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1
p. 118-123
VERS IRREGULIERS sur les mesmes Rimes de l'Idylle des Moutons.
Début :
Vous avez veu des Bouts-rimez. On les borne ordinairement / Helas, petits Moutons, que vous seriez heureux, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Madame Deshoulières, Moutons, Idylle, Animaux
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texteReconnaissance textuelle : VERS IRREGULIERS sur les mesmes Rimes de l'Idylle des Moutons.
Vous avez veu desBouts-rimez. On les borne ordinaire..
ment aux quatorze Vers d'un Sonnet. En voicy de plus éten- dus , ils ſont ſur tous ceux du charmant Idylle que Madame Deshoulieres nousa donné contre la Raiſon. Vous les trouverez dans un ſens tout oppoſé.
Je n'en connois point l'Autheur. Onm'a feulement aſſuré qu'ils avoient eſté faits parun Hom- me de qualité de Lyon , & vous ſerez aiſément perſuadée en les liſant , qu'il n'a pas moins d'ef- prit que de naiſſance.
VERS IRREGULIERS
fur les meſmes Rimes de l'Idylle des Moutons.
H
Elas,petits Moutons
Seriezheureux,
que vous
Dij
76 LE MERCVRE
Si paiſſant dans nos Champs ,Sanssou- cis, fans alarmes ,
Aufſi-toft aimezqu'amoureux,
Sansqu'il vous en coufta des larmes,
Vôtre cœur reffentoit lapointe des de- firs,
Etfides mouvemens que donne la Na
ture
Aſſaiſonnant les maux avecque les plaisirs ,
Vous pouviez pénetrer cette heureuse imposture Quifait de ce mélange un grandbien
parmy nous ,
Et nese trouvepoint chez vous !
Il vousfaudroit un peude raiſon pour
partage,
Vous enferiezSans doute un tres-utile usage.
Innocens Animaux, vous en estes ja
loux ,
Etvous nous
tage;
enviez cetheureux avanMaissi vous m'en croyez , n'en faites point de bruit ,
Cemalpourvous eſt ſans remede ,
Toutvous trompe &tont vousséduit
GALANT. 77 Onant vous appellez à vôtre aide
L'aveugle instinct qui vous conduit.
La Nature pour vous fevere
Nevous comptantpresque pour rien,
Vous abandonne à voſtre Chien ,
Pourvousgarderde la colere
Des Loups cruels &raviſſans ,
Etpour touteraiſon vous donne une chimere
Qui fuit l'appétit de vosſens.
Si vous sçaviez ceque vousfaites Danscette indigne oiſiveté ,
Si voussçaviez ce que vous estes Dans cette triste obfcurité ,
Vous maudiriez cent fois cette tranquillité ,
Et les defauts dela naiſſance
Qui vous a refusé l'esprit & la beauté ,
Etneferiezpas vanité Devôtrefuneste indolence.
Si par elle affranchis des foucis criminels ,
Vous n'avez point de remords quivous
ronge ,
Vous perdez les biens éternels ,
Etpaffez icy comme un Songe.. Düj
78 LE MERCVRE
Tout est danscevaste Unviers
Dela fainte Sagesse un ouvrage fo lide.
Defon deftin elle décide Selonfelonſes jugemensdivers.
Al'Homme elle adonné l'esprit & la prudence,
Pour éviter du Sort le capicre &les
coups;
Et vous,petits Moutons , qui vivez Sansfcience,
D'une informe raiſon , vous avez l'apParence,
Maisvous estesſoûmis ànoftre dépen- -dance,
Etvous nevivez quepour nous.
ment aux quatorze Vers d'un Sonnet. En voicy de plus éten- dus , ils ſont ſur tous ceux du charmant Idylle que Madame Deshoulieres nousa donné contre la Raiſon. Vous les trouverez dans un ſens tout oppoſé.
Je n'en connois point l'Autheur. Onm'a feulement aſſuré qu'ils avoient eſté faits parun Hom- me de qualité de Lyon , & vous ſerez aiſément perſuadée en les liſant , qu'il n'a pas moins d'ef- prit que de naiſſance.
VERS IRREGULIERS
fur les meſmes Rimes de l'Idylle des Moutons.
H
Elas,petits Moutons
Seriezheureux,
que vous
Dij
76 LE MERCVRE
Si paiſſant dans nos Champs ,Sanssou- cis, fans alarmes ,
Aufſi-toft aimezqu'amoureux,
Sansqu'il vous en coufta des larmes,
Vôtre cœur reffentoit lapointe des de- firs,
Etfides mouvemens que donne la Na
ture
Aſſaiſonnant les maux avecque les plaisirs ,
Vous pouviez pénetrer cette heureuse imposture Quifait de ce mélange un grandbien
parmy nous ,
Et nese trouvepoint chez vous !
Il vousfaudroit un peude raiſon pour
partage,
Vous enferiezSans doute un tres-utile usage.
Innocens Animaux, vous en estes ja
loux ,
Etvous nous
tage;
enviez cetheureux avanMaissi vous m'en croyez , n'en faites point de bruit ,
Cemalpourvous eſt ſans remede ,
Toutvous trompe &tont vousséduit
GALANT. 77 Onant vous appellez à vôtre aide
L'aveugle instinct qui vous conduit.
La Nature pour vous fevere
Nevous comptantpresque pour rien,
Vous abandonne à voſtre Chien ,
Pourvousgarderde la colere
Des Loups cruels &raviſſans ,
Etpour touteraiſon vous donne une chimere
Qui fuit l'appétit de vosſens.
Si vous sçaviez ceque vousfaites Danscette indigne oiſiveté ,
Si voussçaviez ce que vous estes Dans cette triste obfcurité ,
Vous maudiriez cent fois cette tranquillité ,
Et les defauts dela naiſſance
Qui vous a refusé l'esprit & la beauté ,
Etneferiezpas vanité Devôtrefuneste indolence.
Si par elle affranchis des foucis criminels ,
Vous n'avez point de remords quivous
ronge ,
Vous perdez les biens éternels ,
Etpaffez icy comme un Songe.. Düj
78 LE MERCVRE
Tout est danscevaste Unviers
Dela fainte Sagesse un ouvrage fo lide.
Defon deftin elle décide Selonfelonſes jugemensdivers.
Al'Homme elle adonné l'esprit & la prudence,
Pour éviter du Sort le capicre &les
coups;
Et vous,petits Moutons , qui vivez Sansfcience,
D'une informe raiſon , vous avez l'apParence,
Maisvous estesſoûmis ànoftre dépen- -dance,
Etvous nevivez quepour nous.
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Résumé : VERS IRREGULIERS sur les mesmes Rimes de l'Idylle des Moutons.
Le texte décrit des 'Bouts-rimez' inspirés par une idylle de Madame Deshoulières, attribués à un homme de qualité de Lyon. Ces vers, plus longs que les sonnets traditionnels, critiquent la condition des moutons, qui, malgré leur bonheur apparent, manquent de raison et sont soumis à la nature et aux humains. Les moutons, guidés par l'instinct, sont comparés aux humains, dotés d'esprit et de prudence, mais également capables de tromperie. Le texte souligne que les moutons, bien qu'ils vivent sans science, sont soumis à la dépendance humaine et existent pour servir les hommes. Il met en lumière la sagesse divine qui régit l'univers et les destinées variées des êtres vivants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 22-24
« Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...] »
Début :
Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Latin, Art de parler, Hercule, Ennemi, Univers, Peuple, Gouverner, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : « Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...] »
Voicy un Sonnet fort heureufement
remply , fur les
GALANT. 23
Bouts- rimez Latins qui ont
cours: Comme il eft fait pour
le Roy , il ne fçauroit manquer
de vous plaire . M ' Blanchard
, Curé de Fiffé aux En--
virons de Dijon , en eft l'Autheur.
E
"Stre en tout par tout NON
... IMPARC omnibus,
Sçavoir l'Art de parler, fans rien dire
qui fâche,
Pourfa gloire& l'Etat travaillerfans .
relâche ,
Plus qu ' Hercule jadis , faire tefte
tribus. "
$2
Contraindre l'Ennemy de ramper
comme un lâche ,
24 MERCURE
Effre dans l'Univers ce qu'au Ciel eft
Phoebus,
Faire parfon espritplusqueparfon
quibus ,
Qu'au milieu des Lauriersfon Peuplebaive
& mâche.
༡ .
Quoy que ten,ohrs vainqueur ,faire
la Paix , item
La donner, la régler, d'eft- là lé tu.
autem
Regner gouvernerful
, & commander
fans irez.
S
N'ouir de fes Sujets que
vivat &
qu'amo,
Faire par fa valeur plus qu'on ne
Scauroit lire,
C'est plus que Peliffon n'en dira ca--
lamo.
remply , fur les
GALANT. 23
Bouts- rimez Latins qui ont
cours: Comme il eft fait pour
le Roy , il ne fçauroit manquer
de vous plaire . M ' Blanchard
, Curé de Fiffé aux En--
virons de Dijon , en eft l'Autheur.
E
"Stre en tout par tout NON
... IMPARC omnibus,
Sçavoir l'Art de parler, fans rien dire
qui fâche,
Pourfa gloire& l'Etat travaillerfans .
relâche ,
Plus qu ' Hercule jadis , faire tefte
tribus. "
$2
Contraindre l'Ennemy de ramper
comme un lâche ,
24 MERCURE
Effre dans l'Univers ce qu'au Ciel eft
Phoebus,
Faire parfon espritplusqueparfon
quibus ,
Qu'au milieu des Lauriersfon Peuplebaive
& mâche.
༡ .
Quoy que ten,ohrs vainqueur ,faire
la Paix , item
La donner, la régler, d'eft- là lé tu.
autem
Regner gouvernerful
, & commander
fans irez.
S
N'ouir de fes Sujets que
vivat &
qu'amo,
Faire par fa valeur plus qu'on ne
Scauroit lire,
C'est plus que Peliffon n'en dira ca--
lamo.
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Résumé : « Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...] »
Le sonnet 'Voicy un Sonnet fort heureufement' de M. Blanchard, curé de Fissé, loue un individu, probablement le roi, pour sa capacité à parler sans offenser et à travailler pour la gloire et l'État. Il vante ses victoires, sa diffusion de lumière, et sa valorisation du peuple. Cet individu sait faire la paix, régner sans colère, et inspirer l'amour et la vie. Ses exploits surpassent ceux décrits par Pélisson.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 118-167
LA DEFFENSE DES BOUTS-RIMEZ, OU Réponse à la Lettre de Mr de Bellocq, qui est dans le Mercure Galant du mois de Juillet 1694.
Début :
L'Ouvrage qui suit merite vostre curiosité ; il est de Mr / Mes Amis de Cabinet, qui sçavent mes goûts, & mes [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Rimes, Sonnet, Poésie, Poètes, Jeu, Lanternistes, Gloire, Style, Matière, Perroquet, Jean-François Sarasin, Sentiments, Poète, Toulouse, Princesse de Conty, Auteur, Poème, Parnasse, Défense
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA DEFFENSE DES BOUTS-RIMEZ, OU Réponse à la Lettre de Mr de Bellocq, qui est dans le Mercure Galant du mois de Juillet 1694.
