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1
p. 507-523
Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, T. VI. [...]
Mots clefs :
Médecine, Médecins, Histoire, Amsterdam, Remèdes, Raison, Lois, Préface, Corps, Latin, Canini
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE RAISONNE'E des
Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
T. VI. et VII . de 482. pages chacun ,
sans les Tables , pour l'année 1734. A
Amsterdam , chez les Wetsteins et Smith,
M. DCC. XXXI.
Nous allons faire connoître quelques
Ouvrages dont on trouve les Extraits
dans ce Recueil.
AMENITEZ DE MEDECINE , où l'on décrit
son origine , ses progrès , son excellence
, sa necessité , son usage , les récompenses
, les honneurs et les privile
ges accordez aux Medecins. On y examine
encore si la Médecine a été autrefois
une étude qui n'appartenoit qu'aux
Esclaves. Par Dan . Vink. A Vtrecht ,
1730. in 8. de $ 28. pages , sans l'Epitre
Dédicatoire , la Préface et la Table. L'Ouvrage
est en Latin.
Pour donner une idée de ce Livre et de
l'Extrait du Journaliste , nous emprunterons
ce raisonnement de la page 121 .
L'obe E ij
1508 MERCURE
DE FRANCE
L'objet de la Medecine est l'Homme ,
le plus noble de tous les Animaux , qui
a été fait à l'Image de Dieu , son Créateur
, de qui il a reçû un Empire absolu
sur toutes les autres Créatures. Une autre
raison qui prouve encore cette excellence
, c'est que la fin de la Medecine est
la santé , le plus grand de tous les biens.
Supposez , dit l'Auteur , qu'un homme
soit élevé aux honneurs , qu'il jouisse des
plaisirs et des richesses ; supposez même
qu'il possede la plus belle de toutes les
femmes , et qu'il ait une vaste connoissance
de tous les Arts et de toutes les
Sciences ; il n'en sera pas pour cela plus ,
heureux , si la santé lui manque, Il reste
donc à conclurre que la Médecine est préferable
à tous les autres Arts , et qu'il n'y
a rien dont les Hommes doivent faire
plus de cas. Mais on est bien éloigné de
porter ce jugement , dès qu'on vient à
reflechir sur les abus qui se commettent
aujourd'hui dans la Médecine, Ces abus
sont en si grand nombre et de telle consequence
, qu'il seroit avantageux au Genre
Humain , que personne n'exerçât cette
Profession , et qu'on laissât plutôt agir la
Nature toute seule. De cent personnes
qui s'ingerent de prescrire des Remedes,
n'y en a peut-être pas dix à qui on
dûr
MARS. 1733. 509
dût se confier. Les femmelettes , les Barbiers
, les Apotiquaires , et sur tout les
Empiriques , sont à present ceux qui ont
le plus de vogue. Ces gens- là qui n'ont
ni étude ni principes , sont , pour l'ordinaire
les premiers à donner leurs avis ,
et le Peuple qui n'est pas en état d'examiner
ce qu'on lui propose, n'a recours
aux Médecins qu'à l'extremité , et lorsque
la Nature n'est plus en état de seconder
les Remedes. L'Auteur pouvoit
employer ici l'Epigramme connuë d'un
Poëte Anglois.
Fingunt se cuncti Medicos Idiota , sacerdos ,
Fudaus , Monachus , Histrio , Rasor , Anni,
Une chose qui rend la Médecine moins
estimable, c'est qu'après tant d'experiences
qu'on a faites dans tous les siecles , et
malgré tous les sistêmes qui ont été inventez
depuis quelques temps , on n'est pas
encore convenu de la Méthode qu'il seroit
à propos de suivre dans le traite
ment d'une seule maladie.
On lit à la page 134. que Mithridate
Roy de Pont , n'étoit pas moins curieux
de la Médecine qu'Attalus. Dès que Pompée
se fut rendu maître du Palais de ce
Prince , il fit foüiller dans toutes ses Cas- .
settes et ses Cabinets , et on y trouva
E iij plu310
MERCURE DE FRANCE
plusieurs Livres qui contenoient des se
crets contre la plupart des Maladies. Ce
qui engagea ce General de donner ordre
à Pompeius- Lenæus , son Affranchi ,
de traduire ces Livres en Latin , afin que
le Peuple Romain pût faire usage de ces
Remedes . Il y avoit entre autres Remedes
le fameux Antidote qui porte le nom
de ce Roy , et qui consistoit en 20. feüilles
de Rue , un grain de Sel , deux Noix
et deux Figues seiches. C'étoit là tout le
secret. Il falloit piler ces Drogues avec
du vin et prendre le Remede tous les
matins à jeun.
L'Auteur avoit observé plus haut , au
sujet de l'Anatomie , que du temps d'Aristote
on n'avoit encore dissequé que
des bêtes , et personne n'avoit osé fouiller
dans les Corps Humains , qu'on regardoit
comme quelque chose de sacré
Dans la suite , les Rois passerent par dessus
le scrupule qu'on s'étoit fait jusqu'alors
, et ils accorderent aux Medecins les
corps des Criminels qui avoient été suppliciez
. Il y a même des Auteurs qui
prétendent qu'on remit entre les mains
d'Erasistrate et d'Hérophile, plusieurs de ces
malheureux pour les dissequer tout vifs ;
afin qu'on pût découvrir des choses qu'il
n'étoit pas possible de découvrir autrement.
Sur
1
MARS. 1733- Sti
Cela étoit fondé sur la coûtume que certains
Peuples avoient d'exposer les Mala
des dans les Carrefours et dans les Places
publiques. Cette méthode , qui étoit fort
simple, s'est, dit- on , pratiquée long -temps
chez les Babyloniens , les Assyriens et les
Egyptiens. Les Babyloniens, dit Herodote,
font porter les Malades dans les Places
publiques , afin que les Passans qui les
voyent, et qui ont eu une maladie sembla
ble à la lueur , ou qui ont vû quelqu'un
malade, leur donnent conseil et les encouragent
à pratiquer ce qu'eux- mêmes ont
pratiqué avec succès en de semblables
cas ; ensorte qu'il n'est permis à personne
de passer auprès des Malades sans s'informer
de leurs maladies .
LES VOYAGES et Avantures du Capitaine
Robert Boyle , &c. traduit de l'Anglois.
A Amsterdam , chez les Wetsteins
et Smith , 1730. deux volumes in 12. de
341. pages pour le premier , et 276. pour
le second , sans la Table , la Préface et .
PEpitre Dédicatoire au Chevalier Guill .
Jonge , Commissaire de la Trésorerie et
Chevalier du Bain.
HISTOIRE DE LA MEDECINE , depuis le
commencement du Monde jusqu'à l'an
É iiij
de
412 MERCURE DE FRANCE
de Rome DXXXV. par M. Schulze ;
Docteur en Medecine et Professeur public
à Altorf, Membre de l'Académie
des Curieux de la Nature . A Leipsik,
&c. 1728. in 4. de 437. pages . L'Ouvrage
est en Latin.
Entre diverses Remarques que fournissent
les détails de la Médecine des
Malabares , disent les Journalistes , page
177. nous nous bornerons à une seule ,
qui regarde les grands Privileges qu'ont
les Prêtres de cette Nation. Il n'y a aucun
Clergé en Europe qui en possede
d'aussi considerables.
Car ceux-là sont tout à la fois d'une
maniere despotique , Médecins de l'ame
et du corps. Maîtres absolus des consciences
, ils les dirigent à leur gré . Préparateurs
des Remedes qu'il leur plaît d'employer
, ils n'ont personne à qui en
rendre compte. Joignez à ces avantages
une troisiéme prérogative dont jouissent
les principaux d'entre eux ; c'est d'avoir
un droit à cette faveur de leur Souveraine
, à laquelle les Epoux seuls parmi
nous peuvent prétendre. Voici comment
s'exprime sur ce point un Géographe
François Les Bramins ont un employ
» assez étrange , puisque l'un des principaux
est obligé de passer la premiere
:
» nuit
MARS. 1733 513
nuit avec la Reine quand elle est mariée
, et il y a beaucoup d'apparence
»que le plus vieux n'est pas ordinaire-
» ment choisi. Le Roy envoye la valeur
» de 4. ou 500. ducats pour cette fatigue,
>> et quand il est prêt de voyager , il
» confie ses femmes à l'un de ces Prêtres
» qui contribue , autant qu'il le peut , à
les consoler de son absence . Les Fils ›
>> ne succedent point par cette raison ,
» parce qu'ils pourroient bien n'être pas
» du Sang Royal , mais après la mort du .
» Roy , on prend le fils de sa Soeur pour
» remplir sa place , & c.
Les Grecs ne se bornerent point , uniquement
à la Médecine Pharmaceutique .
ils tirerent encore parti des exercices qui ,
étoient en vogue parmi eux , pour en
former une Médecine particuliere que.
nous nommerons Médecine Gymnastique,
qui consistoit dans l'Art de s'exercer pour
la santé , et dont on attribue l'invention .
à Herodicus ou Prodicus , contemporain
et Précepteur d'Hippocrate.
Tous les Exercices relevoient de la Médecine
, en ce qu'ils étoient d'abord dirigez
par des Médecins , les principales
Villes et les Académies un peu celebres,
se faisant un Titre d'en avoir un , qui eut
inspection sur ces exercices. Dans la suite,
E v di514
MERCURE DE FRANCE
diverses personnes , sans avoir étudié la
Médecine , usurperent cette Charge , et
non seulement se chargerent du soin qui
regardoit les Bains , les Frictions , les Oignemens
, mais même entreprirent de
panser les blessures et de remettre les
membres disloquez.
Ces gens - là étoient ceux qui dans les
commencemens ne s'acquittoient de ces
sortes de fonctions , que selon les Ordonnances
des Médecins , lesquels on nommoit
pour cette raison , Aliptas , Baigneux
Reunctores , Oigneurs; gens de
condition basse et servile , de qui Pline
parle , quand il dit que Prodicas procura
le premier un bon revenu aux Domestiques
qui oignoient . Ceux d'entr'eux qui
s'acquirent quelque expérience en ce
genre , s'arrogerent peu à peu le Titre de
Médecins oignans , puis enfin celui de
Médecins proprement dits. La chose fut
portée si loin , à la honte des vrais Médecins
, qu'on acheta à bas prix plusieurs.
Esclaves , qui dans leur service avoient
appris cet Art , pour exercer cet emploi
chez les Grands Seigneurs de Rome. D'où
est venu le reproche de condition abjecte
, dont on a assuré qu'étoient autrefois
les Médecins parmi les Romains ; ce
qu'on ne peut neanmoins prouver que de
ceux
MARS. 1733 .
Sis
ceux qui portent parmi nous le nom de
Baigneux , lesquels répondent parfaite
ment aux Baigneux de ce temps - là.
RECUEIL de Discours , sur diverses matieres
importantes ; traduits ou compo
sez par J.Barbeyrac, Professeur en Droit ,
dans l'Université de Groningue. Il y a
joint un Eloge historique de feu M.Noodt,
en 2 tom. in 12. dont le 1er . contient en
tout 417 pag. et le 28 344. A Amsterdam,
chez P. Humbert , 1731.
Dans la Dissertation sur les Duels , on
fait d'abord une énumeration des différentes
sortes de Duels ou Combats singuliers
, et des diverses causes pour lesquelles
on en est venu à ces combats
chez différentes Nations , selon ce que
l'Histoire nous en apprend . On en trou
ve jusqu'à onze sortes , dont la derniere
est le Duel , qu'on se propose de com
battre , ou celui, qui se rapporte à la repa
Fation d'honneur.
Cette espece de Duel étoit absolument
hors d'usage , non seulement chez les
Grecs et les Romains , mais encore chez
les Egyptiens , et les anciens Peuples de
PAsie. Il doit uniquement son origine à
des Peuples barbares , venus des Parties
Septentrionales de l'Europe , qui ne pau-
E vi
vans
516 MERCURE DE FRANCE
vant souffrir la discipline des Loix , ou
des Magistrats , vouloient décider toute.
sorte de differents à la pointe de l'épée.
Delà nâquit le Duel , qu'on introduisit
pour se purger de quelque crime , dans la
pensée que Dieu déclareroit par l'évé
nement du combat , qui avoit raison du
Diffamateur , ou du Diffamé .
Les Lombards porterent en Italie cette
mauvaise coutume ; et les autres Peuples
du Nord l'introduisirent dans tous
les Païs , au dedans et au dehors de l'Empire
Romain , où ils s'établirent ; les Saxons
, par exemple , en Angleterre. On
fit des Loix là- dessus aussi sérieusement
que s'il se fut agi de la chose du monde
la plus raisonnable et la plus légitime.
Lorsque le Droit Romain eut été remis
en vogue , les Commentateurs tâcherent
d'y trouver de quoi autoriser le
Duel. A cela se joignirent les Croisades ,
et l'institution des Ordres de Chevalerie.
Ces Chevaliers vinrent à former des Regles
du point d'honneur . Les Jurisconsultes
traiterent cette matiere comme une
partie de la Jurisprudence ; d'autres, comme
une science particuliere et toute nouvelle
; cela produisit une infinité de Livres
sur le Duel , sur la science de la Chevalerie,
comme parlent les Italiens , et sous di-
<
vers
MARS. 1733 2 517
vers autres Titres semblables ; on en pourroit
composer une Bibliotheque , et quelques-
uns étant devenus rares aujourd'hui,
il s'est trouvé en Italie des Gens qui ont
promis d'en faire imprimer un Recueil
de dix volumes in fol.
-
Il est facile de montrer combien l'usage
du Duel est contraire à la raison , à
la Loy naturelle , et sur tout aux maximes
de la Religion Chrétienne ; aussi suppose
t'on cela , comme suffisamment
démontré par divers Auteurs . La grande
difficulté consiste à trouver les moïens de
déraciner de l'esprit des Sots , dont le
nombre est fort grand , le préjugé du
point d'honneur , qui empêche que toutes
les Loix les plus sévéres , faites jusqu'icy
, contre cette mode pernicieuse ,
ne soient assez efficaces pour l'abolir.
M. Flicher veut qu'on tire le remede du
mal même , et que l'on retienne par la
crainte d'un plus grand deshonneur
ceux qui croïent être deshonorez , s'ils
n'ont recours au Duel . Il faudroit, dit- il ,
faire des nouvelles Loix, qui exposassent
les contrevenans au mépris et à la risée
publique ; ordonner , par exemple , que
les Corps de ceux qui auroient été tuez
en Duel , fussent traitez de même que
ceux des Criminels , punis du dernier
sup318
MERCURE DE FRANCE
supplice ; deffendre de porter les Armes
aux Duellistes , à qui on auroit fait grace
de la vie ; et cela , sous condition que
s'ils les portoient depuis , leur pardon
deviendroit nul ; exclure de tout emploi.
Militaire ceux qui auroient appellé quelqu'un
en Duel , ou qui auroient rêpondu
à l'appel ; en un mot , faire ensorte
que de telles gens , qui , par une pure folie
, auroient ainsi violé les Loix de la
Société humaine , fussent désormais bannis
de la Société et du commerce des
Sages.
REFUTATION des Erreurs de Benoît
de Spinosa , par M. de Fénelon , Archevêque
de Cambray , par le P. Lami , Bẹ-
nedictin , et par M.le Comte de Boulain .
villiers , avec la Vie de Spinosa , écrite
par M. Jean Colerus , Ministre de l'Eglise
Luthérienne de la Haye ; augmentée
de beaucoup de particularitez , tirées d'une
Vie manuscrite de ce Philosophe , faite
par un de ses amis. A Bruxelles , chez
François Foppens , 1731. in 8º .
TRAITE' de la sûreté des Grands Chemins
, divisé en trois parties , par M.Everard
Otton , Jurisconsulte et Professeur ;
in 8. de $70 pag. A 2 chez Ofmans
et
MARS.
1733 F19
et Bosch , 1731. L'Ouvrage est en Latin.
L'UTILITE , LA VE'RITE' et L'EXCELLENCE
de la Révélation Chrétienne , def
fendues contre un Livre publié depuis
peu , qui a pour Titre : La Religion Chré
tienne , aussi ancienne que la Création, &c.
ParJacques Foster ; en grand in 8. pages
367. sans la Préface ; seconde Edition, augmentée
d'un Postscript. A Londres , chez.
J. Noon. 1731. L'Ouvrage est en Anglois
.
SUPPLEMENT à un des Ouvrages ,
faits pour la deffense de la validité des
Ordinations Anglicanes , pour servir de
derniere réponse au nouvel Ouvrage du
P. le Quien , et aux Censures de quelques,
Evêques de France. Par le P. le Courayer,
Chanoine Régulier de Sainte Géneviéve.
A Amsterdam, 1732. in 12. pag. 636. sâns.
la Préface et les Preuves.
IMAGES DES HEROS et des Grands
Hommes de l'Antiquité, dessinées sur des
Médailles , des Pierres antiques , et autres
anciens Monumens , par Jean- Ange
Canini , gravées par Picart le Romain , &c.
avec les Observations de Jean - Ange et
Marc- Ant. Canini ; données en Italien
ر و پ
Sur
320 MERCURE DE FRANCE
sur ces Images , diverses Remarques du
Traducteur , et le Texte Original à côté
de la Traduction . A Amsterdam, chez B..
Picart et J. F. Bernard , 1731. in 4. pag.
377. et 115. Figures .
On apprend icy que cet Ouvrage parut
en 1669. in fol. que Jean- Ange Canini
joignoit à une assez grande connoissance
de l'Histoire ancienne et de la Mythologie
, le talent de dessiner les Pierres gravées
, et les Médailles avec une légéreté
de main admirable , qu'il avoit sur tout
l'art, peu commun , de conserver toute la
finesse des airs de tête de l'antiquité, & c.
Entre un grand nombre de Portraits
d'Alexandre , que Canini avoit dessinez ,
il en choisit quatre , préférablement aux
autres , tant à cause de la différence des
traits du visage , que parce qu'il n'y en a
pas un qui ne lui fournisse l'occasion de
faire part à ses Lecteurs de recherches
curieuses ; il fait d'abord quelques réfléxions
sur la délicatesse de ce Prince , qui 、
ne lui permit jamais de souffrir que des
Ouvriers médiocres travaillassent à rendre
ses traits , et il regrette sur tout le
Tableau d'Apelles , où Aléxandre étoit si
ressemblant ,, que son. Cheval se mit à
hennir à cette vûë , preuve évidente qu'il
reconnoissoit son Maître. Cette Histoire ,
rap
MARS: 1733. Str
rapportée un peu trop légérement par
Pline , mais digne de tenir sa place parmi
les Fables , dont l'Histoire diverse d'Elien
est remplie , prouve au moins l'idée
qu'on avoit de l'habileté du Peintre,et ne
permet pas de douter qu'il n'eut réussi à
attraper la Physionomie d'Alexandre.
I
Nous avons omis de dire quelque chose
d'un Article curieux , qui est le dernier
des Nouvelles Litteraires de la premiere
Partie du 1 vol. du Journal , dont nous
rendons compte. Cet article est datté de
Constantinople , et regarde l'Etablisse
ment , les progrès et les productions de
la nouvelle Imprimerie,établie dans cette
Capitale de l'Empire Turc. Les principales
circonstances de ces choses se trouvent
aussi dans le Journal des Sçavans , mais
écrites avec plus d'exactitude ; et nous
avons aussi fait part au Public de ce qui
nous est venu à droiture de Constanti
nople , sur le même sujet. Il est à propos
que plus d'un Journal fasse mention d'un
Evenement si singulier , et qui interesse
toute la République des Lettres. Les Livres
les plus considérables dont on fait
mention icy , qui sont nouvellement
sortis de cette Imprimerie , et dont on
marque le prix , sont :
Tarichi
322 MERCURE DE FRANCE
Tarichi Missiri gadin - vve gedid , ou
Histoire des Antiquitez d'Egypte , & c.
