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1
s. p.
EXTRAIT Des Régistres de l'Académie Royale des Sciences. Du 28. Aoust 1717.
Début :
Le P. Sebastien, Mrs Lémery & Geoffroy, qui avoient été nommé [...]
Mots clefs :
Machine, Invention , Médecin, Expérience, Certificat
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT Des Régistres de l'Académie Royale des Sciences. Du 28. Aoust 1717.
EXTRAIT
Des Régistres de l'Académie Royale des
Sciences. Du 28. Aoust 1717.
Le P. Sebastien , Mrs Lémery &
Ceoffroy , qui avoient été nommé pour
examiner une Machine inventée par
M. Gautier Medecin de Nantes , pour
deſſaler l'Eau de la Mer ; en ayant fait
leur raport à la Compagnie , elle a
jugé que la Machine étoit nouvelle &
fort ingénieufe , & que la maniere dontla
fuperficie du Tambour & celle du
Chapiteau font augmentées , eſt trés
Bien pensée : Que cette Machine mexire
d'être exécutée & approuvée ſur
plufieurs Vaiſſeaux ; & qu'il n'y a que
l'expérience qui puiffe apprendre , fi
P'Eau de la Mer ainſi deſſalée , ſera affez
faine pendant un long uſage. E
foy de quoi j'ai figné le préſent Certificat.
A Paris , ce 6 Septembre 1717.
Fontenelle Secretaire perpetuel de l'A--
cadémie Royale des Sciences.
Des Régistres de l'Académie Royale des
Sciences. Du 28. Aoust 1717.
Le P. Sebastien , Mrs Lémery &
Ceoffroy , qui avoient été nommé pour
examiner une Machine inventée par
M. Gautier Medecin de Nantes , pour
deſſaler l'Eau de la Mer ; en ayant fait
leur raport à la Compagnie , elle a
jugé que la Machine étoit nouvelle &
fort ingénieufe , & que la maniere dontla
fuperficie du Tambour & celle du
Chapiteau font augmentées , eſt trés
Bien pensée : Que cette Machine mexire
d'être exécutée & approuvée ſur
plufieurs Vaiſſeaux ; & qu'il n'y a que
l'expérience qui puiffe apprendre , fi
P'Eau de la Mer ainſi deſſalée , ſera affez
faine pendant un long uſage. E
foy de quoi j'ai figné le préſent Certificat.
A Paris , ce 6 Septembre 1717.
Fontenelle Secretaire perpetuel de l'A--
cadémie Royale des Sciences.
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2
p. 135-142
LETTRE D'UNE DAME, SUR LA PERFIDIE DE SON MARY, A. L'A. D. M.
Début :
Lorsqu'on a entendu le récit de quelque chose de surprenant & de / Il y a quelques années que je me trouvai logée dans une même Maison, [...]
Mots clefs :
Maison, Gentilhomme, Civilité, Déclaration, Inégalité, Richesse, Mariage, Certificat, Tendresse, Relation épistolaire, Accouchement, Passion, Fortune, Larmes, Trahison
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'UNE DAME, SUR LA PERFIDIE DE SON MARY, A. L'A. D. M.
Lorsqu'on a entendu le récit de quel
que chofe de furprenant & de merveilleux
, on dit prefque toujours : Que
cela eft fort beau ! Du moins , s'il est
vrai. Mais , je fouhaiterois de tout mon
coeur , que la Rélation que je vais donner
, ſe trouvât fauffe ; quoiqu'elle fait
accompagnée d'une fi grande fimplicité,
& qu'ily ait des traits ſi vifs &fi natu.
rels d'une douleur profonde , qu'elle ne
paroît que trop véritable .
LETTRE
D'UNE DAME ,
SUR LA PERFIDIE DE SON MARY,
A. L'A. D. M.
Ly a quelques années,que je me trou .
vai logée dans une même Maifon ,
avec un jeune Gentil-homme de mérite
. Frapée de fa bonne mine , & plus
135 LE MERCURE
tout en oeuvre >
encore de fes bonnes qualitez , je mis
pour en acquérir
moi-même ; afin de me concilier fon
eftime. La facilité que nous avions de
converfer l'un avec l'autre , nous entraîna
bien- tôt d'une civilité générale,
à une paffion particulière. Il chercha
l'occafion de me déclarer la fienne ;
& moi , qui ne pouvois raiſonablement
prétendre à un homme auffi riche que
Îui , charmée de fa propofition , j'y
répondis en des termes , qui lui faifoient.
connoître , que fa déclaration ne me
déplaifoit pas , fans lui en marquer au
cun excés de joye , ny rien qui ne s'accordât
avec les régles de la bien- féance.
Son pere, quoiqu'homme du monde,
êtoit avare , & en même- tems ambiticux
De forte qu'il n'auroit pas êté
facile de lui perfuader , qu'il pût ſe
trouver quelque autre mérite , dans la
perfonne , ou le caractére d'une femme,
capable de balancer l'inégalité des
richeffes. Cependant , le fils m'entretenoit
toûjours de fon amour , & il ne
perdoit aucune occafion de me témoi
gner fon défintéreffement. Il offrit même
de m'époufer en fecret , & de taire
la chofe , jufqu'à ce qu'il ût obtenu
l'approbation
DE DECEMBRE
137
l'approbation de fon pere , ou qu'il fûc
maître de fon bien. Je l'aimois avec
tendreffe ; & vous pouvez bien croire ,
que je ne lui refufai pas ce que mon
interêt m'obligeoit de lui accorder :
Mais , je n'êtois pas fi neuve , que je
ne priffe avec moi , pour affilter à la
cérémonie de mon Mariage , deux
perfonnes de confiance , du fecret defquelles
j'étois bien füre. Lorfque le
Sacrement nous ût lié , je retirai du
Prêtre, un Certificat figné de ſa main ,
de celle de mon Epoux , & de mes
deux Témoins. Après cela , nous vécumes
plus familiéremene que jamais ,
fous le même toit ; quoique la contrainte
dans laquelle nous vivions en
général , & le foin extréme qu'il fal-
Toit prendre , pour cacher nos entrevûës
, donnaffent à nos démarches , un
air qui fembloit plûtôt venir de la tendreffe
impatiente de jeunes Amans ,
que de la paffion réguliére & ſatisfaite
de perfonnes mariées .
Le pere de mon Epoux , informé
fans doute de nos amours , craignit
dès-lors , que fon fils ne s'engageât avec
moi : De forte qu'il le preffà de fe déclarer
en faveur d'un parti , fur lequel
Décembre 1717. M
138 LE MERCURE
carté >
il avoit jetté les yeux, Pour nous délivrer
l'un & l'autre de cet embaras ,
& prévenir l'éclat de nôtre Mariage ,
qui ne pouvoit guéres fe cacher plus
long- tems , il fut réfolu que j'irois à la
campagne , dans quelque endroit é-
& que nous nous écririons
fous des noms fuppofez. Cela s'exécuta
, & nôtre commerce épiftolaire ne
dura que trop . Quoiqu'il en foit , avec
le fecours de mon aiguille , de mon
clavecin , d'un petit nombre de Livres
choifis ; & plus que tout cela , des
Lettres de mon Epoux que je relifois
à tout moment ; j'y coulai la vie dans
l'attente de voir enfin des jours moins
folitaires. Vous fçaurez d'ailleuts
qu'au bout de quatre mois , après nôtre
féparation , j'accouchai fécretement
d'un enfant , qui ne vécut que peu
d'heures après . Comme on me croyoit
fille dans le canton , où par prudence
je m'êtois exilée, un Gentil- homme du
voifinage , qui eftoit un vrai brutal de
profeffion , s'avifa de m'aimer ; & fa
paffion fut par la fuite , la fource funefte
de tous mes malheurs. Ce Ruftique
eft un de ces Campagnards grol-
Gers , qui croient eftre d'autant plus
DE DECEMBRE .
139
polis , qu'ils négligent toutes les régles
de la polireffe ; & qui ,à l'abry d'un ris
éclatant , d'un ton bruyant , d'un fort
petit génie & d'un grand bien , fe
croient tout permis , fans avoir aucun
égard au tems ou aux lieux . Une Parente
chez qui je demeurois cachée ,
& qui ,fans avoir le fécret de mon Maiiage
, avoit celui de mes couches , s'êtonnoit
, de ce que je faifois paroître
tant de froideur pour ce Gentil- homme
, qui avoit intention de m'époufer ;
puifque , felon elle , la fortune ne me
préfenteroit jamais une occafion plus
favorable , pour réparer ma faute . En
cela , elle avoit raifon de vouloir m'engager
Acette union ; & moi , je n'en
avois pas moins de la refufer conftament.
