour le troisième mémoire de la Mélodie, indiquant les corrections à apporter entre les pages 82 et 178. Les erreurs à corriger sont principalement des fautes d'orthographe et de typographie. Par exemple, à la page 82, en bas, il faut corriger 'double rencontrera'. À la page 94, ligne 16, il faut modifier 's'accordent'. D'autres corrections spécifiques sont mentionnées pour diverses pages et lignes. Elles incluent des ajustements de phrases, des ajouts de mots ou de ponctuation, et des rectifications de termes. De plus, le public est invité à corriger le cinquième vers d'une épigramme latine du mois précédent sur le Roi : 'Nunc armis parlât, & Regem jure celebrent.'
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4686
p. 2479-2482
Décorations, [titre d'après la table]
Début :
Cet Opéra n'ayant eu que 7 representation, on reprit Thesée le jeudi 9 de ce [...]
Mots clefs :
Opéra, Décorations, Thésée, Colonnes, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Décorations, [titre d'après la table]
Cet Opéra n'ayant eu que 7 reprefentations
, on reprit Thefée le jeudi 9 de ce
mois , en attendant Phaeton , qu'on prépare.
Au refte quoique cet Ouvrage n'ait
pas eu le fuccès qu'on en efperoit , il doit`
faire honneur au Poëte & au Muficien par
les beaux morceaux qu'on y trouve . Les
Déco-
G iiij
2480 MERCURE DE FRANCE
Décorations en ont été trouvées tres bekles
& tres- bien entenduës. Les habits en
font riches , bien caracteriſez & de bon
gout. Trois de ces décorations meritent
une attention particuliere . Celle du premier
Acte , qui fait un effet admirable
eft une Gallerie tres - vafte , d'ordre Ionique
, richement ornée , avec des Colonnes
& des Contrepilaftres en marbre compoſé.
Les ornemens en or , avec ftatues & basreliefs
. La Gallerie eft terminée par 10
Arcades fort exhauffées , cinq de chaque
côté , foûtenuës par des colonnes qui
forment un efpace tres- grand par où en
tre le jour , lequel produit des échape
mens de lumieres tres- bien entendus.
Entre les Arcades , il y a de grandes , colonnes
ifolées & des contrepilaftres , avec
leurs Piedeftaux & Entablemens , entre
lefquels font des Statues. Le Plafond eft
à compartimens , dans le gout antique
fort riche, lequel par la perfpective trompe
fi- bien les yeux , qu'il paroît de niveau
d'un bout à l'autre, Le tout enfemble
fait une fongueur confiderable
proportionnée à la hauteur , & forme
plan poffible pour l'execution réelle .
On voit au troifiéme Acte , un Antre
ou Souterrain affreux , dont le fond s'ouvrant
tout d'un coup , on découvre les
un
>
Enfers
NOVEMBRE. 1730. 2481.
Enfers ,formez par plufieurs tranfparans
& entremêlez de flâmes naturelles ; le
tout composé d'une maniere qu'il n'y a
aucun rifque pour le feu.. Les trois Eumenides
paroiffent au milieu des flames ;
ee moment eft furprenant & plein d'horreur.
Les Spectateurs en ont été frapez.
23
Le Tombeau du cinquième Acte, étoit
une grande Colonnade circulaire , percée
àjour , avec les entre colonnes fpacieufes
pour voir tout leTombeau dans le milieu ...
Une moitié du Tombeau étoit en Sculpture
de relief, & l'autre en plate peinture ,
mais toute deux liées avec un tel art, qu'ili
paroiffoit tout de ronde boffe , & forme:
piramidalement ; il commençoit par un
Socle au bas qui portoit un Piedeftal
avec un bas - relief à chaque côté du
Piedeſtal , où l'on voyoit des figures enchaînées
de ronde boffe , grandes comme
nature , & deux Lions couchez fur le
Piedestal , qui portoient le Maufolée ,
terminé par des Trophées d'armes &
furmonté par une Urne de Lapis , envi
ronnée d'unFefton , pittorefquement jetté
ainfi . que le refte ; tout le Tombeau étoit
de Marbre précieux , & de Bronze doré
ayant 15 pieds d'hauteur , fur ro de lar
geur par le bas. Tous ces Ouvrages font
de M. Servandoni , qui donne tous les
jours de nouvelles marques de fon habi
Teré Gx L'Opera
2482 MERCURE DE FRANCE
L'Opera de Thefée avoit été remis au
Théatre au mois de Decembre de l'année
derniere . La De le Maure chante le rôle
d'Eglé avec beaucoup d'aplaudiffement.
Le 12 , le fieur Dupré, cy- devant Danfeur
de la même Academie , qui avoit
quitté le Théatre en 1722. & que le Pu
blic regrettoit fort , reparut & danfa dans
le fecond & le troifiéme Acte du même
Opera , avec l'applaudiffement d'une tresnombreuſe
affemblée . Sa danfe eft noble
vive & légere, & il exprime parfaitement
les differens caracteres , animez & violens.
Il est arrivé depuis peu de Pologne . It
doit refter à Paris cet Hyver , & il danfera
à l'Opera pendant ce temps-là .
Le même jour , il y eut à l'Opera le Bal
public , que l'Academie donne tous les
ans à la S. Martin, & qu'on continuë pendant
differens jours juſqu'à l'Avent. On
le reprend ordinairement à la fête des
Rois.
, on reprit Thefée le jeudi 9 de ce
mois , en attendant Phaeton , qu'on prépare.
Au refte quoique cet Ouvrage n'ait
pas eu le fuccès qu'on en efperoit , il doit`
faire honneur au Poëte & au Muficien par
les beaux morceaux qu'on y trouve . Les
Déco-
G iiij
2480 MERCURE DE FRANCE
Décorations en ont été trouvées tres bekles
& tres- bien entenduës. Les habits en
font riches , bien caracteriſez & de bon
gout. Trois de ces décorations meritent
une attention particuliere . Celle du premier
Acte , qui fait un effet admirable
eft une Gallerie tres - vafte , d'ordre Ionique
, richement ornée , avec des Colonnes
& des Contrepilaftres en marbre compoſé.
Les ornemens en or , avec ftatues & basreliefs
. La Gallerie eft terminée par 10
Arcades fort exhauffées , cinq de chaque
côté , foûtenuës par des colonnes qui
forment un efpace tres- grand par où en
tre le jour , lequel produit des échape
mens de lumieres tres- bien entendus.
Entre les Arcades , il y a de grandes , colonnes
ifolées & des contrepilaftres , avec
leurs Piedeftaux & Entablemens , entre
lefquels font des Statues. Le Plafond eft
à compartimens , dans le gout antique
fort riche, lequel par la perfpective trompe
fi- bien les yeux , qu'il paroît de niveau
d'un bout à l'autre, Le tout enfemble
fait une fongueur confiderable
proportionnée à la hauteur , & forme
plan poffible pour l'execution réelle .
On voit au troifiéme Acte , un Antre
ou Souterrain affreux , dont le fond s'ouvrant
tout d'un coup , on découvre les
un
>
Enfers
NOVEMBRE. 1730. 2481.
Enfers ,formez par plufieurs tranfparans
& entremêlez de flâmes naturelles ; le
tout composé d'une maniere qu'il n'y a
aucun rifque pour le feu.. Les trois Eumenides
paroiffent au milieu des flames ;
ee moment eft furprenant & plein d'horreur.
Les Spectateurs en ont été frapez.
23
Le Tombeau du cinquième Acte, étoit
une grande Colonnade circulaire , percée
àjour , avec les entre colonnes fpacieufes
pour voir tout leTombeau dans le milieu ...
Une moitié du Tombeau étoit en Sculpture
de relief, & l'autre en plate peinture ,
mais toute deux liées avec un tel art, qu'ili
paroiffoit tout de ronde boffe , & forme:
piramidalement ; il commençoit par un
Socle au bas qui portoit un Piedeftal
avec un bas - relief à chaque côté du
Piedeſtal , où l'on voyoit des figures enchaînées
de ronde boffe , grandes comme
nature , & deux Lions couchez fur le
Piedestal , qui portoient le Maufolée ,
terminé par des Trophées d'armes &
furmonté par une Urne de Lapis , envi
ronnée d'unFefton , pittorefquement jetté
ainfi . que le refte ; tout le Tombeau étoit
de Marbre précieux , & de Bronze doré
ayant 15 pieds d'hauteur , fur ro de lar
geur par le bas. Tous ces Ouvrages font
de M. Servandoni , qui donne tous les
jours de nouvelles marques de fon habi
Teré Gx L'Opera
2482 MERCURE DE FRANCE
L'Opera de Thefée avoit été remis au
Théatre au mois de Decembre de l'année
derniere . La De le Maure chante le rôle
d'Eglé avec beaucoup d'aplaudiffement.
Le 12 , le fieur Dupré, cy- devant Danfeur
de la même Academie , qui avoit
quitté le Théatre en 1722. & que le Pu
blic regrettoit fort , reparut & danfa dans
le fecond & le troifiéme Acte du même
Opera , avec l'applaudiffement d'une tresnombreuſe
affemblée . Sa danfe eft noble
vive & légere, & il exprime parfaitement
les differens caracteres , animez & violens.
Il est arrivé depuis peu de Pologne . It
doit refter à Paris cet Hyver , & il danfera
à l'Opera pendant ce temps-là .
Le même jour , il y eut à l'Opera le Bal
public , que l'Academie donne tous les
ans à la S. Martin, & qu'on continuë pendant
differens jours juſqu'à l'Avent. On
le reprend ordinairement à la fête des
Rois.
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Résumé : Décorations, [titre d'après la table]
L'opéra mentionné a été représenté sept fois avant la reprise de 'Thésée' le 9 novembre. Malgré son manque de succès, il est apprécié pour ses beaux morceaux, ses décorations et ses costumes riches et bien caractérisés. Trois décorations sont particulièrement notables : celle du premier acte, représentant une galerie ornée de colonnes ioniques, d'ornements en or et de statues ; celle du troisième acte, montrant un antre avec des flammes naturelles et les Érinyes ; et celle du cinquième acte, un tombeau circulaire avec des sculptures en relief et des peintures formant une pyramide. Ces œuvres sont de M. Servandoni. 'Thésée' avait été remis au théâtre en décembre précédent. La De la Maure a interprété avec succès le rôle d'Églé. Le 12 novembre, le danseur Dupré est revenu et a dansé dans 'Thésée', recevant les applaudissements du public. Le même jour, le bal public annuel de l'Académie a eu lieu à l'Opéra.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4687
p. 160-163
Extrait d'une Lettre de Fribourg du 7. Novembre.
Début :
Nous sommes maistres du Chasteau & des trois Forts de [...]
Mots clefs :
Forts, Artillerie, Munitions, Conquête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Fribourg du 7. Novembre.
Extrait d'une Lettre de Fri-
-
bourg du 7.Novembre..
Nous sommes maistres
du Chasteau & des trois
Forts de Fribourg
, parmi
lesquels ca celuy de faine
Pierre comme imprenable.
On
On a trouve dans tous ces
Forts une quantité prodigieuse
d'artillerie& de munitions
de guerre &devivres
pour six semaines.
Cette conqueste très-imhpoomrtmanetse
qui n'a coudéni
ni dépenses ; est
deuë à la fermeté duMarcfchal
de Villars
, qui
ayant mis dans son Armée
beaucoup de fourages
, a
tousjours menacéla Garnsson
destre Prisonniere
de Guerre
,
& de mettre - derriere les Batteries les
Prisonniers ennemis;cette
crainte les a obligez à nous
laisser travailler sans tirer.
On ne pouvoir faire nos
Batteries dans la Ville sans
beaucoup pendre de mon- de L~!ViHcëe les Ports
estoientdeffenduspardix-
Gorfipiignksri*,ideta^e
béet*
Op assure que les Enno..
mis ontperdu6000 faoïrw
mes tant-t~ ~ç\ixtaffca :]
€pâ«deiferttfftrstr?z'mopion
Lai Oarinifoctîsést formis
avecarmes &bagagés,.&
se ffêtfPrtf-rîtïRffaWrinTkb;
drevV<iltartn®ihi5î1 ! : vj
cordéau Gouverneur, qui
n'a pû obtenir la liberté de
la Garnison de Landau,&
encore moins décharger
Fribourg
, quatre Pieces de
Canon & deux Mortiers
-
bourg du 7.Novembre..
Nous sommes maistres
du Chasteau & des trois
Forts de Fribourg
, parmi
lesquels ca celuy de faine
Pierre comme imprenable.
On
On a trouve dans tous ces
Forts une quantité prodigieuse
d'artillerie& de munitions
de guerre &devivres
pour six semaines.
Cette conqueste très-imhpoomrtmanetse
qui n'a coudéni
ni dépenses ; est
deuë à la fermeté duMarcfchal
de Villars
, qui
ayant mis dans son Armée
beaucoup de fourages
, a
tousjours menacéla Garnsson
destre Prisonniere
de Guerre
,
& de mettre - derriere les Batteries les
Prisonniers ennemis;cette
crainte les a obligez à nous
laisser travailler sans tirer.
On ne pouvoir faire nos
Batteries dans la Ville sans
beaucoup pendre de mon- de L~!ViHcëe les Ports
estoientdeffenduspardix-
Gorfipiignksri*,ideta^e
béet*
Op assure que les Enno..
mis ontperdu6000 faoïrw
mes tant-t~ ~ç\ixtaffca :]
€pâ«deiferttfftrstr?z'mopion
Lai Oarinifoctîsést formis
avecarmes &bagagés,.&
se ffêtfPrtf-rîtïRffaWrinTkb;
drevV<iltartn®ihi5î1 ! : vj
cordéau Gouverneur, qui
n'a pû obtenir la liberté de
la Garnison de Landau,&
encore moins décharger
Fribourg
, quatre Pieces de
Canon & deux Mortiers
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Fribourg du 7. Novembre.
Le 7 novembre, les auteurs d'une lettre rapportent la prise du château et des trois forts de Fribourg, incluant le fort de la Pierre, considéré comme imprenable. Ces forts abritaient une grande quantité d'artillerie, de munitions et de vivres suffisants pour six semaines. Cette victoire, obtenue sans coût ni dépense, est attribuée à la fermeté du maréchal de Villars. Ce dernier avait menacé la garnison de devenir prisonnière de guerre et d'utiliser les prisonniers ennemis comme boucliers humains derrière les batteries, ce qui a dissuadé les défenseurs de tirer. La prise des forts a révélé que les ennemis avaient perdu environ 6 000 hommes, tués ou blessés. Les troupes ennemies se sont retirées avec leurs armes et bagages. Le gouverneur n'a pas pu obtenir la liberté de la garnison de Landau ni décharger Fribourg de quatre pièces de canon et deux mortiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4688
p. 160-163
ENIGME.
Début :
Aux climats du Caffé jadis je pris naissance, [...]
Mots clefs :
Zéro
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME., AVxclimatSâu Caffé
jadis jepris naissance,
t jûi)eç moiplusd'unfrere
y evitaujjî lejour.- :'
sanspieds?teste ny bras,
rieQ
rien queventre f5
que pansè
figureejîparfaite,($
je suisfaite au tour.
Mesparents,par caprice,
- enfaisantlepartage
.Que^ mes freres ont eus
n'oublièrent que moy.
Mais fnaigrecette injuste
^4ytoutefoisbienfoulent
l'avantage
>
- (Encore quejeriayerien)
De les enrichirtous, Çj?
d'augmenter leur bien,
Mm1713. Q
C'est mesme la monseul
usage.
Je n'aime point le lieu
« à*honneurs
Quandjesuisà leurteste
on mevoit sans valeurs
àl leursuiteje fais merveilles
M'y 3 mettre ou m'en oster
n'estpoint indiffèrentm
"Il n'estpoint richessespa-
-
reilles
Acelles que dans un in*-
stant
, Avec monsecours on af*
semble; -
Mais malheur à qui me
ressemble.
jadis jepris naissance,
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y evitaujjî lejour.- :'
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que pansè
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je suisfaite au tour.
Mesparents,par caprice,
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.Que^ mes freres ont eus
n'oublièrent que moy.
Mais fnaigrecette injuste
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l'avantage
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- (Encore quejeriayerien)
De les enrichirtous, Çj?
d'augmenter leur bien,
Mm1713. Q
C'est mesme la monseul
usage.
Je n'aime point le lieu
« à*honneurs
Quandjesuisà leurteste
on mevoit sans valeurs
àl leursuiteje fais merveilles
M'y 3 mettre ou m'en oster
n'estpoint indiffèrentm
"Il n'estpoint richessespa-
-
reilles
Acelles que dans un in*-
stant
, Avec monsecours on af*
semble; -
Mais malheur à qui me
ressemble.
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4689
p. 1781-1784
Lanterne Marine, &c. [titre d'après la table]
Début :
Sur les Découvertes dont nous avons parlé dans le dernier Mercure, page 1560. au sujet des [...]
Mots clefs :
Découvertes, Académie royale des sciences, Lanterne, Chaises mouvantes, Cheval marin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lanterne Marine, &c. [titre d'après la table]
Sur les Découvertes dont nous avons parlé
dans le dernier Mercure , page 1560. au sujet des
differentes manoeuvres qu'on peut faire au fond
de la Mer M. Vergile a. donné à l'Académie
Royale:
1782 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences un Memoire et les instructions
necessaires , surquoi Mrs de Cassini et Pitot,
Membres de cette Académie , et nommez pour
examiner ces Découvertes , ont dit leur sentiment
à M. Vergile , en ces termes.
et
Nous déclarons que M. Vergile nous a fait voir
une Lanterne qu'il alluma à l'air , et l'ayant fermée
elle s'éteignit un moment après. La Lanterne
fut encore rallumée et ensuite fermée
comme elle alloit s'éteindre , elle fut enfoncée
dans l'eau où elle se ralluma tout- à - fait et où elle
éclaira pendant l'espace de trois minutes , quoiqu'elle
fûr entierement couverte d'eau .
Par l'explication du Mécanisme de cette Lanterne
que M. Vergile nous fit , nous avons reconnu
que cette Lanterne peut éclairer à une grande
profondeur d'eau , et qu'on peut aisément en
augmenter la durée.
Cette Lanterne n'a aucune communication
avec l'air superieur .
M. Vergile prétend, encore avoir fait des Découvertes
bien plus considerables , sçavoir
Un moyen sûr et facile de trouver les Vaisseaux
qui ont coulé bas.
Un moyen sûr et facile de remettre à flot ces
mêmes Vaisseaux , pourvû toutefois , qu'ils ne.
soient point adherens au fond de la Mer.
Un moyen sûr et aisé de faire rester dans l'eau
un homme sans incommodité , et en état de manoeuvrer
de toutes les façons pendant 20. et 30 .
heures ; il pourra même y manger et y
boire..
M. Vergile nous expliqua le moyen de trouver
les Vaisseaux au fond de la Mer..
Sur quoi il nous a paru que le moyen a toutes
les qualitez proposées , et qu'il est de peu de dépense
, pourvu toutefois que le moyen de respirer
dans
JUILLET. 1731. 1783
dans l'eau , qu'il suppose , soit sûr , et c'est sur
quoi nous ne pouvons rien dire , M. Vergile
n'ayant pas trouvé à propos de nous le déclarer.
Il en est à peu près de même du moyen de
manger et de boire , qui est sûr , pourvû que d'ailleurs
l'homme qui est dans l'eau puisse respirer.
M. Vergile n'a pas expliqué sa manoeuvre pour
retirer les Vaisseaux du fond de la Mer et les remettre
à flot ..
Le sieur Maillard , Maître Menuisier et Machiniste
, a obtenu le premier Juin 1731. le Privilege
exclusif de fabriquer , vendre et debiter seul deux
Chaises mouvantes, de son invention ; l'une pour
se faire mener par un homme assis derriere, où il
y aura un Volant capable d'augmenter considerablement
la force de l'homme et de soulager ses
bras ; l'autre pour se promener et faire aller soimême
, par le même mouvement , la Chaise roulante
, posée sur trois roues. L'Académie Royale
des Sciences a approuvé et reconnu l'utilité de
cette Invention par un Certificat.
a encore inventé plusieurs autres Machines ,.
comme un Cigne qui paroît vivant , jusqu'à s'y
tromper , qui a du mouvement dans la tête et
dans le col , et qui a la même allure sur l'eau .
Un Cheval Marin en petit , qui tire une Gondole
où paroît Apollon au milieu des Muses , qui
ont du nouvement .
Un petit Cheval , qui part d'une vitesse surattelé
à une Calêche , dans laquelle sont
prenante ,
deux petites Figures à terre..
On voit encore chez lui deux Phaetons o
Calêches sans ressorts ni soupentes , tirées chacune
par un Cheval naturel , fort differentes de
tout ce qu'on a vu jusqu'à present en ce genre ,.
Pune
7784 MERCURE DE FRANCE
Pune est propre pour la Chasse et pour aller
dans les bois touffus où à peine un cheval peut
passer. L'autre montée sur un Train de Chaisede
Poste très solide et très - douce, sans ressorts ni
elle pesera environ 600. livres et coûtera
beaucoup moins que les Chaises de Poste ordinaires
, parce qu'il y aura beaucoup moins de:
ferrare.
soupentes ;
>
Le sieur Maillard , dans ses nouvelles Machines
a joint l'utile à l'agréable. Il demeure Fau
bourg S. Honoré , rue de la bonne Moruë , dont
un bout donne dans la Place du Pont Tournant.
des Thuilleries.
dans le dernier Mercure , page 1560. au sujet des
differentes manoeuvres qu'on peut faire au fond
de la Mer M. Vergile a. donné à l'Académie
Royale:
1782 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences un Memoire et les instructions
necessaires , surquoi Mrs de Cassini et Pitot,
Membres de cette Académie , et nommez pour
examiner ces Découvertes , ont dit leur sentiment
à M. Vergile , en ces termes.
et
Nous déclarons que M. Vergile nous a fait voir
une Lanterne qu'il alluma à l'air , et l'ayant fermée
elle s'éteignit un moment après. La Lanterne
fut encore rallumée et ensuite fermée
comme elle alloit s'éteindre , elle fut enfoncée
dans l'eau où elle se ralluma tout- à - fait et où elle
éclaira pendant l'espace de trois minutes , quoiqu'elle
fûr entierement couverte d'eau .
Par l'explication du Mécanisme de cette Lanterne
que M. Vergile nous fit , nous avons reconnu
que cette Lanterne peut éclairer à une grande
profondeur d'eau , et qu'on peut aisément en
augmenter la durée.
Cette Lanterne n'a aucune communication
avec l'air superieur .
M. Vergile prétend, encore avoir fait des Découvertes
bien plus considerables , sçavoir
Un moyen sûr et facile de trouver les Vaisseaux
qui ont coulé bas.
Un moyen sûr et facile de remettre à flot ces
mêmes Vaisseaux , pourvû toutefois , qu'ils ne.
soient point adherens au fond de la Mer.
Un moyen sûr et aisé de faire rester dans l'eau
un homme sans incommodité , et en état de manoeuvrer
de toutes les façons pendant 20. et 30 .
heures ; il pourra même y manger et y
boire..
M. Vergile nous expliqua le moyen de trouver
les Vaisseaux au fond de la Mer..
Sur quoi il nous a paru que le moyen a toutes
les qualitez proposées , et qu'il est de peu de dépense
, pourvu toutefois que le moyen de respirer
dans
JUILLET. 1731. 1783
dans l'eau , qu'il suppose , soit sûr , et c'est sur
quoi nous ne pouvons rien dire , M. Vergile
n'ayant pas trouvé à propos de nous le déclarer.
Il en est à peu près de même du moyen de
manger et de boire , qui est sûr , pourvû que d'ailleurs
l'homme qui est dans l'eau puisse respirer.
M. Vergile n'a pas expliqué sa manoeuvre pour
retirer les Vaisseaux du fond de la Mer et les remettre
à flot ..
Le sieur Maillard , Maître Menuisier et Machiniste
, a obtenu le premier Juin 1731. le Privilege
exclusif de fabriquer , vendre et debiter seul deux
Chaises mouvantes, de son invention ; l'une pour
se faire mener par un homme assis derriere, où il
y aura un Volant capable d'augmenter considerablement
la force de l'homme et de soulager ses
bras ; l'autre pour se promener et faire aller soimême
, par le même mouvement , la Chaise roulante
, posée sur trois roues. L'Académie Royale
des Sciences a approuvé et reconnu l'utilité de
cette Invention par un Certificat.
a encore inventé plusieurs autres Machines ,.
comme un Cigne qui paroît vivant , jusqu'à s'y
tromper , qui a du mouvement dans la tête et
dans le col , et qui a la même allure sur l'eau .
Un Cheval Marin en petit , qui tire une Gondole
où paroît Apollon au milieu des Muses , qui
ont du nouvement .
Un petit Cheval , qui part d'une vitesse surattelé
à une Calêche , dans laquelle sont
prenante ,
deux petites Figures à terre..
On voit encore chez lui deux Phaetons o
Calêches sans ressorts ni soupentes , tirées chacune
par un Cheval naturel , fort differentes de
tout ce qu'on a vu jusqu'à present en ce genre ,.
Pune
7784 MERCURE DE FRANCE
Pune est propre pour la Chasse et pour aller
dans les bois touffus où à peine un cheval peut
passer. L'autre montée sur un Train de Chaisede
Poste très solide et très - douce, sans ressorts ni
elle pesera environ 600. livres et coûtera
beaucoup moins que les Chaises de Poste ordinaires
, parce qu'il y aura beaucoup moins de:
ferrare.
soupentes ;
>
Le sieur Maillard , dans ses nouvelles Machines
a joint l'utile à l'agréable. Il demeure Fau
bourg S. Honoré , rue de la bonne Moruë , dont
un bout donne dans la Place du Pont Tournant.
des Thuilleries.
