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1
p. 73-134
Remarques sur l'eau de la pluie, & sur l'origine des fontaines ; avec quelques particularitez sur la construction des cîternes.
Début :
Tout ce qui regarde les eaux, tant pour les necessitez [...]
Mots clefs :
Eau, Terre, Pluie, Citernes, Fontaines, Neiges, Eaux , Superficie, Vapeurs, Mer, Cuvette, Rochers, Herbes, Expériences, Rivières, Tuyau, Vent, Plomb, Fiole, Pinte
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texteReconnaissance textuelle : Remarques sur l'eau de la pluie, & sur l'origine des fontaines ; avec quelques particularitez sur la construction des cîternes.
Remarquesfur l'eau de lapluie ,
fur l'origine des fontaines
; avec quelques particu
laritez fur la conftruction
des cîternes.
Tout ce qui regarde les
caux , tant pour les neceffitez
de la vie , que pour l'ornement
des Palais & des
Jardins , a toûjours été regardé
comme une des principales
connoiffances qui
fuffent neceffaires aux hommes.
On s'eft appliqué avec
grand foin à rendre de trés-
Mars 1714.
G
74
MERCURE
petites rivieres capables de
porter de grands bateaux ,
& de joindre par ce moyen
des mers fort eloignées l'une
de l'autre. On a conduit
des fontaines trés - abondantes
par de longs détours
& fur des aqueducs trés- élevez,
jufques dans des lieux,
où la nature avoit refufé
d'en donner. On a enfin inventé
un grand nombre de
machines propres à élever
T'eau , & la porter juſqu'au
haut des montagnes
, pour
la diftribuer enfuite fous
mille figures differentes ,
GALANT.
75
avec des mouvemens furnaturels
, & en donner un
fpectacle digne d'admiration.
inistrot as
C'en étoit affez pour le
commun des hommes :
mais la curiofité de ceux
qui recherchent
les fecrets
de la nature, n'étoit pas encore
fatisfaite , il faloit connoître
l'origine de ces fources
d'eau fi abondantes quon
rencontre par toute la
terre , & même fur des rochers
fort élevez ; & c'eſt
ce qui a donné tant d'exercice
aux Philofophes an-
Gij
76 MERCURE
cie ns & modernes.
Nous voyons deux principales
opinions fur l'origine
des fontaines , qui font fondées
chacune fur des experiences
dont il femble qu'on
ne puiffe pas douter ; car il
eft évident que plufieurs
fontaines ont pour principe
l'eau de la pluie & la fonte
des neiges fur les montagnes
: mais comment ces
pluies & ces neiges , qui
font trés-rares fur, des rochers
efcarpez & fort élevez
, & dans des pays fort
chauds , pourront- elles y ›
GALANT.
77
fournir des fontaines trésabondantes
&
permanentes
qu'on y voit en plufieurs
endroits ?
C'eft la plus forte objection
que faffent ceux qui ne
font du
fentiment que
pas
les pluies font les fontaines
, & ils admettent feulement
des cavitez foûterraines
en forme d'alembic ,
où les vapeurs des eaux qui
coulent dans la terre à la
hauteur de la mer , s'élevent
par les fentes des rochers
&fe condenfent par le froid
de la fuperficie de la terre.
Giij
78 MERCURE
M. N ** qui a fuivi l'opinion
des premiers qui
prennent le parti de la pluie,
a fait un examen trés particulier
de l'eau de pluie &
de neige qui tombe fur l'étendue
de la terre, qui fournit
fes eaux à la riviere de
Seine ; & il trouve par fon
calcul qu'il y en a beaucoup
plus qu'il ne feroit necelfaire
pour entretenir la riviere
dans fon état moyen
pendant tout le cours d'une
année.
En examinant le Traité
de l'origine des Fontaines de
1
79
GALANT.
M. Plot Anglois , qui a été
imprimé en 1685. j'y fis plufieurs
remarques , & j'entrepris
de reconnoître par
moy- même ce que les eaux
de pluie & de neige pouvoient
fournir aux fontaines
& aux rivieres . Je commençai
d'abord à rechercher
quelle étoit la quantité
d'eau de pluie qui tomboit
fur la terre pendant toute
une anné , & j'en ai donné
depuis des memoires à l'Academie
à la fin de chaque
année ; ce qui fait connoître
que la hauteur de l'eau
Giiij .
80 MERCURE
qui tombe à l'Obſervatoire
Royal , où j'ai fait mes obſervations
, feroit dans une
année moyenne de dix- neuf
à vingt pouces , à peu prés
comme M. N** l'avoit fuppofé
dans fon examen .
Mais comme je doutois
que ce fût fur cette quantité
d'eau qu'on dût compter
pour l'origine des fontaines,
je fis les experiences
fuivantes pour m'en affurer.
Je choifis un endroit de
la terraffe baffe de l'Obfervatoire
, & fis mettre dans
T
GALANT . 81
terre , à huit pieds de profondeur,
un baffin de plomb
de quatre pieds de fuperficie.
Ce baffin avoit des
bords de fix pouces de hauteur
, & étoit un peu incliné
vers l'un de fes angles , où
j'avois fait fouder un tuyau
de plomb de douze pieds.
de longueur, qui ayant auffi
une pente affez conſiderable
, entroit dans un caveau
par
fon extremité . Ce baf
fin étoit éloigné du mur de
la cave , afin qu'il fût environné
d'une plus grande
quantité de terre femblable
82 MERCURE
à celle qui étoit au deffus ,
& qu'elle ne pût pas fe lecher
par la proximité du
mur. Je mis dans le baffin
ou cuvette de plomb , à l'endroit
de l'ouverture qui répondoit
au tuyau , plufieurs
cailloux de differentes groffeurs
, afin que cette ouverture
ne pût pas fe boucher
quand la terre auroit été
remiſe pardeffus à la hauteur
du terrein , c'eſt à dire
de huit pieds de hauteur.
Ce terrein eft d'une nature
moyenne entre le fable &
la terre franche , en forte
GALANT.
83
que l'eau le peut penetrer
affez facilement , & la fuperficie
exterieure eſt de niveau.
Je penfois que fi les eaux
de pluie & de neige fonduë
penetrent la terre juſqu'à
ce qu'elles rencontrent un
cufou une terre argilleuſe ,
qui ne la laiffe point paffer ,
comme difent ceux qui fuivent
la premiere opinion
de l'origine des fontaines ,
il devoit arriver la même
chofe à la cuvette de plomb
que j'avois enterrée , & qu'
enfin je devois avoir une
84 MERCURE
eſpece de fource d'eau , qui
devoit couler par le tuyau
qui répondoit dans le caveau.
Mais comme je n'étois
pas perſuadé que cela pût
arriver , je mis encore dans
le même temps une autre
machine en experience à
huit pouces feulement de
profondeur en terre. C'étoit
une cuvette qui avoit
foixante quatre pouces en
fuperficie , & des rebords
de huit pouces de hauteur.
J'avois choifi un lieu où le
foleil ni le vent ne donGALANT.
85
noient point , & j'avois eu
grand foin d'ôter toutes les
herbes qui croiffoient fur
la terre au deffus de cette
cuvette, afin que toute l'eau
qui tomberoit fur la terre
pût paffer fans empêchement
jufqu'au fond de la
cuvette , où il y avoit un
petit trou & un tuyau qui
portoit dans un vaiffeau
toute l'eau qui pouvoit penetrer
la terre. Cette cuvette
n'étoit pas expoſée à
l'air : mais elle étoit enterrée
dans une trés - grande
quaiffe remplie par les cô86
MERCURE
tez & par deffous de la même
terre qui étoit au dedans
, afin que la terre de
la cuvette ne pût pas fe défecher
par l'air.
Je remarquai premierement
dans certe petite cuvette
, que depuis le 12. Juin
juſqu'au 19. Février fuivant
l'eau n'avoit point coulé par
le tuyau au deffous de la
-cuvette , & qu'elle y coula
feulement alors , à cauſe
d'une grande quantité de
neige qui étoit fur la terre
& qui fe fondoit. Depuis ce
temps - là la terre de certe
GALANT. 87
cuvette étoit toûjours fort.
humide : mais l'eau ne couloit
point que quelques
-heures aprés qu'il avoit plû,
& elle ceffoit de couler
quand ce qui étoit tombé
étoit épuilé ; car il en reftoit
toûjours dans la terre
une certaine quantité , qui
ne palloit point à moins
qu'il n'y en cût de nouvelle
au deffus de la terre.
<
Un an aprés je refis la
même experience dans la
petite cuvette : mais je la
mis à feize pouces avant
dans terre , qui étoit une
88 MERCURE
锣
fois plus qu'elle n'étoit d'abord.
Il n'y avoit point
d'herbes fur la terre , & elle
étoit encore à l'abri du foleil
& du vent. Il arriva à
peu prés la même chose que
dans la precedente , excepté
feulement que lors
qu'il fe paffoit un temps
confiderable fans pleuvoir ,
la terre fe défechoit unpeu,
& une mediocre pluie qui
furvenoit enfuite , n'étoit
pas capable de l'humecter
fuffifamment avec ce qui
y reftoit pour la faire couler.
Enfin
GALANT. 89
il
:
Enfin je planta quel
ques herbes fur la terre au
deffus de la cuvette mais
quand les plantes furent un
peu fortes , non feulement
ne couloit point d'eau àprés
la pluie ; mais toute
celle qui tomboit n'étoit
pas fuffifante toute feule
pour les nourrir , & elles fe
fanoient & fechoient , à
moins qu'on ne les arrosât
de temps en temps.
Il me vint alors en penfée
de meſurer la diffipation
ou évaporation de l'eau au
travers des feuilles des plan-
Mars 1714.
H
90 MERCURE
tes , quand elles font expo- .
fées au foleil & au vent. Le
30. Juin , à cinq heures du
matin , je mis dans une
phiole de verre , dont l'ouverture
étoit petite , une livre
d'eau pefée fort exactement
avec la phiole , & je
cueillis deux feuilles de figuier
de mediocre grandeur
, lefquelles pefoient
enfemble 5. gros 48. grains,
& j'en fis tremper le bout
des queues dans l'eau de la
phiole. Ces feuilles étoient
trés fraîches & fermes
quand je les cueillis . EnGALANT.
St
fuite j'expofai la phiole &
les feuilles au ſoleil , qui
étoit clair & chaud , & en
un lieu où il faifoit un peu
de vent , & je bouchai exactement
avec du papier le
refte du col de la phiole ,
qui n'étoit pas occupé par
les queues des feuilles , afin
que l'eau de la phiole ne
pût pas s'évaporer par cette
ouverture .
A onze heures du matin
je pefai le tout enſemble ,
& je trouvai qu'il y avoit
une diminution de poids de
deux gros , que l'air & le
Hij
92 MERCURE
foleil avoient tiré d'eau de
cette feuille , laquelle ne
peut être reparée quand la
feuille eft attachée à l'arbre
, que par l'humidité de
la terre qui paffe par les racines.
Je fis auffi pluſieurs autres
experiences fur des
plantes , & je trouvai toûjours
une trés - grande difſipation
d'humidité ; & aprés
avoir mefuré la fuperficie
des feuilles , & avoir confideré
ce qui en couvre ordinairement
la terre , j'ai jugé
que l'eau de la pluie
GALANT .
93
fur. tout en été , quoy qu'
elle foit alors trés- abondante
, n'eft pas capable de
les entretenir fans un fecours
tiré d'ailleurs . Il eſt
vrai que l'air de la nuit fournit
aux grands arbres , &
même aux plantes , une
grande quantité d'humidité
qu'on voit preſque toûjours
fur les feuilles vers le
lever du foleil , laquelle paffant
juſques dans les racines
, peut entretenir ces
plantes une partie du jour :
mais cette humidité toute
ſeule ne pourroit pas ſuf.
94
MERCURE
fire pour leur nourriture ,
fi elles n'en tiroient de la
terre même & des pluies
qui y entrent , comme je
l'ai remarqué dans mes experiences
que je viens de
rapporter.
Toutes ces experiences
m'ont fait connoître que
l'eau des pluies qui tombent
fur la terre , où il où il y a toûjours
quelques herbes &
des arbres , ne peut pas la
penetrer jufqu'à deux pieds,
à moins qu'elle n'ait été ramaffée
dans des lieux fablonneux
& pierreux , qui
*
.
GALANT .
