Résultats : 11917 texte(s)
Détail
Liste
10301
p. 209-210
« La découverte & les vertus admirables des Teintures pour les dents [...] »
Début :
La découverte & les vertus admirables des Teintures pour les dents [...]
Mots clefs :
Teinture, Dents, Dentiste, Blancheur, Nettoyage, Prévention des caries, Maux de dents
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texteReconnaissance textuelle : « La découverte & les vertus admirables des Teintures pour les dents [...] »
LA découverte & les vertus admirables des Teintures
pour les dents ont mérité au fieur Grecnough ,
leur inventeur , une Patente de Dentifte , de la
part de S. M. Britannique. La premiere de ces
Teintures ôte toute les faletés des dents , leur donles
ne une blancheur , & une beauté éclatantes ,
raffermit , les empêche de fe carier , & les guéris
110 MERCURE DE FRANCE.
entierement du fcorbut. La feconde , guérit les
maux de dents les plus violens & l'on fe fent foulagé
auffitôt qu'on en a fait ufage. Ces teintures
fe vendent auffi chez la veuve Leduc , Marchande
Epiciere-Droguifte , rue Dauphine. Chaque bouteille
eft de 36 fols. Des brolles pour l'utage de
ees Teintures fe vendent au même endroit , à 12
fols la pièce. On prie d'affranchir les Lettres.
pour les dents ont mérité au fieur Grecnough ,
leur inventeur , une Patente de Dentifte , de la
part de S. M. Britannique. La premiere de ces
Teintures ôte toute les faletés des dents , leur donles
ne une blancheur , & une beauté éclatantes ,
raffermit , les empêche de fe carier , & les guéris
110 MERCURE DE FRANCE.
entierement du fcorbut. La feconde , guérit les
maux de dents les plus violens & l'on fe fent foulagé
auffitôt qu'on en a fait ufage. Ces teintures
fe vendent auffi chez la veuve Leduc , Marchande
Epiciere-Droguifte , rue Dauphine. Chaque bouteille
eft de 36 fols. Des brolles pour l'utage de
ees Teintures fe vendent au même endroit , à 12
fols la pièce. On prie d'affranchir les Lettres.
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Résumé : « La découverte & les vertus admirables des Teintures pour les dents [...] »
Le sieur Grecnough a inventé des teintures dentaires brevetées par la couronne britannique. La première teinture nettoie, blanchit, raffermit les dents, prévient les caries et guérit le scorbut. La seconde soulage les maux de dents. Ces produits sont vendus chez la veuve Leduc, rue Dauphine, à 36 sols la bouteille et 12 sols la brosse.
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10302
p. 210-211
Heureuse découverte pour la Peinture.
Début :
M. le Lieutenant de Police, avant que de faire la faveur de donner [...]
Mots clefs :
Auteur, Impression, Tableau, Peinture, Certificat, Vernis, Couleurs, Vivacité
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texteReconnaissance textuelle : Heureuse découverte pour la Peinture.
Heureufe découverte pour la Peinture.
M. le Lieutenant de Police , avant que de faire
la faveur de donner à l'Auteur la permiſſion d'imprimer
, a eu la bonté d'envoyer à M. Cochin ,
Garde des Deffeins du Cabinet du Roi , aux Galeries
du Louvre , un petit Tableau pour fçavoir
de lui ce qu'il penferoit de ce furprenant vernis
afin que les curieux en Peinture ne fuffent pas
trompés davantage . M. Cochin l'ayant approuvé ,
M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi & de fon
Académie , en a fait l'analyfe & en a donné fon
Certificat comme on le verra ci- deffous. Il feroit
inutile d'en dire davantage : l'on fçait trop bien
les dommages que les Tableaux ont reçus des
vernis ordinaires que l'on ne fçauroit enlever fans
gâter les foibles touches qui font toutes les graces
du Tableau & font écailler la peinture . Ce vernis
que nous annonçons, redonne aux couleurs toute
leur vivacité ; il fait reparoître à nos yeux tout ce
qui s'étoit perdu , & avec un éclar fans pareil . Il
s'enleve ailément,après nombre d'années, avec une
éponge, & laiffe la peinture dans fa beauté fans
jamais rien gâter . L'Auteur fe fait gloire d'offrir
fes fervices aux Curieux. Il ne vend point fon
vernis , il l'employe lui-même ; on ne dérangepien
dans les appartemens : il vernit les Tableaux
OCTOBRE . 1760. 211
à leur place, comme il a fait en Angleterre , ou
if a demeuré 35 ans.
M. Burel , demeure rue S. Honoré , au coin
de celle du Chantre , Maiſon neuve , au troifiéme
étage.
M. le Lieutenant de Police , avant que de faire
la faveur de donner à l'Auteur la permiſſion d'imprimer
, a eu la bonté d'envoyer à M. Cochin ,
Garde des Deffeins du Cabinet du Roi , aux Galeries
du Louvre , un petit Tableau pour fçavoir
de lui ce qu'il penferoit de ce furprenant vernis
afin que les curieux en Peinture ne fuffent pas
trompés davantage . M. Cochin l'ayant approuvé ,
M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi & de fon
Académie , en a fait l'analyfe & en a donné fon
Certificat comme on le verra ci- deffous. Il feroit
inutile d'en dire davantage : l'on fçait trop bien
les dommages que les Tableaux ont reçus des
vernis ordinaires que l'on ne fçauroit enlever fans
gâter les foibles touches qui font toutes les graces
du Tableau & font écailler la peinture . Ce vernis
que nous annonçons, redonne aux couleurs toute
leur vivacité ; il fait reparoître à nos yeux tout ce
qui s'étoit perdu , & avec un éclar fans pareil . Il
s'enleve ailément,après nombre d'années, avec une
éponge, & laiffe la peinture dans fa beauté fans
jamais rien gâter . L'Auteur fe fait gloire d'offrir
fes fervices aux Curieux. Il ne vend point fon
vernis , il l'employe lui-même ; on ne dérangepien
dans les appartemens : il vernit les Tableaux
OCTOBRE . 1760. 211
à leur place, comme il a fait en Angleterre , ou
if a demeuré 35 ans.
M. Burel , demeure rue S. Honoré , au coin
de celle du Chantre , Maiſon neuve , au troifiéme
étage.
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Résumé : Heureuse découverte pour la Peinture.
Le texte présente une découverte significative dans le domaine de la peinture. Un tableau a été envoyé au Lieutenant de Police, qui l'a transmis à M. Cochin, Garde des Dessins du Cabinet du Roi, pour évaluer un nouveau vernis. M. Cochin a validé ce vernis, et M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi, a effectué une analyse et fourni un certificat. Le vernis traditionnel endommage les tableaux en altérant les touches délicates et en provoquant des écaillures. Le nouveau vernis, en revanche, restaure la vivacité des couleurs, révèle les détails perdus et peut être retiré facilement avec une éponge sans abîmer la peinture. L'auteur, M. Burel, propose ses services aux amateurs de peinture et précise qu'il n'est pas un vendeur de vernis. Il applique lui-même le vernis sur place, comme il l'a fait en Angleterre où il a duré 35 ans. M. Burel réside rue Saint-Honoré, au coin de la rue du Chantre, dans une maison neuve, au troisième étage.
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10303
p. 211
« Le sieur Fabre, Arboriste, rue Mazarine, vis-à-vis la rue Guénegaud, [...] »
Début :
Le sieur Fabre, Arboriste, rue Mazarine, vis-à-vis la rue Guénegaud, [...]
Mots clefs :
Arboriste, Cresson de roche, Maladies de poitrine, Purification, Sang
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Fabre, Arboriste, rue Mazarine, vis-à-vis la rue Guénegaud, [...] »
La fieur Fabre , Arborifte , rue Mazarine , vis
à- vis la rue Guénegaud , donne avis au Public , que
Fon trouve chez lui du Creflon de Roche , qu'il
fait venir des Pays Etrangers , qui eft propre pour
les perfonnes qui font attaquées de la poitrine , &
pour purifier la maffe du lang. Le prix eft de 6
liv. l'once.
à- vis la rue Guénegaud , donne avis au Public , que
Fon trouve chez lui du Creflon de Roche , qu'il
fait venir des Pays Etrangers , qui eft propre pour
les perfonnes qui font attaquées de la poitrine , &
pour purifier la maffe du lang. Le prix eft de 6
liv. l'once.
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10304
p. 211-212
« Les Pilules Mercurielles du célébre M. Bianchi, Professeur Royal en Médecine, [...] »
Début :
Les Pilules Mercurielles du célébre M. Bianchi, Professeur Royal en Médecine, [...]
Mots clefs :
Pilules mercurielles, Maladies, Guérison, Remèdes, Contrefaçon, Douleurs, Rhumatismes, Épanchement, Fièvres, Essence de corail
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texteReconnaissance textuelle : « Les Pilules Mercurielles du célébre M. Bianchi, Professeur Royal en Médecine, [...] »
LES Pilules Mercurielles du célébre M. Bianchi
, Profeffeur Royal en Médecine , font fi connues
par les bons effets qu'elles ont produits dans
un grand nombre de maladies , qu'il femble- fyperflu
de les annoncer de nouveau : mais comme
de tout tems on a contrefait les meilleurs remedes
, on n'a pas manqué plufieurs fois de le faire
à l'égard de celui- ci ; & par là quantité de ma--
lades ont été fruftrés des bons effets qu'ils auroient
éprouvés s'ils s'étoient adrellés à l'unique
fource où il fe débite depuis plus de 25 ans. On
avertit donc qu'il fe vend chez M. Broé , Maître
en Pharmacie à Genève , feul poffefleur de ce reméde.
On y joint un Mémoire qui indique la
maniere de s'en fervir , & les maladies auxquelles
i eft falutaire , dont voici les principales , dans
les maladies froides , vieilles douleurs , rhumatifmes
, obftructions , enfûres univerfelles , fuites
de couches , comme épanchement de lait dans
Tes fiévres opiniâtres , coliques venteufes , épilepfie
, indifpofitions glanduleufes , dans les maladies
cutanées , comme toute forte de Dartres , dans le
fcorbut & contre les vers ; mais particulierement?
pour les maladies vénériennes , &c.
Le Prix eft de deux écus de Geneve l'once..
212 MERCURE DE FRANCE.
On y trouve auffi l'Effence de Corail , dont le
fecret eft depuis peu de temps dans la maison de
Bade , laquelle a été communiquée à l'Expofant.
Les bons effets qu'elle a produits , l'ont mife en
grande réputation dans le Pays & chez l'Etranger.
Elle eft recommandable pour soute forte de flux ,
foit hépatique flux té fange C'est le plus
prompt remete qu'on, pulle eggployer pour les
pertes des femmes ; on l'employe aufli comme
cordial & ftomachal, son en prend-one cuillerée
à caffé le matin à jeun & le foiry file cas eft pref--
fanton en de ase une heure avant après le repas .
Le Prix eft deur écus de Genève Tence.
, Profeffeur Royal en Médecine , font fi connues
par les bons effets qu'elles ont produits dans
un grand nombre de maladies , qu'il femble- fyperflu
de les annoncer de nouveau : mais comme
de tout tems on a contrefait les meilleurs remedes
, on n'a pas manqué plufieurs fois de le faire
à l'égard de celui- ci ; & par là quantité de ma--
lades ont été fruftrés des bons effets qu'ils auroient
éprouvés s'ils s'étoient adrellés à l'unique
fource où il fe débite depuis plus de 25 ans. On
avertit donc qu'il fe vend chez M. Broé , Maître
en Pharmacie à Genève , feul poffefleur de ce reméde.
On y joint un Mémoire qui indique la
maniere de s'en fervir , & les maladies auxquelles
i eft falutaire , dont voici les principales , dans
les maladies froides , vieilles douleurs , rhumatifmes
, obftructions , enfûres univerfelles , fuites
de couches , comme épanchement de lait dans
Tes fiévres opiniâtres , coliques venteufes , épilepfie
, indifpofitions glanduleufes , dans les maladies
cutanées , comme toute forte de Dartres , dans le
fcorbut & contre les vers ; mais particulierement?
pour les maladies vénériennes , &c.
Le Prix eft de deux écus de Geneve l'once..
212 MERCURE DE FRANCE.
On y trouve auffi l'Effence de Corail , dont le
fecret eft depuis peu de temps dans la maison de
Bade , laquelle a été communiquée à l'Expofant.
Les bons effets qu'elle a produits , l'ont mife en
grande réputation dans le Pays & chez l'Etranger.
Elle eft recommandable pour soute forte de flux ,
foit hépatique flux té fange C'est le plus
prompt remete qu'on, pulle eggployer pour les
pertes des femmes ; on l'employe aufli comme
cordial & ftomachal, son en prend-one cuillerée
à caffé le matin à jeun & le foiry file cas eft pref--
fanton en de ase une heure avant après le repas .
Le Prix eft deur écus de Genève Tence.
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Résumé : « Les Pilules Mercurielles du célébre M. Bianchi, Professeur Royal en Médecine, [...] »
Le texte décrit les pilules mercurielles du professeur royal en médecine M. Bianchi, reconnues pour leurs effets bénéfiques sur diverses maladies. Cependant, des contrefaçons fréquentes ont privé certains malades des bienfaits de ce remède. Pour garantir l'authenticité, les pilules se vendent exclusivement chez M. Broé, maître en pharmacie à Genève, depuis plus de 25 ans. Un mémoire joint précise leur utilisation et les maladies traitées, telles que les maladies froides, les douleurs rhumatismales, les obstructions, les fièvres opiniâtres, l'épilepsie, les maladies cutanées comme les dartres, le scorbut, les maladies vénériennes, et d'autres affections. Le prix est de deux écus de Genève l'once. De plus, le texte mentionne l'Essence de Corail, un remède introduit par la maison de Bade, recommandé pour divers flux, notamment les pertes des femmes. Elle est utilisée comme cordial et stomachique, à raison d'une cuillerée à café le matin à jeun et une heure avant ou après le repas selon les cas. Son prix est également de deux écus de Genève l'once.
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10305
p. 212
Eau Sultane du Sieur PAGNON ; de Constantinople.
Début :
Cette eau a la vertu de blanchir la peau, maintenir le teint frais, [...]
Mots clefs :
Eau Sultane, Peau, Blanchiment, Teint clair, Fraicheur
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texteReconnaissance textuelle : Eau Sultane du Sieur PAGNON ; de Constantinople.
Eau Sultane du Steur PAGNON
Conftantinople.
de
Cette eau a la vertu de Hanchir la peau , maintenir
le teint frais , ôter toutes les rides , boutons
& dartres du vilage en très -peu de tems.
Le Public eft aveti qu'elle fe débité chez le
Portier de MM. les Religieux de S. Martin des
Champs à Paris. Les bouteilles font de poiffon &
le prix de i livre 10 fois. L'on donnera avec les
bouteilles la maniere de s'en fervir , écrit à la main .
& paraplé de l'Auteur ou de fon neveu , pour que
le Public ne foit point trompé par d'autre Eau que
l'on pourroit débiter pour la fienne.
Conftantinople.
de
Cette eau a la vertu de Hanchir la peau , maintenir
le teint frais , ôter toutes les rides , boutons
& dartres du vilage en très -peu de tems.
Le Public eft aveti qu'elle fe débité chez le
Portier de MM. les Religieux de S. Martin des
Champs à Paris. Les bouteilles font de poiffon &
le prix de i livre 10 fois. L'on donnera avec les
bouteilles la maniere de s'en fervir , écrit à la main .
& paraplé de l'Auteur ou de fon neveu , pour que
le Public ne foit point trompé par d'autre Eau que
l'on pourroit débiter pour la fienne.
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Résumé : Eau Sultane du Sieur PAGNON ; de Constantinople.
L'eau Sultane du Steur Pagnon, vendue à Constantinople, est connue pour ses vertus cosmétiques. Elle hydrate la peau, maintient un teint frais et élimine rides, boutons et dartres. Disponible à Paris chez le portier des Religieux de Saint-Martin-des-Champs, elle est vendue en bouteilles de verre à dix fois la livre. Chaque achat inclut des instructions manuscrites garantissant l'authenticité.
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10306
p. 212
« Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
Début :
Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...]
Mots clefs :
Vitrier, Magasin, Verres, Estampes, Pendules, Mignatures, Couleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
AUDOU , Maître Vitrier , rue S. Victor , vis - àle
Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon : Tient Magafin de très- beaux Verres blancs
de Bohème & autres propres aux Eftampes , Pafrelles
, Voitures, Pendules, Mignatures , & pour les
Croisées. Il monte les Eftampes en Bordures de
routes couleurs . Il colle les Cartes , Thèfes fur
toile. Entreprend le Bâtiment. Le tout à jufte
prix.
Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon : Tient Magafin de très- beaux Verres blancs
de Bohème & autres propres aux Eftampes , Pafrelles
, Voitures, Pendules, Mignatures , & pour les
Croisées. Il monte les Eftampes en Bordures de
routes couleurs . Il colle les Cartes , Thèfes fur
toile. Entreprend le Bâtiment. Le tout à jufte
prix.
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10307
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du premier Volume [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
'Ar par ordre de Monfeigneur le Chancelier
le
Mercure du premier Volume du mois d'Octo
bre 1760 , & je n'y ai rien trouvé , qui puiffe en
empêcher l'impreffion. A Paris , ce 30 Septembre
1960.GUIROY .
'Ar par ordre de Monfeigneur le Chancelier
le
Mercure du premier Volume du mois d'Octo
bre 1760 , & je n'y ai rien trouvé , qui puiffe en
empêcher l'impreffion. A Paris , ce 30 Septembre
1960.GUIROY .
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10308
p. 213-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Pieces Fugitives en Vers et en Prose. ARTICLE PREMIER. Epitre. Page 5 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
E PITRE.
ARTICLE PREMIER.
La Coquette & la Guêpe , Fable .
Page s
10
Vers à M. Gerbier , Avocat au Parlement A
de Paris.
Vers , à Madame de **** de Marſeille.
Les Amis rivaux . Anecdote."
Vers de M. D. *** & c.
Le Roffignol & le Hibou , Fable. A. M. le
Comte de T *** .-
Vers à Mlle Clairon .
Bouquets à M.P. en lui envoyant une Epine,
le jour de fa fête.
Epitre à Doris. uri ob
Lettre , à l'Auteur du Mercure.:
I2
14
ibid
29
ibid.
31
132
34
361
Vers au Roi , qui devoient être récités par
le Sergent Major de Meffieurs les Gentilshommes
Eléves de fon Ecole Militaire ,
lorfque, S. M. les honora de fa Préfence , A
le 18 Août 1760 .
214 MERCURE DE FRANCE.
Portrait de Madame P ***.
Vers , pour mettre au bas du Portrait de
45
Mlle Camille , de la Comédie Italienne. 45
Couplet fur l'Air : Quoi vouspartezfans &c. 45
Enigmes.
Logogrypges.
Envoi.
Chanfon.
47 & 48
48 49
ibid.
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Lettre à M. Fl .. C. R. de l'A. des O , &c .
fur le Théâtre Italien .
Lettre , far l'Origine des Caractéres.
Origine de l'Écriture .
Lettre de M. l'Abbé Trubler , à l'Auteur du
Mercure.
La Science du Gouvernement , par feu M.
de Réal , Grand - Sénéchal de Forcalquier.
Annonce des Livres nouveaux .
Sx
59
66
84
190 &fuiv
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
ACADEMIES.
Séance publique de l'Académie Royale des
Sciences , Belles- Lettres & Arts de Rouen.
Prix propofé par l'Académie des Sciences
Belles- Lettres & Arts d'Amiens,pour l'année
1761 .
Séance publique de la Société Littéraire
-d'Arras.
112
Inst
135
Extrait de la Differtation du Pere Lucas.
Prix proposé par l'Académie des Sciences ,
Belles Lettres & Arts de Lyon .
Sujets propolés par l'Académie des Sciences
, Belles Lettres & Arts de Belançon. 133
Affemblée publique de l'Académie de Pein
OCTOBRE. 1760.
215
ture , Sculpture & autres Arts relatifs aux
deffeins de Marſeille.
Expofition des Ouvrages de divers Membres
de l'Académie de Peinture , Sculpture
&c. de Marseille ,
Lettre à l'Anonyme , qui a propofé un Problême
dans le Mercure d'Août 1760 .
Autre Lettre fur le même Sujer.
Lettre , à l'Auteur du Mercure.
135
136
138
144
149
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES .
La Defcription des Arts , par l'Académie
Royale des Sciences.
ANATOMIE.
150
Lettre circulaire , à MM. les Soufcripteurs
des Planches Anatomiques de M. Gautier. 158
Table géométrique concernant la Multiplication
de tous les Nombres , depuis t
jufqu'à 100 , par M. Dufour &c.
ARTS AGRÉABLES.
165
Gravure.
1.67
Lettre , à l'Auteur du Mercure. 171
TYPOGRAPHIE .
GRAVURE.
Fables de J. de la Fontaine , nouvelle Edition
, grand in-folio en 4 vol. & c.
Opéra .
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
173
181
182
183
116 MERCURE DE FRANCE.
Opéra-Comique.
Concert Spirituel .
Avis au Public .
184
185
186
189
208 &ſuiv.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
E PITRE.
ARTICLE PREMIER.
La Coquette & la Guêpe , Fable .
Page s
10
Vers à M. Gerbier , Avocat au Parlement A
de Paris.
Vers , à Madame de **** de Marſeille.
Les Amis rivaux . Anecdote."
Vers de M. D. *** & c.
Le Roffignol & le Hibou , Fable. A. M. le
Comte de T *** .-
Vers à Mlle Clairon .
Bouquets à M.P. en lui envoyant une Epine,
le jour de fa fête.
Epitre à Doris. uri ob
Lettre , à l'Auteur du Mercure.:
I2
14
ibid
29
ibid.
31
132
34
361
Vers au Roi , qui devoient être récités par
le Sergent Major de Meffieurs les Gentilshommes
Eléves de fon Ecole Militaire ,
lorfque, S. M. les honora de fa Préfence , A
le 18 Août 1760 .
214 MERCURE DE FRANCE.
Portrait de Madame P ***.
Vers , pour mettre au bas du Portrait de
45
Mlle Camille , de la Comédie Italienne. 45
Couplet fur l'Air : Quoi vouspartezfans &c. 45
Enigmes.
Logogrypges.
Envoi.
Chanfon.
47 & 48
48 49
ibid.
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Lettre à M. Fl .. C. R. de l'A. des O , &c .
fur le Théâtre Italien .
Lettre , far l'Origine des Caractéres.
Origine de l'Écriture .
Lettre de M. l'Abbé Trubler , à l'Auteur du
Mercure.
La Science du Gouvernement , par feu M.
de Réal , Grand - Sénéchal de Forcalquier.
Annonce des Livres nouveaux .
Sx
59
66
84
190 &fuiv
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
ACADEMIES.
Séance publique de l'Académie Royale des
Sciences , Belles- Lettres & Arts de Rouen.
Prix propofé par l'Académie des Sciences
Belles- Lettres & Arts d'Amiens,pour l'année
1761 .
Séance publique de la Société Littéraire
-d'Arras.
112
Inst
135
Extrait de la Differtation du Pere Lucas.
Prix proposé par l'Académie des Sciences ,
Belles Lettres & Arts de Lyon .
Sujets propolés par l'Académie des Sciences
, Belles Lettres & Arts de Belançon. 133
Affemblée publique de l'Académie de Pein
OCTOBRE. 1760.
215
ture , Sculpture & autres Arts relatifs aux
deffeins de Marſeille.
Expofition des Ouvrages de divers Membres
de l'Académie de Peinture , Sculpture
&c. de Marseille ,
Lettre à l'Anonyme , qui a propofé un Problême
dans le Mercure d'Août 1760 .
Autre Lettre fur le même Sujer.
Lettre , à l'Auteur du Mercure.
135
136
138
144
149
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES .
La Defcription des Arts , par l'Académie
Royale des Sciences.
ANATOMIE.
150
Lettre circulaire , à MM. les Soufcripteurs
des Planches Anatomiques de M. Gautier. 158
Table géométrique concernant la Multiplication
de tous les Nombres , depuis t
jufqu'à 100 , par M. Dufour &c.
ARTS AGRÉABLES.
165
Gravure.
1.67
Lettre , à l'Auteur du Mercure. 171
TYPOGRAPHIE .
GRAVURE.
Fables de J. de la Fontaine , nouvelle Edition
, grand in-folio en 4 vol. & c.
Opéra .
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
173
181
182
183
116 MERCURE DE FRANCE.
Opéra-Comique.
Concert Spirituel .
Avis au Public .
184
185
186
189
208 &ſuiv.
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est une table des articles du Mercure de France d'octobre 1760, structurée en cinq sections. Le premier article présente des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des fables, des épîtres, des lettres et des énigmes dédiées à diverses personnes. Le deuxième article traite des nouvelles littéraires, avec des lettres sur des sujets variés et des annonces de nouveaux livres. Le troisième article se concentre sur les académies et les prix proposés par plusieurs académies de sciences et belles-lettres en France, ainsi que des extraits de dissertations et des lettres. Le quatrième article aborde les beaux-arts et les arts utiles, avec des descriptions des arts par l'Académie Royale des Sciences, des lettres sur les planches anatomiques, des tables géométriques, et des arts agréables comme la gravure et la typographie. Le cinquième article liste les spectacles, incluant la comédie française, la comédie italienne, l'opéra-comique et les concerts spirituels, avec des avis au public.
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10309
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
ruë & vis- à- vis la Comédie Françoiſe.
ruë & vis- à- vis la Comédie Françoiſe.
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10310
p. 179-180
De VIENNE, le 20 Septembre.
Début :
Selon les nouvelles de Constantinople, la révolte du Pacha d'Iconium [...]
Mots clefs :
Révolte, Pacha , Grand seigneur, Fêtes, Mariage, Comte, Concert, Repas, Bal, Procession, Commémorations, Siège, Nominations
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 20 Septembre.
De VIENNE , le 20 Septembre."
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
SELON
ELON les nouvelles de Conftantinople , la révolte
du Pacha d'Iconium commence à donner de
l'inquiétude au Divan. Ce Pacha , à la tête de
quinze mille hommes , s'eft mis en marche de fon
Gouvernement vers cette Capitale . On prétend
que le Grand-Seigneur la fait allurer de la grâce
s'il rentroit dans fon devoir ; mais on ne croit pas
que ce Rebelle fe laiffe prendre à ce piege , & il
faudra employer la force pour le foumettre .
Les fêtes préparées pour le mariage de l'Archi-
Duc Jofeph avec l'Infante Ifabelle , viennent de
commencer. La nouvelle de la conclufion de ce
mariage fut apportée le 14 de ce mois , par le
Comte de Kaunitz-Rittberg , Chambellan de leurs
Majeftés Impériales , fils aîné du Comte de ce
nom , Chancelier de Cour & d'Etat ; la Cour ſe
mit , à cette occafion , en grand gala pour trois
jours , & leurs Majeftés Impériales furent compli
mentées par les Ambaffadeurs & les Miniftres,
étrangers , ainfi que par la haute Nobleffe. Elles
dînerent enfuite en Public avec les Archiducs Jofeph
, Charles & Léopold , quatre des Archidscheffes
, & avec le Prince Charles & la Princeffe
Charlotte de Lorraine. On exécuta un beau Concert
pendant le repas. Le foir , il y eur un bal paré
qui fut fuivi d'un grand fouper. Le matin , Leurs
Majeftés Impériales , accompagnées de l'Archiduc
Jofeph , avoient affifté à la Proceffion qui fe fait
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
annnellement , en mémoire de la levée du Siége
de cette Capitale , par les Turcs en 1683. L'Artillerie
des remparts fit une triple falve , à chacune
defquelles la Garniſon répondit par le feu de fa
Moufquetterie.
Le Comte de Palfi , Général d'Infanterie , fut
déclaré, le même jour, Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps , formée par le Royaume de
Hongrie, pour
la Garde de l'Archiduc & de l'Archiduchelle
.
On a reçu
de Parme , le détail fuivant des cérémonies
qui ont été faites , à l'occafion du Mariage
de l'Archiduc Jofeph avec l'Infante Ifabelle.
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Résumé : De VIENNE, le 20 Septembre.
Le 20 septembre, des nouvelles de Constantinople signalent une révolte du Pacha d'Iconium, qui inquiète le Divan. À la tête de quinze mille hommes, ce Pacha avance vers la capitale. Le Grand-Seigneur lui propose la grâce s'il se soumet, mais son acceptation est incertaine, rendant une intervention militaire possible. À Vienne, les festivités pour le mariage de l'Archiduc Joseph avec l'Infante Isabelle ont débuté. La nouvelle du mariage a été annoncée le 14 septembre par le Comte de Kaunitz-Rittberg. La cour s'est mise en grand gala pendant trois jours, avec des compliments des ambassadeurs, ministres étrangers et haute noblesse. Un dîner public, un concert et un bal ont suivi. Le matin, les Majestés Impériales ont assisté à une procession commémorant la levée du siège de Vienne par les Turcs en 1683. Le Comte de Palfi a été nommé Capitaine de la Compagnie des Gardes du Corps hongrois pour la garde de l'Archiduc et de l'Archiduchesse. Des détails des cérémonies du mariage à Parme ont également été reçus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10311
p. 180-186
DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
Début :
M. le Prince de Lichtenstein arriva à Parme le 1 Septembre ; [...]
Mots clefs :
Prince du Lichtenstein, Infant, Audience, Palais, Prince Ferdinand , Ministres, Officiers, Audience publique, Comte, Marquis, Valets, Honneurs, Carosse, Bataillons, Armes, Pages, Dames, Noblesse, Empereur, Gentilshommes, Opéra, Infante
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texteReconnaissance textuelle : DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
DETAIL de tout ce qui s'eft paffé depuis l'arrivée
de M. le Prince de LICHTENSTEIN jufqu'au 4 .
M. le Prince de Lichtenſtein arriva à Parme le
1 Septembre ; auflitôt après , il fit informer M.
Dutillot , par un de fes Gentilshommes.
M. Dutillot fe tranfporta chez lui , & lui donna
l'heure que l'Infant avoit fixé pour fon audience
particuliere.
Cette audience fut le lendemain à midi & demi;
M.Dutillot alla prendre M. le Prince de Lichtenftein
au Palais Palavicini où il eſt logé , & l'amena
chez l'Infant , il le conduifit enfuite chez le Prince
Ferdinand , de là à l'appartement de Madame
Infante Ifabelle , où le trouva auffi Madame Louiſe ..
M.le Prince de Lichtenſtein, fut au fortir du Palais
, rendre la vifire à M. Dutillot ; fortit de chez
Ge Miniftre , & y revint dîner avec les Miniftres de
France , d'Espagne , de Turin , de Gènes & de
Malte ; M. le Comte de Neuilly , M le Bailli de
Breteuil , M. l'Abbé de Canillac & M. le Comte
de Mercy . Il amena avec lui les huit Chambellans
qui l'ont accompagné , & deux Officiers Majors..
OCTOBRE. 1760. 185
M. Dutillot avoit invité le Capitaine & le Major
des Gardes du Corps , le grand Ecuyer & le premier
Ecuyer de l'Infant , le Gouverneur du Frince
Ferdinand , des Gentilshommes de la Chambre ,
des Majordomes , des Dames du Palais , M. l'Evêque
de Plaifance , frere du feu Chancelier Criftiani
chargé par l'Infant , à caufe de la mort de
l'Evêque de Parme , de la cérémonie du mariage )
& quelques Perfonnes de la premiere Nobleffe du
Pays.
Après le dîner , M. de Lichtenftein retourna à
fon Hôtel , où il reçut des vifites .
Le troifiéme jour fixé pour l'Audience publique,
M. le Comte Peroli , Introducteur, partit du
Palais à onze heures & demie , dans un caroffe
de l'Infant attelé à huit chevaux ; ce caroffe étoit
précédé par un autre à fix chevaux ( vuide ) , &
fuivi par trois autres attelés à huit chevaux ; dans
chacun de ces caroffes , étoit un Majordome.
Un Officier de l'Ecurie étoit à cheval à la tête
de ce Cortége ; douze Valets de pied étoient fur
deux files aux deux côtés de la voiture de l'Infant
, où étoit M. l'Introducteur , trois derriere ce
carofie , & deux derriere chacun des autres .
Deux Palfreniers à cheval ſuivoient l'Officier
de l'Ecurie
M. le Comte Peroli fut dans cet ordre prendre
chez lui M. le Marquis Palavicini , premier Gentilhomme
de la Chambre , que l'Infant avoir
chargé de faire les honneurs à M. le Prince de
Lichtenſtein .
M. de Palavicini monta dans le même caroffe ,
dans lequel étoit venu M. le Comte Peroli ; ce
dernier lui donna la droite.
Ils furent dans le même ordre chez M. le Prin
ce de Lichtenſtein.
Ils monterent l'efcalier , fuivis des trois Majordomes
qui les avoient accompagnés : les
182 MERCURE DE FRANCE. 1
douze valets de pieds fuivoient fur deux files.
M. le Prince de Lichtenſtein étoit venu au-devant
d'eux, & avoit defcendu deux marches; il les conduifitjufques
à la chambre. MM . les Majordomest
refterent à la piéce la plus voisine de cette chambre
, où ils entrerent un moment après M. de
Palavicini & M. Peroli , à qui M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait partout les honneurs des
Portes.
On defcendit de chez M. le Prince , qui fit
toujours les honneurs à M. de Palavicini jufques
au bas de fon efcalier ; où étant arrivé , M. de
Palavicini lui fit les honneurs du caroffe , il y
monta , fe plaça feul dans le fond , M. de Pałavicini
fur le devant à droite , M. Peroli à gauche.
MM. les Majordomes firent également les
bonneurs des caroffes de l'Infant dans lesquels
ils étoient venus , aux huit Chambellans .
On fe mit en marche dans l'ordre fuivant :
Un Officier de l'Ecurie de l'Infant , & deur
Palfreniers à cheval.
Le caroffe de M. l'Introducteur , à fix chevaux ,
vuide.
Deux Suiffes , de M. le Prince de Lichtenſtein ,
à cheval.
24 Valets de pied.
6 Coureurs.
6 Heyducs.
12 Palfreniers , tenant chacun un cheval par la
bride.
9 Officiers , de la Maifon de M. le Prince , à
cheval.
Son Ecuyer.
& Pages, dont deux Hongrois, & fix Allemands
Quatre Gentilshommes.
Le caroffe de l'Infant , où étoit M. le Prince de
Lichtenſtein , M. de Palavicini & M. Peroli , 1 %
Valets de pied de l'Infant aux deux côtés.
OCTOBRE . 1760 . 184
Un grand caroffe d'entrée , à M. le Prince,
attelé à 8 chevaux.
Les trois caroffes de l'Infant , dont les Majordomes
faifoient les honneurs.
A une diſtance de 30 ou 40 pas , trois autres
carolles , à M. le Prince de Lichtenſtein , attelés à
huit chevaux .
Les rues étoient bordées , depuis l'Hôtel Palavicini
jufques au Palais , par les deux Bataillons du
Régiment de Parme habillés de neuf, à-peu-près
comme le Corps des Grenadiers de France
douze Compagnies de Grenadiers.
> &
Les Troupes préfentoient les armes , les tambours
rappelloient , & les Officiers ont falué du
chapeau .
La Garde du Palais étoit formée devant la
porte; elle préfentoit les armes ; les tambours rappelloient
, & les Officiers ont falué du chapeau.
12 Suifles des Portes étoient fous la voute de
l'entrée du Palais.
80 Hallebardiers de la Garde de S. A. R. bordoient
l'escalier fur deux files, depuis la premiere
marche juſques au pallier d'en- haut ; & les deux
portes qui donnent de ce pallier à l'appartement
de l'Infant & à celui de Madame Ifabelle , étoient
gardées par quatre de ces mêmes Hallebardiers ,
la hallebarde fur l'épaule.
M. Le Comte Rimbaldefi, Maître des Cérémonies,
vint recevoir M. le Prince au bas de l'efcalier
& marcha devant lui.
La Livrée de l'Infant précédoit fur deux files ;
celle de M. le Prince fuivoit ce Seigneur , qui mar
choit entre M. le Marquis Palavicini & l'Introducteur.
La Livrée de M. le Prince s'arrêta dans deur
anti-falles avec celle de l'Infant ; deux Suiffes de la
porte empêchoient celle des particuliers d'y entrer,
184 MERCURE DE FRANCE.
M. le Prince de Lichtenstein , toujours précédé
par le Maître des Cérémonies , & ayant M. de Pala
vicini à fa droite & l'Introducteur à ſa gauche, traverfa
la Salle des Gardes : les Gardes du Corps
étoient fous les armes. Le Capitaine des Gardes le
reçut à la porte de la Salle en dedans, prit la place
de M. l'Introducteur à côté de lui , & marcha
ainfi à toutes les Audiences. L'Introducteur s'étoit
avancé d'un pas , & marchoit à côté du Maître
des Cérémonies . M. le Prince étoit précédé par
les Officiers de fa Maiſon qui s'arrêterent dans la
prémiere antichambre après la Salle des Gardes ,
par les Pages qui s'arrêterent dans l'antichambre
après celle où étoient reftés les Officiers de fa
Maifon , & avant celle où étoient les Pages de
S. A. R. par fes quatre Gentilshommes qui entrerentjufques
dans la piéce du Sallon de l'Audience
de l'Infant ; & par les huit Chambellans de l'Empereur
qui les précédérent jufques aux pieds , da
Throne .
Toutes les Dames de la Nobleffe du Pays &
Etrangeres , s'étoient rendues le matin chez Madame
Ifabelle .
La Nobleffe de l'Etat , les Seigneurs les plus
diftingués d'Italie , & l'Infant , étoient placés autour
de fon thrône , & rempliffoient douze Piéces
que traverfa M. le Prince de Lichtenftein , depuis
celle où s'étoient arrêtés fes Pages juſques à la
porte de la Salle de l'Audience.
Certe Salle eft , très-vaffe , & avoit été richement
& galamment ornée ; le dais de l'Infant étoit au
fond , vis-à-vis de la porte , par où entra M. le
Prince de Lichtenftein .
Au moment où ce Seigneur parut dans la Salle,
S. A. R. fe leva du fauteuil , ou il étoit affis , falua
M. le Prince de Lichtenftein & remit fon chapeau.
M.le Prince fe couvrit , & expola l'objet de fa
million..
OCTOBRE. 1760. r&'s
M. le Comte de S. Vital fut envoyé , avec deux
Gentilshommes de la Chambre , & deux Majordomes
prendre Madame Infante Ifabelle dans fon
appartement. Elle entra dans la Salle d'audience
par une porte pratiquée à côté du dais, précédée des
perfonnes qui avoient été envoyées pour la chercher
, & fuivie par Madame de Gonzales , Madame
la Comteffe de Siffa , & cing Dames du Palais.
M. le Prince de Lichtenſtein s'adreſſant à Madame
Infante Ifabelle , lui répéta la demande qu'il
avoit faite à S. A. R. Madame fe tourna du côté de
l'Infant , comme pour lui demander fon approbation
; après quoi elle répondit à M. le Prince de
Lichtenſtein , & reçut de lui une Lettre de la main
de l'Archiduc , & le portrait de ce Prince ; enfuite
elle fe retira dans fon appartement.
L'Infant & M. le Prince de Lichtenstein resterent
découverts , tout le tems que Madame Infante
Ifabelle refta dans la Salle .
M. le Prince de Lichtenftein préfenta à l'Infant
Les huit Chambellans de l'Empereur.
M. le Prince de Lichtenſtein forrit de l'audience
de l'Infant dans le même ordre qu'il yétoit entré ,
& marcha dans ce même ordre à celle du Prince
Ferdinand ; le cérémonial y fut obfervé comme à
celle de l'Infant.
M. le Prince de Lichtenstein paffa de cette audience
à celle de Madame Infante Ifabelle. Tour y
fut obfervé comme aux précédentes, excepté que M.
le Prince ne fe couvrit qu'un moment , ôta fon chapeau
, & refta découvert julques à ce qu'il fortît.
Il paffa à l'Audience de Madame Louife où tout
fut exactement obfervé comme à celle de Madame
Infante Iíabelle.
Il fut conduit enfuite dans l'appartement qui
lui avoit été préparé à la Cour , par M. de Palavicini,
M. l'Introducteur & le Maître des Cérémo186
MERCURE DE FRANCE.
nies.Il y fut fuivi par quantité de Nobleſſe .
M. de Lichtenſtein arrivé dans cet appartement
, y fut vifité par un Gentilhomme de la
Chambre de la part dé l'Infant.
