Résultats : 21785 texte(s)
Détail
Liste
4851
p. 167-168
« Monsieur Amelot Maistre des Requestes, Intendant du Commerce, a obtenu [...] »
Début :
Monsieur Amelot Maistre des Requestes, Intendant du Commerce, a obtenu [...]
Mots clefs :
Charge, Amelot
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur Amelot Maistre des Requestes, Intendant du Commerce, a obtenu [...] »
Monsieur AmelotMais
tre des Requestes, Intendant du Commerce, a
obtenu du Roy la permission
de garder la Charge d'Intendant du Commerce en
se defaisant de celle de
Maistre des Requestes en
faveur de Monsieur de
Chaillou son fils qui n'est
âgéque de vingt- trois ans
& demy
,
& qui exerce
avec distinction depuis quatre annéeslaCharge d'Avocat General aux Requestes de l'Hostel. On vous a
si souvent parléde la FaIl
mille de Monheur Amelot,
qu'il est inutile d'en rien
répéter
tre des Requestes, Intendant du Commerce, a
obtenu du Roy la permission
de garder la Charge d'Intendant du Commerce en
se defaisant de celle de
Maistre des Requestes en
faveur de Monsieur de
Chaillou son fils qui n'est
âgéque de vingt- trois ans
& demy
,
& qui exerce
avec distinction depuis quatre annéeslaCharge d'Avocat General aux Requestes de l'Hostel. On vous a
si souvent parléde la FaIl
mille de Monheur Amelot,
qu'il est inutile d'en rien
répéter
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4852
p. 146-147
MADRIGAL.
Début :
Ah ! Camargo, que vous êtes brillante ! [...]
Mots clefs :
Danse, Mademoiselle Sallé
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGA L.
H! Camargo , que vous êtes brillante !
Mais que Salé , grands Dieux ! est ravissante !
Que vos pas sont legers et que les siens sont doux !
Elle est inimitable , et vous êtes nouvelle :
Les
JANVIER. 1732. 147
Les Nymphes sautent comme vous ,
Mais les Graces dansent comme elle.
H! Camargo , que vous êtes brillante !
Mais que Salé , grands Dieux ! est ravissante !
Que vos pas sont legers et que les siens sont doux !
Elle est inimitable , et vous êtes nouvelle :
Les
JANVIER. 1732. 147
Les Nymphes sautent comme vous ,
Mais les Graces dansent comme elle.
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4853
p. 2064-2065
ITALIE.
Début :
Le 15. Août, les Cardinaux tinrent Chapelle Pontificale dans l'Eglise de sainte Marie Majeure, [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Messe
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE."
E 15. Août , les Cardinaux tinrent Chapelle
jeure à l'occasion de la Fête de l'Assomption.
Après la Messe et le Sermon , le Cardinal Ottoboni
distribua de la part du Pape 12000. écus
Romains à 100. pauvres filles , pour les aider
à se faire Religieuses.
Le Pape a ordonné que tous les Prêtres de
L'Etat Ecclesiastique , disent chaque jour à la
Messe une Collecte , pour demander à Dieu
qu'il donne à la Pologne un Roy qui soit également
zelé et pour les interêts de la Religion ,
et pour le bonheur de ses Peuples .
Le bruit court que l'Empereur a écrit au Cardinal
Cienfuegos , de faire de nouvelles instances
auprès du Pape en faveur du Cardinal Coscia.
Le Cardinal Firrao a rendu encore plusieurs
visites à ce Cardinal , mais avec aussi peu de
succès que les précédentes , et l'on assure qu'il
persiste
SEPTEMBRE. 1733. 2055
persiste à refuser de se soumettre au Jugement
prononcé contre lui .
L'Electeur Pa atin a fait demander à Sa Sainteté
la permission d'établir une imposition sur les
Ecclesiastiques de ses Etats , pour les faire contribuer
aux frais des réparations de quelquesunes
de ses Places.
Le Pape a déclaré qu'il vouloit qu'à l'avenir
le Port d'Ancône fût un Port franc , et S. S.
ayant ordonné qu'on y bâtît un magnifique Lazaret
pour la commodité des Marchands 3
M. Mario Maffei , Vicaire Général de cette Ville
, posa ces jours derniers , avec une grande solemnité
, la premiere Pierre de cet Edifice , qui'
doit être executé sur les Desseins du Sig. Louis
Vanvitelli , célebre Architecte.
E 15. Août , les Cardinaux tinrent Chapelle
jeure à l'occasion de la Fête de l'Assomption.
Après la Messe et le Sermon , le Cardinal Ottoboni
distribua de la part du Pape 12000. écus
Romains à 100. pauvres filles , pour les aider
à se faire Religieuses.
Le Pape a ordonné que tous les Prêtres de
L'Etat Ecclesiastique , disent chaque jour à la
Messe une Collecte , pour demander à Dieu
qu'il donne à la Pologne un Roy qui soit également
zelé et pour les interêts de la Religion ,
et pour le bonheur de ses Peuples .
Le bruit court que l'Empereur a écrit au Cardinal
Cienfuegos , de faire de nouvelles instances
auprès du Pape en faveur du Cardinal Coscia.
Le Cardinal Firrao a rendu encore plusieurs
visites à ce Cardinal , mais avec aussi peu de
succès que les précédentes , et l'on assure qu'il
persiste
SEPTEMBRE. 1733. 2055
persiste à refuser de se soumettre au Jugement
prononcé contre lui .
L'Electeur Pa atin a fait demander à Sa Sainteté
la permission d'établir une imposition sur les
Ecclesiastiques de ses Etats , pour les faire contribuer
aux frais des réparations de quelquesunes
de ses Places.
Le Pape a déclaré qu'il vouloit qu'à l'avenir
le Port d'Ancône fût un Port franc , et S. S.
ayant ordonné qu'on y bâtît un magnifique Lazaret
pour la commodité des Marchands 3
M. Mario Maffei , Vicaire Général de cette Ville
, posa ces jours derniers , avec une grande solemnité
, la premiere Pierre de cet Edifice , qui'
doit être executé sur les Desseins du Sig. Louis
Vanvitelli , célebre Architecte.
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Résumé : ITALIE.
Le 15 août, les cardinaux célébrèrent la Fête de l'Assomption avec une chapelle et une messe. Après la cérémonie, le cardinal Ottoboni distribua 12 000 écus romains à 100 pauvres filles pour les aider à devenir religieuses. Le pape ordonna aux prêtres de l'État ecclésiastique de prier quotidiennement pour la Pologne, afin qu'elle obtienne un roi zélé pour la religion et le bien-être de son peuple. Des rumeurs circulaient sur une lettre de l'empereur au cardinal Cienfuegos, demandant d'intercéder en faveur du cardinal Coscia. Le cardinal Firrao continua de visiter le cardinal Coscia sans succès, ce dernier refusant de se soumettre au jugement prononcé contre lui. En septembre 1733, l'électeur de Saxe demanda au pape la permission d'imposer les ecclésiastiques de ses États pour financer des réparations. Le pape déclara qu'Ancône deviendrait un port franc et ordonna la construction d'un lazaret. Mario Maffei, vicaire général, posa la première pierre de cet édifice, conçu par l'architecte Louis Vanvitelli.
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4854
p. 164-165
« M. GAVINIÉS propose aux Amateurs de Musique une Souscription, pour [...] »
Début :
M. GAVINIÉS propose aux Amateurs de Musique une Souscription, pour [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. GAVINIÉS propose aux Amateurs de Musique une Souscription, pour [...] »
M. GAVINIÉS propose aux Amateurs
de Musique une Souscription, pour
faire graver SIX CONCERTO deſa com-
poſition , avec toutes ſes parties. On
pourra ſouſcrire depuis le premier du
mois de Février juſqu'au premier du
mois de Mai. Le prix des CONCERTO
fera d'un Louis pour ceux qui auront
foufcrit , & de 36 liv. pour les autres.
FEVRIER. 1764.
165
On ſouſcrira chez l'Auteur , rue S. Tho-
mas du Louvre , à Paris.
Le même Auteur vient de mettre en
vente Six SONATES à violon ſeul &
baſſe. Troiſième Œuvre. Prix 9 liv. qui
ſe trouve auſſi chez lui , & aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
Prix
liv.
SIX SONATES , d'un goût agréable
&chantant , en Duo , pour les flûtes ,
violons , hautbois , par-deſſus de viole ,
&c. Par M. PAGANELLI , miſes au
jour par le Sieur LE LOUP , Maître de
Flûte. Prix 5 liv. Chez le Sieur LE LOUP,
Editeur des Récréations de Polymnie ,
rue duMouton , près laGréve , au Caffé
du coin de la rue de la Tixéranderie.
1
LE Sr L. VOYEZ , Organiſte à Abbe-
ville , dont la réputation eſt connue ,
avertit le Public qu'il continue de mon-
trer le Clavecin & la Muſique : les De-
moiſelles qui voudront acquérir ce ta-
lent , pourront revevoir ſes leçons dans
la belle Abbaye des Dames de Villan-
court à Abbeville , où les penſions font
très-modiques.
de Musique une Souscription, pour
faire graver SIX CONCERTO deſa com-
poſition , avec toutes ſes parties. On
pourra ſouſcrire depuis le premier du
mois de Février juſqu'au premier du
mois de Mai. Le prix des CONCERTO
fera d'un Louis pour ceux qui auront
foufcrit , & de 36 liv. pour les autres.
FEVRIER. 1764.
165
On ſouſcrira chez l'Auteur , rue S. Tho-
mas du Louvre , à Paris.
Le même Auteur vient de mettre en
vente Six SONATES à violon ſeul &
baſſe. Troiſième Œuvre. Prix 9 liv. qui
ſe trouve auſſi chez lui , & aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
Prix
liv.
SIX SONATES , d'un goût agréable
&chantant , en Duo , pour les flûtes ,
violons , hautbois , par-deſſus de viole ,
&c. Par M. PAGANELLI , miſes au
jour par le Sieur LE LOUP , Maître de
Flûte. Prix 5 liv. Chez le Sieur LE LOUP,
Editeur des Récréations de Polymnie ,
rue duMouton , près laGréve , au Caffé
du coin de la rue de la Tixéranderie.
1
LE Sr L. VOYEZ , Organiſte à Abbe-
ville , dont la réputation eſt connue ,
avertit le Public qu'il continue de mon-
trer le Clavecin & la Muſique : les De-
moiſelles qui voudront acquérir ce ta-
lent , pourront revevoir ſes leçons dans
la belle Abbaye des Dames de Villan-
court à Abbeville , où les penſions font
très-modiques.
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4855
p. 162-163
IV.
Début :
Portrait de M. Jean-Etienne Parent, curé de St Nicolas des Champs, gravé par G. [...]
Mots clefs :
Jean-Étienne Parent, Gérard-René Le Villain, Antoine Vestier, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
I V.
Portraitde M. Jean- Etienne Parent, curé
de St Nicolas des Champs , gravé par G.
R. le Villain d'après le tableau de M.
Veſtié. A Paris , chez l'auteur , rue &
montagne Ste Geneviève , maiſon de
l'Ave Maria.
Le Paſteur eſt repréſenté en ſurplis &
revêtu de l'étole . On lit au bas de l'eſtamNOVEMBRE.
1771. 163
:
pe qui a environ 13 pouces de haut fur 9
de large , ce paffage tiré de l'épître aux
Corynthiens : Omnibus omniafactus.
Portraitde M. Jean- Etienne Parent, curé
de St Nicolas des Champs , gravé par G.
R. le Villain d'après le tableau de M.
Veſtié. A Paris , chez l'auteur , rue &
montagne Ste Geneviève , maiſon de
l'Ave Maria.
Le Paſteur eſt repréſenté en ſurplis &
revêtu de l'étole . On lit au bas de l'eſtamNOVEMBRE.
1771. 163
:
pe qui a environ 13 pouces de haut fur 9
de large , ce paffage tiré de l'épître aux
Corynthiens : Omnibus omniafactus.
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4856
p. 2490-2491
ITALIE.
Début :
Le Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter sur son Avénement au Trône, et il a [...]
Mots clefs :
Pape, Pologne, Congrégation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter
sur son Avénement au Trône , et il a
-envoyé ordre à M. Paulucci , son Nonce à Warsovie
, de se rendre à Dantzick auprès de S. M. P.
* Dans l'Assemblée de la Congrégation de Nonmullis
, qui se tint le 16 Octobre , il fut résolu
qu'on donneroit un mois à M. Coscia , Evêque
de Targa , pour répondre aux accusations formées
contre lui , et qu'il seroit constitué prisonnier
au Château de S. Ange jusqu'à la fin de
son Procès. On assure que le Cardinal son frete
est déterminé à se soumettre au jugement prononcé
par cette Congrégation, et qu'il acquitera
incessamment une partie des sommes au payement
desquelles il a été condamné.
La Congrégation établie pour examiner les
moyens de terminer les differens qui sont entre la
Cour de Rome et celle de Lisbonne , s'assembla
le 24. Octobre , et il y fut résolu qu'on accorderoit
au Roi de Portugal 4. pour 100. sur le
produit
NOVEMBRE. 1733. 2491
produit des Expéditions que la Datterie délivreroit
pour les Sujets de S. M. et que cet argent seroit
employé à faire rebâtir l'Eglise de S. Antoine
de la Nation Portugaise.
On a appris d'Ancone que le 19. et le 20 d'Octobre
, on y avoit senti deux nouvelles secousses
de tremblement de terre , qui avoient été très
violentes , et renversé plusieurs maisons tant de
la Ville que des environs.
On a appris à Genes le 10. de ce mois , par
L'Equipage d'un Bâtiment venu de Tunis , que
quelques jours avant son départ de ce Port , il y
étoit entré un Vaisseau Anglois , dont l'Equipa
ge s'érant soulevé contre son Commandant l'avoit
massacré , et avoit pris la résolution de courir
sur les Chrétiens ; que ces Pirates avoient fait
diverses prises assez considérables , et qu'ils s'étoient
empatés d'une Galiotte Venitienne , dont
ils avoient égorgé le Capitaine et tous les Matelots
ét à bord de laquelle ils avoient trouvé une som
me considérable d'argent ; qu'ils s'étoient rendus
ensuite à Tunis pour se mettre sous la protection
du Bey ; que le plus grand nombre avoit embrassé
le Mahométisme , et que celui , qu'ils avoient élu
pour leur Chef, avoit fait mettre aux fers ceux
qui avoient refusé de suivre l'exemple de leurs
camarades.
E Pape a écrit au Roi de Pologne pour le féliciter
sur son Avénement au Trône , et il a
-envoyé ordre à M. Paulucci , son Nonce à Warsovie
, de se rendre à Dantzick auprès de S. M. P.
* Dans l'Assemblée de la Congrégation de Nonmullis
, qui se tint le 16 Octobre , il fut résolu
qu'on donneroit un mois à M. Coscia , Evêque
de Targa , pour répondre aux accusations formées
contre lui , et qu'il seroit constitué prisonnier
au Château de S. Ange jusqu'à la fin de
son Procès. On assure que le Cardinal son frete
est déterminé à se soumettre au jugement prononcé
par cette Congrégation, et qu'il acquitera
incessamment une partie des sommes au payement
desquelles il a été condamné.
La Congrégation établie pour examiner les
moyens de terminer les differens qui sont entre la
Cour de Rome et celle de Lisbonne , s'assembla
le 24. Octobre , et il y fut résolu qu'on accorderoit
au Roi de Portugal 4. pour 100. sur le
produit
NOVEMBRE. 1733. 2491
produit des Expéditions que la Datterie délivreroit
pour les Sujets de S. M. et que cet argent seroit
employé à faire rebâtir l'Eglise de S. Antoine
de la Nation Portugaise.
On a appris d'Ancone que le 19. et le 20 d'Octobre
, on y avoit senti deux nouvelles secousses
de tremblement de terre , qui avoient été très
violentes , et renversé plusieurs maisons tant de
la Ville que des environs.
On a appris à Genes le 10. de ce mois , par
L'Equipage d'un Bâtiment venu de Tunis , que
quelques jours avant son départ de ce Port , il y
étoit entré un Vaisseau Anglois , dont l'Equipa
ge s'érant soulevé contre son Commandant l'avoit
massacré , et avoit pris la résolution de courir
sur les Chrétiens ; que ces Pirates avoient fait
diverses prises assez considérables , et qu'ils s'étoient
empatés d'une Galiotte Venitienne , dont
ils avoient égorgé le Capitaine et tous les Matelots
ét à bord de laquelle ils avoient trouvé une som
me considérable d'argent ; qu'ils s'étoient rendus
ensuite à Tunis pour se mettre sous la protection
du Bey ; que le plus grand nombre avoit embrassé
le Mahométisme , et que celui , qu'ils avoient élu
pour leur Chef, avoit fait mettre aux fers ceux
qui avoient refusé de suivre l'exemple de leurs
camarades.
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Résumé : ITALIE.
En octobre 1733, le Pape a félicité le Roi de Pologne pour son avènement au trône et a envoyé son nonce à Dantzig pour le rencontrer. La Congrégation de Nonmullis a accordé un mois à M. Coscia, évêque de Targa, pour répondre aux accusations contre lui et l'a maintenu prisonnier au Château Saint-Ange jusqu'à la fin de son procès. Le cardinal, frère de M. Coscia, a accepté de se soumettre au jugement de la Congrégation et de payer une partie des sommes pour lesquelles il a été condamné. Le 24 octobre, une réduction de 4 pour 100 sur les produits des expéditions délivrées par la Datérie a été accordée au Roi de Portugal pour financer la reconstruction de l'église Saint-Antoine de la Nation Portugaise. À Ancone, des secousses sismiques violentes ont détruit plusieurs maisons les 19 et 20 octobre. À Gênes, un équipage venu de Tunis a rapporté qu'un vaisseau anglais, dont l'équipage s'était mutiné, avait massacré son commandant et s'était attaqué aux chrétiens, se réfugiant à Tunis sous la protection du Bey. La majorité des mutins avait embrassé l'islam, les autres ayant été mis aux fers.
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4857
p. 2640-2642
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Depuis la déposition du Grand Visir, on assure que le Divan a pris la résolution de faire [...]
Mots clefs :
Conspiration , Janissaire, Troupes, Mufti
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERS E.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En Turquie, après la déposition du Grand Vizir, le Divan a conclu un traité de paix avec le roi de Perse et accepté l'abandon de la Géorgie. Le Grand Vizir déposé a été nommé Pacha de Négrépont, conservant ses effets malgré les rumeurs initiales de confiscation. Les nouvelles de Perse restent incertaines : les Turcs ont célébré la prise des villes de Sina et de Kirmenscha, mais des lettres ultérieures suggèrent que les Persans les ont abandonnées volontairement. Le Grand Vizir Ibrahim Pacha a été déposé le 10 novembre et remplacé par le Janissaire Aga. Cette décision a été motivée par des accusations selon lesquelles Ibrahim Pacha cherchait à devenir maître absolu de l'Empire. La population de Constantinople, irritée par les massacres et l'insolence des troupes, était prête à se révolter. La déposition du Grand Vizir a apaisé le peuple et rétabli la tranquillité. Le Grand Seigneur a également mis en place une garde de Janissaires pour protéger les ambassadeurs chrétiens et interdit aux officiers des douanes d'exiger des droits supplémentaires aux vaisseaux chrétiens.
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4858
p. 592-594
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le 8. du mois dernier, le Cardinal Ottoboni, [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinal, Cardinaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE .
Ds. du mois dernier , le Cardinal Ottoboni ,
Ans le Confiftoire fecret que le Pape tint le
Protecteur des Affaires de France , propofa l'Archevêché
de Bordeaux , pour l'Evêque de Mirepoix
, & l'Evêché d'Agen pour l'Abbé de Saleon;
après quoi ce Cardinal préconifa l'Evêque Titulaire
de Sarepte , pour l'Evêché de Tarbes , &
Abbé de l'Ifle du Guaft , pour celui de Limoge
A la fin du Confiftoire , le Pape fit Cardinal
M. Alamano Salviati , Florentin , Protonotaire
Apoftolique & Prefident de la Legation d'Urbin,
Le même jour au foir. ce nouveau Cardinal
fe rendit incognito au Palais du Vatican, pour
y recevoir la Barette des mains de Sa Sainteté ;
fe foir il y'eut , felon lá coûtume , des Feux & des,
Illuminations dans toutes les rues de la Ville
que la nuit fuivante. ainfi
→
Le 11. Fevrier, le Pape tint un Confiftoire public
, dans lequel S. S. donna le Chapeau au Cardinal
Salviati.
Le 22. les Cardinaux s'affemblerent pour la
premiere fois dans la Chapelle des Paremens , od
PAn
2
MARS. 1730. 593
l'Anneau du Pêcheur & le Sceau de la Chancellerie
Apoftolique furent rompus , felon l'ufage. ,
On lût enfuite les Conftitutions de Gregoire X.
de Jules II. de Pie IV . de Gregoire XV. & d'Urbain
VII . au ſujet de l'Election du Pape. M. Jean
Baptifte Ariberti de Cremone , Archevêque de
Palmire , fut choisi pour être Gouverneur du
prochain Conclave , & M. Spinola fut confirmé
dans les fonctions de Gouverneur de Rome : on.
nomma auffi deux Prédicateurs , dont l'un qui ,
eft Religieux Dominicain , doit faire l'Oraifon ,
Funebre du Pape , & l'autre nommé M. Cavalchini
, Promoteur de la Foi , doit prêcher à l'ouverture
du Conclave. Les Cardinaux Zondodari ,
Laurent Altieri & Alexandre Albani , furent
nommez Sur-Intendans de la conftruction du
Conclave.
2,
Enfuite le Sacré College s'étant rendu dans la
Chapelle de Sixte , le corps du feu Pape fut porté,
proceffionellement dans l'Eglife de S. Pierre , ou
les Cardinaux prirent leurs places , en la maniere
accoûtumée. M. Nicolai , Archevêque Titulaire
de Mira , & Vicaire de cette Eglife , fit les Encenfemens
& l'Abfoute , après quoi le corps fut
porté dans la chapelle du S. Sacrement pour y
demeurer en dépôt pendant trois jours , afin que
le Peuple pût lui baiſer les pieds & contenter ſa,
dévotion.
Le 24. les Cardinaux affifterent dans la même
Eglife à la premiere Meffe qui fut chantée pour
le repos de l'ame du Pape , par le Cardinal Ottoboni
qui fit l'Abſoute.
On publia le même jour dans toutes les Eglifes
de Rome l'Indulgence Pleniere en forme de Jubilé
, que le feu Pape accorda la veille de fa mort,
à l'occafion des Rhumes & autres Maladies de
poitrine qui affligent toute l'Italie.
Hij Le
594 MERCURE DE FRANCE.
Le 16. du mois dernier , jour du Jeudi gras
on donna au Peuple dans la Place de S. Marc
Venife , la Fête annuelle & les autres divertiffemens
inftituez en memoire de la Victoire que la
République remporta autrefois fur Ulric , Patriarche
d'Aquilée . Le Doge , la Seigneurie , les
Ambaffadeurs & les Miniftres Etrangers fe mirent
aux fenêtres d'une des Salles du Palais , & virent
paffer tous les Bouchers , habillez & armez de
differentes manieres , que le Peuple fuivoit en
confufion. On amena un Taureau à qui un Boucher
abattit la tête d'un feul coup de Sabre : il fit
enfuité le vol du haut de la Tour de S. Marc ;
après quoi on tira un Feu d'artifice , le concours
des Malques fut extraordinaire ce jour-là dans la
Place & aux Ridotti.
On mande de Rome & de prefque toutes les auties
Villes d'Italie , que les Fluxions , les Rhumes
& quantité d'autres Maladies , y font generales ,
que les Medecins en font attaquez comme les autres,&
qu'on a de la peine à en trouver pour traiter
les Malades.C'eft par la grande quantité de Malades
qu'il y a à Florence , que l'Archevêque de cette
Ville a demandé au Pape un Bref qui difpensât
fes Diocefains de faire Carême cette année.
On a fonné pendant trois jours toutes les cloches
des Eglifes de Venife , à l'occafion de la
mort du Pape.
Ds. du mois dernier , le Cardinal Ottoboni ,
Ans le Confiftoire fecret que le Pape tint le
Protecteur des Affaires de France , propofa l'Archevêché
de Bordeaux , pour l'Evêque de Mirepoix
, & l'Evêché d'Agen pour l'Abbé de Saleon;
après quoi ce Cardinal préconifa l'Evêque Titulaire
de Sarepte , pour l'Evêché de Tarbes , &
Abbé de l'Ifle du Guaft , pour celui de Limoge
A la fin du Confiftoire , le Pape fit Cardinal
M. Alamano Salviati , Florentin , Protonotaire
Apoftolique & Prefident de la Legation d'Urbin,
Le même jour au foir. ce nouveau Cardinal
fe rendit incognito au Palais du Vatican, pour
y recevoir la Barette des mains de Sa Sainteté ;
fe foir il y'eut , felon lá coûtume , des Feux & des,
Illuminations dans toutes les rues de la Ville
que la nuit fuivante. ainfi
→
Le 11. Fevrier, le Pape tint un Confiftoire public
, dans lequel S. S. donna le Chapeau au Cardinal
Salviati.
Le 22. les Cardinaux s'affemblerent pour la
premiere fois dans la Chapelle des Paremens , od
PAn
2
MARS. 1730. 593
l'Anneau du Pêcheur & le Sceau de la Chancellerie
Apoftolique furent rompus , felon l'ufage. ,
On lût enfuite les Conftitutions de Gregoire X.
de Jules II. de Pie IV . de Gregoire XV. & d'Urbain
VII . au ſujet de l'Election du Pape. M. Jean
Baptifte Ariberti de Cremone , Archevêque de
Palmire , fut choisi pour être Gouverneur du
prochain Conclave , & M. Spinola fut confirmé
dans les fonctions de Gouverneur de Rome : on.
nomma auffi deux Prédicateurs , dont l'un qui ,
eft Religieux Dominicain , doit faire l'Oraifon ,
Funebre du Pape , & l'autre nommé M. Cavalchini
, Promoteur de la Foi , doit prêcher à l'ouverture
du Conclave. Les Cardinaux Zondodari ,
Laurent Altieri & Alexandre Albani , furent
nommez Sur-Intendans de la conftruction du
Conclave.
2,
Enfuite le Sacré College s'étant rendu dans la
Chapelle de Sixte , le corps du feu Pape fut porté,
proceffionellement dans l'Eglife de S. Pierre , ou
les Cardinaux prirent leurs places , en la maniere
accoûtumée. M. Nicolai , Archevêque Titulaire
de Mira , & Vicaire de cette Eglife , fit les Encenfemens
& l'Abfoute , après quoi le corps fut
porté dans la chapelle du S. Sacrement pour y
demeurer en dépôt pendant trois jours , afin que
le Peuple pût lui baiſer les pieds & contenter ſa,
dévotion.
Le 24. les Cardinaux affifterent dans la même
Eglife à la premiere Meffe qui fut chantée pour
le repos de l'ame du Pape , par le Cardinal Ottoboni
qui fit l'Abſoute.
On publia le même jour dans toutes les Eglifes
de Rome l'Indulgence Pleniere en forme de Jubilé
, que le feu Pape accorda la veille de fa mort,
à l'occafion des Rhumes & autres Maladies de
poitrine qui affligent toute l'Italie.
Hij Le
594 MERCURE DE FRANCE.
Le 16. du mois dernier , jour du Jeudi gras
on donna au Peuple dans la Place de S. Marc
Venife , la Fête annuelle & les autres divertiffemens
inftituez en memoire de la Victoire que la
République remporta autrefois fur Ulric , Patriarche
d'Aquilée . Le Doge , la Seigneurie , les
Ambaffadeurs & les Miniftres Etrangers fe mirent
aux fenêtres d'une des Salles du Palais , & virent
paffer tous les Bouchers , habillez & armez de
differentes manieres , que le Peuple fuivoit en
confufion. On amena un Taureau à qui un Boucher
abattit la tête d'un feul coup de Sabre : il fit
enfuité le vol du haut de la Tour de S. Marc ;
après quoi on tira un Feu d'artifice , le concours
des Malques fut extraordinaire ce jour-là dans la
Place & aux Ridotti.
On mande de Rome & de prefque toutes les auties
Villes d'Italie , que les Fluxions , les Rhumes
& quantité d'autres Maladies , y font generales ,
que les Medecins en font attaquez comme les autres,&
qu'on a de la peine à en trouver pour traiter
les Malades.C'eft par la grande quantité de Malades
qu'il y a à Florence , que l'Archevêque de cette
Ville a demandé au Pape un Bref qui difpensât
fes Diocefains de faire Carême cette année.
On a fonné pendant trois jours toutes les cloches
des Eglifes de Venife , à l'occafion de la
mort du Pape.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, le cardinal Ottoboni a proposé plusieurs nominations épiscopales lors d'un consistoire secret avec le pape. Il a suggéré l'archevêché de Bordeaux pour l'évêque de Mirepoix, l'évêché d'Agen pour l'abbé de Saleon, l'évêché de Tarbes pour l'évêque titulaire de Sarepte, et l'évêché de Limoges pour l'abbé de l'Île du Guaft. Le pape a également créé cardinal M. Alamano Salviati, protonotaire apostolique et président de la légation d'Urbino. Salviati a reçu la barrette lors d'une cérémonie au Vatican, suivie de feux d'artifice et d'illuminations dans les rues de Rome. Le 11 février, le pape a tenu un consistoire public pour remettre le chapeau cardinalice à Salviati. Le 22 février, les cardinaux se sont réunis pour la première fois dans la chapelle des Parlements, où l'anneau du pêcheur et le sceau de la chancellerie apostolique ont été rompus. Les constitutions des papes Grégoire X, Jules II, Pie IV, Grégoire XV et Urbain VII concernant l'élection du pape ont été lues. M. Jean-Baptiste Ariberti de Crémone, archevêque de Palmire, a été choisi comme gouverneur du prochain conclave, et M. Spinola a été confirmé dans ses fonctions de gouverneur de Rome. Deux prédicateurs ont été nommés, dont un dominicain pour l'oraison funèbre du pape et M. Cavalchini pour prêcher à l'ouverture du conclave. Les cardinaux Zondodari, Laurent Altieri et Alexandre Albani ont été nommés surintendants de la construction du conclave. Le corps du pape défunt a été porté processionnellement dans la basilique Saint-Pierre, où les cardinaux ont pris leurs places. M. Nicolai, archevêque titulaire de Mira et vicaire de cette église, a effectué les encensements et l'absoute. Le corps a ensuite été déposé dans la chapelle du Saint-Sacrement pour trois jours, permettant au peuple de baiser ses pieds. Le 24 février, les cardinaux ont assisté à la première messe pour le repos de l'âme du pape, célébrée par le cardinal Ottoboni. Une indulgence plénière en forme de jubilé, accordée par le pape défunt la veille de sa mort, a été publiée dans toutes les églises de Rome. À Venise, le 16 du mois précédent, jour du jeudi gras, une fête annuelle a été donnée en mémoire de la victoire de la République sur Ulric, patriarche d'Aquilée. Le doge, la seigneurie, les ambassadeurs et les ministres étrangers ont assisté à des divertissements publics. Des maladies comme les fluxions et les rhumes sévissent en Italie, rendant difficile la recherche de médecins. À Florence, l'archevêque a demandé au pape une dispense pour ses diocésains de faire carême cette année en raison de la grande quantité de malades. À Venise, les cloches des églises ont sonné pendant trois jours à l'occasion de la mort du pape.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4859
p. 168-170
AU ROY.
Début :
Elle se desista ainsi de sa dignité dont l'assemblée honora / Grand Roy lorsque tu fais succeder au Laurier [...]
Mots clefs :
Roi, Paix, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Elle fe deſiſta ainfi de fa
dignité dont l'aſſemblée honora
la belle &modefte Madame
Policrite , qui aprés
avoir fait l'Eloge de fon Predeceffeur
,prononça cesVers:
AURO Υ.
Grand Roy lorſque tu fais
fucceder au Laurier
Par une utile Paix la precieuse
Olive;
The fais plus mille fois que ce
fameux
GALANT. 169
fameux Guerrier
Qui ſouvent de l'Euphrate ensanglanta
laRive.
Quand on ne veut regner que
par lefeu, lefang
Un Potentat devient indigne de
fon rang;
Le pouvoir fouverain n'est pas
donnépour nuire ,
Cefont lesfeulsTyrans qui veulent
tout détruire :
Mais quand on sçait bomer la
plus juſte valeur
Pour donner le repos ſur la terre
&fur l'onde
L'on imite enregnantsurl'esprit,
le coeur
May 1715 . P
170 MERCURE
De l'estre independant la ſageſſe
profonde.
Pour affermir partout cette felicité,
Et rendre nostre fort le plus
digne d'envie 1
Puiffe- tu ,Grand Heros ,par la
plus longue vie ,
Imiter de cet estre encor l'éternité.
dignité dont l'aſſemblée honora
la belle &modefte Madame
Policrite , qui aprés
avoir fait l'Eloge de fon Predeceffeur
,prononça cesVers:
AURO Υ.
Grand Roy lorſque tu fais
fucceder au Laurier
Par une utile Paix la precieuse
Olive;
The fais plus mille fois que ce
fameux
GALANT. 169
fameux Guerrier
Qui ſouvent de l'Euphrate ensanglanta
laRive.
Quand on ne veut regner que
par lefeu, lefang
Un Potentat devient indigne de
fon rang;
Le pouvoir fouverain n'est pas
donnépour nuire ,
Cefont lesfeulsTyrans qui veulent
tout détruire :
Mais quand on sçait bomer la
plus juſte valeur
Pour donner le repos ſur la terre
&fur l'onde
L'on imite enregnantsurl'esprit,
le coeur
May 1715 . P
170 MERCURE
De l'estre independant la ſageſſe
profonde.
Pour affermir partout cette felicité,
Et rendre nostre fort le plus
digne d'envie 1
Puiffe- tu ,Grand Heros ,par la
plus longue vie ,
Imiter de cet estre encor l'éternité.
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4860
p. 154-156
STANCES.
Début :
Le Sort ayant favorisé dans ces jours de Réjouïssance, une / Aimable Enfant, on vient de dire, [...]
Mots clefs :
Enfant, Empire, Rois, Sort, Sang, Nature, Domination, Amour, Clémence, Cruauté, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
Le Sort ayant favorisé dans
ces jours de Réjouiffance , une
fort jeune Perfonne qui eft d'une
tres grande beauté , & dont la
Mere n'a pas moins de charmes ,
un Cavalier fort fpirituel prit de
là occafion de faire ces Vers.
A
STANCE S.
Imable Enfant , on vient de
dire,
Que le Sort par un juste choix
Vous a fait prefent d'un Empire,
Le jour qu'il peut faire des Roys :
Mais faloit il prendre la peine
De faire declarer le Sort,
GALANT . 155
Et chacun d'un commun accord
Ne vous auroit - il pas fait Reyne ?
Le Sang dont vous tirez naiffance
Eut toûjours droit de dominer;
Et pourquoy donc dés vostre enfance
Ne vous verroit - on pas regner ?
La Nature vous a fait naître
Avec certain je- ne -fçay quoy,
Qui ne nous fait que trop connoître
Que nous vivrons fous voftre Loy.
Mais il court certain bruit critique
De vostre Domination ,
C'est que celles de voftre nom
Sont de Race un peu tyrannique.
Ma belle
De fuivre ces cruels modeles ;
Pour avoir des Sujets fidèles,
Attachez- les d'un doux lien.
Enfant ,gardez- vous bien
Serez-vous pas plus fatisfaite
De vous voir fervir par amour,
G 6
156
MERCURE
Que de voir toujours voftre Cour
De mille chagrins inquiete ?
Songe qu'il vous feroit honteux ,
Que dans le monde l'on puft dire,
Que vous faites de voftre Empire
Un Empire de Malheureux.
<
Que ce foit toûjours la clemence
Qui conduife tous vos projets.
Helas ! un peu de complaifance
Contentera tous vos Sujets.
Mais , entre nous , je me défie
De ce que cache voftre coeur ;
Celle dont vous tene la vie
Ne panche point vers la douccur.
Soyez plitoft , s'il fe peut faire,
Dans voftre Souveraineté,
Moins charmante que vostre Mere;
Mais ayez moins de cruauté.
que
les charmes
Ne prenez d'elle
Qui peuvent enchanter les coeurs;
Mais n'en prenez point les rigueurs
Qui nous oat coûté tant d'alarmes.
ces jours de Réjouiffance , une
fort jeune Perfonne qui eft d'une
tres grande beauté , & dont la
Mere n'a pas moins de charmes ,
un Cavalier fort fpirituel prit de
là occafion de faire ces Vers.
A
STANCE S.
Imable Enfant , on vient de
dire,
Que le Sort par un juste choix
Vous a fait prefent d'un Empire,
Le jour qu'il peut faire des Roys :
Mais faloit il prendre la peine
De faire declarer le Sort,
GALANT . 155
Et chacun d'un commun accord
Ne vous auroit - il pas fait Reyne ?
Le Sang dont vous tirez naiffance
Eut toûjours droit de dominer;
Et pourquoy donc dés vostre enfance
Ne vous verroit - on pas regner ?
La Nature vous a fait naître
Avec certain je- ne -fçay quoy,
Qui ne nous fait que trop connoître
Que nous vivrons fous voftre Loy.
Mais il court certain bruit critique
De vostre Domination ,
C'est que celles de voftre nom
Sont de Race un peu tyrannique.
Ma belle
De fuivre ces cruels modeles ;
Pour avoir des Sujets fidèles,
Attachez- les d'un doux lien.
Enfant ,gardez- vous bien
Serez-vous pas plus fatisfaite
De vous voir fervir par amour,
G 6
156
MERCURE
Que de voir toujours voftre Cour
De mille chagrins inquiete ?
Songe qu'il vous feroit honteux ,
Que dans le monde l'on puft dire,
Que vous faites de voftre Empire
Un Empire de Malheureux.
<
Que ce foit toûjours la clemence
Qui conduife tous vos projets.
Helas ! un peu de complaifance
Contentera tous vos Sujets.
Mais , entre nous , je me défie
De ce que cache voftre coeur ;
Celle dont vous tene la vie
Ne panche point vers la douccur.
Soyez plitoft , s'il fe peut faire,
Dans voftre Souveraineté,
Moins charmante que vostre Mere;
Mais ayez moins de cruauté.
que
les charmes
Ne prenez d'elle
Qui peuvent enchanter les coeurs;
Mais n'en prenez point les rigueurs
Qui nous oat coûté tant d'alarmes.
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Résumé : STANCES.
Le poème est adressé à une jeune femme d'une grande beauté, dont la mère est également charmante. Composé par un cavalier spirituel lors d'une fête, il célèbre la beauté et la noblesse de la jeune femme, soulignant que son sang royal lui confère le droit de régner. Cependant, il met en garde contre la tyrannie, rappelant la cruauté des ancêtres de la jeune femme. Le cavalier conseille à la jeune femme de gouverner avec clémence et amour pour éviter les chagrins et les malheurs. Il exprime des doutes sur la véritable nature de la jeune femme, craignant qu'elle n'hérite pas de la douceur de sa mère. Le poème se termine par un avertissement contre la cruauté, exhortant la jeune femme à ne pas reproduire les erreurs de ses ancêtres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4861
p. 159-162
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Party de ceux de la Religion Prétenduë Reformée continuë [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Conversions, Marquis, Archevêque, Madame, Controverse, Abjuration, Gentilhomme, Calvin, Cérémonie
4862
p. 141-144
« Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...] »
Début :
Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...]
Mots clefs :
Chansons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...] »
Quoyqueje lois en
quelque façonobligéà
nemettre dans un Recueil
de Nouvelles que.
des Ouvrages nouveaux,
je me serviray
de l'occasion pour donner
de mois en mois
quelques-unes de mes
Chansons que j'avois
dessein de faire imprimer
en un seul volume
: vous aurez dans
celuy-cy huitcouplets
qui ont couru il y a
déja quelques années.
Afin qu'on ne me
chicane point sur leur
ancienneté, j'ajouste
quatre Couplets nouveaux.
Peutestremesme
que la correction
des premiers vous fera
nouvelle, car n'ayant
jamais donné à personne
mes Chansons, que
j'ay faites seulement
pour le plaisir de les
faire & de les chanter,
on ne les a retenues
qu'à moitié& c'est
une espece de nouveauté
qu'un original dont
on n a jamais vu que
des copies estropiées.
quelque façonobligéà
nemettre dans un Recueil
de Nouvelles que.
des Ouvrages nouveaux,
je me serviray
de l'occasion pour donner
de mois en mois
quelques-unes de mes
Chansons que j'avois
dessein de faire imprimer
en un seul volume
: vous aurez dans
celuy-cy huitcouplets
qui ont couru il y a
déja quelques années.
Afin qu'on ne me
chicane point sur leur
ancienneté, j'ajouste
quatre Couplets nouveaux.
Peutestremesme
que la correction
des premiers vous fera
nouvelle, car n'ayant
jamais donné à personne
mes Chansons, que
j'ay faites seulement
pour le plaisir de les
faire & de les chanter,
on ne les a retenues
qu'à moitié& c'est
une espece de nouveauté
qu'un original dont
on n a jamais vu que
des copies estropiées.
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Résumé : « Quoyque je sois en quelque façon obligé à ne mettre [...] »
L'auteur publie huit couplets anciens et quatre nouveaux dans un recueil de nouvelles. Il ajoute des couplets récents pour éviter les critiques sur l'ancienneté des autres. Les chansons, jamais partagées, semblent nouvelles après correction. Voir l'original après des copies erronées est une nouveauté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4863
p. 168-170
LE CHOIX D'UN BERGER. CHANSON NOUVELLE.
Début :
Cessant enfin de se contraindre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CHOIX D'UN BERGER. CHANSON NOUVELLE.
LE CHOIX D'UN BERGER.
CHANSON NOUVELLE.
Cessant enfin de se contraindre
Delphire va dire son choix;
Dieu! que ce moment est à craindre
Pour tous ceux qui suivent ses loix !
Mais si ma Delphire préfére
Le Berger le plus amoureux,
Le plus tendre, le plus sincere,
Je serai l'Amant heureux.
Mes Rivaux célébrent des charmes.
Que dans l'Onde on aime à mirer
Que leurs chants me causent d'ailarmes
A moi qui ne sçais qu'admirer!
Mais si ma Delphite, &c.
Avec un brillant étalage
J'ai vû Silvandre de retour
La simplicité du Village
Tiendra t-elle contre la Court
Mais si ma Delphire, &c.
Lorsque
La
**..
t
1.
—
LREDE
—.—
CE.
MARS. 1752.
Lorsque Daphnis sur la fougère
De ma Bergere suit les pas,
De sa danse vive & légère
Que je redoute les appas!
Mais si ma Delphire, &c.
(..
De Tityre on vante la grace,
D'Adonis il a les attraits
Je prévois déja ma disgrace,
Tityre plaita par ses traits;
Mais si ma Delphire, &c.
Si la richesse a l'avantage,
Puis- je esperer quelque retour?
Je n'ai pour tout bien en partage
Que ma houlette & mon amour
Mais si ma Delphire, &c.
Près d'elle Hilas s'est fait entendre,
Il forme d'agréables sons
Qu'ai-je désormais à prétendre,
Si l'on écoute ses chansons:
Mais si ma Delphire, &c.
169
H
(170 MERCURE DE FRANCE.
Palés a pria dans un Parterre
Des fleurs qu'il arrange avec art;
Les miennes sont comme la terre
Les a fait éclore au hazard.,
Mais si ma Delphire, &c.
Ressentir l'Amour doit sufsire
Quand on ne sçauroit P'inspirer;
Si je ne puis plaire à Delphite
Je pourrai du moins l'adoret;
Mais si ma Delphire, &c.
Pesselier.
CHANSON NOUVELLE.
Cessant enfin de se contraindre
Delphire va dire son choix;
Dieu! que ce moment est à craindre
Pour tous ceux qui suivent ses loix !
Mais si ma Delphire préfére
Le Berger le plus amoureux,
Le plus tendre, le plus sincere,
Je serai l'Amant heureux.
Mes Rivaux célébrent des charmes.
Que dans l'Onde on aime à mirer
Que leurs chants me causent d'ailarmes
A moi qui ne sçais qu'admirer!
Mais si ma Delphite, &c.
Avec un brillant étalage
J'ai vû Silvandre de retour
La simplicité du Village
Tiendra t-elle contre la Court
Mais si ma Delphire, &c.
Lorsque
La
**..
t
1.
—
LREDE
—.—
CE.
MARS. 1752.
Lorsque Daphnis sur la fougère
De ma Bergere suit les pas,
De sa danse vive & légère
Que je redoute les appas!
Mais si ma Delphire, &c.
(..
De Tityre on vante la grace,
D'Adonis il a les attraits
Je prévois déja ma disgrace,
Tityre plaita par ses traits;
Mais si ma Delphire, &c.
Si la richesse a l'avantage,
Puis- je esperer quelque retour?
Je n'ai pour tout bien en partage
Que ma houlette & mon amour
Mais si ma Delphire, &c.
Près d'elle Hilas s'est fait entendre,
Il forme d'agréables sons
Qu'ai-je désormais à prétendre,
Si l'on écoute ses chansons:
Mais si ma Delphire, &c.
169
H
(170 MERCURE DE FRANCE.
Palés a pria dans un Parterre
Des fleurs qu'il arrange avec art;
Les miennes sont comme la terre
Les a fait éclore au hazard.,
Mais si ma Delphire, &c.
Ressentir l'Amour doit sufsire
Quand on ne sçauroit P'inspirer;
Si je ne puis plaire à Delphite
Je pourrai du moins l'adoret;
Mais si ma Delphire, &c.
Pesselier.
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4864
p. 2472-2477
PRISE de la Sultane Neuve, Vaisseau de Guerre Turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732. par M. le Commandeur DE CHAMBRAY de l'Auberge de France, Lieutenantn Général de la Religion, et Commandant des Vaisseaux.
Début :
Mr le Grand-Maître m'ayant ordonné d'aller croiser dans le Mers du Levant [...]
Mots clefs :
Prise de la Sultane Neuve, Mers du Levant, Vaisseaux, S. George, Contre-amiral, Ali-Bey, Canon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRISE de la Sultane Neuve, Vaisseau de Guerre Turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732. par M. le Commandeur DE CHAMBRAY de l'Auberge de France, Lieutenantn Général de la Religion, et Commandant des Vaisseaux.