LA DEFFENSE
DES BOUTS-RIMEZ,
OV
Réponfià laLettredeAdr
,
de Bellocq, qui cil dans
le MercureGalant du
moisdeJuillet 1694..
M 1 !1.. Es Amis de Cabinet
qui sçavent mes goûts,
&mes sentimens pour les ouvrages
d'esprit,s'etonneront
sans doutede me voir prendec
la deffense des Bouts rimez,
pour kfquels je leur ay
toujours marqué assez peu
d'inclination, & mesine pour
le Sonnet ordinaire, qui est
entre les petits POëlUtS) le
chef
-
d'oeuvre des Poëtes;
mais quoy qu'on n'aime pas
certaines choses,on ne laisse
pas de les estimer, &de les
loüer quand elles le méritent,
& qu'elles ont l'approbation
des habilesgens,&desconnoisseurs.
J'aychargé autrefois
mes tablettes & ma memoire
desplus beaux Sonmets,
sans oubliermesme celuy
luy ic Desportes,qui faisoit
les délices de Henry III. &
qui valut dix mille écus àce
Poëte. C'estl'ouvrage d'efpric
lIr plus precieux, & qui a elle
le mieux payé. Je recite encore
souvent les Sonnées de
Job & d'U ranie, & si j'avois
esté de ce. tem ps là, j'aurois
esté Jobelin,ou Uranin, car
assurement j'eussepris party,
&je n'aurois pas fait comme
Balzac., & plusïeurs autres
beaux Esprits
,
qui n'osesent
jamais se déclarer ny pourny
contre. Les Bouts - rimez de
Sarasin sur la mort du Perroquet,
m'onttoujours plû; &
pour venir à ceux que Mrs les
Académiciens de Toulouse,
nommez Lanternistes, ont
propofezau Public,je trouve
le Sonnet du Chevalier de
Pont, qui a remporté le Prix,
fort beau. Peut estremesme
qu'on m'auroit vû dans le
Mercure Galant luy en disputer
la gloire, si d'autres occuparions
ne m'en avoient
empêché; carquand ils'agit
d'un Prix à la loüange du
Roy
,
il est difficile de n'estre
pas tenté d'entrer dans la lice
comme les autres. C'tlt
une témerité qui est pardon-.
nable. Aussi j'avouë que ce
n' est point par prudence ou
par modestie que je ne l'ay
pas fait; mais à l'heure qu'il
est, je ne m'aviferay pas de
grossir le triomphe du Vainqueur
par le nombre des
Vaincus. Je fuis plÛlOtl: d'avis,
battu pour battu
,
de
prendre le party des Boursrimez
,que je voy tom ber en
ruine, si quelqu'un ne s'oppose
à Mr Bellocq ,qui vient
de leur faire une cruelle guerre,
dans une Letrre fort spi.
rituelle, & galamment écrite,
t
qui se trouve dans le Mercure;
Galant du mois de Juillet dernier.
L'entrepriseest hardie,
maiselle est loüable, quand
mesme je n'y réuffirois pas,
& si j'y réussis, quel honneur
n'auray-je point d'avoir combattu
le General Bellocq
» rétabli les Bouts-rimez, &:
défendu lacause des Lanternistes?
Cela me donne des
idées qui me réjouissent pa
avance, &qui me font pren
dre la plumeaux perils de qui
il apparciendra. -
Cependant comme j'en
treprens feulement ladefense I
des Bouts rimez
,
& que je
n'aynullement en vûë d'attaquer
M1 Bellocq, pour qui
j'ay toute l'estime&toutela
consideration que ses Ouvrages
J
peuventinspirer dans
l'esprit d'un honneste homme,
je n'ay pas dessein de
faire une Critique de cette
Apologie,quoy qu'il foit
permis de repousser la force
par la force. On ne doit donc
pas s'attend re que je m'atta.
che icy à examiner sa Letrre,
& son Sonnet pour Madame
la Princesse de Conty. La
Lettre est pleine d'esprit, de
sel, & d'agrément, & s'il y
quelque chose de dur &
di
violent qui recombe sur Mrs
les Lanternistes, c'est à eu»]
de le peser,& d'y faire toute
l'attention qu'il leur plaira.
Pour le Sonnet, l'incomparable
Princesseà ia gloire de"
laquelle il cit fait, le met à
couvert de toute censure.
Neanmoins comme l'Auteur
arelevé luy-mesme le mot de
J.tobufte dans le sens qu'il
luya donné, & dont il se fait
un scrupule, je veux bien luy
dire ma pensée la.d,,ssus)&je
le fais d'autant plus volontiers,
que cela peur servir aî
l'intelligence des Bouts rimez,
& pour les julttfler auprés
de ceux qui sont prévenus
concre ce genre de Poësie.
Il est surprenant que !\,P
Bellocq, qui se récrie tant
contre la bizarreriedesBoutsrimez,
ait rendu celuy de Rohaflt
barbare
,
de propre ôc
simple qu'il eltoua par rafplication
metaphorique qu il
en afaite. A le bi n prendre,
les Bouts rimez doivent estre
composez determes propres,
naturels&usitez,quoy qu'ils
paroissent heteroclites & barbares,
& toute leur singularité
ne vient que de leur arrangement,
& du peu de convenance
qu'ilsontensemble-
Il est vray que pour les remplir
plus facilement, on peut,
leur donner un sens figuré,
O mais il ne faut pas abuser de
cette regle
, autrement on
fait un Sonnet en galimatias,
qui n'a rien de naturel, en
quoy consiste toute sa beauté
;
naturel difficile à attraper,
& qu'on ne trouve qu'en
s'éloignant de la metaphore,
& en Lissant aux mots leur
signification propre & ordinaire.
Cette façon de parler
est trop hardie,surtoutdans
un petit Poëmeoù tout doit
estre poli, exact & correct.
Cette epithete pourroit passer
dans quelque description
d'un Poëme Epique, où la
fougue du Poëte, qui ne luy
donne pas le loisir de réflechir,
efi. pardonnable; mais
icy,où l'on doit agir de sang
rassis, on ne luy fera point de
grâce, ny de quartier , par
la raison mesme qu'il en devroit
leplus attendre pour la
beauté & l'élegance deson
stile, qu'il a fait paroistre ailleurs.
Un celebre Auteur, ennemy
dangereux & redoutable,
& qui avoit lçu joindre l'adresseà
la force,tenta autrefois
la deffaite des Boutsrimez
, mais si Dulot fut
vaincu, & les Bouts-rimez
mis en fuite, la défaite ne fut
pas entiere
,
& le vainqueur
ne joüit paslong
- temps du'
fruit de sa victoire. Comme
Sarazin entreprit cette guerre
sans necessité
,
& seulement
pour complaire à un grand
Prince qu'il servoit, il sir paroistre
plus d'emportement
& de faux zele, que de prudence
,& de conduite; car
puis qu'il avoit rempli avanr
la défaite des Bouts-rimez,
ceux qu'un fameux Ministre
d-EHat avoit proposez sur la
morr du Perroquet d'une Dame
illustre dela Cour, il ne
devoit pas détruire ensuite ce
qui avoit contribué à sa gloire,&
pouffer de la sorte nn.
venteur d'une chose quiluy
avoit esté si avantageuse. Je
sçay bien qu'on a loüé Sarasin
d'avoir employé les mesmes
mots prescrits à la défaite
des Bouts rimez, en faisant
de ces rimes burlesques, les
HerosimaginairesdesonPoëme;
maiss'i l y a deteipric,&:de
l'inventionen cel a,il y aaussi
de la rufe & de la malice, 6c
je doute fort si ce ridicule ne
rejallit poïnt sur la Dame qui
pleuroit son Perroquet, &
sur le Ministre qui avoit donnê
les rimes pour faire son
epitaphe.
Mais quoy qu'il en foie,
ces deux formidables ennemis
des Bouts-rimez,onttenté
une entreprise vaine, & à
laquelle ils n'ont pû réüssir.
Dulot vaincu avec les quatorze
Generaux,& ses Troupes
taillées enpieces dans la
Plaine de Grenelle,n'ont pû
abatre & ruinerce parti. Cette
Plaine a esté comme le
Champ de Cadmus,quia
produit de nouveaux Soldats
quil'ontrelevé,& qui le foutiendront
toujours malgré
tous ses ennemis. LesBoutsrimez
,semblables aux Gots à
sqiui Mr Bellocq les compare
plaisamment
,
ontreparu
de temps en temps ,
& fait
des coures sur le Parnasse
François, où ils ont bien la
mine de regner plus longtemps,
que ne firent ces Peuples
dans les Gaules : & comme
s'ils avoient la mdme
destinée,ils ont choisi aussibien
qu'eux le Languedoc,
& la Ville de Toulouse pour
retraite, & poury établir leur
em pire, sous les loix&la conduite
des Lanternistes,Chefs
qui ont succedé glorieusementau
fameuxDulot.Quelle
joye pour ce Dulot, lors
qu'un deces Lanternistes luy
viendra annoncer quelque
jour,dans les Champs Elisées,
le rerablissement de ces chers
enfans
,
& fidelles sujets les
Bouts-rlmcz! Quelle gloire
pour ces Lanterniites de les
avoir ralliez, & mis non seulementen
estat de tenir teste
à leurs ennemis
,
mais d'aller
de pair dans l'empire de la
Poësie
, avec tous les autres
Poëmes, & d'avoir la Muse
Terpficore pour Patronne, &
Apollon mesme pour Protecteur.
A prés cela, on aura beau
faire, on ne viendra jamais à
bout de chass r les Bouts rimez
du Parnasse. En vain on
presentera des requestes à
ApoBaa ; en vain on les décriera
à la Cour & à la Ville.
La Muse enjouée & badine
qui préside aux Jeux Poëtiques
,aura soin de les deffendre
& de les proteger, & ils
seront toujours le divertissement
des jeunes Poëtes , &
des personnes galantes qui
aiment nostre Poësie.AVersailles
comme à Paris,à Paris
comme à Toulouse,on sera
cLs Bouts-rimez ,on les remettra
sur le tapis, & ils red
viendront à la mode l'en
en comme des Proverbes; ils
sont décriez, on plaisante de
ceux quis'en servent;cependant,
on jouëencore tous ks
jours aux Proverbes. C'estun
jeu, dit-on;& je repons que
les Bouts-rimez sont aussi un
jeu quiamuse, & quifait plaisir
aux personnes spirituelles
qui ont du genie pour les
Vers. Toutes les Sciences,
tous les beaux Arts, ont leurs
jeux, ôc leurs délassemens,
pour ceux qui s'attachent
avec trop d'application, ou
quine font pas capables d'une
meditation profonde, &
d'untravail assidu.Telles sont
les Recreations Mathematiques,
les Questions, les Experiences
}
& les Problêmes
dans la Philosophie & dans
la Morale, & les Bouts-rimez,
les Rondeaux, & les
Balladesdans nostre Poësie,
pour délasser les Poëtes qui
travaillent à des Poëmes serieux
& de longue haleine,
ou pour amuser ceux qui ne
font des Vers que pour se
divertir. Mais de tous ces
Jeux poëtiques, il est certain
que les Bouts rimez font les
plus spirituels & les plus agréables
dans - les Compagnies,
& j'ajoûte, les plus
propres pour exercer un commerce
avec les Dames & avec
ses Amis. Tout le monde n'a
pas de genie pour lesImpromptu
; il faut rêver quelquefois
longtemps pour bien
tourner un Rondeau,&pour
en faire un bon, & du goust
de Marot&de Voiture, mais
pour remplir des Bouts rimez
il ne faut qu'un peu d'esprit
& de feu d'imagination, Se
sçavoir la mesure des Vers,
on fait un Sonnet dans un
moment. Les meilleurs & les
plus heureux font ceux qu'-
on remplit sur le champ, ôc
dont les rimes sont les plus
heteroclites. Je parle dans
les occasions de galanterie
où l'on jouë & où l'onbadine;
car en matiere serieuse,
& dans le stile sublime, far
vouë qu'ils sont tres-difficiles,
& qu'onenfait peu d'excellens.
