Résultats : 21917 texte(s)
Détail
Liste
5251
p. 1028-1030
ITALIE.
Début :
Le 8. Avril, le Cardinal Armand de Rohan, François, entra dans le Conclave; les Cardinaux [...]
Mots clefs :
Italie, Cardinaux
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E 8. Avril , le Cardinal Armand de Rohan
François ,entra dans le Conclave,des Carell? Cardinux
Jacques Buen compagni , Bolonois , & Benoît
Odefcalchi , Milanois , y entrerent quelques
jours après , enforte qu'au 20. Avril il y étoit
déja entré 50. Cardinaux. Ceux qui dans les
Scrutins ont cu jufqu'à ce jour le plus grand
nombre de fuffrages , font les Cardinaux Impériali
& Falconieri.
Le Sacré Coliege a reçû avis que les Cardinaux
de Schrottemback, Czacks , d'Aiface , d'Acunha,
Perreira , de Motta , de Borgia & d'Aftorga , ne
fe rendront pas au Concile.
Le 20. Avril , le Cardinal Damien de Schomi
lè born , Allemand , entra au Conclave. Le 24 .
Cardinal Porzia , en fortit pour aller à Sifterna
pour y rétablir la ſanté . On a eu avis depuis qu'il
étoit rentré le 30. y
Le 26. avant que d'aller au Scrutin , les Cardinaux
MAY. 1730. 1029 .
dinaux élurent le Cardinal Petra , pour exercer
la Charge de Grand -Pénitentier
la mort du Cardinal Conti.
, vacante par
Le même jour les Cardinaux Buencomp gni ,
Querini & Altieri , entrerent en fonction de Cardinaux
Chefs - d'Ordre , & le Cardinal François
Pignatelli , Napolitain , Doyen du Sacré College ,
entra au Conclave.
On a reçû de Grenade la confirmation de l'exclufion
que le Cardinal Bentivoglio avoit don-.
née dans le Conclave au Cardinal Imperiali.
On apprend de Lisbonne , que les Cardinaux
Portugais ne fe rendront point au Conclave , en
ayant été difpenfez par le Roi de Portugal. On a
auffi appris de Madrid , que les Cardinaux Eſpagnols
ne feront point le voyage de Rome pour
Le même fujet .
Le 18. les Cardinaux Chefs d'Ordre , firent
rendre au Cardinal Cofcia , fes marques d'honneur
, fes Ornemens , une partie de fa Vaiffelle
d'argent & de fes Meubles , qu'on fit apporter
Château S. Ange au Conclave.
du
Le 19. on publia au Vatican une Ordonnance
des mêmes Cardinaux , par laquelle il eft deffendu
de jouer dans la Salle du Tour , à quelque jeu
que ce puiffe être.
Le même jour le Chevalier de S. George alla au
Palais du Quirinal , voir les Langes magnifiques
que le Sacré College fait faire pour le Dauphin ,
& qu'on doit envoyer en France après l'Election
du Pape. L'Abbé Lanti a été nommé pour cette
commiffion . On arme deux Galeres à Civitave
chia pour le tranfporter en France.
L'Archi-Confrairie de fainte Marie de Sienne
érigée dans l'Eglife Collegiale de S. Euftache , à
Rome , a obtenu un Bref, par lequel elle a le droit
de délivrer tous les ans un Criminel condamné
aux Galeres.
On
1030 MERCURE DE FRANCE
On a eu avis de Maffa-di-Carrara , que plu
feurs Maifons de cette Ville avoient été renverfées
par une violente fecouffe de Tremblement de
Terre , & que plufieurs perfonnes avoient été
écrafées fous les ruines .
On apprend de Florence , que l'Evêque de Piftoye
y étoit arrivé pour aſſiſter avec l'Archevêque
de cette Ville & l'Evêque de Fiezole , à l'ouverture
des Lettres de la Congrégation des Rites ,
qui leur ordonne de dreffer un Procès Verbal des
Vertus & des Miracles operez par l'interceffion
du Pere Baldinacci , Jefuite Florentin , mort à
Rome fur la fin de 1723 .
La Sédition des Montagnards de Ple de Corfe,
n'eft point encore appaïfée , mais fix ou fept
d'entre eux étant venus il y a quinze jours piller
la maifon d'un riche Bourgeois de Baltia , ils fu
rent arrêtez par ordre du Gouverneur , qui les fit
pendre quelques heures après.
Les deux Zoppoli , Habitans de Benevent , ont
été condamnez au Banniffement à perpetuité , à
une amende de cinq mille écus au profit de la
Chambre Apoftolique , & à fix mille écus de
dommages & interêts envers une Dame de condition
du même Diocèfe , dont ils avoient brulé
la maifon , parce qu'elle refufoit de la leur ven
dre pour le prix qu'ils lui en offroient.
Toute la premiere Colomne des Troupes de
P'Empereur eft arrivée dans le Milanez. Elle confifte
en 15000. hommes qui feront commandez
par le Prince de Lichteinftein. La feconde Co
lomne eft en marche.
E 8. Avril , le Cardinal Armand de Rohan
François ,entra dans le Conclave,des Carell? Cardinux
Jacques Buen compagni , Bolonois , & Benoît
Odefcalchi , Milanois , y entrerent quelques
jours après , enforte qu'au 20. Avril il y étoit
déja entré 50. Cardinaux. Ceux qui dans les
Scrutins ont cu jufqu'à ce jour le plus grand
nombre de fuffrages , font les Cardinaux Impériali
& Falconieri.
Le Sacré Coliege a reçû avis que les Cardinaux
de Schrottemback, Czacks , d'Aiface , d'Acunha,
Perreira , de Motta , de Borgia & d'Aftorga , ne
fe rendront pas au Concile.
Le 20. Avril , le Cardinal Damien de Schomi
lè born , Allemand , entra au Conclave. Le 24 .
Cardinal Porzia , en fortit pour aller à Sifterna
pour y rétablir la ſanté . On a eu avis depuis qu'il
étoit rentré le 30. y
Le 26. avant que d'aller au Scrutin , les Cardinaux
MAY. 1730. 1029 .
dinaux élurent le Cardinal Petra , pour exercer
la Charge de Grand -Pénitentier
la mort du Cardinal Conti.
, vacante par
Le même jour les Cardinaux Buencomp gni ,
Querini & Altieri , entrerent en fonction de Cardinaux
Chefs - d'Ordre , & le Cardinal François
Pignatelli , Napolitain , Doyen du Sacré College ,
entra au Conclave.
On a reçû de Grenade la confirmation de l'exclufion
que le Cardinal Bentivoglio avoit don-.
née dans le Conclave au Cardinal Imperiali.
On apprend de Lisbonne , que les Cardinaux
Portugais ne fe rendront point au Conclave , en
ayant été difpenfez par le Roi de Portugal. On a
auffi appris de Madrid , que les Cardinaux Eſpagnols
ne feront point le voyage de Rome pour
Le même fujet .
Le 18. les Cardinaux Chefs d'Ordre , firent
rendre au Cardinal Cofcia , fes marques d'honneur
, fes Ornemens , une partie de fa Vaiffelle
d'argent & de fes Meubles , qu'on fit apporter
Château S. Ange au Conclave.
du
Le 19. on publia au Vatican une Ordonnance
des mêmes Cardinaux , par laquelle il eft deffendu
de jouer dans la Salle du Tour , à quelque jeu
que ce puiffe être.
Le même jour le Chevalier de S. George alla au
Palais du Quirinal , voir les Langes magnifiques
que le Sacré College fait faire pour le Dauphin ,
& qu'on doit envoyer en France après l'Election
du Pape. L'Abbé Lanti a été nommé pour cette
commiffion . On arme deux Galeres à Civitave
chia pour le tranfporter en France.
L'Archi-Confrairie de fainte Marie de Sienne
érigée dans l'Eglife Collegiale de S. Euftache , à
Rome , a obtenu un Bref, par lequel elle a le droit
de délivrer tous les ans un Criminel condamné
aux Galeres.
On
1030 MERCURE DE FRANCE
On a eu avis de Maffa-di-Carrara , que plu
feurs Maifons de cette Ville avoient été renverfées
par une violente fecouffe de Tremblement de
Terre , & que plufieurs perfonnes avoient été
écrafées fous les ruines .
On apprend de Florence , que l'Evêque de Piftoye
y étoit arrivé pour aſſiſter avec l'Archevêque
de cette Ville & l'Evêque de Fiezole , à l'ouverture
des Lettres de la Congrégation des Rites ,
qui leur ordonne de dreffer un Procès Verbal des
Vertus & des Miracles operez par l'interceffion
du Pere Baldinacci , Jefuite Florentin , mort à
Rome fur la fin de 1723 .
La Sédition des Montagnards de Ple de Corfe,
n'eft point encore appaïfée , mais fix ou fept
d'entre eux étant venus il y a quinze jours piller
la maifon d'un riche Bourgeois de Baltia , ils fu
rent arrêtez par ordre du Gouverneur , qui les fit
pendre quelques heures après.
Les deux Zoppoli , Habitans de Benevent , ont
été condamnez au Banniffement à perpetuité , à
une amende de cinq mille écus au profit de la
Chambre Apoftolique , & à fix mille écus de
dommages & interêts envers une Dame de condition
du même Diocèfe , dont ils avoient brulé
la maifon , parce qu'elle refufoit de la leur ven
dre pour le prix qu'ils lui en offroient.
Toute la premiere Colomne des Troupes de
P'Empereur eft arrivée dans le Milanez. Elle confifte
en 15000. hommes qui feront commandez
par le Prince de Lichteinftein. La feconde Co
lomne eft en marche.
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Résumé : ITALIE.
Le texte décrit le conclave de 1730 pour l'élection du pape. Le 8 avril, le Cardinal Armand de Rohan entra dans le conclave, suivi par les Cardinaux Jacques Buencompagni et Benoît Odescalchi quelques jours plus tard. Au 20 avril, 50 cardinaux étaient présents. Les Cardinaux Impériali et Falconieri reçurent le plus grand nombre de suffrages. Plusieurs cardinaux, dont ceux de Schrottemback, Czacks, d'Aiface, d'Acunha, Perreira, de Motta, de Borgia et d'Astorga, ne participèrent pas au conclave. Le Cardinal Damien de Schomberg entra au conclave le 20 avril, tandis que le Cardinal Porzia quitta le conclave pour raisons de santé le 24 avril et y rentra le 30 avril. Le 26 avril, le Cardinal Petra fut élu Grand-Pénitentier. Les Cardinaux Buencompagni, Querini et Altieri entrèrent en fonction comme Chefs d'Ordre, et le Cardinal François Pignatelli, Doyen du Sacré Collège, entra au conclave. Les cardinaux portugais et espagnols furent dispensés de se rendre au conclave par leurs rois respectifs. Le 18 mai, des honneurs furent rendus au Cardinal Coscia et une ordonnance interdit de jouer dans la Salle du Tour. Divers événements extérieurs sont également mentionnés, comme un tremblement de terre à Massa-di-Carrara, l'arrivée de l'évêque de Pistoie à Florence, et des condamnations pour des actes de violence. Enfin, des troupes impériales arrivèrent dans le Milanais.
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5252
p. 178-180
TRADUCTION DU COMPLIMENT De D. Carlo Albani Neveu du Pape, à Jacques III. Roy d'Angleterre.
Début :
Quoyque la Modestie Héroïque de Vôtre Majesté l'ait engagée à [...]
Mots clefs :
Vertus héroïques, Respect, Honneur, Sa Majesté, Grâces, Discours, Cardinal, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION DU COMPLIMENT De D. Carlo Albani Neveu du Pape, à Jacques III. Roy d'Angleterre.
TRADICTION
COMPLIMENT
De D. Carlo Albani Neveu du
Pape , à Jacques III. Roy
d'Angleterre.
Uoyque la Modeftie Héroïque
de Vôtre Majesté l'ait
engagée à entrer dans l'Etat Ecclefiaftique
fous un nom inconnu ,
pour fe dérober aux témoignages
Publics d'obéiffance
& de refpect
qui fe doivent à la Grandeur de fon
Rang , & à l'attachement inviolable
qu'Elle a toujours eue pour la
Sainte Eglife Catôlique , Sa Sainteté
ne pouvant refifter à l'envie
qu'Elle avoit de donner à V. M.
des marques de fa bonté Paternelle
, m'a fait l'honneur de me
charger de fon Bref Pontifical ,
pour le préfenter à V. M. Aux
expreffions du S. P. qui font pleines
D'AVRIL.
179
de tendreffe , je dois encore ajoûter
qu'il ma donné ordre d'offrir à V.
M. les Places de cet Etat qui lui
feront les plus agréables pour y faire
fon Royal féjour ; l'affûrant de
plus de l'ardent défir que S. S.
a de procurer toutes fortes de fatisfactions
à vôtre Majeſté .
Aprés avoir eu le bonheur de lui
préfenter mes refpects , je prens encore
la liberté de lui demander
l'honneur de fa puiffante protection
pour toute ma Famille qui eft entiérement
dévoilée à fon fervice ,
& pour moy en particulier ; c'eft
avec le zele le plus ardent & la
plus profonde humilité que je fuplie
V.M.de m'accorder cette grace
qui comblera mes voeux , & me
mettra enétat de n'envier le fort de
perfonne.
Ce difcours a été accompagné de
rafraichiffemens de toute efpéce ,
il y en avoit la charge de cent Faquins
: aprés s'être arrêté deux jours
à Boulogne , il en partit le 15. &
arriva le lendemain à Caftel San
180 LE MERCURE
Pietro & de là à Pefaro où il fera
fon féjour. Le Cardinal Paracciani
fera fait Vicaire de Rome & cet
Evêché donné à un fimple Prelat ,
pour éviter le concours du cérémonial
: le Cardinal Gualterio eft attendu
ici
pour y faluer le Chevalier
de S. Georges.
COMPLIMENT
De D. Carlo Albani Neveu du
Pape , à Jacques III. Roy
d'Angleterre.
Uoyque la Modeftie Héroïque
de Vôtre Majesté l'ait
engagée à entrer dans l'Etat Ecclefiaftique
fous un nom inconnu ,
pour fe dérober aux témoignages
Publics d'obéiffance
& de refpect
qui fe doivent à la Grandeur de fon
Rang , & à l'attachement inviolable
qu'Elle a toujours eue pour la
Sainte Eglife Catôlique , Sa Sainteté
ne pouvant refifter à l'envie
qu'Elle avoit de donner à V. M.
des marques de fa bonté Paternelle
, m'a fait l'honneur de me
charger de fon Bref Pontifical ,
pour le préfenter à V. M. Aux
expreffions du S. P. qui font pleines
D'AVRIL.
179
de tendreffe , je dois encore ajoûter
qu'il ma donné ordre d'offrir à V.
M. les Places de cet Etat qui lui
feront les plus agréables pour y faire
fon Royal féjour ; l'affûrant de
plus de l'ardent défir que S. S.
a de procurer toutes fortes de fatisfactions
à vôtre Majeſté .
Aprés avoir eu le bonheur de lui
préfenter mes refpects , je prens encore
la liberté de lui demander
l'honneur de fa puiffante protection
pour toute ma Famille qui eft entiérement
dévoilée à fon fervice ,
& pour moy en particulier ; c'eft
avec le zele le plus ardent & la
plus profonde humilité que je fuplie
V.M.de m'accorder cette grace
qui comblera mes voeux , & me
mettra enétat de n'envier le fort de
perfonne.
Ce difcours a été accompagné de
rafraichiffemens de toute efpéce ,
il y en avoit la charge de cent Faquins
: aprés s'être arrêté deux jours
à Boulogne , il en partit le 15. &
arriva le lendemain à Caftel San
180 LE MERCURE
Pietro & de là à Pefaro où il fera
fon féjour. Le Cardinal Paracciani
fera fait Vicaire de Rome & cet
Evêché donné à un fimple Prelat ,
pour éviter le concours du cérémonial
: le Cardinal Gualterio eft attendu
ici
pour y faluer le Chevalier
de S. Georges.
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5253
p. 182-185
Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Début :
Dona Maria Angela âgée de 99. ans est morte ces jours [...]
Mots clefs :
Bayonne, Reine d'Espagne, Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Extrait d'une Lettrede Bayonne
du 19. Septembre.
Dona Maria Angela âgée
de99. ans eſt morte ces joursGALANT.
183
cy au ſervice de la Reine
Doüiriere d'Eſpagne, auCaftel
de Lozaque , proche de
Bayonne : c'eſt une maiſon
qui appartient au ſicur Lopés
des Heureaux , LieutenantGeneral
, Civil & Criminel de
Bayonne , où la ReineDoüiriere
d'Eſpagne va paffer tous
les Eſté. Cette Dona Maria
Angela a eſté auſſi au fervice
de l'Infante Marie - Therefe
dEſpagne , & de Madame
Loüfe Reine d'Eſpagne au ffi,
La Reine Doüaniere d'Elpagne
a donné une magnifique
fuſte à Bayonne à l'arti
184 MERCURE
vée de M. le Marquis de Villa
Garcia ,Envoyé du Roy d Efpagne
, pour luy faire partde
fon mariage. Il y acu pendant
huit jours des bals , table ouverte&
fuperbe , chaſſes , jeu,
&toutes lortes de plaiſirs ; le
Palais étoit éclairé dedans &
dehors de bougies & de flambeaux
durant ledit temps ,
avec des ſalves de boites& de
toute l'artillerie. La Muſique
n'y a pas été épargnée. M. le
Cardinal del Judicé venantde
Paris y aſſiſta , auſſi bien que
de Prince Pio venant de Madrid,&
l'Ambaſſadeur&Ambafladrice
>
GALANT 185
baffadrice de Portugal , M. le
Comte de Liveria , à tous lefquels
Sa Majesté Doüniriere
a fait des preſens magnifiques
en pierreries , & tabatieres
d'or enrichies de diamans .
du 19. Septembre.
Dona Maria Angela âgée
de99. ans eſt morte ces joursGALANT.
183
cy au ſervice de la Reine
Doüiriere d'Eſpagne, auCaftel
de Lozaque , proche de
Bayonne : c'eſt une maiſon
qui appartient au ſicur Lopés
des Heureaux , LieutenantGeneral
, Civil & Criminel de
Bayonne , où la ReineDoüiriere
d'Eſpagne va paffer tous
les Eſté. Cette Dona Maria
Angela a eſté auſſi au fervice
de l'Infante Marie - Therefe
dEſpagne , & de Madame
Loüfe Reine d'Eſpagne au ffi,
La Reine Doüaniere d'Elpagne
a donné une magnifique
fuſte à Bayonne à l'arti
184 MERCURE
vée de M. le Marquis de Villa
Garcia ,Envoyé du Roy d Efpagne
, pour luy faire partde
fon mariage. Il y acu pendant
huit jours des bals , table ouverte&
fuperbe , chaſſes , jeu,
&toutes lortes de plaiſirs ; le
Palais étoit éclairé dedans &
dehors de bougies & de flambeaux
durant ledit temps ,
avec des ſalves de boites& de
toute l'artillerie. La Muſique
n'y a pas été épargnée. M. le
Cardinal del Judicé venantde
Paris y aſſiſta , auſſi bien que
de Prince Pio venant de Madrid,&
l'Ambaſſadeur&Ambafladrice
>
GALANT 185
baffadrice de Portugal , M. le
Comte de Liveria , à tous lefquels
Sa Majesté Doüniriere
a fait des preſens magnifiques
en pierreries , & tabatieres
d'or enrichies de diamans .
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Le 19 septembre, une lettre annonce le décès de Dona Maria Angela, âgée de 99 ans, qui servait la Reine Douairière d'Espagne au château de Lozaque près de Bayonne. Ce château appartient au sieur López des Heureaux, Lieutenant Général civil et criminel de Bayonne. Dona Maria Angela avait également été au service de l'Infante Marie-Thérèse d'Espagne et de Madame Louise, Reine d'Espagne. La Reine Douairière a organisé une fête somptueuse à Bayonne pour célébrer le mariage de M. le Marquis de Villa Garcia, Envoyé du Roi d'Espagne. Cet événement de huit jours a inclus des bals, des tables ouvertes, des chasses, des jeux et divers divertissements. Le palais était illuminé par des bougies et des flambeaux, accompagnés de salves d'artillerie et de musique. Parmi les invités figuraient le Cardinal del Judicé de Paris, le Prince Pio de Madrid, ainsi que l'Ambassadeur et l'Ambastrice de Portugal, M. le Comte de Liveria. La Reine Douairière leur a offert des présents magnifiques, notamment des pierreries et des tabatières en or enrichies de diamants.
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5254
p. 167-170
Remarque sur l'Etat de la Noblesse de Moscovie.
Début :
Quoique les Genealogies des Anciennes & Illustres Maisons de Moscovie, [...]
Mots clefs :
Noblesse, Moscovie, Tsar, État, Princes, Gentilshommes, Seigneurs, Gouvernements, Terres
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texteReconnaissance textuelle : Remarque sur l'Etat de la Noblesse de Moscovie.
Remarque sur l'Etat
de la Noblesse de
Moscovie.
Quoique les Genealogies des
Anciennes & Illustres Maisons
de Moscovie, ne soient
pas encore aussi bien connues
que celles des autres Nations
de l'Europes ce grand & va-
ste Empire renferme une forte
grande quantité de Noblesse.
Le titre de Comte n'y est que
nouvellement introduit. I y
a en Moscovie trois sortes de
Nobleße. La premiere appar-
tient aux Princes & aux
Relation
168
Gentils-Hommes. Les Prin-
ces sont les plus riches Sei-
gneurs du Pays, que le Czar
employe dans les plus hautes
Charges & aux premiers
Gouvernemens de cet Empi-
re. Ils sont aussi ordinaire-
ment Bojares ou Conseillers
d'Etat. Ils tiennent une gran-
de Cour & demeurent la
plus grande partie de l'année,
dans leurs Palais qui sont
dans la Ville de Moscou; on
les appelle dans leurLangue
Knias. Le second degré de
Noblesse, est celui des Sei-
gneurs. Le troisième, des
Gentils-Hommes qui posse-
dent des Fiefs par la grace &
la
Historique,
169
la liberalire du Czar, pour
leur merite. Ces Terres tom-
bent aussi avec le Titre sur
leurs fils. Pendant la paix, ils
demeurent sur leurs Terres.
Ils etoient obligez autrefois
d'envoyer a la Guerre un cer-
tain nombre de Valets a che-
vals mais à present, le Czar
ayant discipline ses Armees, à
la manière des Princes de
l'Europe, choisit seulement
des Officiers, & en fait d'au-
tres de Cavalerie & de
Dragons qui sont a sa solde.
Le Czar honore encore cette
Noblesse de divers Emplois,
comme de Gouvernemens de
Provinces & Territoires. Il
170
Relation
les fait Chambellans, Gar-
des du Corps. Outre ceux-cy,
il y a encore les Banquiers &
Marchands renommez, qui
tiennent aussi rang de No-
bles. Ily en a toujours deux
ou trois dans le Conseil d'E-
tat, on les appelle Gosten.
de la Noblesse de
Moscovie.
Quoique les Genealogies des
Anciennes & Illustres Maisons
de Moscovie, ne soient
pas encore aussi bien connues
que celles des autres Nations
de l'Europes ce grand & va-
ste Empire renferme une forte
grande quantité de Noblesse.
Le titre de Comte n'y est que
nouvellement introduit. I y
a en Moscovie trois sortes de
Nobleße. La premiere appar-
tient aux Princes & aux
Relation
168
Gentils-Hommes. Les Prin-
ces sont les plus riches Sei-
gneurs du Pays, que le Czar
employe dans les plus hautes
Charges & aux premiers
Gouvernemens de cet Empi-
re. Ils sont aussi ordinaire-
ment Bojares ou Conseillers
d'Etat. Ils tiennent une gran-
de Cour & demeurent la
plus grande partie de l'année,
dans leurs Palais qui sont
dans la Ville de Moscou; on
les appelle dans leurLangue
Knias. Le second degré de
Noblesse, est celui des Sei-
gneurs. Le troisième, des
Gentils-Hommes qui posse-
dent des Fiefs par la grace &
la
Historique,
169
la liberalire du Czar, pour
leur merite. Ces Terres tom-
bent aussi avec le Titre sur
leurs fils. Pendant la paix, ils
demeurent sur leurs Terres.
Ils etoient obligez autrefois
d'envoyer a la Guerre un cer-
tain nombre de Valets a che-
vals mais à present, le Czar
ayant discipline ses Armees, à
la manière des Princes de
l'Europe, choisit seulement
des Officiers, & en fait d'au-
tres de Cavalerie & de
Dragons qui sont a sa solde.
Le Czar honore encore cette
Noblesse de divers Emplois,
comme de Gouvernemens de
Provinces & Territoires. Il
170
Relation
les fait Chambellans, Gar-
des du Corps. Outre ceux-cy,
il y a encore les Banquiers &
Marchands renommez, qui
tiennent aussi rang de No-
bles. Ily en a toujours deux
ou trois dans le Conseil d'E-
tat, on les appelle Gosten.
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5255
p. 182-185
Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Début :
Si masle ou femelle je suis [...]
Mots clefs :
Parodie, Anneau, Bague, Tournois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Parodie de l'Enigme du
mois paffé dont le mot
eft , Anneau ou Bague.
Simafle oufemellejefuis
C'est ce qu'aflurer je ne
puis.
Simple fans Diamant ,
c'eft Anneau qu'on
m'appelle;
Mais de Brillans orné ,
Bague eft mon nom
femelle.
GALANT. 183
Comme j'ay plus d'un
nom , j'aybien plus
d'un employ:
Comme Anneau , jeporte
fous moy
Rideaux pendans quifont
une espece de Mante:
Femelle legere & gliffante
Je m'égarefouvent , quelquefoisje meperds.
Ala femme en eecy la
Bague eft reffemblante.
Anneau , je porte & fais
porter la chaifne
De laJufticefouveraine
184 MERCURE
Mettant les criminels aux
fers.
Bague je fuis couruë , &
maint Empereur &
Prince
Me diſpute au Tournois
ainfi qu'une Province.
Enpublic le victorieux
De m'avoir eft tout glorieux.
Fille novice 5vertueuse
Qui ne penfa jamais à
mal
En public eft toute lonteufe
De
GALANT. 185
De porter l'A
mois paffé dont le mot
eft , Anneau ou Bague.
Simafle oufemellejefuis
C'est ce qu'aflurer je ne
puis.
Simple fans Diamant ,
c'eft Anneau qu'on
m'appelle;
Mais de Brillans orné ,
Bague eft mon nom
femelle.
GALANT. 183
Comme j'ay plus d'un
nom , j'aybien plus
d'un employ:
Comme Anneau , jeporte
fous moy
Rideaux pendans quifont
une espece de Mante:
Femelle legere & gliffante
Je m'égarefouvent , quelquefoisje meperds.
Ala femme en eecy la
Bague eft reffemblante.
Anneau , je porte & fais
porter la chaifne
De laJufticefouveraine
184 MERCURE
Mettant les criminels aux
fers.
Bague je fuis couruë , &
maint Empereur &
Prince
Me diſpute au Tournois
ainfi qu'une Province.
Enpublic le victorieux
De m'avoir eft tout glorieux.
Fille novice 5vertueuse
Qui ne penfa jamais à
mal
En public eft toute lonteufe
De
GALANT. 185
De porter l'A
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Résumé : Parodie de l'Enigme du mois passé dont le mot est, Anneau ou Bague.
Le texte présente une parodie de l'énigme du mois, dont le mot est 'Anneau' ou 'Bague'. L'auteur décrit l'anneau comme un diamant et la bague comme ornée de brillants. L'énigme explore les multiples noms et emplois de l'objet. L'anneau porte des rideaux, se perd facilement et symbolise la justice souveraine. La bague est comparée à une femme légère et glissante, courue par des empereurs et des princes lors des tournois. Une fille novice et vertueuse porte fièrement l'anneau en public.
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5256
p. 20-24
LE PHENIX, Nouvelle Elegie.
Début :
Je ne puis resister à mon ardeur extrême, [...]
Mots clefs :
Phénix, Ardeur, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : LE PHENIX, Nouvelle Elegie.
LEPHENIX,
Nouvelle Elegie,
E ne puisresisteràmon
ardeur extrême,
Souffrez donc belle Iris,
souffrez queje vous
aime,
Si d'un amant tropvieux
vous méprisez l'ardeur,
Il faut me preparer à mourir
de douleur;
Je mourrai, volontiers, iL
ne m'est pas possible,
Avant quede mourir; de
vous rendre sensible,
Trop heureux! moy, qui
suis un Phenix en
amour,
Si de ma cendre, aussi je
renaissois unjour
Et plus jeune & plus beau,
j'aurois lieu de pretendre
A mon tour, belle Iris
de vous voir le coeur
tendre,
Vous ne me verriez pas
inconstant&leger,
Et je ne fongerois jamais
à vous changer.
Que de douceur pour
vous, de marques de
tendresse;
Que de plaisir, pour moi,
de revoir ma Maîtresse,
Et lui trouver un coeur
tout pleind'un nouveau
feu.
Vous m'en feriez, Iris,
bien-tôt un tendre
aveu,
Je vous appellercis des
deux noms, que suggere
Ce petit Dieu des coeurs,
que partout on revere,
Quelquefois mes soupirs
vous apprendroient
tout bas
Ce qu'en l'âge où je fuis,
je ne vous dirois
pas.
Ah ! que nous menerions
une agreable vie:
Mais mon bonheur helas!
seroit digne d'envie,
Si comblé de plaisirs &
content de mon sort,
A soixante ans passez en
Phenix estant mort,
Une seconde fois je renaissois
encore,
Beau, jeune, & digne
enfin de celle que
j'adore.
Nouvelle Elegie,
E ne puisresisteràmon
ardeur extrême,
Souffrez donc belle Iris,
souffrez queje vous
aime,
Si d'un amant tropvieux
vous méprisez l'ardeur,
Il faut me preparer à mourir
de douleur;
Je mourrai, volontiers, iL
ne m'est pas possible,
Avant quede mourir; de
vous rendre sensible,
Trop heureux! moy, qui
suis un Phenix en
amour,
Si de ma cendre, aussi je
renaissois unjour
Et plus jeune & plus beau,
j'aurois lieu de pretendre
A mon tour, belle Iris
de vous voir le coeur
tendre,
Vous ne me verriez pas
inconstant&leger,
Et je ne fongerois jamais
à vous changer.
Que de douceur pour
vous, de marques de
tendresse;
Que de plaisir, pour moi,
de revoir ma Maîtresse,
Et lui trouver un coeur
tout pleind'un nouveau
feu.
Vous m'en feriez, Iris,
bien-tôt un tendre
aveu,
Je vous appellercis des
deux noms, que suggere
Ce petit Dieu des coeurs,
que partout on revere,
Quelquefois mes soupirs
vous apprendroient
tout bas
Ce qu'en l'âge où je fuis,
je ne vous dirois
pas.
Ah ! que nous menerions
une agreable vie:
Mais mon bonheur helas!
seroit digne d'envie,
Si comblé de plaisirs &
content de mon sort,
A soixante ans passez en
Phenix estant mort,
Une seconde fois je renaissois
encore,
Beau, jeune, & digne
enfin de celle que
j'adore.
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Résumé : LE PHENIX, Nouvelle Elegie.
Dans 'Nouvelle Élégie', le narrateur exprime un amour passionné pour Iris. Il la supplie de l'aimer, malgré son âge avancé, et menace de mourir de douleur si elle ne lui accorde pas son affection. Il se compare à un phénix, espérant renaître plus jeune et plus beau pour conquérir son cœur. Le narrateur promet fidélité et tendresse, imaginant les douceurs et les marques d'affection qu'ils partageraient. Il évoque les soupirs révélant ses sentiments et une vie agréable avec Iris. Cependant, il regrette que son bonheur soit impossible, souhaitant renaître à soixante ans pour être digne de son amour.
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5257
p. 1800-1804
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Des Lettres de Constantinople confirment la Bataille donnée dans la Grande Armenie, [...]
Mots clefs :
Constantinople, Bataille, Arménie, Janissaires, Pacha , Persans
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
Es Lettres de Constantinople confirment
la Bataille donnée dans la Grande Armenie ,
entre les Persans et les Turcs , les premiers
avoient une armée plus nombreuse que les derniers
, mais ceux - cy ayant appris que leurs ennemis
venoient de recevoir plusieurs pieces d'Artillerie
, et qu'ils se preparoient à les venir atta
quer jugerent à propos de les prévenir : ce qu'ils
rent , si à l'improviste et avec tant de succès
qu'ils n'eurent pas beaucoup de peine à les renverser
JUILLET. 173г. 18ot
Werser , et à les obliger de passer la Riviere
d'Erach , où un nombre de Persans ont été noyés, -
cependant on ajoûte que ces derniers se rassembloient
de l'autre côté de cette Riviere pour tenter
une seconde Bataille : ce qui fait juger que
leur perte n'est pas aussi grande que les Turcs
l'ont publiée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit souvent des
querelles entre les Janissaires et les Soldats de la
Marine que la charge de Capitan Pacha done
Cianum - Coggia avoit été revêtu par le nouveau
Sultan , avoit aussi été donnée depuis peur
au Pacha de Rettimo , et que le Mufti avoit été
deposé ; que le Pacha qui a gagné la derniere
Bataille en Perse , avoit renvoyé plusieurs Persans
prisonniers de guerre aprés leur avoir fait
couper le nez et les oreilles en représailles d'un
pareil traitement que le Roy de Perse fit l'année
derniere à quelques Tures qui étoient tombés.
entre ses mains Ces Lettres ne confirment point
que le Roy de Perse ait été noyé ; on assure
au contraire que ce Prince avoit rassemblé leg
restes de son Armée , et qu'il attendoit un renfort
considerable de troupes que le Grand Mogol
devoit lui envoyer.
On a appris par d'autres Lettres , que le Patriarche
des Grecs avoit été déposé pour avoir
voulu introduire des nouveautés dans les Eglises
de sa Communion.
Des Lettres d'Italie portent qu'on avoit veu ,
au commencement du mois dernier , la Flotte
du Grand Seigneur , à l'entrée du Golfe Adriatique.
Les dernieres Nouvelles venues par l'Italie ,
portent que depuis la révolution qui a mis le
nouveau Sultan sur le Tròne , on avoit fait perir
Hv tant
1802 MERCURE DE FRANCE
tant dans Constantinople qu'à Andrinople er
dans d'autres Villes , plus de 20000. personnes
coupçonnées de pouvoir exciter une nouvelle revolte
; qu'on avoit publié dans la Ville une Relation
de la victoire remportée contre les Persans
, mais qu'on commençoit à douter qu'elle
fut aussi complette qu'on la croyoit d'abord ,
parcequ'on continuoit de prendre des mesures
pour faire la paix avec le Roy de Perse.
t
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne
le 30. May 1731..
aprenons par
des Lettres de Constan
Ntinople que nous avons reçues depuis deux
jours , comme le G. S. s'est porté à déposer CianumGoggia
de la Commission de Capitan Pacha,.
et à l'exiler à Retrin dans l'Isle de Candie ,.
malgré tous les services qu'il avoit rendus à Sa.
Hautesse depuis qu'il étoit en place ; on dit que
la disgrace de cet Amiral procede d'une part de:
la jalousie du Grand Visir, et de l'autre du Corps :
des Jannissaires , qui ne voyoient qu'avec peine
les services importans que les Leventis avoit rendus
au nouveau G.Ş. sous les ordres de Cianum .
Coggia.
;
Les Turcs ont publié en dernier lieu qu'ils .
avoient remporté une grande victoire en Perse
cependant bien des Lettres qui sont entre les
mains des Arméniens assurent le contraire , et.
marquent que les Persans continuent à repren
dre toutes les Places que les Turcs leur avoient
enlevées. Quoy-qu'll en soit , le G. S. fait lever
des Troupes par tout , pour les faire passer , à.
ce qu'on dit , en Perse ; mais les politiques pen
2 :
sent
JUILLET.
1731 1803
sent que la Cour Ottomane est d'accord avec
les Persans , et que l'Armée du G. S. pourroit
bien marcher ou contre les Moscovites , ou
contre les Imperiaux.
NOUVELLES DE PERSE , venuër
à Constantinople le 7. May 1731. Lettre
écrite de cette Ville le 15. du même
mois.
E Grand Vizir a reçu des Lettres de Perse
Lpar lesquelles onlui marque que Schah Tha
93
mas , qui avoit entrepris le Siege de Tauris
avoit été défait devant cette Place par les Trou
pes du G. S. Les particularitez que l'on rappor
te de cet événement sont , qu'Ali Pacha , Gou
verneur de Tauris , se voyant pressé par les
Assiegeants , avoit si bien ranimé le courage
des Assiegez par ses exhortations , à se retirer .
de l'espece de Prison où les ennemis les retenoient
dans l'enceinte de cette Ville , qu'étant
sorti à la tête de toute sa garnison , il étoit tombé
avec tant de furie sur les Persans , tandis que
d'un autre côté Rustan-Pacha , qui tenoit la
Campagne avec 4. ou sooo . hommes , étoit
aussi venu fondre sur eux , que l'armée Persa --~
ne avoit été mise en déroute ; que les Turcs
avoient fait un grand carnage ; et beaucoup de Prisonniers,
parmi lesquels il s'étoit trouvé quinze
Kans , ou Seigneurs , qu'on amenoit enchaînez al
Constantinople , et que cet echec avoit si fort dé !
rangé les affaires du Roy de Perse , qu'il s'étoit
déterminé à envoyer un Ambassadeur au Sul--
tan pour traiter d'une paix solide avec sa Hay--
H vj On
tesse.
1804
MERCURE
DE FRANCE
On ajoûte une circonstance au sujet de Rustan-
Pacha qui merite d'autant plus d'être ra
portée , qu'elle paroît n'avoir pas peu contribué
à la victoire que les Turcs viennent de
remporter.
Lorsque Patrona Mousloub , et les autres
Chefs de la grande Révolution , étoient tout
Puissans à Constantinople , ils y firent venir de
Bosnie ce même Rustan-Pacha, ils obtinrent qu'il
fut fait Visir à trois queues , et envoyé Seraskier
de l'Armée en Perse ; mais quelque tems
´aprés le massacre de ces Rebelles , la Porte envoya
un Capigi - Bachi à Rustan , pour lui demander
sa tête : ce Pacha au lieu d'obeir fit
arrêter le Capigi Bachi , et lui dit qu'à la vérité
le G. S. étoit le Maître de disposer de sa tête
mais que jugeant qu'il seroit plus utile et plus
honorable sa Hautesse , qu'il la perdit à son
service , il alloit chercher les occasions de la lui
sacrifier glorieusement , en combattant contre
les ennemis de l'Empire , ce qui a heureusement
reussi.
Es Lettres de Constantinople confirment
la Bataille donnée dans la Grande Armenie ,
entre les Persans et les Turcs , les premiers
avoient une armée plus nombreuse que les derniers
, mais ceux - cy ayant appris que leurs ennemis
venoient de recevoir plusieurs pieces d'Artillerie
, et qu'ils se preparoient à les venir atta
quer jugerent à propos de les prévenir : ce qu'ils
rent , si à l'improviste et avec tant de succès
qu'ils n'eurent pas beaucoup de peine à les renverser
JUILLET. 173г. 18ot
Werser , et à les obliger de passer la Riviere
d'Erach , où un nombre de Persans ont été noyés, -
cependant on ajoûte que ces derniers se rassembloient
de l'autre côté de cette Riviere pour tenter
une seconde Bataille : ce qui fait juger que
leur perte n'est pas aussi grande que les Turcs
l'ont publiée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit souvent des
querelles entre les Janissaires et les Soldats de la
Marine que la charge de Capitan Pacha done
Cianum - Coggia avoit été revêtu par le nouveau
Sultan , avoit aussi été donnée depuis peur
au Pacha de Rettimo , et que le Mufti avoit été
deposé ; que le Pacha qui a gagné la derniere
Bataille en Perse , avoit renvoyé plusieurs Persans
prisonniers de guerre aprés leur avoir fait
couper le nez et les oreilles en représailles d'un
pareil traitement que le Roy de Perse fit l'année
derniere à quelques Tures qui étoient tombés.
entre ses mains Ces Lettres ne confirment point
que le Roy de Perse ait été noyé ; on assure
au contraire que ce Prince avoit rassemblé leg
restes de son Armée , et qu'il attendoit un renfort
considerable de troupes que le Grand Mogol
devoit lui envoyer.
On a appris par d'autres Lettres , que le Patriarche
des Grecs avoit été déposé pour avoir
voulu introduire des nouveautés dans les Eglises
de sa Communion.
Des Lettres d'Italie portent qu'on avoit veu ,
au commencement du mois dernier , la Flotte
du Grand Seigneur , à l'entrée du Golfe Adriatique.
Les dernieres Nouvelles venues par l'Italie ,
portent que depuis la révolution qui a mis le
nouveau Sultan sur le Tròne , on avoit fait perir
Hv tant
1802 MERCURE DE FRANCE
tant dans Constantinople qu'à Andrinople er
dans d'autres Villes , plus de 20000. personnes
coupçonnées de pouvoir exciter une nouvelle revolte
; qu'on avoit publié dans la Ville une Relation
de la victoire remportée contre les Persans
, mais qu'on commençoit à douter qu'elle
fut aussi complette qu'on la croyoit d'abord ,
parcequ'on continuoit de prendre des mesures
pour faire la paix avec le Roy de Perse.
t
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne
le 30. May 1731..
aprenons par
des Lettres de Constan
Ntinople que nous avons reçues depuis deux
jours , comme le G. S. s'est porté à déposer CianumGoggia
de la Commission de Capitan Pacha,.
et à l'exiler à Retrin dans l'Isle de Candie ,.
malgré tous les services qu'il avoit rendus à Sa.
Hautesse depuis qu'il étoit en place ; on dit que
la disgrace de cet Amiral procede d'une part de:
la jalousie du Grand Visir, et de l'autre du Corps :
des Jannissaires , qui ne voyoient qu'avec peine
les services importans que les Leventis avoit rendus
au nouveau G.Ş. sous les ordres de Cianum .
Coggia.
;
Les Turcs ont publié en dernier lieu qu'ils .
avoient remporté une grande victoire en Perse
cependant bien des Lettres qui sont entre les
mains des Arméniens assurent le contraire , et.
marquent que les Persans continuent à repren
dre toutes les Places que les Turcs leur avoient
enlevées. Quoy-qu'll en soit , le G. S. fait lever
des Troupes par tout , pour les faire passer , à.
ce qu'on dit , en Perse ; mais les politiques pen
2 :
sent
JUILLET.
1731 1803
sent que la Cour Ottomane est d'accord avec
les Persans , et que l'Armée du G. S. pourroit
bien marcher ou contre les Moscovites , ou
contre les Imperiaux.
NOUVELLES DE PERSE , venuër
à Constantinople le 7. May 1731. Lettre
écrite de cette Ville le 15. du même
mois.
E Grand Vizir a reçu des Lettres de Perse
Lpar lesquelles onlui marque que Schah Tha
93
mas , qui avoit entrepris le Siege de Tauris
avoit été défait devant cette Place par les Trou
pes du G. S. Les particularitez que l'on rappor
te de cet événement sont , qu'Ali Pacha , Gou
verneur de Tauris , se voyant pressé par les
Assiegeants , avoit si bien ranimé le courage
des Assiegez par ses exhortations , à se retirer .
de l'espece de Prison où les ennemis les retenoient
dans l'enceinte de cette Ville , qu'étant
sorti à la tête de toute sa garnison , il étoit tombé
avec tant de furie sur les Persans , tandis que
d'un autre côté Rustan-Pacha , qui tenoit la
Campagne avec 4. ou sooo . hommes , étoit
aussi venu fondre sur eux , que l'armée Persa --~
ne avoit été mise en déroute ; que les Turcs
avoient fait un grand carnage ; et beaucoup de Prisonniers,
parmi lesquels il s'étoit trouvé quinze
Kans , ou Seigneurs , qu'on amenoit enchaînez al
Constantinople , et que cet echec avoit si fort dé !
rangé les affaires du Roy de Perse , qu'il s'étoit
déterminé à envoyer un Ambassadeur au Sul--
tan pour traiter d'une paix solide avec sa Hay--
H vj On
tesse.
1804
MERCURE
DE FRANCE
On ajoûte une circonstance au sujet de Rustan-
Pacha qui merite d'autant plus d'être ra
portée , qu'elle paroît n'avoir pas peu contribué
à la victoire que les Turcs viennent de
remporter.
Lorsque Patrona Mousloub , et les autres
Chefs de la grande Révolution , étoient tout
Puissans à Constantinople , ils y firent venir de
Bosnie ce même Rustan-Pacha, ils obtinrent qu'il
fut fait Visir à trois queues , et envoyé Seraskier
de l'Armée en Perse ; mais quelque tems
´aprés le massacre de ces Rebelles , la Porte envoya
un Capigi - Bachi à Rustan , pour lui demander
sa tête : ce Pacha au lieu d'obeir fit
arrêter le Capigi Bachi , et lui dit qu'à la vérité
le G. S. étoit le Maître de disposer de sa tête
mais que jugeant qu'il seroit plus utile et plus
honorable sa Hautesse , qu'il la perdit à son
service , il alloit chercher les occasions de la lui
sacrifier glorieusement , en combattant contre
les ennemis de l'Empire , ce qui a heureusement
reussi.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Au début du XVIIIe siècle, des conflits militaires et politiques ont opposé la Turquie et la Perse. En juillet 1730, une bataille en Grande Arménie a vu les Turcs, bien que moins nombreux, surprendre les Persans et les repousser au-delà de la rivière d'Erach, causant de lourdes pertes parmi les Persans. Cependant, ces derniers se préparaient à une contre-attaque, indiquant que leurs pertes n'étaient pas aussi sévères que les Turcs l'avaient annoncé. Des tensions internes au sein de l'armée turque ont été rapportées, notamment entre les Janissaires et les soldats de la marine. Le Capitain Pacha Cianum-Coggia a été démis de ses fonctions et exilé, et le Mufti a également été déposé. Les Turcs ont libéré des prisonniers persans après les avoir mutilés en représailles de traitements similaires subis par des Turcs l'année précédente. Le texte dément la rumeur selon laquelle le roi de Perse aurait été noyé et rapporte qu'il rassemble ses forces pour une nouvelle offensive, attendant des renforts du Grand Mogol. En Turquie, le patriarche des Grecs a été déposé pour avoir introduit des innovations dans les églises de sa communion. En Italie, la flotte ottomane a été signalée dans le golfe Adriatique. À Constantinople et Andrinople, des purges massives ont suivi l'accession au trône du nouveau sultan, avec plus de 20 000 personnes exécutées pour prévenir une rébellion. En Perse, le Grand Vizir a appris la défaite du Shah Tahmasp devant Tauris, grâce à l'intervention d'Ali Pacha et de Rustan-Pacha. Cette victoire a conduit à l'envoi d'un ambassadeur persan pour négocier la paix avec le sultan ottoman. Rustan-Pacha, qui avait refusé de se soumettre à un ordre d'exécution, a joué un rôle crucial dans cette victoire.
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5258
p. 798-803
Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Début :
Le 8 Avril, l'Abbé Lanti, Nonce Extraordinaire du Pape [...]
Mots clefs :
Abbé, Officiers, Nonce, Duc, Duchesse, Audience, Langes bénits, Damas bleu, Syndics, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Le 8 Avril , l'Abbé Lanti , Nonce Extraordinaire
du Pape , fit son Entrée publique
à Paris. Le Prince de Guise , et
M. Hebert , Introducteur des Ambassa→
deurs , allerent le prendre dans les Carosses
du Roi et de la Reine , au Convent de
Picpus , d'où la marche se fit en cet ordre :
Le Caroffe de l'Introducteur , ceux du
Prince de Guise , précedez de son Ecuyer
et de ses Pages à cheval ; un Suiffe du Nonce
à cheval ; les Estafiers du Nonce à
pied quatre Officiers , l'Ecuyer et quatre
Pages à cheval ; le Carosse du Roi , à
côté duquel marchoient la Livrée du Prince
, et celle de M. Hebert ; le Caroffe de
la Reine et celui de Madame la Duchessed'Orleans
, Douairiere , ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Princesse
de Conty , seconde Doüairiere , de
la Princesse de Conty , troisiéme Douairierc
>
9.
AVRIL 1731 799
riere , du Prince de Conty , du Duc et de
la Duchesse du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte et de
la Comtesse de Toulouse et celui de
M. Chauvelin , Garde des Sceaux ; Ministre
et Secretaire d'Etat , ayant le département
des Affaires Etrangeres : et à une
distance de 30 à 40 pas , les quatre Caros-
.ses du Nonce.
Après qu'il fut arrivé à son Hôtel , il
fut complimenté de la part du Roy par le
Duc de Tresmes , Premier Gentilhomme
de la Chambre ; de la de la Reine ,
part
par le Marquis de Villacerf , son premier
Maître d'Hôtel , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans le Marquis
de Crevecoeur , son premier Ecuyer.
