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1
p. 65-80
LETTRE DE M. LE MARQUIS DE *** A MADAME DE ***
Début :
Si les Eaux de Barrége luy on esté salutaires, celles / Je suis à Bourbon l'Archambaut, Madame; & sans aucun [...]
Mots clefs :
Belles, Hommes de mérite, Bourbon l'Archambaut, Maladies, Guérir, Eaux , Remède, Maux, Boire
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE M. LE MARQUIS DE *** A MADAME DE ***
Si les Eauxde Barrége luy ont eſté ſalutaires , celles de Bourbon ne l'ont pas moins eſté -à quantité de Belles qu'on y a
veuës. Cette Lettre qui m'eſt -tombée entre les mains , vous en
-fera ſçavoir le merite. Je vous l'envoye tellequ'on vientdeme la donner.
LETTRE
DE M. LE MARQUIS DE ***
A MADAME DE ***
àBourbon l'Archambaut,Ma- JEfuis dame;&Sans aucun préambule,je
GALANT. 45 vay vous rendre compte de ce qui s'y paſſe,comme vous me l'avez ordonné.
Lapremiere chose que jefis en arrivant,
ce fut dem'informer du genre desMa- ladies qui avoient attirélebeauMonde
qu'ondit quis'y trouvoit , &l'on m'ap- prit qu'à l'exception dequelques Para- lifies mal formées , Hommes & Fem- mes s'y plaignoient presque tous de Vapeurs.
CeMal de tous les Maux, Mal le plus incommode,
Pour les Hommesjadis n'eſtoit point à
lamode;
Mais onſçait aujourd'huyce qu'il nous fait fouffrir,
Comme à toute heure il nous accable ,
Juſqu'à nous voir preſts d'en mourir,
Si voſtre Sexe eſtoit unpeu plus cha- ritable ,
Nous n'irions pas ſi loin eſſayer d'en guerir.
Je ne manquaypas ( & parvostre ordre , Madame , ) de demander d'a- bord des nouvelles de nostre Illustre
L
46 LE MERCVRE
Mareschal. Je ſçeus que les Eaux ne luy avoient fait que médiocrement du bien cetteannée, maisqu'en récompense M. Amiot Son Medecin , Homme
qu'unecapacitédepuis long temps éprou vée , rend digne de tout le bien qu'on en
dit, en avoitpris desſoinsſiparticuliers,
que ſes Amispouvoient espererdele re voiravectoute laſantéqu'ilsluy avoient Jouhaitée en partant : l'agreable vie qu'on mene icy , aura ſans doute contri- buéà la rétablir. Le Ieu , la Promenade, la Conversation, &tout ce qui peur lierune aimableſocieté,ſont des plaifirs
qui n'y manquent presque jamais , &la belle Compagniequi s'y trouve ordinai.
rement seroit seule capable de querir les Mauxlesplus obftinez. Tout cequi m'y paroist de fâcheux ,
C'eſt qu'on voit làde tres-ſainesMa- lades
Qui fieres de mille Beautez ,
Font de frequentes incartades Ad'innocentes Libertez.
Auplaifir de les voir le meilleur temps s'employe.
GALAN T... 47
Comme le charme eſt grand , on s'en
donne à cœur joye ,
On regarde , on admire , on demeure enchanté.
Alors aux Maux divers, dont boire eſt
le Remede
Se mefle un certain trouble àqui la
raiſon cede ,
Etmal ſur mal n'eſt pas ſanté.
Je m'en Sauve comme jepuis , &je vous avoue que cen'est passans peine,
car fi onéviteunquet-à pendd'un coſté,
on le rencontre de l'autre. Par exemple.
Avez- vous fuy les dangereux attraits
Qui coûtent tant à regarder de pres,
Lors qu'à vosyeux charmez de ſa rencontre,
L'aimable Fortia ſe montre;
Ailleurs où le hazard vous aura pû
mener,
LabelleMarcillac vous vient affaffiner.
Que de cœurs tous les jours ſes char- mes luy fontprendre ,
Sans que jamais elle fonge àles rendre!
ر
48 LE MERCVRE
Il n'eſtoit pas beſoin qu'elle quitât la
Cour
Pour leur faire un ſi méchant tour.
Ie n'oſe en dire rien , c'eſt ſur ſa conſcience ;
Mais qu'elle craigne enfin qu'on ne la pouſſe àbout
On peut prendre ſon temps , la trou- ver ſans defenſe ,
Et quiconque à voler comme elle ſe réfout,
Doit croire que malgré toute ſa refiſtance ,
Vn coup viendra qui payera tout.
,on ne
Vous auriez peine à vous imaginer
combien la belle Madame Dubal fait
envier le bonheur deſon Epoux qui est
venu aux Eaux avec elle. Ceſont deux moitiez tres- bien aſſorties,&fi la Fem- me aun merite extraordinaire
peut parler trop avantageusement du
Mary. Il estbienfait , agreable &fort conſideré dans la Maison de Monsieur
lePrince. Lepaſſe aux autres Beautez qu'onvoiticy; &pourm'empescher d'y penser trop en vous en parlant , vous
trouverez
GALANT. 49 trouverez bon , s'il vous plaiſt ,que je faſſe le Portrait qu'en ras ne vous en
courcy.
L'incomparable Bourdenois Dont la gorge toute charmante Surprend, ébloüit,touche, enchante,
De l'Amour à toute heure épuiſe le
Carquois.
Heureux qui vit ſous de ſi belles Loix,
Mais plus heureux qui s'en exempte.
De Vallecour & ſon aimable Sœur,
Des plus brillans attraits l'une & l'autre pourveuë,
Ontbien dequoyplaire à la veuë,
Mais ce n'eſt pas ſans qu'il encouſte
au cœur.
Beauregard & Beſſay par l'éclat de leurs charmes.
لوب
Font aux plus fiers rendre les armes,
Du Frétoy comme Riberpré Quand vous les regardez ſont fort à
voſtre gré ,
Tome IX. C
5o LE MERCVRE Mais mal en prendquoy qu'ony prenne garde,
Aqui trop ſouvent les regarde.
Morin , Phelipeaux & de Ris ,
Par leur propre merite à peu d'autres ſemblables ,
Ont toutesdes Filles aimables
Que ſuivent la Ieuneſſe & les Ieux &
les Ris.
On eſt charméde ſe voir avec elles ,
Mais comme de ſoy-meſme doit ſe
défier,
Ce n'eſt pas tout que de les trouver
Belles ,
L'importance eſt del'oublier.
Ioignez à ces Beautez deux Illuſtres
Amies ,
Dont il faut vous dire le nom.
L'une eſt Saint-Clair , l'autre Burgon ,
Ce ſont dans l'amitié deux ames affermies ,
Etqui fontconcevoir à qui veut s'enflamer,
Qu'iln'eſt riende ſi doux qu'aimer.
GALANT. 5
Pourla belle Damonqu'accompagnent
les Graces ,
Et dont en la voyant chacun demeure
épris.
Onnedoit point eſtre ſurpris
Si l'Amour marche ſurſes traces.
Quel affez ample, aſſez riche Marc d'or Apù payer ce prétieux Tréſor ?
Il faut encorerendre juſtice Aumerite des quatre Sœurs.
Marpon l'aînée eſt Veuve,& ( je croy)
peu novice
Dansl'art d'aſſujettir les cœurs Elle est bienfaite , aimable & fort ſpi- rituelle.
De Villedo ſa Sœur ſe fait aimer comme elle ;
Etdans l'agreable Becuau Onnevoitrien que de bon &de beau.
Mignon, la plus jeunedes quatre Ades attraits dangereux à combattre,
Etqui veut tenir contre , éprouve à ſes deſpens
Qu'il perd ſa franchiſe &ſon temps.
Cij
52 LE MERCVR E
Apres vous avoir parlé des Belles,
j'aurois un long article àvous faire , ſi je voulois vous entretenir de tous les
Hommes de merite qui boivent icy des Eaux. Nousy voyons M. le Marquis de Vardes , dont on croit que le plus grand mal foit le chagrin d'eſtre toû jours éloigné de la plus Auguste Per- Sonne duMonde. M. de Pomereüil, &
M. Pique , y sont auſſi avec M. le Comtede Bouligneux qui est un Homme tres- bien fait , &fort estimé. Mais ce qu'on peut appeller le Charme de nos plus belles Compagnies , c'eſt un jeune Milord petit-Fils du Duc d'Ormond Viceroyd'Irlande. Il donne la Comedie aux Dames , &on nepeutrien voir de plus galant àson âge. Ses belles qualitez ne surprennent point quand on les voit cultivées par M. de Montmiral Son Gouverneur. C'est un Gentilhomme tres- accomply , &fort dignedu choix qu'on a fait de luy pour la conduite du jeune Seigneur dont je vousparle. Vousferez peut- estre ſurpriſe de ceque je ne vous disriende Madame laComteffe_deDo- na, ny de quantité d'autres belles Da-
GALAN T. 53 mes qui sont venues cette année boire desEaux à Bourbon. Souvenez-vous,
je vous prie ,que je vous ayſeulement promis de vous rendre compte de celles que j'y trouverois. Je vous tiensparole,
&fuisvostre , &c.
veuës. Cette Lettre qui m'eſt -tombée entre les mains , vous en
-fera ſçavoir le merite. Je vous l'envoye tellequ'on vientdeme la donner.
LETTRE
DE M. LE MARQUIS DE ***
A MADAME DE ***
àBourbon l'Archambaut,Ma- JEfuis dame;&Sans aucun préambule,je
GALANT. 45 vay vous rendre compte de ce qui s'y paſſe,comme vous me l'avez ordonné.
Lapremiere chose que jefis en arrivant,
ce fut dem'informer du genre desMa- ladies qui avoient attirélebeauMonde
qu'ondit quis'y trouvoit , &l'on m'ap- prit qu'à l'exception dequelques Para- lifies mal formées , Hommes & Fem- mes s'y plaignoient presque tous de Vapeurs.
CeMal de tous les Maux, Mal le plus incommode,
Pour les Hommesjadis n'eſtoit point à
lamode;
Mais onſçait aujourd'huyce qu'il nous fait fouffrir,
Comme à toute heure il nous accable ,
Juſqu'à nous voir preſts d'en mourir,
Si voſtre Sexe eſtoit unpeu plus cha- ritable ,
Nous n'irions pas ſi loin eſſayer d'en guerir.
Je ne manquaypas ( & parvostre ordre , Madame , ) de demander d'a- bord des nouvelles de nostre Illustre
L
46 LE MERCVRE
Mareschal. Je ſçeus que les Eaux ne luy avoient fait que médiocrement du bien cetteannée, maisqu'en récompense M. Amiot Son Medecin , Homme
qu'unecapacitédepuis long temps éprou vée , rend digne de tout le bien qu'on en
dit, en avoitpris desſoinsſiparticuliers,
que ſes Amispouvoient espererdele re voiravectoute laſantéqu'ilsluy avoient Jouhaitée en partant : l'agreable vie qu'on mene icy , aura ſans doute contri- buéà la rétablir. Le Ieu , la Promenade, la Conversation, &tout ce qui peur lierune aimableſocieté,ſont des plaifirs
qui n'y manquent presque jamais , &la belle Compagniequi s'y trouve ordinai.
rement seroit seule capable de querir les Mauxlesplus obftinez. Tout cequi m'y paroist de fâcheux ,
C'eſt qu'on voit làde tres-ſainesMa- lades
Qui fieres de mille Beautez ,
Font de frequentes incartades Ad'innocentes Libertez.
Auplaifir de les voir le meilleur temps s'employe.
GALAN T... 47
Comme le charme eſt grand , on s'en
donne à cœur joye ,
On regarde , on admire , on demeure enchanté.
Alors aux Maux divers, dont boire eſt
le Remede
Se mefle un certain trouble àqui la
raiſon cede ,
Etmal ſur mal n'eſt pas ſanté.
Je m'en Sauve comme jepuis , &je vous avoue que cen'est passans peine,
car fi onéviteunquet-à pendd'un coſté,
on le rencontre de l'autre. Par exemple.
Avez- vous fuy les dangereux attraits
Qui coûtent tant à regarder de pres,
Lors qu'à vosyeux charmez de ſa rencontre,
L'aimable Fortia ſe montre;
Ailleurs où le hazard vous aura pû
mener,
LabelleMarcillac vous vient affaffiner.
Que de cœurs tous les jours ſes char- mes luy fontprendre ,
Sans que jamais elle fonge àles rendre!
ر
48 LE MERCVRE
Il n'eſtoit pas beſoin qu'elle quitât la
Cour
Pour leur faire un ſi méchant tour.
Ie n'oſe en dire rien , c'eſt ſur ſa conſcience ;
Mais qu'elle craigne enfin qu'on ne la pouſſe àbout
On peut prendre ſon temps , la trou- ver ſans defenſe ,
Et quiconque à voler comme elle ſe réfout,
Doit croire que malgré toute ſa refiſtance ,
Vn coup viendra qui payera tout.
,on ne
Vous auriez peine à vous imaginer
combien la belle Madame Dubal fait
envier le bonheur deſon Epoux qui est
venu aux Eaux avec elle. Ceſont deux moitiez tres- bien aſſorties,&fi la Fem- me aun merite extraordinaire
peut parler trop avantageusement du
Mary. Il estbienfait , agreable &fort conſideré dans la Maison de Monsieur
lePrince. Lepaſſe aux autres Beautez qu'onvoiticy; &pourm'empescher d'y penser trop en vous en parlant , vous
trouverez
GALANT. 49 trouverez bon , s'il vous plaiſt ,que je faſſe le Portrait qu'en ras ne vous en
courcy.
L'incomparable Bourdenois Dont la gorge toute charmante Surprend, ébloüit,touche, enchante,
De l'Amour à toute heure épuiſe le
Carquois.
Heureux qui vit ſous de ſi belles Loix,
Mais plus heureux qui s'en exempte.
De Vallecour & ſon aimable Sœur,
Des plus brillans attraits l'une & l'autre pourveuë,
Ontbien dequoyplaire à la veuë,
Mais ce n'eſt pas ſans qu'il encouſte
au cœur.
Beauregard & Beſſay par l'éclat de leurs charmes.
لوب
Font aux plus fiers rendre les armes,
Du Frétoy comme Riberpré Quand vous les regardez ſont fort à
voſtre gré ,
Tome IX. C
5o LE MERCVRE Mais mal en prendquoy qu'ony prenne garde,
Aqui trop ſouvent les regarde.
Morin , Phelipeaux & de Ris ,
Par leur propre merite à peu d'autres ſemblables ,
Ont toutesdes Filles aimables
Que ſuivent la Ieuneſſe & les Ieux &
les Ris.
On eſt charméde ſe voir avec elles ,
Mais comme de ſoy-meſme doit ſe
défier,
Ce n'eſt pas tout que de les trouver
Belles ,
L'importance eſt del'oublier.
Ioignez à ces Beautez deux Illuſtres
Amies ,
Dont il faut vous dire le nom.
L'une eſt Saint-Clair , l'autre Burgon ,
Ce ſont dans l'amitié deux ames affermies ,
Etqui fontconcevoir à qui veut s'enflamer,
Qu'iln'eſt riende ſi doux qu'aimer.
GALANT. 5
Pourla belle Damonqu'accompagnent
les Graces ,
Et dont en la voyant chacun demeure
épris.
Onnedoit point eſtre ſurpris
Si l'Amour marche ſurſes traces.
Quel affez ample, aſſez riche Marc d'or Apù payer ce prétieux Tréſor ?
Il faut encorerendre juſtice Aumerite des quatre Sœurs.
Marpon l'aînée eſt Veuve,& ( je croy)
peu novice
Dansl'art d'aſſujettir les cœurs Elle est bienfaite , aimable & fort ſpi- rituelle.
De Villedo ſa Sœur ſe fait aimer comme elle ;
Etdans l'agreable Becuau Onnevoitrien que de bon &de beau.
Mignon, la plus jeunedes quatre Ades attraits dangereux à combattre,
Etqui veut tenir contre , éprouve à ſes deſpens
Qu'il perd ſa franchiſe &ſon temps.
Cij
52 LE MERCVR E
Apres vous avoir parlé des Belles,
j'aurois un long article àvous faire , ſi je voulois vous entretenir de tous les
Hommes de merite qui boivent icy des Eaux. Nousy voyons M. le Marquis de Vardes , dont on croit que le plus grand mal foit le chagrin d'eſtre toû jours éloigné de la plus Auguste Per- Sonne duMonde. M. de Pomereüil, &
M. Pique , y sont auſſi avec M. le Comtede Bouligneux qui est un Homme tres- bien fait , &fort estimé. Mais ce qu'on peut appeller le Charme de nos plus belles Compagnies , c'eſt un jeune Milord petit-Fils du Duc d'Ormond Viceroyd'Irlande. Il donne la Comedie aux Dames , &on nepeutrien voir de plus galant àson âge. Ses belles qualitez ne surprennent point quand on les voit cultivées par M. de Montmiral Son Gouverneur. C'est un Gentilhomme tres- accomply , &fort dignedu choix qu'on a fait de luy pour la conduite du jeune Seigneur dont je vousparle. Vousferez peut- estre ſurpriſe de ceque je ne vous disriende Madame laComteffe_deDo- na, ny de quantité d'autres belles Da-
GALAN T. 53 mes qui sont venues cette année boire desEaux à Bourbon. Souvenez-vous,
je vous prie ,que je vous ayſeulement promis de vous rendre compte de celles que j'y trouverois. Je vous tiensparole,
&fuisvostre , &c.
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Résumé : LETTRE DE M. LE MARQUIS DE *** A MADAME DE ***
Dans une lettre adressée à Madame de ***, le marquis de *** décrit les événements et les personnes rencontrées à Bourbon-l'Archambault. Il souligne les bienfaits des eaux thermales de Bourbon, qui ont été bénéfiques à de nombreuses personnes, notamment à des femmes de qualité. Les maux dont souffrent les visiteurs sont principalement les vapeurs, un mal considéré comme incommode et courant. Le maréchal, bien que les eaux ne lui aient pas apporté beaucoup de soulagement, est soigné par son médecin, M. Amiot. Son rétablissement est espéré grâce à la vie agréable et aux plaisirs de la société locale. La lettre met également en lumière la présence de plusieurs personnalités distinguées, telles que Madame Dubal et Madame Bourdenois, ainsi que d'autres dames et gentlemen de haut rang. L'auteur décrit les charmes et les qualités de ces personnes, tout en évoquant les dangers et les plaisirs de la société mondaine. Parmi les jeunes hommes de mérite présents, on compte le marquis de Vardes, M. de Pomereuil, M. Pique, et un jeune milord, petit-fils du duc d'Ormond, accompagné de son gouverneur, M. de Montmiral. Le marquis précise qu'il ne mentionne que les personnes qu'il a effectivement rencontrées à Bourbon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 137-151
Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
A l'ouverture de cette These, Mr de Rouviere fit le / MESSIEURS, J'enreprens aujourd'huy une Composition, qui depuis plus de [...]
Mots clefs :
Thèse, Thériaque, Remède, Docteurs, Composition, Réputation, Galien, Peste, Guérison, Mérite, Efficacité, Empereurs, Baume, Louis le Grand, Honneur, Applaudissements, Approbation, Médecins, Doyens, Apothicaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
A l'ouverture de cette The .
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
fe , M' de Rouviere fit le Dif
cours que vous allez lire , en :
prefence de M les Doyen
& Profeffeurs de la Faculté,,
Mars 1685 M
138 MERCURE
tous en Robes & en Chape--
rons , qui font les marques .
qui les diftinguent des autres
Docteurs Regens . M' de la .
Reynie , & M le Procureur
du Roy y affifterent auffi .
MESS
ESSIEURS,
F'entreprens aujourd'huy une
Compofition , qui depuis plus defeize
fiecles tient un rang honorable
dans la Medecine. Onpeut
Mithridate * en a eftéle
dire
que
premier Inventeur , puifque les
augmentations qu'on y a faites
* Roy de Pont .
GALANT. 139
fous le Regne de Neron n'empéchent
pas qu'on n'y remarque
beaucoup de conformité ; Andromachus
le Pere ajoûtant les Viperes
à cette Compofition , luy a
donné le nom qu'elle porte : Les
Romains en admiroient les proprietez.
Jamais Remede n'eut une
fi belle deftinée ; il trouva des 5
Partifans parmy les Vainquents•
de la Terre , malgré les red
volutions qui font arrivées dans
l'Univers fa reputation s'eft
confervée, entiere ,pure , inalterée,
jufques au Regne de notre Invincible
Monarque. Marc Au- .
7
Il eftoit premier Medecin de Neron , -
Meij
140 MERCURE
rele Antonin , furnommé le Philofophe
, qui eftoit affis fur le
Trône des Cefars , avec Lucius
Verus fonfrere , charmé des Ecrits
de Galien * , qui apres plufeurs
Voyages s'eftoit retiré à
Pergame , lieu de fa naiſſance,
le fit folliciter de paffer en Italie,
crût qu'il ne pouvoit mieux
témoigner l'eftime qu'il avoit pour
luy , qu'en luy confiant la prépa
ration de la Theriaque . Sa prévoyance
ne fut pas "inutile. La
prefence de Galien luy fut neceffairepourfe
garantir de la Pefte* ,
* Galien fe rendit à Rome l'An de Noftre
Seigneur 164. âgé de 34. ans .
* Cette Pefte arriva en 166, & dura- prés
de quatre années .
GALANT: 140
que Capitolinus & d'autres Hiftoriens
décrivent dans la Vie de
Lucius. La Theriaque fut for
antidote; poffedant deux grands.
biens enfemble , un Remede excellent
pour la confervation de fa
Perfonne Augufte , & un Medecin
tres-babile pour en ordonner
l'ufage , il connut que l'eftime
qu'ilfaifoit de tous les deux;
eftoit infiniment au deffous de leur
merite. Apresfa mort la Theria .
que fut negligée fous trois de fes
Succeffeurs , dont l'un * fut auffi
méprisé pour ses débauches , que
* Commode Succeffeur d'Antonin mourut
1831. jour de Decembre l'An 182..
142 MERCURE
fon Pere avoit efté recommanda_ -
ble pourfes vertus. Et les autres
regnerent fi peu de temps * , qu'ils
n'eurent pas le loifir de fuivre les
traces de l'incomparable Antonins
mais enfin aprés tant de changemens
de difgraces , l'Empereur
Severe rendit à Rome fon
premier éclat. Il fit des honneurs
extraordinaires à Galien ; &
pour le retenir à la Cour , il rétablit
les Laboratoires ,
Theriaque devint en ufage plus
qu'elle n'avoit jamais efté. Galien
rentra dans fon employ ; & quoy
la
* Helvius Pertinax ne regna qu'environ trois -
mois aprés Commode . Et Didie Julien deux
mois & cinq jours aprés Pertinax..
GALANT. 143
quefon genie l'appellat à des chofes
plus difficiles , il continua de
préparer la Theriaque jusques à
L'an de Notre Seigneur 200, qui
fut le dernier de fa vie. Veritablement
ceux qui aprés luy en
eurent la commiffion , luy cederent
en reputation & en merite;
mais le deftin de la Theriaque ne
dépendoit
pas d'un feul homme.
Dans tous les Temps , dans tous
les Regnes , chez toutes les Nations
qui ont eu du difcernement
,
la Theriaque a efté célébrée . Il
feroir aife de le prouver , fi quelqu'un
en pouvoit douter ; mais
laiffant à ceux qui fçavent mieux
..
144 MERCURE
faire valoir les chofes , à repre
fenter l'empreffement qu'ont tou
jours eu les Princes & les Re
publiques pour l'exate compofi
tion de ce Remede . Je me contente
de n'avoir rien oublié pour mon
deffein , d'avoir affemblé avec·
desfoins particuliers tous les Medicamens
neceffaires pour y réuf
fir , & d'eftre en estat de renou
veller l'ancienne Préparation
d'Andromachus , fans eftre affer
vy aux Remedes que l'on fubfti
tuë ordinairement en la place des
originaux. F'efpere de les avoir,
je les foumets à toutes les
épreuves ; j'ay difpenfè les uns é
less
GALANT. 145
les autres pour les employer felon
que la Faculté en voudra déterminer.
On a vûdes Empereurs*
enfermer dans leurs Trefors un
peu de Cinnamome , par la difficulté
qu'ils avoient d'en recouvrer.
On a crú le Baume de Judée
perdu ; le Chalcitis a fait de
L'embaras à des perfonnes d'ailleurs
fort éclairées. Nousfommes
délivrez de toutes ces peines : il
femble que les Regions les plus
éloignées rendent hommage à la
France de ce qu'elles ont de meilleure
de plus rare, Nylefroyable
* Cela eft rapporté par Galien au Livre I.
das Contrepoifons.
Mars 1685.
N
146 MERCURE
étendue des Mers , ny les folitus
des affreufes , ny les deferts inha
bitez , ny les perils où l'on s'expoſe
pour les traverſer , ne font
capables de nous arrêter. Louis
LE GRAND étend fes rayons
jufques aux Climats les plus barbares
, plus brillant encore parfes
vertus , qu'il n'eft redoutable par
fa puiffance. Il fe fait voir an
prés des autres Souverains ce que
le Soleil paroît au milieu des Etoiles
; & de méme que rien dans
le Monde n'approche de la gloire
qu'il s'eft acquiſe , rien n'approche
auffi du bonheur qu'il procure à
ceux qui font foumis àfa DomiGALANT.
147
د
nation. Les Sujets dont il fait
choix pour maintenir l'autorité
des Loix & de la Justice , font
autant de Vaiffeaux précieux qui
partent d'une fource toute pure
qui répandent l'ordre & l'abondance
parmy les Peuples.
L'Illuftre Magiftrat qui préfide à
la Police dans la premiere Ville
du Royaume , balance les mouve
mens de ce grand Corps , & entre
dans tous fes befoins. Il dirige par
fon exemple , auffi bien que par
fes Ordonnances. Il punit fans
paſſion , & recompenfe fans prévention.
Il adoucit la rigueur des
Saifons; il repare lafterilité des
Nij
148 MERCURE
Campagnes ; & fe donnant tout
entier aufervice du Roy, an
bien du Public , il trouve Dien
dans tout ce qu'il fait , & n'en
peur eftre détourné par aucune
confidération. Il nefaut pas s'étonner
aprés cela , Meffieur Meffieurs , que
Paris foit le centre où toutes les
merveilles fe réuniffent. Mais
comme je nefuis pas icypour vous
fatiguer par mes difcours , j'abuferois
de l'honneur que je reçois
de votre préfence , fi je differois
davantage d'entrer en matiere.
Quoy que je n'aye rien à craindre
fur l'élection , préparation , &
mixtion des Medicamens, en me
GALANT. 149
conformant aux décifions de la
Faculté , je ne laiſſe pas d'avoir
befoin de vos complaisancesfur la
maniere de m'expliquer : & je
vous les demande avec d'autant
plus de confiance , que m'attachant
uniquement à ce qui regarde
ma Profeffion , j'efpere que mes
operations meriteront vos attentions,
fi mesparoles n'ont pas affez
de force pour vous engager.
M ' de Rouviere a eu tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit fouhaiter de fon travail
, & l'on voit plufieurs-
Approbations au bas de la
N iij ,
150 MERCURE
Thefe , dont je vous ay donné
lá Figure Emblematique.
La premiere eft fignée de M
Dieuxivoye , Doyen de la Faculté
de Paris ; de M' Pouret ,
ancien Profeffeur , & Medecin
Ordinaire de Monfieur ;
de M' Bonnet , Profeffeur &
Medecin Ordinaire de la Reyne
, de M de Sainction , Medecin
Ordinaire de Sa Majefté,
& de M ' Boudin , Docteur
en Medecine . M' Boudin,l'un
des premiers Apoticaires du
Roy , & premier Apoticaire
de la Reyne , ayant eu ordre
d'affifter à la compoſition de
GALANT. 151
ce Remede , y a auffi donné
fon Approbation , auſſi - bien
que M's Maillard , & de Colmes
, Apoticaires de la Maifon
Royale
.
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Résumé : Discours prononcé sur ce sujet, [titre d'après la table]
En mars 1685, M. de Rouvière a prononcé un discours devant les docteurs régents, le doyen, les professeurs de la Faculté de Médecine, ainsi que M. de La Reynie et le procureur du roi. Ce discours portait sur la composition de la thériaque, un remède célèbre en médecine depuis des siècles. La thériaque, initialement attribuée à Mithridate, roi du Pont, a été améliorée par Andromachus, qui y a ajouté des vipères. Les Romains admiraient ses propriétés, et elle a conservé sa réputation jusqu'au règne de Louis XIV. Sous les empereurs Néron, Marc Aurèle et Lucius Verus, Galien, un médecin célèbre, a été chargé de préparer la thériaque. Sa préparation a été cruciale pour lutter contre une peste qui a frappé Rome en 166. Après la mort de Marc Aurèle, la thériaque a été négligée, mais l'empereur Septime Sévère l'a rétablie, rendant à Galien les honneurs et les responsabilités qu'il méritait. Galien a continué à préparer la thériaque jusqu'à sa mort en l'an 200. Le discours met en avant l'importance de la thériaque à travers les époques et les nations. L'orateur exprime son désir de renouveler la préparation ancienne d'Andromachus en utilisant des médicaments authentiques. Il mentionne les efforts de Louis XIV pour obtenir des ingrédients rares et précieux, soulignant la grandeur et la générosité du roi. Le discours se conclut par des remerciements aux autorités médicales et royales pour leur approbation et leur soutien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 151-152
Autre Remède Spécifique, [titre d'après la table]
Début :
Cet Article de la Theriaque, m'oblige à vous dire icy un [...]
Mots clefs :
Thériaque, Remède, Journal des savants, Guérison, Douleurs, Eau, Secret, Inventeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Remède Spécifique, [titre d'après la table]
Cet Article de laTheriaque ,
m'oblige à vous dire icy un
mot d'un autre Remede Specifique
, dont l'Illuftre M
l'Abbé de la Rocque , a par
lé dans fon Journal des Sçavans
; ſans cela , j'aurois eu de
la peine à me refoudre à vous
en entretenir , puis qu'il s'agit
de la Goute , que perfonne
n'a encore trouvé le fecret
de guérir. Cependant on
N iiij.
152 MERCURE
prétend qu'en étuvant feulement
la partie malade , d'une
Eau que donne le fieur Bouton
, qui loge Ruë - Aubry-
Boucher , la douleur ceffe , &
que la Goute mefme eft emportée
pour toûjours ; fi apres
que les douleurs ont ceffé on
continuë de fe fervir de cette
Eau pendant quelque temps .
Suivant les chofes que j'en ay
entendu dire , on en pourroit
faire une Hiftoire à peu pres
comme de l'Eau de la Reyne.
de Hongrie , le Secret en
ayant efté donné par un vieil
Hermite , fans fçavoir qui en
eft l'Inventeur.
m'oblige à vous dire icy un
mot d'un autre Remede Specifique
, dont l'Illuftre M
l'Abbé de la Rocque , a par
lé dans fon Journal des Sçavans
; ſans cela , j'aurois eu de
la peine à me refoudre à vous
en entretenir , puis qu'il s'agit
de la Goute , que perfonne
n'a encore trouvé le fecret
de guérir. Cependant on
N iiij.
152 MERCURE
prétend qu'en étuvant feulement
la partie malade , d'une
Eau que donne le fieur Bouton
, qui loge Ruë - Aubry-
Boucher , la douleur ceffe , &
que la Goute mefme eft emportée
pour toûjours ; fi apres
que les douleurs ont ceffé on
continuë de fe fervir de cette
Eau pendant quelque temps .
Suivant les chofes que j'en ay
entendu dire , on en pourroit
faire une Hiftoire à peu pres
comme de l'Eau de la Reyne.
de Hongrie , le Secret en
ayant efté donné par un vieil
Hermite , fans fçavoir qui en
eft l'Inventeur.
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Résumé : Autre Remède Spécifique, [titre d'après la table]
L'Abbé de la Rocque a décrit dans le 'Journal des Sçavans' un remède contre la goutte, une eau préparée par le sieur Bouton. L'application de cette eau sur la partie malade soulage la douleur et guérit la goutte. L'auteur recommande de continuer l'utilisation de l'eau même après la disparition des douleurs. Cette histoire rappelle celle de l'Eau de la Reine de Hongrie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 162-181
Suite de ce qui s'est fait à Paris touchant la Thériaque ; avec les discours qui ont esté prononcez sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
Comme tout ce qui regarde la santé est toûjours fort bien receu, [...]
Mots clefs :
Santé, Thériaque, Avantages, Mr Rouvière, Discours, Médecins, Faculté de médecine de Paris, Galien, Admiration, Ouvrages, Magistrats, Monarques, Traité, Antidote, Sciences, Remède, Pharmacie, Charlatans, Gloire, Professeurs, Critiques, Drogues, Doyen, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de ce qui s'est fait à Paris touchant la Thériaque ; avec les discours qui ont esté prononcez sur ce sujet, [titre d'après la table]
Comme tout ce quiregarde
la ſanté eſt toûjours fort
bien receu , & qu'il n'y a rien
qui ſoit écouté plus volontiers
je ne m'étonne pas fi
د
ce que je vous
ay mandé
dans ma derniere Lettre touchant
la Theriaque , vous a
donné autant de plaifir qu'à
GALANT. 163
quantité de Perſonnes qui
l'ont leu , puis qu'outre la fatisfaction
d'apprendre ce qui
peut contribuer à la choſe du
monde qui nous doit eſtre la
plus prétieuſe , on a encore
eu l'avantage de ſe voir inſtruit
de pluſieurs circonſtances
curieuſes , dont on
n'avoit peut- eſtre jamais en
tendu parler ,& qu'on n'aappriſes
qu'avec des morceaux
d'Hiſtoire qui les rendent remarquables
, & qui font connoiftre
, non ſeuleme les.
grandes merveilles de la
S Theriaque , mais encore l'e-
Oij
164 MERCURE
flime que l'on en doit faire
Le ſuccez qu'elle aleti ,
parmy le Public, & dans ma
derniere Lettre a eſté cauſe
que je me ſuis informé avec
plus de ſoin de tout ce qui
s'eſt paffé à Paris , à l'égard
de cétancien & grand reme
de. J'ay trouvé que le dif
cours deM' de Rouviere quia
une approbasion fi genérale,
& que je vous ay envoyé,
n'avoit pas eſté le ſeul que
l'on euft fait fur cette matie
re,& qu'un autre avoit efte
auſſi prononcé en préſence
de M'de la Reynie &deM
GALANT 165
Robert Procureur du Roy,
par Mi Lienard Medecin or
dinaire deSaMajesté,Docteur
&ancien Doyen de laFaculté
de Medecine de Paris , à pré
fent Profeffeuren Pharmacie
de lameſme Faculté Com
me il manqueroit quelque
choſe à l'Histoire de la The
riaque faire en cette grande
Ville , fi ce Diſcours qui en
quisen
eft une des plus confidéras
bles parties ne tenoit ſa placa
dans ma Lettre de ce mois,
je vous l'envoye,parce que je
fçais qu'il vous plaira , & que
je le vois d'ailleurs, fouhaité
166 MERCURE
par tout ce qu'il y a icy deCurieux.
En voicy les termes.
MESSIEURS,
Si Galien dans le Traité de
La Thériaque qu'il adreſſe à Pi-
Son , eſtime cét Illustre Romain fi
digne de toute fon admiration
des grands éloges qquu''iill lluuyy donne
Taddee ce que se relâchant un peu des
grandes occupations dont il eſtoit
chargé pour le ſalut de la Republique,
il lisoit avec tant d'atrention
le petit Ouvrage qu'Andromachus
fort celebre Medecin,
en avait fait autrefois , & s'ilfe
1
GALANT. 167
Louë endes termes fi pompeux
fi magnifiques de la bonnefortune
de fon fiecle de ce qu'il voyoit
ce grand Homme fi attaché aux
chofes qui regardoientparticulierement
la santé de fes Concitoyens
, avec combien plus de jaſtice
de raison devons-nous
aujourd'huy honorer de nos. éloges
less plus forts , les deux grands
Magiftrats que nous voyons pour
quatrième fois en moins de fix
moisse dérober aux emplois les plus
augustes les plus honorables où
Les Conſeils importans de noftre
incomparable Monarque les appel-
Jem ordinairement auprès de lays
La
T
168 MERCURE
ς
pour vacquer , non pas comme ce
Romain àla lecture moins utile
que curieuse d'un fimple Traité
de la Thériaque , mais à l'affaire
laplus ſerieuse&la plus digre
de la Police qu'ils exercent dans
leRoyaume , qui est la composttion
exacte & fidelle de ce Remede
de cét Antidote par excellense
, puis qu'elle regarde le
falut general particulier de
tous les Sujets du Roy. Disos donc,
&nous écrions avec Galien au
fujer de ces deux vigilans Magi-
Strats , comme il faisoit autrefois
àRome àl'égard de Pifon. Satisne
magnas poffumus ha
bere
GALANT. 169
bere noſtri temporis fortunæ
gratias , quòd vos , ô ſummi
Magiftratus, ufque adeo Medicinæ
ac Theriacæ ſtudioſos
confpiciamus ? En effet , Meffieurs
,quel plus grand bonheur
que celuy de nostre fiecle de vi
vre fous un Prince , dont l'application
incroyable aux plus petits
comme aux plus confiderables be.
foins de fes Sujets , réveille dans
tous les Arts & dans toutes les
-Sciences l'étude l'industrie de
ceux qui les profeſſent , pour les
- pouffer à leur souveraine perfection.
C'est donc l'exemple mefme
du Roy , le plus laborieux
Avril 1685. P
170 MERCURE
Prince qui fut jamais , qui porte
aujourd ' buy les Profeffeurs de la
Medecine de la Pharmacie de
Paris, àfaire fous LOUISle
Grand, plus grandque les Antoi
nes,que les Antonins, &que tous
les Cefars ensemble, pourqui l'on
faisoit fifolemnellement ce Remede
à Rome, dans la Capitale du
Royaume auffi celebre que cette
Superbe Ville lefut autrefois , à la
veuë &en la présence de l'IlluftreM
Daquin premier Medecin
de Sa Majesté , qui ne cede
en rien aux Andromachus premiers
Medecins de ces Princes
de ces Empereurs , avec lesecours
1
GALANT. 171
des meilleurs &des plus experi
mentez Artistes de la France,
les Geoffroy , * les fofon , les
Bolduc,les Rouviere , auffiéclai
rez que l'estoient anciennement
les Critons & les Damocrate,
premiers Pharmaciens de leurfiecle
; àfaire, dis-je,fous LOUIS
le Grand, une Thériaque dont on
n'entreprenoit jamais la compofition
à Rome , que ſous les aufpices
de ſes Empereurs , ſans la
leur voüer & consacrer comme
la choſe du monde la plus im
portante la plus falutaire à
** Ce font les quatre Apoticaires qui depuis
fix mois ont fait à leurs frais la Thériaque à
Paris.
Pij
172 MERCURE
1
leurs Etats. Prenons donc,Mes
fieurs , pour noftre Devise , celle
qui devroit l'eftre aujourd'huy de
toute la France. Ludovico Magno
felicitas parta. Réjoüif
fons- nous de ce que nous voyons,
pour ainſi dire , guerir dans Paris
la letargie des fiecles paſſez , qui
par une indolence ou une indiffe
rence condamnable , pour ne pas
dire quelque chose de pis, ontjuf
ques icy presque toûjours deu , ou
àdes Nations étrangeres , comme
à Rome & à Venise , ou à des
Provinces éloignées د
comme à
Montpellier , la composition d'un
Remededontils ne devoient avoir
تم
GALANT. 173
obligation qu'à eux- mesmes , &
àleur propre Patrie , & qui ont
presque toûjours emprunté d'au.
truy ce qu'ils ne devoient avoir
ny tenir que de leur riche fonds,
de leur induſtrieuse capacité ,
de leurhabileté laborieuse.
Loñons nous , Meffieurs , de
noſtre bonheur , de ce que le
Royaume joüira doreſnavant
par la vigilance de nos Magiſtrats
de Police , appliquez
attentifs à toutes choses , d'une
Panacée veritable ,fans fraude,
Sans alteration , &fans le rifque
d'en voir deformais debiter
enFrance aucune ny vicieuse ny
Piij
174 MERCURE
falfifiée,telle queGalien ſe plai
gnoit dés le temps qu'il estoit à
Rome , que plusieurs Impoſteurs ,
Charlatans, Monteurs de Thea
tre
د Vendeurs de Mithridat,
Cr
veritables Triacleurs en di
ſtribuoient contre l'intention des
Magistrats publics à grand prix
d'argent er fort cherement , auffi
bien qu'à la ruine e au détriment
de la fantédes Peuples ignorants
& crédules pour l'ordinai
en ces fortes de matieres qui
regardent la Medecine , & les
Remedes qu'on voile ſouvent de
nomsſpécieux de Secrets , afin de
les mieuxtromper. Multæ quipre
GALANT: 175
pe fiunt , écrit- il , ab Impoftoribus
hac etiam in re frau
des , vulgufque ſolaTheriace
famâ deceptum, abiftis, qui,
bus ars eft Mercenaria , non
recte compofitam Antido
tum multâ pecuniâ redimit
Loüons-nous encore unefois
Meffieurs , de ce que par lesfoins
bienfaiſans de ces meſmes Magi
ftrats, nous joüiffons aujourd'huy,
à la faveur de nostre veritable
Thériaque , ſous l'empire de
LOUIS le Grand , du mesme.
bien & du mesme avantage dont
les Empereurs gratifioient autre
fois leursſujets à Rome. Qui l
Piij
176 MERCURE
benter, ditle mefme Galien,in
univerfos omnia bona , deos
imitati , conferunt , tantum
que gaudium concipiunt,
quantò populi majorem fuerint
incolumitatem ab ipfis
confecuti , maximam impe
ran di partem arbitrantes,
communis falutis procurationem
; quæ res me magis
in ipforum admirationem traxit.
Ce ſontſes propres termes .
C'est lesujet , Meſſieurs , qui
m'a aujourd'huy engagé, en qualitéde
Profeſſeur en Pharmacie
de la Faculté de Medecine de
Paris , à vous faire ce petitDifGALANT.
177
rs
cours ,pour un témoignage affuré
de reconnoiſſance publique &
particuliere envers Ms nosMagiftrats
, pour une marqueſenſible
de l'obligation que nous avons à
M le premier Medecin , de vou
loir bien honorerdeſa préſence la
compoſition d'un Remede qui en tirera
afſurément beaucoup de gloire
, de credit &d'authorité , &
pour un préjugéſouhaitable de ta
confervation en ſon entier de la
bonne Medecine de Paris , & du
parfait rétabliſſementde la meil
leure Pharmacieà l'avenir, con
tre les vains efforts & les tentatives
inutiles des envieux ou des
2
178 MERCURE
ennemis de l'une de l'autre,
& de tous ceux qui voudroient
temérairement dans lafuite s'yopposer
, & les troubler dans leur
exercice dans leur ancienne
poffeffion.
Ce Diſcours fut prononcé
le 12. de Mars , & le Lundy
prononce
ſuivant , M² de Rouviere s'attacha
particulierement au 1 .
poids des Drogues dont il
avoit fait auparavant un juſte
choix pour la compoſition
de ſon Ouvrage, & qu'ilavoit
expoſées au Public , feur que
leur beauté& leur bonne qualité
le défendroient contre les
GALANT. 179
Critiques & les Envieux. Il fit
ce jour là un fort beau Dif
cours ſur la Vipere , & fur la
nature de la Theriaque , & il
expliqua fi bien la maniere
dont les fermentations ſe
font, qu'il fut genéralement
applaudy. Il peſa enſuite ſes
ر
Drogues en préſence de M
le Doyen de la Faculté , de
Mrs les Profeffeurs en Pharmacie
, & de M'Boudin , l'un
des premiers Apoticaires
du Roy. Toutes ces Dro
gues furent brifées , & mêlées
enſemble confufément
devant toute l'Aſſemblée qui
180 MERCURE
n'eſtoit pas moins nombreuſe
qu'elle avoit eſté les autres
jours. Il en falut huit entiers
pour les pulverifer , aprés
quoy les Curieux revinrent
au meſme lieu , pour
eſtre témoins du mélange
qu'on appelle Mixtion , ce
qui fit donner de nouvelles
loüanges à M' de Rouviere.
Ce fut alors que M² Pilon,
Doyen de la Faculté , & qui
dés ſa plus grande jeuneſſe a
ſceu s'acquerir le nom d'Orateur
, fit un Diſcours tresdigne
de luv, pour fermer ce
grand Ouvrage. La crainte
r
GALANT. 181
de vous entretenir trop longtemps
ſur vne meſme matiere,
m'oblige à ne vous enrien
dire de plus aujourd'huy.
Vous voudrez bien cepen.
dant que j'ajoûte , en faveur
de la Theriaque , que lors
que l'on en fait à Veniſe , le
Senaty aſſiſte en Corps , &
que dans tous les lieux où l'on
ſe donne la peine de rechercher
tout ce qu'il faut pour
cette fameuse compoſition,
elle ſe fait avec le meſme
eclat , &en préſence des Souverains
Magiſtrats .
la ſanté eſt toûjours fort
bien receu , & qu'il n'y a rien
qui ſoit écouté plus volontiers
je ne m'étonne pas fi
د
ce que je vous
ay mandé
dans ma derniere Lettre touchant
la Theriaque , vous a
donné autant de plaifir qu'à
GALANT. 163
quantité de Perſonnes qui
l'ont leu , puis qu'outre la fatisfaction
d'apprendre ce qui
peut contribuer à la choſe du
monde qui nous doit eſtre la
plus prétieuſe , on a encore
eu l'avantage de ſe voir inſtruit
de pluſieurs circonſtances
curieuſes , dont on
n'avoit peut- eſtre jamais en
tendu parler ,& qu'on n'aappriſes
qu'avec des morceaux
d'Hiſtoire qui les rendent remarquables
, & qui font connoiftre
, non ſeuleme les.
grandes merveilles de la
S Theriaque , mais encore l'e-
Oij
164 MERCURE
flime que l'on en doit faire
Le ſuccez qu'elle aleti ,
parmy le Public, & dans ma
derniere Lettre a eſté cauſe
que je me ſuis informé avec
plus de ſoin de tout ce qui
s'eſt paffé à Paris , à l'égard
de cétancien & grand reme
de. J'ay trouvé que le dif
cours deM' de Rouviere quia
une approbasion fi genérale,
& que je vous ay envoyé,
n'avoit pas eſté le ſeul que
l'on euft fait fur cette matie
re,& qu'un autre avoit efte
auſſi prononcé en préſence
de M'de la Reynie &deM
GALANT 165
Robert Procureur du Roy,
par Mi Lienard Medecin or
dinaire deSaMajesté,Docteur
&ancien Doyen de laFaculté
de Medecine de Paris , à pré
fent Profeffeuren Pharmacie
de lameſme Faculté Com
me il manqueroit quelque
choſe à l'Histoire de la The
riaque faire en cette grande
Ville , fi ce Diſcours qui en
quisen
eft une des plus confidéras
bles parties ne tenoit ſa placa
dans ma Lettre de ce mois,
je vous l'envoye,parce que je
fçais qu'il vous plaira , & que
je le vois d'ailleurs, fouhaité
166 MERCURE
par tout ce qu'il y a icy deCurieux.
En voicy les termes.
MESSIEURS,
Si Galien dans le Traité de
La Thériaque qu'il adreſſe à Pi-
Son , eſtime cét Illustre Romain fi
digne de toute fon admiration
des grands éloges qquu''iill lluuyy donne
Taddee ce que se relâchant un peu des
grandes occupations dont il eſtoit
chargé pour le ſalut de la Republique,
il lisoit avec tant d'atrention
le petit Ouvrage qu'Andromachus
fort celebre Medecin,
en avait fait autrefois , & s'ilfe
1
GALANT. 167
Louë endes termes fi pompeux
fi magnifiques de la bonnefortune
de fon fiecle de ce qu'il voyoit
ce grand Homme fi attaché aux
chofes qui regardoientparticulierement
la santé de fes Concitoyens
, avec combien plus de jaſtice
de raison devons-nous
aujourd'huy honorer de nos. éloges
less plus forts , les deux grands
Magiftrats que nous voyons pour
quatrième fois en moins de fix
moisse dérober aux emplois les plus
augustes les plus honorables où
Les Conſeils importans de noftre
incomparable Monarque les appel-
Jem ordinairement auprès de lays
La
T
168 MERCURE
ς
pour vacquer , non pas comme ce
Romain àla lecture moins utile
que curieuse d'un fimple Traité
de la Thériaque , mais à l'affaire
laplus ſerieuse&la plus digre
de la Police qu'ils exercent dans
leRoyaume , qui est la composttion
exacte & fidelle de ce Remede
de cét Antidote par excellense
, puis qu'elle regarde le
falut general particulier de
tous les Sujets du Roy. Disos donc,
&nous écrions avec Galien au
fujer de ces deux vigilans Magi-
Strats , comme il faisoit autrefois
àRome àl'égard de Pifon. Satisne
magnas poffumus ha
bere
GALANT. 169
bere noſtri temporis fortunæ
gratias , quòd vos , ô ſummi
Magiftratus, ufque adeo Medicinæ
ac Theriacæ ſtudioſos
confpiciamus ? En effet , Meffieurs
,quel plus grand bonheur
que celuy de nostre fiecle de vi
vre fous un Prince , dont l'application
incroyable aux plus petits
comme aux plus confiderables be.
foins de fes Sujets , réveille dans
tous les Arts & dans toutes les
-Sciences l'étude l'industrie de
ceux qui les profeſſent , pour les
- pouffer à leur souveraine perfection.
C'est donc l'exemple mefme
du Roy , le plus laborieux
Avril 1685. P
170 MERCURE
Prince qui fut jamais , qui porte
aujourd ' buy les Profeffeurs de la
Medecine de la Pharmacie de
Paris, àfaire fous LOUISle
Grand, plus grandque les Antoi
nes,que les Antonins, &que tous
les Cefars ensemble, pourqui l'on
faisoit fifolemnellement ce Remede
à Rome, dans la Capitale du
Royaume auffi celebre que cette
Superbe Ville lefut autrefois , à la
veuë &en la présence de l'IlluftreM
Daquin premier Medecin
de Sa Majesté , qui ne cede
en rien aux Andromachus premiers
Medecins de ces Princes
de ces Empereurs , avec lesecours
1
GALANT. 171
des meilleurs &des plus experi
mentez Artistes de la France,
les Geoffroy , * les fofon , les
Bolduc,les Rouviere , auffiéclai
rez que l'estoient anciennement
les Critons & les Damocrate,
premiers Pharmaciens de leurfiecle
; àfaire, dis-je,fous LOUIS
le Grand, une Thériaque dont on
n'entreprenoit jamais la compofition
à Rome , que ſous les aufpices
de ſes Empereurs , ſans la
leur voüer & consacrer comme
la choſe du monde la plus im
portante la plus falutaire à
** Ce font les quatre Apoticaires qui depuis
fix mois ont fait à leurs frais la Thériaque à
Paris.
Pij
172 MERCURE
1
leurs Etats. Prenons donc,Mes
fieurs , pour noftre Devise , celle
qui devroit l'eftre aujourd'huy de
toute la France. Ludovico Magno
felicitas parta. Réjoüif
fons- nous de ce que nous voyons,
pour ainſi dire , guerir dans Paris
la letargie des fiecles paſſez , qui
par une indolence ou une indiffe
rence condamnable , pour ne pas
dire quelque chose de pis, ontjuf
ques icy presque toûjours deu , ou
àdes Nations étrangeres , comme
à Rome & à Venise , ou à des
Provinces éloignées د
comme à
Montpellier , la composition d'un
Remededontils ne devoient avoir
تم
GALANT. 173
obligation qu'à eux- mesmes , &
àleur propre Patrie , & qui ont
presque toûjours emprunté d'au.
truy ce qu'ils ne devoient avoir
ny tenir que de leur riche fonds,
de leur induſtrieuse capacité ,
de leurhabileté laborieuse.
Loñons nous , Meffieurs , de
noſtre bonheur , de ce que le
Royaume joüira doreſnavant
par la vigilance de nos Magiſtrats
de Police , appliquez
attentifs à toutes choses , d'une
Panacée veritable ,fans fraude,
Sans alteration , &fans le rifque
d'en voir deformais debiter
enFrance aucune ny vicieuse ny
Piij
174 MERCURE
falfifiée,telle queGalien ſe plai
gnoit dés le temps qu'il estoit à
Rome , que plusieurs Impoſteurs ,
Charlatans, Monteurs de Thea
tre
د Vendeurs de Mithridat,
Cr
veritables Triacleurs en di
ſtribuoient contre l'intention des
Magistrats publics à grand prix
d'argent er fort cherement , auffi
bien qu'à la ruine e au détriment
de la fantédes Peuples ignorants
& crédules pour l'ordinai
en ces fortes de matieres qui
regardent la Medecine , & les
Remedes qu'on voile ſouvent de
nomsſpécieux de Secrets , afin de
les mieuxtromper. Multæ quipre
GALANT: 175
pe fiunt , écrit- il , ab Impoftoribus
hac etiam in re frau
des , vulgufque ſolaTheriace
famâ deceptum, abiftis, qui,
bus ars eft Mercenaria , non
recte compofitam Antido
tum multâ pecuniâ redimit
Loüons-nous encore unefois
Meffieurs , de ce que par lesfoins
bienfaiſans de ces meſmes Magi
ftrats, nous joüiffons aujourd'huy,
à la faveur de nostre veritable
Thériaque , ſous l'empire de
LOUIS le Grand , du mesme.
bien & du mesme avantage dont
les Empereurs gratifioient autre
fois leursſujets à Rome. Qui l
Piij
176 MERCURE
benter, ditle mefme Galien,in
univerfos omnia bona , deos
imitati , conferunt , tantum
que gaudium concipiunt,
quantò populi majorem fuerint
incolumitatem ab ipfis
confecuti , maximam impe
ran di partem arbitrantes,
communis falutis procurationem
; quæ res me magis
in ipforum admirationem traxit.
Ce ſontſes propres termes .
C'est lesujet , Meſſieurs , qui
m'a aujourd'huy engagé, en qualitéde
Profeſſeur en Pharmacie
de la Faculté de Medecine de
Paris , à vous faire ce petitDifGALANT.
177
rs
cours ,pour un témoignage affuré
de reconnoiſſance publique &
particuliere envers Ms nosMagiftrats
, pour une marqueſenſible
de l'obligation que nous avons à
M le premier Medecin , de vou
loir bien honorerdeſa préſence la
compoſition d'un Remede qui en tirera
afſurément beaucoup de gloire
, de credit &d'authorité , &
pour un préjugéſouhaitable de ta
confervation en ſon entier de la
bonne Medecine de Paris , & du
parfait rétabliſſementde la meil
leure Pharmacieà l'avenir, con
tre les vains efforts & les tentatives
inutiles des envieux ou des
2
178 MERCURE
ennemis de l'une de l'autre,
& de tous ceux qui voudroient
temérairement dans lafuite s'yopposer
, & les troubler dans leur
exercice dans leur ancienne
poffeffion.
Ce Diſcours fut prononcé
le 12. de Mars , & le Lundy
prononce
ſuivant , M² de Rouviere s'attacha
particulierement au 1 .
poids des Drogues dont il
avoit fait auparavant un juſte
choix pour la compoſition
de ſon Ouvrage, & qu'ilavoit
expoſées au Public , feur que
leur beauté& leur bonne qualité
le défendroient contre les
GALANT. 179
Critiques & les Envieux. Il fit
ce jour là un fort beau Dif
cours ſur la Vipere , & fur la
nature de la Theriaque , & il
expliqua fi bien la maniere
dont les fermentations ſe
font, qu'il fut genéralement
applaudy. Il peſa enſuite ſes
ر
Drogues en préſence de M
le Doyen de la Faculté , de
Mrs les Profeffeurs en Pharmacie
, & de M'Boudin , l'un
des premiers Apoticaires
du Roy. Toutes ces Dro
gues furent brifées , & mêlées
enſemble confufément
devant toute l'Aſſemblée qui
180 MERCURE
n'eſtoit pas moins nombreuſe
qu'elle avoit eſté les autres
jours. Il en falut huit entiers
pour les pulverifer , aprés
quoy les Curieux revinrent
au meſme lieu , pour
eſtre témoins du mélange
qu'on appelle Mixtion , ce
qui fit donner de nouvelles
loüanges à M' de Rouviere.
Ce fut alors que M² Pilon,
Doyen de la Faculté , & qui
dés ſa plus grande jeuneſſe a
ſceu s'acquerir le nom d'Orateur
, fit un Diſcours tresdigne
de luv, pour fermer ce
grand Ouvrage. La crainte
r
GALANT. 181
de vous entretenir trop longtemps
ſur vne meſme matiere,
m'oblige à ne vous enrien
dire de plus aujourd'huy.
Vous voudrez bien cepen.
dant que j'ajoûte , en faveur
de la Theriaque , que lors
que l'on en fait à Veniſe , le
Senaty aſſiſte en Corps , &
que dans tous les lieux où l'on
ſe donne la peine de rechercher
tout ce qu'il faut pour
cette fameuse compoſition,
elle ſe fait avec le meſme
eclat , &en préſence des Souverains
Magiſtrats .
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5
p. 20-33
PAR Mr. V. A Mr. DE** Qui lui avoit envoyé un Remede pour la Fiévre.
Début :
Plus ne m'enquiers de quelle drogue avez [...]
Mots clefs :
Fièvre, Dieu, Déesse, Santé, Yeux, Remède, Drogue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAR Mr. V. A Mr. DE** Qui lui avoit envoyé un Remede pour la Fiévre.
PAR Mr.V.AMr.DE**
Qui lui avoit envoyé un Remede
pour la Fièvre. P Lus ne m'enquiers de
quelle drogue avez
Formé ce bol, par qui feroient
bravez
Bien plus de maux, plus
de pestes encore,
Que parmi nous n'en apporta.
Pandore.
Nul mal ne tient contre
ce bol divin,
J'envoys enmoy la vertu
confirmée
Contre une Fiévre en mon
sang allumée,
Du Kinkina le secours.
étoit vain,
Point n'en étoit la fureur
allentie,
Vous dites:Parts, & lav
voila partie.
Mais à la fin le voïle: efl;
arraché,
Ainsi que vous, je sçai ce
qui compose
Ce bol, en qui tant de
force est enclose,
Pour un Poëte il n'est rien
de caché,
Lors qu'Apollon nôtre esprit
a touché, <
Comme les Dieux nous
voyons toute chose.
Que nous voulions penetrer
aux Enfers,
Tous leurs secrets à nos
- yeux font offerts,
Nous y voyons jufqui
l'ardeur farouche
Que pour sa femme a Pluton
dans sa couche;
s'il faut percer les mysteres
des Cieux,
Là, nous allons manger
avec les Dieux
,- Dans leur Conseil nous.
sommes reçus même,
Nous y voyons Jupin ce
Dieu suprême,
Pour cent Amours furtifs
se travailler,
Et son épouse après luy
criailler.
Dans son Palais, dans ses,
grotes profondes
Neptune en vain préreU-f
droit se cacher,
Tout au travers de l'abyme
des Ondes
Nos yeux perçans iroient
là le chercher.
Nous discernons les essences
premieres,
Rien, en un mot-, n'évite
nos lumieres,
Aviez-vouscrûpouvoir les
éviter
Adonc,afin quen'en puiffiez
douter
N'est-il pas vray que ce
bol salutaire
Par qui tout maux font
gueris ences lieux
N'est feulement qu'un magique
giquemystere
Qui de leur Ciel fait descendre
les Dieux,
Et les contraint de venir
en personne
Suivre la loy que vôtre bol
leur donne?
Carje l'ay veu clairement
de mes yeux,
Et ne suis point trop simple,
trop credule, Lorsque je pris ce philtre
merveilleux
Sur le sommet de ce puis
fant globule
Je vis s'asseoir la Deesse
Santé
Au teint vermeil, à ferme
corpulence,
A la dent
blanche, àl'oeil
plein de gayté, ':
Et telle enfin qu'au siécle
d'innocence
Toûjours les Dieux l'accordoient
aux humains, J
Ou telle encor que leurs
benignes mains
4 La font souvent dans le
siécle où noussommes,
, Briller au front de quel
ques bonnes gens,
Qui malgré l'air corrompu
denostemps
Ont le coeurpur commeles
premiers hommes,
sencens Abbez, Chanoines,
& Prieurs,
Gens indulgens pour leur
propre molesse,
Et contre autrui si severes
crieurs.
Mais revenons à la faine
Deesse,
Bacchus, l'Amour, les ris,
les enjouëmens
Sommeil aisé,confiance
-
en les forces,
Desirspuissants, delicates
amorces,
Tout en un mot ce que de
Dieux charmans
Compte l'Olimpe, étoient
lors à (a suite.
Ce n'estle tout; je vis fous
saconduite,
Et j'en frémis encore de
respect,
Je vis ces Dieux sur moy
fondre avec elle,
Je crus alors qu'une guerre
cruelle
S'alloit sur moy former à
son aspect,
Mais non,rienmoins,la redoutable
Fièvre
Fuit sans combatcomme
un timide Liévre
Fuit à rafpett du vîte Lévrier.
Apres cela la Deesse ravie
Marque à chacun des
Dieux qui l'ont suivie
Le Logement qu'il doit
s'approprier.
Bacchus daborddemon
Palais s'empare,
Pour poste Amour mon
coeur s'en va choisir,
Les enjouëmens mon ame
vont saisir,
Le doux sommeil aussitôt
se prepare
A se loger dans mes yeux
languissans,
Non pour toujours,convention
fut faite
Que du Soleil chaque
courie parfaite
Mise en trois parts, les pavots
ravissans
En auroient une, où serains
Se tranquilles
Mes yeux pour eux feroient
de {ûrs azy les,
Quedececours,pendant
les autres parts,
Mes yeux pourroienc,dans
leur mince irrutture,
Loger des Cieux,de toute
la nature
La vive image, & celle
des beaux arts,
Et pour Iris mille amoureux
regards.
La confiance ou l'abus de
ces forces
Courent remplir l'imagination
Jolis desirs , , delicates amorces
Prennent aussimême habitation
Puis d'autres Die)ux dont
ne fais mention
Selon leur rang à leur devoir
se rendent
Et la fanté de qui tous ils
dépendent
Ne voulut point prendre
un poste arrête,
Mais se logea dans toute
la Cité.
Ains, grace à vous, je me
vois en santé,
Mieux que ne fut oncques
le fort Hercule.
J'ai toutefois là-dessus un
scrupule,
Dont besoin est que vous
rnéclaircissiez.
Je craindrois fort que par
hazard n'eussîez
Fait -un mécompte a l'égard
de mon âge,
Et qu'enfaisant vôtre pa-
,
¿te enchanteur
Vous ne m'eussiez invoqué
par malheur
Quelque santé trop jeune
- & trop peu sage,
J'ai sur le front trente-sept
ans au mOlns-)
Or, si m'aviez, par vos
tragiques foins,
Toutde nouveau fait couler
dans les veines
Le même fang & les me.
mes esprits,
Qui m'arumoient à vingt.
ans, que de peines
J'aurois encor sous le joug,
de Cypris!
Qui lui avoit envoyé un Remede
pour la Fièvre. P Lus ne m'enquiers de
quelle drogue avez
Formé ce bol, par qui feroient
bravez
Bien plus de maux, plus
de pestes encore,
Que parmi nous n'en apporta.
Pandore.
Nul mal ne tient contre
ce bol divin,
J'envoys enmoy la vertu
confirmée
Contre une Fiévre en mon
sang allumée,
Du Kinkina le secours.
étoit vain,
Point n'en étoit la fureur
allentie,
Vous dites:Parts, & lav
voila partie.
Mais à la fin le voïle: efl;
arraché,
Ainsi que vous, je sçai ce
qui compose
Ce bol, en qui tant de
force est enclose,
Pour un Poëte il n'est rien
de caché,
Lors qu'Apollon nôtre esprit
a touché, <
Comme les Dieux nous
voyons toute chose.
