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1
p. 27-31
OBSERVATIONS sur les Ecrevisses de Riviere. Par Mr Geoffroy le jeune
Début :
Ce qu'on appelle yeux d'Ecrevisses sont de petites [...]
Mots clefs :
Écrevisses
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur les Ecrevisses de Riviere. Par Mr Geoffroy le jeune
OBSERVATIONS
sRur liesvEcireevissnesd.e
ParMrGeoffro*y le jeune ,Ce' qu'on appelle y<oe*
d'Ecrevisses sont de petites
pierres blanches,
rondes, & ordinairementplates
à qui 91?>
donnéce nom , parce
qu'effevtiveiwotelles(è
rirent desEcrevisses de
Riviere, &; que quoyqu'elles
ne ressemblent
guereà des yeux, elles
y ressem blent encore
plus qu'à toute autre
partie.
Il resulte des Obkr.
vations queMr Geoffroy
-à-faites queces pierres
jlnee,cseervfeoarmudenetpsaEscredvainfs- comme lesplus
habiles Naturalistes lavoient
crû.,, mais dans
-la regionde l^eftomac.
comme Vanhelmont l'a
trouve le premier.
, Ces pierres ne se trouvent
dans les écrévisses qu'au
temps de leur muë qui leur
arrive tous les ans au mois
de Juin. Alors elles se dépoüillent
de leur écaille.Une
membrane qui en tapiuc le
dedans devient en se durcissantune
écaillenouvel le.
Leur ancien estomac s'en
va 3- & apparemment aussi
l'intestin; au moins Mon*
sieurGeoffroy le conjecture;
& lesmembranes exterieures
de ces vifccres leur fuccedcnr,
Ciij
Les écrevissespendant
jettes muënt font foibles
&languissantes, & ne mangent
point.
Mais uneparticularité
tres remarquable; ctcfi que
l'ancien estomac estdigeré
par le nouveau ,
& leur sert
d'aliment pendant la muë.
Mr Geoffroy croit que
les pierres que l'on trouve
dans les écrevisses,
contribuënt à leur nourriture
pendant leur fftâladie.
La raison de cette
conjecture est que ces
pierres diminuënt toûjours
de grandeur,jusdqiusp'àacroeissent.
cii fin' celllleess
OBSERVATIONS
sRur liesvEcireevissnesd.e
ParMrGeoffro*y le jeune ,Ce' qu'on appelle y<oe*
d'Ecrevisses sont de petites
pierres blanches,
rondes, & ordinairementplates
à qui 91?>
donnéce nom , parce
qu'effevtiveiwotelles(è
rirent desEcrevisses de
Riviere, &; que quoyqu'elles
ne ressemblent
guereà des yeux, elles
y ressem blent encore
plus qu'à toute autre
partie.
Il resulte des Obkr.
vations queMr Geoffroy
-à-faites queces pierres
jlnee,cseervfeoarmudenetpsaEscredvainfs- comme lesplus
habiles Naturalistes lavoient
crû.,, mais dans
-la regionde l^eftomac.
comme Vanhelmont l'a
trouve le premier.
, Ces pierres ne se trouvent
dans les écrévisses qu'au
temps de leur muë qui leur
arrive tous les ans au mois
de Juin. Alors elles se dépoüillent
de leur écaille.Une
membrane qui en tapiuc le
dedans devient en se durcissantune
écaillenouvel le.
Leur ancien estomac s'en
va 3- & apparemment aussi
l'intestin; au moins Mon*
sieurGeoffroy le conjecture;
& lesmembranes exterieures
de ces vifccres leur fuccedcnr,
Ciij
Les écrevissespendant
jettes muënt font foibles
&languissantes, & ne mangent
point.
Mais uneparticularité
tres remarquable; ctcfi que
l'ancien estomac estdigeré
par le nouveau ,
& leur sert
d'aliment pendant la muë.
Mr Geoffroy croit que
les pierres que l'on trouve
dans les écrevisses,
contribuënt à leur nourriture
pendant leur fftâladie.
La raison de cette
conjecture est que ces
pierres diminuënt toûjours
de grandeur,jusdqiusp'àacroeissent.
cii fin' celllleess
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Résumé : OBSERVATIONS sur les Ecrevisses de Riviere. Par Mr Geoffroy le jeune
Monsieur Geoffroy le Jeune a observé les écrevisses de rivière, notant leur ressemblance avec des yeux. Il a constaté que des pierres se forment dans leur estomac, surtout durant la mue annuelle en juin. Pendant cette période, les écrevisses perdent leur ancienne écaille et développent une nouvelle membrane qui durcit. Leur ancien estomac et potentiellement leur intestin disparaissent, remplacés par de nouvelles membranes. Les écrevisses sont alors faibles et ne mangent pas. Cependant, l'ancien estomac est digéré par le nouveau, servant d'aliment pendant la mue. Geoffroy suppose que les pierres dans l'estomac contribuent à la nutrition des écrevisses pendant cette phase, diminuant de taille jusqu'à disparaître complètement à la fin de la mue.
