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1
p. 140-262
Journal de tout ce qui s'est passé au Parlement d'Angleterre assemblé à Londres, depuis de son ouverture, jusques au jours de sa separation. Avec l'histoire entière de la Rebellion du Duc de Monmouth, & du Comte d'Argile. [titre d'après la table]
Début :
Je viens aux affaires d'Angleterre. Vous remarquerez, Madame, que toutes [...]
Mots clefs :
Angleterre, Roi, Rebelles, Déclaration, Parlement, Dieu, Vaisseaux, Infanterie, Dragons, Religion, Comtes, Ducs, Marquis, Jacques, Milord, Conseil, Communes, Seigneur, Religion protestante, Gouvernement, Sentence, Complices, Armes, Écosse, Couronne, Papisme, Chambre, Gentilhommes, Trahison, Banquet, Discours, Comte d'Argile, Duc de Monmouth
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texteReconnaissance textuelle : Journal de tout ce qui s'est passé au Parlement d'Angleterre assemblé à Londres, depuis de son ouverture, jusques au jours de sa separation. Avec l'histoire entière de la Rebellion du Duc de Monmouth, & du Comte d'Argile. [titre d'après la table]
Je viens aux affaires d'Angleterre.
Vous remarqueGALANT.
141
rez, Madame , que toutes les
Dates que j'employeray ,
font conformes au Calendrier
que l'on y obferve , &
qui eft moins avancé de dix
jours que le noftre . Le Parlement
, qui avoit eſté convoqué
par
laires du Roy, s'eftant aſſem
bléle 19. de May à Weſtminfter
, le grand Huiffier à la
Verge noire , fut envoyé à la
Chambre des Communes
,
pour leur ordonner de fe
rendre à la Chambre des Seiles
Lettres circugneurs
, où Sa Majesté eftoit
affife fur fon Trône, revétuë
M.
Juillet 1685.
142 MERCURE
de fes Habits Royaux . Milord
North , Garde des Seaux,
faifant la fonction de Chancelier
, dont la Charge n'eſt
point encore remplie , leur
declara , que l'intention du
Roy eftoit, que les Membres
de l'une & de l'autre Chambre
preftaffent les Sermens
accouftumez , avant que Sa
Majefté s'expliquaſt ſur les
caufes de la convocation de
ce Parlement. Il ajoûta qu'-
Elle fouhaitoit que les Deputez
de la Chambre des
Communes fe retiraffent ,
pour proceder à l'élection
d'un Orateur , qu'ils luy preGALANT.
143
fenteroient à quatre heures
aprés midy. Les Communes
retournerent à leur Chambre
, & d'un confentement
unanime , le Chevalier Jean
Trevot , Avocat du Confeil
du Roy , fut choify. Dés le
foir mefme on le prefenta à
Sa Majefté, qui témoigna eftre
fatisfait de ce choix.
Le 22. du mefine mois , le
Roy fe rendit dans la Chambre
des Seigneurs , & s'étant
affis dans fon Trône , il fit venir
les Communes dans la
Chambre haute , & dit ,
Qu'auffi toft que Dieu l'eut pla-
Mij
144 MERCURE
-re ,
cé ,fans nulle oppofition , fut le
Trône de fes Anceftres , aprés avoir
difposé du feu Royfon Freil
avoit pris le deffein de convoquer
un Parlement , croyant
que c'eftoit le meilleur moyen d'établirfonRegne
fur desfondemens
qui puffent le rendre heureux pour
tous fes Sujets; Qu'il avoit declaré
fort au long àfon Confeil Privé,
lapremiere fois qu'il s'y eftoit rendu,
quels eftoient fes fentimens
touchant les principes de l'Eglife
d'Angleterre , dont les Membres
avoient toujours fait paroiftre une
fidelité fi inviolable dans les temps
les plus fâcheux , qu'il auroit toûGALANT.
145
t
jours foin de la proteger & de la
defendre ; Qu'il feroit tous fes efforts
pour conferver le Gouverne
ment de l'Eglife de l'Eftat ,
ainfi qu'il fe trouvoit étably ; &
que comme il n'abandonneroit jamais
les prérogatives de la Cou
ronne , auffi n'ofteroit- il jamais à
perfonne ce qui luy appartenoit ;
Que puifqu'il avoit fouvent hafardéfa
vie pour la defenfe de la
Nation , on ne devoit pas
qu'il nefit encore autant qu'aucun
autre pour luy conferver tous fes
Privileges ; Qu'il vouloit bien
leur donner ces affeurances dans
les meſmes termes dont il s'eftoit
douter
146 MERCURE
fervy àfon Avenement à la Con
ronne, afin de leurfaire voir qu'il
"ne les avoit pas employez alors
fans y avoirfait reflexion ;
qu'aprés une promeffe faite d'une
manierefi folemnelle , il croyoit
pouvoir attendre quelque reconnoiffance
de leur part , dans une
occafion où il s'agiffoitprincipalement
de luy affeurer un revenu
pendantfa vie, commeils avoient
fait à l'égarddu feu Roy Charles
11. Que l'entretien de la Flote ,
l'avantage du Commerce , les be
foins de la Couronne , & l'intereft
de l'Eftat qu'il ne devoit pas
gouverner en fuppliant , eftoient
GALANT. 147
des raiſons qu'il auroit pû alleguer,
pour leurfaire voir combien
Ja demande avoitde juftice ; mais
qu'il les connoiffoit tous fi raisonnables
, qu'il eftoit perfuadé que
leurs propres lumieres leur fuffi
foientpourpenetrer ce qu'il ne leur
difoit pas ; Qu'on pourroit luy oppofer
une raifon affez ordinaire ,
fçavoir l'inclination des Peuples
pour de frequens Parlemens , qu'on
affembleroit fouvent, fi on ne luy
accordoit
que
de temps en temps
les fecours qui luy feroient neceffaires
; mais que puifque c'estoit la
premierefois qu'il leurparloit comme
Roy , il eftoit bien aife de leur
148 MERCURE
declarer qu'il falloit agir avec luy
d'une autre forte ; & que le plus
feur moyen de l'obliger à refondre
ces frequentes Affemblées , eftoit
de le traiter toujours bien ; Que
cependant il croyoit devoir leur
dire , qu'il avoit efté averty qu’-
Argile avoit mis pied à terre dans
l'Ecoffe du cofté duCouchant, avec
tous ceux qui s'estoient embarquez
avec luy en Hollande; Que ce Rebelle
avoit fait publier deuxDeclarations
, l'une fous fon nom, l'au
tre au nom des Revoltés qui étoient
en armes , & qu'on l'y traitoit
d'Ufurpateur de Tyran; Qu'il
• avoit donné ordre que la plus courte
des
ز
GALANT. 145
te des deux leurfuſt communiquée,
qu'ilprendroit tout lefoin poffible
pour ne pas laiffer la Declaration
des Rebelles fans le châtiment
qu'elle meritoit.
Le Roy fit enfuite communiquer
aux deux Chambres
la Declaration du Comte
d'Argile ; mais avant que
je vous en parle , vous ferez
bien aife de fçavoir au moins
en fubftance ce que contenoit
celle des Rebelles .
foûtenoient fon party . Elle
avoit pour titre : Declaration
& Apologie du Peuple Proteftant
, c'eft à dire des Seigneurs ,
Juillet 1685.
:
N
qui
146 MERCURE
des Barons , des Gentilshommes ,
des Bourgeois , & des Commune's
de toutes fortes , qui font preſentement
en armes au Royaume d'Ecoffe
, avec la concurrence des veritables
& fidelles Pafteurs , &
de plufieurs Gentilshommes Anglois
joints avec eux en la mefme
caufe . Ils publioient par cette
infolente Declaration les
grands avantages que la Religion
Proteftante remporta,
tant en Ecoffe , que dans les
Païs étrangers ,par le bonfuccés
de l'horrible Rebellion
contre le Roy Charles I. Pere
Sa Majefté ; lequel fuccés ils
GALANT. 147
avoient l'audace d'imputer
par une impieté execrable à
la benediction de Dieu fur la
bonté de leur caufe. Ils exaltoient
la fidelité des Ecoffois,
appellez Covenanters , qui aprés
avoir livré le Pere pour
eftre cruellement maſſacré
par leurs Freres en Angleterre,
avoient neanmoins admis
le Fils à regner , à certaines
conditions qui ne pouvoient
fubfifter avec la Monarchie,
pretendant prouver par là ,
que le feu Roy eftoit avec
beaucoup de juftice accufé
d'ingratitude , puiſque tout
Nij
148 MERCURE
ce qu'il avoit fait depuis fon
heureux rétabliffement , avoit
efté contre les Loix , arbitraire
, tyrannique , & que
tous les fermens impofez ,
aprés que l'on avoit aboly
la Ligue folemnelle ou le
Convenant , avoient efté des
parjures, & leGouvernement
mefme une Apoftafie continuelle.
Ils accufoient les Parlemens
des deux Royaumes,
d'avoir annulé les pernicieufes
Loix faites pendant
la Rebellion , & en particulier
, le Parlement d'Ecoffe ,
d'en avoir fait quelques-
7
!
GALANT. 149
unes , en vertu defquelles le
fang Proteftant avoit efté.
répandu, dont ils donnoient
pour exemple le defunt Marquis
d'Argile condamné en
Parlement ; & enfin d'avoir
chaffé les Miniftres Non-
Conformiftes
. Ils accufoient
auffi le Gouvernement
de
faire mourir les gens contre
les Loix , de defoler les Eglifes
, & de changer les Or
donnances
de Dieu en inventions
des hommes, favorifant
les Papiſtes , & entretenant
des Armées fur pied,
qu'ils appelloient la ruine
Niij
150 MERCURE
& la deftruction du Gouvernement
civil . Ils fe declaroient
contre la Suprematie
du Roy , & contre toutes les
guerres faites aux Etats Generaux
des Provinces-Unies ;
contre l'execution de ces
Scelerats , qui fe faifoient un
métier & un exercice d'affaffiner
les Sujets fidelles ,
fous pretexte de Religion ;
contre la torture que l'on fit
fouffrir à Spence & à Carſtares
, par le moyen de laquelle
on découvrit la derniere
Confpiration , & enfin contre
la Sentence qui avoit
GALANT. 151
condamné Argile. Ils fe declaroient
auffi contre les recherches
qui furent faites à
Bothvvel- Bridge touchant
la Rebellion , par les Juges
des Affiſes , appellant toutes
ces procedures , fi neceſſaires
pour la paix & pour le repos
de ces Royaumes , une
Tyrannie meflée avec le Papifme
; contre l'élevation du
Roy fur le Trône , qu'ils nommoiết
Jacques Duc d'Yorck,
qui avoit efté exclus de la
Couronne par les Communes
d'Angleterre ; & enfin
contre laChambre des Com
Niiij
152 MERCURE
munes alors affemblée, dont
ils difoient qu'on avoit choifyles
Deputez par cabale,
fraude & tromperie. Ils publioient
que pour toutes ces
raifons , ils fecoüoient entierement
tous engagemens de
fujetion, & prenoient les armes
contre Jacques Duc
d'Yorck , & contre tous fes
Complices, les appellát leurs
méchans & dénaturez Ennemis
pour ces fins pretenduës,
fçavoir pour rétablirce qu'ils
appelloient la Religion Proteftante
; pour fupprimer &
exclurre à jamais le Papifme
& l'Epifcopat , fa racine & fa
1
1
GALANT. 153
fource
empoiſonnée ; pour
rétablir tous ceux qui avoiết
fouffert à caufe qu'ils avoiét
pris l'intereft de leur party ;
pour renverser le Gouvernement
preſent , & en établir
un autre felon leurs deffeins .
Ils protestoient que jamais
ils n'entreroient en aucune
Capitulation
, Traité ou Condition
evec le Roy ; mais
qu'au contraire ils continueroient
la guerre réellement,
vigoureuſement
& conftam
ment , jufqu'à ce qu'ils fuffent
venus à bout de leurs
fins , & qu'ils fe prefteroient
154 MERCURE
du fecours , & ſe maintiendroient
les uns les autres, &
particulierement leurs Freres
qui eftoient en Angle--
terre ou en Irlande , qui travailloient
dans la mefme
veuë. Enfin ils promettoient
l'indemnité à ceux qui avoiết
efté leurs Ennemis
, pourveu
qu'ils fe repentiffent fincerement
, qu'ils fe joigniffent
à eux , & les affiſtaffent avec
vigueur contre un Tyran
leur perfecuteur , & contre
un party Apoftat. C'eftoit
ainfi qu'ils traitoient Sa Majefté
, & fes fidelles Sujets.
GALANT. 155
Ils finiffoient par de grandes.
affeurances qu'ils donnoient
aux Révoltez , que Dieu les
affifteroit , & confondroit
leurs Ennemis.
La déclaration du Comte
d'Argile , qui qui fut communiquée
aux deux Chambres
ce jour là , avoit pour
Titre , Déclaration d'Archibald
Comte d'Argile , Seigneur de
Kinlyre , de Cambell , de Lorne ,
&c. Sherif hereditaire , Gonverneur,
& Fuge heréditaire
Genéral des Provinces d' Argile,
de Turben , avec ordre à fes
Vaffaux autres Habitans def156
MERCURE
dites Provinces , & autres qui
font fous fa Jurifdiction de concourir
avec luy pour la défenſe
de leur Religion , de leurs vies
de leurs biens. Cette Déclaration
portoit qu'il ne parleroit
ny de fon Factum imprimé
& publié en Latin &
en Flamand , & plus amplement
encore en Anglois, ny
de la Déclaration imprimée
& publiée par plufieurs Seigneurs,
Gentilhomes , & autres
Ecoffois & Anglois, qui
étoient alors en armes . Mais
que come il y étoit fait mention
de ce que fa famille &
GALANT. 157
luy avoient fouffert , il avoit
trouvé à propos de déclarer,
qu'ayant pris les armes avec
ceux qui l'avoient choiſi
pour eftre leur Chef , ce
n'avoit point efté pour aucunes
fins particulieres ou
perſonnelles ; mais ſeulement
pour celles qui eftoiét
contenues dans cette Déclaration
qu'il avoit concertée
avec eux , & qu'il approuvoit
, & qu'il ne prétendoit
faire valoir aucuns
autres droits que ceux qu'il
avoit avant la Sentence qui
le condánoit luy & fa Famil162
MERCURE
le, lefquels droits établiffoiét
fuffifamment
ſes prététions .
Que toutes les injures perfonnelles
faites à luy & à fa
Famille, il les pardonnoit vo
lontiers comme Chrétien ,à
ceux qui ne s'oppoferoient
point au party qu'il foûtetenoir
, mais qui fe joindroient
à luy pour faire
réüſſir ſon entrepriſe, & qu'il
s'obligeoit par cette prefente
Déclaration de ne les
pourſuivre jamais en Juſtice
. Qu'aprés qu'il auroit obtenu
la poffeffion paiſible
des biens qui appartenoieut
GALANT. 159
à fon Pere & à luy, avant les
prétenduësSentences qui les
avoient confifquez , il payeroit
toutes les dettes de fon
Pere & les fiennes . Que comme
fa fidelité pour le feu Roy
& pour fon Gouvernement
avoit fuffifamment paru
tous ceux qui n'eſtoient
pas prévenus injuftement
contre luy ; auffi reconnoiffoit-
il avec douleur qu'il
avoit eu trop.de complaifance
, & de condefcendance
à l'égard des mesures que
l'on avoit prifes , pour amener
les chofes en l'état où
160 MERCURE
elles eftoient alors , quoy
que Dieu luy fuft témoin
témoin qu'il n'avoit jamais
eu de part à de tels deffeins.
Qu'il avoit fouffert patiemment
l'injufte Sentence rendue
contre luy , s'eſtant retiré
du Royaume
pendant
trois ans & demy , fans avoir
eu jamais la penſée ny d'exciter
des féditions , ny de
troubler la paix pour fes
interefts
particuliers , en
prenant les armes pout ſe
défendre ; mais que le Roy
eftant mort & le Duc
,
d'Yorc qui levoit le maſque,
GALANT. 161
ayant entrepris de ruiner la
Religion Proteftante
qu'il
avoit abandonnée
, & d'envahir
leurs libertez , dans la
réfolution d'exercer
contre
les Loix l'Autorité fouveraine,
il croyoit qu'il eftoit non
feulement
de la Juftice,mais
encore de fon devoir envers
Dieu & fa Patrie , de s'oppofer
par toutes fortés d'efforts
à fon Ufurpation
& à fa Tyrannie
. Qu'avec l'affittance
& le fecours
de plufieurs
bons Proteftans
de l'une &
de l'autre Nation qui l'avoient
prié d'eftre leur Chef,,
Fuillet 1685. O
162 MERCURE
il eftoit réfolu d'executer
autant que Dieu luy en donneroit
le pouvoir , les deffeins
qui eftoient amplement
expliquez dans la Déclaration
, & qu'il exhortoit
& prioit inftamment tous
les honneftes Proteftans , &
particulierement tous fes
Parens & Amis , de concourir
avec luy touchant ce
qu'elle portoit ; qu'ayant
écrit plufieurs Lettres , parce
qu'il n'avoit point d'autres
voyes de faire fçavoir
fes intentions , il ordonnoit
à tous fes Vaffaux , & à tous
GALANT. 163
ceux qui estoient dans fes
diverfes Jurifdictions
de
de fe
que
fa
prendre les armes
joindre à luy , ainfi
Déclaration portoit , & d'o
beir aux ordres particuliers
qu'il leur envoyeroit de
temps en temps , faute dequoy
ils en répondroient à
leurs perils & fortunes .
Les Communes eftant retournées
dans leur Chambre
aprés la lecture de cette Déclaration
, la premiere chofe
que fit l'une & l'autreChambre
, fut de réfoudre qu'on
remercieroit le Roy de fon
O ij
164 MERCURE
obligeant Diſcours , & de la
Déclaration favorable qu'il
leur àvoit faite . Les Communes
ayant enſuite examiné
ce que Sa Majeſté leur
avoit dit touchant l'établifſement
d'un revenu , qui puſt
luy aider à foûtenir les dépenfes
de l'Etat , réfolurent
tout d'une voix , que le Revenu
que l'on avoit accordé
au feu Roy , feroit continué
à Sa Majefté pendant fa vie ,
& que l'on en drefferoit un
Bill , qui feroit apporté à la
Chambre. L'aprefmidy
, les
deux Chibres allerent trouGALANT.
165
ver le Roy à VVithehall , &
luy firent leurs remerciemens.
Le lendemain vingttroifiéme
de May , les Seigneurs
s'eftant affemblez,
on fit une Adreffe ,, contenant
que le Roy ayant eu la
bonté de leur faire part de l'avis
qu'il avoit eu, qu'Archibald
cy-devant Comte d'Argile,
déclaré coupable de trahifon,
avoit faitune defcente
en Ecoffe avec plufieurs
de fes Complices qui fe déclaroient
Rebelles , il eftoit
ordonné par les Seigneurs
Ecclefiaftiques & Seculiers,
166 MERCURE
affemblez en Patlement,
que cette Chombre iroit
trouver le Roy dans la Salle
des Banquets à VVitheall
fur les cinq heures du foir
de ce mefme jour , pour remercier
tres-humblement
Sa Majefté , d'avoir bien
voulu faire part de cette af
faire à la Chambre &
pour luy offrir leurs vies &
leurs biens contre les Rebelles
, & fes autres Ennemis.
Les Communes réfolurent
auffi d'un commun confentement
de faire la mefme
choſe ; ce qui fut executé
GALANT. 167
l'apreſdinée
par les deux
Chambres , qui s'eſtant renduës
à VVitheall , prefenterent
leurs Adreſſes au Roy.
On leut auffi ce jour là le
Bill , pour accorder à Sa
Majefté pendant ſa vie , le
Revenu dont joüiffoit le feu
Roy Charles II . On appelle
Bill toute affaire qu'on
propoſe, fans qu'elle foit rédigée
. On ordonne que des
Commiffaires l'examineront
, & ces Commiffaires
fe nomment
le Petit Comitté.
Lors qu'ils ont examiné l'affaire
, & qu'elle eft rédigée
168 MERCURE
par écrit , on dit alors que le
Bill eft formé , & il ne paffe
dans la Chambre où il a esté propofé , qu'aprésqu'e
l'a
leu trois fois . La premiere
des deux Chambres qui a
mis le Bill en cét état , l'envoye
dire à l'autre Chambre
, & c'eft toûjours celle
des Communes qui fe rend
dans la Chambre Haute,
qu'on appelle des Seigneurs,
ou la Chambre Peinte .
Quoy que le Bill ait efté approuvé
par les deux Chambres
, il ne paffe point , fi le
Roy ne vient en Habits
Royaux.
GALANT. 169
Royaux , & ne le touche avec
fon Sceptre : ce qu'il fait en
difant , le Roy y confent. Lors
qu'il dit le Roy s'avifera , cela
fait entendre qu'il ne veut
pas le paffer , & alors le Bill
n'a aucun effet. Ce
qu'on appelle le grand Comitté
, c'est lors qu'aprés
avoir propofé une Affaire,
l'Orateur defcend de fa
Chaire pour laiffer chacun
dans la liberté de fe parler,
non pas en demeurant en fa
place , mais en ſe
promenant
avec ceux dont on veut
prendre l'avis. Aprés qu'on
Fuiller 1685.
Р
170 MERCURE
s'eft ainfi confulté les uns
les autres pendant quelque
temps , l'Orateur remonte
dans fa Chaire , & tout le
monde reprend fa premiere
place. Il fe fait un filence,
& cela veut dire , eſtre en
Parlement. Chacun peut
alors parler à fon tour fur la
chofe propofée , & aufſi
long-temps qu'il veut , mais
feulement une fois.
Le Bill qui établiſſoit le
Revenu de Sa Majeſté,ayant
eſté leu trois fois , le Roy fe
rendit à la Chambre des Seigneurs
le 30. de May , & fit
GALANT. 171
aux deux Chambres le Dif
cours fuivant.
M
ILORDS ET
MESSIEURS ,
Je vous remercie du Bill que
vous venez de me prefenter , &
je vous affeure que la maniere
obligeante avec lale
prompte
quelle vous l'avez expedié , ne
m'eft pas moins agreable que
Bill mefme. Vous devez croire ,
qu'aprés de fi heureux commencemens
, je ne vous ay pasfait venir
icy fans neceffité , pour vous
demander unfecours extraordinaireQuand
je vous diray que les
´Pij·
172 MERCURE
Magafins pour laFlote & l'Artillerie
font extrémement épuiſez;
Que les anticipations qui ont efté
faites fur plufieurs parties de la
Couronne , font grandes & importantes
; Que les debres du feu
Roy mon Frere, àfes Officiers
afes Domestiques, meritent qu'on
yait égard ; Que la Rebellion d'Ecoffe
, fans l'exagerer , m'obligera
à une tres- grande dépense , je
fuis certain qu'en confiderant tou
tes ces chofes , vous vous croirez
engagez à me donner dequoy y
pourvoir, puis qu'il n'y a rien qui
regarde de plus prés le foulagement
, lafeureté, & le bonheur
GALANT. 173
·la
de mon Gouvernement. Mais je
dois vous recommander fur tout
le foin de la Flote , & la gloire
de cette Nation , afin que vous
mettiez en tel état que nous puiffions
eftre refpectez des Etrangers.
Je ne puis vous exprimer l'intereft
que j'y prens , plus conformément
ma pensée , qu'en vous affen-
↑ rant que j'ay un coeur veritable-
~> ment Anglois , & que je fuis auffi
jaloux des avantages de la Nationque
vous pouvez l'estre . F'ef
· pere qu'avec la Benediction de
"Dien voftre afſiſtance , je
pourray porter plus haut la reputation
de l'Angleterre que mes
a
Piij
174 MERCURE
Anceftres ne l'ont portée ; & que
comme je ne vous demanderay des
fubfides , que lors qu'ilsferont neceffaires
pour l'utilité publique ,
vous me verrez fi bien ménager
ce que vous me donnerez en de
pareilles rencontres , qu'ils feront
toûjours employez aux usages pour
lefquels je vous les demanderay.
Les Communes eftant retournées
dans leur Chambre
, délibererent en grand
Comité fur la demande du
Roy, & conclurent aufſi-toſt
de luy accorder un fubfide
extraordinaire . On refolut
pour cela d'établir une nouGALANT.
175
velle impofition fur le vin &
le vinaigre , telle qu'on l'avoit
accordée en 1670. au
feu Roy Charles II . & que le
Bill en feroit dreffé . Je paffe
à l'article des Seditieux.
Le 18. de May fur les onze
heures du matin , un petit
Baftiment venant d'lla au
Royaume d'Ecoffe , arriva à
Ballentoy. Il y avoit huit
hommes dedans, que la Garde
de ce lieu-là defarma . On
leur demanda d'où ils venoient
& ils répondirent
qu'ils fe retiroient en Irlande
, pour y eftre en feureté
;
Piiij
176 MERCURE
le Comte d'Argile & le Chevalier
Jean Cockram , qui avoient
mis pied à terre à Ila,
ayant avec eux cinq Vaiffeaux
chargez de munitions,
& fur lefquels on diſoit qu'il
y avoit prés de cinq cens
Hommes. Un de ces huit
Paffagers , nommé Friza , affeura
qu'il avoit veu Argile
avec Cockram , & un autre
vieux Gentilhomme dont il
ignoroit le nom ; qu'Argile,
dont le vifage luy eftoit tresbien
connu , parce qu'il l'avoit
veu difner en unlieu appellé
Killeru dans l'ille d'Ila,
GALANT. 177
luy avoit demandé des nouvelles
de l'Armée , entendant
parler de l'Armée du Roy ;
à quoy il avoit répondu ,
qu'elle eftoit allée à Kintire,
un peu avant qu'il fuft débarqué
; Que le mefme Argile
avoit enfuite envoyé
querir le Bailly d'Ila , qui
avoit refufé de fe foulever
avec luy , fur ce qu'il avoit
fait ferment de demeurer fidelle
au Roy ; Qu'Argile
avoit repliqué , qu'il pouvoit
entrer dans fon party
fans contrevenir à fon Serment
, puis qu'on ne fçavoit
178 MERCURE
pas bien encore qui eftoit
Roy ; mais que ce Bailly ne
voulant pas recevoir fes ordres
, s'eftoit fauvé avec plufieurs
Gentilhommes ; Qu'-
Argile l'ayant appris , avoit
juré qu'il feroit brûler ſa
maiſon , & pendre à leurs
portes tous ceux qui ne voudroient
pas fe foulever avec
luy . Cet homme ajoûta, qu'il
avoit fait porter par tout le
Pays un Croftary, qui eft un
Tizon ardent, ancien Signal
des Ecoffois , pour donner
l'alarme , & qu'il avoit menacé
tous les Habitans du
GALANT. 179
feu & du pillage s'ils ne prenoient
les armes pour luy .
On eut nouvelles peu de
jours apres , que n'ayant pas
trouvé dans l'Ifle d'Ila ,ny en
d'autres lieux. circonvoifins,
les Peuples difpofez à la revolte
, il eftoit venu à Kintire,
pour tâcher de foûlever
les Habitans de ce quartierlà,
pendant que fes Fils Charles
& Jean en faifoient autant
en d'autres endroits du
Comté d'Argile . Cependant
une partie confiderable
des
Troupes du Roy , compofée
principalement
de Montagnards
, marcha avec toute
180 MERCURE
la diligence poffible de cè
cofté-h pour s'oppoſer aux
Rebelles ,fous les ordres du
"Duc de Gordon, du Marquis
d'Athol , & de quelques autres
Chefs . L'Armée de Sa
Majefté alla camper à Glaſ
covy & aux environs , pour
empêcher que les Peuples de
l'Ouest ne fe joigniffent aux
Seditieux. Il y eut une autre
partie des mefmes Troupes
poſtée fur la Frontiere, pour
difputer le paffage à ceux qui
pouvoient venir du Nord
d'Angleterre prendre le party
du Comte d'Argile. Il s'é
toit flaté qu'il luy viendroit
GALANT. 181
de grands fecours de ce cofté-
là , apres fon débarque-
,
4
1 ment en Ecoffe. Le 20. du
mefme mois il mit pied à terre
à Lockeal autrement
Campletovvn , à huit milles
de Mul-head de Kintire du
cofté du Midy, & deux jours
aprés il envoya par tout le
Pays la Sommation fuivante
, fignée de fa main.
De Campletovvn le 22. May 1685.
Eftant par la grace de Dieu ,
arrivé icy en feureté, avec la refolution
conforme à la Declara_
tion publiée pour la defenſe de la
Religion Proteftante , de nos li182
MERCURE
bertez, & de nos vies , d'agir
contre le Papifme le Gouver
nement arbitraire , & tous ceux
de l'Ifle d'Ila eftant venus juſqu'icy
à un Rendez- vous general
; celles- cy font pour requerir
tous les Proprietaires , Fermiers ,
✔autres , tous les gens capables
de porter les armes , depuis
l'âge defeize ans jufqu'à celuy de
foixante, dans la divifion de Cou
val, de fe trouver, fans manquer,
Rendez- vous le 26. du courant
à midy , ou plûtoft s'il eft poffible,
avec toutes leurs armes , & des
vivres pour quinze jours .
an
ARGILE.
GALANT. 183
Son Fils Charles voulant
appuyer cet ordre,alla àCou
val, & écrivit à plufieurs Gentilshommes
pour les obliger
à fe rendre auprés de luy ,
avec menace de mettre tout
à feu & à fang s'ils s'en excufoient.
En effet, il fit brûler
les maiſons de ceux qui joignirent
l'Armée du Roy.
Cette rigueur en attira quelques
- uns dans le
party du
Comte d'Argile, qui marcha
le 28. de May de Campletovvn
en Kentire , du cofté
de Tarbert,avec deux Compagnies
de Cavalerie , telles
184 MERCURE
qu'il put les trouver en ce
Pays -là, & fept cens Fantaſ
fins . Il rencontra là trois cens
hommes d'Ila , & deux cens
autres devoient y venir le
joindre. Le 29. il partit de
Tarbert, accompagné d'Auchinbreck
qui l'avoit joint ,
& vint à Rofa dans l'Ile de
Boot , où il prit des provifions
pour une nuit . Le 30 .
il fit voile tout autour de
l'Ifle , avec trois Vaiſſeaux
& vingt petites Barques . Le
plus grand de ces Vaiſſeaux
n'eftoit monté que de trente
pieces de Canon , le fecond
GALANT. 185
de douze , & le troifiéme de
fix. Il avoit avec luy un autre
petit Baftiment chargé
de bled , qu'il avoit pris fur
la cofte. Il revint à Rofa ,
apres qu'il eut fait le tour de
l'ifle, & fit tirer fept coups de
Canon lors qu'il débarqua,
Il n'avoit en tout que deux
mille cinq cens hommes ou
environ ; mais il croyoit obliger
les Peuples à fe revol
ter, en les affeurant qu'on fe
foulevoit déja de toutes parts
en Angleterre. Cela ſe voic
par une Lettre qu'il écrivit
de Campletovvn le 22. de
Juillet 1685. е
186 MERCURE
May , & qu'il adreffoit au
fieur de Lupe . En voicy les
termes.
CHER
AMY,
de
Il a pleu à Dieu de me faire
heureusement arriver icy, où plufieurs
Perfonnes de l'une
Tautre Nation m'ont joint pour la
défenſe de la Religion Proteftante
, de nos libertez , & de nos
vies , contre le Papifme & le
Gouvernement arbitraire . On en
peut voir les particularitez dans
deux Déclarations publiées ; la
premiere par ces Seigneurs, GenGALANT.
187
tilhommes & autres , & la feconde
par moy , pour moy mefme.
Nous avons vécu voftre Pere &
moy en grande amitié , & je fuis:
bien aife de vous fervir vous qui
eftes fon Fils , en défendant la
Religion Proteftante , ce que je
feray toûjours preft de faire dans
toutes les chofes qui vous regarderont
en particulier. Ie vous prie
de ne vous laiffer perfuader par
qui que ce foit, que ny la crainte
ny d'autres mauvais principes ne
vous engagent à négliger en ce
temps cy ce que vous devez à
à voftre Patrie. Gar Dieu
dez- vous de croire
que
le
Duc
Qij
188 MERCURE
d'York n'eft point Papiſte , on
qu'eftant tel il peut estre un juſte
Roy. Scachez que l'Angleterre
eft toute en armes en trois differens
le Duc de Monles
Provinces
Occidentales
les
endroits ; que
mouth
paroift
dans le mefme
temps
que nous ; qu'il y apeu de Places
en Ecoffe
qui ne fe joignent
ànôtre
party , & que
Meridionales
n'attendent
pour le faire , que
nouvelles
de mon
débarquement
,
car c'est
ce que nous
réfolumes
avant
mon départ
de Hollande
.
Te vous fupplie
donc
de ne point
tarder à vousfeparer
de ceux qui
vous
trompent
, & qui traGALANT.
189
vaillent à avancer le Papifme,
& de venir avec tous ceux qui
vous obeiffent pour défendre la
caufe de la Religion , & foyez
perfuadé que vousferez tres- bien
receu par voftre tres- voftre tres- affectionné
Amy pour vousfairefervice ,
ARGILE.
Il y avoit en Apoſtile . Cette
Lettre pourra eftre communiquée
au Ieune Logie , à Skipnage,
àCharles Mac Echan.
Le fecond de Juin un
Party des Troupes du Roy
que commandoit le Marquis
d'Athol , vint à Glenda190
MERCURE
rovval , où eftoit Charles
Campbel , Fils du Comte.
d'Argile , avec fix vingts
Hommes de pied & douze
Cavaliers , qui eurent bien
de la peine à fe retirer dans
leurs Vaiffeaux. On en fit
deux Prifonniers , & un autre
fut tué. Le lendemain le
Comte d'Argile envoya le
Chevalier Cockran & Polvvart
avec cent Hommes
& deux Vaiffeaux à Greenot,
où une Compagnie de Cavalerie
des Milices du Roy,
commandée par Milord
Cockran , tâcha de les emGALANT.
191
pefcher de débarquer , mais
elle ne put foûtenir longtemps
le feu du Canon , &
de la Moufqueterie des deux
Vaiffeaux. Ainfi les Rebelles
mirent pied à terre , &
entrerent dans la Ville , où
ils enleverent les Farines &
toutes les Proviſions qu'ils
purent trouver , aprés quoy
ils retournerent à l'Ile de
Boot où eftoit leur Camp.
Cependant les Vaiffeaux du
Roy eftant arrivez devant
cette Iſle , obligerent le
Comte d'Argile à quitter ce
Pofte. Il alla à Covval qui
192 MERCURE
eft une partie de la Province
d'Argile , & avant que
de partir , il fit brûler la
Maifon du Sherif de Boot,
& emporta tous fes meubles.
Il avoit réfolu d'envoyer fes
Vaiffeaux & fes Chaloupes à
Lochfine du cofté d'Inveraray
, mais n'ayant pû faire
voile à caufe des Vents contraires
, les Frégates de Sa
Majefté , l'Alcyon , & le
Faucon , vinrent à l'emboucheure
de Lochrovvan , où
les Bâtimens des Rebelles
eſtoient à l'Anchre. Cette
arrivée impréveuë les étonna
GALANT. 193.
na tellement , qu'abandonnant
le deffein d'aller du côté
de Lochfine ils commencerent
le 10. de Juin à
fortifier un petit Chaſteau
appellé Ellengreg , & un
Rocher qui eſt auprés dans
une petite Ifle , pour affeurer
leurs
eftoient àà Lochrovvan.
Cela eftant fait , ils quitterent
cette Place , & le Comte
d'Argile marcha vers la
pointe de Lochfine , ayant
laiffé cent cinquante Hommes
pour la garde de fes
Vaiffeaux , & mis fon Ca-
-Juillet 1685.
R
Vaiffeaux qui
194 MERCURE
non , fes Armes , & fes Munitions
dans le Chafteau. Le
11. un Party des Troupes du
Roy d'environ trois cens
Hommes d'Infanterie, commandée
par le Marquis d'Athol
, en rencontra un de
Rebelles , compoſé de quatre
cens Fantaffins &
de quatre- vingts Chevaux.
Il les défit , & il y en eut
beaucoup de tuez . Les Rebelles
, aprés cette défaite ,
retournerent
à Ellengreg
,
d'où ils partirent
le IS. &
ayat paffe Lochlong, ils marcherent
du cofté de Lenox
GALANT. 195
dans la Province de Dumbarton.
Le mefme jour les
Vaiffeaux du Roy vinrent
moüiller l'Anchre devant le
Chaſteau ,où eftoient encore
les Armes & les Munitions
des Rebelles. Ils fe préparoient
à le battre de leur
Canon, mais ils n'eurent pas
plûtoft tiré le premier coup,
que deux Hommes parurent
avec un Etendard
blanc , & leur dirent qu'il
n'y avoit perfonne dans le
Chafteau , & que tous les
Rebelles avoient pris la fuite.
On envoya auffi- toft une
Rij
196 MERCURE
""
Chaloupe à terre , & l'on
trouva que le rapport eſtoit
veritable. Ainfi l'on s'empara
du Chafteau , de leurs,
Navires & de leurs Chalou_
pes. On trouva des armes
pour cinq mille' Hommes,
cinq cens Barils de Poudre,
des Boulets, de la Méche, &
d'autres chofes à proportion ,
outre les Canons dont il y en
avoit quelques - uns montez
, & les autres au fond de
l'eau , mais faciles à retirer.
Le 16. les Rebelles pafferent
à la pointe de Gairloch,pour
aller chercher les endroits
GALANT. 197
Guéables de la Riviere Levin
, entre Lochlomond , &
la Ville de Dumbarton . Le
17. au matin le Comte de
Dumbarton , ayant eu avis
qu'ils avoient paffé cette
Riviere , & qu'ils eftoient
entrez dans la Province qui
porte fon nom , envoya trois
Compagnies de Dragons
fous le commandement de
Milord Charles Murray ,
leur Lieutenant Colonel,
pour les empefcher de paffer
la Riviere de Blide , & il
partit en mefme temps de
Glafcovv pour les fuivre. Il
Liij
198 MERCURE
les joignit à Killerne , & la
Cavalerie & les Dragons les
arreſterent juſqu'à ce que
l'Infanterie fuft arrivée, mais
ils eſtoient ſi avantageuſement
poftez , & il eſtoit fi
tard qu'on ne trouva pas
qu'il fuft à propos de les attaquer.
L'Armée du Roy
demeura toute la nuit rangée
en Bataille , pour eſtre
prefte à combattre , auffitoft
que le jour paroiftroit,
mais les Rebelles profiterent
de l'obscurité , pour
fe retirer fans bruit. Ils
pafferent la Riviere de
GALANT. 199
Clide à la nage avec leurs
Chevaux , & leur Infanterie
la paffa dans des Batteaux,
auprés d'un Village nommé
Kilpatrich . Ainfi ils ſe fauverent
à Renfrevy fans aucun
obſtacle . L'Armée du
Roy ne trouvant plus les
Rebelles le 18. au matin,
marcha avec toute la diligence
poffible du cofté de
Glafcovv , où aprés qu'elle
ſe fuft repofée deux heures,
le Comte de Dumbarton
partit avec la Cavalerie , &
les Dragons pour les fuivre ,
laiffant l'Infanterie derriere,
Riiij
2c0 MERCURE
1
avec ordre de le joindre en
grande hafte. Le Comte
d'Argile , & le Chevalier
Jean Cockran eſtant
à Renfrevv , ramafferent une
partie de leurs Troupes , &
prirent desGuides pour fe fai
re conduire par des fentiers
écartez dans la Province de
Gallovvay , mais ces Conducteurs
ayant manqué leur
chemin, les engagerent dans
un Marais , où les Rebelles
ayant perdu leurs Chevaux
& leur Bagage , leur Infanterie
fe divifa en petits Partys
, ce qui obligea le ComGALANT.
201
ger
te de Dumbarton de partaauffi
fon Armé en petits
Corps pour les mieux pourfuivre.
Le Comte d'Argile
eftant retourné fur fes pas
feul à Cheval , du cofté de la
Riviere de Clide , fut attaqué
par deux Valets de
Greinock , qui fans le connoiſtre
, luy crierent qu'il fe
rendift. Il tira fur eux , &
fut bleffé d'un coup de piftolet
à la tefte. Alors ne fe
fiant plus à fon Cheval , qui
eftoit extrémement fatigué,
il init pied à terre , & creut
fe pouvoir cacher dans l'eau .
202 MERCURE
UnPayfan eftant accouru,fe
jetta dans l'eau aprés luy ,l'un
& l'autre en ayant prefque
jufques au col. Le Côte d'Argile
tira fur le Payfan , mais
fon piftolet ne fit pas feu , &
le Payfan l'ayant encore
bleffé à la tefte , ce fecond
coup le troubla fi fort qu'il
s'écria en tombant , Ah ! mal
heureux Argile ! Ces paroles
l'ayant fait connoiſtre pour
ce qu'il eftoit , le Payfan &
les deux autres Hommes qui
l'avoient bleffé d'abord , le
retirerent de l'eau , & le menerent
à leur Commandant.
GALANT. 203
Un Party de quarante Chevaux
, commandé par Milord
Roff, & un pareil nombre
de Dragons , commandez
par le Capitaine Cleland
, en attaquerent un des
Rebelles que commandoit
le Chevalier Jean Cockran.
Il alloit du coté de la Mer.
Ceux- cy voyant venir le
Party du Roy , fe pofterent
dans un petit Clos où ils
eftoient à couvert juſqu'aux
épaules , ce qui n'empefcha
pas Milord Roffde les charger
, mais le Terrain eſtant
trop fort pour eftre rompu
204 MERCURE
par la Cavalerie , le Capitai
ne des Dragons fut tué en
approchant , Milord Roffreceut
une bleffeure legere , le
Chevalier Adam Blair un
coup de Moufquet dans le
col , & le Chevalier Guillaume
Wollace de Craigie , un
autre das le cofté, aprés quoy
lés Rebelles fe retirerent
dans un Bois , qui eftoit derriere
ce Clos , avant que les
Dragons euffent pû venir à
eux. Un Party de cinq Hom
mes des Milices de Clefdale
commandé par le Comte
d'Arran , prit Rumbold &
GALANT. 205
fon Valet , qui fe battirent
en defefperez . Rumbold eſt
celuy dans la Maiſon duquel
les Conjurez avoient tenu
les Affemblées, où ils avoient
réfolu de tuer le feu Roy fur
le chemin de Neumarket .
Le Colonel Aylof fut mené
prifonnier à Glafcovv , avec
plus de deux cens autres .
Ce fut de ce lieu là que l'on
amena le Comte d'Argile à
Edimbourg le 21. de Juin . Il
la Porte du cofté
entra par
de l'eau. Toutes
les Ruës
jufques
au Chafteau
où il
fut mis prifonnier
, eſtoient
206 MERCURE
gardées par la Compagnie
du Roy qui eftoit dans cette
Ville là. Il avoit les mains
liées derriere le dos , & la
teſte nuë , & le Bourreau
marchoit devant luy. Le
Colonel Aylof cuſt eſté
amené avec luy , mais la
nuit avant qu'il deuft partir
de Glafcovv , il s'ouvrit le
ventre avec un Canif.
26. on fit le Procez à Rumbold
, qui fut condamné
comme Criminel de Haute
Trahifon , & l'aprefdifnée
on le traifna fur la claye
à la grande Place d'Edim-
Le
GALANT. 207
bourg , où il fut pendu , &
mis en quartiers. Le 30. le
Comte d'Argile fut mené en
la mefine Place , où un Echafaut
avoit efté élevé. Il eut la
Tefte coupée, en vertu de la
Sentence prononcée contre
luy il y a quelques années,
fans qu'on luy euft fait ſon
Procez de nouveau pour fa
derniere révolte . On ordóna
feulement que fa Tête feroit
miſe fur la Priſon appellée
Tolbooth.Son corps fut portédans
la Chapelle de Sainte
Madeleine auprés de Covvgate.
Il ne fit aucun Dif
208 MERCURE
.
1
cours fur l'Echafaut , mais il
mit un Papier entre les mains
du Doyen de la Cathédrale
d'Edimbourg , qui l'affiſta à
la mort avec le Sieur Charrers
, pour eftre rendu à Milord
Chancelier. Il déclara
qu'il n'en avoit laiffé aucun
autre touchant les Affaires
des Rebelles. Quelques heures
aprés l'execution , on eut
nouvelles que le Chevalier
Jean Cochran & fon Fils
avoient efté pris dans un Village
appellé Cochran , chez
un Oncle du Chevalier ou
ils s'eftoient cachez .
GALANT. 209
Tandis l'on
pourfuique
voit les Rebelles en Ecoffe
13.
le Roy eut avis d'un autre
Soulevement. Un Courier
exprés que luy envoya le
Maire de Lime , arriva le
de Juin au matin, & luy rap
porta que le 11. du mefme
mois, trois Vaiffeaux avoient
paru à la hauteur de cette
Place, & que le Duc de Mon
mouth avoit mis pied à terre
fur les fept heures du foir ,
avec environ cent cinquante
hommes ; qu'eftant entré
dans la Ville , il s'en eftoit
rendu Maiſtre , & qu'il avoit
Juillet 1685.
t
S
210 MERCURE .
envoyé quelques-uns de fes
Complices dans les Provinces
voifines
, pour engager
les Peuples à une Rebellion
ouverte contre le Roy. Sa
Majefté fit affembler auffitoft
fon Confeil Privé , & ordonna
que la Proclamation
fuivante feroit publiée.
ACQUES , ROY.
JA
Comme Nous avons receu
avis certain , que Jacques , Duc
de Monmouth , Ford autrefois
Lord Grey , profcrit ou condamné
par Contumace pour crime
de Haute trabifon , ont mis pied
GALANT. 211
à terre depuis peu à Lime , dans
noftre Province de Dorfet , d'une
maniere ennemie, avec divers autres
Traitres & Gens condamnez
auffi par Contumace ; qu'ils fe
font emparez de noftredite Ville
de Lime , ont difpersé quel &
ques uns de leurs Complices dans
les Provinces circonvoisines , pour
exciter ces Pays- là à ſe joindre à
eux dans une Rebellion ouverte
contre Nous : Nous de l'avis de
noftre Confeil Privé, publions &
declarons Jacques , Duc de Monmouth
, & tous fes Complices ,
Adherents, Fauteurs & Confeil
lers , traitres & rebelles , &
S. ij
212 MERCURE
Nous commandons & enjoignons
à tous Gouverneurs , Lieutenans
Gouverneurs , Sherifs , Inges de
Paix , Maires , Baillis ,
tous nos autres Officiers, tant de la
Iuftice que de la Milice , de faire
rous leurs efforts pourfaiſir & apprehender
ledit Tacques Duc de
Monmouth, Ford cy- devant Lord
Grey , & tousfes Confederez
Adherens ; comme auffi tous antres
qui aideront , affifteront , ou
fouftiendront lefdits Traiftres &
Rebelles , de s'affeurer de tous,
& d'un chacun d'eux , jufqu'à ce
que noftre volonté leur foir plus
amplement connue , faute dequoy
L
GALANT. 213
ils en répondront à leurs perils
fortunes. Donné à noftre Cour de
Voitheall
le 13. de Tuin 1685.
de noftre Regne le premier. Dieu
conferve le Roy.
Sa Majesté ayant fait
part de cette nouvelle à
fes deux Chambres du Parlement
, elles refolurent
de faire chacune une Adreffe
, & de les luy prefenter
féparement. Voicy celle
que la Chambre des Seigneurs
luy prefenta à Witheall
, dans la Sale des Banquets.
Le Roy ayant en la bonté de
214 MERCURE
que·
communiquer à cette Chambre
l'Avis qu'il a receu ce matin
le Duc de Monmouth a mis pied
à terre à Lime dans la Province
de Dorfet , en Ennemy , & avec
plufieurs defes Adherens, qu'il
s'eft emparéde cette Ville - là , cet
te Chambre a refolu de fe rendre
auprés de Sa Majesté , pour luy
faire fes tres - humbles remercimens
de luy avoir fait part de cet
avis , & pour offrir à Sa Majeftéde
fe tenir attachée à Elle , &
de l'affifter de fes vies de fes
biens contre ledit Duc de Monmouth
, & contre tous Rebelles &
Traiftres , & tous les autres EnGALANT.
215
nemis de Sa Majesté.
L'Adreffe que la Chambre
des Communes luy prefenta
dans la mefine Salle des
Banquets , eftoit conceuë en
ces termes.
IRE ,
STR
en
Nous, les tres -fidelles Sujets
de Vostre Majefté , les Communes
d'Angleterre affemblées e
Parlement , la remercions treshumblement
, de tout noftre
coeur , comme noftre devoir nous
y oblige , du Meffage qu'Elle a
eu la bonté de nous envoyer, pour
nous faire fçavoir que l'ingrat
216 MERCURE
eft
que
Jacques , Duc de Monmouth ,
entré dans ce Royaume en Rebelle
. Nous affeurons Voftre Majefté
, avec toute l'obeiſſance & la
fidelité que nous luy devons ,
nous fommes & ferons toûjours
prefts de nous attacher à Elle , &
de l'aßifter de nos vies & de nos
biens contre ledit Iacques Duc de
Monmouth , fes Adherens , &
Correfpondans, & contre tous autres
Rebelles & Traitres quelconques
qui les affifteront , ou aucun
d'eux: Et comme la confervation
de la Perfonne facrée de Voftre
Majefté eft de la derniere impor.
sance pour la paix & pour le
bonheur
GALANT. 217
bonheur du Royaume ; Nous , les
tres obeiffans tres fidelles Sujets
de Voflre Majefté , la fupplions
tres - humblement de prendre
un foin extraordinaire de fa
Perfonne Royale
que
nous
prions Dieu de conferver longtemps.
Leis.le Parlement s'eftant
affemblé , les Seigneurs envoyerent
dire à la Chambre
des Communes
, que le Roy
leur avoit communiqué
un
Manifefte publié au nom du
Duc de Monmouth ; & qu'ils
y avoiết trouvé des maximes
fi execrables & fi injurieuſes
Juillet 1685.
Ꭲ .
218 MERCURE
pour Sa Majefté , qu'ils avoient
refolu de le faire brûler
par la main du Boureau.
Ce Manifefte fut leu enfuite
avec la Sentence des Seigneurs
. La Chambre baſſe
fut du mefme avis, & ce jourlà
mefme cette Sentence fut
executée . On lut dans la
même Chambre le Bill, pour
faire le procez au Duc de
Monmouth . On le mit au
net , & on le leut juſques à
trois fois dans cette mefme
Seance . La Chambre l'ayant
approuvé , on l'envoya aux
Seigneurs qui l'approuveGALANT.
219
rent auffi par un confentement
general . Le Comité ,
qui eftoit chargé de dreffer
un Bill pour la feureté de la
Perfonne du Roy , eut ordre
d'y inferer cette claufe; Que
tous ceux qui maintiendroient
que le Duc de Monmouth
eſtoit né en legitime
Mariage , ou qu'il pouvoit
pretendre legitimement à la
Couronne, feroient declarez
coupables de Haute - trahifon.
On ne fe
de fe contenta pas
faire brûler fon Manifefte
par la main du Boureau , les
Tij
220 MERCURE
Particuliers en pouvoient
garder quelques copies , &
pour l'empefcher, on publia
dés ce mefme jour la Proclamation
fuivante.
JA
'ACQUES , ROY.
Dautant que Jacques , Duc
de Monmouth
, pour exciter nos
Sujets à fe joindre à luy dans fa
revolte contre Nous , a depuis peu
fait publier & difperfer contre nôtre
Perfonne & noftre Gouver
nement , par fes Emiffaires Complices
de fa Rebellion , le plus infame
& le plus perfide de tous les
Ecrits , intitulé: Declaration
•
GALANT. 221
de Jacques , Duc de Monmouth
, & des Seigneurs ,
Gentilshommes
, & autres
prefentement en armes pour
la defenfe & la juftification
de la Religion Proteftante ,
& des Loix , Droits & Privileges
d'Angleterre ; contre
l'Invaſion & la Tyrannie de
Jacques , Duc d'York . Lequel
Ecrit les Seigneurs Ecclefiaftiques
Seculiers affemblez en
Parlement, ont juftement condamné
à eftre brûlé par la main du
Bourean , veu qu'il contient la
plus haute trabifon , que
stable malice des plus implacables
la dete-
Tiij
222 MERCURE
de nos Ennemis puft inventer contre
nous ; Nous , eftant meus de
bonté &
“
አ
pour nos Sujets,
craignantque quelques-uns
d'entre eux nefeachant pas le danger
auquel ils s'expoferoient , ne
fuffent portez à recevoir àgarder
ledit Ecrit , ou à en faire part
à d'autres , Avons trouvé à propos
de l'avis de noftre Confeil
Privé, d'en informer tous nos bons
Sujets. C'eft pourquoy nous commandons
& ordonnons expreßément
par ces Prefentes , à tous
Gouverneurs , Lieutenans , Sherifs
, Juges de Paix , Maires ,
Baillis , Prevofts , grands peGALANT.
223
que
tits Conneftables , à tous nos autres
Officiers , tant de la Milice
de laJustice ; comme auffi à
tous nos Amez Sujets de noftre
Royaume d'Angleterre , de noftre
Principauté de Galles , & de la
Ville deBervvick fur la Toveed,
defaifir & apprehender , & de
faire arrefter toute perſonne ou
perfonnes , qui publieront , difperferont
, ou garderont ledit Écrit,
fans le découvrir au plus prochain
luge de Paix , afin que
Coupable ou les Coupables puiffent
eftre poursuivis comme Traitres
envers Nous , & envers nô.
rre Couronne & Dignité ; faute
le
Tiiij
224 MERCURE
dequoy ils en répondront à leurs
perils fortune. Donné à noftre
Cour de Vvitheall , le 15. de Iuin
1685. de noftre Regne le premier.
Dieu conferve le Roy.
Le lendemain on publia
une autre Proclamation , en
ces termes.
JAC
ACQUES , ROY.
Nos Communes affemblées
en Parlement , nous ayant prié
par leur humble Adreſſe , de promettre
une recompenfe de cing
mille livres Sterling à celuy ou
ceux qui livreront la Perfonne de
Jacques , Duc de Monmouth ,
GALANT. 225
vif; & ledit Jacques , mort on vif;
Ducde Monmouth , estant condamné
par Acte du Parlement ,
pour crime de Haute - trahison ,
Nous de l'Avis de nostre Confeil
Privé , publions & declarons
par ces Prefentes nostre Promeffe
Royale , que nostre plaifir &
volonté est , que quiconque livrera
le Corps duditJacques , Duc de
Monmouth, mort ou vif, recevra
aura la recompenfe de cinq
mille livres Sterling pour ce fervice
, laquelle fomme luyfera inceffamment
payée par notre grand
Treforier d'Angleterre . Donné
le 16.Juin 1685. &c.
226 MERCURE
Le Duc de Monmouth ef
tant entré à Lime le 1. de
Juin , comme je vous l'ay
marqué , en fortit le 14. à
trois heures du matin avec
foixate Chevaux & fix vingts
Hommes de pied ; & aprés
avoir marché environ deux
milles,il les laiffa fous le commandement
deMilord Grey,
qui s'avança jufques à Bridport,
petite Place à fix milles
de Lime. Les Rebelles y entrerent
, en faisant un feu
continuel de leurs Pistolets
& de leurs Moufquets . Quelques-
uns d'entre-eux attaGALANT.
227
querent une Hoftellerie
, où
ils trouverent
environ dix
Cavaliers. Ils tuerent les
fieurs Wadham
, Strangvvais
,
& Edouard Coaker , & blefferent
le fieur Harvey
. Pendant
ce temps, les Habitans
coururent
aux armes , & chargerent
les Rebelles, defquels
ils tuerent fept , & firent
vingt- trois prifonniers
. Les
autres prirent la fuite, & l'on
trouva plus de quarante
de
leursMoufquets
qu'ils avoiét
laiffez dans la campagne
.
eurent pourtant le foin d'emporter
le corps d'un de leurs
Ils
228 MERCURE
Officiers qui avoit eſté tué.
Milord Grey eut fon cheval
tué fous luy ; & eftant demeuré
à pied, il fut contraint
de fe deboter, afin de fe fauver
plus aifément. Le 18. Milord
Churchil fe rendit à
Chard avec quelques Troupes
du Roy , & envoya le
Lieutenant Monaux accompagné
de vingt hommes , &
d'un Maréchal des Logis du
Regiment d'Oxford , pour
obferver les Rebelles. Ils en
rencontrerent un Party d'un
pareil nombre, à deux milles
de Taunton. Ils le chargeGALANT.
229
rent , en tuerent douze , &
blefferent prefque tous les
autres; mais ayant apperceu
un autre party , ils fe retirerent
. Le Lieutenant Monaux
fut bleffé à la tefte d'un
coup de Moufquet . Dans ce
mefme temps le Capitaine
Trevanion , qui commande
un Vaiffeau de guerre nommé
le Suadados , eftant arrivé
à Lime avec les Vaiffeaux du
Roy qu'il commande , y trou
va deux Navires des Rebelles
, une Pinaffe , & un petit
Heu ,avec quarante barils de
Poudre , & des Cuiraffes pour
230 MERCURE
quatre à cinq mille hommes
. Il s'en empara , ainſi
que des deux Baftimens
. Les
Rebelles avoient fait mettre
en Priſon les Principaux
de
la Communauté
, fur le refus
qu'ils avoient fait de fe joindre
à eux . De Daunton
ils s'avancerent
à Bridgvvater
,
& de là aux environs de Glaffenbury
. Milord Churchil
qui les obfervoit de prés, envoya
le 22. un party de quarante
Cavaliers
, qui en ayant
rencontré quatre- vingt , les
obligea de fe retirer dansleur
Camp. Le mefme jour , MiGALANT.
231
lord Duras de Féversham ,
Lieutenant General des Armées
de Sa Majeſté , arriva à
Chippenham, avec un Détachement
des Gardes du
Corps du Roy , des Grenadiers
, du Regiment d'Oxford
, & des Dragons. Le
Comte de Pembroc l'y joignit,
avec la Milice du Comté
de Vilts , dont il eft Gouverneur
.
Le 25. un Party de cent
Chevaux , commandé par par le
Colonel Oglethorp, attaqua
les Rebelles au Pont de Canisham
,entre Bristol & Bath ,
T
232 MERCURE
& défit deux Compagnies de
leur meilleure Cavalerie . Il
y en eut prés de cent tuez .
Le Comte de Nevvbourg Ecoffois,
qui foûtenoit le party
du Roy , receut un coup
de Moufquet dans le ventre.
Il tomba de cheval , & euſt
efté pris , fi ayant encore le
Piſtolet à la main , il n'euft
tué celuy des Rebelles qui
s'avançoit pour le prendre ,
ce qui donna moyen à ceux
de fon party de le délivrer .
Cependant le Comte de
Pembrock ayant fceu que le
Prevoft de Frome avoit fait
GALANT. 233
afficher la Declaration du
Duc de Monmouth, s'y rendit
avec cent foixante Cavaliers
, dont quelques- uns avoient
fait monter derriere
eux des Soldats au nombre
de trente - fix. Eftant arrivé
auprés de la Place , il enten
dit quantité de coups de
Moufquets , & un grand
bruit de tambours ; & apprit
que les Seditieux ayant eu
avis qu'il venoit , s eſtoient
affemblez au nombre de
deux à trois mille , accourus
de Warmifter & de Weftbu
ry , les uns armez de Mouf
Juillet 1685.
V
Y
234 MERCURE
quets , les autres de Piſtolets
& de Piques , de Faux & de
Fourches
. Quoy que ceComte
n'euft avec luy qu'un petit
nombre
de gens , il ne
laiffa pas de s'avancer à la tefte
de fes Soldats , fuivis de fa
Cavalerie. Les Rebelles firent
paroiſtre d'abord beaucoup
de refolution , & un
d'entr'eux tira auffi-toft un
coup de Moufquet fur luy ,
ordonnat aux autres de tirer
lors que le Comte feroit arrivé
à un lieu qu'il leur marqua
; mais la crainte les faifit
incontinent. Ils jetterent
GALANT 235
tous leurs armes , & prirent
la fuite. Le Comte de Pembrock
alla jufques à la Place
où la Declaration avoit
efté affichée . Il la fit arracher
& le Prevoft de ce
Bourg fut contraint d'écrire
de fa propre main qu'il
la deteftoit , & qu'il declaroit
le Duc de Monmouth
Traiftre . Il fit afficher au
mefme endroit cette Declaration
du Prevost , qu'il
envoya enfuite en Prifon.
Le 26. il marcha du coſté
de Bath felon les ordres
;
qu'il avoit receus
2
avec
V ij
236 MERCURE
trois Régimens d'Infanterie
des Milices du Comté de
Vilts , fa Cavalerie ayant
eu ordre d'aller joindre le
Duc de Grafton. A peipeine
eut-il fait deux milles
dans une Plaine entre Trobridge
& Clarkin , qu'il fencontra
les Rebelles qui firent
alte au bout de la Plaine
à un mille de luy ou environ.
Il mit fes trois Regimens
en un Corps , entremefla
les Piquiers & les
Moufquetaires , & demeura
deux heures dans le mefme
endroit. Toutes les fois
GALANT. 237
qu'il divifoit fes Troupes ,
comme pour marcher , les
Rebelles s'avançoient vers
luy , mais fans ofer l'attaquer.
Ils fe retirerent enfin
en defordre , eftant pourfuivis
par les Troupes du Roy
qui vinrent du Pont de Canisham.
Le Comte de Pembrok
en prit un qu'il fit pendre
fur le champ .
Le 27. Milord Duras ayant
eſté averty que les Rebelles
prenoient le chemin de Philipsnorton
, partit de fort
grand matin dans le deffein
d'attaquer leur arriere-gar238
MERCURE
>
de. Il s'avança avec un détachement
de cinq cens
Hommes d'Infanterie que
commandoit le Duc de Graf,
ton & quelques Dragons
& Grenadiers & Cheval , laiffant
le reſte des Troupes
pour le fuivre avec le Ĉanon.
Eftant venu à un Défilé
ou chemin étroit qui
conduit à Philipsnorton , il
entendit des coups de Moufquet
, ce qui luy fit détacher
vingt gardes du Corps , &
une Compagnie de Grenadiers
à pied , du Regiment
du Duc de Grafton , qu'il
GALANT. 239
envoya dans ce petit chemin
, afin de découvrir ce
que c'eftoit . Ils n'y furent
pas plûtoft qu'ils le virent
bordé des deux coftez de Cavalerie
& d'Infanterie derriere
les Hayes . Elles firent
fur eux un fort grand feu . Le
Duc de Grafton qui eftoit à
la tefte des Troupes du Roy
s'avança jufqu'à l'entrée du
Village , avec beaucoup de
réfolution , mais les Rebelles
l'obligerent à fe retirer
par le feu continuel qu'ils
firent. Quelques Cavaliers.
l'arrefterent dans fa retraite,
•
wy
240 MERCURE
& il ſe fit un paſſage malgré
tout l'obftacle qu'ils y mirent.
Le Capitaine Vau
ghan qui fe trouva dans
cette action tua de fa
main le Colonel Mathevvs
qui les commandoit.
Il y eut huit ou neuf Hommes
tuez & trente bleffez
du Party du Roy , parmy
lefquels furent les Sieurs
May & Seymont Volontaires
, mais on n'y perdit aucun
Officier. Le refte de
l'Armée du Roy eftant arrivé
, Milord Duras fit pofter
fes Troupes fur une Eminen
ce,
GALANT. 241
ce , où l'on mit quelques
Pieces de Campagne en batterie
. Les Rebelles en drefferent
une de fix pieces de
Canon , & tirerent fans relafche
pendant deux heures
, fans faire aucun dommage
aux Troupes du Roy,
qui demeurerent en ce lieula
jufqu'à fix heures du foir,
malgré une forte & continuelle
pluye. Milord Duras
ne voyant plus rien à faire,
marcha du cofté de Bradford
, où il demeura tout le
jour fuivant, pour faire repofer
fes Troupes, Il envoya le
Juillet 1685.
X
242 MERCURE
Colonel Oglethorp
avec
cent Chevaux pour les obferver
, & il rapporta qu'ils
eftoient allez à Frome. Ils y
demeurerent le 28. commencerent
à marcher vers
Varmiſter le 29. puis retournerent
du cofté de Shepton-
Mallet. Ils allerent de
là à Welts , & y firent toutes
fortes de Prophanations
dans l'Eglife Cathedrale. La
Table de l'Autel leur fervit
à une Débauche où ils beurent
leurs Santez . Ils pillerent
la Ville , violerent les
Femmes , & firent ce qui fe
GALANT. 243
commet de plus affreux dans
une Place que l'on prend
d'affaut. De Welts ils vinrent
à Glaffenbury , & le fecond
de Juillet ils arriverent
à Bridgvvater.
Milord Duras qui avoit
fuivy les Rebelles à Frome,
en partit le mefme jour
avec l'Armée du Roy , alla
à Shepton-Mallet , & le lendemain
à Somerton . Le 5.
il arriva à Weſton , qui n'eſt
qu'à trois milles de Bridgvvater
, où les Ennemis fembloient
vouloir fe défendre.
Il logea fa Cavalerie & fes
X ij
244 MERCURE
Dragons dans ce Village , &
fit camper fon Infanterie
aux environs dans une large
Plaine , vis à vis d'un Marais.
Le Pofte eftoit d'autant plus
avantageux , qu'elle avoit
un Foffé devant elle. Il fut
averty le foir que les Rebelles
fortoient de la Ville , ce
qui l'obligea de tenir fes
Troupes en ordre , & d'envoyer
différens Partys pour
découvrir leur deffein. Ils
concerterét fi bien leur marche
, & garderent un filence
fi profond , qu'ils s'avan-
-cerent fans aucun obſtacle
GALANT. 245
ils
juſqués au Marais , où ils
trouverent
un paffage libre ,
de forte que le matin
rangerent
leur Infanterie
en
Bataille. Elle faifoit cinq à
fix milles Hommes . Le Duc
de Monmouth
eftoit à leur
tefte , & il la fit avancer auprés
du lieu où eftoit campée
l'Armée du Roy. Milord
Duras. qui en eut avis ,
fit mettre auffi-toft fes Troupes
en état de bien recevoir
les Ennemis. Elles confiftoient
en deux mille Hommes
de pied , & fept cens
tant Cavaliers , que Grena-
X iij
246 MERCURE
diers & Dragons. On fera
furpris qu'elles fe foient
trouvées d'abord en fr petit
nombre , cela venoit de ce
que le Roy voulant épargner
le fang , faifoit entourer
le Duc de Monmouth,
comme une Ville affiegée.
Ainfi les Troupes qui vinrent
joindre Milord Duras
eftoient des autres Quartiers.
Les Rebelles ayant
réfolu de hazarder le Combat,
commencerét l'attaque
par de grands cris, & par une
volée de coups deMoufquer.
On leur répondit de meſme.
GALANT. 247
Leur Cavalerie s'avança
pour foûtenir leur Infanterie
, mais le Colonel Oglethorp
qui commandoit
un
Party de Cavaliers , lesempefcha
de fe joindre , & il
les stint en haleine jufqu'à
ce que le Régiment d'Oxford
, & un détachement
des
Gardes l'euffent joint pour
former une ligne. Leur Cavalerie
eftoit de mille ou -
douze cens Hommes , commandez
par Milord Grey,
& comme elle ne put
rangée en un Corps pendant
tout ce temps là , elle
eftre
X iiij
248 MERCURE
fit fort peu
de réſiſtance , &
• commençant
auffi- toft à
fuir devant
, ceux qui la
chargeoient
, elle abandonna
le Champ de Bataille.
L'Infanterie
demeura
ferme , & on fit grand feu
de part & d'autre , le Foffé
dont j'ay parlé l'ayant
empefchée
de venir
mains. Le Canon qu'attendoit
Milord Duras eftantarrivé
, & fa Cavalerie
s'eftant .
jettée fur les Fantaffins
du
Duc de Monmouth
, ils furent
entierement
défaits , &
on leur prit trois pieces de
aux
GALANT. 249
Canon , c'eftoit tout ce qu'ils
en avoient en ce lieu là . Prés
de deux mille Hommes des
leurs furent tuez , & l'on fir
un grand nombre de Prifonniers
, parmy lefquels fe
trouverent le Colonel Holmes
, Perrot ſon Major , le
Conneftable de Crookborne
, & le nommé Guillaume ,
Domeſtique du Duc de
Monmouth qui avoit fur
luy deux cens Guinées . Il
dit que c'eftoit tout l'argent
que fon Maiftre avoit
de refte . Une Guinée vaut
environ douze francs & de250
MERCURE
my de noftre Monnoye . If
y eut environ trois cens
Hommes tuez dans les Troupes
du Roy , & un pareil
nombre de bleffez , mais l'on
n'y perdit aucune perfonne
confiderable. Milord Duras
fe trouva par tout pendant
le Combat , donnant
les ordres néceffaires avec
beaucoup de conduite . Milord
Churchil qui commandoit
fous luy , fit paroître
une fort grande bravou
& le Duc de Grafton ſe
fignala ainfi que les autres
Chefs. Lors qu'on fut dere
,
"
GALANT. 251
meuré Maiſtre du Champ
de Bataille , Milord Duras
marcha avec cinq cens
Hommes , quelque Ĉavalerie
& fes Dragons vers
Bridgyvater
dont il ſe rendit
Maiftre , les Rebelles
qui y eftoient ayant pris la
fuite , & s'eftant difperfez
en divers endroits . Il laiffa
fes Troupes dans la Ville,
fous le commandement
du
Colonel Kirke , & ayant appris
que le Duc de Monmouth
fuyoit avec environ
cinquante Cavaliers , qui
eftoit le plus grand nombre
252 MERCURE
de Rebelles qu'il y euft enfemble
, il envoya plufieurs
Partis pour le pourſuivre luy
& Milord Grey . Ce dernier
fut pris dés le mefme jour à
Ringvvord , fur la frontiere
de la Province de Dorfet. Il
eftoit déguifé en Berger . On
le mena auffi-toft à Milord
Lumley. Le Duc de Monmouth
voyant que les Chevaux
avec lefquels il fuyoit,
faifoient un gros dont il
eftoit mal aifé de cacher la
marche , réfolut de les quitter.
Ils fe feparerent en differens
Pelotons , afin qu'ils
GALANT. 253
>
fuffent moins expofez à eftre
yeus & qu'ils puffent fe
fauver plus aifément . Le foir
de ce mefme jour quelques
Bergers dirent à ceux qui les
pourfuivoient, qu'ils avoient
vû deux Fuyards entrer dans
un Bois voifin , dont on fit
border les avenues , pour y
chercher le lendemain ceux
qui pouvoient s'y eftre cachez.
On fe fervit de Limiers
felon la coûtume
d'Angleterre , où l'on employe
des Chiens pour découvrir
les Voleurs qui fe
font fauvez dans les Foreſts.
254 MERCURE
Ces Limiers s'arrefterent à
un Fofféen aboyant , & on
trouva un Homme couché
fous une Haye fort épaiffe.
C'eftoit un Allemand , qui
en demandant quartier, promit
de montrer l'endroit où
le Duc de Monmouth s'étoit
retiré. Ce Duc avoit
fait toute la diligence poffible
pour gagner la Mer , où
il efperoit trouver quelque
Barque , mais fon Cheval
luy ayant manqué , il avoit
efté contraint de fe mettre à
pied , & de prendre un méchant
habit pour n'eftre pas
GALANT. 255
reconnu. On le trouva fous
un Buiffon fort épais dans un
Foffe , ayant dans fes poches
fon Collier de l'Ordre de la
Jarretiere , une Montre , &
environ foixante Guinées.
Lors que les Soldats du Roy
l'eurent tiré du Foffé , il tomba
en défaillance , & fut
quelque temps à revenir . Sa
Majefté ayant fceu cette
nouvelle, ordonna qu'on diftribuaft
à ceux qui l'avoient
pris , les cinq mille livres
Sterlin de
récompenfe
, promifes
par fa proclamation
,
& à ceux qui avoient pris
258 MERCURE
Milord Grey , la fomme de
cinq cens livres Sterlin , fuivant
la proclamation du feu
Roy , publiée le 28. Juin 1683 .
Sa Majefté avoit déja ordóné
que la récompenfe promiſe
par la mefme Proclamation
du feu Roy à ceux qui prendroient
Rumbold , fuft diftribuée
entre les cinq Soldats
de la Milice du Comte
d'Arran , qui l'avoient pris
en Ecoffe , & que fi quelqu'un
de ces Soldats avoit
efté tué , où eftoit mort de
fes bleffeures
, fa part fuft
donnée à ſa Veuve , ou à fes
GALANT. 257
Enfans ou à fes plus proches
Parens s'il n'eftoit pas
marié. Le Duc de Monmouth
&MilordGrey furent
amenez à Londres le 13. c'eft
à dire le 23. felon nous. On
les interrogea d'abord au
Confeil , & enfuite on les
conduifit par eau à la Tour,
où la Ducheffe de Monmouth
avoit efté déja menée
avec fes Enfans.
Quant au Parlement , on
y a paffé divers Actes , dont
les principaux ont efté, pour
accorder un Subfide au Roy,
en impofant une Taxe pen-
Juillet 1685.
Y
258 MERCURE
dant cinq années fur toutes
fortes de toiles de France &
des Indes Orientales , & fur
plufieurs autres Manufacturés
des Indes , fur toutes for- .
tes d'eaux de vie qui feront
apportées en Angleterre ,
pour fournir au Roy les charois
ou voitures dont Sa Majefté
a befoin dans ſes voyages
; pour renouveller un autre
Acte touchant les voitures
qu'on doit fournir à Sa
Majefté , tant par eau que
le fervice de
par terre pour
fa Flote & de fon Artillerie ;
pour réünir au Domaine du
GALANT. 259
Roy les revenus de la Pofte,
& 24000. livres fterlin de
rente du revenu hereditaire
de l'Excife ; pour authoriſer
le Roy à donner des Baux &
autres droits , terres ou he-,
ritages de fon Duché de Cor--
nuaille , & pour confirmer
ceux qui auroient eſté déja
donnez ; pour renouveller
un Acte cy - devant paffé ,qui
donne permiffion de tranf
porter des cuirs ; pour continuer
trois autres Actes, qui
donnent ordre à empefcher
les vols fur les Frontieres du
Nord d'Angleterre , pour
Y ij
260 MERCURE
nettoyer , conferver , maintenir
& reparer le Havre &
le Mole du grád Yarmouth ;
pour rebâtir , finir & embellir
l'Eglife Cathedrale de
Saint Paul de Londres .
Le 2. de ce mois , le Roy
fe rendit à la Chambre des
Seigneurs , reveſtu de ſes habits
Royaux ; & s'eftant affis
dans fon Trône , il manda la
Chambre
des Communes
, &
donna encore fon confentement
à quelques Actes , fçavoir
pour hafter la conftruation
des Vaiffeaux en Angleterre
; pour faire valoir
GALANT. 261
les Terres labourables ; pour
ériger une nouvelle Eglife,
qui fera appellée la Paroiffe
de Saint Jacques dans la liberté
de Weftminſter , &
pour reparer l'Egliſe Cathedrale
de Bangor , pour en
entretenir le Choeur, & pour
augmenter le revenu de l'Evefché
de Bangor, & de plufieurs
Cures du mefme Dio .
cefe . Aprés cela , Milord
Garde des Seaux, fignifia aux
deux Chambres , que Sa Majefté
fouhaitoit qu'elles fe feparaffent
jufqu'au 4. du mois
d'Aouft prochain , & leur fit
262 MERCURE
connoiftre en mefme temps,
que ce n'eftoit pourtant pas
l'intention du Roy que le
Parlement s'affemblaſt en ce
temps-là ; mais que cette
Seance fuft continuée jufques
àl'Hyver , par ajournemens
qui feroient faits par
ceux des Deputez qui fe trouveroient
à Londres ou aux
environs, à moins que le fervice
de Sa Majeſté ne demandaft
leur Affemblée, auquel
cas Sa Majeſté les en
feroit avertir de bonne heure
par fa Proclamation , afin
que tous les Deputez s'y rendiffent.
Vous remarqueGALANT.
141
rez, Madame , que toutes les
Dates que j'employeray ,
font conformes au Calendrier
que l'on y obferve , &
qui eft moins avancé de dix
jours que le noftre . Le Parlement
, qui avoit eſté convoqué
par
laires du Roy, s'eftant aſſem
bléle 19. de May à Weſtminfter
, le grand Huiffier à la
Verge noire , fut envoyé à la
Chambre des Communes
,
pour leur ordonner de fe
rendre à la Chambre des Seiles
Lettres circugneurs
, où Sa Majesté eftoit
affife fur fon Trône, revétuë
M.
Juillet 1685.
142 MERCURE
de fes Habits Royaux . Milord
North , Garde des Seaux,
faifant la fonction de Chancelier
, dont la Charge n'eſt
point encore remplie , leur
declara , que l'intention du
Roy eftoit, que les Membres
de l'une & de l'autre Chambre
preftaffent les Sermens
accouftumez , avant que Sa
Majefté s'expliquaſt ſur les
caufes de la convocation de
ce Parlement. Il ajoûta qu'-
Elle fouhaitoit que les Deputez
de la Chambre des
Communes fe retiraffent ,
pour proceder à l'élection
d'un Orateur , qu'ils luy preGALANT.
143
fenteroient à quatre heures
aprés midy. Les Communes
retournerent à leur Chambre
, & d'un confentement
unanime , le Chevalier Jean
Trevot , Avocat du Confeil
du Roy , fut choify. Dés le
foir mefme on le prefenta à
Sa Majefté, qui témoigna eftre
fatisfait de ce choix.
Le 22. du mefine mois , le
Roy fe rendit dans la Chambre
des Seigneurs , & s'étant
affis dans fon Trône , il fit venir
les Communes dans la
Chambre haute , & dit ,
Qu'auffi toft que Dieu l'eut pla-
Mij
144 MERCURE
-re ,
cé ,fans nulle oppofition , fut le
Trône de fes Anceftres , aprés avoir
difposé du feu Royfon Freil
avoit pris le deffein de convoquer
un Parlement , croyant
que c'eftoit le meilleur moyen d'établirfonRegne
fur desfondemens
qui puffent le rendre heureux pour
tous fes Sujets; Qu'il avoit declaré
fort au long àfon Confeil Privé,
lapremiere fois qu'il s'y eftoit rendu,
quels eftoient fes fentimens
touchant les principes de l'Eglife
d'Angleterre , dont les Membres
avoient toujours fait paroiftre une
fidelité fi inviolable dans les temps
les plus fâcheux , qu'il auroit toûGALANT.
145
t
jours foin de la proteger & de la
defendre ; Qu'il feroit tous fes efforts
pour conferver le Gouverne
ment de l'Eglife de l'Eftat ,
ainfi qu'il fe trouvoit étably ; &
que comme il n'abandonneroit jamais
les prérogatives de la Cou
ronne , auffi n'ofteroit- il jamais à
perfonne ce qui luy appartenoit ;
Que puifqu'il avoit fouvent hafardéfa
vie pour la defenfe de la
Nation , on ne devoit pas
qu'il nefit encore autant qu'aucun
autre pour luy conferver tous fes
Privileges ; Qu'il vouloit bien
leur donner ces affeurances dans
les meſmes termes dont il s'eftoit
douter
146 MERCURE
fervy àfon Avenement à la Con
ronne, afin de leurfaire voir qu'il
"ne les avoit pas employez alors
fans y avoirfait reflexion ;
qu'aprés une promeffe faite d'une
manierefi folemnelle , il croyoit
pouvoir attendre quelque reconnoiffance
de leur part , dans une
occafion où il s'agiffoitprincipalement
de luy affeurer un revenu
pendantfa vie, commeils avoient
fait à l'égarddu feu Roy Charles
11. Que l'entretien de la Flote ,
l'avantage du Commerce , les be
foins de la Couronne , & l'intereft
de l'Eftat qu'il ne devoit pas
gouverner en fuppliant , eftoient
GALANT. 147
des raiſons qu'il auroit pû alleguer,
pour leurfaire voir combien
Ja demande avoitde juftice ; mais
qu'il les connoiffoit tous fi raisonnables
, qu'il eftoit perfuadé que
leurs propres lumieres leur fuffi
foientpourpenetrer ce qu'il ne leur
difoit pas ; Qu'on pourroit luy oppofer
une raifon affez ordinaire ,
fçavoir l'inclination des Peuples
pour de frequens Parlemens , qu'on
affembleroit fouvent, fi on ne luy
accordoit
que
de temps en temps
les fecours qui luy feroient neceffaires
; mais que puifque c'estoit la
premierefois qu'il leurparloit comme
Roy , il eftoit bien aife de leur
148 MERCURE
declarer qu'il falloit agir avec luy
d'une autre forte ; & que le plus
feur moyen de l'obliger à refondre
ces frequentes Affemblées , eftoit
de le traiter toujours bien ; Que
cependant il croyoit devoir leur
dire , qu'il avoit efté averty qu’-
Argile avoit mis pied à terre dans
l'Ecoffe du cofté duCouchant, avec
tous ceux qui s'estoient embarquez
avec luy en Hollande; Que ce Rebelle
avoit fait publier deuxDeclarations
, l'une fous fon nom, l'au
tre au nom des Revoltés qui étoient
en armes , & qu'on l'y traitoit
d'Ufurpateur de Tyran; Qu'il
• avoit donné ordre que la plus courte
des
ز
GALANT. 145
te des deux leurfuſt communiquée,
qu'ilprendroit tout lefoin poffible
pour ne pas laiffer la Declaration
des Rebelles fans le châtiment
qu'elle meritoit.
Le Roy fit enfuite communiquer
aux deux Chambres
la Declaration du Comte
d'Argile ; mais avant que
je vous en parle , vous ferez
bien aife de fçavoir au moins
en fubftance ce que contenoit
celle des Rebelles .
foûtenoient fon party . Elle
avoit pour titre : Declaration
& Apologie du Peuple Proteftant
, c'eft à dire des Seigneurs ,
Juillet 1685.
:
N
qui
146 MERCURE
des Barons , des Gentilshommes ,
des Bourgeois , & des Commune's
de toutes fortes , qui font preſentement
en armes au Royaume d'Ecoffe
, avec la concurrence des veritables
& fidelles Pafteurs , &
de plufieurs Gentilshommes Anglois
joints avec eux en la mefme
caufe . Ils publioient par cette
infolente Declaration les
grands avantages que la Religion
Proteftante remporta,
tant en Ecoffe , que dans les
Païs étrangers ,par le bonfuccés
de l'horrible Rebellion
contre le Roy Charles I. Pere
Sa Majefté ; lequel fuccés ils
GALANT. 147
avoient l'audace d'imputer
par une impieté execrable à
la benediction de Dieu fur la
bonté de leur caufe. Ils exaltoient
la fidelité des Ecoffois,
appellez Covenanters , qui aprés
avoir livré le Pere pour
eftre cruellement maſſacré
par leurs Freres en Angleterre,
avoient neanmoins admis
le Fils à regner , à certaines
conditions qui ne pouvoient
fubfifter avec la Monarchie,
pretendant prouver par là ,
que le feu Roy eftoit avec
beaucoup de juftice accufé
d'ingratitude , puiſque tout
Nij
148 MERCURE
ce qu'il avoit fait depuis fon
heureux rétabliffement , avoit
efté contre les Loix , arbitraire
, tyrannique , & que
tous les fermens impofez ,
aprés que l'on avoit aboly
la Ligue folemnelle ou le
Convenant , avoient efté des
parjures, & leGouvernement
mefme une Apoftafie continuelle.
Ils accufoient les Parlemens
des deux Royaumes,
d'avoir annulé les pernicieufes
Loix faites pendant
la Rebellion , & en particulier
, le Parlement d'Ecoffe ,
d'en avoir fait quelques-
7
!
GALANT. 149
unes , en vertu defquelles le
fang Proteftant avoit efté.
répandu, dont ils donnoient
pour exemple le defunt Marquis
d'Argile condamné en
Parlement ; & enfin d'avoir
chaffé les Miniftres Non-
Conformiftes
. Ils accufoient
auffi le Gouvernement
de
faire mourir les gens contre
les Loix , de defoler les Eglifes
, & de changer les Or
donnances
de Dieu en inventions
des hommes, favorifant
les Papiſtes , & entretenant
des Armées fur pied,
qu'ils appelloient la ruine
Niij
150 MERCURE
& la deftruction du Gouvernement
civil . Ils fe declaroient
contre la Suprematie
du Roy , & contre toutes les
guerres faites aux Etats Generaux
des Provinces-Unies ;
contre l'execution de ces
Scelerats , qui fe faifoient un
métier & un exercice d'affaffiner
les Sujets fidelles ,
fous pretexte de Religion ;
contre la torture que l'on fit
fouffrir à Spence & à Carſtares
, par le moyen de laquelle
on découvrit la derniere
Confpiration , & enfin contre
la Sentence qui avoit
GALANT. 151
condamné Argile. Ils fe declaroient
auffi contre les recherches
qui furent faites à
Bothvvel- Bridge touchant
la Rebellion , par les Juges
des Affiſes , appellant toutes
ces procedures , fi neceſſaires
pour la paix & pour le repos
de ces Royaumes , une
Tyrannie meflée avec le Papifme
; contre l'élevation du
Roy fur le Trône , qu'ils nommoiết
Jacques Duc d'Yorck,
qui avoit efté exclus de la
Couronne par les Communes
d'Angleterre ; & enfin
contre laChambre des Com
Niiij
152 MERCURE
munes alors affemblée, dont
ils difoient qu'on avoit choifyles
Deputez par cabale,
fraude & tromperie. Ils publioient
que pour toutes ces
raifons , ils fecoüoient entierement
tous engagemens de
fujetion, & prenoient les armes
contre Jacques Duc
d'Yorck , & contre tous fes
Complices, les appellát leurs
méchans & dénaturez Ennemis
pour ces fins pretenduës,
fçavoir pour rétablirce qu'ils
appelloient la Religion Proteftante
; pour fupprimer &
exclurre à jamais le Papifme
& l'Epifcopat , fa racine & fa
1
1
GALANT. 153
fource
empoiſonnée ; pour
rétablir tous ceux qui avoiết
fouffert à caufe qu'ils avoiét
pris l'intereft de leur party ;
pour renverser le Gouvernement
preſent , & en établir
un autre felon leurs deffeins .
Ils protestoient que jamais
ils n'entreroient en aucune
Capitulation
, Traité ou Condition
evec le Roy ; mais
qu'au contraire ils continueroient
la guerre réellement,
vigoureuſement
& conftam
ment , jufqu'à ce qu'ils fuffent
venus à bout de leurs
fins , & qu'ils fe prefteroient
154 MERCURE
du fecours , & ſe maintiendroient
les uns les autres, &
particulierement leurs Freres
qui eftoient en Angle--
terre ou en Irlande , qui travailloient
dans la mefme
veuë. Enfin ils promettoient
l'indemnité à ceux qui avoiết
efté leurs Ennemis
, pourveu
qu'ils fe repentiffent fincerement
, qu'ils fe joigniffent
à eux , & les affiſtaffent avec
vigueur contre un Tyran
leur perfecuteur , & contre
un party Apoftat. C'eftoit
ainfi qu'ils traitoient Sa Majefté
, & fes fidelles Sujets.
GALANT. 155
Ils finiffoient par de grandes.
affeurances qu'ils donnoient
aux Révoltez , que Dieu les
affifteroit , & confondroit
leurs Ennemis.
La déclaration du Comte
d'Argile , qui qui fut communiquée
aux deux Chambres
ce jour là , avoit pour
Titre , Déclaration d'Archibald
Comte d'Argile , Seigneur de
Kinlyre , de Cambell , de Lorne ,
&c. Sherif hereditaire , Gonverneur,
& Fuge heréditaire
Genéral des Provinces d' Argile,
de Turben , avec ordre à fes
Vaffaux autres Habitans def156
MERCURE
dites Provinces , & autres qui
font fous fa Jurifdiction de concourir
avec luy pour la défenſe
de leur Religion , de leurs vies
de leurs biens. Cette Déclaration
portoit qu'il ne parleroit
ny de fon Factum imprimé
& publié en Latin &
en Flamand , & plus amplement
encore en Anglois, ny
de la Déclaration imprimée
& publiée par plufieurs Seigneurs,
Gentilhomes , & autres
Ecoffois & Anglois, qui
étoient alors en armes . Mais
que come il y étoit fait mention
de ce que fa famille &
GALANT. 157
luy avoient fouffert , il avoit
trouvé à propos de déclarer,
qu'ayant pris les armes avec
ceux qui l'avoient choiſi
pour eftre leur Chef , ce
n'avoit point efté pour aucunes
fins particulieres ou
perſonnelles ; mais ſeulement
pour celles qui eftoiét
contenues dans cette Déclaration
qu'il avoit concertée
avec eux , & qu'il approuvoit
, & qu'il ne prétendoit
faire valoir aucuns
autres droits que ceux qu'il
avoit avant la Sentence qui
le condánoit luy & fa Famil162
MERCURE
le, lefquels droits établiffoiét
fuffifamment
ſes prététions .
Que toutes les injures perfonnelles
faites à luy & à fa
Famille, il les pardonnoit vo
lontiers comme Chrétien ,à
ceux qui ne s'oppoferoient
point au party qu'il foûtetenoir
, mais qui fe joindroient
à luy pour faire
réüſſir ſon entrepriſe, & qu'il
s'obligeoit par cette prefente
Déclaration de ne les
pourſuivre jamais en Juſtice
. Qu'aprés qu'il auroit obtenu
la poffeffion paiſible
des biens qui appartenoieut
GALANT. 159
à fon Pere & à luy, avant les
prétenduësSentences qui les
avoient confifquez , il payeroit
toutes les dettes de fon
Pere & les fiennes . Que comme
fa fidelité pour le feu Roy
& pour fon Gouvernement
avoit fuffifamment paru
tous ceux qui n'eſtoient
pas prévenus injuftement
contre luy ; auffi reconnoiffoit-
il avec douleur qu'il
avoit eu trop.de complaifance
, & de condefcendance
à l'égard des mesures que
l'on avoit prifes , pour amener
les chofes en l'état où
160 MERCURE
elles eftoient alors , quoy
que Dieu luy fuft témoin
témoin qu'il n'avoit jamais
eu de part à de tels deffeins.
Qu'il avoit fouffert patiemment
l'injufte Sentence rendue
contre luy , s'eſtant retiré
du Royaume
pendant
trois ans & demy , fans avoir
eu jamais la penſée ny d'exciter
des féditions , ny de
troubler la paix pour fes
interefts
particuliers , en
prenant les armes pout ſe
défendre ; mais que le Roy
eftant mort & le Duc
,
d'Yorc qui levoit le maſque,
GALANT. 161
ayant entrepris de ruiner la
Religion Proteftante
qu'il
avoit abandonnée
, & d'envahir
leurs libertez , dans la
réfolution d'exercer
contre
les Loix l'Autorité fouveraine,
il croyoit qu'il eftoit non
feulement
de la Juftice,mais
encore de fon devoir envers
Dieu & fa Patrie , de s'oppofer
par toutes fortés d'efforts
à fon Ufurpation
& à fa Tyrannie
. Qu'avec l'affittance
& le fecours
de plufieurs
bons Proteftans
de l'une &
de l'autre Nation qui l'avoient
prié d'eftre leur Chef,,
Fuillet 1685. O
162 MERCURE
il eftoit réfolu d'executer
autant que Dieu luy en donneroit
le pouvoir , les deffeins
qui eftoient amplement
expliquez dans la Déclaration
, & qu'il exhortoit
& prioit inftamment tous
les honneftes Proteftans , &
particulierement tous fes
Parens & Amis , de concourir
avec luy touchant ce
qu'elle portoit ; qu'ayant
écrit plufieurs Lettres , parce
qu'il n'avoit point d'autres
voyes de faire fçavoir
fes intentions , il ordonnoit
à tous fes Vaffaux , & à tous
GALANT. 163
ceux qui estoient dans fes
diverfes Jurifdictions
de
de fe
que
fa
prendre les armes
joindre à luy , ainfi
Déclaration portoit , & d'o
beir aux ordres particuliers
qu'il leur envoyeroit de
temps en temps , faute dequoy
ils en répondroient à
leurs perils & fortunes .
Les Communes eftant retournées
dans leur Chambre
aprés la lecture de cette Déclaration
, la premiere chofe
que fit l'une & l'autreChambre
, fut de réfoudre qu'on
remercieroit le Roy de fon
O ij
164 MERCURE
obligeant Diſcours , & de la
Déclaration favorable qu'il
leur àvoit faite . Les Communes
ayant enſuite examiné
ce que Sa Majeſté leur
avoit dit touchant l'établifſement
d'un revenu , qui puſt
luy aider à foûtenir les dépenfes
de l'Etat , réfolurent
tout d'une voix , que le Revenu
que l'on avoit accordé
au feu Roy , feroit continué
à Sa Majefté pendant fa vie ,
& que l'on en drefferoit un
Bill , qui feroit apporté à la
Chambre. L'aprefmidy
, les
deux Chibres allerent trouGALANT.
165
ver le Roy à VVithehall , &
luy firent leurs remerciemens.
Le lendemain vingttroifiéme
de May , les Seigneurs
s'eftant affemblez,
on fit une Adreffe ,, contenant
que le Roy ayant eu la
bonté de leur faire part de l'avis
qu'il avoit eu, qu'Archibald
cy-devant Comte d'Argile,
déclaré coupable de trahifon,
avoit faitune defcente
en Ecoffe avec plufieurs
de fes Complices qui fe déclaroient
Rebelles , il eftoit
ordonné par les Seigneurs
Ecclefiaftiques & Seculiers,
166 MERCURE
affemblez en Patlement,
que cette Chombre iroit
trouver le Roy dans la Salle
des Banquets à VVitheall
fur les cinq heures du foir
de ce mefme jour , pour remercier
tres-humblement
Sa Majefté , d'avoir bien
voulu faire part de cette af
faire à la Chambre &
pour luy offrir leurs vies &
leurs biens contre les Rebelles
, & fes autres Ennemis.
Les Communes réfolurent
auffi d'un commun confentement
de faire la mefme
choſe ; ce qui fut executé
GALANT. 167
l'apreſdinée
par les deux
Chambres , qui s'eſtant renduës
à VVitheall , prefenterent
leurs Adreſſes au Roy.
On leut auffi ce jour là le
Bill , pour accorder à Sa
Majefté pendant ſa vie , le
Revenu dont joüiffoit le feu
Roy Charles II . On appelle
Bill toute affaire qu'on
propoſe, fans qu'elle foit rédigée
. On ordonne que des
Commiffaires l'examineront
, & ces Commiffaires
fe nomment
le Petit Comitté.
Lors qu'ils ont examiné l'affaire
, & qu'elle eft rédigée
168 MERCURE
par écrit , on dit alors que le
Bill eft formé , & il ne paffe
dans la Chambre où il a esté propofé , qu'aprésqu'e
l'a
leu trois fois . La premiere
des deux Chambres qui a
mis le Bill en cét état , l'envoye
dire à l'autre Chambre
, & c'eft toûjours celle
des Communes qui fe rend
dans la Chambre Haute,
qu'on appelle des Seigneurs,
ou la Chambre Peinte .
Quoy que le Bill ait efté approuvé
par les deux Chambres
, il ne paffe point , fi le
Roy ne vient en Habits
Royaux.
GALANT. 169
Royaux , & ne le touche avec
fon Sceptre : ce qu'il fait en
difant , le Roy y confent. Lors
qu'il dit le Roy s'avifera , cela
fait entendre qu'il ne veut
pas le paffer , & alors le Bill
n'a aucun effet. Ce
qu'on appelle le grand Comitté
, c'est lors qu'aprés
avoir propofé une Affaire,
l'Orateur defcend de fa
Chaire pour laiffer chacun
dans la liberté de fe parler,
non pas en demeurant en fa
place , mais en ſe
promenant
avec ceux dont on veut
prendre l'avis. Aprés qu'on
Fuiller 1685.
Р
170 MERCURE
s'eft ainfi confulté les uns
les autres pendant quelque
temps , l'Orateur remonte
dans fa Chaire , & tout le
monde reprend fa premiere
place. Il fe fait un filence,
& cela veut dire , eſtre en
Parlement. Chacun peut
alors parler à fon tour fur la
chofe propofée , & aufſi
long-temps qu'il veut , mais
feulement une fois.
Le Bill qui établiſſoit le
Revenu de Sa Majeſté,ayant
eſté leu trois fois , le Roy fe
rendit à la Chambre des Seigneurs
le 30. de May , & fit
GALANT. 171
aux deux Chambres le Dif
cours fuivant.
M
ILORDS ET
MESSIEURS ,
Je vous remercie du Bill que
vous venez de me prefenter , &
je vous affeure que la maniere
obligeante avec lale
prompte
quelle vous l'avez expedié , ne
m'eft pas moins agreable que
Bill mefme. Vous devez croire ,
qu'aprés de fi heureux commencemens
, je ne vous ay pasfait venir
icy fans neceffité , pour vous
demander unfecours extraordinaireQuand
je vous diray que les
´Pij·
172 MERCURE
Magafins pour laFlote & l'Artillerie
font extrémement épuiſez;
Que les anticipations qui ont efté
faites fur plufieurs parties de la
Couronne , font grandes & importantes
; Que les debres du feu
Roy mon Frere, àfes Officiers
afes Domestiques, meritent qu'on
yait égard ; Que la Rebellion d'Ecoffe
, fans l'exagerer , m'obligera
à une tres- grande dépense , je
fuis certain qu'en confiderant tou
tes ces chofes , vous vous croirez
engagez à me donner dequoy y
pourvoir, puis qu'il n'y a rien qui
regarde de plus prés le foulagement
, lafeureté, & le bonheur
GALANT. 173
·la
de mon Gouvernement. Mais je
dois vous recommander fur tout
le foin de la Flote , & la gloire
de cette Nation , afin que vous
mettiez en tel état que nous puiffions
eftre refpectez des Etrangers.
Je ne puis vous exprimer l'intereft
que j'y prens , plus conformément
ma pensée , qu'en vous affen-
↑ rant que j'ay un coeur veritable-
~> ment Anglois , & que je fuis auffi
jaloux des avantages de la Nationque
vous pouvez l'estre . F'ef
· pere qu'avec la Benediction de
"Dien voftre afſiſtance , je
pourray porter plus haut la reputation
de l'Angleterre que mes
a
Piij
174 MERCURE
Anceftres ne l'ont portée ; & que
comme je ne vous demanderay des
fubfides , que lors qu'ilsferont neceffaires
pour l'utilité publique ,
vous me verrez fi bien ménager
ce que vous me donnerez en de
pareilles rencontres , qu'ils feront
toûjours employez aux usages pour
lefquels je vous les demanderay.
Les Communes eftant retournées
dans leur Chambre
, délibererent en grand
Comité fur la demande du
Roy, & conclurent aufſi-toſt
de luy accorder un fubfide
extraordinaire . On refolut
pour cela d'établir une nouGALANT.
175
velle impofition fur le vin &
le vinaigre , telle qu'on l'avoit
accordée en 1670. au
feu Roy Charles II . & que le
Bill en feroit dreffé . Je paffe
à l'article des Seditieux.
Le 18. de May fur les onze
heures du matin , un petit
Baftiment venant d'lla au
Royaume d'Ecoffe , arriva à
Ballentoy. Il y avoit huit
hommes dedans, que la Garde
de ce lieu-là defarma . On
leur demanda d'où ils venoient
& ils répondirent
qu'ils fe retiroient en Irlande
, pour y eftre en feureté
;
Piiij
176 MERCURE
le Comte d'Argile & le Chevalier
Jean Cockram , qui avoient
mis pied à terre à Ila,
ayant avec eux cinq Vaiffeaux
chargez de munitions,
& fur lefquels on diſoit qu'il
y avoit prés de cinq cens
Hommes. Un de ces huit
Paffagers , nommé Friza , affeura
qu'il avoit veu Argile
avec Cockram , & un autre
vieux Gentilhomme dont il
ignoroit le nom ; qu'Argile,
dont le vifage luy eftoit tresbien
connu , parce qu'il l'avoit
veu difner en unlieu appellé
Killeru dans l'ille d'Ila,
GALANT. 177
luy avoit demandé des nouvelles
de l'Armée , entendant
parler de l'Armée du Roy ;
à quoy il avoit répondu ,
qu'elle eftoit allée à Kintire,
un peu avant qu'il fuft débarqué
; Que le mefme Argile
avoit enfuite envoyé
querir le Bailly d'Ila , qui
avoit refufé de fe foulever
avec luy , fur ce qu'il avoit
fait ferment de demeurer fidelle
au Roy ; Qu'Argile
avoit repliqué , qu'il pouvoit
entrer dans fon party
fans contrevenir à fon Serment
, puis qu'on ne fçavoit
178 MERCURE
pas bien encore qui eftoit
Roy ; mais que ce Bailly ne
voulant pas recevoir fes ordres
, s'eftoit fauvé avec plufieurs
Gentilhommes ; Qu'-
Argile l'ayant appris , avoit
juré qu'il feroit brûler ſa
maiſon , & pendre à leurs
portes tous ceux qui ne voudroient
pas fe foulever avec
luy . Cet homme ajoûta, qu'il
avoit fait porter par tout le
Pays un Croftary, qui eft un
Tizon ardent, ancien Signal
des Ecoffois , pour donner
l'alarme , & qu'il avoit menacé
tous les Habitans du
GALANT. 179
feu & du pillage s'ils ne prenoient
les armes pour luy .
On eut nouvelles peu de
jours apres , que n'ayant pas
trouvé dans l'Ifle d'Ila ,ny en
d'autres lieux. circonvoifins,
les Peuples difpofez à la revolte
, il eftoit venu à Kintire,
pour tâcher de foûlever
les Habitans de ce quartierlà,
pendant que fes Fils Charles
& Jean en faifoient autant
en d'autres endroits du
Comté d'Argile . Cependant
une partie confiderable
des
Troupes du Roy , compofée
principalement
de Montagnards
, marcha avec toute
180 MERCURE
la diligence poffible de cè
cofté-h pour s'oppoſer aux
Rebelles ,fous les ordres du
"Duc de Gordon, du Marquis
d'Athol , & de quelques autres
Chefs . L'Armée de Sa
Majefté alla camper à Glaſ
covy & aux environs , pour
empêcher que les Peuples de
l'Ouest ne fe joigniffent aux
Seditieux. Il y eut une autre
partie des mefmes Troupes
poſtée fur la Frontiere, pour
difputer le paffage à ceux qui
pouvoient venir du Nord
d'Angleterre prendre le party
du Comte d'Argile. Il s'é
toit flaté qu'il luy viendroit
GALANT. 181
de grands fecours de ce cofté-
là , apres fon débarque-
,
4
1 ment en Ecoffe. Le 20. du
mefme mois il mit pied à terre
à Lockeal autrement
Campletovvn , à huit milles
de Mul-head de Kintire du
cofté du Midy, & deux jours
aprés il envoya par tout le
Pays la Sommation fuivante
, fignée de fa main.
De Campletovvn le 22. May 1685.
Eftant par la grace de Dieu ,
arrivé icy en feureté, avec la refolution
conforme à la Declara_
tion publiée pour la defenſe de la
Religion Proteftante , de nos li182
MERCURE
bertez, & de nos vies , d'agir
contre le Papifme le Gouver
nement arbitraire , & tous ceux
de l'Ifle d'Ila eftant venus juſqu'icy
à un Rendez- vous general
; celles- cy font pour requerir
tous les Proprietaires , Fermiers ,
✔autres , tous les gens capables
de porter les armes , depuis
l'âge defeize ans jufqu'à celuy de
foixante, dans la divifion de Cou
val, de fe trouver, fans manquer,
Rendez- vous le 26. du courant
à midy , ou plûtoft s'il eft poffible,
avec toutes leurs armes , & des
vivres pour quinze jours .
an
ARGILE.
GALANT. 183
Son Fils Charles voulant
appuyer cet ordre,alla àCou
val, & écrivit à plufieurs Gentilshommes
pour les obliger
à fe rendre auprés de luy ,
avec menace de mettre tout
à feu & à fang s'ils s'en excufoient.
En effet, il fit brûler
les maiſons de ceux qui joignirent
l'Armée du Roy.
Cette rigueur en attira quelques
- uns dans le
party du
Comte d'Argile, qui marcha
le 28. de May de Campletovvn
en Kentire , du cofté
de Tarbert,avec deux Compagnies
de Cavalerie , telles
184 MERCURE
qu'il put les trouver en ce
Pays -là, & fept cens Fantaſ
fins . Il rencontra là trois cens
hommes d'Ila , & deux cens
autres devoient y venir le
joindre. Le 29. il partit de
Tarbert, accompagné d'Auchinbreck
qui l'avoit joint ,
& vint à Rofa dans l'Ile de
Boot , où il prit des provifions
pour une nuit . Le 30 .
il fit voile tout autour de
l'Ifle , avec trois Vaiſſeaux
& vingt petites Barques . Le
plus grand de ces Vaiſſeaux
n'eftoit monté que de trente
pieces de Canon , le fecond
GALANT. 185
de douze , & le troifiéme de
fix. Il avoit avec luy un autre
petit Baftiment chargé
de bled , qu'il avoit pris fur
la cofte. Il revint à Rofa ,
apres qu'il eut fait le tour de
l'ifle, & fit tirer fept coups de
Canon lors qu'il débarqua,
Il n'avoit en tout que deux
mille cinq cens hommes ou
environ ; mais il croyoit obliger
les Peuples à fe revol
ter, en les affeurant qu'on fe
foulevoit déja de toutes parts
en Angleterre. Cela ſe voic
par une Lettre qu'il écrivit
de Campletovvn le 22. de
Juillet 1685. е
186 MERCURE
May , & qu'il adreffoit au
fieur de Lupe . En voicy les
termes.
CHER
AMY,
de
Il a pleu à Dieu de me faire
heureusement arriver icy, où plufieurs
Perfonnes de l'une
Tautre Nation m'ont joint pour la
défenſe de la Religion Proteftante
, de nos libertez , & de nos
vies , contre le Papifme & le
Gouvernement arbitraire . On en
peut voir les particularitez dans
deux Déclarations publiées ; la
premiere par ces Seigneurs, GenGALANT.
187
tilhommes & autres , & la feconde
par moy , pour moy mefme.
Nous avons vécu voftre Pere &
moy en grande amitié , & je fuis:
bien aife de vous fervir vous qui
eftes fon Fils , en défendant la
Religion Proteftante , ce que je
feray toûjours preft de faire dans
toutes les chofes qui vous regarderont
en particulier. Ie vous prie
de ne vous laiffer perfuader par
qui que ce foit, que ny la crainte
ny d'autres mauvais principes ne
vous engagent à négliger en ce
temps cy ce que vous devez à
à voftre Patrie. Gar Dieu
dez- vous de croire
que
le
Duc
Qij
188 MERCURE
d'York n'eft point Papiſte , on
qu'eftant tel il peut estre un juſte
Roy. Scachez que l'Angleterre
eft toute en armes en trois differens
le Duc de Monles
Provinces
Occidentales
les
endroits ; que
mouth
paroift
dans le mefme
temps
que nous ; qu'il y apeu de Places
en Ecoffe
qui ne fe joignent
ànôtre
party , & que
Meridionales
n'attendent
pour le faire , que
nouvelles
de mon
débarquement
,
car c'est
ce que nous
réfolumes
avant
mon départ
de Hollande
.
Te vous fupplie
donc
de ne point
tarder à vousfeparer
de ceux qui
vous
trompent
, & qui traGALANT.
189
vaillent à avancer le Papifme,
& de venir avec tous ceux qui
vous obeiffent pour défendre la
caufe de la Religion , & foyez
perfuadé que vousferez tres- bien
receu par voftre tres- voftre tres- affectionné
Amy pour vousfairefervice ,
ARGILE.
Il y avoit en Apoſtile . Cette
Lettre pourra eftre communiquée
au Ieune Logie , à Skipnage,
àCharles Mac Echan.
Le fecond de Juin un
Party des Troupes du Roy
que commandoit le Marquis
d'Athol , vint à Glenda190
MERCURE
rovval , où eftoit Charles
Campbel , Fils du Comte.
d'Argile , avec fix vingts
Hommes de pied & douze
Cavaliers , qui eurent bien
de la peine à fe retirer dans
leurs Vaiffeaux. On en fit
deux Prifonniers , & un autre
fut tué. Le lendemain le
Comte d'Argile envoya le
Chevalier Cockran & Polvvart
avec cent Hommes
& deux Vaiffeaux à Greenot,
où une Compagnie de Cavalerie
des Milices du Roy,
commandée par Milord
Cockran , tâcha de les emGALANT.
191
pefcher de débarquer , mais
elle ne put foûtenir longtemps
le feu du Canon , &
de la Moufqueterie des deux
Vaiffeaux. Ainfi les Rebelles
mirent pied à terre , &
entrerent dans la Ville , où
ils enleverent les Farines &
toutes les Proviſions qu'ils
purent trouver , aprés quoy
ils retournerent à l'Ile de
Boot où eftoit leur Camp.
Cependant les Vaiffeaux du
Roy eftant arrivez devant
cette Iſle , obligerent le
Comte d'Argile à quitter ce
Pofte. Il alla à Covval qui
192 MERCURE
eft une partie de la Province
d'Argile , & avant que
de partir , il fit brûler la
Maifon du Sherif de Boot,
& emporta tous fes meubles.
