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Liste
5151
p. 174-185
OPERA. DESCRIPTION critique de la nouvelle Salle, au Palais des Thuileries.
Début :
AVANT l'ouverture du Théâtre on avoit déja imprimé dans des Feuilles Périodiques [...]
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texteReconnaissance textuelle : OPERA. DESCRIPTION critique de la nouvelle Salle, au Palais des Thuileries.
OPERA.
DESCRIPTION critique de la nouvelle
Salle, au Palais des Thuileries.
AVANT l'ouverture du Théâtre on
avoit déja imprimé dans des Feuilles Périodiques
une eſpècede Deſcriptionde
la nouvelle Salle , qui n'eſt pas con-
forme à la réalité en quelques Parties.
Il s'eſt depuis répandu dans le Pu
blic( par des préventions précipitées ou
pard'autres motifs)des idées peu éxac-
tes à beaucoup d'égards ſur le même
objet : c'eſt ce qui nous détermine à
commencer par expoſer , avec la plus
grande fidélité , la vraie diſpoſition de
ce lieu qui devient ſi intéreſſant à l'a-
muſement du Public.
En permettant d'établir proviſoire-
ment une Salle d'Opéra aux Thuileries ,
dans la partie du Théâtre de la Salle des
Machines , il avoit été preſcrit , ainſi que
nous l'avons annoncédans le temps ,'que
la forme & la distribution feroient les
mêmes que dans l'ancienne Salle du
FEVRIER. 1764.
175
Palais Royal , afin que les Locataires
des Loges s'y retrouvaſſent pour ainſi
dire dans les mêmes pofitions , fans
qu'il fût beſoin de paffer de nouveaux
Baux. C'eſt ce qui a été pratiqué. Ainfi
ſa forme n'eſt point ovale comme on
l'a avancé dans ces feuilles périodiques,
(ninepouvoit l'être dans l'eſpacedonné)
mais entiérement pareille à l'ancienne,
dontà cetégard elle eſt une éxacte copie.
Il en eſt réſulté un afſujettiſſement in
furmontable , qui doit anéantir toutce
qu'on auroit à dire ou à defirer ſur le
meilleur effet des plans en ce genre.
Comme le local procuroit plus d'eſpace,
-en certain ſens , on en a profité en
donnant ſeulement plusde longueur ,
plus de largeur & plus d'élévation ,
principalement au Théâtre. On a dif-
tribué le ſurplus d'étendue ſur tou-
tesles Loges ; enforte que les Specta-
teurs y font beaucoup moins preffés
que dans les anciennes , & qu'il s'en
trouve quelques-unes plus ſpacieuſes
dans la partie ceintrée du fond. Ce mê-
me avantage a facilité le moyen de
procurer environ 40 places de plus à
l'Amphithéâtre & un plus grand nom-
bre au Parterre. Maîtres de l'élévation
on a donné à cette Salle ſept à huit
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
pieds de plus de hauteur , ce qui aſervi à
élever davantage toutes les Loges : mais
principalement les Premieres ; tant au-
deſſusdu Parterre que dans leur intérieur.
Il eſt incontestable , 1°. que cela procure
bien plusde facilité pour la circulationde
l'air & que dans les plus fortes Repré-
ſentations , on n'y eſt point incom-
modé de la chaleur. 2°. Que les deſſous
des Loges forment par là un ſupplé-
ment affez vaſte au Parterre , pour
n'y être point étouffé , ni , pour ainfi
dire , écrafé ſous les planchers , com-
me dans les anciennes Salles. Les
ſecondes Loges fontauſſi plus élevées
dans leur intérieur,que n'étoient les an-
ciennes ; (*) mais comme parl'élévation
des Premieres, celles-ci ſe trouvent por-
tées à plus de hauteur, le premier coup
d'œil en juge autrement. C'eſt particu-
liérement cet effet apparent qui a fait
naître quelques réflexions critiques.
Avant d'improuver cette diſpoſition ,
éxaminons ſi les Loges , partagées par
des piliers , ne repréſentent pas à-peu-
près , relativement au Parterre, pluſieurs
étages de fenêtres qui environneroient
une cour. Dans ce cas , voyons s'il n'eſt
( * ) Cette vérité peutſevérifierpar les meſures.
FEVRIER . 1764.
177
pas dans l'ordre des proportions , pour
les Edifices nobles & élégans , de don-
ner beaucoup plus de hauteur aux pre-
miers Etages qu'aux autres ? Quelques
fois ces premiers étages ne ſont ſurmon-
tés que de ce qu'on appelle unAttique,
qui ne produit que des ouvertures baſſes
& dans une extrême inégalité avec celle
des Premiers , fans qu'alors les loix des
proportions foient violées, ni ſans que
nos regards en foient bleffés,parce qu'ils
y font accoutumés. C'eſt donc fur cette
ſeule habitude, qui domine les fens & la
raiſon , que pourroit être fondé le re-
proche , beaucoup plus que fur aucun
défaut réel. On pourroit en conféquen-
ce, afſurer que ſi, dans fix mois , il étoit
poſſible de rétablir l'ancienne Salle &
d'y introduire les mêmes Spectateurs
qui ont trouvé cet exhauſſement
étrange , ils concevroient à peine qu'ils
euffent pû ſupporter auffi longtemps
l'aspect & les incommodités d'un lieu
dont toutes les parties étoient auſſi
écraſées. On s'accoutumera encore avec
le temps à trouver ſur un Théâtre plus
vaſte & plus exhaufféles objets plus pe-
tits , ſansque cet effet doive être reputé
ún inconvénient. La diminution appa-
rente des objets eſt ſi peuun déſagré
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
ment en certains cas que la perſpective
artificielle eſt obligée d'employer fou-
vent ſes refſources pour imiter la perf-
pective naturelle à cet égard,& donner
par-là l'idée illuſoire d'un lieu plus vaſte
ou plus éloigné ; ce qui ſatisfaitmieux
l'imagination , toutes les fois que l'on
veut repréſenter de grands Spectacles.
Il eſt fort naturel que l'on ait été d'a-
bord étonné de certaines proportions fi
oppoſées à nos Salles anciennes , où
dans une eſpèce de caverne on diſtri-
buoit, par petites cazes égales ,dequoi
loger leplus de Spectateurs qu'il étoit
poffible ; à-peu-près comme on niche
des pigeons dans un colombier. Déga-
gés du joug de cette habitude , on fe
gardera bien fans doute de renoncer
à ce qu'offre de plus favorable cette
nouvelle Salle , ſauf plutôt à augmen-
ter dans celles que l'on conſtruira par
la fuite , & où les lieux & les circonf
tances rendront les diſpoſitions plus
libres.
Trois rangs de Loges , foutenues
& diviſées par des piliers rehauffés d'or
& ornés de conſoles , règnent au
pourtour de cette Salle. Les Devantures
bombées,ſont d'un verd très-clair , avec
des ornemens enord'un fortbeau genre,
-
FEVRIER. 1764.
179
& affez artificieuſement exécutés pour
rendre tout l'effet du relief. Les inté-
rieurs font meublés d'étoffes dontla cou-
leur eſt aſſortie à la peinture , & tres-fa-
vorable à la parure ainſi qu'à l'éclat na-
turel des femmes quiles occupent. Les
ornemens des ſeconds & troifièmes Bal-
cons font diftingués par plus de richeffe
& par d'autres deffeins, de ceux des Lo-
ges ; mais le même fond règne dans
toute la Salle. Les ſoubaſſemens del'Am-
phithéâtre & des premiers Balcons font
en marbre verd campant de pluſieurs
nuances , avec des rehauffés d'or dans
les moulures des panneaux.
Une des parties , dont l'extérieur
eſt auſſi bientraitéque ſon intérieur, eſt
commode & agréable , eſt celle qu'on
appelle vulgairement dans nos Specta-
cles LE PARADIS . Ce lieu forme une
eſpèce de ſecond Amphithéâtre en re-
traite , au-deſſus des ſecondes Loges ,
lequel s'enfonce dans l'extrêmité cein-
trée de la Salle. Des arcades décorées
relativement au reſte , en terminent
l'enceinte. Les places y font difpo-
fées ſur des banquettes en gradins
au deſſus du doſſier deſquelles ,
refte encore des eſpaces pour voir &
pour entendre debout. Comme on a
H vj
il
180 MERCURE DE FRANCE.
renfermé cette enceinte, la licence & le
déſœuvrement ont un peu murmuré de
cette précaution ; mais l'attention paiſi-
ble des Citoyens honnêtes ſe trouve
fort bien d'être à l'abri du trouble , &
quelquefois de l'indécence , d'un cer-
tain genre de Spectateurs qui fréquen-
toient ce lieu dans l'autre Salle.
Nous avons parlé, dans un précédent
Mercure , du Platfond, de la convenan-
ce & de la richeſſe de ſes ornemens. Il
eſt, ainſi que nous l'avons déja dit , par-
tagé en pluſieurs compartimens variés.
Celui qui ſe trouve au-deſſus de l'Am-
phithéâtre , en Mosaïque d'un très-bon
goût , figure fi bienune Coupole, que
l'œil y eſt agréablement trompé. La clef
de cette feinte Coupole s'enlève à vo-
lonté,pourrenouvellerl'air quandil eneſt
beſoin. Tout le Platfond porte ſur une
corniche en vouſſure très- richement or-
née en or , & règne juſques ſur la partie
de l'Avant-ſcène.
Le Théâtre eſt ouvert dans toute la
largeur intérieure , & prèſque dans toute
la hauteur de la Salle , dont il n'eſt ſépa-
ré que par deux grands Termes , qui
paroiſſent foutenir les parties d'un Ri-
deau ouvert , ſous une pente d'étoffe
feſtonnée qui borde toute l'Avant-
Scène.
FEVRIER. 1764.
181
Un Théâtre , plus vaſte , plus profond
& plus élevé qu'aucun de ceux qu'on
ait encore vus dans la Capitale , donne
lieu à plus de grandeur & de magni-
ficence dans la repréſentation de nos
Opéras : ce qui ajoute un nouvel éclat à
la pompe & au merveilleux de ce genre
de Spectacle. Le Rideau de clôture ,
qu'on appelle communément la Toile ,
eſt un fond damaſſé relatif au colo-
ris général de la Salle , ſur lequel eſt un
Chiffre royal en or , enlacé dans des or-
mens , & encadré par une riche cam-
pane. Ce genre fimple & noble , bien
plus convenable pour cet uſage que les
fujets en figures & coloriés , contribue
à completter l'idée d'une Salle de Palais,
plutôt qu'un lieude Spectacle public , &
le tout répond parfaitement au lieu
dans lequel ſe trouve aujourd'hui celui
de l'Opéra.
Une condition capitale eſt fans con-
tredit la résonance. On a cherché
d'abord a jetter des doutes à cet
égard. On les fondoit fur ce qu'à la pre-
mière Repréſentation , la Voute de def-
ſous l'Orcheſtre n'ayant pû être ache-
yée , les baſſes inſtrumentales ne ren-
doient pas tout le ſon qu'on auroit defi-
ré. Cet inconvénient accidentel a ceffé
182 MERCURE DE FRANCE.
dès que les meſures priſes pour l'effet
contraire ont pu être éxécutées. Obligés
de rendre témoignage à la vérité , nous
n'avons qu'une choſe de fait à publier
fur cela Les voix d'un médiocre volu-
me , font entendues diftinctement dans
toute la Salle , il en eſt même qui y
trouvent de l'avantage ; & l'Acteur qui
chante le rôle de Jupiter au fond des
Décorations , dans le troiſième Acte de
Castor & Pollux, eſt très-bien entendu
du fond de l'Amphithéâtre. Ce qui fait
environ 70pieds de diſtance au moins ,
fans compter la déperdition des percés
dont il eſt environné.
On a fait bien des obſervations fur cette
Salle. Nous venons d'en diſcuter quel-
ques-unes des principales. L'équité veut
quenous répétions encore qu'à l'égard
de pluſieurs de ces obſervations ondoit
fe rappeller que des ordres abſolus ont
afſujetti à ce qu'elle fut une copie très-
exacte de l'ancienne dans ſa diſtribution .
Indépendammentde cetaſſujettiſſement
primitif, il en eſt d'autres,dans ces fortes
de conſtructions,qui ſont des ſuites for-
cées deconſidérationsparticulières dans
leſquelles le Public n'entre point. Il en
ignore plufieurs ,& il ne connoît pas la
force inſurmontable de quelques autres.
FEVRIER. 1764.
183
Dans le nombre des réproches aux-
quels ne peuvent manquer d'être expo-
fées les Saltes de Spectacles, il en eſt qui
concernentle plusoule moinsde moyens
pour voir mieux & plus commodément
de toutes les Places. Ceci dépendant
d'arrangemens intérieurs & mobiles
و
qui ne peuvent ſe régler bien juſte que
par l'expérience uſuelle , on a déja pour-
vu à quelques parties ,telles qu'à la pente
du Parterre , moyennant laquelle on
voitde tous les points, plus facilement
qu'auparavant. Nous ſommes en état
d'aſſurer qu'on arrangera ſucceſſivement
toutes les autres , aufli promptement que
le temps lepermettra , & qu'enfin on ſe
portera à celles qui exigent plus de tra-
vailpar éxemple aux Balcons , pendantla
prochaine vacance du Théâtre.
On ne croit pas devoir faire mention
des petites critiques , que l'envie dicte
toujours en ces occafions à l'étourderie
& à l'ignorance , d'où ſe forment des
préventions par écho dont le temps ſeul
peut étouffer la voix.
Quelqu'elles foient & quelque crédit
que ces préventions ,déjà détruites en
partie , euſſent pû obtenir , il reſteroit
toujours vrai au Jugement des grands
/
184 MERCURE DE FRANCE.
Artiſtes , à celui des particuliers éclairés
& impartiaux,que cette Salle , malgré les
afſujettiſſemens dont nous avons parlé ,
eſt une des plus belles,des plus agréables
&des plus nobles que l'on ait encore
vues dans la Capitale. La prévention la
plus outréene peut contefter que ce ne
foit en même temps une des plus com-
modes, par ſes corridors ſpacieux , par le
nombre , la facilité & l'ordre des eſca-
liers dedégagemens , ainſi que par ſes
iffues. On y entre par trois endroits du
côté des Cours : ſçavoir par une Porte
Principale pour le Public
,
une autre
qui ouvre fur le fond du Théâtre
pour les Acteurs , & une autre dans
la Cour des Suiffes , pour aller au
Théâtre en même tems qu'aux petites
Loges. Du côté du Jardin , le Public
entre par laGallerie qui ſera fermée de
chaffis dans toute longueur , pour que
le paſſage en ſoit à l'abri de toute in-
commodité de l'air. Une autre Porte ,
directement fur la Terraſſe du Jardin ,
eſt ouverte pour monter au Théâtre
& aux petites Loges. La grande Porte
de la Salle des Machines , le ſera pour
la fortie.Ainfi, deux Portes font ouver-
tes pour l'entrée publique ,trois pour
FEVRIER. 1764.
185
les entrées particulières & les fix pour
la fortie générale. Le grand Veſtibule
eſt d'un agrément infini. Il eſt , ainfi
que celui de l'intérieur , garni de Bou-
tiques , y compris celle du Caffé. Cet
agrément fera encore bien plus ſenſi-
bledans la belle faifon , par la com-
munication de ce lieu avec le plus beau
Jardin de l'Europe.
DESCRIPTION critique de la nouvelle
Salle, au Palais des Thuileries.
AVANT l'ouverture du Théâtre on
avoit déja imprimé dans des Feuilles Périodiques
une eſpècede Deſcriptionde
la nouvelle Salle , qui n'eſt pas con-
forme à la réalité en quelques Parties.
Il s'eſt depuis répandu dans le Pu
blic( par des préventions précipitées ou
pard'autres motifs)des idées peu éxac-
tes à beaucoup d'égards ſur le même
objet : c'eſt ce qui nous détermine à
commencer par expoſer , avec la plus
grande fidélité , la vraie diſpoſition de
ce lieu qui devient ſi intéreſſant à l'a-
muſement du Public.
En permettant d'établir proviſoire-
ment une Salle d'Opéra aux Thuileries ,
dans la partie du Théâtre de la Salle des
Machines , il avoit été preſcrit , ainſi que
nous l'avons annoncédans le temps ,'que
la forme & la distribution feroient les
mêmes que dans l'ancienne Salle du
FEVRIER. 1764.
175
Palais Royal , afin que les Locataires
des Loges s'y retrouvaſſent pour ainſi
dire dans les mêmes pofitions , fans
qu'il fût beſoin de paffer de nouveaux
Baux. C'eſt ce qui a été pratiqué. Ainfi
ſa forme n'eſt point ovale comme on
l'a avancé dans ces feuilles périodiques,
(ninepouvoit l'être dans l'eſpacedonné)
mais entiérement pareille à l'ancienne,
dontà cetégard elle eſt une éxacte copie.
Il en eſt réſulté un afſujettiſſement in
furmontable , qui doit anéantir toutce
qu'on auroit à dire ou à defirer ſur le
meilleur effet des plans en ce genre.
Comme le local procuroit plus d'eſpace,
-en certain ſens , on en a profité en
donnant ſeulement plusde longueur ,
plus de largeur & plus d'élévation ,
principalement au Théâtre. On a dif-
tribué le ſurplus d'étendue ſur tou-
tesles Loges ; enforte que les Specta-
teurs y font beaucoup moins preffés
que dans les anciennes , & qu'il s'en
trouve quelques-unes plus ſpacieuſes
dans la partie ceintrée du fond. Ce mê-
me avantage a facilité le moyen de
procurer environ 40 places de plus à
l'Amphithéâtre & un plus grand nom-
bre au Parterre. Maîtres de l'élévation
on a donné à cette Salle ſept à huit
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
pieds de plus de hauteur , ce qui aſervi à
élever davantage toutes les Loges : mais
principalement les Premieres ; tant au-
deſſusdu Parterre que dans leur intérieur.
Il eſt incontestable , 1°. que cela procure
bien plusde facilité pour la circulationde
l'air & que dans les plus fortes Repré-
ſentations , on n'y eſt point incom-
modé de la chaleur. 2°. Que les deſſous
des Loges forment par là un ſupplé-
ment affez vaſte au Parterre , pour
n'y être point étouffé , ni , pour ainfi
dire , écrafé ſous les planchers , com-
me dans les anciennes Salles. Les
ſecondes Loges fontauſſi plus élevées
dans leur intérieur,que n'étoient les an-
ciennes ; (*) mais comme parl'élévation
des Premieres, celles-ci ſe trouvent por-
tées à plus de hauteur, le premier coup
d'œil en juge autrement. C'eſt particu-
liérement cet effet apparent qui a fait
naître quelques réflexions critiques.
Avant d'improuver cette diſpoſition ,
éxaminons ſi les Loges , partagées par
des piliers , ne repréſentent pas à-peu-
près , relativement au Parterre, pluſieurs
étages de fenêtres qui environneroient
une cour. Dans ce cas , voyons s'il n'eſt
( * ) Cette vérité peutſevérifierpar les meſures.
FEVRIER . 1764.
177
pas dans l'ordre des proportions , pour
les Edifices nobles & élégans , de don-
ner beaucoup plus de hauteur aux pre-
miers Etages qu'aux autres ? Quelques
fois ces premiers étages ne ſont ſurmon-
tés que de ce qu'on appelle unAttique,
qui ne produit que des ouvertures baſſes
& dans une extrême inégalité avec celle
des Premiers , fans qu'alors les loix des
proportions foient violées, ni ſans que
nos regards en foient bleffés,parce qu'ils
y font accoutumés. C'eſt donc fur cette
ſeule habitude, qui domine les fens & la
raiſon , que pourroit être fondé le re-
proche , beaucoup plus que fur aucun
défaut réel. On pourroit en conféquen-
ce, afſurer que ſi, dans fix mois , il étoit
poſſible de rétablir l'ancienne Salle &
d'y introduire les mêmes Spectateurs
qui ont trouvé cet exhauſſement
étrange , ils concevroient à peine qu'ils
euffent pû ſupporter auffi longtemps
l'aspect & les incommodités d'un lieu
dont toutes les parties étoient auſſi
écraſées. On s'accoutumera encore avec
le temps à trouver ſur un Théâtre plus
vaſte & plus exhaufféles objets plus pe-
tits , ſansque cet effet doive être reputé
ún inconvénient. La diminution appa-
rente des objets eſt ſi peuun déſagré
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
ment en certains cas que la perſpective
artificielle eſt obligée d'employer fou-
vent ſes refſources pour imiter la perf-
pective naturelle à cet égard,& donner
par-là l'idée illuſoire d'un lieu plus vaſte
ou plus éloigné ; ce qui ſatisfaitmieux
l'imagination , toutes les fois que l'on
veut repréſenter de grands Spectacles.
Il eſt fort naturel que l'on ait été d'a-
bord étonné de certaines proportions fi
oppoſées à nos Salles anciennes , où
dans une eſpèce de caverne on diſtri-
buoit, par petites cazes égales ,dequoi
loger leplus de Spectateurs qu'il étoit
poffible ; à-peu-près comme on niche
des pigeons dans un colombier. Déga-
gés du joug de cette habitude , on fe
gardera bien fans doute de renoncer
à ce qu'offre de plus favorable cette
nouvelle Salle , ſauf plutôt à augmen-
ter dans celles que l'on conſtruira par
la fuite , & où les lieux & les circonf
tances rendront les diſpoſitions plus
libres.
Trois rangs de Loges , foutenues
& diviſées par des piliers rehauffés d'or
& ornés de conſoles , règnent au
pourtour de cette Salle. Les Devantures
bombées,ſont d'un verd très-clair , avec
des ornemens enord'un fortbeau genre,
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& affez artificieuſement exécutés pour
rendre tout l'effet du relief. Les inté-
rieurs font meublés d'étoffes dontla cou-
leur eſt aſſortie à la peinture , & tres-fa-
vorable à la parure ainſi qu'à l'éclat na-
turel des femmes quiles occupent. Les
ornemens des ſeconds & troifièmes Bal-
cons font diftingués par plus de richeffe
& par d'autres deffeins, de ceux des Lo-
ges ; mais le même fond règne dans
toute la Salle. Les ſoubaſſemens del'Am-
phithéâtre & des premiers Balcons font
en marbre verd campant de pluſieurs
nuances , avec des rehauffés d'or dans
les moulures des panneaux.
Une des parties , dont l'extérieur
eſt auſſi bientraitéque ſon intérieur, eſt
commode & agréable , eſt celle qu'on
appelle vulgairement dans nos Specta-
cles LE PARADIS . Ce lieu forme une
eſpèce de ſecond Amphithéâtre en re-
traite , au-deſſus des ſecondes Loges ,
lequel s'enfonce dans l'extrêmité cein-
trée de la Salle. Des arcades décorées
relativement au reſte , en terminent
l'enceinte. Les places y font difpo-
fées ſur des banquettes en gradins
au deſſus du doſſier deſquelles ,
refte encore des eſpaces pour voir &
pour entendre debout. Comme on a
H vj
il
180 MERCURE DE FRANCE.
renfermé cette enceinte, la licence & le
déſœuvrement ont un peu murmuré de
cette précaution ; mais l'attention paiſi-
ble des Citoyens honnêtes ſe trouve
fort bien d'être à l'abri du trouble , &
quelquefois de l'indécence , d'un cer-
tain genre de Spectateurs qui fréquen-
toient ce lieu dans l'autre Salle.
Nous avons parlé, dans un précédent
Mercure , du Platfond, de la convenan-
ce & de la richeſſe de ſes ornemens. Il
eſt, ainſi que nous l'avons déja dit , par-
tagé en pluſieurs compartimens variés.
Celui qui ſe trouve au-deſſus de l'Am-
phithéâtre , en Mosaïque d'un très-bon
goût , figure fi bienune Coupole, que
l'œil y eſt agréablement trompé. La clef
de cette feinte Coupole s'enlève à vo-
lonté,pourrenouvellerl'air quandil eneſt
beſoin. Tout le Platfond porte ſur une
corniche en vouſſure très- richement or-
née en or , & règne juſques ſur la partie
de l'Avant-ſcène.
Le Théâtre eſt ouvert dans toute la
largeur intérieure , & prèſque dans toute
la hauteur de la Salle , dont il n'eſt ſépa-
ré que par deux grands Termes , qui
paroiſſent foutenir les parties d'un Ri-
deau ouvert , ſous une pente d'étoffe
feſtonnée qui borde toute l'Avant-
Scène.
FEVRIER. 1764.
181
Un Théâtre , plus vaſte , plus profond
& plus élevé qu'aucun de ceux qu'on
ait encore vus dans la Capitale , donne
lieu à plus de grandeur & de magni-
ficence dans la repréſentation de nos
Opéras : ce qui ajoute un nouvel éclat à
la pompe & au merveilleux de ce genre
de Spectacle. Le Rideau de clôture ,
qu'on appelle communément la Toile ,
eſt un fond damaſſé relatif au colo-
ris général de la Salle , ſur lequel eſt un
Chiffre royal en or , enlacé dans des or-
mens , & encadré par une riche cam-
pane. Ce genre fimple & noble , bien
plus convenable pour cet uſage que les
fujets en figures & coloriés , contribue
à completter l'idée d'une Salle de Palais,
plutôt qu'un lieude Spectacle public , &
le tout répond parfaitement au lieu
dans lequel ſe trouve aujourd'hui celui
de l'Opéra.
Une condition capitale eſt fans con-
tredit la résonance. On a cherché
d'abord a jetter des doutes à cet
égard. On les fondoit fur ce qu'à la pre-
mière Repréſentation , la Voute de def-
ſous l'Orcheſtre n'ayant pû être ache-
yée , les baſſes inſtrumentales ne ren-
doient pas tout le ſon qu'on auroit defi-
ré. Cet inconvénient accidentel a ceffé
182 MERCURE DE FRANCE.
dès que les meſures priſes pour l'effet
contraire ont pu être éxécutées. Obligés
de rendre témoignage à la vérité , nous
n'avons qu'une choſe de fait à publier
fur cela Les voix d'un médiocre volu-
me , font entendues diftinctement dans
toute la Salle , il en eſt même qui y
trouvent de l'avantage ; & l'Acteur qui
chante le rôle de Jupiter au fond des
Décorations , dans le troiſième Acte de
Castor & Pollux, eſt très-bien entendu
du fond de l'Amphithéâtre. Ce qui fait
environ 70pieds de diſtance au moins ,
fans compter la déperdition des percés
dont il eſt environné.
On a fait bien des obſervations fur cette
Salle. Nous venons d'en diſcuter quel-
ques-unes des principales. L'équité veut
quenous répétions encore qu'à l'égard
de pluſieurs de ces obſervations ondoit
fe rappeller que des ordres abſolus ont
afſujetti à ce qu'elle fut une copie très-
exacte de l'ancienne dans ſa diſtribution .
Indépendammentde cetaſſujettiſſement
primitif, il en eſt d'autres,dans ces fortes
de conſtructions,qui ſont des ſuites for-
cées deconſidérationsparticulières dans
leſquelles le Public n'entre point. Il en
ignore plufieurs ,& il ne connoît pas la
force inſurmontable de quelques autres.
FEVRIER. 1764.
183
Dans le nombre des réproches aux-
quels ne peuvent manquer d'être expo-
fées les Saltes de Spectacles, il en eſt qui
concernentle plusoule moinsde moyens
pour voir mieux & plus commodément
de toutes les Places. Ceci dépendant
d'arrangemens intérieurs & mobiles
و
qui ne peuvent ſe régler bien juſte que
par l'expérience uſuelle , on a déja pour-
vu à quelques parties ,telles qu'à la pente
du Parterre , moyennant laquelle on
voitde tous les points, plus facilement
qu'auparavant. Nous ſommes en état
d'aſſurer qu'on arrangera ſucceſſivement
toutes les autres , aufli promptement que
le temps lepermettra , & qu'enfin on ſe
portera à celles qui exigent plus de tra-
vailpar éxemple aux Balcons , pendantla
prochaine vacance du Théâtre.
On ne croit pas devoir faire mention
des petites critiques , que l'envie dicte
toujours en ces occafions à l'étourderie
& à l'ignorance , d'où ſe forment des
préventions par écho dont le temps ſeul
peut étouffer la voix.
Quelqu'elles foient & quelque crédit
que ces préventions ,déjà détruites en
partie , euſſent pû obtenir , il reſteroit
toujours vrai au Jugement des grands
/
184 MERCURE DE FRANCE.
Artiſtes , à celui des particuliers éclairés
& impartiaux,que cette Salle , malgré les
afſujettiſſemens dont nous avons parlé ,
eſt une des plus belles,des plus agréables
&des plus nobles que l'on ait encore
vues dans la Capitale. La prévention la
plus outréene peut contefter que ce ne
foit en même temps une des plus com-
modes, par ſes corridors ſpacieux , par le
nombre , la facilité & l'ordre des eſca-
liers dedégagemens , ainſi que par ſes
iffues. On y entre par trois endroits du
côté des Cours : ſçavoir par une Porte
Principale pour le Public
,
une autre
qui ouvre fur le fond du Théâtre
pour les Acteurs , & une autre dans
la Cour des Suiffes , pour aller au
Théâtre en même tems qu'aux petites
Loges. Du côté du Jardin , le Public
entre par laGallerie qui ſera fermée de
chaffis dans toute longueur , pour que
le paſſage en ſoit à l'abri de toute in-
commodité de l'air. Une autre Porte ,
directement fur la Terraſſe du Jardin ,
eſt ouverte pour monter au Théâtre
& aux petites Loges. La grande Porte
de la Salle des Machines , le ſera pour
la fortie.Ainfi, deux Portes font ouver-
tes pour l'entrée publique ,trois pour
FEVRIER. 1764.
185
les entrées particulières & les fix pour
la fortie générale. Le grand Veſtibule
eſt d'un agrément infini. Il eſt , ainfi
que celui de l'intérieur , garni de Bou-
tiques , y compris celle du Caffé. Cet
agrément fera encore bien plus ſenſi-
bledans la belle faifon , par la com-
munication de ce lieu avec le plus beau
Jardin de l'Europe.
Fermer
5152
p. 171-182
MARIAGE.
Début :
Messire N. Comte de jonzac, fils de Monsieur le Comte [...]
Mots clefs :
Comte de Jonzac, Chevalier, Gouverneur, Lieutenant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
M A R I A G E.
Mcffire N. Comte de
jonzac, fils de Monfieur le
Comte d' Aubeterrcaépousé
Mademoitcfte Henault fille
de Monsieur Henault, Fermier
General & soeur de
Monsieur Henaulr President
de la premiere Chambre des
Enquestes. du Parlementde
Paris, il descend de la Maison
d'Esparbez de Lussant.
On trouve au treizième
Siecle un Armand d'Efparbez
Seigneur de la Firte qui
fut pere d'Odet d'Efparbez
premier du nom&dQ6tavian
d'Esparbez, Chevalier
de S. Jean de Jerusalem
Commandeur du Temple
de Bordeaux.
Odetd'Esparbezeut pour
fils Odet d'Elparbez 2,
t du
nom Seignent de Lussant-
De lui vint Bertrand Seigneur
de Luttant, qui épousale
10. Aoust IJ2.3. Louise
de Saint Félix, ils eurent
plulieursenfans.
Philippes l'aîné fut Chevalier
de l'Ordre du Royen.
1573.épousa Charlote
Goulare de la Maison de
Castelnau qui eurent pour
enfans Pierre Desparbez,
Seigneur de Lussant Gouverneur
de Tarascon qui épousa
la fille du Maréchal d'Ornano
& ne laisserent point
de posterité.
François lecond fils de Bertrand
Desparbez fut Gouverneur
de Leictoure de Nerac
de S. Sever épousa en
Jr6j. Anne du Verdier
Dame de Seuqua & ont fait
la branche des Defparbez de
Seuqua, Pierre troisiémefils
de Bertrand sur Chevalier de
Malthe grand Prieur de S.
Celles Ambassadeur pour son
ordreversle Roy Henry IIII.
Il y eut deux autres fils
Chevalier de Malthe, Jean
François tuez à la bataille de
Dreux en ij6i.
Joseph Desparbez-Mestre
de Camp du R. giment de
Picardie & de Premont qui
épousa Jeanne Dubois du
Bouvray dont il eut entre
autre Jseph Despat bez
Evesque de Pamiers.
jv*an Paul Desparbez 7e.
fils de Bertrand est celui qui
a fait la branched'Aubeterre:
il fut Capitaine des Gardes
Ecossoises du Corps du Roy
Gouverneur de Blaye Sénéchal
d'Agenois ôz Coudomois
Chevalier du S Esprit
il mourut tortâgé le 18 Novembre
1616. ilavoit epouse
Catherine
de Montagu
Dame de la Serre donc il
eut.
I. François d'Esparbez Seigneur
de Lussant & d'Aub-
Terre qui fut créé Maréchal
deFrance le 18. Septem bre
it>20 & mourut au mois de
Janvier 162.8. ilavoit épousé
Hipolrte Bauchard Vicomtesse
d'Aubrerre fille unique
de David Vicomte d'Aubeterre,
Chevalier des Ordres
du Roy & Gouverneur de
Petigord & de Reneé de
Bourdeil les
,
il a eu decette
alliance six fils & cinqfilles
Pierre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Marquis d'Aubeterreaisné
quiépousa Marie
Claire de Pardeilleur de Gonormi
de Montespan dont
est venu Charles Louis Henry
Bouchard Marquis d'Aubeterre
qui d'Henriette Dorothée
Bouchard d'Anbeterre
fille de Louis & de Catherine
Berrinice, de Beradeau,
de Parabere eurent
plusieurs enfans.
2. FrançoisBouchard Marquis
d Aubeterre Lieutenant
General des Armées du Roy
dont il fera parlé ci après.
3. Roger Comte de Lussan
mott sans enfans de Louise
de la Riviere.
4 Louis de Lussan d'Aubeterre
Comte de la Serre,
Lieutenant General des Armées
du Roy & de la Haute-
Gayenne mort en 1623. il
avoit épousé Catherine Tiercetm
de Saveuse dont il a eu
un fils mort en Portugal, &
Louise qui épousaFrançois
Maquis de Cosnac qui n'ont
laisse qu'une fille nommée
Louise Mancé le i 5. Mars
1693. à Monsieur leComte
d'Egmont. * 4,Lçpn, dit le Chevalier
d'Aubeterre Gouverneur de
Colioure mort sans alliance
le 27. Avril1707. âgé de
88. ans, étant le plus ancicr*
Lieutenant General des ArméesduRoy.
6. Alexandre mort jeune.
7 Marie d Esparbez de
Lussan, fille aînée du Maréchal
êpousa Leon de Saint
MJUIc Comte de Jonzac
Chevalier des Ordres du
Roy1
8. Habelle femme de Pont
de Sali&nucCeme de Seneton.
-' 9 Antoinnette. niariée'z
Hector Comte de Leau.
Et les autres deux filles
Religieuse?, l'une Abbesse
de Bruxelles.
François Bouchard d'Er.:
parbez de Luffanc Marquis
d'Aubcterre & de Bonne, second
fils du Maréchal fut
institué héritier par sa mere.
il épouss Marie Pompadour
fille de Philibert Marquis de
Pompadour Chevalier des
Ordres du Roy &Lieutenant
General au Gouvernemenr
deLimousin. Il mourut le i8.
Février 168 3 âgéde 65.ans,
& lailla de son mariage,
Pietre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Comte dAubeterre
Lieutenant General des
Armées du Roy aujourd'huy
Monsieur le Comte d'Aubeterre
qui a épousé en 1678-
Julie Lucine de Sainte Maure,
Dame de Jonzac fille
unique & heritiere d'Alexis
de Sainte Maure Comte de
Jonzac, &de Sufanne Catelan.
C'est deux qu'est venu
Monsieur le Comte de
Jonzac qui vient d'épouser
Mademoiselle Henaulr.
Toutbadinage est dangeeux,
en folatrant, on se plaist
par des manières vives &:
touchantes,d'où n'aist la
simpatie, & dés qu'on en
cli là, il arrive presque coû.
jours ce que vous verez dans
la chute du Rondeau suivant.
Mcffire N. Comte de
jonzac, fils de Monfieur le
Comte d' Aubeterrcaépousé
Mademoitcfte Henault fille
de Monsieur Henault, Fermier
General & soeur de
Monsieur Henaulr President
de la premiere Chambre des
Enquestes. du Parlementde
Paris, il descend de la Maison
d'Esparbez de Lussant.
On trouve au treizième
Siecle un Armand d'Efparbez
Seigneur de la Firte qui
fut pere d'Odet d'Efparbez
premier du nom&dQ6tavian
d'Esparbez, Chevalier
de S. Jean de Jerusalem
Commandeur du Temple
de Bordeaux.
Odetd'Esparbezeut pour
fils Odet d'Elparbez 2,
t du
nom Seignent de Lussant-
De lui vint Bertrand Seigneur
de Luttant, qui épousale
10. Aoust IJ2.3. Louise
de Saint Félix, ils eurent
plulieursenfans.
Philippes l'aîné fut Chevalier
de l'Ordre du Royen.
1573.épousa Charlote
Goulare de la Maison de
Castelnau qui eurent pour
enfans Pierre Desparbez,
Seigneur de Lussant Gouverneur
de Tarascon qui épousa
la fille du Maréchal d'Ornano
& ne laisserent point
de posterité.
François lecond fils de Bertrand
Desparbez fut Gouverneur
de Leictoure de Nerac
de S. Sever épousa en
Jr6j. Anne du Verdier
Dame de Seuqua & ont fait
la branche des Defparbez de
Seuqua, Pierre troisiémefils
de Bertrand sur Chevalier de
Malthe grand Prieur de S.
Celles Ambassadeur pour son
ordreversle Roy Henry IIII.
Il y eut deux autres fils
Chevalier de Malthe, Jean
François tuez à la bataille de
Dreux en ij6i.
Joseph Desparbez-Mestre
de Camp du R. giment de
Picardie & de Premont qui
épousa Jeanne Dubois du
Bouvray dont il eut entre
autre Jseph Despat bez
Evesque de Pamiers.
jv*an Paul Desparbez 7e.
fils de Bertrand est celui qui
a fait la branched'Aubeterre:
il fut Capitaine des Gardes
Ecossoises du Corps du Roy
Gouverneur de Blaye Sénéchal
d'Agenois ôz Coudomois
Chevalier du S Esprit
il mourut tortâgé le 18 Novembre
1616. ilavoit epouse
Catherine
de Montagu
Dame de la Serre donc il
eut.
I. François d'Esparbez Seigneur
de Lussant & d'Aub-
Terre qui fut créé Maréchal
deFrance le 18. Septem bre
it>20 & mourut au mois de
Janvier 162.8. ilavoit épousé
Hipolrte Bauchard Vicomtesse
d'Aubrerre fille unique
de David Vicomte d'Aubeterre,
Chevalier des Ordres
du Roy & Gouverneur de
Petigord & de Reneé de
Bourdeil les
,
il a eu decette
alliance six fils & cinqfilles
Pierre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Marquis d'Aubeterreaisné
quiépousa Marie
Claire de Pardeilleur de Gonormi
de Montespan dont
est venu Charles Louis Henry
Bouchard Marquis d'Aubeterre
qui d'Henriette Dorothée
Bouchard d'Anbeterre
fille de Louis & de Catherine
Berrinice, de Beradeau,
de Parabere eurent
plusieurs enfans.
2. FrançoisBouchard Marquis
d Aubeterre Lieutenant
General des Armées du Roy
dont il fera parlé ci après.
3. Roger Comte de Lussan
mott sans enfans de Louise
de la Riviere.
4 Louis de Lussan d'Aubeterre
Comte de la Serre,
Lieutenant General des Armées
du Roy & de la Haute-
Gayenne mort en 1623. il
avoit épousé Catherine Tiercetm
de Saveuse dont il a eu
un fils mort en Portugal, &
Louise qui épousaFrançois
Maquis de Cosnac qui n'ont
laisse qu'une fille nommée
Louise Mancé le i 5. Mars
1693. à Monsieur leComte
d'Egmont. * 4,Lçpn, dit le Chevalier
d'Aubeterre Gouverneur de
Colioure mort sans alliance
le 27. Avril1707. âgé de
88. ans, étant le plus ancicr*
Lieutenant General des ArméesduRoy.
6. Alexandre mort jeune.
7 Marie d Esparbez de
Lussan, fille aînée du Maréchal
êpousa Leon de Saint
MJUIc Comte de Jonzac
Chevalier des Ordres du
Roy1
8. Habelle femme de Pont
de Sali&nucCeme de Seneton.
-' 9 Antoinnette. niariée'z
Hector Comte de Leau.
Et les autres deux filles
Religieuse?, l'une Abbesse
de Bruxelles.
François Bouchard d'Er.:
parbez de Luffanc Marquis
d'Aubcterre & de Bonne, second
fils du Maréchal fut
institué héritier par sa mere.
il épouss Marie Pompadour
fille de Philibert Marquis de
Pompadour Chevalier des
Ordres du Roy &Lieutenant
General au Gouvernemenr
deLimousin. Il mourut le i8.
Février 168 3 âgéde 65.ans,
& lailla de son mariage,
Pietre Bouchard d'Esparbez
de Lussant Comte dAubeterre
Lieutenant General des
Armées du Roy aujourd'huy
Monsieur le Comte d'Aubeterre
qui a épousé en 1678-
Julie Lucine de Sainte Maure,
Dame de Jonzac fille
unique & heritiere d'Alexis
de Sainte Maure Comte de
Jonzac, &de Sufanne Catelan.
C'est deux qu'est venu
Monsieur le Comte de
Jonzac qui vient d'épouser
Mademoiselle Henaulr.
Toutbadinage est dangeeux,
en folatrant, on se plaist
par des manières vives &:
touchantes,d'où n'aist la
simpatie, & dés qu'on en
cli là, il arrive presque coû.
jours ce que vous verez dans
la chute du Rondeau suivant.
Fermer
Résumé : MARIAGE.
Le texte expose la généalogie de la famille Esparbez, en se concentrant sur la lignée des comtes de Jonzac et d'Aubeterre. Il commence par le mariage entre Monsieur le Comte de Jonzac, fils du Comte d'Aubeterre, et Mademoiselle Henault, fille du Fermier Général et sœur du Président de la première Chambre des Enquêtes du Parlement de Paris. La famille descend de la Maison d'Esparbez de Lussant. Au XIIIe siècle, Armand d'Esparbez, Seigneur de la Fitte, eut deux fils : Odet d'Esparbez, premier du nom, et Octavian d'Esparbez, Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et Commandeur du Temple de Bordeaux. Odet d'Esparbez II, fils d'Odet d'Esparbez, fut Seigneur de Lussant. Bertrand, Seigneur de Lussant, épousa Louise de Saint Félix en 1233 et eut plusieurs enfants. Philippe, l'aîné, fut Chevalier de l'Ordre du Roi en 1573 et épousa Charlotte Goulard de la Maison de Castelnau. François, second fils de Bertrand, fut Gouverneur de Lectoure, de Nérac et de Saint-Sever, et épousa Anne du Verdier. Pierre, troisième fils, fut Chevalier de Malte et Ambassadeur pour son ordre auprès du Roi Henri IV. Jean-François fut tué à la bataille de Dreux en 1561. Joseph Desparbez-Mestre de Camp du Régiment de Picardie et de Premont épousa Jeanne Dubois du Bouvray, et eut pour fils Joseph Desparbez, Évêque de Pamiers. Jean-Paul Desparbez, septième fils de Bertrand, fut Capitaine des Gardes Écossaises du Roi, Gouverneur de Blaye, Sénéchal d'Agenais et de Condomois, et Chevalier du Saint-Esprit. Il épousa Catherine de Montagu et eut plusieurs enfants, dont François d'Esparbez, Seigneur de Lussant et d'Aubeterre, créé Maréchal de France en 1620. François d'Esparbez eut six fils et cinq filles avec Hipolite Bauchard, Vicomtesse d'Aubeterre. Parmi eux, Pierre Bouchard d'Esparbez de Lussant, Marquis d'Aubeterre, épousa Marie Claire de Pardeilleur de Gournay de Montespan. François Bouchard, Marquis d'Aubeterre, fut Lieutenant Général des Armées du Roi. Louis de Lussan d'Aubeterre, Comte de la Serre, fut également Lieutenant Général des Armées du Roi et de la Haute-Guyenne. Léon, dit le Chevalier d'Aubeterre, fut Gouverneur de Collioure. Marie d'Esparbez de Lussant, fille aînée du Maréchal, épousa Léon de Saint-Maurice, Comte de Jonzac. François Bouchard d'Esparbez de Lussant, Marquis d'Aubeterre et de Bonne, second fils du Maréchal, épousa Marie Pompadour. Pierre Bouchard d'Esparbez de Lussant, Comte d'Aubeterre, épousa Julie Lucine de Sainte Maure, Dame de Jonzac. Leur fils est Monsieur le Comte de Jonzac, qui a récemment épousé Mademoiselle Henault.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5153
p. 178-190
Rare et curieux Extrait d'une Lettre de Madrid du 15. May.