Comme elle perféveroit opiniatrément
dans ce deffein , quelque priére
& quelque inftance que je lui fiſſe ,
pour qu'elle me délivrât de mon importun
; ma bonne parente croyoit encore
faire merveilles , en l'introduifant
malgré moi , dans mon Appartement ;
perfuadée qu'à la fin , je m'accoutumerois
à fes maniéres . Il fallut donc fouffrir
en dépit de moi , les vifites de cet home.
Un jour , que j'étois affife dans une
Mij
140 LEMERCURE
>
petite fale à manger , toute occupée
de la lecture d'une Lettre de mon
Epoux , dans laquelle je pliois toujours
le Certificat de mon mariage ;
ceRuftre y furvint tout à coup ; & avec
cette familiarité dégoutante , qui eſt
affez ordinaire à de pareils brutaux
il m'arracha brufquement ces papiers
de la main : Je fus d'abord fi confternée
, que me jettant à fes pieds
je le fupliai de me les rendie . Là - deffus
, avec les mêmes airs impertinents
& haïffables , il jura qu'il les liroit ;
plus je redoublois mes inftances plus
fa curiofité augmentoit , jufques à ce
qu'enfin , pénétré d'un dépit qui partoit
fans doute , de la paffion qu'il avoit
pour moi; il jetta les papiers dans le
feu , avec ferment que puifquil ne
devoit pas les lire , celui qui les avoit
écrits , n'auroit pas le bonheur de les
faire fervir au mien. Il eft prefque inutile
de vous avertir , que mes larmes
& mes fanglans reproches obligérent
cet Indigne à fortir de ma Chambre,
couvert de honte & de confufion ; &.
que ce défaftie me caufa des inquiétudes
mortelles . Cependant , j'avois
alors une confiance fi grande en la
,
DE DECEMBRE. 14 .
bonne-foy de mon Epoux , que je lu,
écrivis le mal-heur qui m'étoit arrivé
& que je le priai de me renvoyer un
autre Certificat en bonne forme . Après
m'avoir manqué deux ou trois poftes ,
il me répondit en général , qu'il ne
pouvoit pas m'envoyer alors ce que
je lui demandois ; mais , qu'auffitôt
qu'il pourroit.me le faire tenir en fûseté
, je devois eftre perfuadée qu'il
me donneroit cette fatisfaction. Depuis
cette Epoque , fes Lettres devinrent
plus froides de jour en jour ; & à mefure
que fon indifférence croifloit ,
mes foupçons prenoient de nouvelles
racines. Enfin , c'eft ce qui m'a fair
prendre le parti de me rendre en cette
Ville, où j'ai trouvé que , les deux perfonnes
, qui avoient fervies de Témoins
à nôtre Mariage , êtoient mortes , &
que mon Epoux êtoit veuf d'une jeune
Dame qu'il avoit prife , il n'y a que
trois mois , pour obéir à fon pere. En
un mot , il me fuit & me défavotie.
Si j'allois chez lui , pour le convaincre
de fa perfidie, fon pere ne manqueroit
pas de foûtenir fon fils contre mes
prétentions . Si je divulgois dans le
monde ſa trahison , quelle réparation
Mij
142
LEMERCURE
pourois-je attendre d'une injustice que
je ne fçaurois prouver ? Il s'imagine ,
fans doute , de me réduire par la néceſſité,
à lui céder mes droits pour ure
penfion viagere ; mais , j'en mourrois
plûtôt , que de commettre une telle
lâcheté. Je fuis fa femme : Faites le
fouvenir je vous prie , vous Monfieur ,
qui êtes fon meilleur ami , de fa premiere
tendreffe pour moi , du plaifir
charmant qu'il prenoit , lorfque je venois
à me découvrir par mégarde devant
quelqu'un ; faites le fouvenir de
mon air fot & entrepris , lorfque je
voulois paroître indifférente pour lui
devant la compagnie ; demandez- lui
s'il eft poffible , que moi qui ne pous
vois , quoiqu'il m'en priât , cacher
mon amitié pour lui , je puiffe à préfent
renoncer pour toujours à la fienne .
Ah ! Mr , les coeurs fenfibles ne connoiffent
point d'indifférence dans le
Mariage : Si vous avez quelque compaffion
de l'innocence expofée à l'infamie
, jugez de l'état déplorable où
je me vois réduite. Je fuis &c.
que chofe de furprenant & de merveilleux
, on dit prefque toujours : Que
cela eft fort beau ! Du moins , s'il est
vrai. Mais , je fouhaiterois de tout mon
coeur , que la Rélation que je vais donner
, ſe trouvât fauffe ; quoiqu'elle fait
accompagnée d'une fi grande fimplicité,
& qu'ily ait des traits ſi vifs &fi natu.
rels d'une douleur profonde , qu'elle ne
paroît que trop véritable .
LETTRE
D'UNE DAME ,
SUR LA PERFIDIE DE SON MARY,
A. L'A. D. M.
Ly a quelques années,que je me trou .
vai logée dans une même Maifon ,
avec un jeune Gentil-homme de mérite
. Frapée de fa bonne mine , & plus
135 LE MERCURE
tout en oeuvre >
encore de fes bonnes qualitez , je mis
pour en acquérir
moi-même ; afin de me concilier fon
eftime. La facilité que nous avions de
converfer l'un avec l'autre , nous entraîna
bien- tôt d'une civilité générale,
à une paffion particulière. Il chercha
l'occafion de me déclarer la fienne ;
& moi , qui ne pouvois raiſonablement
prétendre à un homme auffi riche que
Îui , charmée de fa propofition , j'y
répondis en des termes , qui lui faifoient.
connoître , que fa déclaration ne me
déplaifoit pas , fans lui en marquer au
cun excés de joye , ny rien qui ne s'accordât
avec les régles de la bien- féance.
Son pere, quoiqu'homme du monde,
êtoit avare , & en même- tems ambiticux
De forte qu'il n'auroit pas êté
facile de lui perfuader , qu'il pût ſe
trouver quelque autre mérite , dans la
perfonne , ou le caractére d'une femme,
capable de balancer l'inégalité des
richeffes. Cependant , le fils m'entretenoit
toûjours de fon amour , & il ne
perdoit aucune occafion de me témoi
gner fon défintéreffement. Il offrit même
de m'époufer en fecret , & de taire
la chofe , jufqu'à ce qu'il ût obtenu
l'approbation
DE DECEMBRE
137
l'approbation de fon pere , ou qu'il fûc
maître de fon bien. Je l'aimois avec
tendreffe ; & vous pouvez bien croire ,
que je ne lui refufai pas ce que mon
interêt m'obligeoit de lui accorder :
Mais , je n'êtois pas fi neuve , que je
ne priffe avec moi , pour affilter à la
cérémonie de mon Mariage , deux
perfonnes de confiance , du fecret defquelles
j'étois bien füre. Lorfque le
Sacrement nous ût lié , je retirai du
Prêtre, un Certificat figné de ſa main ,
de celle de mon Epoux , & de mes
deux Témoins. Après cela , nous vécumes
plus familiéremene que jamais ,
fous le même toit ; quoique la contrainte
dans laquelle nous vivions en
général , & le foin extréme qu'il fal-
Toit prendre , pour cacher nos entrevûës
, donnaffent à nos démarches , un
air qui fembloit plûtôt venir de la tendreffe
impatiente de jeunes Amans ,
que de la paffion réguliére & ſatisfaite
de perfonnes mariées .
Le pere de mon Epoux , informé
fans doute de nos amours , craignit
dès-lors , que fon fils ne s'engageât avec
moi : De forte qu'il le preffà de fe déclarer
en faveur d'un parti , fur lequel
Décembre 1717. M
138 LE MERCURE
carté >
il avoit jetté les yeux, Pour nous délivrer
l'un & l'autre de cet embaras ,
& prévenir l'éclat de nôtre Mariage ,
qui ne pouvoit guéres fe cacher plus
long- tems , il fut réfolu que j'irois à la
campagne , dans quelque endroit é-
& que nous nous écririons
fous des noms fuppofez. Cela s'exécuta
, & nôtre commerce épiftolaire ne
dura que trop . Quoiqu'il en foit , avec
le fecours de mon aiguille , de mon
clavecin , d'un petit nombre de Livres
choifis ; & plus que tout cela , des
Lettres de mon Epoux que je relifois
à tout moment ; j'y coulai la vie dans
l'attente de voir enfin des jours moins
folitaires. Vous fçaurez d'ailleuts
qu'au bout de quatre mois , après nôtre
féparation , j'accouchai fécretement
d'un enfant , qui ne vécut que peu
d'heures après . Comme on me croyoit
fille dans le canton , où par prudence
je m'êtois exilée, un Gentil- homme du
voifinage , qui eftoit un vrai brutal de
profeffion , s'avifa de m'aimer ; & fa
paffion fut par la fuite , la fource funefte
de tous mes malheurs. Ce Ruftique
eft un de ces Campagnards grol-
Gers , qui croient eftre d'autant plus
DE DECEMBRE .