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Résumé : Lanterne Marine, &c. [titre d'après la table]
En 1782, le Mercure de France a rapporté les découvertes de M. Vergile dans le domaine des manœuvres sous-marines. M. Vergile a présenté à l'Académie Royale des Sciences une lanterne capable de s'allumer sous l'eau et d'éclairer pendant trois minutes. Les membres de l'Académie, notamment M. de Cassini et M. Pitot, ont validé cette invention, confirmant qu'elle peut fonctionner à grande profondeur et que sa durée d'éclairage peut être prolongée. La lanterne ne nécessite aucune communication avec l'air extérieur. M. Vergile a également revendiqué d'autres inventions, telles qu'un moyen de localiser et de remonter des vaisseaux coulés, à condition qu'ils ne soient pas fixés au fond de la mer. Il a aussi conçu un dispositif permettant à un homme de rester sous l'eau pendant 20 à 30 heures, de manger et de boire. Cependant, il n'a pas fourni de détails sur le mécanisme de respiration sous-marine ou sur la méthode pour remonter les vaisseaux. Par ailleurs, le sieur Maillard, maître menuisier et machiniste, a obtenu un privilège exclusif pour fabriquer et vendre deux types de chaises roulantes innovantes. L'Académie Royale des Sciences a approuvé ces inventions. Maillard a également créé plusieurs machines, dont un cigne mécanique, un cheval marin tirant une gondole, et des phaétons sans ressorts. Il réside à Paris, rue de la Bonne Moruë.
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4690
p. 147-150
Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye des Vers qui ont esté faits à l'occasion du calme / Voicy le doux temps de l'Amour [...]
Mots clefs :
Amour, Dieux, Louis, Lauriers, Honneur, Nature, Trésor, Tranquillité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
le vous envoye des Vers qui
ont efté faits à l'occafion du calme
dont jouit la France .
Voicy le doux temps de l' Amour
Et du charmant Dieu des Bouteilles
;
Nous ne verrons plus le Tambour
Faire du bruit à nos oreilles.
LOUIS couronné de Lauriers ,
G 2
148
MERCURE
A licentie fes Guerriers.
Au lieu de Clairons , de Trompettes.
Nous n'entendrons que des Mufettes;
Et déia j'entens dans nos Bois ,
A l'honneur du plus grand des Roys,
Le Berger avec fa Bergere ,
Chanter fur la verte Fougere ,
Vive LOVIS ! Puiffe le Ciel
Sur fes jours découler le miel ;
Que toujours à pleine Faucille
On moiffonne dans fa Famille
Des Lauriers; & que
le Soleil
Aux cheveux blõds, au teint vermeil
Empefche que la Medecine
Sur luy n'exerce fa Doctrine.
C'est par luy que le Siecle d'or ,
Mort filong- temps avant Neftor,
Va renaiftre , & combler la France
De tout ce qui fait l'abondance.
Que l'Hymen va joindre de coeurs
Sous le joug d'un amour fidelle ,
Et qu'il va moiffonner de Fleurs
Avant que la brune Hyrondelle
GALANT. 149
Par fes premiers gazoüillemeus
Nous ait marqué les jours charmans
Qui ramenent la Tourterelle !
Que fous l'Empire de Bacchus
Nous allons voir caffer de Verres,
Et quefous celuy de Vénus
Nous verrons d'amoureux Parterres!
Combien verrons.nous fous l'Ormeau
Danfer au fon du Chalumeau !
Combien de Garçons & de Filles
Les Dimanches jouer aux Quilles ,
Courir , & la Boule à la main
Bondir comme feroit un Dain !
Le Vilageois dans fa Chaumiere
Verra pendre àSa Cremilliere
Dans un Chaudron bien écuré
Dequoy feftoyer fon Curé.
Au Bourgeois étofé de Pane
Nul ne verra faire la Cane ,
Quand il faudra de fon Trefor
Tirer de l'argent & de l'or ,
Pour degager la Girouette
De l'Amy, qu'un Sergent decrete.
G 3
150 MERCURE
.
Le Noble, la Plume au Chapeau ,
Et le Clinquant fur l'Ecarlate ,
Fera tapiffer fon Chasteau ,
Qui n'eftoit meublé que de Natte.
On luy verra des Chiens courants ,
Vne Ecurie à doubles rangs,
Vne Cuifine à double Broche,
Toujours de l'argent dans fa Poche .
Enfin , grace au Maistre des Lys,
Nous ferons gorgez de Louis ;
Et d'un bout à l'autre du Monde ,
Sur la Terre , & mefme fur l'onde,
On dira , c'eft cheles François
Qu'on vit content comme des Rois.
ont efté faits à l'occafion du calme
dont jouit la France .
Voicy le doux temps de l' Amour
Et du charmant Dieu des Bouteilles
;
Nous ne verrons plus le Tambour
Faire du bruit à nos oreilles.
LOUIS couronné de Lauriers ,
G 2
148
MERCURE
A licentie fes Guerriers.
Au lieu de Clairons , de Trompettes.
Nous n'entendrons que des Mufettes;
Et déia j'entens dans nos Bois ,
A l'honneur du plus grand des Roys,
Le Berger avec fa Bergere ,
Chanter fur la verte Fougere ,
Vive LOVIS ! Puiffe le Ciel
Sur fes jours découler le miel ;
Que toujours à pleine Faucille
On moiffonne dans fa Famille
Des Lauriers; & que
le Soleil
Aux cheveux blõds, au teint vermeil
Empefche que la Medecine
Sur luy n'exerce fa Doctrine.
C'est par luy que le Siecle d'or ,
Mort filong- temps avant Neftor,
Va renaiftre , & combler la France
De tout ce qui fait l'abondance.
Que l'Hymen va joindre de coeurs
Sous le joug d'un amour fidelle ,
Et qu'il va moiffonner de Fleurs
Avant que la brune Hyrondelle
GALANT. 149
Par fes premiers gazoüillemeus
Nous ait marqué les jours charmans
Qui ramenent la Tourterelle !
Que fous l'Empire de Bacchus
Nous allons voir caffer de Verres,
Et quefous celuy de Vénus
Nous verrons d'amoureux Parterres!
Combien verrons.nous fous l'Ormeau
Danfer au fon du Chalumeau !
Combien de Garçons & de Filles
Les Dimanches jouer aux Quilles ,
Courir , & la Boule à la main
Bondir comme feroit un Dain !
Le Vilageois dans fa Chaumiere
Verra pendre àSa Cremilliere
Dans un Chaudron bien écuré
Dequoy feftoyer fon Curé.
Au Bourgeois étofé de Pane
Nul ne verra faire la Cane ,
Quand il faudra de fon Trefor
Tirer de l'argent & de l'or ,
Pour degager la Girouette
De l'Amy, qu'un Sergent decrete.
G 3
150 MERCURE
.
Le Noble, la Plume au Chapeau ,
Et le Clinquant fur l'Ecarlate ,
Fera tapiffer fon Chasteau ,
Qui n'eftoit meublé que de Natte.
On luy verra des Chiens courants ,
Vne Ecurie à doubles rangs,
Vne Cuifine à double Broche,
Toujours de l'argent dans fa Poche .
Enfin , grace au Maistre des Lys,
Nous ferons gorgez de Louis ;
Et d'un bout à l'autre du Monde ,
Sur la Terre , & mefme fur l'onde,
On dira , c'eft cheles François
Qu'on vit content comme des Rois.
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Résumé : Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
Le poème célèbre la paix et la prospérité en France sous le règne de Louis. Il décrit une époque où l'amour et la joie remplacent les bruits de la guerre. Le roi Louis, couronné de lauriers, permet à ses guerriers de se reposer. Les instruments de guerre sont remplacés par des musettes et des chants de bergers. Le poète souhaite longue vie et santé au roi, comparant son règne à un âge d'or de prospérité et d'abondance. Il imagine une France où l'Hymen unit les cœurs sous le signe de l'amour fidèle, et où les plaisirs de Bacchus et de Vénus sont célébrés. Les villageois vivent paisiblement, tandis que les nobles et les bourgeois prospèrent. Grâce au roi, les Français vivent heureux et contents, et cette félicité est reconnue à travers le monde.
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4691
p. 1007-1011
REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
Début :
Le Marquis de Champigny, Gouverneur des Isles du vent de l'Amerique, fit d'abord [...]
Mots clefs :
Martinique, Dauphin, Gouverneur, Illuminations, Roi
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texteReconnaissance textuelle : REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
REJOUISSANCES faites à la
Martinique,furlaNaiffance duDauphin .
Extrait d'une Lettre écrite de cette Ifle, le
25. Fanvier 1730 .
E Marquis de Champigny , Gouverneur des
Lifles du Vent de l'Amerique , fit d'abord
éclater fa joye par une décharge generale de tous
les Canons de l'Ifle. Et le lendemain 4. Décembre
, il fit chanter le Te Deum , dans l'Eglife Paroiffiale
du Fort Royal de S. Pierre , où il affifta
avec M. d'Orgeville , Intendant de la Martinique ,
les Officiers Majors , le Confeil en Corps & les
Ju1008
MERCURE DE FRANCÊ
Jurifdictions , &c. Delà on alla dans la grande
Place allumer en ceremonie un Feu de joye qui"
y étoit préparé ; les Milices s'y trouverent & firent
trois décharges , pendant qu'on tira du Fort
& du Vaiffeau du Roi , plus de 400. coups de
Canon. M. le Gouverneur fit répandre de l'argent
au Peuple , dont la foule étoit fort grande dans
cette Place , & fur les fept heures du foir il fit tirer
au Fort un Feu d'artifice. Enfuite il donna
fomptueufement à fouper aux perfonnes les plus
confiderables du Pays , qui avoient déja dîné chez
lui , & il fit donner à manger à toutes les Trounes
Françoifes & Suiffes , fur des tables dreffées
rès autour du Château , au milieu defquelles ,
étoient plufieurs Fontaines de Vin qui coulerent'
pendant tout le temps du Repas , lequel fut fuivi
d'un Bal qui dura jufqu'au jour. L'Illumination
de l'Hôtel du Gouverneur dura auffi jufqu'au jour
& fut très-brillante.
My eut le même foir à l'Intendance une Illumination
magnifique , un nombre infini de Lampions
, difpofez avec art , faifoient un effet merveilleux
, on y diftribua à tous les paffans toutes
fortes de Rafraîchiffemens en abondance. Cependant
M. l'Intendant fe préparoit à donner le jous
fuivant une nouvelle Fête pour marquer l'ardeur
de fon zele , mais il fut obligé de s'embarquer
fur le Vaiffeau du Roy pour aller avec M. le
Gouverneur à la Guadeloupe , & il a remis cette
Fête à fon retour.
Toutes les Communautez Religieufes ont fignar
lé leur zele par des Te Deum , chantez folemnellement
, par des Illuminations , &c. Les Jefuites fe
font particulierement diftinguez , n'ayant rien
obmis pour rendre leur Fête des plus folemnelles,
à quoi la fituation de leur Maifon n'a pas peu
contribué. Au Nord du Bourg de S. Pierre eft
une
MAY. 1730. 1009
I
une longue Avenue , bordée de trois rangées d'arbres,
qui conduit à Paglife & au grand.Portail,qui
fait la principale entrée de cette Maifon , compofée
de trois aîles , & fait face à la Mer , dont elle
n'eft éloignée que d'environ 300. pas ; à cent pas
de la Maifon eft une Riviere , & au -delà une
belle Campagne , où fut dreffé le Feu d'artifice .
Dès les cinq heures du foir du 21. Janvier ,
trois déchargés de 21. coups de Canon chacune,
annoncerent le Te Deum , qui fut chanté dans
leur Eglife par de belles voix , accompagnées de
Hautbois ,Violons , Flutes Aliemandes , Baffes de
Violes , & autres Inftrumens. A fept heures , toute
l'Avenue fut illuminée par de grands Flambeaux
de Bois de Chandelle , de 9 a 10. pieds de
hauteur , placez dans les intervales des Arbres, qui
jettoient une grande flamme , & rendoient une
clarté prefque égale à celle du jour. Ce Bois de
chandelle eft refineux & eft le plus beau du Pays,
on en fait des Flambeaux qui ne s'éteignent point,
& qui éclairent extraordinairement.
L'entrée de la Cour préfentoit un fort beau
morceau d'Architecture , c'étoit un Portique foutenu
par des Colomnes de Marbre feint , dont
l'Entablement portoit de grands Vafes à fleurs &
autres ornemens. On y voyoit fur tout les Armes
de France & celles du Dauphiné , foutenues
par des Statues repréfentant la Force & la Juftice :
Aux deux côrez du Portrait , on voyoit deux Niches
de Rocaille , dans lefquelles étoient deux
Dauphins, qui jettoient une grande quantité d'eau
formant une Nape , qui couloit parmi des Coquillages,
& fe répandoit dans deux Baffins de
Marbre élevez fur des piedeftaux auffi de
Marbre.
"
Un autre grand Baffin, placé dans la cour, contenoit
dans fon milieu un Rocher escarpé , aux
quatre
1010 MERCURE DE FRANCE
quatre coins duquel on voyoit des Groupes . de
petits Dauphins qui jettoient de l'eau, & fervoien
Comme de Piedeital à un autre grand Dauphin ,
lequei pouffoit un Jet d'eau de 25. pieds de hau
_teur , & en même temps des flammes par le
moyen de differens tuyaux , ce qui faifoit un
effet très-éclatant.
Toute la façade & les deux aîles de cette grande
Maiſon étoient cependant tout en feu par Pabondance
& la varieté de l'Iumination , ce qui
formoit un afpect magnifique , fur tout du côté
de la Mer , où une infinité de Chaloupes & de
Canots , remplis d'une multitude de Spectateurs,
contribuerent beaucoup à la beauté de la Fête.
A peine l'Illumination fut-elle achevée, qu'il partit
de la Maiſon un Dragon enflammé , qui porta
le feu à l'Artifice , fitué , comme on l'a dit , audelà
de la Riviere , & éloigné de 400. pas. L'Edifice
qui le contenoit avoit plus de 60. pieds de
hauteur , fur 35. de largeur , & formoit comme
un grand Arc de Triomphe compofé dans toutes
les regles de la meilleure Architecture. Au milieu
de la Frife on voyoit ces mots en Lettres de feu ,
Vive le Roy , qu'on pouvoit lire diftinctement de
très- loin. Sur la Corniche regnoit une belle Baluftrade
, aux deux bouts de laquelle étoient les
Statues de la Paix & de l'Abondance avec leurs
attributs. On voyoit ailleurs celles de la France
& de la Religion , & plufieurs autres Figures &
Ornemens fimboliques , convenables à ce grand
Lujet.
Au bas de la Figure de la Renommée étoient
ces mots : NASCENTE DELPHINO , &
au bas de quatre autres Figures : GALLIA FELIX,
RELIGIO TUTA ABUNDANTIA
CERTA , PAX FIRMA , fans parler de quantité
d'Emblèmes & de Devifes ingénieufes placées
dans
MAY. 1730. ΙΟΙΙ
dans les endroits convenables , & qui furent très
applaudies.
L'Artifice réuffit parfaitement ; on admira fur
tout un grand Soleil fixe qui furprit tout le monpar
l'éclat de fa lumiere & par fa durée. Tout
le fpectacle finit par une décharge de quantité de
de
Boetes.
Il ne faut pas oublier
que cette Fête fi brillante,
& dont le fuccès a été fi heureux
, eft dûe au zele
& à la fagaci é du R. P. Le Brun , Superieur
General
des Miffions
de l'Amérique
, qui dans un
Pays denué de la plupart
des chofes
neceffaires
,
a trouvé
le moyen
de faire tout ce que le plus
habile Artifte auroit pû executer
dans la meilleure
Ville de l'Europe.
par
Les Dominicains fe font auffi beaucoup fignalés
dans cette occafion. Le R, P. Mane , Supérieur
Géneral de leurs Miffions dans les Illes , a donné
une Fête des plus brillantes , qui commença par
le Te Deum , chanté en Mufique , & fut continuée
le bruit d'une nombreuſe Artillerie , par
un Feu d'Artifice des mieux entendus , & heu →
reufement executé , par une Illumination magnifique
, & enfin par un grand repas donné à M.
le Commandant & aux perfonnes les plus qualifiées
, fans parler des aumônes & des liberali,
tés confiderables en faveur des Pauvres &c.
Martinique,furlaNaiffance duDauphin .
Extrait d'une Lettre écrite de cette Ifle, le
25. Fanvier 1730 .
E Marquis de Champigny , Gouverneur des
Lifles du Vent de l'Amerique , fit d'abord
éclater fa joye par une décharge generale de tous
les Canons de l'Ifle. Et le lendemain 4. Décembre
, il fit chanter le Te Deum , dans l'Eglife Paroiffiale
du Fort Royal de S. Pierre , où il affifta
avec M. d'Orgeville , Intendant de la Martinique ,
les Officiers Majors , le Confeil en Corps & les
Ju1008
MERCURE DE FRANCÊ
Jurifdictions , &c. Delà on alla dans la grande
Place allumer en ceremonie un Feu de joye qui"
y étoit préparé ; les Milices s'y trouverent & firent
trois décharges , pendant qu'on tira du Fort
& du Vaiffeau du Roi , plus de 400. coups de
Canon. M. le Gouverneur fit répandre de l'argent
au Peuple , dont la foule étoit fort grande dans
cette Place , & fur les fept heures du foir il fit tirer
au Fort un Feu d'artifice. Enfuite il donna
fomptueufement à fouper aux perfonnes les plus
confiderables du Pays , qui avoient déja dîné chez
lui , & il fit donner à manger à toutes les Trounes
Françoifes & Suiffes , fur des tables dreffées
rès autour du Château , au milieu defquelles ,
étoient plufieurs Fontaines de Vin qui coulerent'
pendant tout le temps du Repas , lequel fut fuivi
d'un Bal qui dura jufqu'au jour. L'Illumination
de l'Hôtel du Gouverneur dura auffi jufqu'au jour
& fut très-brillante.
My eut le même foir à l'Intendance une Illumination
magnifique , un nombre infini de Lampions
, difpofez avec art , faifoient un effet merveilleux
, on y diftribua à tous les paffans toutes
fortes de Rafraîchiffemens en abondance. Cependant
M. l'Intendant fe préparoit à donner le jous
fuivant une nouvelle Fête pour marquer l'ardeur
de fon zele , mais il fut obligé de s'embarquer
fur le Vaiffeau du Roy pour aller avec M. le
Gouverneur à la Guadeloupe , & il a remis cette
Fête à fon retour.
Toutes les Communautez Religieufes ont fignar
lé leur zele par des Te Deum , chantez folemnellement
, par des Illuminations , &c. Les Jefuites fe
font particulierement diftinguez , n'ayant rien
obmis pour rendre leur Fête des plus folemnelles,
à quoi la fituation de leur Maifon n'a pas peu
contribué. Au Nord du Bourg de S. Pierre eft
une
MAY. 1730. 1009
I
une longue Avenue , bordée de trois rangées d'arbres,
qui conduit à Paglife & au grand.Portail,qui
fait la principale entrée de cette Maifon , compofée
de trois aîles , & fait face à la Mer , dont elle
n'eft éloignée que d'environ 300. pas ; à cent pas
de la Maifon eft une Riviere , & au -delà une
belle Campagne , où fut dreffé le Feu d'artifice .
Dès les cinq heures du foir du 21. Janvier ,
trois déchargés de 21. coups de Canon chacune,
annoncerent le Te Deum , qui fut chanté dans
leur Eglife par de belles voix , accompagnées de
Hautbois ,Violons , Flutes Aliemandes , Baffes de
Violes , & autres Inftrumens. A fept heures , toute
l'Avenue fut illuminée par de grands Flambeaux
de Bois de Chandelle , de 9 a 10. pieds de
hauteur , placez dans les intervales des Arbres, qui
jettoient une grande flamme , & rendoient une
clarté prefque égale à celle du jour. Ce Bois de
chandelle eft refineux & eft le plus beau du Pays,
on en fait des Flambeaux qui ne s'éteignent point,
& qui éclairent extraordinairement.
L'entrée de la Cour préfentoit un fort beau
morceau d'Architecture , c'étoit un Portique foutenu
par des Colomnes de Marbre feint , dont
l'Entablement portoit de grands Vafes à fleurs &
autres ornemens. On y voyoit fur tout les Armes
de France & celles du Dauphiné , foutenues
par des Statues repréfentant la Force & la Juftice :
Aux deux côrez du Portrait , on voyoit deux Niches
de Rocaille , dans lefquelles étoient deux
Dauphins, qui jettoient une grande quantité d'eau
formant une Nape , qui couloit parmi des Coquillages,
& fe répandoit dans deux Baffins de
Marbre élevez fur des piedeftaux auffi de
Marbre.
"
Un autre grand Baffin, placé dans la cour, contenoit
dans fon milieu un Rocher escarpé , aux
quatre
1010 MERCURE DE FRANCE
quatre coins duquel on voyoit des Groupes . de
petits Dauphins qui jettoient de l'eau, & fervoien
Comme de Piedeital à un autre grand Dauphin ,
lequei pouffoit un Jet d'eau de 25. pieds de hau
_teur , & en même temps des flammes par le
moyen de differens tuyaux , ce qui faifoit un
effet très-éclatant.
Toute la façade & les deux aîles de cette grande
Maiſon étoient cependant tout en feu par Pabondance
& la varieté de l'Iumination , ce qui
formoit un afpect magnifique , fur tout du côté
de la Mer , où une infinité de Chaloupes & de
Canots , remplis d'une multitude de Spectateurs,
contribuerent beaucoup à la beauté de la Fête.
A peine l'Illumination fut-elle achevée, qu'il partit
de la Maiſon un Dragon enflammé , qui porta
le feu à l'Artifice , fitué , comme on l'a dit , audelà
de la Riviere , & éloigné de 400. pas. L'Edifice
qui le contenoit avoit plus de 60. pieds de
hauteur , fur 35. de largeur , & formoit comme
un grand Arc de Triomphe compofé dans toutes
les regles de la meilleure Architecture. Au milieu
de la Frife on voyoit ces mots en Lettres de feu ,
Vive le Roy , qu'on pouvoit lire diftinctement de
très- loin. Sur la Corniche regnoit une belle Baluftrade
, aux deux bouts de laquelle étoient les
Statues de la Paix & de l'Abondance avec leurs
attributs. On voyoit ailleurs celles de la France
& de la Religion , & plufieurs autres Figures &
Ornemens fimboliques , convenables à ce grand
Lujet.
Au bas de la Figure de la Renommée étoient
ces mots : NASCENTE DELPHINO , &
au bas de quatre autres Figures : GALLIA FELIX,
RELIGIO TUTA ABUNDANTIA
CERTA , PAX FIRMA , fans parler de quantité
d'Emblèmes & de Devifes ingénieufes placées
dans
MAY. 1730. ΙΟΙΙ
dans les endroits convenables , & qui furent très
applaudies.
L'Artifice réuffit parfaitement ; on admira fur
tout un grand Soleil fixe qui furprit tout le monpar
l'éclat de fa lumiere & par fa durée. Tout
le fpectacle finit par une décharge de quantité de
de
Boetes.
Il ne faut pas oublier
que cette Fête fi brillante,
& dont le fuccès a été fi heureux
, eft dûe au zele
& à la fagaci é du R. P. Le Brun , Superieur
General
des Miffions
de l'Amérique
, qui dans un
Pays denué de la plupart
des chofes
neceffaires
,
a trouvé
le moyen
de faire tout ce que le plus
habile Artifte auroit pû executer
dans la meilleure
Ville de l'Europe.
par
Les Dominicains fe font auffi beaucoup fignalés
dans cette occafion. Le R, P. Mane , Supérieur
Géneral de leurs Miffions dans les Illes , a donné
une Fête des plus brillantes , qui commença par
le Te Deum , chanté en Mufique , & fut continuée
le bruit d'une nombreuſe Artillerie , par
un Feu d'Artifice des mieux entendus , & heu →
reufement executé , par une Illumination magnifique
, & enfin par un grand repas donné à M.
le Commandant & aux perfonnes les plus qualifiées
, fans parler des aumônes & des liberali,
tés confiderables en faveur des Pauvres &c.
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Résumé : REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
Le 25 janvier 1730, la Martinique célébra la naissance du Dauphin par des réjouissances officielles. Le Marquis de Champigny, Gouverneur des îles du Vent de l'Amérique, manifesta sa joie par une décharge générale de canons. Le 4 décembre, un Te Deum fut chanté dans l'église paroissiale du Fort Royal de Saint-Pierre, en présence des officiers majeurs, du conseil, des juridictions et du peuple. Cette célébration inclut un feu de joie sur la grande place, accompagné de décharges de milices et de canons. Le gouverneur distribua de l'argent, organisa un feu d'artifice et offrit un somptueux souper aux personnalités importantes, suivi d'un bal et d'une illumination de l'hôtel du gouverneur. L'Intendant d'Orgeville avait également préparé une fête, mais dut partir pour la Guadeloupe avec le gouverneur. Les communautés religieuses, notamment les Jésuites, marquèrent l'événement par des Te Deum solennels et des illuminations. Les Jésuites organisèrent une fête somptueuse avec des illuminations, des feux d'artifice et un repas pour les notables. Les Dominicains, dirigés par le Père Mane, célébrèrent également l'événement avec un Te Deum, des feux d'artifice, une illumination et un repas pour les personnalités qualifiées, ainsi que des aumônes pour les pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4692
p. 157-161
PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Début :
Quoy que les Moutons soient doux, ils se plaignent / Bergere, il n'est rien moins que beau [...]
Mots clefs :
Bergère, Hameau, Mouton, Rude, Ennui, Chien, Toison d'or, Amour, Mutineries, Bergeries
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texteReconnaissance textuelle : PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Quoy que les Moutons
foient doux , ils ſe plaignent
quelquefois . Les Vers qui
fuivent nous le font connoître.
Ils font de M ' Vignier
de Richelieu.
158 MERCURE
7
PLAINTE
POUR UN MOUTON
à fa
Bergere .
B Ergere, il n'est rien moins que
De s'enfermerdans le Hameau,
Quand voftre Mouton tout en nage
Est couru des Chiens du Village,
Et vient pour fe fauver chez vous
De ces Chiens pires que
des Loups.
En vain il bêle, en vain il gratte,
En vain il s'écorche la patte,
Vous aviez enjoint à Ñannon
De n'ouvrirpoint à ce Mouton.
Depuis un traitement fi rude
Plein d'ennuy, plein d'inquiétude,
On croit à le voir qu'il estfou.
Sans manger le quart defonfou,
GALANT.
159
Il ne fait que tourner fans ceffe,
Tant fon petit coeur est en preffe,
Et pour vous le dire entre nous,
Je nene fçay s'il n'est pointjaloux,
Car vousfçavez bien qu'une Beste ,
Commel'Homme amartelen tefte.
Ilcraint , & non pasfans raison,
Qu'estantfur l'arriere Saifon,
Cela veutdire defon âge,
Sa Bergere ne foit volage.