Début :
Il y a environ un mois que le Marquis Don-Juan de Cardoça [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Fille, Esclave, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rare et curieux Extrait d'une Lettre de Madrid du 15. May.
Rare &curieux Extrait d'une
-Lettrede Madriddu 15.May.
3
Ily a environ un mois que
leMarquis Don- Juan deCardoça
, Conſeiller du Conſeil
des Indes , donna ſa derniere
fille en mariage au Chevalier
deNoguichard , Colonel en
ſecond du Regiment desDragons
du Valleco. Il eſt natif
de Bourdeaux & s'appelleCô
GALANT. 179
teau en fon nom. Il y a dix
- ans qu'il eſt au ſervice du Roy
d'Eſpagne , où il s'eſt avancé
par ſon merite; cependant
malgré ſon employ , qui à
peine luy donnoit dequoy vi
vre,il étoit encore ſi pauvre ,
il y a fix mois , qu'il ne pou
voit pas s'imaginer qu'il y cur
une fille au monde pour luy,
Le Marquis de Salmeron Efpagnol
de nation, qui étoit &
qui eſt encore fon ami , luy
propoſa il y a quelque temps
de ſe marier ; leCavalier lui répondit
qu'il acceptoit la propoſition
, s'il pouvoit lui trou
180 MERCURE
ver une fille qui luy convint.
Mr de Salmeron qui connoif
ſoit particulierement Don
Juan de Cardoça , luy rendit
auſſi toſt une viſite , où il luy
infinua adroitement dans la
converſation , qu'il devroit
bien ſonger à marier ſa derniere
fille qui estoit en âge de
l'eſtre. DonJuan luy dit qu'il y
conſentoitde bon coeur ; mais
qu'il vouloit pour Gendre un
homme de bonnes moeurs , &
qui eutunrangdans lemonde,
qu'il ne s'embarraſſoit pas qu'il
cut du bien , ny de quelqueNation
, qu'il fut pourvû
1
GALANT. 181
qu'il fut honnête homme,perſuadé
que la reconnoiffance
dans une ame bien née, établiroit
lebonheur de cette union,
autant que les liens de l'amour
&&dduummariage. Le Marquis de
Salmeron luy propoſa inſenſiblement
le Chevalier de Noguichard.
Don Juan demanda
du temps pour examiner
cette affaire; & au bout d'un
mois toutes ſes reflexions
faites , il donna ſa fille au
jeune homme , avec une belle
maiſon toute meublée , un
équipage magnifique & cent
mille piaſtres d'argent compsant
Si le bon exemple fert de
planche aux autres , il y a bien
de l'apparence que les François
qui font icy , auffi - bien que
ceux qui y viendront , feront
toutes leurs diligences pour
trouver de pareilles aubaines.
Au reſtejevous recommandede
faire afficher dans Paris
&dans les autres Villes du
Royaume , ſi vous le jugez à
propos , la nouvelle que je
vais vous apprendre , elle
pourra eſtre d'une grande utilité
à ceux qui voudront
courir de grands riſques ...
Il y a icy une Eſclave de
GALANT. 183
trente ans , fort jolie , & ri
che de fix cens mille écus
qu'elle poſſede à preſent , ſans
compter plus de trente mille
piaſtres qu'elle attend des Indes.
Voicy de quelle maniere
la fortune luy a envoyé tant
de richeſſes .
Cette pauvre fille fut vendue
étant encore enfant à un
Eſpagnol de bonnes aires .
Son Patron la mit auprés de
ſa femme, qui fut fi contente
du zele avec lequel elle l'a fervie
pendant vingt- ans , que
ſe voyant présde mourir ſans
184 MERCURE
enfants , elle recommanda ſon
Eſclave à ſon mary , autant
que ſi elle cut eſté ſa propre
fille,& luy laiſſa par teſtament
avec la liberté qu'elle luy donna
d'abord , la moitié de tout
le bien dont elle pouvoit difpoſer
, & l'autre moitié à ſon
époux. Cette ſomme eſtoit
fort confiderable. Le mary
qui avoit fort travaillé pendant
toute ſa vie pour amafſer
de ſi grandes richeſſes , &
qui d'ailleurs eſtoit un honneste
homme , & vieux Chrétien
, aima de bonne foy cette
heureuſe Eſclave , autant
que
GALANT. 185
que ſa femme l'avoit aimée ,
& fans faire aucun compte
avec elle , il luy dit qu'il la laiffoit
, non ſeulement la Maîtreffe
de tout le bien de ſa
femme; mais même de tout
celuy qu'il poffedoit.
1. Cette fille trouvantdes manieres
ſi franches , & tant de
generofité dans ſon maittre ,
s'attacha encore plus fortement
à luy , & quoy qu'affranchie
, elle ne voulut pas
le quitter , ny ſe prévaloir aucunement
des bontez qu'il avoit
pour elle. Au contraire
elle l'aima avec tant de ten-
May 1714.
186 MERCURE
dreſſe & de conſtance , que le
bon homme , ſe voyant à ſon
tour à l'article de la mort , fit
appeller ſes amis & la Juſtice ,
& en leur prefence , d'un efprit
tranquile & d'une voix
nette & libre , il fit une donation
autentique de tous fes
biens à cette créature fortunée
, qui ſix mois avant la perte
de ſon maiſtre & de ſa maitreffe
, eſtoit encore toute
chargée du poids de ſa ſervitude
, & expofée au danger de
tomber entre les mains d'un
nouveau Patron , tant les ma
ladies continuelles du ſien ,
GALANT . 187
lui donnoient lieu d'apprehen.
der, qu'il ne mourut bientoft.
t
Il mourut en effet ; mais
avec les conditions que je
viens de vous dire.
Cette riche fille , aprés avoir
eſſuyé ſes larmes , a écoûté
enfinquelques propofitions
de mariage ; mais aucun des
prétendans qui ſe ſontprefentez
,ne luya plû, elle ne ſe ſouciepas
mêmeque celuy qu'elle
préferera aux autres , foit de
fa Nation, ou n'en foit pas :
elle veut feulement avant de
s'engager eſtre ſeure de l'hom
Qij
188 MERCURE
me qu'elle épouſera : elle veut
éprouver ſon amour & fa fidelité
, ſans ſe montrer , & ne
l'épouler qu'aprés l'avoir éprouvé.
Elle n'a rien de deſagréable
; mais c'eſt conſtamment
à preſent la Dame invi.
fible: Celle- cy vaut mieux que
celle de la Comedie.
Si vous ſçavez quelqu'un qui
oſe venir tenter l'avanture ,
& qui fe croye affez brave ,
pour ofer ſe flatter de ne pas
s'en retourner les mains vuides
, envoyez-le moy:
Je connois le Directeur de
labelle,je le mettray aux priGALANT.
189
ſes avec luy , & il le mettra
aux priſes avec elle , qu'il
vienne , & s'il réüffit , il eſt
bien juſte , qu'en faveur d'un
pareil avis , il me faffe au
moins un preſent de mille Piftoles
, puiſque le Marquis de
Salmeron en a cu huit cens ,
pour la façon du mariage du
Chevalier de Noguichard.
Ne croyez pas , s'il vous
plaiſt , Monfieur , que je vous
écris icy des balivernes. Ce
ne ſont pas là des jeux d'enfant
, & je vous proteſte que
Ces deux Hiſtoires ſont ſi veritables
, que j'enrage d'avoir
190 MERCURE
une femme. Celle de l'Eſclave
,& fes intentions pour le
mariage , ont déja mis iben du
monde en Campagne......
-Lettrede Madriddu 15.May.
3
Ily a environ un mois que
leMarquis Don- Juan deCardoça
, Conſeiller du Conſeil
des Indes , donna ſa derniere
fille en mariage au Chevalier
deNoguichard , Colonel en
ſecond du Regiment desDragons
du Valleco. Il eſt natif
de Bourdeaux & s'appelleCô
GALANT. 179
teau en fon nom. Il y a dix
- ans qu'il eſt au ſervice du Roy
d'Eſpagne , où il s'eſt avancé
par ſon merite; cependant
malgré ſon employ , qui à
peine luy donnoit dequoy vi
vre,il étoit encore ſi pauvre ,
il y a fix mois , qu'il ne pou
voit pas s'imaginer qu'il y cur
une fille au monde pour luy,
Le Marquis de Salmeron Efpagnol
de nation, qui étoit &
qui eſt encore fon ami , luy
propoſa il y a quelque temps
de ſe marier ; leCavalier lui répondit
qu'il acceptoit la propoſition
, s'il pouvoit lui trou
180 MERCURE
ver une fille qui luy convint.
Mr de Salmeron qui connoif
ſoit particulierement Don
Juan de Cardoça , luy rendit
auſſi toſt une viſite , où il luy
infinua adroitement dans la
converſation , qu'il devroit
bien ſonger à marier ſa derniere
fille qui estoit en âge de
l'eſtre. DonJuan luy dit qu'il y
conſentoitde bon coeur ; mais
qu'il vouloit pour Gendre un
homme de bonnes moeurs , &
qui eutunrangdans lemonde,
qu'il ne s'embarraſſoit pas qu'il
cut du bien , ny de quelqueNation
, qu'il fut pourvû
1
GALANT. 181
qu'il fut honnête homme,perſuadé
que la reconnoiffance
dans une ame bien née, établiroit
lebonheur de cette union,
autant que les liens de l'amour
&&dduummariage. Le Marquis de
Salmeron luy propoſa inſenſiblement
le Chevalier de Noguichard.
Don Juan demanda
du temps pour examiner
cette affaire; & au bout d'un
mois toutes ſes reflexions
faites , il donna ſa fille au
jeune homme , avec une belle
maiſon toute meublée , un
équipage magnifique & cent
mille piaſtres d'argent compsant
Si le bon exemple fert de
planche aux autres , il y a bien
de l'apparence que les François
qui font icy , auffi - bien que
ceux qui y viendront , feront
toutes leurs diligences pour
trouver de pareilles aubaines.
Au reſtejevous recommandede
faire afficher dans Paris
&dans les autres Villes du
Royaume , ſi vous le jugez à
propos , la nouvelle que je
vais vous apprendre , elle
pourra eſtre d'une grande utilité
à ceux qui voudront
courir de grands riſques ...
Il y a icy une Eſclave de
GALANT. 183
trente ans , fort jolie , & ri
che de fix cens mille écus
qu'elle poſſede à preſent , ſans
compter plus de trente mille
piaſtres qu'elle attend des Indes.
Voicy de quelle maniere
la fortune luy a envoyé tant
de richeſſes .
Cette pauvre fille fut vendue
étant encore enfant à un
Eſpagnol de bonnes aires .
Son Patron la mit auprés de
ſa femme, qui fut fi contente
du zele avec lequel elle l'a fervie
pendant vingt- ans , que
ſe voyant présde mourir ſans
184 MERCURE
enfants , elle recommanda ſon
Eſclave à ſon mary , autant
que ſi elle cut eſté ſa propre
fille,& luy laiſſa par teſtament
avec la liberté qu'elle luy donna
d'abord , la moitié de tout
le bien dont elle pouvoit difpoſer
, & l'autre moitié à ſon
époux. Cette ſomme eſtoit
fort confiderable. Le mary
qui avoit fort travaillé pendant
toute ſa vie pour amafſer
de ſi grandes richeſſes , &
qui d'ailleurs eſtoit un honneste
homme , & vieux Chrétien
, aima de bonne foy cette
heureuſe Eſclave , autant
que
GALANT. 185
que ſa femme l'avoit aimée ,
& fans faire aucun compte
avec elle , il luy dit qu'il la laiffoit
, non ſeulement la Maîtreffe
de tout le bien de ſa
femme; mais même de tout
celuy qu'il poffedoit.
1. Cette fille trouvantdes manieres
ſi franches , & tant de
generofité dans ſon maittre ,
s'attacha encore plus fortement
à luy , & quoy qu'affranchie
, elle ne voulut pas
le quitter , ny ſe prévaloir aucunement
des bontez qu'il avoit
pour elle. Au contraire
elle l'aima avec tant de ten-
May 1714.
186 MERCURE
dreſſe & de conſtance , que le
bon homme , ſe voyant à ſon
tour à l'article de la mort , fit
appeller ſes amis & la Juſtice ,
& en leur prefence , d'un efprit
tranquile & d'une voix
nette & libre , il fit une donation
autentique de tous fes
biens à cette créature fortunée
, qui ſix mois avant la perte
de ſon maiſtre & de ſa maitreffe
, eſtoit encore toute
chargée du poids de ſa ſervitude
, & expofée au danger de
tomber entre les mains d'un
nouveau Patron , tant les ma
ladies continuelles du ſien ,
GALANT . 187
lui donnoient lieu d'apprehen.
der, qu'il ne mourut bientoft.
t
Il mourut en effet ; mais
avec les conditions que je
viens de vous dire.
Cette riche fille , aprés avoir
eſſuyé ſes larmes , a écoûté
enfinquelques propofitions
de mariage ; mais aucun des
prétendans qui ſe ſontprefentez
,ne luya plû, elle ne ſe ſouciepas
mêmeque celuy qu'elle
préferera aux autres , foit de
fa Nation, ou n'en foit pas :
elle veut feulement avant de
s'engager eſtre ſeure de l'hom
Qij
188 MERCURE
me qu'elle épouſera : elle veut
éprouver ſon amour & fa fidelité
, ſans ſe montrer , & ne
l'épouler qu'aprés l'avoir éprouvé.
Elle n'a rien de deſagréable
; mais c'eſt conſtamment
à preſent la Dame invi.
fible: Celle- cy vaut mieux que
celle de la Comedie.
Si vous ſçavez quelqu'un qui
oſe venir tenter l'avanture ,
& qui fe croye affez brave ,
pour ofer ſe flatter de ne pas
s'en retourner les mains vuides
, envoyez-le moy:
Je connois le Directeur de
labelle,je le mettray aux priGALANT.
189
ſes avec luy , & il le mettra
aux priſes avec elle , qu'il
vienne , & s'il réüffit , il eſt
bien juſte , qu'en faveur d'un
pareil avis , il me faffe au
moins un preſent de mille Piftoles
, puiſque le Marquis de
Salmeron en a cu huit cens ,
pour la façon du mariage du
Chevalier de Noguichard.
Ne croyez pas , s'il vous
plaiſt , Monfieur , que je vous
écris icy des balivernes. Ce
ne ſont pas là des jeux d'enfant
, & je vous proteſte que
Ces deux Hiſtoires ſont ſi veritables
, que j'enrage d'avoir
190 MERCURE
une femme. Celle de l'Eſclave
,& fes intentions pour le
mariage , ont déja mis iben du
monde en Campagne......
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Résumé : Rare et curieux Extrait d'une Lettre de Madrid du 15. May.
Le texte présente deux événements distincts. Premièrement, il relate le mariage de la dernière fille du Marquis Don Juan de Cardoça avec le Chevalier de Noguichard, Colonel en second du Régiment des Dragons du Valleco. Originaire de Bordeaux, le Chevalier, surnommé Cô Galant, est au service du Roi d'Espagne depuis dix ans et s'est distingué par son mérite. Malgré sa pauvreté, il a été proposé comme gendre par le Marquis de Salmeron, ami de Don Juan. Ce dernier a accepté cette proposition, cherchant un homme de bonnes mœurs et de rang, sans se soucier de sa fortune. Le mariage a été célébré avec une dot comprenant une belle maison meublée, un équipage magnifique et cent mille piastres. Deuxièmement, le texte mentionne une esclave de trente ans qui est devenue riche grâce à la générosité de ses maîtres. Vendue enfant à un Espagnol, elle a été bien traitée et a hérité de la moitié des biens de sa maîtresse à sa mort. Son maître, également reconnaissant, lui a laissé l'intégralité de ses biens. Affranchie et riche, elle refuse de se marier sans éprouver au préalable la fidélité de ses prétendants. Le texte se termine par une offre de récompense pour quiconque réussira à la séduire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5154
p. 1638-1651
Pelopée, Tragédie nouvelle[.] Extrait. [titre d'après la table]
Début :
Le 18 Juillet, les Comédiens François représenterent pour la premiere fois, la Tragedie de [...]
Mots clefs :
Pélopée, Comédie-Française, Thyeste, Atrée, Sostrate, Égisthe, Vers, Amour, Mort, Dieux, Fils, Eurymédon, Hymen, Père, Secours, Yeux, Vengeance, Secret, Coeur, Spectateurs, Billet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pelopée, Tragédie nouvelle[.] Extrait. [titre d'après la table]
Le 18 Juillet , les Comédiens François représenterent
pour la premiere fois , la Tragedie de
Pélopée. Cette Piece , dont M. le Chevalier Pellegrin
est l'Autheur , fut reçue avec un applaudissement
général , et fit esperer un grand succès
malAJUILLET.
1733.
1733. 1539
malgré Pincommodité de la saison ; nous
Croions que nós Lecteurs en verront l'Extrait
avec plaisir.
Le sujet de ce Poëme se trouve dans Servius
dans Lactance , et dans Hygin . Ce dernier en raconte
les Evenemens de deux manieres. Il dit au
chap. 87. avec la plus part des Autheurs , que
Pinceste de Thyeste fut volontaire , attendu qu'uff
Oracle lui avoit prédit qu'un fils qui naîtroit dé
så fille et de lui , le vangeroit d'Atrée , son frete.
Mais dans le Chapitre suivant le même Hygia
met un correctif à une action si horrible , et dit
que Thyeste viola sa fille Pélopée sans la connoître.
L'Auteur a pris ce dernier parti , et y a
ajouté un nouveau correctif pour la décence da
Theatre.
Au premier Acte, Sostrate, Gouverneur d'Agyste
cherchant par tout ce Prince , qui trompant sa
vigilance , s'est échappé de la. Forêt où il a été
nourri par une Chévre , comme le porte L'étimologie
de son nom , arrive dans le Camp d'Atrée,
et s'entretient à la faveur de la nuit avec Arcas
son ancien ami ; il s'informe d'abord de la situation
de Thyeste , frere d'Atrée , son premier et
véritable Maître. Arcas lui apprend que Thyeste
secouru par Tyndare , Roy de Sparthe , avoit
remporté de grands et de nombreux avantages
snr . Atrée, mais qu'un jeune inconnu étant venu
offrir le secours de son bras à ce dernier , avoit
ramené la victoire sous ses étendarts ; il ajoute
que Thyeste réduit au désespoir et craignant
d'être trop long- temps à charge à son Protecteur
, venoit de défier ce jeune conquerant à un
combat singulier. Sostrate lui demande le nom
de cet inconnu ; il lui répond , qu'il s'appelle
Ægysth:. A et nom , Sostrate frémit d'horreur
a
Hiiij
il
1640 MERCURE DE FRANCE
il reconnoit que le fils va combatre le pere ; il no
s'explique point avec Arcas sur un secret qu'il a
juré de garder ; mais il lui dit , que s'il est aussi
fidele à Thyeste qu'il le lui a pare autrefois , il
faut qu'il lui porte un Billet, et lui parle ainsi
Tu ne peux pour Thyeste , être assez empressé,
Mais il faut qu'un billet par moi-même tracé ,
Me rende dans son coeur ma premiere innocence ,
Ab si ces lieux encor n'exigeoient ma présence ¿
Combienje t'envierois le soin de le porter!
Qu'avec joie à ses yeux j'irois me présenter !
ኑ
Il fait connoître par- là aux Spectateurs qu'il
veut parler à Ægysthe,s'il en peut trouver l'occasion.
L'arrivée d'Atrée fait retirer Sostrate et Arcas,
et la Scene finit par ce Vers que Sostrate dit:
Vien ;pressons ton départ ; Dieux, daignez le conduire.
1
Atrée fait la seconde exposition du Sujet , pour ,
préparer le Spectateur à un caractere aussi nois
que celui qu'il va voir sur la Scene ,
l'Auteur.
met ces Vers dans la bouche même de son Acteur
, dont l'origine remonte jusqu'à Jupiter.
De mon coeur irrité les transports furieux ,
Plus que mon Throne encor me rapprochent des
Dieux.
ILST
Qu'il est beau qu'un mortel puisse tout mettre en
poudre
Chaque fois qu'il se vange, il croit lancer lafoudre."
C'est peu d'être au dessus des Rois les plus puissans
Montrons à l'Univers de quel Dieu je descends ;
Son
JUILLET. 1733. 1641
Son Empire comprend et le Ciel et la Terre ;
Au gré de sa vangeance , il lance le tonnerre ,
Et moi j'aime àporter de si terribles coups ,
Que Jupiter lui-même en puisse être jaloux !
Atrée fait entendre à Eurimedon, son confident
que cette Pélopée qui passe pour sa fille , est fille
de Thyeste , par ces deux Vers :
Mais mafille au tombeaus m'ayant étéravie ,
La sienne en même temps prit sa place et son nom.
Eurimedon est frappé de ce qu'Atrée lui apprend,
attendu qu'il avoit consenti autrefois que Thyeste
l'épousa. Quoi ? lui dit - il , vous pouviez lui
faire un si funeste don ?
Atrée après avoir fair connoître comment la
fille de Thyeste qui passe pour sa propre fille
avoit été misee
entre ses mains , et par ce même
Eurimedon , à qui il parle actuellement , lui dit :
Apprends quel fruit heureux j'attendois de mon
crime.:
Il lui fait connoître que par cet Hymen il esperoit
détacher Tyndare du parti de Thyeste,attendu
que ce dernier ne lui avoit prêté som secours
pour le faire remonter au Thrône d'Argos
que son frere avoit usurpé sur lui , qu'à condition
qu'il y placeroit Clytemnestre sa fille , il fi
nit Pétalage de sa politique par ces Vers :
La vangeance toujours a de quoi satisfaire ;
Mais c'étoit peu pour moi , j'en voulois un salaire
Et dans l'artde regner c'est être vertueux,
Que n'entreprendre rien qui soit infructurux.
Hv
On
1642 MERCURE DE FRANCE
On expose encore dans cette Scene le défi dont '
on a parlé, dans lapremiere,et l'amour d'Ægysthe
pour Pelopée; amour dont Atrée veut se prévaloir
pour le mieux engager à donner la mort
à Thyeste.
Eurylas , Capitaine des gardes d'Atrée , vient
lui apporter un billet qu'on a intercepté , c'est le
même dont on a parlé dans la premiere Scen
en voici le contenu •
Choisissez mieux vos ennemis.
Vouspréservent les Dieux d'un combat si funeste
Fremissez, malheureux Thyeste ,
Egyssthe est votre Fils.
Sostrate.
M
67
Afrée triomphe par avance du parricide qu'
gysthe va commettre, il ordonne à Eurylas d'aller
faire venir ce Prince qui ne se connoit pas
core lui même. Il dit à Eurimedon de ne rien oublier
pour découvrir Sostrate et pour s'en as--
surer.
en
Ægysthe vient; il se refuse au combat où Atrée
l'invite,et fonde ce refus sur le respect qu'il garde
pour les Rois , et sur tout pour un sang aussi
précieux que celui qu'il veut lui faire répandre ;
Atrée le pressant toujours plus vivement, Egys
the dit :
Ciel ! contre ma vertu que d'ennemis ensemble !
Et les Dieux et les Rois contre moi tout s'assemble.
Les Dieux , si l'on m'afait unfile rapport,
Aux crimes les plus noirs ont enchaîné mon sort ,
J'ose pourtant lutter contre leur Loy suprême , &c.
Ægysthe
JUILLET. 1733 1643
•
gysthe dans cet endroit fait connoître quelle
a été son éducation ; mais il ne peut rien dire
de sa naissance qu'on lui a laissé ignorery Atrée
ne pouvant le porter à remplir sa vengeance
employe enfin le plus puissant motif qui est celui
de l'amour donr Egysthe brule pour Pélopée
voici par où il finit cette Scene :[/
"
Ilaudroit pour placer son coeur en si haut rang,
qui monter à la source où l'on puisa son sang, gibot
Dais faites de ma fille une juste conquête t
the our le prix de sa main , je ne veux qu'unt tête,
" Vous m'entendez , adieu , je vous laisse y penser
Et je n'attends qu'un mot pour vous récompenser.
.<
2
gysthe frémit du projet d'Atrée, il voudroit
sy refuser,, mais son amour pour Pelopée l'emporte
sur sa répugnance ; on expose dans cette
Scene comment ce Prince a vu Pelòpée pour la
premiere fois , on y parle des leçons qu'il a re
çues de Sostrate.dans les Forêts où il a été élevés
l'Amour lui fait tout oublier ; il finit l'Acte par
ces Vers :
25.00
Et je renoncerois au prix de ma victoire
Quand l'amour
gloire
mais que dis-je ? il y va de ma
On m'appelle au combat, sij'avois reculé,
Thyeste hautement diroit que j'ai tremble , I
Car enfin , au Combat c'est lui qui me défie ;
Qui peut me condamner quand il me justifie ?
N'en déliberons plus ; allons , cherchons le Roi ,
Et qu'au gré de sa haine il dispose de moi.
H vj Nous
164 MERCURE DE FRANCE
€
Nous avons été obligez de nous étendre dans
Set Acte , dont les deux tiers se passent en expo
Sitions nécessaires.
2
11 ct af 3 20
Pelopée ouvre la Scene du second Acte avec
Phoenice , sa Confidente ; elle
qu'elle a fait avertir ; elle fait
attend Ægystho
connotre l'inte
rêt qu'elle prend dans le péril qui menace Thyes
te ; elle déclare son hymen secret avec lui ; elle
parle d'un fils qu'elle cut de cet hymen , elle ra
conte un songe terrible qu'elle fit au sujet de ce
fils. Le voicist
A peine la lumiere
rauke hang of tw.I
03
De cefils malheureux vint frapper la paupiere
Que l'éclat de la foudre , au milieu des éclairs
D'un vaste embrasement menaça l'Univers.
Jour affreux jour suivi d'une nuit plus terri blet
De Spectres entassés un assemblage horrible ,
Dans un songe funeste effrayant mes regards:
Pret a fondre sur moi , vole de coutes parts.
Je vois une Furie et mon Ayeul Tantale
Qu'elle force à sortir de la nuit infernale ;
La barbare sur lui versant son noir poison
Lui fait un autre enfer de sa propre maison .
Cette ombre infortunée après soi traîne encore,
Et la faim et la soifdont l'ardeur la dévore :
Elle approche . Le fruit de mon malheureux flanc
La nourrit de carnage et l'abbreuve de sang ;
Phénice à cet aspect le sommeil m'abandonne,
5
Mais
JUILLET. 1733. 1645
Mais non la juste horreur , dont encor je fuissonne:
!
-Relopée apprend à Phoenice que ce songe terrible
l'obligea à consulter l'Oracle d'Apollon ;
que ce Dicu lui annonça que son Fils étoit
menacé d'inceste et de parricide ; elle ajoûte
qu'elle confia ce malheureux enfant à Sostrate ,
qui l'enleva à l'insçu de Thyeste son pere , avec
Ordre de ne le jamais instruire de son sort.
Dans la Scene suivante , Pelopée détourne Egysthe
du Combat qu'il va entreprendre contre
Thyeste. Elle lui parle d'une maniere si pathetique
, qu'il lui jure que sa main ne se trempera
jamais dans le sang de Thyeste ; elle finit la
Scene par ces Vers :
Ah ! Seigneur , croyez que Pelopée ;
Malgré le tendre am amour dont vous êtes épris ,
N'est pas de vos Vertus un assez digne prix .
Egysthe explique cès Vers en faveur de son
amour , &c. Il prie Atrée de le dispenser d'un
Combat qui fétriroit sa gloire Atrée impute
se changement de résolution à Pelopée ; il veut
lui même aller combattre Thyeste . Pélopée éperdue
prie Egysthe de détourner un Combat si
funeste Egysthe la jette dans de nouvelles al
larmes , en lui disant qu'il va chercher Thyeste
il fait pourtant connoître aux Spectateurs quel
est son dessein par ces Vers équivoques.
Je sçaurai dans cejour
Prendre soin de magloire et ser vir mon amour.
3 Pelopée
1646 MERCURE DE FRANCE
.
Pelopée au désespoir veut suivre Agysthe
Atrée la retient et lui reproche'sa désobéissance ;
Pelopée lui dit que Thyeste lui est plus cher qu'il
ne sçauroit croire. Elle se retire , Attée ordohne
à sa Garde de la suivre.
Ce que Pelopée vient de lui dire lui fait soupe
çonner qu'elle pourroit bien avoir épousé Thyes
te ; il ordonne à Eurimedon de ne rien oublier
pour trouver Sostrate , qui peut seul éclaircir ces
soupçons. 11 finit ce second Acte par ces Vers
37 C
D
Ne descends pas encor dans l'éternelle nuit
Thyeste , de ta mort je perdrois tout le fruit ;
Nefût-ce qu'un moment , jouis de la lumiere
Pour sçavoir quels forfaits terminent ta carriere ;
Pour la premiere fois je fais pour toi des voeux
Tremble , c'est pour te rendre encor plus malheu
* reux .
Thyeste prisonnier , commence le troisiéme
Acte par ces Vers :: ~
1
I
Fortune , contre moi des long-tems conjurée ,
Triomphe , me voici dans les prisons d'Atrée
Dieux cruels , dont le bras appesanti sur moi
Afait à votre honte un Esclave d'un Roieng
Dieux injustes , en vain ma chûre est votre ou
vrage ,
Vous n'avezpas encore abbaissé mon courage, &L.
Il instruit les Spectateurs de ce qui s'est passé
dans son Combat contre gysthe, qu'il croit ne
l'avoir épargné que pour réserver au barbare
Atrés le plaisir de lui donner la mort. Il expose
Ge
JUILLET. 1733 . 1647.
ce que les Dieux lui ont annoncé autrefois quand
il les a consultez sur le moyen de se vanger d'A-l
trée , voici l'Oracle :
Argos rentrera sous ta loy
Far un Fils qui naîtra de ta fille et de toi.
Il dit à Arbate que ce fût pour éviter cet abominable
inceste qu'il le chargea lui- même du
soin d'égorger sa Fille dans l'âge le plus tendre,
&c. Pelopée vient apprendre à Thyeste qu'Atrée
, qu'elle croit son Pere , est prês à faire la
paix avec lui , pourvû qu'il l'épouse ; elle lui dit ,
qu'il n'a qu'à lul déclarer son Hymen. Thyeste
lai deffend de reveler un secret , qui faisant voir
à Tyndare qu'il l'a trompé , le deshonoreroit à
ses yeux , et obligeroit ce Prince de l'abandon-,
ner à toute la fureur d'Atrée, qui n'a point d'autre
dessein que de le priver de tout secours ; il
parle de la mort de ce fils malheureux , que Sostrate
lui a enlevé , et il ne doute pas qu'Atrée në
l'ait fait égorger.
Ægysthe vient annoncer à Thyeste que tout
menace sa vie , et qu'Atrée plus furieux que ja
mais , viendra le chercher même dans sa Tente ;
il ajoute qu'il deffendra ses jours , ou qu'il
mourra avec lui. La Nature qui parle dans le
coeur du Pere et du Fils , excite entr'eux de tendres
transports , qui tiennent lieu de reconnoissance
anticipée. Atrée arrive , Egysthe prie
Thyeste de rentrer dans sa Tente , de peur que
sa vuë ne redouble encore la fureur d'un frere si
dénaturé.
Atrée demande à Egysthe d'où vient qu'il lui
cache si long - tems sa victime la première moisié
de ce Dialogue est fiere de part et d'autre ;
Egysthe
1648 MERCURE DE FRANCE
Egysthe a enfin recours à la priere, Atrée prend
le parti de la dissimulation ; ll feint de se rendre,
mais il dit auparavant à Ægysthe qu'il lui en
coûtera plus qu'il ne pense ; Egysthe lui répond
qu'il ne sçauroit trop payer le sacrifice qu'il
veut bien lut faire de son inimitié. Atrée lui dir
qu'il consent à la paix , à condition que Thyeste
réparera l'affront dont il l'a fait rougir trop
long-tems : qu'il vous épouse , dit- il à Pelopée ;::
Egysthe et Petopée sont également frappés de
cette proposition , quoique par differens motifs..
Atrée jouissant de leur trouble , dit à Ægyste ,
d'un ton presque insultant :
> J'entends vous gémissez du coup que je vous
porte ;
Mais l'union des coeurs plus que tout vous importe;
Vous demandez la Paix , je la donne à ce prix,
Prenez à votre tour un conseil que j'ai pris ;
Faites-vous violence ; on a bien moins de peine :
A vaincre son amour , qu'à surmonter sa haine.
Atrée porte enfin le dernier coup à Ægisthe
par cet hemistiche , en parlant de Thyeste :
Il aime , autant qu'il est aimé.
Egysthe devient furieux ; Arrée lui dit que ce
n'est que de ce jour qu'il a penetré un secret si
fatal et le quitte,en lu disant :
Si vous êtes trahi ; je n'en suis point complice ;
Et je laisse en vos mains la grace , ou le supplice.
Egysthe reproche à Pelopée son manque de
foy
JUILLET. 1732... 1649
foy ; elle lui dit qu'elle ne lui a rien promis ; elle
s'explique ainsi :
Quel serment ! quel reproche ! est - ce trahir ma foi ;
Que mettre vos veriùs à plus haut prix que moi ?
Ce dernier Vers se rapporte à
Acte ou Pelopée lui a dit :
ceux du second
Ah ! Seigneur , croyez que Pelopée ,
Malgré le tendre amour dont vous êtes épris ,
N'est pas de vos vertus un assez digne prix.
Elle ajoûte encore :
Votre amour est allé plus loin que ma pensée ,
Et j'étois dans l'erreur assez interessée ;
Pour ne la pas détruire , et pour m'en prévaloir.
La tromperie qu'elle lui a faite , et sur tout la
préférence qu'elle donne à son Rival , l'empêchent
d'écouter sa justification ; tout ce qu'elle
lui dit jette le désespoir dans son coeur ; son
aveugle fureur s'exhale en murmures contre les
Dieux , et lui met ces Vers dans la bouche ,
Vous serez satisfaits, Dieux , qui dès ma naissance
Avez tous conspiré contre mon innocence ;‹ "
J'adopte vos decrets et mes transportsjaloux ,
Pour les justifier iront plus loin que vous.
Il la quitte transporté de rage ; elle le suit , e
finit l'Acte par ces Vers :
Allons ; suivons ses pas ,
1650 MERCURE DE FRANCE
Et ne pouvant sauver un Epoux que j'adore ,
Offrons à ses Bourreaux une victime encore.
Atrée commence par ces Vers le quatriémo
Acte.
Enfin voici le jour où le crime et l'horreur ,
Vont regner en ces lieux au gré de ma fureur.
Ce n'est pas ton secours qu'ici ma haine implore ,
Soleil , si tu le veux , pális , recule encore ;
Cefunesie chemin par moi-même tracé, “
De répandre tes feux , t'a déja dispensé ;
Va , fui , pour exercer mes noires barbaries
J'ai besoin seulement du flambeau de Furies.
Ce qu'il dit dans la suite expose le plan de la
vengeance qu'il médite , il ne s'agit pas moins
que de faire périr tous ses Ennemis les uns par les
autres , il finit cette terrible Scene par ce regres
digne de sa foreur.
D
ev l'avouerai qué ma joye eût été plus entiere ,
Si Thieste , touchant à son heure derniere,
Par moi-même eût appris que pour trancher se
jours ,
De la main de sonfils j'empruntai le secours ;
Mais je crains qu'à leurs yeux ce grand secret n'éclatte
;
Un moment`auprès d'eux peut conduire Sostrate ;
Ce moment me perdroit ; il faut le prévenir ;
Craignons , pour trop vouloir , de ne rien obtenir :
Tyndare n'est pas loin et déja l'on murmure ;
JUILLET. 1733 1651
1733..
#
Laplus prompte vengeance enfin est la plus sûre ;
Oui de mes ennemis prêcipitons la mort .
Qu'importe, en expirant qu'ils ignorent leur sort
Bien- tôt dans le séjour des Ombres criminelles .
On va leur dévoiler des horreurs éternelles ;
Aussi-tôt quefermez , leurs yeux seront ouverts ;
Ils se reconnoîtront tous trois dans les Enfers.
Il a déja fait entendre à Eurimédon, qu'il retient
Pélopée dans sa Tente , de peur qu'elle n'attendrisse
gisthe ; et voyant approcher cet
Amant jaloux , il se détermine à continuer une
dissimulation qui vient de lui être si utile dans
P'Acte précedent ; il feint d'être désarmé par les
pleurs de Pélopée , et prie Agysthe de consentir..
à l'hymen de cette Princesse avec Thyeste, cette
priere rend Egysthe encore plus furieux . Atrée
Payant mis dans la disposition où il le souhaite,
lui dit enfin en le quittant ;
Plus que vous à vous servir fidelle ,
Je veux bien hazarder cette épreuve nouvelle ;
J'abandonne Thyeste à tout votre courroux ;
Mais prêt à lefrapper , répondez bien de vous ;
C'est à vous désormais que je le sacrifie ,
Et si votre tendresse encor le justifie ‚
J'explique cet Arrêt en faveur de ses feux ;
Je renonce à ma haine , et je lè rends heureux.
Ægysthe s'abandonne tout entier à sa jalouse
rage ; Antenor vient et lui demande s'il est vrai
qu'on va immoler Thyeste ; Agysthe le rassure
on
1652 MERCURE DE FRANCE
en apparence en lui ordonnant de lui faire rendre
ses armes . Antenor transporté de joye , lui
témoigne combien Sostrate , son sage Gouverneur
, sera charmé de voir cet heureux fruit
de ses leçons. Au nom de Sostrate , Ægysthe est
frappé. Quel nom , lui dit -il , prononces - tu ?
Antenor lui répond , qu'il croit l'avoir vû s'avançant
vers sa Tente ; mais qu'ayant apperçu des
Soldats , il s'est retiré de peur d'être reconnu.
On doit sçavoir gré à l'Auteur d'avoir rappellé
aux Spectateurs le souvenir de ce même Sostrate
qu'il n'a vu que dans la premiere Scene. Je vous
entends , grands Dieux , dit Egysthe dans un à
parte. Il ordonne à Antenor de ne point perdre
de temps pour remettre Thyeste en liberté, avant
que Sostrate se presente à ses yeux , & c. Egyste
se détermine à presser sa vengeance.
Thyeste vient , pénetré de reconnoissance pour
Egysthe; mais sajoye est de peu de durée . Egys
the lui apprend qu'il est devenu son mortel ennemi
, depuis qu'il a appris qu'il est son Rival ; il
lui dit que des que la nuit pourra cacher sa fuite,
il le fera conduire dans le Camp de Tyndare , et
qu'il s'y rendra lui - même pour lui redemanderce
sang qu'il a pú répandre : cette Scene est une
des plus touchantes de la Piece ; chaque mot ne
sert qu'à irriter Egysthe de plus en plus . Ils par
tent enfin , l'un pour donner la mort , l'autre pour
la recevoir , sans se deffendre , lorsque ce Sostrate
qui vient d'être annoncé avec tant d'art , les
arrête et leur apprend leur sort . Cette recon- ¿
noissance a tiré des larmes aux plus insensibles ;
Egysthe apprenant que Pelopée est sa mere
change son amour en tendresse filiale. Sostrate
lui apprend qu'Atrée lui donnera la mort s'il
met le pied dans sa Tente , et que ce cruel a sur-
?
pris
JUILLET. 1733. 1653
pris un Billet de sa main , qui l'a instruit de sa
naissance. Egyste furieux veut aller donner la
mort â ce barbare ; mais Thyeste retient cette
impétuosité. On finit ce bel Acte par la résolution
qu'on prend de répandre le bruit de la mort
de Thyeste , er de tromper Pelopée même par
ce bruit , afin que l'excès de sa douleur fasse
mieux passer la feinte pour une verite , cependant
Egysthe ordonne à Sostrate de partir pour
le Camp de Tyndare , avec les instructions né
cessaires.
Cet Extrait n'étant déja que trop long, nous ne
dirons qu'un mot du cinquiéme Acte ; Atrée le
commence , il doute de la mort de Thyeste ,
malgré le soin qu'on a pris d'en répandre le
bruit ; d'ailleurs le Pere vivant encore dans un
fils plus terrible , il n'a pas lieu d'être tranquille ,
il apprend à Eurimedon ce que Sostrate a dit
dans l'Acte précedent ; sçavoir , qu'il a donné ordre
de faire périr Ægysthe , s'il entre dans sa
Tente. Pelopée vient. Atrée pour commencer à
goûter les fruits de sa vengeance , lui annonce la
mort de Thyeste ; elle ne croit plus avoir de ménagement
à garder , elle apprend à Atrée que 3
Thyeste étoit son Epoux , ce qui le met au com,
ble de la joye ; il lui dit en la quittant :
Egysthe.... à ce seul nom, tremble ; dès aujourd'hui,
Par des noeuds éternels je veux t'unir à lui.
Pelopée au désespoir , se resout à souffrir plu
tôt mille morts , qu'à consentir à l'hymen qu'Atrée
vient de lui annoncer sous des termes dont'
les Spectateurs ont bien senti l'équivoque , &c.
Egysthe arrive ; il veut se retirer à la vue de sa
Mere ; elle l'arrête et lui donne les noms les plus
execrables ,
1651 MERCURE DE FRANCE
།
execrables ; il ne peut plus les soutenir ; il lui
apprend que Thyeste est sauvé, et que dans le
temps qu'il alloit le combattre , il a appris que
son Rival étoit son Pere. Cette derniere reconnoissance
n'a pas moins attendri que la premiere.
Sostrate annonce à Egysthe que le secours de
Tyndare est arrivé ; Ægysthe va se mettre à la
tête des Soldats et ordonne à Sostrate de garder
sa Mere ; on vient annoncer à Pelopée la mort
d'Atrée ; cet irréconciliable ennemi de Thyeste
vient expirer sur le Théatre, mais c'est pour por
ter le dernier coup ¿ son frere ; il lui apprend que
Pelopée est sa fille et en apporte pour preuve le
témoignage d'Eurimedon et d'Arbaste , qui se
trouvent présens sur la Scene ; pour confirma
tion de preuve , Thyeste lui dit :
Va , j'en croisplus encor les Oracles des Dieux.
pour la premiere fois , la Tragedie de
Pélopée. Cette Piece , dont M. le Chevalier Pellegrin
est l'Autheur , fut reçue avec un applaudissement
général , et fit esperer un grand succès
malAJUILLET.
1733.
1733. 1539
malgré Pincommodité de la saison ; nous
Croions que nós Lecteurs en verront l'Extrait
avec plaisir.
Le sujet de ce Poëme se trouve dans Servius
dans Lactance , et dans Hygin . Ce dernier en raconte
les Evenemens de deux manieres. Il dit au
chap. 87. avec la plus part des Autheurs , que
Pinceste de Thyeste fut volontaire , attendu qu'uff
Oracle lui avoit prédit qu'un fils qui naîtroit dé
så fille et de lui , le vangeroit d'Atrée , son frete.