On y trouve aussi l'Histoire de tous les
Princes qui ont regné dans l'Egypte ,
jusqu'à la Conquête des Turcs , &c. Le
prix est de trois Piastres .
Gulseni Chalefa. Le Chapelet des Califes
, par Naimi Radé. On rapporte l'origine
et l'Histoire de Babylone , avec celle
des Princes qui y ont regné depuis l'an
127. de l'Hégire , 744. de J. C.
que le
premier Califes des Abassides commença
à regner jusqu'à l'an 1130. de l'Hégire ,
1717. de J. C. que regnoit le Sultan Achmet
, Empereur des Turcs .
On avertit dans le même Article, qu'on
va travailler dans cette Imprimerie, à un
Atlas Turc , Ouvrage d'un Mahometan
moderne, qui traite de l'Histoire et de la
Géographie de tous les Etats de l'Asie.
On ajoutera un Livre de Mathématique ,
avec Figures , une Mappe - Monde , et les
Cartes Generales des 4 Parties du Monde,
la Carte de l'Egypte , et une autre des
Royaumes et des Provinces de l'Asie.
Au reste il y a bien des fautes dans tout
cet Enoncé , soit de la part du Journaliste
, soit de celle de l'Imprimeur ; nous
venons de corriger la plus considérable ,
qui se trouve au bas de la pag. 236. où
pour
MARS. 1733 . 523
,
pour dire le premier Calife des Abassides
on a imprimé des Abissins ; dans la page
précédente , Mehemet Tixclebi pour
Tchelibi. Holdemian , pour Holderman ,
nom d'un R. P. Jesuite , page 237. &c.
Enfin on fait Achmet III, qui vient d'être
détrôné , le 115. Empereur des Turcs,
qui n'est tout au plus que le XXVII .
Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
T. VI. et VII . de 482. pages chacun ,
sans les Tables , pour l'année 1734. A
Amsterdam , chez les Wetsteins et Smith,
M. DCC. XXXI.
Nous allons faire connoître quelques
Ouvrages dont on trouve les Extraits
dans ce Recueil.
AMENITEZ DE MEDECINE , où l'on décrit
son origine , ses progrès , son excellence
, sa necessité , son usage , les récompenses
, les honneurs et les privile
ges accordez aux Medecins. On y examine
encore si la Médecine a été autrefois
une étude qui n'appartenoit qu'aux
Esclaves. Par Dan . Vink. A Vtrecht ,
1730. in 8. de $ 28. pages , sans l'Epitre
Dédicatoire , la Préface et la Table. L'Ouvrage
est en Latin.
Pour donner une idée de ce Livre et de
l'Extrait du Journaliste , nous emprunterons
ce raisonnement de la page 121 .
L'obe E ij
1508 MERCURE
DE FRANCE
L'objet de la Medecine est l'Homme ,
le plus noble de tous les Animaux , qui
a été fait à l'Image de Dieu , son Créateur
, de qui il a reçû un Empire absolu
sur toutes les autres Créatures. Une autre
raison qui prouve encore cette excellence
, c'est que la fin de la Medecine est
la santé , le plus grand de tous les biens.
Supposez , dit l'Auteur , qu'un homme
soit élevé aux honneurs , qu'il jouisse des
plaisirs et des richesses ; supposez même
qu'il possede la plus belle de toutes les
femmes , et qu'il ait une vaste connoissance
de tous les Arts et de toutes les
Sciences ; il n'en sera pas pour cela plus ,
heureux , si la santé lui manque, Il reste
donc à conclurre que la Médecine est préferable
à tous les autres Arts , et qu'il n'y
a rien dont les Hommes doivent faire
plus de cas. Mais on est bien éloigné de
porter ce jugement , dès qu'on vient à
reflechir sur les abus qui se commettent
aujourd'hui dans la Médecine, Ces abus
sont en si grand nombre et de telle consequence
, qu'il seroit avantageux au Genre
Humain , que personne n'exerçât cette
Profession , et qu'on laissât plutôt agir la
Nature toute seule. De cent personnes
qui s'ingerent de prescrire des Remedes,
n'y en a peut-être pas dix à qui on
dûr
MARS. 1733. 509
dût se confier. Les femmelettes , les Barbiers
, les Apotiquaires , et sur tout les
Empiriques , sont à present ceux qui ont
le plus de vogue. Ces gens- là qui n'ont
ni étude ni principes , sont , pour l'ordinaire
les premiers à donner leurs avis ,
et le Peuple qui n'est pas en état d'examiner
ce qu'on lui propose, n'a recours
aux Médecins qu'à l'extremité , et lorsque
la Nature n'est plus en état de seconder
les Remedes. L'Auteur pouvoit
employer ici l'Epigramme connuë d'un
Poëte Anglois.
Fingunt se cuncti Medicos Idiota , sacerdos ,
Fudaus , Monachus , Histrio , Rasor , Anni,
Une chose qui rend la Médecine moins
estimable, c'est qu'après tant d'experiences
qu'on a faites dans tous les siecles , et
malgré tous les sistêmes qui ont été inventez
depuis quelques temps , on n'est pas
encore convenu de la Méthode qu'il seroit
à propos de suivre dans le traite
ment d'une seule maladie.
On lit à la page 134. que Mithridate
Roy de Pont , n'étoit pas moins curieux
de la Médecine qu'Attalus. Dès que Pompée
se fut rendu maître du Palais de ce
Prince , il fit foüiller dans toutes ses Cas- .
settes et ses Cabinets , et on y trouva
E iij plu310
MERCURE DE FRANCE
plusieurs Livres qui contenoient des se
crets contre la plupart des Maladies. Ce
qui engagea ce General de donner ordre
à Pompeius- Lenæus , son Affranchi ,
de traduire ces Livres en Latin , afin que
le Peuple Romain pût faire usage de ces
Remedes . Il y avoit entre autres Remedes
le fameux Antidote qui porte le nom
de ce Roy , et qui consistoit en 20. feüilles
de Rue , un grain de Sel , deux Noix
et deux Figues seiches. C'étoit là tout le
secret. Il falloit piler ces Drogues avec
du vin et prendre le Remede tous les
matins à jeun.
L'Auteur avoit observé plus haut , au
sujet de l'Anatomie , que du temps d'Aristote
on n'avoit encore dissequé que
des bêtes , et personne n'avoit osé fouiller
dans les Corps Humains , qu'on regardoit
comme quelque chose de sacré
Dans la suite , les Rois passerent par dessus
le scrupule qu'on s'étoit fait jusqu'alors
, et ils accorderent aux Medecins les
corps des Criminels qui avoient été suppliciez
. Il y a même des Auteurs qui
prétendent qu'on remit entre les mains
d'Erasistrate et d'Hérophile, plusieurs de ces
malheureux pour les dissequer tout vifs ;
afin qu'on pût découvrir des choses qu'il
n'étoit pas possible de découvrir autrement.
Sur
1
MARS. 1733- Sti
Cela étoit fondé sur la coûtume que certains
Peuples avoient d'exposer les Mala
des dans les Carrefours et dans les Places
publiques. Cette méthode , qui étoit fort
simple, s'est, dit- on , pratiquée long -temps
chez les Babyloniens , les Assyriens et les
Egyptiens. Les Babyloniens, dit Herodote,
font porter les Malades dans les Places
publiques , afin que les Passans qui les
voyent, et qui ont eu une maladie sembla
ble à la lueur , ou qui ont vû quelqu'un
malade, leur donnent conseil et les encouragent
à pratiquer ce qu'eux- mêmes ont
pratiqué avec succès en de semblables
cas ; ensorte qu'il n'est permis à personne
de passer auprès des Malades sans s'informer
de leurs maladies .
LES VOYAGES et Avantures du Capitaine
Robert Boyle , &c. traduit de l'Anglois.
A Amsterdam , chez les Wetsteins
et Smith , 1730. deux volumes in 12. de
341. pages pour le premier , et 276. pour
le second , sans la Table , la Préface et .
PEpitre Dédicatoire au Chevalier Guill .
Jonge , Commissaire de la Trésorerie et
Chevalier du Bain.
HISTOIRE DE LA MEDECINE , depuis le
commencement du Monde jusqu'à l'an
É iiij
de
412 MERCURE DE FRANCE
de Rome DXXXV. par M. Schulze ;
Docteur en Medecine et Professeur public
à Altorf, Membre de l'Académie
des Curieux de la Nature . A Leipsik,
&c. 1728. in 4. de 437. pages . L'Ouvrage
est en Latin.
Entre diverses Remarques que fournissent
les détails de la Médecine des
Malabares , disent les Journalistes , page
177. nous nous bornerons à une seule ,
qui regarde les grands Privileges qu'ont
les Prêtres de cette Nation. Il n'y a aucun
Clergé en Europe qui en possede
d'aussi considerables.
Car ceux-là sont tout à la fois d'une
maniere despotique , Médecins de l'ame
et du corps. Maîtres absolus des consciences
, ils les dirigent à leur gré . Préparateurs
des Remedes qu'il leur plaît d'employer
, ils n'ont personne à qui en
rendre compte. Joignez à ces avantages
une troisiéme prérogative dont jouissent
les principaux d'entre eux ; c'est d'avoir
un droit à cette faveur de leur Souveraine
, à laquelle les Epoux seuls parmi
nous peuvent prétendre. Voici comment
s'exprime sur ce point un Géographe
François Les Bramins ont un employ
» assez étrange , puisque l'un des principaux
est obligé de passer la premiere
:
» nuit
MARS. 1733 513
nuit avec la Reine quand elle est mariée
, et il y a beaucoup d'apparence
»que le plus vieux n'est pas ordinaire-
» ment choisi. Le Roy envoye la valeur
» de 4. ou 500. ducats pour cette fatigue,
>> et quand il est prêt de voyager , il
» confie ses femmes à l'un de ces Prêtres
» qui contribue , autant qu'il le peut , à
les consoler de son absence . Les Fils ›
>> ne succedent point par cette raison ,
» parce qu'ils pourroient bien n'être pas
» du Sang Royal , mais après la mort du .
» Roy , on prend le fils de sa Soeur pour
» remplir sa place , & c.
Les Grecs ne se bornerent point , uniquement
à la Médecine Pharmaceutique .
ils tirerent encore parti des exercices qui ,
étoient en vogue parmi eux , pour en
former une Médecine particuliere que.
nous nommerons Médecine Gymnastique,
qui consistoit dans l'Art de s'exercer pour
la santé , et dont on attribue l'invention .
à Herodicus ou Prodicus , contemporain
et Précepteur d'Hippocrate.
Tous les Exercices relevoient de la Médecine
, en ce qu'ils étoient d'abord dirigez
par des Médecins , les principales
Villes et les Académies un peu celebres,
se faisant un Titre d'en avoir un , qui eut
inspection sur ces exercices. Dans la suite,
E v di514
MERCURE DE FRANCE
diverses personnes , sans avoir étudié la
Médecine , usurperent cette Charge , et
non seulement se chargerent du soin qui
regardoit les Bains , les Frictions , les Oignemens
, mais même entreprirent de
panser les blessures et de remettre les
membres disloquez.
Ces gens - là étoient ceux qui dans les
commencemens ne s'acquittoient de ces
sortes de fonctions , que selon les Ordonnances
des Médecins , lesquels on nommoit
pour cette raison , Aliptas , Baigneux
Reunctores , Oigneurs; gens de
condition basse et servile , de qui Pline
parle , quand il dit que Prodicas procura
le premier un bon revenu aux Domestiques
qui oignoient . Ceux d'entr'eux qui
s'acquirent quelque expérience en ce
genre , s'arrogerent peu à peu le Titre de
Médecins oignans , puis enfin celui de
Médecins proprement dits. La chose fut
portée si loin , à la honte des vrais Médecins
, qu'on acheta à bas prix plusieurs.
Esclaves , qui dans leur service avoient
appris cet Art , pour exercer cet emploi
chez les Grands Seigneurs de Rome. D'où
est venu le reproche de condition abjecte
, dont on a assuré qu'étoient autrefois
les Médecins parmi les Romains ; ce
qu'on ne peut neanmoins prouver que de
ceux
MARS. 1733 .
Sis
ceux qui portent parmi nous le nom de
Baigneux , lesquels répondent parfaite
ment aux Baigneux de ce temps - là.
RECUEIL de Discours , sur diverses matieres
importantes ; traduits ou compo
sez par J.Barbeyrac, Professeur en Droit ,
dans l'Université de Groningue. Il y a
joint un Eloge historique de feu M.Noodt,
en 2 tom. in 12. dont le 1er . contient en
tout 417 pag. et le 28 344. A Amsterdam,
chez P. Humbert , 1731.
Dans la Dissertation sur les Duels , on
fait d'abord une énumeration des différentes
sortes de Duels ou Combats singuliers
, et des diverses causes pour lesquelles
on en est venu à ces combats
chez différentes Nations , selon ce que
l'Histoire nous en apprend . On en trou
ve jusqu'à onze sortes , dont la derniere
est le Duel , qu'on se propose de com
battre , ou celui, qui se rapporte à la repa
Fation d'honneur.
Cette espece de Duel étoit absolument
hors d'usage , non seulement chez les
Grecs et les Romains , mais encore chez
les Egyptiens , et les anciens Peuples de
PAsie. Il doit uniquement son origine à
des Peuples barbares , venus des Parties
Septentrionales de l'Europe , qui ne pau-
E vi
vans
516 MERCURE DE FRANCE
vant souffrir la discipline des Loix , ou
des Magistrats , vouloient décider toute.
sorte de differents à la pointe de l'épée.
Delà nâquit le Duel , qu'on introduisit
pour se purger de quelque crime , dans la
pensée que Dieu déclareroit par l'évé
nement du combat , qui avoit raison du
Diffamateur , ou du Diffamé .
Les Lombards porterent en Italie cette
mauvaise coutume ; et les autres Peuples
du Nord l'introduisirent dans tous
les Païs , au dedans et au dehors de l'Empire
Romain , où ils s'établirent ; les Saxons
, par exemple , en Angleterre. On
fit des Loix là- dessus aussi sérieusement
que s'il se fut agi de la chose du monde
la plus raisonnable et la plus légitime.
Lorsque le Droit Romain eut été remis
en vogue , les Commentateurs tâcherent
d'y trouver de quoi autoriser le
Duel. A cela se joignirent les Croisades ,
et l'institution des Ordres de Chevalerie.
Ces Chevaliers vinrent à former des Regles
du point d'honneur . Les Jurisconsultes
traiterent cette matiere comme une
partie de la Jurisprudence ; d'autres, comme
une science particuliere et toute nouvelle
; cela produisit une infinité de Livres
sur le Duel , sur la science de la Chevalerie,
comme parlent les Italiens , et sous di-
<
vers
MARS. 1733 2 517
vers autres Titres semblables ; on en pourroit
composer une Bibliotheque , et quelques-
uns étant devenus rares aujourd'hui,
il s'est trouvé en Italie des Gens qui ont
promis d'en faire imprimer un Recueil
de dix volumes in fol.
-
Il est facile de montrer combien l'usage
du Duel est contraire à la raison , à
la Loy naturelle , et sur tout aux maximes
de la Religion Chrétienne ; aussi suppose
t'on cela , comme suffisamment
démontré par divers Auteurs . La grande
difficulté consiste à trouver les moïens de
déraciner de l'esprit des Sots , dont le
nombre est fort grand , le préjugé du
point d'honneur , qui empêche que toutes
les Loix les plus sévéres , faites jusqu'icy
, contre cette mode pernicieuse ,
ne soient assez efficaces pour l'abolir.
M. Flicher veut qu'on tire le remede du
mal même , et que l'on retienne par la
crainte d'un plus grand deshonneur
ceux qui croïent être deshonorez , s'ils
n'ont recours au Duel . Il faudroit, dit- il ,
faire des nouvelles Loix, qui exposassent
les contrevenans au mépris et à la risée
publique ; ordonner , par exemple , que
les Corps de ceux qui auroient été tuez
en Duel , fussent traitez de même que
ceux des Criminels , punis du dernier
sup318
MERCURE DE FRANCE
supplice ; deffendre de porter les Armes
aux Duellistes , à qui on auroit fait grace
de la vie ; et cela , sous condition que
s'ils les portoient depuis , leur pardon
deviendroit nul ; exclure de tout emploi.
Militaire ceux qui auroient appellé quelqu'un
en Duel , ou qui auroient rêpondu
à l'appel ; en un mot , faire ensorte
que de telles gens , qui , par une pure folie
, auroient ainsi violé les Loix de la
Société humaine , fussent désormais bannis
de la Société et du commerce des
Sages.
REFUTATION des Erreurs de Benoît
de Spinosa , par M. de Fénelon , Archevêque
de Cambray , par le P. Lami , Bẹ-
nedictin , et par M.le Comte de Boulain .
villiers , avec la Vie de Spinosa , écrite
par M. Jean Colerus , Ministre de l'Eglise
Luthérienne de la Haye ; augmentée
de beaucoup de particularitez , tirées d'une
Vie manuscrite de ce Philosophe , faite
par un de ses amis. A Bruxelles , chez
François Foppens , 1731. in 8º .
TRAITE' de la sûreté des Grands Chemins
, divisé en trois parties , par M.Everard
Otton , Jurisconsulte et Professeur ;
in 8. de $70 pag. A 2 chez Ofmans
et
MARS.
1733 F19
et Bosch , 1731. L'Ouvrage est en Latin.
L'UTILITE , LA VE'RITE' et L'EXCELLENCE
de la Révélation Chrétienne , def
fendues contre un Livre publié depuis
peu , qui a pour Titre : La Religion Chré
tienne , aussi ancienne que la Création, &c.
ParJacques Foster ; en grand in 8. pages
367. sans la Préface ; seconde Edition, augmentée
d'un Postscript. A Londres , chez.
J. Noon. 1731. L'Ouvrage est en Anglois
.
SUPPLEMENT à un des Ouvrages ,
faits pour la deffense de la validité des
Ordinations Anglicanes , pour servir de
derniere réponse au nouvel Ouvrage du
P. le Quien , et aux Censures de quelques,
Evêques de France. Par le P. le Courayer,
Chanoine Régulier de Sainte Géneviéve.
A Amsterdam, 1732. in 12. pag. 636. sâns.
la Préface et les Preuves.
IMAGES DES HEROS et des Grands
Hommes de l'Antiquité, dessinées sur des
Médailles , des Pierres antiques , et autres
anciens Monumens , par Jean- Ange
Canini , gravées par Picart le Romain , &c.
avec les Observations de Jean - Ange et
Marc- Ant. Canini ; données en Italien
ر و پ
Sur
320 MERCURE DE FRANCE
sur ces Images , diverses Remarques du
Traducteur , et le Texte Original à côté
de la Traduction . A Amsterdam, chez B..
Picart et J. F. Bernard , 1731. in 4. pag.
377. et 115. Figures .
On apprend icy que cet Ouvrage parut
en 1669. in fol. que Jean- Ange Canini
joignoit à une assez grande connoissance
de l'Histoire ancienne et de la Mythologie
, le talent de dessiner les Pierres gravées
, et les Médailles avec une légéreté
de main admirable , qu'il avoit sur tout
l'art, peu commun , de conserver toute la
finesse des airs de tête de l'antiquité, & c.