Que nous voulions penetrer
aux Enfers,
Tous leurs secrets à nos
- yeux font offerts,
Nous y voyons jufqui
l'ardeur farouche
Que pour sa femme a Pluton
dans sa couche;
s'il faut percer les mysteres
des Cieux,
Là, nous allons manger
avec les Dieux
,- Dans leur Conseil nous.
sommes reçus même,
Nous y voyons Jupin ce
Dieu suprême,
Pour cent Amours furtifs
se travailler,
Et son épouse après luy
criailler.
Dans son Palais, dans ses,
grotes profondes
Neptune en vain préreU-f
droit se cacher,
Tout au travers de l'abyme
des Ondes
Nos yeux perçans iroient
là le chercher.
Nous discernons les essences
premieres,
Rien, en un mot-, n'évite
nos lumieres,
Aviez-vouscrûpouvoir les
éviter
Adonc,afin quen'en puiffiez
douter
N'est-il pas vray que ce
bol salutaire
Par qui tout maux font
gueris ences lieux
N'est feulement qu'un magique
giquemystere
Qui de leur Ciel fait descendre
les Dieux,
Et les contraint de venir
en personne
Suivre la loy que vôtre bol
leur donne?
Carje l'ay veu clairement
de mes yeux,
Et ne suis point trop simple,
trop credule, Lorsque je pris ce philtre
merveilleux
Sur le sommet de ce puis
fant globule
Je vis s'asseoir la Deesse
Santé
Au teint vermeil, à ferme
corpulence,
A la dent
blanche, àl'oeil
plein de gayté, ':
Et telle enfin qu'au siécle
d'innocence
Toûjours les Dieux l'accordoient
aux humains, J
Ou telle encor que leurs
benignes mains
4 La font souvent dans le
siécle où noussommes,
, Briller au front de quel
ques bonnes gens,
Qui malgré l'air corrompu
denostemps
Ont le coeurpur commeles
premiers hommes,
sencens Abbez, Chanoines,
& Prieurs,
Gens indulgens pour leur
propre molesse,
Et contre autrui si severes
crieurs.
Mais revenons à la faine
Deesse,
Bacchus, l'Amour, les ris,
les enjouëmens
Sommeil aisé,confiance
-
en les forces,
Desirspuissants, delicates
amorces,
Tout en un mot ce que de
Dieux charmans
Compte l'Olimpe, étoient
lors à (a suite.
Ce n'estle tout; je vis fous
saconduite,
Et j'en frémis encore de
respect,
Je vis ces Dieux sur moy
fondre avec elle,
Je crus alors qu'une guerre
cruelle
S'alloit sur moy former à
son aspect,
Mais non,rienmoins,la redoutable
Fièvre
Fuit sans combatcomme
un timide Liévre
Fuit à rafpett du vîte Lévrier.
Apres cela la Deesse ravie
Marque à chacun des
Dieux qui l'ont suivie
Le Logement qu'il doit
s'approprier.
Bacchus daborddemon
Palais s'empare,
Pour poste Amour mon
coeur s'en va choisir,
Les enjouëmens mon ame
vont saisir,
Le doux sommeil aussitôt
se prepare
A se loger dans mes yeux
languissans,
Non pour toujours,convention
fut faite
Que du Soleil chaque
courie parfaite
Mise en trois parts, les pavots
ravissans
En auroient une, où serains
Se tranquilles
Mes yeux pour eux feroient
de {ûrs azy les,
Quedececours,pendant
les autres parts,
Mes yeux pourroienc,dans
leur mince irrutture,
Loger des Cieux,de toute
la nature
La vive image, & celle
des beaux arts,
Et pour Iris mille amoureux
regards.
La confiance ou l'abus de
ces forces
Courent remplir l'imagination
Jolis desirs , , delicates amorces
Prennent aussimême habitation
Puis d'autres Die)ux dont
ne fais mention
Selon leur rang à leur devoir
se rendent
Et la fanté de qui tous ils
dépendent
Ne voulut point prendre
un poste arrête,
Mais se logea dans toute
la Cité.
Ains, grace à vous, je me
vois en santé,
Mieux que ne fut oncques
le fort Hercule.
J'ai toutefois là-dessus un
scrupule,
Dont besoin est que vous
rnéclaircissiez.
Je craindrois fort que par
hazard n'eussîez
Fait -un mécompte a l'égard
de mon âge,
Et qu'enfaisant vôtre pa-
,
¿te enchanteur
Vous ne m'eussiez invoqué
par malheur
Quelque santé trop jeune
- & trop peu sage,
J'ai sur le front trente-sept
ans au mOlns-)
Or, si m'aviez, par vos
tragiques foins,
Toutde nouveau fait couler
dans les veines
Le même fang & les me.
mes esprits,
Qui m'arumoient à vingt.
ans, que de peines
J'aurois encor sous le joug,
de Cypris!
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Résumé : PAR Mr. V. A Mr. DE** Qui lui avoit envoyé un Remede pour la Fiévre.
Le texte relate une conversation entre deux individus au sujet d'un remède contre la fièvre. Le premier interlocuteur, après avoir pris ce remède, le décrit comme ayant des propriétés divines et mystérieuses. Il raconte une vision où la déesse Santé apparaît, accompagnée de divers dieux tels que Bacchus, l'Amour et le Sommeil. Chacun de ces dieux occupe une place spécifique dans son corps, apportant santé et bien-être. Le narrateur voit la fièvre s'enfuir comme un lièvre effrayé. Il exprime ensuite un doute sur son âge, craignant que le remède ne lui ait redonné la santé et la vigueur de sa jeunesse, ce qui pourrait entraîner des désirs et des peines amoureuses. Il mentionne avoir trente-sept ans et s'inquiète des conséquences possibles de ce remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 32-42
EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Début :
Monsieur, Un habile Chimiste de mes amis, qui ne veut [...]
Mots clefs :
Londres, Chat, Venin, Rage, Expérience, Chimiste, Baquet, Araignées, Musique, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
EXPERIENCE
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
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Résumé : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Un chimiste a mené une expérience sur un chat enragé afin de tester un remède. Pour préserver son anonymat jusqu'à la vérification de son traitement, il a suspendu un chat robuste avec des cordes et l'a soumis à des coups violents pour provoquer une rage intense. Ensuite, le chat a été immergé dans un baquet d'eau tiède contenant une distillation préparée à partir d'araignées italiennes, similaires aux tarentules. Après ce traitement, le chat est devenu calme et a accepté de la nourriture avec douceur. Le texte décrit également les effets variés du venin de la tarentule, qui peuvent inclure l'incapacité à dormir, des plaintes continues, des rires incessants, des grincements de dents, ou des danses. Le venin affecte également la perception des couleurs et peut provoquer des vomissements ou des sueurs abondantes. La distillation utilisée dans l'expérience est dérivée de ce venin, connu pour ses effets surprenants et contraires. Le chimiste prévoit de tester son remède sur d'autres animaux et humains atteints de rage avant de le rendre public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 64-106
AVANTURE galante.
Début :
Vous croyez peut-être que les amans ne veulent mourir qu'en [...]
Mots clefs :
Marquis, Passion, Amour, Mérite, Poignard, Coeur, Remède, Aventure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE galante.
AVANTURE
galante.
-ê-
Vous
croyez peut-ê
tre que les amans
ne
veulent
mourir
qu'en
vers , & qu'on n'en voit
point qui prennent
cette
refolution
fi ce n'eft dans
une fable . Il eſt aifé
de vous détromper
, en
Vous
GALANT. 65
vous aprenant une avanture
que des perſonnes
trés- dignes de foy vous
affureront être veritable.
Un jeune Marquis ,
à qui fa naiffance & fes
belles qualitez donnoient
entrée chez les
perfonnes les plus confiderables
du beau fexe ,
voyoit la plupart de celles
qui paffoient
pour
être aimables
, fans aucun
peril pour fa liberté
. Il étoit fort delicat
Janv. 1713.
F
66 MERCURE
fur le vrai merite ; &
comme en examinant
toutes les belles , il leur
trouvoit des défauts dont
il ne pouvoit s'accommoder
, quelques frequentes
attaques qui lui
fuffent faites , il fe gas
rantiffoit fans peine des.
ſurpriſes de l'amour. Aprés
que fon coeur cut
été long- temps oifif , le
moment vint où il trou
va de quoy l'occuper.
Un homme de qualité
GALANT.
67
faifant à la Cour fort
bonne figure , alla ſe marier
en Province à une
riche heritiere d'une
Maiſon trés- connuë , &
un mois aprés il l'amena
à Paris . Elle n'étoit point
de ces beautez regulicres
dont la nature femble
avoir pris peine à finir
les traits : mais elle
avoit un air fi piquant ,
& tant d'agrément étoit
répandu dans fa perfonne
& dans fes manieres ,
Fij
68 MERCURE
qu'il étoit prefque impoffible
de n'en être pas
touché . Elle ne fut pas
fitôt arrivée que l'on
s'empreffa de tous côtez
à l'aller feliciter fur fon
mariage. Le jeune Marquis
fut un des premiers
dont elle receut les complimens.
Il alla chez elle,
plein de cette confiance
qui lui avoit toujours fi
bien reüffi ; & quoy qu'il
fuft frapé en la voyant,
& qu'il fentît tout à
GALANT.
69
coup ce trouble fecret ,
qui eft le prefage d'une
grande paffion , il crut
avoir effuyé des occafions
plus dangereuſes
,
& qu'aprés un moment
de reflexion
, & un examen
un peu ferieux , ſa
raifon le maintiendroit
dans l'indépendance
où
il s'étoit toujours
confervé
. Il s'attacha donc
à étudier cette charmante
perfonne mais foit
que fon coeur trop préMERCURE
venu lui cachât en elle
ce qu'il voyoit dans les
autres ; foit que l'habitude
qu'on prend en Province
d'une vie plus retirée
, lui cuft acquis une
droiture d'efprit qui lui
laiffat ignorer ce que
c'eſt
fauffeté & que
que
tromperie , plus il voulut
la connoître , plus il
lui découvrit un merite
fans défaut : elle parloit
jufte , donnoit un tour
ſi agreable à tout ce qu'
1
GALANT..
71
elle difoit , & avoit des
manieres fi polies & fi
attirantes , qu'il ne faut
pas s'étonner fi en peu de
temps elle fe fir une
groffe Cour. Le jeune
Marquis , qui alloit fouvent
chez elle , ne fut
pas fâché d'y trouver la
foule elle empêchoit
qu'on ne remarquât trop
fon empreffement , & il
efpera d'ailleurs qu'ayatl'efprit
fin & delicat , il
brilleroit davantage par
72 MERCURE
mi un nombre de gens
ordinaires , qui ne debitant
que des lieux communs
, étoient incontinent
épuifez. L'impreffion
que fit fur fon coeur
le merite de la Dame ,
lui fit
connoître en peu
de temps que ce qu'il
fentoit pour elle étoit de
l'amour: mais ce merite
avoit un charme ſi attirant
,qu'il étoit contraint
d'applaudir
lui- meſme
à fa paffion : & quand il
n'eût
GALANT. 73
n'eût pas voulu s'y abandonner
, il étoit de fa
deſtinée de s'y foùmet-
>
tre , & tous les efforts
qu'il eût pu faire pour
s'en garantir auroient été
Cependant
,
inutiles.
pour ne negliger aucun
remede dans la naiffance
du mal , il ſe priva quelques
jours du plaifir de
voir la Dame , & la longueur
de ces jours lui fut
fi infupportable
, que
tous les plaifirs fem-
Janv . 1713 .
G
74 MERCURE
bloient être morts pour
lui . La Dame , qui eftimoit
ſon eſprit , & qui
s'étoit
apperçuë
que les
dernieres
converſations
qu'elle avoit euës avec
ceux qui la voyoient ordinairement
n'avoient
pas été fi vives , parce
qu'il avoit manqué de
s'y trouver, lui reprocha
fa deſertion en le revoyant
; & ce reproche ,
qu'elle lui fit d'une maniere
fine & fpirituelle ,
GALANT .
75
acheva de le refoudre à
luidonner tous fes foins .
Ce n'eft pas qu'en s'attachant
à l'aimer, il n'envifageât
la temerité de fon
entreprife . Illa connoiffoit
d'une vertu delicate ,
que les moindres chofes
pouvoient effrayer , &
dans les fcrupules où il
la voyoit fur l'interêt de
fa gloire , il avoit peine à
comprendre comment il
pourroit lui parler de fa
paffion : mais quoy qu'il
Gij
76 MERCURE
ouvrit les yeux fur le
peril du naufrage , il ne
laiffa pas de s'embarquer,
L'amour diffipoit fes
craintes , & les miracles
qu'il fait tous les jours
fur les coeurs les moins
fenfibles lui en faifoient
attendre un pareil . Pour
moins hazarder il crus
à propos de prendre un
air libre , qui l'autorisât
à expliquer un jour à la
Dame fes plus fecrets
fentimens. Il lui difoit
GALANT . 77
quelquefois d'une maniere
galante qu'elle ne
connoiffoit pas la moitié
de fon merite ; quelquefois
il s'avifoit de lui
trouver de nouveaux
brillans qui le faifoient
récrier fur fa beauté : &
en lui difant devant tout
le monde qu'on hazardoit
beaucoup à la voir ,
il croyoit l'accoutumer
infenfiblement
à lui permettre
de faire en particulier
l'application de
G iij
78 MERCURE
ce qu'il fembloit n'avoir
dit qu'en general . Un
jour qu'il étoit feul avec
elle , aprés avoir plaifanté
fur une avanture
de gens qu'elle connoiffoit
, il lui dit avec cet
air libre & enjoüé dont
il s'étoit fait une habitude
, qu'il s'étonnoit
qu'il pût s'aimer affez
peu pour venir toujours
fe perdre en la regardant
. La Dame d'abord
ne repouffa la douceur
GALANT . 79
qu'en lui répondant qu'il
rêvoit mais il ajouta
tant d'autres chofes , qui
faifoient entendre plus
qu'on ne vouloit
, & il
jura tant de fois , quoique
toujours
en riant ,
qu'il ne difoit rien que
de veritable , qu'elle fut
enfin forcée de prendre
fon ferieux , & de lui
dire qu'il ne pouvoit être
de fes amis s'il ne changeoit
de fentimens . Le
Marquis lui repliqua
Giiij
80. MERCURE
que la qualité de fon
ami lui feroit trés- glorieufe
, qu'il fçavoit trop
la connoître
, & fe connoître
lui - mefme
, pour
en fouhaiter
une autre :
mais qu'il étoit impoffible
qu'il vécût content ,
fi elle ne lui faifoit la
grace de le recevoir pour
fon ami de diftinction .
fa vertu
La
Dame , que
rendoit
très- peu diſtinguante
, répondit
d'un
ton fort fier qu'elle ne
GALANT . S
croyoit devoit diftinguer
les gens que par
leur refpect & leur fageffe
, & que quand il
n'oublieroit
pas ce qu'il
lui devoit peut -être
voudroit - elle bien fe
fouvenir qu'il n'étoit pas
fans merite. Cette ré-
>
ponſe , qu'elle accompa
gna d'un regard ſevere ,
déconcerta le jeune Marquis.
Il vint du monde ;
& quoy qu'il pût faire
pour ſe remettre l'efprit
$2 MERCURE
dans un embarras qui
l'obligea de fe retirer ,
les reflexions qu'il fit
furent cruelles : il avoit
le coeur prévenu du plus
violent amour ; & loin
que la fierté de la Dame
lui aidat à l'affoiblir , il
entroit dans les raifons
qui l'avoient portée à
lui ôter toute efperance .
Cette conduite redoubloit
l'eftime qu'il avoit
pour elle ; & plein d'admiration
pour fa vertu
GALANT . 83
ne pouvant
la condamner
, quoy
qu'elle
fût
caufe
de toutes
les peines
, il fe trouvoit comme
affujetti à la paffion
qui le tourmentoit
. La
neceffité d'aimer , & la
douleur de fçavoir qu'il
déplaifoit
en aimant , le
firent tomber dans une
humeur fombre , qui fut
bien-tôt remarquée de
tous ceux qui le voyoiết ,
Ce n'étoit plus cet homme
enjoüé qui tant de
84 MERCURE
fois avoit été l'ame des
plus agreables converfa
tions ; le trouble & l'inquietude
étoient peints:
fur fon viſage , il rêvoit
à tous momens , & il y
avoit des jours où l'on
avoit peine à l'obliger
de parler. Ce changement
ayant furpris tout
le monde , chacun cherchoit
à en penetrer la
cauſe , & il apportoit de
fauffes raiſons pour empêcher
qu'on ne devinât
GALANT. 85
la veritable. Il n'y avoit
que la Dame, qui fe gardoit
bien de lui demander
ce qu'elle étoit fâchée
de favoir ; & quand
quelquefois on le preffoit
devant elle d'employer
quelque remede
contre le chagrin qui le
dominoit, elle difoit que
s'il fuivoit fes confeils ,
il iroit faire quelque
voyage; qu'en changeant
de lieux , on changeoit
fouvent d'humeur , &
86 MERCURE
que rien n'étoit plus propre
à guerir de certains
maux , que de promener
fes yeux fur des objets
étrangers , qui par leur
diverfité ayant de quoy
occuper l'efprit , en banniffoient
peu à peu les
*
triftes images qui le jettoient
dans l'abattement.
Il n'entendoit que
trop bien ce qu'elle vouloit
lui dire : & il s'eftimoit
d'autant plus infortuné
, qu'en lui conGALANT
. 87
feillant
l'éloignement ,
elle lui faifoit paroître
que fon abfence la toucheroit
peu . Il n'oſoit
pourtant s'en plaindre ,
parce qu'il n'euft pû le
faire fans parler de fon
amour , & que la crainte
de l'irriter tout à fait étoit
un puiſſant motif
pour le condamner
au
filence. Enfin aprés avoir
bien fouffert , & s'être
long - temps contraint à
fe taire , il lui dit que la
88 MERCURE
raifon l'avoit remis dans
l'état où elle pouvoit le
fouhaiter : que bien loin
d'exiger d'elle aucune
amitié de preference ,
comme il avoit eu le
malheur de lui déplaire ,
il ſe croyoit moins en
droit que tous les autres
amis de pretendre à ſon
eftime ; & qu'afin de reparer
une faute , qu'il
avoit peine lui-meſme à
fe pardonner , il lui pro - `
reftoit qu'il n'attendroit,
jamais
GALANT . 89-
jamais d'elle aucun ſentiment
dont il puſt tirer
quelque avantage . La
Dame lui témoigna quelle
étoit ravie qu'en
changeant de fentiment,
il vouluft bien ne la
reduire à le bannir de
chez elle : mais elle fut
pas
fort furpriſe quand ,
aprés l'avoir affurée tout
de nouveau qu'il n'afpiroit
plus à eftre aimé ,
la conjura de lui accorder
un foulagement
Fanv . 1713 .
H
il
90 MERCURE
qui ne pouvant intereſ
fer fa vertu , pouvoit au
moins lui rendre la vie
plus fupportable. Ce foulagement
étoit d'ofer lut
dire, fans qu'elle s'en offensât
, qu'il avoit pour
elle la plus violente paffion
, & que faifant confifter
tout fon bonheur
dans le plaifir de la voir ,
il lui confacroit le plus
fincere & le plus refpe-
Atueux attachement qu'-
elle pouvoit attendre
GALANT . 91
d'un homme , qui ne
confervant aucune pretention
, l'aimoit feulement
parce qu'elle avoit
mille qualitez aimables .
La Dame ayant repris
fon ferieux , lui dit qu'-
on ne lui avoit jamais
appris à mettre de difference
entre fouffrir d'être
aimée , & avoir deffein
d'aimer ; & qu'étant
fort éloignée de fentir
de pareils mouyemens
, elle fe verroit
Hij
92 MERCURE
contrainte de rompre avec
lui entierement
, s'il
s'obſtinoit à nourrir un
folamour , que mille raifons
avoient dû lui faire
éteindre . Il fit ce qu'il
put pour la fléchir , il
la trouva inexorable ; il
lui parla de la même
forte en deux ou trois occafions
, il reçut encore
les mêmes réponſes . Enfin
la Dame lui défendit
fi abfolument de lui parler
jamais de fa paffion ,
GALANT. 93
qu'il lui répondit avec
les marques d'un vrai
defefpoir , qu'il lui feroit
plus aiſé de renoncer
à la vie squ'il en fçavoit
les moyens ; & que
quand le mal feroit fans
remede , elle auroit peutêtre
quelque déplaifir
d'en avoir été la caufe .
La Dame lui repliqua -
froidement que fi la joye
de mourir avoit de
le toucher , il pouvoit fe
fatisfaire, & qu'elle étoit
quoy
94 MERCURE
laffe de lui donner d'utiles
confeils. Il fortit
outré de ces dernieres
paroles , & fe mit en
tefte de lui arracher
au moins en mourant
ane fenfibilité dont tout
fon amour n'avoit pû
le rendre digne . Il s'encouragea
le mieux qu'il
put ; & fe fentant de
la fermeté autant qu'il
crut en avoir befoin , il
fe rendit deux jours aprés
chez la Dame , à
GALANT . 95
onze heures du matin ;
il choifit ce temps pour
la trouver feule ; & dans
la crainte qu'elle ne le
renvoyât s'il la faifoit
avertir , il monta tout
droit à fon appartement
.
Il n'y rencontra que la
fuivante , qui lui dit que
fa maîtreffe n'y étoit pas ,
qu'elle reviendroit incontinent
, & qu'il pouvoit
choisir de l'attendre
, ou de l'aller trouver
dans la maiſon où
96 MERCURE
elle étoit . Il refolut de
l'attendre ; & commençant
à marcher avec l'action
d'un homme qui
meditoit quelque chofe
, il s'attira les regards
de cette fuivante , qui'
remarqua dans fes yeux
de l'égarement. Elle fortit
de la chambre , & fe
mit en lieu commode
pour obferver ce qu'il
feroit. Aprés qu'il eut
encore marché quelque
temps , il s'arrefta tout
d'un
GALANT . 97
d'un coup , tenant fa
main fur fon front , &
révant profondément.
Enfuite elle lui vit tirer
un poignard , & le mettre
fous fa toilette ; la
frayeur qu'elle eut penfa
l'obligea à faire un cri :
mais fçachant la chofe ,
elle demeura perſuadée
qu'il n'en pouvoit arriver
de mal , & il lui parut
qu'il valoit mieux ne
rien dire . Dans ce mefme
inftant on entendit
Fanv . 1713 .
I
98 MERCURE
rentrer le caroffe , & auf
fitôt elle vint dire au
Marquis que fa maîtreſſe
arrivoit. Le Marquis étant
allé au - devant d'elle
, pour lui prefenter la
main fur l'efcalier , la
fuivante prit ce temps
pour fe faifir du poignard
, & par je ne ſçai
quel mouvement trouvant
un éventail
fur la
table , elle la mit fous la
toilette , au meſme endroit
où le poignard
a-
BEL
YON
THÈQUE
GALANT.99
voit été caché . La
me entra dans fa chambre
, & entretint le Marquis
de quelques nouvelles
. Il eut la force de
lui déguiſer fon trouble ;
& la fuivante étant fortie
fur quelque ordre de
fa maîtreffe , il fe mit à
fes genoux , la conjurant
de nouveau pour la derniere
fois de ne point
pouffer fon defefpoir aux
extremitez où il craignoit
qu'il n'allât . La
DE
Π
I ij
100 MERCURE
Dame aprehendant qu '
on ne le furprît dans
cette poſture , le fit relever
d'autorité abfoluë ;
& quand il vit que, fans
s'émouvoir de ce qu'il
lui proteftoit qu'il étoit
capable de fe tuer , elle
apelloit ſa ſuivante pour
interrompre fes plaintes
, tout hors de luimefme
, ne fe poffedant
plus , il courut à la toi
lette, prit l'éventail qu'il
y trouva , & s'en donna
GALANT . 101
un coup de toute la force
, fans s'appercevoir
que fon poignard étoit
metamorphofe
. La Dame
furpriſe de ce coup
d'éventail , ne fçavoit
que croire d'un tranfport
fi ridicule ; cependant
elle le vit tomber
à fes pieds. Son imagination
frapée vivement
du deffein de fe tuer
avoit remué tous fes ef
prits ; & ne doutant
point qu'il ne fe fût fait
44
I iij
102 MERCURE
une bleffure mortelle , il
perdit connoiffance
, &
refta long - temps éva
noüi. La fuivante entra
dans ce moment , & ne
fe put empêcher de rire ,
de voir le Marquis dans
l'état où il étoit . La Da
me ne fongea qu'à l'en
tirer , & ne voulut ap
peller perfonne , afin d'é
touffer la choſe , dont
on eûtpû faire des contes
fâcheux . Enfin une bou
teille d'eau de la Reine
GALANT. 103
de Hongrie ranima fes
fens , & le fit revenir à
lui . Il pria d'abord qu'on
le laiffat mourir fans fecours
: fur quoy la Da
me lui dit qu'il aimoit
la vie plus qu'il ne penfoit
, & qu'il pouvoit
s'affurer de n'en fortir de
long - temps , s'il ne vou
loit employer qu'un éventail
pour fe délivrer
de fes malheurs . Il crut
que laDame, pour mieux
l'infulter , affectoit la
I iiij
104 MERCURE
raillerie , & chercha à
terre le fang qu'il devoit
avoir verfé. Il n'en
trouva point , & moins
encore de bleffure. Il
箍
s'étoit donné le coup de
fi bonne foy , qu'il ne
pouvoit revenir de fa
furprife. Il demanda par
quel charme on l'avoit
fauvé de fon defeſpoir
;
& la Dame , qui étoit
bien éloignée de comprendre
qu'il eût voulu
fe tuer effectivement , lui
GALANT. 105
ayant marqué qu'elle
n'aimoit point de pareilles
ſcenes , la fuivante ne
lui voulut pas ôter la
gloire de fa courageufe
refolution de tourner
fon bras contre lui-même
; elle montra le poignard,
& raconta ce qu²-
elle avoit fait. Le Marquis
fut fi honteux de
l'avanture de l'éventail ,
qu'étant d'ailleurs accablé
par les reproches que
lui fit la Dame d'un em106
MERCURE
portement fi extravagant
, il fe retira chez
lui fitôt qu'il fut en état
de s'y conduire. La neceffité
où il étoit de ne
la plus voir lui fit prendre
le deffein de s'en éloigner
; & pour en tirer
quelque merite , il
reſolut à voyager , afin
qu'elle pût connoître
que , même en ſe banniffant
, il s'attachoit à
fuivre fes ordres..
galante.
-ê-
Vous
croyez peut-ê
tre que les amans
ne
veulent
mourir
qu'en
vers , & qu'on n'en voit
point qui prennent
cette
refolution
fi ce n'eft dans
une fable . Il eſt aifé
de vous détromper
, en
Vous
GALANT. 65
vous aprenant une avanture
que des perſonnes
trés- dignes de foy vous
affureront être veritable.
Un jeune Marquis ,
à qui fa naiffance & fes
belles qualitez donnoient
entrée chez les
perfonnes les plus confiderables
du beau fexe ,
voyoit la plupart de celles
qui paffoient
pour
être aimables
, fans aucun
peril pour fa liberté
. Il étoit fort delicat
Janv. 1713.
F
66 MERCURE
fur le vrai merite ; &
comme en examinant
toutes les belles , il leur
trouvoit des défauts dont
il ne pouvoit s'accommoder
, quelques frequentes
attaques qui lui
fuffent faites , il fe gas
rantiffoit fans peine des.
ſurpriſes de l'amour. Aprés
que fon coeur cut
été long- temps oifif , le
moment vint où il trou
va de quoy l'occuper.
Un homme de qualité
GALANT.
67
faifant à la Cour fort
bonne figure , alla ſe marier
en Province à une
riche heritiere d'une
Maiſon trés- connuë , &
un mois aprés il l'amena
à Paris . Elle n'étoit point
de ces beautez regulicres
dont la nature femble
avoir pris peine à finir
les traits : mais elle
avoit un air fi piquant ,
& tant d'agrément étoit
répandu dans fa perfonne
& dans fes manieres ,
Fij
68 MERCURE
qu'il étoit prefque impoffible
de n'en être pas
touché . Elle ne fut pas
fitôt arrivée que l'on
s'empreffa de tous côtez
à l'aller feliciter fur fon
mariage. Le jeune Marquis
fut un des premiers
dont elle receut les complimens.
Il alla chez elle,
plein de cette confiance
qui lui avoit toujours fi
bien reüffi ; & quoy qu'il
fuft frapé en la voyant,
& qu'il fentît tout à
GALANT.
69
coup ce trouble fecret ,
qui eft le prefage d'une
grande paffion , il crut
avoir effuyé des occafions
plus dangereuſes
,
& qu'aprés un moment
de reflexion
, & un examen
un peu ferieux , ſa
raifon le maintiendroit
dans l'indépendance
où
il s'étoit toujours
confervé
. Il s'attacha donc
à étudier cette charmante
perfonne mais foit
que fon coeur trop préMERCURE
venu lui cachât en elle
ce qu'il voyoit dans les
autres ; foit que l'habitude
qu'on prend en Province
d'une vie plus retirée
, lui cuft acquis une
droiture d'efprit qui lui
laiffat ignorer ce que
c'eſt
fauffeté & que
que
tromperie , plus il voulut
la connoître , plus il
lui découvrit un merite
fans défaut : elle parloit
jufte , donnoit un tour
ſi agreable à tout ce qu'
1
GALANT..
71
elle difoit , & avoit des
manieres fi polies & fi
attirantes , qu'il ne faut
pas s'étonner fi en peu de
temps elle fe fir une
groffe Cour. Le jeune
Marquis , qui alloit fouvent
chez elle , ne fut
pas fâché d'y trouver la
foule elle empêchoit
qu'on ne remarquât trop
fon empreffement , & il
efpera d'ailleurs qu'ayatl'efprit
fin & delicat , il
brilleroit davantage par
72 MERCURE
mi un nombre de gens
ordinaires , qui ne debitant
que des lieux communs
, étoient incontinent
épuifez. L'impreffion
que fit fur fon coeur
le merite de la Dame ,
lui fit
connoître en peu
de temps que ce qu'il
fentoit pour elle étoit de
l'amour: mais ce merite
avoit un charme ſi attirant
,qu'il étoit contraint
d'applaudir
lui- meſme
à fa paffion : & quand il
n'eût
GALANT. 73
n'eût pas voulu s'y abandonner
, il étoit de fa
deſtinée de s'y foùmet-
>
tre , & tous les efforts
qu'il eût pu faire pour
s'en garantir auroient été
Cependant
,
inutiles.
pour ne negliger aucun
remede dans la naiffance
du mal , il ſe priva quelques
jours du plaifir de
voir la Dame , & la longueur
de ces jours lui fut
fi infupportable
, que
tous les plaifirs fem-
Janv . 1713 .
G
74 MERCURE
bloient être morts pour
lui . La Dame , qui eftimoit
ſon eſprit , & qui
s'étoit
apperçuë
que les
dernieres
converſations
qu'elle avoit euës avec
ceux qui la voyoient ordinairement
n'avoient
pas été fi vives , parce
qu'il avoit manqué de
s'y trouver, lui reprocha
fa deſertion en le revoyant
; & ce reproche ,
qu'elle lui fit d'une maniere
fine & fpirituelle ,
GALANT .
75
acheva de le refoudre à
luidonner tous fes foins .
Ce n'eft pas qu'en s'attachant
à l'aimer, il n'envifageât
la temerité de fon
entreprife . Illa connoiffoit
d'une vertu delicate ,
que les moindres chofes
pouvoient effrayer , &
dans les fcrupules où il
la voyoit fur l'interêt de
fa gloire , il avoit peine à
comprendre comment il
pourroit lui parler de fa
paffion : mais quoy qu'il
Gij
76 MERCURE
ouvrit les yeux fur le
peril du naufrage , il ne
laiffa pas de s'embarquer,
L'amour diffipoit fes
craintes , & les miracles
qu'il fait tous les jours
fur les coeurs les moins
fenfibles lui en faifoient
attendre un pareil . Pour
moins hazarder il crus
à propos de prendre un
air libre , qui l'autorisât
à expliquer un jour à la
Dame fes plus fecrets
fentimens. Il lui difoit
GALANT . 77
quelquefois d'une maniere
galante qu'elle ne
connoiffoit pas la moitié
de fon merite ; quelquefois
il s'avifoit de lui
trouver de nouveaux
brillans qui le faifoient
récrier fur fa beauté : &
en lui difant devant tout
le monde qu'on hazardoit
beaucoup à la voir ,
il croyoit l'accoutumer
infenfiblement
à lui permettre
de faire en particulier
l'application de
G iij
78 MERCURE
ce qu'il fembloit n'avoir
dit qu'en general . Un
jour qu'il étoit feul avec
elle , aprés avoir plaifanté
fur une avanture
de gens qu'elle connoiffoit
, il lui dit avec cet
air libre & enjoüé dont
il s'étoit fait une habitude
, qu'il s'étonnoit
qu'il pût s'aimer affez
peu pour venir toujours
fe perdre en la regardant
. La Dame d'abord
ne repouffa la douceur
GALANT . 79
qu'en lui répondant qu'il
rêvoit mais il ajouta
tant d'autres chofes , qui
faifoient entendre plus
qu'on ne vouloit
, & il
jura tant de fois , quoique
toujours
en riant ,
qu'il ne difoit rien que
de veritable , qu'elle fut
enfin forcée de prendre
fon ferieux , & de lui
dire qu'il ne pouvoit être
de fes amis s'il ne changeoit
de fentimens . Le
Marquis lui repliqua
Giiij
80. MERCURE
que la qualité de fon
ami lui feroit trés- glorieufe
, qu'il fçavoit trop
la connoître
, & fe connoître
lui - mefme
, pour
en fouhaiter
une autre :
mais qu'il étoit impoffible
qu'il vécût content ,
fi elle ne lui faifoit la
grace de le recevoir pour
fon ami de diftinction .
fa vertu
La
Dame , que
rendoit
très- peu diſtinguante
, répondit
d'un
ton fort fier qu'elle ne
GALANT . S
croyoit devoit diftinguer
les gens que par
leur refpect & leur fageffe
, & que quand il
n'oublieroit
pas ce qu'il
lui devoit peut -être
voudroit - elle bien fe
fouvenir qu'il n'étoit pas
fans merite. Cette ré-
>
ponſe , qu'elle accompa
gna d'un regard ſevere ,
déconcerta le jeune Marquis.
Il vint du monde ;
& quoy qu'il pût faire
pour ſe remettre l'efprit
$2 MERCURE
dans un embarras qui
l'obligea de fe retirer ,
les reflexions qu'il fit
furent cruelles : il avoit
le coeur prévenu du plus
violent amour ; & loin
que la fierté de la Dame
lui aidat à l'affoiblir , il
entroit dans les raifons
qui l'avoient portée à
lui ôter toute efperance .
Cette conduite redoubloit
l'eftime qu'il avoit
pour elle ; & plein d'admiration
pour fa vertu
GALANT . 83
ne pouvant
la condamner
, quoy
qu'elle
fût
caufe
de toutes
les peines
, il fe trouvoit comme
affujetti à la paffion
qui le tourmentoit
. La
neceffité d'aimer , & la
douleur de fçavoir qu'il
déplaifoit
en aimant , le
firent tomber dans une
humeur fombre , qui fut
bien-tôt remarquée de
tous ceux qui le voyoiết ,
Ce n'étoit plus cet homme
enjoüé qui tant de
84 MERCURE
fois avoit été l'ame des
plus agreables converfa
tions ; le trouble & l'inquietude
étoient peints:
fur fon viſage , il rêvoit
à tous momens , & il y
avoit des jours où l'on
avoit peine à l'obliger
de parler. Ce changement
ayant furpris tout
le monde , chacun cherchoit
à en penetrer la
cauſe , & il apportoit de
fauffes raiſons pour empêcher
qu'on ne devinât
GALANT. 85
la veritable. Il n'y avoit
que la Dame, qui fe gardoit
bien de lui demander
ce qu'elle étoit fâchée
de favoir ; & quand
quelquefois on le preffoit
devant elle d'employer
quelque remede
contre le chagrin qui le
dominoit, elle difoit que
s'il fuivoit fes confeils ,
il iroit faire quelque
voyage; qu'en changeant
de lieux , on changeoit
fouvent d'humeur , &
86 MERCURE
que rien n'étoit plus propre
à guerir de certains
maux , que de promener
fes yeux fur des objets
étrangers , qui par leur
diverfité ayant de quoy
occuper l'efprit , en banniffoient
peu à peu les
*
triftes images qui le jettoient
dans l'abattement.
Il n'entendoit que
trop bien ce qu'elle vouloit
lui dire : & il s'eftimoit
d'autant plus infortuné
, qu'en lui conGALANT
. 87
feillant
l'éloignement ,
elle lui faifoit paroître
que fon abfence la toucheroit
peu . Il n'oſoit
pourtant s'en plaindre ,
parce qu'il n'euft pû le
faire fans parler de fon
amour , & que la crainte
de l'irriter tout à fait étoit
un puiſſant motif
pour le condamner
au
filence. Enfin aprés avoir
bien fouffert , & s'être
long - temps contraint à
fe taire , il lui dit que la
88 MERCURE
raifon l'avoit remis dans
l'état où elle pouvoit le
fouhaiter : que bien loin
d'exiger d'elle aucune
amitié de preference ,
comme il avoit eu le
malheur de lui déplaire ,
il ſe croyoit moins en
droit que tous les autres
amis de pretendre à ſon
eftime ; & qu'afin de reparer
une faute , qu'il
avoit peine lui-meſme à
fe pardonner , il lui pro - `
reftoit qu'il n'attendroit,
jamais
GALANT . 89-
jamais d'elle aucun ſentiment
dont il puſt tirer
quelque avantage . La
Dame lui témoigna quelle
étoit ravie qu'en
changeant de fentiment,
il vouluft bien ne la
reduire à le bannir de
chez elle : mais elle fut
pas
fort furpriſe quand ,
aprés l'avoir affurée tout
de nouveau qu'il n'afpiroit
plus à eftre aimé ,
la conjura de lui accorder
un foulagement
Fanv . 1713 .
H
il
90 MERCURE
qui ne pouvant intereſ
fer fa vertu , pouvoit au
moins lui rendre la vie
plus fupportable. Ce foulagement
étoit d'ofer lut
dire, fans qu'elle s'en offensât
, qu'il avoit pour
elle la plus violente paffion
, & que faifant confifter
tout fon bonheur
dans le plaifir de la voir ,
il lui confacroit le plus
fincere & le plus refpe-
Atueux attachement qu'-
elle pouvoit attendre
GALANT . 91
d'un homme , qui ne
confervant aucune pretention
, l'aimoit feulement
parce qu'elle avoit
mille qualitez aimables .
La Dame ayant repris
fon ferieux , lui dit qu'-
on ne lui avoit jamais
appris à mettre de difference
entre fouffrir d'être
aimée , & avoir deffein
d'aimer ; & qu'étant
fort éloignée de fentir
de pareils mouyemens
, elle fe verroit
Hij
92 MERCURE
contrainte de rompre avec
lui entierement
, s'il
s'obſtinoit à nourrir un
folamour , que mille raifons
avoient dû lui faire
éteindre . Il fit ce qu'il
put pour la fléchir , il
la trouva inexorable ; il
lui parla de la même
forte en deux ou trois occafions
, il reçut encore
les mêmes réponſes . Enfin
la Dame lui défendit
fi abfolument de lui parler
jamais de fa paffion ,
GALANT. 93
qu'il lui répondit avec
les marques d'un vrai
defefpoir , qu'il lui feroit
plus aiſé de renoncer
à la vie squ'il en fçavoit
les moyens ; & que
quand le mal feroit fans
remede , elle auroit peutêtre
quelque déplaifir
d'en avoir été la caufe .
La Dame lui repliqua -
froidement que fi la joye
de mourir avoit de
le toucher , il pouvoit fe
fatisfaire, & qu'elle étoit
quoy
94 MERCURE
laffe de lui donner d'utiles
confeils. Il fortit
outré de ces dernieres
paroles , & fe mit en
tefte de lui arracher
au moins en mourant
ane fenfibilité dont tout
fon amour n'avoit pû
le rendre digne . Il s'encouragea
le mieux qu'il
put ; & fe fentant de
la fermeté autant qu'il
crut en avoir befoin , il
fe rendit deux jours aprés
chez la Dame , à
GALANT . 95
onze heures du matin ;
il choifit ce temps pour
la trouver feule ; & dans
la crainte qu'elle ne le
renvoyât s'il la faifoit
avertir , il monta tout
droit à fon appartement
.
Il n'y rencontra que la
fuivante , qui lui dit que
fa maîtreffe n'y étoit pas ,
qu'elle reviendroit incontinent
, & qu'il pouvoit
choisir de l'attendre
, ou de l'aller trouver
dans la maiſon où
96 MERCURE
elle étoit . Il refolut de
l'attendre ; & commençant
à marcher avec l'action
d'un homme qui
meditoit quelque chofe
, il s'attira les regards
de cette fuivante , qui'
remarqua dans fes yeux
de l'égarement. Elle fortit
de la chambre , & fe
mit en lieu commode
pour obferver ce qu'il
feroit. Aprés qu'il eut
encore marché quelque
temps , il s'arrefta tout
d'un
GALANT . 97
d'un coup , tenant fa
main fur fon front , &
révant profondément.
Enfuite elle lui vit tirer
un poignard , & le mettre
fous fa toilette ; la
frayeur qu'elle eut penfa
l'obligea à faire un cri :
mais fçachant la chofe ,
elle demeura perſuadée
qu'il n'en pouvoit arriver
de mal , & il lui parut
qu'il valoit mieux ne
rien dire . Dans ce mefme
inftant on entendit
Fanv . 1713 .
I
98 MERCURE
rentrer le caroffe , & auf
fitôt elle vint dire au
Marquis que fa maîtreſſe
arrivoit. Le Marquis étant
allé au - devant d'elle
, pour lui prefenter la
main fur l'efcalier , la
fuivante prit ce temps
pour fe faifir du poignard
, & par je ne ſçai
quel mouvement trouvant
un éventail
fur la
table , elle la mit fous la
toilette , au meſme endroit
où le poignard
a-
BEL
YON
THÈQUE
GALANT.99
voit été caché . La
me entra dans fa chambre
, & entretint le Marquis
de quelques nouvelles
. Il eut la force de
lui déguiſer fon trouble ;
& la fuivante étant fortie
fur quelque ordre de
fa maîtreffe , il fe mit à
fes genoux , la conjurant
de nouveau pour la derniere
fois de ne point
pouffer fon defefpoir aux
extremitez où il craignoit
qu'il n'allât . La
DE
Π
I ij
100 MERCURE
Dame aprehendant qu '
on ne le furprît dans
cette poſture , le fit relever
d'autorité abfoluë ;
& quand il vit que, fans
s'émouvoir de ce qu'il
lui proteftoit qu'il étoit
capable de fe tuer , elle
apelloit ſa ſuivante pour
interrompre fes plaintes
, tout hors de luimefme
, ne fe poffedant
plus , il courut à la toi
lette, prit l'éventail qu'il
y trouva , & s'en donna
GALANT . 101
un coup de toute la force
, fans s'appercevoir
que fon poignard étoit
metamorphofe
. La Dame
furpriſe de ce coup
d'éventail , ne fçavoit
que croire d'un tranfport
fi ridicule ; cependant
elle le vit tomber
à fes pieds. Son imagination
frapée vivement
du deffein de fe tuer
avoit remué tous fes ef
prits ; & ne doutant
point qu'il ne fe fût fait
44
I iij
102 MERCURE
une bleffure mortelle , il
perdit connoiffance
, &
refta long - temps éva
noüi. La fuivante entra
dans ce moment , & ne
fe put empêcher de rire ,
de voir le Marquis dans
l'état où il étoit . La Da
me ne fongea qu'à l'en
tirer , & ne voulut ap
peller perfonne , afin d'é
touffer la choſe , dont
on eûtpû faire des contes
fâcheux . Enfin une bou
teille d'eau de la Reine
GALANT. 103
de Hongrie ranima fes
fens , & le fit revenir à
lui . Il pria d'abord qu'on
le laiffat mourir fans fecours
: fur quoy la Da
me lui dit qu'il aimoit
la vie plus qu'il ne penfoit
, & qu'il pouvoit
s'affurer de n'en fortir de
long - temps , s'il ne vou
loit employer qu'un éventail
pour fe délivrer
de fes malheurs . Il crut
que laDame, pour mieux
l'infulter , affectoit la
I iiij
104 MERCURE
raillerie , & chercha à
terre le fang qu'il devoit
avoir verfé. Il n'en
trouva point , & moins
encore de bleffure. Il
箍
s'étoit donné le coup de
fi bonne foy , qu'il ne
pouvoit revenir de fa
furprife. Il demanda par
quel charme on l'avoit
fauvé de fon defeſpoir
;
& la Dame , qui étoit
bien éloignée de comprendre
qu'il eût voulu
fe tuer effectivement , lui
GALANT. 105
ayant marqué qu'elle
n'aimoit point de pareilles
ſcenes , la fuivante ne
lui voulut pas ôter la
gloire de fa courageufe
refolution de tourner
fon bras contre lui-même
; elle montra le poignard,
& raconta ce qu²-
elle avoit fait. Le Marquis
fut fi honteux de
l'avanture de l'éventail ,
qu'étant d'ailleurs accablé
par les reproches que
lui fit la Dame d'un em106
MERCURE
portement fi extravagant
, il fe retira chez
lui fitôt qu'il fut en état
de s'y conduire. La neceffité
où il étoit de ne
la plus voir lui fit prendre
le deffein de s'en éloigner
; & pour en tirer
quelque merite , il
reſolut à voyager , afin
qu'elle pût connoître
que , même en ſe banniffant
, il s'attachoit à
fuivre fes ordres..
Fermer
Résumé : AVANTURE galante.
Le texte raconte l'histoire d'un jeune Marquis, réputé pour sa délicatesse et son discernement, qui évitait les pièges de l'amour. Cependant, sa vie change lorsqu'il rencontre une riche héritière récemment mariée à un homme de qualité. Bien que cette dame ne soit pas conventionnellement belle, elle possède un charme et une grâce qui captivent le Marquis. Malgré ses efforts pour résister, il tombe éperdument amoureux d'elle. Il tente de dissimuler ses sentiments en lui rendant visite fréquemment, mais finit par lui avouer son amour. La dame, vertueuse et fière, rejette ses avances et lui somme de changer de sentiments. Le Marquis, désespéré, sombre dans une profonde mélancolie. Après plusieurs tentatives infructueuses pour la convaincre, il décide de se rendre chez elle pour une ultime déclaration. Parallèlement, un autre incident impliquant le Marquis et sa maîtresse est relaté. La servante du Marquis, profitant d'un moment où il accueillait sa maîtresse, remplace un poignard caché dans la toilette par un éventail. La maîtresse du Marquis, ignorant ce changement, le trouve agité et tente de le calmer. Le Marquis, désespéré, se donne un coup d'éventail, croyant tenir le poignard. Il perd connaissance, pensant s'être blessé mortellement. La servante révèle alors la substitution du poignard par l'éventail. Le Marquis, honteux et accablé par les reproches de sa maîtresse, décide de se retirer et de voyager pour éviter de la revoir, espérant ainsi prouver son attachement à ses ordres. Le texte se termine sur cette scène, laissant en suspens la suite des événements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 51-53
Poudre specifique pour toutes sortes de fievres intermittentes, preparée par ordre du Roy.
Début :
Sa Majesté desirant que ses sujets puissent profiter d'un [...]
Mots clefs :
Remède, Fièvres intermittentes, Épreuves, distribution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Poudre specifique pour toutes sortes de fievres intermittentes, preparée par ordre du Roy.
PoudrefPecjfique pour toutes
fortes de ifèvres intermittentes)
preparte par ordre
du cry.
Sa Majestédesîrant que
ses Cujets puissent profiter
d'un Remede specifîque qui
guerit sans retour, en trois
pdreises au plus,toutes fortes
fievres intermirrentes,
pourveu qu'elles ne soient
pas causées par le vice de
quelques parties principales
, dont Elle a fait faire
des épreuves innombrables
depuis plus d'un an, qui
ont été approuvées parM.
Fagon son premier Medecin
; le Roy a ordonné qu'-
on en preparât une assez
grande quantité pour être
distribuée au public, & afin
que tout le monde en puisse
joüir, le prix a été fixé à
dix fols la prise; ce qui est
à peu prés ce quelle coûte
à préparer. Dans chaque
paquet il y en a trois prises
pour trente fols, envelopées
separément, avec un
imprimé qui en enseigne
l'usage: le tout est timbré
des armes du Roy, pour en
empêcher la faIfification.
Cette poudre est incorruptible,
& ne perd jamais sa
vertu.
Le Bureau généralpour sa
difiribution est établia Paris
ruë de la Monoye> au coin de
la rué Betify,*vis àvisPH-ôtel
de MontbaXen , au Nom
de Jejusy chez le Sieur Viguier
Marchand ya qui ilfaut
s'adrefer ponr en avoir.
fortes de ifèvres intermittentes)
preparte par ordre
du cry.
Sa Majestédesîrant que
ses Cujets puissent profiter
d'un Remede specifîque qui
guerit sans retour, en trois
pdreises au plus,toutes fortes
fievres intermirrentes,
pourveu qu'elles ne soient
pas causées par le vice de
quelques parties principales
, dont Elle a fait faire
des épreuves innombrables
depuis plus d'un an, qui
ont été approuvées parM.
Fagon son premier Medecin
; le Roy a ordonné qu'-
on en preparât une assez
grande quantité pour être
distribuée au public, & afin
que tout le monde en puisse
joüir, le prix a été fixé à
dix fols la prise; ce qui est
à peu prés ce quelle coûte
à préparer. Dans chaque
paquet il y en a trois prises
pour trente fols, envelopées
separément, avec un
imprimé qui en enseigne
l'usage: le tout est timbré
des armes du Roy, pour en
empêcher la faIfification.
Cette poudre est incorruptible,
& ne perd jamais sa
vertu.
Le Bureau généralpour sa
difiribution est établia Paris
ruë de la Monoye> au coin de
la rué Betify,*vis àvisPH-ôtel
de MontbaXen , au Nom
de Jejusy chez le Sieur Viguier
Marchand ya qui ilfaut
s'adrefer ponr en avoir.
Fermer
Résumé : Poudre specifique pour toutes sortes de fievres intermittentes, preparée par ordre du Roy.
Le texte décrit une poudre destinée à traiter les fortes fièvres intermittentes, préparée par ordre du roi. Cette poudre, approuvée par Monsieur Fagon, le premier médecin du roi, est censée guérir en trois prises maximum, à condition que les fièvres ne soient pas causées par des problèmes dans des parties principales du corps. Une grande quantité de cette poudre a été préparée pour être distribuée au public. Le prix est fixé à dix sols par prise, soit trente sols pour un paquet contenant trois prises. Chaque paquet est enveloppé séparément avec un imprimé expliquant l'usage et est timbré des armes du roi pour éviter la falsification. La poudre est incorruptible et conserve toujours son efficacité. La distribution se fait à Paris, rue de la Monoye, au coin de la rue Bétisy, en face de l'Hôtel de Montbazon, chez le Sieur Viguier, marchand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 149-166
Memoire Littéraire.
Début :
J'ay promis des liaisons. Il faut tenir parole. Mais je / La Médecine a pris naissance des observations, dont le hazard [...]
Mots clefs :
Liaisons, Mémoires littéraires, Médecine, Maladies, Ouvrage, Ouvrages, Nouveauté, Vérité, Remède, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoire Littéraire.
J'ay promis des liaiſons.
Il faut tenir parole. Mais je
ne ſçay comment m'y prendre
pour paffer d'une façon agra
Niij
150 MERCURE
ble & naturelle , d'une matiere
que je connois un peu ,
à une que je ne connois point
du tour. On m'a fait preſent
de deux Memoires Litteraires
fur la Medecine; on m'aſſure
qu'ils annoncent des chofes
qu'ils
dont l'uſage eft excellent pour
prolonger nos jours. C'eſt co
que je ne ſçay pas encore , parce
que je n'ay jamais cû beſoin
de l'apprendre.
Quoy qu'il en ſoit , ils me
paroiſſent affez bien écrits , &
la force de leurs raiſonnemens
qui me fait en quelque facon
juger du merite de leurs AuGALANT
S
teurs ,
noMemoite Litteraire
R
of La Medecine a pris naiſſancodesobfervations
,dont lehazard
fut peüt- eſtre la premiere
&la plus feconde ſource,
aprés tuy vint l'experience, qui
les multiplia durant pluſieurs
Siecles , & forma le premier
plan d'un art qui devoit reme
dier aux maladies dont la fant
té des hommes eſt ſi ſouvent
combatuë. Cette Medecine
empirique n'eſtoit d'abord oc-
Niiij
152 MERCURE
cupée qu'à reconnoître les vertus
des Simples & de leurs differ
ens mélanges : Mais la diverfiré
deleurs effets , ſelon les
differences des accidens , ou
celles du temperament , de
l'âge, du temps , du licu , des
alimens , des paffions de l'ame
, &c. fit bien- toſt connoiſtre
que puiſque la nature,
plus changeanteque Prothée,
ne ſetrouve preſque jamais la
même , il falloit entrer dans
le détail de ſes inconſtances
pour y trouver la regle de la
juſte application des remedes.
Cette folide reflexion donna
GALANT
lieu de romarquer tous les
ſignes, qui établiſſent les pré
ſages des maladies qui diſtinguent
les unes des autres, qui
marquent leurs eſpeces dans
chaque genre , & font juger
de leurs caufes & de leurs ef
fets. Une auffi utile recherche
produifit les regles& les prin.
cipes du grand Art de guerir;
cette étude enfantales divinso
racles queHippocrateaprés les
célebresMedecin de l'Ecole de
Cnyde& les Prêtres du Tem
ple d'Eſculape, raſſembla dans
ſes ouvrages qui l'ont immortalifé
, ces fondemens de la
154 MERCURE
Medecine , avoüez, de toutes
les Ecoles du monde , auffi
anciens& auffi nouveaux que
la verité,ſont les ſeuls qui ont
mis le prix à la doctrine des
Medecins de tous les temps:
au lieu que les,vains rafine,
mens des Siſtemes , enfans
d'une ignorance preſomptucuſe
, quelques legitimes qu'ils
ayont paru , n'ont jamais porté
bien loin la Renomée deleurs
Auteurs , ni fixé pour longtemps
llastention des habiles
Praticiens. En effet quoy que
des conjectures vray- fomblables
leurs en impofent quel
2GALANT. 155
quefois , ils n'ont pas de peine
à ſe détromper, ſi- toſt qu'ils
rappellent de leurs préjugez à
la reglede l'obſervation. Ces
démarches de la nature dans
les maladies , ces points fixez
que le Medecin nedoit jamais
perdre de veuë , rempliffent
toutes les pages du ſçavant
livresde Lommius , dont Mon.
fieur le Breton , Docteur en
Medecinede la Falculté de Paris
a mis au jour l'excellente
traduction , qu'il en a faire ,
ſous le titre de Tableau des
maladies , où l'on découvre leurs
fignes & leurs évenemens, tra
156 MERCURE
duit du latın de Lommius , 4-
vec de nouvelles remarques ; ouvrage
qui renferme les obferuations
les plus importantes pour
acquerir une parfaite connoissance
detoutes les maladies , en prévoir
les ſuites , en pénétrer les cauſes ,
s' aßurer de leurs remed. s. A
Paris , chez Claude Jombert
Libraire.Quay des Augustins à
la defcente du Pont Neuf.
On vend chez le même Libraire
un Livre nouveau , inti
tulé, Principes de Phifique ,rapportez
à la Medecine Pratique,
& autres traitezsur cet Art,par
Mr Chambon, cy- devantMede
GALANT. }}
cin de Jean Sobieski , Roy de
Pologne.
**Cet ouvrage ſeroit nouveau
ſi la verité n'eſtoit pas de
tous les temps. Il eſt néan
moins nouveau en la maniere
de la propoſer. Tout lemonde
ſçait que chaque choſe àfa
naiſſance , c'est- à-dire eft faite
de l'union des ſes principes,
fonaccroiſſement , lamaturité,
ſon décroiſſement ,& en
fin ſa diſolution. C'eſt un or
drede la naturetoûjoursconftante
dans ſon inconſtance.
Il n'y a point de Phyficien qui
ne ſoit convaincude cette verité.
Cependant on nes'eftoit
158 MERCURE
3
&
point encore avisé dans les
Ecoles de parler ainfi ; parce
que des principes ſi faciles
fi ſurs ne plaifent pas aux perſonnes
qui aiment à faire mif.
tere de tout , & peut- eftre à
égarer les autres , afin de les
ramener par plufieurs détours,
au chemin d'où ils oftoient
partisang b
Mr Chambon qui joint
une sextrémehidroiture de
coeur àune parfaire connoif
fance de la nature, à évité
l'écücil des Phyſiciens ordinaires
, & nous propoſe dans
cet ouvrage les principes les
plus facilespavec une netteté
GALANT. 139
toute finguliere. La nature ,
dit- il , fait tous ſes ouvrages
en diffolvant & en coagulant;
lorſqu'elle diffout elte sein
erude; & lorſqu'elle coagule
elle cuir &meunit. C'eſt fur
ce grand principe que roule
rouve la Phyſique r& toute la
Medecine, Car enfin lainatu
reou coagule ondiffour ou
fe ropoſe quandfes ouvrages
font à leur matafités Ibreſt
vrayqu'elle nedemeute guard
en reposh qulellé,n'a pas
pluſtoſt conduit ſesouvrages
àleur perfection ,qu'elle travaille
à les détruige. Tout
160 MERCURE
ace
que doit donc faire un fage
Medecin eſt de ſuivre, la
nature dans ſes operations
fin d'empêcher les coagulations
prématurées,&les diſſolutions
trop precipitées.L'une
fert de romede à l'autre, la
coagulation empêche da trop
grande diffolution , lai diễ
folution bempèche da nerop
grande coagulations Opine
peut pas donner d'idée plus
fimple desoperations de la na
ture , & du devoirdes Medeeins
qucocelle-lashion flokar
-De ce principe il s'enfuit
quola ſaignée eſt ſouvent la
choſe
GALANT. 161
choſe la plus dangereuſe de
toutes celles que pratiquent
aujourd'huy les Medecins , &
qui a affez de rapport avec ces
fortes de remedes communs
qu'on diftribuë dans les boutiques
, ainſi que Mr Chambon
ledémontre dans ſon ouvrage.
En effet , ou le ſang
tend à ſe coaguler, ce qui cauferoit
des obſtructions dans
les viſeerés ou à ſe diffoudre ,
ce qui en ruineroit le baume ;
car de dire qu'il peut pêcher
en quantité, c'eſt une prévention
qui n'eſt formée fur
aucun princip craifonnable ,
Juin 1714.
162 MERCURE
s'il ſe coagule il y a des
remedes pour empêcher cet
te coagulation , & pour le re
mettre à fon bon naturel , s'il
tend à la diſſolution de ſes
principes,on peut l'empêcher
par des remedes coagulants.
Tous les corps , die Me
Chambon , ſont compoſez de
fel , de ſouffre & de Mercure.
La partie mercuriale continuët'il
, fait la fluidité ; la ſaline
fait le poids & la fixité , & k
fouffre la fuſibilité, le reſſerrement
,les faveurs & les couleurs.
Suivant ce principe , il
traise amplement des teintures
GALANT. 163
dont il donne les préparations
avec la netteté, & fa profondeur
ordinaire .
Il paffe de là au mal deNaples
que les Napolitains appellent
le mal François , dont il
explique la nature & les differentes
fortes conformement à
fes principes ; & aprés avoir
montré que le Mercure ne le
peut guerir radicalement , il
propoſe des ſpecifiques pour
lestrois eſpeces de cette maladie
ſçavoir la naiſſance, l'inveterée,&
l'hereditaire. Labontéde
cesſpecifiques eſt prouvée
par des raiſonnemens , & par
Oij
164 MERCURE
les experiences qu'il en faites à
cette occaſion; ildonne lespréparations
du Mercure , de
l'antimoine , du plomb , de
l'Elixir animal , de Lilium ,des
pilulles , &c. De- là pour récréer
le Lecteur , il paſſe au
récit de ſon voyage dans les
Monts de Pologne , où il entra
dans les mines de ſel , de
ſouffre, de bitume& autres ,
dont il rapporte les particula
ritez , & plufieurs autres mer
veilles de la même Pologne,
avec beaucoup d'exactitude
&de politeffe. Enfin il finit
par un traité de l'apoplexic
GALANT. 165
dontil explique la nature d'une
maniere mécanique &
conforme à fes principes ; enfuite
il établit les differentes
efpeces d'apoplexie ,& donne
les préparations des remedes
neceffaires dans ces fortes de
maladies.
On peut dire en general
que cet ouvrage eft , pour fa
folidité , fa varieté & fa nouveauté
, un des plus beaux
Chefs-d'oeuvres de la Medeci
ne,&de la Phyſique. Il ſeroit à
fouhaiter que l'Auteur voulût
faire part au Public des autres
découvertes qu'il a faites fur
166 MERCURE
quantité d'autres maladies ,
avec leurs remedes : ce ſeroir
luy faire un preſent d'autant
plus eftimable , que l'homme
n'ariende plus cher,ny de plus
précieux que la ſanté. Sans
elle il ne fait que languir ; les
plaiſirs n'ont pour luy aucun
charme , & il eſt incommode
non ſeulement à tout le monde
, mais encore à luy-même.
Il faut tenir parole. Mais je
ne ſçay comment m'y prendre
pour paffer d'une façon agra
Niij
150 MERCURE
ble & naturelle , d'une matiere
que je connois un peu ,
à une que je ne connois point
du tour. On m'a fait preſent
de deux Memoires Litteraires
fur la Medecine; on m'aſſure
qu'ils annoncent des chofes
qu'ils
dont l'uſage eft excellent pour
prolonger nos jours. C'eſt co
que je ne ſçay pas encore , parce
que je n'ay jamais cû beſoin
de l'apprendre.
Quoy qu'il en ſoit , ils me
paroiſſent affez bien écrits , &
la force de leurs raiſonnemens
qui me fait en quelque facon
juger du merite de leurs AuGALANT
S
teurs ,
noMemoite Litteraire
R
of La Medecine a pris naiſſancodesobfervations
,dont lehazard
fut peüt- eſtre la premiere
&la plus feconde ſource,
aprés tuy vint l'experience, qui
les multiplia durant pluſieurs
Siecles , & forma le premier
plan d'un art qui devoit reme
dier aux maladies dont la fant
té des hommes eſt ſi ſouvent
combatuë. Cette Medecine
empirique n'eſtoit d'abord oc-
Niiij
152 MERCURE
cupée qu'à reconnoître les vertus
des Simples & de leurs differ
ens mélanges : Mais la diverfiré
deleurs effets , ſelon les
differences des accidens , ou
celles du temperament , de
l'âge, du temps , du licu , des
alimens , des paffions de l'ame
, &c. fit bien- toſt connoiſtre
que puiſque la nature,
plus changeanteque Prothée,
ne ſetrouve preſque jamais la
même , il falloit entrer dans
le détail de ſes inconſtances
pour y trouver la regle de la
juſte application des remedes.
Cette folide reflexion donna
GALANT
lieu de romarquer tous les
ſignes, qui établiſſent les pré
ſages des maladies qui diſtinguent
les unes des autres, qui
marquent leurs eſpeces dans
chaque genre , & font juger
de leurs caufes & de leurs ef
fets. Une auffi utile recherche
produifit les regles& les prin.
cipes du grand Art de guerir;
cette étude enfantales divinso
racles queHippocrateaprés les
célebresMedecin de l'Ecole de
Cnyde& les Prêtres du Tem
ple d'Eſculape, raſſembla dans
ſes ouvrages qui l'ont immortalifé
, ces fondemens de la
154 MERCURE
Medecine , avoüez, de toutes
les Ecoles du monde , auffi
anciens& auffi nouveaux que
la verité,ſont les ſeuls qui ont
mis le prix à la doctrine des
Medecins de tous les temps:
au lieu que les,vains rafine,
mens des Siſtemes , enfans
d'une ignorance preſomptucuſe
, quelques legitimes qu'ils
ayont paru , n'ont jamais porté
bien loin la Renomée deleurs
Auteurs , ni fixé pour longtemps
llastention des habiles
Praticiens. En effet quoy que
des conjectures vray- fomblables
leurs en impofent quel
2GALANT. 155
quefois , ils n'ont pas de peine
à ſe détromper, ſi- toſt qu'ils
rappellent de leurs préjugez à
la reglede l'obſervation. Ces
démarches de la nature dans
les maladies , ces points fixez
que le Medecin nedoit jamais
perdre de veuë , rempliffent
toutes les pages du ſçavant
livresde Lommius , dont Mon.
fieur le Breton , Docteur en
Medecinede la Falculté de Paris
a mis au jour l'excellente
traduction , qu'il en a faire ,
ſous le titre de Tableau des
maladies , où l'on découvre leurs
fignes & leurs évenemens, tra
156 MERCURE
duit du latın de Lommius , 4-
vec de nouvelles remarques ; ouvrage
qui renferme les obferuations
les plus importantes pour
acquerir une parfaite connoissance
detoutes les maladies , en prévoir
les ſuites , en pénétrer les cauſes ,
s' aßurer de leurs remed. s. A
Paris , chez Claude Jombert
Libraire.Quay des Augustins à
la defcente du Pont Neuf.
