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1
p. 308-309
Mort de Madame la Premiere Présidente de Novion, [titre d'après la table]
Début :
Madame la Premiere Présidente de Novion mourut icy le 23 de [...]
Mots clefs :
Première Présidente, Décès, Soeur, Église, Clergé, Pauvres, Service funèbre
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Madame la Premiere Présidente de Novion, [titre d'après la table]
Madame la Premiere Préfidente
de Novion mouruch
icy le 23. de ce mois , âgée
de 62 ans . Elle estoit Soeur
de feu Mile Préſident Gal
lard. Le 26. elle fut portée en
l'Egliſe de S. Medéric fa Paroiſſe
, ſur les dix heures du
matin , tout le Clergé, fes
Domestiques , & un grand
nombre de Pauvres avec des
Flambeaux à fes Armes, pré
cédant le Corps. On y ce
lébra un Service folemnel
apres lequel elle demeura en
dépoſt dans la mesme Eglife
juſques au foir , que le Corps
GALANTM3898
so oblgll
fut tranſporté au Monaftere
des Religieufes de S. Tho
mas , pour y estre inhume;
&lelendemain 27. on fit dans
ce meſme Monaftere un autre
Service , où toute la Fa
mille ſe trouva
de Novion mouruch
icy le 23. de ce mois , âgée
de 62 ans . Elle estoit Soeur
de feu Mile Préſident Gal
lard. Le 26. elle fut portée en
l'Egliſe de S. Medéric fa Paroiſſe
, ſur les dix heures du
matin , tout le Clergé, fes
Domestiques , & un grand
nombre de Pauvres avec des
Flambeaux à fes Armes, pré
cédant le Corps. On y ce
lébra un Service folemnel
apres lequel elle demeura en
dépoſt dans la mesme Eglife
juſques au foir , que le Corps
GALANTM3898
so oblgll
fut tranſporté au Monaftere
des Religieufes de S. Tho
mas , pour y estre inhume;
&lelendemain 27. on fit dans
ce meſme Monaftere un autre
Service , où toute la Fa
mille ſe trouva
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2
p. 1135-1136
EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Début :
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes. [...]
Mots clefs :
Opération, Hôpital, Chirurgien, Pauvres, Victimes
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
EXTRAIT d'une Lettre , écrite de Paris
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Le 10 mai 1731, une série de tailles a été réalisée à l'Hôpital de la Charité des Hommes à Paris. Plusieurs chirurgiens ont participé à cette opération. M. Maréchal, premier chirurgien du roi, a effectué trois tailles et a supervisé l'ensemble de l'opération. M. de la Perronie, premier chirurgien du roi en survivance, en a réalisé trois également. M. Morand, chirurgien major de l'hôpital, en a effectué deux. M. Guérin père, chirurgien major des Gardes Françaises et ancien chirurgien major de l'hôpital, a réalisé une taille, tout comme son fils, M. Guérin, substitut de l'hôpital. M. Perché, en voie d'obtenir sa maîtrise, a réalisé la dernière taille. Toutes les opérations ont été dirigées par M. Rénéaume, médecin en quartier de l'hôpital. Initialement, une opération latérale promise par M. Morand avait attiré de nombreux curieux, mais M. Maréchal a décidé de procéder à l'opération de manière ordinaire. Cette décision visait à éviter les inconvénients de l'opération latérale et à assurer que les pauvres patients servent d'instruction aux élèves sans en être les victimes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1170-1172
Mandement de l'Archevêque de Paris, [titre d'après la table]
Début :
Le 7. Avril, M. l'Archevêque de Paris donna un Mandement qui ordonne des [...]
Mots clefs :
Archevêque, Prières, Sécheresse , Misère, Pauvres, Pluie, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : Mandement de l'Archevêque de Paris, [titre d'après la table]
Le 7. Avril , M. l'Archevêque de Paris
donna un Mandement qui ordonne des
des Prieres pour la conservation des biens
de la terre , en voici la teneur :
CHARLES-GASPARD -GUILLAUME , &c.'
Dans la crainte qu'une longue secheresse ne
nuisit aux Fruits de la Terre , et que nous n'eussions
la douleur de voir augmenter la misere des
Pauvres , qui doivent être le premier objet de
notre charité , nous nous sommes addressez à
celui
MAY. 1731 1171
"
celui qui dispense à son gré les biens et les maux,
l'abondance et la sterilité , et nous avons ordonné
à tous les Prêtres de notie Diocèse de réciter
à la Messe la Collecte inserée dans le Missel ,
pour demander à Dieu la pluye dont nos Campagnes
ont besoin. Nous voyons avec consolation
que le Seigneur , sensible à nos Prieres , commence
à les exaucer , et c'est ce qui doit nous engager
à les redoubler avec autant de ferveur que
de confiance , pour conjurer le Pere des misericordes
, d'ouvrir ses trésors et de répandre sur
la Terre ces rosées de benediction , d'où dépend
la fécondité . Implorons l'intercession de nos
saints Patrons , si puissante auprès de Dieu , et
dont nous avons tant de fois éprouvé les salutaires
effers ; mais souvenons- nous que ce sont nos pe-
*
chez qui arrêtent le cours des graces et des bienfaits
de Dieu , que c'est parce que nous l'irritons
continuellement par nos desordres , que selon ses
menaces , le Ciel devient d'airain , et la Terre
de fer. Appaisons donc sa colere , par une conversion
sincere , par nos gémissemens et par nos
larmes ; que les Prêtres et les Ministres sacrez ,
prosternez entre le Vestibule et l'Autel , prient le
Seigneur de pardonner à son Peuple , et que les
Pécheurs penetrez du plus amer regret de leurs
fautes , s'efforcent d'en obtenir le pardon par de
dignes fruits de pénitence.
A ces causes , après en avoir conferé avec nos
venerables Freres les Doyen , Chanoines et Cha-
* Deut. 28. 12. Aperiet Dominus thesaurum
suum optimum , Coelum , ut tribuat pluviam
terra tua in tempore suo.
* Deuter. 28. 23. Sit calum , quod supra te
est , aneum ; et terra , quam calcas , ferrea.
pitre
1172 MERCURE DE FRANCE
pitre de notre Eglise Métropolitaine , ayant égard
à la priere des premiers Magistrats , nous ordonnons
que dans toutes les Eglises de cette Ville et de
ce Diocèse, outre la Collecte intitulée , Ad petendam
pluviam , on dise à l'issue de la principale
Messe le Trait , Domine , non secundùm , &c.
avec le Verset , Ostende nobis , &c. et l'Oraison
Effunde , &c. Et à l'issue des Vêpres les Litanies
des Saints pendant neuf jours , à compter du jour
de la réception de notre present Mandement. Exhortons
le Clergé et le Peuple de visiter , soit en
Procession, soit en particulier , l'Eglise de Notre-
Dame et celle de sainte Geneviève du Mont , Ou
les Châsses de S. Marcel et de cette Sainte seront
découvertes pour exciter la ferveur et la confiance
des Fideles . Afin que tout se fasse avec ordre ,,
et sans interrompre le service de ces Eglises , les
Curez et autres Superieurs conviendront avec
nosdits Venerables Freres de notre Eglise Métropolitaine
, et les Sieur Abbé , Prieur et Religieux
de sainte Geneviève du Mont , des jours et heures,
ausquels chaque Procession pourra se rendre,,
aprés la Fête de l'Ascension , dans lesdites Eglises.
Si vous mandons , &c.
donna un Mandement qui ordonne des
des Prieres pour la conservation des biens
de la terre , en voici la teneur :
CHARLES-GASPARD -GUILLAUME , &c.'
Dans la crainte qu'une longue secheresse ne
nuisit aux Fruits de la Terre , et que nous n'eussions
la douleur de voir augmenter la misere des
Pauvres , qui doivent être le premier objet de
notre charité , nous nous sommes addressez à
celui
MAY. 1731 1171
"
celui qui dispense à son gré les biens et les maux,
l'abondance et la sterilité , et nous avons ordonné
à tous les Prêtres de notie Diocèse de réciter
à la Messe la Collecte inserée dans le Missel ,
pour demander à Dieu la pluye dont nos Campagnes
ont besoin. Nous voyons avec consolation
que le Seigneur , sensible à nos Prieres , commence
à les exaucer , et c'est ce qui doit nous engager
à les redoubler avec autant de ferveur que
de confiance , pour conjurer le Pere des misericordes
, d'ouvrir ses trésors et de répandre sur
la Terre ces rosées de benediction , d'où dépend
la fécondité . Implorons l'intercession de nos
saints Patrons , si puissante auprès de Dieu , et
dont nous avons tant de fois éprouvé les salutaires
effers ; mais souvenons- nous que ce sont nos pe-
*
chez qui arrêtent le cours des graces et des bienfaits
de Dieu , que c'est parce que nous l'irritons
continuellement par nos desordres , que selon ses
menaces , le Ciel devient d'airain , et la Terre
de fer. Appaisons donc sa colere , par une conversion
sincere , par nos gémissemens et par nos
larmes ; que les Prêtres et les Ministres sacrez ,
prosternez entre le Vestibule et l'Autel , prient le
Seigneur de pardonner à son Peuple , et que les
Pécheurs penetrez du plus amer regret de leurs
fautes , s'efforcent d'en obtenir le pardon par de
dignes fruits de pénitence.
A ces causes , après en avoir conferé avec nos
venerables Freres les Doyen , Chanoines et Cha-
* Deut. 28. 12. Aperiet Dominus thesaurum
suum optimum , Coelum , ut tribuat pluviam
terra tua in tempore suo.
* Deuter. 28. 23. Sit calum , quod supra te
est , aneum ; et terra , quam calcas , ferrea.
pitre
1172 MERCURE DE FRANCE
pitre de notre Eglise Métropolitaine , ayant égard
à la priere des premiers Magistrats , nous ordonnons
que dans toutes les Eglises de cette Ville et de
ce Diocèse, outre la Collecte intitulée , Ad petendam
pluviam , on dise à l'issue de la principale
Messe le Trait , Domine , non secundùm , &c.
avec le Verset , Ostende nobis , &c. et l'Oraison
Effunde , &c. Et à l'issue des Vêpres les Litanies
des Saints pendant neuf jours , à compter du jour
de la réception de notre present Mandement. Exhortons
le Clergé et le Peuple de visiter , soit en
Procession, soit en particulier , l'Eglise de Notre-
Dame et celle de sainte Geneviève du Mont , Ou
les Châsses de S. Marcel et de cette Sainte seront
découvertes pour exciter la ferveur et la confiance
des Fideles . Afin que tout se fasse avec ordre ,,
et sans interrompre le service de ces Eglises , les
Curez et autres Superieurs conviendront avec
nosdits Venerables Freres de notre Eglise Métropolitaine
, et les Sieur Abbé , Prieur et Religieux
de sainte Geneviève du Mont , des jours et heures,
ausquels chaque Procession pourra se rendre,,
aprés la Fête de l'Ascension , dans lesdites Eglises.
Si vous mandons , &c.
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Résumé : Mandement de l'Archevêque de Paris, [titre d'après la table]
Le 7 avril, l'Archevêque de Paris publia un mandement ordonnant des prières pour la conservation des biens de la terre, en raison d'une sécheresse prolongée menaçant les récoltes et aggravant la misère des pauvres. Il demanda à Dieu d'envoyer la pluie et ordonna aux prêtres de son diocèse de réciter une collecte spéciale lors de la messe. Notant une possible réponse divine, il encouragea à intensifier les prières. Le mandement souligna que les péchés humains pouvaient entraver les bienfaits divins et appela à une conversion sincère et à la pénitence. Après consultation avec les dignitaires de son église métropolitaine et à la demande des premiers magistrats, l'Archevêque ordonna des prières supplémentaires pendant neuf jours après la principale messe et les vêpres. Il exhorta le clergé et le peuple à visiter les églises de Notre-Dame et de sainte Geneviève du Mont, où les reliques de saints seraient exposées pour stimuler la ferveur des fidèles, tout en assurant la continuité du service des églises.
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4
p. 2120-2134
CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
Début :
Depuis que les hommes, foibles par eux-mêmes, et malheureusement [...]
Mots clefs :
Rats, Rat, Animaux, Gravure antique, Préservatif, Amulette, Apollon, Guerre, Coq, Pauvres, Autel, Ténédos, Temple, Médailles, Peuples
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texteReconnaissance textuelle : CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
CONJECTURES sur une Gravûre
antique , qu'on croit avoir servi d'Amulete
an de Préservatif contre les Rats:
D
Epuis que
les hommes , foibles par
cux- mêmes , et malheureusement
esclaves de leur cupidité ,se furent écartez
de la vraye Religion
, ils eurent recours
à des Divinitez
arbitraires
ausquelles ils
assignetent
des fonctions
à proportion
de leurs besoins . Elles étoient chargées de
les garantir
de tout ce qui pouvoit leur
nuire. Les Nations entieres livrées à la superstition
la plus grossiere
, attribuerent
à
des Talismans
,à des Amuletes,à des Pierres
gravées
OCTOBRE. 1733 2123
gravées , des Vertus occultes et prétendues
efficaces contre les malheurs et les
maladies qui les menaçoient , et contre
les Animaux et les Insectes qui leur faisoient
la guerre. La multitude si aisée à
séduire par les apparences les plus foibles
d'un merveilleux , dont elle est.
toujours avide, s'empressoit d'attester les
effets de ces prétendus préservatifs. De
là ces Monumens de leur crédulité se
multiplierent à l'infini , et plusieurs d'entre'eux
se sont conservez jusqu'à nous.
C'est dans cette Classe que j'ai crû devoir
ranger la Gravûre singuliere qu'un
illustre Magistrat ( a ) vient d'ajouter à
la magnifique collection de tout ce que
' Antiquité peut fournir de plus rare et
de plus curieux en fait de Médailles et
de Gravûres antiques . C'est une Agathe
Sardonyx rouge et blanche , gravée en
relief , plus remarquable par la singu
larité du Type , que par la beauté du
Dessein et la délicatesse du travail . Elle
représente un Autel ou Cippus , sur lequel
on voit un Rat qu'un Cocq prend
par la queue pour l'attirer à soy et pour
le faire tomber au bas de l'Autel . Il paroît
résister ; et il semble tenir quelque
(a ) M. LE BRET , Premier Président , Inten--
ant et Commandant pour S. M. en Provence.
A. Y chose
2122 MERCURE DE FRANCE
chose à la bouche avec ses deux pattes.
De l'autre côté un autre Cocq tient un
second Rat de la même façon. Il a été
mis hors de combat , et amené par force au
pied de l'Autel . On lit au haut CYCKhne
BOHOI , et au bas ou à l'Exergue KPA-
ΤΟΥΜΕ. (4)
HNEBOHOT
ΚΡΑΤΟΥ ΜΕ
Grandeur
de
la Pierre
(a) On atrouvé à propos de faire graver ici sur la
même Planche le Dessein d'une Cornaline du Ca
binet de M. le P. Président Bon , de Montpellier ,
enchassée dans une Bague d'or antique , dont le Type
est singulier et a du rapport avec l'Agathe du Ca
binet de M. le Bret.
OCTOBR E. 1733
2123
C'est en supposant que cette Gravûre
est incontestablement antique , que je me
suis déterminé à en donner l'explication.