Entre un grand nombre de Portraits
d'Alexandre , que Canini avoit dessinez ,
il en choisit quatre , préférablement aux
autres , tant à cause de la différence des
traits du visage , que parce qu'il n'y en a
pas un qui ne lui fournisse l'occasion de
faire part à ses Lecteurs de recherches
curieuses ; il fait d'abord quelques réfléxions
sur la délicatesse de ce Prince , qui 、
ne lui permit jamais de souffrir que des
Ouvriers médiocres travaillassent à rendre
ses traits , et il regrette sur tout le
Tableau d'Apelles , où Aléxandre étoit si
ressemblant ,, que son. Cheval se mit à
hennir à cette vûë , preuve évidente qu'il
reconnoissoit son Maître. Cette Histoire ,
rap
MARS: 1733. Str
rapportée un peu trop légérement par
Pline , mais digne de tenir sa place parmi
les Fables , dont l'Histoire diverse d'Elien
est remplie , prouve au moins l'idée
qu'on avoit de l'habileté du Peintre,et ne
permet pas de douter qu'il n'eut réussi à
attraper la Physionomie d'Alexandre.
I
Nous avons omis de dire quelque chose
d'un Article curieux , qui est le dernier
des Nouvelles Litteraires de la premiere
Partie du 1 vol. du Journal , dont nous
rendons compte. Cet article est datté de
Constantinople , et regarde l'Etablisse
ment , les progrès et les productions de
la nouvelle Imprimerie,établie dans cette
Capitale de l'Empire Turc. Les principales
circonstances de ces choses se trouvent
aussi dans le Journal des Sçavans , mais
écrites avec plus d'exactitude ; et nous
avons aussi fait part au Public de ce qui
nous est venu à droiture de Constanti
nople , sur le même sujet. Il est à propos
que plus d'un Journal fasse mention d'un
Evenement si singulier , et qui interesse
toute la République des Lettres. Les Livres
les plus considérables dont on fait
mention icy , qui sont nouvellement
sortis de cette Imprimerie , et dont on
marque le prix , sont :
Tarichi
322 MERCURE DE FRANCE
Tarichi Missiri gadin - vve gedid , ou
Histoire des Antiquitez d'Egypte , & c.
On y trouve aussi l'Histoire de tous les
Princes qui ont regné dans l'Egypte ,
jusqu'à la Conquête des Turcs , &c. Le
prix est de trois Piastres .
Gulseni Chalefa. Le Chapelet des Califes
, par Naimi Radé. On rapporte l'origine
et l'Histoire de Babylone , avec celle
des Princes qui y ont regné depuis l'an
127. de l'Hégire , 744. de J. C.
que le
premier Califes des Abassides commença
à regner jusqu'à l'an 1130. de l'Hégire ,
1717. de J. C. que regnoit le Sultan Achmet
, Empereur des Turcs .
On avertit dans le même Article, qu'on
va travailler dans cette Imprimerie, à un
Atlas Turc , Ouvrage d'un Mahometan
moderne, qui traite de l'Histoire et de la
Géographie de tous les Etats de l'Asie.
On ajoutera un Livre de Mathématique ,
avec Figures , une Mappe - Monde , et les
Cartes Generales des 4 Parties du Monde,
la Carte de l'Egypte , et une autre des
Royaumes et des Provinces de l'Asie.
Au reste il y a bien des fautes dans tout
cet Enoncé , soit de la part du Journaliste
, soit de celle de l'Imprimeur ; nous
venons de corriger la plus considérable ,
qui se trouve au bas de la pag. 236. où
pour
MARS. 1733 . 523
,
pour dire le premier Calife des Abassides
on a imprimé des Abissins ; dans la page
précédente , Mehemet Tixclebi pour
Tchelibi. Holdemian , pour Holderman ,
nom d'un R. P. Jesuite , page 237. &c.
Enfin on fait Achmet III, qui vient d'être
détrôné , le 115. Empereur des Turcs,
qui n'est tout au plus que le XXVII .
Fermer
Résumé : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un recueil de la Bibliothèque Raisonnée des ouvrages des savants de l'Europe pour l'année 1734, publié à Amsterdam. Il met en avant plusieurs ouvrages notables, dont 'Amenitez de Médecine' de Dan. Vink. Cet ouvrage explore l'origine, les progrès, l'excellence et la nécessité de la médecine, ainsi que les abus actuels de cette profession. L'auteur souligne que la médecine, ayant pour objet l'homme, est préférable à tous les autres arts, mais les abus fréquents la rendent moins estimable. Le texte mentionne également des pratiques anciennes, comme les méthodes de traitement des maladies chez les Babyloniens et les Assyriens, et les privilèges des prêtres malabares en matière de médecine. D'autres ouvrages cités incluent 'Les Voyages et Aventures du Capitaine Robert Boyle' et 'Histoire de la Médecine' de M. Schulze, qui couvre la médecine depuis ses débuts jusqu'à l'an 412 de Rome. Le texte aborde également la médecine gymnastique des Grecs et l'évolution des duels, une pratique introduite par des peuples barbares et adoptée par divers peuples européens. Les duels étaient utilisés pour purger des crimes et étaient réglementés par des lois et des ordres de chevalerie. Le texte conclut en discutant des difficultés à éradiquer les préjugés liés au point d'honneur et à l'usage des duels. Le texte présente également une liste de divers ouvrages et articles publiés entre 1731 et 1733. Parmi ces publications, on trouve des réfutations et des défenses de positions philosophiques et religieuses. Par exemple, 'REFUTATION des Erreurs de Benoît de Spinosa' par M. de Fénelon, le P. Lami et le Comte de Boulainvilliers, qui inclut une biographie de Spinoza écrite par Jean Colerus. Un autre ouvrage notable est 'L'UTILITE, LA VE'RITE' et L'EXCELLENCE de la Révélation Chrétienne' par Jacques Foster, qui défend la religion chrétienne contre un livre récent. Le texte mentionne également des traités juridiques et historiques, comme 'TRAITE' de la sûreté des Grands Chemins' par Everard Otton et 'IMAGES DES HEROS et des Grands Hommes de l'Antiquité' par Jean-Ange Canini, illustré par Picart. Enfin, le texte discute de l'établissement d'une imprimerie à Constantinople et des ouvrages qu'elle produit, tels que des histoires des antiquités égyptiennes et des calendriers des califes. Plusieurs erreurs typographiques sont également corrigées dans le texte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 523-528
La Religion deffenduë, Poëme, [titre d'après la table]
Début :
LA RELIGION DEFENDUE, Poëme. Brochure in 8. de 46. pages, 1733. [...]
Mots clefs :
Dieu, Religion, Esprit, Épître à Uranie, Poème, Poète chrétien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Religion deffenduë, Poëme, [titre d'après la table]
LA RELIGION DEFFENDUE , Poëme.
Brochure in 8. de 46. pages , 1733.
Rien n'est plus loüable et plus digne
d'un Poëte Chrétien , que le sujet de ce
Poëme , auquel une autre Piece de Poësie
d'une trempe toute differente , qui
n'a trouvé aucun Approbateur parmi les
honnêtes Gens , a donné lieu . Il paroît
au contraire que celle- cy a été goutée
de tous les Gens de bien et de plusieurs
Connoisseurs , à la tête desquels nous
n'hésiterons point de mettre M.leCardinal
de Polignac , dont le suffrage est important.
S. E. ne s'est pas contentée de loüer
le Poëme , mais nous apprenons qu'elle
s'est fait un plaisir d'en distribuer plusieurs
Exemplaires. La Piece mérite
en effet cette distinction. L'Auteur ,
que nous sçavons être un homme du
monde , connu par d'autres Ouvrages
y répond exactement à l'Epitre à Uranie,
em
524 MERCURE DE FRANCE
en ornant des agrémens de la Poësie les
preuves sensibles et invincibles de la Religion
Chrétienne . Donnons ici quelques
de ce que nous venons de dire preuves
par deux ou trois Endroits de ce Poëme,
dont le commencement est tel.
Un Lucrece nouveau prétend que ton Génie ,
De la Religion sonde la verité :
J'y consens , sçavante Uranie
La Foi de la Raison ne craint point la clarté.
Mais ne présumons pas de notre intelligence ,
Que tout à ses efforts soit pleinement ouvert.
Nous jugeons des faits seuls et de leur évidence
Et le reste est pour nous de tenebres couvert.
Ces Globes enflamez qui roulent sur nos têtes ,
Et ceux qui des premiers empruntent leur splen
deur ,
Mon esprit veut avec ardeur ,
>
Les mettre au rang de ses conquêtes ;
Il n'apperçoit de ces grands Corps ,
Que les mouvemens , l'ordre etles divers rapports
Mais leur harmonie admirable ,
Le ressort qui les meut , et leur germe
Sont un abyme impenetrable ,
Qui me surpasse et me confond.
fécond ,
Le Poëte passe ensuite à la connoissance
de l'Homme , et s'exprime ainsi :
Si
MARS. 1733.
525
Je n'ose m'observer , eh ! que suis- je moi-même ?
Prodige merveilleux , autant qu'il est commun !
Deux Etres distinguez qui n'en composent qu'un,
Vivant et sublime Problême ;
Deux Etres ennemis qui font societé ,
Deux Etres assortis qui souvent sont en guerre ;
Un Atome enchaîné dans un coin de la Terre ,
Comme un point de l'Immensité ;
Un Esprit qui , brisant le joug de la matiere ,
Par sa grande velocité ,
unit dans un moment à la Nature entiere
Se plonge dans l'infinité ,
Et par les plus sûrs témognages ,
Trouve enfin la Divinité ,
Peinte et cachée en ses Ouvrages .
De l'Ame avec le Corps je connois l'union ,
Je sens l'alternative étrange et réguliere
De leur mutuelle action ;
Mais j'en ignore la maniere,
Puis refléchissant sur ce qu'il vient
d'exposer si noblement , il conclud .
C'est ainsi que nos connoissances ,
Se bornent toutes à des faits ,
Dont nous tirons des conséquences ,
pour nous la Source est sous un voile
Mais dont
épais.
Aces Principes il en ajoûte d'autres
aussi
$ 26 MERCURE DE FRANCE
aussi solidement établis , et il les oppose
en ces termes à la Doctrine erronée de
l'Auteur de l'Epitre à Uranie.
Voilà des Principes sacrés ,
Et d'une éternelle origine ;
Que l'Esprit fort qui t'endoctrine , `
Ou te cache, Uranie , ou n'a point penetrés ,
C'est eux que ta raison doit recevoir pour guides
. Dans l'examen qu'elle entreprend ;
Devant eux passeront de même qu'un Torrent ,
Ces Vers bien cadencés , mais de sens toujours
vuides ,
Qui du Dieu des Chrétiens font un Monstre
odieux .
De ton Lucrece alors les routes détournées ,
Par toi seront abandonnées ,
Et le sentier du Christ plaira seul à tes yeux.
Nous sommes forcez par la necessité
de nos bornes , de nous arrêter là et de
ne pas suivre le Poëte Chrétien dans le
reste de son Ouvrage , qui contient proprement
l'Histoire abregée et une Apologie
solide de notre sainte Religion ;
on y trouve des traits charmans et lumineux
, avec une réfutation , toujours
invincible , des Argumens proposez par
l'Esprit d'erreur et de mensonge.
Nous ne sçaurions omettre en finissane
MARS. 1733 527
sant , que rien n'est plus heureusement
développé que le salutaire Mystere de
la Grace , exposé , suivant la Doctri
ne de l'Eglise : la bonté et la justice de
Dieu y sont conciliées selon le même esprit
; et le Poëte termine enfin cette importante
matiere , et tout son Ouvrage ,
par ces Vers cy , que le temps où nous
sommes , particulierement consacré à la
Religion et à la pieté, rendra encore plus
dignes dattention.
Aces fideles traits reconnois , Uranie ,
Le Dieu qu'adorent les Chrétiens,
Non , ce n'est point ce Dieu qui dans sa tyrannic
Des vertus qu'il prescrit nous ôtant les moyens ,
Nous punit de sa barbarie ;
Ce Dieu plein de fureur en son aveuglement ,
Ce Dieu ridicule et volage ,
Qui n'agit qu'au hazard et toujours se dément ;
Tel enfin que l'Impie en a tracé l'image.
Notre Dieu , juste , égal et rempli de bonté,
N'ordonne rien qu'il n'aide à faire ,
Ne punit que l'iniquité ,
Se donne à la vertu lui-même pour salaire ,
Et sa sagesse éclate en tout ce qu'il opere.
Pour un Dieu qui n'a pas limité ses bienfaits ;
Oserions-nous borner notre reconnoissance ?
Soyons de son amour embrasez à jamais ;
Qu'il
28 MERCURE DE FRANCE
Qu'il soit toute notre esperance .
Si nous devons l'aimer , nous devons le servir
Dans la Religion qu'il établit lui- même ,
Afin que nous puissions ravir
La Palme du bonheur suprême.
Sans doute que de l'homme un si juste retour
N'acroîtra point de Dieu la gloire ou la puissance.
Mais il a mis sa complaisance ,
Dans ce tribut de notre amour.
Tout autre culte est un outrage
Qui le rend contre nous un Juge rigoureux ;
Et la forme de notre hommage
Lui fait seule adopter nos vertus et nos voeux .
Brochure in 8. de 46. pages , 1733.
Rien n'est plus loüable et plus digne
d'un Poëte Chrétien , que le sujet de ce
Poëme , auquel une autre Piece de Poësie
d'une trempe toute differente , qui
n'a trouvé aucun Approbateur parmi les
honnêtes Gens , a donné lieu . Il paroît
au contraire que celle- cy a été goutée
de tous les Gens de bien et de plusieurs
Connoisseurs , à la tête desquels nous
n'hésiterons point de mettre M.leCardinal
de Polignac , dont le suffrage est important.
S. E. ne s'est pas contentée de loüer
le Poëme , mais nous apprenons qu'elle
s'est fait un plaisir d'en distribuer plusieurs
Exemplaires. La Piece mérite
en effet cette distinction. L'Auteur ,
que nous sçavons être un homme du
monde , connu par d'autres Ouvrages
y répond exactement à l'Epitre à Uranie,
em
524 MERCURE DE FRANCE
en ornant des agrémens de la Poësie les
preuves sensibles et invincibles de la Religion
Chrétienne . Donnons ici quelques
de ce que nous venons de dire preuves
par deux ou trois Endroits de ce Poëme,
dont le commencement est tel.
Un Lucrece nouveau prétend que ton Génie ,
De la Religion sonde la verité :
J'y consens , sçavante Uranie
La Foi de la Raison ne craint point la clarté.
Mais ne présumons pas de notre intelligence ,
Que tout à ses efforts soit pleinement ouvert.
Nous jugeons des faits seuls et de leur évidence
Et le reste est pour nous de tenebres couvert.
Ces Globes enflamez qui roulent sur nos têtes ,
Et ceux qui des premiers empruntent leur splen
deur ,
Mon esprit veut avec ardeur ,
>
Les mettre au rang de ses conquêtes ;
Il n'apperçoit de ces grands Corps ,
Que les mouvemens , l'ordre etles divers rapports
Mais leur harmonie admirable ,
Le ressort qui les meut , et leur germe
Sont un abyme impenetrable ,
Qui me surpasse et me confond.
fécond ,
Le Poëte passe ensuite à la connoissance
de l'Homme , et s'exprime ainsi :
Si
MARS. 1733.
525
Je n'ose m'observer , eh ! que suis- je moi-même ?
Prodige merveilleux , autant qu'il est commun !
Deux Etres distinguez qui n'en composent qu'un,
Vivant et sublime Problême ;
Deux Etres ennemis qui font societé ,
Deux Etres assortis qui souvent sont en guerre ;
Un Atome enchaîné dans un coin de la Terre ,
Comme un point de l'Immensité ;
Un Esprit qui , brisant le joug de la matiere ,
Par sa grande velocité ,
unit dans un moment à la Nature entiere
Se plonge dans l'infinité ,
Et par les plus sûrs témognages ,
Trouve enfin la Divinité ,
Peinte et cachée en ses Ouvrages .
De l'Ame avec le Corps je connois l'union ,
Je sens l'alternative étrange et réguliere
De leur mutuelle action ;
Mais j'en ignore la maniere,
Puis refléchissant sur ce qu'il vient
d'exposer si noblement , il conclud .
C'est ainsi que nos connoissances ,
Se bornent toutes à des faits ,
Dont nous tirons des conséquences ,
pour nous la Source est sous un voile
Mais dont
épais.
Aces Principes il en ajoûte d'autres
aussi
$ 26 MERCURE DE FRANCE
aussi solidement établis , et il les oppose
en ces termes à la Doctrine erronée de
l'Auteur de l'Epitre à Uranie.
Voilà des Principes sacrés ,
Et d'une éternelle origine ;
Que l'Esprit fort qui t'endoctrine , `
Ou te cache, Uranie , ou n'a point penetrés ,
C'est eux que ta raison doit recevoir pour guides
. Dans l'examen qu'elle entreprend ;
Devant eux passeront de même qu'un Torrent ,
Ces Vers bien cadencés , mais de sens toujours
vuides ,
Qui du Dieu des Chrétiens font un Monstre
odieux .
De ton Lucrece alors les routes détournées ,
Par toi seront abandonnées ,
Et le sentier du Christ plaira seul à tes yeux.
Nous sommes forcez par la necessité
de nos bornes , de nous arrêter là et de
ne pas suivre le Poëte Chrétien dans le
reste de son Ouvrage , qui contient proprement
l'Histoire abregée et une Apologie
solide de notre sainte Religion ;
on y trouve des traits charmans et lumineux
, avec une réfutation , toujours
invincible , des Argumens proposez par
l'Esprit d'erreur et de mensonge.
Nous ne sçaurions omettre en finissane
MARS. 1733 527
sant , que rien n'est plus heureusement
développé que le salutaire Mystere de
la Grace , exposé , suivant la Doctri
ne de l'Eglise : la bonté et la justice de
Dieu y sont conciliées selon le même esprit
; et le Poëte termine enfin cette importante
matiere , et tout son Ouvrage ,
par ces Vers cy , que le temps où nous
sommes , particulierement consacré à la
Religion et à la pieté, rendra encore plus
dignes dattention.
Aces fideles traits reconnois , Uranie ,
Le Dieu qu'adorent les Chrétiens,
Non , ce n'est point ce Dieu qui dans sa tyrannic
Des vertus qu'il prescrit nous ôtant les moyens ,
Nous punit de sa barbarie ;
Ce Dieu plein de fureur en son aveuglement ,
Ce Dieu ridicule et volage ,
Qui n'agit qu'au hazard et toujours se dément ;
Tel enfin que l'Impie en a tracé l'image.
Notre Dieu , juste , égal et rempli de bonté,
N'ordonne rien qu'il n'aide à faire ,
Ne punit que l'iniquité ,
Se donne à la vertu lui-même pour salaire ,
Et sa sagesse éclate en tout ce qu'il opere.
Pour un Dieu qui n'a pas limité ses bienfaits ;
Oserions-nous borner notre reconnoissance ?
Soyons de son amour embrasez à jamais ;
Qu'il
28 MERCURE DE FRANCE
Qu'il soit toute notre esperance .
Si nous devons l'aimer , nous devons le servir
Dans la Religion qu'il établit lui- même ,
Afin que nous puissions ravir
La Palme du bonheur suprême.
Sans doute que de l'homme un si juste retour
N'acroîtra point de Dieu la gloire ou la puissance.
Mais il a mis sa complaisance ,
Dans ce tribut de notre amour.
Tout autre culte est un outrage
Qui le rend contre nous un Juge rigoureux ;
Et la forme de notre hommage
Lui fait seule adopter nos vertus et nos voeux .