95
A
la laiffent paffer facilement:
mais ce ne peut être que
des cas particuliers , dont
on ne peut tirer de confequence
generale. On en
peut voir un exemple au
rocher de la fainte Baume
en Provence , où la pluie qui
tombe fur ce rocher , qui
eft tout fendu & crevaffé ,
& où il n'y a point d'herbes
, penetre dans la grotte
en trés- peu d'heures à foi
xante- fept toiles au deffous
de la fuperficie du rocher ,
& y forme une trés - belle
cîterne, qui feroit enfin une
a
96 MERCURE
fontaine quand la cîterne
feroit remplie ; & lors qu'il
fe rencontre fur de femblables
rochers & dans
ces fonds confiderables de
grandes quantitez de neiges
qui fe fondent en été
à la feule chaleur du foleil ,
on remarque de grands
écoulemens de l'eau de
fontaine pendant quelques
heures d'un même jour , &
même à pluſieurs repriſes ,
fi le foleil ne donne fur ces
neiges qu'à quelques heures
differentes de la jour
née , le refte du temps ces
neiges
GALANT. 97
neiges étant à l'ombre des
pointes des rochers , & ne
pouvant
pas fe fondre facilement.
C'eft fans doute la
raiion de ce qu'on a rapporté
, qu'il y avoit des fontaines
au milieu des terres
qui avoient un flux & reflux
comme la mer.
Ces experiences m'ont
perfuadé que je ne devois
point attendre que les eaux
de la pluie & des neiges
paffaffent au travers des
huit pieds de terre qui étoient
au deffus de la cuvette
de plomb que j'avois
Mars
1714.
I
98 MERCURE
enterrée fur une terraffe ;
auffi il n'eft pas coulé une
feule goutte d'eau par le
tuyau depuis quinze années.
On voit donc par là qu'il
ne peut y avoir que tréspeu
de fontaines qui tirent
leur origine des pluies &
des neiges , & il faut neceffairement
avoir recours
d'autres cauſes pour expli.
quer comment il fe peut
rencontrer des fources trésabondantes
dans des lieux
élevez , & à très- peu de pro.
fondeur dans terre , com
HEQUE
ME
LA
THÈQUE
DE
OPON
;
GALANT.
me eft celle de Rungis res
de Paris , qu'on ne peut
tribuer à ces grottes ou
alembics foûterrains , qui
fervent à faire diftiler l'eau
des vapeurs condenfées
car il n'y a point de rochers
dans les
environs
, comme
je l'ai reconnu par plufieurs
puits que j'y ai fait faire ,
& le terrain eft ſeulement
un peu élevé , où l'on a fait
quelques puits , dont l'eau
eft fort proche de la furface
de la terre , & plus éle
vée que l'endroit où l'on a
ramaffé les eaux. Cette four.
I ij.
100 MERCURE
ce fournit cinquante pouces
d'eau environ , qui coule
toûjours & qui fouffre peu
de changement , & tout
l'efpace de terre d'où elle
peut venir n'elt pas
affez
grand pour fournir l'eau
de cette fource en ramaffant
celle de la pluye, quand
il ne s'en diffiperoit point ;
& de plus il eft toûjours cultivé
& couvert d'herbes &
de blé . Il y a quelques vallons
affez proche de ce lieu,
où il faut creuſer fort bas
pour trouver l'eau.
On a crû pouvoir expli
GALANT. ΙΘΙ
quer ces fortes de fources
par des tuyaux & des canaux
naturels , qui conduifent
l'eau de quelque
petite
riviere élevée , & qui
paffant par des lieux hauts
& bas , & même au deſſous
de quelques rivieres qui les
traverſent , font fi bien foudez
& bouchez
, qu'ils ne
laiffent point échaper cette
cau en chemin , pour la
conduire jufqu'au lieu où
elle doit fortir hors de terre.
Mais quand il pourroit
fe rencontrer de ces lieux
foûterrains
, je fuis perfuadé
1 iij
102 MERCURE
qu'ils auroient ſeulement
une pente neceffaire pour
laiffer couler l'eau entre les
terres fur un fond de tufou
d'argille : mais pour s'imaginer
des tuyaux naturels
hauts & bas , c'est tout ce
que peut faire l'art dans l'étenduë
d'un petit jardin ;
encore y a t-il fouvent à refaire
à ces conduites .
Il me femble qu'on peut
faire encore une objection
confiderable à cette hypothefe.
Car fi ces grandes
fources élevées tirent leur
origine de quelques rivicGALANT.
103
rés , ces mêmes rivieres doivent
auffi tirer leurs eaux
d'autres fources encore plus
élevées; car celles des pluies
& des neiges fondues dans
les lieux dont le fond feroit
ferme , ne peuvent former
que quelques torrens qui
ne durent que peu de tems,
& qui ne peuvent pas fournir
à l'écoulement
continuel
de ces rivieres. Les
grands ramas d'eau , comme
des étangs qui font à la
tête des petites rivieres , ne
prouvent rien pour l'origi .
ne des rivieres ; car nous
I iiij
104 MERCURE
avons fait plufieurs experiences
, qui nous font connoître
qu'il fe diffipe beaucoup
plus d'eau de celle
qui cft exposée à l'air dans
un vaiffeau fort large , qu'il
n'y en peut tomber du ciel.
Il ne refte donc qu'un
feul moyen pour expliquer
comment ces fources abondantes
peuvent fe former
dans terre , encore s'y rencontre
- t- il quelques difficultez.
Il faut s'imaginer
qu'au travers de la terre il
paffe une grande quantité
de vapeurs , qui s'élevent
GALANT.
105
des eaux qui y font ordinairement
a la hauteur des
rivieres les plus proches ,
ou de la mer ; que ces vapeurs
paffent d'autant plus
facilement , qu'elles rencontrent
un terrein plus facile
à être penetré , comme
on le remarque en hyver à
l'ouverture de quelques caves
fort profondes . Les particules
de ces vapeurs peuvent
fe joindre enfemble ,
le froid de la fuperou
par
ficie
de la terre
, quand
elles
commencent
à s'en
approcher
, ou
quand
elles
106 MERCURE
rencontrent un terrein qui
eſt déja rempli d'eau à laquelle
elles fe joignent , ou
enfin fi elles trouvent quelque
matiere qui foit propre
à les fixer , comme nous
voyons que les fels étant expolez
à l'air retiennent les
particules d'eau qui y voltigent
C'eft alors que cette
eau qui s'augmente toû
jours , en rencontrant un
fond affez folide pour la
foûtenir , coule entre les
terres fur ce fond , jufqu'à
ce qu'elle s'échape ſur la
fuperficie de la terre où ce
GALANT. 107
fond fe termine, ou retombe
dans quelque lieu plus bas
en terre , s'il y a quelques
ouvertures à la ggllaaiiſſee ou au
tuf qui la foûtient. C'eſt
tout ce que je trouve de
plus vraisemblable dans ce
cas , encore faut il que
vapeurs ayent des conduits
particuliers pour paffer , par
ces
leſquels l'eau qu'elles forment
ne puiffe pas s'échaper.
J'ai voulu voir par experience
ce qu'on pouvoit
efperer de la maniere
de
condenfer les vapeurs de
108 MERCURE
l'eau lors qu'elles s'attacheroient
dans la terre contre
des pierres qui feroient
remplies de quelques iels ;
car c'étoit une pentée nouvelle
que j'avois eue pour
expliquer de quelle maniere
les eaux des vapeurs
qui font en terre pourroient
le ramaffer.
Je mis dans un des caveaux
du fond de la carriere
de l'Obfervatoire un
vaſe de verre , & j'attachai
fur le bord du vaſe un morceau
de linge que j'avois
trempé dans un peu d'eau ,
GALANT . 109
où j'avois fait diffoudre du
fel de tartre. Je choifis ce
fel , parce que je crus qu'il
étoit plus propre à fixer les
vapeurs que tout autre. Le
lieu paroît fort humide ,.
fur - tout en été. Quelque
temps aprés je trouvai au
fond du vafe une quantité
affez confiderable de liqueur
, qui n'étoit que l'eau
de la vapeur de l'air , laquelle
s'étoit attachée contre
le linge , & en ayant
été rempli , le furplus , qui
augmentoit toûjours , avoit
coulé au long des côtez du
110 MERCURE
vafe. J'aurois pouffé cette
experience plus loin , pour
voir fi fa liqueur auroit
continué de couler , & fi le
fel qui étoit dans le linge
auroit été entierement em.
porté par l'eau qui en couloit
, quoy qu'il puiffe arri
ver que des pierres qui auroient
des fels propres 3
fixer les vapeurs , auroient
pû conſerver toûjours leur
fel , & même s'en charger
de nouveau : mais on entra
dans le caveau en mon
abſence , on rompit le vaſe,
& mon experience fut interrompuë.
GALANT.
Je ne parle point de
quelques fontaines particulieres
& extraordinaires ,
qui fe trouvent , à ce qu'on
dit , fur le bord de la mer
& fur des rochers élevez ,
lefquelles ont un flux & un
reflux femblable à celui de
la mer , & qui ne laiſſent
pas d'être des eaux fort
douces. J'ai expliqué mecaniquement
de quelle maniere
cela fe pourroit faire ,
en ſuppoſant des reſervoirs
foûterrains un peu élevez
au deffus du niveau de la
mer , & que la cavité où
112 MERCURE
ces refervoirs font placez
ait communication par le
moyen de quelques canaux
avec la mer. Car il doit arriver
que lofque la mer
monte , elle comprime l'air
qui eſt dans cette cavité ,
lequel preffè l'eau du reſervoir
, & l'oblige de s'écha
per , & même de s'élever
par quelques fentes ou conduits
de ces rochers jufques
fur la fuperficie de la terre ,
où elle forme une fontaine
qui doit diminuer peu à peu
la mer fe re- à meſure que
tire , & que l'air comprimé
qui
GALANT. 113
qui la forçoit de monter fe
rétablit dans fon premier
état. Mais pour peu qu'on
fçache de mecanique , &
qu'on entende bien les
effets des corps liquides ,
on ne manquera pas de
moyens pour expliquer non
feulement les merveilles
qu'on voit dans la nature
fur cette mariere , mais
encore tout ce qu'on pourroit
imaginer.
1
C'eft affez parler de l'origine
des fontaines ; il me
faut maintenant expliquer
quelques remarques parti-
Mars
1714.
K
114 MERCURE
culieres que j'ai faites à
cette occafion fur l'utilité
qu'on peut retirer de l'eau
des pluies. L'avantage le
plus confiderable de l'eau
de la pluie , c'eft de la ra
maſſer dans des refervoirs
foûterrains qu'on appelle
citernes , où quand elle a été
purifiée en paffant au travers
du fable de riviere , elle
fe conferve plufieurs années
fans le corrompre. Cette
eau eft ordinairement la
meilleure de toutes celles
dont on peut ufer , foit ppour
l'employer dans plufieurs
"GALANT.
ufages , comme pour le
blanchiffage & pour les
teintures, en ce qu'elle n'eft
point mêlée d'aucun fel de
la terre , comme font preſque
toutes les eaux de fontaines,
& même celles qu'on
cftime les meilleures. Ces
cîternes font d'une trésgrande
utilité dans les lieux
où l'on n'a point d'eau de
fource , ou bien lorfque
toutes les eaux de puits font
mauvaiſes. Ce n'eſt pas ici
le lieu de parler de la conftruction
des cîternes , ni
du choix des materiaux
Kij
116 MERCURE
qu'on y doit employer ;
puis qu'il ne s'agit que d'avoir
un lieu qui tienne bien
l'eau , & que les pierres &
le mortier dont elles font
jointes , ne puiffent donner
aucune mauvaiſe qualité à
l'eau , qui y fejourne pendant
un temps confiderable.
Ceux qui ont des cîternes
, & qui font curieux
d'avoir de bonne eau , obfervent
foigneufement de
ne laiffer point entrer l'eau
des neiges fonduës dans la
cîterne , ni celles des pluies
GALANT.
117
d'orage. Pour ce qui eft de
celle des neiges fonduës ,
je crois qu'on a quelque
raifon de les exclure des
cîternes , non pas à cauſe
des fels qu'on s'imagine qui
font enfermez , & mêlez
avec les particules de la
neige: mais feulement parce
que ces neiges demeurent
ordinairement
C
plufieurs
jours , & quelquefois des
mois entiers fur les toits
des maiſons , où elles fe
corrompent par la fiente
des oifeaux & des animaux ,
& bien plus par le long
118 MERCURE
féjour qu'elles font fur les
tuiles qui font toûjours fort
fales . C'est pour cette raiſon
que lors qu'il commence à
pleuvoir , je voudrois que
la premiere eau qui vient
du toit , & qui doit entrer
dans la cîterne , fût rejettée
comme mauvaiſe , n'ayant
fervi qu'à laver les toits ,
qui font couverts de la pouffiere
qui s'éleve de bouës
défechées dans les ruës &
dans les grands chemins ,
& qu'on ne reçût ſeulement
dans la cîterne que celle
qui vient enfuite.