Je n'ose cependant rien prononcer à cet
égard. Qui ne sçait les moyens dont on
s'est servi et dont on se sert encore de
nos jours , pour en imposer aux Antiquaires
, et combien il est mal- aisé d'établir
, sur tout en fait de Pierres gravées ,
des preuves d'Antiquité qui ne puissent
être contestées et renduës problématiques?
Je crois pouvoir regarder cette Pierre
comme un Préservatif ou Amulete pour
détruire les Rats qui infectent si souvent
les Campagnes et les Maisons. L'Autel
est dédié à Apollon , les deux Cocqs en
font foy. Pausanias , in Eliac. Cap. xxv.
assure que cet Oiseau domestique , qui
annonce l'arrivée du jour , lui est consacré
; ainsi (a) ne faisons aucune difficulté
de le regarder comme un des attributs
de cette Divinité , qui sous le
nom d'Apollon Smynthien , ( b ) avoit
(a) Nostras hasce Gemmulas percurrendo , em
ferè omnes ad Mithram et solem spectare inveniniemus.
Fabretti , c. 7. pag. 531 ... Gallum inter
solaria animantia reposuit Antiquitas . Ibid .
(b) ΙΕΡΟΝ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΣΜΙΝΘΕΩΣ . Cujus
nominis Etymon deducit à Muribus . Strabo. L. 13
Apollo Sminthiorum pernicies Murium Arnob.
advers. Gentes. L. 3.P. 15No
A vi
Ran
2124 MERCURE DE FRANCE .
un Temple dans l'Ifle de Tenedos :
>
C'est sans doute en memoire de ce
culte que les Puples de Tenedos firent
frapper deux Médailles , l'une rapportée
par Goltzius où se voyent deux Rats
à côté d'une Hâche à doublé tranchant;
et l'autre où l'on voit la tête radiée d'A
pollon avec un Mulot ou Rat de Campagne
, et lå Hache ou Bipennis de Tenedos
au revers . Ce sont- là des symboles
caracteristiques de la Divinité Tutelaire.
de
Cette Ifle , et de l'inflexiblé séverité
de ceux qui y administroient la Justice.
Elien raconte que les Rats faisoient de
si grands dégâts dans les champs des
Troyens.ct des Eoliens , que l'on eut
recours à l'Oracle de Delphes , qui re
pondit que ces Peuples en seroient dêlivrez
s'ils sacrifioient à Apollon Smynthien.
Ce Dieu avoit aussi un Temple
scus le même nom dans la Ville de Chry
sa , qui étoit située dans la Troade , presque
vis - à- vis l'Ifle de Tenedos. On y
voyoit la Staruë d'Apollon avec un Rat
à ses pieds. C'étoit l'Ouvrage du fameux
Scopas de Paros. Ce fut en mémoire d'un
évenement assez singulier , que je crois
devoir rapporter
.
Certains Peuples (a) de l'Ifle de Crete
(a) Strab. L. XIII. Vide G. Cuperi , Mónu
vinren
OCTOBRE. TOB 1733. 22 J
vinrent aborder dans cette contrée , cherchant
à s'y établir. Incertains du lieu
où i´s devoient fixer leur demeure, ils s'adresserent
à l'Oracle , qui leur dit de
s'arrêter dans l'endroit où les Enfans de
la Terre viendroient les attaquer. Pendant
la nuit une prodigieuse multitude
de Rats survint près de la Ville d'Amaxitus
, et rongea les cordes de leurs Arcs ,
feurs Harnois et autres ustanciles de cuir.
Ce peuple crédule , jugeant l'Oracle accompli
, s'établit précisément dans cet
endrait.Un ancien Auteur, cité par Stra
bon , prétend qu'il y avoit un grand
nombre de Rats aux environs de ce
Temple , et qu'on les y regardoit avec
une espece de vénération . Chrises , dont
parle Homere au commencement de l'Iliade
, en étoit le Sacrificateur , et c'é oit
lui , sans doute , qui en dirigeoit le culte
dans la Ville de Chrysa.
ment. Antiq. post Harpocratem p. 209.nummum.
refert in quo conspicitur Apollo laurea coronatus ,.
in altera vero area , idem Deus stans , Arcum
manu tenens , pharetra à terga pendente et ab an-·
teriore corporis parte АПOÂúÑƆƐ , cam_litteris ›
ΣΔΕ , a posteriore vero nota aliqua e : ΤΜΙΘΕΩΣ,
infra vero ΑΛΕΞΑΝΔΡΕΩΝ .... Μ ΔΡ ..
Lege EXAMANAPON . Sic et ex alio simili nummo
apud March. Scipionem Maffeium in Verona il
lustrata , pag. 355
Le
2126 MERCURE DE FRANCE
Le Scholiaste d'Homere, raporte L.I.de
l'Iliade , qu'Apollon envoya une prodigieuse
quantité de Rats dans les Champs
de Crinis , son Prêtre , qui avoit encouru
son indignation.Ces Animaux ravagerent
tous ses fruits. Le Dieu s'appaisa , se mit
en devoir de les détruire , et les tua tous
en effet à coups de fleches. Ce fut en
reconnoissance que Crinis fit bâtir un
Temple à Apollon sous le nom de Smynthien.
-
Les deux Rats représentez sur cette
Pierre , sont de pauvres victimes dévoüées
à la colere d'Apollon. Ils publient
eux mêmes leur défaite. L'un d'eux
réduit aux abois par les violens efforts
de son Adversaire , s'écrie CYCKHNEBOHO
I. CONTUBERNALIS SUCCURRE
A l'aide Camarade . Le Rat enlevé par
l'autre Cocq , n'a pas la force de lui répondre
autrement que par ce mot KPA-
ΤΟΥΜΕ , mis pour ΚΡΑΤΟΥΜΕΘΑ., par
une abreviation forcée put-être par le
défaut de la couche blanche , qui seule
pouvoit donner aux Caracteres le relief
nécessaire pour les faire paroître. VINCIMUR
; C'est fait de nous , nous sommes
vaincus. On peut dire aussi , si l'on veut,
que le Graveur , trop servilement attaché
à certaine prononciation locale , a
mis
OCTOBR E. 1733. 2127
mis ΚΡΑΤΟΥΜΕ pour ΚΡΑΤΟΥΜΑΙ , qui
signitie VINCOR , je suis vaincu ; en ce
cas - là c'est un des Rats qui parle , comme
se trouvant hors d'état de secourir
son Camarade , qui reclame son assistance.
Je sçais qu'on pourroit objecter quelqu'autre
défaut dans la construction de
cette Légende , et dire qu'il devroit y
avoir BOHOEI , au lieu de BOHOI ; mais
sans vouloir entrer dans une discussion
grammaticale , qui n'est gueres de mon
ressort,il me seroit aisé de citer d´s exemples
dans les ( a ) Inscriptions Grecques
sur les Médailles et Gravures antiques, où
l'Epsilon se trouve supprimé . D'ailleurs il
me paroît qu'on peut aussi attribuer cette
omission à l'ignorance ou au peu d'exactitude
du Graveur , sur tout dans les Monumens
postérieurs au siécle d'Auguste.
Ce qu'il y a de positif, c'est que les Grecs
modernes ont conservé cette prononciation
qui pouvoit avoir lieu anciennement
dans certains Païs de la Grece.
Le Pois a fait graver une Agathe Onyx,
qui a quelque rapport avec celle que je
viens d'expliquer. On y voit un Cocq ,
un Rat et une Corbeille ouverte , avec le
mot Aprilis.
( a) Fabretti , pag. 740. n. 802.
Les
2128 MERCURE DE FRANCE
Les Rats que nous regardons avec me
pris , et que nous nous contentons de li
vrer à l'antipathie de certains animaux
d'une espece differente , étoient redoutables
dans divers Païs. Nous en avons un
témoignage précis dans l'Ecriture Sainte,
au 1 Liv. des Rois , où il est dit : Il sortit
tout d'un coup des Champs et des Villages
une multitude de Rats , et on vit dans
toute la Ville une confusion de mourans
et de morts. Les Philistins ne furent délivrez
de cette espece de fléau , que lorsqu'ils
eurent renvoyé l'Arche du Seigneur
avec cinq Rats d'or , selon le nombre de
feurs Provinces .
Les gros Rats s'étoient tellement empa
rez de l'Isle de ( a ) foura , qui est le lieu
le plus sterile et le plus désagréable de
tout l'Archipel , qu'ils obligerent les habitans
de l'abandonner , et s'il en faut
croire Théophraste , ces pauvres bêtes au
défaut de tout autre aliment , se virent
obligées de ronger le Fer , tel qu'il est
lorsqu'il sort des Mines. •
Les Romains tiroient des présages de la
vûë de ces animaux . Pline , liv. 8. ch.57.
nous apprend que de son temps la rencon
tre d'un Rat blanc étoit de bon Augure:
La Guerre des Marses ,selon le même
{ 3 ) ΓΥΑΡΟΣ,
Au
OCTOBRE. 1733. 2129
Auteur , fut annoncée par l'événement
bizaree que je vais raconter.Les Boucliers,
qui étoient à Lanuvium , se trouverent
rongez par les Rats ; et delà il fut conclu
qu'il se préparoit quelque funeste évenement
pour la République. La Guerre survint
bien tôt après; il n'en fallut pas
d'a
vantage pour justifier les frivoles conjectures
d'un Peuple superstitieux.
Ciceron , qui sur ces matieres pensoit
bien différemment de la multitude,se
moque avec esprit de la crédulité des Romains.
» Les Aruspices , dit- il liv. 11. de
Divinat. criérent au miracle , sur ce
que les Rats avoient rongé les Boucliers
» de Lanuvium , peu de temps avant la
» Guerre des Marses , comme s'il étoit
» bien important de sçavoir qu'un ani-
» mal , occupé nuit et jour à ronger tout
» ce qui se présente à lui , se fut attaché
» à des Boucliers, plutôt qu'à toute autre
» chose. En suivant leurs fausses idées ,
» ai- je dû craindre pour le sort de Rome,
lorsque les Rats ont rongé chez moi le
» Livre de la République de Platon , et
» s'ils eussent attaqué le Traité d'Epicure
sur la volupté , serois - je plus raison-
» nable de prédire sur cet événement la
>> cherté de toutes les Denrées qui se ven-
» dent au marché ?.
Pline
2130 MERCURE DE FRANCE
Pline rapporte , liv. 10. chap . 65. des
choses qui me paroissent incroïables sur
la prodigieuse propagation des Rats ; et
c'est en conséquence qu'il prétend qu'ils
parurent autrefois en si grand nombre
dans certain Païs de la Grece , qu'après en
avoir ravagé les moissons , ils en firent
déserter les habitans. ( a ) Un Auteur du
siécle passé prétend qu'à peu près la même
avanture est arrivée en Angleterre ,
en la Province d'Essex , en 1580 et 1648.
C'est dans de telles circonstances que les
Peuples ont pû recourir à des moyens
surnaturels pour être délivrez d'une engeance
si pernicieuse .
Gregoire de Tours , cet Historien qu'on
accuse , peut- être , avec raison , d'avoir.
inséré dans son Ouvrage un grand nombre
de faits fabuleux et d'opinions populaires
, ausquelles il paroît ajouter foy,fait
mention , liv . 8. ch. 14. de son Histoire
de deux figures de Bronze , trouvées à
Paris , vers la fin du sixième siècle , l'une
représentoit un Serpent , et l'autre un
Loir, qui est une espece de Rat velu , qui
habite dans les Bois . A peine furent - elles
enlevées de l'endroit où l'on prétendoit
qu'elles avoient une vertu de Talisman
( a ) Childreyus , lib. de Mirab . Natura in Anglia
Citat, in Ephem . Erud. ann. 1667. pag.113 ,
pour -
OCTOBRE . 1732. 2137
pour éloigner de la contrée les animaux
qu'elles représentoient , qu'on vit paroître
un nombre infini de Serpens et de
Loirs dans la Ville et dans les Campagnes
voisines.
Quoique l'Histoire que je vais rapporter
, ait l'air d'une Fable , elle convient
trop à mon sujet pour la passer sous silence.
La voici telle qu'on la trouve chez
les Centuriateurs de Magdebourg , vol. 3 .
Cent. 10 ch. 10.
Hatton , surnommé Bonosus , de Moine
de Fulde devint Archevêque de Mayence.
Il étoit dur envers les Pauvres , et au
lieu de les secourir pendant la famine , il
leur fit sentir les effets les plus cruels de
son avarice . Il fit assembler quantité de
Pauvres dans une Grange où il les fit brûler
, en disant que c'étoit une engeance
inutile, et qui n'étoit bonne qu'à manger
le pain necessaire aux autres. Fruges con
sumere nati. Il en fut bien- tôt puni. Les
Rats l'assaillirent de tous côtez et lui déclarerent
une guerre mortelle. Il eût beau
se retirer dans une Tour , bâtie au milieu
du Rhin , qu'on appelle encore à present
la Tour des Rats . ( Mausthuun ) Les Rats
l'y suivirent et passerent le Fleuve à la
nage ; ils entrerent dans la Tour , et firent
mourir l'Archevêque . On ajoute
qu'a2132
MERCURE DE FRANCE
qu'après la mort de ce Prélat, ces animaux
devenus les Instrumens de la Justice divine.
, rongerent tout jusqu'à son nom ,
qui étoit gravé sur le Marbre ou Ecrit
dans les Registres publics.
M. de Thou , liv. 5. pag 161. de son
Histoire , prétend que Barthelemi Chasseneuz
, devenu ensuite premier Président
du Parlement de Provence , se trouvant à
Autun , les habitans de quelques Villages
des environs demanderent qu'il plût à
l'Evêque Diocésain d'excommunier les
Rats qui désoloient cette contrée ; que ce
fameux Jurisconsulte se chargea de la défense
de ces animaux , et représenta que
le terme qui leur avoit été accordé étoit
trop court , d'autant mieux qu'ils risquoient
de se mettre en chemin , tous les
Chats des Villages voisins étant aux
aguets pour les arrêter en passant™, sur
quoi Chasseneuz obrint un plus long délai
pour venir répondre à la citation .
Quelques- uns révoquent en doute un
fait si singulier ; mais il me paroît que
le témoignage d'un Auteur aussi grave ,
et d'ailleurs presque contemporain , doit
prévaloir sur tout ce qu'on peut avancer
pour le détruire dans toutes ses circonstances
, d'autant mieux que la premiere
conOCTOBRE.
1733. 2133
consultation de ( a ) Chassencuz roule sur
tout ce qui s'observoit de son temps en
Bourgogne , au sujet de l'excommunication
des Animaux et des Insectes nuisi
bles , ausquels il assure qu'on donnoit un
Avocat pour les deffendre. Il y fait mention
de tout ce qui s'y pratiquoit de son
temps , avant que de proceder à leur excommunication
; et c'est peut être ce détail
qui a donné lieu à M, de Thou de
dire que Chasseneuz avoit rempli les
fonctions de leur Avocat en pareille occasion
.
Je dois parler aussi d'un Préservatif
contre les Rats , pieusement introduit
dans un siècle plein d'ignorance , par les
Moines de S. Hubert , dans les Ardennes.