Un moment après , M. le Comte de S. Vital ,
fur auffi lui annoncer que S. A. R. le faifoit
traiter. Il lui préſenta en même- tems le Majordome
, le Comte de S. Vital , le Capitaine des
Gardes , le Gouverneur du Prince Ferdinand ,
des Gentilshommes de la Chambre , le Maître
des Cérémonies , l'Introducteur , quatre Chambellans
de l'Empereur , M. le Marquis Canoffa , &
quelques autres perfonnes de la Nobleſſe du Pays ,
& Allemande.
M. Le Prince fut fervi par les Officiers de l'Infant
, propofés pour fervir S. A. R. à table :
toutes les autres perfonnes furent fervies par la
livrée de S. A. R.
On ne s'étoit mis à table qu'après que l'Infant
eut dîné.
Après le repas , M. de Lichtenſtein paſſa chez
l'Infant lui faire une vifite , & en fortit un moment
après pour retourner dans ſon appartement,
où il reçut des vifites.
Afept heures & demie , on paffa au Théâtre
pour voir l'Opéra. L'Infant & Madame Ifabelle
furent , avec leur Cour , dans la grande loge du
milieu , appellée la loge de la Couronne. M. le
Prince de Lichtenſtein étoit , avec quelques Scigneurs
de fa fuite , dans celle qui eft la plus près
du Théâtre à droite.
Trois Majordomes avoient été chargés par
l'Infant , de faire les honneurs du Théâtre où
tout fe paffa dans le plus grand ordre.
Le parterre & les loges étoient remplis de
toute la Nobleffe du Pays , & Etrangeres , qui
avoient pu y contenir.
de M. le Prince de LICHTENSTEIN jufqu'au 4 .
M. le Prince de Lichtenſtein arriva à Parme le
1 Septembre ; auflitôt après , il fit informer M.
Dutillot , par un de fes Gentilshommes.
M. Dutillot fe tranfporta chez lui , & lui donna
l'heure que l'Infant avoit fixé pour fon audience
particuliere.
Cette audience fut le lendemain à midi & demi;
M.Dutillot alla prendre M. le Prince de Lichtenftein
au Palais Palavicini où il eſt logé , & l'amena
chez l'Infant , il le conduifit enfuite chez le Prince
Ferdinand , de là à l'appartement de Madame
Infante Ifabelle , où le trouva auffi Madame Louiſe ..
M.le Prince de Lichtenſtein, fut au fortir du Palais
, rendre la vifire à M. Dutillot ; fortit de chez
Ge Miniftre , & y revint dîner avec les Miniftres de
France , d'Espagne , de Turin , de Gènes & de
Malte ; M. le Comte de Neuilly , M le Bailli de
Breteuil , M. l'Abbé de Canillac & M. le Comte
de Mercy . Il amena avec lui les huit Chambellans
qui l'ont accompagné , & deux Officiers Majors..
OCTOBRE. 1760. 185
M. Dutillot avoit invité le Capitaine & le Major
des Gardes du Corps , le grand Ecuyer & le premier
Ecuyer de l'Infant , le Gouverneur du Frince
Ferdinand , des Gentilshommes de la Chambre ,
des Majordomes , des Dames du Palais , M. l'Evêque
de Plaifance , frere du feu Chancelier Criftiani
chargé par l'Infant , à caufe de la mort de
l'Evêque de Parme , de la cérémonie du mariage )
& quelques Perfonnes de la premiere Nobleffe du
Pays.
Après le dîner , M. de Lichtenftein retourna à
fon Hôtel , où il reçut des vifites .
Le troifiéme jour fixé pour l'Audience publique,
M. le Comte Peroli , Introducteur, partit du
Palais à onze heures & demie , dans un caroffe
de l'Infant attelé à huit chevaux ; ce caroffe étoit
précédé par un autre à fix chevaux ( vuide ) , &
fuivi par trois autres attelés à huit chevaux ; dans
chacun de ces caroffes , étoit un Majordome.
Un Officier de l'Ecurie étoit à cheval à la tête
de ce Cortége ; douze Valets de pied étoient fur
deux files aux deux côtés de la voiture de l'Infant
, où étoit M. l'Introducteur , trois derriere ce
carofie , & deux derriere chacun des autres .
Deux Palfreniers à cheval ſuivoient l'Officier
de l'Ecurie
M. le Comte Peroli fut dans cet ordre prendre
chez lui M. le Marquis Palavicini , premier Gentilhomme
de la Chambre , que l'Infant avoir
chargé de faire les honneurs à M. le Prince de
Lichtenſtein .
M. de Palavicini monta dans le même caroffe ,
dans lequel étoit venu M. le Comte Peroli ; ce
dernier lui donna la droite.
Ils furent dans le même ordre chez M. le Prin
ce de Lichtenſtein.
Ils monterent l'efcalier , fuivis des trois Majordomes
qui les avoient accompagnés : les
182 MERCURE DE FRANCE. 1
douze valets de pieds fuivoient fur deux files.
M. le Prince de Lichtenſtein étoit venu au-devant
d'eux, & avoit defcendu deux marches; il les conduifitjufques
à la chambre. MM . les Majordomest
refterent à la piéce la plus voisine de cette chambre
, où ils entrerent un moment après M. de
Palavicini & M. Peroli , à qui M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait partout les honneurs des
Portes.
On defcendit de chez M. le Prince , qui fit
toujours les honneurs à M. de Palavicini jufques
au bas de fon efcalier ; où étant arrivé , M. de
Palavicini lui fit les honneurs du caroffe , il y
monta , fe plaça feul dans le fond , M. de Pałavicini
fur le devant à droite , M. Peroli à gauche.
MM. les Majordomes firent également les
bonneurs des caroffes de l'Infant dans lesquels
ils étoient venus , aux huit Chambellans .
On fe mit en marche dans l'ordre fuivant :
Un Officier de l'Ecurie de l'Infant , & deur
Palfreniers à cheval.
Le caroffe de M. l'Introducteur , à fix chevaux ,
vuide.
Deux Suiffes , de M. le Prince de Lichtenſtein ,
à cheval.
24 Valets de pied.
6 Coureurs.
6 Heyducs.
12 Palfreniers , tenant chacun un cheval par la
bride.
9 Officiers , de la Maifon de M. le Prince , à
cheval.
Son Ecuyer.
& Pages, dont deux Hongrois, & fix Allemands
Quatre Gentilshommes.
Le caroffe de l'Infant , où étoit M. le Prince de
Lichtenſtein , M. de Palavicini & M. Peroli , 1 %
Valets de pied de l'Infant aux deux côtés.
OCTOBRE . 1760 . 184
Un grand caroffe d'entrée , à M. le Prince,
attelé à 8 chevaux.
Les trois caroffes de l'Infant , dont les Majordomes
faifoient les honneurs.
A une diſtance de 30 ou 40 pas , trois autres
carolles , à M. le Prince de Lichtenſtein , attelés à
huit chevaux .
Les rues étoient bordées , depuis l'Hôtel Palavicini
jufques au Palais , par les deux Bataillons du
Régiment de Parme habillés de neuf, à-peu-près
comme le Corps des Grenadiers de France
douze Compagnies de Grenadiers.
> &
Les Troupes préfentoient les armes , les tambours
rappelloient , & les Officiers ont falué du
chapeau .
La Garde du Palais étoit formée devant la
porte; elle préfentoit les armes ; les tambours rappelloient
, & les Officiers ont falué du chapeau.
12 Suifles des Portes étoient fous la voute de
l'entrée du Palais.
80 Hallebardiers de la Garde de S. A. R. bordoient
l'escalier fur deux files, depuis la premiere
marche juſques au pallier d'en- haut ; & les deux
portes qui donnent de ce pallier à l'appartement
de l'Infant & à celui de Madame Ifabelle , étoient
gardées par quatre de ces mêmes Hallebardiers ,
la hallebarde fur l'épaule.
M. Le Comte Rimbaldefi, Maître des Cérémonies,
vint recevoir M. le Prince au bas de l'efcalier
& marcha devant lui.
La Livrée de l'Infant précédoit fur deux files ;
celle de M. le Prince fuivoit ce Seigneur , qui mar
choit entre M. le Marquis Palavicini & l'Introducteur.
La Livrée de M. le Prince s'arrêta dans deur
anti-falles avec celle de l'Infant ; deux Suiffes de la
porte empêchoient celle des particuliers d'y entrer,
184 MERCURE DE FRANCE.
M. le Prince de Lichtenstein , toujours précédé
par le Maître des Cérémonies , & ayant M. de Pala
vicini à fa droite & l'Introducteur à ſa gauche, traverfa
la Salle des Gardes : les Gardes du Corps
étoient fous les armes. Le Capitaine des Gardes le
reçut à la porte de la Salle en dedans, prit la place
de M. l'Introducteur à côté de lui , & marcha
ainfi à toutes les Audiences. L'Introducteur s'étoit
avancé d'un pas , & marchoit à côté du Maître
des Cérémonies . M. le Prince étoit précédé par
les Officiers de fa Maiſon qui s'arrêterent dans la
prémiere antichambre après la Salle des Gardes ,
par les Pages qui s'arrêterent dans l'antichambre
après celle où étoient reftés les Officiers de fa
Maifon , & avant celle où étoient les Pages de
S. A. R. par fes quatre Gentilshommes qui entrerentjufques
dans la piéce du Sallon de l'Audience
de l'Infant ; & par les huit Chambellans de l'Empereur
qui les précédérent jufques aux pieds , da
Throne .
Toutes les Dames de la Nobleffe du Pays &
Etrangeres , s'étoient rendues le matin chez Madame
Ifabelle .
La Nobleffe de l'Etat , les Seigneurs les plus
diftingués d'Italie , & l'Infant , étoient placés autour
de fon thrône , & rempliffoient douze Piéces
que traverfa M. le Prince de Lichtenftein , depuis
celle où s'étoient arrêtés fes Pages juſques à la
porte de la Salle de l'Audience.
Certe Salle eft , très-vaffe , & avoit été richement
& galamment ornée ; le dais de l'Infant étoit au
fond , vis-à-vis de la porte , par où entra M. le
Prince de Lichtenftein .
Au moment où ce Seigneur parut dans la Salle,
S. A. R. fe leva du fauteuil , ou il étoit affis , falua
M. le Prince de Lichtenftein & remit fon chapeau.
M.le Prince fe couvrit , & expola l'objet de fa
million..
OCTOBRE. 1760. r&'s
M. le Comte de S. Vital fut envoyé , avec deux
Gentilshommes de la Chambre , & deux Majordomes
prendre Madame Infante Ifabelle dans fon
appartement. Elle entra dans la Salle d'audience
par une porte pratiquée à côté du dais, précédée des
perfonnes qui avoient été envoyées pour la chercher
, & fuivie par Madame de Gonzales , Madame
la Comteffe de Siffa , & cing Dames du Palais.
M. le Prince de Lichtenſtein s'adreſſant à Madame
Infante Ifabelle , lui répéta la demande qu'il
avoit faite à S. A. R. Madame fe tourna du côté de
l'Infant , comme pour lui demander fon approbation
; après quoi elle répondit à M. le Prince de
Lichtenſtein , & reçut de lui une Lettre de la main
de l'Archiduc , & le portrait de ce Prince ; enfuite
elle fe retira dans fon appartement.
L'Infant & M. le Prince de Lichtenstein resterent
découverts , tout le tems que Madame Infante
Ifabelle refta dans la Salle .
M. le Prince de Lichtenftein préfenta à l'Infant
Les huit Chambellans de l'Empereur.
M. le Prince de Lichtenſtein forrit de l'audience
de l'Infant dans le même ordre qu'il yétoit entré ,
& marcha dans ce même ordre à celle du Prince
Ferdinand ; le cérémonial y fut obfervé comme à
celle de l'Infant.
M. le Prince de Lichtenstein paffa de cette audience
à celle de Madame Infante Ifabelle. Tour y
fut obfervé comme aux précédentes, excepté que M.
le Prince ne fe couvrit qu'un moment , ôta fon chapeau
, & refta découvert julques à ce qu'il fortît.
Il paffa à l'Audience de Madame Louife où tout
fut exactement obfervé comme à celle de Madame
Infante Iíabelle.
Il fut conduit enfuite dans l'appartement qui
lui avoit été préparé à la Cour , par M. de Palavicini,
M. l'Introducteur & le Maître des Cérémo186
MERCURE DE FRANCE.
nies.Il y fut fuivi par quantité de Nobleſſe .
M. de Lichtenſtein arrivé dans cet appartement
, y fut vifité par un Gentilhomme de la
Chambre de la part dé l'Infant.
Un moment après , M. le Comte de S. Vital ,
fur auffi lui annoncer que S. A. R. le faifoit
traiter. Il lui préſenta en même- tems le Majordome
, le Comte de S. Vital , le Capitaine des
Gardes , le Gouverneur du Prince Ferdinand ,
des Gentilshommes de la Chambre , le Maître
des Cérémonies , l'Introducteur , quatre Chambellans
de l'Empereur , M. le Marquis Canoffa , &
quelques autres perfonnes de la Nobleſſe du Pays ,
& Allemande.
M. Le Prince fut fervi par les Officiers de l'Infant
, propofés pour fervir S. A. R. à table :
toutes les autres perfonnes furent fervies par la
livrée de S. A. R.
On ne s'étoit mis à table qu'après que l'Infant
eut dîné.
Après le repas , M. de Lichtenſtein paſſa chez
l'Infant lui faire une vifite , & en fortit un moment
après pour retourner dans ſon appartement,
où il reçut des vifites.
Afept heures & demie , on paffa au Théâtre
pour voir l'Opéra. L'Infant & Madame Ifabelle
furent , avec leur Cour , dans la grande loge du
milieu , appellée la loge de la Couronne. M. le
Prince de Lichtenſtein étoit , avec quelques Scigneurs
de fa fuite , dans celle qui eft la plus près
du Théâtre à droite.
Trois Majordomes avoient été chargés par
l'Infant , de faire les honneurs du Théâtre où
tout fe paffa dans le plus grand ordre.
Le parterre & les loges étoient remplis de
toute la Nobleffe du Pays , & Etrangeres , qui
avoient pu y contenir.
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Résumé : DÉTAIL de tout ce qui s'est passé depuis l'arrivée de M. le Prince de LICHTENSTEIN jusqu'au 4.
Le 1er septembre 1760, le Prince de Lichtenstein arriva à Parme et fut informé par M. Dutillot de l'heure de son audience privée avec l'Infant, fixée au lendemain à midi et demi. L'audience débuta au Palais Palavicini, où M. Dutillot accompagna le Prince de Lichtenstein chez l'Infant, puis chez le Prince Ferdinand, et enfin chez l'Infante Isabelle, en présence de Madame Louise. Après l'audience, le Prince de Lichtenstein rendit visite à M. Dutillot et dîna avec divers ministres, dont ceux de France, d'Espagne, de Turin, de Gênes et de Malte. Le troisième jour, pour l'audience publique, un cortège composé de plusieurs carrosses et de nombreux valets se rendit chez le Marquis Palavicini, premier Gentilhomme de la Chambre, qui fut chargé de faire les honneurs au Prince de Lichtenstein. Le cortège se dirigea ensuite vers l'hôtel du Prince de Lichtenstein, où il fut accueilli et conduit à l'intérieur. Le cortège, incluant le Prince de Lichtenstein, le Marquis Palavicini et l'Introducteur, se rendit au Palais de l'Infant. Les rues étaient bordées par des troupes en uniforme, et la garde du Palais était formée. À l'intérieur, le Prince de Lichtenstein traversa plusieurs salles ornées, où étaient présents la noblesse du pays et des étrangers. L'Infant se leva et salua le Prince, qui exposa l'objet de sa mission. Madame Infante Isabelle fut ensuite amenée dans la salle d'audience et reçut une lettre et un portrait de l'Archiduc. Le Prince de Lichtenstein présenta les Chambellans de l'Empereur à l'Infant et passa aux audiences du Prince Ferdinand et de Madame Infante Isabelle, suivant le même cérémonial. Il fut ensuite conduit dans son appartement à la Cour, où il reçut diverses visites de la noblesse. Après le dîner, le Prince de Lichtenstein rendit visite à l'Infant et retourna dans son appartement. En soirée, il se rendit au théâtre pour assister à l'opéra, où l'Infant et Madame Isabelle occupaient la loge royale, tandis que le Prince de Lichtenstein était dans une loge voisine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10312
p. 187
Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Début :
Sçavoir. Chambellans de leurs Majestés Impériales. M. le Prince François De [...]
Mots clefs :
Chevalier, Prince, Comte, Conseiller, Maréchal, Major de cavalerie, Liste
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texteReconnaissance textuelle : Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Note des Perfonnes qui font venues à Parme ,
avec M. le Prince de Lichtenftein .
SCAVO I R.
Chambellans de
leurs Majeftés,
Impériales.
M. le Prince FRANÇOIS DE
LICHTENSTEIN , fon frére.
JEAN DE LICHTENSTEIN.
Le Comte ERNEST DE
KAUNITZ RITTBERG .
Son frere , DOMINIQUE DE
KAUNITZ..
Le Comte de LESTIER .
Le Comte de LAMBERG,
Le Comte BATHYANI.
Le Comte de PUTFFY .
Le Chevalier THOMASOLI . Majors deCava
M. BULDALSI . Slerie.
M. de LOCHENKHAL , Confeiller Aulique de
leurs Majeftés Impériales .
M. le Maréchal Comte BOTTA ADORNO .
M. le Comte de SÁLM .
M. le Comte de PAAR , Grand -Maître des Poftes.
avec M. le Prince de Lichtenftein .
SCAVO I R.
Chambellans de
leurs Majeftés,
Impériales.
M. le Prince FRANÇOIS DE
LICHTENSTEIN , fon frére.
JEAN DE LICHTENSTEIN.
Le Comte ERNEST DE
KAUNITZ RITTBERG .
Son frere , DOMINIQUE DE
KAUNITZ..
Le Comte de LESTIER .
Le Comte de LAMBERG,
Le Comte BATHYANI.
Le Comte de PUTFFY .
Le Chevalier THOMASOLI . Majors deCava
M. BULDALSI . Slerie.
M. de LOCHENKHAL , Confeiller Aulique de
leurs Majeftés Impériales .
M. le Maréchal Comte BOTTA ADORNO .
M. le Comte de SÁLM .
M. le Comte de PAAR , Grand -Maître des Poftes.
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Résumé : Note des Personnes qui sont venues à Parme, avec M. le Prince de Lichtenstein.
Le document énumère les visiteurs accompagnant le Prince François de Liechtenstein à Parme, incluant des nobles et dignitaires impériaux. Parmi eux figurent Jean de Liechtenstein, les comtes Ernest et Dominique de Kaunitz, les comtes de Lestier, de Lamberg, Bathyani, de Putffy, et le chevalier Thomasoli. Sont également mentionnés M. Buldalsi, M. de Lochenkhal, le maréchal comte Botta Adorno, le comte de Sálm et le comte de Paar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10313
p. 187-203
Suite de la Relation de tout ce qui s'est passé depuis.
Début :
L'Opera que l'on représenta, est composé de trois Actes ; il est intitulé [...]
Mots clefs :
Opéra, Amour, Hymen, Dieux, Querelles, Humanité, Destin, Campagne, Mer, Nymphe, Conseils, Magnificence, Enchantements, Merveilles, Fête, Noblesse, Ministres étrangers, Comte, Dîner, Marquis, Cérémonie, Mariage, Escadrons, Église, Décorations, Cortège, Ornements, Argent, Or, Étoffes, Arcades, Nef, Lumières, Sanctuaire, Hallebardiers, Chevaux, Capitaine, Carosse, Anneaux, Salle, Repas, Plats, Palais, Union, Temple, Jardins, Colonnes, Pyramides, Beauté, Clémence, Fécondité, Douceur, Figures, Dignité, Intelligence, Fontaines, Illuminations, Feu d'artifice, Guirlandes, Fleurs, Bal, Archiduchesse, Officiers, Chevaliers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de la Relation de tout ce qui s'est passé depuis.
Suite de la Relation de tout ce qui s'eft
paffé depuis.
L'Opera que l'on repréſenta , eft compofé de
trois Actes ; il eft intitulé les Fétes de L'Hymen
pour les nôces de LL. AA. RR. &c. il eft précédé
d'un Prologue.
Ce Prologue , qui a pour Titre le Triomphe de
PAmour , eft une querelle que les Dieux font à
l'Amour , fur les maux qu'il ne ceffe de faire
aux hommes . L'Amour convient de toutes ces
fauces, & obtient fon pardon en faveur de l'Union ,
qu'il vient de faire de la vertu & de la beauté,
188 MERCURE DE FRANCE.
Les fajets des trois Actes qui compofent l'Opéra
font féparés. C'est une licence que l'on a cru
devoir prendre à caufe du merveilleux & de la
galanterie qu'apportent avec eux des fujers fabuleux
& variés , qui femblent mieux convenir à la
Fête qu'on a célébrée .
L'Acte d'Aris eft le premier. L'Amour par ordre
du Deftin , ceffe d'être aveugle ; il jette fes premiers
regards fur Iris , & en devient amoureux ;
Iris le prend pour le Zéphire ; mais revenue de
fon erreur, elle en devient éprife , diffipe les nuages
qu'Aquilon jaloux lui oppofe fans ceffe , &
sunit à l'Amour pour rendre au monde les jours
les plus beaux & les plus fereins.
Le fecond Acte , eft celui de Sapho . Le Poëte
a feint cette dixiéme Muſe , amoureufe d'Alcée
celèbre Poëte Lyrique natif de Lesbos : il a
feint aufli Doris , fils de Neptune , amant de Sapho
, qui fe voyant préferer fon rival , a recours
a fon pére , & le prie de le vanger par la mort
de l'un & de l'autre. Neptune écoute les voeux
de fon fiis ; & par le fecours d'Eole , & des vents
fouléve tellement les eaux , que les habitans de
la campagne craignent d'ètre fubmergés : 1
paroît lui-même fur une vague qui s'élève beaucoup
au defius des autres ; menace de tour
inonder , fi dans une heure , Sapho n'eft pas fenible
à l'amour de fon fils il rentre dans le fein
de la mer , qui continue dans la plus grande
agitation .
Sapho invoque Apollon , & l'Amour. Une
Lyre defcend du Ciel attachée à des guirlandes
de fleurs ; un arc s'élève dans la Mer à l'endroit
où elle doit avoir fes bornes , & les lui marque
pour l'avenir.
Sapho prend la Lyre : à mesure qu'elle chante
les prodiges opérés par Apollon , & l'Amour ;
OCTOBRE. 1760. 189
la Mer fe calme & fe retire au lieu où elle
étoit avant le débordement ; remplie des infpirations
divines , & de l'enthousiasme poétique ,
elle voit dans l'avenir la fuitte nombreufe des
héros , dont elle doit célébrer l'alliance , annonce
le bonheur dont l'Univers doit jouir ; & par fon
mariage avec Alcée , accomplit le triomphe de
l'harmonie , & de l'amour.
Le troifiéme Acte eft intitulé Eglé. Cette Nymphe
eft amoureufe de Chromis ; Alcée fa compagne
l'eft de Lincée .Elles fe plaifent enſemble
à faire foupirer leurs Amants , en leur cachant
leur tendreffe ; enfin Eglé dit à Chromis qu'elle
l'aimera , lorfqu'elle verra les eaux d'un torrent
enchaînées ; Alcée promet à Lincée de l'aimer
quand Eglé aimera Chromis.
Ces deux jeunes Faunes , déſeſpérés , fe confultent
enſemble , & vont trouver Silene pour qu'il
les aide de fes confeils . Ce vieillard leur demande
où ils ont laillé Eglé & Alcée ; ils répondent
qu'elles font à cueillir des mûres pour lui
teindre le vifage, lorfqu'elles le trouveront endormi
. Silene confole les deux Faunes, leur ordonne
de ſe retirer , leur promet de les fervir , & fe
met fur un lit de gazon où il feint de dormir
en attendant les deux Nymphes. Elles arrivent
avec des guirlandes de fleurs , en enchaînent Si-
Lene qu'elles croyent endormi ; elles le pouffents
il feint de s'éveiller & montre de la colere :
mais bien-tôt après il leur conte la fable d'Acis
& Galatée. Au milieu de cette fable , il s'arrête
comme infpiré , & leur conſeille d'aller trouver
Prothée , de le furprendre endormi , & de l'enchaîner
fans s'épouvanter des différentes formes
qu'il prendra , parce qu'à la fin il parlera , & leur
apprendra des chofes merveilleules.
Elles remercient Silene , & le quittent pour al190
MERCURE DE FRANCE:
ler chercher Prothée ; Chromis & Lincée les accoma
pagnent. Elles le furprennent , l'enchaînent , &
ferrent toujours plus fes liens , à mesure qu'il change
de forme ; il fe change enfin en un Torrent
qui refte immobile : toutes les Nymphes admirent
ce prodige . Silene arrive , rapelle à Eglé le ferment
qu'elle a fait d'être à Chromis lorſqu'elle
verra enchaîner un torrent ; Eglé confent à être
unie à Chromis , & Alcée tient auffi fa parole à
Lincée ; les Faunes & les Nymphes applaudiffent
à cette union,& Silene; au lieu de finir la fable qu'il
fe fouvient d'avoir commencée , ordonne aux Faunes,
& aux Nymphes, de célébrer cet heureux jour,
en repréfentant par leurs danfes , les amours
d'Acis , & Galatée.
L'Italie a vû dans cette occafion renaître fur la
fcène les enchantemens , & la nouveauté de ce
fpectacle digne de l'admiration des étrangers , par
la magnificence , la vérité , & le bon goût qui eft
diftribué dans l'exécution de toutes ces parties. Les
machines employées aux différens prodiges amenés
par le Sujet , ont eu le plus grand fuccès ;
& le Théâtre actuellement difpofé par les machines
à recevoir tout ce que l'imagination peut fournir
de plus merveilleux , retracera chaque fois le
fouvenir de la fête pour laquelle il fert la premiere
fois.
Après l'Opéra l'Infant & Madame Infante Iſabelle,
furent à l'hôtel Palavicini où M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait préparer une Fête, à laquelle
toute la Nobleſſe fut invitée ; plufieurs tables furent
abondamment ſervies , ainſi que quantité de
rafraîchiffemens. On y danſa juſqu'au matin.
1
Le lendemain, M. le Prince de Lichtenſtein donna
un fuperbe dîner à tous les Miniftres étrangers ,
& à la Nobleffe la plus confidérable de l'Etat , &
Etrangere . Le foir il y eut Opéra.
OCTOBRE. 1760. Iol
Le Vendredi cinq , M. le Comte de Rochechouart
donna un grand dîner à M. le Prince de
Lichtenſtein & aux mêmes perfonnes qui avoient
dîné chez lui la veille . Il y eut Opéra le foir.
Le Samedi fix , M. de Lichtenſtein le Prince
dîna chez M. le Marquis de Revilla . Il y eut le foir
affemblée au Palais.
Le Dimanche ſept, jour fixé pour la Cérémonie
du Mariage , les Troupes prirent les Armes dès le
matin ; deux bataillons du Régiment de Parme &
quatorze Compagnies de Grenadiers borderent
les rues par où le Cortége devoit paffer.
Six cens Carabiniers formèrent quatre eſcadrons
fur la place , deux defquelles y retterent , jufques
après que le cortége y eut paffé ; les deux autres
furent repartis pour fermer toutes les rues qui
viennent aboutir à celles par où les Princes pafferent:
chaque troupe étoit formée fur deux rangs ,
à trente pas derriere l'Infanterie qui occupoit le
débouché de la rue.
" L'Eglife Cathédrale , où fe fit la cérémonie ,
étoit magnifiquement décorée. Les Peintures du
Corrége , & des autres excellents Maîtres dont ce
vafte Edifice fe trouve orné dans les voutes , &
dans les frifes , donnant des bornes à la richeffe
de la décoration projettée pour cette Augufte cérémonie
; on fut obligé de fe contenter d'orner
les pilaftres , les arcades , & les baffes nefs de damas
cramoifi à fleurs , enrichis de grandes lames
d'étoffes d'argent , de deux pieds de large; lefquelles
interrompoient fymétriquenient , d'espace
en efpace, le cours du damas d'une maniere agréable
& gracieufe; les impoftes fur lesquelles repofent
les arcades , étoient entourées d'une riche
pente du même damas , pliffée & terminée par
une frange d'or , ainfi que les rideaux qui ornoient
le dedans des arcades , & qui étoient retrouffés
192 MERCURE DE FRANCE.
vers l'impofte , pour donner lieu de découvrir la
décoration des chapelles , & des nefs laterales . Aux
deux côtés de la porte de lagrande nef étoient deur
orcheftres , parées dans le même goût que le refte
de l'Eglife : elles étoient remplies de trente Muficiens
que l'on avoit fait venir pour jouer des
fanfares , depuis le moment où les Princes defcen➡
dirent de carolles , juſqu'a celui où ils furent entrés
dans le fanctuaire ; les deux tribunes qui fe'
trouvent près du Maître Autel , étoient remplies
des Muficiens de la Chambre de S. A. R. qui exé-'
cuterent fupérieurement d'excellentes fymphonies
à deux choeurs.
Le Maître-Autel , beaucoup plus étendu qu'à
l'ordinaire , le trouvoit richement paré d'étoffe
d'or , & couvert d'une quantité de lumieres . Du
côté de l'Evangile , étoit le dais de S. A. R. du
côté de l'Epitre , étoit la Cathetra , deftinée pour
l'Evêque de Plaifance , qui devoit faire la cérémonie.
Au milieu du Sanctuaire , qui étoit couvert de
tapis de la Savonerie , étoit un prie- Dieu , cou-'
vert d'un grand tapis de velours cramoihi galonné
d'or , ainfi que trois couffins , qui étoient pofés
au bas.
Les latereaux du Sanctuaire , furent remplis
par un nombre infini de Nobleffe. Aux deux côtés ,
en face du Maître - Autel , étoient deux grands parquets
décorés dans la même ordonnance de l'Eglife
, l'un defquels étoit deftiné pour tous les
Miniftres Etrangers , l'autre pour les Dames de
la premiere diftinction .
Le Sanctuaire étoit gardé par les Gardes du
Corps de S. A. R. le veftibule du Sanctuaire ainfi
que les degrés qui defcendent à la grande nef
& toute cette nef jufqu'à la porte de l'Eglife
étoir bordée par la garde des Hallebardiers
Royaux. M.
OCTOBRE. 1760.
M.Je Prince de Lichtenſtein partit à 11 heures de
195
l'Hôtel Palavicini où il étoit logé pour le rendre à
la Cathédrale,fon cortége marchoit dans le même
ordre que le jour de fon Audience publique ; il fut
reçu à la porte de L'Eglife par le Chapitre qui le
complimenta. Sa Livrée entra dans la nef du milieu
& fe rangea des deux côtés devant les Hailebardiers
Royaux.
Pendant ce tems- là le cortége de la Cour s'étoit
mis en mrcche dans l'ordre fuivant.
Quarante Hallebardiers Royaux ouvroient la
marche ; la mufique de cette Compagnie étoit à
la tête.
Le Commandant de l'Ecurie & deux Officiers
de l'Ecurie à cheval , quatre Palfreniers les fuivoient
à pied .
I caroffe à fix chevaux pour le Maître des
Cérémonies & trois
Majordomes.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à fix chevaux, quatre Dames du Palais.
I caroffe à fix chevaux , quatre Dames du Palais.
I caroffe àfix chevaux , quatre
Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à 8 chevaux. Le Gentilhomme de la
Chambre de fervice à l'Infant.
Le premier Ecuyer , le Majordome de ſervice.
I caroffe à huit chevaux . Le ſervice de Madame
Infante Ifabelle.
Les trompettes & timballes des Gardes du
Corps , avec feize Gardes.
1 caroffe à huit chevaux , l'Infant.
Le Capitaine des Gardes , le Grand Ecuyer.
I caroffe à 8 chevaux ,¡Madame InfanteÏfabelle,
Madame de Gonzales , Madame de Siſſa .
La Compagnie des Gardes du Corps ayant à
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
leur tête le Lieutenant , l'Enſeigne , & huic
Exempts.
2 caroffes de refpect vuidės , attelés à 8 chevaux.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
Tous les Pages marchoient à pied aux deux côtés
des caroffes des Princes .
On arriva dans cet ordre à la porte de l'Eglife :
on marchoit lentement pour donner aux perfonnes
qui étoient dans les caroffes qui précédoient
ceux des Princes , le temps de defcendre .
M.le Prince de Lichtenſtein attendoit à la porte
de l'Eglife.
Pendant que l'Infant defcendoit de fon carolle,
Le Maître desCérémonies fut prendre M.le Prince
Liechtenſtein & le conduifit à la portiere du caroffe
de Madame Infantelfabelle . L'Infant s'en aprocha
auffi & reçut la main droite de Madame fa fille en
defcendant du caroffe;M. le Prince reçur la main
gauche.
Ils marcherent ainfi jufqu'au prie- Dieu qui fe
trouvoit dans le Sanctuaire en face du Maître-
Autel , où ils fe mirent à genoux fur les couffins
qui étoient au bas de ce prie- Dieu. L'Infant occupa
celui de la droite ; Madame Ifabelle celui
du milieu ; M. de Lichtenſtein celui de la gauche.
Ils fe leverent un moment après , & s'approcherent
des degrés de l'Autel ; l'Evêque déranda
à M. le Prince s'il avoit le pouvoir d'épouler Mae
InfanteIfabelle, au nom de l'Archiduc Jofeph ; fes
Pouvoirs furent lus à haute voix par un Secretaire
impérial , après quoi le Chancelier de l'Evêché
lutauffi à haute voix la Difpenfe du Pape .
Le refte de la Cérémonie fut exécutée ſuivant le
Rituel ordinaire de l'Eglife , excepté que l'anneau
fut préfenté à Madame l'Archiduchelle par M. le
Prince de Lichtenftein , fur une foucoupe , & qu'elle
le mit elle-même à fon doigt.
OCTOBRE. 1760.
195
Après cette cérémonie , Madame l'Archiducheffe
retourna au Pri - Dieu , ayant toujours M.
de Lichtenſtein à la gauche. Après une courte
priere , les Princes fe remirent en marche pour
fortir de l'Eglife dans le même ordre qu'ils y
étoient entrés ; l'Infant & M. de Lichtenttein
donnerent la main à Madaine
l'Archiducheffe
pour monter dans fon carolle , l'Infant monta
dans le fien , & M. le Prince fut joindre les
équipages qui l'attendoient à une des portes latérales
de l'Eglife.
l'on
On le mit en marche pour retourner au Palais
par un chemin plus long que celui
avoit fait en venant du Palais à la Cathédrale
que
afin que tout le Peuple , & une quantité prodigieufe
d'Etrangers qui s'étoient rendus à Parme
pullent voir la magnificence , de cette marche.
Le Cortége de M. le Prince de Lichtenſtein
précédoit celui de la Cour , de 60 ou 80 pas . Les
Troupes qui bordoient les rues lui préfenterent
les armes , les tambours rappelloient , & les
Officiers le faluerent du chapeau .
Pendant l'efpace qui étoit entre le caroffe de
M. de Lichtenftein & celui de l'Infant , l'Infanterie
mit la bayonnette au bout du fufl. Lorsqu'ils
pafferent , on préſenta les armes , les tambours
battirent au champ , & les Officiers faluerent de
l'eſponton .
M. de Lichtenſtein defcendit à la porte du Palais
pour y attendre Madame l'Archiducheſſe ;
l'Infant aufuôt arrivé defcendit de fon caroffe ,
& s'avança à la portiere de celui de Madame
l'Archiducheffe fa fille pour lui donner la main.
Elle fut conduite à ſon
appartement par l'Infant
& M. de Lichtenftein toujours dans l'ordre
obfervé
précédemment , c'eft à dire l'Infant à
fa droite , & M. de Lichtenſtein à la gauche ;
I j
196 MERCURE DE FRANCE.
yne quantité prodigieufe de Nobleffe rem pliffoit
le Palais .
S. A. R. l'Infant fe retira dans fon appartement
, après avoir reſté un moment dans celui
de la fille ; qui , après que l'Infant fut retiré
donna fa main à baifer à tous les Sujets de la
Maifon d'Autriche qui fe trouverent préfens.
L'heure du repas étant arrivée , le Maître des
Cérémonies fut avertir l'Infant , & marcha devant
lui jufques à l'appartement de Madame
l'Archiducheffe , où S. A. R. s'étoit propofée de
l'aller prendre pour la conduire à la table de
nôces.
2
Cette table étoit préparée dans la falle d'audience
, de façon que les trois fiéges fe trouvoient
fous le dais ; il n'y avoit pas de fauteuil ,
mais trois chaifes à dos parfaitement égales.
Madame l'Archiducheſſe entra dans la falle &
fut conduite à table par Monfeigneur l'Infant à
qui elle donnoit la main droite , & M. le Prince
de Lichtenſtein à qui elle donnoit la main gauche
; elle fe plaça au milieu , l'Infant à fa droite ,
& M. de Lichtenftein à fa gauche ; le Maître des
Cérémonies avoit toujours précédé les Princes jufques
à la table.
M. le Comte de S. Vital , Gouverneur de la
Maifon de S. A. R. avec tous les Majordomes ,
excepté celui qui étoit de fervice , furent prendre
lés plats au buffet , & les apporterent ſur la table
dans l'ordre ci-après.
L'Huifier des viandes entre deux Gardes du
Corps , la carabine fur l'épaule : les Gardes s'arrêterent
à la porte de la falle .
Le Maître des Cérémonies marchoit feul quatre
pas après l'Huiffier des viandes.
Douze Pages , portant chacun un plat.
Six Majordomes , portant chacun un plat.
OCTOBRE. 1760. 197
M. le Comte de S. Vital , marchant feul immédiatement
après ,
Le Contrôleur de la Bouche.
Quatre Gardes du Corps la carabine fur l'épaule
, qui fe font arrêtés au même endroit que
les deux premiers.
Le Majordome de fervice prit les plats des
mains des autres Majordomes , & des Pages , &
les arrangea fur la table. Pendant ce temps ,
M. de S. Vital fut fe mettre derriere les Princes
pour fervir Madame l'Archiducheffe , il lui ap
procha fa chaife , celle de l'Infant fut approchée
par un Majordone , & celle de M. le Prince de
Lichtentein par un Gentilhomme de la Maiſon
de S. A R. Madame l'Archiducheffe fut fervie
par M. de S. Vital , l'infant le fut à l'ordinaire
par le entilhomme de la Chambre de fervice ,
& M. le Prince de Lichtenſtein par un Gentilhomme
de la Maiſon.
Ce repas fut fervi avec toute la magnificence
& tout le goût imaginable.
Au fortir de table , Madame l'Archiducheffe
fut reconduite dans fon appartement dans le mê -
me ordre qui avoit été observé en venant à table.
Il n'y eut plus rien jufqu'au foir.
L
Toute la Nobleffe étoit invitée de fe rendre à
huit heures du foir au Palais du Jardin , pour de
là , voir tirer un feu d'artifice , & voir en même
temps une fuperbe illumination difpofée dans le
Jardin . L'ordonnance en étoit riche & galante.
Le Palais du jardin fut dès fept heures rempli
d'un grand nombre de Nobleffe. M. le Prince de
Lichtenftein s'y rendit à fept heures & demie. Le
Prince Ferdinand & Madame Louife , s'y rendirent
peu après , & l'Infant & Madame l'Archiduchefle
y arriverent à huit heures précifes.
Le feu d'artifice fut appliqué à un monument
· Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
Hlevé au milieu d'une très- grande place dans le
jardin de Parme , & faifoit face au Palais où les
Princes fe tranfportérent pour en voir l'effet .
Il repréfentoit l'union de l'Amour & de l'hymen
dans le Temple de Minerve. Ce Temple
étoit élevé fur un grand fondement amtique , dont
la forme étoit ovale , de quatre - vingt - dix - huit
pieds de longueur , fur foixante- quatre pieds de
large ; un grand focle de porphyre , comprenant.
dans fa hauteur les gradins qui formoient les deux
entrées principales du Temple , s'élevoit au-delfus
de ce fondement , & contournoit la baſe de ce
monument , qui étoit orné de vingt- quatre colonnes
d'ordre Dorique entourées de guirlandes
de fleurs. Il avoit quatre faces égales , & fes angles
étoient flanqués de quatre pyramides ifolées
dédiées aux Arts & portant leurs attributs en trophées.
Ces Pyramides étoient environnées de quatre
colonnes du même ordre , formant des avantcorne
à jour , rachetés fur les angles du quarré
du Temple , en forme de tours ou de baftions.