2
, par
Le 10 , le Prince de Guise et M. Hebert ,
allerent prendre le Nonce Extraordinaire
du Pape en son Hôtel , et le conduisirent
dans les Carosses du Roi et de la Reine à
Versailles où il eut sa premiere Audience
publique du Roi. Il trouva à son
passage , dans l'avant- cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses , en haye et sous les armes , les
Tambours appellant , et dans la Cour , les
Gardes de la Porte et ceux de la Prévôté
aussi en haye et sous les armes , à leurs
postes ordinaires. Il fut reçû au bas de l'escalier
par le Grand- Maître et le Maître
Hii des
800 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies ; les cent Suisses étant sur
l'escalier en habit de cérémonie , la Hallebarde
à la main , et à la porte et en dedans
de la Salle des Gardes , par le Duc
de Bethune , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye et sous les
armes.
Après l'Audience , le Roi passa dans
son Cabinet , où il fut suivi par le Nonce,
et S. M. vit les langes benits par le Pape ,
pour Monseigneur le Dauphin , qui sont
très- riches , et dont l'ouvrage est d'une
grande beauté. Ces Langes consistent en
trois langes , dont deux sont de drap écarlate
, brodez d'or en plein des deux côtez
, avec des fleurs de Lys , des Couronnes
et des Dauphins ; le troisième est de
Moire bleue et argent , brodé d'or , et
doublé de drap d'or : la bande est de même
étoffe , et brodée d'or avec des perles :
Les Chemises , Mouchoirs , &c. sont par
douzaines , et garnis des plus belles dantelles
d'Angleterre et de Malines , avec
une grande Couverture de Moire bleu et
argent , brodée d'or , avec des Trophées
et Attributs de l'Eglise : la Couverture
pour mettre sur le Berceau est de pareille
étoffe ; et brodée de même , ainsi que deux
grands oreillers de satin bleu brodé , dont
les glands sont d'or trait : la Corbeille dans
laquelle étoit le linge , est faite en forme
de
·
AVRIL. 1731. 801 ·
de Châsse , doublée de Damas bleu , brodé
d'or , et le tout enfermé dans deux
grands coffres de velours cramoisi , brodé
à galons d'or , dont les pieds , les ances et
les fermetures sont d'argent massif.
Le Nonce fut conduit à l'Audience de
la Reine , avec les mêmes cérémonies.
S. M. s'étant rendue chez Monseigneur
le Dauphin , le Nonce y alla , et dans
Audience qu'il eut de Monseigneur le
Dauphin , il lui présenta de la
part da
Pape , les Langes bénits par S. S. Après
avoir été traité par les Officiers du Roi ,
il fut reconduit à son Hôtel par M. Hebert
, dans les Carosses de L. M. avec les
cérémonies accoûtumées.
Le 20. les Députez des Etats de Bourgogne
eurent Audience du Roi , étant conduits
en la maniere accoûtumée par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Cérémonies , et par M. Desgranges , Maî
tre des Cérémonies. Ils furent présentez
à S. M. par le Duc de Bourbon ; Gouverneur
de la Province , et par le Comte de
Florentin , Secretaire d'Etat. La Députation
étoit composée de l'Abbé Moreau.
Doyen du Chapitre de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre pour le Clergé , qui porta
la
parole ; du Comte de Guitaud pour la
Noblesse et de M. Barrault , Maire de
Hy la
802 MERCURE DE FRANCE.
rs.
la Ville d'Autun , pour le Tiers Etat ; de
M. de Blancey , Secretaire de M. de Montigny
, Trésorier , et de M Ribou et Baron
, Syndics des Provinces de Bresse et
de Pugey. Ils furent conduits ensuite à
l'Audience de la Reine , et à celle de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou , et de Mesdames de France.
>
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée
, à l'Hôtel de la Compagnie . La Liste
des Numero gagnans des Actions et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant
en tout le nombre de 294 Actions ..
,
La Loterie établie par Arrêt du Conseil
du 29 Août dernier , pour le remboursement
des dettes de la Province de Languedoc
, fut tirée à Nismes dans la Grande
Salle des Etats , en présence des Commissaires
de S. M. et de l'Assemblée desdits
Etats les 9. 11 et 13 Janvier dernier..
Les arrérages ont été payez pour les trois.
premiers mois de cette année , avec le
remboursement des Capitaux à Bureau
ouvert , à Paris , à Toulouse , et à Monpellier.
On a imprimé ici la Liste des remboursemens
qui ont été faits par le Tré-
"
sorier
AVRIL. 1731. 803
sorier des Etats de ladite Province , suivant
les Numero gagnans de la Loterie.
Il paroît par cette Liste que la totalité
des Billets qui ont été tirez dans les trois
Séances est de 814. pour le remboursement
de 800932 livres 12 sols , huit deniers
, sur laquelle somme il a été retenu
12 pour cent , conformément à l'Arrêt
du 29 Août 1730.
M. Jeard , Premier Secretaire du Marquis
de Villeneuve , Ambassadeur de
France à Constantinople , après avoir
abordé à Toulon , et y avoir fait quarantaine
, arriva à Versailles au commencement
de ce mois , chargé d'une Lettre
du Grand Seigneur , dans laquelle Sa
Hautesse donne part au Roi de son Avenement
au Trône de ses Ancêtres , et d'une
Lettre du Grand Visir pour S. M. Il
fut présenté au Roi par le Cardinal de
Fleury , et il en fut reçû avec beaucoup
de bonté , après avoir rendu à Son Eminence
, une Lettre du Grand Visir.
du Pape , fit son Entrée publique
à Paris. Le Prince de Guise , et
M. Hebert , Introducteur des Ambassa→
deurs , allerent le prendre dans les Carosses
du Roi et de la Reine , au Convent de
Picpus , d'où la marche se fit en cet ordre :
Le Caroffe de l'Introducteur , ceux du
Prince de Guise , précedez de son Ecuyer
et de ses Pages à cheval ; un Suiffe du Nonce
à cheval ; les Estafiers du Nonce à
pied quatre Officiers , l'Ecuyer et quatre
Pages à cheval ; le Carosse du Roi , à
côté duquel marchoient la Livrée du Prince
, et celle de M. Hebert ; le Caroffe de
la Reine et celui de Madame la Duchessed'Orleans
, Douairiere , ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Princesse
de Conty , seconde Doüairiere , de
la Princesse de Conty , troisiéme Douairierc
>
9.
AVRIL 1731 799
riere , du Prince de Conty , du Duc et de
la Duchesse du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte et de
la Comtesse de Toulouse et celui de
M. Chauvelin , Garde des Sceaux ; Ministre
et Secretaire d'Etat , ayant le département
des Affaires Etrangeres : et à une
distance de 30 à 40 pas , les quatre Caros-
.ses du Nonce.
Après qu'il fut arrivé à son Hôtel , il
fut complimenté de la part du Roy par le
Duc de Tresmes , Premier Gentilhomme
de la Chambre ; de la de la Reine ,
part
par le Marquis de Villacerf , son premier
Maître d'Hôtel , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans le Marquis
de Crevecoeur , son premier Ecuyer.
2
, par
Le 10 , le Prince de Guise et M. Hebert ,
allerent prendre le Nonce Extraordinaire
du Pape en son Hôtel , et le conduisirent
dans les Carosses du Roi et de la Reine à
Versailles où il eut sa premiere Audience
publique du Roi. Il trouva à son
passage , dans l'avant- cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses , en haye et sous les armes , les
Tambours appellant , et dans la Cour , les
Gardes de la Porte et ceux de la Prévôté
aussi en haye et sous les armes , à leurs
postes ordinaires. Il fut reçû au bas de l'escalier
par le Grand- Maître et le Maître
Hii des
800 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies ; les cent Suisses étant sur
l'escalier en habit de cérémonie , la Hallebarde
à la main , et à la porte et en dedans
de la Salle des Gardes , par le Duc
de Bethune , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye et sous les
armes.
Après l'Audience , le Roi passa dans
son Cabinet , où il fut suivi par le Nonce,
et S. M. vit les langes benits par le Pape ,
pour Monseigneur le Dauphin , qui sont
très- riches , et dont l'ouvrage est d'une
grande beauté. Ces Langes consistent en
trois langes , dont deux sont de drap écarlate
, brodez d'or en plein des deux côtez
, avec des fleurs de Lys , des Couronnes
et des Dauphins ; le troisième est de
Moire bleue et argent , brodé d'or , et
doublé de drap d'or : la bande est de même
étoffe , et brodée d'or avec des perles :
Les Chemises , Mouchoirs , &c. sont par
douzaines , et garnis des plus belles dantelles
d'Angleterre et de Malines , avec
une grande Couverture de Moire bleu et
argent , brodée d'or , avec des Trophées
et Attributs de l'Eglise : la Couverture
pour mettre sur le Berceau est de pareille
étoffe ; et brodée de même , ainsi que deux
grands oreillers de satin bleu brodé , dont
les glands sont d'or trait : la Corbeille dans
laquelle étoit le linge , est faite en forme
de
·
AVRIL. 1731. 801 ·
de Châsse , doublée de Damas bleu , brodé
d'or , et le tout enfermé dans deux
grands coffres de velours cramoisi , brodé
à galons d'or , dont les pieds , les ances et
les fermetures sont d'argent massif.
Le Nonce fut conduit à l'Audience de
la Reine , avec les mêmes cérémonies.
S. M. s'étant rendue chez Monseigneur
le Dauphin , le Nonce y alla , et dans
Audience qu'il eut de Monseigneur le
Dauphin , il lui présenta de la
part da
Pape , les Langes bénits par S. S. Après
avoir été traité par les Officiers du Roi ,
il fut reconduit à son Hôtel par M. Hebert
, dans les Carosses de L. M. avec les
cérémonies accoûtumées.
Le 20. les Députez des Etats de Bourgogne
eurent Audience du Roi , étant conduits
en la maniere accoûtumée par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Cérémonies , et par M. Desgranges , Maî
tre des Cérémonies. Ils furent présentez
à S. M. par le Duc de Bourbon ; Gouverneur
de la Province , et par le Comte de
Florentin , Secretaire d'Etat. La Députation
étoit composée de l'Abbé Moreau.
Doyen du Chapitre de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre pour le Clergé , qui porta
la
parole ; du Comte de Guitaud pour la
Noblesse et de M. Barrault , Maire de
Hy la
802 MERCURE DE FRANCE.
rs.
la Ville d'Autun , pour le Tiers Etat ; de
M. de Blancey , Secretaire de M. de Montigny
, Trésorier , et de M Ribou et Baron
, Syndics des Provinces de Bresse et
de Pugey. Ils furent conduits ensuite à
l'Audience de la Reine , et à celle de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou , et de Mesdames de France.
>
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée
, à l'Hôtel de la Compagnie . La Liste
des Numero gagnans des Actions et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant
en tout le nombre de 294 Actions ..
,
La Loterie établie par Arrêt du Conseil
du 29 Août dernier , pour le remboursement
des dettes de la Province de Languedoc
, fut tirée à Nismes dans la Grande
Salle des Etats , en présence des Commissaires
de S. M. et de l'Assemblée desdits
Etats les 9. 11 et 13 Janvier dernier..
Les arrérages ont été payez pour les trois.
premiers mois de cette année , avec le
remboursement des Capitaux à Bureau
ouvert , à Paris , à Toulouse , et à Monpellier.
On a imprimé ici la Liste des remboursemens
qui ont été faits par le Tré-
"
sorier
AVRIL. 1731. 803
sorier des Etats de ladite Province , suivant
les Numero gagnans de la Loterie.
Il paroît par cette Liste que la totalité
des Billets qui ont été tirez dans les trois
Séances est de 814. pour le remboursement
de 800932 livres 12 sols , huit deniers
, sur laquelle somme il a été retenu
12 pour cent , conformément à l'Arrêt
du 29 Août 1730.
M. Jeard , Premier Secretaire du Marquis
de Villeneuve , Ambassadeur de
France à Constantinople , après avoir
abordé à Toulon , et y avoir fait quarantaine
, arriva à Versailles au commencement
de ce mois , chargé d'une Lettre
du Grand Seigneur , dans laquelle Sa
Hautesse donne part au Roi de son Avenement
au Trône de ses Ancêtres , et d'une
Lettre du Grand Visir pour S. M. Il
fut présenté au Roi par le Cardinal de
Fleury , et il en fut reçû avec beaucoup
de bonté , après avoir rendu à Son Eminence
, une Lettre du Grand Visir.
Fermer
Résumé : Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Le 8 avril 1731, l'Abbé Lanti, Nonce Extraordinaire du Pape, fit son entrée publique à Paris. Il fut accueilli par le Prince de Guise et M. Hebert, Introducteur des Ambassadeurs, et transporté dans les carrosses du Roi et de la Reine depuis le couvent de Picpus. La procession comprenait divers carrosses de la famille royale, des nobles et du Nonce. À son arrivée à son hôtel, il fut complimenté par des représentants du Roi, de la Reine et de la Duchesse d'Orléans. Le 10 avril, le Prince de Guise et M. Hebert conduisirent le Nonce à Versailles pour sa première audience publique avec le Roi. À son passage dans l'avant-cour du château, il fut accueilli par les Compagnies des Gardes Françaises et Suisses en armes. Après l'audience, le Roi montra au Nonce les langes bénits par le Pape pour le Dauphin, richement ornés et brodés. Le Nonce fut ensuite conduit à l'audience de la Reine et du Dauphin, où il présenta les langes bénits. Le 20 avril, les députés des États de Bourgogne eurent audience du Roi, conduits par le Marquis de Dreux et M. Desgranges. Ils furent présentés par le Duc de Bourbon et le Comte de Florentin. La délégation comprenait des représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état. Ils furent ensuite conduits aux audiences de la Reine, du Dauphin, du Duc d'Anjou et de Mesdames de France. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes pour le remboursement des actions fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie. La liste des numéros gagnants fut rendue publique, totalisant 294 actions. La loterie pour le remboursement des dettes de la Province de Languedoc fut également tirée à Nîmes en janvier. Les arrérages pour les trois premiers mois de l'année furent payés, ainsi que le remboursement des capitaux à Paris, Toulouse et Montpellier. M. Jeard, Premier Secrétaire du Marquis de Villeneuve, Ambassadeur de France à Constantinople, arriva à Versailles au début du mois. Il apportait des lettres du Grand Seigneur et du Grand Visir, annonçant l'accession au trône du Grand Seigneur. Il fut présenté au Roi par le Cardinal de Fleury et reçut une lettre du Grand Visir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5259
p. 162-167
FRANCE, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le premier de ce mois, le Roi et la Reine, Monseigneur le Dauphin, [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Duc, Comte, Mort, Prince, Cour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FRANCE, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
FKA C*E,' 5 '
Nouvelle: de la Çour , de Iari: , Ü‘? u
E premier (le ce mais»; le Roi 9€ l3
Reine , Monseigneur-lçwlÿauplgin ,
(Monseigneur le Duc d’Anjou, et Mes
a-’ 4 4
v JANVIER. 1733." p13,
flamçs de France , reçûren: les comph
Qmens sur la nouvelle année , des Princes
Let Princesses du Sang , des Seigneurs et.
Dames de la- Cour , et les respects du
‘Corps de Ville , &c. Après quoi le Roi
actompagnê du Duc d’OrIear_1s , du Duc
deiiîourbon , du Comte deîixaroiois, dû
Comte de Clvrmonr, du Duc du Màine;
du Comte d’Eu ,. du Comte- de. Toulou
ze , et des Chëvaiicrs , Conæmandeurs et
Officiers des Ordres qui ÿêtoienr assem
blez dans le Cabinet de S. M. se rendit à
la‘. Chrpeilz‘ du Château de VzrsailleæLe
Prince de Conry en Hxbit de, Novice
marchoiriimmédiatezwientaprès les grancls
‘Officiers a et le Cardinal de Poligziac, en
- Chape de Cardinai, (‘ierriere S. M. Le
Roi devangqui les deux Huissiers de
'11 Chambre portoient leurs Masses , êroit
Lcn Manteau , le Collier de POrdre _pu‘
‘d'ami; ; àinsi ‘Êquéïcs Chevaliers. Le Roi
étant entré dans la Chapcile , on ‘com‘
gnrnçq ‘le Kent‘ Cramer’. après l; uel le
ÇgÇarAinaI de Polignacÿ qui avoit r'-te nom
Commahndçu; çlePOrdrc dès le :6
Mai :1728. prêta Serment, et fut reçû ‘par
_S. M.‘ Le lggjiliîînrenäifit ‘qnsuiteiia Grand‘:
‘Massé qui fut‘ ‘célebrêe par îjïAbbë B595.
En , Cbapelaîn ordinaire de "Ïâfïiaîâeîfe
ÿï. èäwxnu.:.-.«f52h3a5és....getH,.vai.M319_ i Pæuèe‘
I
1E4 MERCURE m; FIRTANCE
Après la Messe , le Roi donna le Collier.‘ i
tic POrdre au Prince de Conty s après
Quoi S. M. fut reconduite dans son Ap-p
partement avec les cerémonies accoûtu
_mées. La Reine , accompagnée des Dames
de sa Cour , entendit la même Messe dan:
"sa Tribune. '
(
' Le Roia donné au Prince de Conti , le
3
' ‘Régiment de Cavalerie, vacant par là,
mort du Duc dïflincour.
i‘ Le r2 de ce mois, PEvêque Comte de
Noyon , et le Duc de Rufiec , Pairs de
France , prirent séance au Parlement avec,
‘les cerémonies accoûtumées.
Le 26. de ce mois, Plîvëque de Vencb
Îfut élû à l’Académie Françoise, à la pla
‘ ce vacante par la mort de. l’Evêq_ue d”:
_Metz-. - v '
Le Chapitre de ‘PEglTse Métropolitaine
fêtant assemblé le gode ce mois , élut
PAbbé (PI-larcourt , Chanoine de la m6‘
‘me Fglise, pour remplir laDignirê de
_Doyen,.vàcante par la mort de Pflbbb
Zde‘JG4on3t1a;.u‘ldte.s; nxoisjM_ . Rat; Rec. teït.
. -
_ .,
à JANVIER. ‘:733’. r83
“de PUnivci-sité,’ accompagnéides Doyen;
des Faculrez ct ‘des Procurcurs des Nat
ftions , aHa à Marly, où il! eut Phonneur
‘suivant Pancicn usage , de présentez; un
Cierge au Roy et à. Ia Reine. ‘ ’
Le lendemain, Te Pcre Vicäire Gcncê
‘ral d'es Religieux de la Mercy , accom’.
‘ Pagnê de troisRcÏigicux du Convent‘
‘du Marais,‘ eut aussi Phdnneur dé pré.
jsentcr un Cicrge à l'a Reine, pour sa"
‘tisfnire ä une des conditions de leur‘
établissement ,_ fait àParis en 16:5. par‘
la Reine Marie de Médicis‘. ' ' x
"hic premier Janvier i1 y eut à Vëfäaifè
Te Concert dçs Vingr-quartè pendant R:
dîner du Roi chez la Reine; on y éxécuü
ta une suite d’Airs d’e Fa composition Je
‘M. Uestoucfies , Sur-intendant de la Mu-g‘
' ‘sîquc du Roi en Semestre.
.. .3
jee} çfie Ÿsil‘ y eut Concert chez Fa
‘Rëïn. LoîfïïôñvçhÿhtàicPïoibgùc et les
‘kuaïiâïÿnäyêëâficîu’ Ballet "des Elemm: ',.
1 Un: lès principaux Rôles furent chantez:
‘par les Dflîs Antier , Cburvasicr et Leu-s
net , Ct par les Srs dflkngerville , Petitq
(otgt Guedon. _ _ ' _
"Î I6 r": et l5: i4 , dàns Ieïsaïon de lazRèei-l
Proiéguç crfcs trois premiers AC
.- - u _ .,
166 M ERCURE DE FRANCE
.tes de Thesée à les ÿdeux derniers furent
‘continuez à Marly le i7. Les Rôles de
.Medc'e et (Tlîglé , furent chantez par les
Dlles Duhamel et Courvasier , et les Srs
'd'A’ngerville et Petitrot firent ceux d'5
gée et de Thesée.
, Le x9‘, laeReine entendit le Prologue
et le premier Acte cPAmadi: d: Grâce ,
qu’en continua le 241 et le a4.
_ Le 2.6 , le Prologue ‘et le premier Acte
de Semimmi; , qu'on continua le 2.8 et le
«.3: , et APexêcution fit beaucoup de
plaisir. _
Le 29 Janvier Iesgïhé-arres ayant été
fermez à l'occasion du‘ Service qui fut fait
fi Notre- Dame pour le»feu Roi de Sar
fldaigne Ÿictor-Amedîe ,il y eut Concert
I _S_pi,ritu_el au Château des Thuiileries , on
‘y chanta un "Moter à grand Choeur de
_M. de la Lande , Bmti 0mm! ,qu’on n’a
voit pas encore éxecutéfl et qiiiufiir trèî
goûtez; après plusieurs Pièces d; simphoa
înie ,3 joüÔes parles SrszBlaver érleiçlerc...
‘le. Concert fur :41: de M. de ltaerLmainndé:epa{rplreê,c1e2d;‘e d'une
' excellente Piece de simphonie, et d’u_n
Carillon fu nebre. p
q Le a 4.:Janvlgt_ j la Irortèlrziegde
‘essais. si“. jladsâ e étëÿliiîgfiëleiläàægïä:
, J A NVîî E R. 1753. "r61
Ù
boursement des Actions , fut tirée en la.
‘maniere accoûtumêe , à PHôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros ga;
gitans des Actions ettdixiêmes d'Actions
qui doivent être remboursées , a été ren
due‘ publique , faisant en tout le nombre
de 314 Actions.
Nouvelle: de la Çour , de Iari: , Ü‘? u
E premier (le ce mais»; le Roi 9€ l3
Reine , Monseigneur-lçwlÿauplgin ,
(Monseigneur le Duc d’Anjou, et Mes
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v JANVIER. 1733." p13,
flamçs de France , reçûren: les comph
Qmens sur la nouvelle année , des Princes
Let Princesses du Sang , des Seigneurs et.
Dames de la- Cour , et les respects du
‘Corps de Ville , &c. Après quoi le Roi
actompagnê du Duc d’OrIear_1s , du Duc
deiiîourbon , du Comte deîixaroiois, dû
Comte de Clvrmonr, du Duc du Màine;
du Comte d’Eu ,. du Comte- de. Toulou
ze , et des Chëvaiicrs , Conæmandeurs et
Officiers des Ordres qui ÿêtoienr assem
blez dans le Cabinet de S. M. se rendit à
la‘. Chrpeilz‘ du Château de VzrsailleæLe
Prince de Conry en Hxbit de, Novice
marchoiriimmédiatezwientaprès les grancls
‘Officiers a et le Cardinal de Poligziac, en
- Chape de Cardinai, (‘ierriere S. M. Le
Roi devangqui les deux Huissiers de
'11 Chambre portoient leurs Masses , êroit
Lcn Manteau , le Collier de POrdre _pu‘
‘d'ami; ; àinsi ‘Êquéïcs Chevaliers. Le Roi
étant entré dans la Chapcile , on ‘com‘
gnrnçq ‘le Kent‘ Cramer’. après l; uel le
ÇgÇarAinaI de Polignacÿ qui avoit r'-te nom
Commahndçu; çlePOrdrc dès le :6
Mai :1728. prêta Serment, et fut reçû ‘par
_S. M.‘ Le lggjiliîînrenäifit ‘qnsuiteiia Grand‘:
‘Massé qui fut‘ ‘célebrêe par îjïAbbë B595.
En , Cbapelaîn ordinaire de "Ïâfïiaîâeîfe
ÿï. èäwxnu.:.-.«f52h3a5és....getH,.vai.M319_ i Pæuèe‘
I
1E4 MERCURE m; FIRTANCE
Après la Messe , le Roi donna le Collier.‘ i
tic POrdre au Prince de Conty s après
Quoi S. M. fut reconduite dans son Ap-p
partement avec les cerémonies accoûtu
_mées. La Reine , accompagnée des Dames
de sa Cour , entendit la même Messe dan:
"sa Tribune. '
(
' Le Roia donné au Prince de Conti , le
3
' ‘Régiment de Cavalerie, vacant par là,
mort du Duc dïflincour.
i‘ Le r2 de ce mois, PEvêque Comte de
Noyon , et le Duc de Rufiec , Pairs de
France , prirent séance au Parlement avec,
‘les cerémonies accoûtumées.
Le 26. de ce mois, Plîvëque de Vencb
Îfut élû à l’Académie Françoise, à la pla
‘ ce vacante par la mort de. l’Evêq_ue d”:
_Metz-. - v '
Le Chapitre de ‘PEglTse Métropolitaine
fêtant assemblé le gode ce mois , élut
PAbbé (PI-larcourt , Chanoine de la m6‘
‘me Fglise, pour remplir laDignirê de
_Doyen,.vàcante par la mort de Pflbbb
Zde‘JG4on3t1a;.u‘ldte.s; nxoisjM_ . Rat; Rec. teït.
. -
_ .,
à JANVIER. ‘:733’. r83
“de PUnivci-sité,’ accompagnéides Doyen;
des Faculrez ct ‘des Procurcurs des Nat
ftions , aHa à Marly, où il! eut Phonneur
‘suivant Pancicn usage , de présentez; un
Cierge au Roy et à. Ia Reine. ‘ ’
Le lendemain, Te Pcre Vicäire Gcncê
‘ral d'es Religieux de la Mercy , accom’.
‘ Pagnê de troisRcÏigicux du Convent‘
‘du Marais,‘ eut aussi Phdnneur dé pré.
jsentcr un Cicrge à l'a Reine, pour sa"
‘tisfnire ä une des conditions de leur‘
établissement ,_ fait àParis en 16:5. par‘
la Reine Marie de Médicis‘. ' ' x
"hic premier Janvier i1 y eut à Vëfäaifè
Te Concert dçs Vingr-quartè pendant R:
dîner du Roi chez la Reine; on y éxécuü
ta une suite d’Airs d’e Fa composition Je
‘M. Uestoucfies , Sur-intendant de la Mu-g‘
' ‘sîquc du Roi en Semestre.
.. .3
jee} çfie Ÿsil‘ y eut Concert chez Fa
‘Rëïn. LoîfïïôñvçhÿhtàicPïoibgùc et les
‘kuaïiâïÿnäyêëâficîu’ Ballet "des Elemm: ',.
1 Un: lès principaux Rôles furent chantez:
‘par les Dflîs Antier , Cburvasicr et Leu-s
net , Ct par les Srs dflkngerville , Petitq
(otgt Guedon. _ _ ' _
"Î I6 r": et l5: i4 , dàns Ieïsaïon de lazRèei-l
Proiéguç crfcs trois premiers AC
.- - u _ .,
166 M ERCURE DE FRANCE
.tes de Thesée à les ÿdeux derniers furent
‘continuez à Marly le i7. Les Rôles de
.Medc'e et (Tlîglé , furent chantez par les
Dlles Duhamel et Courvasier , et les Srs
'd'A’ngerville et Petitrot firent ceux d'5
gée et de Thesée.
, Le x9‘, laeReine entendit le Prologue
et le premier Acte cPAmadi: d: Grâce ,
qu’en continua le 241 et le a4.
_ Le 2.6 , le Prologue ‘et le premier Acte
de Semimmi; , qu'on continua le 2.8 et le
«.3: , et APexêcution fit beaucoup de
plaisir. _
Le 29 Janvier Iesgïhé-arres ayant été
fermez à l'occasion du‘ Service qui fut fait
fi Notre- Dame pour le»feu Roi de Sar
fldaigne Ÿictor-Amedîe ,il y eut Concert
I _S_pi,ritu_el au Château des Thuiileries , on
‘y chanta un "Moter à grand Choeur de
_M. de la Lande , Bmti 0mm! ,qu’on n’a
voit pas encore éxecutéfl et qiiiufiir trèî
goûtez; après plusieurs Pièces d; simphoa
înie ,3 joüÔes parles SrszBlaver érleiçlerc...
‘le. Concert fur :41: de M. de ltaerLmainndé:epa{rplreê,c1e2d;‘e d'une
' excellente Piece de simphonie, et d’u_n
Carillon fu nebre. p
q Le a 4.:Janvlgt_ j la Irortèlrziegde
‘essais. si“. jladsâ e étëÿliiîgfiëleiläàægïä:
, J A NVîî E R. 1753. "r61
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boursement des Actions , fut tirée en la.
‘maniere accoûtumêe , à PHôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros ga;
gitans des Actions ettdixiêmes d'Actions
qui doivent être remboursées , a été ren
due‘ publique , faisant en tout le nombre
de 314 Actions.
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Résumé : FRANCE, Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En janvier 1733, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de France. Le 1er janvier, le Roi, la Reine, ainsi que divers princes et princesses du sang reçurent les vœux de la nouvelle année. Le Roi, accompagné de plusieurs ducs et comtes, assista à une messe célébrée par l'abbé Bossu à la chapelle du Château de Versailles. Le Cardinal de Polignac, nommé commandeur de l'Ordre en mai 1728, prêta serment. Après la messe, le Roi remit le Collier de l'Ordre au Prince de Conti, qui reçut également le 3e Régiment de Cavalerie. Le 12 janvier, l'évêque comte de Noyon et le duc de Ruffec prirent séance au Parlement. Le 26 janvier, l'évêque de Vence fut élu à l'Académie Française, et l'abbé Pilharcourt fut élu doyen du chapitre de l'Église métropolitaine. Le 1er janvier, un concert des Vingt-quatre Violons eut lieu pendant le dîner du Roi chez la Reine, interprétant des airs composés par M. Le Boucher, surintendant de la musique du Roi. Divers concerts et représentations théâtrales se déroulèrent à Marly et aux Tuileries, incluant des œuvres comme 'Les Éléments' et 'Sémiramis'. Le 29 janvier, un concert spirituel fut donné aux Tuileries en mémoire du roi de Sardaigne Victor-Amédée. Enfin, le 31 janvier, la loterie des essais fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie.
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5260
p. 168-173
A Mr D'ARBAUD, SUR SON ABJURATION de l'Heresie.
Début :
De quel bonheur, d'Arbaud, le Ciel te favorise ! [...]
Mots clefs :
Monsieur d'Arbaud, Hérésie, Abjuration, Église, Erreurs, Calvin, Foi, Ciel, Sainte vérité, Fortune
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mr D'ARBAUD, SUR SON ABJURATION de l'Heresie.
A M
D'ARBAUD ,
SUR SON ABJURATION
de l'Herefie.
DE
E quel bonheur , d'Arbaud , le
Ciel te favorife!
Te voilà revenu dans le fein de l'Eglife
;
Tu n'as plus ce Bandeau qui te cou
vroit les yeux ,
Qui caufa le malheur de tes derniers
Ayeux.
Eux
GALANT. 169
Eux feuls dans noftre noble & fidele
Patrie ,
De l'erreur de Calvin eurent l'ame
flétrie ,
Contraints de fuivre ailleurs leur
malheureufe erreur,
Ils furent entrainez par ce Torrent
trompeur.
Tu vois le Precipice où te menoit fa
courfe;
La quitant tu reviens à ta premiere
Source.
Quel Chant n'éclate point dans nos
Temples fameux,
Lors que ton coeur foûmis y fait de
nouveaux Voeux ;
Et quel eft ton plaifir , adorant nos
Misteres,
D'offrir le mefme Encens qu'avoient
offert tes Peres !
Tu n'es plus aveuglé , tu connois aujourd'huy
Quelle étoit ton erreur, & quelfut
fon apuy.
Janvier 1685 .
H
170 MERCURE
D'Arbaud , tu te fouviens que la
France en furie
Apuya lâchement la naifante Herefie
;
Qu'un Peuple mutiné contre fespropres
Roys,
Abatit les Autels , & renverfa la
Croix i
Tu découvres enfin par la Foy qui te
guide,
Qu'un nouveau Reformé fut un nouveau
perfide ;
Que la fedition,le carnage & l'horreur,
Avançoient les progrés d'un faux
Legislateur ;
du jufte Ciel le pouvoir le-
Et
que
gitime
Ne s'établit jamais par lefang ny le
crime .
Eclairé de la Foy , ce Celeste Flambeau,
Tu connois l'Herefie , & quel fut fon
Berceau.
GALANT. 171
Pour foûtenir l'éclat de fa nouvelle
gloire ,
Eut - elle un Auguftin, un Ambroise,
un Grégoire ?
Elle eut pour Fondateurs , d'illuftres
Scelerats ,
De fçavans Libertins , de fameux
Apoftats.
Chrétiens infortuneZ, de qui l'ame
abufée
Souffrit ce joug trompeur d'une Reforme
aifée ,
Qui prefchoit le plaifir & le relachement
,
Je ne m'étonne pas de vostre aven
glement ;
Je ne m'étonne pas qu'au milieu da
tumulte
Vous avez malgré vous fuivy vostre
faux Culte.
Le defordre & le bruit ne ferviront
jamais
A trouver le bonheur
que
donne un
Dieu de Paix.
H 2
172 MERCURE
Mais je m'étonne enfin , que le plus
grand des Princes ,
Qui travaille au repos de toutes fes
Provinces ,
Qui rend par fa douceur fes Peuples
fortunez ,
Trouve encor parmy vous tant de
coeurs obftinez.
Je fçay bien que la Foy ne fouffre
point de Maiftre ;
Que le pouvoir humain ne la fait
pas connoiftre ;
Que ce divin Rayon qui deffille nos
yeux ,
Eft un prétieux Don qui ne vient
que
des Cieux.
Sans tumulte & fans bruit , Chrêtiens
dans la Priere
Nous devons demander cette vive
lumiere.
Tout eft calme à préfent ; LOUIS
a tout foûmis ;
Demandez cette Foy , qui nous doit
rendre unis ;
GALANT.
1173
Employezle repos que donne l'a Victoire
,
A chercher le chemin d'une éternelle
Gloire.
D'arbaud , fans diférer tu cherchois
ce bonheur ;
Le Ciel vient de remplir ton efprit
& ton coeur ;
La fainte Verité jointe à l'ardeur
Sublime
2
Par fes Celeftes feux, & t'éclaire,&
t'anime ;
Sans fuivre les motifs qu'ont les
tâches Mortels ,
Tu viens pur & fincere au pied de
nos Autels ;
Eloigné de la Cour , dont l'éclat
t'importune
,
Tu cherche ton falut , fans chercher
la Fortune.
D'ARBAUD ,
SUR SON ABJURATION
de l'Herefie.
DE
E quel bonheur , d'Arbaud , le
Ciel te favorife!
Te voilà revenu dans le fein de l'Eglife
;
Tu n'as plus ce Bandeau qui te cou
vroit les yeux ,
Qui caufa le malheur de tes derniers
Ayeux.
Eux
GALANT. 169
Eux feuls dans noftre noble & fidele
Patrie ,
De l'erreur de Calvin eurent l'ame
flétrie ,
Contraints de fuivre ailleurs leur
malheureufe erreur,
Ils furent entrainez par ce Torrent
trompeur.
Tu vois le Precipice où te menoit fa
courfe;
La quitant tu reviens à ta premiere
Source.
Quel Chant n'éclate point dans nos
Temples fameux,
Lors que ton coeur foûmis y fait de
nouveaux Voeux ;
Et quel eft ton plaifir , adorant nos
Misteres,
D'offrir le mefme Encens qu'avoient
offert tes Peres !
Tu n'es plus aveuglé , tu connois aujourd'huy
Quelle étoit ton erreur, & quelfut
fon apuy.
Janvier 1685 .
H
170 MERCURE
D'Arbaud , tu te fouviens que la
France en furie
Apuya lâchement la naifante Herefie
;
Qu'un Peuple mutiné contre fespropres
Roys,
Abatit les Autels , & renverfa la
Croix i
Tu découvres enfin par la Foy qui te
guide,
Qu'un nouveau Reformé fut un nouveau
perfide ;
Que la fedition,le carnage & l'horreur,
Avançoient les progrés d'un faux
Legislateur ;
du jufte Ciel le pouvoir le-
Et
que
gitime
Ne s'établit jamais par lefang ny le
crime .
Eclairé de la Foy , ce Celeste Flambeau,
Tu connois l'Herefie , & quel fut fon
Berceau.
GALANT. 171
Pour foûtenir l'éclat de fa nouvelle
gloire ,
Eut - elle un Auguftin, un Ambroise,
un Grégoire ?
Elle eut pour Fondateurs , d'illuftres
Scelerats ,
De fçavans Libertins , de fameux
Apoftats.
Chrétiens infortuneZ, de qui l'ame
abufée
Souffrit ce joug trompeur d'une Reforme
aifée ,
Qui prefchoit le plaifir & le relachement
,
Je ne m'étonne pas de vostre aven
glement ;
Je ne m'étonne pas qu'au milieu da
tumulte
Vous avez malgré vous fuivy vostre
faux Culte.
Le defordre & le bruit ne ferviront
jamais
A trouver le bonheur
que
donne un
Dieu de Paix.
H 2
172 MERCURE
Mais je m'étonne enfin , que le plus
grand des Princes ,
Qui travaille au repos de toutes fes
Provinces ,
Qui rend par fa douceur fes Peuples
fortunez ,
Trouve encor parmy vous tant de
coeurs obftinez.
Je fçay bien que la Foy ne fouffre
point de Maiftre ;
Que le pouvoir humain ne la fait
pas connoiftre ;
Que ce divin Rayon qui deffille nos
yeux ,
Eft un prétieux Don qui ne vient
que
des Cieux.
Sans tumulte & fans bruit , Chrêtiens
dans la Priere
Nous devons demander cette vive
lumiere.
Tout eft calme à préfent ; LOUIS
a tout foûmis ;
Demandez cette Foy , qui nous doit
rendre unis ;
GALANT.
1173
Employezle repos que donne l'a Victoire
,
A chercher le chemin d'une éternelle
Gloire.
D'arbaud , fans diférer tu cherchois
ce bonheur ;
Le Ciel vient de remplir ton efprit
& ton coeur ;
La fainte Verité jointe à l'ardeur
Sublime
2
Par fes Celeftes feux, & t'éclaire,&
t'anime ;
Sans fuivre les motifs qu'ont les
tâches Mortels ,
Tu viens pur & fincere au pied de
nos Autels ;
Eloigné de la Cour , dont l'éclat
t'importune
,
Tu cherche ton falut , fans chercher
la Fortune.
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Résumé : A Mr D'ARBAUD, SUR SON ABJURATION de l'Heresie.
Le texte décrit l'abjuration de l'hérésie par un individu nommé d'Arbaud, qui exprime sa joie de revenir dans le sein de l'Église. Il reconnaît avoir abandonné l'erreur calviniste, qui avait causé le malheur de ses ancêtres contraints de fuir leur patrie. D'Arbaud exprime son plaisir de retrouver la foi de ses pères et offre des vœux dans les temples. Le texte évoque les troubles religieux en France, où l'hérésie protestante avait été soutenue par un peuple mutiné contre ses rois, abattant les autels et renversant la croix. D'Arbaud découvre que la réforme protestante a été portée par des scélérats et des libertins, et reconnaît que le désordre ne mène pas au bonheur. Malgré les efforts du roi Louis pour apporter le repos à ses provinces, il trouve encore des cœurs obstinés parmi les chrétiens. Le texte insiste sur le fait que la foi ne souffre pas de maître humain et encourage les chrétiens à prier pour être unis et chercher une gloire éternelle. D'Arbaud, éclairé par la sainte vérité, se présente pur et sincère aux autels, éloigné des motifs terrestres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5261
p. 73-79
Liste des Grands Officiers de Monseigneur le Duc & de Madame la Duchesse de Berry.
Début :
Premiers Gentilshommes de la Chambre. Mr le Duc de Saint Aignan, [...]
Mots clefs :
Duc de Berry, Duchesse de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Liste des Grands Officiers de Monseigneur le Duc & de Madame la Duchesse de Berry.
Lifte des Grands Officiers
de Monseigneur
le Duc & de Madame
la Duchelle de Berry.
Premiers Gentilshommes
dela Chambre.
Mr le Duc de SaintAignan,
Brigadier & Colonel
de Cavalerie.
Mr le M. de Bethune,
cy devant Colonel duRegiment
de la Reine.
Capitaines des Gardes
du Corps.
Mr le Chevalier de
Roye,Maréchal desCamps
& Armées du Roy.
Mr le Marquis deClermont,
Colonel de Dragons.
Cent Gardes, & cin-
- quante Suisses.
Premier Ecuyen
Mr de Razilly, cy-devant
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Berry.
MlliftreJ: de la Garde-
Rp[?$>e. -,- - Mrle Marquis deMonchy,
Maréchal des Camps
&Armées du Roy.
-
Mr leMarquis dePons.
-
PremierMaifîre-
-.
d'Hostel. -
Mr le Marquis de Cbampigtiel.
Dame d'honneur.
Mela Duchesse de Saint
Simon.
--
Dame d'Atour,
Me la Marquise de la
Vieuville.
Chevalier d'Honneur.
Mr le Marquis de Coetanfo,
Lieutenannt General
desArmées du Roy, &
Sous-Lieutenantdes Gen-
darmes de la Garde.
Premier Ecuyer,
Mr le Chevalier d'Hautefort,
Maréchal desCamps
&: Armées du Roy,frere
de Mr de Surville.
Premier Adaijtred'Hojlel.
Mr le Comte de Saumery
,
frere de Mr de Saumery,
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Bourgogne
, & fils du
Gouverneurde Chambort.
Premier (3*
Chambellan ordinaire.
Mrde la Hugé, Ecuyer
de Monseigneur le Duc
deBerry, premier
&Chambellan ordinaire.
Capitaine des Gardes
de la Porte.
Mr le Baron de Beauvais,
cy-devant Capitaine
des Chassesde la Garenne
du Louvre.
Premier Aumosnier. • Mr Turgot, Evesque
de Secz ,
cydevant Aumosnier
du Roy.
Chancelier.-
-.
Mr de la Rochepot, là
Berchere.
Sur-Intendant.
Mr Menon.
Me de Coetanfo, nommée.
pour laivre Madame
la Duchesse de Berry.
de Monseigneur
le Duc & de Madame
la Duchelle de Berry.
Premiers Gentilshommes
dela Chambre.
Mr le Duc de SaintAignan,
Brigadier & Colonel
de Cavalerie.
Mr le M. de Bethune,
cy devant Colonel duRegiment
de la Reine.
Capitaines des Gardes
du Corps.
Mr le Chevalier de
Roye,Maréchal desCamps
& Armées du Roy.
Mr le Marquis deClermont,
Colonel de Dragons.
Cent Gardes, & cin-
- quante Suisses.
Premier Ecuyen
Mr de Razilly, cy-devant
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Berry.
MlliftreJ: de la Garde-
Rp[?$>e. -,- - Mrle Marquis deMonchy,
Maréchal des Camps
&Armées du Roy.
-
Mr leMarquis dePons.
-
PremierMaifîre-
-.
d'Hostel. -
Mr le Marquis de Cbampigtiel.
Dame d'honneur.
Mela Duchesse de Saint
Simon.
--
Dame d'Atour,
Me la Marquise de la
Vieuville.
Chevalier d'Honneur.
Mr le Marquis de Coetanfo,
Lieutenannt General
desArmées du Roy, &
Sous-Lieutenantdes Gen-
darmes de la Garde.
Premier Ecuyer,
Mr le Chevalier d'Hautefort,
Maréchal desCamps
&: Armées du Roy,frere
de Mr de Surville.
Premier Adaijtred'Hojlel.
Mr le Comte de Saumery
,
frere de Mr de Saumery,
Sous-Gouverneur de
Monseigneur le Duc de
Bourgogne
, & fils du
Gouverneurde Chambort.
Premier (3*
Chambellan ordinaire.
Mrde la Hugé, Ecuyer
de Monseigneur le Duc
deBerry, premier
&Chambellan ordinaire.
Capitaine des Gardes
de la Porte.
Mr le Baron de Beauvais,
cy-devant Capitaine
des Chassesde la Garenne
du Louvre.
Premier Aumosnier. • Mr Turgot, Evesque
de Secz ,
cydevant Aumosnier
du Roy.
Chancelier.-
-.
Mr de la Rochepot, là
Berchere.
Sur-Intendant.
Mr Menon.
Me de Coetanfo, nommée.
pour laivre Madame
la Duchesse de Berry.
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Résumé : Liste des Grands Officiers de Monseigneur le Duc & de Madame la Duchesse de Berry.
Le document énumère les Grands Officiers au service de Monseigneur le Duc et de Madame la Duchesse de Berry. Les Premiers Gentilshommes de la Chambre sont le Duc de Saint-Aignan et Monsieur de Béthune. Les Capitaines des Gardes du Corps sont le Chevalier de Roye et le Marquis de Clermont. Le Premier Écuyer est Monsieur de Razilly, et les Maréchaux de la Garde-Robe sont les Marquis de Monchy et de Pons. Le Premier Maître d'Hôtel est le Marquis de Champigniel. La Dame d'honneur est la Duchesse de Saint-Simon, et la Dame d'Atour est la Marquise de la Vieuville. Le Chevalier d'Honneur est le Marquis de Coëtanfao. Un autre Premier Écuyer est le Chevalier d'Hautefort, et le Premier Aide de l'Hôtel est le Comte de Saumery. Le Premier Chambellan ordinaire est Monsieur de la Hugué, le Capitaine des Gardes de la Porte est le Baron de Beauvais, et le Premier Aumônier est l'Évêque de Séez, Monsieur Turgot. Le Chancelier est Monsieur de la Rochepot, et le Sur-Intendant est Monsieur Menon. Madame de Coëtanfao est nommée pour servir Madame la Duchesse de Berry.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5262
p. 606-612
A Poitiers, [titre d'après la table]
Début :
Mrs du Corps de Ville de Poitiers qui attendoient avec impatience les ordres de faire éclater leur joye [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Naissance du Dauphin, Roi, Poitiers, Armes du Roi, Dauphin, Régiment, Compagnie des arts et métiers, Trompette, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Poitiers, [titre d'après la table]
Mrs du Corps deVille de Poitiers qui attendoient
avec impatience les ordres de faire éclater leur joye
à l'heureufe
MAR S. 1736.
607
>
Pheureuſe Naiffance de Monfeigneur le Dauphin ,
qui met le comble aux defirs de la France , & rem
plit les voeux de tous les peuples , les reçûrent le
12. Septembre. M. Babinet , Maire , & Mrs. les
Echevins les communiquerent à M. de Bauffan
Intendant de la Province, qui venoit de recevoir
les mêmes ordres , le Te Deum fut indiqué par
M. l'Evêque au 22. & le Feu de joye au même
jour. Mrs du Corps de Ville firent travailler aux
préparatifs d'un Feu dont la décoration repré →
fentoit le Temple de la Felicité. Il étoit à l'Italienne,
à quatre faces , de 18. piés en quarré , &
de 19. d'élevation , terminé par une Plate- forme
couronnée d'un appui de 3. piés de haut. On
voyoit au milieu une Piramide fur fon Piédeſtal
de 22. piés de hauteur , peinte en marbre blanc
& jafpé , ornée dans la bafe d'Armoiries , de
Fleurs de Lys & de Dauphins. Chaque face du
Temple formoit un Arc de Triomphe , orné do
deux colomnes en marbre jafpé fur leurs Piédeftaux
en marbre blanc , le tout d'Ordre Dorique.
Les Bafes & Chapiteaux & les ornemens de
la Frife étoient en or ; le milieu de la Corniche
portoit une figure peinte fur l'appui qui couronnoit
la Plate-forme.
La face du côté de l'Hôtel de Ville repréſentoit
un Arc de Triomphe confacré au Roi , avec
cette Infcription : Regi Major Urbis & Ediles
pofuêre, mife au haut du Piédeſtal de la Piramide
avec les Armes de France. La figure du milieu
repréfentoit la Felicité couronnée de fleurs , une
main appuyée fur une Médaille où étoit peint le
Portrait du Roi , avec l'Infcription : Ludovicus
Decimus Quintus Francia Navarra Rex
ayant dans fon giron des fruits , des fleurs , des
perles , des pierreries & une Bourfe panchée d'ou
Le répandoient des Pieces de Monnoye & des
pierreries.
Los
608 MERCURE DE FRANCE .
Les côtés de l'appui de la Plate-forme étoient
ornés d'efpace en efpace de Feftons pendans de
Aeurs & de fruits , & d'autres de branches d'oliviers.
Au -deffous du Chapiteau de chaque colomne
étoit attaché un Médaillon , avec une Deviſe
en camayeux.
Le corps de la premiere Devife repréſentoit le
Roi fur fon Trône , ayant à fes côtés un jeune
enfant , repréfentant le Dauphin , & pour Inf
cription , ces mots tirés du 131. Pleaume : Filii
tui in aternum fedebunt fuper fedem tuam .
La feconde Devife repréfentoit plufieurs jeunes
Oliviers , avec l'Infcription tirée du Pfeaume 127 .
Sicut novella olivarum .