On suppose que dans le Territoire de
cette Abbaye on ne voit aucun Rat ; et
on attribuë çette singularité aux mérites
de S. V lalric , Evêque d'Ausbourg ( b ) ,
( a ) Nonnulla Animalia immunda in formam
murium urbanorum existentia Grisei coloris , à nemoribus
circum vicinis exeuntia... Post modum
distribuitur Advocatus pro consilio dictorum Animalium
, qui respondet pradictam maledictionem ,
Anathematisationem , et Excommunicationem fieri
non debere, &c. Barth. à Chassaneo,Cons. 1.p.17.
(b ) Joan. Eusebius Nierem Bergius de Miracul
Nat. in Europâ . lib. 2. cap. 6. , ... Effecis
idem Episcopus (S. Udalricus) ut nulli magni Mu.
dont
2134 MERCURE DE FRANCE
dont cette Eglise possede les Reliques .
On rapporte à ce sujet des pratiques superstieuses
et des usages indécens ( c) qui
font tort à la Religion , qui leur sert de
prétexte ; et qu'on auroit dû abolir dans
un siècle aussi éclairé que le nôtre.
antique , qu'on croit avoir servi d'Amulete
an de Préservatif contre les Rats:
D
Epuis que
les hommes , foibles par
cux- mêmes , et malheureusement
esclaves de leur cupidité ,se furent écartez
de la vraye Religion
, ils eurent recours
à des Divinitez
arbitraires
ausquelles ils
assignetent
des fonctions
à proportion
de leurs besoins . Elles étoient chargées de
les garantir
de tout ce qui pouvoit leur
nuire. Les Nations entieres livrées à la superstition
la plus grossiere
, attribuerent
à
des Talismans
,à des Amuletes,à des Pierres
gravées
OCTOBRE. 1733 2123
gravées , des Vertus occultes et prétendues
efficaces contre les malheurs et les
maladies qui les menaçoient , et contre
les Animaux et les Insectes qui leur faisoient
la guerre. La multitude si aisée à
séduire par les apparences les plus foibles
d'un merveilleux , dont elle est.
toujours avide, s'empressoit d'attester les
effets de ces prétendus préservatifs. De
là ces Monumens de leur crédulité se
multiplierent à l'infini , et plusieurs d'entre'eux
se sont conservez jusqu'à nous.
C'est dans cette Classe que j'ai crû devoir
ranger la Gravûre singuliere qu'un
illustre Magistrat ( a ) vient d'ajouter à
la magnifique collection de tout ce que
' Antiquité peut fournir de plus rare et
de plus curieux en fait de Médailles et
de Gravûres antiques . C'est une Agathe
Sardonyx rouge et blanche , gravée en
relief , plus remarquable par la singu
larité du Type , que par la beauté du
Dessein et la délicatesse du travail . Elle
représente un Autel ou Cippus , sur lequel
on voit un Rat qu'un Cocq prend
par la queue pour l'attirer à soy et pour
le faire tomber au bas de l'Autel . Il paroît
résister ; et il semble tenir quelque
(a ) M. LE BRET , Premier Président , Inten--
ant et Commandant pour S. M. en Provence.
A. Y chose
2122 MERCURE DE FRANCE
chose à la bouche avec ses deux pattes.
De l'autre côté un autre Cocq tient un
second Rat de la même façon. Il a été
mis hors de combat , et amené par force au
pied de l'Autel . On lit au haut CYCKhne
BOHOI , et au bas ou à l'Exergue KPA-
ΤΟΥΜΕ. (4)
HNEBOHOT
ΚΡΑΤΟΥ ΜΕ
Grandeur
de
la Pierre
(a) On atrouvé à propos de faire graver ici sur la
même Planche le Dessein d'une Cornaline du Ca
binet de M. le P. Président Bon , de Montpellier ,
enchassée dans une Bague d'or antique , dont le Type
est singulier et a du rapport avec l'Agathe du Ca
binet de M. le Bret.
OCTOBR E. 1733
2123
C'est en supposant que cette Gravûre
est incontestablement antique , que je me
suis déterminé à en donner l'explication.
Je n'ose cependant rien prononcer à cet
égard. Qui ne sçait les moyens dont on
s'est servi et dont on se sert encore de
nos jours , pour en imposer aux Antiquaires
, et combien il est mal- aisé d'établir
, sur tout en fait de Pierres gravées ,
des preuves d'Antiquité qui ne puissent
être contestées et renduës problématiques?
Je crois pouvoir regarder cette Pierre
comme un Préservatif ou Amulete pour
détruire les Rats qui infectent si souvent
les Campagnes et les Maisons. L'Autel
est dédié à Apollon , les deux Cocqs en
font foy. Pausanias , in Eliac. Cap. xxv.
assure que cet Oiseau domestique , qui
annonce l'arrivée du jour , lui est consacré
; ainsi (a) ne faisons aucune difficulté
de le regarder comme un des attributs
de cette Divinité , qui sous le
nom d'Apollon Smynthien , ( b ) avoit
(a) Nostras hasce Gemmulas percurrendo , em
ferè omnes ad Mithram et solem spectare inveniniemus.
Fabretti , c. 7. pag. 531 ... Gallum inter
solaria animantia reposuit Antiquitas . Ibid .
(b) ΙΕΡΟΝ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΣΜΙΝΘΕΩΣ . Cujus
nominis Etymon deducit à Muribus . Strabo. L. 13
Apollo Sminthiorum pernicies Murium Arnob.
advers. Gentes. L. 3.P. 15No
A vi
Ran
2124 MERCURE DE FRANCE .
un Temple dans l'Ifle de Tenedos :
>
C'est sans doute en memoire de ce
culte que les Puples de Tenedos firent
frapper deux Médailles , l'une rapportée
par Goltzius où se voyent deux Rats
à côté d'une Hâche à doublé tranchant;
et l'autre où l'on voit la tête radiée d'A
pollon avec un Mulot ou Rat de Campagne
, et lå Hache ou Bipennis de Tenedos
au revers . Ce sont- là des symboles
caracteristiques de la Divinité Tutelaire.
de
Cette Ifle , et de l'inflexiblé séverité
de ceux qui y administroient la Justice.
Elien raconte que les Rats faisoient de
si grands dégâts dans les champs des
Troyens.ct des Eoliens , que l'on eut
recours à l'Oracle de Delphes , qui re
pondit que ces Peuples en seroient dêlivrez
s'ils sacrifioient à Apollon Smynthien.
Ce Dieu avoit aussi un Temple
scus le même nom dans la Ville de Chry
sa , qui étoit située dans la Troade , presque
vis - à- vis l'Ifle de Tenedos. On y
voyoit la Staruë d'Apollon avec un Rat
à ses pieds. C'étoit l'Ouvrage du fameux
Scopas de Paros. Ce fut en mémoire d'un
évenement assez singulier , que je crois
devoir rapporter
.
Certains Peuples (a) de l'Ifle de Crete
(a) Strab. L. XIII. Vide G. Cuperi , Mónu
vinren
OCTOBRE. TOB 1733. 22 J
vinrent aborder dans cette contrée , cherchant
à s'y établir. Incertains du lieu
où i´s devoient fixer leur demeure, ils s'adresserent
à l'Oracle , qui leur dit de
s'arrêter dans l'endroit où les Enfans de
la Terre viendroient les attaquer. Pendant
la nuit une prodigieuse multitude
de Rats survint près de la Ville d'Amaxitus
, et rongea les cordes de leurs Arcs ,
feurs Harnois et autres ustanciles de cuir.
Ce peuple crédule , jugeant l'Oracle accompli
, s'établit précisément dans cet
endrait.Un ancien Auteur, cité par Stra
bon , prétend qu'il y avoit un grand
nombre de Rats aux environs de ce
Temple , et qu'on les y regardoit avec
une espece de vénération . Chrises , dont
parle Homere au commencement de l'Iliade
, en étoit le Sacrificateur , et c'é oit
lui , sans doute , qui en dirigeoit le culte
dans la Ville de Chrysa.
ment. Antiq. post Harpocratem p. 209.nummum.
refert in quo conspicitur Apollo laurea coronatus ,.
in altera vero area , idem Deus stans , Arcum
manu tenens , pharetra à terga pendente et ab an-·
teriore corporis parte АПOÂúÑƆƐ , cam_litteris ›
ΣΔΕ , a posteriore vero nota aliqua e : ΤΜΙΘΕΩΣ,
infra vero ΑΛΕΞΑΝΔΡΕΩΝ .... Μ ΔΡ ..
Lege EXAMANAPON . Sic et ex alio simili nummo
apud March. Scipionem Maffeium in Verona il
lustrata , pag. 355
Le
2126 MERCURE DE FRANCE
Le Scholiaste d'Homere, raporte L.I.de
l'Iliade , qu'Apollon envoya une prodigieuse
quantité de Rats dans les Champs
de Crinis , son Prêtre , qui avoit encouru
son indignation.Ces Animaux ravagerent
tous ses fruits. Le Dieu s'appaisa , se mit
en devoir de les détruire , et les tua tous
en effet à coups de fleches. Ce fut en
reconnoissance que Crinis fit bâtir un
Temple à Apollon sous le nom de Smynthien.
-
Les deux Rats représentez sur cette
Pierre , sont de pauvres victimes dévoüées
à la colere d'Apollon. Ils publient
eux mêmes leur défaite. L'un d'eux
réduit aux abois par les violens efforts
de son Adversaire , s'écrie CYCKHNEBOHO
I. CONTUBERNALIS SUCCURRE
A l'aide Camarade . Le Rat enlevé par
l'autre Cocq , n'a pas la force de lui répondre
autrement que par ce mot KPA-
ΤΟΥΜΕ , mis pour ΚΡΑΤΟΥΜΕΘΑ., par
une abreviation forcée put-être par le
défaut de la couche blanche , qui seule
pouvoit donner aux Caracteres le relief
nécessaire pour les faire paroître. VINCIMUR
; C'est fait de nous , nous sommes
vaincus. On peut dire aussi , si l'on veut,
que le Graveur , trop servilement attaché
à certaine prononciation locale , a
mis
OCTOBR E. 1733. 2127
mis ΚΡΑΤΟΥΜΕ pour ΚΡΑΤΟΥΜΑΙ , qui
signitie VINCOR , je suis vaincu ; en ce
cas - là c'est un des Rats qui parle , comme
se trouvant hors d'état de secourir
son Camarade , qui reclame son assistance.
Je sçais qu'on pourroit objecter quelqu'autre
défaut dans la construction de
cette Légende , et dire qu'il devroit y
avoir BOHOEI , au lieu de BOHOI ; mais
sans vouloir entrer dans une discussion
grammaticale , qui n'est gueres de mon
ressort,il me seroit aisé de citer d´s exemples
dans les ( a ) Inscriptions Grecques
sur les Médailles et Gravures antiques, où
l'Epsilon se trouve supprimé . D'ailleurs il
me paroît qu'on peut aussi attribuer cette
omission à l'ignorance ou au peu d'exactitude
du Graveur , sur tout dans les Monumens
postérieurs au siécle d'Auguste.
Ce qu'il y a de positif, c'est que les Grecs
modernes ont conservé cette prononciation
qui pouvoit avoir lieu anciennement
dans certains Païs de la Grece.
Le Pois a fait graver une Agathe Onyx,
qui a quelque rapport avec celle que je
viens d'expliquer. On y voit un Cocq ,
un Rat et une Corbeille ouverte , avec le
mot Aprilis.
( a) Fabretti , pag. 740. n. 802.
Les
2128 MERCURE DE FRANCE
Les Rats que nous regardons avec me
pris , et que nous nous contentons de li
vrer à l'antipathie de certains animaux
d'une espece differente , étoient redoutables
dans divers Païs. Nous en avons un
témoignage précis dans l'Ecriture Sainte,
au 1 Liv. des Rois , où il est dit : Il sortit
tout d'un coup des Champs et des Villages
une multitude de Rats , et on vit dans
toute la Ville une confusion de mourans
et de morts. Les Philistins ne furent délivrez
de cette espece de fléau , que lorsqu'ils
eurent renvoyé l'Arche du Seigneur
avec cinq Rats d'or , selon le nombre de
feurs Provinces .
Les gros Rats s'étoient tellement empa
rez de l'Isle de ( a ) foura , qui est le lieu
le plus sterile et le plus désagréable de
tout l'Archipel , qu'ils obligerent les habitans
de l'abandonner , et s'il en faut
croire Théophraste , ces pauvres bêtes au
défaut de tout autre aliment , se virent
obligées de ronger le Fer , tel qu'il est
lorsqu'il sort des Mines. •
Les Romains tiroient des présages de la
vûë de ces animaux . Pline , liv. 8. ch.57.
nous apprend que de son temps la rencon
tre d'un Rat blanc étoit de bon Augure:
La Guerre des Marses ,selon le même
{ 3 ) ΓΥΑΡΟΣ,
Au
OCTOBRE. 1733. 2129
Auteur , fut annoncée par l'événement
bizaree que je vais raconter.Les Boucliers,
qui étoient à Lanuvium , se trouverent
rongez par les Rats ; et delà il fut conclu
qu'il se préparoit quelque funeste évenement
pour la République. La Guerre survint
bien tôt après; il n'en fallut pas
d'a
vantage pour justifier les frivoles conjectures
d'un Peuple superstitieux.
Ciceron , qui sur ces matieres pensoit
bien différemment de la multitude,se
moque avec esprit de la crédulité des Romains.
» Les Aruspices , dit- il liv. 11. de
Divinat. criérent au miracle , sur ce
que les Rats avoient rongé les Boucliers
» de Lanuvium , peu de temps avant la
» Guerre des Marses , comme s'il étoit
» bien important de sçavoir qu'un ani-
» mal , occupé nuit et jour à ronger tout
» ce qui se présente à lui , se fut attaché
» à des Boucliers, plutôt qu'à toute autre
» chose. En suivant leurs fausses idées ,
» ai- je dû craindre pour le sort de Rome,
lorsque les Rats ont rongé chez moi le
» Livre de la République de Platon , et
» s'ils eussent attaqué le Traité d'Epicure
sur la volupté , serois - je plus raison-
» nable de prédire sur cet événement la
>> cherté de toutes les Denrées qui se ven-
» dent au marché ?.
Pline
2130 MERCURE DE FRANCE
Pline rapporte , liv. 10. chap . 65. des
choses qui me paroissent incroïables sur
la prodigieuse propagation des Rats ; et
c'est en conséquence qu'il prétend qu'ils
parurent autrefois en si grand nombre
dans certain Païs de la Grece , qu'après en
avoir ravagé les moissons , ils en firent
déserter les habitans. ( a ) Un Auteur du
siécle passé prétend qu'à peu près la même
avanture est arrivée en Angleterre ,
en la Province d'Essex , en 1580 et 1648.
C'est dans de telles circonstances que les
Peuples ont pû recourir à des moyens
surnaturels pour être délivrez d'une engeance
si pernicieuse .