L'entablement étoit décoré de guirlandes de
fleurs dans la frife , & les quatre avant- corps. de
colonnes qui couvroient les Pyramides , foutenoient
fur chaque face des médaillons , en tout au
nombre de ſeize , moitié appuyés ſur la frife &
l'architrave de cet ordre , & moitié tombant dans
le vuide de l'entre- colonne. Ils repréſentoient
des tableaux où étoient peintes les qualités vertueufes
de l'Archiduc & de Madame Iſabelle
comme la nobleffe , la magnanimité , la Majesté
Royale , la libéralité , la jeunelle , la beauté , la
bonté , la clémence , la fécondité , la douceur ,
l'amour de la gloire , l'amour de la Patrie , l'amour
des Sciences , l'amour des Arts , l'enjoûment
& l'affabilité .
Au- deffus des quatre tours des Colonnes , s'élevoir
OCTOBRE. 1760. 199
au milieu des trophées Militaires, un piédeftal portant
des renommées,fur les quatre portes ou Arcades
de ce Temple étoient les Écuffons de l'Archiduc
& de Madame Ifabelle , au milieu de deux
vales ,de Parfums , & appuyé fur le focle qui couronnait
la Corniche .
Au -dellus de ce Socle, dont le plan étoit quarré
comme le Temple , s'élevoit une attique ronde
en forme de Piédeftal couronnée d'un dôme ouvert
par le haur & décoré de guirlandes de fleurs .
Ce Piédeſtal fervita porterautour dela Naillance
du dôme 12 Figures réprefentant les Jeux , les
Ris, & les Plairs , danfant & formant une chaîne
de guirlandes autour de ce monument.
Les quatre portes du Temple étoient décorées &
comme gardées par huit Figures repréſentantes la
vigilance , la dignité , l'Intelligence , la pureté ,
le filence , la douceur , & le courage , qui compo.
fept enfemble toutes les vertus qui caractérisent.
la fagelle.
Au milieu de ce temple dont la forme intérieure.
étoit octogone rachetant une voûte ronde & farbaillée
, étoit la Figure de Minerve fur différens
plans de quées , réuniffant entre fes bras les Figures
de l'Amour & de l'Hymen.
Sur les deux aîles du focle qui joignoit toute la
longueur du fondement ovale , & qui comprenoit
toute la hauteur des perrons , étoient de chaque
côté les autels de l'Amour & de l'Hymen .
Quatre fontaines de feu élevées fur des rochers
qui fortoient de terre contribuoient à la richeſſe de
la bafe de ce monument , en même tems qu'elles
augmentoient l'effet des différens tableaux de feu
qui fortoient de cet édifice deftiné à faire éclater
la joie publique que procure cet événement.
L'Illumination générale de cette machine d'Artifice
fur accompagnée de deux Phénomènes qui
I iv
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif :
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir ſur le ſommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illumination
générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baſſes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plane
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée .
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
de
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges .
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui par
devant , & on defcendoit de-là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchefe
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenſtein
prit fon Audience de congé ; tout fut obſervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
I v
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils mon
troient chacun le Globe du Monde tranſparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage.
Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & balles ; les miroirs de feu , les
pots à- feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen➡
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête auguſte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame :
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Tur
quie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
par une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danſerent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande 9
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
1 ་
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent , '
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommet du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baffes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe ſe ren fit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal maſqué .
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui ſéparent les Loges , &
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryſtal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlandes
de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheſſe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenftein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fut à celle de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Madame l'Archiducheffe , avant d'être conduit à
celle du Prince Ferdinand.
Après l'Audience de Madame Louife , M. le
Prince , au lieu de retourner dans fon appartement
a la Cour , defcendit par le grand efcalier ,
& fut monter dans fon Caroffe qui l'attendoit a la
porte du Palais , pour le ramener à l'Hôtel Palavicini
.
Le Maître des Cérémonies l'accompagna juf
qu'au bas de l'efcalier , M. de Palavicini & M.
Introducteur jufques à la portiere de la voiture ,
qui ne fur fermée que quand ces Meffieurs fe futent
retirés.
Le foir , il y eut Opéra.
Le 9. l'Infant fut dîner chez M. de Lichtenſtein.
Lé foir , il y eut Opéra.
Le to M. le Prince de Lichtenſtein dina chez M.
Dutillot , & partit après dîner pour Cafalmajor.
Le foir , il y eut Aflemblée au Paļais .
Le 11. au matin tous les Corps de l'Etat , le
Militaire , la Nobleffe , & la Maifon de S. A R.
eurent l'honneur de baifer la main à Madame
l'Archiducheffe .
Il y eut Opéra , le ſoir.
Le .les Princes n'ont reçu perfonne .
Le 13. S. A. R. Madame l'Archiducheffe partit
à dix heures du matin pour le rendre à Cafalmajor:
elle y a été accompagnée par Madame de
Gonzales , Madame de Silla , quatre Dames du
Pálais , des Majordomes , & huit Gentilshommes
de la Chambre ; elle étoit faivîe d'un nombre de
Pages , d'Ecuyers , de fon premier fervice , & defon
fervice du fecond Ordre , du Commandant de
l'Ecurie de deux Officiers des Ecuries , du Sellier >
du Maréchal , du Charron & de 24 Palfreniers à
Cheval;elle étoit éfcortée par des Gardes du Corps.
Les rues par lesquelles elle a pallé, étoient bordées
OCTOBRE , 1760. 203
de troupes , on avoit difpofé des Détachemens de
Cavalerie & d'Infanterie fur différens endroits de
la roure.
Des Bataillons Provinciaux , fix Compagnies de
Grenadiers, un Bataillon du Régiment de Parme ,
& les deux Compagnies de Grenadiers de inême
Régiment, étoient difpofées fur les bords du Pô ,
en deçà de la tête du Pont. Elle y a trouvé des
Elcadrons de Gardes du Corps & de Cavalerie. Elle
eft arrivée à Cafalmajor à midi & deux minutes.
M. le Comte de S. Vital eft chargé de la Cérémonie
de la remife , un Secrétaire du Cabinet de
l'Acte de certe ' remiſe .
S. A. R. s'arrête demain à Cafalmajor pour y
donner la main à bailer aux Deputés de la Lombardie
Autrichienne , aux Chambres Souveraines ,
& à la Nobleffe. Le lundi elle ira à Mantoue, où elle
s'arrêtera encore un jour, pour un objet ſemblable.
paffé depuis.
L'Opera que l'on repréſenta , eft compofé de
trois Actes ; il eft intitulé les Fétes de L'Hymen
pour les nôces de LL. AA. RR. &c. il eft précédé
d'un Prologue.
Ce Prologue , qui a pour Titre le Triomphe de
PAmour , eft une querelle que les Dieux font à
l'Amour , fur les maux qu'il ne ceffe de faire
aux hommes . L'Amour convient de toutes ces
fauces, & obtient fon pardon en faveur de l'Union ,
qu'il vient de faire de la vertu & de la beauté,
188 MERCURE DE FRANCE.
Les fajets des trois Actes qui compofent l'Opéra
font féparés. C'est une licence que l'on a cru
devoir prendre à caufe du merveilleux & de la
galanterie qu'apportent avec eux des fujers fabuleux
& variés , qui femblent mieux convenir à la
Fête qu'on a célébrée .
L'Acte d'Aris eft le premier. L'Amour par ordre
du Deftin , ceffe d'être aveugle ; il jette fes premiers
regards fur Iris , & en devient amoureux ;
Iris le prend pour le Zéphire ; mais revenue de
fon erreur, elle en devient éprife , diffipe les nuages
qu'Aquilon jaloux lui oppofe fans ceffe , &
sunit à l'Amour pour rendre au monde les jours
les plus beaux & les plus fereins.
Le fecond Acte , eft celui de Sapho . Le Poëte
a feint cette dixiéme Muſe , amoureufe d'Alcée
celèbre Poëte Lyrique natif de Lesbos : il a
feint aufli Doris , fils de Neptune , amant de Sapho
, qui fe voyant préferer fon rival , a recours
a fon pére , & le prie de le vanger par la mort
de l'un & de l'autre. Neptune écoute les voeux
de fon fiis ; & par le fecours d'Eole , & des vents
fouléve tellement les eaux , que les habitans de
la campagne craignent d'ètre fubmergés : 1
paroît lui-même fur une vague qui s'élève beaucoup
au defius des autres ; menace de tour
inonder , fi dans une heure , Sapho n'eft pas fenible
à l'amour de fon fils il rentre dans le fein
de la mer , qui continue dans la plus grande
agitation .
Sapho invoque Apollon , & l'Amour. Une
Lyre defcend du Ciel attachée à des guirlandes
de fleurs ; un arc s'élève dans la Mer à l'endroit
où elle doit avoir fes bornes , & les lui marque
pour l'avenir.
Sapho prend la Lyre : à mesure qu'elle chante
les prodiges opérés par Apollon , & l'Amour ;
OCTOBRE. 1760. 189
la Mer fe calme & fe retire au lieu où elle
étoit avant le débordement ; remplie des infpirations
divines , & de l'enthousiasme poétique ,
elle voit dans l'avenir la fuitte nombreufe des
héros , dont elle doit célébrer l'alliance , annonce
le bonheur dont l'Univers doit jouir ; & par fon
mariage avec Alcée , accomplit le triomphe de
l'harmonie , & de l'amour.
Le troifiéme Acte eft intitulé Eglé. Cette Nymphe
eft amoureufe de Chromis ; Alcée fa compagne
l'eft de Lincée .Elles fe plaifent enſemble
à faire foupirer leurs Amants , en leur cachant
leur tendreffe ; enfin Eglé dit à Chromis qu'elle
l'aimera , lorfqu'elle verra les eaux d'un torrent
enchaînées ; Alcée promet à Lincée de l'aimer
quand Eglé aimera Chromis.
Ces deux jeunes Faunes , déſeſpérés , fe confultent
enſemble , & vont trouver Silene pour qu'il
les aide de fes confeils . Ce vieillard leur demande
où ils ont laillé Eglé & Alcée ; ils répondent
qu'elles font à cueillir des mûres pour lui
teindre le vifage, lorfqu'elles le trouveront endormi
. Silene confole les deux Faunes, leur ordonne
de ſe retirer , leur promet de les fervir , & fe
met fur un lit de gazon où il feint de dormir
en attendant les deux Nymphes. Elles arrivent
avec des guirlandes de fleurs , en enchaînent Si-
Lene qu'elles croyent endormi ; elles le pouffents
il feint de s'éveiller & montre de la colere :
mais bien-tôt après il leur conte la fable d'Acis
& Galatée. Au milieu de cette fable , il s'arrête
comme infpiré , & leur conſeille d'aller trouver
Prothée , de le furprendre endormi , & de l'enchaîner
fans s'épouvanter des différentes formes
qu'il prendra , parce qu'à la fin il parlera , & leur
apprendra des chofes merveilleules.
Elles remercient Silene , & le quittent pour al190
MERCURE DE FRANCE:
ler chercher Prothée ; Chromis & Lincée les accoma
pagnent. Elles le furprennent , l'enchaînent , &
ferrent toujours plus fes liens , à mesure qu'il change
de forme ; il fe change enfin en un Torrent
qui refte immobile : toutes les Nymphes admirent
ce prodige . Silene arrive , rapelle à Eglé le ferment
qu'elle a fait d'être à Chromis lorſqu'elle
verra enchaîner un torrent ; Eglé confent à être
unie à Chromis , & Alcée tient auffi fa parole à
Lincée ; les Faunes & les Nymphes applaudiffent
à cette union,& Silene; au lieu de finir la fable qu'il
fe fouvient d'avoir commencée , ordonne aux Faunes,
& aux Nymphes, de célébrer cet heureux jour,
en repréfentant par leurs danfes , les amours
d'Acis , & Galatée.
L'Italie a vû dans cette occafion renaître fur la
fcène les enchantemens , & la nouveauté de ce
fpectacle digne de l'admiration des étrangers , par
la magnificence , la vérité , & le bon goût qui eft
diftribué dans l'exécution de toutes ces parties. Les
machines employées aux différens prodiges amenés
par le Sujet , ont eu le plus grand fuccès ;
& le Théâtre actuellement difpofé par les machines
à recevoir tout ce que l'imagination peut fournir
de plus merveilleux , retracera chaque fois le
fouvenir de la fête pour laquelle il fert la premiere
fois.
Après l'Opéra l'Infant & Madame Infante Iſabelle,
furent à l'hôtel Palavicini où M. le Prince de
Lichtenſtein avoit fait préparer une Fête, à laquelle
toute la Nobleſſe fut invitée ; plufieurs tables furent
abondamment ſervies , ainſi que quantité de
rafraîchiffemens. On y danſa juſqu'au matin.
1
Le lendemain, M. le Prince de Lichtenſtein donna
un fuperbe dîner à tous les Miniftres étrangers ,
& à la Nobleffe la plus confidérable de l'Etat , &
Etrangere . Le foir il y eut Opéra.
OCTOBRE. 1760. Iol
Le Vendredi cinq , M. le Comte de Rochechouart
donna un grand dîner à M. le Prince de
Lichtenſtein & aux mêmes perfonnes qui avoient
dîné chez lui la veille . Il y eut Opéra le foir.
Le Samedi fix , M. de Lichtenſtein le Prince
dîna chez M. le Marquis de Revilla . Il y eut le foir
affemblée au Palais.
Le Dimanche ſept, jour fixé pour la Cérémonie
du Mariage , les Troupes prirent les Armes dès le
matin ; deux bataillons du Régiment de Parme &
quatorze Compagnies de Grenadiers borderent
les rues par où le Cortége devoit paffer.
Six cens Carabiniers formèrent quatre eſcadrons
fur la place , deux defquelles y retterent , jufques
après que le cortége y eut paffé ; les deux autres
furent repartis pour fermer toutes les rues qui
viennent aboutir à celles par où les Princes pafferent:
chaque troupe étoit formée fur deux rangs ,
à trente pas derriere l'Infanterie qui occupoit le
débouché de la rue.
" L'Eglife Cathédrale , où fe fit la cérémonie ,
étoit magnifiquement décorée. Les Peintures du
Corrége , & des autres excellents Maîtres dont ce
vafte Edifice fe trouve orné dans les voutes , &
dans les frifes , donnant des bornes à la richeffe
de la décoration projettée pour cette Augufte cérémonie
; on fut obligé de fe contenter d'orner
les pilaftres , les arcades , & les baffes nefs de damas
cramoifi à fleurs , enrichis de grandes lames
d'étoffes d'argent , de deux pieds de large; lefquelles
interrompoient fymétriquenient , d'espace
en efpace, le cours du damas d'une maniere agréable
& gracieufe; les impoftes fur lesquelles repofent
les arcades , étoient entourées d'une riche
pente du même damas , pliffée & terminée par
une frange d'or , ainfi que les rideaux qui ornoient
le dedans des arcades , & qui étoient retrouffés
192 MERCURE DE FRANCE.
vers l'impofte , pour donner lieu de découvrir la
décoration des chapelles , & des nefs laterales . Aux
deux côtés de la porte de lagrande nef étoient deur
orcheftres , parées dans le même goût que le refte
de l'Eglife : elles étoient remplies de trente Muficiens
que l'on avoit fait venir pour jouer des
fanfares , depuis le moment où les Princes defcen➡
dirent de carolles , juſqu'a celui où ils furent entrés
dans le fanctuaire ; les deux tribunes qui fe'
trouvent près du Maître Autel , étoient remplies
des Muficiens de la Chambre de S. A. R. qui exé-'
cuterent fupérieurement d'excellentes fymphonies
à deux choeurs.
Le Maître-Autel , beaucoup plus étendu qu'à
l'ordinaire , le trouvoit richement paré d'étoffe
d'or , & couvert d'une quantité de lumieres . Du
côté de l'Evangile , étoit le dais de S. A. R. du
côté de l'Epitre , étoit la Cathetra , deftinée pour
l'Evêque de Plaifance , qui devoit faire la cérémonie.
Au milieu du Sanctuaire , qui étoit couvert de
tapis de la Savonerie , étoit un prie- Dieu , cou-'
vert d'un grand tapis de velours cramoihi galonné
d'or , ainfi que trois couffins , qui étoient pofés
au bas.
Les latereaux du Sanctuaire , furent remplis
par un nombre infini de Nobleffe. Aux deux côtés ,
en face du Maître - Autel , étoient deux grands parquets
décorés dans la même ordonnance de l'Eglife
, l'un defquels étoit deftiné pour tous les
Miniftres Etrangers , l'autre pour les Dames de
la premiere diftinction .
Le Sanctuaire étoit gardé par les Gardes du
Corps de S. A. R. le veftibule du Sanctuaire ainfi
que les degrés qui defcendent à la grande nef
& toute cette nef jufqu'à la porte de l'Eglife
étoir bordée par la garde des Hallebardiers
Royaux. M.
OCTOBRE. 1760.
M.Je Prince de Lichtenſtein partit à 11 heures de
195
l'Hôtel Palavicini où il étoit logé pour le rendre à
la Cathédrale,fon cortége marchoit dans le même
ordre que le jour de fon Audience publique ; il fut
reçu à la porte de L'Eglife par le Chapitre qui le
complimenta. Sa Livrée entra dans la nef du milieu
& fe rangea des deux côtés devant les Hailebardiers
Royaux.
Pendant ce tems- là le cortége de la Cour s'étoit
mis en mrcche dans l'ordre fuivant.
Quarante Hallebardiers Royaux ouvroient la
marche ; la mufique de cette Compagnie étoit à
la tête.
Le Commandant de l'Ecurie & deux Officiers
de l'Ecurie à cheval , quatre Palfreniers les fuivoient
à pied .
I caroffe à fix chevaux pour le Maître des
Cérémonies & trois
Majordomes.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à fix chevaux, quatre Dames du Palais.
I caroffe à fix chevaux , quatre Dames du Palais.
I caroffe àfix chevaux , quatre
Gentilshommes
de la Chambre.
I caroffe à 8 chevaux. Le Gentilhomme de la
Chambre de fervice à l'Infant.
Le premier Ecuyer , le Majordome de ſervice.
I caroffe à huit chevaux . Le ſervice de Madame
Infante Ifabelle.
Les trompettes & timballes des Gardes du
Corps , avec feize Gardes.
1 caroffe à huit chevaux , l'Infant.
Le Capitaine des Gardes , le Grand Ecuyer.
I caroffe à 8 chevaux ,¡Madame InfanteÏfabelle,
Madame de Gonzales , Madame de Siſſa .
La Compagnie des Gardes du Corps ayant à
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
leur tête le Lieutenant , l'Enſeigne , & huic
Exempts.
2 caroffes de refpect vuidės , attelés à 8 chevaux.
I caroffe à fix chevaux , quatre Gentilshommes
de la Chambre.
Tous les Pages marchoient à pied aux deux côtés
des caroffes des Princes .
On arriva dans cet ordre à la porte de l'Eglife :
on marchoit lentement pour donner aux perfonnes
qui étoient dans les caroffes qui précédoient
ceux des Princes , le temps de defcendre .
M.le Prince de Lichtenſtein attendoit à la porte
de l'Eglife.
Pendant que l'Infant defcendoit de fon carolle,
Le Maître desCérémonies fut prendre M.le Prince
Liechtenſtein & le conduifit à la portiere du caroffe
de Madame Infantelfabelle . L'Infant s'en aprocha
auffi & reçut la main droite de Madame fa fille en
defcendant du caroffe;M. le Prince reçur la main
gauche.
Ils marcherent ainfi jufqu'au prie- Dieu qui fe
trouvoit dans le Sanctuaire en face du Maître-
Autel , où ils fe mirent à genoux fur les couffins
qui étoient au bas de ce prie- Dieu. L'Infant occupa
celui de la droite ; Madame Ifabelle celui
du milieu ; M. de Lichtenſtein celui de la gauche.
Ils fe leverent un moment après , & s'approcherent
des degrés de l'Autel ; l'Evêque déranda
à M. le Prince s'il avoit le pouvoir d'épouler Mae
InfanteIfabelle, au nom de l'Archiduc Jofeph ; fes
Pouvoirs furent lus à haute voix par un Secretaire
impérial , après quoi le Chancelier de l'Evêché
lutauffi à haute voix la Difpenfe du Pape .
Le refte de la Cérémonie fut exécutée ſuivant le
Rituel ordinaire de l'Eglife , excepté que l'anneau
fut préfenté à Madame l'Archiduchelle par M. le
Prince de Lichtenftein , fur une foucoupe , & qu'elle
le mit elle-même à fon doigt.
OCTOBRE. 1760.
195
Après cette cérémonie , Madame l'Archiducheffe
retourna au Pri - Dieu , ayant toujours M.
de Lichtenſtein à la gauche. Après une courte
priere , les Princes fe remirent en marche pour
fortir de l'Eglife dans le même ordre qu'ils y
étoient entrés ; l'Infant & M. de Lichtenttein
donnerent la main à Madaine
l'Archiducheffe
pour monter dans fon carolle , l'Infant monta
dans le fien , & M. le Prince fut joindre les
équipages qui l'attendoient à une des portes latérales
de l'Eglife.
l'on
On le mit en marche pour retourner au Palais
par un chemin plus long que celui
avoit fait en venant du Palais à la Cathédrale
que
afin que tout le Peuple , & une quantité prodigieufe
d'Etrangers qui s'étoient rendus à Parme
pullent voir la magnificence , de cette marche.
Le Cortége de M. le Prince de Lichtenſtein
précédoit celui de la Cour , de 60 ou 80 pas . Les
Troupes qui bordoient les rues lui préfenterent
les armes , les tambours rappelloient , & les
Officiers le faluerent du chapeau .
Pendant l'efpace qui étoit entre le caroffe de
M. de Lichtenftein & celui de l'Infant , l'Infanterie
mit la bayonnette au bout du fufl. Lorsqu'ils
pafferent , on préſenta les armes , les tambours
battirent au champ , & les Officiers faluerent de
l'eſponton .
M. de Lichtenſtein defcendit à la porte du Palais
pour y attendre Madame l'Archiducheſſe ;
l'Infant aufuôt arrivé defcendit de fon caroffe ,
& s'avança à la portiere de celui de Madame
l'Archiducheffe fa fille pour lui donner la main.
Elle fut conduite à ſon
appartement par l'Infant
& M. de Lichtenftein toujours dans l'ordre
obfervé
précédemment , c'eft à dire l'Infant à
fa droite , & M. de Lichtenſtein à la gauche ;
I j
196 MERCURE DE FRANCE.
yne quantité prodigieufe de Nobleffe rem pliffoit
le Palais .
S. A. R. l'Infant fe retira dans fon appartement
, après avoir reſté un moment dans celui
de la fille ; qui , après que l'Infant fut retiré
donna fa main à baifer à tous les Sujets de la
Maifon d'Autriche qui fe trouverent préfens.
L'heure du repas étant arrivée , le Maître des
Cérémonies fut avertir l'Infant , & marcha devant
lui jufques à l'appartement de Madame
l'Archiducheffe , où S. A. R. s'étoit propofée de
l'aller prendre pour la conduire à la table de
nôces.
2
Cette table étoit préparée dans la falle d'audience
, de façon que les trois fiéges fe trouvoient
fous le dais ; il n'y avoit pas de fauteuil ,
mais trois chaifes à dos parfaitement égales.
Madame l'Archiducheſſe entra dans la falle &
fut conduite à table par Monfeigneur l'Infant à
qui elle donnoit la main droite , & M. le Prince
de Lichtenſtein à qui elle donnoit la main gauche
; elle fe plaça au milieu , l'Infant à fa droite ,
& M. de Lichtenftein à fa gauche ; le Maître des
Cérémonies avoit toujours précédé les Princes jufques
à la table.
M. le Comte de S. Vital , Gouverneur de la
Maifon de S. A. R. avec tous les Majordomes ,
excepté celui qui étoit de fervice , furent prendre
lés plats au buffet , & les apporterent ſur la table
dans l'ordre ci-après.
L'Huifier des viandes entre deux Gardes du
Corps , la carabine fur l'épaule : les Gardes s'arrêterent
à la porte de la falle .
Le Maître des Cérémonies marchoit feul quatre
pas après l'Huiffier des viandes.
Douze Pages , portant chacun un plat.
Six Majordomes , portant chacun un plat.
OCTOBRE. 1760. 197
M. le Comte de S. Vital , marchant feul immédiatement
après ,
Le Contrôleur de la Bouche.
Quatre Gardes du Corps la carabine fur l'épaule
, qui fe font arrêtés au même endroit que
les deux premiers.
Le Majordome de fervice prit les plats des
mains des autres Majordomes , & des Pages , &
les arrangea fur la table. Pendant ce temps ,
M. de S. Vital fut fe mettre derriere les Princes
pour fervir Madame l'Archiducheffe , il lui ap
procha fa chaife , celle de l'Infant fut approchée
par un Majordone , & celle de M. le Prince de
Lichtentein par un Gentilhomme de la Maiſon
de S. A R. Madame l'Archiducheffe fut fervie
par M. de S. Vital , l'infant le fut à l'ordinaire
par le entilhomme de la Chambre de fervice ,
& M. le Prince de Lichtenſtein par un Gentilhomme
de la Maiſon.
Ce repas fut fervi avec toute la magnificence
& tout le goût imaginable.
Au fortir de table , Madame l'Archiducheffe
fut reconduite dans fon appartement dans le mê -
me ordre qui avoit été observé en venant à table.
Il n'y eut plus rien jufqu'au foir.
L
Toute la Nobleffe étoit invitée de fe rendre à
huit heures du foir au Palais du Jardin , pour de
là , voir tirer un feu d'artifice , & voir en même
temps une fuperbe illumination difpofée dans le
Jardin . L'ordonnance en étoit riche & galante.
Le Palais du jardin fut dès fept heures rempli
d'un grand nombre de Nobleffe. M. le Prince de
Lichtenftein s'y rendit à fept heures & demie. Le
Prince Ferdinand & Madame Louife , s'y rendirent
peu après , & l'Infant & Madame l'Archiduchefle
y arriverent à huit heures précifes.
Le feu d'artifice fut appliqué à un monument
· Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
Hlevé au milieu d'une très- grande place dans le
jardin de Parme , & faifoit face au Palais où les
Princes fe tranfportérent pour en voir l'effet .
Il repréfentoit l'union de l'Amour & de l'hymen
dans le Temple de Minerve. Ce Temple
étoit élevé fur un grand fondement amtique , dont
la forme étoit ovale , de quatre - vingt - dix - huit
pieds de longueur , fur foixante- quatre pieds de
large ; un grand focle de porphyre , comprenant.
dans fa hauteur les gradins qui formoient les deux
entrées principales du Temple , s'élevoit au-delfus
de ce fondement , & contournoit la baſe de ce
monument , qui étoit orné de vingt- quatre colonnes
d'ordre Dorique entourées de guirlandes
de fleurs. Il avoit quatre faces égales , & fes angles
étoient flanqués de quatre pyramides ifolées
dédiées aux Arts & portant leurs attributs en trophées.
Ces Pyramides étoient environnées de quatre
colonnes du même ordre , formant des avantcorne
à jour , rachetés fur les angles du quarré
du Temple , en forme de tours ou de baftions.
L'entablement étoit décoré de guirlandes de
fleurs dans la frife , & les quatre avant- corps. de
colonnes qui couvroient les Pyramides , foutenoient
fur chaque face des médaillons , en tout au
nombre de ſeize , moitié appuyés ſur la frife &
l'architrave de cet ordre , & moitié tombant dans
le vuide de l'entre- colonne. Ils repréſentoient
des tableaux où étoient peintes les qualités vertueufes
de l'Archiduc & de Madame Iſabelle
comme la nobleffe , la magnanimité , la Majesté
Royale , la libéralité , la jeunelle , la beauté , la
bonté , la clémence , la fécondité , la douceur ,
l'amour de la gloire , l'amour de la Patrie , l'amour
des Sciences , l'amour des Arts , l'enjoûment
& l'affabilité .
Au- deffus des quatre tours des Colonnes , s'élevoir
OCTOBRE. 1760. 199
au milieu des trophées Militaires, un piédeftal portant
des renommées,fur les quatre portes ou Arcades
de ce Temple étoient les Écuffons de l'Archiduc
& de Madame Ifabelle , au milieu de deux
vales ,de Parfums , & appuyé fur le focle qui couronnait
la Corniche .
Au -dellus de ce Socle, dont le plan étoit quarré
comme le Temple , s'élevoit une attique ronde
en forme de Piédeftal couronnée d'un dôme ouvert
par le haur & décoré de guirlandes de fleurs .
Ce Piédeſtal fervita porterautour dela Naillance
du dôme 12 Figures réprefentant les Jeux , les
Ris, & les Plairs , danfant & formant une chaîne
de guirlandes autour de ce monument.
Les quatre portes du Temple étoient décorées &
comme gardées par huit Figures repréſentantes la
vigilance , la dignité , l'Intelligence , la pureté ,
le filence , la douceur , & le courage , qui compo.
fept enfemble toutes les vertus qui caractérisent.
la fagelle.
Au milieu de ce temple dont la forme intérieure.
étoit octogone rachetant une voûte ronde & farbaillée
, étoit la Figure de Minerve fur différens
plans de quées , réuniffant entre fes bras les Figures
de l'Amour & de l'Hymen.
Sur les deux aîles du focle qui joignoit toute la
longueur du fondement ovale , & qui comprenoit
toute la hauteur des perrons , étoient de chaque
côté les autels de l'Amour & de l'Hymen .
Quatre fontaines de feu élevées fur des rochers
qui fortoient de terre contribuoient à la richeſſe de
la bafe de ce monument , en même tems qu'elles
augmentoient l'effet des différens tableaux de feu
qui fortoient de cet édifice deftiné à faire éclater
la joie publique que procure cet événement.
L'Illumination générale de cette machine d'Artifice
fur accompagnée de deux Phénomènes qui
I iv
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif :
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir ſur le ſommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illumination
générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baſſes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plane
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée .
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
de
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges .
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui par
devant , & on defcendoit de-là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchefe
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenſtein
prit fon Audience de congé ; tout fut obſervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
I v
200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils mon
troient chacun le Globe du Monde tranſparent
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage.
Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommer du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & balles ; les miroirs de feu , les
pots à- feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen➡
tes avenues en étoile , qui y conduifent ; enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête auguſte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame :
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe fe ren lit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal mafqué.
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui feparent les Loges , &
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryftal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlan
des de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Tur
quie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle ,
par une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheffe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danſerent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenſtein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande 9
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fur à celle de
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200 MERCURE DE FRANCE
fe voyoient à droite & à gauche à une certaine dif
tance du feu & comme dans le lointain. Ils montroient
chacun le Globe du Monde tranfparent , '
d'un diamètre confidérable , environnés dans l'air
d'un cercle de feu , en figne de l'allégreffe que
qu'infpire à tout l'Univers cet Augufte Mariage
. Une grande quantité de fufées fortoient
également de derriere ces Phénomènes , & formoient
en l'air des Bouquets qui , dirigés pour fe
réunir fur le fommet du Temple , conftruifoient
une voute de feu , qui le couvroit continuelle
ment.
Tout ce Spectacle étoit accompagné d'une illu
mination générale dans le jardin ; les terraffes décorées
d'ifs , de girandoles & de cordons de lu
mieres hautes & baffes ; les miroirs de feu , les
pots à-feu formant des cordons élevés , toutes les
allées éclairées fur différens deffeins , & l'illumination
de toute la façade du Palais qui fait face à
l'entrée de ce jardin , auffi bien que les différen
tes avenues en étoile , qui y conduifent enfin
rien ne fut oublié pour rendre cette Fête augufte
& digne de fon Souverain.
Après le feu d'artifice , l'Infant & Madame
l'Archiducheffe furent fouper. Pendant ce tems
toute la Nobleffe ſe ren fit au Théâtre , que l'on
avoit préparé pour y donner un Bal maſqué .
On avoit élevé le Parterre à la hauteur du plan
cher du Théâtre , & l'on avoit pratiqué fur ce
même Théâtre , des Loges folides , femblables à
celles de la Salle ; de façon que le Theâtre &
le Parterre ne faifoient qu'une grande Salle
ovale , applatie par les flancs , & toute entourrée
de trois rangs de Loges les unes fur les autres ;
cette Salle étoit ornée de guirlandes de fleurs , &
de gazes bleues & argent , qui fe rattachoient galamment
aux montants qui ſéparent les Loges , &
OCTOBRE. 1760. 201
qui tomboient en feftons fur les appuis des Loges ,
d'une maniere agréable & pleine de goût ; elle
étoit éclairée par une quantité de luftres de cryftal
ornés de guirlandes de petites fleurs , & par
des bras de cryſtal ornés de même , appliqués contre
les appuis des Loges des rangs fupérieurs ; c'étoit
à ces bras que venoient s'attacher les guirlandes
de fleurs , qui ornoient le devant des Loges.
On entroit dans cette Salle par la Loge de la couronne
qui s'avance fur le Parterre , comme les
Amphithéâtres employés en France dans les Salles
des Spectacles ; on en avoit coupé l'appui pardevant
, & on defcendoit de -là dans le corps de la
Salle par quatre degrés couverts de tapis de Turquie.
Toutes les Loges étoient remplies , tant celles
pratiquées fur le Théâtre que celles de la Salle
pår une grande quantité de Dames & de Cavaliers
ment parés.
Madame l'Archiducheſſe étant arrivée , on ouvrit
le Bal par une Allemande , où douze perfonnes
danferent enſemble : Madame l'Archiduchele
donnoit la main au Prince François , neveu de M.
le Prince de Lichtenftein . On danſa jufqu'à quatre
heures du matin ; & pendant tout le tems que
durat le Bal , les Officiers de la maiſon de l'Infant
fervirent abondamment de toutes fortes de rafraîchiflemens.
Tout fe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& tout le monde fortit extrêmement fatisfait.
Le lendemain 8 , M. le Prince de Lichtenftein
prit fon Audience de congé ; tout fut obfervé à
cette Audience comme à celle de la demande ,
excepté que l'Introducteur , le Maître des Cérémonies
, & M. le Marquis Palavicini , furent pren .
dre.M. le Prince dans l'Appartement qu'il occupoit
à la Cour ; & que M. de Lichtenſtein , en
fortant de l'Audience de l'Infant , fut à celle de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Madame l'Archiducheffe , avant d'être conduit à
celle du Prince Ferdinand.
Après l'Audience de Madame Louife , M. le
Prince , au lieu de retourner dans fon appartement
a la Cour , defcendit par le grand efcalier ,
& fut monter dans fon Caroffe qui l'attendoit a la
porte du Palais , pour le ramener à l'Hôtel Palavicini
.
Le Maître des Cérémonies l'accompagna juf
qu'au bas de l'efcalier , M. de Palavicini & M.
Introducteur jufques à la portiere de la voiture ,
qui ne fur fermée que quand ces Meffieurs fe futent
retirés.
Le foir , il y eut Opéra.
Le 9. l'Infant fut dîner chez M. de Lichtenſtein.
Lé foir , il y eut Opéra.
Le to M. le Prince de Lichtenſtein dina chez M.
Dutillot , & partit après dîner pour Cafalmajor.
Le foir , il y eut Aflemblée au Paļais .
Le 11. au matin tous les Corps de l'Etat , le
Militaire , la Nobleffe , & la Maifon de S. A R.
eurent l'honneur de baifer la main à Madame
l'Archiducheffe .
Il y eut Opéra , le ſoir.
Le .les Princes n'ont reçu perfonne .
Le 13. S. A. R. Madame l'Archiducheffe partit
à dix heures du matin pour le rendre à Cafalmajor:
elle y a été accompagnée par Madame de
Gonzales , Madame de Silla , quatre Dames du
Pálais , des Majordomes , & huit Gentilshommes
de la Chambre ; elle étoit faivîe d'un nombre de
Pages , d'Ecuyers , de fon premier fervice , & defon
fervice du fecond Ordre , du Commandant de
l'Ecurie de deux Officiers des Ecuries , du Sellier >
du Maréchal , du Charron & de 24 Palfreniers à
Cheval;elle étoit éfcortée par des Gardes du Corps.
Les rues par lesquelles elle a pallé, étoient bordées
OCTOBRE , 1760. 203
de troupes , on avoit difpofé des Détachemens de
Cavalerie & d'Infanterie fur différens endroits de
la roure.
Des Bataillons Provinciaux , fix Compagnies de
Grenadiers, un Bataillon du Régiment de Parme ,
& les deux Compagnies de Grenadiers de inême
Régiment, étoient difpofées fur les bords du Pô ,
en deçà de la tête du Pont. Elle y a trouvé des
Elcadrons de Gardes du Corps & de Cavalerie. Elle
eft arrivée à Cafalmajor à midi & deux minutes.
M. le Comte de S. Vital eft chargé de la Cérémonie
de la remife , un Secrétaire du Cabinet de
l'Acte de certe ' remiſe .
S. A. R. s'arrête demain à Cafalmajor pour y
donner la main à bailer aux Deputés de la Lombardie
Autrichienne , aux Chambres Souveraines ,
& à la Nobleffe. Le lundi elle ira à Mantoue, où elle
s'arrêtera encore un jour, pour un objet ſemblable.
Fermer
Résumé : Suite de la Relation de tout ce qui s'est passé depuis.
Le texte relate les festivités entourant le mariage des Altesses Royales, notamment Madame l'Archiduchesse à Parme. Les célébrations incluent la représentation de l'opéra 'Les Fêtes de l'Hymen', composé de trois actes indépendants précédés d'un prologue intitulé 'Le Triomphe de l'Amour'. Ce prologue met en scène une querelle entre les dieux et l'Amour, qui obtient leur pardon pour l'union de la vertu et de la beauté. Les trois actes de l'opéra sont 'Aris', 'Sapho' et 'Eglé', chacun racontant des histoires d'amour et d'interventions divines. Les festivités comprennent des réceptions et des dîners offerts par des nobles tels que le Prince de Liechtenstein et le Comte de Rochechouart, avec des représentations d'opéra et des danses. La cérémonie de mariage à la cathédrale est décrite avec une décoration somptueuse et une procession ordonnée. Les troupes et les gardes assurent la sécurité, et la cérémonie religieuse suit le rituel ordinaire avec quelques adaptations spécifiques. Après la cérémonie, les princes retournent au palais dans le même ordre qu'à l'arrivée. Les événements incluent également un feu d'artifice et une illumination dans le jardin du palais, représentant l'union de l'Amour et de l'Hymen, suivi d'un bal masqué au théâtre. Madame l'Archiduchesse ouvre le bal avec le Prince François. Le lendemain, le Prince de Liechtenstein prend congé selon les cérémonies protocolaires. Les festivités se poursuivent avec des audiences et des repas officiels. Le 11 octobre, divers corps de l'État rendent hommage à Madame l'Archiduchesse. Le 13 octobre, elle quitte pour Casalmaggiore, escortée par des troupes et des dignitaires, et arrive à midi. Elle prévoit de s'arrêter à Casalmaggiore et à Mantoue pour saluer les députés et la noblesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10314
p. 203-204
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
Début :
Le Roi de Prusse ayant voulu occuper le poste de Nieder-Arnsdorff, & se trouvant prévenu [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Postes militaires, Général, Détachements, Artillerie, Attaque, Baron, Bataillons, Secours, Maréchal Daun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun ,
le 7 Septembre.
Le Roi de Pruffe ayant voulu occuper le pofte
de Nieder-Arnsdorff , & fe trouvant prévenu par
le Général Beck , détacha trois Régimens , avec
quelques pieces d'Artillerie , pour en déloger nos
troupes. Ils attaquèrent ce pofte avec beaucoup
de vivacité ; mais le Baron de Beck eut le tems
de faire foutenir les Volontaires de Siléfie , qui
Foccupoient , par deux Bataillons de Waradins,
& le Comte de Daun détacha , de fon côté , dans '
le méme deffein , trois Bataillons de Grenadiers.
Au moyen de ce fecours , les Pruffiens furent re
pouffés ; & après une attaque de trois heures, ils
fe retirèrent avec une perte confidérable . On ne
peut pas l'évaluer à moins de fept à huir cens
Bommes.› ant tués que bleffés. La nôtre eft de
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
trois cens hommes. Depuis , le Roi de Pruffe ayant
voulu gagner Landshut , le Maréchal de Daun
fit une marche qui arrêta ce Prince , & le Comte
de Lafcy a pris pofte à Landshut & fur les hauteurs
voifines. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable .
le 7 Septembre.