La troifiéme face étoit dédiée à la Reine , avec
cette Infcription Regina , & les Armes de France
& celles de la Reine.
La figure du milieu repréfentoit Junon couronnée
, tenant un Sceptre d'une main & de l'autre
des Couronnes. Cette Deeffe , qui felon les
Poëtes , diftribuoit les honneurs , les richeffes , la
gloire , &c. & qui préfidoit aux Mariages , paroiffoit
préfenter à Monfeigneur le Dauphin , les
Couronnes qui lui font dues. L'appui de la Plateforme
étoit orné de feftons compofez de Sceptres
& de Couronnes.
La premiere Devife , un Sep de Vigne chargé
de raifins , avec cette Infcription tirée du Pfeaume
127. Sicut vitis abundans . La feconde , un
Grenadier & des Grenades , Felix prole fuâ . Les
deux autres faces étoient dediées à Monfeigneur
le Dauphin , avec l'Infcription , Sereniffimo Delphino
, & les Armes du Dauphin fermées d'une
Couronne de Dauphin à 3. branches.
La figure d'une de ces faces repréfentoit Minerve.
Les côtez de l'Appui étoient ornez de
quatre Médailles de nos Rois , dont Minerve
femblait
MARS. 1730. 809
fembloit tracer à Monfeigneur le Dauphin les
vertus heroiques , la fainteté de S. Louis , la va→
leur d'Henry IV . la juftice de Louis XIII . & la
gloire de Louis le Grand , peintes en Camayeux.
La premiere Devife , un Soleil formant un Parelie
, avec l'Infcription De lumine lucet. La ſeconde
Devife , deux grands Aigles fuivis d'un Aiglon
qui apprend à s'approcher du Soleil . Neque
imbellem progenerant aquila columbam.
La figure du milieu de l'autre face , repréfen
toit Apollon la Lyre à la main & des Livres à fes
pieds , qui comme Dieu des Sciences & des Arts,
femble demander la protection de Monfeigneur
le Dauphin , afin qu'ils fleuriffent à l'avenir comme
ils font fous le regne du Roy. Les côtez de
P'Appui étoient ornez de Feftons , compofez
d'Inftrumens fervant aux Arts Liberaux . La premiere
Devife, un Soleil Levant qui fait éclore ies
Aeurs d'un Parterre , avec cette Infcription , Re-
Treat ortu. La feconde , le Sceptre de France
avec la Fleur de Lys, & ces mots tirez du chapi
tre 48. de la Genefe , Nec auferetur sceptrum
de Juda.
La Compagnie d'Arts & Métiers fut comman
Hêe le 17. & le 20. le Régiment de Milice Bourgeoife
& la Cavalerie , prirent les armes , & le
Corps de Ville fit une nouvelle Ordonnance pour
les Illuminations & la propreté des rues . le 21 .
dès le matin la Cloche de l'Hôtel de Ville fut fonnée
la joye parut de toutes parts , & on entendit
de tous côtez des réjouiffances & des accla
mations generales. fur les 7. heures du foir le
Major de la Milice fit battre aux champs , les
Canons furent tirez , toutes les Cloches fonnerent
, & la Ville fut illuminée .
Le 22 . à 4. heures du matin ou fit une falve
de tous les Canons de la Ville & de nombre de
Boëtes
610 MERCURE DE FRANCE .
1
Boëtes ; les Cloches continuerent de forner , &
tous les peuples manifefterent leur joye par des
acclamations redoublées de Vivé le Roi , vive la
Reine , vive Monfeigneur le Dauphin. Sur les
8. heures les Maire & Echevins , Bourgeois &
Officiers fe rendirent à l'Hôtel de Ville ; ils. y fu
rent reçûs au bruit des acclamations mêlées du
fon des Tambours , Trompettes & Hautbois de
la Ville , & par la Compagnie des Arts & Métiers
en habit de ceremonie.
Le Maire de la Ville , toûjours plein de zele
pour le fervice du Roi , parla avec beaucoup d'éloquence
fur les avantages que la Ville devoit attendre
de la grace particuliere que Dieu vient
d'accorder à la France , &c. Enfuite le Corps de
Ville fe rendit en l'Eglife Cathédrale , precedé
des Gardes de S. A. S. le Prince de Conty , des
Gardes & Gagiftes de l'Hôtel de Ville , vétus de
leurs cafaques , la Compagnie des Arts & Métiers,
les Trompettes & Hautbois de la Ville les préce
doient le Régiment de la Milice Bourgeoife &
la Cavalerie ayant leurs armès hautes bordoient
les rues. La Compagnie des Arts & Métiers entra
avec le Corps de Ville au fon des Tambours
& des Trompettes dans l'Eglife de S. Pierre , dont
le Frontifpice étoit tendu & orné des Armes du
Roi , de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin
en Broderie. Les Murs & les Piliers couverts de
Tapifferies & de Tableaux d'efpace en efpace. Le
Préfidial qui avoit à fa tête M. de Bauffan , Inrendant
& en place de l'autre côté du Corps de
Ville. M. de Foudras , Coadjuteur , officia pontificalement
au Te Deum chanté en Mufique au
bruit de differentes falves de Canons & de Boëtes,
auquel M. l'Evêque affifta . Le Régiment de Richelieu
, qui étoit en bataille fur la Place près de
Eglife, y répondit par trois décharges de Mouf
queterie
MARS. 1730. 611
queterie , & tous les Habitans par les démonftrations
d'une grande joye. Le Corps de Ville fut
régalé fplendidement à dîner avec plufieurs autres
perfonnes de diftinction chez le Maire.
:
Sur les 6. heures , les Maire , Echevins , Bourgeois
& Officiers du Corps de Ville , ſe rendirent
en l'Hôtel de Ville qui étoit illuminé en dedans
& en dehors par des Flambeaux , Bougies , Lampions
& Luftres on avoit placé à la principale.
porte de l'Hôtel de Ville & dans les Cours , plufeurs
Fontaines de vin qui coulerent tout le jour,
ainfi que celles qu'on avoit établies aux quatre
Avenues de la Place Royale & à l'Hôtel de M. le
Maire.Ledeffus de la potte de l'Hôtel deVille étoit
couvert d'un grand nombre deFlambeaux , Bougies
& Lampions, qui formoient lesArmes du Roi , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin.
A 7. heures , M. l'Intendant fe rendit à l'Hôtel
de Ville; le Major fit défiler le Régiment par
Compagnies , qui fe mit en bataille fur la Place
Royale , du côté droit qu'occupoit la Cavalerie
les deux Bataillons du Régiment de Richelieu .
étoient en bataille de l'autre côté , M. de Bauffan
à la droite de M. le Maire & le Corps de Ville ,
fe rendirent à la Place Royale , précedez des Gardes
, &c. les Trompettes & Hautbois , avec la
Compagnie des Arts & Métiers , les Maffiers &
Portiers La Compagnie des Arts & Métiers fit .
P'enceinte du Feu ; M. l'Intendant & le Corps de
Ville en firent trois fois le tour. Les Gardes de
PHôtel de Ville prefenterent des Flambeaux à
M. l'Intendant , à M. le Maire , à M. le Lieutenant
Colonel du Régiment de Richelieu , à
Mrs Poignand de Lorgere & Forien, plus anciens
Pairs & Echevins ; ils allumerent le Feu , au bruit
des Canons , des Tambours Hautbois & Trompettes
. M. l'Intendant & Mrs de l'Hôtel de Ville
Le
612 MERCURE
DE FRANCE
.
fe rendirent au Logis de M. Rigoumier, Echevin,
LaSymphonie étoit placée fur un desAmphithéatres
qu'on avoit fait conftruire autour de la Place
Royale. Le devant du Logis de M. Rigoumier
étoit illuminé de Flambeaux , Bougies & Lampions
, qui par leurs difpofitions repréfentoient
les Armes du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin ; Madame l'Intendante , accompagnée
d'un grand nombre de Dames de
condition , s'y étoit rendue , Mrs de Ville leur
frent fervir quantité de Rafraîchiffemens & les
régalerent d'uneSymphonie à laquelle répondirent
les Trompettes , Fifres & Tambours. Le Feu
d'artifice commença fur les 7. heures & demie
& fut varié par differentes figures , d'une grande
quantité de Gerbes , de Flambeaux , de Pots à
Feu , de Soleils , & de tout ce que l'art peut inventer
; un prodigieux mêlange de Fufées de
toutes efpeces partoient continuellement de ce
Feu, qui dura près de 2. heures pendant lefquelles
il fut fait trois décharges de l'Artillerie . Après
le Feu, M.le Maire , toûjours animé de la même
ardeur donna un magnifique foupé au Corps de
Ville & aux Officiers de la Milice Bourgeoife; les
Officiers du Régiment de Richelieu & plufieurs
perfonnes de confideration refterent chez M. l'Intendant
, qui fit fervir plufieurs tables , avec´autant
de gout que de magnificence , &c. Les Habitans
commencerent leurs Illuminations auffi-
τότ que l'artifice eut été tiré , les ruës furent remplies
de feux , toutes les fenêtres couvertes de
Lampions & d'autres lumieres ; les rues pleines
d'un Peuple infini retentirent pendant toute la
nuit de cris d'allegreffe.
avec impatience les ordres de faire éclater leur joye
à l'heureufe
MAR S. 1736.
607
>
Pheureuſe Naiffance de Monfeigneur le Dauphin ,
qui met le comble aux defirs de la France , & rem
plit les voeux de tous les peuples , les reçûrent le
12. Septembre. M. Babinet , Maire , & Mrs. les
Echevins les communiquerent à M. de Bauffan
Intendant de la Province, qui venoit de recevoir
les mêmes ordres , le Te Deum fut indiqué par
M. l'Evêque au 22. & le Feu de joye au même
jour. Mrs du Corps de Ville firent travailler aux
préparatifs d'un Feu dont la décoration repré →
fentoit le Temple de la Felicité. Il étoit à l'Italienne,
à quatre faces , de 18. piés en quarré , &
de 19. d'élevation , terminé par une Plate- forme
couronnée d'un appui de 3. piés de haut. On
voyoit au milieu une Piramide fur fon Piédeſtal
de 22. piés de hauteur , peinte en marbre blanc
& jafpé , ornée dans la bafe d'Armoiries , de
Fleurs de Lys & de Dauphins. Chaque face du
Temple formoit un Arc de Triomphe , orné do
deux colomnes en marbre jafpé fur leurs Piédeftaux
en marbre blanc , le tout d'Ordre Dorique.
Les Bafes & Chapiteaux & les ornemens de
la Frife étoient en or ; le milieu de la Corniche
portoit une figure peinte fur l'appui qui couronnoit
la Plate-forme.
La face du côté de l'Hôtel de Ville repréſentoit
un Arc de Triomphe confacré au Roi , avec
cette Infcription : Regi Major Urbis & Ediles
pofuêre, mife au haut du Piédeſtal de la Piramide
avec les Armes de France. La figure du milieu
repréfentoit la Felicité couronnée de fleurs , une
main appuyée fur une Médaille où étoit peint le
Portrait du Roi , avec l'Infcription : Ludovicus
Decimus Quintus Francia Navarra Rex
ayant dans fon giron des fruits , des fleurs , des
perles , des pierreries & une Bourfe panchée d'ou
Le répandoient des Pieces de Monnoye & des
pierreries.
Los
608 MERCURE DE FRANCE .
Les côtés de l'appui de la Plate-forme étoient
ornés d'efpace en efpace de Feftons pendans de
Aeurs & de fruits , & d'autres de branches d'oliviers.
Au -deffous du Chapiteau de chaque colomne
étoit attaché un Médaillon , avec une Deviſe
en camayeux.
Le corps de la premiere Devife repréſentoit le
Roi fur fon Trône , ayant à fes côtés un jeune
enfant , repréfentant le Dauphin , & pour Inf
cription , ces mots tirés du 131. Pleaume : Filii
tui in aternum fedebunt fuper fedem tuam .
La feconde Devife repréfentoit plufieurs jeunes
Oliviers , avec l'Infcription tirée du Pfeaume 127 .
Sicut novella olivarum .
La troifiéme face étoit dédiée à la Reine , avec
cette Infcription Regina , & les Armes de France
& celles de la Reine.
La figure du milieu repréfentoit Junon couronnée
, tenant un Sceptre d'une main & de l'autre
des Couronnes. Cette Deeffe , qui felon les
Poëtes , diftribuoit les honneurs , les richeffes , la
gloire , &c. & qui préfidoit aux Mariages , paroiffoit
préfenter à Monfeigneur le Dauphin , les
Couronnes qui lui font dues. L'appui de la Plateforme
étoit orné de feftons compofez de Sceptres
& de Couronnes.
La premiere Devife , un Sep de Vigne chargé
de raifins , avec cette Infcription tirée du Pfeaume
127. Sicut vitis abundans . La feconde , un
Grenadier & des Grenades , Felix prole fuâ . Les
deux autres faces étoient dediées à Monfeigneur
le Dauphin , avec l'Infcription , Sereniffimo Delphino
, & les Armes du Dauphin fermées d'une
Couronne de Dauphin à 3. branches.
La figure d'une de ces faces repréfentoit Minerve.
Les côtez de l'Appui étoient ornez de
quatre Médailles de nos Rois , dont Minerve
femblait
MARS. 1730. 809
fembloit tracer à Monfeigneur le Dauphin les
vertus heroiques , la fainteté de S. Louis , la va→
leur d'Henry IV . la juftice de Louis XIII . & la
gloire de Louis le Grand , peintes en Camayeux.
La premiere Devife , un Soleil formant un Parelie
, avec l'Infcription De lumine lucet. La ſeconde
Devife , deux grands Aigles fuivis d'un Aiglon
qui apprend à s'approcher du Soleil . Neque
imbellem progenerant aquila columbam.
La figure du milieu de l'autre face , repréfen
toit Apollon la Lyre à la main & des Livres à fes
pieds , qui comme Dieu des Sciences & des Arts,
femble demander la protection de Monfeigneur
le Dauphin , afin qu'ils fleuriffent à l'avenir comme
ils font fous le regne du Roy. Les côtez de
P'Appui étoient ornez de Feftons , compofez
d'Inftrumens fervant aux Arts Liberaux . La premiere
Devife, un Soleil Levant qui fait éclore ies
Aeurs d'un Parterre , avec cette Infcription , Re-
Treat ortu. La feconde , le Sceptre de France
avec la Fleur de Lys, & ces mots tirez du chapi
tre 48. de la Genefe , Nec auferetur sceptrum
de Juda.
La Compagnie d'Arts & Métiers fut comman
Hêe le 17. & le 20. le Régiment de Milice Bourgeoife
& la Cavalerie , prirent les armes , & le
Corps de Ville fit une nouvelle Ordonnance pour
les Illuminations & la propreté des rues . le 21 .
dès le matin la Cloche de l'Hôtel de Ville fut fonnée
la joye parut de toutes parts , & on entendit
de tous côtez des réjouiffances & des accla
mations generales. fur les 7. heures du foir le
Major de la Milice fit battre aux champs , les
Canons furent tirez , toutes les Cloches fonnerent
, & la Ville fut illuminée .
Le 22 . à 4. heures du matin ou fit une falve
de tous les Canons de la Ville & de nombre de
Boëtes
610 MERCURE DE FRANCE .
1
Boëtes ; les Cloches continuerent de forner , &
tous les peuples manifefterent leur joye par des
acclamations redoublées de Vivé le Roi , vive la
Reine , vive Monfeigneur le Dauphin. Sur les
8. heures les Maire & Echevins , Bourgeois &
Officiers fe rendirent à l'Hôtel de Ville ; ils. y fu
rent reçûs au bruit des acclamations mêlées du
fon des Tambours , Trompettes & Hautbois de
la Ville , & par la Compagnie des Arts & Métiers
en habit de ceremonie.
Le Maire de la Ville , toûjours plein de zele
pour le fervice du Roi , parla avec beaucoup d'éloquence
fur les avantages que la Ville devoit attendre
de la grace particuliere que Dieu vient
d'accorder à la France , &c. Enfuite le Corps de
Ville fe rendit en l'Eglife Cathédrale , precedé
des Gardes de S. A. S. le Prince de Conty , des
Gardes & Gagiftes de l'Hôtel de Ville , vétus de
leurs cafaques , la Compagnie des Arts & Métiers,
les Trompettes & Hautbois de la Ville les préce
doient le Régiment de la Milice Bourgeoife &
la Cavalerie ayant leurs armès hautes bordoient
les rues. La Compagnie des Arts & Métiers entra
avec le Corps de Ville au fon des Tambours
& des Trompettes dans l'Eglife de S. Pierre , dont
le Frontifpice étoit tendu & orné des Armes du
Roi , de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin
en Broderie. Les Murs & les Piliers couverts de
Tapifferies & de Tableaux d'efpace en efpace. Le
Préfidial qui avoit à fa tête M. de Bauffan , Inrendant
& en place de l'autre côté du Corps de
Ville. M. de Foudras , Coadjuteur , officia pontificalement
au Te Deum chanté en Mufique au
bruit de differentes falves de Canons & de Boëtes,
auquel M. l'Evêque affifta . Le Régiment de Richelieu
, qui étoit en bataille fur la Place près de
Eglife, y répondit par trois décharges de Mouf
queterie
MARS. 1730. 611
queterie , & tous les Habitans par les démonftrations
d'une grande joye. Le Corps de Ville fut
régalé fplendidement à dîner avec plufieurs autres
perfonnes de diftinction chez le Maire.
:
Sur les 6. heures , les Maire , Echevins , Bourgeois
& Officiers du Corps de Ville , ſe rendirent
en l'Hôtel de Ville qui étoit illuminé en dedans
& en dehors par des Flambeaux , Bougies , Lampions
& Luftres on avoit placé à la principale.
porte de l'Hôtel de Ville & dans les Cours , plufeurs
Fontaines de vin qui coulerent tout le jour,
ainfi que celles qu'on avoit établies aux quatre
Avenues de la Place Royale & à l'Hôtel de M. le
Maire.Ledeffus de la potte de l'Hôtel deVille étoit
couvert d'un grand nombre deFlambeaux , Bougies
& Lampions, qui formoient lesArmes du Roi , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin.
A 7. heures , M. l'Intendant fe rendit à l'Hôtel
de Ville; le Major fit défiler le Régiment par
Compagnies , qui fe mit en bataille fur la Place
Royale , du côté droit qu'occupoit la Cavalerie
les deux Bataillons du Régiment de Richelieu .
étoient en bataille de l'autre côté , M. de Bauffan
à la droite de M. le Maire & le Corps de Ville ,
fe rendirent à la Place Royale , précedez des Gardes
, &c. les Trompettes & Hautbois , avec la
Compagnie des Arts & Métiers , les Maffiers &
Portiers La Compagnie des Arts & Métiers fit .
P'enceinte du Feu ; M. l'Intendant & le Corps de
Ville en firent trois fois le tour. Les Gardes de
PHôtel de Ville prefenterent des Flambeaux à
M. l'Intendant , à M. le Maire , à M. le Lieutenant
Colonel du Régiment de Richelieu , à
Mrs Poignand de Lorgere & Forien, plus anciens
Pairs & Echevins ; ils allumerent le Feu , au bruit
des Canons , des Tambours Hautbois & Trompettes
. M. l'Intendant & Mrs de l'Hôtel de Ville
Le
612 MERCURE
DE FRANCE
.
fe rendirent au Logis de M. Rigoumier, Echevin,
LaSymphonie étoit placée fur un desAmphithéatres
qu'on avoit fait conftruire autour de la Place
Royale. Le devant du Logis de M. Rigoumier
étoit illuminé de Flambeaux , Bougies & Lampions
, qui par leurs difpofitions repréfentoient
les Armes du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin ; Madame l'Intendante , accompagnée
d'un grand nombre de Dames de
condition , s'y étoit rendue , Mrs de Ville leur
frent fervir quantité de Rafraîchiffemens & les
régalerent d'uneSymphonie à laquelle répondirent
les Trompettes , Fifres & Tambours. Le Feu
d'artifice commença fur les 7. heures & demie
& fut varié par differentes figures , d'une grande
quantité de Gerbes , de Flambeaux , de Pots à
Feu , de Soleils , & de tout ce que l'art peut inventer
; un prodigieux mêlange de Fufées de
toutes efpeces partoient continuellement de ce
Feu, qui dura près de 2. heures pendant lefquelles
il fut fait trois décharges de l'Artillerie . Après
le Feu, M.le Maire , toûjours animé de la même
ardeur donna un magnifique foupé au Corps de
Ville & aux Officiers de la Milice Bourgeoife; les
Officiers du Régiment de Richelieu & plufieurs
perfonnes de confideration refterent chez M. l'Intendant
, qui fit fervir plufieurs tables , avec´autant
de gout que de magnificence , &c. Les Habitans
commencerent leurs Illuminations auffi-
τότ que l'artifice eut été tiré , les ruës furent remplies
de feux , toutes les fenêtres couvertes de
Lampions & d'autres lumieres ; les rues pleines
d'un Peuple infini retentirent pendant toute la
nuit de cris d'allegreffe.
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Résumé : A Poitiers, [titre d'après la table]
En septembre 1736, Poitiers a célébré la naissance du Dauphin avec des festivités organisées par les autorités locales, dirigées par M. Babinet, Maire, et les Échevins, ainsi que M. de Bauffremont, Intendant de la Province. Les célébrations ont culminé le 22 septembre avec un Te Deum et un feu de joie. Le Corps de Ville a préparé un feu d'artifice sous la forme d'un Temple de la Félicité, mesurant 18 pieds de côté et 19 pieds de hauteur, orné de colonnes, de fleurs de lys et de dauphins. Chaque face du temple représentait un arc de triomphe avec des inscriptions et des figures symboliques. Les préparatifs incluaient des illuminations et des festivités publiques. Le 21 septembre, la cloche de l'Hôtel de Ville a sonné, annonçant les réjouissances. Le 22 septembre, une salve de canons et des acclamations ont marqué la journée. Le Maire et les Échevins se sont rendus à l'église cathédrale pour le Te Deum, accompagnés par diverses compagnies militaires et civiles. Après la cérémonie, un dîner somptueux a été offert aux membres du Corps de Ville. En soirée, un feu d'artifice a été tiré sur la Place Royale, précédé d'une procession incluant l'Intendant et les autorités locales. Le spectacle pyrotechnique a duré près de deux heures, accompagné de décharges d'artillerie. Après le feu d'artifice, le Maire a offert un souper aux membres du Corps de Ville et aux officiers. Les habitants ont illuminé leurs fenêtres et les rues, célébrant toute la nuit avec des cris de joie.
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5263
p. 180-186
SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. SONNET. / SONNET. / SONNET.
Début :
Je crois ne pouvoir mieux placer qu'aprés cette Feste, les / O Lys, dont la gloire est si pure, / De vostre Bras vengeur nous ressentons le pois. / Dieu, qui pendant que des oiseaux [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Sonnet, Dieux, Lys
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. SONNET. / SONNET. / SONNET.
Je crois ne pouvoir mieux
placer qu'aprés cette Fefte , les
trois Sonnets que vous allez
lire. Ils ont efté faits par Mr
de Meffange , dont les Ouvrages ont toûjours eu le bonheur de vousplaire, & en ayant
fait un chaque jour pendant
trois jours , il les a prefentez à
Monſeigneur le Duc de Bourgogne , à mesure qu'il les a
compofez.
GALANT 81
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
SONNET.
OLys , dont lagloire eftfi pure,
Aftreterreftre & dondes Cieux
Trefor fi cher à la nature ,
Et fi brillant à tous les yeux.
Quoy, dans une Saifonfidure
Vous renaiffez figracieux ;
Et d'une fi riche parure.
Vous venez embellir ces lieux!
182 MERCURE
Tiges toûjours incomparables
Quelsferont vos effets aimables
Dansuntemps moins rempli d'hor
reurs
Si durant celuy de l'orage ,
Nos heureuxChamps ont l'avantage
De voir multiplier vosfleurs?
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
De voftre Bras vengeur nous reffentons lepois,
GrandDieu vousnousfrappez de
fleauxlegitimes ;
GALANT 183
Tout ce que nous donnoient vos
bontez magnanimes ,
S'est trouvé de nos mains enlevé
par vos loix.
Apeine vos rigueurs nous ontlaifSela voix!
Mais loin d'envisager les excés
de nos crimes ,
Détournez vos regardsfurles vertusfublimes
Que pratique à vosyeux le plus
fage des Rois.
Ha , Seigneur , vous daignez
exaucer ma priere :
Je voi parfon bonheurfinir noſtre
mifere :
184 MERCURE
Votrecœurappaife donne un Prin
ce à nos Lys:
Defon Berceaunaîtrala Paix &
l'Abondance ;
Et par luy vous rendrez plus de
biens à la France ,
Que nos triftesforfaits ne nous en
ontravis.
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
Dieu , qui pendant que des * oifeaux
* Les Alcyons,
GALATN 185
Eléventfur le fein des ondes inconftantes
Leurs tendresfamilles flottantes ,
Deffendez que les vents ne combattent les eaux ;
生
Daignez prendre des foins fi
beaux
Pour des Divinitezfur la terre
naißantes ,
Quifont vos images vivantes ;
Etne refufez pas le calme à leurs
Berceaux.
Vous leur devez voftre affiftance ;
Mars 1710. e
.186 MERCURE
De l'Aîné de l'Eglife ils tirent
leur naiſſance :
Contre eux& contre luy l'Erreur
lancefes traits.
Tranquilifez leur destinée ;
Etdonnez unefois les douceurs de
la Paix
Aceluy qui pour vous l'a tant
defoisdonnée.
placer qu'aprés cette Fefte , les
trois Sonnets que vous allez
lire. Ils ont efté faits par Mr
de Meffange , dont les Ouvrages ont toûjours eu le bonheur de vousplaire, & en ayant
fait un chaque jour pendant
trois jours , il les a prefentez à
Monſeigneur le Duc de Bourgogne , à mesure qu'il les a
compofez.
GALANT 81
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
SONNET.
OLys , dont lagloire eftfi pure,
Aftreterreftre & dondes Cieux
Trefor fi cher à la nature ,
Et fi brillant à tous les yeux.
Quoy, dans une Saifonfidure
Vous renaiffez figracieux ;
Et d'une fi riche parure.
Vous venez embellir ces lieux!
182 MERCURE
Tiges toûjours incomparables
Quelsferont vos effets aimables
Dansuntemps moins rempli d'hor
reurs
Si durant celuy de l'orage ,
Nos heureuxChamps ont l'avantage
De voir multiplier vosfleurs?
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
De voftre Bras vengeur nous reffentons lepois,
GrandDieu vousnousfrappez de
fleauxlegitimes ;
GALANT 183
Tout ce que nous donnoient vos
bontez magnanimes ,
S'est trouvé de nos mains enlevé
par vos loix.
Apeine vos rigueurs nous ontlaifSela voix!
Mais loin d'envisager les excés
de nos crimes ,
Détournez vos regardsfurles vertusfublimes
Que pratique à vosyeux le plus
fage des Rois.
Ha , Seigneur , vous daignez
exaucer ma priere :
Je voi parfon bonheurfinir noſtre
mifere :
184 MERCURE
Votrecœurappaife donne un Prin
ce à nos Lys:
Defon Berceaunaîtrala Paix &
l'Abondance ;
Et par luy vous rendrez plus de
biens à la France ,
Que nos triftesforfaits ne nous en
ontravis.
SUR LE MESME SUJET.
SONNET.
Dieu , qui pendant que des * oifeaux
* Les Alcyons,
GALATN 185
Eléventfur le fein des ondes inconftantes
Leurs tendresfamilles flottantes ,
Deffendez que les vents ne combattent les eaux ;
生
Daignez prendre des foins fi
beaux
Pour des Divinitezfur la terre
naißantes ,
Quifont vos images vivantes ;
Etne refufez pas le calme à leurs
Berceaux.
Vous leur devez voftre affiftance ;
Mars 1710. e
.186 MERCURE
De l'Aîné de l'Eglife ils tirent
leur naiſſance :
Contre eux& contre luy l'Erreur
lancefes traits.
Tranquilifez leur destinée ;
Etdonnez unefois les douceurs de
la Paix
Aceluy qui pour vous l'a tant
defoisdonnée.
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Résumé : SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. SONNET. / SONNET. / SONNET.
Le texte décrit trois sonnets composés par Monsieur de Meffange à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. Ces poèmes, rédigés sur trois jours consécutifs, ont été offerts au Duc de Bourgogne. Le premier sonnet loue la beauté et la grâce du Duc d'Anjou, le comparant à Apollon. Le deuxième sonnet est une prière à Dieu, sollicitant le pardon pour les fautes passées et la protection divine pour le nouveau prince, afin qu'il apporte paix et abondance à la France. Le troisième sonnet invoque également la protection divine pour le Duc d'Anjou, le comparant aux oiseaux alcyons qui trouvent refuge pendant les tempêtes, et demande la paix pour celui qui l'a souvent accordée. Les sonnets expriment des vœux de prospérité et de protection pour le nouveau-né et la nation.
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5264
p. 2078-2084
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
Le 25. Juillet, la Coadjutorerie de l'Abbaye de Notre Dame de Meaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Évêque, Roi, Paris, Rouen, Vicaire général, Abbé commandataire, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
BENEFICES DONNEZ
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
par le Roy.
E 25. Juillet , la Coadjutorerie de
LAbbaye de Notre - Dame de Meaux ,
en faveur de la Dame de Bonnardy ,
Prieure
SEPTEMBRE. 1733. 2079
Prieure perpetuelle du Convent de Mondenis
, du consentement de la Dame
Pajot, Abbesse de cette Abbaye.
L'Abbaye de Chazeaux , à Lyon , vacante
par le décès de la Dame de Silvecanne
, en faveur de la Dame de Beaumont
, Prieure des Religieuses Benedicfines
de Cognac.
;
L'Abbaye Réguliere de Barbery , vacante
par la démission de Dom Fitsharbert
, en faveur de Dom Lambelin , Prieur
de l'Abbaye de Royaumont.
L'Abbaye de S. Paul de Besançon ;
vacante par le décès de M. de Beauffremont
, en faveur de M. Boisot.
L'Abbaye de S. Taurin , vacante par
le décès de M. le Normant , Evêque d'Evreux
, en faveur de M. d'Harcourt ,
Doyen de Notre- Dame de Paris.
L'Abbaye de S. Liguaire , vacante par
le décès du dernier Titulaire Comman
dataire , en faveur de M. de Foudras
Evéque de Poitiers .
L'Abbaye Royale du Lis , prés de Me
lun , Diocèse de Sens , vacante par là
mort de Madame d'Apremont , a été
donnée à Madame ... Crapadot ,
Prieure des Benedictines de Provins.
Le 28. Août , le Roy a nommé , aux
Archevêchez et Evêchez suivans.
H vi A
2080 MERCURE DE FRANCE
A l'Archevêché de Rouen , vacant du
18. Avril dernier , par la mort de Louis
de la Vergne de Tressan , l'Evêque et
Comte de Châlons , premier Aumônier
de la Reine , à la charge de 5800. livres
de pension . Il se nomme Nicolas de Saulx
de Tavanes , est né le 19.Septembre 1650 .
et a été d'abord Chanoine de S. Jean ,
et Comte de Lyon. Il fut député de la
Province de Sens à l'Assemblée generale
du Clergé de France de 1715. et Promoteur
de cette Assemblée , reçû Docteur
en Théologie de la Faculté de Paris ,
le 18. Mars 1716. pourvû de l'Abbaye
du Mont S. Benoît , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Besançon , le 23. Octobre
1717. et étant Vicaire Général dé
Pontoise , le Roy le nomma le 8. Janvier
1721 à l'Evêché de Châlons , Com.
té- Pairie de France. Il fut Sacré le 9.
Novembre suivant dans l'Eglise des
Théatins à Paris , par l'ancien Evêque
de Fréjus , aujourdhui Cardinal , assisté
des Evêques d'Avranches et de Mirepoix,
et le 11. du même mois il prêta Serment .
de fidelité entre les mains du Roy , en
présence du Duc d'Orleans Régent. Il
prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , après avoir prêté le Serment
accoûtumé >, le 4. Décembre, 1721.
assista
SEPTEMBRE . 1733 208r
assista au Sacre du Roy le 25. Octobre
1722. y réprésentant l'Evêque Duc de
Langres , absent ; donna la Bénediction
Nuptiale au Duc et à la feüe Duchesse
d'Orleans , dans son Château de Sarry ,
le 14. Juillet 1724. obtint le 12. Mars
1725. l'Abbaye de S. Michel en Thiera
che , Ordre de S. Benoît , Diocèse de
Laon ; fut nommé au mois de May suivant
premier Aumônier de la Reine , et
fut député de la Province de Reims à
l'Assemblée generale du Clergé , tenue
en la même année à Paris . Il est fils de
Charles-Marie de Saulx , Comte de Ta
vannes et de Beaumont , Grand- Bailly
de Dijon , et Lieutenant Général au Gou
vernement de Bourgogne , mort le 28.
Juin 1793. âgé de 54. ans , et de feüe
D. Marie Catherine d'Aguesseau , mortë
le 25. Janvier 1729. âgée de 66. ans ,
soeur de Henry- François d'Aguesseau ,
Chancelier de France.
I A l'Evêché de Metz , Suffragant de
Tréves , vacant du 28. Novembre 1732.
par le décès de Henry- Charles du Cambour
, Duc de Coiflin , Pair de France ,
Evêque Comte de Noyon , Claude de
5. Simon , né le 20. Septembre 1695. à
ว่า charge de 10300. livres de pension
legnel fut nommé Abbé Commandataire
de
2082 MERCURE DE FRANCE
de l'Abbaye de Jumieges , Ordre S.Benoît,
Diocèse de Rouen , le 20. Janvier 116.
et Evêque- Comte de Noyon , Pair de
France , au mois de Juillet 1731. Il fut
sacré le 15. Juin 1732. dans l'Eglise du
Noviciat des Dominicains à Paris , par
1'Archevêque de Rouen , assisté des Evê
ques d'Usés et de Bayeux , et il préta
Serment et prit séance au Parlement dé
Paris , en qualité de Pair de France , le
12. Janvier 1733. Il est fils de feu Titus-
Eustache de S. Simon , Seigneur de Falvy
sur Somme , Capitaine au Régiment des
Gardes Françoises , et Brigadier des Armées
du Roy , mort le premier Septembre
1712. âgé de 58. ans , et de D. Claire
Eugenie d'Hauterive , de Villesecq .
A l'Evêché de Châlons , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
à Rouen , Claude Antoine de Choiseul ;
Prêtre du Diocèse de Langres , né le
premier Novembre 1697 Licentié en
Théologie de la Faculté de Paris , de la
Maison et Societé de Navarre , et Vicaire
General de Gabriel Florent de Choiseul ,
Evêque de Mendes , son oncle. Il fur
fait Aumônier du Roy au mois de Juil
let 1728. assista à l'Assemblée du Clergé
de France , tenue en 1736. en qualité de
l'un
武
SEPTEMBRE. 1733. 2083
l'un des Députez de la Province d'Albi,
et obtint au mois de Jain de la même
année , l'Abbaye de N. D. de Bolbonne
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mirepoix
, qui fut préconisée et proposée pour
lui à Rome par le Cardinal Ottoboni
les 2. Octobre 1730. et 21. May 1731. Ik
est fils de feu Antoine Cleriadus de Choi
şeul- Beaupré , Seigneur d'Aillecourt , ap
pellé le Comte de Choiseul , Lieutenant
General au Gouvernement de Champagne
, Bailly de Chaumont et de Vitry ;
et Lieutenant Géneral des Armées du
Roy , mort le 19. Avril 1726. âgé de
62 ans , er de D. Anne - Françoise de
Barillon de Morangis , sa veuve.
A l'Evêché de Noyon , Comté- Pairie
de France , Suffragant de Reims , vacant
par la tranflation du dernier Titulaire
celui de Metz , Jean - François de la
Cropte de Bourzac , Prêtre du Diocèse de
Paris, d'une Famille noble de la Province
du Limosin , Vicaire Géneral de Limoges
, et nommé au mois d'Octobre 1729 .
Abbé Commandataire de l'abbaye de
S. Martial de Limoges , qui fut préconisée
et proposée pour lui à Rome le 23 .
Décembre 1729. et le 24. Juillet 1730 .
A celui d'Amiens , Suffragant de Keims,'
vacant du 20. Janvier 1733. par la mort
de
2084 MERCURE DE FRANCE
de Pierre Sabatier , Louis- François- Gabriel
d'Orleans de la Motte , Prêtre , Vi
caire Génerál du Diocèse de Senez , nommé
à cette Place par l'Archevêque d'Embrun
, au lieu de Jean d'Yse de Saleon ,
devenu Evêque d'Agen , et reconnu en
cette qualité par le Chapitre de Senez ,
le 27. Juin 1729. l'Abbaye de Sellieres ,
Ordre de Citeaux , Diocèse de Troyes ,
lui fut donnée au mois de Décemb. 173 1 .
Et à l'Evêché d'Evreux , Suffragant de
Rouen , vacant du 7. May dernier , par
le décès de Jean le Normant , Pierre-
Jules - Cesar de Rochechouart , Prêtre
du Diocèse d'Orleans , Vicaire Géneral
de ce Diocèse , et Prieur Commandataire
de S. Lo de Rolien , pourvû de ce Bénefice
au mois de Décembre 1724. fils
de Louis de Rochechouart , Seigneur.de
Montigny et du Monceau en Beauce ,
de même Maison que les Ducs de Mortemart
, et d'Elizabeth de Cugnac de
Joui , sa femme.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
En juillet 1733, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués par le roi. La coadjutorerie de l'Abbaye de Notre-Dame de Meaux a été accordée à la Dame de Bonnardy, Prieure. La Dame Pajot, Abbesse de l'Abbaye de Mondenis, a consenti à la nomination de la Dame de Bonnardy comme Prieure perpétuelle de ce couvent. L'Abbaye de Chazeaux à Lyon, vacante après le décès de la Dame de Silvecanne, a été donnée à la Dame de Beaumont, Prieure des Religieuses Bénédictines de Cognac. L'Abbaye Régulière de Barbery, vacante par la démission de Dom Fitsharbert, a été attribuée à Dom Lambelin, Prieur de l'Abbaye de Royaumont. L'Abbaye de Saint-Paul de Besançon, vacante après le décès de M. de Beauffremont, a été donnée à M. Boisot. L'Abbaye de Saint-Taurin, vacante après le décès de M. le Normant, Évêque d'Évreux, a été attribuée à M. d'Harcourt, Doyen de Notre-Dame de Paris. L'Abbaye de Saint-Liguaire, vacante après le décès du dernier Titulaire Commandataire, a été donnée à M. de Foudras, Évêque de Poitiers. L'Abbaye Royale du Lis, près de Melun, vacante après la mort de Madame d'Apremont, a été attribuée à Madame Crapadot, Prieure des Bénédictines de Provins. Le 28 août 1733, le roi a nommé plusieurs évêques. Nicolas de Saulx de Tavannes a été nommé à l'Archevêché de Rouen, vacant depuis le 18 avril 1733. Claude de Saint-Simon a été nommé à l'Évêché de Metz, vacant depuis le 28 novembre 1732. Claude Antoine de Choiseul a été nommé à l'Évêché de Châlons. Jean-François de la Cropte de Bourzac a été nommé à l'Évêché de Noyon. Louis-François-Gabriel d'Orléans de la Motte a été nommé à l'Évêché d'Amiens. Pierre-Jules-César de Rochechouart a été nommé à l'Évêché d'Évreux.
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5265
p. 181-190
A MONSIEUR LE PELLETIER DE SOUZI.
Début :
Je ne vous diray point, pour vous engager à lire l'Ouvrage / Je ne sçaurois m'en empêcher, [...]
Mots clefs :
Amour, Raison, Nature, Querelle, Louis, Seigneur, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE PELLETIER DE SOUZI.
Je ne vous diray point,
pour vous engager à lire l'Ouvrage qui fuit, sur quelle ma*
tiercil aesté fait.vousdiray feulement qu'il eftdcrillustre Madame desHoulierer.,
-- "'ï-"- - Pourriezvousaprès cela .,. n'a-
voir pas d'cmprcflémeotpouf
cccte lecture?
-
AMOSIEUR
LIL EÉr rE-LXJLXIE& -- -,
it
1DEs0uI.
JEnefçaurois m'enempêcher*
Il faut, Seigneur, que jevoùs
gronde.
Jevous cherche avec foin maisfty
beau vùus chercher
, Je
ne jçaaroistous approcher3
j9~<? lors que r»ftre porte ouverte 4
toutlf monde
'Uemrjle avec les gens qu'on Aime
*
dépefeber. ,
Quelque réflexion profonde
Quefajfe là.*de(fus mon ejprit alarme,
Je ne devine point sur qitoycela fc
fonde,
Mtjeriay pas accoutumé
Que dans lafoule onmeconfonde.
Si vous p:JuvleZ ffavoir les affligeansdifeours
..f<!!e me tient en secret le plus insurmontable,
Le plus dangereux de; amourst
Vousferk^moins impraticable.
Vous esses etonm
,
Seigieur,
Mais cjuevoflre cfpritse rassure,
Jcriafpire pointaChonneur
D'aucune galante évanture.
L'amour dont je vous parle à luy~
mefmç efl borné»
Ilsaisi d'un peu d'encens toute si
nourriture.
La raison
,
laJagejp>e* vain font
condamné,
Avec nous cet amour tjl néy
Autant quenouscetamourdure.
C'eftun foible, il ejîvray
,
maistout examiné, -
C'ejf un foible qxe la Nature
Aux plusgrands hommes a
donné,
Terfonne nîejtassiz, PIlCtrt
pour avouer, comme je fais,
Tout ce que faitfoujfrirïamourprù*
pre en colere.
L'un dit, jenen aypoint> l'autre,je
nen ay gutre.
Si detelsdifeours ejfoient vrais,
Les Dames craindroient moins qu'oit
les vist négligées,
De n'avoir plUdorm)ftroiint moinÀ
aflfigées,
Ztn'emprunteraient jointdAt- traits.
Les Amans, les Guerriers ne vontproientjoint la tejîe
De leurbonnefortune,&de tous leurs
hautsfaits.
MtjfitNrs les beaux espritsseferoient
moins de frjleJ
Et quand,ce qu'ilsfont eflmauvais,
Ilsfouffriroientdu moinsenfaix
^u'onfftde leur ouvrage une critique honneste.
Mais que fais-je,& pourquoy dans
ma Lettre entasser
Bagatellesur bagatelle?
Seigneur, en la lisant vous font)en
Uspatfet,
Revenons à noflre querelle.
Comme vojtre bonté jointe a
voftrc
pouvoir
J beaucoupdimportunstous leslu"
vous expoJet
feut-efire crojc^vous queje ne veux,
vous voir,
jguc pour demanderquelquechofe*
En ce cas, ctjlbienfat d'avoirfit
porte close.
Dans un temps de befiins ri d'/1M.
haras tiffk>
Demandeur» quel quilJoitt dottefire
malreceu.
Mais, SeigllCM", un Portier, doit-il
efire barbare,
j^uand on vient pourremercier,
Et d'uncompliment aussi rare,
Doit-on fipeu.sisoucier ?
Ne dtmt'On pas a mentendre
Jgue le malheur du tempsfixe vojbç
bonté» 1
J$*t fourles mmx dautruy vous
devenez moins tendre,
Et tfuun remsrciment'doitfarsa rareté
Agnablementvous furprevdre?
Ah !Ji comme chacun ade difftrens
goufts,
Les rarctex*pouvaientvousflaire,
Ilfaudroitfourvousfattsfaire,
Vous faire voirdesgens qllisi flaU
gnent de vous.
Maisoù les rencontrer, quand chacun
vus honore,
J>)uand de tous cofiez, on n'en..
tend
Jt>ue des gens que l'excès de vos bon-
»
u\,surprend,
J>)uisedifint,per/onne en vain ne
les implore,
Par tout il fait de cœurs une riche
moiffini
Et quoy qui'lserve bien, on ne voie
point encore
De malheureux de sa sason?
Que cet eloge eftgrAnd,Seigneur!
touteId gloire
^uau milieu desfangUns combats
Donne une célébré vtâoire,
A beaucoup prés ne le vaut pas.
D'un siprécieux caraUete
OnA vu 14 nAture Avare en tous les
temps, --
Et mesme dans le cour* des emplois
éclatans,
Un si beau naturel m se confervt
guere.
Cependant>
moy qu'onneverra>
Ny juger brusquement d'une chose
j
future,
Ny mettre volontiers mon bien a Cavanturea 1
Je gageraj ce qu'on voudtd,
.%me lors que de LOVIS
toutepure
Vous placera,Seigneur, augré de mes
Jauhaits»
L'abondance de ftsbitllfAils,
Vontleparfait mérité efi toujours
la mesure,
-
En vous ne corromprajamais
Ce qita mis de bon la nature 7
£t it x*Ç#eray ma rareure>
Eu*attendant cet heureux jour,
Ou par une conduite habile, jujle à"
fige)
Vous ramenerez ce bel âge
tûu le monde naissant, du bien & de
l'amour
--
Fdifoit un innocent usage,
D,nlltZ ordre) Seigneur
>
qu'on ne
me diseplus
,
- Ce qu'en saceouturnea me dire]]
Souffrez, que faille enfin dans v
momensperdus j
pf/Ajflr vojîre ejprit de tout Vennui
qu'attire I
Unpénible travail&desfoins a[j'h
dus•,
-
àmsyfeule«
Je nemenfiemypointàmoy filllt'
drjepense-i
Jguavec ,~_ 4vec moyOJ jeJt vous meneray llJelleYIIJ
Desgens de vostre conuoiJJajtie, si
Horace, Virgile, Terences
Et peut-efîre avec eux je vous antH*
efray.
pour vous engager à lire l'Ouvrage qui fuit, sur quelle ma*
tiercil aesté fait.vousdiray feulement qu'il eftdcrillustre Madame desHoulierer.,
-- "'ï-"- - Pourriezvousaprès cela .,. n'a-
voir pas d'cmprcflémeotpouf
cccte lecture?
-
AMOSIEUR
LIL EÉr rE-LXJLXIE& -- -,
it
1DEs0uI.
JEnefçaurois m'enempêcher*
Il faut, Seigneur, que jevoùs
gronde.
Jevous cherche avec foin maisfty
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, Je
ne jçaaroistous approcher3
j9~<? lors que r»ftre porte ouverte 4
toutlf monde
'Uemrjle avec les gens qu'on Aime
*
dépefeber. ,
Quelque réflexion profonde
Quefajfe là.*de(fus mon ejprit alarme,
Je ne devine point sur qitoycela fc
fonde,
Mtjeriay pas accoutumé
Que dans lafoule onmeconfonde.
Si vous p:JuvleZ ffavoir les affligeansdifeours
..f<!!e me tient en secret le plus insurmontable,
Le plus dangereux de; amourst
Vousferk^moins impraticable.
Vous esses etonm
,
Seigieur,
Mais cjuevoflre cfpritse rassure,
Jcriafpire pointaChonneur
D'aucune galante évanture.
L'amour dont je vous parle à luy~
mefmç efl borné»
Ilsaisi d'un peu d'encens toute si
nourriture.
La raison
,
laJagejp>e* vain font
condamné,
Avec nous cet amour tjl néy
Autant quenouscetamourdure.
C'eftun foible, il ejîvray
,
maistout examiné, -
C'ejf un foible qxe la Nature
Aux plusgrands hommes a
donné,
Terfonne nîejtassiz, PIlCtrt
pour avouer, comme je fais,
Tout ce que faitfoujfrirïamourprù*
pre en colere.
L'un dit, jenen aypoint> l'autre,je
nen ay gutre.
Si detelsdifeours ejfoient vrais,
Les Dames craindroient moins qu'oit
les vist négligées,
De n'avoir plUdorm)ftroiint moinÀ
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Ztn'emprunteraient jointdAt- traits.
Les Amans, les Guerriers ne vontproientjoint la tejîe
De leurbonnefortune,&de tous leurs
hautsfaits.
MtjfitNrs les beaux espritsseferoient
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Et quand,ce qu'ilsfont eflmauvais,
Ilsfouffriroientdu moinsenfaix
^u'onfftde leur ouvrage une critique honneste.
Mais que fais-je,& pourquoy dans
ma Lettre entasser
Bagatellesur bagatelle?
Seigneur, en la lisant vous font)en
Uspatfet,
Revenons à noflre querelle.
Comme vojtre bonté jointe a
voftrc
pouvoir
J beaucoupdimportunstous leslu"
vous expoJet
feut-efire crojc^vous queje ne veux,
vous voir,
jguc pour demanderquelquechofe*
En ce cas, ctjlbienfat d'avoirfit
porte close.
Dans un temps de befiins ri d'/1M.
haras tiffk>
Demandeur» quel quilJoitt dottefire
malreceu.
Mais, SeigllCM", un Portier, doit-il
efire barbare,
j^uand on vient pourremercier,
Et d'uncompliment aussi rare,
Doit-on fipeu.sisoucier ?