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2
p. 173-185
EXTRAIT de ce qui s'est passé à l'ouverture de l'Academie des Sciences, le 16. Novembre 1712.
Début :
L'Académie Royale des Sciences fit l'ouverture de ses [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Assemblée publique, Fontenelles, Cassini, Éloges, Mémoires, Machine, Réaumur, Abeilles, Crabes, Écrevisses
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de ce qui s'est passé à l'ouverture de l'Academie des Sciences, le 16. Novembre 1712.
AIT
de ce qui s'est pallé à
lowjcrture de l'Academie des Sciences, le
16. Novembre 1712.
L Académie Royale des
Sciences fie l'ouverture de
ses Exercices par une assem-
blée publique qui se tint le
Mercredy iG. de Novembre. Monsieur de Fonrenelles y
fit l'éloge de deux
Académiciens morts pendant le cours de l'année.
L'un estoit Monsieur Berger Medecin, & Eleve de
Monsieur Rombery, pour
la Chymie
;
l'autre estoit
Monsieur Cassini celebre
par ses découvertes astronomiques. Jamais Panegyjfiite n'avoit peuc-estre eu
un si beau cha-rr,p, & peutestre jamais aussi Panegyriste n'a-t'il mieux rempli
l'attente du public. On fou,
haitteroit pouvoir donner
au public l'extrait del'éloge queMonsieur de Foncenelles fit de cegrand homme ; mais ce font de ces
choses qui perdent trop de
leurs graces dans unExtrait.
D'ailleurs on espere que les
amis de Monsieur Cassini
engagerent Monsieur de
Fontenelles à prévenirl'empressement du public sur cela
,
& à laisser imprimer cet
Eloge avant les Memoires
de l'Académie qui ne pa4*
roistront pas de quelqaeé
a
nées d'icy.
Monsieurde la Hire l'aisné lut enfuire la description
d'une machine par le moyen de laquelle un homme
dans (on carrosse peut détacher les chevaux qui tirent le carrosse loriqu'ils
prennent le mors aux dents,
& cela très promptemenc
& sans embarras.
Apres luy Monsieur Maraldi lut un Memoire contenant des observationstrés
curieuses sur les Abeilles.
Il les divise en trois classes,
les masles, les femelles ôc
les fieslons. Il raconta la
maniere dontelles s'y prennent pour construire leurs
cellules avec la cire, comment les femelles escortées
chacune de cinq ou six autres abeilles vont pondre
un œuf dans chaque cellule, comment celles qui les
accompagnent fermentla
cellule avec de la cire dans
un certain temps & la r'ouvrent ensuite pour en laisser
sortir la nouvelle mouche
qui vient d'éclorre
; comment au bout de quelque
temps elles chassent ou
tuent tous lesfreslons; comment elles chargent leurs
cuisses de cire qu'elles recueillent sur lesfleurs,avec
quel artificecelles qui sont
dans la ruche déchargent
celles qui viennent chargées, comment ellesremplissent de miel leurs magasins pour l'hyver, & plusieurs autres pareilles obfervations.
La (canee finit par la lecture d'un Memoire deMonsieur de Reaumur
,
sur la
reproduction des pattes des
Ecrevisses & des Crables. Il
fit voir que les Sçavants,
tout sçavants qu'ils sont,
font sujets à de faux préjugez de mesme que le vulgaire ignorant. Les paysans
qui ont coustume de pescher desEcrevisses,remarquent qu'ils en trouvent
tres-souvent dont les pattes
ou l'une des serres de devant sont plus courtes &
plus petites l'une que l'aurre. La premiere idée qui
leur vientsurcela, est que
c'estune jeune patte qui repouffe à la place d'une autre qu'elles ont perduë, &
cela leur avoit paru d'autant plus vray semblable
que la crouste ou espece
d'écaille qui couvre cette
jeune patte, est beaucoup
plus tendre que la crouste
du reste du corps. Un Sçavant vient qui prétend convaincre mon paysan par un
argument ex absurdo.Cela
n'est pas,luy dit-il,carcela ne se peut pas; la patte
de l'Ecrevisse est composée
demuscles, d'arteres, de
veines, de nerfs, tous rangez & disposez d'une certaine maniere, pour pou-
voir accomplir les mouvements de cette partie. Or
toute cettestructure organique ne peut estre l'effet
que d'un developpement,&
non point l'effet d'une reproduction. Ce n'est point
l'effet d'une reproduction
,
car il faudroit il) pposerune
infinité de chacune des parties propres à former les
differents organes de l'Ecrevisse, & renferméestoutes dans l'Ecrevisse,
ce qui
est absurde.Ce ne peut donc
estre que l'effet d'un developpement. Mais ce deve-
loppement ne se peurfaire
qu'une fois à la sortie de
l'œuf qui renferme l'Ecrevisse en raccourci, & par
consequent lapatteunefois
coupée ne se reproduit
plus. Le paysan ne sceut
que respondre à cet argument dans lequel il se
perd ,& il est tout prest de
croire quil a tort. Monsieur
de Reaumur termine la diC.