Il avoit réfolu d'envoyer fes
Vaiffeaux & fes Chaloupes à
Lochfine du cofté d'Inveraray
, mais n'ayant pû faire
voile à caufe des Vents contraires
, les Frégates de Sa
Majefté , l'Alcyon , & le
Faucon , vinrent à l'emboucheure
de Lochrovvan , où
les Bâtimens des Rebelles
eſtoient à l'Anchre. Cette
arrivée impréveuë les étonna
GALANT. 193.
na tellement , qu'abandonnant
le deffein d'aller du côté
de Lochfine ils commencerent
le 10. de Juin à
fortifier un petit Chaſteau
appellé Ellengreg , & un
Rocher qui eſt auprés dans
une petite Ifle , pour affeurer
leurs
eftoient àà Lochrovvan.
Cela eftant fait , ils quitterent
cette Place , & le Comte
d'Argile marcha vers la
pointe de Lochfine , ayant
laiffé cent cinquante Hommes
pour la garde de fes
Vaiffeaux , & mis fon Ca-
-Juillet 1685.
R
Vaiffeaux qui
194 MERCURE
non , fes Armes , & fes Munitions
dans le Chafteau. Le
11. un Party des Troupes du
Roy d'environ trois cens
Hommes d'Infanterie, commandée
par le Marquis d'Athol
, en rencontra un de
Rebelles , compoſé de quatre
cens Fantaffins &
de quatre- vingts Chevaux.
Il les défit , & il y en eut
beaucoup de tuez . Les Rebelles
, aprés cette défaite ,
retournerent
à Ellengreg
,
d'où ils partirent
le IS. &
ayat paffe Lochlong, ils marcherent
du cofté de Lenox
GALANT. 195
dans la Province de Dumbarton.
Le mefme jour les
Vaiffeaux du Roy vinrent
moüiller l'Anchre devant le
Chaſteau ,où eftoient encore
les Armes & les Munitions
des Rebelles. Ils fe préparoient
à le battre de leur
Canon, mais ils n'eurent pas
plûtoft tiré le premier coup,
que deux Hommes parurent
avec un Etendard
blanc , & leur dirent qu'il
n'y avoit perfonne dans le
Chafteau , & que tous les
Rebelles avoient pris la fuite.
On envoya auffi- toft une
Rij
196 MERCURE
""
Chaloupe à terre , & l'on
trouva que le rapport eſtoit
veritable. Ainfi l'on s'empara
du Chafteau , de leurs,
Navires & de leurs Chalou_
pes. On trouva des armes
pour cinq mille' Hommes,
cinq cens Barils de Poudre,
des Boulets, de la Méche, &
d'autres chofes à proportion ,
outre les Canons dont il y en
avoit quelques - uns montez
, & les autres au fond de
l'eau , mais faciles à retirer.
Le 16. les Rebelles pafferent
à la pointe de Gairloch,pour
aller chercher les endroits
GALANT. 197
Guéables de la Riviere Levin
, entre Lochlomond , &
la Ville de Dumbarton . Le
17. au matin le Comte de
Dumbarton , ayant eu avis
qu'ils avoient paffé cette
Riviere , & qu'ils eftoient
entrez dans la Province qui
porte fon nom , envoya trois
Compagnies de Dragons
fous le commandement de
Milord Charles Murray ,
leur Lieutenant Colonel,
pour les empefcher de paffer
la Riviere de Blide , & il
partit en mefme temps de
Glafcovv pour les fuivre. Il
Liij
198 MERCURE
les joignit à Killerne , & la
Cavalerie & les Dragons les
arreſterent juſqu'à ce que
l'Infanterie fuft arrivée, mais
ils eſtoient ſi avantageuſement
poftez , & il eſtoit fi
tard qu'on ne trouva pas
qu'il fuft à propos de les attaquer.
L'Armée du Roy
demeura toute la nuit rangée
en Bataille , pour eſtre
prefte à combattre , auffitoft
que le jour paroiftroit,
mais les Rebelles profiterent
de l'obscurité , pour
fe retirer fans bruit. Ils
pafferent la Riviere de
GALANT. 199
Clide à la nage avec leurs
Chevaux , & leur Infanterie
la paffa dans des Batteaux,
auprés d'un Village nommé
Kilpatrich . Ainfi ils ſe fauverent
à Renfrevy fans aucun
obſtacle . L'Armée du
Roy ne trouvant plus les
Rebelles le 18. au matin,
marcha avec toute la diligence
poffible du cofté de
Glafcovv , où aprés qu'elle
ſe fuft repofée deux heures,
le Comte de Dumbarton
partit avec la Cavalerie , &
les Dragons pour les fuivre ,
laiffant l'Infanterie derriere,
Riiij
2c0 MERCURE
1
avec ordre de le joindre en
grande hafte. Le Comte
d'Argile , & le Chevalier
Jean Cockran eſtant
à Renfrevv , ramafferent une
partie de leurs Troupes , &
prirent desGuides pour fe fai
re conduire par des fentiers
écartez dans la Province de
Gallovvay , mais ces Conducteurs
ayant manqué leur
chemin, les engagerent dans
un Marais , où les Rebelles
ayant perdu leurs Chevaux
& leur Bagage , leur Infanterie
fe divifa en petits Partys
, ce qui obligea le ComGALANT.
201
ger
te de Dumbarton de partaauffi
fon Armé en petits
Corps pour les mieux pourfuivre.
Le Comte d'Argile
eftant retourné fur fes pas
feul à Cheval , du cofté de la
Riviere de Clide , fut attaqué
par deux Valets de
Greinock , qui fans le connoiſtre
, luy crierent qu'il fe
rendift. Il tira fur eux , &
fut bleffé d'un coup de piftolet
à la tefte. Alors ne fe
fiant plus à fon Cheval , qui
eftoit extrémement fatigué,
il init pied à terre , & creut
fe pouvoir cacher dans l'eau .
202 MERCURE
UnPayfan eftant accouru,fe
jetta dans l'eau aprés luy ,l'un
& l'autre en ayant prefque
jufques au col. Le Côte d'Argile
tira fur le Payfan , mais
fon piftolet ne fit pas feu , &
le Payfan l'ayant encore
bleffé à la tefte , ce fecond
coup le troubla fi fort qu'il
s'écria en tombant , Ah ! mal
heureux Argile ! Ces paroles
l'ayant fait connoiſtre pour
ce qu'il eftoit , le Payfan &
les deux autres Hommes qui
l'avoient bleffé d'abord , le
retirerent de l'eau , & le menerent
à leur Commandant.
GALANT. 203
Un Party de quarante Chevaux
, commandé par Milord
Roff, & un pareil nombre
de Dragons , commandez
par le Capitaine Cleland
, en attaquerent un des
Rebelles que commandoit
le Chevalier Jean Cockran.
Il alloit du coté de la Mer.
Ceux- cy voyant venir le
Party du Roy , fe pofterent
dans un petit Clos où ils
eftoient à couvert juſqu'aux
épaules , ce qui n'empefcha
pas Milord Roffde les charger
, mais le Terrain eſtant
trop fort pour eftre rompu
204 MERCURE
par la Cavalerie , le Capitai
ne des Dragons fut tué en
approchant , Milord Roffreceut
une bleffeure legere , le
Chevalier Adam Blair un
coup de Moufquet dans le
col , & le Chevalier Guillaume
Wollace de Craigie , un
autre das le cofté, aprés quoy
lés Rebelles fe retirerent
dans un Bois , qui eftoit derriere
ce Clos , avant que les
Dragons euffent pû venir à
eux. Un Party de cinq Hom
mes des Milices de Clefdale
commandé par le Comte
d'Arran , prit Rumbold &
GALANT. 205
fon Valet , qui fe battirent
en defefperez . Rumbold eſt
celuy dans la Maiſon duquel
les Conjurez avoient tenu
les Affemblées, où ils avoient
réfolu de tuer le feu Roy fur
le chemin de Neumarket .
Le Colonel Aylof fut mené
prifonnier à Glafcovv , avec
plus de deux cens autres .
Ce fut de ce lieu là que l'on
amena le Comte d'Argile à
Edimbourg le 21. de Juin . Il
la Porte du cofté
entra par
de l'eau. Toutes
les Ruës
jufques
au Chafteau
où il
fut mis prifonnier
, eſtoient
206 MERCURE
gardées par la Compagnie
du Roy qui eftoit dans cette
Ville là. Il avoit les mains
liées derriere le dos , & la
teſte nuë , & le Bourreau
marchoit devant luy. Le
Colonel Aylof cuſt eſté
amené avec luy , mais la
nuit avant qu'il deuft partir
de Glafcovv , il s'ouvrit le
ventre avec un Canif.
26. on fit le Procez à Rumbold
, qui fut condamné
comme Criminel de Haute
Trahifon , & l'aprefdifnée
on le traifna fur la claye
à la grande Place d'Edim-
Le
GALANT. 207
bourg , où il fut pendu , &
mis en quartiers. Le 30. le
Comte d'Argile fut mené en
la mefine Place , où un Echafaut
avoit efté élevé. Il eut la
Tefte coupée, en vertu de la
Sentence prononcée contre
luy il y a quelques années,
fans qu'on luy euft fait ſon
Procez de nouveau pour fa
derniere révolte . On ordóna
feulement que fa Tête feroit
miſe fur la Priſon appellée
Tolbooth.Son corps fut portédans
la Chapelle de Sainte
Madeleine auprés de Covvgate.
Il ne fit aucun Dif
208 MERCURE
.
1
cours fur l'Echafaut , mais il
mit un Papier entre les mains
du Doyen de la Cathédrale
d'Edimbourg , qui l'affiſta à
la mort avec le Sieur Charrers
, pour eftre rendu à Milord
Chancelier. Il déclara
qu'il n'en avoit laiffé aucun
autre touchant les Affaires
des Rebelles. Quelques heures
aprés l'execution , on eut
nouvelles que le Chevalier
Jean Cochran & fon Fils
avoient efté pris dans un Village
appellé Cochran , chez
un Oncle du Chevalier ou
ils s'eftoient cachez .
GALANT. 209
Tandis l'on
pourfuique
voit les Rebelles en Ecoffe
13.
le Roy eut avis d'un autre
Soulevement. Un Courier
exprés que luy envoya le
Maire de Lime , arriva le
de Juin au matin, & luy rap
porta que le 11. du mefme
mois, trois Vaiffeaux avoient
paru à la hauteur de cette
Place, & que le Duc de Mon
mouth avoit mis pied à terre
fur les fept heures du foir ,
avec environ cent cinquante
hommes ; qu'eftant entré
dans la Ville , il s'en eftoit
rendu Maiſtre , & qu'il avoit
Juillet 1685.
t
S
210 MERCURE .
envoyé quelques-uns de fes
Complices dans les Provinces
voifines
, pour engager
les Peuples à une Rebellion
ouverte contre le Roy. Sa
Majefté fit affembler auffitoft
fon Confeil Privé , & ordonna
que la Proclamation
fuivante feroit publiée.
ACQUES , ROY.
JA
Comme Nous avons receu
avis certain , que Jacques , Duc
de Monmouth , Ford autrefois
Lord Grey , profcrit ou condamné
par Contumace pour crime
de Haute trabifon , ont mis pied
GALANT. 211
à terre depuis peu à Lime , dans
noftre Province de Dorfet , d'une
maniere ennemie, avec divers autres
Traitres & Gens condamnez
auffi par Contumace ; qu'ils fe
font emparez de noftredite Ville
de Lime , ont difpersé quel &
ques uns de leurs Complices dans
les Provinces circonvoisines , pour
exciter ces Pays- là à ſe joindre à
eux dans une Rebellion ouverte
contre Nous : Nous de l'avis de
noftre Confeil Privé, publions &
declarons Jacques , Duc de Monmouth
, & tous fes Complices ,
Adherents, Fauteurs & Confeil
lers , traitres & rebelles , &
S. ij
212 MERCURE
Nous commandons & enjoignons
à tous Gouverneurs , Lieutenans
Gouverneurs , Sherifs , Inges de
Paix , Maires , Baillis ,
tous nos autres Officiers, tant de la
Iuftice que de la Milice , de faire
rous leurs efforts pourfaiſir & apprehender
ledit Tacques Duc de
Monmouth, Ford cy- devant Lord
Grey , & tousfes Confederez
Adherens ; comme auffi tous antres
qui aideront , affifteront , ou
fouftiendront lefdits Traiftres &
Rebelles , de s'affeurer de tous,
& d'un chacun d'eux , jufqu'à ce
que noftre volonté leur foir plus
amplement connue , faute dequoy
L
GALANT. 213
ils en répondront à leurs perils
fortunes. Donné à noftre Cour de
Voitheall
le 13. de Tuin 1685.
de noftre Regne le premier. Dieu
conferve le Roy.
Sa Majesté ayant fait
part de cette nouvelle à
fes deux Chambres du Parlement
, elles refolurent
de faire chacune une Adreffe
, & de les luy prefenter
féparement. Voicy celle
que la Chambre des Seigneurs
luy prefenta à Witheall
, dans la Sale des Banquets.
Le Roy ayant en la bonté de
214 MERCURE
que·
communiquer à cette Chambre
l'Avis qu'il a receu ce matin
le Duc de Monmouth a mis pied
à terre à Lime dans la Province
de Dorfet , en Ennemy , & avec
plufieurs defes Adherens, qu'il
s'eft emparéde cette Ville - là , cet
te Chambre a refolu de fe rendre
auprés de Sa Majesté , pour luy
faire fes tres - humbles remercimens
de luy avoir fait part de cet
avis , & pour offrir à Sa Majeftéde
fe tenir attachée à Elle , &
de l'affifter de fes vies de fes
biens contre ledit Duc de Monmouth
, & contre tous Rebelles &
Traiftres , & tous les autres EnGALANT.
215
nemis de Sa Majesté.
L'Adreffe que la Chambre
des Communes luy prefenta
dans la mefine Salle des
Banquets , eftoit conceuë en
ces termes.
IRE ,
STR
en
Nous, les tres -fidelles Sujets
de Vostre Majefté , les Communes
d'Angleterre affemblées e
Parlement , la remercions treshumblement
, de tout noftre
coeur , comme noftre devoir nous
y oblige , du Meffage qu'Elle a
eu la bonté de nous envoyer, pour
nous faire fçavoir que l'ingrat
216 MERCURE
eft
que
Jacques , Duc de Monmouth ,
entré dans ce Royaume en Rebelle
. Nous affeurons Voftre Majefté
, avec toute l'obeiſſance & la
fidelité que nous luy devons ,
nous fommes & ferons toûjours
prefts de nous attacher à Elle , &
de l'aßifter de nos vies & de nos
biens contre ledit Iacques Duc de
Monmouth , fes Adherens , &
Correfpondans, & contre tous autres
Rebelles & Traitres quelconques
qui les affifteront , ou aucun
d'eux: Et comme la confervation
de la Perfonne facrée de Voftre
Majefté eft de la derniere impor.
sance pour la paix & pour le
bonheur
GALANT. 217
bonheur du Royaume ; Nous , les
tres obeiffans tres fidelles Sujets
de Voflre Majefté , la fupplions
tres - humblement de prendre
un foin extraordinaire de fa
Perfonne Royale
que
nous
prions Dieu de conferver longtemps.
Leis.le Parlement s'eftant
affemblé , les Seigneurs envoyerent
dire à la Chambre
des Communes
, que le Roy
leur avoit communiqué
un
Manifefte publié au nom du
Duc de Monmouth ; & qu'ils
y avoiết trouvé des maximes
fi execrables & fi injurieuſes
Juillet 1685.
Ꭲ .
218 MERCURE
pour Sa Majefté , qu'ils avoient
refolu de le faire brûler
par la main du Boureau.
Ce Manifefte fut leu enfuite
avec la Sentence des Seigneurs
. La Chambre baſſe
fut du mefme avis, & ce jourlà
mefme cette Sentence fut
executée . On lut dans la
même Chambre le Bill, pour
faire le procez au Duc de
Monmouth . On le mit au
net , & on le leut juſques à
trois fois dans cette mefme
Seance . La Chambre l'ayant
approuvé , on l'envoya aux
Seigneurs qui l'approuveGALANT.
219
rent auffi par un confentement
general . Le Comité ,
qui eftoit chargé de dreffer
un Bill pour la feureté de la
Perfonne du Roy , eut ordre
d'y inferer cette claufe; Que
tous ceux qui maintiendroient
que le Duc de Monmouth
eſtoit né en legitime
Mariage , ou qu'il pouvoit
pretendre legitimement à la
Couronne, feroient declarez
coupables de Haute - trahifon.
On ne fe
de fe contenta pas
faire brûler fon Manifefte
par la main du Boureau , les
Tij
220 MERCURE
Particuliers en pouvoient
garder quelques copies , &
pour l'empefcher, on publia
dés ce mefme jour la Proclamation
fuivante.
JA
'ACQUES , ROY.
Dautant que Jacques , Duc
de Monmouth
, pour exciter nos
Sujets à fe joindre à luy dans fa
revolte contre Nous , a depuis peu
fait publier & difperfer contre nôtre
Perfonne & noftre Gouver
nement , par fes Emiffaires Complices
de fa Rebellion , le plus infame
& le plus perfide de tous les
Ecrits , intitulé: Declaration
•
GALANT. 221
de Jacques , Duc de Monmouth
, & des Seigneurs ,
Gentilshommes
, & autres
prefentement en armes pour
la defenfe & la juftification
de la Religion Proteftante ,
& des Loix , Droits & Privileges
d'Angleterre ; contre
l'Invaſion & la Tyrannie de
Jacques , Duc d'York . Lequel
Ecrit les Seigneurs Ecclefiaftiques
Seculiers affemblez en
Parlement, ont juftement condamné
à eftre brûlé par la main du
Bourean , veu qu'il contient la
plus haute trabifon , que
stable malice des plus implacables
la dete-
Tiij
222 MERCURE
de nos Ennemis puft inventer contre
nous ; Nous , eftant meus de
bonté &
“
አ
pour nos Sujets,
craignantque quelques-uns
d'entre eux nefeachant pas le danger
auquel ils s'expoferoient , ne
fuffent portez à recevoir àgarder
ledit Ecrit , ou à en faire part
à d'autres , Avons trouvé à propos
de l'avis de noftre Confeil
Privé, d'en informer tous nos bons
Sujets. C'eft pourquoy nous commandons
& ordonnons expreßément
par ces Prefentes , à tous
Gouverneurs , Lieutenans , Sherifs
, Juges de Paix , Maires ,
Baillis , Prevofts , grands peGALANT.
223
que
tits Conneftables , à tous nos autres
Officiers , tant de la Milice
de laJustice ; comme auffi à
tous nos Amez Sujets de noftre
Royaume d'Angleterre , de noftre
Principauté de Galles , & de la
Ville deBervvick fur la Toveed,
defaifir & apprehender , & de
faire arrefter toute perſonne ou
perfonnes , qui publieront , difperferont
, ou garderont ledit Écrit,
fans le découvrir au plus prochain
luge de Paix , afin que
Coupable ou les Coupables puiffent
eftre poursuivis comme Traitres
envers Nous , & envers nô.
rre Couronne & Dignité ; faute
le
Tiiij
224 MERCURE
dequoy ils en répondront à leurs
perils fortune. Donné à noftre
Cour de Vvitheall , le 15. de Iuin
1685. de noftre Regne le premier.
Dieu conferve le Roy.
Le lendemain on publia
une autre Proclamation , en
ces termes.
JAC
ACQUES , ROY.
Nos Communes affemblées
en Parlement , nous ayant prié
par leur humble Adreſſe , de promettre
une recompenfe de cing
mille livres Sterling à celuy ou
ceux qui livreront la Perfonne de
Jacques , Duc de Monmouth ,
GALANT. 225
vif; & ledit Jacques , mort on vif;
Ducde Monmouth , estant condamné
par Acte du Parlement ,
pour crime de Haute - trahison ,
Nous de l'Avis de nostre Confeil
Privé , publions & declarons
par ces Prefentes nostre Promeffe
Royale , que nostre plaifir &
volonté est , que quiconque livrera
le Corps duditJacques , Duc de
Monmouth, mort ou vif, recevra
aura la recompenfe de cinq
mille livres Sterling pour ce fervice
, laquelle fomme luyfera inceffamment
payée par notre grand
Treforier d'Angleterre . Donné
le 16.Juin 1685. &c.
226 MERCURE
Le Duc de Monmouth ef
tant entré à Lime le 1. de
Juin , comme je vous l'ay
marqué , en fortit le 14. à
trois heures du matin avec
foixate Chevaux & fix vingts
Hommes de pied ; & aprés
avoir marché environ deux
milles,il les laiffa fous le commandement
deMilord Grey,
qui s'avança jufques à Bridport,
petite Place à fix milles
de Lime. Les Rebelles y entrerent
, en faisant un feu
continuel de leurs Pistolets
& de leurs Moufquets . Quelques-
uns d'entre-eux attaGALANT.
227
querent une Hoftellerie
, où
ils trouverent
environ dix
Cavaliers. Ils tuerent les
fieurs Wadham
, Strangvvais
,
& Edouard Coaker , & blefferent
le fieur Harvey
. Pendant
ce temps, les Habitans
coururent
aux armes , & chargerent
les Rebelles, defquels
ils tuerent fept , & firent
vingt- trois prifonniers
. Les
autres prirent la fuite, & l'on
trouva plus de quarante
de
leursMoufquets
qu'ils avoiét
laiffez dans la campagne
.
eurent pourtant le foin d'emporter
le corps d'un de leurs
Ils
228 MERCURE
Officiers qui avoit eſté tué.
Milord Grey eut fon cheval
tué fous luy ; & eftant demeuré
à pied, il fut contraint
de fe deboter, afin de fe fauver
plus aifément. Le 18. Milord
Churchil fe rendit à
Chard avec quelques Troupes
du Roy , & envoya le
Lieutenant Monaux accompagné
de vingt hommes , &
d'un Maréchal des Logis du
Regiment d'Oxford , pour
obferver les Rebelles. Ils en
rencontrerent un Party d'un
pareil nombre, à deux milles
de Taunton. Ils le chargeGALANT.
229
rent , en tuerent douze , &
blefferent prefque tous les
autres; mais ayant apperceu
un autre party , ils fe retirerent
. Le Lieutenant Monaux
fut bleffé à la tefte d'un
coup de Moufquet . Dans ce
mefme temps le Capitaine
Trevanion , qui commande
un Vaiffeau de guerre nommé
le Suadados , eftant arrivé
à Lime avec les Vaiffeaux du
Roy qu'il commande , y trou
va deux Navires des Rebelles
, une Pinaffe , & un petit
Heu ,avec quarante barils de
Poudre , & des Cuiraffes pour
230 MERCURE
quatre à cinq mille hommes
. Il s'en empara , ainſi
que des deux Baftimens
. Les
Rebelles avoient fait mettre
en Priſon les Principaux
de
la Communauté
, fur le refus
qu'ils avoient fait de fe joindre
à eux . De Daunton
ils s'avancerent
à Bridgvvater
,
& de là aux environs de Glaffenbury
. Milord Churchil
qui les obfervoit de prés, envoya
le 22. un party de quarante
Cavaliers
, qui en ayant
rencontré quatre- vingt , les
obligea de fe retirer dansleur
Camp. Le mefme jour , MiGALANT.
231
lord Duras de Féversham ,
Lieutenant General des Armées
de Sa Majeſté , arriva à
Chippenham, avec un Détachement
des Gardes du
Corps du Roy , des Grenadiers
, du Regiment d'Oxford
, & des Dragons. Le
Comte de Pembroc l'y joignit,
avec la Milice du Comté
de Vilts , dont il eft Gouverneur
.
Le 25. un Party de cent
Chevaux , commandé par par le
Colonel Oglethorp, attaqua
les Rebelles au Pont de Canisham
,entre Bristol & Bath ,
T
232 MERCURE
& défit deux Compagnies de
leur meilleure Cavalerie . Il
y en eut prés de cent tuez .
Le Comte de Nevvbourg Ecoffois,
qui foûtenoit le party
du Roy , receut un coup
de Moufquet dans le ventre.
Il tomba de cheval , & euſt
efté pris , fi ayant encore le
Piſtolet à la main , il n'euft
tué celuy des Rebelles qui
s'avançoit pour le prendre ,
ce qui donna moyen à ceux
de fon party de le délivrer .
Cependant le Comte de
Pembrock ayant fceu que le
Prevoft de Frome avoit fait
GALANT. 233
afficher la Declaration du
Duc de Monmouth, s'y rendit
avec cent foixante Cavaliers
, dont quelques- uns avoient
fait monter derriere
eux des Soldats au nombre
de trente - fix. Eftant arrivé
auprés de la Place , il enten
dit quantité de coups de
Moufquets , & un grand
bruit de tambours ; & apprit
que les Seditieux ayant eu
avis qu'il venoit , s eſtoient
affemblez au nombre de
deux à trois mille , accourus
de Warmifter & de Weftbu
ry , les uns armez de Mouf
Juillet 1685.
V
Y
234 MERCURE
quets , les autres de Piſtolets
& de Piques , de Faux & de
Fourches
. Quoy que ceComte
n'euft avec luy qu'un petit
nombre
de gens , il ne
laiffa pas de s'avancer à la tefte
de fes Soldats , fuivis de fa
Cavalerie. Les Rebelles firent
paroiſtre d'abord beaucoup
de refolution , & un
d'entr'eux tira auffi-toft un
coup de Moufquet fur luy ,
ordonnat aux autres de tirer
lors que le Comte feroit arrivé
à un lieu qu'il leur marqua
; mais la crainte les faifit
incontinent. Ils jetterent
GALANT 235
tous leurs armes , & prirent
la fuite. Le Comte de Pembrock
alla jufques à la Place
où la Declaration avoit
efté affichée . Il la fit arracher
& le Prevoft de ce
Bourg fut contraint d'écrire
de fa propre main qu'il
la deteftoit , & qu'il declaroit
le Duc de Monmouth
Traiftre . Il fit afficher au
mefme endroit cette Declaration
du Prevost , qu'il
envoya enfuite en Prifon.
Le 26. il marcha du coſté
de Bath felon les ordres
;
qu'il avoit receus
2
avec
V ij
236 MERCURE
trois Régimens d'Infanterie
des Milices du Comté de
Vilts , fa Cavalerie ayant
eu ordre d'aller joindre le
Duc de Grafton. A peipeine
eut-il fait deux milles
dans une Plaine entre Trobridge
& Clarkin , qu'il fencontra
les Rebelles qui firent
alte au bout de la Plaine
à un mille de luy ou environ.
Il mit fes trois Regimens
en un Corps , entremefla
les Piquiers & les
Moufquetaires , & demeura
deux heures dans le mefme
endroit. Toutes les fois
GALANT. 237
qu'il divifoit fes Troupes ,
comme pour marcher , les
Rebelles s'avançoient vers
luy , mais fans ofer l'attaquer.
Ils fe retirerent enfin
en defordre , eftant pourfuivis
par les Troupes du Roy
qui vinrent du Pont de Canisham.
Le Comte de Pembrok
en prit un qu'il fit pendre
fur le champ .
Le 27. Milord Duras ayant
eſté averty que les Rebelles
prenoient le chemin de Philipsnorton
, partit de fort
grand matin dans le deffein
d'attaquer leur arriere-gar238
MERCURE
>
de. Il s'avança avec un détachement
de cinq cens
Hommes d'Infanterie que
commandoit le Duc de Graf,
ton & quelques Dragons
& Grenadiers & Cheval , laiffant
le reſte des Troupes
pour le fuivre avec le Ĉanon.
Eftant venu à un Défilé
ou chemin étroit qui
conduit à Philipsnorton , il
entendit des coups de Moufquet
, ce qui luy fit détacher
vingt gardes du Corps , &
une Compagnie de Grenadiers
à pied , du Regiment
du Duc de Grafton , qu'il
GALANT. 239
envoya dans ce petit chemin
, afin de découvrir ce
que c'eftoit . Ils n'y furent
pas plûtoft qu'ils le virent
bordé des deux coftez de Cavalerie
& d'Infanterie derriere
les Hayes . Elles firent
fur eux un fort grand feu . Le
Duc de Grafton qui eftoit à
la tefte des Troupes du Roy
s'avança jufqu'à l'entrée du
Village , avec beaucoup de
réfolution , mais les Rebelles
l'obligerent à fe retirer
par le feu continuel qu'ils
firent. Quelques Cavaliers.
l'arrefterent dans fa retraite,
•
wy
240 MERCURE
& il ſe fit un paſſage malgré
tout l'obftacle qu'ils y mirent.
Le Capitaine Vau
ghan qui fe trouva dans
cette action tua de fa
main le Colonel Mathevvs
qui les commandoit.
Il y eut huit ou neuf Hommes
tuez & trente bleffez
du Party du Roy , parmy
lefquels furent les Sieurs
May & Seymont Volontaires
, mais on n'y perdit aucun
Officier. Le refte de
l'Armée du Roy eftant arrivé
, Milord Duras fit pofter
fes Troupes fur une Eminen
ce,
GALANT. 241
ce , où l'on mit quelques
Pieces de Campagne en batterie
. Les Rebelles en drefferent
une de fix pieces de
Canon , & tirerent fans relafche
pendant deux heures
, fans faire aucun dommage
aux Troupes du Roy,
qui demeurerent en ce lieula
jufqu'à fix heures du foir,
malgré une forte & continuelle
pluye. Milord Duras
ne voyant plus rien à faire,
marcha du cofté de Bradford
, où il demeura tout le
jour fuivant, pour faire repofer
fes Troupes, Il envoya le
Juillet 1685.
X
242 MERCURE
Colonel Oglethorp
avec
cent Chevaux pour les obferver
, & il rapporta qu'ils
eftoient allez à Frome. Ils y
demeurerent le 28. commencerent
à marcher vers
Varmiſter le 29. puis retournerent
du cofté de Shepton-
Mallet. Ils allerent de
là à Welts , & y firent toutes
fortes de Prophanations
dans l'Eglife Cathedrale. La
Table de l'Autel leur fervit
à une Débauche où ils beurent
leurs Santez . Ils pillerent
la Ville , violerent les
Femmes , & firent ce qui fe
GALANT. 243
commet de plus affreux dans
une Place que l'on prend
d'affaut. De Welts ils vinrent
à Glaffenbury , & le fecond
de Juillet ils arriverent
à Bridgvvater.
Milord Duras qui avoit
fuivy les Rebelles à Frome,
en partit le mefme jour
avec l'Armée du Roy , alla
à Shepton-Mallet , & le lendemain
à Somerton . Le 5.
il arriva à Weſton , qui n'eſt
qu'à trois milles de Bridgvvater
, où les Ennemis fembloient
vouloir fe défendre.
Il logea fa Cavalerie & fes
X ij
244 MERCURE
Dragons dans ce Village , &
fit camper fon Infanterie
aux environs dans une large
Plaine , vis à vis d'un Marais.
Le Pofte eftoit d'autant plus
avantageux , qu'elle avoit
un Foffé devant elle. Il fut
averty le foir que les Rebelles
fortoient de la Ville , ce
qui l'obligea de tenir fes
Troupes en ordre , & d'envoyer
différens Partys pour
découvrir leur deffein. Ils
concerterét fi bien leur marche
, & garderent un filence
fi profond , qu'ils s'avan-
-cerent fans aucun obſtacle
GALANT. 245
ils
juſqués au Marais , où ils
trouverent
un paffage libre ,
de forte que le matin
rangerent
leur Infanterie
en
Bataille. Elle faifoit cinq à
fix milles Hommes . Le Duc
de Monmouth
eftoit à leur
tefte , & il la fit avancer auprés
du lieu où eftoit campée
l'Armée du Roy. Milord
Duras. qui en eut avis ,
fit mettre auffi-toft fes Troupes
en état de bien recevoir
les Ennemis. Elles confiftoient
en deux mille Hommes
de pied , & fept cens
tant Cavaliers , que Grena-
X iij
246 MERCURE
diers & Dragons. On fera
furpris qu'elles fe foient
trouvées d'abord en fr petit
nombre , cela venoit de ce
que le Roy voulant épargner
le fang , faifoit entourer
le Duc de Monmouth,
comme une Ville affiegée.
Ainfi les Troupes qui vinrent
joindre Milord Duras
eftoient des autres Quartiers.
Les Rebelles ayant
réfolu de hazarder le Combat,
commencerét l'attaque
par de grands cris, & par une
volée de coups deMoufquer.
On leur répondit de meſme.
GALANT. 247
Leur Cavalerie s'avança
pour foûtenir leur Infanterie
, mais le Colonel Oglethorp
qui commandoit
un
Party de Cavaliers , lesempefcha
de fe joindre , & il
les stint en haleine jufqu'à
ce que le Régiment d'Oxford
, & un détachement
des
Gardes l'euffent joint pour
former une ligne. Leur Cavalerie
eftoit de mille ou -
douze cens Hommes , commandez
par Milord Grey,
& comme elle ne put
rangée en un Corps pendant
tout ce temps là , elle
eftre
X iiij
248 MERCURE
fit fort peu
de réſiſtance , &
• commençant
auffi- toft à
fuir devant
, ceux qui la
chargeoient
, elle abandonna
le Champ de Bataille.
L'Infanterie
demeura
ferme , & on fit grand feu
de part & d'autre , le Foffé
dont j'ay parlé l'ayant
empefchée
de venir
mains. Le Canon qu'attendoit
Milord Duras eftantarrivé
, & fa Cavalerie
s'eftant .
jettée fur les Fantaffins
du
Duc de Monmouth
, ils furent
entierement
défaits , &
on leur prit trois pieces de
aux
GALANT. 249
Canon , c'eftoit tout ce qu'ils
en avoient en ce lieu là . Prés
de deux mille Hommes des
leurs furent tuez , & l'on fir
un grand nombre de Prifonniers
, parmy lefquels fe
trouverent le Colonel Holmes
, Perrot ſon Major , le
Conneftable de Crookborne
, & le nommé Guillaume ,
Domeſtique du Duc de
Monmouth qui avoit fur
luy deux cens Guinées . Il
dit que c'eftoit tout l'argent
que fon Maiftre avoit
de refte . Une Guinée vaut
environ douze francs & de250
MERCURE
my de noftre Monnoye . If
y eut environ trois cens
Hommes tuez dans les Troupes
du Roy , & un pareil
nombre de bleffez , mais l'on
n'y perdit aucune perfonne
confiderable. Milord Duras
fe trouva par tout pendant
le Combat , donnant
les ordres néceffaires avec
beaucoup de conduite . Milord
Churchil qui commandoit
fous luy , fit paroître
une fort grande bravou
& le Duc de Grafton ſe
fignala ainfi que les autres
Chefs. Lors qu'on fut dere
,
"
GALANT. 251
meuré Maiſtre du Champ
de Bataille , Milord Duras
marcha avec cinq cens
Hommes , quelque Ĉavalerie
& fes Dragons vers
Bridgyvater
dont il ſe rendit
Maiftre , les Rebelles
qui y eftoient ayant pris la
fuite , & s'eftant difperfez
en divers endroits . Il laiffa
fes Troupes dans la Ville,
fous le commandement
du
Colonel Kirke , & ayant appris
que le Duc de Monmouth
fuyoit avec environ
cinquante Cavaliers , qui
eftoit le plus grand nombre
252 MERCURE
de Rebelles qu'il y euft enfemble
, il envoya plufieurs
Partis pour le pourſuivre luy
& Milord Grey . Ce dernier
fut pris dés le mefme jour à
Ringvvord , fur la frontiere
de la Province de Dorfet. Il
eftoit déguifé en Berger . On
le mena auffi-toft à Milord
Lumley. Le Duc de Monmouth
voyant que les Chevaux
avec lefquels il fuyoit,
faifoient un gros dont il
eftoit mal aifé de cacher la
marche , réfolut de les quitter.
Ils fe feparerent en differens
Pelotons , afin qu'ils
GALANT. 253
>
fuffent moins expofez à eftre
yeus & qu'ils puffent fe
fauver plus aifément . Le foir
de ce mefme jour quelques
Bergers dirent à ceux qui les
pourfuivoient, qu'ils avoient
vû deux Fuyards entrer dans
un Bois voifin , dont on fit
border les avenues , pour y
chercher le lendemain ceux
qui pouvoient s'y eftre cachez.
On fe fervit de Limiers
felon la coûtume
d'Angleterre , où l'on employe
des Chiens pour découvrir
les Voleurs qui fe
font fauvez dans les Foreſts.
254 MERCURE
Ces Limiers s'arrefterent à
un Fofféen aboyant , & on
trouva un Homme couché
fous une Haye fort épaiffe.
C'eftoit un Allemand , qui
en demandant quartier, promit
de montrer l'endroit où
le Duc de Monmouth s'étoit
retiré. Ce Duc avoit
fait toute la diligence poffible
pour gagner la Mer , où
il efperoit trouver quelque
Barque , mais fon Cheval
luy ayant manqué , il avoit
efté contraint de fe mettre à
pied , & de prendre un méchant
habit pour n'eftre pas
GALANT. 255
reconnu. On le trouva fous
un Buiffon fort épais dans un
Foffe , ayant dans fes poches
fon Collier de l'Ordre de la
Jarretiere , une Montre , &
environ foixante Guinées.
Lors que les Soldats du Roy
l'eurent tiré du Foffé , il tomba
en défaillance , & fut
quelque temps à revenir . Sa
Majefté ayant fceu cette
nouvelle, ordonna qu'on diftribuaft
à ceux qui l'avoient
pris , les cinq mille livres
Sterlin de
récompenfe
, promifes
par fa proclamation
,
& à ceux qui avoient pris
258 MERCURE
Milord Grey , la fomme de
cinq cens livres Sterlin , fuivant
la proclamation du feu
Roy , publiée le 28. Juin 1683 .
Sa Majefté avoit déja ordóné
que la récompenfe promiſe
par la mefme Proclamation
du feu Roy à ceux qui prendroient
Rumbold , fuft diftribuée
entre les cinq Soldats
de la Milice du Comte
d'Arran , qui l'avoient pris
en Ecoffe , & que fi quelqu'un
de ces Soldats avoit
efté tué , où eftoit mort de
fes bleffeures
, fa part fuft
donnée à ſa Veuve , ou à fes
GALANT. 257
Enfans ou à fes plus proches
Parens s'il n'eftoit pas
marié. Le Duc de Monmouth
&MilordGrey furent
amenez à Londres le 13. c'eft
à dire le 23. felon nous. On
les interrogea d'abord au
Confeil , & enfuite on les
conduifit par eau à la Tour,
où la Ducheffe de Monmouth
avoit efté déja menée
avec fes Enfans.
Quant au Parlement , on
y a paffé divers Actes , dont
les principaux ont efté, pour
accorder un Subfide au Roy,
en impofant une Taxe pen-
Juillet 1685.
Y
258 MERCURE
dant cinq années fur toutes
fortes de toiles de France &
des Indes Orientales , & fur
plufieurs autres Manufacturés
des Indes , fur toutes for- .
tes d'eaux de vie qui feront
apportées en Angleterre ,
pour fournir au Roy les charois
ou voitures dont Sa Majefté
a befoin dans ſes voyages
; pour renouveller un autre
Acte touchant les voitures
qu'on doit fournir à Sa
Majefté , tant par eau que
le fervice de
par terre pour
fa Flote & de fon Artillerie ;
pour réünir au Domaine du
GALANT. 259
Roy les revenus de la Pofte,
& 24000. livres fterlin de
rente du revenu hereditaire
de l'Excife ; pour authoriſer
le Roy à donner des Baux &
autres droits , terres ou he-,
ritages de fon Duché de Cor--
nuaille , & pour confirmer
ceux qui auroient eſté déja
donnez ; pour renouveller
un Acte cy - devant paffé ,qui
donne permiffion de tranf
porter des cuirs ; pour continuer
trois autres Actes, qui
donnent ordre à empefcher
les vols fur les Frontieres du
Nord d'Angleterre , pour
Y ij
260 MERCURE
nettoyer , conferver , maintenir
& reparer le Havre &
le Mole du grád Yarmouth ;
pour rebâtir , finir & embellir
l'Eglife Cathedrale de
Saint Paul de Londres .
Le 2. de ce mois , le Roy
fe rendit à la Chambre des
Seigneurs , reveſtu de ſes habits
Royaux ; & s'eftant affis
dans fon Trône , il manda la
Chambre
des Communes
, &
donna encore fon confentement
à quelques Actes , fçavoir
pour hafter la conftruation
des Vaiffeaux en Angleterre
; pour faire valoir
GALANT. 261
les Terres labourables ; pour
ériger une nouvelle Eglife,
qui fera appellée la Paroiffe
de Saint Jacques dans la liberté
de Weftminſter , &
pour reparer l'Egliſe Cathedrale
de Bangor , pour en
entretenir le Choeur, & pour
augmenter le revenu de l'Evefché
de Bangor, & de plufieurs
Cures du mefme Dio .
cefe . Aprés cela , Milord
Garde des Seaux, fignifia aux
deux Chambres , que Sa Majefté
fouhaitoit qu'elles fe feparaffent
jufqu'au 4. du mois
d'Aouft prochain , & leur fit
262 MERCURE
connoiftre en mefme temps,
que ce n'eftoit pourtant pas
l'intention du Roy que le
Parlement s'affemblaſt en ce
temps-là ; mais que cette
Seance fuft continuée jufques
àl'Hyver , par ajournemens
qui feroient faits par
ceux des Deputez qui fe trouveroient
à Londres ou aux
environs, à moins que le fervice
de Sa Majeſté ne demandaft
leur Affemblée, auquel
cas Sa Majeſté les en
feroit avertir de bonne heure
par fa Proclamation , afin
que tous les Deputez s'y rendiffent.
Fermer
Résumé : Journal de tout ce qui s'est passé au Parlement d'Angleterre assemblé à Londres, depuis de son ouverture, jusques au jours de sa separation. Avec l'histoire entière de la Rebellion du Duc de Monmouth, & du Comte d'Argile. [titre d'après la table]
En juillet 1685, le roi convoque le Parlement anglais à Westminster et demande aux membres des deux chambres de prêter serment afin de protéger l'Église d'Angleterre et le gouvernement existant. Il évoque la menace des rebelles en Écosse, notamment le comte d'Argyll, qui le déclare usurpateur et tyran. Les rebelles, connus sous le nom de Covenanters, critiquent les actions du roi et appellent à rétablir la religion protestante. En Écosse, une révolte contre le papisme et le gouvernement arbitraire vise à défendre la religion protestante et les libertés. Le comte d'Argyll mobilise des troupes, mais est finalement capturé. En Angleterre, une conjuration pour assassiner le roi est découverte, entraînant l'exécution de Rumbold et du comte d'Argyll pour haute trahison. Le duc de Monmouth débarque dans le Dorset et incite à la rébellion, mais est repoussé et proclamé traître. Plusieurs affrontements opposent les troupes royales aux rebelles, notamment à Bristol et Bridgwater, où Monmouth est capturé et conduit à la Tour de Londres. Le Parlement approuve des subsides et des taxes pour soutenir le roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 274-282
« Le Roy qui n'oublie jamais les services qu'on luy [...] »
Début :
Le Roy qui n'oublie jamais les services qu'on luy [...]
Mots clefs :
Colonel de régiment, Brevet, Brigadier, Dragons, Comte, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy qui n'oublie jamais les services qu'on luy [...] »
Le Roy qui n'oublie ja-
mais les services qu'on luy
rend, a recompensé de cet-
te maniere les principaux
Officiers qui ont eu part à
la deffense de Namur.
M le Mareschal de
Bouflers a esté fait Duc &
Pair de France, avec vingt
mille livres de rente sur
l'Hoſtel de Ville de Paris,
pour ach. ter une Duché.
de Namur.
275
M de Guiscard, Lieu-
tenant General & Gouver-
neur de Namur, a eu ses
appointemens de Gouverneur
de Sedan, augmentez
de six mille livres, avec
douze mille francs de pen-
sion. On luy a donné le
Commandement des Pla-
ces de la Meuse, depuis
Sedan jusques à Dinant.
M de Megrigny, Ma-
reschal des Camps & Ar-
mées du Roy, & prémier
Ingenieur, a esté fait Lieu-
276 Fournal du Siege
tenant General. Il a eu six
mille livres de pension, &
a esté fait Commandeur de
S. Louis.
Mr de Saint Laurent
Colonel du Regiment de
Nice, & Brigadier d'In-
fanterie, a este fait Mares-
chal de Camp.
M le Comte de Lomont,
Brigadier d'Infanterie, &
Commandant dans Na-
mur, a este fait Mareschal
de Camp, & a eu le Comde
Namur. 277
mandement de Dunxerque.
M le Comte de Quélus,
Colonel de Dragons & Bri-
gadier, a esté fait Mares-
chal de Camp.
M le Marquis de Gra-
mont, Colonel de Dra-
gons & Brigadier, a esté
fait aussi Mareschal de
Camp.
M le Marquis de Sain-
te Hermine, Colonel de
Fournal du Siege
278
Dragons, a esté fait Brigadier.
Mle Comte de Nogent,
Colonel de Dragons du
Regiment du Roy, a esté
fait Brigadier de Dragons.
M le Comte de Horn,
Colonel de Cavalerie, a este
fait Brigadier.
M de Bragelone, Capi-
taine aux Gardes, a osté
fait Brigadier d'Infante-
rie.
de Namur. 279
M de Reignac ci de-
vant Commandant à Huy,
a esté fait Brigadier.
Mr de Princé, Lieutenant
Colonel du Regiment
Danphin, a esté fait Bri-
gadier d'Infanterie.
M Filley, Ingenieur, a
eu un Brevet de Brigadier
d'Infanterie.
Mr le Marquis de la
Chaise, Colonel du Re-
giment de Bugey, a eu le
280 Journal du Siege
Regiment de Beauvoisis.
Mr d'Entrague, Lieutenant
aux Gardes, a eu le
Regiment de Bugey.
Mr des Rouvilles, Ca-
pitaine au Regiment d'Infanterie
Dauphin, a eu le
Regiment de Hainaut
M de Maulevrier a eu
le Regiment d'Infanterie,
vacant par la mort de M.
de Maulevrier, son Frere.
de Namur. 281
Me des Aides, Lieute-
nant Colonel du Regiment
d'Asfeld, a eu le Regi-
ment de Barreaux, de Dra-
gons.
iLDIE
M de Grand Val, Lieutenant
Colonel du Regi-
ment de Dragons de Barreaux,
a eu un Brevet de
Colonel.
n
Mr de la Fosse, Lieutenant
Colonel du Regiment
de Dragons Dauphin, a eu
Aa
282 fournal du Siege, &c.
un Brevet de Colonel de
Dragons.
M le Comte de Beaujeu,
Lieutenant Colonel
du Regiment de Dragons
de M le Marquis de Gramont,
a eu un Brevet de
Colonel.
41
M des Rozeaux; Licu-
tenant Colonel du Regi-
ment de Dragons de Quélus,
a eu un Brevet de Colonel
mais les services qu'on luy
rend, a recompensé de cet-
te maniere les principaux
Officiers qui ont eu part à
la deffense de Namur.
M le Mareschal de
Bouflers a esté fait Duc &
Pair de France, avec vingt
mille livres de rente sur
l'Hoſtel de Ville de Paris,
pour ach. ter une Duché.
de Namur.
275
M de Guiscard, Lieu-
tenant General & Gouver-
neur de Namur, a eu ses
appointemens de Gouverneur
de Sedan, augmentez
de six mille livres, avec
douze mille francs de pen-
sion. On luy a donné le
Commandement des Pla-
ces de la Meuse, depuis
Sedan jusques à Dinant.
M de Megrigny, Ma-
reschal des Camps & Ar-
mées du Roy, & prémier
Ingenieur, a esté fait Lieu-
276 Fournal du Siege
tenant General. Il a eu six
mille livres de pension, &
a esté fait Commandeur de
S. Louis.
Mr de Saint Laurent
Colonel du Regiment de
Nice, & Brigadier d'In-
fanterie, a este fait Mares-
chal de Camp.
M le Comte de Lomont,
Brigadier d'Infanterie, &
Commandant dans Na-
mur, a este fait Mareschal
de Camp, & a eu le Comde
Namur. 277
mandement de Dunxerque.
M le Comte de Quélus,
Colonel de Dragons & Bri-
gadier, a esté fait Mares-
chal de Camp.
M le Marquis de Gra-
mont, Colonel de Dra-
gons & Brigadier, a esté
fait aussi Mareschal de
Camp.
M le Marquis de Sain-
te Hermine, Colonel de
Fournal du Siege
278
Dragons, a esté fait Brigadier.
Mle Comte de Nogent,
Colonel de Dragons du
Regiment du Roy, a esté
fait Brigadier de Dragons.
M le Comte de Horn,
Colonel de Cavalerie, a este
fait Brigadier.
M de Bragelone, Capi-
taine aux Gardes, a osté
fait Brigadier d'Infante-
rie.
de Namur. 279
M de Reignac ci de-
vant Commandant à Huy,
a esté fait Brigadier.
Mr de Princé, Lieutenant
Colonel du Regiment
Danphin, a esté fait Bri-
gadier d'Infanterie.
M Filley, Ingenieur, a
eu un Brevet de Brigadier
d'Infanterie.
Mr le Marquis de la
Chaise, Colonel du Re-
giment de Bugey, a eu le
280 Journal du Siege
Regiment de Beauvoisis.
Mr d'Entrague, Lieutenant
aux Gardes, a eu le
Regiment de Bugey.
Mr des Rouvilles, Ca-
pitaine au Regiment d'Infanterie
Dauphin, a eu le
Regiment de Hainaut
M de Maulevrier a eu
le Regiment d'Infanterie,
vacant par la mort de M.
de Maulevrier, son Frere.
de Namur. 281
Me des Aides, Lieute-
nant Colonel du Regiment
d'Asfeld, a eu le Regi-
ment de Barreaux, de Dra-
gons.
iLDIE
M de Grand Val, Lieutenant
Colonel du Regi-
ment de Dragons de Barreaux,
a eu un Brevet de
Colonel.
n
Mr de la Fosse, Lieutenant
Colonel du Regiment
de Dragons Dauphin, a eu
Aa
282 fournal du Siege, &c.
un Brevet de Colonel de
Dragons.
M le Comte de Beaujeu,
Lieutenant Colonel
du Regiment de Dragons
de M le Marquis de Gramont,
a eu un Brevet de
Colonel.
41
M des Rozeaux; Licu-
tenant Colonel du Regi-
ment de Dragons de Quélus,
a eu un Brevet de Colonel
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3
p. 86-97
RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
Début :
Le 24. Septembre Mr le Chevalier de Valence, Capitaine de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Infanterie, Dragons, Grenadiers, Chevaux, Cavalerie, Valence, Vive-Saint-Éloi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
RELATION
de l'Affaire de Vive
Saint-Eloy.
Le 24. Septembre Mr le
Chevalier de Valence, CapitainedeGalere,
arriva d'Ipres
& rendit compte au
Roy de ce qui fuir. Mrriatendant
ayant donné avis à
Mrde Ravignan, Maréchal
de Camp, que les ennemis
faisoient remonter un gros
Convoy par la Lys, il partitle
18. à dix heures du soir
avec Mrs d'Houk, & de Jarnac
Brigadiers, Mrs de Valence
, de Noailles, de Nogaret,
de Louvigny
,
d'Angennes
,
& de Montesson
Colonels) 19. Compagnies
de Grenadiers, 1500. Fuseliers,
& leRégiment de
Dragons de S. Chaumont.
Il marcha toute la nuit
dans les Bois, prés de Vive
S. Eloy, passa à la veuë de
Menin, & à la demi portée
du canon de Courtray, à
troislieues de Deins en deça
de Gand, & arriva à deux
heures après midi à Oucghem
sur le bord de la Lys.
Trente Houssards qu'il
avoit envoyez à la découverte,
vinrent avertir que
les Ennemis se mettoient en
bataille à Vive S. Eloy sur
le bord de la riviere,&qu'ils
rangeoient leurs Batteaux
derriere eux; il pressa la
marche de ses Troupes, &
ayant pillé le Village, pendant
que l'Infanterie se
mettoit en bataille,ilalla
reconnoitre les Ennemis.
Mr le Comte d'Arhlone,
qui commandoit l'Escorte
du Convoy, avoit
13oo. hommes d'Infanterie
& 600.Chevaux. Il
avoit appuyé sa gauche à un
Mardis impratiquable joignant
la Lys. Son front qui
croit fort étroit, se trouvoit
couvert d'une prairie coupée
par trois fossez, & une
levée de terre; il avoit posté
sa Cavalerie, à sa droite
qui nestoit point retranchée.
Mr de Ravignanprit lemeilleur
party qui estoit de
se poster de maniere qu'en
allongeant sa gauche
,
il y
postast Mr de ,Jarnac
,
Mr
de Louvigny, Mr deMontesson
avec 6oo.Fuseliers,
à costé d'eux , & le Regiment
de Dragons de Saint-
Chaumont,avec 30. Houssarts
qui faisoient face à la
Cavalerie ennemie. Monsieur
d'Houk Brigadier,Mrsde
Valence & de Nogaret
Colonels avec les Grenadiers
,
Mrs d'Angennes &,;
de Noailles Colonels, avec
le surplus desFuseliersoccupoient
la droite jusquau-
Marais.
- Comme on avoitobservé
que la Cavalerie ennemie
pouvoir pénétrerparunchemin
& tomber sur la gauche
de l'Infanterie, on posta à
l'entrée, de ce chemin60.
Fufeliers. Au signal, qui étoit
de battre aux champs,
les Fufeliers de la droite firent
feu sur les ennemis pour
les occuper. En même temps
tous les grenadiers passerent
les trois fossez sans tirer, &
tombèrent sur les ennemis
la bayonnette au bout du
fusil, se mêlercnt & culbuterent
les premiers rangs,
firent un grand carnage,&
poufferent sivivement les ennemis,
qu'ils n'eurent pas Ictemps
de se jetterdans deux
vieilles Redoutes ruinées.
Nos Dragons cependant
chargèrent sià props & si
brusquement la Cavalerie
ennemie, qu'ils la défirent
en tres peu de temps. Les
Houssards qui estoient à la
teste des Dragons fabrerent
avec tant de fureur,qu'elle
fut renversée. Mr de Jarnac
<
fc replia sur la droite, &
•
prit en flanc l'Infanterie ennemie
qui estoit déja presque
tout à faitrenversée par
<
les Grenadiers.
âe Des 1300.hommes d'Infanterie
, tout fut tué ou
noyé à l'exception de C09+
qui furent conduits à Ipres,
& d'une trentaine deblessez
à mort, qu'onlaissa dans
les Villages. On compta que
des 600. Chevaux la moitié
avoit estétuez ou noyez, le
reste s'estant sauvé du costé
de Deins. Le Comte d'Athlone
qui commandoit l'efcorte
, fut fait prisonnier,
avec un Lieutenant Colonel,
un Major &36. autres Officiers.
On prit beaucoup de
Chevaux des Cavaliers ÔC
tous ceux qui remontoient
les Belandres sur lesquelles
les soldats se chargèrent de
Burin; dix furent choisis
pourmettrele feu aux poudres
avec précaution,ils le
firent, & secoucherentensuite
à terre a près s'estre
bouché les oreilles, ce qui
n'empêcha pas que deux ne
furent estoussez. Le bruit
fut si furieux que le Village
de S. Eloy vive fut renverfé
,
& que la terre fut ébranlée
jusques à Valenciennes,
&S. Quentin ou
les vitres en furent cassées;
laLys fut separée en deuxbras
au travers des Terres,
& les Batteaux furent tous
brifez. Il yavoir treize cent
quatre - vingt milliers de
poudre, de l'Artillerie, &
une grande quantité de boulets,
de bombes chargées,
de carcasses
,
de grenades;
de vinaigre & d'eau de vie.
Après cette expédition
,
qui ne coûtaque50. hommes
tuez ou blessez
,
Mr de
Ravignan, marcha lentement
vers Rouffelar où il
arriva le lendemain à midy;
ses Troupes estant fort satiguées
, a cause qu'elles e''
toient cliarcyées&embarassées
deprisonniers. Il y reçût
avis que les ennemisenvoyoient
plusieursdétachemens
pour le couper. En
effet une heure après 600.
Chevaux ennemis parurent
avec quelque Infanterie, &
attaqueront un poste à la
portéedefusil de Rouffelar.
Mr du Bois, Lieutenant Colonel
de S. Chaumont partit
avec 100. Dragons, fou.
tenus de quelques Grenadiers,
commandez par Mr
de Valence. Les ennemis se
retirèrentavec précipitation
Monsieur
Mr Dubois les poursuivit
leur , tua 15.hommes, prit
un Officier avec 10. Chevaux;
ensuite Mr de Ravignan
marcha par le grand
chemin d'Ipres, où il arriva
le 10 au soit.
de l'Affaire de Vive
Saint-Eloy.
Le 24. Septembre Mr le
Chevalier de Valence, CapitainedeGalere,
arriva d'Ipres
& rendit compte au
Roy de ce qui fuir. Mrriatendant
ayant donné avis à
Mrde Ravignan, Maréchal
de Camp, que les ennemis
faisoient remonter un gros
Convoy par la Lys, il partitle
18. à dix heures du soir
avec Mrs d'Houk, & de Jarnac
Brigadiers, Mrs de Valence
, de Noailles, de Nogaret,
de Louvigny
,
d'Angennes
,
& de Montesson
Colonels) 19. Compagnies
de Grenadiers, 1500. Fuseliers,
& leRégiment de
Dragons de S. Chaumont.
Il marcha toute la nuit
dans les Bois, prés de Vive
S. Eloy, passa à la veuë de
Menin, & à la demi portée
du canon de Courtray, à
troislieues de Deins en deça
de Gand, & arriva à deux
heures après midi à Oucghem
sur le bord de la Lys.
Trente Houssards qu'il
avoit envoyez à la découverte,
vinrent avertir que
les Ennemis se mettoient en
bataille à Vive S. Eloy sur
le bord de la riviere,&qu'ils
rangeoient leurs Batteaux
derriere eux; il pressa la
marche de ses Troupes, &
ayant pillé le Village, pendant
que l'Infanterie se
mettoit en bataille,ilalla
reconnoitre les Ennemis.
Mr le Comte d'Arhlone,
qui commandoit l'Escorte
du Convoy, avoit
13oo. hommes d'Infanterie
& 600.Chevaux. Il
avoit appuyé sa gauche à un
Mardis impratiquable joignant
la Lys. Son front qui
croit fort étroit, se trouvoit
couvert d'une prairie coupée
par trois fossez, & une
levée de terre; il avoit posté
sa Cavalerie, à sa droite
qui nestoit point retranchée.
Mr de Ravignanprit lemeilleur
party qui estoit de
se poster de maniere qu'en
allongeant sa gauche
,
il y
postast Mr de ,Jarnac
,
Mr
de Louvigny, Mr deMontesson
avec 6oo.Fuseliers,
à costé d'eux , & le Regiment
de Dragons de Saint-
Chaumont,avec 30. Houssarts
qui faisoient face à la
Cavalerie ennemie. Monsieur
d'Houk Brigadier,Mrsde
Valence & de Nogaret
Colonels avec les Grenadiers
,
Mrs d'Angennes &,;
de Noailles Colonels, avec
le surplus desFuseliersoccupoient
la droite jusquau-
Marais.
- Comme on avoitobservé
que la Cavalerie ennemie
pouvoir pénétrerparunchemin
& tomber sur la gauche
de l'Infanterie, on posta à
l'entrée, de ce chemin60.
Fufeliers. Au signal, qui étoit
de battre aux champs,
les Fufeliers de la droite firent
feu sur les ennemis pour
les occuper. En même temps
tous les grenadiers passerent
les trois fossez sans tirer, &
tombèrent sur les ennemis
la bayonnette au bout du
fusil, se mêlercnt & culbuterent
les premiers rangs,
firent un grand carnage,&
poufferent sivivement les ennemis,
qu'ils n'eurent pas Ictemps
de se jetterdans deux
vieilles Redoutes ruinées.
Nos Dragons cependant
chargèrent sià props & si
brusquement la Cavalerie
ennemie, qu'ils la défirent
en tres peu de temps. Les
Houssards qui estoient à la
teste des Dragons fabrerent
avec tant de fureur,qu'elle
fut renversée. Mr de Jarnac
<
fc replia sur la droite, &
•
prit en flanc l'Infanterie ennemie
qui estoit déja presque
tout à faitrenversée par
<
les Grenadiers.
âe Des 1300.hommes d'Infanterie
, tout fut tué ou
noyé à l'exception de C09+
qui furent conduits à Ipres,
& d'une trentaine deblessez
à mort, qu'onlaissa dans
les Villages. On compta que
des 600. Chevaux la moitié
avoit estétuez ou noyez, le
reste s'estant sauvé du costé
de Deins. Le Comte d'Athlone
qui commandoit l'efcorte
, fut fait prisonnier,
avec un Lieutenant Colonel,
un Major &36. autres Officiers.
On prit beaucoup de
Chevaux des Cavaliers ÔC
tous ceux qui remontoient
les Belandres sur lesquelles
les soldats se chargèrent de
Burin; dix furent choisis
pourmettrele feu aux poudres
avec précaution,ils le
firent, & secoucherentensuite
à terre a près s'estre
bouché les oreilles, ce qui
n'empêcha pas que deux ne
furent estoussez. Le bruit
fut si furieux que le Village
de S. Eloy vive fut renverfé
,
& que la terre fut ébranlée
jusques à Valenciennes,
&S. Quentin ou
les vitres en furent cassées;
laLys fut separée en deuxbras
au travers des Terres,
& les Batteaux furent tous
brifez. Il yavoir treize cent
quatre - vingt milliers de
poudre, de l'Artillerie, &
une grande quantité de boulets,
de bombes chargées,
de carcasses
,
de grenades;
de vinaigre & d'eau de vie.
Après cette expédition
,
qui ne coûtaque50. hommes
tuez ou blessez
,
Mr de
Ravignan, marcha lentement
vers Rouffelar où il
arriva le lendemain à midy;
ses Troupes estant fort satiguées
, a cause qu'elles e''
toient cliarcyées&embarassées
deprisonniers. Il y reçût
avis que les ennemisenvoyoient
plusieursdétachemens
pour le couper. En
effet une heure après 600.
Chevaux ennemis parurent
avec quelque Infanterie, &
attaqueront un poste à la
portéedefusil de Rouffelar.
Mr du Bois, Lieutenant Colonel
de S. Chaumont partit
avec 100. Dragons, fou.
tenus de quelques Grenadiers,
commandez par Mr
de Valence. Les ennemis se
retirèrentavec précipitation
Monsieur
Mr Dubois les poursuivit
leur , tua 15.hommes, prit
un Officier avec 10. Chevaux;
ensuite Mr de Ravignan
marcha par le grand
chemin d'Ipres, où il arriva
le 10 au soit.
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Résumé : RELATION de l'Affaire de Vive Saint-Eloy.
Le 24 septembre, le Chevalier de Valence, Capitaine de Galère, alerta le roi de la remontée d'un convoi ennemi par la Lys. Le 18 septembre, à dix heures du soir, Monsieur de Ravignan, Maréchal de Camp, partit avec plusieurs officiers et troupes, incluant des grenadiers, fusiliers et dragons. Ils marchèrent toute la nuit et arrivèrent à Oucghem, sur le bord de la Lys. Des hussards signalèrent que les ennemis se préparaient à combattre à Vive Saint-Eloy. Monsieur de Ravignan organisa ses troupes pour attaquer, allongeant sa gauche et postant des fusiliers et des dragons pour contrer la cavalerie ennemie. Les grenadiers chargèrent les ennemis, causant un grand carnage, tandis que les dragons et les hussards défirent la cavalerie ennemie. La bataille fut victorieuse, avec 1300 hommes d'infanterie ennemis tués ou noyés, et de nombreux chevaux capturés ou tués. Le Comte d'Athlone, commandant l'escorte ennemie, fut fait prisonnier. Après la bataille, Monsieur de Ravignan marcha vers Rouffelar, où il reçut des renforts et repoussa une attaque ennemie. Il arriva à Ipres le 10 octobre au soir.
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4
p. 166-172
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
L'Armée de l'Empire s'est entierement separée ; partie [...]
Mots clefs :
Infanterie, Cavalerie, Escadron, Bataillon, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvellesd'Allemagne.
L'Armée de l'Empiré
s'etf entièrement separée
;
partie des Troupes du Cercle
du Haut Rhin fontentrées
dans Landau & Philifbourg
; celles de l'Empereur
vont en Franconie
& en Bavière. On avoit
parlé dun détachement
pour leMilanez & delà en
Catalogne; mais il n'y a
- cncore rien de réfoin.
Mr leMarefchal de Bezons
a aussi separélarniéc
de France qu'il commandoit
; voicy la Lifte des
Lieux où ses Troupes vonc
en Quartier d'hyver. AWEYSSEMBOURG,
-
& le long des Lignes.
Les Regiments de Louville,
Condé, Perry, Roufset
, Plzençon, Peysac
Lachaud, S.Leger, un Bataillon
de Boucher, un de
Labour, Chevron, Maifonriers,
un de Berry.
A STRASBOURG.
Dauphin, Toulouse ;
Royal Artillerie4.Bataillons,
Royal Baviere, deux
Bataillons d'Enghien
, un
deBoucher, les Bombardiers
Duflyy la Fare tout
Infanterie ; la Cavalerie
consiste en Vaudemont , Dupuy, du Fief, un Escadron
de Forfat
, & partie
de Bretagne, Dragons.
A HAGUENAU.
Infanterie. Sourches;un
Bataillon) Daunay
,
Rohan.
Cavalerie. Rennepont
& les Houssàrds.
AU FORT LOUIS.
Infanterie. Blaisois; un
Bataillon d'Angoumois , Maumont,
MaumontCastelet, Murat,
Chalmazel
, Auxerrois,
Turbilly.
A SAVERNE.
Orleans, Infanterie, &
un Escadron dtHarcourt.
ABOUSSONVILLIERS
Rouvroy
>
Dragons.
A PHALSBOURG.
Un Escadron de Forfat.
A SAARLOUIS.
Froulay, Infanterie
S.Blimont, Cavalerie,,iz
partie de Bretagne.
A MOLSHEIM.
Un Escadron d'Harcourt.
A SCHLESTADT.
Monroques, Tavanes;
Infanterie, & Royal Cavalerie.
A COLMAR.
Rouergue Infanterie.
AUVIEUXBRISACK.
Tallart, Quercy
, un de
Toulouse, Boisset.
AU NEUF BRISACK.
Onze Compagnies détachées.
ABEFFORT.
Hocquart, Infanterie.
A ROUFFACK.
La Compagnie Connestable.
AHUNINGUE.
Brie) Orleanois
,
les
Cuirassiers
,
Mesire de
Camp General Dragons.
AREMBERVILLIERS.
Clermont, Cavalerie.
A DOLE.
S. Germain Beaupré.
A GRAI.
Chasteau Morant, Cavalerie.
A COLIGNI. 1
Montrevel, Cavalerie.
EN COMTES
Six Regiments de Cavalerie
qui font du Luc
d'Aubusson, Chepy, Paon,,
Bouzel
,
Marfillice.
EN SAVOYE.
Du Troncq
,
Bissy &
Languedoc, Dragons.
L'Armée de l'Empiré
s'etf entièrement separée
;
partie des Troupes du Cercle
du Haut Rhin fontentrées
dans Landau & Philifbourg
; celles de l'Empereur
vont en Franconie
& en Bavière. On avoit
parlé dun détachement
pour leMilanez & delà en
Catalogne; mais il n'y a
- cncore rien de réfoin.
Mr leMarefchal de Bezons
a aussi separélarniéc
de France qu'il commandoit
; voicy la Lifte des
Lieux où ses Troupes vonc
en Quartier d'hyver. AWEYSSEMBOURG,
-
& le long des Lignes.
Les Regiments de Louville,
Condé, Perry, Roufset
, Plzençon, Peysac
Lachaud, S.Leger, un Bataillon
de Boucher, un de
Labour, Chevron, Maifonriers,
un de Berry.
A STRASBOURG.
Dauphin, Toulouse ;
Royal Artillerie4.Bataillons,
Royal Baviere, deux
Bataillons d'Enghien
, un
deBoucher, les Bombardiers
Duflyy la Fare tout
Infanterie ; la Cavalerie
consiste en Vaudemont , Dupuy, du Fief, un Escadron
de Forfat
, & partie
de Bretagne, Dragons.
A HAGUENAU.
Infanterie. Sourches;un
Bataillon) Daunay
,
Rohan.
Cavalerie. Rennepont
& les Houssàrds.
AU FORT LOUIS.
Infanterie. Blaisois; un
Bataillon d'Angoumois , Maumont,
MaumontCastelet, Murat,
Chalmazel
, Auxerrois,
Turbilly.
A SAVERNE.
Orleans, Infanterie, &
un Escadron dtHarcourt.
ABOUSSONVILLIERS
Rouvroy
>
Dragons.
A PHALSBOURG.
Un Escadron de Forfat.
A SAARLOUIS.
Froulay, Infanterie
S.Blimont, Cavalerie,,iz
partie de Bretagne.
A MOLSHEIM.
Un Escadron d'Harcourt.
A SCHLESTADT.
Monroques, Tavanes;
Infanterie, & Royal Cavalerie.
A COLMAR.
Rouergue Infanterie.
AUVIEUXBRISACK.
Tallart, Quercy
, un de
Toulouse, Boisset.
AU NEUF BRISACK.
Onze Compagnies détachées.
ABEFFORT.
Hocquart, Infanterie.
A ROUFFACK.
La Compagnie Connestable.
AHUNINGUE.
Brie) Orleanois
,
les
Cuirassiers
,
Mesire de
Camp General Dragons.
AREMBERVILLIERS.
Clermont, Cavalerie.
A DOLE.
S. Germain Beaupré.
A GRAI.
Chasteau Morant, Cavalerie.
A COLIGNI. 1
Montrevel, Cavalerie.
EN COMTES
Six Regiments de Cavalerie
qui font du Luc
d'Aubusson, Chepy, Paon,,
Bouzel
,
Marfillice.
EN SAVOYE.
Du Troncq
,
Bissy &
Languedoc, Dragons.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte décrit des mouvements militaires en Allemagne et en France. L'armée de l'Empire s'est scindée : les troupes du Cercle du Haut Rhin ont pris Landau et Philisbourg, tandis que celles de l'Empereur se dirigent vers la Franconie et la Bavière. Un détachement vers Milan et la Catalogne a été envisagé, mais sans confirmation. Le maréchal de Bezons a également séparé les troupes françaises qu'il commandait. Les régiments français sont répartis pour l'hiver dans divers lieux. À Aweyssembourg et le long des lignes se trouvent les régiments de Louville, Condé, Perry, Rouffet, Plaisançon, Peysac, Lachaud, Saint-Leger, ainsi que des bataillons de Boucher, Labour, Chevron, Maîsonniers et Berry. À Strasbourg, les régiments incluent Dauphin, Toulouse, Royal Artillerie, Royal Bavière, Enghien, Boucher, les Bombardiers, Dufly et La Fare pour l'infanterie, et Vaudemont, Dupuy, du Fief, un escadron de Forzat et une partie de Bretagne pour la cavalerie. D'autres régiments sont stationnés à Haguenau, Fort Louis, Saverne, Bouxwiller, Phalsbourg, Saarlouis, Molsheim, Schlettstadt, Colmar, Vieux-Brisach, Neuf-Brisach, Abbefort, Rouffach, Huningue, Arembourg, Dole, Gray, Coligny, et dans divers comtés ainsi qu'en Savoie.
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5
p. 288-295
Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne.
Début :
Mr le Duc de Noailles, General. PREMIERE LIGNE. LIEUTENANT GENERAUX. [...]
Mots clefs :
Dragons, Duc de Noailles, Escadrons, Cavalerie, Lieutenants généraux, Brigadiers, Infanterie, Bataillons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne.
Ordre de Bataille de l'Armée
du Roy en Catalogne.
Mr le Duc de Noailles ,
General.
PREMIERE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX
Messieurs ; deGuerchy.
DeKercado.
De Siennes.
MARESCHAUX DECAMP.
Messieurs
De Belleporr.
Le Comte d'E(taire,
De Tournant.
D'Arpajou. 0'
Le Duc de Duras. ,,' BRIGADIERS.
Meffteurs
D'Ozeville.
De Sandricourt.
De Damas.
DeValouze.
DeCourten.
De Balincourt.
DePlanque.
De Parabere
De Vateville.
Dragons.
Dauphin. 3. Escadrons. Lailguedoc.3
AnjCaovaluerie.. PCarraobueyre..33 2
Infanterie.
Normandie. 3. Bataillons. Btaujollois. Artois. zLabour. zReding.. 1 t Noailles. 11
CLaCoouurtreonnn.e. 2, Vermandois. 3Valouze. zDV'Eivlgarirgenzy..1t1 Damas.2. Auvergne. - z
Cavalerie.
Berry. 3. Escadrons. Germinon. Valgrand. zz
Dragons.
Saumery. 3 Faix 3,
SECONDE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX.
Àdefjieurs
De Muret.
De Brancas.
MARESCHAUX DE CAMP.
Adcjjicurs
De Chastillon.
De Puynormand.
De Caylus.
BRIGADIERS.
Afejjieurs
De Bozelly.
De Bonas.
DeNisas.
De Barville.
DeSiougeat.
DeFleche.
De Bouville.
Dragons.
Bouville. 3. Escadrons, Chazel. 5
Cavalerie,
Fleche.
, 3 Vaudemont,, ;
Putange.
) , & Infanterie.
FLlandrée. o2.nBata.ill1ons. Oleron.
, , Perigord. , 1
La Force. , FSooiflroennzo.is.;z1
La Marche..„z Anogoumois.. 1 Champigny.. Noé. iThierache. 1
Cavalerie.
LaFeronnaye.L Efcadrons.
Noailles Duc.. z
Noailles Marquis.. z
Dragons.
La Lande. Bozelly. 3z
Total des Escadrons. 50.
Total des Bataillons. 45.
1 Artillerie.
Royal Artillerie. 1. Bataill.
Bombardiers. 1
Deux Compagnies deFerrand
Code. 100. hommes.
Une Compagnie de Mineurs
de Delorme, 60.
hommes.
On attend la fuite des
Nouvelles d'Espagne.
Onespere qu'elle viendra
ailes tost pour vous
la donner à la fin du Vo-
- lume où l'on mettra tous
les Mois des Nouvelles
recentes.
du Roy en Catalogne.
Mr le Duc de Noailles ,
General.
PREMIERE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX
Messieurs ; deGuerchy.
DeKercado.
De Siennes.
MARESCHAUX DECAMP.
Messieurs
De Belleporr.
Le Comte d'E(taire,
De Tournant.
D'Arpajou. 0'
Le Duc de Duras. ,,' BRIGADIERS.
Meffteurs
D'Ozeville.
De Sandricourt.
De Damas.
DeValouze.
DeCourten.
De Balincourt.
DePlanque.
De Parabere
De Vateville.
Dragons.
Dauphin. 3. Escadrons. Lailguedoc.3
AnjCaovaluerie.. PCarraobueyre..33 2
Infanterie.
Normandie. 3. Bataillons. Btaujollois. Artois. zLabour. zReding.. 1 t Noailles. 11
CLaCoouurtreonnn.e. 2, Vermandois. 3Valouze. zDV'Eivlgarirgenzy..1t1 Damas.2. Auvergne. - z
Cavalerie.
Berry. 3. Escadrons. Germinon. Valgrand. zz
Dragons.
Saumery. 3 Faix 3,
SECONDE LIGNE.
LIEUTENANSGENERAUX.
Àdefjieurs
De Muret.
De Brancas.
MARESCHAUX DE CAMP.
Adcjjicurs
De Chastillon.
De Puynormand.
De Caylus.
BRIGADIERS.
Afejjieurs
De Bozelly.
De Bonas.
DeNisas.
De Barville.
DeSiougeat.
DeFleche.
De Bouville.
Dragons.
Bouville. 3. Escadrons, Chazel. 5
Cavalerie,
Fleche.
, 3 Vaudemont,, ;
Putange.
) , & Infanterie.
FLlandrée. o2.nBata.ill1ons. Oleron.
, , Perigord. , 1
La Force. , FSooiflroennzo.is.;z1
La Marche..„z Anogoumois.. 1 Champigny.. Noé. iThierache. 1
Cavalerie.
LaFeronnaye.L Efcadrons.
Noailles Duc.. z
Noailles Marquis.. z
Dragons.
La Lande. Bozelly. 3z
Total des Escadrons. 50.
Total des Bataillons. 45.
1 Artillerie.
Royal Artillerie. 1. Bataill.
Bombardiers. 1
Deux Compagnies deFerrand
Code. 100. hommes.
Une Compagnie de Mineurs
de Delorme, 60.
hommes.
On attend la fuite des
Nouvelles d'Espagne.
Onespere qu'elle viendra
ailes tost pour vous
la donner à la fin du Vo-
- lume où l'on mettra tous
les Mois des Nouvelles
recentes.
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Résumé : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne.
Le document décrit l'Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Catalogne, sous le commandement du Duc de Noailles. L'armée est structurée en deux lignes, chacune dirigée par des lieutenants-généraux, des maréchaux de camp et des brigadiers. La première ligne inclut les lieutenants-généraux de Guerchy, de Kercado et de Siennes, ainsi que les régiments de dragons et de cavalerie Dauphin, Languedoc et Anjou-Cavalerie. L'infanterie comprend les régiments Normandie, Beaujolais, Artois et Noailles. La seconde ligne est dirigée par les lieutenants-généraux de Muret et de Brancas, avec les régiments de dragons et de cavalerie Bouville et Fleche. L'infanterie de cette ligne comprend les régiments Flandre, Oleron, Perigord et La Force. L'armée compte 50 escadrons et 45 bataillons. L'artillerie est représentée par le Royal Artillerie, les bombardiers et les compagnies de Ferrand et de Delorme. Le document mentionne également l'attente de nouvelles d'Espagne, espérant les publier prochainement.
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6
p. 339-369
Suite des Nouvelles d'Espagne.
Début :
Les Ennemis en abandonnant Tolede pour prendre la route d'Arragon, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Roi, Général, Vendôme, Armée, Troupes, Cavalerie, Infanterie, Bataille, Canon, Dragons, Guadalajara, Reine, Guerre, Prisonniers, Brihuega, Général Stanhope, Staremberg, Gérone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Suite des Nouvelles
d'Espagne.
Les Ennemis en abandonnant
Tolede pour prendre
la route d'Arragon
, ont
divisé leur Armée en differensCorps,
observant toujours
de les mettre à une
distancc qui ne leur ostast
pas les moyens de s'entresecouririles
uns les autres,
en casque quelqu'un fust
attaqué. Ils croyoient qu'-
ils pourroient estre harcelez
par quelques détachefmens
; mais ils ne com- eroienc pas que l'on pust
faire des démarches allez
promptes pour les attaquer
avec toute l'Armée.
Le Roy d'Espagne pour
leur ôter le soupçon qu'on
pust les suivre, estoit allé
exprés avec Monsieur de
Vendosme à Madrid pendant
que les Troupes, par
differens Corps, déroboient
aux Ennemis desmarches
précipitées.SaMajesté Catholique,
avant de partir
ordonna au Détachement 1
detous lesGrenadiers de I
Itil'Armée
&de cent hommes
choisis par Bataillon avec
trente- deux Escadrons de
Cavalerie & de Dragons de
marcher le plus legerement
qu'ils pourroient pour tâ.
cher de joindre les Ennemis.
Mr de Vallejo reçut
ordre de les attaquer par
tout où il les trouveroit
avec douze cens Maistres
qu'il commandoit, afin de
les arrester.
Apres ces précautions.
le Roy & Vendosme arrivèrent
le 7. Décembre à
Alcala, où ils apprirens
qu'il y avoit à une lieuë de
là un Régiment des Ennemis.
Sa Majestéordonna à
Don Feliciano de Bracamonte
d'y marcher avec sa
Brigade. Il fit tant de diligence
qu'il surprit ce Regiment
& le fit prisonnier.
LETTRE
De sa Adajefté Catholique
à la Reine.
Du Camp de Brihuega,
le 9 Décembre.
Je vous dépêche un Courrier
pour vous apprendre une
nouvelle aussi agréablequ'importante.
Mous menons défaire
huit Bataillons & huit Escadrons
prisonniers de guerre.
Nous avons fait donner l'af
faut après midi à Brihuega , aprèsl'avoir battu toute 1,4
matinée avec notre Canon.
LesBrèches étoientfort petites
&les Ennemis avoient retranchemens
sur retranchemens.
L'affaire a esléfort disputée&
a duré plus de deux heures;
mais enfin nos Troupes étant
entrées dans la Ville de maison
en maison
, 0* les Ennemis
s'étant retirez dans un retranchement
qu'ils avoient fait
dans la Place, ont battu la
Chamade. Il n'y a eu aucune
contestation au sujet de la Ca.
pitulation, puifqu'ils ont proposéd'obordqu'on
les reçutprisonniers
de guerre, ce qui leur
a esteaccordé. Tous les Officiers
Generaux Anglois sont du
nombre des Prisonniers. Ce
font Stanhope, Wills &Carpenter.
De notre côté le Marquis
deThouy a esté blesséà la
main ; de celui des EnnemÙ,
Carpenter est bllJé. L'action
a estéfort chaude, (y notre In.
fanterie a hit'# séparécequ'elle
fit à laBataille de Sarragosse ,
en faisant des merveilles aujourd'hui.
Des huit Bataillons
ily en a sept Anglais & un
Portugais, mais à la solde de
la Reine Anne, Les huit Ef.
cadrons consistent en trois Pe.
ymens de Dragons & un de
Cavalerie, tousAnglois;c'etoientles
meilleure, Troupes des
Ennemis,
Je joins à cette bonne nouvelle,
la prise que fit hier Braamonte,
d'un Bataillon Allemand.
Le Comte de Suremberg
sefl avancé aujourd'hui avec
plus de quatre mille hommes à
deux lieuësd'icy ,suivant les
avisquej'en ay eu, apparemmentpoursecourir
Stanhope.
Le Roy d'Espagne estanc
parti le 8 au marin de Guadalaxara
avec toute Ca Cava-
-
lerie pour donner sur l'arriere-
garde des Ennemis,
il eut avis que le General
Stanhopeestoit dans Brihuega
; il marcha droit à
lui1
pourl'attaquer,mais voyant
qu'il s'y estoit retranché de
maniere à se bien deffendre,
il fit invertirlaVille sur tout
du côcé de la Rivière par ou
il jugeoit qu'il pourroit se
retirer à la faveur de la nuit.
La Ville de Brihuega située
à six lieuës de Guadalaxara,
efl: fermée d'une muraille
fort haute, fort épaisse &
revêtue d'une Terrasse en
quelques endroits, avec des
Tours antiques & un alîez
~on Château. Apres avoir
tiré quelques coups de ca-
- ~on on somma les Ennemis
le se rendre,& surle refus
qu'ils en firent on dressa pen-
~ant la nuit de nouvelles bateries
qui commencerent à
tirer le9 au matin & firent
une bréche qui devint inutile
à cause des Terrasses,
Mais Monsieur de Vendome
ayant remarqué plusieurs
maisons attachéesàl'enceinte
des murailles en dehors,
lesfit occuper pour attacher
par là le Mineur &faire une
Brèche pratiquable de ce côté
là. Quand tout sur disposé,
Sa Majesté fitfaire deux
attaques & donna ordre
pour soûtenir la gauche, qui
estoit la veritable. Enfin on
donna l'assaut; l'action fut
long-temps disputée, & les
notres se voyant arrêtez par
le grand nombre & par des
retranchemens qu'ils trouvoient
dans les ruës de 20
en 20 pas, se retrancherent
de leur coté sur la Brèche
pour y attendre du renfort.
Peu de temps après Monsieur
le Duc de Vendosme
y mena quelques Bataillons
qui s'étant jointà eux,pousserentles
Ennemis en garnant:
toujoursle Terrain
le maisonen maison & do
etranchement en rctranchement,
en quoy ilsfurent
aidez par les habitans qui
démolissoient leurs propres
maisons pour assommer les
Ennemis à coups de pierres;
ils penetrent enfin jusqu'au
centre de laVille, pendant
que d'autres Troupes commandées
à l'attaque de la
droite, faisoient diversion;
ce qui obligea les Ennemis
à battre la Chamade & à
capituler. Ils répugnoient
à sedésarmer dès le foir &
à livrer' une des Portes du
Château, maisonles y obligea
sur l'avis que Sa Majesté
eut que le General Sta~
remberg s'avançoit pour les
ecourir. MrdeZuniga fut
chargé du foin de faire
xecuter la Capitulation,
pendant que le Roy & Mr
le Vendôme se disposoient
aller combattre Mr de
taremberg.
D'autres Lettres portent
~ue Mrde Bracamontedé-
~ché par le Roy, cmpêcha
le General Starcm-
~erg de rompre le Pont de
Guadalaxara,ce qui facilitapassage
de l'Armée pour
~atcher à Brihuega.
Un Lieutenant general
& deux Lieutenans Colonels
vinrent capituler. Ils
consentirent d'abord àestre
Prisonniers de guerre. On
accorda aux principaux Officiers,
leurs chevaux & bagages,
à l'exception des Vases
sacrez
, en cas qu'ils'en
trouvast.
; Pendant laCapitulation,
on entendit plusieurs coups
de canon ; c'estoit le signal
de l'Armée ennemie, pour
avertir le General Stanhope
qu'onvenoitlesecourir.
Le 10. au matin le Roy
fut avertique les Ennemis
paroissoient sur la hauteur
de Villa-viciosa, où Monsieur
de Vendosme avoit
posté dès le soir toute la Cavalerie
, ayant prévu que
Mr de Staremberg hafarderoit
le tout pour le tout.
On rangea l'Armée en baaille,
la droite appuyée à
un grand ravin, & la gauhe
à un petit Bois d'Oliiers
où les Ennemis ne pû-
~ent pasallonger leur droite
pour donner une étendue à
~ur gauche qu'ils connucnt
que nous débordions
considerablement par nôtre
droite. Nous avions dans;
nôtre centre un terrain desavantageux
par quantité de
ravins & de petites murailles
de terre séche de la hauteur
de deux pieds & demi.
Nostre droite de Cavalerie
estoit commandée par Mr
le Marquis de Val deCanas;
nostre gauche par Mr le
Comte d'Aguilar,& nostre
centre d'Infanterie par
Mr le Comte de las Torrés,
au deffaut de Mr le
Marquis de Thouy qui avoit
estéblessé la veille à la main
& au pied, & qui ne laissa
pas,malgré toutes les remontrances
qu'on luy faisoit,
de combattre à la te-fte
d'un Escadron ; les Ennemis
à la portée du canon en
mirent vingt pieces en batterie
avec deux mortiers:
le nostre costé nous en mimes
22.pieces. Sur les deux
~eures la canonnade commençant
de part & d'au-
~e,le Roy passa à la droite,
ontre laquelle jcs Ennemis
voient dressé une batterie
leneufpieces, qui faifoienc
~un
feu très-vif.Monsieur
de Vendosme passa à la gauche
& dés qu'il fut arrivé
l'Armée marcha. Nostre
droite que le Roy conduisoit
passa un grand ravin,
& se reforma en presence
de l'Ennemi du costé de
Villa viciosa, qui a donné le
nom à cette Bataille. Monsieur
de Vendosme estantà
la gauche envoya ordre à
Mr Mahoni, qui commandoit
le Corps de Dragons
de marcher au grand
trot, & de gagner les derrieres
des Ennemis pour faciliter
la jonction de Mr de
Bracamonté,qui arriva avec
mille chevaux précisément
à l'heure qui luy avoit esté
prescrite dans le temps que
les deux Armées estoient aux
mains. Cette précaution
nous donna le moyen de gagner
les derrieres de leur Infanterie
, où la Cavalerie de
nostre droite avoir penetré ,
en renversant l'aîle gauche
quîluyestoitopposée. Cette
Infanterie ainsi enveloppée
,fitd esefforts de valeur
si étonnans qu'elle gagna
même duterrain sur la nôtre,
ce qui a fait dire dans
quelques Lettres, qu'elle
avoit plié d'abord. Mais enfin
les Gardes Walonnes &
Espagnoles percerent les
deux Lignes & la Reserve
des Ennemis,& renversérent
un gros Bataillon quarré
au milieu duquel estoit
Mr de Staremberg. Les
Gardes du Roy avec le Regiment
de a Reine commandé
par' Mrle Marquis
de Reaucour, penetrerent
deux fois le centre des Ennemis
,& il ne se seroit pas
fauvé un homme sans la
nuit quisavorisa la retraite
d'une partie decette Infanterie
qui se retira avec preci
pitation du cofté de Siguença.
Il nous est resté avec le
Champ de Bataille, vingt
piéces de canon,deux Mortiers
, tous les équipages
d'Artillerieavecquantitéde
chariots longs,attelezchacun
de huit Mulets;ceschariots
sont nommez Galleres
par les Espagnols. Parmi les
Bagages, il s'esttrouvé environ
huit millefusils. Mr
Mahoni a pris d'un autre
:osié sept cens Mulets chargez
, & les Troupes fefonr
enrichies du butin que les
ennemis avoient pillé dans
la Castille. On Soldat courut
porter à Monsieur de
Vendoime, un Ecendart qu'-
il avoit pris, & refusa l'argent
que ce Prince vouloit
luy donner;illuy dit en luy
montrant une bourse pleine
d'or,voila ce que l'ongagne en
combattant pourson Roy.
Il est demeuré plus de
quatre mille hommes sur le
Champ de Bataille, & on a
fait trois mille prifonniersy,
parmi lesquels font Mr de 1
Belcastel,
Belcastel, Commandant les
Troupes deHollande, Mr
leS.Amant,Lieutenants
Generaux,&un grand nom. -
ne d'autres Omciers.; outre
leux mille trois cens autres
risonniers
,
presque tous
Cavaliers, qui ont esté pris
ar Mr de Vallejo le lendemain
de la Bataille. En forque
decestrois journées,
ous avons neuf mille prionnierseffectifs.
Il y a quanté
de-Drapeaux , d'Etenarts
, & de Timbales;on
en sçait pas le nombre,
arcequ'on en apportoit encore
lois que.Mr deZuniga
est parti pour apposer
ce détail au Roy. Loçfcjtjc
sa Majesté Cajthpliqwe l'a
dépesché,on ne f<jqvjûiitpa$
non plus au juste, latv>r#:
bre desmorts & des blessez
, tant ducoftp.âe.$cru>crnief
que cJecelVy;cUs££psrt
gnoltyquiQaripcfrdftfàsn
PedrodeRonquillo,-.tué
danslaBataille,&Mr le
ComtedûRucetoondetle
premier MiréchaldcGar$>p,
& le dernier Brigadier, mort
des blesures qu'il avoit re-t
çuës la veille àla prise do &nht~ ';,
Mt Maboni poursuivoit
vivement le General
Staremberg
; on assurequ'-
ill'avoitatteint, &fait sommerdeserendre;
onattend
unCourrier pour estre éclaircidelafin
de cette grande
affaire.
* On aprend qu'onapris
encore autres deux mille
hommes aprés la déroute.
•.
Extrait d',une Lettre de
devant Gironne.
Mr le Duc de Noailles
alla camper le 14. à Cervia
& le 15. on a investi Gironne
; tous les Miquclets&
Sommetans des Ennemis,
voulant disputerun costé de
la Montagne, ont esté repoussez
& défaits par Mr de
Planque.
On vient d'apprendre depuis
cette Lettre que la tranchée
est ouverte devant Gironne
,& que Mr le Duc de
Noailles est parti avec une
bonne partie de sa Cavalc
d'Espagne.
Les Ennemis en abandonnant
Tolede pour prendre
la route d'Arragon
, ont
divisé leur Armée en differensCorps,
observant toujours
de les mettre à une
distancc qui ne leur ostast
pas les moyens de s'entresecouririles
uns les autres,
en casque quelqu'un fust
attaqué. Ils croyoient qu'-
ils pourroient estre harcelez
par quelques détachefmens
; mais ils ne com- eroienc pas que l'on pust
faire des démarches allez
promptes pour les attaquer
avec toute l'Armée.
Le Roy d'Espagne pour
leur ôter le soupçon qu'on
pust les suivre, estoit allé
exprés avec Monsieur de
Vendosme à Madrid pendant
que les Troupes, par
differens Corps, déroboient
aux Ennemis desmarches
précipitées.SaMajesté Catholique,
avant de partir
ordonna au Détachement 1
detous lesGrenadiers de I
Itil'Armée
&de cent hommes
choisis par Bataillon avec
trente- deux Escadrons de
Cavalerie & de Dragons de
marcher le plus legerement
qu'ils pourroient pour tâ.
cher de joindre les Ennemis.
Mr de Vallejo reçut
ordre de les attaquer par
tout où il les trouveroit
avec douze cens Maistres
qu'il commandoit, afin de
les arrester.
Apres ces précautions.
le Roy & Vendosme arrivèrent
le 7. Décembre à
Alcala, où ils apprirens
qu'il y avoit à une lieuë de
là un Régiment des Ennemis.
Sa Majestéordonna à
Don Feliciano de Bracamonte
d'y marcher avec sa
Brigade. Il fit tant de diligence
qu'il surprit ce Regiment
& le fit prisonnier.
LETTRE
De sa Adajefté Catholique
à la Reine.
Du Camp de Brihuega,
le 9 Décembre.
Je vous dépêche un Courrier
pour vous apprendre une
nouvelle aussi agréablequ'importante.
Mous menons défaire
huit Bataillons & huit Escadrons
prisonniers de guerre.
Nous avons fait donner l'af
faut après midi à Brihuega , aprèsl'avoir battu toute 1,4
matinée avec notre Canon.
LesBrèches étoientfort petites
&les Ennemis avoient retranchemens
sur retranchemens.
L'affaire a esléfort disputée&
a duré plus de deux heures;
mais enfin nos Troupes étant
entrées dans la Ville de maison
en maison
, 0* les Ennemis
s'étant retirez dans un retranchement
qu'ils avoient fait
dans la Place, ont battu la
Chamade. Il n'y a eu aucune
contestation au sujet de la Ca.
pitulation, puifqu'ils ont proposéd'obordqu'on
les reçutprisonniers
de guerre, ce qui leur
a esteaccordé. Tous les Officiers
Generaux Anglois sont du
nombre des Prisonniers. Ce
font Stanhope, Wills &Carpenter.
De notre côté le Marquis
deThouy a esté blesséà la
main ; de celui des EnnemÙ,
Carpenter est bllJé. L'action
a estéfort chaude, (y notre In.
fanterie a hit'# séparécequ'elle
fit à laBataille de Sarragosse ,
en faisant des merveilles aujourd'hui.
Des huit Bataillons
ily en a sept Anglais & un
Portugais, mais à la solde de
la Reine Anne, Les huit Ef.
cadrons consistent en trois Pe.
ymens de Dragons & un de
Cavalerie, tousAnglois;c'etoientles
meilleure, Troupes des
Ennemis,
Je joins à cette bonne nouvelle,
la prise que fit hier Braamonte,
d'un Bataillon Allemand.
Le Comte de Suremberg
sefl avancé aujourd'hui avec
plus de quatre mille hommes à
deux lieuësd'icy ,suivant les
avisquej'en ay eu, apparemmentpoursecourir
Stanhope.
Le Roy d'Espagne estanc
parti le 8 au marin de Guadalaxara
avec toute Ca Cava-
-
lerie pour donner sur l'arriere-
garde des Ennemis,
il eut avis que le General
Stanhopeestoit dans Brihuega
; il marcha droit à
lui1
pourl'attaquer,mais voyant
qu'il s'y estoit retranché de
maniere à se bien deffendre,
il fit invertirlaVille sur tout
du côcé de la Rivière par ou
il jugeoit qu'il pourroit se
retirer à la faveur de la nuit.
La Ville de Brihuega située
à six lieuës de Guadalaxara,
efl: fermée d'une muraille
fort haute, fort épaisse &
revêtue d'une Terrasse en
quelques endroits, avec des
Tours antiques & un alîez
~on Château. Apres avoir
tiré quelques coups de ca-
- ~on on somma les Ennemis
le se rendre,& surle refus
qu'ils en firent on dressa pen-
~ant la nuit de nouvelles bateries
qui commencerent à
tirer le9 au matin & firent
une bréche qui devint inutile
à cause des Terrasses,
Mais Monsieur de Vendome
ayant remarqué plusieurs
maisons attachéesàl'enceinte
des murailles en dehors,
lesfit occuper pour attacher
par là le Mineur &faire une
Brèche pratiquable de ce côté
là. Quand tout sur disposé,
Sa Majesté fitfaire deux
attaques & donna ordre
pour soûtenir la gauche, qui
estoit la veritable. Enfin on
donna l'assaut; l'action fut
long-temps disputée, & les
notres se voyant arrêtez par
le grand nombre & par des
retranchemens qu'ils trouvoient
dans les ruës de 20
en 20 pas, se retrancherent
de leur coté sur la Brèche
pour y attendre du renfort.
Peu de temps après Monsieur
le Duc de Vendosme
y mena quelques Bataillons
qui s'étant jointà eux,pousserentles
Ennemis en garnant:
toujoursle Terrain
le maisonen maison & do
etranchement en rctranchement,
en quoy ilsfurent
aidez par les habitans qui
démolissoient leurs propres
maisons pour assommer les
Ennemis à coups de pierres;
ils penetrent enfin jusqu'au
centre de laVille, pendant
que d'autres Troupes commandées
à l'attaque de la
droite, faisoient diversion;
ce qui obligea les Ennemis
à battre la Chamade & à
capituler. Ils répugnoient
à sedésarmer dès le foir &
à livrer' une des Portes du
Château, maisonles y obligea
sur l'avis que Sa Majesté
eut que le General Sta~
remberg s'avançoit pour les
ecourir. MrdeZuniga fut
chargé du foin de faire
xecuter la Capitulation,
pendant que le Roy & Mr
le Vendôme se disposoient
aller combattre Mr de
taremberg.
D'autres Lettres portent
~ue Mrde Bracamontedé-
~ché par le Roy, cmpêcha
le General Starcm-
~erg de rompre le Pont de
Guadalaxara,ce qui facilitapassage
de l'Armée pour
~atcher à Brihuega.
Un Lieutenant general
& deux Lieutenans Colonels
vinrent capituler. Ils
consentirent d'abord àestre
Prisonniers de guerre. On
accorda aux principaux Officiers,
leurs chevaux & bagages,
à l'exception des Vases
sacrez
, en cas qu'ils'en
trouvast.
; Pendant laCapitulation,
on entendit plusieurs coups
de canon ; c'estoit le signal
de l'Armée ennemie, pour
avertir le General Stanhope
qu'onvenoitlesecourir.
Le 10. au matin le Roy
fut avertique les Ennemis
paroissoient sur la hauteur
de Villa-viciosa, où Monsieur
de Vendosme avoit
posté dès le soir toute la Cavalerie
, ayant prévu que
Mr de Staremberg hafarderoit
le tout pour le tout.
On rangea l'Armée en baaille,
la droite appuyée à
un grand ravin, & la gauhe
à un petit Bois d'Oliiers
où les Ennemis ne pû-
~ent pasallonger leur droite
pour donner une étendue à
~ur gauche qu'ils connucnt
que nous débordions
considerablement par nôtre
droite. Nous avions dans;
nôtre centre un terrain desavantageux
par quantité de
ravins & de petites murailles
de terre séche de la hauteur
de deux pieds & demi.
Nostre droite de Cavalerie
estoit commandée par Mr
le Marquis de Val deCanas;
nostre gauche par Mr le
Comte d'Aguilar,& nostre
centre d'Infanterie par
Mr le Comte de las Torrés,
au deffaut de Mr le
Marquis de Thouy qui avoit
estéblessé la veille à la main
& au pied, & qui ne laissa
pas,malgré toutes les remontrances
qu'on luy faisoit,
de combattre à la te-fte
d'un Escadron ; les Ennemis
à la portée du canon en
mirent vingt pieces en batterie
avec deux mortiers:
le nostre costé nous en mimes
22.pieces. Sur les deux
~eures la canonnade commençant
de part & d'au-
~e,le Roy passa à la droite,
ontre laquelle jcs Ennemis
voient dressé une batterie
leneufpieces, qui faifoienc
~un
feu très-vif.Monsieur
de Vendosme passa à la gauche
& dés qu'il fut arrivé
l'Armée marcha. Nostre
droite que le Roy conduisoit
passa un grand ravin,
& se reforma en presence
de l'Ennemi du costé de
Villa viciosa, qui a donné le
nom à cette Bataille. Monsieur
de Vendosme estantà
la gauche envoya ordre à
Mr Mahoni, qui commandoit
le Corps de Dragons
de marcher au grand
trot, & de gagner les derrieres
des Ennemis pour faciliter
la jonction de Mr de
Bracamonté,qui arriva avec
mille chevaux précisément
à l'heure qui luy avoit esté
prescrite dans le temps que
les deux Armées estoient aux
mains. Cette précaution
nous donna le moyen de gagner
les derrieres de leur Infanterie
, où la Cavalerie de
nostre droite avoir penetré ,
en renversant l'aîle gauche
quîluyestoitopposée. Cette
Infanterie ainsi enveloppée
,fitd esefforts de valeur
si étonnans qu'elle gagna
même duterrain sur la nôtre,
ce qui a fait dire dans
quelques Lettres, qu'elle
avoit plié d'abord. Mais enfin
les Gardes Walonnes &
Espagnoles percerent les
deux Lignes & la Reserve
des Ennemis,& renversérent
un gros Bataillon quarré
au milieu duquel estoit
Mr de Staremberg. Les
Gardes du Roy avec le Regiment
de a Reine commandé
par' Mrle Marquis
de Reaucour, penetrerent
deux fois le centre des Ennemis
,& il ne se seroit pas
fauvé un homme sans la
nuit quisavorisa la retraite
d'une partie decette Infanterie
qui se retira avec preci
pitation du cofté de Siguença.
Il nous est resté avec le
Champ de Bataille, vingt
piéces de canon,deux Mortiers
, tous les équipages
d'Artillerieavecquantitéde
chariots longs,attelezchacun
de huit Mulets;ceschariots
sont nommez Galleres
par les Espagnols. Parmi les
Bagages, il s'esttrouvé environ
huit millefusils. Mr
Mahoni a pris d'un autre
:osié sept cens Mulets chargez
, & les Troupes fefonr
enrichies du butin que les
ennemis avoient pillé dans
la Castille. On Soldat courut
porter à Monsieur de
Vendoime, un Ecendart qu'-
il avoit pris, & refusa l'argent
que ce Prince vouloit
luy donner;illuy dit en luy
montrant une bourse pleine
d'or,voila ce que l'ongagne en
combattant pourson Roy.
Il est demeuré plus de
quatre mille hommes sur le
Champ de Bataille, & on a
fait trois mille prifonniersy,
parmi lesquels font Mr de 1
Belcastel,
Belcastel, Commandant les
Troupes deHollande, Mr
leS.Amant,Lieutenants
Generaux,&un grand nom. -
ne d'autres Omciers.; outre
leux mille trois cens autres
risonniers
,
presque tous
Cavaliers, qui ont esté pris
ar Mr de Vallejo le lendemain
de la Bataille. En forque
decestrois journées,
ous avons neuf mille prionnierseffectifs.
Il y a quanté
de-Drapeaux , d'Etenarts
, & de Timbales;on
en sçait pas le nombre,
arcequ'on en apportoit encore
lois que.Mr deZuniga
est parti pour apposer
ce détail au Roy. Loçfcjtjc
sa Majesté Cajthpliqwe l'a
dépesché,on ne f<jqvjûiitpa$
non plus au juste, latv>r#:
bre desmorts & des blessez
, tant ducoftp.âe.$cru>crnief
que cJecelVy;cUs££psrt
gnoltyquiQaripcfrdftfàsn
PedrodeRonquillo,-.tué
danslaBataille,&Mr le
ComtedûRucetoondetle
premier MiréchaldcGar$>p,
& le dernier Brigadier, mort
des blesures qu'il avoit re-t
çuës la veille àla prise do &nht~ ';,
Mt Maboni poursuivoit
vivement le General
Staremberg
; on assurequ'-
ill'avoitatteint, &fait sommerdeserendre;
onattend
unCourrier pour estre éclaircidelafin
de cette grande
affaire.
* On aprend qu'onapris
encore autres deux mille
hommes aprés la déroute.
•.
Extrait d',une Lettre de
devant Gironne.
Mr le Duc de Noailles
alla camper le 14. à Cervia
& le 15. on a investi Gironne
; tous les Miquclets&
Sommetans des Ennemis,
voulant disputerun costé de
la Montagne, ont esté repoussez
& défaits par Mr de
Planque.
On vient d'apprendre depuis
cette Lettre que la tranchée
est ouverte devant Gironne
,& que Mr le Duc de
Noailles est parti avec une
bonne partie de sa Cavalc
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Les forces ennemies, après avoir quitté Tolède, se dirigèrent vers l'Aragon en divisant leur armée en plusieurs corps pour se protéger mutuellement. Le roi d'Espagne, afin de dissimuler ses intentions, se rendit à Madrid avec Monsieur de Vendôme, tandis que les troupes espagnoles se préparèrent à attaquer les ennemis. Le roi ordonna à un détachement de grenadiers et de cavalerie de marcher rapidement pour intercepter les ennemis. Le 7 décembre, le roi et Vendôme arrivèrent à Alcala et apprirent la présence d'un régiment ennemi à proximité. Don Feliciano de Bracamonte surprit et captura ce régiment. Le 9 décembre, le roi d'Espagne informa la reine de la capture de huit bataillons et huit escadrons ennemis à Brihuega, après un assaut intense. Les ennemis, bien retranchés, furent finalement contraints de se rendre. Parmi les prisonniers figuraient les généraux Stanhope, Wills et Carpenter. Le roi d'Espagne, ayant appris que Stanhope était à Brihuega, marcha vers la ville et ordonna un assaut. Après une bataille acharnée, les ennemis capitulèrent. Le roi et Vendôme se préparèrent ensuite à affronter le comte de Starhemberg, qui avançait avec des renforts. Le 10 décembre, les deux armées s'affrontèrent près de Villa-Viciosa. Les troupes espagnoles, bien commandées, parvinrent à envelopper et à repousser les ennemis, capturant de nombreux prisonniers et du matériel. Dans les jours suivants, les troupes espagnoles continuèrent à faire des prisonniers et à capturer des drapeaux et des timbales. Le duc de Noailles, quant à lui, investit Gironne et repoussa les forces ennemies qui tentaient de défendre la montagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1-48
Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Début :
GENERAUX. Mr le Mareschal, Duc de Villars. Mr le Mareschal [...]
Mots clefs :
Brigadiers, Roi, Duc, Cavalerie, Lieutenant, Ligne, Infanterie, Bataille, Dragons, Armée, Généraux, Ordre de bataille, Escadrons, Bataillons, Flandres, Officiers généraux, Réserve, Alliés, Allemagne, Détachement, Corps, Total
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Ordre de BatailledeILArmée:
duRoy en Flandres.
GENERAUX.
Mr le Mareschal
,
Duc de
Villars.
Mr le Mareschal de Mon-
-
tesquiou.
Lieutenans Généraux de la
premiere ligne.
Mrs Gassion, Prince de
Rohan, Mezieres, la Valliere
,
Destain, Albergothy,
Croisy, Duc de Guiche
, Maulevrier
,
Hautefpre.
Maréchaux de Camp.
Mrs de Silly
,
le Vidame
,
Chasteau
-
Morand,
Choiseul, Rooth
,
Duc de
Mortemart, Nangis, Ravignan.
Brigadiers.
MrsBerville,Suzy, Castel-
Moron,laTremoille,
Krakemberg
,
Courtage
Choiseul, Saumery, Montbazon
,
Gassion,Dargelos,
Daubigné
,
Colandre,
Obrien
,
S. Simon, Bernholes,
Desrouville,Beaupuys,
Perissan,Seignelay,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS,
Colonelle Générale 3 crc.
Beautremont 3
G
CAVALERIE.
MaiConduRoy 13
13
Gendarmerie 8
8
Royal Picdmont 3
SrAgnan 2..
la Tremoille i
7
Royal Allemand 3 Rottembourg 2.
Dfûivpc i
7 Dauphin,
Prince Marfillae,.
2.
Montcil
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7
Choiseul, 1
Courcillon, 2. Dalzeau, z
( 6-
Chcrizy, z*
Royal Roussillon, 3
Commilfairc Générale 3
z
8
62. efc.
IN FANTERIE.
Picardie)
3 bat.
Bourbon, :, i
Nice, 16
Navarre, 3
Bourgogne, 2.
Monroux, 1
6
Bourbonnois, z
Languedoc) 1
Aunis, 2,
-. 6
Royal, 3
Royal Comtois, 2,
Daunay, 1
6
Les Vaisséaux, 3
La Marck, 1
Royal Italien, 1 6Lee,1 Obricn, 1
Dorington, 1
Galmoy, 1
OdondelJ 1
5
Gardes Françoises, 4
Gardes Suisses, 2.
*
Alfacc,a 4
Vczin, 2.
6
La Reine, 3
Haynault) z
Vaugc, I
6
Le Roy, 4
Foix, 1
6
pont, Dreux, Brendle, Lée,
Geoffreville.
Maréchaux de Camp.
Mrs Beauveau, Comte
de Nille
,
Lessars
,
Isenghien,
Mouchy, Miromesnil,
la Mark
,
Chevalier de
Roye.
Brigadiers.
mrs S. Poange, Gaydon,
Daulcane
,
Sandru ky
, Rios
,
Capy, Montal, S.
Morel, Depinay, la Chaux,
May, Grenets, Mercy
,
Sury
,
Lionne, de Lisle,
Remirecourt
,
Gondrin
Beringhen, Meleun,Saa. ,
SECONDE LIGNE.
CAVALERIE.
Colonelle Generale, 3 efc.
S.Poanges, 2.
Ligondez, 2
7 Chartres, 3
Maifontiers, 2-
Clermont, 1
7
Daultannc9
Villiers, z
Grandmonc
2. Aubeterrc"
2.
