Résultats : 21917 texte(s)
Détail
Liste
5401
p. 186
« Je prie le Lecteur de me permettre d'interrompre cet [...] »
Début :
Je prie le Lecteur de me permettre d'interrompre cet [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Je prie le Lecteur de me permettre d'interrompre cet [...] »
Je prie le Lecteur de me
permettre, d'interrompre cet
article que nous reprendrons
ailleurs pour luy faire part du
Mariage de
permettre, d'interrompre cet
article que nous reprendrons
ailleurs pour luy faire part du
Mariage de
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5402
p. 54
PREMIERE ENIGME.
Début :
D'un pere lumineux je suis la fille obscure, [...]
Mots clefs :
Fumée
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texteReconnaissance textuelle : PREMIERE ENIGME.
PREMIERE ENIGME..
Un pere lumineux je fuis la fille obfcure ,
Incertaine dans mon allure
Je m'élève pourtant fur la route des Cieux ;
Souvent aimé , par fois haï dans la Nature
Mon pere réjouit les yeux
2
Quand je les bleffe moi. Dès que je me dévoye
De mon trifte chemin
Je fais pleurer ceux qui font dans la jõje.
Si l'on me fent dans un feftin ,
Je gueris de l'intemperance .
Un des quatre Elemens ne va jamais fans moy>
Dans fon Palais le plus grand Roy
Peut jufques dansfachambre éprouver ma puil
fance.
Un pere lumineux je fuis la fille obfcure ,
Incertaine dans mon allure
Je m'élève pourtant fur la route des Cieux ;
Souvent aimé , par fois haï dans la Nature
Mon pere réjouit les yeux
2
Quand je les bleffe moi. Dès que je me dévoye
De mon trifte chemin
Je fais pleurer ceux qui font dans la jõje.
Si l'on me fent dans un feftin ,
Je gueris de l'intemperance .
Un des quatre Elemens ne va jamais fans moy>
Dans fon Palais le plus grand Roy
Peut jufques dansfachambre éprouver ma puil
fance.
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5403
p. 2660
PORTUGAL.
Début :
On écrit de Lisbonne, que le 4. Octobre le Roi, accompagné de l'Infant Don Antoine [...]
Mots clefs :
Infant, Lisbonne, Religieux franciscains de la Réforme
5404
p. 164-165
ESPAGNE.
Début :
Les Ouvrages que le Roy a fait construire le long [...]
Mots clefs :
Espagne, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
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Résumé : ESPAGNE.
Le roi d'Espagne a ordonné l'arrêt des travaux et le retrait des troupes des fortifications entre Gibraltar et l'Andalousie. Ces ouvrages empêchaient la contrebande anglaise. Par ailleurs, le Duc de Riperda a quitté Tanger pour la cour du roi du Maroc.
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5405
p. 186-187
VI.
Début :
Portrait de feu M. de Beauteville, Evêque d'Alet, chez le Père & Avaulez, [...]
Mots clefs :
Portrait, Jean-Louis du Buisson de Beauteville
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texteReconnaissance textuelle : VI.
V I.
Portrait de feu M. de Beauteville
FÉVRIER. 1777. 187
Evêque d'Alet , chez le Père & Avaulez
, rue S. Jacques. Prix livre 4 fols ,
La charité , la douceur & les vertus
épifcopales caractérisent ce digne Prélat.
Les perfonnes qui aimeront à fe retracer
fon image , ne pourront que la recevoir
avec empreffement.
Une couronne d'épine fert de cartel
à ce Portrait , gravé par M. Voyez ,
l'aîné , avec beaucoup de foin & de
talent.
Portrait de feu M. de Beauteville
FÉVRIER. 1777. 187
Evêque d'Alet , chez le Père & Avaulez
, rue S. Jacques. Prix livre 4 fols ,
La charité , la douceur & les vertus
épifcopales caractérisent ce digne Prélat.
Les perfonnes qui aimeront à fe retracer
fon image , ne pourront que la recevoir
avec empreffement.
Une couronne d'épine fert de cartel
à ce Portrait , gravé par M. Voyez ,
l'aîné , avec beaucoup de foin & de
talent.
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5406
p. 594-595
« D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
Début :
D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...]
Mots clefs :
Troupes, Général, Mehemet, Armée, Thamas Kouli-Kan
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texteReconnaissance textuelle : « D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
D'autres lettres portent que l'avantage remporté
par les Persans sur les Turcs , a étémandé
au G. S. par Mahomet Pacha de Dierbeck ,
et ci-devant Grand Visir , qui a pris le commandement
des Troupes Ottomanes depuis
qu'elles ont perdu leur General, lequel, ajoutent
ces Lettres , ayant résolu d'aller joindre Mehemet
qui avec vingt mille hommes tenoit une partie
de l'armée Persane enfermée dans des défilez
sortit du Camp où il étoit retranché sous Kerkout
, et il s'avança avec un Corps de Troupes
à peu près égal à celui que Mehemet commandoit
, vers l'endroit où étoit ce Pacha , il n'en
étoit plus éloigné que de quatre journées , lorsqu'il
fut attaqué par Thamas-Kouli - Kan qui
ayant été instruit de la marche du Seraskier
avoit passé par des chemins peu connus , pour
empêcher les deux corps d'armée des Turcs de
se joindre. Les Troupes de Topal- Osman soutinrent
le premier choc avec valeur , mais à la
fin elles furent contraintes de céder au nombre.
Ce General voyant qu'elles commençoient à
plier , quitta sa Litière dans laquelle il avoit
demeuré jusqu'alors à cause de son grand âge
et de ses infirmitez , et s'étant fait mettre à cheval
, il exhorta ceux qui étoient près de lui , à
le suivre , et il se jetta dans le fort de la mêlée .
Quelques efforts qu'il fit pour animer les Troupes
par son exemple , plusieurs Pachas se retirerent
et il ne resta avec lui que ses meilleures
Troupes qui disputérent encore pendant quelque
temps la victoire aux Ennemis ; mais le Seraskier
étant tombé percé de coups , et les Troupes
qui l'avoient suivi étant découragées par la
mort de leur General , elles abandonnerent le
Champ de bataille aux Persans
McheMARS.
1734. 595
Mehemet mande à Sa Hautesse , que les Turcs
ont perdu dans cette Action près de huit mille
hommes et qu'il est actuellement avec l'armée
dans le Camp de Kerkout , où il rassemble le
plus de Troupes qu'il lui est possible .
Une action de Thamas Kouli-Kan , qui paroîtra
sans doute severe , si elle est bien vraie ;
mais qui est remarquable. C'est qu'après ce dernier
avantage remporté sur les Turcs , et la défaite
et la mort de l'Illustre Topal - Osman , ses
Courtisans lui prodiguerent toute sorte de Dis
cours flateurs ; il en coûta la vie à son Secretaire
, pour avoir été plus loin que les autres ; il lui
proposa , pour étendre , disoit - il , son crédit ,
et les moyens d'augmenter le nombre de ses
créatures , et de ses Partisans , la vente des Emplois
et des Charges Civiles et Militaires ; mais
Kouli-Kan accabla d'injures le donneur d'avis ,
ajoûtant que c'étoit un artifice pour lui ôter les
moyens de récompenser le mérite , le rendre
odieux , et pour s'enrichir lui - même ; et le jugeant
digne de mort , il le fit mettre dans un
Sac et jetter sur le Champ dans la Riviere.
par les Persans sur les Turcs , a étémandé
au G. S. par Mahomet Pacha de Dierbeck ,
et ci-devant Grand Visir , qui a pris le commandement
des Troupes Ottomanes depuis
qu'elles ont perdu leur General, lequel, ajoutent
ces Lettres , ayant résolu d'aller joindre Mehemet
qui avec vingt mille hommes tenoit une partie
de l'armée Persane enfermée dans des défilez
sortit du Camp où il étoit retranché sous Kerkout
, et il s'avança avec un Corps de Troupes
à peu près égal à celui que Mehemet commandoit
, vers l'endroit où étoit ce Pacha , il n'en
étoit plus éloigné que de quatre journées , lorsqu'il
fut attaqué par Thamas-Kouli - Kan qui
ayant été instruit de la marche du Seraskier
avoit passé par des chemins peu connus , pour
empêcher les deux corps d'armée des Turcs de
se joindre. Les Troupes de Topal- Osman soutinrent
le premier choc avec valeur , mais à la
fin elles furent contraintes de céder au nombre.
Ce General voyant qu'elles commençoient à
plier , quitta sa Litière dans laquelle il avoit
demeuré jusqu'alors à cause de son grand âge
et de ses infirmitez , et s'étant fait mettre à cheval
, il exhorta ceux qui étoient près de lui , à
le suivre , et il se jetta dans le fort de la mêlée .
Quelques efforts qu'il fit pour animer les Troupes
par son exemple , plusieurs Pachas se retirerent
et il ne resta avec lui que ses meilleures
Troupes qui disputérent encore pendant quelque
temps la victoire aux Ennemis ; mais le Seraskier
étant tombé percé de coups , et les Troupes
qui l'avoient suivi étant découragées par la
mort de leur General , elles abandonnerent le
Champ de bataille aux Persans
McheMARS.
1734. 595
Mehemet mande à Sa Hautesse , que les Turcs
ont perdu dans cette Action près de huit mille
hommes et qu'il est actuellement avec l'armée
dans le Camp de Kerkout , où il rassemble le
plus de Troupes qu'il lui est possible .
Une action de Thamas Kouli-Kan , qui paroîtra
sans doute severe , si elle est bien vraie ;
mais qui est remarquable. C'est qu'après ce dernier
avantage remporté sur les Turcs , et la défaite
et la mort de l'Illustre Topal - Osman , ses
Courtisans lui prodiguerent toute sorte de Dis
cours flateurs ; il en coûta la vie à son Secretaire
, pour avoir été plus loin que les autres ; il lui
proposa , pour étendre , disoit - il , son crédit ,
et les moyens d'augmenter le nombre de ses
créatures , et de ses Partisans , la vente des Emplois
et des Charges Civiles et Militaires ; mais
Kouli-Kan accabla d'injures le donneur d'avis ,
ajoûtant que c'étoit un artifice pour lui ôter les
moyens de récompenser le mérite , le rendre
odieux , et pour s'enrichir lui - même ; et le jugeant
digne de mort , il le fit mettre dans un
Sac et jetter sur le Champ dans la Riviere.
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Résumé : « D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
Le texte décrit une bataille entre les Persans et les Turcs. Mahomet Pacha de Dierbeck, ancien Grand Visir, a pris le commandement des troupes ottomanes après la perte de leur général. Il a tenté de rejoindre Mehemet, qui dirigeait une partie de l'armée persane. Thamas-Kouli-Kan, informé de l'avancée des Turcs, a attaqué les troupes de Topal-Osman, un général turc. Malgré une résistance initiale, les Turcs ont été vaincus en raison de leur infériorité numérique. Topal-Osman, malgré son âge et ses infirmités, a tenté de rallier ses troupes mais a été tué, entraînant la déroute des Turcs. Mehemet a informé le souverain ottoman de la défaite, mentionnant la perte de près de huit mille hommes. Après sa victoire, Thamas-Kouli-Kan a sévèrement réprimé son secrétaire pour des conseils jugés malveillants, le faisant exécuter.
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5407
p. 1012-1013
« Le 4. de ce mois, les Comédiens François remirent au Théatre la Tragédie d'Andromaque, [...] »
Début :
Le 4. de ce mois, les Comédiens François remirent au Théatre la Tragédie d'Andromaque, [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français
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texteReconnaissance textuelle : « Le 4. de ce mois, les Comédiens François remirent au Théatre la Tragédie d'Andromaque, [...] »
Le 4. de ce mois , les Comédiens François
remirent au Théatre la Tragédie d'Andromaque,
dans laquelle la Dile Dumay , qui n'a encore
monté sur aucun Théatre public , joia le Rôle
d'Hermione. Elle remplit quelques jours après le
Rôle de Zénobie , dans la Tragedie de ce nom ,
et elle y fut applaudie.
Le Mercredi 13 , on representa la Tragédie
d'Electre , de M. de Crebillon, avec un tres -grand
concours ; la Dlle Dufresne qui avoit été plus d'un
an sans paroître , y joua le principal Rôle , er
le public l'honora de beaucoup d'applaudisse
mens , tres-bien méritez .
Le 20 du même mois , le Sr Fierville , Acteur
du Théatre de Strasbourg , joüa dans la même
Piéce le Rôle de Palamede , et il y fut tres- ap
plaudi.
Le 27 , il fut aussi fort applaudi dans le Rôlè
du Vieil Horace , dans la Tragédie des Horaces,
dans laquelle la Dlle Dufresne joua le Rôle de
Camille
MAY. 1733 . 1013
Camille , avec des graces , des expressions et une
finesse ausquelles le Public parut tres - sensible .
Le même jour on joua pour la premiere fois ,
Le Rendez- vous ; petite Piéce en Vers et en un
Acte , de M. Fagan ; on dit que c'est son premier
Ouvrage ; si cela est , il y a tout lieu de
bien augurer de ceux qu'il donnera dans la suite.
Celui- cy a été reçu tres - favorablement , et il
un fort grand succès. Outre que la Piece est
tres jolie , elle est parfaitement bien representée.
Nous en parlerons plus au long.
remirent au Théatre la Tragédie d'Andromaque,
dans laquelle la Dile Dumay , qui n'a encore
monté sur aucun Théatre public , joia le Rôle
d'Hermione. Elle remplit quelques jours après le
Rôle de Zénobie , dans la Tragedie de ce nom ,
et elle y fut applaudie.
Le Mercredi 13 , on representa la Tragédie
d'Electre , de M. de Crebillon, avec un tres -grand
concours ; la Dlle Dufresne qui avoit été plus d'un
an sans paroître , y joua le principal Rôle , er
le public l'honora de beaucoup d'applaudisse
mens , tres-bien méritez .
Le 20 du même mois , le Sr Fierville , Acteur
du Théatre de Strasbourg , joüa dans la même
Piéce le Rôle de Palamede , et il y fut tres- ap
plaudi.
Le 27 , il fut aussi fort applaudi dans le Rôlè
du Vieil Horace , dans la Tragédie des Horaces,
dans laquelle la Dlle Dufresne joua le Rôle de
Camille
MAY. 1733 . 1013
Camille , avec des graces , des expressions et une
finesse ausquelles le Public parut tres - sensible .
Le même jour on joua pour la premiere fois ,
Le Rendez- vous ; petite Piéce en Vers et en un
Acte , de M. Fagan ; on dit que c'est son premier
Ouvrage ; si cela est , il y a tout lieu de
bien augurer de ceux qu'il donnera dans la suite.
Celui- cy a été reçu tres - favorablement , et il
un fort grand succès. Outre que la Piece est
tres jolie , elle est parfaitement bien representée.
Nous en parlerons plus au long.
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Résumé : « Le 4. de ce mois, les Comédiens François remirent au Théatre la Tragédie d'Andromaque, [...] »
En mai 1733, plusieurs événements marquants eurent lieu au théâtre. Le 4 mai, les Comédiens Français reprirent la tragédie d'Andromaque, avec la débutante Dumay dans le rôle d'Hermione. Quelques jours plus tard, elle interpréta Zénobie dans la tragédie éponyme et reçut des applaudissements. Le 13 mai, la tragédie d'Électre de M. de Crebillon fut représentée avec un grand succès. La demoiselle Dufresne, après une absence d'un an, joua le rôle principal et fut acclamée par le public. Le 20 mai, le sieur Fierville, acteur du Théâtre de Strasbourg, interpréta Palamède dans la même pièce et fut très applaudi. Le 27 mai, il joua le rôle du Vieil Horace dans la tragédie des Horaces, aux côtés de la demoiselle Dufresne dans le rôle de Camille, qui fut saluée pour ses grâces et sa finesse. Ce même jour, la pièce en un acte Le Rendez-vous de M. Fagan fut jouée pour la première fois et remporta un grand succès, tant par la qualité de la pièce que par sa représentation.
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5408
p. 2304-2305
ACTIONS de graces & Fête à Nogent-le-Rotrou. Extrait d'une Lettre du 17 Septembre 1744.
Début :
M. le Duc de Sully, Seigneur de la Ville de Nogent-le-Rotrou, au Perche, [...]
Mots clefs :
Officiers, Bailliage, Château, Te Deum, Roi, Joie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACTIONS de graces & Fête à Nogent-le-Rotrou. Extrait d'une Lettre du 17 Septembre 1744.
ACTIDNS degrâces& Fête à Nogem-le-
Roîrou. Extrait d'une Lettre du 17
Septembre 1744. M le Duc de Sully, Seigneur de la
Ville de Nogent-le-Rotrou, au Perche
,
nommée aujourd'hui dans tous les
ActesNogent-le-Bethune,ayant donné ses
ordres, pour que dans touslesLieuxqui lui
appartiennent, il fut rendu à Dieu de solemnelles
actionsde grâces v&c. pour l'heureux
rétablissement de la- santé du Roi, M.
Morin,l'un des principaux Officiers du Bailliage
& de la Police de Nogent, chargé par
desordres particuliers, s'en est acquitté ici
avec tout le zéle & tout le succès possibles.
LaFêtefutannoncée le soir parleson
des Cloches,& commencée par un Te Denm-,
solemnellement chanté dans l'Eglise Collégiale
de S. Jean. Le Bailliage en Corps,
ayantM.de Perceval ,Lieutenant Général,
à latête
,
& le Corps de Ville, y assisterent,
accompagnésde deux Compagnies de Milice
Bourgoise, avec leurs Officiers & les
Enseignes déployées.
Après le Te Dmm
, on alluma le Feu de
joye
,
quiavoit été préparé devant la principale
Porte du Château ; un Peuple innom
nombrable fit en même-tems retentir l'air
de cris redoublés de Vive le Roi. On fit pluſieurs
décharges de moufqueterie , & on
entendit par întervalles la Symphonie de
pluſieurs Inſtrumens.
Après cette Cérémonie , toute la façade
du Château fut illuminée avec beaucoup
d'art : un tems doux & tranquile conferva
long-tems le feu des Lampions , enforte que
toute la Ville , qui eſt beaucoup dominée
par le Château , eût le plaiſir de joüir longtems
de cet agréable ſpectacle.
M. Morin donna enfuite un grand repas ,
auquel fûrent invités le Doyen de S. Jean ,
les Officiers & Avocats du Bailliage , le
Maire , les Officiers de la Bourgeoifie , &
d'autres perſonnes de diſtinction. Tout y
fût ſervi avec autant de profuſion que de
délicateſſe. Toute la Ville étoit dans la
joye ; les Violons donnerent des Serenades
à la porte des principaux Officiers ,
&la Fête , qui dura preſque toute la nuit ,
fût terminée ſans le moindre bruit , &à la
fatisfaction de tout le monde.
Roîrou. Extrait d'une Lettre du 17
Septembre 1744. M le Duc de Sully, Seigneur de la
Ville de Nogent-le-Rotrou, au Perche
,
nommée aujourd'hui dans tous les
ActesNogent-le-Bethune,ayant donné ses
ordres, pour que dans touslesLieuxqui lui
appartiennent, il fut rendu à Dieu de solemnelles
actionsde grâces v&c. pour l'heureux
rétablissement de la- santé du Roi, M.
Morin,l'un des principaux Officiers du Bailliage
& de la Police de Nogent, chargé par
desordres particuliers, s'en est acquitté ici
avec tout le zéle & tout le succès possibles.
LaFêtefutannoncée le soir parleson
des Cloches,& commencée par un Te Denm-,
solemnellement chanté dans l'Eglise Collégiale
de S. Jean. Le Bailliage en Corps,
ayantM.de Perceval ,Lieutenant Général,
à latête
,
& le Corps de Ville, y assisterent,
accompagnésde deux Compagnies de Milice
Bourgoise, avec leurs Officiers & les
Enseignes déployées.
Après le Te Dmm
, on alluma le Feu de
joye
,
quiavoit été préparé devant la principale
Porte du Château ; un Peuple innom
nombrable fit en même-tems retentir l'air
de cris redoublés de Vive le Roi. On fit pluſieurs
décharges de moufqueterie , & on
entendit par întervalles la Symphonie de
pluſieurs Inſtrumens.
Après cette Cérémonie , toute la façade
du Château fut illuminée avec beaucoup
d'art : un tems doux & tranquile conferva
long-tems le feu des Lampions , enforte que
toute la Ville , qui eſt beaucoup dominée
par le Château , eût le plaiſir de joüir longtems
de cet agréable ſpectacle.
M. Morin donna enfuite un grand repas ,
auquel fûrent invités le Doyen de S. Jean ,
les Officiers & Avocats du Bailliage , le
Maire , les Officiers de la Bourgeoifie , &
d'autres perſonnes de diſtinction. Tout y
fût ſervi avec autant de profuſion que de
délicateſſe. Toute la Ville étoit dans la
joye ; les Violons donnerent des Serenades
à la porte des principaux Officiers ,
&la Fête , qui dura preſque toute la nuit ,
fût terminée ſans le moindre bruit , &à la
fatisfaction de tout le monde.
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5409
p. 186-187
RESPONSE par le bon Convive
Début :
Les petits Verres font jaser [...]
Mots clefs :
Verres à boire, Taille, Boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RESPONSE par le bon Convive
RESPONSE
parle bon Convive
Les petits Verres font jaſer
Dans le commerce de la table ,
Ils fervent à nous amuſer,
Et c'est ce que le vin a de plus
GALANT. 187
agreable.
Boire à grands coups c'est
abuſer
D'une liqueurfi delectable.
parle bon Convive
Les petits Verres font jaſer
Dans le commerce de la table ,
Ils fervent à nous amuſer,
Et c'est ce que le vin a de plus
GALANT. 187
agreable.
Boire à grands coups c'est
abuſer
D'une liqueurfi delectable.
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5410
p. 184-185
ENIGME. Par M. le Comte de S. Gilin.
Début :
Lorsque la Nature sommeille, [...]
Mots clefs :
Ver luisant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME. Par M. le Comte de S. Gilin.
ENIGME.
ParM. le Comte de S. Gilin
Lorſque la Nature ſommeille ,
Je fais paroître mes beautés :
Aux Champs que le jour a quittés,
Je ſuis la petite Merveille :
Mon éclat n'eſt point emprunté ;
Sur la Terre je ſuis unAftre ,
DEJUILLET 185
1
4
Qui ne prédit aucun défaftre.
Deme prendre l'on eſt tenté ;
Ma lumière croît., diminuë :
Mais , ſouvent on veut m'approcher
,
Que je me dérobe à la vûë ,
Et l'on ne ſçait où me chercher..`
ParM. le Comte de S. Gilin
Lorſque la Nature ſommeille ,
Je fais paroître mes beautés :
Aux Champs que le jour a quittés,
Je ſuis la petite Merveille :
Mon éclat n'eſt point emprunté ;
Sur la Terre je ſuis unAftre ,
DEJUILLET 185
1
4
Qui ne prédit aucun défaftre.
Deme prendre l'on eſt tenté ;
Ma lumière croît., diminuë :
Mais , ſouvent on veut m'approcher
,
Que je me dérobe à la vûë ,
Et l'on ne ſçait où me chercher..`
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5411
p. 157-158
SUR LES NOUVELLISTES.
Début :
Un Nouvelliste politique [...]
Mots clefs :
Nouvellistes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES NOUVELLISTES.
SUR
LES NOUVELLISTES.
UnNourvellifie politique
Qui tient conseil dans la
court du Pa/ais,
Demande au plusfou de
saclique
Si nom aurons ou laguerre
ou la paix,
Moy curieux d'une unique
nouvelle
Lorsqu , il pleut ou quil
gele
Du joir au matin
Je demande à mon voisin
durons-nous du vin.
LES NOUVELLISTES.
UnNourvellifie politique
Qui tient conseil dans la
court du Pa/ais,
Demande au plusfou de
saclique
Si nom aurons ou laguerre
ou la paix,
Moy curieux d'une unique
nouvelle
Lorsqu , il pleut ou quil
gele
Du joir au matin
Je demande à mon voisin
durons-nous du vin.
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5412
p. 168-169
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le premier de ce mois, les Ministres Plenipotentiaires du [...]
Mots clefs :
Roi, Alliance, Traité de paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
Es p a c n e.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
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Résumé : ESPAGNE.
En janvier 1730, à Séville, les ministres plénipotentiaires du roi Très Chrétien et du roi d'Angleterre ont échangé les ratifications du traité de paix, d'union, d'amitié et d'alliance défensive signé le 9 novembre précédent. Les États Généraux des Provinces Unies sont également attendus pour adhérer au traité, leur ambassadeur ayant déjà approuvé le 11 novembre. À Lisbonne, le 11 novembre, le vaisseau Saint-Gabriel, chargé pour les fermiers du tabac, a été détruit par un incendie sans perte humaine. Le 5 janvier, le marquis de Françay, ambassadeur du roi Très Chrétien, a conclu les festivités pour la naissance du Dauphin par un feu d'artifice à Séville, en présence des majestés et des princes de la famille royale. Le 10 janvier, le traité de paix a été publié à Madrid avec des cérémonies traditionnelles, suivi de réjouissances publiques.
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5413
p. 164-165
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres que le 8. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Parlement d'Irlande
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En janvier 1732, Adgi Mahomet Said et Adgi Ali, représentants de la Régence d'Alger, ont été reçus à Londres par le roi, la reine, le prince de Galles et le duc de Cumberland. Le roi leur a accordé une allocation mensuelle de 80 livres sterling. En Irlande, le Parlement a maintenu des taxes sur la bière, le vin et les spiritueux, et a instauré une nouvelle imposition de quatre shillings par livre sur les revenus des terres, rentes et pensions. Parallèlement, des gentilshommes ont fondé une société pour le progrès de l'agriculture, avec le duc de Dorset comme président et le primat du royaume comme vice-président. L'amiral Wager est rentré à Londres avec la flotte anglaise après un voyage à Livourne. Il a été accueilli par le roi et la reine, et a présenté un portrait du roi d'Espagne orné de diamants, estimé à 5000 livres sterling.
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5414
p. 183-184
BOUTS RIMEZ DONNEZ DANS LE MERCURE PRECEDENT REMPLIS PAR MR D. F.*** LE MARY FIDELE.
Début :
Ma femme avoit quinze ans lorsque j'en avois trente [...]
Mots clefs :
Femme, Mari fidèle
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ DONNEZ DANS LE MERCURE PRECEDENT REMPLIS PAR MR D. F.*** LE MARY FIDELE.
BOUTS RIMEZ
DONNEZ
DANS LE MERCURE
PRECEDENT
REMPLIS PAR.
MR D.F.
LE MARY FIDELE.
MAfemmeavoit quinze
ans lorsque j'enavois trente
Elle ena doncvingt-cinqpuisquejenay
quarente
Tout va bien jusques là, son
gracieuxmain
,
tien
Etson oeilençorvifplaisent
encoreau mien
Mais dans dix ans 3heUs !
quandj'en auray cinquante
Ma femme à trente-cinq m'en
paroidtra.. soixante
Mon âge alors fera moins
convenable au.sien.
VieuxChat
, jeune Souris, un
Ancienditfort bien
L'Epoux seraconstantpour
femme de,"',. septante
SS''iillppeeuutt,nneec,coommmmeenncceerr aà l'aimer
qu'à nonante
Dans cessolides coeurs les,ans
nechangent rien
Il n'estfidélité siure que de
vieux chien.
DONNEZ
DANS LE MERCURE
PRECEDENT
REMPLIS PAR.
MR D.F.
LE MARY FIDELE.
MAfemmeavoit quinze
ans lorsque j'enavois trente
Elle ena doncvingt-cinqpuisquejenay
quarente
Tout va bien jusques là, son
gracieuxmain
,
tien
Etson oeilençorvifplaisent
encoreau mien
Mais dans dix ans 3heUs !
quandj'en auray cinquante
Ma femme à trente-cinq m'en
paroidtra.. soixante
Mon âge alors fera moins
convenable au.sien.
VieuxChat
, jeune Souris, un
Ancienditfort bien
L'Epoux seraconstantpour
femme de,"',. septante
SS''iillppeeuutt,nneec,coommmmeenncceerr aà l'aimer
qu'à nonante
Dans cessolides coeurs les,ans
nechangent rien
Il n'estfidélité siure que de
vieux chien.
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Résumé : BOUTS RIMEZ DONNEZ DANS LE MERCURE PRECEDENT REMPLIS PAR MR D. F.*** LE MARY FIDELE.
Un homme de quarante ans, marié à une femme de vingt-cinq ans, exprime sa satisfaction actuelle. Il anticipe des difficultés dans dix ans, craignant que son âge ne soit plus approprié. Il compare leur relation à celle d'un vieux chat et d'une jeune souris. Il conclut que la fidélité reste constante dans les cœurs solides, comme celle d'un vieux chien.
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5415
p. 190-192
LIVRE NOUVEAU. EXTRAIT d'une Response de Mr D... à la Lettre d'un de ses amis, au sujet du Livre intitulé, Tableau des maladies... traduit de Lommius avec des Remarques, &c. vol in 12. à Pari, chez L. Sevestre, rüe des Amandiers, vis-à-vis le College des Crassins.
Début :
Mr, le Livre dont vous me parlez fait assez de [...]
Mots clefs :
Livre nouveau, Maladies, Tournemine, Lommius, Hippocrate, Pronostic, Accidents
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texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU. EXTRAIT d'une Response de Mr D... à la Lettre d'un de ses amis, au sujet du Livre intitulé, Tableau des maladies... traduit de Lommius avec des Remarques, &c. vol in 12. à Pari, chez L. Sevestre, rüe des Amandiers, vis-à-vis le College des Crassins.
LIVRE NOUVEAU.
EXTRAIT
d'une Refponfe de MrD...
à la Lettre d'un defes amis ,
aufujet du Livre intitulé ,
Tableau des maladies...
traduit de Lommius avec
des Remarques ,&c, vol in
12. à Paris , chez L. Seveftre , rue des Amandiers ,
vis - à- vis le College des
Craffins.
Mr , le Livre dont vous
me parlez fait affez de
bruit. Un fage & fçavant
GALANT. 191
critique ( le R. P. Tournemine) avoit mis cette traduction en credit avant
qu'elle paruft ( mem. de Tr.
m. deJan. 1712. ) Lommius
Med. de Bruxelles , avoit
effayé de donner un abbregé de Hippocrate , en raffemblant fur chaque maladie tout ce qu'il avoit peu
rencontrer dans fes œuvres , d'obſervations effentielles pour bien connoif
tre les maladies , & en faire
un pronoftic affuré de leur .
évenement. Comme Hippocrate n'a merité le nom
192 MERCURE
de divin que pour avoir excellé dans cette partie de
l'art qui apprendà prévoir
les accidens qui doivent arriver dans les maladies , &
comment elles doivent fe
terminer , Lommius s'eft
particulierement attaché
aux obfervations fur lefquelles cette fcience eft
cftablie ; & il en a fait un
heureux choix , qui fait
honneur à la fource d'où
il eft puisé. Cela joint à la
pureté du ftile de l'Autheur , a fait goufter ce Livre à tous les habiles Medecins
EXTRAIT
d'une Refponfe de MrD...