Le Roi de Pruffe ayant voulu occuper le pofte
de Nieder-Arnsdorff , & fe trouvant prévenu par
le Général Beck , détacha trois Régimens , avec
quelques pieces d'Artillerie , pour en déloger nos
troupes. Ils attaquèrent ce pofte avec beaucoup
de vivacité ; mais le Baron de Beck eut le tems
de faire foutenir les Volontaires de Siléfie , qui
Foccupoient , par deux Bataillons de Waradins,
& le Comte de Daun détacha , de fon côté , dans '
le méme deffein , trois Bataillons de Grenadiers.
Au moyen de ce fecours , les Pruffiens furent re
pouffés ; & après une attaque de trois heures, ils
fe retirèrent avec une perte confidérable . On ne
peut pas l'évaluer à moins de fept à huir cens
Bommes.› ant tués que bleffés. La nôtre eft de
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
trois cens hommes. Depuis , le Roi de Pruffe ayant
voulu gagner Landshut , le Maréchal de Daun
fit une marche qui arrêta ce Prince , & le Comte
de Lafcy a pris pofte à Landshut & fur les hauteurs
voifines. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable .
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Résumé : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
Le 7 septembre, le roi de Prusse tenta d'occuper le poste de Nieder-Arnsdorff, mais fut devancé par le général Beck. Les Prussiens attaquèrent avec trois régiments et quelques pièces d'artillerie pour déloger les troupes françaises. Le baron de Beck mobilisa les Volontaires de Silésie, soutenus par deux bataillons de Waradins. Le comte de Daun renforça la défense en envoyant trois bataillons de grenadiers. Après trois heures de combat, les Prussiens furent repoussés, subissant entre sept cents et huit cents pertes. Les forces françaises perdirent environ trois cents hommes. Par la suite, le roi de Prusse chercha à atteindre Landshut, mais le maréchal de Daun intervint pour l'arrêter. Le comte de La Fcy prit position à Landshut et sur les hauteurs voisines. Aucune action notable n'a été signalée depuis.
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10315
p. 204
De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
Début :
Nous attaquames, le 10, avec succès, quelques postes avancés des ennemis. [...]
Mots clefs :
Attaque, Ennemis, Succès, Postes militaires, Résistance, Prince de Deux-Ponts, Armée, Village, Opérations militaires
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 16 Septembre.
>
>
Nous attaquames , ' le 1o , avec fuccès , quelques
poftes avancés des ennemis. Ils fe repliérent avec
précipitation jufques fous le canon de leurs retranchemens
de Torgau. On reconnut , par ce
moyen , de fort près leur pofition . Le +1 les
ennemis attaquérent , à leur tour , vers le foir
nos poftes avancés ; mais on leur oppofa une
vigoureuſe réſiſtance & ils fe retirerent après
une heure d'attaque infructueufe. Le Prince de
Deux- Ponts a fon Quartier à Strehla où la droite
de l'Armée eft appuyée , & la gauche eft à Doberschitz
. Le Corps de réſerve eft entre Schilda
& Profthayn , & les Troupes légères occupent les
Bois & les Villages que nous avons en avant d'ici
à Torgau.
I
>
Le Prince de Deux-Ponts , informé de l'arrivée
du Duc de Wirtemberg dans les environs de Hall ,
lui dépêcha , le 1 ,, le Général d'Infanterie Baron
de Haddick , pour concerter les opérations du
refte de la Campagne. Le Général Lucfinsky occupe
Duben & fes environs.
>
>
Nous attaquames , ' le 1o , avec fuccès , quelques
poftes avancés des ennemis. Ils fe repliérent avec
précipitation jufques fous le canon de leurs retranchemens
de Torgau. On reconnut , par ce
moyen , de fort près leur pofition . Le +1 les
ennemis attaquérent , à leur tour , vers le foir
nos poftes avancés ; mais on leur oppofa une
vigoureuſe réſiſtance & ils fe retirerent après
une heure d'attaque infructueufe. Le Prince de
Deux- Ponts a fon Quartier à Strehla où la droite
de l'Armée eft appuyée , & la gauche eft à Doberschitz
. Le Corps de réſerve eft entre Schilda
& Profthayn , & les Troupes légères occupent les
Bois & les Villages que nous avons en avant d'ici
à Torgau.
I
>
Le Prince de Deux-Ponts , informé de l'arrivée
du Duc de Wirtemberg dans les environs de Hall ,
lui dépêcha , le 1 ,, le Général d'Infanterie Baron
de Haddick , pour concerter les opérations du
refte de la Campagne. Le Général Lucfinsky occupe
Duben & fes environs.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 10 Septembre.
Du 10 au 16 septembre, l'Armée de l'Empire a mené des opérations militaires autour de Torgau. Le 10 septembre, les troupes ont attaqué avec succès des postes avancés ennemis, qui se sont repliés jusqu'à leurs retranchements de Torgau, permettant ainsi de mieux connaître leur position. Le 11 septembre, les ennemis ont attaqué les postes avancés de l'Armée, mais ont été repoussés après une heure de combat infructueux. Le Prince de Deux-Ponts a établi son quartier général à Strehla, avec la droite de l'Armée appuyée à cet endroit et la gauche à Doberschitz. Le Corps de réserve est positionné entre Schilda et Prohstayn, tandis que les troupes légères occupent les bois et les villages situés entre la position actuelle de l'Armée et Torgau. Le Prince de Deux-Ponts a envoyé le Général d'Infanterie Baron de Haddick pour coordonner les opérations avec le Duc de Wurtemberg, récemment arrivé près de Halle. Le Général Lucinsky contrôle Duben et ses environs.
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10316
p. 204-206
De HAMBOURG, le 10 Septembre.
Début :
L'Armée Suédoise, qui campoit depuis quelques jours à Strasbourg, petite [...]
Mots clefs :
Armée suédoise, Prussiens, Colonel, Cavalerie, Baron, Escadrons, Prisonnier, Mouvements des troupes
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texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 10 Septembre.
De HAMBOURG , le 10 Septembre.
L'Armée Suédoiſe , qui campoit depuis quel
ques curs à Strasbourg , petite Ville de l'Ucker-
Marck ,, s'ébranla le trois de ce mois. A l'ap-
J
OCTOBRE. 1760 205
proche des Suédois , les Pruffiens abandonnerent
leurs poftes & fe retirerent du côté de Prentzlow
. Le Colonel de Sparre avec ſa Cavalerie ,
fe mit à la pourfuite d'un corps ennemi ; il atteignit
quatre cens cinquante Dragons & Huffards qu'il
nrit en déroute; le Baron de Wrangel à la tête d'un
corps d'Infanterie & de Cavalerie , attaqua auffi.`
le corps Pruffien , & il prit cent- quarante trois
hommes & quatre Officiers , parmi lesquels étoit
le Major de Kalckstein ' , Commandant de ce
Corps.
Le Colonel de Klinpfor fit une troifiéme attaque,
qui cut d'abord le plus grand fuccès. Il renverfa
avec deux Eſcadrons le Bataillon de Dohna
mais les Pruffiens étant revenus avec des forces
fupérieures , dégagérent ce Bataillon , & le Colonel
de Klinpfor refta prifonnier avec cinquante
à foixante Soldats & quelques Officiers , la plûpart
griévement bleffés. Les Suédois ont eu , dans
ces différens chocs , une centaine d'hommes tués ,
bleffés ou prifonniers. Les Pruffiens ont perdu environ
deux cens hommes qui ont été pris , fans
compter les morts , dont le nombre eft au moins
égal .
- L'Armée Suédoife ſe remit le 6 en mouvement,
de Werbelow. Elle marcha le long de la Rive
gauche de l'Ucker , fur Prenzlow , Les Pruffiens
avoient pris une pofition avantageuſe en avant
de cette Ville ; mais ils l'abandonnerent à l'approche
des Suédois . Le Baron de Lantingshauſen
envoya fommer le Commandant de Prenzlow
de rendre cette place ; & fur fon refus , il ordonna
l'attaque. Les deux portes de Beflin & d'Anclam
furent forcées , les Pruffiens firent leur retraite
avec précipitation , on leur a fait plus de cent
Priſonniers , & les Suédois n'ont eu qu'un homme
tué & un petit nombre de bleſſés . Quoique cette
206 MERCURE DE FRANCE.
Ville ait été prife de force , le foldat Suédois a
obfervé la plus exacte difcipline.
Les troupes Suédoifes employées en Pomeranie,
confiftent en dix-fept Bataillons , & en quarantedeux
Eſcadrons. Six autres Bataillons ont été laiſfés
pour veiller à la fureté de Daungarten , de
Triblés , de Gutzkow & de Wolgaft.
L'Armée Suédoiſe , qui campoit depuis quel
ques curs à Strasbourg , petite Ville de l'Ucker-
Marck ,, s'ébranla le trois de ce mois. A l'ap-
J
OCTOBRE. 1760 205
proche des Suédois , les Pruffiens abandonnerent
leurs poftes & fe retirerent du côté de Prentzlow
. Le Colonel de Sparre avec ſa Cavalerie ,
fe mit à la pourfuite d'un corps ennemi ; il atteignit
quatre cens cinquante Dragons & Huffards qu'il
nrit en déroute; le Baron de Wrangel à la tête d'un
corps d'Infanterie & de Cavalerie , attaqua auffi.`
le corps Pruffien , & il prit cent- quarante trois
hommes & quatre Officiers , parmi lesquels étoit
le Major de Kalckstein ' , Commandant de ce
Corps.
Le Colonel de Klinpfor fit une troifiéme attaque,
qui cut d'abord le plus grand fuccès. Il renverfa
avec deux Eſcadrons le Bataillon de Dohna
mais les Pruffiens étant revenus avec des forces
fupérieures , dégagérent ce Bataillon , & le Colonel
de Klinpfor refta prifonnier avec cinquante
à foixante Soldats & quelques Officiers , la plûpart
griévement bleffés. Les Suédois ont eu , dans
ces différens chocs , une centaine d'hommes tués ,
bleffés ou prifonniers. Les Pruffiens ont perdu environ
deux cens hommes qui ont été pris , fans
compter les morts , dont le nombre eft au moins
égal .
- L'Armée Suédoife ſe remit le 6 en mouvement,
de Werbelow. Elle marcha le long de la Rive
gauche de l'Ucker , fur Prenzlow , Les Pruffiens
avoient pris une pofition avantageuſe en avant
de cette Ville ; mais ils l'abandonnerent à l'approche
des Suédois . Le Baron de Lantingshauſen
envoya fommer le Commandant de Prenzlow
de rendre cette place ; & fur fon refus , il ordonna
l'attaque. Les deux portes de Beflin & d'Anclam
furent forcées , les Pruffiens firent leur retraite
avec précipitation , on leur a fait plus de cent
Priſonniers , & les Suédois n'ont eu qu'un homme
tué & un petit nombre de bleſſés . Quoique cette
206 MERCURE DE FRANCE.
Ville ait été prife de force , le foldat Suédois a
obfervé la plus exacte difcipline.
Les troupes Suédoifes employées en Pomeranie,
confiftent en dix-fept Bataillons , & en quarantedeux
Eſcadrons. Six autres Bataillons ont été laiſfés
pour veiller à la fureté de Daungarten , de
Triblés , de Gutzkow & de Wolgaft.
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Résumé : De HAMBOURG, le 10 Septembre.
Le 10 septembre 1760, l'armée suédoise, basée à Strasbourg, se mit en mouvement vers Prenzlow. Les Prussiens se retirèrent face à l'avancée suédoise. Le colonel de Sparre dispersa 450 dragons et hussards prussiens, tandis que le baron de Wrangel captura 143 hommes et quatre officiers, dont le major de Kalckstein. Le colonel de Klinpfor lança une attaque initialement réussie, mais les Prussiens contre-attaquèrent, capturant Klinpfor et une cinquantaine de soldats. Les Suédois perdirent environ 100 hommes, les Prussiens environ 200 capturés et autant de morts. Le 6 octobre, les Suédois se dirigèrent vers Prenzlow, que les Prussiens abandonnèrent. Après un assaut, les Suédois prirent la ville avec plus de 100 prisonniers, subissant peu de pertes. Les troupes suédoises en Poméranie comptaient 17 bataillons et 42 escadrons, avec six bataillons pour sécuriser Daungarten, Triblés, Gutzkow et Wolgast.
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10317
p. 206
De RATISBONNE le 20 Septembre.
Début :
Le Corps de troupes du Duc de Wirtemberg campe actuellement dans les [...]
Mots clefs :
Corps, Duc, Prince, Commandant, Incendie, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE le 20 Septembre.
De RATISBONNE le 20 Septembre.
Le Corps de troupes du Duc de Wirtemberg
campe actuellement dans les environs de Hall.
Ce Prince fit fommer , le 10 de ce mois , le Commandant
Pruffien de Leipfick de fe retirer de cette
place. Ce Commandant répondit qu'il avoit ordre
du Roi fon Maître de la défendre juſqu'à
la derniere extrémité , & de bruler fes fauxbourgs
& la Ville même plutôt que de la rendre. Le
Duc de Wirtemberg lui fit dire que la Ville de
Hall , dont il étoit en poffeffion , lui répondroic .
du traitement que l'on feroit à celle de Leipfick .
Le Corps de troupes du Duc de Wirtemberg
campe actuellement dans les environs de Hall.
Ce Prince fit fommer , le 10 de ce mois , le Commandant
Pruffien de Leipfick de fe retirer de cette
place. Ce Commandant répondit qu'il avoit ordre
du Roi fon Maître de la défendre juſqu'à
la derniere extrémité , & de bruler fes fauxbourgs
& la Ville même plutôt que de la rendre. Le
Duc de Wirtemberg lui fit dire que la Ville de
Hall , dont il étoit en poffeffion , lui répondroic .
du traitement que l'on feroit à celle de Leipfick .
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Résumé : De RATISBONNE le 20 Septembre.
Le 20 septembre, les troupes du Duc de Wurtemberg sont près de Hall. Le 10 septembre, le Duc a ordonné au commandant prussien de Leipzig, Leipfick, de se retirer. Leipfick a refusé, affirmant qu'il devait défendre et brûler Leipzig sur ordre du roi. Le Duc a menacé de traiter Hall de la même manière si elle n'était pas rendue.
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10318
p. 206
De MADRID, le 17 Septembre.
Début :
Le Comte de Merle, Ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne auprès du Roi [...]
Mots clefs :
Comte, Roi de Portugal, Voyage, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 17 Septembre.
De MADRID , le 17 Septembre,
Le Comte de Merle , Ambaffadeur de Sa Majefté
Très Chrétienne auprès du Roi de Portugal ,
qui a obtenu la permilion de faire un Voyage
en France , fut préfenté , de 14 de ce mois , au
Roj par le Marquis d'Oflum , qui réfide ici avec
le même caractère.
Le Comte de Merle , Ambaffadeur de Sa Majefté
Très Chrétienne auprès du Roi de Portugal ,
qui a obtenu la permilion de faire un Voyage
en France , fut préfenté , de 14 de ce mois , au
Roj par le Marquis d'Oflum , qui réfide ici avec
le même caractère.
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10319
p. 207
De VERSAILLES, le 2 Octobre.
Début :
Le 29 du mois dernier, le Roi tint le sceau. Sa Majesté a donné l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Sceau, Roi, Abbaye, Ordre, Diocèse, Prieuré, Religieuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 2 Octobre.
De VERSAILLES , le 2 Octobre.
L 29 du mois dernier , le Roi tint le fceau.
B
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Saint Antoine,
Ordre de Cieaux , Diocèle & fauxbourg de Paris ,
à la Dame de Beauvau-Craon , Religeufe de celle
de Juvigni ;
L'Abbaye de la Regle , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Limoges , à la Dame de Bois- jolland ,
Religieufe de celle de Saint Aufonne ;
L'Abbaye de Nidoifeau , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèse d'Angers , à la Dame de Scépeaux ,
Religieufe de celle d'Eftival , Diocèle du Mans ;
L'Abbaye de la Vaflin , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèfe de Clermont , à la Dame de la Salle ,
Religieufe de la même Abbaye ;
Et le Prieuré de la Ferté - Milon , à la Dame
de Rochelambert , Religieufe du même Monaftere.
L 29 du mois dernier , le Roi tint le fceau.
B
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Saint Antoine,
Ordre de Cieaux , Diocèle & fauxbourg de Paris ,
à la Dame de Beauvau-Craon , Religeufe de celle
de Juvigni ;
L'Abbaye de la Regle , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Limoges , à la Dame de Bois- jolland ,
Religieufe de celle de Saint Aufonne ;
L'Abbaye de Nidoifeau , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèse d'Angers , à la Dame de Scépeaux ,
Religieufe de celle d'Eftival , Diocèle du Mans ;
L'Abbaye de la Vaflin , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèfe de Clermont , à la Dame de la Salle ,
Religieufe de la même Abbaye ;
Et le Prieuré de la Ferté - Milon , à la Dame
de Rochelambert , Religieufe du même Monaftere.
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Résumé : De VERSAILLES, le 2 Octobre.
Le 29 septembre, le Roi a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Saint-Antoine à Paris a été donnée à la Dame de Beauvau-Craon. L'Abbaye de la Règle à Limoges à la Dame de Bois-jolland. L'Abbaye de Nidifau à Angers à la Dame de Scépeaux. L'Abbaye de la Vauisle à Clermont à la Dame de la Salle. Le Prieuré de la Ferté-Milon à la Dame de Rochelambert.
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10320
p. 207-208
De PARIS, le 4 Octobre.
Début :
Le 21 du mois dernier, on fit la Dédicace de l'Eglise Paroissiale [...]
Mots clefs :
Église, Dédicace, Évêque, Clergé, Monseigneur le Dauphin, Madame la Dauphine, Archevêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 4 Octobre.
De PARIS , le 4 Octobre,
Le 21 du mois dernier , on fit la Dédicace de
l'Eglife Paroiffiale de Choifi- le- Roi : cette Eglife
fur dédiée fous l'invocation de Saint Louis , Roi
de France , & de Saint Nicolas , Evêque de Myrre.
Cette Cérémonie fut faite par l'Archevêque de
Paris , affifté des Archevêques d'Aries , de Tours ,
de Befançon , de Touloufe , d'Alby , & des Evêques
de Grenoble , de Chartres , d'Orléans , de
208 MERCURE DE FRANCE.
Meaux , de Metz & d'Autun , en qualité de
Co-Confécrateurs . Les autres Evêques qui fe trouvoient
ici y affiftérent avec les Agens Généraux
du Clergé , fur l'invitation qui leur en avoit été
faite de la part de Sa Majefté. Le Roi , la Reine ,
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine ,
& Mefdames , affifterent à cette Cérémonie.
L'Archevêque de Paris , les Archevêques & Evêques
Co-Confécrateurs , les autres Evêques qui
avoient affifté à la Cérémonie , & les deux Agens
Généraux du Clergé , eurent l'honneur de dîner
avec Sa Majesté .
Le 21 du mois dernier , on fit la Dédicace de
l'Eglife Paroiffiale de Choifi- le- Roi : cette Eglife
fur dédiée fous l'invocation de Saint Louis , Roi
de France , & de Saint Nicolas , Evêque de Myrre.
Cette Cérémonie fut faite par l'Archevêque de
Paris , affifté des Archevêques d'Aries , de Tours ,
de Befançon , de Touloufe , d'Alby , & des Evêques
de Grenoble , de Chartres , d'Orléans , de
208 MERCURE DE FRANCE.
Meaux , de Metz & d'Autun , en qualité de
Co-Confécrateurs . Les autres Evêques qui fe trouvoient
ici y affiftérent avec les Agens Généraux
du Clergé , fur l'invitation qui leur en avoit été
faite de la part de Sa Majefté. Le Roi , la Reine ,
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine ,
& Mefdames , affifterent à cette Cérémonie.
L'Archevêque de Paris , les Archevêques & Evêques
Co-Confécrateurs , les autres Evêques qui
avoient affifté à la Cérémonie , & les deux Agens
Généraux du Clergé , eurent l'honneur de dîner
avec Sa Majesté .
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Résumé : De PARIS, le 4 Octobre.
Le 21 septembre, l'église paroissiale de Choisy-le-Roi a été dédiée sous la protection de Saint Louis et Saint Nicolas. La cérémonie, présidée par l'archevêque de Paris, a réuni plusieurs archevêques et évêques. Le roi, la reine, le dauphin, la dauphine et Mesdames y ont assisté. Un dîner a suivi avec Sa Majesté.
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10321
p. 208
De METZ, le 18 Septembre.
Début :
Sa Majesté vient d'accorder des Lettres patentes à une nouvelle Société [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Société des sciences et des arts, Maréchal, Ministre, Progrès, Agriculture, Prix
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texteReconnaissance textuelle : De METZ, le 18 Septembre.
De METZ , le 18 Septembre.
'Sa Majesté vient d'accorder des Lettres patentes
à une nouvelle Société des Sciences & des Arts
établie dans cette Ville , fous les aufpices du ,
Maréchal Duc de Belle- Ifle , Pair de France , Miniftre
& Secrétaire d'Etat de la guerre , Gouverneur
des Trois Evéchés . L'objet de cet établiffement
eft de contribuer aux progrès de l'Agriculture
& des Arts utiles à l'économie & au Commerce
. Le Maréchal Duc de Belle -Ifle a fair en
fa faveur une fondation de trois mille livres de
renté annuelle. Cette Société propoſera chaque
année un fujet de Prix , qui fera toujours relatif
aux Arts utiles . Le prix fera une médaille d'Or
de la valeur de quatre cens livres & portant l'effigie
de fon Fondateur. Elle tiendra fa premiere
Allemblée publique le 17 Novembre prochain .
'Sa Majesté vient d'accorder des Lettres patentes
à une nouvelle Société des Sciences & des Arts
établie dans cette Ville , fous les aufpices du ,
Maréchal Duc de Belle- Ifle , Pair de France , Miniftre
& Secrétaire d'Etat de la guerre , Gouverneur
des Trois Evéchés . L'objet de cet établiffement
eft de contribuer aux progrès de l'Agriculture
& des Arts utiles à l'économie & au Commerce
. Le Maréchal Duc de Belle -Ifle a fair en
fa faveur une fondation de trois mille livres de
renté annuelle. Cette Société propoſera chaque
année un fujet de Prix , qui fera toujours relatif
aux Arts utiles . Le prix fera une médaille d'Or
de la valeur de quatre cens livres & portant l'effigie
de fon Fondateur. Elle tiendra fa premiere
Allemblée publique le 17 Novembre prochain .
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Résumé : De METZ, le 18 Septembre.
Le 18 septembre, Sa Majesté a créé la Société des Sciences et des Arts à Metz, sous la protection du Maréchal Duc de Belle-Isle. Cette société vise à promouvoir l'agriculture et les arts utiles. Une rente annuelle de trois mille livres a été fondée. Chaque année, un sujet de prix sera proposé avec une médaille d'or. La première assemblée publique se tiendra le 17 novembre.
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10322
p. 208-209
De BAYONNE, le 16 Septembre.
Début :
On apprend par un Vaisseau arrivé à Saint Ander que des six [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Marchand, Marquis, Ennemis, Combat naval, Capitaines, Cargaison, Artillerie, Armateur
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texteReconnaissance textuelle : De BAYONNE, le 16 Septembre.
De BAYONNE , le 16 Septembre.
On apprend par un Vaiffeau arrivé à Saint Ander
que des fix Vaiffeaux partis de Bordeaux ,
trois font arrivés dans le fleuve Saint Laurent ,
favoir ; le Marchand , le Marquis de Malaufe &
le Bienfaifant. Ils ont atterré dans la Baye des
Chaleurs avec fix prifes qu'ils avoient faites dans
OCTOBRE. 1760. 206-
ce fleuve fur les Anglois. Cinq Vaiffeaux de guerre
ennemis les ont pourfuivis jufques dans ce port,
Les Capitaines de ces trois VaiffeauxMarchands ,
ont fait la plus belle manoeuvre ; ils ont mis à
terre prèfque tous leurs Canons ; ils ont conftruit
à la hate une efpéce de fort d'où ils ont tiré fur
les Vaiffeaux Anglois ; ils en ont coulé un à fond
ils ont eu le tems de mettre à terre leur Car
gaifon , & l'on ne doute pas qu'ils n'ayent fait
paffer à Montréal les munitions & les fubfiftancés
qui étoient deftinées pour cette place. Ils ont
enfuite mis le feu à leurs trois Vailleaux & aux
fix qu'ils avoient pris , afin qu'ils ne tombaſſent
point entre les mains des Anglois.
Le Marquis de Vaudreuil , ayant formé le projet
d'une expédition fur le fleuve Saint Laurent ,
a chargé le fieur Minville l'aîné , Armateur de ce
port , de l'exécuter . Cet Armateur a paffé hardiment
avec fon Vaiffeau fous le fort de Quebec
de l'Artillerie duquel il a effuyé tout le feu , &
dont il a été fort endommagé; cela ne l'a pas em
pêché de remplir fon objet ; il a pris dans ce
fleuve quatorze Vaifleaux Anglois pleins de munitions
pour Quebec ; il les a conduits un peu plus
haut que la Baye des Chaleurs , & après en avoir
fait décharger toutes les Cargaifons qu'il a fair
tranfporter à Montréal , il les a brulés ainfi que
fon Vaiffeau , pour 'qu'ils ne devinflent pas la
proie des ennemis.
On affure que la recolte a été abondante dans
le Territoire de Montréal , & que nous fommes
en état de nous y foutenir long-tems contre les
Anglois,
On apprend par un Vaiffeau arrivé à Saint Ander
que des fix Vaiffeaux partis de Bordeaux ,
trois font arrivés dans le fleuve Saint Laurent ,
favoir ; le Marchand , le Marquis de Malaufe &
le Bienfaifant. Ils ont atterré dans la Baye des
Chaleurs avec fix prifes qu'ils avoient faites dans
OCTOBRE. 1760. 206-
ce fleuve fur les Anglois. Cinq Vaiffeaux de guerre
ennemis les ont pourfuivis jufques dans ce port,
Les Capitaines de ces trois VaiffeauxMarchands ,
ont fait la plus belle manoeuvre ; ils ont mis à
terre prèfque tous leurs Canons ; ils ont conftruit
à la hate une efpéce de fort d'où ils ont tiré fur
les Vaiffeaux Anglois ; ils en ont coulé un à fond
ils ont eu le tems de mettre à terre leur Car
gaifon , & l'on ne doute pas qu'ils n'ayent fait
paffer à Montréal les munitions & les fubfiftancés
qui étoient deftinées pour cette place. Ils ont
enfuite mis le feu à leurs trois Vailleaux & aux
fix qu'ils avoient pris , afin qu'ils ne tombaſſent
point entre les mains des Anglois.
Le Marquis de Vaudreuil , ayant formé le projet
d'une expédition fur le fleuve Saint Laurent ,
a chargé le fieur Minville l'aîné , Armateur de ce
port , de l'exécuter . Cet Armateur a paffé hardiment
avec fon Vaiffeau fous le fort de Quebec
de l'Artillerie duquel il a effuyé tout le feu , &
dont il a été fort endommagé; cela ne l'a pas em
pêché de remplir fon objet ; il a pris dans ce
fleuve quatorze Vaifleaux Anglois pleins de munitions
pour Quebec ; il les a conduits un peu plus
haut que la Baye des Chaleurs , & après en avoir
fait décharger toutes les Cargaifons qu'il a fair
tranfporter à Montréal , il les a brulés ainfi que
fon Vaiffeau , pour 'qu'ils ne devinflent pas la
proie des ennemis.
On affure que la recolte a été abondante dans
le Territoire de Montréal , & que nous fommes
en état de nous y foutenir long-tems contre les
Anglois,
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Résumé : De BAYONNE, le 16 Septembre.
Le 16 septembre, trois vaisseaux français, le Marchand, le Marquis de Malaufe et le Bienfaifant, ont atteint le fleuve Saint-Laurent après avoir capturé six navires anglais. Ils ont accosté dans la Baie des Chaleurs, où cinq vaisseaux de guerre ennemis les poursuivaient. Les capitaines ont débarqué leurs canons et construit une fortification pour repousser les Anglais, coulant un vaisseau ennemi et mettant leur cargaison à terre, probablement à Montréal. Pour éviter la capture, ils ont incendié leurs vaisseaux. Parallèlement, le Marquis de Vaudreuil a organisé une expédition sur le fleuve Saint-Laurent. L'armateur Minville l'aîné a mené cette mission, capturant quatorze vaisseaux anglais chargés de munitions pour Québec. Il a conduit ces vaisseaux au-delà de la Baie des Chaleurs, déchargé les cargaisons à Montréal, et incendié les navires, y compris le sien. Enfin, la récolte dans le territoire de Montréal a été abondante, permettant de soutenir une longue résistance contre les Anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10323
p. 209-213
De FRANCFORT, le 22 Septembre.
Début :
On a été ici quelques jours sans recevoir des nouvelles de l'Armée. [...]
Mots clefs :
Armée, Corps, Détachement, Prince Ferdinand , Communication, Prisonniers, Maréchal de Broglie, Ennemis, Infanterie, Régiment, Comte, Bataille, Obstacle, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 22 Septembre.
De FRANCFORT , le 22 Septembre.
On a été ici quelques jours fans recevoir des
nouvelles de l'Armée. Un Corps détaché de celle .
"
210 MERCURE DE FRANCE.
da Prince Ferdinand s'érgit poſté fur Marburg &
ayoit interrompu la communication ; les polles
qui avoient été établis pour fa fureté s'étant repliés
à l'approche des ennemis , deux, Compagnies
da Régiment de Cavalerie de Rougrave , qui occupoient
celui de Butzbach , y furent attaquées
le au matin , & furent faites Prifonnieres de
guerre. Le Maréchal de Broglie , ayant eu avis
de la marche des ennemis , fit partir de Merdenhagen
, le 12 à la pointe du jour , le Corps
aux ordres du Comte de Stainville , Lieutenant
Général , & du Marquis d'Aubigni , Maréchal de
Camp , pour le pofter fur Marburg afin de leur
couper leur retraite . Ce Corps étoit compofé de
la Brigade d'Infanterie d'Auvergne ; de celle de
Bouillon formée de ce Régiment & de ceux de
Vierzet & d'Horion , & des Régimens, de Dragons
du Roi & de la Ferronaye ; & de la Brigade
de Cavalerie de Royal- Pologne , compoſée
de ce Régiment & de ceux de Poly & de Touftain,
Ilarriva le même jour à Marienhagen . On trouva
en arrivant un détachement des ennemis qui fe
reriroit de Marburg à Franckenberg . On leur fit
trente Prifonniers,
Le Comte de Stainville fut informé que le Corps
des ennemis , commandé par les Généraux de
Bulowet & de Ferien , n'ayant pu fe rendre maître
du Chateau de Marburg par la réſiſtance du fieur
Kenedy , Commandant , & après avoir fait quelque
dégât dans la Ville, fe retiroit auffi fur Franckenberg.
Il ne voulur pas manquer l'occaſion de
le joindre , & il fe remit en marche le 13 à la
pointe du jour. Il fe porta avec la plus grande
diligence vers Radern. Les ennemis étoient en
Bataille à une demi- lieue de ce Village. Le Comte
de Stainville fit auffi - tôt les difpofitions pour les
attaquer ; toutes les troupes pallerent le ruiffeau
OCTOBRE. 1760. 211
du ravin qui les féparoient des ennemis. Les deux
Régimens de Dragons , commandés par le Comte
de Cey , Brigadier , & la Caval rie de la Légion
Royale commandée par le Comte de Melfort
fe portérent pendant ce tems , avec la plus grande
vivacité fur la hauteur occupée par les ennemis.
Ils chargérent la Cavalerie qui s'y trouva & ils la
culbuterent. Le Comte de Ferfen furrué dans cette
charge.
Les ennemis furent fuivis de près , malgré les
obftacles du terrein , par les Grenadiers & les
Challeurs , par la Brigade d'Auvergne, commandée
par le Marquis de Rochambeau , Brigadier ,
& par l'Infanterie de la Légion Royale. Ils furent
ainfi obligés d'abandonner la hauteur qu'ils occupoient
; ils le retirérent par le Village de Munden
où leur droite avoit été appuyée , & ils gagnérent
une autre hauteur près de Neukirchen , On les y
canona vivement jufqu'à ceque les troupes devancées
par les Dragons , après avoir paffé un fecond
ruiffeau affez profond & un ravin difficile , les chaf
ferent de hauteurs , en hauteurs , & les obligerent
de s'appuyer à une haute montagne derniere leVillage
de Hallenberg .
Commela nuit approchoit , le Comte de Stainville
, afin d'empêcher les ennemis d'en profiter
pour affurer leur pofition, ou pour fe retirer en bon
ordre , ne perdit pas un moment à les faire attaquer.
La Brigade d'Auvergne gravit avec la plus
grande vivacité une montagne d'un accès très-difficile.
La Légion Royale & les Dragons s'y porterent
de même , malgré les obftacles du terrein & la roideur
de la montagne. Ils mirent les ennemis en déroute
les Dragons leur firent abandonner trois piéces
de Canon ; le fieur Duchemin, Major de la Légion
Royale, avec quelques Dragons de ce Corps ,
en prit auffi trois pieces , & l'on en trouva deur
212 MERCURE DE FRANCE.
autres abandonnées dans le bois. La nuit mit fin
au combat , qui avoit commencé à dix heures du
matin.
Le Corps des ennemis , étoit d'environ fix mille
hommes. Ils ont perdu beaucoup , & on leur a
fait près de 400 Priſonniers, parmi lesquels il y a
plufieurs Officiers. On leur a pris auffi tous les
bagages ; du côté des François , on n'a perdu qu'environ
cinquante hommes tués ou bleffès.
A
Depuis , le Maréchal de Broglie , ayant réfolu
de faire attaquer le Camp du Général Vangenheim
, par les troupes aux ordres du Comte de
Luface campées entre Fridlandet Vitzenhauſen ,
fe rendit pour cet effet au quartier du Comte de,
Luface , & il renforça fa réferve d'un Corps de
troupes tiré de l'Armée. Le Corps ennemi étoit
d'environ quinze mille hommes. On marcha fur
quatre colonnes dirigées fur Dransfeld ; auffi- tôt
qu'elles parurent fur la hauteur voiſine de cette
Ville , les ennemis leverent leur Camp & entrerent
dans le bois qu'ils avoient derriere eux. La Colonne
d'Infanterie de notre droite , aux ordres du
Comte de Luface , compofée du Corps Saxon &
des Brigades de Caftelas & de la Marck , s'avança
avec toute la diligence poffible . Elle étoit précédée
par le Comte de Vaux , Lieutenant Général , ayant
avec lui les Grenadiers & les Chaffeurs des ces Brigades
, & par le fieur de Klingenberg , Maréchal
de Camp , ayant avec lui trois Bataillons de Grenadiers
Saxons , foutenus de la Brigade Suiffe.de
Diesbach. L'attaque ne put commencer que vers
les fept heures du foir.Le feu de Moufquetterie fut ,
vif & dura plus d'une heure ; mais il futpeu meurtrier,
à caufe de l'obfcurité & de l'épaiffeur du bois .
Les ennemis furent pouffés jufqu'à l'efcarpement
du Vefer. Les Grenadiers Saxons leur prirent deux
piéces de Canon , & le fieur de Grandmaiſon ,
OCTOBRE. 1760. 213
Commandant les Volontaires de Hainault , en
prit deux autres & fit quelques Priſonniers,
Pendant ce tems- là , le Prince de Croy fit déboucher
de Munden un Détachement aux ordres
du fieur de la Borde , Lieutenant Colonel du Régiment
de Condé , pour le porter fur le pont des
-ennemis à Humel ; il l'attaqua & s'en rendit maître.
Mais les ennemis étant revenus par la gauche
du Véfer avec des forces fupérieures & beaucoup
d'Artillerie , il ne put le conferver . Le lendemain
matin , le fieur de Grandmaifon s'étant porté vers
ce pont , il le trouva abandonné ; il le fit
& en fit brifer les pontons.
trompre
Auffi- tôt après cette opération , le Prince de Robecq
, Maréchal de Camp , fut détaché avec fa divifion
pour aller à Gottinguen , d'où il a dû envoyer
des Détachemens fur Northeim & Eimbeck.
Le fieur de Cambefort , Commandant d'un
Corps de troupes légères , fe trouvant à Bocholtz
avec la troupe , fut averti qu'un Détachement fort
fupérieur au fien marchoit à lui : il ſe retira ; & ce
Détachement l'ayant fuivi , le fieur de Cambefort
fit volte-face , & l'attaqua avec tant de vivacité
qu'il le mit en déroute , & le pourſuivit jufqu'à
la porte de Coesfeldt. Il a tué ou bleffé dans ce
choc, plus de cinquante hommes aux ennemis ,
& il a fait trente quatre Prifonniers , avec lesquels
il a repris la route de Wefel. Il n'a eu que trois
hommes bleffés & trois autres faits Prifonniers.
On a été ici quelques jours fans recevoir des
nouvelles de l'Armée. Un Corps détaché de celle .
"
210 MERCURE DE FRANCE.
da Prince Ferdinand s'érgit poſté fur Marburg &
ayoit interrompu la communication ; les polles
qui avoient été établis pour fa fureté s'étant repliés
à l'approche des ennemis , deux, Compagnies
da Régiment de Cavalerie de Rougrave , qui occupoient
celui de Butzbach , y furent attaquées
le au matin , & furent faites Prifonnieres de
guerre. Le Maréchal de Broglie , ayant eu avis
de la marche des ennemis , fit partir de Merdenhagen
, le 12 à la pointe du jour , le Corps
aux ordres du Comte de Stainville , Lieutenant
Général , & du Marquis d'Aubigni , Maréchal de
Camp , pour le pofter fur Marburg afin de leur
couper leur retraite . Ce Corps étoit compofé de
la Brigade d'Infanterie d'Auvergne ; de celle de
Bouillon formée de ce Régiment & de ceux de
Vierzet & d'Horion , & des Régimens, de Dragons
du Roi & de la Ferronaye ; & de la Brigade
de Cavalerie de Royal- Pologne , compoſée
de ce Régiment & de ceux de Poly & de Touftain,
Ilarriva le même jour à Marienhagen . On trouva
en arrivant un détachement des ennemis qui fe
reriroit de Marburg à Franckenberg . On leur fit
trente Prifonniers,
Le Comte de Stainville fut informé que le Corps
des ennemis , commandé par les Généraux de
Bulowet & de Ferien , n'ayant pu fe rendre maître
du Chateau de Marburg par la réſiſtance du fieur
Kenedy , Commandant , & après avoir fait quelque
dégât dans la Ville, fe retiroit auffi fur Franckenberg.
Il ne voulur pas manquer l'occaſion de
le joindre , & il fe remit en marche le 13 à la
pointe du jour. Il fe porta avec la plus grande
diligence vers Radern. Les ennemis étoient en
Bataille à une demi- lieue de ce Village. Le Comte
de Stainville fit auffi - tôt les difpofitions pour les
attaquer ; toutes les troupes pallerent le ruiffeau
OCTOBRE. 1760. 211
du ravin qui les féparoient des ennemis. Les deux
Régimens de Dragons , commandés par le Comte
de Cey , Brigadier , & la Caval rie de la Légion
Royale commandée par le Comte de Melfort
fe portérent pendant ce tems , avec la plus grande
vivacité fur la hauteur occupée par les ennemis.
Ils chargérent la Cavalerie qui s'y trouva & ils la
culbuterent. Le Comte de Ferfen furrué dans cette
charge.
Les ennemis furent fuivis de près , malgré les
obftacles du terrein , par les Grenadiers & les
Challeurs , par la Brigade d'Auvergne, commandée
par le Marquis de Rochambeau , Brigadier ,
& par l'Infanterie de la Légion Royale. Ils furent
ainfi obligés d'abandonner la hauteur qu'ils occupoient
; ils le retirérent par le Village de Munden
où leur droite avoit été appuyée , & ils gagnérent
une autre hauteur près de Neukirchen , On les y
canona vivement jufqu'à ceque les troupes devancées
par les Dragons , après avoir paffé un fecond
ruiffeau affez profond & un ravin difficile , les chaf
ferent de hauteurs , en hauteurs , & les obligerent
de s'appuyer à une haute montagne derniere leVillage
de Hallenberg .
Commela nuit approchoit , le Comte de Stainville
, afin d'empêcher les ennemis d'en profiter
pour affurer leur pofition, ou pour fe retirer en bon
ordre , ne perdit pas un moment à les faire attaquer.
La Brigade d'Auvergne gravit avec la plus
grande vivacité une montagne d'un accès très-difficile.
