LOGOGRYP Η Ε.
E fus jadis le langage des Dieux.
Par moi Jupin , Phoebus , Minerve & les Poètes ,
Les Charlatans , même certains Prophètes ,
Aux Mortels parloient en tous lieux ,
En tous lieux rendoient leursOracles ,
Annonçoient même des miracles
Au genre humain privé de l'uſage des yeux.
De la nature implacable ennemie ,
Quand le monde éclairé la conſidéra mieux ,
Quand on l'aima , le mépris , l'infamie ,
Renverſèrent bientôt mon trône glorieux.
Mais c'eſt aſſez ; parlons de ma ſtructure ;
C'eſt- là , je crois , où tendent tous vos voeux.
Six pieds font le nombre de ceux
Qu'en me formant m'a donnés la Nature.
Si vous ſçavez bien les lier ,
Vous aurez , ſans beaucoup de peines ,
A-peu-près une ville auprès de Montpellier ;
Le père de ces trois Thébaines ,
Qui fortement osèrent s'emporter
* Oculi ſpiritûs.
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SEPTEMBRE. 1764. 103
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Contre Bacchus & fes cérémonies ,
Et par ce Dieu furent punies ;
Une Amante de Jupiter ;
Ce feu céleſte , cette flâme ,
Dont la majestueuſe ardeur ,
Malgré vous communique à l'âme
Et fa nobleſſe & ſa grandeur ..
Sur ce point je pourrois encore ,
Lecteur , amuſant votre eſpoir ,
Voir, toutendiſcourant , naître plusd'une aurore,
Cependant je finis : vous venez de me voir .
C. DV. , C. D. N.