Ne dtmt'On pas a mentendre
Jgue le malheur du tempsfixe vojbç
bonté» 1
J$*t fourles mmx dautruy vous
devenez moins tendre,
Et tfuun remsrciment'doitfarsa rareté
Agnablementvous furprevdre?
Ah !Ji comme chacun ade difftrens
goufts,
Les rarctex*pouvaientvousflaire,
Ilfaudroitfourvousfattsfaire,
Vous faire voirdesgens qllisi flaU
gnent de vous.
Maisoù les rencontrer, quand chacun
vus honore,
J>)uand de tous cofiez, on n'en..
tend
Jt>ue des gens que l'excès de vos bon-
»
u\,surprend,
J>)uisedifint,per/onne en vain ne
les implore,
Par tout il fait de cœurs une riche
moiffini
Et quoy qui'lserve bien, on ne voie
point encore
De malheureux de sa sason?
Que cet eloge eftgrAnd,Seigneur!
touteId gloire
^uau milieu desfangUns combats
Donne une célébré vtâoire,
A beaucoup prés ne le vaut pas.
D'un siprécieux caraUete
OnA vu 14 nAture Avare en tous les
temps, --
Et mesme dans le cour* des emplois
éclatans,
Un si beau naturel m se confervt
guere.
Cependant>
moy qu'onneverra>
Ny juger brusquement d'une chose
j
future,
Ny mettre volontiers mon bien a Cavanturea 1
Je gageraj ce qu'on voudtd,
.%me lors que de LOVIS
toutepure
Vous placera,Seigneur, augré de mes
Jauhaits»
L'abondance de ftsbitllfAils,
Vontleparfait mérité efi toujours
la mesure,
-
En vous ne corromprajamais
Ce qita mis de bon la nature 7
£t it x*Ç#eray ma rareure>
Eu*attendant cet heureux jour,
Ou par une conduite habile, jujle à"
fige)
Vous ramenerez ce bel âge
tûu le monde naissant, du bien & de
l'amour
--
Fdifoit un innocent usage,
D,nlltZ ordre) Seigneur
>
qu'on ne
me diseplus
,
- Ce qu'en saceouturnea me dire]]
Souffrez, que faille enfin dans v
momensperdus j
pf/Ajflr vojîre ejprit de tout Vennui
qu'attire I
Unpénible travail&desfoins a[j'h
dus•,
-
àmsyfeule«
Je nemenfiemypointàmoy filllt'
drjepense-i
Jguavec ,~_ 4vec moyOJ jeJt vous meneray llJelleYIIJ
Desgens de vostre conuoiJJajtie, si
Horace, Virgile, Terences
Et peut-efîre avec eux je vous antH*
efray.
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Résumé : A MONSIEUR LE PELLETIER DE SOUZI.
L'auteur d'une lettre exprime son désir de rencontrer un seigneur à qui elle est adressée. Il mentionne que son ouvrage est dédié à Madame des Houlières. Il reconnaît la difficulté de se rapprocher du seigneur, malgré l'ouverture de sa porte à tous. L'auteur parle d'un amour secret et insurmontable, partagé par tous les hommes, décrit comme un faible naturel présent même chez les plus grands. L'auteur s'étonne de la fermeture de la porte du seigneur, malgré sa bonté et son pouvoir. Il se plaint de la rudesse du portier et de l'indifférence générale face aux malheurs des autres. Il loue les qualités du seigneur, soulignant que sa bonté et son mérite sont reconnus par tous. Il espère que, lorsque le seigneur sera placé par le roi Louis, il conservera ses qualités naturelles. Enfin, l'auteur demande au seigneur de lui accorder un moment pour discuter, malgré les occupations du seigneur. Il promet de lui faire découvrir des auteurs classiques comme Horace, Virgile et Térence, et de l'accompagner dans ses pensées et ses travaux.
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5266
p. 179-194
EXTRAIT De la frivolité, Comédie en un Acte & en vers, de M. de Boissy.
Début :
L'Esprit de frivolité, dont le nom même étoit ignoré il y a vingt ans, a fait par degrés tant [...]
Mots clefs :
Frivolité, Français, Opéra, Esprit, Suisse, Paris, Marquis, Madame, Pièce, Arlequin, Comédie, Musique, Anglaise, Amant
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT De la frivolité, Comédie en un Acte & en vers, de M. de Boissy.
EXTRAIT
De lafrivolité,Comédie en un Aile & en
vers , de M. de Boissy.
, dont le nom mêmeétoit
L'Esprit de frivolité
ignoré il y a vingt ans, a fait par degrés tant
de progrès en France
,
qu'il est devenu
, pour ainfL
dire, le caractere, ou du moins la fantaisie de la
Nation. Elle a d'abord protégé tous les Arts & les
ralens agréables,elle s'enestinstruite pour (on,
amusement: voilà le bon emploi. Mais ensuite
s'appliquant sérieusement àce qu'ils ont de fri
vole, elle en a fait sa premiere occupation
, 5C
:voilà l'abus. Etcom
bientôt son affaire capitale
me de l'abus on passe ordinairement à l'excès,
son goût a redoublé pour eux èè; qu'ils ont paru
siccessivement sous un habit étranger, au point
q-uil a dégeneré en tlUnle,!-{ qu'il les a préferes
~auxsenspropres.C'est cenouveauridicule,ou
plutôt ce mal épidemique que l'Auteur a eu lc
courage d'attaquer en plein Théâtre
,
mais avec
toute la circonspection d'un prudent Médecin ,
qui ménage son malade & tâche de l'égayer pour
le guérir plus Jurement. Le spécifiqne a heureu
sement réiifll
; le François, qui parmi ses bonnes
qualités a celle d'entendre parfaitement la rail
lerie, & de rire le premier de les écarts,s'est
prêté à la plaisanterie de la meilleure grâce du
monde.U a senti que laleçon n'avoir rien d'offen
sant, & qu'elle étoit vraiment philosophique ;
sous,
un air de badinage ill'a goûtée en conséquence;
, le plus unanime &le
plus fouteru
,
est le prix dont il l'a généreusement
& le succès le plus grand
payée. Exempledigne d'être imité par plusieurs
de ses voisins, donc la vertu n'est pas desouffrir
patiemment qu'on le badine en public
, même
pour son utilité. Pam
aoublié dans cette occa
sion que laPiéceétoit jouée auThéâtre Italien,,
où il est du mauvais ton de trouver bonne une
Comédie Françoise. Il a jugé l'ouvrage par lui
même
, & lui a accordé toutel'estimequ'ileût p:
ebrenir dans la bouche des Afteurs du fauxbourg
Saint-Germain. Mais ce qu'il y a de plus lfnrreur
pour M de Body, c'est que laCour & la Vi!:e
ont témoigné tout haut qu'elles croient charmées
probité
de sa réussite; le talent a recueilli le fruit de la
plaisir rare Se pur dont jouissent peu
,
d'Ecrivair.s.
L'Hyverouvre la Piéce avec laFrivolicé,qui
lui fait compliment sur sa parure il lui répond
qu'il s'est paré exprès pourelle, & qu'il étoit im
patient de la revoir.
Pour vous., dit-il ,
j'étens mesdroits sur toutes les
[airons;
Je racourcis PAutoomc, & Couventje recule:
lesrofes du Printems, qu'allarment mes glaçons.
Je fais trembler l'Eté
,
quelque feu qui le brûle,
Et pour vous je ramene ici les aquilons
Dans le fort de la canicule.
Elle lui fait entendre qu'il fait murmurer Paris,
f\f cet empressement qui le géle, ajourant cepense
dant qu'il est sa faisonfavorire, puisqu'il rap
pelle tous les ris & les jeux avec lui. Ensuite elle
é:ab!ic son pouvoir
; j'ai pris, dit-elle
, les traits
d'une jeune veuve de finance, & je résiste dans.,
son richeHôtel.
J'attire ici toute la France ,
Dont je suis la divinité
Legere, vive
;
,gaye, étourdie &coquette»
Je fixe L*s ddirs de ce peuple brillant.
Les ris composent seuls le culte qu'il me rend ; >•
Et mon autel est ma toilette
Où jereçois les verux en minaudant.
Le Magistrat que je délasse
,
Vient me rendre le soir son hommagebadin
AuMilitaire il dispute la place
;
De mon premier Menin;
Et le jeune Marquis qui tous deux les Curpasse
Sur.lebeau sexe même
,a le pas dans ma Cour )
Il taille mes ponpons, il leur donne la grace,
Et j'en fais macoiff-'i/e
L'Hyverlaq-iitre
,
,
ou ma Dame d'atour.
, eu l'assurant qu'il va rar-"
fcmbier tous les plains de sa suite pour venir avec
«ixcélt.b:v'ributetour. M, Fauster, qw.e'iuij,,.
Suisse instruit,vient le premier rendre bommage
à la Frivolué, il établit ainsi son caractere.
Madame
, vous voyez un Socrate moderne,
Qui, pour ne rien sçavoir
, étudia vingt ans
Et qui honteux d'avoir perdu son tems
De dépit est parti de Berne
,
,
Pour devenir en France un aimable ignorant.
,
Tout ce que j'ai, Madame
, appris certainement i
C'est qu'ici-bas tour est frivole
,
Que la réalité n'est que l'amusement,
Etpour apprendre promptement
Cejoli sçavoir-là
Tout est
, je viens à votre école.
La Frivolité lui répond qu'il prend le bon parti.
dit-ellefournis à mon éventail , le sage
,
comme le sou est au rang de mes sujets.
Et l'Anglois si profond
, ouqui passe pour tel,
Creuse dans le frivole
,
& tombe dans le vuide.
Le François qui tout haut s'honore de mes sers.
Est plus raisonnable & moins dupe
Son esprit leger ne s'occupe
Qu'à parer ses dehors
;
, à varier ses jeux,
Qu'à goûter le plaisir, sans rechercher sa cause ,
Et qu'à prendre en passaut
la fleur de chaque.
chose ;
Par ce systême avantageux
Ilenestplus aimable
,& cent fois plus heureu
Le Suirre luidit que pour l'imiter
,il compose
aa-roman.qa'il vientlui. dédier&,q'ilj'"r.i:..c:l:1
hnoisd'un style fortléger.LaFfivolitcparoîc
surprise d'un honneur si rare, & lui demande le,
litre de l'ouvrage.
:;'elt, réplique-t'il, le Suisse qui rêve, ou la Phi
losophie,
Réduite à rien par un homme d'esprit.
•
•
»
•-••
Ce paradoxe vous étonne.
Et choque ouvertement le proverbe reçu.
La Frivolitélui avoue franchementque l'erprit.
n'estpas une vertu donc on soupçonne ceux de
son pays.
Cleti-li
, reprend
il, ce que j'aicombattu dans
nu Iliéfacel'efpiit comme le Soleil répand fo
lumiere par tout égaiemeot, onle uaofplaotc.C:Il.
commerçant..
il s'embarqu sur mer
,franchit les Dardanelles,
,
Et circulecommel'argent.
Voilà pourquoichaque peuple varie ::.:
Entrafiquant dans les autres climats
Il en prend l'air, les façons
,
,
Communique le sien à ces mêmes Etats.
, le génie
Les mœurs ainsi par tout se mêlent en partie
;
Et forment par degiés un morde tout nouveau.-.
L'Europe maintenant, & qui plus est l'Asie ,
iiosyeuxundifférenttableau;
c: beau sexe n'est plus esclave en Italie,
Et l'on boit du vin en Turquie;
En France l'on s'est mis à l'eau
l'on faitdes vesi
ceRuilU,
Votre commerce
, ajoute-t'il
, & vosouvrages
nous ontpolis; & nous prenons desarmes chez
vous pour vous vaincre unjour. On parle votre,
idiome dans tous les pays.
Comme celui de Rome & de la Gréce
A Coppenhague on le professe;
Er j'J(qu'en Amérique il fait des beaux esprits.
La révolution n'est pas si loin qu'on pense
Notre bon goût se forme
,
, & le votre commence
A s'altérer dans vos écrits.
Le Sçavant parmi vous tombé dans le mépris ,
Fait dans le Nord sa résidence,
Et pour les Arts qu'il récompense ,
Berlin déjale dispute à Paris.
Nous n'estimons pas moins, interrompt-elle ;
l'aqfiraic que l'agréable.
Neuton plus que Dupré nous paroît admirable ,
Et l'Electricté nous frappe uniquement
Ses invincibles coups
:
, qui tiennent de la sable
Commeceux de l'Amour
, exercent à présent
Un empire aussî fort qu'il est inexpliquable
Nous l'employons univesellement,
Et dans notre fureur
,
, jusqu'au feu du tonnerte,
,
Nous électrisons tout impitoyablement.
Nouveaux Titans
, dans cette guerre
Nous voulons désarmer le Roi du Firmament,
,
*»•- 1.
Et soumettre le Ciel au pouvoirde la terre,
».
,
Pour l'éruditiondont la lourdeur accable
Si nous la négligeons, le mal n'dl: pas bien
grand.
Le gros sçavoir fait un pédant,
;
L'espritlui seul fait l'hommeaimable
Qui chez nous dl le vrai sçavant.
M. Fausterrépond que l'esprit en faitpartous.
La Frivolité le persisle un peu là-dessus. Il répli
que àcette ironie
,que nos piéces comme nos
p/opoi, font les Susses les héros de la bêcHe, &
les chargent d'un vieux ridicule quin'existeplus
que dans notre idée, & qu'il vient prendre sa re
vanche.
Comme Berne, dit-il, Paris 4 ses originaux.
Cette Ville qui toujours tranche,
Ne doit pas se mocquer de nos treize Cantons,
Madame
,Se vosMarquis valent bien nos Barons.
UneAngloisesurvient, il s'éloigne un momens.
, qui est le nom de cetteEtrangere ,
Miss Blar
vient prendre congé de la Frivolité , & se plaint de
ce que l'air de Paris a augmenté s'espritnoir qui
la tourmente, au lieudelediminuer. M.Fausster
s'avance à ce propos
, & lui fait offre en qualité
de Médecin des Dames, de la guérir la Frivolité
se joint à lui, & dit à Mis Blar qu'il faut se dis
siper
:Eh!
le moyen, repart-elle?rien ne m'a
muse & tout m'enauye; M.Fauster luipropose
de prendre un amant pour son Médecin. Elle dit
:.
que le reméde estpire que le mal. Vous l'ave!:,'
donc essayé,réplique-t-il Non pas à Londres.
tépand-cile,
M. Fauster.
En France
,Miledi, l'auriez-vous éprouvé ?
MissBlar.
Metaire, c'est assez répondre.
LaFrivolité.
Chere Miss, votre cœur s'en est-il bien trouvé ?
Miss Blar.
Au mieux le premier jour, je crus alors renaître.
Pour la premiere fois le jour me parut beau,
Et je goûtaile bon-heur d'être.
Le second jour mon plaisir s'altéra
,
Mon amant fut absent
,
mon cœur en soupira.
Le troisiéme il revint, & chassa ce nuage.
Le quatriéme, il parut moinsardent,
Et mon amour troublé s'allarma vivement.
Le cinquième il devint volage ,
Et tout mon bonheur disparut,
En quatre mots
, voilà mon histoire finie;
Tout calculé bien justement.
Je n'ai vécu quetrois joursdans ma vie.
La Frivolité lui demande le nom de son amant,
elle dit que c'est son savois ;ce fripon de Mar
quis, qu'elle lui a fait connoître.
Elle ajoute qu'elle atoujours confervé eHae,
Went sa sagesse, malgré tout son amour.
Al.Fanfter.
C'estun effort bien surptenant.
Miss Blr.
Monsieur, particulierement
Dans une fille de spectacle.
MFauster paroît surpris, & lui avoue qu'il la
oyoitMiledi.
MissBlar.
Souvent je le suisau Théatre.
M. Fauster.
ous pourriezl'être ailleurs,par un litre plus
fort.
}¡1i;1BLuo
°
m,avecamun Milord;
Lmai; je ne
lotre profession à Londre est gloiseuse
,
fne Atteiee de nom
, quandelle est vertueuse, ]
eutaspirerchez nous an patti le plus grand)
)n y rougit du vice & non pas du talent.
Jt1. b'aufier.
Si vous jouez la Comédie
En
pluGeurs langues ,
moi,j'en.faisfacilement.
••••••
Tout à coup dans moncœur jesensnaîtrepour
vous,
Mestris, une estime amoureuse.
Il se jette à ses ,genoux..
AsisBlar.
Our faites-vous
Jii.
Fauster.
Devant «neA&riîe fameuse,
On Auteur doit toujours fléchir les deux genouz.
MissBlar, qui voit venir le Marquis
,
oblige le
Suisse de se lever, & s'éloigne avec lui
, pourap-'
prendre sans être vue, quelle raison amene son
persi se.
Le Marquis entre transporté dejoie,&vient
annoncer à la Faivoliré qu'ils ne partiront point,
4
qu'ils vont lesrevoir qu'ils vont les entendre.
Quidrie,">'4cr.e-t'elle?le Marquis pour défi-4
gner les Bousons,parodre alors l'air que chante M.
Manelli d,Ha la 's"fva padrona ,fem?reineomrajîi,
si & no. La
Frivolité
de son côté partageant
son transport
,chante ASerpintPensoreta, & UJ
Jardiniere de la fausse Suivante ibtgnfio. C'est
danç cette Scéne toute de jeu
,
, cd Mad. Favard
qui joue la Frivolité ,
déployé tout son ralent
pour la Parodie. Le Marquis termine la Scéne,
tft. faisant éclazzer son goût pour Serpilla, qu'il
exprimeparcetpatôdiedecelui de uno diilo.
basso, basso
,duMaître de Musique.
Ecoutez, tout bas, toutbas,
Je fuis fou de ses appas;
Et pour faire un grand fracas,
Nous irons tous à l'Opéra.
Ma main la cla ,
claquera.
*>
MissBlar, s'approchant&l'interrompant
Quel secret,dites-v-ous-là ?
Je disois que je vous adore, répond le Marqiufr
abarrassé. Non,répliqua-t'elle c'est Serpilla
Ine vous aimez; elle le presse en même tenis de
rononcer sur le choix, qu'elle ne veut point de
attage.
Le Uargtiii.
: ne prononce point entre Londre& Florence,
te vos divers talens je ne puis me passer ,
apprends à chanter d elle & de vous à penser.
M. Fauster s'écrie à cette décision , voilà bien
: François.
ontransport l'autrejour étoit l'anglomanie,
u-dessus de Corneille il mettoit sa Kespir ;
Une nouvelle frénésie
Aujourd'hui vient de le (aiftr,
C'.:llla fureur des accords d'Italie.
Le Marquis protesse qu'il veut les établir tout
cul,
et qu'il veut qu'à leur gloire un Autel soit dreÍfé.
Sur les derniers débris & d'Armide & d'islé.
M. Fauter l'apostrophe ainsi
:
François dénaturé
, quel transport vous égare
CesOpéra du sentiment,
Dont la mélodie est si tendre ,
Vous les sacrifîez
,Monsieur.
Le MarquiJ.
Oui, forcément.
4ous n'avons plusd'Acteurs aujourd'huipour les
rendre
;
te dernier desRomainsest prêt à nous quitter.
Miss Blaar sourient qu'il est indécent de rire ]
l'Opéra. Le Marquis répond que l'indécence
,
l'Opéra est dans la mauvaise Musique
plus noble cft celle quial'approbation desam
,
& que
reurs.
M-'JfÏÏlar.
Tous ces prétendus amateurs
Qui la vantent par air avec un son
le aî.re-,
AParisenfontleshonneur.
Sans avoir bien souvent celui de la connoître.
La Frivolité s'adressant àM Fattfïer+
Monsieur est d'une Nation,
Qui toujours neutre agit îans passion
;
Je m'en rapporte à lui ,
quM décide la chose.
M. Fœulhrprononce.
Votre Opéra Parisien
Me fait priser Lulli
,
mais Quinaut davantage,
L'intérêt de la Scène est son premier soutien,
Et le Poëte (çJtt si bien
* "De la tendresse exprimer le langage,
Que le cœur avec lui devient Musicien.
A l'égard du chant italique
,
Comme j'ai calculé ses accords séducteurs;
,d'unoell
,
Etvû sonaction
J'applaudis tout haut la musique,
E* ris tout basdujeudesesActeurs.
Miss Blar témoigne, qu'elle sortmoins trlfl
après ce jugement. Le Marquis lui dit guM r.ej
bitre pas sa main pour la conduire
, qu'elle
,qui saisivive.
a un
meilleur EcuyerdansM.Fauster
mentcette occasion pour se déclarer. Il se ré
crie dans son transport :
Que l'hymen nous unisse
!
Nous sommes faits pour nous lier,
La raison est Angloise
,
& le bon sens est Suisse.
Le Marquis.
Etl'esprit est François, qui n'en est pointjaloux.
Ii sist compliment à l'époux,
Quand samaîtressese marie ,:
Sûr que le lendemain
,
appaifant son courroux,
Elle sera sa bonne amie.
Mij]BlaraM.Fausser.
Monsieur, je vous donne ma main.
Pourvous qui tournez tout,Marquis ,en raillerie.
Vous n'aurez point de lendemain.
La Frivolité.
Vouspartez mécontente.
, ,
.A--il!/BlMr..
Oui, puisqu'il faut répondre.
•
Vos speciales changés ne sont plus une école.
On ne voir plusregner chez eux
Qu'un plagiat qui me désole ,
Ec qu'un déplacement affreux.
C'est l'Opéra que par tout on copie
;
Cn chante au Théâtre François,
*
Des vers bouffis faits pour mugir exprès.
Où comme lui plutôt on crie
X-a troupe Italienne en tout le
parodie,
Et lui dérobant ses moutons,
Ne quitte plus la bergerie
;
Pour avoir sa revanche il a pris leurs bouffons.
Tout paroîttravesti,toutest lazzis
,chantons.
Comme on outre le jen ,
l'on chaigelamusique
Et tout Paris n'est plus qu'un Opéra Comique.
A4. Flluficr en s'en allant.
5
Pour étrebien, Messieurs
çois,
,resteztoujours Fran.
N'imitez que vous-même & vous ferez parfaits.
Revenant.
3fe reviens sur mes pas vous dire une nouvelle , *
Tout à coup il se levé une aurore si belle ,
Qu'elle a rendu le jour à votre chant.
Je vous en félicite
, adieu
,
bon jour
, bon an.
Ces troisScénes duSuisse
,del'Angloise
,da
Marquis & de la Fuvolté, quoiqu'elles parois
sent épisodiques composent un tout si bien lié,
qu'on ne peut les séparer sans détruirele corps
de la Pièce. Ellesforment un nœud par l'incident
du Marquis
, &un dénouement par le mariage de
Miss Blar avec M. Fiuller. Mlle Sylvia rend
;MDehesserpréssente le
l'Angloise parfaitement
Suisse avec beaucoupd'intelligence, & MlleFa
vard mer beaucoup d'art & ce grace dans le rôle
de la Frivolité, le principalde la Piéce.
11rIc;a
Après leur départ
, la Frivolité dit au Marquis,
que pour combattre le succès de Tiron & l'Au
rore,
il faut célébrer leurs favoris par un duo;
le Marquis veut que cesoit par un trio
,de la
façon d'un Serin de Bergame
,
qui est Arlequin
déguisé en chanteur. Il arrive tout en désordre ,
& fait la description d'uncombat ridicule que les
deux partis se sont livré au Cat1, où il a étélui
même très-maltraité. On l'a prispourlemusico
, sur quoi la Frivolité lui demande
des bouffons
Seriez-vous en effet ce fausses si vanté?
.ArLequin.
1\08, Madame
0
, je suisune taille accomplie.
:
:
Le Marquis ajoute
Qu'il compose lui seul des Opéraburlesques
Qu'il fait des vct4 Gascons, des airs Toscans,
Et des Ballets TellJeIqus,
Arlequin.
J'en tiens de sûrs garans.
Voilà pour vous
,Madame
,
Et voici pour nous trois un morceau triomphant.
, une chanson d'élite
La Frivolité.
Pour assurer la réullîre
Il faut l'accompagner d'un Ballet Allemand.
,
Arlequin,
En attendant, Madame
, un Danseur Moscovite.
La Frivolité chante.
AIR.
Comme
al'auselprèsolniou,
Mon cor clido , que sa pietat,
Ausî que sa piou , piou ,
Per aber la libertat.
Cet air est suivi d'un trio,chantéparlaFri
volité
,le Marquis,&Arlequin,qui sortent tous
trois à reculons, en saluantJe Public à la manière
des bouffons, Un Ballet Allemand termine la Pié
ce. 1: est de la composition deM.Dehesse
,&
mérite les applaudissemens qu'il reçoit du Par
terre.
La Musique de l'Ariette Gasconne, est de M.
Blaise
; elle lui fait honneur. Mad. Favart qui la
chante
,
lui prête de nouvelles beautés.
Voici des vers anonymes qu'on aenvoyés à
M. deBoissysur sa Pièce, ils ne doivent pas être
oubliés.
Dans les couleurs de la Nature
Les Graces trempent tes pinceaux,
Et la Raison d'une main sûre ,
Ordonne & finit tes tableaux
Ton génie, à chaque parole
Exprime une moralité.
Boissy
,
dans ta frivolité,
,
;
Le titre seul tient du frivole.
C'étoit le 17 de ce mois la douzièmereprésen
tation ,elle alloit àprès de quatre mille francs,
La Pièce a été jouée deux fois à la Cour avec le
même succès qu'à laVille. C'estunediftinttion
d'autant plus flatteuse,que les Comédiens Ita
liens depuis long rems Wy représentent plus de
Pièces Françoises
De lafrivolité,Comédie en un Aile & en
vers , de M. de Boissy.
, dont le nom mêmeétoit
L'Esprit de frivolité
ignoré il y a vingt ans, a fait par degrés tant
de progrès en France
,
qu'il est devenu
, pour ainfL
dire, le caractere, ou du moins la fantaisie de la
Nation. Elle a d'abord protégé tous les Arts & les
ralens agréables,elle s'enestinstruite pour (on,
amusement: voilà le bon emploi. Mais ensuite
s'appliquant sérieusement àce qu'ils ont de fri
vole, elle en a fait sa premiere occupation
, 5C
:voilà l'abus. Etcom
bientôt son affaire capitale
me de l'abus on passe ordinairement à l'excès,
son goût a redoublé pour eux èè; qu'ils ont paru
siccessivement sous un habit étranger, au point
q-uil a dégeneré en tlUnle,!-{ qu'il les a préferes
~auxsenspropres.C'est cenouveauridicule,ou
plutôt ce mal épidemique que l'Auteur a eu lc
courage d'attaquer en plein Théâtre
,
mais avec
toute la circonspection d'un prudent Médecin ,
qui ménage son malade & tâche de l'égayer pour
le guérir plus Jurement. Le spécifiqne a heureu
sement réiifll
; le François, qui parmi ses bonnes
qualités a celle d'entendre parfaitement la rail
lerie, & de rire le premier de les écarts,s'est
prêté à la plaisanterie de la meilleure grâce du
monde.U a senti que laleçon n'avoir rien d'offen
sant, & qu'elle étoit vraiment philosophique ;
sous,
un air de badinage ill'a goûtée en conséquence;
, le plus unanime &le
plus fouteru
,
est le prix dont il l'a généreusement
& le succès le plus grand
payée. Exempledigne d'être imité par plusieurs
de ses voisins, donc la vertu n'est pas desouffrir
patiemment qu'on le badine en public
, même
pour son utilité. Pam
aoublié dans cette occa
sion que laPiéceétoit jouée auThéâtre Italien,,
où il est du mauvais ton de trouver bonne une
Comédie Françoise. Il a jugé l'ouvrage par lui
même
, & lui a accordé toutel'estimequ'ileût p:
ebrenir dans la bouche des Afteurs du fauxbourg
Saint-Germain. Mais ce qu'il y a de plus lfnrreur
pour M de Body, c'est que laCour & la Vi!:e
ont témoigné tout haut qu'elles croient charmées
probité
de sa réussite; le talent a recueilli le fruit de la
plaisir rare Se pur dont jouissent peu
,
d'Ecrivair.s.
L'Hyverouvre la Piéce avec laFrivolicé,qui
lui fait compliment sur sa parure il lui répond
qu'il s'est paré exprès pourelle, & qu'il étoit im
patient de la revoir.
Pour vous., dit-il ,
j'étens mesdroits sur toutes les
[airons;
Je racourcis PAutoomc, & Couventje recule:
lesrofes du Printems, qu'allarment mes glaçons.
Je fais trembler l'Eté
,
quelque feu qui le brûle,
Et pour vous je ramene ici les aquilons
Dans le fort de la canicule.
Elle lui fait entendre qu'il fait murmurer Paris,
f\f cet empressement qui le géle, ajourant cepense
dant qu'il est sa faisonfavorire, puisqu'il rap
pelle tous les ris & les jeux avec lui. Ensuite elle
é:ab!ic son pouvoir
; j'ai pris, dit-elle
, les traits
d'une jeune veuve de finance, & je résiste dans.,
son richeHôtel.
J'attire ici toute la France ,
Dont je suis la divinité
Legere, vive
;
,gaye, étourdie &coquette»
Je fixe L*s ddirs de ce peuple brillant.
Les ris composent seuls le culte qu'il me rend ; >•
Et mon autel est ma toilette
Où jereçois les verux en minaudant.
Le Magistrat que je délasse
,
Vient me rendre le soir son hommagebadin
AuMilitaire il dispute la place
;
De mon premier Menin;
Et le jeune Marquis qui tous deux les Curpasse
Sur.lebeau sexe même
,a le pas dans ma Cour )
Il taille mes ponpons, il leur donne la grace,
Et j'en fais macoiff-'i/e
L'Hyverlaq-iitre
,
,
ou ma Dame d'atour.
, eu l'assurant qu'il va rar-"
fcmbier tous les plains de sa suite pour venir avec
«ixcélt.b:v'ributetour. M, Fauster, qw.e'iuij,,.
Suisse instruit,vient le premier rendre bommage
à la Frivolué, il établit ainsi son caractere.
Madame
, vous voyez un Socrate moderne,
Qui, pour ne rien sçavoir
, étudia vingt ans
Et qui honteux d'avoir perdu son tems
De dépit est parti de Berne
,
,
Pour devenir en France un aimable ignorant.
,
Tout ce que j'ai, Madame
, appris certainement i
C'est qu'ici-bas tour est frivole
,
Que la réalité n'est que l'amusement,
Etpour apprendre promptement
Cejoli sçavoir-là
Tout est
, je viens à votre école.
La Frivolité lui répond qu'il prend le bon parti.
dit-ellefournis à mon éventail , le sage
,
comme le sou est au rang de mes sujets.
Et l'Anglois si profond
, ouqui passe pour tel,
Creuse dans le frivole
,
& tombe dans le vuide.
Le François qui tout haut s'honore de mes sers.
Est plus raisonnable & moins dupe
Son esprit leger ne s'occupe
Qu'à parer ses dehors
;
, à varier ses jeux,
Qu'à goûter le plaisir, sans rechercher sa cause ,
Et qu'à prendre en passaut
la fleur de chaque.
chose ;
Par ce systême avantageux
Ilenestplus aimable
,& cent fois plus heureu
Le Suirre luidit que pour l'imiter
,il compose
aa-roman.qa'il vientlui. dédier&,q'ilj'"r.i:..c:l:1
hnoisd'un style fortléger.LaFfivolitcparoîc
surprise d'un honneur si rare, & lui demande le,
litre de l'ouvrage.
:;'elt, réplique-t'il, le Suisse qui rêve, ou la Phi
losophie,
Réduite à rien par un homme d'esprit.
•
•
»
•-••
Ce paradoxe vous étonne.
Et choque ouvertement le proverbe reçu.
La Frivolitélui avoue franchementque l'erprit.
n'estpas une vertu donc on soupçonne ceux de
son pays.
Cleti-li
, reprend
il, ce que j'aicombattu dans
nu Iliéfacel'efpiit comme le Soleil répand fo
lumiere par tout égaiemeot, onle uaofplaotc.C:Il.
commerçant..
il s'embarqu sur mer
,franchit les Dardanelles,
,
Et circulecommel'argent.
Voilà pourquoichaque peuple varie ::.:
Entrafiquant dans les autres climats
Il en prend l'air, les façons
,
,
Communique le sien à ces mêmes Etats.
, le génie
Les mœurs ainsi par tout se mêlent en partie
;
Et forment par degiés un morde tout nouveau.-.
L'Europe maintenant, & qui plus est l'Asie ,
iiosyeuxundifférenttableau;
c: beau sexe n'est plus esclave en Italie,
Et l'on boit du vin en Turquie;
En France l'on s'est mis à l'eau
l'on faitdes vesi
ceRuilU,
Votre commerce
, ajoute-t'il
, & vosouvrages
nous ontpolis; & nous prenons desarmes chez
vous pour vous vaincre unjour. On parle votre,
idiome dans tous les pays.
Comme celui de Rome & de la Gréce
A Coppenhague on le professe;
Er j'J(qu'en Amérique il fait des beaux esprits.
La révolution n'est pas si loin qu'on pense
Notre bon goût se forme
,
, & le votre commence
A s'altérer dans vos écrits.
Le Sçavant parmi vous tombé dans le mépris ,
Fait dans le Nord sa résidence,
Et pour les Arts qu'il récompense ,
Berlin déjale dispute à Paris.
Nous n'estimons pas moins, interrompt-elle ;
l'aqfiraic que l'agréable.
Neuton plus que Dupré nous paroît admirable ,
Et l'Electricté nous frappe uniquement
Ses invincibles coups
:
, qui tiennent de la sable
Commeceux de l'Amour
, exercent à présent
Un empire aussî fort qu'il est inexpliquable
Nous l'employons univesellement,
Et dans notre fureur
,
, jusqu'au feu du tonnerte,
,
Nous électrisons tout impitoyablement.
Nouveaux Titans
, dans cette guerre
Nous voulons désarmer le Roi du Firmament,
,
*»•- 1.
Et soumettre le Ciel au pouvoirde la terre,
».
,
Pour l'éruditiondont la lourdeur accable
Si nous la négligeons, le mal n'dl: pas bien
grand.
Le gros sçavoir fait un pédant,
;
L'espritlui seul fait l'hommeaimable
Qui chez nous dl le vrai sçavant.
M. Fausterrépond que l'esprit en faitpartous.
La Frivolité le persisle un peu là-dessus. Il répli
que àcette ironie
,que nos piéces comme nos
p/opoi, font les Susses les héros de la bêcHe, &
les chargent d'un vieux ridicule quin'existeplus
que dans notre idée, & qu'il vient prendre sa re
vanche.
Comme Berne, dit-il, Paris 4 ses originaux.
Cette Ville qui toujours tranche,
Ne doit pas se mocquer de nos treize Cantons,
Madame
,Se vosMarquis valent bien nos Barons.
UneAngloisesurvient, il s'éloigne un momens.
, qui est le nom de cetteEtrangere ,
Miss Blar
vient prendre congé de la Frivolité , & se plaint de
ce que l'air de Paris a augmenté s'espritnoir qui
la tourmente, au lieudelediminuer. M.Fausster
s'avance à ce propos
, & lui fait offre en qualité
de Médecin des Dames, de la guérir la Frivolité
se joint à lui, & dit à Mis Blar qu'il faut se dis
siper
:Eh!
le moyen, repart-elle?rien ne m'a
muse & tout m'enauye; M.Fauster luipropose
de prendre un amant pour son Médecin. Elle dit
:.
que le reméde estpire que le mal. Vous l'ave!:,'
donc essayé,réplique-t-il Non pas à Londres.
tépand-cile,
M. Fauster.
En France
,Miledi, l'auriez-vous éprouvé ?
MissBlar.
Metaire, c'est assez répondre.
LaFrivolité.
Chere Miss, votre cœur s'en est-il bien trouvé ?
Miss Blar.
Au mieux le premier jour, je crus alors renaître.
Pour la premiere fois le jour me parut beau,
Et je goûtaile bon-heur d'être.
Le second jour mon plaisir s'altéra
,
Mon amant fut absent
,
mon cœur en soupira.
Le troisiéme il revint, & chassa ce nuage.
Le quatriéme, il parut moinsardent,
Et mon amour troublé s'allarma vivement.
Le cinquième il devint volage ,
Et tout mon bonheur disparut,
En quatre mots
, voilà mon histoire finie;
Tout calculé bien justement.
Je n'ai vécu quetrois joursdans ma vie.
La Frivolité lui demande le nom de son amant,
elle dit que c'est son savois ;ce fripon de Mar
quis, qu'elle lui a fait connoître.
Elle ajoute qu'elle atoujours confervé eHae,
Went sa sagesse, malgré tout son amour.
Al.Fanfter.
C'estun effort bien surptenant.
Miss Blr.
Monsieur, particulierement
Dans une fille de spectacle.
MFauster paroît surpris, & lui avoue qu'il la
oyoitMiledi.
MissBlar.
Souvent je le suisau Théatre.
M. Fauster.
ous pourriezl'être ailleurs,par un litre plus
fort.
}¡1i;1BLuo
°
m,avecamun Milord;
Lmai; je ne
lotre profession à Londre est gloiseuse
,
fne Atteiee de nom
, quandelle est vertueuse, ]
eutaspirerchez nous an patti le plus grand)
)n y rougit du vice & non pas du talent.
Jt1. b'aufier.
Si vous jouez la Comédie
En
pluGeurs langues ,
moi,j'en.faisfacilement.
••••••
Tout à coup dans moncœur jesensnaîtrepour
vous,
Mestris, une estime amoureuse.
Il se jette à ses ,genoux..
AsisBlar.
Our faites-vous
Jii.
Fauster.
Devant «neA&riîe fameuse,
On Auteur doit toujours fléchir les deux genouz.
MissBlar, qui voit venir le Marquis
,
oblige le
Suisse de se lever, & s'éloigne avec lui
, pourap-'
prendre sans être vue, quelle raison amene son
persi se.
Le Marquis entre transporté dejoie,&vient
annoncer à la Faivoliré qu'ils ne partiront point,
4
qu'ils vont lesrevoir qu'ils vont les entendre.
Quidrie,">'4cr.e-t'elle?le Marquis pour défi-4
gner les Bousons,parodre alors l'air que chante M.
Manelli d,Ha la 's"fva padrona ,fem?reineomrajîi,
si & no. La
Frivolité
de son côté partageant
son transport
,chante ASerpintPensoreta, & UJ
Jardiniere de la fausse Suivante ibtgnfio. C'est
danç cette Scéne toute de jeu
,
, cd Mad. Favard
qui joue la Frivolité ,
déployé tout son ralent
pour la Parodie. Le Marquis termine la Scéne,
tft. faisant éclazzer son goût pour Serpilla, qu'il
exprimeparcetpatôdiedecelui de uno diilo.
basso, basso
,duMaître de Musique.
Ecoutez, tout bas, toutbas,
Je fuis fou de ses appas;
Et pour faire un grand fracas,
Nous irons tous à l'Opéra.
Ma main la cla ,
claquera.
*>
MissBlar, s'approchant&l'interrompant
Quel secret,dites-v-ous-là ?
Je disois que je vous adore, répond le Marqiufr
abarrassé. Non,répliqua-t'elle c'est Serpilla
Ine vous aimez; elle le presse en même tenis de
rononcer sur le choix, qu'elle ne veut point de
attage.
Le Uargtiii.
: ne prononce point entre Londre& Florence,
te vos divers talens je ne puis me passer ,
apprends à chanter d elle & de vous à penser.
M. Fauster s'écrie à cette décision , voilà bien
: François.
ontransport l'autrejour étoit l'anglomanie,
u-dessus de Corneille il mettoit sa Kespir ;
Une nouvelle frénésie
Aujourd'hui vient de le (aiftr,
C'.:llla fureur des accords d'Italie.
Le Marquis protesse qu'il veut les établir tout
cul,
et qu'il veut qu'à leur gloire un Autel soit dreÍfé.
Sur les derniers débris & d'Armide & d'islé.
M. Fauter l'apostrophe ainsi
:
François dénaturé
, quel transport vous égare
CesOpéra du sentiment,
Dont la mélodie est si tendre ,
Vous les sacrifîez
,Monsieur.
Le MarquiJ.
Oui, forcément.
4ous n'avons plusd'Acteurs aujourd'huipour les
rendre
;
te dernier desRomainsest prêt à nous quitter.
Miss Blaar sourient qu'il est indécent de rire ]
l'Opéra. Le Marquis répond que l'indécence
,
l'Opéra est dans la mauvaise Musique
plus noble cft celle quial'approbation desam
,
& que
reurs.
M-'JfÏÏlar.
Tous ces prétendus amateurs
Qui la vantent par air avec un son
le aî.re-,
AParisenfontleshonneur.
Sans avoir bien souvent celui de la connoître.
La Frivolité s'adressant àM Fattfïer+
Monsieur est d'une Nation,
Qui toujours neutre agit îans passion
;
Je m'en rapporte à lui ,
quM décide la chose.
M. Fœulhrprononce.
Votre Opéra Parisien
Me fait priser Lulli
,
mais Quinaut davantage,
L'intérêt de la Scène est son premier soutien,
Et le Poëte (çJtt si bien
* "De la tendresse exprimer le langage,
Que le cœur avec lui devient Musicien.
A l'égard du chant italique
,
Comme j'ai calculé ses accords séducteurs;
,d'unoell
,
Etvû sonaction
J'applaudis tout haut la musique,
E* ris tout basdujeudesesActeurs.
Miss Blar témoigne, qu'elle sortmoins trlfl
après ce jugement. Le Marquis lui dit guM r.ej
bitre pas sa main pour la conduire
, qu'elle
,qui saisivive.
a un
meilleur EcuyerdansM.Fauster
mentcette occasion pour se déclarer. Il se ré
crie dans son transport :
Que l'hymen nous unisse
!
Nous sommes faits pour nous lier,
La raison est Angloise
,
& le bon sens est Suisse.
Le Marquis.
Etl'esprit est François, qui n'en est pointjaloux.
Ii sist compliment à l'époux,
Quand samaîtressese marie ,:
Sûr que le lendemain
,
appaifant son courroux,
Elle sera sa bonne amie.
Mij]BlaraM.Fausser.
Monsieur, je vous donne ma main.
Pourvous qui tournez tout,Marquis ,en raillerie.
Vous n'aurez point de lendemain.
La Frivolité.
Vouspartez mécontente.
, ,
.A--il!/BlMr..
Oui, puisqu'il faut répondre.
•
Vos speciales changés ne sont plus une école.
On ne voir plusregner chez eux
Qu'un plagiat qui me désole ,
Ec qu'un déplacement affreux.
C'est l'Opéra que par tout on copie
;
Cn chante au Théâtre François,
*
Des vers bouffis faits pour mugir exprès.
Où comme lui plutôt on crie
X-a troupe Italienne en tout le
parodie,
Et lui dérobant ses moutons,
Ne quitte plus la bergerie
;
Pour avoir sa revanche il a pris leurs bouffons.
Tout paroîttravesti,toutest lazzis
,chantons.
Comme on outre le jen ,
l'on chaigelamusique
Et tout Paris n'est plus qu'un Opéra Comique.
A4. Flluficr en s'en allant.
5
Pour étrebien, Messieurs
çois,
,resteztoujours Fran.
N'imitez que vous-même & vous ferez parfaits.
Revenant.
3fe reviens sur mes pas vous dire une nouvelle , *
Tout à coup il se levé une aurore si belle ,
Qu'elle a rendu le jour à votre chant.
Je vous en félicite
, adieu
,
bon jour
, bon an.
Ces troisScénes duSuisse
,del'Angloise
,da
Marquis & de la Fuvolté, quoiqu'elles parois
sent épisodiques composent un tout si bien lié,
qu'on ne peut les séparer sans détruirele corps
de la Pièce. Ellesforment un nœud par l'incident
du Marquis
, &un dénouement par le mariage de
Miss Blar avec M. Fiuller. Mlle Sylvia rend
;MDehesserpréssente le
l'Angloise parfaitement
Suisse avec beaucoupd'intelligence, & MlleFa
vard mer beaucoup d'art & ce grace dans le rôle
de la Frivolité, le principalde la Piéce.
11rIc;a
Après leur départ
, la Frivolité dit au Marquis,
que pour combattre le succès de Tiron & l'Au
rore,
il faut célébrer leurs favoris par un duo;
le Marquis veut que cesoit par un trio
,de la
façon d'un Serin de Bergame
,
qui est Arlequin
déguisé en chanteur. Il arrive tout en désordre ,
& fait la description d'uncombat ridicule que les
deux partis se sont livré au Cat1, où il a étélui
même très-maltraité. On l'a prispourlemusico
, sur quoi la Frivolité lui demande
des bouffons
Seriez-vous en effet ce fausses si vanté?
.ArLequin.
1\08, Madame
0
, je suisune taille accomplie.
:
:
Le Marquis ajoute
Qu'il compose lui seul des Opéraburlesques
Qu'il fait des vct4 Gascons, des airs Toscans,
Et des Ballets TellJeIqus,
Arlequin.
J'en tiens de sûrs garans.
Voilà pour vous
,Madame
,
Et voici pour nous trois un morceau triomphant.
, une chanson d'élite
La Frivolité.
Pour assurer la réullîre
Il faut l'accompagner d'un Ballet Allemand.
,
Arlequin,
En attendant, Madame
, un Danseur Moscovite.
La Frivolité chante.
AIR.
Comme
al'auselprèsolniou,
Mon cor clido , que sa pietat,
Ausî que sa piou , piou ,
Per aber la libertat.
Cet air est suivi d'un trio,chantéparlaFri
volité
,le Marquis,&Arlequin,qui sortent tous
trois à reculons, en saluantJe Public à la manière
des bouffons, Un Ballet Allemand termine la Pié
ce. 1: est de la composition deM.Dehesse
,&
mérite les applaudissemens qu'il reçoit du Par
terre.
La Musique de l'Ariette Gasconne, est de M.
Blaise
; elle lui fait honneur. Mad. Favart qui la
chante
,
lui prête de nouvelles beautés.
Voici des vers anonymes qu'on aenvoyés à
M. deBoissysur sa Pièce, ils ne doivent pas être
oubliés.
Dans les couleurs de la Nature
Les Graces trempent tes pinceaux,
Et la Raison d'une main sûre ,
Ordonne & finit tes tableaux
Ton génie, à chaque parole
Exprime une moralité.
Boissy
,
dans ta frivolité,
,
;
Le titre seul tient du frivole.
C'étoit le 17 de ce mois la douzièmereprésen
tation ,elle alloit àprès de quatre mille francs,
La Pièce a été jouée deux fois à la Cour avec le
même succès qu'à laVille. C'estunediftinttion
d'autant plus flatteuse,que les Comédiens Ita
liens depuis long rems Wy représentent plus de
Pièces Françoises
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5267
p. 179-195
NOUVELLE.
Début :
Le valeureux Damis pria il y a quelques jours, sa chere [...]
Mots clefs :
Bal, Femme, Mari, Gens, Masque, Amant, Galanterie, Dame, Aventure
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE.
NOVVELLE.
Le valeureux Dîmis pria
il y a quelques jours )[a cherc
moitié delelalfferalierau bal
del'Opcra.Ellele fit arracher
cette pcrm'fHon, & consentis
erfin après bien des inftanccs
à lui accorder cette grâce. Il
s'équipe en sa presence de tout
l'attirail du bal,pendant que
de son côté elle fc met dans
son lit, la mafearade achevée,
il embrassè Con époufc, monte
en cJrroÍft; & va droit àlOpera.
Il renvoyé ses gens,il entre
par une porte, il fort par
l'autre
,
ilfc jette dans une
chaireà porteurs & sefait mener
chez sa MJÎcreÍfc
,
qui le
vange à outrance de l'importune
tendresse de (a femme;
les bonnes gens se gauJfnt à
bon efeient de la crédulité de
la belle endormie, & son irrry
sur tout n'a garde de se méfier
qu'elle prend une revanche
complète du tour qu'on
luy joué. Il a dcimndé la permiflîond'aller
au Bal) il la obtenue
; mais on ne luy a pas
demandé la même permission
pour ce qu'on va lire -;
il n'a
quà peine eu eccms d'arriver
au bas du degré, quefacherc
Epouse députe une ad.oire
Confidente chez un preux &
gentil Cavalier de ses voisins
& son amy. A la premierc feraonce
le Galand répond, dcfcend
,
fuit la donzelle & gagne
avec elle le logis de la
Dame. Les beaux propos ne
font pas en pareille occasion
le fengage des Amants, aussi
furentils alors fupprimcz de
part & d'autre ,pour passer,
comme de railon,àl'article le
plus cflcnticldecetteHistoire;
mais tant fut proccdé à la fatisfJétton
des parties, & cette
nuit parut si longue à l'oifivc
Confidente de cette intrigue
, qu'elle s'endormit à contretems,
& les bonnes gens aufli.