On vend chez le même Libraire
un Livre nouveau , inti
tulé, Principes de Phifique ,rapportez
à la Medecine Pratique,
& autres traitezsur cet Art,par
Mr Chambon, cy- devantMede
GALANT. }}
cin de Jean Sobieski , Roy de
Pologne.
**Cet ouvrage ſeroit nouveau
ſi la verité n'eſtoit pas de
tous les temps. Il eſt néan
moins nouveau en la maniere
de la propoſer. Tout lemonde
ſçait que chaque choſe àfa
naiſſance , c'est- à-dire eft faite
de l'union des ſes principes,
fonaccroiſſement , lamaturité,
ſon décroiſſement ,& en
fin ſa diſolution. C'eſt un or
drede la naturetoûjoursconftante
dans ſon inconſtance.
Il n'y a point de Phyficien qui
ne ſoit convaincude cette verité.
Cependant on nes'eftoit
158 MERCURE
3
&
point encore avisé dans les
Ecoles de parler ainfi ; parce
que des principes ſi faciles
fi ſurs ne plaifent pas aux perſonnes
qui aiment à faire mif.
tere de tout , & peut- eftre à
égarer les autres , afin de les
ramener par plufieurs détours,
au chemin d'où ils oftoient
partisang b
Mr Chambon qui joint
une sextrémehidroiture de
coeur àune parfaire connoif
fance de la nature, à évité
l'écücil des Phyſiciens ordinaires
, & nous propoſe dans
cet ouvrage les principes les
plus facilespavec une netteté
GALANT. 139
toute finguliere. La nature ,
dit- il , fait tous ſes ouvrages
en diffolvant & en coagulant;
lorſqu'elle diffout elte sein
erude; & lorſqu'elle coagule
elle cuir &meunit. C'eſt fur
ce grand principe que roule
rouve la Phyſique r& toute la
Medecine, Car enfin lainatu
reou coagule ondiffour ou
fe ropoſe quandfes ouvrages
font à leur matafités Ibreſt
vrayqu'elle nedemeute guard
en reposh qulellé,n'a pas
pluſtoſt conduit ſesouvrages
àleur perfection ,qu'elle travaille
à les détruige. Tout
160 MERCURE
ace
que doit donc faire un fage
Medecin eſt de ſuivre, la
nature dans ſes operations
fin d'empêcher les coagulations
prématurées,&les diſſolutions
trop precipitées.L'une
fert de romede à l'autre, la
coagulation empêche da trop
grande diffolution , lai diễ
folution bempèche da nerop
grande coagulations Opine
peut pas donner d'idée plus
fimple desoperations de la na
ture , & du devoirdes Medeeins
qucocelle-lashion flokar
-De ce principe il s'enfuit
quola ſaignée eſt ſouvent la
choſe
GALANT. 161
choſe la plus dangereuſe de
toutes celles que pratiquent
aujourd'huy les Medecins , &
qui a affez de rapport avec ces
fortes de remedes communs
qu'on diftribuë dans les boutiques
, ainſi que Mr Chambon
ledémontre dans ſon ouvrage.
En effet , ou le ſang
tend à ſe coaguler, ce qui cauferoit
des obſtructions dans
les viſeerés ou à ſe diffoudre ,
ce qui en ruineroit le baume ;
car de dire qu'il peut pêcher
en quantité, c'eſt une prévention
qui n'eſt formée fur
aucun princip craifonnable ,
Juin 1714.
162 MERCURE
s'il ſe coagule il y a des
remedes pour empêcher cet
te coagulation , & pour le re
mettre à fon bon naturel , s'il
tend à la diſſolution de ſes
principes,on peut l'empêcher
par des remedes coagulants.
Tous les corps , die Me
Chambon , ſont compoſez de
fel , de ſouffre & de Mercure.
La partie mercuriale continuët'il
, fait la fluidité ; la ſaline
fait le poids & la fixité , & k
fouffre la fuſibilité, le reſſerrement
,les faveurs & les couleurs.
Suivant ce principe , il
traise amplement des teintures
GALANT. 163
dont il donne les préparations
avec la netteté, & fa profondeur
ordinaire .
Il paffe de là au mal deNaples
que les Napolitains appellent
le mal François , dont il
explique la nature & les differentes
fortes conformement à
fes principes ; & aprés avoir
montré que le Mercure ne le
peut guerir radicalement , il
propoſe des ſpecifiques pour
lestrois eſpeces de cette maladie
ſçavoir la naiſſance, l'inveterée,&
l'hereditaire. Labontéde
cesſpecifiques eſt prouvée
par des raiſonnemens , & par
Oij
164 MERCURE
les experiences qu'il en faites à
cette occaſion; ildonne lespréparations
du Mercure , de
l'antimoine , du plomb , de
l'Elixir animal , de Lilium ,des
pilulles , &c. De- là pour récréer
le Lecteur , il paſſe au
récit de ſon voyage dans les
Monts de Pologne , où il entra
dans les mines de ſel , de
ſouffre, de bitume& autres ,
dont il rapporte les particula
ritez , & plufieurs autres mer
veilles de la même Pologne,
avec beaucoup d'exactitude
&de politeffe. Enfin il finit
par un traité de l'apoplexic
GALANT. 165
dontil explique la nature d'une
maniere mécanique &
conforme à fes principes ; enfuite
il établit les differentes
efpeces d'apoplexie ,& donne
les préparations des remedes
neceffaires dans ces fortes de
maladies.
On peut dire en general
que cet ouvrage eft , pour fa
folidité , fa varieté & fa nouveauté
, un des plus beaux
Chefs-d'oeuvres de la Medeci
ne,&de la Phyſique. Il ſeroit à
fouhaiter que l'Auteur voulût
faire part au Public des autres
découvertes qu'il a faites fur
166 MERCURE
quantité d'autres maladies ,
avec leurs remedes : ce ſeroir
luy faire un preſent d'autant
plus eftimable , que l'homme
n'ariende plus cher,ny de plus
précieux que la ſanté. Sans
elle il ne fait que languir ; les
plaiſirs n'ont pour luy aucun
charme , & il eſt incommode
non ſeulement à tout le monde
, mais encore à luy-même.
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Résumé : Memoire Littéraire.
Le texte aborde la médecine et deux mémoires littéraires sur ce sujet. L'auteur exprime son intérêt pour une matière qu'il ne connaît pas encore, tout en reconnaissant la qualité des mémoires qu'il a lus. La médecine, née des observations et de l'expérience accumulées sur plusieurs siècles, était initialement empirique. Elle a évolué pour reconnaître les vertus des simples et leurs mélanges. La variabilité des effets des remèdes en fonction de divers facteurs a conduit à une réflexion approfondie sur les inconstances de la nature, aboutissant à l'établissement des signes présageant les maladies et à la formulation des règles et principes de l'art de guérir. Hippocrate, après les médecins de l'École de Cnide et les prêtres du Temple d'Esculape, a rassemblé ces fondements dans ses ouvrages, considérés comme les plus anciens et les plus novateurs. Les systèmes vains et présomptueux n'ont pas porté loin la renommée de leurs auteurs. Les démarches de la nature dans les maladies et les points fixes que le médecin ne doit jamais perdre de vue sont détaillés dans les livres de Lommius, traduits par Monsieur le Breton. Le texte mentionne également un ouvrage de Monsieur Chambon, ancien médecin de Jean Sobieski, roi de Pologne. Cet ouvrage présente les principes de la physique appliqués à la médecine pratique. Chambon explique que la nature agit par dissolution et coagulation, et que le rôle du médecin est de suivre ces opérations pour empêcher les coagulations prématurées et les dissolutions trop précipitées. Il critique la saignée, jugée souvent dangereuse, et propose des remèdes alternatifs. Chambon traite également du mal de Naples, de l'apoplexie et partage ses observations sur les mines de Pologne. L'ouvrage est loué pour sa solidité, sa variété et sa nouveauté, et l'auteur espère que Chambon partagera d'autres découvertes sur les maladies et leurs remèdes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 345-349
PRESERVATIF Specifique, Contre toutes les Maladies malignes & pestilentielles, tant pour les hommes que pour les animaux, de la composition de M. le premier Medecin, executé par les Apoticaires du Roy, par ordre de M. le Controlleur General des Finances.
Début :
Ce remede est souverain dans toutes les maladies soupçonnées [...]
Mots clefs :
Maladies, Remède, Grosseur, Vin, Animaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRESERVATIF Specifique, Contre toutes les Maladies malignes & pestilentielles, tant pour les hommes que pour les animaux, de la composition de M. le premier Medecin, executé par les Apoticaires du Roy, par ordre de M. le Controlleur General des Finances.
p.R..E' SE R V A TIE
Specifique,
Contre toutes les Maladies malignes
cm pestilentielles, tant
pour les hommes que pour les
animaux, de la composition de
M. le premier Medecin, txe."
cuté par les Apoticaires dit*
Roy, par ordre de M. le-
Controlleur Gentral des FU
nances.
Ce remede est souverain
dans toutes les Maladies soupçonnéesdemalignité,
même
dans les dévoyemens,dissenteries,
vomissemens,douleurs,
& foiblesses d'estomach.r;c ,§
Il est aussi excellent dans
toutes les fièvres intermittences
, pris à l'entrée du frisson.
Ce remede se prend seul à
la pointe d'un couteau, ou enveloppé
dans du pain à chanter,
beuvant un peu de vin
par dessus ou du bouillon ;ou
délayé dans le vin, ou dans
les eaux Cordiales, ou dans
d'autres liqueurs comme pti- sanne, *
- La dose ordinaire pour les
petits enfans,est de la grosseur
d un pois; aux moyens âges,
de la grosseur d'une,noisette,
& aux grandes perfonncs de
la grosseur d'une petite noix.
On peut augmenter la dose
dans les occasionspressantes,&
en prendre même deux
fois par jour.
Cet antidote est aussi excellent
contre les morsures de
Bestes venimeuses.
On le donne avec succés
,
dans les Maladies des animaux,
delayé dans le vin ou dans
l'Eau-de-vie,~
"', La dose pour un cheval y
est d'une once & demie,&
autant pour les boeufs &vaches;
plHH les chevres, demie
once, & pour les moutons,
aai" gros;
Q uand l'animal est presséde
son mal, on peut luy en donner
deux fois par jour, & une
fois seulement par précaution,
& continuerfîx ou sept jours.
It ne faut pas attendre que
l'on soit malade, il faut en faire
prendre dés que l'on s'apperçoit
que les animaux sont
dègoûtez, & deviennent tristes,
ou qu'ils ontestéenmauvaisair.
ILfaut tr,..utant qu'on
dc pourra,que cet entidote
soit toujours dans un lieu qui
nesoitni trop chaud ni trop
humide,&moyennantcette
précautionilconserveratoutes
Ces vertus specifiques pendant
plusieursannées.
On fçaurachez M.leControlleurGeneral
desFinances,
& chez Mrs les Intendans de
Paris & des Provinces, où jee
remede se distribuëra. :.Les
Pauvresnel'acheterontpoint,
&les Riches lepayeront
Specifique,
Contre toutes les Maladies malignes
cm pestilentielles, tant
pour les hommes que pour les
animaux, de la composition de
M. le premier Medecin, txe."
cuté par les Apoticaires dit*
Roy, par ordre de M. le-
Controlleur Gentral des FU
nances.
Ce remede est souverain
dans toutes les Maladies soupçonnéesdemalignité,
même
dans les dévoyemens,dissenteries,
vomissemens,douleurs,
& foiblesses d'estomach.r;c ,§
Il est aussi excellent dans
toutes les fièvres intermittences
, pris à l'entrée du frisson.
Ce remede se prend seul à
la pointe d'un couteau, ou enveloppé
dans du pain à chanter,
beuvant un peu de vin
par dessus ou du bouillon ;ou
délayé dans le vin, ou dans
les eaux Cordiales, ou dans
d'autres liqueurs comme pti- sanne, *
- La dose ordinaire pour les
petits enfans,est de la grosseur
d un pois; aux moyens âges,
de la grosseur d'une,noisette,
& aux grandes perfonncs de
la grosseur d'une petite noix.
On peut augmenter la dose
dans les occasionspressantes,&
en prendre même deux
fois par jour.
Cet antidote est aussi excellent
contre les morsures de
Bestes venimeuses.
On le donne avec succés
,
dans les Maladies des animaux,
delayé dans le vin ou dans
l'Eau-de-vie,~
"', La dose pour un cheval y
est d'une once & demie,&
autant pour les boeufs &vaches;
plHH les chevres, demie
once, & pour les moutons,
aai" gros;
Q uand l'animal est presséde
son mal, on peut luy en donner
deux fois par jour, & une
fois seulement par précaution,
& continuerfîx ou sept jours.
It ne faut pas attendre que
l'on soit malade, il faut en faire
prendre dés que l'on s'apperçoit
que les animaux sont
dègoûtez, & deviennent tristes,
ou qu'ils ontestéenmauvaisair.
ILfaut tr,..utant qu'on
dc pourra,que cet entidote
soit toujours dans un lieu qui
nesoitni trop chaud ni trop
humide,&moyennantcette
précautionilconserveratoutes
Ces vertus specifiques pendant
plusieursannées.
On fçaurachez M.leControlleurGeneral
desFinances,
& chez Mrs les Intendans de
Paris & des Provinces, où jee
remede se distribuëra. :.Les
Pauvresnel'acheterontpoint,
&les Riches lepayeront
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Résumé : PRESERVATIF Specifique, Contre toutes les Maladies malignes & pestilentielles, tant pour les hommes que pour les animaux, de la composition de M. le premier Medecin, executé par les Apoticaires du Roy, par ordre de M. le Controlleur General des Finances.
Le document décrit un remède contre diverses maladies malignes et pestilentielles, applicable aux hommes et aux animaux. Ce remède, approuvé par les apothicaires du roi, traite les maladies suspectées de malignité, les dévoyements, les dissenteries, les vomissements, les douleurs et les faiblesses d'estomac, ainsi que les fièvres intermittentes. Il se prend à la pointe d'un couteau, enveloppé dans du pain, ou dilué dans du vin, du bouillon ou d'autres liqueurs. La dose varie selon l'âge : un pois pour les petits enfants, une noisette pour les âges moyens, et une petite noix pour les grandes personnes. En cas d'urgence, la dose peut être augmentée et prise deux fois par jour. Le remède est également efficace contre les morsures de bêtes venimeuses et peut être administré aux animaux. La dose pour un cheval, un boeuf ou une vache est d'une once et demie, pour une chèvre demi-once, et pour un mouton un gros. En cas de maladie pressante, l'animal peut en recevoir deux fois par jour, et une fois par précaution pendant six ou sept jours. Il est recommandé de l'administrer dès les premiers signes de maladie chez les animaux. Le remède doit être conservé dans un lieu ni trop chaud ni trop humide pour maintenir ses vertus. Il est disponible chez le Contrôleur Général des Finances et les Intendants de Paris et des Provinces, gratuitement pour les pauvres et payant pour les riches.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 554-557
EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
Début :
Mr. Sicard, Medecin à Marseille, a découvert depuis quelques années un remede contre [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
EXTRAIT d'une Lettre de Marseille;
fur la Goute.
M
R. Sicard , Medecin à Marſeille , a décou
vert depuis quelques années un remede contre
la Goute ; il en a fait ici diverſes experiences
fur differens malades qui en ont été promtement
foulagés & infenfiblement gueris ; les uns plutôt,
les autres un peu plus tard. Ceux qui font gouteux
depuis long-tems , font quelquefois obligés
d'ufer deux ou trois fois de ce remede ; mais une
Goute recente eft pour l'ordinaire arrêtée &
guerie à la premiere application du topique. C'eſt
une eau de couleur de paille , qui fe conferve
long- tems , pourvû qu'on ait foin de tenir la
bouteille bien bouchée ; on en baffine la partie
fouffrante , & c'eft fur-tout dans le moment des
plus vives douleurs qu'il en faut faire l'application .
Cette eau ne détruit pas les nodofités , mais elle
fortifie la partie malade , & la defobftruë ; elle diwife
, elle fubtilife , & diffout la matiere gouteufe,
fans crainte de la repercuter dans la maffè du fang,
ni de procurer au malade cette Goute anomale ou
irreguliere , appellée en France Goute remontée ;
bien plus , par l'experience de plufieurs Gouteux
qui ont été gueris ici , on s'eft apperçû que l'application
de cette eau , fait ceffer les fymptomes.
qui fuivent ordinairement la Goute , comme la.
difficulté de refpirer , les douleurs de tête , la rougeur
du vifage , la fievre même , quelque violente
qu'elle foit , & cela fans faignée , fans purgatif,
& fans autre remede , moyennant pourtant
un régime de vie frugale.
Cette découverte a donné lieu à l'illuftre M.
Didier , Profeffeur Royal de Chymie , en la Faculté
de Medecine à Montpellier , de faire foûteniz
M. AR S. 1730 .
SS.S
air une Theſe pleine d'efprit & d'érudition , ou
après avoir parlé des mauvais effets de la faignée,
des purgatifs , des dieuretiques & des fudorifiques,
il fe retranche à conclure qu'il n'y a que le feul
topique qui peut être utile dans cette cruelle maladie
, & qu'il faut chercher un topique Hitomtrique
; c'eft ce que M. Sicard a cherché pendant.
long-tems avec grand foin , & ce qu'il fe flatte
enfin d'avoir heureuſement trouvé. Il n'y a qu'une
feule forte de malade qui ait reſiſté à l'efficacité
de fon remede , ce font ces Gouteux qui ont
les jambes enflées & hidropiques; l'hidropifie arrê
te l'effet du remede , & l'empêche de penetrer jufques
dans le centre du mal.
une écuelle
2. pour
Pour fe fervir de ce topique , il faut prendre
un linge ufé , le plier en double , & l'étendre fur
la partie fouffrante ; on l'attache avec un fil , one
verfe enfuite un peu d'eau Antipodragique dans
la faire tiedir, on y trempe une
petite éponge pour baigner le linge étendu fur la
partie malade , & dès que le linge eft prefque fec,
on le rebaigne comme auparavant , en continuant
ainfi jufqu'à la ceffation de la douleur. Cette fomentation
doit être continuée pendant tout le jour
& une partie de la nuit , excepté les heures du repos
jufqu'à une parfaite guerifon..
Si ce remede réuffit , ce fera une vraye trouvaille
pour le Public ; car l'eau en queftion n'eft
pas fort chere , & même M. Sicard qui eft trèsbon
Chymifte , s'en remettra à la difcretion des
malades.
fur la Goute.
M
R. Sicard , Medecin à Marſeille , a décou
vert depuis quelques années un remede contre
la Goute ; il en a fait ici diverſes experiences
fur differens malades qui en ont été promtement
foulagés & infenfiblement gueris ; les uns plutôt,
les autres un peu plus tard. Ceux qui font gouteux
depuis long-tems , font quelquefois obligés
d'ufer deux ou trois fois de ce remede ; mais une
Goute recente eft pour l'ordinaire arrêtée &
guerie à la premiere application du topique. C'eſt
une eau de couleur de paille , qui fe conferve
long- tems , pourvû qu'on ait foin de tenir la
bouteille bien bouchée ; on en baffine la partie
fouffrante , & c'eft fur-tout dans le moment des
plus vives douleurs qu'il en faut faire l'application .
Cette eau ne détruit pas les nodofités , mais elle
fortifie la partie malade , & la defobftruë ; elle diwife
, elle fubtilife , & diffout la matiere gouteufe,
fans crainte de la repercuter dans la maffè du fang,
ni de procurer au malade cette Goute anomale ou
irreguliere , appellée en France Goute remontée ;
bien plus , par l'experience de plufieurs Gouteux
qui ont été gueris ici , on s'eft apperçû que l'application
de cette eau , fait ceffer les fymptomes.
qui fuivent ordinairement la Goute , comme la.
difficulté de refpirer , les douleurs de tête , la rougeur
du vifage , la fievre même , quelque violente
qu'elle foit , & cela fans faignée , fans purgatif,
& fans autre remede , moyennant pourtant
un régime de vie frugale.
Cette découverte a donné lieu à l'illuftre M.
Didier , Profeffeur Royal de Chymie , en la Faculté
de Medecine à Montpellier , de faire foûteniz
M. AR S. 1730 .
SS.S
air une Theſe pleine d'efprit & d'érudition , ou
après avoir parlé des mauvais effets de la faignée,
des purgatifs , des dieuretiques & des fudorifiques,
il fe retranche à conclure qu'il n'y a que le feul
topique qui peut être utile dans cette cruelle maladie
, & qu'il faut chercher un topique Hitomtrique
; c'eft ce que M. Sicard a cherché pendant.
long-tems avec grand foin , & ce qu'il fe flatte
enfin d'avoir heureuſement trouvé. Il n'y a qu'une
feule forte de malade qui ait reſiſté à l'efficacité
de fon remede , ce font ces Gouteux qui ont
les jambes enflées & hidropiques; l'hidropifie arrê
te l'effet du remede , & l'empêche de penetrer jufques
dans le centre du mal.
une écuelle
2. pour
Pour fe fervir de ce topique , il faut prendre
un linge ufé , le plier en double , & l'étendre fur
la partie fouffrante ; on l'attache avec un fil , one
verfe enfuite un peu d'eau Antipodragique dans
la faire tiedir, on y trempe une
petite éponge pour baigner le linge étendu fur la
partie malade , & dès que le linge eft prefque fec,
on le rebaigne comme auparavant , en continuant
ainfi jufqu'à la ceffation de la douleur. Cette fomentation
doit être continuée pendant tout le jour
& une partie de la nuit , excepté les heures du repos
jufqu'à une parfaite guerifon..
Si ce remede réuffit , ce fera une vraye trouvaille
pour le Public ; car l'eau en queftion n'eft
pas fort chere , & même M. Sicard qui eft trèsbon
Chymifte , s'en remettra à la difcretion des
malades.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Marseille, sur la Goute.
Le médecin marseillais R. Sicard a découvert un remède contre la goutte, une eau de couleur paille, efficace pour soulager et guérir rapidement les douleurs, notamment lors des crises aiguës. Ce remède fortifie la partie malade, dissout et élimine la matière goutteuse sans la répandre dans le sang. Il supprime également les symptômes associés comme la difficulté à respirer, les maux de tête, la rougeur du visage et la fièvre, sans nécessiter de jeûne ou de purgatif, à condition de suivre un régime frugal. L'illustre M. Didier, professeur de chimie à Montpellier, avait conclu en 1730 que seul un topique humoristique était utile contre la goutte. Sicard a trouvé ce topique après des recherches approfondies, bien que son efficacité soit limitée chez les goutteux avec des jambes enflées et hydropiques. L'application du remède consiste à imbiber un linge plié et appliqué sur la partie douloureuse avec une éponge trempée dans l'eau tiédie, en continu jusqu'à la cessation de la douleur. Ce remède, modéré en coût et disponible grâce à Sicard, pourrait être une véritable trouvaille pour le public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 555-557
Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
Début :
On connoit assez l'utilité d'un remede specifique pour quantité de maladies internes, connu [...]
Mots clefs :
Élixir d'or, Remède
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texteReconnaissance textuelle : Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
On connoit affez l'utilité d'un remede fpecifi
que pour quantité de maladies internes , connu
fous le nom de Goutes du General La Mothe.
Sur le rapport avantageux qui en a été fait auRoi
par les Medecins & Chirurgiens , S. M. a accen
τα
56 MERCURE DE FRANCE .
té le fecret pour compofer cet Elixir , a gratifié
M. le General de la Mothe d'une penfion de
'4000. livres , & lui a permis par Brevet du premier
Janvier 1730. de continuer à compofer fon
remede , avec faculté de le vendre & débiter feul,.
à l'exclufion de tout autre , fur le pied de 2.5 . livres
la Phiole d'Elixir jaune , contenant 2. gros
& demi de poids de liqueur , & 20. livres la phiole
d'Elixir blanc de même poids. M. de la Mothe
demeure Rue S. Thomas du Louvre , à l'Hôtel
d'Ufez . Ses bouteilles font cachetées de fes-
Armes.
L'Elixir d'or ranime les forces perdues par la
maladie ou par l'âge , procure une bonne digeftion
, excite la tranfpiration , rétablit les fueurs-
& les éruptions critiques lorfqu'elles fe fuppriment
, entretient la liberté du ventre , dégage les
embarras du foye & des autres vifceres , & rend
les urines belles & abondantes ;: ce Remede eft
cordial , ftomachique , fudorifique , aperitif, &
diuretique: il convient dans les maladies qui font
caufées par l'épaiffiffement du fang & des humeurs.
Pour PApoplexie , la Paralife , la Pleurefie
, la petite Verole , les Coliques , les Obftructions
, la retenue des mois , les vents , les indigeftions
, l'Afthme , les Vapeurs , &c.
La dofe eft depuis cinq goutes jufqu'à vingtcinq
, dans un petit demi verre de vin d'Eſpagne ,
de Canarie , de Rancio , d'Alicant , de Tokai , de
Bourgogne , ou autre bon vin bien mûr ,
dans l'Eau de fleurs d'Orange , de Canelle orgée,
de fleurs de Tillot , ou dans du Thé , &c.
ou
L'Elixir blanc a les mêmes vertus que l'Elixir
d'ar : il eft plus fpecifique dans les maux qui
tiennent à une caufe venerienne ou fcorbutique ,
dans les obftructions inveterées caufées par l'égaiffiffement
de la lymphe, dans la Goute & dans
le
MARS. 17307 5.ST
fe Rhumatifme. La dofe eft de dix gouttes juf
qu'à trente , prifes dans les mêmes Liqueurs dont
on fe fert dans l'Elixir d'or.
que pour quantité de maladies internes , connu
fous le nom de Goutes du General La Mothe.
Sur le rapport avantageux qui en a été fait auRoi
par les Medecins & Chirurgiens , S. M. a accen
τα
56 MERCURE DE FRANCE .
té le fecret pour compofer cet Elixir , a gratifié
M. le General de la Mothe d'une penfion de
'4000. livres , & lui a permis par Brevet du premier
Janvier 1730. de continuer à compofer fon
remede , avec faculté de le vendre & débiter feul,.
à l'exclufion de tout autre , fur le pied de 2.5 . livres
la Phiole d'Elixir jaune , contenant 2. gros
& demi de poids de liqueur , & 20. livres la phiole
d'Elixir blanc de même poids. M. de la Mothe
demeure Rue S. Thomas du Louvre , à l'Hôtel
d'Ufez . Ses bouteilles font cachetées de fes-
Armes.
L'Elixir d'or ranime les forces perdues par la
maladie ou par l'âge , procure une bonne digeftion
, excite la tranfpiration , rétablit les fueurs-
& les éruptions critiques lorfqu'elles fe fuppriment
, entretient la liberté du ventre , dégage les
embarras du foye & des autres vifceres , & rend
les urines belles & abondantes ;: ce Remede eft
cordial , ftomachique , fudorifique , aperitif, &
diuretique: il convient dans les maladies qui font
caufées par l'épaiffiffement du fang & des humeurs.
Pour PApoplexie , la Paralife , la Pleurefie
, la petite Verole , les Coliques , les Obftructions
, la retenue des mois , les vents , les indigeftions
, l'Afthme , les Vapeurs , &c.
La dofe eft depuis cinq goutes jufqu'à vingtcinq
, dans un petit demi verre de vin d'Eſpagne ,
de Canarie , de Rancio , d'Alicant , de Tokai , de
Bourgogne , ou autre bon vin bien mûr ,
dans l'Eau de fleurs d'Orange , de Canelle orgée,
de fleurs de Tillot , ou dans du Thé , &c.
ou
L'Elixir blanc a les mêmes vertus que l'Elixir
d'ar : il eft plus fpecifique dans les maux qui
tiennent à une caufe venerienne ou fcorbutique ,
dans les obftructions inveterées caufées par l'égaiffiffement
de la lymphe, dans la Goute & dans
le
MARS. 17307 5.ST
fe Rhumatifme. La dofe eft de dix gouttes juf
qu'à trente , prifes dans les mêmes Liqueurs dont
on fe fert dans l'Elixir d'or.
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Résumé : Goutes specifiques du General la Mothe, [titre d'après la table]
Le texte présente les 'Goutes du Général La Mothe', un remède reconnu pour traiter diverses maladies internes. Suite à un rapport favorable, le roi a accordé au Général La Mothe le secret de fabrication et une pension annuelle de 4000 livres. Par un brevet du 1er janvier 1730, le Général La Mothe a obtenu l'exclusivité de la fabrication, de la vente et de la distribution de ce remède. Les prix sont fixés à 2,5 livres pour une fiole d'élixir jaune et 20 livres pour une fiole d'élixir blanc. Le Général La Mothe réside Rue Saint Thomas du Louvre, à l'Hôtel d'Ufz, et ses bouteilles sont cachetées de ses armes. L'élixir d'or améliore la digestion, stimule la transpiration, rétablit les sécrétions et élimine les embarras du foie. Il traite des maladies comme l'apoplexie, la paralysie, la pleurésie, les coliques, l'asthme et les vapeurs. La dose recommandée varie de cinq à vingt-cinq gouttes. L'élixir blanc, avec des vertus similaires, est plus spécifique pour les maux vénériens, le scorbut, la goutte et le rhumatisme. La dose recommandée varie de dix à trente gouttes.
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13
p. 979
« Le sieur Lescure, Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, seconde Douairiere, [...] »
Début :
Le sieur Lescure, Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, seconde Douairiere, [...]
Mots clefs :
Remède, Chirurgien
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Lescure, Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, seconde Douairiere, [...] »
Le fieur Lefcure , Chirurgien des Gardes du
Corps de la Reine d'Efpagne, feconde Douairiere,
poffede un Remede en forme de Sel 'Specifique
pour la guérifon de l'Epilepfie ou Mal Caduc ,
vapeurs fimples ou convulfives , vertiges & étourdiffemens,
Palpitation , Paralifie , Tremblement &
foibleffe de Nerfs ; il est très -fouverain en general
dans toutes les Maladies qui attaquent le genre
nerveux ; il en a fait un grand nombre d'experiences
fous les yeux de plufieurs celebres Medecins
de la Faculté de Paris , qui lui ont mérité
leurs Approbations & le Privilege de Sa Majefté.
Son Remede eft très - aifé à prendre , il conferve
toûjours fa vertu , & peut fe tranfporter par tout
fans fouffrir la moindre alteration ; il donne un
Imprimé pour la maniere de s'en fervir & tout
ce qu'il faut obferver .
Le fieur Lefcure demeure rue du Jour , à
Image S. Louis , proche le grand Portailfaint
Euftache , à Paris.
Corps de la Reine d'Efpagne, feconde Douairiere,
poffede un Remede en forme de Sel 'Specifique
pour la guérifon de l'Epilepfie ou Mal Caduc ,
vapeurs fimples ou convulfives , vertiges & étourdiffemens,
Palpitation , Paralifie , Tremblement &
foibleffe de Nerfs ; il est très -fouverain en general
dans toutes les Maladies qui attaquent le genre
nerveux ; il en a fait un grand nombre d'experiences
fous les yeux de plufieurs celebres Medecins
de la Faculté de Paris , qui lui ont mérité
leurs Approbations & le Privilege de Sa Majefté.
Son Remede eft très - aifé à prendre , il conferve
toûjours fa vertu , & peut fe tranfporter par tout
fans fouffrir la moindre alteration ; il donne un
Imprimé pour la maniere de s'en fervir & tout
ce qu'il faut obferver .
Le fieur Lefcure demeure rue du Jour , à
Image S. Louis , proche le grand Portailfaint
Euftache , à Paris.
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Résumé : « Le sieur Lescure, Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, seconde Douairiere, [...] »
Le chirurgien Lefcure, des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, a développé un sel pour traiter l'épilepsie, les vertiges, les palpitations, la paralysie et d'autres affections nerveuses. Approuvé par des médecins de la Faculté de Paris et bénéficiant d'un privilège royal, ce remède est facile à administrer et conserve ses propriétés. Lefcure réside rue du Jour, à l'Image Saint-Louis, près du portail Saint-Eustache, à Paris.
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14
p. 2602-2614
REFLEXIONS sur ces paroles d'Hippoctates, Aphorisme XXXIII. Section II. In omni morbo mente valere bonum est ; contrarium vero malum.
Début :
Puisque nous voyons tous les jours que les moindres passions de l'ame [...]
Mots clefs :
Corps, Tension, Passions, Organes, Malade, Maladie, Imagination, Affection, Remède, Médecine, Hippocrate
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texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS sur ces paroles d'Hippoctates, Aphorisme XXXIII. Section II. In omni morbo mente valere bonum est ; contrarium vero malum.
REFLEXIONS fur ces paroles
d'Hippoctates , Aphorifme XXXIII.
Section II. In omni morbo mente valere
bonum eft ; contrarium vero malum.
Puifque Uifque nous voyons tous les jours
les moindres paffions de l'ame
occafionnent dans la fanté la mieux établie
mille dérangemens dangereux pour
la vie; pouvons- nous douter que la crainte
ou l'appréhenfion de mourir ne faſſe
de plus grands defordres dans un Malade?
Mais plutôt qui d'entre les hommes , le
plus intrépide même , lorſque le mal eſt
affez férieux , fe fent à l'abri des troubles
qu'une penſée fi affreuſe jette dans
tout le corps ? L'on ne doit donc point
refufer , pour peu que le bien des Malades
tienne à coeur , une attention particuliere
à ces mouvemens de l'ame qui
I. Vol. agiffent
DECEMBRE . 1730. 2603
3.
agiffent fi puiffamment à nos yeux , &
la faine pratique de Medecine ne fçauroit
les abandonner à eux- mêmes fans rendre
les meilleurs remedes de l'Art , ou inutiles
ou pernicieux dans leur ufage. C'eft fur
un fondement fi folide qu'on eft porté à
croire que la plupart des Maladies ne deviennent
ferieufes , intraitables même, que
parce que la crainte , l'abattement , la
frayeur & le defefpoir , font toujours aux
trouffes des pauvres Malades; & que la fermeté
en enleveroit un plus grand nombre à
la Parque, que les Remedes les plus fpecifi
ques,qui ne meritent pas fouvent un nom
fi impofant : de- là vient qu'on a tout fujet
de penfer que dans les moins dangereufes
maladies comme dans celles qui le font
veritablement , on épargneroit plus de
vies au genre humain , fi on s'attachoit
moins àdonner des remedes, qu'à raffures
l'efprit allarmé des Malades.
Pour le convaincre de ce que nous ve
nons d'avancer , il ne faut que jetter les
yeux fur ces mélancoliques hypocondriaques
, fujets à des prétendues vapeurs qui
ne reconnoiffent pour caufe que le vice
de leur imagination ; c'eft ainfi que nous
trouvons quelquefois dans notre pratique
de ces hommes que les biens & les honneurs
inondent de toutes parts , au milieu
des plaifirs , qu'une fanté parfaite-
Cij ment I. Vol.
2604 MERCURE DE FRANCE
&
ment bonne & vigoureufe laiffe gouter
paifiblement à la fleur de leur âge , tomber
tout à coup dans un abattement &
dans une langueur toujours funefte à la
vie , fe rendre infupportables aux autres ,
le devenir à eux mêmes , fe laiffer aller
à des contentions trop longues , à des afflictions
extrêmes ; en un mot , ſe montrer
le jouet de leur imagination par ces récits
ennuyeux des plus legeres circonftances
de leurs maux dont ils accablent ceux
qu'ils engagent férieufement à les entendre
. Des Malades de cette efpece peuventils
trouver du fecours dans l'adminiftration
des remedes , & ne feroit- ce pas pour
lors réfifter à l'experience qui apprend
conftamment au prix de la vie de ceux
qui la confient aux ignorans , que l'abattement
, la langueur de l'efprit , fe guerit
moins par l'ufage des remedes , que par
la diverfité des idées , les converfations ,
les Affemblées des perfonnes enjoüées ,
& fur tout par la fermeté ou le courage
que les bons Medecins ne manquent
jamais de préferer falutairement à tout
autre fecours ? d'ailleurs comme l'oifiveté
leur donne occafion de fe trop écouter
les exercices moderez du corps ne feroient
ils pas pour ces Malades un bon régime.
de vie ? peut être même que la reflexion
fuivante auroit affez de force pour
I. Vol.
préDECEMBRE
. 1730. 2605
prévenir & détourner la foibleffe de leur
imagination .
Il n'eft pas poffible que cette foule de
fonctions qui s'exercent par tant de differens
inftrumens dans une machine auffi délicate
que le corps
de l'homme
, ſe faffent
dans
la fanté
même
la plus
parfaite
d'une
égale
jufteffe
, puifque
tout
de même
que
dans
une
Montre
ou dans
des machines
femblables
le peu de folidité
de la matiere
dont
on conſtruit
les differentes
pieces
qui
les compofent
, les frottemens
des roues
de
leurs
arbres
qui
touchent
par
plufieurs
points
à des furfaces
jamais
planes
ou unies
;
en un mot,mille
caufes
, tant
internes
qu'externes
, font
de très- grands
obftacles
à la
perfection
de leurs
mouvemens
; de même
dans
le corps
humain
les roues
qu'on
y
découvre
, ou , pour
mieux
dire, les mouvemens
circulaires
, foit
dans
les folides
foit
dans
les liquides
, les leviers
, les puiffances
& leur
point
d'appui
, dans
le tems
que
tout
eft en jeu , fe trouvent
fujets
aux
mêmes
imperfections
que
les rouës
& les refforts
de la montre
en mouvement
;
& ces obftacles
font
d'autant
plus
fenfibles
à l'homme
,que
ceux
qui vivent
dans
une
fcrupuleufe
attention
fur
ce qui fe
pafle
au dedans
du corps
, ne fe croyent
malades
que
pour les trop
écouter
.
Si ceux qui fe montrent moins occupez
I. Vol. Cy dans
2606 MERCURE DE FRANCE
dans la pratique de Medecine à guerir
l'efprit,fouvent plus allarmé que le corps
n'eft malade , faifoient attention qu'on
doit toujours envifager dans un malade
la guérifon de deux maladies , dont la
violence ou la durée de tous les tems
qu'elles parcourent , fe répondent exactement
, & que chacune d'elles exige des
fecours differens , fuivant la fuperiorité
que l'une gagne fur l'autre , ils fe défabuferoient
avec plaifir de ce grand nombre
inutile ou meurtrier de remedes , que
Pandore a laiffé échaper , que l'avarice
fait employer , que l'honneur de la profeffion
défaprouve , & que la feule fermeté
dont les malades ont befoin ordi
nairement , ne permet jamais qu'on lui
préfere , fans reprocher les funeftes fuites
d'une fi injufte préférence à ceux qui ne
connoiffent point l'union ou la dépendance
mutuelle de ces deux fubftances qui
compofent l'homme.
Quoique l'union de l'ame avec le corps
doive plutôt paffer pour un fecret réfervé
à la Toute puiffance Divine , que pour
une connoiffance dûe aux plus profondes
recherches de l'efprit humain ; l'heureuſe
témerité des fçavans dans leurs découvertes
a fçû nous engager trop avant , pour
pouvoir nous difpenfer maintenant de
propofer nos conjectures . Cependant pour
I.Vol
AC
DECEMBRE . 1730. 2607
ne pas priver de leurs droits ceux qui pré
tendent en avoir fur cette queftion , nous
ne prendrons que ce qu'il nous faut pour
fatisfaire à notre projet.
Les Loix uniformes , & les raports réciproques
que l'Auteur de la nature a établis
dans l'union de l'ame & du corps ,
maintiennent ces deux fubftances dans
une dépendance mutuelle ; ce qui fait que
l'ame a des affections à l'occafion de certains
mouvemens du Corps, & que celui - ci
exécute des mouvemens , à l'occafion de
certaines affections de l'ame. La vivacité
de ces affections dépend de la violence des
impreffions, des objets externes fur les or
ganes du corps , & l'énergie de la puiffance
de l'ame fur le corps , de la vivacité
de fes affections; l'ame fera parconfequent
d'autant plus vivement affectée que le
.corps fera fortement émû; & le corps fera
d'autant plus puiffamment émû , que l'a
me fera vivement affectée ; le fentiment
interieur & l'expérience journaliere ne
nous permettent point de refufer notre
confentement à des véritez fi fenfibles &
fi connues.
C'eft à la faveur du genre nerveux que
les impreffions des objets externes fur les
organes du corps, d'où dépendent les fenfations
, fe tranfmettent dans le cerveau
jufqu'à l'origine des nerfs . C'eft auffi par
C vi I. Vol.
2608 MERCURE DE FRANCE
les mêmes voyes que les paffions de l'ame
agiffent fur la machine .
On peut donc regarder le genre nerveux
, comme un affemblage de petits
cordons difperfez par tout le corps ,
dans
un certain dégré de tenfion que la nature
leur a donné , réünis à la baze du crane ,
dans cet endroit du cerveau , qu'on nomme
moëlle allongée , & que nous appellerons
dans la fuite Emporeum. C'eft- là où
toutes les impreffions faites fur les organes
du corps aboutiffent , qu'on peut
placer le fiége des perceptions de l'âme.
Mais découvre-t- on dans cette parque
tie ? fi ce n'eft un tas de fibrilles fufceptibles
de vibration , capables de fe redreffer
& de fe remettre lorſque la cauſe
qui en a fait perdre la direction , ceſſe
d'agir ? Comment peut- il donc fe faire
que l'ame foit affectée dans les fenfations,
à l'occafion des impreffions faites par les
objets externes fur les organes
du corps ,
ou agir elle-même fur la machine dans,
les paffions ? une fubftance fpirituelle n'eftelle
point à l'abri des atteintes de la matiere
? Et celle - cy fouffrira-t- elle quelque
changement de la part de l'autre ? J'avouë
prefentement , que fi les fçavans fe
payoient moins de raifonnemens ingénieux
, que d'aveus finceres de la foibleffe
du génie , je n'aurois point de hon-
I.Vol
DECEMBRE . 1730. 2609
coup
te de la déclarer à des hommes dans cette
occafion , mais comme elles doivent beauà
la témérité des curieux , elles veulent
encore leur être plus redevables ; ) le
corps ne pouvant donc point agir materiellement
fur l'ame, ni l'ame fur le corps ,
il faut que le Créateur dans l'union de ces
deux fubftances , ait voulu , fuivant les
décrets immuables , qu'à l'occafion d'un
tel mouvement , où bien d'une vibration
plus ou moins forte des fibres de l'Emporeum
, l'ame fut plus ou moins vivement
ébranlée ; & qu'à l'occafion de certaines
perceptions de l'ame , il furvint à ces mêmes
fibres des vibrations dont la force
répondit exactement à la vivacité de ces
perceptions , pour lors le cordon de
nerf continu à la fibre vibrée , fera plus
ou moins tiraillé auffi-bien que les divifions
& les rameaux qui en partent, & qui
vont fe perdre dans les parties du corps.
Ainfi fuppofé maintenant que l'ame foit
vivement affectée ( comme il lui arrive
dans differentes paffions , mais fur tout
dans la crainte ou l'apprehenfion de mourir
) la vibration d'une , ou de plufieurs
fibres de l'Emporeum fera violente, le tiraillement
du cordon de nerf ne le fera
pas
moins, &fes filamens diviſez ,diſperſez dans
a machine , donneront bien - tôt des marques
tres- fenfibles de leur défordre , icy
L. Vol par
2610 MERCURE DE FRANCE
par la tenfion exceffive des membranes ,
par le retréciffement du diametre des
vaiffeaux dont les parois font devenuës
moins dociles aux caufes pulcifiques ; là,
par les douleurs infupportables , les convulfions
d'une ou de plufieurs parties , &
par l'état tonique qui fe prend au reffort
des folides ; d'où fuit le trouble, l'inégalité
de la circulation du fang , de la lymphe ,
leur féjour dans les chairs , ou dans les
vifceres qui s'enflamment , les fécretions
fufpendues , les coctions léfées , abolies
même ; enfin le bouleverfement de tout
le corps , qui fera toujours d'autant plus
puiffant fur les caufes de la vie , que le
moindre effet mentionné fuffit pour la
faire perdre.
il
Il ne fera pas difficile à prefent , de rendre
raifon des differens dégrez de dérangement
& de défordre , qui arrivent au
Corps humain ,à l'occafion des paffions de
l'ame , pour peu qu'on donne fes atten
tions à leur vivacité , à la difpofition des
fibres de l'Emporeum, & à l'état du corps
fain ou malade.
Nous avons déja vû que les affections
de l'ame occafionnent des vibrations dans
les fibres de l'Emporeum , fuivant donc le
different dégré de tenfion , de foupleffe
de rigidité , & de reffort , que la nature
feur a donné , elles font plus ou moins
I. Vol. vibraDECEMBRE
. 1730. 2611
vibratiles. Par exemple : Si l'ame eft vivement
affectée , la vibration que cette affection
occafionnera d'abord dans une ou
plufieurs fibres fera violente ; & fi les
fibres vibrées fe trouvent bien tenduës
naturellement , la force d'une telle fecouffe
produira un double effet. Il en eft à
peu près de même des autres qualitez ,
qu'on attribue à ces fibres qui varient
dans des fujets differens , par rapport au
fexe , à l'âge , au temperamment , & à la
maniere de vivre , & quelquefois dans le
même homme,à raifon de bien des circonftances,
mais fur tout de la frequence des
vibrations , d'où elles ont acquis la difpofition
d'obéir au moindre tremouffement.
Si les organes du corps fe trouvent
dans l'état le plus éloigné de la maladie ,
& que l'imagination ne foit que peu dérangée
, il eft clair que le corps n'en fera
pas fort incommodé ; delà vient qu'on'
voit une foule de mélancoliques , fe
porter d'ailleurs le mieux du monde ;
mais fi dans ce cas l'imagination eft conſiderablement
détraquée, le corps s'appro
chera pour lors de l'état malade , à proportion
que le dérangemeut de l'efprit
fera grand ; je crois même , que ce ne
feroit point fans fondement , fil'on avançoit
que l'imagination vivement frappée
de trifteffe , de crainte , &c . a affez de
I. Vol.
pou2612
MERCURE DE FRANCE
pouvoir fur la machine , pour en occafionner
la ruine.
Si dans un corps peu malade , l'imagination
n'eft que peu allarmée ; ces deux
maladies enſemble ne font point à crain
dre , on s'en releve facilement ; mais fi
dans ce même cas , l'ame eft fortement
agitée , le trouble dans la Machine fera
très -dangereux ; on voit bien fouvent des
malades guériffables par la nature du
mal , devenir incurables , fe défefpérer &
périr malheureuſement par la préférence
qu'on a fait des remedes quelquefois fort
violens , à cette fermeté dont le retour de
la fanté ne pouvoit fe paffer fans la perte
de la vie.
Enfin fi l'imagination & le corps font
tres dérangez , dans un pareil cas le malade
fera défefpéré , pour peu qu'on néglige
de lui donner du courage , ouqu'on
fe ferve des remedes qui le tour
mentent trop.
On voit par toute cetteThéorie que dans
le concours de ces cauſes , l'ame doit agir
fur la Machine , avec un pouvoir inſurmontable
, dont les effets feront par conféquent
très -funeftes.
On reconnoît encore d'où vient que
certaines perfonnes font plus fufceptibles
de chagrin , de trifteffe , d'abattement
de crainte & de defefpoir que bien d'au-
1. Vol. tres
DECEMBRE . 1730. 2613
tres , & en reffentent de plus grands maux
dans l'ufage de la vie.
Puifqu'on ne fçauroit à prefent difconvenir
que la trifteffe & la langueur de
l'efprit, ne dérangent confidérablement la
fanté la plus affurée , & que la crainte &
l'apprehenfion de mourir n'occafionne de
nouveaux défordres dans un malade ;
n'a- t-on pas raifon de penfer que les malades
auroient moins de mal s'ils avoient
moins de peur ? In omni morbo mente valere
bonum eft , contrarium verò malum.
C'eft fur ce principe de la veritable
Médecine , où tout ce que l'avarice de
l'homme a de plus haïffable , & de plus
dangereux dans les moyens qu'elle offre
pour affouvir le défir de groffir fes richeffes
, n'a aucune part , que nous avons
prétendu faire voir :
Premierement , que les gens de notre profeffion
moins ambitieux des biens que jaloux
de leur honneur , doivent s'attirer
des malades de la confiance, plutôt par une
jufte réputation que par une effronterie
odieufe , qui ne peut tourner qu'à leur
confuſion & au malheur de ceux qui ne
diftinguant point le vrai mérite , apprennent
par leur mort violente , à des héritiers
à ne pas les fuivre dans leur funefte
choix .
Secondement , que
I. Vol.
dans les maladies férieu2614
MERCURE DE FRANCE
rieuſes , où les malades craignent fort
pour leur vie , la préfence fréquente ,
mais jamais importune , du Medecin de
confiance , eft plus falutaire qu'un grand
appareil de remedes .
3mt, Et qu'ainfi on ne doit pas faire dif
Aculté de bannir , de retrancher de la
Médecine un grand nombre de remedes ,
non feulement comme inutiles , mais encore
comme très - pernicieux , & le malade
fera guéri pour lors à moins de frais &
plus furement.
Enfin , qu'on n'a confulté , dans le def
fein de mettre au jour ce petit Ouvrage ,
que l'honneur de la profeffion , & le verible
bien des malades.
Par G B. Barrés , de Pezenas , Docteur
en Médecine, de la Faculté de Montpellier.
d'Hippoctates , Aphorifme XXXIII.
Section II. In omni morbo mente valere
bonum eft ; contrarium vero malum.
Puifque Uifque nous voyons tous les jours
les moindres paffions de l'ame
occafionnent dans la fanté la mieux établie
mille dérangemens dangereux pour
la vie; pouvons- nous douter que la crainte
ou l'appréhenfion de mourir ne faſſe
de plus grands defordres dans un Malade?
Mais plutôt qui d'entre les hommes , le
plus intrépide même , lorſque le mal eſt
affez férieux , fe fent à l'abri des troubles
qu'une penſée fi affreuſe jette dans
tout le corps ? L'on ne doit donc point
refufer , pour peu que le bien des Malades
tienne à coeur , une attention particuliere
à ces mouvemens de l'ame qui
I. Vol. agiffent
DECEMBRE . 1730. 2603
3.
agiffent fi puiffamment à nos yeux , &
la faine pratique de Medecine ne fçauroit
les abandonner à eux- mêmes fans rendre
les meilleurs remedes de l'Art , ou inutiles
ou pernicieux dans leur ufage. C'eft fur
un fondement fi folide qu'on eft porté à
croire que la plupart des Maladies ne deviennent
ferieufes , intraitables même, que
parce que la crainte , l'abattement , la
frayeur & le defefpoir , font toujours aux
trouffes des pauvres Malades; & que la fermeté
en enleveroit un plus grand nombre à
la Parque, que les Remedes les plus fpecifi
ques,qui ne meritent pas fouvent un nom
fi impofant : de- là vient qu'on a tout fujet
de penfer que dans les moins dangereufes
maladies comme dans celles qui le font
veritablement , on épargneroit plus de
vies au genre humain , fi on s'attachoit
moins àdonner des remedes, qu'à raffures
l'efprit allarmé des Malades.
Pour le convaincre de ce que nous ve
nons d'avancer , il ne faut que jetter les
yeux fur ces mélancoliques hypocondriaques
, fujets à des prétendues vapeurs qui
ne reconnoiffent pour caufe que le vice
de leur imagination ; c'eft ainfi que nous
trouvons quelquefois dans notre pratique
de ces hommes que les biens & les honneurs
inondent de toutes parts , au milieu
des plaifirs , qu'une fanté parfaite-
Cij ment I. Vol.
2604 MERCURE DE FRANCE
&
ment bonne & vigoureufe laiffe gouter
paifiblement à la fleur de leur âge , tomber
tout à coup dans un abattement &
dans une langueur toujours funefte à la
vie , fe rendre infupportables aux autres ,
le devenir à eux mêmes , fe laiffer aller
à des contentions trop longues , à des afflictions
extrêmes ; en un mot , ſe montrer
le jouet de leur imagination par ces récits
ennuyeux des plus legeres circonftances
de leurs maux dont ils accablent ceux
qu'ils engagent férieufement à les entendre
. Des Malades de cette efpece peuventils
trouver du fecours dans l'adminiftration
des remedes , & ne feroit- ce pas pour
lors réfifter à l'experience qui apprend
conftamment au prix de la vie de ceux
qui la confient aux ignorans , que l'abattement
, la langueur de l'efprit , fe guerit
moins par l'ufage des remedes , que par
la diverfité des idées , les converfations ,
les Affemblées des perfonnes enjoüées ,
& fur tout par la fermeté ou le courage
que les bons Medecins ne manquent
jamais de préferer falutairement à tout
autre fecours ? d'ailleurs comme l'oifiveté
leur donne occafion de fe trop écouter
les exercices moderez du corps ne feroient
ils pas pour ces Malades un bon régime.
de vie ? peut être même que la reflexion
fuivante auroit affez de force pour
I. Vol.
préDECEMBRE
. 1730. 2605
prévenir & détourner la foibleffe de leur
imagination .
Il n'eft pas poffible que cette foule de
fonctions qui s'exercent par tant de differens
inftrumens dans une machine auffi délicate
que le corps
de l'homme
, ſe faffent
dans
la fanté
même
la plus
parfaite
d'une
égale
jufteffe
, puifque
tout
de même
que
dans
une
Montre
ou dans
des machines
femblables
le peu de folidité
de la matiere
dont
on conſtruit
les differentes
pieces
qui
les compofent
, les frottemens
des roues
de
leurs
arbres
qui
touchent
par
plufieurs
points
à des furfaces
jamais
planes
ou unies
;
en un mot,mille
caufes
, tant
internes
qu'externes
, font
de très- grands
obftacles
à la
perfection
de leurs
mouvemens
; de même
dans
le corps
humain
les roues
qu'on
y
découvre
, ou , pour
mieux
dire, les mouvemens
circulaires
, foit
dans
les folides
foit
dans
les liquides
, les leviers
, les puiffances
& leur
point
d'appui
, dans
le tems
que
tout
eft en jeu , fe trouvent
fujets
aux
mêmes
imperfections
que
les rouës
& les refforts
de la montre
en mouvement
;
& ces obftacles
font
d'autant
plus
fenfibles
à l'homme
,que
ceux
qui vivent
dans
une
fcrupuleufe
attention
fur
ce qui fe
pafle
au dedans
du corps
, ne fe croyent
malades
que
pour les trop
écouter
.
Si ceux qui fe montrent moins occupez
I. Vol. Cy dans
2606 MERCURE DE FRANCE
dans la pratique de Medecine à guerir
l'efprit,fouvent plus allarmé que le corps
n'eft malade , faifoient attention qu'on
doit toujours envifager dans un malade
la guérifon de deux maladies , dont la
violence ou la durée de tous les tems
qu'elles parcourent , fe répondent exactement
, & que chacune d'elles exige des
fecours differens , fuivant la fuperiorité
que l'une gagne fur l'autre , ils fe défabuferoient
avec plaifir de ce grand nombre
inutile ou meurtrier de remedes , que
Pandore a laiffé échaper , que l'avarice
fait employer , que l'honneur de la profeffion
défaprouve , & que la feule fermeté
dont les malades ont befoin ordi
nairement , ne permet jamais qu'on lui
préfere , fans reprocher les funeftes fuites
d'une fi injufte préférence à ceux qui ne
connoiffent point l'union ou la dépendance
mutuelle de ces deux fubftances qui
compofent l'homme.
Quoique l'union de l'ame avec le corps
doive plutôt paffer pour un fecret réfervé
à la Toute puiffance Divine , que pour
une connoiffance dûe aux plus profondes
recherches de l'efprit humain ; l'heureuſe
témerité des fçavans dans leurs découvertes
a fçû nous engager trop avant , pour
pouvoir nous difpenfer maintenant de
propofer nos conjectures . Cependant pour
I.Vol
AC
DECEMBRE . 1730. 2607
ne pas priver de leurs droits ceux qui pré
tendent en avoir fur cette queftion , nous
ne prendrons que ce qu'il nous faut pour
fatisfaire à notre projet.
Les Loix uniformes , & les raports réciproques
que l'Auteur de la nature a établis
dans l'union de l'ame & du corps ,
maintiennent ces deux fubftances dans
une dépendance mutuelle ; ce qui fait que
l'ame a des affections à l'occafion de certains
mouvemens du Corps, & que celui - ci
exécute des mouvemens , à l'occafion de
certaines affections de l'ame. La vivacité
de ces affections dépend de la violence des
impreffions, des objets externes fur les or
ganes du corps , & l'énergie de la puiffance
de l'ame fur le corps , de la vivacité
de fes affections; l'ame fera parconfequent
d'autant plus vivement affectée que le
.corps fera fortement émû; & le corps fera
d'autant plus puiffamment émû , que l'a
me fera vivement affectée ; le fentiment
interieur & l'expérience journaliere ne
nous permettent point de refufer notre
confentement à des véritez fi fenfibles &
fi connues.
C'eft à la faveur du genre nerveux que
les impreffions des objets externes fur les
organes du corps, d'où dépendent les fenfations
, fe tranfmettent dans le cerveau
jufqu'à l'origine des nerfs . C'eft auffi par
C vi I. Vol.
2608 MERCURE DE FRANCE
les mêmes voyes que les paffions de l'ame
agiffent fur la machine .
On peut donc regarder le genre nerveux
, comme un affemblage de petits
cordons difperfez par tout le corps ,
dans
un certain dégré de tenfion que la nature
leur a donné , réünis à la baze du crane ,
dans cet endroit du cerveau , qu'on nomme
moëlle allongée , & que nous appellerons
dans la fuite Emporeum. C'eft- là où
toutes les impreffions faites fur les organes
du corps aboutiffent , qu'on peut
placer le fiége des perceptions de l'âme.
Mais découvre-t- on dans cette parque
tie ? fi ce n'eft un tas de fibrilles fufceptibles
de vibration , capables de fe redreffer
& de fe remettre lorſque la cauſe
qui en a fait perdre la direction , ceſſe
d'agir ? Comment peut- il donc fe faire
que l'ame foit affectée dans les fenfations,
à l'occafion des impreffions faites par les
objets externes fur les organes
du corps ,
ou agir elle-même fur la machine dans,
les paffions ? une fubftance fpirituelle n'eftelle
point à l'abri des atteintes de la matiere
? Et celle - cy fouffrira-t- elle quelque
changement de la part de l'autre ? J'avouë
prefentement , que fi les fçavans fe
payoient moins de raifonnemens ingénieux
, que d'aveus finceres de la foibleffe
du génie , je n'aurois point de hon-
I.Vol
DECEMBRE . 1730. 2609
coup
te de la déclarer à des hommes dans cette
occafion , mais comme elles doivent beauà
la témérité des curieux , elles veulent
encore leur être plus redevables ; ) le
corps ne pouvant donc point agir materiellement
fur l'ame, ni l'ame fur le corps ,
il faut que le Créateur dans l'union de ces
deux fubftances , ait voulu , fuivant les
décrets immuables , qu'à l'occafion d'un
tel mouvement , où bien d'une vibration
plus ou moins forte des fibres de l'Emporeum
, l'ame fut plus ou moins vivement
ébranlée ; & qu'à l'occafion de certaines
perceptions de l'ame , il furvint à ces mêmes
fibres des vibrations dont la force
répondit exactement à la vivacité de ces
perceptions , pour lors le cordon de
nerf continu à la fibre vibrée , fera plus
ou moins tiraillé auffi-bien que les divifions
& les rameaux qui en partent, & qui
vont fe perdre dans les parties du corps.
Ainfi fuppofé maintenant que l'ame foit
vivement affectée ( comme il lui arrive
dans differentes paffions , mais fur tout
dans la crainte ou l'apprehenfion de mourir
) la vibration d'une , ou de plufieurs
fibres de l'Emporeum fera violente, le tiraillement
du cordon de nerf ne le fera
pas
moins, &fes filamens diviſez ,diſperſez dans
a machine , donneront bien - tôt des marques
tres- fenfibles de leur défordre , icy
L. Vol par
2610 MERCURE DE FRANCE
par la tenfion exceffive des membranes ,
par le retréciffement du diametre des
vaiffeaux dont les parois font devenuës
moins dociles aux caufes pulcifiques ; là,
par les douleurs infupportables , les convulfions
d'une ou de plufieurs parties , &
par l'état tonique qui fe prend au reffort
des folides ; d'où fuit le trouble, l'inégalité
de la circulation du fang , de la lymphe ,
leur féjour dans les chairs , ou dans les
vifceres qui s'enflamment , les fécretions
fufpendues , les coctions léfées , abolies
même ; enfin le bouleverfement de tout
le corps , qui fera toujours d'autant plus
puiffant fur les caufes de la vie , que le
moindre effet mentionné fuffit pour la
faire perdre.
il
Il ne fera pas difficile à prefent , de rendre
raifon des differens dégrez de dérangement
& de défordre , qui arrivent au
Corps humain ,à l'occafion des paffions de
l'ame , pour peu qu'on donne fes atten
tions à leur vivacité , à la difpofition des
fibres de l'Emporeum, & à l'état du corps
fain ou malade.
Nous avons déja vû que les affections
de l'ame occafionnent des vibrations dans
les fibres de l'Emporeum , fuivant donc le
different dégré de tenfion , de foupleffe
de rigidité , & de reffort , que la nature
feur a donné , elles font plus ou moins
I. Vol. vibraDECEMBRE
. 1730. 2611
vibratiles. Par exemple : Si l'ame eft vivement
affectée , la vibration que cette affection
occafionnera d'abord dans une ou
plufieurs fibres fera violente ; & fi les
fibres vibrées fe trouvent bien tenduës
naturellement , la force d'une telle fecouffe
produira un double effet. Il en eft à
peu près de même des autres qualitez ,
qu'on attribue à ces fibres qui varient
dans des fujets differens , par rapport au
fexe , à l'âge , au temperamment , & à la
maniere de vivre , & quelquefois dans le
même homme,à raifon de bien des circonftances,
mais fur tout de la frequence des
vibrations , d'où elles ont acquis la difpofition
d'obéir au moindre tremouffement.
Si les organes du corps fe trouvent
dans l'état le plus éloigné de la maladie ,
& que l'imagination ne foit que peu dérangée
, il eft clair que le corps n'en fera
pas fort incommodé ; delà vient qu'on'
voit une foule de mélancoliques , fe
porter d'ailleurs le mieux du monde ;
mais fi dans ce cas l'imagination eft conſiderablement
détraquée, le corps s'appro
chera pour lors de l'état malade , à proportion
que le dérangemeut de l'efprit
fera grand ; je crois même , que ce ne
feroit point fans fondement , fil'on avançoit
que l'imagination vivement frappée
de trifteffe , de crainte , &c . a affez de
I. Vol.
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pouvoir fur la machine , pour en occafionner
la ruine.
Si dans un corps peu malade , l'imagination
n'eft que peu allarmée ; ces deux
maladies enſemble ne font point à crain
dre , on s'en releve facilement ; mais fi
dans ce même cas , l'ame eft fortement
agitée , le trouble dans la Machine fera
très -dangereux ; on voit bien fouvent des
malades guériffables par la nature du
mal , devenir incurables , fe défefpérer &
périr malheureuſement par la préférence
qu'on a fait des remedes quelquefois fort
violens , à cette fermeté dont le retour de
la fanté ne pouvoit fe paffer fans la perte
de la vie.