C'est mesme un fort
bon moyen pour apprendre
àfairedes Vers & à compofer
juste,parce qu'on apprend
- par là tout d'un coup larime,
la mesure du Vers, & la suite,
-
&laliaison dudiscours, sans
parler de la composition du
Sonnet, qui de tous les petits
Poëmes estleplusingenieux,
&leplus difficile. Les Boutsrimez
en sont comme le canevas
,
& quand ils sont bien
disposez
,
cela donne une
grande facilité pour en faire
un bon.
A prendre la chose dans
son origine, lesBouts-rimez
doivent leur naissance au
Sonnet. Tous les Poëtes qui
s'attachent àce genre de
Poësie, commencent presque
toujours par là
, car on cil
bien avancé quand on a ttouvé&
disposé les rimes. Du
Lot, célébré Inventeur des
Bouts-rimez, ne fit que publier
ce secret, & en établir
l'ulage; ce qui donna lieu cn
fuite d'en choisit de bizarres
& de ridicules pour se faire
un jeu, & pour rendre le Sonnet
plus difficile. Comme
l'histoire de cette Invention
deDulor estdans la Préfacé
queMrPelissonfîtpour mettreàlateste
du Poëme de la1
défaite des Bouts-rimez par
Sarasin,je n'en parleray pas
davantage;j'aime mieux dire
quelque chose de la nature
des Bouts-rimez,afin que le
Lecteur pleinement instruit,
puisse juger plus équitablement
du mérité de leur cause.
! Pour bien réüssir dans la
composition des Bouts-rimez,
il faut choi sir des Rimes
propres & convenables
au fujec qu'on veut traiter;
car je ne suis pas de l'avis de
ceux qui commencent d'abord
par des Rimes vagues
& arbitraires, sans se proposer
aucune matiere déterminée.
Je sçay bien qu'on les
peut appliquer en fuiteâ differens
su jets, mais comme
il est libre à chacun de les appliquer
à celuy qu'il aime le
nieux, je soutiensqu'on doit
Lu commencement choisir
une matière à laquelleils conviennent;
mais sur rout qui
soit propre à inspirer des sentimens
nobles & relevez,
tendres & galans, selon que
le sujet le demande, des pensées
ingenieuses & delicates,
judicieuses & raisonnables
des expressions justes & naturelles;
un stile pur & intelligible;
&non pas des sentimens
bas, & des pensées fausses&
extravagantes;desexpressions
forcées,& précieuses; un stile
obscur & barbare. Et c'est en
cela que doit consister ladifserence
des Boutsrimez
,
&
de
a
de la Poësie burlesque. Les
Rimes capricieuses & fantasques
sont bonnes, ou du
moins su pportables, dans les
fumées de Satire & de galanteie,
où il est permis de badier
quelquefois
, & d'outrer
es choses; mais non pas dans
es matieres graves & serieues,
où tout doit estresensé,
grand
,
pompeux,&sublime.
Les Bouts-rimez sur la mort
~ln Perroquet de Madame du
Plessi s Belliére, estoient
Fort bien trouvez, mais je
rous avoue que je n'en pourois
souffrir iur la mort d'un
grand Prince, quelqueinvention
)
& quelque tour que le
Poëte pustleur donner. ilen
a paru d'autres longtemps
aprés, qui ontfait bruit dans
le monde, par les veritez
dont ils estoient remplis sur
plusieurs personnes de differentes
conditions. Ils eurent
un merveilleux succés dans
la Satire, mais il s'en fallut
bien qu'ilsn'eussent le mesme
bonheur, lors qu'on voulue
les;remplirà la louange du
Roy,&de quelques Dames
de laCour.Ilscommencoient
parïïiqmçiBrilut.e, 1. t,
Tabac, & finissoient par Eclanche,
ôiRcbjM.Lîp\uCp3Lttdtnos
Poëtes y échoucrent,& il n'y
cut queMademoiselle deScudery
quien remporta toute la
gloire; mais en effet, il n'appartient
qu'à elle de changer
la brique en diamant, & de
faire un Sonnet achevé d'un
Rebus.
Ce n'est pas en ces termes
qu'on doit loüer un grand
Roy. Il me semble-que je
l'encens haranguer par les
Députez de la Villette, ou
de Vaugirard. Je ne prérens
pas pour cela blâmer le defsein
desLanterniftes,&conJ
damner plusieurs Bouts-rimez
que des personnesdistinguées
par leur qualité,
&r,
par leuresprit, ont proposez
aurrefois au public, à lagloire
du Roy. Au contraire, je les;
approuve, je les loüe
,
mais
ils pardonneront à ma sincerité
,
si en deffendant les
Bouts-rimez, j'en condamne
l'excés qui consille principalement
dans le choix bizarre desMais, dit on,si
on enexclud les Rimes ex- traordinaires ,ils n'auront
rien de rare,d'ingeaieux, de
difficile; ce ne fera plus que
le simple squeleted'un Sonnet
commun. Comme on ne
se laffe point de rebatre (OÛ"
jours la mesme chose , je re-
# peteray encore une fois pour
toutes , que je ne pretens
point exclurre les Rimes singulieres
des fuicts, enjouez
i
ou satyriques ; mais seulement
des matieres serieuses,
& relevées, telles que sont les
Panegyriques des Princes
dans lesquels il est assez mal-,
aisé de réussir avec les Rimes
les plus nobles, & les plus
riches;& si on y fait un peu
d'attention, on avoüera avec
moy , que des Bouts-rimez.
tout simples font plus difficiles
à remplir que les autres
On en voit tous les jours de
fort beaux de cette maniéré,
quiconfirment l'opinion que
j'avance. Cela estant ainsi , il n'y aura plus rien à critiquer
dans ce genre de Poësie,
& son conviendra mesme
qu'elle peutestre de quelque
utilité, sans parler du plaisir
qu'elle peut donner, comme
un jeu d'esprit fort agreable.
Il ya encore une autre chose
fort blâmable dans les
Bout*rimez-.-elle vient de la
part deceuxquiles donnent,
c'estle mauvaisarrangement
ou plutost l'affectation avec
laquelle ils les disposent. Ils
croyent qu'il y a une grande
finesse à ce jeu, mais en voulant
les rendre plus difficiles,
ils lesrendent seulementplus
bizarres &plus ridicules, car
ceux qui n'onten vue que de
remplir les rimes,&faire simplement
quatorze Vers, ne
s'arrestent pas pourcette dit
ficulté, & se mettent peu en
peine de cet impertinent arrangement
; mais ceux qui
veulent faire un Sonnet juste,
lié, & suivi
,
tombent par là
dans un galimatias qu'il etc
impossible d'éviter,quelque
penetration,& quelque nettetéd'esprit
qu'ils puissent
avoir.C'est icy le plus grand
deffaut des Bouts-rimez,&
un abus étrange de ceux qui
s'y appliquent; car pourquoy
ne leur pas donner une
disposition naturelle, & convenable
dans les Quatrains
& dans lesTercets,afin que
le Sonnet n'ait rien d'extravagant?
Ceux que Mrs les
Lanternistesont proposezau
Public, n'ont rien de bizarre
& d'affecté
,
& sont placez
dans cette raisonnable oeconomie
que je demande. Aussi
ont-ils produit des Sonnets
fort justes& fort beaux; mais
quelquefois on échouë sur de
certaines rimes pour trop de
rafinement, & pour ne vouloir
pas s'en servir dans leur
sens naturel.C'est ce que la
pluspart ont fait au mot de
Buste dans les rimes des Lan.
temistes. Monsieur le Duc,
Mrl'AbbéBrunet, l'ont pris
figurément pour le mot de
corps, dans leurs beaux Sonnets
pour Madame la Princesse
de Conty. Je n'ay garde
de reprendre cela comme
une faute, dans desSonnets
dont le stile effc si pur, & la
construction si aisée, & où
les rimes sont appliquées
avec tant de justesse,
qu'il
semble que tout ce qu'elles
pouvoient avoir de dur &de
barbare,n'ait servi qu'à rendre
les Vers plus forts& plus
majestueux. Mais pour reve-t
nir au mot debuste,qui estun
terme de l'art, dont lès Scul-
- pteurs & les peintres se seri
vent pour exprimer une mamere
antique, de representer
les personnes à demi corps,
& sans mains, on peut facilement
s'en servir dans sa signification
propre sans employer
le sensmoral; & c'est
ce qu'a fait heureusement
Mr leDuc de la Feuïllade.
Que l'on montrey ofntyjeule~
mentvojlrc Buste
Dans les trisses climats où régnent
les glaçons.
Il y a encore une autre forte
de Bouts.rimez, qu'on
fait tous les jours dont l'o*
rigineeftauffi ancienne que
nostre Poësie.C'estquand
on répond dans les mesmes
rimes aux Vers que l'on nous
envoye;ce qui arrive souvent
sans y penser
,
&: sans préméditation;
& pour lors on
y réussit, car cela vient naturellement
, & sans y estre
forcé; mais s'ily a de l'affectation
)
& qu'on s'en fasse
un jeu,cen'est plus rien
,
qui
vaille, &l'oneH encoreplus
contraint que dans les prescrits
de commande. Mais
c'est assez parler de la compoficion
des Bouts-rimez,
achevons leur Apologie,
Comme je fuis trop sincere
pour approuver ce qui est
blâmable, & pour louër ce
qui ne le merite pas,je conviens
ingenument avec les
Critiques, que les Bouts-rimex
ne sont qu'un jeu d'esprit
; qu'on les a pouffez trop
Join, que l'excés en est condamnable,
& qu'on a raison
de vouloirreformer cet abus
surle Parnasse: mais aussi on
demeurera d'accord ave nioi.
que l'invention en est loüable
;
qu'ils ne sont pas indignes
de l'amusement des
bons Poëtes, & des honnestes
gens, & qu'ils ne doivent
pasestre bannis de la Republique
des Lettres. Il ne faut
pass'étonner qu'on les ait
décriez& tournezen ridicule
aprés que Sarasin s'en fut
avisé le premier
3
&qu'il eut
fait connoistre le caractere
extravagant de leur Auteur.