pute par l'experiencequi eflr
le juste Juge dans cette affaire comme dans beaucoup d'autres qui se trouvent vrayes sans estre vray-
semblables. Il enferme des
Ecrevisses après leur avoir
coupé les serres ou les pattes, & au bout de six sermaines on en voit reparoistre de nouvelles, qui dans
l'espace de quelques mois
acquierent la grosseur & la
perfeaion des premieres.
Voila le Sçavant confondu
avec tout son raisonnement. Monsieur de Reaumur cherche à le sauver par
quelque conjecture; mais
toutes ces conjectures font
fort foibles, & il faut convenir que sur la formation
j<
des corps organisez nous
sommes encore tres
-
ignorans. Il seroit feulement à
souhaitter que tant de braves gens qui ont perdu dans
ces dernieres guerres leurs
bras & leursjambes pussent
les voir renaistre de la mesme maniere.
A la fin de chaque le£tu-'
re Monsieur l'Abbé Bignon
Président de rAssemble'e,
donna des loüanges tresobligeantes à l'autheur de
chaque Memoire, & fit sentir au public avec beaucoup
de netteté & d'élegance
tout
tout ce qu'il y
avoir de beau
& d'utile dans ce qu'on venoit de lire.
On donnera separement dans
les kltrcures suivants les Extraits des Discours les plus curieux ~& les plus solides entre
ceux qu'on a prononcez dans
cette djemblée.
de ce qui s'est pallé à
lowjcrture de l'Academie des Sciences, le
16. Novembre 1712.
L Académie Royale des
Sciences fie l'ouverture de
ses Exercices par une assem-
blée publique qui se tint le
Mercredy iG. de Novembre. Monsieur de Fonrenelles y
fit l'éloge de deux
Académiciens morts pendant le cours de l'année.
L'un estoit Monsieur Berger Medecin, & Eleve de
Monsieur Rombery, pour
la Chymie
;
l'autre estoit
Monsieur Cassini celebre
par ses découvertes astronomiques. Jamais Panegyjfiite n'avoit peuc-estre eu
un si beau cha-rr,p, & peutestre jamais aussi Panegyriste n'a-t'il mieux rempli
l'attente du public. On fou,
haitteroit pouvoir donner
au public l'extrait del'éloge queMonsieur de Foncenelles fit de cegrand homme ; mais ce font de ces
choses qui perdent trop de
leurs graces dans unExtrait.
D'ailleurs on espere que les
amis de Monsieur Cassini
engagerent Monsieur de
Fontenelles à prévenirl'empressement du public sur cela
,
& à laisser imprimer cet
Eloge avant les Memoires
de l'Académie qui ne pa4*
roistront pas de quelqaeé
a
nées d'icy.
Monsieurde la Hire l'aisné lut enfuire la description
d'une machine par le moyen de laquelle un homme
dans (on carrosse peut détacher les chevaux qui tirent le carrosse loriqu'ils
prennent le mors aux dents,
& cela très promptemenc
& sans embarras.
Apres luy Monsieur Maraldi lut un Memoire contenant des observationstrés
curieuses sur les Abeilles.
Il les divise en trois classes,
les masles, les femelles ôc
les fieslons. Il raconta la
maniere dontelles s'y prennent pour construire leurs
cellules avec la cire, comment les femelles escortées
chacune de cinq ou six autres abeilles vont pondre
un œuf dans chaque cellule, comment celles qui les
accompagnent fermentla
cellule avec de la cire dans
un certain temps & la r'ouvrent ensuite pour en laisser
sortir la nouvelle mouche
qui vient d'éclorre
; comment au bout de quelque
temps elles chassent ou
tuent tous lesfreslons; comment elles chargent leurs
cuisses de cire qu'elles recueillent sur lesfleurs,avec
quel artificecelles qui sont
dans la ruche déchargent
celles qui viennent chargées, comment ellesremplissent de miel leurs magasins pour l'hyver, & plusieurs autres pareilles obfervations.