Enfin fi l'imagination & le corps font
tres dérangez , dans un pareil cas le malade
fera défefpéré , pour peu qu'on néglige
de lui donner du courage , ouqu'on
fe ferve des remedes qui le tour
mentent trop.
On voit par toute cetteThéorie que dans
le concours de ces cauſes , l'ame doit agir
fur la Machine , avec un pouvoir inſurmontable
, dont les effets feront par conféquent
très -funeftes.
On reconnoît encore d'où vient que
certaines perfonnes font plus fufceptibles
de chagrin , de trifteffe , d'abattement
de crainte & de defefpoir que bien d'au-
1. Vol. tres
DECEMBRE . 1730. 2613
tres , & en reffentent de plus grands maux
dans l'ufage de la vie.
Puifqu'on ne fçauroit à prefent difconvenir
que la trifteffe & la langueur de
l'efprit, ne dérangent confidérablement la
fanté la plus affurée , & que la crainte &
l'apprehenfion de mourir n'occafionne de
nouveaux défordres dans un malade ;
n'a- t-on pas raifon de penfer que les malades
auroient moins de mal s'ils avoient
moins de peur ? In omni morbo mente valere
bonum eft , contrarium verò malum.
C'eft fur ce principe de la veritable
Médecine , où tout ce que l'avarice de
l'homme a de plus haïffable , & de plus
dangereux dans les moyens qu'elle offre
pour affouvir le défir de groffir fes richeffes
, n'a aucune part , que nous avons
prétendu faire voir :
Premierement , que les gens de notre profeffion
moins ambitieux des biens que jaloux
de leur honneur , doivent s'attirer
des malades de la confiance, plutôt par une
jufte réputation que par une effronterie
odieufe , qui ne peut tourner qu'à leur
confuſion & au malheur de ceux qui ne
diftinguant point le vrai mérite , apprennent
par leur mort violente , à des héritiers
à ne pas les fuivre dans leur funefte
choix .
Secondement , que
I. Vol.
dans les maladies férieu2614
MERCURE DE FRANCE
rieuſes , où les malades craignent fort
pour leur vie , la préfence fréquente ,
mais jamais importune , du Medecin de
confiance , eft plus falutaire qu'un grand
appareil de remedes .
3mt, Et qu'ainfi on ne doit pas faire dif
Aculté de bannir , de retrancher de la
Médecine un grand nombre de remedes ,
non feulement comme inutiles , mais encore
comme très - pernicieux , & le malade
fera guéri pour lors à moins de frais &
plus furement.
Enfin , qu'on n'a confulté , dans le def
fein de mettre au jour ce petit Ouvrage ,
que l'honneur de la profeffion , & le verible
bien des malades.
Par G B. Barrés , de Pezenas , Docteur
en Médecine, de la Faculté de Montpellier.
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Résumé : REFLEXIONS sur ces paroles d'Hippoctates, Aphorisme XXXIII. Section II. In omni morbo mente valere bonum est ; contrarium vero malum.
Le texte explore l'impact des émotions et des pensées sur la santé physique, en s'appuyant sur les réflexions d'Hippocrate. Il met en évidence l'importance de la santé mentale dans toute maladie et souligne que les troubles émotionnels peuvent aggraver l'état du patient. Les passions de l'âme, même mineures, peuvent provoquer des désordres corporels dangereux. La crainte ou l'appréhension de la mort est particulièrement néfaste pour les malades. Même les individus les plus intrépides ne sont pas à l'abri des troubles émotionnels lorsqu'ils sont gravement malades. Les médecins doivent donc prêter attention aux mouvements de l'âme, car ils influencent fortement la santé physique. Les maladies deviennent souvent sérieuses et intraitables en raison de la peur, de l'abattement, de la frayeur et du désespoir qui accompagnent les patients. La fermeté et le courage sont souvent plus efficaces que les remèdes spécifiques pour guérir les malades. Le texte illustre cela avec des exemples de mélancoliques hypocondriaques, dont les troubles sont souvent causés par l'imagination plutôt que par des causes physiques. Pour ces patients, les remèdes médicaux sont moins efficaces que les distractions et les activités physiques modérées. Le texte compare également le corps humain à une machine délicate, où divers facteurs internes et externes peuvent perturber son fonctionnement. Il conclut en soulignant l'importance de traiter à la fois le corps et l'esprit dans la pratique médicale. Le texte traite également des interactions entre l'esprit et le corps dans les maladies, mettant en garde contre les tourments excessifs infligés aux malades, qui peuvent les rendre désespérés. La tristesse et la peur perturbent la santé, et les malades souffriraient moins s'ils avaient moins peur. L'auteur critique l'avarice dans la médecine et prône une approche éthique. Les médecins doivent gagner la confiance des patients par leur réputation plutôt que par des méthodes odieuses. Dans les maladies graves, la présence fréquente mais non importune du médecin est plus bénéfique qu'un grand nombre de remèdes. Le texte recommande de bannir les remèdes inutiles et pernicieux pour soigner les malades de manière plus économique et efficace. L'objectif est de promouvoir l'honneur de la profession médicale et le bien-être des patients. L'auteur est G. B. Barrés, Docteur en Médecine de la Faculté de Montpellier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 320-323
« On apprend de Londres que dans l'assemblée de la [...] »
Début :
On apprend de Londres que dans l'assemblée de la [...]
Mots clefs :
Mérite, Société royale de Londres, Faveur, Élection, Chirurgien, Tympan, Oreille, Remède, Gangrène, Chaires de Professeurs Royaux, Faculté de médecine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Londres que dans l'assemblée de la [...] »
On apprend de Londres que dans l'assemblée
de la Société Royale , qui se tint au commencement
FEVRIER. 1731. 321
ment de cette année, il a été résolu de n'admettre
à l'avenir aucun Candidat , à moins qu'il n'ait
été nommé par trois Membres de la Société,qui
déclareront par écrit le nom , la condition et les
qualités de la personne proposée , et si elle s'est
fait un nom dans le monde par quelque Ouvra
ge imprimé ; et que l'élection par balotage de la
personne proposée , ne pourra se faire que dix
semaines aprés. On ouvrira par cette méthode la
> porte au mérite , et on la fermera à la faveur, selon
l'intention de la premiere institution de cette célébre
Société , qui subsiste depuis 1666.
On mande de la même Ville, que le 9 Janvier ,
le Docteur Cheselden , premier Chirurgien de la
Reine , devoit couper le Timpan de l'oreille à
Charles Rei , un des quatre malfaiteurs, condamnez
à mort , aux dernieres cessions , auquel le
Roy a accordé des Lettres de répit. S. M. ayant
promis de donner la grace à ce criminel , si par
cette opération il guérit de sa surdité. Mais cette
opération n'a pas été faite , parce qu'après un
plus grand examen , elle a été jugée impraticable.
Če malfaiteur sera envoyé dans les Colonies
de l'Amérique.
La Chirurgie a fait une grande perte dans la
personne de M. Bellofte, qui fut Chirurgien Major
des Hôpitaux de l'Armée du Roy en Italie ;
ensuite premier Chirurgien de feuë Madame
Douairiere de Savoye. Il est l'Auteur d'un Livre,
intitulé : Chirurgien d'Hôpital , très - estimé de
ceux qui sçavent la Chirurgie, et tres - utile à ceux
qui veulent la sçavoir . Il est mort à Turin le 15
Juillet dernier , âgé de 80 ans. Il a fait encore sur
la fin de ses jours , la découverte d'un nouvel
Organe , dans le Corps humain , dont on pourra
F donner
322 MERCURE DE FRANCE
donner bien- tôt une Dissertation. S'il est regretté
du public , il ne l'est pas moins de ses
amis ; il en eut d'illustres , et son mérite personnel
lui en eut fait davantage sans sa modestie.
Son habileté dans son Art fut le fruit d'une longue
experience , et d'un travail continuel ; il avoit
Pesprit orné , il aimoit les Lettres et les cultivoit.
Il laisse un fils,seul heritier du secret de la composition
de ses Pilules Mercuriales. C'est un excellent
remede dissolvant et absorbant, dont il a tresamplement
traité dans le second tome du Chirurgien
d'Hôpital , imprimé à Paris en 1725 .
chez Laurent d'Houry.
il
Ceux qui souhaiteront avoir de ces Pilules
pourront s'addresser à M. Belloste à Turin ;
en fourni des Boetes de differentes grandeurs et
de différent prix , pour la commodité du public ,
avec des Mémoires sur la maniere de s'em
servir.
Le Sieur Cottance avertit le public qu'il a un
remede aussi spécifique que simple , pour arrêter
et fixer en moins de deux heures de tems , toutes
sortes de Gangrénes , Bubons , Charbons pestilentiels
et Ulceres invétérez. It demeure à Paris ,
Tue Comteffe d'Artois , au grand Vainqueur.
"
Le 24 du mois dernier , le P. Porée , Professeur
de Rhétorique du College de Louis le Grand,
prononça, en presence du Card. de Bissi , de plasieurs
Prélats et autres presonnes de distinction
un Discours Latin fort éloquent , dans lequel il
prouva que les Critiques sont aussi nécessaires
dans la République des Lettres , que les Juges
le sont dans un Etat que pour être Critique ,
il faut avoir les qualitez d'un bon Juge.
FEVRIER . 1731.
323
AÙ
REVERend pere PORE'E ,
Sur sa
Harangue.
ΕΝΥΟΥ.
Dubon Juge , et du bon Critique ,
Tu nous as , dans ton Oraison ,
Fait la juste comparaison ,
Et par un sel , vraiment attique ,
Uni la grace à la raison.
Joui d'une entiere victoire ,
Tous tes coups , Porée , ont porté ,
Puisqu'aujourd'hui , par équité
Le Ctitique chante ta Gloire.
Il vaque actuellement deux Chaires de Professeurs
Royaux en Medecine ; l'une à Montpellier
, par l'absence de M. Astruc , fameux Professeur
de cette Université , aujourd'hui Professeur
et Lecteur au Collège Royal , à la place de l'illustre
M. Geoffroy. La Dispute de cette Chaire
est annoncée pour le 1. May 1731 , dans un double
Programme , de la part de M. l'Evêque de
Montpellier , Chancelier de l'Université , et de
M. Chicoineau , Conseiller à la Cour des Aydes ,
Professeur d'Anatomie et de Botanique , de l'Academie
Roïale des Sciences de Montpellier, Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de cette
Ville.
L'autre Chaire vaque par le decés de M.Angot
celebre Médecin de Caen , dont la dispute est pareillement
annoncée dans un Programme de la
Faculté de Médecine de Caën.
de la Société Royale , qui se tint au commencement
FEVRIER. 1731. 321
ment de cette année, il a été résolu de n'admettre
à l'avenir aucun Candidat , à moins qu'il n'ait
été nommé par trois Membres de la Société,qui
déclareront par écrit le nom , la condition et les
qualités de la personne proposée , et si elle s'est
fait un nom dans le monde par quelque Ouvra
ge imprimé ; et que l'élection par balotage de la
personne proposée , ne pourra se faire que dix
semaines aprés. On ouvrira par cette méthode la
> porte au mérite , et on la fermera à la faveur, selon
l'intention de la premiere institution de cette célébre
Société , qui subsiste depuis 1666.
On mande de la même Ville, que le 9 Janvier ,
le Docteur Cheselden , premier Chirurgien de la
Reine , devoit couper le Timpan de l'oreille à
Charles Rei , un des quatre malfaiteurs, condamnez
à mort , aux dernieres cessions , auquel le
Roy a accordé des Lettres de répit. S. M. ayant
promis de donner la grace à ce criminel , si par
cette opération il guérit de sa surdité. Mais cette
opération n'a pas été faite , parce qu'après un
plus grand examen , elle a été jugée impraticable.
Če malfaiteur sera envoyé dans les Colonies
de l'Amérique.
La Chirurgie a fait une grande perte dans la
personne de M. Bellofte, qui fut Chirurgien Major
des Hôpitaux de l'Armée du Roy en Italie ;
ensuite premier Chirurgien de feuë Madame
Douairiere de Savoye. Il est l'Auteur d'un Livre,
intitulé : Chirurgien d'Hôpital , très - estimé de
ceux qui sçavent la Chirurgie, et tres - utile à ceux
qui veulent la sçavoir . Il est mort à Turin le 15
Juillet dernier , âgé de 80 ans. Il a fait encore sur
la fin de ses jours , la découverte d'un nouvel
Organe , dans le Corps humain , dont on pourra
F donner
322 MERCURE DE FRANCE
donner bien- tôt une Dissertation. S'il est regretté
du public , il ne l'est pas moins de ses
amis ; il en eut d'illustres , et son mérite personnel
lui en eut fait davantage sans sa modestie.
Son habileté dans son Art fut le fruit d'une longue
experience , et d'un travail continuel ; il avoit
Pesprit orné , il aimoit les Lettres et les cultivoit.
Il laisse un fils,seul heritier du secret de la composition
de ses Pilules Mercuriales. C'est un excellent
remede dissolvant et absorbant, dont il a tresamplement
traité dans le second tome du Chirurgien
d'Hôpital , imprimé à Paris en 1725 .
chez Laurent d'Houry.
il
Ceux qui souhaiteront avoir de ces Pilules
pourront s'addresser à M. Belloste à Turin ;
en fourni des Boetes de differentes grandeurs et
de différent prix , pour la commodité du public ,
avec des Mémoires sur la maniere de s'em
servir.
Le Sieur Cottance avertit le public qu'il a un
remede aussi spécifique que simple , pour arrêter
et fixer en moins de deux heures de tems , toutes
sortes de Gangrénes , Bubons , Charbons pestilentiels
et Ulceres invétérez. It demeure à Paris ,
Tue Comteffe d'Artois , au grand Vainqueur.
"
Le 24 du mois dernier , le P. Porée , Professeur
de Rhétorique du College de Louis le Grand,
prononça, en presence du Card. de Bissi , de plasieurs
Prélats et autres presonnes de distinction
un Discours Latin fort éloquent , dans lequel il
prouva que les Critiques sont aussi nécessaires
dans la République des Lettres , que les Juges
le sont dans un Etat que pour être Critique ,
il faut avoir les qualitez d'un bon Juge.
FEVRIER . 1731.
323
AÙ
REVERend pere PORE'E ,
Sur sa
Harangue.
ΕΝΥΟΥ.
Dubon Juge , et du bon Critique ,
Tu nous as , dans ton Oraison ,
Fait la juste comparaison ,
Et par un sel , vraiment attique ,
Uni la grace à la raison.
Joui d'une entiere victoire ,
Tous tes coups , Porée , ont porté ,
Puisqu'aujourd'hui , par équité
Le Ctitique chante ta Gloire.
Il vaque actuellement deux Chaires de Professeurs
Royaux en Medecine ; l'une à Montpellier
, par l'absence de M. Astruc , fameux Professeur
de cette Université , aujourd'hui Professeur
et Lecteur au Collège Royal , à la place de l'illustre
M. Geoffroy. La Dispute de cette Chaire
est annoncée pour le 1. May 1731 , dans un double
Programme , de la part de M. l'Evêque de
Montpellier , Chancelier de l'Université , et de
M. Chicoineau , Conseiller à la Cour des Aydes ,
Professeur d'Anatomie et de Botanique , de l'Academie
Roïale des Sciences de Montpellier, Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de cette
Ville.
L'autre Chaire vaque par le decés de M.Angot
celebre Médecin de Caen , dont la dispute est pareillement
annoncée dans un Programme de la
Faculté de Médecine de Caën.
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Résumé : « On apprend de Londres que dans l'assemblée de la [...] »
En février 1731, la Société Royale de Londres a modifié ses critères d'admission en exigeant que les candidats soient proposés par trois membres de la Société, qui doivent fournir des informations sur le nom, la condition, les qualités du candidat et ses œuvres imprimées. L'élection par balotage ne peut se tenir qu'après une période de dix semaines suivant la proposition. À Londres, le 9 janvier, le Docteur Cheselden, chirurgien de la Reine, a tenté d'opérer Charles Rei, un malfaiteur condamné à mort, pour le guérir de sa surdité. L'opération a été jugée impraticable, et le malfaiteur a été envoyé dans les colonies américaines. La communauté chirurgicale a perdu M. Belloste, chirurgien major des hôpitaux de l'armée du Roi en Italie et premier chirurgien de la douairière de Savoie. Auteur du livre 'Chirurgien d'Hôpital', il est décédé à Turin le 15 juillet précédent à l'âge de 80 ans. Il a découvert un nouvel organe dans le corps humain et laissé un fils héritier du secret de ses pilules mercuriales. Le Sieur Cottance a annoncé un remède pour traiter les gangrènes, bubons, charbons pestilentiels et ulcères invétérés. Le Père Porée, professeur de rhétorique au Collège de Louis le Grand, a prononcé un discours latin sur la nécessité des critiques dans la République des Lettres. Deux chaires de professeurs royaux en médecine sont vacantes : l'une à Montpellier, en raison de l'absence de M. Astruc, et l'autre à Caen, suite au décès de M. Angot. Les disputes pour ces chaires sont annoncées respectivement pour le 1er mai 1731 et dans un programme de la Faculté de Médecine de Caen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 495-504
RÉPONSE de M. Bruhier d'Albaincourt, Docteur en Medecine, à la Lettre de M. Barrés, inserrée dans le Mercure de Novembre 1730.
Début :
Puisqu'il ne s'agit, Monsieur, que de rêpondre à M. Barrés pour mériter [...]
Mots clefs :
Bons Auteurs, Médecins, Eau de vie, Vin, Volatilité , Remède, Voiture, Liqueur
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. Bruhier d'Albaincourt, Docteur en Medecine, à la Lettre de M. Barrés, inserrée dans le Mercure de Novembre 1730.
REPONSE de M. Brubier d'Ablaincourt
, Docteur en Medecine , à la Lettre
de M. Barrés , inserée dans le Mercure
de Novembre 1730.
de
Puisqu'il ne s'agit,Monsieur , que répondre à M. Barrés pour mériter
son estime , qu'il se prépare à doubler la
dose. Si je n'étois pas plus disposé que
lui à expliquer favorablement les intentions
d'autrui , je ferois , sans doute ,
moins de cas d'une estime acquise à si bon
marché , et seulement pour avoir répondu à
D vj Jes
Dv
496 MERCURE DE FRANCE
ses Reflexions ; mais persuadé qu'une personne
dont l'esprit doit être cultivé par
la lecture des bons Auteurs , avantage que
les, plus zelés ennemis de la profession ne
refusent pas aux Medecins , sçait mieux
à quel prix elle doit mettre son estime ;
M. B. me laisse entrevoir que mes Réponses
ont eu le bonheur de lui plaire
ce qui n'est pas incompatible avec la diversité
de nos sentimens ; je vais faire de
mcn mieux pour le contenter encore ; et
comme sa Lettre n'est composée que de
refléxions détachées , vous me dispenserez
, s'il vous plaît , de suivre un ordre
déterminé.
M. B. semble me reprocher d'abord
d'avoir appellé l'autorité à mon secours ;
ce langage a tout lieu de me surprendre
dans une personne qui exerce une profession
dont l'observation fait la base , et
où la raison ne tient que le second rang.
Il se sert ensuite des mêmes armes pour
me combattre ; sept ou huit Auteurs qu'il
me cite , et une infinité d'autres qu'un
c. me fait entrevoir
prouvent avec
moi , si on veut l'en croire , qu'un usage
moderé de l'Eau de vie est loüable dans.
la santé et dans la maladie.
,
Comme je ne me souviens pas d'avoir
avancé ce principe , qui seroit formellement
contraire à la these que j'ai voulu
défenMARS.
1731. 497
défendre , et qu'il me paroît qu'on devoit
conclure tout autrement de ce que je regar
de l'avantage qui peut revenir de l'usage de
l'Eau de vie aux vieillards, auxFlamands et
à quelques autres personnes , comme une
exception à la loi genérale , les autorités
qu'on allegue en faveur de mon prétendu
sentiment, se tournent contre moi ; il faut
donc y répondre.
Je demande d'abord si ces Auteurs par
lent du vin ou de l'Eau de vie , car sans
gasconade , il y en a plusieurs parmi ceux
qu'on cite nommément, que je ne connois
que de nom. A juger par le passage de
Varandaeus qu'on nous donne pour échantillon
de leur sentiment , ils ne parlent
que du vin ; or quelle difference du vin
à l'Eau de vie de quelle quantité de
phlegmes les soufres volatiles du vin ne
sont- ils pas inondés au lieu qu'ils sont
dévelopés dans l'Eau de vie , et raprochés
de maniere qu'un verre de bonnet
Eau de vie renferme peut- être plus d'esprits
qu'une bouteille de bon vin. Varaudous
même ne fait- il pas plutôt pour
moi que pour M. B. puisque suivant cet
Auteur , pour se servir utilement du vin,
il doit être qualitate temperatum , et limphis
refractum , quod generosius est. Ces qualités
se trouvent-elles dans l'Eau de vie ? er en
nous renfermant dans la question que
traite
#
498 MERCURE DE FRANCE
traite l'Auteur , à quoi bon tant de précaution
, si la volatilité des soufres du
vin n'étoit pas nuisible par elle même ?
pour
M. B. applique à l'Eau de vie ce que
Varaudons dit du vin , calefacit , concoctionem
juvat. C'est donc un remede
les estomacs froids , et un poison pour les
estomacs chauds ; dans le dernier cas , il
n'accelere pas la digestion , il la précipite
, il la supprime même en entier , en
donnant aux fibres de l'estomach une
tension spasmodique qui empêche le
mouvement de trituration de ce viscere ,
ou qui resserrant les pores excretoires de
ses glandes , les empêche de filtrer le ferment
stomachal ; l'Eau de vie est donc
également funeste dans l'un et l'autre sentiment.
C'est même ce dont M. B. convient
en quelque maniere , en proposant
son premier Problême : il demande si les
Ouvriers qui boivent du vin bien trempé ont
moins de force que ceux qui ne boivent
de l'eau; c'est reculer étrangement quand
on a conseillé plus haut l'usage de l'Eau
de vie pure. Cette espece de retorqueo ne
tombe pas sur moi , qui n'ai jamais prétendu
que le vin bien trempé fut nuisible
; mais je soutiens , c'est la réponse au
second Problême , et je le prouverai par
la suite , qu'un usage moderé de l'Eau de
vie nuit à la longue , à moins qu'un contrepoison
que
MARS. 1737 . 499
trepoison aussi efficace que l'âge ou la
bierre n'en suspende l'effet.
Voilà ce que j'ai à répondre aux autorités
dont se pare M. B. on ne s'attend
pas , sans doute , que je réponde à celles
d'Ovide et de Regnier , qu'un de ses Con .
freresa cités si judicieusement dans un
Ouvrage de la nature des nôtres ; je renvoye
ce Docteur au Rondeau de Voiture,
qui commence par ces mots : Un buveur
d'eau ; je lui laisse le soin de concilier ces
differentes autorités .
Q
Voici maintenant un autre raisonnement
de M. B. l'Eau de vie s'étant introduite
dans l'art de guerir , ne sçauroit passer
scrupuleusement pour une eau de mort. C'est
ce dont je ne conviens pas par deux raisons
: S'il est vrai que tous les remedes
soient des poisons , suivant cet axiome
d'Hipocrate pharmaca sunt vénena , axiome
adopté par M. B. on peut en conclure
que leur usage est toujours dangereux ,
pour ne pas dire funeste, 2º Les remedes
préparés avec l'Eau de vie sont - ils tou
jours innocens ? il n'y a qu'à consulter
Sydenham , et on le verra se plaindre des
mauvais effets de son Laudanum liquide ,
* M. Ziorcal , Docteur de Montpellier , dans
une réfutation d'une Piéce d'un autre M. Bar
gés , réfutation inserée dans le Mercure d'Oc➡
tobre 1730.
quoi500
MERCURE DE FRANCE.
quoique préparé seulement avec le vin ;
ce qui fait que beaucoup de Praticiens
veulent que T'extrait de l'opium se fasse
avec l'eau. Cette remarque servira de ré
ponse à la critique que fait M. B. du ter
me de mauvais remede que j'ai employé.
Les remedes sont des poisons ; l'Eau de
vie est un remede ; donc &c.
Si ces experiences étoient de son goûr,
je le prierois encore de faire attention à
un défaut que Freind reproche aux teintures
tirées avec l'esprit de vin de tous les
fondans connus sous le nom d'emmenagogues
', qui ont formé un coagulum plus ou
moins épais , pendant que le mixte seul
a parfaitement divisé la partie du sang
à
laquelle on l'a mêlé ; il ne s'ensuit pas ce
pendant qu'il faille rejetter ces sortes de
viandes à cause de cet inconvenient , qui
suivant la remarque du Docteur Anglois,
est compensé par d'assez grands avantages.
De tout cela , je conclus que
clusion de M. Le Hoc ne peut être attaquée
, puisqu'étant genérale , elle n'exclud
pas les exceptions . Donnons un exemple
: De ce que Mithridate s'est accoutumé
aux poisons , auroit - on raison d'attaquer
une conclusion dans laquelle on
diroit qu'ils sont mortels ?
la con
Mais , me dira- t'on , vous citez un
exemple unique , et qui ne peut être ap
pliqué
MARS. 1731. Sot
pliqué à l'Eau de vie dont on fait tous
les jours usage .
Je réponds que cet exemple n'est uni
que que parceque la frayeur attachée à
l'idée de poison a empêché plusieurs per
sonnes , qui peut -être étoient dans le cas
de ce Prince , de vouloir faire une épreu
ve aussi dangereuse. Il en seroit de même
de l'Eau de vie , si une malheureuse familiarité
n'avoit fermé les yeux de ceux
qui s'en servent. Mais comment se persuader
qu'un fruit aussi agréable à la vuë
et au goût que le raisin , puisse par la
fermentation et la distilation conséquente
donner une liqueur traîtresse et funeste i
loin d'en être persuadé , il faut être Phi
sicien ou Medecin pour oser seulement
penser qu'il en puisse être ainsi .
Vous raisonnez toujours , objectera-t'on ,
sur votre même hypothese ; quelle preuve
avez vous que la force du feu n'a pas fait de
l'Eau de vie un composé different de ce-
Fui du vin ?cela n'arrive-t'il pas dans d'autres
cas ?
Je sçais que la décomposition de quel
ques mixtes dépouille souvent les differentes
parties qui en sont le produit des quali
tés qu'avoit le tout ; mais ne puis- je pas
demander à mon tour quelle preuve on
a qu'il en arrive autant au vin ? de plus ,
je conclurai des paroles de M. B. que ce
chan
go2 MERCURE DE FRANCE.
changement n'arrive pas ; car sans répeter
tout ce qu'il a dit du vin et de l'Eau de
vie , n'attribuë- t'il pas à l'un et à l'autre
les mêmes qualités ? c'en est assez , je
crois , pour anéantir son objection.
Nous convenons me dit- il plus bas ,
que l'abus
que le commun des hommes fais
de l'Eau de vie donne origine à mille maux
et à la mort qu'elle anticipe ... c'est à tort
que vous nous accusez d'en favoriser l'abus.
que
و
Je réponds d'abord par un raisonnement
dont j'ai fait usage dans mes Reflexions
, si beaucoup d'Eau de vie est trèsnuisible
, un peu l'est un peu ; je crois
pouvoir user de ce raisonnement sans
qu'on puisse me reprocher un cercle
après avoir prouvé par Varandaeus même
l'Eau de vie doit être funeste dans l'état
de santé, et par Hippocrate, Sydenham
et Freind ,qu'elle est dangereuse dans l'état
de maladie. Je dis en second lieu que son
usage devroit être entierement proscrit
de la vie civile , à cause de la necessité
qu'il impose de le continuer pour entre
tenir la circulation du sang et les forces
de celui qui s'en sert , et du penchant fatal
que donne cette liqueur à en continuer
, et même à en augmenter l'usage ,
lorsqu'on s'est fait une habitude de s'en
servir. M.B. en convient lui - même en disant
par réponse à l'objection que je lui
faisois
MARS. 1731. ၂၁
faisois au sujet des gens de travail qui ne
peuvent tirer d'utilité de l'Eau de vie
que dans l'usage réïteré , c'est précisément
ce qui leur arrive en s'accoutumant peu à peu
à l'usage de cette liqueur. Si ce n'est pas autoriser
l'abus de l'Eau de vie , il faut changer
les idées des termes : car ce n'est pas
un abus manifeste que de conseiller une
pratique dont nos peres se sont passé ,
et dont une infinité de gens de travail se
passent tous les jours.
·
M. B. ne répond pas à la premiere de
ces Refléxions ; ce n'est pas la seule fauted'attention
qu'on remarque dans sa Lettre
; je n'en citerai qu'un seul exemple
c'est le reproche d'obscurité qu'il me fait
sur ce que j'explique tantôt , selon lui ,
Pépaississement
des liqueurs par l'augmentation
du mouvement du sang , caule
désée
par l'Eau de vie , et tantôt
par
velopement de cet acide qui entre dans
la composition de toutes les huiles ; il
lui auroit été fort aisé de remarquer que
je distinguois deux instans , l'un où la
premiere de ces causes opére , et l'autre
où opére la seconde , et en ce cas il n'y
auroit pas trouvé d'obscurité.
Je ne sçais , Monsieur , ce que M. B.
croira que méritent mes nouvelles attentions ;
elles me paroissent suffisantes pour mettre
le Public en état de juger qui de nous
deux
504 MERCURE DE FRANCE
deux a raison. Quoique je sois résolu de
garder doresnavant le silence , cela ne
m'empêchera pas de faire mon profit de.
ce que M. B. pourra dire en réponse ; je
souhaiterois sur tout qu'il voulut bien
donner une explication plus simple que
la mienne des alterations que le vin cause
dans le pouls. Persuadé qu'on approche
d'autant plus de la verité, qu'on approche
de la simplicité , M. B. me doit d'avance
compter parmi ses sectateurs. Je suis &c.
A Paris , le 8. Fevrier 1731 .
, Docteur en Medecine , à la Lettre
de M. Barrés , inserée dans le Mercure
de Novembre 1730.
de
Puisqu'il ne s'agit,Monsieur , que répondre à M. Barrés pour mériter
son estime , qu'il se prépare à doubler la
dose. Si je n'étois pas plus disposé que
lui à expliquer favorablement les intentions
d'autrui , je ferois , sans doute ,
moins de cas d'une estime acquise à si bon
marché , et seulement pour avoir répondu à
D vj Jes
Dv
496 MERCURE DE FRANCE
ses Reflexions ; mais persuadé qu'une personne
dont l'esprit doit être cultivé par
la lecture des bons Auteurs , avantage que
les, plus zelés ennemis de la profession ne
refusent pas aux Medecins , sçait mieux
à quel prix elle doit mettre son estime ;
M. B. me laisse entrevoir que mes Réponses
ont eu le bonheur de lui plaire
ce qui n'est pas incompatible avec la diversité
de nos sentimens ; je vais faire de
mcn mieux pour le contenter encore ; et
comme sa Lettre n'est composée que de
refléxions détachées , vous me dispenserez
, s'il vous plaît , de suivre un ordre
déterminé.
M. B. semble me reprocher d'abord
d'avoir appellé l'autorité à mon secours ;
ce langage a tout lieu de me surprendre
dans une personne qui exerce une profession
dont l'observation fait la base , et
où la raison ne tient que le second rang.
Il se sert ensuite des mêmes armes pour
me combattre ; sept ou huit Auteurs qu'il
me cite , et une infinité d'autres qu'un
c. me fait entrevoir
prouvent avec
moi , si on veut l'en croire , qu'un usage
moderé de l'Eau de vie est loüable dans.
la santé et dans la maladie.
,
Comme je ne me souviens pas d'avoir
avancé ce principe , qui seroit formellement
contraire à la these que j'ai voulu
défenMARS.
1731. 497
défendre , et qu'il me paroît qu'on devoit
conclure tout autrement de ce que je regar
de l'avantage qui peut revenir de l'usage de
l'Eau de vie aux vieillards, auxFlamands et
à quelques autres personnes , comme une
exception à la loi genérale , les autorités
qu'on allegue en faveur de mon prétendu
sentiment, se tournent contre moi ; il faut
donc y répondre.
Je demande d'abord si ces Auteurs par
lent du vin ou de l'Eau de vie , car sans
gasconade , il y en a plusieurs parmi ceux
qu'on cite nommément, que je ne connois
que de nom. A juger par le passage de
Varandaeus qu'on nous donne pour échantillon
de leur sentiment , ils ne parlent
que du vin ; or quelle difference du vin
à l'Eau de vie de quelle quantité de
phlegmes les soufres volatiles du vin ne
sont- ils pas inondés au lieu qu'ils sont
dévelopés dans l'Eau de vie , et raprochés
de maniere qu'un verre de bonnet
Eau de vie renferme peut- être plus d'esprits
qu'une bouteille de bon vin. Varaudous
même ne fait- il pas plutôt pour
moi que pour M. B. puisque suivant cet
Auteur , pour se servir utilement du vin,
il doit être qualitate temperatum , et limphis
refractum , quod generosius est. Ces qualités
se trouvent-elles dans l'Eau de vie ? er en
nous renfermant dans la question que
traite
#
498 MERCURE DE FRANCE
traite l'Auteur , à quoi bon tant de précaution
, si la volatilité des soufres du
vin n'étoit pas nuisible par elle même ?
pour
M. B. applique à l'Eau de vie ce que
Varaudons dit du vin , calefacit , concoctionem
juvat. C'est donc un remede
les estomacs froids , et un poison pour les
estomacs chauds ; dans le dernier cas , il
n'accelere pas la digestion , il la précipite
, il la supprime même en entier , en
donnant aux fibres de l'estomach une
tension spasmodique qui empêche le
mouvement de trituration de ce viscere ,
ou qui resserrant les pores excretoires de
ses glandes , les empêche de filtrer le ferment
stomachal ; l'Eau de vie est donc
également funeste dans l'un et l'autre sentiment.
C'est même ce dont M. B. convient
en quelque maniere , en proposant
son premier Problême : il demande si les
Ouvriers qui boivent du vin bien trempé ont
moins de force que ceux qui ne boivent
de l'eau; c'est reculer étrangement quand
on a conseillé plus haut l'usage de l'Eau
de vie pure. Cette espece de retorqueo ne
tombe pas sur moi , qui n'ai jamais prétendu
que le vin bien trempé fut nuisible
; mais je soutiens , c'est la réponse au
second Problême , et je le prouverai par
la suite , qu'un usage moderé de l'Eau de
vie nuit à la longue , à moins qu'un contrepoison
que
MARS. 1737 . 499
trepoison aussi efficace que l'âge ou la
bierre n'en suspende l'effet.
Voilà ce que j'ai à répondre aux autorités
dont se pare M. B. on ne s'attend
pas , sans doute , que je réponde à celles
d'Ovide et de Regnier , qu'un de ses Con .
freresa cités si judicieusement dans un
Ouvrage de la nature des nôtres ; je renvoye
ce Docteur au Rondeau de Voiture,
qui commence par ces mots : Un buveur
d'eau ; je lui laisse le soin de concilier ces
differentes autorités .
Q
Voici maintenant un autre raisonnement
de M. B. l'Eau de vie s'étant introduite
dans l'art de guerir , ne sçauroit passer
scrupuleusement pour une eau de mort. C'est
ce dont je ne conviens pas par deux raisons
: S'il est vrai que tous les remedes
soient des poisons , suivant cet axiome
d'Hipocrate pharmaca sunt vénena , axiome
adopté par M. B. on peut en conclure
que leur usage est toujours dangereux ,
pour ne pas dire funeste, 2º Les remedes
préparés avec l'Eau de vie sont - ils tou
jours innocens ? il n'y a qu'à consulter
Sydenham , et on le verra se plaindre des
mauvais effets de son Laudanum liquide ,
* M. Ziorcal , Docteur de Montpellier , dans
une réfutation d'une Piéce d'un autre M. Bar
gés , réfutation inserée dans le Mercure d'Oc➡
tobre 1730.
quoi500
MERCURE DE FRANCE.
quoique préparé seulement avec le vin ;
ce qui fait que beaucoup de Praticiens
veulent que T'extrait de l'opium se fasse
avec l'eau. Cette remarque servira de ré
ponse à la critique que fait M. B. du ter
me de mauvais remede que j'ai employé.
Les remedes sont des poisons ; l'Eau de
vie est un remede ; donc &c.
Si ces experiences étoient de son goûr,
je le prierois encore de faire attention à
un défaut que Freind reproche aux teintures
tirées avec l'esprit de vin de tous les
fondans connus sous le nom d'emmenagogues
', qui ont formé un coagulum plus ou
moins épais , pendant que le mixte seul
a parfaitement divisé la partie du sang
à
laquelle on l'a mêlé ; il ne s'ensuit pas ce
pendant qu'il faille rejetter ces sortes de
viandes à cause de cet inconvenient , qui
suivant la remarque du Docteur Anglois,
est compensé par d'assez grands avantages.
De tout cela , je conclus que
clusion de M. Le Hoc ne peut être attaquée
, puisqu'étant genérale , elle n'exclud
pas les exceptions . Donnons un exemple
: De ce que Mithridate s'est accoutumé
aux poisons , auroit - on raison d'attaquer
une conclusion dans laquelle on
diroit qu'ils sont mortels ?
la con
Mais , me dira- t'on , vous citez un
exemple unique , et qui ne peut être ap
pliqué
MARS. 1731. Sot
pliqué à l'Eau de vie dont on fait tous
les jours usage .
Je réponds que cet exemple n'est uni
que que parceque la frayeur attachée à
l'idée de poison a empêché plusieurs per
sonnes , qui peut -être étoient dans le cas
de ce Prince , de vouloir faire une épreu
ve aussi dangereuse. Il en seroit de même
de l'Eau de vie , si une malheureuse familiarité
n'avoit fermé les yeux de ceux
qui s'en servent. Mais comment se persuader
qu'un fruit aussi agréable à la vuë
et au goût que le raisin , puisse par la
fermentation et la distilation conséquente
donner une liqueur traîtresse et funeste i
loin d'en être persuadé , il faut être Phi
sicien ou Medecin pour oser seulement
penser qu'il en puisse être ainsi .
Vous raisonnez toujours , objectera-t'on ,
sur votre même hypothese ; quelle preuve
avez vous que la force du feu n'a pas fait de
l'Eau de vie un composé different de ce-
Fui du vin ?cela n'arrive-t'il pas dans d'autres
cas ?
Je sçais que la décomposition de quel
ques mixtes dépouille souvent les differentes
parties qui en sont le produit des quali
tés qu'avoit le tout ; mais ne puis- je pas
demander à mon tour quelle preuve on
a qu'il en arrive autant au vin ? de plus ,
je conclurai des paroles de M. B. que ce
chan
go2 MERCURE DE FRANCE.
changement n'arrive pas ; car sans répeter
tout ce qu'il a dit du vin et de l'Eau de
vie , n'attribuë- t'il pas à l'un et à l'autre
les mêmes qualités ? c'en est assez , je
crois , pour anéantir son objection.
Nous convenons me dit- il plus bas ,
que l'abus
que le commun des hommes fais
de l'Eau de vie donne origine à mille maux
et à la mort qu'elle anticipe ... c'est à tort
que vous nous accusez d'en favoriser l'abus.
que
و
Je réponds d'abord par un raisonnement
dont j'ai fait usage dans mes Reflexions
, si beaucoup d'Eau de vie est trèsnuisible
, un peu l'est un peu ; je crois
pouvoir user de ce raisonnement sans
qu'on puisse me reprocher un cercle
après avoir prouvé par Varandaeus même
l'Eau de vie doit être funeste dans l'état
de santé, et par Hippocrate, Sydenham
et Freind ,qu'elle est dangereuse dans l'état
de maladie. Je dis en second lieu que son
usage devroit être entierement proscrit
de la vie civile , à cause de la necessité
qu'il impose de le continuer pour entre
tenir la circulation du sang et les forces
de celui qui s'en sert , et du penchant fatal
que donne cette liqueur à en continuer
, et même à en augmenter l'usage ,
lorsqu'on s'est fait une habitude de s'en
servir. M.B. en convient lui - même en disant
par réponse à l'objection que je lui
faisois
MARS. 1731. ၂၁
faisois au sujet des gens de travail qui ne
peuvent tirer d'utilité de l'Eau de vie
que dans l'usage réïteré , c'est précisément
ce qui leur arrive en s'accoutumant peu à peu
à l'usage de cette liqueur. Si ce n'est pas autoriser
l'abus de l'Eau de vie , il faut changer
les idées des termes : car ce n'est pas
un abus manifeste que de conseiller une
pratique dont nos peres se sont passé ,
et dont une infinité de gens de travail se
passent tous les jours.
·
M. B. ne répond pas à la premiere de
ces Refléxions ; ce n'est pas la seule fauted'attention
qu'on remarque dans sa Lettre
; je n'en citerai qu'un seul exemple
c'est le reproche d'obscurité qu'il me fait
sur ce que j'explique tantôt , selon lui ,
Pépaississement
des liqueurs par l'augmentation
du mouvement du sang , caule
désée
par l'Eau de vie , et tantôt
par
velopement de cet acide qui entre dans
la composition de toutes les huiles ; il
lui auroit été fort aisé de remarquer que
je distinguois deux instans , l'un où la
premiere de ces causes opére , et l'autre
où opére la seconde , et en ce cas il n'y
auroit pas trouvé d'obscurité.
Je ne sçais , Monsieur , ce que M. B.
croira que méritent mes nouvelles attentions ;
elles me paroissent suffisantes pour mettre
le Public en état de juger qui de nous
deux
504 MERCURE DE FRANCE
deux a raison. Quoique je sois résolu de
garder doresnavant le silence , cela ne
m'empêchera pas de faire mon profit de.
ce que M. B. pourra dire en réponse ; je
souhaiterois sur tout qu'il voulut bien
donner une explication plus simple que
la mienne des alterations que le vin cause
dans le pouls. Persuadé qu'on approche
d'autant plus de la verité, qu'on approche
de la simplicité , M. B. me doit d'avance
compter parmi ses sectateurs. Je suis &c.
A Paris , le 8. Fevrier 1731 .
Fermer
Résumé : RÉPONSE de M. Bruhier d'Albaincourt, Docteur en Medecine, à la Lettre de M. Barrés, inserrée dans le Mercure de Novembre 1730.
M. Brubier d'Ablaincourt, Docteur en Médecine, répond à une lettre de M. Barrés publiée dans le Mercure de Novembre 1730. Il exprime son respect pour M. Barrés tout en notant que la lettre de ce dernier est composée de réflexions détachées, ce qui lui permet de ne pas suivre un ordre déterminé dans sa réponse. M. Brubier reproche à M. Barrés de l'avoir accusé d'avoir appelé l'autorité à son secours, alors que M. Barrés utilise lui-même des autorités pour soutenir ses arguments. M. Barrés cite plusieurs auteurs pour affirmer que l'usage modéré de l'eau-de-vie est louable en santé et en maladie, ce que M. Brubier conteste, affirmant que cela est contraire à sa thèse. M. Brubier demande si les auteurs cités par M. Barrés parlent du vin ou de l'eau-de-vie, soulignant les différences entre les deux. Il argue que l'eau-de-vie est plus concentrée en esprits volatils que le vin, ce qui la rend nuisible. Il cite Varandaeus pour soutenir que le vin doit être tempéré et filtré pour être utile, qualités que l'eau-de-vie ne possède pas. M. Brubier discute ensuite des effets de l'eau-de-vie sur la digestion, affirmant qu'elle précipite et supprime la digestion en causant une tension spasmodique dans l'estomac. Il note que M. Barrés semble reconnaître cette nuisance en posant des problèmes sur l'usage du vin trempé. M. Brubier conclut que l'eau-de-vie est funeste, même en usage modéré, à moins qu'un contrepoison comme l'âge ou la bière n'en suspende les effets. Il rejette également l'idée que l'eau-de-vie, en tant que remède, soit innocente, citant Sydenham et M. Ziorcal pour illustrer les dangers des remèdes préparés avec l'eau-de-vie ou le vin. M. Brubier termine en affirmant qu'il est résolu à garder le silence, mais continuera à tirer profit des arguments de M. Barrés. Il souhaite que M. Barrés fournisse une explication plus simple des altérations que le vin cause dans le pouls, convaincu que la simplicité approche de la vérité.
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17
p. 1217-1221
LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans le Corps humain.
Début :
Je gémis, Monsieur, je vous l'avoüe, quand je vois dans vos Mercures tant [...]
Mots clefs :
Pierre, Vessie, Tirer, Remède, Dissolvant, Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans le Corps humain.
LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans
Le Corps humain.
E gémis , Monsieur , je vous l'avoie ,
I
de Dissertations sur les manieres diffe
rentes de tirer la Pierre de la Vessie par la
taille. N'est-il pas étonnant que dans un
L. Kolo sić
1218 MERCURE DE FRANCE
siécle aussi éclairé que le nôtre
puisse se défaire de la prévention qu'on a
on ne
en faveur des anciens Auteurs ? car c'est
cet axiome, Remedium calculi cultrum est ; le
Couteau est le Remede de la Pierre , qui
est cause qu'on employe l'Art plutôt que
de consulter la Nature pour guérir ce
mal et qu'on préfere une operation
cruelle et très - dangereuse , qui fait tous
Les jours périr tant de personnes , aux
moyens simples et naturels qui le pour
roient dissiper sans aucun danger.
Mais , dira - t - on , un corps aussi dur que;
la Pierre , ou plutôt que le Caillou qui se
forme dans le Corps humain , ne pour
roit être dissous que par un Dissolvant
des plus puissans : or ne voit- on pas que
ce Dissolvant agiroit bien plus fortement
sur les parties tendres et délicates des Vis
ceres et des Vaisseaux par où il passeroit
dans le Corps , et causeroit dans le Sang des
desordres funestes. D'ailleurs , comme ce
Corps étranger qui est dans les reins ou
dans la Vessie , n'a aucuns Vaisseaux par le
moyen desquels il communique avec le
sang comment la vertu salutaire du
Remede y pourroit- elle arriver ? Enfin
qui a t- on vû délivré par un Remede
pris interieurement d'une Pierre bien
formée & d'un gros Volume ?
ر
.
(
(
I. Vol. Pour
JUIN. 1731. 1219
Pour détruire la premiere de ces trois
objections , qui est la plus folide , il faut
encore que j'attaque un Axiome respec
table par son antiquité , sçavoir , que qui
peut le plus , peut le moins. Ne fçait -on
pas que l'eau forte qui dissout le plus dur
de tous les métaux , qui est le fer , ne peut
rien sur l'Or , qui est beaucoup plus mol,
ni même sur la Cire ; que le jus de Ci
tron qui dissout dans la main le Corail et
les perles , ne peut rien sur le Bois , ni sur
une infinité d'autres corps beaucoup plus
tendres : et que l'Eau commune , qui dis
sout fi vîte le sel , et au bout de quelque
tems le fer même , ne peut rien sur la
Cire , ni sur beaucoup d'autres choses
très-molles ?
Comme la Pierre n'est autre chofe qu'un
amas de sels , fixez par la chaleur des reins
qui , étant entrainez avec l'urine dans la
vessie , s'y assemblent , & forment un
corps par le moyen des glaires qui com
me un mastic , les lient ensemble , & de
vient dur par la chaleur de ce viscere ; il
n'est pas si difficile de trouver un Dissol
vant,ou plutôt un fondant, qui décompo
se cette espece de Caillou , puisqu'il ne
faut pour cela qu'amolir ,et réduire en li
queur ce mastic glaireux qui les tient ras
semblez : au moyen dequoi ces sels fixes
I.Vol
di
1220 MERCURE DE FRANCE
divisez et devenus libres , s'écouleront
aisément par l'uretre avec l'urine. Et puis
que l'urine n'est autre chose que la par
tie sereuse , saline et sulfureuse , séparée
du sang par la filtration qui se fait dans
les reins , il est aisé de comprendre qu'a
yant tiré du sang la qualité fondante du
Remede qu'on aura pris , elle décompo
sera aisément la Pierre qui baigne sans
cesse dans l'urine..
.
Enfin , Monsieur , pour répondre à la.
troisiéme objection et convaincre les
plus incrédules , ayez la bonté d'inviter
les personnes qui ont été délivrées de la
Pierre par des Remedes intérieurs , ou par
l'application de la Pierre divine , à en fai
re part au Public par la voye de votre
Mercure: vous verrez qu'il y ades moyens.
plus surs et plus faciles que le Couteau
pour faire sortir la Pierre du Corps hu
main..
le
Si vous voulez inviter en même-tems
ceux qui ont été guéris par des Remedes
trés-simples d'Hidropisies formées , vous
connoitrez aussi , et tout le Public par
même moyen , que la ponction n'eſt pas
nécessaire dans l'Hidropisie for née ; et
que pour perfectionner la Medecine , il
vaudrait mieux s'appliquer à étudier la
Nature , et à éprouver les qualités salu
(
128
N
N
I
L. Vol . taires
JUIN. 1731. 1221
taires de ses differentes productions , que
d'avoir recours aux Operations manuel
les , et de composer tous les jours , com
me on fait , de nouveaux sistêmes ..
Ce que j'ai l'honneur de vous proposer
interresse trop le bien public pour douter
que vous n'inseriez ma Lettre , que j'ai
Sort abregée dans le prochain Mercure..
Je suis Mon ieur , &c .
De La Loge.
Le Corps humain.
E gémis , Monsieur , je vous l'avoie ,
I
de Dissertations sur les manieres diffe
rentes de tirer la Pierre de la Vessie par la
taille. N'est-il pas étonnant que dans un
L. Kolo sić
1218 MERCURE DE FRANCE
siécle aussi éclairé que le nôtre
puisse se défaire de la prévention qu'on a
on ne
en faveur des anciens Auteurs ? car c'est
cet axiome, Remedium calculi cultrum est ; le
Couteau est le Remede de la Pierre , qui
est cause qu'on employe l'Art plutôt que
de consulter la Nature pour guérir ce
mal et qu'on préfere une operation
cruelle et très - dangereuse , qui fait tous
Les jours périr tant de personnes , aux
moyens simples et naturels qui le pour
roient dissiper sans aucun danger.
Mais , dira - t - on , un corps aussi dur que;
la Pierre , ou plutôt que le Caillou qui se
forme dans le Corps humain , ne pour
roit être dissous que par un Dissolvant
des plus puissans : or ne voit- on pas que
ce Dissolvant agiroit bien plus fortement
sur les parties tendres et délicates des Vis
ceres et des Vaisseaux par où il passeroit
dans le Corps , et causeroit dans le Sang des
desordres funestes. D'ailleurs , comme ce
Corps étranger qui est dans les reins ou
dans la Vessie , n'a aucuns Vaisseaux par le
moyen desquels il communique avec le
sang comment la vertu salutaire du
Remede y pourroit- elle arriver ? Enfin
qui a t- on vû délivré par un Remede
pris interieurement d'une Pierre bien
formée & d'un gros Volume ?
ر
.
(
(
I. Vol. Pour
JUIN. 1731. 1219
Pour détruire la premiere de ces trois
objections , qui est la plus folide , il faut
encore que j'attaque un Axiome respec
table par son antiquité , sçavoir , que qui
peut le plus , peut le moins. Ne fçait -on
pas que l'eau forte qui dissout le plus dur
de tous les métaux , qui est le fer , ne peut
rien sur l'Or , qui est beaucoup plus mol,
ni même sur la Cire ; que le jus de Ci
tron qui dissout dans la main le Corail et
les perles , ne peut rien sur le Bois , ni sur
une infinité d'autres corps beaucoup plus
tendres : et que l'Eau commune , qui dis
sout fi vîte le sel , et au bout de quelque
tems le fer même , ne peut rien sur la
Cire , ni sur beaucoup d'autres choses
très-molles ?
Comme la Pierre n'est autre chofe qu'un
amas de sels , fixez par la chaleur des reins
qui , étant entrainez avec l'urine dans la
vessie , s'y assemblent , & forment un
corps par le moyen des glaires qui com
me un mastic , les lient ensemble , & de
vient dur par la chaleur de ce viscere ; il
n'est pas si difficile de trouver un Dissol
vant,ou plutôt un fondant, qui décompo
se cette espece de Caillou , puisqu'il ne
faut pour cela qu'amolir ,et réduire en li
queur ce mastic glaireux qui les tient ras
semblez : au moyen dequoi ces sels fixes
I.Vol
di
1220 MERCURE DE FRANCE
divisez et devenus libres , s'écouleront
aisément par l'uretre avec l'urine. Et puis
que l'urine n'est autre chose que la par
tie sereuse , saline et sulfureuse , séparée
du sang par la filtration qui se fait dans
les reins , il est aisé de comprendre qu'a
yant tiré du sang la qualité fondante du
Remede qu'on aura pris , elle décompo
sera aisément la Pierre qui baigne sans
cesse dans l'urine..
.
Enfin , Monsieur , pour répondre à la.
troisiéme objection et convaincre les
plus incrédules , ayez la bonté d'inviter
les personnes qui ont été délivrées de la
Pierre par des Remedes intérieurs , ou par
l'application de la Pierre divine , à en fai
re part au Public par la voye de votre
Mercure: vous verrez qu'il y ades moyens.
plus surs et plus faciles que le Couteau
pour faire sortir la Pierre du Corps hu
main..
le
Si vous voulez inviter en même-tems
ceux qui ont été guéris par des Remedes
trés-simples d'Hidropisies formées , vous
connoitrez aussi , et tout le Public par
même moyen , que la ponction n'eſt pas
nécessaire dans l'Hidropisie for née ; et
que pour perfectionner la Medecine , il
vaudrait mieux s'appliquer à étudier la
Nature , et à éprouver les qualités salu
(
128
N
N
I
L. Vol . taires
JUIN. 1731. 1221
taires de ses differentes productions , que
d'avoir recours aux Operations manuel
les , et de composer tous les jours , com
me on fait , de nouveaux sistêmes ..
Ce que j'ai l'honneur de vous proposer
interresse trop le bien public pour douter
que vous n'inseriez ma Lettre , que j'ai
Sort abregée dans le prochain Mercure..
Je suis Mon ieur , &c .
De La Loge.
Fermer
Résumé : LETTRE sur la Pierre qui s'engendre dans le Corps humain.
L'auteur d'une lettre discute des méthodes de traitement des calculs rénaux, exprimant son étonnement face à la persistance des préventions en faveur des anciens auteurs, notamment l'axiome 'Remedium calculi cultrum est' (le couteau est le remède de la pierre). Cette croyance privilégie des opérations chirurgicales dangereuses plutôt que des moyens naturels et simples pour dissoudre les calculs. L'auteur conteste l'idée que les dissolvants puissants nécessaires pour dissoudre les calculs endommageraient les parties tendres du corps. Il argue que des substances comme l'eau-forte, le jus de citron ou l'eau commune dissolvent certains matériaux mais pas d'autres, démontrant ainsi que des dissolvants spécifiques peuvent être trouvés pour les calculs rénaux sans nuire aux tissus environnants. Les calculs rénaux sont décrits comme des amas de sels fixés par la chaleur des reins et liés par des glaires. Un dissolvant approprié pourrait amollir ces glaires, permettant aux sels de se dissoudre et de s'écouler avec l'urine. L'auteur suggère que des remèdes pris intérieurement ou l'application de la 'Pierre divine' peuvent être efficaces. Enfin, l'auteur invite à publier des témoignages de personnes guéries par des remèdes intérieurs ou simples pour convaincre les sceptiques et promouvoir une médecine plus naturelle et moins invasive. Il espère que sa lettre sera publiée pour le bien public.
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18
p. 1622-1625
LETTRE écrite de Senlis, le premier Juillet 1731. sur un Fait singulier.
Début :
Je vous ai promis, Monsieur, de vous faire sçavoir ce qu'il y aurait de nouveau [...]
Mots clefs :
Sonneur de l'église cathédrale, Grand Clocher, Échelles, Coq, Remède, Dents, chirurgien d'armée
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Senlis, le premier Juillet 1731. sur un Fait singulier.
LETTRE écrite de Senlis , le premier
Juillet 173: 1 . sur un Fait singulier.
E vous ai promis , Monsieur , de vous
faire sçavoir ce qu'il y auroit de nou
veau dans cette Ville. Voici de quoi vous
divertir. Hier sur les onze heures du ma
tin , un nommé Moruë, fils d'un Couvreur
de Baron , jeune homme de vingt ans
et des pieds de hauteur environ , vint
prier le Sonneur de l'Eglise Cathédrale ,
de lui ouvrir la porte du grand Clocher
荆
II. Vol
celui
JUIN. 1731. 1623
eclui- cy , qui lui ouvrit , ne le put suivre
que de loin , à cause de la grande vitesse:
avec laquelle il monta . Parvenu à l'extré
mité de l'escalier , qui ne va tout au plus
qu'aux deux tiers du Clocher , il fut bien
surpris de ne plus voir celui qui l'avoit
précedé ; il l'appelle , il pâlit ; revenu un
peu de sa frayeur , il regarde par une
fenêtre , il voit dans la Place une grande
quantité de personnes qui lui paroissent
interdites et étonnées ; croyant à cette vûë
que cet inconnu s'étoit précipité , il des
cend avec d'autant plus d'affliction qu'il
craignoit qu'on ne l'accusât d'en avoir été
la cause. Mais qui peut se l'imaginer ! il
avoit sauté par la fenêtre sur une saillie:
voisine,etil grimpoit en dehors jusqu'à ce
qu'il parvint au Coq , et cela avec une
grande facilité , sans échelle et sans corde..
Ce témeraire remuoit la jambe , par bra
voure et chantoit en montant sur chaque
Corniche ou avance de pierre . Enfin quand
il fut à l'extrémité où il y a une pomme
de cuivre qui doit avoir 3. ou 4 pieds de
diamétre et qui est élevée environ 6. pieds.
au- dessus de la derniere Corniche sur la
quelle il étoit posé , il fut obligé de se
renverser en arriere pour attraper la bor
dure de la pomme et par un grand effort
qu'on lui vit faire , il y plaça un genou
et sauta dessus ..
1624 MERCURE DE FRANCE
1
C'est là que cet homme qui ne paroissoit
qu'un Pygmée, tant ce Clocher est élevé, fit
voir son adroite témerité ; il prit la Croix
de fer d'une main , et s'efforçant de l'au
tre d'en tirer le Coq , il n'y peut réüssir
qu'en faisant un saut pour y atteindre
au moyen duquel il le prit. Après avoir
fait sur ce Theatre plusieurs folies , il en
descendit son Coq à la main . Quand il
fut à la moitié de ce chemin étroit , fatigué
sans doute du fardeau qu'on dit peser 25.
livres , il mit un pied sur une Corniche
et un pied sur une autre , les jambes très
écartées , sa proye dans une main et de
l'autre tirant ses jaretieres , il lia ce Coq , le
mit sur son dos en forme de Carquois , et
descendit en cet état. Les Chanoines le fi-.
rent aussi-tôt enfermer dans la chambre du
Sonneur , de crainte qu'il ne s'enfuit , et
qu'on ne fût obligé de faire des dépenses
considerables pour les échafauds , les échel
les , &c. dont on seroit obligé de se ser
vir , dans le doute aussi qu'on pût trouver
un homme dans le Pays qui voulût mon
ter , puisque nos Couvreurs , nos Maçons.
et nos Charpentiers , ne sont point d'hu
meur à risquer ce voyage , même avec des
précautions. Tout le monde courut en fou
Je voir le Coq , moi- même je l'ai tenu et
mesuré , il a trois pieds un pouce depuis
1
II. Vol. l'ex
JUIN. 1731. 1625
l'extrémité de la tête jusqu'au bout de la
queue. Sur les 4. heures tout Senlis regar
dant son Clocher , vit remonter cet im
prudent avec une celerité admirable , il ne
fut pas une heure à faire son second
Voyage. Vous connoissez la grande éleva
tion de notre Clocher , on a toûjours crû
jusqu'à present qu'il étoit impossible au
plus agile des chats d'y grimper . Je ne
reviens point de ce que j'ai vû ; et ce qu'on
admire encore, c'est qu'il n'y eut ni gageu
re , ni espoir de gain dans cette entreprise;
et cette action à part , ce jeune homme ne
passe pas pour fou. Si quelqu'un doute
de ce que je vous écris , il sera aisé de le
convaincre , s'il veut venir jusqu'à Senlis
il verra par le moyen d'une Lunette d'ap
proche , un ruban que ce Grimpeur atta
cha au Coq , mais qu'on ne sçauroit voir
sans ce secours.
Le sicur Dugeron , ancien Chirurgien d'Ar
mée , continuë de donner avis qu'il a fait la dé
couverte du Remede sans gout qui préserve les
dents de se gâter et de tomber ; ceux qui en font
P'usage s'en trouvent bien . Il donne la maniere
facile de s'en servir , et mer son nom et le
prix sur les Boëtes ; il y en a de deux , de trois
et quatre livres . Sa demeure , avec Tableau , est
à Paris , ruë Comtesse d'Artois , au Dauphin ,
proche la Comedie Italienne.
Juillet 173: 1 . sur un Fait singulier.
E vous ai promis , Monsieur , de vous
faire sçavoir ce qu'il y auroit de nou
veau dans cette Ville. Voici de quoi vous
divertir. Hier sur les onze heures du ma
tin , un nommé Moruë, fils d'un Couvreur
de Baron , jeune homme de vingt ans
et des pieds de hauteur environ , vint
prier le Sonneur de l'Eglise Cathédrale ,
de lui ouvrir la porte du grand Clocher
荆
II. Vol
celui
JUIN. 1731. 1623
eclui- cy , qui lui ouvrit , ne le put suivre
que de loin , à cause de la grande vitesse:
avec laquelle il monta . Parvenu à l'extré
mité de l'escalier , qui ne va tout au plus
qu'aux deux tiers du Clocher , il fut bien
surpris de ne plus voir celui qui l'avoit
précedé ; il l'appelle , il pâlit ; revenu un
peu de sa frayeur , il regarde par une
fenêtre , il voit dans la Place une grande
quantité de personnes qui lui paroissent
interdites et étonnées ; croyant à cette vûë
que cet inconnu s'étoit précipité , il des
cend avec d'autant plus d'affliction qu'il
craignoit qu'on ne l'accusât d'en avoir été
la cause. Mais qui peut se l'imaginer ! il
avoit sauté par la fenêtre sur une saillie:
voisine,etil grimpoit en dehors jusqu'à ce
qu'il parvint au Coq , et cela avec une
grande facilité , sans échelle et sans corde..
Ce témeraire remuoit la jambe , par bra
voure et chantoit en montant sur chaque
Corniche ou avance de pierre . Enfin quand
il fut à l'extrémité où il y a une pomme
de cuivre qui doit avoir 3. ou 4 pieds de
diamétre et qui est élevée environ 6. pieds.
au- dessus de la derniere Corniche sur la
quelle il étoit posé , il fut obligé de se
renverser en arriere pour attraper la bor
dure de la pomme et par un grand effort
qu'on lui vit faire , il y plaça un genou
et sauta dessus ..
1624 MERCURE DE FRANCE
1
C'est là que cet homme qui ne paroissoit
qu'un Pygmée, tant ce Clocher est élevé, fit
voir son adroite témerité ; il prit la Croix
de fer d'une main , et s'efforçant de l'au
tre d'en tirer le Coq , il n'y peut réüssir
qu'en faisant un saut pour y atteindre
au moyen duquel il le prit. Après avoir
fait sur ce Theatre plusieurs folies , il en
descendit son Coq à la main . Quand il
fut à la moitié de ce chemin étroit , fatigué
sans doute du fardeau qu'on dit peser 25.
livres , il mit un pied sur une Corniche
et un pied sur une autre , les jambes très
écartées , sa proye dans une main et de
l'autre tirant ses jaretieres , il lia ce Coq , le
mit sur son dos en forme de Carquois , et
descendit en cet état. Les Chanoines le fi-.
rent aussi-tôt enfermer dans la chambre du
Sonneur , de crainte qu'il ne s'enfuit , et
qu'on ne fût obligé de faire des dépenses
considerables pour les échafauds , les échel
les , &c. dont on seroit obligé de se ser
vir , dans le doute aussi qu'on pût trouver
un homme dans le Pays qui voulût mon
ter , puisque nos Couvreurs , nos Maçons.
et nos Charpentiers , ne sont point d'hu
meur à risquer ce voyage , même avec des
précautions. Tout le monde courut en fou
Je voir le Coq , moi- même je l'ai tenu et
mesuré , il a trois pieds un pouce depuis
1
II. Vol. l'ex
JUIN. 1731. 1625
l'extrémité de la tête jusqu'au bout de la
queue. Sur les 4. heures tout Senlis regar
dant son Clocher , vit remonter cet im
prudent avec une celerité admirable , il ne
fut pas une heure à faire son second
Voyage. Vous connoissez la grande éleva
tion de notre Clocher , on a toûjours crû
jusqu'à present qu'il étoit impossible au
plus agile des chats d'y grimper . Je ne
reviens point de ce que j'ai vû ; et ce qu'on
admire encore, c'est qu'il n'y eut ni gageu
re , ni espoir de gain dans cette entreprise;
et cette action à part , ce jeune homme ne
passe pas pour fou. Si quelqu'un doute
de ce que je vous écris , il sera aisé de le
convaincre , s'il veut venir jusqu'à Senlis
il verra par le moyen d'une Lunette d'ap
proche , un ruban que ce Grimpeur atta
cha au Coq , mais qu'on ne sçauroit voir
sans ce secours.