Tous les Critiques enjouëz
& spirituelsont triomphé depuis
surce sujet, & ont eu
un beau champ de plaisanter.
M Bellocq y est entré com<
me les autres, & semble en!
estresorti victorieux. Cependant
quand la grace de la
HCLWcaucë estperduë pour
ces fortes dechoses,ellesont
peu d'agrément, on s'enlasse
& ons'en dégoûte, quoy que
la matiere soit inépuisable.
Voilace que je répons aux
Antilantermites,& à tous
ceux qui font une si cruelle
guerre auxBouts-rimez, car
il faut plaisanter avec ceux
qui plaisantent, ou plûtost
avec ceux qui donnent des
plaisanteries pour de bonnes
raisons. Mais pour finir plus
feriel\(è:m' nt ce dilcours , je
fuis persuadéque tous les
^dprns bien sensez seront
grace aux Bouts-rimez, &
prendront leur parti, aprés
avoir reconnu leur merite,
&ce qu'on en peut faire lors
qu'ils tombent entre les
mains d'un genie heureux,
& qui a du talent pour la
Poësie. Je n'en veux pour
exemple que les beaux Sonnets
qui viennent de paroître
sur lesrimes des Lanternistes,
à la loüange de Madame la
Prince sse de Conty, comme
la plus belle & la plus
riche matiere qu'on pouvoit
prendre pour luyplaire, dans
le desir qu'elle avoitmarque
de les voir dignement mis
en oeuvre; ayant proposé
son Portrait enrichi de Diamansàceluyquiyréussiroit
le mieux ; Prix bien capable
d'exciter la plus noble émulation
qui fut jamais entre
les Poëtes; Portrait dont la
seule idéevaut un antousiasmequi
peut inspirertout
ce que lenaturel, l'art & l'invention
sçauroient avoir de
grand, de merveilleux, de
ublime
>
de rendre, de fin,
k de delicat, comme on le
peut voir entre autres dans
e Sonnet de Monsieur le
Duc,si digne de ce Prix, ce
qui fait que je ne puis m'env.
pescher d'appliqueràtous les
deux cette Epigramme d'un
Ancien, sur le Portrait célébre
de la Venus d'Appelle.
Egrcjjdm nuper Vcnerem de
marmorisIIndis1 marmori s *nd<s
, Afpice pracltrinobile Apd/if
opw.
Hacvisa Pallas, fic cum Junonc
locuta rfl :
Deforma Veneris cedere jure
decct.
Envoicy latraduction, que
j'ay faire feulement pour
mieux expliquer ma pensée.
Quand d'un dosse pinceau l'inge:
nieuxappelle
Reprefinta Venuîensortant de
kiner,
,
1J
Palltf en surcharmée
1 & d'un -ire amer,
La montrantàJunon:Cédonsluyylujydit
elle,
,
La qjoiredestre la plus belle.
Madame la Princesse de
Contyn'at-elie pas lemesme
droit que Venuseut autrefois
sur lesDéesses, d'exiger
des plus belles Personnes
dela terre,qu' elles luy cedent
toue l'avantage de la beauté;
beauté dont on doit reconnoistre
icy le pouvoir,&qui
échaufe si vivement les ames,
que je nesuis point surpris
qu'on aitsi bien réussi pour
elle dans ces Bouts-rimez.
Avoüons que le triomphe
seroit complet, de celuy qui
par deux Sonnets superieurs
à tous les autres, emporteroit
sur ses Concurrens le
Portrait de nostre Auguste
Monarque, &celuy de cette
incomparable Princesse. On
pourroit bien dire de cet
heureux Vainqueur.
fleureuxd'avoirfaitunOuii
.r( 'v1Jrraagg~e
Qui de Louis & d'elle a meriték
iÚ limage;
Il voit, en regardant l'un&tau.
tre tableau,•
Tout ceque l'Universadegrand
; 1
q 0* de beau.-vt i. L Mais heureuse & glorieuse,
v tout ensemble
, cette
naissante Academie de Toulouse
, de s'estre attiré les
regards,& la protection de
cette incomparable Princesse
se, en travaillant à la gloire
du Roy. Que de grâces ne
doit elle point rendre à Apoll
lon. & aux Muses d'avoirrendu
les jeux ôc ses amusemens
si précieux! L'honneur dW
voir rétabli lesBoucs ! rimez
est le moindreavantage qu'
elle s'en doit promettre; elle peut encoresevanter
d'avoir fait mettre au jour
lesplus beaux Sonnets qui
ayent parudepuisceux deJob
& d'Uraniede galante & d'amoureuse
mémoire, & qui ni
font pas moins debruit dans
le monde. Ils font déjà secte
ôcjparty àla Cour & à la Ville
& je prevoy qu'ils vont exciter
-
une grosse guerre-sur. le
Parnasse
, car leurs Auteurs
font bien d'autres Paladins
que Voiture, & Benserade.
Ce sont la pluspart des Héros
& des Demi- Dieux qui
sont crcm b ler l'Olimpe
,
&
donc on doit craindre la soudre;
maisApollon sur tour.
Enfin, aux Bouts-rimek tout devientfavorabley
Et le nom de Conry qui leurfut
sifatal,
Sous cette Princejjeadorable9
Leur fait autant de bien, qu'il
leur a fait de mal.
DES BOUTS-RIMEZ,
OV
Réponfià laLettredeAdr
,
de Bellocq, qui cil dans
le MercureGalant du
moisdeJuillet 1694..
M 1 !1.. Es Amis de Cabinet
qui sçavent mes goûts,
&mes sentimens pour les ouvrages
d'esprit,s'etonneront
sans doutede me voir prendec
la deffense des Bouts rimez,
pour kfquels je leur ay
toujours marqué assez peu
d'inclination, & mesine pour
le Sonnet ordinaire, qui est
entre les petits POëlUtS) le
chef
-
d'oeuvre des Poëtes;
mais quoy qu'on n'aime pas
certaines choses,on ne laisse
pas de les estimer, &de les
loüer quand elles le méritent,
& qu'elles ont l'approbation
des habilesgens,&desconnoisseurs.
J'aychargé autrefois
mes tablettes & ma memoire
desplus beaux Sonmets,
sans oubliermesme celuy
luy ic Desportes,qui faisoit
les délices de Henry III. &
qui valut dix mille écus àce
Poëte. C'estl'ouvrage d'efpric
lIr plus precieux, & qui a elle
le mieux payé. Je recite encore
souvent les Sonnées de
Job & d'U ranie, & si j'avois
esté de ce. tem ps là, j'aurois
esté Jobelin,ou Uranin, car
assurement j'eussepris party,
&je n'aurois pas fait comme
Balzac., & plusïeurs autres
beaux Esprits
,
qui n'osesent
jamais se déclarer ny pourny
contre. Les Bouts - rimez de
Sarasin sur la mort du Perroquet,
m'onttoujours plû; &
pour venir à ceux que Mrs les
Académiciens de Toulouse,
nommez Lanternistes, ont
propofezau Public,je trouve
le Sonnet du Chevalier de
Pont, qui a remporté le Prix,
fort beau. Peut estremesme
qu'on m'auroit vû dans le
Mercure Galant luy en disputer
la gloire, si d'autres occuparions
ne m'en avoient
empêché; carquand ils'agit
d'un Prix à la loüange du
Roy
,
il est difficile de n'estre
pas tenté d'entrer dans la lice
comme les autres. C'tlt
une témerité qui est pardon-.
nable. Aussi j'avouë que ce
n' est point par prudence ou
par modestie que je ne l'ay
pas fait; mais à l'heure qu'il
est, je ne m'aviferay pas de
grossir le triomphe du Vainqueur
par le nombre des
Vaincus. Je fuis plÛlOtl: d'avis,
battu pour battu
,
de
prendre le party des Boursrimez
,que je voy tom ber en
ruine, si quelqu'un ne s'oppose
à Mr Bellocq ,qui vient
de leur faire une cruelle guerre,
dans une Letrre fort spi.
rituelle, & galamment écrite,
t
qui se trouve dans le Mercure;
Galant du mois de Juillet dernier.
L'entrepriseest hardie,
maiselle est loüable, quand
mesme je n'y réuffirois pas,
& si j'y réussis, quel honneur
n'auray-je point d'avoir combattu
le General Bellocq
» rétabli les Bouts-rimez, &:
défendu lacause des Lanternistes?
Cela me donne des
idées qui me réjouissent pa
avance, &qui me font pren
dre la plumeaux perils de qui
il apparciendra. -
Cependant comme j'en
treprens feulement ladefense I
des Bouts rimez
,
& que je
n'aynullement en vûë d'attaquer
M1 Bellocq, pour qui
j'ay toute l'estime&toutela
consideration que ses Ouvrages
J
peuventinspirer dans
l'esprit d'un honneste homme,
je n'ay pas dessein de
faire une Critique de cette
Apologie,quoy qu'il foit
permis de repousser la force
par la force. On ne doit donc
pas s'attend re que je m'atta.
che icy à examiner sa Letrre,
& son Sonnet pour Madame
la Princesse de Conty. La
Lettre est pleine d'esprit, de
sel, & d'agrément, & s'il y
quelque chose de dur &
di
violent qui recombe sur Mrs
les Lanternistes, c'est à eu»]
de le peser,& d'y faire toute
l'attention qu'il leur plaira.
Pour le Sonnet, l'incomparable
Princesseà ia gloire de"
laquelle il cit fait, le met à
couvert de toute censure.
Neanmoins comme l'Auteur
arelevé luy-mesme le mot de
J.tobufte dans le sens qu'il
luya donné, & dont il se fait
un scrupule, je veux bien luy
dire ma pensée la.d,,ssus)&je
le fais d'autant plus volontiers,
que cela peur servir aî
l'intelligence des Bouts rimez,
& pour les julttfler auprés
de ceux qui sont prévenus
concre ce genre de Poësie.
Il est surprenant que !\,P
Bellocq, qui se récrie tant
contre la bizarreriedesBoutsrimez,
ait rendu celuy de Rohaflt
barbare
,
de propre ôc
simple qu'il eltoua par rafplication
metaphorique qu il
en afaite. A le bi n prendre,
les Bouts rimez doivent estre
composez determes propres,
naturels&usitez,quoy qu'ils
paroissent heteroclites & barbares,
& toute leur singularité
ne vient que de leur arrangement,
& du peu de convenance
qu'ilsontensemble-
Il est vray que pour les remplir
plus facilement, on peut,
leur donner un sens figuré,
O mais il ne faut pas abuser de
cette regle
, autrement on
fait un Sonnet en galimatias,
qui n'a rien de naturel, en
quoy consiste toute sa beauté
;
naturel difficile à attraper,
& qu'on ne trouve qu'en
s'éloignant de la metaphore,
& en Lissant aux mots leur
signification propre & ordinaire.
Cette façon de parler
est trop hardie,surtoutdans
un petit Poëmeoù tout doit
estre poli, exact & correct.