Mais qu'elle ne s'y trompepas ,
Unvieux Mouton , fors en un cas,
Doit l'emporterprés d'une Belle,
Surjeane Mouton fans cervelleż
Et je fuis bien feur que Buscon ,
S'ilvoyoit un autre Mouton,
Fapperoit d'une telle forte,
Qu'il luyferoit paffer laporte
Beaucoup plus vite que le pas ,
Quand vous ne le voudriez pas.
Ce Chien vous aime, il estfidelle,
160 MERCURE
Mais de voir une Amour nouvelle,
Eust- il du Mouton de Colches
La Toifon d'or deffus le dos,
Ily feroit entrer fagrife,
Et cela n'estpoint apocrife.
Alors quelfracas , quel conflit,
S'il approchoit de voftre Lit
Dans le temps que Dame Pareffe
Ou quelque petitefoibleſſe,
Vous retiennent à ruminer,
Sans pouvoir vous déterminer,
l'entens à quiter voftre Couche,
Où comme ailleurs toûjours farouche,
Vousferiez enrager l'Amour,
S'ilvousyfurprenoit unjour!
C'est là qu'imitant fa Maistreffe,
Auffi Tygre qu'elle est Tygreffe,
N'eftantpoint defes Dépendans,
Il le mordroit à belles dents.
Je croy de plus, que vostre Chatte
Feroitfor devoir de fa patte,
GALANT.: 161
En miolant d'un trife ton ,
Al'aspect de ce fin Monton.
Pour le voftre perdez l'envie
De le changer de voſtre vies
Puis que vousfçavez ce qu'il vaut
Traitez- le toujours comme ilfaut;
Autrement la mutinerie
Se mettant dans la Bergerie,
Bergere, Les Chiens & les Chats
Vous laifferoient piller & mangerpar
les Rats.
foient doux , ils ſe plaignent
quelquefois . Les Vers qui
fuivent nous le font connoître.
Ils font de M ' Vignier
de Richelieu.
158 MERCURE
7
PLAINTE
POUR UN MOUTON
à fa
Bergere .
B Ergere, il n'est rien moins que
De s'enfermerdans le Hameau,
Quand voftre Mouton tout en nage
Est couru des Chiens du Village,
Et vient pour fe fauver chez vous
De ces Chiens pires que
des Loups.
En vain il bêle, en vain il gratte,
En vain il s'écorche la patte,
Vous aviez enjoint à Ñannon
De n'ouvrirpoint à ce Mouton.
Depuis un traitement fi rude
Plein d'ennuy, plein d'inquiétude,
On croit à le voir qu'il estfou.
Sans manger le quart defonfou,
GALANT.
159
Il ne fait que tourner fans ceffe,
Tant fon petit coeur est en preffe,
Et pour vous le dire entre nous,
Je nene fçay s'il n'est pointjaloux,
Car vousfçavez bien qu'une Beste ,
Commel'Homme amartelen tefte.
Ilcraint , & non pasfans raison,
Qu'estantfur l'arriere Saifon,
Cela veutdire defon âge,
Sa Bergere ne foit volage.
Mais qu'elle ne s'y trompepas ,
Unvieux Mouton , fors en un cas,
Doit l'emporterprés d'une Belle,
Surjeane Mouton fans cervelleż
Et je fuis bien feur que Buscon ,
S'ilvoyoit un autre Mouton,
Fapperoit d'une telle forte,
Qu'il luyferoit paffer laporte
Beaucoup plus vite que le pas ,
Quand vous ne le voudriez pas.
Ce Chien vous aime, il estfidelle,
160 MERCURE
Mais de voir une Amour nouvelle,
Eust- il du Mouton de Colches
La Toifon d'or deffus le dos,
Ily feroit entrer fagrife,
Et cela n'estpoint apocrife.
Alors quelfracas , quel conflit,
S'il approchoit de voftre Lit
Dans le temps que Dame Pareffe
Ou quelque petitefoibleſſe,
Vous retiennent à ruminer,
Sans pouvoir vous déterminer,
l'entens à quiter voftre Couche,
Où comme ailleurs toûjours farouche,
Vousferiez enrager l'Amour,
S'ilvousyfurprenoit unjour!
C'est là qu'imitant fa Maistreffe,
Auffi Tygre qu'elle est Tygreffe,
N'eftantpoint defes Dépendans,
Il le mordroit à belles dents.
Je croy de plus, que vostre Chatte
Feroitfor devoir de fa patte,
GALANT.: 161
En miolant d'un trife ton ,
Al'aspect de ce fin Monton.
Pour le voftre perdez l'envie
De le changer de voſtre vies
Puis que vousfçavez ce qu'il vaut
Traitez- le toujours comme ilfaut;
Autrement la mutinerie
Se mettant dans la Bergerie,
Bergere, Les Chiens & les Chats
Vous laifferoient piller & mangerpar
les Rats.
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Résumé : PLAINTE POUR UN MOUTON à sa Bergere.
Le texte est une plainte poétique adressée à une bergère au sujet de son mouton. Ce dernier, poursuivi par des chiens, cherche refuge auprès d'elle, mais elle refuse de l'accueillir sur ordre de l'annonciateur. Le mouton, affolé et inquiet, semble fou et ne mange plus. Le narrateur suggère que le mouton pourrait être jaloux, craignant l'infidélité de la bergère. Il compare un mouton âgé à un jeune mouton sans cervelle, affirmant que le premier a plus de valeur. Le chien Buscon, bien que fidèle, pourrait laisser entrer un autre mouton par jalousie, provoquant des conflits. La bergère est mise en garde contre les conséquences négatives de changer son mouton, car cela pourrait entraîner une mutinerie parmi les animaux, rendant la bergerie vulnérable aux rats.
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4693
p. 146-150
Remarques sur quelques Points de la Religion des Moscovites.
Début :
Ils sont dans l'opinion qu'il n'y a qu'eux de veritables [...]
Mots clefs :
Prêtre, Religion, Communion, Moscovites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarques sur quelques Points de la Religion des Moscovites.
Remarques sur quelques Points
de la Religion des
Moscovites.
Ils sont dans l'opinion qu'il
n'y a qu'eux de veritables
Chrêtiens, puisqu'ils
Historique.
147
sont les seuls, disent-ils,
qui ayent éte baptisez, tous
les autres n'ayant été qu'
arrosez: Auſsi le Pretre
plonge-t il trois fois l'en-
fant nud dans l'eau, pro-
nonçant les Paroles ordi-
naires du Sacrement, je
te baptise, &c.
Pourles perfonnes agées
qui embrassent la Religion
Grecque ou Moscovite,
elles reçoivent le bapté
me dans une Riviere où
on les plonge par dessus la
tête, quelque froid qu'il
fasse, de forte que bien
ſouvent on est contraint
de casser la glace pour
Nij
Relarion
1
cette Cérémonie. Les Pro-
totopes ou ſimples Prè-
tres sont obligez de ſe ma-
rier, mais ils ne peuvent
passer a de secondes No-
ces, sans renoncer à laPre-
trise.
Les Perfonnes en âge de
raison, apres s'etre confes-
fées au milieu de l'Eglise,
Communient ordinaire-
ment la veille de Pâques,
ſous les deux Especes; le
Prêtre mélant de l'eau a-
vec le vin : Le pain doit
avoir été paitri & cuit
par la veuve d'un Pretre.
On le consacre le jour de
la Communion, ou le Jeu-
Historique.
149
dy avant Pâques; l'un,
pour les Communians qui
se presentent, & l'autre,
pour les Malades. Les plus
devots dorment apres la
Communion, afin de ne
point pêcher ce jour là;
car, pourles autres Fêtes, ils
ne croiroient pas les avoir
bien solennisées, s'ils ne
s'en yvroient; ce n'est pas
meme une grande honte
aux femmes, non plus qu-
auxPopas d'être vus yvres
au milieu des ruës; &
lorsque des femmes de
Qualité ont fait un repas
ensemble, celle qui la
donné, envoye le lende
Nii
Relation
150
main le principal de ſes
Domestiques a ses Amies
du soir, pour s'informer
comment elles ont passe
la nuit, leur réponse or-
dinaire, c'est de la remer-
cier de sa bonne chere, qui
les avoit rendu ſi gayes,
quelles ne sçavent pas
comment elles ont pu re-
trouver leur logis ; tant
elles avoient bû.
de la Religion des
Moscovites.
Ils sont dans l'opinion qu'il
n'y a qu'eux de veritables
Chrêtiens, puisqu'ils
Historique.
147
sont les seuls, disent-ils,
qui ayent éte baptisez, tous
les autres n'ayant été qu'
arrosez: Auſsi le Pretre
plonge-t il trois fois l'en-
fant nud dans l'eau, pro-
nonçant les Paroles ordi-
naires du Sacrement, je
te baptise, &c.
Pourles perfonnes agées
qui embrassent la Religion
Grecque ou Moscovite,
elles reçoivent le bapté
me dans une Riviere où
on les plonge par dessus la
tête, quelque froid qu'il
fasse, de forte que bien
ſouvent on est contraint
de casser la glace pour
Nij
Relarion
1
cette Cérémonie. Les Pro-
totopes ou ſimples Prè-
tres sont obligez de ſe ma-
rier, mais ils ne peuvent
passer a de secondes No-
ces, sans renoncer à laPre-
trise.
Les Perfonnes en âge de
raison, apres s'etre confes-
fées au milieu de l'Eglise,
Communient ordinaire-
ment la veille de Pâques,
ſous les deux Especes; le
Prêtre mélant de l'eau a-
vec le vin : Le pain doit
avoir été paitri & cuit
par la veuve d'un Pretre.
On le consacre le jour de
la Communion, ou le Jeu-
Historique.
149
dy avant Pâques; l'un,
pour les Communians qui
se presentent, & l'autre,
pour les Malades. Les plus
devots dorment apres la
Communion, afin de ne
point pêcher ce jour là;
car, pourles autres Fêtes, ils
ne croiroient pas les avoir
bien solennisées, s'ils ne
s'en yvroient; ce n'est pas
meme une grande honte
aux femmes, non plus qu-
auxPopas d'être vus yvres
au milieu des ruës; &
lorsque des femmes de
Qualité ont fait un repas
ensemble, celle qui la
donné, envoye le lende
Nii
Relation
150
main le principal de ſes
Domestiques a ses Amies
du soir, pour s'informer
comment elles ont passe
la nuit, leur réponse or-
dinaire, c'est de la remer-
cier de sa bonne chere, qui
les avoit rendu ſi gayes,
quelles ne sçavent pas
comment elles ont pu re-
trouver leur logis ; tant
elles avoient bû.
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4694
p. 160-165
L'INDIEN ET LE SOLEIL, FABLE.
Début :
Grand Roy, qui vois les Arts d'un regard favorable, [...]
Mots clefs :
Roi, Indien, Fable, Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'INDIEN ET LE SOLEIL, FABLE.
V I N D I E N
ETLE SOLEIL,
FABLE.
GRandRoy
,
qui vois
les Arts d'un regard
favorable,
Et dont avec transport
j'éprouvela honte
Sou,ffre
Souffre qu'ici la Verite
Se cache un moment feus
la Fable.
UNhabitant de i3Inde
adoroit le Soleil.
Vn Zjéle renaissant nuit
é5jour le devore,
Etyplein de l'objet qu'il
adore,
L'ardeur de le loüer interrompt
son sommeil.
Quelquefois célébrant sa
lumiere seconde
D'un regard attentifaille
suitdansson cours,
MAdmire en lui l'Ame du
monde s
Toûjours chantant,&se
plaignant toujours
Qj£acequ'ilJent nul terme
ne réponde.
Il peint tantôt le celeste
lfambeau
Vainement assiegé par les
sombres nuages,
Et bten-tost vainqueur
des orages
Reparoissant encore plus
beau.
Il fait Hymnte sur
Hymne, en remplit
la contrée s
Tout accourt àsa voix, f5
chacun l'écoutant,
Benssoit la puissance en
ses vers célebrée,
Tandis que duplaisir de
la voir adorée
Le chantre se tient trop
content,
Le Soleil touché de ce
zJle,
Surfis cLamps dessechez,
jette un oeilcaî-eslàns.
Soudain,moisson double
plusbelle
, Verger fertile t5 steurissant.
Soleil, dit l'Indien, je
rends à tes largejjes
Tout l'hommage que je
leur doi :
Tes bienfaitscependant
n'acquiérentriensur
mois
Tu peux augmenter mes
richesses
Mais non pas mon ZLele
I pourtoî.
ETLE SOLEIL,
FABLE.
GRandRoy
,
qui vois
les Arts d'un regard
favorable,
Et dont avec transport
j'éprouvela honte
Sou,ffre
Souffre qu'ici la Verite
Se cache un moment feus
la Fable.
UNhabitant de i3Inde
adoroit le Soleil.
Vn Zjéle renaissant nuit
é5jour le devore,
Etyplein de l'objet qu'il
adore,
L'ardeur de le loüer interrompt
son sommeil.
Quelquefois célébrant sa
lumiere seconde
D'un regard attentifaille
suitdansson cours,
MAdmire en lui l'Ame du
monde s
Toûjours chantant,&se
plaignant toujours
Qj£acequ'ilJent nul terme
ne réponde.
Il peint tantôt le celeste
lfambeau
Vainement assiegé par les
sombres nuages,
Et bten-tost vainqueur
des orages
Reparoissant encore plus
beau.
Il fait Hymnte sur
Hymne, en remplit
la contrée s
Tout accourt àsa voix, f5
chacun l'écoutant,
Benssoit la puissance en
ses vers célebrée,
Tandis que duplaisir de
la voir adorée
Le chantre se tient trop
content,
Le Soleil touché de ce
zJle,
Surfis cLamps dessechez,
jette un oeilcaî-eslàns.
Soudain,moisson double
plusbelle
, Verger fertile t5 steurissant.
Soleil, dit l'Indien, je
rends à tes largejjes
Tout l'hommage que je
leur doi :
Tes bienfaitscependant
n'acquiérentriensur
mois
Tu peux augmenter mes
richesses
Mais non pas mon ZLele
I pourtoî.
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Résumé : L'INDIEN ET LE SOLEIL, FABLE.
La fable 'Le Soleil' se déroule en Inde et raconte l'histoire d'un habitant qui adore le Soleil et est inspiré par sa lumière. Cet homme célèbre le Soleil jour et nuit, admirant son rôle dans le monde et chantant ses louanges. Ses hymnes attirent une foule qui bénit la puissance du Soleil. Ému par cet amour, le Soleil, par un simple regard, fait croître les récoltes et rend les vergers fertiles. L'Indien, reconnaissant, rend hommage aux bienfaits du Soleil mais souligne que, bien que le Soleil puisse augmenter ses richesses, il ne peut accroître son zèle et son amour pour lui.
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4695
p. 161-168
« Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...] »
Début :
Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...]
Mots clefs :
Roi, Cardinal, Archevêque, Marquis, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...] »
Des lettres de Londres
du 1 s. de ce mois , portent
qu'on continuoit à faire des
changemens dans les charges
& emplois , & quoy
qu'ils ne foient pas achevez
, on parle déja de dépoſer
quelqu'un de ceux
que lenouveauRoy a nommez
, entr'autres le Comte
de Notingham , Prefident
du Conſeil Privé ,
& fon frere , que l'on foupçonne
de favorifer le par-
Dec.1714. Ο
162 MERCURE
ti du Pretendant .
On avoit publié un projet
pour mettre une taxe
fur les fonds publics : mais
on ne croit pas que leParlement
l'approuve , àcauſe
que cela ruïneroit le credit
de la nation , & décourageroit
les étrangersd'envoyer
leur argent , & même
de le retirer; ce qui feroit
baiffer confiderablement
le prix des actions ,
& feroit cauſe qu'à l'avenir
les fonds que l'on accorderoit
au Roy ne ſeroient pas
remplis.
GALANT.
163
On arrêta la ſemaine paf.
ſée un nommé Oncale , qui
s'embarquoit pour France ,
on l'a mené en priſon ; on
l'accuſe d'avoir enrôlé du
monde pour le ſervice du
Pretendant.lephanteb
Le ſoir du 10. on amena
quatorze prifonniers , qui
feront condamnez à mort.
Les lettres de Veniſe portentque
les preparatifs extraordinaires
des Turcs par
mer &par terre alarment
fort les Venitiens & les
Malthois,qui prennent tou-
O ij
164 MERCURE
tes leurs précautions pour
ſe mettre àcouvert des irruptions
de cette énorme
puiſſance.
A
On mande de Plaiſance
du mois de Novembre dernier
, que Leurs Alteſſes Sereniffimes
M. le Duc & M
la Ducheſſe de Parme ont
couru grand riſque de ſe
noyer dans le Stiron , qui
eſt un torrent voiſin du
bourg de faint Domini
que qui s'étoit debordé
avec tant d'impetuofité ,
que les caroſſes où étoient
GALANT. 165
Leurs A. Sont été envelopez
dans ce debordement
, dont elles n'ont échapé
que par un miracle.
On a fait à leur retour à
Parme des prieres & des
réjoüiſſances pour le ſalut
de Leurs A. S.
an Le derniert du mois paſſé
Monfieur l'Abbé de Villeroy
fut facré Archevêque
de Lyon ,par les mains du
Cardinal de Rohan , aſſiſté
des Evêques de Noyon &
de Limoges : cette ceremonie
ſe fit dans l'Egliſe
166 MERCURE
de la Maiſon Profeſſe des
Jeſuites.
Le premier de ce mois
M. l'Archevêque de Lyon
prêta ſermenr de fidelité
entre les mains du Roy à
Marly.
Le 25. du paſſé Monfieur
l'Abbé de Trudaine fut facré
Evêque de Senlis dans
l'Eglife des Religieuſes de
fainte Elifabeth ;M. le Cardinal
de Rohan en fit la
ceremonie , aſſiſtédes Evêques
de Noyon& de Séez.
Le 29. il prêta ferment
GALANT. 167
de fidelité à Marly entre
les mains du Roy.
Le Roy a donné au Comte
du Luc une penſion de
huit mille livres , & lui a
accordé la ſurvivance de
fes Charges & de ſon Gouvernement
pour ſes enfans.
M. leComte de Croiſſy ,
frere de M. le Marquis le
Torcy , a été nommé pour
aller en ambaſſade aupres
du Roy de Suede ; & M. le
Marquis de Sommery en
Baviere.
168 MERCURE
1
L'Electeur de Cologne
donna le.... un regal magnifique
au Prince Royal
de Saxe , au fon des tymbales
&des trompettes. On
continuë d'emballer les bagages
de cet Electeur , qui
doit retourner inceſſamment
dans ſes Eſtats.
Le 18. de ce mois Meffieurs
les Princes de Soubize
& d'Epinoy prirent
feance au Parlement en
qualité de Ducs & Pairs.
du 1 s. de ce mois , portent
qu'on continuoit à faire des
changemens dans les charges
& emplois , & quoy
qu'ils ne foient pas achevez
, on parle déja de dépoſer
quelqu'un de ceux
que lenouveauRoy a nommez
, entr'autres le Comte
de Notingham , Prefident
du Conſeil Privé ,
& fon frere , que l'on foupçonne
de favorifer le par-
Dec.1714. Ο
162 MERCURE
ti du Pretendant .
On avoit publié un projet
pour mettre une taxe
fur les fonds publics : mais
on ne croit pas que leParlement
l'approuve , àcauſe
que cela ruïneroit le credit
de la nation , & décourageroit
les étrangersd'envoyer
leur argent , & même
de le retirer; ce qui feroit
baiffer confiderablement
le prix des actions ,
& feroit cauſe qu'à l'avenir
les fonds que l'on accorderoit
au Roy ne ſeroient pas
remplis.
GALANT.
163
On arrêta la ſemaine paf.
ſée un nommé Oncale , qui
s'embarquoit pour France ,
on l'a mené en priſon ; on
l'accuſe d'avoir enrôlé du
monde pour le ſervice du
Pretendant.lephanteb
Le ſoir du 10. on amena
quatorze prifonniers , qui
feront condamnez à mort.
Les lettres de Veniſe portentque
les preparatifs extraordinaires
des Turcs par
mer &par terre alarment
fort les Venitiens & les
Malthois,qui prennent tou-
O ij
164 MERCURE
tes leurs précautions pour
ſe mettre àcouvert des irruptions
de cette énorme
puiſſance.
A
On mande de Plaiſance
du mois de Novembre dernier
, que Leurs Alteſſes Sereniffimes
M. le Duc & M
la Ducheſſe de Parme ont
couru grand riſque de ſe
noyer dans le Stiron , qui
eſt un torrent voiſin du
bourg de faint Domini
que qui s'étoit debordé
avec tant d'impetuofité ,
que les caroſſes où étoient
GALANT. 165
Leurs A. Sont été envelopez
dans ce debordement
, dont elles n'ont échapé
que par un miracle.
On a fait à leur retour à
Parme des prieres & des
réjoüiſſances pour le ſalut
de Leurs A. S.
an Le derniert du mois paſſé
Monfieur l'Abbé de Villeroy
fut facré Archevêque
de Lyon ,par les mains du
Cardinal de Rohan , aſſiſté
des Evêques de Noyon &
de Limoges : cette ceremonie
ſe fit dans l'Egliſe
166 MERCURE
de la Maiſon Profeſſe des
Jeſuites.
Le premier de ce mois
M. l'Archevêque de Lyon
prêta ſermenr de fidelité
entre les mains du Roy à
Marly.
Le 25. du paſſé Monfieur
l'Abbé de Trudaine fut facré
Evêque de Senlis dans
l'Eglife des Religieuſes de
fainte Elifabeth ;M. le Cardinal
de Rohan en fit la
ceremonie , aſſiſtédes Evêques
de Noyon& de Séez.
Le 29. il prêta ferment
GALANT. 167
de fidelité à Marly entre
les mains du Roy.
Le Roy a donné au Comte
du Luc une penſion de
huit mille livres , & lui a
accordé la ſurvivance de
fes Charges & de ſon Gouvernement
pour ſes enfans.
M. leComte de Croiſſy ,
frere de M. le Marquis le
Torcy , a été nommé pour
aller en ambaſſade aupres
du Roy de Suede ; & M. le
Marquis de Sommery en
Baviere.
168 MERCURE
1
L'Electeur de Cologne
donna le.... un regal magnifique
au Prince Royal
de Saxe , au fon des tymbales
&des trompettes. On
continuë d'emballer les bagages
de cet Electeur , qui
doit retourner inceſſamment
dans ſes Eſtats.
Le 18. de ce mois Meffieurs
les Princes de Soubize
& d'Epinoy prirent
feance au Parlement en
qualité de Ducs & Pairs.
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Résumé : « Des lettres de Londres du 15. de ce mois, portent [...] »
En décembre 1714, à Londres, des changements politiques notables ont lieu, avec des rumeurs de destitution de certains nommés par le nouveau roi, comme le Comte de Nottingham et son frère, accusés de soutenir le Prétendant. Un projet de taxe sur les fonds publics est publié, mais son approbation par le Parlement semble improbable en raison des risques pour le crédit national et les investissements étrangers. À Paris, un individu nommé Oncale est arrêté pour avoir recruté des partisans pour le Prétendant, et quatorze prisonniers sont condamnés à mort. À Venise, les préparatifs turcs suscitent des inquiétudes, poussant les Vénitiens et les Maltais à prendre des mesures de précaution. À Plaisance, le Duc et la Duchesse de Parme échappent de peu à la noyade, ce qui entraîne des prières et des réjouissances à leur retour à Parme. En France, l'Abbé de Villeroy devient Archevêque de Lyon et prête serment au roi, tout comme l'Abbé de Trudaine, nommé Évêque de Senlis. Le roi accorde une pension et des charges au Comte du Luc pour ses enfants. Le Comte de Croissy est nommé ambassadeur en Suède et le Marquis de Sommery en Bavière. L'Électeur de Cologne offre un banquet au Prince Royal de Saxe, tandis que les Princes de Soubize et d'Epinoy prennent séance au Parlement en tant que Ducs et Pairs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4696
p. 2037-2045
LETTRE écrite de Constantinople le 12. Juillet 1732. Suite des affaires de Perse et de Turquie.
Début :
Précisément le même jour, Monsieur, c'est-à-dire, le huit du mois passé, que je vous [...]
Mots clefs :
Pacha , Constantinople, Perse, Turquie, Lettre, Sérasker
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople le 12. Juillet 1732. Suite des affaires de Perse et de Turquie.
LETTRE écrite de Constantinople le 12 .
Juillet 1732. Suite des affaires
de Perse et de Turquie.
Récisément le même jour , Monsieur , c'estPadise,etle du mois passé ,que je vous envoyai la Relation desConferences tenues àAmadan , au mois de Janvier dernier , entre les Plénipotentiaires de Perse et de Turquie , et dont le GV Résul-
2038 MERCURE DE FRANCE
Résultat servit de base au Traité de Paix qu'ils
signerent quelque- tems après , un Chokadar
d'Achmet , Pacha de Babilonne , arriva ici en
douze jours seulement , diligence extrême , qui
répondoit à l'importance des dépêches dont son
Maître l'avoit chargé , et par lesquelles ce Pacha
informoit la Porte , que Thamas Kouli- Khan
Eatemad- Doulet , ou premier Ministre du Roi
de Perse , après avoir remporté plusieurs victoires sur les Efghans ou Aghuans , qu'il avoit rencognez dans leurs Montagnes du Candahar, étoit
revenu en triomphe à Ispaham , qu'enflé de ses heureux succès , et se prévalant de ce qu'il a mis
en quelque façon Chah- Thamas sur le Trône de
ses Ancêtres , il avoit déclaré avec hauteur on arrivant , qu'il ne vouloit absolument point ratifier Traité honteux qu'on venoit de faire avec
les Turcs sans sa participation , prétendant qu'il
étoit en état d'en obtenir un plus honorable et
plus avantageux à la Perse , et qu'en conséquence ce Ministre lui avoit écrit , à lui Achmet , une
Lettre conçue à peu près en ces termes :
Vous qui êtes Pacha de Babilonné , nous vous
faisons sçavoir en premier lieu , que nous voulons
et prétendons être les maîtres d'aller en pleine liberté
et toutes les fois qu'il nous plaira , visiter les Tom- beaux de ⋆ l'Imam- Ali , de Gherbelai-Mahaladé,
de Mousa et d'Hussein. Secondement , que pour
faire nos pélerinages à ces faints Lieux avec la déAli , Gendre de Mahomet , Gherbelaï , fils de la fille de ce dernier ; Mousa et Hussein , fils
d'Ali , ont chacun leur Sépulture aux environs
de Babilonne , et tous ces Tombeaux font l'objet
de la plus profonde véneration des Persans.
cence
SEPTEMBRE. 1732. 2039
il tence , et les dispositions que notre Loi demande ,
faut auparavant que tous les Persans , qui ont été
pris dans la derniere guerre soient délivrez de leur
esclavage , et que comme le sang de nos autres freres, qui y ont peri fume encore , et crie vangeance
à leur Souverain , il faut aussi qu'il y en ait autant
de répandu des Sujets du G. S. que ceux-ci en ont
fait couler des Sujets du Roi de Perse. Nous sommes
bien-aises de vous faire part de nos sentimens , afin
que vous ne puissiez pas nous accuser de vous avoir
surpris,et que vous vous teniez sur vos gardes, Quant
à nous,nous nous préparons à aller bien- tôt à la tête de uotre Armée goûter la douceur de l'air que l'on respire dans les belles plaines de Bagdat , etfaire repaser nos Troupes fatiguées à l'ombre de ses murs.