PRISE de la Sultáne Neuve , Vaissean
de Guerre Turc , commandé par le Contre- Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732.
par M. le Commandeur DE CHAMBRAY
de l'Auberge de France , Lieutenant Général de la Religion , et Commandant
des Vaisseaux.
M
R le Grand Maître m'ayant ordonné d'aller croiser dans les Mers du Levant
avec deux Vaisseaux de la Religion. Le S. Antoi
ne et le S. George, je partis de Malte le 23 Juillet
faisant route vers l'Isle de Chypre , d'où nous
étions informez que deux Vaisseaux de Tunis
étoient depuis long- tems dans ces Mers
qu'ils avoient fait plusieurs prises sur les Sujets de l'Empereur et de la République de Venise.
et
Je me trouvai le 3 Août à la hauteur de cette
Isle , assez près de terre. J'appris dans ce parage
que huit Sultanes , ou Vaisseaux de Guerre
étoient sortis depuis peu du Port de Constantinople. La Capitane , selon les mêmes avis.
Suivie de cinq autres Vaisseaux , devoit servir de convoi aux Bâtimens Marchands d'Alexandrie , et croiser contre les Armateurs Maltois. La
Réale de 70 piéces de Canon avec un équipage
proportionné, et une autre Sultane , devoient assûrer la navigation de ceux de Damiette , qui
n'attendoient que l'accroissement du Nil pour
partir.
Je fis route pour rencontrer la Réale , ayant
avec moi deux Tartanes Maltoises , armées en
cour-
NOVEMBRE. 1732. 2473
course , qui m'avoient joint à Chypre. Le 15
Août me trouvant près de Damiette , je donnai
ordre au S. George , mon second Vaisseau
commandé par le Chevalier Thomasi, d'attaquer quand il en seroit tems , la Sultane , me réservant de combattre la Réale , nominée aussi le
Contre-Amiral.
Le lendemain à la pointe dujour je ne vis qu'un
gros Vaisseau , qui à notre approche mit à la
voile. Peu de tems après il arbora ses Pavillons,
portant celui de Contre-Amiral , et tira un coup
de Canon. Je le suivis pendant cinq heures à une
portée et demie de Canon , lui donnant ainsi le
tems de prendre le large , pour éviter les bas
fonds qui sont sur cette Côte , et pour l'empêcher de prendre le moüillage
à
Dans cet intervale , j'ordonnai, aux deux petits Armateurs de donner sur les Bâtimens Marchands , ce qui fut si bien éxecuté , que malgré le Canon de la Forteresse de Damiette , ils en
pillerent et brûlerent une bonne partic.
Enfin , sur les onze heures du matin , quatre lienës seulement de Damiette , me trouvant à
fis commencer le portée du Contre- Amiral , je Combat , et dans deux heures de tems je le dé
mâtai de son grand Mât et du Perroquet de fougue. On s'apperçut aussi que ceux de l'avant
et de l'artimon chanceloient beaucoup. Cependant mon Vaisseau ayant beaucoup souffert d'un
si gros travail , je fis place au S. George pour reprendre mes manoeuvres , et pour assûrer ma Mâture , me trouvant dans le fonds du Levant
sans sçavoir où pouvoir me raccommoder en cas
d'accident .
Le S. George executa parfaitement bien mes
ordres , continuant un Combat des plus opiniâ- tres
2474 MERCURE DE FRANCE
tres. Je revins cependant à la charge , et j'abattis la Mizaine du Contre- Amiral : on vint bien- tôt
à l'abordage , qui fut rude et sanglant , en sorte
qu'en peu de tems on vit plutot un massacre
qu'un combat. L'intrépidité ou plutôt le désespoir du Contre-Amiral , a quelque chose de remarquable. On ne voyoit plus qu'un homme
qui résistoit encore , après avoir abandonné les
Gaillards et le Pont , s'étant retranché à la
premiere baterie avec un opiniâtre et téméraire
entêtement. Je lui criai moi-même que j'allois
le couler bas s'il continuoit dans son obstination.
Il répondit qu'un Contre- Amiral du G. S. ne
se rendoit jamais qu'à la derniere extrémité.
Alors j'envoyai ordre aux Officiers qui comman- doient les Batteries de faire tirer à couler à fond.
De la derniere bordée que je lui donnai après le
Soleil couché , il eut son timon coupé en deux .à quatre pieds de l'eau , et son Arcasse fracassée.
Je fis cesser le combat pour attendre le jour , ce
Vaisseau étant tout- à-fait hors d'état de nous
échaper.
En effet , le 17 au matin il mit Pavillon blanc,
et tira un coup de Canon ; je l'envoyai aussi-tôt
amariner , et je le fis mouiller sur la pointe des
bas fonds. On me rapporta que ce Bâtiment
étoit absolument hors d'état de naviger , faisant
de l'eau de tous côtez : je me déterminai donc
à embarquer sur mon bord toute son Artillerie
de Bronze , la Poudre , et quelques manœuvres
de rechange , abandonnant le reste à mon Equipage.
Le Combat a été si rude , et il y a péri tant de
monde , que nous n'avons fait que 117 Esclaves
en état de servir. 49 Chrétiens ont recouvré la
liberté.
Le
NOVEMBRE. 1732. 2473
Le Contre - Amiral Ali- Bey , Commandant de
>ce Vaisseau , est un homme d'environ soixante
ans , recommandable à la Porte par sa valeur
ayant rendu 16 différens Combats contre les Venitiens le dernier est celui de Passaux , portant le même Pavillon du Contre- Amiral. Il doit être
content, au reste, du bon traitement que nous lui
avons fait.
:
Dans cette action , le Chevalier du Lau de la
Coste , François , a été tué , ainsi que huit des
principaux bas Officiers , et je n'ai eu que hommes de blessez.
douze
Le 19. au soir , je mis à la voile , après avoir
envoyé brûler le Vaisseau ennemi ; et je fis route
vers la Caramanie où je devois faire de l'eau .
En doublant le Cap S. André de l'Isle de Chypres nous apperçûmes l'autre Sultane , conserve
du Contre-Amirai , laquelle venoit de Syrie pour
joindre le Convoy de Damiette. Je lui donnai
chasse pendant 16 heures , ce qui l'obligea de
gagner enfin le fonds duGolfe d'Antioche: mesPi
lotes, ne connoissant pas assez ceGolte, me conseillerent de cesser notre poursuite. Je m'apperçus
en même-tems que nos Vaisseaux n'étoient plus
guéres en état de croiser , et qu'il étoit tems d'al
ler décharger à Malte notre Artillerie , et nous
radouber.
Le 27. nous fîmes de l'eau au Port Orland ,
avec les précautions nécessaires en Pays ennemi
et je mis à la voile le lendemain.
Le 4 Septembre me trouvant à 36 lieuës au
Sud des Sept-Cavy, je découvris trois gros Vaisseaux , qui mirent en panne à trois lieuës au
vent à nous , portant Pavillon Turc : une heure
après ils manoeuvrerent pendant une demie heure
pour arriver sur nous. Je les attendis en bon or-
2476 MERCURE DE FRANCE
ordre , ayant à mon arriere le S. George , mais
à notre contenance ils forcerenr de voile , et firent route pour Alexandrie.
Je les chassai inutilement jusqu'au Soleil
couché que je les perdis de vue. Alors je fis tenir la bordée au Sud- Ouest. Le Contre-Amiral
Ali- Bey m'assûra que c'étoit la Capitane de 80.
Canons , suivie de deux autres Sultanes plus
grosses que nos Vaisseaux , qui devoient , selon mes avis , aller à Alexandrie,
Le lendemain je ne vis plus aucun Bâtiment
ce qui me détermina à profiter du premier tems
favorable pour nous retirer à Malte. Le 2 Octobre je me trouvai au Parage du Cap Passaro
en Sicile , où j'écrivis le détail de notre course ;
et enfin le 4. nous mouillâmes heureusement à
Malte.
...Depuis cette Lettre écrite , on a appris que
le Grand- Seigneur avoit fait sortir de ses Ports 12 Vaisseaux de Guerre , avec ordre de chercher dans les Mers du Levant , les deux Vaisseaux
Maltois qui ont pris devant Damiette la Sultanè Neuve,
M. de Chambrai qui a écrit la Lettre , dont
ou vient de voir l'Extrait , est Commandeur de
Vircour , et se signale depuis long- temps , avec
autant de prudence que de valeur , pour les interêts de son Ordre , qui sont ceux de la Religion et du Bien public. C'esr le même qui en l'année 1723. rendit un fameux combat , lequel
fat terminé par la prise de la Patrone ou Vaisseau Amiral de la Regence de Tripoli , dont le
détail fut alors rendu public. 11 est Frere du
Marquis de Chambrai, et de Dame N.de Chambrai ,Abbesse d'Alménéches , Diocèse de Séez .
Sh. La Maison de Chambrai a toujours été distia-
NOVEMBRE. 1732. 2477
tinguée parmi la haute Noblesse de la Province de Normandie. Elle est du Diocèse d'Evreux , et
tire son origine d'Amaury , Seigneur de Chambrai , qui en l'année 1099. accompagna le Duc
Robert à la Conquête de la Terre- Sainte. Cette distinction est fondée sur les Alliances illustres
et sur les Postes éminens , dont plusieurs Seigneurs de Chambrai ont été honorez , tant dans
P'Eglise, qu'auprès de la Personne de nos Rois er dans leurs Armées. Il y a eu aussi plusieurs Gou-'
verneurs et Baillifs d'Evreux , des Abbez et Ab- besses de diverses Abbayes de la Province, &c.
de Guerre Turc , commandé par le Contre- Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732.
par M. le Commandeur DE CHAMBRAY
de l'Auberge de France , Lieutenant Général de la Religion , et Commandant
des Vaisseaux.
M
R le Grand Maître m'ayant ordonné d'aller croiser dans les Mers du Levant
avec deux Vaisseaux de la Religion. Le S. Antoi
ne et le S. George, je partis de Malte le 23 Juillet
faisant route vers l'Isle de Chypre , d'où nous
étions informez que deux Vaisseaux de Tunis
étoient depuis long- tems dans ces Mers
qu'ils avoient fait plusieurs prises sur les Sujets de l'Empereur et de la République de Venise.
et
Je me trouvai le 3 Août à la hauteur de cette
Isle , assez près de terre. J'appris dans ce parage
que huit Sultanes , ou Vaisseaux de Guerre
étoient sortis depuis peu du Port de Constantinople. La Capitane , selon les mêmes avis.
Suivie de cinq autres Vaisseaux , devoit servir de convoi aux Bâtimens Marchands d'Alexandrie , et croiser contre les Armateurs Maltois. La
Réale de 70 piéces de Canon avec un équipage
proportionné, et une autre Sultane , devoient assûrer la navigation de ceux de Damiette , qui
n'attendoient que l'accroissement du Nil pour
partir.
Je fis route pour rencontrer la Réale , ayant
avec moi deux Tartanes Maltoises , armées en
cour-
NOVEMBRE. 1732. 2473
course , qui m'avoient joint à Chypre. Le 15
Août me trouvant près de Damiette , je donnai
ordre au S. George , mon second Vaisseau
commandé par le Chevalier Thomasi, d'attaquer quand il en seroit tems , la Sultane , me réservant de combattre la Réale , nominée aussi le
Contre-Amiral.
Le lendemain à la pointe dujour je ne vis qu'un
gros Vaisseau , qui à notre approche mit à la
voile. Peu de tems après il arbora ses Pavillons,
portant celui de Contre-Amiral , et tira un coup
de Canon. Je le suivis pendant cinq heures à une
portée et demie de Canon , lui donnant ainsi le
tems de prendre le large , pour éviter les bas
fonds qui sont sur cette Côte , et pour l'empêcher de prendre le moüillage
à
Dans cet intervale , j'ordonnai, aux deux petits Armateurs de donner sur les Bâtimens Marchands , ce qui fut si bien éxecuté , que malgré le Canon de la Forteresse de Damiette , ils en
pillerent et brûlerent une bonne partic.
Enfin , sur les onze heures du matin , quatre lienës seulement de Damiette , me trouvant à
fis commencer le portée du Contre- Amiral , je Combat , et dans deux heures de tems je le dé
mâtai de son grand Mât et du Perroquet de fougue. On s'apperçut aussi que ceux de l'avant
et de l'artimon chanceloient beaucoup. Cependant mon Vaisseau ayant beaucoup souffert d'un
si gros travail , je fis place au S. George pour reprendre mes manoeuvres , et pour assûrer ma Mâture , me trouvant dans le fonds du Levant
sans sçavoir où pouvoir me raccommoder en cas
d'accident .
Le S. George executa parfaitement bien mes
ordres , continuant un Combat des plus opiniâ- tres
2474 MERCURE DE FRANCE
tres. Je revins cependant à la charge , et j'abattis la Mizaine du Contre- Amiral : on vint bien- tôt
à l'abordage , qui fut rude et sanglant , en sorte
qu'en peu de tems on vit plutot un massacre
qu'un combat. L'intrépidité ou plutôt le désespoir du Contre-Amiral , a quelque chose de remarquable. On ne voyoit plus qu'un homme
qui résistoit encore , après avoir abandonné les
Gaillards et le Pont , s'étant retranché à la
premiere baterie avec un opiniâtre et téméraire
entêtement. Je lui criai moi-même que j'allois
le couler bas s'il continuoit dans son obstination.
Il répondit qu'un Contre- Amiral du G. S. ne
se rendoit jamais qu'à la derniere extrémité.
Alors j'envoyai ordre aux Officiers qui comman- doient les Batteries de faire tirer à couler à fond.
De la derniere bordée que je lui donnai après le
Soleil couché , il eut son timon coupé en deux .à quatre pieds de l'eau , et son Arcasse fracassée.
Je fis cesser le combat pour attendre le jour , ce
Vaisseau étant tout- à-fait hors d'état de nous
échaper.
En effet , le 17 au matin il mit Pavillon blanc,
et tira un coup de Canon ; je l'envoyai aussi-tôt
amariner , et je le fis mouiller sur la pointe des
bas fonds. On me rapporta que ce Bâtiment
étoit absolument hors d'état de naviger , faisant
de l'eau de tous côtez : je me déterminai donc
à embarquer sur mon bord toute son Artillerie
de Bronze , la Poudre , et quelques manœuvres
de rechange , abandonnant le reste à mon Equipage.
Le Combat a été si rude , et il y a péri tant de
monde , que nous n'avons fait que 117 Esclaves
en état de servir. 49 Chrétiens ont recouvré la
liberté.
Le
NOVEMBRE. 1732. 2473
Le Contre - Amiral Ali- Bey , Commandant de
>ce Vaisseau , est un homme d'environ soixante
ans , recommandable à la Porte par sa valeur
ayant rendu 16 différens Combats contre les Venitiens le dernier est celui de Passaux , portant le même Pavillon du Contre- Amiral. Il doit être
content, au reste, du bon traitement que nous lui
avons fait.
:
Dans cette action , le Chevalier du Lau de la
Coste , François , a été tué , ainsi que huit des
principaux bas Officiers , et je n'ai eu que hommes de blessez.
douze
Le 19. au soir , je mis à la voile , après avoir
envoyé brûler le Vaisseau ennemi ; et je fis route
vers la Caramanie où je devois faire de l'eau .
En doublant le Cap S. André de l'Isle de Chypres nous apperçûmes l'autre Sultane , conserve
du Contre-Amirai , laquelle venoit de Syrie pour
joindre le Convoy de Damiette. Je lui donnai
chasse pendant 16 heures , ce qui l'obligea de
gagner enfin le fonds duGolfe d'Antioche: mesPi
lotes, ne connoissant pas assez ceGolte, me conseillerent de cesser notre poursuite. Je m'apperçus
en même-tems que nos Vaisseaux n'étoient plus
guéres en état de croiser , et qu'il étoit tems d'al
ler décharger à Malte notre Artillerie , et nous
radouber.
Le 27. nous fîmes de l'eau au Port Orland ,
avec les précautions nécessaires en Pays ennemi
et je mis à la voile le lendemain.
Le 4 Septembre me trouvant à 36 lieuës au
Sud des Sept-Cavy, je découvris trois gros Vaisseaux , qui mirent en panne à trois lieuës au
vent à nous , portant Pavillon Turc : une heure
après ils manoeuvrerent pendant une demie heure
pour arriver sur nous. Je les attendis en bon or-
2476 MERCURE DE FRANCE
ordre , ayant à mon arriere le S. George , mais
à notre contenance ils forcerenr de voile , et firent route pour Alexandrie.
Je les chassai inutilement jusqu'au Soleil
couché que je les perdis de vue. Alors je fis tenir la bordée au Sud- Ouest. Le Contre-Amiral
Ali- Bey m'assûra que c'étoit la Capitane de 80.
Canons , suivie de deux autres Sultanes plus
grosses que nos Vaisseaux , qui devoient , selon mes avis , aller à Alexandrie,
Le lendemain je ne vis plus aucun Bâtiment
ce qui me détermina à profiter du premier tems
favorable pour nous retirer à Malte. Le 2 Octobre je me trouvai au Parage du Cap Passaro
en Sicile , où j'écrivis le détail de notre course ;
et enfin le 4. nous mouillâmes heureusement à
Malte.
...Depuis cette Lettre écrite , on a appris que
le Grand- Seigneur avoit fait sortir de ses Ports 12 Vaisseaux de Guerre , avec ordre de chercher dans les Mers du Levant , les deux Vaisseaux
Maltois qui ont pris devant Damiette la Sultanè Neuve,
M. de Chambrai qui a écrit la Lettre , dont
ou vient de voir l'Extrait , est Commandeur de
Vircour , et se signale depuis long- temps , avec
autant de prudence que de valeur , pour les interêts de son Ordre , qui sont ceux de la Religion et du Bien public. C'esr le même qui en l'année 1723. rendit un fameux combat , lequel
fat terminé par la prise de la Patrone ou Vaisseau Amiral de la Regence de Tripoli , dont le
détail fut alors rendu public. 11 est Frere du
Marquis de Chambrai, et de Dame N.de Chambrai ,Abbesse d'Alménéches , Diocèse de Séez .
Sh. La Maison de Chambrai a toujours été distia-
NOVEMBRE. 1732. 2477
tinguée parmi la haute Noblesse de la Province de Normandie. Elle est du Diocèse d'Evreux , et
tire son origine d'Amaury , Seigneur de Chambrai , qui en l'année 1099. accompagna le Duc
Robert à la Conquête de la Terre- Sainte. Cette distinction est fondée sur les Alliances illustres
et sur les Postes éminens , dont plusieurs Seigneurs de Chambrai ont été honorez , tant dans
P'Eglise, qu'auprès de la Personne de nos Rois er dans leurs Armées. Il y a eu aussi plusieurs Gou-'
verneurs et Baillifs d'Evreux , des Abbez et Ab- besses de diverses Abbayes de la Province, &c.
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Résumé : PRISE de la Sultane Neuve, Vaisseau de Guerre Turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732. par M. le Commandeur DE CHAMBRAY de l'Auberge de France, Lieutenantn Général de la Religion, et Commandant des Vaisseaux.
Le 23 juillet 1732, M. le Commandeur de Chambray, Lieutenant Général de la Religion et Commandant des vaisseaux, quitta Malte avec deux navires, le Saint Antoine et le Saint George, pour patrouiller dans les mers du Levant. Informé de la présence de vaisseaux tunisiens et turcs, il se dirigea vers Chypre, puis vers Damiette. Le 3 août, il apprit que huit vaisseaux turcs, dont la Réale de 70 pièces de canon, devaient escorter des bâtiments marchands et croiser contre les armateurs maltais. Le 15 août, près de Damiette, Chambray ordonna au Saint George d'attaquer une sultane turque, tandis qu'il se réservait de combattre la Réale. Le lendemain, il engagea un combat contre le vaisseau amiral turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Après cinq heures de poursuite, Chambray attaqua le vaisseau, qui fut démâté et endommagé. Le combat fut rude et sanglant, mais Ali-Bey résista farouchement avant de se rendre. Le 17 août, le vaisseau turc, gravement endommagé, hissa pavillon blanc. Chambray s'empara de l'artillerie et de la poudre, abandonnant le reste à son équipage. Le combat fit 117 esclaves et libéra 49 chrétiens. Chambray mit ensuite à la voile vers la Caramanie, où il fit de l'eau. En doublant le Cap Saint-André de Chypre, il aperçut une autre sultane turque, qu'il poursuivit pendant 16 heures avant de cesser la chasse. Le 4 septembre, il découvrit trois gros vaisseaux turcs, qui prirent la fuite. Chambray rentra à Malte le 4 octobre. Après cette expédition, il fut rapporté que le Grand Seigneur avait envoyé 12 vaisseaux de guerre pour chercher les vaisseaux maltais ayant pris la sultane devant Damiette. M. de Chambray est connu pour ses actions distinguées, notamment la prise d'un vaisseau amiral de Tripoli en 1723. Sa famille est renommée dans la haute noblesse normande.
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4864
4865
p. 167-172
Dons du Roy.
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye de S. André de Vienne [...]
Mots clefs :
Abbaye, Dons, Fondateur , Ordre religieux , Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy.
DonsduRoy.
Le Roy à donne l'Abbayc:,
c deSAndré de Vienriçy
OrdredeCisteaux
£>#>çefe de Vienne
,
vitedeViennej&àuflt'Ea--
gansde
; lyta, L'Abbaye de Préaux,
Qr&*$do S. Benoist, Dio.
cefe^feLifceux^àU-£>amc
de;Mor^tba?Qn.\! , Cette Abbaye fut fondtc
par la femme de Onfcojcde
YiciUes,, Baronde
fê"ea«*,Seigoejjrde Pontau
de mer, Comte deMeu--
lan & de Beaumone-le-Rager,
fous le
-
titre de S. Leger.
Leur Eglise est assez
grande
,
& a son Autel ifole,
beau, & fort dégagéy
six colomnes de marbre y
portent une demie' Couronne
Imperiale, dontles
branches ouvertes font dorées
& accompagnées de
plusieurs ouvragesde Sculpture.
L'Abbessepresente
aux trois portions de la Cure
de S. Michel de Preaux
J
& ces trois Curer font les
fondionsCurialesj par semainc
maine alternative.
Preaux est le nom de
deux Paroisses & de deux
Abbayes;l'une de Benedictins
& l'autre de Benedictines
situées dans leDiocese
de Lisieux à une grande
lieuë dePonteau de-mer
dans un vallon. L'Abbaye
de S. Pierre de Preaux est
poflfedée par les Bénédictins
de la Congregation de
S. Maur, & fut bastie vers
l'an 1055. Elle reconnoic
pourfondateur Onfroy de
Vieilles,Baron de Preaux
Comte de Meulan.&c.
L'Abbaye de Monrolieú;
Ordrede S Benoît Diocefev
de Carcassonne-y à
l'Abbe du Lordac. * iA
L'Abbaye de Thouars,
Ordre de S Augustin, Diocefe
de Poitiers
,
àI l'Abb6
Gould. .jS:j /i. n
Thouars est unedes prini
cipales villes du Poitou;e lle
est situéeà six lieues de
Saumur sur une colline aux
bord de la rivière de la
Touë. Cette villeest une.
ancienneVicomte7 que possedoit
la familledesSeigneurs
de Thouars, confia
derable dés le temps du
Roy Raoul. Elle a passé
par mariage de filles dans
la Maison d'Amboise
, &:
Marguerited'Amboise fille,
unique de Loiiisd'Amboise
Vicomte de Thouars, la
porta en dot à Louis de la
Tremoille. Ce fut en faveur
de cette derniere Maison
que Charles IX.érigea
la Vicomté de Thouars en
Duché l'an 1563. & Henry
IV. en Pairie l'an 1595. Dixsège
cens Vassaux relevent
de cette Terre, dont laJurisdiction
s'estend jusques
aux confins de la Bretagne.
,' L'Abbaye de Bonlieu
Ordre de , Cisteaux, à la
Dame de Saillans. Il y a
quatre Abbayes de filles du
nom de Bonlieu, toutes de
l'Ordre de Cifteaux,mais
de differens Dioceses.
L'Abbaye de S. Honoré
de Tararcon,à la Dame de
Breflku.
Le Roy à donne l'Abbayc:,
c deSAndré de Vienriçy
OrdredeCisteaux
£>#>çefe de Vienne
,
vitedeViennej&àuflt'Ea--
gansde
; lyta, L'Abbaye de Préaux,
Qr&*$do S. Benoist, Dio.
cefe^feLifceux^àU-£>amc
de;Mor^tba?Qn.\! , Cette Abbaye fut fondtc
par la femme de Onfcojcde
YiciUes,, Baronde
fê"ea«*,Seigoejjrde Pontau
de mer, Comte deMeu--
lan & de Beaumone-le-Rager,
fous le
-
titre de S. Leger.
Leur Eglise est assez
grande
,
& a son Autel ifole,
beau, & fort dégagéy
six colomnes de marbre y
portent une demie' Couronne
Imperiale, dontles
branches ouvertes font dorées
& accompagnées de
plusieurs ouvragesde Sculpture.
L'Abbessepresente
aux trois portions de la Cure
de S. Michel de Preaux
J
& ces trois Curer font les
fondionsCurialesj par semainc
maine alternative.
Preaux est le nom de
deux Paroisses & de deux
Abbayes;l'une de Benedictins
& l'autre de Benedictines
situées dans leDiocese
de Lisieux à une grande
lieuë dePonteau de-mer
dans un vallon. L'Abbaye
de S. Pierre de Preaux est
poflfedée par les Bénédictins
de la Congregation de
S. Maur, & fut bastie vers
l'an 1055. Elle reconnoic
pourfondateur Onfroy de
Vieilles,Baron de Preaux
Comte de Meulan.&c.
L'Abbaye de Monrolieú;
Ordrede S Benoît Diocefev
de Carcassonne-y à
l'Abbe du Lordac. * iA
L'Abbaye de Thouars,
Ordre de S Augustin, Diocefe
de Poitiers
,
àI l'Abb6
Gould. .jS:j /i. n
Thouars est unedes prini
cipales villes du Poitou;e lle
est situéeà six lieues de
Saumur sur une colline aux
bord de la rivière de la
Touë. Cette villeest une.
ancienneVicomte7 que possedoit
la familledesSeigneurs
de Thouars, confia
derable dés le temps du
Roy Raoul. Elle a passé
par mariage de filles dans
la Maison d'Amboise
, &:
Marguerited'Amboise fille,
unique de Loiiisd'Amboise
Vicomte de Thouars, la
porta en dot à Louis de la
Tremoille. Ce fut en faveur
de cette derniere Maison
que Charles IX.érigea
la Vicomté de Thouars en
Duché l'an 1563. & Henry
IV. en Pairie l'an 1595. Dixsège
cens Vassaux relevent
de cette Terre, dont laJurisdiction
s'estend jusques
aux confins de la Bretagne.
,' L'Abbaye de Bonlieu
Ordre de , Cisteaux, à la
Dame de Saillans. Il y a
quatre Abbayes de filles du
nom de Bonlieu, toutes de
l'Ordre de Cifteaux,mais
de differens Dioceses.
L'Abbaye de S. Honoré
de Tararcon,à la Dame de
Breflku.
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Résumé : Dons du Roy.
Le texte évoque plusieurs abbayes et leurs relations avec des figures historiques et des territoires. Le roi a offert l'abbaye de Saint-André de Vienriçy, de l'ordre de Cîteaux, au chef de Vienne. L'abbaye de Préaux, dédiée à Saint Benoist, a été fondée par la femme d'Onfroy de Vieilles, Baron de Préaux et Comte de Meulan et de Beaumont-le-Roger, sous le titre de Saint Léger. Son église se distingue par un autel isolé et des colonnes de marbre supportant une demi-couronne impériale. L'abbesse de Préaux présente des portions de la cure de Saint-Michel de Préaux, où les curés assurent les fonctions curiales par semaine alternative. Préaux désigne deux paroisses et deux abbayes bénédictines, l'une fondée vers 1055 par Onfroy de Vieilles. Le texte mentionne aussi l'abbaye de Monrolieu, de l'ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Carcassonne, et l'abbaye de Thouars, de l'ordre de Saint Augustin, dans le diocèse de Poitiers. Thouars, ville du Poitou, a une histoire liée aux familles nobles des Amboise et des La Tremoille. La vicomté de Thouars a été érigée en duché en 1563 par Charles IX et en pairie en 1595 par Henri IV. L'abbaye de Bonlieu, de l'ordre de Cîteaux, existe en quatre versions dans différents diocèses. Enfin, l'abbaye de Saint Honoré de Tararcon est associée à la Dame de Breflku.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4866
p. 169-176
EGLOGUE.
Début :
Bergers qui craignez la peine, [...]
Mots clefs :
Églogue, Berger, Languir, Plaisir, Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
E G LOG U E.
BErgers qui craignez la
peine,
Les rigueurs, & les mes-
,
pris;
Gardez de porter la chais
ne
De la ifere Amarillis :
Que peut-on attendre
d'elle
Si pour la tendre Tirfis
Elle est tousjours si cruelle,
Qu'au plus fort de son tourment
Il n'ose à cette inhumaine
Faire connoistre sa peine
-
Par un souspir seulement?
Estime,respect,ccndresse,
Tout l'offense
, tout la
.b!esîe,
Tout ce qui vient à sa Cour
Sous l'Etendart de l'Armour
, Est receu d'unairsevere,
Et le Berger a beau faire,
Elle le verra mourir
Sans se laisser attendrir.
Une ardeur sans esperance
Doitsignaler sa confiance.
Le malheureux! il voit
bien
Ce qu'il faudra qu'il endure
,
Mais un Amour sans mesure
Ne s'épouvante de rien;
Qu'Amarillis soit contente,
Que tout refponde à ses
voeux, Cet Amant qu'elle tourmente
Se croira tousjours heureux.
Dansl'excès de sa tendresse
Nul autre foin ne le presse;
Il voudroit dans son transport,
Il voudroit pour la Cruelle
Souffrir cent fois une mort,
Qui ladeust rendre immortelle.
S'il falloit, pour couronner
Ce cher objet de ses peines,
S'aller mettre dans les
chaisnes:
Nuls supplices,nullesgesnes
Ne le pourroient estonner.
Cependant, est-il possible?
Amarillisinsensible
Voit ces difcrettes langueurs
,
Sans modérer ses rigueurs.
La crainte respectueuse
De ce fidelle Berger,
Sa tendresse ingenieuse
Qui ne cesse de songer
A ce qui peut l'obliger,
Rien ne la sçauroit changer.
Tousjours sierc, & serieuse
Elle prend foin d'éviter
De le voir, de l'écouter:
Elle jouë avec Acante,
t Et rit avec Licidas;
Mais siTirsis se presente,
Atoutautrecomplaisante,
,
Elle ne l'écoute pas.
! De cette injuste malice
Quand pour demander justice
Il cherche de toutes parts
A rencontrer ses régards ;
L'inhumaine prévenuë
Du dessein de cet Amant,
Mesnage si bien sa veuë,
Qu'il la cherche vainement.
Lorsqu'il vient sur saMusette,
1
La plus douce du Hameau)
Entonner un Air nouveau)
Affectantd'estre distraire,
Elle écoute avec Lysette
Quelque grossier Chalumeau.
-
Quand il danse à quelque,
Feste
Tout s'approche, , tout s'arreste;
Elle feule avec dédain ,.
- M
S'esloigne, tourne la teste,
Et le trouve trop badin.
Combien de Fleurs respanduës
A sa porte, sous ses pas,
Soins inutiles, helas!
Cene font que Fleurs perduës
L'ingrate ) ne les voit pas.
Dans cetterigueur extrême
Conserver pour ce qu'on
aime
Tousjours le mesme penchant,
Est-ilrien de si touchant?
Ce transportinconcevable
Dans un Siecle si gafil,
Est d'un prix inestimable,
Et cette fiere Beauté
N'en verra point de semblable.
Nous ne voyons plus d'Amants
A l'épreuve des tourments
, Le seul plaisir les engage,
& l'on blasme le Berger
Qui plustost que de changer,
Veut languir dans l'esclavage
, Et tel aujourd'huy charmé
Dés demain veut estre
, aimé.
BErgers qui craignez la
peine,
Les rigueurs, & les mes-
,
pris;
Gardez de porter la chais
ne
De la ifere Amarillis :
Que peut-on attendre
d'elle
Si pour la tendre Tirfis
Elle est tousjours si cruelle,
Qu'au plus fort de son tourment
Il n'ose à cette inhumaine
Faire connoistre sa peine
-
Par un souspir seulement?
Estime,respect,ccndresse,
Tout l'offense
, tout la
.b!esîe,
Tout ce qui vient à sa Cour
Sous l'Etendart de l'Armour
, Est receu d'unairsevere,
Et le Berger a beau faire,
Elle le verra mourir
Sans se laisser attendrir.
Une ardeur sans esperance
Doitsignaler sa confiance.
Le malheureux! il voit
bien
Ce qu'il faudra qu'il endure
,
Mais un Amour sans mesure
Ne s'épouvante de rien;
Qu'Amarillis soit contente,
Que tout refponde à ses
voeux, Cet Amant qu'elle tourmente
Se croira tousjours heureux.
Dansl'excès de sa tendresse
Nul autre foin ne le presse;
Il voudroit dans son transport,
Il voudroit pour la Cruelle
Souffrir cent fois une mort,
Qui ladeust rendre immortelle.
S'il falloit, pour couronner
Ce cher objet de ses peines,
S'aller mettre dans les
chaisnes:
Nuls supplices,nullesgesnes
Ne le pourroient estonner.
Cependant, est-il possible?
Amarillisinsensible
Voit ces difcrettes langueurs
,
Sans modérer ses rigueurs.
La crainte respectueuse
De ce fidelle Berger,
Sa tendresse ingenieuse
Qui ne cesse de songer
A ce qui peut l'obliger,
Rien ne la sçauroit changer.
Tousjours sierc, & serieuse
Elle prend foin d'éviter
De le voir, de l'écouter:
Elle jouë avec Acante,
t Et rit avec Licidas;
Mais siTirsis se presente,
Atoutautrecomplaisante,
,
Elle ne l'écoute pas.
! De cette injuste malice
Quand pour demander justice
Il cherche de toutes parts
A rencontrer ses régards ;
L'inhumaine prévenuë
Du dessein de cet Amant,
Mesnage si bien sa veuë,
Qu'il la cherche vainement.
Lorsqu'il vient sur saMusette,
1
La plus douce du Hameau)
Entonner un Air nouveau)
Affectantd'estre distraire,
Elle écoute avec Lysette
Quelque grossier Chalumeau.
-
Quand il danse à quelque,
Feste
Tout s'approche, , tout s'arreste;
Elle feule avec dédain ,.
- M
S'esloigne, tourne la teste,
Et le trouve trop badin.
Combien de Fleurs respanduës
A sa porte, sous ses pas,
Soins inutiles, helas!
Cene font que Fleurs perduës
L'ingrate ) ne les voit pas.
Dans cetterigueur extrême
Conserver pour ce qu'on
aime
Tousjours le mesme penchant,
Est-ilrien de si touchant?
Ce transportinconcevable
Dans un Siecle si gafil,
Est d'un prix inestimable,
Et cette fiere Beauté
N'en verra point de semblable.
Nous ne voyons plus d'Amants
A l'épreuve des tourments
, Le seul plaisir les engage,
& l'on blasme le Berger
Qui plustost que de changer,
Veut languir dans l'esclavage
, Et tel aujourd'huy charmé
Dés demain veut estre
, aimé.
Fermer
Résumé : EGLOGUE.
Le poème relate la souffrance de Tirsis, un berger épris d'Amarillis, une femme cruelle et insensible. Tirsis endure en silence ses tourments, incapable de révéler sa peine à Amarillis, qui reste sévère et indifférente à ses avances. Malgré les rigueurs et les mépris d'Amarillis, Tirsis continue d'espérer et de souffrir pour elle, prêt à endurer n'importe quelle épreuve pour la rendre heureuse. Amarillis, cependant, évite Tirsis, préférant la compagnie d'autres bergers comme Acante et Licidas. Elle ignore les marques d'affection de Tirsis, ne l'écoute pas et ne voit pas les fleurs qu'il lui offre. Le poème souligne la constance et la profondeur de l'amour de Tirsis, contrastant avec l'ingratitude et la dureté d'Amarillis. Il met en lumière la rareté des amours capables de résister aux tourments dans une époque où les sentiments sont souvent éphémères.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4867
p. 164-172
« Nous croyons devoir rendre compte ici d'un évenement fort glorieux pour notre [...] »
Début :
Nous croyons devoir rendre compte ici d'un évenement fort glorieux pour notre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Nous croyons devoir rendre compte ici d'un évenement fort glorieux pour notre [...] »
Nous croyons devoir rendre compte ici
d'un évenement fort glorieux pour notre
théatre lyrique, & très flatteur pour Mrs
de Cahusac & Rameau. On a traduit en
vers Italiens l'Opéra de Zoroastre, & il
a été représenté pendant le carnaval der-
nier avec grande magnificence & beaucoup
de succès sur le théatre Royal de Dresde.
Nous allons mettre sous les yeux de nos
Lecteurs quelques morceaux de l'original,
& de la traduction. On sera par là a por-
tée de juger de sa fidélité & de son élé-
gance.
Scene premiere,
Acte premier.
Zopire.
De vos enchantemens la force est invincible,
Le pouvoir qu'Ariman a remis en vos mains,
De sa vaste puissance est l'image terrible
Kous avez à ses piés entraîné les humains.
MAI. 1752.
165
Abramane.
Ce pouvoir éclatant ne touche plus mon ame
Que l'appas d'un trône est flatteur !
Ce seul bien manque à ma grandeur,
Et mon ambition qui s'irrite & s'enslamme
Le présente sans cesse aux desirs de mon cœur.
Traduction Italienne.
Zopiro.
Degli alti tuoi incantamenti
E invincibil la forza:
Come potra sottarssi à colpi tuoi»
Il poter che Arimano te concesso
Di sua vasta potenza e imagin vera
Tu proſtrati à suoi piedi
Conducesti i mortali.
Abramano.
Lalma mia
Fini di compiacersi
D'un si vasto poter. La mente al trono
Alzo, & lo scorgo di splendor si pieno
Che non occhio sereno
Non posso rimirar la mia grandezza
Priva de fregi suoi. Non passa instante
In cui la gloria mia
Non mirifacci alcor ch'ei sol mi manca.
166 MERCUREDE FRANCE.
Scene seconde.
Abramane.
Princesse, avec Phoeres la tirannie expire,
Ses yeux étoient couverts d'un funeste bandeau;
Et nos Dieux qu'il croyoit détruire
L'ont conduit à pas lents dans la nuit du tombeau.
Abramano.
Principessa, alla fin la tirannia
Con Feres gia s'estinse.
Erano gl'occhi suoi
D'una benda coperti atra, & funesta,
Ei nostri sommi Dei,
Che distrugger credea, l'anno condotto
All' orror della morte à lento passo.
Au second Acte nous avons trouvé une
Scene entieré d'une grande beauté. Nous
croyons devoir la transcrire avec celle de
l'original.
Zoroastre entouré de peuples sauvages.
Ces retraites sont les aziles
De l'innocence & de la paix.
Peuples, puissiez-vous desormais
N'y trouver que des jours tranquilles.
D'un Dieu mastre des Dieux, & pere des hu-
mains,
MA I. 1752.
167
Vous avez reconnu la puissance suprême
A ces traits éclatans dont il s'est peint lui-même
Dans les Ouvrages de ses mains,
Abenis, Cenide, les Chœurs.
Le bruit effrayant du tonnerre,
Le feu rapide des éclairs
Abenis, Cenide.
L'haleine des Zephirs qui parfume les airs,
Les fleurs qui brillent sur la terre,
Les Chœurs.
Tout retrace sa gloire aux yeux de l'univers,
Zoroastre.
Un trône éclatant de lumiere
Aux mortels éblouis dérobe envain ses traits,
Pour le bonheur du monde il remplit sa cartiere;
Il est l'ame & l'amour de la nature entiere
Par sa flamme & par ses bienfaits.
Traduction.
Zoroastro.
Questi dolci ritiri son le stanze,
Doue regnano insieme
L'innocenza e la pace.
In questi dalma quiete: alberghi veri,
168 MERCUREDE FRANCE.
Popoli fortunati, mai non giunga
Rea ambizione ad agitarvi il core,
Quivi possiate al sine
Passar tranquilli giorni e liete l'ore.
Riconoscete la potenza estrema
D'un Dio, che agl' atri Dei sourano impera,
Gran Padre de mortali il rannisaste
All' opre eccelse delle mani sue
Ne' portentosi segni che miraste.
I dubii nostri es tinse
Et se stesso depinsse.
Abenide.
Nel tuono spaventoso
Del suo fulmin tremendo
Nel rapido chiarore del baleno
L'immenso suo poter mostrossi appieno.
Cenide.
Nello spirao soave
De Zephiri adorosi
Ne vaghi fior che adornano il terreno
L'immenso suo poter mostrossi appieno.
Zoroastro.
Un trono rilucente,
Seggio divin d'un immortal splendore
Non può à longo eclar i preggi suoi.
Dag
MA
1752. 169
I.
Dagl' Esperii discosti ai lidi eoi
Pergran sorte del mondo
..
Compie la sua carriera:
Egli e l'alma & l'amore
Della natura intiera,
E la luce, e le fiame sue divine
Fortunati adorate
I benefici suoi non han confine.
A ces grands morceaux nous pensons
devoir joindre quelques détails de pur
agrément, dont les images riantes sem-
bient faites pour la Langue Italienne, &
que M. de Cahusac a heureusement tra-
cées dans la nôtre.
Cenide.
Dans nos bois le cœeur nous con duit,
On ne s'unit que quand on aime,
Et c'est pour aimer qu'on s'unit.
Une tendresse extrême
Précede l'himen & le suit.
On le prendroit pour l'amour même
Et l'amour s'en applaudit.
Cenida.
Ne nostti bosehi ei richiama il core
E l'amor, che ei unisce
H
170 MERCURE DEFRANCE.
E noi ei uniam per conservarei amore.
Indicibil dolezze
..:
Estreme tenerezze
Precedono Imeneo.
E lo segnono tutte inqueste selue.
Sembra l'amore istesso,
E lieto amor ridente.
Se ne fa gloria, e dall attor consonte.
*"
Zoroastre.
.)
A vos vœeux l'amour se présente
Sous les traits riants du plaisir.
....
est le prix d'une flamme constante,
Le bonheui
..* ../.
Il faut se fixer pour jouir.
*. ..... *
).)
Le Papillon & le Zephir
Ne voltigentique dans l'attente
De la fleur cherie & brillante
Qui pour eux doit s'épanouir.
Le tuisseau murmure & serpente
Jusqu'au séjour qui lui présente
L'onde à laquelle il doit s'unir.
Zoroastro.
Nel mezzo delle Gioie ei Dei piaceti
Favorevol l'amor ai delio vostri,
Triomphante festeggia;
Una fiama constante in premio ottiene
Nella felicitade un vero bene.
20 by
.
MAI.
1752.
171
Lephiro dolce spira
Farfalla errante gira,
E in premio all innocente cor desio
Mirano alfin spuntat l'amato fiore.
Picciol ruscel con mormorio soave
Veloce eorre alla bramata riva
Del fumicello, a cui giunger se deve,
Ed al fine l'arriva.
C'est ainsi que l'on trouve dans toute la
traduction, l'esprit de l'ouvrage original
rendu avec un coloris ou fort ou aimable,
& M. Casanuova qui en est l'Auteur, fait
assez voir qu'il est capable de produire par
lui-même des Poëmes dignes d'être lus.
On a suivi litteralement dans la re-
présentation le plan des décorations, la
forme des ballets, & l'arrangement des
machines, dont l'enchaînement & la va-
riété ont frappé à Paris en 1749 tous los
Connoisseurs, & on S'est servi pour les
danses, composées par M. Pitrot premiet
danseur, & compositeur des ballets du
Roi de Pologne, & pour les ariettes & le
dernier choeur, de la Musique du Signor
. *
Adam.
Ontre le beau choeur, tremble, tremble,
fui nos pas, du premier acte sur lequel oh
a mis une traduction italienne très-bien
adaptée au chant & au dessein, on a con-
Hi
172 MERCURE DEFRANCE.
servé encore tous les grands tableaux de
Musique de l'Opéra François, comme par
exemple, la marche sublime pour l'adora-
tion du Soleil levant du second Acte, &
on a débuté par l'ouverture, dont on a
donné une explication en tête de l'ouvra-
ge traduite du François.
Ainsi, graces aux talens singuliers de
M. de Cahusac pour un genre aussi difficile
que peu connu, & à la reputation extraor-
dinaire de M. Rameau, la France partage
avec deux de ses Auteurs modetnes un
honneur, dont nos Poëtes lyriques &
nos Musiciens n avoient pas encore joui.
Nous sommes flattés de pouvoir, dans
une occasion aussi brillante, rendre justi-
ce à un ouvrage qui a attiré dans sa nou-
veauté, de si fortes représentations.
Il y a apparence que cet évenement ne
refroidira pas le desir répandu depuis long.
tems dans le public, pour la reprise de cet
Opéra. On assure que le Poëte & le Musi-
icien ont travaillé de concert pour y a joû-
ter encore de nouvelles beautés. Puissent-
elles, pour l'honneur de l'Art, égaler la
ptécision, la clarté, la noblesse du pre-
mier Acte, & la force sublime & conti-
nue du quatrième.
d'un évenement fort glorieux pour notre
théatre lyrique, & très flatteur pour Mrs
de Cahusac & Rameau. On a traduit en
vers Italiens l'Opéra de Zoroastre, & il
a été représenté pendant le carnaval der-
nier avec grande magnificence & beaucoup
de succès sur le théatre Royal de Dresde.
Nous allons mettre sous les yeux de nos
Lecteurs quelques morceaux de l'original,
& de la traduction. On sera par là a por-
tée de juger de sa fidélité & de son élé-
gance.
Scene premiere,
Acte premier.
Zopire.
De vos enchantemens la force est invincible,
Le pouvoir qu'Ariman a remis en vos mains,
De sa vaste puissance est l'image terrible
Kous avez à ses piés entraîné les humains.
MAI. 1752.
165
Abramane.
Ce pouvoir éclatant ne touche plus mon ame
Que l'appas d'un trône est flatteur !
Ce seul bien manque à ma grandeur,
Et mon ambition qui s'irrite & s'enslamme
Le présente sans cesse aux desirs de mon cœur.
Traduction Italienne.
Zopiro.