Cette epithete pourroit passer
dans quelque description
d'un Poëme Epique, où la
fougue du Poëte, qui ne luy
donne pas le loisir de réflechir,
efi. pardonnable; mais
icy,où l'on doit agir de sang
rassis, on ne luy fera point de
grâce, ny de quartier , par
la raison mesme qu'il en devroit
leplus attendre pour la
beauté & l'élegance deson
stile, qu'il a fait paroistre ailleurs.
Un celebre Auteur, ennemy
dangereux & redoutable,
& qui avoit lçu joindre l'adresseà
la force,tenta autrefois
la deffaite des Boutsrimez
, mais si Dulot fut
vaincu, & les Bouts-rimez
mis en fuite, la défaite ne fut
pas entiere
,
& le vainqueur
ne joüit paslong
- temps du'
fruit de sa victoire. Comme
Sarazin entreprit cette guerre
sans necessité
,
& seulement
pour complaire à un grand
Prince qu'il servoit, il sir paroistre
plus d'emportement
& de faux zele, que de prudence
,& de conduite; car
puis qu'il avoit rempli avanr
la défaite des Bouts-rimez,
ceux qu'un fameux Ministre
d-EHat avoit proposez sur la
morr du Perroquet d'une Dame
illustre dela Cour, il ne
devoit pas détruire ensuite ce
qui avoit contribué à sa gloire,&
pouffer de la sorte nn.
venteur d'une chose quiluy
avoit esté si avantageuse. Je
sçay bien qu'on a loüé Sarasin
d'avoir employé les mesmes
mots prescrits à la défaite
des Bouts rimez, en faisant
de ces rimes burlesques, les
HerosimaginairesdesonPoëme;
maiss'i l y a deteipric,&:de
l'inventionen cel a,il y aaussi
de la rufe & de la malice, 6c
je doute fort si ce ridicule ne
rejallit poïnt sur la Dame qui
pleuroit son Perroquet, &
sur le Ministre qui avoit donnê
les rimes pour faire son
epitaphe.
Mais quoy qu'il en foie,
ces deux formidables ennemis
des Bouts-rimez,onttenté
une entreprise vaine, & à
laquelle ils n'ont pû réüssir.
Dulot vaincu avec les quatorze
Generaux,& ses Troupes
taillées enpieces dans la
Plaine de Grenelle,n'ont pû
abatre & ruinerce parti. Cette
Plaine a esté comme le
Champ de Cadmus,quia
produit de nouveaux Soldats
quil'ontrelevé,& qui le foutiendront
toujours malgré
tous ses ennemis. LesBoutsrimez
,semblables aux Gots à
sqiui Mr Bellocq les compare
plaisamment
,
ontreparu
de temps en temps ,
& fait
des coures sur le Parnasse
François, où ils ont bien la
mine de regner plus longtemps,
que ne firent ces Peuples
dans les Gaules : & comme
s'ils avoient la mdme
destinée,ils ont choisi aussibien
qu'eux le Languedoc,
& la Ville de Toulouse pour
retraite, & poury établir leur
em pire, sous les loix&la conduite
des Lanternistes,Chefs
qui ont succedé glorieusementau
fameuxDulot.Quelle
joye pour ce Dulot, lors
qu'un deces Lanternistes luy
viendra annoncer quelque
jour,dans les Champs Elisées,
le rerablissement de ces chers
enfans
,
& fidelles sujets les
Bouts-rlmcz! Quelle gloire
pour ces Lanterniites de les
avoir ralliez, & mis non seulementen
estat de tenir teste
à leurs ennemis
,
mais d'aller
de pair dans l'empire de la
Poësie
, avec tous les autres
Poëmes, & d'avoir la Muse
Terpficore pour Patronne, &
Apollon mesme pour Protecteur.
A prés cela, on aura beau
faire, on ne viendra jamais à
bout de chass r les Bouts rimez
du Parnasse. En vain on
presentera des requestes à
ApoBaa ; en vain on les décriera
à la Cour & à la Ville.
La Muse enjouée & badine
qui préside aux Jeux Poëtiques
,aura soin de les deffendre
& de les proteger, & ils
seront toujours le divertissement
des jeunes Poëtes , &
des personnes galantes qui
aiment nostre Poësie.AVersailles
comme à Paris,à Paris
comme à Toulouse,on sera
cLs Bouts-rimez ,on les remettra
sur le tapis, & ils red
viendront à la mode l'en
en comme des Proverbes; ils
sont décriez, on plaisante de
ceux quis'en servent;cependant,
on jouëencore tous ks
jours aux Proverbes. C'estun
jeu, dit-on;& je repons que
les Bouts-rimez sont aussi un
jeu quiamuse, & quifait plaisir
aux personnes spirituelles
qui ont du genie pour les
Vers. Toutes les Sciences,
tous les beaux Arts, ont leurs
jeux, ôc leurs délassemens,
pour ceux qui s'attachent
avec trop d'application, ou
quine font pas capables d'une
meditation profonde, &
d'untravail assidu.Telles sont
les Recreations Mathematiques,
les Questions, les Experiences
}
& les Problêmes
dans la Philosophie & dans
la Morale, & les Bouts-rimez,
les Rondeaux, & les
Balladesdans nostre Poësie,
pour délasser les Poëtes qui
travaillent à des Poëmes serieux
& de longue haleine,
ou pour amuser ceux qui ne
font des Vers que pour se
divertir. Mais de tous ces
Jeux poëtiques, il est certain
que les Bouts rimez font les
plus spirituels & les plus agréables
dans - les Compagnies,
& j'ajoûte, les plus
propres pour exercer un commerce
avec les Dames & avec
ses Amis. Tout le monde n'a
pas de genie pour lesImpromptu
; il faut rêver quelquefois
longtemps pour bien
tourner un Rondeau,&pour
en faire un bon, & du goust
de Marot&de Voiture, mais
pour remplir des Bouts rimez
il ne faut qu'un peu d'esprit
& de feu d'imagination, Se
sçavoir la mesure des Vers,
on fait un Sonnet dans un
moment. Les meilleurs & les
plus heureux font ceux qu'-
on remplit sur le champ, ôc
dont les rimes sont les plus
heteroclites. Je parle dans
les occasions de galanterie
où l'on jouë & où l'onbadine;
car en matiere serieuse,
& dans le stile sublime, far
vouë qu'ils sont tres-difficiles,
& qu'onenfait peu d'excellens.
C'est mesme un fort
bon moyen pour apprendre
àfairedes Vers & à compofer
juste,parce qu'on apprend
- par là tout d'un coup larime,
la mesure du Vers, & la suite,
-
&laliaison dudiscours, sans
parler de la composition du
Sonnet, qui de tous les petits
Poëmes estleplusingenieux,
&leplus difficile. Les Boutsrimez
en sont comme le canevas
,
& quand ils sont bien
disposez
,
cela donne une
grande facilité pour en faire
un bon.
A prendre la chose dans
son origine, lesBouts-rimez
doivent leur naissance au
Sonnet. Tous les Poëtes qui
s'attachent àce genre de
Poësie, commencent presque
toujours par là
, car on cil
bien avancé quand on a ttouvé&
disposé les rimes. Du
Lot, célébré Inventeur des
Bouts-rimez, ne fit que publier
ce secret, & en établir
l'ulage; ce qui donna lieu cn
fuite d'en choisit de bizarres
& de ridicules pour se faire
un jeu, & pour rendre le Sonnet
plus difficile. Comme
l'histoire de cette Invention
deDulor estdans la Préfacé
queMrPelissonfîtpour mettreàlateste
du Poëme de la1
défaite des Bouts-rimez par
Sarasin,je n'en parleray pas
davantage;j'aime mieux dire
quelque chose de la nature
des Bouts-rimez,afin que le
Lecteur pleinement instruit,
puisse juger plus équitablement
du mérité de leur cause.
! Pour bien réüssir dans la
composition des Bouts-rimez,
il faut choi sir des Rimes
propres & convenables
au fujec qu'on veut traiter;
car je ne suis pas de l'avis de
ceux qui commencent d'abord
par des Rimes vagues
& arbitraires, sans se proposer
aucune matiere déterminée.
Je sçay bien qu'on les
peut appliquer en fuiteâ differens
su jets, mais comme
il est libre à chacun de les appliquer
à celuy qu'il aime le
nieux, je soutiensqu'on doit
Lu commencement choisir
une matière à laquelleils conviennent;
mais sur rout qui
soit propre à inspirer des sentimens
nobles & relevez,
tendres & galans, selon que
le sujet le demande, des pensées
ingenieuses & delicates,
judicieuses & raisonnables
des expressions justes & naturelles;
un stile pur & intelligible;
&non pas des sentimens
bas, & des pensées fausses&
extravagantes;desexpressions
forcées,& précieuses; un stile
obscur & barbare. Et c'est en
cela que doit consister ladifserence
des Boutsrimez
,
&
de
a
de la Poësie burlesque. Les
Rimes capricieuses & fantasques
sont bonnes, ou du
moins su pportables, dans les
fumées de Satire & de galanteie,
où il est permis de badier
quelquefois
, & d'outrer
es choses; mais non pas dans
es matieres graves & serieues,
où tout doit estresensé,
grand
,
pompeux,&sublime.
Les Bouts-rimez sur la mort
~ln Perroquet de Madame du
Plessi s Belliére, estoient
Fort bien trouvez, mais je
rous avoue que je n'en pourois
souffrir iur la mort d'un
grand Prince, quelqueinvention
)
& quelque tour que le
Poëte pustleur donner. ilen
a paru d'autres longtemps
aprés, qui ontfait bruit dans
le monde, par les veritez
dont ils estoient remplis sur
plusieurs personnes de differentes
conditions. Ils eurent
un merveilleux succés dans
la Satire, mais il s'en fallut
bien qu'ilsn'eussent le mesme
bonheur, lors qu'on voulue
les;remplirà la louange du
Roy,&de quelques Dames
de laCour.Ilscommencoient
parïïiqmçiBrilut.e, 1. t,
Tabac, & finissoient par Eclanche,
ôiRcbjM.Lîp\uCp3Lttdtnos
Poëtes y échoucrent,& il n'y
cut queMademoiselle deScudery
quien remporta toute la
gloire; mais en effet, il n'appartient
qu'à elle de changer
la brique en diamant, & de
faire un Sonnet achevé d'un
Rebus.