La Légion Royale & les Dragons s'y porterent
de même , malgré les obftacles du terrein & la roideur
de la montagne. Ils mirent les ennemis en déroute
les Dragons leur firent abandonner trois piéces
de Canon ; le fieur Duchemin, Major de la Légion
Royale, avec quelques Dragons de ce Corps ,
en prit auffi trois pieces , & l'on en trouva deur
212 MERCURE DE FRANCE.
autres abandonnées dans le bois. La nuit mit fin
au combat , qui avoit commencé à dix heures du
matin.
Le Corps des ennemis , étoit d'environ fix mille
hommes. Ils ont perdu beaucoup , & on leur a
fait près de 400 Priſonniers, parmi lesquels il y a
plufieurs Officiers. On leur a pris auffi tous les
bagages ; du côté des François , on n'a perdu qu'environ
cinquante hommes tués ou bleffès.
A
Depuis , le Maréchal de Broglie , ayant réfolu
de faire attaquer le Camp du Général Vangenheim
, par les troupes aux ordres du Comte de
Luface campées entre Fridlandet Vitzenhauſen ,
fe rendit pour cet effet au quartier du Comte de,
Luface , & il renforça fa réferve d'un Corps de
troupes tiré de l'Armée. Le Corps ennemi étoit
d'environ quinze mille hommes. On marcha fur
quatre colonnes dirigées fur Dransfeld ; auffi- tôt
qu'elles parurent fur la hauteur voiſine de cette
Ville , les ennemis leverent leur Camp & entrerent
dans le bois qu'ils avoient derriere eux. La Colonne
d'Infanterie de notre droite , aux ordres du
Comte de Luface , compofée du Corps Saxon &
des Brigades de Caftelas & de la Marck , s'avança
avec toute la diligence poffible . Elle étoit précédée
par le Comte de Vaux , Lieutenant Général , ayant
avec lui les Grenadiers & les Chaffeurs des ces Brigades
, & par le fieur de Klingenberg , Maréchal
de Camp , ayant avec lui trois Bataillons de Grenadiers
Saxons , foutenus de la Brigade Suiffe.de
Diesbach. L'attaque ne put commencer que vers
les fept heures du foir.Le feu de Moufquetterie fut ,
vif & dura plus d'une heure ; mais il futpeu meurtrier,
à caufe de l'obfcurité & de l'épaiffeur du bois .
Les ennemis furent pouffés jufqu'à l'efcarpement
du Vefer. Les Grenadiers Saxons leur prirent deux
piéces de Canon , & le fieur de Grandmaiſon ,
OCTOBRE. 1760. 213
Commandant les Volontaires de Hainault , en
prit deux autres & fit quelques Priſonniers,
Pendant ce tems- là , le Prince de Croy fit déboucher
de Munden un Détachement aux ordres
du fieur de la Borde , Lieutenant Colonel du Régiment
de Condé , pour le porter fur le pont des
-ennemis à Humel ; il l'attaqua & s'en rendit maître.
Mais les ennemis étant revenus par la gauche
du Véfer avec des forces fupérieures & beaucoup
d'Artillerie , il ne put le conferver . Le lendemain
matin , le fieur de Grandmaifon s'étant porté vers
ce pont , il le trouva abandonné ; il le fit
& en fit brifer les pontons.
trompre
Auffi- tôt après cette opération , le Prince de Robecq
, Maréchal de Camp , fut détaché avec fa divifion
pour aller à Gottinguen , d'où il a dû envoyer
des Détachemens fur Northeim & Eimbeck.
Le fieur de Cambefort , Commandant d'un
Corps de troupes légères , fe trouvant à Bocholtz
avec la troupe , fut averti qu'un Détachement fort
fupérieur au fien marchoit à lui : il ſe retira ; & ce
Détachement l'ayant fuivi , le fieur de Cambefort
fit volte-face , & l'attaqua avec tant de vivacité
qu'il le mit en déroute , & le pourſuivit jufqu'à
la porte de Coesfeldt. Il a tué ou bleffé dans ce
choc, plus de cinquante hommes aux ennemis ,
& il a fait trente quatre Prifonniers , avec lesquels
il a repris la route de Wefel. Il n'a eu que trois
hommes bleffés & trois autres faits Prifonniers.
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Résumé : De FRANCFORT, le 22 Septembre.
Le 22 septembre, les communications à Francfort étaient perturbées par un corps détaché du Prince Ferdinand à Marburg. Deux compagnies du Régiment de Cavalerie de Rougrave furent attaquées et capturées à Butzbach. Le Maréchal de Broglie, informé de la progression des ennemis, envoya un corps commandé par le Comte de Stainville et le Marquis d'Aubigni pour couper leur retraite. Ce corps, composé de diverses brigades d'infanterie et de cavalerie, arriva à Marienhagen et captura trente prisonniers ennemis. Le Comte de Stainville apprit que les ennemis, dirigés par les Généraux de Bulow et de Ferien, se retiraient vers Franckenberg après avoir échoué à prendre le Château de Marburg. Il les attaqua près de Radern, où les dragons et la cavalerie de la Légion Royale repoussèrent la cavalerie ennemie. Les ennemis furent repoussés jusqu'à Hallenberg. Le combat intense se termina à la nuit tombée, avec près de 400 prisonniers et plusieurs pièces de canon capturées par les Français. Par la suite, le Maréchal de Broglie décida d'attaquer le camp du Général Vangenheim. Les troupes françaises, dirigées par le Comte de Luface, marchèrent en quatre colonnes vers Dransfeld. Les ennemis levèrent leur camp et se retirèrent dans un bois. Les grenadiers saxons prirent deux pièces de canon, et le pont des ennemis à Humel fut brièvement conquis avant d'être abandonné. Le Prince de Robecq fut envoyé à Gottinguen avec sa division, tandis que le Sieur de Cambefort, commandant des troupes légères, mit en déroute un détachement ennemi près de Coesfeldt, capturant trente-quatre prisonniers.
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10324
p. 213-214
De CASSEL, le 17 Septembre.
Début :
L'Armée a quitté le 13 de ce mois, le Camp d'Immenhausen, & elle est venue [...]
Mots clefs :
Armée, Camp, Réserve, Chevalier, Prince, Lieutenant, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CASSEL, le 17 Septembre.
De CASSEL, le 17 Septembre.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
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Résumé : De CASSEL, le 17 Septembre.
Le 17 septembre, l'armée a quitté Immenhausen le 13 septembre pour camper près de Cassel. La réserve, dirigée par le Chevalier de Muy, est à gauche. Le Prince de Croy est le long de la basse Fulde et de la basse-Verra. Le Prince de Robecq est à Landverhagen et Sandershaufen. Le Comte de Chabot occupe Breitenbach. La troupe du Comte de Luface est entre Friedland et Vitzenhaufen.
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10325
p. 214
MORT.
Début :
Antoine Nicolas, Marquis de Choiseul Beaupré, Capitaine de Vaisseaux du Roi, [...]
Mots clefs :
Marquis, Capitaine de vaisseau, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
Antoine Nicolas , Marquis de Choifeul Beaupré
, Capitaine de Vaiffeaux du Roi , eft morrà
Rennes , le 19 du mois dernier , agé de quarantequatre
ans.
Antoine Nicolas , Marquis de Choifeul Beaupré
, Capitaine de Vaiffeaux du Roi , eft morrà
Rennes , le 19 du mois dernier , agé de quarantequatre
ans.
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10326
p. 214-215
TANCREDE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES, PAR M. DE VOLTAIRE. Représentée, pour la premiere fois, par les Comédiens François ordinaires du Roi, le 3 Septembre 1760. AVIS AU PUBLIC.
Début :
Cette Piéce, actuellement sous presse avec la Préface, les corrections, additions [...]
Mots clefs :
Pièce, Voltaire, Estampes, Édition, Auteur, Impression
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TANCREDE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES, PAR M. DE VOLTAIRE. Représentée, pour la premiere fois, par les Comédiens François ordinaires du Roi, le 3 Septembre 1760. AVIS AU PUBLIC.
TANCREDE ,
TRAGEDIE EN CINQ ACTES.
Par M. DE VOLTAIRE.
Repréfentée , pour la premiere fois , par les Comédiens
François ordinaires du Roi , te 3
Septembre 1760.
AVIS AU PUBLIC.
Cette Piéce , actuellement fous preſſe avec la
Préface , les corrections , additions & changemens
de M. de Voltaire , va paroître incellamment
; elle fera ornée du Portrait de l'Auteur , &
d'Estampes repréfentant les fituations les plus intéreffantes
de cette Tragédie . Le prix fera le
même que celui ordinaire des Piéces de Théâtre.
On croit devoir avertir le Public de fe donner de
garde d'acheter aucune édition de cette Piéce imprimée
furtivement , & conféquemment pleine de
fautes. On reconnoîtra la bonne édition à ces
mêmes corrections , additions & gravûres , qui
eft la feule avouée de l'Auteur : Elle le vendra
à Paris chez Prault , petit-fils , Libraire , Quái
des Auguftins , la deuxième boutique au - deflus
de la rue Gît-le -coeur , à l'immortalité . Avec
Permiflion.
OCTOBRE. 1760. 215
Madame Helvetius eft accouchée le de
de mois , d'une fille qui a été baptifée à S. Roch.
Elle a eu pour Parrain M. le Duc de Choifeul ,
& pour Marraine , Madame la Duchelle de Grammont
, & a été nommée Béatrix -Henriette .
TRAGEDIE EN CINQ ACTES.
Par M. DE VOLTAIRE.
Repréfentée , pour la premiere fois , par les Comédiens
François ordinaires du Roi , te 3
Septembre 1760.
AVIS AU PUBLIC.
Cette Piéce , actuellement fous preſſe avec la
Préface , les corrections , additions & changemens
de M. de Voltaire , va paroître incellamment
; elle fera ornée du Portrait de l'Auteur , &
d'Estampes repréfentant les fituations les plus intéreffantes
de cette Tragédie . Le prix fera le
même que celui ordinaire des Piéces de Théâtre.
On croit devoir avertir le Public de fe donner de
garde d'acheter aucune édition de cette Piéce imprimée
furtivement , & conféquemment pleine de
fautes. On reconnoîtra la bonne édition à ces
mêmes corrections , additions & gravûres , qui
eft la feule avouée de l'Auteur : Elle le vendra
à Paris chez Prault , petit-fils , Libraire , Quái
des Auguftins , la deuxième boutique au - deflus
de la rue Gît-le -coeur , à l'immortalité . Avec
Permiflion.
OCTOBRE. 1760. 215
Madame Helvetius eft accouchée le de
de mois , d'une fille qui a été baptifée à S. Roch.
Elle a eu pour Parrain M. le Duc de Choifeul ,
& pour Marraine , Madame la Duchelle de Grammont
, & a été nommée Béatrix -Henriette .
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Résumé : TANCREDE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES, PAR M. DE VOLTAIRE. Représentée, pour la premiere fois, par les Comédiens François ordinaires du Roi, le 3 Septembre 1760. AVIS AU PUBLIC.
Le texte annonce la pièce de théâtre 'Tancrede' de Voltaire, une tragédie en cinq actes représentée pour la première fois par les Comédiens Français le 3 septembre 1760. La pièce est actuellement en cours d'impression avec des corrections, des additions et des changements apportés par Voltaire. L'édition officielle inclura le portrait de l'auteur et des gravures des scènes les plus marquantes. Le prix sera identique à celui des pièces de théâtre ordinaires. Le public est mis en garde contre les éditions pirates, qui contiennent des fautes. La bonne édition se distinguera par ses corrections, additions et gravures et sera disponible à Paris chez Prault, petit-fils, libraire au quai des Augustins. Par ailleurs, Madame Helvetius a accouché le 20 octobre 1760 d'une fille, Béatrix-Henriette, baptisée à Saint-Roch. Les parrain et marraine sont respectivement le Duc de Choiseul et la Duchesse de Grammont.
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10327
p. 215
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second Volume du Mercure du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu ,par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Volume du Mercure du mois d'Octobre
1760 , & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion . A Paris , ce 14 Octobre 1760.
GUIROY.
J'ai lu ,par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond Volume du Mercure du mois d'Octobre
1760 , & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion . A Paris , ce 14 Octobre 1760.
GUIROY.
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10328
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Pieces Fugitives en Vers et en Prose. ARTICLE PREMIER. Ode. Sur la mort de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE .
ARTICLE PREMIER.
ODE. Sur la mortde mon pére.
Rondeau , à M. l'Intendant de L .... &c.
Epître à M. D ** * C * * * * &c.
Page s
II
32
Bouquet , à Meffire Jean - Paul de Relongue , Chevalier
, Seigneur de la Louptiere &c.
Stances , à M. de la Louptiere & c.
Epître , à Madame de P ......
43
1,8
35
Couplets d'une Demoiſelle à fon pére &c. ibid.
Traduction de différens Morceaux de Sénéque. 20
Traduction libre du premier Choeur d'OEdipe . 28
Ode Anacréontique.
Autre Ode.
Lettre de l'Auteur du Mercure .
Scène.VII . & VIII, de la Tragédie du Duc
31
32
ibid.
de Guile, ou du Mallacre de Blois, &c.33 &fuiv.
216 MERCURE DE FRANCE:
Epître à M. de Voltaire , fur la Comédie de
l'Ecoffoife.
Fable.
Ellai fur cette queſtion & c.
Enigmes.
Logogryphe.
Chanfon.
41
45
47
77
78
29
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Effai fur l'Education d'un Prince & c. 80
Hiftoire de la Maifon de Stuart, par M. Hume. 107
Annonce des Livres nouveaux. 126 &fuiv.
ART. III, SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
ACADÉMIES .
Séance publique de l'Académie des Sciences ,
Belles - Lettres , & Arts de Lyon .
Séance publique de l'Académie des Sciences ,
& Belles-Lettres de Beziers.
Séance publique de l'Académie Royale des
Belles-Lettres de la Rochelle.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
PEINTURE.
132
143
&
147
Concours au fujet de l'expreffion d'uneTête. 149
ART. V. SPECTACLES.
Opéra .
Comédie Françoife.
Opéra-Comique.
Comédie Italienne.
160
176
ibid.
178
ART. VI . Nouvelles Politiques. 179
Tancréde , Tragédie en cinq Actes , par M. de
Voltaire. 214
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE .
ARTICLE PREMIER.
ODE. Sur la mortde mon pére.
Rondeau , à M. l'Intendant de L .... &c.
Epître à M. D ** * C * * * * &c.
Page s
II
32
Bouquet , à Meffire Jean - Paul de Relongue , Chevalier
, Seigneur de la Louptiere &c.
Stances , à M. de la Louptiere & c.
Epître , à Madame de P ......
43
1,8
35
Couplets d'une Demoiſelle à fon pére &c. ibid.
Traduction de différens Morceaux de Sénéque. 20
Traduction libre du premier Choeur d'OEdipe . 28
Ode Anacréontique.
Autre Ode.
Lettre de l'Auteur du Mercure .
Scène.VII . & VIII, de la Tragédie du Duc
31
32
ibid.
de Guile, ou du Mallacre de Blois, &c.33 &fuiv.
216 MERCURE DE FRANCE:
Epître à M. de Voltaire , fur la Comédie de
l'Ecoffoife.
Fable.
Ellai fur cette queſtion & c.
Enigmes.
Logogryphe.
Chanfon.
41
45
47
77
78
29
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Effai fur l'Education d'un Prince & c. 80
Hiftoire de la Maifon de Stuart, par M. Hume. 107
Annonce des Livres nouveaux. 126 &fuiv.
ART. III, SCIENCES ET BELLES-LETTRES.
ACADÉMIES .
Séance publique de l'Académie des Sciences ,
Belles - Lettres , & Arts de Lyon .
Séance publique de l'Académie des Sciences ,
& Belles-Lettres de Beziers.
Séance publique de l'Académie Royale des
Belles-Lettres de la Rochelle.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
PEINTURE.
132
143
&
147
Concours au fujet de l'expreffion d'uneTête. 149
ART. V. SPECTACLES.
Opéra .
Comédie Françoife.
Opéra-Comique.
Comédie Italienne.
160
176
ibid.
178
ART. VI . Nouvelles Politiques. 179
Tancréde , Tragédie en cinq Actes , par M. de
Voltaire. 214
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication divisée en six sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des poèmes, des traductions, et des épîtres adressées à des personnalités. On y trouve notamment une 'Ode sur la mort de mon père', un 'Rondeau' dédié à l'Intendant de L..., des traductions de Sénèque, et des extraits de tragédies comme 'Le Duc de Guise'. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient un essai sur l'éducation d'un prince, une histoire de la maison de Stuart par M. Hume, et des annonces de nouveaux livres. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', relate des séances publiques de diverses académies à Lyon, Béziers, et La Rochelle. La quatrième section, 'Beaux-Arts', mentionne un concours sur l'expression d'une tête. La cinquième section, 'Spectacles', liste les représentations à l'Opéra, à la Comédie Française, à l'Opéra-Comique, et à la Comédie Italienne. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles politiques', annonce la tragédie 'Tancrède' en cinq actes par M. de Voltaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10329
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
Jue & vis-à-vis la Comédie Françoife .
Jue & vis-à-vis la Comédie Françoife .
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10330
p. 74-80
EFFETS de l'air sur le corps humain, considérés dans le son, ou Discours sur la nature du Chant. EXTRAIT.
Début :
Cet Ouvrage paroît être de la même main qui nous a donné le recueil de Lettres [...]
Mots clefs :
Air, Corps humain, Chant, Son, Musique, Italiens, Sons, Âme, Langue, Goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EFFETS de l'air sur le corps humain, considérés dans le son, ou Discours sur la nature du Chant. EXTRAIT.
EFFETS de l'air fur le corps humain ;
confidérés dans le fon , ou Difcours
fur la nature du Chant.
СЕТ
EXTRA I T.
ET Ouvrage paroît être de la même
main qui nous a donné le recueil de Lettres
que je viens d'annoncer. Au Frontifpice,
eft une Eftampe agréable , qui repréfente
Orphée fur le mont Hoémus. L'explication
eft une Traduction de la deuxiéme
Ode d'Horace par le P. Sanadon
fuivie d'un Envoi à Julie , auffi digne
peut- être de la célébrité que la fameufe
Julie Dangennes , la Muſe de l'Hôtel de
Rambouillet . Cet envoi mérite d'être
rapporté , le voici.
ود
» Vous qui difpofez du bonheur de
» mes jours , vous qui embelliffez la Na-
» ture , combien de fois ne m'avez- vous
point fait éprouver le charme que je
» célébre ! Tantôt par la gaîté & la légé-
» reté de votre chant , vous faifiez difparoître
les fombres foucis ; & tantôt
» par une douce & tendre mélodie , je me
» trouvois tranfporté dans un état divin .
» Yous me prépariez infenfiblement au
و د
NOVEMBRE. 1760. 75
»
fentiment que vous m'alliez donner.
» L'air que vous animiez des accens de
» votre voix , paroiffoit être agité par les
aîles de l'amour ; & quand impercep-
» tiblement vous aviez éteint un fon , je
» ne fçai quelle harmonie duroit encore,
& fembloit donner naiffance à celui
qui lui fuccédoit. Quelle vérité dans le
goût ! Quelle variété dans le go fier ! Quels
» fons filés & onctueux ! Etoient - ils
» éclatans , étoient - ils adoucis , c'étoit
» toujours les échos de votre âme qui
» venoient modifier la mienne , déter-
» miner fa puiffance , & fe repofer dans
»
رد
» mon coeur & c.
C'eft en peu de mots donner toutes
les modifications du chant , & pour ainfi
dire nous en repréfenter l'image.
Un avertiffement nous inftruit que cet
effai ne contient que le méchaniſme de
l'air fur le corps humain . C'eſt le feul
but de l'Auteur ; il nous dit auffi que fon
intention n'a pas été de répondre à la
lettre de M. Rouffeau fur notre Mufique .
Il nous rappelle avec goût le fentiment
de M. de Voltaire , fur les langues , qui
entr'autres obfervations penfe que le
plus beau de tous les langages doit être
» celui qui eft à la fois le plus complet ,
» le plus fonore , le plus varié dans fes
رد
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
tons , & le plus régulier dans fa marche
; celui qui a le plus de mots com-
• pofés ; celui qui par fa profodié expri-
» me le mieux les mouvemens de l'âme ;
» celui qui reffemble le plus à la Mufique.
Il ajoute » La plus belle Langue
qu'ayent jamais parlé les hommes ,
c'eft la Langue Grecque, parée de l'har-
» monie naturelle.
و د
83
:
J'oferois dire après M. de Voltaire
que parmi les Langues vivantes le Perfan
eft le langage qui réunit le plus ces qualités
éffentielles à la Langue Grecque : il
a furtout une variété d'infléxions à l'infini ,
ce qui doit être très - propre au chant.
Cette efpéce de differtation fur la Muque
eft pleine de goût , de vérité & de
lumiére , on n'en peut donner ici qu'une
légére idée.
L'Auteur nous dit , que la plupart des
plus beaux récitatifs Italiens ont toujours
le même mouvement , & que ce mouvement
eft d'une peſanteur immenſe , ( ce
font fes expreffions. ) Il ne peut ignorer
que ces mêmes Italiens ont auffi le Récitatifobligé
; qu'ils ont des Récitatifs qui
font admirables , & qui font couler des
larmes ; il faut , pourfuit- il , une longue
و ر
habitude , & toute l'autorité du préju-
» gé , pour applaudir à leurs Eunuques .
NOVEMBRE. 1760 . 77
On répondra , que lorfque ces Chanteurs
ont reçu de laNature d'heureux organes, ils
ont la voix extrêmement mélodieufe . Salinbeni,
à Berlin & à Drefde , excitoit , fi .
l'on peut parler ainfi , le raviffement ;
l'âme fembloit être fufpendue avec for
chant. La critique fur nos Chours François
eft auffi jufte qu'ingénieufe. Je ne
fçais pourquoi l'Auteur veut profcrire les
machines de notre Théâtre Lyrique ; il
les appelle un Phénomène des fiécles barbares
, que nous aurións dû abandonner
avec la Comédie de la Paffion . Qu'il ait la
bonté de confidérer que les Opéra François
font d'un autre genre que les Opéra
Italiens ; ces derniers font des Tragédies
chantantes , qui dans leur récitatif nous
donnent quelque foible idée de la mélopée
des Anciens , au lieu que nos Opéra
femblent être confacrés aux prodiges ,
aux féeries : c'eft un plaifir de plus que
nous avons ; & l'Auteur de la Differtation
n'eft pas d'affez mauvaiſe humeur
pour décrier les plaifirs. M. de Fontenelle
n'a-t- il pas dit , que chaque âge avoit fon
hochet ? Il falloit plutôt fe plaindre de la
maladreffe & de l'informe qui régnent
encore dans nos machines : nous fommes
bien peu avancés dans cet amuſement
des yeux. On a obfervé, avec beau
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
coup de goût dans cette Differtation, que
les Bouffons étoient peut- être parmi les
Italiens les Chanteurs qui font le mieux
fentir ce qu'ils chantent. En effet ils ont
des fons particuliers & analogues aux
divers mouvemens de l'âme qu'ils expriment.
Autre obfervation auffi judicieuſe :
nous allons la citer.
»
» Les Anglois ayant trouvé que les
" Italiens chantoient plus légérement
qu'eux , ont crû qu'ils n'avoient pour
les égaler qu'à abandonner leur Mufi-
» que nationale , & prendre celle d'Italie.
Cette judicieufe réfolution fut d'a-
» bord exécutée ; & on voit aujourd'hui ,
» non fans étonnement , le mode Italien
» avec le jargon Anglois. Quel monf-
» trueux affemblage ! Ces doux fons def-
» tinés à exprimer les tendres voyelles
» Italiennes , font forcés de rendre les
» confonnes Angloifes.
Rien de plus vrai ; ne pourrions- nous
pas nous appliquer cette critique fi fenfée
? Les Italiens doivent trouver que notre
langue avec toutes fes infléxions
muettes , eft difcordante avec leur Mufique.
Quelle différence pour des notes
muficales , entre les paroles chantées de
la Serva Padrona & de la Servante Maitreffe
!
NOVEMBRE. 1760. 79
'Anecdote affez finguliére : » Hendel ,
» ce fameux Compofiteur Allemand , dont
» le talent faifoit la plaifante vanité des
Anglois , a été chercher fa belle mufette
» dans les montagnes d'Ecoffe , comme
» pour lear dire qu'il ne falloit jamais défefpérer
de la Patrie.
ود
L'Auteur traite Lully de monotone
on oferoit demander fi la langue du ſentiment
peut avoir beaucoup de variation ?
Lully eft le Racine de notre Mufique .
On fe plaint avec raiſon , dans cet éffai, que
plus de huit cens Auteurs ont écrit fur la
Mufique , & à force de calculs en ont fait
une fcience abftraite . On répond avec folidité
aux perfonnes qui répétent , qu'il eft
ridicule de mourir en chantant . On finit par
cette obſervation lumineuſe : » La colere,
» ce mouvement violent , cette exploſion
fubite & momentanée du fang , eft ren-
» due à notre imagination par le fon lent
» & traînant de deux fyllabes longues ,
» tandis qu'on n'en employe qu'une pour
»
» nous donner l'idée du charme.
La même faute exifte néceffairement
dans notre Poëfie. Si les premiers hommes
qui ont formé des fons euffent été
un peuple de Philofophes , nous aurions
des expreffions , fideles organes des mouvemens
de l'âme ; & tous les jours il nous
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
échappe des mots , qui ne font
faux fignes de la penſée.
que
de
Cette
differtation
mérite
d'être
lue toute
entiere
. Il eft fâcheux
que
l'Auteur
ne ſe
foit
pas
étendu
davantage
: il fait
toujours
marcher
la Phyſique
à côté
du raifonnement
. Cet
ouvrage
eft enrichi
de Notes
excellentes
; entr'autres
il invite
les Compofiteurs
à retrancher
l'e muet
. Je crois
que
les Poëtes
lyriques
, indépendamment
de la variété
plus
marquée
qu'ils
devroient
employer
dans
le rithme
de la verfification
, pourroient
auffi
fe défendre
les vers
féminins
, & ne
fe fervir
que
des
maſculins
cette
attention
épargneroit
aux
oreilles
délicates
le dégoût
infupportable
que
lui
caufent
ces
fons
muets
&
mores
, la partie
honteufe
de notre
Mufique
vocale
. Cet
éffai
, un
des
meilleurs
écrits
qui
ayent
paru
fur
cette
matiére
,
porte
le nom
d'Amfterdam
pour
infcription
, & fe vend
chez
Lambert
& chez
Duchefne
. Il fait
fouhaiter
que
fon
Auteur
faffe
de nouveaux
pas
dans
la carrière
littéraire
.
confidérés dans le fon , ou Difcours
fur la nature du Chant.
СЕТ
EXTRA I T.
ET Ouvrage paroît être de la même
main qui nous a donné le recueil de Lettres
que je viens d'annoncer. Au Frontifpice,
eft une Eftampe agréable , qui repréfente
Orphée fur le mont Hoémus. L'explication
eft une Traduction de la deuxiéme
Ode d'Horace par le P. Sanadon
fuivie d'un Envoi à Julie , auffi digne
peut- être de la célébrité que la fameufe
Julie Dangennes , la Muſe de l'Hôtel de
Rambouillet . Cet envoi mérite d'être
rapporté , le voici.
ود
» Vous qui difpofez du bonheur de
» mes jours , vous qui embelliffez la Na-
» ture , combien de fois ne m'avez- vous
point fait éprouver le charme que je
» célébre ! Tantôt par la gaîté & la légé-
» reté de votre chant , vous faifiez difparoître
les fombres foucis ; & tantôt
» par une douce & tendre mélodie , je me
» trouvois tranfporté dans un état divin .
» Yous me prépariez infenfiblement au
و د
NOVEMBRE. 1760. 75
»
fentiment que vous m'alliez donner.
» L'air que vous animiez des accens de
» votre voix , paroiffoit être agité par les
aîles de l'amour ; & quand impercep-
» tiblement vous aviez éteint un fon , je
» ne fçai quelle harmonie duroit encore,
& fembloit donner naiffance à celui
qui lui fuccédoit. Quelle vérité dans le
goût ! Quelle variété dans le go fier ! Quels
» fons filés & onctueux ! Etoient - ils
» éclatans , étoient - ils adoucis , c'étoit
» toujours les échos de votre âme qui
» venoient modifier la mienne , déter-
» miner fa puiffance , & fe repofer dans
»
رد
» mon coeur & c.
C'eft en peu de mots donner toutes
les modifications du chant , & pour ainfi
dire nous en repréfenter l'image.
Un avertiffement nous inftruit que cet
effai ne contient que le méchaniſme de
l'air fur le corps humain . C'eſt le feul
but de l'Auteur ; il nous dit auffi que fon
intention n'a pas été de répondre à la
lettre de M. Rouffeau fur notre Mufique .
Il nous rappelle avec goût le fentiment
de M. de Voltaire , fur les langues , qui
entr'autres obfervations penfe que le
plus beau de tous les langages doit être
» celui qui eft à la fois le plus complet ,
» le plus fonore , le plus varié dans fes
رد
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
tons , & le plus régulier dans fa marche
; celui qui a le plus de mots com-
• pofés ; celui qui par fa profodié expri-
» me le mieux les mouvemens de l'âme ;
» celui qui reffemble le plus à la Mufique.
Il ajoute » La plus belle Langue
qu'ayent jamais parlé les hommes ,
c'eft la Langue Grecque, parée de l'har-
» monie naturelle.
و د
83
:
J'oferois dire après M. de Voltaire
que parmi les Langues vivantes le Perfan
eft le langage qui réunit le plus ces qualités
éffentielles à la Langue Grecque : il
a furtout une variété d'infléxions à l'infini ,
ce qui doit être très - propre au chant.
Cette efpéce de differtation fur la Muque
eft pleine de goût , de vérité & de
lumiére , on n'en peut donner ici qu'une
légére idée.
L'Auteur nous dit , que la plupart des
plus beaux récitatifs Italiens ont toujours
le même mouvement , & que ce mouvement
eft d'une peſanteur immenſe , ( ce
font fes expreffions. ) Il ne peut ignorer
que ces mêmes Italiens ont auffi le Récitatifobligé
; qu'ils ont des Récitatifs qui
font admirables , & qui font couler des
larmes ; il faut , pourfuit- il , une longue
و ر
habitude , & toute l'autorité du préju-
» gé , pour applaudir à leurs Eunuques .
NOVEMBRE. 1760 . 77
On répondra , que lorfque ces Chanteurs
ont reçu de laNature d'heureux organes, ils
ont la voix extrêmement mélodieufe . Salinbeni,
à Berlin & à Drefde , excitoit , fi .
l'on peut parler ainfi , le raviffement ;
l'âme fembloit être fufpendue avec for
chant. La critique fur nos Chours François
eft auffi jufte qu'ingénieufe. Je ne
fçais pourquoi l'Auteur veut profcrire les
machines de notre Théâtre Lyrique ; il
les appelle un Phénomène des fiécles barbares
, que nous aurións dû abandonner
avec la Comédie de la Paffion . Qu'il ait la
bonté de confidérer que les Opéra François
font d'un autre genre que les Opéra
Italiens ; ces derniers font des Tragédies
chantantes , qui dans leur récitatif nous
donnent quelque foible idée de la mélopée
des Anciens , au lieu que nos Opéra
femblent être confacrés aux prodiges ,
aux féeries : c'eft un plaifir de plus que
nous avons ; & l'Auteur de la Differtation
n'eft pas d'affez mauvaiſe humeur
pour décrier les plaifirs. M. de Fontenelle
n'a-t- il pas dit , que chaque âge avoit fon
hochet ? Il falloit plutôt fe plaindre de la
maladreffe & de l'informe qui régnent
encore dans nos machines : nous fommes
bien peu avancés dans cet amuſement
des yeux. On a obfervé, avec beau
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
coup de goût dans cette Differtation, que
les Bouffons étoient peut- être parmi les
Italiens les Chanteurs qui font le mieux
fentir ce qu'ils chantent. En effet ils ont
des fons particuliers & analogues aux
divers mouvemens de l'âme qu'ils expriment.
Autre obfervation auffi judicieuſe :
nous allons la citer.
»
» Les Anglois ayant trouvé que les
" Italiens chantoient plus légérement
qu'eux , ont crû qu'ils n'avoient pour
les égaler qu'à abandonner leur Mufi-
» que nationale , & prendre celle d'Italie.
Cette judicieufe réfolution fut d'a-
» bord exécutée ; & on voit aujourd'hui ,
» non fans étonnement , le mode Italien
» avec le jargon Anglois. Quel monf-
» trueux affemblage ! Ces doux fons def-
» tinés à exprimer les tendres voyelles
» Italiennes , font forcés de rendre les
» confonnes Angloifes.
Rien de plus vrai ; ne pourrions- nous
pas nous appliquer cette critique fi fenfée
? Les Italiens doivent trouver que notre
langue avec toutes fes infléxions
muettes , eft difcordante avec leur Mufique.
Quelle différence pour des notes
muficales , entre les paroles chantées de
la Serva Padrona & de la Servante Maitreffe
!
NOVEMBRE. 1760. 79
'Anecdote affez finguliére : » Hendel ,
» ce fameux Compofiteur Allemand , dont
» le talent faifoit la plaifante vanité des
Anglois , a été chercher fa belle mufette
» dans les montagnes d'Ecoffe , comme
» pour lear dire qu'il ne falloit jamais défefpérer
de la Patrie.
ود
L'Auteur traite Lully de monotone
on oferoit demander fi la langue du ſentiment
peut avoir beaucoup de variation ?
Lully eft le Racine de notre Mufique .
On fe plaint avec raiſon , dans cet éffai, que
plus de huit cens Auteurs ont écrit fur la
Mufique , & à force de calculs en ont fait
une fcience abftraite . On répond avec folidité
aux perfonnes qui répétent , qu'il eft
ridicule de mourir en chantant . On finit par
cette obſervation lumineuſe : » La colere,
» ce mouvement violent , cette exploſion
fubite & momentanée du fang , eft ren-
» due à notre imagination par le fon lent
» & traînant de deux fyllabes longues ,
» tandis qu'on n'en employe qu'une pour
»
» nous donner l'idée du charme.
La même faute exifte néceffairement
dans notre Poëfie. Si les premiers hommes
qui ont formé des fons euffent été
un peuple de Philofophes , nous aurions
des expreffions , fideles organes des mouvemens
de l'âme ; & tous les jours il nous
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
échappe des mots , qui ne font
faux fignes de la penſée.
que
de
Cette
differtation
mérite
d'être
lue toute
entiere
. Il eft fâcheux
que
l'Auteur
ne ſe
foit
pas
étendu
davantage
: il fait
toujours
marcher
la Phyſique
à côté
du raifonnement
. Cet
ouvrage
eft enrichi
de Notes
excellentes
; entr'autres
il invite
les Compofiteurs
à retrancher
l'e muet
. Je crois
que
les Poëtes
lyriques
, indépendamment
de la variété
plus
marquée
qu'ils
devroient
employer
dans
le rithme
de la verfification
, pourroient
auffi
fe défendre
les vers
féminins
, & ne
fe fervir
que
des
maſculins
cette
attention
épargneroit
aux
oreilles
délicates
le dégoût
infupportable
que
lui
caufent
ces
fons
muets
&
mores
, la partie
honteufe
de notre
Mufique
vocale
. Cet
éffai
, un
des
meilleurs
écrits
qui
ayent
paru
fur
cette
matiére
,
porte
le nom
d'Amfterdam
pour
infcription
, & fe vend
chez
Lambert
& chez
Duchefne
. Il fait
fouhaiter
que
fon
Auteur
faffe
de nouveaux
pas
dans
la carrière
littéraire
.
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Résumé : EFFETS de l'air sur le corps humain, considérés dans le son, ou Discours sur la nature du Chant. EXTRAIT.
L'ouvrage examine les effets de l'air sur le corps humain et la nature du chant, illustré par une estampe d'Orphée et une traduction de la deuxième Ode d'Horace. L'auteur ne répond pas à une lettre de M. Rousseau sur la musique, mais se concentre sur le mécanisme de l'air sur le corps humain. Il cite M. de Voltaire sur la beauté de la langue grecque et reconnaît ces qualités dans le persan. Le texte critique les récitatifs italiens, jugés monotones, tout en admirant certains chanteurs italiens. Il déplore l'utilisation excessive de machines dans le théâtre lyrique français, soulignant les différences entre les opéras français et italiens. L'auteur apprécie les bouffons italiens pour leur capacité à exprimer les émotions et critique les Anglais pour leur adoption dissonante de la musique italienne. Le texte aborde divers aspects de la musique et de la poésie, incluant une anecdote sur Haendel et une critique de Lully pour sa monotonie. Il réfute l'idée que mourir en chantant soit ridicule et souligne les erreurs dans la représentation musicale des émotions. L'auteur regrette l'excès de calculs dans la musique et propose des améliorations pour les compositeurs et poètes lyriques. L'essai, publié à Amsterdam, est considéré comme l'un des meilleurs sur le sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10331
p. 183-188
De VIENNE, le 10 Octobre.
Début :
La nouvelle Archiduchesse étant arrivée le 13 du mois dernier [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Comte, Ministre plénipotentiaire, Duc, Cour, Déplacements, Mondanités, Bal, Repas, Princesse, Chevalier, Décorations, Magnificence, Évêque, Bourgeoises, Château, Majestés impériales, Archiduc, Concert, Carosse, Arc de triomphe, Bénédiction, Église, Symphonie, Célébrations, Constantinople, Rébellion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 10 Octobre.
De VIENNE ,le 10 Oftobre.
A nouvelle Archiducheffe étant arrivée le
13 du mois dernier à midi à Cafal- Maggiore ,
fut remife par le Comte de Saint Vital , Grand-
Maître , & Miniftre Plénipotentiaire de l'Infant
Duc de Parme , de Plaiſance & de Guaftalle , entre
les mains du Prince de Lichtenſtein , chargé
de la recevoir au nom de Leurs Majestés Impériales
, & de l'accompagner jufqu'à Vienne. La
Cour qui l'avoit fuivie de Parme , prit alors publiquement
congé d'elle en lui baifant la main , &
fa nouvelle Cour lui fut préfentée , & eut le même.
honneur . La Princeffe , après avoir auffi donné
fa main à baifer à un grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui étoient venues de divers endroits
pour la complimenter , dîna en public fous
le dais. Elle fe rendit le foir à la falle que les Etats
de Milan avoient fait préparer. On y exécuta un
Concert dans lequel plufieurs excellentes voix fe
firent entendre. La Ville fut illuminée cette nuit ,
ainfi que la fuivante ..
L'Archiducheffe partit le 15 au matin de Caſal-
Maggiore pour le rendre à Mantoue. Elle y arriva
vers une heure, après midi , au bruit d'une
triple décharge de l'artillerie . Une double haie
de troupes bordoit les rues depuis la porte de la
Ville jufqu'au Château , où elle defcendit . Après
184 MERCURE DE FRANCE.
avoir pris quelques momens de repos , elle donna
fa main à baifer à une grande quantité de No.
bleffe du Milanois. Elle dîna enfuite en public ,
& le foir Elle affifta à un Concert qui fut exécuté
au Théâtre du Château ; après quoi Elle ſe rendit
au Bal où Elle retta quelque temps. Le lendemain
16 , Elle féjourna dans la même Ville , Elle parcourut
en caroffe les principales rues. Elle parur
très -fatisfaite de leur décoration . Le Duc de Modène
, qui fe trouva à Montignano , eut l'honneur
de la complimenter.
Le 17 , la Princefle continua fa route. A fon
arrivée à Rovera -Bella dans les Etats de Venife
qu'elle devoit traverfer , Elle fut reçue & compli
mentée au nom de la République par le Chevalier
Contarini , Commandant de Vérone , accompagné
de vingt -quatre Nobles . Deux détachemens de
Cavalerie des Troupes Vénitiennes fe joignirent à
fon escorte . On avoit conftruit à Caftel - Nuovo ,
où la Princeffe devoit dîner , un Bâtiment , dont
l'intérieur étoit magnifiquement décoré en glaces ,
en cryftaux & en tapis. Ce fut là que l'Archiduchelle
defcendit. Elle y dina en public . Il y eur
enfuite onze tables fervies magnifiquement , par
ordre de la République , pour la Cour de l'Archiduchelle
& pour la Nobleffe qui fe trouvoit à
Caftel-Nuovo. Au départ de la Princeffe , le Chevalier
Contarinila pria , au nom de la République ,
d'accepter les glaces , les cryftaux & les tapis qui
avoient fervi d'ameublement à la falle où Elle
avoit dîné. Le Chevalier Contarini ſe trouva encore
avec la même députation au pont d'Etích , où l'on
devoit fortir des Etats de Venife , & il y prit congé
de l'Archiducheffe , qui lui témoigna la plus gran
de fatisfaction des attentions de la République , &
de la magnificence avec laquelle elle avoit été
reçue.