Gregoire de Tours , cet Historien qu'on
accuse , peut- être , avec raison , d'avoir.
inséré dans son Ouvrage un grand nombre
de faits fabuleux et d'opinions populaires
, ausquelles il paroît ajouter foy,fait
mention , liv . 8. ch. 14. de son Histoire
de deux figures de Bronze , trouvées à
Paris , vers la fin du sixième siècle , l'une
représentoit un Serpent , et l'autre un
Loir, qui est une espece de Rat velu , qui
habite dans les Bois . A peine furent - elles
enlevées de l'endroit où l'on prétendoit
qu'elles avoient une vertu de Talisman
( a ) Childreyus , lib. de Mirab . Natura in Anglia
Citat, in Ephem . Erud. ann. 1667. pag.113 ,
pour -
OCTOBRE . 1732. 2137
pour éloigner de la contrée les animaux
qu'elles représentoient , qu'on vit paroître
un nombre infini de Serpens et de
Loirs dans la Ville et dans les Campagnes
voisines.
Quoique l'Histoire que je vais rapporter
, ait l'air d'une Fable , elle convient
trop à mon sujet pour la passer sous silence.
La voici telle qu'on la trouve chez
les Centuriateurs de Magdebourg , vol. 3 .
Cent. 10 ch. 10.
Hatton , surnommé Bonosus , de Moine
de Fulde devint Archevêque de Mayence.
Il étoit dur envers les Pauvres , et au
lieu de les secourir pendant la famine , il
leur fit sentir les effets les plus cruels de
son avarice . Il fit assembler quantité de
Pauvres dans une Grange où il les fit brûler
, en disant que c'étoit une engeance
inutile, et qui n'étoit bonne qu'à manger
le pain necessaire aux autres. Fruges con
sumere nati. Il en fut bien- tôt puni. Les
Rats l'assaillirent de tous côtez et lui déclarerent
une guerre mortelle. Il eût beau
se retirer dans une Tour , bâtie au milieu
du Rhin , qu'on appelle encore à present
la Tour des Rats . ( Mausthuun ) Les Rats
l'y suivirent et passerent le Fleuve à la
nage ; ils entrerent dans la Tour , et firent
mourir l'Archevêque . On ajoute
qu'a2132
MERCURE DE FRANCE
qu'après la mort de ce Prélat, ces animaux
devenus les Instrumens de la Justice divine.
, rongerent tout jusqu'à son nom ,
qui étoit gravé sur le Marbre ou Ecrit
dans les Registres publics.
M. de Thou , liv. 5. pag 161. de son
Histoire , prétend que Barthelemi Chasseneuz
, devenu ensuite premier Président
du Parlement de Provence , se trouvant à
Autun , les habitans de quelques Villages
des environs demanderent qu'il plût à
l'Evêque Diocésain d'excommunier les
Rats qui désoloient cette contrée ; que ce
fameux Jurisconsulte se chargea de la défense
de ces animaux , et représenta que
le terme qui leur avoit été accordé étoit
trop court , d'autant mieux qu'ils risquoient
de se mettre en chemin , tous les
Chats des Villages voisins étant aux
aguets pour les arrêter en passant™, sur
quoi Chasseneuz obrint un plus long délai
pour venir répondre à la citation .
Quelques- uns révoquent en doute un
fait si singulier ; mais il me paroît que
le témoignage d'un Auteur aussi grave ,
et d'ailleurs presque contemporain , doit
prévaloir sur tout ce qu'on peut avancer
pour le détruire dans toutes ses circonstances
, d'autant mieux que la premiere
conOCTOBRE.
1733. 2133
consultation de ( a ) Chassencuz roule sur
tout ce qui s'observoit de son temps en
Bourgogne , au sujet de l'excommunication
des Animaux et des Insectes nuisi
bles , ausquels il assure qu'on donnoit un
Avocat pour les deffendre. Il y fait mention
de tout ce qui s'y pratiquoit de son
temps , avant que de proceder à leur excommunication
; et c'est peut être ce détail
qui a donné lieu à M, de Thou de
dire que Chasseneuz avoit rempli les
fonctions de leur Avocat en pareille occasion
.
Je dois parler aussi d'un Préservatif
contre les Rats , pieusement introduit
dans un siècle plein d'ignorance , par les
Moines de S. Hubert , dans les Ardennes.
On suppose que dans le Territoire de
cette Abbaye on ne voit aucun Rat ; et
on attribuë çette singularité aux mérites
de S. V lalric , Evêque d'Ausbourg ( b ) ,
( a ) Nonnulla Animalia immunda in formam
murium urbanorum existentia Grisei coloris , à nemoribus
circum vicinis exeuntia... Post modum
distribuitur Advocatus pro consilio dictorum Animalium
, qui respondet pradictam maledictionem ,
Anathematisationem , et Excommunicationem fieri
non debere, &c. Barth. à Chassaneo,Cons. 1.p.17.
(b ) Joan. Eusebius Nierem Bergius de Miracul
Nat. in Europâ . lib. 2. cap. 6. , ... Effecis
idem Episcopus (S. Udalricus) ut nulli magni Mu.
dont
2134 MERCURE DE FRANCE
dont cette Eglise possede les Reliques .
On rapporte à ce sujet des pratiques superstieuses
et des usages indécens ( c) qui
font tort à la Religion , qui leur sert de
prétexte ; et qu'on auroit dû abolir dans
un siècle aussi éclairé que le nôtre.
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Résumé : CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
Dans l'Antiquité, les superstitions et l'utilisation de talismans et d'amulettes étaient courantes pour se protéger contre divers maux, y compris les rats. Les hommes, éloignés de la véritable religion, recouraient à des divinités arbitraires pour se garantir des dangers. Les nations attribuaient des vertus occultes à des objets gravés, croyant qu'ils pouvaient les protéger contre les malheurs et les animaux nuisibles. Une gravure antique, une agate sardonyx rouge et blanche, représente un autel avec des rats et des coqs. Cette gravure est considérée comme un préservatif ou amulette contre les rats. Les coqs, dédiés à Apollon, sont représentés en train de capturer les rats, symbolisant la protection divine. Apollon, sous le nom de Smynthien, était connu pour protéger contre les rats, comme le montrent divers récits et monuments anciens. Les rats ont causé des ravages dans l'histoire, comme dans les champs des Troyens et des Éoliens, ou sur l'île de Foura. Les Romains tiraient des présages de la vue de ces animaux, et des auteurs comme Cicéron et Pline ont commenté la superstition entourant les rats. Des figures de bronze trouvées à Paris étaient censées protéger contre les serpents et les loirs. Des événements historiques impliquent des rats. Un archevêque, après avoir fait brûler des pauvres en les qualifiant d' 'engeance inutile', fut puni par des rats qui l'attaquèrent et le tuèrent, même après qu'il se soit réfugié dans une tour sur le Rhin, connue sous le nom de 'Tour des Rats'. Après sa mort, les rats détruisirent toute trace de son nom. Jacques Auguste de Thou mentionne que Barthélemi Chasseneuz, futur premier Président du Parlement de Provence, défendit des rats à Autun. Les habitants avaient demandé à l'évêque d'excommunier les rats qui ravageaient la région. Chasseneuz obtint un délai supplémentaire pour les rats afin qu'ils puissent répondre à la citation, arguant que les chats des villages voisins étaient prêts à les attaquer. Les moines de Saint-Hubert dans les Ardennes prétendaient que les rats étaient absents de leur territoire grâce aux mérites de Saint-Udalric, évêque d'Augsbourg. Cette pratique est critiquée pour ses aspects indécents et superstitieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 75-78
LETTRE DE M. MARIN, Censeur Royal & de Police, de l'Académie de Marseille, & de la Société Royale des Sciences & Belles-Lettres de Nancy ; à Madame la P*** de *** sur un projet intéressant pour l'humanité. Brochure in-12, sans nom de Ville ni de Libraire.
Début :
LE but de cet écrit est de proposer un établissement qui fait honneur à [...]
Mots clefs :
Établissement, Brochure, Pauvres, Avocats, Injustice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE M. MARIN, Censeur Royal & de Police, de l'Académie de Marseille, & de la Société Royale des Sciences & Belles-Lettres de Nancy ; à Madame la P*** de *** sur un projet intéressant pour l'humanité. Brochure in-12, sans nom de Ville ni de Libraire.
LETTRE DE M. MARIN , Cenfeur
Royal & de Police , de l'Académie
de Marfeille , & de la Société Royale
des Sciences & Belles- Lettres de Nancy
; à Madame la P*** de *** fur
un projet intéreſſant pour l'humanité.
Brochure in- 12 , fans nom de Ville
ni de Libraire .
LEE but de cet écrit eft de propofer
un établiffement qui fait honneur à
celui qui l'a imaginé , & auquel nous
Dij
76 MERCURE DE FRANCE .
1
croyons que tous les citoyens devroient
concourir. Il s'agit d'un Bureau de confultations
pour les les pauvres , c'eſt-à -dire ,
que tous les pauvres qui ont des procès ,
& qui , faute de pouvoir payer des Avocats
& des Procureurs , font obligés d'abandonner
leurs droits trouveroient
une reffource contre l'injuftice , dans
la bonne volonté de quelques particuliers
difpofés à payer les frais de la procédure.
Ce Bureau s'établiroit par la
voie de la foufcription. On nommeroit
un Caiffier qui feroit dépofitaire
des fonds des Soufcripteurs ; & des
Avocats payés de l'argent de ces fonds
s'affembleroient
certains jours de la femaine
pour délibérer fur les affaires de
leurs pauvres cliens. Il faut lire dans la
brochure même tous les détails concernant
ce nouvel établiffement. Ils
nous ont paru concertés avec prudence,
& dictés par une charité tendre & affectueufe
, qui fait connoître l'ame fenfible
& bienfaifante de M. Marin. Ce qui
fans doute , lui a fait naître l'idée de
propofer un pareil établiffement
, eft
une hiftoire pathétique , au récit de laquelle
les coeurs les plus durs feront euxmêmes
attendris . M. Marin parle d'une
JANVIER. 1763. 77
femme malheureuſe , à qui il a été chargé
de porter les aumônes de la Princeffe
, à laquelle il a dédié fa brochure .
» J'ai erré long-temps dans cette rue ,
» où elle avoit vécu dans une forte d'o-
» pulence , fans avoir pu découvrir fa
>> retraite. Les voifins qu'elle avoit fi
>> fouvent obligés , ont oublié jufqu'à
" fon nom. Je défefpérois de réuffir
» dans mes recherches , lorfqu'une jeune
»fille m'arrête & me tend la main , en
» me cachant fes larmes. Je l'interroge ,
» & par les réponfes que je lui arrache
» je comprends qu'elle follicite la charité
» des paffans pour cette femme que je
» cherche. Je me fais conduire ; elle
» me guide en tremblant ; je la fuis dans
» un réduit obfcur ; j'entre , je vois à la
» foible lueur d'une lampe , fix enfans
>> aux genoux de leur mère , lui deman
» dant du pain. Je vois une femme , les
» yeux égarés , gardant le filence terrible
» du défefpoir , fe meurtriffant le fein
» d'une main , & foutenant de l'autre la
» tête de fon mari , étendu fur la paille ,
» brulé par une fiévre ardente , couvert
» de cicatrices , & expirant faute de
» nourriture. Comment vous peindre
» Madame , l'expreffion de leur recon-
» noiffance, lorfque j'ai annoncé à ces
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
» infortunés que leur malheur étoit
» venujufqu'à vous , & que vos mains
par-
» s'étoient ouvertes à leur mifére ! La
» mère étouffant de fanglots , embraf-
"fant fes enfans , fans pouvoir proférer
»une parole ; le père agitant fa tête , &
» prononçant des mots mal articulés ;
» les enfans preffant mes genoux en
» larmes , m'ont fait pouffer un cri de
» douleur & de joie , & m'ont plongé
» dans une espèce d'anéantiffement ;
"mes pieds chancelans fe déroboient
» fous moi;ma main cherchoit un appui;
" mon coeur s'eft gonflé , ma refpira-
» tion devenue plus rare & plus forte
» étouffoit ma voix , & je fuis resté
» quelque temps immobile. »
"
M. Marin nous apprend que la caufe
de l'infortune de cette famille au défefpoir
, eft venue d'un procès injuſte
qu'on lui a fait , & qu'elle a perdu
faute de s'être défendue felon les formalités
ordinaires de la Juftice . Il lui refte
encore quelque reffource ; mais n'étant
pas en état de défendre fon bien , que
d'injuftes raviffeurs veulent lui enlever ,
elle eft dans le danger de tout perdre.
C'eft ce qui a donné à M. Marin l'idée
du nouvel établiffement dont nous venons
de rendre compte.
Royal & de Police , de l'Académie
de Marfeille , & de la Société Royale
des Sciences & Belles- Lettres de Nancy
; à Madame la P*** de *** fur
un projet intéreſſant pour l'humanité.
Brochure in- 12 , fans nom de Ville
ni de Libraire .
LEE but de cet écrit eft de propofer
un établiffement qui fait honneur à
celui qui l'a imaginé , & auquel nous
Dij
76 MERCURE DE FRANCE .
1
croyons que tous les citoyens devroient
concourir. Il s'agit d'un Bureau de confultations
pour les les pauvres , c'eſt-à -dire ,
que tous les pauvres qui ont des procès ,
& qui , faute de pouvoir payer des Avocats
& des Procureurs , font obligés d'abandonner
leurs droits trouveroient
une reffource contre l'injuftice , dans
la bonne volonté de quelques particuliers
difpofés à payer les frais de la procédure.
Ce Bureau s'établiroit par la
voie de la foufcription. On nommeroit
un Caiffier qui feroit dépofitaire
des fonds des Soufcripteurs ; & des
Avocats payés de l'argent de ces fonds
s'affembleroient
certains jours de la femaine
pour délibérer fur les affaires de
leurs pauvres cliens. Il faut lire dans la
brochure même tous les détails concernant
ce nouvel établiffement. Ils
nous ont paru concertés avec prudence,
& dictés par une charité tendre & affectueufe
, qui fait connoître l'ame fenfible
& bienfaifante de M. Marin. Ce qui
fans doute , lui a fait naître l'idée de
propofer un pareil établiffement
, eft
une hiftoire pathétique , au récit de laquelle
les coeurs les plus durs feront euxmêmes
attendris . M. Marin parle d'une
JANVIER. 1763. 77
femme malheureuſe , à qui il a été chargé
de porter les aumônes de la Princeffe
, à laquelle il a dédié fa brochure .