A cette extraordinaire Lettre du premier Ministre de Perse , Achmet-Pacha en avoit joint
une autre de Baki- Pacha , Gouverneur de Kirman-cha , par laquelle ce dernier se plaignoit que contre la foi du Traité on avoit voulu le dépoüiller de son Gouvernement. Il faut sçavoir
pour entendre ceci , que depuis longues années ce Gouvernement est dans la famille de BakiPacha , et qu'à la sollicitation d'Achmet- Pacha
son Protecteur , on étoit convenu par un article
du dernier Traité de Paix , qu'il resteroit en place , quoiqu'il fut Turc et Sujet du G. S. et quoi
que Kirmancha rentrât sous la domination Per- mais que l'Edatemad- Donlet s'étant recrié
avec quelque raison contre cet article , dont l'exécution pourroit être pernicieuse à la Perse , et
ne voulant point garder de mesures avec les´
Turcs , avoit déposé de son autorité ce Gouver- neur , et lui avoit fait ordonner de remettre le
Commandement à un Persan qu'il envoyoit pour G vi
sane ,
le
2040 MERCURE DE FRANCE
le relever. Baki- Pacha écrivoit donc tout cela au
Seraskier- Achmet , et ajoûtoit , que non- seule- ment il avoit refusé l'entrée de la Ville au Successeur qu'on lui avoit envoyé , mais qu'il en
avoit fait fermer les portes , et qu'il étoit résolu
de s'y deffendre jusqu'à la derniere extrémité
avant que de ceder son poste à personne , que
d'ailleurs il pouvoit l'assurer qu'il y avoit plus
de 20000. hommes dans le Kirman , qui lui
étoient entierement dévoüez , et qu'il attendoit
ses ordres pour sçavoir de quelle maniere il devoit se comporter ; surquoi Acmet- Pacha lui *
avoit répondu , qu'il ne pouvoit lui en donner
aucun qu'il n'en eut reçû lui-même de la Porte
où il alloit mander tout ce qui se passoit.
La Porte aussi surprise qu'indignée des faux
prétextes et de l'air de fierté que prenoit ThamasKouli- Khan pour rompre une paix recente , que
les Persans avoient demandée , pour ainsi - dire à
genoux , et cela dans le tems qu'elle venoit de licencier une partie de ses Troupes , et de retirer
l'autre des Frontieres , la Porte , dis-je , se trouva comme elle se trouve encore dans un grand
embarras Cependant le Grand-Visir ayant convoqué pendant plusieurs jours des Assemblées
générales au Serrail pour décider sur le partî
qu'il y avoit à prendre dans une conjoncture si
délicate , et celui de la guerre ayant parû d'une
nécessité inévitable , l'opinion génerale fut de la
recommencer avec plus de . vigueur que jamais
et de ne la finir que pour la destruction des Persans , de la part desquels il ne falloit plus écouter aucune proposition.
On expédia en même- tems des Courriers à Topal- Osman , Pacha de Trebisonde , ci-devant Grand
>
SEPTEMBRE. 1732. 2041
Grand Vizir , et a d'autres Pachas pour leur
porter des ordres d'assembler à la hâte le plus
de Troupes qu'ils pourroient , et de passer en
toute diligence en Géorgie , afin de mettre à
couvert , s'il étoit possible , Ghendge , Tiflis
Erivan , &c. des entreprises du premier Minis- tre Persan ; et le G. S. donna le Commandement
de la nouvelle Armée à ce même Topal - Osman ,
comme le plus capable de faire tête à l'en- nemi.
En effet , tout le monde convient que le Sultan
ne pouvoit en cette occasion honorer personne
de sa confiance qui en fut plus digne que TopalOsman : outre que ce Pacha est d'une bravoure
et d'une expérience éprouvée par un grand nombre de campagnes et de belles actions , il doit
être animé de la plus terrible vangeance contre
les violateurs de la derniere paix , proprement
son ouvrage , et pour la conclusion de laquelle
on peut dire , qu'il s'étoit comme sacrifié luimême ; sans compter que , s'il y a jour à la renoüer , il sera encore plus propre que personne
à profiter des moyens que les circonstances pour- ront lui en offrir.
-La Porte appréhendant d'un autre côté , que
Thamas Kouli Khan ne tombe sur Bagdad avec
son Armée , que l'on dit être de 60000. hommes , et qu'il ne sempare de cette importante
Place , quoiqu'Achmet- Pacha ait mandé en s'y
renfermant , qu'il étoit en état de tenir trois
mois , des ordres ont été expédiez par tout l'Empire , pour envoyer à ce Gouverneur des secours
d'hommes et de munitions ; et afin de vaincre la
répugnance que les Soldats témoignent de retourner en Perse , on leur a augmenté à tous.
leur paye de quelques aspres.
Од
2042 MERCURE DE FRANCE
On ne peut pas encore sçavoir de quel succès
aura été suivi ce renouvellement de guerre ,
soit
pour les Turcs , soit pour les Persans ; mais un
bruit se répandit ici le même jour qu'on y
apprit la rupture de la paix , sçavoir que ChahThamas n'y avoit aucune part , ce bruit vient
de se confirmer par les dernieres dépêches
d'Achmet- Pacha , qu'un Tartare a remises à la Porte le 4. de ce mois.
Ce Seraskier en envoyant une Lettre que le
Roi de Perse lui avoit adressée pour le G. S.
mande que ce Prince lui en avoit aussi écrit une
par laquelle il l'assuroit qu'il étoit dans la ferme
intention d'éxécuter de sa part tous les articles
du Traité conclu depuis peu ; qu'il désavoüoit
en tout son premier Ministre , et que le regar- dant comme un Sajet qui s'étoit soustrait à l'obéissance de son Roi , il alloit non- seulement le
poursuivre , mais que dans l'incertitude , si le
sort favoriseroit ses armes , il prioit le G. S. de
se joindre à lui , pour employer leurs forces de
concert à réduire ce rebelle , et à faire rentrer
dans leur devoir les Troupes qu'il commande ;
ajoutant que l'histoire fournissoit assez d'éxemples que des Pachas avoient désolé l'Empire Ottoman par des révoltes contre leurs Empereurs que l'Eatemad- Doulet les imitoit aujourd'hui
mais qu'il esperoit que Sa Hautesse ayant égard à la malheureuse situation des affaires de Perse
maintiendroit dans son entier le dernier Traité
de Paix qu'ils avoient conclu ensemble par leurs
Plénipotentia.res respectifs , et duquel il protes- toit de nouveauqu'il ne vouloit s'écarter en rien.
Malgré ces belles assûrances , et quoique d'autres avis portent , qu'effectivement Thamas-
>
Koali
SEPTEMBRE. 1732 2043 Kouli-Khan enorgueilli d'avoir subjugué le Candahar , fait mourir Acheraf , et extermine jusqu'au dernier de la race de ce fameux usurpateur,
abusoit du crédit qu'il s'étoit acquis en Perse , et
donnoit lieu de soupçonner par son humeur al- tiere et ambitieuse , qu'il songeoit à usurper la
Couronne de son Maître ; inalgré tout cela , dis-je , la bonne-foi des Persans est si fort
décriée , que bien des gens pensent ici , que c'est
un nouvel artifice , et que ce Prince d'intelligence avec son premier Ministre et avec quelques
Puissances voisines , ne cherche qu'à amuser les
Turcs , au moins à ralentir l'activite des mouvemens qu'ils se donnent , afin d'avoir le tems de
reprendre sur eux les pays qu'il leur a cedez par
la derniere paix , avant qu'ils ayent assemblé des forces suffisantes pour s'y opposer , ou pour se
préparer des voyes de raccommodement avec la
Porte , supposé qu'il échoue dans ses desseins
en rejettant sur l'Eatemaddoullet toute l'iniquité
de l'infraction du Traité. Je passe sous silence
beaucoup d'autres raisonnemens qui se font ici
sur les causes de cette infraction , en attendanţ
que le tems nous en ait dévoilé le mistere.
Bekir- Pacha , qui étoit Gouverneur de Cutaya,
ayant été nommé Capitan - Pacha , arriva ici
le 13 du mois passé , et fut instalé dans cette dignité avec les cérémonies ordinaires , Marabou ·
son Prédécesseur fut renvoyé chez lui. Le lendemain , ce nouveau Général de la Mer , épousa une
Sultane , sœur du G. S. régnant , et veuve du
G. V. Numan. Pacha , de la Famille des Cuperlis.
Les nouveaux mariez furent un peu troublez la
premiere nuit de leurs nôces par un incendie qui
arriva au Fauxbourg de Cassum-Pacha , et qui étant
2041 MERCURE DE FRANCE
étant dans le voisinage de l'Arcenal , obligea le
Pacha-Bekir , à quitter la couche nuptiale pour
aller donner du secours ; mais sa présence , ni
celle du G. V. ni même le G. S. qui vint jus
qu'au bord de la Mer , ne pûrent empêcher que
le feu ne consummât en peu de tems une centaine de maisons ou de boutiques , dont la plupart
étoient à peine rebâties depuis l'embrasement qui
détruisit une partie de ce Fauxbourg l'année
passée.
La nuit du 19 au 16. il y eut encore un autre
incendie aux environs : le feu prit dans l'Arcenal
même , chez le Tersana-Emini , ou Intendant
de la Marine ; son vaste Palais fut réduit en cendres avec tous ses meubles ; les Archives ; les
Registres , et les autres papiers de la Marine
dont on ne pût rien sauver du tout encore ce fut un grand bonheur que l'air se trouva calme: pour peu qu'il eut fait de vent , il auroit été
presqu'impossible de garantir des flammes tour
P'Arsenal , et les Vaisseaux du G. S. qui sont auprès.
Quoique Marabou , Capitan-Pacha déposé ,
soit généralement reconnu pour un bon homme,
ces deux incendies arrivez coup sur coup , firent
soupçonner que pour se vanger de sa déposition ,
il étoit complice des incendiaires ; car on trouva,
dit on , des matieres combustibles en plusieurs
endroits , mais on n'a pû découvrir aucun incendiaire. Quoiqu'il en soit , la Porte l'avoit éxilé
à Lemnos , et il y fut embarqué pour cet effer
sur une Galere ; cependant ses amis ayant intercedé fortement pour lui , et prouvé son innocence, on le renvoya dans sa maison pour la seconde fois , au bout de huit ou dix jours.
La
SEPTEMBRE. 1732. 2045
La peste , qui a fait beaucoup de ravages en
Sirie cette année- ci , s'est manifestée à Constantinople depuis le commencement de ce mois ,
d'où elle s'est répanduë à Galata , à Pera , et dans
les autres Fauxbourgs , et s'il en faut juger par
la Saison où elle commence , il est à craindre
qu'elle ne fasse de terribles progrès. Je suis , &c.
L
P. V. D.
Juillet 1732. Suite des affaires
de Perse et de Turquie.
Récisément le même jour , Monsieur , c'estPadise,etle du mois passé ,que je vous envoyai la Relation desConferences tenues àAmadan , au mois de Janvier dernier , entre les Plénipotentiaires de Perse et de Turquie , et dont le GV Résul-
2038 MERCURE DE FRANCE
Résultat servit de base au Traité de Paix qu'ils
signerent quelque- tems après , un Chokadar
d'Achmet , Pacha de Babilonne , arriva ici en
douze jours seulement , diligence extrême , qui
répondoit à l'importance des dépêches dont son
Maître l'avoit chargé , et par lesquelles ce Pacha
informoit la Porte , que Thamas Kouli- Khan
Eatemad- Doulet , ou premier Ministre du Roi
de Perse , après avoir remporté plusieurs victoires sur les Efghans ou Aghuans , qu'il avoit rencognez dans leurs Montagnes du Candahar, étoit
revenu en triomphe à Ispaham , qu'enflé de ses heureux succès , et se prévalant de ce qu'il a mis
en quelque façon Chah- Thamas sur le Trône de
ses Ancêtres , il avoit déclaré avec hauteur on arrivant , qu'il ne vouloit absolument point ratifier Traité honteux qu'on venoit de faire avec
les Turcs sans sa participation , prétendant qu'il
étoit en état d'en obtenir un plus honorable et
plus avantageux à la Perse , et qu'en conséquence ce Ministre lui avoit écrit , à lui Achmet , une
Lettre conçue à peu près en ces termes :
Vous qui êtes Pacha de Babilonné , nous vous
faisons sçavoir en premier lieu , que nous voulons
et prétendons être les maîtres d'aller en pleine liberté
et toutes les fois qu'il nous plaira , visiter les Tom- beaux de ⋆ l'Imam- Ali , de Gherbelai-Mahaladé,
de Mousa et d'Hussein. Secondement , que pour
faire nos pélerinages à ces faints Lieux avec la déAli , Gendre de Mahomet , Gherbelaï , fils de la fille de ce dernier ; Mousa et Hussein , fils
d'Ali , ont chacun leur Sépulture aux environs
de Babilonne , et tous ces Tombeaux font l'objet
de la plus profonde véneration des Persans.
cence
SEPTEMBRE. 1732. 2039
il tence , et les dispositions que notre Loi demande ,
faut auparavant que tous les Persans , qui ont été
pris dans la derniere guerre soient délivrez de leur
esclavage , et que comme le sang de nos autres freres, qui y ont peri fume encore , et crie vangeance
à leur Souverain , il faut aussi qu'il y en ait autant
de répandu des Sujets du G. S. que ceux-ci en ont
fait couler des Sujets du Roi de Perse. Nous sommes
bien-aises de vous faire part de nos sentimens , afin
que vous ne puissiez pas nous accuser de vous avoir
surpris,et que vous vous teniez sur vos gardes, Quant
à nous,nous nous préparons à aller bien- tôt à la tête de uotre Armée goûter la douceur de l'air que l'on respire dans les belles plaines de Bagdat , etfaire repaser nos Troupes fatiguées à l'ombre de ses murs.
A cette extraordinaire Lettre du premier Ministre de Perse , Achmet-Pacha en avoit joint
une autre de Baki- Pacha , Gouverneur de Kirman-cha , par laquelle ce dernier se plaignoit que contre la foi du Traité on avoit voulu le dépoüiller de son Gouvernement. Il faut sçavoir
pour entendre ceci , que depuis longues années ce Gouvernement est dans la famille de BakiPacha , et qu'à la sollicitation d'Achmet- Pacha
son Protecteur , on étoit convenu par un article
du dernier Traité de Paix , qu'il resteroit en place , quoiqu'il fut Turc et Sujet du G. S. et quoi
que Kirmancha rentrât sous la domination Per- mais que l'Edatemad- Donlet s'étant recrié
avec quelque raison contre cet article , dont l'exécution pourroit être pernicieuse à la Perse , et
ne voulant point garder de mesures avec les´
Turcs , avoit déposé de son autorité ce Gouver- neur , et lui avoit fait ordonner de remettre le
Commandement à un Persan qu'il envoyoit pour G vi
sane ,
le
2040 MERCURE DE FRANCE
le relever. Baki- Pacha écrivoit donc tout cela au
Seraskier- Achmet , et ajoûtoit , que non- seule- ment il avoit refusé l'entrée de la Ville au Successeur qu'on lui avoit envoyé , mais qu'il en
avoit fait fermer les portes , et qu'il étoit résolu
de s'y deffendre jusqu'à la derniere extrémité
avant que de ceder son poste à personne , que
d'ailleurs il pouvoit l'assurer qu'il y avoit plus
de 20000. hommes dans le Kirman , qui lui
étoient entierement dévoüez , et qu'il attendoit
ses ordres pour sçavoir de quelle maniere il devoit se comporter ; surquoi Acmet- Pacha lui *
avoit répondu , qu'il ne pouvoit lui en donner
aucun qu'il n'en eut reçû lui-même de la Porte
où il alloit mander tout ce qui se passoit.
La Porte aussi surprise qu'indignée des faux
prétextes et de l'air de fierté que prenoit ThamasKouli- Khan pour rompre une paix recente , que
les Persans avoient demandée , pour ainsi - dire à
genoux , et cela dans le tems qu'elle venoit de licencier une partie de ses Troupes , et de retirer
l'autre des Frontieres , la Porte , dis-je , se trouva comme elle se trouve encore dans un grand
embarras Cependant le Grand-Visir ayant convoqué pendant plusieurs jours des Assemblées
générales au Serrail pour décider sur le partî
qu'il y avoit à prendre dans une conjoncture si
délicate , et celui de la guerre ayant parû d'une
nécessité inévitable , l'opinion génerale fut de la
recommencer avec plus de . vigueur que jamais
et de ne la finir que pour la destruction des Persans , de la part desquels il ne falloit plus écouter aucune proposition.
On expédia en même- tems des Courriers à Topal- Osman , Pacha de Trebisonde , ci-devant Grand
>
SEPTEMBRE. 1732. 2041
Grand Vizir , et a d'autres Pachas pour leur
porter des ordres d'assembler à la hâte le plus
de Troupes qu'ils pourroient , et de passer en
toute diligence en Géorgie , afin de mettre à
couvert , s'il étoit possible , Ghendge , Tiflis
Erivan , &c. des entreprises du premier Minis- tre Persan ; et le G. S. donna le Commandement
de la nouvelle Armée à ce même Topal - Osman ,
comme le plus capable de faire tête à l'en- nemi.
En effet , tout le monde convient que le Sultan
ne pouvoit en cette occasion honorer personne
de sa confiance qui en fut plus digne que TopalOsman : outre que ce Pacha est d'une bravoure
et d'une expérience éprouvée par un grand nombre de campagnes et de belles actions , il doit
être animé de la plus terrible vangeance contre
les violateurs de la derniere paix , proprement
son ouvrage , et pour la conclusion de laquelle
on peut dire , qu'il s'étoit comme sacrifié luimême ; sans compter que , s'il y a jour à la renoüer , il sera encore plus propre que personne
à profiter des moyens que les circonstances pour- ront lui en offrir.
-La Porte appréhendant d'un autre côté , que
Thamas Kouli Khan ne tombe sur Bagdad avec
son Armée , que l'on dit être de 60000. hommes , et qu'il ne sempare de cette importante
Place , quoiqu'Achmet- Pacha ait mandé en s'y
renfermant , qu'il étoit en état de tenir trois
mois , des ordres ont été expédiez par tout l'Empire , pour envoyer à ce Gouverneur des secours
d'hommes et de munitions ; et afin de vaincre la
répugnance que les Soldats témoignent de retourner en Perse , on leur a augmenté à tous.
leur paye de quelques aspres.
Од
2042 MERCURE DE FRANCE
On ne peut pas encore sçavoir de quel succès
aura été suivi ce renouvellement de guerre ,
soit
pour les Turcs , soit pour les Persans ; mais un
bruit se répandit ici le même jour qu'on y
apprit la rupture de la paix , sçavoir que ChahThamas n'y avoit aucune part , ce bruit vient
de se confirmer par les dernieres dépêches
d'Achmet- Pacha , qu'un Tartare a remises à la Porte le 4. de ce mois.
Ce Seraskier en envoyant une Lettre que le
Roi de Perse lui avoit adressée pour le G. S.
mande que ce Prince lui en avoit aussi écrit une
par laquelle il l'assuroit qu'il étoit dans la ferme
intention d'éxécuter de sa part tous les articles
du Traité conclu depuis peu ; qu'il désavoüoit
en tout son premier Ministre , et que le regar- dant comme un Sajet qui s'étoit soustrait à l'obéissance de son Roi , il alloit non- seulement le
poursuivre , mais que dans l'incertitude , si le
sort favoriseroit ses armes , il prioit le G. S. de
se joindre à lui , pour employer leurs forces de
concert à réduire ce rebelle , et à faire rentrer
dans leur devoir les Troupes qu'il commande ;
ajoutant que l'histoire fournissoit assez d'éxemples que des Pachas avoient désolé l'Empire Ottoman par des révoltes contre leurs Empereurs que l'Eatemad- Doulet les imitoit aujourd'hui
mais qu'il esperoit que Sa Hautesse ayant égard à la malheureuse situation des affaires de Perse
maintiendroit dans son entier le dernier Traité
de Paix qu'ils avoient conclu ensemble par leurs
Plénipotentia.res respectifs , et duquel il protes- toit de nouveauqu'il ne vouloit s'écarter en rien.
Malgré ces belles assûrances , et quoique d'autres avis portent , qu'effectivement Thamas-
>
Koali
SEPTEMBRE. 1732 2043 Kouli-Khan enorgueilli d'avoir subjugué le Candahar , fait mourir Acheraf , et extermine jusqu'au dernier de la race de ce fameux usurpateur,
abusoit du crédit qu'il s'étoit acquis en Perse , et
donnoit lieu de soupçonner par son humeur al- tiere et ambitieuse , qu'il songeoit à usurper la
Couronne de son Maître ; inalgré tout cela , dis-je , la bonne-foi des Persans est si fort
décriée , que bien des gens pensent ici , que c'est
un nouvel artifice , et que ce Prince d'intelligence avec son premier Ministre et avec quelques
Puissances voisines , ne cherche qu'à amuser les
Turcs , au moins à ralentir l'activite des mouvemens qu'ils se donnent , afin d'avoir le tems de
reprendre sur eux les pays qu'il leur a cedez par
la derniere paix , avant qu'ils ayent assemblé des forces suffisantes pour s'y opposer , ou pour se
préparer des voyes de raccommodement avec la
Porte , supposé qu'il échoue dans ses desseins
en rejettant sur l'Eatemaddoullet toute l'iniquité
de l'infraction du Traité. Je passe sous silence
beaucoup d'autres raisonnemens qui se font ici
sur les causes de cette infraction , en attendanţ
que le tems nous en ait dévoilé le mistere.
Bekir- Pacha , qui étoit Gouverneur de Cutaya,
ayant été nommé Capitan - Pacha , arriva ici
le 13 du mois passé , et fut instalé dans cette dignité avec les cérémonies ordinaires , Marabou ·
son Prédécesseur fut renvoyé chez lui. Le lendemain , ce nouveau Général de la Mer , épousa une
Sultane , sœur du G. S. régnant , et veuve du
G. V. Numan. Pacha , de la Famille des Cuperlis.
Les nouveaux mariez furent un peu troublez la
premiere nuit de leurs nôces par un incendie qui
arriva au Fauxbourg de Cassum-Pacha , et qui étant
2041 MERCURE DE FRANCE
étant dans le voisinage de l'Arcenal , obligea le
Pacha-Bekir , à quitter la couche nuptiale pour
aller donner du secours ; mais sa présence , ni
celle du G. V. ni même le G. S. qui vint jus
qu'au bord de la Mer , ne pûrent empêcher que
le feu ne consummât en peu de tems une centaine de maisons ou de boutiques , dont la plupart
étoient à peine rebâties depuis l'embrasement qui
détruisit une partie de ce Fauxbourg l'année
passée.
La nuit du 19 au 16. il y eut encore un autre
incendie aux environs : le feu prit dans l'Arcenal
même , chez le Tersana-Emini , ou Intendant
de la Marine ; son vaste Palais fut réduit en cendres avec tous ses meubles ; les Archives ; les
Registres , et les autres papiers de la Marine
dont on ne pût rien sauver du tout encore ce fut un grand bonheur que l'air se trouva calme: pour peu qu'il eut fait de vent , il auroit été
presqu'impossible de garantir des flammes tour
P'Arsenal , et les Vaisseaux du G. S. qui sont auprès.
Quoique Marabou , Capitan-Pacha déposé ,
soit généralement reconnu pour un bon homme,
ces deux incendies arrivez coup sur coup , firent
soupçonner que pour se vanger de sa déposition ,
il étoit complice des incendiaires ; car on trouva,
dit on , des matieres combustibles en plusieurs
endroits , mais on n'a pû découvrir aucun incendiaire. Quoiqu'il en soit , la Porte l'avoit éxilé
à Lemnos , et il y fut embarqué pour cet effer
sur une Galere ; cependant ses amis ayant intercedé fortement pour lui , et prouvé son innocence, on le renvoya dans sa maison pour la seconde fois , au bout de huit ou dix jours.
La
SEPTEMBRE. 1732. 2045
La peste , qui a fait beaucoup de ravages en
Sirie cette année- ci , s'est manifestée à Constantinople depuis le commencement de ce mois ,
d'où elle s'est répanduë à Galata , à Pera , et dans
les autres Fauxbourgs , et s'il en faut juger par
la Saison où elle commence , il est à craindre
qu'elle ne fasse de terribles progrès. Je suis , &c.
L
P. V. D.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople le 12. Juillet 1732. Suite des affaires de Perse et de Turquie.
En juillet 1732, des tensions émergent entre la Perse et la Turquie. Le 12 juillet, un messager informe la Porte ottomane que Thamas Kouli Khan, premier ministre du roi de Perse, refuse de ratifier le traité de paix récemment signé avec les Turcs après avoir vaincu les Efghans. Il exige la liberté de visite des tombeaux sacrés des imams Ali, Gherbelai, Mousa et Hussein, la libération des Persans capturés, et des représailles pour les pertes subies. Parallèlement, Baki Pacha, gouverneur de Kirmancha, se plaint d'avoir été déposé malgré les accords de paix. La Porte ottomane, surprise et indignée, décide de reprendre les hostilités. Topal Osman est nommé commandant de la nouvelle armée pour défendre les territoires menacés. Des renforts sont envoyés à Bagdad pour contrer une éventuelle attaque perse. Cependant, des rumeurs circulent que le roi de Perse désavoue son ministre et souhaite maintenir le traité de paix, bien que la bonne foi des Persans soit mise en doute. Par ailleurs, Bekir Pacha est nommé Capitan Pacha et épouse une sultane. Deux incendies surviennent à Constantinople, mais les responsables ne sont pas identifiés. La peste, qui a ravagé la Syrie, apparaît à Constantinople et menace de se propager.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4697
p. 159-167
Ouverture de l'Assemblée generale du Clergé, faite aux grands Augustins, avec les Ceremonies observées à la Messe du S. Esprit, & un extrait du Sermon prêché le même jour, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy quinziéme de ce mois l'ouverture de l'Assemblée [...]