8
Brabant, 1 S.Phal, 2
Caycux, 1
6
Efclainvilliers,
Rios,zz, S. BHmonrJ
6
Montauban., z
Capy, z :
Cravattes, 3
7
41cfc.
INFANTERIE.
Poitou) z bar.
Lorraine, t
Miromelnil
, 2,
6
Tourraine, z
Charollais) A
Bugey, 2.
6
Limofia,
LaChauxI2.
Boufflcrs,
2.
1 yiliiers Suiflc
, 3
May, 3
6
Brcnqle, 3
SLJrbeçk) 3
6
Gardes de Bavière, 4
4
HefTy, 3
Phiffcr, 3
6
RoyalRoussillon, 2. Lionne,.2.
Laonnois,2.
ÀC
La Fere, 1
Tourncfis., 1
Beauce, 1
6
Tourville, 2.
Barrois, z*
Agenois, i
6
Greder Allemand 2.
Solrc, i
Gondrin, t
6
G3 bac.
CAVALERIE
a Reine) 3 efc.
Seringhen 3
iftaniol
, 1
S
AUTRE RESERVE.
**
Lieutenant General.
Mr de Broglie. Brigadiers,
Mrs Tarneau, Combout,
Pasteur.
CAVALLERIE.
Le Roy, 3efc.
La Tour, z
Beauveau, z
Tarneau, z
9
Combous, z
DuBcflcy, i
Biron, x
6
Houssards de Nerville, I
Pasteur, Dragons, 2.
3
- 18efc.
CAMP SEPARE'.
Lieutenans Generaux.
Mrs Sailly
,
Conflans
Reichberg, duRoZwl,S.,
Fremont.
Maréchaux de Camp.
Mrs S. Morrany
,
Santigny
,Prince Charles.
Brigadiers.
Mrs Nugent, Gassé, Danumis,
Jouy, Girault, S.
Micault,Locatelly, Cloys,
Prince de Bergets, Midefars
,
Flavacourt.
CAVALLERIE.
Royal Etranger, 3 etc.
Villeroy, 3
Nugent fi
,\ S
Dauphin Etranger, y
Vauldray
, '1 2.
Mitignon, 2.
,L , Ir
Bourgogne, 3 Gesvres,t , Viilcquicr, i
7
Orléans, 3
Villeprcux, 1
,
S
Dumalnc, 5
Frczin, z
S Condé, 3
Bourbon, 3
6
Arcobau, 3
Loccelly, 2.
S
Carabiniers, 10
10
Gardes d'Espagne 1,
Gardes de Bavierc z
4
DRAGONS.
Royal, z
Flavacourc, z
5
Gzcfc.
RESERVE.
Brigadiers
Mrs Livry, Se brcr.
INFANTERIE.
Bcüil i bac.
MIrabeau, 1
Nivcrnois, x
1
6
Perche, i
Cambrcfis 1
Spaar, i
6
il
AUTRE CORPS.
Lieutenans Generaux.
Mrs laFiezclicre, Bouzols,
Davaray.
Maréchaux de Camp.
Mrs Costa.Mîmur.
Brigadiers.
MrsThourotte, Montjoye,
Livry.
CAVALLERIE.
Tbourotte, 2.
efc;
Pardeilhan, x Raigecourt, i
6
Cossa)Bav. 3
Posh,Bav. 2.
S
Prince Lambesc,
3
Livry, 2.
Mettre de Camp Gencrale.,
3
8
41efc.
Royal Artillerie, 2. bar.
Bombardiers,
1
3
HoussardsdeRasky 3 etc.
camperont au Quartier
General.
Total des Escadrons,1jl.
TOfl des Bataillons,161.
On a fait depuis plusieurs
détachemens pour l'Allemia9nc.--
Ordrede Bataille de tArmée
des Alliez en Flandres,
commandée par le Duc de
Marlborough.
GENERAUX.
Le Duc deMarlborough,
le Comte de Tilly, le Prince
hereditaire de Hesse, Dopsf,
Prince d'Orange,Bulleau,
Lumelly.
Lieutenans Generaux.
Hompesch , P. H.Hembery
,
P. G. de Hesse
,
Esbach,
Heyden, Murray,
Palland, Holstein
-
Beck
, Rantzau, Withers,Norsh,
Orknay
,
Scoulembourg
, Cadogan, Mans, Temple,
Rosse, Word.
Autres Officiers Généraux.
Kellun, Bothmar Peutz,
S. Laurent, Prifoofe
,
Euvars,
Sibourg, Subin,Vegelin
,
Ranch
,
Ivoy, Hamilton
,
Exk, Pritzelvaitz,
Wittemberg
,
Strakembourg,
Chanclos,Salxemkeylbourg
, Brelembach ,
Hagn, Duvel, Sillion, Russel,
Morisson
,
Hamilton ,
Du Breüil, Stutter,Rublereu
,
Berchoffer, Douglas,
Leinkesfeld,Vorst, Loohaux
,Glinsha
,
Lalech , Sairs,Maesbag.
ESCADRONS.
Royal Ecossois, 3 d.
Royal Irlandois) 3
Lauly, 3
Cadogan, 1
Harwich
) 2
Palmes,
2.
Woord, I
Betmard
, 4
Elle, 3
Wight, t
S.Laurent, 2.
Frecha pcllc, 1
Grosk
, 2.
Pcurz) 1
Sculembourg, 2.
L':"ib, 2.92 Hagn, 4d.
BJlow, 4
BATAILLONS.
Gardes Britanniques, 2.
Royal, 1
Subin, 1
Newton, i
Hasford
, 1
Royal, 1
Privrofc, 1
Erram, 1
Duvcl
, 1
Selvin, 1 Prcftion,i Suron
, 1
Ingolsby, 1
Vecbb, l
SPibnoukrga, abh,I1 Ecclc,I Noorth
, 1 Hamilton,i Wym, 1
Orrcry) i
Gauvin, i
Greck. 1 Milevillc,i Dixprcmbouck, 1
Belling, i
Du Brciiil
, i
Rantzau, i
OrangeJ i
Fagel, i
Holfteinbeck, 1
May, 1
Wigers, 1
Prince Maximilicn, I
Marquel, 1 Lircdal,l Croonsprios, t
Croonsfront,i Chambricr, 1
Wondebourg, 1
CDouoglals)lioc,i1 Muray, 1
Gardes Hollandoifes, 3;
ESCADRONS.
Vandcrnach^ 6-
Tl-J 2,
Oyeu, 1- viiiingosf, 1
Grouvtfiin, 2.
Wirtcmberg
) z
Cralingc, 2.
Chanclosy x
Lalech
, 2.
Er bach
, 2.
Prince bereditaire) 2.
Gardes bleues, 2.
Gardes du Corps, 1
Carabiniers, 4
Srnittcrm, 4
Gardes, j
Generaux de la secondeLigne.
Albemarle. Fagel. Prince
d'Anhalt. ZD
Lieutenans Generaux.
Oyeu,Vittentorf, Lalech,
Athlone, Dohna,Colliers,
Landerfrankenfleiiinatimer.
Autres Officiers Generaux.
Doisting, Hackemborn,
DuPortail, De Veyne Trossel, Berg, Croon,,
GaLJvin, Hasuvoudent
,
Vixou se,Westimiler,Koppel
, Grovenstein, Du Portail
,
Comre Moornay ,
Shemesan,Bechleren,Wauters,
Vandersbeck
,
Wichfurst
, Rador
,
Recdert
Cofcritz, Chambricr, , May,
Smettingh
,
Cronstroon
Wallesf, Benthen, Hum-,
neilicn
,
Bechleren, Wictemhorf.
ESCADRONS.
Leib, 4d.
Etlbreigc, 4
Souvelzi, 4
Anspach, 4
Dorsflinguc, 4
Panevilz, 3
Lcib, 3 9*
Croonrprins, 3
Prince Philippe, 3
Heyden 1
Portai, 3
Cac, 1
Bataillons.
Gardes, 1 :
Leib, zJjt
Croonfprins, 3
Albregl, 2.
Lollern, x
Erpprins, 1 Alsdhna, 1 ;
Varenne, i
Jouy Dhona) i
Hcydcn, 1
Anhn & Zclbz, i
DTenrheol,ler,t1 Gromhonn> t
Cofcritz, i Scamaifter,I
Lerkoors, • 1
Buldeuvin, i
Deticur, 1
Telkelembcrg, 1
Rantzau, 1
Albcrmarle, 1
Scrccshcn, 1
Elft, 1
NSig.clMin, arais, i i Chareause, 1
Inncns, i
Pariot, 1
Maurice, 1
Bugwillz, 1
- Mjçcrail
, r
Dobrobiky, 1 Hauler 1
Bernard, 1
Groy
, 1
Pallannc, 34
Heyden,
,. 2.
llangercberg
, - 2,:
ESCADRONS.
Walleff, i
Hoflcmhomb
, 2.
Saxcmhcylberg
) z
ECK, 1
Humnclben, 1
Guichel, 1
Sgrabemvoir
, z
Voorlt, i
Rechtcren, z
Briftzeelw, 1
Athlonc, 2
Prince dOranse t Gardes du Co0rps,i Dopff, 4
Ordre de Bataille de ïArmie
des Alliez en Flandre, commandée
par le Prince Eugene.
GENERAUX.
Le Prince Eugene
Le Duc de Wirtemberg
,
Le Comte de Velen.
Lieutenans Generaux.
Averoche, Gor dorf
Schwcuzel,Wilcke, Mer-,
y.
GenerauxMajors.
Cheuse, Wessenfelz
Milhan, boisset, , Prince de
Heirc Philipidal
,
Sachen
) d'Albert, Sechembach
, Bonneval
,
Statzfelt, Souchon,
Prince Lobkowirz,
ESCADRONS.
CFolodnitzz,Ho,u[6[ardsd, j Palafi, 6d
Wefterlo, 3
Mercy, 6
LVccylcbn,,33Vd
BATAILLONS.
Holftcin, t
Baadcn, z
Grenadiers, i
Taftring, 1
Dalbcrt, t
Fechembag
, 1
WandcrbCCK, 1
CaGel, 1
Erf Prince Woffcn) 1 Bren Wolffen
, 1
Gardes de Heffc
) 1
Eftcrdc, t
SErçf PhrinwceederHizdlce,l.,111
Romeleny, 1
Sugnen, * T i
Bonnard, [
Preccrnis,
4
Boitfcc.,L11
VanftoKer, 1
Gardes Danoises,i
ESCADRONS.
Leib, Saxon. 4 yt.
Rcmcchcc, 4
Lcib, f1 Alfy-
Weilfenfeiczt , Erf.Prince Hcflc, 4
Chcux, Danois. 2.
Kneyl, 2.
LClb, 2, yt.
Wirtemberg, s
General de lasecondeLigne.
Le Comte de Felz.
Lieutenans Generaux.
Lagnace
,
Caunstz, Vander
bCIK, Schellarr.
Generaux Majors.
Schemetteau,Heynflein,
Sechendorf, La Roche Sterrifelz, , Vtien.
ESCADRONS.
Spleny) HoulTards,J
S. Amour,6d.
Dandignercs, i d.
Wirtembcrg) 4dé
FalKcftcin,6d.
Halzfclr) 3
Shcllart) 3
BATAILLONS.
Grenadiers Pafloc, 1
Sulzbach
, 1
Saxemrneymcing, 1
Iffelbach, 1
Grenad. Wirieïnberg, t
Harinans, 1
SternfeltzJ 2.
Schwartz, t
Etrcrfelz, 1
Caves, 1
Radtnge, 1 Dcucheft, 1
Prince George de He(îe,t
Koomugmac, i
Wcifll-nfelz, 1
WaKerbart, 1
Schendorf, 1
Getz) 1
Furrtemberg, t
Charprins, I
Gardes Saxe, 2.
ESCADRONS.
MilKan,
Spicgçl,1 4z Boinebourg, z
Avcrchcs, 4
Brochcdorf, +
Schemettcau,
Wlrtemberg, 1
Grabo, 1
Rantzau, 2,
Total des deux Armées,
Bataillons, 148
EfèadronsJ2,56
Les Alliez ont aussi fait
des détachemens pour rAl.
lemagne.
duRoy en Flandres.
GENERAUX.
Mr le Mareschal
,
Duc de
Villars.
Mr le Mareschal de Mon-
-
tesquiou.
Lieutenans Généraux de la
premiere ligne.
Mrs Gassion, Prince de
Rohan, Mezieres, la Valliere
,
Destain, Albergothy,
Croisy, Duc de Guiche
, Maulevrier
,
Hautefpre.
Maréchaux de Camp.
Mrs de Silly
,
le Vidame
,
Chasteau
-
Morand,
Choiseul, Rooth
,
Duc de
Mortemart, Nangis, Ravignan.
Brigadiers.
MrsBerville,Suzy, Castel-
Moron,laTremoille,
Krakemberg
,
Courtage
Choiseul, Saumery, Montbazon
,
Gassion,Dargelos,
Daubigné
,
Colandre,
Obrien
,
S. Simon, Bernholes,
Desrouville,Beaupuys,
Perissan,Seignelay,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS,
Colonelle Générale 3 crc.
Beautremont 3
G
CAVALERIE.
MaiConduRoy 13
13
Gendarmerie 8
8
Royal Picdmont 3
SrAgnan 2..
la Tremoille i
7
Royal Allemand 3 Rottembourg 2.
Dfûivpc i
7 Dauphin,
Prince Marfillae,.
2.
Montcil
, 1
7
Choiseul, 1
Courcillon, 2. Dalzeau, z
( 6-
Chcrizy, z*
Royal Roussillon, 3
Commilfairc Générale 3
z
8
62. efc.
IN FANTERIE.
Picardie)
3 bat.
Bourbon, :, i
Nice, 16
Navarre, 3
Bourgogne, 2.
Monroux, 1
6
Bourbonnois, z
Languedoc) 1
Aunis, 2,
-. 6
Royal, 3
Royal Comtois, 2,
Daunay, 1
6
Les Vaisséaux, 3
La Marck, 1
Royal Italien, 1 6Lee,1 Obricn, 1
Dorington, 1
Galmoy, 1
OdondelJ 1
5
Gardes Françoises, 4
Gardes Suisses, 2.
*
Alfacc,a 4
Vczin, 2.
6
La Reine, 3
Haynault) z
Vaugc, I
6
Le Roy, 4
Foix, 1
6
pont, Dreux, Brendle, Lée,
Geoffreville.
Maréchaux de Camp.
Mrs Beauveau, Comte
de Nille
,
Lessars
,
Isenghien,
Mouchy, Miromesnil,
la Mark
,
Chevalier de
Roye.
Brigadiers.
mrs S. Poange, Gaydon,
Daulcane
,
Sandru ky
, Rios
,
Capy, Montal, S.
Morel, Depinay, la Chaux,
May, Grenets, Mercy
,
Sury
,
Lionne, de Lisle,
Remirecourt
,
Gondrin
Beringhen, Meleun,Saa. ,
SECONDE LIGNE.
CAVALERIE.
Colonelle Generale, 3 efc.
S.Poanges, 2.
Ligondez, 2
7 Chartres, 3
Maifontiers, 2-
Clermont, 1
7
Daultannc9
Villiers, z
Grandmonc
2. Aubeterrc"
2.
8
Brabant, 1 S.Phal, 2
Caycux, 1
6
Efclainvilliers,
Rios,zz, S. BHmonrJ
6
Montauban., z
Capy, z :
Cravattes, 3
7
41cfc.
INFANTERIE.
Poitou) z bar.
Lorraine, t
Miromelnil
, 2,
6
Tourraine, z
Charollais) A
Bugey, 2.
6
Limofia,
LaChauxI2.
Boufflcrs,
2.
1 yiliiers Suiflc
, 3
May, 3
6
Brcnqle, 3
SLJrbeçk) 3
6
Gardes de Bavière, 4
4
HefTy, 3
Phiffcr, 3
6
RoyalRoussillon, 2. Lionne,.2.
Laonnois,2.
ÀC
La Fere, 1
Tourncfis., 1
Beauce, 1
6
Tourville, 2.
Barrois, z*
Agenois, i
6
Greder Allemand 2.
Solrc, i
Gondrin, t
6
G3 bac.
CAVALERIE
a Reine) 3 efc.
Seringhen 3
iftaniol
, 1
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AUTRE RESERVE.
**
Lieutenant General.
Mr de Broglie. Brigadiers,
Mrs Tarneau, Combout,
Pasteur.
CAVALLERIE.
Le Roy, 3efc.
La Tour, z
Beauveau, z
Tarneau, z
9
Combous, z
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Biron, x
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Houssards de Nerville, I
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3
- 18efc.
CAMP SEPARE'.
Lieutenans Generaux.
Mrs Sailly
,
Conflans
Reichberg, duRoZwl,S.,
Fremont.
Maréchaux de Camp.
Mrs S. Morrany
,
Santigny
,Prince Charles.
Brigadiers.
Mrs Nugent, Gassé, Danumis,
Jouy, Girault, S.
Micault,Locatelly, Cloys,
Prince de Bergets, Midefars
,
Flavacourt.
CAVALLERIE.
Royal Etranger, 3 etc.
Villeroy, 3
Nugent fi
,\ S
Dauphin Etranger, y
Vauldray
, '1 2.
Mitignon, 2.
,L , Ir
Bourgogne, 3 Gesvres,t , Viilcquicr, i
7
Orléans, 3
Villeprcux, 1
,
S
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Frczin, z
S Condé, 3
Bourbon, 3
6
Arcobau, 3
Loccelly, 2.
S
Carabiniers, 10
10
Gardes d'Espagne 1,
Gardes de Bavierc z
4
DRAGONS.
Royal, z
Flavacourc, z
5
Gzcfc.
RESERVE.
Brigadiers
Mrs Livry, Se brcr.
INFANTERIE.
Bcüil i bac.
MIrabeau, 1
Nivcrnois, x
1
6
Perche, i
Cambrcfis 1
Spaar, i
6
il
AUTRE CORPS.
Lieutenans Generaux.
Mrs laFiezclicre, Bouzols,
Davaray.
Maréchaux de Camp.
Mrs Costa.Mîmur.
Brigadiers.
MrsThourotte, Montjoye,
Livry.
CAVALLERIE.
Tbourotte, 2.
efc;
Pardeilhan, x Raigecourt, i
6
Cossa)Bav. 3
Posh,Bav. 2.
S
Prince Lambesc,
3
Livry, 2.
Mettre de Camp Gencrale.,
3
8
41efc.
Royal Artillerie, 2. bar.
Bombardiers,
1
3
HoussardsdeRasky 3 etc.
camperont au Quartier
General.
Total des Escadrons,1jl.
TOfl des Bataillons,161.
On a fait depuis plusieurs
détachemens pour l'Allemia9nc.--
Ordrede Bataille de tArmée
des Alliez en Flandres,
commandée par le Duc de
Marlborough.
GENERAUX.
Le Duc deMarlborough,
le Comte de Tilly, le Prince
hereditaire de Hesse, Dopsf,
Prince d'Orange,Bulleau,
Lumelly.
Lieutenans Generaux.
Hompesch , P. H.Hembery
,
P. G. de Hesse
,
Esbach,
Heyden, Murray,
Palland, Holstein
-
Beck
, Rantzau, Withers,Norsh,
Orknay
,
Scoulembourg
, Cadogan, Mans, Temple,
Rosse, Word.
Autres Officiers Généraux.
Kellun, Bothmar Peutz,
S. Laurent, Prifoofe
,
Euvars,
Sibourg, Subin,Vegelin
,
Ranch
,
Ivoy, Hamilton
,
Exk, Pritzelvaitz,
Wittemberg
,
Strakembourg,
Chanclos,Salxemkeylbourg
, Brelembach ,
Hagn, Duvel, Sillion, Russel,
Morisson
,
Hamilton ,
Du Breüil, Stutter,Rublereu
,
Berchoffer, Douglas,
Leinkesfeld,Vorst, Loohaux
,Glinsha
,
Lalech , Sairs,Maesbag.
ESCADRONS.
Royal Ecossois, 3 d.
Royal Irlandois) 3
Lauly, 3
Cadogan, 1
Harwich
) 2
Palmes,
2.
Woord, I
Betmard
, 4
Elle, 3
Wight, t
S.Laurent, 2.
Frecha pcllc, 1
Grosk
, 2.
Pcurz) 1
Sculembourg, 2.
L':"ib, 2.92 Hagn, 4d.
BJlow, 4
BATAILLONS.
Gardes Britanniques, 2.
Royal, 1
Subin, 1
Newton, i
Hasford
, 1
Royal, 1
Privrofc, 1
Erram, 1
Duvcl
, 1
Selvin, 1 Prcftion,i Suron
, 1
Ingolsby, 1
Vecbb, l
SPibnoukrga, abh,I1 Ecclc,I Noorth
, 1 Hamilton,i Wym, 1
Orrcry) i
Gauvin, i
Greck. 1 Milevillc,i Dixprcmbouck, 1
Belling, i
Du Brciiil
, i
Rantzau, i
OrangeJ i
Fagel, i
Holfteinbeck, 1
May, 1
Wigers, 1
Prince Maximilicn, I
Marquel, 1 Lircdal,l Croonsprios, t
Croonsfront,i Chambricr, 1
Wondebourg, 1
CDouoglals)lioc,i1 Muray, 1
Gardes Hollandoifes, 3;
ESCADRONS.
Vandcrnach^ 6-
Tl-J 2,
Oyeu, 1- viiiingosf, 1
Grouvtfiin, 2.
Wirtcmberg
) z
Cralingc, 2.
Chanclosy x
Lalech
, 2.
Er bach
, 2.
Prince bereditaire) 2.
Gardes bleues, 2.
Gardes du Corps, 1
Carabiniers, 4
Srnittcrm, 4
Gardes, j
Generaux de la secondeLigne.
Albemarle. Fagel. Prince
d'Anhalt. ZD
Lieutenans Generaux.
Oyeu,Vittentorf, Lalech,
Athlone, Dohna,Colliers,
Landerfrankenfleiiinatimer.
Autres Officiers Generaux.
Doisting, Hackemborn,
DuPortail, De Veyne Trossel, Berg, Croon,,
GaLJvin, Hasuvoudent
,
Vixou se,Westimiler,Koppel
, Grovenstein, Du Portail
,
Comre Moornay ,
Shemesan,Bechleren,Wauters,
Vandersbeck
,
Wichfurst
, Rador
,
Recdert
Cofcritz, Chambricr, , May,
Smettingh
,
Cronstroon
Wallesf, Benthen, Hum-,
neilicn
,
Bechleren, Wictemhorf.
ESCADRONS.
Leib, 4d.
Etlbreigc, 4
Souvelzi, 4
Anspach, 4
Dorsflinguc, 4
Panevilz, 3
Lcib, 3 9*
Croonrprins, 3
Prince Philippe, 3
Heyden 1
Portai, 3
Cac, 1
Bataillons.
Gardes, 1 :
Leib, zJjt
Croonfprins, 3
Albregl, 2.
Lollern, x
Erpprins, 1 Alsdhna, 1 ;
Varenne, i
Jouy Dhona) i
Hcydcn, 1
Anhn & Zclbz, i
DTenrheol,ler,t1 Gromhonn> t
Cofcritz, i Scamaifter,I
Lerkoors, • 1
Buldeuvin, i
Deticur, 1
Telkelembcrg, 1
Rantzau, 1
Albcrmarle, 1
Scrccshcn, 1
Elft, 1
NSig.clMin, arais, i i Chareause, 1
Inncns, i
Pariot, 1
Maurice, 1
Bugwillz, 1
- Mjçcrail
, r
Dobrobiky, 1 Hauler 1
Bernard, 1
Groy
, 1
Pallannc, 34
Heyden,
,. 2.
llangercberg
, - 2,:
ESCADRONS.
Walleff, i
Hoflcmhomb
, 2.
Saxcmhcylberg
) z
ECK, 1
Humnclben, 1
Guichel, 1
Sgrabemvoir
, z
Voorlt, i
Rechtcren, z
Briftzeelw, 1
Athlonc, 2
Prince dOranse t Gardes du Co0rps,i Dopff, 4
Ordre de Bataille de ïArmie
des Alliez en Flandre, commandée
par le Prince Eugene.
GENERAUX.
Le Prince Eugene
Le Duc de Wirtemberg
,
Le Comte de Velen.
Lieutenans Generaux.
Averoche, Gor dorf
Schwcuzel,Wilcke, Mer-,
y.
GenerauxMajors.
Cheuse, Wessenfelz
Milhan, boisset, , Prince de
Heirc Philipidal
,
Sachen
) d'Albert, Sechembach
, Bonneval
,
Statzfelt, Souchon,
Prince Lobkowirz,
ESCADRONS.
CFolodnitzz,Ho,u[6[ardsd, j Palafi, 6d
Wefterlo, 3
Mercy, 6
LVccylcbn,,33Vd
BATAILLONS.
Holftcin, t
Baadcn, z
Grenadiers, i
Taftring, 1
Dalbcrt, t
Fechembag
, 1
WandcrbCCK, 1
CaGel, 1
Erf Prince Woffcn) 1 Bren Wolffen
, 1
Gardes de Heffc
) 1
Eftcrdc, t
SErçf PhrinwceederHizdlce,l.,111
Romeleny, 1
Sugnen, * T i
Bonnard, [
Preccrnis,
4
Boitfcc.,L11
VanftoKer, 1
Gardes Danoises,i
ESCADRONS.
Leib, Saxon. 4 yt.
Rcmcchcc, 4
Lcib, f1 Alfy-
Weilfenfeiczt , Erf.Prince Hcflc, 4
Chcux, Danois. 2.
Kneyl, 2.
LClb, 2, yt.
Wirtemberg, s
General de lasecondeLigne.
Le Comte de Felz.
Lieutenans Generaux.
Lagnace
,
Caunstz, Vander
bCIK, Schellarr.
Generaux Majors.
Schemetteau,Heynflein,
Sechendorf, La Roche Sterrifelz, , Vtien.
ESCADRONS.
Spleny) HoulTards,J
S. Amour,6d.
Dandignercs, i d.
Wirtembcrg) 4dé
FalKcftcin,6d.
Halzfclr) 3
Shcllart) 3
BATAILLONS.
Grenadiers Pafloc, 1
Sulzbach
, 1
Saxemrneymcing, 1
Iffelbach, 1
Grenad. Wirieïnberg, t
Harinans, 1
SternfeltzJ 2.
Schwartz, t
Etrcrfelz, 1
Caves, 1
Radtnge, 1 Dcucheft, 1
Prince George de He(îe,t
Koomugmac, i
Wcifll-nfelz, 1
WaKerbart, 1
Schendorf, 1
Getz) 1
Furrtemberg, t
Charprins, I
Gardes Saxe, 2.
ESCADRONS.
MilKan,
Spicgçl,1 4z Boinebourg, z
Avcrchcs, 4
Brochcdorf, +
Schemettcau,
Wlrtemberg, 1
Grabo, 1
Rantzau, 2,
Total des deux Armées,
Bataillons, 148
EfèadronsJ2,56
Les Alliez ont aussi fait
des détachemens pour rAl.
lemagne.
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Résumé : Ordre de Bataille de l'Armée du Roy en Flandres.
Le document expose les ordres de bataille des armées en Flandres, en détaillant les forces françaises et alliées. L'armée française est dirigée par le Maréchal Duc de Villars et le Maréchal de Montesquiou. Les lieutenants généraux de la première ligne incluent Gassion et le Prince de Rohan, parmi d'autres. Les maréchaux de camp et brigadiers sont également répertoriés. Les troupes de cavalerie et d'infanterie sont spécifiées, avec des régiments tels que les Dragons, la Gendarmerie, et divers régiments de cavalerie et d'infanterie comme Picardie, Bourbon, et les Gardes Françaises. L'armée française compte 111 escadrons et 161 bataillons. L'ordre de bataille de l'armée alliée, sous le commandement du Duc de Marlborough, inclut des généraux comme le Comte de Tilly et le Prince héritier de Hesse. Les lieutenants généraux et autres officiers généraux sont également mentionnés. Les escadrons et bataillons alliés sont listés, avec des régiments comme les Gardes Britanniques, les Royal Écossais, et les Royal Irlandois. Les Alliés ont également effectué des détachements pour l'Allemagne. L'ordre de bataille de l'armée alliée commandée par le Prince Eugène comprend des généraux comme le Duc de Wurtemberg et le Comte de Velen. Les lieutenants généraux et généraux majors sont également listés. Les escadrons et bataillons incluent des régiments comme les Holstein, les Baden, et les Grenadiers. Au total, les deux armées comptent 148 bataillons et 256 escadrons. Les Alliés ont également effectué des détachements pour l'Allemagne.
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8
p. 305-309
NOUVELLES d'Espagne du premier Février 1712.
Début :
On travaille fortement aux recrues & aux nouvelles levées pour [...]
Mots clefs :
Espagne, Infanterie, Chevaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne du premier Février 1712.
NOUVELLES
d'Espagne du premier
Fevrier 1712.
Ontravaille fortement aux
recruës &"aux nouvelles levées pour la Campagne proFévrier 1712. CC
306 MERCURE
chaine, pour laquelle on
tient des Confeils de Guerre
en preſence du Roy. Le
25. du mois dernier le Due
de Vendofme arriva à Madrid, il alla d'abord faluer
leurs Majeftez avec left
quelles ils eurent une longue
Conference. On a déja
acheté pour cent mille efcus
de grains & cent mille
écus de chevaux, Le Conſeil
de Caluille a fufpendu pour
un an , le payement des
revenus , des droits , & des
domaines alienez. Quatre
cent chevaux de la garnifon
GALANT 307
de Badajoz , ont fait une
courfe en Portugal , & en
ont amené quatre mille
piéces de beftail , avec deux
cent chevaux ou mulets.
Le Duc de Vendofme en
quittants Cerveranylalaiffér
quatre Bataillons & le Regiment de Dragons del Valit
lejo, & le Comte d'Herfel
pouranyb commander , del
bonnes garnifons dans!
Agramunt , Balaguer &
Belpuch, voici comment le
refte des Troupes étoit en
quartier d'hyvers Vesi
La Cavaleries Françoife
Ccij
308 MERCURE
logée à Huefca & dans les
Villes voifines. Met 300
L'Infanterie Espagnole
dans la Conca de Trems &
dans la Viguerie de Lerida.
La Brigade des Irlandois
à Tetüel au deça de l'Ebro
Le Regiment des Afturiés à Daroca.
Dix Regimens de Cava-.
leric Espagnole dans le
Royaume.de Valence.cted
L'Infanterie Françoife a
Alcaniz , à Cafpé & àn
Tortofc.
Les Volontaires & les
Miquelets ayant voulu en-
GALANT 309
trer en Navarre, les peuples
ont pris les armes , les ont
battus & mis en fuite , &
en csonttitués un grand
nombre.
d'Espagne du premier
Fevrier 1712.
Ontravaille fortement aux
recruës &"aux nouvelles levées pour la Campagne proFévrier 1712. CC
306 MERCURE
chaine, pour laquelle on
tient des Confeils de Guerre
en preſence du Roy. Le
25. du mois dernier le Due
de Vendofme arriva à Madrid, il alla d'abord faluer
leurs Majeftez avec left
quelles ils eurent une longue
Conference. On a déja
acheté pour cent mille efcus
de grains & cent mille
écus de chevaux, Le Conſeil
de Caluille a fufpendu pour
un an , le payement des
revenus , des droits , & des
domaines alienez. Quatre
cent chevaux de la garnifon
GALANT 307
de Badajoz , ont fait une
courfe en Portugal , & en
ont amené quatre mille
piéces de beftail , avec deux
cent chevaux ou mulets.
Le Duc de Vendofme en
quittants Cerveranylalaiffér
quatre Bataillons & le Regiment de Dragons del Valit
lejo, & le Comte d'Herfel
pouranyb commander , del
bonnes garnifons dans!
Agramunt , Balaguer &
Belpuch, voici comment le
refte des Troupes étoit en
quartier d'hyvers Vesi
La Cavaleries Françoife
Ccij
308 MERCURE
logée à Huefca & dans les
Villes voifines. Met 300
L'Infanterie Espagnole
dans la Conca de Trems &
dans la Viguerie de Lerida.
La Brigade des Irlandois
à Tetüel au deça de l'Ebro
Le Regiment des Afturiés à Daroca.
Dix Regimens de Cava-.
leric Espagnole dans le
Royaume.de Valence.cted
L'Infanterie Françoife a
Alcaniz , à Cafpé & àn
Tortofc.
Les Volontaires & les
Miquelets ayant voulu en-
GALANT 309
trer en Navarre, les peuples
ont pris les armes , les ont
battus & mis en fuite , &
en csonttitués un grand
nombre.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne du premier Février 1712.
Le document du 1er février 1712 rapporte les préparatifs militaires en Espagne. Le duc de Vendôme est arrivé à Madrid le 25 janvier pour une conférence avec les souverains. Des achats de grains et de chevaux ont été réalisés pour cent mille écus chacun. Le Conseil de Castille a suspendu pour un an le paiement des revenus et des droits. Quatre cents chevaux de Badajoz ont mené une expédition au Portugal, ramenant du bétail et des chevaux. Le duc de Vendôme a quitté Cervera, laissant des troupes à Agramunt, Balaguer et Belpuig sous le commandement du comte d'Herfel. Les forces sont réparties entre la cavalerie française à Huesca, l'infanterie espagnole dans la Conca de Tremps et la Viguerie de Lerida, les Irlandois à Tetuán de la Frontera, les Asturies à Daroca, la cavalerie espagnole dans le royaume de Valence, et l'infanterie française à Alcañiz, Caspe et Tortosa. En Navarre, des volontaires et des miquelets ont été repoussés par les habitants, qui en ont capturé un grand nombre.
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9
p. 49-52
Nouvelle de Flandres.
Début :
Le Prince Eugene arriva le 25. a Tournay, où il a [...]
Mots clefs :
Ennemis, Arras, Cavalerie, Infanterie, Flandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle de Flandres.
Nouvelle de Flandres,
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
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Résumé : Nouvelle de Flandres.
En mai 1712, le Prince Eugène se rend à Tournai et réunit les officiers généraux pour un conseil de guerre. Les forces ennemies sont positionnées près du Wardre, avec leur droite à Ferin et leur gauche à Pequencourt, Douai étant derrière elles. Les Anglais sont campés à Pont-à-Rache, en attente du Duc d'Ormond. Les troupes alliées sont situées à May. Le 30 mai, l'armée française se rassemble près d'Oily pour camper en formation. Auparavant, la cavalerie était dispersée entre le Careler et Couturel, prête à avancer au signal de trois coups de canon. L'infanterie était cantonnée dans les villages entre Etrun sur l'Escaut et Montenencourt, occupant les passages stratégiques de la Sensée, de la Scarpe et des lignes au-delà d'Arras. Plusieurs escarmouches ont eu lieu, durant lesquelles les troupes du Roi ont toujours repoussé les ennemis. Un groupe de hussards ayant traversé l'Escaut a été capturé, et un autre parti ennemi a été défait près de Péronne.
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10
p. 52-55
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
La Reine a nommé les Officiers generaux qui serviront cette campagne [...]
Mots clefs :
Généraux, Reine, Angleterre, Greenwich, Infanterie, Brigardiers, Procureur général
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles d'Angleterre,
La Reine a nommé les
Officiers generaux qui ferviront cette campagne en
Flandres ſous le Duc d'Or,
mond.
Le Sieur Henry Lumley
a été fait General de la ca ,
valerie. Lb quon
Le Comte d'Orkney General de l'infanterie.
Le Sieur Charles Roffe
General des dragons.d ?
GALANT $3
Le Sieur Corneille Vood
& le Comte de Stairs Lieu!
tenans generaux de la cavalerie.
Le Sieur Henry Vvithers
& Milord North & Grey
Lieutenans generaux de
Kinfanterie.
Les Sieurs Kellum &
Charles Sibourg , Majors
generaux de la cavalerie.
Les Sieurs Gilbert Prim
rofe , Jofeph Sabine , Guillaume Evans , & le Comte
d'Orrery , Majors generaux
de l'infanterie.
Les Sieurs Knapier, PanE iij
34 MERCURE
ton , & Georges Preſton ,
Brigadiers de cavalerie.
Les Sieurs Richard Sutton , Henry Durel, Ruffel ,
Henry Morifon , & Jean
Corbet , Brigadiers d'infanterie.
Les Generaux Palmes
Cadogan &Temple ne fer
viront pas cette campagne.,
Le Duc d'Ormond par
tit le 20. pour aller s'embar
quer à Greenwich.
Le Chevalier Thomas
Hanmer s'eſt embarqué à,
Greenwich pour paffer en
Hollande.
GALANT SS
On dit qu'il eft chargé
d'une commiffion pour les
Erats Generaux.
Le Procureur General a
fair fçavoir auDuc de Marlborough qu'il avoit ordre
de le pourfuivre à la Cour,
de l'Echiquier , pour l'obliger à reftituer les deux &
demi pour cent qu'il a retenuspendant dix ans fur la
paye des troupes étrangeres , ce qu'on fait monter à
la fomme de quatre cent,
cinquante mille livres fterlins , ou à prés de fept mil,
lions monnoye de France.
La Reine a nommé les
Officiers generaux qui ferviront cette campagne en
Flandres ſous le Duc d'Or,
mond.
Le Sieur Henry Lumley
a été fait General de la ca ,
valerie. Lb quon
Le Comte d'Orkney General de l'infanterie.
Le Sieur Charles Roffe
General des dragons.d ?
GALANT $3
Le Sieur Corneille Vood
& le Comte de Stairs Lieu!
tenans generaux de la cavalerie.
Le Sieur Henry Vvithers
& Milord North & Grey
Lieutenans generaux de
Kinfanterie.
Les Sieurs Kellum &
Charles Sibourg , Majors
generaux de la cavalerie.
Les Sieurs Gilbert Prim
rofe , Jofeph Sabine , Guillaume Evans , & le Comte
d'Orrery , Majors generaux
de l'infanterie.
Les Sieurs Knapier, PanE iij
34 MERCURE
ton , & Georges Preſton ,
Brigadiers de cavalerie.
Les Sieurs Richard Sutton , Henry Durel, Ruffel ,
Henry Morifon , & Jean
Corbet , Brigadiers d'infanterie.
Les Generaux Palmes
Cadogan &Temple ne fer
viront pas cette campagne.,
Le Duc d'Ormond par
tit le 20. pour aller s'embar
quer à Greenwich.
Le Chevalier Thomas
Hanmer s'eſt embarqué à,
Greenwich pour paffer en
Hollande.
GALANT SS
On dit qu'il eft chargé
d'une commiffion pour les
Erats Generaux.
Le Procureur General a
fair fçavoir auDuc de Marlborough qu'il avoit ordre
de le pourfuivre à la Cour,
de l'Echiquier , pour l'obliger à reftituer les deux &
demi pour cent qu'il a retenuspendant dix ans fur la
paye des troupes étrangeres , ce qu'on fait monter à
la fomme de quatre cent,
cinquante mille livres fterlins , ou à prés de fept mil,
lions monnoye de France.
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le texte décrit des nominations militaires et des mouvements en Angleterre. La Reine a désigné les officiers généraux pour la campagne en Flandres sous le Duc d'Ormond. Les nominations incluent le Sieur Henry Lumley comme général de la cavalerie, le Comte d'Orkney comme général de l'infanterie, et le Sieur Charles Roffe comme général des dragons. Les lieutenants généraux de la cavalerie sont le Sieur Corneille Vood et le Comte de Stairs, tandis que le Sieur Henry Withers et Milord North & Grey occupent les mêmes fonctions pour l'infanterie. Les majors généraux de la cavalerie sont les Sieurs Kellum et Charles Sibourg, et ceux de l'infanterie sont les Sieurs Gilbert Primrose, Joseph Sabine, Guillaume Evans, et le Comte d'Orrery. Les brigadiers de cavalerie sont les Sieurs Knapier, Panton, et Georges Preston, et les brigadiers d'infanterie sont les Sieurs Richard Sutton, Henry Durel, Ruffel, Henry Morison, et Jean Corbet. Les généraux Palmes Cadogan et Temple ne participeront pas à cette campagne. Le Duc d'Ormond est parti le 20 pour s'embarquer à Greenwich, et le Chevalier Thomas Hanmer s'est embarqué pour la Hollande avec une commission pour les États Généraux. Par ailleurs, le Procureur Général a informé le Duc de Marlborough qu'il devait le poursuivre à la Cour de l'Échiquier pour restituer les deux et demi pour cent retenus sur la paie des troupes étrangères, montant à environ sept millions de monnaie française.
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11
p. 217-237
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
Début :
General. Mr le Maréchal Duc de Villars. Mr le Maréchal [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Armée de Flandres, Première ligne, Infanterie, Cavalerie, Dragons, Seconde ligne, Lieutenants, Réserve, Brigadiers, Maréchaux de camp, Général, Maréchal de Villars
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée de Flandres.
General.
Mr le Maréchal Duc de
Villars.
Mr. le Maréchal de
Montefquiou.
Lieutenants Generaux.
Hautefort , du Rofel ,
Rechberg , Jcoffreville
Septembre 1712. T
218 MERCURE
Puiffegure , Goefbriand ,
Duc de Guiche , Comte de
Villars Albergothy ,
Vivans , la Valliere , Prince
de Rohan, Saint Fremont.
>
Maréchaux de Camp.
Prince Charles , Comte
de Nille , Château- Morand,
Izanghuien , Montmorency, Duc de Mortemart ,
Rooth, Nangis, Choifeüil ,
Leffart , le Vidame, Silly.
Brigadiers.
Bellefond , Labillarderie ,
Caftelmoront, Saumery ,
GALANT. 219
Courtade , Kaukemberg ,
Choileul , Nugent , Montbazon , Periffant , Livoy ,
Beaupuys, Berrieux,Obrien ,
Lyonne , Aubigné , Bernoldt , Arling , Gaffion ,
Capy , Gacé , Dannifis Gi
rault , Saint Micault , Dauffkirck, Rouvroy, Paſteur ,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Royal,
Beauffremont ,
Lefpinay,
odus.cle
.
3.
3.
の
Tij
110 MERCURE
CAVALERIE.
Maifon du Roy,
Gendarmerie ,
13
&
21
Royal Rouffillon , 3
Cayeux,
Royal Piedmont , 3
Saint Agnan ,
Royal Allemand, 3
Rottenbourg,
Druhot ,
GALANT. 220
Prince Marcillac,
Choifcul ,
Courcillon ,
Nugent,
Villeroy, tionnoduc
Royal Etrangeryonel ♬
دم
61
INFANTERIESVOJ
Picardie ,
Royal Rouffillon ,
Aunay,
on 3 Bat.
6
Tiij
221 MERCURE
Picmont,
Bourgogne ,
Montroux ,
Bourbonnois ,
Mortemart
Nivernois,
youlliv
cua13 Lvos
10
Le Roy,
Royal Comtois I
6
LeMaine ,
Bacqueville, nuos
Bigotre,
0
GALANT. 223
Lée ,
Obrien ,
Odonel ,
Dorington,
Galmoy ,
3
Gardes Françoiles,
Gardes Suiffes ,
Royal ,
Royal la Marine,
Royal Italien ,
Bevil Broffe ,
Alface ,
3
2
6
4
Tiiij
224 MERCURE
Champagne,
Izanguien ,
Guyenne ,
3
I
Genfac ,
Deflandes ,
Navarre ,
70
6
CAVALERIE.
Cravattes ,
Capy,
Frezin ,
3 Efc.
GALANT. 555
Dauphin Etranger , 3
Vaudrey,
Schepy.
Bretagne,
Gefvres ,
Villequier ,
Dumaine ,
Prince Lambefc ,
Condé,
Bourbon ,
Arco-Baviere ,
Dauffkirck,
7
322
7
3
3
3
3
6
3
3
6
226 MERCURE
Carabiniers ,
Gardes Baviere ,
Gardes d'Eſpagne
DRAGONS.
Bonelle,
Paſteur ,
Flavacourt,
¿
Lieutenants Generaux.
10
Sailly , Mezieres , Vicu
3
GALANT. 227
pont , Dreux , Brandlée ,
Chevalier de Croiffy , Lée,
Bouzolde
Davaray.
Conflans
Maréchaux de Camp.
Mortany, Cofta , Chevalier del Roye, Mouchy,
Beuil , Mercy , Lambert ,
Comte de la Marck, Duc
de Duras Flavacourt ,
Beauveau,Arab isn
esackoT
Brigadiers.
Livry, Gaydon, Marte-
128 MERCURE
tevile, Ryos , la Tremoille,
Tourotte , Simiane , Saint
Morel, Crecy, Sebret, Lifle,
Greder, May, Altermalt,
Perrin, Colandre , Tricault,
Forfac ,
C
Jouy , Melun
Sandrafky, Saa, Poth.
SECONDE LIGNE
CAVALERIE
Colonel General ,
Toulouze ,
3
Livry,
GALANT. 227
Chartres
Efclainvillier
Aubeterre,
7
Marteville,
Ligondez ,
Joyeuſe ,
Rios ,
Vertamont
Raigecourt ,
6
Villepreux,
Dupalais ,
Dautanne ,
230 MERCURE
Tourotte ,
Saint Blimont ,
Simiane,
la Reyne,
42
INFANTERIE
Poitou ,
2 Bat.
Greder Allemand
Aunix,
6
Limofin ,
Boulonnois ,
Solre ,
zicleg, a
< 2
6
2
GALANT. 231
Perche ,
Sparre,
Santere ,
6
LaFere ,
Lorraine ,
Saint Second ,
Villars,
Greder,
Phiffer ,
Brandlée ,
May,
2
t 2
Iim im
m3
232 MERGURE
Heffy, any
Surbeck,
La Sarre ,
Perrin,
Prince Electoral,
Les Vaiffeaux ,
6
S
3
Lamarck,
Nice ,
Beauce,
Agenois ,
Lyonnois ,
GI
GALANT. 233
CAVALERIE,
Orleans , 3 Efc.
Villiers ,
Montauban ,
7
Dufief,
2
Meleun ,
Pardeilhant,
Forfac,
Paon ,
Brabant , CA
Gouffier ,
Brifac M
4
Septembre 1712. V
2
2
234 MERCURE.
Lenoncourt ,
Saint Phal ,
Flandres,
$
Cofta Baviere ,
Poth ,
6.
Cauferau ,
Beringhen ,
Commiffaire General ,
2
3
3.
8 ያ
42
Coigny Lieutenant General.
Pezeux Maréchal de
Camp.
GALANT. 235
Marbeuf.
Chatillon.
De Labre.
RESERVE.
DRAGONS.
La Reyne ,
Bretagne ,
Coettman ,
3
3
3
Guienne . 3
12
Pourieres ,
3
Chatillon ,
Parpaille
3
3.
Vij
236 MERCURE
Clermont ,
Saint Chaumont
Le Coigneux ,
De Labre ,
33
12
3
3
m
m
n
m
3
3
Broglio Lieutenant General.
Tarneau , Caubom.
RESERVE.
CAVALERIE.
Le Roy,
Beaujeu ,
Tarneau,
3 Elc.
2
GALANT. 237
Du Beffé ,
Beauvaire ,
La Tour,
7
D. de Granville ,
H. de Verfeille ,
17
Houffards de Ratzky,
3
3
Camperont au quartier
general.
Royal Artillerie ,
Bombardiers ,
Total Elcadrons
Total Bataillons ,
23
257
134
de l'Armée de Flandres.
General.
Mr le Maréchal Duc de
Villars.
Mr. le Maréchal de
Montefquiou.
Lieutenants Generaux.
Hautefort , du Rofel ,
Rechberg , Jcoffreville
Septembre 1712. T
218 MERCURE
Puiffegure , Goefbriand ,
Duc de Guiche , Comte de
Villars Albergothy ,
Vivans , la Valliere , Prince
de Rohan, Saint Fremont.
>
Maréchaux de Camp.
Prince Charles , Comte
de Nille , Château- Morand,
Izanghuien , Montmorency, Duc de Mortemart ,
Rooth, Nangis, Choifeüil ,
Leffart , le Vidame, Silly.
Brigadiers.
Bellefond , Labillarderie ,
Caftelmoront, Saumery ,
GALANT. 219
Courtade , Kaukemberg ,
Choileul , Nugent , Montbazon , Periffant , Livoy ,
Beaupuys, Berrieux,Obrien ,
Lyonne , Aubigné , Bernoldt , Arling , Gaffion ,
Capy , Gacé , Dannifis Gi
rault , Saint Micault , Dauffkirck, Rouvroy, Paſteur ,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Royal,
Beauffremont ,
Lefpinay,
odus.cle
.
3.
3.
の
Tij
110 MERCURE
CAVALERIE.
Maifon du Roy,
Gendarmerie ,
13
&
21
Royal Rouffillon , 3
Cayeux,
Royal Piedmont , 3
Saint Agnan ,
Royal Allemand, 3
Rottenbourg,
Druhot ,
GALANT. 220
Prince Marcillac,
Choifcul ,
Courcillon ,
Nugent,
Villeroy, tionnoduc
Royal Etrangeryonel ♬
دم
61
INFANTERIESVOJ
Picardie ,
Royal Rouffillon ,
Aunay,
on 3 Bat.
6
Tiij
221 MERCURE
Picmont,
Bourgogne ,
Montroux ,
Bourbonnois ,
Mortemart
Nivernois,
youlliv
cua13 Lvos
10
Le Roy,
Royal Comtois I
6
LeMaine ,
Bacqueville, nuos
Bigotre,
0
GALANT. 223
Lée ,
Obrien ,
Odonel ,
Dorington,
Galmoy ,
3
Gardes Françoiles,
Gardes Suiffes ,
Royal ,
Royal la Marine,
Royal Italien ,
Bevil Broffe ,
Alface ,
3
2
6
4
Tiiij
224 MERCURE
Champagne,
Izanguien ,
Guyenne ,
3
I
Genfac ,
Deflandes ,
Navarre ,
70
6
CAVALERIE.
Cravattes ,
Capy,
Frezin ,
3 Efc.
GALANT. 555
Dauphin Etranger , 3
Vaudrey,
Schepy.
Bretagne,
Gefvres ,
Villequier ,
Dumaine ,
Prince Lambefc ,
Condé,
Bourbon ,
Arco-Baviere ,
Dauffkirck,
7
322
7
3
3
3
3
6
3
3
6
226 MERCURE
Carabiniers ,
Gardes Baviere ,
Gardes d'Eſpagne
DRAGONS.
Bonelle,
Paſteur ,
Flavacourt,
¿
Lieutenants Generaux.
10
Sailly , Mezieres , Vicu
3
GALANT. 227
pont , Dreux , Brandlée ,
Chevalier de Croiffy , Lée,
Bouzolde
Davaray.
Conflans
Maréchaux de Camp.
Mortany, Cofta , Chevalier del Roye, Mouchy,
Beuil , Mercy , Lambert ,
Comte de la Marck, Duc
de Duras Flavacourt ,
Beauveau,Arab isn
esackoT
Brigadiers.
Livry, Gaydon, Marte-
128 MERCURE
tevile, Ryos , la Tremoille,
Tourotte , Simiane , Saint
Morel, Crecy, Sebret, Lifle,
Greder, May, Altermalt,
Perrin, Colandre , Tricault,
Forfac ,
C
Jouy , Melun
Sandrafky, Saa, Poth.
SECONDE LIGNE
CAVALERIE
Colonel General ,
Toulouze ,
3
Livry,
GALANT. 227
Chartres
Efclainvillier
Aubeterre,
7
Marteville,
Ligondez ,
Joyeuſe ,
Rios ,
Vertamont
Raigecourt ,
6
Villepreux,
Dupalais ,
Dautanne ,
230 MERCURE
Tourotte ,
Saint Blimont ,
Simiane,
la Reyne,
42
INFANTERIE
Poitou ,
2 Bat.
Greder Allemand
Aunix,
6
Limofin ,
Boulonnois ,
Solre ,
zicleg, a
< 2
6
2
GALANT. 231
Perche ,
Sparre,
Santere ,
6
LaFere ,
Lorraine ,
Saint Second ,
Villars,
Greder,
Phiffer ,
Brandlée ,
May,
2
t 2
Iim im
m3
232 MERGURE
Heffy, any
Surbeck,
La Sarre ,
Perrin,
Prince Electoral,
Les Vaiffeaux ,
6
S
3
Lamarck,
Nice ,
Beauce,
Agenois ,
Lyonnois ,
GI
GALANT. 233
CAVALERIE,
Orleans , 3 Efc.
Villiers ,
Montauban ,
7
Dufief,
2
Meleun ,
Pardeilhant,
Forfac,
Paon ,
Brabant , CA
Gouffier ,
Brifac M
4
Septembre 1712. V
2
2
234 MERCURE.
Lenoncourt ,
Saint Phal ,
Flandres,
$
Cofta Baviere ,
Poth ,
6.
Cauferau ,
Beringhen ,
Commiffaire General ,
2
3
3.
8 ያ
42
Coigny Lieutenant General.
Pezeux Maréchal de
Camp.
GALANT. 235
Marbeuf.
Chatillon.
De Labre.
RESERVE.
DRAGONS.
La Reyne ,
Bretagne ,
Coettman ,
3
3
3
Guienne . 3
12
Pourieres ,
3
Chatillon ,
Parpaille
3
3.
Vij
236 MERCURE
Clermont ,
Saint Chaumont
Le Coigneux ,
De Labre ,
33
12
3
3
m
m
n
m
3
3
Broglio Lieutenant General.
Tarneau , Caubom.
RESERVE.
CAVALERIE.
Le Roy,
Beaujeu ,
Tarneau,
3 Elc.
2
GALANT. 237
Du Beffé ,
Beauvaire ,
La Tour,
7
D. de Granville ,
H. de Verfeille ,
17
Houffards de Ratzky,
3
3
Camperont au quartier
general.
Royal Artillerie ,
Bombardiers ,
Total Elcadrons
Total Bataillons ,
23
257
134
Fermer
Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
En septembre 1712, l'ordre de bataille de l'Armée de Flandres est structuré en trois lignes : première ligne, seconde ligne et réserve. Les principaux officiers incluent le Maréchal Duc de Villars et le Maréchal de Montefquiou. Les lieutenants généraux sont Hautefort, du Rofel, Rechberg, Jcoffreville, Puiffegure, Goefbriand, Duc de Guiche, Comte de Villars, Albergothy, Vivans, la Valliere, Prince de Rohan, et Saint Fremont. Les maréchaux de camp comprennent le Prince Charles, Comte de Nille, Château-Morand, Izanghuien, Montmorency, Duc de Mortemart, Rooth, Nangis, Choiseul, Leffart, le Vidame, et Silly. Les brigadiers incluent Bellefond, Labillarderie, Castelmoront, Saumery, Courtade, Kaukemberg, Choiseul, Nugent, Montbazon, Periffant, Livoy, Beaupuys, Berrieux, O'Brien, Lyonne, Aubigné, Bernoldt, Arling, Gaffion, Capy, Gacé, Dannifis Girault, Saint Micault, Dauffkirck, Rouvroy, et Pasteur. Les unités de dragons, de cavalerie et d'infanterie sont détaillées. La première ligne comprend les dragons Royal, Beauffremont, Lefpinay, et les cavaleries Maison du Roy, Gendarmerie, Royal Rouffillon, Cayeux, Royal Piedmont, Saint Agnan, Royal Allemand, Rottenbourg, et Druhot. L'infanterie inclut les régiments Picardie, Royal Rouffillon, Aunay, Picardmont, Bourgogne, Montroux, Bourbonnois, Mortemart, Nivernois, Le Roy, Royal Comtois, Le Maine, Bacqueville, Bigorre, Lee, O'Brien, Odonel, Dorington, Galmoy, Gardes Françaises, Gardes Suisses, Royal, Royal la Marine, Royal Italien, Bevil Broffe, et Alface. La seconde ligne comprend des unités telles que le Colonel Général, Toulouze, Livry, Chartres, Esclainvillier, Aubeterre, Marteville, Ligondez, Joyeuse, Rios, Vertamont, Raigecourt, Villepreux, Dupalais, Dautanne, Tourotte, Saint Blimont, Simiane, et la Reyne. La réserve inclut les dragons La Reyne, Bretagne, Coettman, Guienne, Pourieres, Chatillon, Parpaille, Clermont, Saint Chaumont, Le Coigneux, De Labre, et les cavaleries Le Roy, Beaujeu, Tarneau, Du Beffé, Beauvaire, La Tour, D. de Granville, H. de Verfeille, et Houffards de Ratzky. Le total des escadrons est de 234 et celui des bataillons de 257.
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12
p. 89-99
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée du Rhin 1712.
Début :
Mr le Maréchal Du d'Harcourt. Mr le Maréchal de [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Armée du Rhin, Lieutenants généraux, Première ligne, Seconde ligne, Cavalerie, Infanterie, Dragons
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée du Rhin 1712.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée du Rhin 1712.
Mr le Maréchal Duc
d'Harcourt.
Mr le Maréchalde Bezons
Oftobre $
1712 712..
H
90 MERCURE
Lieutenants Generaux.
Mr de Sezanne.
Mr.le Comte DubourgMaréchal de Camp.
Mr le Chevalier d'Hautefort.
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Mr Berville , Brigadier.
Colonel General , 3 Efc.
Rouvroy,
GALANT: 91
CAVALERIE.
Mrs Dupuy & Dubourg ;
Brigadiers.
Royal ,
Roye ,
3
MN
2
Dupuy ,
Renncpont ,
15
INFANTERIE.
Lieutenants Generauxa
Mr de Pery.
M de Surville.
Hij
92 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Raffetot.
Mr Joul.
Mr Treceßon , Brigadier.
Leville ,
2 Bat.
Menoc ,
Beaujollois ,
2
G
MrMonbaftier, Brigadier.
Orleans ,
Berry
Bric
allivm2 ob)
2
GALANT. 93
Mr Guitau , Brigadier.
Roüergue ,
Pery ,
Turbilly,
Mt Du Vivier, Brigadier.
Auxerois ,
Chartres ,
Tallart,
C
21
2
I
27OSA
CAVALERI E.
Lieutenant Generals gal
Mrde Cheyladet.
94 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Quadt.
Mr de Rozen. !
MrFontaines , Brigadier.
Saint Germain ,
Fontaines ,
Montrevel,
Cuiraffiers ,
DRAGONS.
9
MrBoudeville , Brigadier.
Belocifle ,
3
Meftre de CampGeneral , 3
15
GALANT. 9 *
Bataillons ,
Escadrons ,
38.
64
SECONDE LIGNE.
Lieutenants General.
Mr de Levy.
Marechal de Camp
Mr de Belleport.
DRAGONS.
Lautrec,
Languedoc,
3Efc.
96 MERCURE
CAVALERIE.
Dauphin ,
Biron ,
Gramont ,
Saint Poüanges ,
IS.
-9
Lieutenants Generaux.
Mr de Monffereau.
Mr de la Chatre,
Maréchaux de Camp.
Mr de Maupeon.
Mr de Chamillart.
2
Infanterie
GALANT. 97
INFANTERIE.
Dauphin ,
Sourches ,
Tavannes ,
Condé,
Xaintonge ,
Orleannois ,
Royal Baviere ,
Toulouſe ,
3 Bat.
2
2
1
S
I
2
Saillants ,
Royal Artillerie ,
I
17..
Octobre 1712.
I
98 MERCURE
Lieutenant General.
MrlePrince de Talmont.
Maréchal de Camp.
Mr de Mimeurs.
CAVALERIE.
2 Efc.
44
Bouzols ,
Clefmont ,
2
Vaudemont ,
2
6
Bamotte,
Eftagnol,
Aubuffon ,
I
Houffards ,
6
Zed
2
CALANT. "
A Strasbourg , Biffy,
A Huningue , Duluc ,
Plus , deux Bacaillons de
Brie , aux Abbatis.
Deux d'Orleannois , à
T'Ifle de Neubourg.
Anguien un Bataillon ,
à Haguenau , Bruſenheim
& Saverne.
Deux Bataillons Daulnay,
à Strasbourg.
Total d'Infanterie , 42
Bataillons.
de l'Armée du Rhin 1712.
Mr le Maréchal Duc
d'Harcourt.
Mr le Maréchalde Bezons
Oftobre $
1712 712..
H
90 MERCURE
Lieutenants Generaux.
Mr de Sezanne.
Mr.le Comte DubourgMaréchal de Camp.
Mr le Chevalier d'Hautefort.
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Mr Berville , Brigadier.
Colonel General , 3 Efc.
Rouvroy,
GALANT: 91
CAVALERIE.
Mrs Dupuy & Dubourg ;
Brigadiers.
Royal ,
Roye ,
3
MN
2
Dupuy ,
Renncpont ,
15
INFANTERIE.
Lieutenants Generauxa
Mr de Pery.
M de Surville.
Hij
92 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Raffetot.
Mr Joul.
Mr Treceßon , Brigadier.
Leville ,
2 Bat.
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Beaujollois ,
2
G
MrMonbaftier, Brigadier.
Orleans ,
Berry
Bric
allivm2 ob)
2
GALANT. 93
Mr Guitau , Brigadier.
Roüergue ,
Pery ,
Turbilly,
Mt Du Vivier, Brigadier.
Auxerois ,
Chartres ,
Tallart,
C
21
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I
27OSA
CAVALERI E.
Lieutenant Generals gal
Mrde Cheyladet.
94 MERCURE
Maréchaux de Camp.
Mr de Quadt.
Mr de Rozen. !
MrFontaines , Brigadier.
Saint Germain ,
Fontaines ,
Montrevel,
Cuiraffiers ,
DRAGONS.
9
MrBoudeville , Brigadier.
Belocifle ,
3
Meftre de CampGeneral , 3
15
GALANT. 9 *
Bataillons ,
Escadrons ,
38.
64
SECONDE LIGNE.
Lieutenants General.
Mr de Levy.
Marechal de Camp
Mr de Belleport.
DRAGONS.
Lautrec,
Languedoc,
3Efc.
96 MERCURE
CAVALERIE.
Dauphin ,
Biron ,
Gramont ,
Saint Poüanges ,
IS.
-9
Lieutenants Generaux.
Mr de Monffereau.
Mr de la Chatre,
Maréchaux de Camp.
Mr de Maupeon.
Mr de Chamillart.
2
Infanterie
GALANT. 97
INFANTERIE.
Dauphin ,
Sourches ,
Tavannes ,
Condé,
Xaintonge ,
Orleannois ,
Royal Baviere ,
Toulouſe ,
3 Bat.
2
2
1
S
I
2
Saillants ,
Royal Artillerie ,
I
17..
Octobre 1712.
I
98 MERCURE
Lieutenant General.
MrlePrince de Talmont.
Maréchal de Camp.
Mr de Mimeurs.
CAVALERIE.
2 Efc.
44
Bouzols ,
Clefmont ,
2
Vaudemont ,
2
6
Bamotte,
Eftagnol,
Aubuffon ,
I
Houffards ,
6
Zed
2
CALANT. "
A Strasbourg , Biffy,
A Huningue , Duluc ,
Plus , deux Bacaillons de
Brie , aux Abbatis.
Deux d'Orleannois , à
T'Ifle de Neubourg.
Anguien un Bataillon ,
à Haguenau , Bruſenheim
& Saverne.
Deux Bataillons Daulnay,
à Strasbourg.
Total d'Infanterie , 42
Bataillons.
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée du Rhin 1712.
En octobre 1712, l'Armée du Rhin, dirigée par les Maréchaux Duc d'Harcourt et de Bezons, est organisée en deux lignes. La première ligne comprend les dragons de Mr Berville, les cavaleries de Mrs Dupuy et Dubourg, et l'infanterie des lieutenants généraux Mr de Pery et Mr de Surville, soutenus par plusieurs maréchaux de camp et brigadiers. Les régiments notables incluent Rouvroy, Royal, et Roye. La seconde ligne inclut les dragons de Mr de Levy et Mr de Belleport, la cavalerie de Mr de Montsereau et Mr de la Chatre, et l'infanterie sous les ordres de plusieurs lieutenants généraux et maréchaux de camp, avec des régiments tels que Dauphin, Sourches, et Tavannes. Les troupes sont déployées à Strasbourg, Huningue, l'île de Neubourg, Haguenau, Brusenheim, Saverne, et d'autres localités. L'infanterie totale compte 42 bataillons.
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13
p. 100-108
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de l'Empire, commandée par Monsieur le Duc de Wirtemberg.
Début :
Mr le Marquis de Vaubonne, General de Cavalerie. S. A. le [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Duc de Wirtemberg, Armée de l'Empire, Première ligne, Seconde ligne, Cavalerie, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de l'Empire, commandée par Monsieur le Duc de Wirtemberg.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée de l'Empire ,
commandée par Monfieurle
Duc de Wirtemberg.
Mr le Marquis de
Vaubonne , General de
Cavalerie.
S. A. le Prince Alexandre
F. M.
Mr.le Baron de Neubourg, General F. M.
Mrle Comte de la Tour,
General d'Artillerie.
Mr de Bitra , Lieutenant
General.
GALANT. 101
Mr le Baron d'Arvan ,
Lieutenant General.
Mr le Baron Bennebourg, Lieutenant General.
M. Leb de Reifchac ,
Lieutenant General.
Mr le Comte Zolleren ,
Lieutenant General.
Mr Fager , Lieutenant
General.
PREMIERE LIGNE.
CAVALERIE.
Haube, Brigadier.
Efc.
Schennebom Dragons , 6
Iiij
102 MERCURE
Gardes de Wirtemberg,
Neubourg,
Rhlefeldt ,
6
6.
19
INFANTERIE.
Weitenheim, Brigadier.
Grana Wurtburg, 1 Bat.
Gutenftein , I
Devend ,
I
Leye,
5
Prince de Bauren , Brigadier.
Hartfal,
Els
Erffa ,
S
1
I
GALANT. 103
Helmfteff, Brigadier
Zolleren, a
Benebourg,
2
3.
S
Seiboth ,
Brigadier.
Roth,
Reifchouh,
Bewend,
Brigadier.
Plifchau ,
Darnan ,
Franck Grana,
2
24
2
I
Liiij
194 MERCURE
CAVALERIE. -
Hacberg, Brigadier.
Naffaw ,
Darmstatt ,
4
Hanover 6
Bibrå :
17
SECONDE LIGNE.
Mr le Baron d'Enfberq,
Lieutenant General.
GALANT. 105
Mr le Baron de Roth ,
Lieutenant General. -
CAVALERIE.
Pfuhl, Brigadier.
4
d'Etingen Dragons, 4 Eſc.
Fugger,
Erb. Prince Wirt.
I
12.
4
4
Bretlach,
Brigadier.
Nagel,
Holſtein ,
4
2
106 MERGURE
INFANTERIE,
Taxheim, Brigadier.
Helmftett, 13 Bat.
Taxheim , 2
S
Schelling, Brigadier.
Hrem 2 ,
Darmftat ,
Simiere ,
A
I
GALANT 107
ARTILLERIE.
Mrs Berzety, Vauchan, I
Brigadiers.
Durlach ,
Baden,
Enfberg,
6
2
2
2
CAVALERIE.
Feminger, Brigadier.
Mekembourg , 2 Efca..
Bernefau ,
2
4
108 MERCURE
Nagel, Brigadier
Beraifth ,
Saxen Gotha,
Feminger,
Efterhazy,
Balbozehay ,
8
Total , Efcadrons ,
و
4
Houff
4
76.
Total "
, Bataillons , 39.
de l'Armée de l'Empire ,
commandée par Monfieurle
Duc de Wirtemberg.
Mr le Marquis de
Vaubonne , General de
Cavalerie.
S. A. le Prince Alexandre
F. M.
Mr.le Baron de Neubourg, General F. M.
Mrle Comte de la Tour,
General d'Artillerie.
Mr de Bitra , Lieutenant
General.
GALANT. 101
Mr le Baron d'Arvan ,
Lieutenant General.
Mr le Baron Bennebourg, Lieutenant General.
M. Leb de Reifchac ,
Lieutenant General.
Mr le Comte Zolleren ,
Lieutenant General.
Mr Fager , Lieutenant
General.
PREMIERE LIGNE.
CAVALERIE.
Haube, Brigadier.
Efc.
Schennebom Dragons , 6
Iiij
102 MERCURE
Gardes de Wirtemberg,
Neubourg,
Rhlefeldt ,
6
6.
19
INFANTERIE.
Weitenheim, Brigadier.
Grana Wurtburg, 1 Bat.
Gutenftein , I
Devend ,
I
Leye,
5
Prince de Bauren , Brigadier.
Hartfal,
Els
Erffa ,
S
1
I
GALANT. 103
Helmfteff, Brigadier
Zolleren, a
Benebourg,
2
3.
S
Seiboth ,
Brigadier.
Roth,
Reifchouh,
Bewend,
Brigadier.
Plifchau ,
Darnan ,
Franck Grana,
2
24
2
I
Liiij
194 MERCURE
CAVALERIE. -
Hacberg, Brigadier.
Naffaw ,
Darmstatt ,
4
Hanover 6
Bibrå :
17
SECONDE LIGNE.
Mr le Baron d'Enfberq,
Lieutenant General.
GALANT. 105
Mr le Baron de Roth ,
Lieutenant General. -
CAVALERIE.
Pfuhl, Brigadier.
4
d'Etingen Dragons, 4 Eſc.
Fugger,
Erb. Prince Wirt.
I
12.
4
4
Bretlach,
Brigadier.
Nagel,
Holſtein ,
4
2
106 MERGURE
INFANTERIE,
Taxheim, Brigadier.
Helmftett, 13 Bat.
Taxheim , 2
S
Schelling, Brigadier.
Hrem 2 ,
Darmftat ,
Simiere ,
A
I
GALANT 107
ARTILLERIE.
Mrs Berzety, Vauchan, I
Brigadiers.
Durlach ,
Baden,
Enfberg,
6
2
2
2
CAVALERIE.
Feminger, Brigadier.
Mekembourg , 2 Efca..
Bernefau ,
2
4
108 MERCURE
Nagel, Brigadier
Beraifth ,
Saxen Gotha,
Feminger,
Efterhazy,
Balbozehay ,
8
Total , Efcadrons ,
و
4
Houff
4
76.
Total "
, Bataillons , 39.
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de l'Empire, commandée par Monsieur le Duc de Wirtemberg.
Le document décrit l'ordre de bataille de l'Armée de l'Empire, dirigée par le Duc de Wirtemberg. Les principaux officiers incluent le Marquis de Vaubonne, Général de Cavalerie, le Prince Alexandre, le Baron de Neubourg, Général de la Force Militaire, le Comte de la Tour, Général d'Artillerie, et plusieurs Lieutenants Généraux tels que le Baron d'Arvan, le Baron Bennebourg, le Baron de Reifschac, le Comte Zolleren et M. Fager. L'armée est structurée en plusieurs lignes et unités. La première ligne comprend des unités de cavalerie et d'infanterie. La cavalerie est dirigée par des brigadiers comme Haube et Hacberg, avec des régiments tels que les Dragons de Schenebom et les Gardes de Wirtemberg. L'infanterie est dirigée par des brigadiers comme Weitenheim et le Prince de Bauren, avec des bataillons comme le Grana Wurtburg et le Devend. La seconde ligne inclut également des unités de cavalerie et d'infanterie, dirigées par des brigadiers comme Pfuhl et Taxheim. L'artillerie est dirigée par des brigadiers comme Berzety et Vauchan, avec des unités comme celles de Durlach et de Baden. L'armée compte 76 escadrons de cavalerie et 39 bataillons d'infanterie.
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14
p. 265-270
ETAT DES TROUPES Allemandes qui font Campagne avec celles de M. le Duc de Savoye en Juillet 1712.
Début :
INFANTERIE Imperiale. Regimens. Hommes. 1 Herbeitein. 1140. 2 Thaun. 1140. [...]
Mots clefs :
État des troupes, Troupes allemandes, Duc de Savoie, Infanterie, Heiduques, Cavalerie, Troupes de saxe
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texteReconnaissance textuelle : ETAT DES TROUPES Allemandes qui font Campagne avec celles de M. le Duc de Savoye en Juillet 1712.
ETAT DES TROUPES
Allemandes qui font
Campagne avec celles
de M. le Duc de Savoye
en Juillet 1712.
INFANTERIE
Imperiale.
Regimens.
Hommes
I Herbeitein. 1140.
2 Thaun.
1140.
3 Bareith. 1140.
Octobre 1712.
Z
VACALANT. 166
Regimens.
4.Virtemberg.
Hommes,
1140,
5 Maxftaremberg. 1140.
7 Konigleek.
6 Gripan.
&
Regal.
10. Barach.
Zumicmghen.
1140.
1140.
1140.
I140.
1140.
IT Vachtendonck , cy- devant Volfenbutel. 1140,
HEIDUQUE S..
12. Guilay.
Canonniers &Bombardiers.
Total.
400.
300.
13240.
GALANT. 267
CAVALERIE.
Imperiale.
Regimens.
Hommes
Viſconty.
660.
Martiny.
900,
Duhautoy. 900
HOUSSARD S.
Erbergheny.
200.
Total- 2660.
INFANTERIE
de l'Electeur de Brandebourg.
Zij
168 MERCURE
Regimens.
Hommes.
1 Orange. 1050.
2 Prince Philippe 1050,
3
5 Prince Danhalt. 1050.
4 Prince Chriſtian Louis.
1050.
5 Holſtein. 600.
6 Valdebourg.
600.
7 Onau.
600.
Total. 6000.
TROUPES DE SAXE
Gotha,
Prince George. 400.
Prince Frederic. 400.
GALANT 269
DRAGONS.
Regimens.
Hommes
Prince de Saxe. 300.
Greffenderff. 300.
Total. 1400
RECAPITULATION,
Infanterie Imperiale. 13240
Cavalerie Imperiale. 2660
Infanterie de l'Electeur de
Brandebourg.
6000.
Infanterie de Saxe Gotha.
800.
Z iij
270 MERCURE
Regimens.
Hommes.
Dragons de Saxe Gotha.
Total.
600%
23300.
Allemandes qui font
Campagne avec celles
de M. le Duc de Savoye
en Juillet 1712.
INFANTERIE
Imperiale.
Regimens.
Hommes
I Herbeitein. 1140.
2 Thaun.
1140.
3 Bareith. 1140.
Octobre 1712.
Z
VACALANT. 166
Regimens.
4.Virtemberg.
Hommes,
1140,
5 Maxftaremberg. 1140.
7 Konigleek.
6 Gripan.
&
Regal.
10. Barach.
Zumicmghen.
1140.
1140.
1140.
I140.
1140.
IT Vachtendonck , cy- devant Volfenbutel. 1140,
HEIDUQUE S..
12. Guilay.
Canonniers &Bombardiers.
Total.
400.
300.
13240.
GALANT. 267
CAVALERIE.
Imperiale.
Regimens.
Hommes
Viſconty.
660.
Martiny.
900,
Duhautoy. 900
HOUSSARD S.
Erbergheny.
200.
Total- 2660.
INFANTERIE
de l'Electeur de Brandebourg.
Zij
168 MERCURE
Regimens.
Hommes.
1 Orange. 1050.
2 Prince Philippe 1050,
3
5 Prince Danhalt. 1050.
4 Prince Chriſtian Louis.
1050.
5 Holſtein. 600.
6 Valdebourg.
600.
7 Onau.
600.
Total. 6000.
TROUPES DE SAXE
Gotha,
Prince George. 400.
Prince Frederic. 400.
GALANT 269
DRAGONS.
Regimens.
Hommes
Prince de Saxe. 300.
Greffenderff. 300.
Total. 1400
RECAPITULATION,
Infanterie Imperiale. 13240
Cavalerie Imperiale. 2660
Infanterie de l'Electeur de
Brandebourg.
6000.
Infanterie de Saxe Gotha.
800.
Z iij
270 MERCURE
Regimens.
Hommes.
Dragons de Saxe Gotha.
Total.
600%
23300.
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Résumé : ETAT DES TROUPES Allemandes qui font Campagne avec celles de M. le Duc de Savoye en Juillet 1712.
En juillet 1712, les troupes allemandes engagées dans la campagne avec le Duc de Savoie comprenaient divers régiments d'infanterie et de cavalerie. L'infanterie impériale se composait de treize régiments totalisant 13 240 hommes, incluant des régiments tels que Herbeitein, Thaun, Bareith, Virtemberg, Maxftaremberg, Gripan, Barach, Zumicmghen, et Vachtendonck, ainsi que des unités de canonniers et bombardiers. La cavalerie impériale comptait quatre régiments totalisant 2 660 hommes, parmi lesquels Visconty, Martiny, Duhautoy, et Erbergheny. L'infanterie de l'Électeur de Brandebourg comprenait sept régiments totalisant 6 000 hommes, comme Orange, Prince Philippe, Prince Danhalt, Prince Christian Louis, Holstein, Valdebourg, et Onau. Les troupes de Saxe-Gotha incluaient deux régiments d'infanterie totalisant 800 hommes, commandés par le Prince George et le Prince Frédéric, ainsi que deux régiments de dragons totalisant 600 hommes, commandés par le Prince de Saxe et Greffenderff. Au total, les effectifs s'élevaient à 23 300 hommes.
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15
p. 294-297
Disposition des troupes de l'armée de Dauphiné.
Début :
Infanterie. En Queras, aux ordres de M. le Chevalier de [...]
Mots clefs :
Armée du Dauphiné, Disposition des troupes, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : Disposition des troupes de l'armée de Dauphiné.
Difpofition des troupes de l'armée de Dauphiné.
Infanterie.
En Queras , aux ordres de
M. le Chevalier de Miro
menil , 2. bataillons.
Montaifon, 2. bataillons.
A Chanla du Col , la
Bour ,
2. bataillons.
A Rouillé , Sommery
dragons , 3.efcadrons.
ASezannes , Seve , 1. bat.
Sur le Mont Geneve, Bellafaire , 1. bataillon
GALANT... 295
Au col de l'Echelle , Vivarés ,
1. bataillon.
En Barcelonette , aux ordres de M. le Guerchois , la
Chennelaye , 2. bataillons.
Olleron ,
2.bataillons.
A Colmar, aux ordres de
M. d'Asfeld , Caftellas Suiffes , 3.
bataillons.
Caylus dragons , 3. efcad.
S. Martin d'Arc , aux ordres de M. de Maulevrier ,
Vermandois ,. 2. bat.
Thierache , 2. bat.
gon's ,
Afaint Jean , Foix dra3. eſcadrons.
A la tête de la TarenBb iiij.
296 MERCURE
taife , aux ordres de M. de
Prades ,
Damas,
La Lande dragons , 3 efcad.
Brie ,
2. bac
3. efcad
.
A Conflans
, aux ordres
.
de M. de Mauroy
, du
Troncq,
3. efcad.
Heudicourt , 2. efcad.
Mallau , 2. efcad.
Germinon, 2. efcad.
Marcillac , 2. eſcad.
ANice,
d'Egrigny, 2.bat.
A
Villefranche ,
-Payfac, 1. bat.
AMonaco , Royal Rouf
fillon ,
1. bat
A
Briançon , Royal Ar-
GALANT 297
tillerie ,
1 bataillon.
Bataillons 27.
Eſcadrons 26
Infanterie.
En Queras , aux ordres de
M. le Chevalier de Miro
menil , 2. bataillons.
Montaifon, 2. bataillons.
A Chanla du Col , la
Bour ,
2. bataillons.
A Rouillé , Sommery
dragons , 3.efcadrons.
ASezannes , Seve , 1. bat.
Sur le Mont Geneve, Bellafaire , 1. bataillon
GALANT... 295
Au col de l'Echelle , Vivarés ,
1. bataillon.
En Barcelonette , aux ordres de M. le Guerchois , la
Chennelaye , 2. bataillons.
Olleron ,
2.bataillons.
A Colmar, aux ordres de
M. d'Asfeld , Caftellas Suiffes , 3.
bataillons.
Caylus dragons , 3. efcad.
S. Martin d'Arc , aux ordres de M. de Maulevrier ,
Vermandois ,. 2. bat.
Thierache , 2. bat.
gon's ,
Afaint Jean , Foix dra3. eſcadrons.
A la tête de la TarenBb iiij.
296 MERCURE
taife , aux ordres de M. de
Prades ,
Damas,
La Lande dragons , 3 efcad.
Brie ,
2. bac
3. efcad
.
A Conflans
, aux ordres
.
de M. de Mauroy
, du
Troncq,
3. efcad.
Heudicourt , 2. efcad.
Mallau , 2. efcad.
Germinon, 2. efcad.
Marcillac , 2. eſcad.
ANice,
d'Egrigny, 2.bat.
A
Villefranche ,
-Payfac, 1. bat.
AMonaco , Royal Rouf
fillon ,
1. bat
A
Briançon , Royal Ar-
GALANT 297
tillerie ,
1 bataillon.
Bataillons 27.
Eſcadrons 26
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Résumé : Disposition des troupes de l'armée de Dauphiné.
Le document décrit la répartition des troupes de l'armée de Dauphiné, incluant l'infanterie et la cavalerie, dans diverses localités sous le commandement de différents officiers. En Queras, Montaifon et Chanla du Col, on trouve respectivement 2 bataillons sous les ordres du Chevalier de Miro menil, du Chevalier de Montaifon et de la Bour. À Rouillé, les dragons de Sommery comptent 3 escadrons. À Sezannes, le bataillon de Seve est présent. Sur le Mont Geneve, le bataillon de Bellafaire est stationné. Au col de l'Echelle, le bataillon de Vivarés est positionné. En Barcelonette, les bataillons de Chennelaye et Olleron sont sous les ordres de M. le Guerchois. À Colmar, les Castellas Suisses comptent 3 bataillons et les dragons de Caylus 3 escadrons sous les ordres de M. d'Asfeld. À Saint Martin d'Arc, les bataillons de Vermandois et Thierache ainsi que les dragons de Foix avec 3 escadrons sont sous les ordres de M. de Maulevrier. À la tête de la Tarentaise, les dragons de Damas et de La Lande comptent 3 escadrons chacun et le bataillon de Brie est présent sous les ordres de M. de Prades. À Conflans, plusieurs escadrons de dragons sont stationnés sous les ordres de M. de Mauroy. À Nice et Villefranche, le bataillon de Payfac est présent. À Monaco, le bataillon de Royal Roussillon est stationné. Enfin, à Briançon, le bataillon de Royal Artillerie est stationné. En tout, il y a 27 bataillons et 26 escadrons.
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16
p. 269-279
SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
Début :
L'armée des Princes confederez décampa du voisinage de Rensbourg [...]
Mots clefs :
Hambourg, Princes confédérés, Infanterie, Cavalerie, Général Steinbock, Tartares, Troupes ottomanes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
SUPPLEMENT
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement
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Résumé : SUPPLEMENT aux Nouvelles de Hambourg.
Le 1er février, l'armée des Princes confédérés quitta Rensbourg et se dirigea vers la bruyère de Cropper. L'infanterie entra dans la ville tandis que la cavalerie traversa l'Eyder à Oltereydc. Le roi de Danemark et le czar planifièrent une attaque contre les Suédois à Fredericstadt. Des rumeurs indiquaient que les Suédois avaient rétabli un pont à Hollingstede, mais celui-ci ne fut achevé que le 8 février. Le 3 février, malgré des conditions météorologiques difficiles, l'armée avança jusqu'au grand Rayde. Le général Bauditz fut envoyé reconnaître Fredericstadt, mais découvrit que les environs étaient inondés en raison de la coupure d'une digue par le général Stackelberg. Le czar, incrédule, constata l'inondation et l'armée décida de se diriger vers Husum. Le général Steinbock se préparait à défendre sa position en occupant plusieurs points stratégiques et en construisant des forts à Rentrum et Schwabstedt. Le 6 février, il envoya des troupes observer les ennemis et réquisitionner des fournitures. De son côté, le général Stackelberg fortifiait Fredericstadt. À Wismar, le général Ducker, guéri de ses blessures, se préparait à rejoindre Steinbock. En Pologne, des mesures furent prises pour assurer la sécurité intérieure en obligeant les membres de la République à reconnaître le roi Auguste comme légitime. Des plaintes furent également formulées contre les troupes saxonnes et moscovites. Des nouvelles de Léopold indiquaient que les Tartares se préparaient à envahir la Moscovie, et que les Turcs faisaient de grands préparatifs de guerre. La principale armée turque, commandée par le sultan, devait entrer en Moscovie tandis que les Tartares, sous les ordres du roi de Suède, marcheraient vers la Pologne. Les troupes ottomanes se dirigeaient vers Andrinople pour le rassemblement général.
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17
p. 280-284
INFANTERIE devant Landau.
Début :
BATAILLONS. Navarre 3 La Marinne 3 Poitou 2 Tallart 2 [...]
Mots clefs :
Infanterie, Bataillons, Cavalerie, Escadrons, Dragons, Tranchée, Bombardiers, Artillerie, Landau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INFANTERIE devant Landau.
INFANTERIE
devant Landau.
BATAILLONS.
Navarre 3
La Marinnc 3
Poitou z
Tallart z
Dauphin 3
Saillans 1 LaChenelay 2.
Orleans z
Vermandois JL
Rouergue 2.
Sourche
- z
Medoc z :
Provence z
1 Toulouse
1
Touloule FPlanedrresigordI2z. Xaintonge. 2.
Beaujolois
2r Perry i
Auxerrois z. Royal Bavière i
Dillon i
Lagcrvefaisx Bout bon z
A1face +
Villars 3 Brendelc 3 Royal Artillerie
2r Bombardiers i
Total. 60
CAVALERIE.
ESCADRONS.
Royal 3
Cuirassiers 3
Dauphin J
Chartres 3
Dutrone 3
Villeroy 3
Hudicourt z
Bonzol L
Aubusson J,
Rennepont *
Saint Germain J,
Marcillac ,,-.tt x
Saint Pouanges
Biffon. 1
Roye 2.
Fontaine 2,
Total 39 DRAGONS.
MeftredeCamp 3
Dauphin
p
3
Foix-3
Le Chevalier de Belleifle
Total12.3
Par le Courier arrivé le
20. de ce mois la Tranchée
doit s'ouvrir le
2. 4.
La nouvelle Edition des
Essais ôc Recherches de
Mathématique & dePhysique
de Mr Parent, contenant
deux anciens volumes
fort augmentez, & un
troisiéme tout nouveau, se
vend actuellement chez JNully,ruësaint Jacques,
& C. Jombert, attenant les
grands Augustins ,
six liv.
reliée en veau.
devant Landau.
BATAILLONS.
Navarre 3
La Marinnc 3
Poitou z
Tallart z
Dauphin 3
Saillans 1 LaChenelay 2.
Orleans z
Vermandois JL
Rouergue 2.
Sourche
- z
Medoc z :
Provence z
1 Toulouse
1
Touloule FPlanedrresigordI2z. Xaintonge. 2.
Beaujolois
2r Perry i
Auxerrois z. Royal Bavière i
Dillon i
Lagcrvefaisx Bout bon z
A1face +
Villars 3 Brendelc 3 Royal Artillerie
2r Bombardiers i
Total. 60
CAVALERIE.
ESCADRONS.
Royal 3
Cuirassiers 3
Dauphin J
Chartres 3
Dutrone 3
Villeroy 3
Hudicourt z
Bonzol L
Aubusson J,
Rennepont *
Saint Germain J,
Marcillac ,,-.tt x
Saint Pouanges
Biffon. 1
Roye 2.
Fontaine 2,
Total 39 DRAGONS.
MeftredeCamp 3
Dauphin
p
3
Foix-3
Le Chevalier de Belleifle
Total12.3
Par le Courier arrivé le
20. de ce mois la Tranchée
doit s'ouvrir le
2. 4.
La nouvelle Edition des
Essais ôc Recherches de
Mathématique & dePhysique
de Mr Parent, contenant
deux anciens volumes
fort augmentez, & un
troisiéme tout nouveau, se
vend actuellement chez JNully,ruësaint Jacques,
& C. Jombert, attenant les
grands Augustins ,
six liv.
reliée en veau.
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Résumé : INFANTERIE devant Landau.
Le document décrit les unités militaires françaises engagées dans une opération près de Landau. L'infanterie est composée de 60 bataillons, incluant des unités telles que Navarre, La Marine et Poitou. La cavalerie compte 39 escadrons, avec des régiments comme Royal, Cuirassiers et Dauphin. Les dragons comprennent des régiments tels que MeftredeCamp, Dauphin et Foix, totalisant 12,3 unités. La tranchée doit s'ouvrir le 2 avril, selon un courrier reçu le 20 du mois en cours. Par ailleurs, la nouvelle édition des 'Essais et Recherches de Mathématique & de Physique' de Mr Parent est disponible chez J. Nully et C. Jombert, au prix de six livres reliée en veau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 265-269
La Genealogie de Madame la Duchesse d'Angoulesme. [titre d'après la table]
Début :
Dans le précedent Mercure l'on avoit obmis de mettre [...]
Mots clefs :
Généalogie, Duchesse d'Angoulême, Rivière, Bourgogne, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Genealogie de Madame la Duchesse d'Angoulesme. [titre d'après la table]
Dans le précèdent Mercure
l'on avoit obmis de
mettre la Généalogie de
deffunte Madame la Du-.
chesse d'Angoulesme.
Elle estoit fille de haut
Ôc puissant Seigneur Messire
CharlesdeNargonne,
Seigneur Marquis de Mareüil,
qui estoit fils de haut
ôc puissant SeigneurMet
fireClaude de Nargonne,
Chevalier des Ordres du
Roy ,
Gouverneur de la
Tourde Boucq en Provence
, & des Isles de Martégue
,
Seigneur Baron de
Mareüil, Lebésy, Boisy,
Corfélix
,
Bergére
)
& autres
lieux:ledit Claude de
Nargonne avoit épousé
haute & puissante Dame
Judith deBethune, lesquels
ont eu pour en sans Messire
Charles de Nargonne,Seigneur
desdites Terres, &a
eu lesdits Gouvernements
Et du costé maternel,
fille de haute ôc puissante
Dame Eleonord de la Riviere
3
de l'illustre Maison
de la Riviere en Bourgogne.
* Messire Charles deNargonne,
fils de Claude, &
de haute& puissante Dame
Judith de Bethune.
Il ne reste plus de la Famille
de Messieurs de Nargonne
, que haute & puissante
Dame Madame Suzanne
de Nargonne, cousine
germaine de ladite
Dame Duchesse d'Angou-
Jefrne) veuve de hiur ôc
puissant Seigneur Massire
Armand Eleonord de
Brocq
,
Comte de Brocq,
Colonel d'Infanterie,sorti
de l'illustre Maison de
Brocq
,
d'Anjou, tué à la
bataille de Hocstet, lesdits
Seigneurs de Nargonne
ayant toujours eu des emplois
tres-distinguez dans
les Troupes.
Elle est fille de haut &
puissant Seigneur Messire
Jules de Nargonne, Second
fils deClaudede Nar,
gonne, & de Judith deBethune
,
Seigneur de Bergere
,
Bisfontaine
,
& autres
lieux, Mesire deCamp
du Regiment de la Reyne
niere Anned'Autriche; &
dehaute & puissante Dame
Barbe le Prévost
)
fille de
feu haut 6e puissant Seigneur
Messire Charles le
Prevoit, Seigneur Marquis
d'Oisonville,&autreslieux,
qui avoir épouse haute &
puissanteDame Elizabeth
Sublec, soeur de haut &
puissant Seigneur Messire ,. Sublet de Noyer, Secretaire
& Ministre derat
de la Guerre.
l'on avoit obmis de
mettre la Généalogie de
deffunte Madame la Du-.
chesse d'Angoulesme.
Elle estoit fille de haut
Ôc puissant Seigneur Messire
CharlesdeNargonne,
Seigneur Marquis de Mareüil,
qui estoit fils de haut
ôc puissant SeigneurMet
fireClaude de Nargonne,
Chevalier des Ordres du
Roy ,
Gouverneur de la
Tourde Boucq en Provence
, & des Isles de Martégue
,
Seigneur Baron de
Mareüil, Lebésy, Boisy,
Corfélix
,
Bergére
)
& autres
lieux:ledit Claude de
Nargonne avoit épousé
haute & puissante Dame
Judith deBethune, lesquels
ont eu pour en sans Messire
Charles de Nargonne,Seigneur
desdites Terres, &a
eu lesdits Gouvernements
Et du costé maternel,
fille de haute ôc puissante
Dame Eleonord de la Riviere
3
de l'illustre Maison
de la Riviere en Bourgogne.
* Messire Charles deNargonne,
fils de Claude, &
de haute& puissante Dame
Judith de Bethune.
Il ne reste plus de la Famille
de Messieurs de Nargonne
, que haute & puissante
Dame Madame Suzanne
de Nargonne, cousine
germaine de ladite
Dame Duchesse d'Angou-
Jefrne) veuve de hiur ôc
puissant Seigneur Massire
Armand Eleonord de
Brocq
,
Comte de Brocq,
Colonel d'Infanterie,sorti
de l'illustre Maison de
Brocq
,
d'Anjou, tué à la
bataille de Hocstet, lesdits
Seigneurs de Nargonne
ayant toujours eu des emplois
tres-distinguez dans
les Troupes.
Elle est fille de haut &
puissant Seigneur Messire
Jules de Nargonne, Second
fils deClaudede Nar,
gonne, & de Judith deBethune
,
Seigneur de Bergere
,
Bisfontaine
,
& autres
lieux, Mesire deCamp
du Regiment de la Reyne
niere Anned'Autriche; &
dehaute & puissante Dame
Barbe le Prévost
)
fille de
feu haut 6e puissant Seigneur
Messire Charles le
Prevoit, Seigneur Marquis
d'Oisonville,&autreslieux,
qui avoir épouse haute &
puissanteDame Elizabeth
Sublec, soeur de haut &
puissant Seigneur Messire ,. Sublet de Noyer, Secretaire
& Ministre derat
de la Guerre.
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Résumé : La Genealogie de Madame la Duchesse d'Angoulesme. [titre d'après la table]
Le texte corrige une omission concernant la généalogie de la défunte Duchesse d'Angoulême. Elle était la fille de Charles de Nargonne, Marquis de Mareuil. Charles de Nargonne était le fils de Claude de Nargonne, Chevalier des Ordres du Roy, Gouverneur de la Tour de Boucq en Provence et des Îles de Martégue, et Seigneur de plusieurs autres lieux. Claude de Nargonne avait épousé Judith de Bethune, et ils eurent pour fils Charles de Nargonne. Du côté maternel, la Duchesse d'Angoulême était la fille d'Éléonore de la Rivière, issue de la Maison de la Rivière en Bourgogne. La famille de Nargonne a toujours occupé des postes distingués dans les troupes. Suzanne de Nargonne, cousine germaine de la Duchesse d'Angoulême, est la seule survivante de cette famille. Elle est la veuve d'Armand Éléonord de Brocq, Comte de Brocq et Colonel d'Infanterie, tué à la bataille de Hocstet. Suzanne de Nargonne est la fille de Jules de Nargonne, second fils de Claude de Nargonne et de Judith de Bethune, Seigneur de Bergere et Bisfontaine. Jules de Nargonne était également Capitaine du Régiment de la Reine Anne d'Autriche. Sa mère, Barbe le Prévost, était la fille de Charles le Prévost, Marquis d'Oisonville, et d'Élisabeth Sublet, sœur de Sublet de Noyer, Secrétaire et Ministre d'État à la Guerre.
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19
p. 188-190
MORTS.
Début :
Dame Helene de Besançon, épouse de Louis-Charles, Prince de [...]
Mots clefs :
Décès, Noblesse, Régiment, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Dame Helene de Besançon,
épouse de Louis- Charles,
Prince de Courtenay, & iiiparavant
de Messire Jean le
Brun, Maistre des Requestes
& President au Grand Conseil,
mourut le 30. Novembre.
Edme tlaugter) beigneur
deVoise & de Montrouge,
l'un des Fermiers Generaux
de Sa Majesté, mourut le 5a
Novembre
Dame Marie- Madelaine
Guerapin de Vaureal, veuve
de Messire Louis Sevin, Marquis
de Bandeville, Colonel
d'un Regiment d'Infanterie,
mort en 16-74. des blessures
qu'il reçût à la batailled'Einfheim,
mourut sans laisser
posterité le 3. Decembre
171 3. en sasoixante-quatriéme
année.
Dame Marie le Bel, veuve
de Jean de la Baune, Conseiller,
Secreraire du Roy, ~Si
Greffier en Chef au Criminel
du Parlement, mourut le 9.
Décembre
Messire Gabriel Choart,
Chevalier, Seigneur duTremblay
Surintendant de la Maison
de ~fcuë Madame la Dauphine
; mourut le 16. Decembre.
Dame Helene de Besançon,
épouse de Louis- Charles,
Prince de Courtenay, & iiiparavant
de Messire Jean le
Brun, Maistre des Requestes
& President au Grand Conseil,
mourut le 30. Novembre.
Edme tlaugter) beigneur
deVoise & de Montrouge,
l'un des Fermiers Generaux
de Sa Majesté, mourut le 5a
Novembre
Dame Marie- Madelaine
Guerapin de Vaureal, veuve
de Messire Louis Sevin, Marquis
de Bandeville, Colonel
d'un Regiment d'Infanterie,
mort en 16-74. des blessures
qu'il reçût à la batailled'Einfheim,
mourut sans laisser
posterité le 3. Decembre
171 3. en sasoixante-quatriéme
année.
Dame Marie le Bel, veuve
de Jean de la Baune, Conseiller,
Secreraire du Roy, ~Si
Greffier en Chef au Criminel
du Parlement, mourut le 9.
Décembre
Messire Gabriel Choart,
Chevalier, Seigneur duTremblay
Surintendant de la Maison
de ~fcuë Madame la Dauphine
; mourut le 16. Decembre.
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Résumé : MORTS.
En 1713, plusieurs personnalités sont décédées : Dame Hélène de Besançon le 30 novembre, Edme Thaugater le 5 novembre, Dame Marie-Madelaine Guerapin de Vaureal le 3 décembre à 74 ans, Dame Marie le Bel le 9 décembre et Messire Gabriel Choart le 16 décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 109-115
Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Début :
L'infanterie du Roy, compris les detachemens de Bracamonte & [...]
Mots clefs :
Détachements, Infanterie, Cavalerie, Camp, Poudres, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Estat prejent des troupes de
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
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Résumé : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Le document décrit la composition des troupes de l'armée de Catalogne, détaillant les effectifs de l'infanterie, de la cavalerie et des dragons. L'infanterie compte 24 360 hommes, incluant les Gardes Valones, l'infanterie française, ainsi que les troupes sous les commandements du Marquis de Valdecanas et du Marquis de Thoy. La cavalerie montée totalise 5 859 hommes, répartis dans diverses localités telles que Martoreil, Mataro et Vich. Les dragons, quant à eux, comptent 3 865 hommes, répartis en unités montées et démontées. Le texte mentionne également les postes à garder au camp, les magasins de poudre, les hôpitaux, et les gardes nécessaires pour assurer la sécurité et les opérations quotidiennes.
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21
p. 118-124
De Barcelone. Liste des Generaux & Officiers des Barcelonois arrestez & embarquez le 22. Septembre par ordre de M. le Maréchal de Berwic, en vertu du plein pouvoir qu'il avoit receu de sa M C. & conduits en differentes prisons d'Espagne, & ailleurs. [titre d'après la table]
Début :
Les avis de Catalogne portent que les nouveaux Gouverneurs pour [...]
Mots clefs :
Infanterie, Catalogne, Généraux, Officiers, Maréchal de Berwick
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Barcelone. Liste des Generaux & Officiers des Barcelonois arrestez & embarquez le 22. Septembre par ordre de M. le Maréchal de Berwic, en vertu du plein pouvoir qu'il avoit receu de sa M C. & conduits en differentes prisons d'Espagne, & ailleurs. [titre d'après la table]
Les avis de Catalogne
portent que les nouveaux.
GALANT. 119
Gouverneurs pour
& le Militaire commencent
le Civil
à exercer leurs fonctions
avec une entiere fatisfactiondes
peuples.
Voici une liste exacte
des Generaux & Officiers
des Barcelonnois , arrêtez
& embarquez le 22. Sep
tembre 1714. par ordre de
M. le Maréchal de Beryvik
, en vertu du pleinpouvoir
qu'il avoit reçû de
Sa Majesté Catholique , &
conduits en differentes priſons
d'Eſpagne.
Le General Baffet , qui
120 MERCURE
commandoit l'artillerie.
Don Sebastien Dalmanau,
Colonel du regiment
de la cavaleric.
Don Simon Sanchez,premier
Capitaine de ce regiment.
Don Gaëtan Antillon ,
Major du même regiment.
Don 'Joſeph Belvez &
Balaguer ( dit Joſepet)General
de bataille , Colonel
du regiment du Roſaire infanterie.
fils.
Don Felix de Belvez , fon
Don François Vilaz,Major
GALANTA 121
\
jor du même regiment.
Don Franciſco Sanz, Coloneldu
regiment de laDeputation
, infanterie.
DonRaymond Sanz, fon
fils , Capitaine des grenadiers
du même regiment.
Don Nicolas Axendri ,
Lieutenant-Colonel de ce
regiment.
Don Jean Vinas , Colonel
du regiment de ſaint
Narciffe , infanterie.
Don Joſeph de Torres ,
Colonel du regiment de
Valence , infanterie.
Don François Maijans ,
Νου. 1714.
L
}
7
122 MERCURE
fon Lieutenant-Colonel.
Bordes , Capitaine de la
compagnie des aſſaſſins .
Ily en avoit trois autres
ſur la liſte : mais ils s'étoient
évadez dés le matin ,& ils
ont vuidé le pays.
Le Marquis de Villaroël
, leur Generaliſſime ,
étant bleſſe dangereusement
& allité , on ſe contenta
de lui donner ſa maifon
pour prifon, prenant
ſa parole qu'il n'en fortiroit
pas ſans un nouvel ordre.
L'Evêque d'Albarrazzin
C
GALANT.
123
en 'Arragon , de la nomination
de Philippe V. &
qui étoit Religieux de la
Mercy , nommé Jean Navarro
, ayant été trouvé
dans Barcelonne , où il s'étoit
jetté depuis la bataille
de Sarragoffſe , a été embarqué
ſur une galere , &
conduit en Italie. D'autres
diſent qu'on l'a laiſſé prifonnier
aux les de ſainte
Marguerite.
Le Pere Torrento Dominiquain
, fameux predicateur
d'obſtination , fut
mis d'abord en priſon dans
1
Lij
124 MERCURE
fon Convent , avec charge
aux trois principaux d'en
répondre. Ilfut enſuite embarqué
avec trois autres
Religieux de ſon Ordre ,
& conduit pour être enfermé
dans des priſons d'Ef.
pagne.
Le Marquis de Pinos auroit
eu le même ſort : mais
il étoit trés - malade, & depuis
il eſt mort.
portent que les nouveaux.
GALANT. 119
Gouverneurs pour
& le Militaire commencent
le Civil
à exercer leurs fonctions
avec une entiere fatisfactiondes
peuples.
Voici une liste exacte
des Generaux & Officiers
des Barcelonnois , arrêtez
& embarquez le 22. Sep
tembre 1714. par ordre de
M. le Maréchal de Beryvik
, en vertu du pleinpouvoir
qu'il avoit reçû de
Sa Majesté Catholique , &
conduits en differentes priſons
d'Eſpagne.
Le General Baffet , qui
120 MERCURE
commandoit l'artillerie.
Don Sebastien Dalmanau,
Colonel du regiment
de la cavaleric.
Don Simon Sanchez,premier
Capitaine de ce regiment.
Don Gaëtan Antillon ,
Major du même regiment.
Don 'Joſeph Belvez &
Balaguer ( dit Joſepet)General
de bataille , Colonel
du regiment du Roſaire infanterie.
fils.
Don Felix de Belvez , fon
Don François Vilaz,Major
GALANTA 121
\
jor du même regiment.
Don Franciſco Sanz, Coloneldu
regiment de laDeputation
, infanterie.
DonRaymond Sanz, fon
fils , Capitaine des grenadiers
du même regiment.
Don Nicolas Axendri ,
Lieutenant-Colonel de ce
regiment.
Don Jean Vinas , Colonel
du regiment de ſaint
Narciffe , infanterie.
Don Joſeph de Torres ,
Colonel du regiment de
Valence , infanterie.
Don François Maijans ,
Νου. 1714.
L
}
7
122 MERCURE
fon Lieutenant-Colonel.
Bordes , Capitaine de la
compagnie des aſſaſſins .
Ily en avoit trois autres
ſur la liſte : mais ils s'étoient
évadez dés le matin ,& ils
ont vuidé le pays.
Le Marquis de Villaroël
, leur Generaliſſime ,
étant bleſſe dangereusement
& allité , on ſe contenta
de lui donner ſa maifon
pour prifon, prenant
ſa parole qu'il n'en fortiroit
pas ſans un nouvel ordre.
L'Evêque d'Albarrazzin
C
GALANT.
123
en 'Arragon , de la nomination
de Philippe V. &
qui étoit Religieux de la
Mercy , nommé Jean Navarro
, ayant été trouvé
dans Barcelonne , où il s'étoit
jetté depuis la bataille
de Sarragoffſe , a été embarqué
ſur une galere , &
conduit en Italie. D'autres
diſent qu'on l'a laiſſé prifonnier
aux les de ſainte
Marguerite.
Le Pere Torrento Dominiquain
, fameux predicateur
d'obſtination , fut
mis d'abord en priſon dans
1
Lij
124 MERCURE
fon Convent , avec charge
aux trois principaux d'en
répondre. Ilfut enſuite embarqué
avec trois autres
Religieux de ſon Ordre ,
& conduit pour être enfermé
dans des priſons d'Ef.
pagne.
Le Marquis de Pinos auroit
eu le même ſort : mais
il étoit trés - malade, & depuis
il eſt mort.
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Résumé : De Barcelone. Liste des Generaux & Officiers des Barcelonois arrestez & embarquez le 22. Septembre par ordre de M. le Maréchal de Berwic, en vertu du plein pouvoir qu'il avoit receu de sa M C. & conduits en differentes prisons d'Espagne, & ailleurs. [titre d'après la table]
Après la bataille de Sarragosse en 1714, les nouveaux gouverneurs civils et militaires en Catalogne exercent leurs fonctions avec la satisfaction des populations. Le maréchal de Berwick, représentant Philippe V, a ordonné l'arrestation de plusieurs généraux et officiers barcelonais le 22 septembre 1714. Parmi les arrêtés figurent le général Baffet, commandant l'artillerie, et Don Sébastien Dalmanau, colonel du régiment de cavalerie. Divers autres officiers de régiments d'infanterie et de cavalerie ont également été incarcérés. Le marquis de Villaroël, blessé, a été assigné à résidence. L'évêque d'Albarracín, Jean Navarro, nommé par Philippe V, a été arrêté et conduit soit en Italie, soit aux îles de Sainte-Marguerite. Le père Torrento, prédicateur dominicain, a été emprisonné puis transféré en Espagne. Le marquis de Pinos, gravement malade, est décédé peu après. Trois autres officiers mentionnés sur la liste ont réussi à s'évader avant leur arrestation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 185-193
Détail des Troupes destinées à la Conquéte de l'Isle de Mayorque. [titre d'après la table]
Début :
EMBARQUEMENT pour l'Isle de Maïorque. 1715. Escadres. Cavalerie. Noms [...]
Mots clefs :
Infanterie, Escadre, Artillerie, Embarquement, Île de Majorque
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texteReconnaissance textuelle : Détail des Troupes destinées à la Conquéte de l'Isle de Mayorque. [titre d'après la table]
EMBARQUEMENT
pour l'Ile de Maïorque.
1715 .
Efcadres.
Cavalerie.
Noms de Patrons. Nombre de Cavalerie.
ESCADRE ROUGE.
Patron Loüis Monginas. 29.
P. Paul. Regis . 22.
P. Antoine Lazaro ... 24.
P.Miquel Benza. 28.
P. Jean Balez. 29 .
P. Claude Noart. 22. •
P. Salvador Vina. 28,
Mars1715.
186 MERCURE
P. Eſtefano Caumel . 33.
P. Franciſque Aſtruit.
P. Loüis Blando .
26.
• 26 .
1
P. Antoine Cavaille. • 31 .
P. Jean Girard. • 34.
P. Salvador Chapus. 24. •
356.
ESCADRE BLEUE.
P. Lazaro Henry. 30.
P. Gabriël Gefly. 31.
P. Claudio Beaumont.. 31.
P. Antoine Arnaud. • 31.
P. Brillant. 23.
P. Honora Vina. : 31
P. Thomas Beringuer.. 31.
1 GALANT. 187
P. Jacques Ferret. 36.
P. Barthelemy Aubin. • 28.
P. Jean Pruna . 33 .
30.5.
豐ESCADRE VERTE.
P. Jean Lambardo. 26.
P. Gaffen . 124
P. Barthelemy Françon. 37.
P. Ifaac Originez. 31 .
P. Gabriël Viat . 37.
P. Botin. 34.
P. Germain Amirato. . 30.
P. Vincent Caumet. . 33 .
P. Guillaume Roux... 28.
P. André Cavalon. 30.
Qij
188 MERCURE
P.Antoine Frem .
1
ARTILLERIE.
30.
340.
P. Bartolomé Ferro . 21.
P. Jean Baptifte Serra. • IS.
P. Diego Malato. 16.
:
P. Auguſtin Pedemonte. 16.
P. Nicolas Salas. 10.
P. Jaime Caferro. 17.
P. Gregoire Caſſenauve. 14.
P. Geniflo Raffo . 19.
P. Eſtefano Aubin. .. IS.
P. PaulGond. II.
154.
GALANT. 18 ,
ESCADRE BLANCHE.
P. Antoine Meau. • 24.
P. Jean Berard... 61.
P. Jean Gin. 3.2.
P. JoſephCaufel ..
P. Antoine Pato.
32.
.. 31.
P. Joſeph Ruffa. 26.
206.
Total general 1361. Cava
liers ouChevaux.
... MERCURE
INFANTERIE .