Le sicur Dugeron , ancien Chirurgien d'Ar
mée , continuë de donner avis qu'il a fait la dé
couverte du Remede sans gout qui préserve les
dents de se gâter et de tomber ; ceux qui en font
P'usage s'en trouvent bien . Il donne la maniere
facile de s'en servir , et mer son nom et le
prix sur les Boëtes ; il y en a de deux , de trois
et quatre livres . Sa demeure , avec Tableau , est
à Paris , ruë Comtesse d'Artois , au Dauphin ,
proche la Comedie Italienne.
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Résumé : LETTRE écrite de Senlis, le premier Juillet 1731. sur un Fait singulier.
Le 1er juillet 1731, un jeune homme de vingt ans nommé Moruë réalisa un exploit remarquable en grimpant le clocher de la cathédrale de Senlis sans utiliser d'échelle ni de corde. Le sonneur de l'église, impressionné par sa vitesse, le perdit de vue et pensa qu'il s'était précipité dans le vide. En réalité, Moruë avait sauté sur une saillie et continué son ascension jusqu'au sommet, où il parvint à saisir un coq en cuivre. Il redescendit ensuite avec le coq, qu'il attacha sur son dos. Les chanoines l'enfermèrent pour éviter des dépenses de réparation. Plus tard dans la journée, Moruë remonta le clocher avec la même célérité, stupéfiant les habitants de Senlis qui ne croyaient pas une telle ascension possible. Le coq, mesuré à trois pieds et un pouce, portait un ruban attaché par le grimpeur, visible à la lunette. Par ailleurs, le sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, annonça à Paris la découverte d'un remède contre les maux de dents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 1714-1718
REPONSE à la Lettre sur la Pierre : Remede pour la dissoudre &c.
Début :
J'ay lû, Monsieur, dans le premier volume de vôtre Mercure du mois de [...]
Mots clefs :
Pierre, Remède, Dissolution, Prévention, Couteau, Vessie, Urines, Estomac, Arboriste, Opération de la taille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE à la Lettre sur la Pierre : Remede pour la dissoudre &c.
REPONSE à la Lettre sur la Pierre :
Remede pour la dissoudre &c.
là ,
,
dans le premier volume de vôtre Mercure du mois de
Juin dernier une Lettre , sur la Pierre qui
s'engendre dans le Corps humain , l'Auteur
s'y récrie sur la prévention qu'on a en
faveur des Anciens qui ont prétendu que
le seul rémede de la Pierre , est le Couteau's
de
JUILLET. 1731. 1715
de sorte que jusqu'à present on s'est tellement
laissé persuader de l'impossibil.té
de guerir ce mal sans le secours de l'Art ,
qu'on a négligé de chercher dans la natur
quelquesfondans qui puissent dissoudre
la Pierre sans s'exposer à des Operations
cruelles et très perilleuses ; ce même
Auteur a prevû et suppo é les objections
qui pouvoient se faire contre ces
fondants ; il a refuté et détruit les
objections par des raisons solides , et par
des comparaisons d'autant plus simples ,
qu'elles sont naturelles. Il finit en vous
priant , Monsieur , d'inviter ceux qui
ont été delivrés de la Pierre par ce dernier
moyen , d'en faire part au Public
pour convaincre les incrédules.
Pour appuyer le sentiment de l'Auteur
de cette Lettre , je me suis déterminé à
vous assurer par celle-cy , que je suis convaincu
par moi - même et par les experiences
fréquentes que j'en ai vûës , qu'il
y a des remedes si puissants et si infaillibles
pour amollir et dissoudre la Pierre
dans la vessie , qu'ils la font entierement
couler par l'uretre avec les urines , de
maniere qu'il n'en reste pas le moindre
vestige , et bien loin que ce fondant
agisse sur les autres parties , par où il se
porte sur le corps dur et solide de la pier71
MERCURE DE FRANCE
re, et qu'il y fasse la moindre impression ,
( ce qui se feroit sentir par quelques douleurs
de reins et par des chaleurs internes
) , tout au contraire , le Malade sent
un rafraîchissement intérieur qui le soulage
d'abord et calme les douleurs , tant
il est certain que ce fondant n'a de vertu
ni de force que sur la Pierre de cette especc.
Ce n'est pas là la seule vertu de ce
remede , qui est en trés - petit volume
sans dégoût , et trés facile à prendre ;
il purifie en même tems la masse du sang
dégage l'estomach , le fortifie , empêche
la fièvre , et pendant toute l'Operation
le Malade se porte bien , dort d'un sommeil
tranquille , se trouve de l'appetit ,
et peut le satisfaire , puisqu'il n'est obligé
à aucun régime ni genre de vie particuliere
; ce n'est pas ici le cas de dire que
qui prouve trop ne prouve rien , parce
que l'experience fait cesser tous les raisonnements
; on pourroit citer une infinité
de ces expériences , mais on se contentera
des deux plus récentes , parcequ'elles
sont actuellement sous les yeux
du Public .
La premiere de ces deux dernieres est
celle de Me . Hebert , Arboriste , ruë des
Arcis , chez Madame Picard , Lingere.
Elle souffroit depuis dix ans , elle avoit
été
JUILLET. 1731 1717
été sondée deux fois même par les Chirurgiens
de l'Hôtel - Dieu , et l'on jugea la
Pierre extrêmement grosse ; la situation
de cette femme étoit si cruelle , qu'elle ne
pouvoit rester de bout , assise , ni couchée
, elle étoit obligé de se tenir continuellement
sur les genoux et sur les coudes
, elle ne rendoit que quelques gouttes
d'urine de temps à autre avec des douleurs
insupportables qu'elle étoit enfin
résoluë de risquer l'Operation de laTaille ,
lorsqu'elle fit la découverte du remede
dont il s'agit ; la personne qui en a le se
cret ne pût le refuser aux instances et aux
empressements de ceux qu'elle envoya
pour en demander. Dès le moment que
Îa Malade en eût pris , elle sentit du soulagement
, elle dormit , ce qu'elle n'avoit
pas fait depuis très long-temps , elle mangea
, et enfin pour éviter un long détail
qu'on peut apprendre d'elle et de ses
voisins , elle a rendu toute sa Pierre avec
ses urines , elle est àpresent dans une santé
parfaite.
La derniere expérience est celle de
M. Tardieu , Graveur , rue S. Jacques ,
à S. Bernard , proche S. Yves.
Il étoit dans un état à peu prés aussi
miserable que la Dame Hebert. Il a également
rendu la Pierre dont il étoit incom1718
MERCURE DE FRANCE
commodé , il en a gardé de même les sables
, et les graviers : ce ne sont pas des personnes
supposées , elles sont connues de
tout Paris , et ne pourront se réfuser à la
verité.
Voilà des exemples assés authentiques
pour authoriser l'opinion , et prouver la
justesse du raisonnement de l'Auteur de
la précedente Lettre ; j'ay crû ne pouvoir
me dispenser d'en faire part au Public
de par la voye vôtre Mercure , où j'espere
que vous aurés la bonté d'inserer ce
que j'ay l'honneur de vous écrire. Je
suis & c .
Remede pour la dissoudre &c.
là ,
,
dans le premier volume de vôtre Mercure du mois de
Juin dernier une Lettre , sur la Pierre qui
s'engendre dans le Corps humain , l'Auteur
s'y récrie sur la prévention qu'on a en
faveur des Anciens qui ont prétendu que
le seul rémede de la Pierre , est le Couteau's
de
JUILLET. 1731. 1715
de sorte que jusqu'à present on s'est tellement
laissé persuader de l'impossibil.té
de guerir ce mal sans le secours de l'Art ,
qu'on a négligé de chercher dans la natur
quelquesfondans qui puissent dissoudre
la Pierre sans s'exposer à des Operations
cruelles et très perilleuses ; ce même
Auteur a prevû et suppo é les objections
qui pouvoient se faire contre ces
fondants ; il a refuté et détruit les
objections par des raisons solides , et par
des comparaisons d'autant plus simples ,
qu'elles sont naturelles. Il finit en vous
priant , Monsieur , d'inviter ceux qui
ont été delivrés de la Pierre par ce dernier
moyen , d'en faire part au Public
pour convaincre les incrédules.
Pour appuyer le sentiment de l'Auteur
de cette Lettre , je me suis déterminé à
vous assurer par celle-cy , que je suis convaincu
par moi - même et par les experiences
fréquentes que j'en ai vûës , qu'il
y a des remedes si puissants et si infaillibles
pour amollir et dissoudre la Pierre
dans la vessie , qu'ils la font entierement
couler par l'uretre avec les urines , de
maniere qu'il n'en reste pas le moindre
vestige , et bien loin que ce fondant
agisse sur les autres parties , par où il se
porte sur le corps dur et solide de la pier71
MERCURE DE FRANCE
re, et qu'il y fasse la moindre impression ,
( ce qui se feroit sentir par quelques douleurs
de reins et par des chaleurs internes
) , tout au contraire , le Malade sent
un rafraîchissement intérieur qui le soulage
d'abord et calme les douleurs , tant
il est certain que ce fondant n'a de vertu
ni de force que sur la Pierre de cette especc.
Ce n'est pas là la seule vertu de ce
remede , qui est en trés - petit volume
sans dégoût , et trés facile à prendre ;
il purifie en même tems la masse du sang
dégage l'estomach , le fortifie , empêche
la fièvre , et pendant toute l'Operation
le Malade se porte bien , dort d'un sommeil
tranquille , se trouve de l'appetit ,
et peut le satisfaire , puisqu'il n'est obligé
à aucun régime ni genre de vie particuliere
; ce n'est pas ici le cas de dire que
qui prouve trop ne prouve rien , parce
que l'experience fait cesser tous les raisonnements
; on pourroit citer une infinité
de ces expériences , mais on se contentera
des deux plus récentes , parcequ'elles
sont actuellement sous les yeux
du Public .
La premiere de ces deux dernieres est
celle de Me . Hebert , Arboriste , ruë des
Arcis , chez Madame Picard , Lingere.
Elle souffroit depuis dix ans , elle avoit
été
JUILLET. 1731 1717
été sondée deux fois même par les Chirurgiens
de l'Hôtel - Dieu , et l'on jugea la
Pierre extrêmement grosse ; la situation
de cette femme étoit si cruelle , qu'elle ne
pouvoit rester de bout , assise , ni couchée
, elle étoit obligé de se tenir continuellement
sur les genoux et sur les coudes
, elle ne rendoit que quelques gouttes
d'urine de temps à autre avec des douleurs
insupportables qu'elle étoit enfin
résoluë de risquer l'Operation de laTaille ,
lorsqu'elle fit la découverte du remede
dont il s'agit ; la personne qui en a le se
cret ne pût le refuser aux instances et aux
empressements de ceux qu'elle envoya
pour en demander. Dès le moment que
Îa Malade en eût pris , elle sentit du soulagement
, elle dormit , ce qu'elle n'avoit
pas fait depuis très long-temps , elle mangea
, et enfin pour éviter un long détail
qu'on peut apprendre d'elle et de ses
voisins , elle a rendu toute sa Pierre avec
ses urines , elle est àpresent dans une santé
parfaite.
La derniere expérience est celle de
M. Tardieu , Graveur , rue S. Jacques ,
à S. Bernard , proche S. Yves.
Il étoit dans un état à peu prés aussi
miserable que la Dame Hebert. Il a également
rendu la Pierre dont il étoit incom1718
MERCURE DE FRANCE
commodé , il en a gardé de même les sables
, et les graviers : ce ne sont pas des personnes
supposées , elles sont connues de
tout Paris , et ne pourront se réfuser à la
verité.
Voilà des exemples assés authentiques
pour authoriser l'opinion , et prouver la
justesse du raisonnement de l'Auteur de
la précedente Lettre ; j'ay crû ne pouvoir
me dispenser d'en faire part au Public
de par la voye vôtre Mercure , où j'espere
que vous aurés la bonté d'inserer ce
que j'ay l'honneur de vous écrire. Je
suis & c .
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Résumé : REPONSE à la Lettre sur la Pierre : Remede pour la dissoudre &c.
Le texte est une réponse à une lettre précédente publiée dans le Mercure de France, traitant du traitement de la pierre (calcul) dans le corps humain. L'auteur conteste l'idée que la chirurgie est la seule solution pour dissoudre la pierre, comme le prétendaient les Anciens. Il affirme qu'il existe des remèdes capables de dissoudre la pierre sans recourir à des opérations cruelles. Ces remèdes agissent spécifiquement sur la pierre sans affecter les autres parties du corps, apportant un soulagement immédiat et calmant les douleurs. L'auteur mentionne deux expériences récentes et authentiques pour appuyer ses propos. La première concerne Madame Hebert, une arboriste souffrant depuis dix ans, qui a trouvé un soulagement après avoir pris le remède. La seconde expérience concerne Monsieur Tardieu, un graveur, qui a également été guéri. Ces deux cas sont bien connus à Paris et peuvent être vérifiés par le public. L'auteur conclut en espérant que le Mercure de France publiera cette lettre pour informer le public de l'efficacité de ce remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 2394-2396
LETTRE écrite de Nîmes, le 20 Aoust 1731. au sujet d'un Remede qui dissout la Pierre.
Début :
On a vû, Monfieur, avec plaisir dans votre Mercure de Juillet dernier, une Lettre qui [...]
Mots clefs :
Remède, Pierre, Libérateur, Charité, Sauveur, Générosité chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Nîmes, le 20 Aoust 1731. au sujet d'un Remede qui dissout la Pierre.
N-a vu , Monfieur , avec plaifir dans votre
Mercure deJuillet dernier , une Lettre qui
confirme la verité du remede qui sert à dissoudre
la Pierre dans les Reins . Cette confirmation eft
tres -agréable au public et aux personnes interessées;
mais elle le seroit bien davantage,si on avoit
bien voulu manifester la composition de ce remede;
car que sert-il d'être assuré qu'il y en a un,
si l'on ne sçait point en quoi il consiste : Il paroît
OCTOBRE. 173. 2395
ne
roit que celui qui en possede le secret , ne veut
point le découvrir , et qu'il ne le distribuë qu'à
ceux qui ont le bonheur d'être de ses amis ou
qui peuvent le récompenser dignement ; quoiqu'il
en soit des motifs qu'il peut avoir ,
seroit - il pas plus honorable pour lui , de
livrer au public un remede qui lui procureroit
la gloire d'être comme le Liberateur du genre
humain, en affranchissant une infinité de malheureux
des douleurs piquantes et insupportables
qu'ils ressentens ? Quelle consolation pour lui ,
d'imiter la charité et la compassion du Sauveur
même , qui n'avoit point de plus grand plaisir que
de soulager et de guérir des malades . Toutes les
personnes affligées de ce mal ; lui donneroient
mille louanges et mille benedictions. Pour moi
je vous l'avouë , si j'étois à sa place , je serois incapable
de refuser au public un remede si salutaire
, et je renoncerois de bon coeur pour cela
à toutes les esperances de la fortune . Quel plus
grand mérite ponr un honnête homnie , et sur
tout pour un Chrétien , que de rendre la santé à
ses semblables ? Mérite également loüable et devant
Dieu et devant les hommes.
Il est vrai que la communication de ce remede
auroit des suites , et que plusieurs Opérateurs
tres - habiles perdroient par ce moyen toute leur
pratique ; mais faudroit- il que cette pratique se
soutint aux dépens de tant de malheureux , exposez
à leurs cruelles opérations ; et la générosi
té chrétienne ne devroit - elle pas inspirer à celui
qui est le dépositaire de ce remede , de finir tous
les tourmens , toutes les inquiétudes , tous les perils
, dont ces infortunez malades sont menacez ?
Voilà , Monsieur , les sentimens que la lettre de
votre dernier Mercure m'a inſpirez . J'ai crû , ent
Fiiij lisan
219K MERCURE DE FRANCE
.
lifant le titre de cette Lettre, que j'y trouverois ce
remede si désiré mais on nous a laissé sur la
bonne bouché , et tout le monde a le déplaisir de
se voir frustré de son attente. Car on voit bien
qu'il est impossible aux personnes interessées de
trouver par elles -mêmes la composition de ce
remede. Si vous voulez inserer cette Lettre dans
votre Mercure, peut - être serviroit - elle à toucher
de compassion et de charité le Possesseur de ce
remede. C'est ce que j'ose me promettre , et de
votre politesse et du soin que vous avez de procurer
en toutes occasions le bien public . Je suis ,
&c.
Mercure deJuillet dernier , une Lettre qui
confirme la verité du remede qui sert à dissoudre
la Pierre dans les Reins . Cette confirmation eft
tres -agréable au public et aux personnes interessées;
mais elle le seroit bien davantage,si on avoit
bien voulu manifester la composition de ce remede;
car que sert-il d'être assuré qu'il y en a un,
si l'on ne sçait point en quoi il consiste : Il paroît
OCTOBRE. 173. 2395
ne
roit que celui qui en possede le secret , ne veut
point le découvrir , et qu'il ne le distribuë qu'à
ceux qui ont le bonheur d'être de ses amis ou
qui peuvent le récompenser dignement ; quoiqu'il
en soit des motifs qu'il peut avoir ,
seroit - il pas plus honorable pour lui , de
livrer au public un remede qui lui procureroit
la gloire d'être comme le Liberateur du genre
humain, en affranchissant une infinité de malheureux
des douleurs piquantes et insupportables
qu'ils ressentens ? Quelle consolation pour lui ,
d'imiter la charité et la compassion du Sauveur
même , qui n'avoit point de plus grand plaisir que
de soulager et de guérir des malades . Toutes les
personnes affligées de ce mal ; lui donneroient
mille louanges et mille benedictions. Pour moi
je vous l'avouë , si j'étois à sa place , je serois incapable
de refuser au public un remede si salutaire
, et je renoncerois de bon coeur pour cela
à toutes les esperances de la fortune . Quel plus
grand mérite ponr un honnête homnie , et sur
tout pour un Chrétien , que de rendre la santé à
ses semblables ? Mérite également loüable et devant
Dieu et devant les hommes.
Il est vrai que la communication de ce remede
auroit des suites , et que plusieurs Opérateurs
tres - habiles perdroient par ce moyen toute leur
pratique ; mais faudroit- il que cette pratique se
soutint aux dépens de tant de malheureux , exposez
à leurs cruelles opérations ; et la générosi
té chrétienne ne devroit - elle pas inspirer à celui
qui est le dépositaire de ce remede , de finir tous
les tourmens , toutes les inquiétudes , tous les perils
, dont ces infortunez malades sont menacez ?
Voilà , Monsieur , les sentimens que la lettre de
votre dernier Mercure m'a inſpirez . J'ai crû , ent
Fiiij lisan
219K MERCURE DE FRANCE
.
lifant le titre de cette Lettre, que j'y trouverois ce
remede si désiré mais on nous a laissé sur la
bonne bouché , et tout le monde a le déplaisir de
se voir frustré de son attente. Car on voit bien
qu'il est impossible aux personnes interessées de
trouver par elles -mêmes la composition de ce
remede. Si vous voulez inserer cette Lettre dans
votre Mercure, peut - être serviroit - elle à toucher
de compassion et de charité le Possesseur de ce
remede. C'est ce que j'ose me promettre , et de
votre politesse et du soin que vous avez de procurer
en toutes occasions le bien public . Je suis ,
&c.
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Résumé : LETTRE écrite de Nîmes, le 20 Aoust 1731. au sujet d'un Remede qui dissout la Pierre.
L'auteur d'une lettre adressée à un éditeur exprime sa satisfaction de voir confirmée l'efficacité d'un remède contre la pierre dans les reins dans le Mercure de Juillet. Il regrette cependant que la composition de ce remède ne soit pas révélée. L'auteur suggère que le détenteur du secret pourrait gagner en gloire et en bénédictions en partageant ce remède, soulageant ainsi de nombreuses personnes souffrant de douleurs insupportables. Il compare cette action à la charité et la compassion du Sauveur, soulignant le mérite d'un chrétien qui rend la santé à ses semblables. L'auteur reconnaît que la divulgation du remède pourrait nuire à certains opérateurs, mais insiste sur l'importance de la générosité chrétienne pour mettre fin aux souffrances des malades. La lettre se termine par l'espoir que cette missive touchera le détenteur du remède et l'incitera à le partager, exprimant la confiance en la politesse et le souci du bien public de l'éditeur.
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21
p. 2681-2683
BOUQUET A M. **
Début :
CHER ** de ** votre digne Patron, [...]
Mots clefs :
Ami, Amant, Sincère, Épilepsie, Almanach du mariage, Apothicaire ordinaire du roi, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET A M. **
BOUQUET
A M. **
CHER HER ** de ** votre digne Patron ,
Quand la Fête se renouvelle ,
Aux Mortels qui portent son nom
L'on donne des Bouquets de plus d'une façon . ;
Par l'offre d'une bagatelle.
L'Ami donne à l'Ami des preuves de sou zele ;
L'Amant donne à sa Belle un concert , ou des
fleurs ;
La Belle à son Amant d'innocentes faveurs ;
Dans un Poëme peu sincere ,
Les uns donnent aux Grands un encens mercenaire
,
Et mentant pour faire leur cour ;
Les autres ne pouvant mieux faire ,
A tous leurs Protecteurs vont donner le bon
jour :
Ainsi , par quelque don il faut bien à mon tour
Qu'auprès de vous ** je me tire d'affaire ;
Et comme je prétends aux yeux de l'Univers
Témoigner à quel point votre amitié m'est
chere
I v Je
12682 MERCURE DE FRANCE
Je vous donne ; Eh quoy rien , je vous donne
ces Vers.
COCQUARD.
- །
Le Sr. Lescure , Chirurgien des Gardes du
Corps de la Reine Douairiere d'Espagne , continue
de distribuer par Privilege et Permission
du Roy , un sel specifique pour la guérison de
l'Epilepsie , cu mal caduc , vapeurs simples , con--
vulsives et histeriques , et generalement pour
toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux
il donne la maniere de se servir de son
remede , qui opere avec beaucoup de douceur ,
et est très -facile à prendre. Ceux qui lui écriront
des Provinces , auront soin de franchir le Port .
* Le Sieur Lescure demeure rue du jour , à l'lmage
Saint Louis , vis - à - vis le graud Portail
S. Eustache , à Parss.
L'Almanach du Mariage pour l'Année 1732 .
se vend chez Guillaume et Gandouin le jeune ,
au coin du Pont S. Michel.
9
Le Sieur Giraudein , Apoticaire ordinaire du
Roy , rue S. Louis au Marais , donne avis qu'il
un remede pour guérir les cancers accidentels,
c'est-à-dire , ceux qui sont occasionnez par un
coup , ou autrement sans lui appliquer aucune
chose dessus. Il est , dit- il , sûr de son remede
et lorsqu'on ne guérira pas , il ne demandera
rien Ce remede est fort aisé à prendre , sans
qu'on soit obligé de garder la chambre. Il empêche
le progrès et les accidens qui pourroient
arriver. Le Sr. Giraudein prouve ce qu'il avance
par ce Certificat , datté de Paris du mois d'Octobre
NOVEMBRE. 1731. 2683
a
tobre 1715. et signé Mauroy , Officier du Roy.
Je certifie veritable , que le Sr. Giraudein a
guéri mon Epouse d'un Cancer accidentel trèsinveteré
et d'une grosseur considerable , ayant
deux pointes entourées d'une inflammation prête
percer , avec des douleurs trés- vives , ne pouvant
pas souffrir même le drap sur son sein la
nuit. J'eus recours au Sieur Giraudein
à
"
" qui lui a donné son remede
, et elle n'en eût pas pris
huit jours que les douleurs
finirent
, et s'aida de
son bras qui étoit impotent
. Le Cancer
se fendit
sans qu'il lui aye rien appliqué
dessus , et
n'ayant
pas gardé la chambre
un moment
. En foy de quoy je lui ai donné le present
Certificat.
A M. **
CHER HER ** de ** votre digne Patron ,
Quand la Fête se renouvelle ,
Aux Mortels qui portent son nom
L'on donne des Bouquets de plus d'une façon . ;
Par l'offre d'une bagatelle.
L'Ami donne à l'Ami des preuves de sou zele ;
L'Amant donne à sa Belle un concert , ou des
fleurs ;
La Belle à son Amant d'innocentes faveurs ;
Dans un Poëme peu sincere ,
Les uns donnent aux Grands un encens mercenaire
,
Et mentant pour faire leur cour ;
Les autres ne pouvant mieux faire ,
A tous leurs Protecteurs vont donner le bon
jour :
Ainsi , par quelque don il faut bien à mon tour
Qu'auprès de vous ** je me tire d'affaire ;
Et comme je prétends aux yeux de l'Univers
Témoigner à quel point votre amitié m'est
chere
I v Je
12682 MERCURE DE FRANCE
Je vous donne ; Eh quoy rien , je vous donne
ces Vers.
COCQUARD.
- །
Le Sr. Lescure , Chirurgien des Gardes du
Corps de la Reine Douairiere d'Espagne , continue
de distribuer par Privilege et Permission
du Roy , un sel specifique pour la guérison de
l'Epilepsie , cu mal caduc , vapeurs simples , con--
vulsives et histeriques , et generalement pour
toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux
il donne la maniere de se servir de son
remede , qui opere avec beaucoup de douceur ,
et est très -facile à prendre. Ceux qui lui écriront
des Provinces , auront soin de franchir le Port .
* Le Sieur Lescure demeure rue du jour , à l'lmage
Saint Louis , vis - à - vis le graud Portail
S. Eustache , à Parss.
L'Almanach du Mariage pour l'Année 1732 .
se vend chez Guillaume et Gandouin le jeune ,
au coin du Pont S. Michel.
9
Le Sieur Giraudein , Apoticaire ordinaire du
Roy , rue S. Louis au Marais , donne avis qu'il
un remede pour guérir les cancers accidentels,
c'est-à-dire , ceux qui sont occasionnez par un
coup , ou autrement sans lui appliquer aucune
chose dessus. Il est , dit- il , sûr de son remede
et lorsqu'on ne guérira pas , il ne demandera
rien Ce remede est fort aisé à prendre , sans
qu'on soit obligé de garder la chambre. Il empêche
le progrès et les accidens qui pourroient
arriver. Le Sr. Giraudein prouve ce qu'il avance
par ce Certificat , datté de Paris du mois d'Octobre
NOVEMBRE. 1731. 2683
a
tobre 1715. et signé Mauroy , Officier du Roy.
Je certifie veritable , que le Sr. Giraudein a
guéri mon Epouse d'un Cancer accidentel trèsinveteré
et d'une grosseur considerable , ayant
deux pointes entourées d'une inflammation prête
percer , avec des douleurs trés- vives , ne pouvant
pas souffrir même le drap sur son sein la
nuit. J'eus recours au Sieur Giraudein
à
"
" qui lui a donné son remede
, et elle n'en eût pas pris
huit jours que les douleurs
finirent
, et s'aida de
son bras qui étoit impotent
. Le Cancer
se fendit
sans qu'il lui aye rien appliqué
dessus , et
n'ayant
pas gardé la chambre
un moment
. En foy de quoy je lui ai donné le present
Certificat.
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Résumé : BOUQUET A M. **
Le texte est un poème adressé à un ami, où l'auteur exprime son amitié et offre des vers comme cadeau. Il mentionne diverses façons dont les gens offrent des bouquets ou des présents, que ce soit par des gestes amicaux, des déclarations d'amour, ou des flatteries intéressées. L'auteur souligne qu'il souhaite témoigner de son amitié de manière sincère en offrant ces vers. Le texte contient également des annonces publicitaires. Le Sieur Lescure, chirurgien des Gardes du Corps de la Reine Douairière d'Espagne, distribue un sel spécifique pour traiter l'épilepsie, les vapeurs, et les maladies nerveuses. Il réside rue du Jour, à l'Image Saint Louis, vis-à-vis le grand Portail Saint Eustache, à Paris. Le Sieur Giraudein, apothicaire ordinaire du Roi, propose un remède pour guérir les cancers accidentels. Il garantit l'efficacité de son traitement et fournit un certificat signé Mauroy, Officier du Roi, attestant la guérison d'une épouse atteinte d'un cancer invétéré. L'Almanach du Mariage pour l'Année 1732 est disponible chez Guillaume et Gandouin le jeune, au coin du Pont Saint Michel.
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22
p. *1406-1406
« M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
Début :
M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...]
Mots clefs :
Remède, Maladie vénériennes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
M. Petir , ancien Chirurgien Major des Gar
des du Corps du Roy , Compagnie de CharIost , nous prie d'annoncer au public , que par
son application et une longue experience , il assure être parvenu à guérir les Maladies Veneriennes , tant celles qui auroient été manquées ,
que celles qu'on traite pour la premiere fois. Le
Remede dont il se sert , agit par les sueurs en
dormant , procurant le sommeil , et n'excite aucun accident sensible , n'assujettit presque
cun regime , et laisse la liberté au Malade d'agir dans ses affaires.
à auIl demeure à Paris , ruë des Saints Peres , à l'Hô- tel de Brissac.
des du Corps du Roy , Compagnie de CharIost , nous prie d'annoncer au public , que par
son application et une longue experience , il assure être parvenu à guérir les Maladies Veneriennes , tant celles qui auroient été manquées ,
que celles qu'on traite pour la premiere fois. Le
Remede dont il se sert , agit par les sueurs en
dormant , procurant le sommeil , et n'excite aucun accident sensible , n'assujettit presque
cun regime , et laisse la liberté au Malade d'agir dans ses affaires.
à auIl demeure à Paris , ruë des Saints Peres , à l'Hô- tel de Brissac.
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Résumé : « M. Petit, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du [...] »
M. Petir, ancien Chirurgien Major des Gardes du Corps du Roi, propose un remède pour les maladies vénériennes. Son traitement, efficace même après des échecs précédents, agit par les sueurs nocturnes et n'impose presque aucun régime. Il permet de continuer les activités quotidiennes. M. Petir réside à Paris, rue des Saints Pères, à l'Hôtel de Brissac.
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23
p. 2218
« Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
Début :
Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...]
Mots clefs :
Remède, Chirurgien des gardes du corps de la reine d'Espagne, Épilepsie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
e sieur Lescure , ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , donne avis au
Public qu'il continue à distribuer ( avec beaucoup de succès ) un Reméde en forme de Sel spécifique .
pour la guérison de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs bisteriques, convulsives , et simples vertiges ou étourdissement , paralisie , tremblement , et foiblesses
de nerfs ; il est très-souverain dans toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux. Les preuves de l'excellence de ce Reméde sont les expériences qui en
ont étéfaites, tant à l'Hôpital General , que dans le
Public , sous les yeux de plusieurs célebres Médecins de la Faculté de Paris , sur un grand nombre de malades de tout sexe , de differens âges et tempéramens qui lui ont merité leurs approbations , et le
Privilege du Roi , pour le distribuer dans toute l'é- tendue duRoyaume.
Ce Reméde opere la guérison de ces fâcheuses maladies avec autant de douceur que de certitude ; il
purifie la masse du sang , dissipe les obstructions , et
corrige les humeurs acides et gluantes qui piccotent
et embarassent les nerfs ; il n'agit que suivant le
tempérament du malade , et ne l'oblige à aucun
régime particulier , ni à se déranger de ses occupa- tions. Il est très- aisé à prendre , conserve toujours sa
vertu , et peut se transporter par tout sans souffrir
la moindre alteration. Il donne la maniere de s'en
servir. 1
Le sieur Lescure demeure rue du Jour, vis- àvis le grand Portail de S. Eustache , à Paris. Ceux
qui lui écriront de Province auront soin d'affranchir leurs Lettres.
Public qu'il continue à distribuer ( avec beaucoup de succès ) un Reméde en forme de Sel spécifique .
pour la guérison de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs bisteriques, convulsives , et simples vertiges ou étourdissement , paralisie , tremblement , et foiblesses
de nerfs ; il est très-souverain dans toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux. Les preuves de l'excellence de ce Reméde sont les expériences qui en
ont étéfaites, tant à l'Hôpital General , que dans le
Public , sous les yeux de plusieurs célebres Médecins de la Faculté de Paris , sur un grand nombre de malades de tout sexe , de differens âges et tempéramens qui lui ont merité leurs approbations , et le
Privilege du Roi , pour le distribuer dans toute l'é- tendue duRoyaume.
Ce Reméde opere la guérison de ces fâcheuses maladies avec autant de douceur que de certitude ; il
purifie la masse du sang , dissipe les obstructions , et
corrige les humeurs acides et gluantes qui piccotent
et embarassent les nerfs ; il n'agit que suivant le
tempérament du malade , et ne l'oblige à aucun
régime particulier , ni à se déranger de ses occupa- tions. Il est très- aisé à prendre , conserve toujours sa
vertu , et peut se transporter par tout sans souffrir
la moindre alteration. Il donne la maniere de s'en
servir. 1
Le sieur Lescure demeure rue du Jour, vis- àvis le grand Portail de S. Eustache , à Paris. Ceux
qui lui écriront de Province auront soin d'affranchir leurs Lettres.
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Résumé : « Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
Le sieur Lescure, ancien chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, annonce la distribution d'un remède en forme de sel spécifique pour traiter diverses affections nerveuses. Ce remède est efficace contre l'épilepsie, les vapeurs hystériques, les convulsions, les vertiges, la paralysie, les tremblements et les faiblesses nerveuses. Il est également souverain pour toutes les maladies nerveuses. Son efficacité a été prouvée par des expériences réalisées à l'Hôpital Général et dans le public, sous la supervision de célèbres médecins de la Faculté de Paris. Ces expériences ont été menées sur un grand nombre de malades de tous sexes, âges et tempéraments, et ont obtenu leurs approbations. Le remède a reçu le privilège royal pour être distribué dans tout le royaume. Il opère la guérison avec douceur et certitude, purifie le sang, dissipe les obstructions et corrige les humeurs acides et gluantes qui irritent les nerfs. Il s'adapte au tempérament du malade sans imposer de régime particulier ni perturber ses occupations. Facile à prendre et conservant toujours sa vertu, il peut être transporté sans altération. Les instructions d'utilisation sont fournies. Le sieur Lescure réside rue du Jour, vis-à-vis le grand portail de Saint-Eustache à Paris. Les personnes écrivant de province doivent affranchir leurs lettres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 197
« Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, continue de donner avis qu'il a fait la découverte [...] »
Début :
Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, continue de donner avis qu'il a fait la découverte [...]
Mots clefs :
Remède, Dents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, continue de donner avis qu'il a fait la découverte [...] »
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de donner avis qu'il a fait la découverte
d'un Remede sans goût , qui préserve
les dents de se gâter et de tomber ; ceux qui en
ont en connoissent l'utilité . Il met son nom et
le prix sur ses Boetes Sa demeure avec Tableau
est à Paris , rue Comtesse d'Artois , proche la Co,
médie Italienne,
, continue de donner avis qu'il a fait la découverte
d'un Remede sans goût , qui préserve
les dents de se gâter et de tomber ; ceux qui en
ont en connoissent l'utilité . Il met son nom et
le prix sur ses Boetes Sa demeure avec Tableau
est à Paris , rue Comtesse d'Artois , proche la Co,
médie Italienne,
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25
p. 557-558
« M. Chicoineau, premier Medecin du Roy, desirant connoître le Remede particulier dont [...] »
Début :
M. Chicoineau, premier Medecin du Roy, desirant connoître le Remede particulier dont [...]
Mots clefs :
Remède, Médecin, Chirurgien-major, Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Chicoineau, premier Medecin du Roy, desirant connoître le Remede particulier dont [...] »
M. Chicoineau , premier Medecin du Roy ,
desirant connoître le Remede particulier dont
M. Petit , ancien Chirurgien Major des Gardes
du Corps du Roy , se sert pour la guérison de la
Maladie Venerienne , a obtenu un ordre de
M. Dangervilliers , Ministre de la Guerre , pour
mettre le sieur Petit en état de traiter des Malades
à l'Hôtel Royal des Invalides ; cer ordre ,
qui a été envoyé à M. Duchy , Intendant dudit
Hôtel , porte que le traitement sera fait sous les
yeux du Medecin et du Chirurgien Major des
İnvalides. En conféquence , le Medecin et le Chirurgien
Major , ont dressé Procès verbal des
simptômes veroliques qu'ils ont trouvez aux Malades
qu'on a donnez à guérir au sieur Petit ,
lequel a commencé à leur donner son Remede
le 7. Janvier et a fini le 14. Février. Après ce
temps on a visité de nouveau les Malades , on a
reconnu que tous les accidens et simptômes qu'ils
avoient , étoient disparus , qu'ils se portoient
bien , même en embonpoint. Ce qui a été certifié
par le Medecin et le Chirurgien Major , au
dos du Procès verbal qu'il avoit dressé de l'état
des Malades. Ce Remede agit par de grandes
sucurs, sans que le Malade en soit affoibli , ni qu'il
perde l'appétit ; au contraire il mange beaucoup
mieux qu'auparavant ; le Remede ne gêne en
rien , et on peut sortir dans la journée , pourvû
qu'on ait sué trois ou quatre heures le matin , ce
qui se fait en dormant. Ceux qui sont en Province
n'ont que faire de venir à Paris , ce Remede
s'envoye dans une Lettre avec le Memoire
G iij instruc558
MERCURE DE ANCE
inssructif pour le prendre. La deme Schult-
Petit est toujours rue des Saints Peres ,"
de Brissac .
Le sieur Giraudein , Apoticaire ordinaire de
Roy, donne avis qu'il a deux Remedes specifiques,
l'un pour guérir les Cancers accidentels o
autres , sans appliquer aucune chose dessus , c.
l'autre pour guérir toute sorte de Coliques. Lal
dose est depuis quatre goutes jusqu'à huit . La
sieur Giraudein demeure rue S. Louis au Marais
à Paris.
Le veritable Suc de Reglisse et Guimauve blanc,
si estimé pour les maladies du Poulmon , inflammations
, enrouemens , toux , rhumes , pituite
asthme , poulmonie , continue à se debiter depuis
plus de trente ans , de l'aveu et approbation
de M. le Premier Medecin du Roy , chez la
Dile Desmoulins , qui est la seule qui en a le secret
de feu Mlle Guy.
On peut s'en servir en tout temps , le tranpor .
ter par tout , et le garder si long temps que l'on
veut , sans jamais se gâter , ni rien perdre de sa
qualité.
La Dlle Desmoulins demeure ruë Guenegaud ,
Fauxbourg S. Germain , du côté de la ruë Maza .
rine , chez M. Toulin , au premier Appartement.
desirant connoître le Remede particulier dont
M. Petit , ancien Chirurgien Major des Gardes
du Corps du Roy , se sert pour la guérison de la
Maladie Venerienne , a obtenu un ordre de
M. Dangervilliers , Ministre de la Guerre , pour
mettre le sieur Petit en état de traiter des Malades
à l'Hôtel Royal des Invalides ; cer ordre ,
qui a été envoyé à M. Duchy , Intendant dudit
Hôtel , porte que le traitement sera fait sous les
yeux du Medecin et du Chirurgien Major des
İnvalides. En conféquence , le Medecin et le Chirurgien
Major , ont dressé Procès verbal des
simptômes veroliques qu'ils ont trouvez aux Malades
qu'on a donnez à guérir au sieur Petit ,
lequel a commencé à leur donner son Remede
le 7. Janvier et a fini le 14. Février. Après ce
temps on a visité de nouveau les Malades , on a
reconnu que tous les accidens et simptômes qu'ils
avoient , étoient disparus , qu'ils se portoient
bien , même en embonpoint. Ce qui a été certifié
par le Medecin et le Chirurgien Major , au
dos du Procès verbal qu'il avoit dressé de l'état
des Malades. Ce Remede agit par de grandes
sucurs, sans que le Malade en soit affoibli , ni qu'il
perde l'appétit ; au contraire il mange beaucoup
mieux qu'auparavant ; le Remede ne gêne en
rien , et on peut sortir dans la journée , pourvû
qu'on ait sué trois ou quatre heures le matin , ce
qui se fait en dormant. Ceux qui sont en Province
n'ont que faire de venir à Paris , ce Remede
s'envoye dans une Lettre avec le Memoire
G iij instruc558
MERCURE DE ANCE
inssructif pour le prendre. La deme Schult-
Petit est toujours rue des Saints Peres ,"
de Brissac .
Le sieur Giraudein , Apoticaire ordinaire de
Roy, donne avis qu'il a deux Remedes specifiques,
l'un pour guérir les Cancers accidentels o
autres , sans appliquer aucune chose dessus , c.
l'autre pour guérir toute sorte de Coliques. Lal
dose est depuis quatre goutes jusqu'à huit . La
sieur Giraudein demeure rue S. Louis au Marais
à Paris.
Le veritable Suc de Reglisse et Guimauve blanc,
si estimé pour les maladies du Poulmon , inflammations
, enrouemens , toux , rhumes , pituite
asthme , poulmonie , continue à se debiter depuis
plus de trente ans , de l'aveu et approbation
de M. le Premier Medecin du Roy , chez la
Dile Desmoulins , qui est la seule qui en a le secret
de feu Mlle Guy.
On peut s'en servir en tout temps , le tranpor .
ter par tout , et le garder si long temps que l'on
veut , sans jamais se gâter , ni rien perdre de sa
qualité.
La Dlle Desmoulins demeure ruë Guenegaud ,
Fauxbourg S. Germain , du côté de la ruë Maza .
rine , chez M. Toulin , au premier Appartement.
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Résumé : « M. Chicoineau, premier Medecin du Roy, desirant connoître le Remede particulier dont [...] »
M. Chicoineau, premier médecin du roi, a sollicité le remède de M. Petit, ancien chirurgien major des Gardes du Corps du roi, pour traiter la maladie vénérienne. Un ordre de M. Dangervilliers, ministre de la Guerre, a permis à M. Petit de traiter des malades aux Invalides sous supervision médicale. Le traitement, débuté le 7 janvier et achevé le 14 février, a montré une disparition des symptômes et un bon état de santé des malades. Le remède de M. Petit provoque de grandes sueurs sans affaiblir le malade, qui conserve son appétit et peut sortir après avoir sué. Ce remède peut être envoyé par lettre avec des instructions. M. Petit réside rue des Saints Pères, à Brissac. Par ailleurs, le sieur Giraudein, apothicaire du roi, propose des remèdes pour les cancers et les coliques, et réside rue Saint-Louis au Marais. Enfin, la demoiselle Desmoulins vend le véritable suc de réglisse et de guimauve blanc, recommandé pour les maladies pulmonaires, et réside rue Guenegaud, Faubourg Saint-Germain.
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26
p. 993-995
« [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Début :
[L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...]
Mots clefs :
Glandes, Remède, Sang, Maladie, Guérison, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Se sieur De Nielles , Chirurgien à Paris , a fait
la découverte depuis quelques années d'un Remede
qu'il croit infaillible pour la guérison des
Ecrouelles qui attaquent la gorge , sans qu'il soit
besoin de faire d'ouverture ni de mettre des Emplâtres
; son Remede , qu'on prend interieurement
, est aisé à prendre. Il purifie la masse
du sang , fond les glandes gonflées et ulcérées ,
aussi bien que les glandes du Mésantere , où réside
la source de cette malheureuse maladie , et
cela quand même les glandes auroient été ouvertes
par des instrumens ou autrement ; la premiere
cause de cette maladie est dans le sang qui
a été chargé d'un mauvais levain en passant par
les glandes du Mésantere , et comme la sérosité
de ce sang est âcre et corrosive , qui passe et repasse
continuellement dans toutes les parties du
corps, toutes les parties glanduleuses , comme les
glandes Maxillaires et Salivaires reçoivent la sé
rosité du sang , qu'elles dégorgent continuellement
par la bouche , ce qui fait faire un mauvais
chile, et par celles qui ne peuvent se dégorger
, il s'y fait une obstruction qui enflamme les
glandes, qui faute de remede, viennent à supuration
sans les ouvrir ; aussi-bien que dans toutes
les autres parties du corps qui sont disposés à
recevoir
994 MERCURE DE FRANCE
recevoir la même impression de cette Limphe
impure dont elle attaque le plus souvent les par
ties spongieuses des os , ce que les Allemans appellent
Epine venteuse , et en France , Humeur
froide , ... Si dans le moment qu'on s'apperçoit
de cette maladie , on avoir recours au Remede du
sieur De Nielles, le Malade guériroit et ne deviendroit
pas à un degré desesperé, comme l'on voit
arriver tous les jours par le peu d'attention et de
soin qu'on se donne , generalement parlant , en
traitant la maladie dans son commencement de
bagarelles , d'engelures , de croissances , &c . . . .
Ce Remede se peut envoyer par tout sans risque
d'être alteré ; il est un peu purgatif et n'affoiblit
point le tempéramment , on le peut donner aux
enfans dans le berceau , on en prend tous les jours
à jeun jusqu'à parfaite guérison .
Le sieur De Nielles a guéri plusieurs personnes,
même de distinction , avec tout le succès possible
la bienséance ne lui permet pas de les nommer
, M. Maréchal , Premier Chirurgien du Roy,
en rendra témoignage , et outre cela le sieur De
Nielles est en état d'en faire voir à Paris des Particuliers
qui en ont été guéris.
Le sieur De Nielles demeure ruë de la Tixeranderie
, près la Gréve.
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû depuis peu à
S. Côme , Expert pour la guérison des Hernies
ou Descentes , dans l'un et dans l'autre sexe , à
tout âge , demeurant à Paris , ruë Dauphine au
Cocq d'or , donne avis qu'il traite ces sortes de
maladies d'une façon particuliere , par la simple
application des Remedes specifiques , et sans que
le Malade cesse de vacquer ses affaires .
Il donne aussi ses Avis et ses Remedes à ceux
à
qui Ijuî sont dans les Proyinces, soulage les Hernies
les plus invéterées
,
reni cette incommodité .sup.
portable, et en empêche les mauvaises suites.
la découverte depuis quelques années d'un Remede
qu'il croit infaillible pour la guérison des
Ecrouelles qui attaquent la gorge , sans qu'il soit
besoin de faire d'ouverture ni de mettre des Emplâtres
; son Remede , qu'on prend interieurement
, est aisé à prendre. Il purifie la masse
du sang , fond les glandes gonflées et ulcérées ,
aussi bien que les glandes du Mésantere , où réside
la source de cette malheureuse maladie , et
cela quand même les glandes auroient été ouvertes
par des instrumens ou autrement ; la premiere
cause de cette maladie est dans le sang qui
a été chargé d'un mauvais levain en passant par
les glandes du Mésantere , et comme la sérosité
de ce sang est âcre et corrosive , qui passe et repasse
continuellement dans toutes les parties du
corps, toutes les parties glanduleuses , comme les
glandes Maxillaires et Salivaires reçoivent la sé
rosité du sang , qu'elles dégorgent continuellement
par la bouche , ce qui fait faire un mauvais
chile, et par celles qui ne peuvent se dégorger
, il s'y fait une obstruction qui enflamme les
glandes, qui faute de remede, viennent à supuration
sans les ouvrir ; aussi-bien que dans toutes
les autres parties du corps qui sont disposés à
recevoir
994 MERCURE DE FRANCE
recevoir la même impression de cette Limphe
impure dont elle attaque le plus souvent les par
ties spongieuses des os , ce que les Allemans appellent
Epine venteuse , et en France , Humeur
froide , ... Si dans le moment qu'on s'apperçoit
de cette maladie , on avoir recours au Remede du
sieur De Nielles, le Malade guériroit et ne deviendroit
pas à un degré desesperé, comme l'on voit
arriver tous les jours par le peu d'attention et de
soin qu'on se donne , generalement parlant , en
traitant la maladie dans son commencement de
bagarelles , d'engelures , de croissances , &c . . . .
Ce Remede se peut envoyer par tout sans risque
d'être alteré ; il est un peu purgatif et n'affoiblit
point le tempéramment , on le peut donner aux
enfans dans le berceau , on en prend tous les jours
à jeun jusqu'à parfaite guérison .
Le sieur De Nielles a guéri plusieurs personnes,
même de distinction , avec tout le succès possible
la bienséance ne lui permet pas de les nommer
, M. Maréchal , Premier Chirurgien du Roy,
en rendra témoignage , et outre cela le sieur De
Nielles est en état d'en faire voir à Paris des Particuliers
qui en ont été guéris.
Le sieur De Nielles demeure ruë de la Tixeranderie
, près la Gréve.
Le sieur Neilson , Ecossois , reçû depuis peu à
S. Côme , Expert pour la guérison des Hernies
ou Descentes , dans l'un et dans l'autre sexe , à
tout âge , demeurant à Paris , ruë Dauphine au
Cocq d'or , donne avis qu'il traite ces sortes de
maladies d'une façon particuliere , par la simple
application des Remedes specifiques , et sans que
le Malade cesse de vacquer ses affaires .
Il donne aussi ses Avis et ses Remedes à ceux
à
qui Ijuî sont dans les Proyinces, soulage les Hernies
les plus invéterées
,
reni cette incommodité .sup.
portable, et en empêche les mauvaises suites.
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Résumé : « [L]e sieur De Nielles, Chirurgien à Paris, a fait la découverte depuis quelques années d'un Remede [...] »
Le texte présente deux chirurgiens, sieur De Nielles et sieur Neilson, et leurs traitements respectifs. Sieur De Nielles, chirurgien à Paris, a découvert un remède interne pour guérir les écrouelles de la gorge sans nécessiter d'ouverture ou d'emplâtres. Ce remède purifie le sang, dissout les glandes gonflées et ulcérées, et traite la source de la maladie dans les glandes du mésentère. La maladie est causée par un mauvais levain dans le sang, qui affecte les glandes et les parties spongieuses des os. Le remède de De Nielles peut être envoyé sans risque et est adapté aux enfants. Il a guéri plusieurs personnes, dont certaines de distinction, et peut fournir des témoignages à Paris. Sieur Neilson, Écossais, est expert dans le traitement des hernies chez les hommes et les femmes de tous âges. Il utilise des remèdes spécifiques sans interrompre les activités du patient et offre ses services aux personnes des provinces. Il traite également les hernies invétérées et empêche les complications.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 2037-2039
« Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Début :
Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peinture, Remède, Sieur Grégoire, Toile, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le sieur Grégoire , Peintre , et seul Restaura
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
Je suis au comble de mes voeux.
BRU
IT
IR NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
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Je suis au comble de mes voeux.
BRU
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ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
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Résumé : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le texte met en avant trois figures principales : le sieur Grégoire, le sieur Lescure et le sieur Dugeron. Le sieur Grégoire, peintre et restaurateur des tableaux de l'Église de Paris, a développé une méthode de nettoyage des tableaux sans les altérer, validée par l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Il restaure divers types de tableaux et d'œuvres en marbre, et propose ses services pour des maisons particulières. Il réside au Parvis Notre-Dame, à Paris. Le sieur Lescure, ancien chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, distribue un remède en forme de sel pour traiter l'épilepsie, les vapeurs, la paralysie, les tremblements et les faiblesses nerveuses. Ce remède a été testé avec succès à l'Hôpital Général et sous les yeux de médecins parisiens. Il habite rue du Jour, vis-à-vis du grand portail de Saint-Eustache à Paris. Le sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, annonce avoir découvert un remède pour préserver les dents et réside rue du Four, près de Saint-Eustache à Paris.
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28
p. 127-144
SEANCES PARTICULIERES De la Société Littéraire de Châlons.
Début :
Si quelques critiques chagrins se sont érigés de nos jours en censeurs des [...]
Mots clefs :
Nature, Dieux, Vessie, Remède, Religion, Pierres humaines, Pierre, Maladie, Chaux, Société littéraire de Châlons
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texteReconnaissance textuelle : SEANCES PARTICULIERES De la Société Littéraire de Châlons.
SEANCES PARTICULIERES
De la Société Linéraire de Châlons.
St
1. quelques critiques chagrins fe font
érigés de nos jours en cenfeurs des
Académies , il s'eft auffi trouvé des défenfeurs
de ces fortes d'établiffemens : leur
utilité a été démontrée dans des écrits. publics
: il a été prouvé d'une maniere victorieufe
que leur multiplicité étoit néceffaire
au progrès des fciences , & que loin
de nuire au corps politique de l'Etat, elle
ne pouvoit lui être qu'avantageufe.
C'eft fous ce point de vue que M. Du-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
pré d'Aulnay , ancien Commiffaire des
Guerres , l'a confidéré. Retiré depuis plufieurs
années dans la ville de Châlons-fur-
Marne , fon amour pour l'étude l'y a fuivi
, & les liaifons qu'il a formées avec des
concitoyens animés du même amour , lui
ont fait concevoir le deffein de les unir
par les noeuds d'une fociété littéraire .
Il en a demandé. l'agrément à M. le
Comte de Saint - Florentin . Ce Miniftre
qui chérit les Lettres , autant qu'il eft cher
aux Sçavans , l'a honoré d'une réponſe
favorable , & a promis une autorifation
plus précife , lorfque les affociés auroient
donné des preuves de leurs talens .
Son A. S. M. le Comte de Clermont ,
Gouverneur des provinces de Champagne
& de Brie , a bien voulu concourit de fon
côté à cet établiffement : illuftre par fon
fang & par la faveur finguliere qu'il a fait
aux Mufes d'entrer dans leur fanctuaire ,
il a donné de nouvelles marques de fon
attachement pour elles , en fe déclarant le
protecteur de cette fociété naiffante.
Les membres d'une fociété qui commence
fous de fi heureux aufpices , ont dé
ja produits quelques fruits de leurs veilles
dans les affemblées particulieres qu'ils ont
tenues pendant le cours de cette année.
M. Culoteau de Velye , Avocat du Roi
MARS. 1755. 129
•
au Préfidial de Châlons en Champagne ,
& l'un des membres de cette fociété , a lû
une differtation fur la confécration des
Empereurs romains , & particulierement
fur celle de Pertinax , juftifiée par une médaille.
Il obferve que la confécration en uſage
chez les Romains étoit différente de l'apothéofe
admife chez les autres peuples ;
que cette derniere cérémonie étoit connue
dès le tems de Belus , premier Roi des
Affyriens , & qu'elle a été continuée depuis
en faveur des Princes , des Rois recommendables
par leur fageffe , & même
de fimples particuliers qui s'étoient fignalés
par leurs vertus & des actions éclatantes
. Il fixe au regne des Céfars l'origine de
la confécration qui , lorfque Romulus fut
admis au rang des Dieux , n'étoit point
encore établie de la maniere dont elle l'a
été dans la fuite.
›. Il fait voir que dans tel tems de la République
, le Sénat n'accorda cet honneur
qu'à la feule Acea Laurentia , comme un
tribut de fa reconnoiffance pour les biens
qu'il en avoit reça que s'il décerna par la
fuite les mêmes honneurs à un grand nom
-bre d'Empereurs , il les refufa néanmoins à
ceux qui s'étoient rendus odieux par leurs
vices.
Fy
130 MERCURE DE FRANCE .
Il rapporte pour exemple la joie générale
qu'excita la mort de Tibere , le decret
qui déclara Neron ennemi de la patrie,
les outrages exercés fur les corps de Vitellius
& d'Héliogabale qui , après avoir
été traînés avec ignominie par les rues de
Rome , furent jertés dans le Tibre ; le long
refus du Sénat d'élever Adrien au rang des
Dieux , la fermeté avec laquelle il йétric
la mémoire de Domitien déifié par les armées
, en faifant brifer fes ftatues , fes portraits
& les infcriptions faites en fon honneur.
Il prouve que la cérémonie de la confé
cration des Empereurs a fubfifté jufqu'an
tems du parfait établiſſement de notre religion
; Jovien ayant encore été mis au
rang des Dieux par les foins de fon fuc
ceffeur Valentinien , vers l'an 364 de l'ere
chrétienne .
A l'égard de l'Empereur Pertinax , dont
-M. de la Baftie prétend dans fon ouvrage
fur le P. Joubert , que l'on n'a point encore
trouvé de médailles , M. de Velye en
produit une , qui femble ne laiffer aucun
doute que l'on a déféré à cet Empereur
-les honneurs de la confécration ." col
< Cette médaille , qui eft de moyen broneze
, préfente d'un côté la tête de Pertinax ,
avec la légende Divus Helvius Pertinax , &
MAR S.: 1755. 131
a pour tipe en fon revers un aigle avec les
aîles déployées , fur lefquelles eft la figure
de l'Empereur à demi- couché , avec la légende
Confecratio. Cette médaille paroît
caracterifer d'une façon particuliere la confécration
de Pertinax , & l'on a lieu de
croire qu'elle eft une de celles qui ont été
re nouvellées par Gallien .
M. de Velye penfe que l'on peut porter
le même jugement d'une médaille de Fauftine
, qui du côté de la tête a pour légende
Diva Fauftina ; & au revers une figure
humaine que l'on peut prendre pour un
Prêtre , faifant une libation fur un autel ,
fur lequel il y a du feu , avec la légende
Confecratio : cependant il ne propofe fon
fentiment à cet égard que comme conjecture
, s'en rapportant aux connoiffances des
fçavans en ce genre.
M. de Velye a fait encore lecture d'une
autre differtation, dont l'objet eft de déterminer
quels étoient les principes de la religion
des anciens Romains , & s'ils étoient
différens de ceux qui conftituoient le culte
religieux des Grecs .
Voici fommairement les preuves qu'il
apporte pour établir cette différence .
Les premiers Romains , preſque tous occupés
à nourrir des troupeaux , en tiroient
les fecours néceffaires pour -fubfifter. Pan
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
étoit leur principale Divinité ; ils cétébroient
en fon honneur des fêtes par des
facrifices , & par des jeux appellés Lupeztaux
; ils honoroient auffi comme des
Dieux , Janus , Saturne , Picus , Hercule ,
&c. Mais indépendamment de ces Dieux
de la patrie ils reconnoifloient encore ceux
des grandes nations ; ils admettoient auffi
les augures , les pénates , les génies , &c.
Romulus effaya de détruire les préjugés
de ceux qui compofoient fa colonie , d'établir
une religion fondée fur des principes
raisonnables , & de fixer un culte conforme
à l'idée qu'il avoit conçue de la Divinité
, qu'il reconnoiſſoit comme un être
parfait & immortel .
Numa qui lui fuccéda , approchoit aſſez
des fentimens de fon prédéceffeur au ſujet
de la religion ; il penfoit qu'on ne pouvoit
donner aucune forme fenfible à la caufe
premiere de tous les êtres créés ; en conféquence
l'on ne vit à Rome pendant près
de deux fiécles aucun monument élevé pour
repréfenter la Divinité .
La religion établie par Romulus fubfiſta
long-tems , comme le fondement inébranlable
de la confervation de la chofe publique
; tout fon fyftême confiftoit à propo
fer pour objet du culte religieux un être
pur , efprit fouverainement parfait , imMARS.
1755. 133
mortel , auteur de tout , & de l'honorer
par un culte digne de fon unité & de fa
grandeur.
Les Grecs , au contraire , s'imaginant
qu'il étoit poffible d'appercevoir , par l'organe
des fens , la divinité telle quelle eft
en elle-même , la fixerent d'abord, dans le
foleil ; ils déïferent les élémens , l'univers
entier , & les différentes parties qui le com →
pofent. Orphée , Mufée , Eumolpe , que
S. Auguftin appelle les théologiens des
Grecs , bien loin d'amener leurs compatriotes
à la connoiffance de la vérité , les
en éloignerent , & les plongerent dans des
erreurs injurieufes à l'être fuprême ; ils
propoferent des Dieux fous des fymboles
& des hieroglyphes , dont ils avoient apris
à faire ufage en Egypte. La trop grande
élévation d'efprit de ces philofophes fit
tomber dans l'égarementceux qu'ils fe pro
pofoient d'éclairer , & qui n'étoient point
capables de comprendre le fens des fables
abfurdes qu'ils employoient pour établir les
vérités les plus importantes.
Ce fut des prétendus fages de l'Egypte
qu'ils avoient appris à diftinguer l'âge , le
fexe , la forme & le nombre des Dieux ;
ils apprirent auffi d'eux à les honorer par
des fêtes & par des jeux folemnels ; mais
il n'arrivoit que trop fouvent que l'on
.
134 MERCURE DE FRANCE.
portoit l'impiété en triomphe dans ces cérémonies
, & qu'elles devenoient un affemblage
monftrueux de defordres & de crimes.
La connoiffance de la nature & l'étude
de la phyfique devint la fource de l'erreur ;
on donnoit à chacune des caufes un des
attributs de la divinité , & les attributs diftingués
, fembloient introduire & préfenter
une multiplicité de Dieux. Plufieurs
fages , comme Diagoras & Socrate , furent
les victimes de leur attachement à la vérité
, telle que l'homme peut la découvrir par
l'étude & la force du raifonnement .
Les Romains , dans leur origine , étoient
des hommes durs , groffiers , fauvages ;
mais ils furent amenés à la connoiffance
de l'être fuprême , autant qu'on peut en
approcher par les lumieres de la raifon ;
ils fe diftinguerent par leur inviolable attachement
à une religion plus fainte que
celle des autres nations..
Les Grecs , au contraire , inconftans &
legers , fe livrerent au torrent d'une aveugle
fuperftition ; leur culte avoit fouvent
l'homme pour objet ; leurs fêtes , & les
jeux qu'ils célébroient , n'étoient inſtitués
que pour exciter ceux qui y étoient admis
à fe furpaffer mutuellement par la force ,
l'adreffe & la légereté : on n'y comptoit
MARS 1755 ”ན
135
prefque pour rien le coeur , les moeurs &
la vertu .
la
De cet expofé , on peut conclure que
religion des anciens Romains étoit plus
parfaite que celle des Grecs , & qu'elle
étoit établie fur des principes différens.
- M. Dupré d'Aulnai a lû auffi une differtation
qui a pour objet l'écoulement magne
tique , Pélectricité , l'afcenfion de la feve
dans les végétaux , & le flux de la mer. Il
croit que la même caufe produit ces différens
effets , que le foleil en eft le premier
& le feul mobile , & que cet aftre eft dans
l'univers ce qu'eft le coeur dans l'animal ,
auquel il donne le mouvement , la chaleur
& la vie.
af-
M. Navier , Docteur en Médecine ,
focié correfpondant de l'Académie royale
des Sciences de Paris , & l'un des mem
bres de la Société , a lu dans différentes
féances des differtations fur plufieurs maladies
populaires qui ont regné dans la
vince de Champagne & ailleurs.
་
pro-
La Faculté de Médecine de Paris , & M.
de Vernage , ayant jugé cet ouvrage fondé
-fur une bonne théorie , conforme à la faine
·pratique , & appuyé de l'autorité des grands
maîtres , l'auteur a cru ne devoir point fe
refufer au bien du public , & s'eft en conféquence
déterminé à le faire imprimer. Il
136 MERCURE DE FRANCE.
fe trouve à Paris , chez Cavelier
Saint Jacques , au Lys d'or.
·
rue
Après de pareils témoignages , il eft
inutile d'infilter fur la nature de ce travail
; le lecteur jugera par lui-même que
l'auteur a fait nombre de recherches utiles
& intéreffantes pour le traitement de différentes
maladies.
M. Navier a auffi lû des obfervations
théoriques & pratiques fur l'amolliffement
des os en général , & en particulier fur
celui qui a caractériſé la maladie extraor
dinaire de la Dame Supior , dont tout le
royaume a été informé.