à la Lettre d'un defes amis ,
aufujet du Livre intitulé ,
Tableau des maladies...
traduit de Lommius avec
des Remarques ,&c, vol in
12. à Paris , chez L. Seveftre , rue des Amandiers ,
vis - à- vis le College des
Craffins.
Mr , le Livre dont vous
me parlez fait affez de
bruit. Un fage & fçavant
GALANT. 191
critique ( le R. P. Tournemine) avoit mis cette traduction en credit avant
qu'elle paruft ( mem. de Tr.
m. deJan. 1712. ) Lommius
Med. de Bruxelles , avoit
effayé de donner un abbregé de Hippocrate , en raffemblant fur chaque maladie tout ce qu'il avoit peu
rencontrer dans fes œuvres , d'obſervations effentielles pour bien connoif
tre les maladies , & en faire
un pronoftic affuré de leur .
évenement. Comme Hippocrate n'a merité le nom
192 MERCURE
de divin que pour avoir excellé dans cette partie de
l'art qui apprendà prévoir
les accidens qui doivent arriver dans les maladies , &
comment elles doivent fe
terminer , Lommius s'eft
particulierement attaché
aux obfervations fur lefquelles cette fcience eft
cftablie ; & il en a fait un
heureux choix , qui fait
honneur à la fource d'où
il eft puisé. Cela joint à la
pureté du ftile de l'Autheur , a fait goufter ce Livre à tous les habiles Medecins
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Résumé : LIVRE NOUVEAU. EXTRAIT d'une Response de Mr D... à la Lettre d'un de ses amis, au sujet du Livre intitulé, Tableau des maladies... traduit de Lommius avec des Remarques, &c. vol in 12. à Pari, chez L. Sevestre, rüe des Amandiers, vis-à-vis le College des Crassins.
Le livre 'Tableau des maladies' est une traduction des travaux du médecin bruxellois Lommius. Avant même sa publication, il a été recommandé par le critique respecté R. P. Tournemine. Lommius a compilé des observations essentielles tirées des œuvres d'Hippocrate pour améliorer la compréhension et la prédiction des maladies. Hippocrate est reconnu pour son excellence dans la prévision des accidents et des issues des maladies. Lommius a sélectionné ces observations avec soin, ce qui a été apprécié pour la clarté et la qualité de son style. Le livre a été bien accueilli par les médecins compétents. L'ouvrage est disponible à Paris, chez L. Sevestre, rue des Amandiers, en face du Collège des Carmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5416
p. 2506-2508
AUTRE Lettre, du 17. Septembre.
Début :
Le Grand Seigneur a pris la résolution de quitter cette Capitale, & de former un [...]
Mots clefs :
Perse, Camp, Schah
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE Lettre, du 17. Septembre.
AUTRE Lettre , du 17. Septembre.
E Grand Seigneur a pris la réfolution
I de Guiner Capitale, is de
que
Camp à Scutary , ne doutant point que dès
Schah Tamas , Roy de Perfe, auroit avis que Sa
Hauteffle avoit réfolu de fe tranfporter en Perfonne
fur les Frontieres , cela ne l'intimidat.
La
NOVEMBRE. 1730. 2507
La Cour fe rendit pour cela à Scutary le 4 du
mois paffé , avec toute la pompe, la magnificence
& le faſte Ottoman que vous connoiffez. Ce qu'il
y eut de curieux dans cette Cavalcade, & qui n'avoit
encore jamais été pratiqué en femblable occafion
, fut que tous les Gens de Loy eurent ordre
d'y paroître armez : de forte qu'il n'y avoit
rien de plus extraordinaire que de voir un Mufti
& des Kadileskers , avec des Sabres , des Piftolets
, des Arcs & des Fléches , entourez chacund'eux
de plus de cent perfonnes , avec des Moufquets.
Toutes les Maifons des Pachas , des principaux
Miniftres & des Grands de cet Empire y
étoient dans une magnificence furprenante. Le
G. S. y parut en perfonne , accompagné de fept
Princes , fes enfans , armez d'Arcs & de Fléches.
Il étoit précedé de plus de tent Chevaux de
`main, tout couverts d'or & de pierreries. Sa
Maiſon confiftoit en plus de erois mille perfonnes
, la plufpart en Cotte de Maille , armez
d'Arcs , de Fléches , de Lances , de Sabres , & de
Moufquets ; leurs Boucliers étoient garnis de
Pierres précieufes . Enfin les richeffes qui furent .
étalées ce jour- là , font ineftimables.
Le G. S. fe rendit , en traverfant les rues de
Scutary, en fort bon ordre , au Camp , entre cette
Ville & le Fanal de Calcedoine , où après avoir
refté environ deux heures à l'examiner, il remon- .
ta à Cheval & vint dans fon Serrail , fcitué à la
pointe de Scutary , qu'on lui avoit fait préparer ,
& où il eft encore actuellement avec toutes fes,
femmes.
Le G. V. employa les premiers jours à faire les
prefens accoutumez en femblables occafions , à la
Milice,& la congédia quelques jours après; parce
que ne devant pas encore partir, elle feroit beaucoup
mieux & plus commodement à Conftanti-
H vj nople
2508 MERCURE DE FRANCE
nople & aux environs , dans leurs maiſons , que
dans le Camp. Et après leur départ les Tentes ne
furent plus gardées que par des Valets ; les Miniftres
& la plupart des Grands , ayant coutume
de fe retirer tous les foirs dans les Maifons qu'ils
ont du côté de l'Afie.
Cependant on apprend de Perfe que Schah
Tamas eft entierement tranquille du côté du Candabar
, où tout lui eft foumis , de même que le
refte de la Perfe ; il a le bonheur d'avoir pour
premier Miniftre & fon General en même - tems ,
l'homme du monde le plus intrépide & le plus
fage ; c'eft un homme de fortune , originaire du
Daguiftan ; il eft connu fous le nom de Tamas
Kouli Kan , qu'il a pris depuis qu'il s'eft attaché
au fervice de Schah Tamas. Ce nom fignifie , le
Kan , Efclave du Prince Tamas. C'eſt lui qui a
défait entierement le parti d'Achéraf , & qui l'a
fait mourir. Les Perfâns l'appellent avec raiſon
le Reftaurateur de la Perfe.
&
Les Réfidens de Mofcovie fe rendent fouvent
au Camp , expedient & reçoivent fréquemment.
des nouvelles de leur Cour. Les Turcs ne font
pas contens de cette Nation , car ils prétendent
qu'ils donnent du fecours à Schah Tamas contr'eux
, ceux- ci le nient ; mais ce qu'il y a de
bieu feur , c'eft qu'il y a quantité d'Etrangers
dans les Troupes de Schah Tamas , parmi lefquelles
l'on obferve- aujourd'hui une espece de
difcipline comme en Chrétienté , qui étoit in-
Contue jufques icy aux Turcs & aux Perfans..
E Grand Seigneur a pris la réfolution
I de Guiner Capitale, is de
que
Camp à Scutary , ne doutant point que dès
Schah Tamas , Roy de Perfe, auroit avis que Sa
Hauteffle avoit réfolu de fe tranfporter en Perfonne
fur les Frontieres , cela ne l'intimidat.
La
NOVEMBRE. 1730. 2507
La Cour fe rendit pour cela à Scutary le 4 du
mois paffé , avec toute la pompe, la magnificence
& le faſte Ottoman que vous connoiffez. Ce qu'il
y eut de curieux dans cette Cavalcade, & qui n'avoit
encore jamais été pratiqué en femblable occafion
, fut que tous les Gens de Loy eurent ordre
d'y paroître armez : de forte qu'il n'y avoit
rien de plus extraordinaire que de voir un Mufti
& des Kadileskers , avec des Sabres , des Piftolets
, des Arcs & des Fléches , entourez chacund'eux
de plus de cent perfonnes , avec des Moufquets.
Toutes les Maifons des Pachas , des principaux
Miniftres & des Grands de cet Empire y
étoient dans une magnificence furprenante. Le
G. S. y parut en perfonne , accompagné de fept
Princes , fes enfans , armez d'Arcs & de Fléches.
Il étoit précedé de plus de tent Chevaux de
`main, tout couverts d'or & de pierreries. Sa
Maiſon confiftoit en plus de erois mille perfonnes
, la plufpart en Cotte de Maille , armez
d'Arcs , de Fléches , de Lances , de Sabres , & de
Moufquets ; leurs Boucliers étoient garnis de
Pierres précieufes . Enfin les richeffes qui furent .
étalées ce jour- là , font ineftimables.
Le G. S. fe rendit , en traverfant les rues de
Scutary, en fort bon ordre , au Camp , entre cette
Ville & le Fanal de Calcedoine , où après avoir
refté environ deux heures à l'examiner, il remon- .
ta à Cheval & vint dans fon Serrail , fcitué à la
pointe de Scutary , qu'on lui avoit fait préparer ,
& où il eft encore actuellement avec toutes fes,
femmes.
Le G. V. employa les premiers jours à faire les
prefens accoutumez en femblables occafions , à la
Milice,& la congédia quelques jours après; parce
que ne devant pas encore partir, elle feroit beaucoup
mieux & plus commodement à Conftanti-
H vj nople
2508 MERCURE DE FRANCE
nople & aux environs , dans leurs maiſons , que
dans le Camp. Et après leur départ les Tentes ne
furent plus gardées que par des Valets ; les Miniftres
& la plupart des Grands , ayant coutume
de fe retirer tous les foirs dans les Maifons qu'ils
ont du côté de l'Afie.
Cependant on apprend de Perfe que Schah
Tamas eft entierement tranquille du côté du Candabar
, où tout lui eft foumis , de même que le
refte de la Perfe ; il a le bonheur d'avoir pour
premier Miniftre & fon General en même - tems ,
l'homme du monde le plus intrépide & le plus
fage ; c'eft un homme de fortune , originaire du
Daguiftan ; il eft connu fous le nom de Tamas
Kouli Kan , qu'il a pris depuis qu'il s'eft attaché
au fervice de Schah Tamas. Ce nom fignifie , le
Kan , Efclave du Prince Tamas. C'eſt lui qui a
défait entierement le parti d'Achéraf , & qui l'a
fait mourir. Les Perfâns l'appellent avec raiſon
le Reftaurateur de la Perfe.
&
Les Réfidens de Mofcovie fe rendent fouvent
au Camp , expedient & reçoivent fréquemment.
des nouvelles de leur Cour. Les Turcs ne font
pas contens de cette Nation , car ils prétendent
qu'ils donnent du fecours à Schah Tamas contr'eux
, ceux- ci le nient ; mais ce qu'il y a de
bieu feur , c'eft qu'il y a quantité d'Etrangers
dans les Troupes de Schah Tamas , parmi lefquelles
l'on obferve- aujourd'hui une espece de
difcipline comme en Chrétienté , qui étoit in-
Contue jufques icy aux Turcs & aux Perfans..
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Résumé : AUTRE Lettre, du 17. Septembre.
Le 17 septembre, le Grand Seigneur ottoman décide de se rendre à Scutary, sans crainte de l'intimidation du roi de Perse, Schah Tamas. Le 4 novembre 1730, la cour ottomane se déplace à Scutary avec grande pompe. Lors de cette cavalcade, les gens de loi apparaissent armés, et les résidences des dignitaires sont magnifiquement décorées. Le Grand Seigneur, accompagné de sept princes armés, est précédé de plus de cent chevaux richement ornés et suivi de trois mille personnes, principalement armées. Le Grand Seigneur traverse Scutary en bon ordre pour rejoindre son camp entre la ville et le phare de Calcédoine. Après avoir examiné le camp, il retourne à son sérail. Il passe les premiers jours à accomplir les présences habituelles auprès de la milice, qu'il congédie ensuite. Les tentes sont gardées par des valets, tandis que les ministres se retirent en Asie. En Perse, Schah Tamas est tranquille après avoir soumis le Candahar et le reste du pays. Son premier ministre, Tamas Kouli Kan, est un homme intrépide et sage, originaire du Daguistan. Les résidents de Moscovie fréquentent régulièrement le camp pour expédier et recevoir des nouvelles de leur cour. Les Turcs accusent les Moscovites de soutenir Schah Tamas, ce que ces derniers nient. Les troupes de Schah Tamas comptent de nombreux étrangers et une discipline similaire à celle de la chrétienté.
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5417
p. 54-55
SECONDE ENIGME.
Début :
Nous devons la naissance & le merite aux Dames [...]
Mots clefs :
Noeuds
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE ENIGME.
SECONDE ENIGM E.
Ous devons la naiffance & le merite aux
Dames
Prefque jumeaux dans un ſeul jour ,
Mille frères pareils fe montrent à leur tour :
Quelquesfois les plus laides femmes
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY .
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Gracieusement.
Air
a
Boire
3
Verses
du v
οι
son Ne craignés pas qu'il me
9:*
NEW
YORK
LIC
LIBRARY
.
STOR
, LENOX
AND
LDEN
FOUNDATIONS
..
D'AOUST.
Nous font très beaux : nous n'avons point de
foeeurs,
Mâles , nous n'avons point de peres
Et cependant bien de nos meres
Ont des maris. Nos teints font de toutes couleurs
;
Mais ce qu'on ne voit gueres
Dans les autres enfans
Notre mere eft fouvent par nous mêmes parée,
Et plus fouvent encor nous parons fes galans.
Nous vivons peu. Notre durée
Eft de trois mois au plus : dès qu'on fent les frimats,
Ainfi que les jardins , nous perdons nos appas
Ous devons la naiffance & le merite aux
Dames
Prefque jumeaux dans un ſeul jour ,
Mille frères pareils fe montrent à leur tour :
Quelquesfois les plus laides femmes
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY .
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Gracieusement.
Air
a
Boire
3
Verses
du v
οι
son Ne craignés pas qu'il me
9:*
NEW
YORK
LIC
LIBRARY
.
STOR
, LENOX
AND
LDEN
FOUNDATIONS
..
D'AOUST.
Nous font très beaux : nous n'avons point de
foeeurs,
Mâles , nous n'avons point de peres
Et cependant bien de nos meres
Ont des maris. Nos teints font de toutes couleurs
;
Mais ce qu'on ne voit gueres
Dans les autres enfans
Notre mere eft fouvent par nous mêmes parée,
Et plus fouvent encor nous parons fes galans.
Nous vivons peu. Notre durée
Eft de trois mois au plus : dès qu'on fent les frimats,
Ainfi que les jardins , nous perdons nos appas
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5418
p. 186-189
« Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...] »
Début :
Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...]
Mots clefs :
Naissance du duc d'Anjou, Devises, Empire français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...] »
Jevous envoye des Devifes
qui ont efté faites par Mr de
Sarron , furla naiffance du même Prince.
GALANT 187
CUM AURORA NASCENS ALTER DUX ANDEGAVENSIS
MATRE PARI AURÆ , SYDERIS INSTAR ERIT.
Un autre Duc d'Anjou naiffant
avecl'Aurore
D'une Mere qui n'apas moins d'éclat ,
Commeun Aftre éminent doit briller dans l'Etat ,
Et l'on verra bientoft fes beaux
rayons éclorre.
HÆCNOVAPROGENIES FLAMMA CELEBRATA TONANTE ,
Qij
188 MERCURE
FULMINE AVI GALLUM PROTEGET IMPERIUM.
Les Feux &les Canons annoncent la naiffance ,
D'un grand & nouveau Prince
ifu du SangRoyal.
Lançant la foudre un jour d'un
Ageul fans égal,
De l'Empire François il fera la
diffenfe.
TERTIUS EST NATUS QUEM
EDIT BURGUNDICA PRINCEPS
DELPHINUM ÆQUAVIT TŘES
PARIENDO DUCES
GALANT 189
Par ce troifiéme Fils une Auguffe
Ducheffe
Egale la Dauphine en fon enfantement,
Mêmefecondité de leur Hymen
charmant >
Defix Ducs , il en eft trois de chaque Princeffe.
qui ont efté faites par Mr de
Sarron , furla naiffance du même Prince.
GALANT 187
CUM AURORA NASCENS ALTER DUX ANDEGAVENSIS
MATRE PARI AURÆ , SYDERIS INSTAR ERIT.
Un autre Duc d'Anjou naiffant
avecl'Aurore
D'une Mere qui n'apas moins d'éclat ,
Commeun Aftre éminent doit briller dans l'Etat ,
Et l'on verra bientoft fes beaux
rayons éclorre.
HÆCNOVAPROGENIES FLAMMA CELEBRATA TONANTE ,
Qij
188 MERCURE
FULMINE AVI GALLUM PROTEGET IMPERIUM.
Les Feux &les Canons annoncent la naiffance ,
D'un grand & nouveau Prince
ifu du SangRoyal.
Lançant la foudre un jour d'un
Ageul fans égal,
De l'Empire François il fera la
diffenfe.
TERTIUS EST NATUS QUEM
EDIT BURGUNDICA PRINCEPS
DELPHINUM ÆQUAVIT TŘES
PARIENDO DUCES
GALANT 189
Par ce troifiéme Fils une Auguffe
Ducheffe
Egale la Dauphine en fon enfantement,
Mêmefecondité de leur Hymen
charmant >
Defix Ducs , il en eft trois de chaque Princeffe.
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Résumé : « Je vous envoye des Devises qui ont été faites par Mr de / Un autre Duc d'Anjou naissant avec l'Aurore [...] »
Le document célèbre la naissance d'un prince avec trois devises. La première annonce un duc d'Anjou né à l'aube, prédisant son éclat dans l'État. La deuxième décrit la naissance d'un grand prince royal, marquée par des feux et des canons. La troisième mentionne le troisième fils d'une princesse de Bourgogne, égalant la Dauphine en fécondité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5419
p. 186-189
De VERSAILLES, le 22 Janvier 1763.
Début :
SA Majesté a donné le Gouvernement de Jour & de Pontarlier au Chevalier de Montbarrey, [...]
Mots clefs :
Ordre royal et militaire de Saint-Louis, Ministre plénipotentiaire, Bal, Chevaliers
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 22 Janvier 1763.
De VERSAILLES , le 22 Janvier 1763 .
SA Majefté a donné le Gouvernement de Jour
& de Pontarlier au Chevalier de Montbarrey ,
Maréchal de Camp , à qui Elle a accordé auff
la dignité de Grand Croix de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis , vacante par la mort du
Marquis de Villemur.
Sa Majefté a nommé le fieur O- Dune pour
remplacer le Marquis d'Alefme en qualité de fon
Miniftre Plénipotentiaire auprès de l'Electeur Palatin
; & le Chevalier du Buat , pour remplacer le
Baron de Mackau en qualité de fon Miniſtre à la
Diete générale de l'Empire à Ratisbonne.
La Marquife de Noailles a été préſentée l
16 au Roi , à la Reine & à la Famille Royale ,
par la Duchelle d'Ayen. Le même jour , Leurs
FEVRIER . 1763 .
187
Majeftés , ainsi que la Famille Royale , fignerent
le Contrat de Mariage du fieur Thiroux de Crofne,
Maître des Requêtes , avec la Demoiſelle de la
Michodiere.
Le 17 , il y eut un Bal dans la Salle de Spectacle
du Château . Leurs Majeftés , ainfi que Monfei
gneur le Dauphin , Madame la Dauphine & Madame
Sophie l'honorerent de leur préfence. Le
Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Comte de
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe de
Henneberg , affifterent à cette Affemblée , que
le concours des Seigneurs & Dames de la Cour
rendit très-brillante.
Le 18 , le Comte de Wedelfriz , Envoyé Extraordinaire
de Dannemarck , a eu l'honneur de
préfenter au Roi avec les formalités ordinaires ,
cinquante-huit Gerfaulx d'Iflande , de la part dur
Roi de Danemarck ; Sa Majefté a témoigné au
Comte de Wedelfriz combien elle étoit fatisfaite
de ce préfent.
Le Comte de Starhemberg , Ambaſſadear de
leurs Majeftés Impériales , ayant notifié au Roi la
mort de l'Archiducheffe Jeanne , Sa Majesté a
pris le deuil le 21 pour 12 jours.
Le fieur Dejean , Maître en Chirurgie de Pa
ris a eu l'honneur de préfenter au Roi un Ouvra
ge touchant les hernies ou defcentes.
Le Roi a nommé Chevaliers des Ordres Royaux
Militaires & Hofpitaliers de Notre Dame du
Mont Carmel & de S. Lazare de Jérufalem , le
Marquis de Marbeuf , Maréchal de Camp ; le
Comte de Luppé , Colonel d'Infanterie , le Comte
de la Billarderie d'Angivilé , Meftre de Camp de
Cavalerie ; le Marquis de Montefquiou , Colonel
d'Infanterie , le Comte de Montault- Benac , Co-
Jonel d'Infanterie ; & le Vicomte de Boifgelin ,
188 MERCURE DE FRANCE.
Lieutenant des Vaiffeaux du Roi , tous fix Gen
tilshommes de la Manche de Monfeigneur le Duc
de Berry ; & le Baron Galucci- l'Hôpital , Colonet
d'Infanterie étrangere ; le Comte Laizer de Siougeat
, Colonel d'Infanterie & Députés des Etats
d'Artois auprès de Sa Majefté ; le Comte de
Quelen , Capitaine des Vaiffeaux du Roi ; le fieur
de Ruis Embito , Intendant de la Marine à Rochefort
; le fieur Durand , Miniftre de Sa Majefté
près du Roi & de la République de Pologne . Les
nouveaux Chevaliers , à l'exception du Comte de
Montault , qui s'eft trouvé indifpofé , du Marquis
de Montefquiou , qui n'a pas encore atteint l'âge
prefcrit par le réglement de fa Majefté ; du fieur
de Ruis- Embito , employé à fon Département ,
& du fieur , Durand , réfident actuellement a Londres
le fervice du Roi , ont été reçus le 20
de ce mois , dans l'Appartement & en préfence
de Monſeigneur le Duc de Berry , Grand- Maître
defdits Ordres , après avoir fait leur profeffion &
l'émiffion de leurs voeux entre les mains du
Comte de S. Florentin , Gérent & Adminiftrateur-
Général de ces Ordres pendant la minorité
de Monſeigneur le Duc de Berry . Ils furent enfaite
admis à baiſer la main du Prince Grand-
Maître , en figne d'obédience.Les Grands Officiers ,
un grand nombre de Chevaliers & Comman
deurs Eccléfiaftiques defdits Ordres , ont affifté à
cette cérémonie.
pour
Le Marquis d'Epinay Saint - Luc , Capitaine
au Régiment de Penthievre , Cavalerie , a eu
l'honneur d'être préſenté au Roi & à la Famille
Royale, par le Duc de Duras.
Le Comte de S. Florentin a préſenté à Sa Majefté
les Planches anatomiques de la troifiéme &
derniere diftribution du fupplément que donne
FEVRIER. 1763. 189
au Public le fieur Gautier. Cet Ouvrage préfenrement
complet , & éxécuté à la fatisfaction des
Amateurs , fe diftribue à Paris chez le fieur le
Roi , Marchand Bijoutier , vis-à-vis la Comédie
Françoiſe.
SA Majefté a donné le Gouvernement de Jour
& de Pontarlier au Chevalier de Montbarrey ,
Maréchal de Camp , à qui Elle a accordé auff
la dignité de Grand Croix de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis , vacante par la mort du
Marquis de Villemur.
Sa Majefté a nommé le fieur O- Dune pour
remplacer le Marquis d'Alefme en qualité de fon
Miniftre Plénipotentiaire auprès de l'Electeur Palatin
; & le Chevalier du Buat , pour remplacer le
Baron de Mackau en qualité de fon Miniſtre à la
Diete générale de l'Empire à Ratisbonne.
La Marquife de Noailles a été préſentée l
16 au Roi , à la Reine & à la Famille Royale ,
par la Duchelle d'Ayen. Le même jour , Leurs
FEVRIER . 1763 .
187
Majeftés , ainsi que la Famille Royale , fignerent
le Contrat de Mariage du fieur Thiroux de Crofne,
Maître des Requêtes , avec la Demoiſelle de la
Michodiere.
Le 17 , il y eut un Bal dans la Salle de Spectacle
du Château . Leurs Majeftés , ainfi que Monfei
gneur le Dauphin , Madame la Dauphine & Madame
Sophie l'honorerent de leur préfence. Le
Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Comte de
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe de
Henneberg , affifterent à cette Affemblée , que
le concours des Seigneurs & Dames de la Cour
rendit très-brillante.
Le 18 , le Comte de Wedelfriz , Envoyé Extraordinaire
de Dannemarck , a eu l'honneur de
préfenter au Roi avec les formalités ordinaires ,
cinquante-huit Gerfaulx d'Iflande , de la part dur
Roi de Danemarck ; Sa Majefté a témoigné au
Comte de Wedelfriz combien elle étoit fatisfaite
de ce préfent.
Le Comte de Starhemberg , Ambaſſadear de
leurs Majeftés Impériales , ayant notifié au Roi la
mort de l'Archiducheffe Jeanne , Sa Majesté a
pris le deuil le 21 pour 12 jours.
Le fieur Dejean , Maître en Chirurgie de Pa
ris a eu l'honneur de préfenter au Roi un Ouvra
ge touchant les hernies ou defcentes.
Le Roi a nommé Chevaliers des Ordres Royaux
Militaires & Hofpitaliers de Notre Dame du
Mont Carmel & de S. Lazare de Jérufalem , le
Marquis de Marbeuf , Maréchal de Camp ; le
Comte de Luppé , Colonel d'Infanterie , le Comte
de la Billarderie d'Angivilé , Meftre de Camp de
Cavalerie ; le Marquis de Montefquiou , Colonel
d'Infanterie , le Comte de Montault- Benac , Co-
Jonel d'Infanterie ; & le Vicomte de Boifgelin ,
188 MERCURE DE FRANCE.
Lieutenant des Vaiffeaux du Roi , tous fix Gen
tilshommes de la Manche de Monfeigneur le Duc
de Berry ; & le Baron Galucci- l'Hôpital , Colonet
d'Infanterie étrangere ; le Comte Laizer de Siougeat
, Colonel d'Infanterie & Députés des Etats
d'Artois auprès de Sa Majefté ; le Comte de
Quelen , Capitaine des Vaiffeaux du Roi ; le fieur
de Ruis Embito , Intendant de la Marine à Rochefort
; le fieur Durand , Miniftre de Sa Majefté
près du Roi & de la République de Pologne . Les
nouveaux Chevaliers , à l'exception du Comte de
Montault , qui s'eft trouvé indifpofé , du Marquis
de Montefquiou , qui n'a pas encore atteint l'âge
prefcrit par le réglement de fa Majefté ; du fieur
de Ruis- Embito , employé à fon Département ,
& du fieur , Durand , réfident actuellement a Londres
le fervice du Roi , ont été reçus le 20
de ce mois , dans l'Appartement & en préfence
de Monſeigneur le Duc de Berry , Grand- Maître
defdits Ordres , après avoir fait leur profeffion &
l'émiffion de leurs voeux entre les mains du
Comte de S. Florentin , Gérent & Adminiftrateur-
Général de ces Ordres pendant la minorité
de Monſeigneur le Duc de Berry . Ils furent enfaite
admis à baiſer la main du Prince Grand-
Maître , en figne d'obédience.Les Grands Officiers ,
un grand nombre de Chevaliers & Comman
deurs Eccléfiaftiques defdits Ordres , ont affifté à
cette cérémonie.
pour
Le Marquis d'Epinay Saint - Luc , Capitaine
au Régiment de Penthievre , Cavalerie , a eu
l'honneur d'être préſenté au Roi & à la Famille
Royale, par le Duc de Duras.
Le Comte de S. Florentin a préſenté à Sa Majefté
les Planches anatomiques de la troifiéme &
derniere diftribution du fupplément que donne
FEVRIER. 1763. 189
au Public le fieur Gautier. Cet Ouvrage préfenrement
complet , & éxécuté à la fatisfaction des
Amateurs , fe diftribue à Paris chez le fieur le
Roi , Marchand Bijoutier , vis-à-vis la Comédie
Françoiſe.
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Résumé : De VERSAILLES, le 22 Janvier 1763.
Le 22 janvier 1763, à Versailles, le Chevalier de Montbarrey a été nommé Maréchal de Camp et Gouverneur de Jour et de Pontarlier. Il a également reçu la dignité de Grand Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, après la mort du Marquis de Villemur. Le sieur O-Dune a été désigné pour remplacer le Marquis d'Alefme en tant que Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Électeur Palatin, et le Chevalier du Buat a succédé au Baron de Mackau en tant que Ministre à la Diète générale de l'Empire à Ratisbonne. Le 16 février, la Marquise de Noailles a été présentée au Roi, à la Reine et à la Famille Royale par la Duchesse d'Ayen. Ce même jour, Leurs Majestés et la Famille Royale ont signé le contrat de mariage du sieur Thiroux de Croisne, Maître des Requêtes, avec la Demoiselle de la Michodière. Le 17 février, un bal a eu lieu dans la Salle de Spectacle du Château, en présence de Leurs Majestés, du Dauphin, de Madame la Dauphine, de Madame Sophie et de plusieurs membres de la cour. Le 18 février, le Comte de Wedelfriz, Envoyé Extraordinaire du Danemark, a offert au Roi cinquante-huit gerfauts d'Islande de la part du Roi de Danemark. Le Comte de Starhemberg, Ambassadeur des Majestés Impériales, a informé le Roi de la mort de l'Archiduchesse Jeanne. Le Roi a observé le deuil pendant douze jours à partir du 21 février. Le sieur Dejean, Maître en Chirurgie de Paris, a présenté au Roi un ouvrage sur les hernies. Le Roi a nommé plusieurs nouveaux Chevaliers des Ordres Royaux Militaires et Hospitaliers de Notre Dame du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, dont le Marquis de Marbeuf, le Comte de Luppé et le Vicomte de Boisgelin. Le Marquis d'Epinay Saint-Luc, Capitaine au Régiment de Penthièvre, Cavalerie, a été présenté au Roi et à la Famille Royale par le Duc de Duras. Le Comte de Saint-Florentin a présenté à Sa Majesté les planches anatomiques de la troisième et dernière distribution du supplément de l'ouvrage du sieur Gautier, distribué à Paris chez le sieur le Roi, Marchand Bijoutier.
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5420
p. 1806-1809
ITALIE.
Début :
Le fils du Pacha du Grand Caire, qui se sauva en Italie, lorsque son pere y excita la derniere [...]