139
polis , qu'ils négligent toutes les régles
de la polireffe ; & qui ,à l'abry d'un ris
éclatant , d'un ton bruyant , d'un fort
petit génie & d'un grand bien , fe
croient tout permis , fans avoir aucun
égard au tems ou aux lieux . Une Parente
chez qui je demeurois cachée ,
& qui ,fans avoir le fécret de mon Maiiage
, avoit celui de mes couches , s'êtonnoit
, de ce que je faifois paroître
tant de froideur pour ce Gentil- homme
, qui avoit intention de m'époufer ;
puifque , felon elle , la fortune ne me
préfenteroit jamais une occafion plus
favorable , pour réparer ma faute . En
cela , elle avoit raifon de vouloir m'engager
Acette union ; & moi , je n'en
avois pas moins de la refufer conftament.
Comme elle perféveroit opiniatrément
dans ce deffein , quelque priére
& quelque inftance que je lui fiſſe ,
pour qu'elle me délivrât de mon importun
; ma bonne parente croyoit encore
faire merveilles , en l'introduifant
malgré moi , dans mon Appartement ;
perfuadée qu'à la fin , je m'accoutumerois
à fes maniéres . Il fallut donc fouffrir
en dépit de moi , les vifites de cet home.
Un jour , que j'étois affife dans une
Mij
140 LEMERCURE
>
petite fale à manger , toute occupée
de la lecture d'une Lettre de mon
Epoux , dans laquelle je pliois toujours
le Certificat de mon mariage ;
ceRuftre y furvint tout à coup ; & avec
cette familiarité dégoutante , qui eſt
affez ordinaire à de pareils brutaux
il m'arracha brufquement ces papiers
de la main : Je fus d'abord fi confternée
, que me jettant à fes pieds
je le fupliai de me les rendie . Là - deffus
, avec les mêmes airs impertinents
& haïffables , il jura qu'il les liroit ;
plus je redoublois mes inftances plus
fa curiofité augmentoit , jufques à ce
qu'enfin , pénétré d'un dépit qui partoit
fans doute , de la paffion qu'il avoit
pour moi; il jetta les papiers dans le
feu , avec ferment que puifquil ne
devoit pas les lire , celui qui les avoit
écrits , n'auroit pas le bonheur de les
faire fervir au mien. Il eft prefque inutile
de vous avertir , que mes larmes
& mes fanglans reproches obligérent
cet Indigne à fortir de ma Chambre,
couvert de honte & de confufion ; &.
que ce défaftie me caufa des inquiétudes
mortelles . Cependant , j'avois
alors une confiance fi grande en la
,
DE DECEMBRE. 14 .
bonne-foy de mon Epoux , que je lu,
écrivis le mal-heur qui m'étoit arrivé
& que je le priai de me renvoyer un
autre Certificat en bonne forme . Après
m'avoir manqué deux ou trois poftes ,
il me répondit en général , qu'il ne
pouvoit pas m'envoyer alors ce que
je lui demandois ; mais , qu'auffitôt
qu'il pourroit.me le faire tenir en fûseté
, je devois eftre perfuadée qu'il
me donneroit cette fatisfaction. Depuis
cette Epoque , fes Lettres devinrent
plus froides de jour en jour ; & à mefure
que fon indifférence croifloit ,
mes foupçons prenoient de nouvelles
racines. Enfin , c'eft ce qui m'a fair
prendre le parti de me rendre en cette
Ville, où j'ai trouvé que , les deux perfonnes
, qui avoient fervies de Témoins
à nôtre Mariage , êtoient mortes , &
que mon Epoux êtoit veuf d'une jeune
Dame qu'il avoit prife , il n'y a que
trois mois , pour obéir à fon pere. En
un mot , il me fuit & me défavotie.
Si j'allois chez lui , pour le convaincre
de fa perfidie, fon pere ne manqueroit
pas de foûtenir fon fils contre mes
prétentions . Si je divulgois dans le
monde ſa trahison , quelle réparation
Mij
142
LEMERCURE
pourois-je attendre d'une injustice que
je ne fçaurois prouver ? Il s'imagine ,
fans doute , de me réduire par la néceſſité,
à lui céder mes droits pour ure
penfion viagere ; mais , j'en mourrois
plûtôt , que de commettre une telle
lâcheté. Je fuis fa femme : Faites le
fouvenir je vous prie , vous Monfieur ,
qui êtes fon meilleur ami , de fa premiere
tendreffe pour moi , du plaifir
charmant qu'il prenoit , lorfque je venois
à me découvrir par mégarde devant
quelqu'un ; faites le fouvenir de
mon air fot & entrepris , lorfque je
voulois paroître indifférente pour lui
devant la compagnie ; demandez- lui
s'il eft poffible , que moi qui ne pous
vois , quoiqu'il m'en priât , cacher
mon amitié pour lui , je puiffe à préfent
renoncer pour toujours à la fienne .
Ah ! Mr , les coeurs fenfibles ne connoiffent
point d'indifférence dans le
Mariage : Si vous avez quelque compaffion
de l'innocence expofée à l'infamie
, jugez de l'état déplorable où
je me vois réduite. Je fuis &c.
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3
p. 144-146
LETTRE de M. Thillaye, Privilégié du Roi pour les pompes à incendies, demeurant à Rouen, à l'Auteur du Mercure.
Début :
MONSIEUR, Je pourrois vous détailler les différens pays étrangers & [...]
Mots clefs :
Pompes à incendie, Succès, Incendie, Certificat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Thillaye, Privilégié du Roi pour les pompes à incendies, demeurant à Rouen, à l'Auteur du Mercure.
LETTRE de M. Thillaye , Privilégié du Roi
pour les pompes à incendies , demeurant à
Rouen , à l'Auteur du Mercure.
MONSIEUR,
E pourrois vous détailler les différens
pays étrangers & les différentes villes du
royaume à qui j'ai fourni de mes pompes ;
mais comme ce détail pourroit devenir ennuyeux
, je me bornerai à vous citer un
feul exemple de mon fuccès , qui eſt décifif.
M. de Beaumont , Intendant de Flan
dres , a envifagé , lorfqu'il étoit en Intendance
en Franche- Comté , qu'un de ſes
prémiers foins devoit être de garantir fa
Généralité des incendies. Ce Magiftrat ,
Occupé
FEVRIER. 1755.
1755 145
occupé de l'amour du bien public , voulant
faire emplette de pompes , & en établir
dans les villes de fon département , a
jetté les yeux fur moi , & ce n'a été qu'après
avoir examiné lui - même mon ouvrage
qu'il m'a donné la préférence ; je lui ai
fourni vingt pompes , dont je puis dire
qu'il a été fatisfait.
J'ai crû , Monfieur , devoir vous rendre
compte de mon fuccès , auquel vous avez
contribué par vos annonces favorables ; je
vous prie de rendre ma lettre publique par
la voie de votre Journal , & d'inferer à la
fuite le certificat de M. de Beaumont , afin
que ceux qui ne connoîtroient pas tout l'avantage
qu'on peut tirer de mes pompes ,
ne puiffent plus en douter.
J'en délivre gratuitement les figures &
la defcription . Je prie ceux qui me feront
l'honneur de m'écrire, d'affranchir leurs lettres.
Les perfonnes qui defireront avoir de
ces pompes , à Paris , pourront s'adreffer
chez les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré , où j'en ai en magafin de toutes
grandeurs.
J'ai l'honneur d'être , &c.
CERTIFICAT.
Jean -Louis Moreau , Chevalier , Sei
G
146. MERCURE DE FRANCE.
1
gneur de Beaumont , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Maître des Requêtes ordinaire
de fon Hôtel , Intendant du Comté.
de Bourgogne.
Certifions que le fieur Thillaye , Maître
Pompier à Rouen , a fourni par nos ordres
, pendant l'année derniere & la préfente
, à plufieurs villes de Bourgogne
vingt pompes de différentes grandeurs def
tinées à éteindre le feu en cas d'incendie
defquelles nous avons fait faire l'épreuve,
avec fuccès en notre préfence ; elles nous,
ont paru , par leur forme & par leurs effets ,
être extrêmement utiles dans des incen
dies.
Fait au camp de Gray le 4 Septembre
1754.
Signé DE BEAUMONT,
pour les pompes à incendies , demeurant à
Rouen , à l'Auteur du Mercure.
MONSIEUR,
E pourrois vous détailler les différens
pays étrangers & les différentes villes du
royaume à qui j'ai fourni de mes pompes ;
mais comme ce détail pourroit devenir ennuyeux
, je me bornerai à vous citer un
feul exemple de mon fuccès , qui eſt décifif.