La (canee finit par la lecture d'un Memoire deMonsieur de Reaumur
,
sur la
reproduction des pattes des
Ecrevisses & des Crables. Il
fit voir que les Sçavants,
tout sçavants qu'ils sont,
font sujets à de faux préjugez de mesme que le vulgaire ignorant. Les paysans
qui ont coustume de pescher desEcrevisses,remarquent qu'ils en trouvent
tres-souvent dont les pattes
ou l'une des serres de devant sont plus courtes &
plus petites l'une que l'aurre. La premiere idée qui
leur vientsurcela, est que
c'estune jeune patte qui repouffe à la place d'une autre qu'elles ont perduë, &
cela leur avoit paru d'autant plus vray semblable
que la crouste ou espece
d'écaille qui couvre cette
jeune patte, est beaucoup
plus tendre que la crouste
du reste du corps. Un Sçavant vient qui prétend convaincre mon paysan par un
argument ex absurdo.Cela
n'est pas,luy dit-il,carcela ne se peut pas; la patte
de l'Ecrevisse est composée
demuscles, d'arteres, de
veines, de nerfs, tous rangez & disposez d'une certaine maniere, pour pou-
voir accomplir les mouvements de cette partie. Or
toute cettestructure organique ne peut estre l'effet
que d'un developpement,&
non point l'effet d'une reproduction. Ce n'est point
l'effet d'une reproduction
,
car il faudroit il) pposerune
infinité de chacune des parties propres à former les
differents organes de l'Ecrevisse, & renferméestoutes dans l'Ecrevisse,
ce qui
est absurde.Ce ne peut donc
estre que l'effet d'un developpement. Mais ce deve-
loppement ne se peurfaire
qu'une fois à la sortie de
l'œuf qui renferme l'Ecrevisse en raccourci, & par
consequent lapatteunefois
coupée ne se reproduit
plus. Le paysan ne sceut
que respondre à cet argument dans lequel il se
perd ,& il est tout prest de
croire quil a tort. Monsieur
de Reaumur termine la diC.
pute par l'experiencequi eflr
le juste Juge dans cette affaire comme dans beaucoup d'autres qui se trouvent vrayes sans estre vray-
semblables. Il enferme des
Ecrevisses après leur avoir
coupé les serres ou les pattes, & au bout de six sermaines on en voit reparoistre de nouvelles, qui dans
l'espace de quelques mois
acquierent la grosseur & la
perfeaion des premieres.
Voila le Sçavant confondu
avec tout son raisonnement. Monsieur de Reaumur cherche à le sauver par
quelque conjecture; mais
toutes ces conjectures font
fort foibles, & il faut convenir que sur la formation
j<
des corps organisez nous
sommes encore tres
-
ignorans. Il seroit feulement à
souhaitter que tant de braves gens qui ont perdu dans
ces dernieres guerres leurs
bras & leursjambes pussent
les voir renaistre de la mesme maniere.
A la fin de chaque le£tu-'
re Monsieur l'Abbé Bignon
Président de rAssemble'e,
donna des loüanges tresobligeantes à l'autheur de
chaque Memoire, & fit sentir au public avec beaucoup
de netteté & d'élegance
tout
tout ce qu'il y
avoir de beau
& d'utile dans ce qu'on venoit de lire.
On donnera separement dans
les kltrcures suivants les Extraits des Discours les plus curieux ~& les plus solides entre
ceux qu'on a prononcez dans
cette djemblée.
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Résumé : EXTRAIT de ce qui s'est passé à l'ouverture de l'Academie des Sciences, le 16. Novembre 1712.