Mots clefs :
Pacha du Grand Caire, Baptême, Collège des Maronites, Naples, Sauterelles, Insectes
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E fils du Pacha du Grand Caire , qui se sauva:
en Italie , lorsque son pere y excita la derniee
révolte , parut le 16 Juin dans l'Anti - chambre
Qu
JUILLET. 1731. 1807
du Pape, sans Turban et avec la Croix sur la pol
trine. S. S. lui donna audience , et le reçut avec
beaucoup d'accueil. Quelques jours après il de
manda le Baptême. S. S. Pa envoïé au College
des Maronites , pour y être instruit , et elle le défrayera
pendant son séjour à Rome.
On apprend de Venise, que le 25 du mois dernier
, Fête de l'Apparition de S. Marc , le Doge
accompagné de la Seigneurie , du Nonce du Pape
et des Ambassadeurs, alla tenir Chapelle dans l'Eglise
Ducale , où l'Evangile écrit de la main de
cet Evangeliste , fut exposé à la vénération du
peuple.
On écrit de Naples, du commencement de Juin,
que le Viceroi avoit fait notifier au Cardinal Coscia
par ordre de l'Empereur , que S M. Imp.verroit
avec plaisir que S. E allat se jetter aux pieds
du Pape pour implorer sa clémence , puisque c'étoit
l'unique moyen de se tirer d'affaire ; et qu'en
attendant, l'Empereur laissoit au Nonce de S.S. la
liberté d'agir contre elle. Depuis cette notification
, le Cardinal qui est toujours incommodé , ne
voit presque personne , et on dit que S.E. est violemment
agitée, dans l'incertitude du parti qu'elle
doit prendre.
Il a fait publier un Mémoire pour justifier sa.
conduite et pour insinuer qu'on lui a ôté injustement
l'Archevêché de Benevent.
Un Ecclesiastique chargé de la procuration de
M. Doria, nouvel Archevêque de Benevent, ayant:
voulu prendre possession de cet Archevêché au:
nom de ce Prélat . M. Trabucco , Chanoine de
l'Eglise Métropolitaine et quelques autres de ses .
confreres s'y sont opposez par une protestation ,
et cette démarche ayant été suivie d'une émotion
populaire , les plus séditieux ont été arrêtez, mais
le
1808 MERCURE DE FRANCE
le Chanoine qui l'avoit excitée s'est sauvé.
On continuë de vendre à Rome les effets du
Cardinal Coscia, dont on a déja reçû 46000 écus,
sans compter saVaisselle d'argent et ses diamans,
qu'on fait monter à une somme beaucoup plus
considerable.
On assure qu'il est arrivé à Naples des Ordres
de l'Empereur de faire remettre entre les mains du
Nonce du Pape tous les revenus des Benefices de
ce Cardinal , qui n'a pu obtenir la protection de
S. M. Imp .
Il y a dans tout le territoire de Pise une si grande
quantité de Sauterelles , que pour engager les
Païsans à les détruire , on leur fait donner deux
sols pour livre de ces Insectes qu'ils ramassent et
qu'on enterre ensuite avec de la chaux.
Il est arrivé à Milan deux Députez de la République
de Génes , pour tegler avec le Comte de
Daun,de quelle maniere on fera passer dans l'Isle
de Corse les 4 à fooo hommes de Troupes que
l'Empereur a accordez à la République pour l'aider
à réduire les Rebelles de cette Isle, contre lesquels
on prépare à Génes un armement considerable.
On mande de Génes qu'on y avoit publié une
Ordonnance du Grand Conseil, qui défend à tous
les Vaisseaux , de quelque Nation qu'ils soient ,
de commercer avec l'Isle de Corse , et d'y jetter
l'Ancre , excepté devant la Bastie , Calvi , Ajaccio
et S. Boniface , à peine de mort contre les Capitaines;
et de confiscation des Vaisseaux.
Par les dernieres Lettres de Génes on apprend
que les Rebelles de l'Isle de Corse bloquoient actuellement
la Ville de la Bastia avec 3000 hommes;
qu'ils paroissoient vouloir en former le siége
et ouvrir la tranchée du côté de San-Francisco
CE
JUILLET. 1731. 1809
et des Capucins , aussi-tôt qu'ils auroient reçu un
renfort de 6000 hommes qu'ils attendoient des
Montagnes de l'Isle; que les habitans de Lotta , de
Brando , de Leville , de Nonza et de Cagnano s'étoient
déclarez en leur faveur.
E fils du Pacha du Grand Caire , qui se sauva:
en Italie , lorsque son pere y excita la derniee
révolte , parut le 16 Juin dans l'Anti - chambre
Qu
JUILLET. 1731. 1807
du Pape, sans Turban et avec la Croix sur la pol
trine. S. S. lui donna audience , et le reçut avec
beaucoup d'accueil. Quelques jours après il de
manda le Baptême. S. S. Pa envoïé au College
des Maronites , pour y être instruit , et elle le défrayera
pendant son séjour à Rome.
On apprend de Venise, que le 25 du mois dernier
, Fête de l'Apparition de S. Marc , le Doge
accompagné de la Seigneurie , du Nonce du Pape
et des Ambassadeurs, alla tenir Chapelle dans l'Eglise
Ducale , où l'Evangile écrit de la main de
cet Evangeliste , fut exposé à la vénération du
peuple.
On écrit de Naples, du commencement de Juin,
que le Viceroi avoit fait notifier au Cardinal Coscia
par ordre de l'Empereur , que S M. Imp.verroit
avec plaisir que S. E allat se jetter aux pieds
du Pape pour implorer sa clémence , puisque c'étoit
l'unique moyen de se tirer d'affaire ; et qu'en
attendant, l'Empereur laissoit au Nonce de S.S. la
liberté d'agir contre elle. Depuis cette notification
, le Cardinal qui est toujours incommodé , ne
voit presque personne , et on dit que S.E. est violemment
agitée, dans l'incertitude du parti qu'elle
doit prendre.
Il a fait publier un Mémoire pour justifier sa.
conduite et pour insinuer qu'on lui a ôté injustement
l'Archevêché de Benevent.
Un Ecclesiastique chargé de la procuration de
M. Doria, nouvel Archevêque de Benevent, ayant:
voulu prendre possession de cet Archevêché au:
nom de ce Prélat . M. Trabucco , Chanoine de
l'Eglise Métropolitaine et quelques autres de ses .
confreres s'y sont opposez par une protestation ,
et cette démarche ayant été suivie d'une émotion
populaire , les plus séditieux ont été arrêtez, mais
le
1808 MERCURE DE FRANCE
le Chanoine qui l'avoit excitée s'est sauvé.
On continuë de vendre à Rome les effets du
Cardinal Coscia, dont on a déja reçû 46000 écus,
sans compter saVaisselle d'argent et ses diamans,
qu'on fait monter à une somme beaucoup plus
considerable.
On assure qu'il est arrivé à Naples des Ordres
de l'Empereur de faire remettre entre les mains du
Nonce du Pape tous les revenus des Benefices de
ce Cardinal , qui n'a pu obtenir la protection de
S. M. Imp .
Il y a dans tout le territoire de Pise une si grande
quantité de Sauterelles , que pour engager les
Païsans à les détruire , on leur fait donner deux
sols pour livre de ces Insectes qu'ils ramassent et
qu'on enterre ensuite avec de la chaux.
Il est arrivé à Milan deux Députez de la République
de Génes , pour tegler avec le Comte de
Daun,de quelle maniere on fera passer dans l'Isle
de Corse les 4 à fooo hommes de Troupes que
l'Empereur a accordez à la République pour l'aider
à réduire les Rebelles de cette Isle, contre lesquels
on prépare à Génes un armement considerable.
On mande de Génes qu'on y avoit publié une
Ordonnance du Grand Conseil, qui défend à tous
les Vaisseaux , de quelque Nation qu'ils soient ,
de commercer avec l'Isle de Corse , et d'y jetter
l'Ancre , excepté devant la Bastie , Calvi , Ajaccio
et S. Boniface , à peine de mort contre les Capitaines;
et de confiscation des Vaisseaux.
Par les dernieres Lettres de Génes on apprend
que les Rebelles de l'Isle de Corse bloquoient actuellement
la Ville de la Bastia avec 3000 hommes;
qu'ils paroissoient vouloir en former le siége
et ouvrir la tranchée du côté de San-Francisco
CE
JUILLET. 1731. 1809
et des Capucins , aussi-tôt qu'ils auroient reçu un
renfort de 6000 hommes qu'ils attendoient des
Montagnes de l'Isle; que les habitans de Lotta , de
Brando , de Leville , de Nonza et de Cagnano s'étoient
déclarez en leur faveur.
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Résumé : ITALIE.
En juillet 1731, en Italie, le fils du Pacha du Grand Caire, réfugié à Rome, a été reçu par le Pape le 16 juin et a demandé le baptême. Il a été envoyé au Collège des Maronites pour y être instruit, aux frais du Pape. À Venise, le Doge et la Seigneurie ont vénéré l'Évangile écrit par Saint Marc le 25 juin. À Naples, le Cardinal Coscia, malade, a reçu une notification de l'Empereur l'incitant à implorer la clémence du Pape. Il a publié un mémoire pour justifier sa conduite et contester la perte de l'Archevêché de Benevent. Un chanoine opposé à la prise de possession de l'Archevêché par le nouvel archevêque a fui après une protestation suivie d'une émotion populaire. Les effets du Cardinal Coscia sont vendus à Rome, et ses revenus ecclésiastiques doivent être remis au Nonce du Pape. À Pise, une récompense est offerte pour la destruction des sauterelles. À Milan, des députés de la République de Gênes négocient avec le Comte de Daun le passage de troupes en Corse pour réprimer les rebelles. Gênes a publié une ordonnance interdisant le commerce avec la Corse, sauf dans certaines villes. Les rebelles corses bloquent Bastia et attendent des renforts.
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5421
p. 187-191
Parodie de l'Enigme du mois passé, le Vers de la Poësie.
Début :
Le Vers, selon la rime, est ou mâle, ou femelle, [...]
Mots clefs :
Vers, Rime, Fruits, Pieds, Lecteur
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme du mois passé, le Vers de la Poësie.
Article des Enigmes.
Parodie de l'Enigme du
mois passé, le Vers de
laPoëjîe.
L E Vers, selon larime;
est ou mâle, oufemelle,
Quiseseparent rarement,
Et pensent peu differemmtnt,
Tant l'un est pour l'autre
fidelle.
Selon leterroiroùjesuis,
Dit le Vers, jeproduis,
de bons oumauvais
fruits:
-
'Tantôt,tendre &galant,
&quelquefoitbarbare,
Jechemined'unpasinégal
, & bizarre,
^Tantôt triste &chagrin,
tantôt joyeux,plaifant,
Tantôtfaisant éloge,&
tantôt médisant.
Quand je suis serieux ,
quandj'ai dela trijr -
,
r tesie
sifors mon corps plusentendu
Sur plus de piedsest rè~
panai*:
Maisloin d'augmenter
mavtttfie,
je n'en vais que plus gravement.
Quandje suis gai,quand
j'ai de l'enjoûment,
Alors moncorps& ma
'- figure
Sontuneftrucr
ture,
Et ne marchentqu'à petit train. fers,dansïamoureufc.
peine
Lesfoins dutendre amour3,,. ledépit&lahaine>
Jt mords,je
pique,& répands du venin,
.,
Dont le poison a tant, de
violence,
Qu'il revient vivement
sur celui quile lance.
he buveurtransportédes
douceursde Baccus,
Vient chanter avec moy
la douceur de sonjus.
Cejlmoy qui fous laloy
,
de cette rime obscure
Te viens,cacher ici cette
sombre peinture.
C'est chercher trop longtemps, leffeur trop
curieux
,
QHOJ tu ne me vois pas ?
-
jefuis devanttes
yeux..
Parodie de l'Enigme du
mois passé, le Vers de
laPoëjîe.
L E Vers, selon larime;
est ou mâle, oufemelle,
Quiseseparent rarement,
Et pensent peu differemmtnt,
Tant l'un est pour l'autre
fidelle.
Selon leterroiroùjesuis,
Dit le Vers, jeproduis,
de bons oumauvais
fruits:
-
'Tantôt,tendre &galant,
&quelquefoitbarbare,
Jechemined'unpasinégal
, & bizarre,
^Tantôt triste &chagrin,
tantôt joyeux,plaifant,
Tantôtfaisant éloge,&
tantôt médisant.
Quand je suis serieux ,
quandj'ai dela trijr -
,
r tesie
sifors mon corps plusentendu
Sur plus de piedsest rè~
panai*:
Maisloin d'augmenter
mavtttfie,
je n'en vais que plus gravement.
Quandje suis gai,quand
j'ai de l'enjoûment,
Alors moncorps& ma
'- figure
Sontuneftrucr
ture,
Et ne marchentqu'à petit train. fers,dansïamoureufc.
peine
Lesfoins dutendre amour3,,. ledépit&lahaine>
Jt mords,je
pique,& répands du venin,
.,
Dont le poison a tant, de
violence,
Qu'il revient vivement
sur celui quile lance.
he buveurtransportédes
douceursde Baccus,
Vient chanter avec moy
la douceur de sonjus.
Cejlmoy qui fous laloy
,
de cette rime obscure
Te viens,cacher ici cette
sombre peinture.
C'est chercher trop longtemps, leffeur trop
curieux
,
QHOJ tu ne me vois pas ?
-
jefuis devanttes
yeux..
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Résumé : Parodie de l'Enigme du mois passé, le Vers de la Poësie.
Le texte 'Le Vers de la Poëjîe' est une parodie qui explore les caractéristiques du vers en poésie. Il distingue deux types de vers : mâle et femelle, qui se ressemblent beaucoup. Le vers affirme que sa qualité dépend de son terroir, produisant des fruits bons ou mauvais. Son comportement est variable : il peut être tendre et galant, barbare, triste, ou joyeux et plaisant. Sa forme change selon son état : sérieux ou gai. Lorsqu'il est sérieux, il s'étend sur plus de pieds, mais cela n'augmente pas sa valeur. Lorsqu'il est gai, il avance lentement. Le vers peut également mordre, piquer et répandre du venin, dont le poison revient sur celui qui le lance. Il accompagne le buveur sous l'influence de Bacchus. Le texte se conclut par une énigme : 'C'est chercher trop longtemps, le lecteur trop curieux, que tu ne me vois pas ? - je suis devant tes yeux.'
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5422
p. 79-84
MORTS. Article qu'on a omis dans les mois precedents.
Début :
Charles Calliope de Vaucouleurs, Seigneur de Lanjamet, Aide de Camp [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS. Article qu'on a omis dans les mois precedents.
MORTS.
Article qu'onaomisdans
les moisprecedents.
Charles Calliope de
Vaucouleurs, Seigneur de
lanjamet, Aide de Camp
deSaMajesté Gouverneur
de Guerande &: le Croisic,
mourut à Verssailles le I-d.
Janvier. Il n'a point laisse
de posterité deMagdelaine
de Rez, fille de feu N. de
Rez ,
celebre Avocat au
Parlement. :
Jacques Pouletier, Conseiller
d'Estat ordinaire, Be
Intendant des Finances,
mourut le 4. Avril. Pierre
Pouletier
, Seigneur de
Nainville,Maistredes Requestes
, luy succede en la
Charge d'intendantdes
Finances.
Leopold Mathias, Prince
de Lamberg, Chevalier
de la Toisond'or, Chambellan
& Grand-Ecuyer
de 1 Empereur, mourut à
Vienne en sa54eannée. Il
n'a laisse que deux filles,
& le Comte Jean-Adam,
son frere,herite de sa dignité
de Prince de l'Empire,&
de la pluspart de ses
Terres.
LePereValernod
,
General
de l'Ordre de S. Ruf,
mourut à Valence en Dauphinéle14.
Février.
Françoise-Angeliquede
la Mothe Houdancourt
, veuvede Louis-Marie,Duc
d'Aumont, Pair de France
,
Chevalier des Ordres
du Roy , mourut le 5.
Avril.
Bachelier deBaubourg
, Receveur General
des Finances
9
est mort le
Avril Saveuve
efl soeur de Madame de la
Ravois.
La Comtesse de Turbilly
est morte en son Chasteau
de la Rongere dans le
Bas-Poitou âgée de 46. f
ans. Elleestoitfilled'Hyacinthe
de Quatrebarbes
Marquis de la , Rongere
7
Chevalier des Ordres du
:Roy,& Chevalier d'Honneur
de S. A. R. Madame
laDuchesse d'Orléans, &
de Françoise du Plessis
Chastillon.
Elle avoit estémariée
deux fois; la première à
FrançoisdeRousselé, Marqu
is de Sache, dont ellen'a
point eu d'enfants; & la
seconde à François de Menon
,
Comte de Tuibilly
dont elle laisse une fille
âgée de douze ans.Ses deux
Epoux estoient parents de
MessieursdeLuxembourg.
!
LeChevalierSebastiano
Foscarini, Procurateur det.
S. Marc Ambassadeur Ul
Plenipotentiairede la Républiquede
Vemfè auprés
des Estats Generaux, mourutà
la Haye le 23. Mars..
Il avoitesté Ambassadeur
en France & en Espagne.
Article qu'onaomisdans
les moisprecedents.
Charles Calliope de
Vaucouleurs, Seigneur de
lanjamet, Aide de Camp
deSaMajesté Gouverneur
de Guerande &: le Croisic,
mourut à Verssailles le I-d.
Janvier. Il n'a point laisse
de posterité deMagdelaine
de Rez, fille de feu N. de
Rez ,
celebre Avocat au
Parlement. :
Jacques Pouletier, Conseiller
d'Estat ordinaire, Be
Intendant des Finances,
mourut le 4. Avril. Pierre
Pouletier
, Seigneur de
Nainville,Maistredes Requestes
, luy succede en la
Charge d'intendantdes
Finances.
Leopold Mathias, Prince
de Lamberg, Chevalier
de la Toisond'or, Chambellan
& Grand-Ecuyer
de 1 Empereur, mourut à
Vienne en sa54eannée. Il
n'a laisse que deux filles,
& le Comte Jean-Adam,
son frere,herite de sa dignité
de Prince de l'Empire,&
de la pluspart de ses
Terres.
LePereValernod
,
General
de l'Ordre de S. Ruf,
mourut à Valence en Dauphinéle14.
Février.
Françoise-Angeliquede
la Mothe Houdancourt
, veuvede Louis-Marie,Duc
d'Aumont, Pair de France
,
Chevalier des Ordres
du Roy , mourut le 5.
Avril.
Bachelier deBaubourg
, Receveur General
des Finances
9
est mort le
Avril Saveuve
efl soeur de Madame de la
Ravois.
La Comtesse de Turbilly
est morte en son Chasteau
de la Rongere dans le
Bas-Poitou âgée de 46. f
ans. Elleestoitfilled'Hyacinthe
de Quatrebarbes
Marquis de la , Rongere
7
Chevalier des Ordres du
:Roy,& Chevalier d'Honneur
de S. A. R. Madame
laDuchesse d'Orléans, &
de Françoise du Plessis
Chastillon.
Elle avoit estémariée
deux fois; la première à
FrançoisdeRousselé, Marqu
is de Sache, dont ellen'a
point eu d'enfants; & la
seconde à François de Menon
,
Comte de Tuibilly
dont elle laisse une fille
âgée de douze ans.Ses deux
Epoux estoient parents de
MessieursdeLuxembourg.
!
LeChevalierSebastiano
Foscarini, Procurateur det.
S. Marc Ambassadeur Ul
Plenipotentiairede la Républiquede
Vemfè auprés
des Estats Generaux, mourutà
la Haye le 23. Mars..
Il avoitesté Ambassadeur
en France & en Espagne.
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Résumé : MORTS. Article qu'on a omis dans les mois precedents.
Le document relate plusieurs décès survenus au cours des mois précédents. Charles Calliope de Vaucouleurs, Seigneur de Lanjamet et Aide de Camp du Gouverneur de Guérande et du Croisic, est décédé à Versailles le 1er janvier. Il n'a pas laissé de descendance de Magdeleine de Rez. Jacques Pouletier, Conseiller d'État et Intendant des Finances, est mort le 4 avril. Son successeur, Pierre Pouletier, Seigneur de Nainville et Maître des Requêtes, a pris sa charge. Léopold Mathias, Prince de Lamberg, Chevalier de la Toison d'or et Chambellan de l'Empereur, est décédé à Vienne à l'âge de 54 ans, laissant deux filles et son frère, le Comte Jean-Adam, héritier de sa dignité et de ses terres. Le Père Valernod, Général de l'Ordre de Saint-Ruf, est mort à Valence en Dauphiné le 14 février. Françoise-Angélique de la Mothe Houdancourt, veuve du Duc d'Aumont, est décédée le 5 avril. Bachelier de Baubourg, Receveur Général des Finances, est mort le 9 avril, laissant une sœur, Madame de la Ravois. La Comtesse de Turbilly est morte à l'âge de 46 ans dans son château de la Rongère en Bas-Poitou, laissant une fille de douze ans de son second mariage avec François de Menon, Comte de Turbilly. Elle avait été mariée deux fois et ses époux étaient parents des Luxembourg. Le Chevalier Sebastiano Foscarini, Procurateur de Saint-Marc et Ambassadeur de la République de Venise auprès des États Généraux, est mort à La Haye le 23 mars. Il avait également été Ambassadeur en France et en Espagne.
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5423
p. 187-192
LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
Début :
Monsieur, Le hasard m'a fait sçavoir ce que toutes mes recherches [...]
Mots clefs :
Machines, Inventions, Marbre, Scie, Mécanique
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
LETTRE D'AVI
Sur une nouvelle machine
inventée pourscierlesmar- 1 bresavec plus desimplicité
* & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait
encore veuës.
MONSIEUR,
-il Lehasard m'a fait fça-«
voir ce que toutes mes re-n
c
herches n'avoient pu mep
»faire découvrir:j'ayen-
-fiii ~sceur le secret de'Mrvl
»
de Corvolles, de la ma-
"mère que je vais,ivousi.
»conter. Je l'aymené àq
»
Nostre. Dame y
voir le3
Ilouvel Autel ;
je luy ay
dit que j'estoissurp
ris que
»
l'on fust si long-temps à-s
»travailler le marbre,&
»
qu'il ne luy estoit par per~3
»mis, ayant eu les "privi':l
leD-es qu'il a
pleu au ~Roy
»iuy accorder, de ne les
»pasmettre en mouve-
ment depuis le temps
qu'il lesavoit.
Les reproches que je
«
luy ay faits qu'il n'est ja«
mais content de ce qu'ilfA:
imagine
,
& qu'il s'occute
pe tous les joursà des dé
eç.
couvertes nouvelles, sans«
les rendre publiques,l'ont«
piqué d'honneur;il ma«
respondu en ces termes
cen'est point pour refiifer au public la connoiC.CQ
sance deschoses que j'ay
inventées, que je ne fais
«
point faire d'ouvrages; «
mais comme il ne fuffic*
» pas de trouver dessecrets,
* & qu'il faut encore pour
»
les rendre utiles au pu-
»blic, trouver le moyen de
»les rendre d'un facile usa-
»ge & de peu de frais, je
»
n'ai pu merefoudre à met-
»trema machine en œuvre
»
qu'aprés quelques augmentat.ions que je n'ay
» pas pû trouver que de-
»
puis peu.
Il y a une machine pour
scier les marbres, & une
pour y
faire tous les profils
sans ciseau ni maillet; ellesont toutes deuxun mes-
me mouvement, celle à
faire les profils n'est autre
chose qu'un calibre de fer
fondu,sur lequel font marquées les differentes mouleures qu'on veut imprimer
sur le marbre: & celle pour
scier n'est autre chose qu'-
un chassisquarré long, aux
deux bouts duquel il y a
deux pieces de bois épaisses
de cinq à six pouces,&hau.
tes de douze, dans le milieu desquellesilya de petites fentes où on passe le
bout des scies. Ces scies l[ont trouéesdansleurs ex-
tremitez, & dans ce trou
on met une broche de fer,
entre laquelle & le bois on
fourre un cornu fendu par
le moyen duquel on tend
la scie de telle iorte qu'elle
ne se lasche point.
Je ne vous explique peutestre pas cela assez nettement; mais comme vous
entendez mieux la mecaniqueque moy ,
vous devinerez ce que je veux vous
faire entendre
Sur une nouvelle machine
inventée pourscierlesmar- 1 bresavec plus desimplicité
* & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait
encore veuës.
MONSIEUR,
-il Lehasard m'a fait fça-«
voir ce que toutes mes re-n
c
herches n'avoient pu mep
»faire découvrir:j'ayen-
-fiii ~sceur le secret de'Mrvl
»
de Corvolles, de la ma-
"mère que je vais,ivousi.
»conter. Je l'aymené àq
»
Nostre. Dame y
voir le3
Ilouvel Autel ;
je luy ay
dit que j'estoissurp
ris que
»
l'on fust si long-temps à-s
»travailler le marbre,&
»
qu'il ne luy estoit par per~3
»mis, ayant eu les "privi':l
leD-es qu'il a
pleu au ~Roy
»iuy accorder, de ne les
»pasmettre en mouve-
ment depuis le temps
qu'il lesavoit.
Les reproches que je
«
luy ay faits qu'il n'est ja«
mais content de ce qu'ilfA:
imagine
,
& qu'il s'occute
pe tous les joursà des dé
eç.
couvertes nouvelles, sans«
les rendre publiques,l'ont«
piqué d'honneur;il ma«
respondu en ces termes
cen'est point pour refiifer au public la connoiC.CQ
sance deschoses que j'ay
inventées, que je ne fais
«
point faire d'ouvrages; «
mais comme il ne fuffic*
» pas de trouver dessecrets,
* & qu'il faut encore pour
»
les rendre utiles au pu-
»blic, trouver le moyen de
»les rendre d'un facile usa-
»ge & de peu de frais, je
»
n'ai pu merefoudre à met-
»trema machine en œuvre
»
qu'aprés quelques augmentat.ions que je n'ay
» pas pû trouver que de-
»
puis peu.
Il y a une machine pour
scier les marbres, & une
pour y
faire tous les profils
sans ciseau ni maillet; ellesont toutes deuxun mes-
me mouvement, celle à
faire les profils n'est autre
chose qu'un calibre de fer
fondu,sur lequel font marquées les differentes mouleures qu'on veut imprimer
sur le marbre: & celle pour
scier n'est autre chose qu'-
un chassisquarré long, aux
deux bouts duquel il y a
deux pieces de bois épaisses
de cinq à six pouces,&hau.
tes de douze, dans le milieu desquellesilya de petites fentes où on passe le
bout des scies. Ces scies l[ont trouéesdansleurs ex-
tremitez, & dans ce trou
on met une broche de fer,
entre laquelle & le bois on
fourre un cornu fendu par
le moyen duquel on tend
la scie de telle iorte qu'elle
ne se lasche point.
Je ne vous explique peutestre pas cela assez nettement; mais comme vous
entendez mieux la mecaniqueque moy ,
vous devinerez ce que je veux vous
faire entendre
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Résumé : LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
La lettre d'Avi présente une nouvelle machine destinée à scier les marbres de manière plus simple et rapide que les machines existantes. L'auteur, après avoir découvert le secret de la machine de Corvolles, l'a démontrée à Notre-Dame pour prouver son efficacité. Il critique Corvolles de ne pas rendre publiques ses inventions et de se concentrer constamment sur de nouvelles découvertes sans les partager. Corvolles justifie son silence en expliquant qu'il cherche à rendre ses inventions utiles, faciles à utiliser et économiques. La machine pour scier les marbres se compose d'un châssis carré long avec des pièces de bois aux extrémités, permettant le passage des scies tendues par une broche de fer et un cornu fendu. Une autre machine permet de créer des profils sur le marbre sans ciseau ni maillet, en utilisant un calibre de fer fondu avec des mouleures marquées. Les deux machines fonctionnent avec le même mouvement.
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5424
p. 187-1940
Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Début :
Dom N... Vernois de Montjournal Abbé nommé de Saint [...]
Mots clefs :
Dom Vernois de Montjournal, Élection, Saint Sulpice, Abbé de la Ferté
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texteReconnaissance textuelle : Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Dom N.Vernois de Montjournal Abbé nommé de Saint
Sulpice en Bugey &,quin,âvilt
pas encore reçu la ~B-nedi& on Abbatiale,
a lnéélûdet'uis
quelque tempsAbbé de la
Ferté. Mr Pinon Intendant
de Bourgogne prcfida à cette
élection & c'est la dernierc
fonction qu'il ait faite de son
employ en Bourgogne. Dom
de Montjournal estoit Abbé
de Saint Sulpice depuis environ
deux années. Il y en a
Gx ou
sept que le Roy luy donna
une Abbaye de l'Etroite Obfervance de Cîteaux, mais sur
ce qu'on representa à S. M.
que ce Religieux n'estoit pas
de la Reforme, ce Prince
dont la justice regle toutes les
avions craignant qu'un Abbé
qui n'estoit pas Reformé ne
pût pas compatir avec des
Religieux quil'estoient revoqua ta grace qu'il luy avoir
faite, maisen luy laissantl'esperancede le dédommager
bien tost
; en effet Mrs de
Guenegaud, à la famille desquels ce Religieux estoit fore
attaché
3
ayant fait ressouvenir
S. M. de la grace qu'il avoir
promis à Dom deMontjournal, il luy donna il y a
environ deux annéesl'Abbaye
de Saint Sulpice qui vaquoit
par la mort de Mr de Montholon frere du feu premief
President de Rouen. Il estoit
alors Professeur en Théologie:
auCollege des Bernardins de
Paris, & il n'y avoit que très,
peu de temps qu'il avoit pris le
Bonner de Docteur de~Soi-bon:
ne
,
la Licence dont ,il eiloicj
avec feu Mr 1 Abbé d'Heudi-^
court nommé Evêque dE^
vreux
,
n'ayant fini qu'avec
l'année1703. Il n'avoit pasencore esté beni Abbé, de S.