Mots clefs :
Assemblée générale du Clergé de France, Communauté, Église des Grands-Augustins, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Ouverture de l'Assemblée generale du Clergé, faite aux grands Augustins, avec les Ceremonies observées à la Messe du S. Esprit, & un extrait du Sermon prêché le même jour, [titre d'après la table]
LeSamedy quinziéme de ce
amois l'ouverture de l'Allemblée Generale du Clergé de
France fe fit dans l'Eglife des
Grands Auguftins par la Mef-
>fe folemnelle du faint Efprit ,
chantée par les Religieux du
Convent , & à laquelle Monfieur le Cardinal de Noailles
officia pontificalement en qualité de Prefident de cette augufte Affemblée. LePere Raft,
Prieur du Convent alla le re-
160 MERCURE
ཝཱ ཚིན , ཏི ཡཱ
cevoir à la Porte de l'Eglife à
la tefte de toute fa Communauté , avec la Croix , l'EauBenite , & l'Encens. Tous les
Archevêques & Evêques & les
Abbez qui compofent le fecond Ordre , communierent
de la main de ce Cardinal , avec cette diftinction toutefois , que quand il donnoit la
Communion à un Archevêque ou à un Evêque , il l'embraffoit auparavant & luy
donnoit le baifer de paix à la
joüe , au lieu que les Abbez
communierent à l'ordinaire
ce qu'il y eut encore de fingu-
GALANT 161
L
lier dans cette Ceremonie
&donttout le monde fut tre
édifié, c'eſt qu'aprés s'être tous
embrafiez les uns les autres &
donné le baifer de paix , ils al
ferent tous à la Communion
portant des Ecoles pendantes
& qu'ils en revinrent avec une
modeſtie exemplaire, Mon.
fieur l'Evêque de Langres y
prêcha immediatement aprés
l'Evangile. Il prit pour rexte de
fon difcours ces paroles du
Pleaume 109. Tu es Sacerdos
in æternum. Vous êtes un Prê
tre éternel. Dans fon Exorde ,
il fir voir l'éternitédu Sacerdo
Mars 1710.
2
O
162 MERCURE
ee de Jefus Chrift , qu'il pro
pofa aux Evêques, comme de
vant être unmodele parfait de
leur Etat , & de leur conduite.
H divifa fon Difcours en deux
points , & leur dit dans le premier:Qu'il faloit que la fainteté
de leur vie , répondit à la fublimité de leur Etat. Et dans lefe
cond: Que leurs foins infatiga
bles devoient répondre aux travaux auxfouffrances de ce
divin Sauveur.
Il fit voir dans ces deux
points , comme faint Paul avoit parfaitement imité JeſusChriſt , & pour le prouver , il
"GALANT 163
rapporta les mêmes parolds de
cet Apôtre , quand il fait le
dénombrement destouthce
qu'il a fouffert fur la mer &
fur la terre, des prifons où il
aefté mis chargé de chaînes ,
& generallement de tout ce
qu'il a fair pour foûtenir la
gloire de fon Divin Maiftre.
• Enfuite ayant donné ce grand
Apôtre aux Evêques pour un
Modele fur lequel ils devoient
regler leur vie, il fie un détail
particulier de tout ce qu'ils devoient faire. Enfuite dequoy,
-il parla de la calamité publique, & il les exhorta à fe ferO ij
164 MERCURE
vir pour foulager les pauvres ,
du bien qui leur avoir efte
donné en partiepource fujer
Enfin étant tombé infenfible
ment fur ce quele Clergé de
France fe prepare à donner au
Royby , ilil fe fervit d'un Exemple
fi jufte & qui venoit fià proposp
à fonfujet que toute l'Affemblée l'admira & en fut char
mée. Ce fut de celuy du Royb
David , tiré de l'Ancien Teftan
ment , du fecond Livre des
Rois , où il est écrit , que cen
Prince fe trouvant un jour
dans une preffante faim , il eut
recours au Grand Prêtre Achi
?
GALANT 165
melech, à qui il dit , Si vous
avez quelque chose à manger"
quand ce neferoitque dupain , ou
quoique cefoit, donnez le moy. Le
Grand Prêtre luy répondit :
Je n'aypoint icy de pain pour les
Peuples , autrement pour les Lazz
queso NON HABEO LAICOS
PANES AD MANUM. Je n'ay que
du pain qui eft faint. Et il loy
donna le pain fanctifié qu'il
mangea , quoiqu'il ne fût permis qu'aux Prêtres feuls de le
manger, elaga feve
Le Roy le trouve de mê
me à prefent , dans une préf
fanteneceffité contre les Enne
166 MERCURE
mis de l'Eglife , qui luy font
une injufte guerre. Il a recours
au grand Prêtre , c'eſt à dire
à vous Meffeigneurs qui com
pofez le Clergé de France , &
vous fuivez aujourd'huy Ve
xemple du grand Prêtre Achimelech Vous luy accordez
ce fecours. Puiffe donc ce He
ros Chrêtien faire fervir des
biens que l'Eglife luy vient
offrir ; moins à foûtenir une
guerrejufte, qu'à procurer u
ne Paix folide , afin que les
Peuples éloignez du tumulte de
la guerre puiffent avec plus de
tranquilité écouter vos Inf
GALANT 167
tructions , profiter de vos lumieres , fe former fur vos verrus , & meriter la récompenſe
dans la gloire
amois l'ouverture de l'Allemblée Generale du Clergé de
France fe fit dans l'Eglife des
Grands Auguftins par la Mef-
>fe folemnelle du faint Efprit ,
chantée par les Religieux du
Convent , & à laquelle Monfieur le Cardinal de Noailles
officia pontificalement en qualité de Prefident de cette augufte Affemblée. LePere Raft,
Prieur du Convent alla le re-
160 MERCURE
ཝཱ ཚིན , ཏི ཡཱ
cevoir à la Porte de l'Eglife à
la tefte de toute fa Communauté , avec la Croix , l'EauBenite , & l'Encens. Tous les
Archevêques & Evêques & les
Abbez qui compofent le fecond Ordre , communierent
de la main de ce Cardinal , avec cette diftinction toutefois , que quand il donnoit la
Communion à un Archevêque ou à un Evêque , il l'embraffoit auparavant & luy
donnoit le baifer de paix à la
joüe , au lieu que les Abbez
communierent à l'ordinaire
ce qu'il y eut encore de fingu-
GALANT 161
L
lier dans cette Ceremonie
&donttout le monde fut tre
édifié, c'eſt qu'aprés s'être tous
embrafiez les uns les autres &
donné le baifer de paix , ils al
ferent tous à la Communion
portant des Ecoles pendantes
& qu'ils en revinrent avec une
modeſtie exemplaire, Mon.
fieur l'Evêque de Langres y
prêcha immediatement aprés
l'Evangile. Il prit pour rexte de
fon difcours ces paroles du
Pleaume 109. Tu es Sacerdos
in æternum. Vous êtes un Prê
tre éternel. Dans fon Exorde ,
il fir voir l'éternitédu Sacerdo
Mars 1710.
2
O
162 MERCURE
ee de Jefus Chrift , qu'il pro
pofa aux Evêques, comme de
vant être unmodele parfait de
leur Etat , & de leur conduite.
H divifa fon Difcours en deux
points , & leur dit dans le premier:Qu'il faloit que la fainteté
de leur vie , répondit à la fublimité de leur Etat. Et dans lefe
cond: Que leurs foins infatiga
bles devoient répondre aux travaux auxfouffrances de ce
divin Sauveur.
Il fit voir dans ces deux
points , comme faint Paul avoit parfaitement imité JeſusChriſt , & pour le prouver , il
"GALANT 163
rapporta les mêmes parolds de
cet Apôtre , quand il fait le
dénombrement destouthce
qu'il a fouffert fur la mer &
fur la terre, des prifons où il
aefté mis chargé de chaînes ,
& generallement de tout ce
qu'il a fair pour foûtenir la
gloire de fon Divin Maiftre.
• Enfuite ayant donné ce grand
Apôtre aux Evêques pour un
Modele fur lequel ils devoient
regler leur vie, il fie un détail
particulier de tout ce qu'ils devoient faire. Enfuite dequoy,
-il parla de la calamité publique, & il les exhorta à fe ferO ij
164 MERCURE
vir pour foulager les pauvres ,
du bien qui leur avoir efte
donné en partiepource fujer
Enfin étant tombé infenfible
ment fur ce quele Clergé de
France fe prepare à donner au
Royby , ilil fe fervit d'un Exemple
fi jufte & qui venoit fià proposp
à fonfujet que toute l'Affemblée l'admira & en fut char
mée. Ce fut de celuy du Royb
David , tiré de l'Ancien Teftan
ment , du fecond Livre des
Rois , où il est écrit , que cen
Prince fe trouvant un jour
dans une preffante faim , il eut
recours au Grand Prêtre Achi
?
GALANT 165
melech, à qui il dit , Si vous
avez quelque chose à manger"
quand ce neferoitque dupain , ou
quoique cefoit, donnez le moy. Le
Grand Prêtre luy répondit :
Je n'aypoint icy de pain pour les
Peuples , autrement pour les Lazz
queso NON HABEO LAICOS
PANES AD MANUM. Je n'ay que
du pain qui eft faint. Et il loy
donna le pain fanctifié qu'il
mangea , quoiqu'il ne fût permis qu'aux Prêtres feuls de le
manger, elaga feve
Le Roy le trouve de mê
me à prefent , dans une préf
fanteneceffité contre les Enne
166 MERCURE
mis de l'Eglife , qui luy font
une injufte guerre. Il a recours
au grand Prêtre , c'eſt à dire
à vous Meffeigneurs qui com
pofez le Clergé de France , &
vous fuivez aujourd'huy Ve
xemple du grand Prêtre Achimelech Vous luy accordez
ce fecours. Puiffe donc ce He
ros Chrêtien faire fervir des
biens que l'Eglife luy vient
offrir ; moins à foûtenir une
guerrejufte, qu'à procurer u
ne Paix folide , afin que les
Peuples éloignez du tumulte de
la guerre puiffent avec plus de
tranquilité écouter vos Inf
GALANT 167
tructions , profiter de vos lumieres , fe former fur vos verrus , & meriter la récompenſe
dans la gloire
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Résumé : Ouverture de l'Assemblée generale du Clergé, faite aux grands Augustins, avec les Ceremonies observées à la Messe du S. Esprit, & un extrait du Sermon prêché le même jour, [titre d'après la table]
Le 15 mars 1710, l'Assemblée Générale du Clergé de France a débuté dans l'église des Grands Augustins. La messe solennelle du Saint-Esprit a été célébrée par les religieux du couvent, avec le Cardinal de Noailles en tant que président. Le Père Rast, prieur du couvent, a accueilli le cardinal à l'entrée de l'église avec la croix, l'eau bénite et l'encens. Tous les archevêques, évêques et abbés ont communié de la main du cardinal, qui a embrassé et donné le baiser de paix aux archevêques et évêques. Les abbés ont communié de manière ordinaire. Après avoir échangé le baiser de paix, ils se sont rendus à la communion en portant des écharpes pendantes, revenant avec modestie. L'évêque de Langres a prononcé un discours après l'Évangile, utilisant le texte du Psaume 109, 'Tu es Sacerdos in æternum'. Il a mis en avant l'éternité du sacerdoce de Jésus-Christ comme modèle pour les évêques. Le discours était structuré en deux points : la sainteté de leur vie doit correspondre à la sublimité de leur état, et leurs soins infatigables doivent répondre aux travaux et souffrances du divin Sauveur. L'évêque a également rappelé les souffrances de saint Paul et a exhorté les évêques à se servir pour soulager les pauvres. Il a conclu en comparant le roi à David, qui avait demandé du pain au grand prêtre Achimélech, et a encouragé le clergé à soutenir le roi dans sa guerre contre les ennemis de l'Église. Cet appui visait à procurer une paix solide et à permettre aux peuples de bénéficier des instructions et lumières du clergé.
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4698
p. 2057-2066
SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
Début :
Le 24. Juin, jour de S. Jean Baptiste, le Roi de Pologne voulut celebrer cette Fête avec [...]
Mots clefs :
Officiers, Chasse, Roi, Tables, Princes, Repas, Infanterie, Armée, Canon, Maréchal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
SUITE du Camp de Mulhberg
& Radwiz
E 24. Juin , jour de S. Jean Baptifte , le Roi
Lie
fa magnificence ordinaire. Elle commença à 6.
heures du foir par un grand fouper au Quar
tier du Roi , les Feux de joye enfuite , & à neuf
heures les Troupes fortirent de leurs lignes & fe
mirent en bataille à la tête du Camp. Après qu'on
leur cut donné le fignal du Quartier du Roi , on
fit
2058 MERCURE DE FRANCE
fit trois falves confécutives du Canon , fuivie
chaque fois d'un feu de toute la Moufqueterie.
Ce Feu marqua le temps pour allumer l'Illumination
préparée au-delà de l'Elbe , près du Village
de Riffa , vis -à-vis du Château de Premniz.
L. M. monterent auffi- tôt en Caroffe pour fe
rendre à ce Château . L. A. R. les Princes & la
Princeffe , les autres Princes & toutes les autres
perfonnes de diftinction , de l'un & l'autre fexe ,
les fuivirent.
Les deux Rois arrivez à Promniz , & dès qu'ils
parurent dans la Loge , on donna le premier fignal
par 60. pieces de Canon, au bruit des Trompettes
& Timballes. Entre ce premier fignal & le
fecond , qui fe fit de la même maniere , il ſe paſſa
un quart d'heure pour donner aux Spectateurs le
temps de confiderer les beautez de l'Illumination ,
qui , au dire des Connoiffeurs , étoit des mieux
entendues & des plus fuperbes qu'on eut vû en
Allemagne.
On avoit conftruit exprès un vafte Edifice de
charpente , long de 400. pieds , & au milieu où
étoit repréfenté le Temple de la Paix , un de 160.
piés de hauteur, une toile très-fine en couvroit toute
la façade .On y avoit peint l'Illumination & l'on
avoit appliqué fur la pemture un certain Vernis
qui en la rendant tranfparente , donnoit en même
temps aux couleurs une force & un éclat des
plus virs qui réjouiffoit infiniment l'oeil du Spectate
ur.
La Loge Royale étoit dreflée vis- à-vis & à
450. pas de ' Ilumination , compofée de 40000 .
millest ampes ,qui furent allumées en 15. minutes.
Le Temple de laPaix , d'ordre Ionique , en faifoit
le principal fujet. On y voyoit plufieurs Colom
nes & Pilaftres efpacez avec art & des Peintures
SEPTEMBRE. 1730. 2059
tures des mieux entenduûës , enrichies de Lapis ,
&c. avec des Trophées de Marbre blanc & autres
Ornemens ; les Chapiteaux étoient en Bronze , &
le tout enſemble faifoit un effet admirable ; les
autres parties & les dehors du Temple paroiffoient
conftruits de Marbre d'Egypte de differente couleur
, & tout l'Edifice étoit fi bien difpofé , fuivant
les Regles de l'Architecture & de la Perfpective
, qu'on avoit peine à décider lequel on
devoit le plus admirer , de la magnificence, ou de
la fymétrie.
Ďu milieu du Temple , au- deffus du Sanctuaire
s'élevoit une espece de Piedeltal , fur lequel on
voyoit la Déeffe de la Paix , figure gigantefque
de 22.
pieds de hauteur. Mars la tenoit entre
fes bras. Au-deffus de ces Divinitez , on lifoit fur
une table de bronze , l'Infcription fuivante : Sic
fulta manebit On voyoit au-deffus de l'Infcription
un Trophée pofé fur un Piédeſtal avec une
Lyre , deux Cornes d'abondance , des branches de
Palmier & d'Olivier liées enfemble pour reprefenter
l'affluence de tous les biens , fruits précieux
de la Paix.
Aux deux côtez du Sanctuaire étoient des Arcades
féparées par de doubles Pilaftres , ornez de
Trophées de Marbre blanc : au milieu de ces Arcades
on voyoit en perfpective de chaque côté
une Galerie , dont chacune conduifoit à un Salon.
Ces Salons paroiffoient être en deux Pavillons
foutenus par des Colones ifolées : au- deffus des
Corniches il y avoit plufieurs Trophées attachez
à des Palmiers , & de chaque côté des Renommées
fonnant de la Trompette. Enfin un grand Perron
au bas de l'Edifice , contribuoit becaucoup à en
relever la nobleffe.
Un quart d'heure après avoir donné le fecond
fignal & tiré 1100. coups de fufil , on alluma
τους
2060 MERCURE DE FRANCE
tout à la fois quinze Lettres , placées au bas
-de l'Illumination , formant la Devife dont on
vient de parler. Ces Lettres brillerent durant
plufieurs minutes d'un feu blanc & extrémement
vif. On alluma en même temps les feux courans
à terre , & on fit partir 6000. Fuſées jettées en
partie par des Caiffes , & en partie par des Girandoles
, 30. à la fois de chaque Caiffe & 100. de
chaque Girandole : toutes ces Fufées atteignirent
une hauteur très- confiderable , & firent tout l'ef
fet qu'on en pouvoit attendre.
Durant ce feu des Fufées , des Mortiers de 8.
16. 32. & 64. livres de bale , jetterent 100. Boëtes
remplies de feu de pluye, de Fufées à étoiles &
autres de chacune de 12. roues horifontales &
autant de perpendiculaires , fortirent 70. Fufées
d'une autre forte , & on mit le feu à 1200. Cartouches
& 200. Mortiers de nouvelle efpece , qui
n'ont point d'affut , mais pofez fur leur Trépié
: chaque Cartouche étoit rempli de 22. Fuſées
& chaque Mortier de 21. de deux onces chacune,
& d'une grande quantité d'autres Fufées à terre.
Ce fecond Spectacle dura une bonne demie heure
, après quoi on donna un nouveau ſignal , accompagné
de 2000. coups de Moufquets , & on
vit auffi -tôt le feu Gregeois : 200. Cartouches
chargez chacun de 22. Fufées , 200. Rejettons
fimples & doubles , remplis de 60. Fufées de 2. &
3. onces chacune,& 100. Tonneaux , dont les uns
étoient remplis de 60. Cones , & les autres de 30.
Fufées.Tout ce Feu Gregeois fut jetté dans l'eau
par 12. Bateaux fur terre on tira encore 2000.
Fufées de 6. 12. 25. 50. 75. & de 100. liv. pefant,
zo. Boëtes remplies de feu à étoiles & de pluye
chacune remplie d'autres Boetes , furent tirées ·par
des Mortiers de 45. 96. & 121. livres de bale. 24.
Girandes jetterent chacune 200. Fufées à la fois ,
:
&
SEPTEMBRE . 1730. 206 F
& cent Mortiers de la nouvelle invention dont on
a parlé , en jetterent 21. chacun.
Après ce Feu qui dura autant que le précedent
une nouvelle décharge de 60. Pieces de Canon, fut
donné le fignal pour une feconde efpece d'Illumination.
On vit auffi- tôt la Riviere couverte de 48.
Bâtimens éclairez & remplis de Mufique de guerre
; c'étoit des Chaloupes , des Brigantins , des
Frégates & de très -belles Gondoles parmi ces
Bâtimens brilloit principalement le Bucentaure ,
fuperbe & grand Bâtiment Royal , richement
meublé & illuminé par 30000.Lampions , qui attachez
artiſtement, & jufqu'aux Mats & aux Cordages
, formoient diverfes figures.
Après quelque temps on vit ces Bâtimens defcen-
'dre laRiviere les uns après les autres. Ils étoient précedez
par d'autres Bâtimens, dont quelques - uns repréfentant
des Dauphins,une autre une Baleine jettant
du feu , & c . & à mefure que chaque Batiment
paffa devant les deux Rois , il falua L. M. de fon
Canon & de fes Mortiers , & réïtera encore deux
fois ce falut ; l'un en paffant le Pont de Tonneaux
& l'autre en abordant près du Village de Bober-
Jen.Le Bucentaure s'arrêta devant la Loge Royale.'
L'Orchestre du Roy & les Chanteurs de l'Opera
Italien , qui y étoient , firent la clôture de cette
Fête par une très- belle Serenade . Cette Fête ne
finit que lorfque le jour commença à paroître ,
& il y eut abondance de toutes fortes de Rafraichiffemens
, & c.
Le 25. il n'y eut rien de remarquable , mais le
lendemain 26. jour deſtiné pour le Régal que le
Roi vouloit faire à toute l'armée , on fit diftribuer
la veille à tous les Régimens d'Infanterie & de
Cavalerie les Boeufs , le Pain , le Vin & la Biere'
neceffaires : les Boeufs furent coupez & rôtis par
quartiers ; il y avoit outre cela des Repas particu
liers
2062 MERCURE DE FRANCE
liers que les Chefs de chaque Régiment ou Corps
avoient fait préparer pour régaler leurs Officiers .
Vers les 11. heures du matin , on donna le premier
fignal ; fur quoi toute l'Armée fortit du
Camp fur deux lignes & en bon ordre , fans armes
, les Officiers à là tête . On porta devant chaque
Régiment les Viandes rôties , le Pain , le Vin
& la Biere jufqu'à la grande Place d'Armes devant
le Camp , où chaque Régiment fe rangeoit
fur deux lignes , dans le même ordre qu'il étoit
campé ; chaque Compagnie rangeoit devant fon
front les Viandes rôties , &c. qui lui étoient deftinées
& tous s'étant affis par terre , fe mirent
en devoir de prendre un ample & joyeux Repas.
:
Derriere chaque Régiment on avoit creusé la
terre pour y pratiquer des bancs & une longue
table , à laquelle chaque Chef & Colonel fit fervir
à part de très -bons mets à tous fes Officiers
qui après le fignal donné fe mirent à table ; ces
tables étoient difpofées fur deux lignes , à la diftance
de 100. pas l'une de l'autre ; & les Soldats
étoient affis à une égale distance les uns des autres
, ce qui fit un fort beau Spectacle.
Les deux Rois , qui de la hauteur du Quartier
Royal , avoient pu découvrir cet arrange ment,
en partirent avec toute leur fuite & pafferent les
deux lignes devant les tables des Officiers , pour
les voir manger. L. M. furent faluées par les Officiers
, les verres à la main , & les Soldats firent
éclater leur joye par des acclâmations de Vivent
les Rois , jettant leurs chapeaux en l'air , au bruit
des Tambours & au fon de divers Inftrumens de
M ufique.
Pendant cette Promenade des deux Rois & de
leur Suite , on fit fervir au Quartier du Roi , trois
tables , dont l'une qui étoit ovale , au milieu de
deux autres , & fur une élevation , étoit de 20 .
CouSEPTEMBRE
. 1730. 2063
Couverts pour les deux Rois , leur Famille Roya
le & les Princes Etrangers. Les deux autres tables
qui étoient en long , bordoient tout le Parapet de
deux côtez ,èlles étoient de 100. Couverts chacune,
pour tous les Generaux de l'Armée & pour les
Officiers & autres Etrangers qui fe trouvoient au
Camp.
Derriere la table ovale du milieu , fous une
magnifique Tente Turque , on avoit fait dreffer
une quatriéme table , longue de 40. à so. pieds
& large de dix à couze , fur laquelle il Y avoit
un Gâteau de la même grandeur que la table , &
de 36. Quintaux de poids ; ce Gâteau fut diftri→
bué à la fin du Repas à quiconque en fouhaitoit.
Après que les deux Rois eurent paffé les deux
lignes & vû dîner l'Amée , L. M. retournerent
au Quartier Royal & fe mirent à table , de même
que le Velt- Maréchal , les Officiers Generaux ,
les Officiers Etrangers & autres perfonnes de dif
tinction. Pendant le Repas on but plufieurs fois
au bruit des Canons , qui , au nombre de 48.
étoient rangez fur les Terraffes aux deux côtez .
Vers la fin du Repas , le Velt - Maréchal fe leva
& prefenta au Roi de Pruffe une Lettre au nom
& de la part de toute l'Armée , par laquelle elle
remercoit S. M. Pr. de la bonté qu'elle avoit euë
de ſe trouver à ſes Exercices Militaires , en lui
demandant en même temps la grace de la vouloir
congedier. Le Roi de Pruffe y répondit par toutes
fortes d'expreffions de politeffe , & lui accorda
le congé demandé avec tous les témoignages
d'une entiere fatisfaction.
Là-deffus le Velt-Maréchal & tous les Gene
raux de l'Armée fortirent de table & fe rendirent
au Quartier du Velt -Maréchal , ils y trouverent
tous les Officiers de l'Armée affemblez & formez
en bataillon , dont l'Infanterie tenoit le milieu
avec
2064 MERCURE DE FRANCE
avec 12 pelotons à quatre de hauteur , ayant à
chaque afle neuf pelotons de la Cavalerie à trois
de hauteur. Les Capitaines formerent le premier
rang , les Lieutenans le fecond ; les Sous - Lieutenans
le troifiéme , & les Enfeignes le quatrième.
Les Majors fe rangerent comme Caporaux , aux
aîles de leurs pelotons ; les Lieutenans - Colonels ,
comme Sergens , derriere leurs pelotons , & les
Colonels , comme Officiers , devant les pelotons :
les Generaux fe rangerent devant le Bataillon ,
chacun à fa place , felon fon ancienneté , ayant le
Velt-Maréchal à la tête . Les Officiers de l'Infanterie
marchoient avec leurs Efpontons , & ceux
de la Cavalerie , l'épée haute.
Le Bataillon s'étant mis en marche dans cet
ordre , le Velt - Maréchal le mena aux deux Terraffes
devant le Quartier Royal , où il ſe mit en
deux lignes ; la Cavalerie forma la premiere , &
l'Infanterie la feconde : Ils faluerent tous enfemble
les deux Rois ; les deux lignes s'étant enfuite
remifes en marche par pelotons , elles pafferent
en revûë au pied de la premiere Terraffe , où les
deux Rois s'étoient poftez avec toute leur Cour
& faluerent de nouveau L. M.par pelotons.Le Roi
de Pruffe les remercia fort gracieuſement ; &
comme S. M. Pr. pour donner une marque de
fon entiere fatisfaction , buvoit à chaque General
& à chaque Colonel -Commandant des Régimens,
on fit donner à tous les Officiers , à mesure qu'ils
paffoient par pelotons , des verres qu'ils vuiderent
à la fanté du Roi de Pruffe , au bruit de tout
le Canon ; & après avoir jetté les verres , ils pafferent
de cette façon les uns après les autres , &
le Canon ne ceffa de tirer qu'aprés qu'ils furent
tous paffez. C'eft ainfi que l'Armée prit congé
du Roi de Pruffe , qui la congedia.