M. de Beaumont , Intendant de Flan
dres , a envifagé , lorfqu'il étoit en Intendance
en Franche- Comté , qu'un de ſes
prémiers foins devoit être de garantir fa
Généralité des incendies. Ce Magiftrat ,
Occupé
FEVRIER. 1755.
1755 145
occupé de l'amour du bien public , voulant
faire emplette de pompes , & en établir
dans les villes de fon département , a
jetté les yeux fur moi , & ce n'a été qu'après
avoir examiné lui - même mon ouvrage
qu'il m'a donné la préférence ; je lui ai
fourni vingt pompes , dont je puis dire
qu'il a été fatisfait.
J'ai crû , Monfieur , devoir vous rendre
compte de mon fuccès , auquel vous avez
contribué par vos annonces favorables ; je
vous prie de rendre ma lettre publique par
la voie de votre Journal , & d'inferer à la
fuite le certificat de M. de Beaumont , afin
que ceux qui ne connoîtroient pas tout l'avantage
qu'on peut tirer de mes pompes ,
ne puiffent plus en douter.
J'en délivre gratuitement les figures &
la defcription . Je prie ceux qui me feront
l'honneur de m'écrire, d'affranchir leurs lettres.
Les perfonnes qui defireront avoir de
ces pompes , à Paris , pourront s'adreffer
chez les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré , où j'en ai en magafin de toutes
grandeurs.
J'ai l'honneur d'être , &c.
CERTIFICAT.
Jean -Louis Moreau , Chevalier , Sei
G
146. MERCURE DE FRANCE.
1
gneur de Beaumont , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Maître des Requêtes ordinaire
de fon Hôtel , Intendant du Comté.
de Bourgogne.
Certifions que le fieur Thillaye , Maître
Pompier à Rouen , a fourni par nos ordres
, pendant l'année derniere & la préfente
, à plufieurs villes de Bourgogne
vingt pompes de différentes grandeurs def
tinées à éteindre le feu en cas d'incendie
defquelles nous avons fait faire l'épreuve,
avec fuccès en notre préfence ; elles nous,
ont paru , par leur forme & par leurs effets ,
être extrêmement utiles dans des incen
dies.
Fait au camp de Gray le 4 Septembre
1754.
Signé DE BEAUMONT,
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Résumé : LETTRE de M. Thillaye, Privilégié du Roi pour les pompes à incendies, demeurant à Rouen, à l'Auteur du Mercure.
M. Thillaye, privilégié du Roi pour les pompes à incendie à Rouen, écrit au rédacteur du Mercure pour souligner son succès dans la fourniture de ces équipements. Il mentionne l'exemple de M. de Beaumont, Intendant de Flandres, qui, après avoir examiné les pompes de Thillaye, en a commandé vingt, satisfait de leur qualité. Thillaye attribue une partie de son succès aux annonces favorables publiées par le destinataire de la lettre. Il souhaite rendre cette lettre publique et inclure le certificat de M. de Beaumont pour convaincre les sceptiques des avantages de ses pompes. Thillaye offre gratuitement les plans et descriptions de ses pompes et invite les intéressés à le contacter ou à se rendre chez les Pères Feuillans à Paris. Le certificat de M. de Beaumont confirme la livraison et l'efficacité des pompes à plusieurs villes de Bourgogne, soulignant leur utilité en cas d'incendie.
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4
p. 237-238
AVIS.
Début :
Mademoiselle Collet continue de vendre pour l'utilité du Public une [...]
Mots clefs :
Pommade, Hémorroïdes, Guérison, Certificat, Mademoiselle Collet
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
MADEMOISELLE Collet continue de vendre pour
Putilité du Public une Pommade de fa compofition,
qui foulage dans l'inftant & guérit radicalement
les hémorroïdes tant internes qu'externes , fuflent
238 MERCURE DE FRANCE.
elles ulcérés & fiftuleufes. Cette Pommade eft fi
connue , qu'elle n'a pas befoin d'autre recommendation
: l'épreuve en a été faite à l'Hôtel royal des
Invalides , par ordre de feu Monfeigneur de Breteuil
; & M, Morand , Chirurgien , lui a délivré
fon certificat , après avoir vu les guérifons des per-
Lonnes qui en étoient affligées ; de même que M.
Peirard , Chirurgien & Accoucheur de la Reine ,
& plufieurs autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pommade ne peut produire aucun
mauvais effet. Ceux qui craignent , par un préju
gé mal fondé , de fe faire guérir radicalement ,
pourront en ufer feulement pour ſe foulager dans
leurs fouffrances . Nous ne devons pas craindre d'af
furer le Public qu'il n'eft point de remede plus sûr
& plus efficace pour en opérer la guérifon .
Cette Pommade fe garde autant de temps quel'on
veut , & fe peut tranfporter partout , pourvu qu'on
ait foin de la garantir de la chaleur & du feu.
Il y a des pots de 3 livres , de 6 livres , de
10 liv. , de 12 liv. , de 18 liv. , de 20 liv. , & de
tous les prix que l'on fouhaitera. On donnera la
façon de s'en fervir. Les perfonnes étrangeres qui
voudront en faire uſage , auront la bonté d'affran
chir les ports des Lettres . :
Mademoiſelle Collet demeure à-préfent rue des
petits champs , vis- à- vis la petite porte S. Honoré
, chez M. Jollivet , Marchand Papetier , à l'enfeigne
de l'Espérance,
MADEMOISELLE Collet continue de vendre pour
Putilité du Public une Pommade de fa compofition,
qui foulage dans l'inftant & guérit radicalement
les hémorroïdes tant internes qu'externes , fuflent
238 MERCURE DE FRANCE.
elles ulcérés & fiftuleufes. Cette Pommade eft fi
connue , qu'elle n'a pas befoin d'autre recommendation
: l'épreuve en a été faite à l'Hôtel royal des
Invalides , par ordre de feu Monfeigneur de Breteuil
; & M, Morand , Chirurgien , lui a délivré
fon certificat , après avoir vu les guérifons des per-
Lonnes qui en étoient affligées ; de même que M.
Peirard , Chirurgien & Accoucheur de la Reine ,
& plufieurs autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pommade ne peut produire aucun
mauvais effet. Ceux qui craignent , par un préju
gé mal fondé , de fe faire guérir radicalement ,
pourront en ufer feulement pour ſe foulager dans
leurs fouffrances . Nous ne devons pas craindre d'af
furer le Public qu'il n'eft point de remede plus sûr
& plus efficace pour en opérer la guérifon .
Cette Pommade fe garde autant de temps quel'on
veut , & fe peut tranfporter partout , pourvu qu'on
ait foin de la garantir de la chaleur & du feu.
Il y a des pots de 3 livres , de 6 livres , de
10 liv. , de 12 liv. , de 18 liv. , de 20 liv. , & de
tous les prix que l'on fouhaitera. On donnera la
façon de s'en fervir. Les perfonnes étrangeres qui
voudront en faire uſage , auront la bonté d'affran
chir les ports des Lettres . :
Mademoiſelle Collet demeure à-préfent rue des
petits champs , vis- à- vis la petite porte S. Honoré
, chez M. Jollivet , Marchand Papetier , à l'enfeigne
de l'Espérance,
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Résumé : AVIS.
L'avis porte sur une pommade fabriquée par Mademoiselle Collet, destinée au traitement des hémorroïdes internes et externes, ulcérées et fistuleuses. Cette pommade est reconnue pour son efficacité immédiate et sa capacité à guérir radicalement. Elle a été testée à l'Hôtel royal des Invalides sur ordre de feu Monseigneur de Breteuil et a reçu des certificats de M. Morand, chirurgien, ainsi que de M. Peirard, chirurgien et accoucheur de la Reine, et d'autres chirurgiens et personnes de distinction. La pommade est sans effets secondaires nocifs et peut être utilisée par ceux qui craignent une guérison radicale. Elle se conserve bien et peut être transportée à condition d'être protégée de la chaleur et du feu. Elle est disponible en différents formats, allant de 3 livres à 20 livres, et peut être commandée à d'autres poids selon les besoins. Les instructions d'utilisation sont fournies. Les personnes étrangères peuvent commander la pommade en affranchissant les frais de port. Mademoiselle Collet réside actuellement rue des petits champs, vis-à-vis de la petite porte Saint-Honoré, chez M. Jollivet, marchand papetier, à l'enseigne de l'Espérance.
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5
p. 211-213
L'ART de faire parler les Sourds & Muets.
Début :
Une chose qui doit donner de grandes espérances dans les sciences [...]
Mots clefs :
Sciences, Découvertes, Mutisme, Apprendre à parler, Surdité, M. Ernaud, Guérison, Prononciation, Certificat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ART de faire parler les Sourds & Muets.