Ce n'est pas en ces termes
qu'on doit loüer un grand
Roy. Il me semble-que je
l'encens haranguer par les
Députez de la Villette, ou
de Vaugirard. Je ne prérens
pas pour cela blâmer le defsein
desLanterniftes,&conJ
damner plusieurs Bouts-rimez
que des personnesdistinguées
par leur qualité,
&r,
par leuresprit, ont proposez
aurrefois au public, à lagloire
du Roy. Au contraire, je les;
approuve, je les loüe
,
mais
ils pardonneront à ma sincerité
,
si en deffendant les
Bouts-rimez, j'en condamne
l'excés qui consille principalement
dans le choix bizarre desMais, dit on,si
on enexclud les Rimes ex- traordinaires ,ils n'auront
rien de rare,d'ingeaieux, de
difficile; ce ne fera plus que
le simple squeleted'un Sonnet
commun. Comme on ne
se laffe point de rebatre (OÛ"
jours la mesme chose , je re-
# peteray encore une fois pour
toutes , que je ne pretens
point exclurre les Rimes singulieres
des fuicts, enjouez
i
ou satyriques ; mais seulement
des matieres serieuses,
& relevées, telles que sont les
Panegyriques des Princes
dans lesquels il est assez mal-,
aisé de réussir avec les Rimes
les plus nobles, & les plus
riches;& si on y fait un peu
d'attention, on avoüera avec
moy , que des Bouts-rimez.
tout simples font plus difficiles
à remplir que les autres
On en voit tous les jours de
fort beaux de cette maniéré,
quiconfirment l'opinion que
j'avance. Cela estant ainsi , il n'y aura plus rien à critiquer
dans ce genre de Poësie,
& son conviendra mesme
qu'elle peutestre de quelque
utilité, sans parler du plaisir
qu'elle peut donner, comme
un jeu d'esprit fort agreable.
Il ya encore une autre chose
fort blâmable dans les
Bout*rimez-.-elle vient de la
part deceuxquiles donnent,
c'estle mauvaisarrangement
ou plutost l'affectation avec
laquelle ils les disposent. Ils
croyent qu'il y a une grande
finesse à ce jeu, mais en voulant
les rendre plus difficiles,
ils lesrendent seulementplus
bizarres &plus ridicules, car
ceux qui n'onten vue que de
remplir les rimes,&faire simplement
quatorze Vers, ne
s'arrestent pas pourcette dit
ficulté, & se mettent peu en
peine de cet impertinent arrangement
; mais ceux qui
veulent faire un Sonnet juste,
lié, & suivi
,
tombent par là
dans un galimatias qu'il etc
impossible d'éviter,quelque
penetration,& quelque nettetéd'esprit
qu'ils puissent
avoir.C'est icy le plus grand
deffaut des Bouts-rimez,&
un abus étrange de ceux qui
s'y appliquent; car pourquoy
ne leur pas donner une
disposition naturelle, & convenable
dans les Quatrains
& dans lesTercets,afin que
le Sonnet n'ait rien d'extravagant?
Ceux que Mrs les
Lanternistesont proposezau
Public, n'ont rien de bizarre
& d'affecté
,
& sont placez
dans cette raisonnable oeconomie
que je demande. Aussi
ont-ils produit des Sonnets
fort justes& fort beaux; mais
quelquefois on échouë sur de
certaines rimes pour trop de
rafinement, & pour ne vouloir
pas s'en servir dans leur
sens naturel.C'est ce que la
pluspart ont fait au mot de
Buste dans les rimes des Lan.
temistes. Monsieur le Duc,
Mrl'AbbéBrunet, l'ont pris
figurément pour le mot de
corps, dans leurs beaux Sonnets
pour Madame la Princesse
de Conty. Je n'ay garde
de reprendre cela comme
une faute, dans desSonnets
dont le stile effc si pur, & la
construction si aisée, & où
les rimes sont appliquées
avec tant de justesse,
qu'il
semble que tout ce qu'elles
pouvoient avoir de dur &de
barbare,n'ait servi qu'à rendre
les Vers plus forts& plus
majestueux. Mais pour reve-t
nir au mot debuste,qui estun
terme de l'art, dont lès Scul-
- pteurs & les peintres se seri
vent pour exprimer une mamere
antique, de representer
les personnes à demi corps,
& sans mains, on peut facilement
s'en servir dans sa signification
propre sans employer
le sensmoral; & c'est
ce qu'a fait heureusement
Mr leDuc de la Feuïllade.
Que l'on montrey ofntyjeule~
mentvojlrc Buste
Dans les trisses climats où régnent
les glaçons.
Il y a encore une autre forte
de Bouts.rimez, qu'on
fait tous les jours dont l'o*
rigineeftauffi ancienne que
nostre Poësie.C'estquand
on répond dans les mesmes
rimes aux Vers que l'on nous
envoye;ce qui arrive souvent
sans y penser
,
&: sans préméditation;
& pour lors on
y réussit, car cela vient naturellement
, & sans y estre
forcé; mais s'ily a de l'affectation
)
& qu'on s'en fasse
un jeu,cen'est plus rien
,
qui
vaille, &l'oneH encoreplus
contraint que dans les prescrits
de commande. Mais
c'est assez parler de la compoficion
des Bouts-rimez,
achevons leur Apologie,
Comme je fuis trop sincere
pour approuver ce qui est
blâmable, & pour louër ce
qui ne le merite pas,je conviens
ingenument avec les
Critiques, que les Bouts-rimex
ne sont qu'un jeu d'esprit
; qu'on les a pouffez trop
Join, que l'excés en est condamnable,
& qu'on a raison
de vouloirreformer cet abus
surle Parnasse: mais aussi on
demeurera d'accord ave nioi.
que l'invention en est loüable
;
qu'ils ne sont pas indignes
de l'amusement des
bons Poëtes, & des honnestes
gens, & qu'ils ne doivent
pasestre bannis de la Republique
des Lettres. Il ne faut
pass'étonner qu'on les ait
décriez& tournezen ridicule
aprés que Sarasin s'en fut
avisé le premier
3
&qu'il eut
fait connoistre le caractere
extravagant de leur Auteur.
Tous les Critiques enjouëz
& spirituelsont triomphé depuis
surce sujet, & ont eu
un beau champ de plaisanter.
M Bellocq y est entré com<
me les autres, & semble en!
estresorti victorieux. Cependant
quand la grace de la
HCLWcaucë estperduë pour
ces fortes dechoses,ellesont
peu d'agrément, on s'enlasse
& ons'en dégoûte, quoy que
la matiere soit inépuisable.
Voilace que je répons aux
Antilantermites,& à tous
ceux qui font une si cruelle
guerre auxBouts-rimez, car
il faut plaisanter avec ceux
qui plaisantent, ou plûtost
avec ceux qui donnent des
plaisanteries pour de bonnes
raisons. Mais pour finir plus
feriel\(è:m' nt ce dilcours , je
fuis persuadéque tous les
^dprns bien sensez seront
grace aux Bouts-rimez, &
prendront leur parti, aprés
avoir reconnu leur merite,
&ce qu'on en peut faire lors
qu'ils tombent entre les
mains d'un genie heureux,
& qui a du talent pour la
Poësie. Je n'en veux pour
exemple que les beaux Sonnets
qui viennent de paroître
sur lesrimes des Lanternistes,
à la loüange de Madame la
Prince sse de Conty, comme
la plus belle & la plus
riche matiere qu'on pouvoit
prendre pour luyplaire, dans
le desir qu'elle avoitmarque
de les voir dignement mis
en oeuvre; ayant proposé
son Portrait enrichi de Diamansàceluyquiyréussiroit
le mieux ; Prix bien capable
d'exciter la plus noble émulation
qui fut jamais entre
les Poëtes; Portrait dont la
seule idéevaut un antousiasmequi
peut inspirertout
ce que lenaturel, l'art & l'invention
sçauroient avoir de
grand, de merveilleux, de
ublime
>
de rendre, de fin,
k de delicat, comme on le
peut voir entre autres dans
e Sonnet de Monsieur le
Duc,si digne de ce Prix, ce
qui fait que je ne puis m'env.
pescher d'appliqueràtous les
deux cette Epigramme d'un
Ancien, sur le Portrait célébre
de la Venus d'Appelle.
Egrcjjdm nuper Vcnerem de
marmorisIIndis1 marmori s *nd<s
, Afpice pracltrinobile Apd/if
opw.
Hacvisa Pallas, fic cum Junonc
locuta rfl :
Deforma Veneris cedere jure
decct.
Envoicy latraduction, que
j'ay faire feulement pour
mieux expliquer ma pensée.
Quand d'un dosse pinceau l'inge:
nieuxappelle
Reprefinta Venuîensortant de
kiner,
,
1J
Palltf en surcharmée
1 & d'un -ire amer,
La montrantàJunon:Cédonsluyylujydit
elle,
,
La qjoiredestre la plus belle.
Madame la Princesse de
Contyn'at-elie pas lemesme
droit que Venuseut autrefois
sur lesDéesses, d'exiger
des plus belles Personnes
dela terre,qu' elles luy cedent
toue l'avantage de la beauté;
beauté dont on doit reconnoistre
icy le pouvoir,&qui
échaufe si vivement les ames,
que je nesuis point surpris
qu'on aitsi bien réussi pour
elle dans ces Bouts-rimez.
Avoüons que le triomphe
seroit complet, de celuy qui
par deux Sonnets superieurs
à tous les autres, emporteroit
sur ses Concurrens le
Portrait de nostre Auguste
Monarque, &celuy de cette
incomparable Princesse. On
pourroit bien dire de cet
heureux Vainqueur.
fleureuxd'avoirfaitunOuii
.r( 'v1Jrraagg~e
Qui de Louis & d'elle a meriték
iÚ limage;
Il voit, en regardant l'un&tau.
tre tableau,•
Tout ceque l'Universadegrand
; 1
q 0* de beau.-vt i. L Mais heureuse & glorieuse,
v tout ensemble
, cette
naissante Academie de Toulouse
, de s'estre attiré les
regards,& la protection de
cette incomparable Princesse
se, en travaillant à la gloire
du Roy. Que de grâces ne
doit elle point rendre à Apoll
lon. & aux Muses d'avoirrendu
les jeux ôc ses amusemens
si précieux! L'honneur dW
voir rétabli lesBoucs ! rimez
est le moindreavantage qu'
elle s'en doit promettre; elle peut encoresevanter
d'avoir fait mettre au jour
lesplus beaux Sonnets qui
ayent parudepuisceux deJob
& d'Uraniede galante & d'amoureuse
mémoire, & qui ni
font pas moins debruit dans
le monde. Ils font déjà secte
ôcjparty àla Cour & à la Ville
& je prevoy qu'ils vont exciter
-
une grosse guerre-sur. le
Parnasse
, car leurs Auteurs
font bien d'autres Paladins
que Voiture, & Benserade.
Ce sont la pluspart des Héros
& des Demi- Dieux qui
sont crcm b ler l'Olimpe
,
&
donc on doit craindre la soudre;
maisApollon sur tour.
Enfin, aux Bouts-rimek tout devientfavorabley
Et le nom de Conry qui leurfut
sifatal,
Sous cette Princejjeadorable9
Leur fait autant de bien, qu'il
leur a fait de mal.
Fermer
Résumé : LA DEFFENSE DES BOUTS-RIMEZ, OU Réponse à la Lettre de Mr de Bellocq, qui est dans le Mercure Galant du mois de Juillet 1694.