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Résumé : La Religion deffenduë, Poëme, [titre d'après la table]
La brochure 'LA RELIGION DEFFENDUE, Poëme', publiée en 1733, est une œuvre poétique de 46 pages. Elle est acclamée pour son sujet digne d'un poète chrétien et a été appréciée par des personnes respectables, dont le Cardinal de Polignac. Le poème répond à une autre œuvre poétique jugée inappropriée par les honnêtes gens. L'auteur, un homme du monde connu pour ses autres ouvrages, utilise la poésie pour présenter les preuves de la religion chrétienne. Le poème commence par une réflexion sur les limites de la compréhension humaine face à la complexité de l'univers et de l'âme humaine. Il explore ensuite la nature duale de l'homme, à la fois matériel et spirituel, et conclut que les connaissances humaines sont limitées à des faits observables. Le poème oppose ensuite les principes sacrés de la religion chrétienne aux doctrines erronées, réfutant les arguments des esprits forts. Il développe également le mystère de la grâce, conciliant la bonté et la justice de Dieu. Le poème se termine par une description du Dieu chrétien comme juste, égal et rempli de bonté. Il invite à adorer et servir ce Dieu dans la religion qu'il établit, soulignant que tout autre culte est un outrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 528-529
« L'ART DE MONTER A CHEVAL, ou Description du Manége moderne, écrit [...] »
Début :
L'ART DE MONTER A CHEVAL, ou Description du Manége moderne, écrit [...]
Mots clefs :
Florins, Histoire, Manège, Cheval
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texteReconnaissance textuelle : « L'ART DE MONTER A CHEVAL, ou Description du Manége moderne, écrit [...] »
L'ART DE MONTER A CHEVAL , OU
Description du Manége moderne , écrit
et dessiné par le Baron d'Eifemberg ;
il y a 60. Planches , toutes gravées par
B. Picart. Le prix est de 12. florins en
petit papier , et de 18. florins en grand .
A la Haye,chez Gosse et Neaulme , in fol.
PRINCIPES DE L'HISTOIRE , Contenant
les Elemens de la Chronologie ; un petit
Traité de la Sphere et du Globe Terrestre
, pour servir d'Introduction à la
Géographie , accompagné de la division
Géographique et Historique de l'Empire
la
MAR S. 1733 529
Romain en ses Provinces . L'Abregé de
la Vie des meilleurs Historiens , avec un
Jugement sur leurs Ouvrages. Quelques
Refléxions sur l'usage de l'Histoire et
sur la maniere de l'étudier utilement .
Une idée generale du Gouvernement
des principaux Etats de l'Europe , anciens
et modernes. Par M. de Juvenek. A Paris
, chez Barth. Alix , ruë S. Jacques ,
1733.
Description du Manége moderne , écrit
et dessiné par le Baron d'Eifemberg ;
il y a 60. Planches , toutes gravées par
B. Picart. Le prix est de 12. florins en
petit papier , et de 18. florins en grand .
A la Haye,chez Gosse et Neaulme , in fol.
PRINCIPES DE L'HISTOIRE , Contenant
les Elemens de la Chronologie ; un petit
Traité de la Sphere et du Globe Terrestre
, pour servir d'Introduction à la
Géographie , accompagné de la division
Géographique et Historique de l'Empire
la
MAR S. 1733 529
Romain en ses Provinces . L'Abregé de
la Vie des meilleurs Historiens , avec un
Jugement sur leurs Ouvrages. Quelques
Refléxions sur l'usage de l'Histoire et
sur la maniere de l'étudier utilement .
Une idée generale du Gouvernement
des principaux Etats de l'Europe , anciens
et modernes. Par M. de Juvenek. A Paris
, chez Barth. Alix , ruë S. Jacques ,
1733.
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Résumé : « L'ART DE MONTER A CHEVAL, ou Description du Manége moderne, écrit [...] »
Le premier ouvrage, 'L'ART DE MONTER A CHEVAL', est écrit et illustré par le Baron d'Eifemberg. Il contient 60 planches gravées par B. Picart et est disponible à La Haye. Le second, 'PRINCIPES DE L'HISTOIRE', rédigé par M. de Juvenek, inclut des éléments de chronologie, un traité sur la sphère et le globe terrestre, et une division de l'Empire Romain. Il est publié à Paris en 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 529-530
Dictionnaire abregé de la Fable, &c. [titre d'après la table]
Début :
DICTIONNAIRE ABREGÉ DE LA FABLE, pour l'intelligence des Poëtes et la connoissance [...]
Mots clefs :
Chompré, Fable, Dictionnaire, Avertissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dictionnaire abregé de la Fable, &c. [titre d'après la table]
DICTIONNAIRE ABREGE DE LA FABLE ,
pour l'intelligence des Poëtes et la connoissance
des Tableaux et des Statuës , dont
les Sujets sont tirez de la Fable. Par
M. Chompré , Maître de Pension . Seconde
Edition , revue , corrigée et augmentée. A
Paris , chez Jean Dessaint , rue S. Jan de
Beauvais , 733. in 12. de 278 pages.
Cet Ouvrage est considerablement augmenté
, quoique la petitesse du volume et
du caractere qu'on a employé dans cette
seconde Edition , semble ne le pas annoncer
d'abord. M. Chompré dit dans 1 Avertissement
qui est à la tête , qu'on a donné
cette forme au Livre , afin qu'on puisse
le porter sans embarras , lorsqu'on voudra
faire usage du peu d'Iconologie qu'il
y a répandue , et dont on trouve la clef
dans le même Avertissement. Il paroît
F qu'on
530 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé ce petit Ouvrage avec
soin , et il y a lieu de présumer que le
Public ne le goûtera pas moins que le
premier , d'autant plus que l'Auteur a
évité avec attention tout ce qui pouvoit
donner atteinte aux bonnes moeurs , s'é
tant proposé sur tout l'utilité des jeunes
gens à l'éducation desquels il travaille.
Nous ajoûterons que l'Ouvrage peur n'ê
tre pas indifferent aux gens plus avancez
pour se rappeller des traits qui échapent
à la memoire , et qu'on retrouve sur le
champ dans ce petit Dictionnaire.
pour l'intelligence des Poëtes et la connoissance
des Tableaux et des Statuës , dont
les Sujets sont tirez de la Fable. Par
M. Chompré , Maître de Pension . Seconde
Edition , revue , corrigée et augmentée. A
Paris , chez Jean Dessaint , rue S. Jan de
Beauvais , 733. in 12. de 278 pages.
Cet Ouvrage est considerablement augmenté
, quoique la petitesse du volume et
du caractere qu'on a employé dans cette
seconde Edition , semble ne le pas annoncer
d'abord. M. Chompré dit dans 1 Avertissement
qui est à la tête , qu'on a donné
cette forme au Livre , afin qu'on puisse
le porter sans embarras , lorsqu'on voudra
faire usage du peu d'Iconologie qu'il
y a répandue , et dont on trouve la clef
dans le même Avertissement. Il paroît
F qu'on
530 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé ce petit Ouvrage avec
soin , et il y a lieu de présumer que le
Public ne le goûtera pas moins que le
premier , d'autant plus que l'Auteur a
évité avec attention tout ce qui pouvoit
donner atteinte aux bonnes moeurs , s'é
tant proposé sur tout l'utilité des jeunes
gens à l'éducation desquels il travaille.
Nous ajoûterons que l'Ouvrage peur n'ê
tre pas indifferent aux gens plus avancez
pour se rappeller des traits qui échapent
à la memoire , et qu'on retrouve sur le
champ dans ce petit Dictionnaire.
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Résumé : Dictionnaire abregé de la Fable, &c. [titre d'après la table]
Le 'Dictionnaire abrégé de la Fable' de M. Chompré vise à éclairer les poètes et à faciliter la compréhension des tableaux et statues inspirés par la fable. La seconde édition, revue, corrigée et augmentée, a été publiée à Paris chez Jean Dessaint. Malgré sa petite taille et son caractère réduit, l'ouvrage a été enrichi. M. Chompré justifie ce format par la facilité de transport et la consultation de son iconologie. L'impression soignée évite tout contenu susceptible de nuire aux bonnes mœurs, visant particulièrement l'utilité des jeunes en éducation. L'ouvrage peut également servir aux personnes plus âgées pour rappeler des détails oubliés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 530-532
Spectacle de la Nature, [titre d'après la table]
Début :
SPECTACLE DE LA NATURE, &c. La veuve Etienne, ruë S. Jacques, et [...]
Mots clefs :
Spectacle de la nature, Nouvelle édition, Frontispice, Plantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Spectacle de la Nature, [titre d'après la table]
SPECTACLE DE LA NATURE, & C.
La veuve Etienne , ruë S. Jacques , et
Jean Dessaint , vis - à - vis le College de
Beauvais , viennent d'exposer en vente
la nouvelle Edition de ce bel Ouvrage ,
dont le débit est encore plus rapide que
celui de la premiere . C'est le sort de
tous les bons Livres . On a réimprimé,
le même Ouvrage à Utrech ; mais il ne
paroît pas que cette Edition d'Hollande
soit fort recherchée , parce que celle qu'on
donne ici de nouveau est augmentée de
quatre Planches qui contiennent bien des
figures , et de plusieurs Observations
considerables sur la Cochenille , sur les
Coquillages et en particulier sur les Plantes
MARS. 17337
53Y
dont l'Auteur explique la structure
dans un grand détail.
tes ,
Il promet dans une nouvelle Préface ,
de donner avec le second Tome , un
Supplément pour le premier , en faveur
de ceux qui ont acquis la premiere Edition
. Il répondra à quelques objections
assez legeres qu'on a faites sur le choix
de ses Interlocuteurs , & c.
Une Vignette très - bien inventée et
d'une belle execution , orne le Frontispice
de cette nouvelle Edition. Elle est
de la composition de M. Robert , qui
vient de poser dans l'Eglise des RR . PP.
Capucins du Marais , deux grands Tableaux
qui attirent beaucoup de Curieux.
Le Sujet de cette Gravûre est Salomon
occupé de l'Etude de la Nature. Il s'entretient
sur les Plantes avec un Vieillard , et
lui montre un Arbre qui se meurt, parce
qu'on a fait une entaille dans son écorce,
ce qui empêche que la séve ne puisse refluer
ou circuler vers les racines .
L'inclination du Roy de Judée , marquée
dans l'Ecriture , où ses Ordres lui
attirent des Curiositez naturelles de differens
Endroits . Un Vigoureux Matelot
vient ici lui présenter le Poisson
appellé Scie , à cause de la Scie énorme .
dont il a la tête armée. D'un autre côté un
Fij Egyp532
MERCURE DE FRANCE
Egyptien lui apporte un Crocodile. Un
petit Enfant paroît sur le devant , chargé
d'un panier , rempli de differens Coquillages
qu'il veut aussi présenter ; mais
la vue de l'épouventable Crocodile lui
fait tout tomber des mains , et il se jette
tout éperdu du côté du Matelot , qu'il
saisit par l'habit. Tout sent l'habile main
dans ces differentes expressions , et on
peut dire
que le Frontispice est digne du
Livre.
La veuve Etienne , ruë S. Jacques , et
Jean Dessaint , vis - à - vis le College de
Beauvais , viennent d'exposer en vente
la nouvelle Edition de ce bel Ouvrage ,
dont le débit est encore plus rapide que
celui de la premiere . C'est le sort de
tous les bons Livres . On a réimprimé,
le même Ouvrage à Utrech ; mais il ne
paroît pas que cette Edition d'Hollande
soit fort recherchée , parce que celle qu'on
donne ici de nouveau est augmentée de
quatre Planches qui contiennent bien des
figures , et de plusieurs Observations
considerables sur la Cochenille , sur les
Coquillages et en particulier sur les Plantes
MARS. 17337
53Y
dont l'Auteur explique la structure
dans un grand détail.
tes ,
Il promet dans une nouvelle Préface ,
de donner avec le second Tome , un
Supplément pour le premier , en faveur
de ceux qui ont acquis la premiere Edition
. Il répondra à quelques objections
assez legeres qu'on a faites sur le choix
de ses Interlocuteurs , & c.
Une Vignette très - bien inventée et
d'une belle execution , orne le Frontispice
de cette nouvelle Edition. Elle est
de la composition de M. Robert , qui
vient de poser dans l'Eglise des RR . PP.
Capucins du Marais , deux grands Tableaux
qui attirent beaucoup de Curieux.
Le Sujet de cette Gravûre est Salomon
occupé de l'Etude de la Nature. Il s'entretient
sur les Plantes avec un Vieillard , et
lui montre un Arbre qui se meurt, parce
qu'on a fait une entaille dans son écorce,
ce qui empêche que la séve ne puisse refluer
ou circuler vers les racines .
L'inclination du Roy de Judée , marquée
dans l'Ecriture , où ses Ordres lui
attirent des Curiositez naturelles de differens
Endroits . Un Vigoureux Matelot
vient ici lui présenter le Poisson
appellé Scie , à cause de la Scie énorme .
dont il a la tête armée. D'un autre côté un
Fij Egyp532
MERCURE DE FRANCE
Egyptien lui apporte un Crocodile. Un
petit Enfant paroît sur le devant , chargé
d'un panier , rempli de differens Coquillages
qu'il veut aussi présenter ; mais
la vue de l'épouventable Crocodile lui
fait tout tomber des mains , et il se jette
tout éperdu du côté du Matelot , qu'il
saisit par l'habit. Tout sent l'habile main
dans ces differentes expressions , et on
peut dire
que le Frontispice est digne du
Livre.
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Résumé : Spectacle de la Nature, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de la nouvelle édition de l'ouvrage 'Spectacle de la Nature', disponible chez la veuve Etienne et Jean Dessaint. Cette édition est plus populaire que la précédente et inclut quatre nouvelles planches avec des figures et des observations supplémentaires sur la cochenille, les coquillages et les plantes. L'auteur prévoit un supplément pour les possesseurs de la première édition et répondra à certaines objections concernant le choix de ses interlocuteurs. La nouvelle édition est ornée d'une vignette au frontispice, réalisée par M. Robert. Cette gravure représente Salomon étudiant la nature, entouré de divers personnages : un vieillard discutant des plantes, un matelot présentant un poisson-scie, un Égyptien offrant un crocodile, et un enfant effrayé par ce dernier. Salomon montre également un arbre mourant à cause d'une entaille dans son écorce. Le frontispice est salué pour la qualité de ses expressions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 532-544
Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République [...]
Mots clefs :
Elena Cornaro Piscopia, Grecque, Valbonnais, Padoue, Catalogue, Épitaphe, Rigord, Docteur, Journal, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
MEMOIRES pour servir à l'Histoire
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres , & c. Tome XIX . de 408.
pages . A Paris , chez Briasson , à la
Science , M. DCC . XXXII.
Dans ce nouveau Volume des Memoires
du R. P. Niceron , executé sur le
même plan de ceux qui ont precedé , on
trouve un abregé de la vie de XXIX.
Sçavans en divers genres d'érudition ,
avec un Catalogue raisonné de leurs Ouvrages
, ce qui fait la matiere d'une lecture
également agréable et instructive ;
on en pourra juger par le nom et le
mérite de ces Sçavans , qui sont ainsi rangez
dans la Table qui suit le Frontispice
' du Livre .
Ambroise Camaldule , Marc Battaglini ,
Olans
MARS. 1733.
$33
Olaus Borrichius , fean de la Bruyere , Joachim
Camerarius, Herman Conringius, Jean
de Cordes , Helene Lucrece Cornara Piscopia
, Quinto Mario Corrado , Sébastien
Corrado , Pierre Danés , Antoine Faure
Claude Faure de Vaugelas , foachim Frideric
Feller , Nicodême Frischlin , Jacques
Goar, Hugues Grotius , Pierre Guilleband
Chrétien Huygens , Thomas James , Engelbert
Kaemfer , Martin Lippenius , Hippolyte
Jule Pilet de la Menardiere , François
de la Mothe le Vayer , Bernardin Ochin ,
Jean- Isaac Pontamus , Jean- Pierre de Valbonnais
, Degorée Whear , Guillaume Xi ,
lander.
Le plus ancien de tous ces Sçavans est
Ambroise Camaldule , qui étant né en
1378. mourut en l'année 1439. C'est aussi
l'un des plus recommandables par sa pieté
et par son Erudition.L'Article qui le concerne
est fort bien rempli , ct le Catalogue
de ses Ouvrages travaillé avec soin .
L'Article de Bernardin Ochin , mort
en 1564. est curieux dans son genre. Ce
Personnage est une espece de Problême,
parmi les Sçavans ; on peut en dire du
bien et du mal sans s'écarter de la verité.
Notre Editeur n'a rien oublié pour débrouiller
tout ce qui regarde Ochin , en
quoi on peut dire qu'il a réussi beaucoup
Fii mieux
634 MERCURE DE FRANCE
mieux que les Critiques qui l'ont precedé
, sans en excepter M. Bayle , qui dans
son Dictionnaire s'est fort égayé sur
son Chapitre. Au reste , loin qu'Ochin ait
été l'Instituteur des Capucins , selon l'erreur
de plusieurs Ecrivains , on soutient
ici qu'il n'entra chez eux qu'en l'année
1534. dans le temps que cette Réforme
de l'Ordre de S. François commençoit
à faire du bruit. On avertit en mêmetemps
que pour être bien et sûrement
instruit au sujet de cet Auteur , il ne
faut point se fier tout- à - fait à l'Ecrivain
des Annales des Capucins.
Parmi les plus modernes d'entre les
Sçavans , dont il est fait mention dans
ce Volume , il n'en est point dont l'Article
fasse plus de plaisir à lire que celui
de Jean Pierre Moret de Bourchenu , Marquis
de Valbonnais , né à Grenoble en
1651. et mort le 2. Mars 1730. Premier
Président de la Chambre des Comp-"
tes de Dauphiné. Il a tenu un rang considerable
dans la République des Lettres
et il l'a enrichie de plusieurs Ouvrages ,
dont le Catalogue paroît ici avec une
Critique exacte de la part de l'Editeur.
L'Article VIII . de ce Catalogue indique
une Lettre de notre sçavant Magistrat
sur une Epitaphe Grecque, inserée dans
les
MARS. 1733.
535
les Memoires de Trévoux, Décembre 1715.
page 2246. Cette Epitaphe , pour le dire
en passant et par occasion , est celle d'une
Dame Grecque , trouvée à Marseille il
y a déja bien des années , sur une petite
Colomne de Marbre blanc , que M. Rigord
, Subdelegué de l'Intendant de Provence
en cette Ville , fit enlever et placer
à l'entrée de son Cabinet. Il en envoya
peu de temps après une copie à
Paris à un de ses Amis , pour la communiquer
aux Antiquaires .
Cet Ami l'ayant examinée , il en envoya
une Explication à M. Rigord dans
ane Lettre qui fut imprimée dans le Journal
de Trévoux du mois d'Octobre 1714.
à laquelle les Auteurs du Journal donnerent
en même- temps une autre Expli
cation .
M. Rigord , de son côté , ayant trouvé
quelque difficulté dans ces deux Explications
, en proposa une autre dans une
Dissertation adressée à M.le PrésidentBon,
qui fut rendue publique dans le même
Journal , Juillet 1715 .
Ces differentes Explications réveillerent
l'attention de M. de Valbonnais , qui dans
une Lettre aussi adressée au Président
Bon , et imprimée dans le mois de Décembre
1716. du même Journal , prit le
Fiiij ton
536 MERCURE DE FRANCE
ton de Maître , et censurant tout ce qui
avoit parû sur ce sujet , donna sa propre
Explication de l'Epitaphe Grecque ,
Explication qui , pour ne rien dissimuler
, ne fut pas heureuse .