NOVEMBRE. 1760.
185
On arriva le même ſoir à Ala ; la Princeffe y
fut complimentée au nom de l'Evêque de Trente.
Elle en partit le 19 , & Elle a continué fa marche
par Trente , Bolzano , Brixen , & par la Carinthie.
Elle a trouvé dans toutes les Villes de fa route
des Troupes & des Compagnies bourgeoifes fous
les armes , & l'on s'eft empreffé partout à lui témoigner
par des fêtes la joie de fon augufte union
avec l'Archiduc Jofeph. Cette Princefle arriva enfin
le i de ce mois au matin à Laxembourg où Elle
dîna . Elle partit enfuite pour le Château de Belvedere
, où Elle refta jufqu'au 6 , jour de la célébration
de fon mariage.
Le 2 , Leurs Majeftés Impériales , accompagnées
de l'Archiduc Jofeph , des deux Archiducheffes
aînées , du Prince Charles & de la Princelle
Charlotte de Lorraine , fe rendirent vers le midi
au Belvedere , pour faire la premiere vifite à l'Archiduchelle
; Elles dinèrent enfuite en particulier
avec cette Princeffe que le refte de la Famille Impériale
vint complimenter l'après - midi. Il y eut le
foir dans la Galerie un magnifique Concert , dans
lequel plufieurs Muficiens dú premier ordre , appellés
de divers endroits de l'Europe , firent connoître
leurs talens . Les Ambaffadeurs & Miniftres
Etrangers , les Confeillers d'Etat & les Principaux
Officiers de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales
, furent préfentés le même foir à l'Archiducheffe
& eurent l'honneur de lui baiſer la main . Le
lendemain , il y eut encore concert au Belvedere.
Le 4 , jour de la fête de l'Empereur , la Cour
fut en Gala , & Sa Majefte Impériale reçut les
complimens accoutumés. La nouvelle garde des
Nobles Hongrois , qui étoit arrivée le 2 de Pref
bourg, fe rendit fur la place du Palais , & après
avoir fait le maniement des armes & plufieurs
186 MERCURE DE FRANCE.
évolutions , elle fut admiſe à l'honneur de baifer
la main de l'Empereur..
L'Archiducheffe fit , le 6 , fon entrée publique
dans cette Capitale. Elle partit du Beldevere à
deux heures après- midi. Les Trompettes & les
Timbales des Etats d'Autriche ouvroient la marche.
Après eux , venoient un grand nombre de
Caroffes remplis par diverfes perfonnes de la
Cour ou de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales.
Ils étoient fuivis du Carolle du Grand Ecuyer
où étoient cet Oficier & le Grand- Maître de la
Maifon de l'Archiducheffe . Le Caroffe du Prince
de Lichtenſtein , avec le Cortége nombreux qui
Favoit accompagné dans fon Ambaffade , marchoic
enfuite & précédoit le Caroffe de l'Archiducheffe ,
dans lequel étoit la Comteffe d'Erdodi , Grand-
Maîtrelle de fa Maiſon . Ce Caroffe étoit fuivi par
fix Pages à cheval , par plufieurs Sous- Ecuyers ,
par un détachement des Gardes-du-Corps , par la
garde des Nobles Hongrois , & par quelques au
tres Caroffes dans lefquels étoient plufieurs perfonnes
de la Cour. La Marche étoit fermée par un
détachement du Régiment des Dragons de l'Archiduc
Jofeph.
On avoit élevé plufieurs Arcs-de-triomphe en
divers quartiers de la Ville qui étoient décorés
avec goût & magnificence. Les rues étoient bordées
par la Bourgeoifie qui étoit fous les armes , &
vêtue de beaux uniformes.
On fe rendit dans cet ordre à l'Eglife des Auguftins-
Déchauffés , où l'Archiducheffe artiva vers
les cinq heures du foir. Leurs Majeftés Impériales
vinrent la recevoir à l'entrée de l'Eglife , & l'Arehiduc
Jofeph lui donna la main lorfqu'elle defcendit
de fon Caroffe. La Princeffe , après avoir
reçu ainfi que l'Archiduc, la bénédiction du Nonce
& l'eau benite que ce Prince leur préſenta , fut
NOVEMBRE. 1760. 187
conduite par l'Impératrice dans une Chapelle par
ticuliere pendant qu'on chantoit quelques Prieres,
après lefquelles Leurs Majeftés Impériales , précé
dées du Nonce & du Clergé , fe rendirent dans le
Choeur. Leurs Majeftés Impériales fe placèrent
fous le dais du côté de l'Evangile. L'Archiduc &
P'Archiducheffe , vêtus de drap d'argent , fe placerent
en face du Grand - Autel . Après quelques
Prieres , le Nonce leur donna la Bénédiction Nuptiale
;
il entonna le Te Deum qui fut chanté par la
Mufique de la Cour. Leurs Majeftés Impériales
fortirent de l'Eglife , & Elles rentrèrent au Palais
avec toute la Famille Impériale par la Galerie
qui conduit de ce Palais à l'Eglife. L'Archiducheffe
prit enfuite quelque repos , après quoi , Elle donna
fa main à baifer à plufieurs Miniftres & Confeillers
d'Etat , aux Généraux , & aux perfonnes de la
haute Nobleffe , qui n'avoient pas encore reçu cer
honneur.
A huit heures du foir ,. Leurs Majeftés Timpé
riales , les nouveaux Epoux , les Archiducs Charles
& Léopold , les quatre Archiducheffes aînées ,
le Prince Charles & la Princeffe Charlotte de Lorraine
, fe rendirent à la falle du feftin. Cette falle
avoit été décorée par le Chevalier Servandoni ş
elle étoit éclairée par un très- grand nombre de
luftres & de Girandoles de cryftal ; celles des
quatre coins avoient vingt cinq pieds de hauteurs ,
portées par des groupes d'Amours. Le dais étoit
d'une forme nouvelle , & décoré par le même Artifte
de figures fymboliques en fculpture . La Cour :
entra dans cette falle au bruit des fanfares . L'Empereur
& l'impératrice fe placerent fous le dais ,
& l'Archiducheffe à droite , entre l'Empereur &
F'Archiduc. La table fut fervie en vailfelle d'or
nouvellement faite , & d'un travail exquis. Une
nombreuſe troupe de Muficiens exécura , pendant
188 MERCURE DE FRANCE.
le repas , des fymphonies & des morceaux de mu
fique vocale , analogues à l'objet de la Fête. La
falle étoit remplie d'une foule de Spectateus placés
fur un amphithéâtre & fur une tribune , & l'on
donna au Peuple la permiffion d'y entrer fucceffivement.
Le feftin Impérial étant fini , Leurs
Majeftés retournerent dans leurs appartemens ,
& la Princeffe fut conduite dans celui qui lui étoit
deftiné. Il y eut pendant la nuit une illumination
générale.
On célébra le lendemain , dans l'Eglife des Auguftins
, une Meffe en inufique pour la prospérité
des nouveaux Epoux. L'Archevêque de Vienne
officia , & toure la Cour y affifta. Leurs Majeftés
Impériales dînerent enfuite en public , & le
foir on exécuta , for le Théâtre de la Cour , un
nouvel Opéra , intitulé Alcide al Bivio , piéce allégorique
, dont les paroles font de l'Abbé Metaftafio
, & la musique du fieur Haffe . Le Spectacle
fut terminé par un Ballet ingénieux du ſieur
Angiolini.
Selon les nouvelles de Conftantinople , le Pacha
d'Iconium perfifie dans fa rébellion . Il a
évité les différens piéges qu'on lui avoit dreffés ,
& après avoir battu quelques corps de troupes
qu'on avoit envoyés contre lui , il a pris , aur
environs d'Erferom , une pofition avantageuſe ,
qui le met en état de réfifter à des forces trèsfupérieures.
Les mêmes nouvelles portent qu'une
des Sultanes eft enceinte de quatre mois ; ce qui
fait beaucoup de plaifir dans cette Capitale , où
F'on conçoit l'efpérance de voir naître un Succeffeur
à fa Hautelle.
A nouvelle Archiducheffe étant arrivée le
13 du mois dernier à midi à Cafal- Maggiore ,
fut remife par le Comte de Saint Vital , Grand-
Maître , & Miniftre Plénipotentiaire de l'Infant
Duc de Parme , de Plaiſance & de Guaftalle , entre
les mains du Prince de Lichtenſtein , chargé
de la recevoir au nom de Leurs Majestés Impériales
, & de l'accompagner jufqu'à Vienne. La
Cour qui l'avoit fuivie de Parme , prit alors publiquement
congé d'elle en lui baifant la main , &
fa nouvelle Cour lui fut préfentée , & eut le même.
honneur . La Princeffe , après avoir auffi donné
fa main à baifer à un grand nombre de perfonnes
de diftinction , qui étoient venues de divers endroits
pour la complimenter , dîna en public fous
le dais. Elle fe rendit le foir à la falle que les Etats
de Milan avoient fait préparer. On y exécuta un
Concert dans lequel plufieurs excellentes voix fe
firent entendre. La Ville fut illuminée cette nuit ,
ainfi que la fuivante ..
L'Archiducheffe partit le 15 au matin de Caſal-
Maggiore pour le rendre à Mantoue. Elle y arriva
vers une heure, après midi , au bruit d'une
triple décharge de l'artillerie . Une double haie
de troupes bordoit les rues depuis la porte de la
Ville jufqu'au Château , où elle defcendit . Après
184 MERCURE DE FRANCE.
avoir pris quelques momens de repos , elle donna
fa main à baifer à une grande quantité de No.
bleffe du Milanois. Elle dîna enfuite en public ,
& le foir Elle affifta à un Concert qui fut exécuté
au Théâtre du Château ; après quoi Elle ſe rendit
au Bal où Elle retta quelque temps. Le lendemain
16 , Elle féjourna dans la même Ville , Elle parcourut
en caroffe les principales rues. Elle parur
très -fatisfaite de leur décoration . Le Duc de Modène
, qui fe trouva à Montignano , eut l'honneur
de la complimenter.
Le 17 , la Princefle continua fa route. A fon
arrivée à Rovera -Bella dans les Etats de Venife
qu'elle devoit traverfer , Elle fut reçue & compli
mentée au nom de la République par le Chevalier
Contarini , Commandant de Vérone , accompagné
de vingt -quatre Nobles . Deux détachemens de
Cavalerie des Troupes Vénitiennes fe joignirent à
fon escorte . On avoit conftruit à Caftel - Nuovo ,
où la Princeffe devoit dîner , un Bâtiment , dont
l'intérieur étoit magnifiquement décoré en glaces ,
en cryftaux & en tapis. Ce fut là que l'Archiduchelle
defcendit. Elle y dina en public . Il y eur
enfuite onze tables fervies magnifiquement , par
ordre de la République , pour la Cour de l'Archiduchelle
& pour la Nobleffe qui fe trouvoit à
Caftel-Nuovo. Au départ de la Princeffe , le Chevalier
Contarinila pria , au nom de la République ,
d'accepter les glaces , les cryftaux & les tapis qui
avoient fervi d'ameublement à la falle où Elle
avoit dîné. Le Chevalier Contarini ſe trouva encore
avec la même députation au pont d'Etích , où l'on
devoit fortir des Etats de Venife , & il y prit congé
de l'Archiducheffe , qui lui témoigna la plus gran
de fatisfaction des attentions de la République , &
de la magnificence avec laquelle elle avoit été
reçue.
NOVEMBRE. 1760.
185
On arriva le même ſoir à Ala ; la Princeffe y
fut complimentée au nom de l'Evêque de Trente.
Elle en partit le 19 , & Elle a continué fa marche
par Trente , Bolzano , Brixen , & par la Carinthie.
Elle a trouvé dans toutes les Villes de fa route
des Troupes & des Compagnies bourgeoifes fous
les armes , & l'on s'eft empreffé partout à lui témoigner
par des fêtes la joie de fon augufte union
avec l'Archiduc Jofeph. Cette Princefle arriva enfin
le i de ce mois au matin à Laxembourg où Elle
dîna . Elle partit enfuite pour le Château de Belvedere
, où Elle refta jufqu'au 6 , jour de la célébration
de fon mariage.
Le 2 , Leurs Majeftés Impériales , accompagnées
de l'Archiduc Jofeph , des deux Archiducheffes
aînées , du Prince Charles & de la Princelle
Charlotte de Lorraine , fe rendirent vers le midi
au Belvedere , pour faire la premiere vifite à l'Archiduchelle
; Elles dinèrent enfuite en particulier
avec cette Princeffe que le refte de la Famille Impériale
vint complimenter l'après - midi. Il y eut le
foir dans la Galerie un magnifique Concert , dans
lequel plufieurs Muficiens dú premier ordre , appellés
de divers endroits de l'Europe , firent connoître
leurs talens . Les Ambaffadeurs & Miniftres
Etrangers , les Confeillers d'Etat & les Principaux
Officiers de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales
, furent préfentés le même foir à l'Archiducheffe
& eurent l'honneur de lui baiſer la main . Le
lendemain , il y eut encore concert au Belvedere.
Le 4 , jour de la fête de l'Empereur , la Cour
fut en Gala , & Sa Majefte Impériale reçut les
complimens accoutumés. La nouvelle garde des
Nobles Hongrois , qui étoit arrivée le 2 de Pref
bourg, fe rendit fur la place du Palais , & après
avoir fait le maniement des armes & plufieurs
186 MERCURE DE FRANCE.
évolutions , elle fut admiſe à l'honneur de baifer
la main de l'Empereur..
L'Archiducheffe fit , le 6 , fon entrée publique
dans cette Capitale. Elle partit du Beldevere à
deux heures après- midi. Les Trompettes & les
Timbales des Etats d'Autriche ouvroient la marche.
Après eux , venoient un grand nombre de
Caroffes remplis par diverfes perfonnes de la
Cour ou de la Maifon de Leurs Majeftés Impériales.
Ils étoient fuivis du Carolle du Grand Ecuyer
où étoient cet Oficier & le Grand- Maître de la
Maifon de l'Archiducheffe . Le Caroffe du Prince
de Lichtenſtein , avec le Cortége nombreux qui
Favoit accompagné dans fon Ambaffade , marchoic
enfuite & précédoit le Caroffe de l'Archiducheffe ,
dans lequel étoit la Comteffe d'Erdodi , Grand-
Maîtrelle de fa Maiſon . Ce Caroffe étoit fuivi par
fix Pages à cheval , par plufieurs Sous- Ecuyers ,
par un détachement des Gardes-du-Corps , par la
garde des Nobles Hongrois , & par quelques au
tres Caroffes dans lefquels étoient plufieurs perfonnes
de la Cour. La Marche étoit fermée par un
détachement du Régiment des Dragons de l'Archiduc
Jofeph.
On avoit élevé plufieurs Arcs-de-triomphe en
divers quartiers de la Ville qui étoient décorés
avec goût & magnificence. Les rues étoient bordées
par la Bourgeoifie qui étoit fous les armes , &
vêtue de beaux uniformes.
On fe rendit dans cet ordre à l'Eglife des Auguftins-
Déchauffés , où l'Archiducheffe artiva vers
les cinq heures du foir. Leurs Majeftés Impériales
vinrent la recevoir à l'entrée de l'Eglife , & l'Arehiduc
Jofeph lui donna la main lorfqu'elle defcendit
de fon Caroffe. La Princeffe , après avoir
reçu ainfi que l'Archiduc, la bénédiction du Nonce
& l'eau benite que ce Prince leur préſenta , fut
NOVEMBRE. 1760. 187
conduite par l'Impératrice dans une Chapelle par
ticuliere pendant qu'on chantoit quelques Prieres,
après lefquelles Leurs Majeftés Impériales , précé
dées du Nonce & du Clergé , fe rendirent dans le
Choeur. Leurs Majeftés Impériales fe placèrent
fous le dais du côté de l'Evangile. L'Archiduc &
P'Archiducheffe , vêtus de drap d'argent , fe placerent
en face du Grand - Autel . Après quelques
Prieres , le Nonce leur donna la Bénédiction Nuptiale
;
il entonna le Te Deum qui fut chanté par la
Mufique de la Cour. Leurs Majeftés Impériales
fortirent de l'Eglife , & Elles rentrèrent au Palais
avec toute la Famille Impériale par la Galerie
qui conduit de ce Palais à l'Eglife. L'Archiducheffe
prit enfuite quelque repos , après quoi , Elle donna
fa main à baifer à plufieurs Miniftres & Confeillers
d'Etat , aux Généraux , & aux perfonnes de la
haute Nobleffe , qui n'avoient pas encore reçu cer
honneur.
A huit heures du foir ,. Leurs Majeftés Timpé
riales , les nouveaux Epoux , les Archiducs Charles
& Léopold , les quatre Archiducheffes aînées ,
le Prince Charles & la Princeffe Charlotte de Lorraine
, fe rendirent à la falle du feftin. Cette falle
avoit été décorée par le Chevalier Servandoni ş
elle étoit éclairée par un très- grand nombre de
luftres & de Girandoles de cryftal ; celles des
quatre coins avoient vingt cinq pieds de hauteurs ,
portées par des groupes d'Amours. Le dais étoit
d'une forme nouvelle , & décoré par le même Artifte
de figures fymboliques en fculpture . La Cour :
entra dans cette falle au bruit des fanfares . L'Empereur
& l'impératrice fe placerent fous le dais ,
& l'Archiducheffe à droite , entre l'Empereur &
F'Archiduc. La table fut fervie en vailfelle d'or
nouvellement faite , & d'un travail exquis. Une
nombreuſe troupe de Muficiens exécura , pendant
188 MERCURE DE FRANCE.
le repas , des fymphonies & des morceaux de mu
fique vocale , analogues à l'objet de la Fête. La
falle étoit remplie d'une foule de Spectateus placés
fur un amphithéâtre & fur une tribune , & l'on
donna au Peuple la permiffion d'y entrer fucceffivement.
Le feftin Impérial étant fini , Leurs
Majeftés retournerent dans leurs appartemens ,
& la Princeffe fut conduite dans celui qui lui étoit
deftiné. Il y eut pendant la nuit une illumination
générale.
On célébra le lendemain , dans l'Eglife des Auguftins
, une Meffe en inufique pour la prospérité
des nouveaux Epoux. L'Archevêque de Vienne
officia , & toure la Cour y affifta. Leurs Majeftés
Impériales dînerent enfuite en public , & le
foir on exécuta , for le Théâtre de la Cour , un
nouvel Opéra , intitulé Alcide al Bivio , piéce allégorique
, dont les paroles font de l'Abbé Metaftafio
, & la musique du fieur Haffe . Le Spectacle
fut terminé par un Ballet ingénieux du ſieur
Angiolini.
Selon les nouvelles de Conftantinople , le Pacha
d'Iconium perfifie dans fa rébellion . Il a
évité les différens piéges qu'on lui avoit dreffés ,
& après avoir battu quelques corps de troupes
qu'on avoit envoyés contre lui , il a pris , aur
environs d'Erferom , une pofition avantageuſe ,
qui le met en état de réfifter à des forces trèsfupérieures.
Les mêmes nouvelles portent qu'une
des Sultanes eft enceinte de quatre mois ; ce qui
fait beaucoup de plaifir dans cette Capitale , où
F'on conçoit l'efpérance de voir naître un Succeffeur
à fa Hautelle.
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Résumé : De VIENNE, le 10 Octobre.
Le 13 octobre, l'archiduchesse arriva à Casal-Maggiore, où elle fut remise au prince de Liechtenstein par le comte de Saint Vital. La cour de Parme lui présenta ses adieux, et elle rencontra sa nouvelle cour. Elle dîna en public et assista à un concert, tandis que la ville était illuminée. Le 15 octobre, elle se dirigea vers Mantoue, accueillie par une triple salve d'artillerie et une haie de troupes. Elle rencontra le duc de Modène à Montignano. Le 17 octobre, elle poursuivit son voyage à travers les États de Venise, où elle fut reçue par le chevalier Contarini. Elle dîna à Castel-Nuovo et reçut des cadeaux de la République de Venise. Son itinéraire se poursuivit par Ala, Trente, Bolzano, Brixen et la Carinthie, où elle fut accueillie par des troupes et des fêtes. Le 1er novembre, elle arriva à Laxembourg et séjourna au château de Belvedere jusqu'au 6 novembre, jour de son mariage. Le 2 novembre, les Majestés Impériales lui rendirent visite au Belvedere. Le 6 novembre, l'archiduchesse fit son entrée publique à Vienne, accompagnée d'une procession solennelle et d'arcs de triomphe. Elle se rendit à l'église des Augustins-Déchaussés pour la bénédiction nuptiale, suivie d'un festin impérial et d'une illumination générale. Le lendemain, une messe fut célébrée pour la prospérité des nouveaux époux, suivie d'un opéra allégorique.
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10332
p. 188-190
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 30 Septembre.
Début :
Le Maréchal de Daun, par ses bonnes dispositions, a obligé le Roi [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Roi de Prusse, Corps, Général, Cavalerie, Infanterie, Bataillons, Ennemis, Détachement, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 30 Septembre.
De l'Armée aux ordres du Maréchal de
Daun , le 30 Septembre.
Le Maréchal de Daun , par les bonnes difpofi
NOVEMBRE. 1760. 189
>
tions, a obligé le Roi de Pruffe de renoncer au
projet qu'n avoit formé de pénétrer du côté de
Glatz & de Landshut . Il s'eft donné , à cette occafion
, plufieurs petits combats pour déloger les
Pruffiens de leurs poftes: Il n'y a eu que nos corps
avancés qui aient agi . Le Général d'ajafas
qui fuivoit les ennemis dans la plaine , avec les
Carabiniers & les Grenadiers à cheval , s'étant ap
perçu que l'Infanterie Pruffienne étoit fort éloignée
de la Cavalerie , & que la célérité de fa
marche y avoit caufé quelque défordre , réſolut
de l'attaquer. Il le fit avec tant de vivacité , qu'il
enfonça d'abord trois Bataillons ennemis de la
premiere ligne , prit douze piéces de canon , &
fit soo prifonniers . La feconde ligne commençoit
à plier lorsque les Pruffiens reçurent du renfort
; ils fe rallieren & firent fur notre Cavalerie
⚫un feu très- vif de leur Artillerie. Le Général d'Ajaffas
fut alors obligé de fe retirer & d'abandonner
une partie de fes prifonniers ; il n'en emmena
qu'environ 130 , parmi lesquels étoit un Officier
de l'Etat - Major Sa perte fur d'une centaine
d'hommes tués ou bleffés . Celle des ennemis fut
beaucoup plus conſidérable au rapport des déferteurs
qui ſe rendirent le même jour à notre armée
au nombre de plus de 60.
Pendant que nos Corps détachés harceloient
l'ennemi , notre armée arriva , & campa , fa droi
te appuyée à Seittendorff , & la gauche à Kunzendorff.
Le Général de Lafcy occupa en même
tems Langen-Wattersdorff , & pouffa les troupes
légères aux ordres du Général Brentano jufqu'à
Dannhauſen . Le Général Baron de Laudon fuivit ,
pendant tous ces mouvemens l'arriere - garde
Pruffienne , & établit ſon Camp fur les hauteurs
de Reifendorff & de Waldenbourg. Le Roi de
Prufle fit camper fon armée fur les hauteurs de
190 MERCURE DE FRANCE
Hohen- Gersdorff , fa gauche s'étendant juſqu'à
Blaven- Rantzen. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable.
Daun , le 30 Septembre.
Le Maréchal de Daun , par les bonnes difpofi
NOVEMBRE. 1760. 189
>
tions, a obligé le Roi de Pruffe de renoncer au
projet qu'n avoit formé de pénétrer du côté de
Glatz & de Landshut . Il s'eft donné , à cette occafion
, plufieurs petits combats pour déloger les
Pruffiens de leurs poftes: Il n'y a eu que nos corps
avancés qui aient agi . Le Général d'ajafas
qui fuivoit les ennemis dans la plaine , avec les
Carabiniers & les Grenadiers à cheval , s'étant ap
perçu que l'Infanterie Pruffienne étoit fort éloignée
de la Cavalerie , & que la célérité de fa
marche y avoit caufé quelque défordre , réſolut
de l'attaquer. Il le fit avec tant de vivacité , qu'il
enfonça d'abord trois Bataillons ennemis de la
premiere ligne , prit douze piéces de canon , &
fit soo prifonniers . La feconde ligne commençoit
à plier lorsque les Pruffiens reçurent du renfort
; ils fe rallieren & firent fur notre Cavalerie
⚫un feu très- vif de leur Artillerie. Le Général d'Ajaffas
fut alors obligé de fe retirer & d'abandonner
une partie de fes prifonniers ; il n'en emmena
qu'environ 130 , parmi lesquels étoit un Officier
de l'Etat - Major Sa perte fur d'une centaine
d'hommes tués ou bleffés . Celle des ennemis fut
beaucoup plus conſidérable au rapport des déferteurs
qui ſe rendirent le même jour à notre armée
au nombre de plus de 60.
Pendant que nos Corps détachés harceloient
l'ennemi , notre armée arriva , & campa , fa droi
te appuyée à Seittendorff , & la gauche à Kunzendorff.
Le Général de Lafcy occupa en même
tems Langen-Wattersdorff , & pouffa les troupes
légères aux ordres du Général Brentano jufqu'à
Dannhauſen . Le Général Baron de Laudon fuivit ,
pendant tous ces mouvemens l'arriere - garde
Pruffienne , & établit ſon Camp fur les hauteurs
de Reifendorff & de Waldenbourg. Le Roi de
Prufle fit camper fon armée fur les hauteurs de
190 MERCURE DE FRANCE
Hohen- Gersdorff , fa gauche s'étendant juſqu'à
Blaven- Rantzen. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable.
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Résumé : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 30 Septembre.
Le 30 septembre 1760, le Maréchal de Daun a empêché le Roi de Prusse d'avancer vers Glatz et Landshut. Plusieurs affrontements ont opposé les troupes françaises et prussiennes, notamment les corps avancés. Le Général d'Ajaffas, à la tête des Carabiniers et des Grenadiers à cheval, a attaqué l'infanterie prussienne, profitant de son désordre. Cette offensive a permis de repousser trois bataillons ennemis, de capturer douze canons et environ 130 prisonniers, dont un officier de l'état-major. Cependant, l'arrivée de renforts prussiens a contraint le Général d'Ajaffas à se retirer, abandonnant une partie des prisonniers. Les pertes françaises s'élèvent à une centaine d'hommes tués ou blessés, tandis que les désertions prussiennes ont atteint plus de 60 hommes. Pendant ces événements, l'armée principale française a campé avec sa droite à Seittendorff et sa gauche à Kunzendorff. Le Général de Laffy a occupé Langen-Wattersdorff et envoyé des troupes légères jusqu'à Dannhausen sous les ordres du Général Brentano. Le Général Baron de Laudon a suivi l'arrière-garde prussienne et établi son camp sur les hauteurs de Reifendorff et de Waldenbourg. Le Roi de Prusse a campé son armée sur les hauteurs de Hohen-Gersdorff, sa gauche s'étendant jusqu'à Blaven-Rantzen. Aucune action notable n'a suivi ces mouvements.
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10333
p. 190-191
De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
Début :
La Conférence du Feld Maréchal Prince de Deux-Ponts avec le Duc [...]
Mots clefs :
Conférence, Feld-maréchal, Prince, Duc, Armée prussienne, Ennemis, Mouvements des troupes, Général, Combat, Retraite, Artillerie, Colonel, Blessés et morts, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 28 Septembre .
La Conférence du Feld Maréchal Prince de
Deux- Ponts avec le Duc de Wirtemberg avoit eu
pour objet de déloger le Corps Pruffien aux ordres
du Général Hullen , du Camp avantageux qu'il
occupoit: En conféquence , les Corps avancés de
l'arméefe mirent en mouvement le 13.On occupa
Malitſchen , Elfnig , Wogellang & Weidenhayn.
En même tems , le Corps d'armée du Duc de
Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch , & le
Général Luczinsky prit pofte à Domitſch au- deffous
de Torgau , où on lui envoya un train de
pontons.
L'armée quitta , le 24 à la pointe du jour, fon
Camp de Strehla. On délogea les ennemis deSuptitz
, de Zina & de Wollau . On campa enfuite
fur les hauteurs de Suptitz . Le Colonel de Zetwitz
délogea , de fon côté, les Pruffiens de Lockwitz
& Behrewitz , &il s'établit entre l'Elbe & le grand
étang.
un Le Général Lucfinsky fit conftruire , le 25 ,
pont fur l'Elbe à Domitſch ; il y paffa ce Fleuve
pendant la nuit , avec toute la cavalerie & quelques
bataillons , & il fe pofta fur la rive droite.
Le 26 à midi , l'armée ſe forma en bataille & s'approcha
du Camp Pruffien . Pendant qu'elle faifoit
ce mouvement , le Corps du Général Lucfinsky
longeoit l'Elbe , & faifoit replier les poftes ennemisqu'il
pourfuivit jufqu'au pontde Torgau . Alors
le Général Hulfen , craignant d'être attaqué de
tous côtés , prit le parti de la retraite & rentra
dans la Ville avec précipitation. On atteignit fon
NOVEMBRE.
1760.
arriere- garde , & le
combat fut
pendant
quelque
191
tems des plus vifs .
L'ennemi
craignant
d'être coupé
, fe retira en
défordre vers la Ville , & fe rallia
fous le feu des
remparts.
Le
Général
Hulfen
faifoit ,
pendant ce tems
paffer l'Elbe à fon armée fur le pont de la Ville &
fur un de
pontons. Le
Prince de Deux - Ponts.
s'en étant
apperçu , fit
amener de la
groffe artillerie
pour les
ruiner,
pendant
qu'on
tâchoit de pénétrer
dans la Ville.
Toutes ces
difpofitions
furent
exécutées avec
beaucoup de
concert & de
jufteffe.
On
pénétra ,
malgré le feu des
ennemis ,
jufqu'au
pont
volant dont on
s'empara , &
l'artillerie fur
fervie avec tant
d'habileté
qu'on mit le feu à l'extrémité
du pont de la Ville. Par là tout
moyen
retraite fut ôté au refte des
troupes
ennemies quide
n'avoient pu paffer
l'Elbe. Le
Prince de
Deux-
Ponts
envoya
fommer le
Colonel de
Normann
leur
Commandant , de fe
rendre ; ce qu'il fi,
après
quelques
difficultés. La
Capitulation fut fignée
le 27 à trois heures du
matin , &
auffitôt
l'armée fut miſe en
poffeffion des deux
portes de
la Ville. Les
troupes
Pruffiennes
fortirent à midi
&
mirent bas les armes . Le
nombre des
priſonniers
faits en cette
occafion eft de deux
mille cinq
cens
vingt-fept ,
parmi
lesquels ſe
trouvent un
Colonel , fix
Majors & douze
Capitaines .
Notre
perte eft très-legére , &
n'excéde pas cent hommes
, tant tués que bleffés .
L'armée
Pruſſienne
profita de la nuit pour fe retirer du côté de Wirtemberg
, le long de l'Elbe.
La Conférence du Feld Maréchal Prince de
Deux- Ponts avec le Duc de Wirtemberg avoit eu
pour objet de déloger le Corps Pruffien aux ordres
du Général Hullen , du Camp avantageux qu'il
occupoit: En conféquence , les Corps avancés de
l'arméefe mirent en mouvement le 13.On occupa
Malitſchen , Elfnig , Wogellang & Weidenhayn.
En même tems , le Corps d'armée du Duc de
Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch , & le
Général Luczinsky prit pofte à Domitſch au- deffous
de Torgau , où on lui envoya un train de
pontons.
L'armée quitta , le 24 à la pointe du jour, fon
Camp de Strehla. On délogea les ennemis deSuptitz
, de Zina & de Wollau . On campa enfuite
fur les hauteurs de Suptitz . Le Colonel de Zetwitz
délogea , de fon côté, les Pruffiens de Lockwitz
& Behrewitz , &il s'établit entre l'Elbe & le grand
étang.
un Le Général Lucfinsky fit conftruire , le 25 ,
pont fur l'Elbe à Domitſch ; il y paffa ce Fleuve
pendant la nuit , avec toute la cavalerie & quelques
bataillons , & il fe pofta fur la rive droite.
Le 26 à midi , l'armée ſe forma en bataille & s'approcha
du Camp Pruffien . Pendant qu'elle faifoit
ce mouvement , le Corps du Général Lucfinsky
longeoit l'Elbe , & faifoit replier les poftes ennemisqu'il
pourfuivit jufqu'au pontde Torgau . Alors
le Général Hulfen , craignant d'être attaqué de
tous côtés , prit le parti de la retraite & rentra
dans la Ville avec précipitation. On atteignit fon
NOVEMBRE.
1760.
arriere- garde , & le
combat fut
pendant
quelque
191
tems des plus vifs .
L'ennemi
craignant
d'être coupé
, fe retira en
défordre vers la Ville , & fe rallia
fous le feu des
remparts.
Le
Général
Hulfen
faifoit ,
pendant ce tems
paffer l'Elbe à fon armée fur le pont de la Ville &
fur un de
pontons. Le
Prince de Deux - Ponts.
s'en étant
apperçu , fit
amener de la
groffe artillerie
pour les
ruiner,
pendant
qu'on
tâchoit de pénétrer
dans la Ville.
Toutes ces
difpofitions
furent
exécutées avec
beaucoup de
concert & de
jufteffe.
On
pénétra ,
malgré le feu des
ennemis ,
jufqu'au
pont
volant dont on
s'empara , &
l'artillerie fur
fervie avec tant
d'habileté
qu'on mit le feu à l'extrémité
du pont de la Ville. Par là tout
moyen
retraite fut ôté au refte des
troupes
ennemies quide
n'avoient pu paffer
l'Elbe. Le
Prince de
Deux-
Ponts
envoya
fommer le
Colonel de
Normann
leur
Commandant , de fe
rendre ; ce qu'il fi,
après
quelques
difficultés. La
Capitulation fut fignée
le 27 à trois heures du
matin , &
auffitôt
l'armée fut miſe en
poffeffion des deux
portes de
la Ville. Les
troupes
Pruffiennes
fortirent à midi
&
mirent bas les armes . Le
nombre des
priſonniers
faits en cette
occafion eft de deux
mille cinq
cens
vingt-fept ,
parmi
lesquels ſe
trouvent un
Colonel , fix
Majors & douze
Capitaines .
Notre
perte eft très-legére , &
n'excéde pas cent hommes
, tant tués que bleffés .
L'armée
Pruſſienne
profita de la nuit pour fe retirer du côté de Wirtemberg
, le long de l'Elbe.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
Le 28 septembre, une conférence entre le Feld Maréchal Prince de Deux-Ponts et le Duc de Wirtemberg visait à déloger le Corps Prussien du Général Hullen de sa position. Les mouvements militaires commencèrent le 13 septembre, avec l'occupation de plusieurs localités. Le Corps d'armée du Duc de Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch, tandis que le Général Luczinsky se posta à Domitsch près de Torgau. Le 24 septembre, l'armée quitta Strehla à l'aube, délogeant les ennemis de Suptitz, Zina et Wollau, et campa sur les hauteurs de Suptitz. Le Colonel de Zetwitz délogea les Prussiens de Lockwitz et Behrewitz, et le Général Luczinsky construisit un pont sur l'Elbe à Domitsch. Le 26 septembre, l'armée se forma en bataille et s'approcha du camp prussien, repoussant les postes ennemis jusqu'au pont de Torgau. Le Général Hullen se retira dans la ville, mais un combat vif eut lieu, forçant l'ennemi à se retirer en désordre. Le Prince de Deux-Ponts fit amener de la grosse artillerie pour ruiner les ponts et pénétra dans la ville. La capitulation fut signée le 27 septembre à trois heures du matin, et les troupes prussiennes se rendirent à midi. Le nombre de prisonniers prussiens s'éleva à deux mille cinq cent vingt-sept, incluant un colonel, six majors et douze capitaines. Les pertes françaises furent légères, n'excédant pas cent hommes tués ou blessés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10334
p. 191
De Rome, le 26 Septembre.
Début :
On écrit de Naples que le sieur Bignon, chargé de porter au Roi [...]
Mots clefs :
Naples, Roi des deux Siciles, Ordre, Cordon, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 26 Septembre.
De
Rome , le 26
Septembre .
On écrit de
Naples que le fieur
Bignon ,
chargé
de porter au Roi des Deux - Siciles le Cordon de
l'Ordre du Saint- Elprit , y eft arrivé , le 12 , à
bord du
Vaiſſeau de guerre
Efpagnol le Ferme,
Rome , le 26
Septembre .
On écrit de
Naples que le fieur
Bignon ,
chargé
de porter au Roi des Deux - Siciles le Cordon de
l'Ordre du Saint- Elprit , y eft arrivé , le 12 , à
bord du
Vaiſſeau de guerre
Efpagnol le Ferme,
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10335
p. *192-192
De Londres, le 10 Octobre.
Début :
On apporta, le 5 de ce mois, au Roi la nouvelle que la Ville [...]
Mots clefs :
Montréal, Capitulation, Ministère, Gazette extraordinaire, Français, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 10 Octobre.
De Londres , le 10 Octobre.
On apporta , le S de ce mois , au Roi la nouvelle
que la Ville de Montréal avoit capitulé le 8
du mois dernier. Le Miniftere a fait imprimer
une
Cazette extraordinaire
, pour faire part au Public
de cet événement. Par la Capitulation , les troupes
Françoifes
qui défendoient
le Canada doivent
être traníportées en France aux frais de Sa Majeté
, & ne ferviront point pendant cette guerre,
Les habitans du Pays font maintenus
dans leurs
priviléges & dans le libre exercice de leur Religion.
On apporta , le S de ce mois , au Roi la nouvelle
que la Ville de Montréal avoit capitulé le 8
du mois dernier. Le Miniftere a fait imprimer
une
Cazette extraordinaire
, pour faire part au Public
de cet événement. Par la Capitulation , les troupes
Françoifes
qui défendoient
le Canada doivent
être traníportées en France aux frais de Sa Majeté
, & ne ferviront point pendant cette guerre,
Les habitans du Pays font maintenus
dans leurs
priviléges & dans le libre exercice de leur Religion.
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Résumé : De Londres, le 10 Octobre.
Le 10 octobre, Londres annonce la capitulation de Montréal le 8 septembre. Les troupes françaises seront rapatriées en France aux frais du roi. Les habitants conservent leurs privilèges et la liberté religieuse. Une gazette extraordinaire informe le public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10336
p. 192-193
De VERSAILLES, le 9 Octobre.
Début :
Le 7 de ce mois, Dom Jaime Massones de Lima, Ambassadeur [...]
Mots clefs :
Ambassadeur extraordinaire, Roi d'Espagne, Audience, Décès, Reine d'Espagne, Comte, Monseigneur, Madame, Princesse, Deuil
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 9 Octobre.
De VERSAILLES , le 9 Octobre.
E 7 de ce mois , Dom Jaime Maffones de
Lima , Ambaffadeur extraordinaire du Roi d'Efpagne
eur , en long manteau de deuil , une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il fit
part a Sa Majeté de la mort de la Reine d'Efpagne.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi qu'à
celles de la Reine , de Monfeigneur le Dauphin ,
de Madame la Dauphine , de Monſeigneur le Duc
de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de Berry ,
de Monteigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame , de Madame
A lélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie
& Louife , par le fieur de la Live , Introducteur
des Amballadeurs. Cette Princelle , qui eft
morte le 27 du mois dernier , fe nommoit Marie-
Amélie ;
NOVEMBRE. 1960 . 193
Amélie ; elle étoit fille aînée du Roi de Pologne ,
Electeur de Saxe , & de Marie-Jolephe d'Autriche ,
fille de l'Empereur Jofeph. Elle étoit âgée de
trente-cinq ans , dix mois & trois jours . Elle avoit
époufé , le 19 Juin 1738 , Dom Carlos , alors Roi
de Naples & des Deux- Siciles. La Cour a pris ,
le 9 , le deuil pour cette Princelle , pour un mois.