Degli alti tuoi incantamenti
E invincibil la forza:
Come potra sottarssi à colpi tuoi»
Il poter che Arimano te concesso
Di sua vasta potenza e imagin vera
Tu proſtrati à suoi piedi
Conducesti i mortali.
Abramano.
Lalma mia
Fini di compiacersi
D'un si vasto poter. La mente al trono
Alzo, & lo scorgo di splendor si pieno
Che non occhio sereno
Non posso rimirar la mia grandezza
Priva de fregi suoi. Non passa instante
In cui la gloria mia
Non mirifacci alcor ch'ei sol mi manca.
166 MERCUREDE FRANCE.
Scene seconde.
Abramane.
Princesse, avec Phoeres la tirannie expire,
Ses yeux étoient couverts d'un funeste bandeau;
Et nos Dieux qu'il croyoit détruire
L'ont conduit à pas lents dans la nuit du tombeau.
Abramano.
Principessa, alla fin la tirannia
Con Feres gia s'estinse.
Erano gl'occhi suoi
D'una benda coperti atra, & funesta,
Ei nostri sommi Dei,
Che distrugger credea, l'anno condotto
All' orror della morte à lento passo.
Au second Acte nous avons trouvé une
Scene entieré d'une grande beauté. Nous
croyons devoir la transcrire avec celle de
l'original.
Zoroastre entouré de peuples sauvages.
Ces retraites sont les aziles
De l'innocence & de la paix.
Peuples, puissiez-vous desormais
N'y trouver que des jours tranquilles.
D'un Dieu mastre des Dieux, & pere des hu-
mains,
MA I. 1752.
167
Vous avez reconnu la puissance suprême
A ces traits éclatans dont il s'est peint lui-même
Dans les Ouvrages de ses mains,
Abenis, Cenide, les Chœurs.
Le bruit effrayant du tonnerre,
Le feu rapide des éclairs
Abenis, Cenide.
L'haleine des Zephirs qui parfume les airs,
Les fleurs qui brillent sur la terre,
Les Chœurs.
Tout retrace sa gloire aux yeux de l'univers,
Zoroastre.
Un trône éclatant de lumiere
Aux mortels éblouis dérobe envain ses traits,
Pour le bonheur du monde il remplit sa cartiere;
Il est l'ame & l'amour de la nature entiere
Par sa flamme & par ses bienfaits.
Traduction.
Zoroastro.
Questi dolci ritiri son le stanze,
Doue regnano insieme
L'innocenza e la pace.
In questi dalma quiete: alberghi veri,
168 MERCUREDE FRANCE.
Popoli fortunati, mai non giunga
Rea ambizione ad agitarvi il core,
Quivi possiate al sine
Passar tranquilli giorni e liete l'ore.
Riconoscete la potenza estrema
D'un Dio, che agl' atri Dei sourano impera,
Gran Padre de mortali il rannisaste
All' opre eccelse delle mani sue
Ne' portentosi segni che miraste.
I dubii nostri es tinse
Et se stesso depinsse.
Abenide.
Nel tuono spaventoso
Del suo fulmin tremendo
Nel rapido chiarore del baleno
L'immenso suo poter mostrossi appieno.
Cenide.
Nello spirao soave
De Zephiri adorosi
Ne vaghi fior che adornano il terreno
L'immenso suo poter mostrossi appieno.
Zoroastro.
Un trono rilucente,
Seggio divin d'un immortal splendore
Non può à longo eclar i preggi suoi.
Dag
MA
1752. 169
I.
Dagl' Esperii discosti ai lidi eoi
Pergran sorte del mondo
..
Compie la sua carriera:
Egli e l'alma & l'amore
Della natura intiera,
E la luce, e le fiame sue divine
Fortunati adorate
I benefici suoi non han confine.
A ces grands morceaux nous pensons
devoir joindre quelques détails de pur
agrément, dont les images riantes sem-
bient faites pour la Langue Italienne, &
que M. de Cahusac a heureusement tra-
cées dans la nôtre.
Cenide.
Dans nos bois le cœeur nous con duit,
On ne s'unit que quand on aime,
Et c'est pour aimer qu'on s'unit.
Une tendresse extrême
Précede l'himen & le suit.
On le prendroit pour l'amour même
Et l'amour s'en applaudit.
Cenida.
Ne nostti bosehi ei richiama il core
E l'amor, che ei unisce
H
170 MERCURE DEFRANCE.
E noi ei uniam per conservarei amore.
Indicibil dolezze
..:
Estreme tenerezze
Precedono Imeneo.
E lo segnono tutte inqueste selue.
Sembra l'amore istesso,
E lieto amor ridente.
Se ne fa gloria, e dall attor consonte.
*"
Zoroastre.
.)
A vos vœeux l'amour se présente
Sous les traits riants du plaisir.
....
est le prix d'une flamme constante,
Le bonheui
..* ../.
Il faut se fixer pour jouir.
*. ..... *
).)
Le Papillon & le Zephir
Ne voltigentique dans l'attente
De la fleur cherie & brillante
Qui pour eux doit s'épanouir.
Le tuisseau murmure & serpente
Jusqu'au séjour qui lui présente
L'onde à laquelle il doit s'unir.
Zoroastro.
Nel mezzo delle Gioie ei Dei piaceti
Favorevol l'amor ai delio vostri,
Triomphante festeggia;
Una fiama constante in premio ottiene
Nella felicitade un vero bene.
20 by
.
MAI.
1752.
171
Lephiro dolce spira
Farfalla errante gira,
E in premio all innocente cor desio
Mirano alfin spuntat l'amato fiore.
Picciol ruscel con mormorio soave
Veloce eorre alla bramata riva
Del fumicello, a cui giunger se deve,
Ed al fine l'arriva.
C'est ainsi que l'on trouve dans toute la
traduction, l'esprit de l'ouvrage original
rendu avec un coloris ou fort ou aimable,
& M. Casanuova qui en est l'Auteur, fait
assez voir qu'il est capable de produire par
lui-même des Poëmes dignes d'être lus.
On a suivi litteralement dans la re-
présentation le plan des décorations, la
forme des ballets, & l'arrangement des
machines, dont l'enchaînement & la va-
riété ont frappé à Paris en 1749 tous los
Connoisseurs, & on S'est servi pour les
danses, composées par M. Pitrot premiet
danseur, & compositeur des ballets du
Roi de Pologne, & pour les ariettes & le
dernier choeur, de la Musique du Signor
. *
Adam.
Ontre le beau choeur, tremble, tremble,
fui nos pas, du premier acte sur lequel oh
a mis une traduction italienne très-bien
adaptée au chant & au dessein, on a con-
Hi
172 MERCURE DEFRANCE.
servé encore tous les grands tableaux de
Musique de l'Opéra François, comme par
exemple, la marche sublime pour l'adora-
tion du Soleil levant du second Acte, &
on a débuté par l'ouverture, dont on a
donné une explication en tête de l'ouvra-
ge traduite du François.
Ainsi, graces aux talens singuliers de
M. de Cahusac pour un genre aussi difficile
que peu connu, & à la reputation extraor-
dinaire de M. Rameau, la France partage
avec deux de ses Auteurs modetnes un
honneur, dont nos Poëtes lyriques &
nos Musiciens n avoient pas encore joui.
Nous sommes flattés de pouvoir, dans
une occasion aussi brillante, rendre justi-
ce à un ouvrage qui a attiré dans sa nou-
veauté, de si fortes représentations.
Il y a apparence que cet évenement ne
refroidira pas le desir répandu depuis long.
tems dans le public, pour la reprise de cet
Opéra. On assure que le Poëte & le Musi-
icien ont travaillé de concert pour y a joû-
ter encore de nouvelles beautés. Puissent-
elles, pour l'honneur de l'Art, égaler la
ptécision, la clarté, la noblesse du pre-
mier Acte, & la force sublime & conti-
nue du quatrième.
Fermer
4868
p. 169-202
ENVOY burlesque par un oisif qui s'ennuye aux eaux de Forges.
Début :
LEs Bains sont pour l'oisiveté, Aussi bien que pour la santé [...]
Mots clefs :
Bains, Santé, Poésie, Historique, Maladies, Minéraux, Vulcain, Rituels, Empereurs, Géographie, Thermalisme, Architecture, Antiquité, Médecine, Réjuvénation , Bains d'Aix, Germanie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY burlesque par un oisif qui s'ennuye aux eaux de Forges.
E N V o r
burlesque par un oijlf
qui*sà'ennuye aux eaux
deForges.
LEs Bains font pour l'oisiveté,
Aussi bien que pour la
fanté
Des amusements salutaires.
0 vous attaquez de catharres
Rhumatismes , & fluxions;
De vapeurs,oppilations,
Tiedeur de coeur, humeur
caustique,
Ou dont l'esprit paralytique
Abesoin de ce supplement
Pour estre mis en mouvement
Puisez dans cette Poësie.
Le bien, le mal à fantaisie.
Il est des bains alumineux,
Plombez, ferrez bitumineux;
Des Bains, les uns font fiiJ
datoires
,
Et les autres font lavatoires;
Quelquesuns font médicinaux
es uns froids, & les autres
chauds;
Tout comme fontmaintes
pillules
.,,CiTct que veulent les
credules.
Des Bains,les uns font na.
turels,
Les autres artificiels;
)es uns & des autres, le
Sage
)u l'insensé peut faire ufaù
ge,
Au temps que quelque infirmité
L'oblige à chercher sa
santé ;
Car une santé ferme&
stable
Traite l'effet des eaux de
fable.
Des Bains, les uns font
fulphurez,
D'autres picez
)
d'autres
nitrez,
Selon la qualité diverse
De la Mine que l'eau tra
verse.
Ana,le filsdeSebeon,
Des Bains chauds fit l'invention
J
Allant dans un lieu folitare
Paistre les Troupeaux de
son Pere.
C'est dont jamais ne doutera
Qui bien la Genese lira.
L'Interprete d'Ariflophane,
Autheur non sacré
,
mais
profane
Fut l'Inventeur du, premier
- Bain
Ce maistre Forgeron VulcaIn,
Qui d'un Bain chaud (je
m'en rapporte)
Fit un present de cette
forte
Au grand Hercule Conquerant,
Dontle nom va par tout
courant.
D'où vient qu'on nomme
sans scrupule
Tous les Bains chauds, les
Bains d'Hercule ;
Bains qui passerent autrefois
Chez les Vassaux & chez
les Rois ,
Dans le rang des choses
sacrées ,
Pour les matieres sulphurées,
Et pour les Foudres reposez,
Dont on tient qu'ils font
composez.
Les Gens qui font d'une
autre verve, Imputent le - tout à Minerve.
Si l'on en veut croire
Strabon, Autheur qui peut passer
pour bon,
Les Bains froids ont leur
origine
-
Des Argonautes, Gent
marine, Gent aimant le Bain Gent
decoeur,
Tous intrepides & sans
peur,
Qui sans façonner davantage
, Lavoient leur corps sur le
rivage
De la Mer, où Dame Circé
Son domicile avoit placé
Sur les bords de la Mer
Tyrrhene,
Avec autre Magicienne,
Quand cinquante - six
grands Heros
Firent voile jusqu'à Colchos
,
Pour la conqueste ambitieuse
D'une Toison précieuse,
Qu'on appelloit la Toison
d'or,
Aprés qui chacun court
encor, -
Courra jusqu'a la fin du
monde ;
Car Toison en or est feconde
Et l'or,ce métal radieux,
Se fait rechercher en tous
1 lieux.
Pour Chefs decetteillustre
Flotte,
Qu'on pourroit nommer
Argonaute On , avoit Hercule, Jason,
Castor,Pollux,&Telamon,
Hylas, Morphus, le fort
Thesée,
Nauplius,Calaïs,-Orphée
Le genereux Zethos aussi
Peut - rencontrer sa place
icy.
Ces Chefs, ces Hommes
d'importance,
Avanturiers à toute outrance
,
Ces Guerriers de fameux
renom
Dont je viens de marquer lenom,
Furent les premiers de If
âge
Qui ders eBainns 'tfOids eu..
Sur les ~pelles Eaux de
Thetis.
Aux Bains que l'on prenoit
jadis,
UnValet basty comme un
Drille,
Portoit & l'Eponge ,
&
l'Etrille,
Pour décrasser & savonner
Ceux qu'il alloit accompagner.
Si l'Eponge estoit parfu-
If mée
~L'Etrinestoit ,toute em*.
^aunéc,
Car dans ces ~bains grands
& commun
Onse munissoit de Parfums
Et d'agréables Cassolettes,
Pour les Doüillets & les
Doüillztes
, Pour les Mignardes & Mignards,
Qui n'aimoient pas les jeux
de Mars,
Et qui cherissoient leurs
Carcasse
Autant qu'un Coquin sa
Bezace,
Autant qu'un Aveugle (dit-on)
Cherit sa tasse & son
Baston.
Dans ce temps-là plus
nous ne sommes;
Un temps fut que Femmes
• & Hommes
Dans le vaste Empire Ro-
4 main
Pratiquoient tous le mesme
Bain,
Sans mettre aucune difference,
(Honny foit- il qui mal y
- -..- pense.)
Il falloit bien que ces Genslà
Fussent discrets.Apréscela,
Certain Empereur, c'est
Severe,
Empereur d'une humeur
austere
Des sexes fit divi,sion
Pour éviter l'occasion.
La Femme de Neron J
Popée,
Faisant la petite Poupér;
Etrefusant de s'attacher
A ce qui peut mater la
chair,
Et punir ses delicatesses,
Entretenoit cinq cens Asnesses,
Et chaque matin de leur
Lait
Croyoit rendre son teint
moins laid.
C'estoit le Bain éc l'artifice
De cette vainc Imperatrice
Qui sansscrupu, le & sans
remords,
Jour & nuit dorlotoit son
Corps,
Ne pensant la belle Mignonne
Qu'à bien rafraischir sa
personne;
Mais comme tout tend à
la fin,
Il luy fallut mourir enfin
Dans des angoisses sans
pareilles.
Laitieres à grandes oreil
-
les,
Vostre Lait faisoit son teint
beau,
Son trépas fut vostre tombeau.
Aux durs sanglots abandonnées,
On vous vit en peu de
journées
journées
Mornes,&dans une maigreur,
Qui faisoit aux Humains
horreur.
Estant tristes & déconfites,
VostreLaitbientost vous
perdistes
Et laMort , avec ses Cyprès
Cette perte suivit de prés.
(
Il n'est dp'oHinotmsmure la terre
Qui ne puisse encor voirà
Rome
Ces Monuments de vanité
De la superbe Antiquité
Que jadis on a fait construire,
Qu'encore aujourd'hui l'on
admire,
Où les magnifiques Romains
Se lavoient, & prenoient
les Bains
Dans chaque coin d'Architecture,
L'art y surpassoit la nature;
Et tous les Murs par le dedans
De fin Marbre estoient
éclatans,
Marbre apporté de Numidie,
i
Ou bien,venu d'Alexandrie.
L'injusteDiocletien,
Ec le Tyran Maximien
Ont employé sommes immenses
A faire de telles dépenses.
: Mais continuons nos
desseins,
Et décrivons quelques
beaux Bains
Que les Autheurs ixcommandables
Ont rendus des plus ve--
nerables,
Qui mesme ont fait voir
a nos yeux
Un spectacle delicieux.
Les Bains de Fritolle, ou
Tritolle,
Que l'on rencontreauprés
Pouzzolle
Nommez les Ba, ins de
Ciceron
Fabriquez mesm,e avant
Neron
Estoient quelque,chose de
rare.
On n'y voyoit rien de bïzarre,
:
Mais le tout proportionné,
Et fodrt osçanvamnméen,t orSuivant
la regle & la mesure
De la plus noble Architecture.
C'estoit pour le dire en
unmot,
Non la Caverne d'un Marmot,
Maisune Salle bien voutée,
Et de Peintures ajustée
Dont letemps qui , tout ccu^
vre abat)
A ravy le lustre & l'éclat;
On y voit cependant encore
Depuis Vesper jusqu'à
l'Aurore,
Et de l'Aurore jusqu'au
soir,
Maint & maint petit Reservoir,
Remply jadis d'une Eau
potable,
Aux Infirmes fort profita.
ble;
Car chaque Malade y
trouvoit
Ce que son mcdecin vouloit.
Esculape dort là fous rocbe,
Comme une anguille fil
tout procheà l
Au temps que vivoient les
Cesars
,
1
Parmy la guerre & les hazards
,
On voyoit là maintes Statuës
Qui font maintenant abbattuës
Qui , mettant la main sur
leur corps,
Faisoient connoistre en
leur dehors
Tant leur essence magnifique
Que leurs qualitez specifiques
Les Medecins , Salerni.
tains
Plus envietuxiqune lessLa- Piquez d'une jalouse rage,
Ont ravagé ce grand Ou.
vrage, Et desseiché toutes les
Eaux
Qui rendoient ces Bains-
, là si beaux,
S'imaginant que leur pratique
Diminuoit par l'hydraulique,
Et quHippocrate estoit
perdu
Si Ciceron n'estoit fondLt
Près
Prés de là
,
si l'on m'en
veut croire,
On doit passer au Sudatoire;
Mais il faut bientost s'épouffer
,
A moins que l'on veüille
étouffer,
Y faisant chaud de telle
forte
Qu'aussitost l'on) cherche
la Porte.
On voit presqueaumesme
chemin
Les fameux Bains de Saint
Germain
Nommez Thermes de Fumerolles.
Je n'ay presque point de
paroles
• Pour vous expliquer les
raisons
Des fumantes exhalaisons
Qui cette Caverne remplissent
,
Etde leurs vapeurs lanoircissent.
Fuligineuses qualirez
, Que de cerveaux vousenteftez!
-
Domicile sudorisique,
De Vulcain l'affreuse Boutique,
Si- tost qu'on respire vostre
air,
-
On croit avoir cervelle en
rair,
Etre aux Sabat par negro- mance,
Et le sçais par experience.
Au reste,ce Lieu tant vanté
l, A Theureuse proprieté
Deguerir mainte maladie,
Soit de France, soitd'Ausonie
; et quand on apporte en ce
Lieu,
Tout fumant, tout bruslant -
de feu,
Une autre Eau qui foit étrangere,
Soit qu'elle pese, ou soit
kgere,
Ce Bain,sans s'enappercevoir,
Luvycoommiurni.queso-n.pou- <
Chacun sçait que les Bains
, d'Alise
Etde Plombieres,font de
mise;
Qu'à Vichy, qu'à Spa,qu'à
-
Mion,
Ils font enréputation;
Qu'on peut de vous dire le
1 meUne/
Bains de Pougues, Bains
de Belesme ;
Que d'ailleurs il n'est rien
sibon
Que font vos Eaux,Bains
de Bourbon.
Qui font rajeunir les Personnes,
Fussent vieilles comme
Gorgones,
L'à l'on vient chercher de
, beaux ans,
Dans les plus beaux jours
,
du Printem ps,
En chemin l'amour pouvez
faire
Pour vostreusage salutaire.
Je ne vous obmettray jamais,
Belles Etuves, beaux Bains
d'Aix,
J'entens icy d'Aix la Chapelle,
Car vostre structure est
tres- belle,
Et les Germains de tous
costez
Recherchent vos humiditez.
ATongres,au Païs de
Trêves,
Aussi-bien qu'au climat de
Cleves,
On rencontre encor tous
les jours
De ces favorables secours.
Ainsi la belle Germanie
A ses Bains comme l'Ausonie
,
Et comme les charmans
Païs
Soumis au Monarque des
Lys.
A Moscou, Païs des Fourures,
Climat tout glacé de froidures,
Où regnent l'Aigle & le
Croissant,
Etdansl'Empireflorissant
Ou le Soleil onidolâtre,
Des Bains de Porphire&
d'Albâtre,
Tous remplis de bonnes
odeurs,
Se font voir chez les grands
Seigneurs.
C'efi là.ce qui fait leurs
delices,
Leurs passetemps, leurs
exercices;
Surtout chez les Orientaux,
Et chez les Septentrion-
,
naux,
Fréquemment les Bains
-'
.,
on visite
5
Passeroit pour hétéroclite,
Et bourru, qui s'en passeroit,
Qu'on vive à Rome comme
à Rome,
Si l'on veut vivre en honneste
Homme.
Forges & Montdor
, pres
de Rheims,
Fournissent encor de bons
Bains,
Dont se prévaut mainte
Personne.
Acqs & Therfis, prés de
Bayonne,
Balleruc
, avec Barbotan,
Sont encore visitez chaque
an,
Pour leurs Bains, qui dans
la Nature
Ont tousjours fait belle
,
figure.
Nommons-en encor quelques
uns
Que l'usage a rendus communs
Comme utiles , en cent manieres
Les Bains de Barege &
Bagnieres, o
Dont les plus sçavans Médecins
Font le pont aux ânes des
Bains.
burlesque par un oijlf
qui*sà'ennuye aux eaux
deForges.
LEs Bains font pour l'oisiveté,
Aussi bien que pour la
fanté
Des amusements salutaires.
0 vous attaquez de catharres
Rhumatismes , & fluxions;
De vapeurs,oppilations,
Tiedeur de coeur, humeur
caustique,
Ou dont l'esprit paralytique
Abesoin de ce supplement
Pour estre mis en mouvement
Puisez dans cette Poësie.
Le bien, le mal à fantaisie.
Il est des bains alumineux,
Plombez, ferrez bitumineux;
Des Bains, les uns font fiiJ
datoires
,
Et les autres font lavatoires;
Quelquesuns font médicinaux
es uns froids, & les autres
chauds;
Tout comme fontmaintes
pillules
.,,CiTct que veulent les
credules.
Des Bains,les uns font na.
turels,
Les autres artificiels;
)es uns & des autres, le
Sage
)u l'insensé peut faire ufaù
ge,
Au temps que quelque infirmité
L'oblige à chercher sa
santé ;
Car une santé ferme&
stable
Traite l'effet des eaux de
fable.
Des Bains, les uns font
fulphurez,
D'autres picez
)
d'autres
nitrez,
Selon la qualité diverse
De la Mine que l'eau tra
verse.
Ana,le filsdeSebeon,
Des Bains chauds fit l'invention
J
Allant dans un lieu folitare
Paistre les Troupeaux de
son Pere.
C'est dont jamais ne doutera
Qui bien la Genese lira.
L'Interprete d'Ariflophane,
Autheur non sacré
,
mais
profane
Fut l'Inventeur du, premier
- Bain
Ce maistre Forgeron VulcaIn,
Qui d'un Bain chaud (je
m'en rapporte)
Fit un present de cette
forte
Au grand Hercule Conquerant,
Dontle nom va par tout
courant.
D'où vient qu'on nomme
sans scrupule
Tous les Bains chauds, les
Bains d'Hercule ;
Bains qui passerent autrefois
Chez les Vassaux & chez
les Rois ,
Dans le rang des choses
sacrées ,
Pour les matieres sulphurées,
Et pour les Foudres reposez,
Dont on tient qu'ils font
composez.
Les Gens qui font d'une
autre verve, Imputent le - tout à Minerve.
Si l'on en veut croire
Strabon, Autheur qui peut passer
pour bon,
Les Bains froids ont leur
origine
-
Des Argonautes, Gent
marine, Gent aimant le Bain Gent
decoeur,
Tous intrepides & sans
peur,
Qui sans façonner davantage
, Lavoient leur corps sur le
rivage
De la Mer, où Dame Circé
Son domicile avoit placé
Sur les bords de la Mer
Tyrrhene,
Avec autre Magicienne,
Quand cinquante - six
grands Heros
Firent voile jusqu'à Colchos
,
Pour la conqueste ambitieuse
D'une Toison précieuse,
Qu'on appelloit la Toison
d'or,
Aprés qui chacun court
encor, -
Courra jusqu'a la fin du
monde ;
Car Toison en or est feconde
Et l'or,ce métal radieux,
Se fait rechercher en tous
1 lieux.
Pour Chefs decetteillustre
Flotte,
Qu'on pourroit nommer
Argonaute On , avoit Hercule, Jason,
Castor,Pollux,&Telamon,
Hylas, Morphus, le fort
Thesée,
Nauplius,Calaïs,-Orphée
Le genereux Zethos aussi
Peut - rencontrer sa place
icy.
Ces Chefs, ces Hommes
d'importance,
Avanturiers à toute outrance
,
Ces Guerriers de fameux
renom
Dont je viens de marquer lenom,
Furent les premiers de If
âge
Qui ders eBainns 'tfOids eu..
Sur les ~pelles Eaux de
Thetis.
Aux Bains que l'on prenoit
jadis,
UnValet basty comme un
Drille,
Portoit & l'Eponge ,
&
l'Etrille,
Pour décrasser & savonner
Ceux qu'il alloit accompagner.
Si l'Eponge estoit parfu-
If mée
~L'Etrinestoit ,toute em*.
^aunéc,
Car dans ces ~bains grands
& commun
Onse munissoit de Parfums
Et d'agréables Cassolettes,
Pour les Doüillets & les
Doüillztes
, Pour les Mignardes & Mignards,
Qui n'aimoient pas les jeux
de Mars,
Et qui cherissoient leurs
Carcasse
Autant qu'un Coquin sa
Bezace,
Autant qu'un Aveugle (dit-on)
Cherit sa tasse & son
Baston.
Dans ce temps-là plus
nous ne sommes;
Un temps fut que Femmes
• & Hommes
Dans le vaste Empire Ro-
4 main
Pratiquoient tous le mesme
Bain,
Sans mettre aucune difference,
(Honny foit- il qui mal y
- -..- pense.)
Il falloit bien que ces Genslà
Fussent discrets.Apréscela,
Certain Empereur, c'est
Severe,
Empereur d'une humeur
austere
Des sexes fit divi,sion
Pour éviter l'occasion.
La Femme de Neron J
Popée,
Faisant la petite Poupér;
Etrefusant de s'attacher
A ce qui peut mater la
chair,
Et punir ses delicatesses,
Entretenoit cinq cens Asnesses,
Et chaque matin de leur
Lait
Croyoit rendre son teint
moins laid.
C'estoit le Bain éc l'artifice
De cette vainc Imperatrice
Qui sansscrupu, le & sans
remords,
Jour & nuit dorlotoit son
Corps,
Ne pensant la belle Mignonne
Qu'à bien rafraischir sa
personne;
Mais comme tout tend à
la fin,
Il luy fallut mourir enfin
Dans des angoisses sans
pareilles.
Laitieres à grandes oreil
-
les,
Vostre Lait faisoit son teint
beau,
Son trépas fut vostre tombeau.
Aux durs sanglots abandonnées,
On vous vit en peu de
journées
journées
Mornes,&dans une maigreur,
Qui faisoit aux Humains
horreur.
Estant tristes & déconfites,
VostreLaitbientost vous
perdistes
Et laMort , avec ses Cyprès
Cette perte suivit de prés.
(
Il n'est dp'oHinotmsmure la terre
Qui ne puisse encor voirà
Rome
Ces Monuments de vanité
De la superbe Antiquité
Que jadis on a fait construire,
Qu'encore aujourd'hui l'on
admire,
Où les magnifiques Romains
Se lavoient, & prenoient
les Bains
Dans chaque coin d'Architecture,
L'art y surpassoit la nature;
Et tous les Murs par le dedans
De fin Marbre estoient
éclatans,
Marbre apporté de Numidie,
i
Ou bien,venu d'Alexandrie.
L'injusteDiocletien,
Ec le Tyran Maximien
Ont employé sommes immenses
A faire de telles dépenses.
: Mais continuons nos
desseins,
Et décrivons quelques
beaux Bains
Que les Autheurs ixcommandables
Ont rendus des plus ve--
nerables,
Qui mesme ont fait voir
a nos yeux
Un spectacle delicieux.
Les Bains de Fritolle, ou
Tritolle,
Que l'on rencontreauprés
Pouzzolle
Nommez les Ba, ins de
Ciceron
Fabriquez mesm,e avant
Neron
Estoient quelque,chose de
rare.
On n'y voyoit rien de bïzarre,
:
Mais le tout proportionné,
Et fodrt osçanvamnméen,t orSuivant
la regle & la mesure
De la plus noble Architecture.
C'estoit pour le dire en
unmot,
Non la Caverne d'un Marmot,
Maisune Salle bien voutée,
Et de Peintures ajustée
Dont letemps qui , tout ccu^
vre abat)
A ravy le lustre & l'éclat;
On y voit cependant encore
Depuis Vesper jusqu'à
l'Aurore,
Et de l'Aurore jusqu'au
soir,
Maint & maint petit Reservoir,
Remply jadis d'une Eau
potable,
Aux Infirmes fort profita.
ble;
Car chaque Malade y
trouvoit
Ce que son mcdecin vouloit.
Esculape dort là fous rocbe,
Comme une anguille fil
tout procheà l
Au temps que vivoient les
Cesars
,
1
Parmy la guerre & les hazards
,
On voyoit là maintes Statuës
Qui font maintenant abbattuës
Qui , mettant la main sur
leur corps,
Faisoient connoistre en
leur dehors
Tant leur essence magnifique
Que leurs qualitez specifiques
Les Medecins , Salerni.
tains
Plus envietuxiqune lessLa- Piquez d'une jalouse rage,
Ont ravagé ce grand Ou.
vrage, Et desseiché toutes les
Eaux
Qui rendoient ces Bains-
, là si beaux,
S'imaginant que leur pratique
Diminuoit par l'hydraulique,
Et quHippocrate estoit
perdu
Si Ciceron n'estoit fondLt
Près
Prés de là
,
si l'on m'en
veut croire,
On doit passer au Sudatoire;
Mais il faut bientost s'épouffer
,
A moins que l'on veüille
étouffer,
Y faisant chaud de telle
forte
Qu'aussitost l'on) cherche
la Porte.
On voit presqueaumesme
chemin
Les fameux Bains de Saint
Germain
Nommez Thermes de Fumerolles.
Je n'ay presque point de
paroles
• Pour vous expliquer les
raisons
Des fumantes exhalaisons
Qui cette Caverne remplissent
,
Etde leurs vapeurs lanoircissent.
Fuligineuses qualirez
, Que de cerveaux vousenteftez!
-
Domicile sudorisique,
De Vulcain l'affreuse Boutique,
Si- tost qu'on respire vostre
air,
-
On croit avoir cervelle en
rair,
Etre aux Sabat par negro- mance,
Et le sçais par experience.
Au reste,ce Lieu tant vanté
l, A Theureuse proprieté
Deguerir mainte maladie,
Soit de France, soitd'Ausonie
; et quand on apporte en ce
Lieu,
Tout fumant, tout bruslant -
de feu,
Une autre Eau qui foit étrangere,
Soit qu'elle pese, ou soit
kgere,
Ce Bain,sans s'enappercevoir,
Luvycoommiurni.queso-n.pou- <
Chacun sçait que les Bains
, d'Alise
Etde Plombieres,font de
mise;
Qu'à Vichy, qu'à Spa,qu'à
-
Mion,
Ils font enréputation;
Qu'on peut de vous dire le
1 meUne/
Bains de Pougues, Bains
de Belesme ;
Que d'ailleurs il n'est rien
sibon
Que font vos Eaux,Bains
de Bourbon.
Qui font rajeunir les Personnes,
Fussent vieilles comme
Gorgones,
L'à l'on vient chercher de
, beaux ans,
Dans les plus beaux jours
,
du Printem ps,
En chemin l'amour pouvez
faire
Pour vostreusage salutaire.
Je ne vous obmettray jamais,
Belles Etuves, beaux Bains
d'Aix,
J'entens icy d'Aix la Chapelle,
Car vostre structure est
tres- belle,
Et les Germains de tous
costez
Recherchent vos humiditez.
ATongres,au Païs de
Trêves,
Aussi-bien qu'au climat de
Cleves,
On rencontre encor tous
les jours
De ces favorables secours.
Ainsi la belle Germanie
A ses Bains comme l'Ausonie
,
Et comme les charmans
Païs
Soumis au Monarque des
Lys.
A Moscou, Païs des Fourures,
Climat tout glacé de froidures,
Où regnent l'Aigle & le
Croissant,
Etdansl'Empireflorissant
Ou le Soleil onidolâtre,
Des Bains de Porphire&
d'Albâtre,
Tous remplis de bonnes
odeurs,
Se font voir chez les grands
Seigneurs.
C'efi là.ce qui fait leurs
delices,
Leurs passetemps, leurs
exercices;
Surtout chez les Orientaux,
Et chez les Septentrion-
,
naux,
Fréquemment les Bains
-'
.,
on visite
5
Passeroit pour hétéroclite,
Et bourru, qui s'en passeroit,
Qu'on vive à Rome comme
à Rome,
Si l'on veut vivre en honneste
Homme.
Forges & Montdor
, pres
de Rheims,
Fournissent encor de bons
Bains,
Dont se prévaut mainte
Personne.
Acqs & Therfis, prés de
Bayonne,
Balleruc
, avec Barbotan,
Sont encore visitez chaque
an,
Pour leurs Bains, qui dans
la Nature
Ont tousjours fait belle
,
figure.
Nommons-en encor quelques
uns
Que l'usage a rendus communs
Comme utiles , en cent manieres
Les Bains de Barege &
Bagnieres, o
Dont les plus sçavans Médecins
Font le pont aux ânes des
Bains.
Fermer
Résumé : ENVOY burlesque par un oisif qui s'ennuye aux eaux de Forges.
Le texte traite des bienfaits et des diverses utilisations des bains, tant pour le loisir que pour la santé. Les bains sont considérés comme des remèdes efficaces contre plusieurs afflictions, telles que les catharres, les rhumatismes, les vapeurs et les troubles de l'esprit. Ils sont classés selon leur composition (alumineux, plombés, ferreux, bitumineux) et leur température (chauds ou froids). Les bains peuvent être naturels ou artificiels, et leur usage varie en fonction des besoins de santé de chacun. L'origine des bains chauds est attribuée à Ana, fils de Sebeon, et à Vulcain, qui offrit un bain chaud à Hercule. Les bains froids sont associés aux Argonautes, qui se lavaient sur les rivages de la mer Tyrrhène. Historiquement, les bains étaient utilisés par les Romains et les Grecs, et leur pratique variait selon les époques et les cultures. Le texte mentionne également des bains célèbres comme ceux de Pouzzoles, de Saint-Germain, de Vichy, de Spa et de Bourbon, reconnus pour leurs propriétés curatives. Les bains sont également présents dans diverses régions, y compris la Germanie, la Russie et l'Empire ottoman, où ils sont appréciés pour leurs bienfaits et leurs plaisirs. Enfin, le texte souligne l'importance des bains dans la vie quotidienne et leur rôle dans la prévention et le traitement des maladies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4869
p. 168-231
HISTOIRE.
Début :
On m'a conté une Avanture du Carnaval, qui vous [...]
Mots clefs :
Cavalier, Financier, Amour, Fortune, Engagement, Mariage, Obstacle, Conversation, Billet, Carnaval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE.
HISTOIRE.
ON m'a conté une Avanture
du Carnaval , qui
vous fera voir que le
ve
ritable amour n'eft point
volontaire . Une Veuve
tres - bien faite , n'ayant
point d'Enfans , & eftant
encore dans ſes plus belles
années , joüiffoit avec
plaifir de la liberté que
luy donnoit le Veuvage.
Parmy ceux qui la voyoient
, un Cavalier d'un
fort
GALANT. 169
fort grand mérite , luy
rendoit des foins affez
affidus . Il avoit beaucoup
d'efprit , & fortoit d'une
Maiſon qu'une ancienne
Nobleffe égaloit aux plus
illuftres. La Dame , à qui
fon attachement eftoit
gloricùx , ſe fit un honneur
d'entreprendre fa
conquefte ; & pour ne la
manquer pas , elle cut
pour luy des manieres
engageantes
, qui luy firent
prendre un com-
Fanvier 1713 .
P
170 MERCURE
mencement d'amour. Il
luy conta des douceurs ,
luy dit cent fois qu'elle
eftoit aimable ; & le plaifir
de la voir luy eſtant :
fenfible , il crut l'aimer
tout de bon , & fans prendre
foin de bien connoiftre
fon coeur , il l'abandonna
à un penchant indifcret
qui l'obligea enfin
de fe déclarer. Cette
déclaration
fut receue
avec plaifir. On la fouhaittoit
depuis longGALANT
. 171 :
temps , & le Cavalier
plaiſant
à la Dame , l'affaire
euft efté prompte-
:
ment concluë
, fans l'obftacle
d'un vieil Oncle
dont il heritoit , & qui
s'eftoit mis en tefte de le
marier à fa fantaiſie. Cet
Oncle eftoit un Gentilhomme
d'Anjou , qui
pour retenir le Cavalier.
dans fon voifinage , taf
choit de luy ménager un
Party fort riche . La Demoiſelle
qu'il euft bien :
A
P ij
172 MERCURE
voulu luy faire époufer ,
n'avoit pas encore treize
ans. Elle eftoit laide
donnoit peu de marques
d'avoir un jour de l'efprit
, & tout fon mérite
eftant dans fon Bien , ce
feul avantage ne pouvoit
fuffire au Cavalier ,
pour qui la beauté eſtoit
un grand charme. Il dit
à la Dame qu'elle devoit
peu s'inquiéter d'une recherche
que l'on faifoit
malgré luy , & dans laGALANT.
73
quelle quantité de Concurrens
le traverſoient.
Il fut réfolu
, que pour
empefcher qu'elle n'euft
des fuites , il fe rendroit
auprés du vieil Oncle, &
que fans luy découvrir
qu'il cuft de l'engagement
, il le prieroit de le
laiffer libre dans le choix
d'une Maiftreffe . Il fit ce
voyage , & négocia fi
bien , que les Parens de
la Demoiſelle diférant
toûjours à s'expliquer
Piij
174 MERCURE
afin d'avoir à choisir entre
plus de Prétendans ,
le vieil Oncle luy permit
de fe marier felon
fon coeur. Il le quitta ,
fort ravi de ce fuccés:
fans luy avoir parlé de
la Dame , & à fon retour
il alla coucher chez un
Gentilhomme de fes
Amis , qui faifoit ſon ordinaire
fejour dans une
fort belle Terre à dix ou
douze lieues de Paris. Le
Gentilhomme le retint le
GALANT. 175
lendemain , & pour l'obliger
à ne point partir ,
il le pria d'un Soupé qu'il
donnoit ce jour - là mẹfme
à une fort belle Compagnie
, l'affurant qu'il
verroit des Dames d'un
affez bon air , & entr'autres
une tres aimable Parifienne
, en faveur de qui
il ne vouloit point le prévenir.
L'Aſſemblée eftoit
de dix ou douze Perfonnes
, de l'un & de l'autre
fexe . La Belle , dont
Piiij
176 MERCURE
le
Gentilhomme luy
avoit parlé , s'y trouva
avec fa Mere. C'eftoit
une grande Brune , dont
tous les traits eftoient
animez , & qui brilloit
d'un éclat que les plus indifferens
ne
fouftenoient
qu'avec
peine . Son ef
prit refpondoit
à ſa beauté.
Elle l'avoit délicat
& vif , & tant d'agrément
eftoit joint à fes
manieres , qu'elle ne difoit
ni ne faifoit rien qui
GALANT. 177
ne donnaft lieu de l'admirer.
Le Cavalier qui
avoit beaucoup d'uſage
du monde , trouva mo
yen d'entrer avec elle
dans une maniere de
converfation galante ; &
fi fa perfonne luy avoit
d'abord paru toute aimable
, il fut charmé de
fon entretien . Elle parloit
finement , & ſes reponfes
à ce qu'on luy
difoit d'obligeant , ef
toient accompagnées de
178 MERCURE
certains
regards qui pe
nétroient
juſqu'au
coeur,
Tant que dura le Soupé
, il eut les yeux attachez
fur elle ; & quand
il fut ſeul avec ſon Amy,
il ne luy put parler d'autre
choſe. Comme
il
il avoit fçu fon nom , il
luy demanda
dans quel
Quartier elle logeoit à
Paris ; fi elle y feroit
bientoft de retour , & fi
fa Famille eftoit fort confidérable.
Son Amy qui
GALANT . 179
remarqua fon empreffement
à s'informer d'elle ,
luy dit en riant
prift garde à luy , que la
Demoiſelle
eftoit dangereufe
, & qu'il devoit
› qu'il
bien fe confulter avant
que chercher à la mieux
connoiftre . Il adjouſta
qu'elle paffoit ordinairement
tout l'Eté à la
Campagne , qu'elle ef
toit d'une Maiſon plus
noble que riche › que
s'il l'alloit voir on le re180
MERCURE
cevroit la premiere fois
avec beaucoup de civilité
, mais qu'aſſurément
on l'obligeroit de s'expliquer
dés la feconde vifite,
fa Mere vivant dans
la plus exacte régularité ,
& s'alarmant auffi- tost
de la veuë d'un Homme
, qui rendoit des foins
fans parler de Mariage .
Le Cavalier refva un
moment , & ne voulut
plus fçavoir où logeoit
la Belle. Il partit le jour
GALANT: 181
fuivant , & quoy qu'il
puft faire pour bannir
l'image qu'il en conſervoit
, il n'en fceut venir
à bout. Cette charmante
Perfonne luy eftoit toufjours
préfente , & il rêntra
à Paris l'efprit remply
d'elle. La Dame
pour qui il avoit fait
ce voyage , fçavoit à peu
prés jour de fon arriv
ée , & comme en le
revoyant elle avoit lieu
d'attendre de luy de
182 MERCURE
grandes marques de
joye , il fe trouvoit fort
embaraſſé de ne pouvoir
fe montrer à elle qu'avec
un eſprit diftrait . Il alla
la voir fi toft qu'il fut de .
retour , & fans trop fçavoir
pourquoy
,
cacha qu'il eut gagné
le vieil Oncle , & fe contenta
de dire qu'ayant
commencé de l'ébranler,
il avoit laiffé auprés de
luy des Gens qui feroient
le refte. Il gagnoit du
il
luy
GALANT . 183
temps par là , & fi quelquefois
il luy efchapoit
quelque refverie , il s'en
excufoit fur les nouvelles
qu'il difoit avoir receues
moins favorables
que fa paffion ne ſe les
eftoit promifes. Cependant
par la maniere dont
fon coeur eftoit touché ,
pour avoir veu une ſeule
fois la belle Brune , il
ouvrit les yeux fur le
faux amour qu'il avoit
pris pour la Dame , &
184 MERCURE
ne fentant point pour
elle la force de ce panchant
, qui l'entraifnoit
malgré luy vers l'autre
il commença
de trembler
de l'engagement où
il s'eſtoit mis . La Dam
qui s'ennuyoit du retardement
, luy dit plufieurs
fois qu'elle avoit
du Bien pour lui , &
elle , & que l'intéreſt
n'ayant point de
part à fon amour , elle
eftoit preſte à lui en donpour
elle
ner
GALANT. 185 .
ner des preuves fenfibles,
en l'époufant fans l'aveu
de l'Oncle. Le Cavalier
oppofoit tousjours que
ce feroit renoncer à une
importante Succeffion ,
& qu'il valoit mieux fe
contraindre encore pendant
quelque temps , que
de s'expoſer
à faire une
pertè fi confiderable
. La
belle faifon finit , & le
Cavalier , guéry enfin
par le temps d'une idée
flateufe qui l'avoit trop
Tanvier
1713. Q
186 MERCURE
occupé , fe préparoit à
dire à la Dame que fon
amour n'avoit plus d'obftacle
, lors qu'eftantvenu
un matin chez elle , il vit
entrer tout d'un coup
une Perfonne affez né
gligée , qui la courant
embraffer , en fut embraffée
de mefme avec
de fort tendres marques
d'une amitié réciproque
.
C'eftoit juſtement la bel
le Brune , qui eftant arrivée
de la Campagne
le
GALANT. 187
föir précedent , avoit
voulu la furprendre fans
luy faire faire aucun meſfage.
Elle demeuroit dans
fa mefme rue , & ce voi,
finage avoit donné lieu à
leur amitié. Jugez de l'étonnement
du Cavalier ,
quifrappéencore plus vi
vement par cette feconde
yeuë , eut de la peine à
cacher fon trouble. Il fit
compliment à cette belle
Perfonne ; & de la maniere
qu'il le fit, la Dame
Q ij
188 MERCURE
connut que ce n'eftoit
pas la premiere fois qu'ils
fe voyoient. Elle apprit
la rencontre du Soupé ,
& dit au Cavalier en
riant , que comme il verroit
ſouvent fon Amie
chez elle , c'eſtoit à luy à
ſe munir de fidelité pour
fe fauver de fes charmes .
On plaifanta là - deffus
& la converfation devint
tres- fpirituelle . Le Cavalier
qui reprit foudain
fon premier feu , réfolur
GALANT. 189
plus que jamais de faire
valoir l'obftacle de l'Oncle.
Rompre avec la Da
me , fe faire aimer de la
Belle , & obtenir l'une
fans ſe la voir diſputer
par l'autre, c'eſtoient des
chofes qui luy paroif
foient comme impoffi
bles ; mais il aimoit }
& quelques difficultez
qu'on ait à combatre , il
pour
fe
fuffit qu'on aime
mettre en tefte que l'on
peut furmonter tout!
190 MERCURE
L'affiduité qu'il avoit de
puis long - temps auprés
de la Dame , luy donnoit
occafion de fe rencontrer
chez elle dans les heures
que la Belle choififfoit
pour la venir voir . Il en
manqua peu , & s'obfer
va avec tant de foin , que
s'il tâchoit de luy paroiftre
agreable , c'eftoitfeu
lement par un enjoüe→
ment d'efprit , auquel il
fembloit que le coeur
n'euft point de part. L
GALANT . 191
faifoit des Vers . La Belle
en faifoit auffi d'affez naturels
; & comme il luy
en donnoit devant la
Dame , qui marquoient
avec des expreſſions trespaſſionnées
, combien il
tiroit de gloire du choix
qu'il avoit fait pour ai
mer , elle ne faifoit aucune
façon d'en apporter
d'autres quelques jours
aprés , qui l'exhortoient
à eftre fidelle à la Perfonne
du monde qui meri192
MERCURE
toit le mieux d'eftre aimée.
Tous les Vers du
Cavalier eftant faits d'u
ne maniere qui les faiſoit
appliquer à l'engagement
qu'il avoit avec la
Dame , elle n'eut aucun
foupçon de cejeu d'efprit
qui fe pratiquoit ouvertement
, & qui paroiffoit
tourner à fon avantage.