GALANT . 19
Il y a une autre remarque
fort confiderable pour les
eaux qu'on doit rejetter des
cîternes , & que le ſeul hazard
m'a fait connoître. Il
y a quelque temps que je
fus curieux de ramaffer de
F'eau de pluie qui tomboit
à
l'Obfervatoire , par le
moyen de la cuvette dont
je me fers pour meſurer la
quantité d'eau qui tombe
pendant l'année . Cette cu
vette eft de fer blanc bien
étamé , elle a quatre pieds
de fuperficie, & des rebords
de fix pouces de hauteur.
120 MERCURE
Il y a un trou & un petit
tuyau qui y eft foudé vers
l'un des angles par où l'eau
qui tombe dans la cuvette ,
qui eft un peu inclinée vers
cet angle , eft portée dans
un vaiffeau qui la reçoit ,
pour la meſurer enfuite , &
connoître par ce moyen la
quantité qui en eft tombée.
Je nettoyai & lavai la cuvette
& le vaiſſeau qui reçoit
l'eau , le plus proprement
qu'il me fut poffible ,
áu commencement d'une
pluie qui paroiffoit abondante,
& je ramaſſai enfuite
l'eau
GALANT. 121
l'eau dans des bouteilles de
verre bien nettes pour la
conferver. Mais comme je
voulus goûter de cette eau,
je fus furpris de ce qu'elle
avoit un fort mauvais goût,
& qu'elle fentoit la fumée :
ce qui me parut fort extraordinaire
; car j'en avois
fouvent goûté de celle qui
étoit ramaffée de la même
maniere , laquelle n'avoit
pas ce même goût. Je ne
voyois rien qui eût pû communiquer
cette odeur de
fumée à l'eau de pluie ; car
le lieu où je la ramaffe ef
Mars
1714
L
122 MERCURE
fort à découvert & élevé,
fort
& il n'y a point de fumée
qui n'en foit fort éloignée.
Mais enfin je confiderai
que cette eau de pluie étoit
tombée avec un vent du
nord ; ce qui n'eſt pas
ordinaire ; car il pleut rarement
de ce vent ; & comme
toute la ville eft au nord
de l'Obfervatoire, la fumée
des cheminées s'étoit mêlée
avec l'eau qui tomboit , &
qui paffoit enfuite pardeffus
le lieu où je la ramaffois ,
& qu'enfin c'étoit la vraye
caufe de la mauvaiſe odeur
GALANT.
123
de l'eau ; car on ſçait par
plufieurs
experiences que
l'eau prend trés facilement
l'odeur de la fumée En effet
je m'en affurai quelque
temps aprés car ayant
encore ramaffé de l'eau de
pluie qui tomboit avec un
vent de midi ou de fudoüeft
, je n'y remarquai rien
de femblable pour le goût ;
car il n'y a que de grandes
campagnes qui s'étendent
vers le midi de l'Obferva
toire.
30 Je conclus de là qu'on
doit aufli rejetter des cîter-
Lij
124
MERCURE
nes toutes les eaux de pluie
qui font apportées par des
vents fur des lieux infectez
de quelque mauvaiſe
odeur , comme des égoûts ,
des voiries , & même des
grandes villes à cauſe de la
fumée , comme je viens de
remarquer ; car les exhalaifons
& les mauvaiſes vapeurs
qui fe mêlent avec
l'eau qui entre dans la cîterne
, doivent corrompre
celle qui y eft entrée dans
un autre temps.
$ Enfin puifquel'on ne peut
pas douter par toutes les ex
GALANT .
-125
periences & par toutes les
épreuves qu'on a faites, que
l'eau de la pluie qui a été purifiée
dans du fable de riviere
, pour lui ôter le limon &
une odeur de terre qu'elle a
en tombant du ciel , ne foit
la meilleure & la plus faine
de toutes celles dont on
puiffe ſe ſervir , j'ai penſé de
quelle maniere on pourroit
pratiquer dans toutes les
maifons des cîternes qui
fourniroient affez d'eau
pour l'ufage de ceux qui y
demeurent.
Premierement il eft cer-
Liij
126 MERCURE
tain qu'une maiſon ordinaire
, qui auroit en fuperficie
quarantes toiſes , lef
quelles feroient couvertes
de toits , peut ramaſſfer chaque
année 2160. pieds cubiques
d'eau , en prenant
feulement dix huit pouces
pour la hauteur de ce qu'il
en tombe , qui eft la moindre
hauteur que j'aye obfervé
. Mais ces 2160. pieds
cubiques valent 75600. pintes
d'eau , à raifon de 35.
pintes par pied , qui eſt la
jufte mefure pour la pinte
de Paris, Si l'on diviſe donc
GALANT. 127
ce nombre de pintes par
les 365. jours de l'année
on trouvera 200. pintes par
jour. On voit par là que
quand il y auroit dans une
maiſon , comme celle que
je fuppofe , vingt - cinq perfonnes
, elles auroient huit
pintes d'eau chacune à dépenſer
, qui eſt plus d'un
feau de ceux d'ordinaire ,
& ce qui eft plus que fuffifant
pour tous les uſages de
la vie.
Il ne me reste plus qu'à
donner un avis fur le lieu
& fur la maniere de con-
Liiij
128 MERCURE
,
a
ftruire ces fortes de cîternes
dans les maiſons particulieres.
On voit dans plufieurs
villes de Flandres ,
vers les bords de la mer
où toutes les eaux des puits
font falées & ameres
cauſe que le terrain n'eft.
qu'un fable leger au travers
duquel l'eau de la mer ne
f purifie pas , que l'on fait
des cîternes dans chaque
maiſon pour ſon uſage particulier.
Mais ces cîternes
font enterrées , & ne font
que des caveaux où l'on
croit que l'eau le conferve
GALANT. 129
mieux qu'à l'air. Il eſt vrai
que l'eau , & fur- tout celle
de pluie , ne fe conferve pas
à l'air à caule du limon dont
elle eft remplie , & qu'elle
ne depofe pas entierement
en paffant par le fable , &
qu'elle fe corrompt , & qu'il
s'y engendre une espece de
mouffe verte qui la couvre
entierement. C'est pourquoy
je voudrois qu'on pratiquât
dans chaque mailon
un petit lieu dont le plancher
feroit élevé au deffus
du rez de chauffée de fix
pieds environ ; que ce lieu
130 MERCURE
n'eût tout au plus que la
quarantieme ou cinquantieme
partie de la fuperficie
de la maiſon , & qui feroit
dans nôtre exemple d'une
toife à peu prés. Ce lieu
pourroit être élevé de huit
à dix pieds , & bien vouté
avec des murs fort épais.
Ce feroit dans ce lieu où je
placerois un refervoir de
plomb , qui recevroit toute
l'eau de pluie aprés
qu'elle auroit paffé au travers
du fable. Il ne faudroit
à ce lieu qu'une tréspetite
porte bien épaiffe &
GALANT. 131
bien garnie de natte de
paille , pour empêcher que
la gelée ne pût penetrer
jufqu'à l'eau. Par ce moyen
on pourroit diſtribuer facilement
de trés bonne eau
dans les cuifines & les lavoirs.
Cette eau étant bien
enfermée ne fe corromproit
pas plus que fi elle étoit fous
terre, & ne geleroit jamais.
Son peu d'élevation au def
fus du rez de chauffée ferviroit
affez à la commodité
de fa diftribution dans tous
les lieux bas du logis.Ce reſervoir
pourroit être placé
132
MERCURE
dans un endroit où il n'incommoderoit
par fon humidité
, qu'autant que ceux
d'eau de fontaine qui font
dans plufieurs maiſons.
J'ai examiné depuis peu
les differentes eaux de pluie
que j'avois ramaffées autrefois
, & que j'avois confervées
dans des bouteilles de
verre. J'ai trouvé qu'il y en
avoit quelques - unes qui
étoient d'un mauvais goût,
& je ne fçaurois affurer fi
ce font celles qui avoient
d'abord une odeur de fumée
quand je les ai miſes
GALANT. 133
dans la bouteille ; les autres
étoient affez bonnes & agreables
, elles n'avoient
plus le goût de terre , qu'ont
toutes les eaux de pluie , &
c'étoit peut être parce qu'-
elles avoient dépolé un
certain limon , qu'on voit
ordinairement au fond des
vaſes où l'on a laiſſé pendant
quelque temps des
caux de pluie.
Jajoûterais encore une
remarque que j'ai faite fur
les eaux de fontaine qui font
fur le côteau de la butte de
Montmartre vers le fepten134
MERCURE
trion. Ces eaux font fort
claires & affez bonnes pour
boire. Cependant fi l'on
fait cuire de la viande &
des herbes à potage avec
cette eau , le bouillon eſt
d'une grande amertume ;
ce qu'on ne peut pas attribuer
à la nature des herbes
du lieu , puifque fi l'on
fe fert d'eau de pluie pour
faire le bouillon , il eſt trésbon
& n'a aucune amertume.
fur l'origine des fontaines
; avec quelques particu
laritez fur la conftruction
des cîternes.
Tout ce qui regarde les
caux , tant pour les neceffitez
de la vie , que pour l'ornement
des Palais & des
Jardins , a toûjours été regardé
comme une des principales
connoiffances qui
fuffent neceffaires aux hommes.
On s'eft appliqué avec
grand foin à rendre de trés-
Mars 1714.
G
74
MERCURE
petites rivieres capables de
porter de grands bateaux ,
& de joindre par ce moyen
des mers fort eloignées l'une
de l'autre. On a conduit
des fontaines trés - abondantes
par de longs détours
& fur des aqueducs trés- élevez,
jufques dans des lieux,
où la nature avoit refufé
d'en donner. On a enfin inventé
un grand nombre de
machines propres à élever
T'eau , & la porter juſqu'au
haut des montagnes
, pour
la diftribuer enfuite fous
mille figures differentes ,
GALANT.
75
avec des mouvemens furnaturels
, & en donner un
fpectacle digne d'admiration.
inistrot as
C'en étoit affez pour le
commun des hommes :
mais la curiofité de ceux
qui recherchent
les fecrets
de la nature, n'étoit pas encore
fatisfaite , il faloit connoître
l'origine de ces fources
d'eau fi abondantes quon
rencontre par toute la
terre , & même fur des rochers
fort élevez ; & c'eſt
ce qui a donné tant d'exercice
aux Philofophes an-
Gij
76 MERCURE
cie ns & modernes.
Nous voyons deux principales
opinions fur l'origine
des fontaines , qui font fondées
chacune fur des experiences
dont il femble qu'on
ne puiffe pas douter ; car il
eft évident que plufieurs
fontaines ont pour principe
l'eau de la pluie & la fonte
des neiges fur les montagnes
: mais comment ces
pluies & ces neiges , qui
font trés-rares fur, des rochers
efcarpez & fort élevez
, & dans des pays fort
chauds , pourront- elles y ›
GALANT.
77
fournir des fontaines trésabondantes
&
permanentes
qu'on y voit en plufieurs
endroits ?
C'eft la plus forte objection
que faffent ceux qui ne
font du
fentiment que
pas
les pluies font les fontaines
, & ils admettent feulement
des cavitez foûterraines
en forme d'alembic ,
où les vapeurs des eaux qui
coulent dans la terre à la
hauteur de la mer , s'élevent
par les fentes des rochers
&fe condenfent par le froid
de la fuperficie de la terre.
Giij
78 MERCURE
M. N ** qui a fuivi l'opinion
des premiers qui
prennent le parti de la pluie,
a fait un examen trés particulier
de l'eau de pluie &
de neige qui tombe fur l'étendue
de la terre, qui fournit
fes eaux à la riviere de
Seine ; & il trouve par fon
calcul qu'il y en a beaucoup
plus qu'il ne feroit necelfaire
pour entretenir la riviere
dans fon état moyen
pendant tout le cours d'une
année.
En examinant le Traité
de l'origine des Fontaines de
1
79
GALANT.
M. Plot Anglois , qui a été
imprimé en 1685. j'y fis plufieurs
remarques , & j'entrepris
de reconnoître par
moy- même ce que les eaux
de pluie & de neige pouvoient
fournir aux fontaines
& aux rivieres . Je commençai
d'abord à rechercher
quelle étoit la quantité
d'eau de pluie qui tomboit
fur la terre pendant toute
une anné , & j'en ai donné
depuis des memoires à l'Academie
à la fin de chaque
année ; ce qui fait connoître
que la hauteur de l'eau
Giiij .
80 MERCURE
qui tombe à l'Obſervatoire
Royal , où j'ai fait mes obſervations
, feroit dans une
année moyenne de dix- neuf
à vingt pouces , à peu prés
comme M. N** l'avoit fuppofé
dans fon examen .
Mais comme je doutois
que ce fût fur cette quantité
d'eau qu'on dût compter
pour l'origine des fontaines,
je fis les experiences
fuivantes pour m'en affurer.