Noms des Vaiſſeaux. Nombre d'Hommes.
Le Pembrok... 200. •
Campaneli. 200. •
Barlovento . 200.
Le Real. 200, •
LaVierge deGrace. 250.
L'Hermionne.
250.
Le Prince des Afturies .
.250.
La Junon. 250.
La Surpriſe... 250.
L'AigledeNantes. 250.
Le S. Philipe. 200.
La Reine. 200.
Le S. Fernand. 250
GALANT. 191
Le Tigre.
La Fleche. •
250.
100.
Six Galeres , cent hommes
chacune. • 600.
L'Hermitana. • 150.
La Serena. 150.
La Mariana. 350.
Le Pontchartrain . • 350.
La Galere S. Nicolas. 375.
La Providence. 150.
Le Violent. 400.
Le S. Jacques à pied. 200.
Le S. Jacques à choval. 200.
Le S. Jean.250.
Notre-DamedebonVoyage.
200.
Le Violon, 100%
1-92 MERCURE
Le S. Antoine. 100.
Elcarbodebifa.. 100.
La Polacre S. Antoine. 100.
Patron Chirombas . • 80.
P. Loüis Suart... 80.
P. Auxilio.
:
50.
P. Malueſia . 100.
P. Gabriël Daroca. So.
P. Bernardi Jorda. 80.
P. Nicolas Santo. 100.
P. Philipe Delmas. 100.
P. Nicolas Merle. 100.
P. Nicolas de Nant. 100.
P. Dominique Bayette, so.
P. Franciſque Ferro. 25.
P. Jean Jullien. so.
P. Claude Calamant. 100
P.
GALANT . 193
P. Camel Belandre . So.
Le Vaiſſeau de M. d'Eſtienni.
200.
P. Jean Sebau. 100.
Le S Jean. .. 300.
Le Contant. 300.
P. Banafco. 100.
P. Angelo. roo.
P. Roldorat deCanet. 160.
P. Alexandre Sicart. 150.
Le Porte-Epie. • 200.
Le Prince des Afturies Eſcadre
de M. de Mary. 200,
Total 10000. hommes.
pour l'Ile de Maïorque.
1715 .
Efcadres.
Cavalerie.
Noms de Patrons. Nombre de Cavalerie.
ESCADRE ROUGE.
Patron Loüis Monginas. 29.
P. Paul. Regis . 22.
P. Antoine Lazaro ... 24.
P.Miquel Benza. 28.
P. Jean Balez. 29 .
P. Claude Noart. 22. •
P. Salvador Vina. 28,
Mars1715.
186 MERCURE
P. Eſtefano Caumel . 33.
P. Franciſque Aſtruit.
P. Loüis Blando .
26.
• 26 .
1
P. Antoine Cavaille. • 31 .
P. Jean Girard. • 34.
P. Salvador Chapus. 24. •
356.
ESCADRE BLEUE.
P. Lazaro Henry. 30.
P. Gabriël Gefly. 31.
P. Claudio Beaumont.. 31.
P. Antoine Arnaud. • 31.
P. Brillant. 23.
P. Honora Vina. : 31
P. Thomas Beringuer.. 31.
1 GALANT. 187
P. Jacques Ferret. 36.
P. Barthelemy Aubin. • 28.
P. Jean Pruna . 33 .
30.5.
豐ESCADRE VERTE.
P. Jean Lambardo. 26.
P. Gaffen . 124
P. Barthelemy Françon. 37.
P. Ifaac Originez. 31 .
P. Gabriël Viat . 37.
P. Botin. 34.
P. Germain Amirato. . 30.
P. Vincent Caumet. . 33 .
P. Guillaume Roux... 28.
P. André Cavalon. 30.
Qij
188 MERCURE
P.Antoine Frem .
1
ARTILLERIE.
30.
340.
P. Bartolomé Ferro . 21.
P. Jean Baptifte Serra. • IS.
P. Diego Malato. 16.
:
P. Auguſtin Pedemonte. 16.
P. Nicolas Salas. 10.
P. Jaime Caferro. 17.
P. Gregoire Caſſenauve. 14.
P. Geniflo Raffo . 19.
P. Eſtefano Aubin. .. IS.
P. PaulGond. II.
154.
GALANT. 18 ,
ESCADRE BLANCHE.
P. Antoine Meau. • 24.
P. Jean Berard... 61.
P. Jean Gin. 3.2.
P. JoſephCaufel ..
P. Antoine Pato.
32.
.. 31.
P. Joſeph Ruffa. 26.
206.
Total general 1361. Cava
liers ouChevaux.
... MERCURE
INFANTERIE .
Noms des Vaiſſeaux. Nombre d'Hommes.
Le Pembrok... 200. •
Campaneli. 200. •
Barlovento . 200.
Le Real. 200, •
LaVierge deGrace. 250.
L'Hermionne.
250.
Le Prince des Afturies .
.250.
La Junon. 250.
La Surpriſe... 250.
L'AigledeNantes. 250.
Le S. Philipe. 200.
La Reine. 200.
Le S. Fernand. 250
GALANT. 191
Le Tigre.
La Fleche. •
250.
100.
Six Galeres , cent hommes
chacune. • 600.
L'Hermitana. • 150.
La Serena. 150.
La Mariana. 350.
Le Pontchartrain . • 350.
La Galere S. Nicolas. 375.
La Providence. 150.
Le Violent. 400.
Le S. Jacques à pied. 200.
Le S. Jacques à choval. 200.
Le S. Jean.250.
Notre-DamedebonVoyage.
200.
Le Violon, 100%
1-92 MERCURE
Le S. Antoine. 100.
Elcarbodebifa.. 100.
La Polacre S. Antoine. 100.
Patron Chirombas . • 80.
P. Loüis Suart... 80.
P. Auxilio.
:
50.
P. Malueſia . 100.
P. Gabriël Daroca. So.
P. Bernardi Jorda. 80.
P. Nicolas Santo. 100.
P. Philipe Delmas. 100.
P. Nicolas Merle. 100.
P. Nicolas de Nant. 100.
P. Dominique Bayette, so.
P. Franciſque Ferro. 25.
P. Jean Jullien. so.
P. Claude Calamant. 100
P.
GALANT . 193
P. Camel Belandre . So.
Le Vaiſſeau de M. d'Eſtienni.
200.
P. Jean Sebau. 100.
Le S Jean. .. 300.
Le Contant. 300.
P. Banafco. 100.
P. Angelo. roo.
P. Roldorat deCanet. 160.
P. Alexandre Sicart. 150.
Le Porte-Epie. • 200.
Le Prince des Afturies Eſcadre
de M. de Mary. 200,
Total 10000. hommes.
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23
p. 95-100
DENOMBREMENT Des Troupes Ottomanes, qui doivent servir contre S. M. I. en Hongrie, & contre les Vénitiens ; consistans en Cavalerie & Infanterie, tant de l'Orient, de l'Occident, du Midi, que du Septentrion.
Début :
Contre l'Empereur. Cavalerie. Janissaires ..... Tartares .... 30000 Valaches .... 3000 [...]
Mots clefs :
Compte, Soldats, Cavalerie, Infanterie, Troupes ottomanes
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texteReconnaissance textuelle : DENOMBREMENT Des Troupes Ottomanes, qui doivent servir contre S. M. I. en Hongrie, & contre les Vénitiens ; consistans en Cavalerie & Infanterie, tant de l'Orient, de l'Occident, du Midi, que du Septentrion.
DENOMBREMENT
Des Troupes Ottomanes , qui
doiventservir contre S. M. I.
en Hongrie
, & contre les Vénitiens
; consistans en Cavalerie
& Infanterie, tant de l'Orient,
de l'Occident,duMidi,que
du Septentrion.
Contre L'E MPEREUR.
CAVALERIE. 1 IN. IFANt
Janiflaires t 60000
Tartares Valaches. 30000 3000 3000 3000 Bolvakes 5000 4000 Amantes. 4000 » 11000 Arméniens. 1000 1 6000
Mufulmar.icns 1000 6000
Thraciens 1000 6000
CAVALERIE. 1 INFZ
Affricains. 10000 Ixoooj
Perfiens 900014°
Brefiliçns- 4000 11S0
Morlakeso .j Egyptiens 10000
401
d'Holenland •••*o.1
Borgariens 5000 200C
Moriens *0 1 c
Kynvvindicns4000 1600c
Macédoniens. 4000 J
1600c
Etyopiens 4000 1600c
Altyriens 2.000 1800c
Sabaniens 2000 1400C
Mefoporam. 6000 t 1600c
Grecs, 10500o0. 100c
zjiooc
CONTRE LES VENITIENS.
CAVALERIE. 1 INF
Jani~ires o I 4000c Tartareso .,.c Valakeso 1 c
Bosvake
ÏoAfVvaAkLeEs RIE.yNFàt.
40001 looc
V Amantes.., zooo. 11000
l Athéniens o] -0 f Mufulmariiens o! o Thraciens .,'., o 1 o
l
Affricains 6000 ¡ 1000
[ Perfiens 3000 4100 Bresiliens ., 6000 1000
Morlakes .1000! 2000 Egyptiens.7000 ! 18000
d'Holenland 3000 ! 4000
iMîorgoarriieensnso6000 10000 | 10000
Kynvvi. diens 3000 2.000
EMtvacoédponiieenns s 4000 3000 JVflyriens 5000 1000 2.000 2000
* Sabaniens 2000 lj 1000
Méfoporaniiens 40001 1000
Grecs 4000 1000 162>000. 116103»
Total de la Ca- Total don
valerie, contre l'InfanterieK
l'Empereur & les
-
contre I'F,
Venitiens. pereur &J
Venitiens. l
16700i0.1i<>7ïoo 1
M.-"--0------
- i Total du Tout.,|
534100.
Des Troupes Ottomanes , qui
doiventservir contre S. M. I.
en Hongrie
, & contre les Vénitiens
; consistans en Cavalerie
& Infanterie, tant de l'Orient,
de l'Occident,duMidi,que
du Septentrion.
Contre L'E MPEREUR.
CAVALERIE. 1 IN. IFANt
Janiflaires t 60000
Tartares Valaches. 30000 3000 3000 3000 Bolvakes 5000 4000 Amantes. 4000 » 11000 Arméniens. 1000 1 6000
Mufulmar.icns 1000 6000
Thraciens 1000 6000
CAVALERIE. 1 INFZ
Affricains. 10000 Ixoooj
Perfiens 900014°
Brefiliçns- 4000 11S0
Morlakeso .j Egyptiens 10000
401
d'Holenland •••*o.1
Borgariens 5000 200C
Moriens *0 1 c
Kynvvindicns4000 1600c
Macédoniens. 4000 J
1600c
Etyopiens 4000 1600c
Altyriens 2.000 1800c
Sabaniens 2000 1400C
Mefoporam. 6000 t 1600c
Grecs, 10500o0. 100c
zjiooc
CONTRE LES VENITIENS.
CAVALERIE. 1 INF
Jani~ires o I 4000c Tartareso .,.c Valakeso 1 c
Bosvake
ÏoAfVvaAkLeEs RIE.yNFàt.
40001 looc
V Amantes.., zooo. 11000
l Athéniens o] -0 f Mufulmariiens o! o Thraciens .,'., o 1 o
l
Affricains 6000 ¡ 1000
[ Perfiens 3000 4100 Bresiliens ., 6000 1000
Morlakes .1000! 2000 Egyptiens.7000 ! 18000
d'Holenland 3000 ! 4000
iMîorgoarriieensnso6000 10000 | 10000
Kynvvi. diens 3000 2.000
EMtvacoédponiieenns s 4000 3000 JVflyriens 5000 1000 2.000 2000
* Sabaniens 2000 lj 1000
Méfoporaniiens 40001 1000
Grecs 4000 1000 162>000. 116103»
Total de la Ca- Total don
valerie, contre l'InfanterieK
l'Empereur & les
-
contre I'F,
Venitiens. pereur &J
Venitiens. l
16700i0.1i<>7ïoo 1
M.-"--0------
- i Total du Tout.,|
534100.
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24
p. 182-205
Seconde Partie du Journal de Historique, ou de la Relation imprimée le mois passé, concernant le Czar. [titre d'après la table]
Début :
Dans la Relation que je fis imprimer à part, le mois passé, touchant [...]
Mots clefs :
Tsar, Prince, Dîner, Chasse, Duc, Remparts, Abbaye, Monarque, Jardins, Sérénade, Marquis, Versailles, Médailles, Visites, Cortège, Cavalerie, Duc, Infanterie, Invalides, Audience, Académie, Messe, Mousquetaires, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Seconde Partie du Journal de Historique, ou de la Relation imprimée le mois passé, concernant le Czar. [titre d'après la table]
DAnJlaRelarion quejefis imprimer
a part, le mois passét
touchant le Czar, le laissai ce Prince
à Pult-bcurt; : Il eji présentement
de
de mon devoir, que je reprene la'fate de ceJournal
, en condui-
,
sant ce Monarque jusqu'aux Eaux
de Spaa, où il va joindre la Clarine
son Epouse.
Le Dimanche30. du passé, le
Czar arriva de bonneheure àPetit-
Bourg, où M. le Duc d'Antin lui
fit servir un dîner magnifique;
après lequel il alla coucher à Fontainebleau.
Le lendemain, il courut
le Cerf avec l'Equipage du
Roy; il monta les Chevaux de
lÆgr le <3bmte de Toulonfe
,
qui
se trouva à cetteChasse ; elle fut
sivive que le Cerf fut forcé en
moins d'une heure & demie. Le
Czar qui n'avoir jamais pris ce
-
plaisir Royal, en parutfort content
,.<')[ fit à M. le Comte de
Toulousetoutes les honnêtetés
imaginables. Après la ChasTe
, ce
Prince dîna dans le Pavillon qui
est au milieu de la grande piéce
d'eau, où il resta fort long-tems à
;table. Comme on s'étoit flaté qu'il féjourneroitpluslon^-temsài-oatainebleau
, on avoir tout disposé
pour cet effet; cependant il en
partit ce jour là même
,
après s'être
promené quelque tems le long
du Tibre. Il revint coucherà
Petit-Bourg ,
ou M. le Ducd'Antin
le recut aussi magnifiquement
que la veilles quoique ce retour
fut imprévû. Après avoir parcouru
les Jardins, & laTerrassequi
sert de barriere àla Seine, il entra
le premier Juin, dans une Gondole
, qui le ramena àParis
, avec
toutesa Cour qui lesuivit dans
d'autresBateaux,il s'arrêtaàChoisi,
où il fut accueilli par Madame la
Princesse de Conty Doüairiere ,
qui doit y séjourner tout l'Eté;il
vit les Jardins & les Appartemens:
S'yétantrafraîchi, il continua son
chemin en Gondole
,
& ayant
traverfe^ous 4cs Ponts de Paris,
il vint descendieà l'A breuvoir , audefloas dela Porte de la Conférence
; il monta en Carosse
,
&- D.-flart surles Rempàrts de
la Ville
,
il allachez unArtificier
oùil acheta une grande quantité
de Fusées & de Pétards qu'il voulut
tirer lui-même, dans le Jardin
de l'Hôtel de Lesdiguiéres.
Le 2 ,
il alla l'aprés midy à
l'Abbayede S. Denis, où on lui
fit voir l'Eglise, le Trésor
,
les
Tombeaux
, & lesuperbe Bâtiment
que lesReligieux ont élevé
depuis quelquesannées, & qui
n'est pas encore achevé : la solidité
des Murs & des Voutes lui
plût extremement. Les Benedictins
lui avoient préparéunetrés
grande col lation, qu'il se fit apporter
dans une Cellule qui est
au bout du Dortoir
,
& dont la
vue est charmante; il revint de
S. Denis par S, Quen. où M.
le Duc deTresmes avec route sa
famille, l'attendoit. On lui servitunemagnifique
collation.
Le 3 ce Monarque partir d'ici,
accompagnéde toute sa Cour, de
M. le Maréchal de Tessé, & de
M. le Marquis de Bellegarde
fécond fils de , INI. leDucd'Antin;
ce jeune Seigneur ayant été pré
posé pour faire les honneurs des
Maisons Royales à la place de
M. son pète) qui comme -
Chef.
du Conseil du dedans du Royaume
,
n'avoit pu suivre S. M.
Czarienne ,à cause de quelques
affaires importantes. Le Czar
avoitcompté passer quelques jours
à Versailles, & même on s'étoit
préparé à l'y recevoir; mais il ne
s' y arrêtaqu'un moment , étant
allé coucher à Trianon, où il a
occupé avec toute sa suite, les
Appartemens duCorridor qui donne
sur
-
les Goulottes. Pendant le ,féjotfL"qu'il a fait à Trianon, il
prenoit surtout le plaisirdela promenade
dansles Jardins en Calesche,
& sur le Canal en Gondolle
; il a visitétous les endroits
les plus remarquables des environs.
Le 6, il partit de Trianon,
pour aller au Château de Clagny;
il monta au grand Aqueduc, &
de là se rendit à Af/trly. Il a eiij
[
ployé le tems qu'il y a demeuré,
à peu prés comme à Trianon,se
-- promenant presque tout le jour, &examinant les Jets d'eau, les
Cascades &les Statuës, avê..,cunc
attention surprenante;ilalloit surtout
à chaque instant, voir la Cascade
j4grij>pwne.
Le 10
,
M. deVerton,Maître;
d'Hôteldu Roy ,
qui est chargcf.
par ordre de la Cour ,de servirle
Czar,ayant ordonné un rres-benir
feu d'Artifice, avoirplacé dans
le Bosquet de Marly, unegrande
quantité de Haut-bois&detoutes
fortes d'instrumens qui préluderent
& donnerent une Serenade
qui dura prés d'une heure;
aprés quoi on tira le feu d'artifice
lequel fut suivi d'une tres belle
illumination, que M. le Marquis
, de Bellegarde avoit faitprepararer
dans les Bosquets desBains
d'Agrippinne, & dans celui de la
Cascade;lafête finit par une cfc
pece de Bal: Toutes les Dames
que la curiosité avoit attirée 1«
Marly, danserentdans le Sallort;-
bienavant dans la nuit. Le Czar
fut si content de cette galanterie,
qu'il se coucha trés tard, contre
son ordinaire.
Le II, étant alléle matin- à
Saint Germain en Laye; il examina
le Château vieux &: la neuf,
& resta fort long-temssurlaTerrafle.
Il descendit au Val, &delà
au Monastere de S. Cyr, où
a.-tt Madame de Maintenon qui
reçût sa visite sur son lict; il demanda
à voir les cinq Classes &
routes les Demoiselles, chacune
dans leur place;le Prince sist sort
édifié del'utilité &de la magnificence
de l'établissement de cette
Maison, & de la maniere dont les
Filles y étoient élevées.Aprés
s'estre beaucouppromené, il remonta
en Carosse -ex; revint coucher
à Trianon,
Le 12. il quitta avec regret ces
lieux enchantez, pour revenir à
Paris, il passa par Versailles, où
:-l dîna; avant que de se mettre à
table, il vit tous les Appartemens
~L: le Cabinet, des Curiositez
,
qui
cft auprès de la Piece de la Chapelle
;on lui montra les Medailles
Ȑc les Coquillages.LesLivrescurieux
& les Estampes magnifiques
r
des Anciens Balers du Roy,l'occuperent
plus agréablement, que
toute autrechose.Ildescendità
la Grande & àla Petite Ecurie; il
vit travailler dans l'une & dans
l'autre,plusieurs Chevaux que les
Ecuyers monterenten sa presence. Ilmonta en Carosse sur les cinq
heures, & vint à Chaillot, rendre
visite à la Reine d'Angleterre;Il
traversa, sans s'arrêter, le Cours la
r. Reine, où l'on se promenoit: Il
àvint descendre chez Mr deLaunai la Monoye des Medailles, où
Mr le Duc d'Antin l'attendoit ; ce
Seigneur fit fraper en la presence
de cePrince, une -
Medaille
d'Or, qu'il lui presenta : Le Czar
fat surpris de trouver d'un côté
son Portrait en Buste, ayant
- pour Legende,Petrus Alexievvitz.
T\ar, Mag. Russ. Im(J'eratol; ôî
au revers une Renomméedans les
airs , avec deux Trompettes ; autour
étoient ces mots, Vires aLgo'.
fit eundo. Cequifaitallusion aux
differens voyages que ce Souverain
a faitdepuis vingt ans :8c dans
l'Exergue;Lutet. Paris, 1717. Ilmonta
ensuitepour voir-leCabinet
des Medailles,où il trouva un Medailler
remplidetrente Médaillésd'Argent,
& de quarante Médailles
de Bronze, pareilles à celle qui
luiavoirétépresentéeenOr.Ilen
fut surpris, & encore plus, lorsqu'il
vit qu'elles furent distribuées aux
Personnes. qui l'accompagnoient
Après qu'il ût consideré avec attention
lOUt
ce qu'il y -avoit-diansla
MonoyedesMedailles,ilpna
dans l'Orphevrerie, oùil trouva
i?n grand nombre de beaux Ouvrages
de ce Metail , dont la plus
grande partie étoit pour le Roy,
&quelques uns aussi pour le Roy
de Portugal & à ses Armes ; il les
examina avec itn- discernement
lui marque son bon goût pour TOUtes
sortes de choses. Lorsqu'il s'en
alla
, en lui presenta de rechefune
pareilleMedaille de son Portrait,
quivenoitd'être achevée,dont
les fondsétoient de Bronze brune,
& tous les reliefs en Or.
Le 13. au matin, il reçût la Visîte
du Nonce, qui lui fit un com- pliment en Italien, auquel le Vice-
Chancellier Schaffirauu répondit.
Il sortitseull'aprés-midi, & se
rendit le soir chez Mr le Duc
d'Antin, où il soupa avec Mgr le
Comte deToulouses le repas fut
superbe.
Le15.aumatin, ilallaàl'ImprimerieRoyale
? on tira devant
lui plusieurs Epreuves:ll passa ensuite
au Collége des Quatre Nations,
fondé par le Cardinal de-
Mazarin; Il viGta l'Eglise&la Biblioteque,
& fit amitié à M Varignon,
le plus fameux Géometre
du Royaume; il s'infirma des
fonds destinez à entretenir un pareilEtabli(
Ternent*, il parut content
du détail qu'on luien fit, ~f~
ce qu'outre deux Colléges qu'il (li fondez dans ses Etats,l'un à Mor:
covu, & l'autre à Peterbourg ,il
a encore dessein d'en ériger de
nouveaux. Au sortir de cette Mai.
son,il passa chez le sieurPigeon,
Auteurd'une Sphere mouvante
très curieuse, suivant le Systéme
de Copernic; illa trouva parfaitement
executée; elle lui PZC si
fort, qu'il donna ordre
, en parrant,
del'acheter deux «mille ~écusa.
Ilalla ensuiteen Sorbonne,où-il
fMuat isrôençû,qup'ialr^lpeasciDeoucftaebuerasudcoeupa^
il admira le Tombeau du Cardinal
de Richelieu
, que l'on regôritr
comme un des Chefs d'Oeuvre de
Girardon. L'après-midi, ce Prince
monta sur les Tours de Nôtre-Dame
, pour découvrir d'un coup d'oeil, toute l'étenduëde cette
Capitale; il trouva , en rentrant à
l'Hôtelde Lesdiguieres, lesAmbassadeurs
de Portugal & de Malte
» qui vinrent en grand Cortége-,
lui rendre-visite.
-Le lS. au matin, étant retourne
aux Gobelins, il prit plaisiràvoir
r travailler: Entre plusieurs pieces
deTapisseriequ'on lui exposa, il
il fut Epris de l'Histoire de Don
Guichotte
,
dont les desseins sont
du jeune M,. Coëpel: LeRay lui
en a fait present du depuis, avec
quelques autres. L'après-diné, il
monta dans une Caleche,en forme
de Gondole
, ouverte de tous côtez,
appartenant à M. le Maréchal
deTeflé: Ce Monarque étoit accompagné
de ce Seigneur
,
de son
Chambellan ordinaire & de M.
de Verron ; il visita enpassant dans
la ruë des Bernardins,la Maison
de M. de Torpane, que lui aven-
,
du M. l'Abbé Bignon: Ensuite
celle de Madame la Duchesse de
.- la Ferté, qui donne sur lePalais
Royal; il sur charmédu gouc &
de la magnificencedontelleétoit
ornée: Il passarte làl'Hôtel de
MS- le Conre de Tou-ouïe*, après
quoi
,
CLlf le soir, il aiii (e promener
au Cours
,
où il fit plufîeucs
SOULS.
Le 16. le Czar ayant témoigné
quelque envie de voirles Troupes
de la Maison du Roy, Msr le-Duc
Regent donna ordre aux Gensdarmes
, aux Chevaux-Legers.,
aux deux Compagnies des Mousquetaires,
& aux Gardes Fran--
çoises& Suiffes, de se tenir prêts
le 16. aprés midi. On choisit, pour
enfail-e la revûë, la grande Allée
des Champs Elifées. Les Gardes
Françoises & Suisses étoient
rangées sur cinq Lignes, depuis le
commencementdecette Allée,jusqu'à
la Barriere qui la separe des
Allées du Roule. La Cavalerie se
plJça sur quatre Lignes, depuis
cette Barriere, juqu'aiideffiis-de la
grande Etoile. Le Prince deRohan
& lePrincedeSoubise reçû en survivance
de laChaige de M.son pere,
étoit à la tête de la Compagnie
des Cens-darmes. M. le Duc de
<.h2uLLesé[()ir au tri avec M. son
Fils -
,
à la tête des Chevaux Legers
:M.d'Arcagnancommandoit
les Mousquetaires Gris-, & M. de
Caullhc
i Canillac, les Noirs. Mgr le Duc du
'r Maine & M. le Duc de Guiche
* étoien à cheval:Le Czar arri va à
- trois heures & demie, au bas des -Allées
-
des Champs Elizées; il
monta sur un Cheval du Roy; on
en avoir aussiamené pour toute sa
Suite. Mgr le Duc d'Orleans étoit à
L cheval, suivi de plusieurs Seigneurs
de la Cour. Le Czar accompagné
de S. A. R. palTa fort
1. vîte devant le premier Rang ,
jusi
qu'au bout dela Ligne, &revint
t au petit galop : Etant parvenu à
,
l'entrée de l'Allée des Champs
Elifées, il vit faire l'exercice r à toute l'lnfanterie; mais s'étant
élevé des tourbillons épais de
-
poussiere,par la quantité des caros- | ses
,
des chevaux,& d'une multitude
infinie de Peuples qui s'y
rrouvetent; ce Prince en fut si fort
incommodé, qu'il fut obligé de se
retirer, sans avoir û la satisfaction
de voir défiler de si belles
Troupes: Il descendit avec Mgr
le Duc d'Orléans, pour viiiter le
nouveau Pont tournant des Tuilleries.
Ces deux Princes se retire- Jj
rent ensemble dans un endroit separé,
& ûrent une Conference
d'une demie heure, en présence
du Prince Kurakin qui servoit 1
d'Interprete à S. M. Cz. Après
s'être promené un moment dans
les Tuilleries, il monta enCarosse,
accompagné de Messieurs les Marêchaux
de Tdlè, d'Estrées -
,
de
Matignon,& autres Seigneurs. Il
allasouperàS.Ouen,chezM.le
Duc de Tresmes, Gouverneur de
Paris : Il y fut traité splendidement
; il s'entretint prèsque toujours
, pendant le repas qui dura
près de trois heures, avec M. le
Comte de Bethune
, qui parle
Polonois&Allemand. Ce Prince
ayant sçû que Madame la Comtesse
de Bethune
,
fille de M.le Duc
de Tresmes étoit feulement
spectatrice
,
illa pria tres-gracieusement
de se mettre à table, ce
qu'elle fit.
Le 17. Mgrle Comte deToulouse,
fit presenter à ce Prince une grande
Carte Marine, avec plusieurs
Ecrans magnifigniques. Il retourna
encor à l'observatoire,où
il fut prés de deux heureàfaire
des observations, & de là il se
rendit chez Mr le Maréchal de
Villars qui le reçût avec tout l'appareil
possible; le souper se passa
enjoye,&àchaquesanté on tia
plusieurs boëtes.
Le 18 au matin,le Czar qui
avoir mandé MrDelisle le Géographe
,l'entretint fort longtems
par Interprète, sur la situation &
l'étendue de son Empire, dont
ce Prince est mieux instruit que
personne. Pour lui en donner une
connoissance plus exacte ; il ordonna
qu'on aporta deux Cartes
Manuscrites qu'il avoir fait faire
d'une partie de ses Etats, il fit
remarquer à M. Delisle la situation
d'une nouvelle Fortersse
qu'il avoir fait bâtir en Tartart,
& lui fit part de ses nouvelles
acquisitions dans ces quartiers-là,
par la soumission d'un Roy T*r±
tare, qui s'est rendu son Vassal, ÔÊ
par la jonction de cent mille Calmoucs,
avec les autres Tartares
quisont déja fous sa domination.
CePrincealla voir enfuitc
plusieurs experiences Chimiques
que Mr Geosroi. lui avoit prépa- rées. Le iS- leCzar vint à cinq heures
incognito,prendre congé du Roy ;il
entra par l'apparrement deM. le
Maréchal de Villeroy, il fit present
à S.M. du Plan dePeterbourg-
On peut juger del'importance &
de la grandeur de cette Place,
par les32Battions qui doivent U-.
deffendre. S. - M. l'a placé dansle
Cabinet du Conseil. Après
avoirreçûlavisite de Mgr. le
Duc Regent; il alla au Palais
Royal, où il salua Monseigneur&
MadamelaDuchene d'Orleans.
Le même jour,le Czar curieux de
- voir rendre la vue à un Aveugle,
donna ordre à M. Areskin son
premier Medecin, de lui decouVIrr
un habile Oculiste; s'étant
,
adressé à M. du Vernay Professeur
Royal d"Anatomie au Iardin des
Plantes ,
il lui indiqua M. de
VvolhouseGentil-hommeAnglois,
qui ayant amené à l'Hôtel de Lesdiguieres,
un Invalide Aveugledepuis
la Bataille d'Hochsteet, âgé
de65 ans, prépara tout pour cette
opération difficile. Le Czar voyant
planterl'éguille dans l'oeil de
l'Invalide, se détourna un moment:
mais la curiosité l'ayant
emporté, il le vit travailler &
illia preuve que la Cararacte étoit.
abatuë ;car ce Prince ayant motitré
sa main à l'Invalide, celui-ci
la distingua. Un succés si hûreux -
• a engagé S. M. Cz.a promettre
, ausieurde Woolhouse un Elève,
pour le former fous un si habil
Homme
,
à l'imitation du Grand
- Duc de Toscane, & du Roy de
Sicile qui lui en ont envoyée&qu'il
a perfectionnés dans cet Art.
Le 19. le Czar semit dans son
Bain,suivant la coûtume qu'il
a de le baigner tous les Samedis.
Le même jour, ce Prince voulant
setrouv et à une Audiencedu
: Parlement,s'y rendit. Il entra d'abord
chez MrPremier Président,
d'où il sur conduit par le Bailly du - Palais, à la Grand-Chambre. On
leplaça dans une des Lanternes
que l'on avoit décorée, d'où il vit
MESSIEURSSiégeantssurles
hauts Bancs. On appela une Cause
; après que les deux Avocars
Mres Milchault & Guerin ûrent
plaidé, M.,de Lamoignon Avocat
General
,
se leva; & après avoir
résumé l'affaire qu'on plaidoit
alors, dit qu'il y avoit plusieurs
exemples, où la Couravoir
été consultée par des Souverains,
dans les affaires 'es plus importantes
de leurs Etats, mais qu'un
• Monarque si éloigné dela France
, également puissant en Europe
fleen Asie. ût voulu être témoin
de. son Auguste Séance, c'étoirunexemple
rare: il ajouta
qu'un tel événement méritoir d'êne
conservé dans les Registres du
Parlement,& d'être transmis à la
Postérité.L'Académie finie, le
- Czar salüen sortant,cet Auguste
Sénat, qui étoit en Robes Rouges,
& les Présidens avec leurs FOUÏrures
; ce qui ne s'étoit pratiqué
en pareil cas,quepour l'Empereur
Charles-^wnt.
Le même jour, l'après-midi, le
Roy alla àl'Hôtel delesdiguieres,
rendrevisite au Czar, qui, après
l'avoir reçû,vint à l'Academie
des Sciences,où M,l'Abbé Bignon
présidoit:*Mr de la Faye lui montra
un modéle de laMachine qu'on
a imaginée fort ingenieusément pourélever l'eau , avec la moindre
force qu'il est possible,fondé sur les
Proportions les plus difficiles de
-
Geometrie. Le Czar confirma par
son approbation, le jugement du
Public & del'Academie. M.Lemery
lui fit observer l'effet de deux
vegetations chimiques fort singulieres,
& Monsieur de Reaumnr,
les desseins de la Defcrip-
* Capitaine aux Gardes Françoises,
tion des Arts, prêts à imprimer:
Enfin M. Dalesme lui fit voir l'esset
d'un nouveau Cric à Cremail---
lere
, qui,avec moins de force, fait
plus d'effet que les Crics. S. M.Cz.
a prêté beaucoup d'attention à
toutes ces Nouveautez
, & a bien
voulu prendre séance,permettant
à la Compagnie de s'asseoir, pour,
voir l'ordre de l'Academie & le
rang des Academiciens. Il a vû
pareillement celle des belles Lettres
, où on lui montra l'Histoire
de LouisXIV. en Medailles.
Le Dimanche 20. à deux heures
après midi., il envoya demander,
s'ilpouvoit revenir voir les
Medailles desRois de France, & - la suitte de l'Histoire de Loüis-
Quatorze,dont une grande partieétoit
de même que celle qu'on lui
avoit presentée de Bronze ,& les
reliefsd'Or. Il y arriva une heure - après
,
& examina tout avec encore
pLs d'attention quelapremiere
fois. Et comme il s'arrêta beaucoup
à considerer la Medaille de
LOUIS XV,qui a pour revers un Soleillevant,vec ces mots, Iubet
sperare; qui étoitaussi deBronze&
les reliefs d'Or.Le Directeur de la
Monoye crut devoir la lui offrir. Il
la recût trés-gracieusement, marquant
,en touchant sur sa Poitrine,
qu'il la garderoit éternellemenr.
Sur les 6. heures, il retourna à
l'Hôtel de Lesdiguieres, pour assilier
aux Vigillesde la Pentecôte,
dans la Chapelle; elles furent
chantées parce Prince &par les
Musiciens
,
quiavoient chacun, un
Livre de Plain-Chant à la main.
Le Czar,après avoir entendu
la Messe de la Pentecôte, selon
l'ancien stile & la Liturgie des
Grecs, partit enfinle it.au soir,
pour les Eaux de Spaa.; il étoit escorté
par dix Mousquetaires
,
qui
devoient se relayer successivement
enpareil nombre, jusqu'à Soissons. Ilsoupa &coucha à Livrv, chez
le Marquisde ce Nom; il bût à la
Santé du Roy&àcelledeMgr le
Régent.
Il a fait plusieurs largesses avant
son départ; il a donné son Portrait
enrichi de Diamans à M. le Duc
d'Antin,àM.leMarechal deTessé,,
à M. le Maréchal d'Estrées à
M. le Marquis deLivry, &à
& à M, de Verton, pour lequel
il a û des egards particuliers, qu'il
s'est attiré par les manières polies
& engageantes, & par une attention
continuelle au service de ce
Monarque
, qui l'a toujours fait
mangeravec lui pendant son sejour
à Paris. Ce Monarque a faitlpulius
en sa faveur,il ademandépour
à M.le DucRegent une pension
- de 6000 liv. sur
des
Benefices ;
ayant sçû que comme Chevalier
de S. Lazare
,
il pouvoit posseder
des Pensionsjusqu'àcettesomme
ce qui lui a c~ accordé. Il n'a pas
oublié M. de Cresmes. Contrôlleur
de la Maison du Roy, à qui
il a fait présent d'une trésbelle
Montre d'or; il a distribué plusieurs
grandes Médailles d'or du
poids de sept Louis d'or neufs, à. -
quelqu'autres,Officiers; 1500Ducats
pour lesOfficiers de la bouche
du Roy, & autant pourles
officiersde Versailles,deMarly,
deTrianon,dela Ménagerie,de
Meudon & de Fonrtainebleau ;
c'est M. de Verton qirc le Czar
achargé de toutes ses libéralités-
Le Lundy matinxi cePrin.-
ce, après s'estre promené dans les
Jardins de Livry, monta dans
une Chaise de Poste avec M. de
son Chambellan, alla
dîneràNanteuil, ensuite coucher
àSoissons. Il s'embarquera àCharleville
sur la Meuse, afin de se
-
tendre à Liege, où il se reposera
quelques loiirs,,dans un Palais que
l'EleB:e\11 de Cologne lui a fait
préparer. S. A.E. lui.afaitoffre
par M. Vvaldor son Envoyé en
France, de 100 de ses Gardes &
200 Hommes de sesTroupes pour
lui servir d'escorté.
,LeC-Laradittfi,mé àM-leDucd'Antin
&àplu/ïeu'sSeig-î«iTsdelaCour,uce
fuitedeMédaillesfrapées enHollandeà
son coin, où sontreprésentées les Aâions
les plus éclatants de ion lÚgde.
a part, le mois passét
touchant le Czar, le laissai ce Prince
à Pult-bcurt; : Il eji présentement
de
de mon devoir, que je reprene la'fate de ceJournal
, en condui-
,
sant ce Monarque jusqu'aux Eaux
de Spaa, où il va joindre la Clarine
son Epouse.
Le Dimanche30. du passé, le
Czar arriva de bonneheure àPetit-
Bourg, où M. le Duc d'Antin lui
fit servir un dîner magnifique;
après lequel il alla coucher à Fontainebleau.
Le lendemain, il courut
le Cerf avec l'Equipage du
Roy; il monta les Chevaux de
lÆgr le <3bmte de Toulonfe
,
qui
se trouva à cetteChasse ; elle fut
sivive que le Cerf fut forcé en
moins d'une heure & demie. Le
Czar qui n'avoir jamais pris ce
-
plaisir Royal, en parutfort content
,.<')[ fit à M. le Comte de
Toulousetoutes les honnêtetés
imaginables. Après la ChasTe
, ce
Prince dîna dans le Pavillon qui
est au milieu de la grande piéce
d'eau, où il resta fort long-tems à
;table. Comme on s'étoit flaté qu'il féjourneroitpluslon^-temsài-oatainebleau
, on avoir tout disposé
pour cet effet; cependant il en
partit ce jour là même
,
après s'être
promené quelque tems le long
du Tibre. Il revint coucherà
Petit-Bourg ,
ou M. le Ducd'Antin
le recut aussi magnifiquement
que la veilles quoique ce retour
fut imprévû. Après avoir parcouru
les Jardins, & laTerrassequi
sert de barriere àla Seine, il entra
le premier Juin, dans une Gondole
, qui le ramena àParis
, avec
toutesa Cour qui lesuivit dans
d'autresBateaux,il s'arrêtaàChoisi,
où il fut accueilli par Madame la
Princesse de Conty Doüairiere ,
qui doit y séjourner tout l'Eté;il
vit les Jardins & les Appartemens:
S'yétantrafraîchi, il continua son
chemin en Gondole
,
& ayant
traverfe^ous 4cs Ponts de Paris,
il vint descendieà l'A breuvoir , audefloas dela Porte de la Conférence
; il monta en Carosse
,
&- D.-flart surles Rempàrts de
la Ville
,
il allachez unArtificier
oùil acheta une grande quantité
de Fusées & de Pétards qu'il voulut
tirer lui-même, dans le Jardin
de l'Hôtel de Lesdiguiéres.
Le 2 ,
il alla l'aprés midy à
l'Abbayede S. Denis, où on lui
fit voir l'Eglise, le Trésor
,
les
Tombeaux
, & lesuperbe Bâtiment
que lesReligieux ont élevé
depuis quelquesannées, & qui
n'est pas encore achevé : la solidité
des Murs & des Voutes lui
plût extremement. Les Benedictins
lui avoient préparéunetrés
grande col lation, qu'il se fit apporter
dans une Cellule qui est
au bout du Dortoir
,
& dont la
vue est charmante; il revint de
S. Denis par S, Quen. où M.
le Duc deTresmes avec route sa
famille, l'attendoit. On lui servitunemagnifique
collation.
Le 3 ce Monarque partir d'ici,
accompagnéde toute sa Cour, de
M. le Maréchal de Tessé, & de
M. le Marquis de Bellegarde
fécond fils de , INI. leDucd'Antin;
ce jeune Seigneur ayant été pré
posé pour faire les honneurs des
Maisons Royales à la place de
M. son pète) qui comme -
Chef.
du Conseil du dedans du Royaume
,
n'avoit pu suivre S. M.
Czarienne ,à cause de quelques
affaires importantes. Le Czar
avoitcompté passer quelques jours
à Versailles, & même on s'étoit
préparé à l'y recevoir; mais il ne
s' y arrêtaqu'un moment , étant
allé coucher à Trianon, où il a
occupé avec toute sa suite, les
Appartemens duCorridor qui donne
sur
-
les Goulottes. Pendant le ,féjotfL"qu'il a fait à Trianon, il
prenoit surtout le plaisirdela promenade
dansles Jardins en Calesche,
& sur le Canal en Gondolle
; il a visitétous les endroits
les plus remarquables des environs.
Le 6, il partit de Trianon,
pour aller au Château de Clagny;
il monta au grand Aqueduc, &
de là se rendit à Af/trly. Il a eiij
[
ployé le tems qu'il y a demeuré,
à peu prés comme à Trianon,se
-- promenant presque tout le jour, &examinant les Jets d'eau, les
Cascades &les Statuës, avê..,cunc
attention surprenante;ilalloit surtout
à chaque instant, voir la Cascade
j4grij>pwne.
Le 10
,
M. deVerton,Maître;
d'Hôteldu Roy ,
qui est chargcf.
par ordre de la Cour ,de servirle
Czar,ayant ordonné un rres-benir
feu d'Artifice, avoirplacé dans
le Bosquet de Marly, unegrande
quantité de Haut-bois&detoutes
fortes d'instrumens qui préluderent
& donnerent une Serenade
qui dura prés d'une heure;
aprés quoi on tira le feu d'artifice
lequel fut suivi d'une tres belle
illumination, que M. le Marquis
, de Bellegarde avoit faitprepararer
dans les Bosquets desBains
d'Agrippinne, & dans celui de la
Cascade;lafête finit par une cfc
pece de Bal: Toutes les Dames
que la curiosité avoit attirée 1«
Marly, danserentdans le Sallort;-
bienavant dans la nuit. Le Czar
fut si content de cette galanterie,
qu'il se coucha trés tard, contre
son ordinaire.
Le II, étant alléle matin- à
Saint Germain en Laye; il examina
le Château vieux &: la neuf,
& resta fort long-temssurlaTerrafle.
Il descendit au Val, &delà
au Monastere de S. Cyr, où
a.-tt Madame de Maintenon qui
reçût sa visite sur son lict; il demanda
à voir les cinq Classes &
routes les Demoiselles, chacune
dans leur place;le Prince sist sort
édifié del'utilité &de la magnificence
de l'établissement de cette
Maison, & de la maniere dont les
Filles y étoient élevées.Aprés
s'estre beaucouppromené, il remonta
en Carosse -ex; revint coucher
à Trianon,
Le 12. il quitta avec regret ces
lieux enchantez, pour revenir à
Paris, il passa par Versailles, où
:-l dîna; avant que de se mettre à
table, il vit tous les Appartemens
~L: le Cabinet, des Curiositez
,
qui
cft auprès de la Piece de la Chapelle
;on lui montra les Medailles
Ȑc les Coquillages.LesLivrescurieux
& les Estampes magnifiques
r
des Anciens Balers du Roy,l'occuperent
plus agréablement, que
toute autrechose.Ildescendità
la Grande & àla Petite Ecurie; il
vit travailler dans l'une & dans
l'autre,plusieurs Chevaux que les
Ecuyers monterenten sa presence. Ilmonta en Carosse sur les cinq
heures, & vint à Chaillot, rendre
visite à la Reine d'Angleterre;Il
traversa, sans s'arrêter, le Cours la
r. Reine, où l'on se promenoit: Il
àvint descendre chez Mr deLaunai la Monoye des Medailles, où
Mr le Duc d'Antin l'attendoit ; ce
Seigneur fit fraper en la presence
de cePrince, une -
Medaille
d'Or, qu'il lui presenta : Le Czar
fat surpris de trouver d'un côté
son Portrait en Buste, ayant
- pour Legende,Petrus Alexievvitz.
T\ar, Mag. Russ. Im(J'eratol; ôî
au revers une Renomméedans les
airs , avec deux Trompettes ; autour
étoient ces mots, Vires aLgo'.
fit eundo. Cequifaitallusion aux
differens voyages que ce Souverain
a faitdepuis vingt ans :8c dans
l'Exergue;Lutet. Paris, 1717. Ilmonta
ensuitepour voir-leCabinet
des Medailles,où il trouva un Medailler
remplidetrente Médaillésd'Argent,
& de quarante Médailles
de Bronze, pareilles à celle qui
luiavoirétépresentéeenOr.Ilen
fut surpris, & encore plus, lorsqu'il
vit qu'elles furent distribuées aux
Personnes. qui l'accompagnoient
Après qu'il ût consideré avec attention
lOUt
ce qu'il y -avoit-diansla
MonoyedesMedailles,ilpna
dans l'Orphevrerie, oùil trouva
i?n grand nombre de beaux Ouvrages
de ce Metail , dont la plus
grande partie étoit pour le Roy,
&quelques uns aussi pour le Roy
de Portugal & à ses Armes ; il les
examina avec itn- discernement
lui marque son bon goût pour TOUtes
sortes de choses. Lorsqu'il s'en
alla
, en lui presenta de rechefune
pareilleMedaille de son Portrait,
quivenoitd'être achevée,dont
les fondsétoient de Bronze brune,
& tous les reliefs en Or.
Le 13. au matin, il reçût la Visîte
du Nonce, qui lui fit un com- pliment en Italien, auquel le Vice-
Chancellier Schaffirauu répondit.
Il sortitseull'aprés-midi, & se
rendit le soir chez Mr le Duc
d'Antin, où il soupa avec Mgr le
Comte deToulouses le repas fut
superbe.
Le15.aumatin, ilallaàl'ImprimerieRoyale
? on tira devant
lui plusieurs Epreuves:ll passa ensuite
au Collége des Quatre Nations,
fondé par le Cardinal de-
Mazarin; Il viGta l'Eglise&la Biblioteque,
& fit amitié à M Varignon,
le plus fameux Géometre
du Royaume; il s'infirma des
fonds destinez à entretenir un pareilEtabli(
Ternent*, il parut content
du détail qu'on luien fit, ~f~
ce qu'outre deux Colléges qu'il (li fondez dans ses Etats,l'un à Mor:
covu, & l'autre à Peterbourg ,il
a encore dessein d'en ériger de
nouveaux. Au sortir de cette Mai.
son,il passa chez le sieurPigeon,
Auteurd'une Sphere mouvante
très curieuse, suivant le Systéme
de Copernic; illa trouva parfaitement
executée; elle lui PZC si
fort, qu'il donna ordre
, en parrant,
del'acheter deux «mille ~écusa.
Ilalla ensuiteen Sorbonne,où-il
fMuat isrôençû,qup'ialr^lpeasciDeoucftaebuerasudcoeupa^
il admira le Tombeau du Cardinal
de Richelieu
, que l'on regôritr
comme un des Chefs d'Oeuvre de
Girardon. L'après-midi, ce Prince
monta sur les Tours de Nôtre-Dame
, pour découvrir d'un coup d'oeil, toute l'étenduëde cette
Capitale; il trouva , en rentrant à
l'Hôtelde Lesdiguieres, lesAmbassadeurs
de Portugal & de Malte
» qui vinrent en grand Cortége-,
lui rendre-visite.
-Le lS. au matin, étant retourne
aux Gobelins, il prit plaisiràvoir
r travailler: Entre plusieurs pieces
deTapisseriequ'on lui exposa, il
il fut Epris de l'Histoire de Don
Guichotte
,
dont les desseins sont
du jeune M,. Coëpel: LeRay lui
en a fait present du depuis, avec
quelques autres. L'après-diné, il
monta dans une Caleche,en forme
de Gondole
, ouverte de tous côtez,
appartenant à M. le Maréchal
deTeflé: Ce Monarque étoit accompagné
de ce Seigneur
,
de son
Chambellan ordinaire & de M.
de Verron ; il visita enpassant dans
la ruë des Bernardins,la Maison
de M. de Torpane, que lui aven-
,
du M. l'Abbé Bignon: Ensuite
celle de Madame la Duchesse de
.- la Ferté, qui donne sur lePalais
Royal; il sur charmédu gouc &
de la magnificencedontelleétoit
ornée: Il passarte làl'Hôtel de
MS- le Conre de Tou-ouïe*, après
quoi
,
CLlf le soir, il aiii (e promener
au Cours
,
où il fit plufîeucs
SOULS.
Le 16. le Czar ayant témoigné
quelque envie de voirles Troupes
de la Maison du Roy, Msr le-Duc
Regent donna ordre aux Gensdarmes
, aux Chevaux-Legers.,
aux deux Compagnies des Mousquetaires,
& aux Gardes Fran--
çoises& Suiffes, de se tenir prêts
le 16. aprés midi. On choisit, pour
enfail-e la revûë, la grande Allée
des Champs Elifées. Les Gardes
Françoises & Suisses étoient
rangées sur cinq Lignes, depuis le
commencementdecette Allée,jusqu'à
la Barriere qui la separe des
Allées du Roule. La Cavalerie se
plJça sur quatre Lignes, depuis
cette Barriere, juqu'aiideffiis-de la
grande Etoile. Le Prince deRohan
& lePrincedeSoubise reçû en survivance
de laChaige de M.son pere,
étoit à la tête de la Compagnie
des Cens-darmes. M. le Duc de
<.h2uLLesé[()ir au tri avec M. son
Fils -
,
à la tête des Chevaux Legers
:M.d'Arcagnancommandoit
les Mousquetaires Gris-, & M. de
Caullhc
i Canillac, les Noirs. Mgr le Duc du
'r Maine & M. le Duc de Guiche
* étoien à cheval:Le Czar arri va à
- trois heures & demie, au bas des -Allées
-
des Champs Elizées; il
monta sur un Cheval du Roy; on
en avoir aussiamené pour toute sa
Suite. Mgr le Duc d'Orleans étoit à
L cheval, suivi de plusieurs Seigneurs
de la Cour. Le Czar accompagné
de S. A. R. palTa fort
1. vîte devant le premier Rang ,
jusi
qu'au bout dela Ligne, &revint
t au petit galop : Etant parvenu à
,
l'entrée de l'Allée des Champs
Elifées, il vit faire l'exercice r à toute l'lnfanterie; mais s'étant
élevé des tourbillons épais de
-
poussiere,par la quantité des caros- | ses
,
des chevaux,& d'une multitude
infinie de Peuples qui s'y
rrouvetent; ce Prince en fut si fort
incommodé, qu'il fut obligé de se
retirer, sans avoir û la satisfaction
de voir défiler de si belles
Troupes: Il descendit avec Mgr
le Duc d'Orléans, pour viiiter le
nouveau Pont tournant des Tuilleries.
Ces deux Princes se retire- Jj
rent ensemble dans un endroit separé,
& ûrent une Conference
d'une demie heure, en présence
du Prince Kurakin qui servoit 1
d'Interprete à S. M. Cz. Après
s'être promené un moment dans
les Tuilleries, il monta enCarosse,
accompagné de Messieurs les Marêchaux
de Tdlè, d'Estrées -
,
de
Matignon,& autres Seigneurs. Il
allasouperàS.Ouen,chezM.le
Duc de Tresmes, Gouverneur de
Paris : Il y fut traité splendidement
; il s'entretint prèsque toujours
, pendant le repas qui dura
près de trois heures, avec M. le
Comte de Bethune
, qui parle
Polonois&Allemand. Ce Prince
ayant sçû que Madame la Comtesse
de Bethune
,
fille de M.le Duc
de Tresmes étoit feulement
spectatrice
,
illa pria tres-gracieusement
de se mettre à table, ce
qu'elle fit.
Le 17. Mgrle Comte deToulouse,
fit presenter à ce Prince une grande
Carte Marine, avec plusieurs
Ecrans magnifigniques. Il retourna
encor à l'observatoire,où
il fut prés de deux heureàfaire
des observations, & de là il se
rendit chez Mr le Maréchal de
Villars qui le reçût avec tout l'appareil
possible; le souper se passa
enjoye,&àchaquesanté on tia
plusieurs boëtes.
Le 18 au matin,le Czar qui
avoir mandé MrDelisle le Géographe
,l'entretint fort longtems
par Interprète, sur la situation &
l'étendue de son Empire, dont
ce Prince est mieux instruit que
personne. Pour lui en donner une
connoissance plus exacte ; il ordonna
qu'on aporta deux Cartes
Manuscrites qu'il avoir fait faire
d'une partie de ses Etats, il fit
remarquer à M. Delisle la situation
d'une nouvelle Fortersse
qu'il avoir fait bâtir en Tartart,
& lui fit part de ses nouvelles
acquisitions dans ces quartiers-là,
par la soumission d'un Roy T*r±
tare, qui s'est rendu son Vassal, ÔÊ
par la jonction de cent mille Calmoucs,
avec les autres Tartares
quisont déja fous sa domination.
CePrincealla voir enfuitc
plusieurs experiences Chimiques
que Mr Geosroi. lui avoit prépa- rées. Le iS- leCzar vint à cinq heures
incognito,prendre congé du Roy ;il
entra par l'apparrement deM. le
Maréchal de Villeroy, il fit present
à S.M. du Plan dePeterbourg-
On peut juger del'importance &
de la grandeur de cette Place,
par les32Battions qui doivent U-.
deffendre. S. - M. l'a placé dansle
Cabinet du Conseil. Après
avoirreçûlavisite de Mgr. le
Duc Regent; il alla au Palais
Royal, où il salua Monseigneur&
MadamelaDuchene d'Orleans.
Le même jour,le Czar curieux de
- voir rendre la vue à un Aveugle,
donna ordre à M. Areskin son
premier Medecin, de lui decouVIrr
un habile Oculiste; s'étant
,
adressé à M. du Vernay Professeur
Royal d"Anatomie au Iardin des
Plantes ,
il lui indiqua M. de
VvolhouseGentil-hommeAnglois,
qui ayant amené à l'Hôtel de Lesdiguieres,
un Invalide Aveugledepuis
la Bataille d'Hochsteet, âgé
de65 ans, prépara tout pour cette
opération difficile. Le Czar voyant
planterl'éguille dans l'oeil de
l'Invalide, se détourna un moment:
mais la curiosité l'ayant
emporté, il le vit travailler &
illia preuve que la Cararacte étoit.
abatuë ;car ce Prince ayant motitré
sa main à l'Invalide, celui-ci
la distingua. Un succés si hûreux -
• a engagé S. M. Cz.a promettre
, ausieurde Woolhouse un Elève,
pour le former fous un si habil
Homme
,
à l'imitation du Grand
- Duc de Toscane, & du Roy de
Sicile qui lui en ont envoyée&qu'il
a perfectionnés dans cet Art.
Le 19. le Czar semit dans son
Bain,suivant la coûtume qu'il
a de le baigner tous les Samedis.
Le même jour, ce Prince voulant
setrouv et à une Audiencedu
: Parlement,s'y rendit. Il entra d'abord
chez MrPremier Président,
d'où il sur conduit par le Bailly du - Palais, à la Grand-Chambre. On
leplaça dans une des Lanternes
que l'on avoit décorée, d'où il vit
MESSIEURSSiégeantssurles
hauts Bancs. On appela une Cause
; après que les deux Avocars
Mres Milchault & Guerin ûrent
plaidé, M.,de Lamoignon Avocat
General
,
se leva; & après avoir
résumé l'affaire qu'on plaidoit
alors, dit qu'il y avoit plusieurs
exemples, où la Couravoir
été consultée par des Souverains,
dans les affaires 'es plus importantes
de leurs Etats, mais qu'un
• Monarque si éloigné dela France
, également puissant en Europe
fleen Asie. ût voulu être témoin
de. son Auguste Séance, c'étoirunexemple
rare: il ajouta
qu'un tel événement méritoir d'êne
conservé dans les Registres du
Parlement,& d'être transmis à la
Postérité.L'Académie finie, le
- Czar salüen sortant,cet Auguste
Sénat, qui étoit en Robes Rouges,
& les Présidens avec leurs FOUÏrures
; ce qui ne s'étoit pratiqué
en pareil cas,quepour l'Empereur
Charles-^wnt.
Le même jour, l'après-midi, le
Roy alla àl'Hôtel delesdiguieres,
rendrevisite au Czar, qui, après
l'avoir reçû,vint à l'Academie
des Sciences,où M,l'Abbé Bignon
présidoit:*Mr de la Faye lui montra
un modéle de laMachine qu'on
a imaginée fort ingenieusément pourélever l'eau , avec la moindre
force qu'il est possible,fondé sur les
Proportions les plus difficiles de
-
Geometrie. Le Czar confirma par
son approbation, le jugement du
Public & del'Academie. M.Lemery
lui fit observer l'effet de deux
vegetations chimiques fort singulieres,
& Monsieur de Reaumnr,
les desseins de la Defcrip-
* Capitaine aux Gardes Françoises,
tion des Arts, prêts à imprimer:
Enfin M. Dalesme lui fit voir l'esset
d'un nouveau Cric à Cremail---
lere
, qui,avec moins de force, fait
plus d'effet que les Crics. S. M.Cz.
a prêté beaucoup d'attention à
toutes ces Nouveautez
, & a bien
voulu prendre séance,permettant
à la Compagnie de s'asseoir, pour,
voir l'ordre de l'Academie & le
rang des Academiciens. Il a vû
pareillement celle des belles Lettres
, où on lui montra l'Histoire
de LouisXIV. en Medailles.
Le Dimanche 20. à deux heures
après midi., il envoya demander,
s'ilpouvoit revenir voir les
Medailles desRois de France, & - la suitte de l'Histoire de Loüis-
Quatorze,dont une grande partieétoit
de même que celle qu'on lui
avoit presentée de Bronze ,& les
reliefsd'Or. Il y arriva une heure - après
,
& examina tout avec encore
pLs d'attention quelapremiere
fois. Et comme il s'arrêta beaucoup
à considerer la Medaille de
LOUIS XV,qui a pour revers un Soleillevant,vec ces mots, Iubet
sperare; qui étoitaussi deBronze&
les reliefs d'Or.Le Directeur de la
Monoye crut devoir la lui offrir. Il
la recût trés-gracieusement, marquant
,en touchant sur sa Poitrine,
qu'il la garderoit éternellemenr.
Sur les 6. heures, il retourna à
l'Hôtel de Lesdiguieres, pour assilier
aux Vigillesde la Pentecôte,
dans la Chapelle; elles furent
chantées parce Prince &par les
Musiciens
,
quiavoient chacun, un
Livre de Plain-Chant à la main.
Le Czar,après avoir entendu
la Messe de la Pentecôte, selon
l'ancien stile & la Liturgie des
Grecs, partit enfinle it.au soir,
pour les Eaux de Spaa.; il étoit escorté
par dix Mousquetaires
,
qui
devoient se relayer successivement
enpareil nombre, jusqu'à Soissons. Ilsoupa &coucha à Livrv, chez
le Marquisde ce Nom; il bût à la
Santé du Roy&àcelledeMgr le
Régent.
Il a fait plusieurs largesses avant
son départ; il a donné son Portrait
enrichi de Diamans à M. le Duc
d'Antin,àM.leMarechal deTessé,,
à M. le Maréchal d'Estrées à
M. le Marquis deLivry, &à
& à M, de Verton, pour lequel
il a û des egards particuliers, qu'il
s'est attiré par les manières polies
& engageantes, & par une attention
continuelle au service de ce
Monarque
, qui l'a toujours fait
mangeravec lui pendant son sejour
à Paris. Ce Monarque a faitlpulius
en sa faveur,il ademandépour
à M.le DucRegent une pension
- de 6000 liv. sur
des
Benefices ;
ayant sçû que comme Chevalier
de S. Lazare
,
il pouvoit posseder
des Pensionsjusqu'àcettesomme
ce qui lui a c~ accordé. Il n'a pas
oublié M. de Cresmes. Contrôlleur
de la Maison du Roy, à qui
il a fait présent d'une trésbelle
Montre d'or; il a distribué plusieurs
grandes Médailles d'or du
poids de sept Louis d'or neufs, à. -
quelqu'autres,Officiers; 1500Ducats
pour lesOfficiers de la bouche
du Roy, & autant pourles
officiersde Versailles,deMarly,
deTrianon,dela Ménagerie,de
Meudon & de Fonrtainebleau ;
c'est M. de Verton qirc le Czar
achargé de toutes ses libéralités-
Le Lundy matinxi cePrin.-
ce, après s'estre promené dans les
Jardins de Livry, monta dans
une Chaise de Poste avec M. de
son Chambellan, alla
dîneràNanteuil, ensuite coucher
àSoissons. Il s'embarquera àCharleville
sur la Meuse, afin de se
-
tendre à Liege, où il se reposera
quelques loiirs,,dans un Palais que
l'EleB:e\11 de Cologne lui a fait
préparer. S. A.E. lui.afaitoffre
par M. Vvaldor son Envoyé en
France, de 100 de ses Gardes &
200 Hommes de sesTroupes pour
lui servir d'escorté.
,LeC-Laradittfi,mé àM-leDucd'Antin
&àplu/ïeu'sSeig-î«iTsdelaCour,uce
fuitedeMédaillesfrapées enHollandeà
son coin, où sontreprésentées les Aâions
les plus éclatants de ion lÚgde.
Fermer
25
p. 65-69
ETAT DES TROUPES Qui composent l'Armée de S. M.I
Début :
Cuirassiers. Noms des Regimens. Carafta 1000. Newbourg 950. Hanover 1000. [...]
Mots clefs :
Régiments, Armée, Comptes, Dragons, Cuirassiers, Hussards, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT DES TROUPES Qui composent l'Armée de S. M.I
ETATDES TROUPES
Qui composent l'Arméede S. M.I.
CUIRASSIERS.
Noms des Regimens.
Carafta
Nevvbourg
- Hanover
D'Armſtate
Gondrecourt
Jean Palfy
1
Prince de Portugal
Falkemtein
Montecuculi
Mercy
Croix
Viard
Hohenkoltein
Gronsfeld
Lobkovvitz
Emanuel de Savoye
Martigny
1000.
१९०.
1000.
1000.
. १००٠٠
1000.
1000.
9500
१५००
1000.
१४०.
980.
1000.
१००.
1000.
900.
100010
Fiij
66 :
LE MERCURE
Hauton
Steville
Sultzbach
Cordva
S Moras Eſpagnols
१००٠٠
980
1000.
१००.
1000.
१९०..
Total des Cuiraffiers qui font 23.
Vargues
Regimens , & hommes 22260-
DRAGONS .
Noms des Regimens.
Eugene
Battée
Vvirtemberg.
Althaten
Jeoger
Galbes
Vyeten
Hauben
Rabutin
Batecth
Saint Amour ..
Schonborn ..
1000。
1000.
1000 .
980.
१९०٠
१९००
1000.
1000.
1000 .
1000.
१०० .
1000.
Total des Dragons qui font 12 .
Regimens , & hommes 11780 .
DE JUILLET. 67
HUSSARS.
Erbegini 600.
Nadaſti 700.
Spleni 600.
Baborfai 670.
Eſterhari 630.
Regimens de Huſſars cing ,
& Hommes 3220.
INFANTERIE.
Noms des Regimens.
Heifter
2400.
Guidode Staremberg 2300.
Nicolas Palfy 2350.
Geſchivind 2360.
Vieux Vvirtemberg 2250.
Nevvbourg 2300.
Regal 2300 .
Loffelholtz
2350.
Daun lejeune 2300.
Beveren
2350.
Bonneval
2300.
Aremberg 2280.
Vieux Lorraine 2300.
68. LE MERCURE
Nouveau Lorraine 2300.
Baden Dourlach
2300.
Nouveau Vvirtemberg 2350.
Vallis le Jeune 2300 .
Livvngſtein 2350 .
Vraulſom
2300.
Daun le Vieux 13500
Ottocar Staremberg 2400.
Max. Staremberg 2380.
Harrach 2350.
Vvirtemberg 2300.
Firmond 2350.
Droane
2300.
Heſſen-Caffel 2300.
Auſpach 2300.
Mezel
2300.
Bagni 2300.
Hersberſtein :
2500.
Holstein 2400.
Suking 2380.
Vvilſeck
2350.
Faber
1500.
Marali
1500,
Ahumada Napolitains 1500.
Alcandel
1500
Toral des Regimens d'Infanterie
38. & Hommes 85370
DE JUILLET . 69
TOTAL GENERAL..
23. Regimens deCuiraſſiers 22250.
12. Regimens de Dragons 11780.
5. Regimens de Houſſars 3220 .
38. Regimens d'Infanterie 85370.
Sur les 10. Galeres il y en a 2000.
Total du Tout , 124630.
Qui composent l'Arméede S. M.I.
CUIRASSIERS.
Noms des Regimens.
Carafta
Nevvbourg
- Hanover
D'Armſtate
Gondrecourt
Jean Palfy
1
Prince de Portugal
Falkemtein
Montecuculi
Mercy
Croix
Viard
Hohenkoltein
Gronsfeld
Lobkovvitz
Emanuel de Savoye
Martigny
1000.
१९०.
1000.
1000.
. १००٠٠
1000.
1000.
9500
१५००
1000.
१४०.
980.
1000.
१००.
1000.
900.
100010
Fiij
66 :
LE MERCURE
Hauton
Steville
Sultzbach
Cordva
S Moras Eſpagnols
१००٠٠
980
1000.
१००.
1000.
१९०..
Total des Cuiraffiers qui font 23.
Vargues
Regimens , & hommes 22260-
DRAGONS .
Noms des Regimens.
Eugene
Battée
Vvirtemberg.
Althaten
Jeoger
Galbes
Vyeten
Hauben
Rabutin
Batecth
Saint Amour ..
Schonborn ..
1000。
1000.
1000 .
980.
१९०٠
१९००
1000.
1000.
1000 .
1000.
१०० .
1000.
Total des Dragons qui font 12 .
Regimens , & hommes 11780 .
DE JUILLET. 67
HUSSARS.
Erbegini 600.
Nadaſti 700.
Spleni 600.
Baborfai 670.
Eſterhari 630.
Regimens de Huſſars cing ,
& Hommes 3220.
INFANTERIE.
Noms des Regimens.
Heifter
2400.
Guidode Staremberg 2300.
Nicolas Palfy 2350.
Geſchivind 2360.
Vieux Vvirtemberg 2250.
Nevvbourg 2300.
Regal 2300 .
Loffelholtz
2350.
Daun lejeune 2300.
Beveren
2350.
Bonneval
2300.
Aremberg 2280.
Vieux Lorraine 2300.
68. LE MERCURE
Nouveau Lorraine 2300.
Baden Dourlach
2300.
Nouveau Vvirtemberg 2350.
Vallis le Jeune 2300 .
Livvngſtein 2350 .
Vraulſom
2300.
Daun le Vieux 13500
Ottocar Staremberg 2400.
Max. Staremberg 2380.
Harrach 2350.
Vvirtemberg 2300.
Firmond 2350.
Droane
2300.
Heſſen-Caffel 2300.
Auſpach 2300.
Mezel
2300.
Bagni 2300.
Hersberſtein :
2500.
Holstein 2400.
Suking 2380.
Vvilſeck
2350.
Faber
1500.
Marali
1500,
Ahumada Napolitains 1500.
Alcandel
1500
Toral des Regimens d'Infanterie
38. & Hommes 85370
DE JUILLET . 69
TOTAL GENERAL..
23. Regimens deCuiraſſiers 22250.
12. Regimens de Dragons 11780.
5. Regimens de Houſſars 3220 .
38. Regimens d'Infanterie 85370.
Sur les 10. Galeres il y en a 2000.
Total du Tout , 124630.
Fermer
26
p. 56-73
JOURNAL DE HONGRIE.
Début :
Dans le Mercure précédent, j'ai donné une Rélation de / Dans l'Action du 5. près de Semlim, à deux heures [...]
Mots clefs :
Prince, Ennemis, Canons, Troupes, Pont, Belgrade, Comte, Infanterie, Grenadier, Bataille, Retranchement , Empereur, Lieutenant, Compagnies, Charges, Accidents, Armes, Bataillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE HONGRIE.
DAns le Mercureprécédent,j'aidonné
une Rélation de l'Ouverture de
laCampagne enHongrie , que j'ai conduite
jusqu'au s de Juillet. Le Lec
teur attend de moi , que je continuë de
mois en mois ce Journal , jusqu'à la finde
la Campagne ; c'est un engagement auquel
D'AOUST . 57
je dois fatisfaire avec tout le ſoin dont
je suis capable. Comme je crois être
très éxactement informé par des Lettres
particulières ,des NouvellesdeHongrie,
j'espère qu'on remarquera quantité
deCirconstances curieusesque l'on netrouvéra
point dans les Gazettes Françoises;
jenediſconvien drai pas cependant qu'à
leur exemple , je ne me fervéutilement
de deux imprimez hebdomadaires
que je reçois de Vienne ; l'un ſous le Tiire
de Eſtrato delle nuovità più effentiali
dalle lettere più freſce,c'est- à-dire,
Extrait des Nouvelles les plus confiderables
& les plus fraiches ; & l'autre en
Allemand ſous celui de Diarium , ou
Journal de l'Empire.
JOURNAL DE HONGRIE.
D
Ans l'Action du 5. près de Semlim
, à deux heures après midy,
lesdeux Vaiſſeaux de Guerre , S. François
& S. Eſtienne Imperiaux , commandés
par le Capitaine Storck , &
par le Capitaine - Lieutenant Pomerefch,
firent un feu ſi terrible de leurs
Canons chargés de Carcaffes, de Bou- 1
58 LE MERCURE
lets àCartouches &de Chaînes ; qu'.
après un Combat de deux heures &
demie , les so , tant Frégates , que
demie Galéres & Saïques Turques
ſe virent forcées de ſe retirer ſous la
Fortereffe , avec perte de plus de 400
Hommes tués ou bleſſés. Le Vice
Amiral des Turcs , qui étoit Maure&
fort âgé , mais Officier fort expérimenté
, fur tué dans ce Combat :
Quatre de leurs Fregattes , une demie
Galére & quelques Saïques
ont été coulées à fond, & pluſieurs
autres ont été fort endomagées. Nôtre
perte eſt d'environ 30 hommes',
avec quelques Chevaux tués d'un
Corps de Cavalerie ,que le General
Hauben avoit placé ſur la hauteur de
Semlim.
Le 6 , l'Ordre fut donné , que le
Vaifleau de Guerre S. Eugene , qui
étoit à Petrivaradin , vint joindre
promptement les deuxautresVaiſſeaux;
afin de tenir en reſpect les Bâtimens
Ennemis. Pour plus grande fûreté , on
plaça quelques pièces de Canon fur
une Redoute que l'on a élevée fur
le bord du Danube , en deça de la
D'AOUST.
59
Moſquée, prés de Semlim.
Le 7 , il arriva de Segédin par le
Donavvitz & le Temes , 50 ou 60 Barques
chargées de Canons , Mortiers ,
Boulets , Bombes , & Poudres. On fut
occupé le même jour , à débarquer
toutes ces Munitions deſtinées pour
le Siége. Les Princes & les Généraux
de l'Armée , ont fournis leurs Chevaux
&Chariots de Bagage,pour tranfporter
plus promptement au Camp,
des Faſcines , Paliſfades & Gabions , à
quoi l'on travaille continuellement
dans la Forêt , à une lieuë du Camp ,
ſous l'efcorte d'un Corps de Cavalerie
& d'Infanterie.
Le 8 , on a reçû avis que la Tête
des Troupes de l'Armée Ottomane ,
étoit arrivée à Niſſa avec le Grand
Vizir , & qu'il paroiſſoit que les Turcs
avoient deffein de faire une irruption
enTranſilvanie par la Vvalachie, avec
un gros Corps de Tartares & quelques
autres Renforts. Le Général
Steinville Commandant General de la
Principauté , informé de ces mouvemens,
eſt allé les attendre juſques ſur
la Frontiere , avec les Troupes de fon
Commandement renforcées des deux
60 'LE MERCURE
Regimens de Dragons , de Hauben &
de S. Amour, qui feront ſuivis de plufieurs
autres Corps que l'on tire de la
BaffeHongrie.
Trois Déſerteurs de la Place nous
rapportérent avant-hier , que l'Artillerie
retirée dans Bellegrade, étoit ſi nombreuſe
, que toutes les Ruës & les
Places en étoient embarraflées. LesRebeles
de Capagie demandent aux
Turcs un ſecours de sooo hommes,
pour ſe mettre en Campagne , conjoinrement
avec eux ; de maniére
que l'on ne ſçait pas encore fi ce ſera
à cette Diverſion , ou à une Bataille
que l'Ernemi ſe réſoudra. Le 23 du
paflé, nous fimes un Fourage genéral
, & lesInfideles nous enlevérent,
beaucoup de Chevaux &de Chariots,
tuérent & firent Prifonniers fun nombre
confiderable de nos gens. Nous
occupons les Avenues de la Place de
fi prés , que les Tures tirent fur nous
à coups de fuſil ; Ils travaillent jour
& nuit à un grand retranchement :
L'on parle toujours différemment de
la force de la Garrison ; les Uns la
diſent de 20000 hommes , d'Autres
dez0000; cependant il paroît beaucoup
de
D'AOUST. 61
de conſternation dans les Ennemis ,
qui nous ont laifles prendre tous les
Poſtes d'alentour de la Ville , & conftruire
des Ponts , fans aucune oppofition.
Le 9. le Prince Maximilien de Hefſe-
Caſſel Général de Bataille , joignit
avec ſon Regiment d'Infanterie
de trois mille hommes , le General
Hauben près de Semlim , où l'on commença
de travailler à une ligne de Circonvallation
& àdes Retranchemens ,
de même qu'à former la communication,
par lemoyen des Ponts que l'on a
conſtruits fur pluſieurs Marais.
Le 10. on joignit les travaux de la
Ville, parune nouvelle ligne de la file
poſterieure de nôtre Aîle droite , jufqu'à
la Redoute élevée près de la Savede
ce côté- cy. Le même jour , le
Prince Eugene ayant formé le deſſein
de faire attaquer le Fort des Ennemis ,
dans l'Ile de Donavvitz , chargeade
cette exécution le Comte de Mercy
lui ayantdonné à cet effet, quatre Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers
, deux mille quarre cent Chevaux
&quelques pieces de Canon. Ce Geveral
avoitdéja paflé la Riviere avec
Aoust 1717. F
62 LE MERCURE
fes Troupes & étoit fur le point de
faire donner l'Affaut , lorſqu'il fût
frapé d'un coup de Sang : Il tomba de
cheval , privé de l'Oüie & de la Vûë .
Cet accident fut cauſe que l'on remit
cette Expedition à un autre tems : On
ſe contenta ſeulement de prendre pofte
le long du Marais , afin de refferrer
plus étroitement les Infideles.
Un Parti de nos Huſlars en ayant
rencontréUn des Ennemis , l'a battu &
fait quelques Prifonniers , parmi leſquels
ſe trouvent deux Agas : Comme
ils ont été enlevez auprés de Sémendria
, on les a interrogé fur le nombre
& la marche de leur grande Armée.
Ils ont confirmé qu'elle étoit compofée
de 250000.hommes en Corps & qu'elle
devoit décamper inceſſamment deNifla
pour nous venir attaquer; ſans comprer
plus de cinquante millel Tartares qui
menacent la Tranfilvanie ;outre vingt
à vingt - cinq mille hommes de Troupes
ramallées , tant Allemands , Cofaques
, que Turcs & Hongrois , commandez
par les Chefs desRebelles, Efthérazi
& Bérézini : Il y a encore differens
Corps feparez à Sémendria,Orfova&
le long du Danube ; de forne
D'AOUST. 63
que ſelon la fupputation que l'on ena
faite , le Total monteroit à près de trois
Scent mille hommes d'Infanterie, & environ
cent mille Chevaux.
Le 11. le Prince Eugene fut informé
par un Exprès , que le Vaïvode de Valachie
étoit allé au devant du Seraskier
qui est a la Tête des Tartares. On est
incertain s'il tentera de pénétrer en
Tranfilvanie , ou s'il viendra ſecourir
Belgrade ; il n'y a que l'Invaſion des
Tartares que nous appréhendions en
Tranfilvanie, à cauſe de leur grand
nombre & des intelligences que les
Comtes d'Esterhazi & Bérénizi peuvent
avoir dans cette Principauté. Les
mêmes avis portent que le Prince de
Moldavie faiſoit couper Bras& Jambes
à tous ſes Sujets qui s'étoient déclarés
pour l'Empereur & abandonnoit
leurs biens au pillage. Le
Prince Eugene ayant envoyé un Exprès
au Major Herlevalle qui commande
en Tranſfilvanie , pour faire
prendre les Armes à tous ceux qui
étoient en étatde les porter ; ce Major
luia fait réponſe,que tous lesprincipaux
Paffages étoient si bien fortifiés , qu'il
étoit impoffible aux Ennemis de les
:
Fij
64 LE MERCURE
:
forcer , fans de la groſſe Artillerie.
Le 12 , le Prince Eugene &d'autres
Officiers de Distinction , rendirent vifire
au Comte de Mercy qui ſe porte
beaucoup mieux , ayant commencé à
récouvrer la Vûë & l'Oiiie : On appréhende
que cet accident ne le mette
hors d'état de fervir cette Campagne.
On a élévé pluſieurs Redoutes & autres
Ouvrages , dans les Iſles & fur le
bord du Danube , pour refferter la
Cavalerie qui est dans Belgrade ,
l'empêcher de venir fourager aux
Environs & en même tems tenir en
reſpect leurs Saïques .
On a appris que le Baronde Pétraſch
General de Bataille , s'éroit mis en
marche avec fes Milices , pour tâcher
de s'emparer de Saback, Poſte imporsantà
cauſede ſa fituation.
Le 13 , fur les fix heures du ſoir ,
il s'éléva aux Environs de Belgrade ,
un Orage fi violent accompagné
d'Eclairs , de Tonnerre & de Gréle ,
avec un Ouragant ſi impétueux , que
nos deux Ponts de Bateaux fur le Danube&
fur la Save, furent fort endommagés
; la moitié du Pont du Danube
ayant été ſéparée , & une partie de
D'AOUST
65
decelui de la Save ſubmergée;de forte
qu'en moins d'une demie heure , il y ût
plus de 90 Bâtimens emportés , outre
deux Barques chargées de Poudre &
de to Mortiers qui coulérent à fond :
Il y en ût auſſi pluſieurs autres chargées
de Vivres , de Munitions &
d'Inſtrumens à remuer la Terre , qui
arent le même fort. Il enleva quantité
de Proviſions qui étoient au bord du
Danube , & y renverſa douze Chariots
de Proviſions appartenans à des Vivandiers.
Une demie Galére Turque des Ennemis,
percée pour huit Canons, s'étant
détachée de ſon Ancre , vint donner
dans les Vaiſſeaux de l'Empereur. La
magnificence des Turbans &des Habits
à la Turque , fait juger qu'elle
étoit montée par quelques Perſonnes
deDiftinction ,dont on ne ſçait pas le
fort. On y a trouvé 2queues deCheval,
avec une Lifte éxacte de tout ce qu'il
y a dans les Magaſins de Belgrade.
La Garnifon Ottomane ayant voulu
profiter de tout ce défordre,fir tranſporter
fur des Bateaux 1000 Chevaux
avec autant de Fant.ffins , vers Semlium
; L'Infanterie ſe rabatit fur la Re
Гид
1
1
65 LE MERCURE
doute qui eſt la Tête de nôtre Pont de
Ja Save, & l'attaqua d'abord avec furie
. PluſieursTures étoient déja montés
fur le Parapet & y avoient arboré un
Drapeau ; mais un Capitaine deHeffe-
Caffel qui y commandoit avec 64 Heffiens
,ſe deffendit avec tant de valeur ,
la Bayonette au bout du Fufil , fans tirer
un ſeul coup , qu'il donna le tems
au General de Bataille Odvier , d'arriver
à ſon ſecours avec les deux Compagnies
de Grenadiers de Heiſter &de
Palfi , qui le dégagea &força l'Ennemi
deſe retirer avec perte.D'un autre côté,
leur Cavalerie s'étant jettée ſur nos
Fourageurs qui n'avoient pû repaſſer
la Save, à cauſe de l'accident du Pont ,
les mena d'abord affez rudement &
entuaune cinquantaine;mais leGeneral
Elz étant tombé àproposavec ſonDétachement
fur l'Ennem , le repouſſa ,
aprés lui avoir mishors de Combat 60
hommes. Nous avons perdu dans ces
deux Actions 20 Fantaſſins & envi-
Ton 40 Cavaliers. Les Tures en ſe retirant
dans la Place, y ont conduit plufheurs
Chevaux pris fur nos Fourageurs.
:
Le 14. le Pontde la Save étoit pref-
G
D'AOUST. 67
qu'entièrement réparé ; mais celui du
Danube ne l'étoit pas encore le 16.
Les Fourages ſont toujours trés
sares ; on eſt contraint de les aller
chercher fort loin , au-delà de la Save
&du Danube ;& il y a bien à craindre
que l'approchedesTurcs n'en augmen
te la rareté. La Garniſon de Belgrade
continue ſes Retranchemens extérieurs.
L'Ingénieur Allemand qui s'eſt
jettédans la Place , donne de bons avis
auxAffiégez
Le Prince Eugene eſt réfolu de ne
point s'engager à faire l'ouverture de
laTranchée , qu'il n'ait tout le nécef
faire en abondance dans ſon Camp ,
& qu'il n'ait reconnu le deſſein de
la grande Armée des Ennemis.
Le 15. le Prince Eugene a écrit à
l'Empereur , pour juſtifier M. Defalleurs
far les Faux bruits qui ont courus
, qu'il donnoit des avis fécrets aux
Mécontens. Ce Prince a fait en même
tems l'Eloge de tous les François qui
fervent à l'Armée :On différe toujours
le Siege , pour ne point s'embarquer
mal à propos; on veut être auparavant
certain des deſſeins du G. Vizir. On
a appris par des Priſonniers qu'il étoit
:
68 LE MERCURE
avec ſon Armèe ſur la Morava.
Un Boulet de Canon tiré d'une
Batterie des Ennemis, a coupé un Cordon
de la Tente de Mgr le Comte de
Charolois , où ce Prince étoit.
Le 16 , l'Infanterie Bávaroiſe , avec
la Garde à Cheval, arriva au Camp de
Semlim.
Le Prince Eugene ayant defleinde
conſtruire une Redoute de l'autre côté
delaSave, au confluant de cetteRiviere,
&d'y élever une batterie , afin de foudroyer
la baſſe Ville , chargea de cette
expedition M. le Comte de Mareilli
Général Major , lui donnant fous fes
ordres trois Bataillons , fix Compagnies
des Grenadiers & 300. Chevaux,
qui devoient foûtenir les Pioniers employés
à cet ouvrage. On commença
ce travail à l'entrée de la nuit &laGarniſon
de Belgrade ne s'en étant appercuë
qu'à deux heures aprés minuit,
fit alorsun feu trés vif, tant du Canon
des Saïques & de la Place , que de
la Mouſqueterie ;& tira beaucoup de
Boulets rouges pour découvrirnosTravaux;
mais tour ce fracas ne dérangea
rien.
Letz, à ſept heures du matin , 2000
-
D'AOUST.. 69
Janiſſaires étant ſortis,à la faveur d'un
feû continuel du Canon de la Forterereſſe
& de leurs Vaiſſeaux , débarquérent
au bord du Danube derriere
nos Travaux ; le Comte de Marcilli
s'avança pour les charger, n'étant ſuivi
que du Bataillon de Palfi & de 600
Grenadiers. Les Imperiaux,aprés avoir
fait leur décharge,jetterent leurs armes
&abandonnérent M. de Marcilly qui
fut tué avec le peude braves Gens qui
étoient reſtés avec lui ; une partie du
Bataillon dePalfi y perit entierement:
Le Colonel Heiſter qui avoit refuſé
d'oppoſer aux Ennemis des chevaux
de friſe , lorſqu'ils étoient à portée , fut
emporté d'un coup de Canon; & les
deux mille Hommes qu'il avoit avec
lui , coururent rifque, de même que les
Travailleurs ,d'avoir le même ſort; file
Prince Eugene n'ût fait avancer à propos
le Baron deMiglio avec 250. Cuiraffiers,
qui chargea avec tant de valeur
les Ennemis , qu'il les repouſſa &les
obligea à s'embarquer avec tant de précipitation
,qu'il y en ût ungrand nombrede
tués &de noyés. Aprés une Action
auſſi chaude,nôtreInfanterie réprit
fon poſte&recommença à travailler ,
70. LE MERCURE
#
étant couvertepar de nouvelles troupes
qu'on détacha. On compte 1000. hommes
de perte du côté des Imperiaux ,
avec 30. Officiers , dont il y à6. Capitaines
, un Lieutenant Colonel , & un
Sergent Major: Les Turcs n'ont pas été
moins maltraittés ; Ibrahim Bacha
de Romelie qui les commandoir , y
ayant perdu la vie.Un ſous- Lieutenant
du Regiment de Virmond avec 9.Grenadiers
, a tué 20. Janniſſaires , & leur
a pris un Drapeau , lequel,aprés avoir
été preſenté au Prince Eugene , fut
planté devant ſa Tente.
Le 18 , on fut informé que les Turcs
avoient jetté quatre Pons fur la Mo
rava , & que leur Armée groſſiſſoit tous
les jours conſidérablement .
Le 19 , on acheva de réparer le Pont
fur le Danube : 10 Galeres & 40 , tant
Saïques que Bâtimens Ennemis , s'avancérent
près de l'Avant-garde de
nos Vaiſſeaux de Guerre , à l'embou
chure du Témes , où elles jettérent
P'Anere.
Le 20 , cette petite Flotte ſe retira
& décendit plusbas fur leDanube jufqu'à
Semendria.
Le 21 , on apprit que tous les HabiD'AOUST
71
tans de la Boſnie , en état de porter
les armes , avoient û ordre de ſe rendre
à la grande ArméeOttomane,fous
peine du Harach. *
On perfectionna le ſecond Pont de
Barques fur la Save,commencé depuis
quelques jours ; & on pouffa avec ſuccésle
travail de l'autre côté de cette
Riviere ; afin de nous mieux couvrir&
d'achever les Rédoutes , les Batteries
& les Lignes de communication.
Le 22 ,on éleva ſur les Batteries 26
Canons de 24 liv. de bales & 20 Mortiers
, pour canoper & bombarder la
baffe-Ville. Onrecut avis certain que
l'Ennemi avoit paſſe la Morava fur
quatre Ponts & qu'il s'étoit avancé
vers Haffan-Baffa-Palanka .
Le 23 , à deux heures avant le jour ,
on commença àcanoner & à bombarder
en même tems la Fortereffe , & la
Ville d'Eau ; ce qui a continué pendant
tout le jour avec tant de ſuccès , que
nos Batteries en ont renverſé deux
des Turcs rafé tout le cordon dır
Mur & démonté leurs Canons qui
* Tribut par téte que les Chrêtiensen
Turquie , doivent payer annuellement,
fous peine de prijon.
72 LE MERCURE
font dans le flanc: L'Ennemi a été obligé
deles rétirer des Ouvrages. L'on
ne diſcontinuëra pas le feu , que l'on
n'ait ruiné entierement toutes les deffences
qui font en vuë du côté de la
Save , & que l'on n'ait reſſerré ſon
armement naval.
Les Affiegés n'avoient jamais pû
ſeperfuader qu'on pîût les attaquer par
la Riviere ; s'étant attendu qu'on l'auroit
fait du côté de la Montagne , où
ils ont pratiqué beaucoup de Mines.
Nos Bombes ont fait un ſi terrible effet
, qu'elles ont reduit la plus grande
partie de la Ville en cendre.
Comme l'Iſle fortifiée du Danube ,
derriere laquelle les Barques armées.
des Turcs font à couvert , nous incommode
beaucoup ; on diſpoſe une
double Batterie particuliere pour la
canoner & la bombarder. On fera
enfuite les diſpoſitions pour l'ouverture
de la Tranchée de ce côté-ci.
Sur l'avis que l'Armée Ottomane
arriva le 21 à Haffan-Baſſa - Palanka à
fix lieües d'ici , ſur le chemin de Semendria
, on a placé 160 piéces de Canon
fur nos Retranchemens qui reffemblent
à des Fortifications. Nous
avons
DAOUST.
73
avons ungrand amas de fourages dans
notre Camp.
On vient d'apprendre que l'Armée
des Infidéles étoit enfin arrivée à Kolov
prés Sémendria , reſoluë d'en venir
à une Action déciſive . Leur projet
eſt , à ce que l'on prétend , d'attaquer
en même tems le front des Retranchemens&
une tête de Pont , tandis que la
Garniſon attaquera l'autre. M. le Prince
Eugene a envoyé à l'Empereur uneLifte
qu'on a trouvée dans la poche d'un Aga
Turc qui a été fait Prifonnier , par la.
quelle on voir le détail des Troupes Ennemies
qui menteà 337000 hommes.
M. le Prince Eugene vient d'être
nouvellement informé , que le Comte
de Steinville a bien de la peine à contenir
les Tranſilvainsdans l'obéiffance ,
& ſurtout les Montagnards qui font
fort inclinez à la rébellion , y étant
follicitez fortement par les Comtes
Eſthérazi , Bérézini , Fortgatick &
Czaki , qui font actuellement dans
P'Armée Ottomane & qui leurs promettent
dans peu de les venir joindre
avec foooo honmes .
une Rélation de l'Ouverture de
laCampagne enHongrie , que j'ai conduite
jusqu'au s de Juillet. Le Lec
teur attend de moi , que je continuë de
mois en mois ce Journal , jusqu'à la finde
la Campagne ; c'est un engagement auquel
D'AOUST . 57
je dois fatisfaire avec tout le ſoin dont
je suis capable. Comme je crois être
très éxactement informé par des Lettres
particulières ,des NouvellesdeHongrie,
j'espère qu'on remarquera quantité
deCirconstances curieusesque l'on netrouvéra
point dans les Gazettes Françoises;
jenediſconvien drai pas cependant qu'à
leur exemple , je ne me fervéutilement
de deux imprimez hebdomadaires
que je reçois de Vienne ; l'un ſous le Tiire
de Eſtrato delle nuovità più effentiali
dalle lettere più freſce,c'est- à-dire,
Extrait des Nouvelles les plus confiderables
& les plus fraiches ; & l'autre en
Allemand ſous celui de Diarium , ou
Journal de l'Empire.
JOURNAL DE HONGRIE.
D
Ans l'Action du 5. près de Semlim
, à deux heures après midy,
lesdeux Vaiſſeaux de Guerre , S. François
& S. Eſtienne Imperiaux , commandés
par le Capitaine Storck , &
par le Capitaine - Lieutenant Pomerefch,
firent un feu ſi terrible de leurs
Canons chargés de Carcaffes, de Bou- 1
58 LE MERCURE
lets àCartouches &de Chaînes ; qu'.
après un Combat de deux heures &
demie , les so , tant Frégates , que
demie Galéres & Saïques Turques
ſe virent forcées de ſe retirer ſous la
Fortereffe , avec perte de plus de 400
Hommes tués ou bleſſés. Le Vice
Amiral des Turcs , qui étoit Maure&
fort âgé , mais Officier fort expérimenté
, fur tué dans ce Combat :
Quatre de leurs Fregattes , une demie
Galére & quelques Saïques
ont été coulées à fond, & pluſieurs
autres ont été fort endomagées. Nôtre
perte eſt d'environ 30 hommes',
avec quelques Chevaux tués d'un
Corps de Cavalerie ,que le General
Hauben avoit placé ſur la hauteur de
Semlim.
Le 6 , l'Ordre fut donné , que le
Vaifleau de Guerre S. Eugene , qui
étoit à Petrivaradin , vint joindre
promptement les deuxautresVaiſſeaux;
afin de tenir en reſpect les Bâtimens
Ennemis. Pour plus grande fûreté , on
plaça quelques pièces de Canon fur
une Redoute que l'on a élevée fur
le bord du Danube , en deça de la
D'AOUST.
59
Moſquée, prés de Semlim.
Le 7 , il arriva de Segédin par le
Donavvitz & le Temes , 50 ou 60 Barques
chargées de Canons , Mortiers ,
Boulets , Bombes , & Poudres. On fut
occupé le même jour , à débarquer
toutes ces Munitions deſtinées pour
le Siége. Les Princes & les Généraux
de l'Armée , ont fournis leurs Chevaux
&Chariots de Bagage,pour tranfporter
plus promptement au Camp,
des Faſcines , Paliſfades & Gabions , à
quoi l'on travaille continuellement
dans la Forêt , à une lieuë du Camp ,
ſous l'efcorte d'un Corps de Cavalerie
& d'Infanterie.
Le 8 , on a reçû avis que la Tête
des Troupes de l'Armée Ottomane ,
étoit arrivée à Niſſa avec le Grand
Vizir , & qu'il paroiſſoit que les Turcs
avoient deffein de faire une irruption
enTranſilvanie par la Vvalachie, avec
un gros Corps de Tartares & quelques
autres Renforts. Le Général
Steinville Commandant General de la
Principauté , informé de ces mouvemens,
eſt allé les attendre juſques ſur
la Frontiere , avec les Troupes de fon
Commandement renforcées des deux
60 'LE MERCURE
Regimens de Dragons , de Hauben &
de S. Amour, qui feront ſuivis de plufieurs
autres Corps que l'on tire de la
BaffeHongrie.
Trois Déſerteurs de la Place nous
rapportérent avant-hier , que l'Artillerie
retirée dans Bellegrade, étoit ſi nombreuſe
, que toutes les Ruës & les
Places en étoient embarraflées. LesRebeles
de Capagie demandent aux
Turcs un ſecours de sooo hommes,
pour ſe mettre en Campagne , conjoinrement
avec eux ; de maniére
que l'on ne ſçait pas encore fi ce ſera
à cette Diverſion , ou à une Bataille
que l'Ernemi ſe réſoudra. Le 23 du
paflé, nous fimes un Fourage genéral
, & lesInfideles nous enlevérent,
beaucoup de Chevaux &de Chariots,
tuérent & firent Prifonniers fun nombre
confiderable de nos gens. Nous
occupons les Avenues de la Place de
fi prés , que les Tures tirent fur nous
à coups de fuſil ; Ils travaillent jour
& nuit à un grand retranchement :
L'on parle toujours différemment de
la force de la Garrison ; les Uns la
diſent de 20000 hommes , d'Autres
dez0000; cependant il paroît beaucoup
de
D'AOUST. 61
de conſternation dans les Ennemis ,
qui nous ont laifles prendre tous les
Poſtes d'alentour de la Ville , & conftruire
des Ponts , fans aucune oppofition.
Le 9. le Prince Maximilien de Hefſe-
Caſſel Général de Bataille , joignit
avec ſon Regiment d'Infanterie
de trois mille hommes , le General
Hauben près de Semlim , où l'on commença
de travailler à une ligne de Circonvallation
& àdes Retranchemens ,
de même qu'à former la communication,
par lemoyen des Ponts que l'on a
conſtruits fur pluſieurs Marais.
Le 10. on joignit les travaux de la
Ville, parune nouvelle ligne de la file
poſterieure de nôtre Aîle droite , jufqu'à
la Redoute élevée près de la Savede
ce côté- cy. Le même jour , le
Prince Eugene ayant formé le deſſein
de faire attaquer le Fort des Ennemis ,
dans l'Ile de Donavvitz , chargeade
cette exécution le Comte de Mercy
lui ayantdonné à cet effet, quatre Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers
, deux mille quarre cent Chevaux
&quelques pieces de Canon. Ce Geveral
avoitdéja paflé la Riviere avec
Aoust 1717. F
62 LE MERCURE
fes Troupes & étoit fur le point de
faire donner l'Affaut , lorſqu'il fût
frapé d'un coup de Sang : Il tomba de
cheval , privé de l'Oüie & de la Vûë .
Cet accident fut cauſe que l'on remit
cette Expedition à un autre tems : On
ſe contenta ſeulement de prendre pofte
le long du Marais , afin de refferrer
plus étroitement les Infideles.
Un Parti de nos Huſlars en ayant
rencontréUn des Ennemis , l'a battu &
fait quelques Prifonniers , parmi leſquels
ſe trouvent deux Agas : Comme
ils ont été enlevez auprés de Sémendria
, on les a interrogé fur le nombre
& la marche de leur grande Armée.
Ils ont confirmé qu'elle étoit compofée
de 250000.hommes en Corps & qu'elle
devoit décamper inceſſamment deNifla
pour nous venir attaquer; ſans comprer
plus de cinquante millel Tartares qui
menacent la Tranfilvanie ;outre vingt
à vingt - cinq mille hommes de Troupes
ramallées , tant Allemands , Cofaques
, que Turcs & Hongrois , commandez
par les Chefs desRebelles, Efthérazi
& Bérézini : Il y a encore differens
Corps feparez à Sémendria,Orfova&
le long du Danube ; de forne
D'AOUST. 63
que ſelon la fupputation que l'on ena
faite , le Total monteroit à près de trois
Scent mille hommes d'Infanterie, & environ
cent mille Chevaux.
Le 11. le Prince Eugene fut informé
par un Exprès , que le Vaïvode de Valachie
étoit allé au devant du Seraskier
qui est a la Tête des Tartares. On est
incertain s'il tentera de pénétrer en
Tranfilvanie , ou s'il viendra ſecourir
Belgrade ; il n'y a que l'Invaſion des
Tartares que nous appréhendions en
Tranfilvanie, à cauſe de leur grand
nombre & des intelligences que les
Comtes d'Esterhazi & Bérénizi peuvent
avoir dans cette Principauté. Les
mêmes avis portent que le Prince de
Moldavie faiſoit couper Bras& Jambes
à tous ſes Sujets qui s'étoient déclarés
pour l'Empereur & abandonnoit
leurs biens au pillage. Le
Prince Eugene ayant envoyé un Exprès
au Major Herlevalle qui commande
en Tranſfilvanie , pour faire
prendre les Armes à tous ceux qui
étoient en étatde les porter ; ce Major
luia fait réponſe,que tous lesprincipaux
Paffages étoient si bien fortifiés , qu'il
étoit impoffible aux Ennemis de les
:
Fij
64 LE MERCURE
:
forcer , fans de la groſſe Artillerie.
Le 12 , le Prince Eugene &d'autres
Officiers de Distinction , rendirent vifire
au Comte de Mercy qui ſe porte
beaucoup mieux , ayant commencé à
récouvrer la Vûë & l'Oiiie : On appréhende
que cet accident ne le mette
hors d'état de fervir cette Campagne.
On a élévé pluſieurs Redoutes & autres
Ouvrages , dans les Iſles & fur le
bord du Danube , pour refferter la
Cavalerie qui est dans Belgrade ,
l'empêcher de venir fourager aux
Environs & en même tems tenir en
reſpect leurs Saïques .
On a appris que le Baronde Pétraſch
General de Bataille , s'éroit mis en
marche avec fes Milices , pour tâcher
de s'emparer de Saback, Poſte imporsantà
cauſede ſa fituation.
Le 13 , fur les fix heures du ſoir ,
il s'éléva aux Environs de Belgrade ,
un Orage fi violent accompagné
d'Eclairs , de Tonnerre & de Gréle ,
avec un Ouragant ſi impétueux , que
nos deux Ponts de Bateaux fur le Danube&
fur la Save, furent fort endommagés
; la moitié du Pont du Danube
ayant été ſéparée , & une partie de
D'AOUST
65
decelui de la Save ſubmergée;de forte
qu'en moins d'une demie heure , il y ût
plus de 90 Bâtimens emportés , outre
deux Barques chargées de Poudre &
de to Mortiers qui coulérent à fond :
Il y en ût auſſi pluſieurs autres chargées
de Vivres , de Munitions &
d'Inſtrumens à remuer la Terre , qui
arent le même fort. Il enleva quantité
de Proviſions qui étoient au bord du
Danube , & y renverſa douze Chariots
de Proviſions appartenans à des Vivandiers.
Une demie Galére Turque des Ennemis,
percée pour huit Canons, s'étant
détachée de ſon Ancre , vint donner
dans les Vaiſſeaux de l'Empereur. La
magnificence des Turbans &des Habits
à la Turque , fait juger qu'elle
étoit montée par quelques Perſonnes
deDiftinction ,dont on ne ſçait pas le
fort. On y a trouvé 2queues deCheval,
avec une Lifte éxacte de tout ce qu'il
y a dans les Magaſins de Belgrade.
La Garnifon Ottomane ayant voulu
profiter de tout ce défordre,fir tranſporter
fur des Bateaux 1000 Chevaux
avec autant de Fant.ffins , vers Semlium
; L'Infanterie ſe rabatit fur la Re
Гид
1
1
65 LE MERCURE
doute qui eſt la Tête de nôtre Pont de
Ja Save, & l'attaqua d'abord avec furie
. PluſieursTures étoient déja montés
fur le Parapet & y avoient arboré un
Drapeau ; mais un Capitaine deHeffe-
Caffel qui y commandoit avec 64 Heffiens
,ſe deffendit avec tant de valeur ,
la Bayonette au bout du Fufil , fans tirer
un ſeul coup , qu'il donna le tems
au General de Bataille Odvier , d'arriver
à ſon ſecours avec les deux Compagnies
de Grenadiers de Heiſter &de
Palfi , qui le dégagea &força l'Ennemi
deſe retirer avec perte.D'un autre côté,
leur Cavalerie s'étant jettée ſur nos
Fourageurs qui n'avoient pû repaſſer
la Save, à cauſe de l'accident du Pont ,
les mena d'abord affez rudement &
entuaune cinquantaine;mais leGeneral
Elz étant tombé àproposavec ſonDétachement
fur l'Ennem , le repouſſa ,
aprés lui avoir mishors de Combat 60
hommes. Nous avons perdu dans ces
deux Actions 20 Fantaſſins & envi-
Ton 40 Cavaliers. Les Tures en ſe retirant
dans la Place, y ont conduit plufheurs
Chevaux pris fur nos Fourageurs.
:
Le 14. le Pontde la Save étoit pref-
G
D'AOUST. 67
qu'entièrement réparé ; mais celui du
Danube ne l'étoit pas encore le 16.
Les Fourages ſont toujours trés
sares ; on eſt contraint de les aller
chercher fort loin , au-delà de la Save
&du Danube ;& il y a bien à craindre
que l'approchedesTurcs n'en augmen
te la rareté. La Garniſon de Belgrade
continue ſes Retranchemens extérieurs.
L'Ingénieur Allemand qui s'eſt
jettédans la Place , donne de bons avis
auxAffiégez
Le Prince Eugene eſt réfolu de ne
point s'engager à faire l'ouverture de
laTranchée , qu'il n'ait tout le nécef
faire en abondance dans ſon Camp ,
& qu'il n'ait reconnu le deſſein de
la grande Armée des Ennemis.
Le 15. le Prince Eugene a écrit à
l'Empereur , pour juſtifier M. Defalleurs
far les Faux bruits qui ont courus
, qu'il donnoit des avis fécrets aux
Mécontens. Ce Prince a fait en même
tems l'Eloge de tous les François qui
fervent à l'Armée :On différe toujours
le Siege , pour ne point s'embarquer
mal à propos; on veut être auparavant
certain des deſſeins du G. Vizir. On
a appris par des Priſonniers qu'il étoit
:
68 LE MERCURE
avec ſon Armèe ſur la Morava.
Un Boulet de Canon tiré d'une
Batterie des Ennemis, a coupé un Cordon
de la Tente de Mgr le Comte de
Charolois , où ce Prince étoit.
Le 16 , l'Infanterie Bávaroiſe , avec
la Garde à Cheval, arriva au Camp de
Semlim.
Le Prince Eugene ayant defleinde
conſtruire une Redoute de l'autre côté
delaSave, au confluant de cetteRiviere,
&d'y élever une batterie , afin de foudroyer
la baſſe Ville , chargea de cette
expedition M. le Comte de Mareilli
Général Major , lui donnant fous fes
ordres trois Bataillons , fix Compagnies
des Grenadiers & 300. Chevaux,
qui devoient foûtenir les Pioniers employés
à cet ouvrage. On commença
ce travail à l'entrée de la nuit &laGarniſon
de Belgrade ne s'en étant appercuë
qu'à deux heures aprés minuit,
fit alorsun feu trés vif, tant du Canon
des Saïques & de la Place , que de
la Mouſqueterie ;& tira beaucoup de
Boulets rouges pour découvrirnosTravaux;
mais tour ce fracas ne dérangea
rien.
Letz, à ſept heures du matin , 2000
-
D'AOUST.. 69
Janiſſaires étant ſortis,à la faveur d'un
feû continuel du Canon de la Forterereſſe
& de leurs Vaiſſeaux , débarquérent
au bord du Danube derriere
nos Travaux ; le Comte de Marcilli
s'avança pour les charger, n'étant ſuivi
que du Bataillon de Palfi & de 600
Grenadiers. Les Imperiaux,aprés avoir
fait leur décharge,jetterent leurs armes
&abandonnérent M. de Marcilly qui
fut tué avec le peude braves Gens qui
étoient reſtés avec lui ; une partie du
Bataillon dePalfi y perit entierement:
Le Colonel Heiſter qui avoit refuſé
d'oppoſer aux Ennemis des chevaux
de friſe , lorſqu'ils étoient à portée , fut
emporté d'un coup de Canon; & les
deux mille Hommes qu'il avoit avec
lui , coururent rifque, de même que les
Travailleurs ,d'avoir le même ſort; file
Prince Eugene n'ût fait avancer à propos
le Baron deMiglio avec 250. Cuiraffiers,
qui chargea avec tant de valeur
les Ennemis , qu'il les repouſſa &les
obligea à s'embarquer avec tant de précipitation
,qu'il y en ût ungrand nombrede
tués &de noyés. Aprés une Action
auſſi chaude,nôtreInfanterie réprit
fon poſte&recommença à travailler ,
70. LE MERCURE
#
étant couvertepar de nouvelles troupes
qu'on détacha. On compte 1000. hommes
de perte du côté des Imperiaux ,
avec 30. Officiers , dont il y à6. Capitaines
, un Lieutenant Colonel , & un
Sergent Major: Les Turcs n'ont pas été
moins maltraittés ; Ibrahim Bacha
de Romelie qui les commandoir , y
ayant perdu la vie.Un ſous- Lieutenant
du Regiment de Virmond avec 9.Grenadiers
, a tué 20. Janniſſaires , & leur
a pris un Drapeau , lequel,aprés avoir
été preſenté au Prince Eugene , fut
planté devant ſa Tente.
Le 18 , on fut informé que les Turcs
avoient jetté quatre Pons fur la Mo
rava , & que leur Armée groſſiſſoit tous
les jours conſidérablement .
Le 19 , on acheva de réparer le Pont
fur le Danube : 10 Galeres & 40 , tant
Saïques que Bâtimens Ennemis , s'avancérent
près de l'Avant-garde de
nos Vaiſſeaux de Guerre , à l'embou
chure du Témes , où elles jettérent
P'Anere.
Le 20 , cette petite Flotte ſe retira
& décendit plusbas fur leDanube jufqu'à
Semendria.
Le 21 , on apprit que tous les HabiD'AOUST
71
tans de la Boſnie , en état de porter
les armes , avoient û ordre de ſe rendre
à la grande ArméeOttomane,fous
peine du Harach. *
On perfectionna le ſecond Pont de
Barques fur la Save,commencé depuis
quelques jours ; & on pouffa avec ſuccésle
travail de l'autre côté de cette
Riviere ; afin de nous mieux couvrir&
d'achever les Rédoutes , les Batteries
& les Lignes de communication.
Le 22 ,on éleva ſur les Batteries 26
Canons de 24 liv. de bales & 20 Mortiers
, pour canoper & bombarder la
baffe-Ville. Onrecut avis certain que
l'Ennemi avoit paſſe la Morava fur
quatre Ponts & qu'il s'étoit avancé
vers Haffan-Baffa-Palanka .
Le 23 , à deux heures avant le jour ,
on commença àcanoner & à bombarder
en même tems la Fortereffe , & la
Ville d'Eau ; ce qui a continué pendant
tout le jour avec tant de ſuccès , que
nos Batteries en ont renverſé deux
des Turcs rafé tout le cordon dır
Mur & démonté leurs Canons qui
* Tribut par téte que les Chrêtiensen
Turquie , doivent payer annuellement,
fous peine de prijon.
72 LE MERCURE
font dans le flanc: L'Ennemi a été obligé
deles rétirer des Ouvrages. L'on
ne diſcontinuëra pas le feu , que l'on
n'ait ruiné entierement toutes les deffences
qui font en vuë du côté de la
Save , & que l'on n'ait reſſerré ſon
armement naval.
Les Affiegés n'avoient jamais pû
ſeperfuader qu'on pîût les attaquer par
la Riviere ; s'étant attendu qu'on l'auroit
fait du côté de la Montagne , où
ils ont pratiqué beaucoup de Mines.
Nos Bombes ont fait un ſi terrible effet
, qu'elles ont reduit la plus grande
partie de la Ville en cendre.
Comme l'Iſle fortifiée du Danube ,
derriere laquelle les Barques armées.
des Turcs font à couvert , nous incommode
beaucoup ; on diſpoſe une
double Batterie particuliere pour la
canoner & la bombarder. On fera
enfuite les diſpoſitions pour l'ouverture
de la Tranchée de ce côté-ci.