Mais dans le Chapitre suivant le même Hygia
met un correctif à une action si horrible , et dit
que Thyeste viola sa fille Pélopée sans la connoître.
L'Auteur a pris ce dernier parti , et y a
ajouté un nouveau correctif pour la décence da
Theatre.
Au premier Acte, Sostrate, Gouverneur d'Agyste
cherchant par tout ce Prince , qui trompant sa
vigilance , s'est échappé de la. Forêt où il a été
nourri par une Chévre , comme le porte L'étimologie
de son nom , arrive dans le Camp d'Atrée,
et s'entretient à la faveur de la nuit avec Arcas
son ancien ami ; il s'informe d'abord de la situation
de Thyeste , frere d'Atrée , son premier et
véritable Maître. Arcas lui apprend que Thyeste
secouru par Tyndare , Roy de Sparthe , avoit
remporté de grands et de nombreux avantages
snr . Atrée, mais qu'un jeune inconnu étant venu
offrir le secours de son bras à ce dernier , avoit
ramené la victoire sous ses étendarts ; il ajoute
que Thyeste réduit au désespoir et craignant
d'être trop long- temps à charge à son Protecteur
, venoit de défier ce jeune conquerant à un
combat singulier. Sostrate lui demande le nom
de cet inconnu ; il lui répond , qu'il s'appelle
Ægysth:. A et nom , Sostrate frémit d'horreur
a
Hiiij
il
1640 MERCURE DE FRANCE
il reconnoit que le fils va combatre le pere ; il no
s'explique point avec Arcas sur un secret qu'il a
juré de garder ; mais il lui dit , que s'il est aussi
fidele à Thyeste qu'il le lui a pare autrefois , il
faut qu'il lui porte un Billet, et lui parle ainsi
Tu ne peux pour Thyeste , être assez empressé,
Mais il faut qu'un billet par moi-même tracé ,
Me rende dans son coeur ma premiere innocence ,
Ab si ces lieux encor n'exigeoient ma présence ¿
Combienje t'envierois le soin de le porter!
Qu'avec joie à ses yeux j'irois me présenter !
ኑ
Il fait connoître par- là aux Spectateurs qu'il
veut parler à Ægysthe,s'il en peut trouver l'occasion.
L'arrivée d'Atrée fait retirer Sostrate et Arcas,
et la Scene finit par ce Vers que Sostrate dit:
Vien ;pressons ton départ ; Dieux, daignez le conduire.
1
Atrée fait la seconde exposition du Sujet , pour ,
préparer le Spectateur à un caractere aussi nois
que celui qu'il va voir sur la Scene ,
l'Auteur.
met ces Vers dans la bouche même de son Acteur
, dont l'origine remonte jusqu'à Jupiter.
De mon coeur irrité les transports furieux ,
Plus que mon Throne encor me rapprochent des
Dieux.
ILST
Qu'il est beau qu'un mortel puisse tout mettre en
poudre
Chaque fois qu'il se vange, il croit lancer lafoudre."
C'est peu d'être au dessus des Rois les plus puissans
Montrons à l'Univers de quel Dieu je descends ;
Son
JUILLET. 1733. 1641
Son Empire comprend et le Ciel et la Terre ;
Au gré de sa vangeance , il lance le tonnerre ,
Et moi j'aime àporter de si terribles coups ,
Que Jupiter lui-même en puisse être jaloux !
Atrée fait entendre à Eurimedon, son confident
que cette Pélopée qui passe pour sa fille , est fille
de Thyeste , par ces deux Vers :
Mais mafille au tombeaus m'ayant étéravie ,
La sienne en même temps prit sa place et son nom.
Eurimedon est frappé de ce qu'Atrée lui apprend,
attendu qu'il avoit consenti autrefois que Thyeste
l'épousa. Quoi ? lui dit - il , vous pouviez lui
faire un si funeste don ?
Atrée après avoir fair connoître comment la
fille de Thyeste qui passe pour sa propre fille
avoit été misee
entre ses mains , et par ce même
Eurimedon , à qui il parle actuellement , lui dit :
Apprends quel fruit heureux j'attendois de mon
crime.:
Il lui fait connoître que par cet Hymen il esperoit
détacher Tyndare du parti de Thyeste,attendu
que ce dernier ne lui avoit prêté som secours
pour le faire remonter au Thrône d'Argos
que son frere avoit usurpé sur lui , qu'à condition
qu'il y placeroit Clytemnestre sa fille , il fi
nit Pétalage de sa politique par ces Vers :
La vangeance toujours a de quoi satisfaire ;
Mais c'étoit peu pour moi , j'en voulois un salaire
Et dans l'artde regner c'est être vertueux,
Que n'entreprendre rien qui soit infructurux.
Hv
On
1642 MERCURE DE FRANCE
On expose encore dans cette Scene le défi dont '
on a parlé, dans lapremiere,et l'amour d'Ægysthe
pour Pelopée; amour dont Atrée veut se prévaloir
pour le mieux engager à donner la mort
à Thyeste.
Eurylas , Capitaine des gardes d'Atrée , vient
lui apporter un billet qu'on a intercepté , c'est le
même dont on a parlé dans la premiere Scen
en voici le contenu •
Choisissez mieux vos ennemis.
Vouspréservent les Dieux d'un combat si funeste
Fremissez, malheureux Thyeste ,
Egyssthe est votre Fils.
Sostrate.
M
67
Afrée triomphe par avance du parricide qu'
gysthe va commettre, il ordonne à Eurylas d'aller
faire venir ce Prince qui ne se connoit pas
core lui même. Il dit à Eurimedon de ne rien oublier
pour découvrir Sostrate et pour s'en as--
surer.
en
Ægysthe vient; il se refuse au combat où Atrée
l'invite,et fonde ce refus sur le respect qu'il garde
pour les Rois , et sur tout pour un sang aussi
précieux que celui qu'il veut lui faire répandre ;
Atrée le pressant toujours plus vivement, Egys
the dit :
Ciel ! contre ma vertu que d'ennemis ensemble !
Et les Dieux et les Rois contre moi tout s'assemble.
Les Dieux , si l'on m'afait unfile rapport,
Aux crimes les plus noirs ont enchaîné mon sort ,
J'ose pourtant lutter contre leur Loy suprême , &c.
Ægysthe
JUILLET. 1733 1643
•
gysthe dans cet endroit fait connoître quelle
a été son éducation ; mais il ne peut rien dire
de sa naissance qu'on lui a laissé ignorery Atrée
ne pouvant le porter à remplir sa vengeance
employe enfin le plus puissant motif qui est celui
de l'amour donr Egysthe brule pour Pélopée
voici par où il finit cette Scene :[/
"
Ilaudroit pour placer son coeur en si haut rang,
qui monter à la source où l'on puisa son sang, gibot
Dais faites de ma fille une juste conquête t
the our le prix de sa main , je ne veux qu'unt tête,
" Vous m'entendez , adieu , je vous laisse y penser
Et je n'attends qu'un mot pour vous récompenser.
.<
2
gysthe frémit du projet d'Atrée, il voudroit
sy refuser,, mais son amour pour Pelopée l'emporte
sur sa répugnance ; on expose dans cette
Scene comment ce Prince a vu Pelòpée pour la
premiere fois , on y parle des leçons qu'il a re
çues de Sostrate.dans les Forêts où il a été élevés
l'Amour lui fait tout oublier ; il finit l'Acte par
ces Vers :
25.00
Et je renoncerois au prix de ma victoire
Quand l'amour
gloire
mais que dis-je ? il y va de ma
On m'appelle au combat, sij'avois reculé,
Thyeste hautement diroit que j'ai tremble , I
Car enfin , au Combat c'est lui qui me défie ;
Qui peut me condamner quand il me justifie ?
N'en déliberons plus ; allons , cherchons le Roi ,
Et qu'au gré de sa haine il dispose de moi.
H vj Nous
164 MERCURE DE FRANCE
€
Nous avons été obligez de nous étendre dans
Set Acte , dont les deux tiers se passent en expo
Sitions nécessaires.
2
11 ct af 3 20
Pelopée ouvre la Scene du second Acte avec
Phoenice , sa Confidente ; elle
qu'elle a fait avertir ; elle fait
attend Ægystho
connotre l'inte
rêt qu'elle prend dans le péril qui menace Thyes
te ; elle déclare son hymen secret avec lui ; elle
parle d'un fils qu'elle cut de cet hymen , elle ra
conte un songe terrible qu'elle fit au sujet de ce
fils. Le voicist
A peine la lumiere
rauke hang of tw.I
03
De cefils malheureux vint frapper la paupiere
Que l'éclat de la foudre , au milieu des éclairs
D'un vaste embrasement menaça l'Univers.
Jour affreux jour suivi d'une nuit plus terri blet
De Spectres entassés un assemblage horrible ,
Dans un songe funeste effrayant mes regards:
Pret a fondre sur moi , vole de coutes parts.
Je vois une Furie et mon Ayeul Tantale
Qu'elle force à sortir de la nuit infernale ;
La barbare sur lui versant son noir poison
Lui fait un autre enfer de sa propre maison .
Cette ombre infortunée après soi traîne encore,
Et la faim et la soifdont l'ardeur la dévore :
Elle approche . Le fruit de mon malheureux flanc
La nourrit de carnage et l'abbreuve de sang ;
Phénice à cet aspect le sommeil m'abandonne,
5
Mais
JUILLET. 1733. 1645
Mais non la juste horreur , dont encor je fuissonne:
!
-Relopée apprend à Phoenice que ce songe terrible
l'obligea à consulter l'Oracle d'Apollon ;
que ce Dicu lui annonça que son Fils étoit
menacé d'inceste et de parricide ; elle ajoûte
qu'elle confia ce malheureux enfant à Sostrate ,
qui l'enleva à l'insçu de Thyeste son pere , avec
Ordre de ne le jamais instruire de son sort.
Dans la Scene suivante , Pelopée détourne Egysthe
du Combat qu'il va entreprendre contre
Thyeste. Elle lui parle d'une maniere si pathetique
, qu'il lui jure que sa main ne se trempera
jamais dans le sang de Thyeste ; elle finit la
Scene par ces Vers :
Ah ! Seigneur , croyez que Pelopée ;
Malgré le tendre am amour dont vous êtes épris ,
N'est pas de vos Vertus un assez digne prix .
Egysthe explique cès Vers en faveur de son
amour , &c. Il prie Atrée de le dispenser d'un
Combat qui fétriroit sa gloire Atrée impute
se changement de résolution à Pelopée ; il veut
lui même aller combattre Thyeste . Pélopée éperdue
prie Egysthe de détourner un Combat si
funeste Egysthe la jette dans de nouvelles al
larmes , en lui disant qu'il va chercher Thyeste
il fait pourtant connoître aux Spectateurs quel
est son dessein par ces Vers équivoques.
Je sçaurai dans cejour
Prendre soin de magloire et ser vir mon amour.
3 Pelopée
1646 MERCURE DE FRANCE
.
Pelopée au désespoir veut suivre Agysthe
Atrée la retient et lui reproche'sa désobéissance ;
Pelopée lui dit que Thyeste lui est plus cher qu'il
ne sçauroit croire. Elle se retire , Attée ordohne
à sa Garde de la suivre.
Ce que Pelopée vient de lui dire lui fait soupe
çonner qu'elle pourroit bien avoir épousé Thyes
te ; il ordonne à Eurimedon de ne rien oublier
pour trouver Sostrate , qui peut seul éclaircir ces
soupçons. 11 finit ce second Acte par ces Vers
37 C
D
Ne descends pas encor dans l'éternelle nuit
Thyeste , de ta mort je perdrois tout le fruit ;
Nefût-ce qu'un moment , jouis de la lumiere
Pour sçavoir quels forfaits terminent ta carriere ;
Pour la premiere fois je fais pour toi des voeux
Tremble , c'est pour te rendre encor plus malheu
* reux .
Thyeste prisonnier , commence le troisiéme
Acte par ces Vers :: ~
1
I
Fortune , contre moi des long-tems conjurée ,
Triomphe , me voici dans les prisons d'Atrée
Dieux cruels , dont le bras appesanti sur moi
Afait à votre honte un Esclave d'un Roieng
Dieux injustes , en vain ma chûre est votre ou
vrage ,
Vous n'avezpas encore abbaissé mon courage, &L.
Il instruit les Spectateurs de ce qui s'est passé
dans son Combat contre gysthe, qu'il croit ne
l'avoir épargné que pour réserver au barbare
Atrés le plaisir de lui donner la mort. Il expose
Ge
JUILLET. 1733 . 1647.
ce que les Dieux lui ont annoncé autrefois quand
il les a consultez sur le moyen de se vanger d'A-l
trée , voici l'Oracle :
Argos rentrera sous ta loy
Far un Fils qui naîtra de ta fille et de toi.
Il dit à Arbate que ce fût pour éviter cet abominable
inceste qu'il le chargea lui- même du
soin d'égorger sa Fille dans l'âge le plus tendre,
&c. Pelopée vient apprendre à Thyeste qu'Atrée
, qu'elle croit son Pere , est prês à faire la
paix avec lui , pourvû qu'il l'épouse ; elle lui dit ,
qu'il n'a qu'à lul déclarer son Hymen. Thyeste
lai deffend de reveler un secret , qui faisant voir
à Tyndare qu'il l'a trompé , le deshonoreroit à
ses yeux , et obligeroit ce Prince de l'abandon-,
ner à toute la fureur d'Atrée, qui n'a point d'autre
dessein que de le priver de tout secours ; il
parle de la mort de ce fils malheureux , que Sostrate
lui a enlevé , et il ne doute pas qu'Atrée në
l'ait fait égorger.
Ægysthe vient annoncer à Thyeste que tout
menace sa vie , et qu'Atrée plus furieux que ja
mais , viendra le chercher même dans sa Tente ;
il ajoute qu'il deffendra ses jours , ou qu'il
mourra avec lui. La Nature qui parle dans le
coeur du Pere et du Fils , excite entr'eux de tendres
transports , qui tiennent lieu de reconnoissance
anticipée. Atrée arrive , Egysthe prie
Thyeste de rentrer dans sa Tente , de peur que
sa vuë ne redouble encore la fureur d'un frere si
dénaturé.
Atrée demande à Egysthe d'où vient qu'il lui
cache si long - tems sa victime la première moisié
de ce Dialogue est fiere de part et d'autre ;
Egysthe
1648 MERCURE DE FRANCE
Egysthe a enfin recours à la priere, Atrée prend
le parti de la dissimulation ; ll feint de se rendre,
mais il dit auparavant à Ægysthe qu'il lui en
coûtera plus qu'il ne pense ; Egysthe lui répond
qu'il ne sçauroit trop payer le sacrifice qu'il
veut bien lut faire de son inimitié. Atrée lui dir
qu'il consent à la paix , à condition que Thyeste
réparera l'affront dont il l'a fait rougir trop
long-tems : qu'il vous épouse , dit- il à Pelopée ;::
Egysthe et Petopée sont également frappés de
cette proposition , quoique par differens motifs..
Atrée jouissant de leur trouble , dit à Ægyste ,
d'un ton presque insultant :
> J'entends vous gémissez du coup que je vous
porte ;
Mais l'union des coeurs plus que tout vous importe;
Vous demandez la Paix , je la donne à ce prix,
Prenez à votre tour un conseil que j'ai pris ;
Faites-vous violence ; on a bien moins de peine :
A vaincre son amour , qu'à surmonter sa haine.
Atrée porte enfin le dernier coup à Ægisthe
par cet hemistiche , en parlant de Thyeste :
Il aime , autant qu'il est aimé.
Egysthe devient furieux ; Arrée lui dit que ce
n'est que de ce jour qu'il a penetré un secret si
fatal et le quitte,en lu disant :
Si vous êtes trahi ; je n'en suis point complice ;
Et je laisse en vos mains la grace , ou le supplice.
Egysthe reproche à Pelopée son manque de
foy
JUILLET. 1732... 1649
foy ; elle lui dit qu'elle ne lui a rien promis ; elle
s'explique ainsi :
Quel serment ! quel reproche ! est - ce trahir ma foi ;
Que mettre vos veriùs à plus haut prix que moi ?
Ce dernier Vers se rapporte à
Acte ou Pelopée lui a dit :
ceux du second
Ah ! Seigneur , croyez que Pelopée ,
Malgré le tendre amour dont vous êtes épris ,
N'est pas de vos vertus un assez digne prix.
Elle ajoûte encore :
Votre amour est allé plus loin que ma pensée ,
Et j'étois dans l'erreur assez interessée ;
Pour ne la pas détruire , et pour m'en prévaloir.
La tromperie qu'elle lui a faite , et sur tout la
préférence qu'elle donne à son Rival , l'empêchent
d'écouter sa justification ; tout ce qu'elle
lui dit jette le désespoir dans son coeur ; son
aveugle fureur s'exhale en murmures contre les
Dieux , et lui met ces Vers dans la bouche ,
Vous serez satisfaits, Dieux , qui dès ma naissance
Avez tous conspiré contre mon innocence ;‹ "
J'adopte vos decrets et mes transportsjaloux ,
Pour les justifier iront plus loin que vous.
Il la quitte transporté de rage ; elle le suit , e
finit l'Acte par ces Vers :
Allons ; suivons ses pas ,
1650 MERCURE DE FRANCE
Et ne pouvant sauver un Epoux que j'adore ,
Offrons à ses Bourreaux une victime encore.
Atrée commence par ces Vers le quatriémo
Acte.
Enfin voici le jour où le crime et l'horreur ,
Vont regner en ces lieux au gré de ma fureur.
Ce n'est pas ton secours qu'ici ma haine implore ,
Soleil , si tu le veux , pális , recule encore ;
Cefunesie chemin par moi-même tracé, “
De répandre tes feux , t'a déja dispensé ;
Va , fui , pour exercer mes noires barbaries
J'ai besoin seulement du flambeau de Furies.
Ce qu'il dit dans la suite expose le plan de la
vengeance qu'il médite , il ne s'agit pas moins
que de faire périr tous ses Ennemis les uns par les
autres , il finit cette terrible Scene par ce regres
digne de sa foreur.
D
ev l'avouerai qué ma joye eût été plus entiere ,
Si Thieste , touchant à son heure derniere,
Par moi-même eût appris que pour trancher se
jours ,
De la main de sonfils j'empruntai le secours ;
Mais je crains qu'à leurs yeux ce grand secret n'éclatte
;
Un moment`auprès d'eux peut conduire Sostrate ;
Ce moment me perdroit ; il faut le prévenir ;
Craignons , pour trop vouloir , de ne rien obtenir :
Tyndare n'est pas loin et déja l'on murmure ;
JUILLET. 1733 1651
1733..
#
Laplus prompte vengeance enfin est la plus sûre ;
Oui de mes ennemis prêcipitons la mort .
Qu'importe, en expirant qu'ils ignorent leur sort
Bien- tôt dans le séjour des Ombres criminelles .
On va leur dévoiler des horreurs éternelles ;
Aussi-tôt quefermez , leurs yeux seront ouverts ;
Ils se reconnoîtront tous trois dans les Enfers.
Il a déja fait entendre à Eurimédon, qu'il retient
Pélopée dans sa Tente , de peur qu'elle n'attendrisse
gisthe ; et voyant approcher cet
Amant jaloux , il se détermine à continuer une
dissimulation qui vient de lui être si utile dans
P'Acte précedent ; il feint d'être désarmé par les
pleurs de Pélopée , et prie Agysthe de consentir..
à l'hymen de cette Princesse avec Thyeste, cette
priere rend Egysthe encore plus furieux . Atrée
Payant mis dans la disposition où il le souhaite,
lui dit enfin en le quittant ;
Plus que vous à vous servir fidelle ,
Je veux bien hazarder cette épreuve nouvelle ;
J'abandonne Thyeste à tout votre courroux ;
Mais prêt à lefrapper , répondez bien de vous ;
C'est à vous désormais que je le sacrifie ,
Et si votre tendresse encor le justifie ‚
J'explique cet Arrêt en faveur de ses feux ;
Je renonce à ma haine , et je lè rends heureux.
Ægysthe s'abandonne tout entier à sa jalouse
rage ; Antenor vient et lui demande s'il est vrai
qu'on va immoler Thyeste ; Agysthe le rassure
on
1652 MERCURE DE FRANCE
en apparence en lui ordonnant de lui faire rendre
ses armes . Antenor transporté de joye , lui
témoigne combien Sostrate , son sage Gouverneur
, sera charmé de voir cet heureux fruit
de ses leçons. Au nom de Sostrate , Ægysthe est
frappé. Quel nom , lui dit -il , prononces - tu ?
Antenor lui répond , qu'il croit l'avoir vû s'avançant
vers sa Tente ; mais qu'ayant apperçu des
Soldats , il s'est retiré de peur d'être reconnu.
On doit sçavoir gré à l'Auteur d'avoir rappellé
aux Spectateurs le souvenir de ce même Sostrate
qu'il n'a vu que dans la premiere Scene. Je vous
entends , grands Dieux , dit Egysthe dans un à
parte. Il ordonne à Antenor de ne point perdre
de temps pour remettre Thyeste en liberté, avant
que Sostrate se presente à ses yeux , & c. Egyste
se détermine à presser sa vengeance.
Thyeste vient , pénetré de reconnoissance pour
Egysthe; mais sajoye est de peu de durée . Egys
the lui apprend qu'il est devenu son mortel ennemi
, depuis qu'il a appris qu'il est son Rival ; il
lui dit que des que la nuit pourra cacher sa fuite,
il le fera conduire dans le Camp de Tyndare , et
qu'il s'y rendra lui - même pour lui redemanderce
sang qu'il a pú répandre : cette Scene est une
des plus touchantes de la Piece ; chaque mot ne
sert qu'à irriter Egysthe de plus en plus . Ils par
tent enfin , l'un pour donner la mort , l'autre pour
la recevoir , sans se deffendre , lorsque ce Sostrate
qui vient d'être annoncé avec tant d'art , les
arrête et leur apprend leur sort . Cette recon- ¿
noissance a tiré des larmes aux plus insensibles ;
Egysthe apprenant que Pelopée est sa mere
change son amour en tendresse filiale. Sostrate
lui apprend qu'Atrée lui donnera la mort s'il
met le pied dans sa Tente , et que ce cruel a sur-
?
pris
JUILLET. 1733. 1653
pris un Billet de sa main , qui l'a instruit de sa
naissance. Egyste furieux veut aller donner la
mort â ce barbare ; mais Thyeste retient cette
impétuosité. On finit ce bel Acte par la résolution
qu'on prend de répandre le bruit de la mort
de Thyeste , er de tromper Pelopée même par
ce bruit , afin que l'excès de sa douleur fasse
mieux passer la feinte pour une verite , cependant
Egysthe ordonne à Sostrate de partir pour
le Camp de Tyndare , avec les instructions né
cessaires.
Cet Extrait n'étant déja que trop long, nous ne
dirons qu'un mot du cinquiéme Acte ; Atrée le
commence , il doute de la mort de Thyeste ,
malgré le soin qu'on a pris d'en répandre le
bruit ; d'ailleurs le Pere vivant encore dans un
fils plus terrible , il n'a pas lieu d'être tranquille ,
il apprend à Eurimedon ce que Sostrate a dit
dans l'Acte précedent ; sçavoir , qu'il a donné ordre
de faire périr Ægysthe , s'il entre dans sa
Tente. Pelopée vient. Atrée pour commencer à
goûter les fruits de sa vengeance , lui annonce la
mort de Thyeste ; elle ne croit plus avoir de ménagement
à garder , elle apprend à Atrée que 3
Thyeste étoit son Epoux , ce qui le met au com,
ble de la joye ; il lui dit en la quittant :
Egysthe.... à ce seul nom, tremble ; dès aujourd'hui,
Par des noeuds éternels je veux t'unir à lui.
Pelopée au désespoir , se resout à souffrir plu
tôt mille morts , qu'à consentir à l'hymen qu'Atrée
vient de lui annoncer sous des termes dont'
les Spectateurs ont bien senti l'équivoque , &c.
Egysthe arrive ; il veut se retirer à la vue de sa
Mere ; elle l'arrête et lui donne les noms les plus
execrables ,
1651 MERCURE DE FRANCE
།
execrables ; il ne peut plus les soutenir ; il lui
apprend que Thyeste est sauvé, et que dans le
temps qu'il alloit le combattre , il a appris que
son Rival étoit son Pere. Cette derniere reconnoissance
n'a pas moins attendri que la premiere.
Sostrate annonce à Egysthe que le secours de
Tyndare est arrivé ; Ægysthe va se mettre à la
tête des Soldats et ordonne à Sostrate de garder
sa Mere ; on vient annoncer à Pelopée la mort
d'Atrée ; cet irréconciliable ennemi de Thyeste
vient expirer sur le Théatre, mais c'est pour por
ter le dernier coup ¿ son frere ; il lui apprend que
Pelopée est sa fille et en apporte pour preuve le
témoignage d'Eurimedon et d'Arbaste , qui se
trouvent présens sur la Scene ; pour confirma
tion de preuve , Thyeste lui dit :
Va , j'en croisplus encor les Oracles des Dieux.
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Résumé : Pelopée, Tragédie nouvelle[.] Extrait. [titre d'après la table]
Le 18 juillet 1733, les Comédiens Français présentèrent pour la première fois la tragédie 'Pélopée', écrite par le Chevalier Pellegrin. La pièce, tirée des récits de Servius, Lactance et Hygin, fut accueillie avec enthousiasme. Hygin relate deux versions des événements : dans la première, Pinceste commet l'inceste volontairement après une prédiction oraculaire ; dans la seconde, Thyeste viole sa fille Pélopée sans la reconnaître. La pièce adopte cette dernière version et y ajoute des correctifs pour la décence théâtrale. Au premier acte, Sostrate, gouverneur d'Agyste, recherche le prince Ægysthe, échappé de la forêt où il a été élevé par une chèvre. Il rencontre Arcas, qui lui apprend que Thyeste, frère d'Atrée, a remporté des victoires grâce à Tyndare, roi de Sparte. Cependant, un jeune inconnu, Ægysthe, a récemment ramené la victoire à Atrée. Thyeste, désespéré, a défié ce jeune homme à un combat singulier. Sostrate reconnaît en Ægysthe son fils et cherche à l'avertir sans révéler son secret. Atrée révèle à Eurimedon que Pélopée, qu'il considère comme sa fille, est en réalité la fille de Thyeste. Il espère que le mariage de Pélopée avec Ægysthe détournera Tyndare du parti de Thyeste. Dans le second acte, Pélopée, accompagnée de Phoenice, sa confidente, attend Ægysthe. Elle révèle son mariage secret avec Thyeste et un songe prémonitoire où elle voit son fils menacé d'inceste et de parricide. Elle confie cet enfant à Sostrate, qui l'élève sans lui révéler son origine. Pélopée convainc Ægysthe de ne pas combattre Thyeste, mais Atrée, soupçonnant la vérité, ordonne à sa garde de la suivre. Au troisième acte, Thyeste, prisonnier, apprend qu'Atrée veut le tuer. Il révèle à Arbate qu'il a ordonné l'exécution de sa fille pour éviter l'inceste prédit par l'oracle. Pélopée informe Thyeste qu'Atrée propose la paix en échange de son mariage. Thyeste refuse, craignant de déshonorer Tyndare. Ægysthe, venu annoncer les menaces contre Thyeste, promet de le défendre. Atrée arrive et exige des explications d'Ægysthe, qui finit par le supplier. Dans le quatrième acte, Atrée expose son plan de vengeance, visant à faire périr ses ennemis les uns par les autres. Il feint de consentir à l'union de Pélopée et Thyeste pour manipuler Ægysthe. Ægysthe, après avoir appris que Sostrate retient Pélopée, libère Thyeste et lui révèle qu'il est son rival. Sostrate intervient alors pour révéler la vérité : Pélopée est la mère d'Ægysthe, et Atrée prévoit de tuer Ægysthe. Dans le cinquième acte, Atrée annonce à Pélopée la mort de Thyeste, mais elle révèle ensuite à Atrée que Thyeste était son époux. Ægysthe apprend alors que Thyeste est son père et que Pélopée est sa mère. Sostrate informe Ægysthe de l'arrivée des renforts de Tyndare. Finalement, Atrée, mourant, révèle à Thyeste que Pélopée est sa fille, confirmant ainsi les prédictions divines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5155
p. 153-182
STANCES Sur la vie champêtre.
Début :
Celebrons les destins prosperes [...]
Mots clefs :
Stances, Champêtre, Fruits, Trompette, Conscience, Alarmes, Mépris, Envie, Courtisans, Blé
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texteReconnaissance textuelle : STANCES Sur la vie champêtre.
STANCES
Sur U/vie chtmpétreb CElebrons les destin
• •
prosperes
D'un homme exempt de
soins fâcheux,
Qui content des champs
de ses peres,
Les laboure avecque -
fe*
boeufs,
Et qui loin des mpllç^dc.
lices,
Ignorant jusquau;$ojpi4ei
vices
Qui tiennent. nos sens en.
^chantez,j Vit encore au siecle ou
nous sommes,
j A l'exemple des pjemierj
hommes,
Des fruits qu'il n'a pas achej
tez.
-' ,.,',
Jamais le {on, de la trom-,
Ne,. ic fait
pette Nh Nelefait monter a-c
val
Ilne craint pointd'une dé-*
faite
Le succés funeste &fatal;
Il n'entend point le bruit
des armes,
JSa c;onscience est sans alar- mes. -Y
Sans peine il obeïtaux loix,
Et couvert de son inno.
cence,
Prend le repos en affurance,
Qu'on ne trouve point chez
les Rois.
La mer, quand un funeste
orage
--0-'
Ouvre sesabîmes affreux,
Nelui pouvant porterdommage,-
Ne l'oblige point à,del
voeux ;
Il ne voit point couler sa vic
Parmi le mépris ou l'envie
De ceux qui fonda cour
,
aux Grands;
Mai-s auiE d'uneaudace folle ;-
Il n'insulte point à l'idole -
Qu'adorent lesvainscour
tisans..
Il n'a point desperance
..,Yaia.e»
Ni de crainte sansfondefIhleast
siannms1eeennvtjie & fan», A l'égard du Gouvernemet
tIl rneèconssulte,point les as- Afin de prévoir les desastres
Dont l'Etat peut être acca.
blé:
Mais seulementafin d'ap-
, prendre
-- Le temps qu'il est besoin
d'attendre
Pour femer oucouper fou
blé.
Ne s'arrêtant à rien d'indi
gne
DD''ooccccuuppeerrlelepepnenlseerr hhuu-.
main, *
Il a foin de cailler savi
gne --.f
Par un tefmepsrpauir;ncl;air Et si quelque fepdegenc|
Soudain sur letronc il
m
, fere
La greffe qu'il a prise ail
t>-° leurs, >. ",>i
Et coupant le bois inutile4
Il rend son vignoble fer
tile,
Et des vins il a les meiU
leurs.
Il contemple la terreornée
Derémail éclatant des
fleurs,
Que les plus beaux jours
de l'année
Ont peintes de mille cou*
leurs ;
Sur les côteaux & dans la
plaine,
Sans tenir de route certaine
Ses boeufs errant confufément,
Il prend plaisir à leur voir
paître
L'herbage que la nuit fais naître !
JEc renouvelle incessam-
1 - ment. ut. De la ruche chassant l'a-
; beille,
Dans ses magasins precieux
ïï trouve une manne pareille
Au doux mets que; l'on fer
aux Dieux. 4
Quandl'impctueux ven
,.t deThrace
Au zephire cede la place,
Il tond ses-paisibles brebis, i
E
>
Etméprisant l'or& ht
foye, '1. Leurs simples toisons il employe
:.:- A faire ses plus beaux habics.
t
j
Quand le démon de la lu-,
miere
Commence en faveur de
la nuit
D'accourcir sa vaste ca*rr
riere,
Etqu'aux fleurs succede le
,
fruit
Pour nourrir sa, chere £a»
mille
Il fait tomberfous lafaudfl
Les moissons qui dorei
leschamps, Sans quoy nôtre ennuyeu
.c, , vie -'
Se verroit encore aflgrvie
Au grossier ufagedesglari
Les jours qu'onintçrrotnj
': , ';
la peine ( Que le travail donne au
mortels,
Il prend un livre,ou se pfe
? mene, Quand il a servi les autels
Et lorsquela cigalechai^u
Qu'avecle jour le cKâtis'augmente
,
:$ous
-
un orme au feuillage
,
t, épais
Etendu doucement (àr
l'herbe,
Qui lui tient lieu d'un lie
superbe,
Lorsquetoutbrûle il pren!Jd
--, le frais.
Là nul repentir ne 1âigitfc,
Il joüit d'un profondre-
., j,..1 ¡.' 1
,
pos, : Comme un lac qu'aucun
ventn'irrite, ' Et dont rien n'alerte les
, n: ¡ i, .) lfots- £csi lemurmure agréable
De l'eau qui roule surle là*
ble
Le provoque enfinau
meilj
ilne fait point de mauvais
,:
songes,
Etjamaisleurs tristesmensonges
Ne le fâchent à son réveil.
Quand l'humide & fertile
autonne,
Qui du jour tempere les
feux,
De ses riches fruits se coifc
ronne,
Achevant de remplir ilq$
teeux,
Soigneuxillescüeille &les
serre,
Pour en user lorsque la terct
Met fin àses productions,
A lasage fourmis semblable,
Pui durant l'esté favorable
Amasse ses provisions.
jCeft alors que la vigne ploye '(
Sous ce fruit doux & précieux
,
iDont la liqueur donn^te
,
Joye"
Et bannit, les soins eiv
nuyeux; Et qu'attentifà son mén-â.,
Nuôtresheauregguxe meettant et;. Cuves,&panier?&co& teaux, c
On coupe, on presse la
dange,
LLreevaviinInJ cçoozuulleeetandisqu'o?n- Et quel'onremplitleston
neaux.
L'hyver,qui toujoursfroi
,.&pae
Effacetantde doux appas aux beaux jours la nature
étalé,
:-
L'occuppe,&ne
& ne ll'aattttrriisfstee , pas:
"JTil a des terres inutiles,
Couvertes debuissons Viles,
Illès fait alors défricher-
Oncoupe d'unehache forte
Unhêtredont la cime
Sert morte aux oiseaux à se percher.
D'un soin diligent iltravaille
:
Àla clôture deieschamps
Ouredresse un pap. demu
raille
Tombé par l'injure de
temps: Parfois d:unemainvigou
:
reuse,
-
Sans s'épargnerlui-même
il creuse
Un fasïe deterrecomblé
Et parune voyeinsensible
Tire l'humidité nuisible
Qui croupit & gâte son blé - Ainsi son esprit fuit les vi- cies En évitant i'ojfïveté-f JLinfi
ifcinn par divers exercices
Son corps se maintient en
santé:
Tantôt il dissipe à la chasse
La pesanteur qui le menace,
Et marque un desordre aux
Il humeurs;
Tantôt en repos il contemple
Leeesxxveeretumsmqup'ilpplreln,depour
En lacôduite de ses moeurs.
L'ame qu'occupent de la
forte
Ces soins frequens ,
hbo-
: rieux,
Na-t-elle pas fermé la porce
A mille pensers ennuyeux?
Ces tristesfleaux de la vie,
Le soupçon, la crainte
l'envie,
Les querelles & les procès
Les vains desirs, les amour; soles, Enfin cent passions frivole
Nc'yépeuvsentsplus avoir ac
Que si sa compagne pudi
que
Comme lui suivant la rai son,
Avec diligence s'applique
A bien gouverner la mai.
son,
Chaque jour il experimente
Que la sage concorde augmente,
Et fait croître les moindres
," -: biens,
Commela discorde au con- - traire,
Encor que d'ailleurs tout
prospere,
Piffipe les plus grands
* moyens.
Par cette union qui les lie
11 voit plus avec plufieurr
yeux, R ij
Il semble qu'il se multi*
plie,
Il ell: à la fois en deux lieur,
Ce couple au-dessus detout
blâme,
.1 N'a qu'une volonté, qu'une:
.: ame
Qui regit deux coeurs à la
fois,
Contre l'ordre de la nature
Une amour conjugale(&
w", pure
Estant plus forte que fë
,
ioix;.
Quandparsa bonté pater*
v* nelle
Le Ciel, auteur des chastes
noeuds,
Benissat leur couche fidelle,
Donne des enfans à leurs
voeux,
Leur mere est aussi leur
1
nourrice,
Et sans que rien l'en divertisse
Elle les éleve avec soin,
Sedéfiant d'une étrangere
Dont l'affection passagere
Leur pourroit manquer au
besoin.
Queceux qui éprouvent
avouent
Qu'il est charmé, qu'il est ravi
Lorsque ses chers enfans se
-' joüent,
Et le caressent à l'envi:
L'un d'une façon tendreet
molle
Avec ses petits bras fac-:
cole, -
L'autre s'en plaint, en est jaloux: :.
Chacun doucement letourmente
Tantqu'à , la fin il les contente,
Les embrasse & les cherit
tous.
Les troupeauxmugissent ôc
bêlent.
Cependant sur la fin du jour
Les longs abois des chiens
se mêlent
Au bruit qu'ils font à leur
retour: Aussitôt chaque domefti-»
que
A faire son devoir s'appli-
, que,
Les valets découplent les
boeufs,
Les femmes promptes ôc
fidelles
Des vaches pressent les
mammelles,
Et tirent le lait Savoureux.
Que c'est un fpeaaclo
agreable
De voir au soir les gens bien
las \,
Se presserl'un l'autre à la
table,
Et prendre gaiment leur
repas,
Dont la viande est aflaifcnnée
Dnu seéul treavail de la jour- :
Mais qui lui donne un goût
't
-
sibon, ,-
Que ces mets que la friandise
En cent & cent façons déguise
Sont fades encomparaison.
Ces gens à la mine funeste,
Qui pour des intérêts legers
Font pis que le fer & U
peste,
Et font courre mille dangers,
Ne viennent: point en sa
contrée,
D'un long espace separée
Des grandets &enozbles;ci- Ces noirs ennemis de la
&: joye:
Faf isans d'ordinaire leur
proye
Aux lieux riches &frequeoî
tez. I
Comme aucun violentora.
ge (
Ne bat la fleur de son printemps,
- Il ne sent nul cruel ravage
Dans le froid hyver de ses
ans;
-
Des maux qu'apporte la
vieillesse
il ne sent qu'un peudefoi-
'- blesse, A
Il n'est ni gouteux, ni perclus
,
Etprêt de passer l'onde
noire,
Il possede par la memoire
Les biens qu'il ne poffcdCt
plus.
Ses jours passez dans l'in-
,
nocence
Lui reviennent devant les
yeux,
L'avenir n'a rien qui lof.
sense,
Il ne craint point l'ire des
Dieux,
Par orgueil ni par avarice
Il n'a jamais fait d'injus-
;
tice,
Et ne laisse à ses [uccetreuri
Que les héritages champêtres
Qu'il a reçus de leurs ancetres,
Avec l'exemple de ses0
moeurs.
Quand il vient à perdre le
reste,
Par un progrès facile & lent'
De cette humeur douce &
celeste :.J
Que la chaleur va confîimant
j
Il voit, sans se troubler
ni
craindre,
JDe ses jours la clarté sç*
teindre,
Comme on voit coucher le
Soleil,
Et passe au repos de la tonu
be
Àussi doucement que l'on
tombe
Aux bras languissans ckl
sommeil.
Ainsi Tyrsis fit la peinture1
D'un homme retiré chez
lui, 1 Qui vivant selon la nature,
Voit couler ses jours sans
ennui»
Cette douce &, paisible
vie
Sur l'heure fit venir l'envie.
A plusieurs de se retirer
De la Cour pleine d'amer.
- tume:
,
Mais la force de la coûtu-
— me - - "i
1
Les obligea d'y demeurer.
Sur U/vie chtmpétreb CElebrons les destin
• •
prosperes
D'un homme exempt de
soins fâcheux,
Qui content des champs
de ses peres,
Les laboure avecque -
fe*
boeufs,
Et qui loin des mpllç^dc.
lices,
Ignorant jusquau;$ojpi4ei
vices
Qui tiennent. nos sens en.
^chantez,j Vit encore au siecle ou
nous sommes,
j A l'exemple des pjemierj
hommes,
Des fruits qu'il n'a pas achej
tez.
-' ,.,',
Jamais le {on, de la trom-,
Ne,. ic fait
pette Nh Nelefait monter a-c
val
Ilne craint pointd'une dé-*
faite
Le succés funeste &fatal;
Il n'entend point le bruit
des armes,
JSa c;onscience est sans alar- mes. -Y
Sans peine il obeïtaux loix,
Et couvert de son inno.
cence,
Prend le repos en affurance,
Qu'on ne trouve point chez
les Rois.
La mer, quand un funeste
orage
--0-'
Ouvre sesabîmes affreux,
Nelui pouvant porterdommage,-
Ne l'oblige point à,del
voeux ;
Il ne voit point couler sa vic
Parmi le mépris ou l'envie
De ceux qui fonda cour
,
aux Grands;
Mai-s auiE d'uneaudace folle ;-
Il n'insulte point à l'idole -
Qu'adorent lesvainscour
tisans..
Il n'a point desperance
..,Yaia.e»
Ni de crainte sansfondefIhleast
siannms1eeennvtjie & fan», A l'égard du Gouvernemet
tIl rneèconssulte,point les as- Afin de prévoir les desastres
Dont l'Etat peut être acca.
blé:
Mais seulementafin d'ap-
, prendre
-- Le temps qu'il est besoin
d'attendre
Pour femer oucouper fou
blé.
Ne s'arrêtant à rien d'indi
gne
DD''ooccccuuppeerrlelepepnenlseerr hhuu-.
main, *
Il a foin de cailler savi
gne --.f
Par un tefmepsrpauir;ncl;air Et si quelque fepdegenc|
Soudain sur letronc il
m
, fere
La greffe qu'il a prise ail
t>-° leurs, >. ",>i
Et coupant le bois inutile4
Il rend son vignoble fer
tile,
Et des vins il a les meiU
leurs.
Il contemple la terreornée
Derémail éclatant des
fleurs,
Que les plus beaux jours
de l'année
Ont peintes de mille cou*
leurs ;
Sur les côteaux & dans la
plaine,
Sans tenir de route certaine
Ses boeufs errant confufément,
Il prend plaisir à leur voir
paître
L'herbage que la nuit fais naître !
JEc renouvelle incessam-
1 - ment. ut. De la ruche chassant l'a-
; beille,
Dans ses magasins precieux
ïï trouve une manne pareille
Au doux mets que; l'on fer
aux Dieux. 4
Quandl'impctueux ven
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Au zephire cede la place,
Il tond ses-paisibles brebis, i
E
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Etméprisant l'or& ht
foye, '1. Leurs simples toisons il employe
:.:- A faire ses plus beaux habics.
t
j
Quand le démon de la lu-,
miere
Commence en faveur de
la nuit
D'accourcir sa vaste ca*rr
riere,
Etqu'aux fleurs succede le
,
fruit
Pour nourrir sa, chere £a»
mille
Il fait tomberfous lafaudfl
Les moissons qui dorei
leschamps, Sans quoy nôtre ennuyeu
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Se verroit encore aflgrvie
Au grossier ufagedesglari
Les jours qu'onintçrrotnj
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la peine ( Que le travail donne au
mortels,
Il prend un livre,ou se pfe
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Et lorsquela cigalechai^u
Qu'avecle jour le cKâtis'augmente
,
:$ous
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un orme au feuillage
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t, épais
Etendu doucement (àr
l'herbe,
Qui lui tient lieu d'un lie
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Lorsquetoutbrûle il pren!Jd
--, le frais.