Je choifis un endroit de
la terraffe baffe de l'Obfervatoire
, & fis mettre dans
T
GALANT . 81
terre , à huit pieds de profondeur,
un baffin de plomb
de quatre pieds de fuperficie.
Ce baffin avoit des
bords de fix pouces de hauteur
, & étoit un peu incliné
vers l'un de fes angles , où
j'avois fait fouder un tuyau
de plomb de douze pieds.
de longueur, qui ayant auffi
une pente affez conſiderable
, entroit dans un caveau
par
fon extremité . Ce baf
fin étoit éloigné du mur de
la cave , afin qu'il fût environné
d'une plus grande
quantité de terre femblable
82 MERCURE
à celle qui étoit au deffus ,
& qu'elle ne pût pas fe lecher
par la proximité du
mur. Je mis dans le baffin
ou cuvette de plomb , à l'endroit
de l'ouverture qui répondoit
au tuyau , plufieurs
cailloux de differentes groffeurs
, afin que cette ouverture
ne pût pas fe boucher
quand la terre auroit été
remiſe pardeffus à la hauteur
du terrein , c'eſt à dire
de huit pieds de hauteur.
Ce terrein eft d'une nature
moyenne entre le fable &
la terre franche , en forte
GALANT.
83
que l'eau le peut penetrer
affez facilement , & la fuperficie
exterieure eſt de niveau.
Je penfois que fi les eaux
de pluie & de neige fonduë
penetrent la terre juſqu'à
ce qu'elles rencontrent un
cufou une terre argilleuſe ,
qui ne la laiffe point paffer ,
comme difent ceux qui fuivent
la premiere opinion
de l'origine des fontaines ,
il devoit arriver la même
chofe à la cuvette de plomb
que j'avois enterrée , & qu'
enfin je devois avoir une
84 MERCURE
eſpece de fource d'eau , qui
devoit couler par le tuyau
qui répondoit dans le caveau.
Mais comme je n'étois
pas perſuadé que cela pût
arriver , je mis encore dans
le même temps une autre
machine en experience à
huit pouces feulement de
profondeur en terre. C'étoit
une cuvette qui avoit
foixante quatre pouces en
fuperficie , & des rebords
de huit pouces de hauteur.
J'avois choifi un lieu où le
foleil ni le vent ne donGALANT.
85
noient point , & j'avois eu
grand foin d'ôter toutes les
herbes qui croiffoient fur
la terre au deffus de cette
cuvette, afin que toute l'eau
qui tomberoit fur la terre
pût paffer fans empêchement
jufqu'au fond de la
cuvette , où il y avoit un
petit trou & un tuyau qui
portoit dans un vaiffeau
toute l'eau qui pouvoit penetrer
la terre. Cette cuvette
n'étoit pas expoſée à
l'air : mais elle étoit enterrée
dans une trés - grande
quaiffe remplie par les cô86
MERCURE
tez & par deffous de la même
terre qui étoit au dedans
, afin que la terre de
la cuvette ne pût pas fe défecher
par l'air.
Je remarquai premierement
dans certe petite cuvette
, que depuis le 12. Juin
juſqu'au 19. Février fuivant
l'eau n'avoit point coulé par
le tuyau au deffous de la
-cuvette , & qu'elle y coula
feulement alors , à cauſe
d'une grande quantité de
neige qui étoit fur la terre
& qui fe fondoit. Depuis ce
temps - là la terre de certe
GALANT. 87
cuvette étoit toûjours fort.
humide : mais l'eau ne couloit
point que quelques
-heures aprés qu'il avoit plû,
& elle ceffoit de couler
quand ce qui étoit tombé
étoit épuilé ; car il en reftoit
toûjours dans la terre
une certaine quantité , qui
ne palloit point à moins
qu'il n'y en cût de nouvelle
au deffus de la terre.
<
Un an aprés je refis la
même experience dans la
petite cuvette : mais je la
mis à feize pouces avant
dans terre , qui étoit une
88 MERCURE
锣
fois plus qu'elle n'étoit d'abord.
Il n'y avoit point
d'herbes fur la terre , & elle
étoit encore à l'abri du foleil
& du vent. Il arriva à
peu prés la même chose que
dans la precedente , excepté
feulement que lors
qu'il fe paffoit un temps
confiderable fans pleuvoir ,
la terre fe défechoit unpeu,
& une mediocre pluie qui
furvenoit enfuite , n'étoit
pas capable de l'humecter
fuffifamment avec ce qui
y reftoit pour la faire couler.
Enfin
GALANT. 89
il
:
Enfin je planta quel
ques herbes fur la terre au
deffus de la cuvette mais
quand les plantes furent un
peu fortes , non feulement
ne couloit point d'eau àprés
la pluie ; mais toute
celle qui tomboit n'étoit
pas fuffifante toute feule
pour les nourrir , & elles fe
fanoient & fechoient , à
moins qu'on ne les arrosât
de temps en temps.
Il me vint alors en penfée
de meſurer la diffipation
ou évaporation de l'eau au
travers des feuilles des plan-
Mars 1714.
H
90 MERCURE
tes , quand elles font expo- .
fées au foleil & au vent. Le
30. Juin , à cinq heures du
matin , je mis dans une
phiole de verre , dont l'ouverture
étoit petite , une livre
d'eau pefée fort exactement
avec la phiole , & je
cueillis deux feuilles de figuier
de mediocre grandeur
, lefquelles pefoient
enfemble 5. gros 48. grains,
& j'en fis tremper le bout
des queues dans l'eau de la
phiole. Ces feuilles étoient
trés fraîches & fermes
quand je les cueillis . EnGALANT.
St
fuite j'expofai la phiole &
les feuilles au ſoleil , qui
étoit clair & chaud , & en
un lieu où il faifoit un peu
de vent , & je bouchai exactement
avec du papier le
refte du col de la phiole ,
qui n'étoit pas occupé par
les queues des feuilles , afin
que l'eau de la phiole ne
pût pas s'évaporer par cette
ouverture .
A onze heures du matin
je pefai le tout enſemble ,
& je trouvai qu'il y avoit
une diminution de poids de
deux gros , que l'air & le
Hij
92 MERCURE
foleil avoient tiré d'eau de
cette feuille , laquelle ne
peut être reparée quand la
feuille eft attachée à l'arbre
, que par l'humidité de
la terre qui paffe par les racines.
Je fis auffi pluſieurs autres
experiences fur des
plantes , & je trouvai toûjours
une trés - grande difſipation
d'humidité ; & aprés
avoir mefuré la fuperficie
des feuilles , & avoir confideré
ce qui en couvre ordinairement
la terre , j'ai jugé
que l'eau de la pluie
GALANT .
93
fur. tout en été , quoy qu'
elle foit alors trés- abondante
, n'eft pas capable de
les entretenir fans un fecours
tiré d'ailleurs . Il eſt
vrai que l'air de la nuit fournit
aux grands arbres , &
même aux plantes , une
grande quantité d'humidité
qu'on voit preſque toûjours
fur les feuilles vers le
lever du foleil , laquelle paffant
juſques dans les racines
, peut entretenir ces
plantes une partie du jour :
mais cette humidité toute
ſeule ne pourroit pas ſuf.
94
MERCURE
fire pour leur nourriture ,
fi elles n'en tiroient de la
terre même & des pluies
qui y entrent , comme je
l'ai remarqué dans mes experiences
que je viens de
rapporter.
Toutes ces experiences
m'ont fait connoître que
l'eau des pluies qui tombent
fur la terre , où il où il y a toûjours
quelques herbes &
des arbres , ne peut pas la
penetrer jufqu'à deux pieds,
à moins qu'elle n'ait été ramaffée
dans des lieux fablonneux
& pierreux , qui
*
.
GALANT .
95
A
la laiffent paffer facilement:
mais ce ne peut être que
des cas particuliers , dont
on ne peut tirer de confequence
generale. On en
peut voir un exemple au
rocher de la fainte Baume
en Provence , où la pluie qui
tombe fur ce rocher , qui
eft tout fendu & crevaffé ,
& où il n'y a point d'herbes
, penetre dans la grotte
en trés- peu d'heures à foi
xante- fept toiles au deffous
de la fuperficie du rocher ,
& y forme une trés - belle
cîterne, qui feroit enfin une
a
96 MERCURE
fontaine quand la cîterne
feroit remplie ; & lors qu'il
fe rencontre fur de femblables
rochers & dans
ces fonds confiderables de
grandes quantitez de neiges
qui fe fondent en été
à la feule chaleur du foleil ,
on remarque de grands
écoulemens de l'eau de
fontaine pendant quelques
heures d'un même jour , &
même à pluſieurs repriſes ,
fi le foleil ne donne fur ces
neiges qu'à quelques heures
differentes de la jour
née , le refte du temps ces
neiges
GALANT. 97
neiges étant à l'ombre des
pointes des rochers , & ne
pouvant
pas fe fondre facilement.
C'eft fans doute la
raiion de ce qu'on a rapporté
, qu'il y avoit des fontaines
au milieu des terres
qui avoient un flux & reflux
comme la mer.
Ces experiences m'ont
perfuadé que je ne devois
point attendre que les eaux
de la pluie & des neiges
paffaffent au travers des
huit pieds de terre qui étoient
au deffus de la cuvette
de plomb que j'avois
Mars
1714.
I
98 MERCURE
enterrée fur une terraffe ;
auffi il n'eft pas coulé une
feule goutte d'eau par le
tuyau depuis quinze années.
On voit donc par là qu'il
ne peut y avoir que tréspeu
de fontaines qui tirent
leur origine des pluies &
des neiges , & il faut neceffairement
avoir recours
d'autres cauſes pour expli.
quer comment il fe peut
rencontrer des fources trésabondantes
dans des lieux
élevez , & à très- peu de pro.
fondeur dans terre , com
HEQUE
ME
LA
THÈQUE
DE
OPON
;
GALANT.
me eft celle de Rungis res
de Paris , qu'on ne peut
tribuer à ces grottes ou
alembics foûterrains , qui
fervent à faire diftiler l'eau
des vapeurs condenfées
car il n'y a point de rochers
dans les
environs
, comme
je l'ai reconnu par plufieurs
puits que j'y ai fait faire ,
& le terrain eft ſeulement
un peu élevé , où l'on a fait
quelques puits , dont l'eau
eft fort proche de la furface
de la terre , & plus éle
vée que l'endroit où l'on a
ramaffé les eaux. Cette four.
I ij.
100 MERCURE
ce fournit cinquante pouces
d'eau environ , qui coule
toûjours & qui fouffre peu
de changement , & tout
l'efpace de terre d'où elle
peut venir n'elt pas
affez
grand pour fournir l'eau
de cette fource en ramaffant
celle de la pluye, quand
il ne s'en diffiperoit point ;
& de plus il eft toûjours cultivé
& couvert d'herbes &
de blé . Il y a quelques vallons
affez proche de ce lieu,
où il faut creuſer fort bas
pour trouver l'eau.
On a crû pouvoir expli
GALANT. ΙΘΙ
quer ces fortes de fources
par des tuyaux & des canaux
naturels , qui conduifent
l'eau de quelque
petite
riviere élevée , & qui
paffant par des lieux hauts
& bas , & même au deſſous
de quelques rivieres qui les
traverſent , font fi bien foudez
& bouchez
, qu'ils ne
laiffent point échaper cette
cau en chemin , pour la
conduire jufqu'au lieu où
elle doit fortir hors de terre.
Mais quand il pourroit
fe rencontrer de ces lieux
foûterrains
, je fuis perfuadé
1 iij
102 MERCURE
qu'ils auroient ſeulement
une pente neceffaire pour
laiffer couler l'eau entre les
terres fur un fond de tufou
d'argille : mais pour s'imaginer
des tuyaux naturels
hauts & bas , c'est tout ce
que peut faire l'art dans l'étenduë
d'un petit jardin ;
encore y a t-il fouvent à refaire
à ces conduites .
Il me femble qu'on peut
faire encore une objection
confiderable à cette hypothefe.
Car fi ces grandes
fources élevées tirent leur
origine de quelques rivicGALANT.
103
rés , ces mêmes rivieres doivent
auffi tirer leurs eaux
d'autres fources encore plus
élevées; car celles des pluies
& des neiges fondues dans
les lieux dont le fond feroit
ferme , ne peuvent former
que quelques torrens qui
ne durent que peu de tems,
& qui ne peuvent pas fournir
à l'écoulement
continuel
de ces rivieres. Les
grands ramas d'eau , comme
des étangs qui font à la
tête des petites rivieres , ne
prouvent rien pour l'origi .
ne des rivieres ; car nous
I iiij
104 MERCURE
avons fait plufieurs experiences
, qui nous font connoître
qu'il fe diffipe beaucoup
plus d'eau de celle
qui cft exposée à l'air dans
un vaiffeau fort large , qu'il
n'y en peut tomber du ciel.