L'ART de faire parler les Sourds & Muets .
UNE chofe qui doit donner de grandes efpérances
dans les fciences & dans les arts , c'est que
l'on y a fouvent fait des découvertes qu'on n'efpéroit
pas y jamais faire , & dont on n'avoit pas
même l'idée. Jufqu'à ces derniers temps , par
exemple , où l'on eft parvenu à faire parler des
muets de naiffance , on n'avoit pas imaginé feulement
la chofe poffible. On regardoit les muets
de naiffance comme moins guériffables qu'aucuns
autres ; il fembloit que la nature elle- même , par
quelque malin vouloir , eût mis un cachet fur
leur langue pour les empêcher éternellement d'articuler.
Cependant ce font ces muets- là même
qu'il eft plus poffible de faire parler , que ceux
qui le font devenus par des accidens : ils ne font
reftés muets que parce qu'ils étoient fourds , les
organes de la parole ne leur manquent pas : ils font
feulement plus embarraffés par le défaut d'exercice.
Comme donc ces muets le font en conféquence
de leur furdité , il faut , pour ainfi dire ,
leur faire voir des fons , puis les exercer à les rendre
. Voilà quel eft l'art de M. Ernaud , qui eft à
Paris depuis quelque temps. L'éleve qu'il a amené
de Bordeaux eft né fourd & muet, & a, outre
la furdité , tous les vices d'organes que la nature
pouvoit cumuler , pour qu'il ne lui reftât aucune
efperance , fi bien que, de l'aveu de plufieurs Médecins
célebres , il ne Pauroit jamais fait intelligiblement
, quand il ne feroit pas né fourd. Il a
212 MERCURE DE FRANCE.
le filet coupé trop avant , il a un embarras dans
le gofier dont on ne connoît pas la caufe immédiate
, il a de la difpofition à bégayer , il manque
de falivation , & pardeffus tout cela , il eft
né Irlandois. M. Ernaud a fçu par fon art vaincre
tous ces obftacles , & l'enfant âgé de 13 ans , qui
n'eft que depuis un an entre fes mains , demande
intelligiblement fes befoins , lit à haute voix quelque
livre qu'on lui préfente , répond jufte aux
queftions qu'on lui fait , foit par écrit ou au mouvement
des levres , à quoi il ne fe trompe pas.
L'Académie des fciences a vu & entendu parler
cet enfant ; M. Morand Secrétaire perpétuel de
l'Académie de Chirurgie , l'a vu & entendu auffi ,
& en a donné fon certificat à . M. Ernaud. M. Er
naud vient d'entreprendre , je ne dirai pas la cure
, mais l'inſtruction d'un ſecond éleve ; car il
n'emploie pour cet effet , ni opérations , ni remédes
; mais beaucoup d'art , une connoiffance
peu commune de tous les fons dont la voix peat
être fufceptible & une patience infinie.
Les fourds & muets ne font pas fi rares qu'on
penfe : on ne les croit rares que parce que ces infortunés
déja fi maltraités de la nature , pour com.
ble de difgrace , font encore rélégués par leurs
parens loin de la fociété des hommes , comme
en étant les rebuts. On cache leur malheur , au
lieu d'y remédier , parce qu'on le croit irremédiable
. C'est donc rendre un bon fervice au public,
que d'indiquer un homme qui y remédie.
M. Ernaud promet de plus au public , de corriger
dans toutes fortes de fujets , muets ou non,
le bégayement , le graffeyement , le défaut de
falivation , & généralement tous les vices de conformation
d'organes. Sa méthode est toujours
également fimple. Quelque difficulté qu'ait un béJANVIER.
1758. 213
gue (pour prouver la vérité de ce qu'il avance ),
il lui fait prononcer aisément & fans grimace
quelques mots que ce foit , & cela dans l'inſtant
même, & en très -peu de temps il les fait parler
auffi-bien que tout autre. Il faut s'adreffer chez
M. Julien , Négociant , rue de la vieille monnoie
à Paris.
UNE chofe qui doit donner de grandes efpérances
dans les fciences & dans les arts , c'est que
l'on y a fouvent fait des découvertes qu'on n'efpéroit
pas y jamais faire , & dont on n'avoit pas
même l'idée. Jufqu'à ces derniers temps , par
exemple , où l'on eft parvenu à faire parler des
muets de naiffance , on n'avoit pas imaginé feulement
la chofe poffible. On regardoit les muets
de naiffance comme moins guériffables qu'aucuns
autres ; il fembloit que la nature elle- même , par
quelque malin vouloir , eût mis un cachet fur
leur langue pour les empêcher éternellement d'articuler.
Cependant ce font ces muets- là même
qu'il eft plus poffible de faire parler , que ceux
qui le font devenus par des accidens : ils ne font
reftés muets que parce qu'ils étoient fourds , les
organes de la parole ne leur manquent pas : ils font
feulement plus embarraffés par le défaut d'exercice.
Comme donc ces muets le font en conféquence
de leur furdité , il faut , pour ainfi dire ,
leur faire voir des fons , puis les exercer à les rendre
. Voilà quel eft l'art de M. Ernaud , qui eft à
Paris depuis quelque temps. L'éleve qu'il a amené
de Bordeaux eft né fourd & muet, & a, outre
la furdité , tous les vices d'organes que la nature
pouvoit cumuler , pour qu'il ne lui reftât aucune
efperance , fi bien que, de l'aveu de plufieurs Médecins
célebres , il ne Pauroit jamais fait intelligiblement
, quand il ne feroit pas né fourd. Il a
212 MERCURE DE FRANCE.
le filet coupé trop avant , il a un embarras dans
le gofier dont on ne connoît pas la caufe immédiate
, il a de la difpofition à bégayer , il manque
de falivation , & pardeffus tout cela , il eft
né Irlandois. M. Ernaud a fçu par fon art vaincre
tous ces obftacles , & l'enfant âgé de 13 ans , qui
n'eft que depuis un an entre fes mains , demande
intelligiblement fes befoins , lit à haute voix quelque
livre qu'on lui préfente , répond jufte aux
queftions qu'on lui fait , foit par écrit ou au mouvement
des levres , à quoi il ne fe trompe pas.
L'Académie des fciences a vu & entendu parler
cet enfant ; M. Morand Secrétaire perpétuel de
l'Académie de Chirurgie , l'a vu & entendu auffi ,
& en a donné fon certificat à . M. Ernaud. M. Er
naud vient d'entreprendre , je ne dirai pas la cure
, mais l'inſtruction d'un ſecond éleve ; car il
n'emploie pour cet effet , ni opérations , ni remédes
; mais beaucoup d'art , une connoiffance
peu commune de tous les fons dont la voix peat
être fufceptible & une patience infinie.
Les fourds & muets ne font pas fi rares qu'on
penfe : on ne les croit rares que parce que ces infortunés
déja fi maltraités de la nature , pour com.
ble de difgrace , font encore rélégués par leurs
parens loin de la fociété des hommes , comme
en étant les rebuts. On cache leur malheur , au
lieu d'y remédier , parce qu'on le croit irremédiable
. C'est donc rendre un bon fervice au public,
que d'indiquer un homme qui y remédie.
M. Ernaud promet de plus au public , de corriger
dans toutes fortes de fujets , muets ou non,
le bégayement , le graffeyement , le défaut de
falivation , & généralement tous les vices de conformation
d'organes. Sa méthode est toujours
également fimple. Quelque difficulté qu'ait un béJANVIER.
1758. 213
gue (pour prouver la vérité de ce qu'il avance ),
il lui fait prononcer aisément & fans grimace
quelques mots que ce foit , & cela dans l'inſtant
même, & en très -peu de temps il les fait parler
auffi-bien que tout autre. Il faut s'adreffer chez
M. Julien , Négociant , rue de la vieille monnoie
à Paris.
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Résumé : L'ART de faire parler les Sourds & Muets.
Le texte aborde l'art de faire parler les sourds et muets, une découverte récente. Jusqu'à une époque récente, il était considéré comme impossible de faire parler les muets de naissance, jugés moins guérissables que les autres. Cependant, il s'avère que les muets de naissance, n'ayant jamais exercé leurs organes de la parole, peuvent être rééduqués plus facilement que ceux devenus muets par accident. M. Ernaud, à Paris, a développé une méthode pour enseigner la parole aux sourds-muets. Il a réussi à faire parler un enfant né sourd et muet, malgré divers handicaps physiques, en seulement un an. L'Académie des sciences et M. Morand, secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirurgie, ont attesté des progrès de l'enfant. M. Ernaud propose également de corriger le bégaiement, le grasillement et autres vices de conformation des organes de la parole. Sa méthode est simple et efficace, permettant aux sujets de prononcer des mots sans grimace et rapidement. Pour plus d'informations, il est possible de s'adresser à M. Julien, négociant, rue de la vieille monnoie à Paris.