Sur ces entrefaites le mary revint
du Bal, il monta à 1Appartement
de sa femme
,
qui
malheureusement n'avoit pas
encore eu la précaution de fc
séparer au moins de lit, comme
l'est la plûpart des Dames
deParis. La crainte d'interrompre
le sommeil de sa chcrc
Epouse avoieréglé sa marche
& Cesaâions sur unton sibas,
qu'il pénétra sans lumière, jufqu'à
la ruelle du ht, (ansavoir
erté ni veu, ni entendu de personne.
I. se déshabilla avec la
mêmeconfineration,& semit
enfin entre deux draps Il fc
plaça meme hureufement du
bon cané, & il y a lieu de croire
qu'il alloit s'endormir comme
il s'étoit couché, si l'imprudence
de sa femme n'avoic
gâté tout le mérite de cette
avanture. Le mouvement qu'il
fit en se couchant la reveilla^
la fote cria. 'Q:;.'cll:-cc donc,
dit-ilMadame, & qu'avezvous
à crier il forr ?ah!repritcllc,
en (e jettant à bas du lie,
fauvcz-vous, fauvcz moy 1 Monsieur, nous sommes perdus!
le Mary reconnut alors le
motifde cette incartade) il se
leva & la femme de chambre
vint au secours de ces gens effrayez
Parbleu, dit-il, en les
regardant affcétucuferncnt
tous troisa voila bien du bruic
pour une bagatelle! Il vient
de m'arriver tout à l'heure une
avanture pareille à la vôtre, &
le mary d'une jolie femme
avec qui j'ay paffé la nuit, pendant
dant qu'il estoit au Bal, m'a
surprisavecelle. Iln'aesténi
fou,niétourdi, il m'a laifle
tranquillement mhabiller, il
m'a feulement recommandé le
secret, & m'acongédié de la
meilleure grâce du monde. A
son exemple habillez-vous,
Monficur
, ne publiez point
cette avanrure; recouchezvous
,Madame,& le Ciel nous
garde d'un plus grand malheur>
Le Galant forcit ainsi charmé
de la modération de l'Epoux
de sa Malftreffètout le
monde sur content, & rien
ncft àccqu'on prétend
,
plus
uny que ce ménagé à Paris.
Je ferois de bellesréflexions
sur cette Histoire, si je n'ai.
mois mieux charger ce Volume
d'évenemenrs
, que vous
ennuyer d'une morale qui n'a
pas le don de me plaire.
La galanterie fournit le plus
beau chimp du monde pour
amuser les LeCteurs, & le Bal
fcmble s'interesser particulièrement
luy même à leur amusement,
par la multitude d'avanturesqu'il
leur prépare.
J'en ay une entre autres qui
m'a paru afllz singuliere, pour
mériter l'attention de ceux
qui voudront la lire.
Qu'on fc tourne d'un ou
d'autre coftcau Bal, ilyatoujours
& partout des gens qui
cherchent noire, & des Mafqucs
qui ne demandent pas
mieux que d'agacer les autres,
ou d'estre agacez euxmêmes.
Les timides ou les imbecilles
s'y ennuyent à la mort.Les uns
n'ont pas le courage de tenter
une avanrure ,
les autres n'onc
pas l'esprit de la foûcenir.
Avant que d'entrer plus
avanten matierc ,il ca à propos
que il donne à ceux qui
n'ont pAS rôti le balei dans ces
assemblées,quelques petites
le çons pour les aider à s'y tirer
d'JlfJirc.
Primo. I! faut qu'un Mafquc
quelqu'il foit, ait de l'audace,
& même de h ffonterie.
Secundo. QVilsçache au
moins une demie douzaine de
phrafcs impertinentes pour les.
débiter à tort& à travers:ces
phrafcs doivent efire, par
exemple
,
de l'efpecc de cellescy
Supposeau préalable, qu'il
ait le son de la voix ajuste à
l'usage du Bal, sans quoy il
n'cft, &ne fera jamais qu'un
db
for. Cet avantage consiste à
prendre un ton de fauflairc, &
à glapir dans les oreilles du
Mafquc qu'on attaque: sur ce
principe, il luy dira, bonjour
Beau, ou Belle Mafqur;la difsérence
du fcxc fjir peurcftre
celle du débur. L'un est cependant
plus en ufagc que
l'autre. Il luy dira, b jour
Beau Masque, je te félicité du
succés de cette partie,jay vû
tbrure que le jaloux ne consenti
roit jamais a te latjprvenir icy ;
mais grace a tan esprit & a la
complaisance qu'ilapour la personne
quetufiai) bien, tu es venue
à bout de sa mauvaise humeur.
Tu te trompes Masque,
reprend l'autre, tu ne me connois
pas, je ne te connois pas
non plus, £7*si personneria plus
d'envie de te connoistre que moy ,
tu peux 'vivrejufqua lafin de
tes jours3 parfaitementignoré de
tout le genre humain. Vous esses
bienfine3luy dit l'autreà l'inftant,
e vouscrgeZ me donner
le change par cette ajfélation a
'Vouloir vous masquer encore plus
que vous ne l'êtes; à la bonne
heuresi vous ne me rcconnoiîfk
pas, pour moy je sçay bien a qui
je parle, je connoisvojlre déguisement,
vous éus une telle
, <*r
nousavons *aujourd'buyfait le
•
bien & le mal ensemble. Vostre
Amant riestpas loin; c'est un animal
qui vous obsedefans cefe ;
mais le Chevalier de ** *. VA
bientôt vous delivrer de ses importunitez.
Courage, vous ne
débute% pas mal dans le monde,
ÇjT* pour une jeune personne qui
ria pas encore vingt ans, vous
ave% le goût aufitformé, tjr aufli
gourmand, quesi vous en avie7,
trente.Avoiie^ maintenant que
je fiay quelque chose de vos .f-
*Ils ont le mêmejour entendu
le même Sermon.
jaires; adieu beau Mafqtie. Hé
non Masque ne me quithZ pas,
dit la per sonne à qui on en a
tant appris
, vous me jcttez
dans une inquiétude mortelle, je
veux absolument sçavoirqui
vous esses, Adieu
, vous dis-je
J beau Masque
,
reprend brucquemenc
l'autre
, quand le
Marquis de N**nefera plus
sur les rangs pour prétendre à la
conqutfie de vostre coeur, c-lorfquevous
neprendrezplus les confeils
de cette vieille coquette qui
trompe,vous,voflre mary, çy
vas Amants
,
je pourray alors
avoir ïindulgcftce de vous deaU*
rer
rerqui je fuis. Le Mafqucs'éclypfcàl'inftanr&
va dans un
coin obscur changer de décoration.
Tertio.On le prend sur un
autre ton pour faire une déclaration
d'amour à une personne
qu'on ne connoît pas.
Sa taille efi admirable, ses yeux
brillants & bien fendus lancent
des traits de fiâmes, son teinc
efface le Lys & la Rose, le tour
de son visage est adorable,
elle a de l'cfprit comme un
diable, ôc sa gorge est divine.
Au surplus permis aux Acteurs
d'ajouter à ces belles penfées,
plusieurs douzaines de sotises
à bout portant, dont je croy
que tout le monde sçaitlaioutine
aussi-bien que moy.
Si cette petite leçon ne fuffit
pas pour voftrcinftruâion,
beaux Masques, ce ne fera
pas ma faute, si vous vous ennuyezauBal.
Cependant pour
contribuer encore de tout
mon pouvoir à déboucher l'cpaifTcur
de vostre imaginative,
lircz avec attention, si vous
pouvez TAvanture de Bal que
je vars vous conter. Les trois
quarts & demi & demi quart
de mes Lecteurs quiont del'tfs
V*
prit,& j'enréponds,riront
de ce Prélude aux dépens de
ceux à qui il appartient.
Le valeureux Dîmis pria
il y a quelques jours )[a cherc
moitié delelalfferalierau bal
del'Opcra.Ellele fit arracher
cette pcrm'fHon, & consentis
erfin après bien des inftanccs
à lui accorder cette grâce. Il
s'équipe en sa presence de tout
l'attirail du bal,pendant que
de son côté elle fc met dans
son lit, la mafearade achevée,
il embrassè Con époufc, monte
en cJrroÍft; & va droit àlOpera.
Il renvoyé ses gens,il entre
par une porte, il fort par
l'autre
,
ilfc jette dans une
chaireà porteurs & sefait mener
chez sa MJÎcreÍfc
,
qui le
vange à outrance de l'importune
tendresse de (a femme;
les bonnes gens se gauJfnt à
bon efeient de la crédulité de
la belle endormie, & son irrry
sur tout n'a garde de se méfier
qu'elle prend une revanche
complète du tour qu'on
luy joué. Il a dcimndé la permiflîond'aller
au Bal) il la obtenue
; mais on ne luy a pas
demandé la même permission
pour ce qu'on va lire -;
il n'a
quà peine eu eccms d'arriver
au bas du degré, quefacherc
Epouse députe une ad.oire
Confidente chez un preux &
gentil Cavalier de ses voisins
& son amy. A la premierc feraonce
le Galand répond, dcfcend
,
fuit la donzelle & gagne
avec elle le logis de la
Dame. Les beaux propos ne
font pas en pareille occasion
le fengage des Amants, aussi
furentils alors fupprimcz de
part & d'autre ,pour passer,
comme de railon,àl'article le
plus cflcnticldecetteHistoire;
mais tant fut proccdé à la fatisfJétton
des parties, & cette
nuit parut si longue à l'oifivc
Confidente de cette intrigue
, qu'elle s'endormit à contretems,
& les bonnes gens aufli.
Sur ces entrefaites le mary revint
du Bal, il monta à 1Appartement
de sa femme
,
qui
malheureusement n'avoit pas
encore eu la précaution de fc
séparer au moins de lit, comme
l'est la plûpart des Dames
deParis. La crainte d'interrompre
le sommeil de sa chcrc
Epouse avoieréglé sa marche
& Cesaâions sur unton sibas,
qu'il pénétra sans lumière, jufqu'à
la ruelle du ht, (ansavoir
erté ni veu, ni entendu de personne.
I. se déshabilla avec la
mêmeconfineration,& semit
enfin entre deux draps Il fc
plaça meme hureufement du
bon cané, & il y a lieu de croire
qu'il alloit s'endormir comme
il s'étoit couché, si l'imprudence
de sa femme n'avoic
gâté tout le mérite de cette
avanture. Le mouvement qu'il
fit en se couchant la reveilla^
la fote cria. 'Q:;.'cll:-cc donc,
dit-ilMadame, & qu'avezvous
à crier il forr ?ah!repritcllc,
en (e jettant à bas du lie,
fauvcz-vous, fauvcz moy 1 Monsieur, nous sommes perdus!
le Mary reconnut alors le
motifde cette incartade) il se
leva & la femme de chambre
vint au secours de ces gens effrayez
Parbleu, dit-il, en les
regardant affcétucuferncnt
tous troisa voila bien du bruic
pour une bagatelle! Il vient
de m'arriver tout à l'heure une
avanture pareille à la vôtre, &
le mary d'une jolie femme
avec qui j'ay paffé la nuit, pendant
dant qu'il estoit au Bal, m'a
surprisavecelle. Iln'aesténi
fou,niétourdi, il m'a laifle
tranquillement mhabiller, il
m'a feulement recommandé le
secret, & m'acongédié de la
meilleure grâce du monde. A
son exemple habillez-vous,
Monficur
, ne publiez point
cette avanrure; recouchezvous
,Madame,& le Ciel nous
garde d'un plus grand malheur>
Le Galant forcit ainsi charmé
de la modération de l'Epoux
de sa Malftreffètout le
monde sur content, & rien
ncft àccqu'on prétend
,
plus
uny que ce ménagé à Paris.
Je ferois de bellesréflexions
sur cette Histoire, si je n'ai.
mois mieux charger ce Volume
d'évenemenrs
, que vous
ennuyer d'une morale qui n'a
pas le don de me plaire.
La galanterie fournit le plus
beau chimp du monde pour
amuser les LeCteurs, & le Bal
fcmble s'interesser particulièrement
luy même à leur amusement,
par la multitude d'avanturesqu'il
leur prépare.
J'en ay une entre autres qui
m'a paru afllz singuliere, pour
mériter l'attention de ceux
qui voudront la lire.
Qu'on fc tourne d'un ou
d'autre coftcau Bal, ilyatoujours
& partout des gens qui
cherchent noire, & des Mafqucs
qui ne demandent pas
mieux que d'agacer les autres,
ou d'estre agacez euxmêmes.
Les timides ou les imbecilles
s'y ennuyent à la mort.Les uns
n'ont pas le courage de tenter
une avanrure ,
les autres n'onc
pas l'esprit de la foûcenir.
Avant que d'entrer plus
avanten matierc ,il ca à propos
que il donne à ceux qui
n'ont pAS rôti le balei dans ces
assemblées,quelques petites
le çons pour les aider à s'y tirer
d'JlfJirc.
Primo. I! faut qu'un Mafquc
quelqu'il foit, ait de l'audace,
& même de h ffonterie.
Secundo. QVilsçache au
moins une demie douzaine de
phrafcs impertinentes pour les.
débiter à tort& à travers:ces
phrafcs doivent efire, par
exemple
,
de l'efpecc de cellescy
Supposeau préalable, qu'il
ait le son de la voix ajuste à
l'usage du Bal, sans quoy il
n'cft, &ne fera jamais qu'un
db
for. Cet avantage consiste à
prendre un ton de fauflairc, &
à glapir dans les oreilles du
Mafquc qu'on attaque: sur ce
principe, il luy dira, bonjour
Beau, ou Belle Mafqur;la difsérence
du fcxc fjir peurcftre
celle du débur. L'un est cependant
plus en ufagc que
l'autre. Il luy dira, b jour
Beau Masque, je te félicité du
succés de cette partie,jay vû
tbrure que le jaloux ne consenti
roit jamais a te latjprvenir icy ;
mais grace a tan esprit & a la
complaisance qu'ilapour la personne
quetufiai) bien, tu es venue
à bout de sa mauvaise humeur.
Tu te trompes Masque,
reprend l'autre, tu ne me connois
pas, je ne te connois pas
non plus, £7*si personneria plus
d'envie de te connoistre que moy ,
tu peux 'vivrejufqua lafin de
tes jours3 parfaitementignoré de
tout le genre humain. Vous esses
bienfine3luy dit l'autreà l'inftant,
e vouscrgeZ me donner
le change par cette ajfélation a
'Vouloir vous masquer encore plus
que vous ne l'êtes; à la bonne
heuresi vous ne me rcconnoiîfk
pas, pour moy je sçay bien a qui
je parle, je connoisvojlre déguisement,
vous éus une telle
, <*r
nousavons *aujourd'buyfait le
•
bien & le mal ensemble. Vostre
Amant riestpas loin; c'est un animal
qui vous obsedefans cefe ;
mais le Chevalier de ** *. VA
bientôt vous delivrer de ses importunitez.
Courage, vous ne
débute% pas mal dans le monde,
ÇjT* pour une jeune personne qui
ria pas encore vingt ans, vous
ave% le goût aufitformé, tjr aufli
gourmand, quesi vous en avie7,
trente.Avoiie^ maintenant que
je fiay quelque chose de vos .f-
*Ils ont le mêmejour entendu
le même Sermon.
jaires; adieu beau Mafqtie. Hé
non Masque ne me quithZ pas,
dit la per sonne à qui on en a
tant appris
, vous me jcttez
dans une inquiétude mortelle, je
veux absolument sçavoirqui
vous esses, Adieu
, vous dis-je
J beau Masque
,
reprend brucquemenc
l'autre
, quand le
Marquis de N**nefera plus
sur les rangs pour prétendre à la
conqutfie de vostre coeur, c-lorfquevous
neprendrezplus les confeils
de cette vieille coquette qui
trompe,vous,voflre mary, çy
vas Amants
,
je pourray alors
avoir ïindulgcftce de vous deaU*
rer
rerqui je fuis. Le Mafqucs'éclypfcàl'inftanr&
va dans un
coin obscur changer de décoration.
Tertio.On le prend sur un
autre ton pour faire une déclaration
d'amour à une personne
qu'on ne connoît pas.
Sa taille efi admirable, ses yeux
brillants & bien fendus lancent
des traits de fiâmes, son teinc
efface le Lys & la Rose, le tour
de son visage est adorable,
elle a de l'cfprit comme un
diable, ôc sa gorge est divine.
Au surplus permis aux Acteurs
d'ajouter à ces belles penfées,
plusieurs douzaines de sotises
à bout portant, dont je croy
que tout le monde sçaitlaioutine
aussi-bien que moy.
Si cette petite leçon ne fuffit
pas pour voftrcinftruâion,
beaux Masques, ce ne fera
pas ma faute, si vous vous ennuyezauBal.
Cependant pour
contribuer encore de tout
mon pouvoir à déboucher l'cpaifTcur
de vostre imaginative,
lircz avec attention, si vous
pouvez TAvanture de Bal que
je vars vous conter. Les trois
quarts & demi & demi quart
de mes Lecteurs quiont del'tfs
V*
prit,& j'enréponds,riront
de ce Prélude aux dépens de
ceux à qui il appartient.
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5268
p. 1011
« Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Début :
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...]
Mots clefs :
Fête de l'Ascension
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texteReconnaissance textuelle : « Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
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5269
p. 179
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
Les Comédiens Italiens ont joué le 6 Camille, Esprit follet, comédie Italienne [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIEN NE.
Es Comédiens Italiens ont joué le 6
Camille,Espritfollet , comédie Italienne
en quatre aches , remife , avec deux
divertiffemens. Mlle Coraline y a beaubrillé
dans fon début. Mlle Camille
fa foeur , remplit aujourd'hui fon rôle avec
une égale réuffite : cette piece eft une heureufe
fucceffion dans la famille.
coup
Le 15 , les mêmes Comédiens ont donné
pour la clôture de leur théatre , la
quatorziéme repréfentation de Ninette à la
Cour, qu'on a vue avec plaifir & en nombreufe
compagnie. Mme Favart & Arlequin
ont fait le compliment de la clôture
en dialogue & en plaifanterie : le public
s'y eft prêté avec bonté , & l'a applaudi .
Voici l'extrait de Ninette à la Cour , qui
fe vend chez la veuve Delormel , rue du
Foin ; & Prault fils , quai de Conti . Prix
trente fols . Cette édition eft ornée d'une
eftampe , qui repréfente Mme Favart en
villageoife . Elle mérite bien cette diftinction
, par la maniere charmante dont elle
rend fon rôle
Es Comédiens Italiens ont joué le 6
Camille,Espritfollet , comédie Italienne
en quatre aches , remife , avec deux
divertiffemens. Mlle Coraline y a beaubrillé
dans fon début. Mlle Camille
fa foeur , remplit aujourd'hui fon rôle avec
une égale réuffite : cette piece eft une heureufe
fucceffion dans la famille.
coup
Le 15 , les mêmes Comédiens ont donné
pour la clôture de leur théatre , la
quatorziéme repréfentation de Ninette à la
Cour, qu'on a vue avec plaifir & en nombreufe
compagnie. Mme Favart & Arlequin
ont fait le compliment de la clôture
en dialogue & en plaifanterie : le public
s'y eft prêté avec bonté , & l'a applaudi .
Voici l'extrait de Ninette à la Cour , qui
fe vend chez la veuve Delormel , rue du
Foin ; & Prault fils , quai de Conti . Prix
trente fols . Cette édition eft ornée d'une
eftampe , qui repréfente Mme Favart en
villageoife . Elle mérite bien cette diftinction
, par la maniere charmante dont elle
rend fon rôle
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le 6, les comédiens italiens ont joué 'Camille, Esprit follet'. Mlle Coraline et Mlle Camille ont brillé. Le 15, ils ont donné la quatorzième représentation de 'Ninette à la Cour'. Mme Favart et Arlequin ont clôturé la représentation. Un extrait de la pièce est en vente chez la veuve Delormel et Prault fils.
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5270
p. 179
« Six Sonates à violon seul avec la basse, dédiées à M. de Saint George ; par M. J. [...] »
Début :
Six Sonates à violon seul avec la basse, dédiées à M. de Saint George ; par M. J. [...]
Mots clefs :
Sonates, Musique, Ouvrage, Genre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Six Sonates à violon seul avec la basse, dédiées à M. de Saint George ; par M. J. [...] »
Six Sonates à violon feul avec la baffe ,
dédiées à M. de Saint George ; par M. J.
Avolio , oeuv. IV , prix 7 liv. 4 fols . Aux
adreffes ordinaires de Mufique. A Paris.
Cet ouvrage , gravé par Mde Deluffe
( rue du Four Saint - Honoré , aux bâtimens
neufs , nº 86 ) eft du nombre de
ceux qui fe diftinguent par les foins qu'elle
apporte ordinairement à ce qu'elle entreprend
en ce genre de gravure , tels que
font le Traité général des élémens du chant ,
par M. l'Abbé de la Caffaigne ; les Sonates
pour le clavecin , par M. Virbès , les plan
ches du Dictionnaire de Mufique , de M.
Rouffeau , & tant d'autres dont l'énumération
feroit ici fuperflue.
Quant au mérite principal de l'ouvrage
que nous annonçons ici , nous ne pouvons
porter aucun jugement , que le public
n'ait prononcé , nous préfumons cependant
qu'il ne peut que gagner à être connu
, vu qu'il eft d'un genre que les vrais
connoiffeurs ont toujours accueilli.
dédiées à M. de Saint George ; par M. J.
Avolio , oeuv. IV , prix 7 liv. 4 fols . Aux
adreffes ordinaires de Mufique. A Paris.
Cet ouvrage , gravé par Mde Deluffe
( rue du Four Saint - Honoré , aux bâtimens
neufs , nº 86 ) eft du nombre de
ceux qui fe diftinguent par les foins qu'elle
apporte ordinairement à ce qu'elle entreprend
en ce genre de gravure , tels que
font le Traité général des élémens du chant ,
par M. l'Abbé de la Caffaigne ; les Sonates
pour le clavecin , par M. Virbès , les plan
ches du Dictionnaire de Mufique , de M.
Rouffeau , & tant d'autres dont l'énumération
feroit ici fuperflue.
Quant au mérite principal de l'ouvrage
que nous annonçons ici , nous ne pouvons
porter aucun jugement , que le public
n'ait prononcé , nous préfumons cependant
qu'il ne peut que gagner à être connu
, vu qu'il eft d'un genre que les vrais
connoiffeurs ont toujours accueilli.
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Résumé : « Six Sonates à violon seul avec la basse, dédiées à M. de Saint George ; par M. J. [...] »
L'ouvrage 'Six Sonates à violon seul avec la basse' de M. J. Avolio, dédié à M. de Saint George, est le quatrième de l'auteur. Il est vendu à Paris pour sept livres et quatre sols. La gravure est réalisée par Mme Deluffe, connue pour ses travaux de qualité. L'ouvrage est présumé être bien accueilli par les connaisseurs.
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5271
p. 181
AUTRE
Début :
Je suis d'une étrange figure, [...]
Mots clefs :
Écrevisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE
AUTRE
E fuis d'une étrange figure,
Je marche tout à l'avanture ,
Et recule en marchant , quand il faut avancer ;
Car jamais l'on ne m'a fait apprendre à danser ,
Pas même la moindre cadence ;
Mais belas ! belle confequence ,
Quand mes Parens l'auroient voulu
Pauvre fotte ! l'aurois -je pû ?
>
Quoi qu'il en fuit , beau Paon avec votreplumage
Serin avec votre ramage ,
Et vous , Margot la Pie avec un leger pied ,
Qui femblez en fautant danfer le Paffepied ,
Si je ne flatte point l'oreille ni la vue ,
Etant de vos dons dépourvûe ,
Ne vous moquez point tant de moi ,
Je puis à peu de frais flatter le goût d'un Roy.
E fuis d'une étrange figure,
Je marche tout à l'avanture ,
Et recule en marchant , quand il faut avancer ;
Car jamais l'on ne m'a fait apprendre à danser ,
Pas même la moindre cadence ;
Mais belas ! belle confequence ,
Quand mes Parens l'auroient voulu
Pauvre fotte ! l'aurois -je pû ?
>
Quoi qu'il en fuit , beau Paon avec votreplumage
Serin avec votre ramage ,
Et vous , Margot la Pie avec un leger pied ,
Qui femblez en fautant danfer le Paffepied ,
Si je ne flatte point l'oreille ni la vue ,
Etant de vos dons dépourvûe ,
Ne vous moquez point tant de moi ,
Je puis à peu de frais flatter le goût d'un Roy.
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5272
p. 1651
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne, qu'un des Vaisseaux de guerre qui sont sortis du Tage avec la [...]
Mots clefs :
Portugal, Vaisseau de guerre, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL.
N mande de Lisbonne , qu'un des Vaiffeaux
guerre
derniere Flote qu'on a envoyée au Brefil , ira
jufqu'à S. Salvador , parce qu'il a d'abord des
Officiers chargez des Ordres du Roi pour arrêter
le Gouverneur du Brefil , qui ayant découvert
une Mine de Diamans dans le Pays , en a vendu
à fon profit pour des fommes confiderables ,
avant que d'en donner connoiffance à S. M. On
a fait polír dans cette Capitale quelques - uns de
ces Diamans, mais on affure que les Jouailliers
né les ont pas trouvez auffi durs & d'auffi belle
eau que ceux de Vifapour , de Golconde & des
autres Mines des Indes Orientales.
N mande de Lisbonne , qu'un des Vaiffeaux
guerre
derniere Flote qu'on a envoyée au Brefil , ira
jufqu'à S. Salvador , parce qu'il a d'abord des
Officiers chargez des Ordres du Roi pour arrêter
le Gouverneur du Brefil , qui ayant découvert
une Mine de Diamans dans le Pays , en a vendu
à fon profit pour des fommes confiderables ,
avant que d'en donner connoiffance à S. M. On
a fait polír dans cette Capitale quelques - uns de
ces Diamans, mais on affure que les Jouailliers
né les ont pas trouvez auffi durs & d'auffi belle
eau que ceux de Vifapour , de Golconde & des
autres Mines des Indes Orientales.
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Résumé : PORTUGAL.
Un vaisseau de guerre portugais est envoyé au Brésil pour arrêter le gouverneur, accusé d'avoir découvert une mine de diamants et de les avoir vendus à son profit avant d'en informer le roi. Les diamants, polis à Lisbonne, étaient moins durs et de moindre qualité que ceux des Indes Orientales.
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5273
p. 181
De VIENNE, le 6 Janvier 1763. EXTRAIT d'une Lettre écrite de LEIPSICK, le premier Janvier 1763.
Début :
Nous pouvons enfin espérer de voir bientôt finir nos malheurs. Il y a une négociation ouverte [...]
Mots clefs :
Impératrice, Reine, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 6 Janvier 1763. EXTRAIT d'une Lettre écrite de LEIPSICK, le premier Janvier 1763.
De VIENNE, le 6 Janvier 1763 .
EXTRAIT d'une Lettre écrite de LEIPSICK , le
premier Janvier 1763.
Nous pouvons enfin efpérer de voir bientôt
finir nos malheurs . Il y a une négociation ou
verte entre l'Impératrice Reine & Sa Majeſté
Pruffienne pour le rétabliffement de la Paix. Les
Plénipotentiaires font , de la part de la Cour de
Vienne , le fieur de Colembach , Confeiller , &
l'un des premiers Commis des Affaires Etrangè
res; & de la part du Roi de Pruffe , le fieur Hertzberg
, Confeiller de ce Prince. Ils fe font affemblés
à Hubertzbourg , Maiſon de Plaifance de Sa Majefté
Polonoife. Après une conférence très-longue,
le Miniftre Pruffien s'eft rendu ici pour en
rendre compte à fon Maître & pour recevoir fes
ordres. Il y eft encore actuellement ; mais on
préfume que fon féjour ne fera pas long , & qu'il
partira muni des inftructions néceffaires à la réconciliation
des deux Puiffances. Il paroît qu'elles
defirent également de voir bientôt le fuccès de
cette négociation , afin d'épargner , pendant qu'il
en eft temps encore, une partie des frais de la campagne
prochaine , ou de fe préparer plus vigou
reufement à la continuation de la guerra
EXTRAIT d'une Lettre écrite de LEIPSICK , le
premier Janvier 1763.
Nous pouvons enfin efpérer de voir bientôt
finir nos malheurs . Il y a une négociation ou
verte entre l'Impératrice Reine & Sa Majeſté
Pruffienne pour le rétabliffement de la Paix. Les
Plénipotentiaires font , de la part de la Cour de
Vienne , le fieur de Colembach , Confeiller , &
l'un des premiers Commis des Affaires Etrangè
res; & de la part du Roi de Pruffe , le fieur Hertzberg
, Confeiller de ce Prince. Ils fe font affemblés
à Hubertzbourg , Maiſon de Plaifance de Sa Majefté
Polonoife. Après une conférence très-longue,
le Miniftre Pruffien s'eft rendu ici pour en
rendre compte à fon Maître & pour recevoir fes
ordres. Il y eft encore actuellement ; mais on
préfume que fon féjour ne fera pas long , & qu'il
partira muni des inftructions néceffaires à la réconciliation
des deux Puiffances. Il paroît qu'elles
defirent également de voir bientôt le fuccès de
cette négociation , afin d'épargner , pendant qu'il
en eft temps encore, une partie des frais de la campagne
prochaine , ou de fe préparer plus vigou
reufement à la continuation de la guerra
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Résumé : De VIENNE, le 6 Janvier 1763. EXTRAIT d'une Lettre écrite de LEIPSICK, le premier Janvier 1763.
Le 6 janvier 1763, une lettre de Leipzig révèle des négociations en cours entre l'Impératrice Reine et le Roi de Prusse pour rétablir la paix. Les plénipotentiaires sont le sieur de Colembach, conseiller des Affaires Étrangères de la Cour de Vienne, et le sieur Hertzberg, conseiller du Roi de Prusse. Ils se sont rencontrés à Hubertusbourg, résidence du Roi de Pologne. Après une longue conférence, le ministre prussien est retourné à Berlin pour informer son souverain et obtenir des instructions. Son séjour à Berlin doit être bref afin de repartir rapidement avec les directives nécessaires à la réconciliation. Les deux parties souhaitent accélérer les négociations pour éviter les coûts d'une prochaine campagne ou se préparer à la poursuite des hostilités.
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5274
p. 585
DANNEMARCK.
Début :
Par un Edit du Roy, la Milice qui avoit été abolie, est presentement rétablie. Il est porté [...]
Mots clefs :
Milice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEMARCK.
Ar un Edit du Roy , la Milice qui avoit été
PAabolie , est presentement rétablie. Il est porté
par cet Edit que chaque Milicien , âgé depuis
16 ans jusqu'à 30 servira huit ans ; et que ceux
qui auront passé 30 ans , ne serviront que six
ans ; après lequel temps on leur donnera lens
congé.
Ar un Edit du Roy , la Milice qui avoit été
PAabolie , est presentement rétablie. Il est porté
par cet Edit que chaque Milicien , âgé depuis
16 ans jusqu'à 30 servira huit ans ; et que ceux
qui auront passé 30 ans , ne serviront que six
ans ; après lequel temps on leur donnera lens
congé.
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5275
p. 183
« Je me sens d'humeur à soûtenir que les Bouts-rimez, [...] »
Début :
Je me sens d'humeur à soûtenir que les Bouts-rimez, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je me sens d'humeur à soûtenir que les Bouts-rimez, [...] »
Je me ſens d'humeur à ſoûtenir
que les Bouts - rimez ,
quoy qu'on en diſe , ſont bons
à quelque choſe , ils ſervent à
amuſer une infinité d'honneſtes
gens qui s'exercent à les
remplir. Cette remarque
m'engage à propoſer encore
ceux-cy.
que les Bouts - rimez ,
quoy qu'on en diſe , ſont bons
à quelque choſe , ils ſervent à
amuſer une infinité d'honneſtes
gens qui s'exercent à les
remplir. Cette remarque
m'engage à propoſer encore
ceux-cy.
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5276
p. 2655
POLOGNE.
Début :
Le 28. Octobre, le Roy arriva à Warsovie au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie [...]
Mots clefs :
Roi, Concours de noblesse, Conspiration , Aurore boréale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
PoO L GN B
E 28. Octobre , le Roy arriva à Warsovie
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie
des Remparts. Il y eut un grand concours de
Noblesse au Château , pour complimenter S. M.
sur son heureux Voyage , pendant lequel on
assure que S. M. a découvert une conspiration
contre sa personne , et qu'on a arrêté deux
Etrangers , entr'autres , le Baron de Geisberg de
Chevenost , Chimiste , qui a été pris à Offembach
, et conduit prisonnier à Dresde.
On a vú à Grodno , pendant trois nuits consecutives
, une Aurore boreale d'une lumiere
très-vive , et qui s'est fait appercevoir à trente
lieues à la ronde.
SUE
E 28. Octobre , le Roy arriva à Warsovie
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie
des Remparts. Il y eut un grand concours de
Noblesse au Château , pour complimenter S. M.
sur son heureux Voyage , pendant lequel on
assure que S. M. a découvert une conspiration
contre sa personne , et qu'on a arrêté deux
Etrangers , entr'autres , le Baron de Geisberg de
Chevenost , Chimiste , qui a été pris à Offembach
, et conduit prisonnier à Dresde.
On a vú à Grodno , pendant trois nuits consecutives
, une Aurore boreale d'une lumiere
très-vive , et qui s'est fait appercevoir à trente
lieues à la ronde.
SUE
Fermer
Résumé : POLOGNE.
Le 28 octobre, le roi arriva à Varsovie. La noblesse le félicita. Durant son voyage, il découvrit une conspiration, menant à l'arrestation du baron de Geisberg et d'un autre étranger. À Grodno, une aurore boréale intense fut observée trois nuits de suite.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5277
p. 585-586
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne que le 2 de ce mois, on celebra dans l'Eglise Aulique des Augustins [...]
Mots clefs :
Empereur, Vienne, Duché de Mecklembourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N apprend de Vienne que le 2 de ce mois ,
on celebra dans l'Eglise Aulique des Augustins
Déchaussez , un Service solemnel pour le
repos de l'ame du Roy de Pologne : L'Empereur
et l'Imperatrice , les Archiduchesses , les Ministres
étrangers , les Seigneurs et Dames de la
Cour y assisterent en longs habits de deüil .
Toute l'Eglise étoit tenduë de noir jusqu'à la
Hr voûte; *
586 MERCURE DE FRANCE
voûte;et on avoit élevé dans le milieu du Chaur
un magnifique Catafalque , chargé d'Ecussons et
de divers ornemens funebres , et environné de
Statues, qui representoient les Vertus.Ce Catafalque
avoit été exécuté sur les desseins de M. Jos.
Galli Bibiena , premier Architecte de S. M.Imp.
et les Inscriptions étoient de M. Jean-Charles de
Neven. Le Pr. Maurice Adolphe , Charles de Saxe-
Zeitz , Archevêque in partibus , et Evêque de
Konigsgrats. , officia Pontificalement à la Messe,
et il fit les Encensemens et les. Absoutes
On mande de Vienne que le Camp que les
Troupes commandées pour aller en Silesie doivent
occuper , est marqué entre Oppelen et le
Fort de Brieg, que quo que quelques Regimens
soient déja partis pour ce Camp , on ne croir
pas qu'il soit entierement formé avant la fin
d'Avril.
Selon les avis reçûs de Schiverin , les Troupes
que l'Empereur a envoyées pour mettre le Duc
Chrétien Louis en possession de l'administration
du Duché de Meckelbourg , n'attendent ,
pour entrer dans la Ville , que l'arrivée du nouveau
Decret de l'Empereur , par lequel il est enjoint
aux habitans de reconnoître ce Prince pour
Administrateur du Duché. Mais on apprend en
dernier lieu de Vienne que le bruit y couroit que
S. M. Imp . par égard pour les Instances que la
Czarine a faites en faveur du Duc Charies Léopol
; elle ne signera point le Decret pour faire
reconnoître le Duc Chrétien- Louis en qualité
d'Administrateur du Duché de Meckelbourg.
N apprend de Vienne que le 2 de ce mois ,
on celebra dans l'Eglise Aulique des Augustins
Déchaussez , un Service solemnel pour le
repos de l'ame du Roy de Pologne : L'Empereur
et l'Imperatrice , les Archiduchesses , les Ministres
étrangers , les Seigneurs et Dames de la
Cour y assisterent en longs habits de deüil .
Toute l'Eglise étoit tenduë de noir jusqu'à la
Hr voûte; *
586 MERCURE DE FRANCE
voûte;et on avoit élevé dans le milieu du Chaur
un magnifique Catafalque , chargé d'Ecussons et
de divers ornemens funebres , et environné de
Statues, qui representoient les Vertus.Ce Catafalque
avoit été exécuté sur les desseins de M. Jos.
Galli Bibiena , premier Architecte de S. M.Imp.
et les Inscriptions étoient de M. Jean-Charles de
Neven. Le Pr. Maurice Adolphe , Charles de Saxe-
Zeitz , Archevêque in partibus , et Evêque de
Konigsgrats. , officia Pontificalement à la Messe,
et il fit les Encensemens et les. Absoutes
On mande de Vienne que le Camp que les
Troupes commandées pour aller en Silesie doivent
occuper , est marqué entre Oppelen et le
Fort de Brieg, que quo que quelques Regimens
soient déja partis pour ce Camp , on ne croir
pas qu'il soit entierement formé avant la fin
d'Avril.
Selon les avis reçûs de Schiverin , les Troupes
que l'Empereur a envoyées pour mettre le Duc
Chrétien Louis en possession de l'administration
du Duché de Meckelbourg , n'attendent ,
pour entrer dans la Ville , que l'arrivée du nouveau
Decret de l'Empereur , par lequel il est enjoint
aux habitans de reconnoître ce Prince pour
Administrateur du Duché. Mais on apprend en
dernier lieu de Vienne que le bruit y couroit que
S. M. Imp . par égard pour les Instances que la
Czarine a faites en faveur du Duc Charies Léopol
; elle ne signera point le Decret pour faire
reconnoître le Duc Chrétien- Louis en qualité
d'Administrateur du Duché de Meckelbourg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte décrit des événements en Allemagne et à Vienne. À Vienne, le 2 du mois, un service solennel a été organisé dans l'Église des Augustins Déchaussés pour le repos de l'âme du roi de Pologne. L'empereur, l'impératrice, les archiduchesses, les ministres étrangers et les membres de la cour y ont assisté en habits de deuil. L'église était tendue de noir et un catafalque magnifique, conçu par M. Jos. Galli Bibiena et orné d'inscriptions de M. Jean-Charles de Neven, avait été érigé. L'archevêque Maurice Adolphe, Charles de Saxe-Zeitz, a officié lors de la messe. Par ailleurs, les troupes destinées à la Silésie doivent occuper un camp entre Oppeln et le fort de Brieg, mais ce camp ne sera probablement pas entièrement formé avant la fin avril. À Schwerin, les troupes envoyées par l'empereur attendent un décret impérial pour permettre au duc Chrétien Louis de prendre possession de l'administration du duché de Mecklembourg. Cependant, des rumeurs à Vienne suggèrent que l'empereur pourrait ne pas signer ce décret en raison des instances de la tsarine en faveur du duc Charles Léopold.
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5278
p. 181-182
II.
Début :
Première suite de douze Estampes, de format in-4o. gravées sous la direction [...]
Mots clefs :
Tableaux, Jean-Baptiste Pierre Lebrun, Estampes, Écoles, Collection, Amateurs, Composition, École flamande, École hollandaise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
I I.
Première fuite de douze Eftampes , de
format in- 4° . gravées fous la direction
du fieur le Brun , Peintre , d'après
différens Tableaux des plus célèbres
Peintres des Ecoles Flamande &
Hollandoife , prix 18 livres A Paris ,
chez Bafan & Poignant , Marchands
de Tableaux & d'Estampes , rue &
hôtel Serpente.
L'objet de M. le Brun , en publiant
ces Gravures , exécutées par d'habiles.
Artiftes , eft de former une Collection
qui puiffe rappeller aux Amateurs le gente
de compofition & le faire des meil
leurs Maîtres des Ecoles de Flandre &
de Hollande , dont les tableaux font
aujourd'hui fi ' fort recherchés ; & il
faut avouer qu'ils méritent cet empreffement
par la gaieté de la compofition
la vérité du coloris & le fini précieux
du pinceau. La fuite que nous venons
d'annoncer , préfente divers fujets de
Lingelbach , P. Potter , J. Steen , Terburg
, Rembrandt , Metzu , Berghem ,
Wouvermans , Winants , Cuyp , Van
182 MERCURE DE FRANCE.
dermeulen ces Tableaux font ou ont
été dans le Cabinet de M. le Brun ,
qui fe propofe de continuer cette Collection.
Le choix & le zèle qu'il y met,
ne peuvent qu'être agréables aux Amateurs.
Il eft dit à la tête de la première
livraiſon , que la feconde , auffi de douze
Eftampes , fe fera dans l'efpace de fix
mois environ.
Première fuite de douze Eftampes , de
format in- 4° . gravées fous la direction
du fieur le Brun , Peintre , d'après
différens Tableaux des plus célèbres
Peintres des Ecoles Flamande &
Hollandoife , prix 18 livres A Paris ,
chez Bafan & Poignant , Marchands
de Tableaux & d'Estampes , rue &
hôtel Serpente.
L'objet de M. le Brun , en publiant
ces Gravures , exécutées par d'habiles.
Artiftes , eft de former une Collection
qui puiffe rappeller aux Amateurs le gente
de compofition & le faire des meil
leurs Maîtres des Ecoles de Flandre &
de Hollande , dont les tableaux font
aujourd'hui fi ' fort recherchés ; & il
faut avouer qu'ils méritent cet empreffement
par la gaieté de la compofition
la vérité du coloris & le fini précieux
du pinceau. La fuite que nous venons
d'annoncer , préfente divers fujets de
Lingelbach , P. Potter , J. Steen , Terburg
, Rembrandt , Metzu , Berghem ,
Wouvermans , Winants , Cuyp , Van
182 MERCURE DE FRANCE.
dermeulen ces Tableaux font ou ont
été dans le Cabinet de M. le Brun ,
qui fe propofe de continuer cette Collection.
Le choix & le zèle qu'il y met,
ne peuvent qu'être agréables aux Amateurs.
Il eft dit à la tête de la première
livraiſon , que la feconde , auffi de douze
Eftampes , fe fera dans l'efpace de fix
mois environ.
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Résumé : II.
Le texte annonce la publication d'une série de douze estampes au format in-4°, gravées sous la direction de Charles Le Brun, d'après des tableaux de célèbres peintres flamands et hollandais. Ces estampes sont disponibles à Paris chez Basan & Poignant, marchands de tableaux et d'estampes, situés rue et hôtel Serpente, au prix de 18 livres. Le but de Le Brun est de rappeler aux amateurs le style et la composition des meilleurs maîtres flamands et hollandais, reconnus pour la gaieté, la vérité du coloris et la finesse du pinceau. La première série comprend des œuvres de Lingelbach, P. Potter, J. Steen, Terburg, Rembrandt, Metsu, Berghem, Wouvermans, Winants, Cuyp et Van der Meulen. Certains de ces tableaux proviennent de la collection personnelle de Le Brun. Une deuxième série de douze estampes est prévue pour être publiée dans les six mois suivants.
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5279
p. 62-63
Autre Réponse à la Question du mois dernier. Par Mr P.
Début :
La tendresse est une impression delicate que fait sur un [...]
Mots clefs :
Tendresse, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Réponse à la Question du mois dernier. Par Mr P.
Autre Keponle a la Question
du mois dernier.
ParMr P.
La tendresse est une
impression delicate que
fait sur un coeur la dispositionqu'il
a à devenir
amoureux; elle devient
amour lorsqu'elle se détermine
sur un objet.
Quoyquunenfantn'ait
point de ces desirs
pressans
Qujse rendent maistres
dessens,
EtJOÏÎÎ des jjajjLons lesouverainempires
péja pourtant on connoist
qu'il afj?ire
A ce qui doitle dominer
: un jour:
yîinfi danssatendre jeunesse,
Amour n'estencor que
tendrejje:
Et tendresse eji l'enfance
del'amour.
,
du mois dernier.
ParMr P.
La tendresse est une
impression delicate que
fait sur un coeur la dispositionqu'il
a à devenir
amoureux; elle devient
amour lorsqu'elle se détermine
sur un objet.
Quoyquunenfantn'ait
point de ces desirs
pressans
Qujse rendent maistres
dessens,
EtJOÏÎÎ des jjajjLons lesouverainempires
péja pourtant on connoist
qu'il afj?ire
A ce qui doitle dominer
: un jour:
yîinfi danssatendre jeunesse,
Amour n'estencor que
tendrejje:
Et tendresse eji l'enfance
del'amour.
,
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Résumé : Autre Réponse à la Question du mois dernier. Par Mr P.
Le texte 'Autre Keponle a la Question du mois dernier' définit la tendresse comme une impression délicate précurseur de l'amour. Elle se transforme en amour lorsqu'elle se fixe sur un objet spécifique. Même les enfants montrent une tendance à aimer. La tendresse est ainsi perçue comme l'enfance de l'amour.
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5280
p. 1651-1652
ESPAGNE.
Début :
Le 24. Juin il entra dans le Port de Cadix un Pinque & un Brigantin de Porto-Ricco, avec [...]
Mots clefs :
Infanterie, Vaisseau, Hommes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE .
E 24. Juin il entra dans le Port de Cadix un
Pinque & un Brigantin de Porto- Ricco , avec
la Cargaifon du Sanchez , Vaiffeau qui venoit de
Conferve avec les derniers Gallions ; mais qu'on
fut obligé de décharger à Porto- Ricco , parte
qu'il faifoit eau de tous côtez.
La Flote des Gallions , commandée par le Chef
Hij d'Ef :
1652 MERCURE DE FRANCE
d'Efcadre Don Manuel Lopez Pintado , partit dụ
-Port de Cadix le 26. pour l'Amerique avec un
vent favorable , elle eft compofée de fix Vaffeaux
de Guerre & de 16. Gallions.
Les dernieres Lettres de Barcelone , portent que
M. Sartines , Intendant de la Principauté de Catalogne
, y avoit fretté des Vaiffeaux de tranfport
& des Barques pour 500. mille Piaftres par
mois , & qu'on y attendoit encore d'autres Bâtimens
Anglois pour tranfporter en Italie les Troupés
que le Roi a réfolu d'y envoyer , & qu'on dit
monter à 42000. hommes , tant Infanterie que
Cavalerie. Don Jofeph Palinho ayant fait remettre
à cet Intendant un million de Piaftres ,
déja fait embarquer des vivres & d'autres provifions
pour trois mois.
il a
On apprend par les dernieres Lettres de la Cour
qu'on a découvert une Mine à cinq lieues de Cazalla
, dans un endroit nommé Quadalcaval
que des Anglois s'étoient chargez de l'entrepriſe
d'en vuider les eaux & d'en boucher les fources ;
qu'ils y employoient so. hommes à un écu par
jour ; que ce travail duroit depuis quelques mois,
mais qu'ils n'avoient pas encore découvert la
veine métalique.
E 24. Juin il entra dans le Port de Cadix un
Pinque & un Brigantin de Porto- Ricco , avec
la Cargaifon du Sanchez , Vaiffeau qui venoit de
Conferve avec les derniers Gallions ; mais qu'on
fut obligé de décharger à Porto- Ricco , parte
qu'il faifoit eau de tous côtez.
La Flote des Gallions , commandée par le Chef
Hij d'Ef :
1652 MERCURE DE FRANCE
d'Efcadre Don Manuel Lopez Pintado , partit dụ
-Port de Cadix le 26. pour l'Amerique avec un
vent favorable , elle eft compofée de fix Vaffeaux
de Guerre & de 16. Gallions.
Les dernieres Lettres de Barcelone , portent que
M. Sartines , Intendant de la Principauté de Catalogne
, y avoit fretté des Vaiffeaux de tranfport
& des Barques pour 500. mille Piaftres par
mois , & qu'on y attendoit encore d'autres Bâtimens
Anglois pour tranfporter en Italie les Troupés
que le Roi a réfolu d'y envoyer , & qu'on dit
monter à 42000. hommes , tant Infanterie que
Cavalerie. Don Jofeph Palinho ayant fait remettre
à cet Intendant un million de Piaftres ,
déja fait embarquer des vivres & d'autres provifions
pour trois mois.
il a
On apprend par les dernieres Lettres de la Cour
qu'on a découvert une Mine à cinq lieues de Cazalla
, dans un endroit nommé Quadalcaval
que des Anglois s'étoient chargez de l'entrepriſe
d'en vuider les eaux & d'en boucher les fources ;
qu'ils y employoient so. hommes à un écu par
jour ; que ce travail duroit depuis quelques mois,
mais qu'ils n'avoient pas encore découvert la
veine métalique.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 24 juin, un pinque et un brigantin de Porto Rico, transportant la cargaison du vaisseau du capitaine Sanchez, arrivèrent au port de Cadix. Ce vaisseau avait dû être déchargé à Porto Rico en raison de fuites d'eau. Le 26 juin, la flotte des gallions, commandée par Don Manuel Lopez Pintado, quitta Cadix pour l'Amérique, composée de six vaisseaux de guerre et seize gallions. À Barcelone, M. Sartines avait affrété des vaisseaux pour 500 000 piastres par mois. Des bâtiments anglais étaient attendus pour transporter environ 42 000 hommes en Italie, incluant l'infanterie et la cavalerie. Don Joseph Palinho avait remis un million de piastres à l'intendant et avait préparé des vivres pour trois mois. Par ailleurs, une mine fut découverte à cinq lieues de Cazalla, près de Guadalcaval. Des Anglais tentaient de la rendre opérationnelle, employant 50 hommes depuis quelques mois, mais la veine métallique n'avait pas encore été trouvée.