» J'ai erré long-temps dans cette rue ,
» où elle avoit vécu dans une forte d'o-
» pulence , fans avoir pu découvrir fa
>> retraite. Les voifins qu'elle avoit fi
>> fouvent obligés , ont oublié jufqu'à
" fon nom. Je défefpérois de réuffir
» dans mes recherches , lorfqu'une jeune
»fille m'arrête & me tend la main , en
» me cachant fes larmes. Je l'interroge ,
» & par les réponfes que je lui arrache
» je comprends qu'elle follicite la charité
» des paffans pour cette femme que je
» cherche. Je me fais conduire ; elle
» me guide en tremblant ; je la fuis dans
» un réduit obfcur ; j'entre , je vois à la
» foible lueur d'une lampe , fix enfans
>> aux genoux de leur mère , lui deman
» dant du pain. Je vois une femme , les
» yeux égarés , gardant le filence terrible
» du défefpoir , fe meurtriffant le fein
» d'une main , & foutenant de l'autre la
» tête de fon mari , étendu fur la paille ,
» brulé par une fiévre ardente , couvert
» de cicatrices , & expirant faute de
» nourriture. Comment vous peindre
» Madame , l'expreffion de leur recon-
» noiffance, lorfque j'ai annoncé à ces
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
» infortunés que leur malheur étoit
» venujufqu'à vous , & que vos mains
par-
» s'étoient ouvertes à leur mifére ! La
» mère étouffant de fanglots , embraf-
"fant fes enfans , fans pouvoir proférer
»une parole ; le père agitant fa tête , &
» prononçant des mots mal articulés ;
» les enfans preffant mes genoux en
» larmes , m'ont fait pouffer un cri de
» douleur & de joie , & m'ont plongé
» dans une espèce d'anéantiffement ;
"mes pieds chancelans fe déroboient
» fous moi;ma main cherchoit un appui;
" mon coeur s'eft gonflé , ma refpira-
» tion devenue plus rare & plus forte
» étouffoit ma voix , & je fuis resté
» quelque temps immobile. »
"
M. Marin nous apprend que la caufe
de l'infortune de cette famille au défefpoir
, eft venue d'un procès injuſte
qu'on lui a fait , & qu'elle a perdu
faute de s'être défendue felon les formalités
ordinaires de la Juftice . Il lui refte
encore quelque reffource ; mais n'étant
pas en état de défendre fon bien , que
d'injuftes raviffeurs veulent lui enlever ,
elle eft dans le danger de tout perdre.
C'eft ce qui a donné à M. Marin l'idée
du nouvel établiffement dont nous venons
de rendre compte.
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Résumé : LETTRE DE M. MARIN, Censeur Royal & de Police, de l'Académie de Marseille, & de la Société Royale des Sciences & Belles-Lettres de Nancy ; à Madame la P*** de *** sur un projet intéressant pour l'humanité. Brochure in-12, sans nom de Ville ni de Libraire.
M. Marin, membre de plusieurs académies et sociétés savantes, propose la création d'un Bureau de consultations pour les pauvres. Ce bureau offrirait une assistance juridique gratuite aux personnes indigentes impliquées dans des procès, mais incapables de payer des avocats et procureurs. Le financement serait assuré par des souscriptions volontaires, avec un caissier pour gérer les fonds et des avocats rémunérés pour traiter les affaires des pauvres clients. L'idée de ce projet découle d'une rencontre émouvante de M. Marin avec une famille dans le besoin. Il avait cherché une femme autrefois prospère et l'avait trouvée dans un réduit obscur avec ses enfants affamés et son mari malade. Leur misère était due à un procès injuste perdu faute de moyens pour se défendre. Cette expérience a poussé M. Marin à proposer ce bureau pour éviter de telles injustices.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 93-96
LETTRE au même sur l'Etablissement d'un Bureau de Consultations pour les PAUVRES.
Début :
ON. trouve, Monsieur, dans le Mercure de Fevrier 1763. l'extrait d'une [...]
Mots clefs :
Consultations , Pauvres, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE au même sur l'Etablissement d'un Bureau de Consultations pour les PAUVRES.
LETTRE au même fur l'Etabliſſement
d'un Bureau de Confultations pour
les PAUVRES.
ON
>
N. trouve , Monfieur , dans le Mercure
de Fevrier 1763. l'extrait d'une
Lettre de M. Marin Cenfeur Royal
qui contient un projet auquel on ne
peut donner trop d'éloges. Il s'agit de
I'Etabliffement d'un Bureau de Con-
-fultations pour les Pauvres . En attendant
que le plan propofé par l'Auteur
puiffe recevoir fon entiere exécution
, le bien public & la juftice due
à l'ordre des Avocats du Parlement de
་
94 MERCURE DE FRANCE.
Paris , femblent éxiger que l'on faff
mention des Confultations de charité,
qui fe donnent tout les Mercredis , dans
leur Bibliothéque , fituée première Cour
de l'Archevêché. L'affemblée eft compofée
de fix ou huit' Avocats , qui font
invités de s'y trouver par une Lettre
de M. le Premier Avocat Général .
Ces Meffieurs écoutent tout ce que les
Pauvres viennent leur expofer ; ils éxaminent
les piéces qui leur font préfentées
; & lorfque les queftions ne font
pas d'une trop longue difcuffion , ils
délivrent fur le champ une confultation
fignée de tous les Affiftans. Si l'affaire
éxige un ample éxamen , on diftribue
les piéces à quelqu'un de la compagnie,
qui fe charge d'en faire le rapport dans
une autre Affemblée.
Vous voyez par-là , Monfieur , qu'il
ne s'agiroit que d'étendre les reffources
de l'Etabliffement déja formé , pour
remplir les vues de M. Marin. Les Confultans
, les livres , le lieu d'aſſemblée
fubfiftent ainfi tous les nouveaux fecours
que des Citoyens généreux voudroient
fournir , pourroient être employés
à la pourfuite des droits reconnus
légitimes,des malheureux qui ne feroient
pas en état d'en avancer les frais.
:
Qu'il me foit permis d'ajouter ici une
AVRIL 1763 . 95
bfervation qui intéreffe également le
-repos des familles , & dont l'objet pourroit
être du reffort de cette Affemblée
refpectable. Ne feroit-il pas poffible de
mettre un frein à la paffion de ces Plaideurs
entêtés qui, malgré l'évidence d'une
mauvaife caufe , ont la funefte manie
de fufciter des procès injuftes avec
d'autant plus de hardieffe , qu'ils n'ont
rien à perdre ? De là il arrive fouvent
qu'un Père de famille , très-malaifé luimême
, fe trouve forcé d'avancer pour
fa défenfe , des fommes qui feront à
jamais perdues pour lui , attendu l'infolvabilité
de fon Adverfaire . Les Etrangers
& les Dévolutaires font obligés en
pareil cas de donner une caution pour
la fureté du recouvrement des frais
que l'on appelle Cautio judicatum folvi.
On pourroit en étendre l'obligation
aux Plaideurs dont je parle , & rendre
le Bureau des Confultations Juge des
cas où cette précaution feroit néceffaire.
S'il eft trifte de ne pouvoir pas obtenir
la reftitution d'un bien far lequel on a
des droits , faute d'être en état d'avancer
quelques argent pour les faire valoir
, il n'eft pas moins fâcheux de perdre
une partie de fa fortune par la né
ceffité de repouffer les atteintes d'un
.
96 MERCURE DE FRANCE.
aggreffeur injufte , fur lequel il n'y
rien à recouvrer.
J'ai l'honneur d'être & c.
Ce 26 Février 1763.
d'un Bureau de Confultations pour
les PAUVRES.
ON
>
N. trouve , Monfieur , dans le Mercure
de Fevrier 1763. l'extrait d'une
Lettre de M. Marin Cenfeur Royal
qui contient un projet auquel on ne
peut donner trop d'éloges. Il s'agit de
I'Etabliffement d'un Bureau de Con-
-fultations pour les Pauvres . En attendant
que le plan propofé par l'Auteur
puiffe recevoir fon entiere exécution
, le bien public & la juftice due
à l'ordre des Avocats du Parlement de
་
94 MERCURE DE FRANCE.
Paris , femblent éxiger que l'on faff
mention des Confultations de charité,
qui fe donnent tout les Mercredis , dans
leur Bibliothéque , fituée première Cour
de l'Archevêché. L'affemblée eft compofée
de fix ou huit' Avocats , qui font
invités de s'y trouver par une Lettre
de M. le Premier Avocat Général .
Ces Meffieurs écoutent tout ce que les
Pauvres viennent leur expofer ; ils éxaminent
les piéces qui leur font préfentées
; & lorfque les queftions ne font
pas d'une trop longue difcuffion , ils
délivrent fur le champ une confultation
fignée de tous les Affiftans. Si l'affaire
éxige un ample éxamen , on diftribue
les piéces à quelqu'un de la compagnie,
qui fe charge d'en faire le rapport dans
une autre Affemblée.
Vous voyez par-là , Monfieur , qu'il
ne s'agiroit que d'étendre les reffources
de l'Etabliffement déja formé , pour
remplir les vues de M. Marin. Les Confultans
, les livres , le lieu d'aſſemblée
fubfiftent ainfi tous les nouveaux fecours
que des Citoyens généreux voudroient
fournir , pourroient être employés
à la pourfuite des droits reconnus
légitimes,des malheureux qui ne feroient
pas en état d'en avancer les frais.
:
Qu'il me foit permis d'ajouter ici une
AVRIL 1763 . 95
bfervation qui intéreffe également le
-repos des familles , & dont l'objet pourroit
être du reffort de cette Affemblée
refpectable. Ne feroit-il pas poffible de
mettre un frein à la paffion de ces Plaideurs
entêtés qui, malgré l'évidence d'une
mauvaife caufe , ont la funefte manie
de fufciter des procès injuftes avec
d'autant plus de hardieffe , qu'ils n'ont
rien à perdre ? De là il arrive fouvent
qu'un Père de famille , très-malaifé luimême
, fe trouve forcé d'avancer pour
fa défenfe , des fommes qui feront à
jamais perdues pour lui , attendu l'infolvabilité
de fon Adverfaire . Les Etrangers
& les Dévolutaires font obligés en
pareil cas de donner une caution pour
la fureté du recouvrement des frais
que l'on appelle Cautio judicatum folvi.
On pourroit en étendre l'obligation
aux Plaideurs dont je parle , & rendre
le Bureau des Confultations Juge des
cas où cette précaution feroit néceffaire.
S'il eft trifte de ne pouvoir pas obtenir
la reftitution d'un bien far lequel on a
des droits , faute d'être en état d'avancer
quelques argent pour les faire valoir
, il n'eft pas moins fâcheux de perdre
une partie de fa fortune par la né
ceffité de repouffer les atteintes d'un
.
96 MERCURE DE FRANCE.
aggreffeur injufte , fur lequel il n'y
rien à recouvrer.
J'ai l'honneur d'être & c.
Ce 26 Février 1763.
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Résumé : LETTRE au même sur l'Etablissement d'un Bureau de Consultations pour les PAUVRES.
La lettre traite de la création d'un Bureau de Consultations pour les Pauvres, un projet annoncé dans le Mercure de février 1763 par M. Marin. Ce projet offre des consultations juridiques gratuites aux personnes démunies. Actuellement, des consultations de charité se tiennent chaque mercredi à la bibliothèque du Parlement de Paris, avec la participation de six à huit avocats invités par le Premier Avocat Général. Ces avocats écoutent les problèmes des pauvres, examinent les pièces présentées et délivrent des consultations signées par tous les assistants. Si une affaire nécessite un examen approfondi, les pièces sont distribuées à un membre de la compagnie pour un rapport ultérieur. L'auteur propose d'étendre cet établissement pour répondre pleinement aux vues de M. Marin. Il suggère également de mettre un frein aux plaideurs entêtés qui suscitent des procès injustes en les obligeant à fournir une caution pour le recouvrement des frais, similaire à la Cautio judicatum solvi exigée des étrangers et des dévolutaires. Cela protégerait les familles contre les pertes financières dues à des procès inutiles.
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7
p. 99-106
LETTRE de M. MARIN à M. DE LA PLACE, sur l'Histoire de SALADIN, &c.
Début :
VOUS avez eu la bonté, Monsieur, de faire mention dans le Mercure d'Avril [...]
Mots clefs :
Avocats, Bureau, Pauvres, Conseil, Consultations , Histoire, Ouvrage, Honneur, Syrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. MARIN à M. DE LA PLACE, sur l'Histoire de SALADIN, &c.
LETTRE de M. MARIN à M. DE LA
PLACE , fur l'Hiftoire de SALA
& c. DIN ,
VOUS Ous avez eu la bonté , Monfieur .
de faire mention dans le Mercure d'Avril
de l'Hiftoire de Saladin , & vous
l'avez annoncée comme une nouvelle
édition. Je fuis fort éloigné d'approuver
ces petites rufes de Libraires , & je
vous prie d'apprendre au Public que j'ai
fait quelques légers changemens dans
cet écrit , mais qu'il n'a point été réimprimé
de nouveau .
Cet Ouvrage qui m'a couté dix années
de travail , dont j'ai puifé les matériaux
dans tous les Auteurs du temps ,
Chrétiens & Mufulmans , que j'ai écrit
avec le plus de foin qu'il m'a été poffible
, & que j'avois cru rendre intéreſfant
par le développement & l'Hiftoire
abrégée des Dynafties Arabes , par le
tableau des moeurs & des opinions des
!
qu'on pouvoit donner une fauffe interprétation
au premier vers de fon Ode à Hiéron ; c'eſt
pourquoi il répéte enfuite cette même comparaifon
, & donne la correction néceffaire .
E ij
Too MERCURE DE FRANCE.
+
Mahometans , & en préfentant fous une
face nouvelle , une de ces expéditions .
malheureufes qui firent de la Syrie un
gouffre où l'Europe venoit s'engloutir ;
cet Ouvrage , dis-je , traité avec ce ton
de vérité que quelques critiques ont
blâme , & que je regarde comme le premier
devoir impofe à l'Hiftorien , obtint
le fuffrage des gens de lettres ; mais
les femmes qui font dans notre fiécle le
fuccès des livres nouveaux , & dont
plufieurs méritent cet honneur ; mais
le commun des Lecteurs François furent
rebutés des noms barbares qu'on y rencontre
à chaque page. On étoit accoutumé
à lire dans Maimbourg , ( dont je
viens d'imiter la prolixité dans la phraſe
précédente ) dans Vertot , & tant d'autres
, les noms de Noradin , d'Adile ,
de Saladin , & on a été effrayé d'y voir
fubftituer ceux de Zenghi , de Kara-
Arflan , de Schirgouht , de Schaour ,
de Kamstegghin , & c ; vous penfez bien ' ,
Monfieur , que cet affemblage de lettres
qu'il falloit , pour ainfi dire , épeler chaque
fois pour leur faire produire deз
fons ; que ces fons bizarres qui venoient
à chaque inftant irriter les oreilles délicates
, ont dû laffer la patience des perfonnes
qui lifent plus pour s'amufer que
M A I. 1763.
ΤΟΥ
pour s'inftruire . J'ai eu tort fans doute
de ne point animer leur conftance en
les avertiffant dans la Préface , qu'après
le troifiéme ou le quatriéme livre , elles
n'auroient rencontré que des noms trèsconnus
, des noms de leurs ancêtres
des détails peut- être intéreffans & des
anecdotes que très-fùrement elles ne
trouveront point ailleurs ainfi raffemblés.
C'étoient , s'il m'eft permis de le dire
, les déferts qui conduifent dans l'Arabie
heureuſe. Mais je m'apperçois qu'à
l'occafion de votre annonce , je me
charge du ridicule de faire moi - même
l'éloge de mon Ouvrage , & c'eſt ſans
donte là une rufe de l'amour- propre
moins pardonnable que celle de mes
Libraires.
Dans le même volume , vous avez
inféré une Lettre pleine de réflexions .
judicieuses , à l'occafion du projet que
j'avois imaginé, & auquel vous avez bien
vou'u applaudir . On a eu tort de confondre
cet établiffement avec les confultations
gratuites des Avocats. Je propofe
une affemblée ou bureau de perfonnes
inftruites & autorifées à pourfuivre
avec vigueur les intérêts des pauvres
contre la tyrannie des débiteurs puiffans
& de mauvaife foi. Je n'ai cité
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
qu'un exemple dans ma Lettre , mais.
j'aurois pu en appeller plufieurs à l'appui
de mes idées , fi je n'avois craint des.
applications. Je les développerois & je
leur donnerois plus d'étendue , fi ce
projet pouvoit avoir lieu. On fentiroit
par la multiplicité d'injuftices criantes.
qu'on pourroit dévoiler , combien il feroit
important de réprimer la cruauté de
certains hommes qui infultent dans des
voitures magnifiques , aux malheureux
dont ils traînent les dépouilles.