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6
p. 211-213
Instruction pour l'usage d'un Emplâtre propre à guérir les vapeurs des femmes & filles.
Début :
Comme il y a quantité de personnes du séxe, qui sont sujettes à dérangement de matrice, [...]
Mots clefs :
Matrice, Vapeurs, Maladie, Emplâtre, Menstruation, Guérison, Certificat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Instruction pour l'usage d'un Emplâtre propre à guérir les vapeurs des femmes & filles.
INSTRUCTION pour l'ufage d'un Emplâtre propre
à guérirles vapeurs des femmes & filles.
Comme il y a quantité de perfonnes du féxe ,
qui font fujettes à un dérangement de matrice ,
que l'on nomme vulgairement vapeurs , & que
cette maladie ne peut le traiter par la voye ordinaire
de la médecine , qu'avec un fuccès très-incertain
, & pour ainſi dire fort rare. Le Sieur Pitara
eftlefeul qui ait trouvé le fecret de les guerir
, par le moyen d'un Emplâtre qu'il diftribue
depuis environ neuf ans qu'il en a le privilége
du Roi.
Le nombre de Lettres & certificats qui lui ont
.3
212 MERCURE DE FRANCE.
été envoyés de toutes parts , prouve l'effet qu'il
produit chaque jour.
Il s'agit de faire connoître la nature de cette
maladie , occafionnée ordinairement par trois
différentes caufes.
La premiere , par un retard de Régles .
La feconde , par une peur .
La troifiéme , parun chagrin & des inquiétudes.
Les perfonnes attaquées de cette maladie ,furvenue
par une de ces trois caufes , peuvent fe fervir
dudit Emplâtre , que l'on applique fur le
nombril, lequel doit y refter juſqu'à ce qu'il tombe
de lui-même.
Quoique le premier Emplâtre puiffe opérer la
guérifon , comme il eſt arrivé très - fouvent ; il
confeille cependant de le répéter trois à quatre
fois , parce qu'il eft à préfumer que dans le cours
de trois à quatre Emplâtres , qui durent 7 à 9
mois , elles doivent être entierement guéries ,
comme l'expérience lui a fait connoître.
elt Le motif qui l'engage à le faire continuer ,
le changement qui arrive chaque mois aux femmes
& filles ; ce qui leur occafionne des révolutions.
Ledit Emplâtre peut fe conferver dix ans , &
peut s'envoyer dans une lettre .
Ledit Emplâtre a encore la vertu , en l'appli
quant au même endroit , de conferver le fruit
d'une femme enceinte qui n'a jamais pû le porter
julqu'au tems , à moins qu'il n'arrive en accident
dont elle feroit dangereufement bleſſée.
Le fieur Pittara a reçu un Certificat d'une Dame
de diftinction de Paris , qui étoit à fa quatrième
fauffe couche l'ufage dudit Emplâtre lui a confervé
le fruit de fa cinquième groffelle , & a continué
depuis à accoucher dans fon temps. Plufieurs
autres , qui ont été dans le même cas , ont
éprouvé le même effet.
MAI. 1760. 213
Il avertit que celles qui fe ferviront dudit Em
plâtre , ne pourront faire . ufage de Gaffé à l'eau ,
ni de liqueurs , & ne fe feront laigner ni purger, à
moins qu'une autre maladie les y oblige : auquel
cas , elles laifferont toujours ledit Emplâtre jufqu'à
ce qu'il tombe.
On obferve auffi que cet Emplâtre eft encore
propre pour les femmes qui doivent perdre leurs
régles ; dans lequel tems elles fouffrent beaucoup.
Et par l'expérience qui a été faite, en pareil cas, de
l'afage de ce reméde, les perfonnes ont été exemptes
des maux que la fuppreffion des régles occafionne
toujours.
En 175.1 8.1752 , le fieur Pitara a été annoncé
dans le Mercure du mois d'Octobre.
Le 24 Juillet 1752 , ika été annoncé dans les
petites affiches, avec un Certificat tout au long de
la fufdite Dame de Paris .
Le 30 Mars 1753 , dans la Gazette d'Hollande .
Le 14 Septembre , dans la Gazette d'Avignon..
Le 10 Janvier 1754 , répété dans les petites
nouvelles , avec différentes preuves de l'efficacité
de fon reméde.
à guérirles vapeurs des femmes & filles.
Comme il y a quantité de perfonnes du féxe ,
qui font fujettes à un dérangement de matrice ,
que l'on nomme vulgairement vapeurs , & que
cette maladie ne peut le traiter par la voye ordinaire
de la médecine , qu'avec un fuccès très-incertain
, & pour ainſi dire fort rare. Le Sieur Pitara
eftlefeul qui ait trouvé le fecret de les guerir
, par le moyen d'un Emplâtre qu'il diftribue
depuis environ neuf ans qu'il en a le privilége
du Roi.
Le nombre de Lettres & certificats qui lui ont
.3
212 MERCURE DE FRANCE.
été envoyés de toutes parts , prouve l'effet qu'il
produit chaque jour.
Il s'agit de faire connoître la nature de cette
maladie , occafionnée ordinairement par trois
différentes caufes.
La premiere , par un retard de Régles .
La feconde , par une peur .
La troifiéme , parun chagrin & des inquiétudes.
Les perfonnes attaquées de cette maladie ,furvenue
par une de ces trois caufes , peuvent fe fervir
dudit Emplâtre , que l'on applique fur le
nombril, lequel doit y refter juſqu'à ce qu'il tombe
de lui-même.
Quoique le premier Emplâtre puiffe opérer la
guérifon , comme il eſt arrivé très - fouvent ; il
confeille cependant de le répéter trois à quatre
fois , parce qu'il eft à préfumer que dans le cours
de trois à quatre Emplâtres , qui durent 7 à 9
mois , elles doivent être entierement guéries ,
comme l'expérience lui a fait connoître.
elt Le motif qui l'engage à le faire continuer ,
le changement qui arrive chaque mois aux femmes
& filles ; ce qui leur occafionne des révolutions.
Ledit Emplâtre peut fe conferver dix ans , &
peut s'envoyer dans une lettre .
Ledit Emplâtre a encore la vertu , en l'appli
quant au même endroit , de conferver le fruit
d'une femme enceinte qui n'a jamais pû le porter
julqu'au tems , à moins qu'il n'arrive en accident
dont elle feroit dangereufement bleſſée.
Le fieur Pittara a reçu un Certificat d'une Dame
de diftinction de Paris , qui étoit à fa quatrième
fauffe couche l'ufage dudit Emplâtre lui a confervé
le fruit de fa cinquième groffelle , & a continué
depuis à accoucher dans fon temps. Plufieurs
autres , qui ont été dans le même cas , ont
éprouvé le même effet.
MAI. 1760. 213
Il avertit que celles qui fe ferviront dudit Em
plâtre , ne pourront faire . ufage de Gaffé à l'eau ,
ni de liqueurs , & ne fe feront laigner ni purger, à
moins qu'une autre maladie les y oblige : auquel
cas , elles laifferont toujours ledit Emplâtre jufqu'à
ce qu'il tombe.
On obferve auffi que cet Emplâtre eft encore
propre pour les femmes qui doivent perdre leurs
régles ; dans lequel tems elles fouffrent beaucoup.
Et par l'expérience qui a été faite, en pareil cas, de
l'afage de ce reméde, les perfonnes ont été exemptes
des maux que la fuppreffion des régles occafionne
toujours.
En 175.1 8.1752 , le fieur Pitara a été annoncé
dans le Mercure du mois d'Octobre.
Le 24 Juillet 1752 , ika été annoncé dans les
petites affiches, avec un Certificat tout au long de
la fufdite Dame de Paris .
Le 30 Mars 1753 , dans la Gazette d'Hollande .
Le 14 Septembre , dans la Gazette d'Avignon..
Le 10 Janvier 1754 , répété dans les petites
nouvelles , avec différentes preuves de l'efficacité
de fon reméde.
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Résumé : Instruction pour l'usage d'un Emplâtre propre à guérir les vapeurs des femmes & filles.
Le document décrit un emplâtre conçu par le Sieur Pitara pour traiter les 'vapeurs' chez les femmes et les filles, un trouble de la matrice causé par un retard de règles, une peur ou un chagrin. Cet emplâtre, bénéficiant d'un privilège royal depuis environ neuf ans, est appliqué sur le nombril et reste en place jusqu'à ce qu'il tombe de lui-même. Bien qu'un seul emplâtre puisse suffire, il est recommandé de l'utiliser trois à quatre fois sur une période de sept à neuf mois pour une guérison complète. L'emplâtre peut également prévenir les fausses couches et soulager les douleurs liées à la suppression des règles. Les utilisatrices doivent éviter les lavements, les liqueurs et les purges sauf en cas de nécessité médicale. Plusieurs annonces publiques de l'emplâtre entre 1752 et 1754 attestent de son efficacité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 210-211
Heureuse découverte pour la Peinture.