Là nul repentir ne 1âigitfc,
Il joüit d'un profondre-
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,
pos, : Comme un lac qu'aucun
ventn'irrite, ' Et dont rien n'alerte les
, n: ¡ i, .) lfots- £csi lemurmure agréable
De l'eau qui roule surle là*
ble
Le provoque enfinau
meilj
ilne fait point de mauvais
,:
songes,
Etjamaisleurs tristesmensonges
Ne le fâchent à son réveil.
Quand l'humide & fertile
autonne,
Qui du jour tempere les
feux,
De ses riches fruits se coifc
ronne,
Achevant de remplir ilq$
teeux,
Soigneuxillescüeille &les
serre,
Pour en user lorsque la terct
Met fin àses productions,
A lasage fourmis semblable,
Pui durant l'esté favorable
Amasse ses provisions.
jCeft alors que la vigne ploye '(
Sous ce fruit doux & précieux
,
iDont la liqueur donn^te
,
Joye"
Et bannit, les soins eiv
nuyeux; Et qu'attentifà son mén-â.,
Nuôtresheauregguxe meettant et;. Cuves,&panier?&co& teaux, c
On coupe, on presse la
dange,
LLreevaviinInJ cçoozuulleeetandisqu'o?n- Et quel'onremplitleston
neaux.
L'hyver,qui toujoursfroi
,.&pae
Effacetantde doux appas aux beaux jours la nature
étalé,
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L'occuppe,&ne
& ne ll'aattttrriisfstee , pas:
"JTil a des terres inutiles,
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Illès fait alors défricher-
Oncoupe d'unehache forte
Unhêtredont la cime
Sert morte aux oiseaux à se percher.
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Tombé par l'injure de
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Sans s'épargnerlui-même
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Un fasïe deterrecomblé
Et parune voyeinsensible
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Qui croupit & gâte son blé - Ainsi son esprit fuit les vi- cies En évitant i'ojfïveté-f JLinfi
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Son corps se maintient en
santé:
Tantôt il dissipe à la chasse
La pesanteur qui le menace,
Et marque un desordre aux
Il humeurs;
Tantôt en repos il contemple
Leeesxxveeretumsmqup'ilpplreln,depour
En lacôduite de ses moeurs.
L'ame qu'occupent de la
forte
Ces soins frequens ,
hbo-
: rieux,
Na-t-elle pas fermé la porce
A mille pensers ennuyeux?
Ces tristesfleaux de la vie,
Le soupçon, la crainte
l'envie,
Les querelles & les procès
Les vains desirs, les amour; soles, Enfin cent passions frivole
Nc'yépeuvsentsplus avoir ac
Que si sa compagne pudi
que
Comme lui suivant la rai son,
Avec diligence s'applique
A bien gouverner la mai.
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Chaque jour il experimente
Que la sage concorde augmente,
Et fait croître les moindres
," -: biens,
Commela discorde au con- - traire,
Encor que d'ailleurs tout
prospere,
Piffipe les plus grands
* moyens.
Par cette union qui les lie
11 voit plus avec plufieurr
yeux, R ij
Il semble qu'il se multi*
plie,
Il ell: à la fois en deux lieur,
Ce couple au-dessus detout
blâme,
.1 N'a qu'une volonté, qu'une:
.: ame
Qui regit deux coeurs à la
fois,
Contre l'ordre de la nature
Une amour conjugale(&
w", pure
Estant plus forte que fë
,
ioix;.
Quandparsa bonté pater*
v* nelle
Le Ciel, auteur des chastes
noeuds,
Benissat leur couche fidelle,
Donne des enfans à leurs
voeux,
Leur mere est aussi leur
1
nourrice,
Et sans que rien l'en divertisse
Elle les éleve avec soin,
Sedéfiant d'une étrangere
Dont l'affection passagere
Leur pourroit manquer au
besoin.
Queceux qui éprouvent
avouent
Qu'il est charmé, qu'il est ravi
Lorsque ses chers enfans se
-' joüent,
Et le caressent à l'envi:
L'un d'une façon tendreet
molle
Avec ses petits bras fac-:
cole, -
L'autre s'en plaint, en est jaloux: :.
Chacun doucement letourmente
Tantqu'à , la fin il les contente,
Les embrasse & les cherit
tous.
Les troupeauxmugissent ôc
bêlent.
Cependant sur la fin du jour
Les longs abois des chiens
se mêlent
Au bruit qu'ils font à leur
retour: Aussitôt chaque domefti-»
que
A faire son devoir s'appli-
, que,
Les valets découplent les
boeufs,
Les femmes promptes ôc
fidelles
Des vaches pressent les
mammelles,
Et tirent le lait Savoureux.
Que c'est un fpeaaclo
agreable
De voir au soir les gens bien
las \,
Se presserl'un l'autre à la
table,
Et prendre gaiment leur
repas,
Dont la viande est aflaifcnnée
Dnu seéul treavail de la jour- :
Mais qui lui donne un goût
't
-
sibon, ,-
Que ces mets que la friandise
En cent & cent façons déguise
Sont fades encomparaison.
Ces gens à la mine funeste,
Qui pour des intérêts legers
Font pis que le fer & U
peste,
Et font courre mille dangers,
Ne viennent: point en sa
contrée,
D'un long espace separée
Des grandets &enozbles;ci- Ces noirs ennemis de la
&: joye:
Faf isans d'ordinaire leur
proye
Aux lieux riches &frequeoî
tez. I
Comme aucun violentora.
ge (
Ne bat la fleur de son printemps,
- Il ne sent nul cruel ravage
Dans le froid hyver de ses
ans;
-
Des maux qu'apporte la
vieillesse
il ne sent qu'un peudefoi-
'- blesse, A
Il n'est ni gouteux, ni perclus
,
Etprêt de passer l'onde
noire,
Il possede par la memoire
Les biens qu'il ne poffcdCt
plus.
Ses jours passez dans l'in-
,
nocence
Lui reviennent devant les
yeux,
L'avenir n'a rien qui lof.
sense,
Il ne craint point l'ire des
Dieux,
Par orgueil ni par avarice
Il n'a jamais fait d'injus-
;
tice,
Et ne laisse à ses [uccetreuri
Que les héritages champêtres
Qu'il a reçus de leurs ancetres,
Avec l'exemple de ses0
moeurs.
Quand il vient à perdre le
reste,
Par un progrès facile & lent'
De cette humeur douce &
celeste :.J
Que la chaleur va confîimant
j
Il voit, sans se troubler
ni
craindre,
JDe ses jours la clarté sç*
teindre,
Comme on voit coucher le
Soleil,
Et passe au repos de la tonu
be
Àussi doucement que l'on
tombe
Aux bras languissans ckl
sommeil.
Ainsi Tyrsis fit la peinture1
D'un homme retiré chez
lui, 1 Qui vivant selon la nature,
Voit couler ses jours sans
ennui»
Cette douce &, paisible
vie
Sur l'heure fit venir l'envie.
A plusieurs de se retirer
De la Cour pleine d'amer.
- tume:
,
Mais la force de la coûtu-
— me - - "i
1
Les obligea d'y demeurer.
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Résumé : STANCES Sur la vie champêtre.
Le texte décrit la vie paisible et prospère d'un homme vivant à la campagne, exempt de soucis et de vices. Cet homme cultive les champs hérités de ses pères avec des bœufs, ignorant les plaisirs et les vices des villes. Il ne connaît ni la tromperie ni la défaite, et sa conscience est tranquille. Il obéit aux lois sans peine et trouve repos et sécurité dans son innocence, un luxe que même les rois n'ont pas. Il ne craint ni la mer en tempête ni les dangers de la vie urbaine. Il consulte le gouvernement uniquement pour des questions pratiques, comme savoir quand semer ou récolter. Il travaille avec diligence, greffant les arbres et rendant son vignoble fertile. Il contemple la nature, profite des saisons et des fruits de la terre. Lorsqu'il se repose, il lit ou se promène sous un arbre. Il ne fait pas de mauvais rêves et jouit d'un profond repos. En automne, il récolte et stocke les fruits pour l'hiver. Il défriche les terres inutiles et entretient ses champs avec soin. Il chasse pour dissiper la pesanteur et maintient sa santé par divers exercices. Sa compagne, tout aussi diligente, l'aide à gouverner la maison. Leur union augmente leurs biens et leur bonheur. Ils élèvent eux-mêmes leurs enfants avec soin et amour. Leur vie est remplie de tranquillité et de joie simple, loin des dangers et des passions frivoles. À la fin de sa vie, il passe doucement de la lumière à l'obscurité, sans crainte ni regret. Il laisse à ses héritiers des terres champêtres et l'exemple de ses mœurs. Plusieurs, après avoir entendu cette description, souhaitèrent se retirer de la cour, mais la force de l'habitude les retint.
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5156
p. 2075
HOLLANDE, PAYS-BAS.
Début :
On écrit de la Haye qu'on y avoit appris de Campen, qu'une femme âgée de 103. [...]
Mots clefs :
Petite vérole
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texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAYS-BAS.
HOLLANDE , PAYS - BAS .
ONécritde la Haye qu'on y avoit appris
de Campen , qu'une femme âgée de 103 .
ans qui avoit toujours joui d'une bonne fanté ,
étoit attaquée de la petite Verole qu'elle n'avoir
jamais eu , & dont on efperoit qu'elle fe réta¬
bliroit.
ONécritde la Haye qu'on y avoit appris
de Campen , qu'une femme âgée de 103 .
ans qui avoit toujours joui d'une bonne fanté ,
étoit attaquée de la petite Verole qu'elle n'avoir
jamais eu , & dont on efperoit qu'elle fe réta¬
bliroit.
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5157
p. 58
Par l'aimable & toute spirituelle veuve Me de Cossesseville.
Début :
Vostre Enigme me couste peu, [...]
Mots clefs :
Toilette
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texteReconnaissance textuelle : Par l'aimable & toute spirituelle veuve Me de Cossesseville.
Parl'aimable& toute
spirituelleveuve Mede
«Coflèffeville.
Vostre Enigmeme couJIi: peu.-
Cen'estpourmoy quuneAmtt*
- sette. -
Je la lisauprès de 1 monfeu;
|Jela devine amaToilette.
spirituelleveuve Mede
«Coflèffeville.
Vostre Enigmeme couJIi: peu.-
Cen'estpourmoy quuneAmtt*
- sette. -
Je la lisauprès de 1 monfeu;
|Jela devine amaToilette.
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5158
p. 175
« Les Comediens François ont donné Jeudi 20 Avril la premiere représentation [...] »
Début :
Les Comediens François ont donné Jeudi 20 Avril la premiere représentation [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comediens François ont donné Jeudi 20 Avril la premiere représentation [...] »
Les Comediens François ont donné
Jeudi 20 Avril la premiere représentation
de Cosroés, Tragédie de M. Mauger. Cet-
te nouveauté n'a été jouée qu'une fois.
Jeudi 20 Avril la premiere représentation
de Cosroés, Tragédie de M. Mauger. Cet-
te nouveauté n'a été jouée qu'une fois.
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5159
p. 175
« Les Comediens Italiens ont donné pour la cloture & l'ouverture de leur théatre [...] »
Début :
Les Comediens Italiens ont donné pour la cloture & l'ouverture de leur théatre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comediens Italiens ont donné pour la cloture & l'ouverture de leur théatre [...] »
Les Comediens Italiens ont donné
pour la cloture & l'ouverture de leur théatre
Fanfale, parodie d'Omphale. Mlle
Favart a fait les deux complimens.
pour la cloture & l'ouverture de leur théatre
Fanfale, parodie d'Omphale. Mlle
Favart a fait les deux complimens.
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5160
p. 58-59
Réponse sur les mesmes Rimes.
Début :
La Toilette vous couste peu [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse sur les mesmes Rimes.
Réponse sur les mesmes
LaToilettevous couste peu. Çenesspourvousqu'une
Avecun teintsi vif, desyeux
sipleinsdefeu,
Çojjejjèvilleria pas grand besoindeToilette.
LaToilettevous couste peu. Çenesspourvousqu'une
Avecun teintsi vif, desyeux
sipleinsdefeu,
Çojjejjèvilleria pas grand besoindeToilette.
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5161
p. 1025-1026
RUSSIE.
Début :
L'Edit par lequel la Czarine a réuni le Haut-Conseil & le Sénat pour en former un seul [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
L'Content & Le Sénat pour en former un feul
par lequel la Czarine a réuni le Haut→
Confeil d'Etat , fous le nom de Sénat de Regence,
porte qu'il aura la direction des affaires de la
Monarchie , de la même maniere & avec la même
autorité que pendant le regne du feu Czar
Pierre I. que tous les Sujets de S. M. Czarienne
feront obligez de lui obéir fous des peines trèsrigoureuſes
, & à peine de mort dans de certains
cas.
Il arriva le 26. Mars à Mofcou un Interprete
dépêché de Conftantinople par le Brigadier General
Romanzoff, Envoyé extraordinaire du feu
Czar auprès du Grand - Seigneur , pour donner'
avis à la Czarine des Conquêtes du Prince Thamas
, fils du dernier Roi de Ferfe , qui eft re- '
monté fur le Thrône de fes Ancêtres .
Le Grand- Vifir à fait fçavoir à la Czarine que
le fecours de 30000. hommes promis à l'Empereur,
caufoit quelque ombrage à la Porte , & que le
G. S. regarderoit leur marche vers la Tranfylvanie
comme une atteinte aux Traitez faits entre
Sa Hauteffe & le feu Czar Pierre I
On a
publié
une Déclaration
par laquelle
on
accorde
à tous les Etrangers
qui viendront
s'établir
en Ruffie
, principalement
dans les Provinces
conquifes
fur la Perfe , le libre exercice
de leur ?
Religion
, & la permiflion
d'y faire bâtir
des
Eglifs
1026 MERCURE DE FRANCE
Eglifes & des Ecoles pour l'inftruction de leurs
enfans :les Juifs feuls font exceptez. La Czarine a
promis d'accorder la liberté à tous les Criminels
d'Etat qui ont été arrêtez ou releguez en Siberie, à
condition qu'ils iront s'établir avec leurs familles
à Aftracan ou à Derbent , où S. M. Cz . leur donnera
des Emplois , tant dans les Troupes que
dans les Tribunaux. ·
On équipe à Pétersbourg quatre nouvelles
Frégates , fur lefquelles on doit charger 2000.
pieces de Canon de fer & une grande quantité de
Boulets , qu'on croit deftinez pour l'Espagne.
L'Content & Le Sénat pour en former un feul
par lequel la Czarine a réuni le Haut→
Confeil d'Etat , fous le nom de Sénat de Regence,
porte qu'il aura la direction des affaires de la
Monarchie , de la même maniere & avec la même
autorité que pendant le regne du feu Czar
Pierre I. que tous les Sujets de S. M. Czarienne
feront obligez de lui obéir fous des peines trèsrigoureuſes
, & à peine de mort dans de certains
cas.
Il arriva le 26. Mars à Mofcou un Interprete
dépêché de Conftantinople par le Brigadier General
Romanzoff, Envoyé extraordinaire du feu
Czar auprès du Grand - Seigneur , pour donner'
avis à la Czarine des Conquêtes du Prince Thamas
, fils du dernier Roi de Ferfe , qui eft re- '
monté fur le Thrône de fes Ancêtres .
Le Grand- Vifir à fait fçavoir à la Czarine que
le fecours de 30000. hommes promis à l'Empereur,
caufoit quelque ombrage à la Porte , & que le
G. S. regarderoit leur marche vers la Tranfylvanie
comme une atteinte aux Traitez faits entre
Sa Hauteffe & le feu Czar Pierre I
On a
publié
une Déclaration
par laquelle
on
accorde
à tous les Etrangers
qui viendront
s'établir
en Ruffie
, principalement
dans les Provinces
conquifes
fur la Perfe , le libre exercice
de leur ?
Religion
, & la permiflion
d'y faire bâtir
des
Eglifs
1026 MERCURE DE FRANCE
Eglifes & des Ecoles pour l'inftruction de leurs
enfans :les Juifs feuls font exceptez. La Czarine a
promis d'accorder la liberté à tous les Criminels
d'Etat qui ont été arrêtez ou releguez en Siberie, à
condition qu'ils iront s'établir avec leurs familles
à Aftracan ou à Derbent , où S. M. Cz . leur donnera
des Emplois , tant dans les Troupes que
dans les Tribunaux. ·
On équipe à Pétersbourg quatre nouvelles
Frégates , fur lefquelles on doit charger 2000.
pieces de Canon de fer & une grande quantité de
Boulets , qu'on croit deftinez pour l'Espagne.
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Résumé : RUSSIE.
Le texte relate plusieurs décisions politiques en Russie. La czarine a institué le Sénat de Régence, doté de l'autorité du Haut Conseil d'État, pour diriger les affaires de la monarchie. Les sujets doivent se conformer aux décisions du Sénat, sous peine de sanctions sévères, y compris la peine de mort. Le 26 mars, un interprète de Constantinople a informé la czarine des conquêtes du prince Thamas, fils du dernier roi de Perse. Le Grand Vizir a exprimé des inquiétudes concernant l'envoi de 30 000 hommes promis à l'empereur, craignant une violation des traités avec la Porte. Une déclaration a accordé aux étrangers, sauf les Juifs, la liberté de pratiquer leur religion et de construire des églises et des écoles dans les provinces conquises sur la Perse. La czarine a également promis la liberté aux criminels d'État exilés en Sibérie, à condition qu'ils s'installent à Astrakhan ou à Derbent pour y travailler dans les troupes ou les tribunaux. Enfin, quatre nouvelles frégates ont été équipées à Pétersbourg, armées de canons et de boulets, probablement destinés à l'Espagne.
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5162
p. 1635-1636
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le Roy d'Espagne a fait proposer à la Compagne [...]
Mots clefs :
Compagnie de la Mer du Sud, Grande-Bretagne, Marchandises
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Lpagne de la Mer da Sul , d'annuler la con- E Roy d'Espagne a fait proposer à la Comvention , suivant laquelle elle envoye tous les ans
'un Vaisseau à la Mer du Sud , ce qui fait tort à
tous les Négocians de l'Europe , et en particulier
à la Nation Angloise , et de lui donner en échange un équivalent de deux pour cent sur toutes Ies Marchandises du retour des Gallions et de la
Flotille , et qui pour cette année seroit un peu
plus fort , en considération de ce que cette Compagnie a déja acheté les Marchandises qu'elle de- voit envoyer au mois d'Août à la Mer du Sud.
On ne sçait pas encore si ces propositions seront
acceptées , mais la plupart des Négocians les
trouvent très-favorables , parce que cette Compagnie leur fait un très - grand tort.
Le Chevalier Rob. Sutton , qui a été exclus de la Chambre des Communes à l'occasion des affaires de la Charitable Corporation , a signé de- vant
Hiiij
3636 MERCURE DE FRANCE
vant les Barons de l'Echiquier sa soumission de
ne point sortir du Royaume jusqu'à la fin de la
prochaine Séance du Parlement.
Lpagne de la Mer da Sul , d'annuler la con- E Roy d'Espagne a fait proposer à la Comvention , suivant laquelle elle envoye tous les ans
'un Vaisseau à la Mer du Sud , ce qui fait tort à
tous les Négocians de l'Europe , et en particulier
à la Nation Angloise , et de lui donner en échange un équivalent de deux pour cent sur toutes Ies Marchandises du retour des Gallions et de la
Flotille , et qui pour cette année seroit un peu
plus fort , en considération de ce que cette Compagnie a déja acheté les Marchandises qu'elle de- voit envoyer au mois d'Août à la Mer du Sud.
On ne sçait pas encore si ces propositions seront
acceptées , mais la plupart des Négocians les
trouvent très-favorables , parce que cette Compagnie leur fait un très - grand tort.
Le Chevalier Rob. Sutton , qui a été exclus de la Chambre des Communes à l'occasion des affaires de la Charitable Corporation , a signé de- vant
Hiiij
3636 MERCURE DE FRANCE
vant les Barons de l'Echiquier sa soumission de
ne point sortir du Royaume jusqu'à la fin de la
prochaine Séance du Parlement.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le texte aborde deux sujets principaux concernant la Grande-Bretagne. Premièrement, il mentionne une proposition du roi d'Espagne à la Convention nationale française. Cette proposition consiste à envoyer annuellement un vaisseau dans la Mer du Sud, ce qui nuit aux négociants européens, notamment aux Britanniques. En échange, la Compagnie devrait recevoir un équivalent de deux pour cent sur toutes les marchandises ramenées par les galions et la flotille. Pour l'année en cours, ce pourcentage serait légèrement plus élevé en raison des achats déjà effectués par la Compagnie pour l'expédition d'août vers la Mer du Sud. L'acceptation de ces propositions est encore incertaine, mais la majorité des négociants les trouvent favorables car la Compagnie leur cause un préjudice significatif. Deuxièmement, le texte évoque le cas du Chevalier Robert Sutton. Exclu de la Chambre des Communes à la suite des affaires de la Charitable Corporation, il a signé devant les Barons de l'Echiquier sa soumission de ne pas quitter le Royaume jusqu'à la fin de la prochaine séance du Parlement.
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5163
p. 155-156
ITALIE.
Début :
Le 16. de ce mois, les Expeditionnaires Apostoliques présenterent au Pape, suivant l'usage, [...]
Mots clefs :
Comte, Pape, Église de Saint-Georges, Pompeo Aldrovandi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 16. de ce mois , les Expeditionnaires Apos
toliques présenterent au Pape , suivant l'usage
, cent écus d'or dans un Calicé , étant conduits
à l'Audiance par le Cardinal Gentille , Prodataire,
et ils complimenterent S. S. par un Dis-
Hij cours
156 MERCURE DE FRANCE
cours Latin , que M. Pierre Bernardini prononça,
Le Pape , à la sollicitation de M Akovrandi
a ordonné que les rues de Rome fussent éclairées
pendant la nuit , et l'on prétend que la Chambre
Apostolique est chargée de fournir les fonds
nécessaires pour cette dépense.
Le Chevalier de S. Georges a donné à l'Eglise.
des douze Apôtres et à celle de S. Georges , les
Actions que la Duchesse de Modêne , son Ayeu
le , lui avoit laissées sur le Mont dé Pieté ,
condition que l'on dira tous les ans douze Mes
ses dans la premiere de ces deux .. Eglises le 31 .
Décembre , jour de la Naissance du Prince son
Fils Aîné, et un pareil nombre dans la seconde, le
23. Avril , jour de la Fête du Saint , à laquelle elle
a été dédiée , pour attirer sur les Princes ses en
fans , les benedictions du Ciel .
On écrit de Sicile , que le Comte de Sastago
Vice. Roy de cette Ifle , doit prendre les mesures
nécesaires pour mettre en état de deffense les
Villes de Messine.de Siracuse et de Trapana ,
et qu'il étoit dans la résolution d'abandonner le
reste de l'fle en cas que les Troupes des Puissancs
Alliées y fassent une descente.
Les Lettres de Livourne du 19. Janvier , por
tent que le Comte de Charni devoit marcher le
lendemain avec un corps considerable de Trou
pes Espagnoles , pour mettre des Garnisons dans
quelques Places de la Principauté de Piambino ,et
pour s'assurer d'Orbitello et du Fort de S Philippe
, dans le Sienois. Ces Lettres ajoûtent que
le Comte de Montemar se disposoit à le suivrs
avec le reste de l'Armée pour entrer dans le
Royaume de Naples.
E 16. de ce mois , les Expeditionnaires Apos
toliques présenterent au Pape , suivant l'usage
, cent écus d'or dans un Calicé , étant conduits
à l'Audiance par le Cardinal Gentille , Prodataire,
et ils complimenterent S. S. par un Dis-
Hij cours
156 MERCURE DE FRANCE
cours Latin , que M. Pierre Bernardini prononça,
Le Pape , à la sollicitation de M Akovrandi
a ordonné que les rues de Rome fussent éclairées
pendant la nuit , et l'on prétend que la Chambre
Apostolique est chargée de fournir les fonds
nécessaires pour cette dépense.
Le Chevalier de S. Georges a donné à l'Eglise.
des douze Apôtres et à celle de S. Georges , les
Actions que la Duchesse de Modêne , son Ayeu
le , lui avoit laissées sur le Mont dé Pieté ,
condition que l'on dira tous les ans douze Mes
ses dans la premiere de ces deux .. Eglises le 31 .
Décembre , jour de la Naissance du Prince son
Fils Aîné, et un pareil nombre dans la seconde, le
23. Avril , jour de la Fête du Saint , à laquelle elle
a été dédiée , pour attirer sur les Princes ses en
fans , les benedictions du Ciel .
On écrit de Sicile , que le Comte de Sastago
Vice. Roy de cette Ifle , doit prendre les mesures
nécesaires pour mettre en état de deffense les
Villes de Messine.de Siracuse et de Trapana ,
et qu'il étoit dans la résolution d'abandonner le
reste de l'fle en cas que les Troupes des Puissancs
Alliées y fassent une descente.
Les Lettres de Livourne du 19. Janvier , por
tent que le Comte de Charni devoit marcher le
lendemain avec un corps considerable de Trou
pes Espagnoles , pour mettre des Garnisons dans
quelques Places de la Principauté de Piambino ,et
pour s'assurer d'Orbitello et du Fort de S Philippe
, dans le Sienois. Ces Lettres ajoûtent que
le Comte de Montemar se disposoit à le suivrs
avec le reste de l'Armée pour entrer dans le
Royaume de Naples.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, le 16 du mois, les expéditionnaires apostoliques ont offert cent écus d'or au Pape, accompagnés par le Cardinal Gentille. Pierre Bernardini a prononcé un discours en latin. Le Pape a ordonné l'éclairage nocturne des rues de Rome, financé par la Chambre Apostolique, à la demande de M. Akovrandi. Le Chevalier de Saint-Georges a fait don des actions héritées de la Duchesse de Modène au Mont de Piété et à deux églises, avec la condition de célébrer des messes annuelles en mémoire du Prince son fils aîné et de Saint Georges. En Sicile, le Comte de Sastago, Vice-Roi, prépare la défense des villes de Messine, Syracuse et Trapani, envisageant d'abandonner le reste de l'île en cas d'invasion des troupes alliées. Des lettres de Livourne datées du 19 janvier indiquent que le Comte de Charni devait marcher avec des troupes espagnoles pour garnir des places dans la Principauté de Piombino et sécuriser Orbitello et le Fort de Saint-Philippe en Siennois. Le Comte de Montemar se préparait à le suivre avec le reste de l'armée pour entrer dans le Royaume de Naples.
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5164
p. 2075-2076
« TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Début :
TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Les Etats Generaux ont reçû la Lettre ſuivante
du Roi de France.
TRE'S RE'S CHERS , GRANDS AMIS ;
Alliés & Confederés :
NOUS ne doutons point que vous n'appreniez
avec joye la Naiffance du Duc d'Anjou
que la Reine , notre très chere Epouse & Compagne
vient de mettre au monde ; & nous fommes
2076 MERCURE DE FRANCE
ن م
mes perfuadés que vous prendrez veritablement
part à un évenement auffi heureux ,
que
nous recevons comme une fuite des benedictions
que le Seigneur répand fur nous & fur notre
Maifon. Sur ce Nous prions Dieu qu'il vous
ait , Très Chers , Grands Amis , Alliés & Confederés
en fa fainte & digne garde . Ecrite à
Versailles le 30. Août 1730.
Votre bon Ami , Allié & Confederé , Signé
LOUIS. Plus bus , Chauvelin.
du Roi de France.
TRE'S RE'S CHERS , GRANDS AMIS ;
Alliés & Confederés :
NOUS ne doutons point que vous n'appreniez
avec joye la Naiffance du Duc d'Anjou
que la Reine , notre très chere Epouse & Compagne
vient de mettre au monde ; & nous fommes
2076 MERCURE DE FRANCE
ن م
mes perfuadés que vous prendrez veritablement
part à un évenement auffi heureux ,
que
nous recevons comme une fuite des benedictions
que le Seigneur répand fur nous & fur notre
Maifon. Sur ce Nous prions Dieu qu'il vous
ait , Très Chers , Grands Amis , Alliés & Confederés
en fa fainte & digne garde . Ecrite à
Versailles le 30. Août 1730.
Votre bon Ami , Allié & Confederé , Signé
LOUIS. Plus bus , Chauvelin.
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Résumé : « TRÉS CHERS, GRANDS AMIS, Alliés & Confederés : Nous ne doutons point que vous n'appreniez [...] »
Le roi de France informe les États Généraux de la naissance du Duc d'Anjou. Il exprime sa joie et considère cet événement comme une bénédiction divine. La lettre, datée du 30 août 1730, est signée par Louis et Chauvelin en tant que témoin.
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5165
p. 178-179
« Aprés avoir raisonnablement parlé de Critique, d'Anciens [...] »
Début :
Aprés avoir raisonnablement parlé de Critique, d'Anciens [...]
Mots clefs :
Anciens et Modernes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Aprés avoir raisonnablement parlé de Critique, d'Anciens [...] »
Aprés avoir raisonnablement
parlé de Critique, d'Anciens
& de Modernes, &
avoir mêmeapprehendé que
cette querelle ne s'emparât de
tout mon Livre, je fuis enfin
parvenu à obtenir une trêve
des combatans. Je vais profiter
de cette suspension d'armes
pour vous entretenir des
nouvelles generales
parlé de Critique, d'Anciens
& de Modernes, &
avoir mêmeapprehendé que
cette querelle ne s'emparât de
tout mon Livre, je fuis enfin
parvenu à obtenir une trêve
des combatans. Je vais profiter
de cette suspension d'armes
pour vous entretenir des
nouvelles generales
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5166
p. 175-176
MANUFACTURES.
Début :
Comme l'article des Nouvelles littéraires s'est trouvé rempli, nous avons [...]
Mots clefs :
Commerce des laines, Laine, Manufactures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANUFACTURES.
MANUFACTURES.
Omme l'article des Nouvelles litté
Cairess eft trouvé remplis nous avons
cru pouvoir inférer dans celui des arts ce
précis d'un mémoire fur les laines , où
l'on examine , 1°. quelles font les différentes
qualités des laines propres aux manu
factures de France 2. fi on ne pourroit
pas fe paffer de laines étrangeres ; com
ment on pourroit perfectionner la quali
té , & augmenter la qualité de nos laines.
Le titre fenl annonce la divifion de tout
J'ouvrage. Le mémoite eft précédé d'un
avertiffement , dans lequel on prévient
qu'il doit fa naiffance au zele de M. le
Duc de Chaulnes pour l'avancement des
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
L'académie
arts , & que les trois questions qu'on y difcute
, ont été propofées par l'Académie
d'Amiens , pour le fujet du prix de 1754
On finit ce prélude par prévenir ceux qui
prennent quelqu'intérêt au commerce desi
laines , de ne pas acquérir le même ouvrage
imprimé à Amiens ; l'édition de cette
ville ayant été faite à l'infeu & fans la
participation de l'auteur qui a préfidé à
celle- ci , & l'a augmentée d'obfervations ,
& rectifié le ftyle dans tous les endroits où
il étoit défectueux.usb.copa o ibon said
Le commerce des laines eft un des objets
les plus importans qui puiffent occuper
fe
gouvernement. L'accroiffement du nombre
de nos manufactures , & la multipli
cation des métiers rendant chaque jour
plus rares les laines de la meilleure efpéce
, c'eft rendre fervice à la patrie que
de s'étudier aux moyens de perfectionner
celles que nous avons , & d'en augmenter
la quantité. La recherche de ces moyens
occupe principalement l'auteur de ce mé4
moire ; & nous penfons qu'il procéde avec
l'ordre & la clarté dont cette queftion in
portante étoit fufceptible ; que l'ouvrage
eft bienfait , & que la lecture n'en fera pas
moins agréable qu'utile. Il fe vend à Paris
, chez Guillyn , Libraire , quai des Au
guftins , au Lys d'or.1755.5
Omme l'article des Nouvelles litté
Cairess eft trouvé remplis nous avons
cru pouvoir inférer dans celui des arts ce
précis d'un mémoire fur les laines , où
l'on examine , 1°. quelles font les différentes
qualités des laines propres aux manu
factures de France 2. fi on ne pourroit
pas fe paffer de laines étrangeres ; com
ment on pourroit perfectionner la quali
té , & augmenter la qualité de nos laines.
Le titre fenl annonce la divifion de tout
J'ouvrage. Le mémoite eft précédé d'un
avertiffement , dans lequel on prévient
qu'il doit fa naiffance au zele de M. le
Duc de Chaulnes pour l'avancement des
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
L'académie
arts , & que les trois questions qu'on y difcute
, ont été propofées par l'Académie
d'Amiens , pour le fujet du prix de 1754
On finit ce prélude par prévenir ceux qui
prennent quelqu'intérêt au commerce desi
laines , de ne pas acquérir le même ouvrage
imprimé à Amiens ; l'édition de cette
ville ayant été faite à l'infeu & fans la
participation de l'auteur qui a préfidé à
celle- ci , & l'a augmentée d'obfervations ,
& rectifié le ftyle dans tous les endroits où
il étoit défectueux.usb.copa o ibon said
Le commerce des laines eft un des objets
les plus importans qui puiffent occuper
fe
gouvernement. L'accroiffement du nombre
de nos manufactures , & la multipli
cation des métiers rendant chaque jour
plus rares les laines de la meilleure efpéce
, c'eft rendre fervice à la patrie que
de s'étudier aux moyens de perfectionner
celles que nous avons , & d'en augmenter
la quantité. La recherche de ces moyens
occupe principalement l'auteur de ce mé4
moire ; & nous penfons qu'il procéde avec
l'ordre & la clarté dont cette queftion in
portante étoit fufceptible ; que l'ouvrage
eft bienfait , & que la lecture n'en fera pas
moins agréable qu'utile. Il fe vend à Paris
, chez Guillyn , Libraire , quai des Au
guftins , au Lys d'or.1755.5
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Résumé : MANUFACTURES.
Le texte présente un mémoire sur les laines, publié dans les Nouvelles littéraires, qui examine les différentes qualités des laines adaptées aux manufactures françaises et explore la possibilité de se passer de laines étrangères. Ce mémoire, divisé en trois questions proposées par l'Académie d'Amiens pour le prix de 1754, est motivé par le zèle du Duc de Chaulnes pour l'avancement des arts. Il met en garde contre l'achat de l'édition d'Amiens, réalisée sans la participation de l'auteur. Le commerce des laines est considéré comme crucial pour le gouvernement en raison de l'accroissement des manufactures et de la rareté des laines de bonne qualité. L'auteur s'efforce de trouver des moyens pour améliorer et augmenter la production de laines françaises. Le texte conclut en soulignant que l'ouvrage est bien structuré, clair et utile, et est disponible à Paris chez Guillyn, libraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5167
p. 175-176
A Pesaro, le 23 Mars 1717.
Début :
Le Chevalier de S. Georges qu'on apelle ici Roi d'Angleterre, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ville, Duc, Prince, Canon, Modène, Romains, Sénateurs, Compliments
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texteReconnaissance textuelle : A Pesaro, le 23 Mars 1717.
A Pefaro , le 23 Mars 1717 .
E Chevalier de S. Georges
qu'on apelle ici Roi d'Angleterre
, elt arrivé en cette Ville fans
aucune pompe , n'ayant pas voulu
permettre qu'on tirât le Canon le
jour de fon arrivée ; il foupa en Pu
blic, mais fans diftinction de rang
ni de place. Le Duc d'Ormond &
d'autres Seigneurs Anglois étoient à
fa Table , avec D. Carlo Albani . M
Anguifcola Vice- Legat , Mr Mofca ,
le Marquis Bufalini . Le Vice- Legat
donna le Regal . Le Chevalier de
S. Georges ne voulut être accompagné
d'aucuns Gardes dans la Salle,
il permit feulement qu'ils fuffent
devant la porte du Palais. Il n'a encore
que so. perfonnes de fa fuite ,
mais on en attend un plus grand
nombre.
Ce Prince a receu tous les hongeurs
poffibles à fon paffage
176 LE MERCURE
"
par l'Etat de Modéne , jufqu'à
fon arrivée à Boulogne , les
Ducs de Modéne & de Parme
l'ont défrayé , & l'ont regalé fplendidement.
Le premier lui a fait préfent
d'un magnifique caroffe attelé
de fix chevaux , & le fecond d'une
fomme de 12000 écus Romains,
Il partit le 13. de Modéné avec 5.
caroffes à fix chevaux , & la Garde
des Chevaux- Legers du Duc , pour
Caftel Franco , où il fut complimenté
par D. Carlo Albani , accompagné
de quatre Senateurs de cette
Ville.
E Chevalier de S. Georges
qu'on apelle ici Roi d'Angleterre
, elt arrivé en cette Ville fans
aucune pompe , n'ayant pas voulu
permettre qu'on tirât le Canon le
jour de fon arrivée ; il foupa en Pu
blic, mais fans diftinction de rang
ni de place. Le Duc d'Ormond &
d'autres Seigneurs Anglois étoient à
fa Table , avec D. Carlo Albani . M
Anguifcola Vice- Legat , Mr Mofca ,
le Marquis Bufalini . Le Vice- Legat
donna le Regal . Le Chevalier de
S. Georges ne voulut être accompagné
d'aucuns Gardes dans la Salle,
il permit feulement qu'ils fuffent
devant la porte du Palais. Il n'a encore
que so. perfonnes de fa fuite ,
mais on en attend un plus grand
nombre.
Ce Prince a receu tous les hongeurs
poffibles à fon paffage
176 LE MERCURE
"
par l'Etat de Modéne , jufqu'à
fon arrivée à Boulogne , les
Ducs de Modéne & de Parme
l'ont défrayé , & l'ont regalé fplendidement.
Le premier lui a fait préfent
d'un magnifique caroffe attelé
de fix chevaux , & le fecond d'une
fomme de 12000 écus Romains,
Il partit le 13. de Modéné avec 5.
caroffes à fix chevaux , & la Garde
des Chevaux- Legers du Duc , pour
Caftel Franco , où il fut complimenté
par D. Carlo Albani , accompagné
de quatre Senateurs de cette
Ville.
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5168
p. 178-179
« L'Article des Morts peut bien trouver sa place à la suite [...] »
Début :
L'Article des Morts peut bien trouver sa place à la suite [...]
Mots clefs :
Article des morts, Eaux de Bourbon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Article des Morts peut bien trouver sa place à la suite [...] »
L'Articledes Morts peut
bien trouver sa place à la fuite
de l'examen des eaux de Bourbon
, puisque quelques sçavantes
Dissertations que les
plus sçavantsMedecins fafsent
sur les specifiquesles plus
souverains,toutl'Art d'Escu-
- lape est foible contre la necessité
de mourir.
bien trouver sa place à la fuite
de l'examen des eaux de Bourbon
, puisque quelques sçavantes
Dissertations que les
plus sçavantsMedecins fafsent
sur les specifiquesles plus
souverains,toutl'Art d'Escu-
- lape est foible contre la necessité
de mourir.
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5169
p. 155-157
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 17. du [...]
Mots clefs :
Italie, Protestants, Éruption du Vésuve, Tremblements de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
TALIE.
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
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Résumé : ITALIE.
En 1732, plusieurs décisions ecclésiastiques et politiques ont été prises. Le Cardinal Otthoboni a proposé au Consistoire que le Pape attribue diverses abbayes à des dignitaires : Bonneval à l'Archevêque de Narbonne, Essey à l'Abbé Salomon, Vierzon à l'Abbé de Charand, et Saint-Étienne de Vaux à l'Abbé Nerét. Le projet pour la franchise du Port d'Ancone a été approuvé, et sa mise en œuvre a été confiée au Trésorier de la Chambre Apostolique et au Cardinal Firrao. Une loterie, inspirée de celle de Gênes, a été établie à Rome avec des tirages neuf fois par an au Capitole. Les gains de cette loterie sont destinés à aider les pauvres et les familles nécessiteuses. Le Comte Peluchi a été nommé Directeur Général de cette loterie. Le Roi de Portugal a fait don de 5 000 écus à la Fabrique de Saint-Pierre, somme augmentée de 70 000 écus par le Pape pour agrandir la sacristie du Palais du Vatican. À Naples, l'Empereur a ordonné la réforme des compagnies d'infanterie allemande. L'Archevêque de Capoue, M. Monditle Orsini, s'est retiré à Naples. Des éruptions fréquentes du Mont Vesuve ont été signalées, suscitant des craintes de tremblements de terre. À Florence, le Signor Roggieri a été chargé de construire un Arc de Triomphe pour l'Infant Don Carlos. Le Grand Duc de Toscane a envoyé une garde et des chasseurs pour le service de l'Infant. Le Roi d'Espagne a offert divers présents au Grand Duc, incluant un vaisseau de guerre, des denrées rares et des objets précieux.
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5170
p. 177-179
ENIGME.
Début :
Nous allumons une trés-vive guerre [...]
Mots clefs :
Dés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Nous allumons une trésvive guerre
178 MERCURE
Entre des Dames , qui
Jouvent
Vont&viennent dans un
parterre
Dont ellesfonttout l'ornement,
Et lesgens qui de nous dépendent
De notre pouvoirfeul attendent
Leur fubfiftance
deftruction.
leur
Bigearres dans notre action ,
Nous étonnons fouvent
GALANT 2179
nos guides :
Ils nous nomment traires,
perfides ,
Et parfois nous les conduifons
Bien prés des PetitesMaifons
Nous allumons une trésvive guerre
178 MERCURE
Entre des Dames , qui
Jouvent
Vont&viennent dans un
parterre
Dont ellesfonttout l'ornement,
Et lesgens qui de nous dépendent
De notre pouvoirfeul attendent
Leur fubfiftance
deftruction.
leur
Bigearres dans notre action ,
Nous étonnons fouvent
GALANT 2179
nos guides :
Ils nous nomment traires,
perfides ,
Et parfois nous les conduifons
Bien prés des PetitesMaifons
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5171
p. 179-181
Mlle DE SCUDERY, AU ROY. En luy envoyant le petit More.
Début :
Grand Roy, que l'Univers adore, [...]
Mots clefs :
Maure, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mlle DE SCUDERY, AU ROY. En luy envoyant le petit More.
lle
,
DE SCUDERY
,
AU ROY
.
En
luy envoyant
le petit
More
.
Grand
Roy,que
l'Univers
Je n'ay pû
refufer
à
cet
aimable
More
180
MERCURE
Le bonheur de paffer du moins des
vant vos yeux ,
Avec
tout
le
refpe
&
qu'il
pourroit
rendre
aux Dieux
,
Comme il a voyagé ſur la Terre &
fur l'Onde ,
Il a trouvé par tout le Monde
Que le plus grand de vos hauts
faits ,
Seroit de nous donner une troifié-
me Paix.
Il
vient
pour admirer
cette
gloire
fuprême
,
Il
vous
voit
vainqueur
de
vous-
même
,
Et
les fiers
Alliez
à vos
pieds
ab-
batus
Joindre un nouvel éclat a toutes
Vos
vertus
.
Leur fauffe ambition cauſoit leur
reſiſtance
,
GALANT
.
181
Puifque
pour eux
la
Guerre
eftoit
de
toutes parts
Sans fuccés & fans innocence.
Mais quand vos Ennemis feroient
tous des Célars
Quand un jaloux orgueil les uniroit
encore
,
Parmy tout ces Héros vous feriez
roûjours Mars,
C'est une vérité que perfonne n'i-
gnore ;
Il n'eft pas jufqu'au petit More,
Qui ,pour le faire un fort &glorieuxfe
& doux , .
Ne borne fes-fouhaits à l'honneur
d'eftreà vous ;
Et
s'il
obtient ce
qu'il
défire
,
Il
ne
quitteroit pas
les fers
pour un
Empire
.
,
DE SCUDERY
,
AU ROY
.
En
luy envoyant
le petit
More
.