Mais ce qu'il faut dire ici pour l'honneur
de l'humanité , c'eft que ma Lettre
adreffée à M. le P. de.... a occafionné
plufieurs bonnes oeuvres. On a recherché
les infortunés de l'efpéce de ceuxdont
j'ai parlé , & on s'eft difputé la
gloire de les fecourir, Un Avocat eftimable
que je ne puis nommer fans fon
aveu , a offert de fe charger de toutes
les caufes des pauvres & de faire les
avances néceffaires ; & fans doute plufieurs
de fes Confrères font dans la
même difpofition . Ainfi dans ce fiécle
que nos Moraliftes ne ceffent de rabaiffer
dans leurs déclamations , l'humanité:
n'a rien perdu de fes droits. Elle n'eft
point éteinte dans le coeur des hommes
& il fuffit de réveiller leur fenfibilité :
M A I. 1763. 103
pour les ramener à cette compaffion
bienfaifante que la Nature nous infpire
pour nos femblables .
Il est encore queftion de moi , Monfieur
, dans le même Mercure. En lifant
le manufcrit de l'Anglois à Bordeaux ,
Piéce qu'on ne fauroit trop louer ; j'ajoutai
un couplet à ceux du Vaudeville
qui termine cette Comédie . Ce
couplet destiné feulement pour M.
Favart , eft tombé entre les mains du
Libraire , qui l'a mêlé avec d'autres jolis
vers . Imprimé ainfi féparément il a un
air de prétention qu'il ne mérite pas , &
que je n'ai jamais eu deffein de luidonner.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris ce Avril 1763 . MARIN.
P.S. Comme le projet que j'avois
propofé n'aura peut-être jamais lieu , je
crois devoir ajouter ici quelques éclairciffemens
fur ce qui fe pratique à Paris ,
à Lyon & à Nancy.
Henri IV, qui s'occupoit fans ceffe
du bonheur de fes Sujets , avoit voulu
quelque temps avant fa mort, procurer
aux pauvres les fecours dont ils pourroient
avoir befoin pour l'inftruction &
la défenfe de leurs affaires. Il rendit à
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
cet effet le 6 Mars 1610 , un Arrêt de
fon Confeil d'Etat, qui ordonnoit que
dans toutes les Cours tant fouveraines
que fubalternes , il feroit commis des
Avocats & Procureurs , lefquels feroient
tenus d'affifter de leur confeil , labeur
& vacations , les Veuves , Orphelins ,
Pauvres Gentilshommes , Marchands
Laboureurs & autres qui feroient dépourvus
de confeils & d'argent , &c . La
mort prématurée de ce grand Roi empêcha
l'éxécution d'une fi belle entreprife.
Elle eft demeurée depuis fans
effet ; mais les Avocats y ont fuppléé
en partie , en établiffant des Confultations
de charité qui fe tiennent dans la
Bibliothéque que fen M. de Riparfond
a laiffée à l'Ordre des Avocats . Cette
Bibliothéque eft dans une des Salles de
l'Archevêché. Il s'y affemble une fois
la femaine , plufieurs anciens & jeunes
Avocats nommés par Meffieurs les Avocats
Généraux du Parlement , pour donner
leur avis fur les affaires qui font
propofées. Un d'entre les jeunes rend
compte a l'ancien des Mémoires , &
rédige les Confultations fans en recevoir
aucun honoraire. Meffieurs les
Avocats Généraux & M. le Procureur
Général áffiftoient anciennement à ces
M A I. 1763. TOS
affemblées & y viennent encore quelquefois.
Je tiens ces éclairciffemens d'un Avocat
( M. A. de M... ) qui m'a dit les
avoir envoyés également au Journal de
Jurifprudence. A Lyon il y a un Bureau ,
ou Confeil charitable. Ce Bureau doit
fon établiffement à M. de Rochebonne ,
Archevêque de Lyon , qui affecta 2000 1 .
à prendre fur les revenus de l'Archevêché.
Tous ces Succeffeurs ont continué
cette bonne oeuvre . La Ville ena
augmenté les revenus.
M. l'Archevêque préfide à ce Bureau,
en fon abfence c'eftfon premier Grand
Vicaire , ou un Comte de Lyon. Il y
affifte des Magiftrats de la Cour des
Monnoyes , Maréchauffée & Préfidial
de Lyon , des Avocats , des Procureurs,
des Négocians & notables Bourgeois .
On y régle à l'amiable toutes les conteftations
lorsque les parties veulent bien
s'en rapporter à ce Confeil. On fe charge
des procès des pauvres , où on leur
fournit des fecours , c'eſt-à - dire de l'argent
pour les pourfuivre eux - mêmes.
On y donne auffi des confultations gratuies
.
Ce Bureau s'affemble à l'Archevêché
tous les Samedis.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE
Ce Bureau éxerce encore une bonne
oeuvre. Les loyers fe payent à Lyon
tous les fix mois , c'eft- à- dire , à la S.
Jean & à Noël. Quand un ouvrier ou ,
un autre pauvre particulier eft dans l'impuiffance
de payer fon terme , on s'en
charge. On met la femme en condition
, on a foin des enfans & on aide
le mari.
A Nancy , Saniflas le bienfaisant ,
qui mérite ce nom à tant de titres , a
établi un , Confeil d'Avocats qui éxaminent
toutes les conteftations & les.
décident. Ces Avocats font payés par
le Roi & il n'en coûte rien aux Parties
qui vont les confulter,
PLACE , fur l'Hiftoire de SALA
& c. DIN ,
VOUS Ous avez eu la bonté , Monfieur .
de faire mention dans le Mercure d'Avril
de l'Hiftoire de Saladin , & vous
l'avez annoncée comme une nouvelle
édition. Je fuis fort éloigné d'approuver
ces petites rufes de Libraires , & je
vous prie d'apprendre au Public que j'ai
fait quelques légers changemens dans
cet écrit , mais qu'il n'a point été réimprimé
de nouveau .
Cet Ouvrage qui m'a couté dix années
de travail , dont j'ai puifé les matériaux
dans tous les Auteurs du temps ,
Chrétiens & Mufulmans , que j'ai écrit
avec le plus de foin qu'il m'a été poffible
, & que j'avois cru rendre intéreſfant
par le développement & l'Hiftoire
abrégée des Dynafties Arabes , par le
tableau des moeurs & des opinions des
!
qu'on pouvoit donner une fauffe interprétation
au premier vers de fon Ode à Hiéron ; c'eſt
pourquoi il répéte enfuite cette même comparaifon
, & donne la correction néceffaire .
E ij
Too MERCURE DE FRANCE.
+
Mahometans , & en préfentant fous une
face nouvelle , une de ces expéditions .
malheureufes qui firent de la Syrie un
gouffre où l'Europe venoit s'engloutir ;
cet Ouvrage , dis-je , traité avec ce ton
de vérité que quelques critiques ont
blâme , & que je regarde comme le premier
devoir impofe à l'Hiftorien , obtint
le fuffrage des gens de lettres ; mais
les femmes qui font dans notre fiécle le
fuccès des livres nouveaux , & dont
plufieurs méritent cet honneur ; mais
le commun des Lecteurs François furent
rebutés des noms barbares qu'on y rencontre
à chaque page. On étoit accoutumé
à lire dans Maimbourg , ( dont je
viens d'imiter la prolixité dans la phraſe
précédente ) dans Vertot , & tant d'autres
, les noms de Noradin , d'Adile ,
de Saladin , & on a été effrayé d'y voir
fubftituer ceux de Zenghi , de Kara-
Arflan , de Schirgouht , de Schaour ,
de Kamstegghin , & c ; vous penfez bien ' ,
Monfieur , que cet affemblage de lettres
qu'il falloit , pour ainfi dire , épeler chaque
fois pour leur faire produire deз
fons ; que ces fons bizarres qui venoient
à chaque inftant irriter les oreilles délicates
, ont dû laffer la patience des perfonnes
qui lifent plus pour s'amufer que
M A I. 1763.
ΤΟΥ
pour s'inftruire . J'ai eu tort fans doute
de ne point animer leur conftance en
les avertiffant dans la Préface , qu'après
le troifiéme ou le quatriéme livre , elles
n'auroient rencontré que des noms trèsconnus
, des noms de leurs ancêtres
des détails peut- être intéreffans & des
anecdotes que très-fùrement elles ne
trouveront point ailleurs ainfi raffemblés.
C'étoient , s'il m'eft permis de le dire
, les déferts qui conduifent dans l'Arabie
heureuſe. Mais je m'apperçois qu'à
l'occafion de votre annonce , je me
charge du ridicule de faire moi - même
l'éloge de mon Ouvrage , & c'eſt ſans
donte là une rufe de l'amour- propre
moins pardonnable que celle de mes
Libraires.
Dans le même volume , vous avez
inféré une Lettre pleine de réflexions .
judicieuses , à l'occafion du projet que
j'avois imaginé, & auquel vous avez bien
vou'u applaudir . On a eu tort de confondre
cet établiffement avec les confultations
gratuites des Avocats. Je propofe
une affemblée ou bureau de perfonnes
inftruites & autorifées à pourfuivre
avec vigueur les intérêts des pauvres
contre la tyrannie des débiteurs puiffans
& de mauvaife foi. Je n'ai cité
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
qu'un exemple dans ma Lettre , mais.
j'aurois pu en appeller plufieurs à l'appui
de mes idées , fi je n'avois craint des.
applications. Je les développerois & je
leur donnerois plus d'étendue , fi ce
projet pouvoit avoir lieu. On fentiroit
par la multiplicité d'injuftices criantes.
qu'on pourroit dévoiler , combien il feroit
important de réprimer la cruauté de
certains hommes qui infultent dans des
voitures magnifiques , aux malheureux
dont ils traînent les dépouilles.
Mais ce qu'il faut dire ici pour l'honneur
de l'humanité , c'eft que ma Lettre
adreffée à M. le P. de.... a occafionné
plufieurs bonnes oeuvres. On a recherché
les infortunés de l'efpéce de ceuxdont
j'ai parlé , & on s'eft difputé la
gloire de les fecourir, Un Avocat eftimable
que je ne puis nommer fans fon
aveu , a offert de fe charger de toutes
les caufes des pauvres & de faire les
avances néceffaires ; & fans doute plufieurs
de fes Confrères font dans la
même difpofition . Ainfi dans ce fiécle
que nos Moraliftes ne ceffent de rabaiffer
dans leurs déclamations , l'humanité:
n'a rien perdu de fes droits. Elle n'eft
point éteinte dans le coeur des hommes
& il fuffit de réveiller leur fenfibilité :
M A I. 1763. 103
pour les ramener à cette compaffion
bienfaifante que la Nature nous infpire
pour nos femblables .
Il est encore queftion de moi , Monfieur
, dans le même Mercure. En lifant
le manufcrit de l'Anglois à Bordeaux ,
Piéce qu'on ne fauroit trop louer ; j'ajoutai
un couplet à ceux du Vaudeville
qui termine cette Comédie . Ce
couplet destiné feulement pour M.
Favart , eft tombé entre les mains du
Libraire , qui l'a mêlé avec d'autres jolis
vers . Imprimé ainfi féparément il a un
air de prétention qu'il ne mérite pas , &
que je n'ai jamais eu deffein de luidonner.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Paris ce Avril 1763 . MARIN.
P.S. Comme le projet que j'avois
propofé n'aura peut-être jamais lieu , je
crois devoir ajouter ici quelques éclairciffemens
fur ce qui fe pratique à Paris ,
à Lyon & à Nancy.
Henri IV, qui s'occupoit fans ceffe
du bonheur de fes Sujets , avoit voulu
quelque temps avant fa mort, procurer
aux pauvres les fecours dont ils pourroient
avoir befoin pour l'inftruction &
la défenfe de leurs affaires. Il rendit à
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
cet effet le 6 Mars 1610 , un Arrêt de
fon Confeil d'Etat, qui ordonnoit que
dans toutes les Cours tant fouveraines
que fubalternes , il feroit commis des
Avocats & Procureurs , lefquels feroient
tenus d'affifter de leur confeil , labeur
& vacations , les Veuves , Orphelins ,
Pauvres Gentilshommes , Marchands
Laboureurs & autres qui feroient dépourvus
de confeils & d'argent , &c . La
mort prématurée de ce grand Roi empêcha
l'éxécution d'une fi belle entreprife.
Elle eft demeurée depuis fans
effet ; mais les Avocats y ont fuppléé
en partie , en établiffant des Confultations
de charité qui fe tiennent dans la
Bibliothéque que fen M. de Riparfond
a laiffée à l'Ordre des Avocats . Cette
Bibliothéque eft dans une des Salles de
l'Archevêché. Il s'y affemble une fois
la femaine , plufieurs anciens & jeunes
Avocats nommés par Meffieurs les Avocats
Généraux du Parlement , pour donner
leur avis fur les affaires qui font
propofées. Un d'entre les jeunes rend
compte a l'ancien des Mémoires , &
rédige les Confultations fans en recevoir
aucun honoraire. Meffieurs les
Avocats Généraux & M. le Procureur
Général áffiftoient anciennement à ces
M A I. 1763. TOS
affemblées & y viennent encore quelquefois.
Je tiens ces éclairciffemens d'un Avocat
( M. A. de M... ) qui m'a dit les
avoir envoyés également au Journal de
Jurifprudence. A Lyon il y a un Bureau ,
ou Confeil charitable. Ce Bureau doit
fon établiffement à M. de Rochebonne ,
Archevêque de Lyon , qui affecta 2000 1 .
à prendre fur les revenus de l'Archevêché.
Tous ces Succeffeurs ont continué
cette bonne oeuvre . La Ville ena
augmenté les revenus.
M. l'Archevêque préfide à ce Bureau,
en fon abfence c'eftfon premier Grand
Vicaire , ou un Comte de Lyon. Il y
affifte des Magiftrats de la Cour des
Monnoyes , Maréchauffée & Préfidial
de Lyon , des Avocats , des Procureurs,
des Négocians & notables Bourgeois .
On y régle à l'amiable toutes les conteftations
lorsque les parties veulent bien
s'en rapporter à ce Confeil. On fe charge
des procès des pauvres , où on leur
fournit des fecours , c'eſt-à - dire de l'argent
pour les pourfuivre eux - mêmes.
On y donne auffi des confultations gratuies
.
Ce Bureau s'affemble à l'Archevêché
tous les Samedis.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE
Ce Bureau éxerce encore une bonne
oeuvre. Les loyers fe payent à Lyon
tous les fix mois , c'eft- à- dire , à la S.
Jean & à Noël. Quand un ouvrier ou ,
un autre pauvre particulier eft dans l'impuiffance
de payer fon terme , on s'en
charge. On met la femme en condition
, on a foin des enfans & on aide
le mari.