Sulpice lors qu'ilaestée|uj
Abbé de la Ferté. Il a eu pour
concurrent Dom Languet
Prieur de laFerté sur lequc.i,.i-il
ne l'a emportéque de deux
voix, & le même Dom Lan-J
J
guet a en fuite esté son successeur en l'Abbaye de Saint Sulpice qui est trcs ancienne &
qui a
eud'illustres Abbez qui
luy ont fait de grands biens ;
tels sont les Moyna, & les
Ecrevieu, Abbez de S. Sulpice
dont on voit encore les Armes
dans une belle Crosse & dans
le Chœur de cette ancienne
Abbaye. Dom de Montjournal a un frere Chanoine de
Noyonqui y
est fort estimé,
&que feu Mr de Tonnerre y
attira;il ena unautre Conseiller au Presidial de Moulins. Ils.
font de cette Ville-là & d'une
ï
ancienne famille de Bourbonnois. Le nouvel Abbé a
elle
fort regretté à Saint Sulpice ;
ila quitté ce lieu au bruit que
répandoient dans toute 1Abbaye les pleurs & les gem.Hemens de ses Religieux, de ses
Domestiques & de tous les
Paysans des Villages dépendant de Saint Sulpice qui
estoient accourus pour recevoir ses derniers adieux & sa
Bénédiction & qui fondoient
tous en larm-s en voyanr qu'il
s'élolgnoit d'eux pour ne les
plus revoir.Jamaisspectacle
ne fut plus couchant,les manic..
res
[CS de cet Abbé avoient cité
si gracieuses
,
si douces, & si
prévenantes qu'on ne doit pas
estre surpris des regrets que
son départ acaufez dans toute
la Province du Bugey. La
Noblesse qui le cherissoit a
aulh pris part à l'affliction
publique; un grand nombre
de Gentilshommes & d'Ecclesiastiques du voisinagevinrent
luy rendre leurs hommages
pour
la derniere fois presque
tous fondant en larmes. La
maniere dont cet Abbé avoit
Ivlcu avec eux les avoir charmez. SaMaisonestoit ouverte
a tous les honnestes gens qui
y
estoientreçus avec une politesse & une sage profusion qui
faisoient beaucoup d'honneur
à cet Abbé. Les pauvres y
ont le plus perdu: aussi leurs
'04 regretsle fontils faits remarqu
Sulpice en Bugey &,quin,âvilt
pas encore reçu la ~B-nedi& on Abbatiale,
a lnéélûdet'uis
quelque tempsAbbé de la
Ferté. Mr Pinon Intendant
de Bourgogne prcfida à cette
élection & c'est la dernierc
fonction qu'il ait faite de son
employ en Bourgogne. Dom
de Montjournal estoit Abbé
de Saint Sulpice depuis environ
deux années. Il y en a
Gx ou
sept que le Roy luy donna
une Abbaye de l'Etroite Obfervance de Cîteaux, mais sur
ce qu'on representa à S. M.
que ce Religieux n'estoit pas
de la Reforme, ce Prince
dont la justice regle toutes les
avions craignant qu'un Abbé
qui n'estoit pas Reformé ne
pût pas compatir avec des
Religieux quil'estoient revoqua ta grace qu'il luy avoir
faite, maisen luy laissantl'esperancede le dédommager
bien tost
; en effet Mrs de
Guenegaud, à la famille desquels ce Religieux estoit fore
attaché
3
ayant fait ressouvenir
S. M. de la grace qu'il avoir
promis à Dom deMontjournal, il luy donna il y a
environ deux annéesl'Abbaye
de Saint Sulpice qui vaquoit
par la mort de Mr de Montholon frere du feu premief
President de Rouen. Il estoit
alors Professeur en Théologie:
auCollege des Bernardins de
Paris, & il n'y avoit que très,
peu de temps qu'il avoit pris le
Bonner de Docteur de~Soi-bon:
ne
,
la Licence dont ,il eiloicj
avec feu Mr 1 Abbé d'Heudi-^
court nommé Evêque dE^
vreux
,
n'ayant fini qu'avec
l'année1703. Il n'avoit pasencore esté beni Abbé, de S.
Sulpice lors qu'ilaestée|uj
Abbé de la Ferté. Il a eu pour
concurrent Dom Languet
Prieur de laFerté sur lequc.i,.i-il
ne l'a emportéque de deux
voix, & le même Dom Lan-J
J
guet a en fuite esté son successeur en l'Abbaye de Saint Sulpice qui est trcs ancienne &
qui a
eud'illustres Abbez qui
luy ont fait de grands biens ;
tels sont les Moyna, & les
Ecrevieu, Abbez de S. Sulpice
dont on voit encore les Armes
dans une belle Crosse & dans
le Chœur de cette ancienne
Abbaye. Dom de Montjournal a un frere Chanoine de
Noyonqui y
est fort estimé,
&que feu Mr de Tonnerre y
attira;il ena unautre Conseiller au Presidial de Moulins. Ils.
font de cette Ville-là & d'une
ï
ancienne famille de Bourbonnois. Le nouvel Abbé a
elle
fort regretté à Saint Sulpice ;
ila quitté ce lieu au bruit que
répandoient dans toute 1Abbaye les pleurs & les gem.Hemens de ses Religieux, de ses
Domestiques & de tous les
Paysans des Villages dépendant de Saint Sulpice qui
estoient accourus pour recevoir ses derniers adieux & sa
Bénédiction & qui fondoient
tous en larm-s en voyanr qu'il
s'élolgnoit d'eux pour ne les
plus revoir.Jamaisspectacle
ne fut plus couchant,les manic..
res
[CS de cet Abbé avoient cité
si gracieuses
,
si douces, & si
prévenantes qu'on ne doit pas
estre surpris des regrets que
son départ acaufez dans toute
la Province du Bugey. La
Noblesse qui le cherissoit a
aulh pris part à l'affliction
publique; un grand nombre
de Gentilshommes & d'Ecclesiastiques du voisinagevinrent
luy rendre leurs hommages
pour
la derniere fois presque
tous fondant en larmes. La
maniere dont cet Abbé avoit
Ivlcu avec eux les avoir charmez. SaMaisonestoit ouverte
a tous les honnestes gens qui
y
estoientreçus avec une politesse & une sage profusion qui
faisoient beaucoup d'honneur
à cet Abbé. Les pauvres y
ont le plus perdu: aussi leurs
'04 regretsle fontils faits remarqu
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Résumé : Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Dom Vernois de Montjournal, abbé de Saint-Sulpice en Bugey, fut élu abbé de la Ferté avant même de recevoir la bénédiction abbatiale. Cette élection, supervisée par Mr Pinon, Intendant de Bourgogne, marqua la dernière fonction de ce dernier en Bourgogne. Dom de Montjournal avait été abbé de Saint-Sulpice pendant environ deux ans, après avoir reçu cette abbaye grâce à l'intervention de la famille Guénégaud. Précédemment, le roi lui avait offert une abbaye de l'Étroite Observance de Cîteaux, mais cette grâce fut révoquée car il n'appartenait pas à la Réforme. Le roi lui avait promis un dédommagement. Dom de Montjournal était également professeur de théologie au Collège des Bernardins de Paris et avait récemment obtenu le bonnet de docteur en Sorbonne. Son élection à la Ferté fut contestée par Dom Languet, prieur de la Ferté, qui obtint deux voix de moins. Dom de Montjournal avait un frère chanoine de Noyon et un autre conseiller au Présidial de Moulins. Son départ de Saint-Sulpice fut marqué par des pleurs et des regrets profonds de la part des religieux, des domestiques et des paysans des villages dépendants de l'abbaye. La noblesse et les ecclésiastiques du voisinage vinrent lui rendre hommage, touchés par sa manière de vivre et sa générosité envers les pauvres.
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5425
p. 186-194
Mariage. [titre d'après la table]
Début :
Loüis François Bouschet Comte de Sourches qui a épousé le [...]
Mots clefs :
Seigneur, Chevalier, Mariage, Dame, Comte, Province, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage. [titre d'après la table]
Mariage de
Louis François de Bouſcher
Comte deSourches qui a épou
fé le 23. du mois paffé Hilaire
Urfule de Thierfault , fille de
Meffire Pierre de Thier fault.
Le Comte de Sourches eft
fils de Loüis François de Boufchet
Marquis de Sourches
cy- devant Grand Prevost de
France. Et de Dame Marie:
G neviève de Chambe, Comteffe
de Montforcay.
GALANT. 187
La Maiſon de Bouschet eft
originaire du Maine auprésd'Alençon
, & une des meilleures
de cette Province , la bran
cheaînée tomba en quenoüille
, l'heritiere épousa Robert
Comte d'Alençon ſous le Regne
de Philippes Augufte ,
& Robert Comte d'Alençon
donna fon nom à Robert de
Boufchet qui étoit en 12 50.
Seigneur des Terres de la Ferté
Maffé & de Saint Leonard
des Bois ,fituées auprés d'Alençon
.
Ce Robert de Boufchet
époufa Gabrielle de Lonvay ,
Qij
188
MERCURE
duquel mariage cft forti Pierre
de Boufchet .
Pierre de Bouschet épousa
en 1301. Leonard de Hertré
fille du Seigneur de Hertré ,
dont eft venu Baudouin de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de la Tournerie , de la Ferté,
Maffé & de Saint Leonard des
Bois , qui fut marié à Dame
Charlotte de Clinchamps en
Fan 1355. fous le regne de
Jean Roy de France , duquel
mariage eft venu Hardoüin de
Boufchet Chevalier Seigneur
de Saint Leonard des Bois &
plufieurs autres lieux , & Jean
GALANT. 189
de Boufchet qui a fait la branche
des Seigneurs de Malesfre,
& pour lors Lieutenants &
Senechaux de la Province du
Maine. Ce Jean'eût pour fils
Gilles de Boufchet auffi Seigneur
de Malesfre , & qui a
fait la branche des cadets de
cecofté là : il fur premier Ma
tre d'Holtel de M. le Duc de
Montpenfier freredu Roy.
Hardouin de Boulchet
Chevalier deSaint Leonard des
Bois & autres lieux , épouſa Dae
Jacqueline de Longaunay
d'une tres- bonne & tres ancienne
nobleffe de Norman190
MERCURE
die , d'où eft forti Jean de
Bouschet 11. du nom , Chevalier
Seigneur de Saint Leonard
des Bois & de la Ferriere , qui
fut marié à Dame Charlotte
d'Affé en l'an 1415. fous le
regne de Charles VI. De ce
mariage eft venu Guillaume de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de S. Leonard des Bois , qui fut
Lieutenant & Connêtable de
la Ville & Chaſtel du Mans ; il
époufa en l'an 1470 Dame
Jeanne de Vaffé , fille de Jean
de Vaffé , dit Grognet , fous le
regne de Louis XI. Ce Jean de
Vaffé donna en faveur de ce
GALANT. 199
mariage à la fille Jeanne , la
Terre & Seigneurie de Sourches.
De ce mariage eft venu Baudoüin
II . du nom , qui époufa
Dame Marguerite de Berenger
en l'an 1522. d'où eft forti
René de Boulcher , Chevalier
Seigneur Baron de Bernay &
de Sourches, qui époufa Dame
Loüife de Thevalle , une des
plus anciennes Maiſons du
Royaume.
De ce mariage eft venu
Mellire François de Boufchet,
Chevalier , Seigneur de Sourches
, Chevalier de l'Ordre du
192 MERCURE
Roy , qui fut Enfeigne , & enfuite
Lieutenant de la Compagnie
de Monfieur le Duc de
Montpenfier : il fut fait depuis
Capitaine de jo . hommes
d'Armes, & enfuiteLieutenane
General des Armées du Roy :
il époula Dame Sidoine du
Plefis de Liancourt. zuvla
De ce mariage eft forti Mcffire
Honorat de Boufeher
Chevalier Seigneur Marquis
de Sourches & de S. Leonard
des Bois : cet Honorat deBoufchet
époufa Dame Catherine
Hurault de Chiverny.
$
De ce mariage eft venu Jean
de
CALANT. 193
de Boufcher , Chevalier Seigneur
Marquis de Sourches .
Chevalier des Ordres du Roy ,
grand Prevoft de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine , qui fut marié à Dame
Marie de Nevelet , dont eſt
forti Meffire Loüis François de
Boufcher , Marquis de Sourches
, Comte de Montforeau ,
grand Prevolt de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine qui épousa Marie Geneviève
de Chambes , Comreffe
de Montforeau.
La Maifon de Thierfault
eft originaire de Bretagne &
Novembre 1715. R
194 MERCURE
eft d'one tres-banne & tresancienne
Nobleffe de cette
Province.
Louis François de Bouſcher
Comte deSourches qui a épou
fé le 23. du mois paffé Hilaire
Urfule de Thierfault , fille de
Meffire Pierre de Thier fault.
Le Comte de Sourches eft
fils de Loüis François de Boufchet
Marquis de Sourches
cy- devant Grand Prevost de
France. Et de Dame Marie:
G neviève de Chambe, Comteffe
de Montforcay.
GALANT. 187
La Maiſon de Bouschet eft
originaire du Maine auprésd'Alençon
, & une des meilleures
de cette Province , la bran
cheaînée tomba en quenoüille
, l'heritiere épousa Robert
Comte d'Alençon ſous le Regne
de Philippes Augufte ,
& Robert Comte d'Alençon
donna fon nom à Robert de
Boufchet qui étoit en 12 50.
Seigneur des Terres de la Ferté
Maffé & de Saint Leonard
des Bois ,fituées auprés d'Alençon
.
Ce Robert de Boufchet
époufa Gabrielle de Lonvay ,
Qij
188
MERCURE
duquel mariage cft forti Pierre
de Boufchet .
Pierre de Bouschet épousa
en 1301. Leonard de Hertré
fille du Seigneur de Hertré ,
dont eft venu Baudouin de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de la Tournerie , de la Ferté,
Maffé & de Saint Leonard des
Bois , qui fut marié à Dame
Charlotte de Clinchamps en
Fan 1355. fous le regne de
Jean Roy de France , duquel
mariage eft venu Hardoüin de
Boufchet Chevalier Seigneur
de Saint Leonard des Bois &
plufieurs autres lieux , & Jean
GALANT. 189
de Boufchet qui a fait la branche
des Seigneurs de Malesfre,
& pour lors Lieutenants &
Senechaux de la Province du
Maine. Ce Jean'eût pour fils
Gilles de Boufchet auffi Seigneur
de Malesfre , & qui a
fait la branche des cadets de
cecofté là : il fur premier Ma
tre d'Holtel de M. le Duc de
Montpenfier freredu Roy.
Hardouin de Boulchet
Chevalier deSaint Leonard des
Bois & autres lieux , épouſa Dae
Jacqueline de Longaunay
d'une tres- bonne & tres ancienne
nobleffe de Norman190
MERCURE
die , d'où eft forti Jean de
Bouschet 11. du nom , Chevalier
Seigneur de Saint Leonard
des Bois & de la Ferriere , qui
fut marié à Dame Charlotte
d'Affé en l'an 1415. fous le
regne de Charles VI. De ce
mariage eft venu Guillaume de
Boufchet , Chevalier Seigneur
de S. Leonard des Bois , qui fut
Lieutenant & Connêtable de
la Ville & Chaſtel du Mans ; il
époufa en l'an 1470 Dame
Jeanne de Vaffé , fille de Jean
de Vaffé , dit Grognet , fous le
regne de Louis XI. Ce Jean de
Vaffé donna en faveur de ce
GALANT. 199
mariage à la fille Jeanne , la
Terre & Seigneurie de Sourches.
De ce mariage eft venu Baudoüin
II . du nom , qui époufa
Dame Marguerite de Berenger
en l'an 1522. d'où eft forti
René de Boulcher , Chevalier
Seigneur Baron de Bernay &
de Sourches, qui époufa Dame
Loüife de Thevalle , une des
plus anciennes Maiſons du
Royaume.
De ce mariage eft venu
Mellire François de Boufchet,
Chevalier , Seigneur de Sourches
, Chevalier de l'Ordre du
192 MERCURE
Roy , qui fut Enfeigne , & enfuite
Lieutenant de la Compagnie
de Monfieur le Duc de
Montpenfier : il fut fait depuis
Capitaine de jo . hommes
d'Armes, & enfuiteLieutenane
General des Armées du Roy :
il époula Dame Sidoine du
Plefis de Liancourt. zuvla
De ce mariage eft forti Mcffire
Honorat de Boufeher
Chevalier Seigneur Marquis
de Sourches & de S. Leonard
des Bois : cet Honorat deBoufchet
époufa Dame Catherine
Hurault de Chiverny.
$
De ce mariage eft venu Jean
de
CALANT. 193
de Boufcher , Chevalier Seigneur
Marquis de Sourches .
Chevalier des Ordres du Roy ,
grand Prevoft de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine , qui fut marié à Dame
Marie de Nevelet , dont eſt
forti Meffire Loüis François de
Boufcher , Marquis de Sourches
, Comte de Montforeau ,
grand Prevolt de France , &
Gouverneur de la Province du
Maine qui épousa Marie Geneviève
de Chambes , Comreffe
de Montforeau.
La Maifon de Thierfault
eft originaire de Bretagne &
Novembre 1715. R
194 MERCURE
eft d'one tres-banne & tresancienne
Nobleffe de cette
Province.
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5426
p. 125-134
JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Début :
De Lion ce 20 Fevrier. Il seroit inutile de vous envoyer un dispositif [...]
Mots clefs :
Procès, Lyon, Enfant, Mères, Amour
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texteReconnaissance textuelle : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
IIIe PARTIE
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
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Résumé : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Le texte décrit un procès impliquant Angelique et son enfant, né d'une relation secrète avec Cleonte. Deux mères se disputent la garde : la mère biologique, Angelique, et la mère adoptive. Angelique n'a pas pu prouver sa grossesse et l'allaitement, ce qui a conduit à la garde de l'enfant par la mère adoptive. Angelique a abandonné le procès, probablement en raison du manque de preuves et du désintérêt de Cleonte. La relation entre Angelique et Cleonte a commencé par un mariage secret, mais Cleonte a changé d'avis en route vers Paris, où il a hérité d'une fortune et oublié Angelique. Des années plus tard, malade, Cleonte a reconnu Angelique et leur fille dans un testament, leur laissant une somme d'argent et une pension. Après sa mort, Angelique a réclamé l'enfant, déclenchant le procès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5427
p. 184-200
RENTRÉE DES ACADEMIES DES SCIENCES ET DES BELLES LETTRES.
Début :
Le Mardy 6. l'Académie des Inscriptions & de belles Lettres s'étant [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions et belles-lettres, Éloge, Grammairien , Abbé, Assemblée, Dissertation sur le paganisme, Académie des sciences, Physique, Mémoire, Aimant, Auteur ancien, Nature, Philosophie, Fables, Vertus, Temples, Statues, Mahomet, Historiens, Plutarque, Expériences, Charette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RENTRÉE DES ACADEMIES DES SCIENCES ET DES BELLES LETTRES.
RENTREE DES ACADEMIES
DES SCIENCES ET DES BELLES
LETTRES .
Le Mardy 6. l'Académie des Infcriptions
& des belles1.ettres s'étant
raffemblée , Mr de Boze Sécrétaire
perpetuel lût l'Eloge de feu M
Kufter Affocié : Il entra dans un
grand détail fur les differens Ouvrages
que ce célébre Grammairien
Allemand a donné au Public.
Mr l'Abbé Anfelme fit enſuite
D'AVRI L. 185
part à l'affemblée d'une Differtation
fort étenduë fur les faux Miracles
du Paganifme. Il échapa peu
de traits curieux à cet illuftre
Académicien , j'aurois été fort tenté
d'en donner l'Extrait , mais dominé
par la quantité de matiere qui
me refte , je fuis contraint de m'en
tenir à l'annonce feule.
Mr Falconer le Fils lût enfuite une
differtation hiſtorique & critique ,
fur ce que le Anciens ont crû de
l'Aimant. La circonstance de l'hifto- .
rique & du critique met dans le
reffort de l'Académie des belles
Lettres , une matiere qui appartient
par le Phyfique à l'Academie des
Sciences . Les explications Phyfiques,
foit anciennes , foit modernes
entrent elles - mêmes , comme des
faits dans le Mémoire de M. Falconet
; mais on y voit fur tout un tableau
fçavant & curieux de l'ignorance
& de l'incertitude des premiers
Naturaliftes , auffi- bien que de
la credulité & de la prévention des
anciens peuples. M. Falconet par-
1 Qiij
136 LEMERCURE
court d'abord les noms qu'a eû
l'Aimant dans le cours des fiecles , à
proportion qu'il devenoit plus connu
& plus fameux. Le premier de ces
noms qui eft MAGNETES , fe trouve
dans les Poëfies du faux Orphée, ou
d'Onomacrite : Hippocrate l'a appellé
PIERRE MAGNESIE , Sophocle
PIERRE DE LYDIE , Platon PIERRE
D'HERACLE'E. Ces trois noms vien.
nent de la même fource , c'eft à dire
de la Ville de Magnefie , appellée
auffi Heraclée , fous le mont Sypille
enLydie; ce qui découvre en paffant
la méprife de ceux qui ont appellé
l'Aimant PIERRE D'HERCULE paral
lufion,à la force duHeros de ce nom,
au lieu de l'appeller Pierre d'Heraclée
; conformément à l'origine de
l'Aimant. Arifto e lui a fait plus
d'honneur que tous les autres , en le
nommant PIERRE par excellence :
Cependant le mot MAGNES , qui
n'a pas été le plus ufité chez les
Grecs, a paffé feul chez les Latins.
La proprieté qu'a l'Aimant d'attirer
le fer, paroît avoir été connue de
D'A VRI L. 137
tout tems , & l'onnevoit pas fa naiffan .
ce.Mais celle de repouffer lefer,felon
la difference de fes pôles , eft- beaucoup
moins répandue dans les Auteurs
unpeu anciens. Cependant Plutarque
rapporte que les Egyptiens ſe
reprefentoient l'accord ou le combat
des parties élementaires , fous
le fymbole de l'Aimant , qui tantôt
attire & tantô: repoutle le fer. Marcellus
Empyricus Medecin du grand
Theodofe Auteur peu celebre
d'ailleurs, fait mention auffi de cette
double proprieté , & ces deux paffages
font uniques chez les Anciens
pour ce fait-là ; car tous les autres
Auteurs parlent de l'Aimant qui
attire le fer, & de l'Aimant qui le
répouffe , comme de deux pierres
differentes , dont l'une s'appelloit
MAGNES , & l'autre THEAMEDES .
,
Cependant ces mêmes Anciens
avoient obfervé des Circonstances
affés fines de la vertu de l'Aimant ,
par exemple la communication de
cette vertu au fer même. L'experience
des Anneaux de fer licz
188 LE MERCURË
invifiblement les uns aux autres ,
eft décrite dans Platon. Lucrece ,
Pline , Galien , Nemefius & Saint
Auguftin en parlent . Lucrece & Saint
Auguftin ont allegué de plus la
tranfmiffion des efprits Magnetiques
à travers des Corps étrangers , comme
d'autres metaux & d'autres
pierres, & ils fçavoient l'experience
de la limaille de fer fur une plaque
de cuivre , fans la porter néanmoins
à l'exactitude que nous lui donnons .
Alexandre , Aphrodifée & Claudien
ont dit que l'Aimant & le fer fe
vivifioient mutuellement . C'est de
là que nous avons imaginé les armures
des Aimants pour les fortifier .
L'Illuftre M. Puget à Lion en
avoit un qui par ce fecours étoit en
état de foûtenir 168 fois fon propre
poids. Voilà où fe termine la connoiffance
réelle ou vraye que les
Anciens avoient de l'Aimant ; fa
vertu directrice d'où eft née la
Bouffole ne leur appartenoit point;
ainfi elle n'eit pas de ce memoire :
mais, comme nous l'avons déja dit ,
D'AVRIL. 189
l'Hiftoire des explications Phyfiques
tentées par les Anciens fur les effets
alors connus , entrent dans le deffein
préfent de M Falconet. Thales le
plus ancienPhilofophe de la Grèce ,
appelloit Ame , le Principe de la
Vertu attractive dé l'Aimant. Les
Autheurs d'imagination fe font
longtems contentez de cette idée
Poëtique . Mais l'Ecole de Pythagore
fe rendit plus difficile ; & c'eft
dans fon fein que les Leucippes , les
Philolaus , les Démocrites & les
Timées puiferent les grandes vûes
du Mécanifme. Platon qui n'a
voit à lui aucun fyftême Phyfique ,
avoit emprunté d'eux & en particulier
d'un Livre de Philolaus , l'éxplication
qu'il donne de l'Aimant
dans fon Timée ; Lucrece l'a'traitée
enfuite fur les principes particuliers
de Démocrite : mais Plutarque
l'a mife enfin dans tout fon
jour. La voici. ,, Il n'y a aucune
,, attraction dans la Nature , il s'é
lance de l'Aimant vers le fer
des Corpufcules qui rarefient
و د
190 LE MERCURE
,, l'Air : l'Air rarefié chaffe l'Air
,, voisin , qui revenant par derriere
le fer , le pouffe vers l'ai-
» mant , comme à l'endroit où il
,, y a une espece de vuide . Plutarque
ajoûte que l'Aimant n'agît que
fur le fer , parce qu'il eft le feul
des Métaux dont les pores ayent
une configuration proportionée aux
émanations de la Pierre . Les Ennemis
de la nouvelle Philofophie
combattirent d'abord l'explication
de Defcartes , comme chimerique .
Mais des qu'ils en apperçûrent des
traces dans les vieux Philofophes ,
ils la trouverent excellente & voulurent
faire paffer Descartes pour un
Plagiaire . Platon le feroit autant
que lui mais il y a cette difference
entre les vols de l'un & de l'autre,
que la Phyfique de Platon n'eft qu'-
un amas de differentes Piéces qu'on
ne fçauroit joindre , au lieu que
Descartes a fi bien lié les parties de
fa Phifique , qu'elles paroiffent toutes
de lui. Cela eft vray fur tout de
l'explication de l'Aimant , qui non
D'AVRIL. 191
feulement fatisfait chez lui & à la
Vertu attractive connuedes Anciens,
& à la directrice à laquelle ils ne
penfoient pas , mais qui de plus
entre dans le Systême du monde entier.
Mr Falconet paflant.aux Fables
qu'on a débitées fur l'Aimant , en
diftingue de deux fortes : les unes
ont quelque fondement dans la
Nature ; & les autres n'en ont
aucun. Pour commencer par les
premieres: le BergerMagnes fe fenrit
attaché à l'Aimant par les clous
de fes fouliers , en menant fes Trou.
peaux fur une Montagne fi la
Ville de Magnefie , vraye Patrie de
l'Aimant , n'indiquoit fuffifamment
l'Origine de cette Fable , nous la
refuterions par raiſon Phifique , en
difant que l'Aimant expofé à l'air &
à la pluye fur la fuperficie de la Terre,
perd bien- tôt toute fa Vertu . Cependant
Pline raconte allez ferieufement
qu'auprés du Fleuve Indus
il y a deux Montagnes , dont l'une
arrête & l'autre repouffe ceux qui
192 LE MERCURE
y vont avec
des fouliers garnis
de clous. Ce font , comme l'on
voit, les deux Poles de l'Aimant &
mal entendus & portés à un effet
outré. Les faux miracles de cette
Pierre ont été encore plus grands
dans les Villes. Le fameux Prolemée
avoit entrepris de faire revetir
d'Aimant la Voûte du Temple
d'Arfinoé , pour y fufpendre la Statue
de cette Princeffe. Pline dit que
l'Ouvrage commencé fut interrompu
par la mort de l'Architecte Dinocares
: Aufone nous donne pourtant.
la chofe comme faite. On a conté
la même merveille de la Statuë
du Soleil dans le Temple de Sera
pis à Alexandrie . Rufin qui en a
parlé le premier , ne dit point que la
Statue fut en l'air ; mais Saint Au
guftin avoit oui dire qu'elle étoit
fufpendue entre les Aimants de la
Voûte & ceux du pavé accroiffement
or.linaire du merveilleux.
Maimonides cité par Kircher ,
allégue une autre Statue du Soleil
dans la même pofition fous la voute
du
D'AVRIL 193
du Temple de Belus à Babilone ,
fans parler des Veaux de Jeroboam
fufpendus ainfi , felon le Talmud ;
ce qui fut une des principales caufes
de l'Idolatrie des Ifraëlites .
Quand les Rabbins ne feroient pas
auffi décrédités qu'ils le font en
fait d'Hiftoire , on fait d'ailleurs
qu'on n'est jamais parvenu à faire
tenir une aiguille en équilibre entre
deux Aimants , cependant il regne
encore aujourd'huy une pareille
opinion à l'égard du Tombeau de
Mahomet . Les Turcs mêmes , dit
Bernier , fe mocquent des crédules
Etrangers qui leur en parlent ;
mais Gabriel Bremond dans un
-Voyage curieux écrit en Italien ,
nous donne fur ce fait un dénoûment
qu'on peut appliquer à peu
près à tous les faits femblables de
Ï'Antiquité. ,, Au deffus duTombeau
de Mahomet , dit -il , qui eſt à
""
ر د
terre , comme il convient à un
,, Tombeau , il y a une Pierre d'Aimant
longue & large de deux
» pieds & épaiffe de trois doigts ,
Avril 17170
"
R
194 LE MERCURE
,, à laquelle eft fufpendu un Croif.
و د
,, fant d'or , enrichi de Pierreries ,
par
د د
moyen
le
eft au milieu. Voilà le merveilleux
réduit au vrai.
d'un gros clou qui
""
Les prodiges des Hiftoriens n'ont
point égalé ceux des Géographes . Il
ne coute rien à Ptolomée & aux Ara.
bes Auteurs de la Géographie Nu
bienne de faire arrêter les Vaiffeaux
dans leurs courfes par des rochers
d'Aimant qui en attiroient les cloux.
Auffi , ajoutent-ils , les Habitans des
Indes corrigez par cette expérience
n'emploient dans la conftruction de
leurs Vaiffeaux que des chevilles
de bois le fait eft vrai , mais il
vient de la rareté du fer en ce Païslà.
La vertu directrice de l'Aimant
découverte en ces derniers fiècles ,
fit imaginer à des Géographes une
grande montagne au milieu des
Mers , prés du Pôle qui attiroit
les Vaifleaux vers elle . L'on trouve
cette montagne imaginaire dans
des Cartes qui n'ont gueres plus
de cent ans. C'eft - là que nous pou.
:
D'AVRIL.
195
vons
commencer le fabuleux qui n'a
aucun fondement , & dont le détail
très abregé terminera cet Extrait.
Plutarque a dit que l'Ail émouffoit
la vertu attractive de l'Aimant,
& Pline a cru que l'Aimant n'ofoit
rien attirer en préfence du Diamant
qui attiroit le fer encore mieux
que lui.
L'Aimant ne connoît aujourd'hui
d'autres
Adverfaires , que
la roüille & le feu . La
prétendue
vertu attractive du Diamant , dont
perfonne au monde n'a vu un feul
exemple , a néanmoins été crue fi
long- tems , que la confufion que l'on
a faite du
Diamant & de l'Aimant
à cet égard , a procuré à chacun
d'eux un nom François , qui a pour
étimologie commune ce feul mot
Latin Adamas .
L'exemple de la vertu de l'Aimant
a produit dans
l'imagination
des
Naturaliftes les
differentes vertus
de la Sagde qui attiroit le
bois , de
l'Amphitane qui attiroit
l'or , mais furtout de la Pantarbe
qui fe faifoit rendre hommage par
Rij
196 LE MERCURE
routes les pierres , & qui les attiroit
toutes. On a attribué à l'Aimant
lui-même une vertu attractive
,
générale
ou univerfele
. Albert le
Grand lui fait attirer la chair , les
poiffons , l'huile , le vinaigre & c .
pas à conféquence
:
cela ne tire
Mais Mr Hughens faifoit mouvoir
une régle de cuivre avec un Aimant .