Grand
Roy,que
l'Univers
Je n'ay pû
refufer
à
cet
aimable
More
180
MERCURE
Le bonheur de paffer du moins des
vant vos yeux ,
Avec
tout
le
refpe
&
qu'il
pourroit
rendre
aux Dieux
,
Comme il a voyagé ſur la Terre &
fur l'Onde ,
Il a trouvé par tout le Monde
Que le plus grand de vos hauts
faits ,
Seroit de nous donner une troifié-
me Paix.
Il
vient
pour admirer
cette
gloire
fuprême
,
Il
vous
voit
vainqueur
de
vous-
même
,
Et
les fiers
Alliez
à vos
pieds
ab-
batus
Joindre un nouvel éclat a toutes
Vos
vertus
.
Leur fauffe ambition cauſoit leur
reſiſtance
,
GALANT
.
181
Puifque
pour eux
la
Guerre
eftoit
de
toutes parts
Sans fuccés & fans innocence.
Mais quand vos Ennemis feroient
tous des Célars
Quand un jaloux orgueil les uniroit
encore
,
Parmy tout ces Héros vous feriez
roûjours Mars,
C'est une vérité que perfonne n'i-
gnore ;
Il n'eft pas jufqu'au petit More,
Qui ,pour le faire un fort &glorieuxfe
& doux , .
Ne borne fes-fouhaits à l'honneur
d'eftreà vous ;
Et
s'il
obtient ce
qu'il
défire
,
Il
ne
quitteroit pas
les fers
pour un
Empire
.
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5172
p. 179-181
« Voila ce qu'on appelle de petits Airs joliment troussez, [...] »
Début :
Voila ce qu'on appelle de petits Airs joliment troussez, [...]
Mots clefs :
Copiste, Airs, Auteur, Musicien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voila ce qu'on appelle de petits Airs joliment troussez, [...] »
oila ce qu'on appelle de
petits Airs joliment trouffez ,
180 MERCURE
celaeſt vif, tendre , aifé; l'Au
teur de ces paroles , le Muſi
cien qui les a norées , & moy
qui en ſuis le copiſte , nous
avons tous trois de l'honneur
àvous preſenter d'auſſi jolis
morceaux. Le moindre coupletde
ces chanſonnettes vaut
mieux que tout le pauvre Ballet
des plaiſirs de la Paix qu'on
joüe par cy par-là , depuis
environ fix ſemaines ou deux
mois , fur le Theatre de l'Opera..
Item. Je trouve en foüillant
dans mon porte - füille
encore un Sonnet fur les
GALANT. , 181
bouts rimez que j'ay propofez
dans mon Mercure du mois
de Fevrier ; celuy- cy eſt un
des meilleurs Sonnets que
j'aye receu fur ces rimes ; il eſt
dela façon de . M.Formentin
connu avec distinction dans
les Lettres.
petits Airs joliment trouffez ,
180 MERCURE
celaeſt vif, tendre , aifé; l'Au
teur de ces paroles , le Muſi
cien qui les a norées , & moy
qui en ſuis le copiſte , nous
avons tous trois de l'honneur
àvous preſenter d'auſſi jolis
morceaux. Le moindre coupletde
ces chanſonnettes vaut
mieux que tout le pauvre Ballet
des plaiſirs de la Paix qu'on
joüe par cy par-là , depuis
environ fix ſemaines ou deux
mois , fur le Theatre de l'Opera..
Item. Je trouve en foüillant
dans mon porte - füille
encore un Sonnet fur les
GALANT. , 181
bouts rimez que j'ay propofez
dans mon Mercure du mois
de Fevrier ; celuy- cy eſt un
des meilleurs Sonnets que
j'aye receu fur ces rimes ; il eſt
dela façon de . M.Formentin
connu avec distinction dans
les Lettres.
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5173
p. 2055-2057
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire secret que le Pape tint au Quirinal, le 12 du mois dernier, le Cardinal [...]
Mots clefs :
Italie, Cardinal, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Ans le Consistoire secret que le Pape tint
au Quirinal , le r2 du mois dernier, le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché d'Autun, pour l'Abbé de la Valette.
Le 13 du même mois , on tira le Canon du
Chateau S. Ange , par ordre du Pape , on sonna toutes les Cloches de la Ville , et le soir il y cut
des Feux et des Illuminations dans toutes les rues.
à l'occasion de la prise d'Oran , par l'Armée du
Roy d'Espagne.
Le15, Fête de l'Assomption , le Pape accompagné dans son Carosse des Cardinaux Banchieti , Secretaire d'Etat , et Corsini , neveu de S. S.
se rendit en Cortege à l'Eglise de fainte Marie Hij Ma
2056 MERCURE DE FRANCE
Majeure , où il tint Chapelle Pontificale, à laquel
le lesCardinaux fe trouverent au nombre de 29.La
Messe y fut célébrée par le Cardinal Pie de la Mirandole , Archiprêtre de cette Eglise. Après la
Messe on chania le Te Deum à plusieurs Choeurs
de Musique , pour rendre graces à Dieu de la
prise d'Oran sur les Infideles , et on fit une seconde décharge générale de l'Artillerie du Châ
teau S. Ange,
t
Le bruit court à Rome que pour dédommager
le Roy d'Espagne des grandes dépenses qu'il a
été obligé de faire pour l'Expedition d'Oran , le
Pape a promis de proroger pour 3 ans la levée
des Décimes Ecclesiastiques dans toute l'étenduë des Etats de S. M. Cat.
Le Cardinal Camerlingue a fait arrêter l'Anti
quaire Ficarone , auquel on croit qu'il veut faire
faire le Procès , pour avoir vendu plusieurs Mé- dailles et Statues antiques , sans le consentement
de ce Cardinal.
Le 24 Aoust , le Cardinal Coscia fut interrogé
pour la quatorziéme fois , et l'après midi , le
Prieur du Couvent de Sainte Praxede , où il est
logé , ayant demandé à lui parler , l'Officier qui
commande la Garde qu'on a mise auprès de ce
Cardinal , refusa de le laisser entrer dans son appartement. Cette Eminence subit le 26 un quinziéme interrogatoire , et un seizième et dix- sep
tiéme le 28 et 31 du mois dernier,
On a appris que le Roy de Sardaigne a fait
saisir les revenus de l'Abbaye de Ste Agathe en
Savoye , qui possedes Fiefs , qu'on a cru jusqu'à
present relever du S. Siege , et que ce Prince pré- tend relever de son Domaine.
On mande de la Marche d'Ancone, que les Villes d'Imola , de Forly et de Faenza , avoient été fore
SEPTEMBRE. 1732. 2057
fort incommodées pár trois secousses violentes
d'un tremblement de terre qu'on y ressentit la
nuit du 9 au 1 Aoust.
On apprend des côtes d'Italie que quelques Capitaines de Bâtimens Genois ayant appris en
Mer que sur une grosse Barque qui venoit de Smirme , il étoit mort 13 personnes en deux
jours ; le Magistrat de la Santé en a fait donner avis à tous les Gouverneurs des Places Maritimes
de la République , avec ordre de faire canoner
ce Bâtiment s'il se présentoit pour entrer dans leurs Ports.
On écrit de Gênes qu'il s'y est tenu trois
Conseils à l'occasion du Traité fait avec les Rebelles de l'ifle de Corse sous la garantie de l'Empereur ; et comme ce Traité paroît trop onéreux
à la République , on a dépêché un Courier à
Lintz pour proposer quelques changemens à
S. M. Imp. Le Général Wachtendonc a reçû ordre de rester à Gênes jusqu'à ce que cette affaire
soit entierement terminée , et qu'on ait rendu la
liberté aux quatre Chefs des Rebelles.
Ans le Consistoire secret que le Pape tint
au Quirinal , le r2 du mois dernier, le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché d'Autun, pour l'Abbé de la Valette.
Le 13 du même mois , on tira le Canon du
Chateau S. Ange , par ordre du Pape , on sonna toutes les Cloches de la Ville , et le soir il y cut
des Feux et des Illuminations dans toutes les rues.
à l'occasion de la prise d'Oran , par l'Armée du
Roy d'Espagne.
Le15, Fête de l'Assomption , le Pape accompagné dans son Carosse des Cardinaux Banchieti , Secretaire d'Etat , et Corsini , neveu de S. S.
se rendit en Cortege à l'Eglise de fainte Marie Hij Ma
2056 MERCURE DE FRANCE
Majeure , où il tint Chapelle Pontificale, à laquel
le lesCardinaux fe trouverent au nombre de 29.La
Messe y fut célébrée par le Cardinal Pie de la Mirandole , Archiprêtre de cette Eglise. Après la
Messe on chania le Te Deum à plusieurs Choeurs
de Musique , pour rendre graces à Dieu de la
prise d'Oran sur les Infideles , et on fit une seconde décharge générale de l'Artillerie du Châ
teau S. Ange,
t
Le bruit court à Rome que pour dédommager
le Roy d'Espagne des grandes dépenses qu'il a
été obligé de faire pour l'Expedition d'Oran , le
Pape a promis de proroger pour 3 ans la levée
des Décimes Ecclesiastiques dans toute l'étenduë des Etats de S. M. Cat.
Le Cardinal Camerlingue a fait arrêter l'Anti
quaire Ficarone , auquel on croit qu'il veut faire
faire le Procès , pour avoir vendu plusieurs Mé- dailles et Statues antiques , sans le consentement
de ce Cardinal.
Le 24 Aoust , le Cardinal Coscia fut interrogé
pour la quatorziéme fois , et l'après midi , le
Prieur du Couvent de Sainte Praxede , où il est
logé , ayant demandé à lui parler , l'Officier qui
commande la Garde qu'on a mise auprès de ce
Cardinal , refusa de le laisser entrer dans son appartement. Cette Eminence subit le 26 un quinziéme interrogatoire , et un seizième et dix- sep
tiéme le 28 et 31 du mois dernier,
On a appris que le Roy de Sardaigne a fait
saisir les revenus de l'Abbaye de Ste Agathe en
Savoye , qui possedes Fiefs , qu'on a cru jusqu'à
present relever du S. Siege , et que ce Prince pré- tend relever de son Domaine.
On mande de la Marche d'Ancone, que les Villes d'Imola , de Forly et de Faenza , avoient été fore
SEPTEMBRE. 1732. 2057
fort incommodées pár trois secousses violentes
d'un tremblement de terre qu'on y ressentit la
nuit du 9 au 1 Aoust.
On apprend des côtes d'Italie que quelques Capitaines de Bâtimens Genois ayant appris en
Mer que sur une grosse Barque qui venoit de Smirme , il étoit mort 13 personnes en deux
jours ; le Magistrat de la Santé en a fait donner avis à tous les Gouverneurs des Places Maritimes
de la République , avec ordre de faire canoner
ce Bâtiment s'il se présentoit pour entrer dans leurs Ports.
On écrit de Gênes qu'il s'y est tenu trois
Conseils à l'occasion du Traité fait avec les Rebelles de l'ifle de Corse sous la garantie de l'Empereur ; et comme ce Traité paroît trop onéreux
à la République , on a dépêché un Courier à
Lintz pour proposer quelques changemens à
S. M. Imp. Le Général Wachtendonc a reçû ordre de rester à Gênes jusqu'à ce que cette affaire
soit entierement terminée , et qu'on ait rendu la
liberté aux quatre Chefs des Rebelles.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, le cardinal Otthoboni a proposé l'Évêché d'Autun à l'Abbé de la Valette lors d'un Consistoire secret au Quirinal le 2 du mois dernier. Le 13 du même mois, Rome a célébré la prise d'Oran par l'armée espagnole avec des tirs de canon, des sonneries de cloches et des illuminations. Le 15, à la fête de l'Assomption, le Pape a assisté à une chapelle pontificale à Sainte-Marie Majeure, où le cardinal Pie de la Mirandole a célébré la messe, suivie du chant du Te Deum et d'une décharge d'artillerie. Des rumeurs indiquent que le Pape pourrait proroger pour trois ans la levée des décimes ecclésiastiques pour compenser le roi d'Espagne. Le cardinal Camerlingue a arrêté l'antiquaire Ficarone pour vente illégale de médailles et statues antiques. Le cardinal Coscia a été interrogé à plusieurs reprises en août. Le roi de Sardaigne a saisi les revenus de l'abbaye de Sainte-Agathe en Savoie, invoquant la souveraineté sur les fiefs. Des tremblements de terre ont frappé Imola, Forlì et Faenza en août. Des mesures sanitaires ont été prises après des décès à bord d'une barque venant de Smyrne. À Gênes, des conseils ont discuté d'un traité avec les rebelles corses, jugé trop coûteux, et un courrier a été envoyé à l'empereur pour proposer des modifications.
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5174
p. 171-174
Conversion, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Duc de S. Aignan, qui joint une piété solide à [...]
Mots clefs :
Duc de S. Aignan, Piété, Qualités, Conversions, Religion prétendue réformée, Obstination, Hérétique, Erreurs, Vérités catholiques, Controverses, Abjuration, Cérémonie, Famille
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texteReconnaissance textuelle : Conversion, [titre d'après la table]
M' le Duc de S. Aignan,
qui joint une pieté folide à
toutes les grandes qualitez
qui diftinguent les Perfonnes
de fa naiffance , a reçeu ces
derniers jours une joye fenfible
de la Converfion du
S' Mathurin Coquenas , fon
Premier Valet de Chambre.
C'eſt un Homme de quarante
ans , né en Languedoc
Pij
172 MERCURE
dans la Religion Prétenduë
Réformée. Ily en a quatorze
qu'il eft au fervice de ce Duc,
qui avoit toûjours efperé ce
changement par la connoiffance
qu'il avoit de fes bonnes
moeurs. Il a eu longtemps
l'obſtination des Herétiques
qui demeurent dans
leurs erreurs , parce qu'ils ne
veulent pas écouter ceux qui
en les combatant font capables
de les détruire ; mais
enfin le zele de M le Duc
de S. Aignan la emporté fur
l'opiniâtre refus qu'il faifoit
d'entendre parler des Veritez
GALANT. 173
Catholiques. Il l'a mis entre
les mains du Perè du Bue
Théatin ; & ce Pere, dont les
doctes Controverfes ramenent
tous les jours tant d'Egarez
, luy a fait connoiftre
la fauffeté des maximes de
Calvin. Il les abjura le 17.
de ce mois , dans la Chapelle
du Château d'Alincourt
prés Magny, appartenant à
Mr le Maréchal de Villeroy
, entre les mains de MF
de Buquet , Curé de Parres ,
Paroiffe de ce Chafteau . La
Cerémonie fe fit en préſence
de M le Duc de S. Aignan , de
Pij
174 MERCURE
Madame la Ducheffe fa Femme,
& de toute leur Famille.
qui joint une pieté folide à
toutes les grandes qualitez
qui diftinguent les Perfonnes
de fa naiffance , a reçeu ces
derniers jours une joye fenfible
de la Converfion du
S' Mathurin Coquenas , fon
Premier Valet de Chambre.
C'eſt un Homme de quarante
ans , né en Languedoc
Pij
172 MERCURE
dans la Religion Prétenduë
Réformée. Ily en a quatorze
qu'il eft au fervice de ce Duc,
qui avoit toûjours efperé ce
changement par la connoiffance
qu'il avoit de fes bonnes
moeurs. Il a eu longtemps
l'obſtination des Herétiques
qui demeurent dans
leurs erreurs , parce qu'ils ne
veulent pas écouter ceux qui
en les combatant font capables
de les détruire ; mais
enfin le zele de M le Duc
de S. Aignan la emporté fur
l'opiniâtre refus qu'il faifoit
d'entendre parler des Veritez
GALANT. 173
Catholiques. Il l'a mis entre
les mains du Perè du Bue
Théatin ; & ce Pere, dont les
doctes Controverfes ramenent
tous les jours tant d'Egarez
, luy a fait connoiftre
la fauffeté des maximes de
Calvin. Il les abjura le 17.
de ce mois , dans la Chapelle
du Château d'Alincourt
prés Magny, appartenant à
Mr le Maréchal de Villeroy
, entre les mains de MF
de Buquet , Curé de Parres ,
Paroiffe de ce Chafteau . La
Cerémonie fe fit en préſence
de M le Duc de S. Aignan , de
Pij
174 MERCURE
Madame la Ducheffe fa Femme,
& de toute leur Famille.
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Résumé : Conversion, [titre d'après la table]
Le duc de Saint-Aignan, reconnu pour sa piété et ses qualités, a éprouvé une grande joie après la conversion de son premier valet de chambre, Mathurin Coquenas. Ce dernier, âgé de quarante ans et originaire du Languedoc, appartenait initialement à la religion prétendue réformée. Employé depuis quatorze ans par le duc, celui-ci avait toujours souhaité sa conversion en raison de ses bonnes mœurs. Coquenas avait longtemps résisté aux tentatives de conversion, refusant d'écouter ceux qui cherchaient à le convaincre. Cependant, le zèle du duc de Saint-Aignan a fini par triompher. Le duc a confié Coquenas au père du Bué, un théatin célèbre pour ses controverses doctrinales. Ce dernier a réussi à persuader Coquenas de l'erreur des maximes calvinistes. Coquenas a abjuré ses croyances le 17 du mois dans la chapelle du château d'Alincourt près de Magny, propriété du maréchal de Villeroy. La cérémonie s'est déroulée en présence du duc de Saint-Aignan, de la duchesse et de toute leur famille, sous la direction de Monseigneur de Buquet, curé de Parres, paroisse du château.
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5175
p. 178-181
Plainte de l'Auteur sur la disette des Memoires. [titre d'après la table]
Début :
J'employe autant qu'il m'est permis, tous les Memoires [...]
Mots clefs :
Mémoires, Travailler
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plainte de l'Auteur sur la disette des Memoires. [titre d'après la table]
J'employe autant qu'il m'est
permis, tous les Mémoires
que je reçois;j'ay même prié
& je prie encore avec
la derniere
instance tous ceux qui
se mêlent d'écrire de m'en envoyer,
Pluficurs se sont réveillez
à ma priere
,
ils sont
sortis de la profonde létargie
où ils estoient ensevelis depuis
plusieurs années;mais ils
n'ont fait que se frotter les
yeux. Ils se font contentez de.
m'annoncer qu'ils alloient travailler
pour moy, ils m'ont
promis un grand nombre de
nouveautez & ne m'ont pas
encore tenu parole. Ceux qui
ont commencez à me faire
part de leurs veilles, se sont
imaginez, que l'cx ctitude,&
le bon goust qui doivent eftrc
dans les ouvrages d'esprit, etoient
des ornements qui ferMoient
etroprcd hounneurreau
Ils m'ont envoyé des pieces
froides, longues, & negligées,
apparemment pour
m'éprouver, je les ay supprimées,&
j'en fupprimeray autant
qu'on m'en enverra, tant
qu'elles n'auront que le merite,
d'ennuyer ceux qui les
lisent.
Il faut cependant, me dit-
-
on, que vostre volume soit
rempli à quelque prix que ce
foie;j en conviens, mais si les
gens sur qui je compte, ne
veulent pas travailler mieux
que moy ; il ne m'en coûtera
qu'un peu plus de peine que
je prendray à travailler pour
eux.
Enfin, tant qu'ils me refuferont
leur secours, je feray
entrer dans le Mercure tout
ce que j'écriray
, à commencer
par la Lettre fuivantc.
permis, tous les Mémoires
que je reçois;j'ay même prié
& je prie encore avec
la derniere
instance tous ceux qui
se mêlent d'écrire de m'en envoyer,
Pluficurs se sont réveillez
à ma priere
,
ils sont
sortis de la profonde létargie
où ils estoient ensevelis depuis
plusieurs années;mais ils
n'ont fait que se frotter les
yeux. Ils se font contentez de.
m'annoncer qu'ils alloient travailler
pour moy, ils m'ont
promis un grand nombre de
nouveautez & ne m'ont pas
encore tenu parole. Ceux qui
ont commencez à me faire
part de leurs veilles, se sont
imaginez, que l'cx ctitude,&
le bon goust qui doivent eftrc
dans les ouvrages d'esprit, etoient
des ornements qui ferMoient
etroprcd hounneurreau
Ils m'ont envoyé des pieces
froides, longues, & negligées,
apparemment pour
m'éprouver, je les ay supprimées,&
j'en fupprimeray autant
qu'on m'en enverra, tant
qu'elles n'auront que le merite,
d'ennuyer ceux qui les
lisent.
Il faut cependant, me dit-
-
on, que vostre volume soit
rempli à quelque prix que ce
foie;j en conviens, mais si les
gens sur qui je compte, ne
veulent pas travailler mieux
que moy ; il ne m'en coûtera
qu'un peu plus de peine que
je prendray à travailler pour
eux.
Enfin, tant qu'ils me refuferont
leur secours, je feray
entrer dans le Mercure tout
ce que j'écriray
, à commencer
par la Lettre fuivantc.
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Résumé : Plainte de l'Auteur sur la disette des Memoires. [titre d'après la table]
L'auteur relate ses démarches pour rassembler des mémoires et des écrits en vue d'une publication. Il a sollicité activement des contributions et reçu des réponses positives, mais certains auteurs n'ont pas tenu leurs engagements. Parmi les œuvres reçues, certaines étaient de qualité médiocre, longues et négligées, et ont été supprimées. L'auteur insiste sur la nécessité de maintenir un haut niveau d'exactitude et de bon goût dans les contributions. Bien que le volume doive être complété, il est prêt à fournir lui-même le contenu si les autres ne s'améliorent pas. En attendant, il intégrera ses propres écrits dans la publication, commençant par la lettre suivante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5176
p. 2075-2078
« Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
Début :
Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...]
Mots clefs :
Marquis, Compagnie des gendarmes, Chevalier, Compagnie, Roi, Gardes, Guidon des gendarmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
Le Roy vient de faire un Remplacement
d'Officiers de Galeres ; le Bailly
de Laubepine a été fait Chef d'Escadre
le Marquis de Tournon , Capitaine de
Galeres ; M. de Langerie , Capitaine de
Port , et le Chevalier de la Farre Lopis ,
Capitaine de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart. Les Capitaines - Lieutenans
sont , Mrs des Tourrés , de Villeneuve
Hiiij et
2076 MERCURE DE FRANCE
et le Chevalier de Bernage. Les Lieute
nans , le Chevalier de Preville , le Chevalier
de Castellane , M. de Chaumont
Lussac , et le Chevalier du Ligondez ,
Lieutenant de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart ; les Enseignes , M. de
Mazan , Brigadier de la Compagnie des
Gardes de l'Etendart , le Marquis d'Aubignan
, et le Marquis de Trans , Sous-
Brigadier de la même Compagnie.
›
Par la Promotion que le Roy a faite
depuis peu dans la Gendarmerie la
Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes Ecossois , a été donnée au
Comte de Choiseul , lequel est remplacé
dans la Charge d'Enseigne des Gendarmes
d'Orleans , par le Chevalier de la
Marche , Guidon des Gendarmes de Flandres.
Le Marquis de Pellevé , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
de Berry , ayant demandé la permission
de se retirer , cette Compagnie
a été donnée au Marquis du Muy , Sous-
Lieutenant des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de la Vieuville a été nommé
Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourgui
gnons , et le Chevalier du Châtelet
Enseigne des Gendarmes Dauphins. Le
Marquis Destreans , Guidon des Gendarmes
SEPTEMBRE. 1733 2077
mes de Berry , a eû la Charg : Premier
Cornette des Chevaux- Legers de
Bretagne , vacante par la démission velontaire
du Marquis de Vassey. Le Com
te de Laval a été nommé Guidon des
Gendarmes de Flandres , le Marquis de
Todoas , second Cornette des Chevaux-
Legers de Bretagne , et le Marquis de
Jonsac, Guidon des Gendarmes de Berry.
On ajoûtera à cette occasion , que le
sieur Sorbier un des meilleurs Eleves
de M. Petit , de l'Académie Royale des
Sciences , vient d'être nommé Chirur
gien Major de ce Corps , à la place de
M. Dalibour , dont on connoît la grande
réputation , qui après 40. ans de service
a demandé à se retirer. Il a obtenu une
pension de 300s. livres.
Le 10. Septembre , les Chanoines Réguliers
de S. Augustin , de la Congré
gation de France , élurent pour leur Général
et pour Abbé de sainte Genevieve ,
dans le Chapitre tenu à l'Abbaye sainte
Genevieve , le R. P. Pierre Suteine , de
Rheims , cy - devant Prieur de la même
Abbaye.
"
Le 21. de ce mois ,le Chevalier Manherbe
fut nommé par le Roy , à la Place
H v d'Ayde
2078 MERCURE DE FRANCE
d'Ayde- Major Général des Gardes du
Corps , vacante pár la démission de M. de
Maison - Neuve ; et le Marquis de Cal
viere , à celle d'Ayde - Major des Gardes
du Corps de la Compagnie de Villeroy .
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France , les deux ainées , revinrent
Versailles du Château de Meudon en
parfaite santé le 24. de ce mois . Les
deux autres Princesses y arriverent le
lendemain..·
Aux affaires generales de la Religion
Prétendue Réformée , dont le Comte de
S. Florentin , Secretaire d'Etat , est chargé
, le Roy a réuni les affaires particulieres
de cette Religion dans tout le
Royaume.
Le Roy partit de Versailles le 30. de
ce mois vers les 11. heures du matin ,
pour aller coucher à Fontainebleau
S. M. dîna au Château de Petitbourg.
d'Officiers de Galeres ; le Bailly
de Laubepine a été fait Chef d'Escadre
le Marquis de Tournon , Capitaine de
Galeres ; M. de Langerie , Capitaine de
Port , et le Chevalier de la Farre Lopis ,
Capitaine de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart. Les Capitaines - Lieutenans
sont , Mrs des Tourrés , de Villeneuve
Hiiij et
2076 MERCURE DE FRANCE
et le Chevalier de Bernage. Les Lieute
nans , le Chevalier de Preville , le Chevalier
de Castellane , M. de Chaumont
Lussac , et le Chevalier du Ligondez ,
Lieutenant de la Compagnie des Gardes
de l'Etendart ; les Enseignes , M. de
Mazan , Brigadier de la Compagnie des
Gardes de l'Etendart , le Marquis d'Aubignan
, et le Marquis de Trans , Sous-
Brigadier de la même Compagnie.
›
Par la Promotion que le Roy a faite
depuis peu dans la Gendarmerie la
Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes Ecossois , a été donnée au
Comte de Choiseul , lequel est remplacé
dans la Charge d'Enseigne des Gendarmes
d'Orleans , par le Chevalier de la
Marche , Guidon des Gendarmes de Flandres.
Le Marquis de Pellevé , Capitaine-
Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes
de Berry , ayant demandé la permission
de se retirer , cette Compagnie
a été donnée au Marquis du Muy , Sous-
Lieutenant des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de la Vieuville a été nommé
Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourgui
gnons , et le Chevalier du Châtelet
Enseigne des Gendarmes Dauphins. Le
Marquis Destreans , Guidon des Gendarmes
SEPTEMBRE. 1733 2077
mes de Berry , a eû la Charg : Premier
Cornette des Chevaux- Legers de
Bretagne , vacante par la démission velontaire
du Marquis de Vassey. Le Com
te de Laval a été nommé Guidon des
Gendarmes de Flandres , le Marquis de
Todoas , second Cornette des Chevaux-
Legers de Bretagne , et le Marquis de
Jonsac, Guidon des Gendarmes de Berry.
On ajoûtera à cette occasion , que le
sieur Sorbier un des meilleurs Eleves
de M. Petit , de l'Académie Royale des
Sciences , vient d'être nommé Chirur
gien Major de ce Corps , à la place de
M. Dalibour , dont on connoît la grande
réputation , qui après 40. ans de service
a demandé à se retirer. Il a obtenu une
pension de 300s. livres.
Le 10. Septembre , les Chanoines Réguliers
de S. Augustin , de la Congré
gation de France , élurent pour leur Général
et pour Abbé de sainte Genevieve ,
dans le Chapitre tenu à l'Abbaye sainte
Genevieve , le R. P. Pierre Suteine , de
Rheims , cy - devant Prieur de la même
Abbaye.
"
Le 21. de ce mois ,le Chevalier Manherbe
fut nommé par le Roy , à la Place
H v d'Ayde
2078 MERCURE DE FRANCE
d'Ayde- Major Général des Gardes du
Corps , vacante pár la démission de M. de
Maison - Neuve ; et le Marquis de Cal
viere , à celle d'Ayde - Major des Gardes
du Corps de la Compagnie de Villeroy .
Monseigneur le Dauphin et Mesdames
de France , les deux ainées , revinrent
Versailles du Château de Meudon en
parfaite santé le 24. de ce mois . Les
deux autres Princesses y arriverent le
lendemain..·
Aux affaires generales de la Religion
Prétendue Réformée , dont le Comte de
S. Florentin , Secretaire d'Etat , est chargé
, le Roy a réuni les affaires particulieres
de cette Religion dans tout le
Royaume.
Le Roy partit de Versailles le 30. de
ce mois vers les 11. heures du matin ,
pour aller coucher à Fontainebleau
S. M. dîna au Château de Petitbourg.
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Résumé : « Le Roy vient de faire un Remplacement d'Officiers de Galeres ; le Bailly [...] »
En septembre 1733, plusieurs changements et nominations ont eu lieu au sein de la cour et des institutions militaires françaises. Le roi a nommé le Bailly de Laubepine Chef d'Escadre, le Marquis de Tournon Capitaine de Galères, et le Chevalier de la Farre Lopis Capitaine de la Compagnie des Gardes de l'Etendard. Divers autres postes ont été attribués au sein des compagnies de Gardes et de Gendarmes. Dans la gendarmerie, le Comte de Choiseul a remplacé le Chevalier de la Marche comme Sous-Lieutenant des Gendarmes Écossais. Le Marquis du Muy a pris la tête de la Compagnie des Gendarmes de Berry, et plusieurs autres nominations ont été effectuées parmi les Gendarmes Bourguignons, Dauphins, et de Flandres. Le Marquis Destreans a été nommé Premier Cornette des Chevaux-Légers de Bretagne, et le Comte de Laval Guidon des Gendarmes de Flandres. Le Sieur Sorbier a succédé à M. Dalibour comme Chirurgien Major après 40 ans de service. Le 10 septembre, le R. P. Pierre Suteine a été élu Général et Abbé de Sainte-Geneviève. Le 21 septembre, le Chevalier Manherbe a été nommé Ayde-Major Général des Gardes du Corps, et le Marquis de Calviere Ayde-Major des Gardes du Corps de la Compagnie de Villeroy. Le Dauphin et les Princesses de France sont revenus à Versailles en bonne santé. Le roi a confié les affaires de la Religion Prétendue Réformée au Comte de Saint-Florentin et a quitté Versailles pour Fontainebleau le 30 septembre.
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5177
p. 795-798
Cérémonie du Parlement et de la Chambre des Comptes, [titre d'après la table]
Début :
Suivant la cérémonie qui se pratique tous les ans les [...]
Mots clefs :
Prologue, Opéra, Actrice, Concert, Cour, Messe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cérémonie du Parlement et de la Chambre des Comptes, [titre d'après la table]
Suivant la
cérémonie qui se pratique tous
les ans les vendredi de la semaine de Pâ
ques. Messieurs du
Parlement et de la
Chambre des Comptes invitez par les Prevôt
des
Marchandset
Echevins , se rendi- '
rent en robes
ordinaires , et précedez de
leurs huissiers , en l'Eglise de Notre -Da
me , placez sur un même banc , tenans même
ligne et mêlez
ensemble , ensorte que'
le
Président du
Parlement avoit après lui
Hij
le
796 MERCURE DE FRANCE
le Président de la Chambre des Comptes ,
le Conseiller de la Cour , un Officier de
la Chambre , et ainsi de suite , tant qu'ils
firent nombre , et ils assisterent à une
Messe chantée en Musique à la Chapelle
de la Vierge , en memoire de l'expulsion
des Anglois du Royaume de France , sous
le Regne de Charles VII. L'origine de
cette cérémonie est , que la nouvelle de
la défaite des Anglois s'étant répanduë
dans Paris , le vendredi d'après Pâques de
Fannée 1436. Messieurs du Parlement et
de la Chambre des Comptes , au milieu
des acclamations du Peuple , se rendirent
confusément , et sans garder entr'eux ni
pas ni rang dans l'Eglise Notre - Dame
poury rendre graces graces à Dieu , devant l'Autel
de la Vierge , de l'heureuse nouvelle
qu'on venoit de leur apprendre.
›
On assure que le Roi a accordé à l'Ordre
Hospitalier du S. Esprit de Montpelier
des Lettres Patentes , portant réiinion
du Prieuré de S. Nicolas de Bar-sur-
Aube à l'Hôpital du S. Esprit de cette
Ville , qui est du même Ordre.
Le 4 Avril , il y eut Concert à la Cour ;
M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique
de la Chambre du Roi de semestre ,
fit chanter devant la Reine , dans son Salon
, le Prologue et le premier Acte de
POpera
AVRIL. 1731. 797
par
l'Opera de Thésée , qui fut continué le 9
le second et troisiéme Acte , et le 11.
on finit par le quatrième et le dernier Acte.
La Dile Julie chanta le Rôle de Médée ,
et la Dile Lenner celui d'Eglé , dans les
trois premiers Actes avec beaucoup de
succès ; une indisposition survenue à cette
Actrice l'empêcha de continuer. La Dlle
Pelissier la remplaça ; et y reçût de grands
applaudissemens. Les Sieurs d'Angerville
et Guidon chanterent les Rôles d'Egée et
de Thésée , et les Diles Barbier et Robelin ,
firent les Confidentes , à la satisfaction de
la Reine et de toute la Cour.
! Le 16 , on chanta dans le même Salon
le Prologue et le premier Acte de l'Opera
de Tarsis et Zelie , dont le Poëme est de
M. de la Serre , et la Musique des Sieurs
Rebel et Francoeur.
ศ
9
Le 18 et le 23. on continua le même
Opera , dans lequel les Des Lenner et
Pellissier chanterent les Rôles de Zelie et
d'Arelife avec beaucoup d'applaudissement
, de même que la De Erremens
qui plût infiniment dans le Rôle de la Sybille
, et dans d'autres mòrceaux qu'elle
chanta avec beaucoup de graces et de legereté.
Les deux Auteurs de cet Opera
furent présentez à la Reine par M. Destouches
; ils reçûrent de S. M. des témoignages
pleins de bonté , de la satisfaction
Hiij qu'elle
798 MERCURE DE FRANCE
t
qu'elle avoit eû d'entendre cet Opera
dont l'exécution fut parfaite , et la Musi
que extrêmement goûtée.
pre Le 25. on chanta le Prologue et le
mier Acte d'Atys , qu'on continua le Lundy
, dernier jour du mois.
cérémonie qui se pratique tous
les ans les vendredi de la semaine de Pâ
ques. Messieurs du
Parlement et de la
Chambre des Comptes invitez par les Prevôt
des
Marchandset
Echevins , se rendi- '
rent en robes
ordinaires , et précedez de
leurs huissiers , en l'Eglise de Notre -Da
me , placez sur un même banc , tenans même
ligne et mêlez
ensemble , ensorte que'
le
Président du
Parlement avoit après lui
Hij
le
796 MERCURE DE FRANCE
le Président de la Chambre des Comptes ,
le Conseiller de la Cour , un Officier de
la Chambre , et ainsi de suite , tant qu'ils
firent nombre , et ils assisterent à une
Messe chantée en Musique à la Chapelle
de la Vierge , en memoire de l'expulsion
des Anglois du Royaume de France , sous
le Regne de Charles VII. L'origine de
cette cérémonie est , que la nouvelle de
la défaite des Anglois s'étant répanduë
dans Paris , le vendredi d'après Pâques de
Fannée 1436. Messieurs du Parlement et
de la Chambre des Comptes , au milieu
des acclamations du Peuple , se rendirent
confusément , et sans garder entr'eux ni
pas ni rang dans l'Eglise Notre - Dame
poury rendre graces graces à Dieu , devant l'Autel
de la Vierge , de l'heureuse nouvelle
qu'on venoit de leur apprendre.
›
On assure que le Roi a accordé à l'Ordre
Hospitalier du S. Esprit de Montpelier
des Lettres Patentes , portant réiinion
du Prieuré de S. Nicolas de Bar-sur-
Aube à l'Hôpital du S. Esprit de cette
Ville , qui est du même Ordre.
Le 4 Avril , il y eut Concert à la Cour ;
M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique
de la Chambre du Roi de semestre ,
fit chanter devant la Reine , dans son Salon
, le Prologue et le premier Acte de
POpera
AVRIL. 1731. 797
par
l'Opera de Thésée , qui fut continué le 9
le second et troisiéme Acte , et le 11.
on finit par le quatrième et le dernier Acte.
La Dile Julie chanta le Rôle de Médée ,
et la Dile Lenner celui d'Eglé , dans les
trois premiers Actes avec beaucoup de
succès ; une indisposition survenue à cette
Actrice l'empêcha de continuer. La Dlle
Pelissier la remplaça ; et y reçût de grands
applaudissemens. Les Sieurs d'Angerville
et Guidon chanterent les Rôles d'Egée et
de Thésée , et les Diles Barbier et Robelin ,
firent les Confidentes , à la satisfaction de
la Reine et de toute la Cour.
! Le 16 , on chanta dans le même Salon
le Prologue et le premier Acte de l'Opera
de Tarsis et Zelie , dont le Poëme est de
M. de la Serre , et la Musique des Sieurs
Rebel et Francoeur.
ศ
9
Le 18 et le 23. on continua le même
Opera , dans lequel les Des Lenner et
Pellissier chanterent les Rôles de Zelie et
d'Arelife avec beaucoup d'applaudissement
, de même que la De Erremens
qui plût infiniment dans le Rôle de la Sybille
, et dans d'autres mòrceaux qu'elle
chanta avec beaucoup de graces et de legereté.
Les deux Auteurs de cet Opera
furent présentez à la Reine par M. Destouches
; ils reçûrent de S. M. des témoignages
pleins de bonté , de la satisfaction
Hiij qu'elle
798 MERCURE DE FRANCE
t
qu'elle avoit eû d'entendre cet Opera
dont l'exécution fut parfaite , et la Musi
que extrêmement goûtée.
pre Le 25. on chanta le Prologue et le
mier Acte d'Atys , qu'on continua le Lundy
, dernier jour du mois.
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Résumé : Cérémonie du Parlement et de la Chambre des Comptes, [titre d'après la table]
Le texte relate deux événements distincts. Le premier est une cérémonie annuelle se déroulant le vendredi de la semaine de Pâques. Les membres du Parlement et de la Chambre des Comptes, invités par le Prévôt des Marchands et les Échevins, se rendent à l'église Notre-Dame en robes ordinaires pour assister à une messe chantée en musique à la Chapelle de la Vierge. Cette cérémonie commémore l'expulsion des Anglais du Royaume de France en 1436 sous le règne de Charles VII. À l'origine, elle a eu lieu après la nouvelle de cette défaite, lorsque les membres du Parlement et de la Chambre des Comptes se sont rendus à l'église pour rendre grâce à Dieu. Le second événement concerne des concerts à la cour en avril 1731. Le 4 avril, M. Destouches, surintendant de la musique de la Chambre du Roi, fit chanter devant la Reine le prologue et le premier acte de l'opéra 'Thésée'. Les représentations se poursuivirent les 9 et 11 avril, avec les demoiselles Julie, Lenner, Pelissier, ainsi que les sieurs d'Angerville et Guidon dans les rôles principaux. Le 16 avril, le prologue et le premier acte de l'opéra 'Tarsis et Zelie' furent chantés, avec des représentations supplémentaires les 18 et 23 avril. Les demoiselles Lenner, Pellissier et Erremens reçurent des applaudissements. Les auteurs de l'opéra furent présentés à la Reine, qui exprima sa satisfaction. Le 25 avril, le prologue et le premier acte de l'opéra 'Atys' furent chantés, avec la suite des représentations le lundi suivant.
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5178
p. 177-181
Remarque d'hazard sur la petite Comedie des Festes du Cours que M. Dancourt vient de mettre au Theatre. [titre d'après la table]
Début :
Mais à propos de Remarques, & de Littérature, je me [...]
Mots clefs :
Livres nouveaux, Comédie nouvelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarque d'hazard sur la petite Comedie des Festes du Cours que M. Dancourt vient de mettre au Theatre. [titre d'après la table]
Mais à propos de Remarques
,&de Litterature , jeme
* ſouviens qu'on m'a averti que
je devois être exact à annoncer
les Livres nouveaux : il en
tombe heureuſement un ſous
ma main.
M. Dancourt vient de
donner une petite Comedie
nouvelle qui a pour titre ,
Les Festes du Cours : on ne
laiſſe pas d'y rire ; mais le Parterre
indulgent à ſon ordinaire
avoue qu'il ny, comprend
rien , & c'eſt aſſeurement
178 MERCURE
grand dommage , car il y a
dans cette Piece un certain
Cyncædor qui eſt le genie du
Bal , qui ſe tourmente comme
un Diable , depuis le commencement
de la Comedie
juſqu'à la fin , pour venir à
bout de demeler une chaine
d'inconvenients , où l'on a la
rage de ne vouloir rien comprendre.
Le langage en eft
tres françois ; il eſt même
orné de Sentences magnifiques
ſur l'efprit , ſur le coeur
&fur les moeurs : & on ſoûtient
que l'Auteur a fort bien
fait de ſe dedommager de
GALANT. 179
l'obſcurité de l'intrigue , par
la clarté de certains endroits
de ſes Chanſons : Un Avocat
s'yfait cocu luy même , & l'on
ne ſçait ce que tant d'autres
gens y font ; en un mot ce
qu'il y a de vray , c'eſt que les
termes y font ſi joliment
enveloppez , que l'eſprit va
tout droit à ce qu'il veut
dire , auditorem rapit. Pour
moy qui ne fuis point critique
, & qui n'ay point l'art
de l'être , il me ſemble que
l'on a raiſon d'être content
des maſques , des danſes , &
même de quelques chanfons
180 MERCURE
que Cynædor & Choreda
chantent à merveille.
Il y a un ſigrand nombre
d'honneſtes gens dans lesPro.
vinces qui m'ont recomman
dé de leur faire part des morceaux
de Theatre qu'on approuve
davantage dans lesPieces
nouvelles qui ſe reprefentent
icy,quejecroi ne pouvoir
mieux m'y prendre pour les
contenter , que de placer dans
le Chapitre que je fais exprés
pour eux , toutes les chanſons
de cette Comedie : Ceux qui
en voudront la Muſiquen'auront
qu'à me la demander ,
1
GALANT. 181
T
j'auray ſoin de la leur envoïer,
Je me flatte qu'on ne me reprochera
point d'avoir employé
cet Article pour groffir
mon Livre, puiſque je l'ay
augmenté de 80. pages , &
que j'en ay de beaucoup diminué
le caractere..
,&de Litterature , jeme
* ſouviens qu'on m'a averti que
je devois être exact à annoncer
les Livres nouveaux : il en
tombe heureuſement un ſous
ma main.
M. Dancourt vient de
donner une petite Comedie
nouvelle qui a pour titre ,
Les Festes du Cours : on ne
laiſſe pas d'y rire ; mais le Parterre
indulgent à ſon ordinaire
avoue qu'il ny, comprend
rien , & c'eſt aſſeurement
178 MERCURE
grand dommage , car il y a
dans cette Piece un certain
Cyncædor qui eſt le genie du
Bal , qui ſe tourmente comme
un Diable , depuis le commencement
de la Comedie
juſqu'à la fin , pour venir à
bout de demeler une chaine
d'inconvenients , où l'on a la
rage de ne vouloir rien comprendre.
Le langage en eft
tres françois ; il eſt même
orné de Sentences magnifiques
ſur l'efprit , ſur le coeur
&fur les moeurs : & on ſoûtient
que l'Auteur a fort bien
fait de ſe dedommager de
GALANT. 179
l'obſcurité de l'intrigue , par
la clarté de certains endroits
de ſes Chanſons : Un Avocat
s'yfait cocu luy même , & l'on
ne ſçait ce que tant d'autres
gens y font ; en un mot ce
qu'il y a de vray , c'eſt que les
termes y font ſi joliment
enveloppez , que l'eſprit va
tout droit à ce qu'il veut
dire , auditorem rapit. Pour
moy qui ne fuis point critique
, & qui n'ay point l'art
de l'être , il me ſemble que
l'on a raiſon d'être content
des maſques , des danſes , &
même de quelques chanfons
180 MERCURE
que Cynædor & Choreda
chantent à merveille.