Les deux Rois avec toute leur Cour , s'embarquerent
SEPTEMBRE . 1730. 2065
querent
fur l'Elbe le 27. & arriverent au Château
de Lichtembourg , où ils coucherent . Le lendemain
28. L. M. accompagnées des Princes leurs
fils , partirent de Lichtembourg avec toute leur
fuite pour fe rendre à l'endroit de la Chauffée
près de Zulhtsdorff , elles y trouverent d'abord
des gens de la Chaffe en habits verds galonaez
d'argent, avec leurs Chiens, rangez en haye. L'endroit
de la Chaffe & fes avenues étoient embellis
par plufieurs grandes & magnifiques Loges ,
conftruites de verdure. On avoit pris toutes les
précautions pour empêcher qu'il n'arrivât aucun
accident par des coups tirez . Le grand Veneur
à la tête du Veneur de la Cour , des Grands - Maî
tres des Forêts , des Gentilshommes & de tous les
autres Officiers qui dépendent de la Chaffe, étoient
auffi en habits verds richement l'odez .
2
Ils reçurent L. M. en defcendant de leur Chaife
, au fon des Cors de Chaffe & des Hautbois .
Il fe préfenta d'abord une Chaife de Chaffe , tirée
par fix Cerfs apprivoifez , & menée avec beau
coup d'adreffe par deux Garçons de Chaffe , ce
que le Roi de Pruffe ne put s'empêcher d'admirer.
On fit enfuite les préparatifs pour commencer
la Chaffe: Les Chevaliers & autres de la fuite
des deux Rois à cheval & munis de Lances , fe
rangerent à droite & à gauche. L. M. & L. A. R.
avec toutes les perfonnes de diftinction de leur
fuite , s'étant partagez , fe pofterent aux deux côtez
pour tirer. Le Grand Veneur rangea en ordre
tous ceux qui dépendent de la Chaffe , & s'étant
mis à la tête , il paffa avec eux devant les
deux Rois , & alors la Chaffe commença au fon
des Cors & des Hautbois. Il fut tué un grand
nombre de toutes fortes de bêtes fauves & autre
gibier , partie avec des Lances & en forçant avec
des Chiens , & partie par des armes à feu. Il fe
trour
2066 MERCURE DE FRANCE
trouva en tout 1124. Pieces; fçavoir, 804. Cerfs,
203. Sangliers , 97. Chevreuils & Dains , 18.
Lievres & 2. Renards , le tout porté à une Place
& rangé en ordre par les Gens de la Chaffe. Ainfi
finit cette grande & fuperbe Chaffe qui fut faite
avec beaucoup d'ordre & fans aucun accident.
On ſe retira enfuite vers les Loges , où les Tables
étoient couvertes & fervies pour le dîner. Il
y avoit trois tables , dont la premiere deſtinée
pour L. M. L. A. R. les Princes & autres perfon-
Tonnes de diftinction , étoit de 24. Couverts ; &
les deux autres de 20. Couverts chacune , pour
les Miniftres & autres Officiers. Il y avoit outre
cela deux autres tables de 48. Couverts chacune
pour les Gens de la Chaffe. La joye generale &
les deux Rois parurent fort contens ; lorfqu'on
fut hors de table , les deux Rois pafferent encore
quelque temps en converfation , après quoi L. M.
s'embrafferent & fe féparerent avec toutes les
marques poffibles de tendreffe. Le Roi de Pruffe
partit pour Poftdam & le Roi de Pologne retourna
au Camp de Radewitz.
& Radwiz
E 24. Juin , jour de S. Jean Baptifte , le Roi
Lie
fa magnificence ordinaire. Elle commença à 6.
heures du foir par un grand fouper au Quar
tier du Roi , les Feux de joye enfuite , & à neuf
heures les Troupes fortirent de leurs lignes & fe
mirent en bataille à la tête du Camp. Après qu'on
leur cut donné le fignal du Quartier du Roi , on
fit
2058 MERCURE DE FRANCE
fit trois falves confécutives du Canon , fuivie
chaque fois d'un feu de toute la Moufqueterie.
Ce Feu marqua le temps pour allumer l'Illumination
préparée au-delà de l'Elbe , près du Village
de Riffa , vis -à-vis du Château de Premniz.
L. M. monterent auffi- tôt en Caroffe pour fe
rendre à ce Château . L. A. R. les Princes & la
Princeffe , les autres Princes & toutes les autres
perfonnes de diftinction , de l'un & l'autre fexe ,
les fuivirent.
Les deux Rois arrivez à Promniz , & dès qu'ils
parurent dans la Loge , on donna le premier fignal
par 60. pieces de Canon, au bruit des Trompettes
& Timballes. Entre ce premier fignal & le
fecond , qui fe fit de la même maniere , il ſe paſſa
un quart d'heure pour donner aux Spectateurs le
temps de confiderer les beautez de l'Illumination ,
qui , au dire des Connoiffeurs , étoit des mieux
entendues & des plus fuperbes qu'on eut vû en
Allemagne.
On avoit conftruit exprès un vafte Edifice de
charpente , long de 400. pieds , & au milieu où
étoit repréfenté le Temple de la Paix , un de 160.
piés de hauteur, une toile très-fine en couvroit toute
la façade .On y avoit peint l'Illumination & l'on
avoit appliqué fur la pemture un certain Vernis
qui en la rendant tranfparente , donnoit en même
temps aux couleurs une force & un éclat des
plus virs qui réjouiffoit infiniment l'oeil du Spectate
ur.
La Loge Royale étoit dreflée vis- à-vis & à
450. pas de ' Ilumination , compofée de 40000 .
millest ampes ,qui furent allumées en 15. minutes.
Le Temple de laPaix , d'ordre Ionique , en faifoit
le principal fujet. On y voyoit plufieurs Colom
nes & Pilaftres efpacez avec art & des Peintures
SEPTEMBRE. 1730. 2059
tures des mieux entenduûës , enrichies de Lapis ,
&c. avec des Trophées de Marbre blanc & autres
Ornemens ; les Chapiteaux étoient en Bronze , &
le tout enſemble faifoit un effet admirable ; les
autres parties & les dehors du Temple paroiffoient
conftruits de Marbre d'Egypte de differente couleur
, & tout l'Edifice étoit fi bien difpofé , fuivant
les Regles de l'Architecture & de la Perfpective
, qu'on avoit peine à décider lequel on
devoit le plus admirer , de la magnificence, ou de
la fymétrie.
Ďu milieu du Temple , au- deffus du Sanctuaire
s'élevoit une espece de Piedeltal , fur lequel on
voyoit la Déeffe de la Paix , figure gigantefque
de 22.
pieds de hauteur. Mars la tenoit entre
fes bras. Au-deffus de ces Divinitez , on lifoit fur
une table de bronze , l'Infcription fuivante : Sic
fulta manebit On voyoit au-deffus de l'Infcription
un Trophée pofé fur un Piédeſtal avec une
Lyre , deux Cornes d'abondance , des branches de
Palmier & d'Olivier liées enfemble pour reprefenter
l'affluence de tous les biens , fruits précieux
de la Paix.
Aux deux côtez du Sanctuaire étoient des Arcades
féparées par de doubles Pilaftres , ornez de
Trophées de Marbre blanc : au milieu de ces Arcades
on voyoit en perfpective de chaque côté
une Galerie , dont chacune conduifoit à un Salon.
Ces Salons paroiffoient être en deux Pavillons
foutenus par des Colones ifolées : au- deffus des
Corniches il y avoit plufieurs Trophées attachez
à des Palmiers , & de chaque côté des Renommées
fonnant de la Trompette. Enfin un grand Perron
au bas de l'Edifice , contribuoit becaucoup à en
relever la nobleffe.
Un quart d'heure après avoir donné le fecond
fignal & tiré 1100. coups de fufil , on alluma
τους
2060 MERCURE DE FRANCE
tout à la fois quinze Lettres , placées au bas
-de l'Illumination , formant la Devife dont on
vient de parler. Ces Lettres brillerent durant
plufieurs minutes d'un feu blanc & extrémement
vif. On alluma en même temps les feux courans
à terre , & on fit partir 6000. Fuſées jettées en
partie par des Caiffes , & en partie par des Girandoles
, 30. à la fois de chaque Caiffe & 100. de
chaque Girandole : toutes ces Fufées atteignirent
une hauteur très- confiderable , & firent tout l'ef
fet qu'on en pouvoit attendre.
Durant ce feu des Fufées , des Mortiers de 8.
16. 32. & 64. livres de bale , jetterent 100. Boëtes
remplies de feu de pluye, de Fufées à étoiles &
autres de chacune de 12. roues horifontales &
autant de perpendiculaires , fortirent 70. Fufées
d'une autre forte , & on mit le feu à 1200. Cartouches
& 200. Mortiers de nouvelle efpece , qui
n'ont point d'affut , mais pofez fur leur Trépié
: chaque Cartouche étoit rempli de 22. Fuſées
& chaque Mortier de 21. de deux onces chacune,
& d'une grande quantité d'autres Fufées à terre.
Ce fecond Spectacle dura une bonne demie heure
, après quoi on donna un nouveau ſignal , accompagné
de 2000. coups de Moufquets , & on
vit auffi -tôt le feu Gregeois : 200. Cartouches
chargez chacun de 22. Fufées , 200. Rejettons
fimples & doubles , remplis de 60. Fufées de 2. &
3. onces chacune,& 100. Tonneaux , dont les uns
étoient remplis de 60. Cones , & les autres de 30.
Fufées.Tout ce Feu Gregeois fut jetté dans l'eau
par 12. Bateaux fur terre on tira encore 2000.
Fufées de 6. 12. 25. 50. 75. & de 100. liv. pefant,
zo. Boëtes remplies de feu à étoiles & de pluye
chacune remplie d'autres Boetes , furent tirées ·par
des Mortiers de 45. 96. & 121. livres de bale. 24.
Girandes jetterent chacune 200. Fufées à la fois ,
:
&
SEPTEMBRE . 1730. 206 F
& cent Mortiers de la nouvelle invention dont on
a parlé , en jetterent 21. chacun.
Après ce Feu qui dura autant que le précedent
une nouvelle décharge de 60. Pieces de Canon, fut
donné le fignal pour une feconde efpece d'Illumination.
On vit auffi- tôt la Riviere couverte de 48.
Bâtimens éclairez & remplis de Mufique de guerre
; c'étoit des Chaloupes , des Brigantins , des
Frégates & de très -belles Gondoles parmi ces
Bâtimens brilloit principalement le Bucentaure ,
fuperbe & grand Bâtiment Royal , richement
meublé & illuminé par 30000.Lampions , qui attachez
artiſtement, & jufqu'aux Mats & aux Cordages
, formoient diverfes figures.
Après quelque temps on vit ces Bâtimens defcen-
'dre laRiviere les uns après les autres. Ils étoient précedez
par d'autres Bâtimens, dont quelques - uns repréfentant
des Dauphins,une autre une Baleine jettant
du feu , & c . & à mefure que chaque Batiment
paffa devant les deux Rois , il falua L. M. de fon
Canon & de fes Mortiers , & réïtera encore deux
fois ce falut ; l'un en paffant le Pont de Tonneaux
& l'autre en abordant près du Village de Bober-
Jen.Le Bucentaure s'arrêta devant la Loge Royale.'
L'Orchestre du Roy & les Chanteurs de l'Opera
Italien , qui y étoient , firent la clôture de cette
Fête par une très- belle Serenade . Cette Fête ne
finit que lorfque le jour commença à paroître ,
& il y eut abondance de toutes fortes de Rafraichiffemens
, & c.
Le 25. il n'y eut rien de remarquable , mais le
lendemain 26. jour deſtiné pour le Régal que le
Roi vouloit faire à toute l'armée , on fit diftribuer
la veille à tous les Régimens d'Infanterie & de
Cavalerie les Boeufs , le Pain , le Vin & la Biere'
neceffaires : les Boeufs furent coupez & rôtis par
quartiers ; il y avoit outre cela des Repas particu
liers
2062 MERCURE DE FRANCE
liers que les Chefs de chaque Régiment ou Corps
avoient fait préparer pour régaler leurs Officiers .
Vers les 11. heures du matin , on donna le premier
fignal ; fur quoi toute l'Armée fortit du
Camp fur deux lignes & en bon ordre , fans armes
, les Officiers à là tête . On porta devant chaque
Régiment les Viandes rôties , le Pain , le Vin
& la Biere jufqu'à la grande Place d'Armes devant
le Camp , où chaque Régiment fe rangeoit
fur deux lignes , dans le même ordre qu'il étoit
campé ; chaque Compagnie rangeoit devant fon
front les Viandes rôties , &c. qui lui étoient deftinées
& tous s'étant affis par terre , fe mirent
en devoir de prendre un ample & joyeux Repas.
:
Derriere chaque Régiment on avoit creusé la
terre pour y pratiquer des bancs & une longue
table , à laquelle chaque Chef & Colonel fit fervir
à part de très -bons mets à tous fes Officiers
qui après le fignal donné fe mirent à table ; ces
tables étoient difpofées fur deux lignes , à la diftance
de 100. pas l'une de l'autre ; & les Soldats
étoient affis à une égale distance les uns des autres
, ce qui fit un fort beau Spectacle.
Les deux Rois , qui de la hauteur du Quartier
Royal , avoient pu découvrir cet arrange ment,
en partirent avec toute leur fuite & pafferent les
deux lignes devant les tables des Officiers , pour
les voir manger. L. M. furent faluées par les Officiers
, les verres à la main , & les Soldats firent
éclater leur joye par des acclâmations de Vivent
les Rois , jettant leurs chapeaux en l'air , au bruit
des Tambours & au fon de divers Inftrumens de
M ufique.
Pendant cette Promenade des deux Rois & de
leur Suite , on fit fervir au Quartier du Roi , trois
tables , dont l'une qui étoit ovale , au milieu de
deux autres , & fur une élevation , étoit de 20 .
CouSEPTEMBRE
. 1730. 2063
Couverts pour les deux Rois , leur Famille Roya
le & les Princes Etrangers. Les deux autres tables
qui étoient en long , bordoient tout le Parapet de
deux côtez ,èlles étoient de 100. Couverts chacune,
pour tous les Generaux de l'Armée & pour les
Officiers & autres Etrangers qui fe trouvoient au
Camp.
Derriere la table ovale du milieu , fous une
magnifique Tente Turque , on avoit fait dreffer
une quatriéme table , longue de 40. à so. pieds
& large de dix à couze , fur laquelle il Y avoit
un Gâteau de la même grandeur que la table , &
de 36. Quintaux de poids ; ce Gâteau fut diftri→
bué à la fin du Repas à quiconque en fouhaitoit.
Après que les deux Rois eurent paffé les deux
lignes & vû dîner l'Amée , L. M. retournerent
au Quartier Royal & fe mirent à table , de même
que le Velt- Maréchal , les Officiers Generaux ,
les Officiers Etrangers & autres perfonnes de dif
tinction. Pendant le Repas on but plufieurs fois
au bruit des Canons , qui , au nombre de 48.
étoient rangez fur les Terraffes aux deux côtez .
Vers la fin du Repas , le Velt - Maréchal fe leva
& prefenta au Roi de Pruffe une Lettre au nom
& de la part de toute l'Armée , par laquelle elle
remercoit S. M. Pr. de la bonté qu'elle avoit euë
de ſe trouver à ſes Exercices Militaires , en lui
demandant en même temps la grace de la vouloir
congedier. Le Roi de Pruffe y répondit par toutes
fortes d'expreffions de politeffe , & lui accorda
le congé demandé avec tous les témoignages
d'une entiere fatisfaction.
Là-deffus le Velt-Maréchal & tous les Gene
raux de l'Armée fortirent de table & fe rendirent
au Quartier du Velt -Maréchal , ils y trouverent
tous les Officiers de l'Armée affemblez & formez
en bataillon , dont l'Infanterie tenoit le milieu
avec
2064 MERCURE DE FRANCE
avec 12 pelotons à quatre de hauteur , ayant à
chaque afle neuf pelotons de la Cavalerie à trois
de hauteur. Les Capitaines formerent le premier
rang , les Lieutenans le fecond ; les Sous - Lieutenans
le troifiéme , & les Enfeignes le quatrième.
Les Majors fe rangerent comme Caporaux , aux
aîles de leurs pelotons ; les Lieutenans - Colonels ,
comme Sergens , derriere leurs pelotons , & les
Colonels , comme Officiers , devant les pelotons :
les Generaux fe rangerent devant le Bataillon ,
chacun à fa place , felon fon ancienneté , ayant le
Velt-Maréchal à la tête . Les Officiers de l'Infanterie
marchoient avec leurs Efpontons , & ceux
de la Cavalerie , l'épée haute.
Le Bataillon s'étant mis en marche dans cet
ordre , le Velt - Maréchal le mena aux deux Terraffes
devant le Quartier Royal , où il ſe mit en
deux lignes ; la Cavalerie forma la premiere , &
l'Infanterie la feconde : Ils faluerent tous enfemble
les deux Rois ; les deux lignes s'étant enfuite
remifes en marche par pelotons , elles pafferent
en revûë au pied de la premiere Terraffe , où les
deux Rois s'étoient poftez avec toute leur Cour
& faluerent de nouveau L. M.par pelotons.Le Roi
de Pruffe les remercia fort gracieuſement ; &
comme S. M. Pr. pour donner une marque de
fon entiere fatisfaction , buvoit à chaque General
& à chaque Colonel -Commandant des Régimens,
on fit donner à tous les Officiers , à mesure qu'ils
paffoient par pelotons , des verres qu'ils vuiderent
à la fanté du Roi de Pruffe , au bruit de tout
le Canon ; & après avoir jetté les verres , ils pafferent
de cette façon les uns après les autres , &
le Canon ne ceffa de tirer qu'aprés qu'ils furent
tous paffez. C'eft ainfi que l'Armée prit congé
du Roi de Pruffe , qui la congedia.
Les deux Rois avec toute leur Cour , s'embarquerent
SEPTEMBRE . 1730. 2065
querent
fur l'Elbe le 27. & arriverent au Château
de Lichtembourg , où ils coucherent . Le lendemain
28. L. M. accompagnées des Princes leurs
fils , partirent de Lichtembourg avec toute leur
fuite pour fe rendre à l'endroit de la Chauffée
près de Zulhtsdorff , elles y trouverent d'abord
des gens de la Chaffe en habits verds galonaez
d'argent, avec leurs Chiens, rangez en haye. L'endroit
de la Chaffe & fes avenues étoient embellis
par plufieurs grandes & magnifiques Loges ,
conftruites de verdure. On avoit pris toutes les
précautions pour empêcher qu'il n'arrivât aucun
accident par des coups tirez . Le grand Veneur
à la tête du Veneur de la Cour , des Grands - Maî
tres des Forêts , des Gentilshommes & de tous les
autres Officiers qui dépendent de la Chaffe, étoient
auffi en habits verds richement l'odez .
2
Ils reçurent L. M. en defcendant de leur Chaife
, au fon des Cors de Chaffe & des Hautbois .
Il fe préfenta d'abord une Chaife de Chaffe , tirée
par fix Cerfs apprivoifez , & menée avec beau
coup d'adreffe par deux Garçons de Chaffe , ce
que le Roi de Pruffe ne put s'empêcher d'admirer.
On fit enfuite les préparatifs pour commencer
la Chaffe: Les Chevaliers & autres de la fuite
des deux Rois à cheval & munis de Lances , fe
rangerent à droite & à gauche. L. M. & L. A. R.
avec toutes les perfonnes de diftinction de leur
fuite , s'étant partagez , fe pofterent aux deux côtez
pour tirer. Le Grand Veneur rangea en ordre
tous ceux qui dépendent de la Chaffe , & s'étant
mis à la tête , il paffa avec eux devant les
deux Rois , & alors la Chaffe commença au fon
des Cors & des Hautbois. Il fut tué un grand
nombre de toutes fortes de bêtes fauves & autre
gibier , partie avec des Lances & en forçant avec
des Chiens , & partie par des armes à feu. Il fe
trour
2066 MERCURE DE FRANCE
trouva en tout 1124. Pieces; fçavoir, 804. Cerfs,
203. Sangliers , 97. Chevreuils & Dains , 18.
Lievres & 2. Renards , le tout porté à une Place
& rangé en ordre par les Gens de la Chaffe. Ainfi
finit cette grande & fuperbe Chaffe qui fut faite
avec beaucoup d'ordre & fans aucun accident.
On ſe retira enfuite vers les Loges , où les Tables
étoient couvertes & fervies pour le dîner. Il
y avoit trois tables , dont la premiere deſtinée
pour L. M. L. A. R. les Princes & autres perfon-
Tonnes de diftinction , étoit de 24. Couverts ; &
les deux autres de 20. Couverts chacune , pour
les Miniftres & autres Officiers. Il y avoit outre
cela deux autres tables de 48. Couverts chacune
pour les Gens de la Chaffe. La joye generale &
les deux Rois parurent fort contens ; lorfqu'on
fut hors de table , les deux Rois pafferent encore
quelque temps en converfation , après quoi L. M.
s'embrafferent & fe féparerent avec toutes les
marques poffibles de tendreffe. Le Roi de Pruffe
partit pour Poftdam & le Roi de Pologne retourna
au Camp de Radewitz.
Fermer
Résumé : SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
Le 24 juin, à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, le roi organisa une célébration à Mulhberg et Radwitz. La journée débuta par un grand souper au quartier du roi, suivi de feux de joie et d'une mise en bataille des troupes à 9 heures. Trois salves de canon et des feux de mousqueterie marquèrent le début d'une illumination près du village de Riffa, en face du château de Premniz. Le roi et les princes se rendirent au château où une illumination spectaculaire fut allumée, représentant un temple de la Paix de 400 pieds de long et 160 pieds de haut, orné de peintures et de trophées. L'illumination, composée de 40 000 millest ampes, fut allumée en 15 minutes. Le temple, de style ionique, était richement décoré de colonnes, de pilastres, et de peintures enrichies de lapis. Au centre du temple, une déesse de la Paix, tenue par Mars, surplombait une inscription en latin. Des arcades et des galeries complétaient la scène, avec des trophées et des renommées sonnant de la trompette. Après un quart d'heure, 15 lettres formant une devise furent allumées, accompagnées de feux courants à terre et de 6 000 fusées. Des mortiers tirèrent des boîtes remplies de feux d'artifice, et un feu grégeois fut allumé dans l'eau par des bateaux. Une seconde illumination vit la rivière couverte de 48 bâtiments éclairés et remplis de musique de guerre, incluant le Bucentaure, un grand bâtiment royal illuminé par 30 000 lampions. Le 26 juin, le roi offrit un repas à toute l'armée. Les régiments se rangèrent en ordre, et les viandes rôties, le pain, le vin et la bière furent distribués. Les rois passèrent en revue les troupes, qui les saluèrent avec des acclamations et des musiques. Après le repas, le maréchal présenta une lettre de remerciement au roi de Prusse, qui accorda le congé à l'armée. Les officiers, formés en bataillon, saluèrent les rois avant de se disperser. Les deux rois s'embarquèrent sur l'Elbe le 27 juin et arrivèrent au château de Lichtembourg, où ils passèrent la nuit. Le lendemain, ils se rendirent près de Zulhtsdorff. Le texte décrit également une grande chasse organisée avec une préparation minutieuse pour éviter les accidents. Les participants, vêtus de habits verts galonnés d'argent, incluaient des gens de la Chasse, des chiens, et divers officiers. L'endroit était embelli par des loges magnifiques construites de verdure. La chasse débuta avec une présentation d'une chaise tirée par six cerfs apprivoisés, admirée par le Roi de Prusse. Les préparatifs incluaient des chevaliers et autres cavaliers munis de lances, se rangeant de chaque côté. Les rois et les personnes de distinction se positionnèrent pour tirer. La chasse se déroula avec ordre, au son des cors et des hautbois, et un grand nombre de bêtes fauves et de gibier furent tuées, totalisant 1124 pièces. Après la chasse, un dîner fut servi dans les loges, avec trois tables pour les personnes de distinction et deux autres pour les gens de la Chasse. La joie générale et la satisfaction des rois furent notables. Après le dîner, les rois conversèrent brièvement avant que Leurs Majestés ne s'embrassent et se séparèrent avec tendresse. Le Roi de Prusse partit pour Potsdam, et le Roi de Pologne retourna au camp de Radewitz.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4699
p. 160-178
Lettre curieuse & tres-amusante sur le même sujet. [titre d'après la table]
Début :
Ceux qui prennent serieusement parti dans cette cause, [...]
Mots clefs :
Brune, Blonde, Anciens, Modernes, Homère, Madame Dacier, Dames
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre curieuse & tres-amusante sur le même sujet. [titre d'après la table]
Ceux qui prennent ferieufement
parti dans cette cause,
fendront mieux quemoy l'espritde
la Lettre suivante,ils
en feront l'urage & l'application
que bon leur femblcra;
mais il ya une autre forte de
public qui ne cherche qu'à
samuser & qui exige des fameux
metix Auteurs comme moy, des
pieces dont les sçavants &
grands raisonnements ne donnent
point la torture à l'imagination.
Jayjustement son
fffaire,& en voicy une qui luy
convient. C'est
,
Messieurs
à
ine Lettre qu'un galant homme
qui a certainement beaucou
p desprit,adresseàvous
,
i moy) ou putoc à tout ta
monde.
r Je ne puis, Monsieur, répondre
mieux à la curiosité,
jue vous me paroiflez avoir
ic ce qu'on pense dans !«.
monde pour & contre les-
Avril 1715.O
Auteurs anciens, qu'en vous
racontant une conversation
qui se p essa hier aux Thuilleries
assez prés de moy entre
deux Dames
,
dont l'une est
grande, blonde & serieuse
J l'autre est brune,de taille me.
diocre
,
mais libre, & d'un
air assez vif
Apres que chacune d'elles
eût donné des loüanges à la
beauté de l'autre, & que
pour exeufer les deffauts de la
Îîenne
,
elle eût allégué ou fupporé
quelque legereincommo-
-
ditéj enfin après qu'elles eurent
épuisé tout ce quenfeigne
le grand arc de flatter
l'amour propre d'autruy
,
&
de ménager les intérêts du fien,
j'entendis la plus grande dire
à l'autre.