Car l'Auteur de la premiere Interpretation
dont le sens avoit paru le plus
naturel à M. Rigord , à M. Galland et
à d'autres Antiquaires distinguez , démontra
par une Lettre imprimée dans le
Mercure du mois d'Août 1721. que celle
de M. de Valbonnais étoit insoutenable,
en ce que , pour l'admettre , il falloit admettre
aussi un Paradoxe capable de ré
volter tous les Antiquaires , sçavoir que
du temps de Marseille Payenne , temps
de la composition de l'Epitaphe , la Langue
Grecque étoit éttangere dans cette
Ville , et qu'un Grec n'entendoit rien
dans la Langue qu'on y parloit ; à Marseille
Colonie Grecque , où l'on a trouvé
tant de Monumens Grecs , et où encore
aujourd'hui on reconnoît des traces
de son origine dans la Langue vulgaire
qu'on y parle , &c.
Il faut rendre ici justice à M. de Valbonnais
, qui ayant vécu encore près de
dix ans depuis la publication de cette Lettre
dans le Mercure , n'a pas jugé à propos
d'y répondre , plus amateur de la
verité
MARS. 1733 .
537
verité , qu'il avoit sans doute reconnue
la reflexion , qu'attaché à ses propres
sentimens.
par
Pour ne pas déroger à notre coûtume
, sans exceder les bornes qui nous sont
prescrites , nous employerons ici l'Article
entier qui précede celui de M. de Valbonnais
et qui regarde l'Illustre Lucrece Cornara,
prasuadez que tous nos Lecteurs , et
surtout les Dames , nous en sçaurons gré.
HELENE Lucrece Cornara Piscopia,
naquit à Venise le 5. Juin 1646. de Jean-
Baptiste Cornaro , Procurateur de Saint
Marc. Dès sa plus tendre Enfance elle
donna des marques de ce qu'elle devien
droit un jour. Jean - Baptiste Fabris , homme
docte , et ami de son pere , ayant remarqué
en elle des dispositions heureuses
pour les Sciences , l'engagea à s'y appliquer.
A peine avoit elle sept ans -
qu'on lui donna des Maîtres pour lui apprendre
la Langue Latine. Ce furent Jean
Valesio , Chanoine de S. Marc , et le Docteur
Bartolotti . Les progrès qu'elle fit
bien-tôt en cette Langue par leurs instructions
, déterminerent son Pere à lui
faire apprendre aussi la Langue Grecque.
Fabris lui en donna les premieres leçons;
mais étant mort peu de temps après , Loüis
Gradenigo , Préfet de la Bibliotheque pu-
Fy blique
$ 38 MERCURE DE FRANCE
blique de Venise , prit sa place et continua
ce qu'il avoit commencé.
La june Cornara apprit ces Langues
avec beaucoup de facilité, et passa ensuite
à l'Hébraïque , à la Grecque vulgaire , à
l'Espagnole et à la Françoise , dans lesquelles
elle ne fit pas de moindres progrès
, elle voulut aussi sçavoir quelque
chose de l'Arabe.
Lorsqu'elle fut suffisamment instruite
de ce côté là , on l'appliqua à la Philosophie
et aux Mathématiques , dans lesquelles
elle eut pour Maître Charles Ri
naldini , qui les professoit à Padoue , et
ensuite à la Théologie , dont Hipolite
Marcheti , Prêtre de l'Oratoire , lui donna
des leçons.
Cette science lui plut particulierement
et elle s'y rendit si habile , que l'on consulta
les plus habiles gens de la France
et de l'Italie , pour sçavoir si l'on pouvoit
lui donner les degrez du Doctorat
en Théologie ; quelques Italiens composerent
même des Dissertations pour prouver
que cela se pouvoit , et que ce n'étoit
pas une chose opposée au précepte de l'Apôtre,
qui deffend aux femmes de parler
dans l'Eglise Charles Rinaldini son
Maître de Philosophie , fut de ce nombre.
Mais quelques obstacles qui se rencontrerent
MARS. 1733. 539
trerent dans cette affaire , obligerent le
Pere de la jeune Cornara , qui souhaitoit
avec passion de voir sa fille honorée
d'un titre singulier , à renoncer à son
premier dessein et à se tourner du côté
de la Philosophie , où il esperoit trouver
moins d'oppositions.
Il songea donc alors à la faire recevoir
Docteur en Philosophie dans l'Université
de Padoüe ; l'exemple étoit nouveau.
On n'avoit point encore vû de
Fille élevée au Doctorat. On sçavoit bien
que sainte Gertrude parloit souvent des
Mysteres de la Religion dans des Assemblées
nombreuses , et que sainte Catherine
de Sienne avoit harangué un jour
le Pape en présence des Cardinaux ; mais
ces actions particulieres étoicnt quelque
chose de moins considerable que de donner
en forme le Bonnet de Docteur à
une Fille . Quelques inconveniens qu'il y
cût à craindre de celle - cy, on crut devoir
passer par- dessus. On marquà le jour pour
la leçon d'épreuve de Lucrece Cornara ,
qui aussi humble que sçavante , eut d'abord
de la peine à accepter l'honneur que
l'on vouloit lui faire , et ne se rendit
que par obéîssance pour la volonté de
son Pere.
Ce jour qui étoit le 25. Juin 1678 .
Fvj étant
$40 MERCURE DE FRANCE
étant venu , on s'assembla , non point
dans les Ecoles publiques , suivant la coûtume
mais dans une Chip lle de la Cathédrale
, dédiée à la Vierge , que l'on
crut plus propre à contenir l'affluence
du Monde que la nouveauté du Spectacle
sembloit devoir y attirer. Cornara
y fit un Discours très-sc vant et trèséloquent
sur un Texte d'Aristote , qui
mérita les applaudissemens de toute l'Assemblée
et reçut ensuite le Bonnet de
Docteur , avec toutes les ceremonies usitées
en cette occasion .
Cette action attira sur elle les
yeux de toute l'Europe , et depuis ce
temps là elle fut visitée par tous les Curieux
qui voyagerent en Italie.
Elle avoit déja été auparavant aggrégée
à plusieurs Académies comme à celles
des Infecondi de Rome , des Intronati
de Sienne , & c .
Plusieurs personnes de mérite la rechercherent
en mariage , mais elle avoit
fait voeu de virginité dès l'âge d'onze ans,
et elle persista toute sa vie , dans le dessein
de l'observer quoique ses paren en
eussent obtenu la dispense de Rome
pour l'engager à se marier Elle vouloit
même se retirer entierement du Monde ;
mais la répugnance que sa famille témoigna
MARS .
540 1733
permoigna
pour cette résolution , ne lui
mit pas de l'exécuter; elle se contenta donc
de faire des voeux simples de Religion , en
qualité d'Oblate, de l'Ordre de S Benoît ,
entre les mains de Corneille Codanini
Abbé de S. George , et de recevoir de lui
l'habit des Religieuses de cet Ordre , qu'el
le porta toujours depuis , sous ses habits,
séculiers.
Son attachement extraordinaire à l'étu
de , et particulierement à celle des Langues
Grecque et Hébraïque , affoiblir si
fort sa complexion , qui étoit déja foible
d'elle - même, qu'elle tomba dans une langueur
et dans differentes infirmitez , qui
la conduisirent peu à peu au tombeau.
Elle mourut le 25 Juillet 1604. dans la
38 année de son âge , et fut enterrée à
Sainte Justine de Padoue , avec cette Epitaphe.
D. O. M.
HELENA Lucretia Cornelia Piscopia
, Joan. Bapti te D Marci Procuratoris
Filia , que moribus et Doctrina supra sexum
, et Laurea ad memoriam Posteritatis.
insignis , privatis votis coram Cornelio Codanino
Abbate S. Georgii Majoris emissis,
S. Benedicti Institutum ab ineunte alate
complexa , et religiosè prosecuta , in Monachorum
$42 MERCURE DE FRANCE
chorum Conditorium ut vivens optaverat ,
post acerba fata , admissa est Monachis H.
M. PP. Anno D. 1684.
Les Académies dont elle étoit , s'empresserent
à lui faire des Pompes Funebres
, et l'on a sur ce sujet l'Ouvrage suivant
: Le Pompe Funebri celebrate da Signori
Academici Infecondi in Roma per la
morte dell' Illust. Sign. Elena Lucretia Cornara
Piscopia , Accademica detta linalterabile.
In Padoua 1685. infol.
Catalogue de ses Ouvrages.
1º . Lettera o vero colloquio di Christo nostro
Redentore all' Anima devota composta
dal R.P. D. Giovanni Lanspergio Cartusiano
in Lingua Latina Transportata poscia
in idioma Spagnuolo dal P. F. Andrea Capiglia
, Monaco della Certosa , Prior del
Paular: Or vien tradotte di Spagnulo in
Italiano dall' Ill. Sign . Elena Lucretia Cornara
Piscopia , In Venezia , 1673. in 24.
Cette traduction a été réimprimée dans le
Recueil suivant .
2º . Helena Lucretia ( que et Scholastica)
Cornelia Piscopia l'irginis pietate et eruditione
admirabilis Ordinis D. Benedicti privatis
votis adscripta Opera que quidem haberi
potuerunt. Parma 1688. in 8. pag. 310
Cette
MARS. 1733.
548
Cette Edition des Ouvrages de Cornara
donnée par Benoit Bacchini , qui a mis
la tête une vie fort ample de cette Sças
vante , est divisée en trois Parties ; la
premiere contient un Panégyrique Italien
de la République de Venise , tout
rempli de Fleurs et de Saillies Italiennes ,
et l'Explication de deux Problêmes de
Politique , aussi en Italien . On voit dans
la seconde , des Eloges Latins , en Stile
Lapidaire , de l'Empereur , du Roy de
Pologne , du Pape Innocent XI . &c. Enfin
la troisiéme renferme quelques Lettres
Latines et Italiennes de notre Sçavante
, ou qui lui ont été écrites , avec
la Traduction dont il est parlé cydessus.
C'est à cela que se termine tout le
contenu de ce Recueil . Le nom de Scholastique
, qu'elle porte dans le titre , lui
avoit été donné par l'Abbé Codadini, lorsqu'elle
fit ses voeux entre ses mains .
Voyez sa Vie par Benoît Bicchini , à la
tête de ses Oeuvres , et dans un Recueil
intitulé , Vita Selecta Vratislavia , 1711.
in 8. Sa Vie écrite en Italien pir Maximilien
Deza , et imprimée en 1617 Les
Pompes, funebres des Infecondi de Rome.
Gregorio Leti Italia Regnante; T. 4. p. 44 .
Nous ajoûterons , avec la permission
du
344 MERCURE DE FRANCE
du R. P. Niceron , que cette celebre Fille
étant aussi aggregée à l'Académie des Ricovrati
de Padoüe , on fit son Eloge dans
cette Académie , dans une Assemblée publique
à laquelle présida un illustre Acadé
micien François; sçavoir Charles Patin ,fils
du fameux Guy , Professeur en Medecine
dans l'Université de Padoüe et Chevalier
de S. Marc .
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres , & c. Tome XIX . de 408.
pages . A Paris , chez Briasson , à la
Science , M. DCC . XXXII.
Dans ce nouveau Volume des Memoires
du R. P. Niceron , executé sur le
même plan de ceux qui ont precedé , on
trouve un abregé de la vie de XXIX.
Sçavans en divers genres d'érudition ,
avec un Catalogue raisonné de leurs Ouvrages
, ce qui fait la matiere d'une lecture
également agréable et instructive ;
on en pourra juger par le nom et le
mérite de ces Sçavans , qui sont ainsi rangez
dans la Table qui suit le Frontispice
' du Livre .
Ambroise Camaldule , Marc Battaglini ,
Olans
MARS. 1733.
$33
Olaus Borrichius , fean de la Bruyere , Joachim
Camerarius, Herman Conringius, Jean
de Cordes , Helene Lucrece Cornara Piscopia
, Quinto Mario Corrado , Sébastien
Corrado , Pierre Danés , Antoine Faure
Claude Faure de Vaugelas , foachim Frideric
Feller , Nicodême Frischlin , Jacques
Goar, Hugues Grotius , Pierre Guilleband
Chrétien Huygens , Thomas James , Engelbert
Kaemfer , Martin Lippenius , Hippolyte
Jule Pilet de la Menardiere , François
de la Mothe le Vayer , Bernardin Ochin ,
Jean- Isaac Pontamus , Jean- Pierre de Valbonnais
, Degorée Whear , Guillaume Xi ,
lander.
Le plus ancien de tous ces Sçavans est
Ambroise Camaldule , qui étant né en
1378. mourut en l'année 1439. C'est aussi
l'un des plus recommandables par sa pieté
et par son Erudition.L'Article qui le concerne
est fort bien rempli , ct le Catalogue
de ses Ouvrages travaillé avec soin .
L'Article de Bernardin Ochin , mort
en 1564. est curieux dans son genre. Ce
Personnage est une espece de Problême,
parmi les Sçavans ; on peut en dire du
bien et du mal sans s'écarter de la verité.
Notre Editeur n'a rien oublié pour débrouiller
tout ce qui regarde Ochin , en
quoi on peut dire qu'il a réussi beaucoup
Fii mieux
634 MERCURE DE FRANCE
mieux que les Critiques qui l'ont precedé
, sans en excepter M. Bayle , qui dans
son Dictionnaire s'est fort égayé sur
son Chapitre. Au reste , loin qu'Ochin ait
été l'Instituteur des Capucins , selon l'erreur
de plusieurs Ecrivains , on soutient
ici qu'il n'entra chez eux qu'en l'année
1534. dans le temps que cette Réforme
de l'Ordre de S. François commençoit
à faire du bruit. On avertit en mêmetemps
que pour être bien et sûrement
instruit au sujet de cet Auteur , il ne
faut point se fier tout- à - fait à l'Ecrivain
des Annales des Capucins.
Parmi les plus modernes d'entre les
Sçavans , dont il est fait mention dans
ce Volume , il n'en est point dont l'Article
fasse plus de plaisir à lire que celui
de Jean Pierre Moret de Bourchenu , Marquis
de Valbonnais , né à Grenoble en
1651. et mort le 2. Mars 1730. Premier
Président de la Chambre des Comp-"
tes de Dauphiné. Il a tenu un rang considerable
dans la République des Lettres
et il l'a enrichie de plusieurs Ouvrages ,
dont le Catalogue paroît ici avec une
Critique exacte de la part de l'Editeur.
L'Article VIII . de ce Catalogue indique
une Lettre de notre sçavant Magistrat
sur une Epitaphe Grecque, inserée dans
les
MARS. 1733.
535
les Memoires de Trévoux, Décembre 1715.
page 2246. Cette Epitaphe , pour le dire
en passant et par occasion , est celle d'une
Dame Grecque , trouvée à Marseille il
y a déja bien des années , sur une petite
Colomne de Marbre blanc , que M. Rigord
, Subdelegué de l'Intendant de Provence
en cette Ville , fit enlever et placer
à l'entrée de son Cabinet. Il en envoya
peu de temps après une copie à
Paris à un de ses Amis , pour la communiquer
aux Antiquaires .
Cet Ami l'ayant examinée , il en envoya
une Explication à M. Rigord dans
ane Lettre qui fut imprimée dans le Journal
de Trévoux du mois d'Octobre 1714.
à laquelle les Auteurs du Journal donnerent
en même- temps une autre Expli
cation .
M. Rigord , de son côté , ayant trouvé
quelque difficulté dans ces deux Explications
, en proposa une autre dans une
Dissertation adressée à M.le PrésidentBon,
qui fut rendue publique dans le même
Journal , Juillet 1715 .
Ces differentes Explications réveillerent
l'attention de M. de Valbonnais , qui dans
une Lettre aussi adressée au Président
Bon , et imprimée dans le mois de Décembre
1716. du même Journal , prit le
Fiiij ton
536 MERCURE DE FRANCE
ton de Maître , et censurant tout ce qui
avoit parû sur ce sujet , donna sa propre
Explication de l'Epitaphe Grecque ,
Explication qui , pour ne rien dissimuler
, ne fut pas heureuse .
Car l'Auteur de la premiere Interpretation
dont le sens avoit paru le plus
naturel à M. Rigord , à M. Galland et
à d'autres Antiquaires distinguez , démontra
par une Lettre imprimée dans le
Mercure du mois d'Août 1721. que celle
de M. de Valbonnais étoit insoutenable,
en ce que , pour l'admettre , il falloit admettre
aussi un Paradoxe capable de ré
volter tous les Antiquaires , sçavoir que
du temps de Marseille Payenne , temps
de la composition de l'Epitaphe , la Langue
Grecque étoit éttangere dans cette
Ville , et qu'un Grec n'entendoit rien
dans la Langue qu'on y parloit ; à Marseille
Colonie Grecque , où l'on a trouvé
tant de Monumens Grecs , et où encore
aujourd'hui on reconnoît des traces
de son origine dans la Langue vulgaire
qu'on y parle , &c.
Il faut rendre ici justice à M. de Valbonnais
, qui ayant vécu encore près de
dix ans depuis la publication de cette Lettre
dans le Mercure , n'a pas jugé à propos
d'y répondre , plus amateur de la
verité
MARS. 1733 .
537
verité , qu'il avoit sans doute reconnue
la reflexion , qu'attaché à ses propres
sentimens.
par
Pour ne pas déroger à notre coûtume
, sans exceder les bornes qui nous sont
prescrites , nous employerons ici l'Article
entier qui précede celui de M. de Valbonnais
et qui regarde l'Illustre Lucrece Cornara,
prasuadez que tous nos Lecteurs , et
surtout les Dames , nous en sçaurons gré.
HELENE Lucrece Cornara Piscopia,
naquit à Venise le 5. Juin 1646. de Jean-
Baptiste Cornaro , Procurateur de Saint
Marc. Dès sa plus tendre Enfance elle
donna des marques de ce qu'elle devien
droit un jour. Jean - Baptiste Fabris , homme
docte , et ami de son pere , ayant remarqué
en elle des dispositions heureuses
pour les Sciences , l'engagea à s'y appliquer.
A peine avoit elle sept ans -
qu'on lui donna des Maîtres pour lui apprendre
la Langue Latine. Ce furent Jean
Valesio , Chanoine de S. Marc , et le Docteur
Bartolotti . Les progrès qu'elle fit
bien-tôt en cette Langue par leurs instructions
, déterminerent son Pere à lui
faire apprendre aussi la Langue Grecque.
Fabris lui en donna les premieres leçons;
mais étant mort peu de temps après , Loüis
Gradenigo , Préfet de la Bibliotheque pu-
Fy blique
$ 38 MERCURE DE FRANCE
blique de Venise , prit sa place et continua
ce qu'il avoit commencé.
La june Cornara apprit ces Langues
avec beaucoup de facilité, et passa ensuite
à l'Hébraïque , à la Grecque vulgaire , à
l'Espagnole et à la Françoise , dans lesquelles
elle ne fit pas de moindres progrès
, elle voulut aussi sçavoir quelque
chose de l'Arabe.
Lorsqu'elle fut suffisamment instruite
de ce côté là , on l'appliqua à la Philosophie
et aux Mathématiques , dans lesquelles
elle eut pour Maître Charles Ri
naldini , qui les professoit à Padoue , et
ensuite à la Théologie , dont Hipolite
Marcheti , Prêtre de l'Oratoire , lui donna
des leçons.
Cette science lui plut particulierement
et elle s'y rendit si habile , que l'on consulta
les plus habiles gens de la France
et de l'Italie , pour sçavoir si l'on pouvoit
lui donner les degrez du Doctorat
en Théologie ; quelques Italiens composerent
même des Dissertations pour prouver
que cela se pouvoit , et que ce n'étoit
pas une chose opposée au précepte de l'Apôtre,
qui deffend aux femmes de parler
dans l'Eglise Charles Rinaldini son
Maître de Philosophie , fut de ce nombre.
Mais quelques obstacles qui se rencontrerent
MARS. 1733. 539
trerent dans cette affaire , obligerent le
Pere de la jeune Cornara , qui souhaitoit
avec passion de voir sa fille honorée
d'un titre singulier , à renoncer à son
premier dessein et à se tourner du côté
de la Philosophie , où il esperoit trouver
moins d'oppositions.