Ce fut par là cependant
que le Cavalier vint
à bout de fon deffein . Un
jour que la Dame l'avoit
laiffé
GALANT. 193
>
laiffé feul avec la Belle
il luy dit , en luy jettant
des regards tout pleins
d'amour,qu'il faifoit parfaitement
, ce que fes
Vers luy faifoient connoiftre
qu'elle fouhaitoit
qu'il fit ; c'eſt- à dire qu'il
aimoit
tousjours de plus
en plus la belle Perfonne
pour qui les fiens eftoient
faits. La Belle luy répondit
que fon Amie eftoit
trop aimable
pour n'inf
pirer pas la plus forte
Fanvier 1713. R
194 MERCURE
paffion ; & fur ce qu'il
adjouſta qu'il ne ſe tiendroit
heureux , que quand
fes Vers luy plairoient ,
faits pour une autre que
fon Amie , elle rougit,
demeura embaraſſée,
& quelque effort qu'elle
pour
fit
pour
cacher fon trouble
en détournant
le difcours
, il s'aperceut
aiſément
qu'elle eftoit entrée
dans ce qu'il avoit voulu
luy faire entendre , &
eut grande joye d'avoir
GALANT . 195
fait ce
premier pas. La
Dame rentra , & le Cavalier
demeura fort enjoüé.
Il fit d'autres Vers.
La Belley répondit à fon
ordinaire , & les confeils
qu'elle luy donnoit d'augmentet
tousjours ſa paſfion
, luy faiſant croire
qu'elle confentoit à eſtre
aimée , il réfolut de fe déclarer
fans aucun détour,
& profita pour cela des
moindres
occafions qu'il
cut de luy parler feul,
Rij
196 MERCURE
La Belle le traita d'extravagant
; mais quoy qu'elle
fit des plaifanteries de
tout ce qu'il luy diſoit de
paffionné , elle l'écoutoit
quoy qu'il vouluſt dire ';
ou fi quelquefois la bienféance
l'obligeoit à prendre
fon férieux , en mefme
temps qu'elle luy peignoit
la honte que fon infidelité
luy attireroit , la
douceur de fes regards
l'invitoit fecretement à
eftre infidelle, Comme
GALANT. 197
des
jamais il n'avoit
momens
à l'entretenir
, il
que
ne pouvoit s'expliquer
affez pour luy ofter ſes
fcrupules ; mais c'eftoit
tousjours beaucoup pour
fuy , qu'elle connuſt les
fentimens de fon coeur.
& qu'elle en fift un ſecret
à fon Amie. Tandis
que fa paffion prenoit
d'agreables efpérances
il arriva une choſe qui
luy fit croire que tout
confpiroit à le rendre
,
R iij
198 MERCURE
20
9: heureux. Un Financier ,
Favory de la Fortune ,
& qui fans aucun mérite
eftoit parvenu à de
grands Biens , ayant veu
la Dame en quelque lieu ,
fe laiffa piquer de fon
agrément , & ne doutant
point que le brillant de
fon or n'euft dequoy
charmer les plus délicates
, il la vint voir dés le
lendemain , & débuta
par le mariage. Il n'aimoit
point à languir , &
THEQUE
BEE
GALANT. 12
prompte déclar
une fi
tion luy épargnoit des
cerémonies d'Amant qui
YON
DE
LA
VILLE
n'eftoient point de fon
caractere.Quoy que la
Dame fuft fort incapable
d'eftre
ébloüye par le
Bien , elle crût que fes
affaires n'en iroient que
mieux , fi le Cavalier
craignoit de la perdre ;
& dans cette veuë , elle
répondit avec beaucoup
de reconnoiffance à la déclaration
du Financier ,
R iiij
100
MERCURE
& le pria feulement de
luy accorder un mois ,
pendant lequel ils fe connoiftroient
l'un l'autre.
Leterme eftoit long pour
luy . Il vouloit conclure ;
& fi la Dame l'euft crû ,
deux jours auroient terminé
la chofe . Il falut
pourtant qu'il s'accommodaft
du retardement
.
Elle conta l'avanture au
Cavalier , & la crainte
qu'il devoit avoir d'un
Rival fi
redoutable , ne
GALANT. 201
luy donna point plus
d'empreffement pour l'époufer.
Il dit à la Dame,
que plus la Fortune la
favorifoit , plus il fe
croyoit indigne qu'elle y
renonçaft pour luy , s'il
ne s'affuroit la Succeffion
de l'Oncle ; que cet Oncle
refuſoit tousjours de
s'expliquer , & qu'il falloit
attendre fa mort , qui
ne pouvoit qu'eftre proche
ou que fes Amis
euffent obtenu le confen
402 MERCURE
tement qu'il luy faifoit
demander. Il cruft la rebuter
par cette réponſe ,
& elle de fon cofté demeura
perfuadée qu'en
voyant fouvent le Financier
, elle le rendroit jaloux
, & que craignant
qu'elle ne changeaft ,
égards
il cefferoit d'avoir les
qui
choient de conclure Ainfi
elle fit tousjours bon
vifage au Financier
quoy que fes manieres
>
l'empefGALANT.
203
luy dépluffent ; & le Cavalier
par politique , luy
témoignoit quelquefois
qu'il en eftoit alarmé.
Elle répondoit qu'il avoit
fujet de l'eftre , que les
Femmes n'eftoient pas
tousjours conftantes , &
qu'un Financier qui offroit
toute forte d'avantages
, eftoit un Rival à
craindre. Le Cavalier ñe
fouhaitant rien plus ardemment
que de le voir
infidelle , luy diſoit en
204 MERCURE
ſoûpirant , que s'il arrivoit
que fon Rival fuft
heureux , il ne ſe plaindroitque
de fon malheur.
Pendant ce temps , le Financier
vit la belle Bru
ne. Comme elle plaifoit
à tout le monde , il ne
faut pas s'eftonner fi elle
luy plut. Il apprit qui
elle eftoit , & dit à la
Dame fort naïvement
qu'il eftoit fafché de ne
l'avoir pas connuë avant
elle ; qu'ayant tres - peu
GALANT. 205
de fortune , elle auroit
fur l'heure conſenti à l'efpoufer
, & n'euft pas mis
fon amour à une filongue
efpreuve. Cela luy
donnoit un nouveau prétexte
de preffer la Dame,
qui aprés pluſieurs remifes
eftoit fort embaraffée
de fe voir enfin dans les
derniers jours du Carnaval.
Le Financier prenoit
pour affront qu'elle prétendit
le faire encore attendre
aprés Pafques ; &
206 MERCURE
comme le temps qu'il
avoit efté contraint de
luy accorder , étoit expiré
depuis plus de quinze
jours , il vouloit abfolument
terminer ou
rompre
. Les chofes
eftoient
en cet eftat, quand
le Cavalier flaté des marques
d'estime qu'il rece,
voit de la belle Brune ,
crut qu'il y alloit de tout
fon bonheur de s'expliquer
avec elle plus pré:
cifément qu'il n'avoit
GALANT . 207
fait . Il l'attendit à l'Egli .
fe, d'où il revint plufieurs
fois fans luy parler , parce
qu'elle accompagnoit
fa Mere ; & enfin l'ayant
un jour trouvée feule , il
l'arrefta dans le temps
qu'elle en fortoit. La
Belle , à qui les occafions
de l'efcouter n'eftoient
pas tousjours préfentes ,
receut affez agreablement
tout ce qu'il luy dit
de fon amour ; & commeil
la preffoit de ſe dé208
MERCURE
clarer , elle répondit que
lors qu'il feroit fans engagement,
il n'auroit pas
lieu de fe plaindre d'elle.
L'inquiétude qu'elle fit
paroiftre d'eftre dans un
Lieu où elle pouvoit eſtre
obfervée , l'obligea de la
prier de luy en marquer
un autre , où il puſt en
liberté luy faire connoiftre
qu'elle n'avoit rien à
craindre d'un engagement
qui eftoit preſt de
finir. Elle ne luy fit aucune
GALANT . 209
cune réponſe , ſon Amie
ayant paru dans le mefme
temps. Elle venoit à
l'Eglife , & les avoit apperceus
de loin. L'action
avec laquelle
ils parloient
, luy ayant eſté
fufpecte , elle fut furpri
fe , quand elle aborda
la Belle , de la voir embaraffée.
Elle feignit de
ne le point remarquer ,
& aprés quelques paroles
des plus obligeantes ,
elle la quitta , & donna
Fanvier 1-13.
S
210 MERCURE
la main au Cavalier. Ils
entrerent à l'Eglife , &
la Belle alla chez elle . La
Dame eut déslors quelque
foupçon de l'amour
du Cavalier , & l'impatience
de s'en éclaircir ne
luy coufta pas de longues
peines , puifque le
hazard la fatisfit dés le
lendemain
. Elle régaloit
le foir une belle Compagnie
; & le Cavalier
qui s'eftoit rendu chez
elle avant tous les autres ,
,
GALANT. 211
laiffa tomber un Billet.
Elle mit le pied deſſus
fans qu'il y prift garde ,
& fe baiffantcomme pour
remedier à un Soulier
qui l'incommodoit , elle
s'en faifit adroitement.
& l'alla lire fi-toft qu'il
fut venu d'autre monde,
Elle reconnut foudain
l'écriture de la Belle. Le
Billet portoit , que s'il
vouloit continuer la converfation
dans laquelle
ils avoient efté interrom-
S ij
212 MERCURE
pus le jour précedent , il
pouvoit fe rendre fur les
onze heures du foir chez
Madame la Marquiſe de..
à qui on donnoit le Bal ;
que cette Maiſon eſtant
tres- voifine , elle y viendroit
en Egyptienne , &
qu'il pourroit luy faire
connoiftre s'il eftoit vray
que fa bonne fortune dépendiſt
d'elle. La lecture
de ce Billet convainquit
la Dame de l'intelligence
du Cavalier & de fon
GALANT . 213
Amie. Pour mieux fçavoir
jufqu'où elle alloit ,
elle fongea auffi - toſt à
prendre la place , ne dou
tant point que l'amourne
rendift le Cavalier dili
gent , & qu'elle ne puft
prévenir la Belle , en ve
nant au lieu marqué avant
l'heure qu'elle luy a
voit donné. Elles eftoient
toutes deux de la mefme
taille , & fous un mafque
, elle pouvoit déguifer
fa voix. Ce deffein ef
214 MERCURE
tant formé , elle donna
ordre à fa Suivante , de
luy tenir preſt un Habit
d'Egyptienne , & vint
retrouver la Compagnie
dans un enjoüement qui
ne pouvoit mieux cacher
qu'elle euft quelque chofe
en tefte . On foupa , &
incontinent aprés , elle
propofa diverfes tables de
Jeu. Elle fe mit d'une partie
d'Hombre; & leCavalier
qui avoit prié qu'on
le difpenfaft d'en eftre ,
1
GALANT . 215
fe retira dans le mefme
temps qu'il luy vit tenir
des Cartes. La Dame n'en
perdit point. Elle obligea
une Amie de prendre fon
Jeu pendant une heure ,
& eftant montée dans
fon Cabinet , elle s'habilla
fort
promptement
, &
courut au rendez - vous .
Elle eut bien- toft apperçeu
le Cavalier , qui
dans fon impatience obfervoit
tous les Maſques
qui entroient , & qui
216 MERCURE
voyant une Egyptienne ,
fut aifément trompé par
fa taille. Elle luy dit , en
le tirant un peu à l'écart ,
que fa ponctualité luy
devoit faire connoiftre
combien elle avoit trou
vé de charmes dans la
converfation qu'elle venoit
luy donner moyen
de pourfuivre. Les remercimens
du Cavalier furent
meflez de mille affurances
du plus tendre amour
, & aprés qu'il en
eur
GALANT. 217
cut exageré toute la force
, il luy dit qu'elle devoit
avoit l'efprit en repos
fur les reproches qui
lui
paroiffoient à craindre
du cofté de fon .
Amie ; qu'eftant réfolu
de ne
l'efpoufer jamais ,
il s'en
défendoit depuis
plus de quatre mois , fur
le prétendu obftacle d'un
Oncle qui ne lui cauſoit
aucun
embarras ; que rebutée
des
longueurs de
cet obftacle
Fanvier 1713 .
elle avoit
T
418 MERCURE
prefté l'oreille à un Financier
, dont le grand
Bien commençoit
à l'ébloüir
qu'il fe conduiroit
de fortequ'il l'obligeroit
enfin à ne pas laiffer
efchaper une fi grande
fortune ; & que quand
le Financier l'auroit efpoufée
, rien ne s'oppo
fant à leur amour , il leur
feroit fort aifé de le faire
réuffir , fans que l'un ny
l'autre en receuffent aus
cun blâme. La Dame
GALANT. (-119
feignit d'eftre fort contente
, & dit que pour
veu qu'il fuft conftant ,
elle voyoit tout à efperers
mais qu'il prift bien garde...
Il ne fouffrit point
"
qu'elle achevaft , & mille
fermens qui luy firent
voir la plus violente paffion
, furent la fin de cet
entretien
. La Dame parlant
tousjours au nom de
la Belle , témoigna craindre
que fa Mere qu'elle
-diſoit avoir laiffée endor-
Tij
240 MERCURE
mie , ne la demandaſt fi
elle venoit à s'éveiller ,
& elle fe hafta de fortir
fous ce prétexte. Le Ca-
-valier voulut la condui
re ; mais elle ufa d'une
autorité fi abfoluë pour
le faire demeurer , qu'il
fut contraint de luy
obeïr. Il refta peu dans
cette Aflemblée , & alla
chez luy refver en repos
à fon bonheur. La Belle
n'eftant venue qu'à minuit
, parce que fa Mere
GALANT. 12 #
s'eftoit couchée tard , l'at
tendit jufqu'à une heure,
& s'en retourna pleine
de dépit qu'il euft fäit ſi
peu de cas du feul rendez-
vous qu'il avoit eu
d'elle. Ce que je viens de
yous dire arriva le Jeudy
gras. Le lendemain , le
foin de la Dame fut d'e
•
xécuter ce qu'elle avoit
médité toute la nuit . Le
Financier vint la voir ; &
la preffa , comme il avoit
déja fait plus d'une fois ,
Tiij
22 MERCURE
de luy déclarer détermi
nement ce qu'elle avoit
réfolu de faire. Quelque
Bien qu'il euft , elle ne
balançoit point à demeurer
tousjours Veuve
plutoft que de faire un
choix qui gefnaft ſon
coeur , mais le Financier
luy eftoit utile pour la
yangeance qu'elle s'eſtoit
propolée. Elle connoiffoit
fon foible , & le
.
yoyant
dans l'enteſte
..
ment de ſe marier
avant
GALANT. 223
le Carefme , elle affecta
une bonne foy dont il
n'avoit aucun intéreſt à
développer
la caufe,
Aprés lui avoir marqué
grande paffion de le voit
tousjours de fes Amis
elle luy dit qu'elle avoit
tafché de rompre un engagement
fecret que le
Cavalier & elle avoient
pris enfemble , & què
n'en pouvant
venir à
4
bout , elle le prioit , puis
qu'il eftoit impoffible
Tiiij
124 MERCURE
qu'elle fe donnaft à lui ;.
de vouloir bien eſpouſer
une autre elle- mefme ;
qu'il connoiffoit fon Ame
; qu'elle eftoit tresbelle
, avoit mille bonnes
qualitez , & qu'en failant
la fortune d'une Fille de
naiffance , il trouvoit &
moyen de fe rendre heu
reux. Le Financier , dont
les yeux régloient l'amour
, n'eut aucune per
ne à confentir à l'échange.
Il répondit que la.
GALANT. 223
a
Demoiſelle luy plaifoit
affez , mais qu'il ne vou
doit donner aucune paro
le , à moins qu'on ne
Faffuraft que le Mariage
fe feroit en vingt- quatre
heures. La Dame qui ne
fouhaitoit rien tant que
la promptitude , fe chargea
du foin de cette affaire
, & luy demanda
le refte du jour pour la
propofer à la Mere de la
Belle. Jamais propofition
ne pouvoit donner plus :
226 MERCURE
de joye à cette Meré . II
fut arrefté qu'on garderoit
le fecret , & que 122
Fille elle mefme n'apren--
droit rien de ce Mariage
,
que dans le moment qu'il
faudroit qu'elle fignaft.
Le jour fuivant , qui ef
toit le Samedi , la Dame
amena le Financier chez
la Mere. Il l'entretint en
particuliers Le Notaire :
vint , & l'on fit alors fçavoir
à la Belle pourquoy
onl'avoit mandé . Le ton
GALANT . 227
abfolu dont fa Mere luy
parla , la haute fortune
que lui affuroit ce Maria!
ge , & le fujet qu'elle
croyoit avoir de fe plain
dre des mépris du Cava
lier , tout cela lui fit une
impreffion fi forte , qu'el
le figna comme on le
voulut. Le Financier
plein de joie , alla donner
ordre aux Bans , &
en fit publier un le lendemain
à la grande Mef
fe , aprés laquelle on les
28 MERCURE
maria . La Cerémonie ver
noit d'eftre faite , quand
le Cavalier entra dans
l'Eglife . Il connut bientoft
par l'empreffement
des Curieux , qu'il y
avoit une Mariće ; & en
tendant dire qu'elle eftoit
de qualité , il s'avança
pour la voir. Quel coup
de foudre quand il remarqua
la Belle ! Il fit
un cry qui furprit tous
ceux qui l'entendirent .
La Dame , qui eftoit du
n..
GALANT. 229
Mariage , tourna la teſte
vers luy , & fe fépara de
la Compagnie
, pour fe
donner le plaifir d'aller
infulter à fa douleur.
Ah , Madame , qu'ay-je
veu , lui dit- il tout conf-
-terné ? Sa réponſe fut
qu'elle eftoit contente ,
puis que le chagrin où il
eſtoit luy faifoit connoiftre
que rien ne manquoit
-à fa vangeance. Alors
elle luy parla du Billet
trouvé , de fon Perfon-
*
250 MERCURE
#
nage d'Egyptienne , du
bonheur qu'elle avoit eu
de marier promptement
la Belle ; & aprés luy
avoir dit qu'il pouvoit
donner fon coeur fans
appréhender qu'elle y
miſt obſtacle , elle le quita
, en luy défendant de
la voir jamais. Il demeura
abîmé dans fa douleur,
& le defefpoir d'avoir
perdu par fon imprudence
la feule perfonne qu'il
fe fentoit capable d'aiGALANT
. 431
mer , le rendant i confolable
, il abandonna Paris
, pour cacher à ſes
Amis l'accablement où
il fe trouvoit. On ne m'a
point dit fila fierté de la
Dame l'a guérie de fon
amour. Je fçay ſeulement
que le Financier
adore la Belle , & que
l'abondance où elle eft
de toutes chofes ne
luy laiffe aucun fujet de
regreter ce qu'elle a perdu.
ON m'a conté une Avanture
du Carnaval , qui
vous fera voir que le
ve
ritable amour n'eft point
volontaire . Une Veuve
tres - bien faite , n'ayant
point d'Enfans , & eftant
encore dans ſes plus belles
années , joüiffoit avec
plaifir de la liberté que
luy donnoit le Veuvage.
Parmy ceux qui la voyoient
, un Cavalier d'un
fort
GALANT. 169
fort grand mérite , luy
rendoit des foins affez
affidus . Il avoit beaucoup
d'efprit , & fortoit d'une
Maiſon qu'une ancienne
Nobleffe égaloit aux plus
illuftres. La Dame , à qui
fon attachement eftoit
gloricùx , ſe fit un honneur
d'entreprendre fa
conquefte ; & pour ne la
manquer pas , elle cut
pour luy des manieres
engageantes
, qui luy firent
prendre un com-
Fanvier 1713 .
P
170 MERCURE
mencement d'amour. Il
luy conta des douceurs ,
luy dit cent fois qu'elle
eftoit aimable ; & le plaifir
de la voir luy eſtant :
fenfible , il crut l'aimer
tout de bon , & fans prendre
foin de bien connoiftre
fon coeur , il l'abandonna
à un penchant indifcret
qui l'obligea enfin
de fe déclarer. Cette
déclaration
fut receue
avec plaifir. On la fouhaittoit
depuis longGALANT
. 171 :
temps , & le Cavalier
plaiſant
à la Dame , l'affaire
euft efté prompte-
:
ment concluë
, fans l'obftacle
d'un vieil Oncle
dont il heritoit , & qui
s'eftoit mis en tefte de le
marier à fa fantaiſie. Cet
Oncle eftoit un Gentilhomme
d'Anjou , qui
pour retenir le Cavalier.
dans fon voifinage , taf
choit de luy ménager un
Party fort riche . La Demoiſelle
qu'il euft bien :
A
P ij
172 MERCURE
voulu luy faire époufer ,
n'avoit pas encore treize
ans. Elle eftoit laide
donnoit peu de marques
d'avoir un jour de l'efprit
, & tout fon mérite
eftant dans fon Bien , ce
feul avantage ne pouvoit
fuffire au Cavalier ,
pour qui la beauté eſtoit
un grand charme. Il dit
à la Dame qu'elle devoit
peu s'inquiéter d'une recherche
que l'on faifoit
malgré luy , & dans laGALANT.
73
quelle quantité de Concurrens
le traverſoient.
Il fut réfolu
, que pour
empefcher qu'elle n'euft
des fuites , il fe rendroit
auprés du vieil Oncle, &
que fans luy découvrir
qu'il cuft de l'engagement
, il le prieroit de le
laiffer libre dans le choix
d'une Maiftreffe . Il fit ce
voyage , & négocia fi
bien , que les Parens de
la Demoiſelle diférant
toûjours à s'expliquer
Piij
174 MERCURE
afin d'avoir à choisir entre
plus de Prétendans ,
le vieil Oncle luy permit
de fe marier felon
fon coeur. Il le quitta ,
fort ravi de ce fuccés:
fans luy avoir parlé de
la Dame , & à fon retour
il alla coucher chez un
Gentilhomme de fes
Amis , qui faifoit ſon ordinaire
fejour dans une
fort belle Terre à dix ou
douze lieues de Paris. Le
Gentilhomme le retint le
GALANT. 175
lendemain , & pour l'obliger
à ne point partir ,
il le pria d'un Soupé qu'il
donnoit ce jour - là mẹfme
à une fort belle Compagnie
, l'affurant qu'il
verroit des Dames d'un
affez bon air , & entr'autres
une tres aimable Parifienne
, en faveur de qui
il ne vouloit point le prévenir.
L'Aſſemblée eftoit
de dix ou douze Perfonnes
, de l'un & de l'autre
fexe . La Belle , dont
Piiij
176 MERCURE
le
Gentilhomme luy
avoit parlé , s'y trouva
avec fa Mere. C'eftoit
une grande Brune , dont
tous les traits eftoient
animez , & qui brilloit
d'un éclat que les plus indifferens
ne
fouftenoient
qu'avec
peine . Son ef
prit refpondoit
à ſa beauté.
Elle l'avoit délicat
& vif , & tant d'agrément
eftoit joint à fes
manieres , qu'elle ne difoit
ni ne faifoit rien qui
GALANT. 177
ne donnaft lieu de l'admirer.
Le Cavalier qui
avoit beaucoup d'uſage
du monde , trouva mo
yen d'entrer avec elle
dans une maniere de
converfation galante ; &
fi fa perfonne luy avoit
d'abord paru toute aimable
, il fut charmé de
fon entretien . Elle parloit
finement , & ſes reponfes
à ce qu'on luy
difoit d'obligeant , ef
toient accompagnées de
178 MERCURE
certains
regards qui pe
nétroient
juſqu'au
coeur,
Tant que dura le Soupé
, il eut les yeux attachez
fur elle ; & quand
il fut ſeul avec ſon Amy,
il ne luy put parler d'autre
choſe. Comme
il
il avoit fçu fon nom , il
luy demanda
dans quel
Quartier elle logeoit à
Paris ; fi elle y feroit
bientoft de retour , & fi
fa Famille eftoit fort confidérable.
Son Amy qui
GALANT . 179
remarqua fon empreffement
à s'informer d'elle ,
luy dit en riant
prift garde à luy , que la
Demoiſelle
eftoit dangereufe
, & qu'il devoit
› qu'il
bien fe confulter avant
que chercher à la mieux
connoiftre . Il adjouſta
qu'elle paffoit ordinairement
tout l'Eté à la
Campagne , qu'elle ef
toit d'une Maiſon plus
noble que riche › que
s'il l'alloit voir on le re180
MERCURE
cevroit la premiere fois
avec beaucoup de civilité
, mais qu'aſſurément
on l'obligeroit de s'expliquer
dés la feconde vifite,
fa Mere vivant dans
la plus exacte régularité ,
& s'alarmant auffi- tost
de la veuë d'un Homme
, qui rendoit des foins
fans parler de Mariage .
Le Cavalier refva un
moment , & ne voulut
plus fçavoir où logeoit
la Belle. Il partit le jour
GALANT: 181
fuivant , & quoy qu'il
puft faire pour bannir
l'image qu'il en conſervoit
, il n'en fceut venir
à bout. Cette charmante
Perfonne luy eftoit toufjours
préfente , & il rêntra
à Paris l'efprit remply
d'elle. La Dame
pour qui il avoit fait
ce voyage , fçavoit à peu
prés jour de fon arriv
ée , & comme en le
revoyant elle avoit lieu
d'attendre de luy de
182 MERCURE
grandes marques de
joye , il fe trouvoit fort
embaraſſé de ne pouvoir
fe montrer à elle qu'avec
un eſprit diftrait . Il alla
la voir fi toft qu'il fut de .
retour , & fans trop fçavoir
pourquoy
,
cacha qu'il eut gagné
le vieil Oncle , & fe contenta
de dire qu'ayant
commencé de l'ébranler,
il avoit laiffé auprés de
luy des Gens qui feroient
le refte. Il gagnoit du
il
luy
GALANT . 183
temps par là , & fi quelquefois
il luy efchapoit
quelque refverie , il s'en
excufoit fur les nouvelles
qu'il difoit avoir receues
moins favorables
que fa paffion ne ſe les
eftoit promifes. Cependant
par la maniere dont
fon coeur eftoit touché ,
pour avoir veu une ſeule
fois la belle Brune , il
ouvrit les yeux fur le
faux amour qu'il avoit
pris pour la Dame , &
184 MERCURE
ne fentant point pour
elle la force de ce panchant
, qui l'entraifnoit
malgré luy vers l'autre
il commença
de trembler
de l'engagement où
il s'eſtoit mis . La Dam
qui s'ennuyoit du retardement
, luy dit plufieurs
fois qu'elle avoit
du Bien pour lui , &
elle , & que l'intéreſt
n'ayant point de
part à fon amour , elle
eftoit preſte à lui en donpour
elle
ner
GALANT. 185 .
ner des preuves fenfibles,
en l'époufant fans l'aveu
de l'Oncle. Le Cavalier
oppofoit tousjours que
ce feroit renoncer à une
importante Succeffion ,
& qu'il valoit mieux fe
contraindre encore pendant
quelque temps , que
de s'expoſer
à faire une
pertè fi confiderable
. La
belle faifon finit , & le
Cavalier , guéry enfin
par le temps d'une idée
flateufe qui l'avoit trop
Tanvier
1713. Q
186 MERCURE
occupé , fe préparoit à
dire à la Dame que fon
amour n'avoit plus d'obftacle
, lors qu'eftantvenu
un matin chez elle , il vit
entrer tout d'un coup
une Perfonne affez né
gligée , qui la courant
embraffer , en fut embraffée
de mefme avec
de fort tendres marques
d'une amitié réciproque
.
C'eftoit juſtement la bel
le Brune , qui eftant arrivée
de la Campagne
le
GALANT. 187
föir précedent , avoit
voulu la furprendre fans
luy faire faire aucun meſfage.
Elle demeuroit dans
fa mefme rue , & ce voi,
finage avoit donné lieu à
leur amitié. Jugez de l'étonnement
du Cavalier ,
quifrappéencore plus vi
vement par cette feconde
yeuë , eut de la peine à
cacher fon trouble. Il fit
compliment à cette belle
Perfonne ; & de la maniere
qu'il le fit, la Dame
Q ij
188 MERCURE
connut que ce n'eftoit
pas la premiere fois qu'ils
fe voyoient. Elle apprit
la rencontre du Soupé ,
& dit au Cavalier en
riant , que comme il verroit
ſouvent fon Amie
chez elle , c'eſtoit à luy à
ſe munir de fidelité pour
fe fauver de fes charmes .
On plaifanta là - deffus
& la converfation devint
tres- fpirituelle . Le Cavalier
qui reprit foudain
fon premier feu , réfolur
GALANT. 189
plus que jamais de faire
valoir l'obftacle de l'Oncle.
Rompre avec la Da
me , fe faire aimer de la
Belle , & obtenir l'une
fans ſe la voir diſputer
par l'autre, c'eſtoient des
chofes qui luy paroif
foient comme impoffi
bles ; mais il aimoit }
& quelques difficultez
qu'on ait à combatre , il
pour
fe
fuffit qu'on aime
mettre en tefte que l'on
peut furmonter tout!
190 MERCURE
L'affiduité qu'il avoit de
puis long - temps auprés
de la Dame , luy donnoit
occafion de fe rencontrer
chez elle dans les heures
que la Belle choififfoit
pour la venir voir . Il en
manqua peu , & s'obfer
va avec tant de foin , que
s'il tâchoit de luy paroiftre
agreable , c'eftoitfeu
lement par un enjoüe→
ment d'efprit , auquel il
fembloit que le coeur
n'euft point de part. L
GALANT . 191
faifoit des Vers . La Belle
en faifoit auffi d'affez naturels
; & comme il luy
en donnoit devant la
Dame , qui marquoient
avec des expreſſions trespaſſionnées
, combien il
tiroit de gloire du choix
qu'il avoit fait pour ai
mer , elle ne faifoit aucune
façon d'en apporter
d'autres quelques jours
aprés , qui l'exhortoient
à eftre fidelle à la Perfonne
du monde qui meri192
MERCURE
toit le mieux d'eftre aimée.
Tous les Vers du
Cavalier eftant faits d'u
ne maniere qui les faiſoit
appliquer à l'engagement
qu'il avoit avec la
Dame , elle n'eut aucun
foupçon de cejeu d'efprit
qui fe pratiquoit ouvertement
, & qui paroiffoit
tourner à fon avantage.
Ce fut par là cependant
que le Cavalier vint
à bout de fon deffein . Un
jour que la Dame l'avoit
laiffé
GALANT. 193
>
laiffé feul avec la Belle
il luy dit , en luy jettant
des regards tout pleins
d'amour,qu'il faifoit parfaitement
, ce que fes
Vers luy faifoient connoiftre
qu'elle fouhaitoit
qu'il fit ; c'eſt- à dire qu'il
aimoit
tousjours de plus
en plus la belle Perfonne
pour qui les fiens eftoient
faits. La Belle luy répondit
que fon Amie eftoit
trop aimable
pour n'inf
pirer pas la plus forte
Fanvier 1713. R
194 MERCURE
paffion ; & fur ce qu'il
adjouſta qu'il ne ſe tiendroit
heureux , que quand
fes Vers luy plairoient ,
faits pour une autre que
fon Amie , elle rougit,
demeura embaraſſée,
& quelque effort qu'elle
pour
fit
pour
cacher fon trouble
en détournant
le difcours
, il s'aperceut
aiſément
qu'elle eftoit entrée
dans ce qu'il avoit voulu
luy faire entendre , &
eut grande joye d'avoir
GALANT . 195
fait ce
premier pas. La
Dame rentra , & le Cavalier
demeura fort enjoüé.
Il fit d'autres Vers.
La Belley répondit à fon
ordinaire , & les confeils
qu'elle luy donnoit d'augmentet
tousjours ſa paſfion
, luy faiſant croire
qu'elle confentoit à eſtre
aimée , il réfolut de fe déclarer
fans aucun détour,
& profita pour cela des
moindres
occafions qu'il
cut de luy parler feul,
Rij
196 MERCURE
La Belle le traita d'extravagant
; mais quoy qu'elle
fit des plaifanteries de
tout ce qu'il luy diſoit de
paffionné , elle l'écoutoit
quoy qu'il vouluſt dire ';
ou fi quelquefois la bienféance
l'obligeoit à prendre
fon férieux , en mefme
temps qu'elle luy peignoit
la honte que fon infidelité
luy attireroit , la
douceur de fes regards
l'invitoit fecretement à
eftre infidelle, Comme
GALANT. 197
des
jamais il n'avoit
momens
à l'entretenir
, il
que
ne pouvoit s'expliquer
affez pour luy ofter ſes
fcrupules ; mais c'eftoit
tousjours beaucoup pour
fuy , qu'elle connuſt les
fentimens de fon coeur.
& qu'elle en fift un ſecret
à fon Amie. Tandis
que fa paffion prenoit
d'agreables efpérances
il arriva une choſe qui
luy fit croire que tout
confpiroit à le rendre
,
R iij
198 MERCURE
20
9: heureux. Un Financier ,
Favory de la Fortune ,
& qui fans aucun mérite
eftoit parvenu à de
grands Biens , ayant veu
la Dame en quelque lieu ,
fe laiffa piquer de fon
agrément , & ne doutant
point que le brillant de
fon or n'euft dequoy
charmer les plus délicates
, il la vint voir dés le
lendemain , & débuta
par le mariage. Il n'aimoit
point à languir , &
THEQUE
BEE
GALANT. 12
prompte déclar
une fi
tion luy épargnoit des
cerémonies d'Amant qui
YON
DE
LA
VILLE
n'eftoient point de fon
caractere.Quoy que la
Dame fuft fort incapable
d'eftre
ébloüye par le
Bien , elle crût que fes
affaires n'en iroient que
mieux , fi le Cavalier
craignoit de la perdre ;
& dans cette veuë , elle
répondit avec beaucoup
de reconnoiffance à la déclaration
du Financier ,
R iiij
100
MERCURE
& le pria feulement de
luy accorder un mois ,
pendant lequel ils fe connoiftroient
l'un l'autre.
Leterme eftoit long pour
luy . Il vouloit conclure ;
& fi la Dame l'euft crû ,
deux jours auroient terminé
la chofe . Il falut
pourtant qu'il s'accommodaft
du retardement
.
Elle conta l'avanture au
Cavalier , & la crainte
qu'il devoit avoir d'un
Rival fi
redoutable , ne
GALANT. 201
luy donna point plus
d'empreffement pour l'époufer.
Il dit à la Dame,
que plus la Fortune la
favorifoit , plus il fe
croyoit indigne qu'elle y
renonçaft pour luy , s'il
ne s'affuroit la Succeffion
de l'Oncle ; que cet Oncle
refuſoit tousjours de
s'expliquer , & qu'il falloit
attendre fa mort , qui
ne pouvoit qu'eftre proche
ou que fes Amis
euffent obtenu le confen
402 MERCURE
tement qu'il luy faifoit
demander. Il cruft la rebuter
par cette réponſe ,
& elle de fon cofté demeura
perfuadée qu'en
voyant fouvent le Financier
, elle le rendroit jaloux
, & que craignant
qu'elle ne changeaft ,
égards
il cefferoit d'avoir les
qui
choient de conclure Ainfi
elle fit tousjours bon
vifage au Financier
quoy que fes manieres
>
l'empefGALANT.
203
luy dépluffent ; & le Cavalier
par politique , luy
témoignoit quelquefois
qu'il en eftoit alarmé.
Elle répondoit qu'il avoit
fujet de l'eftre , que les
Femmes n'eftoient pas
tousjours conftantes , &
qu'un Financier qui offroit
toute forte d'avantages
, eftoit un Rival à
craindre. Le Cavalier ñe
fouhaitant rien plus ardemment
que de le voir
infidelle , luy diſoit en
204 MERCURE
ſoûpirant , que s'il arrivoit
que fon Rival fuft
heureux , il ne ſe plaindroitque
de fon malheur.
Pendant ce temps , le Financier
vit la belle Bru
ne. Comme elle plaifoit
à tout le monde , il ne
faut pas s'eftonner fi elle
luy plut. Il apprit qui
elle eftoit , & dit à la
Dame fort naïvement
qu'il eftoit fafché de ne
l'avoir pas connuë avant
elle ; qu'ayant tres - peu
GALANT. 205
de fortune , elle auroit
fur l'heure conſenti à l'efpoufer
, & n'euft pas mis
fon amour à une filongue
efpreuve. Cela luy
donnoit un nouveau prétexte
de preffer la Dame,
qui aprés pluſieurs remifes
eftoit fort embaraffée
de fe voir enfin dans les
derniers jours du Carnaval.
Le Financier prenoit
pour affront qu'elle prétendit
le faire encore attendre
aprés Pafques ; &
206 MERCURE
comme le temps qu'il
avoit efté contraint de
luy accorder , étoit expiré
depuis plus de quinze
jours , il vouloit abfolument
terminer ou
rompre
. Les chofes
eftoient
en cet eftat, quand
le Cavalier flaté des marques
d'estime qu'il rece,
voit de la belle Brune ,
crut qu'il y alloit de tout
fon bonheur de s'expliquer
avec elle plus pré:
cifément qu'il n'avoit
GALANT . 207
fait . Il l'attendit à l'Egli .
fe, d'où il revint plufieurs
fois fans luy parler , parce
qu'elle accompagnoit
fa Mere ; & enfin l'ayant
un jour trouvée feule , il
l'arrefta dans le temps
qu'elle en fortoit. La
Belle , à qui les occafions
de l'efcouter n'eftoient
pas tousjours préfentes ,
receut affez agreablement
tout ce qu'il luy dit
de fon amour ; & commeil
la preffoit de ſe dé208
MERCURE
clarer , elle répondit que
lors qu'il feroit fans engagement,
il n'auroit pas
lieu de fe plaindre d'elle.
L'inquiétude qu'elle fit
paroiftre d'eftre dans un
Lieu où elle pouvoit eſtre
obfervée , l'obligea de la
prier de luy en marquer
un autre , où il puſt en
liberté luy faire connoiftre
qu'elle n'avoit rien à
craindre d'un engagement
qui eftoit preſt de
finir. Elle ne luy fit aucune
GALANT . 209
cune réponſe , ſon Amie
ayant paru dans le mefme
temps. Elle venoit à
l'Eglife , & les avoit apperceus
de loin. L'action
avec laquelle
ils parloient
, luy ayant eſté
fufpecte , elle fut furpri
fe , quand elle aborda
la Belle , de la voir embaraffée.
Elle feignit de
ne le point remarquer ,
& aprés quelques paroles
des plus obligeantes ,
elle la quitta , & donna
Fanvier 1-13.
S
210 MERCURE
la main au Cavalier. Ils
entrerent à l'Eglife , &
la Belle alla chez elle . La
Dame eut déslors quelque
foupçon de l'amour
du Cavalier , & l'impatience
de s'en éclaircir ne
luy coufta pas de longues
peines , puifque le
hazard la fatisfit dés le
lendemain
. Elle régaloit
le foir une belle Compagnie
; & le Cavalier
qui s'eftoit rendu chez
elle avant tous les autres ,
,
GALANT. 211
laiffa tomber un Billet.
Elle mit le pied deſſus
fans qu'il y prift garde ,
& fe baiffantcomme pour
remedier à un Soulier
qui l'incommodoit , elle
s'en faifit adroitement.
& l'alla lire fi-toft qu'il
fut venu d'autre monde,
Elle reconnut foudain
l'écriture de la Belle. Le
Billet portoit , que s'il
vouloit continuer la converfation
dans laquelle
ils avoient efté interrom-
S ij
212 MERCURE
pus le jour précedent , il
pouvoit fe rendre fur les
onze heures du foir chez
Madame la Marquiſe de..
à qui on donnoit le Bal ;
que cette Maiſon eſtant
tres- voifine , elle y viendroit
en Egyptienne , &
qu'il pourroit luy faire
connoiftre s'il eftoit vray
que fa bonne fortune dépendiſt
d'elle. La lecture
de ce Billet convainquit
la Dame de l'intelligence
du Cavalier & de fon
GALANT . 213
Amie. Pour mieux fçavoir
jufqu'où elle alloit ,
elle fongea auffi - toſt à
prendre la place , ne dou
tant point que l'amourne
rendift le Cavalier dili
gent , & qu'elle ne puft
prévenir la Belle , en ve
nant au lieu marqué avant
l'heure qu'elle luy a
voit donné. Elles eftoient
toutes deux de la mefme
taille , & fous un mafque
, elle pouvoit déguifer
fa voix. Ce deffein ef
214 MERCURE
tant formé , elle donna
ordre à fa Suivante , de
luy tenir preſt un Habit
d'Egyptienne , & vint
retrouver la Compagnie
dans un enjoüement qui
ne pouvoit mieux cacher
qu'elle euft quelque chofe
en tefte . On foupa , &
incontinent aprés , elle
propofa diverfes tables de
Jeu. Elle fe mit d'une partie
d'Hombre; & leCavalier
qui avoit prié qu'on
le difpenfaft d'en eftre ,
1
GALANT . 215
fe retira dans le mefme
temps qu'il luy vit tenir
des Cartes. La Dame n'en
perdit point. Elle obligea
une Amie de prendre fon
Jeu pendant une heure ,
& eftant montée dans
fon Cabinet , elle s'habilla
fort
promptement
, &
courut au rendez - vous .
Elle eut bien- toft apperçeu
le Cavalier , qui
dans fon impatience obfervoit
tous les Maſques
qui entroient , & qui
216 MERCURE
voyant une Egyptienne ,
fut aifément trompé par
fa taille. Elle luy dit , en
le tirant un peu à l'écart ,
que fa ponctualité luy
devoit faire connoiftre
combien elle avoit trou
vé de charmes dans la
converfation qu'elle venoit
luy donner moyen
de pourfuivre. Les remercimens
du Cavalier furent
meflez de mille affurances
du plus tendre amour
, & aprés qu'il en
eur
GALANT. 217
cut exageré toute la force
, il luy dit qu'elle devoit
avoit l'efprit en repos
fur les reproches qui
lui
paroiffoient à craindre
du cofté de fon .
Amie ; qu'eftant réfolu
de ne
l'efpoufer jamais ,
il s'en
défendoit depuis
plus de quatre mois , fur
le prétendu obftacle d'un
Oncle qui ne lui cauſoit
aucun
embarras ; que rebutée
des
longueurs de
cet obftacle
Fanvier 1713 .
elle avoit
T
418 MERCURE
prefté l'oreille à un Financier
, dont le grand
Bien commençoit
à l'ébloüir
qu'il fe conduiroit
de fortequ'il l'obligeroit
enfin à ne pas laiffer
efchaper une fi grande
fortune ; & que quand
le Financier l'auroit efpoufée
, rien ne s'oppo
fant à leur amour , il leur
feroit fort aifé de le faire
réuffir , fans que l'un ny
l'autre en receuffent aus
cun blâme. La Dame
GALANT. (-119
feignit d'eftre fort contente
, & dit que pour
veu qu'il fuft conftant ,
elle voyoit tout à efperers
mais qu'il prift bien garde...
Il ne fouffrit point
"
qu'elle achevaft , & mille
fermens qui luy firent
voir la plus violente paffion
, furent la fin de cet
entretien
. La Dame parlant
tousjours au nom de
la Belle , témoigna craindre
que fa Mere qu'elle
-diſoit avoir laiffée endor-
Tij
240 MERCURE
mie , ne la demandaſt fi
elle venoit à s'éveiller ,
& elle fe hafta de fortir
fous ce prétexte. Le Ca-
-valier voulut la condui
re ; mais elle ufa d'une
autorité fi abfoluë pour
le faire demeurer , qu'il
fut contraint de luy
obeïr. Il refta peu dans
cette Aflemblée , & alla
chez luy refver en repos
à fon bonheur. La Belle
n'eftant venue qu'à minuit
, parce que fa Mere
GALANT. 12 #
s'eftoit couchée tard , l'at
tendit jufqu'à une heure,
& s'en retourna pleine
de dépit qu'il euft fäit ſi
peu de cas du feul rendez-
vous qu'il avoit eu
d'elle. Ce que je viens de
yous dire arriva le Jeudy
gras. Le lendemain , le
foin de la Dame fut d'e
•
xécuter ce qu'elle avoit
médité toute la nuit . Le
Financier vint la voir ; &
la preffa , comme il avoit
déja fait plus d'une fois ,
Tiij
22 MERCURE
de luy déclarer détermi
nement ce qu'elle avoit
réfolu de faire. Quelque
Bien qu'il euft , elle ne
balançoit point à demeurer
tousjours Veuve
plutoft que de faire un
choix qui gefnaft ſon
coeur , mais le Financier
luy eftoit utile pour la
yangeance qu'elle s'eſtoit
propolée. Elle connoiffoit
fon foible , & le
.
yoyant
dans l'enteſte
..
ment de ſe marier
avant
GALANT. 223
le Carefme , elle affecta
une bonne foy dont il
n'avoit aucun intéreſt à
développer
la caufe,
Aprés lui avoir marqué
grande paffion de le voit
tousjours de fes Amis
elle luy dit qu'elle avoit
tafché de rompre un engagement
fecret que le
Cavalier & elle avoient
pris enfemble , & què
n'en pouvant
venir à
4
bout , elle le prioit , puis
qu'il eftoit impoffible
Tiiij
124 MERCURE
qu'elle fe donnaft à lui ;.
de vouloir bien eſpouſer
une autre elle- mefme ;
qu'il connoiffoit fon Ame
; qu'elle eftoit tresbelle
, avoit mille bonnes
qualitez , & qu'en failant
la fortune d'une Fille de
naiffance , il trouvoit &
moyen de fe rendre heu
reux. Le Financier , dont
les yeux régloient l'amour
, n'eut aucune per
ne à confentir à l'échange.
Il répondit que la.
GALANT. 223
a
Demoiſelle luy plaifoit
affez , mais qu'il ne vou
doit donner aucune paro
le , à moins qu'on ne
Faffuraft que le Mariage
fe feroit en vingt- quatre
heures. La Dame qui ne
fouhaitoit rien tant que
la promptitude , fe chargea
du foin de cette affaire
, & luy demanda
le refte du jour pour la
propofer à la Mere de la
Belle. Jamais propofition
ne pouvoit donner plus :
226 MERCURE
de joye à cette Meré . II
fut arrefté qu'on garderoit
le fecret , & que 122
Fille elle mefme n'apren--
droit rien de ce Mariage
,
que dans le moment qu'il
faudroit qu'elle fignaft.