Le texte défend les 'bouts-rimés' et les 'lanternistes' contre une critique de Bellocq publiée dans le *Mercure Galant* de juillet 1694. L'auteur admire ces formes poétiques lorsqu'elles sont bien exécutées et approuvées par des connaisseurs. Il cite des sonnets célèbres, comme ceux de Sarazin sur la mort du perroquet et celui du Chevalier de Pont, récompensé à Toulouse. Bien qu'il ne participe pas au concours pour éviter d'augmenter le nombre des vaincus, il décide de défendre les bouts-rimés contre les attaques de Bellocq. Il critique la dureté de Bellocq envers les lanternistes tout en reconnaissant son esprit. Les bouts-rimés doivent utiliser des mots propres, naturels et usuels, et éviter les abus de métaphores. Un célèbre auteur avait tenté de les discréditer sans succès, illustrant leur résistance et leur valeur durable. Les bouts-rimés consistent à composer des vers avec des rimes imposées et sont comparés aux Goths, marqués en Languedoc et à Toulouse. Protégés par la Muse enjouée et badine des jeux poétiques, ils sont considérés comme un excellent moyen d'apprendre à composer des vers et des sonnets. L'auteur souligne l'importance de choisir des rimes appropriées au sujet traité et de les disposer naturellement pour éviter les défauts. Les bouts-rimés peuvent être acceptables dans des genres comme la satire ou la galanterie, mais inappropriés pour des sujets graves. Il critique l'arrangement affecté et bizarre de certains bouts-rimés, prônant un arrangement naturel. Soutenus par la Princesse de Conti et l'Académie de Toulouse, les bouts-rimés peuvent rivaliser avec les grandes œuvres classiques et susciter une émulation parmi les poètes. Le texte évoque également Apollon, qui protège et transforme positivement une situation menacée, sous l'influence bénéfique d'un prince et du nom de Conry.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 263-270
Prix proposé par la Compagnie des Lanternistes. [titre d'après la table]
Début :
Mrs les Lanternistes doivent donner un Prix le 24. Juin / Nostre Compagnie ne cessera point de proposer des Bouts rimez, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Lanternistes, Prix, Sonnets, Oeuvres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix proposé par la Compagnie des Lanternistes. [titre d'après la table]
Mrs les Lanternistes doi-
vent donner un Prix le 24.
Juin prochain , jour de la F -1
te de S. Jean , à celuy qui aura
fait le meilleur Sonnet fur les
Bouts rimez , propoſez dans
l'Ecrit qu'ils viennent de pu-
blier. Il eft conceu en ces
termes .
Oftre Compagnie neceffe
ra point de propofer des
No
264
MERCURE
Bouts rimez
les
Gens
de bon
gouft
s'en
accommodent
,
&
le
Pü-
blic
ne fe
laffe
point d'en
redes
mander
.
Ce
font de
ces
fruitsra-
res
dont
ont attend
la
faifon
avec
,
impatience
.
Il
est
à
préfumer que
les
Bouts rimez
de
cette
année
,
marquez
à
la finde
cet
Ecrit
,
neplairont pas
moins
dens
.
Et
pourquoy ne
plairoient-
ils
pas
?
Les
merveillenfes
actions
de Louis
,le
Grand
en font
l'uni-
que matiere
.
Ce
Heros
toujours
!
attentif
au
bien de fes peuples ,:
leur prépare
un
repos folide
&
une
tranquillité
qu'on
ne
verra
jamais finir ?
Eft
il
rien de plus
que
Les préce.
bean ?
GALANT
.
265
beau
?
Eft
il
de
plus dignes
fujetsd'éloges
?
Les
Lanterniftes ont
une
grande
delicateffe
de
reconnoiffance
à
l'égard des perfonnes
qui
fe
font
déclarées
pour
eux
.
Ils
ne
feront
point contens
que
le
Mercure
n'en
ait inftruit toutes
les
Nations
El
les
apprendront fans
doute
com-bien nous
fommes
redevables
au
Zele que
Mr
de la Fevrerie
a
fait
paroître
pour
les
Bouts rimez
;
il
a
défendu
leur cauſe
en galant
homme
,
dans
le
Mercure du
mois
de
May
1695.
Avec
quelle érudi
tion
,
avec
quel defintereffement
n'a tilpas répondu à un
habile
E-
Janvier 1697-
Z
266
MERCURE
trivain
,
qui commençoit
à
fe
dé
chaîner
contre
ce
genre de
Poëfie
,
luy qui
d'ailleurs
en
avoit fait
un
de
fes plus
doux amuſemens
?
Mr
de
Vertron montra
d'abord quel-
que
oppofition
pour
les
bouts
-
rimez
,
mais
il
a bien
voulu prendre
parti
en
leur
faveur
.
Ce
fameux
Hif-
toriographe
nous
a
écrit
d'une
ma
.
niere
fpirituelle
,
qu'ils
avoient
en-
fin
obtenu leur brevet
d'entrée à
la
Courchez
les
Princes
&
chez
les
Princeßes
.
Mademoiſelle l'He-
ritier
n'a
pas moins
relevé
les
Bouts
-
rimez par
l'excellente
A.
pologie
qu'elle
en a
faite
,
que par
la beauté de fes Sonnets
; ils
bril-
GALANT
.
267
lent ,
comme
le
refte
de
fes
produ
ctions
,
dans
fes
œuvres
mêlées
.
Le
témoignage de Mademoiselle
de Scudery
est
trop
fouverain pour
ne pas
l'alleguer
.
Cette
illuftre
Fille
,
l'ornement
de
fon Sexe
,
&
l'admiration d'un
fiècle
auffi poli
quefçavant
,
n'a pasdefaprouvéle
projet
de nos Bouts
rimez
;
elle
adaigné
même
le
combler de louan-
ges
.
.
On pourroit nommer cent au-
tres perfonnes officienfes , qui en
particulier , de leur propre in-
clination,onefoutenu nos intereffs ,
fermé la bouche aux envieux
de
noftre Societé
.
Ces
bienfaits
Z
ij
268 MERCURE
feront éternellement graveZdans
nos cœurs.
Ileft
bon
d'avertir encore
,
que
regulierement
tous
les
ans
,
le
jour
de
la
Ceremonie
,
&
dans
la
Salle
de
nos Affemblées
,
on
expoferades
Tableaux
,
où
feront repre-
fentez
couronnez
de
laurier
,
ceux
qui
auront remporté
le
Prix
.
C'est
pour
excieer
plus d'émulation
par-
my
les
Poëtes
,
&
les
mieux
dé-
dommager
de
leurs foins
par
cette
maniere
d'honorer leur
triomphe
.
Ceux
quieftoient
déja infor-
mez
de
toutes
ces
circonstances
,
ne
trouveront pas mauvais
qu'on
Les repete ;
du
moins
cette exacti-
GALANT
269
all
.
tude
fait
voir que
les
Lanternistes
ne font pas moins appliqueZ
reßentiment
des
graces
qu'ils
ont
:
receues
,
que
fidelles
aux
glorieux
devoirs de
leur
établiẞement
.
BOUTS.RIMEZ
propoſeZpour
l'année
1697
.
Aurore
.
Ayeux
.
Dieux.Ignore
.
Flore.Ingenieux.yeux
,
arbore
.
Pareil
,
appareil
,
modelle
.
Accens
,
Fidelle
,
Encens
.
Les
Pretendans au Prix au-
rontfoin d'accompagner leurs Son-
nets d'une Priere pour le Roy , en
quatre Vers , avec une Sentence,
Z
iij
270
MERCURE
de mettre au bas de la page
leurpays & leur nom cachetez,
ou dans une Lettre séparée , le
tout fous la même envelope . Il
faut que huitjours avant la Saint
Jean jour de la diftribution du
Prix , les paquets foient rendus
à leur adreße , à Toulouſe chez
Mr Seré, à la Place de Roaix.
Ils feront francs de port , autre.
ment on ne les recevra point
vent donner un Prix le 24.
Juin prochain , jour de la F -1
te de S. Jean , à celuy qui aura
fait le meilleur Sonnet fur les
Bouts rimez , propoſez dans
l'Ecrit qu'ils viennent de pu-
blier. Il eft conceu en ces
termes .
Oftre Compagnie neceffe
ra point de propofer des
No
264
MERCURE
Bouts rimez
les
Gens
de bon
gouft
s'en
accommodent
,
&
le
Pü-
blic
ne fe
laffe
point d'en
redes
mander
.
Ce
font de
ces
fruitsra-
res
dont
ont attend
la
faifon
avec
,
impatience
.
Il
est
à
préfumer que
les
Bouts rimez
de
cette
année
,
marquez
à
la finde
cet
Ecrit
,
neplairont pas
moins
dens
.
Et
pourquoy ne
plairoient-
ils
pas
?
Les
merveillenfes
actions
de Louis
,le
Grand
en font
l'uni-
que matiere
.
Ce
Heros
toujours
!
attentif
au
bien de fes peuples ,:
leur prépare
un
repos folide
&
une
tranquillité
qu'on
ne
verra
jamais finir ?
Eft
il
rien de plus
que
Les préce.
bean ?
GALANT
.
265
beau
?
Eft
il
de
plus dignes
fujetsd'éloges
?
Les
Lanterniftes ont
une
grande
delicateffe
de
reconnoiffance
à
l'égard des perfonnes
qui
fe
font
déclarées
pour
eux
.
Ils
ne
feront
point contens
que
le
Mercure
n'en
ait inftruit toutes
les
Nations
El
les
apprendront fans
doute
com-bien nous
fommes
redevables
au
Zele que
Mr
de la Fevrerie
a
fait
paroître
pour
les
Bouts rimez
;
il
a
défendu
leur cauſe
en galant
homme
,
dans
le
Mercure du
mois
de
May
1695.
Avec
quelle érudi
tion
,
avec
quel defintereffement
n'a tilpas répondu à un
habile
E-
Janvier 1697-
Z
266
MERCURE
trivain
,
qui commençoit
à
fe
dé
chaîner
contre
ce
genre de
Poëfie
,
luy qui
d'ailleurs
en
avoit fait
un
de
fes plus
doux amuſemens
?
Mr
de
Vertron montra
d'abord quel-
que
oppofition
pour
les
bouts
-
rimez
,
mais
il
a bien
voulu prendre
parti
en
leur
faveur
.
Ce
fameux
Hif-
toriographe
nous
a
écrit
d'une
ma
.
niere
fpirituelle
,
qu'ils
avoient
en-
fin
obtenu leur brevet
d'entrée à
la
Courchez
les
Princes
&
chez
les
Princeßes
.
Mademoiſelle l'He-
ritier
n'a
pas moins
relevé
les
Bouts
-
rimez par
l'excellente
A.
pologie
qu'elle
en a
faite
,
que par
la beauté de fes Sonnets
; ils
bril-
GALANT
.
267
lent ,
comme
le
refte
de
fes
produ
ctions
,
dans
fes
œuvres
mêlées
.
Le
témoignage de Mademoiselle
de Scudery
est
trop
fouverain pour
ne pas
l'alleguer
.
Cette
illuftre
Fille
,
l'ornement
de
fon Sexe
,
&
l'admiration d'un
fiècle
auffi poli
quefçavant
,
n'a pasdefaprouvéle
projet
de nos Bouts
rimez
;
elle
adaigné
même
le
combler de louan-
ges
.