A Nancy , Saniflas le bienfaisant ,
qui mérite ce nom à tant de titres , a
établi un , Confeil d'Avocats qui éxaminent
toutes les conteftations & les.
décident. Ces Avocats font payés par
le Roi & il n'en coûte rien aux Parties
qui vont les confulter,
Fermer
Résumé : LETTRE de M. MARIN à M. DE LA PLACE, sur l'Histoire de SALADIN, &c.
M. Marin adresse une lettre à M. de La Place pour clarifier des informations concernant son ouvrage sur l'histoire de Saladin. Il précise que cet ouvrage, résultant de dix années de travail, n'a pas été réimprimé mais a subi quelques modifications. Il compile des matériaux provenant d'auteurs chrétiens et musulmans et se concentre sur une expédition malheureuse en Syrie. Malgré des critiques sur son style, l'ouvrage a été bien accueilli par les gens de lettres, mais a rebuté le commun des lecteurs français en raison des noms barbares utilisés. M. Marin mentionne également une lettre publiée dans le Mercure de France, qui traite d'un projet visant à protéger les intérêts des pauvres contre la tyrannie des débiteurs puissants. Ce projet, bien que confondu avec les consultations gratuites des avocats, propose la création d'une assemblée de personnes instruites pour défendre les pauvres. Cette initiative a déjà suscité des bonnes œuvres et des actions de soutien. Enfin, M. Marin explique qu'il a ajouté un couplet à une pièce de théâtre, qui a été imprimé séparément et de manière inappropriée. Il fournit également des éclaircissements sur des initiatives similaires à Paris, Lyon et Nancy, où des avocats et des magistrats offrent des consultations gratuites et des aides financières aux pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 160-167
DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
Début :
Le 2 de ce mois, Leurs Majestés & la Famille Royale signèrent le [...]
Mots clefs :
Famille royale, Duc, Marquis, Comte, Monseigneur, Honneur, Mariage, Cérémonies, Ministre, Serment, Pauvres, Audience, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
DE VERSAILLES , le 28 Avril 1764.
L. 2 de ce mois , Leurs Majeſtés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de Vaubecourt avec Demoiſelle de Vateboy
du Metz. Le même jour , la Marquife de Donniffan
& la Marquile de Graffe furent préſentées
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , la première
par la Marquife de Durfort , la feconde
par la Comteffe de Carcado.
Le même jour , les Députés du Parlement de
Befançon , au nombre de huit , furent préſentés
à Sa Majesté par le Duc de Choifeul , Miniftre &
Secrétaire d'Etat ayant le département de la Province
, & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut
dans fon fauteuil en préſence de fes Miniftres &
de fes Grands Officiers , & leur permit de lui
faire les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie.
Les , Leurs Majeftés & la Famille Royale -
gnérent le contrat de Mariage du Marquis de
Tourzel avec Demoifelle d'Havré.
Le fieur Law de Laurifton , Colonel d'Infanterie
, étant fur le point de partir en qualité de
Commiffaire pour le Roi & Commandant GénéJUILLET.
1764.
161
ral des établiſſemens François aux Indes Orientales
, a été préfenté à Sa Majeſté le zo du mois
dernier.
Le 8 de ce mois , le Marquis de Choiſeul- la-
Baume , Maréchal de Camp , prêta ferment entre
les mains du Roi pour la Lieutenance générale
de Champagne. Le même jour la Ducheffe
d'Elbeuf fit fes révérences à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale. Le lendemain , l'Evêque de
Comminges prêta ferment pendant la Melle entre
les mains du Roi.
Le Comte de Dietrichſtein , Chambellan de
l'Empereur , notifia , le 15 , à Leurs Majeftés &
à la Famille Royale l'Election & le Couronnement
de l'Archiduc Joſeph Roi des Romains. Le
même jour , le Vicomte de Choifeul , Brigadier
des Armées du Roi , Colonel du Régiment de
Poitou , & l'un des Menins de Monfeigneur le
Dauphin , nommé pour aller complimenter , de
la part du Roi , l'Empereur & le Roi des Romains,
a pris congé de Sa Majeſté.
Le 16 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulde Colonel des Grenadiers de France ,
avec Demoiſelle Davy de la Pailleterie .
"
Le 19 , jour du Jeudi Saint , après l'Abfoure
faite par l'Évêque de Poitiers & le Sermon prononcé
par l'Abbé de Balore , Vicaire Général
du Diocèle de Belley , le Roi lava les pieds à
douze Pauvres & les fervit à table. Le Prince de
Condé , Grand-Maître de la Maifon de Sa Majefté
, étoit à la tête des Maîtres d'Hôtel & précéda
le fervice , dont les plats furent portés par
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monfeigneur le Comte de Provence ,
par le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le
162 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Bourbon , le Prince de Conty , le Comte
de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre
& le Prince de Lamballe , & par les principaux
Officiers de Sa Majesté.
Le même jour , la Reine entendit le Sermon
de la Cene prononcé par l'Abbé de Chaléon , Vicaire
Général du Diocèle de Meaux. L'Evêque de
Poitiers fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa
Majefté lava les pieds à douze pauvres Filles
-qu'Elle fervit à table. Le Marquis de Talaru ,
premier Maître d'Hôtel , précédia le fervice , &
les plats furent portés par Madame Adélaïde &
par Meldames Sophie & Louife , ainfi que par
les Dames du Palais de la Reine , & les Dames de
Meldames.
La Comteffe de Holderness , fe difpofant à retourner
en Angleterre , fut préfentée , le même
jour, à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale.
Le 22 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulevrier Langeron avec Demoiſelle de Saint
Pierre.
Le Comte du Châtelet- Lomont , Menin de
Monfeigneur le Dauphin & Ambaſſadeur du Roi
à la Cour de Vienne , arriva ici le 24, & fat
préfenté
le lendemain à Sa Majesté par le Duc de
Praflin. La Comteffe du Châtelet a été préfentée
aufli au Roi par le Duc de Fleury , Premier Gentilhomme
de la Chambre en exercice.
Le Roi vient de nommer Intendant de la Guadeloupe
le Sieur Senac de Meilhan , Maître des
-Requêtes, qui , en cette qualité , a été préſenté à
Sa Majefté , le 26 , par le Duc de Choifeul .
Le Roi a donné l'Evêché de Vabres à l'Abbé de
Caftries , Vicaire - Général du Diocèle d'Alby ;
L'Abbaye de Saint Pierre , Ordre de Saint Benoît ,
JUILLET. 1764. 163
Diocèle de Châlons ſur Saône , à l'Abbé de Stoupy
, Chanoine de Liége ; celle de Saint Joffe- fur-
Mer , Ordre de Saint Benoît , Diocèſe d'Amiens ,
à l'Abbé de Modene , Vicaire- Général du même
Diocèfe ; celle de Saint Jacques , Ordre de Saint
Auguſtin , Diocèfe.de Beziers , à l'Abbé Guillot ,
Vicaire-Général du Diocèſe de Mâcon ; celle de
Sainte Perrine , Ordre de Saint Auguftin , Diocèle
de Paris , à la Dame de Mazieres , Religieufe
de la Communauté des Filles- Dieu à Paris ; &
celle des Chazes , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Saint Flour , à la Dame de Guerin de Lugeac ,
Religieufe Bénédictine de l'Abbaye de Lavau-
Dieq , même Diocèle.
Le Sieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry & de Monfeigneur le
Comte de Provence , eut l'honneur de préſenter ,
le 22
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
vingt nouvelles Cartes de fon Atlas Géographi
•que lefquelles ont rapport au cinquième âge du
monde , & doivent être à la tête du troifiéme
Volume de cet Ouvrage.
Du 16 Mai.
>
Les Députés du Parlement de Rouen , au nombre
de huit , furent préſentés au Roi , le 28 du
mois dernier , par le fieur Bertin Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de la
Normandie , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Sa Majefté les
reçut dans fon fauteuil en préfence de fes Miniftres
& de fes Grands- Officiers , & leur permit de
lui faire les repréſentations dont ils avoient été
chargés par leur Compagnie.
Le lendemain , les Députés des Etats de Bour
gogne furent auffi préfentés au Roi par le Prince
164 MERCURE DE FRANCE.
de Condé , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint Florentin , Miniftre & Sécrétaire
d'Etat. Ils furent conduits à cette Audience par le
Marquis de Dreux , Grand - Maître des Cérémonies
& par le Sieur Defgranges , Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée de
l'Abbé du Châtel , Aumônier Ordinaire de la
Reine , élu du Clergé , lequel porta la parole;
du Marquis de Châtelux , élu de la Nobleffe ; du
Sieur de Baudeffon , Maire d'Auxerre , élu du
Tiers Etat ; du Sieur Blanchon , Syndic , Député
de la Province de Breffe ; du Sieur Comber , Syndic
, Député des Provinces de Bujey & Gex ; du
Sieur de Blancey , Secrétaire des Etats de Bour
gogne, & du Sieur de Lapoix , Procureur Syndic
des mêmes Etats . Ces Députés eurent enfuite Audience
de la Reine & de Famille Royale.
Le même jour , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de la Roche - du- Maine avec Demoiſelle de
Verneuil. 暑
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Prince de Marfan & au Maréchal de
Balincourt.
Le premier de ce mois , les Muficiens du Roi ,
réunis aux Hautbois de la Chambre , fe rendirent
au lever de Sa Majefté , conduits par le Sieur de
Bury , Surintendant de la Mufique en furvivance
du Sieur Rebel , & éxécutérent felon l'uſage
ordinaire , plufieurs morceaux de Symphonie.
"
Le 2 , l'Evêque de Châlons - fur Marne prêta
ferment , pendant la Melle, entre les mains de
Sa Majesté.
Le 6 , ia Vicomteffe de Narbonne - Pelet a été
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de Forcalquier.
JUILLET, 1764. 165
Le 7 , l'Evêque de Vence & celui de Mâcon
prêterent ferment , pendant la Meffe , entre les
mains de Sa Majefté , dans la Chapelle du Château.
Le 8 , le Roi chaffa au vol , accompagné de Madame
Adélaïde , & de Meldames Sophie &
Louife.
Le 12 , le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs
, a prêté ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Lieutenant - Général de la
Province du Blaifois , vacante par la retraite du
Comte d'Harcourt.
Le 13 , les Secrétaires du Roi de la Grande
Chancellerie eurent l'honneur de préfenter à Sa
Majeſté , fuivant l'ufage , la bourſe de Saint Jean
de la Porte Latine. Le Steur Lebeuf , premier
Syndic de cette Compagnie porta la parole.
Le même jour , Leuis Majeftés & la Famille .
Royale fignerent le contrat de Mariage du Marquis
de Fontaines , Exempt des Gardes du Corps
dans la Compagnie Ecolloife , avec Demoiſelle
Goujon de Ris.
Le is , le Comte Bielinsk , Envoyé extraor
dinaire de la République de Pologne , eut fon
Audience de congé du Roi ; il y fut conduit , ainfi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs
Le Roi a difpofé en faveur de l'Abbé de Liſle & -
de l'Abbé Frottier , Clercs de fa Chapelle des deux
Charges de Chapelains vacantes par les cémiffions
des Abbés Peigné & de Haullay & les deux
charges de Clercs de Chapelle ont été accordées à
l'Abbé Blanchemain , Précepteur des Pages de
Sa Majefté , & à l'Abbé de Ciédat des Mazeaux .
L'Abbé de Sailly , Aumônier de Madame la
166 MERCURE DE FRANCE.
Dauphine , Grand - Chantre & Chanoine de la
Sainte Chapelle Koyale du Palais , & le Baron de
Lentzbourg , Membre du Sénat du Canton de
Fribourg, nommés par SaMajeſté pour être admis
dans les Ordres Royaux , Militaires & Hoſpitaliers
de Notre-Dame du Mont- Carmel & de
Saint Lazare de Jérufalem , ont fait leur profef
fion en préſence de Monfeigneur le Duc de
Berry , Grand-Maître de ces Ordres , entre les -
mains du Comte de Saint Florentin , Miniftre &
Secrétaire d'Etat , Adminiſtrateur Général defdits
Ordres ; après l'émiffion des Voeux , le nou
veau Commandeur Eccléfiaftique & le nouveau
Chevalier ont eu l'honneur de baifer la main du'
Prince Grand- Maître en figne d'obédience. Les
Chevaliers - Commandeurs , Grands - Officiers &
plufieurs Chevaliers Commandeurs Eccléfiaftiques
ont affifté à cette Cérémonie.
·
Le 30 Avril , le Sieur Targe , ancien Profeffeur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire , a
eu l'honneur de préfenter à Monseigneur le Duc
de Berry & à Monfeigneur le Comte de Proven-"
vence , les deux derniers Volumes de fa Traduction
de l'Hiftoire d'Angleterre de M. Smollet.
Le 6 Mai , le Sieur de la Lande , de l'Académie
Royale des Sciences , eut l'honneur de préſenter
au Roi une Carte du paffage de Vénus fur le Soleil
, qui s'obſervera le ; Juin 1769 , & d'expo-'
fer à Sa Majesté les avantages confidérables que
ce paffage aura fur celui qui eft arrivé en 1761.
Cette Carte étoit accompagnée d'un Mémoire
imprimé qui contient la manière dont le paffa-1
ge de 1769 paroîtra dans tous les Pays de la
Terre , les voyages qu'il fera utile d'entreprendre'
à cette occafion , & le réſultat de tout ce qui a
été obférvé ſur le paffage de 1761 dans toutes
les parties du Monde.
JUILLET. 1764. 167
Le Sieur Adanfon , de l'Académie des Sciences ,
a eu l'honneur de préfenter , le même jour , au
Roi un Ouvrage de fa compofition intitulé : Familles
des Plantes.
Le 12 , le Sieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , préfenta à Sa Majesté le troifiéme
Volume du Dictionnaire des Titres Origi
naux pour les Fiefs , le Domaine du Roi , l'Hif
toire, la Généalogie , & généralement tous les
objets qui concernent le gouvernement de l'Etat.
Le lendemain , Jean-Thomas Hériffant , Imprimeur
du Roi , Maiſon & Cabinet de Sa Majeſté
, eut auffi l'honneur de préfenter au Roi le
quatriéme Volume des Euvres du Chancelier
d'Agueffeau.
L. 2 de ce mois , Leurs Majeſtés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de Vaubecourt avec Demoiſelle de Vateboy
du Metz. Le même jour , la Marquife de Donniffan
& la Marquile de Graffe furent préſentées
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , la première
par la Marquife de Durfort , la feconde
par la Comteffe de Carcado.
Le même jour , les Députés du Parlement de
Befançon , au nombre de huit , furent préſentés
à Sa Majesté par le Duc de Choifeul , Miniftre &
Secrétaire d'Etat ayant le département de la Province
, & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Le Roi les reçut
dans fon fauteuil en préſence de fes Miniftres &
de fes Grands Officiers , & leur permit de lui
faire les repréſentations dont ils avoient été chargés
par leur Compagnie.
Les , Leurs Majeftés & la Famille Royale -
gnérent le contrat de Mariage du Marquis de
Tourzel avec Demoifelle d'Havré.
Le fieur Law de Laurifton , Colonel d'Infanterie
, étant fur le point de partir en qualité de
Commiffaire pour le Roi & Commandant GénéJUILLET.