Le jour fuivant , qui ef
toit le Samedi , la Dame
amena le Financier chez
la Mere. Il l'entretint en
particuliers Le Notaire :
vint , & l'on fit alors fçavoir
à la Belle pourquoy
onl'avoit mandé . Le ton
GALANT . 227
abfolu dont fa Mere luy
parla , la haute fortune
que lui affuroit ce Maria!
ge , & le fujet qu'elle
croyoit avoir de fe plain
dre des mépris du Cava
lier , tout cela lui fit une
impreffion fi forte , qu'el
le figna comme on le
voulut. Le Financier
plein de joie , alla donner
ordre aux Bans , &
en fit publier un le lendemain
à la grande Mef
fe , aprés laquelle on les
28 MERCURE
maria . La Cerémonie ver
noit d'eftre faite , quand
le Cavalier entra dans
l'Eglife . Il connut bientoft
par l'empreffement
des Curieux , qu'il y
avoit une Mariće ; & en
tendant dire qu'elle eftoit
de qualité , il s'avança
pour la voir. Quel coup
de foudre quand il remarqua
la Belle ! Il fit
un cry qui furprit tous
ceux qui l'entendirent .
La Dame , qui eftoit du
n..
GALANT. 229
Mariage , tourna la teſte
vers luy , & fe fépara de
la Compagnie
, pour fe
donner le plaifir d'aller
infulter à fa douleur.
Ah , Madame , qu'ay-je
veu , lui dit- il tout conf-
-terné ? Sa réponſe fut
qu'elle eftoit contente ,
puis que le chagrin où il
eſtoit luy faifoit connoiftre
que rien ne manquoit
-à fa vangeance. Alors
elle luy parla du Billet
trouvé , de fon Perfon-
*
250 MERCURE
#
nage d'Egyptienne , du
bonheur qu'elle avoit eu
de marier promptement
la Belle ; & aprés luy
avoir dit qu'il pouvoit
donner fon coeur fans
appréhender qu'elle y
miſt obſtacle , elle le quita
, en luy défendant de
la voir jamais. Il demeura
abîmé dans fa douleur,
& le defefpoir d'avoir
perdu par fon imprudence
la feule perfonne qu'il
fe fentoit capable d'aiGALANT
. 431
mer , le rendant i confolable
, il abandonna Paris
, pour cacher à ſes
Amis l'accablement où
il fe trouvoit. On ne m'a
point dit fila fierté de la
Dame l'a guérie de fon
amour. Je fçay ſeulement
que le Financier
adore la Belle , & que
l'abondance où elle eft
de toutes chofes ne
luy laiffe aucun fujet de
regreter ce qu'elle a perdu.
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Résumé : HISTOIRE.
Le texte narre une aventure carnavalesque impliquant une veuve jeune et belle, jouissant de sa liberté, et un cavalier de grande valeur qui lui rend des visites régulières. La veuve, flattée par son attachement, cherche à le conquérir et finit par lui inspirer un début d'amour. Cependant, le cavalier est contraint par un vieil oncle de considérer un mariage avec une jeune fille riche mais laide. Pour éviter cette union, le cavalier négocie avec son oncle et obtient la liberté de choisir sa maîtresse. Lors d'un souper chez un ami, le cavalier rencontre une belle brune qui le charme profondément. De retour à Paris, il est troublé par cette nouvelle rencontre et commence à douter de ses sentiments pour la veuve. La veuve, ignorant ses tourments, lui propose de l'épouser sans l'accord de l'oncle. Le cavalier, de plus en plus épris de la brune, cherche à rompre avec la veuve sans la blesser. Un jour, la brune rend visite à la veuve, et le cavalier, surpris, doit cacher son trouble. Il continue de voir les deux femmes, utilisant des poèmes pour exprimer ses sentiments sans éveiller les soupçons. Finalement, il parvient à déclarer son amour à la brune, qui, bien que troublée, garde le secret. La situation se complique lorsque un financier riche déclare son amour à la veuve, qui accepte de le fréquenter pour rendre le cavalier jaloux. Le cavalier, malgré cette nouvelle menace, reste déterminé à conquérir la brune. La veuve refuse de renoncer à sa relation avec le cavalier tant qu'il ne lui assure pas la succession de son oncle. Cet oncle refuse de s'expliquer, et la veuve espère le rendre jaloux en fréquentant le financier. Le cavalier, de son côté, feint d'être alarmé par cette situation mais espère que la veuve sera infidèle. Le financier, quant à lui, rencontre la belle brune et exprime des regrets de ne pas l'avoir connue plus tôt. La veuve est pressée par le financier de prendre une décision avant Pâques. Pendant ce temps, le cavalier tente de s'expliquer avec la belle brune, qui accepte de l'écouter mais exige qu'il se déclare sans engagement. Leur conversation est interrompue par une amie de la belle brune, qui suspecte une liaison entre eux. La veuve, soupçonnant une relation entre le cavalier et la belle brune, décide de se déguiser en égyptienne pour rencontrer le cavalier à un rendez-vous. Elle apprend ainsi que le cavalier est prêt à épouser la belle brune pour éviter le financier. Pour se venger, la veuve organise rapidement le mariage entre la belle brune et le financier. Lors de la cérémonie de mariage, le cavalier découvre la supercherie et est dévasté. La veuve lui révèle alors comment elle a orchestré la situation et lui interdit de la revoir. Le cavalier, accablé par la perte de la veuve, quitte Paris. La veuve et le financier vivent heureux, et le financier adore la belle brune.
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4870
p. 168
« La nouvelle édition des Essais & Recherches de Mathematique & [...] »
Début :
La nouvelle édition des Essais & Recherches de Mathematique & [...]
Mots clefs :
Antoine Parent, Nouvelle édition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La nouvelle édition des Essais & Recherches de Mathematique & [...] »
La nouvelle édition des
Essais & Recherches de Mathématique«Se de Physique
de N4. Parent l'augmentée
d'un troisiéme volume
)
&
d'un tiers au moins en chacun des deux premiers, va
paroistré au commencement de Janvier prochain,
elle se vendra chez M. de
Nully
,
rue saint Jacques :.
& chez M Jombert Quay
des Augustin
Essais & Recherches de Mathématique«Se de Physique
de N4. Parent l'augmentée
d'un troisiéme volume
)
&
d'un tiers au moins en chacun des deux premiers, va
paroistré au commencement de Janvier prochain,
elle se vendra chez M. de
Nully
,
rue saint Jacques :.
& chez M Jombert Quay
des Augustin
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4871
p. 168
CHANSON à dormir.
Début :
Venez admirer ma sçience; [...]
Mots clefs :
Dormir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON à dormir.
CHANSON
à dormir.
Venez admirer ma
sçience;
J'aprens à dormir scavamment,
Comme l'on dort à l'Audience.
Ronflez, ronflez gravement,
Latête levée,
Ouvrez les yeux en
dormant,
Et bâillez la bouche
fermée
à dormir.
Venez admirer ma
sçience;
J'aprens à dormir scavamment,
Comme l'on dort à l'Audience.
Ronflez, ronflez gravement,
Latête levée,
Ouvrez les yeux en
dormant,
Et bâillez la bouche
fermée
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4872
p. 2066
ESPAGNE.
Début :
Le 18. du mois dernier, Don Jean de Chincinilla, Capitaine d'Infanterie, arriva à Madrid [...]
Mots clefs :
Maures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE,
18. du mois dernier , Don Jean de Chin-
Leinilla , Capitaine d'Infanterie , arriva à Madrid
d'Oran , d'où le Marquis de Villadarias ,
Commandant Général des Troupes Espagnoles
qui sont en Afrique , l'a dépêché pour donner
avis à S. M. que les Maures , rebutez des divers
échecs qu'ils ont reçus devant certe Place , en
ont levé le Siege , et qu'après avoir brulé
leurs Baraques et tous les Bagages qui pou- '
voient les embarasser dans leur marche , ils se
sont retirez.
18. du mois dernier , Don Jean de Chin-
Leinilla , Capitaine d'Infanterie , arriva à Madrid
d'Oran , d'où le Marquis de Villadarias ,
Commandant Général des Troupes Espagnoles
qui sont en Afrique , l'a dépêché pour donner
avis à S. M. que les Maures , rebutez des divers
échecs qu'ils ont reçus devant certe Place , en
ont levé le Siege , et qu'après avoir brulé
leurs Baraques et tous les Bagages qui pou- '
voient les embarasser dans leur marche , ils se
sont retirez.
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4873
p. 168
« Monsieur Savary des Bruslons donne avis, que le Parfait Negociant [...] »
Début :
Monsieur Savary des Bruslons donne avis, que le Parfait Negociant [...]
Mots clefs :
Livre, Parfait Négociant, Paraphé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur Savary des Bruslons donne avis, que le Parfait Negociant [...] »
Monsieur Savary des
Bruslons donne avis., que
le Parfait Négociant de
feu M. Savary sonPere
qu'il a fait réimprimer
& considérablement augmenté
,
est en vente chez
Guignard & RobustesLibraires
à Paris rue S. Jacques
; & pour connoistre
plus facilementcette nouvelle
Edition, onavertit
de prendre garde à la premiere
Page de la matière
du Livre
,
qu'elle soit signée
& paraphée dudit
Sieur Savary des Bruslns.
Bruslons donne avis., que
le Parfait Négociant de
feu M. Savary sonPere
qu'il a fait réimprimer
& considérablement augmenté
,
est en vente chez
Guignard & RobustesLibraires
à Paris rue S. Jacques
; & pour connoistre
plus facilementcette nouvelle
Edition, onavertit
de prendre garde à la premiere
Page de la matière
du Livre
,
qu'elle soit signée
& paraphée dudit
Sieur Savary des Bruslns.
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4874
p. 168
ENVOY.
Début :
Ces Vers partent du cœur, l'amitié les inspire [...]
Mots clefs :
Vers, Cœur, Amitié, Pindare
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
ENVOY.
Ces Vers partent du
coeur, tamitie les ins
pire
Ils riont pas ces merveilleux
traits
Des Pindares nouveaux
dont on vante la Lyre,
Mais lessentimens en
font vrais.
Par M. Palaprat.
Ces Vers partent du
coeur, tamitie les ins
pire
Ils riont pas ces merveilleux
traits
Des Pindares nouveaux
dont on vante la Lyre,
Mais lessentimens en
font vrais.
Par M. Palaprat.
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4875
p. 997
RUSSIE.
Début :
Le Comte de Watislau, Ambassadeur Extraordinaire de l'Empereur, a [...]
Mots clefs :
Russie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Comté de Watislau , Ambassadeur Extraor
dinaire de l'Empereur , a conclú un 'Traité
d'alliance entre S. M. Imp. et la Czarine , mais
il n'a pû déterminer cette Princesse àacceder sansrestriction au Traité de Vienne du 16. Mars
dernier..
Le 15. Avril on reçut à Petersbourg un Courier de Perse avec la nouvelle que M. de Schaffi
roff avoit conclu le 6. Janvier dernier , un Tráité de Paix perpetuelle entre la Czarine et le Roy
de Perse , par lequel ce Prince doit rentrer en
possession de Retsch et de la Province de Ghilan,
et la Russie doit conserver les Places et Provinces situées en-deçà de la Riviere de Chur.
ON
E Comté de Watislau , Ambassadeur Extraor
dinaire de l'Empereur , a conclú un 'Traité
d'alliance entre S. M. Imp. et la Czarine , mais
il n'a pû déterminer cette Princesse àacceder sansrestriction au Traité de Vienne du 16. Mars
dernier..
Le 15. Avril on reçut à Petersbourg un Courier de Perse avec la nouvelle que M. de Schaffi
roff avoit conclu le 6. Janvier dernier , un Tráité de Paix perpetuelle entre la Czarine et le Roy
de Perse , par lequel ce Prince doit rentrer en
possession de Retsch et de la Province de Ghilan,
et la Russie doit conserver les Places et Provinces situées en-deçà de la Riviere de Chur.
ON
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Résumé : RUSSIE.
Le comte de Watislau a conclu un traité d'alliance entre l'Empereur et la Czarine de Russie, mais n'a pas obtenu l'acceptation sans réserve du Traité de Vienne. Le 15 avril, un courrier de Perse a annoncé un traité de paix perpétuelle entre la Czarine et le roi de Perse, signant la restitution de Retsch et de Ghilan au roi de Perse, tandis que la Russie conserve les territoires au-delà de la rivière de Chur.
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4876
p. 147
AUTRE.
Début :
De ta danse active et legere, [...]
Mots clefs :
Danse, Mademoiselle Sallé
4877
p. 997
SUEDE.
Début :
On assure que le Roy s'est enfin déterminé à [...]
Mots clefs :
Suède, Catholiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
Nassure que le Roy s'est enfin déterminé
à ne point acceder au dernier Traité de
Vienne , et à entretenir sur pied un certain nombre de Troupes et une Escadre prête à tout éve- nement.
On mande de Stokolm , que le Roy y avoit
reçu la réponse de l'Empereur , à la Lettre qu'il lui avoit écrite en faveur des Protestans de l'Evêché de Saltzbourg ; et que comme elle n'étoit
pas telle que S. M. Sued. l'esperoit , elle avoit pris la résolution de faire sortir de ses Etats d'Allemagne , tous les Catholiques qui y sont établis
DA
58 MERCURE DE FRANCE
T
Nassure que le Roy s'est enfin déterminé
à ne point acceder au dernier Traité de
Vienne , et à entretenir sur pied un certain nombre de Troupes et une Escadre prête à tout éve- nement.
On mande de Stokolm , que le Roy y avoit
reçu la réponse de l'Empereur , à la Lettre qu'il lui avoit écrite en faveur des Protestans de l'Evêché de Saltzbourg ; et que comme elle n'étoit
pas telle que S. M. Sued. l'esperoit , elle avoit pris la résolution de faire sortir de ses Etats d'Allemagne , tous les Catholiques qui y sont établis
DA
58 MERCURE DE FRANCE
T
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Résumé : SUEDE.
La Suède refuse d'adhérer au traité de Vienne et maintient des troupes prêtes à intervenir. Le roi suédois, insatisfait de la réponse de l'empereur sur les protestants de Salzbourg, ordonne le départ des catholiques de ses États allemands.
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4878
p. 169-170
« Il importe peu à l'Auteur de ce Journal que la piece [...] »
Début :
Il importe peu à l'Auteur de ce Journal que la piece [...]
Mots clefs :
Transition, Lecteurs, Journal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il importe peu à l'Auteur de ce Journal que la piece [...] »
Il importe peu à l'Auteur
de ce Journal que la piece
qu'on va lire ſoit liée ou non,
avec celle qui la precede : elle
n'a pas beſoin du fecours d'u
ne tranſition pour eſtre annoncée
, les Lecteurs le difpenſeroient
même d'en faire ,
s'il en avoit toûjours de pareilles
à leur donner. Mademoiſelle
* * qui a faite cellecy
,& qui n'a pas une bonne
raiſon pour ne vouloir pas
eſtre nommée , s'eſt contentée
de ne pas s'oppofer à l'impreſſion
de ſon Ouvrage. Je
vous affeure que le Mercure
Novembre 1714. P
170 MERCURE
Galant neferoit pas ſi modeſte
qu'elle , s'il en estoit l'Auteur,
& qu'il ne balanceroit pas à
mettre fon nom à la place de
ces deux étoiles.
de ce Journal que la piece
qu'on va lire ſoit liée ou non,
avec celle qui la precede : elle
n'a pas beſoin du fecours d'u
ne tranſition pour eſtre annoncée
, les Lecteurs le difpenſeroient
même d'en faire ,
s'il en avoit toûjours de pareilles
à leur donner. Mademoiſelle
* * qui a faite cellecy
,& qui n'a pas une bonne
raiſon pour ne vouloir pas
eſtre nommée , s'eſt contentée
de ne pas s'oppofer à l'impreſſion
de ſon Ouvrage. Je
vous affeure que le Mercure
Novembre 1714. P
170 MERCURE
Galant neferoit pas ſi modeſte
qu'elle , s'il en estoit l'Auteur,
& qu'il ne balanceroit pas à
mettre fon nom à la place de
ces deux étoiles.
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Résumé : « Il importe peu à l'Auteur de ce Journal que la piece [...] »
Une pièce anonyme, datée de novembre 1714, est publiée dans un journal. L'éditeur assure qu'elle est autonome et peut être lue indépendamment des précédentes. L'auteur, nommé 'Mademoiselle', n'a pas refusé sa publication. Le rédacteur du Mercure Galant exprime qu'il publierait son nom s'il en était l'auteur.
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4879
p. 1787-1788
LES VESTALES.
Début :
Pour garder le feu de Vesta, [...]
Mots clefs :
Vestales, Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES VESTALES.
LES VESTALES.
Pour garder le feu de Vesta ,
Crédules Romaines ,
Ah ! que de peines ,
Que de gênes ,
Il vous en coûta !
Nourrir le feu d'un tendre amour ,.
Est un emploi bien plus facile ,
Et plus utile :
Son ardeur brille ,
Et sans aucun soin s'accroît de jour en jour.
Sa puissance est divine ;
Elle détermine ,
Tous nos desirs.
Elle est la seule origine ,
De tous nos plaisirs ;
Elle agit et domine ,
Sur l'Univers ,
Et remplit la Terre , les Mers ,
Les vastes Airs.
M. Dornel , Maître de Musique et Organiste
de sainte Geneviève , qui a fait l'Air de ces paroles
, s'est déja fait connoître par divers bons Ouvrages
Il vient de publier encore un Livre qui contient
48 Pieces de Clavecin fort estimées et de très - facile
execution. Ce Livre se vend chez l'Auteur,
Mon1788
MERCURE DE FRANCE
Montagne sainte Genevieve , au Mont Parnas–
se , ruë S. Jean de Beauvais , ruë S. Honoré ,
la Regle d'Or , et rue du Roulle, à la Croix d'Or.
Pour garder le feu de Vesta ,
Crédules Romaines ,
Ah ! que de peines ,
Que de gênes ,
Il vous en coûta !
Nourrir le feu d'un tendre amour ,.
Est un emploi bien plus facile ,
Et plus utile :
Son ardeur brille ,
Et sans aucun soin s'accroît de jour en jour.
Sa puissance est divine ;
Elle détermine ,
Tous nos desirs.
Elle est la seule origine ,
De tous nos plaisirs ;
Elle agit et domine ,
Sur l'Univers ,
Et remplit la Terre , les Mers ,
Les vastes Airs.
M. Dornel , Maître de Musique et Organiste
de sainte Geneviève , qui a fait l'Air de ces paroles
, s'est déja fait connoître par divers bons Ouvrages
Il vient de publier encore un Livre qui contient
48 Pieces de Clavecin fort estimées et de très - facile
execution. Ce Livre se vend chez l'Auteur,
Mon1788
MERCURE DE FRANCE
Montagne sainte Genevieve , au Mont Parnas–
se , ruë S. Jean de Beauvais , ruë S. Honoré ,
la Regle d'Or , et rue du Roulle, à la Croix d'Or.
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Résumé : LES VESTALES.
Le texte évoque les Vestales, prêtresses romaines gardant le feu sacré de Vesta. Il compare cette tâche à l'entretien d'un amour tendre, doté d'une puissance divine. Il mentionne M. Dornel, Maître de Musique et Organiste de sainte Geneviève, auteur de 48 pièces de clavecin disponibles à Paris.
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4880
p. 149-150
DE TURQUIE ET DE PERSE.
Début :
Les Lettres de Constantinople, portent que le Grand-Seigneur avoit fait remettre 3000. [...]
Mots clefs :
Constantinople, Pacha , Perse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET DE PERSE.
D_B T 1711041115 121‘ ne Pense, r
. l
Es Lettres de Constantinople, portent que le
LGrand- Seigneur avoiffait remettre gooo.
Bourses au Pacha de Bagdad qui commande son
Armée en Perse , et qu’on se préparait à faire
partir incessamment tous les secours dont ce Ge
neral peut avoir besoin pour sïopposcr aÏux de;
seins ambitieux de Thamas Kouli-Kart.
Par dïautres Lettres particulieres de la même
,Ville , on pprend que la Maladie contagieuse
rfétoit p; encore entrerement eesséc , malgré le _
froid dela saison ; qu’il y avoir eu âjanocoviclr,
petite Ville Maritime du Canal de la Met Noire,
_|m Incendie qui avoir çonsumé r5_o. Maisons ,
et que toute la Vlllt auroir été réduite en cendres,
si le Grand-vizir ne s’y fût pas rendu avec de;
OEroupes pour la secourir. ' i ‘
On apprend par les dernieres Lettres de Perse;
que Tiiamaslliouli-Kan, dontéPautoriË auâ
rnentoit tous es "ours avoir crit au an e
Gcorgie de lui fotirnir aiu plutôt soeo. homme‘.
de Cavalerie; que ce premier Ministre ne v<l>u_-,-,_
‘ ‘ ' ‘ .035
l
uo- MERCURE DE FRANCE
loir entendre parler d'aucun accommodations
avec la Porte , et qu’il avoir rejette’ avec beau
coup de hauteur des propositions que le Pacha
de Bagdarl lui avoir fait faire pour parvenir ai un
nouveau Traité de Paix entre les deux Puissances.
. l
Es Lettres de Constantinople, portent que le
LGrand- Seigneur avoiffait remettre gooo.
Bourses au Pacha de Bagdad qui commande son
Armée en Perse , et qu’on se préparait à faire
partir incessamment tous les secours dont ce Ge
neral peut avoir besoin pour sïopposcr aÏux de;
seins ambitieux de Thamas Kouli-Kart.
Par dïautres Lettres particulieres de la même
,Ville , on pprend que la Maladie contagieuse
rfétoit p; encore entrerement eesséc , malgré le _
froid dela saison ; qu’il y avoir eu âjanocoviclr,
petite Ville Maritime du Canal de la Met Noire,
_|m Incendie qui avoir çonsumé r5_o. Maisons ,
et que toute la Vlllt auroir été réduite en cendres,
si le Grand-vizir ne s’y fût pas rendu avec de;
OEroupes pour la secourir. ' i ‘
On apprend par les dernieres Lettres de Perse;
que Tiiamaslliouli-Kan, dontéPautoriË auâ
rnentoit tous es "ours avoir crit au an e
Gcorgie de lui fotirnir aiu plutôt soeo. homme‘.
de Cavalerie; que ce premier Ministre ne v<l>u_-,-,_
‘ ‘ ' ‘ .035
l
uo- MERCURE DE FRANCE
loir entendre parler d'aucun accommodations
avec la Porte , et qu’il avoir rejette’ avec beau
coup de hauteur des propositions que le Pacha
de Bagdarl lui avoir fait faire pour parvenir ai un
nouveau Traité de Paix entre les deux Puissances.
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Résumé : DE TURQUIE ET DE PERSE.
Le Grand Seigneur a décidé d'accorder des bourses au Pacha de Bagdad pour renforcer sa résistance contre Thamas Kouli-Kan en Perse. Malgré le froid, une maladie contagieuse persiste. Un incendie a détruit 150 maisons à Janovic, une ville maritime du canal de la mer Noire, et le Grand-vizir a envoyé des troupes pour secourir la population. En Perse, Thamas Kouli-Kan a exigé des renforts de cavalerie de la Géorgie. Le premier ministre persan a refusé toute négociation avec la Porte et rejeté les propositions de paix du Pacha de Bagdad.
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4881
p. 2491-2492
ESPAGNE.
Début :
Le Roi a nommé les Généraux pour servir dans l'Armée destinée à l'expédition projettée ; [...]
Mots clefs :
Généraux, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Lano l'Armée destinée à l'expédition projet-
E Roi a nommé les Généraux pour servir
tée ; sçavoir , le Comte de Montemar Général en
Chef, le Comte de Marsillac , le Marquis de
Grazia Real , le Marquis de Reves , le Duc de
Liria , le Comte de Charni , les Marquis de Villadarias
, de Las- Minas , et de Posoblanco Lieu
tenant
1492 MERCURE DE FRANCE
Benans généraux ; le Comte de Mazeda , le Mar
quis de Bay , Don Lucas Patigno , le Marquis
de Tay , Don Nicolas Sangro , Don Macdonel,
Don Isidore Gurma , Don Michel de Sada , Don
Barthelemi Ladron et le Comte Mariani , Maréchaux
de Camp.
Lano l'Armée destinée à l'expédition projet-
E Roi a nommé les Généraux pour servir
tée ; sçavoir , le Comte de Montemar Général en
Chef, le Comte de Marsillac , le Marquis de
Grazia Real , le Marquis de Reves , le Duc de
Liria , le Comte de Charni , les Marquis de Villadarias
, de Las- Minas , et de Posoblanco Lieu
tenant
1492 MERCURE DE FRANCE
Benans généraux ; le Comte de Mazeda , le Mar
quis de Bay , Don Lucas Patigno , le Marquis
de Tay , Don Nicolas Sangro , Don Macdonel,
Don Isidore Gurma , Don Michel de Sada , Don
Barthelemi Ladron et le Comte Mariani , Maréchaux
de Camp.
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Résumé : ESPAGNE.
En 1492, le roi d'Espagne organise une expédition. Le Comte de Montemar est nommé Général en Chef. Les lieutenants généraux sont les Comtes de Marsillac et de Charni, les Marquis de Grazia Real, de Reves, de Villadarias, de Las-Minas et de Posoblanco, et le Duc de Liria. Les maréchaux de camp incluent le Comte de Mazeda, le Marquis de Bay, Don Lucas Patigno et d'autres.
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4882
p. 1637-1638
RUSSIE.
Début :
Le Comte de Munich a envoyé à Moscou un Mémoire d'un Ingenieur fort expert, & qu'on [...]
Mots clefs :
Tsar, Moscou, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Comte de Munich a envoyé à Mofcou un
Mémoire d'un Ingenieur fort expert , &qu'on
a fait venir de Hollande pour examiner le nouveau
Canal dont l'entretien a couté plus de deux
millions de Roubles depuis le Regne du Czar
Pierre I. Cet Ingenieur prétend qu'on ne parvien
dra jamais à rendre ce Canal utile au Commerce,
fi on ne trouve pas le moyen d'arrêter par des
digues & des eclufes les inondations fubites que
le Lac de Ladoga caufe vers le Printems & dans
l'Automne , parceque ces inondations apportent
en deux ou trois heures dans le Canal plus de
fable ques ou 6000. hommes n'en pourroient
Ster pendant un Eté.
Dans une Audience que le Comte de Wratiflaw
, Ambaffadeur Extraordinaire de l'Empereur
à Moscou , eut fur la fin du mois dernier , la
Czarine lui fit entendre qu'elle efperoit que l'Empereur
n'ordonneroit rien de contraire au deffein
que le Duc de Meckelbourg avoit formé de rentrer
en poffeffion de fon Duché , & que même
S. M. Imp. le favoriferoit s'il étoit neceffaire &c
Ce Miniftre qui n'avoit point d'inftructions fur
cette affaire , dépecha le foir un Courrier à Vien
ne pour donner avis de ce qui s'étoit paffé le ma
tin. Le bruit court que S. M. Cz. a donné des
ordres pour faire marcher vers le Duché de Mec--
kelbourg les Troupes Mofcovites qui font fur les
Frontieres de Lithuanie .
M. de Nieplief , Reſident de la Czarine à Conf
tantinople , a depêché un Courier à Moscou pour
donner avis que le Gr. S. ayant été informé que
le nouveau Roi de Perfe marchoit vers Tauris
avec une Armée de 70000. hommes. Sa Hautelle
我
1638 MERCURE DE FRANCE
teffe s'étoit déterminée à envoyer des Troupes au
fecours de cette Place , dont elle s'eft emparée
pendant la derniere revolution .
La Princefle Dolhorucki, qui a eu l'honneur
d'être fiancée au feu Czar , a obtenu la permiffion
de fe retirer dans un Convent qui a été bati depuis
deux ans à quelques lieues de Mofcou
E Comte de Munich a envoyé à Mofcou un
Mémoire d'un Ingenieur fort expert , &qu'on
a fait venir de Hollande pour examiner le nouveau
Canal dont l'entretien a couté plus de deux
millions de Roubles depuis le Regne du Czar
Pierre I. Cet Ingenieur prétend qu'on ne parvien
dra jamais à rendre ce Canal utile au Commerce,
fi on ne trouve pas le moyen d'arrêter par des
digues & des eclufes les inondations fubites que
le Lac de Ladoga caufe vers le Printems & dans
l'Automne , parceque ces inondations apportent
en deux ou trois heures dans le Canal plus de
fable ques ou 6000. hommes n'en pourroient
Ster pendant un Eté.
Dans une Audience que le Comte de Wratiflaw
, Ambaffadeur Extraordinaire de l'Empereur
à Moscou , eut fur la fin du mois dernier , la
Czarine lui fit entendre qu'elle efperoit que l'Empereur
n'ordonneroit rien de contraire au deffein
que le Duc de Meckelbourg avoit formé de rentrer
en poffeffion de fon Duché , & que même
S. M. Imp. le favoriferoit s'il étoit neceffaire &c
Ce Miniftre qui n'avoit point d'inftructions fur
cette affaire , dépecha le foir un Courrier à Vien
ne pour donner avis de ce qui s'étoit paffé le ma
tin. Le bruit court que S. M. Cz. a donné des
ordres pour faire marcher vers le Duché de Mec--
kelbourg les Troupes Mofcovites qui font fur les
Frontieres de Lithuanie .
M. de Nieplief , Reſident de la Czarine à Conf
tantinople , a depêché un Courier à Moscou pour
donner avis que le Gr. S. ayant été informé que
le nouveau Roi de Perfe marchoit vers Tauris
avec une Armée de 70000. hommes. Sa Hautelle
我
1638 MERCURE DE FRANCE
teffe s'étoit déterminée à envoyer des Troupes au
fecours de cette Place , dont elle s'eft emparée
pendant la derniere revolution .
La Princefle Dolhorucki, qui a eu l'honneur
d'être fiancée au feu Czar , a obtenu la permiffion
de fe retirer dans un Convent qui a été bati depuis
deux ans à quelques lieues de Mofcou
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Résumé : RUSSIE.
Le texte relate divers événements diplomatiques en Russie. Un ingénieur hollandais, envoyé à Moscou, a inspecté un nouveau canal dont l'entretien a coûté plus de deux millions de roubles depuis le règne du tsar Pierre I. Il a recommandé la construction de digues et d'écluses pour prévenir les inondations du lac Ladoga, qui apportent du sable en grande quantité. Le comte de Wratislaw, ambassadeur extraordinaire de l'empereur à Moscou, a informé la tsarine que l'empereur ne s'opposerait pas aux plans du duc de Meckelbourg de reprendre son duché. La tsarine a espéré que l'empereur soutiendrait cette entreprise si nécessaire. Le comte a envoyé un courrier à Vienne pour rapporter cette audience. Des troupes moscovites aux frontières de Lituanie pourraient se diriger vers le duché de Meckelbourg. M. de Nieplief, résident de la tsarine à Constantinople, a informé Moscou que le sultan ottoman, apprenant que le nouveau roi de Perse marchait vers Tauris avec 70 000 hommes, avait décidé d'envoyer des troupes pour défendre cette place, récemment conquise. Enfin, la princesse Dolgorouki, fiancée au défunt tsar, a obtenu la permission de se retirer dans un couvent situé près de Moscou, construit il y a deux ans.
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4883
p. 163-164
V.
Début :
Suite de Planches gravées d'après nature, & tirées des meilleurs ouvrages de botanique, [...]
Mots clefs :
Planches gravées, Botanique, Nature, Plantes, Médecin, Histoire, Entreprise
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texteReconnaissance textuelle : V.
V.
Suite de Planches gravées d'après nature ,
&tirées des meilleurs ouvrages de botanique
, pour ſervir d'intelligence à
un traité complet qui eſt actuellement
fous preſſe , & qui a pour titre : Hifzoire
univerſelle & raisonnée des Végétaux
, connus ſous tous les différens
aſpects poſſibles : ou Dictionnaire de
phyſique , naturel & économique de
toutes les plantes qui ornent la ſurface
du Globe , par M. Buchoz , médecin
botaniſte du feu Roi de Pologne. Centurie
I. A Paris , chez Lacombe , libraire',
rue Chriſtine .
Ces planches font de format in -folio,
&gravées avec ſoin. On les publie avant
l'hiſtoire intéreſſante , dont le prospectus
paroîtra inceflamment , parce qu'étant
la partie de l'ouvrage la plus longue ,
la plus dispendieuſe & la plus difficile
à exécuter elles auroient pu , fans
cette précaution , occaſionner du retard
,
164 MERCURE DE FRANCE.
dans une entrepriſe de la nature de celleci.
On diſtribuera régulièrement , à commencer
dupremier Octobre préſent mois,
tous les quinze jours dix planches du
même format que celles que nous venons
d'annoncer. Les premières planches feront
-précisément les mêmes que celles qui ſe
trouvent dans l'Herbier d'Amboine , rédigé
par Rumphe , & mis au jour par M.
Burman , l'auteur ayant fait l'acquifition
de ces planches ; mais on y joindra d'autres
planches neuves gravées avec ſoin ,
&les plantes y feront déignées par les
noms triviaux de Linnæus .
Les connoiffances ſupérieures du médecin
Lorrain , les ſoins qu'il ſe donne
pour répondre aux deſirs de ſes ſoufcripteurs,
lui ont mérité la confiance & l'eftime
du public , &doivent bien faire augurer
de cette nouvelle entrepriſe trèspropre
àfavorifer les progrès de ceux qui
s'adonnent à l'étude de l'Hiſtoire Naturelle
,&de la Botanique principalement.
Le prix de chaque décade eſt de 3 liv.
On peut s'adreſſer pour ſe les procurer ,
à l'auteur , rue de Touraine , près celle
des Cordeliers , ou au libraire ci-deſſus
indiqué,
Suite de Planches gravées d'après nature ,
&tirées des meilleurs ouvrages de botanique
, pour ſervir d'intelligence à
un traité complet qui eſt actuellement
fous preſſe , & qui a pour titre : Hifzoire
univerſelle & raisonnée des Végétaux
, connus ſous tous les différens
aſpects poſſibles : ou Dictionnaire de
phyſique , naturel & économique de
toutes les plantes qui ornent la ſurface
du Globe , par M. Buchoz , médecin
botaniſte du feu Roi de Pologne. Centurie
I. A Paris , chez Lacombe , libraire',
rue Chriſtine .
Ces planches font de format in -folio,
&gravées avec ſoin. On les publie avant
l'hiſtoire intéreſſante , dont le prospectus
paroîtra inceflamment , parce qu'étant
la partie de l'ouvrage la plus longue ,
la plus dispendieuſe & la plus difficile
à exécuter elles auroient pu , fans
cette précaution , occaſionner du retard
,
164 MERCURE DE FRANCE.
dans une entrepriſe de la nature de celleci.
On diſtribuera régulièrement , à commencer
dupremier Octobre préſent mois,
tous les quinze jours dix planches du
même format que celles que nous venons
d'annoncer. Les premières planches feront
-précisément les mêmes que celles qui ſe
trouvent dans l'Herbier d'Amboine , rédigé
par Rumphe , & mis au jour par M.
Burman , l'auteur ayant fait l'acquifition
de ces planches ; mais on y joindra d'autres
planches neuves gravées avec ſoin ,
&les plantes y feront déignées par les
noms triviaux de Linnæus .
Les connoiffances ſupérieures du médecin
Lorrain , les ſoins qu'il ſe donne
pour répondre aux deſirs de ſes ſoufcripteurs,
lui ont mérité la confiance & l'eftime
du public , &doivent bien faire augurer
de cette nouvelle entrepriſe trèspropre
àfavorifer les progrès de ceux qui
s'adonnent à l'étude de l'Hiſtoire Naturelle
,&de la Botanique principalement.
Le prix de chaque décade eſt de 3 liv.
On peut s'adreſſer pour ſe les procurer ,
à l'auteur , rue de Touraine , près celle
des Cordeliers , ou au libraire ci-deſſus
indiqué,
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Résumé : V.
Le document présente la publication de l'ouvrage 'Histoire universelle & raisonnée des Végétaux' par M. Buchoz, médecin botaniste du défunt roi de Pologne. Cet ouvrage comprend des planches gravées d'après nature, issues des meilleurs ouvrages de botanique, et vise à constituer un dictionnaire complet des plantes du globe. Les planches, au format in-folio, seront publiées avant le texte principal pour éviter des retards. Elles seront distribuées régulièrement à partir du 1er octobre, toutes les deux semaines, en séries de dix planches. Les premières planches proviennent de l''Herbier d'Amboine' de Rumphe, édité par Burman, et incluront aussi de nouvelles planches gravées avec soin, accompagnées des noms triviaux de Linné. Chaque série de dix planches coûte trois livres. Les commandes peuvent être passées auprès de l'auteur ou du libraire Lacombe, rue Christine à Paris. La compétence de M. Buchoz et son engagement envers ses abonnés sont mis en avant pour garantir le succès de cette entreprise, particulièrement utile pour les amateurs d'histoire naturelle et de botanique.
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4884
p. 785-786
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 16. du mois on apprit à Londres par les [...]
Mots clefs :
Londres, Ambassadeur extraordinaire, Chambre des pairs, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 16. du mois on apprit à Londres par les
Lettres de Winchester , que le Chevalier Ba
ronet Simon Clark et M. Robert Arnot , Lieutenant
d'Infanterie , y avoient été jugez et con→
damnez à mort pour vol de grand chemin.
On a appris depuis que le Grand- Scherif et le
Grand-Juré du Comté de Southampton , ont envoyé
une Adresse au Roi , pour le prier d'accor
der des Lettres de grace à ces deux Criminels
Gentilshommes de ce Comté. Le Roi a renvoyé
cette Adresse aux douze Grands-Juges pour examiner
cette affaire et lui en faire leur rapport , et
S. M. a accordé un répit sans terme limité.
Le Roi a accordé au Comte d'Essex , son Ambassadeur
Extraordinaire à la Cour du Roi de
Sardaigne , 1500. livres sterlins pour ses Equipages
, et 8. liv. sterl . par jour pour son entretien
ordinaire pendant le temps de son Ambassade.
Le premier Avril , un Courrier de Vienne ar
riva à Londres avec la copie d'un Traité conclu
entre l'Empereur et S. M. Brit.
La Chambre des Pairs , ayant fait deux
Fectures du Bil passé dans la Chambre des Communes
,pour exclure de cette Chambre les Membres
qui jouissent des Pensions du Roi , ou qui
786 MERCURE DE FRANCE
ont des Charges à la Cour , il y eut des contesta
tions qui durerent jusqu'à huit heures du soir
et ce Bill fut rejetté à la pluralité de 36.voix contre
40. Le lendemain , 27.. Membres de cette
Chambre signerent la protestation qu'ils avoient
faite la veille contre cette résolution , et ils firent
enregistrer leur Protestation .
Quelques Membres de la Chambre des Communes
ayant proposé de dresser une Liste de ceux
qui jouissent des Pensions de la Cour directement
ou indirectement, ou qui ont des Charges auprès
du Roy , sous le nom de Titulaires supposez ,
cette proposition fut rejettée à la pluralité de 2 06.
voix contre 143 .
La même Chambre a passé un Bill par lequel
il est ordonné de faire dorénavant les Procedures
en Anglois dans tous les Tribunaux de ce
Royaume.
Le 13. de ce mois , le Prince de Galles , la
Princesse Royale et la Princesse Caroline , allerent
au Théatre de Drury- Lane , voir la Tragedie
intitulée > Tout pour l'Amour , ou le Monde
bien perdu.
Le 31. du mois dernier , le feu prit dans la petite
Ville d'Enniscorthy , du Comté de Wexford,
et en moins de trois heures , il y eut 42. Maisons
de Manufacturiers qui ne purent rien sauver
de leurs Effets.
* Le Roi Guillaume I. Duc de Normandie ,
après avoir conquis l'Angleterre , introduisit
plusieurs Loix de Normandie , ordonnant qu'elles
seroient écrites en Langue Françoise, et que
les Causes seroient plaidées aussi en François,
et que les matieres importantes qui demandoient
quelque formalité , seroeint aussi expediées en
François. La plupart des termes de Pratique sont
encore aujourd'hui en Latin ou en François .
E 16. du mois on apprit à Londres par les
Lettres de Winchester , que le Chevalier Ba
ronet Simon Clark et M. Robert Arnot , Lieutenant
d'Infanterie , y avoient été jugez et con→
damnez à mort pour vol de grand chemin.
On a appris depuis que le Grand- Scherif et le
Grand-Juré du Comté de Southampton , ont envoyé
une Adresse au Roi , pour le prier d'accor
der des Lettres de grace à ces deux Criminels
Gentilshommes de ce Comté. Le Roi a renvoyé
cette Adresse aux douze Grands-Juges pour examiner
cette affaire et lui en faire leur rapport , et
S. M. a accordé un répit sans terme limité.
Le Roi a accordé au Comte d'Essex , son Ambassadeur
Extraordinaire à la Cour du Roi de
Sardaigne , 1500. livres sterlins pour ses Equipages
, et 8. liv. sterl . par jour pour son entretien
ordinaire pendant le temps de son Ambassade.
Le premier Avril , un Courrier de Vienne ar
riva à Londres avec la copie d'un Traité conclu
entre l'Empereur et S. M. Brit.
La Chambre des Pairs , ayant fait deux
Fectures du Bil passé dans la Chambre des Communes
,pour exclure de cette Chambre les Membres
qui jouissent des Pensions du Roi , ou qui
786 MERCURE DE FRANCE
ont des Charges à la Cour , il y eut des contesta
tions qui durerent jusqu'à huit heures du soir
et ce Bill fut rejetté à la pluralité de 36.voix contre
40. Le lendemain , 27.. Membres de cette
Chambre signerent la protestation qu'ils avoient
faite la veille contre cette résolution , et ils firent
enregistrer leur Protestation .
Quelques Membres de la Chambre des Communes
ayant proposé de dresser une Liste de ceux
qui jouissent des Pensions de la Cour directement
ou indirectement, ou qui ont des Charges auprès
du Roy , sous le nom de Titulaires supposez ,
cette proposition fut rejettée à la pluralité de 2 06.
voix contre 143 .
La même Chambre a passé un Bill par lequel
il est ordonné de faire dorénavant les Procedures
en Anglois dans tous les Tribunaux de ce
Royaume.
Le 13. de ce mois , le Prince de Galles , la
Princesse Royale et la Princesse Caroline , allerent
au Théatre de Drury- Lane , voir la Tragedie
intitulée > Tout pour l'Amour , ou le Monde
bien perdu.
Le 31. du mois dernier , le feu prit dans la petite
Ville d'Enniscorthy , du Comté de Wexford,
et en moins de trois heures , il y eut 42. Maisons
de Manufacturiers qui ne purent rien sauver
de leurs Effets.
* Le Roi Guillaume I. Duc de Normandie ,
après avoir conquis l'Angleterre , introduisit
plusieurs Loix de Normandie , ordonnant qu'elles
seroient écrites en Langue Françoise, et que
les Causes seroient plaidées aussi en François,
et que les matieres importantes qui demandoient
quelque formalité , seroeint aussi expediées en
François. La plupart des termes de Pratique sont
encore aujourd'hui en Latin ou en François .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, Simon Clark et Robert Arnot ont été condamnés à mort pour vol de grand chemin. Leur demande de grâce a été renvoyée aux Grands-Juges pour examen, et un répit sans terme limité leur a été accordé. Le roi a également alloué des fonds au comte d'Essex, ambassadeur en Sardaigne. Un traité entre l'empereur et le roi de Grande-Bretagne a été signé. À la Chambre des Pairs, une proposition visant à exclure les membres jouissant de pensions royales a été rejetée, et 27 membres ont protesté. À la Chambre des Communes, une proposition similaire a été rejetée, et un bill ordonnant l'usage de l'anglais dans les tribunaux a été adopté. Le prince de Galles et les princesses ont assisté à une pièce de théâtre. Un incendie a détruit 42 maisons à Enniscorthy. Guillaume I a introduit des lois normandes en langue française après la conquête de l'Angleterre.
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4885
p. 168-169
De Strasbourg, [titre d'après la table]
Début :
On mande de Strasbourg du 27. du passé qu'on y avoit [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Strasbourg, [titre d'après la table]
On mande de Strasbourg
du 27. du passé qu'on y avoit
arrêté plusieurs Particuliersde
cette Ville, pour avoir,contreles
deffenses, fait passer de
l'argent deFrance dans lesEtats
d'Allemagne, & que la Revûë
des Troupes qui sont dans cette
Province, étoit fixée au 20.
de ce mois.
Le neuf on y asaisi deux
, caisses
caisses qui passoient dans l'Empire,
remplies de loüis d'or au
coin de France;ces caisses estoient
dans des balots de laine,
& on ne les a arrestéesquepar
soupçon.
du 27. du passé qu'on y avoit
arrêté plusieurs Particuliersde
cette Ville, pour avoir,contreles
deffenses, fait passer de
l'argent deFrance dans lesEtats
d'Allemagne, & que la Revûë
des Troupes qui sont dans cette
Province, étoit fixée au 20.
de ce mois.
Le neuf on y asaisi deux
, caisses
caisses qui passoient dans l'Empire,
remplies de loüis d'or au
coin de France;ces caisses estoient
dans des balots de laine,
& on ne les a arrestéesquepar
soupçon.
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4886
p. 169-171
LIVRE NOUVEAU.
Début :
Il paroist un Livre nouveau, qui a pour Titre, Epigrammes, [...]
Mots clefs :
Livre nouveau, Nation, Monsieur Le Brun
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texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU.
LIVRE NOUVEAU.
་
M
Il paroift un Livre nouveau ,
qui a pour Titre, Epigrammes,
Madrigaux & Chanfons , par·
Monfieur le Brun . L'Auteur
eft connu par plufieurs ouvrages
qu'il a donné au public.
Ce dernier dont il enrichicla
Republique des Lettres,
peur paffer pour Original en
noftre langue. Nous n'avons
point de Poëte François qui
ait donné un Volume auffi
rempli que celui- ci , ny qui
ait excellé dans ce gepre de
Mars
1714.
Р
170 } MERCURE
Poëfie , dont on a prefque
perdu le goût , ou du moins
l'uſage. Il feroic à ſouhaiter
que l'un & l'autre ſe rétablit.
Ces Poëfies font amufantes ,
agréables & inftructives . Leur
peu d'étendue & leur varieté
conviennent au genie de nôtre
Nation , & que les ouvrages
longs, quoique beaux , courent
rifquent d'ennuier. La Galanterie
& la Satire , qui font l'ame
de la Poëfic , & dont l'auteur
affaifonne la fienne , réveillent
& piquent l'efprit &
l'attention des lecteurs, On
doit fçavoir bon gré à MonGALANT.
170
Lieur le Brun de frayer un
chemin fi peu battu en ce Païs,
& de tâcher de remettre en
vogue un Poëme fi utile & fi
convenable à noftre Nation
& dont les plus beaux genies
& les plus grands hommes de
l'antiquité ont fait leurs delices.