Le 16 novembre 1712, l'Académie Royale des Sciences inaugura ses exercices par une assemblée publique. Monsieur de Fontenelle prononça l'éloge de deux académiciens décédés : Monsieur Berger, médecin et chimiste, et Monsieur Cassini, renommé pour ses découvertes astronomiques. L'éloge de Cassini fut particulièrement apprécié mais ne fut pas publié pour en préserver l'intégralité. Monsieur de la Hire présenta une machine permettant à un homme dans son carrosse de détacher rapidement les chevaux qui prennent le mors aux dents. Monsieur Maraldi exposa un mémoire sur les abeilles, les classant en mâles, femelles et faussaires. Il décrivit leur mode de construction des cellules, la ponte des œufs, la fermeture et l'ouverture des cellules, l'élimination des faussaires, et le stockage de miel pour l'hiver. Monsieur de Reaumur lut un mémoire sur la reproduction des pattes des écrevisses et des crabes. Il démontra que les savants, comme le vulgaire, peuvent avoir des préjugés. Les paysans observaient souvent des écrevisses avec des pattes plus courtes, pensant qu'elles repoussaient. Un savant contesta cette idée, affirmant que la structure des pattes ne permettait pas leur reproduction. Reaumur prouva par expérience que les pattes coupées repoussaient effectivement, confondant ainsi le savant et son raisonnement. L'abbé Bignon, président de l'assemblée, conclut en louant les auteurs des mémoires et en soulignant la beauté et l'utilité des discours présentés. Les extraits des discours les plus curieux et solides seront publiés séparément dans les lettres suivantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 153-167
EXTRAIT d'un Discours lû par Monsieur de Reaumur dans la derniere Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences sur les diverses reproductions qui se font dans les Ecrevisses, les Crabes, les Omares, &c. & entre autres, sur celles de leurs jambes, & de leurs écailles.
Début :
Nous ne donnasmes qu'une idée fort superficielle de ce Discours [...]
Mots clefs :
Jambe, Réaumur, Écrevisses, Écailles
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Discours lû par Monsieur de Reaumur dans la derniere Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences sur les diverses reproductions qui se font dans les Ecrevisses, les Crabes, les Omares, &c. & entre autres, sur celles de leurs jambes, & de leurs écailles.
EXTRAIT
d'un
Difcours lu par
Monfieur
de Reaumur
dans la derniere
Affemblée publique de
Academie Royale
des Sciences fur les diverfesreproductions
qui
fe font dans lesEcrevif
fes,lesCrabes, les Omares,
c.5 entre autres,
bes,
furcelles de leurs jamde
leurs écailles.
Nous ne donnaſmes
qu'une idée fort fuperfi
154 MERCURE
,
cielle de ce Difcours dans
le Mercure du mois de
Novembre , mais nous en
promifmes un extrait plus
détaillé. Nous tenons tard
noftre promeffe , n'ayant
pas été en eftat de la tênir
pluftoft , les obfervations
fingulieres que contient
ce Diſcours , & les
applaudiffemens avec lefquels
elles furent reçues
nous affurent qu'on nous
fçaura gré de ce que nous
la tenons.
Monfieur de Reaumur
commença par faire reGALANT.
155
marquer que les Scavants
font autant en garde contre le
merveilleux que le vulgaire
lui donne volontiers croiance' ;
& que de là il arrive quelquefois
qu'ils nient les
faits furprenans
, comme
le Peuple les admet
fans les avoir examiné
d'affez prés. Les faits dont
il s'agit dans la fuite du
memoire
en font une
preuve , le peuple qui frequente
les bords des rivieres
, ou de la mer affure
que lorfque les Ecre-
-viffes , les Crabes , les O-
3
156 MERCURE
mars ont perdu une de
leurs groffes jambes ; qu'en
la place de la jambe perdue
il en renaiſt un autre ,
parce qu'ils ont vû divers
deces animaux qui avoient
une jambe plus petite que
l'autre. Les Sçavans au
contraire ont mis ce fait
au nombre des fables . La
reproduction d'un bras
& d'une jambe , ne leur a
pas paru plus facile , que
la formation de l'animal
entiere , & la nature
n'ayant rien difposé à l'origine
des jambes desEcreGALANT.
157
viffes qui reffemble au
grand appareil qu'elle employe
pour la formation de
l'animal , ils ont conclu de
leur là reproduction
que
>
eftoit impoffible .
Malgré la vraisemblance
de ce raifonnement
Monfieur de Reaumur ,
ayant eu occafion d'en
peſcher d'autres coſtez où
l'on rencontre beaucoup
de Crabes il ne puft
s'empefcher de foupçonner
que les Scavants
avoient tort fur cet article,
& que le peuple avoit rai158
MERCURE
fon. Mais avant de prendre
parti , il eut recours à
une efperance decifives ,
aprés avoir coupé des jambes
, ou des parties de jambes
à diverfes Ecreviffes ,
il renferma les Ecreviffes
dans un de ces batteaux
couverts où les peſcheurs
gardent le poiffon , & alla
enfuite de tems en tems obferver
les Ecreviffes pour
voir les changemens qui
leur arrivoient
au bout
d'un mois , ou 3. femaines
il vit de nouvelles
jambes
qui occupoient
la placeGALANT.