Le R. P. Gouie prétend que des
Bouffoles
où il entre du cuivre ,
détournent
l'aiguille Aimantée . Le
fameux Boyle a vû des Aimans qui
attiroient
foiblement
de petits Diamans
: Il en dit une raifon qui doit
fervir à tous les exemples. Ces
corps contiennent
des parties de
fer ,feul métail reconnu aujourd'hui
à être attiré
propre
par l'Aimant.
Le Mémoire
de M Falconet
finit
proprement
ici ; car il daigne à
peine citer , dans l'ordre même des
erreurs , les propriétez
furnaturelles
de l'Aimant , comme de lier l'amitié
fraternelle
felon le faux Orphée ,
& l'union Conjugale
felon le Medecin
Petrus Hifpanus , depuis Pape
D'AVRIL
197
fous le nom de Jean XXII , de faire
parler les femmes infidelles pendant
le fommeil , felon Marbodeus , ou
de fervir à la Magie , felon les
Gloffes Latriques , citées par
par du
Cange . Ces opinions autrefois pernicieufes
pour les Philofophes les
plus graves , font utiles aujourd'hui
pour divertir toutes fortes de
Lecteurs.
>>
"
و د
Mr l'Abbé Sevin finit la Séance.
par un Difcours intitulé. ,, Recherche
fur l'Hiftoire de la Vie &
des Ouvrages de JUBA le jeune
Roy de Mauritanie. On fçait que
ce Prince fils de Juba I. fut enlevé,
encore enfant par les Romains , &
fervit à orner le Triomphe de Jules
Cefar l'an 708. de Rome. Auguite
ayant pris foin de fon éducation , il
fe rendit fi recommandable par fa
fcience & les talents de l'efprit ,
que Pline ne craint pas de dire , qu'il
étoit encore plus illuftre par cet
avantage que par celui que la Couronne
lui donnoit. On en pourra
juger par la lifte de ſes Ouvrages ci-
Riij
198 LE MERCURE
tés par M. l'Abbé Sevin , qui confiftoient
dans une Hiftoire d'Arabie ,
d'Affirie , de Libye , de l'Empire
Romain , des Théatres , de la Peinture
, des Peintres , outre un Traité
de la Corruption , de la Diction , &
la Defcription d'une Plante, nommée
Euphorbion , qui avoit la proprieté
d'éclaircir laveuë, de garantir de la
morfure des Serpens , & d'empêcher
l'effet de toutes fortes de poifons.
Augufte lui fit époufer Cléopatre
la jeune , fille d'Antoine & de la
belle Cléopatre : c'eft de ce mariage
que nâquit Ptolomée que Caligula
fit mourir. Selon Jofeph , il
ût pour femme Glaphyra veuve
d'un des fils d'Hérode mais cet
Hiftorien s'eft trompé.
Le Mercretly 7. l'Académie des
Sciences fe raſſembla.
Monfieur Delifle le jeune ouvrit
la Séance par la lecture d'un morceau
fort curieux de Phyfique ,
fur une nouvelle proprieté qu'il a
D'AVRIL. 199
remarquée dans les rayons de la
Lumiere. On mettra le Lecteur
en état d'en juger par l'extrait que
l'on en donnera le mois prochain .
M. Venflou lût enfuite un Me.
moire d'Anatomie fur la découverte
qu'il a faite d'une Valvule dans la
Veine Cave defcendente . Il prétend
par le moyen de cette Valvule faire
finir la fameufe Difpute du trou
ovale qui a agité fi lon -tems deux
des plus célébres Anatomiſtes de
ce fiécle , Mrs du Verney & Mery .
Mr Defcamus fit quelques Ex.
périences pour prouver que les
petites roues des caroffes & des
chariots doivent être abandonnées ,
ilfubftituë en leur place des roues
auffi grandes que celles de derriere.
Il montre qu'il faut une force bien
plus petite pour tirer un caroffe ,
ou un chariot dont les quatre rouës
font égales , que lorfque celles de
devant font plus petites . Il démontre
auffi , qu'une charette à quatre roues
égales eft préférable à une charette
à deux rouës.
200 LE MERCURE
Mr de Refton finit la feance par
un Mémoire fur le Salpêtre , qui
fe tire de quantité de Plantes, comme
la Bourache , la Poirée , le
Pourpier. &c.
DES SCIENCES ET DES BELLES
LETTRES .
Le Mardy 6. l'Académie des Infcriptions
& des belles1.ettres s'étant
raffemblée , Mr de Boze Sécrétaire
perpetuel lût l'Eloge de feu M
Kufter Affocié : Il entra dans un
grand détail fur les differens Ouvrages
que ce célébre Grammairien
Allemand a donné au Public.
Mr l'Abbé Anfelme fit enſuite
D'AVRI L. 185
part à l'affemblée d'une Differtation
fort étenduë fur les faux Miracles
du Paganifme. Il échapa peu
de traits curieux à cet illuftre
Académicien , j'aurois été fort tenté
d'en donner l'Extrait , mais dominé
par la quantité de matiere qui
me refte , je fuis contraint de m'en
tenir à l'annonce feule.
Mr Falconer le Fils lût enfuite une
differtation hiſtorique & critique ,
fur ce que le Anciens ont crû de
l'Aimant. La circonstance de l'hifto- .
rique & du critique met dans le
reffort de l'Académie des belles
Lettres , une matiere qui appartient
par le Phyfique à l'Academie des
Sciences . Les explications Phyfiques,
foit anciennes , foit modernes
entrent elles - mêmes , comme des
faits dans le Mémoire de M. Falconet
; mais on y voit fur tout un tableau
fçavant & curieux de l'ignorance
& de l'incertitude des premiers
Naturaliftes , auffi- bien que de
la credulité & de la prévention des
anciens peuples. M. Falconet par-
1 Qiij
136 LEMERCURE
court d'abord les noms qu'a eû
l'Aimant dans le cours des fiecles , à
proportion qu'il devenoit plus connu
& plus fameux. Le premier de ces
noms qui eft MAGNETES , fe trouve
dans les Poëfies du faux Orphée, ou
d'Onomacrite : Hippocrate l'a appellé
PIERRE MAGNESIE , Sophocle
PIERRE DE LYDIE , Platon PIERRE
D'HERACLE'E. Ces trois noms vien.
nent de la même fource , c'eft à dire
de la Ville de Magnefie , appellée
auffi Heraclée , fous le mont Sypille
enLydie; ce qui découvre en paffant
la méprife de ceux qui ont appellé
l'Aimant PIERRE D'HERCULE paral
lufion,à la force duHeros de ce nom,
au lieu de l'appeller Pierre d'Heraclée
; conformément à l'origine de
l'Aimant. Arifto e lui a fait plus
d'honneur que tous les autres , en le
nommant PIERRE par excellence :
Cependant le mot MAGNES , qui
n'a pas été le plus ufité chez les
Grecs, a paffé feul chez les Latins.
La proprieté qu'a l'Aimant d'attirer
le fer, paroît avoir été connue de
D'A VRI L. 137
tout tems , & l'onnevoit pas fa naiffan .
ce.Mais celle de repouffer lefer,felon
la difference de fes pôles , eft- beaucoup
moins répandue dans les Auteurs
unpeu anciens. Cependant Plutarque
rapporte que les Egyptiens ſe
reprefentoient l'accord ou le combat
des parties élementaires , fous
le fymbole de l'Aimant , qui tantôt
attire & tantô: repoutle le fer. Marcellus
Empyricus Medecin du grand
Theodofe Auteur peu celebre
d'ailleurs, fait mention auffi de cette
double proprieté , & ces deux paffages
font uniques chez les Anciens
pour ce fait-là ; car tous les autres
Auteurs parlent de l'Aimant qui
attire le fer, & de l'Aimant qui le
répouffe , comme de deux pierres
differentes , dont l'une s'appelloit
MAGNES , & l'autre THEAMEDES .
,
Cependant ces mêmes Anciens
avoient obfervé des Circonstances
affés fines de la vertu de l'Aimant ,
par exemple la communication de
cette vertu au fer même. L'experience
des Anneaux de fer licz
188 LE MERCURË
invifiblement les uns aux autres ,
eft décrite dans Platon. Lucrece ,
Pline , Galien , Nemefius & Saint
Auguftin en parlent . Lucrece & Saint
Auguftin ont allegué de plus la
tranfmiffion des efprits Magnetiques
à travers des Corps étrangers , comme
d'autres metaux & d'autres
pierres, & ils fçavoient l'experience
de la limaille de fer fur une plaque
de cuivre , fans la porter néanmoins
à l'exactitude que nous lui donnons .
Alexandre , Aphrodifée & Claudien
ont dit que l'Aimant & le fer fe
vivifioient mutuellement . C'est de
là que nous avons imaginé les armures
des Aimants pour les fortifier .
L'Illuftre M. Puget à Lion en
avoit un qui par ce fecours étoit en
état de foûtenir 168 fois fon propre
poids. Voilà où fe termine la connoiffance
réelle ou vraye que les
Anciens avoient de l'Aimant ; fa
vertu directrice d'où eft née la
Bouffole ne leur appartenoit point;
ainfi elle n'eit pas de ce memoire :
mais, comme nous l'avons déja dit ,
D'AVRIL. 189
l'Hiftoire des explications Phyfiques
tentées par les Anciens fur les effets
alors connus , entrent dans le deffein
préfent de M Falconet. Thales le
plus ancienPhilofophe de la Grèce ,
appelloit Ame , le Principe de la
Vertu attractive dé l'Aimant. Les
Autheurs d'imagination fe font
longtems contentez de cette idée
Poëtique . Mais l'Ecole de Pythagore
fe rendit plus difficile ; & c'eft
dans fon fein que les Leucippes , les
Philolaus , les Démocrites & les
Timées puiferent les grandes vûes
du Mécanifme. Platon qui n'a
voit à lui aucun fyftême Phyfique ,
avoit emprunté d'eux & en particulier
d'un Livre de Philolaus , l'éxplication
qu'il donne de l'Aimant
dans fon Timée ; Lucrece l'a'traitée
enfuite fur les principes particuliers
de Démocrite : mais Plutarque
l'a mife enfin dans tout fon
jour. La voici. ,, Il n'y a aucune
,, attraction dans la Nature , il s'é
lance de l'Aimant vers le fer
des Corpufcules qui rarefient
و د
190 LE MERCURE
,, l'Air : l'Air rarefié chaffe l'Air
,, voisin , qui revenant par derriere
le fer , le pouffe vers l'ai-
» mant , comme à l'endroit où il
,, y a une espece de vuide . Plutarque
ajoûte que l'Aimant n'agît que
fur le fer , parce qu'il eft le feul
des Métaux dont les pores ayent
une configuration proportionée aux
émanations de la Pierre . Les Ennemis
de la nouvelle Philofophie
combattirent d'abord l'explication
de Defcartes , comme chimerique .
Mais des qu'ils en apperçûrent des
traces dans les vieux Philofophes ,
ils la trouverent excellente & voulurent
faire paffer Descartes pour un
Plagiaire . Platon le feroit autant
que lui mais il y a cette difference
entre les vols de l'un & de l'autre,
que la Phyfique de Platon n'eft qu'-
un amas de differentes Piéces qu'on
ne fçauroit joindre , au lieu que
Descartes a fi bien lié les parties de
fa Phifique , qu'elles paroiffent toutes
de lui. Cela eft vray fur tout de
l'explication de l'Aimant , qui non
D'AVRIL. 191
feulement fatisfait chez lui & à la
Vertu attractive connuedes Anciens,
& à la directrice à laquelle ils ne
penfoient pas , mais qui de plus
entre dans le Systême du monde entier.
Mr Falconet paflant.aux Fables
qu'on a débitées fur l'Aimant , en
diftingue de deux fortes : les unes
ont quelque fondement dans la
Nature ; & les autres n'en ont
aucun. Pour commencer par les
premieres: le BergerMagnes fe fenrit
attaché à l'Aimant par les clous
de fes fouliers , en menant fes Trou.
peaux fur une Montagne fi la
Ville de Magnefie , vraye Patrie de
l'Aimant , n'indiquoit fuffifamment
l'Origine de cette Fable , nous la
refuterions par raiſon Phifique , en
difant que l'Aimant expofé à l'air &
à la pluye fur la fuperficie de la Terre,
perd bien- tôt toute fa Vertu . Cependant
Pline raconte allez ferieufement
qu'auprés du Fleuve Indus
il y a deux Montagnes , dont l'une
arrête & l'autre repouffe ceux qui
192 LE MERCURE
y vont avec
des fouliers garnis
de clous. Ce font , comme l'on
voit, les deux Poles de l'Aimant &
mal entendus & portés à un effet
outré. Les faux miracles de cette
Pierre ont été encore plus grands
dans les Villes. Le fameux Prolemée
avoit entrepris de faire revetir
d'Aimant la Voûte du Temple
d'Arfinoé , pour y fufpendre la Statue
de cette Princeffe. Pline dit que
l'Ouvrage commencé fut interrompu
par la mort de l'Architecte Dinocares
: Aufone nous donne pourtant.
la chofe comme faite. On a conté
la même merveille de la Statuë
du Soleil dans le Temple de Sera
pis à Alexandrie . Rufin qui en a
parlé le premier , ne dit point que la
Statue fut en l'air ; mais Saint Au
guftin avoit oui dire qu'elle étoit
fufpendue entre les Aimants de la
Voûte & ceux du pavé accroiffement
or.linaire du merveilleux.
Maimonides cité par Kircher ,
allégue une autre Statue du Soleil
dans la même pofition fous la voute
du
D'AVRIL 193
du Temple de Belus à Babilone ,
fans parler des Veaux de Jeroboam
fufpendus ainfi , felon le Talmud ;
ce qui fut une des principales caufes
de l'Idolatrie des Ifraëlites .
Quand les Rabbins ne feroient pas
auffi décrédités qu'ils le font en
fait d'Hiftoire , on fait d'ailleurs
qu'on n'est jamais parvenu à faire
tenir une aiguille en équilibre entre
deux Aimants , cependant il regne
encore aujourd'huy une pareille
opinion à l'égard du Tombeau de
Mahomet . Les Turcs mêmes , dit
Bernier , fe mocquent des crédules
Etrangers qui leur en parlent ;
mais Gabriel Bremond dans un
-Voyage curieux écrit en Italien ,
nous donne fur ce fait un dénoûment
qu'on peut appliquer à peu
près à tous les faits femblables de
Ï'Antiquité. ,, Au deffus duTombeau
de Mahomet , dit -il , qui eſt à
""
ر د
terre , comme il convient à un
,, Tombeau , il y a une Pierre d'Aimant
longue & large de deux
» pieds & épaiffe de trois doigts ,
Avril 17170
"
R
194 LE MERCURE
,, à laquelle eft fufpendu un Croif.
و د
,, fant d'or , enrichi de Pierreries ,
par
د د
moyen
le
eft au milieu. Voilà le merveilleux
réduit au vrai.
d'un gros clou qui
""
Les prodiges des Hiftoriens n'ont
point égalé ceux des Géographes . Il
ne coute rien à Ptolomée & aux Ara.
bes Auteurs de la Géographie Nu
bienne de faire arrêter les Vaiffeaux
dans leurs courfes par des rochers
d'Aimant qui en attiroient les cloux.
Auffi , ajoutent-ils , les Habitans des
Indes corrigez par cette expérience
n'emploient dans la conftruction de
leurs Vaiffeaux que des chevilles
de bois le fait eft vrai , mais il
vient de la rareté du fer en ce Païslà.
La vertu directrice de l'Aimant
découverte en ces derniers fiècles ,
fit imaginer à des Géographes une
grande montagne au milieu des
Mers , prés du Pôle qui attiroit
les Vaifleaux vers elle . L'on trouve
cette montagne imaginaire dans
des Cartes qui n'ont gueres plus
de cent ans. C'eft - là que nous pou.
:
D'AVRIL.
195
vons
commencer le fabuleux qui n'a
aucun fondement , & dont le détail
très abregé terminera cet Extrait.
Plutarque a dit que l'Ail émouffoit
la vertu attractive de l'Aimant,
& Pline a cru que l'Aimant n'ofoit
rien attirer en préfence du Diamant
qui attiroit le fer encore mieux
que lui.
L'Aimant ne connoît aujourd'hui
d'autres
Adverfaires , que
la roüille & le feu . La
prétendue
vertu attractive du Diamant , dont
perfonne au monde n'a vu un feul
exemple , a néanmoins été crue fi
long- tems , que la confufion que l'on
a faite du
Diamant & de l'Aimant
à cet égard , a procuré à chacun
d'eux un nom François , qui a pour
étimologie commune ce feul mot
Latin Adamas .
L'exemple de la vertu de l'Aimant
a produit dans
l'imagination
des
Naturaliftes les
differentes vertus
de la Sagde qui attiroit le
bois , de
l'Amphitane qui attiroit
l'or , mais furtout de la Pantarbe
qui fe faifoit rendre hommage par
Rij
196 LE MERCURE
routes les pierres , & qui les attiroit
toutes. On a attribué à l'Aimant
lui-même une vertu attractive
,
générale
ou univerfele
. Albert le
Grand lui fait attirer la chair , les
poiffons , l'huile , le vinaigre & c .
pas à conféquence
:
cela ne tire
Mais Mr Hughens faifoit mouvoir
une régle de cuivre avec un Aimant .
Le R. P. Gouie prétend que des
Bouffoles
où il entre du cuivre ,
détournent
l'aiguille Aimantée . Le
fameux Boyle a vû des Aimans qui
attiroient
foiblement
de petits Diamans
: Il en dit une raifon qui doit
fervir à tous les exemples. Ces
corps contiennent
des parties de
fer ,feul métail reconnu aujourd'hui
à être attiré
propre
par l'Aimant.
Le Mémoire
de M Falconet
finit
proprement
ici ; car il daigne à
peine citer , dans l'ordre même des
erreurs , les propriétez
furnaturelles
de l'Aimant , comme de lier l'amitié
fraternelle
felon le faux Orphée ,
& l'union Conjugale
felon le Medecin
Petrus Hifpanus , depuis Pape
D'AVRIL
197
fous le nom de Jean XXII , de faire
parler les femmes infidelles pendant
le fommeil , felon Marbodeus , ou
de fervir à la Magie , felon les
Gloffes Latriques , citées par
par du
Cange . Ces opinions autrefois pernicieufes
pour les Philofophes les
plus graves , font utiles aujourd'hui
pour divertir toutes fortes de
Lecteurs.
>>
"
و د
Mr l'Abbé Sevin finit la Séance.
par un Difcours intitulé. ,, Recherche
fur l'Hiftoire de la Vie &
des Ouvrages de JUBA le jeune
Roy de Mauritanie. On fçait que
ce Prince fils de Juba I. fut enlevé,
encore enfant par les Romains , &
fervit à orner le Triomphe de Jules
Cefar l'an 708. de Rome. Auguite
ayant pris foin de fon éducation , il
fe rendit fi recommandable par fa
fcience & les talents de l'efprit ,
que Pline ne craint pas de dire , qu'il
étoit encore plus illuftre par cet
avantage que par celui que la Couronne
lui donnoit. On en pourra
juger par la lifte de ſes Ouvrages ci-
Riij
198 LE MERCURE
tés par M. l'Abbé Sevin , qui confiftoient
dans une Hiftoire d'Arabie ,
d'Affirie , de Libye , de l'Empire
Romain , des Théatres , de la Peinture
, des Peintres , outre un Traité
de la Corruption , de la Diction , &
la Defcription d'une Plante, nommée
Euphorbion , qui avoit la proprieté
d'éclaircir laveuë, de garantir de la
morfure des Serpens , & d'empêcher
l'effet de toutes fortes de poifons.
Augufte lui fit époufer Cléopatre
la jeune , fille d'Antoine & de la
belle Cléopatre : c'eft de ce mariage
que nâquit Ptolomée que Caligula
fit mourir. Selon Jofeph , il
ût pour femme Glaphyra veuve
d'un des fils d'Hérode mais cet
Hiftorien s'eft trompé.
Le Mercretly 7. l'Académie des
Sciences fe raſſembla.
Monfieur Delifle le jeune ouvrit
la Séance par la lecture d'un morceau
fort curieux de Phyfique ,
fur une nouvelle proprieté qu'il a
D'AVRIL. 199
remarquée dans les rayons de la
Lumiere. On mettra le Lecteur
en état d'en juger par l'extrait que
l'on en donnera le mois prochain .
M. Venflou lût enfuite un Me.
moire d'Anatomie fur la découverte
qu'il a faite d'une Valvule dans la
Veine Cave defcendente . Il prétend
par le moyen de cette Valvule faire
finir la fameufe Difpute du trou
ovale qui a agité fi lon -tems deux
des plus célébres Anatomiſtes de
ce fiécle , Mrs du Verney & Mery .
Mr Defcamus fit quelques Ex.
périences pour prouver que les
petites roues des caroffes & des
chariots doivent être abandonnées ,
ilfubftituë en leur place des roues
auffi grandes que celles de derriere.
Il montre qu'il faut une force bien
plus petite pour tirer un caroffe ,
ou un chariot dont les quatre rouës
font égales , que lorfque celles de
devant font plus petites . Il démontre
auffi , qu'une charette à quatre roues
égales eft préférable à une charette
à deux rouës.
200 LE MERCURE
Mr de Refton finit la feance par
un Mémoire fur le Salpêtre , qui
fe tire de quantité de Plantes, comme
la Bourache , la Poirée , le
Pourpier. &c.
Fermer
5428
p. 187-206
Suite des Nouvelles d'Espagne depuis le mois passé.
Début :
Du Camp de Casa Texada le 15. Novemb. Par Mr [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Archiduc, Madrid, Espagne, Roi d'Espagne, Chevaux, Cavalerie, Fourrages, Retraite, Casatejada, Vitoria
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne depuis le mois passé.
Suite des Nouvelles
d'Espagne depuisle
mois passé.
Du Camp de Casa
Texada le
15.
ISIovemb.
ParMrdeC***.
Nous sommes tousjours
icy dans la mesme
situation à reparer l'Armée
du Royde tout cequi luy
manquoit
,
& à remonter
laCavalerie. Les Ennemis
ont quitté Madrid.Ils marchent
pour passer le Tage
au pont d'Aranjuez. Ils seront
sur le chemin de retourner
en Arragon, & en
Catalogne. Leur retraite
eu: à prés de cent lieuës.
Nous mettrons quatre mille
Chevauxaprés eux, pendant
que le reste de l'Armée
les suivra. Par des Let.
tres que nous ayons interceptées
de l'Archiduc , d'hier,il se plaint à l'Archiduchese
de l'opiniastreté
de Mr de Staremberg
d'avoir voulu venir à Madrid
, & d'estre resté si
longtemps dans ce pays.
Il luy avouë qu'ils sont
dans là plus mauvaise situation
du monde, &
beaucoup plus mal que
quand ils estoient assiegez
dans Barcelone; que l'E£'
pagne a presentement un
bon General en la personne
deMr le Duc de Vendosme.
Lettre de Vittoria le 16.
Novembre.
I le/ï arrivé aprés rnidy,
un Gardedu l{oy. ,de l^Compagnied'ossone
, qui ayoit:
esté envoyé pour sçavoir ce
qui se passoit à Madrid. Il
en eflparty le12..& a rapportéqueleu.
lesEnnemis
avoiententièrementretire toutes
les Troupes quilsy avoient
après avoir enlevé tout ce qui
pouvoitJervira leursubsistance
j & pillé quelques Maisons.
Celles de Mr le Marquis
de Sant-Iago, de Mrs de
Mejorada
, & de Campo
Florido3font du nombre Ils
ont ordonné à tous les Conseils
ou Prefidios que l'Archiduc
àvoit establis
,
desuivrel'Armee.
Mr Ducasse a écrit a
Mr le C. de Lionne que la
Reine avoit esté informée
dés le 8. que les Ennemis
devoient se mettre en marche
le 10. qu'il seroit édifié
toute sa vie de la fidelité
des Espagnols dont il avoit
eu des témoignages dans
une grande estenduë de
pays qu'il avoit traversée
pour se rendre à l'Armée
de SaMajesté Catholique.
Les Ennemis avoient
surpris les Villes de Ciudad
Rodrigo& d'Almagro
dans la Manche, d'où
ils tiroient des vivres & des
fourages ; mais Mr de Figueroa,
à la teste de la Noblesse&
des Peuplesd'Andalousie,
les en chasserent
peu de temps aprésqu'ils
s'en furent emparez, & envoyerentà
SaMajesté Catholique
le Corregidor
d'Almagro,lié suruiiAfne,
pour le punir de sa rebellion.
Lesdétachements
que les Ennemis avoient
dans ces deux Postes, furent
faits prisonniers. Leur
Armée commença alors à
manquer de vivres & de
fourages,
fourages
, leRoyd'Espagne
ayant envoyé plusieurs
corps de Cavalerie pour
occuper les passages.
Le Comte de Starem-
)erg avoitdés le6. fait par-
~ir un grand nombre de
chariots pour conduire à
Daroca les malades qui esoient
à Madrid.
Les vivresestoient fort
:hers dans cette capitale;
nais les habitans loin d'en
:stre affligez
,
se réjeüisoient
par avance du reour
de leur Roy legitime,
persuadez que l'abondance
y seroit aussitostrestablie.
On ne peut trop loüer
la fermeté avec laquelle ils
avoient refusé non seulement
de donner leurs armes
à l'Archiduc; mais
aussi de les vendre.Ce Prince
n'avoit pas jugé a propos
de les ycontraindre
dans l'apprehension que ce
la ne causast quelque tumulte
dont les fuites lu)
auroient sans doute elle
desavantageuses. Il n'avoi
non plus osé donner de
ordres pour réprimer la
liberté que les habitan
prenoient de témoigner
laverfion qu'ils avoient
pour luy par leurs discours
& par leurs actions, & qui
alloit jusqu'au point que
les Marchands tenoient
leurs boutiques fermées.
Des queles Ennemis furent
sortis de Madrid, le
Peuple nonobstant la grande
cherté des vivres, voulut
donner des marques
publiques de sa joye; mais
Mr de Sanguinetto quien
est Corregidor -; que le
Roy d'Espagne y avoit
laissé, & qui n'en a point
fait là-fpticlion pendant le
sejour que les Ennemis y
ont fait, les obligea à differer
leurs réjoüissances
jusqu'àceque les Ennemis
fussent éloignez.
Le lendemain de leur
départ,Don Feliciano de
Bracatiiot-itie,queSa MajestéCatholiqueavoit
chargé
d'y conduire un grand
convoy de grains, & de
toutes fortes de provisions,
arriva prés du Pont appellé
de Segovie
,
où les Députez
de la Ville al crent audevant
de luy. On nedoit
point estre surpris de
cette diligence; on estoit
bien informé du jour que
les Ennemis devoient fortir
de cette capitale, & le
• Roy avoit donné tous les
ordres necessaires pour amasser
toutes ces provisions
, & pour les tenir à
portée de les y faireentrer
aussi-tost après leur départ,
afin d'y restablir l'abondance.
En effet
,
le pain qui
valoit douze fols avant
l'arrivée dece convoy, ne
se vendit plus le lendemain
quil fut entré que depuis
deux à trois fols. On n'entendit
aprés cela dans toutes
les rues que des cris
de VivatFélipo Quinto;on
sonnatoutes les Cloches ;
ce n'estoient dans toutes les
ruës que feux de joye &illuminations,
avec un grand
nombrede Portraits deSa
Majesté Catholique.
Du Quartier Royal de
Casa Texada le zz*
Novembre.
L
es Troupes Ennemies
ùrcupenr encore Tolede , San
Pozuelo
,
Chinchon
, ~&
quelques autres Lieux des environs.
Leurs Généraux ont
ordonné aux habitansde mener
à Tolede quatre -vingt
Chariots chargez de Fascines.
On ne doute point que ce ne
soit pour couvrir le dessein
qu'ilsont deseretirer Nostre
Cavalerie qui estois cantonnée
dans plusieurs Villages aux
environs de celuy-cy
,
marcha
ily a quatre jours pour aller
dans le voisinage de Talavera
de la Reyna. Le 19. le Royfit
la revûë de huitBataillons de
ses deux Regiments des Gardes
Espagnoles ~e Walones.
Le20. SaMajestépassaaussi
en revûë 2 1. autres Bataillons
qui estoient campez prés
d'Almaraz
, c- hier toutes
ces Troupes partirent pour se
rendre en quatre jours à Talavera.
Demain le Roy doitpartir
d'icy pour aller coucher à
Casalda
, ~& le lendemain à
Talaveraoù il trouveratoute
son Infanterie campée.
Sa Afajeflévient d'avoir
avis certain que les Ennemis
ont fait passer toute leur Armée
du costé de Chinchon,&
rompre le Pont de Zamora
pour assurer leu'" retraite; que
le Comte de Staremberg,pour
se decharger de l'Archiduc
dans une conjoncture si delicate
,
l'avoit envoyé devant
sous une escorte de mille Chevaux
pour se rendre en diligence
à Pastrana. Ainsion ne
doute plus de la retraite des
Ennemisen Catalogne.
Extrait d'une Lettre de
Vittoriadu23.
L
es Ennemis ont enfin
abandonnéMadridsans avoir
osé ~fare de pillage general.
Ils ont neanmoins emmené
une grande quantité de v ivres
qu'ils avoient ramassez.., efe
sontsaisis de tous les Chevaux
~& autres bestes de charge, apparemment
pour emporter les
effets qu'ils ont enlevez dans
les Lieux des environs qu'ils
ontentièrement saccagez sans
avoirépargné les Eglisesoù
ils ont commis de grands sacrileges.
Extrait d'une Lettre du
Camp de Casa Texada
du 19. Novembre.
L'ArméeduRoyquia
des vivrespourplusieursmoig
est en marche. Plusieurs detachements
de Cavaleriese sont
avancez pour incommoder les
Ennemisdans leurmarche. Le
reste de la Cavalerie est arrivé
à Talavera de la Reyna & le Roy marche à la , teste de
l'Infanterie, ~0* d'une partie
de ses Gardes du Corps. Tous
les Soldats font habillez de
nef&sontremplis de bonne
volonté.
Des Lettres de Barcelone,
venuës par Marseille,
portent qu'on avoit esté
plus de trois Semaines sans
avoir de nouvelles de l'Archiduc,
le Gouverneur de
Lerida ayant enlevé huit
Couriers de suite. Toutes
les Lettres qu'on leur a
trouvées marquoient le
mauvais estat de sesaffaires.)&
l'impossibilitéqu'il
yavoit de se maintenir en
Espagne
,
s'il ne recevoit
promptemenc un puissant
secours.
NoAvVeimttorbiarele.27.
'cft tout de bon que les
Ennemis se retirent. on a sçû
hier au soirqu'ils ont passé le
Xarama doitils ontfait rompre
les Ponts. L'Archiduc a
prisles devants avecmille chevaux.