Sur l'avis que l'Armée Ottomane
arriva le 21 à Haffan-Baſſa - Palanka à
fix lieües d'ici , ſur le chemin de Semendria
, on a placé 160 piéces de Canon
fur nos Retranchemens qui reffemblent
à des Fortifications. Nous
avons
DAOUST.
73
avons ungrand amas de fourages dans
notre Camp.
On vient d'apprendre que l'Armée
des Infidéles étoit enfin arrivée à Kolov
prés Sémendria , reſoluë d'en venir
à une Action déciſive . Leur projet
eſt , à ce que l'on prétend , d'attaquer
en même tems le front des Retranchemens&
une tête de Pont , tandis que la
Garniſon attaquera l'autre. M. le Prince
Eugene a envoyé à l'Empereur uneLifte
qu'on a trouvée dans la poche d'un Aga
Turc qui a été fait Prifonnier , par la.
quelle on voir le détail des Troupes Ennemies
qui menteà 337000 hommes.
M. le Prince Eugene vient d'être
nouvellement informé , que le Comte
de Steinville a bien de la peine à contenir
les Tranſilvainsdans l'obéiffance ,
& ſurtout les Montagnards qui font
fort inclinez à la rébellion , y étant
follicitez fortement par les Comtes
Eſthérazi , Bérézini , Fortgatick &
Czaki , qui font actuellement dans
P'Armée Ottomane & qui leurs promettent
dans peu de les venir joindre
avec foooo honmes .
Fermer
27
p. 180-183
Bataille de Belgrade. [titre d'après la table]
Début :
Le 27, à la pointe du jour, un Courier dépêché par [...]
Mots clefs :
Duchesse, Courrier, Victoire, Belgrade, Électeur, Combat, Camp, Vainqueurs, Cavalerie, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bataille de Belgrade. [titre d'après la table]
Le 27 , à la pointe du jour ,
Courier dépêché par S. A. E. Me de
Bavière, à Madame la Ducheſſe , est
Jarrivé à Paris avec l'importante
Nouvelle de la Victoire remportée
par le Prince Eugéne de Savoye , fur
'Armée des Infidéles , devant Belgrade,
le 16 Aouſt 1717. Cer Electeur
mande à cette Princeffe , que le 21 au
foit, il avoit reçu un Exprés du Prince
Electoral fon fils qui lui marquoit
que le 15 , le Prince Eugene profitant
d'un
D'AOUS r. 181
d'un Broüillard fort épais , avoit fait
fortir de fon Camp 58 Bataillons & 76
Edrons ; les ayant fait accompagnerde
toutes lesTrompettes de l'Armée
, Timbales &Tambours : Que
M. de Mercy commandoit 38 Eſcadrons
de la droite & M. de Palfi 38
autres de la gauche ; que ce fut ce der-
• nier qui commença ſur les heures du
matin ,pendant le Broüillard , à atraquer
lesTurcs dans leur premiere Parallele
ou Retranchement qui n'avoit
passété long - teins diſpure : Que
la ſeconde Paralelle fut mieux deffenduë
, mais , que la troiſiéme fur
franchie affez promtement ; que pour
la quatrième , le Combat avoit été
fort opiniatre ; le Canon des Ennemis
ayant été pris & repris trois fois pendant
ce tems - là. Le Prince Eugéne
voyant que l'Infanterie & la Cavale.
rie de la droite differoient d'attaquer ,
en envoya demander la raiſon: LesGénéraux
lui répondirent qu'il n'étoir
preſque pas poſſible à cauſe de l'obfcurité.
Ils donnérent néanmoins dans
ce moment avec furie. Sur les 8 heures
, le Soleil ayant percé ces ténébres ,
ce Prince ramaſſa tout ce qu'il avoit
A18ft 1717.
182 LE MERCURE
-
deTroupes', fortit de ſes Retranchemens
, après avoir laiflé M. le Duc
d'Aremberg à la Garde des Lignes ,
& fondit pour lors ſi vivement ſur les
Turcs,déja effrayés de la vigeur de nos
Troupes , qu'ils ne fongerent plus qu'à
fuir ; ayant abandonné au pouvoir
des Vairgueurs 80 Piéces de Canons
ou environ & vingt Mortiers , avec
leur Camp , Tentes &c. La Cavalerie
ſe contenta de traverſer leur Camp &
d'aller un peu au delà. On ne
voulut pas , ou plûtôt on ne pût
pas aller plus loin , parce que nos
Chevaux étant fort haraffés , à caufe
de la difette précédente du Fourage ,
manquoient de force pour poursuivie
les Ennemis.. On envoya viſiter exa-
Etement l'état du Camp des Infidéles;
après quoi , on s'en miten poffeffion &
on laifla butiner nos Troupes. A la premiere
vûë , on croit qu'il y a environ
huit à dix mille hommes de tuez de
part & d'autre. S. A. E. ajoute que
Mgr le Comte de Charolois & les
Princes de Baviére font en bonne fanté.
Ils ont accompagné le Prince Eugéne
pendant toute l'Action. On a
trouvé dans le Camp des Turcs affez
D'AOUST. 183
P
de Munitions , de Vivres, de Chameaux
& de Chevaux, pour pouſſer juſqu'à
Semendria & à Niſſa. On ne doute
pas que ce ne ſoit le deſſein du Prince
Eugene , auſſi- tôt qu'il aura pris Belgrade
; ayant préſentement la facilité
de faire rafraichir ſa Cavalerie & de
bien nourir ſon Infanterie . De tous les
François de nom , il n'y a û que le
Marquis de Villette qui ait été bleſfé
d'un coup de fufil, à travers le corps . Il
paroît que les Turcs ſe ſont retirez en
très bonordre;puiſque nos Coureursont
pouffé en avant juſqu'à 4 ou 3 lieuës ,
fans avoir preſque trouvé de Traineurs ,
parce que ces Troupes étoient fraiches
& qu'elles n'avoient point fatigué.
Le 28 , un Page de M. le Prince de
Dombes qui a toûjours été auprès de
ce Prince pendant l'Action & qui y a
même reçu une contufion , a confirmé
tout ce que l'on avoit appris par le
Courier de l'Electeur de Baviére.
Ce Page eſt filsde M. Solar ,Ecuyer de
Madame laDucheſſe du Maine. Il fût
renverſé dans laCanonade du 5, avec le
Pre fon Mrre,d'un boulet de Canon qui
donna à leurspieds. Toute la Cour lui a
fait des préfens, pour les bonnes nouvel- .
les qu'il a apportées .
Courier dépêché par S. A. E. Me de
Bavière, à Madame la Ducheſſe , est
Jarrivé à Paris avec l'importante
Nouvelle de la Victoire remportée
par le Prince Eugéne de Savoye , fur
'Armée des Infidéles , devant Belgrade,
le 16 Aouſt 1717. Cer Electeur
mande à cette Princeffe , que le 21 au
foit, il avoit reçu un Exprés du Prince
Electoral fon fils qui lui marquoit
que le 15 , le Prince Eugene profitant
d'un
D'AOUS r. 181
d'un Broüillard fort épais , avoit fait
fortir de fon Camp 58 Bataillons & 76
Edrons ; les ayant fait accompagnerde
toutes lesTrompettes de l'Armée
, Timbales &Tambours : Que
M. de Mercy commandoit 38 Eſcadrons
de la droite & M. de Palfi 38
autres de la gauche ; que ce fut ce der-
• nier qui commença ſur les heures du
matin ,pendant le Broüillard , à atraquer
lesTurcs dans leur premiere Parallele
ou Retranchement qui n'avoit
passété long - teins diſpure : Que
la ſeconde Paralelle fut mieux deffenduë
, mais , que la troiſiéme fur
franchie affez promtement ; que pour
la quatrième , le Combat avoit été
fort opiniatre ; le Canon des Ennemis
ayant été pris & repris trois fois pendant
ce tems - là. Le Prince Eugéne
voyant que l'Infanterie & la Cavale.
rie de la droite differoient d'attaquer ,
en envoya demander la raiſon: LesGénéraux
lui répondirent qu'il n'étoir
preſque pas poſſible à cauſe de l'obfcurité.
Ils donnérent néanmoins dans
ce moment avec furie. Sur les 8 heures
, le Soleil ayant percé ces ténébres ,
ce Prince ramaſſa tout ce qu'il avoit
A18ft 1717.
182 LE MERCURE
-
deTroupes', fortit de ſes Retranchemens
, après avoir laiflé M. le Duc
d'Aremberg à la Garde des Lignes ,
& fondit pour lors ſi vivement ſur les
Turcs,déja effrayés de la vigeur de nos
Troupes , qu'ils ne fongerent plus qu'à
fuir ; ayant abandonné au pouvoir
des Vairgueurs 80 Piéces de Canons
ou environ & vingt Mortiers , avec
leur Camp , Tentes &c. La Cavalerie
ſe contenta de traverſer leur Camp &
d'aller un peu au delà. On ne
voulut pas , ou plûtôt on ne pût
pas aller plus loin , parce que nos
Chevaux étant fort haraffés , à caufe
de la difette précédente du Fourage ,
manquoient de force pour poursuivie
les Ennemis.. On envoya viſiter exa-
Etement l'état du Camp des Infidéles;
après quoi , on s'en miten poffeffion &
on laifla butiner nos Troupes. A la premiere
vûë , on croit qu'il y a environ
huit à dix mille hommes de tuez de
part & d'autre. S. A. E. ajoute que
Mgr le Comte de Charolois & les
Princes de Baviére font en bonne fanté.
Ils ont accompagné le Prince Eugéne
pendant toute l'Action. On a
trouvé dans le Camp des Turcs affez
D'AOUST. 183
P
de Munitions , de Vivres, de Chameaux
& de Chevaux, pour pouſſer juſqu'à
Semendria & à Niſſa. On ne doute
pas que ce ne ſoit le deſſein du Prince
Eugene , auſſi- tôt qu'il aura pris Belgrade
; ayant préſentement la facilité
de faire rafraichir ſa Cavalerie & de
bien nourir ſon Infanterie . De tous les
François de nom , il n'y a û que le
Marquis de Villette qui ait été bleſfé
d'un coup de fufil, à travers le corps . Il
paroît que les Turcs ſe ſont retirez en
très bonordre;puiſque nos Coureursont
pouffé en avant juſqu'à 4 ou 3 lieuës ,
fans avoir preſque trouvé de Traineurs ,
parce que ces Troupes étoient fraiches
& qu'elles n'avoient point fatigué.
Le 28 , un Page de M. le Prince de
Dombes qui a toûjours été auprès de
ce Prince pendant l'Action & qui y a
même reçu une contufion , a confirmé
tout ce que l'on avoit appris par le
Courier de l'Electeur de Baviére.
Ce Page eſt filsde M. Solar ,Ecuyer de
Madame laDucheſſe du Maine. Il fût
renverſé dans laCanonade du 5, avec le
Pre fon Mrre,d'un boulet de Canon qui
donna à leurspieds. Toute la Cour lui a
fait des préfens, pour les bonnes nouvel- .
les qu'il a apportées .
Fermer
28
p. 157-170
RELATION DE LA BATAILLE DE HONGRIE.
Début :
Comme la Relation suivante venuë en droiture de Belgrade, / Sur les nouvelles que le Prince Eugéne recevoit chaque jour, [...]
Mots clefs :
Prince Eugène, Grand vizir, Tranchée, Bataille, Armée ottomane, Canons, Soldats, Travaux, Conseil de guerre, Bataillons, Infanterie, Ennemis, Pistolet, Belgrade, Artillerie, Armée navale, Camp impérial, Provisions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION DE LA BATAILLE DE HONGRIE.
Comme la Rélation fuivante venue
en droiture de Belgrade , est écrite
par un homme impartiale, &qu'elle contient
quantité de circonstances différentesde
celles qui ont esté publiées jusqu'à
présent ; on a jugé à propos , en faveur
de la varieté , de lui donner la préference
sur quantité d'autres Lettres
qui semblent avoir esté copiées ſur le
même Original.
RELATION
DE LA BATAILLE DE HONGRIE.'
Ur les nouvelles que le Prince Eugene
recevoit chaque jour , que le
Grand Vizir s'avançoit avec une armée
formidable, pour venir au ſecours de
Belgrade , il fufpendit le deſſein qu'il
avoit d'ouvrir la Tranchée devant ſa
Contrevallation , & d'attaquer cette
Place en forme. Il ſe contenta ſeulement
de faire ouvrir un ſeul boyeau
le Tranchée vis - à - vis de la Ville
l'Eau ( la Save entre deux ,) appuyée
Septembre 1717.
158
LE MERCURE
parde bonnes redoutes. L'on y plaça
40 Piéces de Canon &20 Mortiers, qui
battoient en bréche le Hanc de la Ville
baffe& le chemin couvert de la haute
à revers ; mais , cette attaque devenoit
inutile , en ce que le chemin pour aller
à cette bréche, n'étoit pas acceſſible.
Ce Prince s'occupoit de plus à fortifier
ſa Circonvallation par des redoutes
frézées , dans les endroits les plus
foibles & où l'on pouvoit juger que
l'Ennemi s'attacheroit. Son point de
vûë étoit ſeulement de prendre Belgrade
; & pour y parvenir , il vouloir
affûrer fon Camp par des Retranchemens
preſque inataquables & ne point
riſquer uneBataille. Enfin, l'Armée Ottomane
dont on nous ménaçoit depuis
long-tems, commença à paroître le 28
du mois pafle ,& ſe groſſiſlant pendant
4jours , vint ſe camper en front
de baniére le 31 , ſur des hauteurs , à la
portée de nôtre Canon. Nous vîmes
unCamp & des Gardes ſur leurs Hancs
qui nous parurent prodigieuſes , fans
pouvoir jamais découvrir au juſte leur
force par aucuns Déſerteurs ni Prifonniers.
On jugea ſeulement qu'ils pouvoient
aller à 200000 hommes. Nous
!
-
DE SEPTEMBRE. 159
re
다
S
crûmes d'abord que ce grand nombre
de Peuple ne pouvoit ſe ſoûtenir huit
jours dans ce Camp , n'ayant ni eau ni
fourage ; mais l'expérience nous fit voir
le contraire : Ils commencérent à le- '
ver terre la même nuit de leur campement
, & avançant vers nous des
tranchées & des paralleles , ils élevérent
des Batteries de Bombes & de
Canons foûtenuës par des Redoutes ,
à moitié de diſtance entre eux & nous..
Le front de leurs paralleles occupoit
un térrein à déboucher juſqu'à 20000
hommes en bataille. Ils placérent dans
cette intervalle 140 Piéces deCanon &
35 Mortiers qui nous battoient dés le
de cemois dans preſque toute l'étenduë
de nôtre front ; ce qui obligea la
plûpart de nos gens de décamper &
d'aller ſecouvrir des parapets de nos
retranchemens par des traverſes. Le
Quartier du Roy fut dans la même néceflité.
Ils continuerent enſuire ſous le
feu de leurs Canons , de travailler aux
approches de nôtre foffé , par une ine
finité de rameaux affés mal concertez ;
mais , d'où ils ne laiſſoient pasde tirer
beaucoup . Les travaux & les paralleles
qu'ils joignirent au bout , nous faifoient
O ij
160 . LE MERCURE
voir nôtre Armée auſſi régulièrement ,
atliégée , qu'on affiégeune Place. Le
13 , le feu de leur Mouſquéterie paſſoit
bien loin au delà denosparapets :Dés
qu'ilsfur čtàportée, &qu'ilsvirerquenous
n'avions fait aucun mouvement pour
les interrompre, leur audace augmenta
&ils portérent en deux jours de nouvelles
paralleles , à la portée du piſtolet
de nos retranchemens. Ils ſe préparoient
à faire la deſcente du fofſféle 17 ,
en faifant rouler de gros: gabions devant
eux , qui les auroient mis à couvert
; d'autant mieux qu'ils les ausoient
foûtenus par le feu de leurs paralleles
; & les mêmes gabions auroient
comblé le foffé dans toute la largeur
& la diſtance de leur attaque.
Le Prince Eugéne ſe voyant fi fort referré&
preffé,malgré la réſolution qu'il
avoit priſe de maintenir ſes retuanchemens
, fetrouva cependant dans la
nécéſſité lui-même de fortir & de les
attaquer. Il tint Conſeil de guerre le
15 , où il fut décidé de les combattre
le lendemain au point du jour. La difpoſition
de cette entrepriſe fut , que
nous autions une premiere ligne compoſée
de 30 Bataillons & de 24 RégiDE
SEPTEMBRE . . 168
le
C
mens de Cavalerie , de 6 Eſcadrons ,
chacuns partagés ſur la droite & fur la
gauche de l'Infanterie : Que cette premiere
ligne ſeroit foûtenue par une
ſeconde de 27 Bataillons ; le tout ,
fous les Commandemens des Maréchaux
de Palfi , du Prince Alexandre
de Virtemberg & du Comte de Mercy:
Que le reſte des Troupes destinées à
la circonvallation : borderoient le
paraper des Retranchemens , en cas
qu'on eût été forcé de ſe retirer. Il
fut donc réſolu qu'on commenceroit
à défiler à 2 heures aprés minuit par
différentes barriéres , pour être formé
devant l'Ennemi , avant que le jour
pût deſcouvrir notre manoeuvre ; &
que lorſqu'on verroit partir trois Bontbes
à la fois de nos Mortiers , on attaqueroit
, en prenant les flancs de
leur droite & de la gauche de leurs
travaux;& qu'on ſe propoſeroit de nettoyer
, s'il étoit poſſible , toutes ces
Tranchées , pénétrer juſqu'à leurs batteries,
& fi on pouvoit y parvenir , de
ſe former là en bonne ordre debataille,
& de faire donner , juſqu'à ce qu'on
ût comblé leurs Tranchées, comprant .
faire beaucoup , fi avec 35000 hom--
Q.iij.
162 LEMERCURE
mes effectifs dans ce que nous étions
cette fortie , on pouvoit parvenir à y
réuflir. Nous avions cependant 80000
Janiflaires en Tête à combattre derriere
des Tranchées. Les Troupes deſtinées
à la contrevallation étoient en
même-tems en bataille , pour s'oppofer
aux ſorties que les affiégez pouvoient
faire , pendant qu'on ſeroit
aux mains; ce qu'ils auroient infailliblement
exécuté , ſi leurs gens nous
avoient prévenus ; mais, ils furent furpris
& comme déconcertez, ne pouvant
deviner ceque ce pouvoit être ,quelques
meſures &quelques précautions que l'on
prit.Nous ne pûmes cependant être formé
au jour&nous étions en tres grand
danger , fi par un bonheur imprévu
un Broüillard fort épais ne s'éroit élevé,&
qui nous fut ſi favorable,que nous
défi âmes dans les dehors , entre nôtre
foffé de circonvallation & i'Ennemi ,
ſans qu'il nous aperçût , ce qui donna
le tems aux dernieres Troupes qui
ordinairement demeurent fort en arriere
dans des défilez , de joindre &
de ſe former aux premieres ; fans quoi ,
la moitié de la premiere ligne auroir
éte coupée. A peine fûmes nous for
د
٢
DE SEPTEMBRE. 163
11
C
1
1
5
més , que le murmure ou autre bruit
fit apperçevoir aux Turcs que nous
n'étions qu'à la portée du piſtolet , &
qu'il y avoit des Troupes devant eux.
Ils firent d'abord grand feu ,& nous
mirent en néceffité de les attaquer dans
l'épaiſſeur du broüillard , fans pouvoir
diftinguer les objets à 30 pas de
vant nous. On fut dans la confufion
plus d'une heure, ſans ſe reconnoître;
mais , le tems s'étant tout à coup
éclairci , nous nous trouvâmes avoir
déja gagné fur eux beaucoup de petits
Retranchemens ou Tranchées ; &
de plus un grand intervalle dans nôtre
centre , entre nôtre droite& nôtre
gauche : Il arrivoit qu'en avançant
pour nous rejoindre, nousgaignons tou
jours en avant quelques- uns de leurs
Rameaux de Tranchées Cette quantité
de foſſez faifoit que la Cavalerie
ne pouvoit paffer que difficilement ,
&qu'elle, ſe trouvoit expoſée à un
grand feu, pendant qu'elle ſe formoit ;
mais , ni le grand feu du Canon & de
la Mouſquéterie , nile grand nombre
d'hommes & de Retranchemens , ni
les hurlemens & cris effroyables que
ces. Barbares font en pareilles occa764
LE MERCURE
fions pour nous épouventer , n'étonna
point nôtre Soldat ;; au contraire , comime
s'il ût eu laVictoire déja fúre , ilmarcha
toujours en avant , en chargeant
l'Ennemi avec une fermeté & une intrépidité
incroyable, ſautant de Tranchées
en tranchées , auſſi facilement
que s'il avoit combattu en. raze
campagne. Les Ennemis ſe voyant repoufles
juſqu'à leur derniere barriere ,
la confufion & la terreur ſe mit parmi
cux ; & quoiqu'au nombre de plus de
200000 hommes qui nous faifoient
tête,ilsn'eurent plus l'affûrance de pouvoir
former une ſeuletroupede 100 hó
mes en ordre. Dans cette déroute, nous
nous aperceumes que pluſieurs de leurs
principaux Officiers, aprésde vains ef
forts pour les rallier, levoient les bras
au Ciel commede déſeſpoir ;& tout à
coup cette puiffante Armée s'évanoüit ,
abandona fon Camp, Bagages & Munitions,
& prit honteuſement la fuite..
Pour l'Artillerie nous en étions déja
les maîtres. Ils brûlérent la Ville de
Semendria en paffant; le Prince Eugene
ayant mis de la Cavalerie & des
Houſſards à leur trouſſe , ils en tuerent
ungrand nombre.On ne peut affez lover.
1
DE SEPTMEBRE. 165
P
13
1
5
,
-
P
'Infanterie Bavaroiſe qui contribua
beaucoup au gain de la Bataille. Cette
Troupe emportée par l'ardeur duCombat,
ſe ſéparade lapremiére ligne où elle
étoit, fans que lesGénérauxde cette aîle
là puſſent la retenir;elle perça toûjours
en avant fur l'Ennemi , ouvrit les premiers
paſſages,& en mettant en fuite ce
qui ſe rencontroit devant elle,elledonna
lieu aux Troupes qui les ſuivoient
de ſe former & de ſe mettre en Bataille :
Lorſque de Potte en Poſte elle ſe
voyoir jointe, elle recommençoit à s'avancer
de nouveau , ce qu'elle continüa
juſqu'au point du gain & de la déciſion
de la Bataille; toute l'Armée en a
été témoin . Le Prince Electoral qui ,
comme les autres Volontaires ,
accompagné le Prince Eugene partout ,
fut fi transporté de joye , qu'il acourut
à la fin du dernier choc , embraffer
M. de la Colonie Colonel de ſon Régimenr.
a
On compte environ 20000 Turcs reftés
ſur la Place ; de nôtre côté nous y
avons perdu prés de sooo hommes .
Le Prince Lobkowitz , le Prince Taxis
, le Général Hauben , le fils du Général
Palfi , le Marquis de Caretti Co
166 LE MERCURE
lonel Bavarois , le Marquis de Bona
Colonel ,& pluſieurs braves Officiers
yont été tuez .
,
On a trouve dans leCamp de Infidéles
136 Canons de Bronze
37 Mortiers, 20000 Boulets de Canon ,
3000 Grenades , 600 Barils de Poudre,
300 Barils de Bales de Mouſquets :
On leur a pris 53 Drapeaux , 9 Queues
de Cheval , 4 Trompettes , cinq Tambours
des Janiffaires , quatre Timbales
de Cuivre & 3000 Chariots &c. Le
Prince Eugene fit chanter le Te Deun
dans la Tente du Grand Vizir , au tour
de laquelle il avoit fait arranger les
Drapeaux & autres Trophées de cette
Victoire fignalée. C'eſt la troiſiéme
Tente des Grands Viſirs que ce Grand
Général a gagnée. La première,au Font
d'Effeck , la deuxième à la journée de
Semlim, &celle- cy qui est encore plus
riche que les deux autres .
Le lendemain 17 de la Bataille , la
Garnifon de Belgrade voyant qu'elle
ne pouvoit plus compter ſur aucun ſecours
, força le Séraskier à parlementer
le même jour , pour obtenir une
Capitulation plus favorable.
On convint preſque de tous les ar
I
DE SEPTEMBRE . 167
5
ticles. Le dix - huit on prit poſte dans
les Ouvrages extérieurs , & on occupaun
poſte avec 20 Compagnies de
Grenadiers & 6 Bataillons. Le 20 , on
nous remit tous nos Prifonniers , les
Déſerteurs & les Rebelles Hongrois.
Le 22 la Garniton fortit en vertu de
la Capitulation , au nombre de 25000
hommes , parmi leſquels il y avoit
un quart de Janiſſaires ; le reſte étoit
compoſé de Rafciens Boſniens &
Valachiens , fans compter 3000 Spahis .
Cette Garniſon a été conduite en partie
par eau à Freteſlaaw & en partie
par terre à Niſſa. L'Ingénieur du Régiment
de Holſtein qui avoit déſerté
au commencement du Siége , avec un
Canonier & trois autres , ont été empalez
& les Deſerteurs pendus.
L'Artillerie priſe tant fut l'Armement
Naval des Tures , que dans la
Ville& la Fortereſſe , conſiſte en 534
Canons de bronze & de fer, & 69 Mortiers
, ſans ceux qui font enterrez. ſous
les débris du dernier Magazin de poudre
qui ſauta le 14 d'Aouſt . C'est ainſi
que cette Ville qui avoit gémi 195 ans,
preſque ſans interruption , ſous le joug
des Infidéles ; eft retournée ſous la
168 LE MERCURE
Domination de la Maiſon d'Autriche.
Le Comte d'Odwier Major Général,
a été établi par interim , Commandant
dans Belgrade , avec une Garniſon de
huit Bataillons &de huit Compagnies
de Grenadiers
Les Turcs abandonérent le 17 , Sabaz
ſur la Save , y ayant laiſſe 12 Piéces
de Canon & beaucoupd'attirailles de
guerre&c.
Du Camp Impérial , proche Semlim
les Septembre.
,
Nous occupons apréſent un nouveau
Camp , entre la Save & le Danube
ayant été obligés à cauſe de l'infection ,
d'abandonner l'ancien. On ne voit
&onn'entend plus parler des Ennemis.
Il eſt ſurprenant qu'avec une poignée
de monde , nous ayons pû nous emparer
de tous les Poſtes confidérables
de l'un& de l'autre côté du Danube
depuis Belgrade juſqu'à Vidin; puiſque
nous ſommes maîtres actuellement
de Sémendrie , de Ram , d'Ipek, de
Dobra , de Sip , de Biſſa , de Vidin
&au Nord de ce Fleuve,de Vipalanka,
d'Orfova& de Meadia .
Le
د
DE SEPTEMBRE . 169
نو
:
d
Le Prince Eugéne a donné congé à
tous les Volontaires de l'Armée , n'y
ayant plus aucune expédition d'éclat à
faire ; àcauſe de l'épouvente où ſe
trouvent les Troupes Ottomanes ,
qui font tellement diſſipées qu'on ne
ſçait ce qu'elles ſont devenues. Le
Comte Jofeph- Simon d'Eftheraſi informé
qu'un corps de Turcs & de
Tartares campoit prés de Vipalanka,
eſt tombé deſſus , les a battu , mis
en fuite & pris dix Piéces de Canon
avec 153 chariots de munitions de
guerre & de proviſions de bouche .
Ila fait fabrer tous les Fuyards,excepté
trois Officiers des Janiſſaires à qui
on a fait quartier ; ayant promis de
découvrir au Prince Eugéne des chof s
de la derniere conféquence.Le Général
Major Spleni les a pourſuivi jufqu'à
Orſava qu'ils ont abandonné de
même que l'Iſle voifine : Le Comre Eitherafi
, Michel Czalli , Adam Vay& le
jeune Bérézini ayant raſſemblé environ
15000 hommes de Mécontens , ont
fait une irruption dans la haute Horgrie.
Ils ont paffejpar Radua & pénétré
juſqu'à Biſtrirz dont ils on "brûlé
le Fauxbourg ; enſuite , ils ont tiré
Septembre 1717. P
170 LE MERCURE
ſur la gauche à Maros & ſe ſont avancé
juſqu'à Iroye , en ſaccageant &
pillant tout le Païs. Le Général Steinville
eſt à leur trouſſe ;on ne ſçait s'il
pourra les joindre , tant ils ſe retirent
avec précipitation. Le Prince Eugéne
adétaché 19 Bataillons & 6 Régimens
de Cavalerie , ſous les ordres du Général
Mercy vers le Bannat de The
- meſvar , & a fait encore quelques autres
détachemens.
en droiture de Belgrade , est écrite
par un homme impartiale, &qu'elle contient
quantité de circonstances différentesde
celles qui ont esté publiées jusqu'à
présent ; on a jugé à propos , en faveur
de la varieté , de lui donner la préference
sur quantité d'autres Lettres
qui semblent avoir esté copiées ſur le
même Original.
RELATION
DE LA BATAILLE DE HONGRIE.'
Ur les nouvelles que le Prince Eugene
recevoit chaque jour , que le
Grand Vizir s'avançoit avec une armée
formidable, pour venir au ſecours de
Belgrade , il fufpendit le deſſein qu'il
avoit d'ouvrir la Tranchée devant ſa
Contrevallation , & d'attaquer cette
Place en forme. Il ſe contenta ſeulement
de faire ouvrir un ſeul boyeau
le Tranchée vis - à - vis de la Ville
l'Eau ( la Save entre deux ,) appuyée
Septembre 1717.
158
LE MERCURE
parde bonnes redoutes. L'on y plaça
40 Piéces de Canon &20 Mortiers, qui
battoient en bréche le Hanc de la Ville
baffe& le chemin couvert de la haute
à revers ; mais , cette attaque devenoit
inutile , en ce que le chemin pour aller
à cette bréche, n'étoit pas acceſſible.
Ce Prince s'occupoit de plus à fortifier
ſa Circonvallation par des redoutes
frézées , dans les endroits les plus
foibles & où l'on pouvoit juger que
l'Ennemi s'attacheroit. Son point de
vûë étoit ſeulement de prendre Belgrade
; & pour y parvenir , il vouloir
affûrer fon Camp par des Retranchemens
preſque inataquables & ne point
riſquer uneBataille. Enfin, l'Armée Ottomane
dont on nous ménaçoit depuis
long-tems, commença à paroître le 28
du mois pafle ,& ſe groſſiſlant pendant
4jours , vint ſe camper en front
de baniére le 31 , ſur des hauteurs , à la
portée de nôtre Canon. Nous vîmes
unCamp & des Gardes ſur leurs Hancs
qui nous parurent prodigieuſes , fans
pouvoir jamais découvrir au juſte leur
force par aucuns Déſerteurs ni Prifonniers.
On jugea ſeulement qu'ils pouvoient
aller à 200000 hommes. Nous
!
-
DE SEPTEMBRE. 159
re
다
S
crûmes d'abord que ce grand nombre
de Peuple ne pouvoit ſe ſoûtenir huit
jours dans ce Camp , n'ayant ni eau ni
fourage ; mais l'expérience nous fit voir
le contraire : Ils commencérent à le- '
ver terre la même nuit de leur campement
, & avançant vers nous des
tranchées & des paralleles , ils élevérent
des Batteries de Bombes & de
Canons foûtenuës par des Redoutes ,
à moitié de diſtance entre eux & nous..
Le front de leurs paralleles occupoit
un térrein à déboucher juſqu'à 20000
hommes en bataille. Ils placérent dans
cette intervalle 140 Piéces deCanon &
35 Mortiers qui nous battoient dés le
de cemois dans preſque toute l'étenduë
de nôtre front ; ce qui obligea la
plûpart de nos gens de décamper &
d'aller ſecouvrir des parapets de nos
retranchemens par des traverſes. Le
Quartier du Roy fut dans la même néceflité.
Ils continuerent enſuire ſous le
feu de leurs Canons , de travailler aux
approches de nôtre foffé , par une ine
finité de rameaux affés mal concertez ;
mais , d'où ils ne laiſſoient pasde tirer
beaucoup . Les travaux & les paralleles
qu'ils joignirent au bout , nous faifoient
O ij
160 . LE MERCURE
voir nôtre Armée auſſi régulièrement ,
atliégée , qu'on affiégeune Place. Le
13 , le feu de leur Mouſquéterie paſſoit
bien loin au delà denosparapets :Dés
qu'ilsfur čtàportée, &qu'ilsvirerquenous
n'avions fait aucun mouvement pour
les interrompre, leur audace augmenta
&ils portérent en deux jours de nouvelles
paralleles , à la portée du piſtolet
de nos retranchemens. Ils ſe préparoient
à faire la deſcente du fofſféle 17 ,
en faifant rouler de gros: gabions devant
eux , qui les auroient mis à couvert
; d'autant mieux qu'ils les ausoient
foûtenus par le feu de leurs paralleles
; & les mêmes gabions auroient
comblé le foffé dans toute la largeur
& la diſtance de leur attaque.
Le Prince Eugéne ſe voyant fi fort referré&
preffé,malgré la réſolution qu'il
avoit priſe de maintenir ſes retuanchemens
, fetrouva cependant dans la
nécéſſité lui-même de fortir & de les
attaquer. Il tint Conſeil de guerre le
15 , où il fut décidé de les combattre
le lendemain au point du jour. La difpoſition
de cette entrepriſe fut , que
nous autions une premiere ligne compoſée
de 30 Bataillons & de 24 RégiDE
SEPTEMBRE . . 168
le
C
mens de Cavalerie , de 6 Eſcadrons ,
chacuns partagés ſur la droite & fur la
gauche de l'Infanterie : Que cette premiere
ligne ſeroit foûtenue par une
ſeconde de 27 Bataillons ; le tout ,
fous les Commandemens des Maréchaux
de Palfi , du Prince Alexandre
de Virtemberg & du Comte de Mercy:
Que le reſte des Troupes destinées à
la circonvallation : borderoient le
paraper des Retranchemens , en cas
qu'on eût été forcé de ſe retirer. Il
fut donc réſolu qu'on commenceroit
à défiler à 2 heures aprés minuit par
différentes barriéres , pour être formé
devant l'Ennemi , avant que le jour
pût deſcouvrir notre manoeuvre ; &
que lorſqu'on verroit partir trois Bontbes
à la fois de nos Mortiers , on attaqueroit
, en prenant les flancs de
leur droite & de la gauche de leurs
travaux;& qu'on ſe propoſeroit de nettoyer
, s'il étoit poſſible , toutes ces
Tranchées , pénétrer juſqu'à leurs batteries,
& fi on pouvoit y parvenir , de
ſe former là en bonne ordre debataille,
& de faire donner , juſqu'à ce qu'on
ût comblé leurs Tranchées, comprant .
faire beaucoup , fi avec 35000 hom--
Q.iij.
162 LEMERCURE
mes effectifs dans ce que nous étions
cette fortie , on pouvoit parvenir à y
réuflir. Nous avions cependant 80000
Janiflaires en Tête à combattre derriere
des Tranchées. Les Troupes deſtinées
à la contrevallation étoient en
même-tems en bataille , pour s'oppofer
aux ſorties que les affiégez pouvoient
faire , pendant qu'on ſeroit
aux mains; ce qu'ils auroient infailliblement
exécuté , ſi leurs gens nous
avoient prévenus ; mais, ils furent furpris
& comme déconcertez, ne pouvant
deviner ceque ce pouvoit être ,quelques
meſures &quelques précautions que l'on
prit.Nous ne pûmes cependant être formé
au jour&nous étions en tres grand
danger , fi par un bonheur imprévu
un Broüillard fort épais ne s'éroit élevé,&
qui nous fut ſi favorable,que nous
défi âmes dans les dehors , entre nôtre
foffé de circonvallation & i'Ennemi ,
ſans qu'il nous aperçût , ce qui donna
le tems aux dernieres Troupes qui
ordinairement demeurent fort en arriere
dans des défilez , de joindre &
de ſe former aux premieres ; fans quoi ,
la moitié de la premiere ligne auroir
éte coupée. A peine fûmes nous for
د
٢
DE SEPTEMBRE. 163
11
C
1
1
5
més , que le murmure ou autre bruit
fit apperçevoir aux Turcs que nous
n'étions qu'à la portée du piſtolet , &
qu'il y avoit des Troupes devant eux.
Ils firent d'abord grand feu ,& nous
mirent en néceffité de les attaquer dans
l'épaiſſeur du broüillard , fans pouvoir
diftinguer les objets à 30 pas de
vant nous. On fut dans la confufion
plus d'une heure, ſans ſe reconnoître;
mais , le tems s'étant tout à coup
éclairci , nous nous trouvâmes avoir
déja gagné fur eux beaucoup de petits
Retranchemens ou Tranchées ; &
de plus un grand intervalle dans nôtre
centre , entre nôtre droite& nôtre
gauche : Il arrivoit qu'en avançant
pour nous rejoindre, nousgaignons tou
jours en avant quelques- uns de leurs
Rameaux de Tranchées Cette quantité
de foſſez faifoit que la Cavalerie
ne pouvoit paffer que difficilement ,
&qu'elle, ſe trouvoit expoſée à un
grand feu, pendant qu'elle ſe formoit ;
mais , ni le grand feu du Canon & de
la Mouſquéterie , nile grand nombre
d'hommes & de Retranchemens , ni
les hurlemens & cris effroyables que
ces. Barbares font en pareilles occa764
LE MERCURE
fions pour nous épouventer , n'étonna
point nôtre Soldat ;; au contraire , comime
s'il ût eu laVictoire déja fúre , ilmarcha
toujours en avant , en chargeant
l'Ennemi avec une fermeté & une intrépidité
incroyable, ſautant de Tranchées
en tranchées , auſſi facilement
que s'il avoit combattu en. raze
campagne. Les Ennemis ſe voyant repoufles
juſqu'à leur derniere barriere ,
la confufion & la terreur ſe mit parmi
cux ; & quoiqu'au nombre de plus de
200000 hommes qui nous faifoient
tête,ilsn'eurent plus l'affûrance de pouvoir
former une ſeuletroupede 100 hó
mes en ordre. Dans cette déroute, nous
nous aperceumes que pluſieurs de leurs
principaux Officiers, aprésde vains ef
forts pour les rallier, levoient les bras
au Ciel commede déſeſpoir ;& tout à
coup cette puiffante Armée s'évanoüit ,
abandona fon Camp, Bagages & Munitions,
& prit honteuſement la fuite..
Pour l'Artillerie nous en étions déja
les maîtres. Ils brûlérent la Ville de
Semendria en paffant; le Prince Eugene
ayant mis de la Cavalerie & des
Houſſards à leur trouſſe , ils en tuerent
ungrand nombre.On ne peut affez lover.
1
DE SEPTMEBRE. 165
P
13
1
5
,
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P
'Infanterie Bavaroiſe qui contribua
beaucoup au gain de la Bataille. Cette
Troupe emportée par l'ardeur duCombat,
ſe ſéparade lapremiére ligne où elle
étoit, fans que lesGénérauxde cette aîle
là puſſent la retenir;elle perça toûjours
en avant fur l'Ennemi , ouvrit les premiers
paſſages,& en mettant en fuite ce
qui ſe rencontroit devant elle,elledonna
lieu aux Troupes qui les ſuivoient
de ſe former & de ſe mettre en Bataille :
Lorſque de Potte en Poſte elle ſe
voyoir jointe, elle recommençoit à s'avancer
de nouveau , ce qu'elle continüa
juſqu'au point du gain & de la déciſion
de la Bataille; toute l'Armée en a
été témoin . Le Prince Electoral qui ,
comme les autres Volontaires ,
accompagné le Prince Eugene partout ,
fut fi transporté de joye , qu'il acourut
à la fin du dernier choc , embraffer
M. de la Colonie Colonel de ſon Régimenr.
a
On compte environ 20000 Turcs reftés
ſur la Place ; de nôtre côté nous y
avons perdu prés de sooo hommes .
Le Prince Lobkowitz , le Prince Taxis
, le Général Hauben , le fils du Général
Palfi , le Marquis de Caretti Co
166 LE MERCURE
lonel Bavarois , le Marquis de Bona
Colonel ,& pluſieurs braves Officiers
yont été tuez .
,
On a trouve dans leCamp de Infidéles
136 Canons de Bronze
37 Mortiers, 20000 Boulets de Canon ,
3000 Grenades , 600 Barils de Poudre,
300 Barils de Bales de Mouſquets :
On leur a pris 53 Drapeaux , 9 Queues
de Cheval , 4 Trompettes , cinq Tambours
des Janiffaires , quatre Timbales
de Cuivre & 3000 Chariots &c. Le
Prince Eugene fit chanter le Te Deun
dans la Tente du Grand Vizir , au tour
de laquelle il avoit fait arranger les
Drapeaux & autres Trophées de cette
Victoire fignalée. C'eſt la troiſiéme
Tente des Grands Viſirs que ce Grand
Général a gagnée. La première,au Font
d'Effeck , la deuxième à la journée de
Semlim, &celle- cy qui est encore plus
riche que les deux autres .
Le lendemain 17 de la Bataille , la
Garnifon de Belgrade voyant qu'elle
ne pouvoit plus compter ſur aucun ſecours
, força le Séraskier à parlementer
le même jour , pour obtenir une
Capitulation plus favorable.
On convint preſque de tous les ar
I
DE SEPTEMBRE . 167
5
ticles. Le dix - huit on prit poſte dans
les Ouvrages extérieurs , & on occupaun
poſte avec 20 Compagnies de
Grenadiers & 6 Bataillons. Le 20 , on
nous remit tous nos Prifonniers , les
Déſerteurs & les Rebelles Hongrois.
Le 22 la Garniton fortit en vertu de
la Capitulation , au nombre de 25000
hommes , parmi leſquels il y avoit
un quart de Janiſſaires ; le reſte étoit
compoſé de Rafciens Boſniens &
Valachiens , fans compter 3000 Spahis .
Cette Garniſon a été conduite en partie
par eau à Freteſlaaw & en partie
par terre à Niſſa. L'Ingénieur du Régiment
de Holſtein qui avoit déſerté
au commencement du Siége , avec un
Canonier & trois autres , ont été empalez
& les Deſerteurs pendus.
L'Artillerie priſe tant fut l'Armement
Naval des Tures , que dans la
Ville& la Fortereſſe , conſiſte en 534
Canons de bronze & de fer, & 69 Mortiers
, ſans ceux qui font enterrez. ſous
les débris du dernier Magazin de poudre
qui ſauta le 14 d'Aouſt . C'est ainſi
que cette Ville qui avoit gémi 195 ans,
preſque ſans interruption , ſous le joug
des Infidéles ; eft retournée ſous la
168 LE MERCURE
Domination de la Maiſon d'Autriche.
Le Comte d'Odwier Major Général,
a été établi par interim , Commandant
dans Belgrade , avec une Garniſon de
huit Bataillons &de huit Compagnies
de Grenadiers
Les Turcs abandonérent le 17 , Sabaz
ſur la Save , y ayant laiſſe 12 Piéces
de Canon & beaucoupd'attirailles de
guerre&c.
Du Camp Impérial , proche Semlim
les Septembre.
,
Nous occupons apréſent un nouveau
Camp , entre la Save & le Danube
ayant été obligés à cauſe de l'infection ,
d'abandonner l'ancien. On ne voit
&onn'entend plus parler des Ennemis.
Il eſt ſurprenant qu'avec une poignée
de monde , nous ayons pû nous emparer
de tous les Poſtes confidérables
de l'un& de l'autre côté du Danube
depuis Belgrade juſqu'à Vidin; puiſque
nous ſommes maîtres actuellement
de Sémendrie , de Ram , d'Ipek, de
Dobra , de Sip , de Biſſa , de Vidin
&au Nord de ce Fleuve,de Vipalanka,
d'Orfova& de Meadia .
Le
د
DE SEPTEMBRE . 169
نو
:
d
Le Prince Eugéne a donné congé à
tous les Volontaires de l'Armée , n'y
ayant plus aucune expédition d'éclat à
faire ; àcauſe de l'épouvente où ſe
trouvent les Troupes Ottomanes ,
qui font tellement diſſipées qu'on ne
ſçait ce qu'elles ſont devenues. Le
Comte Jofeph- Simon d'Eftheraſi informé
qu'un corps de Turcs & de
Tartares campoit prés de Vipalanka,
eſt tombé deſſus , les a battu , mis
en fuite & pris dix Piéces de Canon
avec 153 chariots de munitions de
guerre & de proviſions de bouche .
Ila fait fabrer tous les Fuyards,excepté
trois Officiers des Janiſſaires à qui
on a fait quartier ; ayant promis de
découvrir au Prince Eugéne des chof s
de la derniere conféquence.Le Général
Major Spleni les a pourſuivi jufqu'à
Orſava qu'ils ont abandonné de
même que l'Iſle voifine : Le Comre Eitherafi
, Michel Czalli , Adam Vay& le
jeune Bérézini ayant raſſemblé environ
15000 hommes de Mécontens , ont
fait une irruption dans la haute Horgrie.
Ils ont paffejpar Radua & pénétré
juſqu'à Biſtrirz dont ils on "brûlé
le Fauxbourg ; enſuite , ils ont tiré
Septembre 1717. P
170 LE MERCURE
ſur la gauche à Maros & ſe ſont avancé
juſqu'à Iroye , en ſaccageant &
pillant tout le Païs. Le Général Steinville
eſt à leur trouſſe ;on ne ſçait s'il
pourra les joindre , tant ils ſe retirent
avec précipitation. Le Prince Eugéne
adétaché 19 Bataillons & 6 Régimens
de Cavalerie , ſous les ordres du Général
Mercy vers le Bannat de The
- meſvar , & a fait encore quelques autres
détachemens.
Fermer
29
p. 155-158
A Barcelonne, le 6 Décembre 1717.
Début :
Le grand Convoi qu'on avoit ici préparé, en est parti à diverses [...]
Mots clefs :
Convoi, Flotte espagnole, Bâtiments, Cavalerie, Frégate, Escadrons, Troupes, Infanterie, Ingénieur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Barcelonne, le 6 Décembre 1717.
A Barcelonne , le 6 Décembre 1717.
LB
E grand Convoi qu'on avoit ici
pour aller joindre la Flote Efpagnole
en Sardaigne. Le dernier Convoi qui
mit à la voile le 24 du paffé , étoit compofé
de plus de 60 Bâtimens de char→
ges , fur lefquels il y avoit 3000 hommes
de Troupes réglées de débarque156
LE MERCURE
ment , tant Infanterie , que Cavalerie,
avec quantité de munitions de guerre
& de bouche , & toutes fortes de provifions
, fous l'eſcorte de 3 Vaiffeaux
de guerre; un du premier , & 2 du fecond
rang , avec une Fregate de 40
piéces de canon .
Il arriva le trente de l'autre mois , des
ordres de la Cour de Madrid , pour la
répartition des Quartiers qu'on doit
donner aux Troupes , qui étoient dans
cette Ville & dans les places des environs.
Depuis le deux de ce mois , juf
qu'au 6 inclufivement , près de 35 Ba--·
taillons & 20 Efcadrons fe font mis en
marche , pour fe rendre à leurs Quartiers
, qui font la Seud d'Urgel , la
Viguerie de Tarega , Mont- blanc , Tortoze
, Tarragone , Oftalric , Girone ,
& autres Places circonvoifines . A
l'égard des autres Troupes, qui doivent
encore fortir de cette Ville , & cellès
qui font cantonnées dans le voisinage ,
elles ne partiront que le 20 , pour aller
dans les Villes de Vic , de Solfone ,
Balaguer & Lérida. On comptoir qu'àprés
le départ de toutes ces forces , il
refteroit encore dans cette Capitale
plus de 15000 hommes..
DE DCEM PRE. 187
•
Nous apprenons de Sarragoffe , que
les levées pour les 2 Régimens Arragonois
, fe faifoient avec fuccés . On
compte que celui de Cavalerie fera
complet avant le premier du mois prochain
; & celui d'Infanterie qui doit
eftre de 3 bataillons , de 800 hommes
€3
chacun , le fera à la fin du mois de
Janvier.
Les 2 Régimens de Dragons & d'Infanterie
, que le Royaume de Navarre
fait auffi lever à fes dépens , font pareillement
fort avancés. Le Royaume
de Valence va fuivre cet exemple ..
La plupart des Bâtimens , qui font
arrivez ici de Rofe , où ils ont efté
conftruits , doivent mettre à la voile
au premier jour ; pour aller dans les
Ports de France , y charger des grains
que des Agens Efpagnols y ont achetés,
Les , il entra dans le Port de Barcelonne,
24 Bâtimens de charge , fur
lefquels il y avoit quantité d'habits
pour les Troupes , beaucoup de toiles ,
pour faire des chemiſes & des Tentes ,
& plufieurs caiffes remplies de Sabres
& de Bayonettes , avec une grande
quantité de toutes fortes de grains &
de provifions de bouche. On a û or18
LE MERCURE
dre d'acheter 1600 mulets , & de les
xenir prêts pour le premier Mars.
On a jetté dans Palamos 1800 hommes
en Garnifon . On va travailler à
relever les Fortifications de cette Place
, accommoder & nettoyer les Ports ;
poury mettre les Galéres d'Efpagne
qui feront beaucoup mieux , que dans
le Port de Barcelone.
Tout fe prépare pour faire le beau
Port de Rofe. L'Ingénieur qui en a levé
le Plan , & qui a êté approuvé de
la Cour de Madrid , en eft de retour.
Pour cet effet , on commencera par les
jettées
LB
E grand Convoi qu'on avoit ici
pour aller joindre la Flote Efpagnole
en Sardaigne. Le dernier Convoi qui
mit à la voile le 24 du paffé , étoit compofé
de plus de 60 Bâtimens de char→
ges , fur lefquels il y avoit 3000 hommes
de Troupes réglées de débarque156
LE MERCURE
ment , tant Infanterie , que Cavalerie,
avec quantité de munitions de guerre
& de bouche , & toutes fortes de provifions
, fous l'eſcorte de 3 Vaiffeaux
de guerre; un du premier , & 2 du fecond
rang , avec une Fregate de 40
piéces de canon .
Il arriva le trente de l'autre mois , des
ordres de la Cour de Madrid , pour la
répartition des Quartiers qu'on doit
donner aux Troupes , qui étoient dans
cette Ville & dans les places des environs.
Depuis le deux de ce mois , juf
qu'au 6 inclufivement , près de 35 Ba--·
taillons & 20 Efcadrons fe font mis en
marche , pour fe rendre à leurs Quartiers
, qui font la Seud d'Urgel , la
Viguerie de Tarega , Mont- blanc , Tortoze
, Tarragone , Oftalric , Girone ,
& autres Places circonvoifines . A
l'égard des autres Troupes, qui doivent
encore fortir de cette Ville , & cellès
qui font cantonnées dans le voisinage ,
elles ne partiront que le 20 , pour aller
dans les Villes de Vic , de Solfone ,
Balaguer & Lérida. On comptoir qu'àprés
le départ de toutes ces forces , il
refteroit encore dans cette Capitale
plus de 15000 hommes..
DE DCEM PRE. 187
•
Nous apprenons de Sarragoffe , que
les levées pour les 2 Régimens Arragonois
, fe faifoient avec fuccés . On
compte que celui de Cavalerie fera
complet avant le premier du mois prochain
; & celui d'Infanterie qui doit
eftre de 3 bataillons , de 800 hommes
€3
chacun , le fera à la fin du mois de
Janvier.
Les 2 Régimens de Dragons & d'Infanterie
, que le Royaume de Navarre
fait auffi lever à fes dépens , font pareillement
fort avancés. Le Royaume
de Valence va fuivre cet exemple ..
La plupart des Bâtimens , qui font
arrivez ici de Rofe , où ils ont efté
conftruits , doivent mettre à la voile
au premier jour ; pour aller dans les
Ports de France , y charger des grains
que des Agens Efpagnols y ont achetés,
Les , il entra dans le Port de Barcelonne,
24 Bâtimens de charge , fur
lefquels il y avoit quantité d'habits
pour les Troupes , beaucoup de toiles ,
pour faire des chemiſes & des Tentes ,
& plufieurs caiffes remplies de Sabres
& de Bayonettes , avec une grande
quantité de toutes fortes de grains &
de provifions de bouche. On a û or18
LE MERCURE
dre d'acheter 1600 mulets , & de les
xenir prêts pour le premier Mars.
On a jetté dans Palamos 1800 hommes
en Garnifon . On va travailler à
relever les Fortifications de cette Place
, accommoder & nettoyer les Ports ;
poury mettre les Galéres d'Efpagne
qui feront beaucoup mieux , que dans
le Port de Barcelone.
Tout fe prépare pour faire le beau
Port de Rofe. L'Ingénieur qui en a levé
le Plan , & qui a êté approuvé de
la Cour de Madrid , en eft de retour.
Pour cet effet , on commencera par les
jettées
Fermer
30
p. 1437-1447
Camp de Mulhberg.
Début :
On parle dans toute l'Allemagne du Camp de Mulhberg en Saxe, où le Roi de Pologne [...]
Mots clefs :
Saxe, Roi de Pologne, Troupes, Armée, Canon, Infanterie, Généraux, Artillerie, Mülhberg
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texteReconnaissance textuelle : Camp de Mulhberg.
Camp de Mulhberg.
N parle dans toute l'Allemagne du Camp
de Mulhberg en Saxe , où le Roi de Pologne
a fait camper une grande quantité de Troupes
d'élite , & où ce Prince donne une fête militaire,
digne d'un grand Roi .
Toute l'Armée eft habillée de neuf, & avec autant
de propreté & d'uniformité pour les Cavaliers
, & les Soldats que de richeffe & de goût
pour les Officiers qui ont chacun jufqu'à trois
habits d'un uniforme varié feulement par les
differens agrémens où l'or & l'argent font employés
avec art pour produire un coup d'oeil
magnifique & brillant.:
La fituation du Camp eft des plus agréables ,
le fuperbe Pavillon du Roi & les magnifiques
Tentes qui l'environnent, font fur une éminence,
d'où l'on découvre toute l'Armée , campée fur
deux lignes dans une belle Plaine , arrofée par
la Riviere d'Elbe . Les Troupes les plus magnifi-
.ques , & qui fe font diftinguer dans ce fuperbe
Camp , font les Gardes du Corps de S. M. P. Les
Chevaliers Gardes , les Grands Moufquetaires ,
les Carabiniers , les Gardes à pied & les Cuiraffiers.
Le 31. Mai , le Roi fortit du Camp pour alfer
audevant du Roi de Pruffe. S. M. étoit à la
tête des Chevaliers de l'Aigle Blane , au nombić
de 36. & accompagnée de 160 Princes , Generaux ,
Miniftres & autres Seigneurs. Le Prince Royal
étoit fuivi des Militaires . Les deux Rois fe ren
contrerent à une demie lieue du Camp , où ils
s'embrafferent avec des marques les plus vives
de la plus parfaite amitié , & après avoir dejeuné
fous une Tente magnifique à demi ouverte , ils
11. Vola Hy viurent
1438 MERCURE DE FRANCE
L
vinrent au Camp. Le Roi de Pruffe étoit à Cheval
avec le Prince Royal fon fils , accompagné
de plufieurs Princes , Generaux , Colonels & c . au
nombre de plus de 150. L. M. étoient fuivies de
9. Cavaliersarmés de pié en cap , portant des drapeaux
& une queue de Cheval , comme auffi d'une
Troupe de Huffars armés d'Arcs & de Fleches.
Le premier Juin l'Armée marcha , commandée
par le Prince Royal de Pologne , & fe rangea
fur deux lignes , dont chacune contenoit une
étendue de trois quarts de lieue. L. M. & les
Princes & Generaux de leur nombreuſe & brillante
fuite , des deux fexes , à Cheval & en Caroffe
, les parcoururent d'un côté & d'autre. Le Roi
de Pruffe étoit toujours accompagné de quatre
jeunes Turcs habillés de drap d'or. Les deux
Rois s'étant enfuite retirez fous leurs Tentes. ,
ils furent falués par une falve de 60. pieces de
Canons , & L. M. virent défiler toute l'Armée
par Regimens..
Le lendemain , le Roi de Pologne s'étant trouvé
fatigué , nomma la Princeffe Royale fa Bru ,
pour faire les honneurs du Repas , & S. A. s'en
acquita très bien. On mangea fous une Tente à
la Turque , fur une Table de 40. Couverts , toute
fervie en vaiffelle de vermeil doré , & avec la plus
grande délicateffe & plus grande abondance.
Le 3. les deux Rois dinerent enfemble dans le
Quartier du Roi de Pologne, avec plufieurs Princes
, Generaux & antres Seigneurs. Vers les fix
heures , peu de tems après le diné , il y eut Comédie
Italienne..
Le 4. à quatre heures du matin , les 4. Re--
gimens de Dragons marcherent fur deux colomnes
, & enfuite s'étant mis en parade , firent leur
Exercice & diverſes évolutions à Cheval & à pied
II. Vola jufqu'à
JUIN. 1730. 1439
que
jufqu'à 2. heures après midi . Ils pratiquerent la
nouvelle maniere de coupler les Chevaux ' ,
S. M. P. fait introduire dans fon Armée , & qui
a divers avantages , fur tout celui de pouvoir
former un front de Bataillon , & par là couvrir
les Chevaux & c. Le Roi de Pruffe alla diner ,
accompagné de quelques Generaux , chez le Duc
Jean Adelphe Weifenfels . Le Prince Royal de
Pruffe dina avec le Roi de Pologne & les Dames.
Le foir il y eat Comédie & Bal à la Cour.
Le s .
elle
la Cavalerie fit fes Exercices , compofée
de 24. Efcadrons des Gardes du Corps , des Carabiniers
& des 3. Regimens de Cuiraffiers . Elle
marcha fur quatre Colomnes vers le Pavillon
Royal , où s'étant formée fur deux lignes ,
fit plufieurs mouvemens , marches , attaques &c.
& forma enfuite un quarré , dont le Pavillon du
Roi étoit le centre , & elle rentra dans le Camp
fur une Colomne , en tournant autour du Pavil
Jon Royal.
Le 6. il y eut Concert de voix & d'Inftrumens
&c.
Les Rois de Pologne & de Pruffe ayant été indifpofés
pendant quelques jours , & L. M. étant
parfaitement rétablies , le 10. elles fe rendirent
avec leur fuite au Pavilion , éloigné d'une portée´
de Canon du centre de la premiere ligne de l'Armée
, pour voir l'Exercice de l'lafanterie. Ce
Pavilon eft conftruit de charpente , orné de
peintures & de dorures de très bon goût , élevé
fur une hauteur qui domine fur toute la Plaine.
L'Infanterie qui étoit fortie du Camp dès le
matin , avoit formé autour de ce Pavillon un'
quarré , dont chaque flanc étoit compofé de fixt
Bataillons. On commença par les évolutions des
armes , & on pratiqua enfuite les differentes manieres
de charger par rangs , par pelotons , par
1 Vel. H vj demi
1440 MERCURE DE FRANCE
demi divifions , par divifions entieres & par hayes,
où les Grenadiers jetterent quantité de Grenades
vers le milieu du quarré &c. Après cet Exercice
& diverfes autres évolutions , L. M. allerent diner
à leur quartier. C'eſt un quarré gardé par des
Janiflaires & par une Garde de Cadets , où des
Soldats Turcs , avec des Veſtes de drap d'or ,
& des efpeces de Turbans de velours cramoifi ,
font la garde devant la Tente de ces deux Rois ,
& où l'on voit auffi des Hongrois en habits
d'écarlate , avec des galons & des franges d'or.
Il y a encore douze Gardes qu'on nomme Peckins
, auffi habillés d'écarlate avec des bonnets
de velours noir , bródés d'argent , & une aigrette
de plumes blanches , tenant chacun une hache
d'argent. Le milieu de ce qnarré eft occupé par
une grande Sale tendue de damas cramoifi &
jaune . Cette Sale eft percée de 4. portes par
lef
quelles on entre dans quatre Galeries , qui aboutiffent
à autant de Cabinets , à côté defquels il y
a 8. Tentes à la Turque , ornées de riches étoffes .
Quatre grandes Tentes qui fervent de Sale à
manger , font contigues à ces Cabinets.
>
On a fervi tous les jours trois Tables de 24
Couverts chacune ; les deux Rois mangent à la
premiere , L. A. R. à la feconde , & la troifiéme
eft deftinée pour les Officiers Generaux des deux
Cours ; ces Tables font fervies en vaiffelle de vermeil
doré. Il y a outre cela cinq autres Tables
auffi de 24. Couverts chacune , fervies en vaiffelle
d'argent pour les Hauts Officiers & les
Etrangers. Un Officier de diftinction de la Maifon
du Roi fait les honneurs de chaque Table.
Le Roi de Pologne eft logé dans un Palais
qu'il a fait conftruire exprès, à une portée de pif
tolet du Quarré dont on vient de parler . Le Roi
de Pruffe y eft auffi logé, avec le Prince Royal
on fils , & toute fa Cour. Dans
JUIN. 1730. 1441
DO
52
ם כ
Dans une Lettre écrite de ce Camp , on s'exprime
ainfi : » Je fuis, bien fâché que vous ne
foyez pas à portée de voir ce corps d'armée ++
en verité on ne fçauroit donner une idée de la
magnificence de l'Armée de Darius , que par
celle-cy. Il n'y a point de Sous - Lieutenant de
Cavalerie , dont le Cheval avec le harnois ne
→ vaille au moins mille écus. Il y a trois Tables
» chez le Roy , de 24. Couverts chacune , fervies
en vaiffelle d'or , & plufieurs autres au nombre
" de 300. Couverts , en vaiffelle d'argent. Les
Tentes feules du Quartier du Roi , font eftimées
deux millions. Ce qu'on voit de toutes fortes
» de Voitures , Caroffes , Chaifes & Chevaux de
» felle pour les Etrangers & pour les Dames , elt
» inconcevable. On diftingue ici des Officiers Ge-
» neraux & autres de toutes les Troupes de l'Europe
, & un concours infini d'Etrangers de toutes
Nations.Je ne fçai fi le calcul eft jufte , mais
on compte qu'outre les Troupes , il y a 300
mille ames dans le Camp ou aux environs.
» Au refte , il n'eft queftion ici que de Colon-
» nes , dans le gout de celles du Livre du Chevalier
de Follard ; petits & grands , tout le monde
fe mêle de faire des Colonnes . Il y a un jour
» destiné exprès , où toute l'Infanterie ne fera
පා que des Colonnes ; & le Roi de Pruffe , qui y
» étoit totalement oppofé it y. a deux ans , s'eft
» enfin rendu à l'opinion de l'Auteur de ce Livre
» & à la mienne , fur le fait des Colonnes.
37
םכ
»Le Roi de Pologne m'a fait l'honneur de me
dire qu'il feroit deffiner toutes les évolutions
qui fe font faites , pour que je vous les envoye.
» Mais de tout ce qu'on a fait , le plus beau fera
fans doute , un Paffage de Riviere. L'E be eft
deux fois large ici comme la Seine à Paris . On
» établira trois Ponts en preſence de l'Ennemi , à
11. Vol.
» la
1442 MERCURE DE FRANCE
20
la faveur du Canon & de certains Prammies'
garnis de Canons. Ces Ponts font mobiles &
» deſcendront la Riviere , s'établiront , pour ainfi
→ dire, dans un moment , & le paffage fe fera de
dire vive force. On peut fans craindre le ridi
cule , que ce font Jeux de Prince. A Dieu ,
cher Chevalier , je vous écrirai plus au long ,
quand je pourrai yous envoyer les Deffeins de
ૐ
→ tout ceci .
Les Lettres qu'on a reçues depuis du Camp
de Malhberg portent que le 17. Juin l'Armée
marcha en Phalanges ou Bataillons quarrez , fui
vant l'ufage des Anciens. Cette marche reprefentoit
parfaitement le même ordre de bataille done
les Grecs fe fervoient pour combattre leurs enne
mis , & faifoit un coup d'oeil incomparable. I
y avoit une Phalange d'Infanterie & deux de
Cavalerie , lefquelles après avoir marché quelque
temps dans cet ordre , formerent enfuite deux
lignes toute l'Armée fe replia par le centre &
fe remit fur le même terrain ; après quoi on fe
retira en combattant jufqu'au Camp ; le tout fut
parfaitement bien executé.
Le 18. le Roi de Pruffe dîna chez le Comte de
Wackerbarth , avec le Duc de Saxe Weimar-
Le foir il y eut Comedie Italienne.
Le 19. toute l'Armée fe mit de nouveau en
marche , & forma d'abord neuf grands quarrez ,
l'Infanterie s'étant enfuite formée en quarré long,
fut attaquée par la Cavalerie , qui fut vivement
repouflée par le Canon , les Grenades & la Moufqueterie
L'Infanterie fe voyant trop preffée , forma un
autre quarré long , & fut encore attaquée à di-.
verfes reprises dans fa retraite par toute la Cavalerie
, avec tant d'acharnement , qu'on cut de la
peine à faire retourner quelques Efcadrons qui
11. Vola
effuyerent
JUIN. 1730. 1443
effuyerent le feu , ayant la tête des chevaux dans
les Bayonettes. Enfin la retraite fe fit en deux colonnes
, par des défilez d'une manière qui n'avoit
pas encore été pratiquée & qui fut jugée d'une
grande utilité par les connoiffeurs .
Le 20. Le Regiment des grands Grenadiers fit
fes exercices avec beaucoup d'adreffe devant les
deux Rois . Le Comte de Rutowski , qui en eft le
Commandant , traita enfuite fplendidement le
Roi de Pruffe. Le même jour le Roi alla reconnoître
le terrain où S. M, avoit deffein de paffer
l'Elbe avec un Détachement de l'Armée : ce deffejn
s'executa le 21. Une partie de l'Armée paffa
cette Riviere & fe retrancha ; elle fut enfuite attaquée
par le gros de l'Armée , commandé par
le Comte de Wackerbarth, il fut à la fin repouffé;.
У eut dans cette action deux Soldats de tuez &
un de bleffé par accident. Jamais Artillerie n'a été
fetvie avec plus d'adreffe & d'art , qu'en cette occafion
, y ayant eu de groffes pieces qui ont tiré
coups dans une minute..
il
fix
Le 22. le Roi de Pruffe alla dîner chez lé Prince
Royal de Pologne , qui le régala fuperbement.
Les Exercices Militaires finirent le 23. par une
bataille rangée : l'Armée étoit partagée en deux
corps, dont l'un étoit commandé par le Velt- Maréchal
, Comte de Wackerbarth , & l'autre par le
Duc de Saxe - Weffeinfels , qui après avoir perdu
la bataille , fit une très - belle retraite , ayant mar
ché en bon ordre vers le Bois.
Pendant cette retraite, le Roi de Pologne , qui s'é
toit mis à la tête de fix Efcadrons qu'il avoit déta
chés fecretement de l'aîle droite, tomba dans le flanc
de l'aile gauche , & fit prifonnier un Efcadron
du Régiment de Pohlentz , qui ne s'étoit pas ap
perçu de ce mouvement. Il y eut des pieces de
Canon qui tirerent ce jour- là 159. coups , &
11. Vol.
PArtillerie
1444 MERCURE DE FRANCE
l'Artillerie tira en tout 9000. coups.
Le 24. on tira le fuperbe Feu d'artifice que le
Roi avoit fait préparer fur l'Elbe : le temps calme
& l'air obfcur qu'il faifoit cette nuit- là , ne contribuerent
pas peu à rendre ce fpectacle plus mafique
& plus agréable : il fut executé dans toute
fa perfection , & tous ceux qui l'ont vû , conviennent
que c'eft le plus beau qui ait été tiré de me--
moire d'homme.
Après le Feu d'artifice , le Bucentaure parut
fur l'Elbe avec une Flotille de 15. Bâtimens ,
tous entierement illuminez & ornez de leurs Banderoles
, &c. Cette Fête dura jufqu'à quatre heurés
du matin.
Lers . on celebra au Camp le Jubilé de la Confeffion
d'Ausbourg. Le Roi dîna ce jour - là chezle
General Bauditz , & vit enfuite fon beau Rément
de Carabiniers ."
Le 26. toute l'Armée fut magnifiquement traitée
; elle fe mit à table à onze heures & s'en leva à
midy. Le 27. les deux Rois & leurs fuites s'em→ ,
barquerent fur la Flotille , & defcendirent l'Elbe
jufqu'à Leuchtenberg , où l'on coucha.
Le 28. on finit les Diverriffemens par une
grande Chaffe que le Roi donna au Roi de Pruffe,
& qui n'a pas été moins magnifique que toutes
les autres Fêtes on y a tué à coups de fufil ,
1100. Pieces , tant Cerfs que Biches , Chevreuils
& Sangliers.
Après la Chaffe , on fervit plufieurs Tables de
plus de 400. Couverts ; les deux Rois le féparerent
enfuite avec de grandes marqués d'amitié &
de tendreffe. Le Roi de Pruffe eft allé à Poſtdam ,
& S. M. Pol. eft retournée au Camp , où elle
reftera encore quelques jours avant que de fe rendre
à Drefde.
Par les dernieres Lettres reçûës , on a appris
le circonftances fuivantes : Lo
JUIN 1730. 1445
Le 12. Juin , l'Artillerie fit l'Exercice avec 48.
Pieces de Canon. Outre le Bataillon de l'Artillerie
, on commanda encore trois Regimens d'Infanterie.
Après que ce Corps fe fut rangé fur fir
lignes ; & qu'on eut reparti les Canons en huit
Brigades , il fe mit en marche fur fix colonnes'
vers le Pavillon Royal . Les Canons avec les Chariots
de munitions , alloient au milieu des colonnes
, & étoient accompagnez d'un certain nom
bre de Canoniers & de Soldats détachez de l'Infanterie.
Les Timbales de l'Artillerie étoient fur
un Char attelé de quatre chevaux blancs .
Après que tout fut arrivé à une distance mar
quée du Pavillon , on détela & on fit fortir
des rangs les Chevaux de l'Artillerie & les Chariots
de munitions. Tout le Corps fe remit enfuite
en bataille fur fix lignes , ayant le Canon ;
dans les intervales marques.
Pendant que le Canon faifoit les differentes
charges , l'Infanterie rangée par pelotons , fortoit
par les intervales à chaque charge, & faifoit
fon feu par rang , de même que celle qui étoit à
la tête & à la queue, Elle fe retira enfuite derriere
le Canon. Toutes ces differentes manieres de charges
ont été fort bien executées , malgré les groffes
pluies qu'il faifoit ,ceCorps fit après un mouvement
pour avancer jufqu'à un certain endroit , & continua
toujours à tirer . Il forma enfuite un Quarré
, ayant les Canons rangez fur les flancs , & finit
cette manoeuvre par une décharge generale
des 48. Canons à la fois , qui fut fuivie de celles
72. Pelotons de l'Infanterie, & réïterée fix fois.
Enfin après avoir fait fortir les Chariots de Munitions
du Quarré , & les Brigades des Canons ,
les Pelotons de l'Infanterie firent un mouvement
pour fe mettre fur un Terrain marquê , & fe retirer
; ce qu'ils firent en chargeant en retraite , &
de
11. Vol. ren1446
MERCURE DE FRANCE
rentrerent ainfi dans le Camp. Le Roi de Pruffe
dîna avec le Prince Royal fon fils , chez le
Velt-Maréchal Comte de Wackerbarth , & le Roi
de Pologne , chez le Duc de Saxe-Weimar.
Le 13. les deux Rois dînerent chacun en particulier
, & le Prince Royal dîna en compagnie
la feconde Table ; fervie en vermeil doré. Après
midy fe fit PExercice des Lanciers . Les , fix Efca
drons des Gardes du Corps , armez de Cuiraffes
de Cafques & de Lances , fe prefenterent ; on y
avoit joint cinq Bataillons de Grenadiers ou Gardes
à pied , aufquels on avoit fait diftribuer 128.
Piques par Bataillon.
›
Les Lanciers , en fortant du Camp , fe formerent
fur une ligne , ayant toûjours un Bataillon
entre deux Efcadrons. La marche fe fit vers le
Payillon fur deux lignes , dont la premiere fut
formée par les fix Efcadrons de Lanciers , & la
feconde par les cinq Bataillons d'Infanterie. Pendant
que les Lanciers firent leurs mouvemens✨
vers le Pavillon , les Huffars Polonois , armez de
Cuiraffes & de Cafques,coururent la Bague devant
L.M.& briferent leurs Lances contre desMachines
qu'on avoit préparées pour cet effet. En arrivant
a quelque diftance du Pavillon , les Lanciers fe
formerent de nouveau fur une Ligne ; l'Infante
rie fe mit au milieu , & les fix Efcadrons fur les
aîles , trois Efcadrons fur chaque aîle. Après
avoir avancé ainfi jufqu'à une diſtance marquée
en attaquant , chargeant & le retirant , ils fe formerent
de la même maniere fur trois lignes , & .
avancerent de nouveau en faifant la même manoeuvre
; ce qui ayant été exécuté , les cinq Bataillons
formerent chacun un Bataillon quarré
ayant les Lanciers fur les aîles , & firent enſem
ble diverfes manoeuvres . Enfin les quatre Batail-
' ours des Gardes formerent un grand quarré au-
II. Vol.
tour
JUIN. 1730. J447
tour du cinquiéme Bataillon , qui étoit celui des
Grenadiers. Les Lanciers fe rangerent pour les
couvrir , & après avoir fait plufieurs attaques ,
marches & contremarches , on fe battit en retraite
& on entra dans le Camp.
Le 14, le Roy de Pruffe alla dès le matin voir
l'armée , qui étant fortie du Camp fans armes
&C.
N parle dans toute l'Allemagne du Camp
de Mulhberg en Saxe , où le Roi de Pologne
a fait camper une grande quantité de Troupes
d'élite , & où ce Prince donne une fête militaire,
digne d'un grand Roi .
Toute l'Armée eft habillée de neuf, & avec autant
de propreté & d'uniformité pour les Cavaliers
, & les Soldats que de richeffe & de goût
pour les Officiers qui ont chacun jufqu'à trois
habits d'un uniforme varié feulement par les
differens agrémens où l'or & l'argent font employés
avec art pour produire un coup d'oeil
magnifique & brillant.:
La fituation du Camp eft des plus agréables ,
le fuperbe Pavillon du Roi & les magnifiques
Tentes qui l'environnent, font fur une éminence,
d'où l'on découvre toute l'Armée , campée fur
deux lignes dans une belle Plaine , arrofée par
la Riviere d'Elbe . Les Troupes les plus magnifi-
.ques , & qui fe font diftinguer dans ce fuperbe
Camp , font les Gardes du Corps de S. M. P. Les
Chevaliers Gardes , les Grands Moufquetaires ,
les Carabiniers , les Gardes à pied & les Cuiraffiers.
Le 31. Mai , le Roi fortit du Camp pour alfer
audevant du Roi de Pruffe. S. M. étoit à la
tête des Chevaliers de l'Aigle Blane , au nombić
de 36. & accompagnée de 160 Princes , Generaux ,
Miniftres & autres Seigneurs. Le Prince Royal
étoit fuivi des Militaires . Les deux Rois fe ren
contrerent à une demie lieue du Camp , où ils
s'embrafferent avec des marques les plus vives
de la plus parfaite amitié , & après avoir dejeuné
fous une Tente magnifique à demi ouverte , ils
11. Vola Hy viurent
1438 MERCURE DE FRANCE
L
vinrent au Camp. Le Roi de Pruffe étoit à Cheval
avec le Prince Royal fon fils , accompagné
de plufieurs Princes , Generaux , Colonels & c . au
nombre de plus de 150. L. M. étoient fuivies de
9. Cavaliersarmés de pié en cap , portant des drapeaux
& une queue de Cheval , comme auffi d'une
Troupe de Huffars armés d'Arcs & de Fleches.
Le premier Juin l'Armée marcha , commandée
par le Prince Royal de Pologne , & fe rangea
fur deux lignes , dont chacune contenoit une
étendue de trois quarts de lieue. L. M. & les
Princes & Generaux de leur nombreuſe & brillante
fuite , des deux fexes , à Cheval & en Caroffe
, les parcoururent d'un côté & d'autre. Le Roi
de Pruffe étoit toujours accompagné de quatre
jeunes Turcs habillés de drap d'or. Les deux
Rois s'étant enfuite retirez fous leurs Tentes. ,
ils furent falués par une falve de 60. pieces de
Canons , & L. M. virent défiler toute l'Armée
par Regimens..
Le lendemain , le Roi de Pologne s'étant trouvé
fatigué , nomma la Princeffe Royale fa Bru ,
pour faire les honneurs du Repas , & S. A. s'en
acquita très bien. On mangea fous une Tente à
la Turque , fur une Table de 40. Couverts , toute
fervie en vaiffelle de vermeil doré , & avec la plus
grande délicateffe & plus grande abondance.
Le 3. les deux Rois dinerent enfemble dans le
Quartier du Roi de Pologne, avec plufieurs Princes
, Generaux & antres Seigneurs. Vers les fix
heures , peu de tems après le diné , il y eut Comédie
Italienne..
Le 4. à quatre heures du matin , les 4. Re--
gimens de Dragons marcherent fur deux colomnes
, & enfuite s'étant mis en parade , firent leur
Exercice & diverſes évolutions à Cheval & à pied
II. Vola jufqu'à
JUIN. 1730. 1439
que
jufqu'à 2. heures après midi . Ils pratiquerent la
nouvelle maniere de coupler les Chevaux ' ,
S. M. P. fait introduire dans fon Armée , & qui
a divers avantages , fur tout celui de pouvoir
former un front de Bataillon , & par là couvrir
les Chevaux & c. Le Roi de Pruffe alla diner ,
accompagné de quelques Generaux , chez le Duc
Jean Adelphe Weifenfels . Le Prince Royal de
Pruffe dina avec le Roi de Pologne & les Dames.
Le foir il y eat Comédie & Bal à la Cour.
Le s .
elle
la Cavalerie fit fes Exercices , compofée
de 24. Efcadrons des Gardes du Corps , des Carabiniers
& des 3. Regimens de Cuiraffiers . Elle
marcha fur quatre Colomnes vers le Pavillon
Royal , où s'étant formée fur deux lignes ,
fit plufieurs mouvemens , marches , attaques &c.
& forma enfuite un quarré , dont le Pavillon du
Roi étoit le centre , & elle rentra dans le Camp
fur une Colomne , en tournant autour du Pavil
Jon Royal.
Le 6. il y eut Concert de voix & d'Inftrumens
&c.
Les Rois de Pologne & de Pruffe ayant été indifpofés
pendant quelques jours , & L. M. étant
parfaitement rétablies , le 10. elles fe rendirent
avec leur fuite au Pavilion , éloigné d'une portée´
de Canon du centre de la premiere ligne de l'Armée
, pour voir l'Exercice de l'lafanterie. Ce
Pavilon eft conftruit de charpente , orné de
peintures & de dorures de très bon goût , élevé
fur une hauteur qui domine fur toute la Plaine.
L'Infanterie qui étoit fortie du Camp dès le
matin , avoit formé autour de ce Pavillon un'
quarré , dont chaque flanc étoit compofé de fixt
Bataillons. On commença par les évolutions des
armes , & on pratiqua enfuite les differentes manieres
de charger par rangs , par pelotons , par
1 Vel. H vj demi
1440 MERCURE DE FRANCE
demi divifions , par divifions entieres & par hayes,
où les Grenadiers jetterent quantité de Grenades
vers le milieu du quarré &c. Après cet Exercice
& diverfes autres évolutions , L. M. allerent diner
à leur quartier. C'eſt un quarré gardé par des
Janiflaires & par une Garde de Cadets , où des
Soldats Turcs , avec des Veſtes de drap d'or ,
& des efpeces de Turbans de velours cramoifi ,
font la garde devant la Tente de ces deux Rois ,
& où l'on voit auffi des Hongrois en habits
d'écarlate , avec des galons & des franges d'or.
Il y a encore douze Gardes qu'on nomme Peckins
, auffi habillés d'écarlate avec des bonnets
de velours noir , bródés d'argent , & une aigrette
de plumes blanches , tenant chacun une hache
d'argent. Le milieu de ce qnarré eft occupé par
une grande Sale tendue de damas cramoifi &
jaune . Cette Sale eft percée de 4. portes par
lef
quelles on entre dans quatre Galeries , qui aboutiffent
à autant de Cabinets , à côté defquels il y
a 8. Tentes à la Turque , ornées de riches étoffes .
Quatre grandes Tentes qui fervent de Sale à
manger , font contigues à ces Cabinets.
>
On a fervi tous les jours trois Tables de 24
Couverts chacune ; les deux Rois mangent à la
premiere , L. A. R. à la feconde , & la troifiéme
eft deftinée pour les Officiers Generaux des deux
Cours ; ces Tables font fervies en vaiffelle de vermeil
doré. Il y a outre cela cinq autres Tables
auffi de 24. Couverts chacune , fervies en vaiffelle
d'argent pour les Hauts Officiers & les
Etrangers. Un Officier de diftinction de la Maifon
du Roi fait les honneurs de chaque Table.
Le Roi de Pologne eft logé dans un Palais
qu'il a fait conftruire exprès, à une portée de pif
tolet du Quarré dont on vient de parler . Le Roi
de Pruffe y eft auffi logé, avec le Prince Royal
on fils , & toute fa Cour. Dans
JUIN. 1730. 1441
DO
52
ם כ
Dans une Lettre écrite de ce Camp , on s'exprime
ainfi : » Je fuis, bien fâché que vous ne
foyez pas à portée de voir ce corps d'armée ++
en verité on ne fçauroit donner une idée de la
magnificence de l'Armée de Darius , que par
celle-cy. Il n'y a point de Sous - Lieutenant de
Cavalerie , dont le Cheval avec le harnois ne
→ vaille au moins mille écus. Il y a trois Tables
» chez le Roy , de 24. Couverts chacune , fervies
en vaiffelle d'or , & plufieurs autres au nombre
" de 300. Couverts , en vaiffelle d'argent. Les
Tentes feules du Quartier du Roi , font eftimées
deux millions. Ce qu'on voit de toutes fortes
» de Voitures , Caroffes , Chaifes & Chevaux de
» felle pour les Etrangers & pour les Dames , elt
» inconcevable. On diftingue ici des Officiers Ge-
» neraux & autres de toutes les Troupes de l'Europe
, & un concours infini d'Etrangers de toutes
Nations.Je ne fçai fi le calcul eft jufte , mais
on compte qu'outre les Troupes , il y a 300
mille ames dans le Camp ou aux environs.
» Au refte , il n'eft queftion ici que de Colon-
» nes , dans le gout de celles du Livre du Chevalier
de Follard ; petits & grands , tout le monde
fe mêle de faire des Colonnes . Il y a un jour
» destiné exprès , où toute l'Infanterie ne fera
පා que des Colonnes ; & le Roi de Pruffe , qui y
» étoit totalement oppofé it y. a deux ans , s'eft
» enfin rendu à l'opinion de l'Auteur de ce Livre
» & à la mienne , fur le fait des Colonnes.
37
םכ
»Le Roi de Pologne m'a fait l'honneur de me
dire qu'il feroit deffiner toutes les évolutions
qui fe font faites , pour que je vous les envoye.
» Mais de tout ce qu'on a fait , le plus beau fera
fans doute , un Paffage de Riviere. L'E be eft
deux fois large ici comme la Seine à Paris . On
» établira trois Ponts en preſence de l'Ennemi , à
11. Vol.
» la
1442 MERCURE DE FRANCE
20
la faveur du Canon & de certains Prammies'
garnis de Canons. Ces Ponts font mobiles &
» deſcendront la Riviere , s'établiront , pour ainfi
→ dire, dans un moment , & le paffage fe fera de
dire vive force. On peut fans craindre le ridi
cule , que ce font Jeux de Prince. A Dieu ,
cher Chevalier , je vous écrirai plus au long ,
quand je pourrai yous envoyer les Deffeins de
ૐ
→ tout ceci .
Les Lettres qu'on a reçues depuis du Camp
de Malhberg portent que le 17. Juin l'Armée
marcha en Phalanges ou Bataillons quarrez , fui
vant l'ufage des Anciens. Cette marche reprefentoit
parfaitement le même ordre de bataille done
les Grecs fe fervoient pour combattre leurs enne
mis , & faifoit un coup d'oeil incomparable. I
y avoit une Phalange d'Infanterie & deux de
Cavalerie , lefquelles après avoir marché quelque
temps dans cet ordre , formerent enfuite deux
lignes toute l'Armée fe replia par le centre &
fe remit fur le même terrain ; après quoi on fe
retira en combattant jufqu'au Camp ; le tout fut
parfaitement bien executé.
Le 18. le Roi de Pruffe dîna chez le Comte de
Wackerbarth , avec le Duc de Saxe Weimar-
Le foir il y eut Comedie Italienne.
Le 19. toute l'Armée fe mit de nouveau en
marche , & forma d'abord neuf grands quarrez ,
l'Infanterie s'étant enfuite formée en quarré long,
fut attaquée par la Cavalerie , qui fut vivement
repouflée par le Canon , les Grenades & la Moufqueterie
L'Infanterie fe voyant trop preffée , forma un
autre quarré long , & fut encore attaquée à di-.
verfes reprises dans fa retraite par toute la Cavalerie
, avec tant d'acharnement , qu'on cut de la
peine à faire retourner quelques Efcadrons qui
11. Vola
effuyerent
JUIN. 1730. 1443
effuyerent le feu , ayant la tête des chevaux dans
les Bayonettes. Enfin la retraite fe fit en deux colonnes
, par des défilez d'une manière qui n'avoit
pas encore été pratiquée & qui fut jugée d'une
grande utilité par les connoiffeurs .
Le 20. Le Regiment des grands Grenadiers fit
fes exercices avec beaucoup d'adreffe devant les
deux Rois . Le Comte de Rutowski , qui en eft le
Commandant , traita enfuite fplendidement le
Roi de Pruffe. Le même jour le Roi alla reconnoître
le terrain où S. M, avoit deffein de paffer
l'Elbe avec un Détachement de l'Armée : ce deffejn
s'executa le 21. Une partie de l'Armée paffa
cette Riviere & fe retrancha ; elle fut enfuite attaquée
par le gros de l'Armée , commandé par
le Comte de Wackerbarth, il fut à la fin repouffé;.
У eut dans cette action deux Soldats de tuez &
un de bleffé par accident. Jamais Artillerie n'a été
fetvie avec plus d'adreffe & d'art , qu'en cette occafion
, y ayant eu de groffes pieces qui ont tiré
coups dans une minute..
il
fix
Le 22. le Roi de Pruffe alla dîner chez lé Prince
Royal de Pologne , qui le régala fuperbement.
Les Exercices Militaires finirent le 23. par une
bataille rangée : l'Armée étoit partagée en deux
corps, dont l'un étoit commandé par le Velt- Maréchal
, Comte de Wackerbarth , & l'autre par le
Duc de Saxe - Weffeinfels , qui après avoir perdu
la bataille , fit une très - belle retraite , ayant mar
ché en bon ordre vers le Bois.
Pendant cette retraite, le Roi de Pologne , qui s'é
toit mis à la tête de fix Efcadrons qu'il avoit déta
chés fecretement de l'aîle droite, tomba dans le flanc
de l'aile gauche , & fit prifonnier un Efcadron
du Régiment de Pohlentz , qui ne s'étoit pas ap
perçu de ce mouvement. Il y eut des pieces de
Canon qui tirerent ce jour- là 159. coups , &
11. Vol.
PArtillerie
1444 MERCURE DE FRANCE
l'Artillerie tira en tout 9000. coups.
Le 24. on tira le fuperbe Feu d'artifice que le
Roi avoit fait préparer fur l'Elbe : le temps calme
& l'air obfcur qu'il faifoit cette nuit- là , ne contribuerent
pas peu à rendre ce fpectacle plus mafique
& plus agréable : il fut executé dans toute
fa perfection , & tous ceux qui l'ont vû , conviennent
que c'eft le plus beau qui ait été tiré de me--
moire d'homme.
Après le Feu d'artifice , le Bucentaure parut
fur l'Elbe avec une Flotille de 15. Bâtimens ,
tous entierement illuminez & ornez de leurs Banderoles
, &c. Cette Fête dura jufqu'à quatre heurés
du matin.
Lers . on celebra au Camp le Jubilé de la Confeffion
d'Ausbourg. Le Roi dîna ce jour - là chezle
General Bauditz , & vit enfuite fon beau Rément
de Carabiniers ."
Le 26. toute l'Armée fut magnifiquement traitée
; elle fe mit à table à onze heures & s'en leva à
midy. Le 27. les deux Rois & leurs fuites s'em→ ,
barquerent fur la Flotille , & defcendirent l'Elbe
jufqu'à Leuchtenberg , où l'on coucha.
Le 28. on finit les Diverriffemens par une
grande Chaffe que le Roi donna au Roi de Pruffe,
& qui n'a pas été moins magnifique que toutes
les autres Fêtes on y a tué à coups de fufil ,
1100. Pieces , tant Cerfs que Biches , Chevreuils
& Sangliers.
Après la Chaffe , on fervit plufieurs Tables de
plus de 400. Couverts ; les deux Rois le féparerent
enfuite avec de grandes marqués d'amitié &
de tendreffe. Le Roi de Pruffe eft allé à Poſtdam ,
& S. M. Pol. eft retournée au Camp , où elle
reftera encore quelques jours avant que de fe rendre
à Drefde.
Par les dernieres Lettres reçûës , on a appris
le circonftances fuivantes : Lo
JUIN 1730. 1445
Le 12. Juin , l'Artillerie fit l'Exercice avec 48.
Pieces de Canon. Outre le Bataillon de l'Artillerie
, on commanda encore trois Regimens d'Infanterie.
Après que ce Corps fe fut rangé fur fir
lignes ; & qu'on eut reparti les Canons en huit
Brigades , il fe mit en marche fur fix colonnes'
vers le Pavillon Royal . Les Canons avec les Chariots
de munitions , alloient au milieu des colonnes
, & étoient accompagnez d'un certain nom
bre de Canoniers & de Soldats détachez de l'Infanterie.
Les Timbales de l'Artillerie étoient fur
un Char attelé de quatre chevaux blancs .
Après que tout fut arrivé à une distance mar
quée du Pavillon , on détela & on fit fortir
des rangs les Chevaux de l'Artillerie & les Chariots
de munitions. Tout le Corps fe remit enfuite
en bataille fur fix lignes , ayant le Canon ;
dans les intervales marques.
Pendant que le Canon faifoit les differentes
charges , l'Infanterie rangée par pelotons , fortoit
par les intervales à chaque charge, & faifoit
fon feu par rang , de même que celle qui étoit à
la tête & à la queue, Elle fe retira enfuite derriere
le Canon. Toutes ces differentes manieres de charges
ont été fort bien executées , malgré les groffes
pluies qu'il faifoit ,ceCorps fit après un mouvement
pour avancer jufqu'à un certain endroit , & continua
toujours à tirer . Il forma enfuite un Quarré
, ayant les Canons rangez fur les flancs , & finit
cette manoeuvre par une décharge generale
des 48. Canons à la fois , qui fut fuivie de celles
72. Pelotons de l'Infanterie, & réïterée fix fois.
Enfin après avoir fait fortir les Chariots de Munitions
du Quarré , & les Brigades des Canons ,
les Pelotons de l'Infanterie firent un mouvement
pour fe mettre fur un Terrain marquê , & fe retirer
; ce qu'ils firent en chargeant en retraite , &
de
11. Vol. ren1446
MERCURE DE FRANCE
rentrerent ainfi dans le Camp. Le Roi de Pruffe
dîna avec le Prince Royal fon fils , chez le
Velt-Maréchal Comte de Wackerbarth , & le Roi
de Pologne , chez le Duc de Saxe-Weimar.
Le 13. les deux Rois dînerent chacun en particulier
, & le Prince Royal dîna en compagnie
la feconde Table ; fervie en vermeil doré. Après
midy fe fit PExercice des Lanciers . Les , fix Efca
drons des Gardes du Corps , armez de Cuiraffes
de Cafques & de Lances , fe prefenterent ; on y
avoit joint cinq Bataillons de Grenadiers ou Gardes
à pied , aufquels on avoit fait diftribuer 128.
Piques par Bataillon.
›
Les Lanciers , en fortant du Camp , fe formerent
fur une ligne , ayant toûjours un Bataillon
entre deux Efcadrons. La marche fe fit vers le
Payillon fur deux lignes , dont la premiere fut
formée par les fix Efcadrons de Lanciers , & la
feconde par les cinq Bataillons d'Infanterie. Pendant
que les Lanciers firent leurs mouvemens✨
vers le Pavillon , les Huffars Polonois , armez de
Cuiraffes & de Cafques,coururent la Bague devant
L.M.& briferent leurs Lances contre desMachines
qu'on avoit préparées pour cet effet. En arrivant
a quelque diftance du Pavillon , les Lanciers fe
formerent de nouveau fur une Ligne ; l'Infante
rie fe mit au milieu , & les fix Efcadrons fur les
aîles , trois Efcadrons fur chaque aîle. Après
avoir avancé ainfi jufqu'à une diſtance marquée
en attaquant , chargeant & le retirant , ils fe formerent
de la même maniere fur trois lignes , & .
avancerent de nouveau en faifant la même manoeuvre
; ce qui ayant été exécuté , les cinq Bataillons
formerent chacun un Bataillon quarré
ayant les Lanciers fur les aîles , & firent enſem
ble diverfes manoeuvres . Enfin les quatre Batail-
' ours des Gardes formerent un grand quarré au-
II. Vol.
tour
JUIN. 1730. J447
tour du cinquiéme Bataillon , qui étoit celui des
Grenadiers. Les Lanciers fe rangerent pour les
couvrir , & après avoir fait plufieurs attaques ,
marches & contremarches , on fe battit en retraite
& on entra dans le Camp.
Le 14, le Roy de Pruffe alla dès le matin voir
l'armée , qui étant fortie du Camp fans armes
&C.
Fermer
Résumé : Camp de Mulhberg.
Le texte décrit une fête militaire organisée par le Roi de Pologne au camp de Mulhberg en Saxe. Ce camp accueille une grande quantité de troupes d'élite, et le Roi donne une fête militaire digne d'un grand souverain. Toute l'armée est habillée de neuf, avec une grande propreté et uniformité pour les cavaliers et les soldats, et une richesse et un goût remarquables pour les officiers, qui possèdent plusieurs habits d'uniforme varié. La situation du camp est agréable, avec un superbe pavillon royal et des tentes magnifiques sur une éminence offrant une vue sur l'armée campée en deux lignes dans une belle plaine bordée par la rivière Elbe. Les troupes les plus magnifiques incluent les Gardes du Corps du Roi de Pologne, les Chevaliers Gardes, les Grands Mousquetaires, les Carabiniers, les Gardes à pied et les Cuirassiers. Le 31 mai, le Roi de Pologne sort du camp pour rencontrer le Roi de Prusse. Les deux souverains s'embrassent avec des marques d'amitié et déjeunent sous une tente magnifique. Le 1er juin, l'armée marche sous le commandement du Prince Royal de Pologne et se range en deux lignes. Les deux rois assistent à des exercices militaires et à des évolutions de l'armée. Les jours suivants, divers exercices et fêtes sont organisés, incluant des comédies, des bals, des concerts, et des exercices de cavalerie et d'infanterie. Les rois assistent également à des manœuvres et des batailles simulées, où l'armée démontre ses compétences et son organisation. Le 24 juin, un feu d'artifice spectaculaire est tiré sur l'Elbe, suivi par l'apparition du Bucentaure avec une flotille de bateaux illuminés. Le camp de Mulhberg est décrit comme un lieu de grande magnificence, avec des troupes bien équipées et des officiers de diverses nations européennes. Les lettres reçues du camp mentionnent également des manœuvres militaires impressionnantes et des exercices tactiques innovants. Le 12 juin, l'artillerie effectue un exercice avec 48 pièces de canon et trois régiments d'infanterie. Les troupes se mettent en marche vers le pavillon royal, exécutant diverses manœuvres malgré la pluie. L'exercice se termine par une décharge générale des canons et des pelotons d'infanterie. Le 13 juin, les deux rois dînent séparément. Les lanciers et les grenadiers effectuent des exercices, incluant des charges et des manœuvres en formation. Les hussards polonais courent la bague devant le roi de Pologne. Le 14 juin, le roi de Prusse visite l'armée, qui est sortie du camp sans armes. Le 28 juin, après une grande chasse où 1 100 pièces de gibier furent abattues, les deux rois se séparent en signe d'amitié. Le roi de Prusse se rend à Potsdam, tandis que le roi de Pologne retourne au camp.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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31
p. 1641-1646
SUITE du Journal du Camp de Mulberg & Radewitz.
Début :
Le 15. Juin, jour destiné pour les Marches, Contre-Marches, Mouvemens & autres Manoeuvres [...]
Mots clefs :
Armée, Cavalerie, Roi de Prusse, Roi de Pologne, Infanterie, Pavillon, Mülhberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE du Journal du Camp de Mulberg & Radewitz.
-SUITE du Journal du Campde Mulberg
& Radewit
L
E 15 de Juin , jour deftiné pour les Marches,
Contre-Marches , Mouvemens & autres Manoeuvres
, par Colonnes ; toute l'Armée alla fur
trois Colonnes , vers le Pavillon Royal, ou ayant
réformé par un quart de converfion fes Bataillons
& Efcadrons, des Divifions & Brigades dont
les Colonnes étoient compofées , elle fe mit en
ordre de Bataille fur trois lignes , en faiſant un
quart de converfion par Regimens entiers ; & le
Corps de referve de la 3e Ligue vint couvrir les
Flancs de l'Infanterie & de la Cavalerie . De ces
Flancs on forma quatre Colonnes ,lefquelles ayant
fait leurs décharges en avançant , tout le refte de
l'armée les fuivit , & paffa ainfi à côté du Pavillon
Royal, Elle fe forma enfuite fur huit Colon
ACS
1642 MERCURE DE FRANCE
1 res , lefquelies chargerent en retraite , en défilant
par
demi Bataillons & Efcadrons , qui fe remettant
toujours dans le même ordre où ils avoient
été , rentrerent enfin dans le Camp.
Le 16. jour de repos , le Roy de Pruffe dîna
avec le Prince Royal fon Fils , chez le Velt -Maréchal
Comte de Wackerbarth , & le Roy de Po-
-logne dîna en particulier.
Le 17. l'Armée fit fes exercices & divers mouyemens
par Phalanges ; après s'être formée fur
fept lignes , elle fe mit en marche en trois Phalanges,
vers le Pavillon Royal , où ayant fait trois
Triangles de chaque Phalange , elle fit le feu ferpentant
& fe remit après cela fur les fept lignes.
Après cette manoeuvre & quelques autres , l'Armée
fit fa retraite par les intervales vers le Camp,
en chargeant par divifion , l'Infanterie ayant la
Bayonnette au bout du Fufil.
Le 18. le Roy de Pruffe & le Prince Royal fon
-fils ,
entendirent le Sermon au Quartier du Velt-
Maréchal , chez qui ils dînerent ce jour - là , & le
Roy de Pologne dîna à fon petit Couvert.
Le 19. l'Armée fit fes mouvemens par quarrez.
Elle vint d'abord fur deux Colonnes fe mettre aux
deux côtez du Pavillon Royal , où s'étant rangée
en Bataille , elle fit le feu de Chaine , après lequel
l'Infanterie forma cinq petits quarrez , &
deux demi quarrez & fit le feu de Haye . L'Armée
s'étant enfuite remife , elle forma un grand
quarré autour du Pavillon Royal , & fit le feu
toute la Cavacoulant.
Après cette manoeuvre
lerie fortit du quarré , & marcha vers un Bois ,
d'où elle alla attaquer l'Infanterie , qui , en attendant
, avoit formé feule un quarré long. La Cavalerie
ayant été repouffée , fe retira vers le Bois ;
mais elle revint peu après des deux côtez attaquer
l'Infanterie , quiavoit formé un autre quarré en
>
chanJUILLET
. 1730. 1643
changeant le front . L'Infanterie fe deffendit par
un feu continuel , & fe retira enfin vers un Village
qu'on avoit fait couvrir par un Bataillon de
Grenadiers , pour affurer la retraite , qui s'exécutoit
, de maniere qu'on faifoit toujours traverfer
deux Bataillons d'un Flanc à l'autre , qui s'ouvrirent
à droit & à gauche , pour ceder le nouveau
Terrain aux Bataillons à mefure qu'ils avançoient
, afin qu'ils en puffent former dans le
grand quarré trois autres plus petits, & que ceuxcy
fuffent en état de fe foutenir , en cas que la
Cavalerie vint à enfoncer le quarré. Après cette
manoeuvre l'Armée rentra dans le Camp. Le Prince
Royal de Pruffe dîna ce jour -là chez le Prince
Royal de Pologne, à Tiefenau. Le foir il y cut Bal
chez la Comteffe d'Orzelfka, où l'on fervit un magnifique
Souper , à trois Tables , de 30 couverts
chacune.
Le 20. les deux Rois allerent voir avant dîner,
le Regiment du Corps des Grenadiers faire les
exercices , dont L. M. parurent tres - fatisfaites . Le
Roy de Pruffe dîna avec le Prince Royal fon fils ,
chez le Comte Rutowfki , & le Roy de Pologne
fe rendit à Promitz & à Leffa , pour voir le Terrain
où l'on devoit faire le lendemain l'attaque du
Retranchement.
Le 21.le Roy de Pruffe dîna avec le PrinceRoyal
fon fils , chez le Major General de Diemar. Le
Roy de Pologne dîna en particulier , après que $ .
M. eut fait elle - même toutes les difpofitions neceffaires
pour l'attaque du Retranchement & pour
le paffage de la Riviere.
Pour reprefenter cette manoeuvre ? une partie
de l'Armée , commandée par le General de Baudis,
paffa l'Elbe à la pointe du jour, fur des Ponts
qu'on y avoit conftruits ; & s'étant placée de l'autre
côté de la Riviere, dans des Valons qui la mettoient
1644 MERCURE DE FRANCE
toient à couvert , elle envoya plufieurs petits détachemens
pour donner de fauffes allarmes, afin d'attirer
l'autre moitié de l'Armée qui étoit reſtée au
Camp fous les Ordres du Velt- Maréchal , Comte
de Wackerbarth. Une petite Flote , compofée de
Frégates , de Brigantins & d'autres Bâtimens, fur
lefquels on avoit embarqué des Troupes, avec 13
Piéces de Canon , fit la même chofe le long de
la Riviere , & après avoir fait fauter en l'air une
partie du Pont qu'elle trouva dans fon paffage
elle fe rangea vers un endroit nommé Groebe, ou
elle débarqua fon monde pour occuper un Village
fitué fur le bord de l'Elbe , afin de favorifer le
paffage de l'Armée du General de Baudis . Pendant
ce temps-là on avoit jetté un Pont de Batteaux
au-deffous de Groebe , fur lequel le General
de Baudis repafla la Riviere avec fes Troupes
l'après midi , fe fervant en même-temps des Bâtimens
de tranfport qu'on y avoit affemblez pour
cet effet , & il fit faire un Retranchement vis-àvis
de Groebe pour couvrir fes Troupes à meſure
qu'elles fe pofterent. Ces Troupes furent auffi
foutenues par la petite Flote , & par une Batterie
de 36 Pieces de Canon , placées de l'autre côté de
la Riviere , fur une hauteur qui domine toute
cette Contrée, & que les deux Rois avoient choi-
Le pour voir ce magnifique fpectacle.
L'Armée du Velt-Maréchal qui étoit accouruë
aux fauffes allarmes , ayant appris le veritable
endroit du paffage de celle du General de Baudis
, fe mit en marche de ce côté là , fur deux
Colonnes ; la Cavalerie étoit à la tête , & elle
fut fuivie des Dragons & de l'Infanterie. S'étant
approchée vers le foir du Retranchement du Ge
meral de Baudis , qu'on avoit fait garnir de quantité
de Canons , elle forma fes attaques , & les
sammença par fes Dragons , auſquels on fit met-
LIC
JUILLET. 1730. 1645
·
tre pied à terre ; ils avancerent & chargerent fur
quatre Colonnes , & après un grand feu de part
& d'autre , tant des Canons que de la Moufqueterie
; la nuit fépara les deux Partis, & toute l'Armée
rentra dans le Camp .
Le 22. fut jour de repos. Le Roy de Pruffe dina
avec le Pr. Royal fon fils , chez le Pr. Royal de
Pologne , à Fieffenau , & le Roy de Pologne encore
en particulier .
Le 23. le Margrave Regnant de Brandebourg
Anfpach , Gendre du Roy de Prufſe , arriva au
Camp, L'Armée qui devoit ce jour - là repreſenter
un Combat , fe partagea en deux Corps , afin de
former deux Armées différentes . Le Velt- Maréchal
eut le Commandement de l'une , fous les
Ordres du Pr. Royal de Pologne , & le Duc Jean
Adolphe de Weiffenfels , celui de l'autre. Les
deux Armées s'étant mifes en marche , chacune
fur deux Colonnes , elles allerent fe ranger fur
deux lignes , aux deux côtez du Pavillon Royal ,
où les deux Rois étoient avec les Cours & quantité
de Perfonnes de diftinction . Elles avancerent
enfuite l'une contre l'autre , après avoir détaché
leur Cavalerie Légere, avec les Volontaires , pour
efcarmoucher & fe reconnoître. Lorsque les deux
Armées fe trouverent en prefence , à une diſtance
d'environ mille pas , on fit jouer le Canon ; &
après s'être approchées à 300 pas , l'Infanterie
des deux Armées commença fon feu par la Mouf
queterie , en avançant toujours l'une contre l'autre
jufqu'à 60 pas, où après plufieurs chocs & at
taques de la Cavalerie , l'Armée du Velt - Maréchal
fembloit vouloir plier ; mais ayant d'abord'
été foutenue par fa feconde ligne , elle repoufla
l'Armée du Duc de Weiffenfels & la pourſuivit
jufqu'à une certaine diftance , vers un Bois qui
'étoit derriere elle. Les deux Armées y firent alte ,
Η
pour
1646 MERCURE DE FRANCE
pour fe remettre & recommencer le combat,
La Cavalerie fe pouffa & repouffa fucceffivement
; mais enfin celle de l'aile gauche de l'Ar
mée du Duc de Weiffenfels fut entierement mife
en déroute & pouffée dans le Bois ; & comme
Paîle droite de la Cavalerie de cette Armée avoit
pris quelque avantage fur l'aile gauche du Velt-
Maréchal, la feconde ligne de fon aîle droite fe
détacha pour foutenir la gauche ; l'aîle droite du
Duc de Weiffenfels , après avoir chargé quelquetemps
, fut auffi mife en déroute ; & lorfqu'elle fe
retira dans le Bois , l'Armée du Comte de Wackerbarth
en coupa deux Eſcadrons ,L'Infanterie dų
Duc de Weiffenfels fe trouvant alors abandonnée
de fa Cavalerie ; & celle du Comte de Wacskerbarth
faifant des mouvemens pour entrer dans
fes Flancs, elle forma un Crochet fur chaque aîle,
& fe battit en retraite jufques dans le Bois ; après
quoi les deux Armées rentrerent dans le Camp.
Le Roy de Pruffe avant fon départ du Camp ,
a fait diftribuer quantité de Médailles d'Or à divers
Seigneurs , parmi lesquelles il y en a de la
yaleur de 150 Ducats. S. M. Pr. a auffi fait donner
70000 Florins aux Troupes , & 30000 , aux
Officiers de la Maifon du Roy de Pologne.
& Radewit
L
E 15 de Juin , jour deftiné pour les Marches,
Contre-Marches , Mouvemens & autres Manoeuvres
, par Colonnes ; toute l'Armée alla fur
trois Colonnes , vers le Pavillon Royal, ou ayant
réformé par un quart de converfion fes Bataillons
& Efcadrons, des Divifions & Brigades dont
les Colonnes étoient compofées , elle fe mit en
ordre de Bataille fur trois lignes , en faiſant un
quart de converfion par Regimens entiers ; & le
Corps de referve de la 3e Ligue vint couvrir les
Flancs de l'Infanterie & de la Cavalerie . De ces
Flancs on forma quatre Colonnes ,lefquelles ayant
fait leurs décharges en avançant , tout le refte de
l'armée les fuivit , & paffa ainfi à côté du Pavillon
Royal, Elle fe forma enfuite fur huit Colon
ACS
1642 MERCURE DE FRANCE
1 res , lefquelies chargerent en retraite , en défilant
par
demi Bataillons & Efcadrons , qui fe remettant
toujours dans le même ordre où ils avoient
été , rentrerent enfin dans le Camp.
Le 16. jour de repos , le Roy de Pruffe dîna
avec le Prince Royal fon Fils , chez le Velt -Maréchal
Comte de Wackerbarth , & le Roy de Po-
-logne dîna en particulier.
Le 17. l'Armée fit fes exercices & divers mouyemens
par Phalanges ; après s'être formée fur
fept lignes , elle fe mit en marche en trois Phalanges,
vers le Pavillon Royal , où ayant fait trois
Triangles de chaque Phalange , elle fit le feu ferpentant
& fe remit après cela fur les fept lignes.
Après cette manoeuvre & quelques autres , l'Armée
fit fa retraite par les intervales vers le Camp,
en chargeant par divifion , l'Infanterie ayant la
Bayonnette au bout du Fufil.
Le 18. le Roy de Pruffe & le Prince Royal fon
-fils ,
entendirent le Sermon au Quartier du Velt-
Maréchal , chez qui ils dînerent ce jour - là , & le
Roy de Pologne dîna à fon petit Couvert.
Le 19. l'Armée fit fes mouvemens par quarrez.
Elle vint d'abord fur deux Colonnes fe mettre aux
deux côtez du Pavillon Royal , où s'étant rangée
en Bataille , elle fit le feu de Chaine , après lequel
l'Infanterie forma cinq petits quarrez , &
deux demi quarrez & fit le feu de Haye . L'Armée
s'étant enfuite remife , elle forma un grand
quarré autour du Pavillon Royal , & fit le feu
toute la Cavacoulant.