159
des anciennes , & lorsqu'il
n'avoit ofté à une Ecreviffe
qu'une partie de
jambe il vit de meſme une
nouvelle partie de jambe
qui s'étoit reproduite à la
grandeur prés la partie reproduite
eftoit femblable
à celle qui avoit eſté enlevé
à l'animal .
Cette partie ne paroift
aujour , ou ne n'aift comme
le foetus ,› pour ainfi
parler , que lorfqu'elle eſt
entierement formée . Au
bout de quelques jours
Monfieur de Reaumur
160 MERCURE
obferva qu'une membrane
recouvroit la playe qu'il
avoit faite à l'animal , cette
membrane platte alors
prit aprés une figure un
peu convexe , enfuite elle
s'allongea , & devint une
efpece de core , long de
quelques lignes ; on auroit
pris ce petit core pour une
fimple carnofité , il eftoit
pourtant la jambe naiffante
mais envelloppée comme
le foetus par d'épaiffes
membranes qui la deroboient
à la vue. Cette carnoſite
devenant plus grande
GALANT . 116
2.
de , les membranes dont
elle eft recouverte deviennent
plus minces , & deviennent
enfin minces à tel
point qu'elles fe briſent
& la jambe fortie de fon
fourreau paroift au jour :
elle eft molle alors , mais
au bout de quelques tems
elle eft recouverte d'une
écaille auffi dure que le
refte de l'écreviffe.
Au reste , c'eſt une circonftance
tres digne d'ef
tre remarqué , que ces
jambes naiffent plus ou
moins vite , dans certaines
O
Fanvier 1713 .
162 MERCURE
a
faifons que dans d'autres ,
une jambe qui ayant été
coupée en efté fe repare
au bout de trois ſemaines,
feroit à fe reparer plus de
cinq à fix mois fi on la
coupoit dans l'hyver. C'eſt
dequoy Monfieur de Reaumur
rendit une fort bonne
raiſon . Il fit obferver
que les Ecreviffes ne
mangent ny pendant l'hyver
, ny pendant quelques
autres mois de Fannée
alors elles ne doivent pas
avoir aflez de fucs nouri.
ciers pour fournir à de
.
GALANT . 163
nouvelles reproductions.
Mais fi il eft aisé de
rendre raison de cette circonſtance
du fait , rien ne
l'eft moins que d'expliquer
le fait lui-mefme. Mon.
fieur de Reaumur avoue
qu'on ne pouvoit qu'hazarder
des conjectures , &
qu'on ne devoit faire aucun
fond fur des conjectųres
lorfqu'il s'agiffoit de
rendre raifon d'une chofe
que des raifonnemens
clairs fembloient prouver
impoffible. Nous eufmes
tort de luy attribuer dans
O ij
164 MERCURE
le dernier Mercure , une
de ces conjectures , comme
fi elle eut efté fon veritable
ſentiment , car quoi
'qu'il eut dit qu'elle fourniffoit
en apparence une
explication affez commode
, il eut grand foin de
rapporter toutes les difficultez
qu'elle engageroit
à digerer.
Non feulement ces jambes
fe reproduifent plus
vifte lorfqu'elles ont efté
caffées en certaines faifons
, que lorfqu'elles ont
efté caffées dans d'autres :
GALANT. 165
mais auffi elles fe reproduifent
plus vifte felon l'endroit
où elles ont efté caffées.
Si on caffe une jambe
à la quatriéme jointure,
on prend pour la premiere
la plus proche des ferres
de l'écreviffe , elle revient
beaucoup
plus vifte que fi
elle avoit efté. rompue à
la cinquième
ou à la fixiéme
jointure. Mais fi on la
caffe à la troifiéme , on la
repete , & qu'on retourne
quelques jours aprés obferver
cette écreviffe , an
trouve cette jambe rom-
2
166 MERCURE
puëà la quatriéme jointure
, ce qui eft une chofe
fort finguliere , il ſemble
que les écreviffes inftrui- ,
tes que leurs jambes reviennent
plus vifte lorfqu'elles
font rompuës là
qu'ailleurs , prennent ſoin
de les y caffer.
Enfin , Monfieur de
Reaumur raconta un
grand nombre d'autres
faits tres curieux : il ex-
& plique en quel tems
comment les écreviffes
changent d'écaille. Il rapporta
que la nouvelle
GALANT. 167
écaille qui n'eft qu'une
efpece de membrane tres
molle , acquiert en deux
ou trois jours la confiftance
de la plus vieille écaille.