Il coucha le 21. à Pastrana,
& il s'enva, à grandes
journées. Le Roy d'Espagne
a pajjé à Talavera de lte
Reyna,&s'estmesme avancé
pins
en deçà en remontant le
long du Tage. On a envoyé
plusieurs détachements aprés
l'Armée ennemiepourl'embarajjer
dans sa marche. Je ne
doutepoint queparl'ordinaire
prochain je ne vous mande le
jourde nostre departpourMadrid
: les chemins sont pourtant
bien mauvais
, mais la
ecine se déplaistfort icy.
d'Espagne depuisle
mois passé.
Du Camp de Casa
Texada le
15.
ISIovemb.
ParMrdeC***.
Nous sommes tousjours
icy dans la mesme
situation à reparer l'Armée
du Royde tout cequi luy
manquoit
,
& à remonter
laCavalerie. Les Ennemis
ont quitté Madrid.Ils marchent
pour passer le Tage
au pont d'Aranjuez. Ils seront
sur le chemin de retourner
en Arragon, & en
Catalogne. Leur retraite
eu: à prés de cent lieuës.
Nous mettrons quatre mille
Chevauxaprés eux, pendant
que le reste de l'Armée
les suivra. Par des Let.
tres que nous ayons interceptées
de l'Archiduc , d'hier,il se plaint à l'Archiduchese
de l'opiniastreté
de Mr de Staremberg
d'avoir voulu venir à Madrid
, & d'estre resté si
longtemps dans ce pays.
Il luy avouë qu'ils sont
dans là plus mauvaise situation
du monde, &
beaucoup plus mal que
quand ils estoient assiegez
dans Barcelone; que l'E£'
pagne a presentement un
bon General en la personne
deMr le Duc de Vendosme.
Lettre de Vittoria le 16.
Novembre.
I le/ï arrivé aprés rnidy,
un Gardedu l{oy. ,de l^Compagnied'ossone
, qui ayoit:
esté envoyé pour sçavoir ce
qui se passoit à Madrid. Il
en eflparty le12..& a rapportéqueleu.
lesEnnemis
avoiententièrementretire toutes
les Troupes quilsy avoient
après avoir enlevé tout ce qui
pouvoitJervira leursubsistance
j & pillé quelques Maisons.
Celles de Mr le Marquis
de Sant-Iago, de Mrs de
Mejorada
, & de Campo
Florido3font du nombre Ils
ont ordonné à tous les Conseils
ou Prefidios que l'Archiduc
àvoit establis
,
desuivrel'Armee.
Mr Ducasse a écrit a
Mr le C. de Lionne que la
Reine avoit esté informée
dés le 8. que les Ennemis
devoient se mettre en marche
le 10. qu'il seroit édifié
toute sa vie de la fidelité
des Espagnols dont il avoit
eu des témoignages dans
une grande estenduë de
pays qu'il avoit traversée
pour se rendre à l'Armée
de SaMajesté Catholique.
Les Ennemis avoient
surpris les Villes de Ciudad
Rodrigo& d'Almagro
dans la Manche, d'où
ils tiroient des vivres & des
fourages ; mais Mr de Figueroa,
à la teste de la Noblesse&
des Peuplesd'Andalousie,
les en chasserent
peu de temps aprésqu'ils
s'en furent emparez, & envoyerentà
SaMajesté Catholique
le Corregidor
d'Almagro,lié suruiiAfne,
pour le punir de sa rebellion.
Lesdétachements
que les Ennemis avoient
dans ces deux Postes, furent
faits prisonniers. Leur
Armée commença alors à
manquer de vivres & de
fourages,
fourages
, leRoyd'Espagne
ayant envoyé plusieurs
corps de Cavalerie pour
occuper les passages.
Le Comte de Starem-
)erg avoitdés le6. fait par-
~ir un grand nombre de
chariots pour conduire à
Daroca les malades qui esoient
à Madrid.
Les vivresestoient fort
:hers dans cette capitale;
nais les habitans loin d'en
:stre affligez
,
se réjeüisoient
par avance du reour
de leur Roy legitime,
persuadez que l'abondance
y seroit aussitostrestablie.
On ne peut trop loüer
la fermeté avec laquelle ils
avoient refusé non seulement
de donner leurs armes
à l'Archiduc; mais
aussi de les vendre.Ce Prince
n'avoit pas jugé a propos
de les ycontraindre
dans l'apprehension que ce
la ne causast quelque tumulte
dont les fuites lu)
auroient sans doute elle
desavantageuses. Il n'avoi
non plus osé donner de
ordres pour réprimer la
liberté que les habitan
prenoient de témoigner
laverfion qu'ils avoient
pour luy par leurs discours
& par leurs actions, & qui
alloit jusqu'au point que
les Marchands tenoient
leurs boutiques fermées.
Des queles Ennemis furent
sortis de Madrid, le
Peuple nonobstant la grande
cherté des vivres, voulut
donner des marques
publiques de sa joye; mais
Mr de Sanguinetto quien
est Corregidor -; que le
Roy d'Espagne y avoit
laissé, & qui n'en a point
fait là-fpticlion pendant le
sejour que les Ennemis y
ont fait, les obligea à differer
leurs réjoüissances
jusqu'àceque les Ennemis
fussent éloignez.
Le lendemain de leur
départ,Don Feliciano de
Bracatiiot-itie,queSa MajestéCatholiqueavoit
chargé
d'y conduire un grand
convoy de grains, & de
toutes fortes de provisions,
arriva prés du Pont appellé
de Segovie
,
où les Députez
de la Ville al crent audevant
de luy. On nedoit
point estre surpris de
cette diligence; on estoit
bien informé du jour que
les Ennemis devoient fortir
de cette capitale, & le
• Roy avoit donné tous les
ordres necessaires pour amasser
toutes ces provisions
, & pour les tenir à
portée de les y faireentrer
aussi-tost après leur départ,
afin d'y restablir l'abondance.
En effet
,
le pain qui
valoit douze fols avant
l'arrivée dece convoy, ne
se vendit plus le lendemain
quil fut entré que depuis
deux à trois fols. On n'entendit
aprés cela dans toutes
les rues que des cris
de VivatFélipo Quinto;on
sonnatoutes les Cloches ;
ce n'estoient dans toutes les
ruës que feux de joye &illuminations,
avec un grand
nombrede Portraits deSa
Majesté Catholique.
Du Quartier Royal de
Casa Texada le zz*
Novembre.
L
es Troupes Ennemies
ùrcupenr encore Tolede , San
Pozuelo
,
Chinchon
, ~&
quelques autres Lieux des environs.
Leurs Généraux ont
ordonné aux habitansde mener
à Tolede quatre -vingt
Chariots chargez de Fascines.
On ne doute point que ce ne
soit pour couvrir le dessein
qu'ilsont deseretirer Nostre
Cavalerie qui estois cantonnée
dans plusieurs Villages aux
environs de celuy-cy
,
marcha
ily a quatre jours pour aller
dans le voisinage de Talavera
de la Reyna. Le 19. le Royfit
la revûë de huitBataillons de
ses deux Regiments des Gardes
Espagnoles ~e Walones.
Le20. SaMajestépassaaussi
en revûë 2 1. autres Bataillons
qui estoient campez prés
d'Almaraz
, c- hier toutes
ces Troupes partirent pour se
rendre en quatre jours à Talavera.
Demain le Roy doitpartir
d'icy pour aller coucher à
Casalda
, ~& le lendemain à
Talaveraoù il trouveratoute
son Infanterie campée.
Sa Afajeflévient d'avoir
avis certain que les Ennemis
ont fait passer toute leur Armée
du costé de Chinchon,&
rompre le Pont de Zamora
pour assurer leu'" retraite; que
le Comte de Staremberg,pour
se decharger de l'Archiduc
dans une conjoncture si delicate
,
l'avoit envoyé devant
sous une escorte de mille Chevaux
pour se rendre en diligence
à Pastrana. Ainsion ne
doute plus de la retraite des
Ennemisen Catalogne.
Extrait d'une Lettre de
Vittoriadu23.
L
es Ennemis ont enfin
abandonnéMadridsans avoir
osé ~fare de pillage general.
Ils ont neanmoins emmené
une grande quantité de v ivres
qu'ils avoient ramassez.., efe
sontsaisis de tous les Chevaux
~& autres bestes de charge, apparemment
pour emporter les
effets qu'ils ont enlevez dans
les Lieux des environs qu'ils
ontentièrement saccagez sans
avoirépargné les Eglisesoù
ils ont commis de grands sacrileges.
Extrait d'une Lettre du
Camp de Casa Texada
du 19. Novembre.
L'ArméeduRoyquia
des vivrespourplusieursmoig
est en marche. Plusieurs detachements
de Cavaleriese sont
avancez pour incommoder les
Ennemisdans leurmarche. Le
reste de la Cavalerie est arrivé
à Talavera de la Reyna & le Roy marche à la , teste de
l'Infanterie, ~0* d'une partie
de ses Gardes du Corps. Tous
les Soldats font habillez de
nef&sontremplis de bonne
volonté.
Des Lettres de Barcelone,
venuës par Marseille,
portent qu'on avoit esté
plus de trois Semaines sans
avoir de nouvelles de l'Archiduc,
le Gouverneur de
Lerida ayant enlevé huit
Couriers de suite. Toutes
les Lettres qu'on leur a
trouvées marquoient le
mauvais estat de sesaffaires.)&
l'impossibilitéqu'il
yavoit de se maintenir en
Espagne
,
s'il ne recevoit
promptemenc un puissant
secours.
NoAvVeimttorbiarele.27.
'cft tout de bon que les
Ennemis se retirent. on a sçû
hier au soirqu'ils ont passé le
Xarama doitils ontfait rompre
les Ponts. L'Archiduc a
prisles devants avecmille chevaux.
Il coucha le 21. à Pastrana,
& il s'enva, à grandes
journées. Le Roy d'Espagne
a pajjé à Talavera de lte
Reyna,&s'estmesme avancé
pins
en deçà en remontant le
long du Tage. On a envoyé
plusieurs détachements aprés
l'Armée ennemiepourl'embarajjer
dans sa marche. Je ne
doutepoint queparl'ordinaire
prochain je ne vous mande le
jourde nostre departpourMadrid
: les chemins sont pourtant
bien mauvais
, mais la
ecine se déplaistfort icy.
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne depuis le mois passé.
En novembre, l'armée française est stationnée à Casa Texada, où elle répare et renforce ses troupes, notamment la cavalerie. Les ennemis, ayant quitté Madrid, se dirigent vers le Tage au pont d'Aranjuez, en direction de l'Aragon et de la Catalogne, à environ cent lieues de distance. Les Français envoient quatre mille cavaliers à leur poursuite, tandis que le reste de l'armée les suit. Des lettres interceptées révèlent que l'Archiduc se plaint de la situation désastreuse de ses troupes, pire que lors du siège de Barcelone, et reconnaît la compétence du Duc de Vendôme. À Madrid, les ennemis ont retiré toutes leurs troupes après avoir pillé certaines maisons et ordonné aux conseils de suivre l'armée. Les habitants de Madrid, malgré la cherté des vivres, se réjouissent du retour imminent de leur roi légitime. Les ennemis ont également surpris les villes de Ciudad Rodrigo et d'Almagro, mais ont été chassés par Monsieur de Figueroa. Les vivres et les fourrages manquent à l'armée ennemie, le roi d'Espagne ayant envoyé des corps de cavalerie pour occuper les passages. Le Comte de Staremberg a évacué les malades de Madrid vers Daroca. À Madrid, les habitants ont refusé de donner ou vendre leurs armes à l'Archiduc. Après le départ des ennemis, un convoi de grains est arrivé, rétablissant l'abondance et provoquant des réjouissances publiques. Les troupes ennemies occupent encore quelques lieux autour de Tolède, mais leur retraite vers la Catalogne semble imminente. L'armée du roi est en marche, bien approvisionnée et prête au combat.
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5429
p. 187
AUTRE RESPONSE par un Avare.
Début :
J'aime mieux qu'on ne boive chez moy que [...]
Mots clefs :
Avare, Verres à boire, Taille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE RESPONSE par un Avare.
AUTRE RESPONSE
par un Avare.
i J'aime mieux qu'on ne
boive chez moy que dans
de petits Verres , cela fait
qu'on n'en caffe point de
grands.
par un Avare.
i J'aime mieux qu'on ne
boive chez moy que dans
de petits Verres , cela fait
qu'on n'en caffe point de
grands.
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5430
p. 187
VII.
Début :
Le sieur Janinet vient de graver & metre au jour un petit Portrait de Mlle. [...]
Mots clefs :
Graver, Portrait, Pastel, Marie-Catherine Riggieri
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VII.
VII.
Le fieur Janinet vient de graver &
metre au jour un petit Portrait de Mlle.
Colombe : il eft dans le goût du paſtel ;
l'illufion eft complette , l'emploi des
couleurs y eft entendu à faire même
honneur à un deffin précieux . C'eſt le
premier portrait qu'on a fait paroître
dans cette manière . L'Auteur a déjà
donné des ruines & des fujets très -agréables
: il va offrir dans peu des objets trèsintéreffans
. On trouvera le tout chez lui ,
rue S. Jacques , vis - à- vis celle du Plâtre.
Le fieur Janinet vient de graver &
metre au jour un petit Portrait de Mlle.
Colombe : il eft dans le goût du paſtel ;
l'illufion eft complette , l'emploi des
couleurs y eft entendu à faire même
honneur à un deffin précieux . C'eſt le
premier portrait qu'on a fait paroître
dans cette manière . L'Auteur a déjà
donné des ruines & des fujets très -agréables
: il va offrir dans peu des objets trèsintéreffans
. On trouvera le tout chez lui ,
rue S. Jacques , vis - à- vis celle du Plâtre.
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5431
p. 1013
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On a appris de Smirne, que le Commandant de l'Escadre d'Alger, qui avoit moüillé aux [...]
Mots clefs :
Smyrne, Escadre d'Alger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
O
Na appris de Smirne , que le Commandant
de l'Escadre d'Alger , qui avoit mouillé aux
Fogeri , avoit , selon la permission que le Divan
lui avoit donnée , levé près de 4000. hommes
dans la Natolie et dans la Province de
Sarchan.
On a appris depuis que cette Escadre avoit mis
à la voile le 28. Mars , pour repasser le Canal de
Malte , et qu'elle est accompagnée de quelques
Sultanes et d'un autre Vaisseau chargé de Poudre
et d'autres munitions de guerre, que le Grand
Seigneur a donnez à la Régence d'Alger.
O
Na appris de Smirne , que le Commandant
de l'Escadre d'Alger , qui avoit mouillé aux
Fogeri , avoit , selon la permission que le Divan
lui avoit donnée , levé près de 4000. hommes
dans la Natolie et dans la Province de
Sarchan.
On a appris depuis que cette Escadre avoit mis
à la voile le 28. Mars , pour repasser le Canal de
Malte , et qu'elle est accompagnée de quelques
Sultanes et d'un autre Vaisseau chargé de Poudre
et d'autres munitions de guerre, que le Grand
Seigneur a donnez à la Régence d'Alger.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le texte décrit les activités militaires de la Turquie et de la Perse. Le commandant de l'escadre d'Alger, après l'autorisation du Divan, a recruté 4000 hommes en Anatolie et en Sarchan. L'escadre, partie le 28 mars des Fogeri, traverse le canal de Malte avec des vaisseaux transportant des sultanes et des munitions fournies par le Grand Seigneur à Alger.
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5432
p. 187
GRAVURE.
Début :
Agar renvoyé par Abraham ; dédiée à MONSIEUR. Estampe de 21 pouces de hauteur sur 15 pouces [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe, Tableau, Carlo Antonio Porporati
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
AGAR renvoyée par Abraham ; dédiée à MONSIEUR.
Eftampe de 21 pouces de hauteur fur 15 pouces
de largeur , gravée d'après un tableau de
Vandyck , par M. Porporati , Garde des Deffins de
S. M. le Roi de Sardaigne , Membre des Académies
Royales de Paris & de Turin.
La compofition du fujet eft fage , les têtes font
d'un beau caractère , & la gravure , qui eft d'une manière
large & fimple , nous paroît avoir confervé ,
autant qu'il eft poffible , les beautés du tableau.
Nous croyons cette Eftampe faite pour ajouter encore
à la réputation déjà très- diftinguée de M. Porporati.
Le prix eft de 16 livres. Elle fe vend chez M.
Séchy , Place Dauphine.
AGAR renvoyée par Abraham ; dédiée à MONSIEUR.
Eftampe de 21 pouces de hauteur fur 15 pouces
de largeur , gravée d'après un tableau de
Vandyck , par M. Porporati , Garde des Deffins de
S. M. le Roi de Sardaigne , Membre des Académies
Royales de Paris & de Turin.
La compofition du fujet eft fage , les têtes font
d'un beau caractère , & la gravure , qui eft d'une manière
large & fimple , nous paroît avoir confervé ,
autant qu'il eft poffible , les beautés du tableau.
Nous croyons cette Eftampe faite pour ajouter encore
à la réputation déjà très- diftinguée de M. Porporati.
Le prix eft de 16 livres. Elle fe vend chez M.
Séchy , Place Dauphine.
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Résumé : GRAVURE.
La gravure 'Agar renvoyée par Abraham' est tirée d'un tableau de Vandyck. Mesurant 21 pouces sur 15, elle est réalisée par M. Porporati, Garde des Dessins du Roi de Sardaigne et membre des Académies Royales de Paris et de Turin. La composition est sage, les têtes bien caractérisées, et la gravure fidèle à l'original. Elle est vendue 16 livres chez M. Séchy, Place Dauphine.
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5433
p. 2661
ESPAGNE.
Début :
L'Infant Don Carlos partit de Seville le 20 Octobre ; il est accompagné du Comte de [...]
Mots clefs :
Grand d'Espagne de la premiere classe, Prince, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
'Infant Don Carlos partit de Seville le 20
Octobre ; il est accompagné du Comte de
Sant Estevan , Chevalier de l'Ordre du S. Esprit ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe , en qualité
de son Gouverneur , de Grand - Maître de sa
Maison et de Ministre Plénipotentiaire de
S. M. Cath. Le Duc de Tursis Doria a nommé
Grand Chambellan et Grand Echanson de ce
Prince le Prince Corsini , Neveu du Pape , son
Grand Ecuyer , le Com : e Ugolini , son premier
Ecuyer , le Duc d'Arion , son premier Gentilhomme
de la Chambre , le Marquis de Villaverde
, le Marquis Giustiniani et Don Joseph
Castellar ses Majordômes de Semaine , Don
Joseph de Miranda , et Don Pedre Gasca , Gentils-
hommes de sa Chambre , Don Joseph Joachin
de Montalegre , son Secretaire d'Etat , et
Don Lelio Caraffe , Capitaine de la Compagnie
de ses Gardes du Corps.
>
>
La route de cePrince avant que d'arriver à Perpignan,
sera de 47. jours. Le Prince , la Princesse
des Asturies , et l'Infant Don Philippe l'ont accompagné
jusqu'à trois lieues de Seville , et le
lendemain le Marquis Scotti alla à Carmona de
la part du Roi et de la Reine , pour sçavoir des
nouvelles de la santé de ce Prince,
'Infant Don Carlos partit de Seville le 20
Octobre ; il est accompagné du Comte de
Sant Estevan , Chevalier de l'Ordre du S. Esprit ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe , en qualité
de son Gouverneur , de Grand - Maître de sa
Maison et de Ministre Plénipotentiaire de
S. M. Cath. Le Duc de Tursis Doria a nommé
Grand Chambellan et Grand Echanson de ce
Prince le Prince Corsini , Neveu du Pape , son
Grand Ecuyer , le Com : e Ugolini , son premier
Ecuyer , le Duc d'Arion , son premier Gentilhomme
de la Chambre , le Marquis de Villaverde
, le Marquis Giustiniani et Don Joseph
Castellar ses Majordômes de Semaine , Don
Joseph de Miranda , et Don Pedre Gasca , Gentils-
hommes de sa Chambre , Don Joseph Joachin
de Montalegre , son Secretaire d'Etat , et
Don Lelio Caraffe , Capitaine de la Compagnie
de ses Gardes du Corps.
>
>
La route de cePrince avant que d'arriver à Perpignan,
sera de 47. jours. Le Prince , la Princesse
des Asturies , et l'Infant Don Philippe l'ont accompagné
jusqu'à trois lieues de Seville , et le
lendemain le Marquis Scotti alla à Carmona de
la part du Roi et de la Reine , pour sçavoir des
nouvelles de la santé de ce Prince,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 20 octobre, l'Infant Don Carlos quitta Séville, accompagné du Comte de Sant Estevan, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit et Grand d'Espagne de la première Classe. Ce dernier exerçait les fonctions de Gouverneur, Grand-Maître de la Maison et Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté Catholique. Le Duc de Tursis Doria nomma plusieurs dignitaires pour le Prince : le Prince Corsini comme Grand Chambellan et Grand Échanson, le Comte Ugolini comme Grand Écuyer, le Duc d'Arion comme premier Gentilhomme de la Chambre, et les Marquis de Villaverde, Giustiniani et Don Joseph Castellar comme Majordômes de Semaine. D'autres personnalités, telles que Don Joseph de Miranda et Don Pedre Gasca, furent nommées Gentilshommes de la Chambre, Don Joseph Joachin de Montalegre comme Secrétaire d'État, et Don Lelio Caraffe comme Capitaine de la Compagnie des Gardes du Corps. Le trajet du Prince jusqu'à Perpignan durerait 47 jours. L'Infant fut accompagné jusqu'à trois lieues de Séville par le Prince des Asturies, la Princesse des Asturies et l'Infant Don Philippe. Le lendemain, le Marquis Scotti se rendit à Carmona au nom du Roi et de la Reine pour prendre des nouvelles de la santé du Prince.
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5434
p. 188
ENVOY.
Début :
Le mot de pleurer m'a fait deviner l'oignon [...]
Mots clefs :
Pleurer, Oignon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
E N VOY.
Le mot de pleurer m'a
fait devinerl'oignon, parce qu'au pied d'une pleureuse qui ne croit de tendresse que dansles larmes,
je me fuis quelquefois froté les yeux avec de l'oignon pour pleurer plus
tendrement.
Le mot de pleurer m'a
fait devinerl'oignon, parce qu'au pied d'une pleureuse qui ne croit de tendresse que dansles larmes,
je me fuis quelquefois froté les yeux avec de l'oignon pour pleurer plus
tendrement.
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5435
p. 595-596
RUSSIE.
Début :
La Czarine ayant été informée des mouvemens que quelques Troupes de Turcs et de [...]
Mots clefs :
Tsarine, Troupes, Russie, Armée, Cour, Thamas Kouli-Kan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine ayant été informée des mouvemens
que quelques Troupes de Turcs et de
Tartares faisoient sur les Frontieres de l'Ukraine
; cette Princesse a donné ordre au Comte de
Munich - Feldt , Maréchal , de se rendre incessamment
dans cette Province , et l'on assure
qu'il doit commander l'Armée qu'on y assemblera
, s'il arrive une rupture entre cette Cour et
celle de Constantinople. On est fort inquiet dans
cette Ville, du parti que le Grand Seigneur prendra
596 MERCURE DE FRANCE
dra par rapport aux propositions de Paix qui lui
ont été faites par Thamas - Kouli - Kam , à qui la ·
Guerre Civile , allumée depuis peu en Perse
cause beaucoup d'embarras."
.
Le Gouvernement a fait partir un Convoi considérable
de munitions de Guerre pour les Troupes
Moscovites qui sont en Pologne , et il a or--
donné qu'on equipàt à Revel quelques Frégates
pour aller croiser à la hauteur de Dantzick. Le
General Lesci a mandé à la Czarine que le Corps
de Troupes avec lequel il étoit entré dans la
Prusse Polonoise , n'étoit composé que de douze
mille hommes , et qu'il n'étoit point en état de
tenter aucune entreprise considerable , si on ne
lui envoyoit de nouveaux secours .
On aprend par des Lettres d'Allemagne , que .
lé 7 du mois dernier, un Ambassadeur de Schah-
Abbas III. Roy de Perse , envoyé à la Cour de
Russie , par Thamas- Kouli Kan , Regent de ce
Royaume , et General de l'Armée Persanne , arriva
à Petersbourg , et y fit son Entrée avec une .
nombreuse suite , et qu'il eut le lendemain sa
premiere audience publique de la Czarine , à la
quelle il fut conduit avec les cérémonies accoutumées
, et reçû avec toute la magnificence possible.
A Czarine ayant été informée des mouvemens
que quelques Troupes de Turcs et de
Tartares faisoient sur les Frontieres de l'Ukraine
; cette Princesse a donné ordre au Comte de
Munich - Feldt , Maréchal , de se rendre incessamment
dans cette Province , et l'on assure
qu'il doit commander l'Armée qu'on y assemblera
, s'il arrive une rupture entre cette Cour et
celle de Constantinople. On est fort inquiet dans
cette Ville, du parti que le Grand Seigneur prendra
596 MERCURE DE FRANCE
dra par rapport aux propositions de Paix qui lui
ont été faites par Thamas - Kouli - Kam , à qui la ·
Guerre Civile , allumée depuis peu en Perse
cause beaucoup d'embarras."
.
Le Gouvernement a fait partir un Convoi considérable
de munitions de Guerre pour les Troupes
Moscovites qui sont en Pologne , et il a or--
donné qu'on equipàt à Revel quelques Frégates
pour aller croiser à la hauteur de Dantzick. Le
General Lesci a mandé à la Czarine que le Corps
de Troupes avec lequel il étoit entré dans la
Prusse Polonoise , n'étoit composé que de douze
mille hommes , et qu'il n'étoit point en état de
tenter aucune entreprise considerable , si on ne
lui envoyoit de nouveaux secours .
On aprend par des Lettres d'Allemagne , que .
lé 7 du mois dernier, un Ambassadeur de Schah-
Abbas III. Roy de Perse , envoyé à la Cour de
Russie , par Thamas- Kouli Kan , Regent de ce
Royaume , et General de l'Armée Persanne , arriva
à Petersbourg , et y fit son Entrée avec une .
nombreuse suite , et qu'il eut le lendemain sa
premiere audience publique de la Czarine , à la
quelle il fut conduit avec les cérémonies accoutumées
, et reçû avec toute la magnificence possible.
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Résumé : RUSSIE.
La czarine de Russie a été alertée des mouvements de troupes turques et tartares à la frontière ukrainienne. Elle a chargé le comte de Munich-Feldt de se rendre en Ukraine pour commander l'armée en cas de conflit avec la cour de Constantinople. L'incertitude persiste quant à la décision du Grand Seigneur concernant les propositions de paix de Thamas-Kouli-Kam, perturbé par la guerre civile en Perse. Le gouvernement russe a envoyé des munitions en Pologne et ordonné l'équipement de frégates à Revel pour patrouiller près de Dantzick. Le général Lesci a signalé que ses douze mille hommes en Prusse polonaise ne pouvaient agir sans renforts. Par ailleurs, un ambassadeur du roi de Perse, Shah-Abbas III, envoyé par Thamas-Kouli-Kam, est arrivé à Saint-Pétersbourg le 7 du mois précédent. Il a été reçu avec une suite nombreuse et a eu une première audience publique avec la czarine, marquée par des cérémonies et une magnificence appropriées.
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5436
p. 181-182
« Je vous tiens parole, en vous envoyant les Devises que les [...] »
Début :
Je vous tiens parole, en vous envoyant les Devises que les [...]
Mots clefs :
Devises, Chevaliers, Écus, Course, Versailles, Gravure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous tiens parole, en vous envoyant les Devises que les [...] »
Je vous tiens parole , en
182 MERCURE
vous envoyant les Deviſes
que les Chevaliers portoient
fur leurs Ecus à la Courſe des
Teſtes qu'on fità Verſailles le
dernier Dimanche du Carnaval.
Vous les trouverez gravées
dans cette planche , ou
j'ay tres - peu obſervé les
rangs , les ayant fait graver
a meſure qu'elles me font
tombées entre les mains .
182 MERCURE
vous envoyant les Deviſes
que les Chevaliers portoient
fur leurs Ecus à la Courſe des
Teſtes qu'on fità Verſailles le
dernier Dimanche du Carnaval.
Vous les trouverez gravées
dans cette planche , ou
j'ay tres - peu obſervé les
rangs , les ayant fait graver
a meſure qu'elles me font
tombées entre les mains .
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5437
p. 175-176
Mariages, [titre d'après la table]
Début :
J'ay à vous parler de trois autres Mariages. Il[s] sont de trois [...]
Mots clefs :
Mariages, Monsieur, Conseiller de la cour, Mademoiselle , Épouser, Fille, Fils
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages, [titre d'après la table]
I'ay à vous parler de trois autres
Mariages . Il font de trois
Confeillers de la Cour des Aydes
Le premier eft de Monfieur le
Vieux , qui a époufé Mademoifelle
Chevalier , Fille de Monfieur
Chevalier Receveur Genéral des
Finances à Metz , & Niéce de
Madame Chevalier , donr la Fille
epoufa l'année derniere Monfieur
le Tellier , Confeiller en la
même Cour. Monfieur le Vieux
eft Fils de Monfieur le Vieux ,
Confeiller du Roy & de la Ville
de Paris , Gouverneur des Pages
de la Chambre , fous Monfieur
le Duc de Crequy .
Le fecond de ces Mariages,
eft celuy de Monfieur Hofdies ,
qui a époufé Mademoiſelle de la
Varenne . Il a du merite infiniment
; & feu Monfieur Colbert,
qui s'y connoiffoit , l'honoroit de
fon eftime.
H 4
176 MERCURE
Le troifiéme , eft de Monfieur
Joubert de Godonville . Ila époufe
Mademoiſelle Iffaly , Fille de
Monfieur Iffaly , celebre Avocat,
& qui eft Avocat General de
Monfieur.
Mariages . Il font de trois
Confeillers de la Cour des Aydes
Le premier eft de Monfieur le
Vieux , qui a époufé Mademoifelle
Chevalier , Fille de Monfieur
Chevalier Receveur Genéral des
Finances à Metz , & Niéce de
Madame Chevalier , donr la Fille
epoufa l'année derniere Monfieur
le Tellier , Confeiller en la
même Cour. Monfieur le Vieux
eft Fils de Monfieur le Vieux ,
Confeiller du Roy & de la Ville
de Paris , Gouverneur des Pages
de la Chambre , fous Monfieur
le Duc de Crequy .
Le fecond de ces Mariages,
eft celuy de Monfieur Hofdies ,
qui a époufé Mademoiſelle de la
Varenne . Il a du merite infiniment
; & feu Monfieur Colbert,
qui s'y connoiffoit , l'honoroit de
fon eftime.
H 4
176 MERCURE
Le troifiéme , eft de Monfieur
Joubert de Godonville . Ila époufe
Mademoiſelle Iffaly , Fille de
Monfieur Iffaly , celebre Avocat,
& qui eft Avocat General de
Monfieur.