Il songea donc alors à la faire recevoir
Docteur en Philosophie dans l'Université
de Padoüe ; l'exemple étoit nouveau.
On n'avoit point encore vû de
Fille élevée au Doctorat. On sçavoit bien
que sainte Gertrude parloit souvent des
Mysteres de la Religion dans des Assemblées
nombreuses , et que sainte Catherine
de Sienne avoit harangué un jour
le Pape en présence des Cardinaux ; mais
ces actions particulieres étoicnt quelque
chose de moins considerable que de donner
en forme le Bonnet de Docteur à
une Fille . Quelques inconveniens qu'il y
cût à craindre de celle - cy, on crut devoir
passer par- dessus. On marquà le jour pour
la leçon d'épreuve de Lucrece Cornara ,
qui aussi humble que sçavante , eut d'abord
de la peine à accepter l'honneur que
l'on vouloit lui faire , et ne se rendit
que par obéîssance pour la volonté de
son Pere.
Ce jour qui étoit le 25. Juin 1678 .
Fvj étant
$40 MERCURE DE FRANCE
étant venu , on s'assembla , non point
dans les Ecoles publiques , suivant la coûtume
mais dans une Chip lle de la Cathédrale
, dédiée à la Vierge , que l'on
crut plus propre à contenir l'affluence
du Monde que la nouveauté du Spectacle
sembloit devoir y attirer. Cornara
y fit un Discours très-sc vant et trèséloquent
sur un Texte d'Aristote , qui
mérita les applaudissemens de toute l'Assemblée
et reçut ensuite le Bonnet de
Docteur , avec toutes les ceremonies usitées
en cette occasion .
Cette action attira sur elle les
yeux de toute l'Europe , et depuis ce
temps là elle fut visitée par tous les Curieux
qui voyagerent en Italie.
Elle avoit déja été auparavant aggrégée
à plusieurs Académies comme à celles
des Infecondi de Rome , des Intronati
de Sienne , & c .
Plusieurs personnes de mérite la rechercherent
en mariage , mais elle avoit
fait voeu de virginité dès l'âge d'onze ans,
et elle persista toute sa vie , dans le dessein
de l'observer quoique ses paren en
eussent obtenu la dispense de Rome
pour l'engager à se marier Elle vouloit
même se retirer entierement du Monde ;
mais la répugnance que sa famille témoigna
MARS .
540 1733
permoigna
pour cette résolution , ne lui
mit pas de l'exécuter; elle se contenta donc
de faire des voeux simples de Religion , en
qualité d'Oblate, de l'Ordre de S Benoît ,
entre les mains de Corneille Codanini
Abbé de S. George , et de recevoir de lui
l'habit des Religieuses de cet Ordre , qu'el
le porta toujours depuis , sous ses habits,
séculiers.
Son attachement extraordinaire à l'étu
de , et particulierement à celle des Langues
Grecque et Hébraïque , affoiblir si
fort sa complexion , qui étoit déja foible
d'elle - même, qu'elle tomba dans une langueur
et dans differentes infirmitez , qui
la conduisirent peu à peu au tombeau.
Elle mourut le 25 Juillet 1604. dans la
38 année de son âge , et fut enterrée à
Sainte Justine de Padoue , avec cette Epitaphe.
D. O. M.
HELENA Lucretia Cornelia Piscopia
, Joan. Bapti te D Marci Procuratoris
Filia , que moribus et Doctrina supra sexum
, et Laurea ad memoriam Posteritatis.
insignis , privatis votis coram Cornelio Codanino
Abbate S. Georgii Majoris emissis,
S. Benedicti Institutum ab ineunte alate
complexa , et religiosè prosecuta , in Monachorum
$42 MERCURE DE FRANCE
chorum Conditorium ut vivens optaverat ,
post acerba fata , admissa est Monachis H.
M. PP. Anno D. 1684.
Les Académies dont elle étoit , s'empresserent
à lui faire des Pompes Funebres
, et l'on a sur ce sujet l'Ouvrage suivant
: Le Pompe Funebri celebrate da Signori
Academici Infecondi in Roma per la
morte dell' Illust. Sign. Elena Lucretia Cornara
Piscopia , Accademica detta linalterabile.
In Padoua 1685. infol.
Catalogue de ses Ouvrages.
1º . Lettera o vero colloquio di Christo nostro
Redentore all' Anima devota composta
dal R.P. D. Giovanni Lanspergio Cartusiano
in Lingua Latina Transportata poscia
in idioma Spagnuolo dal P. F. Andrea Capiglia
, Monaco della Certosa , Prior del
Paular: Or vien tradotte di Spagnulo in
Italiano dall' Ill. Sign . Elena Lucretia Cornara
Piscopia , In Venezia , 1673. in 24.
Cette traduction a été réimprimée dans le
Recueil suivant .
2º . Helena Lucretia ( que et Scholastica)
Cornelia Piscopia l'irginis pietate et eruditione
admirabilis Ordinis D. Benedicti privatis
votis adscripta Opera que quidem haberi
potuerunt. Parma 1688. in 8. pag. 310
Cette
MARS. 1733.
548
Cette Edition des Ouvrages de Cornara
donnée par Benoit Bacchini , qui a mis
la tête une vie fort ample de cette Sças
vante , est divisée en trois Parties ; la
premiere contient un Panégyrique Italien
de la République de Venise , tout
rempli de Fleurs et de Saillies Italiennes ,
et l'Explication de deux Problêmes de
Politique , aussi en Italien . On voit dans
la seconde , des Eloges Latins , en Stile
Lapidaire , de l'Empereur , du Roy de
Pologne , du Pape Innocent XI . &c. Enfin
la troisiéme renferme quelques Lettres
Latines et Italiennes de notre Sçavante
, ou qui lui ont été écrites , avec
la Traduction dont il est parlé cydessus.
C'est à cela que se termine tout le
contenu de ce Recueil . Le nom de Scholastique
, qu'elle porte dans le titre , lui
avoit été donné par l'Abbé Codadini, lorsqu'elle
fit ses voeux entre ses mains .
Voyez sa Vie par Benoît Bicchini , à la
tête de ses Oeuvres , et dans un Recueil
intitulé , Vita Selecta Vratislavia , 1711.
in 8. Sa Vie écrite en Italien pir Maximilien
Deza , et imprimée en 1617 Les
Pompes, funebres des Infecondi de Rome.
Gregorio Leti Italia Regnante; T. 4. p. 44 .
Nous ajoûterons , avec la permission
du
344 MERCURE DE FRANCE
du R. P. Niceron , que cette celebre Fille
étant aussi aggregée à l'Académie des Ricovrati
de Padoüe , on fit son Eloge dans
cette Académie , dans une Assemblée publique
à laquelle présida un illustre Acadé
micien François; sçavoir Charles Patin ,fils
du fameux Guy , Professeur en Medecine
dans l'Université de Padoüe et Chevalier
de S. Marc .
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Résumé : Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le Tome XIX des 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres' du R. P. Niceron, publié en 1732 à Paris, présente des résumés biographiques de 29 savants de divers domaines, accompagnés d'un catalogue raisonné de leurs œuvres. Parmi les savants mentionnés figurent Ambroise Camaldule, Bernardin Ochin, et Jean-Pierre de Valbonnais. Ambroise Camaldule, né en 1378 et mort en 1439, est particulièrement recommandé pour sa piété et son érudition. L'article sur Bernardin Ochin, mort en 1564, est noté pour sa complexité et les divergences d'opinions qu'il suscite. Jean-Pierre de Valbonnais, né en 1651 et mort en 1730, est souligné pour ses contributions significatives à la République des Lettres. Le texte mentionne également une controverse académique concernant une épitaphe grecque trouvée à Marseille, à laquelle Valbonnais a participé. Le texte inclut également une biographie détaillée de Hélène Lucrece Cornara Piscopia, née en 1646 à Venise, qui a reçu un doctorat en philosophie à l'Université de Padoue en 1678. Elle était polyglotte et a traduit plusieurs œuvres. Cornara est décédée en 1684 et a été honorée par diverses académies. Par ailleurs, le texte traite de la vie et des œuvres d'une femme nommée Scholastique. Le nom de Scholastique lui a été donné par l'Abbé Codadini lors de ses vœux. Plusieurs sources documentent sa vie, notamment une biographie par Benoît Bicchini, publiée dans un recueil intitulé 'Vita Selecta Vratislavia' en 1711. Une autre biographie en italien a été écrite par Maximilien Deza et imprimée en 1617. Les pompes funèbres des Infecondi de Rome, décrites par Gregorio Leti dans 'Italia Regnante', volume 4, page 44, mentionnent également Scholastique. Le texte mentionne aussi que Scholastique était membre de l'Académie des Ricovrati de Padoue. Un éloge en son honneur a été prononcé lors d'une assemblée publique présidée par Charles Patin, fils du célèbre Guy Patin, professeur de médecine à l'Université de Padoue et chevalier de Saint-Marc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 544-545
Lettre du Marquis Maffei, sur un feu rare et singulier, [titre d'après la table]
Début :
Prault, Libraire sur le Quay de Gêvres, débite une Brocure in 12. intitulée : [...]
Mots clefs :
Italien, Maffei, Corps d'une femme, Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre du Marquis Maffei, sur un feu rare et singulier, [titre d'après la table]
Prault, Libraire sur le Quay de Gêvres,
débite une Brochure in 12. intitulée :
LETTRE de M. le Marquis Maffei ,
contenant le Récit et l'Explication d'un Feu
rare et singulier sorti du corps d'une
Femme , &c.
>
Nous n'avons point encore vû cette
Lettre imprimée , mais nous avons reçû
sur son contenu le petit Memoire que
voici.
On donne cette Lettre comme traduite
de l'Italien de M. Maffei , mais
ceux qui l'auront vûë en Italien , connoîtront
qu'elle est très - differente en
beaucoup d'endroits et que dans cette
Traduction on a ajoûté des pages entieres
et retranché d'autres , qui étoient trèsessentielles
; desorte que ceux qui en seroient
curieux , le sujet l'étant vraiment
delui - même , doivent la voir en Italien.
Et
MARS. 1733. 545
Et même pour bien entendre celle- cy il
seroit necessaire d'en avoir vû une autre
que le même Auteur écrivit il y a plu-,
sieurs années à M. Valisnieri , dans laquelle
il lui propose une nouvelle opinion
sur la formation des Foudres , sans
quoi on ne peut avoir de plaisir à lire
celle-la . Ce nouveau sentiment nommé
dans plusieurs Livres , Découverte sur la
Foudre , est déja fameux en d'autres Pays ;
un Saxon a écrit un Livre en Latin pour
le confirmer , mais il n'est pas encore
connu en France , par la négligence des
Libraires à faire venir les Livres d'Italie,
débite une Brochure in 12. intitulée :
LETTRE de M. le Marquis Maffei ,
contenant le Récit et l'Explication d'un Feu
rare et singulier sorti du corps d'une
Femme , &c.
>
Nous n'avons point encore vû cette
Lettre imprimée , mais nous avons reçû
sur son contenu le petit Memoire que
voici.
On donne cette Lettre comme traduite
de l'Italien de M. Maffei , mais
ceux qui l'auront vûë en Italien , connoîtront
qu'elle est très - differente en
beaucoup d'endroits et que dans cette
Traduction on a ajoûté des pages entieres
et retranché d'autres , qui étoient trèsessentielles
; desorte que ceux qui en seroient
curieux , le sujet l'étant vraiment
delui - même , doivent la voir en Italien.
Et
MARS. 1733. 545
Et même pour bien entendre celle- cy il
seroit necessaire d'en avoir vû une autre
que le même Auteur écrivit il y a plu-,
sieurs années à M. Valisnieri , dans laquelle
il lui propose une nouvelle opinion
sur la formation des Foudres , sans
quoi on ne peut avoir de plaisir à lire
celle-la . Ce nouveau sentiment nommé
dans plusieurs Livres , Découverte sur la
Foudre , est déja fameux en d'autres Pays ;
un Saxon a écrit un Livre en Latin pour
le confirmer , mais il n'est pas encore
connu en France , par la négligence des
Libraires à faire venir les Livres d'Italie,
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Résumé : Lettre du Marquis Maffei, sur un feu rare et singulier, [titre d'après la table]
La brochure 'Lettre de M. le Marquis Maffei' décrit un phénomène rare : un feu sortant du corps d'une femme. Cette lettre est une traduction de l'italien, mais elle diffère de l'original par des ajouts et des suppressions. Les lecteurs sont encouragés à consulter la version italienne pour une compréhension complète. Pour mieux appréhender cette lettre, il est conseillé de lire une autre missive de Maffei, écrite des années auparavant et adressée à M. Valisnieri. Cette lettre précédente expose une nouvelle théorie sur la formation des foudres, intitulée 'Découverte sur la Foudre'. Cette théorie est déjà renommée dans divers pays, et un Saxon a même rédigé un livre en latin pour la confirmer. Cependant, cet ouvrage n'est pas encore connu en France en raison de la négligence des libraires à importer des livres d'Italie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 545-549
Verona Illustrata, Ouvrage du même Auteur, [titre d'après la table]
Début :
Nous avons dit quelque chose dans le Mercure de Janvier, p. 120. au sujet [...]
Mots clefs :
Vérone, Histoire de Vérone, Maffei, Gouvernement, Provinces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Verona Illustrata, Ouvrage du même Auteur, [titre d'après la table]
Nous avons dit quelque chose dans
le Mercure de Janvier , p. 120. au sujet
de l'Histoire de Veronne , de la composition
de M. le Marquis Maffei . Nous
sommes aujourd'hui en état de rendre un
compte plus détaillé de cet Ouvrage ,
par l'honneur que nous a fait cet illustre
Sçavant , qui est actuellement à Paris , de
nous communiquer sur ce sujet un Mémoire
également instructif et abregé ;
dont voici le contenu .
VERONA ILLUSTRATA , Ouvrage
de M. le Marquis Maffei , divisé en quatre
Parties.
Dans la premiere Partie , en faisant
l'Histoire
$ 46 MERCURE DE FRANCE
I'Histoire de Verone et de l'ancienne Région
des Venetes , on traite de plusieurs
points nouveaux et curieux. On fait voir
l'ordre , l'état et le gouvernement des
Villes qui étoient soumises aux Romains.
On fait des corrections à plusieurs Passages
importans qui sont corrompus dans
les Auteurs Grecs et Latins . On découvre
plusieurs équivoques de grande conséquence
, qui jusques à present ont fait
méprendre la meilleure partie des Gens
de Lettres . On fait connoître où sont et
ce qu'étoient plusieurs Civitates nommées
dans les anciennes Inscriptions que
personne n'avoit encore pû découvrir.
On traite amplement la matiere des anciennes
Métropoles , et on fait voir comme
on a confondu jusques à present les
Provinces Géographiques avec les Romaines
, et comme delà est venu l'erreur
commune de croire que les Provinces
Romaines avoient une Capitale de
même que les Géographiques. On démontre
que l'Empire Romain n'a jamais
été une Monarchie .
En parlant de la fondation de Venise .
on prouve clairement sa liberté , originaire
, mais par des refléxions tout - à - fait
differentes de celles qu'on a faites jusques
ici . On explique aussi quel étoit le
gouMAR
S.
1733. 547
gouvernement des Lombards , ce qui n'étoit
pas encore développé; on détruit l'opinion
qu'on a de croire que la Langue
Italienne soit née du mêlange du Latin
avec les Langues des Barbares . Pareillement
celle de croire que les Nations barbares
ayent introduit differentes manieres
d'écrire le Latin ; c'est pourquoi l'on
fait voir clairement que les caracteres Gotiques
, Lombards , Saxons et Francogalliques
, ne sont autre chose que le caractere
courant des Romains. On parle
encore du commencement de la Religion
Chrétienne en Occident , et l'on
fait remarquer combien l'Histoire Ecclesiastique
est corrompuë en ce qui regarde
les Histoires des Eglises particulieres
et en même temps comme le seul moyen
de la corriger , c'est de s'en tenir aux
anciens Catalogues qui sont dérivez des
Diptiques Sacrez.
La seconde Partie contient une Notice
historique de tous les Ecrivains Véronois
depuis Catulle jusques à Bianchini , qui
est mort depuis peu , et qui étoit Membre
de l'Académie des Sciences . Cela renferme
une bonne partie de l'Histoire Litteraire
d'Italie. On y a aussi inseré beaucoup
de belles choses nouvellement dé
couvertes dans les Manuscrits.
La
548 MERCURE DE FRANCE
La troisiéme Partie , dans le même
temps qu'elle traite des choses les plus
singulieres de Verone , fait connoître
plusieurs méprises des Antiquaires et des
Architectes en matiere d'anciens bâtimens
et des précieux restes que nous en
avons . On y fait l'Histoire de la Fortification
moderne , et on y découvre quel
en fur le premier inventeur. En parlant
des Tableaux , on montre que c'est une
erreur de croire que la Peinture étoit
perdue , er que ce fut Cimabue qui la
fit revivre . En faisant connoître les Cabinets
et les Musées , on publie quantité
de Médailles qui n'avoient jamais parus
et aussi plusieurs Statues , Bustes antiques
et Bas- reliefs excellens , qui n'as
voient jamais été publiez . On y donne
encore le Catalogue d'une Bibliotheque
de Manuscrits recueillis au commencement
du neuviéme siecle.
La quatriéme Partie contient le Traité
des Amphithéatres , et en particulier de
celui de Verone , qui est le seul qui
puisse apprendre la structure interieure
et pour ainsi- dire cachée , de ces sortes
d'Edifices . Ce Traité est réïmprimé en
meilleure forme , et dans cette seconde
Edition il est aussi augmenté de Figures.
Il y a dans toutes ces quatres Parties
près
MARS. 1733
549
près de quatre-vingt Planches. Les Figures
sont dessinées par un des plus
grands Peintres de l'Italie , et bien gravées.
L'Ouvrage est imprimé en deux
manieres , c'est- à - dire dans un grand in
folio pour les Bibliotheques , et en quatre
Tomes petit in 4. qui sera plus commode
pour l'usage ; mais dans l'une et
l'autre maniere les Planches et l'impres
sion est la même . On y rapporte aussi
environ soixante et dix Inscriptions choisies
, la plupart desquelles n'avoient jamais
été publiées Cet Ouvrage se vend
à Paris , chez MONTALANT , Libraire
Quay des Augustins.
le Mercure de Janvier , p. 120. au sujet
de l'Histoire de Veronne , de la composition
de M. le Marquis Maffei . Nous
sommes aujourd'hui en état de rendre un
compte plus détaillé de cet Ouvrage ,
par l'honneur que nous a fait cet illustre
Sçavant , qui est actuellement à Paris , de
nous communiquer sur ce sujet un Mémoire
également instructif et abregé ;
dont voici le contenu .
VERONA ILLUSTRATA , Ouvrage
de M. le Marquis Maffei , divisé en quatre
Parties.
Dans la premiere Partie , en faisant
l'Histoire
$ 46 MERCURE DE FRANCE
I'Histoire de Verone et de l'ancienne Région
des Venetes , on traite de plusieurs
points nouveaux et curieux. On fait voir
l'ordre , l'état et le gouvernement des
Villes qui étoient soumises aux Romains.
On fait des corrections à plusieurs Passages
importans qui sont corrompus dans
les Auteurs Grecs et Latins . On découvre
plusieurs équivoques de grande conséquence
, qui jusques à present ont fait
méprendre la meilleure partie des Gens
de Lettres . On fait connoître où sont et
ce qu'étoient plusieurs Civitates nommées
dans les anciennes Inscriptions que
personne n'avoit encore pû découvrir.