Mais tous ces faits feront
détaillés plus au long dans
les Memoires l'Académic
.
d'un
Difcours lu par
Monfieur
de Reaumur
dans la derniere
Affemblée publique de
Academie Royale
des Sciences fur les diverfesreproductions
qui
fe font dans lesEcrevif
fes,lesCrabes, les Omares,
c.5 entre autres,
bes,
furcelles de leurs jamde
leurs écailles.
Nous ne donnaſmes
qu'une idée fort fuperfi
154 MERCURE
,
cielle de ce Difcours dans
le Mercure du mois de
Novembre , mais nous en
promifmes un extrait plus
détaillé. Nous tenons tard
noftre promeffe , n'ayant
pas été en eftat de la tênir
pluftoft , les obfervations
fingulieres que contient
ce Diſcours , & les
applaudiffemens avec lefquels
elles furent reçues
nous affurent qu'on nous
fçaura gré de ce que nous
la tenons.
Monfieur de Reaumur
commença par faire reGALANT.
155
marquer que les Scavants
font autant en garde contre le
merveilleux que le vulgaire
lui donne volontiers croiance' ;
& que de là il arrive quelquefois
qu'ils nient les
faits furprenans
, comme
le Peuple les admet
fans les avoir examiné
d'affez prés. Les faits dont
il s'agit dans la fuite du
memoire
en font une
preuve , le peuple qui frequente
les bords des rivieres
, ou de la mer affure
que lorfque les Ecre-
-viffes , les Crabes , les O-
3
156 MERCURE
mars ont perdu une de
leurs groffes jambes ; qu'en
la place de la jambe perdue
il en renaiſt un autre ,
parce qu'ils ont vû divers
deces animaux qui avoient
une jambe plus petite que
l'autre. Les Sçavans au
contraire ont mis ce fait
au nombre des fables . La
reproduction d'un bras
& d'une jambe , ne leur a
pas paru plus facile , que
la formation de l'animal
entiere , & la nature
n'ayant rien difposé à l'origine
des jambes desEcreGALANT.
157
viffes qui reffemble au
grand appareil qu'elle employe
pour la formation de
l'animal , ils ont conclu de
leur là reproduction
que
>
eftoit impoffible .
Malgré la vraisemblance
de ce raifonnement
Monfieur de Reaumur ,
ayant eu occafion d'en
peſcher d'autres coſtez où
l'on rencontre beaucoup
de Crabes il ne puft
s'empefcher de foupçonner
que les Scavants
avoient tort fur cet article,
& que le peuple avoit rai158
MERCURE
fon. Mais avant de prendre
parti , il eut recours à
une efperance decifives ,
aprés avoir coupé des jambes
, ou des parties de jambes
à diverfes Ecreviffes ,
il renferma les Ecreviffes
dans un de ces batteaux
couverts où les peſcheurs
gardent le poiffon , & alla
enfuite de tems en tems obferver
les Ecreviffes pour
voir les changemens qui
leur arrivoient
au bout
d'un mois , ou 3. femaines
il vit de nouvelles
jambes
qui occupoient
la placeGALANT.
159
des anciennes , & lorsqu'il
n'avoit ofté à une Ecreviffe
qu'une partie de
jambe il vit de meſme une
nouvelle partie de jambe
qui s'étoit reproduite à la
grandeur prés la partie reproduite
eftoit femblable
à celle qui avoit eſté enlevé
à l'animal .
Cette partie ne paroift
aujour , ou ne n'aift comme
le foetus ,› pour ainfi
parler , que lorfqu'elle eſt
entierement formée . Au
bout de quelques jours
Monfieur de Reaumur
160 MERCURE
obferva qu'une membrane
recouvroit la playe qu'il
avoit faite à l'animal , cette
membrane platte alors
prit aprés une figure un
peu convexe , enfuite elle
s'allongea , & devint une
efpece de core , long de
quelques lignes ; on auroit
pris ce petit core pour une
fimple carnofité , il eftoit
pourtant la jambe naiffante
mais envelloppée comme
le foetus par d'épaiffes
membranes qui la deroboient
à la vue. Cette carnoſite
devenant plus grande
GALANT . 116
2.
de , les membranes dont
elle eft recouverte deviennent
plus minces , & deviennent
enfin minces à tel
point qu'elles fe briſent
& la jambe fortie de fon
fourreau paroift au jour :
elle eft molle alors , mais
au bout de quelques tems
elle eft recouverte d'une
écaille auffi dure que le
refte de l'écreviffe.
Au reste , c'eſt une circonftance
tres digne d'ef
tre remarqué , que ces
jambes naiffent plus ou
moins vite , dans certaines
O
Fanvier 1713 .