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Résumé : Mariages, [titre d'après la table]
Le texte évoque trois mariages de conseillers de la Cour des Aides. Monsieur le Vieux a épousé Mademoiselle Chevalier, fille d'un receveur général des Finances. Monsieur Hofdies, apprécié de Colbert, a uni sa vie à Mademoiselle de la Varenne. Enfin, Monsieur Joubert de Godonville a épousé Mademoiselle Issaly, fille d'un avocat célèbre.
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5438
p. 175-176
AUX AUTEURS du Mercure sur les premiers Bouts-rimez qu'ils ont donnez au Public sous le nom d'Argasile. SONNET. Par une jeune Demoiselle de Provence, fort jolie & fort spirituelle, qui n'a jamais fait de Vers.
Début :
Vous allez voir bien-tôt votre Mercure à cu [...]
Mots clefs :
Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUX AUTEURS du Mercure sur les premiers Bouts-rimez qu'ils ont donnez au Public sous le nom d'Argasile. SONNET. Par une jeune Demoiselle de Provence, fort jolie & fort spirituelle, qui n'a jamais fait de Vers.
Í4V X A VTE U R S du Merçurefur
les premiers Bouts-rimez. qu'ils ont don-'
nez. au Public fous le nom d! Argo.-
file.
SONNE T.
Par une jeune Demoiselle de Provence y
fort jolie & sort ípirituelle, qui n'a
jamais fait de Vers.
"fr Ous allez voirbien.tôt votre Mercure à eu
1 " Ce Livre qui chez. vous fait bouillir la
marmite }
. . Pes
'lys MERCURE DÉ FRANCE.
í>es Bouts rimez , grands Dieux ! tòut le
monde * . t' irrités
Et se plaint qu'à Buchet vous.ayez survécu,
Síarrasin est défait , Ergafile a vaiwu ,
A remplir Bouts rimez tout pedant U invite j
Chez le Commis Moreau les Sonnets courent
vite »
Et pour les inferer , on lui donne un le».
Ergaíile charmé tous caresse , vous taise ,
Et de se voir moulé ce bouffon ravi d'aise ,
Promet en Bouts rimez de faire une thansen,
Qu'avec plaisir pair vous elle fèra chantée ;
Car dans votre Mercure , oeuvre si fort vanti*
Vous aimez à mêler la farine & le
les premiers Bouts-rimez. qu'ils ont don-'
nez. au Public fous le nom d! Argo.-
file.
SONNE T.
Par une jeune Demoiselle de Provence y
fort jolie & sort ípirituelle, qui n'a
jamais fait de Vers.
"fr Ous allez voirbien.tôt votre Mercure à eu
1 " Ce Livre qui chez. vous fait bouillir la
marmite }
. . Pes
'lys MERCURE DÉ FRANCE.
í>es Bouts rimez , grands Dieux ! tòut le
monde * . t' irrités
Et se plaint qu'à Buchet vous.ayez survécu,
Síarrasin est défait , Ergafile a vaiwu ,
A remplir Bouts rimez tout pedant U invite j
Chez le Commis Moreau les Sonnets courent
vite »
Et pour les inferer , on lui donne un le».
Ergaíile charmé tous caresse , vous taise ,
Et de se voir moulé ce bouffon ravi d'aise ,
Promet en Bouts rimez de faire une thansen,
Qu'avec plaisir pair vous elle fèra chantée ;
Car dans votre Mercure , oeuvre si fort vanti*
Vous aimez à mêler la farine & le
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Résumé : AUX AUTEURS du Mercure sur les premiers Bouts-rimez qu'ils ont donnez au Public sous le nom d'Argasile. SONNET. Par une jeune Demoiselle de Provence, fort jolie & fort spirituelle, qui n'a jamais fait de Vers.
Le texte discute des 'Bouts-rimez', des poèmes rimés publiés sous le nom d'Argofile. Il mentionne une jeune demoiselle de Provence, décrite comme jolie et spirituelle. Le 'Mercure de France' et des personnages comme Pesly, Buchet, Sarrasin et Ergafile sont impliqués dans des échanges littéraires. Ergafile, charmé, promet de composer une chanson en Bouts-rimez. Les poèmes suscitent divers intérêts dans le milieu littéraire.
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5439
p. 185-186
AUTRE.
Début :
Quoiqu'enfermé dans une Tour [...]
Mots clefs :
Lettre O
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Quoiqu'enfermé dans une Tour
Je ſuis en même temps à Roiien &
dans Rome ;
J'ay le ſecond rang à la Cour ,
Et je ſers au Fripon , comme au
plus honnête homme..
فرطم
Jeſuis, quoiqu'en plein jour, dans
un profond fommeil ,
Je préſide à chaque Ordonnance;
Chezle Roy mêmej'ay ſeance ,
Et place dans chaque Confeil.
For's
Sans me trouverjamais enguerre ;;
•Je ſuis le ſecond au Combat ; :
Et mon ſecours eft neceffaire ,
Au Colonel comme au Soldar .
2
En un mot fans fortird'une étroi-ite
prifon
Je parois toûjours dans le mondei
19
1
186 LE MERCURE
Comme lui , ma figure eſt ronde ,
Et j'habite dans ta maifon.
CHANSON.
Aprés m'avoir formé les plus aimables
chaines
L'Amour livre mon coeur à d'éternels
foupirs.
Ah ! Si les doux plaiſirs font oublier
ſes peines
Ses Tourmens ne font pas oublier
ſes plaifirs.
Quoiqu'enfermé dans une Tour
Je ſuis en même temps à Roiien &
dans Rome ;
J'ay le ſecond rang à la Cour ,
Et je ſers au Fripon , comme au
plus honnête homme..
فرطم
Jeſuis, quoiqu'en plein jour, dans
un profond fommeil ,
Je préſide à chaque Ordonnance;
Chezle Roy mêmej'ay ſeance ,
Et place dans chaque Confeil.
For's
Sans me trouverjamais enguerre ;;
•Je ſuis le ſecond au Combat ; :
Et mon ſecours eft neceffaire ,
Au Colonel comme au Soldar .
2
En un mot fans fortird'une étroi-ite
prifon
Je parois toûjours dans le mondei
19
1
186 LE MERCURE
Comme lui , ma figure eſt ronde ,
Et j'habite dans ta maifon.
CHANSON.
Aprés m'avoir formé les plus aimables
chaines
L'Amour livre mon coeur à d'éternels
foupirs.
Ah ! Si les doux plaiſirs font oublier
ſes peines
Ses Tourmens ne font pas oublier
ſes plaifirs.
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5440
p. 805-806
A M. HERAULT, CONSEILLER D'ETAT, ET LIEUTENANT GENERAL DE POLICE. LE LYNX. Fable.
Début :
Au milieu des travaux, où brille ta prudence, [...]
Mots clefs :
Lynx, Prudence, Simplicité, Vertu, Larcins, Vice, Sphynx, Vigilance , Équité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. HERAULT, CONSEILLER D'ETAT, ET LIEUTENANT GENERAL DE POLICE. LE LYNX. Fable.
A M. HERAULT,
CONSEILLER D'ETAT ,
ET LIEUTENANT GENERAL DE POLICE
LE LYNX. Fable.
Au milieu des travaux , où brille ta prudence ,
Herault , je te demande un instant d'audiance ;
Daigne me l'accorder , et souffre que ma voix ,
Loin du monde et du bruit t'appelle dans les bois ;
D'autres pour acquerir l'honneur de ton estime ,
Pourront avec éclat prendre un essor sublime ,
Mon style manque d'art , mais sa simplicité ,
Sçait rendre à la vertu ce qu'elle a merité.
Certaine Chronique rapporte ,
Que dans une Forêt pleine d'Oiseaux divers
Et d'animaux de toute sorte ,
Entra jadis l'esprit pervers :
Aussi- tôt les larcins , les meurtres ,
Les trahisons , le brigandage ,
le
carnage ,
Y vinrent déployer leurs coupables fureurs ;
La
806 MERCURE DE FRANCE
La raison du plus fort emportoit la balance ,
Le vice triomphoit , la timide innocence ,
Perdoit ses soupirs et ses pleurs :
Sultan Lyon , dont l'ame genereuse ,
Souffroit avec chagrin de pareils attentats »»
Résolut d'extirper du sein de ses Etats ,
Cette licence dangereuse ;
Pour remplir un projet si beau ,
Il se servit du ministere
D'un Lynx qui suivoit le flambeau ,
De l'Equité la plus austere..
A son aspect les crimes confondus ,
Chercherent en vain un azile
Sa vigilance et ses soins assidus.
Rendirent la Forêt tranquille ;
Le Pigeon du Vautour méprisa la fureur ,
Et l'innocent Agneau vit le Loup sans terreur.
Sage Magistrat , cette Fable ,
N'a point l'obscurité des Enigmes du Sphynx ,
Paris de son repos à tes soins redevable ,
Verra facilement que ma Muse équitable ,
Ne songeoit qu'à toi seul en dépeignant le Lynx
I Par M.de Gastera..
CONSEILLER D'ETAT ,
ET LIEUTENANT GENERAL DE POLICE
LE LYNX. Fable.
Au milieu des travaux , où brille ta prudence ,
Herault , je te demande un instant d'audiance ;
Daigne me l'accorder , et souffre que ma voix ,
Loin du monde et du bruit t'appelle dans les bois ;
D'autres pour acquerir l'honneur de ton estime ,
Pourront avec éclat prendre un essor sublime ,
Mon style manque d'art , mais sa simplicité ,
Sçait rendre à la vertu ce qu'elle a merité.
Certaine Chronique rapporte ,
Que dans une Forêt pleine d'Oiseaux divers
Et d'animaux de toute sorte ,
Entra jadis l'esprit pervers :
Aussi- tôt les larcins , les meurtres ,
Les trahisons , le brigandage ,
le
carnage ,
Y vinrent déployer leurs coupables fureurs ;
La
806 MERCURE DE FRANCE
La raison du plus fort emportoit la balance ,
Le vice triomphoit , la timide innocence ,
Perdoit ses soupirs et ses pleurs :
Sultan Lyon , dont l'ame genereuse ,
Souffroit avec chagrin de pareils attentats »»
Résolut d'extirper du sein de ses Etats ,
Cette licence dangereuse ;
Pour remplir un projet si beau ,
Il se servit du ministere
D'un Lynx qui suivoit le flambeau ,
De l'Equité la plus austere..
A son aspect les crimes confondus ,
Chercherent en vain un azile
Sa vigilance et ses soins assidus.
Rendirent la Forêt tranquille ;
Le Pigeon du Vautour méprisa la fureur ,
Et l'innocent Agneau vit le Loup sans terreur.
Sage Magistrat , cette Fable ,
N'a point l'obscurité des Enigmes du Sphynx ,
Paris de son repos à tes soins redevable ,
Verra facilement que ma Muse équitable ,
Ne songeoit qu'à toi seul en dépeignant le Lynx
I Par M.de Gastera..
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Résumé : A M. HERAULT, CONSEILLER D'ETAT, ET LIEUTENANT GENERAL DE POLICE. LE LYNX. Fable.
Le texte est une fable dédiée à M. Hérault, conseiller d'État et lieutenant général de police. L'auteur sollicite son attention pour lui présenter une fable. Cette fable relate comment une forêt, autrefois paisible, fut perturbée par le vice, entraînant des larcins, des meurtres, des trahisons et des brigandages. Indigné par ces actes, le sultan Lyon décida d'y mettre fin. Il choisit un lynx, symbole de vigilance et d'équité, pour rétablir l'ordre. Grâce à la vigilance du lynx, la forêt retrouva la tranquillité, permettant aux animaux innocents de vivre sans crainte. L'auteur compare Hérault au lynx, soulignant que, comme ce dernier, Hérault veille sur Paris et y maintient l'ordre et la justice.
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5441
p. 190-191
« Je vous donnay le mois dernier sous le bon plaisir de [...] »
Début :
Je vous donnay le mois dernier sous le bon plaisir de [...]
Mots clefs :
Ode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous donnay le mois dernier sous le bon plaisir de [...] »
Je vous donnay le mois
dernier fous le bon plaisir de
M.J. B. Coignard Imprimeur
de l'Academie Françoise ,un
extrait sîngulier de l'Ode de
dm. Roy qui a remporté le
~Prix de la Poësie
,
je devois, &
t(je dois même encore vous faire
qparteemois cyde son remerciement
à Messieurs delAcabdemie
; mais un Poète mécori.
~tent ou jaloux des Lauriers
~quiluy ont estéajugez, exige
bdema complâisance queje
bdonne dans ce Mercure, la
preferenceà l'Ode qu'il a faire
pour luy disputer le Prix. Je
merendsàsesinftarlccs, Voicy
~son Ode.
dernier fous le bon plaisir de
M.J. B. Coignard Imprimeur
de l'Academie Françoise ,un
extrait sîngulier de l'Ode de
dm. Roy qui a remporté le
~Prix de la Poësie
,
je devois, &
t(je dois même encore vous faire
qparteemois cyde son remerciement
à Messieurs delAcabdemie
; mais un Poète mécori.
~tent ou jaloux des Lauriers
~quiluy ont estéajugez, exige
bdema complâisance queje
bdonne dans ce Mercure, la
preferenceà l'Ode qu'il a faire
pour luy disputer le Prix. Je
merendsàsesinftarlccs, Voicy
~son Ode.
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5442
p. 169-170
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, près de 160 Vaisseaux Marchands sont partis de differens [...]
Mots clefs :
Commerce, Traité de paix, Brouillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
Grande B r. s ta gine»
SUr la fin du mois dernier , près de irfo Vaisa
seaux Marchands font partis de disserens*
Bores 4e ce Royaume pour aller dans les Pays.
Etrangeis*
i7<5 MERCURE DE FRANCE.
Étrangers , ce qu'on n'avoit pas vû depuis píttlîeuis~
années.
Le t. Janvier , il arriva à Londres un Cou
rier dépêché de Seville avec les Cedules du
Roi d'Espagne que la Compagnie de la Mer du
Sud attendòit pour continuer son Commerce ,
& pour faire partir le nouveau Vaiiïèau qu'elle
fait construire» j
Le Comte de Stair . ci-devanr Ambassadeur
de France , a été nommé par le»Roi Admirai
d' Ecosse avec mille liv. sterlings d'apointemens.
Le 17. il y eut à Londres' un brouillard fí
-épais 1 que vers les quatre heures après midi
on fut obligé d'allumer des Lanternes & des
Flambeaux pour aller dans les ruës : il arriva
plusieurs accidens fur la Tamise , & un Gen
tilhomme qui se promenoit dans le Parc de
5. James, ne voyant plus à le conduire ,
tomba dans le Canal , où il se seroit noyé in
failliblement . fi deux Soldats qui étoienc au
près , ne l'euííent secouru.
Le 18. on publia dans les Places , Carre»
fours, & aurres lieux accoutumez, le Traité
de Paix d'union , d'amitié & d'alliance défen
sive, conclu à Seville , le 9. du mois de No
vembre dernier.
SUr la fin du mois dernier , près de irfo Vaisa
seaux Marchands font partis de disserens*
Bores 4e ce Royaume pour aller dans les Pays.
Etrangeis*
i7<5 MERCURE DE FRANCE.
Étrangers , ce qu'on n'avoit pas vû depuis píttlîeuis~
années.
Le t. Janvier , il arriva à Londres un Cou
rier dépêché de Seville avec les Cedules du
Roi d'Espagne que la Compagnie de la Mer du
Sud attendòit pour continuer son Commerce ,
& pour faire partir le nouveau Vaiiïèau qu'elle
fait construire» j
Le Comte de Stair . ci-devanr Ambassadeur
de France , a été nommé par le»Roi Admirai
d' Ecosse avec mille liv. sterlings d'apointemens.
Le 17. il y eut à Londres' un brouillard fí
-épais 1 que vers les quatre heures après midi
on fut obligé d'allumer des Lanternes & des
Flambeaux pour aller dans les ruës : il arriva
plusieurs accidens fur la Tamise , & un Gen
tilhomme qui se promenoit dans le Parc de
5. James, ne voyant plus à le conduire ,
tomba dans le Canal , où il se seroit noyé in
failliblement . fi deux Soldats qui étoienc au
près , ne l'euííent secouru.
Le 18. on publia dans les Places , Carre»
fours, & aurres lieux accoutumez, le Traité
de Paix d'union , d'amitié & d'alliance défen
sive, conclu à Seville , le 9. du mois de No
vembre dernier.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
À la fin du mois précédent, plusieurs navires marchands ont quitté le Royaume depuis Irfo Vaisa pour des pays étrangers, un événement rare depuis plusieurs années. Le 1er janvier, un courrier est arrivé à Londres depuis Séville, apportant des cédules du roi d'Espagne destinées à la Compagnie de la Mer du Sud pour poursuivre son commerce et lancer un nouveau vaisseau en construction. Le comte de Stair, ancien ambassadeur de France, a été nommé amiral d'Écosse avec une rémunération de mille livres sterling. Le 17 janvier, un épais brouillard à Londres a nécessité l'allumage de lanternes et de flambeaux pour la circulation. Plusieurs accidents se sont produits sur la Tamise, et un gentilhomme a failli se noyer dans un canal du parc de Saint James avant d'être secouru par deux soldats. Le 18 janvier, le traité de paix d'union, d'amitié et d'alliance défensive, conclu à Séville le 9 novembre précédent, a été publié dans les lieux publics.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5443
p. 183-185
PEINTURE.
Début :
Vous destinez, Monsieur, dans votre Ouvrage périodique, une place aux [...]
Mots clefs :
Peinture, Salon du Louvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE.
PEINTURE.
Ous deftinez , Monfieur , dans votre
Ouvrage périodique , une place aux
Beaux-arts ; & entr'autres à la Peinture .
Voici le récit fimple d'un fpectacle intéreffant
dont j'ai été le témoin , & qui peut
méritér fa place dans l'article dont je viens
de parler .
Le concours , que le goût généralement
répandu occafionne au fallon du Louvre ,
qui renferme les ouvrages des habiles Artiftes
, en tous genres , loin de fe réfroidir ,
femble tous les jours devenir plus vif.
L'interêt que le public prend à tout ce
qui regarde les Beaux-arts , s'eft fait fentir
encore par l'empreffement avec lequel
il a cherché à s'introduire dans l'affemblée
tenue le 10 du mois dernier à l'Académie
Royale de Peinture : cette affemblée étoit
184 MERCURE DE FRANCE .
destinée à diftribuer les prix remportés par
les Eleves , pendant le cours de l'année.
M. le Marquis de Marigny y diftribua les
médailles d'or & d'argent ( fignes plus précieux
que les métaux dont elles font formées
, puifqu'elles font la marque des fuccès
mérités ) . M. Watelet , Affocié libre de
cette Académie , fit la lecture d'un Poëme
en quatre chants , intitulé l'Art de peindre ;
depuis trois années confécutives , il avoit
contribué à l'émulation qu'occafionne cette
diftribution annuelle , par la lecture
d'un chant de fon ouvrage : il a fini par le
foumettre tout entier au jugement des Artiftes
, des Amateurs , & d'une Affemblée.
brillante & nombreufe , qui par
leurs applaudiffemens
ont rendu justice à la difficulté
vaincue , & aux foins qu'a pris le
Poëte de renfermer dans un plan fuivi ,
& de lier , par d'heureufes tranfitions , les
préceptes d'un art profond & les agrémens
de la Poéfie.
J'ai l'honneur d'être , &c .
fe.
Nous ne pouvons rendre compte que
mois prochain des tableaux qui ont été expofés
cette année au fallon du Louvre , où
tout Paris a couru les voir en foule , &
d'où il eft forti enchanté. Cependant tout
brillant qu'il a paru , on peut dire en quelOCTOBRE.
1795. 195
que façon qu'il eft refté imparfait. On n'y
a rien vu de M. Boucher , ni de M. Pierre .
Ous deftinez , Monfieur , dans votre
Ouvrage périodique , une place aux
Beaux-arts ; & entr'autres à la Peinture .
Voici le récit fimple d'un fpectacle intéreffant
dont j'ai été le témoin , & qui peut
méritér fa place dans l'article dont je viens
de parler .
Le concours , que le goût généralement
répandu occafionne au fallon du Louvre ,
qui renferme les ouvrages des habiles Artiftes
, en tous genres , loin de fe réfroidir ,
femble tous les jours devenir plus vif.
L'interêt que le public prend à tout ce
qui regarde les Beaux-arts , s'eft fait fentir
encore par l'empreffement avec lequel
il a cherché à s'introduire dans l'affemblée
tenue le 10 du mois dernier à l'Académie
Royale de Peinture : cette affemblée étoit
184 MERCURE DE FRANCE .
destinée à diftribuer les prix remportés par
les Eleves , pendant le cours de l'année.
M. le Marquis de Marigny y diftribua les
médailles d'or & d'argent ( fignes plus précieux
que les métaux dont elles font formées
, puifqu'elles font la marque des fuccès
mérités ) . M. Watelet , Affocié libre de
cette Académie , fit la lecture d'un Poëme
en quatre chants , intitulé l'Art de peindre ;
depuis trois années confécutives , il avoit
contribué à l'émulation qu'occafionne cette
diftribution annuelle , par la lecture
d'un chant de fon ouvrage : il a fini par le
foumettre tout entier au jugement des Artiftes
, des Amateurs , & d'une Affemblée.
brillante & nombreufe , qui par
leurs applaudiffemens
ont rendu justice à la difficulté
vaincue , & aux foins qu'a pris le
Poëte de renfermer dans un plan fuivi ,
& de lier , par d'heureufes tranfitions , les
préceptes d'un art profond & les agrémens
de la Poéfie.
J'ai l'honneur d'être , &c .
fe.
Nous ne pouvons rendre compte que
mois prochain des tableaux qui ont été expofés
cette année au fallon du Louvre , où
tout Paris a couru les voir en foule , &
d'où il eft forti enchanté. Cependant tout
brillant qu'il a paru , on peut dire en quelOCTOBRE.
1795. 195
que façon qu'il eft refté imparfait. On n'y
a rien vu de M. Boucher , ni de M. Pierre .
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Résumé : PEINTURE.
Le texte évoque un événement marquant dans le domaine des Beaux-Arts. Un concours au salon du Louvre a attiré un public de plus en plus intéressé par les arts. Le 10 du mois précédent, une assemblée à l'Académie Royale de Peinture a récompensé les élèves. M. le Marquis de Marigny a remis des médailles d'or et d'argent. M. Watelet, associé libre de l'Académie, a présenté son poème 'L'Art de peindre' en quatre chants, après l'avoir lu par chant durant trois années consécutives. L'assemblée, composée d'artistes, d'amateurs et de personnalités brillantes, a salué la qualité de l'œuvre. L'exposition annuelle au salon du Louvre a enchanté le public, malgré l'absence de certains artistes notables comme M. Boucher et M. Pierre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5444
p. 187-189
LETTRE à M. DE LA HARPE. De Rochefort, ce 26 Aout 1778.
Début :
Il est juste, Monsieur, de démontrer la fausseté de tous les bruits répandus dans plusieurs Feuilles périodiques, [...]
Mots clefs :
Jacques de Boutier de La Cardonnie, Feuilles, Personnes, Bruits, Vérité, Marine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA HARPE. De Rochefort, ce 26 Aout 1778.
LETTRE à M. de La HARPE. 62
De Rochefort , ce 26 Aout 1778.
IL eft jufte , Monfieur , de démontrer la fauffeté
de tous les bruits répandus dans plufieurs Feuilles périodiques,&
particuliérement dans le Courier de l'Europe
, au fujet de M. de la Cardonie , Commandant
le Vaiffeau le Diadême. Senfible au malheur d'un brave
Militaire , victime de la plus noire calomnie ,
c'eft à ce titre que je vous adreffe la note fuivante.
On convient généralement que M. de la Cardonie
n'a pu voir les fignaux ; il n'y a point eu de
Confeil de guerre , ce qui prouve affez que fa conduite
étoit irréprochable dans l'affaire de notre Efeadre.
La réponse que M. le Duc de Chartres lui a faite
198 MERCURE
lors de fon départ pour Paris , dément toutes celles
qu'on lui attribuoit , & qui ne partoient que de perfonnes
intéreffées à les répandre. M. de la Cardonie
eft forti avec fon Vaiffeau , & l'on ne doute pas qu'il
ne réponde à l'idée qu'on a toujours eue de fes talens
& de fa bravoure.
J'efpère , Monfieur , que ce que je viens de dire
fuffira pour détromper les perfonnes qui s'étoient laiffées
prévenir , & qu'elles reconnoîtront aifément
la fource de tous les bruits qui ont coúru dans une
cabale ennemie du vrai mérite.
1
J'espère aufli que vous ne refuferez pas une place
dans votre Journal , que l'honnêteté & l'impartialité
ont toujours caractérisé , à ce peu de mots dictés
la vérité & la juftice.
par
J'ai l'honneur d'être , Monfieur , avec toute l'eftime
qui vous eft dûe , votre très- humble &
très-obéiffant ferviteur ,
Le Chevalier de *** Officier de la Marine.
P. S. Je crois , Monfieur , qu'il eft bon d'avertir
ici , que tout ce qui regarde la Marine dans le Courier
de l'Europe , n'eft qu'un tiffu de menfonges &
d'abfurdités *.
On y lit que les Commandants du Conquérant &
du Solitaire avoient réfufé de fortir avec M. de la
Cardonie ; il n'y a pas-là un mot de vrai. Nous fom-
* N. B. Nous pouvons ajouter que cette feuille , qui n'a
d'autre avantage que de donner la traduction des Papiers
Anglois , eft , d'ailleurs , un répertoire ouvert à toutes les
haines cachées qui le rempliffent de diffamations anonymes ,
facilement adoptées par le Rédacteur , qui n'eft pas fâché de
pouvoir donner impunément cet attrait à la malignité
publique. Il n'y a pas de femaine où quelqu'un n'ait à s'en
plaindre ; & tel eft l'abus de toutes les feuilles de cette nature
, dont les Auteurs ne font foumis à aucune difcipline..
Note du Rédacteur.
DE FRANCE. 189
>
។
mes dans le cas de prouver qu'il n'y a rien de plus
faux. D'ailleurs ces deux Officiers penfent trop bien
pour avoir tenu un propos auffi imprudent. Il eſt
donc bien fingulier qu'un Gazetier le leur prête dans
des Papiers publics , fans citer aucune preuve de ce
qu'il avance.
Autre abfurdité : il dit que M. du Paty , comman
dant une Frégate , a été caffé & enfermé au Château
de Pierre- Encife , pour n'avoir pas voulu recevoir à
fon bord des Auxiliaires. Il eft faux que M. du Paty
commande une Frégate ; à quoi donc fe réduit ce
fait !
Je crois qu'il feroit fort intéreffant de connoître
les fources où ce Gazetier puiſe des menſonges auffi
avérés , & qui ne pourroient que faire tort aux perfonnes
les plus eftimées , fi l'expérience n'avoit appris
à fe méfier de tous les faits rapportés dans ces
Feuilles où la vérité eſt toujours facrifiée à unc foule
d'intérêts particuliers,
De Rochefort , ce 26 Aout 1778.
IL eft jufte , Monfieur , de démontrer la fauffeté
de tous les bruits répandus dans plufieurs Feuilles périodiques,&
particuliérement dans le Courier de l'Europe
, au fujet de M. de la Cardonie , Commandant
le Vaiffeau le Diadême. Senfible au malheur d'un brave
Militaire , victime de la plus noire calomnie ,
c'eft à ce titre que je vous adreffe la note fuivante.
On convient généralement que M. de la Cardonie
n'a pu voir les fignaux ; il n'y a point eu de
Confeil de guerre , ce qui prouve affez que fa conduite
étoit irréprochable dans l'affaire de notre Efeadre.
La réponse que M. le Duc de Chartres lui a faite
198 MERCURE
lors de fon départ pour Paris , dément toutes celles
qu'on lui attribuoit , & qui ne partoient que de perfonnes
intéreffées à les répandre. M. de la Cardonie
eft forti avec fon Vaiffeau , & l'on ne doute pas qu'il
ne réponde à l'idée qu'on a toujours eue de fes talens
& de fa bravoure.
J'efpère , Monfieur , que ce que je viens de dire
fuffira pour détromper les perfonnes qui s'étoient laiffées
prévenir , & qu'elles reconnoîtront aifément
la fource de tous les bruits qui ont coúru dans une
cabale ennemie du vrai mérite.
1
J'espère aufli que vous ne refuferez pas une place
dans votre Journal , que l'honnêteté & l'impartialité
ont toujours caractérisé , à ce peu de mots dictés
la vérité & la juftice.
par
J'ai l'honneur d'être , Monfieur , avec toute l'eftime
qui vous eft dûe , votre très- humble &
très-obéiffant ferviteur ,
Le Chevalier de *** Officier de la Marine.
P. S. Je crois , Monfieur , qu'il eft bon d'avertir
ici , que tout ce qui regarde la Marine dans le Courier
de l'Europe , n'eft qu'un tiffu de menfonges &
d'abfurdités *.
On y lit que les Commandants du Conquérant &
du Solitaire avoient réfufé de fortir avec M. de la
Cardonie ; il n'y a pas-là un mot de vrai. Nous fom-
* N. B. Nous pouvons ajouter que cette feuille , qui n'a
d'autre avantage que de donner la traduction des Papiers
Anglois , eft , d'ailleurs , un répertoire ouvert à toutes les
haines cachées qui le rempliffent de diffamations anonymes ,
facilement adoptées par le Rédacteur , qui n'eft pas fâché de
pouvoir donner impunément cet attrait à la malignité
publique. Il n'y a pas de femaine où quelqu'un n'ait à s'en
plaindre ; & tel eft l'abus de toutes les feuilles de cette nature
, dont les Auteurs ne font foumis à aucune difcipline..
Note du Rédacteur.
DE FRANCE. 189
>
។
mes dans le cas de prouver qu'il n'y a rien de plus
faux. D'ailleurs ces deux Officiers penfent trop bien
pour avoir tenu un propos auffi imprudent. Il eſt
donc bien fingulier qu'un Gazetier le leur prête dans
des Papiers publics , fans citer aucune preuve de ce
qu'il avance.
Autre abfurdité : il dit que M. du Paty , comman
dant une Frégate , a été caffé & enfermé au Château
de Pierre- Encife , pour n'avoir pas voulu recevoir à
fon bord des Auxiliaires. Il eft faux que M. du Paty
commande une Frégate ; à quoi donc fe réduit ce
fait !
Je crois qu'il feroit fort intéreffant de connoître
les fources où ce Gazetier puiſe des menſonges auffi
avérés , & qui ne pourroient que faire tort aux perfonnes
les plus eftimées , fi l'expérience n'avoit appris
à fe méfier de tous les faits rapportés dans ces
Feuilles où la vérité eſt toujours facrifiée à unc foule
d'intérêts particuliers,
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Résumé : LETTRE à M. DE LA HARPE. De Rochefort, ce 26 Aout 1778.