On peut juger du refte
du Livre , par ces échantillons..
Ce Livre fe vend fur le
Quay des Auguftins , chez
Nicolas le Breton , à la Fortune.
་
M
Il paroift un Livre nouveau ,
qui a pour Titre, Epigrammes,
Madrigaux & Chanfons , par·
Monfieur le Brun . L'Auteur
eft connu par plufieurs ouvrages
qu'il a donné au public.
Ce dernier dont il enrichicla
Republique des Lettres,
peur paffer pour Original en
noftre langue. Nous n'avons
point de Poëte François qui
ait donné un Volume auffi
rempli que celui- ci , ny qui
ait excellé dans ce gepre de
Mars
1714.
Р
170 } MERCURE
Poëfie , dont on a prefque
perdu le goût , ou du moins
l'uſage. Il feroic à ſouhaiter
que l'un & l'autre ſe rétablit.
Ces Poëfies font amufantes ,
agréables & inftructives . Leur
peu d'étendue & leur varieté
conviennent au genie de nôtre
Nation , & que les ouvrages
longs, quoique beaux , courent
rifquent d'ennuier. La Galanterie
& la Satire , qui font l'ame
de la Poëfic , & dont l'auteur
affaifonne la fienne , réveillent
& piquent l'efprit &
l'attention des lecteurs, On
doit fçavoir bon gré à MonGALANT.
170
Lieur le Brun de frayer un
chemin fi peu battu en ce Païs,
& de tâcher de remettre en
vogue un Poëme fi utile & fi
convenable à noftre Nation
& dont les plus beaux genies
& les plus grands hommes de
l'antiquité ont fait leurs delices.
On peut juger du refte
du Livre , par ces échantillons..
Ce Livre fe vend fur le
Quay des Auguftins , chez
Nicolas le Breton , à la Fortune.
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Résumé : LIVRE NOUVEAU.
Le texte annonce la publication du livre 'Epigrammes, Madrigaux & Chanfons' par Monsieur le Brun, un auteur déjà connu pour plusieurs ouvrages. Cet ouvrage, publié en mars 1714, est le premier du genre en langue française. Il vise à rétablir la poésie, dont le goût et l'usage se sont presque perdus. Les poèmes sont décrits comme amusants, agréables et instructifs, convenant au génie de la nation française. Ils sont courts et variés, évitant ainsi l'ennui des œuvres longues. La galanterie et la satire présents dans ces poèmes stimulent l'esprit et l'attention des lecteurs. L'auteur est loué pour avoir exploré un genre poétique peu pratiqué en France et pour avoir tenté de le remettre en vogue. Le livre est disponible à la vente sur le Quay des Augustins, chez Nicolas le Breton, à la Fortune.
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4887
p. 169-171
Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Début :
Je cherche à profiter de tout, Messieurs, pour vous amuser [...]
Mots clefs :
Muses, Nouvelles étrangères
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Je cherche à profiter de
tout , Meffieurs , pour vous
amuter ,&je ne refuſe aucune
des choſes ſingulieres qui
viennent àma connoiffance ,
des Pays Etrangers , du nôtre,
&de ceux des Lettres &de la
Galanterie. Il n'a tenu qu'à
vous de lire les Nouvelles
Etrangeres , celles de cePayscy
auront leur tour , voyons
donc maintenant , s'il vous
plaiſt , ce qui ſe paſſe dans ceuy
des Muſes.
Jene doute pas que le caquet
de ces babillardes n'ait depuis
long-temps étourdi vos oreil-
Decembre 1714. P
170 MERCURE
les , j'apprehende même que
ce que j'ay à vous conter de
leursdernieres affaires ne vous
ennuye , non par la qualité ,
mais par la quantité des choſes
que j'ay à vous en dire. Au
reſte la lecture de cette Hiſtoire
divertira ceux qui aiment
la Poëfie ,ceux qui ne l'aiment
pas , lapaſſeront. Voicy àbon
compte de quoy il s'agit .
On remet fur le tapis une
des plus jolies querelles du
ſiecle paſſe: on fait des Sonnets
à l'imitation de ceux qui furentfaits
pour la belle matineuſe
, quelques uns preten
GALANT. 178
dent que ceux des modernes
effacent ceux de Voiture & de
Malleville ; mais ceux qui con
fervent encore un précieux
ſouvenir des ouvrages de ce
temps-là , ſoutiennent qu'ils
n'en approchent pas.
tout , Meffieurs , pour vous
amuter ,&je ne refuſe aucune
des choſes ſingulieres qui
viennent àma connoiffance ,
des Pays Etrangers , du nôtre,
&de ceux des Lettres &de la
Galanterie. Il n'a tenu qu'à
vous de lire les Nouvelles
Etrangeres , celles de cePayscy
auront leur tour , voyons
donc maintenant , s'il vous
plaiſt , ce qui ſe paſſe dans ceuy
des Muſes.
Jene doute pas que le caquet
de ces babillardes n'ait depuis
long-temps étourdi vos oreil-
Decembre 1714. P
170 MERCURE
les , j'apprehende même que
ce que j'ay à vous conter de
leursdernieres affaires ne vous
ennuye , non par la qualité ,
mais par la quantité des choſes
que j'ay à vous en dire. Au
reſte la lecture de cette Hiſtoire
divertira ceux qui aiment
la Poëfie ,ceux qui ne l'aiment
pas , lapaſſeront. Voicy àbon
compte de quoy il s'agit .
On remet fur le tapis une
des plus jolies querelles du
ſiecle paſſe: on fait des Sonnets
à l'imitation de ceux qui furentfaits
pour la belle matineuſe
, quelques uns preten
GALANT. 178
dent que ceux des modernes
effacent ceux de Voiture & de
Malleville ; mais ceux qui con
fervent encore un précieux
ſouvenir des ouvrages de ce
temps-là , ſoutiennent qu'ils
n'en approchent pas.
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Résumé : Nouvelles de Paris. [titre d'après la table]
Le document est une introduction à une publication périodique de décembre 1714. L'auteur y annonce son intention de diffuser des nouvelles diverses, locales et étrangères, ainsi que des sujets littéraires et mondains. Bien que les lecteurs puissent déjà être informés par d'autres sources, l'auteur souhaite offrir des sujets intéressants. Il aborde également une controverse littéraire sur les sonnets. Certains jugent que les sonnets contemporains surpassent ceux de Voiture et Malleville, tandis que d'autres, nostalgiques des œuvres passées, estiment que les modernes ne les égalent pas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4888
p. 147-149
« Le 6 Janvier, Fête des Rois, l'Académie Royale de Musique [...] »
Début :
Le 6 Janvier, Fête des Rois, l'Académie Royale de Musique [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Opéra, Comédiens-Italiens, Parodie, Comédie, Carnaval
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texteReconnaissance textuelle : « Le 6 Janvier, Fête des Rois, l'Académie Royale de Musique [...] »
Le 6 Janvier , Fête des Rois , l'Aca
démie Royale de Musique , qui continue
toujours
148 MERCURE DE FRANCE
toujours les Représentations de Phaéton ,
avec un tres-grand concours , donna le
premier Bal de cette année sur le Théatre
de l'Opera , qu'elle continuera de
donner differens jours de la semaine ,
pendant le Carnaval .
›
Les Comédiens Italiens ont perdu l'un
de leurs meilleurs sujets , en la personne
de Pierre Alborghet , natif de Venise
connu sous le nom de Pantalon , qui
mourut le 4 de ce mois , âgé d'environ
55 ans , après une longue maladie . C'étoit
un homme d'une probité reconnue ,
et un excellent sujet dans sa profession;
il jouoit ordinairement dans les Pieces
Italiennes , en habit de Noble Venitien ,
et sous le Masque , d'une maniere inimitable.
Les amateurs de la Comedie
Italienne le regrettent fort. Son jeu étoit
naturel , plein d'action , animé et dans
le vrai goût de son païs. Il a été inhumé
à S. Eustache sa Paroisse , aprés avoir
reçu tous ses Sacremens .
,
Le 12. les mêmes Comédiens remirent
au Theatre la Parodie du Mari joueur, et
de la Femme bigotte , Scenes Italiennes
jouées sur le Theatre de l'Opera. La Damoiselle
Thomassin doubla pour la premiere
fois le Rôle de Serpilla , qu'elle
joua avec beaucoup de vivacité , et fut
fort aplaudie.
La
JANVIER. 1731 . 149
Le 24. les mêmes Comediens donnerent
la premiere Représentation d'une
petite Comédie en vers Alexandrins , et
en un acte , intitulée Bolus , qui a été
reçuë fort favorablement du public , C'est
une Parodie de la Tragedie nouvelle de
Brutus , qui a été Jouée au Theatre François.
On en parlera plus au long.
Le 28 Decembre , Fête des SS . Innocens
on ouvrit , selon la coutume
les Theatres de Rome , et on représenta
sur celui de Capranica , l'Opera de l'Adone
, Roy de Chipre ; et sur celui de
Don Dominique Walle , des Comédies
à l'improviste.
démie Royale de Musique , qui continue
toujours
148 MERCURE DE FRANCE
toujours les Représentations de Phaéton ,
avec un tres-grand concours , donna le
premier Bal de cette année sur le Théatre
de l'Opera , qu'elle continuera de
donner differens jours de la semaine ,
pendant le Carnaval .
›
Les Comédiens Italiens ont perdu l'un
de leurs meilleurs sujets , en la personne
de Pierre Alborghet , natif de Venise
connu sous le nom de Pantalon , qui
mourut le 4 de ce mois , âgé d'environ
55 ans , après une longue maladie . C'étoit
un homme d'une probité reconnue ,
et un excellent sujet dans sa profession;
il jouoit ordinairement dans les Pieces
Italiennes , en habit de Noble Venitien ,
et sous le Masque , d'une maniere inimitable.
Les amateurs de la Comedie
Italienne le regrettent fort. Son jeu étoit
naturel , plein d'action , animé et dans
le vrai goût de son païs. Il a été inhumé
à S. Eustache sa Paroisse , aprés avoir
reçu tous ses Sacremens .
,
Le 12. les mêmes Comédiens remirent
au Theatre la Parodie du Mari joueur, et
de la Femme bigotte , Scenes Italiennes
jouées sur le Theatre de l'Opera. La Damoiselle
Thomassin doubla pour la premiere
fois le Rôle de Serpilla , qu'elle
joua avec beaucoup de vivacité , et fut
fort aplaudie.
La
JANVIER. 1731 . 149
Le 24. les mêmes Comediens donnerent
la premiere Représentation d'une
petite Comédie en vers Alexandrins , et
en un acte , intitulée Bolus , qui a été
reçuë fort favorablement du public , C'est
une Parodie de la Tragedie nouvelle de
Brutus , qui a été Jouée au Theatre François.
On en parlera plus au long.
Le 28 Decembre , Fête des SS . Innocens
on ouvrit , selon la coutume
les Theatres de Rome , et on représenta
sur celui de Capranica , l'Opera de l'Adone
, Roy de Chipre ; et sur celui de
Don Dominique Walle , des Comédies
à l'improviste.
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Résumé : « Le 6 Janvier, Fête des Rois, l'Académie Royale de Musique [...] »
Le 6 janvier, l'Académie Royale de Musique a organisé le premier bal de l'année au Théâtre de l'Opéra, marquant la Fête des Rois avec des représentations de 'Phaéton'. Ces bals se poursuivront divers jours de la semaine pendant le Carnaval. Le 4 janvier, les Comédiens Italiens ont perdu Pierre Alborghet, connu sous le nom de Pantalon, décédé à environ 55 ans après une longue maladie. Natif de Venise, il était reconnu pour sa probité et son excellence dans sa profession. Il jouait souvent dans des pièces italiennes en habit de noble vénitien et sous le masque. Il a été inhumé à l'église Saint-Eustache. Le 12 janvier, les Comédiens Italiens ont repris la parodie du 'Mari joueur' et de 'la Femme bigotte', avec la demoiselle Thomassin interprétant Serpilla pour la première fois. Le 24 janvier, ils ont présenté 'Bolus', une petite comédie en vers alexandrins parodiant la tragédie 'Brutus'. Le 28 décembre, les théâtres de Rome ont ouvert avec la représentation de l'opéra 'l'Adone, Roy de Chipre' et des comédies improvisées.
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4889
p. 174-176
A MONSIEUR DE LA MOTTE Sur les dernieres Fables qu'il recita à l'Academie Françoise.
Début :
De tous les lieux de son Domaine, [...]
Mots clefs :
Discours, Parnasse, Vérité, Colère, Élégance, Noblesse, La Motte
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR DE LA MOTTE Sur les dernieres Fables qu'il recita à l'Academie Françoise.
A MONSIEUR DE LA MOTTE
Sur les dernieves Fables qu'il recita
à l'Academie Françoise. DE tous les lieux deson Domaine
- ,
Apollon fit hier convoquer
TOUJ.gens,frequcfltans l'Hypocréne, (Nulnecrut devoirymeMcjtttr. )
L(Ffq:lc chaqu'un ût pris sa place , Maints bèaux discours l'on debita;
Puis un des Menins du- Parnasse
, Fablesen vers nous recita :
Fables, de nom, car je puis dire,
Que c'étoientbelles-Veritez,
£$ue L'on apercevoit reluire
Sous d'agréablesfaussetez,.
Ovais, dit lorsÆsope en colére
3
Ce Drole a, ma foi, pirate >
C'estlàmon tour, c'est ma manière
,i->,-n.t_/?/•;?/?/c;?^•/?><té.
1 ; recoanon mon élegance,
*
Feynt Phèdre bri'^i't.e.-ncnty
/, v- 1 Ji ,.. "-,, .,..,
S !i-i-onencoreen France
A : c.\},'Í?n:;' é'.-'iAmn?** ?
G •: to:t: ri oaxMi If;eurs du Vic:1 a^e!
}):•.laF'jy'ta'KCy an tour h?ave'ix-,
]).¡;?S moi (If! ilal'{iVA::ta]S
n; z'ciis
retrouver tous les deux ;
():!,l. , a ti'l1 tgauit b1 addr/ia^e , h [•rotelie cjhc c'ep mo-i bien
,
C-:<n;nc:nparun nouvel ttfuge
,
Ce Asa!ois l\\-i-d renàu (len ?
Am? 7''f ra:.ï
,
de laNauare lpf,-: j'il;n"Ur; liberté:
Aïais il a fltr rmi,le La ï\,II./:- & la Ma:e;}/.
C 11}'i'';:r fn homme4? MU CI que,
I<-prit îl>.-t.re!)i>-c?ùr>i
Si', Vcrs-o<:!Li:ai 2['.il TI:,
• J; l'avo'':?()> ce) "*; t,
Asa:; e-i e ?\.ut>.>o a h a ¿':.f:fe,
l'..: ¡ ~": r -ïv'y•-~ 1.1:lt, fr-3 r :/ : !l -- j /1 ; f. --:-*7 7.
, r, : - v ,
,
~)..J .j' , :-.:< '
La Motte,ilfaut que ton Ouvrage
Au Parnasse fait imprimé.
Sur les dernieves Fables qu'il recita
à l'Academie Françoise. DE tous les lieux deson Domaine
- ,
Apollon fit hier convoquer
TOUJ.gens,frequcfltans l'Hypocréne, (Nulnecrut devoirymeMcjtttr. )
L(Ffq:lc chaqu'un ût pris sa place , Maints bèaux discours l'on debita;
Puis un des Menins du- Parnasse
, Fablesen vers nous recita :
Fables, de nom, car je puis dire,
Que c'étoientbelles-Veritez,
£$ue L'on apercevoit reluire
Sous d'agréablesfaussetez,.
Ovais, dit lorsÆsope en colére
3
Ce Drole a, ma foi, pirate >
C'estlàmon tour, c'est ma manière
,i->,-n.t_/?/•;?/?/c;?^•/?><té.
1 ; recoanon mon élegance,
*
Feynt Phèdre bri'^i't.e.-ncnty
/, v- 1 Ji ,.. "-,, .,..,
S !i-i-onencoreen France
A : c.\},'Í?n:;' é'.-'iAmn?** ?
G •: to:t: ri oaxMi If;eurs du Vic:1 a^e!
}):•.laF'jy'ta'KCy an tour h?ave'ix-,
]).¡;?S moi (If! ilal'{iVA::ta]S
n; z'ciis
retrouver tous les deux ;
():!,l. , a ti'l1 tgauit b1 addr/ia^e , h [•rotelie cjhc c'ep mo-i bien
,
C-:<n;nc:nparun nouvel ttfuge
,
Ce Asa!ois l\\-i-d renàu (len ?
Am? 7''f ra:.ï
,
de laNauare lpf,-: j'il;n"Ur; liberté:
Aïais il a fltr rmi,le La ï\,II./:- & la Ma:e;}/.
C 11}'i'';:r fn homme4? MU CI que,
I<-prit îl>.-t.re!)i>-c?ùr>i
Si', Vcrs-o<:!Li:ai 2['.il TI:,
• J; l'avo'':?()> ce) "*; t,
Asa:; e-i e ?\.ut>.>o a h a ¿':.f:fe,
l'..: ¡ ~": r -ïv'y•-~ 1.1:lt, fr-3 r :/ : !l -- j /1 ; f. --:-*7 7.
, r, : - v ,
,
~)..J .j' , :-.:< '
La Motte,ilfaut que ton Ouvrage
Au Parnasse fait imprimé.
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4890
p. 167-169
« Cecy se passa à Sorges proche d'Anger, qui est le Lieu [...] »
Début :
Cecy se passa à Sorges proche d'Anger, qui est le Lieu [...]
Mots clefs :
Prétendus réformés, Temple, Erreur, Abjuration, Cathédrale, Cérémonie, Profession de foi
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texteReconnaissance textuelle : « Cecy se passa à Sorges proche d'Anger, qui est le Lieu [...] »
Cecy
Se paffa à Sorges proche
d'Angers, qui eft le Lieu
où les Prétendus
Réformez
ont leur Temple, le
Feudy 3. defuin & comme
la déclaration qu'ils
venoient d'y faire , de-
;
mandoit uneprompte abjuration
de leurs erreurs,
ils ne la
remirent queïufqu'au
Dimachefuivant
168
6.du mefme mois. C'ef
toit le jour de la Pentecofte.
Outre le grand
monde que la folemnité
de la Fefte avoit attiré
dans la Cathédrale , le
bruit qui s'eftoit répandu
par tout de cette Abjuration
, y avoit encore fait
venir une infinité de Per
fonnes de toutes conditions.
La Cerémonie s'en
fit fi-tost qu'on eut achevé
de chanter les Vef
pres. M' l'Evefque
d' Angers
,
169
d'Angers, revesti de fer
Habits Pontificaux , la
commença par le Veni
Creator , reçeut en
fuite la Profeßion de Foy
de M Courdil , & de
Mr Gilly. La fermeté
avec laquelle ils la prononcerent,
fit affez voir
avecquelles férieufes réfléxions
ils s'eftoient portez
à un changement de
cette importance.
Se paffa à Sorges proche
d'Angers, qui eft le Lieu
où les Prétendus
Réformez
ont leur Temple, le
Feudy 3. defuin & comme
la déclaration qu'ils
venoient d'y faire , de-
;
mandoit uneprompte abjuration
de leurs erreurs,
ils ne la
remirent queïufqu'au
Dimachefuivant
168
6.du mefme mois. C'ef
toit le jour de la Pentecofte.
Outre le grand
monde que la folemnité
de la Fefte avoit attiré
dans la Cathédrale , le
bruit qui s'eftoit répandu
par tout de cette Abjuration
, y avoit encore fait
venir une infinité de Per
fonnes de toutes conditions.
La Cerémonie s'en
fit fi-tost qu'on eut achevé
de chanter les Vef
pres. M' l'Evefque
d' Angers
,
169
d'Angers, revesti de fer
Habits Pontificaux , la
commença par le Veni
Creator , reçeut en
fuite la Profeßion de Foy
de M Courdil , & de
Mr Gilly. La fermeté
avec laquelle ils la prononcerent,
fit affez voir
avecquelles férieufes réfléxions
ils s'eftoient portez
à un changement de
cette importance.
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Résumé : « Cecy se passa à Sorges proche d'Anger, qui est le Lieu [...] »
Le 6 juin 1686, à Sorges près d'Angers, des protestants appelés 'Prétendus Réformés' ont abjuré leurs croyances lors d'une cérémonie à la cathédrale. Après les vêpres, l'évêque d'Angers, en habits pontificaux, a chanté le 'Veni Creator'. Deux hommes, M. Courdil et M. Gilly, ont déclaré solennellement leur conversion au catholicisme.
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4891
p. 147-149
« L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...] »
Début :
L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Jephté, Comédiens-Français, Académie française, Représentations
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texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...] »
L'Académie Royale de Musique doit
représenter au commencement du Carême prochain , Jephté, Tragédie nouvelle,
elle n'avoit point encore donné de Sujec
tiré de l'Histoire Sainte- et l'on étoit
justement surpris que le plus noble Spectacle de l'Europe fût privé d'un genre
dont tous les autres Théatres s'étoient
mis si utilement en possession..
Les Comédiens François ont reçu une
petite Comédie en Prose , qu'ils vont
jouer incessamment , intitulée la Tontine,
de la composition de M. le Sage.
Ils ontaussi reçû une autre petite Piece en
Vers, qu'on donnera dans peu sans doute,
pour la jouer dans sa saison ; car elle est
intitulée l'Hyver.Elle est de M.DallinvalLe.
48 MERCURE DE FRANCE
Le Vendredi 18. de ce mois , on don'
na au Théatre François la premiere Re
présentation du Glorieux , Comédie en
Vers et en cinq Actes , de M. Destouches,
de l'Académie Françoise ; elle fut gene
ralement applaudie,etelle est tous les jours
plus goûtée par de très- nombreuses Assemblées ; on peut dire qu'elle fait autant
d'honneur à son Auteur qu'elle fait de
plaisir au Public. Nous n'oublierons pas
d'en parler plus amplement ; le Lecteur
y perdroit trop.
Les Comédiens François ont représenté
à Versailles le Mardi 8. Janvier , le Phi
losophe Marié , et Crispin Medecin.
Le Jeudi 10. Iphigenie , et Attendez- moi sous l'orme.
Le Mardi 15. l'Avare , et les Plaideurs.
Le Jeudi 17. Electre , et lesFolies amou
reuses.
;
Le Mardi 22. Andromaque , et Crispin
bel-esprit.
Le Jeudi 24 le Medisant , et l'Avocat Patelin.
Le Mardi 29. le Glorieux , qui a eû un
aussi grand succès à la Cour qu'à Paris ,
et le bon Soldat.
Le Jeudi 31. Amasis , et le Medecin
malgré lui..
Le
JANVIER 1732 149
Le 5. les Comédiens Italiens representerent à la Cour , le Dedain affecté , et la
Petite Piece des Paysans de Qualité.
Le 12. Colombine, Avocat Pouret Contre,
Piece de l'ancien Théatre Italien , et les
Effets du Depit.
Le 14. les mêmes Comédiens remirent
au Théatre la Vie est un Songe , TragiComédie Italienne , en cinq Actes , tirée
de l'Espagnol , sous le titre de La Vida
es Sueno. Le sieur Lélio le fils y a joué le
Rôle de Sigismond , qui est le principal
de la Piece , avec applaudissement.
Le 21. ils donnerent une Piece nou
velle , qui a pour titre , Danaus , Tragi-comédie en Vers et en trois Actes ,
avec trois Intermedes dont on parlera
plus au long.
Le 26. ils représenterent à la Cour les
Deux Arlequins et la Folle Raisonnable.
représenter au commencement du Carême prochain , Jephté, Tragédie nouvelle,
elle n'avoit point encore donné de Sujec
tiré de l'Histoire Sainte- et l'on étoit
justement surpris que le plus noble Spectacle de l'Europe fût privé d'un genre
dont tous les autres Théatres s'étoient
mis si utilement en possession..
Les Comédiens François ont reçu une
petite Comédie en Prose , qu'ils vont
jouer incessamment , intitulée la Tontine,
de la composition de M. le Sage.
Ils ontaussi reçû une autre petite Piece en
Vers, qu'on donnera dans peu sans doute,
pour la jouer dans sa saison ; car elle est
intitulée l'Hyver.Elle est de M.DallinvalLe.
48 MERCURE DE FRANCE
Le Vendredi 18. de ce mois , on don'
na au Théatre François la premiere Re
présentation du Glorieux , Comédie en
Vers et en cinq Actes , de M. Destouches,
de l'Académie Françoise ; elle fut gene
ralement applaudie,etelle est tous les jours
plus goûtée par de très- nombreuses Assemblées ; on peut dire qu'elle fait autant
d'honneur à son Auteur qu'elle fait de
plaisir au Public. Nous n'oublierons pas
d'en parler plus amplement ; le Lecteur
y perdroit trop.
Les Comédiens François ont représenté
à Versailles le Mardi 8. Janvier , le Phi
losophe Marié , et Crispin Medecin.
Le Jeudi 10. Iphigenie , et Attendez- moi sous l'orme.
Le Mardi 15. l'Avare , et les Plaideurs.
Le Jeudi 17. Electre , et lesFolies amou
reuses.
;
Le Mardi 22. Andromaque , et Crispin
bel-esprit.
Le Jeudi 24 le Medisant , et l'Avocat Patelin.
Le Mardi 29. le Glorieux , qui a eû un
aussi grand succès à la Cour qu'à Paris ,
et le bon Soldat.
Le Jeudi 31. Amasis , et le Medecin
malgré lui..
Le
JANVIER 1732 149
Le 5. les Comédiens Italiens representerent à la Cour , le Dedain affecté , et la
Petite Piece des Paysans de Qualité.
Le 12. Colombine, Avocat Pouret Contre,
Piece de l'ancien Théatre Italien , et les
Effets du Depit.
Le 14. les mêmes Comédiens remirent
au Théatre la Vie est un Songe , TragiComédie Italienne , en cinq Actes , tirée
de l'Espagnol , sous le titre de La Vida
es Sueno. Le sieur Lélio le fils y a joué le
Rôle de Sigismond , qui est le principal
de la Piece , avec applaudissement.
Le 21. ils donnerent une Piece nou
velle , qui a pour titre , Danaus , Tragi-comédie en Vers et en trois Actes ,
avec trois Intermedes dont on parlera
plus au long.
Le 26. ils représenterent à la Cour les
Deux Arlequins et la Folle Raisonnable.
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Résumé : « L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...] »
En janvier 1732, l'Académie Royale de Musique prévoit de représenter 'Jephté', une tragédie tirée de l'Histoire Sainte, une première pour ce théâtre. Les Comédiens Français reçoivent deux nouvelles pièces : 'La Tontine' en prose de M. le Sage et 'L'Hyver' en vers de M. Dallinval. Le 18 janvier, la première représentation de 'Le Glorieux', une comédie en vers de M. Destouches, est acclamée par le public et les critiques. À Versailles, les Comédiens Français jouent plusieurs pièces entre le 8 et le 31 janvier, incluant 'Le Philosophe Marié', 'Crispin Médecin', 'Iphigénie', 'L'Avare', 'Andromaque', 'Le Glorieux' et 'Amasis'. Les Comédiens Italiens présentent également des œuvres à la Cour, comme 'Le Dedain affecté', 'Colombine', 'La Vie est un Songe' et 'Danaus', une tragicomédie en vers avec des intermèdes.
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4892
p. 995-997
LA PASTOURELLE. COUPLETS. A Mlle *** sous le nom de Philis.
Début :
Viens, mon aimable Bergere, [...]
Mots clefs :
Pastourelle, Philis, Yeux, Champs, Amour, Coeur, Feux
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texteReconnaissance textuelle : LA PASTOURELLE. COUPLETS. A Mlle *** sous le nom de Philis.
LA PASTOURELLE.
COVPLETS.
A Mlle * * * sous le nom de Philis,
Iejns,
mon aimableBergere,
Aves moi dans nos Forêtsj
Allons-y prendre le frais,
Dessus la verte fougere ;
Et que les tendres Zéphirs,
Y rtpettent nos soupirs.
m
Intends-tu la Tourterelle,
Qui gémit sur cet Ormeau?
Ce n'est point d'un feu nouveauj
Dont brule son coeur fîdcllej
Suivons tous deux leur amour,
Jusqu'à notre dernier jour.
m
Ce Ruisseau dans ce Boccage ,
tDe tes yeux est amoureux ; comme moi plci"" de feux, Murmurç
96 MERCURE DE FRANCE
Murmure ce doux langage :
Aimez , Philis , un Amant ,
Des Bergers le plus constant.
M
Je croi que j'entends Silvandre ;
Qui soupire au fond du Bois :
L'Echo répete sa voix ,
Et de loin nous fait entendre ,
Que rien n'égale les maux
Qu'on sent d'avoir des Rivaux;
Dessus ces écorces vertes ,
Gravons ton nom et le mien
Que d'un si tendre lien ,
Philis , elles soient couvertes !
It voyons les chaque jour ,
Croître moins que notre amour.
S
Les fleurs s'empressent d'éclore ;
Dans cet aimable Printemps ;
On voit paroître en nos Champs ;
Les Amours , Zéphire et Flore ;
C'est le pouvoir de tes yeux ,
Qui les fixe dans ces lieux.
Les Lis qu'on voit dans nos Plaines ,
Les
Ch
997
MAY
.
1733
es Roses de nos Jardins ;
es Eillets et les Jasmins ;
e cristal de nos Fontaines ,
J'égalent pas la beauté ,
'ont mon coeur est enchanté,
i
a
Le Dieu qu'ici l'on révere ,
pprouvant de feux si beaux ;
çait conserver les Troupeaux ,
De mon aimable Bergere :
Jon , de la rage des Loups ,
ls n'éprouvent point les coups.
Le Ciel doit avec justice ;
Accorder tout son secours
A de si chastes amours ;
Et toujours être propice ,
A de fideles amis ,
Par la vertu seule umis.
讚
>
Que cette flamme si pure ,
Jure donc aussi long -temps ,
Que l'on verra dans nos Champs ,
laître et mourir la verdure ;
t que nos tendres Agneaux ,
ondiront sur ces Côteaux,
V. D.
COVPLETS.
A Mlle * * * sous le nom de Philis,
Iejns,
mon aimableBergere,
Aves moi dans nos Forêtsj
Allons-y prendre le frais,
Dessus la verte fougere ;
Et que les tendres Zéphirs,
Y rtpettent nos soupirs.
m
Intends-tu la Tourterelle,
Qui gémit sur cet Ormeau?
Ce n'est point d'un feu nouveauj
Dont brule son coeur fîdcllej
Suivons tous deux leur amour,
Jusqu'à notre dernier jour.
m
Ce Ruisseau dans ce Boccage ,
tDe tes yeux est amoureux ; comme moi plci"" de feux, Murmurç
96 MERCURE DE FRANCE
Murmure ce doux langage :
Aimez , Philis , un Amant ,
Des Bergers le plus constant.
M
Je croi que j'entends Silvandre ;
Qui soupire au fond du Bois :
L'Echo répete sa voix ,
Et de loin nous fait entendre ,
Que rien n'égale les maux
Qu'on sent d'avoir des Rivaux;
Dessus ces écorces vertes ,
Gravons ton nom et le mien
Que d'un si tendre lien ,
Philis , elles soient couvertes !
It voyons les chaque jour ,
Croître moins que notre amour.
S
Les fleurs s'empressent d'éclore ;
Dans cet aimable Printemps ;
On voit paroître en nos Champs ;
Les Amours , Zéphire et Flore ;
C'est le pouvoir de tes yeux ,
Qui les fixe dans ces lieux.
Les Lis qu'on voit dans nos Plaines ,
Les
Ch
997
MAY
.
1733
es Roses de nos Jardins ;
es Eillets et les Jasmins ;
e cristal de nos Fontaines ,
J'égalent pas la beauté ,
'ont mon coeur est enchanté,
i
a
Le Dieu qu'ici l'on révere ,
pprouvant de feux si beaux ;
çait conserver les Troupeaux ,
De mon aimable Bergere :
Jon , de la rage des Loups ,
ls n'éprouvent point les coups.
Le Ciel doit avec justice ;
Accorder tout son secours
A de si chastes amours ;
Et toujours être propice ,
A de fideles amis ,
Par la vertu seule umis.
讚
>
Que cette flamme si pure ,
Jure donc aussi long -temps ,
Que l'on verra dans nos Champs ,
laître et mourir la verdure ;
t que nos tendres Agneaux ,
ondiront sur ces Côteaux,
V. D.
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Résumé : LA PASTOURELLE. COUPLETS. A Mlle *** sous le nom de Philis.
La 'Pastourelle' est un poème adressé à une jeune fille nommée Philis. Le narrateur l'invite à se promener dans les forêts pour profiter de la fraîcheur et écouter les soupirs portés par les zéphyrs. Il compare leur amour à celui des tourterelles et exprime son désir de fidélité jusqu'à la fin de leurs jours. Le ruisseau et les échos dans la forêt semblent murmurer des déclarations d'amour, soulignant la constance de son affection. Le narrateur entend également Silvandre, un autre berger, soupirer au fond du bois, et l'écho répète ses plaintes à cause de ses rivaux. Il propose de graver leurs noms sur les écorces vertes pour symboliser leur amour éternel. Le poème célèbre la beauté de Philis, qui attire les fleurs et les divinités printanières. Il exprime l'espoir que leur amour chaste et fidèle soit protégé par le ciel et que les troupeaux de Philis soient à l'abri des dangers. Enfin, il souhaite que leur amour dure aussi longtemps que la nature elle-même.
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4893
p. 156-161
Suite des Nouvelles de Mayorque.
Début :
Un Courrier extraordinaire arrivé d'Espagne en six jours, six [...]
Mots clefs :
Chevalier, Roi, Empereur, Majorque
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Mayorque.
Suite des Nouvelles
de Mayorque.
• Un Courrier extraordinaire
arrivé d'Espagne en six jours,
flX heures
, vient d'apporter
le détail de l'expédition de
Mayorque ,tel que levoicy.
Le Chevalier d'Asfeld a été
toujours devant Palma
,
le
Marquis de Ruby Commandant
les Troup s de 1 Empereur,&
les Anglois dans la
Place luy a aussitost envoyé
unTrompette pour luy témoigner
l'étonnement où il étoit
de se voir faire la Guerre, veu
qu'on étoit en négociation de
Paix. Le Chevalierd'Asfeld
luy envoya dire, qu'ilvenoit
luyen apprendre la rupture
& qu'il falloit. se soumettre
dans vingt- quatre heures Le
Marquis de Ruby luy fit répondre
sur le champ qu'il ne
demandoit qu'une Suspension
d'Armes defix semaines, pour
avoir réponse des deux Courriers
qu'il alloit dépêcher, l'un
à Vienneàl'Empereur,&l'autre
au Roy Georges en Angleterre
, pour en recevoir les
ordres. Le Chevalier d'Asfeld
luy répondit qu'il feroitce
qu'il voudroit ;mais qu'il falloit
absolument qu'il se rendit
dans vingt quatre heures.
Surces pressantes réponses
le Clergé, la Noblesse
, & les
Magistrats obligèrent le Marquis
de Ruby à prendre son
parti & luy dirent qu'il pouvoir
se retirer où bon luy sembleroit
; maisque poureux ils
étoient résolus de se soumettre
au Roy leur Maître; en
forte que la chose fut réglée
ainsi. Dans l'instant les Députez
l'étant venu témoignée*
au Chevalier d'Asfeld ,il confcntit
que le Marquis de Ruby
se retira en Sardaigne,& luy
fit donner des Bâtiments pour
embarquer ses troupes qui
avoient des Patentes de 1 Empereur
, & quelques Officiers,
Anglois qu'on eût retenu
Prisonniers de guerre sans
leurs Patentes. Le Chevalier
d'Asfeld entra ensuite dans la
Place aux acclamations du
peuple qui crioit, Vive Philippescinq,
& vive la Reine.
Les IfLs d'Yvica& deFormantiere
se sont soumises en
même tems.
Leurs Majestez font toûjours
à Aranjutz , où le Pere
Djubenton
,
Confesseur du
Roy, arriva le 14. Il baisa la
main à leurs Majestez
,
& aux
Princes, dont il fut receu tres
favorablement.
M.
M. de Monteil
,
Maréchal
des Logis de laCavalerie,aapporté
au Roy la nouvelle de la
descente faite en l'H] de
Mayorque,& M. le Marquis
de Cany celle de la réduction
de cette Isle,surquoyS.M.l'a
fort gratieusé.
de Mayorque.
• Un Courrier extraordinaire
arrivé d'Espagne en six jours,
flX heures
, vient d'apporter
le détail de l'expédition de
Mayorque ,tel que levoicy.
Le Chevalier d'Asfeld a été
toujours devant Palma
,
le
Marquis de Ruby Commandant
les Troup s de 1 Empereur,&
les Anglois dans la
Place luy a aussitost envoyé
unTrompette pour luy témoigner
l'étonnement où il étoit
de se voir faire la Guerre, veu
qu'on étoit en négociation de
Paix. Le Chevalierd'Asfeld
luy envoya dire, qu'ilvenoit
luyen apprendre la rupture
& qu'il falloit. se soumettre
dans vingt- quatre heures Le
Marquis de Ruby luy fit répondre
sur le champ qu'il ne
demandoit qu'une Suspension
d'Armes defix semaines, pour
avoir réponse des deux Courriers
qu'il alloit dépêcher, l'un
à Vienneàl'Empereur,&l'autre
au Roy Georges en Angleterre
, pour en recevoir les
ordres. Le Chevalier d'Asfeld
luy répondit qu'il feroitce
qu'il voudroit ;mais qu'il falloit
absolument qu'il se rendit
dans vingt quatre heures.
Surces pressantes réponses
le Clergé, la Noblesse
, & les
Magistrats obligèrent le Marquis
de Ruby à prendre son
parti & luy dirent qu'il pouvoir
se retirer où bon luy sembleroit
; maisque poureux ils
étoient résolus de se soumettre
au Roy leur Maître; en
forte que la chose fut réglée
ainsi. Dans l'instant les Députez
l'étant venu témoignée*
au Chevalier d'Asfeld ,il confcntit
que le Marquis de Ruby
se retira en Sardaigne,& luy
fit donner des Bâtiments pour
embarquer ses troupes qui
avoient des Patentes de 1 Empereur
, & quelques Officiers,
Anglois qu'on eût retenu
Prisonniers de guerre sans
leurs Patentes. Le Chevalier
d'Asfeld entra ensuite dans la
Place aux acclamations du
peuple qui crioit, Vive Philippescinq,
& vive la Reine.
Les IfLs d'Yvica& deFormantiere
se sont soumises en
même tems.
Leurs Majestez font toûjours
à Aranjutz , où le Pere
Djubenton
,
Confesseur du
Roy, arriva le 14. Il baisa la
main à leurs Majestez
,
& aux
Princes, dont il fut receu tres
favorablement.
M.
M. de Monteil
,
Maréchal
des Logis de laCavalerie,aapporté
au Roy la nouvelle de la
descente faite en l'H] de
Mayorque,& M. le Marquis
de Cany celle de la réduction
de cette Isle,surquoyS.M.l'a
fort gratieusé.
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4894
p. 163-169
A MADEMOISELLE D'ORVILLE. STANCES.
Début :
Vous avez esté si satisfaite de divers Ouvrages galans que / Iris, sortez de vostre Cage. [...]
Mots clefs :
Iris, Dieu, Sagesse, Repos, Péril, Aventure, Hommage, Ennemis, Amants, Appas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE D'ORVILLE. STANCES.
Vous avez efté fi fatisfaite
de divers Ouvrages galans
que je vous ay envoyez, de
M' Vignier de Richelieu ,,
que je croirois vous priver
d'un grand plaifir , fi je négligeois
de vous faire part
des Vers qu'il a fairs pour
une tres - aimable Demoilelle,
qu'il preffe de fortir d'une
Maifon qui menace rüine ,
O ij
164 MERCURE
& où il croit
qu'elle ne peutdemeurer
fans un peril évident
. Voicy ce qu'il luy écrit.
$2: 5$52525:
5225555
A
MADEMOISELLE
D'ORVILLE .
I
STANCE S.
Ris , fortez de voftre Cage,
Ne
demeurez plus dans un Lien,
Oufans
l'affiftance de Dieu,
Vous estes tous lesjours prefte à plier
bagage.
Sa
f
Voyez quelle est vostre conduite,
De voir les Rats quitter leurs trous
Et n'ofer demeurer chés vous ,
GALANT. 165
Et de ne vouloir pas profiter de leur
fuite.
SS
Encor fi vouspechiez en âge,
Vous auricz un peu moins de tort
Maiscen'estpas estrefort fage,
Que d'estrè belle &jeune , & d'avancerfa
mort..
SS
Connoiffant le perilfi proche,
Pouvez- vous dormir en repos,
Et penfiz- vous que vostre des
Soitpour vous garantir, ou de bronze,
oa de roche?
S&
Confiderant cette avanture,
Tout le monde fera d'accort,
Que vous avezun efprit fort,
Mais que vous n'avezpas la cervelle
affez dure.
166 MERCURE
$2
Des Vertus vous estes l'exemple,
Maispour dire la verité,
On ne peutfans temerité,
Vous aller rendre hommage en vostre
frelle Temple.
Sa
Voulez- vous eftre l'homicide
De vous mefme & de vos amis,
Ou fi c'est à vos Ennemis ,
Que vous dreffez ce piége enfaisant
L'Intrépide?
SS
C'eft une chofe pitoyable ,
Qu'ilfautpour vous voirfeurement,
Se confeffer dévotement,
Et fe mettre en état de n'aller pas au-
Diable.
S2
Il eft auffi fort néceſſaire,
GALANT. 167
Qu'étant de touspechez abſous,
Ceux qui veulent aller chez vous,.
Pourfaire Teftament appellent icur
Notaire.
$2
Tel cft charmé de vos æillades ,
Qui craintfort voftre bebergemět,
Et quiferoitfon logement,
Plutoft fur un Rampart au feu des
Moufquetades.
S&
Si vous y restezparfineſſe,
Et pour éprouver un Amant,
Une vifite d'un moment,
Vous marquerafans doute un grand
fonds de tendreffe .
S&
Ah, quelle nouvelle fatale,
Si quelqu'unme difoit dans peu,
Iris fans manquer àſon væu,
Vient d'eftre enfevelie ainſi qu'une
Veftale!
168 MERCURE
Se
Cette beauté qu'on idolâtre,
Ge teint de Rofes & de Lys,
Pourroient- ils dans un tel débris
Conferver leur éclat fous des monscaux
de plâtre?
$ 2
Non , dans un étatfifunefte,
On ne vous reconnoistreitpar
Et de tant de charmans appas
Eft- ce là , direit- on , est- ce là ce qui
refte?
22
Maistouché de vostre merite,
Et tout penetré de douleur,
Suivant le panchant de mon coeur,
l'irais vous retrouverfur les bords du
. Cocyte.
$2
Devoftre mort& de la mienne,
Arreſtez
GALANT. 169
Arreftez le coup mal- heureux ;
Iris , quelque tard qu'elle vierne,
Cefera trop toftpour nous deux.
VIGNIER.
de divers Ouvrages galans
que je vous ay envoyez, de
M' Vignier de Richelieu ,,
que je croirois vous priver
d'un grand plaifir , fi je négligeois
de vous faire part
des Vers qu'il a fairs pour
une tres - aimable Demoilelle,
qu'il preffe de fortir d'une
Maifon qui menace rüine ,
O ij
164 MERCURE
& où il croit
qu'elle ne peutdemeurer
fans un peril évident
. Voicy ce qu'il luy écrit.
$2: 5$52525:
5225555
A
MADEMOISELLE
D'ORVILLE .
I
STANCE S.
Ris , fortez de voftre Cage,
Ne
demeurez plus dans un Lien,
Oufans
l'affiftance de Dieu,
Vous estes tous lesjours prefte à plier
bagage.
Sa
f
Voyez quelle est vostre conduite,
De voir les Rats quitter leurs trous
Et n'ofer demeurer chés vous ,
GALANT. 165
Et de ne vouloir pas profiter de leur
fuite.
SS
Encor fi vouspechiez en âge,
Vous auricz un peu moins de tort
Maiscen'estpas estrefort fage,
Que d'estrè belle &jeune , & d'avancerfa
mort..
SS
Connoiffant le perilfi proche,
Pouvez- vous dormir en repos,
Et penfiz- vous que vostre des
Soitpour vous garantir, ou de bronze,
oa de roche?
S&
Confiderant cette avanture,
Tout le monde fera d'accort,
Que vous avezun efprit fort,
Mais que vous n'avezpas la cervelle
affez dure.
166 MERCURE
$2
Des Vertus vous estes l'exemple,
Maispour dire la verité,
On ne peutfans temerité,
Vous aller rendre hommage en vostre
frelle Temple.
Sa
Voulez- vous eftre l'homicide
De vous mefme & de vos amis,
Ou fi c'est à vos Ennemis ,
Que vous dreffez ce piége enfaisant
L'Intrépide?
SS
C'eft une chofe pitoyable ,
Qu'ilfautpour vous voirfeurement,
Se confeffer dévotement,
Et fe mettre en état de n'aller pas au-
Diable.
S2
Il eft auffi fort néceſſaire,
GALANT. 167
Qu'étant de touspechez abſous,
Ceux qui veulent aller chez vous,.
Pourfaire Teftament appellent icur
Notaire.
$2
Tel cft charmé de vos æillades ,
Qui craintfort voftre bebergemět,
Et quiferoitfon logement,
Plutoft fur un Rampart au feu des
Moufquetades.
S&
Si vous y restezparfineſſe,
Et pour éprouver un Amant,
Une vifite d'un moment,
Vous marquerafans doute un grand
fonds de tendreffe .
S&
Ah, quelle nouvelle fatale,
Si quelqu'unme difoit dans peu,
Iris fans manquer àſon væu,
Vient d'eftre enfevelie ainſi qu'une
Veftale!
168 MERCURE
Se
Cette beauté qu'on idolâtre,
Ge teint de Rofes & de Lys,
Pourroient- ils dans un tel débris
Conferver leur éclat fous des monscaux
de plâtre?
$ 2
Non , dans un étatfifunefte,
On ne vous reconnoistreitpar
Et de tant de charmans appas
Eft- ce là , direit- on , est- ce là ce qui
refte?
22
Maistouché de vostre merite,
Et tout penetré de douleur,
Suivant le panchant de mon coeur,
l'irais vous retrouverfur les bords du
. Cocyte.