Il y a un ſigrand nombre
d'honneſtes gens dans lesPro.
vinces qui m'ont recomman
dé de leur faire part des morceaux
de Theatre qu'on approuve
davantage dans lesPieces
nouvelles qui ſe reprefentent
icy,quejecroi ne pouvoir
mieux m'y prendre pour les
contenter , que de placer dans
le Chapitre que je fais exprés
pour eux , toutes les chanſons
de cette Comedie : Ceux qui
en voudront la Muſiquen'auront
qu'à me la demander ,
1
GALANT. 181
T
j'auray ſoin de la leur envoïer,
Je me flatte qu'on ne me reprochera
point d'avoir employé
cet Article pour groffir
mon Livre, puiſque je l'ay
augmenté de 80. pages , &
que j'en ay de beaucoup diminué
le caractere..
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Résumé : Remarque d'hazard sur la petite Comedie des Festes du Cours que M. Dancourt vient de mettre au Theatre. [titre d'après la table]
Le texte traite de la pièce de théâtre 'Les Festes du Cours' de M. Dancourt. Bien que divertissante, cette comédie est jugée incompréhensible par le public du parterre. Le personnage principal, Cyncædor, représente le génie du bal et s'efforce de résoudre divers problèmes tout au long de la pièce. Le langage employé est enrichi de réflexions sur l'esprit, le cœur et les mœurs. L'auteur pallie l'obscurité de l'intrigue par la clarté de certaines chansons. Un avocat se fait cocu lui-même, ajoutant à la confusion générale. Les termes sont habilement choisis pour captiver l'auditoire. L'auteur, non critique professionnel, apprécie les masques, les danses et les chansons interprétées par Cyncædor et Choreda. En réponse à des demandes provenant des provinces, il décide de publier les chansons de la comédie dans un chapitre dédié, offrant également la musique à ceux qui la demanderaient. Il assure que cet ajout n'alourdit pas le livre, ayant augmenté sa longueur de 80 pages et réduit la taille du caractère.
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5179
p. 171-176
BALLADE DE MADAME DES HOULIERES.
Début :
A cette Ballade irréguliere, j'en ajoûte une autre, / A Caution tous Amans sont sujets, [...]
Mots clefs :
Amants, Aimer, Jadis, Beautés, Siècle d'Amadis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BALLADE DE MADAME DES HOULIERES.
A cette Ballade irréguliere, j'en ajoûte une autre,
dans laquelle on a obſervé
toutes les régles. Quand je
voudrois vous cacher qu'elle
Pij
172 MERCURE
eft de l'illuftre Madame des
Houlieres, la fineſſe des penfées, & le tour des Vers, vous
feroient connoiftre que nous
luy devons cette agreable
& fpirituelle galanterie. Tout
ce qu'elle fait porte un caraAtere fingulier, qui la rend
inimitable.
BALLADE
DE MADAME
DES HOULIERES.
A
Caution tous Amansfontfujets,
Cette maxime en ma tefte eft écrite.
GALANT. 173
1
Pointn'ay defoypour leurs tourmens
fecrets,
· Point aupres d'eux n'ay beſoin d'Eau
benite.
Dans caurhumainprobitéplus n'abite;
Tropbien encor a-t- on les mefmes
dits
Qu'avantqu'Aftuce au mondefust
venuës
Maispour d'effets, la mode en eft
perduë,
On n'aime plus comme on aimoit jadis.
S&
Riches Atours , Tables , nombreux
Valets,
Font aujourd'huy les trois quarts
du mérite.
Sides Amansfoumis, conftans, difcrets,
r
Pij
174 MERCURE
Il eft encor, laTroupe en eftpetites
Amour d'un mois eft amour décrépite;
Amans groffiersfont les plus applaudiss
Soupirs &pleurs feroientpaſſerpour
Gruë,
Faveur eft dite auffitoft qu'obtenuë,
On n'aime plus comme on ai
moit jadis.
Sa
Jeunes Beautez en vain tendent
filets;
Les Jouvenceaux , cette engeance
maudite;
Font bande àpart ; pres des plus
doux objets,
D'eftre indolent chacunfe félicite.
Nut en amourne daigne eftre bypas
crites
GALANT. 175
Oufiparfois unde ces Etourdis
A quelquefoin s'abaiffe & s'ha
bituë,
Don de mercy, feul, il n'a pas en
veuë,
On n'aime plus comme on aimoit jadis.
Se
Tousjeunes cœursfe trouvent ainfi
faits,
Telle denrée aux Folles fe debite.
Cœurs de Barbous font unpeu moins
coquets;
Quand ilfutvieux, le Diablefut
Hermites
Mais rien chez eux à tendresse n'inwitei
Parmaints Hyvers, defirs font refroidiss
Par mauxfréquens, humeur devient
bouruë.
Piiij
176 MERCURE
Quand unefois on a teftc chenuë,
On n'aime plus comme on ai
moit jadis.
EN VOY.
Filsde Vénus, fonge à tes intérefts
Le voy changer l'Encens en Camonflets,
Tout eft perdu,fi ce train continüe;
Ramene- nous le Siecle d'Amadis;
Il eft honteux qu'en Cour d'attraits
pourvene,
Oùpoliteſſe au comble eſt parvenüe,
On n'aime plus comme on aimoit jadis.
dans laquelle on a obſervé
toutes les régles. Quand je
voudrois vous cacher qu'elle
Pij
172 MERCURE
eft de l'illuftre Madame des
Houlieres, la fineſſe des penfées, & le tour des Vers, vous
feroient connoiftre que nous
luy devons cette agreable
& fpirituelle galanterie. Tout
ce qu'elle fait porte un caraAtere fingulier, qui la rend
inimitable.
BALLADE
DE MADAME
DES HOULIERES.
A
Caution tous Amansfontfujets,
Cette maxime en ma tefte eft écrite.
GALANT. 173
1
Pointn'ay defoypour leurs tourmens
fecrets,
· Point aupres d'eux n'ay beſoin d'Eau
benite.
Dans caurhumainprobitéplus n'abite;
Tropbien encor a-t- on les mefmes
dits
Qu'avantqu'Aftuce au mondefust
venuës
Maispour d'effets, la mode en eft
perduë,
On n'aime plus comme on aimoit jadis.
S&
Riches Atours , Tables , nombreux
Valets,
Font aujourd'huy les trois quarts
du mérite.
Sides Amansfoumis, conftans, difcrets,
r
Pij
174 MERCURE
Il eft encor, laTroupe en eftpetites
Amour d'un mois eft amour décrépite;
Amans groffiersfont les plus applaudiss
Soupirs &pleurs feroientpaſſerpour
Gruë,
Faveur eft dite auffitoft qu'obtenuë,
On n'aime plus comme on ai
moit jadis.
Sa
Jeunes Beautez en vain tendent
filets;
Les Jouvenceaux , cette engeance
maudite;
Font bande àpart ; pres des plus
doux objets,
D'eftre indolent chacunfe félicite.
Nut en amourne daigne eftre bypas
crites
GALANT. 175
Oufiparfois unde ces Etourdis
A quelquefoin s'abaiffe & s'ha
bituë,
Don de mercy, feul, il n'a pas en
veuë,
On n'aime plus comme on aimoit jadis.
Se
Tousjeunes cœursfe trouvent ainfi
faits,
Telle denrée aux Folles fe debite.
Cœurs de Barbous font unpeu moins
coquets;
Quand ilfutvieux, le Diablefut
Hermites
Mais rien chez eux à tendresse n'inwitei
Parmaints Hyvers, defirs font refroidiss
Par mauxfréquens, humeur devient
bouruë.
Piiij
176 MERCURE
Quand unefois on a teftc chenuë,
On n'aime plus comme on ai
moit jadis.
EN VOY.
Filsde Vénus, fonge à tes intérefts
Le voy changer l'Encens en Camonflets,
Tout eft perdu,fi ce train continüe;
Ramene- nous le Siecle d'Amadis;
Il eft honteux qu'en Cour d'attraits
pourvene,
Oùpoliteſſe au comble eſt parvenüe,
On n'aime plus comme on aimoit jadis.
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Résumé : BALLADE DE MADAME DES HOULIERES.
Madame des Houlières compose une ballade régulière, célèbre pour la finesse de ses pensées et la qualité de ses vers. Elle y explore l'évolution des mœurs amoureuses, déplorant la disparition de l'amour authentique au profit des préoccupations matérielles. Les strophes mettent en lumière comment les richesses, les apparences et les convenances sociales ont supplanté les sentiments sincères. L'auteur critique les amours éphémères et les comportements superficiels, exprimant un regret profond face à cette transformation. La ballade se conclut par un appel à revenir à un amour plus pur et authentique, comparable à celui du siècle d'Amadis.
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5180
p. 813-818
ITALIE.
Début :
Le 25 Février, les Cardinaux, Chefs d'Ordre, eurent le P. Gaspard Lérati, de la Congrégation [...]
Mots clefs :
Cardinal, Cardinaux, République, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 25 Février, les Cardinaux, Chefs d'Ordre ;.
Laurent le 1. Gafpard Lérati , de la Congré
gation
814 MERCURE DE FRANCE
gation des Prêtres de l'Oratoire de S. Philippe
de Néri , pour être Confeffeur du Conclave. Et
le 28 on tira au fort les Cellules du Conclave.
Le 2 de Mars , les mêmes Cardinaux , Chefs
d'Ordres , tinrent la neuviéme Congrégation ,
dans laquelle ils reçurent , au nom du facré Col
lége , les complimens de condoléance des Ambaffadeurs
de la République de Veniſe & de la
Religion de Malte , du Miniftre du Roy de Sardaigne
, & de l'Ambaffadeur de la Ville de Bologne.
Les Mars , après la Meffe , que le Cardinal
Barberin célebra dans l'Eglife de S. Pierre , & le
Sermon de l'Abbé Lanfredini , fur l'Election du
Pape ; le même Cardinal François . Barberin
-Sous- Doyen , Romain , entra dans le Conclave
avec les Cardinaux Pierre Ottoboni , ~)Venitien .
Antoine- Felix Zondodary , Sienois . Pierre -Marcellin
Corradini , de Sezza. Curce Orighi , Romain.
Louis Belluga , Efpagnol . Bernard-Marie
Conti , Romain . Vincent Petra , Napolitain.
Laurent & Jean- Baptifte Altiery, Romains. Les
Cardinaux Profper Marefoſchi , de Macerata . -
Ange - Marie Querini , Venitien . Leandre Porzia.
du Frioul. Pierre-Louis Caraffa , Napolitain . -
Camille Cibo , de Maffa -Carrara . Nicolas -Marie
Lercari , Genois. Vincent Ferreri , Piemontois
, & François Borghefe , Romain . Les Cardinaux
Melchior de Polignac , chargé des affaires
du Roy de France , François . Antoine Banchieri,
de Siftoye. Alexandre Falconieri , Romain.
Charles Colonne, Romain . Annibal & Alexandre
Albani , de Pefaro. François-Antoine Fini , Napolitain
de Minerino. Charles Colligola , de Spolete.
Jofeph- René Imperiali , Genois , Chef des
Prêtres . Vincent-Louis Gotti ; Bolonois. Alamanno
Salviati , Florentin , & Laurent Corfini,
Florentins
AVRIL. 1730. 815
Florentin , y entrerent l'après midi , vers les
quatre heures le Sacré college y reçut les vifites
des Miniftres Etrangers , des Princes Romains &
de la principale Nobleffe.
Le Cardinal de Sainte- Agnez entra au Conclave
le 8. au matin , avec le Cardinal Charles-
Marini , Genois . Le Cardinal Joſeph Accoramboni
, de Spolete , y entra le même jour au foir,
& le Cardinal Fabio Olivieri , de Pefaro le 9. au
matin. Corneille Bentivoglio , Ferrarois , chargé
des affaires du Roy d'Efpagne , le 12. au foir.
Jean-Antoine Davia , Boulonnois. Jules Alberoni
, de Plaifance. Louis Pie de la Mirandole ,
Milanois. Nicolas Del Gindice , Napolitain. Le
17. au foir , Thomas Ruffo , auffi Napolitain ,.
le 30. ainfi que Jacques Buon- Compagnie , Boulonnois.
Le 31. Henri de Thiard de Biffy,François
, & Philippe- Louis Zinzenderf, Allemand.
Le 1. Avril , Sigifmond Collonitz , auffi Alle--
mand. Le Nicolas Cofcia , de Benevent .
Le 13. Mars , le Sacré College reçût une Let--
tre du Cardinal Cofcia , par laquelle il promerde
venir au Conclave auffi - tôt qu'on lui aura
fait rendre fa Bibliotheque , fes Meubles & fa
Vaiffelle d'argent , qu'on a enlevés du Palaisdu
Marquis Abbati , pour les porter au Château
Saint-Ange. Il reprefente en même-temps qu'on
n'a pu proceder contre lui , pendant le Siége
vacant, fans donner atteinte aux Bulles des Papes
Clement V. & S. Pie V. Les Cardinaux Otthoboni
, Zondodari & Colonne lui firent réponfe
au nom du Sacré College , que s'il fe déterminoit
à venir au Conclave on lui feroit rendre
Tout ce qui lui feroit neceffaire pour foûtenir fa
dignité. On a appris depuis que le Cardinal Cof--
cia étoit arrivé à Rome le 28. au foir , dans le
Caroffe du Prince de Caferte . chez lequel il alla
defcendre.
›
On
$ 16 MERCURE DE FRANCE
On a appris auffi que le 26. Mars , les Cardi
naux Barberin, Spinola & Colligola qui étoient
Chef- d'Ordre ce jour- là , reçurent un Mémoire
de la part des habitans de la Ville de Benevent.
Is le communiquerent le même jour au Sacré
Collége , qui nomma M. Bondelmonti, Gouverneur
d'Afcoli , pour Visiteur Apoftoliqué de ce
Diocéfe , à la place du Grand Vicaire que le
Cardinal Cofcia avoit nommé , & que le Chapitre
de Benevent a refufé de reconnoître. Le Cardinal
Cofcia ayant fait des proteftations contre
cette nomination & menacé d'excommunier le
nouveau Vifiteur Apoftolique : le Sacré College
a changé de réfolution pour ne pas compromettre
fon autorité , & il s'eft contenté de faire au
Mémoire des Beneventins , une réponſe par laquelle
ils renvoyent la décifion de cette affaire au
Pape qui fera élu.
On publia à Naples le 7. du mois dernier, une
nouvelle Ordonnance de l'Empereur , par laquelle
S. M. I. exige à titre d'emprunt , une année
entiere du revenu des Fiefs que les Etrangers pof--
fedent dans le Royaume de Naples : le cinquiénte
denier du prix des Terres donnés pár S. M. I.
à titre de récompenfe ; le Cheval monté de tous
les Barons pour chaque Fief, relevant de la Coùronne
, ou 80 Ducats par Fief.
Les maladies de Poitrine , Fluxions & Catha
res, dont on a été attaqué pendant l'Hyver ,dans
prefque toute l'Italie, & qui ont emporté bien du
monde , fe font communiquées à Naples , en
forte qu'il y a eu un tres- grand nombre de malades
, tant dans les Maifons particulieres , que
dans les Communautez ; ce qui comprend la
plus grande partie des habitans . Le Cardinal ,
Archevêque de cette Ville , fit commencer le 13 .
Mars, des Prieres publiques dans l'Eglife Métropolitaine
"
AVRIL. 1730. 817
tropolitaine , pour en demander à Dieu la ceffation.
Vers le 20. du mois dernier , le Mont-Vefuve
commença à jetter une grande quantité de flammes
& de matieres bitumineufes embrafées , qui
couvrirent une Plaine de quatre milles d'éten
duë , du côté de la Terre d'Ottoiano , dont les
Vignes & les Maiſons ont été embraſées ou ren
verfées , & tous les habitans des Bourgs & Vilages
qui font aux environs de cette Montagne ,
' ont été obligez d'abandonner leurs demeures &
de fe retirer beaucoup plus loin . ..
On mande auffi de Naples que les Fiévres
malignes ont fuccedé aux maladies de poitrine ,
& que beaucoup de gens en meurent.
On mande de Genes , que le nombre des Mécontens
de l'Ile de Corfe avoit augménté jufqu'à
22000 hommes , prefque tous armez , & la
plupart Bandits & Montagnards ; qu'ils avoient
pillé & brûlé tous les environs de Baftia , qu'ils
avoient tenté de furprendre cette Place , de devant
laquelle ils ne s'étoient retirez que parce
que l'Evêque d'Aléria avoit promis d'écrire à
Génes en leur faveur , & de faire tous fes efforts
pour obtenir de la République une diminution
des Impofitions qu'on léve fur eux.
On a appris enfuite que les Corfes s'étoient
retirez de Baftia , après l'avoir pillé , que l'Evêque
d'Aléria leur avoit fait promettre de rentrer
dans leur devoir , auffi -tôt que la République de
Genes auroit diminué les Impofitions & le prix
du Sel ; que M. Venerofo ; chargé des pouvoirs
de la Républiqué , les avoit affurez qu'on les fatisferoit
aufli -tôt qu'ils fe feroient retirez chez
eux ; & qu'on efperois que la tranquillité feroit
bien-tôt rétablie dans cette Ifle. Et les Lettres de
Genes portent que le Podeſtard de la Nation
Corfe
818 MERCURE DE FRANCE
Corfe avoit eu le 31. du mois dernier une audience
publique du Grand Confeil , auquel il fit
un long Difcours pour défavoüer la Rebellion
des Bandits de l'Ile de Corfe , qui ont pillé la
Ville de Baftia. Il affura la République de la fidelité
des habitans de cette Ile ; la priant de ne
les pas confondre avec les Montagnars.
On mande de Venife que M.Louis Mocenigo
en partit au commencement du mois dernier
pour la Cour de France , où il va relever le
Chevalier J. B. Canale , Ambaffadeur de cette
République
E 25 Février, les Cardinaux, Chefs d'Ordre ;.
Laurent le 1. Gafpard Lérati , de la Congré
gation
814 MERCURE DE FRANCE
gation des Prêtres de l'Oratoire de S. Philippe
de Néri , pour être Confeffeur du Conclave. Et
le 28 on tira au fort les Cellules du Conclave.
Le 2 de Mars , les mêmes Cardinaux , Chefs
d'Ordres , tinrent la neuviéme Congrégation ,
dans laquelle ils reçurent , au nom du facré Col
lége , les complimens de condoléance des Ambaffadeurs
de la République de Veniſe & de la
Religion de Malte , du Miniftre du Roy de Sardaigne
, & de l'Ambaffadeur de la Ville de Bologne.
Les Mars , après la Meffe , que le Cardinal
Barberin célebra dans l'Eglife de S. Pierre , & le
Sermon de l'Abbé Lanfredini , fur l'Election du
Pape ; le même Cardinal François . Barberin
-Sous- Doyen , Romain , entra dans le Conclave
avec les Cardinaux Pierre Ottoboni , ~)Venitien .
Antoine- Felix Zondodary , Sienois . Pierre -Marcellin
Corradini , de Sezza. Curce Orighi , Romain.
Louis Belluga , Efpagnol . Bernard-Marie
Conti , Romain . Vincent Petra , Napolitain.
Laurent & Jean- Baptifte Altiery, Romains. Les
Cardinaux Profper Marefoſchi , de Macerata . -
Ange - Marie Querini , Venitien . Leandre Porzia.
du Frioul. Pierre-Louis Caraffa , Napolitain . -
Camille Cibo , de Maffa -Carrara . Nicolas -Marie
Lercari , Genois. Vincent Ferreri , Piemontois
, & François Borghefe , Romain . Les Cardinaux
Melchior de Polignac , chargé des affaires
du Roy de France , François . Antoine Banchieri,
de Siftoye. Alexandre Falconieri , Romain.
Charles Colonne, Romain . Annibal & Alexandre
Albani , de Pefaro. François-Antoine Fini , Napolitain
de Minerino. Charles Colligola , de Spolete.
Jofeph- René Imperiali , Genois , Chef des
Prêtres . Vincent-Louis Gotti ; Bolonois. Alamanno
Salviati , Florentin , & Laurent Corfini,
Florentins
AVRIL. 1730. 815
Florentin , y entrerent l'après midi , vers les
quatre heures le Sacré college y reçut les vifites
des Miniftres Etrangers , des Princes Romains &
de la principale Nobleffe.
Le Cardinal de Sainte- Agnez entra au Conclave
le 8. au matin , avec le Cardinal Charles-
Marini , Genois . Le Cardinal Joſeph Accoramboni
, de Spolete , y entra le même jour au foir,
& le Cardinal Fabio Olivieri , de Pefaro le 9. au
matin. Corneille Bentivoglio , Ferrarois , chargé
des affaires du Roy d'Efpagne , le 12. au foir.
Jean-Antoine Davia , Boulonnois. Jules Alberoni
, de Plaifance. Louis Pie de la Mirandole ,
Milanois. Nicolas Del Gindice , Napolitain. Le
17. au foir , Thomas Ruffo , auffi Napolitain ,.
le 30. ainfi que Jacques Buon- Compagnie , Boulonnois.
Le 31. Henri de Thiard de Biffy,François
, & Philippe- Louis Zinzenderf, Allemand.
Le 1. Avril , Sigifmond Collonitz , auffi Alle--
mand. Le Nicolas Cofcia , de Benevent .
Le 13. Mars , le Sacré College reçût une Let--
tre du Cardinal Cofcia , par laquelle il promerde
venir au Conclave auffi - tôt qu'on lui aura
fait rendre fa Bibliotheque , fes Meubles & fa
Vaiffelle d'argent , qu'on a enlevés du Palaisdu
Marquis Abbati , pour les porter au Château
Saint-Ange. Il reprefente en même-temps qu'on
n'a pu proceder contre lui , pendant le Siége
vacant, fans donner atteinte aux Bulles des Papes
Clement V. & S. Pie V. Les Cardinaux Otthoboni
, Zondodari & Colonne lui firent réponfe
au nom du Sacré College , que s'il fe déterminoit
à venir au Conclave on lui feroit rendre
Tout ce qui lui feroit neceffaire pour foûtenir fa
dignité. On a appris depuis que le Cardinal Cof--
cia étoit arrivé à Rome le 28. au foir , dans le
Caroffe du Prince de Caferte . chez lequel il alla
defcendre.
›
On
$ 16 MERCURE DE FRANCE
On a appris auffi que le 26. Mars , les Cardi
naux Barberin, Spinola & Colligola qui étoient
Chef- d'Ordre ce jour- là , reçurent un Mémoire
de la part des habitans de la Ville de Benevent.
Is le communiquerent le même jour au Sacré
Collége , qui nomma M. Bondelmonti, Gouverneur
d'Afcoli , pour Visiteur Apoftoliqué de ce
Diocéfe , à la place du Grand Vicaire que le
Cardinal Cofcia avoit nommé , & que le Chapitre
de Benevent a refufé de reconnoître. Le Cardinal
Cofcia ayant fait des proteftations contre
cette nomination & menacé d'excommunier le
nouveau Vifiteur Apoftolique : le Sacré College
a changé de réfolution pour ne pas compromettre
fon autorité , & il s'eft contenté de faire au
Mémoire des Beneventins , une réponſe par laquelle
ils renvoyent la décifion de cette affaire au
Pape qui fera élu.
On publia à Naples le 7. du mois dernier, une
nouvelle Ordonnance de l'Empereur , par laquelle
S. M. I. exige à titre d'emprunt , une année
entiere du revenu des Fiefs que les Etrangers pof--
fedent dans le Royaume de Naples : le cinquiénte
denier du prix des Terres donnés pár S. M. I.
à titre de récompenfe ; le Cheval monté de tous
les Barons pour chaque Fief, relevant de la Coùronne
, ou 80 Ducats par Fief.
Les maladies de Poitrine , Fluxions & Catha
res, dont on a été attaqué pendant l'Hyver ,dans
prefque toute l'Italie, & qui ont emporté bien du
monde , fe font communiquées à Naples , en
forte qu'il y a eu un tres- grand nombre de malades
, tant dans les Maifons particulieres , que
dans les Communautez ; ce qui comprend la
plus grande partie des habitans . Le Cardinal ,
Archevêque de cette Ville , fit commencer le 13 .
Mars, des Prieres publiques dans l'Eglife Métropolitaine
"
AVRIL. 1730. 817
tropolitaine , pour en demander à Dieu la ceffation.
Vers le 20. du mois dernier , le Mont-Vefuve
commença à jetter une grande quantité de flammes
& de matieres bitumineufes embrafées , qui
couvrirent une Plaine de quatre milles d'éten
duë , du côté de la Terre d'Ottoiano , dont les
Vignes & les Maiſons ont été embraſées ou ren
verfées , & tous les habitans des Bourgs & Vilages
qui font aux environs de cette Montagne ,
' ont été obligez d'abandonner leurs demeures &
de fe retirer beaucoup plus loin . ..
On mande auffi de Naples que les Fiévres
malignes ont fuccedé aux maladies de poitrine ,
& que beaucoup de gens en meurent.
On mande de Genes , que le nombre des Mécontens
de l'Ile de Corfe avoit augménté jufqu'à
22000 hommes , prefque tous armez , & la
plupart Bandits & Montagnards ; qu'ils avoient
pillé & brûlé tous les environs de Baftia , qu'ils
avoient tenté de furprendre cette Place , de devant
laquelle ils ne s'étoient retirez que parce
que l'Evêque d'Aléria avoit promis d'écrire à
Génes en leur faveur , & de faire tous fes efforts
pour obtenir de la République une diminution
des Impofitions qu'on léve fur eux.
On a appris enfuite que les Corfes s'étoient
retirez de Baftia , après l'avoir pillé , que l'Evêque
d'Aléria leur avoit fait promettre de rentrer
dans leur devoir , auffi -tôt que la République de
Genes auroit diminué les Impofitions & le prix
du Sel ; que M. Venerofo ; chargé des pouvoirs
de la Républiqué , les avoit affurez qu'on les fatisferoit
aufli -tôt qu'ils fe feroient retirez chez
eux ; & qu'on efperois que la tranquillité feroit
bien-tôt rétablie dans cette Ifle. Et les Lettres de
Genes portent que le Podeſtard de la Nation
Corfe
818 MERCURE DE FRANCE
Corfe avoit eu le 31. du mois dernier une audience
publique du Grand Confeil , auquel il fit
un long Difcours pour défavoüer la Rebellion
des Bandits de l'Ile de Corfe , qui ont pillé la
Ville de Baftia. Il affura la République de la fidelité
des habitans de cette Ile ; la priant de ne
les pas confondre avec les Montagnars.
On mande de Venife que M.Louis Mocenigo
en partit au commencement du mois dernier
pour la Cour de France , où il va relever le
Chevalier J. B. Canale , Ambaffadeur de cette
République
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Résumé : ITALIE.
En février 1730, les cardinaux chefs d'ordre, dont Laurent Lérati de la Congrégation des Prêtres de l'Oratoire de Saint Philippe Néri, furent désignés comme confesseurs du conclave. Le 28 février, les cellules du conclave furent tirées au sort. Le 3 mars, après la messe célébrée par le cardinal Barberini et le sermon de l'abbé Lanfredini sur l'élection du pape, plusieurs cardinaux, dont François Barberini, Pierre Ottoboni, Antoine-Félix Zondodari et Pierre-Marcellin Corradini, entrèrent dans le conclave. Le 13 mars, le cardinal Coscia demanda la restitution de sa bibliothèque, de ses meubles et de sa vaisselle d'argent, enlevés du palais du marquis Abbati. Le Sacré Collège lui répondit qu'il lui rendrait tout ce qui lui était nécessaire pour maintenir sa dignité. Le 26 mars, les cardinaux Barberini, Spinola et Colligola reçurent un mémoire des habitants de la ville de Benevent, qui fut communiqué au Sacré Collège. Ce dernier nomma M. Bondelmonti comme visiteur apostolique du diocèse de Benevent, à la place du grand vicaire nommé par le cardinal Coscia. Le cardinal Coscia protesta contre cette nomination et menaça d'excommunier le nouveau visiteur apostolique. Le Sacré Collège décida de renvoyer la décision de cette affaire au pape élu. À Naples, une ordonnance de l'empereur exigea une année entière du revenu des fiefs possédés par des étrangers, le cinquantième denier du prix des terres données par l'empereur, et un cheval monté ou 80 ducats par fief relevant de la couronne. Des maladies de poitrine, fluxions et catarrhes sévirent en Italie, entraînant un grand nombre de malades et de décès. Le cardinal archevêque de Naples fit commencer des prières publiques pour demander la cessation de ces maladies. Vers le 20 mars, le mont Vésuve entra en éruption, jetant des flammes et des matières bitumineuses qui embrasèrent et renversèrent des vignes et des maisons. Les habitants des environs durent abandonner leurs demeures. À Gênes, le nombre de mécontents sur l'île de Corse augmenta, atteignant 22 000 hommes, principalement des bandits et des montagnards. Ils pillèrent et brûlèrent les environs de Bastia avant de se retirer après une promesse de l'évêque d'Aléria d'intercéder en leur faveur auprès de la République de Gênes. À Venise, Louis Mocenigo partit pour la cour de France afin de relever le chevalier J. B. Canale en tant qu'ambassadeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5181
p. 165-171
PROMOTION de Chevalier des Ordres du Roy.
Début :
Le 2. Fevrier 1724. Fête de la Purification de la Vierge, les Chevaliers [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Chevalier des Ordres du Roy.
PROMOTION de Chevalier des Ordres
du Roy:
LE 2. Fevrier 1724. Fête de la Puri
fication de la. Vierge /les Chevaliers
& Commandeurs dé l'Ordre du S. Es
prit , s'étant rendus dans le Cabinet du
Roy , à Veríailles , pour l'accompagner
à laMeíïè, S. M. leur déclara qu'elle
avoít resolu de tenir Chapitre , & de
nommer des Chevaliers & Comman
deurs de l'Ordre du S. Esprit. Le Roy
fît lire le rôle des personnes qu'il vouloit
honorer de cet Ordre, le signa & le
remit au Marquis de Brete'dil , Comman
deur, Prevost & Maître des Ceremonies
de l'Ordre, qui sortit du Cabinet pour
taire proclamer par le Herault de l'Or
dre , avec les ceremonies accoutumées >
Je Rôle que S. M. verioit de signer ,
H iij con-
-
\66 MERCURE DÉ FRANCE.
contenant 57. Chevaliers ou Comman
deurs , sçavoir , .
Le Comte de Clermont , Prince dit
Sang. Louis de Bourbon Condé.
Le Cardinal Gualterio.
Le Cardinal de BÌíTy , Henri Pons de
Thiard , Evêque de M eaux , &c-
Le Cardinal de Gesvres , Leon Potier
Archevêque de Bourges.
L'Archevêque d'Aix, Charles.Gaspard-
Guillaume de Vintimille du hue.
- L'Archevêque de Narbonne , René'
François de Beauveau du Rivau.
L'Archevêque de Lyon, Franfois-
F'aul de N:uville Villeroi.-
. Le Prince Charles de Lorraine, Com
te d'Armagnac , Grand Ecuyer de
France-
. Le Prince de Pons , N. de Lorraine *
Çomte de Marsan.
; Le Duc d'U :ès , Jean.Cbarles de Cr.'f.
sole y Pair de France , Gouverneur de Saintonge
& Angoumois. -
Le Duc de Sully , Maximilìen.Htnri
de Bethune , Pair de France.
Le Duc de Villars, Loïtis. Antoine de
Brancas t Pair de Frnn e. ,
j Le Duc de la Rochefoucauh , Pranfo<<
, Pair de France, Grand. Maître de
la Garderobe du Roy.
Le Prince de Monaco* Jacques. Fratt
'JANVIER 1714^ i<?y
fois.Leonor Grimaldi , Duc de Valenti-
4tois , Pair de France.
Le Duc de Luxembourg $ Charles*-
Tranfois.Frederic de Aíontmorenci , Pait
4e France Gouverneur de Normandie.
Le Duc de Villeroi , Nicolas de Neu
ville Pair de France , Capitaine des-
.Gardes' du Corps du Roi.
Le Duc de Mortemar , Louis de Kú.
thechouart j Pair de France , Premier
Gentilhomme de la Chambre-
Le Duc dè S. Aignun ,. Paul. Hyppolite
de Beauvilliers , Pair de France ,
Gouverneur du Havre de Grace.
Le Duc de Treímeí, Franfois.Bernard
Potier , Pair de France, Premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy ,
Gouverneur de Paris.
. Le Duc de Noailles, Adrien.Maurice,
Pair de France , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps , Gou
verneur de Rouffillon.
Le Duc de Charost , Armand de 2?íthune,
Pair de France , Capitaine des Gar
des du Corps.
Le Maréchal , Duc de Bervick , Henri
JfttK.. James , Pair de France , Gouverneur
«Je Limousin. . .
Le Duc d'Antin , Louis-Antoine de
Pardaillan de Gondrin , Pair de France ,
Gouverneur d'Oxleanoij , Surintendant
àss Bâtimeas* H iiij L«
rfS MERCURE DE FRANGÉ:
Le Duc de Chaulnes , Loùis.Augujìe-
Albert d*Ailli , Pair de France, Capi
taine.Lieutenant des Chevaux- Legers de
la Garde.
Le Duc d'Hostun. Talkrd , Marie»
Joseph , Pair de France.
. Le Maréchal de Matignon , Charles-
Auguste Goyon , Gouverneur du Pays
d'AuniSyde la Rochelle , &c.
Le Maréchal de Bezons , Jacques Ba>*
fin , Gouverneur de Cambrai , & du
Cambresis.
Le Maréchal de Monteíquiou d'Artatgnan
, Pierre , Gouverneur des Villes 8c
Citadelle d'Arras.
Le Marquis de Souvré , 'Loki'í.Nìcolas
le Tellier, Maître de la Garderobe dit
Roy.
Le Marquis de Livry , Loïiïs Sanguin
Premier Maître.d'Hôtel de S. M.
Le Comte de Gassé , Gouverneur 'dil
Pays d'AuniS, fils du Maréchal de Ma
tignon.
Le Marquis de Fervaques , . Anne-
Claude de Bultion , Gouverneur du Pays
du Maine, Perche, &c.
Le Comte du Luc , François Charles
des Comtes de Fintimille , & de Mar[eilley
Conseiller d'Etat d'Epée , cy-devant
Ambalïàdeur à Vienne.
Le Marquis de Prié cy.devant Am
bassadeur à Turin. Le
JANVIER 1724. i69
Le Marquis de Nefle, Louis de
Mailli.
Le Comte d'Hautesort, Lieutenant
General.
Le Comte d'Artagnan , Josèph de
MomefquioH , Lieutenant General, Se
Capitaine - Lieutenant de la premiere
Compagnie des Mousquetaires.
Le Comte d'Ellaing , Lieutenant Ge
neral.
Le Marquis de Laflay , N. de Madaillan
de Lejparre , Lieutenant General
de la Province de Bourgogne.
Le Comte d' Aube terré , Bouchard--
d'Esparvez. de Lujsan , Lieutenant Ge
neral.
Le Vicomte de Beaune , N. de Montai%
u, Marquis de Bouz.oles , Lieutenant
General des Armées du Roy, 5c de la'
Province d'Auvergne.
Le Marquis de Coigny, Lieutenant
General , & Colonel General des Dra-'
gons.
Le Comte de Caniílac , Jean de Mont~
htùjfìc , Lieutenant General, & Capi
taine Lieutenant de la seconde Compa
gnie des Mousquetaires.
Le Marquis de Brancas, Louis , Con
seiller d'Etat d'Epée , Lieutenant Gene
ral des Années du Roy, ôc de la Pro
vence. \
Ht Le
r;o MERCURE DE FRANCE.
Le Marquis de SiJly , N. Vifart
Conseiller d'Etat d'Epée , Se Lieutenant
General.
Le Marquis de Fimárcòn ;, N~. de Cas.'
sagnetté- Narbonne. Lamagne. Tilladet
Lieutenant General des Armées du Roy,.
Se du Rouffiilon.
le Marquis de Senneterre , Lieutenant
General , & cy.devant Ambaslàdeur en
Angleterre. í
Le Comte de Beau veau de Ri vau, Lieu*
tenant General.
Le Prince d'Izenghien , Louis dt'
Can d Aii.ro d. Montmorency , Lieutenant
General.
Le Comte de la Maíck ^ Lieutenant.
General. '.
Le Marquis de Verae , N. de Sains
George , Lieutenant General des Armées.'
du Royv & de la Province de Poitou.
. Le Marquis de Coetlogon, Vice. Ami .
Xìï de France. . . 4 .
Le Marquis de Maillebois , Jean . Baf.
tifie'.Fratof is des Murets v Maître de la
Garderobe du Roy , Se Lieutenant Ge
neral dè Languedoc.
Le Vicomte de Tavannes, AT. de
San!» y Lieutçnant General de la Pro
vince de Bourgogne-
. L? M .*.qují} de Clermont » Commis-
£ike General de là Cavalerie.
y . . Le
JANVIER 1724. 171
Le Marquis de Simiane, François. An.
foine, Premier Gentilhomme de la Cham
bre de feu Monsieur le 'Duc d'Orleans.
Le Marquis de Castries , N. de la
Croix , Chevalier d'Honneur de Madame
Ja Duchesse d'Orleans.
Le Marquis de Clermont , Premier
Ecuyer du Duc d'Orleans.
du Roy:
LE 2. Fevrier 1724. Fête de la Puri
fication de la. Vierge /les Chevaliers
& Commandeurs dé l'Ordre du S. Es
prit , s'étant rendus dans le Cabinet du
Roy , à Veríailles , pour l'accompagner
à laMeíïè, S. M. leur déclara qu'elle
avoít resolu de tenir Chapitre , & de
nommer des Chevaliers & Comman
deurs de l'Ordre du S. Esprit. Le Roy
fît lire le rôle des personnes qu'il vouloit
honorer de cet Ordre, le signa & le
remit au Marquis de Brete'dil , Comman
deur, Prevost & Maître des Ceremonies
de l'Ordre, qui sortit du Cabinet pour
taire proclamer par le Herault de l'Or
dre , avec les ceremonies accoutumées >
Je Rôle que S. M. verioit de signer ,
H iij con-
-
\66 MERCURE DÉ FRANCE.
contenant 57. Chevaliers ou Comman
deurs , sçavoir , .
Le Comte de Clermont , Prince dit
Sang. Louis de Bourbon Condé.
Le Cardinal Gualterio.
Le Cardinal de BÌíTy , Henri Pons de
Thiard , Evêque de M eaux , &c-
Le Cardinal de Gesvres , Leon Potier
Archevêque de Bourges.
L'Archevêque d'Aix, Charles.Gaspard-
Guillaume de Vintimille du hue.
- L'Archevêque de Narbonne , René'
François de Beauveau du Rivau.
L'Archevêque de Lyon, Franfois-
F'aul de N:uville Villeroi.-
. Le Prince Charles de Lorraine, Com
te d'Armagnac , Grand Ecuyer de
France-
. Le Prince de Pons , N. de Lorraine *
Çomte de Marsan.
; Le Duc d'U :ès , Jean.Cbarles de Cr.'f.
sole y Pair de France , Gouverneur de Saintonge
& Angoumois. -
Le Duc de Sully , Maximilìen.Htnri
de Bethune , Pair de France.
Le Duc de Villars, Loïtis. Antoine de
Brancas t Pair de Frnn e. ,
j Le Duc de la Rochefoucauh , Pranfo<<
, Pair de France, Grand. Maître de
la Garderobe du Roy.
Le Prince de Monaco* Jacques. Fratt
'JANVIER 1714^ i<?y
fois.Leonor Grimaldi , Duc de Valenti-
4tois , Pair de France.
Le Duc de Luxembourg $ Charles*-
Tranfois.Frederic de Aíontmorenci , Pait
4e France Gouverneur de Normandie.
Le Duc de Villeroi , Nicolas de Neu
ville Pair de France , Capitaine des-
.Gardes' du Corps du Roi.
Le Duc de Mortemar , Louis de Kú.
thechouart j Pair de France , Premier
Gentilhomme de la Chambre-
Le Duc dè S. Aignun ,. Paul. Hyppolite
de Beauvilliers , Pair de France ,
Gouverneur du Havre de Grace.
Le Duc de Treímeí, Franfois.Bernard
Potier , Pair de France, Premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy ,
Gouverneur de Paris.
. Le Duc de Noailles, Adrien.Maurice,
Pair de France , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps , Gou
verneur de Rouffillon.
Le Duc de Charost , Armand de 2?íthune,
Pair de France , Capitaine des Gar
des du Corps.
Le Maréchal , Duc de Bervick , Henri
JfttK.. James , Pair de France , Gouverneur
«Je Limousin. . .
Le Duc d'Antin , Louis-Antoine de
Pardaillan de Gondrin , Pair de France ,
Gouverneur d'Oxleanoij , Surintendant
àss Bâtimeas* H iiij L«
rfS MERCURE DE FRANGÉ:
Le Duc de Chaulnes , Loùis.Augujìe-
Albert d*Ailli , Pair de France, Capi
taine.Lieutenant des Chevaux- Legers de
la Garde.
Le Duc d'Hostun. Talkrd , Marie»
Joseph , Pair de France.
. Le Maréchal de Matignon , Charles-
Auguste Goyon , Gouverneur du Pays
d'AuniSyde la Rochelle , &c.
Le Maréchal de Bezons , Jacques Ba>*
fin , Gouverneur de Cambrai , & du
Cambresis.
Le Maréchal de Monteíquiou d'Artatgnan
, Pierre , Gouverneur des Villes 8c
Citadelle d'Arras.
Le Marquis de Souvré , 'Loki'í.Nìcolas
le Tellier, Maître de la Garderobe dit
Roy.
Le Marquis de Livry , Loïiïs Sanguin
Premier Maître.d'Hôtel de S. M.
Le Comte de Gassé , Gouverneur 'dil
Pays d'AuniS, fils du Maréchal de Ma
tignon.
Le Marquis de Fervaques , . Anne-
Claude de Bultion , Gouverneur du Pays
du Maine, Perche, &c.
Le Comte du Luc , François Charles
des Comtes de Fintimille , & de Mar[eilley
Conseiller d'Etat d'Epée , cy-devant
Ambalïàdeur à Vienne.
Le Marquis de Prié cy.devant Am
bassadeur à Turin. Le
JANVIER 1724. i69
Le Marquis de Nefle, Louis de
Mailli.
Le Comte d'Hautesort, Lieutenant
General.
Le Comte d'Artagnan , Josèph de
MomefquioH , Lieutenant General, Se
Capitaine - Lieutenant de la premiere
Compagnie des Mousquetaires.
Le Comte d'Ellaing , Lieutenant Ge
neral.
Le Marquis de Laflay , N. de Madaillan
de Lejparre , Lieutenant General
de la Province de Bourgogne.
Le Comte d' Aube terré , Bouchard--
d'Esparvez. de Lujsan , Lieutenant Ge
neral.
Le Vicomte de Beaune , N. de Montai%
u, Marquis de Bouz.oles , Lieutenant
General des Armées du Roy, 5c de la'
Province d'Auvergne.
Le Marquis de Coigny, Lieutenant
General , & Colonel General des Dra-'
gons.
Le Comte de Caniílac , Jean de Mont~
htùjfìc , Lieutenant General, & Capi
taine Lieutenant de la seconde Compa
gnie des Mousquetaires.
Le Marquis de Brancas, Louis , Con
seiller d'Etat d'Epée , Lieutenant Gene
ral des Années du Roy, ôc de la Pro
vence. \
Ht Le
r;o MERCURE DE FRANCE.