On traite amplement la matiere des anciennes
Métropoles , et on fait voir comme
on a confondu jusques à present les
Provinces Géographiques avec les Romaines
, et comme delà est venu l'erreur
commune de croire que les Provinces
Romaines avoient une Capitale de
même que les Géographiques. On démontre
que l'Empire Romain n'a jamais
été une Monarchie .
En parlant de la fondation de Venise .
on prouve clairement sa liberté , originaire
, mais par des refléxions tout - à - fait
differentes de celles qu'on a faites jusques
ici . On explique aussi quel étoit le
gouMAR
S.
1733. 547
gouvernement des Lombards , ce qui n'étoit
pas encore développé; on détruit l'opinion
qu'on a de croire que la Langue
Italienne soit née du mêlange du Latin
avec les Langues des Barbares . Pareillement
celle de croire que les Nations barbares
ayent introduit differentes manieres
d'écrire le Latin ; c'est pourquoi l'on
fait voir clairement que les caracteres Gotiques
, Lombards , Saxons et Francogalliques
, ne sont autre chose que le caractere
courant des Romains. On parle
encore du commencement de la Religion
Chrétienne en Occident , et l'on
fait remarquer combien l'Histoire Ecclesiastique
est corrompuë en ce qui regarde
les Histoires des Eglises particulieres
et en même temps comme le seul moyen
de la corriger , c'est de s'en tenir aux
anciens Catalogues qui sont dérivez des
Diptiques Sacrez.
La seconde Partie contient une Notice
historique de tous les Ecrivains Véronois
depuis Catulle jusques à Bianchini , qui
est mort depuis peu , et qui étoit Membre
de l'Académie des Sciences . Cela renferme
une bonne partie de l'Histoire Litteraire
d'Italie. On y a aussi inseré beaucoup
de belles choses nouvellement dé
couvertes dans les Manuscrits.
La
548 MERCURE DE FRANCE
La troisiéme Partie , dans le même
temps qu'elle traite des choses les plus
singulieres de Verone , fait connoître
plusieurs méprises des Antiquaires et des
Architectes en matiere d'anciens bâtimens
et des précieux restes que nous en
avons . On y fait l'Histoire de la Fortification
moderne , et on y découvre quel
en fur le premier inventeur. En parlant
des Tableaux , on montre que c'est une
erreur de croire que la Peinture étoit
perdue , er que ce fut Cimabue qui la
fit revivre . En faisant connoître les Cabinets
et les Musées , on publie quantité
de Médailles qui n'avoient jamais parus
et aussi plusieurs Statues , Bustes antiques
et Bas- reliefs excellens , qui n'as
voient jamais été publiez . On y donne
encore le Catalogue d'une Bibliotheque
de Manuscrits recueillis au commencement
du neuviéme siecle.
La quatriéme Partie contient le Traité
des Amphithéatres , et en particulier de
celui de Verone , qui est le seul qui
puisse apprendre la structure interieure
et pour ainsi- dire cachée , de ces sortes
d'Edifices . Ce Traité est réïmprimé en
meilleure forme , et dans cette seconde
Edition il est aussi augmenté de Figures.
Il y a dans toutes ces quatres Parties
près
MARS. 1733
549
près de quatre-vingt Planches. Les Figures
sont dessinées par un des plus
grands Peintres de l'Italie , et bien gravées.
L'Ouvrage est imprimé en deux
manieres , c'est- à - dire dans un grand in
folio pour les Bibliotheques , et en quatre
Tomes petit in 4. qui sera plus commode
pour l'usage ; mais dans l'une et
l'autre maniere les Planches et l'impres
sion est la même . On y rapporte aussi
environ soixante et dix Inscriptions choisies
, la plupart desquelles n'avoient jamais
été publiées Cet Ouvrage se vend
à Paris , chez MONTALANT , Libraire
Quay des Augustins.
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Résumé : Verona Illustrata, Ouvrage du même Auteur, [titre d'après la table]
Le texte présente un compte rendu détaillé de l'ouvrage 'Verona Illustrata' du Marquis Maffei, structuré en quatre parties. La première partie se concentre sur l'histoire de Vérone et de la région des Vénètes. Elle corrige plusieurs passages erronés dans les œuvres des auteurs grecs et latins et révèle des ambiguïtés significatives. Elle aborde également la fondation de Venise, le gouvernement des Lombards et la langue italienne. La seconde partie offre une notice historique des écrivains véronais, de Catulle à Bianchini, en incluant des découvertes récentes dans les manuscrits. La troisième partie explore des aspects singuliers de Vérone, corrigeant des erreurs commises par les antiquaires et les architectes, et présente des œuvres d'art et des manuscrits. La quatrième partie traite des amphithéâtres, en mettant particulièrement en lumière celui de Vérone, avec des figures et des inscriptions choisies. L'ouvrage est disponible en deux formats : grand in-folio et petit in-4, et est illustré par des planches dessinées par un grand peintre italien. Il est vendu à Paris chez Montalant, libraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 549-550
QUESTION.
Début :
Pourquoi a-t-on plus de peine à pardonner à ceux qui prennent plaisir à voir [...]
Mots clefs :
Question, Demande, Droit, Pardonner, Calomnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION.
QUESTION.
Pourquoi a- t-on plus de peine à pardonner
à ceux qui prennent plaisir à voir
les personnes calomniées , qu'à ceux qui
sont Auteurs des calomnies ?
L'Auteur de la Question ajoûte ce qui
suit,pour faire mieux entendre sa pensée :
Cette demande , dit- il , suppose ce qui
n'est que trop constant , sçavoir , qu'il
est bien plus difficile de pardonner à ceux
qui approuvent les calomnies ou qui s'en
réjouissent , qu'à ceux mêmes qui en sont
les Auteurs. Cela supposé, il s'ensuit qu'il
faut garder une conduite différente à l'égard
550 MERCURE DE FRANCE
gard de ceux qui distinguent deux sortes
d'ennemis , les uns qui ne cherchent
qu'à faire du mal aux autres , et ceux
qui se réjouissent du mal qui est fait .
Comme le coeur de l'homme est impénetrable
, on souhaiteroit sçavoir ce
que les personnes occupées d'elles- mêmes
pensent sur un sujet de cette importance
, et comme dans cette demande
on peut distinguer question de fait et
question de droit , de droit , on est tout prêt
à satisfaire sur la premiere , ceux qui
voudront bien éclairer de leurs lumieres
sur la seconde.
Pourquoi a- t-on plus de peine à pardonner
à ceux qui prennent plaisir à voir
les personnes calomniées , qu'à ceux qui
sont Auteurs des calomnies ?
L'Auteur de la Question ajoûte ce qui
suit,pour faire mieux entendre sa pensée :
Cette demande , dit- il , suppose ce qui
n'est que trop constant , sçavoir , qu'il
est bien plus difficile de pardonner à ceux
qui approuvent les calomnies ou qui s'en
réjouissent , qu'à ceux mêmes qui en sont
les Auteurs. Cela supposé, il s'ensuit qu'il
faut garder une conduite différente à l'égard
550 MERCURE DE FRANCE
gard de ceux qui distinguent deux sortes
d'ennemis , les uns qui ne cherchent
qu'à faire du mal aux autres , et ceux
qui se réjouissent du mal qui est fait .
Comme le coeur de l'homme est impénetrable
, on souhaiteroit sçavoir ce
que les personnes occupées d'elles- mêmes
pensent sur un sujet de cette importance
, et comme dans cette demande
on peut distinguer question de fait et
question de droit , de droit , on est tout prêt
à satisfaire sur la premiere , ceux qui
voudront bien éclairer de leurs lumieres
sur la seconde.
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Résumé : QUESTION.
Le texte explore la difficulté de pardonner à ceux qui prennent plaisir à voir les personnes calomniées par rapport à ceux qui commettent les calomnies. L'auteur observe que pardonner à ceux qui approuvent ou se réjouissent des calomnies est plus ardu que pardonner à ceux qui les commettent. Il distingue deux types d'ennemis : ceux qui cherchent à nuire et ceux qui se réjouissent du mal causé. Le texte souligne la complexité du cœur humain et l'importance de comprendre les pensées des individus sur ce sujet. Il invite ceux qui le souhaitent à éclairer la question de droit, tout en se tenant prêt à répondre à la question de fait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 550-551
« On écrit de Lisbonne, qu'on y voit appris de Santarem, que le 11. janvier, vers les six [...] »
Début :
On écrit de Lisbonne, qu'on y voit appris de Santarem, que le 11. janvier, vers les six [...]
Mots clefs :
Église, Évêque de Chartres, Académie, Éloquence, Santarém, Viterbe, Évêque de Vence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Lisbonne, qu'on y voit appris de Santarem, que le 11. janvier, vers les six [...] »
On écrit de Lisbonne , qu'on y avoit appris
de Santarem , que le 11. Janvier , vers les six
heures du soir , on avoit apperçu dans le Ciel
une espece de Globe lumineux , qui demeura sur
Phorison pendant plusieurs minutes ; que pendant
tout le temps qu'il fut sensible , il suivit la
même route que la Lune , et qu'il disparut lorsqu'il
fut proche de cette Planette.
Selon les Lettres de Prague , les Terres embrasées
des environs de cette Ville , continuoient
de jetter beaucoup de fumées et de flammes.
Sur le bruit qui s'est répandu à Rome qu'on
avoit découvert à Viterbe une Carriere d'Albatre
extrêmement beau , plusieurs Sculpteurs sont
partis pour l'aller visiter. ' Le Pape a déclaré que
si tout l'Albatre que cette Carriere produit , est
aussi
MARS.
551
1733
aussi parfait que les échantillons qui lui ont été
présentez , on s'en servira pour la Chapelle Corsini
et pour la façade de l'Eglise de S. Jean de
Latran.
On écrit de Chartres , que le 7. Mars , jour auquel
on celebre la Fête de S. Thomas d'Aquin ,
Docteur de l'Eglise , M. l'Evêque de Chartres
prononça le Panégyrique du Saint , dans l'Eglise
des Dominicains de la même Ville , devant un
nombreux Auditoire , qui applaudit autant à l'éloquence
de ce Prélat , qu'au fond du sujet , qu'il
traita avec autant d'édification que de dignité.
Il s'étendit sur tout sur la solidité de la doctrine
du S. Docteur , faisant voir l'estime que les Conciles
en ont fait , et l'autorité qu'elle a dans l'Eglise.
fut
J. Baptiste Surian Evêque de Vence ,
reçû dans l'Académie Françoise le 11. de ce mois,
à la place vacante par la mort du Duc de Coislin
, Evêque de Metz ; il fit un Discours de remerciment
, auquel M. Danchet , Chancelier de
l'Académie , répondit , et ils parlerent l'un et
l'autre avec beaucoup d'éloquence.
Le 14. Février , M. Jean - Baptiste Souchai , de
l'Académie Royale des Belles- Lettres , et nommé
pour remplir au College Royal une place de Professeur
en Eloquence Latine, prononça , selon l'usage
, dans une Salle du même College , un fort
beau Discours Latin , en présence d'une nombreuse
Assemblée. Le Sujet sur lequel il parla
étoit énoncé en ces termes dans un Programme
de sa façon. Utrum et quid conferat ad Ġallicam
Eloquentiam Ciceronis imitatio,
de Santarem , que le 11. Janvier , vers les six
heures du soir , on avoit apperçu dans le Ciel
une espece de Globe lumineux , qui demeura sur
Phorison pendant plusieurs minutes ; que pendant
tout le temps qu'il fut sensible , il suivit la
même route que la Lune , et qu'il disparut lorsqu'il
fut proche de cette Planette.
Selon les Lettres de Prague , les Terres embrasées
des environs de cette Ville , continuoient
de jetter beaucoup de fumées et de flammes.
Sur le bruit qui s'est répandu à Rome qu'on
avoit découvert à Viterbe une Carriere d'Albatre
extrêmement beau , plusieurs Sculpteurs sont
partis pour l'aller visiter. ' Le Pape a déclaré que
si tout l'Albatre que cette Carriere produit , est
aussi
MARS.
551
1733
aussi parfait que les échantillons qui lui ont été
présentez , on s'en servira pour la Chapelle Corsini
et pour la façade de l'Eglise de S. Jean de
Latran.
On écrit de Chartres , que le 7. Mars , jour auquel
on celebre la Fête de S. Thomas d'Aquin ,
Docteur de l'Eglise , M. l'Evêque de Chartres
prononça le Panégyrique du Saint , dans l'Eglise
des Dominicains de la même Ville , devant un
nombreux Auditoire , qui applaudit autant à l'éloquence
de ce Prélat , qu'au fond du sujet , qu'il
traita avec autant d'édification que de dignité.
Il s'étendit sur tout sur la solidité de la doctrine
du S. Docteur , faisant voir l'estime que les Conciles
en ont fait , et l'autorité qu'elle a dans l'Eglise.
fut
J. Baptiste Surian Evêque de Vence ,
reçû dans l'Académie Françoise le 11. de ce mois,
à la place vacante par la mort du Duc de Coislin
, Evêque de Metz ; il fit un Discours de remerciment
, auquel M. Danchet , Chancelier de
l'Académie , répondit , et ils parlerent l'un et
l'autre avec beaucoup d'éloquence.
Le 14. Février , M. Jean - Baptiste Souchai , de
l'Académie Royale des Belles- Lettres , et nommé
pour remplir au College Royal une place de Professeur
en Eloquence Latine, prononça , selon l'usage
, dans une Salle du même College , un fort
beau Discours Latin , en présence d'une nombreuse
Assemblée. Le Sujet sur lequel il parla
étoit énoncé en ces termes dans un Programme
de sa façon. Utrum et quid conferat ad Ġallicam
Eloquentiam Ciceronis imitatio,
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Résumé : « On écrit de Lisbonne, qu'on y voit appris de Santarem, que le 11. janvier, vers les six [...] »
Le 11 janvier, un globe lumineux a été observé à Lisbonne, suivant la trajectoire de la Lune avant de disparaître. À Prague, des terres enflammées continuaient de produire des fumées et des flammes. À Rome, une carrière d'albâtre a été découverte à Viterbe, attirant plusieurs sculpteurs. Le Pape a envisagé d'utiliser cet albâtre pour la Chapelle Corsini et la façade de l'église Saint-Jean de Latran, sous réserve de la qualité des échantillons. Le 7 mars, à Chartres, l'évêque a prononcé un panégyrique de Saint Thomas d'Aquin lors de sa fête, devant un auditoire nombreux. Le 11 mars, Jean-Baptiste Surian, évêque de Vence, a été reçu à l'Académie Française, remplaçant le Duc de Coislin, évêque de Metz. Surian et Danchet, chancelier de l'Académie, ont prononcé des discours. Le 14 février, Jean-Baptiste Souchai a été nommé professeur d'éloquence latine au Collège Royal et a prononcé un discours latin sur l'imitation de Cicéron dans l'éloquence gallique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 552-554
Morts d'Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Début :
Le R. P. Pierre-François d'Arerés de la Tour, Supérieur General de la Congrégation de l'Oratoire, [...]
Mots clefs :
Pierre-François d'Arerez de la Tour, Congrégation de l'Oratoire, Supérieur général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts d'Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Le R. P. Pierre-François d'Arerés de la Tour ,
Supérieur General de la Congrégation de l'Oratoire
, mourut à Paris dans la Maison de la ruë
S. Honoré , le 13. Février , âgé de 80. ans . Il
étoit né à Paris en l'année 1653. fils d'Henry
d'Arerés de la Tour , Premier Ecuyer de Mademoiselle
de Montpensier, et de D. Marie - Sybille
de Malleval.
Il entra dans la Congrégation de l'Oratoire
au mois d'Août 1672 y professa la Philosophie
pendant six ans , puis fut appellé en 1680. au
Séminaire de S. Magloire , dont il a été Directeur
et Superieur jusqu'en l'année 1696. qu'il
fut éû le 14 Septembre Superieur General de
la Congrégation , prêchant durant ce temps là
dans les principales Chaires de Paris , avec une
grande réputation , et dirigeant avec fruit la
conscience de plusieurs personnes de distinction .
C'étoit un homme d'un génie rare , d'une prudence
consommée , d'un secret impenetrable ,
d'une discretion infinie dans ses paroles , très insinuant
pour gagner les coeurs , en ayant lui - même
un très- officieux , très - noble et genereux ,
ayant l'estime et la confiance universelle de ce
qu'il y avoit de plus distingué dans les divers
Ordres de l'Etat . Il la méritoit par la pureté de
ses moeurs , par une régularité exemplaire , par
une modestie , une douceur , une gravité digne de
sa place , et par un grand nombre de talens marquez
; homme d'esprit , homme de Lettres , qui
sçavoit à fond la Théologie et l'Histoire , qui
parloit de Dieu et des veritez de la Relig! on d'une
maniere très - lumineuse.
Il a été universellement regretté et des siens
et de tout ce qu'il y a de plus considerable dans
P'Etat. Il fut inhumé au milieu de la Nef, sous.
une
MARS. 1733.
553
?
neTombe particuliere dans un Cercueil dePlomb,
comme les autres Superieurs Generaux ses Prédecesseurs
, dont il étoit le sixième .
Le lendemain il fut fait un Service solemnel ,
dans la même Eglise pour le repos de son ame ,
auquel assisterent un grand nombre de Personnes
de la premiere distinction , et où il y eut une
affluence extraordinaire de Gens de toutes les
conditions.
M. Aubert , Ecuyer , de l'Académie Royale
des Sciences de la Ville de Lyon , connu par
plusieurs Dissertations inserées dans divers fournaux,
et par laderniere Edition de Richelet, qu'il a
enrichie de sçavantes Notes de Grammaire, d'Histoire
et de Belles - Lettres , est mort depuis peu à
láge de 94 ans, ayant conservé jusqu'à la fin de sa
carriere presque tout le feu et la vigueur de la jeunesse,
n'ayant commencé à travailler à l'augmentation
qu'il a donnée de Richelet qu'à l'âge de so.
ans, et il en préparoit une nouvelle Il a donné à la
Ville de Lyon sa belle et nombreuse Bibliotheque,
à la charge de la rendre publique. M.Perrichon ,
Prévôt des Marchands de cette Ville , qui n'oublie
rien pour son embellissement , lui a procuré
cet avantage , et on a lieu d'esperer , par les soins
qu'il prend à faire refleurir les Lettres et les Arts
dans cette seconde Ville de France , qu'il lui rendra
bien- tôt le seul lustre qui lui manque.
Corneille Van - Cleve , natif de Paris , origi
naire de Flandres , Chancelier , ancien Directeur
de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture ,
mourut à Paris le 31. Décembre , dans la 89 .
année de son âge. C'étoit un de nos meilleurs
Sculpteurs , fort connu par quantité de beaux
Ou554
MERCURE DE FRANCE
Ouvrages qu'on voit de lui dans les Eglises à
Paris , dans les Maisons Royales et dans les Provinces.
M. Conston l'aîné , a été élu Chancelier
sa place.
Supérieur General de la Congrégation de l'Oratoire
, mourut à Paris dans la Maison de la ruë
S. Honoré , le 13. Février , âgé de 80. ans . Il
étoit né à Paris en l'année 1653. fils d'Henry
d'Arerés de la Tour , Premier Ecuyer de Mademoiselle
de Montpensier, et de D. Marie - Sybille
de Malleval.
Il entra dans la Congrégation de l'Oratoire
au mois d'Août 1672 y professa la Philosophie
pendant six ans , puis fut appellé en 1680. au
Séminaire de S. Magloire , dont il a été Directeur
et Superieur jusqu'en l'année 1696. qu'il
fut éû le 14 Septembre Superieur General de
la Congrégation , prêchant durant ce temps là
dans les principales Chaires de Paris , avec une
grande réputation , et dirigeant avec fruit la
conscience de plusieurs personnes de distinction .