Avez-vous lû le Livre de
Madame D. Madame.
LA BRUNE.
J'en ay parcouru quelques
Feuillets
,
Madame
,
pendant
qu'on me coëffoit, & hier au
oir que j'avoislatête encore.
échauffée d'une reprisede Beran;&
quejene pouvoism'endormir
je me le fis lire, &
l'en fus tres. satisfaite.
LA BLONDE.
Oh,Madame, il n'yarien
de si beau, nostre sexe a bien
de l'obligation à Madame
Da. son exemple suffit à faire
voir l'injustice des hommes
qui nous veulent exclurre de
-
la République des Lettres, &
qui non contents de nous faire
un crime de l'usage de nos
coeurs,nousinterdisent encore
l'usage de nostre esprit.
N'avez vous pas esté bienaise
de voir avec quel air de
superioritéelle traite ce pauvre
la M.
LA BRUNE.
Nous avons toutes interest
à luy applaudir, Madame, je
voudrois feulement qu'en se
saisissant des avantages que les
hommes se sontreservez,elle
conservât toute la douceur,
toute la modestie qui font
nostrepartage & qui nous
siéent sibien,mais ce que j'ay
le plus de peine à luy pardonner
,
c'est qu'elle mêle dans sa
querelle,les Romans & l'Opera.
Qu'elleaugmente nostre
gloire à la bonne heure;mais
qu'elle ne retranche rien à nos
plaisirs.
-
LA BLONDE.
- Ah ma chere ! ctt- il possible
que depuis que vous avez
douze ans passez, vous ayez
encore du goût pour des choses
si frivoles.
LA BRUNE.
Mais,Madame, cette Iliade
devant laquelleMadame D. est
toujours à genoux, est-ce
donc une Histoiresacrée?
-- LA BLONDE.
Oh non, Madame, si c'étoit
une Histoire çe ne pourroit
être le sujet d'un Poëme
Epique; & si vous avez lû ce
qu'en dit le grand
LABRUNE.
r< Je ne sçay point ce qu'ont
dit ces grands
,
Madame
quand , je trouve leurs noms
dans un Livre,je les faute commeceschoses
qu'il ne nousest
pas permis de prononcer; mais
j'aytoujourscomprisqu'un
tissu d'avantures qui n'est pas
une Histoire, est un Roman.
LABLONDE.
auRoman si vous voulez, mais
moins ce n'est pas de ceux
dont lesHeros toûjours polis,
toûjoursgenereux, font insupportables
à force de mérite.
Icy vous voyez peints au naturel
tous les deffauts d'un fieclc
grossier, vousyreconnoissezla
simplenature, & j'aime
bien mieux voir ces illustres
grivois se chanter poüilles, &
faire eux mêmesleur fricassée,
que d'entendre nos braves &
nos mignons, toujours guindez
dans les plus nobles sentimens
defierté, ou confits dans
les plus tendres sentiments de
l'amour.
LA BRUNE, -
Il est vray que la peinture
de ces tems impolisaquelque
chose de curieux,le portrait
d'un païsage brute &sauvage
peuri
peut avoir sa force & Ces graces
: je comprens bien que des
siecles plus policez ont pû en
être charmez;on aime à voir
les petites malices & les jeux
ridicules de l'enfance dont on
est revenu; mais je ne f<¡ay si
nos Modernes ont eu tort de
tracer quelque chose d'utile
dans des peintures qui ne sont
pas faites feulement pour le
plaisir des yeux, & si en montrant
les hommes tels qu'ils
font, ils n'ont pas dû les representer
quelquefois tels qu'ils
doivent être, quand leur siecle
plus heureux que les premiers,
a fourni des exemples, ou du
moins des idées de dignité Si
de delicatesse,c'eût esté trahit
sa gloire & l'utilité des tems
à venir, que de les supprimes
par une scrupuleuse imitation
des Anciens.
- LA BLONDE. 1
Oh ma chere! les sentimens
ont pû se perfectionner
, 1
connoissances se développera
& s'étendre; mais 1arc de la
Poësie fut porté tout d'un
coup par Homere à un degré
de perfectionauquel il nJc.
pas permisde prétendre. "1
l' LA BRUNE.
Oüy. Je comprens partout
ce que j'entens dire d'Homere
qu'il eût plus que tout autre
l'esprit Poëtique ; je crois que
le feu de son imagination a
échauffé celle des Poëtes qui
- l'ont suivy,& a merité par là
leurs hommages. Je ne doute
point que M. de la M.luy même
n'en ait esté touché, quand
il a entrepris de l'imiter; mais
j'ay peine à croire que les avantures
de l'Iliade soient aussiinteressantes
que celles de Cleopatre.
La versification d'Homerc
dans une Langue qui luy
estavantageuse, peut luy fournir
des graces que nôtre prose
n'apas, & que nos rimes ne
peuvent peut-être avoir;mais
pour ce qui est de laconduite
d'un Ouvrage, de la noblesse
des caracteres, de la beauté des
situations, bien des gens
croyent l'avantage du costé
des Modernes.
LA BLONDE.
Oh Madame!que ces genslà
auroient besoin des leçons
de Madame D. pour apprendre
à discerner ce qui ca admirable,
ce qui est divin,d'avec
ce qui n'est que - fade &insipide,
Osent-ils. se revolter
contre des approbationssi anciennes,
siautentiques ? quelle
audacelouct orguëil!
LA BRUNE.
L'orguëil se cache sous bien
des formes, Madame; il se mê.
le dans les loüanges aussi bien
que dans les critiques, & c'est
ce qui fait que les unes ni les -
autresne s'arrêtent guere dans
leurs justes bor nes. S'il y a de la
vanitéà ne se pas soumettre à
des autorirezrespectables,n'y
m a-t il point à soûtenir ses
prejugez contre les lumières
que la raison vient offrir. Un
-
Grec en loüant son Compatriote
aura cru ne pouvoir élever
trop haut une gloire à laquelleil
étoit associé. Les premiers
Latins qui connurent le
Grec ne pouvoient trop priser
un tresor qui n'estoit que pour
eux; un sentiment si naturel
est de tous les siecles, Madame.
LA BLONDE.
Ah Madame! peut-on soupçonnerdes
ames si tlevéesJdes
cfprits si éclairez, d'avoir esté
susceptibles de quelque vanité
,
& prodigues de loiiwgcs,
Sçavez vous, Madame ,qu'ils
avoient fait écrire lesOuvrages
d'Homere en Lettres d'or
sur la peau d'un Dragon;oseroit-
on encore voir des dessauts
dans un monument si
respectable,s'ilestoitparvenu
jusques à nous;mais helas il
perit dans cet incendie qui arriva
à Constantinople
,
lorsque
Leon l'Isaurien fit condamner
les briseursd'Images.
LABRUNE.
J'ignorois, Madame, une
chosesicurieuse; mais cela me
fait venir à l'esprit une penséc:
fie se pourroit-il pas que dans
cet incendie ou d'autres semblables,
les Ouvrages d'Homere
eussent peri, & qu'il ne
s'en fut sauvé que quelque imitation
,telle que feroit à present
le Virgile travesti, ou la
Critique de Telemaque , si
nous en avions perdu les originaux
,qu'en ditcs-vous.
Madame ? ces Dieux qui battent
leurs femmes& qui fuïent
devant les hommes, ces harangercs
immortelles, ces braves
qui rapportent si à propos leur
genealogie, & y trouvent de
si bonnes raisons pourmettre
bas leurs armes redoutables.
Ce Heros si fier & si terri ble
qui va bouder dans son Vaisseau,
aprés s'être laissé ôter sa
Maistresse , sans faire autre
chose que de porter la main
sur la garde de son épée, tout
cela n'at-il point l'air d'êstre
quelque descendant du costé
gauche,qui aura recuëilli les
magnifiques loüanges données
à la verita ble tige.
LA BLONDE.
Vous riez
,
Madame,de
i
chosebien serieuses .c'e*ft une
impictequi'refremble en quelq,
ue façon à celle que Leon ex- termina.
> LA BRUNE.
Oh Madame!je ne prétends
pointestreimpie,j'aime mieux
donner de l'encens à Homere,
& je le respecteray en VOUS)
comme s'il estoit encore sur
la peau de ceDragon.
La grande Blonde rougit ài
ce mot de Dragon; les tons
s'aigrirent, & nos deux Dames
commençoient à faire les
Déesses, quand un de mes amis
qui me vint embrasser, me fit
perdre la fuite de leurs discours.
Je suisde tourmon
coeur,
&c.
parti dans cette cause,
fendront mieux quemoy l'espritde
la Lettre suivante,ils
en feront l'urage & l'application
que bon leur femblcra;
mais il ya une autre forte de
public qui ne cherche qu'à
samuser & qui exige des fameux
metix Auteurs comme moy, des
pieces dont les sçavants &
grands raisonnements ne donnent
point la torture à l'imagination.
Jayjustement son
fffaire,& en voicy une qui luy
convient. C'est
,
Messieurs
à
ine Lettre qu'un galant homme
qui a certainement beaucou
p desprit,adresseàvous
,
i moy) ou putoc à tout ta
monde.
r Je ne puis, Monsieur, répondre
mieux à la curiosité,
jue vous me paroiflez avoir
ic ce qu'on pense dans !«.
monde pour & contre les-
Avril 1715.O
Auteurs anciens, qu'en vous
racontant une conversation
qui se p essa hier aux Thuilleries
assez prés de moy entre
deux Dames
,
dont l'une est
grande, blonde & serieuse
J l'autre est brune,de taille me.
diocre
,
mais libre, & d'un
air assez vif
Apres que chacune d'elles
eût donné des loüanges à la
beauté de l'autre, & que
pour exeufer les deffauts de la
Îîenne
,
elle eût allégué ou fupporé
quelque legereincommo-
-
ditéj enfin après qu'elles eurent
épuisé tout ce quenfeigne
le grand arc de flatter
l'amour propre d'autruy
,
&
de ménager les intérêts du fien,
j'entendis la plus grande dire
à l'autre.
Avez-vous lû le Livre de
Madame D. Madame.
LA BRUNE.
J'en ay parcouru quelques
Feuillets
,
Madame
,
pendant
qu'on me coëffoit, & hier au
oir que j'avoislatête encore.
échauffée d'une reprisede Beran;&
quejene pouvoism'endormir
je me le fis lire, &
l'en fus tres. satisfaite.
LA BLONDE.
Oh,Madame, il n'yarien
de si beau, nostre sexe a bien
de l'obligation à Madame
Da. son exemple suffit à faire
voir l'injustice des hommes
qui nous veulent exclurre de
-
la République des Lettres, &
qui non contents de nous faire
un crime de l'usage de nos
coeurs,nousinterdisent encore
l'usage de nostre esprit.
N'avez vous pas esté bienaise
de voir avec quel air de
superioritéelle traite ce pauvre
la M.
LA BRUNE.
Nous avons toutes interest
à luy applaudir, Madame, je
voudrois feulement qu'en se
saisissant des avantages que les
hommes se sontreservez,elle
conservât toute la douceur,
toute la modestie qui font
nostrepartage & qui nous
siéent sibien,mais ce que j'ay
le plus de peine à luy pardonner
,
c'est qu'elle mêle dans sa
querelle,les Romans & l'Opera.
Qu'elleaugmente nostre
gloire à la bonne heure;mais
qu'elle ne retranche rien à nos
plaisirs.
-
LA BLONDE.
- Ah ma chere ! ctt- il possible
que depuis que vous avez
douze ans passez, vous ayez
encore du goût pour des choses
si frivoles.
LA BRUNE.
Mais,Madame, cette Iliade
devant laquelleMadame D. est
toujours à genoux, est-ce
donc une Histoiresacrée?
-- LA BLONDE.
Oh non, Madame, si c'étoit
une Histoire çe ne pourroit
être le sujet d'un Poëme
Epique; & si vous avez lû ce
qu'en dit le grand
LABRUNE.
r< Je ne sçay point ce qu'ont
dit ces grands
,
Madame
quand , je trouve leurs noms
dans un Livre,je les faute commeceschoses
qu'il ne nousest
pas permis de prononcer; mais
j'aytoujourscomprisqu'un
tissu d'avantures qui n'est pas
une Histoire, est un Roman.
LABLONDE.
auRoman si vous voulez, mais
moins ce n'est pas de ceux
dont lesHeros toûjours polis,
toûjoursgenereux, font insupportables
à force de mérite.
Icy vous voyez peints au naturel
tous les deffauts d'un fieclc
grossier, vousyreconnoissezla
simplenature, & j'aime
bien mieux voir ces illustres
grivois se chanter poüilles, &
faire eux mêmesleur fricassée,
que d'entendre nos braves &
nos mignons, toujours guindez
dans les plus nobles sentimens
defierté, ou confits dans
les plus tendres sentiments de
l'amour.
LA BRUNE, -
Il est vray que la peinture
de ces tems impolisaquelque
chose de curieux,le portrait
d'un païsage brute &sauvage
peuri
peut avoir sa force & Ces graces
: je comprens bien que des
siecles plus policez ont pû en
être charmez;on aime à voir
les petites malices & les jeux
ridicules de l'enfance dont on
est revenu; mais je ne f<¡ay si
nos Modernes ont eu tort de
tracer quelque chose d'utile
dans des peintures qui ne sont
pas faites feulement pour le
plaisir des yeux, & si en montrant
les hommes tels qu'ils
font, ils n'ont pas dû les representer
quelquefois tels qu'ils
doivent être, quand leur siecle
plus heureux que les premiers,
a fourni des exemples, ou du
moins des idées de dignité Si
de delicatesse,c'eût esté trahit
sa gloire & l'utilité des tems
à venir, que de les supprimes
par une scrupuleuse imitation
des Anciens.
- LA BLONDE. 1
Oh ma chere! les sentimens
ont pû se perfectionner
, 1
connoissances se développera
& s'étendre; mais 1arc de la
Poësie fut porté tout d'un
coup par Homere à un degré
de perfectionauquel il nJc.
pas permisde prétendre. "1
l' LA BRUNE.
Oüy. Je comprens partout
ce que j'entens dire d'Homere
qu'il eût plus que tout autre
l'esprit Poëtique ; je crois que
le feu de son imagination a
échauffé celle des Poëtes qui
- l'ont suivy,& a merité par là
leurs hommages. Je ne doute
point que M. de la M.luy même
n'en ait esté touché, quand
il a entrepris de l'imiter; mais
j'ay peine à croire que les avantures
de l'Iliade soient aussiinteressantes
que celles de Cleopatre.
La versification d'Homerc
dans une Langue qui luy
estavantageuse, peut luy fournir
des graces que nôtre prose
n'apas, & que nos rimes ne
peuvent peut-être avoir;mais
pour ce qui est de laconduite
d'un Ouvrage, de la noblesse
des caracteres, de la beauté des
situations, bien des gens
croyent l'avantage du costé
des Modernes.
LA BLONDE.
Oh Madame!que ces genslà
auroient besoin des leçons
de Madame D. pour apprendre
à discerner ce qui ca admirable,
ce qui est divin,d'avec
ce qui n'est que - fade &insipide,
Osent-ils. se revolter
contre des approbationssi anciennes,
siautentiques ? quelle
audacelouct orguëil!
LA BRUNE.
L'orguëil se cache sous bien
des formes, Madame; il se mê.
le dans les loüanges aussi bien
que dans les critiques, & c'est
ce qui fait que les unes ni les -
autresne s'arrêtent guere dans
leurs justes bor nes. S'il y a de la
vanitéà ne se pas soumettre à
des autorirezrespectables,n'y
m a-t il point à soûtenir ses
prejugez contre les lumières
que la raison vient offrir. Un
-
Grec en loüant son Compatriote
aura cru ne pouvoir élever
trop haut une gloire à laquelleil
étoit associé. Les premiers
Latins qui connurent le
Grec ne pouvoient trop priser
un tresor qui n'estoit que pour
eux; un sentiment si naturel
est de tous les siecles, Madame.
LA BLONDE.
Ah Madame! peut-on soupçonnerdes
ames si tlevéesJdes
cfprits si éclairez, d'avoir esté
susceptibles de quelque vanité
,
& prodigues de loiiwgcs,
Sçavez vous, Madame ,qu'ils
avoient fait écrire lesOuvrages
d'Homere en Lettres d'or
sur la peau d'un Dragon;oseroit-
on encore voir des dessauts
dans un monument si
respectable,s'ilestoitparvenu
jusques à nous;mais helas il
perit dans cet incendie qui arriva
à Constantinople
,
lorsque
Leon l'Isaurien fit condamner
les briseursd'Images.
LABRUNE.
J'ignorois, Madame, une
chosesicurieuse; mais cela me
fait venir à l'esprit une penséc:
fie se pourroit-il pas que dans
cet incendie ou d'autres semblables,
les Ouvrages d'Homere
eussent peri, & qu'il ne
s'en fut sauvé que quelque imitation
,telle que feroit à present
le Virgile travesti, ou la
Critique de Telemaque , si
nous en avions perdu les originaux
,qu'en ditcs-vous.
Madame ? ces Dieux qui battent
leurs femmes& qui fuïent
devant les hommes, ces harangercs
immortelles, ces braves
qui rapportent si à propos leur
genealogie, & y trouvent de
si bonnes raisons pourmettre
bas leurs armes redoutables.
Ce Heros si fier & si terri ble
qui va bouder dans son Vaisseau,
aprés s'être laissé ôter sa
Maistresse , sans faire autre
chose que de porter la main
sur la garde de son épée, tout
cela n'at-il point l'air d'êstre
quelque descendant du costé
gauche,qui aura recuëilli les
magnifiques loüanges données
à la verita ble tige.
LA BLONDE.
Vous riez
,
Madame,de
i
chosebien serieuses .c'e*ft une
impictequi'refremble en quelq,
ue façon à celle que Leon ex- termina.
> LA BRUNE.
Oh Madame!je ne prétends
pointestreimpie,j'aime mieux
donner de l'encens à Homere,
& je le respecteray en VOUS)
comme s'il estoit encore sur
la peau de ceDragon.
La grande Blonde rougit ài
ce mot de Dragon; les tons
s'aigrirent, & nos deux Dames
commençoient à faire les
Déesses, quand un de mes amis
qui me vint embrasser, me fit
perdre la fuite de leurs discours.
Je suisde tourmon
coeur,
&c.
Fermer
4700
p. 160-187
Benefices donnez dans la dernière Promotion, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à l'Article des Benefices donnez par la Roy dans la [...]
Mots clefs :
Bénéfices donnés, Roi, Promotion, Abbayes, Ordre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Benefices donnez dans la dernière Promotion, [titre d'après la table]
Je passe à
l' Article des Benefices donnez par le Roy dansla
derniere Promotion, & je
commence à l'ordinaire par
vous marquer ce que ceux qui
en ontelle pourvusont merité
ducosté de l'Eglise; car, ainj
que je vous ay (OU;O\.lrs marque
,
ce n'est ny aux services
ny à la naissance que le Roy
donne les Benefices; mais cela
ne m'empêche pas de vous parler ensuire de lanaissance&des
services de ceux qui sont distinguez par quelques endroits,
quoy que ce ne soit pas à ces
services & àcettenaissanceque
le Roy ait donné ces Benefices.
** S. M. a
donné l'Abbaye
de S. Sulpice, Ordre de Cifteaux
,
Diocese de Bellay, &
dépendante de Pontigny, à
Dom Languet Prieur de la Fer.
té, & frere de Mr le Comte de
RochefortConseiller
au Par-
lemenf de Bourgogne; de Mr
le Comte de Gergy
,
Gentilhomme ordinaire de Sa Majesté, & son Envoyé Extraordinaire prés du Grand Duc de
Toscane, & qui a
esté ci devant en la mêmequalité prés
des Ducs de Mantouë
,
de
Parme, de Wirtemberg
,
& de
plusieurs autres Princes & Etats
de l'Empire en Allemagne. Il
est aussï frere de Mr le Baron
de Montigny, Colonel de Cuirassiersau service de Monsieur
l'Eleveur de Baviere ;
de Mr
l'AbbéLanguet, Vicaire de
la Paroisse de S. Sulpice, & de
Mr l'Abbé de Coetmaloin
Aumônier de Madame la Duchesse de Bourgogne, & grand
Vicaire de l'Evêché d'Autun,
actuellement à Moulins.
Dom Languet est Docteur
de Sorbonne. Il est très- confideré, & aimé dans son Ordre.
Le feu Abbé de laFertéen faisoit tant de cas qu'il le fie
Prieur de cette Abbaye, & il
a
dit plusieurs fois qu'il desiroit fort qu'il luy fuccedaft.
Cet Abbé estant mort il y a
environ cinq mois, on a procedé à l'élection, & de vingtdeux voix Dom Lai)cyuctcii.,,,i
eu dix pour luy, & celuy qui
estoit Abbé de Saint Sulpice
en a eu douze, & par consequent estant élu Abbé de la
Ferré, l'Abbaye de S. Sulpice
qu'ilpossedoit & qui est à la
nomination du Roy, estant
vacante, Sa Majesté y a
nommé
Dom Languet.
Languer Hubert,- Ministred'Etat d'AugusteDuc deSaxe,
naquit enBourgogne en ij18,
à Viteaux
,
dont estoit GDUverneurson pere Germain Languet, Gentilhomme d'une an- -
cienne famille de l'Autunnois.
Le desir de voyager l'engagea
dés sa jeunesse à passer en Allemagne
,
où il s'attacha à sa
personne & aux sentimens de
Melancthon
;
Auguste ayant
èonnu (on esprit & son habileté pour les négociations se fit
un plaisir de les mettre enœuvre ;
il l'envoya deux fois en
France auprès de Charles IX.
& le fit son Plenipotentiaire à
la Paix de Stetin
,
lorsque cet
Electeur eut esté choisi avec
d'autres Princes pour Médiateur entre les Suédois & les
Moscovites
;
enfin il le retint
en son Conseil pour estlre plus
à portée de le consulter
; Lan-
guet donna dans toutes ces occassons des preuves de son habileté; mais dans la suite mécontent de ce qu'on le foupçonnoit d'avoir voulu répandre en Saxe la doctrine de
Zuingle
,
il se retira de cette
Cour en 1577.le célébré Guillaume Prince d'Orange l'attira
prés de luy, & te servir utilement des conseils de Languer,
qui mourut entre les bras de ce
Prince en 1581. à Anvers ou
il sur enterré. Il avoit eu deux
freres
,
l'un Claude Languet
Seigneur de Saint COrine, qui
s'attacha à lu Cour de la Reine
Catherine de Medicis, & l'autre Guy Languet qui fut Chancelier de Savoye. La famille du
premier subsiste
encore en
Bourgogne avec distinction,
dans les enfans de Denys Languer Seigneur de Rochefort,
Baron de Saffres & Gergy, &c..
Procureur General au Parlement de Dijon. La vie d'Hubert Languet a
esté imprimée
à Hall en Saxe, en 1700. L'on
y a
imprime en mesme temps
un Recueil de Lettres Secrettes
qui regardent ses négociations;
on a
aussi de luy un volume
des Lettres Latines à Camera-
rius,imprime pour la dernière
fois
a
Leipsic, un autre des Let.
tres au Chevalier Sydney fils
du Viceroy d'Irlande,imprime
en 1646.chez Elzewir, une
Relation de l'expedirion d'Augustede Saxe contre Guillaume
Grumbach, & les Revolrez de
cette Province; une Harangue
Françoise à Charles 1 X. Outre
l'ouvrage intitulé, Vindicia contra Ty annos
3
fous le nom de
Stephanusjunius Brutus, Libelle
fameux dont l'Auteur a
esté si
long temps inconnu, & un
Discours des Etats de l'Empire
qui n'a jamais esté imprinlé:
on
on luy attribuë aussi une Apologie pour, Guillaume Prince
d'Orange contre leBan& Edit
du Roy d' Espigne.Joach.Cetmerarius in njitd ph. Aîelanctbonis; Jacq. Auguste de Thou,
L. 74- de son Histoire. Dupleffis Mornay
,
Préfacé de l edir.
latinc du Livre dela Véritable
Religion: Bodinus Dærnon. l. z.
t. C.Jian. VolsPresace des Annales de GuaguinEdit.lar. Gerard Jean Vossius dans la Vie
de Fabien Burgrave de DonaJ
&c. Mr Biyle,Dissertacion sur
le Livre de Stephanus Junïus
I
Brurus.
Sa Majesté ayant esté inforlnée que Dom Perdu Religieux
Profex de l'Abbayedu Gard,
Ordre de Cîceaux, Diocese
d'Ârokns, & Prieurde l'Abbaye de la RIVOUX, de la £lia—
tionde Clevaux depuis qu'il
aembrassé la vie. Monastique,
,
y a
toûjours vécu avec beaucoup de pieré ,-de respict 5C
de sourmssion aux vo docez de
ses Supérieurs
,
d'humilité & 1
de tendresse pour ses Confreres
,
d'amour Se de douceur
envers ceux donc la conduire
luya esté confiée,qu'il
a
passé j
par toutes les chai gc5 deson
Ordre, dans l'exercice dequelles il a
pendant vingt années,
donné des preuves d'une bonne conduite
,
en ayant remply
les devoirs avec toute l'édification, la modesselavigilance,
l'exactitude
,
& la modération
possibles, & convenables à son
état
,
qu'il s'est acquis l'estime
&la consideration de tous ceux
dont il estoit connu, & qu'il
estoit tres capable de remplir
les premieres dignitez de ton
Ordre,l'Abbaye de la GraceDieu du mesme Ordre au
Diocese de Bezançon en Franche-Comté, étant venue à
va-
quer par la mort de Dom Claude François Jou ff oy de Noütllard dernier Abbé, le Roy a
honoré de son choix Dom
Louis Perdu. & l'a nommé à
cette Abbaye. Il estfilsdeMre
Augustin Perdu, & de Dame
Funçoise Lagrené des plusanciennes familles de la Ville d'Amiens,&alliées aux Maisons
les r'u, con fiderables de lamême Ville.
Du costé de son pere, il cft
petit
- neveu de Mis Perdu
Avocats d-ilin-Tuez par leur
merice
,
qui oac excellé dans
leur profession & se [ont,ftC-
quis l'estime & la consideration de toute la Province.