E 7 de ce mois , Dom Jaime Maffones de
Lima , Ambaffadeur extraordinaire du Roi d'Efpagne
eur , en long manteau de deuil , une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il fit
part a Sa Majeté de la mort de la Reine d'Efpagne.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi qu'à
celles de la Reine , de Monfeigneur le Dauphin ,
de Madame la Dauphine , de Monſeigneur le Duc
de Bourgogne , de Monfeigneur le Duc de Berry ,
de Monteigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame , de Madame
A lélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie
& Louife , par le fieur de la Live , Introducteur
des Amballadeurs. Cette Princelle , qui eft
morte le 27 du mois dernier , fe nommoit Marie-
Amélie ;
NOVEMBRE. 1960 . 193
Amélie ; elle étoit fille aînée du Roi de Pologne ,
Electeur de Saxe , & de Marie-Jolephe d'Autriche ,
fille de l'Empereur Jofeph. Elle étoit âgée de
trente-cinq ans , dix mois & trois jours . Elle avoit
époufé , le 19 Juin 1738 , Dom Carlos , alors Roi
de Naples & des Deux- Siciles. La Cour a pris ,
le 9 , le deuil pour cette Princelle , pour un mois.
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Résumé : De VERSAILLES, le 9 Octobre.
Le 9 octobre, Dom Jaime Maffones de Lima, ambassadeur extraordinaire du roi d'Espagne, a annoncé au roi de France la mort de la reine d'Espagne lors d'une audience particulière. Il a également été reçu par la reine, le dauphin, la dauphine, les ducs de Bourgogne et de Berry, les comtes de Provence et d'Artois, ainsi que par plusieurs princesses, dont Madame Élisabeth et Mesdames Victoire, Sophie et Louise. La reine décédée, Marie-Amélie, était la fille aînée du roi de Pologne et électeur de Saxe, et de Marie-Josèphe d'Autriche, fille de l'empereur Joseph. Elle avait 35 ans, 10 mois et 3 jours. Marie-Amélie avait épousé Dom Carlos, roi de Naples et des Deux-Siciles, le 19 juin 1738. La cour française a observé un deuil d'un mois en sa mémoire à partir du 9 octobre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10337
p. 193-197
De PARIS, le 25 Octobre.
Début :
Sa Majesté, par son Edit portant établissement de l'Ecole Royale [...]
Mots clefs :
Édit, École royale militaire, Admission, Enfants, Comte, Majestés impériales, Célébration, Mariage, Général, Prisonniers, Magasins, Prince de Deux-Ponts, Place, Attaque, Garnison, Marquis, Prince héréditaire, Blessés et morts, Combat, Infanterie, Troupes, Ennemis, Officiers, Pertes, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 25 Octobre.
De PARIS , le 25 Octobre
€ Sa Majellé , par fon Edit portant établiſſement
de l'Ecole Royale Militaire , avoit ordonné que ,
dans l'admiffion des Enfans qui feroient préſentés
pour entrer dans cette Ecole , on donnât la préférence
à ceux dont les Peres feroient encore actuéllement
au Service , fe réſervant néanmoins de
s'expliquer dans la fuite fur les cas où l'on pour
roit s'écarter de cette régle , ainfi que fur quelques
autres difpofitions du même Edit . Elle vient d'ordonner
par une nouvelle Déclaration , que les Enfans
des Peres que leurs bleffures , ou des infirmi
tés & des accidens naturels auront mis hors d'état
de lui continuer leurs fervices , foient reçus concurremment
avec ceux dont les Peres font encore
dans les Armées. Sa Majesté entend auffi que les
Enfans des Peres qui ont obtenu la permiffion de
fe retirer , après trente années de fervice , jouiffent
du même privilége.
Le Comte de Colloredo , Chambellan de l'Em--
pereur & de l'Impératrice , Reine de Hongrie &
de Bohême , que Leurs Majeftés Impériales ont
envoyé pour annoncer au Roi la célébration du
Mariage de l'Infante Ifabelle avec l'Archi fuc Jofeph
, arriva en cette Ville le 18 de ce mois ; il
alla le lendemain à Fontainebleau , & il s'ac
quitta de fa commiflion auprès du Roi. Il fut
préfenté à Sa Majesté par le Comte de Starhem-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
berg , Amballadeur de Leurs Majeftés Impéria
les. Le Comte de Colloredo fut préfenté le mê-.
me jour à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine, & à Madame Adélaïde, à Meſdames
Victoire , Sophie & Louife. Il fe rendit le 20 à
Verfailles , où il fut préfenté à la Reine , à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , Monſeigneur le
Duc de Berry, Monfeigneur le Comte de Provence
, Monfeigneur le Comte d'Artois , & à
Madame.
Nous apprenons encore que le Général Comte
de Lafcy eft entré , le 9 de ce mois , dans Berlin ,
en même temps que les Ruffes. La Garniſon de
cette Ville , compofée de trois mille hommes , a
été faite prifonniere de guerre. Les Commandans
des troupes Autrichiennes & Ruffes ont fait
obferver la plus grande difcipline . Il n'eſt entré
dans Berlin & dans Poftdam que quelques bataillons
de Grenadiers néceffaires pour garder
ces deux Places . Les Officiers des deux Nations
n'y font entrés qu'avec des permiffions par écrit
de leurs Généraux , de forte qu'il ne s'y eft pas
commis le moindre défordre , & les boutiques
des Marchands n'ont pas été fermées. Mais on a
ruiné les Fabriques de toute efpéce qui ont rapport
à la guerre. On a abandonné aux Soldats
tous les magafins remplis d'effets deſtinés à l'entretien
& à l'habillement des troupes Pruffiennes.
On a trouvé dans Berlin & dans Potſdam une
grande quantité d'armes dont on a détruit les
Manufactures , ainfi que les Fonderies d'artille
rie.
Les Ruffes ont exigé quinze cens mille écus de
contributions.
Le Prince de Deux- Ponts ayant appris que le
Roi de Pruffe avoit détaché feize mille hommes
de fon armée pour fecourir Wittemberg , prit la
NOVEMBRE. 1760. 195
réfolution de brufquer le fiége qu'il faifoit de cette
Place , en l'attaquant en même temps de plufieurs
côtés ; ce qui fut exécuté le 13. Le Commandant
de Wittemberg , qui n'avoit porté fon attention
que fur la partie la plus foible de la Place , fe
trouvant preflé de toutes parts , prit le parti de
faire battre la chamade , & de capituler le 14 au
matin ; il s'est rendu prifonnier de guerre avec
fa Garniſon , aux mêmes conditions qui avoient
été accordées à la ville de Torgau . Cette Garnifon
étoit de trois Bataillons & de quatre cens
Soldats convalefcens. On a trouvé dans la Ville
trente piéces de canon , dont douze de vingt- quatre
livres , huit mortiers , & une grande quantité
de munitions. Toutes les fortifications ont été
rafées.
On a reçu le 20 de ce mois un Courier dépêché
le 16 au foir par le Marquis de Caftries ,
Lieutenant Général , pour apporter la nouvelle
d'un Combat qui s'eſt donné le même jour près
de Rhinberg , entre les troupes du Roi , qui étoient
à les ordres , & celles qui étoient commandées
par le Prince Héréditaire de Brunfwik. L'action
a commencé une heure avant le jour , & après
un feu très- long & très- vif , le Prince Héréditaire
a été forcé de ſe retirer avec une perte trèsconfidérable
, laiffant en notre pouvoir le plus
grand nombre de fes Bleffés .
On a appris par un autre Courier dépêché le
18 , que le Prince Héréditaire de Brunfwik arepaffé
le Rhin fur les deux Ponts qu'il avoit établis
au-deffous de Wefel , & qu'il a entierement levé
le fiége de cette Place . On affure qu'il avoit pris
le chemin de Halleren fur la Lippe. Son arrieregarde
a été attaquée vivement en deçà du Rhin ,
& elle a été forcée de paffer ce fleuve en déſor-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
1
dre , après avoir perdu beaucoup de monde , &
fans avoir pû replier fes ponts , dont nous fommes
reflés maîtres . Dès le is , le Marquis de Caftries
avoit fait attaquer le pofte de Rhinberg ,
qu'on avoit emporté l'épée la main . Il avoit
fait entrer en même temps dans Wefel , le fieur
de Boisclaireau , Brigadier , avec fix cens hommes
d'élite. Le 18 , il y a fait entrer huit Batail-
Ions.
Le corps aux ordres du Prince Héréditaire de
vant Wefel étoit d'environ vingt- cinq mille hommes
; mais il paroît n'avoir eu au Combat que
quinze mille hommes d'Infanterie , & trois à
quatre mille chevaux . La difficulté du terein n'à
permis au Marquis de Caftries de faire combattre
que les quatre brigades d'Infanterie, de Normanmandie
, d'Auvergne , de la Tour- Dupin & d'Alface.
Ces troupes ont combattu avec la plus grande
valeur & avec la plus grande fermeré , ainfi que
la troupe
du fieur Fifcher , qui a foutenu les premiers
éfforts des ennemis à l'Abbaye de Clofter-
Camp. On n'a pas encore de détail de tout ce qui
s'eft paffé pendant l'action , ni l'état des Officiers
qui ont été tués ou bleffés ; on fçait feulement
que le Marquis de Segur , Lieutenant Général , a
été bleffé légèrement & qu'il a été fait priſonnier.
Les Marquis de Perufe & de la Tour-Dupin & le
Baron de Vangen , Brigadiers , ont auffi été bleffés
, & ce dernier a étéfait prifonnier. La Gendarmerie
, qui étoit à l'action , n'a perdu d'Officiers'
que le fieur de Greneville qui a été tué. Le Marquis
de Caftries fait les plus grands éloges des
Troupes & des Officiers Généraux & particuliers
qui ont combattu.
Nous donnerons ci- après la perte que nous avons
faire à cette journée.
NOVEMBRE. 1760. 197
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Mili
taire s'eft fait , en la maniere accoutuinée , dans
'Hôtel-de- Ville de Paris , le de ce mois. Les
Numeros qui font fortis de la roue de fortune font
57, 32 , 26 , 84 , 38. Le prochain tirage fe fera
le 6 du mois de Novembre.
€ Sa Majellé , par fon Edit portant établiſſement
de l'Ecole Royale Militaire , avoit ordonné que ,
dans l'admiffion des Enfans qui feroient préſentés
pour entrer dans cette Ecole , on donnât la préférence
à ceux dont les Peres feroient encore actuéllement
au Service , fe réſervant néanmoins de
s'expliquer dans la fuite fur les cas où l'on pour
roit s'écarter de cette régle , ainfi que fur quelques
autres difpofitions du même Edit . Elle vient d'ordonner
par une nouvelle Déclaration , que les Enfans
des Peres que leurs bleffures , ou des infirmi
tés & des accidens naturels auront mis hors d'état
de lui continuer leurs fervices , foient reçus concurremment
avec ceux dont les Peres font encore
dans les Armées. Sa Majesté entend auffi que les
Enfans des Peres qui ont obtenu la permiffion de
fe retirer , après trente années de fervice , jouiffent
du même privilége.
Le Comte de Colloredo , Chambellan de l'Em--
pereur & de l'Impératrice , Reine de Hongrie &
de Bohême , que Leurs Majeftés Impériales ont
envoyé pour annoncer au Roi la célébration du
Mariage de l'Infante Ifabelle avec l'Archi fuc Jofeph
, arriva en cette Ville le 18 de ce mois ; il
alla le lendemain à Fontainebleau , & il s'ac
quitta de fa commiflion auprès du Roi. Il fut
préfenté à Sa Majesté par le Comte de Starhem-
I
194 MERCURE DE FRANCE.
berg , Amballadeur de Leurs Majeftés Impéria
les. Le Comte de Colloredo fut préfenté le mê-.
me jour à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine, & à Madame Adélaïde, à Meſdames
Victoire , Sophie & Louife. Il fe rendit le 20 à
Verfailles , où il fut préfenté à la Reine , à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , Monſeigneur le
Duc de Berry, Monfeigneur le Comte de Provence
, Monfeigneur le Comte d'Artois , & à
Madame.
Nous apprenons encore que le Général Comte
de Lafcy eft entré , le 9 de ce mois , dans Berlin ,
en même temps que les Ruffes. La Garniſon de
cette Ville , compofée de trois mille hommes , a
été faite prifonniere de guerre. Les Commandans
des troupes Autrichiennes & Ruffes ont fait
obferver la plus grande difcipline . Il n'eſt entré
dans Berlin & dans Poftdam que quelques bataillons
de Grenadiers néceffaires pour garder
ces deux Places . Les Officiers des deux Nations
n'y font entrés qu'avec des permiffions par écrit
de leurs Généraux , de forte qu'il ne s'y eft pas
commis le moindre défordre , & les boutiques
des Marchands n'ont pas été fermées. Mais on a
ruiné les Fabriques de toute efpéce qui ont rapport
à la guerre. On a abandonné aux Soldats
tous les magafins remplis d'effets deſtinés à l'entretien
& à l'habillement des troupes Pruffiennes.
On a trouvé dans Berlin & dans Potſdam une
grande quantité d'armes dont on a détruit les
Manufactures , ainfi que les Fonderies d'artille
rie.
Les Ruffes ont exigé quinze cens mille écus de
contributions.
Le Prince de Deux- Ponts ayant appris que le
Roi de Pruffe avoit détaché feize mille hommes
de fon armée pour fecourir Wittemberg , prit la
NOVEMBRE. 1760. 195
réfolution de brufquer le fiége qu'il faifoit de cette
Place , en l'attaquant en même temps de plufieurs
côtés ; ce qui fut exécuté le 13. Le Commandant
de Wittemberg , qui n'avoit porté fon attention
que fur la partie la plus foible de la Place , fe
trouvant preflé de toutes parts , prit le parti de
faire battre la chamade , & de capituler le 14 au
matin ; il s'est rendu prifonnier de guerre avec
fa Garniſon , aux mêmes conditions qui avoient
été accordées à la ville de Torgau . Cette Garnifon
étoit de trois Bataillons & de quatre cens
Soldats convalefcens. On a trouvé dans la Ville
trente piéces de canon , dont douze de vingt- quatre
livres , huit mortiers , & une grande quantité
de munitions. Toutes les fortifications ont été
rafées.
On a reçu le 20 de ce mois un Courier dépêché
le 16 au foir par le Marquis de Caftries ,
Lieutenant Général , pour apporter la nouvelle
d'un Combat qui s'eſt donné le même jour près
de Rhinberg , entre les troupes du Roi , qui étoient
à les ordres , & celles qui étoient commandées
par le Prince Héréditaire de Brunfwik. L'action
a commencé une heure avant le jour , & après
un feu très- long & très- vif , le Prince Héréditaire
a été forcé de ſe retirer avec une perte trèsconfidérable
, laiffant en notre pouvoir le plus
grand nombre de fes Bleffés .
On a appris par un autre Courier dépêché le
18 , que le Prince Héréditaire de Brunfwik arepaffé
le Rhin fur les deux Ponts qu'il avoit établis
au-deffous de Wefel , & qu'il a entierement levé
le fiége de cette Place . On affure qu'il avoit pris
le chemin de Halleren fur la Lippe. Son arrieregarde
a été attaquée vivement en deçà du Rhin ,
& elle a été forcée de paffer ce fleuve en déſor-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
1
dre , après avoir perdu beaucoup de monde , &
fans avoir pû replier fes ponts , dont nous fommes
reflés maîtres . Dès le is , le Marquis de Caftries
avoit fait attaquer le pofte de Rhinberg ,
qu'on avoit emporté l'épée la main . Il avoit
fait entrer en même temps dans Wefel , le fieur
de Boisclaireau , Brigadier , avec fix cens hommes
d'élite. Le 18 , il y a fait entrer huit Batail-
Ions.
Le corps aux ordres du Prince Héréditaire de
vant Wefel étoit d'environ vingt- cinq mille hommes
; mais il paroît n'avoir eu au Combat que
quinze mille hommes d'Infanterie , & trois à
quatre mille chevaux . La difficulté du terein n'à
permis au Marquis de Caftries de faire combattre
que les quatre brigades d'Infanterie, de Normanmandie
, d'Auvergne , de la Tour- Dupin & d'Alface.
Ces troupes ont combattu avec la plus grande
valeur & avec la plus grande fermeré , ainfi que
la troupe
du fieur Fifcher , qui a foutenu les premiers
éfforts des ennemis à l'Abbaye de Clofter-
Camp. On n'a pas encore de détail de tout ce qui
s'eft paffé pendant l'action , ni l'état des Officiers
qui ont été tués ou bleffés ; on fçait feulement
que le Marquis de Segur , Lieutenant Général , a
été bleffé légèrement & qu'il a été fait priſonnier.
Les Marquis de Perufe & de la Tour-Dupin & le
Baron de Vangen , Brigadiers , ont auffi été bleffés
, & ce dernier a étéfait prifonnier. La Gendarmerie
, qui étoit à l'action , n'a perdu d'Officiers'
que le fieur de Greneville qui a été tué. Le Marquis
de Caftries fait les plus grands éloges des
Troupes & des Officiers Généraux & particuliers
qui ont combattu.
Nous donnerons ci- après la perte que nous avons
faire à cette journée.
NOVEMBRE. 1760. 197
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Mili
taire s'eft fait , en la maniere accoutuinée , dans
'Hôtel-de- Ville de Paris , le de ce mois. Les
Numeros qui font fortis de la roue de fortune font
57, 32 , 26 , 84 , 38. Le prochain tirage fe fera
le 6 du mois de Novembre.
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Résumé : De PARIS, le 25 Octobre.
En octobre 1760, plusieurs événements militaires et administratifs ont marqué la scène politique et militaire. Le roi a décrété que les enfants des pères blessés, malades ou ayant obtenu la permission de se retirer après trente années de service soient admis à l'École Royale Militaire, aux mêmes conditions que ceux dont les pères sont encore en service. Le comte de Colloredo, représentant de l'empereur et de l'impératrice, est arrivé à Paris pour annoncer le mariage de l'infante Isabelle avec l'archiduc Joseph. Il a été reçu par le roi et plusieurs membres de la famille royale. Sur le front militaire, le général comte de Laffy, accompagné des Russes, a pris Berlin et fait prisonnier la garnison de la ville. Les troupes autrichiennes et russes ont montré une discipline exemplaire. Par ailleurs, le prince de Deux-Ponts a conquis Wittemberg après un assaut. Le marquis de Castries a remporté une victoire près de Rhinberg contre le prince héréditaire de Brunswick, forçant ce dernier à lever le siège de Wesel. À Paris, le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire a eu lieu, révélant les numéros gagnants : 57, 32, 26, 84 et 38. Ces événements illustrent une période intense d'activités diplomatiques et militaires, marquée par des décisions royales, des alliances matrimoniales et des succès militaires significatifs.
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10338
p. 197
De CASSEL, le premier Octobre.
Début :
Après l'expédition du Comte de Lusace contre le Corps commandé [...]
Mots clefs :
Comte, Expédition, Général, Armée, Infanterie, Régiments, Cavalerie, Duc, Attaque, Prisonniers, Pertes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CASSEL, le premier Octobre.
De CASSEL, le premier Octobre.
Après l'expédition du Comte de Luface contre
le Corps commandé par le Général Vangenheim ,
les troupes qui y avoient été employées revinrent
partie au Camp de Friedland , partie à l'Arniée .
On a fait cantonner quelques brigades d'Infanterie
, ainfi que la Gendarmerie & quelques Régimens
de Cavalerie Le Général Vangenheim campe
préfentement à Uflar , & l'on ne voit plus en
deça de la forêt de Solingen que des troupes légè
res des ennemis , qui ont de fréquentes elcar nouches
avec les nôtres , & qui cherchent ſouvent à
inquiéter nos fourages . Les Chaffeurs de Luckner
attaquérent , le 24 du mois dernier , un de nos
Détachemens près de Neftau , Village fitué fur la
Leyne , à quelque diftance de Gottingen. Cent
Dragons & quelque Infanterie , qui formoient ce
Détachement , furent obligés de céder au nombre.
Les Dragons ont été prèſque tous faits prilonniers.
Le Comte de Chabot & le Duc de Fronsac fu
rent détachés, le 27 , pour enlever le poste que les
ennemis occupoient à Vella , près de Varbourg.
Ceux-ci fe retirerent à l'approche de nos troupes
mais ils furent attaqués par le Duc de Fronfac avec
tant de vivacité & fi a propos , qu'ils perdirent
trente hommes , qui furent faits prifonniers avec
autant de chevaux.
Après l'expédition du Comte de Luface contre
le Corps commandé par le Général Vangenheim ,
les troupes qui y avoient été employées revinrent
partie au Camp de Friedland , partie à l'Arniée .
On a fait cantonner quelques brigades d'Infanterie
, ainfi que la Gendarmerie & quelques Régimens
de Cavalerie Le Général Vangenheim campe
préfentement à Uflar , & l'on ne voit plus en
deça de la forêt de Solingen que des troupes légè
res des ennemis , qui ont de fréquentes elcar nouches
avec les nôtres , & qui cherchent ſouvent à
inquiéter nos fourages . Les Chaffeurs de Luckner
attaquérent , le 24 du mois dernier , un de nos
Détachemens près de Neftau , Village fitué fur la
Leyne , à quelque diftance de Gottingen. Cent
Dragons & quelque Infanterie , qui formoient ce
Détachement , furent obligés de céder au nombre.
Les Dragons ont été prèſque tous faits prilonniers.
Le Comte de Chabot & le Duc de Fronsac fu
rent détachés, le 27 , pour enlever le poste que les
ennemis occupoient à Vella , près de Varbourg.
Ceux-ci fe retirerent à l'approche de nos troupes
mais ils furent attaqués par le Duc de Fronfac avec
tant de vivacité & fi a propos , qu'ils perdirent
trente hommes , qui furent faits prifonniers avec
autant de chevaux.
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Résumé : De CASSEL, le premier Octobre.
Le 1er octobre, après l'expédition du Comte de Luface contre les troupes du Général Vangenheim, les forces se répartirent entre le camp de Friedland et l'armée principale. Certaines brigades d'infanterie, la gendarmerie et quelques régiments de cavalerie furent cantonnés. Le Général Vangenheim est actuellement stationné à Uflar. De l'autre côté de la forêt de Solingen, des troupes légères ennemies mènent des escarmouches fréquentes avec les forces alliées, perturbant leurs approvisionnements. Le 24 septembre, les Chasseurs de Luckner attaquèrent un détachement près de Neftau, un village situé sur la Leyne, à proximité de Göttingen. Cent dragons et une partie de l'infanterie furent vaincus, et les dragons furent presque tous capturés. Le 27 septembre, le Comte de Chabot et le Duc de Fronsac furent envoyés pour enlever un poste ennemi à Vella, près de Varbourg. Les ennemis se retirèrent à l'approche des troupes alliées, mais furent attaqués avec succès par le Duc de Fronsac, entraînant la capture de trente hommes et autant de chevaux.
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10339
p. 198-201
Etat général de la perte de l'Infanterie aux ordres du Marquis de Castries, à la journée du 16 Octobre 1760.
Début :
RÉGIMENT DE NORMANDIE. Le Marquis de Perusse d'Escars, Brigadier & Colonel, [...]
Mots clefs :
Régiments, Normandie, Auvergne, Tour-du-Pin, Alsace, Briqueville, Capitaines, Lieutenants, Soldats, Blessés et morts
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texteReconnaissance textuelle : Etat général de la perte de l'Infanterie aux ordres du Marquis de Castries, à la journée du 16 Octobre 1760.
Etat général de la perte de l'Infanterie aux ordres
du Marquis de Caftries , à lajournée du 16
Octobre 1760.
REGIMENT DE NORMANDIE.
Le Marquis de Peruffe d'Efcars , Brigadier &
Colonel , bleffé. Le fieur de Bienaffife , Lieutenant
Colonel , bleffé & prifonnier. Le fieur de
Bollioud , Commandant du fecond bataillon
bleffé. Le fieur de Puches , Aide-Major , bleffé.
Le Geur de Charriere , Major , bleffé . Le fieur de
Puches , Aide- Major , bleflé. Les fieurs de Bermont
, de Montriac , de Pesnemart , de Raumrunt
, de S.Hilaire , de Caſtellenaud & de Tanéſe,
Capitaines , tués. Les fieurs de la Croix & de
Beliffant, Lieutenans, tués . Les fieurs de la Faye, de
Bourbon , de Pindray , de Pinbon , de Mainal , de
Preville , de Papin , de Calviere , de Ferrand , de
Librefac , de Vivier , de Fontaine - Marie , de Laval
, de la Ferriere , Desflottes de la Longue
Duleau & de Chazel , Capitaines , bleffés . Les
fieurs de Fumée , du Fagnei , Chevalier de Marfan
, de Saboulin , de Saint- Antoine, Chevalier de
Ferriere , de Galland , de Clavier , de Vallée , de
Lefcail , de Courfon , de Gilibert , de Guenard,de
Rubrant , de Fontaine , de Beauregard , de Lauretan
, de Moulon , Daunois , de Mericy , de Clery,
de Beaumont & de Chillaud , Lieutenans , bleſſes.
Les fieurs de Bourbon , du Creufet & de Becail
Capitaines , ont été faits priſonniers ; le premier
a été bleffé.
'
RÉGIMENT D'AUVERGNE.
Le Comte de Rochambeau , Brigadier & Colonel
, bleffé . Le fieur de la Barlette , Lieutenant
- Colonel , bleffé. Perichon , Major , bleſſé,
NOVEMBRE . 17607 199
>
Les fieurs d'Haupré & du Roure , Aides-Majors ,
bleffés . Les fieurs Chevalier d'Affar , de Juignan
de S. Firmin , de Roquade , d'Alba , de Saignard
& de la Roche- Pancée , Capitaines , tués. Les
heurs Dupuy & Laugier , Lieutenans , tués . Les
fieurs Hoftallier , d'Olias , de la Bune , de Chambarlhac
, Duquel , de Morgues , de Liabel , de
Laval , de Regnerie , de Pontagnan , de Fatrie,
de Chery , Delpens , de Barillac , de la Ferté ,
de Choumouroux , de Saffellange , de Malherbe
& de Saint- Victor , Capitaines , bleffés . Les fieurs
de Rubé , de Lalune , de Truffaux , de Veiller , de
Langon , de Saint- Juft , de Ferragus , de Quin
cerot , de Nouy , du Toucher , de Vallons , de
Comarque , de Sireville , de Villars , de Valence,
Chevalier de Valorie . de Bordenau , de Saint-
Denis , de Calenave , de Verdun , de Palluat
Chevaliers de Villars & de Choumouroux , Desforeft
, de Coucy , Chevalier de Seignard , Lieutenans
, bleffés. Le fieur de Lort , Capitaine des
Grenadiers , a été fait prifonnier.
REGIMENT DE LA TOUR-DU-PIN.
Le Marquis de la Tour -du-Pin , Brigadier &
Colonel , bleifé . Les fieurs de Seigneur & de Favieres
, Capitaines , bleffés. Les fieurs de Chevaux
& Defplats , Lieutenans , bleffés.
RÉGIMENT DE BRIQUE VILLE,
Le fieur de Thezut , Commandant de Bataillon
, bleffé. Le fieur Anfelme , Major , bleffé .
Le fieur de Belcier , Aide - Major , bleffé. Les
fieurs de Nolivor , de Valée , du Fayer , de Sevin ,
de Droullin & de Gilbert , Capitaines , bleffés.
REGIMENT D'ALSACE.
Les fieurs Peter-Romlinguen , Hermelsheim
Mouch, Adams , Capitaines , tués . Le fieur Di-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
loth , Aide Major , tué. Les fleurs de Muker &
Piquet , Commandans de Bataillon , bleflés. Les
feurs Delvet & lic , Aides- Majors , & le Baron
d'Arenfeld , Sous- Aide- Major , bleffés . Les fieurs
Delpert , George de Gottesheim & Baron d'Oldembourg
, Lieutenans , tués. Les fieurs Pigenol , de
Saint- Aulbin , Philippe Baron de Roeder , Baron
de Spiegel , Papignie , d'Arundel , Henry , Talinguen
, Franques , Emanuel Cabanès , Franz Do,
meker , Jofeph Pareth , Charle Baron de Røeder,
Otto Baron de Wurmfer , Seantel , Baron de
Bock , Vilhem Pareth , Hithard , Antoni Baron
de Neusfein , Philippe Koch , Comte de Valdeck ,
Chrißian Baron de Roeder , & Carl. Hoch , Capiraines
, bleffés. Les fieurs Mons , Baron de Heffelberg
, Brindel , Baron de Brukel , Baron de
Tulskeuskion , Frans Romlinguen , Marion
Frans Baron de Neufieim , Klingling , Furfem-
' berg, ofeph Stock , Petrus Cabane , Fre deric
Stock , Baron de Billard , Oldenel , lofe ph Martel
, Baron de Beho , Baron de Strafemdorf , de
Ker , Boppel , Poifol , Efchenbacher , Lieutenans ,
bleffe
RECAPITULATION .
Normandie . Sept Capitaines tués & vingt- trois
bleflés ; Lieutenans , deux tués , & vingt-trois blef
fés ; Soldats , deux cent tués , quatre cent trentehuit
bleffés .
Auvergne. Sept Capitaines tués, & vingt - quatre
bleffés , deux Lieutenans tués , vingt- fix bleflés ;
deux cent trois Soldats tués , cinq cent douze
bleffés.
La Tour-du-Pin. Trois Capitaines bleff's ; deux
Lieutenans bleflés ; quatre Soldats tués , foixanteneuf
bleflés.
Briqueville. Huit Capitaines bleflés ; un Lieu
NOVEMBRE. 1760. 201
tenant bleffé ; vingt un Soldats tués , ćent fix
bleffés.
Alface. Cinq Capitaines tués , vingt -fept bleffés ;
trois Lieutenans tués , vingt- deux bleflés ; trois
cent quatre-vingt-fept Soldats tués , cinq cent
dix-neuf bleffés .
Total. Dix-neuf Capitaines tués , quatre-vingtbleflés
; fept Lieutenans tués , foixante & feize
bleffés ; huit cent quinze Soldats tués & feize cent
quarante- quatre belifés.
du Marquis de Caftries , à lajournée du 16
Octobre 1760.
REGIMENT DE NORMANDIE.
Le Marquis de Peruffe d'Efcars , Brigadier &
Colonel , bleffé. Le fieur de Bienaffife , Lieutenant
Colonel , bleffé & prifonnier. Le fieur de
Bollioud , Commandant du fecond bataillon
bleffé. Le fieur de Puches , Aide-Major , bleffé.
Le Geur de Charriere , Major , bleffé . Le fieur de
Puches , Aide- Major , bleflé. Les fieurs de Bermont
, de Montriac , de Pesnemart , de Raumrunt
, de S.Hilaire , de Caſtellenaud & de Tanéſe,
Capitaines , tués. Les fieurs de la Croix & de
Beliffant, Lieutenans, tués . Les fieurs de la Faye, de
Bourbon , de Pindray , de Pinbon , de Mainal , de
Preville , de Papin , de Calviere , de Ferrand , de
Librefac , de Vivier , de Fontaine - Marie , de Laval
, de la Ferriere , Desflottes de la Longue
Duleau & de Chazel , Capitaines , bleffés . Les
fieurs de Fumée , du Fagnei , Chevalier de Marfan
, de Saboulin , de Saint- Antoine, Chevalier de
Ferriere , de Galland , de Clavier , de Vallée , de
Lefcail , de Courfon , de Gilibert , de Guenard,de
Rubrant , de Fontaine , de Beauregard , de Lauretan
, de Moulon , Daunois , de Mericy , de Clery,
de Beaumont & de Chillaud , Lieutenans , bleſſes.
Les fieurs de Bourbon , du Creufet & de Becail
Capitaines , ont été faits priſonniers ; le premier
a été bleffé.
'
RÉGIMENT D'AUVERGNE.
Le Comte de Rochambeau , Brigadier & Colonel
, bleffé . Le fieur de la Barlette , Lieutenant
- Colonel , bleffé. Perichon , Major , bleſſé,
NOVEMBRE . 17607 199
>
Les fieurs d'Haupré & du Roure , Aides-Majors ,
bleffés . Les fieurs Chevalier d'Affar , de Juignan
de S. Firmin , de Roquade , d'Alba , de Saignard
& de la Roche- Pancée , Capitaines , tués. Les
heurs Dupuy & Laugier , Lieutenans , tués . Les
fieurs Hoftallier , d'Olias , de la Bune , de Chambarlhac
, Duquel , de Morgues , de Liabel , de
Laval , de Regnerie , de Pontagnan , de Fatrie,
de Chery , Delpens , de Barillac , de la Ferté ,
de Choumouroux , de Saffellange , de Malherbe
& de Saint- Victor , Capitaines , bleffés . Les fieurs
de Rubé , de Lalune , de Truffaux , de Veiller , de
Langon , de Saint- Juft , de Ferragus , de Quin
cerot , de Nouy , du Toucher , de Vallons , de
Comarque , de Sireville , de Villars , de Valence,
Chevalier de Valorie . de Bordenau , de Saint-
Denis , de Calenave , de Verdun , de Palluat
Chevaliers de Villars & de Choumouroux , Desforeft
, de Coucy , Chevalier de Seignard , Lieutenans
, bleffés. Le fieur de Lort , Capitaine des
Grenadiers , a été fait prifonnier.
REGIMENT DE LA TOUR-DU-PIN.
Le Marquis de la Tour -du-Pin , Brigadier &
Colonel , bleifé . Les fieurs de Seigneur & de Favieres
, Capitaines , bleffés. Les fieurs de Chevaux
& Defplats , Lieutenans , bleffés.
RÉGIMENT DE BRIQUE VILLE,
Le fieur de Thezut , Commandant de Bataillon
, bleffé. Le fieur Anfelme , Major , bleffé .
Le fieur de Belcier , Aide - Major , bleffé. Les
fieurs de Nolivor , de Valée , du Fayer , de Sevin ,
de Droullin & de Gilbert , Capitaines , bleffés.
REGIMENT D'ALSACE.
Les fieurs Peter-Romlinguen , Hermelsheim
Mouch, Adams , Capitaines , tués . Le fieur Di-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
loth , Aide Major , tué. Les fleurs de Muker &
Piquet , Commandans de Bataillon , bleflés. Les
feurs Delvet & lic , Aides- Majors , & le Baron
d'Arenfeld , Sous- Aide- Major , bleffés . Les fieurs
Delpert , George de Gottesheim & Baron d'Oldembourg
, Lieutenans , tués. Les fieurs Pigenol , de
Saint- Aulbin , Philippe Baron de Roeder , Baron
de Spiegel , Papignie , d'Arundel , Henry , Talinguen
, Franques , Emanuel Cabanès , Franz Do,
meker , Jofeph Pareth , Charle Baron de Røeder,
Otto Baron de Wurmfer , Seantel , Baron de
Bock , Vilhem Pareth , Hithard , Antoni Baron
de Neusfein , Philippe Koch , Comte de Valdeck ,
Chrißian Baron de Roeder , & Carl. Hoch , Capiraines
, bleffés. Les fieurs Mons , Baron de Heffelberg
, Brindel , Baron de Brukel , Baron de
Tulskeuskion , Frans Romlinguen , Marion
Frans Baron de Neufieim , Klingling , Furfem-
' berg, ofeph Stock , Petrus Cabane , Fre deric
Stock , Baron de Billard , Oldenel , lofe ph Martel
, Baron de Beho , Baron de Strafemdorf , de
Ker , Boppel , Poifol , Efchenbacher , Lieutenans ,
bleffe
RECAPITULATION .
Normandie . Sept Capitaines tués & vingt- trois
bleflés ; Lieutenans , deux tués , & vingt-trois blef
fés ; Soldats , deux cent tués , quatre cent trentehuit
bleffés .
Auvergne. Sept Capitaines tués, & vingt - quatre
bleffés , deux Lieutenans tués , vingt- fix bleflés ;
deux cent trois Soldats tués , cinq cent douze
bleffés.
La Tour-du-Pin. Trois Capitaines bleff's ; deux
Lieutenans bleflés ; quatre Soldats tués , foixanteneuf
bleflés.
Briqueville. Huit Capitaines bleflés ; un Lieu
NOVEMBRE. 1760. 201
tenant bleffé ; vingt un Soldats tués , ćent fix
bleffés.
Alface. Cinq Capitaines tués , vingt -fept bleffés ;
trois Lieutenans tués , vingt- deux bleflés ; trois
cent quatre-vingt-fept Soldats tués , cinq cent
dix-neuf bleffés .
Total. Dix-neuf Capitaines tués , quatre-vingtbleflés
; fept Lieutenans tués , foixante & feize
bleffés ; huit cent quinze Soldats tués & feize cent
quarante- quatre belifés.
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Résumé : Etat général de la perte de l'Infanterie aux ordres du Marquis de Castries, à la journée du 16 Octobre 1760.
Le document relate les pertes subies par plusieurs régiments de l'infanterie française lors de la bataille du 16 octobre 1760. Les régiments affectés sont ceux de Normandie, d'Auvergne, de La Tour-du-Pin, de Briqueville et d'Alsace. Dans le régiment de Normandie, le Marquis de Peruffe d'Efcars, Brigadier et Colonel, a été blessé. Plusieurs officiers ont été tués ou blessés, notamment les capitaines de Bermont, de Montriac et de Castellenaud, qui ont été tués, tandis que les capitaines de Bourbon et du Creufet ont été blessés et faits prisonniers. Le régiment d'Auvergne a également subi des pertes importantes. Le Comte de Rochambeau, Brigadier et Colonel, a été blessé. Parmi les officiers tués, on compte les capitaines Chevalier d'Affar et de Juignan. De nombreux capitaines et lieutenants ont été blessés. Le régiment de La Tour-du-Pin a vu son colonel, le Marquis de la Tour-du-Pin, blessé. Plusieurs capitaines et lieutenants ont également été blessés. Le régiment de Briqueville a perdu plusieurs capitaines et soldats blessés, ainsi qu'un lieutenant blessé. Le régiment d'Alsace a enregistré cinq capitaines tués et vingt-sept blessés. Parmi les lieutenants, trois ont été tués et vingt-deux blessés. Les pertes parmi les soldats sont également élevées. En résumé, les pertes totales s'élèvent à dix-neuf capitaines tués et quatre-vingts blessés, sept lieutenants tués et soixante-douze blessés, ainsi que huit cent quinze soldats tués et mille quarante-quatre blessés.
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10340
p. 201
MARIAGE.
Début :
Le 22 Septembre 1760, Très Haut & Très-Puissant Seigneur Timoleon [...]
Mots clefs :
Seigneur, Comte, Marquis, Dame, Demoiselle, Fille, Fils, Contrat de mariage, Bénédiction nuptiale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
}
Le 22 Septembre 1760 , Très Haut & Trèse'
Puillant Seigneur Timoleon - Antoine - Jofeph-
François-Louis- Alexandre Comte d'Elpinay , de
Saint Luc , Marquis de Lignery , fils de défunt
Très Haut & Très - Puiffant Seigneur François
d'Efpinay de Saint- Luc , Marquis de Lignery ,
Meftre de Camp de Cavalerie , & de Très- Haute
& Très- Puillante Dame Marie Madeleine- Louife-
Catherine de Samfon , Dame de Lorcheres , fut
marié dans la Chapelle de l'Archevêché à Rouen
avec Très - Haute & Très Puillante Demoiſelle
Marie - Bernardine Cadot de Sebeville , fille du
défunt Très- Haut & Très- Puillant Seigneur Bernardin
- François Calot , Marquis de Sebeville ,
Colonel du Régiment du Vieux - Languedoc Dragons
, & de Très - Haute & Très Puiflante Dame
Barbe Anzeray de Courvaudon.
La Bénédiction Nuptiale leur fut donnée par
M. l'Archevêque de Rouen .
Leur Contrat de Mariage avoir été figné par le
Roi , la Reine & la Famille Royale , le 14 Sep
tembre.
}
Le 22 Septembre 1760 , Très Haut & Trèse'
Puillant Seigneur Timoleon - Antoine - Jofeph-
François-Louis- Alexandre Comte d'Elpinay , de
Saint Luc , Marquis de Lignery , fils de défunt
Très Haut & Très - Puiffant Seigneur François
d'Efpinay de Saint- Luc , Marquis de Lignery ,
Meftre de Camp de Cavalerie , & de Très- Haute
& Très- Puillante Dame Marie Madeleine- Louife-
Catherine de Samfon , Dame de Lorcheres , fut
marié dans la Chapelle de l'Archevêché à Rouen
avec Très - Haute & Très Puillante Demoiſelle
Marie - Bernardine Cadot de Sebeville , fille du
défunt Très- Haut & Très- Puillant Seigneur Bernardin
- François Calot , Marquis de Sebeville ,
Colonel du Régiment du Vieux - Languedoc Dragons
, & de Très - Haute & Très Puiflante Dame
Barbe Anzeray de Courvaudon.