Après cette manoeuvre
lerie fortit du quarré , & marcha vers un Bois ,
d'où elle alla attaquer l'Infanterie , qui , en attendant
, avoit formé feule un quarré long. La Cavalerie
ayant été repouffée , fe retira vers le Bois ;
mais elle revint peu après des deux côtez attaquer
l'Infanterie , quiavoit formé un autre quarré en
>
chanJUILLET
. 1730. 1643
changeant le front . L'Infanterie fe deffendit par
un feu continuel , & fe retira enfin vers un Village
qu'on avoit fait couvrir par un Bataillon de
Grenadiers , pour affurer la retraite , qui s'exécutoit
, de maniere qu'on faifoit toujours traverfer
deux Bataillons d'un Flanc à l'autre , qui s'ouvrirent
à droit & à gauche , pour ceder le nouveau
Terrain aux Bataillons à mefure qu'ils avançoient
, afin qu'ils en puffent former dans le
grand quarré trois autres plus petits, & que ceuxcy
fuffent en état de fe foutenir , en cas que la
Cavalerie vint à enfoncer le quarré. Après cette
manoeuvre l'Armée rentra dans le Camp. Le Prince
Royal de Pruffe dîna ce jour -là chez le Prince
Royal de Pologne, à Tiefenau. Le foir il y cut Bal
chez la Comteffe d'Orzelfka, où l'on fervit un magnifique
Souper , à trois Tables , de 30 couverts
chacune.
Le 20. les deux Rois allerent voir avant dîner,
le Regiment du Corps des Grenadiers faire les
exercices , dont L. M. parurent tres - fatisfaites . Le
Roy de Pruffe dîna avec le Prince Royal fon fils ,
chez le Comte Rutowfki , & le Roy de Pologne
fe rendit à Promitz & à Leffa , pour voir le Terrain
où l'on devoit faire le lendemain l'attaque du
Retranchement.
Le 21.le Roy de Pruffe dîna avec le PrinceRoyal
fon fils , chez le Major General de Diemar. Le
Roy de Pologne dîna en particulier , après que $ .
M. eut fait elle - même toutes les difpofitions neceffaires
pour l'attaque du Retranchement & pour
le paffage de la Riviere.
Pour reprefenter cette manoeuvre ? une partie
de l'Armée , commandée par le General de Baudis,
paffa l'Elbe à la pointe du jour, fur des Ponts
qu'on y avoit conftruits ; & s'étant placée de l'autre
côté de la Riviere, dans des Valons qui la mettoient
1644 MERCURE DE FRANCE
toient à couvert , elle envoya plufieurs petits détachemens
pour donner de fauffes allarmes, afin d'attirer
l'autre moitié de l'Armée qui étoit reſtée au
Camp fous les Ordres du Velt- Maréchal , Comte
de Wackerbarth. Une petite Flote , compofée de
Frégates , de Brigantins & d'autres Bâtimens, fur
lefquels on avoit embarqué des Troupes, avec 13
Piéces de Canon , fit la même chofe le long de
la Riviere , & après avoir fait fauter en l'air une
partie du Pont qu'elle trouva dans fon paffage
elle fe rangea vers un endroit nommé Groebe, ou
elle débarqua fon monde pour occuper un Village
fitué fur le bord de l'Elbe , afin de favorifer le
paffage de l'Armée du General de Baudis . Pendant
ce temps-là on avoit jetté un Pont de Batteaux
au-deffous de Groebe , fur lequel le General
de Baudis repafla la Riviere avec fes Troupes
l'après midi , fe fervant en même-temps des Bâtimens
de tranfport qu'on y avoit affemblez pour
cet effet , & il fit faire un Retranchement vis-àvis
de Groebe pour couvrir fes Troupes à meſure
qu'elles fe pofterent. Ces Troupes furent auffi
foutenues par la petite Flote , & par une Batterie
de 36 Pieces de Canon , placées de l'autre côté de
la Riviere , fur une hauteur qui domine toute
cette Contrée, & que les deux Rois avoient choi-
Le pour voir ce magnifique fpectacle.
L'Armée du Velt-Maréchal qui étoit accouruë
aux fauffes allarmes , ayant appris le veritable
endroit du paffage de celle du General de Baudis
, fe mit en marche de ce côté là , fur deux
Colonnes ; la Cavalerie étoit à la tête , & elle
fut fuivie des Dragons & de l'Infanterie. S'étant
approchée vers le foir du Retranchement du Ge
meral de Baudis , qu'on avoit fait garnir de quantité
de Canons , elle forma fes attaques , & les
sammença par fes Dragons , auſquels on fit met-
LIC
JUILLET. 1730. 1645
·
tre pied à terre ; ils avancerent & chargerent fur
quatre Colonnes , & après un grand feu de part
& d'autre , tant des Canons que de la Moufqueterie
; la nuit fépara les deux Partis, & toute l'Armée
rentra dans le Camp .
Le 22. fut jour de repos. Le Roy de Pruffe dina
avec le Pr. Royal fon fils , chez le Pr. Royal de
Pologne , à Fieffenau , & le Roy de Pologne encore
en particulier .
Le 23. le Margrave Regnant de Brandebourg
Anfpach , Gendre du Roy de Prufſe , arriva au
Camp, L'Armée qui devoit ce jour - là repreſenter
un Combat , fe partagea en deux Corps , afin de
former deux Armées différentes . Le Velt- Maréchal
eut le Commandement de l'une , fous les
Ordres du Pr. Royal de Pologne , & le Duc Jean
Adolphe de Weiffenfels , celui de l'autre. Les
deux Armées s'étant mifes en marche , chacune
fur deux Colonnes , elles allerent fe ranger fur
deux lignes , aux deux côtez du Pavillon Royal ,
où les deux Rois étoient avec les Cours & quantité
de Perfonnes de diftinction . Elles avancerent
enfuite l'une contre l'autre , après avoir détaché
leur Cavalerie Légere, avec les Volontaires , pour
efcarmoucher & fe reconnoître. Lorsque les deux
Armées fe trouverent en prefence , à une diſtance
d'environ mille pas , on fit jouer le Canon ; &
après s'être approchées à 300 pas , l'Infanterie
des deux Armées commença fon feu par la Mouf
queterie , en avançant toujours l'une contre l'autre
jufqu'à 60 pas, où après plufieurs chocs & at
taques de la Cavalerie , l'Armée du Velt - Maréchal
fembloit vouloir plier ; mais ayant d'abord'
été foutenue par fa feconde ligne , elle repoufla
l'Armée du Duc de Weiffenfels & la pourſuivit
jufqu'à une certaine diftance , vers un Bois qui
'étoit derriere elle. Les deux Armées y firent alte ,
Η
pour
1646 MERCURE DE FRANCE
pour fe remettre & recommencer le combat,
La Cavalerie fe pouffa & repouffa fucceffivement
; mais enfin celle de l'aile gauche de l'Ar
mée du Duc de Weiffenfels fut entierement mife
en déroute & pouffée dans le Bois ; & comme
Paîle droite de la Cavalerie de cette Armée avoit
pris quelque avantage fur l'aile gauche du Velt-
Maréchal, la feconde ligne de fon aîle droite fe
détacha pour foutenir la gauche ; l'aîle droite du
Duc de Weiffenfels , après avoir chargé quelquetemps
, fut auffi mife en déroute ; & lorfqu'elle fe
retira dans le Bois , l'Armée du Comte de Wackerbarth
en coupa deux Eſcadrons ,L'Infanterie dų
Duc de Weiffenfels fe trouvant alors abandonnée
de fa Cavalerie ; & celle du Comte de Wacskerbarth
faifant des mouvemens pour entrer dans
fes Flancs, elle forma un Crochet fur chaque aîle,
& fe battit en retraite jufques dans le Bois ; après
quoi les deux Armées rentrerent dans le Camp.
Le Roy de Pruffe avant fon départ du Camp ,
a fait diftribuer quantité de Médailles d'Or à divers
Seigneurs , parmi lesquelles il y en a de la
yaleur de 150 Ducats. S. M. Pr. a auffi fait donner
70000 Florins aux Troupes , & 30000 , aux
Officiers de la Maifon du Roy de Pologne.
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Résumé : SUITE du Journal du Camp de Mulberg & Radewitz.
Du 15 au 23 juin, une armée effectua diverses activités militaires et manœuvres. Le 15 juin, elle se mit en ordre de bataille en trois lignes et réalisa des manœuvres autour du Pavillon Royal. Le 16 juin fut un jour de repos, marqué par des dîners officiels. Le 17 juin, l'armée pratiqua des exercices en phalanges et effectua des tirs en serpentant. Le 18 juin, le roi de Prusse et le prince royal assistèrent à un sermon et dînèrent chez le feld-maréchal. Le 19 juin, l'armée exécuta des manœuvres en carrés et simula des attaques et des retraites. Le 20 juin, les rois inspectèrent un régiment de grenadiers et firent des reconnaissances du terrain. Le 21 juin, une partie de l'armée traversa la rivière Elbe pour simuler une attaque, soutenue par une petite flotte. La nuit sépara les deux parties après un échange de tirs. Le 22 juin fut un jour de repos. Le 23 juin, l'armée se divisa en deux corps pour représenter un combat, avec des échanges de tirs et des charges de cavalerie, se concluant par la retraite des deux armées dans le camp. Le roi de Prusse distribua des médailles et des récompenses avant son départ.
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32
p. 1651-1652
ESPAGNE.
Début :
Le 24. Juin il entra dans le Port de Cadix un Pinque & un Brigantin de Porto-Ricco, avec [...]
Mots clefs :
Infanterie, Vaisseau, Hommes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE .
E 24. Juin il entra dans le Port de Cadix un
Pinque & un Brigantin de Porto- Ricco , avec
la Cargaifon du Sanchez , Vaiffeau qui venoit de
Conferve avec les derniers Gallions ; mais qu'on
fut obligé de décharger à Porto- Ricco , parte
qu'il faifoit eau de tous côtez.
La Flote des Gallions , commandée par le Chef
Hij d'Ef :
1652 MERCURE DE FRANCE
d'Efcadre Don Manuel Lopez Pintado , partit dụ
-Port de Cadix le 26. pour l'Amerique avec un
vent favorable , elle eft compofée de fix Vaffeaux
de Guerre & de 16. Gallions.
Les dernieres Lettres de Barcelone , portent que
M. Sartines , Intendant de la Principauté de Catalogne
, y avoit fretté des Vaiffeaux de tranfport
& des Barques pour 500. mille Piaftres par
mois , & qu'on y attendoit encore d'autres Bâtimens
Anglois pour tranfporter en Italie les Troupés
que le Roi a réfolu d'y envoyer , & qu'on dit
monter à 42000. hommes , tant Infanterie que
Cavalerie. Don Jofeph Palinho ayant fait remettre
à cet Intendant un million de Piaftres ,
déja fait embarquer des vivres & d'autres provifions
pour trois mois.
il a
On apprend par les dernieres Lettres de la Cour
qu'on a découvert une Mine à cinq lieues de Cazalla
, dans un endroit nommé Quadalcaval
que des Anglois s'étoient chargez de l'entrepriſe
d'en vuider les eaux & d'en boucher les fources ;
qu'ils y employoient so. hommes à un écu par
jour ; que ce travail duroit depuis quelques mois,
mais qu'ils n'avoient pas encore découvert la
veine métalique.
E 24. Juin il entra dans le Port de Cadix un
Pinque & un Brigantin de Porto- Ricco , avec
la Cargaifon du Sanchez , Vaiffeau qui venoit de
Conferve avec les derniers Gallions ; mais qu'on
fut obligé de décharger à Porto- Ricco , parte
qu'il faifoit eau de tous côtez.
La Flote des Gallions , commandée par le Chef
Hij d'Ef :
1652 MERCURE DE FRANCE
d'Efcadre Don Manuel Lopez Pintado , partit dụ
-Port de Cadix le 26. pour l'Amerique avec un
vent favorable , elle eft compofée de fix Vaffeaux
de Guerre & de 16. Gallions.
Les dernieres Lettres de Barcelone , portent que
M. Sartines , Intendant de la Principauté de Catalogne
, y avoit fretté des Vaiffeaux de tranfport
& des Barques pour 500. mille Piaftres par
mois , & qu'on y attendoit encore d'autres Bâtimens
Anglois pour tranfporter en Italie les Troupés
que le Roi a réfolu d'y envoyer , & qu'on dit
monter à 42000. hommes , tant Infanterie que
Cavalerie. Don Jofeph Palinho ayant fait remettre
à cet Intendant un million de Piaftres ,
déja fait embarquer des vivres & d'autres provifions
pour trois mois.
il a
On apprend par les dernieres Lettres de la Cour
qu'on a découvert une Mine à cinq lieues de Cazalla
, dans un endroit nommé Quadalcaval
que des Anglois s'étoient chargez de l'entrepriſe
d'en vuider les eaux & d'en boucher les fources ;
qu'ils y employoient so. hommes à un écu par
jour ; que ce travail duroit depuis quelques mois,
mais qu'ils n'avoient pas encore découvert la
veine métalique.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 24 juin, un pinque et un brigantin de Porto Rico, transportant la cargaison du vaisseau du capitaine Sanchez, arrivèrent au port de Cadix. Ce vaisseau avait dû être déchargé à Porto Rico en raison de fuites d'eau. Le 26 juin, la flotte des gallions, commandée par Don Manuel Lopez Pintado, quitta Cadix pour l'Amérique, composée de six vaisseaux de guerre et seize gallions. À Barcelone, M. Sartines avait affrété des vaisseaux pour 500 000 piastres par mois. Des bâtiments anglais étaient attendus pour transporter environ 42 000 hommes en Italie, incluant l'infanterie et la cavalerie. Don Joseph Palinho avait remis un million de piastres à l'intendant et avait préparé des vivres pour trois mois. Par ailleurs, une mine fut découverte à cinq lieues de Cazalla, près de Guadalcaval. Des Anglais tentaient de la rendre opérationnelle, employant 50 hommes depuis quelques mois, mais la veine métallique n'avait pas encore été trouvée.
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33
p. 2057-2066
SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
Début :
Le 24. Juin, jour de S. Jean Baptiste, le Roi de Pologne voulut celebrer cette Fête avec [...]
Mots clefs :
Officiers, Chasse, Roi, Tables, Princes, Repas, Infanterie, Armée, Canon, Maréchal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
SUITE du Camp de Mulhberg
& Radwiz
E 24. Juin , jour de S. Jean Baptifte , le Roi
Lie
fa magnificence ordinaire. Elle commença à 6.
heures du foir par un grand fouper au Quar
tier du Roi , les Feux de joye enfuite , & à neuf
heures les Troupes fortirent de leurs lignes & fe
mirent en bataille à la tête du Camp. Après qu'on
leur cut donné le fignal du Quartier du Roi , on
fit
2058 MERCURE DE FRANCE
fit trois falves confécutives du Canon , fuivie
chaque fois d'un feu de toute la Moufqueterie.
Ce Feu marqua le temps pour allumer l'Illumination
préparée au-delà de l'Elbe , près du Village
de Riffa , vis -à-vis du Château de Premniz.
L. M. monterent auffi- tôt en Caroffe pour fe
rendre à ce Château . L. A. R. les Princes & la
Princeffe , les autres Princes & toutes les autres
perfonnes de diftinction , de l'un & l'autre fexe ,
les fuivirent.
Les deux Rois arrivez à Promniz , & dès qu'ils
parurent dans la Loge , on donna le premier fignal
par 60. pieces de Canon, au bruit des Trompettes
& Timballes. Entre ce premier fignal & le
fecond , qui fe fit de la même maniere , il ſe paſſa
un quart d'heure pour donner aux Spectateurs le
temps de confiderer les beautez de l'Illumination ,
qui , au dire des Connoiffeurs , étoit des mieux
entendues & des plus fuperbes qu'on eut vû en
Allemagne.
On avoit conftruit exprès un vafte Edifice de
charpente , long de 400. pieds , & au milieu où
étoit repréfenté le Temple de la Paix , un de 160.
piés de hauteur, une toile très-fine en couvroit toute
la façade .On y avoit peint l'Illumination & l'on
avoit appliqué fur la pemture un certain Vernis
qui en la rendant tranfparente , donnoit en même
temps aux couleurs une force & un éclat des
plus virs qui réjouiffoit infiniment l'oeil du Spectate
ur.
La Loge Royale étoit dreflée vis- à-vis & à
450. pas de ' Ilumination , compofée de 40000 .
millest ampes ,qui furent allumées en 15. minutes.
Le Temple de laPaix , d'ordre Ionique , en faifoit
le principal fujet. On y voyoit plufieurs Colom
nes & Pilaftres efpacez avec art & des Peintures
SEPTEMBRE. 1730. 2059
tures des mieux entenduûës , enrichies de Lapis ,
&c. avec des Trophées de Marbre blanc & autres
Ornemens ; les Chapiteaux étoient en Bronze , &
le tout enſemble faifoit un effet admirable ; les
autres parties & les dehors du Temple paroiffoient
conftruits de Marbre d'Egypte de differente couleur
, & tout l'Edifice étoit fi bien difpofé , fuivant
les Regles de l'Architecture & de la Perfpective
, qu'on avoit peine à décider lequel on
devoit le plus admirer , de la magnificence, ou de
la fymétrie.
Ďu milieu du Temple , au- deffus du Sanctuaire
s'élevoit une espece de Piedeltal , fur lequel on
voyoit la Déeffe de la Paix , figure gigantefque
de 22.
pieds de hauteur. Mars la tenoit entre
fes bras. Au-deffus de ces Divinitez , on lifoit fur
une table de bronze , l'Infcription fuivante : Sic
fulta manebit On voyoit au-deffus de l'Infcription
un Trophée pofé fur un Piédeſtal avec une
Lyre , deux Cornes d'abondance , des branches de
Palmier & d'Olivier liées enfemble pour reprefenter
l'affluence de tous les biens , fruits précieux
de la Paix.
Aux deux côtez du Sanctuaire étoient des Arcades
féparées par de doubles Pilaftres , ornez de
Trophées de Marbre blanc : au milieu de ces Arcades
on voyoit en perfpective de chaque côté
une Galerie , dont chacune conduifoit à un Salon.
Ces Salons paroiffoient être en deux Pavillons
foutenus par des Colones ifolées : au- deffus des
Corniches il y avoit plufieurs Trophées attachez
à des Palmiers , & de chaque côté des Renommées
fonnant de la Trompette. Enfin un grand Perron
au bas de l'Edifice , contribuoit becaucoup à en
relever la nobleffe.
Un quart d'heure après avoir donné le fecond
fignal & tiré 1100. coups de fufil , on alluma
τους
2060 MERCURE DE FRANCE
tout à la fois quinze Lettres , placées au bas
-de l'Illumination , formant la Devife dont on
vient de parler. Ces Lettres brillerent durant
plufieurs minutes d'un feu blanc & extrémement
vif. On alluma en même temps les feux courans
à terre , & on fit partir 6000. Fuſées jettées en
partie par des Caiffes , & en partie par des Girandoles
, 30. à la fois de chaque Caiffe & 100. de
chaque Girandole : toutes ces Fufées atteignirent
une hauteur très- confiderable , & firent tout l'ef
fet qu'on en pouvoit attendre.
Durant ce feu des Fufées , des Mortiers de 8.
16. 32. & 64. livres de bale , jetterent 100. Boëtes
remplies de feu de pluye, de Fufées à étoiles &
autres de chacune de 12. roues horifontales &
autant de perpendiculaires , fortirent 70. Fufées
d'une autre forte , & on mit le feu à 1200. Cartouches
& 200. Mortiers de nouvelle efpece , qui
n'ont point d'affut , mais pofez fur leur Trépié
: chaque Cartouche étoit rempli de 22. Fuſées
& chaque Mortier de 21. de deux onces chacune,
& d'une grande quantité d'autres Fufées à terre.
Ce fecond Spectacle dura une bonne demie heure
, après quoi on donna un nouveau ſignal , accompagné
de 2000. coups de Moufquets , & on
vit auffi -tôt le feu Gregeois : 200. Cartouches
chargez chacun de 22. Fufées , 200. Rejettons
fimples & doubles , remplis de 60. Fufées de 2. &
3. onces chacune,& 100. Tonneaux , dont les uns
étoient remplis de 60. Cones , & les autres de 30.
Fufées.Tout ce Feu Gregeois fut jetté dans l'eau
par 12. Bateaux fur terre on tira encore 2000.
Fufées de 6. 12. 25. 50. 75. & de 100. liv. pefant,
zo. Boëtes remplies de feu à étoiles & de pluye
chacune remplie d'autres Boetes , furent tirées ·par
des Mortiers de 45. 96. & 121. livres de bale. 24.
Girandes jetterent chacune 200. Fufées à la fois ,
:
&
SEPTEMBRE . 1730. 206 F
& cent Mortiers de la nouvelle invention dont on
a parlé , en jetterent 21. chacun.
Après ce Feu qui dura autant que le précedent
une nouvelle décharge de 60. Pieces de Canon, fut
donné le fignal pour une feconde efpece d'Illumination.
On vit auffi- tôt la Riviere couverte de 48.
Bâtimens éclairez & remplis de Mufique de guerre
; c'étoit des Chaloupes , des Brigantins , des
Frégates & de très -belles Gondoles parmi ces
Bâtimens brilloit principalement le Bucentaure ,
fuperbe & grand Bâtiment Royal , richement
meublé & illuminé par 30000.Lampions , qui attachez
artiſtement, & jufqu'aux Mats & aux Cordages
, formoient diverfes figures.
Après quelque temps on vit ces Bâtimens defcen-
'dre laRiviere les uns après les autres. Ils étoient précedez
par d'autres Bâtimens, dont quelques - uns repréfentant
des Dauphins,une autre une Baleine jettant
du feu , & c . & à mefure que chaque Batiment
paffa devant les deux Rois , il falua L. M. de fon
Canon & de fes Mortiers , & réïtera encore deux
fois ce falut ; l'un en paffant le Pont de Tonneaux
& l'autre en abordant près du Village de Bober-
Jen.Le Bucentaure s'arrêta devant la Loge Royale.'
L'Orchestre du Roy & les Chanteurs de l'Opera
Italien , qui y étoient , firent la clôture de cette
Fête par une très- belle Serenade . Cette Fête ne
finit que lorfque le jour commença à paroître ,
& il y eut abondance de toutes fortes de Rafraichiffemens
, & c.
Le 25. il n'y eut rien de remarquable , mais le
lendemain 26. jour deſtiné pour le Régal que le
Roi vouloit faire à toute l'armée , on fit diftribuer
la veille à tous les Régimens d'Infanterie & de
Cavalerie les Boeufs , le Pain , le Vin & la Biere'
neceffaires : les Boeufs furent coupez & rôtis par
quartiers ; il y avoit outre cela des Repas particu
liers
2062 MERCURE DE FRANCE
liers que les Chefs de chaque Régiment ou Corps
avoient fait préparer pour régaler leurs Officiers .
Vers les 11. heures du matin , on donna le premier
fignal ; fur quoi toute l'Armée fortit du
Camp fur deux lignes & en bon ordre , fans armes
, les Officiers à là tête . On porta devant chaque
Régiment les Viandes rôties , le Pain , le Vin
& la Biere jufqu'à la grande Place d'Armes devant
le Camp , où chaque Régiment fe rangeoit
fur deux lignes , dans le même ordre qu'il étoit
campé ; chaque Compagnie rangeoit devant fon
front les Viandes rôties , &c. qui lui étoient deftinées
& tous s'étant affis par terre , fe mirent
en devoir de prendre un ample & joyeux Repas.
:
Derriere chaque Régiment on avoit creusé la
terre pour y pratiquer des bancs & une longue
table , à laquelle chaque Chef & Colonel fit fervir
à part de très -bons mets à tous fes Officiers
qui après le fignal donné fe mirent à table ; ces
tables étoient difpofées fur deux lignes , à la diftance
de 100. pas l'une de l'autre ; & les Soldats
étoient affis à une égale distance les uns des autres
, ce qui fit un fort beau Spectacle.
Les deux Rois , qui de la hauteur du Quartier
Royal , avoient pu découvrir cet arrange ment,
en partirent avec toute leur fuite & pafferent les
deux lignes devant les tables des Officiers , pour
les voir manger. L. M. furent faluées par les Officiers
, les verres à la main , & les Soldats firent
éclater leur joye par des acclâmations de Vivent
les Rois , jettant leurs chapeaux en l'air , au bruit
des Tambours & au fon de divers Inftrumens de
M ufique.
Pendant cette Promenade des deux Rois & de
leur Suite , on fit fervir au Quartier du Roi , trois
tables , dont l'une qui étoit ovale , au milieu de
deux autres , & fur une élevation , étoit de 20 .
CouSEPTEMBRE
. 1730. 2063
Couverts pour les deux Rois , leur Famille Roya
le & les Princes Etrangers. Les deux autres tables
qui étoient en long , bordoient tout le Parapet de
deux côtez ,èlles étoient de 100. Couverts chacune,
pour tous les Generaux de l'Armée & pour les
Officiers & autres Etrangers qui fe trouvoient au
Camp.
Derriere la table ovale du milieu , fous une
magnifique Tente Turque , on avoit fait dreffer
une quatriéme table , longue de 40. à so. pieds
& large de dix à couze , fur laquelle il Y avoit
un Gâteau de la même grandeur que la table , &
de 36. Quintaux de poids ; ce Gâteau fut diftri→
bué à la fin du Repas à quiconque en fouhaitoit.
Après que les deux Rois eurent paffé les deux
lignes & vû dîner l'Amée , L. M. retournerent
au Quartier Royal & fe mirent à table , de même
que le Velt- Maréchal , les Officiers Generaux ,
les Officiers Etrangers & autres perfonnes de dif
tinction. Pendant le Repas on but plufieurs fois
au bruit des Canons , qui , au nombre de 48.
étoient rangez fur les Terraffes aux deux côtez .
Vers la fin du Repas , le Velt - Maréchal fe leva
& prefenta au Roi de Pruffe une Lettre au nom
& de la part de toute l'Armée , par laquelle elle
remercoit S. M. Pr. de la bonté qu'elle avoit euë
de ſe trouver à ſes Exercices Militaires , en lui
demandant en même temps la grace de la vouloir
congedier. Le Roi de Pruffe y répondit par toutes
fortes d'expreffions de politeffe , & lui accorda
le congé demandé avec tous les témoignages
d'une entiere fatisfaction.
Là-deffus le Velt-Maréchal & tous les Gene
raux de l'Armée fortirent de table & fe rendirent
au Quartier du Velt -Maréchal , ils y trouverent
tous les Officiers de l'Armée affemblez & formez
en bataillon , dont l'Infanterie tenoit le milieu
avec
2064 MERCURE DE FRANCE
avec 12 pelotons à quatre de hauteur , ayant à
chaque afle neuf pelotons de la Cavalerie à trois
de hauteur. Les Capitaines formerent le premier
rang , les Lieutenans le fecond ; les Sous - Lieutenans
le troifiéme , & les Enfeignes le quatrième.
Les Majors fe rangerent comme Caporaux , aux
aîles de leurs pelotons ; les Lieutenans - Colonels ,
comme Sergens , derriere leurs pelotons , & les
Colonels , comme Officiers , devant les pelotons :
les Generaux fe rangerent devant le Bataillon ,
chacun à fa place , felon fon ancienneté , ayant le
Velt-Maréchal à la tête . Les Officiers de l'Infanterie
marchoient avec leurs Efpontons , & ceux
de la Cavalerie , l'épée haute.
Le Bataillon s'étant mis en marche dans cet
ordre , le Velt - Maréchal le mena aux deux Terraffes
devant le Quartier Royal , où il ſe mit en
deux lignes ; la Cavalerie forma la premiere , &
l'Infanterie la feconde : Ils faluerent tous enfemble
les deux Rois ; les deux lignes s'étant enfuite
remifes en marche par pelotons , elles pafferent
en revûë au pied de la premiere Terraffe , où les
deux Rois s'étoient poftez avec toute leur Cour
& faluerent de nouveau L. M.par pelotons.Le Roi
de Pruffe les remercia fort gracieuſement ; &
comme S. M. Pr. pour donner une marque de
fon entiere fatisfaction , buvoit à chaque General
& à chaque Colonel -Commandant des Régimens,
on fit donner à tous les Officiers , à mesure qu'ils
paffoient par pelotons , des verres qu'ils vuiderent
à la fanté du Roi de Pruffe , au bruit de tout
le Canon ; & après avoir jetté les verres , ils pafferent
de cette façon les uns après les autres , &
le Canon ne ceffa de tirer qu'aprés qu'ils furent
tous paffez. C'eft ainfi que l'Armée prit congé
du Roi de Pruffe , qui la congedia.
Les deux Rois avec toute leur Cour , s'embarquerent
SEPTEMBRE . 1730. 2065
querent
fur l'Elbe le 27. & arriverent au Château
de Lichtembourg , où ils coucherent . Le lendemain
28. L. M. accompagnées des Princes leurs
fils , partirent de Lichtembourg avec toute leur
fuite pour fe rendre à l'endroit de la Chauffée
près de Zulhtsdorff , elles y trouverent d'abord
des gens de la Chaffe en habits verds galonaez
d'argent, avec leurs Chiens, rangez en haye. L'endroit
de la Chaffe & fes avenues étoient embellis
par plufieurs grandes & magnifiques Loges ,
conftruites de verdure. On avoit pris toutes les
précautions pour empêcher qu'il n'arrivât aucun
accident par des coups tirez . Le grand Veneur
à la tête du Veneur de la Cour , des Grands - Maî
tres des Forêts , des Gentilshommes & de tous les
autres Officiers qui dépendent de la Chaffe, étoient
auffi en habits verds richement l'odez .
2
Ils reçurent L. M. en defcendant de leur Chaife
, au fon des Cors de Chaffe & des Hautbois .
Il fe préfenta d'abord une Chaife de Chaffe , tirée
par fix Cerfs apprivoifez , & menée avec beau
coup d'adreffe par deux Garçons de Chaffe , ce
que le Roi de Pruffe ne put s'empêcher d'admirer.
On fit enfuite les préparatifs pour commencer
la Chaffe: Les Chevaliers & autres de la fuite
des deux Rois à cheval & munis de Lances , fe
rangerent à droite & à gauche. L. M. & L. A. R.
avec toutes les perfonnes de diftinction de leur
fuite , s'étant partagez , fe pofterent aux deux côtez
pour tirer. Le Grand Veneur rangea en ordre
tous ceux qui dépendent de la Chaffe , & s'étant
mis à la tête , il paffa avec eux devant les
deux Rois , & alors la Chaffe commença au fon
des Cors & des Hautbois. Il fut tué un grand
nombre de toutes fortes de bêtes fauves & autre
gibier , partie avec des Lances & en forçant avec
des Chiens , & partie par des armes à feu. Il fe
trour
2066 MERCURE DE FRANCE
trouva en tout 1124. Pieces; fçavoir, 804. Cerfs,
203. Sangliers , 97. Chevreuils & Dains , 18.
Lievres & 2. Renards , le tout porté à une Place
& rangé en ordre par les Gens de la Chaffe. Ainfi
finit cette grande & fuperbe Chaffe qui fut faite
avec beaucoup d'ordre & fans aucun accident.
On ſe retira enfuite vers les Loges , où les Tables
étoient couvertes & fervies pour le dîner. Il
y avoit trois tables , dont la premiere deſtinée
pour L. M. L. A. R. les Princes & autres perfon-
Tonnes de diftinction , étoit de 24. Couverts ; &
les deux autres de 20. Couverts chacune , pour
les Miniftres & autres Officiers. Il y avoit outre
cela deux autres tables de 48. Couverts chacune
pour les Gens de la Chaffe. La joye generale &
les deux Rois parurent fort contens ; lorfqu'on
fut hors de table , les deux Rois pafferent encore
quelque temps en converfation , après quoi L. M.
s'embrafferent & fe féparerent avec toutes les
marques poffibles de tendreffe. Le Roi de Pruffe
partit pour Poftdam & le Roi de Pologne retourna
au Camp de Radewitz.
& Radwiz
E 24. Juin , jour de S. Jean Baptifte , le Roi
Lie
fa magnificence ordinaire. Elle commença à 6.
heures du foir par un grand fouper au Quar
tier du Roi , les Feux de joye enfuite , & à neuf
heures les Troupes fortirent de leurs lignes & fe
mirent en bataille à la tête du Camp. Après qu'on
leur cut donné le fignal du Quartier du Roi , on
fit
2058 MERCURE DE FRANCE
fit trois falves confécutives du Canon , fuivie
chaque fois d'un feu de toute la Moufqueterie.
Ce Feu marqua le temps pour allumer l'Illumination
préparée au-delà de l'Elbe , près du Village
de Riffa , vis -à-vis du Château de Premniz.
L. M. monterent auffi- tôt en Caroffe pour fe
rendre à ce Château . L. A. R. les Princes & la
Princeffe , les autres Princes & toutes les autres
perfonnes de diftinction , de l'un & l'autre fexe ,
les fuivirent.
Les deux Rois arrivez à Promniz , & dès qu'ils
parurent dans la Loge , on donna le premier fignal
par 60. pieces de Canon, au bruit des Trompettes
& Timballes. Entre ce premier fignal & le
fecond , qui fe fit de la même maniere , il ſe paſſa
un quart d'heure pour donner aux Spectateurs le
temps de confiderer les beautez de l'Illumination ,
qui , au dire des Connoiffeurs , étoit des mieux
entendues & des plus fuperbes qu'on eut vû en
Allemagne.
On avoit conftruit exprès un vafte Edifice de
charpente , long de 400. pieds , & au milieu où
étoit repréfenté le Temple de la Paix , un de 160.
piés de hauteur, une toile très-fine en couvroit toute
la façade .On y avoit peint l'Illumination & l'on
avoit appliqué fur la pemture un certain Vernis
qui en la rendant tranfparente , donnoit en même
temps aux couleurs une force & un éclat des
plus virs qui réjouiffoit infiniment l'oeil du Spectate
ur.
La Loge Royale étoit dreflée vis- à-vis & à
450. pas de ' Ilumination , compofée de 40000 .
millest ampes ,qui furent allumées en 15. minutes.
Le Temple de laPaix , d'ordre Ionique , en faifoit
le principal fujet. On y voyoit plufieurs Colom
nes & Pilaftres efpacez avec art & des Peintures
SEPTEMBRE. 1730. 2059
tures des mieux entenduûës , enrichies de Lapis ,
&c. avec des Trophées de Marbre blanc & autres
Ornemens ; les Chapiteaux étoient en Bronze , &
le tout enſemble faifoit un effet admirable ; les
autres parties & les dehors du Temple paroiffoient
conftruits de Marbre d'Egypte de differente couleur
, & tout l'Edifice étoit fi bien difpofé , fuivant
les Regles de l'Architecture & de la Perfpective
, qu'on avoit peine à décider lequel on
devoit le plus admirer , de la magnificence, ou de
la fymétrie.
Ďu milieu du Temple , au- deffus du Sanctuaire
s'élevoit une espece de Piedeltal , fur lequel on
voyoit la Déeffe de la Paix , figure gigantefque
de 22.
pieds de hauteur. Mars la tenoit entre
fes bras. Au-deffus de ces Divinitez , on lifoit fur
une table de bronze , l'Infcription fuivante : Sic
fulta manebit On voyoit au-deffus de l'Infcription
un Trophée pofé fur un Piédeſtal avec une
Lyre , deux Cornes d'abondance , des branches de
Palmier & d'Olivier liées enfemble pour reprefenter
l'affluence de tous les biens , fruits précieux
de la Paix.
Aux deux côtez du Sanctuaire étoient des Arcades
féparées par de doubles Pilaftres , ornez de
Trophées de Marbre blanc : au milieu de ces Arcades
on voyoit en perfpective de chaque côté
une Galerie , dont chacune conduifoit à un Salon.
Ces Salons paroiffoient être en deux Pavillons
foutenus par des Colones ifolées : au- deffus des
Corniches il y avoit plufieurs Trophées attachez
à des Palmiers , & de chaque côté des Renommées
fonnant de la Trompette. Enfin un grand Perron
au bas de l'Edifice , contribuoit becaucoup à en
relever la nobleffe.
Un quart d'heure après avoir donné le fecond
fignal & tiré 1100. coups de fufil , on alluma
τους
2060 MERCURE DE FRANCE
tout à la fois quinze Lettres , placées au bas
-de l'Illumination , formant la Devife dont on
vient de parler. Ces Lettres brillerent durant
plufieurs minutes d'un feu blanc & extrémement
vif. On alluma en même temps les feux courans
à terre , & on fit partir 6000. Fuſées jettées en
partie par des Caiffes , & en partie par des Girandoles
, 30. à la fois de chaque Caiffe & 100. de
chaque Girandole : toutes ces Fufées atteignirent
une hauteur très- confiderable , & firent tout l'ef
fet qu'on en pouvoit attendre.
Durant ce feu des Fufées , des Mortiers de 8.
16. 32. & 64. livres de bale , jetterent 100. Boëtes
remplies de feu de pluye, de Fufées à étoiles &
autres de chacune de 12. roues horifontales &
autant de perpendiculaires , fortirent 70. Fufées
d'une autre forte , & on mit le feu à 1200. Cartouches
& 200. Mortiers de nouvelle efpece , qui
n'ont point d'affut , mais pofez fur leur Trépié
: chaque Cartouche étoit rempli de 22. Fuſées
& chaque Mortier de 21. de deux onces chacune,
& d'une grande quantité d'autres Fufées à terre.
Ce fecond Spectacle dura une bonne demie heure
, après quoi on donna un nouveau ſignal , accompagné
de 2000. coups de Moufquets , & on
vit auffi -tôt le feu Gregeois : 200. Cartouches
chargez chacun de 22. Fufées , 200. Rejettons
fimples & doubles , remplis de 60. Fufées de 2. &
3. onces chacune,& 100. Tonneaux , dont les uns
étoient remplis de 60. Cones , & les autres de 30.
Fufées.Tout ce Feu Gregeois fut jetté dans l'eau
par 12. Bateaux fur terre on tira encore 2000.
Fufées de 6. 12. 25. 50. 75. & de 100. liv. pefant,
zo. Boëtes remplies de feu à étoiles & de pluye
chacune remplie d'autres Boetes , furent tirées ·par
des Mortiers de 45. 96. & 121. livres de bale. 24.
Girandes jetterent chacune 200. Fufées à la fois ,
:
&
SEPTEMBRE . 1730. 206 F
& cent Mortiers de la nouvelle invention dont on
a parlé , en jetterent 21. chacun.
Après ce Feu qui dura autant que le précedent
une nouvelle décharge de 60. Pieces de Canon, fut
donné le fignal pour une feconde efpece d'Illumination.
On vit auffi- tôt la Riviere couverte de 48.
Bâtimens éclairez & remplis de Mufique de guerre
; c'étoit des Chaloupes , des Brigantins , des
Frégates & de très -belles Gondoles parmi ces
Bâtimens brilloit principalement le Bucentaure ,
fuperbe & grand Bâtiment Royal , richement
meublé & illuminé par 30000.Lampions , qui attachez
artiſtement, & jufqu'aux Mats & aux Cordages
, formoient diverfes figures.
Après quelque temps on vit ces Bâtimens defcen-
'dre laRiviere les uns après les autres. Ils étoient précedez
par d'autres Bâtimens, dont quelques - uns repréfentant
des Dauphins,une autre une Baleine jettant
du feu , & c . & à mefure que chaque Batiment
paffa devant les deux Rois , il falua L. M. de fon
Canon & de fes Mortiers , & réïtera encore deux
fois ce falut ; l'un en paffant le Pont de Tonneaux
& l'autre en abordant près du Village de Bober-
Jen.Le Bucentaure s'arrêta devant la Loge Royale.'
L'Orchestre du Roy & les Chanteurs de l'Opera
Italien , qui y étoient , firent la clôture de cette
Fête par une très- belle Serenade . Cette Fête ne
finit que lorfque le jour commença à paroître ,
& il y eut abondance de toutes fortes de Rafraichiffemens
, & c.
Le 25. il n'y eut rien de remarquable , mais le
lendemain 26. jour deſtiné pour le Régal que le
Roi vouloit faire à toute l'armée , on fit diftribuer
la veille à tous les Régimens d'Infanterie & de
Cavalerie les Boeufs , le Pain , le Vin & la Biere'
neceffaires : les Boeufs furent coupez & rôtis par
quartiers ; il y avoit outre cela des Repas particu
liers
2062 MERCURE DE FRANCE
liers que les Chefs de chaque Régiment ou Corps
avoient fait préparer pour régaler leurs Officiers .
Vers les 11. heures du matin , on donna le premier
fignal ; fur quoi toute l'Armée fortit du
Camp fur deux lignes & en bon ordre , fans armes
, les Officiers à là tête . On porta devant chaque
Régiment les Viandes rôties , le Pain , le Vin
& la Biere jufqu'à la grande Place d'Armes devant
le Camp , où chaque Régiment fe rangeoit
fur deux lignes , dans le même ordre qu'il étoit
campé ; chaque Compagnie rangeoit devant fon
front les Viandes rôties , &c. qui lui étoient deftinées
& tous s'étant affis par terre , fe mirent
en devoir de prendre un ample & joyeux Repas.
:
Derriere chaque Régiment on avoit creusé la
terre pour y pratiquer des bancs & une longue
table , à laquelle chaque Chef & Colonel fit fervir
à part de très -bons mets à tous fes Officiers
qui après le fignal donné fe mirent à table ; ces
tables étoient difpofées fur deux lignes , à la diftance
de 100. pas l'une de l'autre ; & les Soldats
étoient affis à une égale distance les uns des autres
, ce qui fit un fort beau Spectacle.
Les deux Rois , qui de la hauteur du Quartier
Royal , avoient pu découvrir cet arrange ment,
en partirent avec toute leur fuite & pafferent les
deux lignes devant les tables des Officiers , pour
les voir manger. L. M. furent faluées par les Officiers
, les verres à la main , & les Soldats firent
éclater leur joye par des acclâmations de Vivent
les Rois , jettant leurs chapeaux en l'air , au bruit
des Tambours & au fon de divers Inftrumens de
M ufique.
Pendant cette Promenade des deux Rois & de
leur Suite , on fit fervir au Quartier du Roi , trois
tables , dont l'une qui étoit ovale , au milieu de
deux autres , & fur une élevation , étoit de 20 .
CouSEPTEMBRE
. 1730. 2063
Couverts pour les deux Rois , leur Famille Roya
le & les Princes Etrangers. Les deux autres tables
qui étoient en long , bordoient tout le Parapet de
deux côtez ,èlles étoient de 100. Couverts chacune,
pour tous les Generaux de l'Armée & pour les
Officiers & autres Etrangers qui fe trouvoient au
Camp.
Derriere la table ovale du milieu , fous une
magnifique Tente Turque , on avoit fait dreffer
une quatriéme table , longue de 40. à so. pieds
& large de dix à couze , fur laquelle il Y avoit
un Gâteau de la même grandeur que la table , &
de 36. Quintaux de poids ; ce Gâteau fut diftri→
bué à la fin du Repas à quiconque en fouhaitoit.
Après que les deux Rois eurent paffé les deux
lignes & vû dîner l'Amée , L. M. retournerent
au Quartier Royal & fe mirent à table , de même
que le Velt- Maréchal , les Officiers Generaux ,
les Officiers Etrangers & autres perfonnes de dif
tinction. Pendant le Repas on but plufieurs fois
au bruit des Canons , qui , au nombre de 48.
étoient rangez fur les Terraffes aux deux côtez .
Vers la fin du Repas , le Velt - Maréchal fe leva
& prefenta au Roi de Pruffe une Lettre au nom
& de la part de toute l'Armée , par laquelle elle
remercoit S. M. Pr. de la bonté qu'elle avoit euë
de ſe trouver à ſes Exercices Militaires , en lui
demandant en même temps la grace de la vouloir
congedier. Le Roi de Pruffe y répondit par toutes
fortes d'expreffions de politeffe , & lui accorda
le congé demandé avec tous les témoignages
d'une entiere fatisfaction.
Là-deffus le Velt-Maréchal & tous les Gene
raux de l'Armée fortirent de table & fe rendirent
au Quartier du Velt -Maréchal , ils y trouverent
tous les Officiers de l'Armée affemblez & formez
en bataillon , dont l'Infanterie tenoit le milieu
avec
2064 MERCURE DE FRANCE
avec 12 pelotons à quatre de hauteur , ayant à
chaque afle neuf pelotons de la Cavalerie à trois
de hauteur. Les Capitaines formerent le premier
rang , les Lieutenans le fecond ; les Sous - Lieutenans
le troifiéme , & les Enfeignes le quatrième.
Les Majors fe rangerent comme Caporaux , aux
aîles de leurs pelotons ; les Lieutenans - Colonels ,
comme Sergens , derriere leurs pelotons , & les
Colonels , comme Officiers , devant les pelotons :
les Generaux fe rangerent devant le Bataillon ,
chacun à fa place , felon fon ancienneté , ayant le
Velt-Maréchal à la tête . Les Officiers de l'Infanterie
marchoient avec leurs Efpontons , & ceux
de la Cavalerie , l'épée haute.
Le Bataillon s'étant mis en marche dans cet
ordre , le Velt - Maréchal le mena aux deux Terraffes
devant le Quartier Royal , où il ſe mit en
deux lignes ; la Cavalerie forma la premiere , &
l'Infanterie la feconde : Ils faluerent tous enfemble
les deux Rois ; les deux lignes s'étant enfuite
remifes en marche par pelotons , elles pafferent
en revûë au pied de la premiere Terraffe , où les
deux Rois s'étoient poftez avec toute leur Cour
& faluerent de nouveau L. M.par pelotons.Le Roi
de Pruffe les remercia fort gracieuſement ; &
comme S. M. Pr. pour donner une marque de
fon entiere fatisfaction , buvoit à chaque General
& à chaque Colonel -Commandant des Régimens,
on fit donner à tous les Officiers , à mesure qu'ils
paffoient par pelotons , des verres qu'ils vuiderent
à la fanté du Roi de Pruffe , au bruit de tout
le Canon ; & après avoir jetté les verres , ils pafferent
de cette façon les uns après les autres , &
le Canon ne ceffa de tirer qu'aprés qu'ils furent
tous paffez. C'eft ainfi que l'Armée prit congé
du Roi de Pruffe , qui la congedia.
Les deux Rois avec toute leur Cour , s'embarquerent
SEPTEMBRE . 1730. 2065
querent
fur l'Elbe le 27. & arriverent au Château
de Lichtembourg , où ils coucherent . Le lendemain
28. L. M. accompagnées des Princes leurs
fils , partirent de Lichtembourg avec toute leur
fuite pour fe rendre à l'endroit de la Chauffée
près de Zulhtsdorff , elles y trouverent d'abord
des gens de la Chaffe en habits verds galonaez
d'argent, avec leurs Chiens, rangez en haye. L'endroit
de la Chaffe & fes avenues étoient embellis
par plufieurs grandes & magnifiques Loges ,
conftruites de verdure. On avoit pris toutes les
précautions pour empêcher qu'il n'arrivât aucun
accident par des coups tirez . Le grand Veneur
à la tête du Veneur de la Cour , des Grands - Maî
tres des Forêts , des Gentilshommes & de tous les
autres Officiers qui dépendent de la Chaffe, étoient
auffi en habits verds richement l'odez .
2
Ils reçurent L. M. en defcendant de leur Chaife
, au fon des Cors de Chaffe & des Hautbois .
Il fe préfenta d'abord une Chaife de Chaffe , tirée
par fix Cerfs apprivoifez , & menée avec beau
coup d'adreffe par deux Garçons de Chaffe , ce
que le Roi de Pruffe ne put s'empêcher d'admirer.
On fit enfuite les préparatifs pour commencer
la Chaffe: Les Chevaliers & autres de la fuite
des deux Rois à cheval & munis de Lances , fe
rangerent à droite & à gauche. L. M. & L. A. R.
avec toutes les perfonnes de diftinction de leur
fuite , s'étant partagez , fe pofterent aux deux côtez
pour tirer. Le Grand Veneur rangea en ordre
tous ceux qui dépendent de la Chaffe , & s'étant
mis à la tête , il paffa avec eux devant les
deux Rois , & alors la Chaffe commença au fon
des Cors & des Hautbois. Il fut tué un grand
nombre de toutes fortes de bêtes fauves & autre
gibier , partie avec des Lances & en forçant avec
des Chiens , & partie par des armes à feu. Il fe
trour
2066 MERCURE DE FRANCE
trouva en tout 1124. Pieces; fçavoir, 804. Cerfs,
203. Sangliers , 97. Chevreuils & Dains , 18.
Lievres & 2. Renards , le tout porté à une Place
& rangé en ordre par les Gens de la Chaffe. Ainfi
finit cette grande & fuperbe Chaffe qui fut faite
avec beaucoup d'ordre & fans aucun accident.
On ſe retira enfuite vers les Loges , où les Tables
étoient couvertes & fervies pour le dîner. Il
y avoit trois tables , dont la premiere deſtinée
pour L. M. L. A. R. les Princes & autres perfon-
Tonnes de diftinction , étoit de 24. Couverts ; &
les deux autres de 20. Couverts chacune , pour
les Miniftres & autres Officiers. Il y avoit outre
cela deux autres tables de 48. Couverts chacune
pour les Gens de la Chaffe. La joye generale &
les deux Rois parurent fort contens ; lorfqu'on
fut hors de table , les deux Rois pafferent encore
quelque temps en converfation , après quoi L. M.
s'embrafferent & fe féparerent avec toutes les
marques poffibles de tendreffe. Le Roi de Pruffe
partit pour Poftdam & le Roi de Pologne retourna
au Camp de Radewitz.
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Résumé : SUITE du Camp de Mulhberg & Radwitz.
Le 24 juin, à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, le roi organisa une célébration à Mulhberg et Radwitz. La journée débuta par un grand souper au quartier du roi, suivi de feux de joie et d'une mise en bataille des troupes à 9 heures. Trois salves de canon et des feux de mousqueterie marquèrent le début d'une illumination près du village de Riffa, en face du château de Premniz. Le roi et les princes se rendirent au château où une illumination spectaculaire fut allumée, représentant un temple de la Paix de 400 pieds de long et 160 pieds de haut, orné de peintures et de trophées. L'illumination, composée de 40 000 millest ampes, fut allumée en 15 minutes. Le temple, de style ionique, était richement décoré de colonnes, de pilastres, et de peintures enrichies de lapis. Au centre du temple, une déesse de la Paix, tenue par Mars, surplombait une inscription en latin. Des arcades et des galeries complétaient la scène, avec des trophées et des renommées sonnant de la trompette. Après un quart d'heure, 15 lettres formant une devise furent allumées, accompagnées de feux courants à terre et de 6 000 fusées. Des mortiers tirèrent des boîtes remplies de feux d'artifice, et un feu grégeois fut allumé dans l'eau par des bateaux. Une seconde illumination vit la rivière couverte de 48 bâtiments éclairés et remplis de musique de guerre, incluant le Bucentaure, un grand bâtiment royal illuminé par 30 000 lampions. Le 26 juin, le roi offrit un repas à toute l'armée. Les régiments se rangèrent en ordre, et les viandes rôties, le pain, le vin et la bière furent distribués. Les rois passèrent en revue les troupes, qui les saluèrent avec des acclamations et des musiques. Après le repas, le maréchal présenta une lettre de remerciement au roi de Prusse, qui accorda le congé à l'armée. Les officiers, formés en bataillon, saluèrent les rois avant de se disperser. Les deux rois s'embarquèrent sur l'Elbe le 27 juin et arrivèrent au château de Lichtembourg, où ils passèrent la nuit. Le lendemain, ils se rendirent près de Zulhtsdorff. Le texte décrit également une grande chasse organisée avec une préparation minutieuse pour éviter les accidents. Les participants, vêtus de habits verts galonnés d'argent, incluaient des gens de la Chasse, des chiens, et divers officiers. L'endroit était embelli par des loges magnifiques construites de verdure. La chasse débuta avec une présentation d'une chaise tirée par six cerfs apprivoisés, admirée par le Roi de Prusse. Les préparatifs incluaient des chevaliers et autres cavaliers munis de lances, se rangeant de chaque côté. Les rois et les personnes de distinction se positionnèrent pour tirer. La chasse se déroula avec ordre, au son des cors et des hautbois, et un grand nombre de bêtes fauves et de gibier furent tuées, totalisant 1124 pièces. Après la chasse, un dîner fut servi dans les loges, avec trois tables pour les personnes de distinction et deux autres pour les gens de la Chasse. La joie générale et la satisfaction des rois furent notables. Après le dîner, les rois conversèrent brièvement avant que Leurs Majestés ne s'embrassent et se séparèrent avec tendresse. Le Roi de Prusse partit pour Potsdam, et le Roi de Pologne retourna au camp de Radewitz.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 2516
ALLEMAGNE.
Début :
On a reçû avis du Duché de Meckelbourg, qu'une Compagnie d'Infanterie des Troupes [...]
Mots clefs :
Troupes, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLE MAGNE.
Na reçû avis du Duché de Meckelbourg ,
qu'une Compagnie d'Infanterie des Troupes
de la Commiffion Impériale étoit entrée dans la
Ville de Buzow , dont elle avoit enlevé plufieurs
des principaux Habitans pour les conduire prifonniers
à Rostock , parce que les principaux
d'entr'eux avoient déclaré hautement qu'ils répandroient
leur fang pour la défenſe de leur Souverain.
Outre cette exécution , on a arrêté dans
les Villes de Gadebuſch , de Crivitz , de Stemberg
& de Grabau la plupart de ceux qui paroiffoient
affectionnés à ce Prince.
Na reçû avis du Duché de Meckelbourg ,
qu'une Compagnie d'Infanterie des Troupes
de la Commiffion Impériale étoit entrée dans la
Ville de Buzow , dont elle avoit enlevé plufieurs
des principaux Habitans pour les conduire prifonniers
à Rostock , parce que les principaux
d'entr'eux avoient déclaré hautement qu'ils répandroient
leur fang pour la défenſe de leur Souverain.
Outre cette exécution , on a arrêté dans
les Villes de Gadebuſch , de Crivitz , de Stemberg
& de Grabau la plupart de ceux qui paroiffoient
affectionnés à ce Prince.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Dans le Duché de Meckelbourg, des troupes de la Commission Impériale ont arrêté des habitants influents à Buzow, Gadebusch, Crivitz, Stemberg et Grabau. Ces arrestations visaient des personnes loyales à leur souverain, suite à leurs déclarations publiques en sa faveur. Les prisonniers ont été conduits à Rostock.
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35
p. 2903-2915
Description abregée de la Carte generale & historique de la Monarchie & du Militaire de France, &c. [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION ABREGÉE de la Carte Genérale & Historique, de la Monarchie & du [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Compagnies, Armes, Infanterie, Régiment, Ordre, Troupes, Royaume, Gardes, Lieutenant, Armures, Maréchaux, Dragons, Carte, Monarchie
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texteReconnaissance textuelle : Description abregée de la Carte generale & historique de la Monarchie & du Militaire de France, &c. [titre d'après la table]
DESCRIPTION ABREGE' de la Carte
Genérale & Hiftorique , de la Monarchie & du
Militaire de France , tant ancien que moderne
avec les explications &c. Dédiée au Roi , préfentée
à Sa Majeſté , à Marli le 17. Fevrier
1730.
>
PREMIERE FEUILLE ou Planche. Un
Soleil , fimbole de la France , au Frontispice ,
accompagné de Cornes d'abondance &c. le Pa-
11. Vol. villon
2904 MERCURE DE FRANCË
villon Royal dans toute fa fplendeur , aux Armes
de France & de Navarre , avec les Supports
tenans les Bannieres de France & de Navarre ,
orné des Colliers des Ordres du Roi , du Cocq.
de la France , avec cette Devife : Implet terrore
Leones , de l'ancien cri de guerre de nos Rois ,
Mont joye S. Denis , le tems de fon origine ,
de l'ancienne devife des Lys , Lilia non laborant,
neque nent. En S. Mathieu , Chapitre 6.
&
;
Au- deffus du Pavillon eft une Minerve * affife
dans fa gloire , appuyée à fa droite fur le Fortrait
du Roi , au milieu de fon bouclier , couronné
par une Renommée , & foutenu par l'Hiftoire
, & à fa gauche eft un Génie heureux qui
apporte à cette Déeffe le Portrait de la Reine
orné de Lys , accompagné des Attributs de la
Sageffe , de la Gloire & de la Science qui l'environnent.
Aux côtés de ce Cartouche font les
Repréfentations en Blazon des Colliers & des
Gordons des Ordres S. Michel & du S. Efprit ,
avec le tems de leurs Inftitutions par les Rois
les Portraits d'Henri le Grand & de Louis le
Grand , Ayeuls de Louis 15. placés au-deffus de
deux Arcs de Triomphes ornés des Armes du
Roi , & cette Devile : Simili candore corufcant,
des Armes de la Reine , & cette devife : Fulget.
inardefcens radiis , des Armes du Dauphin , &
cette Devife : Gratior it dies , des Armes de
Navarre , & cette Devife : Numerat pro dote
triumphos ; & au bas eft le grand Titre en lettres
Aeuronnées qui annonce le fujet de cet Ouvrage,
au deffous duquel eft un nouvel Attribut de la
Paix , repréfenté par trois Lys en fleurs für pied,
un Aigle & un Lion aux côtés , & cette Devife:
Pace data eoeunt Reges , avec une Epigramme
fur l'origine des Lys. Ce grand Cartouche eft
fermé
par de riches ornemens , accompagné de
11. Vel
*deux
DECEMBRE . 1730. 2905
deux grands Palmiers qui foutiennent des Trophées
anciens & modernes , executé en Tailledouce
, fur les deffeins officieux de M. Oppenor.
II. Feuille. Abregé de la Vie des Rois de France
qui ont créé , formé & regimenté les Troupes
du Royaume , avec les évenemens arrivés dans
le cours de leurs Regnes , depuis Pharamond ,
premier Roi , jufqu'à la fin du Regne de Louis
XIV. 65 Roi. Cette Hiftoire renferme l'origine
du nom François , le commencement de la Monarchie
, la naiffance du Chriftianifme dans la
Monarchie , le nombre de Rois de la premiere ,
deuxième & troifiéme Race , & le tems de leurs
durées jufqu'à prefent , avec les Conquêtes & évenemens
mémorables pendant le Regne de Louis
le Grand , détaillés par jours , mois & années ;
enfuite la maladie , les dernieres paroles & la
mort de ce grand Roi , en huit colonnes dans
une Bordure enrichie des Portraits des Rois de
France , & d'Emblêmes de leurs Regnes en Taille
douce.
III . Feuille. Grands & premiers Officiers Militaires
de France qui ont été nommés & gradués
par les Rois depuis le tems de leurs créations &
& inftitutions jufqu'à préfent , fous quels Rois ,
& en quelles années ils ont fervi , diftribués en
dix grandes colonnes.
L
avec-
IV. Feuille . Vue & Perfpective de la Ville de
Paris , Capitale du Royaume , du côté du Pont
Royal les Armes de la Ville au-deffus ,
cette Infcription : Prona fides Principis Urbium.
La defcription abregée de Paris , avec les noms
des Officiers du Gouvernement ; d'un côté eft
la Chronologie des Rois de France & les années
de leurs Regnes , depuis Pharamond , premier
Roi , jufqu'à Louis XV. 66e Roi , & de l'autre
la tige & la Génealogie de la Maifon Royale de
II. Vol. Bourbon ,
2906 MERCURE DE FRANCE
1
Bourbon , depuis Louis de Bourbon , Comte de
Clermont , Petit- Fils de S. Louis IX . 44 Roi ,
jufqu'à Henri IV . Roi de France & de Navarre,
avec les alliances. Enfuite la Maifon du Roi &
fon origine , compofée de huit Compagnies de
la Garde à Cheval & d'une Compagnie de Grenadiers
à Cheval , avec l'Etat Major de la Cour,
ornée aux côtés du Titre de Trophés ancien &
moderne , en Taille -douce , ainfi que les Unifor
mes , Etendarts & Armures d'ordonnance ; ces
premieres Troupes font détaillées fuivant leurs
rangs , & partagées en 15. colonnes fur neuf
lignes , depuis leurs créations jufqu'au 15. Fevrier
1730. avec le nombre des Officiers , des
Ecuyers & Maîtres qui les compofent.
V. Feuille. Vue & Perfpective de Verſailles , du
côté de la grande Place d'Armes , on y voit l'entrée
du Roi dans la premiere Cour , les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes fous les armes
l'Ecu de France aîlé au - deffus , avec cette Infcription
: Regia Solis , & au deffous la Defcription
abregée de la Ville & Château Royal de
Verfailles & les noms des Officiers du Gouvernement
; d'un côté font les Génealogies & Alliances
de la premiere , deuxième & troifiéme
Branche de la Maiſon Royale de Bourbon , & de
l'autre les Génealogies & Alliances de la quatriéme
& cinquième Branche , dont font iffus depuis
Henri IV. les Rois de France , Philippe V.
Roi d'Espagne , & les Maifons d'Orleans , de
Condé & de Conti.
Enfuite la Gendarmerie & fon origine , compofée
de quatre Compagnies de Gendarmes du
Roi , de fix Compagnies de Gendarmes & de fix
Compagnies de Chevaux-Legers des Princes, avec
l'Etat Major , ornée aux côtés du Titre de Trophées
anciens & modernes , ainfi que leurs Uni-
11. Vel.
formes,
DECEMBRE . 1730. 2907
formes , Etendarts & Armures d'ordonnance . Ces
Compagnies qui marchent après la Maifon du
Roi font détaillées fuivant leurs rangs , & partagées
en 15. colonnes fur feize lignes , depuis
leurs créations juſqu'au 15. Fevrier 1730. avec
le nombre des Officiers.
VI. Feuille. Infanterie Françoife & Etrangere ,
fon origine , fous quel Roi , & en quelle année
elle a été regimentée avec les Etats Majors , ornée
aux côtés du Titre de Trophées anciens & modernes
; enfuite font les noms des Colonels Géneraux
de l'Infanterie Françoife & Etrangere ,
des Suiffes & Grifons au 15. Fevrier 1730. - lacréation
de fes Charges & le tems de leur nomination.
Au deffous font les noms , qualités &
grades des Directeurs & Infpecteurs Géneraux
de l'Infanterie , avec leurs créations , nominations
& départemens. Cette Infanterie eft compofée
de cent Régimens François & de vingt Régimens
Etrangers , à commencer par les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes , qui font partie
de la Maifon du Roi , & marchent à la tête de
toute l'Infanterie de France , par le Reglement
de Louis XIV . & enfuite de Picardie , Piemier
Régiment &c. détaillés fuivant leurs rangs,
avec leurs Drapeaux , Uniformes & armures
d'ordonnance , & partagées en trois grandes colonnes
, qui comprennent 15. colonnes chacune
fur dix-fept lignes
VII. Feuille. Suite de l'Infanterie Françoiſe
& Etrangere , compriſe dans 3. grandes colonnes,
qui forment quinze colonnes chacune , ſur 23.
Tignes , détaillée comme ci - deffus , & au bas le
nombre géneral des Officiers , celui des Régimens
fur pied , des Cadets , Sergens , Soldats ,
Tambours & Fifres qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre géneral
11, Vol.
de
2908 MERCURE DE FRANCE
de leurs Drapeaux , Colonels & armures d'or
donnance jufqu'au 15. Fevrier 1730.
VIII. Feuille. Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere & fon origine , fous quel Roí , &
quelle année elle a été régimentée avec les
Etats Majors , ornêe aux côtez du titre de Trophées
ancien & moderne , les noms des Cololonels
, Meftre de Camp & Commiffaires Geneneraux
de la Cavalerie ; au 15. Février 1730. là
création de fes Charges & le tems de leur nominations
; au-deffous les noms , qualitez & Grades
des Directeurs & Infpecteurs Generaux de la Cavalerie
, avec leurs créations , nominations &
départemens ; cette Cavalerie eft compofée de 54.
Régimens François , à commencer par celui du
Colonel General , premier Régiment, &c. y compris
le Régiment Royal de Carabiniers , & de 5 .
Régimens étrangers , compris les deux Régimens
d'Huffarts , détaillez fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, & partagées en 3. grandes Colonnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur trente
lignes.
IX. Feuille , fuite de la Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere , détaillée comme cy- deffus
& au bas le nombre general des Officiers , celui
des Régimens fur pied , des Maréchaux des Logis
, des Brigadiers , Fouriers , Maîtres , Trompettes
& Timballiers qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre general
de leurs Etendarts , juſques & compris l'Ordonnance
du Roi du 30. Mars 1730.
en
Dragons & leur origine , fous quel Roi ,
quelle année ils ont été régimentez , avec les Etats
Majors ; ornée aux côtez du titre de Trophée
ancien & moderne , enfuite font les noms des
Colonels & Meftres de Camp generaux des Dra-
2
II. Vol gons
DECEMBRE. 1730. 2909
gons , au 15. Février 1730. la création de fes
Charges & le tems de leur nomination . Ces
Dragons font compofez de 15. Régimens , à
commencer par celui du Colonel General , premier
Régiment , &c. fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, partagez en deux grandes Colomnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur 15. lidans
la 8 & 9e Feuille ; & au bas le nombre
general des Officiers , celui des Régimens fur
pied , des Maréchaux des Logis , des Brigadiers,
Fouriers , Dragons & Tambours qui les compofent
, avec le nombre general de leurs Etendarts ,
jufqu'au 15. Février 1730 .
gnes ,
Troupes formées en Compagnies , Bataillons ,
Efcadrons & Brigades , au nombre de 822. Compagnies
& un quart de Compagnie , tant François
qu'Etrangers , avec les Etats - Majors , qui
font , la Compagnie des cent Gardes Suiffes ordinaires
du Corps du Roi ; celle des Gardes de la
Porte ; celle des Gardes de la Prévôté de l'Hôtel ;
les deux Compagnies des Cadets Gentilhommes ;
les Compagnies de l'Hôtel Royal des Officiers &
Soldats Invalides ; celles des Soldats de Milices ;
les Compagnies Franches & de Partifans ; celle
de la Connétablie de France ; & les Compagnies
des Maréchauffées duRoyaume, qui font Militaires
depuis l'Ordonnance du Roi de 1720. détaillez
depuis leurs créations jufqu'au 15. Février 1739.
ornée aux côtez du titre de Trophée ancien &
moderne , ainfi que leurs Drapeaux , Etendarts
uniformes & Armures d'Ordonnance ; avec le
nombre general d'Officiers & d'hommes qu'elles
compofent.
Dixiéme Feuille . Maréchaux de France , vivans
au 15 Février 1730. ornée aux côtez du titre des
Bâtons des Maréchaux de France , & des Bâtons
11. Vel.
de
2910 MERCURE DE FRANCE
de Commandans ; leur origine & dates de leurs
Promotions , avec celles de leurs Receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy ; les noms , &
qualitez des Gouverneurs & Lieutenans Generaux
des Provinces du Royaume & leur origine ; les
années de leurs nominations & receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy , la fuite des Chevaliers
des Ordres du Roy & dattes de leurs receptions
, le nombre general des Gouverneurs
Lieutenans de Roy , Commandans , Majors ,
Aydes- Majors & Capitaines des Portes, des Etats
Majors des Villes principales & Places de Guerre
du Royaume.
A droite , font les Officiers Generaux des Armées
, vivans au 15 Février 1730. qui comprennent
les noms & qualitez des Lieutenans Generaux
& des Maréchaux de Camp; leurs créations,
dattes de leurs nominations & leurs receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy. De l'autre côté ,
font les noms & qualitez des Brigadiers des Armées
du Roy , vivans au 15 Février 1730 .
de
l'Infanterie , de la Cavalerie , & des Dragons ,
avec leurs créations , dattes de leurs nominations
& receptions de Chevaliers des Ordres du Roy.
Enfuite font les noms & qualitez des Maréchaux
Generaux des Logis , des Camps & Armées du
Roy , du Major General de l'Infanterie, du Maréchal
general, & des deux Maréchaux des Logis
de la Cavalerie , avec leurs créations & nominations.
Au bas eft le commencement des Batailles
mémorables que les François ont gagnées ,
depuis la Fondation de la Monarchie,depuis Tolbiac
, en 496. jufqu'en 1485. fous quels Rois &
en quelles années , reprefentées en fept Tableaux.
Onziéme feuille. Commencement de l'Hiftoire
abregée de Louis XV. 66 Roy , avec les prin-
>
II. Vol
cipaux
DECEMBRE. 1730. 2911
cipaux évenemens arrivez depuis la naiffance de
Sa Majefté , juſqu'au 15 Février 1730. Vingtiéme
année accomplie de Sa Majefté , ornée de
Portiques Royaux , & cette devife : Dulce & decorum,
reprefentée en taille douce par la Maffuë
d'Hercule , debout ; entrelaffée de branches d'Olivier
& de Laurier. Au deffous font les armes du
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang, Grand
Maître de l'Ordre Royal, Militaire & Hofpitalier
de Notre-Dame du Mont Carmel & de S. Lazare
de Jerufalem ; fa nomination par le Roy , Protecteur
& Fondateur de l'Ordre , & la devife :
Dieu, & mon Roy. L'origine & la Defcription
de l'Ordre de S. Lazare , & de celui de Notre-
Dame du Mont- Carmel , réuni par Henri IV.
Au côté droit et l'Artillerie de France , avec
fes Attributs , les Armes du Duc du Maine, Prince
du Sang , Grand Maître & Capitaine general ,
avec fa nomination par Louis XIV . & cette Devife
: Ratio ultima Regum. Les Principaux Officiers
de l'Artillerie nommez , depuis fon origine
jufqu'au 15 Février 1730. Au bas , le Corps
des Off..Ingén.du Roy,& fon origine ordinaire ;
détaillez fous les ordres du Marquis d'Asfeld ,
Directeur general des Fortifications de France ,
&c. De l'autre côté , la dignité de Miniſtre & Sécretaire
d'Etat de la Guerre , la création de cette
Charge , les noms , & années des nominations
dés Intendans , Commiffaires du Roy , départis
dans les Généralitez du Royaume , les Capitaines
, Prevots , Grands - Baillifs & Sénéchaux
d'Epée , qui commandent la Nobleſſe de France ,
& leur origine , avec leurs Lieutenans d'Epée ,
dans les Pays & Généralitez où ils réfident ; les
noms des Commiflaires ordinaires , Provinciaux
des Guerres , dans les départemens du Royaume,
& leur création.Au deffous font tous les Officiers
11. Vol. G Prin2912
MERCURE DE FRANCE
Principaux en charge & par commiffion , tant
d'Epée , que de Finances , attachez au Militaire ,
fuivant leurs créations , départemens & années
d'exercice. Au bas eft la fuite des Batailles mémorables
que les François ont gagnées depuis
1488. jufqu'en 1645 , fous quels Rois & en quelles
années , en fept Tableaux .
Douziéme Feuille. Récapitulation generale des
Officiers & des Troupes , ornée aux côtez de
Trophées & d'attributs militaires ; fçavoir , les
nombres generaux des Officiers de la Maifon du
Roy, de la Gendarmerie , des Colonels , Meftres
de Camp , Lieutenans Colonels , Commandans ,
Majors , Aydes- Majors , Capitaines , Lieutenans
& Officiers fubalternes de toutes les Troupes dų
Roy , en pied , regimentées, & formées en Compagnie
, avec leur montant general,tant François
qu'Etrangers.
Les nombres generaux des Brigadiers d'armée,
Meftres de Camp , Lieutenans Colonels, Majors ,
Capitaines & Lieutenans Réformez , tant à la fuite
de l'Infanterie , de la Cavalerie Françoise &
Etrangere , que des Dragons ; à la fuite des Places
de Guerre , & formez par Brigades fur les
Frontiéres ; ainfi que les Officiers retirez dans
les Provinces , par leurs anciens fervices ; avec
leur montant general, tant François qu'Etrangers,
Au côté droit , font les Récompenfes honorables
; reprefentées. par la Vertu , jointe aux attri
buts militaires , en forme de Trophée; les Ordres
du Roy , avec cette Devile : Honori non prada ,
au deffous font les Defcriptions des premiers
Ordres de S. Michel , & du S. Efprit , depuis
leurs inftitutions jufqu'à préfent.De l'autre côté,
font les Récompenfes Militaires , l'Ordre Royal
des Chevaliers de S. Louis , reprefenté par la vûë
de l'Hôtel Royal des Invalides, avec cette devife !
Beili II. Vol.
DECEMBRE 1730. 2913
Bellica Præmium Virtutis . Son établiſſement par
LOUIS XIV. jufqu'à prefent , &c. Au deffous
font les nombres generaux détaillez par rangs ,
des Ecuyers , Maîtres de la Maiſon du Roy , des
Maîtres de la Gendarmerie , des Soldats de l'In,
fanterie , des Maîtres de la Cavalerie , François
& Etrangers , & des Dragons , diftinguez par
colonnes , avec le nombre general des Bataillons
& d'Eſcadrons de chaque Corps de Troupes, formées
en Compagnies & en Regimens fur pied ,
le 15 Février 1730. Et au bas , le montant general
des Troupes de Terre , tirées complettes ,
fuivant la derniere Ordonnance du Roy, du 10
Decembre 1727.qui regle le payement des Troupes
de Sa Majefté; au côté droit eft l'étimologic
du mot d'Infanterie , fon origine & changement,
fucceffivement jufqu'à prefent ; l'origine de la
Maifon du Roy , & des premiers Gardes de la
Perfonne Sacrée des Rois ; de la premiere Gendarmerie
, de la premiere Cavalerie legere & des
premiers Dragons de France. Au deffous eft la
Notice des Ordonnances Royales & Militaires &
des Ecrivains que l'Auteur de cette compilation
a confultez , avec la datte des Editions de leurs
ouvrages. Et au côté gauche , des Obfervations
abrégées pour la Regle & la Difcipline des Troupes
, extraites de l'Ordonnance du Roy de 1727.
Au bas de cette derniere feuille , eft la fuite des
Batailles mémorables, gagnées par les François,
depuis 1645.jufqu'en 1712.de la derniere Guerre,
qui font terminées par le vrai caractere & qualitez
que doit avoir un parfait homme de Guerre ;
reprefentées en fept Tableaux.
La Bordure de cette Carte a fept pouces de
large ; dans tout fon contour , elle renferme 110
Plants,avec les Deſcriptions aux côtez & le nombre
d'Officiers des Etats Majors complets & non
11. Vol.
Gij coms
2914 MERCURE
DE FRCEAN
complets , de chacune des principales Places de
Guerre & Maritimes du Royaume,diftinguez par
départemens & gouvernemens generaux des Provinces,
avec leurs diftances de Paris , & de l'une à
l'autre ; fçavoir , de Picardie , Artois , Flandres ,
Haynault ,Champagne,des Trois - Evêchez, Alface,
Franche-Comté , Bourgogne , Dauphiné , Provence
, Languedoc , Rouffillon , Béarne & Bifcaye,
Guyenne, Pays d'Aunis, Bretagne & Normandie
, le tout exécutez en Taille douce ; ornées
de Fleurs de Lys, de Palmes , & de Lauriers ;
le milieu de la Bordure de la droite renferme la
Defcription hiftorique du Royaume de France
fondé l'an 420. & le milieu de la gauche , la Deſcription
hiftorique du Royaume du Pologne ,
fondé l'an 550. Le milieu du bas de cette Bordure
eft enrichi des Chifres Royaux ,couronnez des armes
de la Reine & du Dauphin,toujours en taille
douce;& les coins font fermez par la Repréſentation
des quatre Principaux vents , avec Trompettes
& Banderolles de France & de Navarre
en forme de Renommée.
?
Pour la facilité de l'ufage & de la vente de cette
Carte , à un prix raifonnable , on la mettra dans
toute fon étendue,fur Gorges, elle aura fept pieds
en quarré , compris fa Bordure ; laquelle contiendra
dix - neuf demie- feuilles de papier grand
de 22 Aigle , affemblées par ordre militaire ,
pouces fur 16 pouces de haut chaque feuille , elle
pourra fe mettre dans une place proportionnée
à cette étendue.
Pour la facilité & la portée de la vûë, la Carte
fera féparée en deux parties,montées fur Gorges,
par moitié , confervant toujours fa même largeur
, réduite à trois pieds & demi de hauteur ,
que pourra placer de bout en bout
a vis, dans une Salle ou Galerie, &
l'on
pour
3 ou visla
com-
II. Vol
moDECEMBRE.
1730. 2915
modité du Cabinet, des Bibliotheques & du tranf
port ; cette Carte ſera réduite & formée en livre
de dix-neuf feuilles ou Planches entieres , numérotées
, de la même hauteur & largeur que les
feuilles cy-deffus expliquées, attachées à onglets ,
& couvert d'un papier marbré ; grand in folio ,
que
l'on pourra
faire relier, non compris la feuille
d'Avertiffement qui y fera jointe, pour trouver
& joindre enfemble facilement les differens fujets
de cet Ouvrage , aifez à fatisfaire la connoiffance
de l'Hiftoire & du Militaire.
L'Auteur ſe promet , par fon extrême diligence
, de pouvoir faire achever la gravure & l'impreffion
dans le courant de l'année prochaine
1731. Et quant aux differents changemens
& mutations du Militaire arrivez depuis
l'Epoque de cette Carte , du 'IS Fév. 1730
& qui arriveront juſqu'au 15 Fév. 1731. l'Auteur
donnera alors un petit Livret imprimé, fous
le titre de Supplément aux Explications Militai
res , qu'il continuera de donner à peu de frais ,
d'année en année , le même jour 15 Février, pour
fuppléer & foutenir l'état préfent, en tous temps,
de la Carte generale de la Monarchie & du Militaire
de France , tant ancien que moderne , en
vertu de fon Privilége.
Le fieur Lemau Delajaiffe Auteur & Inventeur
, ancien Officier de la Maiſon d'Orleans , &
dans l'Ordre de S. Lazare , loge à Paris , ruë
près la Fontaine de Richelieu , où il fera voir
l'Original de cet Ouvrage.
Genérale & Hiftorique , de la Monarchie & du
Militaire de France , tant ancien que moderne
avec les explications &c. Dédiée au Roi , préfentée
à Sa Majeſté , à Marli le 17. Fevrier
1730.
>
PREMIERE FEUILLE ou Planche. Un
Soleil , fimbole de la France , au Frontispice ,
accompagné de Cornes d'abondance &c. le Pa-
11. Vol. villon
2904 MERCURE DE FRANCË
villon Royal dans toute fa fplendeur , aux Armes
de France & de Navarre , avec les Supports
tenans les Bannieres de France & de Navarre ,
orné des Colliers des Ordres du Roi , du Cocq.
de la France , avec cette Devife : Implet terrore
Leones , de l'ancien cri de guerre de nos Rois ,
Mont joye S. Denis , le tems de fon origine ,
de l'ancienne devife des Lys , Lilia non laborant,
neque nent. En S. Mathieu , Chapitre 6.
&
;
Au- deffus du Pavillon eft une Minerve * affife
dans fa gloire , appuyée à fa droite fur le Fortrait
du Roi , au milieu de fon bouclier , couronné
par une Renommée , & foutenu par l'Hiftoire
, & à fa gauche eft un Génie heureux qui
apporte à cette Déeffe le Portrait de la Reine
orné de Lys , accompagné des Attributs de la
Sageffe , de la Gloire & de la Science qui l'environnent.
Aux côtés de ce Cartouche font les
Repréfentations en Blazon des Colliers & des
Gordons des Ordres S. Michel & du S. Efprit ,
avec le tems de leurs Inftitutions par les Rois
les Portraits d'Henri le Grand & de Louis le
Grand , Ayeuls de Louis 15. placés au-deffus de
deux Arcs de Triomphes ornés des Armes du
Roi , & cette Devile : Simili candore corufcant,
des Armes de la Reine , & cette devife : Fulget.
inardefcens radiis , des Armes du Dauphin , &
cette Devife : Gratior it dies , des Armes de
Navarre , & cette Devife : Numerat pro dote
triumphos ; & au bas eft le grand Titre en lettres
Aeuronnées qui annonce le fujet de cet Ouvrage,
au deffous duquel eft un nouvel Attribut de la
Paix , repréfenté par trois Lys en fleurs für pied,
un Aigle & un Lion aux côtés , & cette Devife:
Pace data eoeunt Reges , avec une Epigramme
fur l'origine des Lys. Ce grand Cartouche eft
fermé
par de riches ornemens , accompagné de
11. Vel
*deux
DECEMBRE . 1730. 2905
deux grands Palmiers qui foutiennent des Trophées
anciens & modernes , executé en Tailledouce
, fur les deffeins officieux de M. Oppenor.
II. Feuille. Abregé de la Vie des Rois de France
qui ont créé , formé & regimenté les Troupes
du Royaume , avec les évenemens arrivés dans
le cours de leurs Regnes , depuis Pharamond ,
premier Roi , jufqu'à la fin du Regne de Louis
XIV. 65 Roi. Cette Hiftoire renferme l'origine
du nom François , le commencement de la Monarchie
, la naiffance du Chriftianifme dans la
Monarchie , le nombre de Rois de la premiere ,
deuxième & troifiéme Race , & le tems de leurs
durées jufqu'à prefent , avec les Conquêtes & évenemens
mémorables pendant le Regne de Louis
le Grand , détaillés par jours , mois & années ;
enfuite la maladie , les dernieres paroles & la
mort de ce grand Roi , en huit colonnes dans
une Bordure enrichie des Portraits des Rois de
France , & d'Emblêmes de leurs Regnes en Taille
douce.
III . Feuille. Grands & premiers Officiers Militaires
de France qui ont été nommés & gradués
par les Rois depuis le tems de leurs créations &
& inftitutions jufqu'à préfent , fous quels Rois ,
& en quelles années ils ont fervi , diftribués en
dix grandes colonnes.
L
avec-
IV. Feuille . Vue & Perfpective de la Ville de
Paris , Capitale du Royaume , du côté du Pont
Royal les Armes de la Ville au-deffus ,
cette Infcription : Prona fides Principis Urbium.
La defcription abregée de Paris , avec les noms
des Officiers du Gouvernement ; d'un côté eft
la Chronologie des Rois de France & les années
de leurs Regnes , depuis Pharamond , premier
Roi , jufqu'à Louis XV. 66e Roi , & de l'autre
la tige & la Génealogie de la Maifon Royale de
II. Vol. Bourbon ,
2906 MERCURE DE FRANCE
1
Bourbon , depuis Louis de Bourbon , Comte de
Clermont , Petit- Fils de S. Louis IX . 44 Roi ,
jufqu'à Henri IV . Roi de France & de Navarre,
avec les alliances. Enfuite la Maifon du Roi &
fon origine , compofée de huit Compagnies de
la Garde à Cheval & d'une Compagnie de Grenadiers
à Cheval , avec l'Etat Major de la Cour,
ornée aux côtés du Titre de Trophés ancien &
moderne , en Taille -douce , ainfi que les Unifor
mes , Etendarts & Armures d'ordonnance ; ces
premieres Troupes font détaillées fuivant leurs
rangs , & partagées en 15. colonnes fur neuf
lignes , depuis leurs créations jufqu'au 15. Fevrier
1730. avec le nombre des Officiers , des
Ecuyers & Maîtres qui les compofent.
V. Feuille. Vue & Perfpective de Verſailles , du
côté de la grande Place d'Armes , on y voit l'entrée
du Roi dans la premiere Cour , les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes fous les armes
l'Ecu de France aîlé au - deffus , avec cette Infcription
: Regia Solis , & au deffous la Defcription
abregée de la Ville & Château Royal de
Verfailles & les noms des Officiers du Gouvernement
; d'un côté font les Génealogies & Alliances
de la premiere , deuxième & troifiéme
Branche de la Maiſon Royale de Bourbon , & de
l'autre les Génealogies & Alliances de la quatriéme
& cinquième Branche , dont font iffus depuis
Henri IV. les Rois de France , Philippe V.
Roi d'Espagne , & les Maifons d'Orleans , de
Condé & de Conti.
Enfuite la Gendarmerie & fon origine , compofée
de quatre Compagnies de Gendarmes du
Roi , de fix Compagnies de Gendarmes & de fix
Compagnies de Chevaux-Legers des Princes, avec
l'Etat Major , ornée aux côtés du Titre de Trophées
anciens & modernes , ainfi que leurs Uni-
11. Vel.
formes,
DECEMBRE . 1730. 2907
formes , Etendarts & Armures d'ordonnance . Ces
Compagnies qui marchent après la Maifon du
Roi font détaillées fuivant leurs rangs , & partagées
en 15. colonnes fur feize lignes , depuis
leurs créations juſqu'au 15. Fevrier 1730. avec
le nombre des Officiers.
VI. Feuille. Infanterie Françoife & Etrangere ,
fon origine , fous quel Roi , & en quelle année
elle a été regimentée avec les Etats Majors , ornée
aux côtés du Titre de Trophées anciens & modernes
; enfuite font les noms des Colonels Géneraux
de l'Infanterie Françoife & Etrangere ,
des Suiffes & Grifons au 15. Fevrier 1730. - lacréation
de fes Charges & le tems de leur nomination.
Au deffous font les noms , qualités &
grades des Directeurs & Infpecteurs Géneraux
de l'Infanterie , avec leurs créations , nominations
& départemens. Cette Infanterie eft compofée
de cent Régimens François & de vingt Régimens
Etrangers , à commencer par les Gardes
Françoifes & les Gardes Suiffes , qui font partie
de la Maifon du Roi , & marchent à la tête de
toute l'Infanterie de France , par le Reglement
de Louis XIV . & enfuite de Picardie , Piemier
Régiment &c. détaillés fuivant leurs rangs,
avec leurs Drapeaux , Uniformes & armures
d'ordonnance , & partagées en trois grandes colonnes
, qui comprennent 15. colonnes chacune
fur dix-fept lignes
VII. Feuille. Suite de l'Infanterie Françoiſe
& Etrangere , compriſe dans 3. grandes colonnes,
qui forment quinze colonnes chacune , ſur 23.
Tignes , détaillée comme ci - deffus , & au bas le
nombre géneral des Officiers , celui des Régimens
fur pied , des Cadets , Sergens , Soldats ,
Tambours & Fifres qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre géneral
11, Vol.
de
2908 MERCURE DE FRANCE
de leurs Drapeaux , Colonels & armures d'or
donnance jufqu'au 15. Fevrier 1730.
VIII. Feuille. Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere & fon origine , fous quel Roí , &
quelle année elle a été régimentée avec les
Etats Majors , ornêe aux côtez du titre de Trophées
ancien & moderne , les noms des Cololonels
, Meftre de Camp & Commiffaires Geneneraux
de la Cavalerie ; au 15. Février 1730. là
création de fes Charges & le tems de leur nominations
; au-deffous les noms , qualitez & Grades
des Directeurs & Infpecteurs Generaux de la Cavalerie
, avec leurs créations , nominations &
départemens ; cette Cavalerie eft compofée de 54.
Régimens François , à commencer par celui du
Colonel General , premier Régiment, &c. y compris
le Régiment Royal de Carabiniers , & de 5 .
Régimens étrangers , compris les deux Régimens
d'Huffarts , détaillez fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, & partagées en 3. grandes Colonnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur trente
lignes.
IX. Feuille , fuite de la Cavalerie Legere Françoife
& Etrangere , détaillée comme cy- deffus
& au bas le nombre general des Officiers , celui
des Régimens fur pied , des Maréchaux des Logis
, des Brigadiers , Fouriers , Maîtres , Trompettes
& Timballiers qui les compofent , tant
François qu'Etrangers , avec le nombre general
de leurs Etendarts , juſques & compris l'Ordonnance
du Roi du 30. Mars 1730.
en
Dragons & leur origine , fous quel Roi ,
quelle année ils ont été régimentez , avec les Etats
Majors ; ornée aux côtez du titre de Trophée
ancien & moderne , enfuite font les noms des
Colonels & Meftres de Camp generaux des Dra-
2
II. Vol gons
DECEMBRE. 1730. 2909
gons , au 15. Février 1730. la création de fes
Charges & le tems de leur nomination . Ces
Dragons font compofez de 15. Régimens , à
commencer par celui du Colonel General , premier
Régiment , &c. fuivant leurs rangs , avec
leurs Etendarts uniformes & Armures d'Ordonnance
, partagez en deux grandes Colomnes qui
comprennent 14. Colonnes chacune , fur 15. lidans
la 8 & 9e Feuille ; & au bas le nombre
general des Officiers , celui des Régimens fur
pied , des Maréchaux des Logis , des Brigadiers,
Fouriers , Dragons & Tambours qui les compofent
, avec le nombre general de leurs Etendarts ,
jufqu'au 15. Février 1730 .
gnes ,
Troupes formées en Compagnies , Bataillons ,
Efcadrons & Brigades , au nombre de 822. Compagnies
& un quart de Compagnie , tant François
qu'Etrangers , avec les Etats - Majors , qui
font , la Compagnie des cent Gardes Suiffes ordinaires
du Corps du Roi ; celle des Gardes de la
Porte ; celle des Gardes de la Prévôté de l'Hôtel ;
les deux Compagnies des Cadets Gentilhommes ;
les Compagnies de l'Hôtel Royal des Officiers &
Soldats Invalides ; celles des Soldats de Milices ;
les Compagnies Franches & de Partifans ; celle
de la Connétablie de France ; & les Compagnies
des Maréchauffées duRoyaume, qui font Militaires
depuis l'Ordonnance du Roi de 1720. détaillez
depuis leurs créations jufqu'au 15. Février 1739.
ornée aux côtez du titre de Trophée ancien &
moderne , ainfi que leurs Drapeaux , Etendarts
uniformes & Armures d'Ordonnance ; avec le
nombre general d'Officiers & d'hommes qu'elles
compofent.
Dixiéme Feuille . Maréchaux de France , vivans
au 15 Février 1730. ornée aux côtez du titre des
Bâtons des Maréchaux de France , & des Bâtons
11. Vel.
de
2910 MERCURE DE FRANCE
de Commandans ; leur origine & dates de leurs
Promotions , avec celles de leurs Receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy ; les noms , &
qualitez des Gouverneurs & Lieutenans Generaux
des Provinces du Royaume & leur origine ; les
années de leurs nominations & receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy , la fuite des Chevaliers
des Ordres du Roy & dattes de leurs receptions
, le nombre general des Gouverneurs
Lieutenans de Roy , Commandans , Majors ,
Aydes- Majors & Capitaines des Portes, des Etats
Majors des Villes principales & Places de Guerre
du Royaume.
A droite , font les Officiers Generaux des Armées
, vivans au 15 Février 1730. qui comprennent
les noms & qualitez des Lieutenans Generaux
& des Maréchaux de Camp; leurs créations,
dattes de leurs nominations & leurs receptions de
Chevaliers des Ordres du Roy. De l'autre côté ,
font les noms & qualitez des Brigadiers des Armées
du Roy , vivans au 15 Février 1730 .
de
l'Infanterie , de la Cavalerie , & des Dragons ,
avec leurs créations , dattes de leurs nominations
& receptions de Chevaliers des Ordres du Roy.
Enfuite font les noms & qualitez des Maréchaux
Generaux des Logis , des Camps & Armées du
Roy , du Major General de l'Infanterie, du Maréchal
general, & des deux Maréchaux des Logis
de la Cavalerie , avec leurs créations & nominations.
Au bas eft le commencement des Batailles
mémorables que les François ont gagnées ,
depuis la Fondation de la Monarchie,depuis Tolbiac
, en 496. jufqu'en 1485. fous quels Rois &
en quelles années , reprefentées en fept Tableaux.
Onziéme feuille. Commencement de l'Hiftoire
abregée de Louis XV. 66 Roy , avec les prin-
>
II. Vol
cipaux
DECEMBRE. 1730. 2911
cipaux évenemens arrivez depuis la naiffance de
Sa Majefté , juſqu'au 15 Février 1730. Vingtiéme
année accomplie de Sa Majefté , ornée de
Portiques Royaux , & cette devife : Dulce & decorum,
reprefentée en taille douce par la Maffuë
d'Hercule , debout ; entrelaffée de branches d'Olivier
& de Laurier. Au deffous font les armes du
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang, Grand
Maître de l'Ordre Royal, Militaire & Hofpitalier
de Notre-Dame du Mont Carmel & de S. Lazare
de Jerufalem ; fa nomination par le Roy , Protecteur
& Fondateur de l'Ordre , & la devife :
Dieu, & mon Roy. L'origine & la Defcription
de l'Ordre de S. Lazare , & de celui de Notre-
Dame du Mont- Carmel , réuni par Henri IV.
Au côté droit et l'Artillerie de France , avec
fes Attributs , les Armes du Duc du Maine, Prince
du Sang , Grand Maître & Capitaine general ,
avec fa nomination par Louis XIV . & cette Devife
: Ratio ultima Regum. Les Principaux Officiers
de l'Artillerie nommez , depuis fon origine
jufqu'au 15 Février 1730. Au bas , le Corps
des Off..Ingén.du Roy,& fon origine ordinaire ;
détaillez fous les ordres du Marquis d'Asfeld ,
Directeur general des Fortifications de France ,
&c. De l'autre côté , la dignité de Miniſtre & Sécretaire
d'Etat de la Guerre , la création de cette
Charge , les noms , & années des nominations
dés Intendans , Commiffaires du Roy , départis
dans les Généralitez du Royaume , les Capitaines
, Prevots , Grands - Baillifs & Sénéchaux
d'Epée , qui commandent la Nobleſſe de France ,
& leur origine , avec leurs Lieutenans d'Epée ,
dans les Pays & Généralitez où ils réfident ; les
noms des Commiflaires ordinaires , Provinciaux
des Guerres , dans les départemens du Royaume,
& leur création.Au deffous font tous les Officiers
11. Vol. G Prin2912
MERCURE DE FRANCE
Principaux en charge & par commiffion , tant
d'Epée , que de Finances , attachez au Militaire ,
fuivant leurs créations , départemens & années
d'exercice. Au bas eft la fuite des Batailles mémorables
que les François ont gagnées depuis
1488. jufqu'en 1645 , fous quels Rois & en quelles
années , en fept Tableaux .
Douziéme Feuille. Récapitulation generale des
Officiers & des Troupes , ornée aux côtez de
Trophées & d'attributs militaires ; fçavoir , les
nombres generaux des Officiers de la Maifon du
Roy, de la Gendarmerie , des Colonels , Meftres
de Camp , Lieutenans Colonels , Commandans ,
Majors , Aydes- Majors , Capitaines , Lieutenans
& Officiers fubalternes de toutes les Troupes dų
Roy , en pied , regimentées, & formées en Compagnie
, avec leur montant general,tant François
qu'Etrangers.
Les nombres generaux des Brigadiers d'armée,
Meftres de Camp , Lieutenans Colonels, Majors ,
Capitaines & Lieutenans Réformez , tant à la fuite
de l'Infanterie , de la Cavalerie Françoise &
Etrangere , que des Dragons ; à la fuite des Places
de Guerre , & formez par Brigades fur les
Frontiéres ; ainfi que les Officiers retirez dans
les Provinces , par leurs anciens fervices ; avec
leur montant general, tant François qu'Etrangers,
Au côté droit , font les Récompenfes honorables
; reprefentées. par la Vertu , jointe aux attri
buts militaires , en forme de Trophée; les Ordres
du Roy , avec cette Devile : Honori non prada ,
au deffous font les Defcriptions des premiers
Ordres de S. Michel , & du S. Efprit , depuis
leurs inftitutions jufqu'à préfent.De l'autre côté,
font les Récompenfes Militaires , l'Ordre Royal
des Chevaliers de S. Louis , reprefenté par la vûë
de l'Hôtel Royal des Invalides, avec cette devife !
Beili II. Vol.
DECEMBRE 1730. 2913
Bellica Præmium Virtutis . Son établiſſement par
LOUIS XIV. jufqu'à prefent , &c. Au deffous
font les nombres generaux détaillez par rangs ,
des Ecuyers , Maîtres de la Maiſon du Roy , des
Maîtres de la Gendarmerie , des Soldats de l'In,
fanterie , des Maîtres de la Cavalerie , François
& Etrangers , & des Dragons , diftinguez par
colonnes , avec le nombre general des Bataillons
& d'Eſcadrons de chaque Corps de Troupes, formées
en Compagnies & en Regimens fur pied ,
le 15 Février 1730. Et au bas , le montant general
des Troupes de Terre , tirées complettes ,
fuivant la derniere Ordonnance du Roy, du 10
Decembre 1727.qui regle le payement des Troupes
de Sa Majefté; au côté droit eft l'étimologic
du mot d'Infanterie , fon origine & changement,
fucceffivement jufqu'à prefent ; l'origine de la
Maifon du Roy , & des premiers Gardes de la
Perfonne Sacrée des Rois ; de la premiere Gendarmerie
, de la premiere Cavalerie legere & des
premiers Dragons de France. Au deffous eft la
Notice des Ordonnances Royales & Militaires &
des Ecrivains que l'Auteur de cette compilation
a confultez , avec la datte des Editions de leurs
ouvrages. Et au côté gauche , des Obfervations
abrégées pour la Regle & la Difcipline des Troupes
, extraites de l'Ordonnance du Roy de 1727.
Au bas de cette derniere feuille , eft la fuite des
Batailles mémorables, gagnées par les François,
depuis 1645.jufqu'en 1712.de la derniere Guerre,
qui font terminées par le vrai caractere & qualitez
que doit avoir un parfait homme de Guerre ;
reprefentées en fept Tableaux.
La Bordure de cette Carte a fept pouces de
large ; dans tout fon contour , elle renferme 110
Plants,avec les Deſcriptions aux côtez & le nombre
d'Officiers des Etats Majors complets & non
11. Vol.
Gij coms
2914 MERCURE
DE FRCEAN
complets , de chacune des principales Places de
Guerre & Maritimes du Royaume,diftinguez par
départemens & gouvernemens generaux des Provinces,
avec leurs diftances de Paris , & de l'une à
l'autre ; fçavoir , de Picardie , Artois , Flandres ,
Haynault ,Champagne,des Trois - Evêchez, Alface,
Franche-Comté , Bourgogne , Dauphiné , Provence
, Languedoc , Rouffillon , Béarne & Bifcaye,
Guyenne, Pays d'Aunis, Bretagne & Normandie
, le tout exécutez en Taille douce ; ornées
de Fleurs de Lys, de Palmes , & de Lauriers ;
le milieu de la Bordure de la droite renferme la
Defcription hiftorique du Royaume de France
fondé l'an 420. & le milieu de la gauche , la Deſcription
hiftorique du Royaume du Pologne ,
fondé l'an 550. Le milieu du bas de cette Bordure
eft enrichi des Chifres Royaux ,couronnez des armes
de la Reine & du Dauphin,toujours en taille
douce;& les coins font fermez par la Repréſentation
des quatre Principaux vents , avec Trompettes
& Banderolles de France & de Navarre
en forme de Renommée.
?
Pour la facilité de l'ufage & de la vente de cette
Carte , à un prix raifonnable , on la mettra dans
toute fon étendue,fur Gorges, elle aura fept pieds
en quarré , compris fa Bordure ; laquelle contiendra
dix - neuf demie- feuilles de papier grand
de 22 Aigle , affemblées par ordre militaire ,
pouces fur 16 pouces de haut chaque feuille , elle
pourra fe mettre dans une place proportionnée
à cette étendue.
Pour la facilité & la portée de la vûë, la Carte
fera féparée en deux parties,montées fur Gorges,
par moitié , confervant toujours fa même largeur
, réduite à trois pieds & demi de hauteur ,
que pourra placer de bout en bout
a vis, dans une Salle ou Galerie, &
l'on
pour
3 ou visla
com-
II. Vol
moDECEMBRE.
1730. 2915
modité du Cabinet, des Bibliotheques & du tranf
port ; cette Carte ſera réduite & formée en livre
de dix-neuf feuilles ou Planches entieres , numérotées
, de la même hauteur & largeur que les
feuilles cy-deffus expliquées, attachées à onglets ,
& couvert d'un papier marbré ; grand in folio ,
que
l'on pourra
faire relier, non compris la feuille
d'Avertiffement qui y fera jointe, pour trouver
& joindre enfemble facilement les differens fujets
de cet Ouvrage , aifez à fatisfaire la connoiffance
de l'Hiftoire & du Militaire.
L'Auteur ſe promet , par fon extrême diligence
, de pouvoir faire achever la gravure & l'impreffion
dans le courant de l'année prochaine
1731. Et quant aux differents changemens
& mutations du Militaire arrivez depuis
l'Epoque de cette Carte , du 'IS Fév. 1730
& qui arriveront juſqu'au 15 Fév. 1731. l'Auteur
donnera alors un petit Livret imprimé, fous
le titre de Supplément aux Explications Militai
res , qu'il continuera de donner à peu de frais ,
d'année en année , le même jour 15 Février, pour
fuppléer & foutenir l'état préfent, en tous temps,
de la Carte generale de la Monarchie & du Militaire
de France , tant ancien que moderne , en
vertu de fon Privilége.
Le fieur Lemau Delajaiffe Auteur & Inventeur
, ancien Officier de la Maiſon d'Orleans , &
dans l'Ordre de S. Lazare , loge à Paris , ruë
près la Fontaine de Richelieu , où il fera voir
l'Original de cet Ouvrage.
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Résumé : Description abregée de la Carte generale & historique de la Monarchie & du Militaire de France, &c. [titre d'après la table]
Le document 'Description abrégée de la Carte Générale & Historique, de la Monarchie & du Militaire de France' est dédié au roi et présenté à Sa Majesté à Marli le 17 février 1730. Il se compose de plusieurs feuilles détaillant divers aspects historiques et militaires de la France. La première feuille présente un soleil symbolisant la France, entouré de cornes d'abondance et du pavillon royal. Elle inclut les armoiries de France et de Navarre, ainsi que des devises historiques. Des figures allégoriques comme Minerve, la Renommée et l'Histoire y sont représentées, entourées des portraits des rois Henri IV et Louis XIV. La deuxième feuille offre un abrégé de la vie des rois de France depuis Pharamond jusqu'à Louis XIV, incluant l'origine du nom français et la naissance du christianisme dans la monarchie. La troisième feuille liste les grands officiers militaires de France depuis la création de leurs charges jusqu'en 1730, précisant les rois sous lesquels ils ont servi. La quatrième feuille présente une vue de Paris avec les armoiries de la ville et une chronologie des rois de France, ainsi que la généalogie de la maison royale de Bourbon. La cinquième feuille montre une perspective de Versailles, avec les généalogies des branches de la maison royale de Bourbon et une description de la gendarmerie. Les feuilles suivantes détaillent les différentes branches des forces armées françaises : l'infanterie française et étrangère, la cavalerie légère, les dragons, et les troupes formées en compagnies, bataillons, escadrons et brigades. Chaque feuille précise les origines, les créations des charges et les nominations des officiers. La dixième feuille liste les maréchaux de France en vie au 15 février 1730, ainsi que les officiers généraux des armées, les brigadiers et les maréchaux généraux des logis. Elle mentionne également les batailles mémorables gagnées par les Français depuis la fondation de la monarchie. La onzième feuille commence l'histoire abrégée de Louis XV, avec les principaux événements survenus depuis sa naissance jusqu'en 1730, et inclut des informations sur l'ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel. Le document décrit également une carte détaillée des forces militaires françaises et de l'organisation administrative du royaume en décembre 1730. Elle inclut les attributs et armes du Duc du Maine, nommé par Louis XIV, ainsi que les principaux officiers de l'artillerie de 1730. La carte répertorie les dignitaires militaires, les intendants, commissaires du roi, capitaines, prévôts, grands-baillifs et sénéchaux d'épée, ainsi que leurs lieutenants. Elle détaille les batailles mémorables gagnées par les Français de 1488 à 1645 et de 1645 à 1712. La carte présente les récompenses honorifiques et militaires, telles que les ordres de Saint-Michel, du Saint-Esprit et de Saint-Louis, ainsi que les descriptions des troupes, des officiers et des bataillons. Elle inclut également des observations sur la discipline militaire et des notices historiques sur les ordonnances royales. La bordure de la carte contient des descriptions historiques du royaume de France et de la Pologne, ainsi que des armoiries royales. La carte est conçue pour être vendue en plusieurs formats, facilitant son usage et son transport. L'auteur, le sieur Lemau Delajaiffe, promet de publier des suppléments annuels pour mettre à jour les informations militaires.
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36
p. 1605-1606
ALLEMAGNE.
Début :
Le Marquis Palavicini, Envoyé de la République de Génes, eut dans les premiers jours [...]
Mots clefs :
Marquis, Infanterie, Cavalerie, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
de la
Lblique de Génes , cut dans les premiers jours
de ce mois une Audiance particuliere de l'Empe
reur , dans laquelle il lui demanda 6000. hom
mes d'Infanterie et 4000 de Cavalerie des Trou
pes Imperiales qui sont en Italie , pour aider la
République à réduire les Rebelles de l'Ile de
Corse.
On mande de Berlin , que le 3. de ce mois , le
Roi de Prusse et la Famille Royale , accompagnés
des Princes et Seigneurs Etrangers , allerent pren
dre le divertissement d'une magnifique Chasse
qu'on avoit préparée près de Spandaw , dans la
quelle on tua plus de 700. Pieces , tant Cerfs ,
Dains , Sangliers , qu'autre Gibier. La Reine et
la Duchesse de Beveren en tuerent plusieurs avec
des Arquebuses rayées. Le soir on tira au Blanc
à la lueur de plusieurs milliers de Lampions : on
distribua cinq Prix à ceux qui les avoient gagnez
et le Duc de Wirtemberg en remporta le plus haut.
On apprend de Suisse que l'Assemblée géné
rale des treize Cantons , se tiendra cette année à
Bade. Le Marquis de Bonac , Ambassadeur.de
France ayant résolu de s'y rendre , leur a écrit à,
ce sujet la Lettre suivante,
MAGNIFIQUES SEIGNEURS
Comme il vous a plû depuis que je suis honoré
de cette Ambassade , de vous assembler deux
fois à Soleure à ma réquisition , j'ai dessein de
profiter de votre prochaine Diete générale de la
11. Vol.
Saint
I
1606 MERCURE DE FRANCE
Saint Jean , pour vous en faire personnelle
ment mes remercimens , esperant que vous vou
drez bien la tenir dans la Ville de Baden où je
me rendrai.
Vous n'aurez pas oublié et vous verrez dans
vos Abcheids que je vous ai parlé de diverses
choses concernant l'affermissement de l'ancienne
amitié , et des Traitez de Paix perpetuelle et
d'Alliance entre le Roi et votre Nation ; et
comme vous jugerez , sans doute , que votre pro
chaine Assemblée sera une occasion fort natu
relle'de vous entretenir plus amplement sur le
même sujet , je vous prie, Magnifiques Seigneurs ,
de prendre en consideration lesdits Traitez, afin
que vous puissiez instruire Messieurs vos Dépu
tez sur une Matiere si interressante, et que nous
soyons en état de nous communiquer amiable
ment là-dessus. Je prie Dieu , qu'il vous main.
tienne , Magnifiques Seigneurs , dans la prosper
rité de tout ce qui peut vous être le plus avan
tageux.
MAGNIFIQUES SEIGNEURS ,
étoit figné , Votre affectionné à
vous servir.
D'USSON
DE BONA Ci
de la
Lblique de Génes , cut dans les premiers jours
de ce mois une Audiance particuliere de l'Empe
reur , dans laquelle il lui demanda 6000. hom
mes d'Infanterie et 4000 de Cavalerie des Trou
pes Imperiales qui sont en Italie , pour aider la
République à réduire les Rebelles de l'Ile de
Corse.
On mande de Berlin , que le 3. de ce mois , le
Roi de Prusse et la Famille Royale , accompagnés
des Princes et Seigneurs Etrangers , allerent pren
dre le divertissement d'une magnifique Chasse
qu'on avoit préparée près de Spandaw , dans la
quelle on tua plus de 700. Pieces , tant Cerfs ,
Dains , Sangliers , qu'autre Gibier. La Reine et
la Duchesse de Beveren en tuerent plusieurs avec
des Arquebuses rayées. Le soir on tira au Blanc
à la lueur de plusieurs milliers de Lampions : on
distribua cinq Prix à ceux qui les avoient gagnez
et le Duc de Wirtemberg en remporta le plus haut.
On apprend de Suisse que l'Assemblée géné
rale des treize Cantons , se tiendra cette année à
Bade. Le Marquis de Bonac , Ambassadeur.de
France ayant résolu de s'y rendre , leur a écrit à,
ce sujet la Lettre suivante,
MAGNIFIQUES SEIGNEURS
Comme il vous a plû depuis que je suis honoré
de cette Ambassade , de vous assembler deux
fois à Soleure à ma réquisition , j'ai dessein de
profiter de votre prochaine Diete générale de la
11. Vol.
Saint
I
1606 MERCURE DE FRANCE
Saint Jean , pour vous en faire personnelle
ment mes remercimens , esperant que vous vou
drez bien la tenir dans la Ville de Baden où je
me rendrai.
Vous n'aurez pas oublié et vous verrez dans
vos Abcheids que je vous ai parlé de diverses
choses concernant l'affermissement de l'ancienne
amitié , et des Traitez de Paix perpetuelle et
d'Alliance entre le Roi et votre Nation ; et
comme vous jugerez , sans doute , que votre pro
chaine Assemblée sera une occasion fort natu
relle'de vous entretenir plus amplement sur le
même sujet , je vous prie, Magnifiques Seigneurs ,
de prendre en consideration lesdits Traitez, afin
que vous puissiez instruire Messieurs vos Dépu
tez sur une Matiere si interressante, et que nous
soyons en état de nous communiquer amiable
ment là-dessus. Je prie Dieu , qu'il vous main.
tienne , Magnifiques Seigneurs , dans la prosper
rité de tout ce qui peut vous être le plus avan
tageux.