Début :
M. le Lieutenant de Police, avant que de faire la faveur de donner [...]
Mots clefs :
Auteur, Impression, Tableau, Peinture, Certificat, Vernis, Couleurs, Vivacité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Heureuse découverte pour la Peinture.
Heureufe découverte pour la Peinture.
M. le Lieutenant de Police , avant que de faire
la faveur de donner à l'Auteur la permiſſion d'imprimer
, a eu la bonté d'envoyer à M. Cochin ,
Garde des Deffeins du Cabinet du Roi , aux Galeries
du Louvre , un petit Tableau pour fçavoir
de lui ce qu'il penferoit de ce furprenant vernis
afin que les curieux en Peinture ne fuffent pas
trompés davantage . M. Cochin l'ayant approuvé ,
M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi & de fon
Académie , en a fait l'analyfe & en a donné fon
Certificat comme on le verra ci- deffous. Il feroit
inutile d'en dire davantage : l'on fçait trop bien
les dommages que les Tableaux ont reçus des
vernis ordinaires que l'on ne fçauroit enlever fans
gâter les foibles touches qui font toutes les graces
du Tableau & font écailler la peinture . Ce vernis
que nous annonçons, redonne aux couleurs toute
leur vivacité ; il fait reparoître à nos yeux tout ce
qui s'étoit perdu , & avec un éclar fans pareil . Il
s'enleve ailément,après nombre d'années, avec une
éponge, & laiffe la peinture dans fa beauté fans
jamais rien gâter . L'Auteur fe fait gloire d'offrir
fes fervices aux Curieux. Il ne vend point fon
vernis , il l'employe lui-même ; on ne dérangepien
dans les appartemens : il vernit les Tableaux
OCTOBRE . 1760. 211
à leur place, comme il a fait en Angleterre , ou
if a demeuré 35 ans.
M. Burel , demeure rue S. Honoré , au coin
de celle du Chantre , Maiſon neuve , au troifiéme
étage.
M. le Lieutenant de Police , avant que de faire
la faveur de donner à l'Auteur la permiſſion d'imprimer
, a eu la bonté d'envoyer à M. Cochin ,
Garde des Deffeins du Cabinet du Roi , aux Galeries
du Louvre , un petit Tableau pour fçavoir
de lui ce qu'il penferoit de ce furprenant vernis
afin que les curieux en Peinture ne fuffent pas
trompés davantage . M. Cochin l'ayant approuvé ,
M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi & de fon
Académie , en a fait l'analyfe & en a donné fon
Certificat comme on le verra ci- deffous. Il feroit
inutile d'en dire davantage : l'on fçait trop bien
les dommages que les Tableaux ont reçus des
vernis ordinaires que l'on ne fçauroit enlever fans
gâter les foibles touches qui font toutes les graces
du Tableau & font écailler la peinture . Ce vernis
que nous annonçons, redonne aux couleurs toute
leur vivacité ; il fait reparoître à nos yeux tout ce
qui s'étoit perdu , & avec un éclar fans pareil . Il
s'enleve ailément,après nombre d'années, avec une
éponge, & laiffe la peinture dans fa beauté fans
jamais rien gâter . L'Auteur fe fait gloire d'offrir
fes fervices aux Curieux. Il ne vend point fon
vernis , il l'employe lui-même ; on ne dérangepien
dans les appartemens : il vernit les Tableaux
OCTOBRE . 1760. 211
à leur place, comme il a fait en Angleterre , ou
if a demeuré 35 ans.
M. Burel , demeure rue S. Honoré , au coin
de celle du Chantre , Maiſon neuve , au troifiéme
étage.
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Résumé : Heureuse découverte pour la Peinture.
Le texte présente une découverte significative dans le domaine de la peinture. Un tableau a été envoyé au Lieutenant de Police, qui l'a transmis à M. Cochin, Garde des Dessins du Cabinet du Roi, pour évaluer un nouveau vernis. M. Cochin a validé ce vernis, et M. Bachelier, Peintre ordinaire du Roi, a effectué une analyse et fourni un certificat. Le vernis traditionnel endommage les tableaux en altérant les touches délicates et en provoquant des écaillures. Le nouveau vernis, en revanche, restaure la vivacité des couleurs, révèle les détails perdus et peut être retiré facilement avec une éponge sans abîmer la peinture. L'auteur, M. Burel, propose ses services aux amateurs de peinture et précise qu'il n'est pas un vendeur de vernis. Il applique lui-même le vernis sur place, comme il l'a fait en Angleterre où il a duré 35 ans. M. Burel réside rue Saint-Honoré, au coin de la rue du Chantre, dans une maison neuve, au troisième étage.
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8
p. 208-209
LETTRE de M. GUERIN, Chirurgien-Major des Mousquetaires du Roi, à l'Auteur du Mercure.
Début :
Je croirois manquer au Public, Monsieur, si je ne vous priois de vouloir bien insérer dans [...]
Mots clefs :
Certificat, Chirurgien, Remède
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. GUERIN, Chirurgien-Major des Mousquetaires du Roi, à l'Auteur du Mercure.
LETTRE de M. GUERIN , Chirurgien-Major
des Moufquetaires du Roi , à l'Auteur du Mer-
Cure.
Je croirois manquer au Public , Monfieur , fi
je ne vous priois de vouloir bien inférer dans
le prochain Mercure un fait dont il eft bon de
l'éclaircir & que voici.
J'ai vu avec étonnement dans la feuille des
Affiches du mois de Janvier que Madame Fels ,
pour accréditer vraisemblablement le remede
qu'elle diftribue pour les maladies vénériennes ,
a annoncé un Certificat de M. Moreau & de
moi. Comme j'étois perfuadé de n'en avoir pas
donné , n'ayant pas plus l'honneur de la connoître
que fon Reméde , ainfi que les effets , j'ai
cru qu'il convenoit , avant d'en faire mon défaveu
, que j'éclairciffe les raifons qui pouvoient
avoir engagé Madame Fels à me citer , & je
me tranſportai à cet effet chez elle . Ne l'ayant
pas trouvée , & M Arnoult , Auteur des Sachets
apoplectiques , m'ayant demandé ce que je voulois
, & dit qu'il étoit en état de répondre à mes
queftions , je l'interpellai fur le prétendu certificat
de M. Moreau & de moi , & le priai de me
le faire voir , ce qu'il fit en me tirant deux papiers
, dont effectivement je reconnus l'un pour
être de mon écriture , & fur lequel au lieu
' d'être un certificat , ainfi qu'il le difoit , étoir
FEVRIER. 1763. 209
un énoncé pur & fimple de différens fymptômes
d'une maladie vénérienne , pour laquelle une
femme m'étoit venu confulter avec M. Moreau ,
mon confrère , il y a environ trois ans , & qui
avoit également confulté M. Moreau , mon confrère
, Chirurgien- Major de l'Hôtel- Dieu .
Mais comme depuis ce temps je n'ai plus entendu
parler de ladite femme , que j'ai ignoré fi
elle avoit été traitée , & par quel remède , fi elle
avoit été guérie ou non , & que par conféquent je
n'avois point donné de certificat , je vous réïtére
que j'ai vu avec le plus grand étonnement
que l'on m'avoit cité pour l'avoir donné avec autant
de légéreté .
Quant à celui de M. Moreau , fon prétenda
certificat eft le même énoncé que le mien , & il
protefte ainfi que moi qu'il n'en a pas donné.
Je finis en ajoutant que je crois devoir ce témoignage
à la vérité. Les certificats en fait de
remèdes nouveaux me paroiffant pour le Public
de la derniere conféquence , & trouvant fort
mauvais que l'on me faffe parler d'une choſe
que je ne connois point , & fur laquelle je n'ai
rien dit.
J'ai l'honneur d'être & c.
Paris , le 31 Janvier 1763.
des Moufquetaires du Roi , à l'Auteur du Mer-
Cure.
Je croirois manquer au Public , Monfieur , fi
je ne vous priois de vouloir bien inférer dans
le prochain Mercure un fait dont il eft bon de
l'éclaircir & que voici.