Le Marquis de SiJly , N. Vifart
Conseiller d'Etat d'Epée , Se Lieutenant
General.
Le Marquis de Fimárcòn ;, N~. de Cas.'
sagnetté- Narbonne. Lamagne. Tilladet
Lieutenant General des Armées du Roy,.
Se du Rouffiilon.
le Marquis de Senneterre , Lieutenant
General , & cy.devant Ambaslàdeur en
Angleterre. í
Le Comte de Beau veau de Ri vau, Lieu*
tenant General.
Le Prince d'Izenghien , Louis dt'
Can d Aii.ro d. Montmorency , Lieutenant
General.
Le Comte de la Maíck ^ Lieutenant.
General. '.
Le Marquis de Verae , N. de Sains
George , Lieutenant General des Armées.'
du Royv & de la Province de Poitou.
. Le Marquis de Coetlogon, Vice. Ami .
Xìï de France. . . 4 .
Le Marquis de Maillebois , Jean . Baf.
tifie'.Fratof is des Murets v Maître de la
Garderobe du Roy , Se Lieutenant Ge
neral dè Languedoc.
Le Vicomte de Tavannes, AT. de
San!» y Lieutçnant General de la Pro
vince de Bourgogne-
. L? M .*.qují} de Clermont » Commis-
£ike General de là Cavalerie.
y . . Le
JANVIER 1724. 171
Le Marquis de Simiane, François. An.
foine, Premier Gentilhomme de la Cham
bre de feu Monsieur le 'Duc d'Orleans.
Le Marquis de Castries , N. de la
Croix , Chevalier d'Honneur de Madame
Ja Duchesse d'Orleans.
Le Marquis de Clermont , Premier
Ecuyer du Duc d'Orleans.
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Résumé : PROMOTION de Chevalier des Ordres du Roy.
Le 2 février 1724, à Versailles, les Chevaliers et Commandeurs de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent dans le cabinet du Roi pour l'escorter à la messe. Le Roi annonça son intention de convoquer un chapitre et de nommer de nouveaux Chevaliers et Commandeurs. Il fit lire et signer une liste de 57 noms de personnes à honorer, qu'il remit ensuite au Marquis de Breteuil, Commandeur et Maître des Cérémonies de l'Ordre. Ce dernier sortit pour faire proclamer les nominations par le Héraut de l'Ordre, selon les cérémonies habituelles. La liste comprenait des princes du sang, des cardinaux, des archevêques et des ducs. Parmi les personnalités notables figuraient Louis de Bourbon Condé, le Cardinal Gualterio, le Cardinal de Bissy, ainsi que plusieurs archevêques tels que l'Archevêque de Lyon et l'Archevêque de Narbonne. La liste incluait également des ducs comme le Duc d'Uzès, le Duc de Sully et le Duc de Villars, ainsi que des maréchaux et des lieutenants généraux. Chaque nom était accompagné de titres et de fonctions spécifiques au sein de la cour ou de l'armée.
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5182
p. 159-168
RÉJOUISSANCES faites à Malte. Extrait de diverses Lettres.
Début :
Les nouvelles de la naissance du DAUPHIN n'étant arrivées à Malte que le 31. Octobre, [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Naissance du Dauphin, Arc de triomphe, Roi, Reine, Fête, Messe, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à Malte. Extrait de diverses Lettres.
R&50V ISJN CES faites À Malte.
Extrait de diverses Lettres.
LEs nouvelles de la naissance du Daiiphtm
n'étant arrivées à Malte que le 5 %. Octobre»
on commença dçs ce même jour les prépara-
H ij tifs
téo MERCURE DE FRANCE,
tifs des Fêtes que la Religion, & plusieurs per
sonnes considérables de l'Ordre dévoient don
ner à cette occasion. LeBailly d' Avenes de Bo
cage, chargé des affaires du Roy en cette Iíle.est.
íe premier qui s'est distingue'. II fit dresser de
vant son Hôtel un Arc de triomphe de trenrç
pieds de hauteur, lequel occupoit toute la lar
geur de la ruç.Les 4 Colomnes Isolées de la Far
çade étoient ornées de festons , de feuillages
*& de fleurs. L'Attique qui surmontoit cet Arc
étoit orné de la même manière , & on y'voyoit
îes armes du Roy, de la Reine & duDAUPHiK,
avec cette Inscription ;
EX FOECUNDITATE RE©IA FELICI
TAS POPULI.
La Fête commença le soir du n Novembre
par une illumination, compoíee de quantité de
grands Lampions , couverts de papier tranfpa-
.'rent , où les armes du Roy , de la Reine & du
Dauphin étoient peintes séparément & placées
alternativement fur les Corniches & fur les
autres faillies de l'Arc de triomphe , ainsi que
fur les Portes les Fenêtes de 1' Hôtel du Bailly
d'Avernes,&fur celles des Maisons opposées :
rinfcrrption parut alors en lettres de feu.
A vingt pas de distance de l'Arc de triomphe
©n avoit élevé deux Piramides à jour.de vingr-
3uatre pieds de hauteur, garnies de haut en bas
e. quantité de Lampions , & surmontées par *
Globes lumineux. Ces Piramides jetcoient fur
l'Arc de Triomphe & aux environs un éclat
surprenant. Pendant cette illumination on eqr
tendoit une belle symphonie qui étoit placée
ïans u" Balcon assez près de l'Arc de triomphe.
On accouroit en foule à ce Spectacle; on fut
surcoût
JANVIER. 1730. U*
surtout charmée d'un beau Portrait du Roy ,
peint de grandeur naturelle, que M. le Baiíljr
a voie fait placer à l' entrée de son Hôtel sous un
Dais de Velours cramoisi , éclairé de quantité
de Flambeaux de cire blanche.
Le Dimanche 1 j. M. le Bailly fit chanter une
Messe solennelle à plusieurs Choeurs de Musi
que , dans l' Eglise des Jésuites , à laquelle le
Grand-Maure assista , accompagné des Grands
Croix, des Chevaliers , Officiers ,& autres
fiîembíes de l'Ordre qui yavoîentété invitez,-
L'Eglise écoit parée & éclairée extraordinai
rement. Un Portrait du Roy y étoitexpolésous
u a Pais magnifique. On avoit élevé audessus
As la grande Porte les Armes de Sa Majesté, dé
la Reine & du Dauphin, dans des Cartouches,
©tnez de Festons , de Feuillages & de Fleurs ;
& audessous on lisoit ce verset du Pseaume 71,
en lçttres d'or : Ueus' jttdicium tuum Régi d*9
Ô> justitiam tuxm filio Régis.
, . La Messe finie , l' Abbé Signoret fous Prieur
de l'Eglise de S. Jean qui l'avoit célébrée , en
tonna le Te Vùum , qui fut chanté par la Musioue
. aux Fanfares des Trompettes , des Timballes
& au bruit de J' Artillerie de nos Cava
liers , & de celle de tous les Bâtimens François
qiii se trouvèrent dans ce Port. Le Domine fol-
•vum sac Regem , fut chanté de la même ma
nière. Ensuite le Bailly de Bocage,accompagné
du Bailly de la Salle & du Bailly de Froulay ,
General des Galères , tous trois dé la Langue
de France, s'avancèrent à la porte de l'Eglise
f>our remercier le Grand - Maître & toutes
es personnes de l'Ordre ;qui avoient assisté à
«sotte cérémonie. Il s'étoit célébré depuis la
pointe du jour des Messes en plusieurs Eglises
e/ans la méúrte intent ion.
H iij U
îgi MERCURE DE FRANCE.^
te Bailly donna ensuite un splendide dîné,
qui fut servi sur deux Tables de quinze cou
verts chacune. Sur la fin du repas , les santez
du Roy, de la Reine, du Dauphin & du Grand-
Maître furent bues au bruit de l' Artillerie &
des Fanfares.Une Fontaine de vin à quatre jets
&extréirieinent ornée amusa le peuple jusqu'à
la nuit. On lisoit ces Vers au deslus de la Fon
taine :
"Emanure salent Tontes cum murmure Vtm~
phas ,
Hic sons fef'v» murmure vi-va fluit.
Currite jam populi , calices potate fréquentes t
Hec non Çolemnem , nunc ctlebrate diem i
JVjw ftecunda dédit D E L f H 1 Zt V M G Mi»
nobis 5 -
Ei nos DÈLPÍíISO Gaudia noflra danus.
On auroit peine à exprimer I'allegrefie du
peuple St à décrire les diverses Danses des Ma
telots Provençaux, des Maltois &c celles même
des Barbaresques. Le bruit confus des differens
Irstrumens de ces Nations , mêlez aux cris re
doublez de VIVE LE ROY , ne laissoit rien à
délirer au Ministre de Sa Majesté, qui excitoìc
lui- même la joye publique en plusieurs maniè
res , surtout par des envois de vivres & d'au
tres rafraîchiffemens , & en assistant abondam-
.nient les pauvres. II a eu la satisfaction de voir
que malgré ce mélange de Nations, la tran
quillité a toujours été paifaite dans cette soíemnité.
L'illumination recommença le soir comme la
nuit précédente , & fut continuée le troisième
jour presque jusqu'au lever du Soleil. L'Eglife
&
JaMVier: 17*0. i£i
Ùí le Collège des Jésuites furent aussi illumi
nez > ainsi que les Maisons des Chevaliers de la
Ration & celles de tous les François établis a
îrfalte. L'affluence a toujours été égale pendane
ces trois jours dans la maison du Bailly de Bo
cage, où l'on trouvoit toutes sortes de rafraî-
-chissemens , particulièrement des Glaces , des
Confitures & des Pares douces , qui sont trcs
en usage dans ce pais- ci»
Les Réjouissances qui ont été faites ici par
l'Ordre de S. Jean de Jérusalem, ont durétro»
jours consécutifs. Elles commencèrent le Di
manche ío Novembre par une Messe folemnelle
, célébrée pontificalement dans l'Eglise
de S.Jean, par le Piieutde cette Eglise, St chan
tée par une excellente Musque. S. A. Eminentissime
M, le Grand-Maine , y aslìila avec tout
le Corps de la Religion. Après la Méfie, le Te
reum fut chanté par la mème Musique, an
bruit d? plusieurs salves de toute l'Arùllerie de
Terre & de Mer.
Le G.- M. donna ensuite un superbe dîné ï
seize Grands-Croix , François , Allemands ,
Italiens, Espagnols, & Portugais : Le foison
tira un très-beau feu d'Artifice.
Le Lundi , les trois Langues de France firent
chanter une grande Messe & un Te Deam dans.
l'Eglise de S Jean , la Musique fut encore au- .
dessus de celle de la veille , le G. M. à la teste
de tout l'Ordre y assista; les Procureurs des
Langues présentèrent un magnifique bouque t
à S.A.E. & le soir il y eut encore un Feu d'Ar
tifice tiré devant le Palais. On exécuta ensuite
un très-beau Concert dans la Salle de l' Au
berge de France, ornée avec la derniere magni
ficence » & enrichie d'un Portrait du Roi placé "
t H iiij lous
1
r<?4 MERCURE' '-DE FRANCE.;
sous un Dais superbe. Le Concert étoít còirifosé
des meilleures voix . & de plus décent
Instrument. Le Conseil entier & toute la Reli-
Ijion s'y trouva ; on y laissa entrer les Maltois
es plus a.p païens , ce qui fit un concours de
Îrès de deux mille personnes. Les Paroles Itaennes
de ce Concert font de M. Cinnttr , Bajon
Maltois y elles furent fort applaudies.
Le Mardi , I" Auberge d'Arragon & le grand
Prieuré de Castille , firent chanter un Te Deum
dans F Eglise de S. Jean . auquel le Prieur de
cette Eglise , malgré son âge & fes infirmitezi,
continua d'orEcier pontificalement comme les
jours precedensi
La Langue Françoise donna ensuite à dîner î
plus de cent personnes de distinction. Il y eut
trois grandes Tables , dont la première étoit
remphe ptt le Conseil , parles trois premiers
Officiers, du G. M. & par quelques Chevaliers
qui en faifoient les honneurs. La seconde & latroisième
súrent occupées, par les Procureurs dé
toutes les sept Langues & par d'autres Cheva
liers. Les santez du Roi , de la Reine , du Dau«!
phin & du G. M» furent buës.au bruit de quatre
salves de Canons , les trois premières de n'w
coups chacune , & la derniere de dix- neuf
coups. La même chose suc observée au dîné
du G. M.
. Le soir les crois Langues de France firent
une grande Cocagne dans la Place de la Conservatorie
, laquelle fut livrée au Peuple suivant
ia coutume. Tous les ans le Lundi gras le
G. M. donne une pareille Fête. L» cocagne
Consiste en une grande abondance d'Ag
neaux, de Cochons de lait , de Poulets d'In
des > de Lapins , de Chapons , de Pigeons»
&c rôtis , avec quantité de fromages de Jam
bons»
JANVfER. *7?o. i6f
feons . &c. dont le Peuple est regalé. Celle
iiont il est ici question , coníìstoit en une grande
Piramide de Charpente , aussi haute que le toit
des Maisons de la Place ; elle étoic ornée de
feuillages , décorée de Peinture , d'Emblèmes,
&c. & garnie depuis le pied jusqu'au sommet,
de toute sorte de viandes rôties de la qualité
qu'on a dit , & de plusieurs autres choses pour
compoler un Regale parfait. La Compagnie
du G. M. entourait la Piramide , au haut dé
Jaquelle étoic arboré lin Drapeau. Au premier
bruit des Trompettes qui sonnèrent la charge»
une troupe d' Assaillans donna l'assaut, & on
vit fur tout les Matelots montrer une agilité
merveilleuse pour avoir la gloire de rapporter
le Drapeau , celui qui s'en rendit le Maître
reçut quelques sequins pour le prix de íbà
adresse , les autres furerrt dédommagez par le
pillage des viandes , c'étoit un spectacle di
vertissant de voir cette foule d'AffailIans grim
per fur la Piramide , qui n'en pouvoir contenir
qu'un certain nombre , ce qui causoit des chu
tes , des cùkbutes , & une divertissante con
fusion. On avoit rempli de feuillages toute la
Circonférence jusqu'à une certaine hauteur ,
afin que personne ne fut blessé en tombant-
Il y eut ensuite un Feu d'Artifice tiré devant
le Palais, & un grand Bal â l'Aiberge de
ïrance , qui s'est distingué par la profusion des
rafraîchissemèns , par l'illuinination dè la Sale,,
par le choix dès Ihstrumens , & par le boa
accueil fait à tous ceux qui se sont presenteí *
les Baillis de Bocage & de Froulay firent les
honneurs de ce Bal.
Pendant ces trois jours consécutifs , ia Reli*
gion , M. T Evêque & tous les Maltslis ont faife
de très-belles illuminations : Les trois Langue!
H v on*
jgg MERCURE DE FRANCE.
cnt saïc couler des Fontaines de vin : mais Ii
Langue de France a fait toutes choses par pro
fusion. Elle a fait distribuer de grandes chaiitez,
non seuleraenc à tous les Pauvres manrdians
, mais particulièrement aux Pauvres hon
teux , & à toutes les Familles qui lont dans
le besoin.
Je crois , au reste , que dan? cette folemnité
il s'est tiré plus de deux mille coups de Canon,
car on n'a pas cessé de tirer , soit des Fortifi
cations , soit des Bâtimens de Mer , pendant
les grandes Messes , & les Te Veum , faus
compter les salves qui ont été faites durant les
festins , &c.
Entre toutes les Fêtes qui ont été données
ici à l'oecasion de la Naissance du Dauphin j
celle que le Bailly de Froulay , General des
Armées Navales de la Religion , donna le 14.
Novembre , a été fans contredit la plus bril
lant, & la plus au gout de tout le monde.
■ Elie commença par une illumination des
Galères , la plus ample, & la mieux exécutée
qu'on eut encore vûëd,ms cette Iíles les tentes,
les flamfS . & les pavois , y paroissoient toutes
en feu , les rames étendues étoient garnies de
lampions jusqu'à l'extiêmité. On avoit élevé
sur la Poupe de la Capitane à la Place da
Srand Fanal , les Armes du Dauphin fur le
evant d'une michine de 14 pieds de hauteur ,
au bas on li'oit ecte Inscription » Du tiii
PBUT avnos. Les Armoiries étoient couvertes
d'une tenture de damis cranv iíì & »lus de
700 Li niions glacez dans cette machine de
voir nt les éclairer.
Les GMiièS étoient rangées fur une même
ligne rjtre la poi ite de S. Ange Sí celle d< l'Isle
de h Sangle , tk lorsque tout suc allumé le
Grand,
JANVIER. 1730. 167
Grand- Maître qui étoit à sonSe'veder du Port»
donna un signal auquel la tenture de damas
tomba , & les Armes du Dauphin parurent
très-bri!lantes. Les Galères les saluèrent de
trois salves reales con secu ives , de la voix . de
la Moufqueterie , &du Canon ; dans les intervales
des salves on entendoit les Fanfares des
Trompettes , ies Timbales , les Hautbois &
plusieurs autres Inilrumens , placez fous Je
Belveder du Grand- Maître.
Les salves finies, on vit paroître une Ga*
liotte à 18 rames , illuminée d'un côté , & qui
debouchoitde derrière la pointe de Vlûe; aussi
tôt tous les Cliques & les Felonques des Ga
lères , aussi illuminées , allèrent la reconnoître,
la Galiotte prit bientôt chafle , les Felouques
la suivirent , & dès qu'elles en furent à portée,
le combat commença par des décharges réci
proques de moufqueterie & par des grenade9
qui bruloient mèms dans la Mer. La Galiotte
preiïée par les Caiqr.es fut forcée de passer fous
le balcon du Grand M.îcre, où le Feu fut beau
coup plus vif, elle s'ouvrit ensuite un passage,
& fit force de rames pour fuir du côté du Pa
lais de Sichi- Les Caiques & les Felouques !a
íuivoient de près , & lui jettoient fans celïë
des feux ; elle fut encore jointe, ce qui l'obligea
de passer fous la pointe de S. 4ng e, & fort près
des Galères , lesquelles lui lâchèrent quelques
coups de Canon , dont son-principal mâtpamt
abatu : Alors les Caiques l'environnerent, l'abordage
fut vif, & ranimosité qui parut de
part & d'autre représenta parfaitement bien un
Véritable combar. Enfin on vit le feu prendre
à la Galiotte qni fut consumée au milieu du
Port. Pendant tout ce jeu qui fut très-bien exé
cuté , les Galeries tiroient continuellement
H vj des
Vs8 MERCURH DE PRANCE.
des Fusées , des Pots à feu & d'autres Artifices
Il parut ensuite un gran.i Soleil au haut du.
mât de la Capitane qui servit designai aux au
tres Galères pour exécuter quantité de roues ,
de fontaines de feu » & d'autres Artifices. En
fin deux Girandoles de Fusées parties de la
proiie de la Capitane> remplirent Pair de leur*
feux , lesquels étant joints à ceux de quantité
de tonneaux gaudronnez , qui bruloient au
tour des pointes de S. Ange & de l'ifle > & qui
íè repetoient dans la Mer , la faisoientparoître
toute en feu. Le tout ensemble forma un des
plus beaux spectacles qu'on puiflè voir en ce
genre.
Après ce divertissement > M. le General de
Froulay , donna dans son Palais un magnifique
souper aux Chevaliers de toutes les Nations.
Les santez duRoy, de la Reine » du Dauphin
& des autres Potentats Catholiques de l'Europe
y furent célébrées au bruit du Canon du Châ
teau & des Galères. Après le louper on palla
dans la Salle du Bal , où se trouvèrent quatre
jeunes Maltois , du Corps des Galères , & au
tant de filles qu'ils avoient épousées le matin »
&que le General avoit dotées. Pendant le Bal
qui dura jusqu'au jour , on servit toutes sortes
de rafraîchissement. Et pendant toute cette
Sête , il y eut fur le Quay plusieurs Fontaines,
de vin pour les Equipages & pour les Forçats»,
plusieurs desquels furent mis en liberté.
Extrait de diverses Lettres.
LEs nouvelles de la naissance du Daiiphtm
n'étant arrivées à Malte que le 5 %. Octobre»
on commença dçs ce même jour les prépara-
H ij tifs
téo MERCURE DE FRANCE,
tifs des Fêtes que la Religion, & plusieurs per
sonnes considérables de l'Ordre dévoient don
ner à cette occasion. LeBailly d' Avenes de Bo
cage, chargé des affaires du Roy en cette Iíle.est.
íe premier qui s'est distingue'. II fit dresser de
vant son Hôtel un Arc de triomphe de trenrç
pieds de hauteur, lequel occupoit toute la lar
geur de la ruç.Les 4 Colomnes Isolées de la Far
çade étoient ornées de festons , de feuillages
*& de fleurs. L'Attique qui surmontoit cet Arc
étoit orné de la même manière , & on y'voyoit
îes armes du Roy, de la Reine & duDAUPHiK,
avec cette Inscription ;
EX FOECUNDITATE RE©IA FELICI
TAS POPULI.
La Fête commença le soir du n Novembre
par une illumination, compoíee de quantité de
grands Lampions , couverts de papier tranfpa-
.'rent , où les armes du Roy , de la Reine & du
Dauphin étoient peintes séparément & placées
alternativement fur les Corniches & fur les
autres faillies de l'Arc de triomphe , ainsi que
fur les Portes les Fenêtes de 1' Hôtel du Bailly
d'Avernes,&fur celles des Maisons opposées :
rinfcrrption parut alors en lettres de feu.
A vingt pas de distance de l'Arc de triomphe
©n avoit élevé deux Piramides à jour.de vingr-
3uatre pieds de hauteur, garnies de haut en bas
e. quantité de Lampions , & surmontées par *
Globes lumineux. Ces Piramides jetcoient fur
l'Arc de Triomphe & aux environs un éclat
surprenant. Pendant cette illumination on eqr
tendoit une belle symphonie qui étoit placée
ïans u" Balcon assez près de l'Arc de triomphe.
On accouroit en foule à ce Spectacle; on fut
surcoût
JANVIER. 1730. U*
surtout charmée d'un beau Portrait du Roy ,
peint de grandeur naturelle, que M. le Baiíljr
a voie fait placer à l' entrée de son Hôtel sous un
Dais de Velours cramoisi , éclairé de quantité
de Flambeaux de cire blanche.
Le Dimanche 1 j. M. le Bailly fit chanter une
Messe solennelle à plusieurs Choeurs de Musi
que , dans l' Eglise des Jésuites , à laquelle le
Grand-Maure assista , accompagné des Grands
Croix, des Chevaliers , Officiers ,& autres
fiîembíes de l'Ordre qui yavoîentété invitez,-
L'Eglise écoit parée & éclairée extraordinai
rement. Un Portrait du Roy y étoitexpolésous
u a Pais magnifique. On avoit élevé audessus
As la grande Porte les Armes de Sa Majesté, dé
la Reine & du Dauphin, dans des Cartouches,
©tnez de Festons , de Feuillages & de Fleurs ;
& audessous on lisoit ce verset du Pseaume 71,
en lçttres d'or : Ueus' jttdicium tuum Régi d*9
Ô> justitiam tuxm filio Régis.
, . La Messe finie , l' Abbé Signoret fous Prieur
de l'Eglise de S. Jean qui l'avoit célébrée , en
tonna le Te Vùum , qui fut chanté par la Musioue
. aux Fanfares des Trompettes , des Timballes
& au bruit de J' Artillerie de nos Cava
liers , & de celle de tous les Bâtimens François
qiii se trouvèrent dans ce Port. Le Domine fol-
•vum sac Regem , fut chanté de la même ma
nière. Ensuite le Bailly de Bocage,accompagné
du Bailly de la Salle & du Bailly de Froulay ,
General des Galères , tous trois dé la Langue
de France, s'avancèrent à la porte de l'Eglise
f>our remercier le Grand - Maître & toutes
es personnes de l'Ordre ;qui avoient assisté à
«sotte cérémonie. Il s'étoit célébré depuis la
pointe du jour des Messes en plusieurs Eglises
e/ans la méúrte intent ion.
H iij U
îgi MERCURE DE FRANCE.^
te Bailly donna ensuite un splendide dîné,
qui fut servi sur deux Tables de quinze cou
verts chacune. Sur la fin du repas , les santez
du Roy, de la Reine, du Dauphin & du Grand-
Maître furent bues au bruit de l' Artillerie &
des Fanfares.Une Fontaine de vin à quatre jets
&extréirieinent ornée amusa le peuple jusqu'à
la nuit. On lisoit ces Vers au deslus de la Fon
taine :
"Emanure salent Tontes cum murmure Vtm~
phas ,
Hic sons fef'v» murmure vi-va fluit.
Currite jam populi , calices potate fréquentes t
Hec non Çolemnem , nunc ctlebrate diem i
JVjw ftecunda dédit D E L f H 1 Zt V M G Mi»
nobis 5 -
Ei nos DÈLPÍíISO Gaudia noflra danus.
On auroit peine à exprimer I'allegrefie du
peuple St à décrire les diverses Danses des Ma
telots Provençaux, des Maltois &c celles même
des Barbaresques. Le bruit confus des differens
Irstrumens de ces Nations , mêlez aux cris re
doublez de VIVE LE ROY , ne laissoit rien à
délirer au Ministre de Sa Majesté, qui excitoìc
lui- même la joye publique en plusieurs maniè
res , surtout par des envois de vivres & d'au
tres rafraîchiffemens , & en assistant abondam-
.nient les pauvres. II a eu la satisfaction de voir
que malgré ce mélange de Nations, la tran
quillité a toujours été paifaite dans cette soíemnité.
L'illumination recommença le soir comme la
nuit précédente , & fut continuée le troisième
jour presque jusqu'au lever du Soleil. L'Eglife
&
JaMVier: 17*0. i£i
Ùí le Collège des Jésuites furent aussi illumi
nez > ainsi que les Maisons des Chevaliers de la
Ration & celles de tous les François établis a
îrfalte. L'affluence a toujours été égale pendane
ces trois jours dans la maison du Bailly de Bo
cage, où l'on trouvoit toutes sortes de rafraî-
-chissemens , particulièrement des Glaces , des
Confitures & des Pares douces , qui sont trcs
en usage dans ce pais- ci»
Les Réjouissances qui ont été faites ici par
l'Ordre de S. Jean de Jérusalem, ont durétro»
jours consécutifs. Elles commencèrent le Di
manche ío Novembre par une Messe folemnelle
, célébrée pontificalement dans l'Eglise
de S.Jean, par le Piieutde cette Eglise, St chan
tée par une excellente Musque. S. A. Eminentissime
M, le Grand-Maine , y aslìila avec tout
le Corps de la Religion. Après la Méfie, le Te
reum fut chanté par la mème Musique, an
bruit d? plusieurs salves de toute l'Arùllerie de
Terre & de Mer.
Le G.- M. donna ensuite un superbe dîné ï
seize Grands-Croix , François , Allemands ,
Italiens, Espagnols, & Portugais : Le foison
tira un très-beau feu d'Artifice.
Le Lundi , les trois Langues de France firent
chanter une grande Messe & un Te Deam dans.
l'Eglise de S Jean , la Musique fut encore au- .
dessus de celle de la veille , le G. M. à la teste
de tout l'Ordre y assista; les Procureurs des
Langues présentèrent un magnifique bouque t
à S.A.E. & le soir il y eut encore un Feu d'Ar
tifice tiré devant le Palais. On exécuta ensuite
un très-beau Concert dans la Salle de l' Au
berge de France, ornée avec la derniere magni
ficence » & enrichie d'un Portrait du Roi placé "
t H iiij lous
1
r<?4 MERCURE' '-DE FRANCE.;
sous un Dais superbe. Le Concert étoít còirifosé
des meilleures voix . & de plus décent
Instrument. Le Conseil entier & toute la Reli-
Ijion s'y trouva ; on y laissa entrer les Maltois
es plus a.p païens , ce qui fit un concours de
Îrès de deux mille personnes. Les Paroles Itaennes
de ce Concert font de M. Cinnttr , Bajon
Maltois y elles furent fort applaudies.
Le Mardi , I" Auberge d'Arragon & le grand
Prieuré de Castille , firent chanter un Te Deum
dans F Eglise de S. Jean . auquel le Prieur de
cette Eglise , malgré son âge & fes infirmitezi,
continua d'orEcier pontificalement comme les
jours precedensi
La Langue Françoise donna ensuite à dîner î
plus de cent personnes de distinction. Il y eut
trois grandes Tables , dont la première étoit
remphe ptt le Conseil , parles trois premiers
Officiers, du G. M. & par quelques Chevaliers
qui en faifoient les honneurs. La seconde & latroisième
súrent occupées, par les Procureurs dé
toutes les sept Langues & par d'autres Cheva
liers. Les santez du Roi , de la Reine , du Dau«!
phin & du G. M» furent buës.au bruit de quatre
salves de Canons , les trois premières de n'w
coups chacune , & la derniere de dix- neuf
coups. La même chose suc observée au dîné
du G. M.
. Le soir les crois Langues de France firent
une grande Cocagne dans la Place de la Conservatorie
, laquelle fut livrée au Peuple suivant
ia coutume. Tous les ans le Lundi gras le
G. M. donne une pareille Fête. L» cocagne
Consiste en une grande abondance d'Ag
neaux, de Cochons de lait , de Poulets d'In
des > de Lapins , de Chapons , de Pigeons»
&c rôtis , avec quantité de fromages de Jam
bons»
JANVfER. *7?o. i6f
feons . &c. dont le Peuple est regalé. Celle
iiont il est ici question , coníìstoit en une grande
Piramide de Charpente , aussi haute que le toit
des Maisons de la Place ; elle étoic ornée de
feuillages , décorée de Peinture , d'Emblèmes,
&c. & garnie depuis le pied jusqu'au sommet,
de toute sorte de viandes rôties de la qualité
qu'on a dit , & de plusieurs autres choses pour
compoler un Regale parfait. La Compagnie
du G. M. entourait la Piramide , au haut dé
Jaquelle étoic arboré lin Drapeau. Au premier
bruit des Trompettes qui sonnèrent la charge»
une troupe d' Assaillans donna l'assaut, & on
vit fur tout les Matelots montrer une agilité
merveilleuse pour avoir la gloire de rapporter
le Drapeau , celui qui s'en rendit le Maître
reçut quelques sequins pour le prix de íbà
adresse , les autres furerrt dédommagez par le
pillage des viandes , c'étoit un spectacle di
vertissant de voir cette foule d'AffailIans grim
per fur la Piramide , qui n'en pouvoir contenir
qu'un certain nombre , ce qui causoit des chu
tes , des cùkbutes , & une divertissante con
fusion. On avoit rempli de feuillages toute la
Circonférence jusqu'à une certaine hauteur ,
afin que personne ne fut blessé en tombant-
Il y eut ensuite un Feu d'Artifice tiré devant
le Palais, & un grand Bal â l'Aiberge de
ïrance , qui s'est distingué par la profusion des
rafraîchissemèns , par l'illuinination dè la Sale,,
par le choix dès Ihstrumens , & par le boa
accueil fait à tous ceux qui se sont presenteí *
les Baillis de Bocage & de Froulay firent les
honneurs de ce Bal.
Pendant ces trois jours consécutifs , ia Reli*
gion , M. T Evêque & tous les Maltslis ont faife
de très-belles illuminations : Les trois Langue!
H v on*
jgg MERCURE DE FRANCE.
cnt saïc couler des Fontaines de vin : mais Ii
Langue de France a fait toutes choses par pro
fusion. Elle a fait distribuer de grandes chaiitez,
non seuleraenc à tous les Pauvres manrdians
, mais particulièrement aux Pauvres hon
teux , & à toutes les Familles qui lont dans
le besoin.
Je crois , au reste , que dan? cette folemnité
il s'est tiré plus de deux mille coups de Canon,
car on n'a pas cessé de tirer , soit des Fortifi
cations , soit des Bâtimens de Mer , pendant
les grandes Messes , & les Te Veum , faus
compter les salves qui ont été faites durant les
festins , &c.
Entre toutes les Fêtes qui ont été données
ici à l'oecasion de la Naissance du Dauphin j
celle que le Bailly de Froulay , General des
Armées Navales de la Religion , donna le 14.
Novembre , a été fans contredit la plus bril
lant, & la plus au gout de tout le monde.
■ Elie commença par une illumination des
Galères , la plus ample, & la mieux exécutée
qu'on eut encore vûëd,ms cette Iíles les tentes,
les flamfS . & les pavois , y paroissoient toutes
en feu , les rames étendues étoient garnies de
lampions jusqu'à l'extiêmité. On avoit élevé
sur la Poupe de la Capitane à la Place da
Srand Fanal , les Armes du Dauphin fur le
evant d'une michine de 14 pieds de hauteur ,
au bas on li'oit ecte Inscription » Du tiii
PBUT avnos. Les Armoiries étoient couvertes
d'une tenture de damis cranv iíì & »lus de
700 Li niions glacez dans cette machine de
voir nt les éclairer.
Les GMiièS étoient rangées fur une même
ligne rjtre la poi ite de S. Ange Sí celle d< l'Isle
de h Sangle , tk lorsque tout suc allumé le
Grand,
JANVIER. 1730. 167
Grand- Maître qui étoit à sonSe'veder du Port»
donna un signal auquel la tenture de damas
tomba , & les Armes du Dauphin parurent
très-bri!lantes. Les Galères les saluèrent de
trois salves reales con secu ives , de la voix . de
la Moufqueterie , &du Canon ; dans les intervales
des salves on entendoit les Fanfares des
Trompettes , ies Timbales , les Hautbois &
plusieurs autres Inilrumens , placez fous Je
Belveder du Grand- Maître.
Les salves finies, on vit paroître une Ga*
liotte à 18 rames , illuminée d'un côté , & qui
debouchoitde derrière la pointe de Vlûe; aussi
tôt tous les Cliques & les Felonques des Ga
lères , aussi illuminées , allèrent la reconnoître,
la Galiotte prit bientôt chafle , les Felouques
la suivirent , & dès qu'elles en furent à portée,
le combat commença par des décharges réci
proques de moufqueterie & par des grenade9
qui bruloient mèms dans la Mer. La Galiotte
preiïée par les Caiqr.es fut forcée de passer fous
le balcon du Grand M.îcre, où le Feu fut beau
coup plus vif, elle s'ouvrit ensuite un passage,
& fit force de rames pour fuir du côté du Pa
lais de Sichi- Les Caiques & les Felouques !a
íuivoient de près , & lui jettoient fans celïë
des feux ; elle fut encore jointe, ce qui l'obligea
de passer fous la pointe de S. 4ng e, & fort près
des Galères , lesquelles lui lâchèrent quelques
coups de Canon , dont son-principal mâtpamt
abatu : Alors les Caiques l'environnerent, l'abordage
fut vif, & ranimosité qui parut de
part & d'autre représenta parfaitement bien un
Véritable combar. Enfin on vit le feu prendre
à la Galiotte qni fut consumée au milieu du
Port. Pendant tout ce jeu qui fut très-bien exé
cuté , les Galeries tiroient continuellement
H vj des
Vs8 MERCURH DE PRANCE.
des Fusées , des Pots à feu & d'autres Artifices
Il parut ensuite un gran.i Soleil au haut du.
mât de la Capitane qui servit designai aux au
tres Galères pour exécuter quantité de roues ,
de fontaines de feu » & d'autres Artifices. En
fin deux Girandoles de Fusées parties de la
proiie de la Capitane> remplirent Pair de leur*
feux , lesquels étant joints à ceux de quantité
de tonneaux gaudronnez , qui bruloient au
tour des pointes de S. Ange & de l'ifle > & qui
íè repetoient dans la Mer , la faisoientparoître
toute en feu. Le tout ensemble forma un des
plus beaux spectacles qu'on puiflè voir en ce
genre.
Après ce divertissement > M. le General de
Froulay , donna dans son Palais un magnifique
souper aux Chevaliers de toutes les Nations.
Les santez duRoy, de la Reine » du Dauphin
& des autres Potentats Catholiques de l'Europe
y furent célébrées au bruit du Canon du Châ
teau & des Galères. Après le louper on palla
dans la Salle du Bal , où se trouvèrent quatre
jeunes Maltois , du Corps des Galères , & au
tant de filles qu'ils avoient épousées le matin »
&que le General avoit dotées. Pendant le Bal
qui dura jusqu'au jour , on servit toutes sortes
de rafraîchissement. Et pendant toute cette
Sête , il y eut fur le Quay plusieurs Fontaines,
de vin pour les Equipages & pour les Forçats»,
plusieurs desquels furent mis en liberté.
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à Malte. Extrait de diverses Lettres.
Les festivités à Malte pour célébrer la naissance du Dauphin débutèrent le 5 octobre 1729, après l'annonce de la nouvelle. Le Bailly d'Avernes de Bocage, représentant du roi, organisa diverses réjouissances, incluant un arc de triomphe décoré des armes du roi, de la reine et du Dauphin. Le 11 novembre, une illumination fut réalisée avec des lampions représentant les armes royales, et deux pyramides lumineuses furent érigées. Le 12 novembre, une messe solennelle fut célébrée dans l'église des Jésuites en présence du Grand-Maître et des membres de l'Ordre. Un portrait du roi fut exposé, et des salves d'artillerie furent tirées, suivies d'un dîner offert par le Bailly, avec des danses et des distributions de vivres. Les célébrations se poursuivirent avec des messes, des Te Deum, des feux d'artifice et des concerts. Le Grand-Maître organisa un dîner pour les Grands-Croix et un feu d'artifice. Les Langues de France, d'Arragon et de Castille organisèrent également des messes et des dîners. Une grande cocagne fut organisée sur la place de la Conservatorie, offrant une abondance de nourriture au peuple, accompagnée d'illuminations et de fontaines de vin. Le Bailly de Froulay organisa une illumination des galères le 14 novembre, avec des salves de canon et des combats simulés entre une galiotte et des caiques. Les festivités inclurent des illuminations, des concerts et des distributions de vivres aux pauvres. Plus de deux mille coups de canon furent tirés durant ces trois jours de célébrations. Le spectacle pyrotechnique des galères fut particulièrement impressionnant, avec un combat naval simulé culminant par l'incendie d'une galiote. Les galères tirèrent continuellement des fusées et des pots à feu, créant une scène spectaculaire où la mer semblait en feu. Après le divertissement, le général de Froulay offrit un somptueux souper aux Chevaliers de toutes les nations dans son palais. Les santés du Roi, de la Reine, du Dauphin et des autres potentats catholiques d'Europe furent célébrées au son du canon. Suivant le souper, les invités se rendirent dans la salle de bal où se trouvaient quatre jeunes Maltais du corps des galères et leurs épouses, mariées le matin même et dotées par le général. Le bal dura jusqu'au matin, accompagné de rafraîchissements. Sur le quai, plusieurs fontaines de vin furent installées pour les équipages et les forçats, certains d'entre eux étant libérés.
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5183
p. 178-188
MORTS.
Début :
On a oublié dans le mois passé l'Article de Suzanne-Henriette [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
a oublié dans le
mois passé l'Article de Suzanne-
Henriette de Lorraine,
Duchesse de Mantouë,
morte sans posterité
le6. Decembre 1710.en sa
25eannée,estantnée le I.
Février 1686. Elle estoie
fille de Charles de Lorrainetroisiéme
du nom, Duc
d'Elbeuf, & de Françoise
de Montaut de Navailles,
sa troisiéme femme. Elle
fut mariée le 8. Novembre
1704. à FerdinandCharles
de Gonzague quatriéme
du nom, Duc de Mantoue,
mort à Padouë le 5.
Juillet 1708. Cette Princesse
a esté inhumée dans
l'Eglise des Jacobins du
Fauxbourg S. Germain dans le Tombeau du Ma-,
réchal Duc de Navailles
3
Ion grand-pere. La premierefemmedu
Duc de Mantouë
estoit Gonzague, heritiere
de la branche de
Gouastal
, & luy apporta
en mariage la Principauté
deGouastal. Eleonor de
Gonzague grande-mere de
l'Empereur
,
estoit soeur
du pereduDuc deMantouë
qui avoit épousé Claire-
Isabelle d'Autriche.
La Maison de Gonzague
a regné1 environ 400.
ans dans Mantouë, d'abord
fous le nom de Capitaines,
ensuite de Marquis,
& enfin fous le nom de
Ducs.
Les Gonzagues tuerent
dans une sedition certain
tyran nomméPasserinqui
avoit usurpéMantouë,&
l'on m'a assuré qu'on avoit
lû dans un Manuscrit ancien
les circonstances qui
suivent. Passerin avoit enlevé
une soeur des Gonzagues
, ôcta tenoit enfermée
dans son Chasteau ; les
Gonzagues ne pouvant
forcer ce chasteau qui estoittres-
fortcomme il l'est
l'est encore à present
,
se
joignirent secretement à
quelques Chevaliers qui,
feignant de prendre querelle
contre d'autres aussi
de leur complot, firent un
défi à jour nommé pour
vuider leur querelle dans
la grande place de Mantouë,
ils s'y rendirent armez
de pied en cap, & la
lance au poing. L'on en
avertit Passerin qui estant
fort curieux de ces sortes
de spectacles, sortit de son
Chasteau avec ses gens armez
feulement en simples
spectateurs.NosChevaliers
commencerent entr'eux le
combat concerté, & tout
d'un coup les deux quadrilles
seréünissant tournerent
leur furie contre Passerin
& ses gens ,
& après
l'avoir blessé à mort ils
furent s'emparer du Chasteau.
On voit dans le Cabinet
du feu Duc de Mantouë
une grande Médaille de
marbre du tempsd'Auguste
c'est le Portrait du
Poëte Virgile, qui, comme
en sçait
,
estoit natif de
., Mantouë. Mantuamegenuit,
&. Cette Epitaphe
de Virgile est trop connuë
pour la mettreicy. La
Ville de Mantouë a tant
de vénération pour ce Poëte
, que sa Médaille gravée
sert encore de Cachet ou de
Sceau à certains Passeports
qu'on appelle, Billets de
Santé, & que la Ville donne
dans les temps de peste.
La Maison de plaisance
de Claire-Isabelle estoit autrefois
celle du Poëte Virgile.
Mr Antoine de la Porte
Chanoine de l'Eglise de
NostreNostre-
Dame de Paris,
mourut le 14. Décembre
1710.en sa 83e année. Il
a fait de sonvivant des
presens considerables à
l'Eglise de Nostre-Dame;
entrautres un Soleil magnifique,
& de tres-beaux
Ornements.
MrleCardinaldeNoaillesa
donnéà Mr l'Abbé
Tambouneau le Canonicat
deMr de laPorte.
Ferdinand Obizzi
Marquis du , S. Empire,
Chambellan & Conseiller
dtEfiat & de Guerre de
l'Empereur, Maréchal
General de Camp
,
'C;y.:.
devant Colonel & Com- ymandant à Vienne,& Sur- t
Intendant General des Ordonnances
de Sa M. I.
mourut à Vienne le n.
Décembre17 10.âgé de
71. ans aprés en avoir
paffé cinquante au service
de la Maison d'Autriche,
tant dans la guerre que
dans les negociations &
commissions imporcanres.
Son corps a esté transporté
dans le Tombeau de [es.
ancestres. Il avoit épouse
en premières nôces Marie
TheresePalsi,veuved'Auguste,
Comte de Sinzemdosse
; & en secondes
, Anne-Marie-Elisabeth
Comtesse de Rathmans-,
dorf. Il avoit pris une troisiéme
alliance avec Marie
Claire Apolline,Comtesse
deStaremberg, veuve de
François Leopold Guillaume
, Comte de Slavata,
desquelles il n'a point eu
d'enfants.
N. Mansart
, fille de
feu Mr. Mansart, Sur-Intendant
des Bastiments,
est morte dans un âge peu
avancé. Elle avoit épousé
Mr de Montargis, Garde
du Tresor Royal.
mois passé l'Article de Suzanne-
Henriette de Lorraine,
Duchesse de Mantouë,
morte sans posterité
le6. Decembre 1710.en sa
25eannée,estantnée le I.