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5281
p. 181-182
COMÉDIE FRANÇOISE.
Début :
LE 26 Février on joua pour la 17e représentation Dupuis & des Ronais [...]
Mots clefs :
Éloge, Édition, Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE FRANÇOISE.
COMÉDIE
FRANÇOISE.
LE
$
E 26 Février on joua pour la 17ª
repréſentation Dupuis & des Ronais
Comédie dont nous avons déja parlé
dans le Mercure précédent. Il eft , depuis
longtemps fi peu d'exemples d'un
pareil nombre de repréſentations fur ce
Théâtre , que cette feule circonstance
fait mieux que tout ce que nous
pourrions ajouter l'éloge le moins
fufpect de cet Ouvrage. L'analyfe
que nous en donnons ici , n'eft que
pour fatisfaire la première curiofité des
,
182 MERCURE DE FRANCE:
Lecteurs qui n'auroient pu fe procurer
l'édition de cette Piéce. Quand nous.
aurions étendu davantage notre Extrait
nous aurions toujours fait perdre trop
de
plaifir aux Lecteurs & fupprimé trop
de beautés dans le coloris de l'Ouvrage
, pour difpenfer de recourir à l'Ouvrage
même.
FRANÇOISE.
LE
$
E 26 Février on joua pour la 17ª
repréſentation Dupuis & des Ronais
Comédie dont nous avons déja parlé
dans le Mercure précédent. Il eft , depuis
longtemps fi peu d'exemples d'un
pareil nombre de repréſentations fur ce
Théâtre , que cette feule circonstance
fait mieux que tout ce que nous
pourrions ajouter l'éloge le moins
fufpect de cet Ouvrage. L'analyfe
que nous en donnons ici , n'eft que
pour fatisfaire la première curiofité des
,
182 MERCURE DE FRANCE:
Lecteurs qui n'auroient pu fe procurer
l'édition de cette Piéce. Quand nous.
aurions étendu davantage notre Extrait
nous aurions toujours fait perdre trop
de
plaifir aux Lecteurs & fupprimé trop
de beautés dans le coloris de l'Ouvrage
, pour difpenfer de recourir à l'Ouvrage
même.
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Résumé : COMÉDIE FRANÇOISE.
Le texte évoque la 17e représentation de la comédie 'Françoise' le 26 février, un exploit rare pour ce théâtre. Il propose une analyse pour les lecteurs absents, tout en déconseillant les résumés étendus pour préserver le plaisir de la découverte.
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5282
p. 184-185
EPIGRAMME. Les Armes de l'Amour.
Début :
En voicy encore qui ne sont asseurement pas à rebuter. / L'Amour, au jeu quoyque des plus adroits, [...]
Mots clefs :
Amour, Armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME. Les Armes de l'Amour.
En voicy encore qui ne (onc
affcurcmcnc pas à rebuter.
EP lGK AMME.
Les Armes de l'Amour.
VAmqur%auje#quoyquedes
;
plusadroits,
Pargrand malheur perditttnjçur
ses atm$.
-. Venus
Venus lesçait>elle accourttoute
en [armes,
JQue fere%'rv0HS sans ftêches
sanscarquois?
Qui déformaisrefpeftera Cytheres
Ne craigne^ rien, dit l'amour à
sa mere Si , contre rnoy l'on veut se revolters
lefçauray bien affermir mon Em-
pire; ,
,Mieux que mes traits, les beaux
jeux de Themire,
Quand je Doudray
, me feront
redouter.
affcurcmcnc pas à rebuter.
EP lGK AMME.
Les Armes de l'Amour.
VAmqur%auje#quoyquedes
;
plusadroits,
Pargrand malheur perditttnjçur
ses atm$.
-. Venus
Venus lesçait>elle accourttoute
en [armes,
JQue fere%'rv0HS sans ftêches
sanscarquois?
Qui déformaisrefpeftera Cytheres
Ne craigne^ rien, dit l'amour à
sa mere Si , contre rnoy l'on veut se revolters
lefçauray bien affermir mon Em-
pire; ,
,Mieux que mes traits, les beaux
jeux de Themire,
Quand je Doudray
, me feront
redouter.
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5283
p. 2655-2656
SUÈDE.
Début :
Le Roy a actuellement sur pied 40000. hommes, tant d'Infanterie que de Cavalerie. Les [...]
Mots clefs :
Infanterie, Ratification, Convention préliminaire, Traité de Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUÈDE.
SUEDE.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
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Résumé : SUÈDE.
En Suède, les magasins de la Finlande sont bien approvisionnés en grains, assurant la subsistance jusqu'à la prochaine récolte. Au Danemark, une convention préliminaire a été conclue entre le roi et les États Généraux des Pays-Bas, probablement concernant le commerce.
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5284
p. 165-167
A MONSIEUR LE MARQUIS DE CHASTEAU GONTIER.
Début :
Enfin le plus puissant des Roys [...]
Mots clefs :
Puissants, Roi, Muse, Ardeur, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE MARQUIS DE CHASTEAU GONTIER.
A MONSIEUR
LE MARQUIS DE
CHASTEAU
CHASTEAU GONTIER.
ENfin le pluspuiffany des
Roys
166 MERCURE
Veut que le Fils àfon Pere furvive,
Dans un des auguftes Emplois,
Où Themis donne , & fait des
Lois.
Pourprendre part au bien qui vous
arrive,
Ma Mufe treblante, & craintive,
Au grand bruit des Moufques , des
Tambours , des Ham - bows,
N'ofa jamais joindre fa voix ..
Quand elle cuft pû fe faire ens.
tendre,
En euffiez- vous eu le toifir?
Tout le mondechez vous vint enfoule
Se rendre
Pour vous en témoigner fajoje &ſon:
plaifir.
Dans la belle ardeur qui l'anime,
Rien ne sçauroit plus long- temps
Barrefter,
Elle croiroit commettre un crims
GALANT. 167
·Endifferant àfefaire écouter.
Donnez-luy donc un moment d'audience
.
Si le Cielfatisfaitfes voeux les plus
preffans,
On verra mefmefurvivance
S'accorder comme à vous à tous vos
Defcendans.
LE MARQUIS DE
CHASTEAU
CHASTEAU GONTIER.
ENfin le pluspuiffany des
Roys
166 MERCURE
Veut que le Fils àfon Pere furvive,
Dans un des auguftes Emplois,
Où Themis donne , & fait des
Lois.
Pourprendre part au bien qui vous
arrive,
Ma Mufe treblante, & craintive,
Au grand bruit des Moufques , des
Tambours , des Ham - bows,
N'ofa jamais joindre fa voix ..
Quand elle cuft pû fe faire ens.
tendre,
En euffiez- vous eu le toifir?
Tout le mondechez vous vint enfoule
Se rendre
Pour vous en témoigner fajoje &ſon:
plaifir.
Dans la belle ardeur qui l'anime,
Rien ne sçauroit plus long- temps
Barrefter,
Elle croiroit commettre un crims
GALANT. 167
·Endifferant àfefaire écouter.
Donnez-luy donc un moment d'audience
.
Si le Cielfatisfaitfes voeux les plus
preffans,
On verra mefmefurvivance
S'accorder comme à vous à tous vos
Defcendans.
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Résumé : A MONSIEUR LE MARQUIS DE CHASTEAU GONTIER.
L'auteur félicite le Marquis de Chasteau Gontier pour sa promotion. Il exprime son désir de participer aux célébrations et mentionne que sa muse, bien que timide, souhaite également se manifester. Tous se réjouissent et se pressent chez le marquis. La muse espère obtenir une audience et prie pour que sa vie soit aussi longue que celle du marquis et de ses descendants.
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5285
p. 1011-1014
Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. Dubois, Directeur Géneral des Ponts et Chaussées, toujours attentif [...]
Mots clefs :
Pont, Compiègne, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois , Directeur Géneral des
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
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Résumé : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois, Directeur Général des Ponts et Chaussées, proposa au Roi la construction d'un pont dans la partie septentrionale de Compiègne, sur la rivière d'Oyse. Le Roi approuva le projet et prévoyait de poser la première pierre, mais une épidémie interrompit le voyage royal. La cérémonie eut lieu le 11 mai 1732. Le Roi, accompagné de seigneurs et d'une grande affluence de peuple, se rendit au nouveau pont. M. Dubois, à bord d'une gondole, conduisit le Roi à la pile du pont. Une boîte en bois de cèdre contenant six médailles fut présentée au Roi, qui la plaça dans une boîte de plomb soudée en sa présence. Le Roi scella ensuite la boîte dans la pile du pont à l'aide d'une truelle et d'un marteau d'argent. Il observa la manœuvre d'une grue pour voûter la dernière arche et traversa la rivière pour voir l'emplacement d'une porte. Le Roi fit don de 15 Louis aux ouvriers et à un détachement du régiment de Bourgogne, puis retourna au château, satisfait du zèle de M. Dubois.
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5286
p. 159-163
Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Début :
Le I. de ce mois, S. A. R. reçut les complimens [...]
Mots clefs :
Don Carlos, Infant, Arc de triomphe, Médaillons, Inscriptions, Arrivée, Livourne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Le r. de ce mois,S. A. R. reçut les complimens
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
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Résumé : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
En janvier 1732, Son Altesse Royale reçut les vœux de la nouvelle année de la part des personnalités distinguées de Livourne. La Nation Hollandais organisa une course de chevaux pour le prince, avec un manteau de velours cramoisi garni d'argent comme prix. La Nation Anglaise présenta un Arc de Triomphe devant la Porte de la Marine. Cet arc comportait deux pilastres imitant le marbre vert antique, avec des bases et des chapiteaux dorés. Entre les pilastres se trouvaient des statues représentant la Justice et la Clémence. Le bas-relief du piédestal de la Justice montrait le Conseil des Dieux et Mercure conduisant un jeune héros vers les Muses sur le Mont Parnasse. Celui de la Clémence représentait le port et la ville de Livourne, avec des galères et des figures allégoriques comme la Félicité et Neptune. L'Arc de Triomphe comportait des inscriptions en lettres d'or et noires, louant le prince Don Carlos et ses parents, le roi Philippe V d'Espagne et la reine Élisabeth Farnèse. Des statues de la Gloire et de l'Éternité, ainsi que les armes d'Espagne, étaient présentes. Sur la façade tournée vers la Porte de Pise, se trouvaient des statues de la Providence et de la Liberalité, avec des bas-reliefs représentant les arts libéraux, le commerce, la paix et la félicité embrassant l'Europe. Le Temple de Janus fermé symbolisait la paix en Europe. L'arrivée de Don Carlos en Italie fut marquée par plusieurs événements. Le 27 décembre, la galère du Chevalier Marescotti entra dans le port de Livourne, suivie par d'autres galères du Grand Duc et du roi d'Espagne. Don Carlos fut accueilli par des salves d'artillerie et se rendit à l'église du Dôme pour le Te Deum. Il fut ensuite complimenté par la noblesse et les officiers de la ville. Le 29 décembre, il se promena dans divers quartiers de Livourne pour se faire voir au peuple. Peu après son arrivée, Don Carlos contracta la petite vérole, mais il était hors de danger au départ du courrier.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5287
p. 173-177
SEANCE PUBLIQUE De l'Académie des inscriptions & Belles-Lettres.
Début :
L'Académie royale des Inscriptions & Belles-Lettres rentra publiquement [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions et belles-lettres, Prix, M. de Bougainville, Grèce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie des inscriptions & Belles-Lettres.
SEANCE PUBLIQUE
De l'Académie des infcriptions & Belles
Lettres.
' Académie royale des Infcriptions &
Belles Lettres rentra publiquement
le 12 Novembre 1754. M. de Bougainville
fon Secrétaire perpétuel , annonça
qu'elle propofoit pour le fujet du prix *
qui doit être diftribué en 1756 , d'examiner
quel fut l'état des villes & des répu
bliques fituées dans le continent de la
Grece Européenne , depuis la mort d'Ale
xandre jufqu'au tems qu'elle a été réduite
en province par les Romains. Après
cette annonce , il dit : » En rendant com-
» pre dans notre derniere affemblée publique
de la nouvelle fondation faite
par
»M. le Comte de Caylus , nous avons informé
les fçavans qu'elle avoit pour objet
» les antiquités proprement dites , & que
» le prix feroit une médaille d'or de la va-
"
leur de cinq cens livres. Nous ajoûtons
» aujourd'hui que le but de cette fondation
littéraire étant de ranimer l'étude
» des anciens monumens , l'Académie a
* Ce prix a été fondé par le Préfident Durey
de Noinville.
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
>> cru ne pouvoir mieux entrer dans les
» vûes du fondateur , qu'en faifant de la
» médaille même qu'elle adjugera , un mo-
» nument glorieux aux Auteurs , & capa-
» ble d'exciter leur émulation . C'eſt dans
» cet efprit qu'en compofant cette mé-
» daille , elle ne s'eft pas bornée à marquer
l'époque & l'objet de l'établiffement :
elle a voulu qu'un des côtés fût orné
» d'un type honorable pour le fçavant
» qu'elle couronneroit , & que fon nom
gravé tous les ans dans l'exergue , pût
s'y tranfmettre à la poftérité. Par là on
rappellera en quelque forte ces infcrip-
» tions que la Grece confacroit à la gloi-
» re des athletes couronnés dans fes jeux.
Voici quelle fera la médaille du nou-
» veau prix , laquelle a été deffinée par M.
Bouchardon. Elle repréfentera d'un côté
» une couronne de lauriers , dans laquelle
> on lira cette infcription : Aufpiciis L-
» dovici XV , pramium folemne in regia Infcript.
& human . Litter. Academia conf-
» titutum , anno MDCCLIV. Autour de la
→ couronne feront pour légende ces mots :
» Promovendo veterum monumentorum ftudio
. Sur le revers une mufe couronnée
» de lauriers , tenant d'une main une pal-
» me , & s'appuyant de l'autre fur un type ,
avec cette légende : Certamen ecumenicum.
33
JANVIER. 1755. 175
» On laiffera pour l'exergue un efpace qui
» puiffe contenir deux ou trois lignes d'é-
» criture , & où l'on gravera tous les ans
» au burin le nom de l'auteur couronné ,
» avec la date de fa piece . L'Académie in-
» vite en conféquence ceux qui voudront
» concourir , à donner exactement dans le
» papier cacheté , leurs noms de famille &
» de baptême.
M. de Bougainville fit enfuite la lecture
de l'éloge hiftorique de M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie , mort le Is Mars
1754. On peut juger du mérite particulier
de cet Académicien & de l'élégance de fon
Panégyrifte par le morceau fuivant .
29
» Le feul art que connut M. Secouffe ,
& qu'il ait voulu pratiquer en traitant
» l'Hiſtoire , étoit celui d'analyfer les cir-
≫conftances d'un événement , de combiner
» les textes , & de les apprécier avec une
fcrupuleufe fidélité : c'eft la maniere de
» Tillemont ; il l'avoit prife pour modele ,
» par des motifs dont il a rendu compte
» dans un difcours qui fert d'introduction
» à fes mémoires. Le mérite de cette mé→
> thode eft de n'égarer jamais l'efprit ; il
eft vrai qu'elle le fatigue , en le menant
» par des chemins rudes & tortueux , dans
lefquels il eft obligé de difcuter le terrein
pas à pas. Mais rien ne rebutoit la
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE .
conftance de M. Secouffe , ou plutôt it
» n'avoit pas befoin de conftance , parce
» que tout intéreffe dans l'objet aimé , &
» qu'il aimoit paffionnément l'hiſtoire de
fa nation. Par une fuite de fon enthoufiafine
, il fuppofoit à fes lecteurs les
» fentimens dont il étoit animé , du moins
» les croyoit- il affez équitables pour l'ap
» prouver par réflexion , & nous remarque-
» rons comme un trait qui le caracteriſe ,
»que moins attaché à fes opinions qu'à fes
goûts , il fouffroit volontiers la difpute
lorfqu'elle pouvoit conduire à la fo-
» lution d'une difficulté hiftorique , mais
» qu'il auroit fouffert impatiemment qu'un
»François n'eût pas fait prefque autant de
» cas que lui-même de toutes les fortes de
» recherches qui peuvent jetter quelques
»lumieres fur les plus petites branches de
> l'Hiftoire de France.
DD
90
Après cet éloge , M. de Bougainville
parla du tableau préfenté par M. le Comte
de Caylus. M. l'Abbé Raynal a traité fi bien
cet article dans le premier volume de Décembre
, qu'il ne m'a rien laiffé à dire .
M. Danville lut une differtation fur la
nation des Geres , & fur le Pontife qui
étoit adoré chez ce peuple.
M. l'Abbé Belley termina la féance par
F'explication d'une pierre gravée du cabi-
•
h
JAN VIER. 1755. 177
net de M. le Duc d'Orleans. Cette pierre
eft une agathe blanche , gravée en creux :
elle repréfente la tête d'un Empereur Romain
, pofée en regard de celles d'une Impératrice
& d'un jeune Prince. Au milieu
eft une urne , d'où fortent deux palmes.
M. l'Abbé Belley prouva que cette pierre
avoit été gravée àl'occafion des jeux chryfantins
, que la ville de Sarde, en Lydie , fit
célébrer en l'honneur de l'Empereur Pertinax
, de l'Impératrice Titiana fa femme ,
& du jeune Pertinax leur fils .
De l'Académie des infcriptions & Belles
Lettres.
' Académie royale des Infcriptions &
Belles Lettres rentra publiquement
le 12 Novembre 1754. M. de Bougainville
fon Secrétaire perpétuel , annonça
qu'elle propofoit pour le fujet du prix *
qui doit être diftribué en 1756 , d'examiner
quel fut l'état des villes & des répu
bliques fituées dans le continent de la
Grece Européenne , depuis la mort d'Ale
xandre jufqu'au tems qu'elle a été réduite
en province par les Romains. Après
cette annonce , il dit : » En rendant com-
» pre dans notre derniere affemblée publique
de la nouvelle fondation faite
par
»M. le Comte de Caylus , nous avons informé
les fçavans qu'elle avoit pour objet
» les antiquités proprement dites , & que
» le prix feroit une médaille d'or de la va-
"
leur de cinq cens livres. Nous ajoûtons
» aujourd'hui que le but de cette fondation
littéraire étant de ranimer l'étude
» des anciens monumens , l'Académie a
* Ce prix a été fondé par le Préfident Durey
de Noinville.
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
>> cru ne pouvoir mieux entrer dans les
» vûes du fondateur , qu'en faifant de la
» médaille même qu'elle adjugera , un mo-
» nument glorieux aux Auteurs , & capa-
» ble d'exciter leur émulation . C'eſt dans
» cet efprit qu'en compofant cette mé-
» daille , elle ne s'eft pas bornée à marquer
l'époque & l'objet de l'établiffement :
elle a voulu qu'un des côtés fût orné
» d'un type honorable pour le fçavant
» qu'elle couronneroit , & que fon nom
gravé tous les ans dans l'exergue , pût
s'y tranfmettre à la poftérité. Par là on
rappellera en quelque forte ces infcrip-
» tions que la Grece confacroit à la gloi-
» re des athletes couronnés dans fes jeux.
Voici quelle fera la médaille du nou-
» veau prix , laquelle a été deffinée par M.
Bouchardon. Elle repréfentera d'un côté
» une couronne de lauriers , dans laquelle
> on lira cette infcription : Aufpiciis L-
» dovici XV , pramium folemne in regia Infcript.
& human . Litter. Academia conf-
» titutum , anno MDCCLIV. Autour de la
→ couronne feront pour légende ces mots :
» Promovendo veterum monumentorum ftudio
. Sur le revers une mufe couronnée
» de lauriers , tenant d'une main une pal-
» me , & s'appuyant de l'autre fur un type ,
avec cette légende : Certamen ecumenicum.
33
JANVIER. 1755. 175
» On laiffera pour l'exergue un efpace qui
» puiffe contenir deux ou trois lignes d'é-
» criture , & où l'on gravera tous les ans
» au burin le nom de l'auteur couronné ,
» avec la date de fa piece . L'Académie in-
» vite en conféquence ceux qui voudront
» concourir , à donner exactement dans le
» papier cacheté , leurs noms de famille &
» de baptême.
M. de Bougainville fit enfuite la lecture
de l'éloge hiftorique de M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie , mort le Is Mars
1754. On peut juger du mérite particulier
de cet Académicien & de l'élégance de fon
Panégyrifte par le morceau fuivant .
29
» Le feul art que connut M. Secouffe ,
& qu'il ait voulu pratiquer en traitant
» l'Hiſtoire , étoit celui d'analyfer les cir-
≫conftances d'un événement , de combiner
» les textes , & de les apprécier avec une
fcrupuleufe fidélité : c'eft la maniere de
» Tillemont ; il l'avoit prife pour modele ,
» par des motifs dont il a rendu compte
» dans un difcours qui fert d'introduction
» à fes mémoires. Le mérite de cette mé→
> thode eft de n'égarer jamais l'efprit ; il
eft vrai qu'elle le fatigue , en le menant
» par des chemins rudes & tortueux , dans
lefquels il eft obligé de difcuter le terrein
pas à pas. Mais rien ne rebutoit la
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE .
conftance de M. Secouffe , ou plutôt it
» n'avoit pas befoin de conftance , parce
» que tout intéreffe dans l'objet aimé , &
» qu'il aimoit paffionnément l'hiſtoire de
fa nation. Par une fuite de fon enthoufiafine
, il fuppofoit à fes lecteurs les
» fentimens dont il étoit animé , du moins
» les croyoit- il affez équitables pour l'ap
» prouver par réflexion , & nous remarque-
» rons comme un trait qui le caracteriſe ,
»que moins attaché à fes opinions qu'à fes
goûts , il fouffroit volontiers la difpute
lorfqu'elle pouvoit conduire à la fo-
» lution d'une difficulté hiftorique , mais
» qu'il auroit fouffert impatiemment qu'un
»François n'eût pas fait prefque autant de
» cas que lui-même de toutes les fortes de
» recherches qui peuvent jetter quelques
»lumieres fur les plus petites branches de
> l'Hiftoire de France.
DD
90
Après cet éloge , M. de Bougainville
parla du tableau préfenté par M. le Comte
de Caylus. M. l'Abbé Raynal a traité fi bien
cet article dans le premier volume de Décembre
, qu'il ne m'a rien laiffé à dire .
M. Danville lut une differtation fur la
nation des Geres , & fur le Pontife qui
étoit adoré chez ce peuple.
M. l'Abbé Belley termina la féance par
F'explication d'une pierre gravée du cabi-
•
h
JAN VIER. 1755. 177
net de M. le Duc d'Orleans. Cette pierre
eft une agathe blanche , gravée en creux :
elle repréfente la tête d'un Empereur Romain
, pofée en regard de celles d'une Impératrice
& d'un jeune Prince. Au milieu
eft une urne , d'où fortent deux palmes.
M. l'Abbé Belley prouva que cette pierre
avoit été gravée àl'occafion des jeux chryfantins
, que la ville de Sarde, en Lydie , fit
célébrer en l'honneur de l'Empereur Pertinax
, de l'Impératrice Titiana fa femme ,
& du jeune Pertinax leur fils .
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Résumé : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie des inscriptions & Belles-Lettres.
Lors d'une séance publique de l'Académie royale des Inscriptions & Belles Lettres le 12 novembre 1754, M. de Bougainville, Secrétaire perpétuel, annonça que le sujet du prix à décerner en 1756 serait l'examen de l'état des villes et des républiques situées dans le continent de la Grèce européenne, depuis la mort d'Alexandre jusqu'à leur réduction en province par les Romains. Ce prix, fondé par le Président Durey de Noinville, consistera en une médaille d'or d'une valeur de cinq cents livres, créée par M. Bouchardon. La médaille représentera une couronne de lauriers avec une inscription latine et une muse couronnée de lauriers tenant une palme et s'appuyant sur un type. L'exergue de la médaille gravera chaque année le nom de l'auteur couronné. M. de Bougainville lut ensuite l'éloge historique de M. Secouffe, pensionnaire de l'Académie, décédé le 1er mars 1754. Secouffe était connu pour son art d'analyser les circonstances des événements historiques, de combiner et d'apprécier les textes avec fidélité, suivant la méthode de Tillemont. Il était passionné par l'histoire de la France et appréciait les recherches approfondies sur les moindres détails historiques. La séance se poursuivit avec la présentation d'un tableau par M. le Comte de Caylus, une dissertation de M. Danville sur la nation des Gères et leur Pontife, et l'explication d'une pierre gravée par M. l'Abbé Belley. Cette pierre, une agathe blanche, représente les têtes de l'Empereur Pertinax, de l'Impératrice Titiana et de leur fils, gravée à l'occasion des jeux chrysanthins célébrés en leur honneur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5288
p. 183-189
A Rome ce 23. Novembre 1715.
Début :
Dimanche matin le Pape fut au Vatican où il dîna. Il [...]
Mots clefs :
Pape, Rome, Empereur, Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome ce 23. Novembre 1715.
A Rome ce 2 3. Novembre171 5.
- Dimanche matin le Pape
fut au Vatican où il dîna. Il
fut enſuite paffer quelques
heuresdans la Salledes Archi
ves avant que de retourner à
Monte-Cavallo , il deſcendit
dans S. Pierre pour faire ſa
priere , il y confideraavecplaifir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire qui acoûté 3000.
184 MERCURE
écus. Une partie de cette fomme
a cité prife des amendes
auſquelles pluſieurs perſonnes
de distinction furent condamnées
il yaquatre ans , pour
avoir donné bal contre les
deffenſes qui en furent faites
alors. Sa Sainteté a auffi contribué
du ſien à cettedépenſe.
Le même jour Dimanche
au ſoir le Pape cût quelque accés
de fiévre dont il fut encore
incommodé le jour ſuivant ;
mais Sa Sainteté eſt à preſent
bien remiſe de cette indiſpofition.
1
Jeudy l'Ambaffadeur de
!
l'Empereur
GALANT. 185
l'Empereur fut rendre vifite à
celui dePologne, qui donna un
beau rafraîchiſſement. Ce Miniſtre
en fortant faillit à tom.
ber à la deſcente de l'eſcalier , &
ſe fit fi mal à un doigt en voulant
ſe retenir qu'on le crût
d'abord rompû . Cela n'a pourtant
pas empêché qu'il ne ſoit
allé Vendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy preſqu'en'
même temps la mort de quatre
Evêques , ſçavoir de Citta
• deCaſtello, d'Orvieto ,deMafia
& d'Umbriatico ; on ſuppoſe
qa'ils ont eſté empoifonnez,&
Decembre 1715 .
186 MERCURE
ce qui donne licu à cette ſuppoſition
, eſt que le Viceroy de
Naples , a , dit on , envoyé des
Commiſſaires à Umbriatico
pour informer là- deſſus.
Le Cardinal Spada vint dernierement
de ſon Evêché d'or
fino à Rome ; mais il ne s'y eſt
arrêté que deux jours , encore
s'eſt- il tenu pendant ce peu de
tempsdans unparfait incognito
chez l'Avocat Montecatini .Le
motif de ſa venuë n'eſt autre
choſe que pour ſe mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il eſt
maintenant retourné à ſa réſiGALANT.
187
dence Epifcopale.
Mardy dernier M. de Gamache
, nouvel Auditeur de
Rote pour la France , ſoûtint
ſa Theſe avec un applaudiſſement
univerſel.
Le bruit s'eſt répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
devotion , mais tout-à-fait incognito.
On veutmême que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSaint
Office de Jeudy dernier . On
ajoûte que Sa Sainteté eftdans
le deſſein , au cas que cela arrive
, de loger Sa Majefté au
Qij
188 MERCURE 6
Vatican dans l'Appartement
des Etrangers.
Ces jours paffez pluſieurs
Archers du Capitole traveſtis
ſe trouverent prochedes André
de la Val , Quartier de
l'Ambaſſadeur de l'Empereur,
malheureuſement pour eux
ils furent reconnus par desDomeſtiques
de ce Miniſtre , qui
aprés les avoir defarmez , leur.-
donnerent des coups de bâtons.
Pareille choſe arriva à un
autre Archer , qui dans la maifon
du Marquis de Bufalo receut
le même traitement des
GALANT. 189
Domestiques du même Ambaffadeur
, & fr cet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur ;
pour le fervice du Marquis , if
n'en auroit pas été quitte à ſi
bonmarché.
- Dimanche matin le Pape
fut au Vatican où il dîna. Il
fut enſuite paffer quelques
heuresdans la Salledes Archi
ves avant que de retourner à
Monte-Cavallo , il deſcendit
dans S. Pierre pour faire ſa
priere , il y confideraavecplaifir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire qui acoûté 3000.
184 MERCURE
écus. Une partie de cette fomme
a cité prife des amendes
auſquelles pluſieurs perſonnes
de distinction furent condamnées
il yaquatre ans , pour
avoir donné bal contre les
deffenſes qui en furent faites
alors. Sa Sainteté a auffi contribué
du ſien à cettedépenſe.
Le même jour Dimanche
au ſoir le Pape cût quelque accés
de fiévre dont il fut encore
incommodé le jour ſuivant ;
mais Sa Sainteté eſt à preſent
bien remiſe de cette indiſpofition.
1
Jeudy l'Ambaffadeur de
!
l'Empereur
GALANT. 185
l'Empereur fut rendre vifite à
celui dePologne, qui donna un
beau rafraîchiſſement. Ce Miniſtre
en fortant faillit à tom.
ber à la deſcente de l'eſcalier , &
ſe fit fi mal à un doigt en voulant
ſe retenir qu'on le crût
d'abord rompû . Cela n'a pourtant
pas empêché qu'il ne ſoit
allé Vendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy preſqu'en'
même temps la mort de quatre
Evêques , ſçavoir de Citta
• deCaſtello, d'Orvieto ,deMafia
& d'Umbriatico ; on ſuppoſe
qa'ils ont eſté empoifonnez,&
Decembre 1715 .
186 MERCURE
ce qui donne licu à cette ſuppoſition
, eſt que le Viceroy de
Naples , a , dit on , envoyé des
Commiſſaires à Umbriatico
pour informer là- deſſus.
Le Cardinal Spada vint dernierement
de ſon Evêché d'or
fino à Rome ; mais il ne s'y eſt
arrêté que deux jours , encore
s'eſt- il tenu pendant ce peu de
tempsdans unparfait incognito
chez l'Avocat Montecatini .Le
motif de ſa venuë n'eſt autre
choſe que pour ſe mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il eſt
maintenant retourné à ſa réſiGALANT.
187
dence Epifcopale.
Mardy dernier M. de Gamache
, nouvel Auditeur de
Rote pour la France , ſoûtint
ſa Theſe avec un applaudiſſement
univerſel.
Le bruit s'eſt répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
devotion , mais tout-à-fait incognito.
On veutmême que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSaint
Office de Jeudy dernier . On
ajoûte que Sa Sainteté eftdans
le deſſein , au cas que cela arrive
, de loger Sa Majefté au
Qij
188 MERCURE 6
Vatican dans l'Appartement
des Etrangers.
Ces jours paffez pluſieurs
Archers du Capitole traveſtis
ſe trouverent prochedes André
de la Val , Quartier de
l'Ambaſſadeur de l'Empereur,
malheureuſement pour eux
ils furent reconnus par desDomeſtiques
de ce Miniſtre , qui
aprés les avoir defarmez , leur.-
donnerent des coups de bâtons.
Pareille choſe arriva à un
autre Archer , qui dans la maifon
du Marquis de Bufalo receut
le même traitement des
GALANT. 189
Domestiques du même Ambaffadeur
, & fr cet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur ;
pour le fervice du Marquis , if
n'en auroit pas été quitte à ſi
bonmarché.
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5289
p. 177-186
LE RUISSEAU. IDYLE. DE MADAME DES HOULIERES.
Début :
Préparez[-]vous, Madame, à battre des mains. Je vous / Ruisseau, nous paroisosns avoir un mesme sort, [...]
Mots clefs :
Ruisseau, Nature, Coeur, Vieillesse, Poissons, Nourrir, Animaux, Empire, Homme, Sein
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE RUISSEAU. IDYLE. DE MADAME DES HOULIERES.
réparez-vous , Madame,,
à battre des mains. Je vous
envoye un Ouvrage de l'Il
luftreMadame desHoulieres.
Ce Nom vous promet quel
que chofe d'achevé ; vous le
trouverez affeurément , & fi
cette expreffion peut rien.
178 MERCURE
fouffrir qui aille au delà, vous
pouvez attendre plus , fans
crainte d'eftré trompée. Tout
eſt penſé delicatement, tout
eft exprimé de mefme, & il y
a par tout fujet d'admirer.
SSSSSSS: 25S2535
LE RUISSEAU.
IDYLE.
DE MADAME DES HOULIERES..
avoir Viffeau, nous paroiffons at
Rifleme unefmeefort yo ,
D'un coursprécipité nous allons l'un
&l'autre,
Vous à la Mer, nous à la mort;
Maishélas !que d'ailleursje voyper
de rapport
GALANT. 179
Entre voftre courfe &la noſtre!
Vous vous abandonnez fans remords,
fansterreur,
Avoftrepente naturelle;
Pointde Loyparmy vous ne la rend
criminelle,
La vicilleffe chez vous n'a rien qui
faffe horreur.
Présde lafin de vostre courſe
Vous cftesplus fort &plus beau
Que vous n'eftes à vôtrefource,
Vous retrouvez toûjours quelque agrément nouveau.
Side ces paisibles Bocages
Lafraifcheurde vos eaux augmente
tes
oppas,
Koftre bienfaitnefeperdpasi
Par de délicieux ombrages
Ils embelliffent vos rivages.
Sur unfable brillant, entre des Freza.
fleuris
180 MERCURE
Coule voftre Onde toûjours pure,
Mille &mille Poiſons dans votre
fein nourris
Ne vous attirent point de chagrins, de 1
mépris.
Avectantde bonheur d'où vient vôtre
murmure?
Hélas ! voftrefortestfi doux.
Taifez- vous, Ruiffeau , c'est à nous
Anousplaindrede la Nature.
De tantdepaffions que nourrit noftre
cœur,
Aprenez qu'iln'en est pas une
Qui ne traifne apresfoy le trouble,
la douleur,
Le repentir, ou l'infortune.
Elles déchirent nuit &jour
Les cœurs dontellesfont maîtreffes;
Mais de cesfatalesfoibleffes
La plus à craindre, c'est l' Amour,
Ses douceursmefmefont cruelles.
GALANT. 181
Elles font cependant l'objet de tous les
vœux,
Tous les autres plaiſirs ne touchent
pointfans elles;
Mais des plusforts liens le temps ufe
les nœuds,
Et le cœur le plus amoureux
Devient tranquille , ou paffe à des
Amours nouvelles.
Ruiffeau, que vous eftes heureux! 5.
In'estpointparmy vous deRuiffeaux
infidelles!
Lors que les ordres abfolus
De l'Eftre indépendant qui gouverne
le Monde,
Fontqu'un autreRuiffeaufe mefle avec
voftre Onde,
Quandvous eftes unis, vous ne vous
quitter plus.
Ace que vous voulezjamais il ne
sopofe,
182 MERCURE
Dans votrefein ilcherche às'abîmer,
Vous&luyjufques à la Mer
Vousn'eftes qu'une mefme chofe.
De toutesfortes d'unions
Que noftre vie est éloignée!
De trahisons, d'horreurs, & de diffentions
Elle est toujours accompagnée.
Qu'avez- vousmerité, Ruiſſeau tranquile & doux,
Poureftre mieuxtraitéque nous?
Qu'on neme vantepoint ces Biens
imaginaires,
Ces Prérogatives, ces Droits,
Qu'inventa noftre orgueilpour masquernosmiferes;
C'estluyfeul qui nous dit que par un
jufte choix
LeCielmitenformant les Hommes,
Lesautres Eftres fous leurs loix.
Anenouspointflaier, nousfommes
GALANT. 183
Leurs Tyransplutoft queleursRoys.
Pourquoy vous mettre à la torture?
Pourquoy vous renfermer dans cent
Canaux divers,
Etpourquoy renverser l'ordre de la
Nature
En vousforçant àjaillir dans les
airs?
Si tout doitobeirà nos ordresfuprémes,
Si toutestfaitpour nous, s'il nefaut
que vouloir,
Que n'employons nous mieux cefouverainpouvoir?
Que ne regnons- nousfur nousmefmes?
Maishélas! defesfens Efclavemalheureux,
L'Hommeofefedire le Maistre
Des Animaux, quifontpeut eftre
Plus libres qu'il ne l'est, plus doux,
plus genéreux,
184 MERCURE
Etdont la foibleffe afait naiftre
Cet Empire infolentqu'il ufurpefur reux .
Mais quefais -je? Où vamecon- duire
Lapitié des rigueurs dontcontre eux
nous ufons?
Ay -je quelque efpoir de détruire
Des erreurs où nous nous plaifons?
Non, pour l'orgueil &pour les injuftices
Le cœur humainfemble eftre fait.
Tandis qu'on fe pardonne aiſément
tous les vices,
On n'en peutfouffrir le portrait.
Hélas !on n'a plus rien à craindre,
Les vices n'ont plus de Cenfeurs,
Le Monde n'estremply que de lâches
Flateurs,
Sçavoir vivre,c'eftfçavoirfeindre.
Ruiffeau,ce n'eftplus que chez vous
GALANT. 185
Qu'ontrouve encordelafranchiſe,
any voitla laideurou la beauté qu'en
nous
La bizarre Nature amife,
Aucun defaut ne s'y déguife ,
Aux Roys comme aux Bergers vous
les reprochez tous.
Auffi ne confulte- tion guere
De vos tranquiles eaux lefidele cristal.
On évite de même un Amy tropfincere.·
Cedéplorablegouft eft legouftgenéral..
Lesleçonsfont rougir, perfonne ne less
foufre,
Le Fourbe veutparoiftre Hommede~
probité;
Enfin dans cethorrible gouffre
De mifere & de vanité,
Fe meperds ; &plusj'envisage
La foibleffe de l'Homme &fa mali--
gnités
Et moins delaDivinité
Mars 1685, Q
186 MERCURE
·En luyje reconnois l'Image,
Courez, Ruiſſeau, courez,fuyez- nou
reportez
Vos Ondesdanslefein des Mers dont
vaus fortez,
.
Tandis que pour remplir la dure de...
ftinée
Oùnoussommes affujettis,
Nous irons reporter la vie infortunée
Que le hazardnous a donnée,
Dans le fein du ncantd'où nousfom.
mesfortis.
à battre des mains. Je vous
envoye un Ouvrage de l'Il
luftreMadame desHoulieres.
Ce Nom vous promet quel
que chofe d'achevé ; vous le
trouverez affeurément , & fi
cette expreffion peut rien.
178 MERCURE
fouffrir qui aille au delà, vous
pouvez attendre plus , fans
crainte d'eftré trompée. Tout
eſt penſé delicatement, tout
eft exprimé de mefme, & il y
a par tout fujet d'admirer.
SSSSSSS: 25S2535
LE RUISSEAU.
IDYLE.
DE MADAME DES HOULIERES..
avoir Viffeau, nous paroiffons at
Rifleme unefmeefort yo ,
D'un coursprécipité nous allons l'un
&l'autre,
Vous à la Mer, nous à la mort;
Maishélas !que d'ailleursje voyper
de rapport
GALANT. 179
Entre voftre courfe &la noſtre!
Vous vous abandonnez fans remords,
fansterreur,
Avoftrepente naturelle;
Pointde Loyparmy vous ne la rend
criminelle,
La vicilleffe chez vous n'a rien qui
faffe horreur.
Présde lafin de vostre courſe
Vous cftesplus fort &plus beau
Que vous n'eftes à vôtrefource,
Vous retrouvez toûjours quelque agrément nouveau.
Side ces paisibles Bocages
Lafraifcheurde vos eaux augmente
tes
oppas,
Koftre bienfaitnefeperdpasi
Par de délicieux ombrages
Ils embelliffent vos rivages.
Sur unfable brillant, entre des Freza.
fleuris
180 MERCURE
Coule voftre Onde toûjours pure,
Mille &mille Poiſons dans votre
fein nourris
Ne vous attirent point de chagrins, de 1
mépris.
Avectantde bonheur d'où vient vôtre
murmure?
Hélas ! voftrefortestfi doux.
Taifez- vous, Ruiffeau , c'est à nous
Anousplaindrede la Nature.
De tantdepaffions que nourrit noftre
cœur,
Aprenez qu'iln'en est pas une
Qui ne traifne apresfoy le trouble,
la douleur,
Le repentir, ou l'infortune.
Elles déchirent nuit &jour
Les cœurs dontellesfont maîtreffes;
Mais de cesfatalesfoibleffes
La plus à craindre, c'est l' Amour,
Ses douceursmefmefont cruelles.
GALANT. 181
Elles font cependant l'objet de tous les
vœux,
Tous les autres plaiſirs ne touchent
pointfans elles;
Mais des plusforts liens le temps ufe
les nœuds,
Et le cœur le plus amoureux
Devient tranquille , ou paffe à des
Amours nouvelles.
Ruiffeau, que vous eftes heureux! 5.
In'estpointparmy vous deRuiffeaux
infidelles!
Lors que les ordres abfolus
De l'Eftre indépendant qui gouverne
le Monde,
Fontqu'un autreRuiffeaufe mefle avec
voftre Onde,
Quandvous eftes unis, vous ne vous
quitter plus.
Ace que vous voulezjamais il ne
sopofe,
182 MERCURE
Dans votrefein ilcherche às'abîmer,
Vous&luyjufques à la Mer
Vousn'eftes qu'une mefme chofe.
De toutesfortes d'unions
Que noftre vie est éloignée!
De trahisons, d'horreurs, & de diffentions
Elle est toujours accompagnée.
Qu'avez- vousmerité, Ruiſſeau tranquile & doux,
Poureftre mieuxtraitéque nous?
Qu'on neme vantepoint ces Biens
imaginaires,
Ces Prérogatives, ces Droits,
Qu'inventa noftre orgueilpour masquernosmiferes;
C'estluyfeul qui nous dit que par un
jufte choix
LeCielmitenformant les Hommes,
Lesautres Eftres fous leurs loix.
Anenouspointflaier, nousfommes
GALANT. 183
Leurs Tyransplutoft queleursRoys.
Pourquoy vous mettre à la torture?
Pourquoy vous renfermer dans cent
Canaux divers,
Etpourquoy renverser l'ordre de la
Nature
En vousforçant àjaillir dans les
airs?
Si tout doitobeirà nos ordresfuprémes,
Si toutestfaitpour nous, s'il nefaut
que vouloir,
Que n'employons nous mieux cefouverainpouvoir?
Que ne regnons- nousfur nousmefmes?
Maishélas! defesfens Efclavemalheureux,
L'Hommeofefedire le Maistre
Des Animaux, quifontpeut eftre
Plus libres qu'il ne l'est, plus doux,
plus genéreux,
184 MERCURE
Etdont la foibleffe afait naiftre
Cet Empire infolentqu'il ufurpefur reux .
Mais quefais -je? Où vamecon- duire
Lapitié des rigueurs dontcontre eux
nous ufons?
Ay -je quelque efpoir de détruire
Des erreurs où nous nous plaifons?
Non, pour l'orgueil &pour les injuftices
Le cœur humainfemble eftre fait.
Tandis qu'on fe pardonne aiſément
tous les vices,
On n'en peutfouffrir le portrait.
Hélas !on n'a plus rien à craindre,
Les vices n'ont plus de Cenfeurs,
Le Monde n'estremply que de lâches
Flateurs,
Sçavoir vivre,c'eftfçavoirfeindre.
Ruiffeau,ce n'eftplus que chez vous
GALANT. 185
Qu'ontrouve encordelafranchiſe,
any voitla laideurou la beauté qu'en
nous
La bizarre Nature amife,
Aucun defaut ne s'y déguife ,
Aux Roys comme aux Bergers vous
les reprochez tous.
Auffi ne confulte- tion guere
De vos tranquiles eaux lefidele cristal.
On évite de même un Amy tropfincere.·
Cedéplorablegouft eft legouftgenéral..
Lesleçonsfont rougir, perfonne ne less
foufre,
Le Fourbe veutparoiftre Hommede~
probité;
Enfin dans cethorrible gouffre
De mifere & de vanité,
Fe meperds ; &plusj'envisage
La foibleffe de l'Homme &fa mali--
gnités
Et moins delaDivinité
Mars 1685, Q
186 MERCURE
·En luyje reconnois l'Image,
Courez, Ruiſſeau, courez,fuyez- nou
reportez
Vos Ondesdanslefein des Mers dont
vaus fortez,
.
Tandis que pour remplir la dure de...
ftinée
Oùnoussommes affujettis,
Nous irons reporter la vie infortunée
Que le hazardnous a donnée,
Dans le fein du ncantd'où nousfom.
mesfortis.
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Résumé : LE RUISSEAU. IDYLE. DE MADAME DES HOULIERES.
Le texte est une lettre accompagnant un ouvrage de Madame Deshoulières, une poétesse. L'auteur exprime son admiration pour l'œuvre et invite la destinataire à l'apprécier. L'œuvre en question est une idylle intitulée 'Le Ruisseau'. Dans ce poème, le ruisseau est personnifié et comparé à la vie humaine. Le poème souligne la pureté et la constance du ruisseau, contrastant avec les passions humaines qui apportent trouble et douleur. L'amour est particulièrement mis en avant comme une passion destructrice. Le texte critique également les actions humaines qui perturbent l'ordre naturel, comme la canalisation des ruisseaux. L'auteur exprime une réflexion sur la condition humaine, marquée par l'orgueil et les injustices. La lettre se conclut par une contemplation de la faiblesse humaine et de la divinité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5290
p. 183-193
D'Edimbourg le 3. Octobre.
Début :
Le Duc d'Argy le partit le 28 pour le Camp de Sterling, [...]
Mots clefs :
Armes, Déclaration, Patrie, Forces, Vassaux, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Edimbourg le 3. Octobre.
'Edimbourg le a. Octobre.
Le Duc d'Argyle partir le
28 pour le Camp de Sterling ,
accompagné duDuc de Roxborough
,du Comte de Han
dengton , & du Colonel Middelton.
Le Comte de Rhotes
s'eſt auſſi rendu au Camp où
il arrive tous les jours des
Gentilshommes avec leur Vaffaux
armez . Le onze de ce
184 MERCURE
mois jour auquel expire le
terme accordé aux rebelles
pour retourner à l'obéiffance,
le Duc d'Argyle doit fe mettre
en marche contre eux avec
7000. hommes entre leſquels
il y a 1500. chevaux . On a
envoyé duCamp 30. chariots
chargez d'armes pour les volontaires
qui y font allez d'E
dimbourg , de Glasgow ,& de
quelques autres Places. On
écrit de Leith qu'il y eſt entré
d'Angleterre deux Compa
gnies deDragons duRegiment
de Kerr , qui vont au Camp
de Sterling. On apprend de
Dundée
۱
GALANT. 185
Dundée qu'un Gentilhomme
nommé Graham , qui ſe dit
heritierdu feu Comtede Dandée,
étant entré avec un grand
nombre de gens à cheval , y
avoit proclamé le Prétendant ,
ſous le nom de Roy Jacques
VIII. & fait lecture de la proclamation
du Comte de Marr.
On mande d'Inverneſſ que les
Lords Mackniſtosh &Beflam ,
deux Chefs des Montagnards
accompagnez auffi d'un grand
nombre de gens à cheval y
avoient fait la même choſe ;
aprés quoy ils étoient allez à la
Doüane , d'où ils avoient en.
Octobre 1715 . Q
186 MERCURE
levé tout l'argent & les effets
quiyétoientpour le ſervice du
Prétendant.LeComte deMarr a
fait piller & faccager les mais
fons &biens de fon Stuard, &
de quelqu'uns de ſes ſujets qui
ontrefusé dele venir joindre.
Voicy la Declaration de ce
Comte adreflé au Bailly , &
autres Gentilhommes de la
Seigneurie de Kildrummy.
Notre Roy legitime ,&naturel
Jacques VIII. par la grace
-de Dieu , qui vient preſentement
nous delivrer de nos oppreffions ,
ayant bien voulu nous confier la
direction de ſes affaires , le
GALANT.