C'étoit un homme d'un génie rare , d'une prudence
consommée , d'un secret impenetrable ,
d'une discretion infinie dans ses paroles , très insinuant
pour gagner les coeurs , en ayant lui - même
un très- officieux , très - noble et genereux ,
ayant l'estime et la confiance universelle de ce
qu'il y avoit de plus distingué dans les divers
Ordres de l'Etat . Il la méritoit par la pureté de
ses moeurs , par une régularité exemplaire , par
une modestie , une douceur , une gravité digne de
sa place , et par un grand nombre de talens marquez
; homme d'esprit , homme de Lettres , qui
sçavoit à fond la Théologie et l'Histoire , qui
parloit de Dieu et des veritez de la Relig! on d'une
maniere très - lumineuse.
Il a été universellement regretté et des siens
et de tout ce qu'il y a de plus considerable dans
P'Etat. Il fut inhumé au milieu de la Nef, sous.
une
MARS. 1733.
553
?
neTombe particuliere dans un Cercueil dePlomb,
comme les autres Superieurs Generaux ses Prédecesseurs
, dont il étoit le sixième .
Le lendemain il fut fait un Service solemnel ,
dans la même Eglise pour le repos de son ame ,
auquel assisterent un grand nombre de Personnes
de la premiere distinction , et où il y eut une
affluence extraordinaire de Gens de toutes les
conditions.
M. Aubert , Ecuyer , de l'Académie Royale
des Sciences de la Ville de Lyon , connu par
plusieurs Dissertations inserées dans divers fournaux,
et par laderniere Edition de Richelet, qu'il a
enrichie de sçavantes Notes de Grammaire, d'Histoire
et de Belles - Lettres , est mort depuis peu à
láge de 94 ans, ayant conservé jusqu'à la fin de sa
carriere presque tout le feu et la vigueur de la jeunesse,
n'ayant commencé à travailler à l'augmentation
qu'il a donnée de Richelet qu'à l'âge de so.
ans, et il en préparoit une nouvelle Il a donné à la
Ville de Lyon sa belle et nombreuse Bibliotheque,
à la charge de la rendre publique. M.Perrichon ,
Prévôt des Marchands de cette Ville , qui n'oublie
rien pour son embellissement , lui a procuré
cet avantage , et on a lieu d'esperer , par les soins
qu'il prend à faire refleurir les Lettres et les Arts
dans cette seconde Ville de France , qu'il lui rendra
bien- tôt le seul lustre qui lui manque.
Corneille Van - Cleve , natif de Paris , origi
naire de Flandres , Chancelier , ancien Directeur
de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture ,
mourut à Paris le 31. Décembre , dans la 89 .
année de son âge. C'étoit un de nos meilleurs
Sculpteurs , fort connu par quantité de beaux
Ou554
MERCURE DE FRANCE
Ouvrages qu'on voit de lui dans les Eglises à
Paris , dans les Maisons Royales et dans les Provinces.
M. Conston l'aîné , a été élu Chancelier
sa place.
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Résumé : Morts d'Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Le texte relate la vie et la mort de trois personnalités notables. Le R. P. Pierre-François d'Arerés de la Tour, Supérieur Général de la Congrégation de l'Oratoire, est décédé à Paris le 13 février 1733 à l'âge de 80 ans. Né à Paris en 1653, il a rejoint la Congrégation de l'Oratoire en 1672 et y a enseigné la philosophie. En 1680, il a été Directeur et Supérieur du Séminaire de Saint-Magloire jusqu'en 1696, date à laquelle il a été nommé Supérieur Général. Respecté pour son éloquence et sa direction spirituelle, il a été inhumé dans la nef de l'église. Un service solennel a été organisé en sa mémoire. M. Aubert, Écuyer de l'Académie Royale des Sciences de Lyon, est décédé à l'âge de 94 ans. Connu pour ses dissertations et son édition enrichie du dictionnaire de Richelet, il a légué sa bibliothèque à la ville de Lyon, rendue publique grâce à M. Perrichon, Prévôt des Marchands. Corneille Van Cleve, sculpteur parisien d'origine flamande, est décédé le 31 décembre à l'âge de 89 ans. Renommé pour ses œuvres présentes dans les églises, les maisons royales et les provinces, il a été remplacé par M. Conston l'aîné en tant que Chancelier de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture.
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12
p. 554
« Il vient de paroître chez Prault, Quay de Gêvres, un grand in 8. de 370. pag. sous le titre de [...] »
Début :
Il vient de paroître chez Prault, Quay de Gêvres, un grand in 8. de 370. pag. sous le titre de [...]
Mots clefs :
Théâtres
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texteReconnaissance textuelle : « Il vient de paroître chez Prault, Quay de Gêvres, un grand in 8. de 370. pag. sous le titre de [...] »
Il vient de paroître chez Prault , Quay de Gêvres
, un grand in 8. de 370. pag. sous le titre de
Bibliotheque des Théatres , contenant le Catalogue
alphabetique des Pieces Dramatiques , Opera ,
Parodies , Opera Comiques , et le temps de leurs
représentations ; avec des Anecdotes sur la plupart
des Pieces contenues en ce Recueil , et sur ,
la Vie des Auteurs . Musiciens et Acteurs. C'est
un Ouvrage très- laborieux , qu'une infinité de
Curieux voudront avoir. Il se vend 3 , livres.
, un grand in 8. de 370. pag. sous le titre de
Bibliotheque des Théatres , contenant le Catalogue
alphabetique des Pieces Dramatiques , Opera ,
Parodies , Opera Comiques , et le temps de leurs
représentations ; avec des Anecdotes sur la plupart
des Pieces contenues en ce Recueil , et sur ,
la Vie des Auteurs . Musiciens et Acteurs. C'est
un Ouvrage très- laborieux , qu'une infinité de
Curieux voudront avoir. Il se vend 3 , livres.
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13
p. 554-555
Nouvelles Estampes gravées, [titre d'après la table]
Début :
On a mis depuis peu en vente à Paris, chez la veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers [...]
Mots clefs :
Watteau, Lancret, Larmessin
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes gravées, [titre d'après la table]
On a mis depuis peu en vente à Paris , chez la
veuve Chereau , rue S. Jacques , aux deux Pilliers
d'or , et chez Surugue , Graveur du Roy , ruë des
Noyers , une Estampe nouvellement gravée en
Angleterre par le sieur Baron , d'après un Tableau
de feu Watteau , qui est dans le Cabinet
de M. Mead , Medecin du Roy de la Grande-
Bretagne. 11 le fit faire à Watteau dans le
voyage qu'il fit à Londres. Ce Tableau est
gravé sous le titre des Comediens Italiens ; ce
sont presque tous Portraits de gens habiles dans
leur Art , que Watteau peignit sous les differens
habits des Acteurs du Théatre Italien .
On trouve chez les mêmes , toute la suite des
Estampes gravées d'après les Tableaux de ce
gracieux Peintre,
Le Portrait historié de la Dlle Sallé , peint
par le sieur Lancret, Peintre de l'Académie Roya
le , et gravé par le sieur Larmessin , Graveur de
la
MARS. 1732: 5e5
la même Académie ,de la même grandeur que celui
de la Dile Camargo , se vend à Paris chez le sieur
Lancret , à l'entrée du Quay de la Feraille , piès
le Pont Neuf , à la Croix de Perles ; le sieur
Larmessin , tue du Plâtre , fa quatriéme porte
cochere à droite par la rue S. Jacques ; et la veu
ve Chereau , rue S. Jacques , aux deux Pilliers
d'or.
veuve Chereau , rue S. Jacques , aux deux Pilliers
d'or , et chez Surugue , Graveur du Roy , ruë des
Noyers , une Estampe nouvellement gravée en
Angleterre par le sieur Baron , d'après un Tableau
de feu Watteau , qui est dans le Cabinet
de M. Mead , Medecin du Roy de la Grande-
Bretagne. 11 le fit faire à Watteau dans le
voyage qu'il fit à Londres. Ce Tableau est
gravé sous le titre des Comediens Italiens ; ce
sont presque tous Portraits de gens habiles dans
leur Art , que Watteau peignit sous les differens
habits des Acteurs du Théatre Italien .
On trouve chez les mêmes , toute la suite des
Estampes gravées d'après les Tableaux de ce
gracieux Peintre,
Le Portrait historié de la Dlle Sallé , peint
par le sieur Lancret, Peintre de l'Académie Roya
le , et gravé par le sieur Larmessin , Graveur de
la
MARS. 1732: 5e5
la même Académie ,de la même grandeur que celui
de la Dile Camargo , se vend à Paris chez le sieur
Lancret , à l'entrée du Quay de la Feraille , piès
le Pont Neuf , à la Croix de Perles ; le sieur
Larmessin , tue du Plâtre , fa quatriéme porte
cochere à droite par la rue S. Jacques ; et la veu
ve Chereau , rue S. Jacques , aux deux Pilliers
d'or.
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Résumé : Nouvelles Estampes gravées, [titre d'après la table]
En mars 1732, deux estampes ont été mises en vente à Paris. La première est une gravure réalisée en Angleterre par le sieur Baron, d'après un tableau de Jean-Antoine Watteau intitulé 'Les Comédiens Italiens'. Ce tableau, appartenant à M. Mead, médecin du roi de Grande-Bretagne, représente des portraits de personnes habiles dans leur art, peints par Watteau sous les habits des acteurs du théâtre italien. La seconde est le portrait historié de Mademoiselle Sallé, peint par le sieur Lancret, peintre de l'Académie Royale, et gravé par le sieur Larmessin, également graveur de la même Académie. Ce portrait est de la même grandeur que celui de Mademoiselle Camargo. Les estampes sont disponibles chez plusieurs vendeurs : la veuve Chereau, rue Saint-Jacques aux Deux Piliers d'Or, Surugue, graveur du roi, rue des Noyers, le sieur Lancret à l'entrée du quai de la Feraille près du Pont Neuf, et le sieur Larmessin, rue Saint-Jacques.
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14
p. 555
Vente de Tableaux, Miniatures, Estampes, Médailles, Bronzes, Desseins, &c. [titre d'après la table]
Début :
On nous prie d'avertir que la vente des Tableaux des plus grands Maîtres d'Italie, de France, [...]
Mots clefs :
Dessins, Grands maîtres, Tableaux, Cabinet, Livres, Manuscrits
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texteReconnaissance textuelle : Vente de Tableaux, Miniatures, Estampes, Médailles, Bronzes, Desseins, &c. [titre d'après la table]
On nous prie d'avertir que la vente des Tableaux
des plus grands Maîtres d'Italie , de France
, de Flandre et d'Hollande , du Cabinet de feu
M. de la Chataigneraye , Argentier des Enfans
de France , se fera publiquement le 20. Avril prochain
et jours suivans , en l'Abbaye S. Victor
Paris.
On donne aussi avis que le 15 d'Avril prochain
et jours suivans , on fera la vente du Cabinet de
M. du Rondray , qui consiste en Desseins de Décorations
et d'habillemens de Théatre, de Fêtes et
Réjouissances publiques , de Mausolées et Pompes
funebres ; en Desseins de grands Maîtres'
François et Etrangers , Tableaux à Gouache , et
autres Desseins colorez Estampes , Planches
gravées par le Clerc, Simoneau etAudran , un nombre
considerable de Médailles antiques et modernes
;
,
Livres , &c. Livres imprimez et manuscrits,
Bibles anciennes , en gotiques , avec Miniatures ,
Heures ou Ordinaires de la Messe , écrites à la
main , enrichies de très- belles Miniatures , et
plusieurs Livres de Musique , d'Opera et autres
Airs des plus grands Maîtres Italiens et François,
manuscrits er imprimez. Cette Vente se fera à
Paris , rue du Doyenné S. Thomas du Louvre ,
dans la Maison du Doyenné.
des plus grands Maîtres d'Italie , de France
, de Flandre et d'Hollande , du Cabinet de feu
M. de la Chataigneraye , Argentier des Enfans
de France , se fera publiquement le 20. Avril prochain
et jours suivans , en l'Abbaye S. Victor
Paris.
On donne aussi avis que le 15 d'Avril prochain
et jours suivans , on fera la vente du Cabinet de
M. du Rondray , qui consiste en Desseins de Décorations
et d'habillemens de Théatre, de Fêtes et
Réjouissances publiques , de Mausolées et Pompes
funebres ; en Desseins de grands Maîtres'
François et Etrangers , Tableaux à Gouache , et
autres Desseins colorez Estampes , Planches
gravées par le Clerc, Simoneau etAudran , un nombre
considerable de Médailles antiques et modernes
;
,
Livres , &c. Livres imprimez et manuscrits,
Bibles anciennes , en gotiques , avec Miniatures ,
Heures ou Ordinaires de la Messe , écrites à la
main , enrichies de très- belles Miniatures , et
plusieurs Livres de Musique , d'Opera et autres
Airs des plus grands Maîtres Italiens et François,
manuscrits er imprimez. Cette Vente se fera à
Paris , rue du Doyenné S. Thomas du Louvre ,
dans la Maison du Doyenné.
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Résumé : Vente de Tableaux, Miniatures, Estampes, Médailles, Bronzes, Desseins, &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce deux ventes publiques à Paris. La première, prévue pour le 20 avril et les jours suivants, concerne la vente des tableaux des plus grands maîtres d'Italie, de France, de Flandre et de Hollande, provenant du cabinet de feu M. de la Chataigneraye, Argentier des Enfants de France. Cette vente se tiendra à l'Abbaye Saint-Victor. La seconde vente, programmée pour le 15 avril et les jours suivants, concerne le cabinet de M. du Rondray. Elle inclut des dessins de décorations et d'habillemens de théâtre, de fêtes et réjouissances publiques, de mausolées et pompes funèbres, ainsi que des dessins de grands maîtres français et étrangers, des tableaux à la gouache, des estampes, des planches gravées par le Clerc, Simoneau et Audran, un nombre considérable de médailles antiques et modernes, des livres imprimés et manuscrits, des Bibles anciennes en gothiques avec miniatures, des Heures ou Ordinaires de la Messe écrites à la main et enrichies de très belles miniatures, et plusieurs livres de musique, d'opéra et autres airs des plus grands maîtres italiens et français, manuscrits et imprimés. Cette vente se déroulera à Paris, rue du Doyenné Saint-Thomas du Louvre, dans la Maison du Doyenné.
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15
p. 556-557
« On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...] »
Début :
On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...]
Mots clefs :
Quatuors, Fortifications, Souscription, Relief
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texteReconnaissance textuelle : « On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...] »
On nous prie encore d'avertir què M. Schultze
, de Berlin, a fait graver par Souscription , les
six premieres Simphonies du premier Livre de
ses douze Quatuor , sous le titre , Tratamento de
l'Harmonia , per Simfonie da Camera à quatro
Instrumenti , Violino , Flauto Traverso , e Viola
da gamba , o vero Violon cello , con il suo Basso
fondamentale , ils se vendent chez l'Auteur , ruë
de la Juifverie , près Notre- Dame , chez Veron ,
Luthier à Paris . On les trouve aussi chez le sieur
Boivin , rue S. Honoré , et chez le sieur le
Clerc , rue du Roule,
L'Auteur fera graver incessamment les six dernieres
Symphonies. Il avertit ceux qui voudrone
souscrire d'envoyer 24. livres aux adresses cydessus
, on leur délivrera le premier Livre déja
gravé et une Souscription signée de l'Auteur et
de celui qui le leur délivrera , au dos de laquelle
sera mis un reçû dudit premier Livre.
On avertit encore qu'il n'y aura que les Souscripteurs
à qui on remettra les douze Quatuor
en blanc pour 24. livres ,
Le Sicur Garreau donne avis au Public , qu'il
s'est appliqué avec soin à faire les Plans en relief
, c'est- à - dire , de représenter au naturel les
Maisons , Parterres , Jardins , Fortifications , et
generalement tout ce qui regarde le Civil et le
Militaire, il est aisé de comprendre que le relief est
infiniment au- dessus des représentations ordinaires
qui se font sur le papier.Il en a executé plusieurs
Morceaux pour differens Particuliers . CesReliefs se
font ou en bois , ou en carton , ou en terre glaise;
il fait aussi toutes sortes de Plans et Desseins à
executer . Il demeure rue de Vaugirard , chez
M. d'Armancourt , Maître de Mathématique
For
M-AR S. 1733 . SS
Fortifications et Architecture à l'Académie de
M. de la Gueriniere, â Paris Il ne recevra ni Paquets
ni Lettres dont le port ne sera pas payé.
, de Berlin, a fait graver par Souscription , les
six premieres Simphonies du premier Livre de
ses douze Quatuor , sous le titre , Tratamento de
l'Harmonia , per Simfonie da Camera à quatro
Instrumenti , Violino , Flauto Traverso , e Viola
da gamba , o vero Violon cello , con il suo Basso
fondamentale , ils se vendent chez l'Auteur , ruë
de la Juifverie , près Notre- Dame , chez Veron ,
Luthier à Paris . On les trouve aussi chez le sieur
Boivin , rue S. Honoré , et chez le sieur le
Clerc , rue du Roule,
L'Auteur fera graver incessamment les six dernieres
Symphonies. Il avertit ceux qui voudrone
souscrire d'envoyer 24. livres aux adresses cydessus
, on leur délivrera le premier Livre déja
gravé et une Souscription signée de l'Auteur et
de celui qui le leur délivrera , au dos de laquelle
sera mis un reçû dudit premier Livre.
On avertit encore qu'il n'y aura que les Souscripteurs
à qui on remettra les douze Quatuor
en blanc pour 24. livres ,
Le Sicur Garreau donne avis au Public , qu'il
s'est appliqué avec soin à faire les Plans en relief
, c'est- à - dire , de représenter au naturel les
Maisons , Parterres , Jardins , Fortifications , et
generalement tout ce qui regarde le Civil et le
Militaire, il est aisé de comprendre que le relief est
infiniment au- dessus des représentations ordinaires
qui se font sur le papier.Il en a executé plusieurs
Morceaux pour differens Particuliers . CesReliefs se
font ou en bois , ou en carton , ou en terre glaise;
il fait aussi toutes sortes de Plans et Desseins à
executer . Il demeure rue de Vaugirard , chez
M. d'Armancourt , Maître de Mathématique
For
M-AR S. 1733 . SS
Fortifications et Architecture à l'Académie de
M. de la Gueriniere, â Paris Il ne recevra ni Paquets
ni Lettres dont le port ne sera pas payé.
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Résumé : « On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...] »
Le texte annonce la publication des six premières symphonies du premier livre des douze quatuors de M. Schultze, intitulé 'Trattamento de l'Harmonia, per Simfonie da Camera à quatro Instrumenti'. Ces œuvres sont disponibles à Berlin chez l'auteur et à Paris chez Veron, Boivin et le Clerc. Les six dernières symphonies seront bientôt gravées. Les souscripteurs peuvent obtenir le premier livre en envoyant 24 livres aux adresses mentionnées et recevront une souscription signée et un reçu. Seuls les souscripteurs pourront acheter les douze quatuors en blanc pour 24 livres. Par ailleurs, le sieur Garreau informe qu'il réalise des plans en relief représentant des maisons, parterres, jardins, fortifications et autres sujets civils et militaires. Ces reliefs, exécutés en bois, carton ou terre glaise, sont supérieurs aux représentations sur papier. Garreau propose également divers plans et dessins. Il réside rue de Vaugirard chez M. d'Armancourt, maître de mathématiques, et enseigne les fortifications et l'architecture à l'Académie de M. de la Guerinière à Paris. Il refuse les paquets et lettres dont le port n'est pas payé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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