Il est cousin germain deMr
PerduAvocat de la Ville d Amiens, l'un des plus beaux
genies de son temps, qui s'est
ddhngué par son éloquence
& par sa grande érudition, ÔC
qui Lit mort à la stur de sort
âge, regrettélde1 -
tous ceux qui
l'ontconnu.
Il elt aussi cousin de Mr Perdu Tresorier de France de la
même Ville, qui estoit fils de
Mr Perdu Bailly d'Eu.
* Du costé de Me sa mere il
estpetit-neveu de DameMa-
delainePezé, qui estoitundes
plus beaux génies de son sexe,
& de son siecle, laquelle après
avoir mis la Reforme dans
l'Abbaye de Maubuisson Ordre de Cisteaux, & dans rrois
autres Maisons du même Ordrea esté nommée par feu
Giston Duc d'Orléans en
1640. à l'Abbaye de Voysins
pré, de cette Ville,& y
est morte en 1644 en très-bonne
odeur,ayant par savie & par ses
mœursédifiénon feulement les
encore toute la Province, &.
mérité les regrets de tous ceux
donc elleestoit connue. îfljr
<
Il cil arriere petit neveu dcÏ
Mre Francis Rose, qui fut
d'abord Licencié en Droit Canon & Civil, en suite Doyen
de la Cat hédrale. d' Amiens
,, d'où il estoit natifs,&Official
de l'Evêque du même heu, ôc.
qui fut enfin par son rare merite, & par sa pieté profonde
nommé par HenryIV. à l'E.
vêch-é d Orléans en ifyj. &;
qui mourut peu de temps après
regrettéde son Prince qui I 1-ior
noroit de ses bontez, ez de plufleurspersonnes de distinction,
Il a eu aussi pour grand 011-:
cle Mre Nicôlas Lagrené
,
qui*
futélûen1513.Abbédel'Abbaye de Saint Jean d'Amiens, i
Ordre des Chanoines Regu
-
liers de Premonstré
,
& fut
nommé en 1510. par François
I.à l'Evêché d'Ebron
,
& fait i
Suffragant de Mre François de -j
Halleuvin Evêque d'Amiens,
ilfut encore en 1522. élû Abj
bé du Mont Saint Martin, &
mourut le premier Juin1540.
Sa memoire a
esté si recommandable, qu'on a mis son
corps au milieu de la Nef de J
l'Eglise de ladite Abbaye de
SaintJean, fous une tombe de
marbre blanc, soutenuë pn fjx
lions, sur laquelle il est en re- lief couché accompagné de
quatre Anges aux quatre coins;
à l'entour de cette tombe sont
gravez ces mots:Nicolans Lagrene 1540. afifivabat domum
miam
,
& atria m~,atipsum
elegi mibi in filium. 1. i Paral.
t
Ila aussi pour parens, dans
I,E"I!cc) dans l'Epée,& dans
la Robbe
,
un grand nombre
de personnes de nlerite, &
d honneur.
L'AbbayedeS.Sigismonds
a
estédonnée à Me de la Lan-
de, fort estimée dans son Ordre,quoy que Jeune, ce qui
luy a
fait meriter
9
la nominanon du Roy Elle est proche
parente de Mr de la Lande,
ci-devant Colonel de Dragons
,o& Lieurenant général]
pour le Roy dans rOtleanois>
Employqu'ilaeu aprèsla morc^
de Mr le Marquis de la Lan ic
son pere. Le pere <5c le fils DAtl
îous- deux esté honorez du mrcj
de Lieutenans généraux des
Armées du Roy.
Me Carher
a eu
l'Abbaye]
de Blandecque Elle ^exercé
ks principales Charges de sa
Communauté, & toûjours au
gré & à la satisfactionde celles
quiluy estoient (eûmifcs. Elle
porte un nom respéctable dans
l'Eglise, de grands Serviteurs
de Dieu l'ayant porté dans les
deux derniers siecles. L'Abbaye de Blandecque est de l'Ordre de Cisteaux dans le Diocese
de
r
S
Celle
Orner*
de Mouchy
*
a
esté donnée à Me de Monbel de la Menardiere. Cette Dame joint à
une naifrlnce tres distinguée
une vertu qui luy a
souvent
attiré des éloges de ses Superieurs & qui luy a
procuré une
grande consideration dans son
0 dre. Elle a eu coûtes lesprincipales Charges de sa Communauté&elle les a
toujours exercées avec beaucoupde prudence. Elle a un genie superieur
& propre pour les plus grande> affaires. On affure qu'elle
a
fait des progrés surprenans
dans l étude des saintes Lettres.
Cette Abbaye est très ancimJ
ne, & edea eu depuis plusieurs
siecles une alliance de Confraternité avec celle de la Fcrfe,
Diocese de Nismes, & cellede
Goriau, Diocese de Lodeve.
Celle de laBuffiereàMcSe-
i"u deVillerault, qui a
estéélevée dans la Religion depuis sa
plus grande jiuncflè
;
de maniere qu'elle en a
prisde bonne heure l'espnt 6c les ITj;¡xi-,
mes Cette Abbayeestde Ordre de Cisteaux
,
dans le Docese de Bou gcs. Elle est fort
ancienne.
I Celle de Sainte Claire de
Sisteron
,
à
laquelle le Prieuré
de S. Pierre de Souribe
,
autrefois Abbaye, Diocese de Gap,
est uni, à Me de Salamarre de
Revis. L'Abbaye de Sainte
Claire est la trosiéme de ce
Diocese. Celles de Lure & de
~Croiiis sont les deux premieres, & cette derniere est unie
à lEvêché. MrThomassinEvêque de Sisteron
,
un des plus
dignes Prelats du Royaume,
avoit beaucoup d'rlhnle pour
feuë ~Me l'Abbesse de Sainte
Claire, & c'est sur son témoignage que le R>y a
nommé
celle-cy
,
qui joint à une naissance distinguée un merite &
une vertu connuë de toute la
Provence. Ellea iurrourbeau.
coc p
d habileté dans le goUJ
veiûemcnt Ecclesiastique,&il
y a peu de personnes qui s'y
ÍOltllt autant appliquees.
Le Prieuré de Saint Louis de
Rouen à Me de Pommerval
,
Religieuse du même Convent.
Savertu & son merite la distinguent beaucoup. Ellea~lOÛ"
jours accompli avec une fidelité bien édifiante les devoirs
Je son état depuis qu'elle est
dans la Religion; & elle y a
toûjours menéunevietrèspe-
~nitente & tres
-
retirée. On la
consulte de bien des endroits
sur les matieres de spiritualité
;
parcequ'onsçaitqu'elle a
sur
cela de grandes lumieres, &
une expérience de pl ufieursannées.Mrl'Archevêque dcT
Rouen l'estime beaucoup
,
&
c'est le témoignageque cePrélat a
rendu au Royen sa faveur qui a
déterminéce Prince
qui ne cherche dans les choix
qu'ilfait pour l'Eglise, que la
Vertu & lemerile,à luy dpn-
~Der cette ~Digniré. Elle ixfilla
quelquetempsàl' honneur que
SaMajestéluy faisoit,maisenfin des ordres absolus l'ontdeterminée à se charger d un fardeau qu'on a
jugé depuis longtemps n'estre pas rrop pesant
pour elle. Le Prieuré de Saint
Louis d. Rouen est tres -
ancien. Il està peu pté§ de lamê-
me ancienneté que l'Abbaye
de S. Amand qui ell dans la
même Ville, & que celle de
Gomerfontaine. Il a une affinité particuliereavecl'Abbaye
de Filles de Montiers Villiers
qui est dans le même Diocese.
C'est un usage de l'Antiquité
& des premiers Siecles de 1 Ordre Monastique que ces fortes.
de Confraternitez
:
elles formoientune union tres-étroite,
& les Monasteres ainsi liez se
fournissoient reciproquement
les secours spirituels & lestemporels
;
ils s'armoient même
quelquefois -
pour la ~dtffenfe
les unsdes autres; mais c'est sur
tout les Suffrages & les Prieres
que ces sortes d'unions avoient
pour objet principal, comme
le remarque le sçavant Pere
Mabillon, quia fait de si grandes recherches sur l'ordre Monastique.
Le Roy a
donnédepuis quelque temps un Canonicar qui
vacquoit dans l'Eglis Royale
& Collegiale de Nostre Dame
de Ville-neuve lez Avignon,à
Mr l'Abbé Ycard, Ecclesiastiqu.e d'un grand merite, &qui
a
toûjours fait une exacte profcŒoa des vertus & des devoirs
de son e(hc. Il est proche pirent du R. Pere Dom ~Variel
,
Prieur de la ChartreusedeVille neuve, & un des plus grands
sujets de son Ordre. Cet Abbé
est un grand Theologien,&il
estpeud'~Eccltsiftiques mieux
instruits que luy des Principes
de la Morale chrestienne. Il a.
d'autres talens qui luy font
auni beaucoup d'honneur.
l' Article des Benefices donnez par le Roy dansla
derniere Promotion, & je
commence à l'ordinaire par
vous marquer ce que ceux qui
en ontelle pourvusont merité
ducosté de l'Eglise; car, ainj
que je vous ay (OU;O\.lrs marque
,
ce n'est ny aux services
ny à la naissance que le Roy
donne les Benefices; mais cela
ne m'empêche pas de vous parler ensuire de lanaissance&des
services de ceux qui sont distinguez par quelques endroits,
quoy que ce ne soit pas à ces
services & àcettenaissanceque
le Roy ait donné ces Benefices.
** S. M. a
donné l'Abbaye
de S. Sulpice, Ordre de Cifteaux
,
Diocese de Bellay, &
dépendante de Pontigny, à
Dom Languet Prieur de la Fer.
té, & frere de Mr le Comte de
RochefortConseiller
au Par-
lemenf de Bourgogne; de Mr
le Comte de Gergy
,
Gentilhomme ordinaire de Sa Majesté, & son Envoyé Extraordinaire prés du Grand Duc de
Toscane, & qui a
esté ci devant en la mêmequalité prés
des Ducs de Mantouë
,
de
Parme, de Wirtemberg
,
& de
plusieurs autres Princes & Etats
de l'Empire en Allemagne. Il
est aussï frere de Mr le Baron
de Montigny, Colonel de Cuirassiersau service de Monsieur
l'Eleveur de Baviere ;
de Mr
l'AbbéLanguet, Vicaire de
la Paroisse de S. Sulpice, & de
Mr l'Abbé de Coetmaloin
Aumônier de Madame la Duchesse de Bourgogne, & grand
Vicaire de l'Evêché d'Autun,
actuellement à Moulins.
Dom Languet est Docteur
de Sorbonne. Il est très- confideré, & aimé dans son Ordre.
Le feu Abbé de laFertéen faisoit tant de cas qu'il le fie
Prieur de cette Abbaye, & il
a
dit plusieurs fois qu'il desiroit fort qu'il luy fuccedaft.
Cet Abbé estant mort il y a
environ cinq mois, on a procedé à l'élection, & de vingtdeux voix Dom Lai)cyuctcii.,,,i
eu dix pour luy, & celuy qui
estoit Abbé de Saint Sulpice
en a eu douze, & par consequent estant élu Abbé de la
Ferré, l'Abbaye de S. Sulpice
qu'ilpossedoit & qui est à la
nomination du Roy, estant
vacante, Sa Majesté y a
nommé
Dom Languet.
Languer Hubert,- Ministred'Etat d'AugusteDuc deSaxe,
naquit enBourgogne en ij18,
à Viteaux
,
dont estoit GDUverneurson pere Germain Languet, Gentilhomme d'une an- -
cienne famille de l'Autunnois.
Le desir de voyager l'engagea
dés sa jeunesse à passer en Allemagne
,
où il s'attacha à sa
personne & aux sentimens de
Melancthon
;
Auguste ayant
èonnu (on esprit & son habileté pour les négociations se fit
un plaisir de les mettre enœuvre ;
il l'envoya deux fois en
France auprès de Charles IX.
& le fit son Plenipotentiaire à
la Paix de Stetin
,
lorsque cet
Electeur eut esté choisi avec
d'autres Princes pour Médiateur entre les Suédois & les
Moscovites
;
enfin il le retint
en son Conseil pour estlre plus
à portée de le consulter
; Lan-
guet donna dans toutes ces occassons des preuves de son habileté; mais dans la suite mécontent de ce qu'on le foupçonnoit d'avoir voulu répandre en Saxe la doctrine de
Zuingle
,
il se retira de cette
Cour en 1577.le célébré Guillaume Prince d'Orange l'attira
prés de luy, & te servir utilement des conseils de Languer,
qui mourut entre les bras de ce
Prince en 1581. à Anvers ou
il sur enterré. Il avoit eu deux
freres
,
l'un Claude Languet
Seigneur de Saint COrine, qui
s'attacha à lu Cour de la Reine
Catherine de Medicis, & l'autre Guy Languet qui fut Chancelier de Savoye. La famille du
premier subsiste
encore en
Bourgogne avec distinction,
dans les enfans de Denys Languer Seigneur de Rochefort,
Baron de Saffres & Gergy, &c..
Procureur General au Parlement de Dijon. La vie d'Hubert Languet a
esté imprimée
à Hall en Saxe, en 1700. L'on
y a
imprime en mesme temps
un Recueil de Lettres Secrettes
qui regardent ses négociations;
on a
aussi de luy un volume
des Lettres Latines à Camera-
rius,imprime pour la dernière
fois
a
Leipsic, un autre des Let.
tres au Chevalier Sydney fils
du Viceroy d'Irlande,imprime
en 1646.chez Elzewir, une
Relation de l'expedirion d'Augustede Saxe contre Guillaume
Grumbach, & les Revolrez de
cette Province; une Harangue
Françoise à Charles 1 X. Outre
l'ouvrage intitulé, Vindicia contra Ty annos
3
fous le nom de
Stephanusjunius Brutus, Libelle
fameux dont l'Auteur a
esté si
long temps inconnu, & un
Discours des Etats de l'Empire
qui n'a jamais esté imprinlé:
on
on luy attribuë aussi une Apologie pour, Guillaume Prince
d'Orange contre leBan& Edit
du Roy d' Espigne.Joach.Cetmerarius in njitd ph. Aîelanctbonis; Jacq. Auguste de Thou,
L. 74- de son Histoire. Dupleffis Mornay
,
Préfacé de l edir.
latinc du Livre dela Véritable
Religion: Bodinus Dærnon. l. z.
t. C.Jian. VolsPresace des Annales de GuaguinEdit.lar. Gerard Jean Vossius dans la Vie
de Fabien Burgrave de DonaJ
&c. Mr Biyle,Dissertacion sur
le Livre de Stephanus Junïus
I
Brurus.
Sa Majesté ayant esté inforlnée que Dom Perdu Religieux
Profex de l'Abbayedu Gard,
Ordre de Cîceaux, Diocese
d'Ârokns, & Prieurde l'Abbaye de la RIVOUX, de la £lia—
tionde Clevaux depuis qu'il
aembrassé la vie. Monastique,
,
y a
toûjours vécu avec beaucoup de pieré ,-de respict 5C
de sourmssion aux vo docez de
ses Supérieurs
,
d'humilité & 1
de tendresse pour ses Confreres
,
d'amour Se de douceur
envers ceux donc la conduire
luya esté confiée,qu'il
a
passé j
par toutes les chai gc5 deson
Ordre, dans l'exercice dequelles il a
pendant vingt années,
donné des preuves d'une bonne conduite
,
en ayant remply
les devoirs avec toute l'édification, la modesselavigilance,
l'exactitude
,
& la modération
possibles, & convenables à son
état
,
qu'il s'est acquis l'estime
&la consideration de tous ceux
dont il estoit connu, & qu'il
estoit tres capable de remplir
les premieres dignitez de ton
Ordre,l'Abbaye de la GraceDieu du mesme Ordre au
Diocese de Bezançon en Franche-Comté, étant venue à
va-
quer par la mort de Dom Claude François Jou ff oy de Noütllard dernier Abbé, le Roy a
honoré de son choix Dom
Louis Perdu. & l'a nommé à
cette Abbaye. Il estfilsdeMre
Augustin Perdu, & de Dame
Funçoise Lagrené des plusanciennes familles de la Ville d'Amiens,&alliées aux Maisons
les r'u, con fiderables de lamême Ville.
Du costé de son pere, il cft
petit
- neveu de Mis Perdu
Avocats d-ilin-Tuez par leur
merice
,
qui oac excellé dans
leur profession & se [ont,ftC-
quis l'estime & la consideration de toute la Province.
Il est cousin germain deMr
PerduAvocat de la Ville d Amiens, l'un des plus beaux
genies de son temps, qui s'est
ddhngué par son éloquence
& par sa grande érudition, ÔC
qui Lit mort à la stur de sort
âge, regrettélde1 -
tous ceux qui
l'ontconnu.
Il elt aussi cousin de Mr Perdu Tresorier de France de la
même Ville, qui estoit fils de
Mr Perdu Bailly d'Eu.
* Du costé de Me sa mere il
estpetit-neveu de DameMa-
delainePezé, qui estoitundes
plus beaux génies de son sexe,
& de son siecle, laquelle après
avoir mis la Reforme dans
l'Abbaye de Maubuisson Ordre de Cisteaux, & dans rrois
autres Maisons du même Ordrea esté nommée par feu
Giston Duc d'Orléans en
1640. à l'Abbaye de Voysins
pré, de cette Ville,& y
est morte en 1644 en très-bonne
odeur,ayant par savie & par ses
mœursédifiénon feulement les
encore toute la Province, &.
mérité les regrets de tous ceux
donc elleestoit connue. îfljr
<
Il cil arriere petit neveu dcÏ
Mre Francis Rose, qui fut
d'abord Licencié en Droit Canon & Civil, en suite Doyen
de la Cat hédrale. d' Amiens
,, d'où il estoit natifs,&Official
de l'Evêque du même heu, ôc.
qui fut enfin par son rare merite, & par sa pieté profonde
nommé par HenryIV. à l'E.
vêch-é d Orléans en ifyj. &;
qui mourut peu de temps après
regrettéde son Prince qui I 1-ior
noroit de ses bontez, ez de plufleurspersonnes de distinction,
Il a eu aussi pour grand 011-:
cle Mre Nicôlas Lagrené
,
qui*
futélûen1513.Abbédel'Abbaye de Saint Jean d'Amiens, i
Ordre des Chanoines Regu
-
liers de Premonstré
,
& fut
nommé en 1510. par François
I.à l'Evêché d'Ebron
,
& fait i
Suffragant de Mre François de -j
Halleuvin Evêque d'Amiens,
ilfut encore en 1522. élû Abj
bé du Mont Saint Martin, &
mourut le premier Juin1540.
Sa memoire a
esté si recommandable, qu'on a mis son
corps au milieu de la Nef de J
l'Eglise de ladite Abbaye de
SaintJean, fous une tombe de
marbre blanc, soutenuë pn fjx
lions, sur laquelle il est en re- lief couché accompagné de
quatre Anges aux quatre coins;
à l'entour de cette tombe sont
gravez ces mots:Nicolans Lagrene 1540. afifivabat domum
miam
,
& atria m~,atipsum
elegi mibi in filium. 1. i Paral.
t
Ila aussi pour parens, dans
I,E"I!cc) dans l'Epée,& dans
la Robbe
,
un grand nombre
de personnes de nlerite, &
d honneur.
L'AbbayedeS.Sigismonds
a
estédonnée à Me de la Lan-
de, fort estimée dans son Ordre,quoy que Jeune, ce qui
luy a
fait meriter
9
la nominanon du Roy Elle est proche
parente de Mr de la Lande,
ci-devant Colonel de Dragons
,o& Lieurenant général]
pour le Roy dans rOtleanois>
Employqu'ilaeu aprèsla morc^
de Mr le Marquis de la Lan ic
son pere. Le pere <5c le fils DAtl
îous- deux esté honorez du mrcj
de Lieutenans généraux des
Armées du Roy.
Me Carher
a eu
l'Abbaye]
de Blandecque Elle ^exercé
ks principales Charges de sa
Communauté, & toûjours au
gré & à la satisfactionde celles
quiluy estoient (eûmifcs. Elle
porte un nom respéctable dans
l'Eglise, de grands Serviteurs
de Dieu l'ayant porté dans les
deux derniers siecles. L'Abbaye de Blandecque est de l'Ordre de Cisteaux dans le Diocese
de
r
S
Celle
Orner*
de Mouchy
*
a
esté donnée à Me de Monbel de la Menardiere. Cette Dame joint à
une naifrlnce tres distinguée
une vertu qui luy a
souvent
attiré des éloges de ses Superieurs & qui luy a
procuré une
grande consideration dans son
0 dre. Elle a eu coûtes lesprincipales Charges de sa Communauté&elle les a
toujours exercées avec beaucoupde prudence. Elle a un genie superieur
& propre pour les plus grande> affaires. On affure qu'elle
a
fait des progrés surprenans
dans l étude des saintes Lettres.
Cette Abbaye est très ancimJ
ne, & edea eu depuis plusieurs
siecles une alliance de Confraternité avec celle de la Fcrfe,
Diocese de Nismes, & cellede
Goriau, Diocese de Lodeve.
Celle de laBuffiereàMcSe-
i"u deVillerault, qui a
estéélevée dans la Religion depuis sa
plus grande jiuncflè
;
de maniere qu'elle en a
prisde bonne heure l'espnt 6c les ITj;¡xi-,
mes Cette Abbayeestde Ordre de Cisteaux
,
dans le Docese de Bou gcs. Elle est fort
ancienne.
I Celle de Sainte Claire de
Sisteron
,
à
laquelle le Prieuré
de S. Pierre de Souribe
,
autrefois Abbaye, Diocese de Gap,
est uni, à Me de Salamarre de
Revis. L'Abbaye de Sainte
Claire est la trosiéme de ce
Diocese. Celles de Lure & de
~Croiiis sont les deux premieres, & cette derniere est unie
à lEvêché. MrThomassinEvêque de Sisteron
,
un des plus
dignes Prelats du Royaume,
avoit beaucoup d'rlhnle pour
feuë ~Me l'Abbesse de Sainte
Claire, & c'est sur son témoignage que le R>y a
nommé
celle-cy
,
qui joint à une naissance distinguée un merite &
une vertu connuë de toute la
Provence. Ellea iurrourbeau.
coc p
d habileté dans le goUJ
veiûemcnt Ecclesiastique,&il
y a peu de personnes qui s'y
ÍOltllt autant appliquees.
Le Prieuré de Saint Louis de
Rouen à Me de Pommerval
,
Religieuse du même Convent.
Savertu & son merite la distinguent beaucoup. Ellea~lOÛ"
jours accompli avec une fidelité bien édifiante les devoirs
Je son état depuis qu'elle est
dans la Religion; & elle y a
toûjours menéunevietrèspe-
~nitente & tres
-
retirée. On la
consulte de bien des endroits
sur les matieres de spiritualité
;
parcequ'onsçaitqu'elle a
sur
cela de grandes lumieres, &
une expérience de pl ufieursannées.Mrl'Archevêque dcT
Rouen l'estime beaucoup
,
&
c'est le témoignageque cePrélat a
rendu au Royen sa faveur qui a
déterminéce Prince
qui ne cherche dans les choix
qu'ilfait pour l'Eglise, que la
Vertu & lemerile,à luy dpn-
~Der cette ~Digniré. Elle ixfilla
quelquetempsàl' honneur que
SaMajestéluy faisoit,maisenfin des ordres absolus l'ontdeterminée à se charger d un fardeau qu'on a
jugé depuis longtemps n'estre pas rrop pesant
pour elle. Le Prieuré de Saint
Louis d. Rouen est tres -
ancien. Il està peu pté§ de lamê-
me ancienneté que l'Abbaye
de S. Amand qui ell dans la
même Ville, & que celle de
Gomerfontaine. Il a une affinité particuliereavecl'Abbaye
de Filles de Montiers Villiers
qui est dans le même Diocese.
C'est un usage de l'Antiquité
& des premiers Siecles de 1 Ordre Monastique que ces fortes.
de Confraternitez
:
elles formoientune union tres-étroite,
& les Monasteres ainsi liez se
fournissoient reciproquement
les secours spirituels & lestemporels
;
ils s'armoient même
quelquefois -
pour la ~dtffenfe
les unsdes autres; mais c'est sur
tout les Suffrages & les Prieres
que ces sortes d'unions avoient
pour objet principal, comme
le remarque le sçavant Pere
Mabillon, quia fait de si grandes recherches sur l'ordre Monastique.
Le Roy a
donnédepuis quelque temps un Canonicar qui
vacquoit dans l'Eglis Royale
& Collegiale de Nostre Dame
de Ville-neuve lez Avignon,à
Mr l'Abbé Ycard, Ecclesiastiqu.e d'un grand merite, &qui
a
toûjours fait une exacte profcŒoa des vertus & des devoirs
de son e(hc. Il est proche pirent du R. Pere Dom ~Variel
,
Prieur de la ChartreusedeVille neuve, & un des plus grands
sujets de son Ordre. Cet Abbé
est un grand Theologien,&il
estpeud'~Eccltsiftiques mieux
instruits que luy des Principes
de la Morale chrestienne. Il a.
d'autres talens qui luy font
auni beaucoup d'honneur.
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Résumé : Benefices donnez dans la dernière Promotion, [titre d'après la table]
Le texte traite de la promotion de bénéfices ecclésiastiques accordés par le roi, soulignant que ces nominations ne sont pas basées sur les services ou la naissance, mais sur les mérites ecclésiastiques. Plusieurs nominations sont mentionnées, notamment celle de Dom Languet à l'Abbaye de Saint-Sulpice, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Bellay. Dom Languet est décrit comme un homme respecté et confié dans son ordre, et frère de plusieurs personnalités influentes. Le texte détaille également la vie et les réalisations de Languer Hubert, un ministre d'État d'Auguste Duc de Saxe, connu pour ses habilités en négociations et ses écrits. D'autres nominations incluent Dom Perdu à l'Abbaye de la Grâce-Dieu en Franche-Comté, Me de la Lande à l'Abbaye de Saint-Sigismond, Me de Salmarre de Revis à l'Abbaye de Sainte Claire de Sisteron, et Me de Pommerval au Prieuré de Saint Louis de Rouen. Ces personnes sont louées pour leurs vertus, leurs mérites et leurs contributions à leurs ordres respectifs. Le texte mentionne également des alliances de confraternité entre certaines abbayes et des usages monastiques anciens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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