Il ne refte donc qu'un
feul moyen pour expliquer
comment ces fources abondantes
peuvent fe former
dans terre , encore s'y rencontre
- t- il quelques difficultez.
Il faut s'imaginer
qu'au travers de la terre il
paffe une grande quantité
de vapeurs , qui s'élevent
GALANT.
105
des eaux qui y font ordinairement
a la hauteur des
rivieres les plus proches ,
ou de la mer ; que ces vapeurs
paffent d'autant plus
facilement , qu'elles rencontrent
un terrein plus facile
à être penetré , comme
on le remarque en hyver à
l'ouverture de quelques caves
fort profondes . Les particules
de ces vapeurs peuvent
fe joindre enfemble ,
le froid de la fuperou
par
ficie
de la terre
, quand
elles
commencent
à s'en
approcher
, ou
quand
elles
106 MERCURE
rencontrent un terrein qui
eſt déja rempli d'eau à laquelle
elles fe joignent , ou
enfin fi elles trouvent quelque
matiere qui foit propre
à les fixer , comme nous
voyons que les fels étant expolez
à l'air retiennent les
particules d'eau qui y voltigent
C'eft alors que cette
eau qui s'augmente toû
jours , en rencontrant un
fond affez folide pour la
foûtenir , coule entre les
terres fur ce fond , jufqu'à
ce qu'elle s'échape ſur la
fuperficie de la terre où ce
GALANT. 107
fond fe termine, ou retombe
dans quelque lieu plus bas
en terre , s'il y a quelques
ouvertures à la ggllaaiiſſee ou au
tuf qui la foûtient. C'eſt
tout ce que je trouve de
plus vraisemblable dans ce
cas , encore faut il que
vapeurs ayent des conduits
particuliers pour paffer , par
ces
leſquels l'eau qu'elles forment
ne puiffe pas s'échaper.
J'ai voulu voir par experience
ce qu'on pouvoit
efperer de la maniere
de
condenfer les vapeurs de
108 MERCURE
l'eau lors qu'elles s'attacheroient
dans la terre contre
des pierres qui feroient
remplies de quelques iels ;
car c'étoit une pentée nouvelle
que j'avois eue pour
expliquer de quelle maniere
les eaux des vapeurs
qui font en terre pourroient
le ramaffer.
Je mis dans un des caveaux
du fond de la carriere
de l'Obfervatoire un
vaſe de verre , & j'attachai
fur le bord du vaſe un morceau
de linge que j'avois
trempé dans un peu d'eau ,
GALANT . 109
où j'avois fait diffoudre du
fel de tartre. Je choifis ce
fel , parce que je crus qu'il
étoit plus propre à fixer les
vapeurs que tout autre. Le
lieu paroît fort humide ,.
fur - tout en été. Quelque
temps aprés je trouvai au
fond du vafe une quantité
affez confiderable de liqueur
, qui n'étoit que l'eau
de la vapeur de l'air , laquelle
s'étoit attachée contre
le linge , & en ayant
été rempli , le furplus , qui
augmentoit toûjours , avoit
coulé au long des côtez du
110 MERCURE
vafe. J'aurois pouffé cette
experience plus loin , pour
voir fi fa liqueur auroit
continué de couler , & fi le
fel qui étoit dans le linge
auroit été entierement em.
porté par l'eau qui en couloit
, quoy qu'il puiffe arri
ver que des pierres qui auroient
des fels propres 3
fixer les vapeurs , auroient
pû conſerver toûjours leur
fel , & même s'en charger
de nouveau : mais on entra
dans le caveau en mon
abſence , on rompit le vaſe,
& mon experience fut interrompuë.
GALANT.
Je ne parle point de
quelques fontaines particulieres
& extraordinaires ,
qui fe trouvent , à ce qu'on
dit , fur le bord de la mer
& fur des rochers élevez ,
lefquelles ont un flux & un
reflux femblable à celui de
la mer , & qui ne laiſſent
pas d'être des eaux fort
douces. J'ai expliqué mecaniquement
de quelle maniere
cela fe pourroit faire ,
en ſuppoſant des reſervoirs
foûterrains un peu élevez
au deffus du niveau de la
mer , & que la cavité où
112 MERCURE
ces refervoirs font placez
ait communication par le
moyen de quelques canaux
avec la mer. Car il doit arriver
que lofque la mer
monte , elle comprime l'air
qui eſt dans cette cavité ,
lequel preffè l'eau du reſervoir
, & l'oblige de s'écha
per , & même de s'élever
par quelques fentes ou conduits
de ces rochers jufques
fur la fuperficie de la terre ,
où elle forme une fontaine
qui doit diminuer peu à peu
la mer fe re- à meſure que
tire , & que l'air comprimé
qui
GALANT. 113
qui la forçoit de monter fe
rétablit dans fon premier
état. Mais pour peu qu'on
fçache de mecanique , &
qu'on entende bien les
effets des corps liquides ,
on ne manquera pas de
moyens pour expliquer non
feulement les merveilles
qu'on voit dans la nature
fur cette mariere , mais
encore tout ce qu'on pourroit
imaginer.
1
C'eft affez parler de l'origine
des fontaines ; il me
faut maintenant expliquer
quelques remarques parti-
Mars
1714.
K
114 MERCURE
culieres que j'ai faites à
cette occafion fur l'utilité
qu'on peut retirer de l'eau
des pluies. L'avantage le
plus confiderable de l'eau
de la pluie , c'eft de la ra
maſſer dans des refervoirs
foûterrains qu'on appelle
citernes , où quand elle a été
purifiée en paffant au travers
du fable de riviere , elle
fe conferve plufieurs années
fans le corrompre. Cette
eau eft ordinairement la
meilleure de toutes celles
dont on peut ufer , foit ppour
l'employer dans plufieurs
"GALANT.
ufages , comme pour le
blanchiffage & pour les
teintures, en ce qu'elle n'eft
point mêlée d'aucun fel de
la terre , comme font preſque
toutes les eaux de fontaines,
& même celles qu'on
cftime les meilleures. Ces
cîternes font d'une trésgrande
utilité dans les lieux
où l'on n'a point d'eau de
fource , ou bien lorfque
toutes les eaux de puits font
mauvaiſes. Ce n'eſt pas ici
le lieu de parler de la conftruction
des cîternes , ni
du choix des materiaux
Kij
116 MERCURE
qu'on y doit employer ;
puis qu'il ne s'agit que d'avoir
un lieu qui tienne bien
l'eau , & que les pierres &
le mortier dont elles font
jointes , ne puiffent donner
aucune mauvaiſe qualité à
l'eau , qui y fejourne pendant
un temps confiderable.
Ceux qui ont des cîternes
, & qui font curieux
d'avoir de bonne eau , obfervent
foigneufement de
ne laiffer point entrer l'eau
des neiges fonduës dans la
cîterne , ni celles des pluies
GALANT.
117
d'orage. Pour ce qui eft de
celle des neiges fonduës ,
je crois qu'on a quelque
raifon de les exclure des
cîternes , non pas à cauſe
des fels qu'on s'imagine qui
font enfermez , & mêlez
avec les particules de la
neige: mais feulement parce
que ces neiges demeurent
ordinairement
C
plufieurs
jours , & quelquefois des
mois entiers fur les toits
des maiſons , où elles fe
corrompent par la fiente
des oifeaux & des animaux ,
& bien plus par le long
118 MERCURE
féjour qu'elles font fur les
tuiles qui font toûjours fort
fales . C'est pour cette raiſon
que lors qu'il commence à
pleuvoir , je voudrois que
la premiere eau qui vient
du toit , & qui doit entrer
dans la cîterne , fût rejettée
comme mauvaiſe , n'ayant
fervi qu'à laver les toits ,
qui font couverts de la pouffiere
qui s'éleve de bouës
défechées dans les ruës &
dans les grands chemins ,
& qu'on ne reçût ſeulement
dans la cîterne que celle
qui vient enfuite.
GALANT . 19
Il y a une autre remarque
fort confiderable pour les
eaux qu'on doit rejetter des
cîternes , & que le ſeul hazard
m'a fait connoître. Il
y a quelque temps que je
fus curieux de ramaffer de
F'eau de pluie qui tomboit
à
l'Obfervatoire , par le
moyen de la cuvette dont
je me fers pour meſurer la
quantité d'eau qui tombe
pendant l'année . Cette cu
vette eft de fer blanc bien
étamé , elle a quatre pieds
de fuperficie, & des rebords
de fix pouces de hauteur.
120 MERCURE
Il y a un trou & un petit
tuyau qui y eft foudé vers
l'un des angles par où l'eau
qui tombe dans la cuvette ,
qui eft un peu inclinée vers
cet angle , eft portée dans
un vaiffeau qui la reçoit ,
pour la meſurer enfuite , &
connoître par ce moyen la
quantité qui en eft tombée.
Je nettoyai & lavai la cuvette
& le vaiſſeau qui reçoit
l'eau , le plus proprement
qu'il me fut poffible ,
áu commencement d'une
pluie qui paroiffoit abondante,
& je ramaſſai enfuite
l'eau
GALANT. 121
l'eau dans des bouteilles de
verre bien nettes pour la
conferver. Mais comme je
voulus goûter de cette eau,
je fus furpris de ce qu'elle
avoit un fort mauvais goût,
& qu'elle fentoit la fumée :
ce qui me parut fort extraordinaire
; car j'en avois
fouvent goûté de celle qui
étoit ramaffée de la même
maniere , laquelle n'avoit
pas ce même goût. Je ne
voyois rien qui eût pû communiquer
cette odeur de
fumée à l'eau de pluie ; car
le lieu où je la ramaffe ef
Mars
1714
L
122 MERCURE
fort à découvert & élevé,
fort
& il n'y a point de fumée
qui n'en foit fort éloignée.
Mais enfin je confiderai
que cette eau de pluie étoit
tombée avec un vent du
nord ; ce qui n'eſt pas
ordinaire ; car il pleut rarement
de ce vent ; & comme
toute la ville eft au nord
de l'Obfervatoire, la fumée
des cheminées s'étoit mêlée
avec l'eau qui tomboit , &
qui paffoit enfuite pardeffus
le lieu où je la ramaffois ,
& qu'enfin c'étoit la vraye
caufe de la mauvaiſe odeur
GALANT.
123
de l'eau ; car on ſçait par
plufieurs
experiences que
l'eau prend trés facilement
l'odeur de la fumée En effet
je m'en affurai quelque
temps aprés car ayant
encore ramaffé de l'eau de
pluie qui tomboit avec un
vent de midi ou de fudoüeft
, je n'y remarquai rien
de femblable pour le goût ;
car il n'y a que de grandes
campagnes qui s'étendent
vers le midi de l'Obferva
toire.
30 Je conclus de là qu'on
doit aufli rejetter des cîter-
Lij
124
MERCURE
nes toutes les eaux de pluie
qui font apportées par des
vents fur des lieux infectez
de quelque mauvaiſe
odeur , comme des égoûts ,
des voiries , & même des
grandes villes à cauſe de la
fumée , comme je viens de
remarquer ; car les exhalaifons
& les mauvaiſes vapeurs
qui fe mêlent avec
l'eau qui entre dans la cîterne
, doivent corrompre
celle qui y eft entrée dans
un autre temps.
$ Enfin puifquel'on ne peut
pas douter par toutes les ex
GALANT .
-125
periences & par toutes les
épreuves qu'on a faites, que
l'eau de la pluie qui a été purifiée
dans du fable de riviere
, pour lui ôter le limon &
une odeur de terre qu'elle a
en tombant du ciel , ne foit
la meilleure & la plus faine
de toutes celles dont on
puiffe ſe ſervir , j'ai penſé de
quelle maniere on pourroit
pratiquer dans toutes les
maifons des cîternes qui
fourniroient affez d'eau
pour l'ufage de ceux qui y
demeurent.
Premierement il eft cer-
Liij
126 MERCURE
tain qu'une maiſon ordinaire
, qui auroit en fuperficie
quarantes toiſes , lef
quelles feroient couvertes
de toits , peut ramaſſfer chaque
année 2160. pieds cubiques
d'eau , en prenant
feulement dix huit pouces
pour la hauteur de ce qu'il
en tombe , qui eft la moindre
hauteur que j'aye obfervé
. Mais ces 2160. pieds
cubiques valent 75600. pintes
d'eau , à raifon de 35.
pintes par pied , qui eſt la
jufte mefure pour la pinte
de Paris, Si l'on diviſe donc
GALANT. 127
ce nombre de pintes par
les 365. jours de l'année
on trouvera 200. pintes par
jour. On voit par là que
quand il y auroit dans une
maiſon , comme celle que
je fuppofe , vingt - cinq perfonnes
, elles auroient huit
pintes d'eau chacune à dépenſer
, qui eſt plus d'un
feau de ceux d'ordinaire ,
& ce qui eft plus que fuffifant
pour tous les uſages de
la vie.