162 MERCURE
a
faifons que dans d'autres ,
une jambe qui ayant été
coupée en efté fe repare
au bout de trois ſemaines,
feroit à fe reparer plus de
cinq à fix mois fi on la
coupoit dans l'hyver. C'eſt
dequoy Monfieur de Reaumur
rendit une fort bonne
raiſon . Il fit obferver
que les Ecreviffes ne
mangent ny pendant l'hyver
, ny pendant quelques
autres mois de Fannée
alors elles ne doivent pas
avoir aflez de fucs nouri.
ciers pour fournir à de
.
GALANT . 163
nouvelles reproductions.
Mais fi il eft aisé de
rendre raison de cette circonſtance
du fait , rien ne
l'eft moins que d'expliquer
le fait lui-mefme. Mon.
fieur de Reaumur avoue
qu'on ne pouvoit qu'hazarder
des conjectures , &
qu'on ne devoit faire aucun
fond fur des conjectųres
lorfqu'il s'agiffoit de
rendre raifon d'une chofe
que des raifonnemens
clairs fembloient prouver
impoffible. Nous eufmes
tort de luy attribuer dans
O ij
164 MERCURE
le dernier Mercure , une
de ces conjectures , comme
fi elle eut efté fon veritable
ſentiment , car quoi
'qu'il eut dit qu'elle fourniffoit
en apparence une
explication affez commode
, il eut grand foin de
rapporter toutes les difficultez
qu'elle engageroit
à digerer.
Non feulement ces jambes
fe reproduifent plus
vifte lorfqu'elles ont efté
caffées en certaines faifons
, que lorfqu'elles ont
efté caffées dans d'autres :
GALANT. 165
mais auffi elles fe reproduifent
plus vifte felon l'endroit
où elles ont efté caffées.
Si on caffe une jambe
à la quatriéme jointure,
on prend pour la premiere
la plus proche des ferres
de l'écreviffe , elle revient
beaucoup
plus vifte que fi
elle avoit efté. rompue à
la cinquième
ou à la fixiéme
jointure. Mais fi on la
caffe à la troifiéme , on la
repete , & qu'on retourne
quelques jours aprés obferver
cette écreviffe , an
trouve cette jambe rom-
2
166 MERCURE
puëà la quatriéme jointure
, ce qui eft une chofe
fort finguliere , il ſemble
que les écreviffes inftrui- ,
tes que leurs jambes reviennent
plus vifte lorfqu'elles
font rompuës là
qu'ailleurs , prennent ſoin
de les y caffer.
Enfin , Monfieur de
Reaumur raconta un
grand nombre d'autres
faits tres curieux : il ex-
& plique en quel tems
comment les écreviffes
changent d'écaille. Il rapporta
que la nouvelle
GALANT. 167
écaille qui n'eft qu'une
efpece de membrane tres
molle , acquiert en deux
ou trois jours la confiftance
de la plus vieille écaille.
Mais tous ces faits feront
détaillés plus au long dans
les Memoires l'Académic
.
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Résumé : EXTRAIT d'un Discours lû par Monsieur de Reaumur dans la derniere Assemblée publique de l'Academie Royale des Sciences sur les diverses reproductions qui se font dans les Ecrevisses, les Crabes, les Omares, &c. & entre autres, sur celles de leurs jambes, & de leurs écailles.
Monsieur de Reaumur a présenté un discours à l'Académie Royale des Sciences sur les capacités de régénération des écrevisses, des crabes et des homards. Il commence par noter que les savants et le peuple peuvent se tromper sur des faits surprenants, comme la régénération des pattes chez les crustacés. Le peuple observe souvent ce phénomène, tandis que les savants le considèrent comme une fable en raison de sa complexité apparente. Pour vérifier cette observation, Reaumur a mené des expériences en coupant des pattes d'écrevisses et en observant leur régénération. Après un mois ou trois semaines, il a constaté que de nouvelles pattes avaient repoussé, similaires aux anciennes. La régénération se fait par étapes : une membrane recouvre d'abord la plaie, puis une petite excroissance apparaît, qui grandit et se transforme en une nouvelle patte recouverte d'une écaille dure. Reaumur observe que la vitesse de régénération varie selon la saison et l'endroit où la patte a été coupée. Par exemple, une patte coupée en hiver met plus de temps à repousser en raison du manque de nourriture. Il explique aussi que les écrevisses semblent préférer couper leurs pattes à certaines jointures pour favoriser une régénération plus rapide. Enfin, Reaumur mentionne d'autres faits curieux, comme le changement d'écaille des écrevisses, qui acquiert rapidement la consistance de l'ancienne écaille. Tous ces détails seront développés plus en profondeur dans les Mémoires de l'Académie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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