$2
Devoftre mort& de la mienne,
Arreſtez
GALANT. 169
Arreftez le coup mal- heureux ;
Iris , quelque tard qu'elle vierne,
Cefera trop toftpour nous deux.
VIGNIER.
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Résumé : A MADEMOISELLE D'ORVILLE. STANCES.
La lettre adressée à la demoiselle d'Orville transmet des vers écrits par M. Vignier de Richelieu. Ces vers mettent en garde contre les dangers de rester dans une maison en ruine. Le poète utilise des métaphores, telles que les rats quittant leurs trous, pour illustrer le péril imminent. Il insiste sur le fait que, malgré sa jeunesse et sa beauté, la demoiselle doit prendre conscience du risque et agir rapidement. Même ses vertus ne justifient pas qu'elle demeure dans un tel endroit dangereux. Le poète exprime sa crainte qu'un accident ne survienne, causant des blessures ou pire. Il supplie la demoiselle d'éviter ce sort funeste, soulignant que sa mort serait une tragédie pour lui et pour elle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4895
p. 169-176
Copie d'une Lettre de M. le Procureur General du Parlement de Paris à l'occasion du Testament du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Je crains point qu'on me sçache mauvais gré d'avoir / Nous vous apportons, Messieurs, un Edit du Roy, un [...]
Mots clefs :
Testament, Testament du roi, Procureur général, Procureur général du Parlement de Paris, Parlement de Paris, Couronne, Édit du roi
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texteReconnaissance textuelle : Copie d'une Lettre de M. le Procureur General du Parlement de Paris à l'occasion du Testament du Roy. [titre d'après la table]
Je ne crains point qu'on
me ſcache mauvais gré d'avoir
differé juſqu'à preſent à parler
du Teſtament du Roy , que
Sa Majeſté envoya il y a deux
mois à fon Parlement. C'eſt
un dépoſt ſacré auquel j'ay
crû nedevoir point toucher ;
&dont je me garderois bien
encore d'approcher une main
profane , ſi je n'avoispas reçû
depuis peu la copie d'une
Lettre que Monfieur le Procureur
General du Parlement
de Paris a écrit fur ce ſujet.
Je n'apprehende point d'en
parleri aprés luy. En voicy .
Octobre 1714. P
170 MERCURE
la ſubitance,
,
Nous vous apportons , Mel
fleurs , un Edit du Roy un
paquet cacheté ,&une Lettre
de cachet ; le Roy par fon
Edit ordonne le dépôt ſeur ,
& ſecret dudit paquet ,
quel eſt écrit de ſa propre
main : Cecy est nostre Testament.
Signé , LOUIS.
fur le-
Dans lon Testament le
Roy nomme un Conſeil de
Rgence , & diſpoſe de toutes
les volontez à cet égard.
Nous ne pouvons allez admirer
le courage & la bonté
du Roy , qui , dans un âge
1
t
GALANT. 171
avancé , & par une ſuite naturelle
de la fermeté qu'il
marque dans toutes les actions
de ſa vie , enviſage fans fraieur
le moment fatal de la mort ,
& ſain de fon eſprit , vient de
confummer un ouvrage qui
inſpire de la crainte à tous les
hommes, pour affurer la Couronne
à fon arriere petit fils ,
le repos & la tranquillité de
fon Etat , & le bonheur de
ſes fideles Sujets ; il veut bien
nous en rendre depofitaires,en
nous honorant toûjours de la
même confiance qu'il nous a
marqué dans tous les temps ,
1
Pij
172 MERCURE
heureux , fi le Ciel par une
grace particuliere daigne rendre
toutes les ſages précautions
du Roy inutiles en luy
conſervant ſes jours,du moins
juſqu'au temps de la majorité
de ſon arriere petit fils ,& les
étendant même au delà des
bornes ordinaires. Nous ne
doutons pas qu'aprés l'enregiſtrement
dudit Edir , & le
dépôt dudit Testament , la
Cour ne rende au Roy de
tres humbles actions de graces
de fa bonté & de ſa con
fiance particuliere pour fon
Parlement.
GALANT . 173
Les conclufions de Monfieur
le Procureur General
tendent à ce qu'il y ait un lieu
particulier auGreffe de laCour
pour le dépôt dudit Teſtament
, lequel ſera fermé de
trois clefs , dont l'une ſera
miſe entre les mains deMeſfire
Jean - Antoine de Meſmes ,
Premier Préſident ; la feconde
entre les mains de luy Procureur
General du Roy ; & la
troifiéme entre les mains de
Nicolas Dongois , Greffier en
chef de la Cour ; procés- verbal
préalablement dreffé de
l'état dudit lieu , & de tout ce
Piij
174 MERCURE
qui ſe paſſera lors dudit dépôt
pardevant le Premier Préfident
& moy Procureur General
du Roy.
L'Edit porte en ſubſtance
que le Roy ayant eu la douleur
de perdre preſque dans
le même temps ſes fits & pctits
fils qui étoient ſon efperance
& celle de ſon peuple ,
il voit ſa Couronne devoluë
de plein droit à M. le Dauphin
ſon arriere petit fils qui
eſt encore dans un âge trestendre
; & comme il craint
d'eſtre prevenu par ce moment
fatal , il ſouhaite par
GALANT. 179
une ſage prévoyance prefcrire
toutes les meſures qu'il
conviendra alors prendre
pour affermir la Couronne à
fon arriere petit fils & maintenir
en même temps latranquillité
de fon Royaume , il a
fait ſon Teftament ſuſcrit de
ſa main , dans lequel il declare
ſa volonté pour la Regence
& fon Conſeil ; il défend de
l'ouvrir pour quelques cauſes
&prétexte que ce foit , avant
fon decés , & veut aprés iceluyque
les Princes de ſonSang
& les Pairs du Royaume ſe
rendent à fon Parlement ,&
Pilij
176 MERCURE
que toutes les Chambres afſemblées
il foit fait ouverture
de ſon Testament , pour eſtre
enſuite par la Regence envoyé
des Duplicata dudit Teſtament
aux autres Parlements
du Royaume.
me ſcache mauvais gré d'avoir
differé juſqu'à preſent à parler
du Teſtament du Roy , que
Sa Majeſté envoya il y a deux
mois à fon Parlement. C'eſt
un dépoſt ſacré auquel j'ay
crû nedevoir point toucher ;
&dont je me garderois bien
encore d'approcher une main
profane , ſi je n'avoispas reçû
depuis peu la copie d'une
Lettre que Monfieur le Procureur
General du Parlement
de Paris a écrit fur ce ſujet.
Je n'apprehende point d'en
parleri aprés luy. En voicy .
Octobre 1714. P
170 MERCURE
la ſubitance,
,
Nous vous apportons , Mel
fleurs , un Edit du Roy un
paquet cacheté ,&une Lettre
de cachet ; le Roy par fon
Edit ordonne le dépôt ſeur ,
& ſecret dudit paquet ,
quel eſt écrit de ſa propre
main : Cecy est nostre Testament.
Signé , LOUIS.
fur le-
Dans lon Testament le
Roy nomme un Conſeil de
Rgence , & diſpoſe de toutes
les volontez à cet égard.
Nous ne pouvons allez admirer
le courage & la bonté
du Roy , qui , dans un âge
1
t
GALANT. 171
avancé , & par une ſuite naturelle
de la fermeté qu'il
marque dans toutes les actions
de ſa vie , enviſage fans fraieur
le moment fatal de la mort ,
& ſain de fon eſprit , vient de
confummer un ouvrage qui
inſpire de la crainte à tous les
hommes, pour affurer la Couronne
à fon arriere petit fils ,
le repos & la tranquillité de
fon Etat , & le bonheur de
ſes fideles Sujets ; il veut bien
nous en rendre depofitaires,en
nous honorant toûjours de la
même confiance qu'il nous a
marqué dans tous les temps ,
1
Pij
172 MERCURE
heureux , fi le Ciel par une
grace particuliere daigne rendre
toutes les ſages précautions
du Roy inutiles en luy
conſervant ſes jours,du moins
juſqu'au temps de la majorité
de ſon arriere petit fils ,& les
étendant même au delà des
bornes ordinaires. Nous ne
doutons pas qu'aprés l'enregiſtrement
dudit Edir , & le
dépôt dudit Testament , la
Cour ne rende au Roy de
tres humbles actions de graces
de fa bonté & de ſa con
fiance particuliere pour fon
Parlement.
GALANT . 173
Les conclufions de Monfieur
le Procureur General
tendent à ce qu'il y ait un lieu
particulier auGreffe de laCour
pour le dépôt dudit Teſtament
, lequel ſera fermé de
trois clefs , dont l'une ſera
miſe entre les mains deMeſfire
Jean - Antoine de Meſmes ,
Premier Préſident ; la feconde
entre les mains de luy Procureur
General du Roy ; & la
troifiéme entre les mains de
Nicolas Dongois , Greffier en
chef de la Cour ; procés- verbal
préalablement dreffé de
l'état dudit lieu , & de tout ce
Piij
174 MERCURE
qui ſe paſſera lors dudit dépôt
pardevant le Premier Préfident
& moy Procureur General
du Roy.
L'Edit porte en ſubſtance
que le Roy ayant eu la douleur
de perdre preſque dans
le même temps ſes fits & pctits
fils qui étoient ſon efperance
& celle de ſon peuple ,
il voit ſa Couronne devoluë
de plein droit à M. le Dauphin
ſon arriere petit fils qui
eſt encore dans un âge trestendre
; & comme il craint
d'eſtre prevenu par ce moment
fatal , il ſouhaite par
GALANT. 179
une ſage prévoyance prefcrire
toutes les meſures qu'il
conviendra alors prendre
pour affermir la Couronne à
fon arriere petit fils & maintenir
en même temps latranquillité
de fon Royaume , il a
fait ſon Teftament ſuſcrit de
ſa main , dans lequel il declare
ſa volonté pour la Regence
& fon Conſeil ; il défend de
l'ouvrir pour quelques cauſes
&prétexte que ce foit , avant
fon decés , & veut aprés iceluyque
les Princes de ſonSang
& les Pairs du Royaume ſe
rendent à fon Parlement ,&
Pilij
176 MERCURE
que toutes les Chambres afſemblées
il foit fait ouverture
de ſon Testament , pour eſtre
enſuite par la Regence envoyé
des Duplicata dudit Teſtament
aux autres Parlements
du Royaume.
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Résumé : Copie d'une Lettre de M. le Procureur General du Parlement de Paris à l'occasion du Testament du Roy. [titre d'après la table]
Le texte aborde la réception et la gestion du testament du roi Louis XIV, envoyé au Parlement deux mois plus tôt. L'auteur manifeste son respect pour ce document et mentionne avoir reçu une copie d'une lettre du Procureur Général du Parlement de Paris. Le roi a ordonné le dépôt sécurisé et secret d'un paquet cacheté contenant son testament, rédigé de sa propre main. Ce testament désigne un conseil de régence et expose les volontés royales concernant la succession. Malgré son âge avancé, le roi démontre courage et détermination en préparant ce document pour assurer la couronne à son arrière-petit-fils et le bien-être de ses sujets. Le Parlement doit enregistrer l'édit et déposer le testament dans un lieu spécifique au greffe de la cour, fermé par trois clefs détenues par des personnalités clés du Parlement. Le testament ne doit être ouvert qu'après le décès du roi, en présence des princes du sang et des pairs du royaume, pour ensuite être exécuté par la régence.
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4896
p. 155-162
MORTS & MARIAGES.
Début :
Procope-Hyacinte de Ligne, Prince de l'Empire, Marquis de Moy, [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS & MARIAGES.
MORTS & MAK1AG ES.
PRocope-Hyacirite de Ligne, Prince
de l'tmpire , Marquis de Moy ,
Brigadier des Armées du Roi depuis le
10. Mars 1690. cy .devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes Ecoflòis , ayant;
commaridé toute la Gendarmerie tant
qu'il a été à la têtC de Cette Compagnie ,
mourut en cette Ville le ji. du moi*
passé , âgé de 6 4. ans.
Il étoit second fiis de Claude Lamoral.
de Ligne , Prince de l'Empire , & d'Am-.
blise , Marquis de RonbaiX, &<:. Grand
d'Espagne-, Chevalier de laToison.d'Or,;
Vice.Roi de Sicile , Gouverneur du Mi*
lanés , Coníeiller d'Etat de S. M. C»
mort à Madrid le 22.. Decembre i£7«K'
&: de Marie Claire , srincesle de Nasl'auy
pillembourg. Claude Lamoral étoit né de
Florent de Ligne, Prince de l'Empire,
Comte de Fauquembergue , Marquis de
Roubaix , Baron d'Antoing , Se de Louise
de Lorraine , fille d'Henry de Lorraine,
Comte de Chaligny , & de Claude , Mar
quise de Moy. Ce Prince de Lorraine étoit
issu de Nicolas de Lorraine , Comte de
youdemcnt ; Duc de Mercceut , & de sa!
troi-r
1
jxë MERCURE DE FRANCE.
troisième femme Catherine de Lorraine
Aumale ; & ce Comte de Vaudemontétoit7
second fils d'Antoine Duc de Lorraine.
Le Comte de Chaligni ,.' outre fa fille
Louise , laiíTà Henry de Lorraine 11.. du
nom , Comte de Chaligny , Marquis de
Moy , qui ayant vêcu~dans le Célibat ,J
avoit pour héritier présomptif Claude
Lamoral Prince de- Ligne ,< fily de íà
feur; aussi lui aiîlîra.t-il fa successions
mais ce Prince y renonça par acte du 2 r.'
Mars 1 670. & supplia son oncle d'en'
Vouloir fa vtjriíèr le second de íes sils. Le
Comte de Chaligny ayant égard à cette
priere , fit par acte paífé à Nancy' le 3 1,
Août une donation erítre-vifs & ir
révocable de tous íés biens' à son petit'
iifrveu , PïtKrope.Hyacinte, Prince de Li-'
gne , ses hoirs', heritiers & aïans causej
ne s'en reservant que là jouiísance & l'u*
íufririt' durant sa vie. Cette donation su/
acceptée par Procureur au nom du jeune'
Prince donataire , procedant souS l'autp.
lité de M; d'Ormeíson , Conseiller d'E
tat, que le Roi Louis XIV-. lui avòit donné
pour tuteur honoraire durant fa minorité
parLettres Patentes du mois d'Avril 1670.
registrées au Parlement le 23.. May sui
vant. . '
C'est en consequence de cette Dona
tion , Se pour satisfaire au Contrat de maA
liage
j A N V I E R? 1724. tSf
,fiage de Claude de Moy qui obligeoit son
^heritier à se nommer le Marquis deMoy.i.
que celui dont nous .parlons a toujours
porté ce titre p avec la' livrée des Princes
de Lorraine , & qu'il écarteloit l'Ecuslon.
de Ces armes au 1. & 4» de Lorraine , au 2.
& j. de Moy,Se [ui la tour de IJgnequi est
or à une bande de gueules . Il avoit épousé
le 8. Mars 1682. Anne.Catherine de Bro?
glio , fille unique du Comte Charles de
Broglio , Marquis de Dormans , Lieute
nant General des Arméesdu Roi, Gour
verneur d' Avênes, Grand Bail ly de Hayr
naut , & d'Anne Elisabeth d'Aumont,
fille d'Antoine Duc d'Aumont , Pair Se
Maréchal de France. Elle mourut le 4.
Decembre 1 701.. laissant Claude Lamor .
ral Hyacinte de Ligne , Prince de l'Em
pire , Marquis de Dormans , qui n'est
pas encore marié, & qui succede au titre
de Marquis de Moy 5 Catherine.Hyacintc
Religieuse aux Filles de Sainte.Marie ,
à S. Denis , où elle a fait profession le
Septembre ï 7 p 6. Marie-Hyacinte ,
morte le jo. Septembre 171 1 . âgée de 1.7.
ans, & Claire Marie , mariée le 2%.
Mars 1722. à Louis Scipion.Joseph de la
.Garde , Marquis de Chambonas , Baron
des Etats de Languedoc \ sur'quoi il ne fera
pas mal- à .propos de remarquer que dès ìs
6. Février 1*3?. Ipies & Jourdan de ìa
Gar
MERCURE DE FRANGE.
Garde, Chevaliers , freres, firent hom-
.-mage de la Terre & Seigneurie de Cham-
-bonasau Roi S. Louis. Le feu Roi a érigé
.cette Terre en Marquisat , par Lettres du
inoisd'Avril 1683. On coníèrveun acte
du 10. Février 13 9 6. par lequel Jauce-
Jin de la Garde , Seigneur de Chambonas
, fut déchargé , attendu Con ancienne
noblesse, d'une taxe imposée par le Roi
Charles V I. pour le mariage de fa fille
jsabelle , fuir ceux qui n'étoient pas no
bles d'ancienneté. Henry . Joseph de la
G irde , Marquis de Chambonas , né de
.Charlotte de la Baume.Suze , après avoir
ríèrvi long.temps dans le Regiment des
Cuirassiers du Roi, & avoir été fait Che»
.valier de S. Louis à la féconde promotion
de cet Ordre , fut mis par le feu Roi au
près de M. le Duc du Maine , en qualité
de premier Gentilhomme de fa Cham
bre. Il est aussi l'undesLieutenansde Roi
de la Province de Languedoc. De fou
;«pouíè Marie Charlotte de Fontange , Da
me d'Aubroque , Dame d'honneur de
Madame la Duchesse du Maine ., il ne
lui reste que le gendre du feu Marquis
de Moy. /
Lamoral , Comte de Ligne de Fauquembergue
& de Mechin , Prince d'Eípinoj
par fa femme Anne.Marie de Melun,
Marquis de Roubaix^ Seoechal de Hai
naut,
JANVIER 1724. i5f
oaut , Vicomte de Gand & de Leyden ,
Baron de Belceil-de.Ville , Souverain de
Faignceulles & de Vaisenacr , Chevalier
de la Toison d'Or , Bisayeuldu feu Mar
quis de Moy , fut fait Prince de l'Empire
par l'Empereur Rodolphe II. La Bulle dat.
tée de Prague le a. o. Mars lócj.est de*
plus honorables pour la Maison de Ligné.
L'Empereur y dit qu'il éleve Lamoral^
Prince d'Espinoy Comte de Ligne , à la
dignité de Prince de l'Empire, en considerationde
ion ancienne Noblesse, & de ce
que depuis iio. ans ses Ancêtres ont été
de pere en .fils , íàns interruption , décor
iez du collier de la Toison d'Or , comme
par droit hereditaire qu'ils ont le titre
de Comtes depuis plus de cent ans , ( fur
quoi il est hon d observer que nul ne peut
.être fait Prince de l'Empire , s'il n'en est
déjà Comte, ) & que depuis l'an 14.81.
Jes Empereurs , les Rois & les Princes
Souverains ont honoré ceux de la Maison
de Ligne du titre de leurs Cousins : enfin
l'Empereur Rodolphe declare qu'il accor
de à Lamoral de Ligne le titre de Prince
dei'Empire,non seulement pour lui, mais
encore pour toute íâ posterité de l'un &
de l'autre sexe.
Le Marquis de Moy qui a donné lieu à
cet article , avoit deux freres. L'aîné ctoit
Henry-Louis Ernest de Ligne , Prince
4'Am
á4o MERCURE DE FRANCE.
. Mise Sc de l'Empire , Marquis de Roubaix
, Comte de Fauquembergue , &c.
Grand d Espagne, Premier Pair de Flan
dres , Chevalier de la Toison d'Or, Cou.
verneur de la Province de Limbourg^
mort le 8. Février 1702. laissant plusieurs
enfans. Le puisné des freres du Marquis
de Moy, étoit Charles-Joseph Procope
de Ligne, Prince de l'Empire , Marquis
d'Aronchès,Grand dePorcugal ^Cheva
lier de l'Ordre de Christ , Seneclialde
Haynaut ,nommécommunément le Prin
ce Senechal , mprt au commencements de
l'année 1713. laissant de Mariane de
Souíà , Marquise d'Aronchès , une fille
unique, Louise.Antoinette Casimire de
Lorraine , ( ainsi nommée en mémoire de
íà bysayeule Louise de Lorraine , Duchesse
de la Fuen , mariée à Dom Michel de
Portugal , fils naturel du Roi Pierre H.
du nom.
Il y a une branche puiíhée de la Maiíôa
de Ligne , c'est celle des Pdnces d' A rem -
berg , Ducs d'Arícot, Princes de l'Em
pire depuis l'an 1556. d'où font íôrtis
deux rameaux. Le premier est celui des
Princes de Chimay , Ducs de Croy , fini
par une heritiere entrée dans la Maison
d'Hennin,Comtes de Bossu. Ils sont Princes
de l'Empire, & ont pris le íùrnom d'Alfa^
ce. Le second de ces rameaux est celui des
PrinS
A N V I E R. 1714. i6t
Jîtinces de Barbançon , auffi Princes <ie
l'Empire depuis l'an 1 568. Il n'en reste
plus qu'une Princeíse qui s'étant rema
riée £eri troisièmes noces l'an 171 f. à
Jí.... de Wignacourt , Comte de la Roche
Se de Lanoy , lui a fait prendre íon nom
& ses armes. On le nomme donc Prince
de Barbançon , & il joiiit des honneurs
attachez à ce titre ; mais fans être Prince
de l'Empire. Cette Princeíse n'a point eu
d'enfans de.ces trois maíiages.
L'on compte dans toutes les branches éc
la Maison de Ligne juíqu'à dix-sept Che
valiers de la Toison d'Or.
Le r. de ce mois mourut à Paris Mc Eustache
le Clerc de Leíseville, Coníeiller
dp Roi , Maître ordinaire en íà Cham
bre des Comptes , âgé de 64. ans.
Le.*. M. Jean.Baptiste le Tòtirneur,
Ecuyer , Conseiller , Secretaire du Roi ,
âgé de Si. an*.
Le 8. M. René- François de Legal,
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de la Ville d'Agde & du
Çhâteau de Breseou , âgé de 72. ans.
Le même jour M. Pierre. Jean Cheré ,
Maître des Comptes , âgéjde í8o. ans.
Paul Petreul, Notaire de laPalice ea
Bourbonnois , y mourut le 2 eu deíemois,
iaé de 107 . anj-
* ' Ï4 Le
ïét MERCURE DE FRANCE
Le même jour M. Antoine Monet dé
la Salle , Doyen des Maîwes des Requê
tes , & en cette qualité Conseiller d'E
tat ordinaire , mourut à la Salle y près
Boulogne fur Mer , âgé de 8 i . ans.
. . Le iy. Dame Marie Charlotte Glucq ,
épouse de M. Jacques de Chabanes , Mari
quis deXurton , Brigadier des Armées
du Roy , âgée de 46.: ans.
: Le 8. de ce mois le Duc de Montmorenci
, fils aîné du Duc de Luxembourg j
épouíà M"e de Seignelay , âgéede douze
ans , qui après de cinquante mille écusi
de rente en fonds de terre. . . .
Le 20. la Marquise de Segur accoucha
de deux Jumeaux , garçon & fille.
PRocope-Hyacirite de Ligne, Prince
de l'tmpire , Marquis de Moy ,
Brigadier des Armées du Roi depuis le
10. Mars 1690. cy .devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes Ecoflòis , ayant;
commaridé toute la Gendarmerie tant
qu'il a été à la têtC de Cette Compagnie ,
mourut en cette Ville le ji. du moi*
passé , âgé de 6 4. ans.
Il étoit second fiis de Claude Lamoral.
de Ligne , Prince de l'Empire , & d'Am-.
blise , Marquis de RonbaiX, &<:. Grand
d'Espagne-, Chevalier de laToison.d'Or,;
Vice.Roi de Sicile , Gouverneur du Mi*
lanés , Coníeiller d'Etat de S. M. C»
mort à Madrid le 22.. Decembre i£7«K'
&: de Marie Claire , srincesle de Nasl'auy
pillembourg. Claude Lamoral étoit né de
Florent de Ligne, Prince de l'Empire,
Comte de Fauquembergue , Marquis de
Roubaix , Baron d'Antoing , Se de Louise
de Lorraine , fille d'Henry de Lorraine,
Comte de Chaligny , & de Claude , Mar
quise de Moy. Ce Prince de Lorraine étoit
issu de Nicolas de Lorraine , Comte de
youdemcnt ; Duc de Mercceut , & de sa!
troi-r
1
jxë MERCURE DE FRANCE.
troisième femme Catherine de Lorraine
Aumale ; & ce Comte de Vaudemontétoit7
second fils d'Antoine Duc de Lorraine.
Le Comte de Chaligni ,.' outre fa fille
Louise , laiíTà Henry de Lorraine 11.. du
nom , Comte de Chaligny , Marquis de
Moy , qui ayant vêcu~dans le Célibat ,J
avoit pour héritier présomptif Claude
Lamoral Prince de- Ligne ,< fily de íà
feur; aussi lui aiîlîra.t-il fa successions
mais ce Prince y renonça par acte du 2 r.'
Mars 1 670. & supplia son oncle d'en'
Vouloir fa vtjriíèr le second de íes sils. Le
Comte de Chaligny ayant égard à cette
priere , fit par acte paífé à Nancy' le 3 1,
Août une donation erítre-vifs & ir
révocable de tous íés biens' à son petit'
iifrveu , PïtKrope.Hyacinte, Prince de Li-'
gne , ses hoirs', heritiers & aïans causej
ne s'en reservant que là jouiísance & l'u*
íufririt' durant sa vie. Cette donation su/
acceptée par Procureur au nom du jeune'
Prince donataire , procedant souS l'autp.
lité de M; d'Ormeíson , Conseiller d'E
tat, que le Roi Louis XIV-. lui avòit donné
pour tuteur honoraire durant fa minorité
parLettres Patentes du mois d'Avril 1670.
registrées au Parlement le 23.. May sui
vant. . '
C'est en consequence de cette Dona
tion , Se pour satisfaire au Contrat de maA
liage
j A N V I E R? 1724. tSf
,fiage de Claude de Moy qui obligeoit son
^heritier à se nommer le Marquis deMoy.i.
que celui dont nous .parlons a toujours
porté ce titre p avec la' livrée des Princes
de Lorraine , & qu'il écarteloit l'Ecuslon.
de Ces armes au 1. & 4» de Lorraine , au 2.
& j. de Moy,Se [ui la tour de IJgnequi est
or à une bande de gueules . Il avoit épousé
le 8. Mars 1682. Anne.Catherine de Bro?
glio , fille unique du Comte Charles de
Broglio , Marquis de Dormans , Lieute
nant General des Arméesdu Roi, Gour
verneur d' Avênes, Grand Bail ly de Hayr
naut , & d'Anne Elisabeth d'Aumont,
fille d'Antoine Duc d'Aumont , Pair Se
Maréchal de France. Elle mourut le 4.
Decembre 1 701.. laissant Claude Lamor .
ral Hyacinte de Ligne , Prince de l'Em
pire , Marquis de Dormans , qui n'est
pas encore marié, & qui succede au titre
de Marquis de Moy 5 Catherine.Hyacintc
Religieuse aux Filles de Sainte.Marie ,
à S. Denis , où elle a fait profession le
Septembre ï 7 p 6. Marie-Hyacinte ,
morte le jo. Septembre 171 1 . âgée de 1.7.
ans, & Claire Marie , mariée le 2%.
Mars 1722. à Louis Scipion.Joseph de la
.Garde , Marquis de Chambonas , Baron
des Etats de Languedoc \ sur'quoi il ne fera
pas mal- à .propos de remarquer que dès ìs
6. Février 1*3?. Ipies & Jourdan de ìa
Gar
MERCURE DE FRANGE.
Garde, Chevaliers , freres, firent hom-
.-mage de la Terre & Seigneurie de Cham-
-bonasau Roi S. Louis. Le feu Roi a érigé
.cette Terre en Marquisat , par Lettres du
inoisd'Avril 1683. On coníèrveun acte
du 10. Février 13 9 6. par lequel Jauce-
Jin de la Garde , Seigneur de Chambonas
, fut déchargé , attendu Con ancienne
noblesse, d'une taxe imposée par le Roi
Charles V I. pour le mariage de fa fille
jsabelle , fuir ceux qui n'étoient pas no
bles d'ancienneté. Henry . Joseph de la
G irde , Marquis de Chambonas , né de
.Charlotte de la Baume.Suze , après avoir
ríèrvi long.temps dans le Regiment des
Cuirassiers du Roi, & avoir été fait Che»
.valier de S. Louis à la féconde promotion
de cet Ordre , fut mis par le feu Roi au
près de M. le Duc du Maine , en qualité
de premier Gentilhomme de fa Cham
bre. Il est aussi l'undesLieutenansde Roi
de la Province de Languedoc. De fou
;«pouíè Marie Charlotte de Fontange , Da
me d'Aubroque , Dame d'honneur de
Madame la Duchesse du Maine ., il ne
lui reste que le gendre du feu Marquis
de Moy. /
Lamoral , Comte de Ligne de Fauquembergue
& de Mechin , Prince d'Eípinoj
par fa femme Anne.Marie de Melun,
Marquis de Roubaix^ Seoechal de Hai
naut,
JANVIER 1724. i5f
oaut , Vicomte de Gand & de Leyden ,
Baron de Belceil-de.Ville , Souverain de
Faignceulles & de Vaisenacr , Chevalier
de la Toison d'Or , Bisayeuldu feu Mar
quis de Moy , fut fait Prince de l'Empire
par l'Empereur Rodolphe II. La Bulle dat.
tée de Prague le a. o. Mars lócj.est de*
plus honorables pour la Maison de Ligné.
L'Empereur y dit qu'il éleve Lamoral^
Prince d'Espinoy Comte de Ligne , à la
dignité de Prince de l'Empire, en considerationde
ion ancienne Noblesse, & de ce
que depuis iio. ans ses Ancêtres ont été
de pere en .fils , íàns interruption , décor
iez du collier de la Toison d'Or , comme
par droit hereditaire qu'ils ont le titre
de Comtes depuis plus de cent ans , ( fur
quoi il est hon d observer que nul ne peut
.être fait Prince de l'Empire , s'il n'en est
déjà Comte, ) & que depuis l'an 14.81.
Jes Empereurs , les Rois & les Princes
Souverains ont honoré ceux de la Maison
de Ligne du titre de leurs Cousins : enfin
l'Empereur Rodolphe declare qu'il accor
de à Lamoral de Ligne le titre de Prince
dei'Empire,non seulement pour lui, mais
encore pour toute íâ posterité de l'un &
de l'autre sexe.
Le Marquis de Moy qui a donné lieu à
cet article , avoit deux freres. L'aîné ctoit
Henry-Louis Ernest de Ligne , Prince
4'Am
á4o MERCURE DE FRANCE.
. Mise Sc de l'Empire , Marquis de Roubaix
, Comte de Fauquembergue , &c.
Grand d Espagne, Premier Pair de Flan
dres , Chevalier de la Toison d'Or, Cou.
verneur de la Province de Limbourg^
mort le 8. Février 1702. laissant plusieurs
enfans. Le puisné des freres du Marquis
de Moy, étoit Charles-Joseph Procope
de Ligne, Prince de l'Empire , Marquis
d'Aronchès,Grand dePorcugal ^Cheva
lier de l'Ordre de Christ , Seneclialde
Haynaut ,nommécommunément le Prin
ce Senechal , mprt au commencements de
l'année 1713. laissant de Mariane de
Souíà , Marquise d'Aronchès , une fille
unique, Louise.Antoinette Casimire de
Lorraine , ( ainsi nommée en mémoire de
íà bysayeule Louise de Lorraine , Duchesse
de la Fuen , mariée à Dom Michel de
Portugal , fils naturel du Roi Pierre H.
du nom.
Il y a une branche puiíhée de la Maiíôa
de Ligne , c'est celle des Pdnces d' A rem -
berg , Ducs d'Arícot, Princes de l'Em
pire depuis l'an 1556. d'où font íôrtis
deux rameaux. Le premier est celui des
Princes de Chimay , Ducs de Croy , fini
par une heritiere entrée dans la Maison
d'Hennin,Comtes de Bossu. Ils sont Princes
de l'Empire, & ont pris le íùrnom d'Alfa^
ce. Le second de ces rameaux est celui des
PrinS
A N V I E R. 1714. i6t
Jîtinces de Barbançon , auffi Princes <ie
l'Empire depuis l'an 1 568. Il n'en reste
plus qu'une Princeíse qui s'étant rema
riée £eri troisièmes noces l'an 171 f. à
Jí.... de Wignacourt , Comte de la Roche
Se de Lanoy , lui a fait prendre íon nom
& ses armes. On le nomme donc Prince
de Barbançon , & il joiiit des honneurs
attachez à ce titre ; mais fans être Prince
de l'Empire. Cette Princeíse n'a point eu
d'enfans de.ces trois maíiages.
L'on compte dans toutes les branches éc
la Maison de Ligne juíqu'à dix-sept Che
valiers de la Toison d'Or.
Le r. de ce mois mourut à Paris Mc Eustache
le Clerc de Leíseville, Coníeiller
dp Roi , Maître ordinaire en íà Cham
bre des Comptes , âgé de 64. ans.
Le.*. M. Jean.Baptiste le Tòtirneur,
Ecuyer , Conseiller , Secretaire du Roi ,
âgé de Si. an*.
Le 8. M. René- François de Legal,
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de la Ville d'Agde & du
Çhâteau de Breseou , âgé de 72. ans.
Le même jour M. Pierre. Jean Cheré ,
Maître des Comptes , âgéjde í8o. ans.
Paul Petreul, Notaire de laPalice ea
Bourbonnois , y mourut le 2 eu deíemois,
iaé de 107 . anj-
* ' Ï4 Le
ïét MERCURE DE FRANCE
Le même jour M. Antoine Monet dé
la Salle , Doyen des Maîwes des Requê
tes , & en cette qualité Conseiller d'E
tat ordinaire , mourut à la Salle y près
Boulogne fur Mer , âgé de 8 i . ans.
. . Le iy. Dame Marie Charlotte Glucq ,
épouse de M. Jacques de Chabanes , Mari
quis deXurton , Brigadier des Armées
du Roy , âgée de 46.: ans.
: Le 8. de ce mois le Duc de Montmorenci
, fils aîné du Duc de Luxembourg j
épouíà M"e de Seignelay , âgéede douze
ans , qui après de cinquante mille écusi
de rente en fonds de terre. . . .
Le 20. la Marquise de Segur accoucha
de deux Jumeaux , garçon & fille.
Fermer
4897
p. 126-133
INONDATIONS.
Début :
Inondation de Geneve. Le degel & la fonte des neiges [...]
Mots clefs :
Genève, Lyon, Rhône, Saône, Inondations, Eau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INONDATIONS.
INONDATIONS,
Inondation de Gencve.
L,-Le degel & la fonte
des neigesfirent enfler de
forre la petite riviere d'Aire
,
& luy donnèrent un
cours si rapide,que le 12.
du mois de Février elle fit
rétrograderle Rhone dans
le Lac, & fit tourner à contre
sens
,
pendant tour un
jour, les roues. desMoulins
àc< des, machines qui
fervent aux Fontaines publiques
, ce qu'on navoit
jamais vü.
Le Rhônedevint sienflé
par le concours de plufleurs
rivieres qui s'y jettent
yqu'à l'endro où il
se joint avec la Saône, il
tenoitune demi-tieuë:mais
ce qui en de plus remarquable,
c'est qu'il traversentleLac
de Geneve dans
toute sa longueur, sans se
meiler à ses eaux, tant l'impetuosité
avec laquelle il y
entroit étoit grande. Un
pareil événementn'auroitil
pas donné lieu à la Fable
du Fleuve Acis quiestant
devenu amoureux de lix
Nymphe Galatée, alla la
chercher jusques dans la
Sicile, sans mesler ses eaux
à celles de la mer.
De Lyon.
Jer/âfondu Rhône é5 de
la Saône a Lyon le 13. Février,veilledeS.
Ad-attkias ,dans la
Placea'ppellee Confort.
La veille de la Feste
de S, Matth ieu, aprés mi^
nuit, le Rhône avec la Saone
furent entièrement dé-
:bordez, contre les effetsordinaires
dece fleuve & cte
cette riviere qui ne grossissent
que dans l'intervalle
dequelquesjours. Le lit du
premier,qui termine la
Ville de Lyon du cofté de
la Province de D,1Uphiné'j;
& celuy de la Saône qui
couleau milieu de 11Ville,
-se joignirent dans la Place
L
,.
de Bellecour & celle de
Confort,avec une si orande
abondance d'eau, q"c
toute la partie de cette Ville
qui le trouve entre ces'
deux Places jusques dans la
ruë Merciere
,
fut si fort
inondée que toutes les maisons
ne purent plus se communiquer
que par bateaux.
On na pas de peine à concevoir
le desordre que cela
a causé dans tout ce quartier
par l'interruption du
commerce,&c le demcnagement
des boutiques ou
plusieurs marchandises furent
mouillez Les Eglises
desJacobins,des Celestins,
& de la Charité en ont le
plus souffert. Le vieux Alsenal
qui est voisin de la
Saone a elle presque tout
inondé.Heureusementtoute
l'Artillerie & les munitions
de guerre avoient esté
transportées depuis peu
d'années dans le nouvel
Arsenal basty par les soins
deMr le Maréchal de villeroy
,
nostre Gouverneur.
Le Pont de bois de Bellecour
a esté presque tout
emporté, ainsi que quantité
de maisons du Fauxbourg
de la Guillotiere.
Cequ'il ya de remarquable
, c'est qu'on a observé
par une Inscription gravée
sur une Pyramide bastie
detemps immémorialdans
le milieu de la Place de
Confort, que le Rhône &
la Saone ne s'estôient pas
joints dans cette Place depuis
l'an 1554.&.cjue par
les mesures de la hauteur
où l'eau monta alors., on a
vérifié que cette demiere
inondationasurpassel'autre
d un pied & demy.
A l'égard de Paris
,
il
ny a pas eu d'effets fort
extraor dinaires. L'inondation
& l'eau n'a esté qu'à
trois pieds & demi prés du.
marbre qu'ona mis dans le
Cloistre des Celeitins,pour
marquerla hauteur del'eau
en Février1658 J'attendois
des remarque sur les ravages
qu'a faitlaLoire, je ne
les aurayque pour le mois
prochain.
Inondation de Gencve.
L,-Le degel & la fonte
des neigesfirent enfler de
forre la petite riviere d'Aire
,
& luy donnèrent un
cours si rapide,que le 12.
du mois de Février elle fit
rétrograderle Rhone dans
le Lac, & fit tourner à contre
sens
,
pendant tour un
jour, les roues. desMoulins
àc< des, machines qui
fervent aux Fontaines publiques
, ce qu'on navoit
jamais vü.
Le Rhônedevint sienflé
par le concours de plufleurs
rivieres qui s'y jettent
yqu'à l'endro où il
se joint avec la Saône, il
tenoitune demi-tieuë:mais
ce qui en de plus remarquable,
c'est qu'il traversentleLac
de Geneve dans
toute sa longueur, sans se
meiler à ses eaux, tant l'impetuosité
avec laquelle il y
entroit étoit grande. Un
pareil événementn'auroitil
pas donné lieu à la Fable
du Fleuve Acis quiestant
devenu amoureux de lix
Nymphe Galatée, alla la
chercher jusques dans la
Sicile, sans mesler ses eaux
à celles de la mer.
De Lyon.
Jer/âfondu Rhône é5 de
la Saône a Lyon le 13. Février,veilledeS.
Ad-attkias ,dans la
Placea'ppellee Confort.
La veille de la Feste
de S, Matth ieu, aprés mi^
nuit, le Rhône avec la Saone
furent entièrement dé-
:bordez, contre les effetsordinaires
dece fleuve & cte
cette riviere qui ne grossissent
que dans l'intervalle
dequelquesjours. Le lit du
premier,qui termine la
Ville de Lyon du cofté de
la Province de D,1Uphiné'j;
& celuy de la Saône qui
couleau milieu de 11Ville,
-se joignirent dans la Place
L
,.
de Bellecour & celle de
Confort,avec une si orande
abondance d'eau, q"c
toute la partie de cette Ville
qui le trouve entre ces'
deux Places jusques dans la
ruë Merciere
,
fut si fort
inondée que toutes les maisons
ne purent plus se communiquer
que par bateaux.
On na pas de peine à concevoir
le desordre que cela
a causé dans tout ce quartier
par l'interruption du
commerce,&c le demcnagement
des boutiques ou
plusieurs marchandises furent
mouillez Les Eglises
desJacobins,des Celestins,
& de la Charité en ont le
plus souffert. Le vieux Alsenal
qui est voisin de la
Saone a elle presque tout
inondé.Heureusementtoute
l'Artillerie & les munitions
de guerre avoient esté
transportées depuis peu
d'années dans le nouvel
Arsenal basty par les soins
deMr le Maréchal de villeroy
,
nostre Gouverneur.
Le Pont de bois de Bellecour
a esté presque tout
emporté, ainsi que quantité
de maisons du Fauxbourg
de la Guillotiere.
Cequ'il ya de remarquable
, c'est qu'on a observé
par une Inscription gravée
sur une Pyramide bastie
detemps immémorialdans
le milieu de la Place de
Confort, que le Rhône &
la Saone ne s'estôient pas
joints dans cette Place depuis
l'an 1554.&.cjue par
les mesures de la hauteur
où l'eau monta alors., on a
vérifié que cette demiere
inondationasurpassel'autre
d un pied & demy.
A l'égard de Paris
,
il
ny a pas eu d'effets fort
extraor dinaires. L'inondation
& l'eau n'a esté qu'à
trois pieds & demi prés du.
marbre qu'ona mis dans le
Cloistre des Celeitins,pour
marquerla hauteur del'eau
en Février1658 J'attendois
des remarque sur les ravages
qu'a faitlaLoire, je ne
les aurayque pour le mois
prochain.
Fermer
Résumé : INONDATIONS.
En février, des inondations ont touché plusieurs régions. À Genève, la fonte des neiges a gonflé la rivière d'Aire, inversant le cours du Rhône et affectant des moulins le 12 février. Le Rhône, enflé par plusieurs rivières, a traversé le Lac Léman sans se mélanger à ses eaux. À Lyon, le Rhône et la Saône ont débordé la veille de la fête de Saint Matthieu, inondant la ville entre les places Bellecour et Confort. Cette inondation a causé des désordres commerciaux et endommagé plusieurs bâtiments, dont des églises et l'ancien arsenal. Le pont de bois de Bellecour et des maisons du faubourg de la Guillotière ont été emportés. Une inscription sur une pyramide à la place de Confort indiquait que les deux fleuves ne s'étaient pas joints depuis 1554, et cette inondation a surpassé la précédente de un pied et demi. À Paris, l'inondation a atteint trois pieds et demi de hauteur dans le cloître des Célestins.
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4898
p. 2045-2054
POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
Début :
Le bruit est commun à Warsovie, que les Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Mousquetaires, Armée, Compagnies
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
POLOGNE.
E bruit est commun à Warsovie , que les
Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé
depuis peu un nouveau Traité d'amitié pour la sûreté de leurs interêts communs.
Du Camp de Villa - Nova.
Suite du Journal.
'Armée n'ayant fait aucun mouvement le s
L'Armée, fain ufu 1 pairel'exercice
à la Cavalerie. Les grands Mousquetaires étant
venus se ranger au front du Centre de l'Armée
et la Cavalerie des 2 aîles s'étant mise en Bataille par Compagnie , à la tête de son Camp , alla
se joindre aux grands Mousquetaires par une
contre-marche , à droite et à gauche. Le Regiment de Nassau , qui formoit la gauche de Paîle
droite , prit la gauche de toute la Cavalerie , et
fut remplacé par 4 Escadrons détachez.
Tout étant en ordre, le Regimentaire en donna
le signal par 2 coups de Canon; sur quoi le Roy
en fit tirer un, qui donna le signal pour l'exercice de la Cavalerie , rangée par Compagnies.
Celles qui étoient impaires , ayant marché 100
pas en avant , la Cavalerie parut sur 2 lignes , et ! les
2016 MERCURE DE FRANCE
les Compagnies paires ayant passé dans les in
tervalles de la premiere Ligne , formerent la leur
110 pas devant celle- ci. Chaque Ligne ayant fait
3 fois ce mouvement , la 2 Ligne remplit au
3e mouvement ; les intervalles de la premiere , et
les Compagnies paires ayant fait demi- tour à
droite , sur le même terrain , formerent la premiere ligne en retournant vers le Camp.
Les Compagnies impaires firent le même demitour à droite , passant dans les intervalles de la
premiere Ligne ; en sorte que les deux Lignes
s'entrepasserent , comme elles avoient fait , en
venant vers le Pavillon , et à chaque fois qu'elfes s'arrêterent , elles firent demi - tour à droite
sur la Place, pour faire face au Pavillon du Roy, "
qui est scitué sur une Butte , dite des Lapins ; il
est occupé par S. M. depuis que ce Camp est formé.
Les Compagnies impaires de la 2e Ligne , ne passerent en retournant que 2 fois dans les Intervalles , afia de rester derricre les Compagnies
paires , qui alors formoient la premiere Ligne
laquelle ayant fait demi- tour à droite , rentra
dans le Pavillon ; et par ce dernier mouvement ,
la Cavalerie se retrouva sur une Ligne , comme
elle avoit été au commencement.
Les 8 Escadrons de la droite ayant ensuite fait
un mouvement à droite par Compagnies , & les
8 Escadrons de la gauche en ayant fait un autre
à gauche , ils marcherent quelques pas ; après
quoi la droite fit la conversion à gauche , et la
gauche à droite, pour venir en 2 colones vers le
Pavillon. Les grands Mousquetaires resterent à
leur place , et y furent dans l'inaction jusqu'au mouvement du centre. Les 2 Colones étant arrivées à une certaine distance , par une conversion
SEPTEMBRE. 1732. 2047
sion à droite et à gauche , formerent deux Lignes
qui se faisoient face et avoient le Flanc au Pavillon. Les Compagnies impaires de chaque Ligne ayant marché 80 pas en avant , chaque Ligne se partagea en 2 Lignes.
Les Trompettes ayant sonné la Charge , les 2
premieres Lignes marcheient l'une contre l'autres
elles s'entrepasserent dans les Intervalles , firent
demi tour à droite, se rechargerent une seconde
fois , et passerent dans les Intervalles des secondes I ignes, qui étoient déja en mouvement pour
se charger , et qui firent la même manœuvre
que ces premieres. Cette manoeuvre fut répétée
une seconde fois par l'une et l'autre Ligne. Les
secondes rentrerent ensuite dans les premieres ,
et par une conversion de chaque Ligne sur le
centre , elle se joignirent aux grands Mousque
taires , qui avoient marché en même temps en
avant ; en sorte que toute la Cavalerie se retrouva sur une même Ligne,faisant face au Pavillon.