Il ne me reste plus qu'à
donner un avis fur le lieu
& fur la maniere de con-
Liiij
128 MERCURE
,
a
ftruire ces fortes de cîternes
dans les maiſons particulieres.
On voit dans plufieurs
villes de Flandres ,
vers les bords de la mer
où toutes les eaux des puits
font falées & ameres
cauſe que le terrain n'eft.
qu'un fable leger au travers
duquel l'eau de la mer ne
f purifie pas , que l'on fait
des cîternes dans chaque
maiſon pour ſon uſage particulier.
Mais ces cîternes
font enterrées , & ne font
que des caveaux où l'on
croit que l'eau le conferve
GALANT. 129
mieux qu'à l'air. Il eſt vrai
que l'eau , & fur- tout celle
de pluie , ne fe conferve pas
à l'air à caule du limon dont
elle eft remplie , & qu'elle
ne depofe pas entierement
en paffant par le fable , &
qu'elle fe corrompt , & qu'il
s'y engendre une espece de
mouffe verte qui la couvre
entierement. C'est pourquoy
je voudrois qu'on pratiquât
dans chaque mailon
un petit lieu dont le plancher
feroit élevé au deffus
du rez de chauffée de fix
pieds environ ; que ce lieu
130 MERCURE
n'eût tout au plus que la
quarantieme ou cinquantieme
partie de la fuperficie
de la maiſon , & qui feroit
dans nôtre exemple d'une
toife à peu prés. Ce lieu
pourroit être élevé de huit
à dix pieds , & bien vouté
avec des murs fort épais.
Ce feroit dans ce lieu où je
placerois un refervoir de
plomb , qui recevroit toute
l'eau de pluie aprés
qu'elle auroit paffé au travers
du fable. Il ne faudroit
à ce lieu qu'une tréspetite
porte bien épaiffe &
GALANT. 131
bien garnie de natte de
paille , pour empêcher que
la gelée ne pût penetrer
jufqu'à l'eau. Par ce moyen
on pourroit diſtribuer facilement
de trés bonne eau
dans les cuifines & les lavoirs.
Cette eau étant bien
enfermée ne fe corromproit
pas plus que fi elle étoit fous
terre, & ne geleroit jamais.
Son peu d'élevation au def
fus du rez de chauffée ferviroit
affez à la commodité
de fa diftribution dans tous
les lieux bas du logis.Ce reſervoir
pourroit être placé
132
MERCURE
dans un endroit où il n'incommoderoit
par fon humidité
, qu'autant que ceux
d'eau de fontaine qui font
dans plufieurs maiſons.
J'ai examiné depuis peu
les differentes eaux de pluie
que j'avois ramaffées autrefois
, & que j'avois confervées
dans des bouteilles de
verre. J'ai trouvé qu'il y en
avoit quelques - unes qui
étoient d'un mauvais goût,
& je ne fçaurois affurer fi
ce font celles qui avoient
d'abord une odeur de fumée
quand je les ai miſes
GALANT. 133
dans la bouteille ; les autres
étoient affez bonnes & agreables
, elles n'avoient
plus le goût de terre , qu'ont
toutes les eaux de pluie , &
c'étoit peut être parce qu'-
elles avoient dépolé un
certain limon , qu'on voit
ordinairement au fond des
vaſes où l'on a laiſſé pendant
quelque temps des
caux de pluie.
Jajoûterais encore une
remarque que j'ai faite fur
les eaux de fontaine qui font
fur le côteau de la butte de
Montmartre vers le fepten134
MERCURE
trion. Ces eaux font fort
claires & affez bonnes pour
boire. Cependant fi l'on
fait cuire de la viande &
des herbes à potage avec
cette eau , le bouillon eſt
d'une grande amertume ;
ce qu'on ne peut pas attribuer
à la nature des herbes
du lieu , puifque fi l'on
fe fert d'eau de pluie pour
faire le bouillon , il eſt trésbon
& n'a aucune amertume.
Fermer
Résumé : Remarques sur l'eau de la pluie, & sur l'origine des fontaines ; avec quelques particularitez sur la construction des cîternes.
Le texte explore l'importance historique de la gestion de l'eau, tant pour les besoins quotidiens que pour l'ornementation des palais et jardins. Les hommes ont toujours cherché à rendre les rivières navigables et à construire des aqueducs pour transporter l'eau sur de longues distances. Ils ont également inventé des machines pour élever et distribuer l'eau de manière spectaculaire. Deux principales théories expliquent l'origine des fontaines. La première attribue les fontaines à l'eau de pluie et à la fonte des neiges, tandis que la seconde propose des cavités souterraines où les vapeurs des eaux se condensent. M. N** a calculé que l'eau de pluie et de neige fournit suffisamment d'eau pour entretenir les rivières comme la Seine. L'auteur a mené des expériences pour vérifier ces théories. Il a enterré des cuvettes de plomb à différentes profondeurs pour observer la pénétration de l'eau de pluie. Les résultats ont montré que l'eau ne pénètre pas profondément dans la terre, sauf dans des terrains sableux et pierreux. Les expériences ont également révélé que les plantes absorbent une grande quantité d'humidité, ce qui limite la pénétration de l'eau dans le sol. L'auteur conclut que peu de fontaines tirent leur origine des pluies et des neiges. Le texte traite également de l'origine des sources et de l'utilisation de l'eau de pluie. Il propose une explication des sources par des tuyaux et canaux naturels conduisant l'eau de rivières élevées, mais cette hypothèse est contestée. L'auteur suggère que les sources proviennent de vapeurs s'élevant des eaux des rivières ou de la mer, se condensant et s'écoulant à travers des terrains perméables. Il relate une expérience où il a recueilli de l'eau de vapeur dans un vase pour démontrer la formation des sources. L'auteur aborde l'utilité des citernes pour collecter et conserver l'eau de pluie, soulignant que cette eau est souvent de meilleure qualité que celle des fontaines ou des puits. Il recommande de ne pas collecter l'eau des neiges fondues ou des pluies d'orage, ainsi que celle apportée par des vents passant au-dessus de lieux infectés par des mauvaises odeurs. Il calcule la quantité d'eau de pluie que peut collecter une maison ordinaire et conclut que cela suffit amplement pour les besoins quotidiens des habitants. Enfin, le texte mentionne la construction de citernes dans les maisons particulières, notamment dans les villes de Flandres où les eaux des puits sont salées et amères en raison de la proximité de la mer. L'auteur propose un réservoir élevé au-dessus du rez-de-chaussée, couvert et bien isolé pour éviter la contamination et le gel. Ce réservoir recueillerait l'eau de pluie filtrée à travers un sable léger, permettant une distribution facile dans les cuisines et lavoirs sans risque de corruption ou de gel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2262-2265
« M. Hardion, de l'Académie des Inscriptions & Belles Lettres, fut reçu le 28. du mois dernier [...] »
Début :
M. Hardion, de l'Académie des Inscriptions & Belles Lettres, fut reçu le 28. du mois dernier [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions et Belles-Lettres, Machine, Plomb
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Hardion, de l'Académie des Inscriptions & Belles Lettres, fut reçu le 28. du mois dernier [...] »
M.Hardion, de l'Académie des Infcriptions &
Belles Lettres , fut reçu le 28. du mois dernier
dans l'Académie Françoife, à la place vacante par
la mort de l'Evêque d'Angers. Il fit un Difcours
de remerciment , auquel M. de Mirabaud , Chaneelier
, répondit au nom de l'Académie , & les
deux Difcours furent fort applaudis.
+
On apprend de Londres que le 3 de ce mois ,
le Commité du Confeil affemblé à Whitehall
accorda à M. Guillaume Wood la Charte d'incorporation
, ou le Privilege qu'il demandoit
pour faire fabriquer le fer qu'il a trouvé le
moyen de tirer de la mine du charbon de terre
dont nous avons parlé dans le dernier Mercure
avec la permiffion d'emprunter par foufcription
les fommes qui lui feront neceffaires pour l'établiffement
de fa Manufacture.
Le Docteur Green , Membre du College de
Clare
OCTOBRE. 1730. 2263
Clare à Cambridge , qui eft mort depuis peu ,
laiffé tout fon bien à ce College , à condition"
qu'on fera imprimer fes Ouvrages pofthumes &
qu'on diffequera fon corps pour en mettre le
fquelette dans la Bibliotheque du College , à
côté des Tablettes où font les Livres , dont il lus
a fait préfent de fon vivant..
M. Rifbrach , celebre Sculpteur de Londres ,"
travaille depuis un mois à un magnifique Maufolée
du feu Chevalier Ifaac Newton , Préfident
de la Societé Royale , qui fera placé dans l'E
glife de l'Abbaye de Weſtminſter.
Depuis quelques années il a été inventé en
Angleterre une Machine propre à faire des Tables
de plomb de 20 à 30. pieds de long , fur 5. de
large , aufquelles on a la liberté de donner telle
épaiffeur que l'on juge à propos , par le moyen
d'un Moulin ingénieufement conftruit , dont la
proprieté eft de réduire ces Tables à l'épaiffeur
défirée , en les rendant tout-à - fait unies & parfaitement
compactes , fans pores , pailles, vents , ni
foufflure ; enforte que les Ouvrages conftruits de
ce Plomb , font plus folides , plus beaux & neanmoins
bien moins chers que les autres faits à l'ordinaire,
parce qu'ils y employent beaucoup moins
de matiere.
L'utilité en a été fi bien connue en Angleterre,
que dans tout ce Royaume il ne s'employe plus
d'autre Plomb que celui qui eft fait & laminé au
Moulin.
Cette Machine a donné lieu à la conftruction
d'une autre plus parfaite & plus correcte , qui eſt
actuellement en France , où elle a été examinée
par l'Académie Royale des Sciences , fuivant fon
Certificat du 28. Janvier 1728. par lequel elle
rend compte des avantages confiderables que l'é-
G iiij tabliffe.
હું
2264 MERCURE DE FRANCE
1
1
tebliffe ment de cette Machine en France produ
à l'Etat & au Public.
Une Compagnie , perfuadée de tous ces avantages
, a obtenu pour Pufage de cette Machine un
Privilege exclufif du Roi , qui a été enregistré au
Parlement le 7. Septembre dernier , & en a établi
la fabrique au Fauxbourg S. Antoine , rue de Bercy
, proche le Port au Plâtre , où il y a tous les
jours un concours de Curieux & de Sçavans qui
yont en admirer la beauté.
Ce Plomb eft parfaitement égal , très - uni &
très-compacte,fans aucuns pores ni pailles ,& n'exige
que moitié d'épaiffeur pour avoir plus de
folidité que celui dont on s'eft fervi jufqu'à prefent.
Il eft beaucoup plus uni & plus poli , ainfi l'eau
n'y féjournera point , & parconfequent il fera
de p'us de durée.
Il eft beaucoup plus doux , & recevra mieux
tous les contours que l'on lui donnera , fans fe
fendre ni fe caffer , & il ne fera plus fujet à tant
de réparation.
Sa parfaite égalité fait qu'il fe peut facilement
pefer par fon toifé , ce qui leve tous les inconve
niens de fraude.
Il eft plus leger , ainfi il n'accablera pas les
Edifices fur lefquels il fera pofé, & n'obligera pas
à de fortes dépenfes de charpentes .
La grande extenfion de ces Tables exigera
très - peu de foudure dans les petits Ouvrages , on
s'en paffera entierement , & dans les grands on
n'en employera pas un cinquième.
Il eft aifé de conclure que la réduction fur la
matiere , la durée , l'épargne de foudure , celle des
réparations , feront plus des deux tiers de diminution
fur les Ouvrages de plomberies .
Il eft propre à toutes fortes d'ufages. La feule
vûë
OCTOBRE. 1730. 2265
vue de ce Plomb juftifie fenfiblement aux moins
connoiffeurs , ce qui eft ici avancé.
On en trouvera toûjours dans le Magazin de
toutes fortes de grandeurs & épaiffeurs.
Belles Lettres , fut reçu le 28. du mois dernier
dans l'Académie Françoife, à la place vacante par
la mort de l'Evêque d'Angers. Il fit un Difcours
de remerciment , auquel M. de Mirabaud , Chaneelier
, répondit au nom de l'Académie , & les
deux Difcours furent fort applaudis.