Un officier de marine écrit à M. de La Harpe pour contester des rumeurs publiées dans divers journaux, dont le Courrier de l'Europe, concernant M. de la Cardonie, commandant du vaisseau le Diadème. L'auteur nie que M. de la Cardonie ait pu voir les signaux ou qu'un conseil de guerre ait eu lieu, affirmant ainsi son innocence. La réponse du Duc de Chartres à M. de la Cardonie lors de son départ pour Paris confirme cette innocence. L'auteur espère que ces explications dissiperont les erreurs propagées par une cabale hostile au mérite de M. de la Cardonie. Il sollicite la publication de cette note dans le journal de M. de La Harpe, réputé pour son honnêteté et son impartialité. En post-scriptum, l'auteur dénonce les fausses informations du Courrier de l'Europe sur les commandants du Conquérant et du Solitaire, ainsi que sur M. du Paty, soulignant les diffamations anonymes et les abus fréquents dans ce journal.
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5445
p. 2305-2307
« On mande du Camp devant Coni du 12 du mois dernier, que l'Infant Don Philippe, [...] »
Début :
On mande du Camp devant Coni du 12 du mois dernier, que l'Infant Don Philippe, [...]
Mots clefs :
Infant, Prince de Conti, Fête, Coni
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On mande du Camp devant Coni du 12 du mois dernier, que l'Infant Don Philippe, [...] »
Onmande du Camp devant Coni du 12
du mois dernier , que l'Infant Don Philippe
, déja ſi cher aux François par tant de
raiſons a augmenté encore leur attachechement
pour lui , par l'extrême chagrin
د
que
2306 MERCURE DE FRANCE.
que lui a cauſé la maladie du Roi , & par la
vivacité de la joye qu'il a montrée en apprenant
la nouvelle de la guériſon de S. M.
Pour rendre graces àDieu d'un événement ,
qui n'étoit pas moins l'objet des voeux de la
Nation Eſpagnole que de ceux de la Nation
Françoiſe , il a fait chanter le Te Deum dans
P'Egliſe des Recolets du Bourg de S. Roch ,
où il a établi fon Quartier Général , & il y a
afſiſté , étant ſuivi d'une Cour nombreuſe.
Le foir , il donna au Prince de Conty un magnifique
ſouper , auquel tous les Généraux
&pluſieurs Officiers des armées des deux
Couronnes furent invités. La ſanté du Roi
fut portée par l'Infant au Prince de Conty ,
&elle fut faluée par tous lesConviés avec
des témoignages de fatisfaction , qui marquoient
les ſentimens dont ils étoient péné
trés. Pendant le repas , il y eut une triple
décharge d'artillerie , ſuivie d'une
Salve générale de la mouſqueterie des troupes
qui étoient fous les armes , & une Orcheſtre
compofée de 80 Inftrumens, exécuta
pluſieurs Symphonies & diverſes Fanfares .
On avoit conſtruit pour cette Fête une
Sale de feüillages , ornée d'une façon en
même-tems militaire & champêtre , & dont
la principale façade préſentoit quatre Portiques
d'une Architecture Ruſtique. Devant
cette Sale , étoit une grande enceinte de
?
verOCTOBRE.
1744. 2307
verdure , dans laquelle on avoit placé plufieurs
Termes & pluſieurs Buſtes bronzés.
Une illumination de Girandoles , & de Luf
tres afſfortis an reſte des ornemens du Lieu ,
éclaira cette Fête , qui a été auſſi brillante
qu'agréable , & qui fut exécutée le 4 du
mois dernier , jour choiſi par l'Infant , pour
célébrer la naiſſance de Monſeigneur le
Dauphin , en même-tems que la Convalefcence
de S. M.
du mois dernier , que l'Infant Don Philippe
, déja ſi cher aux François par tant de
raiſons a augmenté encore leur attachechement
pour lui , par l'extrême chagrin
د
que
2306 MERCURE DE FRANCE.
que lui a cauſé la maladie du Roi , & par la
vivacité de la joye qu'il a montrée en apprenant
la nouvelle de la guériſon de S. M.
Pour rendre graces àDieu d'un événement ,
qui n'étoit pas moins l'objet des voeux de la
Nation Eſpagnole que de ceux de la Nation
Françoiſe , il a fait chanter le Te Deum dans
P'Egliſe des Recolets du Bourg de S. Roch ,
où il a établi fon Quartier Général , & il y a
afſiſté , étant ſuivi d'une Cour nombreuſe.
Le foir , il donna au Prince de Conty un magnifique
ſouper , auquel tous les Généraux
&pluſieurs Officiers des armées des deux
Couronnes furent invités. La ſanté du Roi
fut portée par l'Infant au Prince de Conty ,
&elle fut faluée par tous lesConviés avec
des témoignages de fatisfaction , qui marquoient
les ſentimens dont ils étoient péné
trés. Pendant le repas , il y eut une triple
décharge d'artillerie , ſuivie d'une
Salve générale de la mouſqueterie des troupes
qui étoient fous les armes , & une Orcheſtre
compofée de 80 Inftrumens, exécuta
pluſieurs Symphonies & diverſes Fanfares .
On avoit conſtruit pour cette Fête une
Sale de feüillages , ornée d'une façon en
même-tems militaire & champêtre , & dont
la principale façade préſentoit quatre Portiques
d'une Architecture Ruſtique. Devant
cette Sale , étoit une grande enceinte de
?
verOCTOBRE.
1744. 2307
verdure , dans laquelle on avoit placé plufieurs
Termes & pluſieurs Buſtes bronzés.
Une illumination de Girandoles , & de Luf
tres afſfortis an reſte des ornemens du Lieu ,
éclaira cette Fête , qui a été auſſi brillante
qu'agréable , & qui fut exécutée le 4 du
mois dernier , jour choiſi par l'Infant , pour
célébrer la naiſſance de Monſeigneur le
Dauphin , en même-tems que la Convalefcence
de S. M.
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5446
p. 188-190
MORTS.
Début :
Dame Helene de Besançon, épouse de Louis-Charles, Prince de [...]
Mots clefs :
Décès, Noblesse, Régiment, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Dame Helene de Besançon,
épouse de Louis- Charles,
Prince de Courtenay, & iiiparavant
de Messire Jean le
Brun, Maistre des Requestes
& President au Grand Conseil,
mourut le 30. Novembre.
Edme tlaugter) beigneur
deVoise & de Montrouge,
l'un des Fermiers Generaux
de Sa Majesté, mourut le 5a
Novembre
Dame Marie- Madelaine
Guerapin de Vaureal, veuve
de Messire Louis Sevin, Marquis
de Bandeville, Colonel
d'un Regiment d'Infanterie,
mort en 16-74. des blessures
qu'il reçût à la batailled'Einfheim,
mourut sans laisser
posterité le 3. Decembre
171 3. en sasoixante-quatriéme
année.
Dame Marie le Bel, veuve
de Jean de la Baune, Conseiller,
Secreraire du Roy, ~Si
Greffier en Chef au Criminel
du Parlement, mourut le 9.
Décembre
Messire Gabriel Choart,
Chevalier, Seigneur duTremblay
Surintendant de la Maison
de ~fcuë Madame la Dauphine
; mourut le 16. Decembre.
Dame Helene de Besançon,
épouse de Louis- Charles,
Prince de Courtenay, & iiiparavant
de Messire Jean le
Brun, Maistre des Requestes
& President au Grand Conseil,
mourut le 30. Novembre.
Edme tlaugter) beigneur
deVoise & de Montrouge,
l'un des Fermiers Generaux
de Sa Majesté, mourut le 5a
Novembre
Dame Marie- Madelaine
Guerapin de Vaureal, veuve
de Messire Louis Sevin, Marquis
de Bandeville, Colonel
d'un Regiment d'Infanterie,
mort en 16-74. des blessures
qu'il reçût à la batailled'Einfheim,
mourut sans laisser
posterité le 3. Decembre
171 3. en sasoixante-quatriéme
année.
Dame Marie le Bel, veuve
de Jean de la Baune, Conseiller,
Secreraire du Roy, ~Si
Greffier en Chef au Criminel
du Parlement, mourut le 9.
Décembre
Messire Gabriel Choart,
Chevalier, Seigneur duTremblay
Surintendant de la Maison
de ~fcuë Madame la Dauphine
; mourut le 16. Decembre.
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Résumé : MORTS.
En 1713, plusieurs personnalités sont décédées : Dame Hélène de Besançon le 30 novembre, Edme Thaugater le 5 novembre, Dame Marie-Madelaine Guerapin de Vaureal le 3 décembre à 74 ans, Dame Marie le Bel le 9 décembre et Messire Gabriel Choart le 16 décembre.
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5447
p. 182-184
RONDEAU.
Début :
En badinant craignez de vous méprendre [...]
Mots clefs :
Rondeau, Badiner, Se méprendre, Braver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
RONDEAU.
En badinant craignez, de
vous. meprendre
Ne vous diray comme on
se laif/è prendre;
Je n'yparfois quand ce
Dieugr.,,tieuit
Par maints devis, &'
maints difcoursjojeux
Vints m'inspirer je ne
sçait quoy de tendre
Lors je lui dis, quoy tu
veux m'entreprendre
Trop te connois ,que pourrois-
tu prétendre?
Je sçat braver tes transports
furieux
,
En badinant.
Ce traître enfant qui fin-
Arcsçait bien tendre
Dit vois ce trait,
songe à te deffendre;
JI le lança de l'air
uicîoriepix
Dontsisouvent ilasoumis
les Dieux
Et je me vis- contrainte
demerendre
En badinant-
En badinant craignez, de
vous. meprendre
Ne vous diray comme on
se laif/è prendre;
Je n'yparfois quand ce
Dieugr.,,tieuit
Par maints devis, &'
maints difcoursjojeux
Vints m'inspirer je ne
sçait quoy de tendre
Lors je lui dis, quoy tu
veux m'entreprendre
Trop te connois ,que pourrois-
tu prétendre?
Je sçat braver tes transports
furieux
,
En badinant.
Ce traître enfant qui fin-
Arcsçait bien tendre
Dit vois ce trait,
songe à te deffendre;
JI le lança de l'air
uicîoriepix
Dontsisouvent ilasoumis
les Dieux
Et je me vis- contrainte
demerendre
En badinant-
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Résumé : RONDEAU.
Le poème 'Rondeau' traite de la séduction et de la résistance. Le locuteur met en garde contre les dangers de la badinerie et affirme ne pas savoir comment se comporter face à des avances. Il se vante de pouvoir résister à l'amour, mais finit par succomber à un trait lancé par un enfant malicieux. Il reconnaît la puissance irrésistible de l'amour, même exprimée de manière ludique.
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5448
p. 187-189
VIII.
Début :
M. Henriquez, Graveur de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies, de [...]
Mots clefs :
Denis Diderot, Jean Le Rond d'Alembert, Portraits, Académie, Dictionnaire, Portrait, Montesquieu, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VIII.
VIII.
M. Henriquez , Graveur de Sa Ma
188 MERCURE DE FRANCE.
(
jefté Impériale de toutes les Ruffies , de
l'Académie Royale des Beaux- Arts de
Pétersbourg , vient de publier , en faveur
des Acquéreurs du Dictionnaire
Encyclopédique , le Portrait de M. de
Montefquieu , d'après le tableau qui eft
à l'Académie Françoife ; de M. de Voltaire
, peint en 1774 , à Ferney , par
Bonart de M. Diderot , peint par M.
L. M. Vanloo , & de M. d'Alembert
deffiné par M. R. Jollain, Peintre du Roi.
Ces Portraits font très- reffemblans & bien
gravés. Ils font du format in - fol . de l'Encyclopédie
, & peuvent- être placés dans
ce Dictionnaire : favoir , ceux de MM .
Diderot & d'Alembert , dans le 2º &
3 volumes , l'Eftampe du frontifpice
devant être à la tête du premier volume.
Le Portrait de M. de Voltaire fera placé
dans le 4 volume , & celui de M. de
Montefquieu fera réuni à fon éloge dans
les volume. On fe propofe de donner
fucceffivement , pour orner les autres volumes
, les Portraits de M. Rouffeau de
Genève , de M. de Buffon , de M. Dumarfais
, &c. Le prix de chacun des quatre
Portraits , publiés actuellement , eft
de livres . On les trouve chez M. Hen-
3
riquez , rue de la vieille Eftrapade , maiFÉVRIE
R. 1777 . 189
fon de M. Moreau , Maître Charpentier
, & ceux de MM. Diderot & d'Alembert
, feulement , chez Panckoucke ,
Libraire , rue des Poitevins , & Brunet
Libraire , rue des Ecrivains.
M. Henriquez , Graveur de Sa Ma
188 MERCURE DE FRANCE.
(
jefté Impériale de toutes les Ruffies , de
l'Académie Royale des Beaux- Arts de
Pétersbourg , vient de publier , en faveur
des Acquéreurs du Dictionnaire
Encyclopédique , le Portrait de M. de
Montefquieu , d'après le tableau qui eft
à l'Académie Françoife ; de M. de Voltaire
, peint en 1774 , à Ferney , par
Bonart de M. Diderot , peint par M.
L. M. Vanloo , & de M. d'Alembert
deffiné par M. R. Jollain, Peintre du Roi.
Ces Portraits font très- reffemblans & bien
gravés. Ils font du format in - fol . de l'Encyclopédie
, & peuvent- être placés dans
ce Dictionnaire : favoir , ceux de MM .
Diderot & d'Alembert , dans le 2º &
3 volumes , l'Eftampe du frontifpice
devant être à la tête du premier volume.
Le Portrait de M. de Voltaire fera placé
dans le 4 volume , & celui de M. de
Montefquieu fera réuni à fon éloge dans
les volume. On fe propofe de donner
fucceffivement , pour orner les autres volumes
, les Portraits de M. Rouffeau de
Genève , de M. de Buffon , de M. Dumarfais
, &c. Le prix de chacun des quatre
Portraits , publiés actuellement , eft
de livres . On les trouve chez M. Hen-
3
riquez , rue de la vieille Eftrapade , maiFÉVRIE
R. 1777 . 189
fon de M. Moreau , Maître Charpentier
, & ceux de MM. Diderot & d'Alembert
, feulement , chez Panckoucke ,
Libraire , rue des Poitevins , & Brunet
Libraire , rue des Ecrivains.
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Résumé : VIII.
M. Henriquez, graveur impérial russe et membre de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Pétersbourg, a publié des portraits pour les acquéreurs du Dictionnaire Encyclopédique. Ces portraits représentent des figures illustres telles que Montesquieu, Voltaire, Diderot et d'Alembert, basés sur des tableaux existants et gravés avec précision. Ils sont au format in-folio de l'Encyclopédie et peuvent être insérés dans le dictionnaire. Le portrait de Montesquieu sera accompagné de son éloge dans les volumes appropriés. Les portraits de Diderot et d'Alembert figureront respectivement dans les deuxième et troisième volumes, tandis que celui de Voltaire sera dans le quatrième volume. Des portraits supplémentaires de Rousseau, Buffon, Du Marsais et d'autres personnalités sont prévus pour les futurs volumes. Chaque portrait est vendu quatre livres. Les portraits de Voltaire, Montesquieu et Rousseau sont disponibles chez M. Henriquez et M. Moreau. Ceux de Diderot et d'Alembert sont disponibles chez Panckoucke et Brunet.
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5449
p. 613-615
MORTS, NAISSANCES & Mariages.
Début :
Jean-Pierre Moret de Bourchenu, Marquis de Valbonnays, Seigneur de Peyre, Saint Jean [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Roi, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
MORTS , NAISSANCES
& Mariages.
Ean- Pierre Moret de Bourchenu , Marquis de
Valbonnays , Seigneur de Peyre , Saint Jean
d'Octaveon , &c. Premier Preſident de la Chambre
des Comtes de Dauphiné , mourut à Grenoble
le 2. de ce mois , dans la 79e année de fon
age , étant né le 25. Juin 1651 .
Dame Marie Mallet , veuve de M. Gedeon
du Metz , Chevalier , Comte de Rofnay, Vicomte
de Perrian , Seigneur de Rance , Corbeil , Chalette
, Courcelles , &c. Confeiller du Roi en fes
Confeils , Prefident en la Chambre des Comptes
à Paris , Intendant & Contrôleur General des
Meubles de la Couronne , decedée le 4. Mars ,
en la 84° année de fon âge.
>
Dame Françoife Paparel , Epoufe de Mre Philippes-
Charles de la Fare , Chevalier de l'Ordre
de la Toifon d'or , Gouverneur des Villes &
Château d'Alais & Pays des Sevenes Maréchal
des Camps & Armées du Roi , Lieute
nant General & Commandant dans la Province
du Languedoc , mourut en cette Ville le 7. de
ce mois , âgée de 34. ans.
Charles-Louis Lallemant , Chevalier , Comte
de Lerignan , mourut le 18. Fevrier , âgé de
73. ans.
(
Le 20. Henry Bouchay d'Orsay , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Brigadier des
Armées du Roi , Premier Capitaine des Grenadiers
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris , âgé de 49. ans. Sa Compagnie a été
donnéc
614 MERCURE DE FRANCE.
donnée à M. d'Herbouville , Capitaine dans le
même Régiment. M. de Boiffin , Premier Lieutenant
à monter & Ayde-Major , a eû la Compagnie
de ce dernier. M. de Gravelle , Lieutenant,
a obtenu l'Ayde- Majorité , & M. de Vaudreuil a
eû la Lieutenance de M. de Graville.
Dame Marguerite-Françoiſe Joffan , Epouſe
de François-Louis Martial , Comte Defmoutiers
de Merinville , Capitaine-Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , accoucha le 26. Fevrier d'une
fille , qui fut nommée Jeanne,
-
Dame-Claude Louife de Lory , Epoufe de
Charles de Marteliere, Ecuyer, Seigneur de Chancey-
la-Corte , Orfeville , Vaux , Motteux , &c.
ancien Gouverneur pour le Roi de la Ville de
Langres , Confeiller , Secretaire du Roi , Maiſon,
Couronne de France & de fes Finances , accoucha
le 28. du même mois d'une fille , qui fut tenuë
fur les Fonts & nommée Marie -Louife-Charlotte
, par Guillaume-Charles le Févre , Seigneur,
de la Valette , Biars , la Salle , S. Remy , &c.
Gentilhomme Ordinaire de Madame la Dauphine
de Savoye, & par D.Marie- Marguerite Lhorte
Beaulieu , Epoufe d'Auguftin- Antoine Picart de
Mauny , Confeiller du Roi en fes Confeils , Maître
Ordinaire en fa Chambre des Comptes.
La nuit du 6. au 7. du mois dernier , Louis de
Bouchet , Comte de Montforeau , Marquis de
Sourches &c. Grand- Prevôt de France , époufa
Charlotte Antoinette de Gontaut de Biron , fille
de Charles Armand de Gontaut , Duc de Biron ,
Lieutenant General des Armées du Roi & Gouverneur
de Landau , & de Marie Antoinette de
Bautru-Nogent.
`Jacques Tanneguy le Veneur , Marquis de Til..
lieres™
MARS. 1730. 615
lieres , Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers &
Gendarmes de la Reine , fils du Comte de Tillie
res , Brigadier des Armées du Roi , & de D. Michelle
Gabrielle Dugué de Bagnoles , époufa le
13. Mars Dile Michelle Julie Francoife d'Aubeterre
, fille de Louis- Pierre-Jofeph Bouchar d'Efparbes
de Luffan , d'Aubeterre , Comte de Jonfac
&c. Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de
Monfeigneur le Dauphin, Lieutenant General des
Provinces de Saintonge & Angoumois, & de feuë
Dame Françoiſe-Marie Henault ; la celebration
du mariage fut faite par l'Archevêque de Tours
& Mariages.
Ean- Pierre Moret de Bourchenu , Marquis de
Valbonnays , Seigneur de Peyre , Saint Jean
d'Octaveon , &c. Premier Preſident de la Chambre
des Comtes de Dauphiné , mourut à Grenoble
le 2. de ce mois , dans la 79e année de fon
age , étant né le 25. Juin 1651 .
Dame Marie Mallet , veuve de M. Gedeon
du Metz , Chevalier , Comte de Rofnay, Vicomte
de Perrian , Seigneur de Rance , Corbeil , Chalette
, Courcelles , &c. Confeiller du Roi en fes
Confeils , Prefident en la Chambre des Comptes
à Paris , Intendant & Contrôleur General des
Meubles de la Couronne , decedée le 4. Mars ,
en la 84° année de fon âge.
>
Dame Françoife Paparel , Epoufe de Mre Philippes-
Charles de la Fare , Chevalier de l'Ordre
de la Toifon d'or , Gouverneur des Villes &
Château d'Alais & Pays des Sevenes Maréchal
des Camps & Armées du Roi , Lieute
nant General & Commandant dans la Province
du Languedoc , mourut en cette Ville le 7. de
ce mois , âgée de 34. ans.
Charles-Louis Lallemant , Chevalier , Comte
de Lerignan , mourut le 18. Fevrier , âgé de
73. ans.
(
Le 20. Henry Bouchay d'Orsay , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , Brigadier des
Armées du Roi , Premier Capitaine des Grenadiers
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris , âgé de 49. ans. Sa Compagnie a été
donnéc
614 MERCURE DE FRANCE.
donnée à M. d'Herbouville , Capitaine dans le
même Régiment. M. de Boiffin , Premier Lieutenant
à monter & Ayde-Major , a eû la Compagnie
de ce dernier. M. de Gravelle , Lieutenant,
a obtenu l'Ayde- Majorité , & M. de Vaudreuil a
eû la Lieutenance de M. de Graville.
Dame Marguerite-Françoiſe Joffan , Epouſe
de François-Louis Martial , Comte Defmoutiers
de Merinville , Capitaine-Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , accoucha le 26. Fevrier d'une
fille , qui fut nommée Jeanne,
-
Dame-Claude Louife de Lory , Epoufe de
Charles de Marteliere, Ecuyer, Seigneur de Chancey-
la-Corte , Orfeville , Vaux , Motteux , &c.
ancien Gouverneur pour le Roi de la Ville de
Langres , Confeiller , Secretaire du Roi , Maiſon,
Couronne de France & de fes Finances , accoucha
le 28. du même mois d'une fille , qui fut tenuë
fur les Fonts & nommée Marie -Louife-Charlotte
, par Guillaume-Charles le Févre , Seigneur,
de la Valette , Biars , la Salle , S. Remy , &c.
Gentilhomme Ordinaire de Madame la Dauphine
de Savoye, & par D.Marie- Marguerite Lhorte
Beaulieu , Epoufe d'Auguftin- Antoine Picart de
Mauny , Confeiller du Roi en fes Confeils , Maître
Ordinaire en fa Chambre des Comptes.
La nuit du 6. au 7. du mois dernier , Louis de
Bouchet , Comte de Montforeau , Marquis de
Sourches &c. Grand- Prevôt de France , époufa
Charlotte Antoinette de Gontaut de Biron , fille
de Charles Armand de Gontaut , Duc de Biron ,
Lieutenant General des Armées du Roi & Gouverneur
de Landau , & de Marie Antoinette de
Bautru-Nogent.
`Jacques Tanneguy le Veneur , Marquis de Til..
lieres™
MARS. 1730. 615
lieres , Sous-Lieutenant des Chevaux - Legers &
Gendarmes de la Reine , fils du Comte de Tillie
res , Brigadier des Armées du Roi , & de D. Michelle
Gabrielle Dugué de Bagnoles , époufa le
13. Mars Dile Michelle Julie Francoife d'Aubeterre
, fille de Louis- Pierre-Jofeph Bouchar d'Efparbes
de Luffan , d'Aubeterre , Comte de Jonfac
&c. Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de
Monfeigneur le Dauphin, Lieutenant General des
Provinces de Saintonge & Angoumois, & de feuë
Dame Françoiſe-Marie Henault ; la celebration
du mariage fut faite par l'Archevêque de Tours
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Résumé : MORTS, NAISSANCES & Mariages.
En mars 1730, plusieurs événements marquants ont eu lieu au sein de l'aristocratie française. Le 2 mars, Ean-Pierre Moret de Bourchenu, Marquis de Valbonnays et Premier Président de la Chambre des Comptes de Dauphiné, est décédé à Grenoble à l'âge de 79 ans. Dame Marie Mallet, veuve de M. Gedeon du Metz, Chevalier et Comte de Rosnay, est décédée le 4 mars à l'âge de 84 ans. Dame Françoise Paparel, épouse de M. Philippe-Charles de la Fare, Gouverneur des Villes et Château d'Alais, est décédée à l'âge de 34 ans. Charles-Louis Lallemant, Chevalier et Comte de Lerignan, est décédé le 18 février à l'âge de 73 ans. Henry Bouchay d'Orsay, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis, est décédé à Paris à l'âge de 49 ans. Des naissances ont également été enregistrées. Dame Marguerite-Françoise Joffan, épouse de François-Louis Martial, Comte Desmoutiers de Merinville, a donné naissance à une fille nommée Jeanne le 26 février. Dame Claude Louise de Lory, épouse de Charles de Martelière, ancien Gouverneur de la Ville de Langres, a accouché d'une fille nommée Marie-Louise-Charlotte le 28 février. Des mariages ont eu lieu, notamment celui de Louis de Bouchet, Comte de Montforeau, avec Charlotte Antoinette de Gontaut de Biron le 7 mars, et celui de Jacques Tanneguy le Veneur, Marquis de Tillières, avec Diane Michelle Julie Françoise d'Aubeterre le 13 mars.
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5450
p. 187-189
« Les Comédiens François donnerent le 24 Février la premiere représentation [...] »
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Les Comédiens François donnerent le 24 Février la premiere représentation [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens François donnerent le 24 Février la premiere représentation [...] »
Les Comédiens François donnerent le
24 Février la premiere représentation
de Rome sauvée. Ce bel Ouvrage n'a pas
eu & ne pouvoit pas avoir le succès de
Zaire & de Mérope; mais il a réussi com-
me des Conspirations & des Tragedies
pleines de, politique réussissent. On y a
admiré une élévation de style , de pen-
sées, de sentimens dignes de Rome & de
M. dę Voltaire, & les caracteres de Cice-
ron & de Cesar, dont l'un est un des plus
forts, & l'autre des plus brillans qu'il y
ait au Théatre. En attendant que la repri-
se ou l'impression nous mettent en état de
faire un extrait exact & détaillé, nous
nous bornerons à transcrire quelques vers
que tout le monde a retenus.
Ciceron dit à Catilina qui lui reprochoit
d'ètre un homme nouveau.
Dans ces tems malheureux, dans nos jours cor-
rompus
Faut-il des noms à Rome ? il lui faut des vertus,
40 .
*
*
Mon nom commence en moi; de votre honneun
jaloux,
Tremblez que votre nom ne finisse dans vous.
Ciceron dit à Caton qui l'exhorte à servir
* * .
la patrie.
Digisteres vOO
188 MERCUREDEFRANCE.
Les regards da Caton seront ma récompense
Au torrent de mon siécle, à son iniquité
J'oppose ton suffrage & la postétité.
Catilina peint d'un trait Crassus en disant
qu'il
Asserviroit l'Etat s'il daignoit l'acheter.
Cesar dit
Les crédits, les honneurs, l'éclat de Ciceron
Ne m'ont déterminé qu'à surpasset son nom
Cesar dit à Catilina,
Tu m'as vu ton ami, je le suis, je veux l'être;
Mais jamais mon ami ne deviendra mon maître.
Cesar dit encore à Catilina.
Pour oser dompter Rome, il faut l'avoir servio.
Sur ce que Cesar reproche à Ciceron
qu'il s'est écarté des usages reçus, celui-ci
lui dit,
Le devoir le plus saint, la loi la plus chérie,
C'est d'oublien la loi pour sauver la patrie.
Ciceron peignant au Senat la maniere
dont Cesat parloit aux Soldats & aux Cou-
jurés dit,
Sa voia d'un peuple entien sollicitant l'amous,
Sembloit inviter Rome à le servir un jour.
Ciceron répond à Caton qui lui repro-
AVRIL.
1752.
189
choit de se trop confier à Cesar,
Va c'est ainsi qu'on traite avec les grandes ame-
Ciceron dit à Carilina,
Les Tyrans ont toujours quelque ombre de vertu-
Ciceron dit à Cesar
Méritez que Caton vous aime & vous admire.
24 Février la premiere représentation
de Rome sauvée. Ce bel Ouvrage n'a pas
eu & ne pouvoit pas avoir le succès de
Zaire & de Mérope; mais il a réussi com-
me des Conspirations & des Tragedies
pleines de, politique réussissent. On y a
admiré une élévation de style , de pen-
sées, de sentimens dignes de Rome & de
M. dę Voltaire, & les caracteres de Cice-
ron & de Cesar, dont l'un est un des plus
forts, & l'autre des plus brillans qu'il y
ait au Théatre. En attendant que la repri-
se ou l'impression nous mettent en état de
faire un extrait exact & détaillé, nous
nous bornerons à transcrire quelques vers
que tout le monde a retenus.
Ciceron dit à Catilina qui lui reprochoit
d'ètre un homme nouveau.
Dans ces tems malheureux, dans nos jours cor-
rompus
Faut-il des noms à Rome ? il lui faut des vertus,
40 .
*
*
Mon nom commence en moi; de votre honneun
jaloux,
Tremblez que votre nom ne finisse dans vous.
Ciceron dit à Caton qui l'exhorte à servir
* * .
la patrie.
Digisteres vOO
188 MERCUREDEFRANCE.
Les regards da Caton seront ma récompense
Au torrent de mon siécle, à son iniquité
J'oppose ton suffrage & la postétité.
Catilina peint d'un trait Crassus en disant
qu'il
Asserviroit l'Etat s'il daignoit l'acheter.
Cesar dit
Les crédits, les honneurs, l'éclat de Ciceron
Ne m'ont déterminé qu'à surpasset son nom
Cesar dit à Catilina,
Tu m'as vu ton ami, je le suis, je veux l'être;
Mais jamais mon ami ne deviendra mon maître.
Cesar dit encore à Catilina.
Pour oser dompter Rome, il faut l'avoir servio.
Sur ce que Cesar reproche à Ciceron
qu'il s'est écarté des usages reçus, celui-ci
lui dit,
Le devoir le plus saint, la loi la plus chérie,
C'est d'oublien la loi pour sauver la patrie.
Ciceron peignant au Senat la maniere
dont Cesat parloit aux Soldats & aux Cou-
jurés dit,
Sa voia d'un peuple entien sollicitant l'amous,
Sembloit inviter Rome à le servir un jour.
Ciceron répond à Caton qui lui repro-
AVRIL.
1752.
189
choit de se trop confier à Cesar,
Va c'est ainsi qu'on traite avec les grandes ame-
Ciceron dit à Carilina,
Les Tyrans ont toujours quelque ombre de vertu-
Ciceron dit à Cesar
Méritez que Caton vous aime & vous admire.
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