Février 1686. Elle estoie
fille de Charles de Lorrainetroisiéme
du nom, Duc
d'Elbeuf, & de Françoise
de Montaut de Navailles,
sa troisiéme femme. Elle
fut mariée le 8. Novembre
1704. à FerdinandCharles
de Gonzague quatriéme
du nom, Duc de Mantoue,
mort à Padouë le 5.
Juillet 1708. Cette Princesse
a esté inhumée dans
l'Eglise des Jacobins du
Fauxbourg S. Germain dans le Tombeau du Ma-,
réchal Duc de Navailles
3
Ion grand-pere. La premierefemmedu
Duc de Mantouë
estoit Gonzague, heritiere
de la branche de
Gouastal
, & luy apporta
en mariage la Principauté
deGouastal. Eleonor de
Gonzague grande-mere de
l'Empereur
,
estoit soeur
du pereduDuc deMantouë
qui avoit épousé Claire-
Isabelle d'Autriche.
La Maison de Gonzague
a regné1 environ 400.
ans dans Mantouë, d'abord
fous le nom de Capitaines,
ensuite de Marquis,
& enfin fous le nom de
Ducs.
Les Gonzagues tuerent
dans une sedition certain
tyran nomméPasserinqui
avoit usurpéMantouë,&
l'on m'a assuré qu'on avoit
lû dans un Manuscrit ancien
les circonstances qui
suivent. Passerin avoit enlevé
une soeur des Gonzagues
, ôcta tenoit enfermée
dans son Chasteau ; les
Gonzagues ne pouvant
forcer ce chasteau qui estoittres-
fortcomme il l'est
l'est encore à present
,
se
joignirent secretement à
quelques Chevaliers qui,
feignant de prendre querelle
contre d'autres aussi
de leur complot, firent un
défi à jour nommé pour
vuider leur querelle dans
la grande place de Mantouë,
ils s'y rendirent armez
de pied en cap, & la
lance au poing. L'on en
avertit Passerin qui estant
fort curieux de ces sortes
de spectacles, sortit de son
Chasteau avec ses gens armez
feulement en simples
spectateurs.NosChevaliers
commencerent entr'eux le
combat concerté, & tout
d'un coup les deux quadrilles
seréünissant tournerent
leur furie contre Passerin
& ses gens ,
& après
l'avoir blessé à mort ils
furent s'emparer du Chasteau.
On voit dans le Cabinet
du feu Duc de Mantouë
une grande Médaille de
marbre du tempsd'Auguste
c'est le Portrait du
Poëte Virgile, qui, comme
en sçait
,
estoit natif de
., Mantouë. Mantuamegenuit,
&. Cette Epitaphe
de Virgile est trop connuë
pour la mettreicy. La
Ville de Mantouë a tant
de vénération pour ce Poëte
, que sa Médaille gravée
sert encore de Cachet ou de
Sceau à certains Passeports
qu'on appelle, Billets de
Santé, & que la Ville donne
dans les temps de peste.
La Maison de plaisance
de Claire-Isabelle estoit autrefois
celle du Poëte Virgile.
Mr Antoine de la Porte
Chanoine de l'Eglise de
NostreNostre-
Dame de Paris,
mourut le 14. Décembre
1710.en sa 83e année. Il
a fait de sonvivant des
presens considerables à
l'Eglise de Nostre-Dame;
entrautres un Soleil magnifique,
& de tres-beaux
Ornements.
MrleCardinaldeNoaillesa
donnéà Mr l'Abbé
Tambouneau le Canonicat
deMr de laPorte.
Ferdinand Obizzi
Marquis du , S. Empire,
Chambellan & Conseiller
dtEfiat & de Guerre de
l'Empereur, Maréchal
General de Camp
,
'C;y.:.
devant Colonel & Com- ymandant à Vienne,& Sur- t
Intendant General des Ordonnances
de Sa M. I.
mourut à Vienne le n.
Décembre17 10.âgé de
71. ans aprés en avoir
paffé cinquante au service
de la Maison d'Autriche,
tant dans la guerre que
dans les negociations &
commissions imporcanres.
Son corps a esté transporté
dans le Tombeau de [es.
ancestres. Il avoit épouse
en premières nôces Marie
TheresePalsi,veuved'Auguste,
Comte de Sinzemdosse
; & en secondes
, Anne-Marie-Elisabeth
Comtesse de Rathmans-,
dorf. Il avoit pris une troisiéme
alliance avec Marie
Claire Apolline,Comtesse
deStaremberg, veuve de
François Leopold Guillaume
, Comte de Slavata,
desquelles il n'a point eu
d'enfants.
N. Mansart
, fille de
feu Mr. Mansart, Sur-Intendant
des Bastiments,
est morte dans un âge peu
avancé. Elle avoit épousé
Mr de Montargis, Garde
du Tresor Royal.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès et événements historiques. Suzanne-Henriette de Lorraine, Duchesse de Mantoue, est décédée sans descendance le 6 décembre 1710 à l'âge de 25 ans. Née le 1er février 1686, elle était la fille de Charles de Lorraine, Duc d'Elbeuf, et de Françoise de Montaut de Navailles. Elle s'était mariée le 8 novembre 1704 à Ferdinand Charles de Gonzague, Duc de Mantoue, décédé le 5 juillet 1708. Suzanne-Henriette a été inhumée dans l'Église des Jacobins du Faubourg Saint-Germain, dans le tombeau de son grand-père, le Maréchal de Navailles. La Maison de Gonzague a régné environ 400 ans sur Mantoue, d'abord comme Capitaines, puis comme Marquis, et enfin comme Ducs. Les Gonzague ont tué un tyran nommé Passerin qui avait usurpé Mantoue et enlevé une sœur des Gonzague. La ville de Mantoue vénère le poète Virgile, natif de la région, et utilise son effigie sur certains passeports. Le texte mentionne également le décès de Monsieur Antoine de la Porte, Chanoine de l'Église Notre-Dame de Paris, le 14 décembre 1710 à l'âge de 83 ans. Il avait fait des dons significatifs à l'église, notamment un soleil magnifique et des ornements. Le Cardinal de Noailles a donné le canonicat de Monsieur de la Porte à l'Abbé Tambonneau. Ferdinand Obizzi, Marquis du Saint-Empire, Chambellan et Conseiller de l'Empereur, est décédé à Vienne le 11 décembre 1710 à l'âge de 71 ans après cinquante années de service. Il avait épousé trois fois mais n'a pas eu d'enfants. Enfin, N. Mansart, fille de l'ancien Surintendant des Bâtiments, est décédée à un jeune âge. Elle était mariée à Monsieur de Montargis, Garde du Trésor Royal.
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5184
p. 180-191
EXTRAIT ou Sommaire du Traité de Commerce, Navigation & Marine, entre la France & les Estats Generaux, conclu à Utrech le 11. Avril 1713.
Début :
ARTICLE 1. La liberté reciproque de Commerce, comme de tout temps [...]
Mots clefs :
Traité de commerce, navigation et marine, Navires, Capitaines, Contrebande, Article, Représailles, Marchandises, Douanes, Alliés
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT ou Sommaire du Traité de Commerce, Navigation & Marine, entre la France & les Estats Generaux, conclu à Utrech le 11. Avril 1713.
EXTRAIT
ou Sommaire du Traité de
Commerce, Navigation (S*
Marine, entre la France
&les EstatsGeneraux, con
élu à Utrech le II.Avril
1713.
ARTICLE I.
LA liberté réciproque de
Commerce,comme de tout
temps avant cette guerre..
II.
1 Deffenses de prendre aucunes
Commissions pour
des armements particuliers
, ou lettres de répreGailles
des Princ es & Estats,
ennemis de la France ou
de laHollande. III.
Toutes prises de part &
d'autre après le temps des
délais marqué au Traité,
feront portées en compte
& rendues, avec compensation
des dommages, &,c.
I V..
Toutes lettres de marque
& de répresailles cydevant
accordées, déclarées
nulles,&c.
V.
Ne pourront les particuliers
Sujets des deux parties
estre misen action, &c.
pour les dettes publiques
des deux Estats.
VI.
Commerce de marchandises
& denrées restabli.
VII. VIII. & IX.
L'un ne pourra exiger des
Su jets de l'autre que les
mesmes droits qu'il exige
desfiens.
X.
Permis aux Hollandois
le debit du harenc-salé en
France, sans avoir égard
aux Déclarations & Arrestsau
contraire, &c.
Xl.&XII.
Mesmes faciliter aux
Doüannes pour les Sujets
de l'une & de l'autre part,
ports, rades,rivieres & havres
réciproquement libres
,
moyennant les Déclarations
des Capitaines
auxGouverneurs, &c.
XIII.
Asilelibre pour ceux des
deux parties qui auront
fait des prises sur les ennemis
,&au contraire refus
d'asile a ces mesmes ennemis.
XIV.
Exemption réciproque
de la Loy d'Aubeine pour
les uns dans le pays des autres,
n'y pouvant estre reputez
Aubains.
L'article XV. & les neuf
suivants contiennent en substance
que
Les Navires chargez, de
l'un des Alliez, passant devant
les collesdel'autre,
& relaschant dans leurs rades
ou ports, ne feront
point obligez d'y descharger
leurs marchandises, ni
d'y payer aucuns droits, ni
fains,
saisis
,
nyarrestez
,
sinon
pour loyales dettes & par
Justice reglées
,
& en sera
libre le transport, mesme
aux lieux ennemis desdits
Alliez, fauf aux Villes 6ç
Places assiegées, & cela à
l'exception des marchandises
de contrebande.
XXIV. & XXV.
Que lesdits Navires se
rencontranten pleine mer,
ne s'approcheront pas plus
près qu'à la portée du canon
, & secommuniqueront
par une petite Barque
, pour justifier. leurs
passeports & lettres de
mer ; & en cas qu'il y ait
des marchandises de contrebande
elles feront confïsque'es
, & les permises
quise trouveront parmy ne
le feront point.
Le XXVI. XXVII.
XXVIII.&XXIX.expliquent
les cas parties
liers & exemptions desdits
Articles,avec consignation
par les Capitaines & Armateurs
,
de quinze mille
livres tournois pour caution
solidairement des malversations
& contraventions,
&c.
XXX. XXX1. XXXII.
& XXXIII.
Si aucun desdits Capitaines
faisoit prise d'un Vaisseau
chargé desdites marchandises
de contrebande,
ils ne pourront faire ouvrir
les coffres,caisses ou tonneaux,
&c. qu'elles n'ayent
esté descenduës en terre en
presence des Juges, &c.
qui feront prompte & juste
expédition
,
& Sa Majesté
fera revoir lesdits jugements
en son Conseil en
cas que les Ambassadeurs
en portent leurs plaintes.
XXXIV.
Sa Majesté & les Estats
Generaux pourront en tout
temps faire construire ou
freter dans les pays l'un de
l'autre, tel nombre deNavires
ou de Guerre ou de
Commerce, que bon leur
semblera
,
& acheter telle
quantitéd'amunition de
guerre qu'ils auront
-
befoin
, & employeront leur
authorité pour faciliter lesdits
achats à prixraisonnable,
sansqu'ils puissent donner
les mesmes permissions
& facilitez aux ennemis
l'un del'autre
, en cas que
lesdits ennemis fussentaggresseurs.
-
XXXv.
Les Navires de Guerre
ou Marchands échoüant
par tem pestesouautre accident
aux costes de l'un
ou l'autre Allié, ce qui fera
sauvé desdits Navires estant
reclamé par les proprietaires,
&c. fera restitué
sans forme de procez,
&c. - XxxVI.
Les deux Alliez ne souffriront
que leurs Sujets reçoivent
dans leur pays aucuns
pirates & forbans qui
feront punis, & leurs prises
restituées aux proprietaires.
XXXVII.
Les Sujets de part & d'autre
pourront se faire servir
de tels Avocats, Procureurs,
Notaires, &c. qu'ils
voudront, & feront leur
Livre de trafic & correspondance
en telle langue
qu'illeur conviendra, &c.
XXXVIII.
A l'avenir aucuns Confuls
ne feront admis de part
& d'autre, & si l'on jugeoit
à propos d'envoyer
des Residents, Agents;
Commissaires ou autres, ils ne pourront establir
leurs demeures que dans
les lieux de laresidence ordinaire
de la Cour.
Les quatre Articles derniers
contiennent la confirmation
& formalitépour
l'execution & solidité des
conventionscontenus dans
les Articles cy-dessus.
ou Sommaire du Traité de
Commerce, Navigation (S*
Marine, entre la France
&les EstatsGeneraux, con
élu à Utrech le II.Avril
1713.
ARTICLE I.
LA liberté réciproque de
Commerce,comme de tout
temps avant cette guerre..
II.
1 Deffenses de prendre aucunes
Commissions pour
des armements particuliers
, ou lettres de répreGailles
des Princ es & Estats,
ennemis de la France ou
de laHollande. III.
Toutes prises de part &
d'autre après le temps des
délais marqué au Traité,
feront portées en compte
& rendues, avec compensation
des dommages, &,c.
I V..
Toutes lettres de marque
& de répresailles cydevant
accordées, déclarées
nulles,&c.
V.
Ne pourront les particuliers
Sujets des deux parties
estre misen action, &c.
pour les dettes publiques
des deux Estats.
VI.
Commerce de marchandises
& denrées restabli.
VII. VIII. & IX.
L'un ne pourra exiger des
Su jets de l'autre que les
mesmes droits qu'il exige
desfiens.
X.
Permis aux Hollandois
le debit du harenc-salé en
France, sans avoir égard
aux Déclarations & Arrestsau
contraire, &c.
Xl.&XII.
Mesmes faciliter aux
Doüannes pour les Sujets
de l'une & de l'autre part,
ports, rades,rivieres & havres
réciproquement libres
,
moyennant les Déclarations
des Capitaines
auxGouverneurs, &c.
XIII.
Asilelibre pour ceux des
deux parties qui auront
fait des prises sur les ennemis
,&au contraire refus
d'asile a ces mesmes ennemis.
XIV.
Exemption réciproque
de la Loy d'Aubeine pour
les uns dans le pays des autres,
n'y pouvant estre reputez
Aubains.
L'article XV. & les neuf
suivants contiennent en substance
que
Les Navires chargez, de
l'un des Alliez, passant devant
les collesdel'autre,
& relaschant dans leurs rades
ou ports, ne feront
point obligez d'y descharger
leurs marchandises, ni
d'y payer aucuns droits, ni
fains,
saisis
,
nyarrestez
,
sinon
pour loyales dettes & par
Justice reglées
,
& en sera
libre le transport, mesme
aux lieux ennemis desdits
Alliez, fauf aux Villes 6ç
Places assiegées, & cela à
l'exception des marchandises
de contrebande.
XXIV. & XXV.
Que lesdits Navires se
rencontranten pleine mer,
ne s'approcheront pas plus
près qu'à la portée du canon
, & secommuniqueront
par une petite Barque
, pour justifier. leurs
passeports & lettres de
mer ; & en cas qu'il y ait
des marchandises de contrebande
elles feront confïsque'es
, & les permises
quise trouveront parmy ne
le feront point.
Le XXVI. XXVII.
XXVIII.&XXIX.expliquent
les cas parties
liers & exemptions desdits
Articles,avec consignation
par les Capitaines & Armateurs
,
de quinze mille
livres tournois pour caution
solidairement des malversations
& contraventions,
&c.
XXX. XXX1. XXXII.
& XXXIII.
Si aucun desdits Capitaines
faisoit prise d'un Vaisseau
chargé desdites marchandises
de contrebande,
ils ne pourront faire ouvrir
les coffres,caisses ou tonneaux,
&c. qu'elles n'ayent
esté descenduës en terre en
presence des Juges, &c.
qui feront prompte & juste
expédition
,
& Sa Majesté
fera revoir lesdits jugements
en son Conseil en
cas que les Ambassadeurs
en portent leurs plaintes.
XXXIV.
Sa Majesté & les Estats
Generaux pourront en tout
temps faire construire ou
freter dans les pays l'un de
l'autre, tel nombre deNavires
ou de Guerre ou de
Commerce, que bon leur
semblera
,
& acheter telle
quantitéd'amunition de
guerre qu'ils auront
-
befoin
, & employeront leur
authorité pour faciliter lesdits
achats à prixraisonnable,
sansqu'ils puissent donner
les mesmes permissions
& facilitez aux ennemis
l'un del'autre
, en cas que
lesdits ennemis fussentaggresseurs.
-
XXXv.
Les Navires de Guerre
ou Marchands échoüant
par tem pestesouautre accident
aux costes de l'un
ou l'autre Allié, ce qui fera
sauvé desdits Navires estant
reclamé par les proprietaires,
&c. fera restitué
sans forme de procez,
&c. - XxxVI.
Les deux Alliez ne souffriront
que leurs Sujets reçoivent
dans leur pays aucuns
pirates & forbans qui
feront punis, & leurs prises
restituées aux proprietaires.
XXXVII.
Les Sujets de part & d'autre
pourront se faire servir
de tels Avocats, Procureurs,
Notaires, &c. qu'ils
voudront, & feront leur
Livre de trafic & correspondance
en telle langue
qu'illeur conviendra, &c.
XXXVIII.
A l'avenir aucuns Confuls
ne feront admis de part
& d'autre, & si l'on jugeoit
à propos d'envoyer
des Residents, Agents;
Commissaires ou autres, ils ne pourront establir
leurs demeures que dans
les lieux de laresidence ordinaire
de la Cour.
Les quatre Articles derniers
contiennent la confirmation
& formalitépour
l'execution & solidité des
conventionscontenus dans
les Articles cy-dessus.
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Résumé : EXTRAIT ou Sommaire du Traité de Commerce, Navigation & Marine, entre la France & les Estats Generaux, conclu à Utrech le 11. Avril 1713.
Le traité de commerce, navigation et marine entre la France et les États-Généraux, signé à Utrecht le 11 avril 1713, établit plusieurs dispositions clés. L'article I rétablit la liberté réciproque de commerce comme avant la guerre. L'article II interdit les commissions pour des armements particuliers ou les lettres de représailles contre les ennemis de la France ou de la Hollande. L'article III stipule que toutes les prises effectuées après les délais marqués doivent être rendues avec compensation des dommages. L'article IV annule toutes les lettres de marque et de représailles précédemment accordées. L'article V empêche les particuliers des deux parties d'être poursuivis pour les dettes publiques des deux États. L'article VI rétablit le commerce de marchandises et denrées. Les articles VII à IX précisent que chaque partie ne peut exiger des sujets de l'autre que les mêmes droits qu'elle exige des siens. L'article X permet aux Hollandais de vendre du hareng-salé en France malgré les déclarations contraires. Les articles XI et XII facilitent les douanes pour les sujets des deux parties, rendant les ports, rades, rivières et havres réciproquement libres. L'article XIII accorde un asile libre pour ceux ayant fait des prises sur les ennemis et refuse l'asile aux ennemis. L'article XIV exempte réciproquement de la loi d'aubaine. Les articles XV à XXIII régissent le transport des marchandises sans obligation de déchargement ou de paiement de droits, sauf pour contrebande. Les articles XXIV et XXV imposent des règles de communication entre navires en mer. Les articles XXVI à XXIX détaillent les cas particuliers et les exemptions, avec une consignation de 15 000 livres tournois pour caution. Les articles XXX à XXXIII régissent les prises de marchandises de contrebande. L'article XXXIV permet la construction ou l'affrètement de navires et l'achat d'armement. L'article XXXV traite des navires échoués et de la restitution des biens sauvés. L'article XXXVI interdit l'accueil des pirates et forbans. L'article XXXVII autorise l'usage de langues et de représentants choisis. L'article XXXVIII interdit l'admission de consuls et régule la résidence des agents. Les derniers articles confirment l'exécution et la solidité des conventions établies.
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5185
p. 1636
MORTS, NAISSANCES, et Mariage des Pays Etrangers.
Début :
Le Duc Theodore, Prince Souverain de Sultzbach, de la Maison [...]
Mots clefs :
Duc Théodore, Duchesse de Brunswick, General Comte de Stampa
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, et Mariage des Pays Etrangers.
MORTS,
XXXXX
NAISSANCES,
et Mariage des Pays Etrangers.
E Duc Theodore , Prince Souverain de Sultz- bach, de la Maison Palatine,mourut le 11.
de ce mois à Dinckelspiel , dans la 74e année de
son âge , étant né le 14. Février 1659. Ce Prince
qui avoit épousé le 9. Juin 1692. Marie- Elonore
Amelie de Hesse- Reinfels- Rotembourg , morte
le 19. Janvier 1720. laisse pour heritier de ses
Etats , le Prince Joseph- Charles- Emanuel de Sultzbach , né le 17 Mars 1693. lequel avoit
épousé en 1717. Sophie- Auguste , fille de Charles Philippe Electeur Palatin , qui mourut en
couches le 30. Janvier 1728. duquel Mariage il
reste un Prince né le 15 Juin 1724.
Le 8. Juin , la Duchesse de Brunswick Beve- ren , sœur de l'Imperatrice et Epouse du Duc
Ferdinand Albert de Brunswick , accoucha d'un Prince.
On a appris de Milan, que le General Comte de
Stampa avoit conclu le Mariage du jeune Prince
Eugene de Savoye , avec la Princesse fille unique et heritiere du feu Duc de Massa de Carrara , et
que la celebration de ce Mariage devoit se faire incessamment.
XXXXX
NAISSANCES,
et Mariage des Pays Etrangers.
E Duc Theodore , Prince Souverain de Sultz- bach, de la Maison Palatine,mourut le 11.
de ce mois à Dinckelspiel , dans la 74e année de
son âge , étant né le 14. Février 1659. Ce Prince
qui avoit épousé le 9. Juin 1692. Marie- Elonore
Amelie de Hesse- Reinfels- Rotembourg , morte
le 19. Janvier 1720. laisse pour heritier de ses
Etats , le Prince Joseph- Charles- Emanuel de Sultzbach , né le 17 Mars 1693. lequel avoit
épousé en 1717. Sophie- Auguste , fille de Charles Philippe Electeur Palatin , qui mourut en
couches le 30. Janvier 1728. duquel Mariage il
reste un Prince né le 15 Juin 1724.
Le 8. Juin , la Duchesse de Brunswick Beve- ren , sœur de l'Imperatrice et Epouse du Duc
Ferdinand Albert de Brunswick , accoucha d'un Prince.
On a appris de Milan, que le General Comte de
Stampa avoit conclu le Mariage du jeune Prince
Eugene de Savoye , avec la Princesse fille unique et heritiere du feu Duc de Massa de Carrara , et
que la celebration de ce Mariage devoit se faire incessamment.
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5186
p. 1026
SUEDE.
Début :
Les forces Navales du Roi consistent actuellement en 36. Vaisseaux de ligne & 19. Frégates, [...]
Mots clefs :
Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE
Es forces Navales du Roi confiftent actuelle
ment en 36. Vaiffeaux de ligne & 19. Frégafans
compter les Galeres & les autres Bâtités
,
mens
plats
.
On mande de Stokolm , que les 6000 , hommes
de Troupes Sedoifes qui doivent entrer au ſervice
du Roi Très- Chrétien & de S. M. Britannique ,
étant arrivez à Yftedt , pour s'y embarquer au
premier ordre , ce Corps de Troupes , qui eft
compofé de quatre Régimens d'Infanterie & de
deux de Cavalerie , doit être renforcé en Pomera- ·
nie par un autre Régiment qui y eft en quartier.
Es forces Navales du Roi confiftent actuelle
ment en 36. Vaiffeaux de ligne & 19. Frégafans
compter les Galeres & les autres Bâtités
,
mens
plats
.
On mande de Stokolm , que les 6000 , hommes
de Troupes Sedoifes qui doivent entrer au ſervice
du Roi Très- Chrétien & de S. M. Britannique ,
étant arrivez à Yftedt , pour s'y embarquer au
premier ordre , ce Corps de Troupes , qui eft
compofé de quatre Régimens d'Infanterie & de
deux de Cavalerie , doit être renforcé en Pomera- ·
nie par un autre Régiment qui y eft en quartier.
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Résumé : SUEDE.
Le roi de Suède dispose de 36 vaisseaux de ligne et 19 frégates. 6 000 soldats suédois, composés de quatre régiments d'infanterie et deux de cavalerie, sont arrivés à Ystädt pour embarquer au service du roi de France et du roi d'Angleterre. Un autre régiment en Poméranie doit renforcer ce corps de troupes.
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5187
p. 59
« Le Doux rempant ; la Grimasse brodée ; l'éloquent Avocat de [...] »
Début :
Le Doux rempant ; la Grimasse brodée ; l'éloquent Avocat de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Doux rempant ; la Grimasse brodée ; l'éloquent Avocat de [...] »
Le Doux rempant 5 la
Grimasse brodée; l'éloquent
Avocat de la ruë
Jean Fleury; la belle Devineusea
dit vostre 1oilette
s'est développée à
mes yeux.
Grimasse brodée; l'éloquent
Avocat de la ruë
Jean Fleury; la belle Devineusea
dit vostre 1oilette
s'est développée à
mes yeux.
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5188
p. 174
« On a jugé à propos de lever le siége de Zwornick. Le Prince [...] »
Début :
On a jugé à propos de lever le siége de Zwornick. Le Prince [...]
Mots clefs :
Siège, Prince Eugène, Troupes, Quartier d'hiver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a jugé à propos de lever le siége de Zwornick. Le Prince [...] »
Ona jugé à propos de lever le fiége de Zvvornick. Le
Prince Eugene cft attendu à tout moment à Vienne. Avang
que de partir, il a donné fes ordres pour envoyer lesTroupes
en Quartier d'hyver. Le Prince Electoral de Saxe qui a fair
Abjuration , a déclaré qu'il étoit Catholique interieurement
depuis long - tems. Il affiſta le 12 à la Meſſ:, & reçût
publiquement la Communion des mains du Nonce duPape,Ona jugé à propos de lever le fiége de Zvvornick. Le
Prince Eugene cft attendu à tout moment à Vienne. Avang
que de partir, il a donné fes ordres pour envoyer lesTroupes
en Quartier d'hyver. Le Prince Electoral de Saxe qui a fair
Abjuration , a déclaré qu'il étoit Catholique interieurement
depuis long - tems. Il affiſta le 12 à la Meſſ:, & reçût
publiquement la Communion des mains du Nonce duPape,
M. le Duc de Mortemart a deffendu que qui que ce foit
enrrâ dans la Chambre du Roy , à moins qu'il n'eut les
entrées.
Le Bureau Général d'Adreſſe & de rencontre rue S. Sau
Yeur, eft ouvert , & reçoit toutes les propofitions permiſes .
Prince Eugene cft attendu à tout moment à Vienne. Avang
que de partir, il a donné fes ordres pour envoyer lesTroupes
en Quartier d'hyver. Le Prince Electoral de Saxe qui a fair
Abjuration , a déclaré qu'il étoit Catholique interieurement
depuis long - tems. Il affiſta le 12 à la Meſſ:, & reçût
publiquement la Communion des mains du Nonce duPape,Ona jugé à propos de lever le fiége de Zvvornick. Le
Prince Eugene cft attendu à tout moment à Vienne. Avang
que de partir, il a donné fes ordres pour envoyer lesTroupes
en Quartier d'hyver. Le Prince Electoral de Saxe qui a fair
Abjuration , a déclaré qu'il étoit Catholique interieurement
depuis long - tems. Il affiſta le 12 à la Meſſ:, & reçût
publiquement la Communion des mains du Nonce duPape,
M. le Duc de Mortemart a deffendu que qui que ce foit
enrrâ dans la Chambre du Roy , à moins qu'il n'eut les
entrées.
Le Bureau Général d'Adreſſe & de rencontre rue S. Sau
Yeur, eft ouvert , & reçoit toutes les propofitions permiſes .
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5190
p. 2512
ENIGME à mettre en Musique.
Début :
Je fais les délices des filles ; [...]
Mots clefs :
Chanson
5191
p. 180
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
Les Comédiens Italiens doivent donner incessamment la Rosière, comédie en [...]
Mots clefs :
Rosière, Comédie-Italienne, Début, Sr Demery, Acteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE .
LES Comédiens Italiens doivent donner
inceffamment la Rofière , comédie en
trois actes, mêlée d'ariettes dont la mufique
eft de M. Gretry.
DEBUT.
Le Sr Demery a debuté dans Tom Jones
, dans le Soldat Magicien , dans le
Déferteur , dans l'Amoureux de Quinze
ans , & dans plufieurs autres comédies ,
où il a rempli les rôles de baffe - taille . Il
a du feu , de l'habitude & de l'intelligence.
Sa figure & ſa voix font agréables.
Cet acteur a déjà paru il y a deux ans fur
ce théâtre ; il a beaucoup avancé ſon talent
par fon travail en Province ; il peut
fe rendre utile à la Comédie , & intéreffant
pour le Public , en étudiant & perfectionnant
fon jeu , & s'appliquant à
rendre la mufique avec jufteffe & précifion.
LES Comédiens Italiens doivent donner
inceffamment la Rofière , comédie en
trois actes, mêlée d'ariettes dont la mufique
eft de M. Gretry.
DEBUT.
Le Sr Demery a debuté dans Tom Jones
, dans le Soldat Magicien , dans le
Déferteur , dans l'Amoureux de Quinze
ans , & dans plufieurs autres comédies ,
où il a rempli les rôles de baffe - taille . Il
a du feu , de l'habitude & de l'intelligence.
Sa figure & ſa voix font agréables.
Cet acteur a déjà paru il y a deux ans fur
ce théâtre ; il a beaucoup avancé ſon talent
par fon travail en Province ; il peut
fe rendre utile à la Comédie , & intéreffant
pour le Public , en étudiant & perfectionnant
fon jeu , & s'appliquant à
rendre la mufique avec jufteffe & précifion.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
La pièce 'La Rosière' est une comédie en trois actes, avec des ariettes composées par M. Gretry, que les Comédiens Italiens vont bientôt représenter. L'acteur Sr Demery a récemment interprété des rôles dans 'Tom Jones', 'Le Soldat Magicien', 'Le Déserteur' et 'L'Amoureux de Quinze ans'. Il a démontré du talent, de l'expérience et de l'intelligence dans des rôles de basse-taille. Sa physionomie et sa voix sont appréciées. Après deux ans d'absence, il a amélioré ses compétences en province et peut contribuer significativement à la Comédie.
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5192
p. 984
« CATALOGUE des Livres de feuë Madame la Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en [...] »
Début :
CATALOGUE des Livres de feuë Madame la Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CATALOGUE des Livres de feuë Madame la Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en [...] »
CATALOGUE des Livres de feuë Madame la
Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en
détail en son Hôtel , rue du Cherche- Midy , le
12 juin 1737. et jours suivans . A Paris , ruë
Arts , établie à Pau , distribuera le premier Fé
3
S. Jacques , chés Gabr. Martin , in 8. de 2408-
pages.
Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en
détail en son Hôtel , rue du Cherche- Midy , le
12 juin 1737. et jours suivans . A Paris , ruë
Arts , établie à Pau , distribuera le premier Fé
3
S. Jacques , chés Gabr. Martin , in 8. de 2408-
pages.
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5193
p. 178
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
ON a donné le 15 Janvier la troisiéme représentation du Milicien , Comédie [...]
Mots clefs :
Comédie, Musique, Acte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
ONN a donné le 15 Janvier la troifiéme
repréſentation du Milicien , Comé
die nouvelle en 1 Acte mélée d'Ariettes
, qui avoit été interrompue par l'in
difpofition d'une Actrice. Cette Piéce
a été continuée .
Le 26 on a repréfenté pour la prémière
fois le Guy de Chefne ou la Fête
des Druydes , Comédie nouvelle en
vers , en un Acte , mêlée d'Arrietes.
La Mufique eft de M. la Ruette , Acteur
de ce Théâtre . Nous n'avons pas
encore été informés du nom de l'Auteur
des Paroles.
Cette Piéce a beaucoup réuffi &
elle est toujours vue avec grand plaifir.
C'est un des ouvrages de ce nouveau
genre , auquel le goût ait le
plus de part. Tout , jufqu'au Comique
, y eft d'un ton agréable , délicat
& fouvent affez fin , tant en paroles
qu'en mufique , affortis enſemble
avec beaucoup de grâces & d'intelligence.
C'est au gré de quelques Connoiffeurs
, une des plus jolies Bagatelles
auxquelles on puiffe accorder fes
fuffrages , fans déroger à la Raiſon , &
au principe fur les chofes d'agrément.
ONN a donné le 15 Janvier la troifiéme
repréſentation du Milicien , Comé
die nouvelle en 1 Acte mélée d'Ariettes
, qui avoit été interrompue par l'in
difpofition d'une Actrice. Cette Piéce
a été continuée .
Le 26 on a repréfenté pour la prémière
fois le Guy de Chefne ou la Fête
des Druydes , Comédie nouvelle en
vers , en un Acte , mêlée d'Arrietes.
La Mufique eft de M. la Ruette , Acteur
de ce Théâtre . Nous n'avons pas
encore été informés du nom de l'Auteur
des Paroles.
Cette Piéce a beaucoup réuffi &
elle est toujours vue avec grand plaifir.
C'est un des ouvrages de ce nouveau
genre , auquel le goût ait le
plus de part. Tout , jufqu'au Comique
, y eft d'un ton agréable , délicat
& fouvent affez fin , tant en paroles
qu'en mufique , affortis enſemble
avec beaucoup de grâces & d'intelligence.
C'est au gré de quelques Connoiffeurs
, une des plus jolies Bagatelles
auxquelles on puiffe accorder fes
fuffrages , fans déroger à la Raiſon , &
au principe fur les chofes d'agrément.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le 15 janvier, la comédie 'Le Milicien', une pièce en un acte mêlée d'ariettes, a été représentée après une interruption due à l'indisposition d'une actrice. Le 26 janvier, la comédie 'Guy de Chefne ou la Fête des Druides', également en un acte et mêlée d'ariettes, a été jouée pour la première fois. La musique de cette pièce est composée par M. la Ruette, acteur du théâtre, mais l'auteur des paroles reste inconnu. La pièce a connu un grand succès, appréciée pour son ton agréable, délicat et souvent subtil, tant dans les paroles que dans la musique. Les connaisseurs la considèrent comme une des œuvres les plus charmantes de ce nouveau genre, offrant un divertissement raisonnable et agréable.
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5194
p. 178
II.
Début :
Les Paysans de Mordyck, estampe d'environ douze pouces de hauteur & de [...]
Mots clefs :
Pierre Maloeuvre, Adriaen Brouwer, Paysans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
I I.
Les Payfans du Mordyck , eſtampe
d'environ douze pouces de hauteur & de
16 de largeur , gravée , de înême grandeur
que le tableau original de Brauer
par Maleuvre , & ſe vend chez lui 2 liv .
8 ſols , rue des Mathutins , au coin de
celle des Maçons.
Les Payfans du Mordyck , eſtampe
d'environ douze pouces de hauteur & de
16 de largeur , gravée , de înême grandeur
que le tableau original de Brauer
par Maleuvre , & ſe vend chez lui 2 liv .
8 ſols , rue des Mathutins , au coin de
celle des Maçons.
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5195
p. 178
III.
Début :
La Bergère prévoyante, estampe d'environ dix-sept pouces de hauteur, gravée par [...]
Mots clefs :
Bergère, Berger, Jacques Aliamet, François Boucher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
III.
LaBergère prévoyante, eftampe d'environ
dix- ſept pouces de hauteur , gravée par
M. Aliamet , d'après un tableau de M.
Boucher.
C'eſt une Bergère qui enchaîne avec
des fleurs fon Berger endormi ; fujet
d'une compoſition galante , & ſupérieurement
gravé . A Paris , chez Aliamet
Graveur du Roi , & de L. M. Impériale
& Royale , rue des Mathurins , vis- à- vis
celle des Maçons .
LaBergère prévoyante, eftampe d'environ
dix- ſept pouces de hauteur , gravée par
M. Aliamet , d'après un tableau de M.
Boucher.
C'eſt une Bergère qui enchaîne avec
des fleurs fon Berger endormi ; fujet
d'une compoſition galante , & ſupérieurement
gravé . A Paris , chez Aliamet
Graveur du Roi , & de L. M. Impériale
& Royale , rue des Mathurins , vis- à- vis
celle des Maçons .
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5196
p. 984-985
Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ACADEMIE des Sciences et des Beaux-Arts, établie à Pau, distribuera le premier Février [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau, &c. [titre d'après la table]
L'ACADEMIE des Sciences et des Beaux-Arts, établie à Pau, distribuera le premier Février 1738 le Prix d'une Médaille d'or à l'Ou
vrage en Prose ou en Vers , qu'elle jugera le mé--
riters lequel ne sera pas de plus d'une
mie
heure de lecture.. Le Sujet proposé est : Quelles :
sompt
MA Y.
1737.
9 ཎཾ ;
sont les qualités les plus désirables dans la Societé,
celles de l'esprit où celles du cœur. On adressera
jusqu'au mois de Novembre inclusivement les
Pieces affranchies , à M. d'Hegobure , Secretaire
de l'Académie. On mettra au bas de l'Ouvrage
une Sentence, laquelle sera repetée au-dessus d'un
Billet cacheté , dans lequel sera le nom de l'Au-
teur.
vrage en Prose ou en Vers , qu'elle jugera le mé--
riters lequel ne sera pas de plus d'une
mie
heure de lecture.. Le Sujet proposé est : Quelles :
sompt
MA Y.
1737.
9 ཎཾ ;
sont les qualités les plus désirables dans la Societé,
celles de l'esprit où celles du cœur. On adressera
jusqu'au mois de Novembre inclusivement les
Pieces affranchies , à M. d'Hegobure , Secretaire
de l'Académie. On mettra au bas de l'Ouvrage
une Sentence, laquelle sera repetée au-dessus d'un
Billet cacheté , dans lequel sera le nom de l'Au-
teur.
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5197
p. 59-60
ENVOY par une Precieuse.
Début :
Une vive & douce lumiere, [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY par une Precieuse.
ENVOY
par une Precieuse,
Vne vive&douce lurnie.",
,
re>
Avec peine f5 p'aij:ry
mentfowvre la pauptcre, ji ce charme desyeuxje
veux donner un nom;
Car ce n'est point Diane ,
encor moins Apollon,
C'est une beaute plus parfaite.
Oui donc? est-ce l'aurore?
non ;
C'est le Soleila si Toilette.
ENIGME
par une Precieuse,
Vne vive&douce lurnie.",
,
re>
Avec peine f5 p'aij:ry
mentfowvre la pauptcre, ji ce charme desyeuxje
veux donner un nom;
Car ce n'est point Diane ,
encor moins Apollon,
C'est une beaute plus parfaite.
Oui donc? est-ce l'aurore?
non ;
C'est le Soleila si Toilette.
ENIGME
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5198
p. 177-178
CHANSON.
Début :
Tremblez Maris jaloux voici le Carnaval, [...]
Mots clefs :
Carnaval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Tremble% Maris jaloux voici
le Carnaval
,
La Prude dans ce tems, comme
la plus Coquette
,
Sous le Masque partout va chercher
lalfeurette;
Et l'Amant malheureux fejafa
vesur le Bal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval.
Parun habitpareil Uplusfage
est fedwte ;
La Coquette à changer d'ellemêmes'invite:
Tout ce dégmfemcnten un mot'
ejifatal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval
Tremble% Maris jaloux voici
le Carnaval
,
La Prude dans ce tems, comme
la plus Coquette
,
Sous le Masque partout va chercher
lalfeurette;
Et l'Amant malheureux fejafa
vesur le Bal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval.
Parun habitpareil Uplusfage
est fedwte ;
La Coquette à changer d'ellemêmes'invite:
Tout ce dégmfemcnten un mot'
ejifatal.
Tremble% Maris jaloux voicy
le Carnaval
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5199
p. 2076-2077
MORTS, NAISSANCES, & Mariages des Païs Etrangers.
Début :
On apprend de Lisbonne qu'Isabelle Pereira, Domestique du Commandant de cette Ville, [...]
Mots clefs :
Princesse, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, & Mariages des Païs Etrangers.
MORTS ,
NAISSANCES,
Mariages des Païs Etrangers.
étoit
N apprend de Lisbonne qu'Ifabelle Pereira ;
morte à Caftello Mendo , âgée de IIO ans.
La Princeffe Epouſe du Prince Royal de Saxe ,
accoucha à Dreſde le 25 Août vers les dix heures
& demie du matin d'un fecond Prince , qui
fut baptifé le lendemain , & nommé Augufte-
Albert - François - Xavier , ayant été tenu für les
Fonts au nom de l'Empereur , du Roi de France
& de la Reine de Portugal. On fit à cette occafion
une triple falve de l'Artillerie des Remparts
& c.
Le 18 Juillet , le Duc d'Holftein Ploen , épouſa
Coppenhague la fille du Comte de Reventlau .
La Celebration du mariage fe fit dans la Chapelle
du Palais en préſence du Roi , de la Reine
de Danemarck, du Prince Royal & de la Princefle
fon Epoufe,
Le
3:
SEPTEMBRE. 1730. 2077
Le 28 Août , la Cerémonie du mariage du Duc
Ferdinand de Curlande avec la Princeffe , fille de
la Ducheffe Douairiere de Veiffenfels , fe fit à
Dama.
NAISSANCES,
Mariages des Païs Etrangers.
étoit
N apprend de Lisbonne qu'Ifabelle Pereira ;
morte à Caftello Mendo , âgée de IIO ans.
La Princeffe Epouſe du Prince Royal de Saxe ,
accoucha à Dreſde le 25 Août vers les dix heures
& demie du matin d'un fecond Prince , qui
fut baptifé le lendemain , & nommé Augufte-
Albert - François - Xavier , ayant été tenu für les
Fonts au nom de l'Empereur , du Roi de France
& de la Reine de Portugal. On fit à cette occafion
une triple falve de l'Artillerie des Remparts
& c.
Le 18 Juillet , le Duc d'Holftein Ploen , épouſa
Coppenhague la fille du Comte de Reventlau .
La Celebration du mariage fe fit dans la Chapelle
du Palais en préſence du Roi , de la Reine
de Danemarck, du Prince Royal & de la Princefle
fon Epoufe,
Le
3:
SEPTEMBRE. 1730. 2077
Le 28 Août , la Cerémonie du mariage du Duc
Ferdinand de Curlande avec la Princeffe , fille de
la Ducheffe Douairiere de Veiffenfels , fe fit à
Dama.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, & Mariages des Païs Etrangers.
En 1730, Isabelle Pereira est décédée à Lisbonne à 110 ans. À Dresde, la princesse épouse du prince royal de Saxe a donné naissance à Auguste-Albert-François-Xavier. Le duc d'Holstein-Ploen a épousé la fille du comte de Reventlau à Copenhague. Le duc Ferdinand de Courlande a célébré son mariage à Dama.
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5200
p. 149-150
II. COUPLET DES PHILOSOPHES.
Début :
Grands Philosophes je vous blâme [...]
Mots clefs :
Philosophes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II. COUPLET DES PHILOSOPHES.
II. COUPLET
DESPHILOSOPHES.
Grands Pbilofophes je
vous blâme
Etje veuxfaire un systême
nouveau
Vous avez, fait présider
J'ame
Lun dans le coeur, l'autre
dans le cerveau,
Sça'VeZ::vous bien ou la
miennes'avance
Pour teniraudiance
cest dans monpalais
Quelle juge £un vin
frais
Qui coule à longs traits.
DESPHILOSOPHES.
Grands Pbilofophes je
vous blâme
Etje veuxfaire un systême
nouveau
Vous avez, fait présider
J'ame
Lun dans le coeur, l'autre
dans le cerveau,
Sça'VeZ::vous bien ou la
miennes'avance
Pour teniraudiance
cest dans monpalais
Quelle juge £un vin
frais
Qui coule à longs traits.
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