GALANI
187
-
commandement de fes forces dans
fon ancienRoyaume d'Ecoffe ; &
quelques uns de ſes fidelesſujets
&ferviteurs afſſemblez à Boyne ,
fçavoir,le LordHuncley, leLord
Tullebardine , le Comte Marefchall
, le Comte de Southefan ,
Glingary; de la part des Clans ,
Glenderale ; de la part du Comte
de Broudalbine, &Gentilhomme
de la Province d'Argile , M.Patrich
Lion d'Auſcherhouse , le
Lord d' Auldlair , le Lieutenant
General Georges Hamilton , le
MajorGeneral Gordon , &moi ,
ayant pris en confideration les derniers
ordres de S. M. trouvons ,
Qij
188 MERCURE
que d'eft maintennant le temps
qu'il nous a ordonné de prendre
ouvertement les armes pour luy.
Ainfi il nous ſemble abfolument
neceſſfairepour leſervice de S.M.
& pour la delivrance de noftre
Patrie,que tousſesfideles &bons
Sujets , &ceux qui aiment leur
Patrie, prennent incefſſamment les
armes.
Ces Preſentes font donc ( au
nom , er en l'autorité de S.-M.
&en vertu du pouvoirſuſdit ,
&par l'ordre exprés que le Roy
m'a donné pour cet effet ) pour
vous requerir & autorifer de lever
inceſſamment vos gens mili
GALANT. 189
taires avec leurs meilleures armes,
pour
"
de les faire marcher d'abord
venir joindre , & me
quelques
autres forces du Roy prés de
Bracmart , Lundyprochain , afin
de poursuivre noſtre marche ,
nousrendreſous l'Etendart duRoi
avecſes autres forces.
LeRoy voulant queſesTroupesfoient
payées dés le temps de
leur départ ,il eſpere , ainsi qu'il
l'ordonne expreßement , qu'elles
ſe comporteront civilement ,
qu'elles ne commettront aucunpillage
, ni d'autres defordres,fous
les peines les plus feveres , &
d'encourirſa disgrace ; on s'attend
190 MMEERRCURE
que vousferez obſerver cet ordre.
4
C'estàpresent que les honnêtes
gens dorvent témoigner leur zele
pour leſervice de S. M. dont la
caufe est si intereſſante , afin de
deliurer noftre Patrie de l'oppref
fion d'un joug étranger , trop pefantpour
nous , &nostre posterité
pour le porter , &de tâcher
de rétablir, nonseulement noftre
Roy legitime , &naturel , mais
auffi noftre Patrie dansſon ancienne
, libre , & indépendante
conftitutionfous celuy dontlesAn.
cêtres ont regnéfur nous pendant
tant de generations.
Dans une cause fi bonorable,
GALANT. 191
fibonne ,ſijuste , nous ne pouvons
douter de l'aſſiſtance de la direction
, &de la benediction duDieu
Tout-puiſſant , qui aſiſouvent
Sauvé la Famille Royale de
Stuard ,&noftre Patrie,de fuecomberſous
l'oppreffion.
On s'attendque vous obferverez
ponctuellement ſes ordres ,
ces Prefentes vous doiventfuffire
pour cet effet , & àtous ceux que
vous employerez pour les executer.
DonnéàBracmart le 20. Septembre
1715 .
Signé, MARR.
Cette Declaration étoit accompagnée
d'une Lettre du
192 MERCURE
Comte de Marr au Bailly de
Kildrumeny, contenant en ſubſtance
: Que ce Bailly avoit bien
faitde n'être pas venu lejoindre
avec les cent hommes qu'il avoit
envoyez de nuit , puisqu'il en
avoit attendu quatrefois autant.
Qu'il était fort ſurprenant que
pendant que tous les Montagnars
d'Ecoffe prenoient les armes en
faveurde leurRoy ,&leurPatrie,
les Vaffaux dece Comtefuf-
Sent les feuls en arriere. Que le
moment tant defiré depuis 26.
ans étoitprefentement arrivé,&
qu'ainſi il étoit temps de prendre
les armes pour leRoy& pour la
**Patrie
GALANT. 193
Patriei que c'est dans cette vûë
qu'il luy adreffe fa Declaration ,
pour la communiquer à tous fes
Vaffaux , avec ordre de leurs declarer
que s'ils n'obéiffent pas in .
ceffamment , il fera brûler &
faccager leurs biens &terres pour
fervir d'exemple aux autres
Le Duc d'Argyle partir le
28 pour le Camp de Sterling ,
accompagné duDuc de Roxborough
,du Comte de Han
dengton , & du Colonel Middelton.
Le Comte de Rhotes
s'eſt auſſi rendu au Camp où
il arrive tous les jours des
Gentilshommes avec leur Vaffaux
armez . Le onze de ce
184 MERCURE
mois jour auquel expire le
terme accordé aux rebelles
pour retourner à l'obéiffance,
le Duc d'Argyle doit fe mettre
en marche contre eux avec
7000. hommes entre leſquels
il y a 1500. chevaux . On a
envoyé duCamp 30. chariots
chargez d'armes pour les volontaires
qui y font allez d'E
dimbourg , de Glasgow ,& de
quelques autres Places. On
écrit de Leith qu'il y eſt entré
d'Angleterre deux Compa
gnies deDragons duRegiment
de Kerr , qui vont au Camp
de Sterling. On apprend de
Dundée
۱
GALANT. 185
Dundée qu'un Gentilhomme
nommé Graham , qui ſe dit
heritierdu feu Comtede Dandée,
étant entré avec un grand
nombre de gens à cheval , y
avoit proclamé le Prétendant ,
ſous le nom de Roy Jacques
VIII. & fait lecture de la proclamation
du Comte de Marr.
On mande d'Inverneſſ que les
Lords Mackniſtosh &Beflam ,
deux Chefs des Montagnards
accompagnez auffi d'un grand
nombre de gens à cheval y
avoient fait la même choſe ;
aprés quoy ils étoient allez à la
Doüane , d'où ils avoient en.
Octobre 1715 . Q
186 MERCURE
levé tout l'argent & les effets
quiyétoientpour le ſervice du
Prétendant.LeComte deMarr a
fait piller & faccager les mais
fons &biens de fon Stuard, &
de quelqu'uns de ſes ſujets qui
ontrefusé dele venir joindre.
Voicy la Declaration de ce
Comte adreflé au Bailly , &
autres Gentilhommes de la
Seigneurie de Kildrummy.
Notre Roy legitime ,&naturel
Jacques VIII. par la grace
-de Dieu , qui vient preſentement
nous delivrer de nos oppreffions ,
ayant bien voulu nous confier la
direction de ſes affaires , le
GALANT.
GALANI
187
-
commandement de fes forces dans
fon ancienRoyaume d'Ecoffe ; &
quelques uns de ſes fidelesſujets
&ferviteurs afſſemblez à Boyne ,
fçavoir,le LordHuncley, leLord
Tullebardine , le Comte Marefchall
, le Comte de Southefan ,
Glingary; de la part des Clans ,
Glenderale ; de la part du Comte
de Broudalbine, &Gentilhomme
de la Province d'Argile , M.Patrich
Lion d'Auſcherhouse , le
Lord d' Auldlair , le Lieutenant
General Georges Hamilton , le
MajorGeneral Gordon , &moi ,
ayant pris en confideration les derniers
ordres de S. M. trouvons ,
Qij
188 MERCURE
que d'eft maintennant le temps
qu'il nous a ordonné de prendre
ouvertement les armes pour luy.
Ainfi il nous ſemble abfolument
neceſſfairepour leſervice de S.M.
& pour la delivrance de noftre
Patrie,que tousſesfideles &bons
Sujets , &ceux qui aiment leur
Patrie, prennent incefſſamment les
armes.
Ces Preſentes font donc ( au
nom , er en l'autorité de S.-M.
&en vertu du pouvoirſuſdit ,
&par l'ordre exprés que le Roy
m'a donné pour cet effet ) pour
vous requerir & autorifer de lever
inceſſamment vos gens mili
GALANT. 189
taires avec leurs meilleures armes,
pour
"
de les faire marcher d'abord
venir joindre , & me
quelques
autres forces du Roy prés de
Bracmart , Lundyprochain , afin
de poursuivre noſtre marche ,
nousrendreſous l'Etendart duRoi
avecſes autres forces.
LeRoy voulant queſesTroupesfoient
payées dés le temps de
leur départ ,il eſpere , ainsi qu'il
l'ordonne expreßement , qu'elles
ſe comporteront civilement ,
qu'elles ne commettront aucunpillage
, ni d'autres defordres,fous
les peines les plus feveres , &
d'encourirſa disgrace ; on s'attend
190 MMEERRCURE
que vousferez obſerver cet ordre.
4
C'estàpresent que les honnêtes
gens dorvent témoigner leur zele
pour leſervice de S. M. dont la
caufe est si intereſſante , afin de
deliurer noftre Patrie de l'oppref
fion d'un joug étranger , trop pefantpour
nous , &nostre posterité
pour le porter , &de tâcher
de rétablir, nonseulement noftre
Roy legitime , &naturel , mais
auffi noftre Patrie dansſon ancienne
, libre , & indépendante
conftitutionfous celuy dontlesAn.
cêtres ont regnéfur nous pendant
tant de generations.
Dans une cause fi bonorable,
GALANT. 191
fibonne ,ſijuste , nous ne pouvons
douter de l'aſſiſtance de la direction
, &de la benediction duDieu
Tout-puiſſant , qui aſiſouvent
Sauvé la Famille Royale de
Stuard ,&noftre Patrie,de fuecomberſous
l'oppreffion.
On s'attendque vous obferverez
ponctuellement ſes ordres ,
ces Prefentes vous doiventfuffire
pour cet effet , & àtous ceux que
vous employerez pour les executer.
DonnéàBracmart le 20. Septembre
1715 .
Signé, MARR.
Cette Declaration étoit accompagnée
d'une Lettre du
192 MERCURE
Comte de Marr au Bailly de
Kildrumeny, contenant en ſubſtance
: Que ce Bailly avoit bien
faitde n'être pas venu lejoindre
avec les cent hommes qu'il avoit
envoyez de nuit , puisqu'il en
avoit attendu quatrefois autant.
Qu'il était fort ſurprenant que
pendant que tous les Montagnars
d'Ecoffe prenoient les armes en
faveurde leurRoy ,&leurPatrie,
les Vaffaux dece Comtefuf-
Sent les feuls en arriere. Que le
moment tant defiré depuis 26.
ans étoitprefentement arrivé,&
qu'ainſi il étoit temps de prendre
les armes pour leRoy& pour la
**Patrie
GALANT. 193
Patriei que c'est dans cette vûë
qu'il luy adreffe fa Declaration ,
pour la communiquer à tous fes
Vaffaux , avec ordre de leurs declarer
que s'ils n'obéiffent pas in .
ceffamment , il fera brûler &
faccager leurs biens &terres pour
fervir d'exemple aux autres
Fermer
5291
p. 182-196
LETTRE De condoleance à une Dame de consideration, sur la mort de son Pere.
Début :
MADAME, C'est un ancien usage de consoler les vivans de la perte [...]
Mots clefs :
Mort, Condoléances, Monde, Amis, Bûcher, Corps, Asie Mineure, Pompe funèbre, Funérailles, Grecs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE De condoleance à une Dame de consideration, sur la mort de son Pere.
LETTRE !y
De condoleance à une Dame de
consideration sur la mort de
sonPere. MADAME,I
i*
C'est un ancienusage de
consoler les vivans dela perte
des morts. Je pense que ceft1
fort bien fait, parce qu'il me
semble qu'il n'y a
prcfquc'
rien à dire contre une mode'
reçuê depuis tant d'années:
Ainsi je veux,s'il vous plaist,,
croire pour un instant cettej
regleétablie pour vous &
pourmoy , comme pour le
reste des mortels. Cela estant,
permettez - moy ,
Madame , de vous témoigner la douleur
1 que je ressens de la perte que
vous venez de faire. Ce ne
font point dans un pareil mal-
- heur des idées de consolation
que je veux vous inspirer
, vos
douleurs sont trop raisonnat"
bles,vostreaffliction n'estque
[ trop juste, & je ne vousoffre
icy que des larmes à mêler
avec les vostres ; mais après
avoir suffisamment satisfait à
ces pitoyables devoirs de la
nature, l'esprit doit effacer
nos ennuis, la raison qui a
justifié nos pleurs doit rétablir
nostre tranquillité
,
le temps
doit refermer nos playes, &
la Religion nous armer d'une
pieuse indifférence contre
tousles accidens du monde.
Cependant souffrez que je
vous avoüe
, que je ne comprend
pas bien encore, en vertu
dequoy, tous les hommes
cherchent réciproquement à
se consoler du moindre de
leursmaux.
On félicite un pere sur la
naissance de son enfant, &
-'
l'on
l'on s'affige avec le fils de la
mort de son pere;à quoy bon
cescomplimens ,& ces condoleances,
sur un mouvement
continuel, & dont les rcvolutions
inévitablesn'ont rien
dont on doive ny se réjouir,
ny s'allarmer.
Voila le seul point où le
sort de tous les humains se
trouve égal; néanmoins on a
la manie de faire de super bes
Festes, parce que Pierre vient
au monde, & de tristes & lugubres
Mausolées, parce qu'il
en fort.
J'approuverois ce faste &
ces pleurs, si l'on n'avoit pas
tous les jours le même étalage
à faire, & les mêmes larmes à répandre.I Strabon dit (ho! Madame,
Strabonesticy d'un merveil-1
leux secours
, pour m'aider à
vousconsoler) oüy;) Srrabon
dit, que dans une certaine
région de l'Asie mineure, on
faisoitdemagnifiques funérailles
aux morts. Si tost que
l'ame d'un grand Seigneur
avoit pris congé de son individu
,
les amis, les parens,
les femmes & les esclaves duj
deffunts'assembloient autour
i
du corps quon avoit foin de
placer aumilieu d'un bûcher
fupcrbe
, avec mille Inscriptions
à la loüange du Trépassé
On dressoit autour du Bucher
de grandes tables couvertes
de viandes exquises, &
de vins excellens ; il n'estoit
question au milieu de ces festins,
que d'emblêmes,d'oraisons
funebres, & de panégyriques
pour honorer les
:
obfcques de ce cadavre: on
mangeoit, on buvoit à bon
compte, &l'on s'enyvroiten
attendant l'instant fatal où
chacun devoit donner la plus
grande & la dernière preuve
de l'amour qu'il avoir pour le
deffunt, ensuite on allumoit
i le bucher de toutes parts, & 1
les conviez chargez deleurs
plus précieuxbijoux se hâtoient
de se précipiter dans
les flâmes, pour mêler à l'envi
leurs cendres avec celles du
mort. La même ceremonie
se pratiquoit aussi en Perse &
en Egypte
,
mais avec moins
de rigueur.
Voila, Madame, ce qu'on
appelle des gensbien tendres,
& c'est presqueainsiqu'il faut
pleurer, ou ne point pleurer
du tout; mais avant de finir
l'article de mes condoleances,
permettez-moy de vous conter
encore une Histoire. Les
Histoiresont la vertu d'attirer
nostre attention, d'assoupir
nos inquiétudes, & d'enchanter
quelquefois nostredouleur.
Ainsi j'espere que vous
trouverez celle-cy assez rare
&a ssez consolante, pour vous
persuader que les plus courtes
larmes sont les meilleu-
Il.CS. , {:,' Il y a encore aujourd'huy
uneContrée dans la Grece
où le mort a toûjours tort.
Dés que la Parque a tranché
le fil des jours d'un mortel
,
on cxpofe (on corps au milieu
d'une certaine Place, où s'assemblent
ses voisins, ses parens,
ses amis, sa femme & ses
enfans. C'est sa chere moitié
qui ordinairement mène le
deüil ; elle s'approche de son,
pauvre mary qu'elle regarde
tranquillement d'un oeil de
pitié, & elle luy tient en peu,
de mots, le discours que voicy.
Pourquoy
,mon cher Ó.
poux êtesvous mort? vous
estiez bien pressé ? ne vous aimois-
je P» tendrement ? ne
vous ay-
je pas toujours esté
fidelle? allez vous estes un ingrat
qui avez voulu m'abandonner.
Suivez-donc vostre
malheureux destin ? je ne m'en
metplus en peine. Cette Harangue
finie
,
elle passe son
chemin, & se retire chez elle.
Ses enfansaussitost prennent
sa place autour de leur pere,
& luy font leurs petites remontrances
en ces termes.
Eh pourquoy , mon cher Papa
,vous estes-vous laissé moutir?
vous estiez riche, maman
vousaimoitbien, nous avions
tous de la tendresse & de la
soûmission pour vous,tout le
monde vous consideroit, il
netenoit enfin qu'à vous d'être
heureux; cependant vous
avez voulu nous quitter, vous
n'avez pas eu honte de mourir
, & de nous dépoüiller,
cruellement de toute l'esperance
que nous avions en '¡
vous;tout ce qui nous reste à
vous dire, c'est que nous n'oublirons
jamais un si vilain
cour: néanmoins quelque
part que vous alliez , nous
souhaitons encore que le
Ciel vous donne ailleurs un
destin plusheureuux, Alors les
voisins
a
voisins, les amis, & les parens
du mort commencent à
l'accabl. r dereproches& d'injures.
Qu'aviez vous à rir mou-
,
luy disent les uns? que
vous manquoit
-
il, reprennent
les autres?adore de vôtre
femme, aimé de vos ensans,
&chéri de tout le monde
, vous avez eu le courage
de nous quitter avec la dernière
rigueur!quelleinhumanité
! quelle injustice?ou plutost
quelle haine pour nous,
disent-ils à ce pauvre corps.
Allons, mettons parpitié une
obole dans sa bouche
,
fermons
son cercüell., couvrons
sa tombe depain ,de viandes
&devin,s'ilafaim ilmangera,
s'ilasoifil boira ,plaçons
le auprésde ses ayeux, fermonsensuite
son, sepulchre,
&?allons;nousiréjoiïiravéclat
femme&sesenfansdelasot-
'r d t y
.,,-
tise du mort. * 1- ?<: Ainsi comme vous.
Madame, chaque pays,chaqueguisemaisditesmoy
je vous prie; laquelle de ces
deux Histoires vous plaist
davantage?Sont-ce ceux
qui vont [ç bculensur unuj
cadavre,ouceuxqui vont
enyvrer sur le tombeau d'un
répassé ? Pour moy , quoy- iel'un&l'autreexcèsme pa-
>iflic tldicûlc^'-'jttiens
rt pour les derniers ,& je
is sûr qu'il n'y a point
h~MHii~ai(bt~~b!c quine
»iEdten}toft^vfs:~ v
Je conclus âohe: que la.
auteur est la plusinutile reslurce
du monde,contre des
iaui^ufé|uèBidkl,ric'Jpcflcrcedier,
& je soûciensqu'un
onesprit n'ajamaisbesoinde
onsolationparcequ'il ne doit
maistrouver dequoiss'afliger
cvôtre,Madame,est des meilleurs
que je connoisse
,
c'est
pourquoy je ne croi pasavoir
sur cette matiere d'autre concseil
àyvous d.onner queceluy- IoP.ropidrnce
-.-agir la Providence,
Nous ne vivronsqu'autant
quilluyflaim.
Des biens comme desmaux qu'el-
,: le nous offrira,_x-r. u
Tâchons de profisesavecindiffe-
De condoleance à une Dame de
consideration sur la mort de
sonPere. MADAME,I
i*
C'est un ancienusage de
consoler les vivans dela perte
des morts. Je pense que ceft1
fort bien fait, parce qu'il me
semble qu'il n'y a
prcfquc'
rien à dire contre une mode'
reçuê depuis tant d'années:
Ainsi je veux,s'il vous plaist,,
croire pour un instant cettej
regleétablie pour vous &
pourmoy , comme pour le
reste des mortels. Cela estant,
permettez - moy ,
Madame , de vous témoigner la douleur
1 que je ressens de la perte que
vous venez de faire. Ce ne
font point dans un pareil mal-
- heur des idées de consolation
que je veux vous inspirer
, vos
douleurs sont trop raisonnat"
bles,vostreaffliction n'estque
[ trop juste, & je ne vousoffre
icy que des larmes à mêler
avec les vostres ; mais après
avoir suffisamment satisfait à
ces pitoyables devoirs de la
nature, l'esprit doit effacer
nos ennuis, la raison qui a
justifié nos pleurs doit rétablir
nostre tranquillité
,
le temps
doit refermer nos playes, &
la Religion nous armer d'une
pieuse indifférence contre
tousles accidens du monde.
Cependant souffrez que je
vous avoüe
, que je ne comprend
pas bien encore, en vertu
dequoy, tous les hommes
cherchent réciproquement à
se consoler du moindre de
leursmaux.
On félicite un pere sur la
naissance de son enfant, &
-'
l'on
l'on s'affige avec le fils de la
mort de son pere;à quoy bon
cescomplimens ,& ces condoleances,
sur un mouvement
continuel, & dont les rcvolutions
inévitablesn'ont rien
dont on doive ny se réjouir,
ny s'allarmer.
Voila le seul point où le
sort de tous les humains se
trouve égal; néanmoins on a
la manie de faire de super bes
Festes, parce que Pierre vient
au monde, & de tristes & lugubres
Mausolées, parce qu'il
en fort.
J'approuverois ce faste &
ces pleurs, si l'on n'avoit pas
tous les jours le même étalage
à faire, & les mêmes larmes à répandre.I Strabon dit (ho! Madame,
Strabonesticy d'un merveil-1
leux secours
, pour m'aider à
vousconsoler) oüy;) Srrabon
dit, que dans une certaine
région de l'Asie mineure, on
faisoitdemagnifiques funérailles
aux morts. Si tost que
l'ame d'un grand Seigneur
avoit pris congé de son individu
,
les amis, les parens,
les femmes & les esclaves duj
deffunts'assembloient autour
i
du corps quon avoit foin de
placer aumilieu d'un bûcher
fupcrbe
, avec mille Inscriptions
à la loüange du Trépassé
On dressoit autour du Bucher
de grandes tables couvertes
de viandes exquises, &
de vins excellens ; il n'estoit
question au milieu de ces festins,
que d'emblêmes,d'oraisons
funebres, & de panégyriques
pour honorer les
:
obfcques de ce cadavre: on
mangeoit, on buvoit à bon
compte, &l'on s'enyvroiten
attendant l'instant fatal où
chacun devoit donner la plus
grande & la dernière preuve
de l'amour qu'il avoir pour le
deffunt, ensuite on allumoit
i le bucher de toutes parts, & 1
les conviez chargez deleurs
plus précieuxbijoux se hâtoient
de se précipiter dans
les flâmes, pour mêler à l'envi
leurs cendres avec celles du
mort. La même ceremonie
se pratiquoit aussi en Perse &
en Egypte
,
mais avec moins
de rigueur.
Voila, Madame, ce qu'on
appelle des gensbien tendres,
& c'est presqueainsiqu'il faut
pleurer, ou ne point pleurer
du tout; mais avant de finir
l'article de mes condoleances,
permettez-moy de vous conter
encore une Histoire. Les
Histoiresont la vertu d'attirer
nostre attention, d'assoupir
nos inquiétudes, & d'enchanter
quelquefois nostredouleur.
Ainsi j'espere que vous
trouverez celle-cy assez rare
&a ssez consolante, pour vous
persuader que les plus courtes
larmes sont les meilleu-
Il.CS. , {:,' Il y a encore aujourd'huy
uneContrée dans la Grece
où le mort a toûjours tort.
Dés que la Parque a tranché
le fil des jours d'un mortel
,
on cxpofe (on corps au milieu
d'une certaine Place, où s'assemblent
ses voisins, ses parens,
ses amis, sa femme & ses
enfans. C'est sa chere moitié
qui ordinairement mène le
deüil ; elle s'approche de son,
pauvre mary qu'elle regarde
tranquillement d'un oeil de
pitié, & elle luy tient en peu,
de mots, le discours que voicy.
Pourquoy
,mon cher Ó.
poux êtesvous mort? vous
estiez bien pressé ? ne vous aimois-
je P» tendrement ? ne
vous ay-
je pas toujours esté
fidelle? allez vous estes un ingrat
qui avez voulu m'abandonner.
Suivez-donc vostre
malheureux destin ? je ne m'en
metplus en peine. Cette Harangue
finie
,
elle passe son
chemin, & se retire chez elle.
Ses enfansaussitost prennent
sa place autour de leur pere,
& luy font leurs petites remontrances
en ces termes.
Eh pourquoy , mon cher Papa
,vous estes-vous laissé moutir?
vous estiez riche, maman
vousaimoitbien, nous avions
tous de la tendresse & de la
soûmission pour vous,tout le
monde vous consideroit, il
netenoit enfin qu'à vous d'être
heureux; cependant vous
avez voulu nous quitter, vous
n'avez pas eu honte de mourir
, & de nous dépoüiller,
cruellement de toute l'esperance
que nous avions en '¡
vous;tout ce qui nous reste à
vous dire, c'est que nous n'oublirons
jamais un si vilain
cour: néanmoins quelque
part que vous alliez , nous
souhaitons encore que le
Ciel vous donne ailleurs un
destin plusheureuux, Alors les
voisins
a
voisins, les amis, & les parens
du mort commencent à
l'accabl. r dereproches& d'injures.
Qu'aviez vous à rir mou-
,
luy disent les uns? que
vous manquoit
-
il, reprennent
les autres?adore de vôtre
femme, aimé de vos ensans,
&chéri de tout le monde
, vous avez eu le courage
de nous quitter avec la dernière
rigueur!quelleinhumanité
! quelle injustice?ou plutost
quelle haine pour nous,
disent-ils à ce pauvre corps.
Allons, mettons parpitié une
obole dans sa bouche
,
fermons
son cercüell., couvrons
sa tombe depain ,de viandes
&devin,s'ilafaim ilmangera,
s'ilasoifil boira ,plaçons
le auprésde ses ayeux, fermonsensuite
son, sepulchre,
&?allons;nousiréjoiïiravéclat
femme&sesenfansdelasot-
'r d t y
.,,-
tise du mort. * 1- ?<: Ainsi comme vous.
Madame, chaque pays,chaqueguisemaisditesmoy
je vous prie; laquelle de ces
deux Histoires vous plaist
davantage?Sont-ce ceux
qui vont [ç bculensur unuj
cadavre,ouceuxqui vont
enyvrer sur le tombeau d'un
répassé ? Pour moy , quoy- iel'un&l'autreexcèsme pa-
>iflic tldicûlc^'-'jttiens
rt pour les derniers ,& je
is sûr qu'il n'y a point
h~MHii~ai(bt~~b!c quine
»iEdten}toft^vfs:~ v
Je conclus âohe: que la.
auteur est la plusinutile reslurce
du monde,contre des
iaui^ufé|uèBidkl,ric'Jpcflcrcedier,
& je soûciensqu'un
onesprit n'ajamaisbesoinde
onsolationparcequ'il ne doit
maistrouver dequoiss'afliger
cvôtre,Madame,est des meilleurs
que je connoisse
,
c'est
pourquoy je ne croi pasavoir
sur cette matiere d'autre concseil
àyvous d.onner queceluy- IoP.ropidrnce
-.-agir la Providence,
Nous ne vivronsqu'autant
quilluyflaim.
Des biens comme desmaux qu'el-
,: le nous offrira,_x-r. u
Tâchons de profisesavecindiffe-
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Résumé : LETTRE De condoleance à une Dame de consideration, sur la mort de son Pere.
La lettre exprime des condoléances à une dame ayant perdu son père. L'auteur reconnaît la douleur légitime de la dame et offre ses larmes en partage. Il souligne que, bien que les douleurs soient justifiées, la raison et le temps doivent permettre de retrouver la tranquillité. Il questionne la coutume des félicitations et des condoléances, notant que les événements de la vie, comme la naissance et la mort, sont inévitables et ne devraient ni réjouir ni alarmer excessivement. L'auteur mentionne des pratiques funéraires extravagantes dans certaines régions, comme en Asie mineure, en Perse et en Égypte, où des festins et des sacrifices étaient organisés lors des funérailles. Il raconte également une histoire grecque où les proches reprochent au défunt de les avoir abandonnés, illustrant ainsi une vision où le mort est toujours blâmé. L'auteur espère que cette histoire distraira et consolera la dame, soulignant que les larmes les plus courtes sont souvent les meilleures. Il critique les pratiques excessives liées à la mort, comme manger et boire sur un cadavre ou s'enivrer sur la tombe d'un défunt, les jugeant inutiles et indignes. Il conseille à la dame de se fier à la Providence, car la vie dépend de sa volonté. Il recommande de profiter des biens et des maux que la Providence offre, en agissant avec indifférence et en acceptant ce qui advient.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5292
p. 169-208
Journal du Voyage des Ambassadeurs de Siam, depuis Brest jusques au Cap de Bonne-Esperance, avec ce qui s'est passé pendant le sejour qu'ils ont fait au Cap. [titre d'après la table]
Début :
Je vous manday le mois passé des Nouvelles de l'arrivée [...]
Mots clefs :
Journal, Voyage, Ambassadeurs de Siam, Brest, Cap de Bonne-Espérance, Officiers, Lieues, Mr Masurier, Vent, Hauteur, Capitaine, Lieutenant, Escadre, Le Gaillard, Vaisseau, Matelots, Pilotes, Gouverneur, Rade, Vaisseaux, Siam, Loire, Le Dromadaire, Mr de Farges, Îles, Degrés, Moutons, Frégate La Maligne, Port, Enseignes, Le Cap
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal du Voyage des Ambassadeurs de Siam, depuis Brest jusques au Cap de Bonne-Esperance, avec ce qui s'est passé pendant le sejour qu'ils ont fait au Cap. [titre d'après la table]
Je vous manday le mois
paffé des Nouvelles de l'arrivée
au Cap de Bonne- Efperance,
des fix Vaiffeaux qui
Novembre 1687. P
170 MERCURE
reconduifent à Siam les Am
baffadeurs de ce , Royaumelà
, qui estoient venus en
France. Je vous appris en
mefme temps le débarquement
des Ambaffadeurs &
des Troupes , & ce qui s'eftoit
paflé à ce débarquement
, ainfi que le bon traitement
qui avoit efté fait
aux François par les Hollan
dois. Je reprens aujourd'huy
de plus haut ce qui regarde
ce Voyage , & vous en envoye
un Journal tres - curieux
qui commence au
jour que la Flote partit de
GALANI . 171
4
Breft , & finit à celuy du
rembarquement au Cap de
Bonne-Efperance . Ce Journal
a efté envoyé par M ' Mafurier,
Gentilhomme
Lionnois ,
qui eft allé à Siam avec M²
de Farges , & qui fait connoiſtre
fon efprit par les remarques
judicieufes
qu'il a
faites , & fon
intelligence
dans la
Marine , par la maniere
dont il
s'explique fur
toutes les chofes qui la
regardent. Voicy comme
il parle dans la Defcription
qu'il a envoyée de ce
Voyage.
Pij
172 MERCURE
A
Prés
avoir
demeuré
24- jours
dans dans
la Rade
de
Breft , nous fommes enfin partis
le premier jour de Mars ,
1657. fur les onze heures du
matin pour faire le voyage.
de Siam . Noftre Efcadre eftoit
compofee de fix Vaiffeaux ,
dont le moindre eftoit la Maligne,
cette Fregate legere du
port de cent cinquante tonneaux
, qui y alla avec M
le Chevalier de Chaumont ,
le plus grand eftoit le Gaillard
, noftre commandant , du
port de quatre cens foixante
GALANT. 173
des Officiers
tonneaux. Voicy le nom de ces
fix Vaiffeaux
en chef qui les commandoient.
Le Gaillard , l'Oifcau , la
Loire, la Normande , le Dromadaire
& la Maligne . Le
Gaillard estoit commandé par
M de Vaudricourt , cornmandant
l'Efcadre , fon fecond
Capitaine eftoit M de
Saint-Clerc fon Lieutenant
M de la Leine ; fes En-
Mrs Chamau-
L'Oifeignes
reau Lombut.
&
feau eftoit commandé par M
du Quefne ; fes Lieutenans
eftoient M Defcartes &
2
P iij
174 MERCURE
ان
Mde Bonneuil ; fes Enfeignes
, Mde Tiva , &
M de Freterville . La Loire
commandée
commandée par M²
eftoit
de Foyenfe ; fon Lieutenant ,
M de la Croifferiere , fon
Enfeigne M de Chiftery.
La Normande eftoit commandée
par M de Courfel ;
fons Lieutenant &Ms du Farsate
sufons Enfeignes M² de la
Machefoliere. Les Dromadaire
eftoit commandé par Mª
d'Endeve fon Lieutenant ,
M de Marillys ,infon Enfeigne
, M de Vieuchant.
La Maligne eftoit commandée
SGALANT. 175
par M de Perriere , fon Lieutenant
M de la Lié fervant
de Lieutenant , de premier Pilote
d'Enfeignes (0 )
Doux
nous
Le lendemain fecond jour du
mois de Mars , nous mifmes à la
voile & partifnies de Camarreft ,
qui est une petite rade à
trois dieues de Brest ,
-avions mouillé le foir precedent
pour attendre la Maligne qui
- fortit feulement ce jour-là du
Port de Breft , & nous pouffâmes
au large avec un vent ar
riere qui nous fit bien- toft perdre
la terre de vue . Le Mardy
3. vers une heure aprés Midy ,
Piiij
176 MERCURE
nous rencontrames une Flutte
Holandoife qui paffa fans nous
falüer , parce qu'elle n'avoit
point de Canon . Le Vendredy 6..
nous nous trouvâmes à la hauteur
du Cap de Finifierre &
-avions fait felon l'estime du
Pilote cent vingt ou cent trente
lieuës . Le mefme jour fur les
dix heures du matin , nous rencontrâmes
une Flutte Angloife
qui ne fit que paffer fort prés de
nous & nousfalüer en mettant
fon pavillon , à quoy nous répondifmes
de même en mettant
le noftre,
Le Samedy 7. nous eufmes un
GALANT. 177
vent de Nord-Nord- est qui
nous donna un tres -gros temps ,
jufqu'au Lundy au foir , ce qui
naus fit perdre la Loire, une de
nos Flûte fans fçavoir ce qu'elle
eftoit devenue . Le 13. nous fifmes
rencontre d'une Barque Angloife
, dans laquelle il n'y avoit
quefix ou fept hommes , elle nous
aborda fur les trois heures du
foir , comme fi elle nous avoit
voulu parler , ce qu'elle fit effectivement,
& nous apprit qu'elle
eftoit partie depuis quinze jours
jours de Brifco en Irlande , &
s'en alloit aux Ifles de Madere
chargée de harang & de bega
178 MERCURE
Salé. Elle fut deux jours à noftre
route, jufqu'à ce qu'ellefe trouva
à la hauteur de ces Ifles . Le is.
nous decouvrifmes une Ifle nommée
Porto Santo , qui est une
Ille deferte , &fans autres animaux
que des Canards & des
Lapins , nous ne l'approchâ–
mes que de trois lieuës . Le 17. Il
nous mourut un Matelot . Le 18 .
Nous découvrifmes une des Ifles
desCanaries nomméel Ifle de Salvago
ce fut environ fur les
fept heures du matins en eftant
encore éloignez de neuf à dix
lieües. Le 29. environ à la même
heure , nous apperçûmes à noftre
GALANT. 179
horifon deux bastimens que nous
crûmes Corfaires Saltins . Nous
nous feparames auffi- toft de noftre
Efcadre pour en aller recon-
`n i tre un; mais aprés avoir couru
quelque temps deffus , noftre Capitaine
aima mieux continuer fa
route , fit auffi- toft revirer de
bord,fans avoirefté affez prés de
ce bastimentpour l'avoirpû feurement
reconnoistre mais comme
il venoit en dépendant fur nous
il vint paffer cinq ou fix heures
aprés yfortproche de noftre Vaiffeau
avec le pavillon d'Angle-
-verre , & it
luy donnaffions aucunes marques
Tatáns cque
nous
180 MERCURE
de ce que nous eftions . Le 10.
nous nous trouvâmes entre l'Ifle
de Palme & l'Ile de Gomorre
, eftant à la hauteur de vingtbuit
degrez & àprés de cinq cens
lieuës de Breft. L'Ile de Palme
est une fortgrande Ifles , dont les
terres font fertiles & abondantes
en toutes fortes de danrées ,
habitée en plufieurs endroitspar
les Espagnols à qui elle eft . Le
mefme jourfort tard , nous reconnufmes
à quelques lieuës de
là l'ifle de Fer ; il y avoit deux
jours que nous estions dans les
vents Alifez quifont des vents
qui ne manquent jamais de reGALANT.
181
gner en une pareille faifon dans
ces paffages- là . Ils continuerent
à venter fi beau & bon frais ,
qu'ils nous faifoient
faire juf
qu'à quatre lieues par heure . Le
22. nous paſſâmeș
leTropique
&
le 24. nostre Capitaine
fit mettre
la Chaloupe
dehors , pour aller
à bord du Gaillard
, à deffein de
demander
au Commandant
s'il
pouvoitfaire de l'eau au Capvert,
à la hauteur duquel nous nous
trouvions
pour lors , craignant
de n'en avoir pas fuffisamment
pourarriver
juſqu' auCap de bonne
Esperance
; mais comme il
vouloit profiterdu vent favora182
MERCURE
ble que nous avions , il ne luy
permit point d'y moüiller. Quatre
jours aprés nous eûmes un calme
qui nous tint cinq jours.
Pendant ce temps- là nous vifmes
differents poiffons fans en
pouvoirprendre aucun.Ñous vtmes
encore dans ces mefmes
parages quantité de poiffons
volans , & mesme il y en
eut quelques - uns qui donnerent
dans nos voiles . Ce
font des poiffons de la groffeur
d'un Harang, n'ayant que deux
nageoires affez grandes , qui leur
fervent à nager dans l'eau , &
à voler dehors , pour éviter Iss
GALANT. 183
Bonnittes & les Requains , qui
les pourfuivent , & s'en nour
riffent. Ces Requains furent les
poiffons que nous vifmes le plus
fouvent. Ils font fort grands ,
extrémement dangereux pour
ceux qui malheureusement fe
laiffent tomber à la Mer ,
estant bien plus avides de la
chair humaine , que de toute autre
forte d'apast , & bien fouvent
ils emportent une jambe
ou la moitié du corps a un homme,
lors qu'ils les trouvent dans
Peau , vif ou mort. Le 29. noftre
Capitaine fe fervant de l'occafion
que luy donnoit le calmes
4
184 MERCURE
envoya la Chaloupe à bord du
Dromadaire
,
pour porter des
Lettres à quelques- uns des Officiers
, qui nous apprirent dans
leurs réponses la maladie de
trente ou quarante des leurs ,
tant Matelots que Soldats , &
de deux Matelots qui la
perte
fe noyerent en manoeuvrant ,·
d'un grand coup de vent , que
nous avions eu le 8. du mefme
mois.
Comme il eft fort rare dans
un endroit comme celuy- cy , de
s'acquitter des Offices ordinaires
que l'on dit dans nos Paroiffes
pendant la Semainefainte, d'une
GALANT. 185
maniere auffi édifianie qu'on le
fit dans noftre Bords, & que
les Officiers les plus anciens dans
·la Marine , affurent ne l'avoir
pas veu depuis qu'ils navigent,
je croy qu'il ne fera pas hors de
propos d'en dire icy quelque chofe
. Il est vray que nous attribuames
la plus grande partie de
la gloire qui fut renduë à Dieu
dans ce faint temps , auxfoins
particuliers , & aux peines que
fe donnerent avec un zele ardent
les PeresJefuites , que nous
eufmes le bonheur d'avoir dans
nostre Bord. Pendant toute cette
Semaine , nous eûmes exacte-
Novembre 1687.
V
186 MERCURE
ment tous les jours Sermon , &
les Offices ordinaires de ce ter temps
yfurent regulierement obfervez.
Le Mercredy , Jeudy & Vendredy
faint nous chantafmes
Tenebres ; du feudy au Vendredy
le Saint Sacrement fut exposé
pendant vingt-quatre heures
le lendemain Vendredy
nous exfmes le Sermon fur la
Paffion par un de ces Peres, avec
l'applaudiffement de tous ceux
du Vaiffeau , & le Samedy, &
le Dimanche de Pafques , il y
eut grand' Meßse avec la fimphonie
des Violons , des Haut-
Flûtes doutes. bois ,
ПGALANT. 187
5
Le premier d'Avril nous nous
trouvaſmes à la hauteur de buit
•degrez quarante minutes & le
calme nous tint dans ce mefme
endroit pendant quinze jours.
Le 2. nous eufmes vifite des Officiers
du Dromadaire, & le 3.
M. de Farges General des Trovpesqui
vont à Siam , vint difner
staa noftre Bord. On l'y recent avec
toute la propreté & toute la magnificence
poffible dans un endroit
comme celuy.cy. L'aprésmidy
fe paffa aujeu de la Baffette.
Le s. nous prifmes deux
fort gros Requains, fur lefquels
nous trouvions des poiffons atta-
Q ij
188 MERCURE
les Marins appellent > chez
que
Suffets
. Ils
font
de la groffeur
d'une
Sardine
, &
ne
quittent
point
cet
animal
qu'il
ne
foit
mort
. Depuis
le s . jusqu'au
7.
nous
nous
trouvafmes
à pic
du
Soleil
, c'est
à dire
, qu'il
eftoit
fi
perpendiculairemennt fur nous ..
qu'il nousfut impoffible de prendre
hauteur pendant ces deux
jours , parce qu'à midy , qui eft
l'heure où l'on prend hauteur, le
Soleil ne faifoit aucune ombre ,
ce qui nous fit fentir de tresgrandes
chaleurs. Tout l'Equipage
en fouffrit ,par la foif qu'il
reffentoit de ces grandes chaleurs .
GALANT. 189
Le s.il nous vint un peu de vent,
qui nous fit trouver le lendemain
à deux degrez une minute du
pic. Le 9. nous harponnafmes des
Marfoins , qui font de fort gros
poiffons. Cet animal eft à peu
prés de la figure d'un cochon ,
ceux que nous prenions eftoient
de deux trois cens pefant. Il
a le fang chaud, & il n'y aguere
de difference de fa chair à celle
d'un Bauf. Le lendemain nous
prifmes une Dorade , qui eft un
poiffon tout doré , & prefque de
mefme figure que l'Alofe. Ieft
tres-bon à manger. Le 11. nous
découvrifmes à noftre horifon un
190 MERCURE
Vaiffeau que les cal nes nous empefcherent
de pouvoir reconnoifire,
& tous les vents que nous
avions dans ces endroits- cy, ne
venoient que par coups , & nous
obligeoient à ferrer generalement
toutes nos wiles.nalisqun !
Le 19. nous nous trouva/mes
fous la Ligne , & Mrs les Marins
ne manquerent pas à garder
les ceremonies qu'ils ont accoutumé
d'obferver toutes les fois
fois qu'ils la paffent, à l'égard de
ceux qui ne l'ont pas encore pafsée
, de mefme qu'ils le font au
Tropique . à certains Ďétroits.
C'est une Ceremonie profane &
t
C
GALANT
. 191
euxso
༣
ridicule , mais inviolable parmy
Chaque Nation la prati
que diverfement
, & mesme les
Equipages d'une mefme Nation
ne la pratiquent pas tous d'une
mefme maniere. Les François
l'appellent Baptefme, & woicy
la maniere dont elle s'obferva
duns noftre Bord. On rangea
~tant a Bas- bord qu'à Scribord ,
qui font les deux coftez du Vaif-
Jeau , des Bailles & des Curvertes
pleines d'eau de Mer, &
bordez par des Matelots rangez
en haye , chacun unfeau
plein d'eau en main . Ce premier
appareil n'eft que pour l'Equi192
MERCURE
page , c'est à dire , Pilotes, Soldats
, & Matelots
, & comme
tous ceux qui n'ont point
paffe la Ligne font obligez
fans
aucune
referve
de recevoir
ce
Baptefme
les uns aprés les autres
; ce qu'ils font en effuyant
tous ces fceaux
d'eau fur leur
corps ; il y eut une maniere
de
le donner
proportionnée
& convenable
aux perfonnes
de diftinction
quife trouverent
dans.
noftre
bord
comme
eftoient
Meffieurs
les Envoyez
, Offficiers
de Vaiffeau
, Officiers
ر
d'Infanterie
, & autres Paffagers.
Ceux
GALANT 193
و
Ceux qui font ordinairement
commis pour exercer cette forte
de Comedie ,font quatre des premiers
Pilotes , fuivis de buit ou
dix Matelots. Aprés s'eftre barbouillez
revestus de cables ,
capots autres fortes de hardespropres
à les rendre ridicules ,
le premier Pilote tenant en main
quelque livre de marine ou de pilotage
, fait presterfur ce livre.
ferment à tous ceux qui reçoivent
le Baptême , & jurer hautement
qu'autant de fois que l'occafion
fe prefentera d'en baptifer d'au
tres , ils le feront avec les mefmes
ceremonies que l'on obferve
Novembre 1687 . R
194 MERCURE
&
>
pour eux ; mais comme leur intention
n'est autre que de faire
une certainefomme d'argent, onfe
rachette de ces rafraifchiffemens
,
"& on reçoit le Baptême
enfe lavant
feulement
les mains dans
un baſſin.Ainfi l'on preste leferment
l'on pave en mefme
temps chacun felon fon pouvoir.
-On commença
par Meffieurs
les
Ambasadeurs
, mais ce fut chacun
dans leur chambre , & non
pas au pied dugrand maſt comme
tous les autres.Les
Pilotesfirent
prés de vingt piftoles de cerachat
deceremonie
. Le 22.nous harponnames
unfort grosMarfoin
, dans
GALANT. 195
lequel nous trouvâmes un jeune
marfonneau . Nous allons du
vent de Nord eft depuis cinq
jours, à trois lieues & trois lieues
& demie par heure.
LeJudy premierjour deMay,
nous nous trouvâmes par 13. degrez
33 minutes.Le lendemain le
vent devintfrais extraordinairement
en nous portant toûjours à
noftre route , ce qui nous donnoit
à tous une grande joye par
l'envie que nous avions d'arri
ver au Cap . Le 10. noftre Cap?-
taine avec quelques uns de nos
Officiers s'en allerent à bord du
Gaillard , pour jouer à la baf-
Rij
196 MERCURE
fette , & rapporterent cent cinquante
écus de gain . Le mefme
jour le Pere Tachard avec quelques
Jefuites vinrent du Gailfard
rendre vifite à Monfieur
Ambaffadeur. Le len
demain , onzième du mesme
mois,nous eufmes une Eclypfe de
Soleil , & ilfut cachéfeulement
d'un tiers. Le 13. j'allay au Gail
lard pour voir Meffieurs les Ambaffadeurs
Siamois , par l'ordre
de Monfieur de laLoubere noftre
Ambaffadeur. Fe revins dans
noftre chaloupe avec M¹ de
Farges General des troupes ,
quatre Officiers, tant du Bord
C
GALANT. 197
å
que des troupes, qui vinrent difner
avec noftre Capitaine ; on
les traita magnifiquement
. L'aprés
midy fe paffa à jouër à la
baffette, & noftre Capitaine y fit
un gain fort confiderable . Le 16 .
un vent du Sud un quart de Sud
nous donna pendant deux fois
vingt- quatre heures un fort gros
temps qui nous fit perdre laNormande
pour deux jours feulement.
Le 18. Fefte de la Pentecofte
, nous nous trouvâmes par
les 33. degrez moins 3. minuttes ,
600. lieües feulement éloignez
du Cap de Bonne -Efperance
. Ce mefme jour nous eufmes.
Riij.
198 MERCURE
grande Meffe dans noftre Bord
avec la Simphonie des violons ,
Monfieur Sebret rendit le
·Pain benit , ayant cu le chanteau
du jour de Pafques , ce
qu'il fit d'une maniere fort propre.
Le 19.il nous mourut un Soldat.
Les Pilotes ne nous faisant
plus qu'à quatre cens lieuës du
Cap , le ventfe mit àl'Ouest &
fi frais , qu'il nous faifoit faire
prés de trois lieues & demie par
heure . Le 10. de Juin prefque
tous nos Pilotes fe trouverent
terre , nous ne la découvrions
point encore ; mais le 11.
fur le Midy, nous commençâmes
à
1
GALANT.. 199
, י
à la voir , & ce fut pour nous
un fujet de joye inconcevable,
ayant efté depuis cent troisjours
à la voile fans toucher terre
& quatre- vingt- dix jours fans
la voir. Enfin le mefme jourfur
les quatre heures , nous mouillâ
mes dans la rade du Cap de
Bonne-Esperance , & le lendemain
nous faluames la Fortereffe
de fept coups de Canons ;
elle nous rendit le falut coup
par coup. Le Gouverneur nous
y a fait mille honneftetez, avec
des prefens de boeufs , moutons ,
herbages , & autres fortes de
rufraifchiffemens , dont il a fait
Riiij
200 MERCURE
prefent à Meffieurs nos Envoyez,
& à quelques - uns des.