MAGNIFIQUES SEIGNEURS ,
étoit figné , Votre affectionné à
vous servir.
D'USSON
DE BONA Ci
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, la République de Gênes a demandé à l'empereur 6 000 hommes d'infanterie et 4 000 de cavalerie des troupes impériales en Italie pour réprimer les rebelles en Corse. À Berlin, le roi de Prusse et la famille royale ont participé à une chasse près de Spandau, au cours de laquelle plus de 700 pièces de gibier ont été tuées. La reine et la duchesse de Beveren ont également pris part à cette chasse. Le soir, une compétition de tir au blanc a été organisée, et le duc de Wurtemberg a remporté le prix le plus élevé. En Suisse, l'Assemblée générale des treize Cantons se tiendra à Bade cette année. Le marquis de Bonac, ambassadeur de France, a exprimé son intention de s'y rendre et a écrit aux cantons pour les en informer. Dans sa lettre, il exprime son désir de remercier personnellement les cantons et de discuter des traités de paix perpétuelle et d'alliance entre le roi de France et la nation suisse. Il les encourage à considérer ces traités afin de préparer les députés à en discuter lors de l'Assemblée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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37
p. 2655-2656
SUÈDE.
Début :
Le Roy a actuellement sur pied 40000. hommes, tant d'Infanterie que de Cavalerie. Les [...]
Mots clefs :
Infanterie, Ratification, Convention préliminaire, Traité de Commerce
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texteReconnaissance textuelle : SUÈDE.
SUEDE.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
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Résumé : SUÈDE.
En Suède, les magasins de la Finlande sont bien approvisionnés en grains, assurant la subsistance jusqu'à la prochaine récolte. Au Danemark, une convention préliminaire a été conclue entre le roi et les États Généraux des Pays-Bas, probablement concernant le commerce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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38
p. 1850-1856
POLOGNE.
Début :
Le 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décamper à l'armée qui occupe le Camp de Villanova [...]
Mots clefs :
Camp de Villanova, Pologne, Klingenberg, Infanterie, Palatin de Mazovie, Canon, Camp, Bataillons, Ligne
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
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Résumé : POLOGNE.
Le 31 juillet, le roi ordonna à l'armée de quitter Nova, près de Varsovie. Les troupes se disposèrent en cinq colonnes : deux de cavalerie et trois d'infanterie. La colonne de droite, dirigée par le Major General Klingenberg, comprenait 8 escadrons de Gotha et de Nassau. La colonne de gauche, sous le commandement du Major General Mir, incluait 4 escadrons du Régiment de Mir et 4 escadrons de divers régiments de la Couronne. Les colonnes d'infanterie étaient commandées par le Prince Czartoriski, le Major General Campenhausen et le Major General Flemming. Les colonnes de droite avancèrent par la gauche et celles de gauche par la droite. Les bagages suivaient à l'arrière de chaque colonne, et la vieille grande garde formait l'arrière-garde. Le Palatin de Mazovie, régimentaire, menait la colonne du centre, suivi du Lieutenant General Comte de Denhof portant le Bonzouk, une marque d'honneur. Après avoir traversé une digue, les colonnes se remirent en ordre de bataille et attendirent les signaux. Le roi donna le premier signal par un coup de canon, et le Quartier-Maître Général reconnut le camp. L'artillerie, composée de 38 canons et 4 mortiers, suivit la colonne du centre, fermée par une compagnie de dragons. L'armée se mit en bataille à la tête du nouveau camp et y entra au troisième signal. Le 2 août, une revue générale de l'armée fut organisée. Les troupes se rangèrent à la tête de leur camp et avancèrent vers la place d'armes. Les pièces de campagne et l'artillerie se disposèrent en ordre de bataille. Le roi, précédé de son Bonzouk, passa en revue l'armée et regagna sa tente. Des feux de salut furent tirés par les pièces de campagne et l'artillerie, suivis d'un feu coulant de toute l'armée. L'armée effectua ensuite une conversion à droite et passa devant le roi. Le 3 août, le roi célébra la fête de l'Ordre de l'Aigle blanc. Le 4 août, l'infanterie fit l'exercice sur la place d'armes, effectuant divers mouvements et tirs en présence du roi.
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39
p. 381-382
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne qu'il étoit entré dans le Port de cette Ville, depuis le 30 du [...]
Mots clefs :
Guerre, Infanterie, Anglais, Hollandais, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAI .
N mande de Lisbonne qu'il étoit entré
dans le Port de cette ville , depuis le 30 du
mois de Decembre 1731. jusqu'au 27 du même
mois de l'année derniere , 855 Vaisseaux Marchands
, dont its sont Portugais , et 740 song
Etrangers ; sçavoir , 59 François , 534 Anglois ,
109 Hollandois , 21 Suédois , 8 Espagnols ,
Hambourgeois , 2 de Trieste , a Maltois , 1 Génois
et un de Dantzick ; sans compter 9 Vais
seaux de Guerre , et zo Paquebots Anglois , et
7 Vaisseaux de Guerre Hollandois.
Le Roy ne voulant recevoir à l'avenir , dans
ses Troupes que des Officiers qui ayent toutes
les connoissances nécessaires à leur profession
a établi à Lisbonne , à Yana , à Elvas et à Almeyda
, quatre Académies , dans lesquelles les
jeunes gens qui seront destinez à porter les Armes
, pourront s'instruire de tout ce qui peut
regarder l'Art Militaire. Les places d'Enseignes
seront remplies par ceux qui se distingueront
dans ces Académics , et aucun Officier ne pourra
être
282 MERCURE DE FRANCE
ètre admis dans aucun Poste , jusqu'à celui de
Colonel , qu'il n'ait été examiné auparavant par
l'Ingénieur Général du Royaume , en presence
des Ministres du Conseil de Guerre et de la Junte
des trois Etats . S. M. a aussi résolu de former
dans chaque Régiment d'Infanterie une Compagnie
d'Ingénieurs , qui auront seuls droit de
prétendre aux Places de Capitaines de ces Compagnies,
et qui pourront parvenir à celle de Sergent
Major d'Infanterie.
N mande de Lisbonne qu'il étoit entré
dans le Port de cette ville , depuis le 30 du
mois de Decembre 1731. jusqu'au 27 du même
mois de l'année derniere , 855 Vaisseaux Marchands
, dont its sont Portugais , et 740 song
Etrangers ; sçavoir , 59 François , 534 Anglois ,
109 Hollandois , 21 Suédois , 8 Espagnols ,
Hambourgeois , 2 de Trieste , a Maltois , 1 Génois
et un de Dantzick ; sans compter 9 Vais
seaux de Guerre , et zo Paquebots Anglois , et
7 Vaisseaux de Guerre Hollandois.
Le Roy ne voulant recevoir à l'avenir , dans
ses Troupes que des Officiers qui ayent toutes
les connoissances nécessaires à leur profession
a établi à Lisbonne , à Yana , à Elvas et à Almeyda
, quatre Académies , dans lesquelles les
jeunes gens qui seront destinez à porter les Armes
, pourront s'instruire de tout ce qui peut
regarder l'Art Militaire. Les places d'Enseignes
seront remplies par ceux qui se distingueront
dans ces Académics , et aucun Officier ne pourra
être
282 MERCURE DE FRANCE
ètre admis dans aucun Poste , jusqu'à celui de
Colonel , qu'il n'ait été examiné auparavant par
l'Ingénieur Général du Royaume , en presence
des Ministres du Conseil de Guerre et de la Junte
des trois Etats . S. M. a aussi résolu de former
dans chaque Régiment d'Infanterie une Compagnie
d'Ingénieurs , qui auront seuls droit de
prétendre aux Places de Capitaines de ces Compagnies,
et qui pourront parvenir à celle de Sergent
Major d'Infanterie.
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Résumé : PORTUGAL.
Le document décrit les activités portuaires et les réformes militaires au Portugal entre le 30 décembre 1731 et le 27 décembre 1732. Pendant cette période, 855 vaisseaux marchands ont accosté au port de Lisbonne, dont 740 étaient étrangers. Parmi ces vaisseaux étrangers, on comptait 59 français, 534 anglais, 109 hollandais, 21 suédois, 8 espagnols, 2 de Trieste, 4 maltais, 1 génois et 1 de Dantzick. De plus, 9 vaisseaux de guerre et 20 paquebots anglais, ainsi que 7 vaisseaux de guerre hollandais, ont été enregistrés. Sur le plan militaire, le roi du Portugal a instauré quatre académies à Lisbonne, Yana, Elvas et Almeyda pour former les jeunes à une carrière militaire. Les places d'enseignes seront attribuées aux meilleurs élèves de ces académies. Aucun officier ne pourra accéder à un poste supérieur à celui de colonel sans être examiné par l'ingénieur général du royaume, en présence des ministres du Conseil de Guerre et de la Junte des trois États. Le roi a également décidé de créer une compagnie d'ingénieurs dans chaque régiment d'infanterie, ces ingénieurs pouvant accéder aux postes de capitaines et de sergent major d'infanterie.
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40
p. 591-594
ESPAGNE.
Début :
Les Lettres d'Oran du 6. Fevrier, portent que le matin du même jour, quelques Travailleurs [...]
Mots clefs :
Oran, Ennemis, Espagnols, Cavalerie, Maures, Vaisseau, Infanterie, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE..
Es Lettres d'Oran du 6. Fevrier , portent que
leurs étant sortis de cette Place pour reconnoître
des Palmiers qu'on avoit abbattus la veille , cinq
d'entre eux qui s'avancerent plus que les autres ,
tomberent dans une embuscade des Ennemis qui
les auroient enveloppez , s'ils ne se fussent retirez
précipitamment. Ils avertirent les Piquets qui
soutenoient les Travailleurs du Fort de S. Philippe
, de se tenir sur leurs gardes , et aussi -tôt les
Piquets marcherent en bon ordre aux Ennemis ,
dont le nombre pouvoit monter à 1500. Il y eut
grand feu de part et d'autre , mais les Ennemis.
curent à soutenir , non seulement celui des Pi→✩
quets , mais encore celui de l'Artillerie des Forts
de S. Philippe et de S. André Les Grenadiers
eurent ordre d'aller au secours des Piquets , et on
fit monter la Cavalerie à cheval pour soutenir
les Grenadiers, Ceux- ci étant arrivez les premiers
au poste des Ennemis , se rangerent.en bataille ,
dans le dessein de couper les Ennemis , qui s'en
étant apperçus , se retirerent. La Cavalerie Espagnole
, pour engager un combat entre les Trou
pes d'Infanterie , feignit deux fois de prendre la
fuite , afin d'attirer les Ennemis , mais ce fut inutilement.
Les Maures ont perdu ffo . hommes ,
et du côté des Espagnols il y a eu un Enseigne et
deux Soldats tuez et 17. blessez.
On a appris depuis le détail qu'on va lire au
sujet de cette Action: Quatre Compagnies de Grenadiers
commandez pour couvrir des Travailleurs
qui coupoient du bois au bas de la Montagne de
da la Mazetta , étant sorties de la Place au point dujour
192 MERCURE DE FRANCE
jour , apperçurent un nombre considerable d'Ennemis
qui se voyant découverts , firent feu et les ›
obligerent de se retirer jusqu'à ce qu'elles eussent
été jointes par cinq autres Compagnies de
Grenadiers qu'on envoya du Fort S. Philippe à s
leur secours ; soutenuës de ce renfort , elles retournerent
à l'Ennemi , et l'action s'engagea vi→
vement de part et d'autre. Le Commandant de la
Place , averti que ces gens étoient aux mains avec
les Maures , sortit avec 300. chevaux et huit
Compagnies d'Infanterie , et se mit en bataille
plaçant sa Cavalerie au centre , et son Infanterie
sur les aîles. Aussi-tôt les Maures firent avancer
un Corps de Cavalerie pour attaquer la Cavalerië
Espagnole , qui recula afin que les Ennemis , la
poursuivant , fussent pris en flanc des deux côtez
par l'Infanterie. Cette feinte réussit ; les Ennemis
s'étant trop avancez , les deux ailes se replierent
, et les ayant mis entre deux feux , leur tue
rent beaucoup de monde ; le reste ne s'étant sauvé
qu'avec peine , alla se rallier près d'un Corps
d'Infanterie et de Cavalerie , qui étoit posté à
quelque distance dans la Plaine des Salines.
Cependant le Bey Bigotillo s'étoit avancé avec
dix Drapeaux , et s'étoit mis en bataille vis- à - vis
le front des Travailleurs ; le Commandant Espagnol
et le Gouverneur du Fort de Sainte Croix
l'ayant apperçu , firent chacun un détachement
pour le couper , l'un du côté de la Montagne
l'autre par le Barranco , ou Vallon creux ; mais
Bigotillo ayant vû ce mouvement , se retira a■
plus vite,et alla rejoindre le gros des Ennemis qui
prirent la fuite. Les Espagnols poursuivirent les
Fuyards pendant un assez long espace , et après .
s avoir chassez jusques hors de la vûë d'Oran ,
rentrerent dans la Place avec une grande quantité
MARS. 1733. 195
tité de chevaux pris sur les Ennemis. Cette action
a durédepuis le point du jour jusqu'à quatre heures
du soir , et les Maures ont perdu près de 600.
hommes , au lieu que les Espagnols n'ont cu
qu'un Lieutenant de Dragons et deux Soldats
de tuez.
On a reçu avis de Barcelone , que l'Escadre que
le Roy avoit dans la Méditerranée
, étoit rentrée
dans ce Port , selon les mêmes Lettres , cette Escadre
étant sur les Côtes de Barbarie
, découvrit
près du Golfe d'Arseo , à la hauteur de Mostagan
, un Vaisseau
de 46. pieces de Canon , qui
servoit cy-devant de Capitane
à l'Escadre
d'Alger
; Don Blaise de Lezo, qui commandoit
l'Escadre
du Roy , fit force de voiles pour donner
la chasse à ce Vaisseau
; mais comme le Vaisai –
seau ennemi avoit deux lieües d'avance
, la nuit
survint
avant qu'on pût le joindre , et le Capi
taine en profita pour débarquer
300. Turcs et
quelques
vivres qu'il transportoit
d'Alger
au
Camp des Maures. Le lendemain
au point du
jour , on apperçut
ce Vaisseau
derriere un Cap
et vers les neuf heures et demie on commença
le canoner. Il essuya pendant
près de deux heures
les bordées de tous les Vaisseaux
de l'Escadre
Espagnole
, sans être beaucoup
endommagé
. Cependant
le Capitaine
Algerien
voyant que le feu
de l'Artillerie
des Espagnols
ne discontinuoit
point et perdant l'espoir de conserver
son Vaisseau
, songea à sauver l'Equipage
qu'il fit débarquer.
Don Blaise de Lezo , après avoir canoné
pendant
cinq heures le Vaisseau
Algerien
, détacha
les Gardes de la Marine et 200. bommes
pour le couler à fond , ce qui fut executé malgré
le grand feu des Algeriens
rangez en bataille sous
une batterie que les Maures avoient sur le Rivage.
Les
394 MERCURE DE FRANCE
Les Espagnols qui ont enlevé les cordages , le
Canon et tout ce que les Eunemis avoient laissé
dans le Vaisseau , n'ont eu dans ce combat, que
7. hommes tuez et 33. blessez .
On apprend par des Lettres d'Allemagne , que
plusieurs Officiers Espagnols qui sont au service
de PElecteur Palatin , ont obtenu la permission
de venir en Espagne pour faire la prochaine
Campagne d'Afrique en qualité de Volontaires.
Es Lettres d'Oran du 6. Fevrier , portent que
leurs étant sortis de cette Place pour reconnoître
des Palmiers qu'on avoit abbattus la veille , cinq
d'entre eux qui s'avancerent plus que les autres ,
tomberent dans une embuscade des Ennemis qui
les auroient enveloppez , s'ils ne se fussent retirez
précipitamment. Ils avertirent les Piquets qui
soutenoient les Travailleurs du Fort de S. Philippe
, de se tenir sur leurs gardes , et aussi -tôt les
Piquets marcherent en bon ordre aux Ennemis ,
dont le nombre pouvoit monter à 1500. Il y eut
grand feu de part et d'autre , mais les Ennemis.
curent à soutenir , non seulement celui des Pi→✩
quets , mais encore celui de l'Artillerie des Forts
de S. Philippe et de S. André Les Grenadiers
eurent ordre d'aller au secours des Piquets , et on
fit monter la Cavalerie à cheval pour soutenir
les Grenadiers, Ceux- ci étant arrivez les premiers
au poste des Ennemis , se rangerent.en bataille ,
dans le dessein de couper les Ennemis , qui s'en
étant apperçus , se retirerent. La Cavalerie Espagnole
, pour engager un combat entre les Trou
pes d'Infanterie , feignit deux fois de prendre la
fuite , afin d'attirer les Ennemis , mais ce fut inutilement.
Les Maures ont perdu ffo . hommes ,
et du côté des Espagnols il y a eu un Enseigne et
deux Soldats tuez et 17. blessez.
On a appris depuis le détail qu'on va lire au
sujet de cette Action: Quatre Compagnies de Grenadiers
commandez pour couvrir des Travailleurs
qui coupoient du bois au bas de la Montagne de
da la Mazetta , étant sorties de la Place au point dujour
192 MERCURE DE FRANCE
jour , apperçurent un nombre considerable d'Ennemis
qui se voyant découverts , firent feu et les ›
obligerent de se retirer jusqu'à ce qu'elles eussent
été jointes par cinq autres Compagnies de
Grenadiers qu'on envoya du Fort S. Philippe à s
leur secours ; soutenuës de ce renfort , elles retournerent
à l'Ennemi , et l'action s'engagea vi→
vement de part et d'autre. Le Commandant de la
Place , averti que ces gens étoient aux mains avec
les Maures , sortit avec 300. chevaux et huit
Compagnies d'Infanterie , et se mit en bataille
plaçant sa Cavalerie au centre , et son Infanterie
sur les aîles. Aussi-tôt les Maures firent avancer
un Corps de Cavalerie pour attaquer la Cavalerië
Espagnole , qui recula afin que les Ennemis , la
poursuivant , fussent pris en flanc des deux côtez
par l'Infanterie. Cette feinte réussit ; les Ennemis
s'étant trop avancez , les deux ailes se replierent
, et les ayant mis entre deux feux , leur tue
rent beaucoup de monde ; le reste ne s'étant sauvé
qu'avec peine , alla se rallier près d'un Corps
d'Infanterie et de Cavalerie , qui étoit posté à
quelque distance dans la Plaine des Salines.
Cependant le Bey Bigotillo s'étoit avancé avec
dix Drapeaux , et s'étoit mis en bataille vis- à - vis
le front des Travailleurs ; le Commandant Espagnol
et le Gouverneur du Fort de Sainte Croix
l'ayant apperçu , firent chacun un détachement
pour le couper , l'un du côté de la Montagne
l'autre par le Barranco , ou Vallon creux ; mais
Bigotillo ayant vû ce mouvement , se retira a■
plus vite,et alla rejoindre le gros des Ennemis qui
prirent la fuite. Les Espagnols poursuivirent les
Fuyards pendant un assez long espace , et après .
s avoir chassez jusques hors de la vûë d'Oran ,
rentrerent dans la Place avec une grande quantité
MARS. 1733. 195
tité de chevaux pris sur les Ennemis. Cette action
a durédepuis le point du jour jusqu'à quatre heures
du soir , et les Maures ont perdu près de 600.
hommes , au lieu que les Espagnols n'ont cu
qu'un Lieutenant de Dragons et deux Soldats
de tuez.
On a reçu avis de Barcelone , que l'Escadre que
le Roy avoit dans la Méditerranée
, étoit rentrée
dans ce Port , selon les mêmes Lettres , cette Escadre
étant sur les Côtes de Barbarie
, découvrit
près du Golfe d'Arseo , à la hauteur de Mostagan
, un Vaisseau
de 46. pieces de Canon , qui
servoit cy-devant de Capitane
à l'Escadre
d'Alger
; Don Blaise de Lezo, qui commandoit
l'Escadre
du Roy , fit force de voiles pour donner
la chasse à ce Vaisseau
; mais comme le Vaisai –
seau ennemi avoit deux lieües d'avance
, la nuit
survint
avant qu'on pût le joindre , et le Capi
taine en profita pour débarquer
300. Turcs et
quelques
vivres qu'il transportoit
d'Alger
au
Camp des Maures. Le lendemain
au point du
jour , on apperçut
ce Vaisseau
derriere un Cap
et vers les neuf heures et demie on commença
le canoner. Il essuya pendant
près de deux heures
les bordées de tous les Vaisseaux
de l'Escadre
Espagnole
, sans être beaucoup
endommagé
. Cependant
le Capitaine
Algerien
voyant que le feu
de l'Artillerie
des Espagnols
ne discontinuoit
point et perdant l'espoir de conserver
son Vaisseau
, songea à sauver l'Equipage
qu'il fit débarquer.
Don Blaise de Lezo , après avoir canoné
pendant
cinq heures le Vaisseau
Algerien
, détacha
les Gardes de la Marine et 200. bommes
pour le couler à fond , ce qui fut executé malgré
le grand feu des Algeriens
rangez en bataille sous
une batterie que les Maures avoient sur le Rivage.
Les
394 MERCURE DE FRANCE
Les Espagnols qui ont enlevé les cordages , le
Canon et tout ce que les Eunemis avoient laissé
dans le Vaisseau , n'ont eu dans ce combat, que
7. hommes tuez et 33. blessez .
On apprend par des Lettres d'Allemagne , que
plusieurs Officiers Espagnols qui sont au service
de PElecteur Palatin , ont obtenu la permission
de venir en Espagne pour faire la prochaine
Campagne d'Afrique en qualité de Volontaires.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 6 février, à Oran, cinq soldats espagnols tombèrent dans une embuscade après avoir remarqué des palmiers abattus. Ils alertèrent les piquets protégeant les travailleurs du Fort de Saint-Philippe, qui affrontèrent environ 1500 ennemis. Un combat intense s'ensuivit, impliquant l'artillerie des forts de Saint-Philippe et de Saint-André. Les grenadiers et la cavalerie espagnole intervinrent, forçant les ennemis à se retirer. Les Maures perdirent 100 hommes, tandis que les Espagnols déplorèrent la mort d'un enseigne et de deux soldats, ainsi que 17 blessés. Par la suite, quatre compagnies de grenadiers, protégeant des travailleurs coupant du bois, furent attaquées par les ennemis. Renforcées par cinq autres compagnies, elles contre-attaquèrent. Le commandant de la place, avec 300 cavaliers et huit compagnies d'infanterie, engagea les Maures en bataille. La cavalerie espagnole feignit la fuite pour attirer les ennemis dans un piège, tuant beaucoup d'entre eux. Le Bey Bigotillo, avec dix drapeaux, tenta une attaque mais se retira face aux détachements espagnols. Les Espagnols poursuivirent les fuyards jusqu'à les chasser hors de vue d'Oran, rentrant avec une grande quantité de chevaux ennemis. Cette action dura de l'aube à 16 heures, avec près de 600 Maures tués contre un lieutenant de dragons et deux soldats espagnols. À Barcelone, l'escadre royale espagnole, revenue de la Méditerranée, découvrit un vaisseau algérien près du golfe d'Arseo. Malgré une poursuite, la nuit permit au vaisseau ennemi de débarquer 300 Turcs et des vivres. Le lendemain, l'escadre espagnole canonna le vaisseau pendant cinq heures, le coulant finalement à fond malgré la résistance algérienne. Les Espagnols récupérèrent les cordages et le canon, subissant 7 morts et 33 blessés.
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41
p. 154-155
ALLEMAGNE.
Début :
Les Lettres de Vienne du 14. de ce mois, portent que le Conseil de guerre prend les [...]
Mots clefs :
Comte, Généraux, Prince, Cavalerie, Infanterie, Armée d'Italie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Es Lettres de Vienne du 14. de ce mois ,
portent que le Conseil de guerre prend les
mesures nécessaires pour faire transporter en Italie
une grande quantité de grains et beaucoup de
munitions de guerre ; cependant malgré la résolution
qui paroît avoir été prise , d'y avoir cette anaée
une Armée considerable,il n'y a jusqu'à present
JANVIER 1734. ISS
sent que sept Régimens de Cavalerie , dix d'Infanterie
et un de Hussarts , qui ayent reçû ordre
de se rendre dans ce Pays.
L'Empereur a nommé pour servir dans
Armé d'Italie , le Prince Louis de Wirtemberg,
General d'Infanterie , le Prince Frederic de Wir
temberg , General de Cavalerie , le Prince de
Culmbach , le Comte de Lewestein , Mrs de
Valparaso , de Diesbach et Darnaw , Lieutenang
Generaux d'Infanterie , le Comte Philippi , et les
Barons de Kevenhaller et de Ckurganik , Lieutenans-
Generaux de Cavalerie ; les Princes de
Lichtenstein et de Saxe Gotha , le Comte Palfi ;
le Baron de Wachtendonch , le Comte de Welseck
, Mrs de la Tour , de Furstenbusch , de
Neilan , de Fin et de Ligneville , Majors Génet
raux . i
Les Officiers Generaux qui doivent servir dans
P'Armée du Rhin , sont le Duc d'Aremberg et
le Comte de Wallis , Generaux d'Infanterie , le
Comte de Huttois , General de la Cavalerie , le
Prince Ferdinand de Baviere , le Prince de Hesse,
le Prince Hohenzollern , le Baron de Schmetaw ,
Mrs de Mussing , Vasquez et de Scho , Lieute
nans-Generaux ; Mrs Haslinger , Bolla , Mutzeldiosch
, Wallis et Orelli , Majors- Generaux
d'Infanterie , le Comte de Soissons , Mrs Choviretz
, Wurmbrand , Miglio , Petrasch et Badian
, Majors Generaux de Cavalerie.
Es Lettres de Vienne du 14. de ce mois ,
portent que le Conseil de guerre prend les
mesures nécessaires pour faire transporter en Italie
une grande quantité de grains et beaucoup de
munitions de guerre ; cependant malgré la résolution
qui paroît avoir été prise , d'y avoir cette anaée
une Armée considerable,il n'y a jusqu'à present
JANVIER 1734. ISS
sent que sept Régimens de Cavalerie , dix d'Infanterie
et un de Hussarts , qui ayent reçû ordre
de se rendre dans ce Pays.
L'Empereur a nommé pour servir dans
Armé d'Italie , le Prince Louis de Wirtemberg,
General d'Infanterie , le Prince Frederic de Wir
temberg , General de Cavalerie , le Prince de
Culmbach , le Comte de Lewestein , Mrs de
Valparaso , de Diesbach et Darnaw , Lieutenang
Generaux d'Infanterie , le Comte Philippi , et les
Barons de Kevenhaller et de Ckurganik , Lieutenans-
Generaux de Cavalerie ; les Princes de
Lichtenstein et de Saxe Gotha , le Comte Palfi ;
le Baron de Wachtendonch , le Comte de Welseck
, Mrs de la Tour , de Furstenbusch , de
Neilan , de Fin et de Ligneville , Majors Génet
raux . i
Les Officiers Generaux qui doivent servir dans
P'Armée du Rhin , sont le Duc d'Aremberg et
le Comte de Wallis , Generaux d'Infanterie , le
Comte de Huttois , General de la Cavalerie , le
Prince Ferdinand de Baviere , le Prince de Hesse,
le Prince Hohenzollern , le Baron de Schmetaw ,
Mrs de Mussing , Vasquez et de Scho , Lieute
nans-Generaux ; Mrs Haslinger , Bolla , Mutzeldiosch
, Wallis et Orelli , Majors- Generaux
d'Infanterie , le Comte de Soissons , Mrs Choviretz
, Wurmbrand , Miglio , Petrasch et Badian
, Majors Generaux de Cavalerie.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En janvier 1734, des préparatifs militaires sont en cours en Allemagne. Des lettres de Vienne du 14 janvier indiquent que le Conseil de guerre organise le transport de grains et de munitions en Italie pour une armée considérable. Cependant, seuls sept régiments de cavalerie, dix d'infanterie et un de hussards ont reçu l'ordre de se rendre en Italie. L'Empereur a nommé plusieurs officiers pour l'armée d'Italie, dont le Prince Louis de Wurtemberg comme général d'infanterie et le Prince Frédéric de Wurtemberg comme général de cavalerie. D'autres nominations incluent des lieutenants-généraux et majors-généraux d'infanterie et de cavalerie. Pour l'armée du Rhin, les officiers généraux nommés sont le Duc d'Aremberg et le Comte de Wallis comme généraux d'infanterie, et le Comte de Huttois comme général de cavalerie, ainsi que plusieurs lieutenants-généraux et majors-généraux d'infanterie et de cavalerie.
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42
p. 819
« Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Début :
Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...]
Mots clefs :
Colonel, Brigadier, Roi, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Jean- Antoine-François de Franquetot , Comte
de Coigny , Colonel General des Dragons , par la
démission du Marquis de Coigny , son pere ,
ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure de Janvier
dernier , page 172. fut fait Brigadier des
Armées du Roy, le 15. du même mois de Janvier.
Le 13. Fvrier 1744. Antoine Marquis de Mon
ti , de Boulogne en Italie , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Brigadier d'Infanterie du
1. Février 1719. Ambassadeur ordinaire du Roy
en Pologne depuis 1729. et Colonel de Régiment
Royal Italien, Infanterie, par commission
da 17. Juillet 1731. fut nommé Maréchal de
Camp.
Charles- Louis de Biodos , Comte de Casteja , qui
été successivement Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , Guidon des Gendarmes Bourguignons
en 1708. Enseigne des Gendarmes de Bretagne
, Gouverneur des Ville et Château de Saint
Dizier en Champagne , le 31. Mars 1718. actuellement
Ministre et Plénipotentiaire du Roy
à la Cour de Suede , depuis 1727. et enfin Sous-
Lieutenant des Chevaux- Legers d'Orleans , depuis
le mois de Décembre 1731. a été nommé
en même-temps Brigadier de Cavalerie.
de Coigny , Colonel General des Dragons , par la
démission du Marquis de Coigny , son pere ,
ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure de Janvier
dernier , page 172. fut fait Brigadier des
Armées du Roy, le 15. du même mois de Janvier.
Le 13. Fvrier 1744. Antoine Marquis de Mon
ti , de Boulogne en Italie , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Brigadier d'Infanterie du
1. Février 1719. Ambassadeur ordinaire du Roy
en Pologne depuis 1729. et Colonel de Régiment
Royal Italien, Infanterie, par commission
da 17. Juillet 1731. fut nommé Maréchal de
Camp.
Charles- Louis de Biodos , Comte de Casteja , qui
été successivement Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , Guidon des Gendarmes Bourguignons
en 1708. Enseigne des Gendarmes de Bretagne
, Gouverneur des Ville et Château de Saint
Dizier en Champagne , le 31. Mars 1718. actuellement
Ministre et Plénipotentiaire du Roy
à la Cour de Suede , depuis 1727. et enfin Sous-
Lieutenant des Chevaux- Legers d'Orleans , depuis
le mois de Décembre 1731. a été nommé
en même-temps Brigadier de Cavalerie.
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Résumé : « Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Le texte décrit des promotions militaires et diplomatiques en France au XVIIIe siècle. Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, a succédé à son père comme Colonel Général des Dragons et a été nommé Brigadier des Armées du Roy le 15 janvier. Antoine Marquis de Monti, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Brigadier d'Infanterie depuis le 1er février 1719, Ambassadeur en Pologne depuis 1729 et Colonel du Régiment Royal Italien, a été promu Maréchal de Camp le 13 février 1744. Charles-Louis de Biodos, Comte de Casteja, a occupé divers postes militaires et diplomatiques, notamment Colonel d'Infanterie, Guidon des Gendarmes Bourguignons, Enseigne des Gendarmes de Bretagne, Gouverneur de Saint-Dizier, Ministre et Plénipotentiaire à la Cour de Suède, et Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers d'Orléans. Il a été nommé Brigadier de Cavalerie.
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43
p. 1229-1230
ARMÉE D'ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall, [...]
Mots clefs :
Camp de Bruchsal, Maréchal duc de Berwick, Eppingen, Infanterie, Cavalerie, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
ARME'E D'ALLEMAGNE.
15
E Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté
depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall
, vint camper le à Kisloek , sans que
les Ennemis qui avoient à Epingen un Détachement
d'Infanterie et de Cavalerie , ayent osé inquiéter
l'arrieregarde de l'Armée.
Le Prince Eugene , qui ayant fait avancer quelques
Troupes vers Rottembourg le 12 , paroissoit
vouloir marcher de ce côté-là , est toujours
dans le Camp d'Hailbron .
Le Duc de Noailles , que le Maréchal de Ber-
IVol.
wick
1210 MERCURE DE FRANCE
•
wick avoit fait partir du Camp de Bruchsall le
16 avec le Marquis de Nangis , pour aller avec
1650 hommes d'infanterie , et 1200 de Cavalerie
, reconnoître le pays du côté de Guelzheim
et d'Epingen , rejoignit l'Armée à Bruchsall le
20.
M. de Quade , Lieutenant General , qui avoit
été chargé d'aller soumettre le Wirtemberg à
la contribution est revenu de Phortzeim à Graben
avec les Troupes qu'il coinmande , dont il
a laissé quelques Détachements à Dourlack et
dans d'autres postes.
Le Comte de Beileisle , qui étoit parti le 26
May,du Camp de Traërbach " avec 13 Bataillons
et 14scadrons , arriva à Spire le 26 du
même mois.
15
E Maréchal Duc de Berwick qui étoit resté
depuis le 10 May dans le Camp de Bruchsall
, vint camper le à Kisloek , sans que
les Ennemis qui avoient à Epingen un Détachement
d'Infanterie et de Cavalerie , ayent osé inquiéter
l'arrieregarde de l'Armée.
Le Prince Eugene , qui ayant fait avancer quelques
Troupes vers Rottembourg le 12 , paroissoit
vouloir marcher de ce côté-là , est toujours
dans le Camp d'Hailbron .
Le Duc de Noailles , que le Maréchal de Ber-
IVol.
wick
1210 MERCURE DE FRANCE
•
wick avoit fait partir du Camp de Bruchsall le
16 avec le Marquis de Nangis , pour aller avec
1650 hommes d'infanterie , et 1200 de Cavalerie
, reconnoître le pays du côté de Guelzheim
et d'Epingen , rejoignit l'Armée à Bruchsall le
20.
M. de Quade , Lieutenant General , qui avoit
été chargé d'aller soumettre le Wirtemberg à
la contribution est revenu de Phortzeim à Graben
avec les Troupes qu'il coinmande , dont il
a laissé quelques Détachements à Dourlack et
dans d'autres postes.
Le Comte de Beileisle , qui étoit parti le 26
May,du Camp de Traërbach " avec 13 Bataillons
et 14scadrons , arriva à Spire le 26 du
même mois.
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Résumé : ARMÉE D'ALLEMAGNE.
En mai, des mouvements militaires significatifs eurent lieu en Allemagne. Le Maréchal Duc de Berwick, basé à Bruchsall depuis le 10 mai, se déplaça à Kisloek sans rencontrer d'opposition des ennemis stationnés à Epingen. Le Prince Eugène avança des troupes vers Rottembourg le 12 mai mais resta finalement au camp d'Hailbron. Le Duc de Noailles, envoyé par Berwick pour reconnaître la région autour de Guelzheim et Epingen, rejoignit l'armée à Bruchsall le 20 mai. Le Lieutenant Général de Quade, chargé de soumettre le Wurtemberg à la contribution, revint à Graben avec ses troupes, laissant des détachements à Dourlack et autres postes. Le Comte de Belleisle, parti le 26 mai de Traërbach avec 13 bataillons et 14 escadrons, arriva à Spire le même jour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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44
p. 1438-1440
« La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...] »
Début :
La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...]
Mots clefs :
Georges-Jacques de Clermont d'Amboise, Régiment, Infanterie, Capitaine, Flandres, Régiment d'Auvergne
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texteReconnaissance textuelle : « La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...] »
A Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant
par la mort de Georges -Jacques
de Clermont d'Amboise Marquis de
Saint Aignan , a été donnée à Louis d.s
Moulins Marquis de l'Ifle , successivement
Capitaine dans le Régiment de
Barrois , Colonel de celui de la Fere au
mois d'Août 1704 , fait Brigadier le 2
Juillet 1710 , et Maréchat de Camp en
Décembre 1731 .
Le Régiment d'Auvergne Infanterie , le
troisiéme des six Régimens appellés Petits
vieux , vacant par la mort du même
Comte de Clermont- d'Amboise , a été
donné à M. de Contade fils , Colonel de
celui de Flandres depuis le mois de Mars
dernier , et auparavant Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises .
Et celui de Flandres , à M. de Co-
II Vol. ninghaa
JUIN. 1734. 7439
"
ninghan Gentilhomme de Bourgogne
d'une famille originaire d'Ecosse , Lieutenant-
Colonel du Régiment Dauphin Infanterie
, dont il a été Capitaine , et ensuite
Major.
Le 28 de ce mois , Monseigneur le
Dauphin accompagné de Mesdames de
France , alla pour la premiere fois , à
l'Eglise de la Parroisse du Château , et il
y assista au Salut.
Le Roi a accordé au Prince de Rohan
Capitaine Lieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde ordinaire du
Roi , la permission de se démettre de
cette Charge en faveur du Prince de Soubise
son petit fils , qui étoit Guidon de
cette Compagnie .
François de Crussol , né le 24 Janvier
1702 , Prêtre , Abbé Commandataire de
l'Abbaye de Charroux , Ordre S. Benoît,
Diocese de Poitiers , depuis le mois d'Aout
1727 , fils puîné de feu Alexandre Galliot
de Crussol Saint- Sulpice , Seigneur
de Velan en Auvergne , Valmaison , Montmaur
, &c. et appellé le Comté d'Amboise
, mort le 7 Avril 1703 , et de Charlotte-
Gabrielle de Timbrune de Valence ,
II. Vol
fuc
1440 MERCURE DE FRANCE
fut nommé le 29 Juin à l'Evêché de Blois,
vacant en dernier lieu du 24 par le décès
de Charles Henri Phelypeaux de Pontchartrain
, qui y avoit été nommé le 23
Mai dernier.
par la mort de Georges -Jacques
de Clermont d'Amboise Marquis de
Saint Aignan , a été donnée à Louis d.s
Moulins Marquis de l'Ifle , successivement
Capitaine dans le Régiment de
Barrois , Colonel de celui de la Fere au
mois d'Août 1704 , fait Brigadier le 2
Juillet 1710 , et Maréchat de Camp en
Décembre 1731 .
Le Régiment d'Auvergne Infanterie , le
troisiéme des six Régimens appellés Petits
vieux , vacant par la mort du même
Comte de Clermont- d'Amboise , a été
donné à M. de Contade fils , Colonel de
celui de Flandres depuis le mois de Mars
dernier , et auparavant Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises .
Et celui de Flandres , à M. de Co-
II Vol. ninghaa
JUIN. 1734. 7439
"
ninghan Gentilhomme de Bourgogne
d'une famille originaire d'Ecosse , Lieutenant-
Colonel du Régiment Dauphin Infanterie
, dont il a été Capitaine , et ensuite
Major.
Le 28 de ce mois , Monseigneur le
Dauphin accompagné de Mesdames de
France , alla pour la premiere fois , à
l'Eglise de la Parroisse du Château , et il
y assista au Salut.
Le Roi a accordé au Prince de Rohan
Capitaine Lieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde ordinaire du
Roi , la permission de se démettre de
cette Charge en faveur du Prince de Soubise
son petit fils , qui étoit Guidon de
cette Compagnie .
François de Crussol , né le 24 Janvier
1702 , Prêtre , Abbé Commandataire de
l'Abbaye de Charroux , Ordre S. Benoît,
Diocese de Poitiers , depuis le mois d'Aout
1727 , fils puîné de feu Alexandre Galliot
de Crussol Saint- Sulpice , Seigneur
de Velan en Auvergne , Valmaison , Montmaur
, &c. et appellé le Comté d'Amboise
, mort le 7 Avril 1703 , et de Charlotte-
Gabrielle de Timbrune de Valence ,
II. Vol
fuc
1440 MERCURE DE FRANCE
fut nommé le 29 Juin à l'Evêché de Blois,
vacant en dernier lieu du 24 par le décès
de Charles Henri Phelypeaux de Pontchartrain
, qui y avoit été nommé le 23
Mai dernier.
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Résumé : « La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...] »
Au début du XVIIIe siècle, plusieurs nominations militaires et ecclésiastiques ont eu lieu en France. Louis de Moulins, Marquis de l'Ifle, a été nommé Inspecteur d'Infanterie après le décès de Georges-Jacques de Clermont d'Amboise, Marquis de Saint Aignan. Moulins avait occupé divers postes, dont Capitaine dans le Régiment de Barrois, Colonel du Régiment de la Fere en août 1704, Brigadier en juillet 1710, et Maréchal de camp en décembre 1731. Le Régiment d'Auvergne Infanterie a été confié à M. de Contade, fils, ancien Colonel du Régiment de Flandres et Capitaine au Régiment des Gardes Françaises. Le Régiment de Flandres a été attribué à M. de Conninghan, Lieutenant-Colonel du Régiment Dauphin Infanterie. Le 28 juin 1734, Monseigneur le Dauphin a assisté au Salut à l'Église de la paroisse du Château. Le Roi a permis au Prince de Rohan de transmettre sa charge de Capitaine Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire du Roi à son petit-fils, le Prince de Soubise. François de Crussol, né le 24 janvier 1702 et Abbé Commandataire de l'Abbaye de Charroux depuis août 1727, a été nommé à l'Évêché de Blois le 29 juin 1734, succédant à Charles Henri Phelypeaux de Pontchartrain, décédé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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45
p. 1164-1195
LES VIES des Hommes Illustres de la France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à présent. Par M. d'Auvigny. Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines. A Amsterdam, & se vendent à Paris, chés le Gras, Grand'Salle du Palais, à L couronnée 1744.
Début :
Nous avons rendu compte en son tems de tous les Volumes de cet Ouvrage, [...]
Mots clefs :
Duc de Nemours, Ennemis, Français, Armée, Troupes, Ville, Général, Roi, Vénitiens, Pierre de Navarre, Louis XII, Bataille, Bologne, Victoire, Courage, Combat, Guerre, Suisses, Italie, Armes, Colonne, Retranchements, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : LES VIES des Hommes Illustres de la France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à présent. Par M. d'Auvigny. Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines. A Amsterdam, & se vendent à Paris, chés le Gras, Grand'Salle du Palais, à L couronnée 1744.
LES VIES des Hommes Illuftres de la
France , depuis le commencement de la Monarchie
jufqu'à préfent. Par M. d' Auvigny.
Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines.
A Amfterdam , & se vendent à
Paris , chés le Gras , GrandSalle du Palais
, à L couronnée 1744:
N
Ous avons rendu compte en fon tems
de tous les Volumes de cet Ouvrage
qui ont précédé les deux dont on vient de
lire le titre , & qui viennent de paroître depuis
peu de jours . En rendant ce compte au
public , nous avons fouhaité pour fon intérêt
, que l'Auteur jouit d'une longue vie &
d'une parfaite fanté , Il a plû au Seigneur
d'en difpofer autrement. Nous avons perdu
M. d'Auvigny à la fleur de fon âge , & au
milieu de la courfe litteraire qu'il avoit entreprife.
C'eft ce que nous apprenons à regret
de M. fon Frere , Chanoine Régulier
de l'Ordre de Prémontré , dans un Avertiffement,
qui eft à la tête du IX Tome . Avertiffe-
"
JUIN. 1744. TM 1165
tiffement qui contient un détail litteraite ,
honorable , & curieux , lequel nous nous
faifons un devoir de rapporter ici dans fon
entier à caufe de fa brièveté.
Ces deux Volumes , dit M. le Chanoine ,
& ceux qui les fuivront , font les Ouvrages
pofthumes de M. d'Auvigny , Chevau- Leger
de la Garde , qui après avoir donné fes foins
pour l'Edition des Tomes VII & VIII de
fon Livre , fe hâta de partir pour joindre
La Troupe , & a été malheureufement tué
dans le Combat d'Ettinghen , à l'âge de treit
re & un ans , le 27 Juin 1743 , laiffant une
Veuve & deux enfans mâles , à qui les defcendans
des Hommes Illuftres de la France ,
qu'il a célébrés fi dignement , accorderont ,
fans doute , leur protection & par honneur
& par reconnoillance .
On fera peut-être étonné qu'un Auteur ,
qui a fi peu vécu , ait pû fournir une pareille
carriere , & qu'outre ces dix Volumes , qui
font imprimés , il ait encore laiffé la matiere
de plufieurs autres en manufcrit , entre les
mains de fon Libraire , avant que de partir
pour la Franconie, où il a fini fes jours . Peu
d'Ecrivains ont eu plus de facilité & de talens
pour écrire l'Hiftoire , & je crois que la République
des Lettres a fait en lui une perte.
Sa mémoire étoit prodigieufe , & fon ima
gination d'une vivacité extraordinaire, join-
E iij
te
1166 MERCURE DE FRANCE.
te à beaucoup de pénétration d'efprit. Naturellement
Philofophe , il s'étoit formé un
style nerveux & fententieux , qu'on remar
que facilement dans cet Ouvrage. Peut-être
aimoit- il un peu trop les ornemens du ftyle
& les agrémens de la narration , & il femble
les avoir quelquefois préférés à l'exacti
tude de la Grammaire , trop vif & trop
hardi dans fes penfées , pour s'y affujettit
fcrupuleufement.
Si l'on eft furpris qu'il ait pu achever un
fi long Ouvrage à la fleur de fes années ;
( Ouvrage qui fuppofe une lecture immenft
& un très-pénible travail ) combien le ferat'on
davantage , fi on fait attention à tous
les Livres , qu'il a publiés avant celui- ci ?
Après s'être exercé dans fa premiere jeuneffe
fur des matieres de bel efprit & de fiction ,
il s'appliqua férieufement à l'Hiftoire , &
donna un Abregé de celle de France & de la
Romaine, imprimée en 1730. Quelques an
nées après il mit au jour l'Hiftoire de la
Ville de Paris, en cinq Volumes, dont néan
moins la moitié du quatriéme & tout le cinquiéme
ne font point de lui , mais de feu
M. de la Barre , de l'Académie des Belles-
Lettres.
M. d'Auvigny étoit né dans le Hainaut
Après la mort d'un Oncle , qui lui avoit
donné de l'éducation , il vint à Paris en
1
1728
JUIN. 1169 1744.
?
1728 , & fut recommandé à une perfonne
très-connuë dans la République des Lettres ,
qui ayant apperçu en lui du génie , de l'efprit
, du talent & beaucoup d'application à
la lecture & au travail , prit quelque foin
de cultiver ces difpofitions. Mais depuis
plus de huit années , M. d'Auvigny s'étant
attaché à d'autres perfonnes , & ayant voulu
fe conduire à fon gré , celui à qui il avoit
obligation de la premiere culture de fes talens
, n'eut dans la fuite prefque aucun commerce
avec lui. Ainſi dans la compofition
des Vies des Hommes Illuftres , on peut dire
qu'il n'a été fecondé de qui que ce foit. Il
ne me fied pas de m'étendre davantage fur
les louanges d'un frere. J'ai crû devoir à fes
chers manes ce leger tribut , & que le Pu
blic l'approuveroit.
›
Pour donner une idée du travail de M.
d'Auvigny & pour fuivre la coûtume , que
nous avons prife , en rendant compte de
pareils Ouvrages nous expoferons ici
une des Vies qui compofent ce IX Tome.
Celle de GASTON DE FOIX , Duc de Nemours,
Général d'Armée , & Viceroi de Milan , fous
Louis XII , qu'on trouve à la pag. 128 ,
nous a paru convenir aux bornes de ce
Journal.
L'Hiftoire de ce Prince , tué à 24 ans ,
dans le fein de la victoire , eft une folide
E iij preu1168
MERCURE DE FRANCE.
preuve , qu'on ne peut trop fe hâter de de
venir Grand Homme , & que la vertu ne
fuit pas la jeuneffe , mais que l'ardeur & la
préfomption abandonnent rarement cet âge
dangereux .
GASTON étoit de l'Illuftre Maiſon de Foix ,
qui fe vante à jufte titre d'être iffuë de la
premiere race de nos Rois. Ces Cadets belliqueux
firent avouer de tout tems , qu'ils
étoient dignes de la Couronne , que la molleffe
de leurs aînés avoit fait perdre à leur
Maiſon. Son pere étoit N.... Comte de Foix
& de Comminges , & fa mere N.... de VALOIS
, foeur de Louis XII . Elle avoit été élevée
à la Cour de France , & témoin des malheurs
de fon frere , dont la caufe lui étoit
connuë : c'étoient les mauvais conſeils , &
une ambition déréglée . Cette Princeffe eut
donc foin d'écarter de fon fils tous les flateurs
, & de ne rien propoſer à fon émulation
, que de jufte & de légitime.
LOUIS XII , qui n'avoit point de fils , témoigna
à celui de fa foeur une affection de
pere ; il le fit venir de bonne heure à ſa
Cour , & ce qui commença à donner une
grande idée du jeune Prince , ce fut que ni
fa haute naiffance , ni les grands biens de fa
Maiſon , ni la faveur du Roi fon Oncle ne
parurent point l'occuper , ni le corrompre.
La fcience de la guerre , quoi qu'encore
bien
JUIN.17445 1169
bien imparfaite , étoit la principale de fon
tems ; il s'y adonna tout entier , & on le
vit à la journée d'Aignadet , à peine âgé de
18 ans , combattre fous les yeux du Roi avec
une valeur finguliere & une prudence que
fes regards lui infpiroient. Cette prudence
fut depuis la caufe de fa perte.
Quelque idée que Louis XII cut de fon
extrême vivacité , on ne s'en défia point
affés , à caufe de cette premiere marque de
moderation . Il le jugea lui-même depuis
auffi prudent , que tout le monde le trouvoit
brave!
·
Les Vénitiens , vaincus à Aignadel , montrerent
la fierté des anciens Romains , & fe
jugeant dans leur accablement hors d'état
d'obtenir une paix honorable , ils s'appliquerent
à attirer le Pape dans leur parti , &
à s'affurer des Suiffes , pour continuer la
guerre.D
,
Ces derniers devoient être les plus redoutables
ennemis de la France , & cependant
ils furent les moins menagés , Louis
XII avoit voulu délivrer la Nation Françoi
fe de l'efpece de tribut qu'elle payoit à ce
peuple belliqueux , ou plutôt lui faire connoître
, que c'étoit pour en être fervie , &
non pear s'en voir protegée ; de forte que
les Suiffes , animés par l'intérêt , écouterent
fans peine les propofitions des enne-
291VİV 50
Ey mis
1170 MERCURE DE FRANCE.
mis de la France , & leverent une armée
en leur faveur , pour entrer dans le Duché
de Milan.
2
Cet Etat ne s'étoit jamais vu plus puiffamment
menacé , & imoins de forces pour fe
deffendre ce dénûement dans une circonftance
femblable , ne pouvoit être réparé
que par une extrême attention , & une
grande prudence. " Enforte que le grand
nombre jugea , que le Roi confentoit en
quelque façon à le perdre , lorfqu'on vit le
Duc de Nemours, âgé de 22 ans , revêtu du
titre de Viceroi de Milan , & chargé de fa
confervation . Le jeune Prince avoit defiré
cet emploi avec ardeur, comme le plus brillant
qu'il pûr obtenir , & l'Europe vit avec
étonnement , que ce même Gafton , fi plein
de feu & d'ardeur pour la guerre , étoit devenu
tout à coup retenu & circonfpect , defirant
de combattre, comme un jeune guerrier
, mais fçachant en éviter les occaſions
comme un vieux Capitaine .
>
Sans attendre les Suiffes furieux au fortir
de leurs montagnes , il s'en approcha affés
pour leur laiffer efperer le combat. Ses vûes
étoient que les ennemis fe flatant de finir la
Campagne par une Bataille , prendroient
moins de précaution pour la fubfiftance de
leur armée , & qu'ils fe verroient contraints
par-là d'abandonner un Pays bien gardé &
dépourvût de vivres. Les
JUIN. 1171 1744.
Les Suiffes arrivés à Galera , dans le Milanez,
apprirent que le Général François étoit
pofté à Legnago , à quatre milles d'eux ,
fuivi feulement de trois cent lances , & de
deux cent Gentilshommes de la Maiſon du
Roi. Ils s'avancerent , & Gafton , fans trop
s'éloigner , pour leur donner plus d'envie
de le fuivre , recula jufques dans les Fauxbourgs
de Milan , où ils l'inveftirent , en at
tendant , pour le forcer , les fecours , qui
leur avoient été promis par le Pape & les
Vénitiens ; mais pendant que ces deux
Puiffances les amufoient d'efperances vaines
, le Duc de Nemours renforçoit fon armée
de quelques troupes tirées des garnifons
voisines.
Les Suiffes inquiets de l'abandon de leurs
Alliés , & n'ofant entreprendre d'attaquer
les François dans leurs retranchemens , s'avancerent
vers l'Adda , menaçant d'entrer
dans le Bergamafque. Le Duc de Nemours ,
toujours devant eux ou à leur fuite , campa
à Caffano , & rompit de telle forte leurs deffeins
, qu'ils lui envoyerent propoſer peu
de jours après de retourner dans leur Pays ,
s'il vouloit leur donner un mois de paye ,
fur le même pied qu'ils l'avoient toujours
reçu de la France.
re ,
Cette propofition , qu'on alloit leur fai
fut rejettée , parce qu'ils la faifoient :
E vj
on
1172 MERCURE DE FRANCE.
on marchanda ; ils s'irriterent , & mêlant
la fierté à l'intérêt , ils demanderent deux
jours après , le double de ce qu'on leur avoit
refufé, Gafton devenu plus fort en troupes ,
& en état de combattre avec plus de confiance
, en defiroit en quelque forte l'occafion.
On s'en appercevoit à fa façon de traiter
avec les Suiffes , qui envoyerent enfin
un trompette , pour déclarer qu'ils ne vouloient
plus d'accommodement , & qu'ils alloient
faire une guerre cruelle aux François
.
Le Duc de Nemours attendoit fans crainte
l'effet de ces menaces , lorfqu'on lui apprit
que les Suiffes avoient pris fecretement la
route du Lac de Côme , pour rentrer dans
leurs montagnes , vengeant la honte de cette
retraite par l'incendie de quelques Villages .
Gafton profita de leur abfence , & de la réputation
, que fa conduite lui avoit donnée
pour fortifier le Milanez , & affoiblir les
conféderés , en leur oppofant , s'il étoit poffible
, les forces de quelques Etats d'Italie.
La République de Florence & de Bologne
étoient les feuls Etats , qui laiffaffent
quelque efperance. La premiere , puiffante
par l'étendue de fes terres , le nombre & la
richeffe de fes habitans , étoit gouvernée par
un Magistrat Militaire, qui portoit le Titre
de Gonfalonier : fon inclination pour la France
JUIN. 1744. 1173
ce étoit décidée , mais le Confeil de la République
, rebuté de la legereté de la Nation
, écoutoit moins fon refpect pour le
Gonfalonier , que la crainte d'être facrifié
au premier avantage que les François pourroient
fe promettre en les abandonnant,
Gafton fut donc obligé de fe contenter de
voir garder une efpece de neutralité à cet
Etat , qu'il auroit été fi important de déterminer
pour fon parti , & de tourner toute
fon attention fur Bologne , abfolument déclarée
en fa faveur.
Cette Ville étoit alors fous la domination
des Bentivoglio , d'une Maiſon Illuftre d'Italie
, qui fe prétend defcendre d'un Roi de
Sardaigne , bâtard d'un Empereur d'Allemagne.
Les Bentivoglio ou Bentivoles , ennemis
perfonnels du Pape , de fa Maiſon &
de fes deffeins , avoient confenti , que le
Duc de Nemours mît dans Bologne une
garnifon de deux mille Allemands , & de
deux cent Gendarmes , fous les ordres d'Odet
de Foix , Seigneur de Lautrec , d'Ive
d'Alégre , & des Capitaines de la Fayette
& de S. Vincent , que les Italiens furnommoient
le Grand Diable , à caufe de fa valeur
, & de fa taille extraordinaire.
Mais l'expérience de ces Chefs , & la
force de la garnifon ne furent que la feconde
caufe du falut de la Ville ; elle étoit
perduc
1174 MERCURE DE FRANCE.
duë fans reffource , fi les ennemis avoient
pû éviter les inconvéniens ordinaires des
unions de troupes , qui infpirant differens
avis , obligent à perdre dans des déliberations
un tems toujours précieux à la guerre.
Ils confulterent donc , & Pierre de Navarre
, foldat de fortune , inftruit par Gonfalve ,
furnommé le Grand Capitaine , plus inftruit
encore par la Nature & par fon génie , fit
réfoudre d'emporter la Place par le moyen
des Mines , dont on l'a fait le premier Inventeur.
Bologne n'avoit point de dehors ;
une feule muraille , épaiffe à la vérité , étoit
toute fa défenſe ; le canon en ayant ruiné
plus de cent braffes en peu de jours , la largeur
de cette bréche tenta les affiégeans :
on voulut rifquer un affaut , dont les commencemens
eurent fi de fuccès , que les
Chefs réfolurent d'attendre l'effet de la Mine.
Pierre de Navarre l'avoit pouffée vers
la porte de Castiglione,fous un endroit de la
muraille , où il y avoit une petite Chapelle.
L'idée de l'Ingénieur étoit de la renverfer
avec la muraille dans le foffé , & de le combler
ainfi de leurs débris. La Garnifon inquiéte
de la largeur de la bréche , mais raffurée
par leur courage & par leur nombre
fe tenoit rangée le long de la muraille , affectant
une contenance fiere. Mille Fantaf
fins & cent quatre- vingt Gendarmes , enpeu
νομές
JUIN
1175 1744.
voyés par le Duc de Nemours , avoient encore
augmenté leur courage. Ils faifoient
des cris , & bravoient les affiégeans . Ceuxci
que Pierre de Navarre affuroit de l'effet
de la Mine , en attendoient le moment avec
impatience. Un tonnerre épouvantable l'annonça;
il fembloit que la Ville dût s'abîmer
, & les affiégeans célébroient déja leur
victoire par de grands cris , mais après que
le tourbillon de fumée & de poufliére für
diffipé , leur furpriſe fut extrême de voir la
Chapelle enlevée par la Mine dans le même
état, qu'elle étoit avant fon effet ; la poudre
l'avoit pouffée fi perpendiculairement, & la
maçonnerie ainfi que la charpente s'étoit
trouvée fi bonne,qu'à quelques fentes près,
on ne fe feroit point apperçu de fa tranflation
les Bolonnois crierent au miracle ,
& l'idée d'être foutenus par une providence
particuliere leur infpira une extrême réfolution.
Les affiégeans furpris refterent dans leurs
quartiers , & les nouvelles mefures , qu'ils
fe trouverent obligés de prendre , donnerent
le tems au Gouverneur d'envoyer demander
du fecours à Gafton de Foix , & l'ef
perance de le recevoir avant que d'être forcés.
Ce Général , qui affembloit les troupes à
Final , fur les frontieres du Modenois & du
-Bolorois , marcha avec toute fon armée
com1176
MERCURE DE FRANCE.
compofée d'onze mille Fantaffins , & de
treize cent lances. Craignant que le nom
bre ne le fit reconnoître , & ne pouvant
néanmoins feater de délivrer Bologne
avec moins de forces , il fut bien -tôt hots
-d'inquiétude. L'air fe chargea de nuages ,
& la neige , qui tomboit à gros flocons , en
rendant fa marche plus difficile , la rendit
auffi plus affurée. Toute Farmée, entrà dans
Bologne à l'infçu des ennemis , que l'on au
roit aifément battus à caufe de leur confiance
, fi Gaſton ent pû fe perfuader qu'ils ignorallent
fon arrivée . Le fiége fut levé fur le
champ avec beaucoup de précipitation ,
:quoique fans défordre , & le Duc de Nemours
, libérateur de Bologne fans avoir
tiré l'épée , fut regardé comme le plus prudent
, & le plus heureux Capitaine de fon
tems.
?
រ
Mais à peinegoûtoit-il les premiers fruits
de fa victoire , qu'on lui apprit la furprife
de Breffe par les Vénitiens. Cette Place fi
importante à la confervation du Milanez ,
avoit été confiée à la garde de du Lude , &
ce brave Officier fe trouvoit en état de la
conferver contre tous les ennemis du dehors
, mais il en avoit de plus dangereux
parmi les habitáns même , qui devoient
aider à fa deffenfe . Breffe , comine la plupart
des Villes d'Italie, étoit divifée en deux parJUIN.
1744. 1177
:
tis , à la tête defquels on voyoit les Maiſons
d'Avogaro , & de Gambara. Celle- ci attachée
aux François joüiffoit de toute la faveur
de ces nouveaux Maîtres de l'Italie.
& les autres ( c'eſt l'effet ordinaire de la
mauvaife politique ) éprouvoient chaque
jour de nouvelles injuftices. Une infulte ,
que le Comte de Gambara fit au Comte d'Avogaro
, obligea ce dernier à reclamer l'autorité
du Duc de Nemours . Ce Prince lui
promit de le fatisfaire , & l'oublia . L'Italien
crut qu'en lui refuſant la juftice , qui eft le
premier devoir des Souverains , on lui donnoit
l'exemple d'oublier le fien , tant il eſt
vrai que le déni de juftice , qui eft fi commun
, eft la fource de mille maux.
Il fçût donc mettre tout fon parti dans
l'intérêt de fa vengeance , & il prit fes mefures
avec tant de jufteffe , que les Vénitiens
avertis de fon deffein , parurent aux
portes de Breffe , avant que le Gouverneur
eut aucun foupçon de leur marche . La gar
nifon raffemblée fe porta toute entiere du
côté que paroiffoient les ennemis , mais
pendant qu'ils leur réfiftoient , une feconde
troupe de Vénitiens conduits par quelques
habitans entrerent par des égouts , dont ils
avoient ouvert les grilles. Aux cris de S.
Marc , qu'ils firent retentir de toutes parts ,
le Comte d'Avogaro parut dans la Place ,
font
1178 MERCURE DE FRANCE.
fondit fur le Gouverneur , déja embarraffe
par la multitude des ennemis,& l'obligea de
fe retirer au Château , d'où il pûr à peine
envoyer informer le Duc de Nemours de
fon malheur , & lui demander du fécours.
Ce Général étoit encore à Bologne , éloignée
de Breffe de quarante lieuës , & féparée
par le Pô , le Mincio , la Chieſa , & .
Les chemins devenus difficiles à caufe des
pluyes , fembloient impraticables à l'Artillerie
, dont on avoit cependant un befoin
abfolu ; mais l'ardeur du Chef , & l'affection
des Soldats pour lui , furmonterent ces
obftacles. Son armée fit en un jour trente
milles d'Italie , & ayant appris , que la République
envoyoit un Corps de cinq à fix
milles hommes au fecours de leurs troupes ,
qui affiégeoient le Château de Breffe , il fit
une diligence incroyable , pour gagner
de
vîteffe ces nouveaux ennemis. S'étant affuré
de cet avantage , il envoya contre eux le
Chevalier Bayard & Teligni avec leursGens
d'armes. Ces deux braves Chefs les ayant
joints , les battirent , & le Duc de Nemours
continuant fa route , arriva enfin à la vûë du
Château de Breffe , où il entra fans réfiftance.
Ce Prince donna une nuit à fes troupes
pour repofer , & le lendemain leur ayant
promis le pillage de la Ville , elles marcherent
JUI N. 1744. 1172
rent avec beaucoup de réfolution contre les
retranchemens des Vénitiens. Le Provedi
teur , qui les commandoit , avoit eu foin de
les munir d'une nombreufe artillerie ; outre
huit mille foldats , il avoit fous fes ordres
douze mille habitans prêts à combattre.Cette
armée étant trop nombreufe pour tenir dans
le terrain ,qui féparoit la Ville du Château,
il en avoit mis une partie en bataille , pour
rafraîchir les deffenfeurs du retranchement ;
de plus il avoit à dos une Riviére , & un
Pont , qu'il pouvoit rompre , fuppofé que
les François l'obligeaffent à la retraite.
Le Duc de Nemours étoit inftruit de tous
les avantages de l'ennemi ; mais le recouvrement
étoit d'une telle importance , qu'il réfolut
de tout rifquer. Son armée étoit de
douze mille hommes , qu'il divifa en plufieurs
corps : d'Alégre eut ordre de fe pofter
hors de la Ville , vis-à- vis la Porte de S.
Jean , la feule , que les Vénitiens avoient
laiffée ouverte , enfuite le Duc attaqua une
Abbaye appuyée contre les retranchemens ,
l'emporta , & fit paffer ce qu'il y avoit d'ennemis
au fil de l'épée. Ce premier fuccès encouragea
les troupes , fans rien faire perdre , -
au Général de fa moderation : Herigoïe , ou
Henri Gonet , fort eftimé de ce Prince &
des Soldats , fut mis à la tête d'une troupe
de Gafcons choifis , & le Chevalier Bayard
fuivit
1180 MERCURE DE FRANCE.
fuivit à pied avec fes Gens d'armes pour les
foutenir. L'ennemi les voyant avancer fiérement
& en bon ordre , fit un feu terrible
, qu'ils effuyerent fans s'ébranler ; le canon
du Château battoit avec furie contre
les retranchemens , & y faifoit de grandes
bréches ; les François les gagnerent après
avoir rempli le follé de fafcines , & ce fut
là que le combat devint fanglant. On s'y
battoit main à main , à coup de haches , de
piques , & d'épées. Le Chevalier Bayard
'animant les fiens
par fon exemple , reçut un
fi grand coup de pique dans la cuiffe , que
le fer y demeura avec le bout du bois où il
étoit attaché ; ce brave homme tomba noyé
dans fon fang , & les Soldats que fa préfen-
'ce avoit foutenus , commençoient à s'ébranler
, lorfque le Duc de Nemours la pique à
la main parut à leur tête , criant : Enfans ,
vengeons le bon Chevalier. Son exemple , &
fes cris infpirerent aux Soldats une efpece
de fureur ; les retranchemens furent forcés
en plufieurs endroits , & les fuyards pourfuivis
fi vivement , qu'ils n'eurent pas le
tems de lever le Pont , qu'il falloit paffer
pour entrer dans la Ville , où les vainqueurs
entrerent avec eux . Les Officiers leur firent
faire alte au- delà du Pont , pour les remettre
en ordre avec une facilité , qui fit connoître
combien le Duc de Nemours avoit acquis
JUI N. 1744.
1181
quis d'autorité fur fes troupes,
On reconnut bien-tôt la néceffité de cette
conduite ; la Gendarmerie Vénitienne , toute
la Cavalerie légere ,& une bonne partie
de leur Infanterie , fe firent voir en bataille
dans la Place , tout prêts à profiter du défordre
des François . Leur Général détacha
d'abord le Capitaine Bonnet , avec quelques
bataillons pour charger les Vénitiens ;
ils le reçurent avec courage , & le combat
devint plus long & plus dangereux , en cé
que les habitans montés fur les toits de leurs
maifons , en faifoient tomber de groffes
pierres & de l'eau bouillante , pendant que
d'autres tiroient par les fenêtres.
Le Duc de Nemours envoyoit fans ceffe
de nouvelles troupes pour feconder les premieres
, & les animoit par l'efpoir du pillage
, qui leur avoit été promis. Enfin après
une demie heure de combát , les Vénitiens
cédérent de tous côtés , & leur réfiftance vigoureuſe
fut la caufe que les vainqueurs ne
donnerent aucun quartier. On en fit un
grand maffacre dans toutes les rues de la
Ville. Plufieurs en fortirent , croyant trouver
leur falut dans la campagne , mais la
précaution , qu'ils avoient prife , de murer
toutes les portes de la Ville , à l'exception
de celle de S. Jean ' , leur devint funefte :
d'Alégre y étoit avec les Gens d'armes , qui
11
les
182 MERCURE DE FRANCE.
les malfacrerent . Les ennemis y perdirent ,
dix à douze mille hommes ; le Provediteur
André Gritti refta prifonnier , & ce qui mit
le comble au malheur de cette journée , fut
la prife du Comte Louis d'Avogaro & de
fon fils , Auteurs de la révolte.
Après que les Soldats les eurent rendus
témoins du pillage de leurs maiſons & de
la défolation de leur famille , contre laquelle
tout fut permis , on les préfenta au
Duc de Nemours , toute l'armée demandant
à grands cris leur fupplice. Il ne fervit de
rien au malheureux Comte de repréſenter ,
qu'étant né fujet des Vénitiens , il n'avoit
fait qu'appeller fes anciens Maîtres au ſe,
cours de la Patrie & de fa Maiſon , que l'on
accabloit d'injuftice ; le plus fort fut regardé
comme le Maître légitime , & fa mort fut
ordonnée.
Ce Seigneur appartenoit aux Maiſons les
plus confidérables de la Ville , & du Pays
d'alentour ; fon malheur y jetta la confternation
, & acheva la déſolation publique
furtout lorfqu'on vint à réfléchir fur la deftinée
de fon fils , compagnon involontaire de
fon crime , & qui devoit l'être de fon fupplice
.
Ce jeune homme avoit obéi à la Nature ,
ainfi qu'à la reconnoiffance , en fuivant le
Comte d'Avogaro , & fon courage avoit été
adJUIN.
1744. 1183
admiré par
il
le Duc de Nemours même , lorfque
fe voyant enveloppé avec fon pere ,
avoit tout tenté pour le fauver , ou pour
périr avec lui les armes à la main. Sa douleur
, lorfqu'il fe vit arrêté , fut d'un homme
plein de fentimens ; celle de fon pere
fembla feule l'occuper , & ce fut en cet
état , qu'on le préfenta au Duc de Nemours.
Ce Général , d'un âge à peu près femblable
au fien , parut touché de fon fort ; il le plaignit
, fans entreprendre de le confoler , ainfi
que le tentent ceux qui ne fçavent pas que
rien n'affoiblit dans un lâche la crainte de
perdre la vie , & qu'un homme de coeur
n'a pas beſoin de fecours pour fouffrir unę
mort honorable ; que même dans de certaines
fituations , & aux yeux d'un homme
courageux , les exhortations à la patience
& àla foumiffion font des affronts àfon courage.
On conduifit le pere & le fils en pri
fon , & le lendemain toute la Ville vint fe
jetter aux pieds du Duc de Nemours , pour
demander leur grace. La néceflité de faire
un exemple le rendit inexorable , & on vit
enfin ces deux malheureufes victimes marcher
enfemble au fupplice.
Cette fituation affreuſe pouvoit faire
comprendre qu'il eft des maux plus grands ,
que l'afpect d'une mort prochaine. Le Comte
d'Avogaro lié à côté de fon fils ne pouvoit
con1184
MERCURE DE FRANCE.
contenir les tranfports de la plus vive douleur
; il fe précipitoit vers le fupplice &
vers la mort , comme dans un afile qui devoit
le délivrer de cette cruelle vûë. Son
malheureux fils défefperé de fon état , demandoit
comme une grace , plus précieuſe
que la vie même , qu'on l'exécutât le premier.
On voyoit fur leur vifage & dans
leurs regards , l'agitation affreufe de leur
ame. Lamultitude , qui environnoit l'échaffaut
, obfervoit un filence profond , jettant
fes regards tantôt fur les deux victimes ,
tantôt fur le Duc de Nemours , dont la
trifteffe fembloit laiffer quelque efperance
de grace , mais à ce calme fuccederent des
cris perçans , lorfqu'on vit le Comte d'Avogaro
arrivé fur l'échaffaut s'approcher de
fon fils pour lui dire les derniers adieux ,
& les efforts que ces deux infortunés faifoient
pour s'embraffer malgré leurs liens.
Tandis que ce Spectacle accabloit tous les
coeurs , le Duc de Nemours fit un figne , &
les deux têtes tomberent prefque en mêmetems.
Cependant le pillage de la Ville avoit
ceffé ; après avoir été la caufe de la priſe
de la Place , en animant le foldat , il le devint
de la perte de l'armée en l'enrichiſſant.
Les troupes déferterent en foule , & cette
barbare victoire devint par- là prefque auffi
fuJUIN.
1744. 1185
funefte aux François qu'une défaite. Le Duc
de Nemours , au lieu de foldats aguerris , fe
trouva obligé de fe fervir de nouvelles levées
, inférieur en ce point aux ennemis ,
qui n'employoient contre lui que l'élite de
leurs troupes. Cependant Bologne fauvée
une armée vaincuë , Breffe reconquiſe en
moins de quinze jours , lui avoient donné
la réputation du plus grand & du plus heureux
Capitaine de l'Europe. Devenu la terreur
des ennemis , il devint le motif de la
présomption des François , qui s'imaginerent
que fon nom feul devoit triompher.
LOUIS XII , plus prudent par fon Confeil
que par fon caractere , & éblouii de fes fuccès
, lui manda de chercher par tout les Efpagnols
& de leur livrer bataille,
Une des raifons de cet empreffement étoit
la déclaration du Pape en faveur de la Ligue
, fortifiant ainfi des tréfors du S. Siége
& des troupes de l'Etat Eccléfiaftique les
Vénitiens & les Efpagnols , déja fi puiffans
en Italie . Mais Louis & fon Confeil étoient
alfés inftruits de la politique des Pontifes
pour ne pas douter qu'une victoire complette
fur les forces réunies des Conféderés , ne
déterminât le Pape à les abandonner. On
eraignoit auffi que l'Empereur , féduit par
l'exemple de la Cour de Rome , n'embraffat
le parti de la Ligue , & que les Suiffes irrités
I. Vol F du
1186 MERCURE DE FRANCE.
du mépris , que le Duc de Nemours leur
avoit témoigné , n'imitaffent toutes ces Puif
fances, en fe joignant à elles , pour accabler
les François .
Ces motifs firent agir Gaſton avec moins
de circonfpection , que l'état des affaires
ne le demandoit , dans le defir de donner
bataille pour contenter le Roi , & de déranger
les projets de tant de fiers ennemis . Il
prit donc le chemin de la Romagne à la tête
d'une armée de dix-huit mille hommes d'Infanterie
, & d'une Gendarmerie nombreuſe ;
il y trouva celle des ennemis commandée
par le Viceroi de Naples , mais ce Général
avoit reçû des ordres pofitifs d'éviter la ba
taille , le Roi d'Efpagne , fon Maître , ne
doutant pas que le Roi d'Angleterre & l'Empeu
,
pereur attaquant la France dans elle
ne fût obligée de rappeller fes troupes d'Ita
lie
pour fa deffenfe , de forte que le Duc de
Nemours , plus preffé que jamais par de
nouveaux ordres du Roi , avoit à engager
au combat des ennemis fupérieurs en nom
bre , & qui ne négligeoient rien pour l'évi
ter. Il s'empara à leur vûë de Cafteldi -Solarolo
, de Colignola & de Granarolo , eſperant
à chaque fiége de Place forcer les enne
mis à venir au fecours & les réduire à la né.
ceffité de donner bataille. Ils parurent conf
tans dans l'idée de la fuire , & pour les
conJUIN.
1744.
1187
contraindre , le Duc de Nemours fe vit forcé
d'affiéger Ravenne.
L'importance de cette Ville, par rapport à
fa richeffe , au nombre de fes habitans , à fa
fituation dans l'Etat Eccléfiaftique , & la
promeffe qu'avoit exigé Antoine Colonne
avant que de fe jetter dans la Place pour la
défendre , qu'on viendroit sûrement la fe
courir,ne permettoient plus aux Conféderés
de régler leurs démarches fur les ordres de
la Cour d'Efpagne. Rome & Venife menacées
, montrant plus d'inquiétude & plus
de feu , déterminerent leurs Alliés , & l'ar
mée entiere approcha à deuxmilles de diſtan
ce de celle des François.
Gafton , que leur arrivée combloit de
joie , donna ordre au Chevalier Bayard d'aller
les reconnoître à la tête de fes Gendarmes
, & de quelques Archers ; ce brave Capitaines
pouffa jufques dans le Camp ennemi
, qu'il eut le tems d'examiner avec attention
, tout en combattant , & répandant
Fallarme en tous lieux. Sur le compte qu'il
en rendit au Duc de Nemours , ce Prince
réfolut d'attaquer le lendemain onzième
Avril , jour de Pâques . Quelques -uns en témoignerent
du fcrupule , mais le Général
leur fit fentir qu'une guerre injufte ne devoit
jamais être entreprife , ni une guerre
jufte differée pour aucune raifon , & fur le
Fij champ
1188 MERCURE DE FRANCE.
champ onjetta un Pont fur la Romagné¿
pour aller à l'ennemi ; l'avantgarde compo
fée d'Infanterie Allemande , & précédée de
l'Artillerie , paffa fous les ordres du Duc de
Ferrare ; elle mit la riviere à fa droite , &
fa gauche fur deffendue par fept cent Gendarmes
; la bataille toute d'Infanterie Françoife
fe plaça à côté de ces derniers , & cinq
mille Italiens achevoient de former la ligne,
Le Seigneur de Chabanes , la Palice & le
Cardinal de S. Severin , armés de pied en
cap , étoient derriere avec fix cent lances
& le fameux Ive d'Alégre fut mis à la têtę
d'un Corps de quatre cent Gendarmes pour
la réferve , afin d'être à portée de repouffer
les forties que la garnifon de Ravenne
pourroit faire.
Les Chefs de l'armée Eſpagnole étoient
Pierre de Navarre , Fabrice Colonne , & Antoine
de Leve , Carvajal , Ferdinand d'Avalos
, Marquis de Pefcaire , Officiers célébres
, & peu dignes d'avoir pour Général le
Viceroi de Naples Raimond de Cardonne ,
le plus effeminé de tous les hommes , & que
le Pape même ne daignoit pas comprendre
parmi eux , l'appellant toujours Madame de
Cardonne. Tous ces Chefs mirent leur armée
en bataille , à la difference de terrain
près , ſuivant la même difpofition que celle
de France, Le Duc de Nemours lui fit paffer
le
JUIN. 1744. 1189
le Ronco , & l'artillerie fe fit bientôt entendre
d'une maniere terrible ; celle des ennemis
avoit l'avantage de prendre les François
à découvert , pendant que couchés le ventre
à terre dans leurs retranchemens , ils fe
trouvoient à l'abri des coups.
Pierre de Navarre avoit donné cet ordre
contre le fentiment de Fabrice Colonne
qui vouloit qu'on fortit pour aller au- devant
des François ; celui de Pierre de Navarre
qui mettoit les foldats en sûreté , leur parut
d'abord le meilleur , mais on reconnut bientôt
le défavantage certain d'être enfermés
& feulement fur la défenfive , contre des
ennemis , qui attaquoient avec vigueur .
Les François avoient déja perdu deux mille
hommes; les retranchemens ennemis étoient
bordés de petits chariots arnés de contelats,
& de pointes , machines d'autant plus terri
bles qu'elles étoient inconnues ; cependant
on vint à bout de les forcer. Le canon du
Duc de Nemours faifoit dans la Cavalerie
de Colonne le même ravage que celui des
ennemis dans fon Infanterie ; Colonne outré
de voir tomber fes Gendarmes ,fans pouvoir
donner un coup d'épée , demanda au
Viceroi la permiffion de charger , & malgré
fon refus vint tomber avec furie fur un Efcadron
que commandoient le Duc de Nemours
& le Chevalier Bayard ; il avoit di-
F iij vifé
1190 MERCURE DE FRANCE.
•
vifé le fien en deux pour les envelopper , &
profiter ainfi de leur petit nombre , mais
Gafton & le Chevalier Bayard foutinrent le
choc avec tant de courage & de bonheur
que Colonne mis en défordre leur donna
pour prendre une nouvelle difpofition , le
tems dont il avoit lui-même befoin pour le
ralliement ; il revint faire une feconde charge,
& les 2 troupes fe rompirent une feconde
fois; cependant lesFrançois auroient été obligés
de céder , fi Ive d'Alégre attentif à tout ce
qui fe paffoit dans la Plaine , ne fut accouru
à leur fecours. Alors le combat devint opiniâtre
, & Colonne après une vigoureufe
réfiſtance , ne ſe voyant plus que deux cent
Gendarmes de cinq cent qu'il commandoit ,
prit la fuite , & fut fuivi de Raimond de
Cardonne , avec le refte de la Cavalerie ,
qui n'avoit point encore combattu .
Pierre de Navarre refta feul avec fon Infanterie
, & préfenta, malgré cet abandon ,
un front redoutable au vainqueur ; le Duc
de Nemours jugea à leur contenance qu'il
falloit les attaquer avec précaution ; il détacha
trois mille Archers pour aller faire le
tour du retranchement , afin de prendre les
ennemis par derriere , pendant qu'il les attaqueroit
de front avec le refte de l'Infanterie.
Pierre de Navarre les voyant approcher
, fit mettre ventre à terre à fes gens ,
mais
JUI N. 1744 1191
mais les Archers Gafcons , les plus adroits
de l'Europe , en ayant tué ou bleffé un
grand nombre , il les fit tous relever , &
envoya un détachement de douze cent hommes
d'élite , qui chargerent les Gafcons avec
tant d'impétuofité , qu'ils les mirent en
fuite.
ས
Ce fuccès encouragea Pierre de Navarre ,
& jugeant bien que dépourvu de Cavalerie
il ne pouvoit efperer qu'une retraite glorieufe
, il fongea à fecourir Ravenne , pour
dé
gager la parole donnée à Antoine Colonne ,
& mettre en sûreté cette Place , qui étoit
Foccafion de la bataille , & l'objet de la victoire
; fon détachement de douze cent hommes
, après avoir pouffé les Gafcons , ne s'amufa
donc point à les pourfuivre , & prenoit
le chemin de Ravenne , lorfque le
Bâtard du Fay fe préfentant à la tête de
quelque Cavalerie , les obligea de retourner
dans leur Camp.
Pierre de Navarre les vit revenir avec
une efpece de joie ; il avoit à foutenir le
choc de l'armée Françoife entiere , & ce fut
là qu'il fit voir ce que peut la capacité à la
guerre , lorfqu'elle eft aidée du courage. Un
foffé défendoit fon retranchement ; il l'avoit
bordé d'un grand nombre de piquiers
robuftes & braves , qui foutinrent jufqu'à
fix charges fans fe rompre. Le Colonel Ja-
Fiiij cob ,
1192 MERCURE DE FRANCE.
>
cob , des Chef des Allemans , qui étoient a
la folde de la France, y fut tué ; les foldats
dont il étoit aimé , jetterent de grands cris ,
& chargerent les ennemis avec une nouvelle
fureur ; ceux- ci toujours ferrés & en bon
ordre , & pour ainfi dire , fortifiés de leurs
pertes , par le courage que l'excès du danger
donne à de braves foldats , foutinrent
cette attaque fans s'ébranler , & ils paroiffoient
impénétrables , quand un Officier
nommé Fabien , du Régiment de Jacob , un
des plus grands , & des plus forts hommes
qu'il y eut alors en Europe , défefperé de la
perte de fon Colonel , & la voulant venger
, fauta au milieu des ennemis , & prenant
fa pique par le travers , l'appuya avec
tant de force fur plufieurs de celles des ennemis
, qu'il les fit baiffer jufqu'à terre
donnant à ceux qui le fuivoient le moyen
d'entrer par cette ouverture : il y fut tué ,
mais fa mort donna la victoire à fon parti .
Les François au milieu des rangs Efpagnols
, firent des prodiges de valeur pour
achever de rompre des gens , qui à demi
vaincus , combattoient avec un courage aufli
reglé , que s'ils avoient pû efperer de vainere
on parvint jufqu'à Pierre de Navarre ;
il fut environné , accablé de coups de pique
& de traits, & enfin fait prifonnier. Ce qui
reftoit d'Espagnols , privés de leur Général ,
fe
JUIN. 1744. 1193
fe raffemblerent en un feul corps , & fe retirerent
en bon ordre par le grand chemin.
Le Duc de Nemours échauffé par un combat
fi long & fi opiniâtre , apperçut ce bataillon
; leur contenance fiere le frappa ; il
lui fembla qu'ils emportoient avec eux la
meilleure partie de fa victoire & fans
confulter que fon ardeur , il alla fe jetter
avec un petit nombre de Gendarmes fur des
troupes , que ni fon armée entiere , ni la
perte de leur Général , n'avoient pu obliger
à fe rendre.
,
A fon arrivée , les Efpagnols préfenterent
leurs piques ; fon cheval fut tué & lui- même
bleflé. Démonté & ayant perdu fa lance ,
déja couvert de fang , il mit le fabre à la
main , & regardant fon coufin Lautrec à
pied & bleffé comme lui : S'il faut périr
dit-il , faifons- nous regretter. En même- tems
il part & porte des coups terribles ; plufieurs
des ennemis tomberent à fes pieds , mais fes
armes fauffées de toutes parts par de violens
coups de pique , le laifferent bientôt à dé
couvert. Lautrec , refté prefque fenl auprès
de ce Prince , admirant la bravoure , défefperé
de fon péril , ne ceffoit de crier aux
Efpagnols : C'est le frere à votre Reine ne le
tuez pas. Mais ces cris adreffés à des gens
qui n'efperoient plus de quartier , & ac
Fy com1194
MERCURE DE FRANCE.
compagnés de grands coups de fabre , ne
touchoient point des foldats défefperés &
furieux ; Gafton affoibli par fa premiere
bleffure , & n'ayant que fon fabre pour
toute défenſe , reçut à la fois quatorze blef
fures , dont il expira fur le champ de bataille
.
gne
La témérité fit ainfi mourir dans le fein
de la victoire & à l'âge de vingt- quatreans
, un Prince , que l'ardeur d'acquerie
rop-tôt le titre de grand Capitaine , préci
pitoit dans tous les dangers. Son bonheur
l'éblouit ; le titre de foudre de l'Italie , que
trois grandes actions en une feule Campalui
avoient fait donner , lui infpira une
nouvelle présomption , & ce même titre lui
convint encore mieux après la mort , quedurant
fa vie ; car il eut de la foudre , le
bruit , l'éclat & le peu de durée. Ce Prince
fe crut invincible , parce qu'il avoit toujours .
vaincu . Des triomphes fouvent répétés , forment
le caractere brillant , à qui l'on donnele
titre d'Héroïfine , mais le mêlange dequelques
infortunes perfectionne & conferve
le grand homme.
On regretta d'autant plus le Duc de Nemours
, que fa perte fut fuivie de celle de
Italie pour les François , & qu'il avoit de
ces qualités naturelles & d'éducation , qui
Le rencontrent rarement chés les Princes. La
JeuJUIN.
1744. 1795*
Jeuneffe de la Cour , qui l'avoit fuivi , vantoit
fon affabilité , fa douceur , fes égards
pour les difpofitions heureuſes , & pour le
zéle. Les vieux Guerriers loüoient fon attention
pour leurs fervices , & fes déférences
pour la capacité & l'expérience. Le foldat
publioit fon extrême valeur , & les peuples,
vaincus fa clémence. Ces préventions favorables
, & la rapidité de fes fuccès éblouirent
tous les yeux , & l'Europe entiere le
reconnut pour un très- grand Capitaine , à
un âge où l'on ne commence qu'à être foldat.
Le bonheur eft une forte de mérite aux
yeux des hommes . S'il n'eft pas fort eſtimable
aux yeux de la raifon , il eft le plus
brillant & le plus admiré du vulgaire.
Les autres grands Capitaines , dont les
Vies rempliffent ce IX Tome , font : Louisde
la Tremoüille II. du nom , Prince de
Talmond , Vicomte de Thouars , furnommé
Le Chevalier fans reproche , fous les Rois
Louis XI & François I ; Ive d'Alégre, Che--
valier de l'ordre du Roi , Capitaine de cent
hommes d'armes , fous les Régnes de Char--
les VIII & Louis XII ; le Chevalier Bayard ,
Lieutenant Général pour le Roi en Dauphiné
, Chevalier de l'Ordre , Capitaine de
cent hommes d'armes.
France , depuis le commencement de la Monarchie
jufqu'à préfent. Par M. d' Auvigny.
Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines.
A Amfterdam , & se vendent à
Paris , chés le Gras , GrandSalle du Palais
, à L couronnée 1744:
N
Ous avons rendu compte en fon tems
de tous les Volumes de cet Ouvrage
qui ont précédé les deux dont on vient de
lire le titre , & qui viennent de paroître depuis
peu de jours . En rendant ce compte au
public , nous avons fouhaité pour fon intérêt
, que l'Auteur jouit d'une longue vie &
d'une parfaite fanté , Il a plû au Seigneur
d'en difpofer autrement. Nous avons perdu
M. d'Auvigny à la fleur de fon âge , & au
milieu de la courfe litteraire qu'il avoit entreprife.
C'eft ce que nous apprenons à regret
de M. fon Frere , Chanoine Régulier
de l'Ordre de Prémontré , dans un Avertiffement,
qui eft à la tête du IX Tome . Avertiffe-
"
JUIN. 1744. TM 1165
tiffement qui contient un détail litteraite ,
honorable , & curieux , lequel nous nous
faifons un devoir de rapporter ici dans fon
entier à caufe de fa brièveté.
Ces deux Volumes , dit M. le Chanoine ,
& ceux qui les fuivront , font les Ouvrages
pofthumes de M. d'Auvigny , Chevau- Leger
de la Garde , qui après avoir donné fes foins
pour l'Edition des Tomes VII & VIII de
fon Livre , fe hâta de partir pour joindre
La Troupe , & a été malheureufement tué
dans le Combat d'Ettinghen , à l'âge de treit
re & un ans , le 27 Juin 1743 , laiffant une
Veuve & deux enfans mâles , à qui les defcendans
des Hommes Illuftres de la France ,
qu'il a célébrés fi dignement , accorderont ,
fans doute , leur protection & par honneur
& par reconnoillance .
On fera peut-être étonné qu'un Auteur ,
qui a fi peu vécu , ait pû fournir une pareille
carriere , & qu'outre ces dix Volumes , qui
font imprimés , il ait encore laiffé la matiere
de plufieurs autres en manufcrit , entre les
mains de fon Libraire , avant que de partir
pour la Franconie, où il a fini fes jours . Peu
d'Ecrivains ont eu plus de facilité & de talens
pour écrire l'Hiftoire , & je crois que la République
des Lettres a fait en lui une perte.
Sa mémoire étoit prodigieufe , & fon ima
gination d'une vivacité extraordinaire, join-
E iij
te
1166 MERCURE DE FRANCE.
te à beaucoup de pénétration d'efprit. Naturellement
Philofophe , il s'étoit formé un
style nerveux & fententieux , qu'on remar
que facilement dans cet Ouvrage. Peut-être
aimoit- il un peu trop les ornemens du ftyle
& les agrémens de la narration , & il femble
les avoir quelquefois préférés à l'exacti
tude de la Grammaire , trop vif & trop
hardi dans fes penfées , pour s'y affujettit
fcrupuleufement.
Si l'on eft furpris qu'il ait pu achever un
fi long Ouvrage à la fleur de fes années ;
( Ouvrage qui fuppofe une lecture immenft
& un très-pénible travail ) combien le ferat'on
davantage , fi on fait attention à tous
les Livres , qu'il a publiés avant celui- ci ?
Après s'être exercé dans fa premiere jeuneffe
fur des matieres de bel efprit & de fiction ,
il s'appliqua férieufement à l'Hiftoire , &
donna un Abregé de celle de France & de la
Romaine, imprimée en 1730. Quelques an
nées après il mit au jour l'Hiftoire de la
Ville de Paris, en cinq Volumes, dont néan
moins la moitié du quatriéme & tout le cinquiéme
ne font point de lui , mais de feu
M. de la Barre , de l'Académie des Belles-
Lettres.
M. d'Auvigny étoit né dans le Hainaut
Après la mort d'un Oncle , qui lui avoit
donné de l'éducation , il vint à Paris en
1
1728
JUIN. 1169 1744.
?
1728 , & fut recommandé à une perfonne
très-connuë dans la République des Lettres ,
qui ayant apperçu en lui du génie , de l'efprit
, du talent & beaucoup d'application à
la lecture & au travail , prit quelque foin
de cultiver ces difpofitions. Mais depuis
plus de huit années , M. d'Auvigny s'étant
attaché à d'autres perfonnes , & ayant voulu
fe conduire à fon gré , celui à qui il avoit
obligation de la premiere culture de fes talens
, n'eut dans la fuite prefque aucun commerce
avec lui. Ainſi dans la compofition
des Vies des Hommes Illuftres , on peut dire
qu'il n'a été fecondé de qui que ce foit. Il
ne me fied pas de m'étendre davantage fur
les louanges d'un frere. J'ai crû devoir à fes
chers manes ce leger tribut , & que le Pu
blic l'approuveroit.
›
Pour donner une idée du travail de M.
d'Auvigny & pour fuivre la coûtume , que
nous avons prife , en rendant compte de
pareils Ouvrages nous expoferons ici
une des Vies qui compofent ce IX Tome.
Celle de GASTON DE FOIX , Duc de Nemours,
Général d'Armée , & Viceroi de Milan , fous
Louis XII , qu'on trouve à la pag. 128 ,
nous a paru convenir aux bornes de ce
Journal.
L'Hiftoire de ce Prince , tué à 24 ans ,
dans le fein de la victoire , eft une folide
E iij preu1168
MERCURE DE FRANCE.
preuve , qu'on ne peut trop fe hâter de de
venir Grand Homme , & que la vertu ne
fuit pas la jeuneffe , mais que l'ardeur & la
préfomption abandonnent rarement cet âge
dangereux .
GASTON étoit de l'Illuftre Maiſon de Foix ,
qui fe vante à jufte titre d'être iffuë de la
premiere race de nos Rois. Ces Cadets belliqueux
firent avouer de tout tems , qu'ils
étoient dignes de la Couronne , que la molleffe
de leurs aînés avoit fait perdre à leur
Maiſon. Son pere étoit N.... Comte de Foix
& de Comminges , & fa mere N.... de VALOIS
, foeur de Louis XII . Elle avoit été élevée
à la Cour de France , & témoin des malheurs
de fon frere , dont la caufe lui étoit
connuë : c'étoient les mauvais conſeils , &
une ambition déréglée . Cette Princeffe eut
donc foin d'écarter de fon fils tous les flateurs
, & de ne rien propoſer à fon émulation
, que de jufte & de légitime.
LOUIS XII , qui n'avoit point de fils , témoigna
à celui de fa foeur une affection de
pere ; il le fit venir de bonne heure à ſa
Cour , & ce qui commença à donner une
grande idée du jeune Prince , ce fut que ni
fa haute naiffance , ni les grands biens de fa
Maiſon , ni la faveur du Roi fon Oncle ne
parurent point l'occuper , ni le corrompre.
La fcience de la guerre , quoi qu'encore
bien
JUIN.17445 1169
bien imparfaite , étoit la principale de fon
tems ; il s'y adonna tout entier , & on le
vit à la journée d'Aignadet , à peine âgé de
18 ans , combattre fous les yeux du Roi avec
une valeur finguliere & une prudence que
fes regards lui infpiroient. Cette prudence
fut depuis la caufe de fa perte.
Quelque idée que Louis XII cut de fon
extrême vivacité , on ne s'en défia point
affés , à caufe de cette premiere marque de
moderation . Il le jugea lui-même depuis
auffi prudent , que tout le monde le trouvoit
brave!
·
Les Vénitiens , vaincus à Aignadel , montrerent
la fierté des anciens Romains , & fe
jugeant dans leur accablement hors d'état
d'obtenir une paix honorable , ils s'appliquerent
à attirer le Pape dans leur parti , &
à s'affurer des Suiffes , pour continuer la
guerre.D
,
Ces derniers devoient être les plus redoutables
ennemis de la France , & cependant
ils furent les moins menagés , Louis
XII avoit voulu délivrer la Nation Françoi
fe de l'efpece de tribut qu'elle payoit à ce
peuple belliqueux , ou plutôt lui faire connoître
, que c'étoit pour en être fervie , &
non pear s'en voir protegée ; de forte que
les Suiffes , animés par l'intérêt , écouterent
fans peine les propofitions des enne-
291VİV 50
Ey mis
1170 MERCURE DE FRANCE.
mis de la France , & leverent une armée
en leur faveur , pour entrer dans le Duché
de Milan.
2
Cet Etat ne s'étoit jamais vu plus puiffamment
menacé , & imoins de forces pour fe
deffendre ce dénûement dans une circonftance
femblable , ne pouvoit être réparé
que par une extrême attention , & une
grande prudence. " Enforte que le grand
nombre jugea , que le Roi confentoit en
quelque façon à le perdre , lorfqu'on vit le
Duc de Nemours, âgé de 22 ans , revêtu du
titre de Viceroi de Milan , & chargé de fa
confervation . Le jeune Prince avoit defiré
cet emploi avec ardeur, comme le plus brillant
qu'il pûr obtenir , & l'Europe vit avec
étonnement , que ce même Gafton , fi plein
de feu & d'ardeur pour la guerre , étoit devenu
tout à coup retenu & circonfpect , defirant
de combattre, comme un jeune guerrier
, mais fçachant en éviter les occaſions
comme un vieux Capitaine .
>
Sans attendre les Suiffes furieux au fortir
de leurs montagnes , il s'en approcha affés
pour leur laiffer efperer le combat. Ses vûes
étoient que les ennemis fe flatant de finir la
Campagne par une Bataille , prendroient
moins de précaution pour la fubfiftance de
leur armée , & qu'ils fe verroient contraints
par-là d'abandonner un Pays bien gardé &
dépourvût de vivres. Les
JUIN. 1171 1744.
Les Suiffes arrivés à Galera , dans le Milanez,
apprirent que le Général François étoit
pofté à Legnago , à quatre milles d'eux ,
fuivi feulement de trois cent lances , & de
deux cent Gentilshommes de la Maiſon du
Roi. Ils s'avancerent , & Gafton , fans trop
s'éloigner , pour leur donner plus d'envie
de le fuivre , recula jufques dans les Fauxbourgs
de Milan , où ils l'inveftirent , en at
tendant , pour le forcer , les fecours , qui
leur avoient été promis par le Pape & les
Vénitiens ; mais pendant que ces deux
Puiffances les amufoient d'efperances vaines
, le Duc de Nemours renforçoit fon armée
de quelques troupes tirées des garnifons
voisines.
Les Suiffes inquiets de l'abandon de leurs
Alliés , & n'ofant entreprendre d'attaquer
les François dans leurs retranchemens , s'avancerent
vers l'Adda , menaçant d'entrer
dans le Bergamafque. Le Duc de Nemours ,
toujours devant eux ou à leur fuite , campa
à Caffano , & rompit de telle forte leurs deffeins
, qu'ils lui envoyerent propoſer peu
de jours après de retourner dans leur Pays ,
s'il vouloit leur donner un mois de paye ,
fur le même pied qu'ils l'avoient toujours
reçu de la France.
re ,
Cette propofition , qu'on alloit leur fai
fut rejettée , parce qu'ils la faifoient :
E vj
on
1172 MERCURE DE FRANCE.
on marchanda ; ils s'irriterent , & mêlant
la fierté à l'intérêt , ils demanderent deux
jours après , le double de ce qu'on leur avoit
refufé, Gafton devenu plus fort en troupes ,
& en état de combattre avec plus de confiance
, en defiroit en quelque forte l'occafion.
On s'en appercevoit à fa façon de traiter
avec les Suiffes , qui envoyerent enfin
un trompette , pour déclarer qu'ils ne vouloient
plus d'accommodement , & qu'ils alloient
faire une guerre cruelle aux François
.
Le Duc de Nemours attendoit fans crainte
l'effet de ces menaces , lorfqu'on lui apprit
que les Suiffes avoient pris fecretement la
route du Lac de Côme , pour rentrer dans
leurs montagnes , vengeant la honte de cette
retraite par l'incendie de quelques Villages .
Gafton profita de leur abfence , & de la réputation
, que fa conduite lui avoit donnée
pour fortifier le Milanez , & affoiblir les
conféderés , en leur oppofant , s'il étoit poffible
, les forces de quelques Etats d'Italie.
La République de Florence & de Bologne
étoient les feuls Etats , qui laiffaffent
quelque efperance. La premiere , puiffante
par l'étendue de fes terres , le nombre & la
richeffe de fes habitans , étoit gouvernée par
un Magistrat Militaire, qui portoit le Titre
de Gonfalonier : fon inclination pour la France
JUIN. 1744. 1173
ce étoit décidée , mais le Confeil de la République
, rebuté de la legereté de la Nation
, écoutoit moins fon refpect pour le
Gonfalonier , que la crainte d'être facrifié
au premier avantage que les François pourroient
fe promettre en les abandonnant,
Gafton fut donc obligé de fe contenter de
voir garder une efpece de neutralité à cet
Etat , qu'il auroit été fi important de déterminer
pour fon parti , & de tourner toute
fon attention fur Bologne , abfolument déclarée
en fa faveur.
Cette Ville étoit alors fous la domination
des Bentivoglio , d'une Maiſon Illuftre d'Italie
, qui fe prétend defcendre d'un Roi de
Sardaigne , bâtard d'un Empereur d'Allemagne.
Les Bentivoglio ou Bentivoles , ennemis
perfonnels du Pape , de fa Maiſon &
de fes deffeins , avoient confenti , que le
Duc de Nemours mît dans Bologne une
garnifon de deux mille Allemands , & de
deux cent Gendarmes , fous les ordres d'Odet
de Foix , Seigneur de Lautrec , d'Ive
d'Alégre , & des Capitaines de la Fayette
& de S. Vincent , que les Italiens furnommoient
le Grand Diable , à caufe de fa valeur
, & de fa taille extraordinaire.
Mais l'expérience de ces Chefs , & la
force de la garnifon ne furent que la feconde
caufe du falut de la Ville ; elle étoit
perduc
1174 MERCURE DE FRANCE.
duë fans reffource , fi les ennemis avoient
pû éviter les inconvéniens ordinaires des
unions de troupes , qui infpirant differens
avis , obligent à perdre dans des déliberations
un tems toujours précieux à la guerre.
Ils confulterent donc , & Pierre de Navarre
, foldat de fortune , inftruit par Gonfalve ,
furnommé le Grand Capitaine , plus inftruit
encore par la Nature & par fon génie , fit
réfoudre d'emporter la Place par le moyen
des Mines , dont on l'a fait le premier Inventeur.
Bologne n'avoit point de dehors ;
une feule muraille , épaiffe à la vérité , étoit
toute fa défenſe ; le canon en ayant ruiné
plus de cent braffes en peu de jours , la largeur
de cette bréche tenta les affiégeans :
on voulut rifquer un affaut , dont les commencemens
eurent fi de fuccès , que les
Chefs réfolurent d'attendre l'effet de la Mine.
Pierre de Navarre l'avoit pouffée vers
la porte de Castiglione,fous un endroit de la
muraille , où il y avoit une petite Chapelle.
L'idée de l'Ingénieur étoit de la renverfer
avec la muraille dans le foffé , & de le combler
ainfi de leurs débris. La Garnifon inquiéte
de la largeur de la bréche , mais raffurée
par leur courage & par leur nombre
fe tenoit rangée le long de la muraille , affectant
une contenance fiere. Mille Fantaf
fins & cent quatre- vingt Gendarmes , enpeu
νομές
JUIN
1175 1744.
voyés par le Duc de Nemours , avoient encore
augmenté leur courage. Ils faifoient
des cris , & bravoient les affiégeans . Ceuxci
que Pierre de Navarre affuroit de l'effet
de la Mine , en attendoient le moment avec
impatience. Un tonnerre épouvantable l'annonça;
il fembloit que la Ville dût s'abîmer
, & les affiégeans célébroient déja leur
victoire par de grands cris , mais après que
le tourbillon de fumée & de poufliére für
diffipé , leur furpriſe fut extrême de voir la
Chapelle enlevée par la Mine dans le même
état, qu'elle étoit avant fon effet ; la poudre
l'avoit pouffée fi perpendiculairement, & la
maçonnerie ainfi que la charpente s'étoit
trouvée fi bonne,qu'à quelques fentes près,
on ne fe feroit point apperçu de fa tranflation
les Bolonnois crierent au miracle ,
& l'idée d'être foutenus par une providence
particuliere leur infpira une extrême réfolution.
Les affiégeans furpris refterent dans leurs
quartiers , & les nouvelles mefures , qu'ils
fe trouverent obligés de prendre , donnerent
le tems au Gouverneur d'envoyer demander
du fecours à Gafton de Foix , & l'ef
perance de le recevoir avant que d'être forcés.
Ce Général , qui affembloit les troupes à
Final , fur les frontieres du Modenois & du
-Bolorois , marcha avec toute fon armée
com1176
MERCURE DE FRANCE.
compofée d'onze mille Fantaffins , & de
treize cent lances. Craignant que le nom
bre ne le fit reconnoître , & ne pouvant
néanmoins feater de délivrer Bologne
avec moins de forces , il fut bien -tôt hots
-d'inquiétude. L'air fe chargea de nuages ,
& la neige , qui tomboit à gros flocons , en
rendant fa marche plus difficile , la rendit
auffi plus affurée. Toute Farmée, entrà dans
Bologne à l'infçu des ennemis , que l'on au
roit aifément battus à caufe de leur confiance
, fi Gaſton ent pû fe perfuader qu'ils ignorallent
fon arrivée . Le fiége fut levé fur le
champ avec beaucoup de précipitation ,
:quoique fans défordre , & le Duc de Nemours
, libérateur de Bologne fans avoir
tiré l'épée , fut regardé comme le plus prudent
, & le plus heureux Capitaine de fon
tems.
?
រ
Mais à peinegoûtoit-il les premiers fruits
de fa victoire , qu'on lui apprit la furprife
de Breffe par les Vénitiens. Cette Place fi
importante à la confervation du Milanez ,
avoit été confiée à la garde de du Lude , &
ce brave Officier fe trouvoit en état de la
conferver contre tous les ennemis du dehors
, mais il en avoit de plus dangereux
parmi les habitáns même , qui devoient
aider à fa deffenfe . Breffe , comine la plupart
des Villes d'Italie, étoit divifée en deux parJUIN.
1744. 1177
:
tis , à la tête defquels on voyoit les Maiſons
d'Avogaro , & de Gambara. Celle- ci attachée
aux François joüiffoit de toute la faveur
de ces nouveaux Maîtres de l'Italie.
& les autres ( c'eſt l'effet ordinaire de la
mauvaife politique ) éprouvoient chaque
jour de nouvelles injuftices. Une infulte ,
que le Comte de Gambara fit au Comte d'Avogaro
, obligea ce dernier à reclamer l'autorité
du Duc de Nemours . Ce Prince lui
promit de le fatisfaire , & l'oublia . L'Italien
crut qu'en lui refuſant la juftice , qui eft le
premier devoir des Souverains , on lui donnoit
l'exemple d'oublier le fien , tant il eſt
vrai que le déni de juftice , qui eft fi commun
, eft la fource de mille maux.
Il fçût donc mettre tout fon parti dans
l'intérêt de fa vengeance , & il prit fes mefures
avec tant de jufteffe , que les Vénitiens
avertis de fon deffein , parurent aux
portes de Breffe , avant que le Gouverneur
eut aucun foupçon de leur marche . La gar
nifon raffemblée fe porta toute entiere du
côté que paroiffoient les ennemis , mais
pendant qu'ils leur réfiftoient , une feconde
troupe de Vénitiens conduits par quelques
habitans entrerent par des égouts , dont ils
avoient ouvert les grilles. Aux cris de S.
Marc , qu'ils firent retentir de toutes parts ,
le Comte d'Avogaro parut dans la Place ,
font
1178 MERCURE DE FRANCE.
fondit fur le Gouverneur , déja embarraffe
par la multitude des ennemis,& l'obligea de
fe retirer au Château , d'où il pûr à peine
envoyer informer le Duc de Nemours de
fon malheur , & lui demander du fécours.
Ce Général étoit encore à Bologne , éloignée
de Breffe de quarante lieuës , & féparée
par le Pô , le Mincio , la Chieſa , & .
Les chemins devenus difficiles à caufe des
pluyes , fembloient impraticables à l'Artillerie
, dont on avoit cependant un befoin
abfolu ; mais l'ardeur du Chef , & l'affection
des Soldats pour lui , furmonterent ces
obftacles. Son armée fit en un jour trente
milles d'Italie , & ayant appris , que la République
envoyoit un Corps de cinq à fix
milles hommes au fecours de leurs troupes ,
qui affiégeoient le Château de Breffe , il fit
une diligence incroyable , pour gagner
de
vîteffe ces nouveaux ennemis. S'étant affuré
de cet avantage , il envoya contre eux le
Chevalier Bayard & Teligni avec leursGens
d'armes. Ces deux braves Chefs les ayant
joints , les battirent , & le Duc de Nemours
continuant fa route , arriva enfin à la vûë du
Château de Breffe , où il entra fans réfiftance.
Ce Prince donna une nuit à fes troupes
pour repofer , & le lendemain leur ayant
promis le pillage de la Ville , elles marcherent
JUI N. 1744. 1172
rent avec beaucoup de réfolution contre les
retranchemens des Vénitiens. Le Provedi
teur , qui les commandoit , avoit eu foin de
les munir d'une nombreufe artillerie ; outre
huit mille foldats , il avoit fous fes ordres
douze mille habitans prêts à combattre.Cette
armée étant trop nombreufe pour tenir dans
le terrain ,qui féparoit la Ville du Château,
il en avoit mis une partie en bataille , pour
rafraîchir les deffenfeurs du retranchement ;
de plus il avoit à dos une Riviére , & un
Pont , qu'il pouvoit rompre , fuppofé que
les François l'obligeaffent à la retraite.