La Bénédiction Nuptiale leur fut donnée par
M. l'Archevêque de Rouen .
Leur Contrat de Mariage avoir été figné par le
Roi , la Reine & la Famille Royale , le 14 Sep
tembre.
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Résumé : MARIAGE.
Le 22 septembre 1760, Timoléon-Antoine-Joseph-François-Louis-Alexandre Comte d'Elpinay, Marquis de Lignery, a épousé Marie Bernardine Cadot de Sebeville. La cérémonie s'est déroulée dans la Chapelle de l'Archevêché à Rouen. Le contrat de mariage avait été signé par le Roi, la Reine et la Famille Royale le 14 septembre.
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10341
p. 202
MORTS.
Début :
Le 27 Septembre, Messire Louis de la Tour-du-Pin, Marquis de Montauban, [...]
Mots clefs :
Messire, Marquis, Seigneur, Prince du sang, Décès, Fils, Comte, Colonel, Dame, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S
Le 27 Septembre ,Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Marquis de Montauban , Seigneur de Roquebeau
, premier Cornette des Chevaux- légers
d'Aquitaine , & Chambellan de Monfeigneur le
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang , mourut
au Palais Royal , âgé de vingt ans , dix mois.
Il étoit fils aîné de Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Comte de Montauban , Brigadier des Armées
du Roi & premier Ecuyer de Monſeigneur le
Duc d'Orléans , décédé le s Avril dernier , & dont
la mort a été annoncée dans le Mercure du mois
de Mai de cette année.
Hugues -Jean - Baptifte - François le Bourfier .
chargé des affaires de S. A. S. Monfeigneur le
Duc de Modène , eft mort le Lundi 6 Octobre ,
âgé de 49 ans.:
Meffire Jean- François de Boyvin , Marquis de
Bacqueville , ancien Colonel d'Infanterie , eft
mort à Paris le 7 , âgé de foixante & douze ans.
Le feu ayant pris à une aîle de fa Maiſon , fife fur
Te Quai des Théatins , il a malheureuſement péri
dans cet incendie..
Dame Marie- Lambertine de la Marque, veuve
de Meffire Auguftin - Louis , Marquis de Xime-
Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte le 10 de ce mois , âgée de cinquante- neuf
nez ,
ans.
Le 27 Septembre ,Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Marquis de Montauban , Seigneur de Roquebeau
, premier Cornette des Chevaux- légers
d'Aquitaine , & Chambellan de Monfeigneur le
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang , mourut
au Palais Royal , âgé de vingt ans , dix mois.
Il étoit fils aîné de Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Comte de Montauban , Brigadier des Armées
du Roi & premier Ecuyer de Monſeigneur le
Duc d'Orléans , décédé le s Avril dernier , & dont
la mort a été annoncée dans le Mercure du mois
de Mai de cette année.
Hugues -Jean - Baptifte - François le Bourfier .
chargé des affaires de S. A. S. Monfeigneur le
Duc de Modène , eft mort le Lundi 6 Octobre ,
âgé de 49 ans.:
Meffire Jean- François de Boyvin , Marquis de
Bacqueville , ancien Colonel d'Infanterie , eft
mort à Paris le 7 , âgé de foixante & douze ans.
Le feu ayant pris à une aîle de fa Maiſon , fife fur
Te Quai des Théatins , il a malheureuſement péri
dans cet incendie..
Dame Marie- Lambertine de la Marque, veuve
de Meffire Auguftin - Louis , Marquis de Xime-
Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte le 10 de ce mois , âgée de cinquante- neuf
nez ,
ans.
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Résumé : MORTS.
En septembre et octobre, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le 27 septembre, Louis de la Tour-du-Pin, Marquis de Montauban, premier Cornette des Chevaux-légers d'Aquitaine et Chambellan du Duc d'Orléans, est décédé au Palais Royal à l'âge de vingt ans et dix mois. Il était le fils aîné de Louis de la Tour-du-Pin, Comte de Montauban, décédé en avril précédent. Le 6 octobre, Hugues-Jean-Baptiste-François le Bourfier, chargé des affaires du Duc de Modène, est mort à l'âge de 49 ans. Le 7 octobre, Jean-François de Boyvin, Marquis de Bacqueville et ancien Colonel d'Infanterie, a péri dans un incendie à Paris à l'âge de 62 ans. Enfin, le 10 octobre, Marie-Lambertine de la Marque, veuve du Marquis de Ximenez et Maréchal des Camps et Armées du Roi, est décédée à l'âge de 59 ans.
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10342
p. 203-204
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-deuxiéme Traitement consécutif, depuis son Etablissement.
Début :
Les nommés Compagnies. Duchateau, de Marsay. S. Flour, du Dreneuc. [...]
Mots clefs :
Traitement, Soldats, Compagnies, Maladies, Guérison, M. Keyser, Épreuves, Certificats, Médecins, Remèdes
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-deuxiéme Traitement consécutif, depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Vingt-deuxième Traitement confécutif, depuisfon
Etabliffement,
Les nommés
D UCHATEAU ,
Compagnies
de Marfay.
s. Flour ,
Vambre,
Prevost ,
S. Amour ,
Thibault
*
Brunet ,
Lapenfée ,
Dubois ,
Michaut ,
Flamand ,'
D'Orlay ,
du Dreneuc.
de Vifé .
de Voifenon.
d'Etrrieu.
de Launoy.
de Guer.
Colonelle.
de Voifenon.
de Guer
de Noliers.
Colonelle.
Ces douze Soldats font entrés à l'Hôpital dans
les mois de Mars & d'Avril , de la préſente année ,
attaqués des maladies les plus graves , & ont été
parfaitement guéris.
M. Keyfer a l'honneur d'informer le Public que
n'étant pas poffible de lui donner dans le préfent
Mercure , les détails des maladies traitées à Londres
, à l'Orient , & à Limoges , oùil s'eſt fait différentes
épreuves , il peur néanmoins lui certifier
publiquement que lesdites épreuves ont également
I vj
204 MERCURE DE FRANCE:
bien réuffi partout , & que les malades traités dans
ces trois endroits ont été parfaitement guéris au
rapport de Meffieurs les Médecins & Chirurgiens
deldits lieux , dont il a les certificats les plus authentiques.
Il le prévient en même temps , que
quoiqu'il plaife à plufieurs perfonnes de répandre
faullement & malignement que fon reméde ton
be de jour en jour , les cures qu'il opée n'en
font pas moins conftantes & continuelles , les malades
de fon hôpital n'en font pas moins abondans
& traités continuellement , & que la plus grande
preuve qu'il puiffe lui en donner , c'eft qu'il a plû
au Roi de vouloir bien accorder à cet hôpital des
Lettres - Fatentes qui ont été enregiſtrées au Parlement
& annoncées dans les Gazettes & les Ecrits
publics .
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Vingt-deuxième Traitement confécutif, depuisfon
Etabliffement,
Les nommés
D UCHATEAU ,
Compagnies
de Marfay.
s. Flour ,
Vambre,
Prevost ,
S. Amour ,
Thibault
*
Brunet ,
Lapenfée ,
Dubois ,
Michaut ,
Flamand ,'
D'Orlay ,
du Dreneuc.
de Vifé .
de Voifenon.
d'Etrrieu.
de Launoy.
de Guer.
Colonelle.
de Voifenon.
de Guer
de Noliers.
Colonelle.
Ces douze Soldats font entrés à l'Hôpital dans
les mois de Mars & d'Avril , de la préſente année ,
attaqués des maladies les plus graves , & ont été
parfaitement guéris.
M. Keyfer a l'honneur d'informer le Public que
n'étant pas poffible de lui donner dans le préfent
Mercure , les détails des maladies traitées à Londres
, à l'Orient , & à Limoges , oùil s'eſt fait différentes
épreuves , il peur néanmoins lui certifier
publiquement que lesdites épreuves ont également
I vj
204 MERCURE DE FRANCE:
bien réuffi partout , & que les malades traités dans
ces trois endroits ont été parfaitement guéris au
rapport de Meffieurs les Médecins & Chirurgiens
deldits lieux , dont il a les certificats les plus authentiques.
Il le prévient en même temps , que
quoiqu'il plaife à plufieurs perfonnes de répandre
faullement & malignement que fon reméde ton
be de jour en jour , les cures qu'il opée n'en
font pas moins conftantes & continuelles , les malades
de fon hôpital n'en font pas moins abondans
& traités continuellement , & que la plus grande
preuve qu'il puiffe lui en donner , c'eft qu'il a plû
au Roi de vouloir bien accorder à cet hôpital des
Lettres - Fatentes qui ont été enregiſtrées au Parlement
& annoncées dans les Gazettes & les Ecrits
publics .
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-deuxiéme Traitement consécutif, depuis son Etablissement.
Le document relate un rapport sur les traitements réalisés à l'hôpital du maréchal duc de Birion. Douze soldats des compagnies de Marfay et du régiment du colonel de Voisenon ont été soignés pour des maladies graves en mars et avril de l'année en cours et ont été guéris. M. Keyfer mentionne des guérisons positives à Londres, à l'Orient et à Limoges, confirmées par les médecins et chirurgiens locaux. Il réfute les rumeurs sur l'inefficacité de son remède, affirmant des guérisons constantes. La reconnaissance royale est attestée par des lettres patentes enregistrées au Parlement et publiées dans les gazettes et écrits publics.
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10343
p. 204
« Le sieur Prevôt, Marchand Fabriquant de Castors, rue [...] »
Début :
Le sieur Prevôt, Marchand Fabriquant de Castors, rue [...]
Mots clefs :
Marchand, Castors, Chapeaux, Beauté, Soie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Prevôt, Marchand Fabriquant de Castors, rue [...] »
Le fieur PREVÔT , Marchand Fabriquant de
Caftors , rue Guénégaud , à Paris , donne avis au
Public , qu'il vient d'inventer une compofition de
Chapeaux , qui par un mélange parfait de caftor
& defoye , ont acquis un degré de beauté , d'ufage
& de perfection que cette marchandiſe n'avoit pas
eu jufqu'à ce jour , il en fabrique depuis 1 liv.
jufqu'à 24.
Caftors , rue Guénégaud , à Paris , donne avis au
Public , qu'il vient d'inventer une compofition de
Chapeaux , qui par un mélange parfait de caftor
& defoye , ont acquis un degré de beauté , d'ufage
& de perfection que cette marchandiſe n'avoit pas
eu jufqu'à ce jour , il en fabrique depuis 1 liv.
jufqu'à 24.
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10344
p. 204-205
« Dans le Mercure du mois dernier, on a annoncé le prix de la table Géométrique [...] »
Début :
Dans le Mercure du mois dernier, on a annoncé le prix de la table Géométrique [...]
Mots clefs :
Table géométrique, Prix, Corrections
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dans le Mercure du mois dernier, on a annoncé le prix de la table Géométrique [...] »
Dans le Mercure du mois dernier , on a annoncé
le prix de la Table Géométrique ( que M. Dufour
vient de mettre au jour foit en François , foit en
Allemand être de 2 liv . & f. Pour les 4 planches
en feuilles réunies & collées enſemble , 2 liv . 12
f. collées fur toille avec bordure bleue liv 4. f.
& reliées en in- 4°. avec onglet , f . liv. 10. f.
On avoit commis une erreur dans l'énoncé de
ces prix , & on va indiquer à demeure les prix des
différens formats de cette Table Géométrique.
Les & Planches.
En feuilles. 218
NOVEMBRE. 1760. 105
Réunies & collées en papier.
Réunies & collées fur toile , avec bordure
en foie bleue.
Ces dernieres , montées fur gorge.
Reliées en in-4º bazane.
Relićes en veau in 4º.
I. f.
2 12
1
f 10
7 Ο
4 4
4.16
En outre des adreffes indiquées dans le Mercure
d'Octobre , on trouvera encore des Exemplaires
de ces Tables ( pour la construction defquelles
on a retranché la moitié des calculs de celle
de Pythagore , chez les fieurs Petit , Marchand
d'Eftampes rue S. Jacques , à l'image S. Jacques
& chez Chauvigny , Marchand Papetier , rue de
la Harpe , vis-a - vis le Collège d'Harcourt.
le prix de la Table Géométrique ( que M. Dufour
vient de mettre au jour foit en François , foit en
Allemand être de 2 liv . & f. Pour les 4 planches
en feuilles réunies & collées enſemble , 2 liv . 12
f. collées fur toille avec bordure bleue liv 4. f.
& reliées en in- 4°. avec onglet , f . liv. 10. f.
On avoit commis une erreur dans l'énoncé de
ces prix , & on va indiquer à demeure les prix des
différens formats de cette Table Géométrique.
Les & Planches.
En feuilles. 218
NOVEMBRE. 1760. 105
Réunies & collées en papier.
Réunies & collées fur toile , avec bordure
en foie bleue.
Ces dernieres , montées fur gorge.
Reliées en in-4º bazane.
Relićes en veau in 4º.
I. f.
2 12
1
f 10
7 Ο
4 4
4.16
En outre des adreffes indiquées dans le Mercure
d'Octobre , on trouvera encore des Exemplaires
de ces Tables ( pour la construction defquelles
on a retranché la moitié des calculs de celle
de Pythagore , chez les fieurs Petit , Marchand
d'Eftampes rue S. Jacques , à l'image S. Jacques
& chez Chauvigny , Marchand Papetier , rue de
la Harpe , vis-a - vis le Collège d'Harcourt.
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Résumé : « Dans le Mercure du mois dernier, on a annoncé le prix de la table Géométrique [...] »
Le texte corrige une erreur relative aux prix de la Table Géométrique, publiée par M. Dufour en français et en allemand. Les prix varient selon les formats : 2 livres et 8 sous pour les planches en feuilles, 2 livres et 12 sous pour les planches réunies et collées en papier, 4 livres et 4 sous pour les planches collées sur toile avec bordure bleue, et 10 livres pour les planches reliées en in-4° avec onglet. Le texte détaille également les prix pour différents formats et reliures. De plus, il fournit de nouvelles adresses pour se procurer des exemplaires : chez les sieurs Petit, Marchand d'Estampes rue Saint-Jacques, à l'image Saint-Jacques, et chez Chauvigny, Marchand Papetier, rue de la Harpe, vis-à-vis le Collège d'Harcourt.
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10345
p. 205-206
Avis aux Chasseurs.
Début :
Le sieur Santiny, Italien, Plombier Privilégié & Pensionnaire du Roi [...]
Mots clefs :
Chasse, Plomb, Balle, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis aux Chasseurs.
Avis aux Chaffeurs .
Le fieur SANTINY , Italien , Plombier Privilégié
& Penfionnaire du Roi pour les Chaffes , fabrique
dans la derniere des perfections , toute forte de
plomb a giboyer, bien rond, bien égal , fans cavité
& fans être compofé d'aucune drogue venimeufe ,
ni apprêté avec aucune mine de plomb : ce plomb
eft très-propre &auffi blanc que de l'argent , de forte
qu'il ne falit ni les mains ni les gibecieres ; il porte
les coups fans s'écarter , plus ferré & plus loin de
1 à 15 pas que tout autre plomb ; il eſt trèsnécellaire
de ne charger que les trois quarts de la
charge ordinaire. Le fieur Santini a l'honneur d'en
fournir avec fuccès , pour les plaifirs des Chaſſes
de Sa Majesté & de toute la Cour.
Comme le Public paroît lui donner fon aprobation
par les demandes réitérées qu'on lui fait ,
le fieur Santiny , pour répondre à l'empreflement
206 MERCURE DE FRANCE.
de ceux qui veulent de fon plomb , les avertit qu'il
établit fon Magafin général à Paris , chez M. Duchauffour
, Marchand de fer , rue Saint Martin
proche Saint Julien , à la Tête d'or , où toutes les
perfonnes de Province qui en defireront pourront
s'adreffer.
Pour la facilité publique , l'on en débitera à
l'adreffe ci- deffus & chez le fieur Regnard , Marchand
Epicier rue Dauphine , à côté du Caffé de
Conty , au bas du Pont- Neuf.
A Verfailles , chez le fieur Tortel , Marchand
Epicier , rue Satory au bas de la Rampe.
A Saint Germain-en-Laye , chez le fieur Metayer
, Marchand, à la Gerbe d'or , dans le Marché,
vis-à- vis le Poids à la Farine .
Pour empêcher l'abus qui pourra fe commettre,
F'on donnera aux Domeftiques qui viendront chercher
du Plomb fabriqué par Santiny , une facture
fignée du Marchand où ledit plomb aura été
pris , & l'on n'en débitera que dans les endroits
indiqués ci-deffus. Le prix eft de fept fols la livre.
Le fieur SANTINY , Italien , Plombier Privilégié
& Penfionnaire du Roi pour les Chaffes , fabrique
dans la derniere des perfections , toute forte de
plomb a giboyer, bien rond, bien égal , fans cavité
& fans être compofé d'aucune drogue venimeufe ,
ni apprêté avec aucune mine de plomb : ce plomb
eft très-propre &auffi blanc que de l'argent , de forte
qu'il ne falit ni les mains ni les gibecieres ; il porte
les coups fans s'écarter , plus ferré & plus loin de
1 à 15 pas que tout autre plomb ; il eſt trèsnécellaire
de ne charger que les trois quarts de la
charge ordinaire. Le fieur Santini a l'honneur d'en
fournir avec fuccès , pour les plaifirs des Chaſſes
de Sa Majesté & de toute la Cour.
Comme le Public paroît lui donner fon aprobation
par les demandes réitérées qu'on lui fait ,
le fieur Santiny , pour répondre à l'empreflement
206 MERCURE DE FRANCE.
de ceux qui veulent de fon plomb , les avertit qu'il
établit fon Magafin général à Paris , chez M. Duchauffour
, Marchand de fer , rue Saint Martin
proche Saint Julien , à la Tête d'or , où toutes les
perfonnes de Province qui en defireront pourront
s'adreffer.
Pour la facilité publique , l'on en débitera à
l'adreffe ci- deffus & chez le fieur Regnard , Marchand
Epicier rue Dauphine , à côté du Caffé de
Conty , au bas du Pont- Neuf.
A Verfailles , chez le fieur Tortel , Marchand
Epicier , rue Satory au bas de la Rampe.
A Saint Germain-en-Laye , chez le fieur Metayer
, Marchand, à la Gerbe d'or , dans le Marché,
vis-à- vis le Poids à la Farine .
Pour empêcher l'abus qui pourra fe commettre,
F'on donnera aux Domeftiques qui viendront chercher
du Plomb fabriqué par Santiny , une facture
fignée du Marchand où ledit plomb aura été
pris , & l'on n'en débitera que dans les endroits
indiqués ci-deffus. Le prix eft de fept fols la livre.
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Résumé : Avis aux Chasseurs.
Le plombier italien Santini fabrique des plombs de chasse de haute qualité, décrits comme bien ronds, égaux, sans cavité ni substance venimeuse, et blancs comme l'argent. Ces plombs ne salissent ni les mains ni les gibecières et portent les coups plus loin que les autres. Santini recommande de n'utiliser que les trois quarts de la charge ordinaire. Ses plombs sont utilisés pour les chasses du roi et de la cour, et sont approuvés par le public. Pour répondre à la demande, Santini ouvre un magasin général à Paris chez M. Duchauffour, marchand de fer, rue Saint-Martin. Le plomb est également disponible chez le sieur Regnard, épicier rue Dauphine, le sieur Tortel à Versailles, et le sieur Metayer à Saint-Germain-en-Laye. Pour éviter les abus, une facture signée du marchand sera remise aux domestiques venant chercher le plomb, qui ne sera vendu que dans les endroits indiqués. Le prix est de sept sols la livre.
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10346
p. 206
« M. Maclot commencera le 16 Novembre 1760, à trois heures après-midi, un nouveau [...] »
Début :
M. Maclot commencera le 16 Novembre 1760, à trois heures après-midi, un nouveau [...]
Mots clefs :
Cours, Géographie, Tout public, Gratuité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Maclot commencera le 16 Novembre 1760, à trois heures après-midi, un nouveau [...] »
M. MACLOT commencera le 16 Novembre
1760 , à trois heures après-midi , un nouveau
Cours de Géographie public & gratuit , qu'il continuera
Fêtes & Dimanches depuis pareille heure
jufqu'à celle de quatre & demie. Sa demeure actuelle
eft au Caffé du Fort , qui fait le coin des
rues de la Verrerie & des Arcis , & face à celle des
Lombards. Il fe fervira pour ces Leçons des Inftitutions
abrégées de Géographie qu'il a données au
Public l'année derniere , & dont nous avons dans
le temps rendu compte. Il donne des Leçons particuliéres
, tant de Géographie que de Mathémati
ques. Les Inftitutions abrégées de Géographie fe
trouvent à Paris , chez Vincent , rue & vis- à- vis.
Saint Severin , àl'Ange.
1760 , à trois heures après-midi , un nouveau
Cours de Géographie public & gratuit , qu'il continuera
Fêtes & Dimanches depuis pareille heure
jufqu'à celle de quatre & demie. Sa demeure actuelle
eft au Caffé du Fort , qui fait le coin des
rues de la Verrerie & des Arcis , & face à celle des
Lombards. Il fe fervira pour ces Leçons des Inftitutions
abrégées de Géographie qu'il a données au
Public l'année derniere , & dont nous avons dans
le temps rendu compte. Il donne des Leçons particuliéres
, tant de Géographie que de Mathémati
ques. Les Inftitutions abrégées de Géographie fe
trouvent à Paris , chez Vincent , rue & vis- à- vis.
Saint Severin , àl'Ange.
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Résumé : « M. Maclot commencera le 16 Novembre 1760, à trois heures après-midi, un nouveau [...] »
M. Maclot lancera un cours de géographie gratuit le 16 novembre 1760 à 15 heures, les jours fériés et dimanches jusqu'à 16h30. Il réside au Café du Fort et utilise ses 'Institutions abrégées de Géographie'. Il propose aussi des leçons particulières en géographie et mathématiques. Son ouvrage est disponible chez Vincent, rue Saint-Séverin.
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10347
p. 207
LETTRE de M. ****
Début :
Monsieur, En lisant le second volume du Mercure d'Avril dernier, [...]
Mots clefs :
Société littéraire de Châlons-sur-Marne, Dissertation, Bibliothèque, Erreurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. ****
LETTRE de M.
ONSIEUR ,
En lifant le fecond volume du Mercure d'Avril
dernier, à l'article de la Société Littéraire de Châ
lons-fur-Marne , j'ai vû citer dans une Differta
tion de M. Grofley , dont on connoît bien ici les
talens , une Bibliothèque de cette Ville , que vous
appellez Megliabelli. Son vrai nom eft Magliabecchi.
Ce n'est qu'une faute d'impreffion qui
peut cependant porter atteinte à l'exactitude de
F'Auteur , avec qui j'ai fréquenté cette Bibliothè
que qui lui eft bien connue à tous égards. Cette
méprife a frappé les Florentins , qui font jaloux
de ce qui les regarde .
ONSIEUR ,
En lifant le fecond volume du Mercure d'Avril
dernier, à l'article de la Société Littéraire de Châ
lons-fur-Marne , j'ai vû citer dans une Differta
tion de M. Grofley , dont on connoît bien ici les
talens , une Bibliothèque de cette Ville , que vous
appellez Megliabelli. Son vrai nom eft Magliabecchi.
Ce n'est qu'une faute d'impreffion qui
peut cependant porter atteinte à l'exactitude de
F'Auteur , avec qui j'ai fréquenté cette Bibliothè
que qui lui eft bien connue à tous égards. Cette
méprife a frappé les Florentins , qui font jaloux
de ce qui les regarde .
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Résumé : LETTRE de M. ****
La lettre signale une erreur dans le Mercure d'avril dernier. Dans un article de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, M. Grofley attribue à tort le nom 'Megliabelli' à une bibliothèque de Florence, dont le vrai nom est 'Magliabecchi'. Cette erreur, due à une faute d'impression, a provoqué des réactions parmi les Florentins. L'auteur de la lettre connaît bien cette bibliothèque.
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10348
p. 207-208
Avis important au Public.
Début :
La Dame Veuve du sieur Belloste, Médecin à Thurin, donne avis [...]
Mots clefs :
Médecin, Pilules , Contrefaçon, Fourberie, Pilules mercurielles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis important au Public.
La Dame Veuve du sieur Belloste, Médecin à Thurin, donne avis au Public
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10349
p. 209
AU ROI DE FRANCE, Place du Vieux Louvre, entre le Caffé du Grand-Conseil & l'Arquebusier du Roi. NOUVELLE MANUFACTURE.
Début :
Leblond, Marchand Jouaillier-Bijoutier, Artiste pour la derniere perfection des pierres [...]
Mots clefs :
Bijoutier, Pierres, Couleurs, Diamant, Boucles, Colliers, Épingles, Croix de Malte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI DE FRANCE, Place du Vieux Louvre, entre le Caffé du Grand-Conseil & l'Arquebusier du Roi. NOUVELLE MANUFACTURE.
AU ROI DE FRANCE , Place du Vieux Louvre ,
entre le Caffé du Grand-Confeil & l'Arquebufie
du Roi.
NOUVELLE MANUFACTURE.
LEBLOND , Marchand Jouaillier- Bijoutier , Attifte
pour la derniere perfection des pierres à fufil
& de nouveaux opals des plus parfaits qui ayent
encore paru,fait d'autres fortes de pierres de toutes
couleurs & de toutes efpéces , qui par leur grand
éclat , imitent parfaitement le diamant. H fabrique
toutes fortes de beaux Ouvrage de Bijouteries ,
comme boucles de toutes espèces , coliers , noeuds
de cols , aigrettes , pompons , papillons , fultannes
, épingles tortillées , épingles à la Ducheffe ,
bagues, braffelers , agraffes , boutons de corfets
& de compéres , boucles d'oreilles , girondolles ,
rubans de tête , becs en brillant & toutes fortes
d'ajustemens pour les Dames. Il fait auffi les Croix
de Malthe , ornées de leur couronne , ainf que tous
autres Ordres du dernier goût , qui effacent tout
ce qui a paru ci-devant, dont il efpére fatisfaire les
connoiffeurs. Il envoie dans toutes les Cours Etrangéres
& en Province. Décore les bonnets de Ne-
& de Coureurs. Raccommode & met en neuf
les anciens ouvrages les plus défectueux . Le tout
à jufte prix. A Paris.
entre le Caffé du Grand-Confeil & l'Arquebufie
du Roi.
NOUVELLE MANUFACTURE.
LEBLOND , Marchand Jouaillier- Bijoutier , Attifte
pour la derniere perfection des pierres à fufil
& de nouveaux opals des plus parfaits qui ayent
encore paru,fait d'autres fortes de pierres de toutes
couleurs & de toutes efpéces , qui par leur grand
éclat , imitent parfaitement le diamant. H fabrique
toutes fortes de beaux Ouvrage de Bijouteries ,
comme boucles de toutes espèces , coliers , noeuds
de cols , aigrettes , pompons , papillons , fultannes
, épingles tortillées , épingles à la Ducheffe ,
bagues, braffelers , agraffes , boutons de corfets
& de compéres , boucles d'oreilles , girondolles ,
rubans de tête , becs en brillant & toutes fortes
d'ajustemens pour les Dames. Il fait auffi les Croix
de Malthe , ornées de leur couronne , ainf que tous
autres Ordres du dernier goût , qui effacent tout
ce qui a paru ci-devant, dont il efpére fatisfaire les
connoiffeurs. Il envoie dans toutes les Cours Etrangéres
& en Province. Décore les bonnets de Ne-
& de Coureurs. Raccommode & met en neuf
les anciens ouvrages les plus défectueux . Le tout
à jufte prix. A Paris.
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Résumé : AU ROI DE FRANCE, Place du Vieux Louvre, entre le Caffé du Grand-Conseil & l'Arquebusier du Roi. NOUVELLE MANUFACTURE.
L'annonce publicitaire présente la boutique de Leblond, bijoutier installé place du Vieux Louvre, entre le Café du Grand-Confeil et l'Arquebuserie du Roi. Leblond propose des pierres à fusil perfectionnées et des opals de haute qualité. Il fabrique des pierres de toutes couleurs et espèces, imitant le diamant. La boutique offre une large gamme de bijoux, incluant des boucles, colliers, nœuds de cols, aigrettes, pompons, papillons, sultannes, épingles, bagues, bracelets, agrafes, boutons de corsets et de compères, boucles d'oreilles, girandoles, rubans de tête, et becs en brillant. Leblond crée également des croix de Malte et d'autres ordres décoratifs du dernier goût. Il expédie ses produits dans toutes les cours étrangères et en province, et décore les bonnets de laine et de coureurs. De plus, il répare et restaure les anciens ouvrages défectueux à un prix juste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10350
p. 209-212
CATALOGUE des Cartes héraldiques du sieur DUBUISSON, Généalogiste & Doreur du Roi, avec Privilege du Roi, 1760.
Début :
Le Tableau de l'honneur, ou abrégé méthodique de la Science du Blason. [...]
Mots clefs :
Héraldique, Tableau, Chronologie des papes, Noms de famille, Blasons, Empereurs, Rois de France, Rois d'Angleterre, Reines, Rois d'Espagne, Régentes, Colonels, Aumôniers, Chevaliers, Nobles, Maisons, Familles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE des Cartes héraldiques du sieur DUBUISSON, Généalogiste & Doreur du Roi, avec Privilege du Roi, 1760.
CATALOGUE des Cartes héraldiques du fieur Du-
BUISSON , Généalogifte & Doteur du Roi , avec
Privilege du Roi , 1760 .
Le Tab eau de l'honneur , ou abrégé méthodique
de la Science du Blafon . 2 feuilles.
Chronologie des Papes & anti- Papes , depuis la
maillance de l'Egliſe juſqu'en 1758 , contenant
110 MERCURE DE FRANCE. -
leurs noms de Papes , leurs noms de famille ,
leurs pays ; la date de leur élévation , le temps
de leur Pontificat , leur mort & les armes de ceux
qui en ont portées , jufqu'à préfent , 3 F.
Noms , qualité , Armes & Blafon de tous les
Papes & Cardinaux François de naillance , de ceux
qui ont été nommés par nos Rois , & de ceux qui
ont poffédé des Archevêchés & Evêchés en France
jufqu'à préfent , 3 F.
Grands - Maîtres de Saint Jean de Jérufalem ,
dit de Malte , depuis leur création juſqu'à préfent
, 1 F.
Chronologie des Empereurs & Impératrices
d'Occident , depuis Charlemagne jufqu'à préfent
, 2 F.
Généalogie des Rois de France , depuis le commencement
de cette Monarchie jufqu'à préſent
9 F.
Chronologie des Rois & des Reines de France ,
depuis Pharamond jufqu'à préfent , 2 F.
Chronologie des Rois d'Angleterre , depuis Egbert
, premier Roi des Saxons Occidentaux ; jufqu'à
préfent , 2 F.
Chronologie des Rois & Reines de Portugal , &
des Algarbes , depuis Hugues Caper jufqu'à préfent
, I F.
Généalogie des Rois & Reines d'Espagne , depuis
le commencement de cette Monarchie jufqu'à
préfent , 9 F.
Chronologie des Rois & Reines d'Espagne , depuis
l'Erection du Comté de Caftille en Royaume ,
par Sanche IV. dit le Grand , Roi de Navarre
jufqu'à préfent , 1 F.
t Les Rois & Reines des deux Siciles , depuis leur
origne jufqu'à préſent , 2 F.
Les Dauphins de France , depuis la ceffion du
Dauphiné faite par Humbert , dernier Dauphin
Viennois , jufqu'à préſent , 1 F.
NOVEMBRE. 1760. 21F
Les 32 quartiers paternels & maternels de
Monfeigneur Louis Dauphin de France , 1 F.
Les Ducs & Pairs de France , depuis 1701 juf
qu'à préfent , 1 F.
Les Régents & Régentes du Royaume de France,
depuis leur origine jufqu'à préfent , 1 F.
Les Grands Sénéchaux & Connétables de France
, depuis le Regne du Roi Hugues- Capet jul
qu'à préfent , Ě.
Chanceliers & Gardes des Sceaux de France ,
depuis le Regne de S. Louis jufqu'à préſent , 2 F.
Maréchaux de France , depuis le Regne du Roi
Philippe-Augufte jufqu'à préfent , 3 F.
Les Grands Amiraux & Généraux des Galéres ,
depuis le Regne du Roi S. Louis juſqu'à préſent
2 F.
>
Grands Maitres des Arbalêtriers , & Grands-
Maîtres de l'Artillerie de France , depuis leur origine
jufqu'à préfent , 2 F.
Portes- Oriflâmes & Colonels Généraux de l'Infanterie
Françoife , depuis leur Création jufqu'à
préfent , F.
Grands Aumôniers de France , depuis leur ori→
gine jufqu'à préfent , i F.
Grands Maîtres de France , depuis leur origine
jufqu'à préfent , 1 F.
+
Grands Ecuyers de France , depuis leur Création
jufqu'à préfent , 1 F.
Grands Chambriers & Grands Chambellans de
France , depuis leur origine jufqu'à préfent , 2 F.
Grands Bouteillers ou Grands Echanfons
Grands Panetiers , & Grands Queux de France
depuis leur Création jufqu'à préfent , 2 F.
Grands Veneurs , Grands Louvetiers & Grands
Fauconniers de France , depuis leur origine jufqu'à
préfent , 2 F.
Tous les Chevaliers Commandeurs de l'Ordre
212 MERCURE DE FRANCE.
du Saint Elprit , créés par Louis XV. du nom ร
Ve Chef de l'Ordre , jufqu'à préfent , 4 F.
Généalogie & Defcendance de l'illufire Maiſon
de Croy , F.
La Cour des Monnoyes telle qu'elle eft en là
préſente année , 1 F.
Confeillers du Roi & Quartiniers de la Ville
de Paris , depuis l'année 15oo jufqu'à préfent , F.
Carte générale des Rois & Princes de l'Europe
, 2 E.
Nobiliaire de Normandie , 2.7 F.
Nobiliaire de Bretagne , 10 F.
Nobiliaire de Picardie , 2 F.
Nobiliaire de Champagne , 4 F.
Le Grand-Confeil tel qu'il eft à préſent , 2 F.
Armorial des principales Maifons & Familles
du Royaume , enrichi de 4000 Ecuflons
leurs explications , noms de Famille & Seignen
rie , deux volumes in- 12.
BUISSON , Généalogifte & Doteur du Roi , avec
Privilege du Roi , 1760 .
Le Tab eau de l'honneur , ou abrégé méthodique
de la Science du Blafon . 2 feuilles.
Chronologie des Papes & anti- Papes , depuis la
maillance de l'Egliſe juſqu'en 1758 , contenant
110 MERCURE DE FRANCE. -
leurs noms de Papes , leurs noms de famille ,
leurs pays ; la date de leur élévation , le temps
de leur Pontificat , leur mort & les armes de ceux
qui en ont portées , jufqu'à préfent , 3 F.
Noms , qualité , Armes & Blafon de tous les
Papes & Cardinaux François de naillance , de ceux
qui ont été nommés par nos Rois , & de ceux qui
ont poffédé des Archevêchés & Evêchés en France
jufqu'à préfent , 3 F.
Grands - Maîtres de Saint Jean de Jérufalem ,
dit de Malte , depuis leur création juſqu'à préfent
, 1 F.
Chronologie des Empereurs & Impératrices
d'Occident , depuis Charlemagne jufqu'à préfent
, 2 F.
Généalogie des Rois de France , depuis le commencement
de cette Monarchie jufqu'à préſent
9 F.
Chronologie des Rois & des Reines de France ,
depuis Pharamond jufqu'à préfent , 2 F.
Chronologie des Rois d'Angleterre , depuis Egbert
, premier Roi des Saxons Occidentaux ; jufqu'à
préfent , 2 F.
Chronologie des Rois & Reines de Portugal , &
des Algarbes , depuis Hugues Caper jufqu'à préfent
, I F.
Généalogie des Rois & Reines d'Espagne , depuis
le commencement de cette Monarchie jufqu'à
préfent , 9 F.
Chronologie des Rois & Reines d'Espagne , depuis
l'Erection du Comté de Caftille en Royaume ,
par Sanche IV. dit le Grand , Roi de Navarre
jufqu'à préfent , 1 F.
t Les Rois & Reines des deux Siciles , depuis leur
origne jufqu'à préſent , 2 F.
Les Dauphins de France , depuis la ceffion du
Dauphiné faite par Humbert , dernier Dauphin
Viennois , jufqu'à préſent , 1 F.
NOVEMBRE. 1760. 21F
Les 32 quartiers paternels & maternels de
Monfeigneur Louis Dauphin de France , 1 F.
Les Ducs & Pairs de France , depuis 1701 juf
qu'à préfent , 1 F.
Les Régents & Régentes du Royaume de France,
depuis leur origine jufqu'à préfent , 1 F.
Les Grands Sénéchaux & Connétables de France
, depuis le Regne du Roi Hugues- Capet jul
qu'à préfent , Ě.
Chanceliers & Gardes des Sceaux de France ,
depuis le Regne de S. Louis jufqu'à préſent , 2 F.
Maréchaux de France , depuis le Regne du Roi
Philippe-Augufte jufqu'à préfent , 3 F.
Les Grands Amiraux & Généraux des Galéres ,
depuis le Regne du Roi S. Louis juſqu'à préſent
2 F.
>
Grands Maitres des Arbalêtriers , & Grands-
Maîtres de l'Artillerie de France , depuis leur origine
jufqu'à préfent , 2 F.
Portes- Oriflâmes & Colonels Généraux de l'Infanterie
Françoife , depuis leur Création jufqu'à
préfent , F.
Grands Aumôniers de France , depuis leur ori→
gine jufqu'à préfent , i F.
Grands Maîtres de France , depuis leur origine
jufqu'à préfent , 1 F.
+
Grands Ecuyers de France , depuis leur Création
jufqu'à préfent , 1 F.
Grands Chambriers & Grands Chambellans de
France , depuis leur origine jufqu'à préfent , 2 F.
Grands Bouteillers ou Grands Echanfons
Grands Panetiers , & Grands Queux de France
depuis leur Création jufqu'à préfent , 2 F.
Grands Veneurs , Grands Louvetiers & Grands
Fauconniers de France , depuis leur origine jufqu'à
préfent , 2 F.
Tous les Chevaliers Commandeurs de l'Ordre
212 MERCURE DE FRANCE.
du Saint Elprit , créés par Louis XV. du nom ร
Ve Chef de l'Ordre , jufqu'à préfent , 4 F.
Généalogie & Defcendance de l'illufire Maiſon
de Croy , F.
La Cour des Monnoyes telle qu'elle eft en là
préſente année , 1 F.
Confeillers du Roi & Quartiniers de la Ville
de Paris , depuis l'année 15oo jufqu'à préfent , F.
Carte générale des Rois & Princes de l'Europe
, 2 E.
Nobiliaire de Normandie , 2.7 F.
Nobiliaire de Bretagne , 10 F.
Nobiliaire de Picardie , 2 F.
Nobiliaire de Champagne , 4 F.
Le Grand-Confeil tel qu'il eft à préſent , 2 F.
Armorial des principales Maifons & Familles
du Royaume , enrichi de 4000 Ecuflons
leurs explications , noms de Famille & Seignen
rie , deux volumes in- 12.
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Résumé : CATALOGUE des Cartes héraldiques du sieur DUBUISSON, Généalogiste & Doreur du Roi, avec Privilege du Roi, 1760.
Le document est un catalogue de cartes héraldiques du généalogiste et doreur du Roi, Du Buisson, daté de 1760. Il présente diverses chronologies et généalogies historiques. Parmi les œuvres listées, figure 'Le Tableau de l'honneur, ou abrégé méthodique de la Science du Blason' en deux feuilles. Le catalogue inclut des chronologies des Papes et anti-Papes depuis la fondation de l'Église jusqu'en 1758, des Papes et cardinaux français, des Grands Maîtres de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, des Empereurs et Impératrices d'Occident depuis Charlemagne, ainsi que des Rois de France, d'Angleterre, de Portugal, d'Espagne, des Deux-Siciles, et des Dauphins de France. Il couvre également les Ducs et Pairs de France, les Régents, les Grands Sénéchaux, les Chanceliers, les Maréchaux, les Grands Amiraux, les Grands Aumôniers, les Grands Écuyers, et divers autres hauts dignitaires français. Le catalogue mentionne des généalogies spécifiques comme celle de la Maison de Croy, et des nobiliaires de régions françaises telles que la Normandie, la Bretagne, la Picardie, et la Champagne. Enfin, il inclut un armorial des principales maisons et familles du royaume, enrichi de 4000 écussons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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