+
On apprend de Londres que le 3 de ce mois ,
le Commité du Confeil affemblé à Whitehall
accorda à M. Guillaume Wood la Charte d'incorporation
, ou le Privilege qu'il demandoit
pour faire fabriquer le fer qu'il a trouvé le
moyen de tirer de la mine du charbon de terre
dont nous avons parlé dans le dernier Mercure
avec la permiffion d'emprunter par foufcription
les fommes qui lui feront neceffaires pour l'établiffement
de fa Manufacture.
Le Docteur Green , Membre du College de
Clare
OCTOBRE. 1730. 2263
Clare à Cambridge , qui eft mort depuis peu ,
laiffé tout fon bien à ce College , à condition"
qu'on fera imprimer fes Ouvrages pofthumes &
qu'on diffequera fon corps pour en mettre le
fquelette dans la Bibliotheque du College , à
côté des Tablettes où font les Livres , dont il lus
a fait préfent de fon vivant..
M. Rifbrach , celebre Sculpteur de Londres ,"
travaille depuis un mois à un magnifique Maufolée
du feu Chevalier Ifaac Newton , Préfident
de la Societé Royale , qui fera placé dans l'E
glife de l'Abbaye de Weſtminſter.
Depuis quelques années il a été inventé en
Angleterre une Machine propre à faire des Tables
de plomb de 20 à 30. pieds de long , fur 5. de
large , aufquelles on a la liberté de donner telle
épaiffeur que l'on juge à propos , par le moyen
d'un Moulin ingénieufement conftruit , dont la
proprieté eft de réduire ces Tables à l'épaiffeur
défirée , en les rendant tout-à - fait unies & parfaitement
compactes , fans pores , pailles, vents , ni
foufflure ; enforte que les Ouvrages conftruits de
ce Plomb , font plus folides , plus beaux & neanmoins
bien moins chers que les autres faits à l'ordinaire,
parce qu'ils y employent beaucoup moins
de matiere.
L'utilité en a été fi bien connue en Angleterre,
que dans tout ce Royaume il ne s'employe plus
d'autre Plomb que celui qui eft fait & laminé au
Moulin.
Cette Machine a donné lieu à la conftruction
d'une autre plus parfaite & plus correcte , qui eſt
actuellement en France , où elle a été examinée
par l'Académie Royale des Sciences , fuivant fon
Certificat du 28. Janvier 1728. par lequel elle
rend compte des avantages confiderables que l'é-
G iiij tabliffe.
હું
2264 MERCURE DE FRANCE
1
1
tebliffe ment de cette Machine en France produ
à l'Etat & au Public.
Une Compagnie , perfuadée de tous ces avantages
, a obtenu pour Pufage de cette Machine un
Privilege exclufif du Roi , qui a été enregistré au
Parlement le 7. Septembre dernier , & en a établi
la fabrique au Fauxbourg S. Antoine , rue de Bercy
, proche le Port au Plâtre , où il y a tous les
jours un concours de Curieux & de Sçavans qui
yont en admirer la beauté.
Ce Plomb eft parfaitement égal , très - uni &
très-compacte,fans aucuns pores ni pailles ,& n'exige
que moitié d'épaiffeur pour avoir plus de
folidité que celui dont on s'eft fervi jufqu'à prefent.
Il eft beaucoup plus uni & plus poli , ainfi l'eau
n'y féjournera point , & parconfequent il fera
de p'us de durée.
Il eft beaucoup plus doux , & recevra mieux
tous les contours que l'on lui donnera , fans fe
fendre ni fe caffer , & il ne fera plus fujet à tant
de réparation.
Sa parfaite égalité fait qu'il fe peut facilement
pefer par fon toifé , ce qui leve tous les inconve
niens de fraude.
Il eft plus leger , ainfi il n'accablera pas les
Edifices fur lefquels il fera pofé, & n'obligera pas
à de fortes dépenfes de charpentes .
La grande extenfion de ces Tables exigera
très - peu de foudure dans les petits Ouvrages , on
s'en paffera entierement , & dans les grands on
n'en employera pas un cinquième.
Il eft aifé de conclure que la réduction fur la
matiere , la durée , l'épargne de foudure , celle des
réparations , feront plus des deux tiers de diminution
fur les Ouvrages de plomberies .
Il eft propre à toutes fortes d'ufages. La feule
vûë
OCTOBRE. 1730. 2265
vue de ce Plomb juftifie fenfiblement aux moins
connoiffeurs , ce qui eft ici avancé.
On en trouvera toûjours dans le Magazin de
toutes fortes de grandeurs & épaiffeurs.
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Résumé : « M. Hardion, de l'Académie des Inscriptions & Belles Lettres, fut reçu le 28. du mois dernier [...] »
En octobre 1730, M. Hardion a été accueilli à l'Académie Française pour succéder à l'Évêque d'Angers. Il a prononcé un discours de remerciement, auquel M. de Mirabaud, chancelier, a répondu au nom de l'Académie. Les deux discours ont été acclamés. À Londres, le 3 octobre, le Comité du Conseil a octroyé à M. Guillaume Wood une charte d'incorporation pour la fabrication de fer à partir du charbon de terre. Cette charte lui permet également d'emprunter les fonds nécessaires par souscription. Le Docteur Green, membre du College de Clare à Cambridge, a légué tous ses biens à ce collège. Il a imposé deux conditions : l'impression de ses œuvres posthumes et la conservation de son squelette dans la bibliothèque du collège. M. Risbrach, sculpteur renommé de Londres, travaille à la réalisation d'un mausolée pour le Chevalier Isaac Newton, ancien président de la Société Royale. Ce mausolée sera installé dans l'église de l'Abbaye de Westminster. En Angleterre, une machine innovante a été inventée pour produire des tables de plomb de grande taille et de haute qualité. Cette machine a été introduite en France et examinée par l'Académie Royale des Sciences, qui a souligné ses nombreux avantages. Une compagnie a obtenu un privilège exclusif du Roi pour exploiter cette machine, dont la fabrique est située au Faubourg Saint-Antoine, rue de Bercy. Le plomb produit est de meilleure qualité, plus durable et moins coûteux, offrant des avantages significatifs pour les travaux de plomberie.
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3
p. 1535-1538
Memoire sur le Laminage du Plomb, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRE sur le Laminage de Plomb, Par M. Remond, de la Société des Arts. [...]
Mots clefs :
Laminage, Plomb, Machine, Laminoir, Académie des sciences, Société des arts, Académie d'architecture
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texteReconnaissance textuelle : Memoire sur le Laminage du Plomb, [titre d'après la table]
MEMOIRE Sur le Laminage de Plomb ,
Par M. Remond , de la Societé des Arts.
A Paris , chez Pierre Prault , Quay de
Gêvres , au Paradis , Brochure in 4. de
48. pages.
M.Remond a rendu service au Public ,
en laissant imprimer cette Dissertation
en forme de Memoire sur la nouvelle Ma
nufacture de Plomb , établie ruë de Bercy ,
au Fauxbourg S. Antoine. On ne dira
plus qu'il en est du Laminage comme
de tant d'autres établissemens , que la
nouveauté seule fait valoir , qui ne sont
estimez qu'autant qu'ils restent inconnus ,
et qui ne se font connoître enfin que par
la ruine de ceux qui ont eu la foiblesse
de s'y livrer.
II. Vel
Fij M :
1536 MERCURE DE FRANCE
M. Remond explique si bien la cons
truction de la Machine dont on se sert
pour laminer le Plomb , les operations
de cette Machine et les effets qui en ré
sultent pour l'usage , qu'il n'y a que
la
prévention qui puisse faire douter encore
de l'utilité de cet établissement.
Tout le monde sçait que laminer un
Métal , c'est le réduire " d'une certaine
épaisseur à une moindre , par le secours
d'une forte compression .
L'Inventeur du Laminoir avoit trois
conditions essentielles à remplir. Le Plomb
par sa pesanteur est difficile à manier. Il
falloit vaincre cet obstacle. Ce Métal est
d'un usage commun ; on devroit songer
à le rendre le moins cruteux qu'il seroit
possible ; il est de peu de consistance 5
on avoit interêt que le Laminage ne lui
causât aucune altération . C'est à ces trois
points que M.Remond borne son examen .
Dans la premiere partie de son Me
moire , il donne le détail de toutes les
précautions que l'on a prises pour que la
pesanteur du Plomb ne fût pas un obsta
cle au Laminage ; moyennant ces précau
tions , c'est assez de six hommes pour
servir la Machine , et de six chevaux pour
la faire marcher toute l'année onze heu
res par jour.
II. Vol.
La
JUIN. 1731. 1537
La deuxième partie est destinée à prou
ver, que quoique le Plomb des Plombiers
soit un peu moins cher que celui de la
Manufacture , il y a cependant de l'épar
gne à se servir de ce dernier , 1. parce
que le Plomb des Plombiers n'étant ja
mais d'une épaisseur égale , on est tou
jours obligé d'acheter chez eux beaucoup
plus de matiere qu'on n'a besoin d'en em
ployer , inconvenient qu'on n'éprouve
point à la Manufacture , puisque les Ta
bles qu'elle fournit sont parfaitement éga
les dans toute leur épaisseur. 2 ° . Parce
que ces Tables étant une fois plus lon
gues et plus larges que les Tables ordinai
ses , on employera la moitié moins de
Soudure. 3 ° . Parce que l'on diminuë par
l'usage du Plomb laminé les frais de la
Charpente et des réparations .
L'Auteur démontre dans la troisième
Partie , que le Laminoir , bien loin de
détériorer le Plomb , le rend meilleur et
d'un service plus durable. Il réfute et
par le raisonnement et par l'experience,
toutes les objections qu'un Auteur ano
nyme avoit faites contre le Plomb de la.
Manufacture , dans un Ouvrage intitulé,
Observations sur le Plomb laminé.
Pour ne laisser rien à desirer sur cette
matiere , M. Remond a joint à sa Dis
II. Vol.
Fiij
serta
1538 MERCURE DE FRANCE
sertation les suffrages de tous ceux qui
sont en état de juger de la bonté et de l'u
tilité de ce nouvel établissement . Le Cer
tificat de l'Académie des Sciences , celui.
de la Societé des Arts , celui de l'Acadé
mie d'Architecture , et le Procès verbal
des Fontainiers du Roi . Toutes ces diffe
rentes Pieces confirment tout ce qui est dit
dans le Memoire . On trouve à la fin une
Lettre de M. le Comte de Broglio à M. le
Duc d'Antin , qui justifie l'avantage qu'on
a tiré de cet établissement en Angleterre ,
où cette Machine a pris naissance , et où
l'on ne se sert depuis le commencement
de ce siecle que de Plomb laminé ; au
reste ce Memoire est fort bien écrit , le
stile en est simple , coulant et précis.
Par M. Remond , de la Societé des Arts.
A Paris , chez Pierre Prault , Quay de
Gêvres , au Paradis , Brochure in 4. de
48. pages.
M.Remond a rendu service au Public ,
en laissant imprimer cette Dissertation
en forme de Memoire sur la nouvelle Ma
nufacture de Plomb , établie ruë de Bercy ,
au Fauxbourg S. Antoine. On ne dira
plus qu'il en est du Laminage comme
de tant d'autres établissemens , que la
nouveauté seule fait valoir , qui ne sont
estimez qu'autant qu'ils restent inconnus ,
et qui ne se font connoître enfin que par
la ruine de ceux qui ont eu la foiblesse
de s'y livrer.
II. Vel
Fij M :
1536 MERCURE DE FRANCE
M. Remond explique si bien la cons
truction de la Machine dont on se sert
pour laminer le Plomb , les operations
de cette Machine et les effets qui en ré
sultent pour l'usage , qu'il n'y a que
la
prévention qui puisse faire douter encore
de l'utilité de cet établissement.
Tout le monde sçait que laminer un
Métal , c'est le réduire " d'une certaine
épaisseur à une moindre , par le secours
d'une forte compression .
L'Inventeur du Laminoir avoit trois
conditions essentielles à remplir. Le Plomb
par sa pesanteur est difficile à manier. Il
falloit vaincre cet obstacle. Ce Métal est
d'un usage commun ; on devroit songer
à le rendre le moins cruteux qu'il seroit
possible ; il est de peu de consistance 5
on avoit interêt que le Laminage ne lui
causât aucune altération . C'est à ces trois
points que M.Remond borne son examen .
Dans la premiere partie de son Me
moire , il donne le détail de toutes les
précautions que l'on a prises pour que la
pesanteur du Plomb ne fût pas un obsta
cle au Laminage ; moyennant ces précau
tions , c'est assez de six hommes pour
servir la Machine , et de six chevaux pour
la faire marcher toute l'année onze heu
res par jour.