Le Duc de Nemours étoit inftruit de tous
les avantages de l'ennemi ; mais le recouvrement
étoit d'une telle importance , qu'il réfolut
de tout rifquer. Son armée étoit de
douze mille hommes , qu'il divifa en plufieurs
corps : d'Alégre eut ordre de fe pofter
hors de la Ville , vis-à- vis la Porte de S.
Jean , la feule , que les Vénitiens avoient
laiffée ouverte , enfuite le Duc attaqua une
Abbaye appuyée contre les retranchemens ,
l'emporta , & fit paffer ce qu'il y avoit d'ennemis
au fil de l'épée. Ce premier fuccès encouragea
les troupes , fans rien faire perdre , -
au Général de fa moderation : Herigoïe , ou
Henri Gonet , fort eftimé de ce Prince &
des Soldats , fut mis à la tête d'une troupe
de Gafcons choifis , & le Chevalier Bayard
fuivit
1180 MERCURE DE FRANCE.
fuivit à pied avec fes Gens d'armes pour les
foutenir. L'ennemi les voyant avancer fiérement
& en bon ordre , fit un feu terrible
, qu'ils effuyerent fans s'ébranler ; le canon
du Château battoit avec furie contre
les retranchemens , & y faifoit de grandes
bréches ; les François les gagnerent après
avoir rempli le follé de fafcines , & ce fut
là que le combat devint fanglant. On s'y
battoit main à main , à coup de haches , de
piques , & d'épées. Le Chevalier Bayard
'animant les fiens
par fon exemple , reçut un
fi grand coup de pique dans la cuiffe , que
le fer y demeura avec le bout du bois où il
étoit attaché ; ce brave homme tomba noyé
dans fon fang , & les Soldats que fa préfen-
'ce avoit foutenus , commençoient à s'ébranler
, lorfque le Duc de Nemours la pique à
la main parut à leur tête , criant : Enfans ,
vengeons le bon Chevalier. Son exemple , &
fes cris infpirerent aux Soldats une efpece
de fureur ; les retranchemens furent forcés
en plufieurs endroits , & les fuyards pourfuivis
fi vivement , qu'ils n'eurent pas le
tems de lever le Pont , qu'il falloit paffer
pour entrer dans la Ville , où les vainqueurs
entrerent avec eux . Les Officiers leur firent
faire alte au- delà du Pont , pour les remettre
en ordre avec une facilité , qui fit connoître
combien le Duc de Nemours avoit acquis
JUI N. 1744.
1181
quis d'autorité fur fes troupes,
On reconnut bien-tôt la néceffité de cette
conduite ; la Gendarmerie Vénitienne , toute
la Cavalerie légere ,& une bonne partie
de leur Infanterie , fe firent voir en bataille
dans la Place , tout prêts à profiter du défordre
des François . Leur Général détacha
d'abord le Capitaine Bonnet , avec quelques
bataillons pour charger les Vénitiens ;
ils le reçurent avec courage , & le combat
devint plus long & plus dangereux , en cé
que les habitans montés fur les toits de leurs
maifons , en faifoient tomber de groffes
pierres & de l'eau bouillante , pendant que
d'autres tiroient par les fenêtres.
Le Duc de Nemours envoyoit fans ceffe
de nouvelles troupes pour feconder les premieres
, & les animoit par l'efpoir du pillage
, qui leur avoit été promis. Enfin après
une demie heure de combát , les Vénitiens
cédérent de tous côtés , & leur réfiftance vigoureuſe
fut la caufe que les vainqueurs ne
donnerent aucun quartier. On en fit un
grand maffacre dans toutes les rues de la
Ville. Plufieurs en fortirent , croyant trouver
leur falut dans la campagne , mais la
précaution , qu'ils avoient prife , de murer
toutes les portes de la Ville , à l'exception
de celle de S. Jean ' , leur devint funefte :
d'Alégre y étoit avec les Gens d'armes , qui
11
les
182 MERCURE DE FRANCE.
les malfacrerent . Les ennemis y perdirent ,
dix à douze mille hommes ; le Provediteur
André Gritti refta prifonnier , & ce qui mit
le comble au malheur de cette journée , fut
la prife du Comte Louis d'Avogaro & de
fon fils , Auteurs de la révolte.
Après que les Soldats les eurent rendus
témoins du pillage de leurs maiſons & de
la défolation de leur famille , contre laquelle
tout fut permis , on les préfenta au
Duc de Nemours , toute l'armée demandant
à grands cris leur fupplice. Il ne fervit de
rien au malheureux Comte de repréſenter ,
qu'étant né fujet des Vénitiens , il n'avoit
fait qu'appeller fes anciens Maîtres au ſe,
cours de la Patrie & de fa Maiſon , que l'on
accabloit d'injuftice ; le plus fort fut regardé
comme le Maître légitime , & fa mort fut
ordonnée.
Ce Seigneur appartenoit aux Maiſons les
plus confidérables de la Ville , & du Pays
d'alentour ; fon malheur y jetta la confternation
, & acheva la déſolation publique
furtout lorfqu'on vint à réfléchir fur la deftinée
de fon fils , compagnon involontaire de
fon crime , & qui devoit l'être de fon fupplice
.
Ce jeune homme avoit obéi à la Nature ,
ainfi qu'à la reconnoiffance , en fuivant le
Comte d'Avogaro , & fon courage avoit été
adJUIN.
1744. 1183
admiré par
il
le Duc de Nemours même , lorfque
fe voyant enveloppé avec fon pere ,
avoit tout tenté pour le fauver , ou pour
périr avec lui les armes à la main. Sa douleur
, lorfqu'il fe vit arrêté , fut d'un homme
plein de fentimens ; celle de fon pere
fembla feule l'occuper , & ce fut en cet
état , qu'on le préfenta au Duc de Nemours.
Ce Général , d'un âge à peu près femblable
au fien , parut touché de fon fort ; il le plaignit
, fans entreprendre de le confoler , ainfi
que le tentent ceux qui ne fçavent pas que
rien n'affoiblit dans un lâche la crainte de
perdre la vie , & qu'un homme de coeur
n'a pas beſoin de fecours pour fouffrir unę
mort honorable ; que même dans de certaines
fituations , & aux yeux d'un homme
courageux , les exhortations à la patience
& àla foumiffion font des affronts àfon courage.
On conduifit le pere & le fils en pri
fon , & le lendemain toute la Ville vint fe
jetter aux pieds du Duc de Nemours , pour
demander leur grace. La néceflité de faire
un exemple le rendit inexorable , & on vit
enfin ces deux malheureufes victimes marcher
enfemble au fupplice.
Cette fituation affreuſe pouvoit faire
comprendre qu'il eft des maux plus grands ,
que l'afpect d'une mort prochaine. Le Comte
d'Avogaro lié à côté de fon fils ne pouvoit
con1184
MERCURE DE FRANCE.
contenir les tranfports de la plus vive douleur
; il fe précipitoit vers le fupplice &
vers la mort , comme dans un afile qui devoit
le délivrer de cette cruelle vûë. Son
malheureux fils défefperé de fon état , demandoit
comme une grace , plus précieuſe
que la vie même , qu'on l'exécutât le premier.
On voyoit fur leur vifage & dans
leurs regards , l'agitation affreufe de leur
ame. Lamultitude , qui environnoit l'échaffaut
, obfervoit un filence profond , jettant
fes regards tantôt fur les deux victimes ,
tantôt fur le Duc de Nemours , dont la
trifteffe fembloit laiffer quelque efperance
de grace , mais à ce calme fuccederent des
cris perçans , lorfqu'on vit le Comte d'Avogaro
arrivé fur l'échaffaut s'approcher de
fon fils pour lui dire les derniers adieux ,
& les efforts que ces deux infortunés faifoient
pour s'embraffer malgré leurs liens.
Tandis que ce Spectacle accabloit tous les
coeurs , le Duc de Nemours fit un figne , &
les deux têtes tomberent prefque en mêmetems.
Cependant le pillage de la Ville avoit
ceffé ; après avoir été la caufe de la priſe
de la Place , en animant le foldat , il le devint
de la perte de l'armée en l'enrichiſſant.
Les troupes déferterent en foule , & cette
barbare victoire devint par- là prefque auffi
fuJUIN.
1744. 1185
funefte aux François qu'une défaite. Le Duc
de Nemours , au lieu de foldats aguerris , fe
trouva obligé de fe fervir de nouvelles levées
, inférieur en ce point aux ennemis ,
qui n'employoient contre lui que l'élite de
leurs troupes. Cependant Bologne fauvée
une armée vaincuë , Breffe reconquiſe en
moins de quinze jours , lui avoient donné
la réputation du plus grand & du plus heureux
Capitaine de l'Europe. Devenu la terreur
des ennemis , il devint le motif de la
présomption des François , qui s'imaginerent
que fon nom feul devoit triompher.
LOUIS XII , plus prudent par fon Confeil
que par fon caractere , & éblouii de fes fuccès
, lui manda de chercher par tout les Efpagnols
& de leur livrer bataille,
Une des raifons de cet empreffement étoit
la déclaration du Pape en faveur de la Ligue
, fortifiant ainfi des tréfors du S. Siége
& des troupes de l'Etat Eccléfiaftique les
Vénitiens & les Efpagnols , déja fi puiffans
en Italie . Mais Louis & fon Confeil étoient
alfés inftruits de la politique des Pontifes
pour ne pas douter qu'une victoire complette
fur les forces réunies des Conféderés , ne
déterminât le Pape à les abandonner. On
eraignoit auffi que l'Empereur , féduit par
l'exemple de la Cour de Rome , n'embraffat
le parti de la Ligue , & que les Suiffes irrités
I. Vol F du
1186 MERCURE DE FRANCE.
du mépris , que le Duc de Nemours leur
avoit témoigné , n'imitaffent toutes ces Puif
fances, en fe joignant à elles , pour accabler
les François .
Ces motifs firent agir Gaſton avec moins
de circonfpection , que l'état des affaires
ne le demandoit , dans le defir de donner
bataille pour contenter le Roi , & de déranger
les projets de tant de fiers ennemis . Il
prit donc le chemin de la Romagne à la tête
d'une armée de dix-huit mille hommes d'Infanterie
, & d'une Gendarmerie nombreuſe ;
il y trouva celle des ennemis commandée
par le Viceroi de Naples , mais ce Général
avoit reçû des ordres pofitifs d'éviter la ba
taille , le Roi d'Efpagne , fon Maître , ne
doutant pas que le Roi d'Angleterre & l'Empeu
,
pereur attaquant la France dans elle
ne fût obligée de rappeller fes troupes d'Ita
lie
pour fa deffenfe , de forte que le Duc de
Nemours , plus preffé que jamais par de
nouveaux ordres du Roi , avoit à engager
au combat des ennemis fupérieurs en nom
bre , & qui ne négligeoient rien pour l'évi
ter. Il s'empara à leur vûë de Cafteldi -Solarolo
, de Colignola & de Granarolo , eſperant
à chaque fiége de Place forcer les enne
mis à venir au fecours & les réduire à la né.
ceffité de donner bataille. Ils parurent conf
tans dans l'idée de la fuire , & pour les
conJUIN.
1744.
1187
contraindre , le Duc de Nemours fe vit forcé
d'affiéger Ravenne.
L'importance de cette Ville, par rapport à
fa richeffe , au nombre de fes habitans , à fa
fituation dans l'Etat Eccléfiaftique , & la
promeffe qu'avoit exigé Antoine Colonne
avant que de fe jetter dans la Place pour la
défendre , qu'on viendroit sûrement la fe
courir,ne permettoient plus aux Conféderés
de régler leurs démarches fur les ordres de
la Cour d'Efpagne. Rome & Venife menacées
, montrant plus d'inquiétude & plus
de feu , déterminerent leurs Alliés , & l'ar
mée entiere approcha à deuxmilles de diſtan
ce de celle des François.
Gafton , que leur arrivée combloit de
joie , donna ordre au Chevalier Bayard d'aller
les reconnoître à la tête de fes Gendarmes
, & de quelques Archers ; ce brave Capitaines
pouffa jufques dans le Camp ennemi
, qu'il eut le tems d'examiner avec attention
, tout en combattant , & répandant
Fallarme en tous lieux. Sur le compte qu'il
en rendit au Duc de Nemours , ce Prince
réfolut d'attaquer le lendemain onzième
Avril , jour de Pâques . Quelques -uns en témoignerent
du fcrupule , mais le Général
leur fit fentir qu'une guerre injufte ne devoit
jamais être entreprife , ni une guerre
jufte differée pour aucune raifon , & fur le
Fij champ
1188 MERCURE DE FRANCE.
champ onjetta un Pont fur la Romagné¿
pour aller à l'ennemi ; l'avantgarde compo
fée d'Infanterie Allemande , & précédée de
l'Artillerie , paffa fous les ordres du Duc de
Ferrare ; elle mit la riviere à fa droite , &
fa gauche fur deffendue par fept cent Gendarmes
; la bataille toute d'Infanterie Françoife
fe plaça à côté de ces derniers , & cinq
mille Italiens achevoient de former la ligne,
Le Seigneur de Chabanes , la Palice & le
Cardinal de S. Severin , armés de pied en
cap , étoient derriere avec fix cent lances
& le fameux Ive d'Alégre fut mis à la têtę
d'un Corps de quatre cent Gendarmes pour
la réferve , afin d'être à portée de repouffer
les forties que la garnifon de Ravenne
pourroit faire.
Les Chefs de l'armée Eſpagnole étoient
Pierre de Navarre , Fabrice Colonne , & Antoine
de Leve , Carvajal , Ferdinand d'Avalos
, Marquis de Pefcaire , Officiers célébres
, & peu dignes d'avoir pour Général le
Viceroi de Naples Raimond de Cardonne ,
le plus effeminé de tous les hommes , & que
le Pape même ne daignoit pas comprendre
parmi eux , l'appellant toujours Madame de
Cardonne. Tous ces Chefs mirent leur armée
en bataille , à la difference de terrain
près , ſuivant la même difpofition que celle
de France, Le Duc de Nemours lui fit paffer
le
JUIN. 1744. 1189
le Ronco , & l'artillerie fe fit bientôt entendre
d'une maniere terrible ; celle des ennemis
avoit l'avantage de prendre les François
à découvert , pendant que couchés le ventre
à terre dans leurs retranchemens , ils fe
trouvoient à l'abri des coups.
Pierre de Navarre avoit donné cet ordre
contre le fentiment de Fabrice Colonne
qui vouloit qu'on fortit pour aller au- devant
des François ; celui de Pierre de Navarre
qui mettoit les foldats en sûreté , leur parut
d'abord le meilleur , mais on reconnut bientôt
le défavantage certain d'être enfermés
& feulement fur la défenfive , contre des
ennemis , qui attaquoient avec vigueur .
Les François avoient déja perdu deux mille
hommes; les retranchemens ennemis étoient
bordés de petits chariots arnés de contelats,
& de pointes , machines d'autant plus terri
bles qu'elles étoient inconnues ; cependant
on vint à bout de les forcer. Le canon du
Duc de Nemours faifoit dans la Cavalerie
de Colonne le même ravage que celui des
ennemis dans fon Infanterie ; Colonne outré
de voir tomber fes Gendarmes ,fans pouvoir
donner un coup d'épée , demanda au
Viceroi la permiffion de charger , & malgré
fon refus vint tomber avec furie fur un Efcadron
que commandoient le Duc de Nemours
& le Chevalier Bayard ; il avoit di-
F iij vifé
1190 MERCURE DE FRANCE.
•
vifé le fien en deux pour les envelopper , &
profiter ainfi de leur petit nombre , mais
Gafton & le Chevalier Bayard foutinrent le
choc avec tant de courage & de bonheur
que Colonne mis en défordre leur donna
pour prendre une nouvelle difpofition , le
tems dont il avoit lui-même befoin pour le
ralliement ; il revint faire une feconde charge,
& les 2 troupes fe rompirent une feconde
fois; cependant lesFrançois auroient été obligés
de céder , fi Ive d'Alégre attentif à tout ce
qui fe paffoit dans la Plaine , ne fut accouru
à leur fecours. Alors le combat devint opiniâtre
, & Colonne après une vigoureufe
réfiſtance , ne ſe voyant plus que deux cent
Gendarmes de cinq cent qu'il commandoit ,
prit la fuite , & fut fuivi de Raimond de
Cardonne , avec le refte de la Cavalerie ,
qui n'avoit point encore combattu .
Pierre de Navarre refta feul avec fon Infanterie
, & préfenta, malgré cet abandon ,
un front redoutable au vainqueur ; le Duc
de Nemours jugea à leur contenance qu'il
falloit les attaquer avec précaution ; il détacha
trois mille Archers pour aller faire le
tour du retranchement , afin de prendre les
ennemis par derriere , pendant qu'il les attaqueroit
de front avec le refte de l'Infanterie.
Pierre de Navarre les voyant approcher
, fit mettre ventre à terre à fes gens ,
mais
JUI N. 1744 1191
mais les Archers Gafcons , les plus adroits
de l'Europe , en ayant tué ou bleffé un
grand nombre , il les fit tous relever , &
envoya un détachement de douze cent hommes
d'élite , qui chargerent les Gafcons avec
tant d'impétuofité , qu'ils les mirent en
fuite.
ས
Ce fuccès encouragea Pierre de Navarre ,
& jugeant bien que dépourvu de Cavalerie
il ne pouvoit efperer qu'une retraite glorieufe
, il fongea à fecourir Ravenne , pour
dé
gager la parole donnée à Antoine Colonne ,
& mettre en sûreté cette Place , qui étoit
Foccafion de la bataille , & l'objet de la victoire
; fon détachement de douze cent hommes
, après avoir pouffé les Gafcons , ne s'amufa
donc point à les pourfuivre , & prenoit
le chemin de Ravenne , lorfque le
Bâtard du Fay fe préfentant à la tête de
quelque Cavalerie , les obligea de retourner
dans leur Camp.
Pierre de Navarre les vit revenir avec
une efpece de joie ; il avoit à foutenir le
choc de l'armée Françoife entiere , & ce fut
là qu'il fit voir ce que peut la capacité à la
guerre , lorfqu'elle eft aidée du courage. Un
foffé défendoit fon retranchement ; il l'avoit
bordé d'un grand nombre de piquiers
robuftes & braves , qui foutinrent jufqu'à
fix charges fans fe rompre. Le Colonel Ja-
Fiiij cob ,
1192 MERCURE DE FRANCE.
>
cob , des Chef des Allemans , qui étoient a
la folde de la France, y fut tué ; les foldats
dont il étoit aimé , jetterent de grands cris ,
& chargerent les ennemis avec une nouvelle
fureur ; ceux- ci toujours ferrés & en bon
ordre , & pour ainfi dire , fortifiés de leurs
pertes , par le courage que l'excès du danger
donne à de braves foldats , foutinrent
cette attaque fans s'ébranler , & ils paroiffoient
impénétrables , quand un Officier
nommé Fabien , du Régiment de Jacob , un
des plus grands , & des plus forts hommes
qu'il y eut alors en Europe , défefperé de la
perte de fon Colonel , & la voulant venger
, fauta au milieu des ennemis , & prenant
fa pique par le travers , l'appuya avec
tant de force fur plufieurs de celles des ennemis
, qu'il les fit baiffer jufqu'à terre
donnant à ceux qui le fuivoient le moyen
d'entrer par cette ouverture : il y fut tué ,
mais fa mort donna la victoire à fon parti .
Les François au milieu des rangs Efpagnols
, firent des prodiges de valeur pour
achever de rompre des gens , qui à demi
vaincus , combattoient avec un courage aufli
reglé , que s'ils avoient pû efperer de vainere
on parvint jufqu'à Pierre de Navarre ;
il fut environné , accablé de coups de pique
& de traits, & enfin fait prifonnier. Ce qui
reftoit d'Espagnols , privés de leur Général ,
fe
JUIN. 1744. 1193
fe raffemblerent en un feul corps , & fe retirerent
en bon ordre par le grand chemin.
Le Duc de Nemours échauffé par un combat
fi long & fi opiniâtre , apperçut ce bataillon
; leur contenance fiere le frappa ; il
lui fembla qu'ils emportoient avec eux la
meilleure partie de fa victoire & fans
confulter que fon ardeur , il alla fe jetter
avec un petit nombre de Gendarmes fur des
troupes , que ni fon armée entiere , ni la
perte de leur Général , n'avoient pu obliger
à fe rendre.
,
A fon arrivée , les Efpagnols préfenterent
leurs piques ; fon cheval fut tué & lui- même
bleflé. Démonté & ayant perdu fa lance ,
déja couvert de fang , il mit le fabre à la
main , & regardant fon coufin Lautrec à
pied & bleffé comme lui : S'il faut périr
dit-il , faifons- nous regretter. En même- tems
il part & porte des coups terribles ; plufieurs
des ennemis tomberent à fes pieds , mais fes
armes fauffées de toutes parts par de violens
coups de pique , le laifferent bientôt à dé
couvert. Lautrec , refté prefque fenl auprès
de ce Prince , admirant la bravoure , défefperé
de fon péril , ne ceffoit de crier aux
Efpagnols : C'est le frere à votre Reine ne le
tuez pas. Mais ces cris adreffés à des gens
qui n'efperoient plus de quartier , & ac
Fy com1194
MERCURE DE FRANCE.
compagnés de grands coups de fabre , ne
touchoient point des foldats défefperés &
furieux ; Gafton affoibli par fa premiere
bleffure , & n'ayant que fon fabre pour
toute défenſe , reçut à la fois quatorze blef
fures , dont il expira fur le champ de bataille
.
gne
La témérité fit ainfi mourir dans le fein
de la victoire & à l'âge de vingt- quatreans
, un Prince , que l'ardeur d'acquerie
rop-tôt le titre de grand Capitaine , préci
pitoit dans tous les dangers. Son bonheur
l'éblouit ; le titre de foudre de l'Italie , que
trois grandes actions en une feule Campalui
avoient fait donner , lui infpira une
nouvelle présomption , & ce même titre lui
convint encore mieux après la mort , quedurant
fa vie ; car il eut de la foudre , le
bruit , l'éclat & le peu de durée. Ce Prince
fe crut invincible , parce qu'il avoit toujours .
vaincu . Des triomphes fouvent répétés , forment
le caractere brillant , à qui l'on donnele
titre d'Héroïfine , mais le mêlange dequelques
infortunes perfectionne & conferve
le grand homme.
On regretta d'autant plus le Duc de Nemours
, que fa perte fut fuivie de celle de
Italie pour les François , & qu'il avoit de
ces qualités naturelles & d'éducation , qui
Le rencontrent rarement chés les Princes. La
JeuJUIN.
1744. 1795*
Jeuneffe de la Cour , qui l'avoit fuivi , vantoit
fon affabilité , fa douceur , fes égards
pour les difpofitions heureuſes , & pour le
zéle. Les vieux Guerriers loüoient fon attention
pour leurs fervices , & fes déférences
pour la capacité & l'expérience. Le foldat
publioit fon extrême valeur , & les peuples,
vaincus fa clémence. Ces préventions favorables
, & la rapidité de fes fuccès éblouirent
tous les yeux , & l'Europe entiere le
reconnut pour un très- grand Capitaine , à
un âge où l'on ne commence qu'à être foldat.
Le bonheur eft une forte de mérite aux
yeux des hommes . S'il n'eft pas fort eſtimable
aux yeux de la raifon , il eft le plus
brillant & le plus admiré du vulgaire.
Les autres grands Capitaines , dont les
Vies rempliffent ce IX Tome , font : Louisde
la Tremoüille II. du nom , Prince de
Talmond , Vicomte de Thouars , furnommé
Le Chevalier fans reproche , fous les Rois
Louis XI & François I ; Ive d'Alégre, Che--
valier de l'ordre du Roi , Capitaine de cent
hommes d'armes , fous les Régnes de Char--
les VIII & Louis XII ; le Chevalier Bayard ,
Lieutenant Général pour le Roi en Dauphiné
, Chevalier de l'Ordre , Capitaine de
cent hommes d'armes.
Fermer
46
p. 2334-2337
Suite du détail du Siége de Coni, [titre d'après la table]
Début :
On a appris du Camp devant Coni du 29 du mois dernier, que la ruine de deux Lunettes, ausquelles [...]
Mots clefs :
Troupes, Coni, Prince, Marquis, Roi de Sardaigne, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : Suite du détail du Siége de Coni, [titre d'après la table]
On a appris du Camp devant Coui du 29 du mois
dernier , que la ruine de deux Lunettes , auſquelles
on avoit attaché le mineur le 23 , ayant mis les affiégeans
en état de reconnoître que la Place étoit
du côté de leur principale attaque , plus forte qu'on
n'avoit crû , l'Infant avoit pris le parti d'ordonner
une nouvelle attaque que le Prince de Conty avoit
propoſée dès le commencement du Siége ; que les
progrès de cette attaque auroient été déja fort
avancés , s'il n'étoit ſurvenu la nuit du 25 au 26 une
pluye abondante , qui a duré 36 heures , & qui
ayant fait déborder la riviere de Geffe , a retardé
confiderablement les travaux ; qu'on les a pouffés
avec beaucoupde vivacité , dès que l'écoulement
des eaux l'a permis , & que le côté que l'on attaquoit
, étant décidé le plus foible de la Place , on
eſperoit qu'elle ne feroit pas encore une longue
réſiſtance.
Le Roi de Sardaigne , ayant été joint par les renforts
qu'il attendoit du Milanez , & par le Régiment
de Pallavicini , que le Prince de Lobckowitz
lui
OCTOBRE. 1744.
2335
lui a envoyé , il s'eſt avancé àdeux lieuës & demie
de l'armée Eſpagnole & Françoiſe . Il a fait jetter
pluſieurs Ponts ſur la Baffe Steure , & il paroiſſoit
qu'il avoit deſſeinde hafarder une bataille.
On a été informé par les eſpions & les déferteurs
,que ſes troupes étoient compoſées de 3.5 Bataillons
&de 32 Escadrons , & que fi on ne le prevenoit
point , il attaqueroit le quartier du Marquis
Pignatelli.
Les Eſpagnols & les François ont dû paſſer toute
la nuit au Bivoüac , & le bruit couroit que l'Infant
étoit déterminé à ne laiffer dans le camp quequinze
Bataillons pour la garde des travaux & du Parc d'ar
tillerie ,&ààmarcher à la rencontre des ennemis .
Le Marquis de Leuville , fils du feu Lieutenant
Général de ce nom , & neveu du Bailly de Givry ,
mort il y a quelque-tems à Embrun des bleſſures
qu'il a reçues à l'attaque des retranchemens de
Château Dauphin , a été tué dernierement par un
Parti de Vaudois en allant joindre les troupes
commandées par le Prince de Conty.
,
On mande du Camp devant Coni du 2 de ce
mois , que l'Infant Don Philippe , ayant reçû des
avis certains que le Roi de Sardaigne marchoit pour
l'attaquer , & pour tenter le ſecours de Coni , laiſſa
dans le camp 18 Bataillons tant François qu'Eſpagnols
, pour la garde des travaux & du Parc d'artillerie
, & qu'avec 20 Bataillons des troupes d'Ef
pagne , 18 de celles de France , & 60 Eſcadrons ,
dont 24 étoient de ces dernieres troupes , il s'avança
juſqu'au Convent de la Madonna del Ulmo.
Ce Prince appuya ſa droite à ce Convent , fa
gauche à uneCaffine ,& devant le centre de l'armée
étoit une autre Caffine fortifiée . L'Infanterie
n'étant pas ſuffiante pour garnir la premiere Ligne,
on larenforça avec de la Cavalerie des deux Nations.
Le
2336 MERCURE DE FRANCE.
Le 30 du mois dernier , à onze heures du matin ,
ondécouvrit la tête des ennemis,qui s'approchoient
ſurdeux Colonnes paralleles . Le Roi de Sardaigne
plaça ſon Infanterie le long d'une chauffée bordée
de Navilles , & il couvrit de chevaux de friſe le
front & le flanc de ſes troupes. Lorſque les deux
armées ſe furent canonnées pendant quelque tems ,
les Grenadiers de celle du Roi de Sardaigne attaquerent
à une heure après midi le poſte de la Madonna
del Ulmo , & les Caffines qui étoient devant nos retranchemens.
Ils furent repouſſés de toutes parts ,
&les autres attaques , qu'ils firent ſucceſſivement ,
n'eurent pas plus de ſuccès.
•Le combat vers less heures du ſoir devint général
entre les troupes d'Infanterie des deux armées. Les
troupes Françoiſes & Eſpagnoles , non ſeulement
ſoûtinrent avec une extrême valeur les efforts -de
l'Infanterie des Piemontois , mais encore la mirent
en déſordre , & le Prince de Conty , s'étant mis à
la tête de notre Cavalerie , ſe poita contre leur premiere
Ligne , dans l'eſperance de profiter de cet
avantage. Les chevaux de Friſe ayant arrêté la Cavalerie
, le Prince deConty la fit replier , & il retourna
à la charge avec les Régimens d'Infanterie
de Lyonnois , de Beauce , de Brie , de Foix , de
Flandre& de Stainville. On s'empara en cette oceafion
d'une Batterie des ennemis , mais on ne pût la
conſerver à cauſe de la violence du feu de quelques
Caffines qu'ils occupoient.
Le Combat a duré avec beaucoup d'opiniâtreté
de part & d'autre juſques à ce que la nuit étant furvenuë
, & les Piémontois étant , par la perte confiderable
qu'ils avoient faite , hors d'état de ſe maintenirdans
leur poſte , le Roi de Sardaigne ſe détermina
ſur les dix heures à abandonner une partie de
ſon artillerie & la multitude prodigieuſe de ſes chevaux
OCTOBRE. 1744. 2337.
Vaux de Friſe , & à ſe retirer , en prenant cependant
la précaution de laiſſer des Détachemens de
Grenadiers, qui continuerent pendant deux heures
de tirer ſur nos troupes , pour empêcher qu'elles ne
s'apperçuffent qu'il abandonnoit le chainp de bataille.
A minuit , le feu des ennemis ceſſa entierement
, & dès la pointe du jour l'Infant détacha le
Marquis de Corbulan avec 1000 chevaux , pour
inquiéter le Roi de Sardaigne dans ſa retraite.
Le Marquis de Corbulan , foutenu d'un autre
Corps de Cavalerie , qui marchoit ſous les ordres
duMarquis du Chayla & du Marquis Pignatelli , a
continue de pourſuivre les Piemontois , auſquels on
a pris cinq piéces de canon , & qui ont eû plus de
sooo hommes tués ou bleſſés.
La perte des François & des Eſpagnols monte à 8
ou 900 hommes , & l'on compte environ 1200
bleſſés dans les troupes des deux Nations. Du côté
des François , les principaux Officiers bleſſés font le
Marquis de Sennecterre , Lieutenant Général ; le
Chevalier Chauvelin , Brigadier , & le Marquis de
la Force , qui a eû une épaule emportée d'un boulet
de canon .
M. de Solemy , Brigadier & Lieutenant Colonel
du Régiment d'Infanterie de Conty , a été tué.
dernier , que la ruine de deux Lunettes , auſquelles
on avoit attaché le mineur le 23 , ayant mis les affiégeans
en état de reconnoître que la Place étoit
du côté de leur principale attaque , plus forte qu'on
n'avoit crû , l'Infant avoit pris le parti d'ordonner
une nouvelle attaque que le Prince de Conty avoit
propoſée dès le commencement du Siége ; que les
progrès de cette attaque auroient été déja fort
avancés , s'il n'étoit ſurvenu la nuit du 25 au 26 une
pluye abondante , qui a duré 36 heures , & qui
ayant fait déborder la riviere de Geffe , a retardé
confiderablement les travaux ; qu'on les a pouffés
avec beaucoupde vivacité , dès que l'écoulement
des eaux l'a permis , & que le côté que l'on attaquoit
, étant décidé le plus foible de la Place , on
eſperoit qu'elle ne feroit pas encore une longue
réſiſtance.
Le Roi de Sardaigne , ayant été joint par les renforts
qu'il attendoit du Milanez , & par le Régiment
de Pallavicini , que le Prince de Lobckowitz
lui
OCTOBRE. 1744.
2335
lui a envoyé , il s'eſt avancé àdeux lieuës & demie
de l'armée Eſpagnole & Françoiſe . Il a fait jetter
pluſieurs Ponts ſur la Baffe Steure , & il paroiſſoit
qu'il avoit deſſeinde hafarder une bataille.
On a été informé par les eſpions & les déferteurs
,que ſes troupes étoient compoſées de 3.5 Bataillons
&de 32 Escadrons , & que fi on ne le prevenoit
point , il attaqueroit le quartier du Marquis
Pignatelli.
Les Eſpagnols & les François ont dû paſſer toute
la nuit au Bivoüac , & le bruit couroit que l'Infant
étoit déterminé à ne laiffer dans le camp quequinze
Bataillons pour la garde des travaux & du Parc d'ar
tillerie ,&ààmarcher à la rencontre des ennemis .
Le Marquis de Leuville , fils du feu Lieutenant
Général de ce nom , & neveu du Bailly de Givry ,
mort il y a quelque-tems à Embrun des bleſſures
qu'il a reçues à l'attaque des retranchemens de
Château Dauphin , a été tué dernierement par un
Parti de Vaudois en allant joindre les troupes
commandées par le Prince de Conty.
,
On mande du Camp devant Coni du 2 de ce
mois , que l'Infant Don Philippe , ayant reçû des
avis certains que le Roi de Sardaigne marchoit pour
l'attaquer , & pour tenter le ſecours de Coni , laiſſa
dans le camp 18 Bataillons tant François qu'Eſpagnols
, pour la garde des travaux & du Parc d'artillerie
, & qu'avec 20 Bataillons des troupes d'Ef
pagne , 18 de celles de France , & 60 Eſcadrons ,
dont 24 étoient de ces dernieres troupes , il s'avança
juſqu'au Convent de la Madonna del Ulmo.
Ce Prince appuya ſa droite à ce Convent , fa
gauche à uneCaffine ,& devant le centre de l'armée
étoit une autre Caffine fortifiée . L'Infanterie
n'étant pas ſuffiante pour garnir la premiere Ligne,
on larenforça avec de la Cavalerie des deux Nations.
Le
2336 MERCURE DE FRANCE.
Le 30 du mois dernier , à onze heures du matin ,
ondécouvrit la tête des ennemis,qui s'approchoient
ſurdeux Colonnes paralleles . Le Roi de Sardaigne
plaça ſon Infanterie le long d'une chauffée bordée
de Navilles , & il couvrit de chevaux de friſe le
front & le flanc de ſes troupes. Lorſque les deux
armées ſe furent canonnées pendant quelque tems ,
les Grenadiers de celle du Roi de Sardaigne attaquerent
à une heure après midi le poſte de la Madonna
del Ulmo , & les Caffines qui étoient devant nos retranchemens.
Ils furent repouſſés de toutes parts ,
&les autres attaques , qu'ils firent ſucceſſivement ,
n'eurent pas plus de ſuccès.
•Le combat vers less heures du ſoir devint général
entre les troupes d'Infanterie des deux armées. Les
troupes Françoiſes & Eſpagnoles , non ſeulement
ſoûtinrent avec une extrême valeur les efforts -de
l'Infanterie des Piemontois , mais encore la mirent
en déſordre , & le Prince de Conty , s'étant mis à
la tête de notre Cavalerie , ſe poita contre leur premiere
Ligne , dans l'eſperance de profiter de cet
avantage. Les chevaux de Friſe ayant arrêté la Cavalerie
, le Prince deConty la fit replier , & il retourna
à la charge avec les Régimens d'Infanterie
de Lyonnois , de Beauce , de Brie , de Foix , de
Flandre& de Stainville. On s'empara en cette oceafion
d'une Batterie des ennemis , mais on ne pût la
conſerver à cauſe de la violence du feu de quelques
Caffines qu'ils occupoient.
Le Combat a duré avec beaucoup d'opiniâtreté
de part & d'autre juſques à ce que la nuit étant furvenuë
, & les Piémontois étant , par la perte confiderable
qu'ils avoient faite , hors d'état de ſe maintenirdans
leur poſte , le Roi de Sardaigne ſe détermina
ſur les dix heures à abandonner une partie de
ſon artillerie & la multitude prodigieuſe de ſes chevaux
OCTOBRE. 1744. 2337.
Vaux de Friſe , & à ſe retirer , en prenant cependant
la précaution de laiſſer des Détachemens de
Grenadiers, qui continuerent pendant deux heures
de tirer ſur nos troupes , pour empêcher qu'elles ne
s'apperçuffent qu'il abandonnoit le chainp de bataille.
A minuit , le feu des ennemis ceſſa entierement
, & dès la pointe du jour l'Infant détacha le
Marquis de Corbulan avec 1000 chevaux , pour
inquiéter le Roi de Sardaigne dans ſa retraite.
Le Marquis de Corbulan , foutenu d'un autre
Corps de Cavalerie , qui marchoit ſous les ordres
duMarquis du Chayla & du Marquis Pignatelli , a
continue de pourſuivre les Piemontois , auſquels on
a pris cinq piéces de canon , & qui ont eû plus de
sooo hommes tués ou bleſſés.
La perte des François & des Eſpagnols monte à 8
ou 900 hommes , & l'on compte environ 1200
bleſſés dans les troupes des deux Nations. Du côté
des François , les principaux Officiers bleſſés font le
Marquis de Sennecterre , Lieutenant Général ; le
Chevalier Chauvelin , Brigadier , & le Marquis de
la Force , qui a eû une épaule emportée d'un boulet
de canon .
M. de Solemy , Brigadier & Lieutenant Colonel
du Régiment d'Infanterie de Conty , a été tué.
Fermer
47
p. 2347-2350
Arrivée de S. M. à Strasbourg, [titre d'après la table]
Début :
Le Marquis de la Farre, qui commande à Strasbourg en l'absence du Maréchal de Coigny, a signalé [...]
Mots clefs :
Roi, Strasbourg, Argent, Habits, Cavalerie, Troupes, Infanterie, Officiers, Église cathédrale, Arc de triomphe, Cardinal de Rohan, Écarlate
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texteReconnaissance textuelle : Arrivée de S. M. à Strasbourg, [titre d'après la table]
Le Marquis de la Farre , qui commande à Strafbourg
en l'absence du Maréchal de Coigny , a fi
gnalé ſon zéle en cette occaſion , ainſi que le
Coadjuteur , M.de Vanolles , Intendant d'Alface ,
le Préteur Royal & les Magiſtrats. L'allegreſſe publique
n'a plus eu de bornes , dès qu'on a été informé
, que le Roi vouloit bien honorer cette Ville
de ſa préſence. Jamais peuple n'a montré plus d'ar
deur& d'impatience que celui de Strasbourg de
voir ſon Souverain , & l'on s'eſt préparé , autant
que le tems a pû le permettre , à recevoir S. M.
avec toute la pompe qu'exigeoit un pareil événement.
: Les , jour de l'arrivée du Roi , qui en ſe rendant
à Strasbourg de Saverne , trouva le chemin
bordé des Payſans de tous les Villages circonvoifins
, M. de Klinglin , Préteur Royal , à la tête des
troupes Bourgeoiſes, au nombre de 1200 hommes
fortit de la Ville , pour aller au-devant de S. M..
Ces troupes , compoſées d'Infanterie & de Cavale-*
rie , étoient diviſées en huit Corps.
وم
י
Le premier étoit un Eſcadron de Huffards , dont
les Officiers avoient des habits de velours cramoifi
garnis de galons & de franges d'argent , le manteau
de velours bleu , aufli galonné d'argent , & doublé
de peaux de Martre. Les habits du reſte de latroupe
étoient d'écarlate avec des garnitures & des boutons
d'argent. Il y avoit quatre autres Eſcadrons
dont l'un étoit en uniforme écarlate & or; le ſecond
écarlate & argent ; le troiſiéme bleu & argent
; le quatriéme gris & argent , les Officiers
ayant les habits chamarrés fur toutes les tailles.
• L'Infanterie conſiſtoit en trois Bataillons ; l'un
dont l'uniforme étoit bleu: avec boutonnieres d'or
&boutons de cuivre doré , l'autre écarlate avec
ſemblables boutons & boutonnieres ; le troifiéme
Char gris& argent. Lvj
2348 MERCURE DE FRANCE.
Chaque Bataillon avoit une Compagnie deGrenadiers
, dont les bonnets , ornés de galon & de
broderie , & terminés par de riches glands , étoient
garnis de peaux d'Ours . Les Grenadiers du Bataillon
vêtu de gris , portoient des tabliers bordés de
`galons &de franges d'argent , la hache haute , &
le mousquet en bandouillere. Les habits des Offi .
ciers de l'Infanterie n'étoient pas moins magnifiques
que ceux de la Cavalerie.
M. de Klinglin conduifit toutes ces troupesà l'extrémité
du Territoire de la Ville , où il avoit fait
dreſſer des Tentes. Il les rangea en bataille fur une
ligne àdeux de hauteur à la droite du chemin ,
venant de Saverne , les Huſſards en avant , enfuite
lesdeux Corps de Cavalerie rouge , les trois Bataillons
dans le centre , & les deux autres Corps de Cavalerie
terminant la poſition. A la ſuite des troupes
juſques à la porte de la Ville, les Magiſtrats avoient
faitplacer fur les deux bords de la chauffée le refte
•des Bourgeois des vingt Tribus , leſquels étoient
avec leurs manteaux de cérémonie.
Lorſque le caroſſe du Roi parut , les Timbales ,
Tro npettes , Hautbois, Cors de Chaffe , & autres
Inftrumens , qui étoient àlatête de chaque Compagnie
, ſe firent entendre , on fonna toutes les cloches
de la Ville , & tout retentit des acclamations
redoublés de Vive le Roi . La Cavalerie mit le Sabre
à la main , & tous les Officiers firent , ainſi que le
Préteur Royal , le falut de l'épée , quand S. Μ.
paſſa devant leurs p ftes .
Le Roi érant arrivé à la porte de la Ville , le Baron
de Trelans , Lieutenant de Roi , accompagné
des Officiers de l'Etat Major , préſenta trois clefs de
la Ville , chacune de vermeil , às M. Le Corps da
Magiftrat s'approcha enſuite de la portiere , & eur
P'honneur de haranguer le Roi , qui entra après ces
cé
OCTOBRE. 1744. 2349
cérémonies dans la Ville , où il trouva un Arc de
Triomphe de 60 pieds de hauteur , à trois Porti.
ques,au hautduquel étoit une Statue Equestre de S.
M. & qui étoit orné d'Emblêmes & de Figures. Cet
Arc de Triomphe étoit gardé du côté du Fauxcourg
par cent jeunes gens , depuis l'âge de 12 juſqu'à celui
de 18 ans , habillés comme les Cent Suifles de la
Garde de S. M. ayant à leur tête leurs Oficiers ,
dont les habits étoient bleus & richement galonnés
d'or.
De l'autre côté du même Arc de Triomphe ,
étoient 18 Bergeres & autant de Bergers , vêtus de
taffetas blanc avec des découpures de même étoffe ,
ornées de Rubans & de Guirlandes de Fleurs , les
cheveux bouclés & pendans, les houlettes peintes
& dorées. Les Bergeres tenoient desPaniers couverts
d'étoffe de ſoye couleur de role , & remplis de
Fleurs , qu'elles jetterent fur le paſſage du Roi . On
avoit placé de diſtance en diſtance , des Compagnies
de jeunes filles en habits à l'Allemande , &
dont chacune étoit menée par un jeune homme.
Toutes les ruës étoient ſablées , jonchées de verdure
, & tenduës de Tapiſſeries de haute- liffe.
Le Roi defcendit de caroſſe à la porte de l'Egliſe
Cathédrale , & S.M. y fut reçûë par le Cardinal de
Rohan , lequel étoit revêtu de ſes habits pontificaux
, & accompagné du Coadjuteur & du fuffragant
de Strasbourg , en Chapes & en Mitres , &
d'un nombreux Clergé enChâ es. S. M. s'étant miſe
àgenoux fur un carreau qui lui fut présenté par le
Prince Camille de Montauban , Chanoine de la Cathédrale
, le Cardinal de Rohan lui donna la Croix
àbaifer ,& lui fit un compliment , aufli noble que
touchant. Enfuite le Roi entra dans le Choeur , on
il tut conduit par le Coadjuteut , le Cardinal de Rohan
ayant quitté ſes habits pontificaux , pour aller
pren
2350 MERCURE DE FRANCE.
prendre auprès du Roi ſa place deGrand Aumõnies
deFrance.
Au fortir de l'Egliſe Cathédrale , S. M. alla au
Palais Epifcopal , que le Cardinal de Rohan a fait
bâtir depuis quelques années , & qui eſt auſſi commode
que magnifique. Les troupes Bourgeoiſes ,
Infanterie &Cavalerie, défilerent peu après en préfence
du Roi ſur une Terraſſe au bord de la riviere,
au bas de l'appartement que S. Ma occupé dans
ce Palais , devant lequel le Roi , en y arrivant ,
avoit retrouvé la même Compagnie de jeunes gens,
vêtus enCent Suiſſes , qu'il avoit rencontrée près
de l'Arc de Triomphe.
Dès que le jour fut baiffé , la Tour du Clocher
de la Cathédrale , les Places publiques , & toutes
les maiſons de la Ville furent illuminées , & peutêtre
n'y a-t'il eu dans le Royaume aucune Ville
dont l'illumination ait produit un plus grand effet.
Pluſieurs Fontaines de Vin coulerent par ordre des
Magiftrats dans toutes les Places , particulierement
devant l'Hôtel-de-Ville , où l'on abandonna au
Peuple , outre une grande quantité, de vivres de
route eſpece , un Boeuf qu'on faifoit rotir depuis
trois jours , comme il ſe pratique au Couronnement
des Empereurs , & qui poſé dans un baffin de bois
fculpté & doré , étoit orné de bouquets & de rubans.
Vers les huit heures du ſoir , on tira ſur la tivies
re , en face du Palais où le Roi étoit logé , un feu
d'artifice , dont l'ordonnance & l'exécution ont
mérité que S. M. marquât qu'elle en étoit finguliérement
fatisfaite. Elle a paru l'être infiniment des
efforts que non-feulement les perſonnes de diſtinctionde
cette Ville , mais encore les moindres habi
tans, ont fait pour lui prouver combien ils étoient
ſenſibles à l'honneur d'y recevoir leur Souverain.
en l'absence du Maréchal de Coigny , a fi
gnalé ſon zéle en cette occaſion , ainſi que le
Coadjuteur , M.de Vanolles , Intendant d'Alface ,
le Préteur Royal & les Magiſtrats. L'allegreſſe publique
n'a plus eu de bornes , dès qu'on a été informé
, que le Roi vouloit bien honorer cette Ville
de ſa préſence. Jamais peuple n'a montré plus d'ar
deur& d'impatience que celui de Strasbourg de
voir ſon Souverain , & l'on s'eſt préparé , autant
que le tems a pû le permettre , à recevoir S. M.
avec toute la pompe qu'exigeoit un pareil événement.
: Les , jour de l'arrivée du Roi , qui en ſe rendant
à Strasbourg de Saverne , trouva le chemin
bordé des Payſans de tous les Villages circonvoifins
, M. de Klinglin , Préteur Royal , à la tête des
troupes Bourgeoiſes, au nombre de 1200 hommes
fortit de la Ville , pour aller au-devant de S. M..
Ces troupes , compoſées d'Infanterie & de Cavale-*
rie , étoient diviſées en huit Corps.
وم
י
Le premier étoit un Eſcadron de Huffards , dont
les Officiers avoient des habits de velours cramoifi
garnis de galons & de franges d'argent , le manteau
de velours bleu , aufli galonné d'argent , & doublé
de peaux de Martre. Les habits du reſte de latroupe
étoient d'écarlate avec des garnitures & des boutons
d'argent. Il y avoit quatre autres Eſcadrons
dont l'un étoit en uniforme écarlate & or; le ſecond
écarlate & argent ; le troiſiéme bleu & argent
; le quatriéme gris & argent , les Officiers
ayant les habits chamarrés fur toutes les tailles.
• L'Infanterie conſiſtoit en trois Bataillons ; l'un
dont l'uniforme étoit bleu: avec boutonnieres d'or
&boutons de cuivre doré , l'autre écarlate avec
ſemblables boutons & boutonnieres ; le troifiéme
Char gris& argent. Lvj
2348 MERCURE DE FRANCE.
Chaque Bataillon avoit une Compagnie deGrenadiers
, dont les bonnets , ornés de galon & de
broderie , & terminés par de riches glands , étoient
garnis de peaux d'Ours . Les Grenadiers du Bataillon
vêtu de gris , portoient des tabliers bordés de
`galons &de franges d'argent , la hache haute , &
le mousquet en bandouillere. Les habits des Offi .
ciers de l'Infanterie n'étoient pas moins magnifiques
que ceux de la Cavalerie.
M. de Klinglin conduifit toutes ces troupesà l'extrémité
du Territoire de la Ville , où il avoit fait
dreſſer des Tentes. Il les rangea en bataille fur une
ligne àdeux de hauteur à la droite du chemin ,
venant de Saverne , les Huſſards en avant , enfuite
lesdeux Corps de Cavalerie rouge , les trois Bataillons
dans le centre , & les deux autres Corps de Cavalerie
terminant la poſition. A la ſuite des troupes
juſques à la porte de la Ville, les Magiſtrats avoient
faitplacer fur les deux bords de la chauffée le refte
•des Bourgeois des vingt Tribus , leſquels étoient
avec leurs manteaux de cérémonie.
Lorſque le caroſſe du Roi parut , les Timbales ,
Tro npettes , Hautbois, Cors de Chaffe , & autres
Inftrumens , qui étoient àlatête de chaque Compagnie
, ſe firent entendre , on fonna toutes les cloches
de la Ville , & tout retentit des acclamations
redoublés de Vive le Roi . La Cavalerie mit le Sabre
à la main , & tous les Officiers firent , ainſi que le
Préteur Royal , le falut de l'épée , quand S. Μ.
paſſa devant leurs p ftes .
Le Roi érant arrivé à la porte de la Ville , le Baron
de Trelans , Lieutenant de Roi , accompagné
des Officiers de l'Etat Major , préſenta trois clefs de
la Ville , chacune de vermeil , às M. Le Corps da
Magiftrat s'approcha enſuite de la portiere , & eur
P'honneur de haranguer le Roi , qui entra après ces
cé
OCTOBRE. 1744. 2349
cérémonies dans la Ville , où il trouva un Arc de
Triomphe de 60 pieds de hauteur , à trois Porti.
ques,au hautduquel étoit une Statue Equestre de S.
M. & qui étoit orné d'Emblêmes & de Figures. Cet
Arc de Triomphe étoit gardé du côté du Fauxcourg
par cent jeunes gens , depuis l'âge de 12 juſqu'à celui
de 18 ans , habillés comme les Cent Suifles de la
Garde de S. M. ayant à leur tête leurs Oficiers ,
dont les habits étoient bleus & richement galonnés
d'or.
De l'autre côté du même Arc de Triomphe ,
étoient 18 Bergeres & autant de Bergers , vêtus de
taffetas blanc avec des découpures de même étoffe ,
ornées de Rubans & de Guirlandes de Fleurs , les
cheveux bouclés & pendans, les houlettes peintes
& dorées. Les Bergeres tenoient desPaniers couverts
d'étoffe de ſoye couleur de role , & remplis de
Fleurs , qu'elles jetterent fur le paſſage du Roi . On
avoit placé de diſtance en diſtance , des Compagnies
de jeunes filles en habits à l'Allemande , &
dont chacune étoit menée par un jeune homme.
Toutes les ruës étoient ſablées , jonchées de verdure
, & tenduës de Tapiſſeries de haute- liffe.
Le Roi defcendit de caroſſe à la porte de l'Egliſe
Cathédrale , & S.M. y fut reçûë par le Cardinal de
Rohan , lequel étoit revêtu de ſes habits pontificaux
, & accompagné du Coadjuteur & du fuffragant
de Strasbourg , en Chapes & en Mitres , &
d'un nombreux Clergé enChâ es. S. M. s'étant miſe
àgenoux fur un carreau qui lui fut présenté par le
Prince Camille de Montauban , Chanoine de la Cathédrale
, le Cardinal de Rohan lui donna la Croix
àbaifer ,& lui fit un compliment , aufli noble que
touchant. Enfuite le Roi entra dans le Choeur , on
il tut conduit par le Coadjuteut , le Cardinal de Rohan
ayant quitté ſes habits pontificaux , pour aller
pren
2350 MERCURE DE FRANCE.
prendre auprès du Roi ſa place deGrand Aumõnies
deFrance.
Au fortir de l'Egliſe Cathédrale , S. M. alla au
Palais Epifcopal , que le Cardinal de Rohan a fait
bâtir depuis quelques années , & qui eſt auſſi commode
que magnifique. Les troupes Bourgeoiſes ,
Infanterie &Cavalerie, défilerent peu après en préfence
du Roi ſur une Terraſſe au bord de la riviere,
au bas de l'appartement que S. Ma occupé dans
ce Palais , devant lequel le Roi , en y arrivant ,
avoit retrouvé la même Compagnie de jeunes gens,
vêtus enCent Suiſſes , qu'il avoit rencontrée près
de l'Arc de Triomphe.
Dès que le jour fut baiffé , la Tour du Clocher
de la Cathédrale , les Places publiques , & toutes
les maiſons de la Ville furent illuminées , & peutêtre
n'y a-t'il eu dans le Royaume aucune Ville
dont l'illumination ait produit un plus grand effet.
Pluſieurs Fontaines de Vin coulerent par ordre des
Magiftrats dans toutes les Places , particulierement
devant l'Hôtel-de-Ville , où l'on abandonna au
Peuple , outre une grande quantité, de vivres de
route eſpece , un Boeuf qu'on faifoit rotir depuis
trois jours , comme il ſe pratique au Couronnement
des Empereurs , & qui poſé dans un baffin de bois
fculpté & doré , étoit orné de bouquets & de rubans.
Vers les huit heures du ſoir , on tira ſur la tivies
re , en face du Palais où le Roi étoit logé , un feu
d'artifice , dont l'ordonnance & l'exécution ont
mérité que S. M. marquât qu'elle en étoit finguliérement
fatisfaite. Elle a paru l'être infiniment des
efforts que non-feulement les perſonnes de diſtinctionde
cette Ville , mais encore les moindres habi
tans, ont fait pour lui prouver combien ils étoient
ſenſibles à l'honneur d'y recevoir leur Souverain.
Fermer
48
p. 112-113
AUTRE.
Début :
Au milieu des combats on me voit, cher Lecteur, [...]
Mots clefs :
Infanterie
49
p. 126-139
« JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...] »
Début :
JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...]
Mots clefs :
Camp, Camp de Richemont, Guerre, Yeux, Infanterie, Honneur, Esprit, Cavalerie, Escadrons, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...] »
JOURNAL en vers de ce qui s'eft paffé
au camp de Richemont , commandé par
M. de Chevert , Lieutenant Général des
armées du Roi , commencé le 26 Août
1755 , & fini le 25 Septembre fuivant..
A Paris , chez Lambert , rue de la Comédie
Françoiſe , 1755 .
M. Vallier , Colonel d'Infanterie , eft
l'Auteur de cet agréable Journal . C'eft
prefque avoir créé un nouveau genre. Cet
ellai doit lui faire d'autant plus d'honneur
DECEMBRE. 1755 . 127
qu'au premier coup d'oeil il paroiffoit impoffible
d'exprimer en vers , la difpofition
d'une armée ou celle d'une attaque , la fituation
des terreins , les pofitions des rivieres
, des villages & des chauffées ; y
faire entrer pour la premiere fois les termes
de l'art , tous rebelles à la poéfie , mais
néceffaires , & qui plus eft , uniques pour
bien peindre les différentes manoeuvres de
la guerre ; tout cela préfente d'abord des
difficultés qui étonnent au point que l'exécution
a l'air d'une gageure , & qu'il falloit
être , comme l'Auteur , auffi poëte que
guerrier pour les vaincre avec tant de
bonheur. Pour rendre l'ouvrage plus varié
& plus intéreffant , la galanterie eft venue
au fecours de M. V. Si Mars a été fon
Apollon, Venus & les Graces ont été fes
Muſes . Ce contrafte aimable délaffe agréa
blement le Lecteur des fatigues militaires
qu'il partage avec l'Auteur qui les décrit .
Tous les mouvemens de chaque parti font
peints avec tant de feu & de vérité qu'on
croit être dans un camp , & fouvent dans
la mêlée. On eft préfent à l'action ; on y
prend part. Cet exemple heureux nous
prouve qu'on peut tout dire en vers comme
en profe , & que le vrai talent amené
toujours la réuffite. L'Auteur a fait choix
des vers libres , comme plus affortis à la
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE ,
matiere , & plus propres à rendre la rapidité
des évolutions. Son Poëme en contient
près de huit cens ; & malgré quelques
repétitions inévitables , il le fait lire
avec intérêt d'un bout à l'autre .
Comme ceux qui ne le connoiffent pas
pourroient former là -deffus quelque doutes
, j'en vais extraire ici différens morceaux
qui fuffiront pour les convaincre
que cet éloge n'eft qu'une juftice. L'Auteur
débute en fujet plein de zele ,
François digne de l'être.
Louis ici fait flotter fes drapeaux :
en
Ce n'eft encor qu'une image de guerre ;
Et fes guerriers dont la valeur préfere
Les horreurs de la mort aux douceurs du repos ,
Pour enfanglanter leurs travaux ,
N'attendent que l'inſtant d'allumer le tonnerre ,
Qui porte les decrets des Maîtres de la terre ,
Ainfi qu'il eft l'organe des héros.
Louis va décider ; laiffons à fa prudence
A difcuter nos intérêts :
S'il eft content , nous demandons la paix ;
S'ily voit l'ombre de l'offenſe ,
Que tout parle de fa vengeance ,
Que nos biens , que nos jours affurent fes projets.
Il s'exprime enfuite en guerrier aimable
qui fuit les drapeaux de l'amour dans un
DECEMBRE. 1755. 129
camp de paix , où les femmes courent voir
fans danger les manoeuvres de la guerre .
Mais le bruit du tambour , le fon de la trom➡
pette
Invitent nos guerriers à fe rendre à leurs rangs,
Le fexe croit entendre la Mulette ,
Il en fait fes amuſemens.
Nous n'intimidons point fes charmes ,
Nous leur prêtons de nouveaux feux.
Il vient oppoler à nos armes
Les armes que l'amour place dans les beaux yeux:
Si dans nos camps on répand quelques larmes ,
C'eſt nous qui les verfons ; & s'il eft des alfarmes
,
Elles font pour les coeurs qui ne font pas heureux.
Le ciel s'ouvre à mes yeux , & je crois voir l'aufore
:
Non , non ; feroit -ce Hebé ! Vous , qu'aux cieux
on adore ,
Aux mortelles d'ici difputez - vous nos coeurs ?
Pour les vergers qu'on deshonore ,
Eft- ce Pomone enfin qui vient verfer des pleuss
Ou bien c'eft la Déeffe Flore
Qui craint fans doute pour fes fleurs.
Je me trompois ; c'eſt mieux encore ;
La jeune Eglé , fous des lambris dorés ,
Où fon époux nous froit moins urile ,
Quitte avec lui le féjour de la ville ,
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
Et vient orner nos champs qui ne font plus parés
--Les fleurs fous fe , pas vont renaître :
Une feconde fois la terre va s'ouvrir.
Les nouvelles moiffons qu'on y verroit paroître ;
Comme les yeux ne pourront l'embellir .
La maison qu'elle habite eft un fecond exemple
De la faveur des Dieux pour la tendre Baucis :
Pour elle & Philemon dans la pouffiere affis ,
D'un humble logement les Dieux firent un tem→
ple..
Près d'Eglé , fous le chaume , on croit être à
Cypris.
- On ne peut pas annoncer d'une façon
plus galante l'arrivée de Madame de Caumartin
, Intendante de Mets , à Richemont
, ni fur ce qu'elle habitoit une maifon
de payfan , faire une application plusheureufe
de la fable de Baucis & de Philemon
, dont Jupiter changea la chaumiere
en un temple.
Chevert parcft , & chacun en filence
Partage fes régards entre la troupe & lui .
Quel fpectacle à nos yeux offre- t-il aujourd'hui ?
Ses ordres font portés. On s'ébranle , on s'avance :
Le champ de Mars eft occupé ;
Le foldat attentif à l'ordre qu'on lui donne
Marche par bataillon ; il forme une colonne ;
Il manoeuvre , il s'exerce ainfi qu'il eft campé ....
}
DECEMBRE . 1755- 131
Chacun alors fe fait un crime
De n'être pas à ſon devoir.
Que de préciſion ! l'efprit qui les anime ,
Semble être un feul reffort qui les fait tous mouvoir.
De l'exercice par Bataillons & par Brigades
, à la tête du camp , l'Auteur paffe paſſe
ainfi à l'attaque d'une grand'Garde de
Cavalerie .
Des efcadrons entrent dans la carriere ,
Et vont l'un contre l'autre exercer leur valeur.
L'un défend ce que l'autre attaque avec fureur.
Je vois Turpin & fa troupe légere ;
Couvert d'une noble pouffiere
Il arrive , il menace , il tient confeil , réfout.
C'est l'éclair que l'on voit précéder le tonnerre :
L'eil n'eft pas affez prompt pour le fuivre par
tout .
Le jeune Berchini , digne héritier d'un père ,
Dont la France connoît le zele & la valeur
De Turpin prêt à remporter l'honneur ,.
Vient arrêter la fougue , & fervir de barriere.
Nous allons maintenant offrir un plus
grand tableau : c'eft la manoeuvre du 9
Septembre , où toute la Cavalerie , aux
ordres de M. de Poianne , atraqua en plaine
toute l'Infanterie commandée par M.
de Chevert .
2
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Mais un nuage de pouffiere
S'éleve dans les airs , & vient frapper mes yeux :
Il s'ouvre , & laiffe voir des efcadrons nombreux,
D'un pas léger , la contenance fiere ,
Marcher droit à nos bataillons.
Poianne contre nous conduit fes eſcadrons ;
On en connoît la valeur , la prudence ,
On en connoît l'activité.
Il range fon armée avec intelligence ,
Il vient à nous avec vivacité .
Le foldat en frémit , mais n'en prend point d'allarmes
:
Il s'attend à combattre , il prépare les armes ,
Chevert , fes difpofitions.
Il veut de l'ennemi , qui comptoit le furprendre ,
Prévenir les deffeins , l'attaquer le premier ,
Et le forçant lui - même à fe défendre ,
Arracher de fes mains la palme & le laurier.
Voici des vers qui refpirent tout le fen
du falpêtre , & la fuieur de l'action qu'ils
repréfentent.
Poianne eft indigné de trouver tant d'obſtacle ;
Ses efcadrons , qu'il vient de partager ,
Vont offrir un nouveau fpectacle ,
Tous à la fois s'apprêtent à charger.
Ce corps eft immobile , & par- tout on le couvre-:
De tous côtés alors on voit en même tems
Des efcadrons attaquer tous nos flancs.
DECEMBRE. 1755. 133
On diroit qu'auffitôt le Mont Vefuve s'ouvre ,
Et qu'il vomit les feux fur tous les affaillans .
De ce mont redouté préſentez - vous l'image ,
Quand le feu fort de fes goufres profonds
Ses feux & la fumée y forment un nuage ,
Et confondent leur fource avec ces tourbillons.
Telle & plus forte encore eft l'épaiffe fumée ,
Quifuit le feu que font les angles & les flancs :
On ne voit plus le corps d'armée ,
11 femble enfeveli fous ces feux dévorans ;
Ils couvrent tous les combattans ,
Ils éclipfent les cieux , ils nous cachent la terre ,
Les chevaux écumans , les chefs impatiens;
Des Huffards , des Dragons , la troupe plus légere
Cherche inutilement à defunir nos rangs ;
Nous leur offrons par tout l'invincible barriere
Qui rend leurs refforts impuiffans
Et leur ardeur qui fe modere
>
Donne le tems à quelques mouvemens.
Ces quatre vers peignent bien les Grenadiers
que l'Auteur commandoit , & le
caracterifent lui-même.
Les Grenadiers font des Dieux à la guerre :
On s'empreffe avec eux d'en courir les hazards ,
Avec eux , ce jour - là , défiant le tonnerre ,
J'aurois vaincu , je crois , Bellonne au champ de
Mars.
134 MERCURE DE FRANCE.
Pour égayer & varier le tableau , M. V.
s'écrie :
Mufe de Saint Lambert , prête - moi tes pinceaux
;
Dis - nous comment d'Eglé , la divine compa
gne
Quitte Paris , le remplit de regrets ,
Pour venir avec elle embellir la campagne :
Elle vient y regner fur de nouveaux ſujets.
Peins- nous Comus , peins - nous Thalie
Et tous leurs charmes féduifans ;
Peins- nous la charmante Emilie ,
Délices & foutien de notre Comédie ,
Et le fléau de mille foupirans ,
Dont chacun d'eux a grande envie
D'en obtenir quelques inftans.
C'étoit une Actrice de la Comédie de
Mets qui alloit jouer au camp ; mais l'Auteur,
revient vite aux combats ..
N'entens-je pas crier aux armes ?
Plaifirs , pour un moment laiffez - moi vous quitter
,
L'honneur chez les François paffe avant tous vos
charmes ,
tin.
Madame de la Porte ,foeur de M. de CaumarDECEMBRE.
1755. 139
Il vole à fes devoirs , il va vous mériter.
L'utilité des camps de paix eft heureufement
exprimée dans les fix vers fuivans.
Par-tout on voit attaquer & défendre ,
Par -tout on croit fervir l'Etat ;
N'est -ce pas en effet travailler pour la France ,
Que d'en former les Officiers ?
C'eft élever des forts d'avance ,
C'eft y planter pour elle des lauriers.
Nous allons finir cet extrait par le récit
de la derniere manoeuvre , du 2.0 Septembre
, où l'on attaqua le village d'Uckange.
Les colonnes alors s'approchent du village';
Le centre & les côtés fe trouvent réunis :
Nous attaquons par-tout , par- tout eft l'avantage;
Les ennemis font inveftis :
Il faut prévenir leur défaite .
D'Eftaing alors y donne tous fes foins.
Il fonge à faire fa retraite ,
Il en a prévu tous les points .
Chacun des poftes fe replie ,
Se retire fur lui , point de confufion ,
Chacun retourne à fa divifion ;
Et chacun fous fon feu fe range & fe rallie.
On le fuit , il fait face ; on le charge , il fait feu,
Il gagne les mailons & le fein du village ,
136 MERCURE DE FRANCE.
S'y retire en bon ordre , & là finit l'image
Des combats , dont Louis a voulu faire un jeu.
Ce dernier trait en termine l'hiſtoire.
Chacun au camp revient couvert de gloire ,
Avec l'ami , l'ennemi confondu ,
Voit les talens fans jaloufie ,
Chacun les vante , les public.
Voilà le fceau de la vertu.
C'ett en avoir que de la reconnoître ,
Et dans tout genre on ne peut être maître
Qu'en lui rendant l'honneur qu'on lui fçait être
dû.
Nous donnerons au prochain Mercure
un récit court , mais détaillé du camp de
Valence, ainfi que de celui de Richemont,
s l'article de la Cour.
LETTRE fur cette queftion : Si Ffprit
philofophique eft plus nuifible , qu'utile aux
Belles Lettres ; A Monfieur le Marquis de
Beauteville , de l'Académie Royale des Sciences
de Toulouse , par M. de R..... 1795 ,
chez Duchefne , Libraire au Temple du
Goût.
Je joins à cette annonce le précis fuivant
qu'un ami de l'Auteur m'a prié d'inférer
dans le Mercure , & qu'on va lire
ici tel qu'il m'a été envoié.
Cette Lettre peut être divifée en quatre
DÉCEMBRE. 1755. 137 .
parties ; dans la premiere , l'Efprit philofophique
& le génie des Belles- Lettres
font confidérés en eux -mêmes , & comme
caracteres de l'ame d'où réfultent différentes
manieres d'envifager & de traiter les
fujets.
Dans la feconde on décrit la méthode
philofophique & la marche du génie littéraire.
Dans la troifieme on indique les défauts
que l'efprit philofophique tranfporté de la
Philofophie dans les Belles- Lettres , y doit
répandre , avec quelque foin qu'il tâche
de fe déguifer.
Et dans la quatrieme , on prouve que
l'efprit philofophique incapable de produire
dans les Belles- Lettres , n'eft en état
de juger des productions du génie que
d'après le goût .
Il regne beaucoup de profondeur & de
vues dans la premiere partie , la feconde eft
traitée avec toute " exactitude qu'exigeoit
la matiere : les allufions critiques de la troifieme
font d'une grande fineffe ; & la quatrieme
eft ornée d'une image fimbolique qui
repréſente avec jufteffe la correfpondance
& le concert du génie & du goût. Cette lettre
qui eft adreffée à un Philofophe du
premier ordre , eft un de ces ouvrages qui
ne femblent deftinés qu'au petit nombre
135 MERCURE DE FRANCE.
de lecteurs qui aiment à penfer , & qui
veulent approfondir la théorie des Arts .
UNE perfonne à portée d'avoir les meilleures
inftructions , travaille à une Chronologie
Militaire où fe trouvera l'Histoire
des Officiers fupérieurs & généraux , &
celle des Troupes de la Maifon du Roi , &
des Régimens d'infanterie , cavalerie &
dragons , foir exiftans , foit réformés. Il
défireroit avoir communication des titres
qui font répandus dans les familles ; & on
prie ceux qui ont dans leurs titres ou papiers
:
1º. Des Pouvoirs de Lieutenans Géné
raux .
2º. Des Brevets de Maréchaux de Camps
ou de Brigadiers.
3°. Des Ordres de Directeurs ou Inf
pecteurs Généraux .
4°. Des Provifions de Grand-Croix , &
de Commandeurs de l'Ordre de S. Louis.
5 °. Des Provifions de Maréchaux Généraux
de logis des Camps & Armées du
Roi , ou de Maréchaux de logis de la cavaleric.
6°. Des Provifions de Gouverneurs des
Provinces.
7°. Des Commiffions de Colonels de
Régiment d'infanterie , cavalerie ou dragons.
1
DECEMBRE. 1755. 139
8°. Enfin des Commiffions de Capitaines
aux Gardes .
De vouloir bien en envoyer la note dans
la forme ci- deffous .
Pour les Lieutenans Généraux , Maréchaux
de Camps & Brigadiers.
Pouvoir de Lieutenant Général ou Bre
vet de Maréchal de Camp , ou Brigadier ,
pour M . . . . . . en mettant le nom de
baptême & de famille , les qualifications
qui lui font données dans lefdits Pouvoir
ou Brevet ; la date defdits Brevet ou Pouvoir
, & le nom des Secrétaires d'Etat qui
les ont contre- fignées ; obfervant auffi de
mettre autant qu'il fera poffible la date de
la mort defdits Officiers.
A l'égard des autres Provifions & Com
miffions dont il eft parlé ci- deffus , on prie
d'y ajouter de plus , comment les Officiers
ont en ces places , foit par nouvelle levée
ou par la mort & démiffion de M. un tel ,
comme cela eft marqué dans lefdites commiflions.
- L'on prie d'obferver 1 ° . que l'on ne demande
fimplement que des notes dans la
forme ci-deffus , & point de copies, 2 ° . D'adreffer
ces notes à M. Defprés , premier
Commis du Bureau de la Guerre , à Verfailles.
au camp de Richemont , commandé par
M. de Chevert , Lieutenant Général des
armées du Roi , commencé le 26 Août
1755 , & fini le 25 Septembre fuivant..
A Paris , chez Lambert , rue de la Comédie
Françoiſe , 1755 .
M. Vallier , Colonel d'Infanterie , eft
l'Auteur de cet agréable Journal . C'eft
prefque avoir créé un nouveau genre. Cet
ellai doit lui faire d'autant plus d'honneur
DECEMBRE. 1755 . 127
qu'au premier coup d'oeil il paroiffoit impoffible
d'exprimer en vers , la difpofition
d'une armée ou celle d'une attaque , la fituation
des terreins , les pofitions des rivieres
, des villages & des chauffées ; y
faire entrer pour la premiere fois les termes
de l'art , tous rebelles à la poéfie , mais
néceffaires , & qui plus eft , uniques pour
bien peindre les différentes manoeuvres de
la guerre ; tout cela préfente d'abord des
difficultés qui étonnent au point que l'exécution
a l'air d'une gageure , & qu'il falloit
être , comme l'Auteur , auffi poëte que
guerrier pour les vaincre avec tant de
bonheur. Pour rendre l'ouvrage plus varié
& plus intéreffant , la galanterie eft venue
au fecours de M. V. Si Mars a été fon
Apollon, Venus & les Graces ont été fes
Muſes . Ce contrafte aimable délaffe agréa
blement le Lecteur des fatigues militaires
qu'il partage avec l'Auteur qui les décrit .
Tous les mouvemens de chaque parti font
peints avec tant de feu & de vérité qu'on
croit être dans un camp , & fouvent dans
la mêlée. On eft préfent à l'action ; on y
prend part. Cet exemple heureux nous
prouve qu'on peut tout dire en vers comme
en profe , & que le vrai talent amené
toujours la réuffite. L'Auteur a fait choix
des vers libres , comme plus affortis à la
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE ,
matiere , & plus propres à rendre la rapidité
des évolutions. Son Poëme en contient
près de huit cens ; & malgré quelques
repétitions inévitables , il le fait lire
avec intérêt d'un bout à l'autre .
Comme ceux qui ne le connoiffent pas
pourroient former là -deffus quelque doutes
, j'en vais extraire ici différens morceaux
qui fuffiront pour les convaincre
que cet éloge n'eft qu'une juftice. L'Auteur
débute en fujet plein de zele ,
François digne de l'être.
Louis ici fait flotter fes drapeaux :
en
Ce n'eft encor qu'une image de guerre ;
Et fes guerriers dont la valeur préfere
Les horreurs de la mort aux douceurs du repos ,
Pour enfanglanter leurs travaux ,
N'attendent que l'inſtant d'allumer le tonnerre ,
Qui porte les decrets des Maîtres de la terre ,
Ainfi qu'il eft l'organe des héros.
Louis va décider ; laiffons à fa prudence
A difcuter nos intérêts :
S'il eft content , nous demandons la paix ;
S'ily voit l'ombre de l'offenſe ,
Que tout parle de fa vengeance ,
Que nos biens , que nos jours affurent fes projets.
Il s'exprime enfuite en guerrier aimable
qui fuit les drapeaux de l'amour dans un
DECEMBRE. 1755. 129
camp de paix , où les femmes courent voir
fans danger les manoeuvres de la guerre .
Mais le bruit du tambour , le fon de la trom➡
pette
Invitent nos guerriers à fe rendre à leurs rangs,
Le fexe croit entendre la Mulette ,
Il en fait fes amuſemens.
Nous n'intimidons point fes charmes ,
Nous leur prêtons de nouveaux feux.
Il vient oppoler à nos armes
Les armes que l'amour place dans les beaux yeux:
Si dans nos camps on répand quelques larmes ,
C'eſt nous qui les verfons ; & s'il eft des alfarmes
,
Elles font pour les coeurs qui ne font pas heureux.
Le ciel s'ouvre à mes yeux , & je crois voir l'aufore
:
Non , non ; feroit -ce Hebé ! Vous , qu'aux cieux
on adore ,
Aux mortelles d'ici difputez - vous nos coeurs ?
Pour les vergers qu'on deshonore ,
Eft- ce Pomone enfin qui vient verfer des pleuss
Ou bien c'eft la Déeffe Flore
Qui craint fans doute pour fes fleurs.
Je me trompois ; c'eſt mieux encore ;
La jeune Eglé , fous des lambris dorés ,
Où fon époux nous froit moins urile ,
Quitte avec lui le féjour de la ville ,
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
Et vient orner nos champs qui ne font plus parés
--Les fleurs fous fe , pas vont renaître :
Une feconde fois la terre va s'ouvrir.
Les nouvelles moiffons qu'on y verroit paroître ;
Comme les yeux ne pourront l'embellir .
La maison qu'elle habite eft un fecond exemple
De la faveur des Dieux pour la tendre Baucis :
Pour elle & Philemon dans la pouffiere affis ,
D'un humble logement les Dieux firent un tem→
ple..
Près d'Eglé , fous le chaume , on croit être à
Cypris.
- On ne peut pas annoncer d'une façon
plus galante l'arrivée de Madame de Caumartin
, Intendante de Mets , à Richemont
, ni fur ce qu'elle habitoit une maifon
de payfan , faire une application plusheureufe
de la fable de Baucis & de Philemon
, dont Jupiter changea la chaumiere
en un temple.
Chevert parcft , & chacun en filence
Partage fes régards entre la troupe & lui .
Quel fpectacle à nos yeux offre- t-il aujourd'hui ?
Ses ordres font portés. On s'ébranle , on s'avance :
Le champ de Mars eft occupé ;
Le foldat attentif à l'ordre qu'on lui donne
Marche par bataillon ; il forme une colonne ;
Il manoeuvre , il s'exerce ainfi qu'il eft campé ....
}
DECEMBRE . 1755- 131
Chacun alors fe fait un crime
De n'être pas à ſon devoir.
Que de préciſion ! l'efprit qui les anime ,
Semble être un feul reffort qui les fait tous mouvoir.
De l'exercice par Bataillons & par Brigades
, à la tête du camp , l'Auteur paffe paſſe
ainfi à l'attaque d'une grand'Garde de
Cavalerie .
Des efcadrons entrent dans la carriere ,
Et vont l'un contre l'autre exercer leur valeur.
L'un défend ce que l'autre attaque avec fureur.
Je vois Turpin & fa troupe légere ;
Couvert d'une noble pouffiere
Il arrive , il menace , il tient confeil , réfout.
C'est l'éclair que l'on voit précéder le tonnerre :
L'eil n'eft pas affez prompt pour le fuivre par
tout .
Le jeune Berchini , digne héritier d'un père ,
Dont la France connoît le zele & la valeur
De Turpin prêt à remporter l'honneur ,.
Vient arrêter la fougue , & fervir de barriere.
Nous allons maintenant offrir un plus
grand tableau : c'eft la manoeuvre du 9
Septembre , où toute la Cavalerie , aux
ordres de M. de Poianne , atraqua en plaine
toute l'Infanterie commandée par M.
de Chevert .
2
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Mais un nuage de pouffiere
S'éleve dans les airs , & vient frapper mes yeux :
Il s'ouvre , & laiffe voir des efcadrons nombreux,
D'un pas léger , la contenance fiere ,
Marcher droit à nos bataillons.
Poianne contre nous conduit fes eſcadrons ;
On en connoît la valeur , la prudence ,
On en connoît l'activité.
Il range fon armée avec intelligence ,
Il vient à nous avec vivacité .
Le foldat en frémit , mais n'en prend point d'allarmes
:
Il s'attend à combattre , il prépare les armes ,
Chevert , fes difpofitions.
Il veut de l'ennemi , qui comptoit le furprendre ,
Prévenir les deffeins , l'attaquer le premier ,
Et le forçant lui - même à fe défendre ,
Arracher de fes mains la palme & le laurier.
Voici des vers qui refpirent tout le fen
du falpêtre , & la fuieur de l'action qu'ils
repréfentent.
Poianne eft indigné de trouver tant d'obſtacle ;
Ses efcadrons , qu'il vient de partager ,
Vont offrir un nouveau fpectacle ,
Tous à la fois s'apprêtent à charger.
Ce corps eft immobile , & par- tout on le couvre-:
De tous côtés alors on voit en même tems
Des efcadrons attaquer tous nos flancs.
DECEMBRE. 1755. 133
On diroit qu'auffitôt le Mont Vefuve s'ouvre ,
Et qu'il vomit les feux fur tous les affaillans .
De ce mont redouté préſentez - vous l'image ,
Quand le feu fort de fes goufres profonds
Ses feux & la fumée y forment un nuage ,
Et confondent leur fource avec ces tourbillons.
Telle & plus forte encore eft l'épaiffe fumée ,
Quifuit le feu que font les angles & les flancs :
On ne voit plus le corps d'armée ,
11 femble enfeveli fous ces feux dévorans ;
Ils couvrent tous les combattans ,
Ils éclipfent les cieux , ils nous cachent la terre ,
Les chevaux écumans , les chefs impatiens;
Des Huffards , des Dragons , la troupe plus légere
Cherche inutilement à defunir nos rangs ;
Nous leur offrons par tout l'invincible barriere
Qui rend leurs refforts impuiffans
Et leur ardeur qui fe modere
>
Donne le tems à quelques mouvemens.
Ces quatre vers peignent bien les Grenadiers
que l'Auteur commandoit , & le
caracterifent lui-même.
Les Grenadiers font des Dieux à la guerre :
On s'empreffe avec eux d'en courir les hazards ,
Avec eux , ce jour - là , défiant le tonnerre ,
J'aurois vaincu , je crois , Bellonne au champ de
Mars.
134 MERCURE DE FRANCE.
Pour égayer & varier le tableau , M. V.
s'écrie :
Mufe de Saint Lambert , prête - moi tes pinceaux
;
Dis - nous comment d'Eglé , la divine compa
gne
Quitte Paris , le remplit de regrets ,
Pour venir avec elle embellir la campagne :
Elle vient y regner fur de nouveaux ſujets.
Peins- nous Comus , peins - nous Thalie
Et tous leurs charmes féduifans ;
Peins- nous la charmante Emilie ,
Délices & foutien de notre Comédie ,
Et le fléau de mille foupirans ,
Dont chacun d'eux a grande envie
D'en obtenir quelques inftans.
C'étoit une Actrice de la Comédie de
Mets qui alloit jouer au camp ; mais l'Auteur,
revient vite aux combats ..
N'entens-je pas crier aux armes ?
Plaifirs , pour un moment laiffez - moi vous quitter
,
L'honneur chez les François paffe avant tous vos
charmes ,
tin.
Madame de la Porte ,foeur de M. de CaumarDECEMBRE.
1755. 139
Il vole à fes devoirs , il va vous mériter.
L'utilité des camps de paix eft heureufement
exprimée dans les fix vers fuivans.
Par-tout on voit attaquer & défendre ,
Par -tout on croit fervir l'Etat ;
N'est -ce pas en effet travailler pour la France ,
Que d'en former les Officiers ?
C'eft élever des forts d'avance ,
C'eft y planter pour elle des lauriers.
Nous allons finir cet extrait par le récit
de la derniere manoeuvre , du 2.0 Septembre
, où l'on attaqua le village d'Uckange.
Les colonnes alors s'approchent du village';
Le centre & les côtés fe trouvent réunis :
Nous attaquons par-tout , par- tout eft l'avantage;
Les ennemis font inveftis :
Il faut prévenir leur défaite .
D'Eftaing alors y donne tous fes foins.
Il fonge à faire fa retraite ,
Il en a prévu tous les points .
Chacun des poftes fe replie ,
Se retire fur lui , point de confufion ,
Chacun retourne à fa divifion ;
Et chacun fous fon feu fe range & fe rallie.
On le fuit , il fait face ; on le charge , il fait feu,
Il gagne les mailons & le fein du village ,
136 MERCURE DE FRANCE.
S'y retire en bon ordre , & là finit l'image
Des combats , dont Louis a voulu faire un jeu.
Ce dernier trait en termine l'hiſtoire.
Chacun au camp revient couvert de gloire ,
Avec l'ami , l'ennemi confondu ,
Voit les talens fans jaloufie ,
Chacun les vante , les public.
Voilà le fceau de la vertu.
C'ett en avoir que de la reconnoître ,
Et dans tout genre on ne peut être maître
Qu'en lui rendant l'honneur qu'on lui fçait être
dû.
Nous donnerons au prochain Mercure
un récit court , mais détaillé du camp de
Valence, ainfi que de celui de Richemont,
s l'article de la Cour.
LETTRE fur cette queftion : Si Ffprit
philofophique eft plus nuifible , qu'utile aux
Belles Lettres ; A Monfieur le Marquis de
Beauteville , de l'Académie Royale des Sciences
de Toulouse , par M. de R..... 1795 ,
chez Duchefne , Libraire au Temple du
Goût.
Je joins à cette annonce le précis fuivant
qu'un ami de l'Auteur m'a prié d'inférer
dans le Mercure , & qu'on va lire
ici tel qu'il m'a été envoié.
Cette Lettre peut être divifée en quatre
DÉCEMBRE. 1755. 137 .
parties ; dans la premiere , l'Efprit philofophique
& le génie des Belles- Lettres
font confidérés en eux -mêmes , & comme
caracteres de l'ame d'où réfultent différentes
manieres d'envifager & de traiter les
fujets.
Dans la feconde on décrit la méthode
philofophique & la marche du génie littéraire.
Dans la troifieme on indique les défauts
que l'efprit philofophique tranfporté de la
Philofophie dans les Belles- Lettres , y doit
répandre , avec quelque foin qu'il tâche
de fe déguifer.
Et dans la quatrieme , on prouve que
l'efprit philofophique incapable de produire
dans les Belles- Lettres , n'eft en état
de juger des productions du génie que
d'après le goût .
Il regne beaucoup de profondeur & de
vues dans la premiere partie , la feconde eft
traitée avec toute " exactitude qu'exigeoit
la matiere : les allufions critiques de la troifieme
font d'une grande fineffe ; & la quatrieme
eft ornée d'une image fimbolique qui
repréſente avec jufteffe la correfpondance
& le concert du génie & du goût. Cette lettre
qui eft adreffée à un Philofophe du
premier ordre , eft un de ces ouvrages qui
ne femblent deftinés qu'au petit nombre
135 MERCURE DE FRANCE.
de lecteurs qui aiment à penfer , & qui
veulent approfondir la théorie des Arts .
UNE perfonne à portée d'avoir les meilleures
inftructions , travaille à une Chronologie
Militaire où fe trouvera l'Histoire
des Officiers fupérieurs & généraux , &
celle des Troupes de la Maifon du Roi , &
des Régimens d'infanterie , cavalerie &
dragons , foir exiftans , foit réformés. Il
défireroit avoir communication des titres
qui font répandus dans les familles ; & on
prie ceux qui ont dans leurs titres ou papiers
:
1º. Des Pouvoirs de Lieutenans Géné
raux .
2º. Des Brevets de Maréchaux de Camps
ou de Brigadiers.
3°. Des Ordres de Directeurs ou Inf
pecteurs Généraux .
4°. Des Provifions de Grand-Croix , &
de Commandeurs de l'Ordre de S. Louis.
5 °. Des Provifions de Maréchaux Généraux
de logis des Camps & Armées du
Roi , ou de Maréchaux de logis de la cavaleric.
6°. Des Provifions de Gouverneurs des
Provinces.
7°. Des Commiffions de Colonels de
Régiment d'infanterie , cavalerie ou dragons.
1
DECEMBRE. 1755. 139
8°. Enfin des Commiffions de Capitaines
aux Gardes .
De vouloir bien en envoyer la note dans
la forme ci- deffous .
Pour les Lieutenans Généraux , Maréchaux
de Camps & Brigadiers.
Pouvoir de Lieutenant Général ou Bre
vet de Maréchal de Camp , ou Brigadier ,
pour M . . . . . . en mettant le nom de
baptême & de famille , les qualifications
qui lui font données dans lefdits Pouvoir
ou Brevet ; la date defdits Brevet ou Pouvoir
, & le nom des Secrétaires d'Etat qui
les ont contre- fignées ; obfervant auffi de
mettre autant qu'il fera poffible la date de
la mort defdits Officiers.
A l'égard des autres Provifions & Com
miffions dont il eft parlé ci- deffus , on prie
d'y ajouter de plus , comment les Officiers
ont en ces places , foit par nouvelle levée
ou par la mort & démiffion de M. un tel ,
comme cela eft marqué dans lefdites commiflions.
- L'on prie d'obferver 1 ° . que l'on ne demande
fimplement que des notes dans la
forme ci-deffus , & point de copies, 2 ° . D'adreffer
ces notes à M. Defprés , premier
Commis du Bureau de la Guerre , à Verfailles.
Fermer
Résumé : « JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...] »
Le texte présente un journal en vers rédigé par M. Vallier, Colonel d'Infanterie, relatant les événements survenus au camp de Richemont sous le commandement de M. de Chevert, Lieutenant Général des armées du Roi, du 26 août au 25 septembre 1755. Ce journal, publié à Paris chez Lambert, est considéré comme un nouveau genre littéraire car il décrit avec précision la disposition d'une armée, les attaques, les terrains, les positions des rivières, villages et chaumières, ainsi que les termes techniques de l'art militaire. L'auteur utilise des vers libres pour rendre la rapidité des évolutions militaires. Le poème, composé de près de huit cents vers, est enrichi par des éléments galants et des descriptions détaillées des mouvements militaires, permettant au lecteur de se sentir présent sur le champ de bataille. Le journal inclut également des descriptions de la vie au camp, comme l'arrivée de Madame de Caumartin, Intendante de Metz, et des manoeuvres militaires telles que l'attaque d'une grand'garde de cavalerie et la manoeuvre du 9 septembre où la cavalerie a attaqué l'infanterie. Le texte se termine par la description de la dernière manoeuvre du 20 septembre, où un village a été attaqué, et par des réflexions sur l'utilité des camps de paix pour former les officiers. Par ailleurs, le document énumère divers types de pouvoirs et commissions militaires, daté du 1er décembre 1755. Il inclut les pouvoirs de lieutenants généraux, les brevets de maréchaux de camp ou de brigadiers, les ordres de directeurs ou inspecteurs généraux, les provisions de grand-croix et de commandeurs de l'Ordre de Saint-Louis, les provisions de maréchaux généraux de logis, les provisions de gouverneurs des provinces, les commissions de colonels de régiment d'infanterie, de cavalerie ou de dragons, et enfin les commissions de capitaines aux Gardes. Le texte demande d'envoyer une note dans une forme spécifique pour chaque type de pouvoir ou commission. Pour les lieutenants généraux, maréchaux de camp et brigadiers, la note doit inclure le nom complet de l'officier, ses qualifications, la date du brevet ou du pouvoir, le nom du secrétaire d'État ayant contresigné le document, et, si possible, la date de décès de l'officier. Pour les autres provisions et commissions, il est demandé d'indiquer comment les officiers ont obtenu leurs places, soit par nouvelle levée, soit par la mort ou la démission d'un autre officier. Ces notes doivent être adressées à M. Desprès, premier commis du Bureau de la Guerre, à Versailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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50
p. 186-191
CAMP DE VALENCE.
Début :
Le Camp formé près de cette Ville, étoit composé des Régimens [...]
Mots clefs :
Marquis de Voyer, Infanterie, Artillerie, Bataille, Marquis de Monteynard, Dragons, Régiments, Ennemis, Bataillons, Valence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CAMP DE VALENCE.
CAMP DE VALENCE.
Le Camp formé près de cette Ville , étoit compolé
des Régimens d'infanterie de Navarre ,
de Bretagne , de Bigorre , de Nice de Vaubecourt
& de la Roche- Aymon , & des Régimens
de Dragons , Dauphin & de Languedoc.
M. le Marquis de Voyer ; Maréchal des Camps &
armées du Roi , & Infpecteur général de la Cavalerie
, commandoit ce camp. Il avoit fous fes
ordres le Marquis de Monteynard , auſſi Maréchal
de Camp les Comtes de la Queuille & de
la Roche -Aymon , Brigadiers d'Infanterie ; & M.
Severac de Juffes , Brigadier de Dragons. Le
Chevalier de Soupire rempliffoit les fonctions
de Maréchal Général des Logis.
Le 22 Août , le Marquis de Voyer fit la revue
générale des troupes , qui étoient fous les ordres.
Tous les Corps étant en bataille fans alignemens
tracés , qui étoient défendus pendant la
durée du Camp , les Brigades d'Infanterie fo
JANVIER . 1756. 187
porterent fur le centre . Au fignal d'un coup de
canon , la Ligne d'Infanterie fe trouva rompue ,
à droite , par tiers de rang , & à gauche , jufqu'à
la droite du Camp. Chaque divifion fit enfuite
un quart de converfion à gauche , marcha quarante
pas en avant , fit un fecond quart de converfion
à gauche , & marcha jufqu'à la droite du
Camp , d'où par des quarts de converfion à droite ,
chaque Corps fe trouva fur le front de fon terrein
, & y rentra par un demi-tour à droite . Les
Régimens de Dragons Dauphin & de Languedoc,
qui s'étoient rompus par Compagnies , l'un à
la droite , l'autre à la gauche , rentrerent auffi
dans le Camp , peu après l'Infanterie. Le Marquis
de Voyer vifita enfuite tous les poftes avancés
. Avant -hier , les troupes firent en fa préfence
, d'abord par Régiment , & enfuite par
Brigade , tous les feux preferits par l'Ordonnance
du 6 Mai de cette année. Les deux Brigades de
la gauche ſe ferrerent fur celle de Navarre. Elles
marcherent en bataille , au pas ordinaire & au
pas redoublé , environ deux cens toifes en avant
des fleches qui couvrent le Camp. Les Bataillons ,
qui dans la marche avoient trouvé des obſtacles ,
comme Caffines, Haies , Redents , s'étoient placés,
par le pas de côté, derriere les Bataillons qui avoient
trouvé le chemin libre . Ils les avoient fuivis jufqu'au
de-là de l'obſtacle. Alors , par le pas de côté ,
ils s'étoient replacés vis-à- vis des intervalles , &
par le pas redoublé ils avoient repris leur rang
dans la Ligne. Vis -à- vis des obftacles , quelquesuns
des Bataillons fe formerent en colonne derriere
les Bataillons , dont le chemin n'étoit point
embarraflé , & quand l'obftacle étoit paffé , ils
rentroient dans la ligne à pas redoublé . Sur
les onze heures , le Marquis de Voyer fit rompre.
188 MERCURE DE FRANCE.
la ligne par un quart de converfion à gauche par
Bataillon. La colonne marcha , jufqu'à ce que
chaque Bataillon fe trouvât vis - vis de fon Camp
où il rentra . L'objet de cette manoeuvre fut d'exercer
les troupes à faire les pas perfcrits par l'Ordonnance
, & de leur apprendre à s'en fervir
felon les différentes occafions & les différens terreins
.
Le 3 Septembre , le Marquis de Voyer fuppofa
que des troupes ennemies , qui couvroient
la ville de Valence , s'en étoient écartées pour
inquietter l'armée, Il fe propofa de leur dérober
une marche , & de fe pofter entr'elles & la
Ville , dans le deffein de les éloigner , ou de les
combattre . Selon cette idée , fix Bataillons &
la moitié des Dragons , deftinés à repréſenter
P'armée ennemie , partirent à cinq heures du
matin fous les ordres du Marquis de Monteynard
, & fe porterent fur deux colonnes vers l'a
Ville , entre les hauteurs de l'Auragne & la droite
du Camp. Une heure après , le Marquis de Voyer
fe mit en marche avec fept Bataillons , le refte
des Dragons & l'artillerie , & il s'avança auffi
fur deux colonnes vers la Ville par la cenfe de
Faventine . L'artillerie étoit à la colonne de la
droite , qui étoit compofée de deux Bataillons ,
& précédée des Dragons & de quelques Piquets.
Le reste de l'Infanterie formoit la colonne de la
gauche. Le Marquis de Monteynard , informé
de la marche du Marquis de Voyer , fe mit en
bataille dans les Prez le long d'une naville profonde
& pleine d'eau , & dont la digue couvroit
le Soldat par un parapet. La droite des ennemis appuyoit
à un chemin étroit , qui formoit un retranchement
, & leur gauche à la cenfe de la Palla. Ils
jetterent leurs troupes legeres avec quelque Infan
JANVIER. 1756. 189
terie dans des navilles à fec , & derriere des haies,
& ils placerent leur Cavalerie dans une petite , plaine
, à côté de la Cenfe. Le Marquis de Voyer ,
ayant reconnu cette difpofition , forma la fienne
en conféquence. L'armée devoit arriver par un
plateau , qui déroboit fes manoeuvres aux enne
mis . Il eût été défavantageux de les attaquer par
leur front de bataille , parce que les troupes fe
feroient trouvées obligées de fe former fous le
feu d'une Infanterie , qui auroit tiré à couvert.
Ainfi le Marquis de Voyer fe détermina , à diriger
La principale attaque fur le flanc gauche. Profitant
de la fupériorité de fon artillerie , il fit faire
feu. 11 dépofta les piquets & les troupes légeres , &
jl fit attaquer le gros de l'armée ennemie par les
Grenadiers , par les Dragons à pied , & par quatre
Bataillons. Les troupes , qui étoient à la gauche
& au centre fur le plateau , étoient luffifantes
pour contenir la droite & le centre des
ennemis , & pour les empêcher de fe dégarnir ,
& de le porter en force fur la gauche . Par - lá
on les mit hors d'état de foutenir la cenfe , qui
fit beaucoup de réfiftance , mais qu'à la fin on
emporta. Les ennemis , voyant le Marquis de
Voyer dans leur flanc , abandonnerent le terrein
fur lequel ils vouloient combattre. Leur Infanterie
fit demi- tour à droite, marcha en bataille,
& fe porta lentement vers une naville Parallele ;
& leur droite fe trouva appuyée au même chemin
, qui l'appuyoit dans leur premiere pofition .
Le Marquis de Monteynard couvrit cette ma
noeuvre par des Grenadiers & des Piquets de
fon centre & de fa gauche , qui firent ferme
fur la naville abandonnée , & if fe retira à petits
pas vers la cenfe de Thibert , qu'il occupa. Les
Grenadiers & les Piquets de la droite s'avançe
190 MERCURE DE FRANCE.
tent fur le chemin , & inquiéterent affez la gauche
du Marquis de Voyer , pour la contenir . Ils
fe replierent enfuite le long du chemin fur la
droite de leur armée. Dans l'intervalle , la Cavalerie
, l'artillerie & les troupes legeres du Marquis
de Voyer , avancerent pour attaquer la
Ĉavalerie des ennemis , & pour l'éloigner de la
cenfe , d'où il vouloit les dépofter. La nature du
terrein obligea la colonne de fon artillerie & de
la Cavalerie , de fe féparer de l'Infanterie . Alors
les ennemis firent gliffer entre les colonnes leurs
troupes legeres , leurs Dragons à pied & quelques
Grenadiers , qui firent feu fur le flanc de la Cavalerie
du Marquis de Voyer. Elle fut en mêmetemps
chargée par la Cavalerie du Marquis de
Monteynard, & obligée de fe replier. Les enennemis
tomberent fur l'efcorte de l'artillerie ,
& s'emparerent même de quelques pieces de canon
; mais le Marquis de Voyer y ayant promptement
porté des Grenadiers , des Dragons , des
Piquets & deux Bataillons , reprit fon artillerie
, & força les ennemis de fe remettre dans
leur premiere pofition. Il fit pour lors canonner
la cenfe , qu'on prit à revers. Les Ravins ,
dont elle est entourée , furent attaqués par les
troupes , que le Marquis de Voyer avoit portées
à fa droige ; & le Marquis de Monteynard fe retira
en bon ordre derriere une troifiéme naville ,
la Cavalerie en échiquier , par la tête d'un Ravin
garni de troupes legeres , qui tinrent aflez
longtemps pour favorifer fa retraite , & qui fe
replierent enfuite fur le corps de l'armée. Dans
cette troifiéme pofition , les ennemis fe retirerent
fur deux colonnes, & le Marquis de Voyer ,
dont l'objet étoit rempli , ne les inquiéta plus
que par de foibles détachemens . Nous nous borJANVIER.
1756. 191
hons àce Camp faute d'efpace ; d'ailleurs celui
de Richemont a été fuffisamment décrit par l'extrait
du Journal de M. Vallier , que nous avons
donné dans le premier Mercure de Decembre.
Le Camp formé près de cette Ville , étoit compolé
des Régimens d'infanterie de Navarre ,
de Bretagne , de Bigorre , de Nice de Vaubecourt
& de la Roche- Aymon , & des Régimens
de Dragons , Dauphin & de Languedoc.
M. le Marquis de Voyer ; Maréchal des Camps &
armées du Roi , & Infpecteur général de la Cavalerie
, commandoit ce camp. Il avoit fous fes
ordres le Marquis de Monteynard , auſſi Maréchal
de Camp les Comtes de la Queuille & de
la Roche -Aymon , Brigadiers d'Infanterie ; & M.
Severac de Juffes , Brigadier de Dragons. Le
Chevalier de Soupire rempliffoit les fonctions
de Maréchal Général des Logis.
Le 22 Août , le Marquis de Voyer fit la revue
générale des troupes , qui étoient fous les ordres.
Tous les Corps étant en bataille fans alignemens
tracés , qui étoient défendus pendant la
durée du Camp , les Brigades d'Infanterie fo
JANVIER . 1756. 187
porterent fur le centre . Au fignal d'un coup de
canon , la Ligne d'Infanterie fe trouva rompue ,
à droite , par tiers de rang , & à gauche , jufqu'à
la droite du Camp. Chaque divifion fit enfuite
un quart de converfion à gauche , marcha quarante
pas en avant , fit un fecond quart de converfion
à gauche , & marcha jufqu'à la droite du
Camp , d'où par des quarts de converfion à droite ,
chaque Corps fe trouva fur le front de fon terrein
, & y rentra par un demi-tour à droite . Les
Régimens de Dragons Dauphin & de Languedoc,
qui s'étoient rompus par Compagnies , l'un à
la droite , l'autre à la gauche , rentrerent auffi
dans le Camp , peu après l'Infanterie. Le Marquis
de Voyer vifita enfuite tous les poftes avancés
. Avant -hier , les troupes firent en fa préfence
, d'abord par Régiment , & enfuite par
Brigade , tous les feux preferits par l'Ordonnance
du 6 Mai de cette année. Les deux Brigades de
la gauche ſe ferrerent fur celle de Navarre. Elles
marcherent en bataille , au pas ordinaire & au
pas redoublé , environ deux cens toifes en avant
des fleches qui couvrent le Camp. Les Bataillons ,
qui dans la marche avoient trouvé des obſtacles ,
comme Caffines, Haies , Redents , s'étoient placés,
par le pas de côté, derriere les Bataillons qui avoient
trouvé le chemin libre . Ils les avoient fuivis jufqu'au
de-là de l'obſtacle. Alors , par le pas de côté ,
ils s'étoient replacés vis-à- vis des intervalles , &
par le pas redoublé ils avoient repris leur rang
dans la Ligne. Vis -à- vis des obftacles , quelquesuns
des Bataillons fe formerent en colonne derriere
les Bataillons , dont le chemin n'étoit point
embarraflé , & quand l'obftacle étoit paffé , ils
rentroient dans la ligne à pas redoublé . Sur
les onze heures , le Marquis de Voyer fit rompre.
188 MERCURE DE FRANCE.
la ligne par un quart de converfion à gauche par
Bataillon. La colonne marcha , jufqu'à ce que
chaque Bataillon fe trouvât vis - vis de fon Camp
où il rentra . L'objet de cette manoeuvre fut d'exercer
les troupes à faire les pas perfcrits par l'Ordonnance
, & de leur apprendre à s'en fervir
felon les différentes occafions & les différens terreins
.
Le 3 Septembre , le Marquis de Voyer fuppofa
que des troupes ennemies , qui couvroient
la ville de Valence , s'en étoient écartées pour
inquietter l'armée, Il fe propofa de leur dérober
une marche , & de fe pofter entr'elles & la
Ville , dans le deffein de les éloigner , ou de les
combattre . Selon cette idée , fix Bataillons &
la moitié des Dragons , deftinés à repréſenter
P'armée ennemie , partirent à cinq heures du
matin fous les ordres du Marquis de Monteynard
, & fe porterent fur deux colonnes vers l'a
Ville , entre les hauteurs de l'Auragne & la droite
du Camp. Une heure après , le Marquis de Voyer
fe mit en marche avec fept Bataillons , le refte
des Dragons & l'artillerie , & il s'avança auffi
fur deux colonnes vers la Ville par la cenfe de
Faventine . L'artillerie étoit à la colonne de la
droite , qui étoit compofée de deux Bataillons ,
& précédée des Dragons & de quelques Piquets.
Le reste de l'Infanterie formoit la colonne de la
gauche. Le Marquis de Monteynard , informé
de la marche du Marquis de Voyer , fe mit en
bataille dans les Prez le long d'une naville profonde
& pleine d'eau , & dont la digue couvroit
le Soldat par un parapet. La droite des ennemis appuyoit
à un chemin étroit , qui formoit un retranchement
, & leur gauche à la cenfe de la Palla. Ils
jetterent leurs troupes legeres avec quelque Infan
JANVIER. 1756. 189
terie dans des navilles à fec , & derriere des haies,
& ils placerent leur Cavalerie dans une petite , plaine
, à côté de la Cenfe. Le Marquis de Voyer ,
ayant reconnu cette difpofition , forma la fienne
en conféquence. L'armée devoit arriver par un
plateau , qui déroboit fes manoeuvres aux enne
mis . Il eût été défavantageux de les attaquer par
leur front de bataille , parce que les troupes fe
feroient trouvées obligées de fe former fous le
feu d'une Infanterie , qui auroit tiré à couvert.
Ainfi le Marquis de Voyer fe détermina , à diriger
La principale attaque fur le flanc gauche. Profitant
de la fupériorité de fon artillerie , il fit faire
feu. 11 dépofta les piquets & les troupes légeres , &
jl fit attaquer le gros de l'armée ennemie par les
Grenadiers , par les Dragons à pied , & par quatre
Bataillons. Les troupes , qui étoient à la gauche
& au centre fur le plateau , étoient luffifantes
pour contenir la droite & le centre des
ennemis , & pour les empêcher de fe dégarnir ,
& de le porter en force fur la gauche . Par - lá
on les mit hors d'état de foutenir la cenfe , qui
fit beaucoup de réfiftance , mais qu'à la fin on
emporta. Les ennemis , voyant le Marquis de
Voyer dans leur flanc , abandonnerent le terrein
fur lequel ils vouloient combattre. Leur Infanterie
fit demi- tour à droite, marcha en bataille,
& fe porta lentement vers une naville Parallele ;
& leur droite fe trouva appuyée au même chemin
, qui l'appuyoit dans leur premiere pofition .
Le Marquis de Monteynard couvrit cette ma
noeuvre par des Grenadiers & des Piquets de
fon centre & de fa gauche , qui firent ferme
fur la naville abandonnée , & if fe retira à petits
pas vers la cenfe de Thibert , qu'il occupa. Les
Grenadiers & les Piquets de la droite s'avançe
190 MERCURE DE FRANCE.
tent fur le chemin , & inquiéterent affez la gauche
du Marquis de Voyer , pour la contenir . Ils
fe replierent enfuite le long du chemin fur la
droite de leur armée. Dans l'intervalle , la Cavalerie
, l'artillerie & les troupes legeres du Marquis
de Voyer , avancerent pour attaquer la
Ĉavalerie des ennemis , & pour l'éloigner de la
cenfe , d'où il vouloit les dépofter. La nature du
terrein obligea la colonne de fon artillerie & de
la Cavalerie , de fe féparer de l'Infanterie . Alors
les ennemis firent gliffer entre les colonnes leurs
troupes legeres , leurs Dragons à pied & quelques
Grenadiers , qui firent feu fur le flanc de la Cavalerie
du Marquis de Voyer. Elle fut en mêmetemps
chargée par la Cavalerie du Marquis de
Monteynard, & obligée de fe replier. Les enennemis
tomberent fur l'efcorte de l'artillerie ,
& s'emparerent même de quelques pieces de canon
; mais le Marquis de Voyer y ayant promptement
porté des Grenadiers , des Dragons , des
Piquets & deux Bataillons , reprit fon artillerie
, & força les ennemis de fe remettre dans
leur premiere pofition. Il fit pour lors canonner
la cenfe , qu'on prit à revers. Les Ravins ,
dont elle est entourée , furent attaqués par les
troupes , que le Marquis de Voyer avoit portées
à fa droige ; & le Marquis de Monteynard fe retira
en bon ordre derriere une troifiéme naville ,
la Cavalerie en échiquier , par la tête d'un Ravin
garni de troupes legeres , qui tinrent aflez
longtemps pour favorifer fa retraite , & qui fe
replierent enfuite fur le corps de l'armée. Dans
cette troifiéme pofition , les ennemis fe retirerent
fur deux colonnes, & le Marquis de Voyer ,
dont l'objet étoit rempli , ne les inquiéta plus
que par de foibles détachemens . Nous nous borJANVIER.
1756. 191
hons àce Camp faute d'efpace ; d'ailleurs celui
de Richemont a été fuffisamment décrit par l'extrait
du Journal de M. Vallier , que nous avons
donné dans le premier Mercure de Decembre.
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Résumé : CAMP DE VALENCE.
Le camp de Valence, établi près de la ville, regroupait plusieurs régiments d'infanterie et de dragons. Le Marquis de Voyer, Maréchal des Camps et armées du Roi, en assurait le commandement. Ses subordonnés incluaient le Marquis de Monteynard, les Comtes de la Queuille et de la Roche-Aymon, ainsi que M. Severac de Juffes, Brigadier de Dragons. Le Chevalier de Soupire occupait la fonction de Maréchal Général des Logis. Le 22 août, le Marquis de Voyer organisa une revue générale des troupes. Les régiments d'infanterie et de dragons exécutèrent diverses manœuvres, telles que des marches en avant et des quarts de conversion. Les soldats pratiquèrent également des tirs conformément à l'ordonnance du 6 mai 1756. Le 3 septembre, le Marquis de Voyer simula une attaque ennemie pour entraîner ses troupes. Six bataillons et la moitié des dragons, sous les ordres du Marquis de Monteynard, se dirigèrent vers la ville de Valence. Simultanément, le Marquis de Voyer avança avec sept bataillons, le reste des dragons et l'artillerie. Les manœuvres incluaient des attaques sur les flancs ennemis et l'utilisation de l'artillerie pour déloger les troupes légères adverses. Après une résistance initiale, les ennemis se retirèrent en bon ordre derrière une troisième rivière. Le Marquis de Voyer, ayant atteint son objectif, ne les poursuivit pas davantage.
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