·
Toute la Cavalerie , excepté les Mousquetaires qui resterent en place , ayant ensuite fait la
conversion à gauche par 4 Escadrons , où huit
Compagnies,forma 4 Lignes , qui marcherent en
avant , ayant le Pavillon à droite , qu'elles pas- serent, et ayant fait une conversion à droite elles
marcherent encore en avant jusqu'à une certaine
distance , où ces 4 Lignes ayant fait une autre
conversion à droite par Compagnies , formefent
4 Colones qui marcherent en avant , ayant le
Pavillon à gauche , et par une conversion par
Compagnie, formerent de nouveau 4 Lignes vis- à- vis du Pavillon. Les grands Mousquetaires
s'étoient avancez avant la marche des Colones
à une distance marquée pour se trouver au centre
des 4 Colones et des 4 Lignes.
Leg
2048 MERCURE DE FRANCE
Les 4 Lignes par un mouvement formerent un
Quarré, au Centre duquel étoient les Mousquetaires , et par une conversion à droite et à gau- che par Compagnie, les Troupes qui formoient le
Quarré se remirent en ordre pour le rompre , ce
qui se fit par une marche des Mousquetaires dans
Fenceinte. Ils furent suivis par le Regiment de Gog
tha, qui le fut du reste de la Cavalerie , et par plu
sieurs Marches en Coloñes faites dans l'enceinte ;
ils donnerent le temps au Quarté de se développer
et en sortirent pour passer devant le Pavillon.
Les Officiers saluerent le Roy et reconduisirent
leurs Troupes au Camp.
Le 8 , jour destiné pour l'exercice des Grenadiers , les deux Compagnies de Rutowki et ide
Promnitz, qui pendant tout l'exercice demeurerent unies , furent jointes à droite et à gauche
par les 8 Compagnies des deux Bataillons des
Grenadiers , et chaque Corps détacha ses Char
pentiers qui se rangerent à trois de hauteur , et formerent 4 Pelotons , 20 pas devant les Compagnies de Rutowki et de Promnitz.Les 10 Com,
pagnies de Grenadiers se rangerent sur 2 Lignes;
4 de ces Compagnies ; sçavoir , 3 des Cardes de
la Couronne , et une de celles de Lithuanie , s'ésant jointes à la droite et à la gauche de celles
de Rutowki et de Promnitz , firent la premiere
Ligne' ; et les 4 autres ; sçavoir , celles de Flemming, de Lublin , de Campenhausen et de Denhoff , formerent la seconde. Ce Corps étoit com mandé par le Major General le Prince de Czartoriski.
Au premier signal ordinaire , pour avertir le
Roy que tout étoit rangé , S. M. donna le sien
pour former la Phalange sur la droite. Les Charpentiers qui faisoient la pointe de la Phalange ,
ayant
SEPTEMBRE. 1732. 2049
Ayant marché en avant , les Compagnies de Rutowki et de Promnitz formerent la premiere
Ligne de la Phalange,celles de Lublin et de Campenhausen la seconde ; celles du second et du
troisiéme Bataillon des Gardes de la Couronne
la troisiéme , celles de Denhoff et de Flemining
la 4 , et celle du premier Bataillon des Gardes
de la Couronne avec celle des Gardes de Lithuanie la cinquième. La Phalange ainsi formée , elle
marcha dans cet ordre , vers le Pavillon , jusqu'à
une certaine distance,
Par un second signal , la Phalange se forma en
triangle par un demi-quart de conversion à gau- che et à droite des Corps qui la composoient, et
les Charpentiers passerent en même- temps à la
droite et à la gauche des Compagnies de Rutowki et de Promnitz qui marcherent en avant pour
prendre leur terrain. On fit ensuite le feu coulant
qui commença par l'Angle de la droite , et fut
répété par l'Angle de la gauche.
Par le troisiéme signal , les Troupes se remirent en Phalange , et chaque ligne fit une Salve
P'une après l'autre.
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
pour former 2 Lignes , ce qui s'exécuta ainsi.Les
4 Compagnies des Gardes marcherent en avant ,
et vinrent s'alligner avec celles de Rutowki et de
Promnitz , ce qui forma la premiere Ligne. Les
4 autres Compagnies marcherent aussi en avant
pour s'alligner avec les Charpentiers, ce qui forma la seconde Ligne ; et par une contre- imarche
à droite et à gauche , vers le Centre , les Compa
gnies qui formoient cette seconde Ligne, se trou- verent vis à- vis les Intervalles de la premiere, qui
cominença ensuite son feu par demi Compa
gnies , dont 2 rangs tirerent à la fois , ce qui se
Tépeta trois fois.
En
2050 MERCURE DE FRANCE
En même-temps que la premiere Ligne commençoit son feu , la seconde avança pas pas , et
ayant passé dans les Intervalles de la premiere
elle fit , 30 pas en avant , le même feu qu'avoit
fait la premiere Ligne ; celle- cy ayant repassé dans les Intervalles de la seconde Ligne , 30 pas
en avant , elle se prépara pour jetter les Grenanades , ce qui se fit par pelotons. Pendant cette
manœuvre , la seconde Ligue passa dans les Intervalles de la premiere , 20 pas en avant , et
jetta les Grenades de la même maniere.
Par le cinquiéme signal , les deux lignes formerent trois Brigades ; ce qui s'executa ainsi. La
Compagnie de la droite de la premiere Ligne
vint remplir l'Intervalle des deux Compagnies
de la droite de la seconde , ce qui forma la Brigade de la droite, La Compagnie de la droite de
la seconde ligne fit la même chose à l'égard de
la premiere , et forma ainsi la Brigade de la gauche ; ces 2 Brigades marcherent 40 pas en avant.
Les 2 autres Compagnies de la seconde ligne ,
joignirent la droite et la gauche de celles de Rutowki et de Promnitz , ce qui forma la Brigade
du Centre , qui passa dans l'Intervalle des deux
autres , 30 pas en avant , et les trois Brigades
s'étant mises sur une même ligne , toutes les
Compagnies jetterent en même-temps leurs Grenades , les Charpentiers s'étant placez à la droite
et à la gauche de ligne,
Au sixiéme signal , la ligne forma un zig-zag
à dix faces , avec un Drapeau sur chaque Angle.
Les Grenadiers ainsi rangez , firent le feu de
Haye , qui fut suivi d'une décharge generale ;
enfin les dix Compagnies s'étant remises sur une ligne par une conversion à droite par pelotons ,
se mirent en marche pour passer devant le Pavillon , et retourner au Camp.
LS
I
C
10
SEPTEMBRE. 1732. 2051
Le 9 , il n'y eut point de mouvement dans
l'Armée , et le 10 , jour destiné à l'exercice des
Piquiers,l'Infanterie ayant formé 9 Bataillons de
256 chacun , avec un Drapeau , un Officier de
P'Etat Major, 2 Capitaines , 6 Subalternes , 16
bas Officiers et 8 Tambours , chaque Bataillon se
rangea à la tête du Camp , en 8 pelotons , à 4 de
hauteur , de 32 hommes chacun. Les 2 Pelotons
du centre étoient de Piquiers. Ensuite chaque
Bataillon forma un Quarré plein , à 16 de hauteur et 16 de front , de sorte que les 64 Piquiers
formoient un Quarré dans le centre de celui du
Bataillon ,
par le
Les neuf Bataillons s'étant joints , se range,
rent à trois de hauteur et 8 de front ; ce qui forma un Quarré plein de 48 hommes de hauteur
et de 48 de front , chaque Bataillon ayant ses Piquiers au centre , et chaque file et chaque rang
étant à 3 pas de distance . Outre les Officiers
commandez à chaque Bataillon, il y avoit 4 Majors et 4 Ajudans. Les Majors se placerent aux
Angles du Quarré , qui étoit commandé
Major Ceneral Campenhausen.
Au signal donné du Quartier du Roy,le Quar
ré marcha dans cet ordre vers le Pavillon , jusqu'à une certaine distance , où le General Com- mandant ordonna les feux autour dn Quarré ,
qui se firent par les quatre premiers rangs , dont
le quatrième , qui s'étoit doublé dans le premier,
commença le feu ; s'étant retiré, il fut remplacé
par le troisiéme Rang; ensuite par le second , et puis par le premier ; ce qui se répeta trois fois
Après ce feu , le General fit occuper les 2 premiers Rangs autour du Quarré par les Piquiers
des coins et des faces des 8 Bataillons ; ce qui se
fir par une contre- marche de ceux- cy, et par unede
2052 MERCURE DE FRANCE
de ceux qui occuperent ces deux Rangs , et qui vinrent se ranger à la place des Piquiers. Le rèste de ces Piquiers , par une autre contre- marche
qui se fit en même-temps , formerent 2 Rangs
autour du Bataillon du Centre , celui cy gardant
ses Piquiers ne fit aucun mouvement.
Les Piquiers ainsi rangez , le General ordonna
le feu qui se fit par les 12 premiers Kangs , dont
doublerent dans les Rangs des Piquiers du tour
du Quarré , qui pendant les Salves , baisserent
tous leurs Piques , excepté ceux qui étoient dans
le centre ; ce feu se repeta 3 fois , et après le feu
des Rangs , on commanda la Salve generale de
tout le Quarré; ensuite on fit remettre les Piquiers
leur premiere place par les mêmes contie
marches qui la leur avoient fait quitter.
Par un second signal du Pavillon , le Quarré
se rompit en cette maniere ; Les 4 Bataillons des
coins ayant fait une contre- marche à droite et à
gauche , marcherent sur la ligne de la face qui
regardoit le Pavillon , et celle qui lui étoit op÷
posée , jusqu'à ce que leurs dernieres files fussent
3 pas hors du Quarre.
Au troisiéme signal , les deux Bataillons qui
étoient à droite et à gauche de celui du Centre ,
sortirent du Quarré par une contre - marche à
droite et à gauche , et marcherent jusqu'à ce que
leurs dernieers Files fussent 3 pas au delà des premieres Files des Bataillons des coins ; les 3 autres
Bataillons resterent en place , et après chaque
mouvement , les Bataillons faisoient face au Pavillon.
Au quatriéme signal , les 2 Bataillons des coins
qui faisoient face au Pavillon , ayant fait une
contre marche à droite et à gauche , marcherent
de nouveau sur la même ligne, jusqu'à ce que leurs
SEPTEMBRE. 1732. 2053
leurs dernieres Files fussent 3 pas au delà des 2
Bataillons , qui avoienr fait le dernier mouve ment.
Au cinquiéme signal , les 2 autres Bataillons
des Coins ayant marché en avant , jusqu'à ce
qu'ils fussent sur la ligne, qui faisoit face au Pa- villon , et le Batalllon du Centre , avec celui qui
étoit derriere , étant venu par une contre- marche se placer derriere les Intervalles de la droite
et de la gauche du Bataillon du Centre de la premiere ligne , en formerent une seconde avec les
deux autres Bataillons qui étoient demeurez cn
place.
Par un sixième signal , les 9 Bataillons se préparerent à se mettre à 8 de hauteur , ce qui se fit
ainsi : Les 4 Bataillons des aîles de la premiere
ligne , et les 4 qui formoient la seconde , gagne- rent , par une contre- marche à droite et à gauche,le terrain necessaire pour faire un plus grand
front , observant de garder toujours leurs trois
pas de distance ; après quoi , tous les Pelotons de
chaque Bataillon qui avoient doublé , se rangerent sur les Angles de leur Bataillon , et ceux de derriere ayant marché pour se joindre au Corps
dePiquiers, ils se trouverent à 8 de hauteur, ayant
ensuite doublé leurs rangs en avant , ils se trouverent à quatre de hauteur , les Officiers étant
à leurs places ordinaires. Au septiéme signal, les
4 Bataillons de la seconde ligne , ayant rempli
les Intervalles de la premiere , paiurent sur une
ligne, et le General ayant fait mettre les Piquiers
dans le quatrième rang , on commença les feux
qui finirent par une décharge geaerale ; les Piquiers présenterent leurs Piques pendant le feu.
Ces derniers étant ensuite rentrés dans le Centre,
toute la ligne fit la conversion à droite par PeloH tons
"
2054 MERCURE DE FRANCE
tons pour venir passer devant le Pavillon du
Roy, et s'enretourna au Camp , par la ligne da Centre.
E bruit est commun à Warsovie , que les
Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé
depuis peu un nouveau Traité d'amitié pour la sûreté de leurs interêts communs.
Du Camp de Villa - Nova.
Suite du Journal.
'Armée n'ayant fait aucun mouvement le s
L'Armée, fain ufu 1 pairel'exercice
à la Cavalerie. Les grands Mousquetaires étant
venus se ranger au front du Centre de l'Armée
et la Cavalerie des 2 aîles s'étant mise en Bataille par Compagnie , à la tête de son Camp , alla
se joindre aux grands Mousquetaires par une
contre-marche , à droite et à gauche. Le Regiment de Nassau , qui formoit la gauche de Paîle
droite , prit la gauche de toute la Cavalerie , et
fut remplacé par 4 Escadrons détachez.
Tout étant en ordre, le Regimentaire en donna
le signal par 2 coups de Canon; sur quoi le Roy
en fit tirer un, qui donna le signal pour l'exercice de la Cavalerie , rangée par Compagnies.
Celles qui étoient impaires , ayant marché 100
pas en avant , la Cavalerie parut sur 2 lignes , et ! les
2016 MERCURE DE FRANCE
les Compagnies paires ayant passé dans les in
tervalles de la premiere Ligne , formerent la leur
110 pas devant celle- ci. Chaque Ligne ayant fait
3 fois ce mouvement , la 2 Ligne remplit au
3e mouvement ; les intervalles de la premiere , et
les Compagnies paires ayant fait demi- tour à
droite , sur le même terrain , formerent la premiere ligne en retournant vers le Camp.
Les Compagnies impaires firent le même demitour à droite , passant dans les intervalles de la
premiere Ligne ; en sorte que les deux Lignes
s'entrepasserent , comme elles avoient fait , en
venant vers le Pavillon , et à chaque fois qu'elfes s'arrêterent , elles firent demi - tour à droite
sur la Place, pour faire face au Pavillon du Roy, "
qui est scitué sur une Butte , dite des Lapins ; il
est occupé par S. M. depuis que ce Camp est formé.
Les Compagnies impaires de la 2e Ligne , ne passerent en retournant que 2 fois dans les Intervalles , afia de rester derricre les Compagnies
paires , qui alors formoient la premiere Ligne
laquelle ayant fait demi- tour à droite , rentra
dans le Pavillon ; et par ce dernier mouvement ,
la Cavalerie se retrouva sur une Ligne , comme
elle avoit été au commencement.
Les 8 Escadrons de la droite ayant ensuite fait
un mouvement à droite par Compagnies , & les
8 Escadrons de la gauche en ayant fait un autre
à gauche , ils marcherent quelques pas ; après
quoi la droite fit la conversion à gauche , et la
gauche à droite, pour venir en 2 colones vers le
Pavillon. Les grands Mousquetaires resterent à
leur place , et y furent dans l'inaction jusqu'au mouvement du centre. Les 2 Colones étant arrivées à une certaine distance , par une conversion
SEPTEMBRE. 1732. 2047
sion à droite et à gauche , formerent deux Lignes
qui se faisoient face et avoient le Flanc au Pavillon. Les Compagnies impaires de chaque Ligne ayant marché 80 pas en avant , chaque Ligne se partagea en 2 Lignes.
Les Trompettes ayant sonné la Charge , les 2
premieres Lignes marcheient l'une contre l'autres
elles s'entrepasserent dans les Intervalles , firent
demi tour à droite, se rechargerent une seconde
fois , et passerent dans les Intervalles des secondes I ignes, qui étoient déja en mouvement pour
se charger , et qui firent la même manœuvre
que ces premieres. Cette manoeuvre fut répétée
une seconde fois par l'une et l'autre Ligne. Les
secondes rentrerent ensuite dans les premieres ,
et par une conversion de chaque Ligne sur le
centre , elle se joignirent aux grands Mousque
taires , qui avoient marché en même temps en
avant ; en sorte que toute la Cavalerie se retrouva sur une même Ligne,faisant face au Pavillon.
·
Toute la Cavalerie , excepté les Mousquetaires qui resterent en place , ayant ensuite fait la
conversion à gauche par 4 Escadrons , où huit
Compagnies,forma 4 Lignes , qui marcherent en
avant , ayant le Pavillon à droite , qu'elles pas- serent, et ayant fait une conversion à droite elles
marcherent encore en avant jusqu'à une certaine
distance , où ces 4 Lignes ayant fait une autre
conversion à droite par Compagnies , formefent
4 Colones qui marcherent en avant , ayant le
Pavillon à gauche , et par une conversion par
Compagnie, formerent de nouveau 4 Lignes vis- à- vis du Pavillon. Les grands Mousquetaires
s'étoient avancez avant la marche des Colones
à une distance marquée pour se trouver au centre
des 4 Colones et des 4 Lignes.
Leg
2048 MERCURE DE FRANCE
Les 4 Lignes par un mouvement formerent un
Quarré, au Centre duquel étoient les Mousquetaires , et par une conversion à droite et à gau- che par Compagnie, les Troupes qui formoient le
Quarré se remirent en ordre pour le rompre , ce
qui se fit par une marche des Mousquetaires dans
Fenceinte. Ils furent suivis par le Regiment de Gog
tha, qui le fut du reste de la Cavalerie , et par plu
sieurs Marches en Coloñes faites dans l'enceinte ;
ils donnerent le temps au Quarté de se développer
et en sortirent pour passer devant le Pavillon.
Les Officiers saluerent le Roy et reconduisirent
leurs Troupes au Camp.
Le 8 , jour destiné pour l'exercice des Grenadiers , les deux Compagnies de Rutowki et ide
Promnitz, qui pendant tout l'exercice demeurerent unies , furent jointes à droite et à gauche
par les 8 Compagnies des deux Bataillons des
Grenadiers , et chaque Corps détacha ses Char
pentiers qui se rangerent à trois de hauteur , et formerent 4 Pelotons , 20 pas devant les Compagnies de Rutowki et de Promnitz.Les 10 Com,
pagnies de Grenadiers se rangerent sur 2 Lignes;
4 de ces Compagnies ; sçavoir , 3 des Cardes de
la Couronne , et une de celles de Lithuanie , s'ésant jointes à la droite et à la gauche de celles
de Rutowki et de Promnitz , firent la premiere
Ligne' ; et les 4 autres ; sçavoir , celles de Flemming, de Lublin , de Campenhausen et de Denhoff , formerent la seconde. Ce Corps étoit com mandé par le Major General le Prince de Czartoriski.
Au premier signal ordinaire , pour avertir le
Roy que tout étoit rangé , S. M. donna le sien
pour former la Phalange sur la droite. Les Charpentiers qui faisoient la pointe de la Phalange ,
ayant
SEPTEMBRE. 1732. 2049
Ayant marché en avant , les Compagnies de Rutowki et de Promnitz formerent la premiere
Ligne de la Phalange,celles de Lublin et de Campenhausen la seconde ; celles du second et du
troisiéme Bataillon des Gardes de la Couronne
la troisiéme , celles de Denhoff et de Flemining
la 4 , et celle du premier Bataillon des Gardes
de la Couronne avec celle des Gardes de Lithuanie la cinquième. La Phalange ainsi formée , elle
marcha dans cet ordre , vers le Pavillon , jusqu'à
une certaine distance,
Par un second signal , la Phalange se forma en
triangle par un demi-quart de conversion à gau- che et à droite des Corps qui la composoient, et
les Charpentiers passerent en même- temps à la
droite et à la gauche des Compagnies de Rutowki et de Promnitz qui marcherent en avant pour
prendre leur terrain. On fit ensuite le feu coulant
qui commença par l'Angle de la droite , et fut
répété par l'Angle de la gauche.
Par le troisiéme signal , les Troupes se remirent en Phalange , et chaque ligne fit une Salve
P'une après l'autre.
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
pour former 2 Lignes , ce qui s'exécuta ainsi.Les
4 Compagnies des Gardes marcherent en avant ,
et vinrent s'alligner avec celles de Rutowki et de
Promnitz , ce qui forma la premiere Ligne. Les
4 autres Compagnies marcherent aussi en avant
pour s'alligner avec les Charpentiers, ce qui forma la seconde Ligne ; et par une contre- imarche
à droite et à gauche , vers le Centre , les Compa
gnies qui formoient cette seconde Ligne, se trou- verent vis à- vis les Intervalles de la premiere, qui
cominença ensuite son feu par demi Compa
gnies , dont 2 rangs tirerent à la fois , ce qui se
Tépeta trois fois.
En
2050 MERCURE DE FRANCE
En même-temps que la premiere Ligne commençoit son feu , la seconde avança pas pas , et
ayant passé dans les Intervalles de la premiere
elle fit , 30 pas en avant , le même feu qu'avoit
fait la premiere Ligne ; celle- cy ayant repassé dans les Intervalles de la seconde Ligne , 30 pas
en avant , elle se prépara pour jetter les Grenanades , ce qui se fit par pelotons. Pendant cette
manœuvre , la seconde Ligue passa dans les Intervalles de la premiere , 20 pas en avant , et
jetta les Grenades de la même maniere.
Par le cinquiéme signal , les deux lignes formerent trois Brigades ; ce qui s'executa ainsi. La
Compagnie de la droite de la premiere Ligne
vint remplir l'Intervalle des deux Compagnies
de la droite de la seconde , ce qui forma la Brigade de la droite, La Compagnie de la droite de
la seconde ligne fit la même chose à l'égard de
la premiere , et forma ainsi la Brigade de la gauche ; ces 2 Brigades marcherent 40 pas en avant.
Les 2 autres Compagnies de la seconde ligne ,
joignirent la droite et la gauche de celles de Rutowki et de Promnitz , ce qui forma la Brigade
du Centre , qui passa dans l'Intervalle des deux
autres , 30 pas en avant , et les trois Brigades
s'étant mises sur une même ligne , toutes les
Compagnies jetterent en même-temps leurs Grenades , les Charpentiers s'étant placez à la droite
et à la gauche de ligne,
Au sixiéme signal , la ligne forma un zig-zag
à dix faces , avec un Drapeau sur chaque Angle.
Les Grenadiers ainsi rangez , firent le feu de
Haye , qui fut suivi d'une décharge generale ;
enfin les dix Compagnies s'étant remises sur une ligne par une conversion à droite par pelotons ,
se mirent en marche pour passer devant le Pavillon , et retourner au Camp.
LS
I
C
10
SEPTEMBRE. 1732. 2051
Le 9 , il n'y eut point de mouvement dans
l'Armée , et le 10 , jour destiné à l'exercice des
Piquiers,l'Infanterie ayant formé 9 Bataillons de
256 chacun , avec un Drapeau , un Officier de
P'Etat Major, 2 Capitaines , 6 Subalternes , 16
bas Officiers et 8 Tambours , chaque Bataillon se
rangea à la tête du Camp , en 8 pelotons , à 4 de
hauteur , de 32 hommes chacun. Les 2 Pelotons
du centre étoient de Piquiers. Ensuite chaque
Bataillon forma un Quarré plein , à 16 de hauteur et 16 de front , de sorte que les 64 Piquiers
formoient un Quarré dans le centre de celui du
Bataillon ,
par le
Les neuf Bataillons s'étant joints , se range,
rent à trois de hauteur et 8 de front ; ce qui forma un Quarré plein de 48 hommes de hauteur
et de 48 de front , chaque Bataillon ayant ses Piquiers au centre , et chaque file et chaque rang
étant à 3 pas de distance . Outre les Officiers
commandez à chaque Bataillon, il y avoit 4 Majors et 4 Ajudans. Les Majors se placerent aux
Angles du Quarré , qui étoit commandé
Major Ceneral Campenhausen.
Au signal donné du Quartier du Roy,le Quar
ré marcha dans cet ordre vers le Pavillon , jusqu'à une certaine distance , où le General Com- mandant ordonna les feux autour dn Quarré ,
qui se firent par les quatre premiers rangs , dont
le quatrième , qui s'étoit doublé dans le premier,
commença le feu ; s'étant retiré, il fut remplacé
par le troisiéme Rang; ensuite par le second , et puis par le premier ; ce qui se répeta trois fois
Après ce feu , le General fit occuper les 2 premiers Rangs autour du Quarré par les Piquiers
des coins et des faces des 8 Bataillons ; ce qui se
fir par une contre- marche de ceux- cy, et par unede
2052 MERCURE DE FRANCE
de ceux qui occuperent ces deux Rangs , et qui vinrent se ranger à la place des Piquiers. Le rèste de ces Piquiers , par une autre contre- marche
qui se fit en même-temps , formerent 2 Rangs
autour du Bataillon du Centre , celui cy gardant
ses Piquiers ne fit aucun mouvement.
Les Piquiers ainsi rangez , le General ordonna
le feu qui se fit par les 12 premiers Kangs , dont
doublerent dans les Rangs des Piquiers du tour
du Quarré , qui pendant les Salves , baisserent
tous leurs Piques , excepté ceux qui étoient dans
le centre ; ce feu se repeta 3 fois , et après le feu
des Rangs , on commanda la Salve generale de
tout le Quarré; ensuite on fit remettre les Piquiers
leur premiere place par les mêmes contie
marches qui la leur avoient fait quitter.
Par un second signal du Pavillon , le Quarré
se rompit en cette maniere ; Les 4 Bataillons des
coins ayant fait une contre- marche à droite et à
gauche , marcherent sur la ligne de la face qui
regardoit le Pavillon , et celle qui lui étoit op÷
posée , jusqu'à ce que leurs dernieres files fussent
3 pas hors du Quarre.
Au troisiéme signal , les deux Bataillons qui
étoient à droite et à gauche de celui du Centre ,
sortirent du Quarré par une contre - marche à
droite et à gauche , et marcherent jusqu'à ce que
leurs dernieers Files fussent 3 pas au delà des premieres Files des Bataillons des coins ; les 3 autres
Bataillons resterent en place , et après chaque
mouvement , les Bataillons faisoient face au Pavillon.
Au quatriéme signal , les 2 Bataillons des coins
qui faisoient face au Pavillon , ayant fait une
contre marche à droite et à gauche , marcherent
de nouveau sur la même ligne, jusqu'à ce que leurs
SEPTEMBRE. 1732. 2053
leurs dernieres Files fussent 3 pas au delà des 2
Bataillons , qui avoienr fait le dernier mouve ment.
Au cinquiéme signal , les 2 autres Bataillons
des Coins ayant marché en avant , jusqu'à ce
qu'ils fussent sur la ligne, qui faisoit face au Pa- villon , et le Batalllon du Centre , avec celui qui
étoit derriere , étant venu par une contre- marche se placer derriere les Intervalles de la droite
et de la gauche du Bataillon du Centre de la premiere ligne , en formerent une seconde avec les
deux autres Bataillons qui étoient demeurez cn
place.
Par un sixième signal , les 9 Bataillons se préparerent à se mettre à 8 de hauteur , ce qui se fit
ainsi : Les 4 Bataillons des aîles de la premiere
ligne , et les 4 qui formoient la seconde , gagne- rent , par une contre- marche à droite et à gauche,le terrain necessaire pour faire un plus grand
front , observant de garder toujours leurs trois
pas de distance ; après quoi , tous les Pelotons de
chaque Bataillon qui avoient doublé , se rangerent sur les Angles de leur Bataillon , et ceux de derriere ayant marché pour se joindre au Corps
dePiquiers, ils se trouverent à 8 de hauteur, ayant
ensuite doublé leurs rangs en avant , ils se trouverent à quatre de hauteur , les Officiers étant
à leurs places ordinaires. Au septiéme signal, les
4 Bataillons de la seconde ligne , ayant rempli
les Intervalles de la premiere , paiurent sur une
ligne, et le General ayant fait mettre les Piquiers
dans le quatrième rang , on commença les feux
qui finirent par une décharge geaerale ; les Piquiers présenterent leurs Piques pendant le feu.
Ces derniers étant ensuite rentrés dans le Centre,
toute la ligne fit la conversion à droite par PeloH tons
"
2054 MERCURE DE FRANCE
tons pour venir passer devant le Pavillon du
Roy, et s'enretourna au Camp , par la ligne da Centre.
Fermer
Résumé : POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
En septembre 1732, des événements militaires significatifs se déroulent en Pologne, notamment à Varsovie, où circulent des rumeurs concernant un nouveau traité d'amitié entre les Maisons de Saxe et de Bavière. L'armée, stationnée au camp de Villa Nova, effectue divers exercices militaires sous la supervision du roi. Les manœuvres impliquent plusieurs unités, dont la cavalerie dirigée par les grands Mousquetaires. La cavalerie exécute des formations en lignes et en colonnes, des charges simulées et des conversions. Les grenadiers, sous le commandement du Prince de Czartoryski, pratiquent des formations en phalange et en triangle, ainsi que des tirs de salve et des lancers de grenades. Les piquiers, organisés en bataillons, forment des carrés et exécutent des feux autour du carré. Les exercices sont minutieusement supervisés par le roi depuis un pavillon situé sur une butte. Les mouvements sont précis et coordonnés, avec des signaux donnés par le roi pour indiquer les changements de formation. Les manœuvres impliquent neuf bataillons. Initialement, deux bataillons avancent jusqu'à une ligne face au pavillon, tandis que deux autres effectuent une contre-marche pour se placer derrière les intervalles des bataillons de la première ligne, formant ainsi une seconde ligne. À un sixième signal, les neuf bataillons se préparent à former une ligne de huit de hauteur. Les bataillons des ailes de la première ligne et ceux de la seconde ligne gagnent du terrain par une contre-marche pour élargir le front tout en conservant une distance de trois pas. Les pelotons doublent ensuite leurs rangs, se rangeant sur les angles de leur bataillon, et se joignent aux piquiers pour atteindre une hauteur de huit. Après avoir doublé leurs rangs en avant, ils se trouvent à quatre de hauteur, avec les officiers à leurs places. Au septième signal, les quatre bataillons de la seconde ligne comblent les intervalles de la première ligne et se mettent en ligne. Les piquiers, placés dans le quatrième rang, présentent leurs piques pendant les feux, qui se terminent par une décharge générale. Les piquiers rentrent ensuite au centre, et toute la ligne effectue une conversion à droite par pelotons pour passer devant le pavillon du roi et retourne au camp par la ligne du centre.
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4899
p. 167-179
Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Début :
Je ne dois pas oublier à vous parler d'une Fête qui a esté faite [...]
Mots clefs :
Fête, Naissance du duc d'Anjou, Château, Feu d'artifice, Danse, Violons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Je ne dois pas oublier à vous
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
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Résumé : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
À Château-Gontier, en Anjou, une fête fut organisée pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. À l'annonce de cette nouvelle, Monsieur de Fleurance, écuyer de Madame la Duchesse de Bourgogne, décida de manifester sa joie par des réjouissances publiques. Le 2 du mois, une fête considérée comme l'une des plus élégantes et bien organisées de la province eut lieu. Elle débuta par une décharge de canons à 14 heures, suivie par une assemblée de la bourgeoisie armée sur la grande place à 15 heures. Cette bourgeoisie, composée de jeunes gens bien vêtus et ornés de rubans, se rendit au bûcher préparé sur la place pour y mettre le feu. Monsieur de Fleurance invita des dames à allumer le feu, choisissant des filles de principaux officiers et de gentilshommes pour éviter toute division. Des invités distingués, comme le Comte de Brizay et Monsieur de Flechecourt, participèrent également à la fête. Après l'allumage du bûcher, des salves de mousqueterie et un feu d'artifice furent tirés. La soirée se poursuivit avec des jeux, un souper, et un bal qui dura jusqu'au matin. Les pauvres ne furent pas oubliés, recevant des repas et des boissons. La maison de Monsieur de Fleurance fut illuminée, et des inscriptions latines furent exposées. La fête se termina par un bal qui dura jusqu'au jour, laissant tous les participants très satisfaits de son organisation et de son ordre.
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4900
p. 169-181
DE VIENNE en Austriche.
Début :
La fille d'un bourgeois de cette Ville, âgée de [...]
Mots clefs :
Accouchée, Sage-femme, Amant, Tourrière, Couvent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE en Austriche.
DE VIENNE
en Auftriche.
MONSIE
re
CONSIEUR ,
Pardonnez à un Allemand qui fçait à peine
le François , de vous efcriune avanture , & de
prétendre qu'on la mette
fous la preffe : c'est un ma
riage qui fe fit l'année
paffee , & quejene crains
plus de rendre public à
Juin 1712.
P
170 MERCURE
Paris comme ill'aefte icy,
parce que le mary a efte
tué en Flandre & la
femme eft morte defa feconde couche. Si l'un ou
l'autre eftoit encore en vie
je me garderois bien de
vous envoyer cette avanture.
La fille d'un bourgeois
de cette Ville , âgée de dixfept à dix-huitans , n'ayant
plus ny père ny mere
retira chez une vieille tante qui cut pour fon éduca-
,
fe
GALANT. 171
tion tous les foins & toute
l'attention poffible. Cette
bonne femme eut le malheur d'avoir pour locataire un avanturier des bords
de la Garonne , Peintre en
chambre , & Chevalier en
ville, & Gafcon de profeffion , crut trouver un party confiderable dans la recherche de cette fille , &
pour gagner l'efprit de ſa
tante qui n'avoit point
d'autre heritiere qu'elle ,
exagera l'excellence & l'u
tilité de fon art en luy
perfuadant que fon travail
,
Pij
172 MERCURE
joint aux talents de fa niece leur procureroient un
eſtabliſſement confiderable ; les complaiſances du
Peintre pour la vieille , fi
rent de fi grands progrez
fur elle , qu'elle difpola fa
niece au mariage , en faveur duquel elle donnoit
tout fon bien , en ſe refer
vant feulement l'ufufruit
fa vie durant. Pendantcet
intervale le Gafcon vit
fouvent fa belle , & le re
gardantdeflors commefon
époux , elle n'eut pas la
force de refifter à fes em-
GALANT. 173
preffemens Le galant fa
tisfait du cofté de l'amour
ne l'eftoit pas du cofté de
l'intereft ; la referve de l'ufufruit ne luy plaifoit pas.
Il employatouteforte d'artifices pour qu'on ſe relafchaft fur cet article ; cependant la Tante tint ferme ,
& dit qu'elle ne vouloit
rien innover aux claufes du
Contrat. Le perfide qui
fçavoit mieux diffimuler
qu'époufer , ne laiffa pas.
que deprendreparole pour
la celebration qui devoit fe
faire le 20. Aouft 1711. A
P iij
174 MERCURE
jour nommé il va à l'Eglife,
& faifant l'empreffé pour
chercher le Preftre , il dif
parut fans qu'on ait ſceu
depuis ce temps- là ce qu'il
eft devenu. Chacun fe regarde , murmure , &toutes
reflexions faites, les Parens
s'en retournerent fort con
fternez. Marianne avoit
plus d'une raifon pour eſtre
plus affligée que les autres.
Une raifon ne parut à fa
famille que quelques mois
aprés. Elle voulut prevénir
cet éclat en perfuadant à
la bonne femme de con-
GALANT.'s
fentir qu'elle alla cacher
au fond d'un Cloiftre l'affront qu'elle avoit receu à
l'Eglife . Sa Tante la mena
au Convent dés le lende
main. Elle y fut receuë
parune femmehabillée en
Tourriere , & elle fut fe cacher réellement dans une
maiſon feculiere où elle
trouva une femme habile
& charitable qui luy faifoit
efperer de luy rendre la
beauté de fa taille deux
mois aprés, qui la mena dás
un Parloir , où aprés avoir
attendu quelque temps , la
Piiij
176 MERCURE
A
meſme Touriere luy vint
dire que la Mere Prieure
eftoit malade , la bonne
tante qui fe trouvoit fort
incommodée ce jour-là ,
s'en retourna avec précipitation chez elle , & laiffa
fa niece dans le Parloir ;
elle en fortit un peu aprés
avec la Touriere qui la me
na chez elle pour achever
à loifir & en fecret , ce que
l'amour avoit commencé
de mefme. Le lendemain
on fut fort inquiet de la
niece dans le Convent où
l'on l'attendoit tousjours ,
GALANT. 177
ה & chez la tante qui l'avoit
laiffée au Convent ; mais
cette Tourriere eftoit une
fage - femme déguisée qui
avoitfait connoiffance depuis quelques jours avecla
Tourriere à qui elle vouloit fucceder,luy difoit- elle,
parce que laTourriere vouloit fortir de ce Convent
pour aller dans un autre.
On ne put donc avoir aucunes nouvelles ny de cette
fauſſe Tourriere , ny de la
niece , ce qui donna un
tel chagrin à la tante desja tres- malade , qu'elle en
178 MERCURE
mourut de chagrin quelque temps aprés,juftement
dans le temps que fa niece
ignorant la maladie de ſa
tante , achevoit fon terme
fatal.
La Sage-femme porte
l'enfant à l'Eglife dans le
milieu de la nuit pour tenir
plus fecret ce petit fruit
d'iniquité.
Quel fut l'eftonnement
du Preftre & de la Sagefemme , quand ils virent
entrer à deux heures aprés
midy dix ou douze jeunes
gens éclairez par des flam-
GALANT. 179
beaux , tous bouteilles ou
verres à la main , & quelques uns à demiyvres , qui
s'emparerent de la nourriffe & de l'enfant , & les
menoit en triomphe par
toute la Ville , en chantant
toutes les Chanſons qui
pouvoient convenir à la
naiffance dérobée d'un tel
enfant ? Le bruit que cela
fit réveilla toute la Ville &
par confequent le Magiftrat qui voulut faire mettre la troupe en priſon ſans
unplus yvre qui le prit par.
la main , & comme il n'a-
180 MERCURE
1
voit pas main forte avec
luy la clique Bachique
l'emmena droit à la maiſon
cù eftoit l'accouchée qui
penfa mourir defrayeur de
la galanterie que luy faifoit fon Amant : car c'eftoit
luy mefme qui ayant eſté
averti à table que la Tante
de fa Maiftreffe eftoit morte , & en mesme temps que
fon petit fucceffeur eftoit à
l'Eglife , avoit fait une reflexion d'yvrogne en penfant que les autres avoient
executé, commevous avez
veu , en ſon eſprit qu'en
GALANT. 181
t faifant entrer le Magiftrat
jufques dans la chambre
de l'accouchée : l'yvrogne
luy dit ; voilà ma femme
qu'avez-vous à dire ? c'eſt
tout ce que put tirer le Magiftrat qui d'ailleurs galant
homme les pria civilement
de fe retirer chacun chez
eux , & l'accouchée revenuë de cette aubade , époufale lendemain fonAmant,
qui voulut bien dès ce jour
recueillir avec elle la fucceffion que la Tante n'a-
*
voit pas voulu leur donner
defon vivant
en Auftriche.
MONSIE
re
CONSIEUR ,
Pardonnez à un Allemand qui fçait à peine
le François , de vous efcriune avanture , & de
prétendre qu'on la mette
fous la preffe : c'est un ma
riage qui fe fit l'année
paffee , & quejene crains
plus de rendre public à
Juin 1712.
P
170 MERCURE
Paris comme ill'aefte icy,
parce que le mary a efte
tué en Flandre & la
femme eft morte defa feconde couche. Si l'un ou
l'autre eftoit encore en vie
je me garderois bien de
vous envoyer cette avanture.
La fille d'un bourgeois
de cette Ville , âgée de dixfept à dix-huitans , n'ayant
plus ny père ny mere
retira chez une vieille tante qui cut pour fon éduca-
,
fe
GALANT. 171
tion tous les foins & toute
l'attention poffible. Cette
bonne femme eut le malheur d'avoir pour locataire un avanturier des bords
de la Garonne , Peintre en
chambre , & Chevalier en
ville, & Gafcon de profeffion , crut trouver un party confiderable dans la recherche de cette fille , &
pour gagner l'efprit de ſa
tante qui n'avoit point
d'autre heritiere qu'elle ,
exagera l'excellence & l'u
tilité de fon art en luy
perfuadant que fon travail
,
Pij
172 MERCURE
joint aux talents de fa niece leur procureroient un
eſtabliſſement confiderable ; les complaiſances du
Peintre pour la vieille , fi
rent de fi grands progrez
fur elle , qu'elle difpola fa
niece au mariage , en faveur duquel elle donnoit
tout fon bien , en ſe refer
vant feulement l'ufufruit
fa vie durant. Pendantcet
intervale le Gafcon vit
fouvent fa belle , & le re
gardantdeflors commefon
époux , elle n'eut pas la
force de refifter à fes em-
GALANT. 173
preffemens Le galant fa
tisfait du cofté de l'amour
ne l'eftoit pas du cofté de
l'intereft ; la referve de l'ufufruit ne luy plaifoit pas.
Il employatouteforte d'artifices pour qu'on ſe relafchaft fur cet article ; cependant la Tante tint ferme ,
& dit qu'elle ne vouloit
rien innover aux claufes du
Contrat. Le perfide qui
fçavoit mieux diffimuler
qu'époufer , ne laiffa pas.
que deprendreparole pour
la celebration qui devoit fe
faire le 20. Aouft 1711. A
P iij
174 MERCURE
jour nommé il va à l'Eglife,
& faifant l'empreffé pour
chercher le Preftre , il dif
parut fans qu'on ait ſceu
depuis ce temps- là ce qu'il
eft devenu. Chacun fe regarde , murmure , &toutes
reflexions faites, les Parens
s'en retournerent fort con
fternez. Marianne avoit
plus d'une raifon pour eſtre
plus affligée que les autres.
Une raifon ne parut à fa
famille que quelques mois
aprés. Elle voulut prevénir
cet éclat en perfuadant à
la bonne femme de con-
GALANT.'s
fentir qu'elle alla cacher
au fond d'un Cloiftre l'affront qu'elle avoit receu à
l'Eglife . Sa Tante la mena
au Convent dés le lende
main. Elle y fut receuë
parune femmehabillée en
Tourriere , & elle fut fe cacher réellement dans une
maiſon feculiere où elle
trouva une femme habile
& charitable qui luy faifoit
efperer de luy rendre la
beauté de fa taille deux
mois aprés, qui la mena dás
un Parloir , où aprés avoir
attendu quelque temps , la
Piiij
176 MERCURE
A
meſme Touriere luy vint
dire que la Mere Prieure
eftoit malade , la bonne
tante qui fe trouvoit fort
incommodée ce jour-là ,
s'en retourna avec précipitation chez elle , & laiffa
fa niece dans le Parloir ;
elle en fortit un peu aprés
avec la Touriere qui la me
na chez elle pour achever
à loifir & en fecret , ce que
l'amour avoit commencé
de mefme. Le lendemain
on fut fort inquiet de la
niece dans le Convent où
l'on l'attendoit tousjours ,
GALANT. 177
ה & chez la tante qui l'avoit
laiffée au Convent ; mais
cette Tourriere eftoit une
fage - femme déguisée qui
avoitfait connoiffance depuis quelques jours avecla
Tourriere à qui elle vouloit fucceder,luy difoit- elle,
parce que laTourriere vouloit fortir de ce Convent
pour aller dans un autre.
On ne put donc avoir aucunes nouvelles ny de cette
fauſſe Tourriere , ny de la
niece , ce qui donna un
tel chagrin à la tante desja tres- malade , qu'elle en
178 MERCURE
mourut de chagrin quelque temps aprés,juftement
dans le temps que fa niece
ignorant la maladie de ſa
tante , achevoit fon terme
fatal.
La Sage-femme porte
l'enfant à l'Eglife dans le
milieu de la nuit pour tenir
plus fecret ce petit fruit
d'iniquité.
Quel fut l'eftonnement
du Preftre & de la Sagefemme , quand ils virent
entrer à deux heures aprés
midy dix ou douze jeunes
gens éclairez par des flam-
GALANT. 179
beaux , tous bouteilles ou
verres à la main , & quelques uns à demiyvres , qui
s'emparerent de la nourriffe & de l'enfant , & les
menoit en triomphe par
toute la Ville , en chantant
toutes les Chanſons qui
pouvoient convenir à la
naiffance dérobée d'un tel
enfant ? Le bruit que cela
fit réveilla toute la Ville &
par confequent le Magiftrat qui voulut faire mettre la troupe en priſon ſans
unplus yvre qui le prit par.
la main , & comme il n'a-
180 MERCURE
1
voit pas main forte avec
luy la clique Bachique
l'emmena droit à la maiſon
cù eftoit l'accouchée qui
penfa mourir defrayeur de
la galanterie que luy faifoit fon Amant : car c'eftoit
luy mefme qui ayant eſté
averti à table que la Tante
de fa Maiftreffe eftoit morte , & en mesme temps que
fon petit fucceffeur eftoit à
l'Eglife , avoit fait une reflexion d'yvrogne en penfant que les autres avoient
executé, commevous avez
veu , en ſon eſprit qu'en
GALANT. 181
t faifant entrer le Magiftrat
jufques dans la chambre
de l'accouchée : l'yvrogne
luy dit ; voilà ma femme
qu'avez-vous à dire ? c'eſt
tout ce que put tirer le Magiftrat qui d'ailleurs galant
homme les pria civilement
de fe retirer chacun chez
eux , & l'accouchée revenuë de cette aubade , époufale lendemain fonAmant,
qui voulut bien dès ce jour
recueillir avec elle la fucceffion que la Tante n'a-
*
voit pas voulu leur donner
defon vivant
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Résumé : DE VIENNE en Austriche.
En 1711, à Vienne, une jeune fille orpheline de dix-sept à dix-huit ans vit chez sa tante, qui l'élève avec soin. Un aventurier, peintre et gascon, loue une chambre chez elles et cherche à épouser la jeune fille pour hériter de sa fortune. Il séduit la tante en vantant ses talents et ceux de sa nièce, obtenant ainsi son consentement au mariage. Cependant, le jour de la cérémonie, l'aventurier disparaît mystérieusement. Quelques mois plus tard, la jeune fille, nommée Marianne, est envoyée dans un couvent pour cacher sa grossesse. Elle est trompée par une fausse tourière et accouche en secret. L'enfant est déposé à l'église, mais est ensuite enlevé par un groupe de jeunes gens ivres. Le père de l'enfant, également ivre, intervient et révèle au magistrat que Marianne est sa maîtresse. Après avoir constaté la situation, le magistrat les laisse partir. La tante de Marianne meurt de chagrin peu après. Finalement, l'amant de Marianne décide de l'épouser et de recueillir la succession de la tante.
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