II. Vol.
La
JUIN. 1731. 1537
La deuxième partie est destinée à prou
ver, que quoique le Plomb des Plombiers
soit un peu moins cher que celui de la
Manufacture , il y a cependant de l'épar
gne à se servir de ce dernier , 1. parce
que le Plomb des Plombiers n'étant ja
mais d'une épaisseur égale , on est tou
jours obligé d'acheter chez eux beaucoup
plus de matiere qu'on n'a besoin d'en em
ployer , inconvenient qu'on n'éprouve
point à la Manufacture , puisque les Ta
bles qu'elle fournit sont parfaitement éga
les dans toute leur épaisseur. 2 ° . Parce
que ces Tables étant une fois plus lon
gues et plus larges que les Tables ordinai
ses , on employera la moitié moins de
Soudure. 3 ° . Parce que l'on diminuë par
l'usage du Plomb laminé les frais de la
Charpente et des réparations .
L'Auteur démontre dans la troisième
Partie , que le Laminoir , bien loin de
détériorer le Plomb , le rend meilleur et
d'un service plus durable. Il réfute et
par le raisonnement et par l'experience,
toutes les objections qu'un Auteur ano
nyme avoit faites contre le Plomb de la.
Manufacture , dans un Ouvrage intitulé,
Observations sur le Plomb laminé.
Pour ne laisser rien à desirer sur cette
matiere , M. Remond a joint à sa Dis
II. Vol.
Fiij
serta
1538 MERCURE DE FRANCE
sertation les suffrages de tous ceux qui
sont en état de juger de la bonté et de l'u
tilité de ce nouvel établissement . Le Cer
tificat de l'Académie des Sciences , celui.
de la Societé des Arts , celui de l'Acadé
mie d'Architecture , et le Procès verbal
des Fontainiers du Roi . Toutes ces diffe
rentes Pieces confirment tout ce qui est dit
dans le Memoire . On trouve à la fin une
Lettre de M. le Comte de Broglio à M. le
Duc d'Antin , qui justifie l'avantage qu'on
a tiré de cet établissement en Angleterre ,
où cette Machine a pris naissance , et où
l'on ne se sert depuis le commencement
de ce siecle que de Plomb laminé ; au
reste ce Memoire est fort bien écrit , le
stile en est simple , coulant et précis.
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Résumé : Memoire sur le Laminage du Plomb, [titre d'après la table]
Le mémoire de M. Remond, publié par Pierre Prault à Paris, traite du laminage du plomb dans une nouvelle manufacture située rue de Bercy. M. Remond y décrit la construction et le fonctionnement de la machine à laminer le plomb, ainsi que les avantages de ce procédé. Le laminage réduit l'épaisseur du métal par compression. L'inventeur a dû surmonter trois défis principaux : la pesanteur, le coût et la faible consistance du plomb. La première partie du mémoire explique les précautions prises pour gérer la pesanteur du plomb, permettant à six hommes et six chevaux de faire fonctionner la machine onze heures par jour. La deuxième partie démontre que, malgré un coût initial légèrement supérieur, le plomb laminé est plus économique à long terme, car il est d'épaisseur égale, réduit les besoins en soudure et diminue les frais de charpente et de réparations. La troisième partie réfute les objections contre le plomb laminé, prouvant qu'il est de meilleure qualité et plus durable. Le mémoire inclut des certificats de l'Académie des Sciences, de la Société des Arts, de l'Académie d'Architecture et des fontainiers du Roi, ainsi qu'une lettre du Comte de Broglio justifiant l'avantage de cette technologie en Angleterre. Le style du mémoire est simple, coulant et précis.
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4
p. 283
AVIS.
Début :
Houel, Marchand Chaudronnier, fait, vend & achete toutes sortes de Batteries [...]
Mots clefs :
Batterie de cuisine, Fontaines, Plomb, Bois, Cuisinière portative, Inventions
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
OUEL, Marchand Chaudronnier , fait ,
vend & achete toutes fortes de Batteries de Cuifine
, & eft inventeur des Fontaines doublées en
plomb laminé , tant fablées que non fablées , &
double de la même manière les vieilles Fontaines ,
ce qui les préferve du verd de- gris , & procure
l'avantage de ne les jamais faire étamer , l'eau ne
pouvant toucher le cuivre en aucun endroit , pas
même aux robinets , qui font de plomb , & tes
boiffeaux compofés d'une matière extrêmement
dure , & dans laquelle il n'entre point de
cuivre. L'Académie Royale des Sciences , après
avoir examiné ces Fontaines , les a approuvées ,
& a reconnu leur grande utilité.
Il vient d'inventer des Fontaines de bois doublées
en plomb , de la même forme & grandeur
des Fontaines de cuivre. Ces Fontaines font d'une
grande durée , & coûtent beaucoup moins.
Il fait des Cuifinières portatives d'une trèsgrande
propreté , très - utiles pour les voyages ,
dans lefquelles on fait du bouillon en trois heures
& cuire de la volaille.
Il vend & loue toutes fortes de Baignoires, avec
un cylindre pour faire chauffer l'eau . Il entreprend
& exécute toutes pièces en cuivre , toutes
fortes de pièces de Chaudronnerie. Sa demeuré
eft au milieu du Marché-neuf , aux Trois Caffétières
du Levant.
OUEL, Marchand Chaudronnier , fait ,
vend & achete toutes fortes de Batteries de Cuifine
, & eft inventeur des Fontaines doublées en
plomb laminé , tant fablées que non fablées , &
double de la même manière les vieilles Fontaines ,
ce qui les préferve du verd de- gris , & procure
l'avantage de ne les jamais faire étamer , l'eau ne
pouvant toucher le cuivre en aucun endroit , pas
même aux robinets , qui font de plomb , & tes
boiffeaux compofés d'une matière extrêmement
dure , & dans laquelle il n'entre point de
cuivre. L'Académie Royale des Sciences , après
avoir examiné ces Fontaines , les a approuvées ,
& a reconnu leur grande utilité.
Il vient d'inventer des Fontaines de bois doublées
en plomb , de la même forme & grandeur
des Fontaines de cuivre. Ces Fontaines font d'une
grande durée , & coûtent beaucoup moins.
Il fait des Cuifinières portatives d'une trèsgrande
propreté , très - utiles pour les voyages ,
dans lefquelles on fait du bouillon en trois heures
& cuire de la volaille.
Il vend & loue toutes fortes de Baignoires, avec
un cylindre pour faire chauffer l'eau . Il entreprend
& exécute toutes pièces en cuivre , toutes
fortes de pièces de Chaudronnerie. Sa demeuré
eft au milieu du Marché-neuf , aux Trois Caffétières
du Levant.
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Résumé : AVIS.
Ouel, marchand chaudronnier, vend et achète diverses batteries de cuivine. Il a inventé les fontaines doublées en plomb laminé, protégeant ainsi les vieilles fontaines du verd-de-gris et évitant l'étamage. Les robinets et boisseaux de ces fontaines sont en plomb et d'une matière très dure, sans cuivre. L'Académie Royale des Sciences a approuvé ces fontaines, reconnaissant leur utilité. Ouel a également créé des fontaines en bois doublées en plomb, similaires aux fontaines en cuivre, offrant une plus grande durée de vie et un coût réduit. Il fabrique aussi des cuisinières portatives pratiques pour les voyages, permettant de préparer du bouillon en trois heures et de cuire de la volaille. Ouel vend et loue diverses baignoires avec un cylindre pour chauffer l'eau et exécute toutes pièces en cuivre et en chaudronnerie. Sa demeure se situe au milieu du Marché-neuf, aux Trois Cafetières du Levant.
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5
p. 205-206
Avis aux Chasseurs.
Début :
Le sieur Santiny, Italien, Plombier Privilégié & Pensionnaire du Roi [...]
Mots clefs :
Chasse, Plomb, Balle, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis aux Chasseurs.
Avis aux Chaffeurs .
Le fieur SANTINY , Italien , Plombier Privilégié
& Penfionnaire du Roi pour les Chaffes , fabrique
dans la derniere des perfections , toute forte de
plomb a giboyer, bien rond, bien égal , fans cavité
& fans être compofé d'aucune drogue venimeufe ,
ni apprêté avec aucune mine de plomb : ce plomb
eft très-propre &auffi blanc que de l'argent , de forte
qu'il ne falit ni les mains ni les gibecieres ; il porte
les coups fans s'écarter , plus ferré & plus loin de
1 à 15 pas que tout autre plomb ; il eſt trèsnécellaire
de ne charger que les trois quarts de la
charge ordinaire. Le fieur Santini a l'honneur d'en
fournir avec fuccès , pour les plaifirs des Chaſſes
de Sa Majesté & de toute la Cour.
Comme le Public paroît lui donner fon aprobation
par les demandes réitérées qu'on lui fait ,
le fieur Santiny , pour répondre à l'empreflement
206 MERCURE DE FRANCE.
de ceux qui veulent de fon plomb , les avertit qu'il
établit fon Magafin général à Paris , chez M. Duchauffour
, Marchand de fer , rue Saint Martin
proche Saint Julien , à la Tête d'or , où toutes les
perfonnes de Province qui en defireront pourront
s'adreffer.
Pour la facilité publique , l'on en débitera à
l'adreffe ci- deffus & chez le fieur Regnard , Marchand
Epicier rue Dauphine , à côté du Caffé de
Conty , au bas du Pont- Neuf.
A Verfailles , chez le fieur Tortel , Marchand
Epicier , rue Satory au bas de la Rampe.
A Saint Germain-en-Laye , chez le fieur Metayer
, Marchand, à la Gerbe d'or , dans le Marché,
vis-à- vis le Poids à la Farine .
Pour empêcher l'abus qui pourra fe commettre,
F'on donnera aux Domeftiques qui viendront chercher
du Plomb fabriqué par Santiny , une facture
fignée du Marchand où ledit plomb aura été
pris , & l'on n'en débitera que dans les endroits
indiqués ci-deffus. Le prix eft de fept fols la livre.
Le fieur SANTINY , Italien , Plombier Privilégié
& Penfionnaire du Roi pour les Chaffes , fabrique
dans la derniere des perfections , toute forte de
plomb a giboyer, bien rond, bien égal , fans cavité
& fans être compofé d'aucune drogue venimeufe ,
ni apprêté avec aucune mine de plomb : ce plomb
eft très-propre &auffi blanc que de l'argent , de forte
qu'il ne falit ni les mains ni les gibecieres ; il porte
les coups fans s'écarter , plus ferré & plus loin de
1 à 15 pas que tout autre plomb ; il eſt trèsnécellaire
de ne charger que les trois quarts de la
charge ordinaire. Le fieur Santini a l'honneur d'en
fournir avec fuccès , pour les plaifirs des Chaſſes
de Sa Majesté & de toute la Cour.
Comme le Public paroît lui donner fon aprobation
par les demandes réitérées qu'on lui fait ,
le fieur Santiny , pour répondre à l'empreflement
206 MERCURE DE FRANCE.
de ceux qui veulent de fon plomb , les avertit qu'il
établit fon Magafin général à Paris , chez M. Duchauffour
, Marchand de fer , rue Saint Martin
proche Saint Julien , à la Tête d'or , où toutes les
perfonnes de Province qui en defireront pourront
s'adreffer.
Pour la facilité publique , l'on en débitera à
l'adreffe ci- deffus & chez le fieur Regnard , Marchand
Epicier rue Dauphine , à côté du Caffé de
Conty , au bas du Pont- Neuf.
A Verfailles , chez le fieur Tortel , Marchand
Epicier , rue Satory au bas de la Rampe.
A Saint Germain-en-Laye , chez le fieur Metayer
, Marchand, à la Gerbe d'or , dans le Marché,
vis-à- vis le Poids à la Farine .
Pour empêcher l'abus qui pourra fe commettre,
F'on donnera aux Domeftiques qui viendront chercher
du Plomb fabriqué par Santiny , une facture
fignée du Marchand où ledit plomb aura été
pris , & l'on n'en débitera que dans les endroits
indiqués ci-deffus. Le prix eft de fept fols la livre.
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Résumé : Avis aux Chasseurs.
Le plombier italien Santini fabrique des plombs de chasse de haute qualité, décrits comme bien ronds, égaux, sans cavité ni substance venimeuse, et blancs comme l'argent. Ces plombs ne salissent ni les mains ni les gibecières et portent les coups plus loin que les autres. Santini recommande de n'utiliser que les trois quarts de la charge ordinaire. Ses plombs sont utilisés pour les chasses du roi et de la cour, et sont approuvés par le public. Pour répondre à la demande, Santini ouvre un magasin général à Paris chez M. Duchauffour, marchand de fer, rue Saint-Martin. Le plomb est également disponible chez le sieur Regnard, épicier rue Dauphine, le sieur Tortel à Versailles, et le sieur Metayer à Saint-Germain-en-Laye. Pour éviter les abus, une facture signée du marchand sera remise aux domestiques venant chercher le plomb, qui ne sera vendu que dans les endroits indiqués. Le prix est de sept sols la livre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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