Il penfe que cette maladie tenoit du rachitis
& du fcorbut. Pour démontrer le caractere
& la véritable caufe de cette maladie
, l'auteur fuit fon objet par la voie
des expériences & des démonftrations , &
conclut que les levains qui occafionnent
l'amolliffement des os , eft de nature acide.
Pour bien conftater cette vérité , il a fait
des recherches infinies , qui toutes ont concouru
à le convaincre que cette maladie ne
pouvoit reconnoître d'autre caufe . La nature
& le caractere de cette fâcheufe maladie
étant bien connue , l'auteur fait voir
qu'il faut néceffairement la combattre par
les moyens qu'il propofe. Cet ouvrage a
été examiné & approuvé par l'Académie
f
MARS. 1755. 137
royale des Sciences de Paris : il va être mis
fous preffe.
Le même a fait encore lecture d'un
autre ouvrage qui a pour titre : Obfervations
médico-phyfiques fur les dangers auxquels
on s'expofe en mangeant des fruits qui
n'ont point encore atteint leur dégré de maturité
, & fur les avantages au contraire qui
résultent de leur ufage lorfqu'ils ont acquis
toute leur perfection.
L'abus trop commun de manger les
fruits avant qu'ils foient murs , & le zéle
de l'auteur pour le bien public , l'ont engagé
à traiter cette matiere .
Après un court expofé des loix générales
de la végétation , il examine la nature des
fruits qui naiffent dans les pays chauds &
dans les pays froids & tempérés ; il fait
voir que la providence a fait naître dans
chaque contrée de la terre des fruits doués
de toutes les propriétés néceffaires pour
garantir les habitans des maladies auxquel
les les expoferoient l'intempérie de l'air
des régions qu'ils habitent. Il reconnoît
d'une part que les fruits aigrelets & acidules
qui naiffent abondamment dans les pays
chauds , contiennent des fucs merveilleux
pour réprimer les effervefcences fougueufes
, & une infinité d'autres accidens que
la chaleur exceffive occafionne dans le fang
13 8 MERCURE DE FRANCE .
de leurs habitans. D'un autre côté , il re
garde les fruits que produifent les pays
froids & tempérés , comme des matieres
favoneufes & délayantes, extrêmement propres
à diffoudre les concrétions & les
épaiffiffemens des liqueurs de ceux qui ha
bitent ces climats. Il entre à cet égard
dans un certain détail fur la nature des
matieres favoneufes , factices & naturelles :
il reconnoît que les favons naturels font
beaucoup plus parfaits que les factices ,
qu'ils font formés d'une union intime de
parties onctueufes extrêmement fines , pénétrées
par un acide végétal , au lieu que les
favons factices ordinaires font les produits
de parties graffes , fort groffieres , unies affez
imparfaitement avec un fel lixiviel , & c.
On voit que l'auteur reconnoît par- tout
un ordre & une fageffe fuprême dans la
formation & la confervation de tous les
êtres. C'eft effectivement en ne perdant
point de vue cet important objet , que les
fçavans fe rapprocheront toujours de la vérité
; au lieu qu'en fe livrant à des fyſtêmes
erronés & dictés par l'efprit d'illufion
, ils ne feront jamais d'accord ni avec
la nature , ni avec eux-mêmes.
M. Navier a auffi fait part d'un travail
qu'il a commencé en 1738 , pour trouver
un lithontriptique , ou diffolvant des pier,
MARS. 1755. 139
1
res humaines ; ouvrage dont il avoit informé
en différens tems MM. de l'Acadé-.
mie royale des Sciences de Paris ; il paroît
avoir conduit fes recherches déja fort loin
il a même fait voir plufieurs de ces pierres
extraordinairement dures, réduites en bouil
lie en fort peu de tems , par le moyen
d'une liqueur fi douce , qu'elle peut être
bûe fans faire aucune impreffion fâcheufe
fur l'eftomac. Il a déja par devers lui des
expériences du bon effet de ce remede ;
mais ,comme il n'a jamais prétendu réuffic
que par la voie des injections , il n'a pû
encore parvenir à autre chofe , finon qu'à
fe rendre certain que ce remede peut être
porté dans la veffie par les injections , fans
y caufer ni douleur ni altération . Si par
un bonheur ineftimable pour l'humanité
on pouvoit parvenir par cette voie à fondre
la pierre dans la veffie , il réfteroit en
core beaucoup à travailler , tant pour fe
perfectionner dans la maniere d'y introduire
la fonde , que dans la matiere & la
forme de cet inftrument ; car il feroit de
la derniere importance de pouvoir l'intro
duire promptement , fûrement & fans dou
leur. M.Navier defireroit que l'on s'exerçât
à fonder avec des alkalis qui n'euffent
prefque point de courbure ; il penfe que
Cette forme feroit plus commode pour ins
140 MERCURE DE FRANCE.
jecter , pour pouvoir tourner la fonde en
rous fens dans la veffie , & pour y pou
voir féjourner long- tems fans bleffer ce
vifcere , & c.
C'est particulierement du génie de nos
grands Chirurgiens que l'on doit efpérer
la perfection dans la forme de cet inftrument
, & dans la maniere de l'infinuer
dans la veffie , ou même de trouver le
moyen de dilater fon fphincter , & d'y
porter un liquide fans avoir recours au
catheter.
On a annoncé cette année deux ouvra
ges imprimés à Edimbourg , dans lesquels
on prétend que l'eau de chaux eft un excellent
diffolvant des pierres humaines pris
intérieurement , ou porté dans la veffic
par les injections .
M. Navier a fait depuis dix-fept à dixhuit
ans un fi grand nombre d'expériences
& de recherches fur les différens lithontriptiques
, qu'il auroit été furprenant que
celui de la chaux lui eût échappé : il a donc
travaillé fur ce diffolvant , comme fur une
infinité d'autres , & il craint qu'il ne réuffiffe
pas autant qu'on le fait efperer ; car
il a reconnu que ce remede avoit peu ou
point d'action fur un très - grand nombre
de pierres humaines . Si M. Whitt a éprouvé
le contraire , cela ne peut venir , ſelon
MA- R S.
1755 141
M. Navier , que de la différence des pierres
qui fe forment chez les Anglois , dont la
boiffon ordinaire eft la bierre , & de celles
qui prennent naiffance chez les François
qui font ufage du vin.
M. Navier n'a eu occafion de travailler
que fur ces dernieres ; peut-être eft- ce cette
différence de boiffon qui a fait que le diffolvant
de Mlle Stephens a été employé
avec fuccès en Angleterre , & qu'il a fi peu
réuffi en France.
M. Navier croit encore être bien fondé
à fe défier de l'eau de chaux : 1 °. parce que
contenant une grande quantité de parties
de feu , ce reméde pris . intérieurement &
à grandes dofes , comme il feroit néceffaire
pour fondre les calculs humains pourroit
intéreffer la fanté des perfonnes délicates.
2 °. Cette eau étant chargée de beaucoup
de parties pierreufes qu'elle tient en
diffolution , ne pourroit - il pas arriver
qu'elles fe dépoferoient dans différens endroits
du corps , peut-être même dans les
reins & dans la veffie ? M. Navier eſt d'aųtant
mieux fondé dans cette opinion , qu'il
a reconnu par l'expérience , qu'un peu d'urine
chaude verfée far de l'eau de chaux ,
la rend laiteufe , & en fait précipiter de
fa fubftance pierreufe. Si donc la même
chofe arrivoit dans les reins ou dans la
142 MERCURE DE FRANCE.
veffie de ceux qui prendroient beaucoup
de ce lithontriptique , comme il y a tout
lieu de le croire , fur- tout chez les pierreux
, qui ont une urine dont l'alkali volatil
eft fort développé , & par conféquent
plus propre à précipiter la partie pierreufe
de l'eau de chaux , ne doit- on pas préfumer
que ce remede pourroit dépofer dans
ces vifceres autant & peut être plus de
fubftance pierreufe qu'ils n'en éleveroient
de calculs qui s'y rencontreroient ? M. Navier
a connoiffance d'un fait qui paroît
bien confirmer cette théorie .
Une perfonne qui avoit une pierre bien
conftatée dans la veffie , s'étoit déterminée
à prendre du lithontriptique de Mlle Stephens
, qui contient , comme l'on fçait
beaucoup de matieres calcaires réduites en
chaux. Après un certain tems de l'uſage
de ce remede , on apperçut dans les urines
du malade beaucoup de parties terreufesblanches
, que l'on croyoit être infailliblement
des débris de la pierre ; mais la
perfonne étant morte , on reconnut avec
furprife , par l'ouverture de la veffie , que
la pierre n'avoit été en aucune façon endommagée.
Donc les portions blanchâtres
& terreufes que l'urine avoit charriées,
venoient des parties de chaux qui entroient
dans le remede anglois. Cela prou오
Y
MARS. 1755. 143
ve qu'on ne peut avoir trop de circonfpection
, même de défiance , dans la vérification
des faits , car ils font fouvent voilés
par des
apparences trompeufes & féduifantes.
M. Whitt a avancé que tout fel lixiviel
eft abfolument incapable de diffoudre la pierre
humaine . M. Navier a remarqué tout le
contraire , ayant conftamment obfervé
dans le nombre des lithontriptiques qu'il a
découvert , que ces fels avoient tous cette
propriété.
Cette différence entre les obfervations
de nos deux auteurs pourroit bien venir
de celle des pierres fur lefquelles ils ont
travaillé , par la raifon rapportée ci -deffus
. En effet M. Navier , d'après qui nous
parlons toujours , a reconnu que ces fels
agiffoient fort différemment , felon la nature
de la pierre ; & il eft perfuadé que
c'eſt cette différence dans les calculs humains
qui mettra toujours le plus d'obftacles
à la découverte d'un lithontriptique
univerfel , c'est-à - dire qui agiffe également
& d'une maniere douce fur toutes les pierres
humaines.
Nous venons de rapporter une partie
des obfervations de M. Navier , que fon
defintéreffement & fon amour pour le
bien public a déterminé à nous communiquer.
#44 MERCURE DE FRANCE.
Quelle louable émulation ! qu'il eft digne
de notre reconnoiffance de voir dans
deux Royaumes auffi floriffans que la France
& l'Angleterre , la Médecine toujours
occupée d'un objet qui tend à délivrer l'hu
manité du plus cruel de tous les maux !
Les affociés fe font féparés le 28 du
mois d'Août , moins pour fe délaffer de
leurs fatigues que pour préparer les mémoires
dont ils rendront compte l'année
prochaine dans leurs féances ; ils font tous
également difpofés à fe rendre dignes de
la protection qu'un grand Prince leur accorde
, à fe mettre en état d'obtenir la
confirmation de leur établiſſement , & à
mériter l'eftime du public.
De la Société Linéraire de Châlons.
St
1. quelques critiques chagrins fe font
érigés de nos jours en cenfeurs des
Académies , il s'eft auffi trouvé des défenfeurs
de ces fortes d'établiffemens : leur
utilité a été démontrée dans des écrits. publics
: il a été prouvé d'une maniere victorieufe
que leur multiplicité étoit néceffaire
au progrès des fciences , & que loin
de nuire au corps politique de l'Etat, elle
ne pouvoit lui être qu'avantageufe.
C'eft fous ce point de vue que M. Du-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
pré d'Aulnay , ancien Commiffaire des
Guerres , l'a confidéré. Retiré depuis plufieurs
années dans la ville de Châlons-fur-
Marne , fon amour pour l'étude l'y a fuivi
, & les liaifons qu'il a formées avec des
concitoyens animés du même amour , lui
ont fait concevoir le deffein de les unir
par les noeuds d'une fociété littéraire .
Il en a demandé. l'agrément à M. le
Comte de Saint - Florentin . Ce Miniftre
qui chérit les Lettres , autant qu'il eft cher
aux Sçavans , l'a honoré d'une réponſe
favorable , & a promis une autorifation
plus précife , lorfque les affociés auroient
donné des preuves de leurs talens .
Son A. S. M. le Comte de Clermont ,
Gouverneur des provinces de Champagne
& de Brie , a bien voulu concourit de fon
côté à cet établiffement : illuftre par fon
fang & par la faveur finguliere qu'il a fait
aux Mufes d'entrer dans leur fanctuaire ,
il a donné de nouvelles marques de fon
attachement pour elles , en fe déclarant le
protecteur de cette fociété naiffante.
Les membres d'une fociété qui commence
fous de fi heureux aufpices , ont dé
ja produits quelques fruits de leurs veilles
dans les affemblées particulieres qu'ils ont
tenues pendant le cours de cette année.
M. Culoteau de Velye , Avocat du Roi
MARS. 1755. 129
•
au Préfidial de Châlons en Champagne ,
& l'un des membres de cette fociété , a lû
une differtation fur la confécration des
Empereurs romains , & particulierement
fur celle de Pertinax , juftifiée par une médaille.
Il obferve que la confécration en uſage
chez les Romains étoit différente de l'apothéofe
admife chez les autres peuples ;
que cette derniere cérémonie étoit connue
dès le tems de Belus , premier Roi des
Affyriens , & qu'elle a été continuée depuis
en faveur des Princes , des Rois recommendables
par leur fageffe , & même
de fimples particuliers qui s'étoient fignalés
par leurs vertus & des actions éclatantes
. Il fixe au regne des Céfars l'origine de
la confécration qui , lorfque Romulus fut
admis au rang des Dieux , n'étoit point
encore établie de la maniere dont elle l'a
été dans la fuite.
›. Il fait voir que dans tel tems de la République
, le Sénat n'accorda cet honneur
qu'à la feule Acea Laurentia , comme un
tribut de fa reconnoiffance pour les biens
qu'il en avoit reça que s'il décerna par la
fuite les mêmes honneurs à un grand nom
-bre d'Empereurs , il les refufa néanmoins à
ceux qui s'étoient rendus odieux par leurs
vices.
Fy
130 MERCURE DE FRANCE .
Il rapporte pour exemple la joie générale
qu'excita la mort de Tibere , le decret
qui déclara Neron ennemi de la patrie,
les outrages exercés fur les corps de Vitellius
& d'Héliogabale qui , après avoir
été traînés avec ignominie par les rues de
Rome , furent jertés dans le Tibre ; le long
refus du Sénat d'élever Adrien au rang des
Dieux , la fermeté avec laquelle il йétric
la mémoire de Domitien déifié par les armées
, en faifant brifer fes ftatues , fes portraits
& les infcriptions faites en fon honneur.
Il prouve que la cérémonie de la confé
cration des Empereurs a fubfifté jufqu'an
tems du parfait établiſſement de notre religion
; Jovien ayant encore été mis au
rang des Dieux par les foins de fon fuc
ceffeur Valentinien , vers l'an 364 de l'ere
chrétienne .
A l'égard de l'Empereur Pertinax , dont
-M. de la Baftie prétend dans fon ouvrage
fur le P. Joubert , que l'on n'a point encore
trouvé de médailles , M. de Velye en
produit une , qui femble ne laiffer aucun
doute que l'on a déféré à cet Empereur
-les honneurs de la confécration ." col
< Cette médaille , qui eft de moyen broneze
, préfente d'un côté la tête de Pertinax ,
avec la légende Divus Helvius Pertinax , &
MAR S.: 1755. 131
a pour tipe en fon revers un aigle avec les
aîles déployées , fur lefquelles eft la figure
de l'Empereur à demi- couché , avec la légende
Confecratio. Cette médaille paroît
caracterifer d'une façon particuliere la confécration
de Pertinax , & l'on a lieu de
croire qu'elle eft une de celles qui ont été
re nouvellées par Gallien .
M. de Velye penfe que l'on peut porter
le même jugement d'une médaille de Fauftine
, qui du côté de la tête a pour légende
Diva Fauftina ; & au revers une figure
humaine que l'on peut prendre pour un
Prêtre , faifant une libation fur un autel ,
fur lequel il y a du feu , avec la légende
Confecratio : cependant il ne propofe fon
fentiment à cet égard que comme conjecture
, s'en rapportant aux connoiffances des
fçavans en ce genre.
M. de Velye a fait encore lecture d'une
autre differtation, dont l'objet eft de déterminer
quels étoient les principes de la religion
des anciens Romains , & s'ils étoient
différens de ceux qui conftituoient le culte
religieux des Grecs .
Voici fommairement les preuves qu'il
apporte pour établir cette différence .
Les premiers Romains , preſque tous occupés
à nourrir des troupeaux , en tiroient
les fecours néceffaires pour -fubfifter. Pan
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
étoit leur principale Divinité ; ils cétébroient
en fon honneur des fêtes par des
facrifices , & par des jeux appellés Lupeztaux
; ils honoroient auffi comme des
Dieux , Janus , Saturne , Picus , Hercule ,
&c. Mais indépendamment de ces Dieux
de la patrie ils reconnoifloient encore ceux
des grandes nations ; ils admettoient auffi
les augures , les pénates , les génies , &c.
Romulus effaya de détruire les préjugés
de ceux qui compofoient fa colonie , d'établir
une religion fondée fur des principes
raisonnables , & de fixer un culte conforme
à l'idée qu'il avoit conçue de la Divinité
, qu'il reconnoiſſoit comme un être
parfait & immortel .
Numa qui lui fuccéda , approchoit aſſez
des fentimens de fon prédéceffeur au ſujet
de la religion ; il penfoit qu'on ne pouvoit
donner aucune forme fenfible à la caufe
premiere de tous les êtres créés ; en conféquence
l'on ne vit à Rome pendant près
de deux fiécles aucun monument élevé pour
repréfenter la Divinité .
La religion établie par Romulus fubfiſta
long-tems , comme le fondement inébranlable
de la confervation de la chofe publique
; tout fon fyftême confiftoit à propo
fer pour objet du culte religieux un être
pur , efprit fouverainement parfait , imMARS.
1755. 133
mortel , auteur de tout , & de l'honorer
par un culte digne de fon unité & de fa
grandeur.
Les Grecs , au contraire , s'imaginant
qu'il étoit poffible d'appercevoir , par l'organe
des fens , la divinité telle quelle eft
en elle-même , la fixerent d'abord, dans le
foleil ; ils déïferent les élémens , l'univers
entier , & les différentes parties qui le com →
pofent. Orphée , Mufée , Eumolpe , que
S. Auguftin appelle les théologiens des
Grecs , bien loin d'amener leurs compatriotes
à la connoiffance de la vérité , les
en éloignerent , & les plongerent dans des
erreurs injurieufes à l'être fuprême ; ils
propoferent des Dieux fous des fymboles
& des hieroglyphes , dont ils avoient apris
à faire ufage en Egypte. La trop grande
élévation d'efprit de ces philofophes fit
tomber dans l'égarementceux qu'ils fe pro
pofoient d'éclairer , & qui n'étoient point
capables de comprendre le fens des fables
abfurdes qu'ils employoient pour établir les
vérités les plus importantes.
Ce fut des prétendus fages de l'Egypte
qu'ils avoient appris à diftinguer l'âge , le
fexe , la forme & le nombre des Dieux ;
ils apprirent auffi d'eux à les honorer par
des fêtes & par des jeux folemnels ; mais
il n'arrivoit que trop fouvent que l'on
.
134 MERCURE DE FRANCE.
portoit l'impiété en triomphe dans ces cérémonies
, & qu'elles devenoient un affemblage
monftrueux de defordres & de crimes.
La connoiffance de la nature & l'étude
de la phyfique devint la fource de l'erreur ;
on donnoit à chacune des caufes un des
attributs de la divinité , & les attributs diftingués
, fembloient introduire & préfenter
une multiplicité de Dieux. Plufieurs
fages , comme Diagoras & Socrate , furent
les victimes de leur attachement à la vérité
, telle que l'homme peut la découvrir par
l'étude & la force du raifonnement .
Les Romains , dans leur origine , étoient
des hommes durs , groffiers , fauvages ;
mais ils furent amenés à la connoiffance
de l'être fuprême , autant qu'on peut en
approcher par les lumieres de la raifon ;
ils fe diftinguerent par leur inviolable attachement
à une religion plus fainte que
celle des autres nations..
Les Grecs , au contraire , inconftans &
legers , fe livrerent au torrent d'une aveugle
fuperftition ; leur culte avoit fouvent
l'homme pour objet ; leurs fêtes , & les
jeux qu'ils célébroient , n'étoient inſtitués
que pour exciter ceux qui y étoient admis
à fe furpaffer mutuellement par la force ,
l'adreffe & la légereté : on n'y comptoit
MARS 1755 ”ན
135
prefque pour rien le coeur , les moeurs &
la vertu .
la
De cet expofé , on peut conclure que
religion des anciens Romains étoit plus
parfaite que celle des Grecs , & qu'elle
étoit établie fur des principes différens.
- M. Dupré d'Aulnai a lû auffi une differtation
qui a pour objet l'écoulement magne
tique , Pélectricité , l'afcenfion de la feve
dans les végétaux , & le flux de la mer. Il
croit que la même caufe produit ces différens
effets , que le foleil en eft le premier
& le feul mobile , & que cet aftre eft dans
l'univers ce qu'eft le coeur dans l'animal ,
auquel il donne le mouvement , la chaleur
& la vie.
af-
M. Navier , Docteur en Médecine ,
focié correfpondant de l'Académie royale
des Sciences de Paris , & l'un des mem
bres de la Société , a lu dans différentes
féances des differtations fur plufieurs maladies
populaires qui ont regné dans la
vince de Champagne & ailleurs.
་
pro-
La Faculté de Médecine de Paris , & M.
de Vernage , ayant jugé cet ouvrage fondé
-fur une bonne théorie , conforme à la faine
·pratique , & appuyé de l'autorité des grands
maîtres , l'auteur a cru ne devoir point fe
refufer au bien du public , & s'eft en conféquence
déterminé à le faire imprimer. Il
136 MERCURE DE FRANCE.
fe trouve à Paris , chez Cavelier
Saint Jacques , au Lys d'or.
·
rue
Après de pareils témoignages , il eft
inutile d'infilter fur la nature de ce travail
; le lecteur jugera par lui-même que
l'auteur a fait nombre de recherches utiles
& intéreffantes pour le traitement de différentes
maladies.
M. Navier a auffi lû des obfervations
théoriques & pratiques fur l'amolliffement
des os en général , & en particulier fur
celui qui a caractériſé la maladie extraor
dinaire de la Dame Supior , dont tout le
royaume a été informé.
Il penfe que cette maladie tenoit du rachitis
& du fcorbut. Pour démontrer le caractere
& la véritable caufe de cette maladie
, l'auteur fuit fon objet par la voie
des expériences & des démonftrations , &
conclut que les levains qui occafionnent
l'amolliffement des os , eft de nature acide.
Pour bien conftater cette vérité , il a fait
des recherches infinies , qui toutes ont concouru
à le convaincre que cette maladie ne
pouvoit reconnoître d'autre caufe . La nature
& le caractere de cette fâcheufe maladie
étant bien connue , l'auteur fait voir
qu'il faut néceffairement la combattre par
les moyens qu'il propofe. Cet ouvrage a
été examiné & approuvé par l'Académie
f
MARS. 1755. 137
royale des Sciences de Paris : il va être mis
fous preffe.
Le même a fait encore lecture d'un
autre ouvrage qui a pour titre : Obfervations
médico-phyfiques fur les dangers auxquels
on s'expofe en mangeant des fruits qui
n'ont point encore atteint leur dégré de maturité
, & fur les avantages au contraire qui
résultent de leur ufage lorfqu'ils ont acquis
toute leur perfection.
L'abus trop commun de manger les
fruits avant qu'ils foient murs , & le zéle
de l'auteur pour le bien public , l'ont engagé
à traiter cette matiere .
Après un court expofé des loix générales
de la végétation , il examine la nature des
fruits qui naiffent dans les pays chauds &
dans les pays froids & tempérés ; il fait
voir que la providence a fait naître dans
chaque contrée de la terre des fruits doués
de toutes les propriétés néceffaires pour
garantir les habitans des maladies auxquel
les les expoferoient l'intempérie de l'air
des régions qu'ils habitent. Il reconnoît
d'une part que les fruits aigrelets & acidules
qui naiffent abondamment dans les pays
chauds , contiennent des fucs merveilleux
pour réprimer les effervefcences fougueufes
, & une infinité d'autres accidens que
la chaleur exceffive occafionne dans le fang
13 8 MERCURE DE FRANCE .
de leurs habitans. D'un autre côté , il re
garde les fruits que produifent les pays
froids & tempérés , comme des matieres
favoneufes & délayantes, extrêmement propres
à diffoudre les concrétions & les
épaiffiffemens des liqueurs de ceux qui ha
bitent ces climats. Il entre à cet égard
dans un certain détail fur la nature des
matieres favoneufes , factices & naturelles :
il reconnoît que les favons naturels font
beaucoup plus parfaits que les factices ,
qu'ils font formés d'une union intime de
parties onctueufes extrêmement fines , pénétrées
par un acide végétal , au lieu que les
favons factices ordinaires font les produits
de parties graffes , fort groffieres , unies affez
imparfaitement avec un fel lixiviel , & c.
On voit que l'auteur reconnoît par- tout
un ordre & une fageffe fuprême dans la
formation & la confervation de tous les
êtres. C'eft effectivement en ne perdant
point de vue cet important objet , que les
fçavans fe rapprocheront toujours de la vérité
; au lieu qu'en fe livrant à des fyſtêmes
erronés & dictés par l'efprit d'illufion
, ils ne feront jamais d'accord ni avec
la nature , ni avec eux-mêmes.
M. Navier a auffi fait part d'un travail
qu'il a commencé en 1738 , pour trouver
un lithontriptique , ou diffolvant des pier,
MARS. 1755. 139
1
res humaines ; ouvrage dont il avoit informé
en différens tems MM. de l'Acadé-.
mie royale des Sciences de Paris ; il paroît
avoir conduit fes recherches déja fort loin
il a même fait voir plufieurs de ces pierres
extraordinairement dures, réduites en bouil
lie en fort peu de tems , par le moyen
d'une liqueur fi douce , qu'elle peut être
bûe fans faire aucune impreffion fâcheufe
fur l'eftomac. Il a déja par devers lui des
expériences du bon effet de ce remede ;
mais ,comme il n'a jamais prétendu réuffic
que par la voie des injections , il n'a pû
encore parvenir à autre chofe , finon qu'à
fe rendre certain que ce remede peut être
porté dans la veffie par les injections , fans
y caufer ni douleur ni altération . Si par
un bonheur ineftimable pour l'humanité
on pouvoit parvenir par cette voie à fondre
la pierre dans la veffie , il réfteroit en
core beaucoup à travailler , tant pour fe
perfectionner dans la maniere d'y introduire
la fonde , que dans la matiere & la
forme de cet inftrument ; car il feroit de
la derniere importance de pouvoir l'intro
duire promptement , fûrement & fans dou
leur. M.Navier defireroit que l'on s'exerçât
à fonder avec des alkalis qui n'euffent
prefque point de courbure ; il penfe que
Cette forme feroit plus commode pour ins
140 MERCURE DE FRANCE.
jecter , pour pouvoir tourner la fonde en
rous fens dans la veffie , & pour y pou
voir féjourner long- tems fans bleffer ce
vifcere , & c.
C'est particulierement du génie de nos
grands Chirurgiens que l'on doit efpérer
la perfection dans la forme de cet inftrument
, & dans la maniere de l'infinuer
dans la veffie , ou même de trouver le
moyen de dilater fon fphincter , & d'y
porter un liquide fans avoir recours au
catheter.
On a annoncé cette année deux ouvra
ges imprimés à Edimbourg , dans lesquels
on prétend que l'eau de chaux eft un excellent
diffolvant des pierres humaines pris
intérieurement , ou porté dans la veffic
par les injections .
M. Navier a fait depuis dix-fept à dixhuit
ans un fi grand nombre d'expériences
& de recherches fur les différens lithontriptiques
, qu'il auroit été furprenant que
celui de la chaux lui eût échappé : il a donc
travaillé fur ce diffolvant , comme fur une
infinité d'autres , & il craint qu'il ne réuffiffe
pas autant qu'on le fait efperer ; car
il a reconnu que ce remede avoit peu ou
point d'action fur un très - grand nombre
de pierres humaines . Si M. Whitt a éprouvé
le contraire , cela ne peut venir , ſelon
MA- R S.
1755 141
M. Navier , que de la différence des pierres
qui fe forment chez les Anglois , dont la
boiffon ordinaire eft la bierre , & de celles
qui prennent naiffance chez les François
qui font ufage du vin.
M. Navier n'a eu occafion de travailler
que fur ces dernieres ; peut-être eft- ce cette
différence de boiffon qui a fait que le diffolvant
de Mlle Stephens a été employé
avec fuccès en Angleterre , & qu'il a fi peu
réuffi en France.
M. Navier croit encore être bien fondé
à fe défier de l'eau de chaux : 1 °. parce que
contenant une grande quantité de parties
de feu , ce reméde pris . intérieurement &
à grandes dofes , comme il feroit néceffaire
pour fondre les calculs humains pourroit
intéreffer la fanté des perfonnes délicates.
2 °. Cette eau étant chargée de beaucoup
de parties pierreufes qu'elle tient en
diffolution , ne pourroit - il pas arriver
qu'elles fe dépoferoient dans différens endroits
du corps , peut-être même dans les
reins & dans la veffie ? M. Navier eſt d'aųtant
mieux fondé dans cette opinion , qu'il
a reconnu par l'expérience , qu'un peu d'urine
chaude verfée far de l'eau de chaux ,
la rend laiteufe , & en fait précipiter de
fa fubftance pierreufe. Si donc la même
chofe arrivoit dans les reins ou dans la
142 MERCURE DE FRANCE.
veffie de ceux qui prendroient beaucoup
de ce lithontriptique , comme il y a tout
lieu de le croire , fur- tout chez les pierreux
, qui ont une urine dont l'alkali volatil
eft fort développé , & par conféquent
plus propre à précipiter la partie pierreufe
de l'eau de chaux , ne doit- on pas préfumer
que ce remede pourroit dépofer dans
ces vifceres autant & peut être plus de
fubftance pierreufe qu'ils n'en éleveroient
de calculs qui s'y rencontreroient ? M. Navier
a connoiffance d'un fait qui paroît
bien confirmer cette théorie .
Une perfonne qui avoit une pierre bien
conftatée dans la veffie , s'étoit déterminée
à prendre du lithontriptique de Mlle Stephens
, qui contient , comme l'on fçait
beaucoup de matieres calcaires réduites en
chaux. Après un certain tems de l'uſage
de ce remede , on apperçut dans les urines
du malade beaucoup de parties terreufesblanches
, que l'on croyoit être infailliblement
des débris de la pierre ; mais la
perfonne étant morte , on reconnut avec
furprife , par l'ouverture de la veffie , que
la pierre n'avoit été en aucune façon endommagée.
Donc les portions blanchâtres
& terreufes que l'urine avoit charriées,
venoient des parties de chaux qui entroient
dans le remede anglois. Cela prou오
Y
MARS. 1755. 143
ve qu'on ne peut avoir trop de circonfpection
, même de défiance , dans la vérification
des faits , car ils font fouvent voilés
par des
apparences trompeufes & féduifantes.
M. Whitt a avancé que tout fel lixiviel
eft abfolument incapable de diffoudre la pierre
humaine . M. Navier a remarqué tout le
contraire , ayant conftamment obfervé
dans le nombre des lithontriptiques qu'il a
découvert , que ces fels avoient tous cette
propriété.
Cette différence entre les obfervations
de nos deux auteurs pourroit bien venir
de celle des pierres fur lefquelles ils ont
travaillé , par la raifon rapportée ci -deffus
. En effet M. Navier , d'après qui nous
parlons toujours , a reconnu que ces fels
agiffoient fort différemment , felon la nature
de la pierre ; & il eft perfuadé que
c'eſt cette différence dans les calculs humains
qui mettra toujours le plus d'obftacles
à la découverte d'un lithontriptique
univerfel , c'est-à - dire qui agiffe également
& d'une maniere douce fur toutes les pierres
humaines.
Nous venons de rapporter une partie
des obfervations de M. Navier , que fon
defintéreffement & fon amour pour le
bien public a déterminé à nous communiquer.
#44 MERCURE DE FRANCE.
Quelle louable émulation ! qu'il eft digne
de notre reconnoiffance de voir dans
deux Royaumes auffi floriffans que la France
& l'Angleterre , la Médecine toujours
occupée d'un objet qui tend à délivrer l'hu
manité du plus cruel de tous les maux !
Les affociés fe font féparés le 28 du
mois d'Août , moins pour fe délaffer de
leurs fatigues que pour préparer les mémoires
dont ils rendront compte l'année
prochaine dans leurs féances ; ils font tous
également difpofés à fe rendre dignes de
la protection qu'un grand Prince leur accorde
, à fe mettre en état d'obtenir la
confirmation de leur établiſſement , & à
mériter l'eftime du public.
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Résumé : SEANCES PARTICULIERES De la Société Littéraire de Châlons.
Le texte présente les activités de la Société Linéraire de Châlons, une association littéraire fondée par M. Dupré d'Aulnay, ancien commissaire des Guerres, avec le soutien de M. le Comte de Saint-Florentin et de M. le Comte de Clermont. Cette société vise à promouvoir les sciences et les lettres. Lors de réunions privées, plusieurs membres ont présenté des dissertations. M. Culoteau de Velye a lu une dissertation sur la consécration des empereurs romains, en se concentrant sur Pertinax, et a présenté une médaille attestant de cette consécration. Il a également comparé la religion des anciens Romains à celle des Grecs, soulignant que la religion romaine était plus rationnelle et fondée sur des principes raisonnables. M. Dupré d'Aulnay a présenté une dissertation sur divers phénomènes naturels, comme l'écoulement magnétique et l'électricité, attribuant ces effets à l'influence du soleil. M. Navier, docteur en médecine, a lu des dissertations sur des maladies populaires en Champagne, sur l'amollissement des os, et sur les dangers de consommer des fruits non mûrs. Ses travaux ont été approuvés par l'Académie royale des Sciences de Paris. Le texte détaille également les recherches de M. Navier sur les lithontriptiques, des substances capables de dissoudre les calculs rénaux. Navier reconnaît la supériorité des savons naturels sur les savons artificiels en raison de leur composition plus fine et plus efficace. Il souligne l'importance de l'ordre et de la sagesse divine dans la formation des êtres vivants. Navier a commencé ses travaux en 1738 pour trouver un lithontriptique efficace. Il a présenté plusieurs pierres dures réduites en bouillie grâce à une liqueur douce, pouvant être bue sans effet nocif sur l'estomac. Cependant, il n'a pas encore pu administrer ce remède par voie interne sans causer de douleur ou d'altération. Le texte mentionne des ouvrages imprimés à Edimbourg qui prétendent que l'eau de chaux est un excellent dissolvant des calculs rénaux. Navier, après de nombreuses expériences, doute de l'efficacité de ce remède, estimant qu'il pourrait causer des dépôts de substances pierreuses dans le corps. Navier critique l'eau de chaux pour ses risques potentiels de déposer des particules pierreuses dans les reins et la vessie, et pour son inefficacité constatée sur de nombreux calculs rénaux. Il relate un cas où une personne ayant pris un lithontriptique à base de chaux a vu des particules blanches dans ses urines, mais la pierre rénale n'a pas été dissoute. Enfin, le texte souligne la différence d'observations entre Navier et M. Whitt concernant l'efficacité des lessives sur les calculs rénaux, attribuant ces divergences à la variabilité des types de calculs. Navier conclut que la découverte d'un lithontriptique universel est complexe en raison de cette variabilité.
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29
p. 234-236
AVIS INTERESSANT, Contenant le précis d'une lettre de M. Mollée, Chymiste, demeurant à Paris, fauxbourg S. Honoré, rue de la Ville-l'Evêque.
Début :
Mr. Mollée rend compte dans sa lettre des effets suivis de son [...]
Mots clefs :
Remède, Mal vénérien, Guérison, Privilège, M. Baron
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texteReconnaissance textuelle : AVIS INTERESSANT, Contenant le précis d'une lettre de M. Mollée, Chymiste, demeurant à Paris, fauxbourg S. Honoré, rue de la Ville-l'Evêque.
AVIS INTERESSANT ,
Contenant le précis d'une lettre de M. Mollée
, Chymifte , demeurant à Paris , fauxbourg
S. Honoré , rue de la Ville - l'Evêque.
R.
71
M'effets fuivis de fon remede , & c'eft par des Mollée rend compte dans fa lettre des
faits exposés avec exactitude qu'il parvient
prouver ,
1°. Que fon remede guérit fans retour.
2°. Qu'il guérit commodément & fans caufer
aucunes fortes d'accidens.
3°. Que dans les tems qui ne font pas extrê
mement rudes , les pauvres en peuvent faire uſage
fans difcontinuer leurs travaux.
4° . Qu'il eft fi analogue à la nature , que les
femmes enceintes & les enfans à la mammelle
peuvent en ufer fans aucun rifque , & que tous les
malades qui l'emploient jouiffent d'une fanté par,
faite à la fin du traitement.
Mais M. Mollée ne propofe fon remede que
pour le mal vénérien. Il exige de plus qu'on fuive
fcrupuleufement fa méthode dans les préparations
& l'adminiftration de ce remede : en conféquence
il confeille aux malades de fe faire toujours aider
par quelques perfonnes de l'art. C'eſt en 1751
que les premieres épreuves en ont été faites à
Bordeaux , fous les yeux des Médecins & des Chirurgiens
habiles de cette ville. On en peut voir
le détail chez Barbou , rue S. Jacques , aux Cigognes.
Il a fait fucceffivement de nouvelles épreuves
à Verfailles & à Paris , fous les yeux des preJUIN..
1753: 233
miers Médecins duRoi , & fous l'infpection de M.
Malouin ; elles ont été également fuivies d'un
heureux fuccès . Depuis l'obtention de fon privilege
il a continué à faire fes cures publiques
avec les mêmes précautions & la même réuffite ,
tant à Paris que dans les provinces. Pour en mieux
conftater le fuccès , il rapporte dans fa lettre l'état
de plufieurs malades qu'il a traités , avec les
certificats de leur guérifon.
Sur ce qu'il a été dit dans le Mercure de Now
vembre 1754 , que M. Baron , Doyen de la Fa
culté de Paris , à déclaré que ladite Faculté n'a
aucune connoiffance du remede du fieur Mollée ,
qui s'autorife auffi fauffement de l'approbation
de l'Académie de Chirurgie ; l'auteur fe juftifie ,
en difant que cette erreur vient de ce qu'il a pris
le fuffrage de plufieurs Docteurs de la Faculté
pour celui du corps même. Il affure que M. Mar
thaud , Docteur de cette Faculté , a fait aux écoles
l'éloge de fon remede , ainfi que M. Hervin , pre
mier Chirurgien de Madame laDauphine , dans l'E
cole de Chirurgie , où il y a fix ou ſept cens Eco
liers. Depuis il a invité deux fois M. Baron & une
fois M. Morand à être les témoins du traitement
qu'il fait tous les mois à un pauvre malade gratis ;
il a même offert à ce dernier gratuitement tout ce
qu'il faudroit de fon remede pour traiter aux invalides.
Ces Meffieurs n'ayant pas eu le tems d'en voir
& d'en fuivre les effets , ce n'eft pas la faute de M.
Mollée s'ils les ignorent . Sa charité ne s'eft point
bornée aux pauvres malades de Paris , elle s'eft
étendue fur ceux des provinces : il exerce fon art en
citoyen , & la réuffite couronne les bienfaits . I
M. Mollée avertit le public qu'il vient de faire
imprimer une nouvelle méthode pour la prépara
tion des malades avant l'adminiftration de fon re236
MERCURE DE FRANCE.
mede ; on la trouvera chez lui , où il la délivre
gratis.
Contenant le précis d'une lettre de M. Mollée
, Chymifte , demeurant à Paris , fauxbourg
S. Honoré , rue de la Ville - l'Evêque.
R.
71
M'effets fuivis de fon remede , & c'eft par des Mollée rend compte dans fa lettre des
faits exposés avec exactitude qu'il parvient
prouver ,
1°. Que fon remede guérit fans retour.
2°. Qu'il guérit commodément & fans caufer
aucunes fortes d'accidens.
3°. Que dans les tems qui ne font pas extrê
mement rudes , les pauvres en peuvent faire uſage
fans difcontinuer leurs travaux.
4° . Qu'il eft fi analogue à la nature , que les
femmes enceintes & les enfans à la mammelle
peuvent en ufer fans aucun rifque , & que tous les
malades qui l'emploient jouiffent d'une fanté par,
faite à la fin du traitement.
Mais M. Mollée ne propofe fon remede que
pour le mal vénérien. Il exige de plus qu'on fuive
fcrupuleufement fa méthode dans les préparations
& l'adminiftration de ce remede : en conféquence
il confeille aux malades de fe faire toujours aider
par quelques perfonnes de l'art. C'eſt en 1751
que les premieres épreuves en ont été faites à
Bordeaux , fous les yeux des Médecins & des Chirurgiens
habiles de cette ville. On en peut voir
le détail chez Barbou , rue S. Jacques , aux Cigognes.
Il a fait fucceffivement de nouvelles épreuves
à Verfailles & à Paris , fous les yeux des preJUIN..
1753: 233
miers Médecins duRoi , & fous l'infpection de M.
Malouin ; elles ont été également fuivies d'un
heureux fuccès . Depuis l'obtention de fon privilege
il a continué à faire fes cures publiques
avec les mêmes précautions & la même réuffite ,
tant à Paris que dans les provinces. Pour en mieux
conftater le fuccès , il rapporte dans fa lettre l'état
de plufieurs malades qu'il a traités , avec les
certificats de leur guérifon.
Sur ce qu'il a été dit dans le Mercure de Now
vembre 1754 , que M. Baron , Doyen de la Fa
culté de Paris , à déclaré que ladite Faculté n'a
aucune connoiffance du remede du fieur Mollée ,
qui s'autorife auffi fauffement de l'approbation
de l'Académie de Chirurgie ; l'auteur fe juftifie ,
en difant que cette erreur vient de ce qu'il a pris
le fuffrage de plufieurs Docteurs de la Faculté
pour celui du corps même. Il affure que M. Mar
thaud , Docteur de cette Faculté , a fait aux écoles
l'éloge de fon remede , ainfi que M. Hervin , pre
mier Chirurgien de Madame laDauphine , dans l'E
cole de Chirurgie , où il y a fix ou ſept cens Eco
liers. Depuis il a invité deux fois M. Baron & une
fois M. Morand à être les témoins du traitement
qu'il fait tous les mois à un pauvre malade gratis ;
il a même offert à ce dernier gratuitement tout ce
qu'il faudroit de fon remede pour traiter aux invalides.
Ces Meffieurs n'ayant pas eu le tems d'en voir
& d'en fuivre les effets , ce n'eft pas la faute de M.
Mollée s'ils les ignorent . Sa charité ne s'eft point
bornée aux pauvres malades de Paris , elle s'eft
étendue fur ceux des provinces : il exerce fon art en
citoyen , & la réuffite couronne les bienfaits . I
M. Mollée avertit le public qu'il vient de faire
imprimer une nouvelle méthode pour la prépara
tion des malades avant l'adminiftration de fon re236
MERCURE DE FRANCE.
mede ; on la trouvera chez lui , où il la délivre
gratis.
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Résumé : AVIS INTERESSANT, Contenant le précis d'une lettre de M. Mollée, Chymiste, demeurant à Paris, fauxbourg S. Honoré, rue de la Ville-l'Evêque.
Le document est un avis concernant un remède proposé par M. Mollée, un chimiste parisien. Mollée décrit son remède comme guérissant sans retour et sans effets secondaires, adapté aux pauvres, aux femmes enceintes et aux enfants. Il est destiné au traitement du mal vénérien et nécessite un respect strict de sa méthode de préparation et d'administration, de préférence avec l'aide de professionnels de la santé. Les premières épreuves du remède ont été réalisées à Bordeaux en 1751, sous la supervision de médecins et chirurgiens locaux, avec succès. Des tests supplémentaires ont été effectués à Versailles et à Paris en 1753, sous la supervision des premiers médecins du Roi et de M. Malouin, confirmant son efficacité. Mollée continue de réaliser des cures publiques avec succès, tant à Paris que dans les provinces, et fournit des certificats de guérison de ses patients. En réponse à une déclaration de la Faculté de Paris et de l'Académie de Chirurgie, Mollée clarifie que son remède a été approuvé par plusieurs docteurs de la Faculté et par M. Hervin, premier chirurgien de Madame la Dauphine. Il offre également une nouvelle méthode de préparation des malades avant l'administration de son remède, disponible gratuitement chez lui.
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30
p. 231
AUTRE.
Début :
Le sieur Cartier donne avis au public qu'il continue à distribuer [...]
Mots clefs :
Sieur Cartier, Remède, Pierre et Gravelle, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fieur Cartier donne avis au public qu'il
continue à diftribuer avec fuccès fon remede
pour la guériſon de la pierre & de la gravelle , if
envoye avec la maniere de s'en fervir les noms &
certificats des perfonnes qu'il a guéries , parmi
lefquelles il y en a deux qui ont été refondées , &
leur pierre s'eft trouvée entierement diffoute . Son
adreffe eft au College de Narbonne , rue de la
Harpe , à Paris . On affranchira le port des lettres..
E fieur Cartier donne avis au public qu'il
continue à diftribuer avec fuccès fon remede
pour la guériſon de la pierre & de la gravelle , if
envoye avec la maniere de s'en fervir les noms &
certificats des perfonnes qu'il a guéries , parmi
lefquelles il y en a deux qui ont été refondées , &
leur pierre s'eft trouvée entierement diffoute . Son
adreffe eft au College de Narbonne , rue de la
Harpe , à Paris . On affranchira le port des lettres..
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31
p. 191-198
SÉANCE. de l'Académie Royale de Chirurgie.
Début :
L'Académie Royale de Chirurgie tint sa séance publique le 10 Avril, à laquelle [...]
Mots clefs :
Académie royale de chirurgie, Chirurgie, Hernies, Maladies, Remède, Progrès
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texteReconnaissance textuelle : SÉANCE. de l'Académie Royale de Chirurgie.
SEAN CE.
de l'Académie Royale de Chirurgie.
L'Académie Royale de Chirurgie tint fa
feance publique le 10 Avril , à laquelle
M. dela Faye préfida comme Directeur.
M. Morand, Secrétaire perpétuel , ouvrit
lafeance par le Difcours fuivant.
L
E feu eft un moyen que les Grecs , les
Romains , les Arabes , employoient
avec une égale confiance pour guérir les
maladies chirurgicales ; & la lecture des
Anciens nous apprend qu'ils n'ont fait que
fe copier fur cela . Les grandes découvertes
font en général dues au hazard ; le raifonnement
n'eft venu qu'après. A remonter
à l'origine des chofes , il eft vraifemblable
que l'ufage du feu appliqué aux opé
192 MERCURE DE FRANCE.
rations de Chirurgie , a été imaginé d'après
l'effet de la brûlure faite par accident.
L'inftant en eft fort vif pour la douleur ;
les Anciens ont pû conclure que le feu devoit
être un remede dans les cas de ftupeur
où il eft néceffaire d'exciter de la fenfibilité.
Le moment douloureux de la brûlure
étant paffé , il en résulte une eſcarre au
moyen de quoi une partie plus ou moins
profondément affectée , doit être féparée
de celles avec lesquelles il y avoit commerce
de fucs nourriciers ; les Anciens en
ont pu conclure que le feu étoit un moyen
de féqueftrer le mort d'avec le vif. L'ef
carre d'une brûlure étant formée , il ſe fait
une fuppuration plus ou moins abondante,
à l'aide de laquelle les parties qui étoient
gonflées , fe détendent & fe débarraffent
d'une quantité d'humeurs proportionnée
a la grandeur de l'efcarre ; les Anciens en
ont pu conclure que le feu étoit un remede
capable d'exciter des fontes falutaires. Enfin
l'efcarre étant tombée , l'on découvre
une déperdition de fubftance , fuite de la
piece emportée , qui laiffe une breche plus
ou moins large à la partie faine ; les Anciens
en ont pu conclure que le feu étoit
un moyen de faire ouverture , en fuppléant
à l'incifion . Cette fpéculation toute nue
des effets de la brûlure , pourroit être regardée
SEPTEMBRE . 1755. 193
gardée comme la bafe de la doctrine des
Anciens fur cette matiere , & dès-lors ils
ont du employer le feu dans beaucoup de
maladies ; mais ils en ont abufé , & l'on
ne peut s'empêcher d'être furpris , quand
on voit cet abus porté au point de convertir
la Chirurgie opérante en pyrotechnie.
L'acquifition des connoiffances qu'introduit
naturellement la fucceffion des
tems , donneroit lieu de croire qu'à mefure
qu'on s'éloigne du fiecle d'Hippocrate , on
a fubftitué des moyens de guérir moins
cruels. Cependant le fameux traité de
Marc-Aurele Severin , Profeffeur à Naples,
eft de 1646. Cet Auteur met tout en feu
pour guérir les maladies du corps humain ,
il annonce fon traité dans les termes les
plus pompeux , il l'intitule la Chirurgie efficace.
Nouvel Hercule , c'eft avec le feu
qu'il combat l'hydre morbifique . Il ne tarit
point fur les éloges qu'il donne à ce remede.
Il eft vrai que l'anatomie & la chymie
ont fait depuis ce tems- là des progrès bien
plus rapides , & de-là font venues les opérations
méthodiques qui font tant d'honneur
à la Chirurgie moderne.
Les notions anatomiques ont infpiré le
courage d'ouvrir avec le fer , la poitrine
inondée de liqueurs devenues étrangeres
le foye rempli de pus , les dépôts foup-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
çonnés dans les parties les plus effentielles
å la vie , de fendre l'anneau inguinal ou
l'ombilical , pour lever l'étranglement de
celles qui font engagées dans les hernies ,
de lier les arteres pour arrêter les grandes
hémorragies.
La Chymie perfectionnée a fourni des
topiques dont l'application moins effrayante
que celle d'un fer rougi au feu , détruit
des parties dénaturées , & certaines tumeurs
qui , en termes de Botanique , feroient
bien appellées parafites. enfin la Chirurgie
plus éclairée a reconnu l'erreur des
Anciens à l'égard du feu tombé depuis le
dix-huitieme fiecle dans le plus grand difcrédit
; & en effet , il paroît déraisonnable
de l'employer pour la phthifie , l'empyeme,
l'abcès du foye , le gonflement de la rate ,
l'hydropifie , l'extirpation des amygdales ,
les luxations , les hernies ; auffi l'ufage en
eft-il profcrit dans les cas dont il eft queftion
, quoiqu'on le voye encore foutenu
pour les luxations & les hernies par les auteurs
de quelques differtations , même trèsrécentes
, puifqu'il y en aune de 1752. A la
vérité ces Auteurs ne font pas Chirurgiens ,
& c'eft la feule réfutation qu'ils méritent .
Les arts font fujets à certaines révolutions
dont les époques femblent conftater
dans les mêmes tems les progrès de l'efprit
fur certains points , & fa décadence en
SEPTEMBRE. 1755 . 195
d'autres , l'ufage du feu comme remede de
Chirurgie , n'avoit qu'à perdre à mefure
que l'on augmentoit en connoiffances , &
la délicateffe des hommes augmentée auffi
à mesure qu'ils s'éloignoient de la fimplicité
des premiers tems , y trouvoit fon
compte. Infenfiblement l'on a oublié ce
point de l'aphorifme d'Hippocrate , qui eft
cependant très- vrai dans beaucoup de cas :
ce que le fer ne guérit point , le feu peut le
guérir. Les modernes ne l'ont confervé que
pour l'appliquer fur les os qui dénués de
leur périofte font infenfibles , & pour tout
le refte l'ayant abandonné à la Médecine
vétérinaire , iillss oonntt ffeerrmméé lleess yeux fur les
merveilles que celle - ci opere.
En même tems que les Méthodiques ont
rejetté le feu , les Empyriques ont mis les
médicamens cauftiques à tout , & c'eſt
avec peine que l'on voit cette contagion
gagner quelques Chirurgiens d'ailleurs
très - habiles. Ils n'ignorent cependant pas
le danger de l'arfenic , des différentes préparations
de fublimé , du précipité rouge ,
quoique fimplement appliqués fur des
chairs ; ou bien il faudroit ( ce que l'on ne
peut fuppofer ) qu'ils ignoraffent que les
veines , mêmes les
réforbans , peuvent
fuccer les parties corrofives de ces
remedes , les porter dans la maffe des
4
pores
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
liqueurs , & les empoifonner.
L'ACADÉMIE avoit déja propofé les cauftiques
pour fujet du prix de 1748. confidérant
en particulier le feu ou caufere actuel
, & fans ceffe occupée de la perfection
de l'art , elle a trouvé la doctrine des anciens
& celle des modernes également répréhenfibles
; les uns ayant abufé du feu ,
les autres l'ayant abfolument négligé . Elle
en a fait le fujet d'une queſtion intéreffante
qui conduifoit naturellement à cette
feconde queftion très- utile : en quels cas le
feu doit- il être préféré aux autres moyens pour
la cure des maladies chirurgicales , & quelles
font les raifons de préférence. Cette matiere
déja préfentée pour le prix de 1753 ,
n'ayant pas été affez approfondie , a été
propofée de nouveau pour cette année
1755 , avec promeffe d'un prix double ;
c'eft à- dire , que celui qui au jugement de
l'Académie , auroit fait le meilleur mémoire
auroit deux médailles d'or de la valeur
de 500 livres , ou une médaille d'or ,
& la valeur de l'autre au choix de l'Auteur.
Les efpérances de l'Académie n'ont pas
éré vaines ; elle a reçu vingt-un mémoires ,
dont trois font restés au concours . Elle adjuge
le prix double au numéro 20 , qui
porte à la premiere page une emblême de la
Salamandre avec la devife : Nimium extinguit
, defideratum renovat ; & à la derniere
SEPTEMBRE . 1755. 197
page l'emblême d'un phoenix , avec la devife
Crematus ipfe refurgit. M. de la Boffiere
, Chirurgien Major des dragons de la
Reine a fait les preuves néceffaires pour
retirer le prix . L'Académie a jugé dignes
de l'impreffion , le mémoire numéro 14
ayant pour devife : Labor eft non levis effe
brevem , & le mémoire latin , numéro 5 ;
avec cette devife : aut Davus aut Edipus.
Après ce difcours , M. Morand lut l'avis
fuivant.
Il eft dit dans le teftamment de M. de la
Peyronnie que les revenus des fonds qu'il
a laiffé à la Communauté des Maîtres en
Chirurgie de Paris , étant appliqués à l'ufage
particulier qu'il ordonne lui-même en
être fait en trois articles , le furplus fera
employé en dépenfes pour l'utilité & les
progrès de la Chirurgie & de l'Académie
royale de Chirurgie.
Il vient d'être réglé qu'outre la médaille
de cinq cens livres pour le prix dont l'Académie
donne le fujet , il y aura dorénavant
une autre médaille d'or de deux cens
livres donnée chaque année à celui des
Chirurgiens étrangers ou regnicoles , qui
l'aura mérité par un ouvrage fur quelque
matiere de Chirurgie que ce foit , au choix
de l'Auteur ; ce fecond prix fera nommé
prix d'émulation .
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Plus , cinq médailles d'or de cent livres
chacune pour cinq des Académiciens de la
claffe des libres & des Chirurgiens regnicoles
qui auront fourni pendant le cours de
l'année un mémoire ou trois obfervations
intéreffantes.
Le prix d'émulation fera adjugé publiquement
l'année prochaine avec le prix
ordinaire. Par ce nouvel établiſſement ,
l'Europe partagera avec nous les bienfaits
de M. de la Peyronie , tandis que nous
rendrons fidelement à l'Europe les fruits
de ceux dont nous lui fommes redevables
en particulier.
de l'Académie Royale de Chirurgie.
L'Académie Royale de Chirurgie tint fa
feance publique le 10 Avril , à laquelle
M. dela Faye préfida comme Directeur.
M. Morand, Secrétaire perpétuel , ouvrit
lafeance par le Difcours fuivant.
L
E feu eft un moyen que les Grecs , les
Romains , les Arabes , employoient
avec une égale confiance pour guérir les
maladies chirurgicales ; & la lecture des
Anciens nous apprend qu'ils n'ont fait que
fe copier fur cela . Les grandes découvertes
font en général dues au hazard ; le raifonnement
n'eft venu qu'après. A remonter
à l'origine des chofes , il eft vraifemblable
que l'ufage du feu appliqué aux opé
192 MERCURE DE FRANCE.
rations de Chirurgie , a été imaginé d'après
l'effet de la brûlure faite par accident.
L'inftant en eft fort vif pour la douleur ;
les Anciens ont pû conclure que le feu devoit
être un remede dans les cas de ftupeur
où il eft néceffaire d'exciter de la fenfibilité.
Le moment douloureux de la brûlure
étant paffé , il en résulte une eſcarre au
moyen de quoi une partie plus ou moins
profondément affectée , doit être féparée
de celles avec lesquelles il y avoit commerce
de fucs nourriciers ; les Anciens en
ont pu conclure que le feu étoit un moyen
de féqueftrer le mort d'avec le vif. L'ef
carre d'une brûlure étant formée , il ſe fait
une fuppuration plus ou moins abondante,
à l'aide de laquelle les parties qui étoient
gonflées , fe détendent & fe débarraffent
d'une quantité d'humeurs proportionnée
a la grandeur de l'efcarre ; les Anciens en
ont pu conclure que le feu étoit un remede
capable d'exciter des fontes falutaires. Enfin
l'efcarre étant tombée , l'on découvre
une déperdition de fubftance , fuite de la
piece emportée , qui laiffe une breche plus
ou moins large à la partie faine ; les Anciens
en ont pu conclure que le feu étoit
un moyen de faire ouverture , en fuppléant
à l'incifion . Cette fpéculation toute nue
des effets de la brûlure , pourroit être regardée
SEPTEMBRE . 1755. 193
gardée comme la bafe de la doctrine des
Anciens fur cette matiere , & dès-lors ils
ont du employer le feu dans beaucoup de
maladies ; mais ils en ont abufé , & l'on
ne peut s'empêcher d'être furpris , quand
on voit cet abus porté au point de convertir
la Chirurgie opérante en pyrotechnie.
L'acquifition des connoiffances qu'introduit
naturellement la fucceffion des
tems , donneroit lieu de croire qu'à mefure
qu'on s'éloigne du fiecle d'Hippocrate , on
a fubftitué des moyens de guérir moins
cruels. Cependant le fameux traité de
Marc-Aurele Severin , Profeffeur à Naples,
eft de 1646. Cet Auteur met tout en feu
pour guérir les maladies du corps humain ,
il annonce fon traité dans les termes les
plus pompeux , il l'intitule la Chirurgie efficace.
Nouvel Hercule , c'eft avec le feu
qu'il combat l'hydre morbifique . Il ne tarit
point fur les éloges qu'il donne à ce remede.
Il eft vrai que l'anatomie & la chymie
ont fait depuis ce tems- là des progrès bien
plus rapides , & de-là font venues les opérations
méthodiques qui font tant d'honneur
à la Chirurgie moderne.
Les notions anatomiques ont infpiré le
courage d'ouvrir avec le fer , la poitrine
inondée de liqueurs devenues étrangeres
le foye rempli de pus , les dépôts foup-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
çonnés dans les parties les plus effentielles
å la vie , de fendre l'anneau inguinal ou
l'ombilical , pour lever l'étranglement de
celles qui font engagées dans les hernies ,
de lier les arteres pour arrêter les grandes
hémorragies.
La Chymie perfectionnée a fourni des
topiques dont l'application moins effrayante
que celle d'un fer rougi au feu , détruit
des parties dénaturées , & certaines tumeurs
qui , en termes de Botanique , feroient
bien appellées parafites. enfin la Chirurgie
plus éclairée a reconnu l'erreur des
Anciens à l'égard du feu tombé depuis le
dix-huitieme fiecle dans le plus grand difcrédit
; & en effet , il paroît déraisonnable
de l'employer pour la phthifie , l'empyeme,
l'abcès du foye , le gonflement de la rate ,
l'hydropifie , l'extirpation des amygdales ,
les luxations , les hernies ; auffi l'ufage en
eft-il profcrit dans les cas dont il eft queftion
, quoiqu'on le voye encore foutenu
pour les luxations & les hernies par les auteurs
de quelques differtations , même trèsrécentes
, puifqu'il y en aune de 1752. A la
vérité ces Auteurs ne font pas Chirurgiens ,
& c'eft la feule réfutation qu'ils méritent .
Les arts font fujets à certaines révolutions
dont les époques femblent conftater
dans les mêmes tems les progrès de l'efprit
fur certains points , & fa décadence en
SEPTEMBRE. 1755 . 195
d'autres , l'ufage du feu comme remede de
Chirurgie , n'avoit qu'à perdre à mefure
que l'on augmentoit en connoiffances , &
la délicateffe des hommes augmentée auffi
à mesure qu'ils s'éloignoient de la fimplicité
des premiers tems , y trouvoit fon
compte. Infenfiblement l'on a oublié ce
point de l'aphorifme d'Hippocrate , qui eft
cependant très- vrai dans beaucoup de cas :
ce que le fer ne guérit point , le feu peut le
guérir. Les modernes ne l'ont confervé que
pour l'appliquer fur les os qui dénués de
leur périofte font infenfibles , & pour tout
le refte l'ayant abandonné à la Médecine
vétérinaire , iillss oonntt ffeerrmméé lleess yeux fur les
merveilles que celle - ci opere.
En même tems que les Méthodiques ont
rejetté le feu , les Empyriques ont mis les
médicamens cauftiques à tout , & c'eſt
avec peine que l'on voit cette contagion
gagner quelques Chirurgiens d'ailleurs
très - habiles. Ils n'ignorent cependant pas
le danger de l'arfenic , des différentes préparations
de fublimé , du précipité rouge ,
quoique fimplement appliqués fur des
chairs ; ou bien il faudroit ( ce que l'on ne
peut fuppofer ) qu'ils ignoraffent que les
veines , mêmes les
réforbans , peuvent
fuccer les parties corrofives de ces
remedes , les porter dans la maffe des
4
pores
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
liqueurs , & les empoifonner.
L'ACADÉMIE avoit déja propofé les cauftiques
pour fujet du prix de 1748. confidérant
en particulier le feu ou caufere actuel
, & fans ceffe occupée de la perfection
de l'art , elle a trouvé la doctrine des anciens
& celle des modernes également répréhenfibles
; les uns ayant abufé du feu ,
les autres l'ayant abfolument négligé . Elle
en a fait le fujet d'une queſtion intéreffante
qui conduifoit naturellement à cette
feconde queftion très- utile : en quels cas le
feu doit- il être préféré aux autres moyens pour
la cure des maladies chirurgicales , & quelles
font les raifons de préférence. Cette matiere
déja préfentée pour le prix de 1753 ,
n'ayant pas été affez approfondie , a été
propofée de nouveau pour cette année
1755 , avec promeffe d'un prix double ;
c'eft à- dire , que celui qui au jugement de
l'Académie , auroit fait le meilleur mémoire
auroit deux médailles d'or de la valeur
de 500 livres , ou une médaille d'or ,
& la valeur de l'autre au choix de l'Auteur.
Les efpérances de l'Académie n'ont pas
éré vaines ; elle a reçu vingt-un mémoires ,
dont trois font restés au concours . Elle adjuge
le prix double au numéro 20 , qui
porte à la premiere page une emblême de la
Salamandre avec la devife : Nimium extinguit
, defideratum renovat ; & à la derniere
SEPTEMBRE . 1755. 197
page l'emblême d'un phoenix , avec la devife
Crematus ipfe refurgit. M. de la Boffiere
, Chirurgien Major des dragons de la
Reine a fait les preuves néceffaires pour
retirer le prix . L'Académie a jugé dignes
de l'impreffion , le mémoire numéro 14
ayant pour devife : Labor eft non levis effe
brevem , & le mémoire latin , numéro 5 ;
avec cette devife : aut Davus aut Edipus.
Après ce difcours , M. Morand lut l'avis
fuivant.
Il eft dit dans le teftamment de M. de la
Peyronnie que les revenus des fonds qu'il
a laiffé à la Communauté des Maîtres en
Chirurgie de Paris , étant appliqués à l'ufage
particulier qu'il ordonne lui-même en
être fait en trois articles , le furplus fera
employé en dépenfes pour l'utilité & les
progrès de la Chirurgie & de l'Académie
royale de Chirurgie.