Capitaines de noftre Efcadre . Le
15. Meffieurs les Ambassadeurs
Siamois allerent à terre pour voir
Monfieur le Gouverneur du Fort
en fortant de leur Bord , ils
furent faluez par chaque Vaiffeau
de noftre Efcadre de ref
coups de Canon . Le 18. ils
vinrent difner à noßre Bord
lors qu'ils fortirent fur les
trois heures aprés Midy , nous
les faluâmes de neufcoups de
Canon.
Quoy que cette Relation
air efté envoyée entiere , il
GALANT 201
eft aifé de voir que M Mafurier
l'a écrite à mesure que
les chofes fe font pallées. En
voicy la fuite qui a eſté faite
fur le point du rembarque
ment au Cap de Bonne -Efperance
.
Comme je vous envoye fekument
une Relation de noftre
Voyage , ilferoit inutile de repeter
icy bien des choſes en voulant
vous apprendre ce qui s'eft
paffé depuis noftre départ de
Breft. Noftre navigation a efté
la plus heureufe du monde ,
nos Pilotes fe font trouvez fi
justes à leur point , que toute
ع و س
202 MERCURE
crois
où
leur erreur n'a pas efté de plus
de vingt ou trente lieuës , ce qui
eft fort rare. Le 11. de Juin
nous arrivafmes à la Rade du
Cap de Bonne-Efperance ,
nous mouillafmes le mefme jour
fur les quatre heures du foir. Je
que vous fçavez que ce
font les Hollandois qui font
Maiftres de cet endroit. Ils fu→
rent un peufurpris de nous voir
arriver fix Vaiffeaux , n'eftant
pas accoûtumez à en voir un fi
grand nombre à la fois , ce qui
les a tenus inquiets & fur leurs.
gardes tout le temps que nous
avons efté. Mr le Gouverneur
GALANT. 203 '
dont
nous y a receus fort honneftement.
Nous y avons trouvé d'affez
hons rafraichiſemens
, &
au delà de ce que nous nous ef
tions proposé , tant en herbages,
qu'en beufs & moutons ,
M. le Gouverneur a fait de
fort gros prefens , & entre autres
a nofire feul Bord , de trois
boeufs & dix- huit moutons, &
buit grandes corbeilles d'herba
ges. Le reste qui nous a esté
neceffaire , nous l'avons acheté,
& fort cherement.La defcription
de cet endroit peut fe faire en
peu de mots. Ce n'est qu'un Village
affez petit, dont les maifons
204 MERCURE
font fort baffes & fort foibles ,
bafties feulement de brique . La
plupart des Habitansfont Hol
Landois , & le refte des Negres,
A quelque distance de là , dans
une espece de prairie , font les
premiers Habitans de ce lieu ,
qu'on nomme Outantos, qui eft,
je crois . la Nation du monde la
plus infame. Ce font gens extremement
noirs , qui n'ont pour
veftement qu'une peau de mouton
, & pourmaison qu'une cabane
dejonc , où ils vivent confusément
hommes , femmes , &
enfans , ne mangeant que de la
viande des Animaux qu'ils trouGALANT.
205
went morts d'eux- mefmes. Le
Mary pour se rendre agreable
àfa Femme fe graiffe de vieille
ordure , & fur tout du fang de
quelque animal. Ils laiffent coler
fecher cefangfur eux. Leurs
cheveux , qui font pareils aux
cheveux des Maures , font fro
tez d'une certaine compofition
de noir avec de la graiffe , & its
y pendent quantité de coquilla
ges, de cloux , & de pieces d'ai
rain .Les Femmes , outre les mefmes
ornemens des hommes , ont
cela de plus , qu'elles sentcurent
les bras les jambes des boyaux
des moutons qu'ils mangent,pour
206 MERCURE
s'en fervir de nourriture lors
qu'elles fe trouvent engagées
dans les deferts.
Fay oublié de vous dire qu'en
arrivant à la rade du Cap ;
nous y trouvafmes la Loire ,
cette Flutte que nous avions perdue
dans le coup de vent que
nous eufmes par le travers du
Cap - verd il y avoit feulement
trois jours qu'elle eftoit
mouillée dans la rade , lorsque
nous y arrivafmes.
Pendant le temps que nous
avons efté icy , it's'eftfait quelque
chaffe avec les fils de M™
de Farges , General des trouGALANT
207
pes ; il y eft auffi venu
luy-mefme. Nous avons tué
quantité de gibier , parce qu'il
s'en trouve extraordinairement
dans les endroits où M le
Gouverneur du Cap nous faifoit
menerpar des tireurs de volée
qu'il nous donnoit . Le gibier
que nous y trouvions eftoit des
Chevreuils & des Gafelles , qui
font des animaux plus gros que
Aes Chevreuils , mais de mefme
qualité , des Faifans , Perdrix,
& Cocqs de Bruieres en tresgrand
nombre. A la derniere
chaffe que nous fifmes avec
M de Farges . nous y
208 MERCURE
prifmes fix Chevreuils & trente
cinq pieces de gibier , tant
en Perdrix , qu'en Faifans ou
Coigs de bruieres.
paffé des Nouvelles de l'arrivée
au Cap de Bonne- Efperance,
des fix Vaiffeaux qui
Novembre 1687. P
170 MERCURE
reconduifent à Siam les Am
baffadeurs de ce , Royaumelà
, qui estoient venus en
France. Je vous appris en
mefme temps le débarquement
des Ambaffadeurs &
des Troupes , & ce qui s'eftoit
paflé à ce débarquement
, ainfi que le bon traitement
qui avoit efté fait
aux François par les Hollan
dois. Je reprens aujourd'huy
de plus haut ce qui regarde
ce Voyage , & vous en envoye
un Journal tres - curieux
qui commence au
jour que la Flote partit de
GALANI . 171
4
Breft , & finit à celuy du
rembarquement au Cap de
Bonne-Efperance . Ce Journal
a efté envoyé par M ' Mafurier,
Gentilhomme
Lionnois ,
qui eft allé à Siam avec M²
de Farges , & qui fait connoiſtre
fon efprit par les remarques
judicieufes
qu'il a
faites , & fon
intelligence
dans la
Marine , par la maniere
dont il
s'explique fur
toutes les chofes qui la
regardent. Voicy comme
il parle dans la Defcription
qu'il a envoyée de ce
Voyage.
Pij
172 MERCURE
A
Prés
avoir
demeuré
24- jours
dans dans
la Rade
de
Breft , nous fommes enfin partis
le premier jour de Mars ,
1657. fur les onze heures du
matin pour faire le voyage.
de Siam . Noftre Efcadre eftoit
compofee de fix Vaiffeaux ,
dont le moindre eftoit la Maligne,
cette Fregate legere du
port de cent cinquante tonneaux
, qui y alla avec M
le Chevalier de Chaumont ,
le plus grand eftoit le Gaillard
, noftre commandant , du
port de quatre cens foixante
GALANT. 173
des Officiers
tonneaux. Voicy le nom de ces
fix Vaiffeaux
en chef qui les commandoient.
Le Gaillard , l'Oifcau , la
Loire, la Normande , le Dromadaire
& la Maligne . Le
Gaillard estoit commandé par
M de Vaudricourt , cornmandant
l'Efcadre , fon fecond
Capitaine eftoit M de
Saint-Clerc fon Lieutenant
M de la Leine ; fes En-
Mrs Chamau-
L'Oifeignes
reau Lombut.
&
feau eftoit commandé par M
du Quefne ; fes Lieutenans
eftoient M Defcartes &
2
P iij
174 MERCURE
ان
Mde Bonneuil ; fes Enfeignes
, Mde Tiva , &
M de Freterville . La Loire
commandée
commandée par M²
eftoit
de Foyenfe ; fon Lieutenant ,
M de la Croifferiere , fon
Enfeigne M de Chiftery.
La Normande eftoit commandée
par M de Courfel ;
fons Lieutenant &Ms du Farsate
sufons Enfeignes M² de la
Machefoliere. Les Dromadaire
eftoit commandé par Mª
d'Endeve fon Lieutenant ,
M de Marillys ,infon Enfeigne
, M de Vieuchant.
La Maligne eftoit commandée
SGALANT. 175
par M de Perriere , fon Lieutenant
M de la Lié fervant
de Lieutenant , de premier Pilote
d'Enfeignes (0 )
Doux
nous
Le lendemain fecond jour du
mois de Mars , nous mifmes à la
voile & partifnies de Camarreft ,
qui est une petite rade à
trois dieues de Brest ,
-avions mouillé le foir precedent
pour attendre la Maligne qui
- fortit feulement ce jour-là du
Port de Breft , & nous pouffâmes
au large avec un vent ar
riere qui nous fit bien- toft perdre
la terre de vue . Le Mardy
3. vers une heure aprés Midy ,
Piiij
176 MERCURE
nous rencontrames une Flutte
Holandoife qui paffa fans nous
falüer , parce qu'elle n'avoit
point de Canon . Le Vendredy 6..
nous nous trouvâmes à la hauteur
du Cap de Finifierre &
-avions fait felon l'estime du
Pilote cent vingt ou cent trente
lieuës . Le mefme jour fur les
dix heures du matin , nous rencontrâmes
une Flutte Angloife
qui ne fit que paffer fort prés de
nous & nousfalüer en mettant
fon pavillon , à quoy nous répondifmes
de même en mettant
le noftre,
Le Samedy 7. nous eufmes un
GALANT. 177
vent de Nord-Nord- est qui
nous donna un tres -gros temps ,
jufqu'au Lundy au foir , ce qui
naus fit perdre la Loire, une de
nos Flûte fans fçavoir ce qu'elle
eftoit devenue . Le 13. nous fifmes
rencontre d'une Barque Angloife
, dans laquelle il n'y avoit
quefix ou fept hommes , elle nous
aborda fur les trois heures du
foir , comme fi elle nous avoit
voulu parler , ce qu'elle fit effectivement,
& nous apprit qu'elle
eftoit partie depuis quinze jours
jours de Brifco en Irlande , &
s'en alloit aux Ifles de Madere
chargée de harang & de bega
178 MERCURE
Salé. Elle fut deux jours à noftre
route, jufqu'à ce qu'ellefe trouva
à la hauteur de ces Ifles . Le is.
nous decouvrifmes une Ifle nommée
Porto Santo , qui est une
Ille deferte , &fans autres animaux
que des Canards & des
Lapins , nous ne l'approchâ–
mes que de trois lieuës . Le 17. Il
nous mourut un Matelot . Le 18 .
Nous découvrifmes une des Ifles
desCanaries nomméel Ifle de Salvago
ce fut environ fur les
fept heures du matins en eftant
encore éloignez de neuf à dix
lieües. Le 29. environ à la même
heure , nous apperçûmes à noftre
GALANT. 179
horifon deux bastimens que nous
crûmes Corfaires Saltins . Nous
nous feparames auffi- toft de noftre
Efcadre pour en aller recon-
`n i tre un; mais aprés avoir couru
quelque temps deffus , noftre Capitaine
aima mieux continuer fa
route , fit auffi- toft revirer de
bord,fans avoirefté affez prés de
ce bastimentpour l'avoirpû feurement
reconnoistre mais comme
il venoit en dépendant fur nous
il vint paffer cinq ou fix heures
aprés yfortproche de noftre Vaiffeau
avec le pavillon d'Angle-
-verre , & it
luy donnaffions aucunes marques
Tatáns cque
nous
180 MERCURE
de ce que nous eftions . Le 10.
nous nous trouvâmes entre l'Ifle
de Palme & l'Ile de Gomorre
, eftant à la hauteur de vingtbuit
degrez & àprés de cinq cens
lieuës de Breft. L'Ile de Palme
est une fortgrande Ifles , dont les
terres font fertiles & abondantes
en toutes fortes de danrées ,
habitée en plufieurs endroitspar
les Espagnols à qui elle eft . Le
mefme jourfort tard , nous reconnufmes
à quelques lieuës de
là l'ifle de Fer ; il y avoit deux
jours que nous estions dans les
vents Alifez quifont des vents
qui ne manquent jamais de reGALANT.
181
gner en une pareille faifon dans
ces paffages- là . Ils continuerent
à venter fi beau & bon frais ,
qu'ils nous faifoient
faire juf
qu'à quatre lieues par heure . Le
22. nous paſſâmeș
leTropique
&
le 24. nostre Capitaine
fit mettre
la Chaloupe
dehors , pour aller
à bord du Gaillard
, à deffein de
demander
au Commandant
s'il
pouvoitfaire de l'eau au Capvert,
à la hauteur duquel nous nous
trouvions
pour lors , craignant
de n'en avoir pas fuffisamment
pourarriver
juſqu' auCap de bonne
Esperance
; mais comme il
vouloit profiterdu vent favora182
MERCURE
ble que nous avions , il ne luy
permit point d'y moüiller. Quatre
jours aprés nous eûmes un calme
qui nous tint cinq jours.
Pendant ce temps- là nous vifmes
differents poiffons fans en
pouvoirprendre aucun.Ñous vtmes
encore dans ces mefmes
parages quantité de poiffons
volans , & mesme il y en
eut quelques - uns qui donnerent
dans nos voiles . Ce
font des poiffons de la groffeur
d'un Harang, n'ayant que deux
nageoires affez grandes , qui leur
fervent à nager dans l'eau , &
à voler dehors , pour éviter Iss
GALANT. 183
Bonnittes & les Requains , qui
les pourfuivent , & s'en nour
riffent. Ces Requains furent les
poiffons que nous vifmes le plus
fouvent. Ils font fort grands ,
extrémement dangereux pour
ceux qui malheureusement fe
laiffent tomber à la Mer ,
estant bien plus avides de la
chair humaine , que de toute autre
forte d'apast , & bien fouvent
ils emportent une jambe
ou la moitié du corps a un homme,
lors qu'ils les trouvent dans
Peau , vif ou mort. Le 29. noftre
Capitaine fe fervant de l'occafion
que luy donnoit le calmes
4
184 MERCURE
envoya la Chaloupe à bord du
Dromadaire
,
pour porter des
Lettres à quelques- uns des Officiers
, qui nous apprirent dans
leurs réponses la maladie de
trente ou quarante des leurs ,
tant Matelots que Soldats , &
de deux Matelots qui la
perte
fe noyerent en manoeuvrant ,·
d'un grand coup de vent , que
nous avions eu le 8. du mefme
mois.
Comme il eft fort rare dans
un endroit comme celuy- cy , de
s'acquitter des Offices ordinaires
que l'on dit dans nos Paroiffes
pendant la Semainefainte, d'une
GALANT. 185
maniere auffi édifianie qu'on le
fit dans noftre Bords, & que
les Officiers les plus anciens dans
·la Marine , affurent ne l'avoir
pas veu depuis qu'ils navigent,
je croy qu'il ne fera pas hors de
propos d'en dire icy quelque chofe
. Il est vray que nous attribuames
la plus grande partie de
la gloire qui fut renduë à Dieu
dans ce faint temps , auxfoins
particuliers , & aux peines que
fe donnerent avec un zele ardent
les PeresJefuites , que nous
eufmes le bonheur d'avoir dans
nostre Bord. Pendant toute cette
Semaine , nous eûmes exacte-
Novembre 1687.
V
186 MERCURE
ment tous les jours Sermon , &
les Offices ordinaires de ce ter temps
yfurent regulierement obfervez.
Le Mercredy , Jeudy & Vendredy
faint nous chantafmes
Tenebres ; du feudy au Vendredy
le Saint Sacrement fut exposé
pendant vingt-quatre heures
le lendemain Vendredy
nous exfmes le Sermon fur la
Paffion par un de ces Peres, avec
l'applaudiffement de tous ceux
du Vaiffeau , & le Samedy, &
le Dimanche de Pafques , il y
eut grand' Meßse avec la fimphonie
des Violons , des Haut-
Flûtes doutes. bois ,
ПGALANT. 187
5
Le premier d'Avril nous nous
trouvaſmes à la hauteur de buit
•degrez quarante minutes & le
calme nous tint dans ce mefme
endroit pendant quinze jours.
Le 2. nous eufmes vifite des Officiers
du Dromadaire, & le 3.
M. de Farges General des Trovpesqui
vont à Siam , vint difner
staa noftre Bord. On l'y recent avec
toute la propreté & toute la magnificence
poffible dans un endroit
comme celuy.cy. L'aprésmidy
fe paffa aujeu de la Baffette.
Le s. nous prifmes deux
fort gros Requains, fur lefquels
nous trouvions des poiffons atta-
Q ij
188 MERCURE
les Marins appellent > chez
que
Suffets
. Ils
font
de la groffeur
d'une
Sardine
, &
ne
quittent
point
cet
animal
qu'il
ne
foit
mort
. Depuis
le s . jusqu'au
7.
nous
nous
trouvafmes
à pic
du
Soleil
, c'est
à dire
, qu'il
eftoit
fi
perpendiculairemennt fur nous ..
qu'il nousfut impoffible de prendre
hauteur pendant ces deux
jours , parce qu'à midy , qui eft
l'heure où l'on prend hauteur, le
Soleil ne faifoit aucune ombre ,
ce qui nous fit fentir de tresgrandes
chaleurs. Tout l'Equipage
en fouffrit ,par la foif qu'il
reffentoit de ces grandes chaleurs .
GALANT. 189
Le s.il nous vint un peu de vent,
qui nous fit trouver le lendemain
à deux degrez une minute du
pic. Le 9. nous harponnafmes des
Marfoins , qui font de fort gros
poiffons. Cet animal eft à peu
prés de la figure d'un cochon ,
ceux que nous prenions eftoient
de deux trois cens pefant. Il
a le fang chaud, & il n'y aguere
de difference de fa chair à celle
d'un Bauf. Le lendemain nous
prifmes une Dorade , qui eft un
poiffon tout doré , & prefque de
mefme figure que l'Alofe. Ieft
tres-bon à manger. Le 11. nous
découvrifmes à noftre horifon un
190 MERCURE
Vaiffeau que les cal nes nous empefcherent
de pouvoir reconnoifire,
& tous les vents que nous
avions dans ces endroits- cy, ne
venoient que par coups , & nous
obligeoient à ferrer generalement
toutes nos wiles.nalisqun !
Le 19. nous nous trouva/mes
fous la Ligne , & Mrs les Marins
ne manquerent pas à garder
les ceremonies qu'ils ont accoutumé
d'obferver toutes les fois
fois qu'ils la paffent, à l'égard de
ceux qui ne l'ont pas encore pafsée
, de mefme qu'ils le font au
Tropique . à certains Ďétroits.
C'est une Ceremonie profane &
t
C
GALANT
. 191
euxso
༣
ridicule , mais inviolable parmy
Chaque Nation la prati
que diverfement
, & mesme les
Equipages d'une mefme Nation
ne la pratiquent pas tous d'une
mefme maniere. Les François
l'appellent Baptefme, & woicy
la maniere dont elle s'obferva
duns noftre Bord. On rangea
~tant a Bas- bord qu'à Scribord ,
qui font les deux coftez du Vaif-
Jeau , des Bailles & des Curvertes
pleines d'eau de Mer, &
bordez par des Matelots rangez
en haye , chacun unfeau
plein d'eau en main . Ce premier
appareil n'eft que pour l'Equi192
MERCURE
page , c'est à dire , Pilotes, Soldats
, & Matelots
, & comme
tous ceux qui n'ont point
paffe la Ligne font obligez
fans
aucune
referve
de recevoir
ce
Baptefme
les uns aprés les autres
; ce qu'ils font en effuyant
tous ces fceaux
d'eau fur leur
corps ; il y eut une maniere
de
le donner
proportionnée
& convenable
aux perfonnes
de diftinction
quife trouverent
dans.
noftre
bord
comme
eftoient
Meffieurs
les Envoyez
, Offficiers
de Vaiffeau
, Officiers
ر
d'Infanterie
, & autres Paffagers.
Ceux
GALANT 193
و
Ceux qui font ordinairement
commis pour exercer cette forte
de Comedie ,font quatre des premiers
Pilotes , fuivis de buit ou
dix Matelots. Aprés s'eftre barbouillez
revestus de cables ,
capots autres fortes de hardespropres
à les rendre ridicules ,
le premier Pilote tenant en main
quelque livre de marine ou de pilotage
, fait presterfur ce livre.
ferment à tous ceux qui reçoivent
le Baptême , & jurer hautement
qu'autant de fois que l'occafion
fe prefentera d'en baptifer d'au
tres , ils le feront avec les mefmes
ceremonies que l'on obferve
Novembre 1687 . R
194 MERCURE
&
>
pour eux ; mais comme leur intention
n'est autre que de faire
une certainefomme d'argent, onfe
rachette de ces rafraifchiffemens
,
"& on reçoit le Baptême
enfe lavant
feulement
les mains dans
un baſſin.Ainfi l'on preste leferment
l'on pave en mefme
temps chacun felon fon pouvoir.
-On commença
par Meffieurs
les
Ambasadeurs
, mais ce fut chacun
dans leur chambre , & non
pas au pied dugrand maſt comme
tous les autres.Les
Pilotesfirent
prés de vingt piftoles de cerachat
deceremonie
. Le 22.nous harponnames
unfort grosMarfoin
, dans
GALANT. 195
lequel nous trouvâmes un jeune
marfonneau . Nous allons du
vent de Nord eft depuis cinq
jours, à trois lieues & trois lieues
& demie par heure.
LeJudy premierjour deMay,
nous nous trouvâmes par 13. degrez
33 minutes.Le lendemain le
vent devintfrais extraordinairement
en nous portant toûjours à
noftre route , ce qui nous donnoit
à tous une grande joye par
l'envie que nous avions d'arri
ver au Cap . Le 10. noftre Cap?-
taine avec quelques uns de nos
Officiers s'en allerent à bord du
Gaillard , pour jouer à la baf-
Rij
196 MERCURE
fette , & rapporterent cent cinquante
écus de gain . Le mefme
jour le Pere Tachard avec quelques
Jefuites vinrent du Gailfard
rendre vifite à Monfieur
Ambaffadeur. Le len
demain , onzième du mesme
mois,nous eufmes une Eclypfe de
Soleil , & ilfut cachéfeulement
d'un tiers. Le 13. j'allay au Gail
lard pour voir Meffieurs les Ambaffadeurs
Siamois , par l'ordre
de Monfieur de laLoubere noftre
Ambaffadeur. Fe revins dans
noftre chaloupe avec M¹ de
Farges General des troupes ,
quatre Officiers, tant du Bord
C
GALANT. 197
å
que des troupes, qui vinrent difner
avec noftre Capitaine ; on
les traita magnifiquement
. L'aprés
midy fe paffa à jouër à la
baffette, & noftre Capitaine y fit
un gain fort confiderable . Le 16 .
un vent du Sud un quart de Sud
nous donna pendant deux fois
vingt- quatre heures un fort gros
temps qui nous fit perdre laNormande
pour deux jours feulement.
Le 18. Fefte de la Pentecofte
, nous nous trouvâmes par
les 33. degrez moins 3. minuttes ,
600. lieües feulement éloignez
du Cap de Bonne -Efperance
. Ce mefme jour nous eufmes.
Riij.
198 MERCURE
grande Meffe dans noftre Bord
avec la Simphonie des violons ,
Monfieur Sebret rendit le
·Pain benit , ayant cu le chanteau
du jour de Pafques , ce
qu'il fit d'une maniere fort propre.
Le 19.il nous mourut un Soldat.
Les Pilotes ne nous faisant
plus qu'à quatre cens lieuës du
Cap , le ventfe mit àl'Ouest &
fi frais , qu'il nous faifoit faire
prés de trois lieues & demie par
heure . Le 10. de Juin prefque
tous nos Pilotes fe trouverent
terre , nous ne la découvrions
point encore ; mais le 11.
fur le Midy, nous commençâmes
à
1
GALANT.. 199
, י
à la voir , & ce fut pour nous
un fujet de joye inconcevable,
ayant efté depuis cent troisjours
à la voile fans toucher terre
& quatre- vingt- dix jours fans
la voir. Enfin le mefme jourfur
les quatre heures , nous mouillâ
mes dans la rade du Cap de
Bonne-Esperance , & le lendemain
nous faluames la Fortereffe
de fept coups de Canons ;
elle nous rendit le falut coup
par coup. Le Gouverneur nous
y a fait mille honneftetez, avec
des prefens de boeufs , moutons ,
herbages , & autres fortes de
rufraifchiffemens , dont il a fait
Riiij
200 MERCURE
prefent à Meffieurs nos Envoyez,
& à quelques - uns des.
Capitaines de noftre Efcadre . Le
15. Meffieurs les Ambassadeurs
Siamois allerent à terre pour voir
Monfieur le Gouverneur du Fort
en fortant de leur Bord , ils
furent faluez par chaque Vaiffeau
de noftre Efcadre de ref
coups de Canon . Le 18. ils
vinrent difner à noßre Bord
lors qu'ils fortirent fur les
trois heures aprés Midy , nous
les faluâmes de neufcoups de
Canon.
Quoy que cette Relation
air efté envoyée entiere , il
GALANT 201
eft aifé de voir que M Mafurier
l'a écrite à mesure que
les chofes fe font pallées. En
voicy la fuite qui a eſté faite
fur le point du rembarque
ment au Cap de Bonne -Efperance
.
Comme je vous envoye fekument
une Relation de noftre
Voyage , ilferoit inutile de repeter
icy bien des choſes en voulant
vous apprendre ce qui s'eft
paffé depuis noftre départ de
Breft. Noftre navigation a efté
la plus heureufe du monde ,
nos Pilotes fe font trouvez fi
justes à leur point , que toute
ع و س
202 MERCURE
crois
où
leur erreur n'a pas efté de plus
de vingt ou trente lieuës , ce qui
eft fort rare. Le 11. de Juin
nous arrivafmes à la Rade du
Cap de Bonne-Efperance ,
nous mouillafmes le mefme jour
fur les quatre heures du foir. Je
que vous fçavez que ce
font les Hollandois qui font
Maiftres de cet endroit. Ils fu→
rent un peufurpris de nous voir
arriver fix Vaiffeaux , n'eftant
pas accoûtumez à en voir un fi
grand nombre à la fois , ce qui
les a tenus inquiets & fur leurs.
gardes tout le temps que nous
avons efté. Mr le Gouverneur
GALANT. 203 '
dont
nous y a receus fort honneftement.
Nous y avons trouvé d'affez
hons rafraichiſemens
, &
au delà de ce que nous nous ef
tions proposé , tant en herbages,
qu'en beufs & moutons ,
M. le Gouverneur a fait de
fort gros prefens , & entre autres
a nofire feul Bord , de trois
boeufs & dix- huit moutons, &
buit grandes corbeilles d'herba
ges. Le reste qui nous a esté
neceffaire , nous l'avons acheté,
& fort cherement.La defcription
de cet endroit peut fe faire en
peu de mots. Ce n'est qu'un Village
affez petit, dont les maifons
204 MERCURE
font fort baffes & fort foibles ,
bafties feulement de brique . La
plupart des Habitansfont Hol
Landois , & le refte des Negres,
A quelque distance de là , dans
une espece de prairie , font les
premiers Habitans de ce lieu ,
qu'on nomme Outantos, qui eft,
je crois . la Nation du monde la
plus infame. Ce font gens extremement
noirs , qui n'ont pour
veftement qu'une peau de mouton
, & pourmaison qu'une cabane
dejonc , où ils vivent confusément
hommes , femmes , &
enfans , ne mangeant que de la
viande des Animaux qu'ils trouGALANT.
205
went morts d'eux- mefmes. Le
Mary pour se rendre agreable
àfa Femme fe graiffe de vieille
ordure , & fur tout du fang de
quelque animal. Ils laiffent coler
fecher cefangfur eux. Leurs
cheveux , qui font pareils aux
cheveux des Maures , font fro
tez d'une certaine compofition
de noir avec de la graiffe , & its
y pendent quantité de coquilla
ges, de cloux , & de pieces d'ai
rain .Les Femmes , outre les mefmes
ornemens des hommes , ont
cela de plus , qu'elles sentcurent
les bras les jambes des boyaux
des moutons qu'ils mangent,pour
206 MERCURE
s'en fervir de nourriture lors
qu'elles fe trouvent engagées
dans les deferts.
Fay oublié de vous dire qu'en
arrivant à la rade du Cap ;
nous y trouvafmes la Loire ,
cette Flutte que nous avions perdue
dans le coup de vent que
nous eufmes par le travers du
Cap - verd il y avoit feulement
trois jours qu'elle eftoit
mouillée dans la rade , lorsque
nous y arrivafmes.
Pendant le temps que nous
avons efté icy , it's'eftfait quelque
chaffe avec les fils de M™
de Farges , General des trouGALANT
207
pes ; il y eft auffi venu
luy-mefme. Nous avons tué
quantité de gibier , parce qu'il
s'en trouve extraordinairement
dans les endroits où M le
Gouverneur du Cap nous faifoit
menerpar des tireurs de volée
qu'il nous donnoit . Le gibier
que nous y trouvions eftoit des
Chevreuils & des Gafelles , qui
font des animaux plus gros que
Aes Chevreuils , mais de mefme
qualité , des Faifans , Perdrix,
& Cocqs de Bruieres en tresgrand
nombre. A la derniere
chaffe que nous fifmes avec
M de Farges . nous y
208 MERCURE
prifmes fix Chevreuils & trente
cinq pieces de gibier , tant
en Perdrix , qu'en Faifans ou
Coigs de bruieres.
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Résumé : Journal du Voyage des Ambassadeurs de Siam, depuis Brest jusques au Cap de Bonne-Esperance, avec ce qui s'est passé pendant le sejour qu'ils ont fait au Cap. [titre d'après la table]
En 1687, six vaisseaux français partirent de Brest pour le Siam, escortant des ambassadeurs siamois de retour dans leur pays. Le journal de bord, rédigé par M. Masurier, relate le périple jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. L'escadre comprenait les navires Gaillard, Oiseau, Loire, Normande, Dromadaire et Maligne. Le voyage fut marqué par des conditions météorologiques difficiles et des rencontres avec des embarcations étrangères. Plusieurs événements notables se produisirent durant le trajet : la séparation temporaire de la Loire, la découverte des îles Porto Santo et Salvago, ainsi que le décès d'un matelot. Les vents alizés facilitèrent la navigation, mais des périodes de calme ralentirent la progression. Des cérémonies religieuses furent célébrées pendant la Semaine Sainte. Le 19 avril, l'escadre traversa la Ligne Équatoriale, marquant cet événement par des rituels traditionnels. Divers incidents et observations furent enregistrés, tels que la capture de poissons et de marsouins, ainsi qu'une éclipse solaire. Le 11 juin, après 103 jours de navigation, l'escadre arriva à la Rade du Cap de Bonne-Espérance, où elle fut accueillie par le gouverneur hollandais. Les Français y retrouvèrent également la flûte La Loire, qui s'était perdue précédemment. Durant leur séjour, ils participèrent à des chasses, tuant divers gibiers.
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5293
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Début :
Cloche. sapin. vilain. poche. broche. lapin. Martin. accroche. sanglant. talent. [...]
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184 MERCURE
BOUTSRIMEZ
remplirterya ahov
Cloche.
fapin.
Vilain
pocho
broche.
lapin.
Martin,
accroche
fanglant
talent.
divine.
malheureux
amoureux
coquine.
Voila
BOUTSRIMEZ
remplirterya ahov
Cloche.
fapin.
Vilain
pocho
broche.
lapin.
Martin,
accroche
fanglant
talent.
divine.
malheureux
amoureux
coquine.
Voila
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5294
p. 182
III.
Début :
On distribue à la même adresse ci-dessus, le Portrait de Gérard Dow, peint [...]
Mots clefs :
Portrait, Gérard Dou, Violon
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texteReconnaissance textuelle : III.
I I I.
On diftribue à la même adreffe cideffus,
le Portrait de Gérard Dow , peint
par lui-même. Cet Artifte s'eft repréſenté
dans l'enceinte d'une croifée jouant du
violon. L'Eftampe , qui a 15 pouces de
haut fur 11 de large , a été gravée d'un
burin fini & foigné , par Ingouf , le
jeune , prix 4 livres .
On diftribue à la même adreffe cideffus,
le Portrait de Gérard Dow , peint
par lui-même. Cet Artifte s'eft repréſenté
dans l'enceinte d'une croifée jouant du
violon. L'Eftampe , qui a 15 pouces de
haut fur 11 de large , a été gravée d'un
burin fini & foigné , par Ingouf , le
jeune , prix 4 livres .
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5295
p. 182
« Les Amateurs peuvent aussi se procurer, chez le sieur Basan, la suite des [...] »
Début :
Les Amateurs peuvent aussi se procurer, chez le sieur Basan, la suite des [...]
Mots clefs :
Amateurs, Baudouin, Pierre-Antoine Baudouin
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texteReconnaissance textuelle : « Les Amateurs peuvent aussi se procurer, chez le sieur Basan, la suite des [...] »
Les Amateurs peuvent auffi fe procurer
, chez le fieur Bafan , la fuite des
gravures exécutées d'après les tableaux
peints à gouache , par Baudouin. La dernière
Eſtampe de cette fuite eft Marton
Bouquetière. Cette jolie Eftampe eft gravée
par Ponce , prix 1 liv. 4 fols.
, chez le fieur Bafan , la fuite des
gravures exécutées d'après les tableaux
peints à gouache , par Baudouin. La dernière
Eſtampe de cette fuite eft Marton
Bouquetière. Cette jolie Eftampe eft gravée
par Ponce , prix 1 liv. 4 fols.
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5296
p. 63-64
Questions nouvelles.
Début :
Qu'est-ce que le coeur a de commun avec l'esprit ? [...]
Mots clefs :
Amour, Esprit
5297
p. 2488-2489
PORTUGAL.
Début :
On a appris de Campo-Major, sur la Frontiere d'Espagne, que la nuit du 15. au 16, [...]
Mots clefs :
Portugal, Campo-Major, Orage, Lisbonne, Dey, Oran
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texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGA L..
Na appris de Campo- Major , fur la Fron
tiere d'Espagne , que la nuit du 15. au 16,
Septembre, on y avoit essuyé un Orage terrible , et
que le tonnerre étant tombé sur la grande Tour du Château de cette Ville , il avoit mis le feu au
Magazin des Poudres , dans lequel il y en avort
près de 120. milliers , outre une grande quantité de Bombes et de Grenades toutes chargées ; que
Peffet de la poudre avoit été si violent , que tout
Te Château et les quatre Tours inferieures avoient
sauté en l'air , et que plus des trois quarts de la
Ville avoient été entierement détruits ; qu'il n'en
seroit pas resté une seule maison sur pied , si le
feu s'étoit communiqué à une autre Tour peu
éloignée , dans laquelle il y avoit encore so. barils de poudre , qu'outre les maisons renversées ,
celles qui restent avoient été fort endommagées
par la chute des pierres du Château , qui en ont brisé les couvertures et la charpente ; que l'Hôpital des Freres de la Charité avoit été entierement ruiné ; qu'un des Religieux avoit été écrasé,
que dans le Convent de l'Ordre de S. François ,
trois Religieux avoient été tuez , et tous les autres blessez que le Portail de la principale Eglife
avoit été abbatu , l'Hôpital de la Misericorde totalement détruit ; que le 19. on avoit retiré de dessous les ruines 3 ou 400. blessez , et plus de
200, corps morts. Le Roi y a envoyé un grand
;
>
nombre
NOVEMBRE. 1732. 2489
nombre de Chirurgiens de Lisbonne , pour panser les blessez , ausquels S. M. a envoyé tous les
autres secours necessaires dans leurs besoins et
S. M. a donné des ordres pour travailler au plu
tôt aux réparations des Fortifications de cette -
Place.
¿
Le Patron d'une Barque arrivée depuis peu
de Tripoli à Livourne , a rapporté que le G. S.
avoit fait present au Dey de cette Régence d'un
Vaisseau de so. Canons , chargé de munitions
de guerre ; que le Dey avoit envoyé du côté d'O,
ran un corps de Troupes commandé par son fils,
avec quelques pieces de Canon ; qu'on croyoit
que ces Troupes joindroient celles de la Régence
d'Alger , pour inquiéter la Garnison Espagnole d'Oran.
G
Na appris de Campo- Major , fur la Fron
tiere d'Espagne , que la nuit du 15. au 16,
Septembre, on y avoit essuyé un Orage terrible , et
que le tonnerre étant tombé sur la grande Tour du Château de cette Ville , il avoit mis le feu au
Magazin des Poudres , dans lequel il y en avort
près de 120. milliers , outre une grande quantité de Bombes et de Grenades toutes chargées ; que
Peffet de la poudre avoit été si violent , que tout
Te Château et les quatre Tours inferieures avoient
sauté en l'air , et que plus des trois quarts de la
Ville avoient été entierement détruits ; qu'il n'en
seroit pas resté une seule maison sur pied , si le
feu s'étoit communiqué à une autre Tour peu
éloignée , dans laquelle il y avoit encore so. barils de poudre , qu'outre les maisons renversées ,
celles qui restent avoient été fort endommagées
par la chute des pierres du Château , qui en ont brisé les couvertures et la charpente ; que l'Hôpital des Freres de la Charité avoit été entierement ruiné ; qu'un des Religieux avoit été écrasé,
que dans le Convent de l'Ordre de S. François ,
trois Religieux avoient été tuez , et tous les autres blessez que le Portail de la principale Eglife
avoit été abbatu , l'Hôpital de la Misericorde totalement détruit ; que le 19. on avoit retiré de dessous les ruines 3 ou 400. blessez , et plus de
200, corps morts. Le Roi y a envoyé un grand
;
>
nombre
NOVEMBRE. 1732. 2489
nombre de Chirurgiens de Lisbonne , pour panser les blessez , ausquels S. M. a envoyé tous les
autres secours necessaires dans leurs besoins et
S. M. a donné des ordres pour travailler au plu
tôt aux réparations des Fortifications de cette -
Place.
¿
Le Patron d'une Barque arrivée depuis peu
de Tripoli à Livourne , a rapporté que le G. S.
avoit fait present au Dey de cette Régence d'un
Vaisseau de so. Canons , chargé de munitions
de guerre ; que le Dey avoit envoyé du côté d'O,
ran un corps de Troupes commandé par son fils,
avec quelques pieces de Canon ; qu'on croyoit
que ces Troupes joindroient celles de la Régence
d'Alger , pour inquiéter la Garnison Espagnole d'Oran.
G
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Résumé : PORTUGAL.
Le 15 au 16 septembre, un violent orage a frappé Campo-Mayor, à la frontière d'Espagne. La foudre a touché la grande tour du château, provoquant un incendie dans le magasin à poudre, qui contenait environ 120 000 livres de poudre, ainsi que des bombes et grenades chargées. L'explosion a détruit le château et ses quatre tours inférieures, ravageant plus des trois quarts de la ville. Quelques maisons ont été épargnées grâce à l'absence de communication du feu à une autre tour contenant encore 50 barils de poudre. L'hôpital des Frères de la Charité a été entièrement détruit, causant la mort d'un religieux et blessant les autres. Dans le couvent de l'Ordre de Saint-François, trois religieux ont été tués et les autres blessés. Le portail de la principale église et l'hôpital de la Miséricorde ont également été détruits. Le 19 septembre, environ 300 à 400 blessés et plus de 200 morts ont été retirés des ruines. Le roi a envoyé des chirurgiens de Lisbonne pour soigner les blessés et a ordonné des réparations urgentes des fortifications. Par ailleurs, le Dey de Tripoli a reçu un vaisseau de 50 canons chargé de munitions de guerre du Grand Seigneur, et a envoyé des troupes vers Oran pour menacer la garnison espagnole.
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5298
p. 1652-1653
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Les Chefs des Nations Indiennes de Chirakée, vers la Frontiere de la Caroline Méridionale, [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
És Chefs des Nations Indiennes de Chirakée,
vers la Frontiere de la Caroline Méridionale
firent prefentez au Roi le 3. de ce mois à Windfor
où ils eurent l'honneur de baifer la main de Leurs
Majeftez , du Prince de Gales & du Duc de Cumberland.
Le principal d'entre eux, qui porte le titre
de Roi , eft vêtu d'une efpece de Robe de drap
écarlate qui lui defcend jufqu'aux genoux ; les autres
font nuds jufqu'à la ceinture. Ils couchent
fas
JUILLET . 1730. 1653
fur des tables ou fur le plancher dans les couverturés
dont ils s'enveloppent.
És Chefs des Nations Indiennes de Chirakée,
vers la Frontiere de la Caroline Méridionale
firent prefentez au Roi le 3. de ce mois à Windfor
où ils eurent l'honneur de baifer la main de Leurs
Majeftez , du Prince de Gales & du Duc de Cumberland.
Le principal d'entre eux, qui porte le titre
de Roi , eft vêtu d'une efpece de Robe de drap
écarlate qui lui defcend jufqu'aux genoux ; les autres
font nuds jufqu'à la ceinture. Ils couchent
fas
JUILLET . 1730. 1653
fur des tables ou fur le plancher dans les couverturés
dont ils s'enveloppent.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En juillet 1730, des chefs des Nations Indiennes de Chirakée, près de la frontière de la Caroline du Sud, se rendirent en Grande-Bretagne. Ils furent reçus par le roi, le Prince de Galles et le Duc de Cumberland. Le chef principal, vêtu d'une robe écarlate, et les autres, nus jusqu'à la ceinture, dormaient sur des tables ou sur le plancher.
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5299
p. 180-181
De Vienne le 15 Avril 1717.
Début :
Le Poëte Rousseau si connu par ses Ouvrages, s'est acquis [...]
Mots clefs :
Poète, Esprit, Opéra, Troupe italienne, Prince, Vienne
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texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 15 Avril 1717.
De Vienne le 15 Avril 1717 .
Le Poëte Rouffeau fi connu par
fes Ouvrages , s'eſt acquis la réputation
d'un Homme de beaucoup
d'Efprit dans cette Cour. Il la doit
en partie aux Remarques critiques
qu'il fit fur un Opera Italien , intitulé
CONSTANTIN , qui fut joué
le 19 Novembre , en préfence de
Leurs Majeftés Impériales ; le Poëte
y ayant trouvé plufieurs défauts con .
fidérables , communiqua fes réflexions
aux Chefs de la Troupe Italienne
, qui fçurent fi bien en profiter
, que tout le monde s'apperçût
du changement dans la
Repréſentation
fuivante ; ce qui
lui
D'AVRIL. 181
lui attira beaucoup d'égards de la
part de L. M. I. du Prince Emanuel
de Portugal , & de tous les
Minifties Etrangers qui font à
Vienne .
Le Poëte Rouffeau fi connu par
fes Ouvrages , s'eſt acquis la réputation
d'un Homme de beaucoup
d'Efprit dans cette Cour. Il la doit
en partie aux Remarques critiques
qu'il fit fur un Opera Italien , intitulé
CONSTANTIN , qui fut joué
le 19 Novembre , en préfence de
Leurs Majeftés Impériales ; le Poëte
y ayant trouvé plufieurs défauts con .
fidérables , communiqua fes réflexions
aux Chefs de la Troupe Italienne
, qui fçurent fi bien en profiter
, que tout le monde s'apperçût
du changement dans la
Repréſentation
fuivante ; ce qui
lui
D'AVRIL. 181
lui attira beaucoup d'égards de la
part de L. M. I. du Prince Emanuel
de Portugal , & de tous les
Minifties Etrangers qui font à
Vienne .
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5300
p. 182-183
De HAMBOURG, le 4 Janvier 1763.
Début :
Le Roi de Dannemarck ayant chargé le Comte d'Haxthausen , son Ministre à Petersbourg, d'offrir [...]
Mots clefs :
Duché, Couronne, Commissaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 4 Janvier 1763.
De HAMBOURG , le 4 Janvier 1763.
Le Roi de Dannemarck ayant chargé le Comte
d'Haxthaufen , fon Miniftre à Petersbourg , d'offrir
de juftifier les motifs fur lefquels il prétendoit
la co-adminiſtration du Duché de Holſtein
pendant la minorité du Grand- Duc , l'a chargé
en même temps de déclarer que pour donner à
l'Impératrice une preuve de fon eftime & du defir
fincère qu'il a de maintenir l'union & la bonne
intelligence entre les deux Cours , il offroit de fe
défifter de fon droit en fa faveur. S. M. I. y a
fait une réponſe très- amicale , dans laquelle
» après avoir reconnu dans ce défiftement un
» effet de la complaifance du Roi de Danne-
» marck & du defir qu'il marque de maintenir
» la paix , elle témoigne de fon côté qu'elle re-
» cherchera avec empreffement toutes les occa-
>> fions de referrer & de perpétuer l'union an-
» cienne & indiffoluble qui fubfifte fi heureuſe-
>> ment entre fon Empire & la Couronne de
» Dannemarck. » En conféquence de cet arran
gement , on a dû envoyer le 25 du mois dernier
aux deux Commiffaires Danois établis à Kiel
ordre de fe retirer , & de remettre les chofes fur
le même pied où elles étoient ci -devant.
On mande de Lithuanie , qu'une troupe d'environ
deux mille cinq cens Ruffes s'étant avancée
vers Mcziflaw , & ayant commis des hoftilités
dans ce Palatinat , la Nobleffe a affemblé quelques
centaines d'hommes qui ont ataqué les
Ruffes près de Zabou , en on tué foixante- dix ,
pris foixante , & mis le refte en fuite ; cent autres
fe font noyés dans la petite riviere de Sofz ,
en voulant la paffer. Les Lithuaniens n'ont perdu
dans cette affaire que trois hommes & une quaFEVRIER
. 1763. 183
rantaine de chevaux . Comme on craint que les
Ruffes ne reviennent à la charge avec des forces
plus confidérables , la Nobleffe du Palatinat
s'eft mise en état de défendre le paffage de la
Sofz , & a envoyé fur le champ deux Députés ,
l'un pour Warlovie , l'autre pour Mofcou , chargés
d'expofer les motifs de la réſolution qu'elle
s'eft vue forcée de prendre.
Le Roi de Dannemarck ayant chargé le Comte
d'Haxthaufen , fon Miniftre à Petersbourg , d'offrir
de juftifier les motifs fur lefquels il prétendoit
la co-adminiſtration du Duché de Holſtein
pendant la minorité du Grand- Duc , l'a chargé
en même temps de déclarer que pour donner à
l'Impératrice une preuve de fon eftime & du defir
fincère qu'il a de maintenir l'union & la bonne
intelligence entre les deux Cours , il offroit de fe
défifter de fon droit en fa faveur. S. M. I. y a
fait une réponſe très- amicale , dans laquelle
» après avoir reconnu dans ce défiftement un
» effet de la complaifance du Roi de Danne-
» marck & du defir qu'il marque de maintenir
» la paix , elle témoigne de fon côté qu'elle re-
» cherchera avec empreffement toutes les occa-
>> fions de referrer & de perpétuer l'union an-
» cienne & indiffoluble qui fubfifte fi heureuſe-
>> ment entre fon Empire & la Couronne de
» Dannemarck. » En conféquence de cet arran
gement , on a dû envoyer le 25 du mois dernier
aux deux Commiffaires Danois établis à Kiel
ordre de fe retirer , & de remettre les chofes fur
le même pied où elles étoient ci -devant.
On mande de Lithuanie , qu'une troupe d'environ
deux mille cinq cens Ruffes s'étant avancée
vers Mcziflaw , & ayant commis des hoftilités
dans ce Palatinat , la Nobleffe a affemblé quelques
centaines d'hommes qui ont ataqué les
Ruffes près de Zabou , en on tué foixante- dix ,
pris foixante , & mis le refte en fuite ; cent autres
fe font noyés dans la petite riviere de Sofz ,
en voulant la paffer. Les Lithuaniens n'ont perdu
dans cette affaire que trois hommes & une quaFEVRIER
. 1763. 183
rantaine de chevaux . Comme on craint que les
Ruffes ne reviennent à la charge avec des forces
plus confidérables , la Nobleffe du Palatinat
s'eft mise en état de défendre le paffage de la
Sofz , & a envoyé fur le champ deux Députés ,
l'un pour Warlovie , l'autre pour Mofcou , chargés
d'expofer les motifs de la réſolution qu'elle
s'eft vue forcée de prendre.
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Résumé : De HAMBOURG, le 4 Janvier 1763.
Le 4 janvier 1763, le roi de Danemark a mandaté le comte d'Haxthausen pour proposer une co-administration du Duché de Holstein pendant la minorité du Grand-Duc. Il a également exprimé son intention de céder ses droits à l'Impératrice pour renforcer l'union entre les deux cours. L'Impératrice a accepté favorablement, reconnaissant la volonté de paix du roi de Danemark. Les commissaires danois à Kiel ont été retirés, rétablissant la situation antérieure. En Lituanie, une troupe russe de 2 500 hommes a attaqué Mczislaw. La noblesse locale, avec quelques centaines d'hommes, a repoussé les Russes près de Zabou, tuant soixante-dix d'entre eux et en capturant soixante. Cent autres Russes se sont noyés en traversant la rivière Sofz. Les Lituaniens ont perdu trois hommes et une quarantaine de chevaux. La noblesse du Palatinat s'est préparée à défendre le passage de la Sofz et a envoyé des députés à Warlovie et Moscou pour expliquer sa décision.
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