J'ai vu avec étonnement dans la feuille des
Affiches du mois de Janvier que Madame Fels ,
pour accréditer vraisemblablement le remede
qu'elle diftribue pour les maladies vénériennes ,
a annoncé un Certificat de M. Moreau & de
moi. Comme j'étois perfuadé de n'en avoir pas
donné , n'ayant pas plus l'honneur de la connoître
que fon Reméde , ainfi que les effets , j'ai
cru qu'il convenoit , avant d'en faire mon défaveu
, que j'éclairciffe les raifons qui pouvoient
avoir engagé Madame Fels à me citer , & je
me tranſportai à cet effet chez elle . Ne l'ayant
pas trouvée , & M Arnoult , Auteur des Sachets
apoplectiques , m'ayant demandé ce que je voulois
, & dit qu'il étoit en état de répondre à mes
queftions , je l'interpellai fur le prétendu certificat
de M. Moreau & de moi , & le priai de me
le faire voir , ce qu'il fit en me tirant deux papiers
, dont effectivement je reconnus l'un pour
être de mon écriture , & fur lequel au lieu
' d'être un certificat , ainfi qu'il le difoit , étoir
FEVRIER. 1763. 209
un énoncé pur & fimple de différens fymptômes
d'une maladie vénérienne , pour laquelle une
femme m'étoit venu confulter avec M. Moreau ,
mon confrère , il y a environ trois ans , & qui
avoit également confulté M. Moreau , mon confrère
, Chirurgien- Major de l'Hôtel- Dieu .
Mais comme depuis ce temps je n'ai plus entendu
parler de ladite femme , que j'ai ignoré fi
elle avoit été traitée , & par quel remède , fi elle
avoit été guérie ou non , & que par conféquent je
n'avois point donné de certificat , je vous réïtére
que j'ai vu avec le plus grand étonnement
que l'on m'avoit cité pour l'avoir donné avec autant
de légéreté .
Quant à celui de M. Moreau , fon prétenda
certificat eft le même énoncé que le mien , & il
protefte ainfi que moi qu'il n'en a pas donné.
Je finis en ajoutant que je crois devoir ce témoignage
à la vérité. Les certificats en fait de
remèdes nouveaux me paroiffant pour le Public
de la derniere conféquence , & trouvant fort
mauvais que l'on me faffe parler d'une choſe
que je ne connois point , & fur laquelle je n'ai
rien dit.
J'ai l'honneur d'être & c.
Paris , le 31 Janvier 1763.
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Résumé : LETTRE de M. GUERIN, Chirurgien-Major des Mousquetaires du Roi, à l'Auteur du Mercure.
M. Guerin, Chirurgien-Major des Moufquetaires du Roi, écrit au rédacteur du Mercure pour contester une annonce parue dans les Affiches de janvier. Cette annonce, signée par Madame Fels, mentionne un certificat attribué à M. Moreau et à lui-même, appuyant un remède contre les maladies vénériennes. Guerin nie avoir émis un tel certificat et affirme ne pas connaître Madame Fels ni son remède. Pour clarifier la situation, il se rend chez Madame Fels mais la trouve absente. M. Arnoult, auteur des Sachets apoplectiques, lui montre un document écrit par Guerin, décrivant des symptômes d'une maladie vénérienne consultée avec M. Moreau trois ans auparavant. Guerin précise qu'il ignore si la femme a été traitée ou guérie, et qu'il n'a donc pas émis de certificat. Il exprime son étonnement d'être cité pour un certificat qu'il n'a pas donné. M. Moreau, également interrogé, confirme ne pas avoir émis de certificat. Guerin conclut en soulignant l'importance de la vérité et le danger des faux certificats pour le public.
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9
p. 208-209
CERTIFICAT de la Ville de Poitiers, donné sur l'Extrait Baptistaire de la Marquise de Crillon, tiré des registres de la Paroisse de Notre-Dame de Chandelière de Poitiers, & sur la notoriété publique.
Début :
Nous Jacques Stainville, Ecuyer, Seigneur de Fagel, Maire & Capitaine de la [...]
Mots clefs :
Seigneur, Écuyer, Certificat, Comte, Échevin, Dame
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texteReconnaissance textuelle : CERTIFICAT de la Ville de Poitiers, donné sur l'Extrait Baptistaire de la Marquise de Crillon, tiré des registres de la Paroisse de Notre-Dame de Chandelière de Poitiers, & sur la notoriété publique.
CERTIFICAT de la Ville de Poitiers , donné fur
l'Extrait Baptiftaire de la Marquise de Crillon ,
tiré des regifires de la Paroiffe de Notre - Dame
de Chandelière de Poitiers , & fur la notoriété
publique.
Nous Jacques Stainville , Ecuyer , Seigneur
* SonExtraitmortuaire qui nous a été remis eft daté ·
de Velleron , dent M. le Duc de Crillon eft
Co-Seigneur,
OCTOBRE . 1764 . 209
de Fagel , Maire & Capitaine de la Ville de
Poitiers & autres Pairs & Echevins de la même
Ville , foulignés , certifions à qui il appartiendra
, que Melfire Pierre Bruneau & Dame Florence
Marfault , font habitans de cette Ville fur
la Paroille de Notre - Dame de la Chandelière, vivans
de leurs revenus, bien famés & bons Citoyens;
qu'ils ont pour Enfans Meffire René - François
Bruneau , Prêtre -Chanoine de S. Hilaire le Grand
de cette Ville,& Demoifelle Florence- Radegonde,
Louife-Eleonor- Julie Bruneau , élevée à Paris
dès l'âge de quatre ans fous le nom de Lavault ,
chez le fieur Aléxis Marfault fon oncle maternel
, portant auffi le nom de Lavault. En foi
de quoi nous avons délivré le préfent certificat
pour valoir & fervir à qui il appartiendra , à
Poitiers , le 22 Mai 1764. Signés , Labroffe ,
Gaborit , Stainville , Maire , le Comte , Eche
vin , du Theil , Echevin Pallu du Pinier
Echevin , François Jouffan , Echevin , Bardeau ,
Echevin , Billozue , Echevin . Au- deffous eft écrit
par MM. le Maire & Echevins , figné Bourbeau.
Vu par nous Intendant de Poitiers , figné de la
Bourdonnaye de Bloffac .
l'Extrait Baptiftaire de la Marquise de Crillon ,
tiré des regifires de la Paroiffe de Notre - Dame
de Chandelière de Poitiers , & fur la notoriété
publique.
Nous Jacques Stainville , Ecuyer , Seigneur
* SonExtraitmortuaire qui nous a été remis eft daté ·
de Velleron , dent M. le Duc de Crillon eft
Co-Seigneur,
OCTOBRE . 1764 . 209
de Fagel , Maire & Capitaine de la Ville de
Poitiers & autres Pairs & Echevins de la même
Ville , foulignés , certifions à qui il appartiendra
, que Melfire Pierre Bruneau & Dame Florence
Marfault , font habitans de cette Ville fur
la Paroille de Notre - Dame de la Chandelière, vivans
de leurs revenus, bien famés & bons Citoyens;
qu'ils ont pour Enfans Meffire René - François
Bruneau , Prêtre -Chanoine de S. Hilaire le Grand
de cette Ville,& Demoifelle Florence- Radegonde,
Louife-Eleonor- Julie Bruneau , élevée à Paris
dès l'âge de quatre ans fous le nom de Lavault ,
chez le fieur Aléxis Marfault fon oncle maternel
, portant auffi le nom de Lavault. En foi
de quoi nous avons délivré le préfent certificat
pour valoir & fervir à qui il appartiendra , à
Poitiers , le 22 Mai 1764. Signés , Labroffe ,
Gaborit , Stainville , Maire , le Comte , Eche
vin , du Theil , Echevin Pallu du Pinier
Echevin , François Jouffan , Echevin , Bardeau ,
Echevin , Billozue , Echevin . Au- deffous eft écrit
par MM. le Maire & Echevins , figné Bourbeau.
Vu par nous Intendant de Poitiers , figné de la
Bourdonnaye de Bloffac .
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Résumé : CERTIFICAT de la Ville de Poitiers, donné sur l'Extrait Baptistaire de la Marquise de Crillon, tiré des registres de la Paroisse de Notre-Dame de Chandelière de Poitiers, & sur la notoriété publique.
En mai 1764, la Ville de Poitiers a émis un certificat attestant l'extrait baptistère de la Marquise de Crillon, basé sur les registres de la paroisse de Notre-Dame de la Chandelière à Poitiers. Ce document est signé par Jacques Stainville, Maire de Poitiers, ainsi que par d'autres échevins. Il précise que Meffire Pierre Bruneau et Dame Florence Marfault, résidents de Poitiers, ont deux enfants : Meffire René-François Bruneau, prêtre-chanoine de Saint-Hilaire le Grand, et Demoiselle Florence-Radegonde Louise-Éléonor-Julie Bruneau, élevée à Paris sous le nom de Lavault chez son oncle maternel, Alexis Marfault. Le certificat est destiné à être utilisé par toute personne concernée et est validé par l'Intendant de Poitiers.
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