Il vient d'être réglé qu'outre la médaille
de cinq cens livres pour le prix dont l'Académie
donne le fujet , il y aura dorénavant
une autre médaille d'or de deux cens
livres donnée chaque année à celui des
Chirurgiens étrangers ou regnicoles , qui
l'aura mérité par un ouvrage fur quelque
matiere de Chirurgie que ce foit , au choix
de l'Auteur ; ce fecond prix fera nommé
prix d'émulation .
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Plus , cinq médailles d'or de cent livres
chacune pour cinq des Académiciens de la
claffe des libres & des Chirurgiens regnicoles
qui auront fourni pendant le cours de
l'année un mémoire ou trois obfervations
intéreffantes.
Le prix d'émulation fera adjugé publiquement
l'année prochaine avec le prix
ordinaire. Par ce nouvel établiſſement ,
l'Europe partagera avec nous les bienfaits
de M. de la Peyronie , tandis que nous
rendrons fidelement à l'Europe les fruits
de ceux dont nous lui fommes redevables
en particulier.
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Résumé : SÉANCE. de l'Académie Royale de Chirurgie.
Le 10 avril, l'Académie Royale de Chirurgie a organisé une séance publique dirigée par M. dela Faye et ouverte par M. Morand, Secrétaire perpétuel. M. Morand a prononcé un discours sur l'usage du feu en chirurgie, une pratique utilisée par les Grecs, les Romains et les Arabes pour traiter les maladies chirurgicales. Les Anciens ont observé les effets des brûlures accidentelles et en ont déduit les propriétés thérapeutiques du feu, notamment pour exciter la sensibilité, séparer les tissus morts des vivants, provoquer des suppurations salutaires et créer des ouvertures chirurgicales. Cependant, les Anciens ont abusé de cette méthode, transformant la chirurgie en pyrotechnie. Avec les progrès de l'anatomie et de la chimie, la chirurgie moderne a développé des techniques plus méthodiques et moins cruelles. Les notions anatomiques ont permis des interventions précises, comme l'ouverture de la poitrine ou l'arrêt des hémorragies. La chimie a fourni des topiques moins effrayants que le feu pour traiter les tumeurs. L'Académie a rejeté l'usage du feu pour des maladies comme la phtisie, l'empyème ou les luxations, bien que certains auteurs récents le recommandent encore. Les arts évoluent, et l'usage du feu en chirurgie a perdu de son crédit au profit de méthodes plus éclairées. Les modernes ont conservé l'usage du feu uniquement pour les os dénudés de leur périoste, laissant cette pratique à la médecine vétérinaire. L'Académie a proposé une question sur l'usage du feu en chirurgie pour le prix de 1755, offrant deux médailles d'or. Vingt-et-un mémoires ont été soumis, et le prix a été attribué au numéro 20. L'Académie a également annoncé un prix d'émulation pour les chirurgiens étrangers ou nationaux, ainsi que des médailles pour les académiciens ayant fourni des mémoires ou des observations intéressantes.
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32
p. 235
AVIS.
Début :
Le Sieur Viale, Chirurgien expert, reçu à S. Côme pour les [...]
Mots clefs :
Sieur Viale, Chirurgien, Hernies, Descente de boyaux , Remède, Guérison, Eau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LE Sieur Viale , Chirurgien expert , reçu à S.
Côme pour les Hernies ou defcentes de Boyaux
vend une Eau de fimples , qui guérit radicalement
toutes fortes de defcentes fans opérations &
en très- peu de tems tant pour femmes que
pour hommes , & même pour Hernies Ombilicales...
C'eſt un remede qui a été expérimenté dans toute
la Bretagne , ainfi qu'il eft conftaté par plufieurs
Certificats qui lui ont été expédiés , & notamment
par un arrêt du Parlement de Rennes & un Certificat
de la faculté d'Angers .
Depuis fept mois que le fieur Viale eft à Paris , ..
il a guéri plufieurs perfonnes diftinguées , dont
il a les Certificats . Il en a un de M. Petit , Medecin
de Monfeigneur le Duc d'Orléans , un de M.
Hoftie , Medecin de la Faculté de Paris , &c.
Ceux qui pourront être tranquilles dans leurs
chambres n'auront pas beſoin de tenir un ban
dage.
Le prix de la bouteille de cette Eau eft de
48 livres , & une feule fuffit pour la maladie la
plus invétérée. On s'en fert en trempant un morceau
de linge fin dans cette Liqueur , pour
en baffiner la partie affligée matin & foir.
Il demeure à Paris , rue du Sépulchre , dans la
maifon de M. de Bréaud , vis-à- vis le corps-de-
Garde , au fecond en entrant par l'efcalier à droite.
On le trouvera le matin , depuis 10 heures jufqu'à
midi , & l'après-midi , depuis 2 heures jufqu'à
fept.
LE Sieur Viale , Chirurgien expert , reçu à S.
Côme pour les Hernies ou defcentes de Boyaux
vend une Eau de fimples , qui guérit radicalement
toutes fortes de defcentes fans opérations &
en très- peu de tems tant pour femmes que
pour hommes , & même pour Hernies Ombilicales...
C'eſt un remede qui a été expérimenté dans toute
la Bretagne , ainfi qu'il eft conftaté par plufieurs
Certificats qui lui ont été expédiés , & notamment
par un arrêt du Parlement de Rennes & un Certificat
de la faculté d'Angers .
Depuis fept mois que le fieur Viale eft à Paris , ..
il a guéri plufieurs perfonnes diftinguées , dont
il a les Certificats . Il en a un de M. Petit , Medecin
de Monfeigneur le Duc d'Orléans , un de M.
Hoftie , Medecin de la Faculté de Paris , &c.
Ceux qui pourront être tranquilles dans leurs
chambres n'auront pas beſoin de tenir un ban
dage.
Le prix de la bouteille de cette Eau eft de
48 livres , & une feule fuffit pour la maladie la
plus invétérée. On s'en fert en trempant un morceau
de linge fin dans cette Liqueur , pour
en baffiner la partie affligée matin & foir.
Il demeure à Paris , rue du Sépulchre , dans la
maifon de M. de Bréaud , vis-à- vis le corps-de-
Garde , au fecond en entrant par l'efcalier à droite.
On le trouvera le matin , depuis 10 heures jufqu'à
midi , & l'après-midi , depuis 2 heures jufqu'à
fept.
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Résumé : AVIS.
L'avis concerne le Sieur Viale, un chirurgien expert reçu à Saint-Côme, qui propose une Eau de simples pour traiter les hernies ou descentes de boyaux. Ce remède guérit radicalement diverses formes de hernies, y compris les hernies ombilicales, sans opération et en peu de temps, pour les hommes et les femmes. Il a été expérimenté en Bretagne et confirmé par plusieurs certificats, notamment un arrêt du Parlement de Rennes et un certificat de la faculté d'Angers. À Paris, depuis sept mois, Viale a guéri plusieurs personnes distinguées, dont des certificats de M. Petit, médecin du Duc d'Orléans, et M. Hoftie, médecin de la Faculté de Paris. Le prix de la bouteille est de 48 livres, une seule bouteille suffisant pour la maladie la plus invétérée. L'application se fait en trempant un morceau de linge fin dans la liqueur pour baigner la partie affectée matin et soir. Viale réside à Paris, rue du Sépulcre, dans la maison de M. de Bréaud, vis-à-vis le corps-de-garde. Il est disponible le matin de 10 heures à midi et l'après-midi de 2 heures à 7 heures.
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33
p. 236
AUTRE.
Début :
Le Public est averti que le sieur Nivard vend & débite [...]
Mots clefs :
Sieur Nivard, Remède, Dysenterie, Flux de sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E Public eft averti que le fieur Nivard vend
& débite , par permiffion de M. le premier Médecin
du Roy , & de la commiffion Royale de
Médecine , un remede fpécifique pour les diffenteries
, & pour le flux de fang.
Ce remede qui eft fous la forme d'un extrait ;
fe délaye dans une taffe d'eau tiede , & il eft
rare qu'il foit néceffaire d'en donner plus d'une
où deux prifes .
Il demeure rue S. Louis au Marais , au coin
de celle de S. François chez M. le Febvre , à
Paris.
On le trouve tout le matin jufqu'à midi.
E Public eft averti que le fieur Nivard vend
& débite , par permiffion de M. le premier Médecin
du Roy , & de la commiffion Royale de
Médecine , un remede fpécifique pour les diffenteries
, & pour le flux de fang.
Ce remede qui eft fous la forme d'un extrait ;
fe délaye dans une taffe d'eau tiede , & il eft
rare qu'il foit néceffaire d'en donner plus d'une
où deux prifes .
Il demeure rue S. Louis au Marais , au coin
de celle de S. François chez M. le Febvre , à
Paris.
On le trouve tout le matin jufqu'à midi.
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Résumé : AUTRE.
Le sieur Nivard vend un remède contre les dysenteries et les flux de sang. Ce remède, dilué dans une tasse d'eau tiède, nécessite une ou deux prises. Autorisé par le premier Médecin du Roy et la commission Royale de Médecine, il est disponible tous les matins jusqu'à midi chez M. le Febvre, rue Saint-Louis au Marais, à Paris.
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34
p. 228-229
AVIS.
Début :
Le Sieur Cartier, Anglois, donne avis au Public, qu'il continue [...]
Mots clefs :
Sieur Cartier, Remède, Maladie de la pierre, Guérison, Dissolvant, Reins, Pierre et Gravelle
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LEE Sieur Cartier , Anglois , donne avis au
Public , qu'il continue à diſtribuer avec ſuccès fon
Remede pour la guériſon de la Pierre &de la
Gravelle , en vertu d'une Permiſſion de M. Senac
Premier Médecin du Roy , & de la Commiffion
Royale de Médecine. Ce Diffolvant qui diſſout
la Pierre dans la veſſie &débarraſſe les reins &
les autres viſceres de tout ſable & gravier , n'eſt
compoſé que de ſeules Simples réduites en poudre
FEVRIER . 1757 . 229
:
100
!
C
fans aucune mixtion chimique , comme M. le
Premier Médecin du Roi eſt en état de le certifier.
Ce Remede eſt agréable au goût & à l'odeur ,
& ne peut faire le moindre préjudice au corps.
Il eſt au contraire ftomachique , & plus les malades
en prennent , mieux ils s'en trouvent pour
la gaieté & pour l'embonpoint. Il ſe conſerve trèslong-
temps , & peut ſe tranſporter partout , même
dans les Pays étrangers. On ne sçauroit fixer
au juſte la quantité qu'il en faut pour l'entiere
diffolution de la pierre , elle doit être proportionnée
à la groſſeur & à la dureté du caillou.
Tout ce qu'on peut aſſurer , c'eſt que vingt à
trente priſes ſuffiſent ordinairement pour guérir
la gravelle. Le prix de chaque priſe qui peſe deux
gros , eſt de trois livres .
L'adreſſe du ſieur Cartier eſt au College de
Narbonne , rue de la Harpe à Paris. On affranchira
les ports de Lettres.
LEE Sieur Cartier , Anglois , donne avis au
Public , qu'il continue à diſtribuer avec ſuccès fon
Remede pour la guériſon de la Pierre &de la
Gravelle , en vertu d'une Permiſſion de M. Senac
Premier Médecin du Roy , & de la Commiffion
Royale de Médecine. Ce Diffolvant qui diſſout
la Pierre dans la veſſie &débarraſſe les reins &
les autres viſceres de tout ſable & gravier , n'eſt
compoſé que de ſeules Simples réduites en poudre
FEVRIER . 1757 . 229
:
100
!
C
fans aucune mixtion chimique , comme M. le
Premier Médecin du Roi eſt en état de le certifier.
Ce Remede eſt agréable au goût & à l'odeur ,
& ne peut faire le moindre préjudice au corps.
Il eſt au contraire ftomachique , & plus les malades
en prennent , mieux ils s'en trouvent pour
la gaieté & pour l'embonpoint. Il ſe conſerve trèslong-
temps , & peut ſe tranſporter partout , même
dans les Pays étrangers. On ne sçauroit fixer
au juſte la quantité qu'il en faut pour l'entiere
diffolution de la pierre , elle doit être proportionnée
à la groſſeur & à la dureté du caillou.
Tout ce qu'on peut aſſurer , c'eſt que vingt à
trente priſes ſuffiſent ordinairement pour guérir
la gravelle. Le prix de chaque priſe qui peſe deux
gros , eſt de trois livres .
L'adreſſe du ſieur Cartier eſt au College de
Narbonne , rue de la Harpe à Paris. On affranchira
les ports de Lettres.
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Résumé : AVIS.
L'avis informe le public que le sieur Cartier, un Anglais, distribue avec succès un remède pour soigner la pierre et la gravelle. Ce remède, composé de simples réduits en poudre sans mixtion chimique, dissout les pierres dans la vessie et élimine le sable et le gravier des reins et autres viscères. Il est agréable au goût et à l'odeur et ne cause aucun préjudice au corps. Au contraire, il est stomachique et améliore la gaieté et l'embonpoint des malades. Le remède se conserve longtemps et peut être transporté partout, même à l'étranger. La quantité nécessaire pour dissoudre complètement la pierre varie selon la taille et la dureté du caillou, mais vingt à trente prises suffisent généralement pour guérir la gravelle. Le prix de chaque prise, pesant deux gros, est de trois livres. Le sieur Cartier peut être contacté au Collège de Narbonne, rue de la Harpe à Paris, et les frais de port des lettres seront pris en charge.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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35
p. 234-236
AVIS INTÉRESSANT, A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Zélé pour le bien de l'humanité, Monsieur ; & desirant de faire connoître à ma [...]
Mots clefs :
Remède, Rage, Campagne, Eau, Cure, Guérison, Saint-Malo, Morsure, Chien
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texteReconnaissance textuelle : AVIS INTÉRESSANT, A L'AUTEUR DU MERCURE.
AVIS INTÉRESSANT ,
A L'AUTEUR DU MERCURE.
ZÉLÉ pour le bien de l'humanité , Monſieur ;
& defirant de faire connoître à ma Patrie un
remede infaillible pour la plus terribles des maladies
, je vous envoie , le détail des effets prodigieux
de ce remede contre la rage. Je ne doute
pas qu'étant inféré dans votre Ouvrage , il ne
piqué la charité de quelque grand , & ne l'engage
MAR S. 1757 : 235
à acheter ce fecret , que le poffeffeur ne veut point
découvrir , quelques inftances qu'on lui faffe, bien
qu'il diftribue ce remede gratis .
Dans la Paroiffe de Gael , Province de Breta
gne , Diocefe de S. Malo , le Recteur du lieu diftribue
une eau qui prévient & guérit les accès de
rage : le fait eft hors de doute ; & comme cette affreufe
maladie n'eft que trop commune à la campagne
, où l'on n'a pas l'attention de tenir les
chiens à la chaîne , les guérifons de cette efpece ,
opérées par l'eau en queftion , font ici très-mul..
tipliées. Il n'eft perfonne à dix lieues à la ronde
de Gaél , qui n'ait vu ou oui parler de ces cures.
M. de la Motte , Comte de Montmurand , de qui
je tiens ce Mémoire , a été témoin oculaire de
celle qui fuit. La nommée Marie Joffe , femme de
Mathurin Guillemer , âgée de dix- neuf ans , &
enceinte , demeurant pour- lors en la Paroiffe des
Iffs , Dioceſe de S. Malo , fut mordue d'un chien
au mois de Décembre 1750 : mais , comme elle
ignoroit que ce chien fût enragé , & que d'ailleurs
la morfure étoit légere ,
elle n'y fit aucune attention
. Peu de jours après paffant un ruiffeau , elle
crut appercevoir dans l'eau ce même chien qui l'avoit
mordue : la même image fe retraçoit à fes
yeux toutes les fois qu'elle regardoit dans l'eau .
Dès le feptieme jour de fa morfure elle reffentit
un accès de rage , caractérisé par l'écume qui fortoit
de fa bouche par l'augmentation de fes forces
, par le defir de mordre , & autres ſymptomes.
Au fecond accès il fallut l'enfermer dans un de ces
lits clos où elle étoit liée : le troifieme & le qua
trieme furent fi violens , qu'elle coupoit les barreaux
de bois avec les dents. Dans ces intervalles
elle demandoit avec inftance qu'on allât à Gaél
mais , comme la diſtance des lieux eft grande ,
236 MERCURE DE FRANCE.
l'eau n'arriva qu'après le quatrieme accès ; dès le
lendemain qu'elle en eut fait ufage , il ne lui
refta que la foibleffe caufée par fes convulfions
violentes : cinq cens perfonnes furent témoins de
ce prodige. Cette femme vit , & ſon fruit eft venu
à bien. Depuis cette cure , cette eau en a opéré
encore nombre d'auffi merveilleuſes , & l'effet n'a
jamais trompé l'attente des malades qui y ont eu
recours. Ce Prêtre a toujours ( je le répéte ) refuſé
de divulguer fon fecret , quoiqu'il diftribue ce remede
gratuitement.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
ZÉLÉ pour le bien de l'humanité , Monſieur ;
& defirant de faire connoître à ma Patrie un
remede infaillible pour la plus terribles des maladies
, je vous envoie , le détail des effets prodigieux
de ce remede contre la rage. Je ne doute
pas qu'étant inféré dans votre Ouvrage , il ne
piqué la charité de quelque grand , & ne l'engage
MAR S. 1757 : 235
à acheter ce fecret , que le poffeffeur ne veut point
découvrir , quelques inftances qu'on lui faffe, bien
qu'il diftribue ce remede gratis .
Dans la Paroiffe de Gael , Province de Breta
gne , Diocefe de S. Malo , le Recteur du lieu diftribue
une eau qui prévient & guérit les accès de
rage : le fait eft hors de doute ; & comme cette affreufe
maladie n'eft que trop commune à la campagne
, où l'on n'a pas l'attention de tenir les
chiens à la chaîne , les guérifons de cette efpece ,
opérées par l'eau en queftion , font ici très-mul..
tipliées. Il n'eft perfonne à dix lieues à la ronde
de Gaél , qui n'ait vu ou oui parler de ces cures.
M. de la Motte , Comte de Montmurand , de qui
je tiens ce Mémoire , a été témoin oculaire de
celle qui fuit. La nommée Marie Joffe , femme de
Mathurin Guillemer , âgée de dix- neuf ans , &
enceinte , demeurant pour- lors en la Paroiffe des
Iffs , Dioceſe de S. Malo , fut mordue d'un chien
au mois de Décembre 1750 : mais , comme elle
ignoroit que ce chien fût enragé , & que d'ailleurs
la morfure étoit légere ,
elle n'y fit aucune attention
. Peu de jours après paffant un ruiffeau , elle
crut appercevoir dans l'eau ce même chien qui l'avoit
mordue : la même image fe retraçoit à fes
yeux toutes les fois qu'elle regardoit dans l'eau .
Dès le feptieme jour de fa morfure elle reffentit
un accès de rage , caractérisé par l'écume qui fortoit
de fa bouche par l'augmentation de fes forces
, par le defir de mordre , & autres ſymptomes.
Au fecond accès il fallut l'enfermer dans un de ces
lits clos où elle étoit liée : le troifieme & le qua
trieme furent fi violens , qu'elle coupoit les barreaux
de bois avec les dents. Dans ces intervalles
elle demandoit avec inftance qu'on allât à Gaél
mais , comme la diſtance des lieux eft grande ,
236 MERCURE DE FRANCE.
l'eau n'arriva qu'après le quatrieme accès ; dès le
lendemain qu'elle en eut fait ufage , il ne lui
refta que la foibleffe caufée par fes convulfions
violentes : cinq cens perfonnes furent témoins de
ce prodige. Cette femme vit , & ſon fruit eft venu
à bien. Depuis cette cure , cette eau en a opéré
encore nombre d'auffi merveilleuſes , & l'effet n'a
jamais trompé l'attente des malades qui y ont eu
recours. Ce Prêtre a toujours ( je le répéte ) refuſé
de divulguer fon fecret , quoiqu'il diftribue ce remede
gratuitement.
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Résumé : AVIS INTÉRESSANT, A L'AUTEUR DU MERCURE.
L'auteur d'un avis informe le rédacteur du Mercure de France d'un remède efficace contre la rage, distribué gratuitement par le recteur de la paroisse de Gael en Bretagne. La maladie est fréquente dans les campagnes où les chiens ne sont pas tenus en laisse. Le comte de Montmurand a observé une guérison notable : Marie Joffe, une femme enceinte mordue par un chien enragé en décembre 1750, a été soignée par cette eau miraculeuse après avoir souffert de violents accès de rage. L'eau a été administrée après le quatrième accès et a rapidement apaisé ses symptômes. Depuis, cette eau a guéri de nombreux autres cas de rage sans jamais échouer. Le recteur refuse de révéler la composition de ce remède, malgré les demandes insistantes.
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36
p. 200-201
Avertissement.
Début :
Le sieur Keyser avertit le Public que quoique son plus grand desir [...]
Mots clefs :
M. Keyser, Remède, Bien commun, Lettres accablantes, Enseignement de sa méthode, Traitements
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texteReconnaissance textuelle : Avertissement.
Avertiffement.
Le fieur Keyfer avertit le Public que quoique
fon plus grand defir & fon unique objet foit de
contribuer au bien général de l'humanité par l'extenfion
de fon remede dans les Provinces & les
pays étrangers ; cependant comme ce remede ,
ainfi qu'il l'a déja annoncé plufieurs fois , demande
une certaine adminiſtration , que l'on ne peut
apprendre fans avoir vu & fuivi un certain nombre
de malades traités par fa méthode , il ne fe
réfoudra jamais d'en envoyer au dehors pour être
adminiftré au hazard par des mains inhabiles , &
que parconféquent il eft inutile qu'on l'accable
tous les jours , & de toutes parts , de lettres à ce
fujet pour lui en demander. Que toutefois étant
férieufement occupé des moyens de le participer ,
'il eft poffible , à toute la terre , il inftruit actuellement
de fa méthode différens Maîtres en Chiurgie
de diverfes Provinces , qui font venus le
JUIN. 1757. 201
trouver , & qui jugeant fans prévention & fans
partialité , par leurs propres yeux , fuivent avec
exactitude les maladies , les traitemens , & apprennent
l'adminiftration , en fe convainquant
par les expériences qu'ils voient & qu'ils font
eux-mêmes , de la vérité & de la fupériorité de
fon remede. Qu'il fe fera le plus grand plaifir de
recevoir également tous ceux qui voudront ou
pourront venir paffer quelque mois à en apprendre
l'adminiftration , & qu'alors au bout d'un
temps fuffifant , mais qui ne fera jamais long ,
quand il fera certain que ceux qui auront fuivi &
adminiftré fous fes yeux , feront parfaitement inftruits
; il le leur confiera pour aller par euxmêmes
l'adminiftrer en quelque endroit que ce
foit , & ne les en laiffera jamais manquer ; & afin
que le Public ne puiffe être la dupe & la victime
de ceux qui pourroient fe vanter fauffement d'en
avoir , il aura foin de donner tous les ans , par la
voie du Mercure de France , les noms. exacts des
perfonnes à qui il l'aura confié fucceffivement , &
il commence conféquemment aujourd'hui à annoncer
qu'il vient de le donner à M. Ray, Maître
en Chirurgie, demeurant rue Turpin, à Lyon , qui
étant venu à Paris fuivre fes traitemens , voir l'administration
, & adminiftrer lui-même , eft parfaitement
inftruft , & en état de traiter avec fon
remede & par fa méthode , toutes les maladies vénériennes
quelconques.
Il en partira inceffamment d'autres pour plu
fieurs principales Villes du Royaume.
Le fieur Keyfer avertit le Public que quoique
fon plus grand defir & fon unique objet foit de
contribuer au bien général de l'humanité par l'extenfion
de fon remede dans les Provinces & les
pays étrangers ; cependant comme ce remede ,
ainfi qu'il l'a déja annoncé plufieurs fois , demande
une certaine adminiſtration , que l'on ne peut
apprendre fans avoir vu & fuivi un certain nombre
de malades traités par fa méthode , il ne fe
réfoudra jamais d'en envoyer au dehors pour être
adminiftré au hazard par des mains inhabiles , &
que parconféquent il eft inutile qu'on l'accable
tous les jours , & de toutes parts , de lettres à ce
fujet pour lui en demander. Que toutefois étant
férieufement occupé des moyens de le participer ,
'il eft poffible , à toute la terre , il inftruit actuellement
de fa méthode différens Maîtres en Chiurgie
de diverfes Provinces , qui font venus le
JUIN. 1757. 201
trouver , & qui jugeant fans prévention & fans
partialité , par leurs propres yeux , fuivent avec
exactitude les maladies , les traitemens , & apprennent
l'adminiftration , en fe convainquant
par les expériences qu'ils voient & qu'ils font
eux-mêmes , de la vérité & de la fupériorité de
fon remede. Qu'il fe fera le plus grand plaifir de
recevoir également tous ceux qui voudront ou
pourront venir paffer quelque mois à en apprendre
l'adminiftration , & qu'alors au bout d'un
temps fuffifant , mais qui ne fera jamais long ,
quand il fera certain que ceux qui auront fuivi &
adminiftré fous fes yeux , feront parfaitement inftruits
; il le leur confiera pour aller par euxmêmes
l'adminiftrer en quelque endroit que ce
foit , & ne les en laiffera jamais manquer ; & afin
que le Public ne puiffe être la dupe & la victime
de ceux qui pourroient fe vanter fauffement d'en
avoir , il aura foin de donner tous les ans , par la
voie du Mercure de France , les noms. exacts des
perfonnes à qui il l'aura confié fucceffivement , &
il commence conféquemment aujourd'hui à annoncer
qu'il vient de le donner à M. Ray, Maître
en Chirurgie, demeurant rue Turpin, à Lyon , qui
étant venu à Paris fuivre fes traitemens , voir l'administration
, & adminiftrer lui-même , eft parfaitement
inftruft , & en état de traiter avec fon
remede & par fa méthode , toutes les maladies vénériennes
quelconques.
Il en partira inceffamment d'autres pour plu
fieurs principales Villes du Royaume.
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Résumé : Avertissement.
Le fieur Keyfer exprime son intention de diffuser son remède pour le bien général de l'humanité, mais insiste sur la nécessité d'une expertise pour son administration. Il refuse d'envoyer son remède à des personnes non qualifiées et se consacre à former des maîtres en chirurgie de diverses provinces. Ces derniers, après avoir suivi ses traitements sous sa supervision, sont jugés compétents pour administrer le remède. Keyfer accepte de former ceux qui souhaitent apprendre et promet de les recommander une fois formés. Pour éviter les abus, il publiera annuellement les noms des personnes autorisées. Il annonce que M. Ray, maître en chirurgie à Lyon, est désormais autorisé à traiter les maladies vénériennes avec son remède. D'autres maîtres en chirurgie partiront bientôt vers plusieurs villes principales du royaume.
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37
p. 236-238
AVIS. LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur du Mercure.
Début :
Monsieur, l'attention que vous avez d'insérer dans votre Mercure tout ce [...]
Mots clefs :
Remède, Rhumatismes, Sciatique, Paralysie, Tumeurs, Guérison, Médecin, Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS. LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur du Mercure.
AVIS.
LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur
du Mercure.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inférer
dans votre Mercure tout ce qui peut concourir
à l'avantage & à la fatisfaction du public , me
fait efpérer que vous voudrez bien lui annoncer
un remede nouveau , dont les bons effets ont été
conftatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'eft un topique éprouvé avec le plus
grand fuccès, pour les rhumatifmes fimples & goutteux
; pour la fciatique , la paralyfie commençante
; pour toutes les maladies de nerf, pour les fraî
SEPTEMBRE. 1757. 237
cheurs des parties , contre les enchilofes , exoftofes
commençantes , & généralement contre toutes
les tumeurs froides. Il ne garantit pas de la carie.
Ce remede agit principalement par les urines ,
fouvent par un fuintement confidérable qui évacue
l'humeur , & quelquefois par les felles.
Comme on doit être en garde contre les nouveautés
en fait de médecine , j'ai voulu par moimême
reconnoître les effets du remede, & j'ai fuivi
quelques maladies dont la guériſon radicale a levé
tous mes doutes . Vous me permettrez d'en citer
une que je croyois au deffus de toutes les reffources
de l'art .
La nommée le Roi , âgée d'environ 60 ans , de
meurant rue Dauphine , chez un Ceinturonnier ,
étoit travaillée depuis plus de trois mois d'un
rhumatifme goutteux qui lui faifoit fouffrir les
plus cuifantes douleurs. Elle avoit été traitée inutilement
par plufieurs Médecins & Chirurgiens ,
qui défefpéroient de fa guérifon ; je la trouvai au
lit dans un état pitoyable , & avec des douleurs fi
vives , qu'elle ne pouvoit fe remuer , ni fouffrir
qu'on la touchât ; le bras gauche perclu & entiérement
defféché , & au genouil du même côté ,
une enchilofe énorme ; enfin elle étoit à l'extrêmité
: un mois de l'ufage du remede l'a rétablie
entiérement. Je vous en citerois un grand nombres
d'autres , fi les bornes de votre Recueil me
permettoient de donner plus d'étendue à cette
Lettre. Soyez perfuadé , Monfieur , que c'eſt l'intérêt
feul de la vérité & celui du public , qui m'ont
déterminé à vous écrire. Ceux qui me connoiffent
n'en douteront point , & les malades qui auront
éprouvé par l'uſage l'efficacité du topique , nous
fçauront gré à l'un & à l'autre de l'avoir indiqué.
Le Privilege qui vient d'être délivré par M, le
238 MERCURE DE FRANCE.
premier Médecin du Roi , & par MM . de la Com
miffion royale de Médecine , prouve encore plus
que tout ce que je pourrois , dire qu'on ne fçauroit
avoir trop de confiance en ce remede.
Le fieur Berthelot , qui le diftribue , demeure
chez M. Thomas , Maître Perruquier , rue du
Temple au coin de la rue Meſlé ; & avertit qu'il
ne retirera point de lettres qu'elles n'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce 12 Août 1757.
LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur
du Mercure.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inférer
dans votre Mercure tout ce qui peut concourir
à l'avantage & à la fatisfaction du public , me
fait efpérer que vous voudrez bien lui annoncer
un remede nouveau , dont les bons effets ont été
conftatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'eft un topique éprouvé avec le plus
grand fuccès, pour les rhumatifmes fimples & goutteux
; pour la fciatique , la paralyfie commençante
; pour toutes les maladies de nerf, pour les fraî
SEPTEMBRE. 1757. 237
cheurs des parties , contre les enchilofes , exoftofes
commençantes , & généralement contre toutes
les tumeurs froides. Il ne garantit pas de la carie.
Ce remede agit principalement par les urines ,
fouvent par un fuintement confidérable qui évacue
l'humeur , & quelquefois par les felles.
Comme on doit être en garde contre les nouveautés
en fait de médecine , j'ai voulu par moimême
reconnoître les effets du remede, & j'ai fuivi
quelques maladies dont la guériſon radicale a levé
tous mes doutes . Vous me permettrez d'en citer
une que je croyois au deffus de toutes les reffources
de l'art .
La nommée le Roi , âgée d'environ 60 ans , de
meurant rue Dauphine , chez un Ceinturonnier ,
étoit travaillée depuis plus de trois mois d'un
rhumatifme goutteux qui lui faifoit fouffrir les
plus cuifantes douleurs. Elle avoit été traitée inutilement
par plufieurs Médecins & Chirurgiens ,
qui défefpéroient de fa guérifon ; je la trouvai au
lit dans un état pitoyable , & avec des douleurs fi
vives , qu'elle ne pouvoit fe remuer , ni fouffrir
qu'on la touchât ; le bras gauche perclu & entiérement
defféché , & au genouil du même côté ,
une enchilofe énorme ; enfin elle étoit à l'extrêmité
: un mois de l'ufage du remede l'a rétablie
entiérement. Je vous en citerois un grand nombres
d'autres , fi les bornes de votre Recueil me
permettoient de donner plus d'étendue à cette
Lettre. Soyez perfuadé , Monfieur , que c'eſt l'intérêt
feul de la vérité & celui du public , qui m'ont
déterminé à vous écrire. Ceux qui me connoiffent
n'en douteront point , & les malades qui auront
éprouvé par l'uſage l'efficacité du topique , nous
fçauront gré à l'un & à l'autre de l'avoir indiqué.
Le Privilege qui vient d'être délivré par M, le
238 MERCURE DE FRANCE.
premier Médecin du Roi , & par MM . de la Com
miffion royale de Médecine , prouve encore plus
que tout ce que je pourrois , dire qu'on ne fçauroit
avoir trop de confiance en ce remede.
Le fieur Berthelot , qui le diftribue , demeure
chez M. Thomas , Maître Perruquier , rue du
Temple au coin de la rue Meſlé ; & avertit qu'il
ne retirera point de lettres qu'elles n'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris , ce 12 Août 1757.
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Résumé : AVIS. LETTRE de M. Giraud, Médecin, à l'Auteur du Mercure.
M. Giraud, médecin, annonce dans une lettre au Mercure un nouveau remède topique aux effets surprenants. Ce remède traite efficacement les rhumatismes simples et goutteux, la sciatique, la paralysie débutante, les maladies des nerfs, les engelures, les enchiloses, les exostoses naissantes et les tumeurs froides. Il agit principalement par les urines, parfois par un suintement ou les selles. M. Giraud atteste de l'efficacité du remède en citant le cas de la nommée le Roi, âgée d'environ 60 ans, guérie en un mois de douleurs rhumatismales et goutteuses après trois mois de souffrance. La lettre mentionne un privilège accordé par le premier Médecin du Roi et la Commission royale de Médecine. Le distributeur, M. Berthelot, réside chez M. Thomas, Maître Perruquier, rue du Temple au coin de la rue Meslé.
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38
p. 211-212
AVIS.
Début :
Je, soussigné, Docteur en Médecine, ancien Médecin, Pensionnaire de la Venerie [...]
Mots clefs :
Remède, Dysenterie, Malades, Docteur en médecine, Fièvre, Symptômes, Guérison, Douleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
JE, fouffigné , Docteur en Médecine , ancien
Médecin , Penfionnaire de la Venerie du Roi ,
& Médecin de l'infirmerie royale de Verſailles ,
certifie qu'il m'a été remis par Monfieur le Premier
Médecin du Roi , un remede antidyfentérique
, attribué à M. Nivard , & que je m'en fuis
fervi en quelques occafions avec fuccès ; mais
principalement dans deux cas graves : le premier
à l'égard d'un homme âgé de 24 à 25 ans , qui
me vint à l'infirmerie attaqué d'une violente
dyfenterie , avec fievre aigue , & tous les fymptômes
& accidens qui caractérisent cette maladie.
Je l'ai donné en fecond lieu à une Dame Religieufe
Bénédictine de l'Abbaye royale de S. Cyr , que
je trouvai à toute extrêmité lorfque je la vis ; elle
étoit malade depuis 7 à 8 jours , je la trouvai
ayant les extrêmités froides , des vomiffemens &
un hoquet fatiguant elle fe préfentoit dix fois.
par heure au baffin avec des douleurs inexprimables
& des défaillances continuelles , & toujours
prefque inutilement. Il ne fortoit que quelques
mucofités glaireufes & fanglantes : fa maladie
étoit en outre accompagnée de perte . Elle
212 MERCURE DE FRANCE.
yomifloit tout , & d'ailleurs elle n'étoit pas ch
état de prendre un vomitif. Je lui donnai le remede
de M. Nivard, à de très -petites doles répétées
de temps en temps , & j'eus la fatisfaction de voir
peu à peu les accidens ceffer , & l'efpérance renaître
car j'avoue que je la crus perdue. Ce remede
me paroît agir , comme fondant , anodin &
diaphorétique. En foi de quoi j'ai délivré le préfent
certificat , pour fervir on befoin fera , &
pour engager le poffeffeur de ce remede à nous en
procurer , afin d'en tirer parti & le mieux connoître.
A Verfailles , ce 10 Février 1757. Le
Gagneur.
Le fieur Nivard , demeure rue Saint Louis au
Marais , au coin de la rue Saint François. On le
trouve tous les matins jufqu'à midi . S'il y a
quelqu'un en province qui veuille du remede , ila
n'auront qu'à affranchir leur lettre , on leur ea
enverra.
JE, fouffigné , Docteur en Médecine , ancien
Médecin , Penfionnaire de la Venerie du Roi ,
& Médecin de l'infirmerie royale de Verſailles ,
certifie qu'il m'a été remis par Monfieur le Premier
Médecin du Roi , un remede antidyfentérique
, attribué à M. Nivard , & que je m'en fuis
fervi en quelques occafions avec fuccès ; mais
principalement dans deux cas graves : le premier
à l'égard d'un homme âgé de 24 à 25 ans , qui
me vint à l'infirmerie attaqué d'une violente
dyfenterie , avec fievre aigue , & tous les fymptômes
& accidens qui caractérisent cette maladie.
Je l'ai donné en fecond lieu à une Dame Religieufe
Bénédictine de l'Abbaye royale de S. Cyr , que
je trouvai à toute extrêmité lorfque je la vis ; elle
étoit malade depuis 7 à 8 jours , je la trouvai
ayant les extrêmités froides , des vomiffemens &
un hoquet fatiguant elle fe préfentoit dix fois.
par heure au baffin avec des douleurs inexprimables
& des défaillances continuelles , & toujours
prefque inutilement. Il ne fortoit que quelques
mucofités glaireufes & fanglantes : fa maladie
étoit en outre accompagnée de perte . Elle
212 MERCURE DE FRANCE.
yomifloit tout , & d'ailleurs elle n'étoit pas ch
état de prendre un vomitif. Je lui donnai le remede
de M. Nivard, à de très -petites doles répétées
de temps en temps , & j'eus la fatisfaction de voir
peu à peu les accidens ceffer , & l'efpérance renaître
car j'avoue que je la crus perdue. Ce remede
me paroît agir , comme fondant , anodin &
diaphorétique. En foi de quoi j'ai délivré le préfent
certificat , pour fervir on befoin fera , &
pour engager le poffeffeur de ce remede à nous en
procurer , afin d'en tirer parti & le mieux connoître.
A Verfailles , ce 10 Février 1757. Le
Gagneur.
Le fieur Nivard , demeure rue Saint Louis au
Marais , au coin de la rue Saint François. On le
trouve tous les matins jufqu'à midi . S'il y a
quelqu'un en province qui veuille du remede , ila
n'auront qu'à affranchir leur lettre , on leur ea
enverra.
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Résumé : AVIS.
Le document est un certificat médical rédigé par un médecin, ancien pensionnaire de la vénerie du Roi et médecin de l'infirmerie royale de Versailles. Il atteste avoir reçu un remède antidysentérique de M. Nivard, qu'il a utilisé avec succès dans deux cas graves. Le premier cas concerne un homme de 24 à 25 ans souffrant de dysenterie aiguë avec fièvre et symptômes associés. Le second cas implique une religieuse bénédictine de l'Abbaye royale de Saint-Cyr, gravement malade depuis 7 à 8 jours, présentant des vomissements, un hoquet, des douleurs et des défaillances. Le remède a été administré en petites doses répétées, conduisant à une amélioration notable de l'état de la patiente. Le médecin décrit le remède comme fondant, anodin et diaphorétique. Le certificat vise à encourager la production et la distribution du remède pour une meilleure connaissance de ses effets. M. Nivard réside rue Saint-Louis au Marais et est disponible tous les matins jusqu'à midi. Pour les demandes en province, il suffit d'affranchir la lettre pour recevoir le remède.
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39
p. 211
AVIS.
Début :
Jean Senac, Conseiller ordinaire du Roi en ses Conseils d'Etat & privé, [...]
Mots clefs :
Conseiller ordinaire du roi, Médecin de sa majesté, Chimie, Poudre, Remède, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
JEAN Senac , Confeiller ordinaire du Roi en
fes Confeils d'Etat & privé , premier Médecin
de Sa Majesté , Surintendant Général des Eaux ,
Bains & Fontaines minérales & médecinales
du Royaume , &c. Le Steur Privat , ancien Infpecteur
des Mines , nous ayant repréfenté que
dans des travaux chimiques , dont nous fçavons
qu'il s'occupe depuis long- temps , il avoit trouvé
une poudre blanche qu'il tire du Mars ;
connoiffant d'ailleurs fes lumieres diftinguées ,
fa probité & fon zele pour tout ce qui peus
être utile au public ; Nous , en conféquence de
la délibération prife dans notre bureau de la
Commiffion royale de médecine affemblée le
vingt- trois Février dernier , avons autorifé &
autorifons exclufivement à tout autre , ledit
Sieur Privat , de vendre , diftribuer & adminiftrer
dans toute l'étendue du Royaume , ladite
poudre apéritive & defobftruante , qui a les propriétés
du Mars , fans en avoir les inconvéniens ;
le tout conformément aux Arrêts du Confeil
d'Etat du Roi , & nommément à celui du 10
Septembre 1754 ; en foi de quoi nous lui avons
délivré le préfent figné de notre main & contrefigné
de notre Secretaire qui y a appofé le
fccau de nos armes. Donné à Verſailles , le Roi
y étant , le 17 Mars mil fept cent cinquante
fix. Senac.
Un grand nombre de perfonnes ont déja ufé
de ce remede avec beaucoup de fuccès , & plufieurs
étrangers en ont pris pour des fommes
confidérables. Nous en fommes inftruits par des
perfonnes dont l'affertion eft une autorité.
JEAN Senac , Confeiller ordinaire du Roi en
fes Confeils d'Etat & privé , premier Médecin
de Sa Majesté , Surintendant Général des Eaux ,
Bains & Fontaines minérales & médecinales
du Royaume , &c. Le Steur Privat , ancien Infpecteur
des Mines , nous ayant repréfenté que
dans des travaux chimiques , dont nous fçavons
qu'il s'occupe depuis long- temps , il avoit trouvé
une poudre blanche qu'il tire du Mars ;
connoiffant d'ailleurs fes lumieres diftinguées ,
fa probité & fon zele pour tout ce qui peus
être utile au public ; Nous , en conféquence de
la délibération prife dans notre bureau de la
Commiffion royale de médecine affemblée le
vingt- trois Février dernier , avons autorifé &
autorifons exclufivement à tout autre , ledit
Sieur Privat , de vendre , diftribuer & adminiftrer
dans toute l'étendue du Royaume , ladite
poudre apéritive & defobftruante , qui a les propriétés
du Mars , fans en avoir les inconvéniens ;
le tout conformément aux Arrêts du Confeil
d'Etat du Roi , & nommément à celui du 10
Septembre 1754 ; en foi de quoi nous lui avons
délivré le préfent figné de notre main & contrefigné
de notre Secretaire qui y a appofé le
fccau de nos armes. Donné à Verſailles , le Roi
y étant , le 17 Mars mil fept cent cinquante
fix. Senac.
Un grand nombre de perfonnes ont déja ufé
de ce remede avec beaucoup de fuccès , & plufieurs
étrangers en ont pris pour des fommes
confidérables. Nous en fommes inftruits par des
perfonnes dont l'affertion eft une autorité.
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Résumé : AVIS.
L'avis concerne Jean Senac, Conseiller ordinaire du Roi, premier Médecin de Sa Majesté, et Surintendant Général des Eaux, Bains et Fontaines minérales et médicinales du Royaume. Antoine Privat, ancien Inspecteur des Mines, a découvert une poudre blanche dérivée du Mars lors de travaux chimiques. La Commission royale de médecine a autorisé Privat à vendre, distribuer et administrer cette poudre apéritive et désobstruante dans tout le Royaume, conformément aux arrêts du Conseil d'État du Roi, notamment celui du 10 septembre 1754. L'avis est signé par Senac à Versailles le 17 mars 1756. De nombreuses personnes, y compris des étrangers, ont utilisé ce remède avec succès et en ont acheté de grandes quantités. Ces informations proviennent de sources fiables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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40
p. 213-214
AUTRE.
Début :
La veuve du sieur Bunon, Dentiste des Enfans de France, donne avis [...]
Mots clefs :
Dentiste, Remède, Élixir anti-scorbutique, Gencives, Tumeurs, Boutons, Douleurs, Eau, Opiate, Poudre de corail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LAA veuve du fieur Bunon , Dentiſte des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue des Saints Peres , fauxbourg
Saint Germain , la troifieme porte cochere à main
droite en entrant par la rue de Grenelle , les Remedes
de feu fon mari , dont elle a feule la compofition
, & qu'elle a toujours préparés elle- même.
L'on en trouvera toujours chez le fieur Georget ,
fon frere , Chirurgien , rue Sainte Avoye , au coin
de la rue de Braque, pour la commodité des perfon
nes qui logent au Marais. Sçavoir , 1º. Un Elixir
anti -fcorbutique qui affermit les dents , diffipe le
gonflement & l'inflammation des gencives , les
fortifie , les fait recroître, diffipe & prévient toutes
les afflictions fcorbutiques , & appaiſe la douleur
des dents. 2° . Une Eau appellée Souveraine , qui
affermit auffi les dents , rétablit les gencives , en
diffipe toutes tumeurs , chancres & boutons qui
viennent auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues , en fe.rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la rend
fraîche & fans odeurs , & en éloigne les corrup
tions , elle calme la douleur des dents. 3º. Un
Opiat pour affermir & blanchir les dents , diffiper
le fang épais & groffier des gencives , qui les rend
tendres & mollaffes , & caufe de l'odeur dans la
bouche, 4° . Une Poudre de Corail pour blanchir
les dents & les entretenir ; elle empêche que le
limon ne fe forme en tartre, & qu'il ne corrompe
les gencives, & elle les conferve fermes & bonnes
de forte qu'elle peut fouffrir pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'il ſoit nécef214
MERCURE DE FRANCE:
faire de leur faire nettoyer. Les plus petites boud
teilles d'Elixir font d'une livre dix fols. Les plus
petites bouteilles d'Eau Souveraine , font d'une livre
quatre fols , mais plus grandes que celles de
l'élixir. Les pots d'Opiat , les petits , font d'une
livre dix fols. Les boîtes de Poudre de Corail
font d'une livre quatre fols.
LAA veuve du fieur Bunon , Dentiſte des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue des Saints Peres , fauxbourg
Saint Germain , la troifieme porte cochere à main
droite en entrant par la rue de Grenelle , les Remedes
de feu fon mari , dont elle a feule la compofition
, & qu'elle a toujours préparés elle- même.
L'on en trouvera toujours chez le fieur Georget ,
fon frere , Chirurgien , rue Sainte Avoye , au coin
de la rue de Braque, pour la commodité des perfon
nes qui logent au Marais. Sçavoir , 1º. Un Elixir
anti -fcorbutique qui affermit les dents , diffipe le
gonflement & l'inflammation des gencives , les
fortifie , les fait recroître, diffipe & prévient toutes
les afflictions fcorbutiques , & appaiſe la douleur
des dents. 2° . Une Eau appellée Souveraine , qui
affermit auffi les dents , rétablit les gencives , en
diffipe toutes tumeurs , chancres & boutons qui
viennent auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues , en fe.rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la rend
fraîche & fans odeurs , & en éloigne les corrup
tions , elle calme la douleur des dents. 3º. Un
Opiat pour affermir & blanchir les dents , diffiper
le fang épais & groffier des gencives , qui les rend
tendres & mollaffes , & caufe de l'odeur dans la
bouche, 4° . Une Poudre de Corail pour blanchir
les dents & les entretenir ; elle empêche que le
limon ne fe forme en tartre, & qu'il ne corrompe
les gencives, & elle les conferve fermes & bonnes
de forte qu'elle peut fouffrir pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'il ſoit nécef214
MERCURE DE FRANCE:
faire de leur faire nettoyer. Les plus petites boud
teilles d'Elixir font d'une livre dix fols. Les plus
petites bouteilles d'Eau Souveraine , font d'une livre
quatre fols , mais plus grandes que celles de
l'élixir. Les pots d'Opiat , les petits , font d'une
livre dix fols. Les boîtes de Poudre de Corail
font d'une livre quatre fols.
Fermer
Résumé : AUTRE.
La veuve du dentiste Bunon, connu sous le nom de 'dentiste des Enfants de France', vend quotidiennement les remèdes de son mari, dont elle seule maîtrise la composition et la préparation. Ces produits sont disponibles chez elle, rue des Saints Pères, dans le faubourg Saint-Germain, ainsi que chez son frère, le chirurgien Georget, rue Sainte Avoye, pour les habitants du Marais. Les remèdes incluent un élixir antiscorbutique qui affermit les dents, dissout les inflammations des gencives, les fortifie et prévient les affections scorbutiques. Une eau souveraine, utilisée en rinçage buccal, affermit les dents, dissout les tumeurs et les chancres, et rafraîchit la bouche. Un opiat est proposé pour affermir et blanchir les dents, dissoudre le sang épais des gencives et éliminer les mauvaises odeurs. Enfin, une poudre de corail est disponible pour blanchir et entretenir les dents, prévenir la formation de tartre et conserver les gencives en bonne santé. Les prix des produits varient selon leur taille et leur type.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 212-214
AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, l'attention que vous avez d'insérer dans votre Mercure, tout ce qui peut [...]
Mots clefs :
Remède, Rhumatismes, Sciatique, Paralysie, Tumeurs froides, Écrouelles, Succès, Guérison, Commission royale de médecine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
AUTRE ,
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inféser
dans votre Mercure , tout ce qui peut concourir à
l'avantage & à la fatisfaction du public , me fait
efpérer que vous voudrez bien lui annoncer un
Remede nouveau , dont les bons effets ont été conf
tatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'est un Topique éprouvé avec le plus grand fucpour
les Rhumatifmes fimples & goutteup ,
pour la fciatique , la paralifie commençante, pour
toutes les maladies de nerf, les fraîcheurs des parties
, contre les anchilofes , exoftoles , écrouelles
, & généralement contre toutes les tumeurs
froides...
cès
Il agit principalement par les urines , ſouvent
MA 1. 1758. 213
par un fuintement confidérable , qui évacue l'humeur
, & quelquefois par les felles . Comme on
doit être en garde contre les nouveautés en fait de
Médecine , j'ai voulu par moi- même reconnoître
les effets du remede , & ai fuivi quelques maladies
dont la guérifon radicale a levé tous mes doutes.
Vous me permettrez d'en çiter une , que je croyois
au deffus de toutes les reffources de l'art . La nommée
Leroi âgée d'environ 60 ans , demeurant, rue
Dauphine chez un Ceinturonnier , étoit travaillée
depuis plus de trois mois d'un fhumatifme goutteux
, qui lui faifoit fouffrir les plus cuifantes douleurs
elle avoit été traitée inutilement par plufieurs
Médecins & Chirurgiens qui défefpéroient
de fa guérifon. Je la trouvai au lit dans un état pitoyable
, & avec des douleurs fi vives , qu'elle ne
pouvoit le remuer , ni fouffrir qu'on la touchât ;
le bras gauche perclus & entiérement defféché ,
& au genouil du même côté une anchyloſe énorme
; enfin elle étoit à l'extrêmité : un mois de
l'ufage du remede l'a rétablie entiérement . Je vous
en citerois un grand nombre d'autres , fi les barnes
de votre recueil me, permettoient de donner
plus d'étendue à cette lettre. Soyez perfuadé
Monfieur , que c'est l'intérêt feul de la vérité &
celui du public , qui m'ont déterminé à vous écrire.
Ceux qui me connoiffent , n'en douteront
point , & les malades qui auront éprouvé par l'ufage
l'efficacité du topique , nous fçaurons gré à
P'un & à l'autre de l'avoir indiqué. Le privilege qui
vient d'être délivré par M. le premier Médecin du
Roi , & par Mrs de la commiffion royale de Mé→
decine , prouve encore plus que tout ce que je
pourrois dire , qu'on ne fçauroit avoir trop de
confiance en ce remede. Le fieur Berthelot qui le
diftribue, demeure à l'hôtel de Tour, rue du Paon,
214 MERCURE DE FRANCE.
& avertit qu'il ne retirera point de lettres qu'elles
m'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Giraud.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inféser
dans votre Mercure , tout ce qui peut concourir à
l'avantage & à la fatisfaction du public , me fait
efpérer que vous voudrez bien lui annoncer un
Remede nouveau , dont les bons effets ont été conf
tatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'est un Topique éprouvé avec le plus grand fucpour
les Rhumatifmes fimples & goutteup ,
pour la fciatique , la paralifie commençante, pour
toutes les maladies de nerf, les fraîcheurs des parties
, contre les anchilofes , exoftoles , écrouelles
, & généralement contre toutes les tumeurs
froides...
cès
Il agit principalement par les urines , ſouvent
MA 1. 1758. 213
par un fuintement confidérable , qui évacue l'humeur
, & quelquefois par les felles . Comme on
doit être en garde contre les nouveautés en fait de
Médecine , j'ai voulu par moi- même reconnoître
les effets du remede , & ai fuivi quelques maladies
dont la guérifon radicale a levé tous mes doutes.
Vous me permettrez d'en çiter une , que je croyois
au deffus de toutes les reffources de l'art . La nommée
Leroi âgée d'environ 60 ans , demeurant, rue
Dauphine chez un Ceinturonnier , étoit travaillée
depuis plus de trois mois d'un fhumatifme goutteux
, qui lui faifoit fouffrir les plus cuifantes douleurs
elle avoit été traitée inutilement par plufieurs
Médecins & Chirurgiens qui défefpéroient
de fa guérifon. Je la trouvai au lit dans un état pitoyable
, & avec des douleurs fi vives , qu'elle ne
pouvoit le remuer , ni fouffrir qu'on la touchât ;
le bras gauche perclus & entiérement defféché ,
& au genouil du même côté une anchyloſe énorme
; enfin elle étoit à l'extrêmité : un mois de
l'ufage du remede l'a rétablie entiérement . Je vous
en citerois un grand nombre d'autres , fi les barnes
de votre recueil me, permettoient de donner
plus d'étendue à cette lettre. Soyez perfuadé
Monfieur , que c'est l'intérêt feul de la vérité &
celui du public , qui m'ont déterminé à vous écrire.
Ceux qui me connoiffent , n'en douteront
point , & les malades qui auront éprouvé par l'ufage
l'efficacité du topique , nous fçaurons gré à
P'un & à l'autre de l'avoir indiqué. Le privilege qui
vient d'être délivré par M. le premier Médecin du
Roi , & par Mrs de la commiffion royale de Mé→
decine , prouve encore plus que tout ce que je
pourrois dire , qu'on ne fçauroit avoir trop de
confiance en ce remede. Le fieur Berthelot qui le
diftribue, demeure à l'hôtel de Tour, rue du Paon,
214 MERCURE DE FRANCE.
& avertit qu'il ne retirera point de lettres qu'elles
m'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Giraud.
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Résumé : AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre adressée à l'auteur du Mercure annonce un nouveau remède efficace contre diverses affections. Giraud, l'auteur de la lettre, souligne l'intérêt du Mercure pour le bien-être du public. Le remède est un topique éprouvé pour traiter les rhumatismes simples et goutteux, la sciatique, la paralysie commençante, les maladies des nerfs, les fraîcheurs des parties, les anchyloses, les exostoses, les écrouelles et les tumeurs froides. Il agit principalement par les urines et parfois par les selles. Giraud rapporte le cas de la nommée Leroi, âgée d'environ 60 ans, souffrant de rhumatismes goutteux depuis plus de trois mois. Après des traitements infructueux de plusieurs médecins et chirurgiens, elle a été guérie en un mois grâce à ce remède. Giraud mentionne également un privilège délivré par le premier Médecin du Roi et la commission royale de Médecine, confirmant l'efficacité du remède. Le distributeur, le sieur Berthelot, réside à l'hôtel de Tour, rue du Paon.
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42
p. 213-214
CURE particulière entreprise de l'ordre & par la charité de M. le Maréchal Duc de Biron.
Début :
Le nommé Francoeur Soldat de la Compagnie d'Hallot, traité à l'Hopital au mois [...]
Mots clefs :
Soldat, Malade, Guérison, Maladies vénériennes, M. Keyser, Médecins, Remède, Cure, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CURE particulière entreprise de l'ordre & par la charité de M. le Maréchal Duc de Biron.
CvRE particulière entrepriſe de l'ordre &
par la charité de M. le Maréchal Duc
de Biron.
Le nommé Francoeur Soldat de la Compagnie
d'Hallot, traité à l'Hopital au mois d'Aoûr 17 58,
& parfaitement guéri au mois de Septembre de la
même année, ainſi qu'il appert par les Regiſtres
de l'Hôpital & qn'il en a été rendu compte dans
le temps, avoit infeété de la 1maladie Vénérienne
dont il étoit attaqué ſa femme & un enfant de
dix-huit mois. L'un & l'autre étoient dignes de
compaſſion & dans un état inexprimable, l'enfant
reſpiroit à peine, une fiévre lente ne lê quittoit pas
depuis longtemps , & ce malheureux enfant étoit
menacé † mort la plus prochaine ; M. Keyſer
avant d'entreprendre la mere & l'enfant dans un
âge auſſi tendre, crut devoir inviter pluſieurs Mé
decins & Chirurgiens à les aller voir, tant pour
conſtater leur état que pour être témoins du trai
tement qu'il ſe diſpoſoit à en faire , & il raſſem
bla en conſéquence tous ceux qui ayant déjà quel- '
que connoiſſance du remède, lui étoient connus
pour être ſuſceptibles de vérité, dejuſtice & d'im
partialité; en conſéquence il entreprit ces malades
ſous leurs yeux, & a peine ſon remède commen
ça-t-il à leur être adminiſtré, que tous ceux qui
éclairèrent ſon adminiſtration, furent non-ſeule
nnent étonnés, mais pleins d'admiration de voir
ſurtout dans l'enfant les progrès miraculeux qui
furent ſuivis d'une cure radicale & complette, &
de plus de voir pendant le cours de ſon traite,
ment, pouſſer à ce malheureux enfant ſix dents,
ſaus que cet incident ni le remède parût luicauſer
aucune irrcommodité.
Ces faits ſont dans la plus exacte vérité , &
2 14 ME R CURE DE FRANCE.
à la connoiſſance de M. le Maréchal de Biron ,
· de M. de Cornillon Major général, de MM. les
Sergens-Majors , de MM. Guerin, Bourbelin,
Dieuzayde, & pluſieurs autres perſonnes de l'Art,
qui nous ont été par un exemple auſſi frappant
bien convaincus non ſeulement de l'innocence du
remède, mais même de ſa ſupériorité ſur tous au
tres pour les Maladies Vénériennes.
M. Keyſer prie Meſſieurs ſes Correſpondans
de vouloir bien , pour des raiſons particulières ,
faire décompoſer dans les principales Villes de
· leurs réſidences, par les plus habiles Chymiſtes
ou Apoticaires, quelques parties du remède qu'il
leur a envoyé & de vouloir bien après leurs opé
rations, lui envoyer les déclarations ou certificats
de ces mêmes perſonnes, quelles qu'elles ſoient ,
pour ou contre le remède, afin qu'il les faſſe in
ſérer dans les Mercures ſucceſſifs.
par la charité de M. le Maréchal Duc
de Biron.
Le nommé Francoeur Soldat de la Compagnie
d'Hallot, traité à l'Hopital au mois d'Aoûr 17 58,
& parfaitement guéri au mois de Septembre de la
même année, ainſi qu'il appert par les Regiſtres
de l'Hôpital & qn'il en a été rendu compte dans
le temps, avoit infeété de la 1maladie Vénérienne
dont il étoit attaqué ſa femme & un enfant de
dix-huit mois. L'un & l'autre étoient dignes de
compaſſion & dans un état inexprimable, l'enfant
reſpiroit à peine, une fiévre lente ne lê quittoit pas
depuis longtemps , & ce malheureux enfant étoit
menacé † mort la plus prochaine ; M. Keyſer
avant d'entreprendre la mere & l'enfant dans un
âge auſſi tendre, crut devoir inviter pluſieurs Mé
decins & Chirurgiens à les aller voir, tant pour
conſtater leur état que pour être témoins du trai
tement qu'il ſe diſpoſoit à en faire , & il raſſem
bla en conſéquence tous ceux qui ayant déjà quel- '
que connoiſſance du remède, lui étoient connus
pour être ſuſceptibles de vérité, dejuſtice & d'im
partialité; en conſéquence il entreprit ces malades
ſous leurs yeux, & a peine ſon remède commen
ça-t-il à leur être adminiſtré, que tous ceux qui
éclairèrent ſon adminiſtration, furent non-ſeule
nnent étonnés, mais pleins d'admiration de voir
ſurtout dans l'enfant les progrès miraculeux qui
furent ſuivis d'une cure radicale & complette, &
de plus de voir pendant le cours de ſon traite,
ment, pouſſer à ce malheureux enfant ſix dents,
ſaus que cet incident ni le remède parût luicauſer
aucune irrcommodité.
Ces faits ſont dans la plus exacte vérité , &
2 14 ME R CURE DE FRANCE.
à la connoiſſance de M. le Maréchal de Biron ,
· de M. de Cornillon Major général, de MM. les
Sergens-Majors , de MM. Guerin, Bourbelin,
Dieuzayde, & pluſieurs autres perſonnes de l'Art,
qui nous ont été par un exemple auſſi frappant
bien convaincus non ſeulement de l'innocence du
remède, mais même de ſa ſupériorité ſur tous au
tres pour les Maladies Vénériennes.
M. Keyſer prie Meſſieurs ſes Correſpondans
de vouloir bien , pour des raiſons particulières ,
faire décompoſer dans les principales Villes de
· leurs réſidences, par les plus habiles Chymiſtes
ou Apoticaires, quelques parties du remède qu'il
leur a envoyé & de vouloir bien après leurs opé
rations, lui envoyer les déclarations ou certificats
de ces mêmes perſonnes, quelles qu'elles ſoient ,
pour ou contre le remède, afin qu'il les faſſe in
ſérer dans les Mercures ſucceſſifs.
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Résumé : CURE particulière entreprise de l'ordre & par la charité de M. le Maréchal Duc de Biron.
En août 1758, M. Keyser, sous le patronage du Maréchal Duc de Biron, a mené une entreprise médicale impliquant un soldat nommé Francoeur, sa femme et leur enfant de dix-huit mois. Le soldat avait transmis la maladie vénérienne à sa famille. L'enfant, en état critique avec une fièvre persistante, était menacé de mort imminente. Avant de traiter la mère et l'enfant, M. Keyser a invité plusieurs médecins et chirurgiens pour constater leur état et témoigner du traitement. Le remède administré a rapidement montré des progrès miraculeux, notamment chez l'enfant, qui a guéri complètement et a même poussé six dents sans inconfort. Ces faits sont attestés par plusieurs personnalités, dont le Maréchal de Biron et M. de Cornillon, convaincus de l'innocuité et de la supériorité du remède pour les maladies vénériennes. M. Keyser demande à ses correspondants de faire analyser le remède par des chimistes ou apothicaires locaux et de lui envoyer leurs déclarations pour publication dans les Mercures.
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43
p. 212-215
« L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...] »
Début :
L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...]
Mots clefs :
M. Keyser, Attaque, Ouvrage, Défense, Vérité, Remède, Académie des sciences, Composants, Effets secondaires, Certificats, Cure, Palliatif, Maréchal de Biron, Témoignages de patients, Dragées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...] »
Lfeur
Keyfer
a
l'honneur
de
prévenir
le
P
blic
,
qu'ayant
été
attaqué
de nouveau
dans
un
Livre
,
qui a
pour
titre
,
Traité
des
Tumeurs
&
Ulceres
,
de
la
façon
la
plus
injufte
&
la
pl
légere
,
il
vient d'y
répondre par
un
écrit
part
culier
qui
fe
trouve chez
le fieur
Delornel
Mar
chand
Libraire
,
rue du
Foin
;
il
le ſupplie
de
lit
attentivement
les
objets
de
défenſes
, d'obfervet
la
vérité
&
l'autenticité
des
Certificats
qu'il
a
pro
duit
,
&
d'être
perfuadé
qu'il
n'y a
rien
avant
qu'il
ne
foit
en
état
de prouver
aux
yeux
de
tou
l'Univers
: il
n'a
jufqu'ici
combattu
tous
fes
Ad
verfaires
qu'avec
les
armes de
la
vérité
; il
cre
être
au
moment de
les faire taire
pour
toujours
,
AOUST
.
1759
.