1764.
161
ral des établiſſemens François aux Indes Orientales
, a été préfenté à Sa Majeſté le zo du mois
dernier.
Le 8 de ce mois , le Marquis de Choiſeul- la-
Baume , Maréchal de Camp , prêta ferment entre
les mains du Roi pour la Lieutenance générale
de Champagne. Le même jour la Ducheffe
d'Elbeuf fit fes révérences à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale. Le lendemain , l'Evêque de
Comminges prêta ferment pendant la Melle entre
les mains du Roi.
Le Comte de Dietrichſtein , Chambellan de
l'Empereur , notifia , le 15 , à Leurs Majeftés &
à la Famille Royale l'Election & le Couronnement
de l'Archiduc Joſeph Roi des Romains. Le
même jour , le Vicomte de Choifeul , Brigadier
des Armées du Roi , Colonel du Régiment de
Poitou , & l'un des Menins de Monfeigneur le
Dauphin , nommé pour aller complimenter , de
la part du Roi , l'Empereur & le Roi des Romains,
a pris congé de Sa Majeſté.
Le 16 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulde Colonel des Grenadiers de France ,
avec Demoiſelle Davy de la Pailleterie .
"
Le 19 , jour du Jeudi Saint , après l'Abfoure
faite par l'Évêque de Poitiers & le Sermon prononcé
par l'Abbé de Balore , Vicaire Général
du Diocèle de Belley , le Roi lava les pieds à
douze Pauvres & les fervit à table. Le Prince de
Condé , Grand-Maître de la Maifon de Sa Majefté
, étoit à la tête des Maîtres d'Hôtel & précéda
le fervice , dont les plats furent portés par
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monfeigneur le Comte de Provence ,
par le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le
162 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Bourbon , le Prince de Conty , le Comte
de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de Penthievre
& le Prince de Lamballe , & par les principaux
Officiers de Sa Majesté.
Le même jour , la Reine entendit le Sermon
de la Cene prononcé par l'Abbé de Chaléon , Vicaire
Général du Diocèle de Meaux. L'Evêque de
Poitiers fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa
Majefté lava les pieds à douze pauvres Filles
-qu'Elle fervit à table. Le Marquis de Talaru ,
premier Maître d'Hôtel , précédia le fervice , &
les plats furent portés par Madame Adélaïde &
par Meldames Sophie & Louife , ainfi que par
les Dames du Palais de la Reine , & les Dames de
Meldames.
La Comteffe de Holderness , fe difpofant à retourner
en Angleterre , fut préfentée , le même
jour, à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale.
Le 22 , Leurs Majeftés & la Famille Royale fignérent
le contrat de Mariage du Comte de
Maulevrier Langeron avec Demoiſelle de Saint
Pierre.
Le Comte du Châtelet- Lomont , Menin de
Monfeigneur le Dauphin & Ambaſſadeur du Roi
à la Cour de Vienne , arriva ici le 24, & fat
préfenté
le lendemain à Sa Majesté par le Duc de
Praflin. La Comteffe du Châtelet a été préfentée
aufli au Roi par le Duc de Fleury , Premier Gentilhomme
de la Chambre en exercice.
Le Roi vient de nommer Intendant de la Guadeloupe
le Sieur Senac de Meilhan , Maître des
-Requêtes, qui , en cette qualité , a été préſenté à
Sa Majefté , le 26 , par le Duc de Choifeul .
Le Roi a donné l'Evêché de Vabres à l'Abbé de
Caftries , Vicaire - Général du Diocèle d'Alby ;
L'Abbaye de Saint Pierre , Ordre de Saint Benoît ,
JUILLET. 1764. 163
Diocèle de Châlons ſur Saône , à l'Abbé de Stoupy
, Chanoine de Liége ; celle de Saint Joffe- fur-
Mer , Ordre de Saint Benoît , Diocèſe d'Amiens ,
à l'Abbé de Modene , Vicaire- Général du même
Diocèfe ; celle de Saint Jacques , Ordre de Saint
Auguſtin , Diocèfe.de Beziers , à l'Abbé Guillot ,
Vicaire-Général du Diocèſe de Mâcon ; celle de
Sainte Perrine , Ordre de Saint Auguftin , Diocèle
de Paris , à la Dame de Mazieres , Religieufe
de la Communauté des Filles- Dieu à Paris ; &
celle des Chazes , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Saint Flour , à la Dame de Guerin de Lugeac ,
Religieufe Bénédictine de l'Abbaye de Lavau-
Dieq , même Diocèle.
Le Sieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry & de Monfeigneur le
Comte de Provence , eut l'honneur de préſenter ,
le 22
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
vingt nouvelles Cartes de fon Atlas Géographi
•que lefquelles ont rapport au cinquième âge du
monde , & doivent être à la tête du troifiéme
Volume de cet Ouvrage.
Du 16 Mai.
>
Les Députés du Parlement de Rouen , au nombre
de huit , furent préſentés au Roi , le 28 du
mois dernier , par le fieur Bertin Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de la
Normandie , & conduits par le Marquis de Dreux ,
Grand-Maître des Cérémonies. Sa Majefté les
reçut dans fon fauteuil en préfence de fes Miniftres
& de fes Grands- Officiers , & leur permit de
lui faire les repréſentations dont ils avoient été
chargés par leur Compagnie.
Le lendemain , les Députés des Etats de Bour
gogne furent auffi préfentés au Roi par le Prince
164 MERCURE DE FRANCE.
de Condé , Gouverneur de la Province , & par le
Comte de Saint Florentin , Miniftre & Sécrétaire
d'Etat. Ils furent conduits à cette Audience par le
Marquis de Dreux , Grand - Maître des Cérémonies
& par le Sieur Defgranges , Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée de
l'Abbé du Châtel , Aumônier Ordinaire de la
Reine , élu du Clergé , lequel porta la parole;
du Marquis de Châtelux , élu de la Nobleffe ; du
Sieur de Baudeffon , Maire d'Auxerre , élu du
Tiers Etat ; du Sieur Blanchon , Syndic , Député
de la Province de Breffe ; du Sieur Comber , Syndic
, Député des Provinces de Bujey & Gex ; du
Sieur de Blancey , Secrétaire des Etats de Bour
gogne, & du Sieur de Lapoix , Procureur Syndic
des mêmes Etats . Ces Députés eurent enfuite Audience
de la Reine & de Famille Royale.
Le même jour , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignérent le contrat de Mariage du Marquis
de la Roche - du- Maine avec Demoiſelle de
Verneuil. 暑
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Prince de Marfan & au Maréchal de
Balincourt.
Le premier de ce mois , les Muficiens du Roi ,
réunis aux Hautbois de la Chambre , fe rendirent
au lever de Sa Majefté , conduits par le Sieur de
Bury , Surintendant de la Mufique en furvivance
du Sieur Rebel , & éxécutérent felon l'uſage
ordinaire , plufieurs morceaux de Symphonie.
"
Le 2 , l'Evêque de Châlons - fur Marne prêta
ferment , pendant la Melle, entre les mains de
Sa Majesté.
Le 6 , ia Vicomteffe de Narbonne - Pelet a été
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Comteffe de Forcalquier.
JUILLET, 1764. 165
Le 7 , l'Evêque de Vence & celui de Mâcon
prêterent ferment , pendant la Meffe , entre les
mains de Sa Majefté , dans la Chapelle du Château.
Le 8 , le Roi chaffa au vol , accompagné de Madame
Adélaïde , & de Meldames Sophie &
Louife.
Le 12 , le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs
, a prêté ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Lieutenant - Général de la
Province du Blaifois , vacante par la retraite du
Comte d'Harcourt.
Le 13 , les Secrétaires du Roi de la Grande
Chancellerie eurent l'honneur de préfenter à Sa
Majeſté , fuivant l'ufage , la bourſe de Saint Jean
de la Porte Latine. Le Steur Lebeuf , premier
Syndic de cette Compagnie porta la parole.
Le même jour , Leuis Majeftés & la Famille .
Royale fignerent le contrat de Mariage du Marquis
de Fontaines , Exempt des Gardes du Corps
dans la Compagnie Ecolloife , avec Demoiſelle
Goujon de Ris.
Le is , le Comte Bielinsk , Envoyé extraor
dinaire de la République de Pologne , eut fon
Audience de congé du Roi ; il y fut conduit , ainfi
qu'a celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le Sieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs
Le Roi a difpofé en faveur de l'Abbé de Liſle & -
de l'Abbé Frottier , Clercs de fa Chapelle des deux
Charges de Chapelains vacantes par les cémiffions
des Abbés Peigné & de Haullay & les deux
charges de Clercs de Chapelle ont été accordées à
l'Abbé Blanchemain , Précepteur des Pages de
Sa Majefté , & à l'Abbé de Ciédat des Mazeaux .
L'Abbé de Sailly , Aumônier de Madame la
166 MERCURE DE FRANCE.
Dauphine , Grand - Chantre & Chanoine de la
Sainte Chapelle Koyale du Palais , & le Baron de
Lentzbourg , Membre du Sénat du Canton de
Fribourg, nommés par SaMajeſté pour être admis
dans les Ordres Royaux , Militaires & Hoſpitaliers
de Notre-Dame du Mont- Carmel & de
Saint Lazare de Jérufalem , ont fait leur profef
fion en préſence de Monfeigneur le Duc de
Berry , Grand-Maître de ces Ordres , entre les -
mains du Comte de Saint Florentin , Miniftre &
Secrétaire d'Etat , Adminiſtrateur Général defdits
Ordres ; après l'émiffion des Voeux , le nou
veau Commandeur Eccléfiaftique & le nouveau
Chevalier ont eu l'honneur de baifer la main du'
Prince Grand- Maître en figne d'obédience. Les
Chevaliers - Commandeurs , Grands - Officiers &
plufieurs Chevaliers Commandeurs Eccléfiaftiques
ont affifté à cette Cérémonie.
·
Le 30 Avril , le Sieur Targe , ancien Profeffeur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire , a
eu l'honneur de préfenter à Monseigneur le Duc
de Berry & à Monfeigneur le Comte de Proven-"
vence , les deux derniers Volumes de fa Traduction
de l'Hiftoire d'Angleterre de M. Smollet.
Le 6 Mai , le Sieur de la Lande , de l'Académie
Royale des Sciences , eut l'honneur de préſenter
au Roi une Carte du paffage de Vénus fur le Soleil
, qui s'obſervera le ; Juin 1769 , & d'expo-'
fer à Sa Majesté les avantages confidérables que
ce paffage aura fur celui qui eft arrivé en 1761.
Cette Carte étoit accompagnée d'un Mémoire
imprimé qui contient la manière dont le paffa-1
ge de 1769 paroîtra dans tous les Pays de la
Terre , les voyages qu'il fera utile d'entreprendre'
à cette occafion , & le réſultat de tout ce qui a
été obférvé ſur le paffage de 1761 dans toutes
les parties du Monde.
JUILLET. 1764. 167
Le Sieur Adanfon , de l'Académie des Sciences ,
a eu l'honneur de préfenter , le même jour , au
Roi un Ouvrage de fa compofition intitulé : Familles
des Plantes.
Le 12 , le Sieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , préfenta à Sa Majesté le troifiéme
Volume du Dictionnaire des Titres Origi
naux pour les Fiefs , le Domaine du Roi , l'Hif
toire, la Généalogie , & généralement tous les
objets qui concernent le gouvernement de l'Etat.
Le lendemain , Jean-Thomas Hériffant , Imprimeur
du Roi , Maiſon & Cabinet de Sa Majeſté
, eut auffi l'honneur de préfenter au Roi le
quatriéme Volume des Euvres du Chancelier
d'Agueffeau.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Avril 1764.
En avril et mai 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de Versailles. Le 2 avril, les contrats de mariage du Marquis de Vaubecourt avec Demoiselle de Vateboy du Metz et du Marquis de Tourzel avec Demoiselle d'Havré ont été signés par Leurs Majestés et la Famille Royale. La Marquise de Donniffan et la Marquise de Graffe ont été présentées à la cour. Les députés du Parlement de Besançon ont été reçus par le Roi en présence de ses ministres et grands officiers. Le Sieur Law de Laurifton, Colonel d'Infanterie, a été présenté au Roi avant son départ pour les Indes Orientales. Le Marquis de Choiseul-la-Baume a prêté serment pour la Lieutenance générale de Champagne, et la Duchesse d'Elbeuf a fait ses révérences à la cour. Le Comte de Dietrichstein a notifié l'élection et le couronnement de l'Archiduc Joseph Roi des Romains. Le Vicomte de Choiseul a pris congé du Roi pour complimenter l'Empereur et le Roi des Romains. Le contrat de mariage du Comte de Maulde avec Demoiselle Davy de la Pailleterie a été signé. Le Roi a lavé les pieds de douze pauvres le Jeudi Saint, et la Reine a fait de même pour douze pauvres filles. La Comtesse de Holderness a été présentée à la cour avant son départ pour l'Angleterre. Le contrat de mariage du Comte de Maulevrier Langeron avec Demoiselle de Saint Pierre a été signé. Le Comte du Châtelet-Lomont, Ambassadeur à Vienne, est arrivé et a été présenté au Roi. Le Sieur Senac de Meilhan a été nommé Intendant de la Guadeloupe. Plusieurs nominations ecclésiastiques ont été annoncées, notamment celles des Abbés de Castries, Stoupy, Modene, Guillot, et des Dames de Mazieres et de Guerin de Lugeac. Le Sieur Buy de Mornas a présenté de nouvelles cartes géographiques à la cour. Les députés du Parlement de Rouen et des États de Bourgogne ont été reçus par le Roi. Le contrat de mariage du Marquis de la Roche-du-Maine avec Demoiselle de Verneuil a été signé. Le Prince de Marfan et le Maréchal de Balincourt ont obtenu les entrées de la Chambre du Roi. L'Évêque de Châlons-sur-Marne, ceux de Vence et de Mâcon ont prêté serment. Le Roi a chassé au vol avec Madame Adélaïde et Mesdames Sophie et Louise. Le Sieur Dufort a prêté serment pour la charge de Lieutenant-Général du Blaisois. Les Secrétaires du Roi ont présenté la bourse de Saint Jean de la Porte Latine. Le contrat de mariage du Marquis de Fontaines avec Demoiselle Goujon de Ris a été signé. Le Comte Bielinski, Envoyé de Pologne, a pris congé du Roi. Plusieurs nominations et promotions ont été annoncées, notamment celles des Abbés de Lisle, Frottier, Blanchemain, et de Ciédat des Mazeaux. L'Abbé de Sailly et le Baron de Lentzbourg ont été admis dans les Ordres Royaux Militaires et Hospitaliers. Le Sieur Targe a présenté les volumes de la traduction de l'Histoire d'Angleterre de M. Smollet au Duc de Berry et au Comte de Provence. Le Sieur de la Lande a présenté une carte du passage de Vénus sur le Soleil au Roi. Le Sieur Adanson a présenté son ouvrage 'Familles des Plantes'. Le Sieur Blondeau de Charnage a présenté le troisième volume du Dictionnaire des Titres Originaux. Jean-Thomas Hérissant a présenté le quatrième volume des Œuvres du Chancelier d'Aguesseau au Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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