213
&
l'Académie
des
Sciences
,
qui veut
bien être
ſon
Juge
,
prononcera
bientôt
fur
la
compofition
defon
remède
,
fur
les
effets
&
fon
efficacité
;
cette
Académie
ayant
déja
nominé
pour
cela
des
Com-
miffaires
dont
les
talens
,
les
lumières
&
la
haute
réputation
ne
lui
laiſſent
rien
à
defirer
.
En
atten-
´
dant
il
croit
devoir
donner
ici
l'Extrait
court
&
fuccinct
de
la
dernière attaque qui
lui
a
été
faite
de
la
part
de
l'Auteur
anonyme du
Traité des
Tumeurs
,
&
celui
de
la
réponſe
qu'il
a
faite
.
Premièrement
,
fon
Aggrelleur
foupçonne
,
préfume
,
&
quoiqu'il
n'en
convienne
point
,
conclut
même
qu'il
doit
entrer
du
Sublimé
cor-
rofif
dans
la
compofition
de
fon
remède
.
Il
rap-
porte
pour
appuyer
les
conjectures
&
les
foupçons
une
expérience
frivole
; il
donne
les
raisons
les
plus
fuperficielles
;
il
cherche
à
perfuader
,
&
par
conféquent
il
effraye
injuftement
le
Public
.
A cela le fieur Keyſer répond par des analyſes
aurentiques faites à Paris & dans les Provinces par
les plus habiles Gens de l'Art. Tous atteſtent n'a-
voir trouvé dans la décompofition de fon reméde,
aucun atôme de Sublimé. Par conféquent l'impu-
tation tombe d'elle-même. On a fçu meme depuis
que l'Anonyme s'en étoit affuré par fes propres
expériences , & qu'il étoit convenu qu'il n'y avoit
point de Sublimé.
Secondement , l'Anonyme fe déchaîne contre
les effets du reméde. A le croire ce ne font que
nauſies , vomiſlemens , coliques , inflammations ,
effets pernicieux , funefles &c.
A cela le fieur Keyſer répond en offrant de
-préfenter à l'Anonime ( ne pouvant citer mille au❤
tres malades qu'il a traités , qu'il a bien guéris ,
& qui fe portent à merveille j 400 Soldats guéris
dans l'Hôpital de Monfi ur le Maréchal de Bi-
ron ; il produir les Certificats les plus autenti-
ques de Paris , & de la Province. Tous les Gens
£
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
de
l'Art
qui
les
ont
donnés
atteſtent après
avoit
traité
avec
fon
reméde
les
uns to
Malades
,
les autres
30
,
ainſi
du
reſte
,
n'en
avoir
jamzi
vû
réſulter
le
moindre
accident
.
Par
conséquen
F'Anonyme
qui
ne
connoît point
le
reméde
,
qui
n'a jamais
traité
avec
,
qui
n'a
même
vû
traiter
perfonne
,
a
feul
vû
tous ces
mauvais
effets
.
Que
répondre à
cela
? Le
Public
jugera
fi
les
témoigna
ges
de
plus
de
cent perfonnes
habiles
dans
l'Ar
de
la
Médecine
,
&
de
la
Chirurgie
,
connues
pour
les plus
honnêtes
gens
,
peuvent
avoir
été
toutes
gagnées pour
s'accorder
à
dire
un
bien
général
d'une chofe
auffi
dangereufe
,
&
furtout
lorfque
l'on
prouve
qu'il
n'eft
pas
mort
en
feul
homme
far quatre
cens
.
D'ailleurs
comme
il
vient
d'être
démontré
dans
l'Article
précédent
qu'il n'y a
pas
de Sublimé
corrofif
,
il
eſt
clair
que
les
effets da
reméde
ne
peuvent
être
tels
que
l'Anonyme
les
fuppofe
.
Troifiémement
,
l'Anonyme
ne
s'en
tient
pas
là
,
il
veut encore
que
le
reméde
foit
infuffifant
,
que
les
cures
prétendues
ne
foient
que
palliatives
,
&
qu'il
faut
en
revenir
aux
frictions
&
c
.
A
cela
le fieur
Keyſer
offre
encore de
préfente
fes
400
Soldats
pour
fubir
l'examen
de
l'Anonyme
lui
-
même
,
il
produit
les
Certificats
de
perfonne
habiles
qui
atteftent
qu'il
s'en
eft fait
chaque
an
née
depuis quatre ans
une
revue générale
,
que
les guérifons
fe
font trouvées conftantes
&
foli-
des
que
les
Soldats
jouiffent
de
la
meilleure
fanté
.
Tous
les
Correfpóndans
du
feur
Keyſer
qui
ont
traité
une
multitude
de Malades
,
difent
la
même
choſe
;
perfonne ne
vient
le
plaindre
d'avoir
été
manqué
.
M.
le Maréchal de Biron
,
fi
connu par
fon
amour
pour
la vérité
,
pour
la
juftice
&
pour
le
bien public
,
veut bien appuyer
toutes ces preuves
AOUST
.
1759
.
211de
fon
témoignage
.
Il
a
en
main
les
originaux
de
tous
les
Certificats
;
il
va
les
dépofer
de
la
part
du
Roi
entre
les
mains
de l'Académie
.
Enfin
le
feur
Keyſer
offre
à
l'Anonyme
de
traiter
ſous
les
yeur
douze Malades
qu'il
choifira
lui
-
même
,
&
de
ne
pas
leur
donner une
ſeule
dragée
qu'en ſa
préſence
:
il
ſupplie
l'Académie
de
nommer
des
Commiflaires
pour
en
faire
autant
fous
leurs
yeux
.
Que
peut
-
il
faire
de
plus
?
&
comment
ſe
refuſer
à
des preuves
de
cette
force
?
Keyfer
a
l'honneur
de
prévenir
le
P
blic
,
qu'ayant
été
attaqué
de nouveau
dans
un
Livre
,
qui a
pour
titre
,
Traité
des
Tumeurs
&
Ulceres
,
de
la
façon
la
plus
injufte
&
la
pl
légere
,
il
vient d'y
répondre par
un
écrit
part
culier
qui
fe
trouve chez
le fieur
Delornel
Mar
chand
Libraire
,
rue du
Foin
;
il
le ſupplie
de
lit
attentivement
les
objets
de
défenſes
, d'obfervet
la
vérité
&
l'autenticité
des
Certificats
qu'il
a
pro
duit
,
&
d'être
perfuadé
qu'il
n'y a
rien
avant
qu'il
ne
foit
en
état
de prouver
aux
yeux
de
tou
l'Univers
: il
n'a
jufqu'ici
combattu
tous
fes
Ad
verfaires
qu'avec
les
armes de
la
vérité
; il
cre
être
au
moment de
les faire taire
pour
toujours
,
AOUST
.
1759
.
213
&
l'Académie
des
Sciences
,
qui veut
bien être
ſon
Juge
,
prononcera
bientôt
fur
la
compofition
defon
remède
,
fur
les
effets
&
fon
efficacité
;
cette
Académie
ayant
déja
nominé
pour
cela
des
Com-
miffaires
dont
les
talens
,
les
lumières
&
la
haute
réputation
ne
lui
laiſſent
rien
à
defirer
.
En
atten-
´
dant
il
croit
devoir
donner
ici
l'Extrait
court
&
fuccinct
de
la
dernière attaque qui
lui
a
été
faite
de
la
part
de
l'Auteur
anonyme du
Traité des
Tumeurs
,
&
celui
de
la
réponſe
qu'il
a
faite
.
Premièrement
,
fon
Aggrelleur
foupçonne
,
préfume
,
&
quoiqu'il
n'en
convienne
point
,
conclut
même
qu'il
doit
entrer
du
Sublimé
cor-
rofif
dans
la
compofition
de
fon
remède
.
Il
rap-
porte
pour
appuyer
les
conjectures
&
les
foupçons
une
expérience
frivole
; il
donne
les
raisons
les
plus
fuperficielles
;
il
cherche
à
perfuader
,
&
par
conféquent
il
effraye
injuftement
le
Public
.
A cela le fieur Keyſer répond par des analyſes
aurentiques faites à Paris & dans les Provinces par
les plus habiles Gens de l'Art. Tous atteſtent n'a-
voir trouvé dans la décompofition de fon reméde,
aucun atôme de Sublimé. Par conféquent l'impu-
tation tombe d'elle-même. On a fçu meme depuis
que l'Anonyme s'en étoit affuré par fes propres
expériences , & qu'il étoit convenu qu'il n'y avoit
point de Sublimé.
Secondement , l'Anonyme fe déchaîne contre
les effets du reméde. A le croire ce ne font que
nauſies , vomiſlemens , coliques , inflammations ,
effets pernicieux , funefles &c.
A cela le fieur Keyſer répond en offrant de
-préfenter à l'Anonime ( ne pouvant citer mille au❤
tres malades qu'il a traités , qu'il a bien guéris ,
& qui fe portent à merveille j 400 Soldats guéris
dans l'Hôpital de Monfi ur le Maréchal de Bi-
ron ; il produir les Certificats les plus autenti-
ques de Paris , & de la Province. Tous les Gens
£
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
de
l'Art
qui
les
ont
donnés
atteſtent après
avoit
traité
avec
fon
reméde
les
uns to
Malades
,
les autres
30
,
ainſi
du
reſte
,
n'en
avoir
jamzi
vû
réſulter
le
moindre
accident
.
Par
conséquen
F'Anonyme
qui
ne
connoît point
le
reméde
,
qui
n'a jamais
traité
avec
,
qui
n'a
même
vû
traiter
perfonne
,
a
feul
vû
tous ces
mauvais
effets
.
Que
répondre à
cela
? Le
Public
jugera
fi
les
témoigna
ges
de
plus
de
cent perfonnes
habiles
dans
l'Ar
de
la
Médecine
,
&
de
la
Chirurgie
,
connues
pour
les plus
honnêtes
gens
,
peuvent
avoir
été
toutes
gagnées pour
s'accorder
à
dire
un
bien
général
d'une chofe
auffi
dangereufe
,
&
furtout
lorfque
l'on
prouve
qu'il
n'eft
pas
mort
en
feul
homme
far quatre
cens
.
D'ailleurs
comme
il
vient
d'être
démontré
dans
l'Article
précédent
qu'il n'y a
pas
de Sublimé
corrofif
,
il
eſt
clair
que
les
effets da
reméde
ne
peuvent
être
tels
que
l'Anonyme
les
fuppofe
.
Troifiémement
,
l'Anonyme
ne
s'en
tient
pas
là
,
il
veut encore
que
le
reméde
foit
infuffifant
,
que
les
cures
prétendues
ne
foient
que
palliatives
,
&
qu'il
faut
en
revenir
aux
frictions
&
c
.
A
cela
le fieur
Keyſer
offre
encore de
préfente
fes
400
Soldats
pour
fubir
l'examen
de
l'Anonyme
lui
-
même
,
il
produit
les
Certificats
de
perfonne
habiles
qui
atteftent
qu'il
s'en
eft fait
chaque
an
née
depuis quatre ans
une
revue générale
,
que
les guérifons
fe
font trouvées conftantes
&
foli-
des
que
les
Soldats
jouiffent
de
la
meilleure
fanté
.
Tous
les
Correfpóndans
du
feur
Keyſer
qui
ont
traité
une
multitude
de Malades
,
difent
la
même
choſe
;
perfonne ne
vient
le
plaindre
d'avoir
été
manqué
.
M.
le Maréchal de Biron
,
fi
connu par
fon
amour
pour
la vérité
,
pour
la
juftice
&
pour
le
bien public
,
veut bien appuyer
toutes ces preuves
AOUST
.
1759
.
211de
fon
témoignage
.
Il
a
en
main
les
originaux
de
tous
les
Certificats
;
il
va
les
dépofer
de
la
part
du
Roi
entre
les
mains
de l'Académie
.
Enfin
le
feur
Keyſer
offre
à
l'Anonyme
de
traiter
ſous
les
yeur
douze Malades
qu'il
choifira
lui
-
même
,
&
de
ne
pas
leur
donner une
ſeule
dragée
qu'en ſa
préſence
:
il
ſupplie
l'Académie
de
nommer
des
Commiflaires
pour
en
faire
autant
fous
leurs
yeux
.
Que
peut
-
il
faire
de
plus
?
&
comment
ſe
refuſer
à
des preuves
de
cette
force
?
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Résumé : « L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...] »
Le sieur Keyfer a publié une déclaration en réponse à une attaque dans un livre intitulé 'Traité des Tumeurs & Ulcères'. Il a rédigé une réponse disponible chez le libraire Delornel et invite le public à examiner les preuves et certificats qu'il a fournis pour appuyer ses affirmations. Keyfer affirme n'avoir jamais utilisé d'autres moyens que la vérité pour se défendre et se dit prêt à faire taire ses détracteurs. L'Académie des Sciences, chargée de juger de la composition et de l'efficacité de son remède, a nommé des commissaires compétents. En attendant leur verdict, Keyfer présente un extrait de la dernière attaque et de sa réponse. L'auteur anonyme du 'Traité des Tumeurs' accuse Keyfer d'utiliser du sublimé corrosif dans son remède. Keyfer réfute cette accusation en produisant des analyses authentiques réalisées par des experts, confirmant l'absence de sublimé. L'anonyme critique également les effets du remède, les qualifiant de pernicieux et funestes. Keyfer répond en offrant de présenter 400 soldats guéris à l'hôpital de Montsurr, sous la supervision du Maréchal de Biron, ainsi que des certificats authentiques de médecins et chirurgiens attestant de l'efficacité et de la sécurité de son remède. Il propose également de traiter douze malades choisis par l'anonyme sous la supervision de l'Académie des Sciences pour prouver l'efficacité de son remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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44
p. 212-213
Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
Début :
Quant un erreur est sur le point de s'accréditer sur un objet qui intéresse essentiellement l'humanité, [...]
Mots clefs :
Bougies, Médecine, Traité des tumeurs, Composition, Secret, Remède, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
Extrait d'une Lettre de M. Daran , Ecuyer, Confeiller,
Chirurgien ordinaire du Roi , fervantpar
quartier , & Maitre en Chirurgie de Paris ,
M*** Pour fervir de Réponse à un article du
Traité des tumeurs , où l'Auteur prétend que les
Bougies de M. Daran lui font connues , & croit
en donner la compoſition .
Quand une erreur eft fur le point de s'accréditer
fur un objet qui intéreſſe effentiellement
l'humanité , on ne fçauroit trop tôt la relever
pour en prévenir les fuites. L'Auteur anonyme
SEPTEMBRE . 1759. 213 .
du Traité des tumeurs & des ulcères , & c . annonce .
une manière de compofer des Bougies , avec ce
titre affirmatif : Bougies du Sieur Daran.
M. Daran protefte que ces Bougies ne font pas
les fiennes ; il affure qu'il n'entre pas dans les
fiennes un feul des ingrédients que l'Auteur de
ce Traité donne pour la compofition de celles
qu'il propofe. M. Daran n'a communiqué à perfonne
le fecret d'où dépend l'efficacité de fon
reméde. J'aurois cru être coupable , dit - il , de
garder le filence à ce fujet , n'ayant que trop
d'exemples du mal qu'a produit la confiance imprudente
de plufieurs malades aux promelles
dont on les a flattés à cet égard , & qui n'ont
été détrompés & guéris que lorsqu'ils fe font
adreffés directement à moi.
M. Fabre , Maître en Chirurgie , dans un effai
fur les maladies de ce genre , qui parut l'année
dernière , prétend que le topique des Bougies
étoit connu avant M, Daran ; & celui - ci n'en difconvient
pas , mais il nie que le fecret de la
compofition de fes Bougies ait été connu avant
lui : or l'efficacité de fon reméde dépend furtout
de fa compofition . M. Fabre prétend aufli que
M. Darand a confondu deux maladies , qui cependant
fe trouvent expreffément diftinguées dans
fon Traité de celles dont les Bougies font le reméde.
Il ne m'eft pas permis d'entrer dans un plus
grand détail , mais les différentes cures opérées
par M. Daran fuffifent à fon apologie.
Chirurgien ordinaire du Roi , fervantpar
quartier , & Maitre en Chirurgie de Paris ,
M*** Pour fervir de Réponse à un article du
Traité des tumeurs , où l'Auteur prétend que les
Bougies de M. Daran lui font connues , & croit
en donner la compoſition .
Quand une erreur eft fur le point de s'accréditer
fur un objet qui intéreſſe effentiellement
l'humanité , on ne fçauroit trop tôt la relever
pour en prévenir les fuites. L'Auteur anonyme
SEPTEMBRE . 1759. 213 .
du Traité des tumeurs & des ulcères , & c . annonce .
une manière de compofer des Bougies , avec ce
titre affirmatif : Bougies du Sieur Daran.
M. Daran protefte que ces Bougies ne font pas
les fiennes ; il affure qu'il n'entre pas dans les
fiennes un feul des ingrédients que l'Auteur de
ce Traité donne pour la compofition de celles
qu'il propofe. M. Daran n'a communiqué à perfonne
le fecret d'où dépend l'efficacité de fon
reméde. J'aurois cru être coupable , dit - il , de
garder le filence à ce fujet , n'ayant que trop
d'exemples du mal qu'a produit la confiance imprudente
de plufieurs malades aux promelles
dont on les a flattés à cet égard , & qui n'ont
été détrompés & guéris que lorsqu'ils fe font
adreffés directement à moi.
M. Fabre , Maître en Chirurgie , dans un effai
fur les maladies de ce genre , qui parut l'année
dernière , prétend que le topique des Bougies
étoit connu avant M, Daran ; & celui - ci n'en difconvient
pas , mais il nie que le fecret de la
compofition de fes Bougies ait été connu avant
lui : or l'efficacité de fon reméde dépend furtout
de fa compofition . M. Fabre prétend aufli que
M. Darand a confondu deux maladies , qui cependant
fe trouvent expreffément diftinguées dans
fon Traité de celles dont les Bougies font le reméde.
Il ne m'eft pas permis d'entrer dans un plus
grand détail , mais les différentes cures opérées
par M. Daran fuffifent à fon apologie.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
En septembre 1759, M. Daran, écuyer, conseiller et chirurgien ordinaire du Roi, conteste un article du Traité des tumeurs qui attribue à tort la paternité de ses bougies à un auteur anonyme. Il affirme que la composition décrite dans le traité est incorrecte et que le secret de leur fabrication n'a jamais été révélé. M. Daran met en garde contre la confiance imprudente des malades en des remèdes non vérifiés, soulignant que seuls ses propres remèdes ont prouvé leur efficacité. M. Fabre, maître en chirurgie, avait précédemment affirmé que le principe actif des bougies était connu avant M. Daran, ce que ce dernier ne conteste pas. Cependant, M. Daran nie que la composition exacte de ses bougies ait été connue avant lui, insistant sur l'importance de cette composition pour l'efficacité du remède. M. Fabre accuse également M. Daran d'avoir confondu deux maladies dans son traité, mais M. Daran ne commente pas en détail, se contentant de souligner les nombreuses guérisons réalisées grâce à ses bougies comme preuve de leur efficacité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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44
Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
45
p. 217
« Le sieur La Serre, Distillateur de Montpellier, débite depuis quelque temps [...] »
Début :
Le sieur La Serre, Distillateur de Montpellier, débite depuis quelque temps [...]
Mots clefs :
Distillateur, Élixir, Douleurs, Dents, Caries, Remède, Efficacité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur La Serre, Distillateur de Montpellier, débite depuis quelque temps [...] »
Le fieur LA SERRE , Diſtillateur de Montpellier ,
débite depuis quelque temps avec un grand fuccès
un Elixir qui appaiſe dans l'inftant la douleur des
dents , arrête la carie , cautérife le nerf des dents,
& les conferve dans le même état fans qu'il foit
beſoin de les faire arracher . Une expérience réitérée
a déjà conftaté la vertu de ce remède. Il y
a des bouteilles de 3 liv. de 1 liv. 16. f. & de 1 i.
f. Sa demeure eft dans l'Abbaye Saint- Germain
des Prés , vis- à- vis la grande grille.
débite depuis quelque temps avec un grand fuccès
un Elixir qui appaiſe dans l'inftant la douleur des
dents , arrête la carie , cautérife le nerf des dents,
& les conferve dans le même état fans qu'il foit
beſoin de les faire arracher . Une expérience réitérée
a déjà conftaté la vertu de ce remède. Il y
a des bouteilles de 3 liv. de 1 liv. 16. f. & de 1 i.
f. Sa demeure eft dans l'Abbaye Saint- Germain
des Prés , vis- à- vis la grande grille.
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46
p. 218-219
Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Lafare, Compagnie de Guer, entré le 25 Mai, & sorti le 3 [...]
Mots clefs :
Soldats, Malades, Compagnie, Symptômes, Guérison, Succès, Composants, Remède, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Dix - neuvième traitement depuis fon
établiffement.
LEE nommé Lafare , Compagnie de Guer
entré le 25 Mai , & forti le 3 Juillet , parfaitement
guéri .
Le nommé la Gayté , Comp . d'Hallot , entré
le 23 Mai , & forti le 10 Juillet . Item.
Le nommé Delaurier , Comp. de Champignelles
, entré le 23 Mai , & forti le 19 Juin, Item.
Le nommé Célar , même Comp . entré le 31
Mai , & forti le ro Juillet , Item.
Le nommé Dubois , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 10 Juillet , Item .
Le nommé le Sueur, même Comp. entré le 7,
Juin , & forti le 17 Juillet , Item.
Le nommé Pernay , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 17 Juillet . Ce Soldat avoit outre
les fymptomes les plus graves , deux tumeurs
d'une groffeur extraordinaire , le fcorbut , & une
hydropifie. Le remède l'a guéri de toutes ces com.
plications.
Le nommé Latour , même Comp. entré le 28
Juin , & forti le 7 Août , parfaitement guéri.
Le nommé Saint- Louis , même Comp. entré
le 19 Juin , & forti le 28 Août , Item.
Le nommé Baron , Comp. d'Hallot , entré le
26 Juiller , & forti le 4 Septembre , Item.
Le nommé Bourdelet , Comp . de Latour , entré
le 2 Aoû , & forti le 18 Septembre , Item.
DECEMBRE. 1759. 219
Le nomme Picard , Comp . de Tourville , entré
le 9 Août , & forti le 18 Septembre , Item .
L'on imagine de repprocher au fieur Keyſer
de ne citer jamais que des Soldats aux Gardes ;
comme s'il avoit jamais été permis de citer des
malades guéris en ville , & comme fi ces citations
de Soldats , par noms & Compagnies , n'étoient
pas revêtues de toute l'autenticité poffible.
M. Keyfer fupplie le Public d'obferver que de- .
puis l'établiſſement de fon Hôpital il y a guéri
plus de 450 Soldats fans qu'il en foit mort un
feul , & fans qu'il foit arrivé à aucun le moindre
accident , quelques efforts que fes ennemis failent
pour infinuer le contraire. L'analyfe que l'Académie
Royale des Sciences a fait faire de fon remède
vient de détruire pleinement & fans retour
les idées vagues & l'imputation hazardée de l'Au
teur du Traité des Tumeurs & Ulcères , qui fans
connoître en aucune façon la compofition de ce
remède , avoit imaginé , ( fans doute pour effrayer
le Public ) d'y faire entrer le Sublimé corrofif.
M. Keyfer compte rendre avant qu'il foit peu
cette analyfe publique , & y ajouter les témoi
gnages de la même Académie qu'il fe flatte d'obs
tenir d'après les nouvelles épreuves qu'elle voudra
bien faire faire encore fous les yeux.
établiffement.
LEE nommé Lafare , Compagnie de Guer
entré le 25 Mai , & forti le 3 Juillet , parfaitement
guéri .
Le nommé la Gayté , Comp . d'Hallot , entré
le 23 Mai , & forti le 10 Juillet . Item.
Le nommé Delaurier , Comp. de Champignelles
, entré le 23 Mai , & forti le 19 Juin, Item.
Le nommé Célar , même Comp . entré le 31
Mai , & forti le ro Juillet , Item.
Le nommé Dubois , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 10 Juillet , Item .
Le nommé le Sueur, même Comp. entré le 7,
Juin , & forti le 17 Juillet , Item.
Le nommé Pernay , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 17 Juillet . Ce Soldat avoit outre
les fymptomes les plus graves , deux tumeurs
d'une groffeur extraordinaire , le fcorbut , & une
hydropifie. Le remède l'a guéri de toutes ces com.
plications.
Le nommé Latour , même Comp. entré le 28
Juin , & forti le 7 Août , parfaitement guéri.
Le nommé Saint- Louis , même Comp. entré
le 19 Juin , & forti le 28 Août , Item.
Le nommé Baron , Comp. d'Hallot , entré le
26 Juiller , & forti le 4 Septembre , Item.
Le nommé Bourdelet , Comp . de Latour , entré
le 2 Aoû , & forti le 18 Septembre , Item.
DECEMBRE. 1759. 219
Le nomme Picard , Comp . de Tourville , entré
le 9 Août , & forti le 18 Septembre , Item .
L'on imagine de repprocher au fieur Keyſer
de ne citer jamais que des Soldats aux Gardes ;
comme s'il avoit jamais été permis de citer des
malades guéris en ville , & comme fi ces citations
de Soldats , par noms & Compagnies , n'étoient
pas revêtues de toute l'autenticité poffible.
M. Keyfer fupplie le Public d'obferver que de- .
puis l'établiſſement de fon Hôpital il y a guéri
plus de 450 Soldats fans qu'il en foit mort un
feul , & fans qu'il foit arrivé à aucun le moindre
accident , quelques efforts que fes ennemis failent
pour infinuer le contraire. L'analyfe que l'Académie
Royale des Sciences a fait faire de fon remède
vient de détruire pleinement & fans retour
les idées vagues & l'imputation hazardée de l'Au
teur du Traité des Tumeurs & Ulcères , qui fans
connoître en aucune façon la compofition de ce
remède , avoit imaginé , ( fans doute pour effrayer
le Public ) d'y faire entrer le Sublimé corrofif.
M. Keyfer compte rendre avant qu'il foit peu
cette analyfe publique , & y ajouter les témoi
gnages de la même Académie qu'il fe flatte d'obs
tenir d'après les nouvelles épreuves qu'elle voudra
bien faire faire encore fous les yeux.
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Résumé : Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Le document expose un rapport sur les traitements réalisés dans un hôpital, détaillant les cas de soldats guéris entre mai et septembre 1759. Parmi les patients, le soldat Pernay de la Compagnie de Champignelles a été soigné de symptômes graves tels que deux tumeurs, le scorbut et une hydropisie. Le rapport mentionne que plus de 450 soldats ont été guéris sans aucun décès ni accident, malgré les tentatives de discréditation. M. Keyfer, responsable de l'hôpital, réfute les accusations selon lesquelles son remède contiendrait du sublimé corrosif, un produit dangereux. Il annonce la publication prochaine de l'analyse de son remède par l'Académie Royale des Sciences, accompagnée de témoignages pour confirmer son efficacité et son innocuité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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47
p. 219-224
Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
Début :
J'ai reçu, Messieurs, toutes les Lettres dont vous m'avez honoré. [...]
Mots clefs :
Vérité, Critiques, Remède, Certificats, Fausses accusations, Amitié, Médecins, Cure, Composants, Maréchal de Biron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
LETTRE de M. Keyfer à Meffieurs fes
Correfpondans , tant dans les principales
Villes du Royaume , que dans
l'étranger.
J'AI ' AI reçu , Meffieurs , toutes les Lettres dont
vous m'avez honoré . Je fais fenfible comme je
le dois à toutes les marques de bonté & de zèle
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
que vous n'avez ceffé de me témoigner jufqu'ici,
Je vous fais mille remercimens du mépris & du
renvoi que vous m'avez fait du fot imprimé en
forme de prophétie , qui vous a été adreflé fans
doute par quelqu'un de ces Anonymes dont les
écrits font auffi méprifables que leurs perfonnes ,
gens qui ne s'occupent qu'à imaginer des noirceurs
pour fatisfaire à la fois leur jaloufie & leur
envie de nuire. Je fuis également pénétré de reconnoiffance
du peu de croyance que vous avez
donnée à tout ce que l'Auteur du Traité des Tumeurs
& Ulcères a légèrement avancé contre
mon remède , dont vous connoiſſez & avez été
à portée de voir les effets beaucoup mieux que lui.
Vous fçavez , Meffieurs , que lorſqu'il a été
queftion de vous envoyer ce remède , je ne vous
ai jamais demandé que ce que l'honneur , la jultice
& la vérité pouvoient exiger de vous . Jefuis
même perfuadé que j'aurois très- mal réuffi s'il
en eût été autrement . Vous fçavez qu'aucun motif
d'intérêt n'eft encore entré dans notre corref
pondance , puifque non feulement je ne vous ai
encore fixé aucun prix , mais que je vous ai toujours
prié de faire des effais , de m'en dire votre
fentiment avec franchiſe , & de foulager les Pauvres
dans l'occafion . Ce font ici des faits , Meffieurs:
vous fçavez qu'il n'y a point de myſtères
entre nous , & que je ne vous ai jamais demandé
pi grace ni faveur. La querelle que l'on me fait ,"
quoiqu'injufte & défapprouvée des honnêtes
gens , devient longue & férieufe. C'eſt la cauſe du
Public , c'eft la vôtre , c'eſt la mienne , & il eſt
aifé de voir que je ne crains pas de la plaider
ouvertement , ne voulant avoir que la vérité pour
moi , & ne réclamant que ce que vous m'avez.
mandé avoir fait & vu.
Yous avez depuis quatre ans eu la bonić de
DECEMBRE. 1759 2212
me témoigner par quantité de lettres remiſes à
Mgr le Maréchal Duc de Biron , & qui feront
préfentées avant qu'il foit peu à l'Académie des
Sciences, une fatisfaction générale, en m'envoyant
même les détails des guérifons nombreuſes &
étonnantes que vous avez opérées partout. Suivant
vos certificats , vos lettres & vos aveux , je
les ai fucceffivement fait inférer dans les différens
Mercures.
Vous fçavez , Meffieurs , fi ces détails ont été
faux , fi vos Certificats ont été factices , mendics
ou extorqués , & vous trouverez fans doute bien
fingulier , pour ne pas dire plus , que fans voir ,
fans rien examiner , dans le temps que j'annonce
que ces Pièces font entre les mains d'un Maréchal
de France , il fe trouve quelqu'un qui ofe les
combattre , doute de leur réalité , & veuille raifonner
imprudemment de ce qu'il ne connoît
pas.
Vous avez reconnu de plus par les analyfes que
vous avez bien voulu faire faire partout fous VOS
yeux , & celles que vous avez faites vous-même ,
la légéreté de la premiere imputation de mon
adverfaire , n'ayant trouvé ni reconnu aucune
trace de Sublimé corrofif dans le remède ; cependant
je dois vous prévenir que quoiqu'il en ait été
bien perfuadé lui - même , ou qu'il air du moins
fait lemblant de l'être , il vient de m'attaquer
de nouveau , & avec plus de vivacité que jamais
dans un extrait de fon dernier ouvrage accompagné
de Lettres qu'il a intitulées Lettres de Mé--
decins de Paris , dé Province , &c . Or comme
vous êtes , Meffieurs , en état actuellement de fçavoir
à quoi vous en tenir par vos propres faits anciens
& journaliers , je vous prie de vouloir bien
faire acheter ces belles & magnifiques lettres
ou plutôt libelles contre moi , qui ne fe vendent:
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
que 18 fols chez Cavelier à Paris , afin de comparer
tous les raifonnemens dont elles font remplies
avec ce que vous avez vû .
Je finis en vous priant de me continuer votre
amitié , mais en vous recommandant de n'avoir ja
mais que le bien public en vue , de n'avoir à
mon égard aucune complaifance quelconque.
Dans les cas où vous ne feriez pas contens ,
ou que vous auriez des raifons particulieres de
ne plus vous fervir de mon remede , je vous
fupplie de l'abandonner ou de me le renvoyer
tout uniment , mon intention n'ayant jamais
été de vous demander grace , ni faveur , ni de
vous gêner d'aucune façon ; ayant , ( quelque ,
chofe que puiffe dire mon adverfaire , ) beaucoup
moins en vue les motifs d'intérêt & de fortune ,
que l'avantage public & le falut des Citoyens.
Quant aux autres reproches que non adverfaire
me fait dans fes lettres , j'aurai l'honneur
de lui répondre inceffamment , & je ne fuis pas
embarraffé de mettre les perfonnes vraies &
impartiales de mon parti , comme je me flatte
de l'avoir toujours fait. En attendant je vous prie
d'être perfuadés que tant que vous verrez fubfifter
cet Hôpital , ce fera une preuve indubitable
de l'efficacité de mon remede ; car il feroit extra--
vagant de croire que M. le Maréchal de Biron
s'obftinât à l'y faire adminiftrer à moins d'une
fuite conftante de guérifons réelles.
Quelqu'un qui avant de fe inettre en état
de connoître & de juger mon remede difoit?
tout haut à qui vouloit l'entendre qu'il m'écraféroit
; qui ayant vu en diverfes occafions de
belles cures & des effets étonnans , toujours feul
de fon avis , toujours déclamant contre moi
fans juftice & fans raifon , quoi qu'ayent pu lu
DECEMBRE. 1759: 223
•
dire plufieurs Médecins célèbres & d'habiles Chirurgiens
, n'a jamais voulu convenir ni´de la ma- ´
ladie , ni de la guérifon ;
Quelqu'un qui ayant reconnu chez MM. Piat
& Cadet la premiere erreur à l'égard du fubli
mé corrofif, ayant dit en préfence de témoinst
qu'il étoit galant homme , qu'il fe rétracteroit ,.
loin de fuivre ces fentimens généreux , imagine?
& employe de nouveaux moyens pour m'écra--
fer & intimider le Public mal - à- propos ;
Quelqu'un qui lorfque j'ai cité 3 ou 4 mille
cures operées par vous , Meffieurs , & par moi ,
tant à Paris que dans les Provinces , ne dédaigne
pas de fe joindre avec le fieur Thomas & le
heur Maunier pour me fufciter un pauvre garcon
Perruquier qui n'a pas été traité par moi
libertin obftiné qu'on n'a pas guéri à caufe'
de fa débauche continuelle même pendant le:
traitement , qui n'a pris qu'une centaine de dragées
au plus , lorfqu'il en faut cinq à fix cent:
pour un traitement ; à qui l'on a fait figner un
certificat qu'il défavoue par un autre certificat qui
eft entre les mains de M. le Maréchal de Biron ;
Quelqu'un qui lorfque l'Académie des Scien--
ces eft fuppliée de vouloir bien examiner & juger
publiquement la compofition du remede &
fes effets , moyen approuvé du Public & de tous
les honnêtes gens , n'a rien de plus preffé que de
faire affembler la Faculté pour tâcher de s'oppofer
à cette démarche , & finit par pier la
compétence de l'Académie , quoiqu'il y ait plufieurs
de fes Confreres , & d'habiles Chirurgiens
reconnus pour être plus en état que qui que ce
foit de terminer la querelle d'une façon juſte &
décente ;
Quelqu'un enfin qui n'a mis dans tout ceci
que de l'injuftice , de l'entêtement & de l'animo
224 MERCURE DE FRANCE.
fité , n'eft pas je crois au tribunal des gens équi
tables & éclau és un ennemi bien redoutable.
Plufieurs de vous , Mellieurs , m'offrent d'écrire
à mon adverfaire & de lui prouver que fes raifonnemens
ne tiennent pas contre des faits . J'accepte
vos offres ; mais en même temps M. le Maréchal
Duc de Biron m'ordonne de vous mander
de vouloir bien lui envoyer directement la copie
fignée des lettres que vous écrirez au Médecin
, ou bien un détail abrégé de ce que vous avez
fait , de ce que vous avez vu , & de ce que vous
penfez du remede; mondit Seigneur voulant outre
les preuves qu'il a acquifes , connoître la vérité de
toutes parts. Vous êtes foixante ; il n'y a parmi
vous que deux perſonnes à qui on puiffe donner
le nom de mes élèves ; cette cauſe vous intérelle .
Soyez mes juges , & montrez- vous foit en me
confondant , foit en confondant mon adverfaire,
les Partifans de la vérité.
Jai l'honnneur d'être & c. KEYSER.
Correfpondans , tant dans les principales
Villes du Royaume , que dans
l'étranger.
J'AI ' AI reçu , Meffieurs , toutes les Lettres dont
vous m'avez honoré . Je fais fenfible comme je
le dois à toutes les marques de bonté & de zèle
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
que vous n'avez ceffé de me témoigner jufqu'ici,
Je vous fais mille remercimens du mépris & du
renvoi que vous m'avez fait du fot imprimé en
forme de prophétie , qui vous a été adreflé fans
doute par quelqu'un de ces Anonymes dont les
écrits font auffi méprifables que leurs perfonnes ,
gens qui ne s'occupent qu'à imaginer des noirceurs
pour fatisfaire à la fois leur jaloufie & leur
envie de nuire. Je fuis également pénétré de reconnoiffance
du peu de croyance que vous avez
donnée à tout ce que l'Auteur du Traité des Tumeurs
& Ulcères a légèrement avancé contre
mon remède , dont vous connoiſſez & avez été
à portée de voir les effets beaucoup mieux que lui.
Vous fçavez , Meffieurs , que lorſqu'il a été
queftion de vous envoyer ce remède , je ne vous
ai jamais demandé que ce que l'honneur , la jultice
& la vérité pouvoient exiger de vous . Jefuis
même perfuadé que j'aurois très- mal réuffi s'il
en eût été autrement . Vous fçavez qu'aucun motif
d'intérêt n'eft encore entré dans notre corref
pondance , puifque non feulement je ne vous ai
encore fixé aucun prix , mais que je vous ai toujours
prié de faire des effais , de m'en dire votre
fentiment avec franchiſe , & de foulager les Pauvres
dans l'occafion . Ce font ici des faits , Meffieurs:
vous fçavez qu'il n'y a point de myſtères
entre nous , & que je ne vous ai jamais demandé
pi grace ni faveur. La querelle que l'on me fait ,"
quoiqu'injufte & défapprouvée des honnêtes
gens , devient longue & férieufe. C'eſt la cauſe du
Public , c'eft la vôtre , c'eſt la mienne , & il eſt
aifé de voir que je ne crains pas de la plaider
ouvertement , ne voulant avoir que la vérité pour
moi , & ne réclamant que ce que vous m'avez.
mandé avoir fait & vu.
Yous avez depuis quatre ans eu la bonić de
DECEMBRE. 1759 2212
me témoigner par quantité de lettres remiſes à
Mgr le Maréchal Duc de Biron , & qui feront
préfentées avant qu'il foit peu à l'Académie des
Sciences, une fatisfaction générale, en m'envoyant
même les détails des guérifons nombreuſes &
étonnantes que vous avez opérées partout. Suivant
vos certificats , vos lettres & vos aveux , je
les ai fucceffivement fait inférer dans les différens
Mercures.
Vous fçavez , Meffieurs , fi ces détails ont été
faux , fi vos Certificats ont été factices , mendics
ou extorqués , & vous trouverez fans doute bien
fingulier , pour ne pas dire plus , que fans voir ,
fans rien examiner , dans le temps que j'annonce
que ces Pièces font entre les mains d'un Maréchal
de France , il fe trouve quelqu'un qui ofe les
combattre , doute de leur réalité , & veuille raifonner
imprudemment de ce qu'il ne connoît
pas.
Vous avez reconnu de plus par les analyfes que
vous avez bien voulu faire faire partout fous VOS
yeux , & celles que vous avez faites vous-même ,
la légéreté de la premiere imputation de mon
adverfaire , n'ayant trouvé ni reconnu aucune
trace de Sublimé corrofif dans le remède ; cependant
je dois vous prévenir que quoiqu'il en ait été
bien perfuadé lui - même , ou qu'il air du moins
fait lemblant de l'être , il vient de m'attaquer
de nouveau , & avec plus de vivacité que jamais
dans un extrait de fon dernier ouvrage accompagné
de Lettres qu'il a intitulées Lettres de Mé--
decins de Paris , dé Province , &c . Or comme
vous êtes , Meffieurs , en état actuellement de fçavoir
à quoi vous en tenir par vos propres faits anciens
& journaliers , je vous prie de vouloir bien
faire acheter ces belles & magnifiques lettres
ou plutôt libelles contre moi , qui ne fe vendent:
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
que 18 fols chez Cavelier à Paris , afin de comparer
tous les raifonnemens dont elles font remplies
avec ce que vous avez vû .
Je finis en vous priant de me continuer votre
amitié , mais en vous recommandant de n'avoir ja
mais que le bien public en vue , de n'avoir à
mon égard aucune complaifance quelconque.
Dans les cas où vous ne feriez pas contens ,
ou que vous auriez des raifons particulieres de
ne plus vous fervir de mon remede , je vous
fupplie de l'abandonner ou de me le renvoyer
tout uniment , mon intention n'ayant jamais
été de vous demander grace , ni faveur , ni de
vous gêner d'aucune façon ; ayant , ( quelque ,
chofe que puiffe dire mon adverfaire , ) beaucoup
moins en vue les motifs d'intérêt & de fortune ,
que l'avantage public & le falut des Citoyens.
Quant aux autres reproches que non adverfaire
me fait dans fes lettres , j'aurai l'honneur
de lui répondre inceffamment , & je ne fuis pas
embarraffé de mettre les perfonnes vraies &
impartiales de mon parti , comme je me flatte
de l'avoir toujours fait. En attendant je vous prie
d'être perfuadés que tant que vous verrez fubfifter
cet Hôpital , ce fera une preuve indubitable
de l'efficacité de mon remede ; car il feroit extra--
vagant de croire que M. le Maréchal de Biron
s'obftinât à l'y faire adminiftrer à moins d'une
fuite conftante de guérifons réelles.
Quelqu'un qui avant de fe inettre en état
de connoître & de juger mon remede difoit?
tout haut à qui vouloit l'entendre qu'il m'écraféroit
; qui ayant vu en diverfes occafions de
belles cures & des effets étonnans , toujours feul
de fon avis , toujours déclamant contre moi
fans juftice & fans raifon , quoi qu'ayent pu lu
DECEMBRE. 1759: 223
•
dire plufieurs Médecins célèbres & d'habiles Chirurgiens
, n'a jamais voulu convenir ni´de la ma- ´
ladie , ni de la guérifon ;
Quelqu'un qui ayant reconnu chez MM. Piat
& Cadet la premiere erreur à l'égard du fubli
mé corrofif, ayant dit en préfence de témoinst
qu'il étoit galant homme , qu'il fe rétracteroit ,.
loin de fuivre ces fentimens généreux , imagine?
& employe de nouveaux moyens pour m'écra--
fer & intimider le Public mal - à- propos ;
Quelqu'un qui lorfque j'ai cité 3 ou 4 mille
cures operées par vous , Meffieurs , & par moi ,
tant à Paris que dans les Provinces , ne dédaigne
pas de fe joindre avec le fieur Thomas & le
heur Maunier pour me fufciter un pauvre garcon
Perruquier qui n'a pas été traité par moi
libertin obftiné qu'on n'a pas guéri à caufe'
de fa débauche continuelle même pendant le:
traitement , qui n'a pris qu'une centaine de dragées
au plus , lorfqu'il en faut cinq à fix cent:
pour un traitement ; à qui l'on a fait figner un
certificat qu'il défavoue par un autre certificat qui
eft entre les mains de M. le Maréchal de Biron ;
Quelqu'un qui lorfque l'Académie des Scien--
ces eft fuppliée de vouloir bien examiner & juger
publiquement la compofition du remede &
fes effets , moyen approuvé du Public & de tous
les honnêtes gens , n'a rien de plus preffé que de
faire affembler la Faculté pour tâcher de s'oppofer
à cette démarche , & finit par pier la
compétence de l'Académie , quoiqu'il y ait plufieurs
de fes Confreres , & d'habiles Chirurgiens
reconnus pour être plus en état que qui que ce
foit de terminer la querelle d'une façon juſte &
décente ;
Quelqu'un enfin qui n'a mis dans tout ceci
que de l'injuftice , de l'entêtement & de l'animo
224 MERCURE DE FRANCE.
fité , n'eft pas je crois au tribunal des gens équi
tables & éclau és un ennemi bien redoutable.
Plufieurs de vous , Mellieurs , m'offrent d'écrire
à mon adverfaire & de lui prouver que fes raifonnemens
ne tiennent pas contre des faits . J'accepte
vos offres ; mais en même temps M. le Maréchal
Duc de Biron m'ordonne de vous mander
de vouloir bien lui envoyer directement la copie
fignée des lettres que vous écrirez au Médecin
, ou bien un détail abrégé de ce que vous avez
fait , de ce que vous avez vu , & de ce que vous
penfez du remede; mondit Seigneur voulant outre
les preuves qu'il a acquifes , connoître la vérité de
toutes parts. Vous êtes foixante ; il n'y a parmi
vous que deux perſonnes à qui on puiffe donner
le nom de mes élèves ; cette cauſe vous intérelle .
Soyez mes juges , & montrez- vous foit en me
confondant , foit en confondant mon adverfaire,
les Partifans de la vérité.
Jai l'honnneur d'être & c. KEYSER.
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Résumé : Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
M. Keyfer écrit une lettre à ses correspondants dans diverses villes du Royaume et à l'étranger pour exprimer sa gratitude pour leur soutien et leur zèle. Il remercie également ses correspondants d'avoir ignoré et renvoyé un écrit anonyme diffamatoire et de ne pas avoir cru aux accusations du Traité des Tumeurs et Ulcères contre son remède. Keyfer souligne que sa correspondance avec eux n'a jamais été motivée par l'intérêt personnel et qu'il n'a jamais demandé de faveur ou de grâce. Il mentionne une querelle injuste et longue qui se prolonge, affirmant qu'il ne craint pas de la plaider ouvertement, ne voulant que la vérité. Depuis quatre ans, Keyfer a reçu des lettres de satisfaction générale, notamment via le Maréchal Duc de Biron, concernant les guérisons opérées grâce à son remède. Ces témoignages ont été publiés dans divers Mercures. Il invite ses correspondants à acheter et comparer les lettres diffamatoires récemment publiées contre lui, afin de les confronter avec les faits qu'ils ont observés. Keyfer conclut en demandant à ses correspondants de continuer leur amitié tout en ayant uniquement le bien public en vue. Il les encourage à abandonner ou à lui renvoyer son remède s'ils ne sont pas satisfaits, affirmant que son intention n'a jamais été de demander des faveurs ou de les gêner. Il promet de répondre aux autres reproches de son adversaire et de prouver l'efficacité de son remède, soutenu par les guérisons constantes observées à l'hôpital sous la direction du Maréchal de Biron.
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48
p. 256
« Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...] »
Début :
Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...]
Mots clefs :
Essence, Ambre gris, Liqueur, Odeur douce, Maux de tête, Défaillances, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...] »
Elence volatile d'Ambre gris. Les propriétés
extraordinaires de cette Elence volatile , l'ont
rendue d'un ufage univerfel. La Nobleife en
porte conltamment une bouteille dans la poche ;
& en général , elle fait équilibre du côté oppolé
avec la tabatiere. La décadence des célébres eaur
de la Reine d'Hongrie & de Lavande, a commencé
dès que celle - ci a paffé , & ne font prèſque
point d'ufage aujourd'hui.Cette liqueur eft douce,
d'une odeur plus vive & pénétrante qu'aucune de
l'Angleterre dès qu'on la fent , eile ranime les
efprits défaillants , rappelle les perdus , & porte
un remede auffi fubit qu'efficace aux affections
hystériques. On s'en fert heureuſement dans les
maux de tête , défaillances , toutes affections nerveufes
& hypocondriaques , & pour siguifer l'ima
gination dans les affections foporeufes. Cette
Ellence volatile fe vend chez M. le Duc , Marchand
Epicier Drogaifte , au Magazin de
Provence , rue Dauphine. Le prix eſt de trois livres
le flacon . il y en a auffi à quatre francs.
extraordinaires de cette Elence volatile , l'ont
rendue d'un ufage univerfel. La Nobleife en
porte conltamment une bouteille dans la poche ;
& en général , elle fait équilibre du côté oppolé
avec la tabatiere. La décadence des célébres eaur
de la Reine d'Hongrie & de Lavande, a commencé
dès que celle - ci a paffé , & ne font prèſque
point d'ufage aujourd'hui.Cette liqueur eft douce,
d'une odeur plus vive & pénétrante qu'aucune de
l'Angleterre dès qu'on la fent , eile ranime les
efprits défaillants , rappelle les perdus , & porte
un remede auffi fubit qu'efficace aux affections
hystériques. On s'en fert heureuſement dans les
maux de tête , défaillances , toutes affections nerveufes
& hypocondriaques , & pour siguifer l'ima
gination dans les affections foporeufes. Cette
Ellence volatile fe vend chez M. le Duc , Marchand
Epicier Drogaifte , au Magazin de
Provence , rue Dauphine. Le prix eſt de trois livres
le flacon . il y en a auffi à quatre francs.
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Résumé : « Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...] »
L'Elence volatile d'Ambre gris est une substance prisée pour ses propriétés remarquables. Utilisée principalement par la Noblesse, elle est souvent portée dans une tabatière. Sa popularité a éclipsé celle des eaux de la Reine d'Hongrie et de Lavande, désormais peu utilisées. L'Elence volatile se distingue par sa douceur et son odeur vive et pénétrante. Elle est efficace pour ranimer les esprits défaillants, traiter les affections hystériques, les maux de tête, les défaillances, les troubles nerveux et hypocondriaques, et stimuler l'imagination dans les affections soporeuses. Cette essence est disponible chez M. le Duc, Marchand Epicier Droguiste, au Magazin de Provence, rue Dauphine, au prix de trois livres le flacon, avec une option à quatre francs.
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49
p. 234-236
LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
Début :
Messieurs, j'ai voulu dissiper vos préjugés, & vous être réellement utile, [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède, Composition, Médecin, Guérison, Découverte, Soulagement, Goût agréable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
LETTRE de M. CHAVY DE MONGERBET ,
Docteur en Médecine , à préſent à l'Hôtel de
Châtillon , rue de Tournon , à Paris, à Methieurs
les Goutteux .
MESSIEU
E SIEURS , j'ai voulu diffiper vos préju
gés , & vous être réellement utile , en confiant la
compofition de mon Reméde au célèbre M. Morand,
Chirurgien du Collège de Paris , Docteur en Méde
cine , Secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirur
gie , Membre de l'Académie des Sciences de Paris ,
& de plufieurs autres de l'Europe ; & à M. Peſtalozzi
, Médecin de Lyon , très-diftingué , & précédemment
celui de fon Eminence Mgr le Cardinal de
Tencin , Archevêque de Lyon . Jefouhaite que vous
recherchiez , dans mon travail & mes découvertes ,
les foulagemens que vous devez en attendre , & que
mes progrès far de très-grands Seigneurs , me mettent
en droit de vous annoncer. Ceffez d'être les triftes
victimes de vos préjugés , & jouiffez des fruits que
mes foibles lumières peuvent vous procurer : en attendant
un temps plus heureux , où quelque Mé
decin beaucoup plus éclairé pourra vous propofet
une cure radicale , profitez des douceurs que vous
pourrez trouver dans l'ufage de ma Ptifane , qui
n'eft formée que de Simples , que j'envoye en pou
die , & dont chaque prife forme une bouteille , con
AVRIL. 1760 .. 235
formément à mon Ordonnance imprimée . Vous trouverez
le tout chez mes Correfpondans , qui auront
foin de l'annoncer, pour la commodité des differentes
Provinces . Ce Reméde , d'un goût agréable , n'agit
que par l'infenfible tranfpiration & les urines , routes
ordinaires de la Nature , qui n'expofe jamais à
aucun danger , & qui tend à purifier le fangpeu à
peu. Meffieurs , me fera-t-il permis d'infifierfur le
régime que je prefcris dans mon Ordonnance ? il intereffe
votre fanté ; il eft de conféquence pour les
progrès de mon Reméde ; & une conduite oppofée
deviendroit funefte à une infinité de vos Confrères ,
qui , comme vous , effuyent des tourmens affreux ,
& n'attendent que les fuccès pour y avoir recours.
Meffieurs , jufqu'à ce jour, l'on a exigé de mon Reméde
des qualités prèfque miraculeufes , & l'on a
prétendu qu'il devoit agir également fur des perfonnes
dont le tempérament ufe , & les differentes complications
de maux , paroiffoient ne les plus rendre
fufceptibles d'aucun foulagement. Je vous prends
pour mes Juges, & je me flatte que la Médecine ,
dont j'ai eu l'honneur d'être un Membre , me renira
la justice qu'elle accorde à tous ceux qui ont d'oit
de l'attendre , & qui agiſſent de bonne foi & en faveur
de l'Humanité . J'ai l'honneur d'être , &c.
CHAVY DE MONGERBET , D. M.
Le prix commun pour chaque bouteille de ma
ptifane , eft de ; liv . Les Seigneurs & autres
perfonnes à qui je donnerai mes foins particu
liers pendant l'année , proportionneront mes
honoraires à mes fervices , & c . Je laiffe au rebur
les Lettres qui ne font pas affranchies ; mes correfpondans
feront de même. J'ai oublié de dire
dans mon Ordonnance , que je reçois des Lettres
de plufieurs Goutteux qui me marquent que le
lair , ou les affoiblit, ou s'aigrit , quoiqu'il ait bien
236 MERCURE DE FRANCE.
paffé pendant plufieurs mois , &c. Je ne le regarde
point avec indifférence , & je n'en confeille
l'ufage , que quand on aura fait attention à fon
tempérament , à la qualité de l'air , & au genre
de vie que l'on obferve.
Docteur en Médecine , à préſent à l'Hôtel de
Châtillon , rue de Tournon , à Paris, à Methieurs
les Goutteux .
MESSIEU
E SIEURS , j'ai voulu diffiper vos préju
gés , & vous être réellement utile , en confiant la
compofition de mon Reméde au célèbre M. Morand,
Chirurgien du Collège de Paris , Docteur en Méde
cine , Secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirur
gie , Membre de l'Académie des Sciences de Paris ,
& de plufieurs autres de l'Europe ; & à M. Peſtalozzi
, Médecin de Lyon , très-diftingué , & précédemment
celui de fon Eminence Mgr le Cardinal de
Tencin , Archevêque de Lyon . Jefouhaite que vous
recherchiez , dans mon travail & mes découvertes ,
les foulagemens que vous devez en attendre , & que
mes progrès far de très-grands Seigneurs , me mettent
en droit de vous annoncer. Ceffez d'être les triftes
victimes de vos préjugés , & jouiffez des fruits que
mes foibles lumières peuvent vous procurer : en attendant
un temps plus heureux , où quelque Mé
decin beaucoup plus éclairé pourra vous propofet
une cure radicale , profitez des douceurs que vous
pourrez trouver dans l'ufage de ma Ptifane , qui
n'eft formée que de Simples , que j'envoye en pou
die , & dont chaque prife forme une bouteille , con
AVRIL. 1760 .. 235
formément à mon Ordonnance imprimée . Vous trouverez
le tout chez mes Correfpondans , qui auront
foin de l'annoncer, pour la commodité des differentes
Provinces . Ce Reméde , d'un goût agréable , n'agit
que par l'infenfible tranfpiration & les urines , routes
ordinaires de la Nature , qui n'expofe jamais à
aucun danger , & qui tend à purifier le fangpeu à
peu. Meffieurs , me fera-t-il permis d'infifierfur le
régime que je prefcris dans mon Ordonnance ? il intereffe
votre fanté ; il eft de conféquence pour les
progrès de mon Reméde ; & une conduite oppofée
deviendroit funefte à une infinité de vos Confrères ,
qui , comme vous , effuyent des tourmens affreux ,
& n'attendent que les fuccès pour y avoir recours.
Meffieurs , jufqu'à ce jour, l'on a exigé de mon Reméde
des qualités prèfque miraculeufes , & l'on a
prétendu qu'il devoit agir également fur des perfonnes
dont le tempérament ufe , & les differentes complications
de maux , paroiffoient ne les plus rendre
fufceptibles d'aucun foulagement. Je vous prends
pour mes Juges, & je me flatte que la Médecine ,
dont j'ai eu l'honneur d'être un Membre , me renira
la justice qu'elle accorde à tous ceux qui ont d'oit
de l'attendre , & qui agiſſent de bonne foi & en faveur
de l'Humanité . J'ai l'honneur d'être , &c.
CHAVY DE MONGERBET , D. M.
Le prix commun pour chaque bouteille de ma
ptifane , eft de ; liv . Les Seigneurs & autres
perfonnes à qui je donnerai mes foins particu
liers pendant l'année , proportionneront mes
honoraires à mes fervices , & c . Je laiffe au rebur
les Lettres qui ne font pas affranchies ; mes correfpondans
feront de même. J'ai oublié de dire
dans mon Ordonnance , que je reçois des Lettres
de plufieurs Goutteux qui me marquent que le
lair , ou les affoiblit, ou s'aigrit , quoiqu'il ait bien
236 MERCURE DE FRANCE.
paffé pendant plufieurs mois , &c. Je ne le regarde
point avec indifférence , & je n'en confeille
l'ufage , que quand on aura fait attention à fon
tempérament , à la qualité de l'air , & au genre
de vie que l'on obferve.
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Résumé : LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
M. Chavy de Mongerbet, docteur en médecine, adresse une lettre aux personnes souffrant de la goutte pour dissiper leurs préjugés et offrir un remède efficace. Ce remède, nommé 'Ptifane', a été élaboré par des experts renommés tels que M. Morand, chirurgien et membre de plusieurs académies, et M. Pestalozzi, médecin de Lyon. La Ptifane, présentée en poudre, agit par transpiration et urines pour purifier le sang sans danger. M. Chavy de Mongerbet souligne l'importance de suivre le régime prescrit pour maximiser les bénéfices du remède. Il reconnaît les attentes miraculeuses placées sur son remède mais invite les goutteux à juger de son efficacité. Il mentionne également le prix de la Ptifane et propose des honoraires proportionnels à ses services pour certains patients. Il note l'impact du climat sur les symptômes de la goutte et conseille de prendre en compte le tempérament et le mode de vie des patients.
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50
p. 259-260
Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
Début :
Les progrès que ce reméde opére en tant de différens genres de maladies, [...]
Mots clefs :
Opiate, Remède, Maladies, Preuve, Succès, Guérison, Purgatifs, Dysenterie, Scorbut, Abcès, Jaunisse, Certificats, Médecins, Approbation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
Opiat philofophique du fieur Mutelé fils , feul
pofeffeur dudit Reméde de feu fon pere ,
Apothicaire du Roi.
>
LES progrès que ce reméde opére en tant de
différens genres de maladies ont donné affez
de preuves convaincantes de fon efficacité , pour
difpenfer l'Auteur d'en renouveller l'expofition
il fe contente de répéter que c'eft un fondant &
un purgatif fi épuré de fon terrestre , qu'il fe
glife avec douceur dans toutes les parties les
plus fecrettes du corps humain , & en expulfe
tout le vice , de quelque nature qu'il puiffe être ,
fans violence , vomiffement ni mal de coeur ,
eft lain & fénatif, & purifie la inatle du fang ,
même fcorbutique. Il eft propre pour la guérifon
des Squirres , fi anciens qu'ils foient , ainfi que
les obftructions ,
glandéoméfentaires , abfcès , généralement
toutes caufes étrangères qui portent
obſtacle à la nature . Il eſt connu auſſi pour la
guérison du lait répandu & autres fâcheufes fuites
de couches. Il n'y a pas de fièvres , de telle nature
qu'elles foient , que ledit Opiat Philofophique
ne guériffe , ainfi que les dyflenteries ; ce qui eft
d'un grand fecours pour Meffieurs les Militaires ,
foit en campagne ou ailleurs , tant par ner que
par terre. Il eft fouverain pour garantir les attaques
d'apoplexie & coups de fang ; fi l'on en
prend par précaution une ou deux prifes de fuite ,
ou à un jour d'intervalle , l'on fe mettra à l'abri
de tous ces accidens : les jauniſſes , pâles couleurs
2.
260 MERCURE DE FRANCE.
ou bile répandues ne fçauroient y réfifter.
Ce reméde s'eft fait connoître & diftinguer de
tout le vulgaire , dans le cas des guérilons des vapeurs
, telles qu'elles foient , & mal-caduc , s'il
ne vient pas de naiſſance.
Ledit Opiat eft connu propre pour
être adminiftré
aux malades , dans le cas de toutes les ma
ladies les plus dangereutes caufées par la lenteur
de la limphe , & manque de circulation du fang
& autres ; cela eft confirmé par nombre infini de
cures en différens genres de maladies déſeſpérées
qui ont été guéries, ainfi que l'Auteur eft en état
de le le faire voir & prouver , par Meffieurs les
Magiftrats & Meffieurs les Médecins & Chirur
giens de la Faculté de Paris , & autres , qui ont
vu & donné leurs applaudiflemens & approba
tions.
Afin de procurer plus promtenent la guériſon
des maladies , & pour la facilité du Public , il y
a des boetes dudit Opiat , de 3 liv . 6 liv 12 liv.
& 24.
pofeffeur dudit Reméde de feu fon pere ,
Apothicaire du Roi.
>
LES progrès que ce reméde opére en tant de
différens genres de maladies ont donné affez
de preuves convaincantes de fon efficacité , pour
difpenfer l'Auteur d'en renouveller l'expofition
il fe contente de répéter que c'eft un fondant &
un purgatif fi épuré de fon terrestre , qu'il fe
glife avec douceur dans toutes les parties les
plus fecrettes du corps humain , & en expulfe
tout le vice , de quelque nature qu'il puiffe être ,
fans violence , vomiffement ni mal de coeur ,
eft lain & fénatif, & purifie la inatle du fang ,
même fcorbutique. Il eft propre pour la guérifon
des Squirres , fi anciens qu'ils foient , ainfi que
les obftructions ,
glandéoméfentaires , abfcès , généralement
toutes caufes étrangères qui portent
obſtacle à la nature . Il eſt connu auſſi pour la
guérison du lait répandu & autres fâcheufes fuites
de couches. Il n'y a pas de fièvres , de telle nature
qu'elles foient , que ledit Opiat Philofophique
ne guériffe , ainfi que les dyflenteries ; ce qui eft
d'un grand fecours pour Meffieurs les Militaires ,
foit en campagne ou ailleurs , tant par ner que
par terre. Il eft fouverain pour garantir les attaques
d'apoplexie & coups de fang ; fi l'on en
prend par précaution une ou deux prifes de fuite ,
ou à un jour d'intervalle , l'on fe mettra à l'abri
de tous ces accidens : les jauniſſes , pâles couleurs
2.
260 MERCURE DE FRANCE.
ou bile répandues ne fçauroient y réfifter.
Ce reméde s'eft fait connoître & diftinguer de
tout le vulgaire , dans le cas des guérilons des vapeurs
, telles qu'elles foient , & mal-caduc , s'il
ne vient pas de naiſſance.
Ledit Opiat eft connu propre pour
être adminiftré
aux malades , dans le cas de toutes les ma
ladies les plus dangereutes caufées par la lenteur
de la limphe , & manque de circulation du fang
& autres ; cela eft confirmé par nombre infini de
cures en différens genres de maladies déſeſpérées
qui ont été guéries, ainfi que l'Auteur eft en état
de le le faire voir & prouver , par Meffieurs les
Magiftrats & Meffieurs les Médecins & Chirur
giens de la Faculté de Paris , & autres , qui ont
vu & donné leurs applaudiflemens & approba
tions.
Afin de procurer plus promtenent la guériſon
des maladies , & pour la facilité du Public , il y
a des boetes dudit Opiat , de 3 liv . 6 liv 12 liv.
& 24.
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Résumé : Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
L'Opiat philosophique, élaboré par le sieur Mutelé fils, apothicaire du Roi, est présenté comme un remède polyvalent. Ce fondant et purgatif épuré agit en douceur pour expulser les maux du corps sans violence. Il est recommandé pour traiter les scirrhes, les obstructions, les abcès, et les fuites de couches. L'Opiat est également efficace contre les fièvres, les dysentéries, et les attaques d'apoplexie. Il peut prévenir les accidents vasculaires par des doses préventives. Ce remède est particulièrement utile pour les maladies causées par la lenteur de la lymphe et le manque de circulation sanguine. Son efficacité est confirmée par de nombreuses guérisons et approuvée par des magistrats, médecins et chirurgiens de la Faculté de Paris. L'Opiat est disponible en boîtes de 3, 6, 12 et 24 livres pour faciliter son accès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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