.
On pourroit nommer cent au-
tres perfonnes officienfes , qui en
particulier , de leur propre in-
clination,onefoutenu nos intereffs ,
fermé la bouche aux envieux
de
noftre Societé
.
Ces
bienfaits
Z
ij
268 MERCURE
feront éternellement graveZdans
nos cœurs.
Ileft
bon
d'avertir encore
,
que
regulierement
tous
les
ans
,
le
jour
de
la
Ceremonie
,
&
dans
la
Salle
de
nos Affemblées
,
on
expoferades
Tableaux
,
où
feront repre-
fentez
couronnez
de
laurier
,
ceux
qui
auront remporté
le
Prix
.
C'est
pour
excieer
plus d'émulation
par-
my
les
Poëtes
,
&
les
mieux
dé-
dommager
de
leurs foins
par
cette
maniere
d'honorer leur
triomphe
.
Ceux
quieftoient
déja infor-
mez
de
toutes
ces
circonstances
,
ne
trouveront pas mauvais
qu'on
Les repete ;
du
moins
cette exacti-
GALANT
269
all
.
tude
fait
voir que
les
Lanternistes
ne font pas moins appliqueZ
reßentiment
des
graces
qu'ils
ont
:
receues
,
que
fidelles
aux
glorieux
devoirs de
leur
établiẞement
.
BOUTS.RIMEZ
propoſeZpour
l'année
1697
.
Aurore
.
Ayeux
.
Dieux.Ignore
.
Flore.Ingenieux.yeux
,
arbore
.
Pareil
,
appareil
,
modelle
.
Accens
,
Fidelle
,
Encens
.
Les
Pretendans au Prix au-
rontfoin d'accompagner leurs Son-
nets d'une Priere pour le Roy , en
quatre Vers , avec une Sentence,
Z
iij
270
MERCURE
de mettre au bas de la page
leurpays & leur nom cachetez,
ou dans une Lettre séparée , le
tout fous la même envelope . Il
faut que huitjours avant la Saint
Jean jour de la diftribution du
Prix , les paquets foient rendus
à leur adreße , à Toulouſe chez
Mr Seré, à la Place de Roaix.
Ils feront francs de port , autre.
ment on ne les recevra point
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Résumé : Prix proposé par la Compagnie des Lanternistes. [titre d'après la table]
La Société des Lanternistes organise un concours de sonnets pour le 24 juin, jour de la fête de Saint-Jean. Le thème des sonnets doit se baser sur les 'Bouts rimez' publiés dans leur dernier écrit, qui célèbrent les actions de Louis le Grand. La Société exprime sa reconnaissance envers plusieurs personnes qui soutiennent ce genre poétique, notamment Mr de la Fevrerie et Mademoiselle l'Héritier. D'autres personnalités, telles que Mr de Vertron et Mademoiselle de Scudéry, ont également apporté leur soutien. Lors de la cérémonie annuelle, des tableaux couronnés de laurier sont exposés pour honorer les lauréats. Les participants doivent soumettre leurs sonnets accompagnés d'une prière pour le roi et d'une sentence, en indiquant leur pays et leur nom caché. Les soumissions doivent être envoyées à Toulouse chez Mr Seré, huit jours avant la date limite du concours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 77-92
A MADAME LA MARQUISE DE C.
Début :
Je vous ay parlé souvent de Mrs les Lanternistes de / Comme je prens beaucoup d'interest, Madame, à ce qui [...]
Mots clefs :
Compagnie, Prix, Société, Lettres, Lanternistes, Mlle L'Héritier, Toulouse, Compagnie des Lanternistes, Talent, Belles-lettres, Bouts-rimés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA MARQUISE DE C.
Je vous ay parlé fouvent
de Mrs les Lanterniftes de
Toulouſe . La Lettre qui fuit
vous inftruira de ce que vous
pouvez ignorer touchant l'etabliffement
de cette Societé.
Elle est d'un Gentilhomme
de Normandie, extrêmement
diftingué par fon efprit .
A MADAME
LA MARQUISE DE C.
Omme je prens beau-
Co ,
me , à ce qui regarde la celebre
Compagnie des Lanter
Giij
78 MERCURE
niftes , je fuis bien aife qu'on
ait fait tant d'attention dans
voftre Province aux Bouts- rimez
qu'elle a propoſez cette
année , & que le Mercure Ga
lant du mois de Mars dernier
a annoncez . Je ne le fuis pas
moins d'apprendre que plu
fieurs de vos Amis veulent
travailler fur ces Bouts -rimez
pour difputer le Prix que don
ne cette docte. Aflemblée ;
mais je fuis un peu furpris des
queftions que vous me faites
au fujet de fon nom , & de fon
établiſſement
, car il me paroift
que les Lanterniftes ont déjà
GALANT
. 79
fair affez de bruit dans le mon
de , pour meriter que vous
ayez pris foin de vous infor
mer de leur hiftoire , mais
puifque vous n'en ſçavez aucunes
circonstances , c'eft avec
plaifir que je fatisfais à la curiofité
que vous me marquez
fur cet article.
Quelques
Confeillers
du
Parlement
de Toulouſe
, quelques
Cavaliers
, quelques
Abbez
, & enfin des Sçavans
de
tous étagès ' ; voulant
former
entre- eux une Societé
reglée
pour le communiquer
leurs
lumieres
les uns aux autres
2
Giiij
80
MERCURE
refolurent de choisir un jour
fixe , dans lequel ils puffent
s'affembler chez quelqu'un de
la Societé. Ils executérent leur
deffein ; & pour n'eftre pas
troublez dans leurs converfations
, ils convinrent de ne les
faire que le foir, afin que l'heu .'
re des vifites ordinaires fuft
paffée. Ils tinrent exactement
leurs
conditions , & pour conferver
un entier fecret à ces
Affemblées , on ne fe faifoit
point porter de flambeau pour
y aller , on fe contentoit de
s'éclairer foy même avec une
petite lanterne. Ces Meffieurs
GALANT: 8
continuérent quelque temps
ces converſations fecrettes &
fçavantes , avec beaucoup de
plaifir & de fruit ; mais enfin il
n'y a rien qui ne fe découvre .
On fut informé de leurs Af
femblées , & tous les honnêtes
gens loüérent extrêmement
leur projet. Quand il fut connu
, ils le poufférent encore
plus loin . Ils augmentérent
leur Societé & firent une
Compagnie en forme. A caufe
de leurs petites lanternes ,
quelques Sçavans enjouez leur
donnérent le nom de Lantermiftes.
Ils l'acceptérent agrea82
MERCURE
blement à l'imitation des
doctes Academies d'Italie ,
qui toutes ont des noms ba
dins , comme chacun fçait , &
pour conferver le fouvenir de
leur origine , ils prirent pour
Deviſe une Etoile , avec ces
mots , Lucerna in nocte . Ensuite
ils établirent un Prix pour
eftre donné tous les ans à celay
ou celle qui feroit le plus
beau Sonnet à la louange du
Roy , fur des Bouts - rimez que
la Compagnie publieroit . Ce
Prix eft une fort belle medaille
qui reprefente l'Etoile , qui
eft le corps de la Devife de la
GALANT. 83
Compagnie ; & qui eſt entourée
de mots , qui luy fervent
d'ame . Au revers de la
Medaille il y a un Apollon
qui joue de la Lyre , affis fur
un des fommets du Parnaffe ,
avec ces mots Apolloni Tolofano.
Un tel établiſſement n'eftil
pas digne de ceux qui l'ont
fait , & ces Meffieurs ne meritent-
ils pas qu'on leur donne
beaucoup de louanges , & de
leur zele pour le Roy , & de
leur foin à exciter une noble
émulation entre ceux qui ont
d'heureux talens pour la Poë
fie : L'attention qu'ils ont dans
84 MERCURE
leurs doctes exercices à faire
fleurir les belles Lettres ,leur
doit attirer l'aplaudiffement
de tous ceux qui les aiment ;
mais outre l'aplaudiffement
general, voftre Sexe charmant
leur doit encore des fenti .
mens particuliers de reconnoiffance
, puifqu'ils font fi
exacts à luy rendre juſtice ,
que contre l'uſage ordinaire ,
ils l'admettent à leur fçavante
Societé. Ils en ont donné un
exemple d'éclat en la perſonne
de Mademoiſelle l'Heritier,
perfuadez que l'efprit & le
merite doivent eftre honorez
GALANT . &
ans le beau Sexe , comme
ans l'autre.
Quand je fais reflexion à
l'empreffement que vous me
témoignez fur tout ce qui a
raport à cette Academie , j'ay
fujet de croire que vous ferez
bien aile de voir les Lettres
de Reception que les fçavans
Hommes qui la compofent ,
ont envoyées à Mademoiſelle
l'Heritier en l'agrégeant
dans leur Compagnie
. Non
feulement
je vous ay envoyé
une copie de ces fortes de Patentes
, mais encore j'ay eu
foin de vous faire part de la
86 MERCURE
Lettre que la Compagnie à
écrite à Mademoiſelle l'Heririer
en luy envoyant ces Patentes
, & la réponſe quecette
Demoiſelle luy a faite . Ces
trois Pieces n'ont pû que
vous caufer beaucoup de plaifir
, puis qu'elles font tout à
la fois conciles & academiques
; mais vous ne ferez pas
fans doute fachée que je
vous faffe la defcription de la
maniere galante & ingenieuſe
dont la Compagnie des Lanterniftes
a envoyé ces Lettres
de Reception à Mademoiſelle
l'Heritier . Elles font écrites
GALANT 87
fur un beau velin en caracteres
dorez. Le fceau de la Compa
gnie eft attache à ce velin par
des cordons de galons d'or &
de fatin bleu . Ce fceau eft en
cire blanche. Il eſt entouré
pour le conferver , d'une petite
machine d'argent dentelée &
travaillée fort
proprement ; &
le tout est enfermé dans une
Boëte d'argent , qui eft paffée
dans les galons d'or ; & au bas
de laquelle pendent de petites
houpes d'or. Tout cela eftoit
enfermé en dernier lieu, dans
une Boëte à couliffe émaillée
de bleu & femée d'étoiles d'or,
88 MERCURE
Voyez , Madame , ſi Meſfieurs
les Lanterniftes
ne font
pas bien polis , & ſi la maniere
dont ils honorent les
grands talens dans vôtre beau
Sexe , ne doit pas l'exciter à
ne les point ensevelir , quand
il en eft partagé . Les fentimens
équitables qu'ils ont
pour ce Sexe charmant , feront
honneur à jamais , & à
leur Compagnie
, & à Touloufe
. Cette grande Ville eft
celebre par divers beaux endroits
; mais elle fe diftingue
tres - particulierement
par la
maniere dont elle cultive les
GALANT: 89
ſciences . Outre la Compa
gnie de Meffieurs les Lanterniftes
, dont je viens de vous
parler , Toulouſe a chez elle ,
comme vous fçavez , l'illuftre
Academie des Jeux Floraux ,
qui diftribue tous les ans plufieurs
Prix pour des Ouvra
ges de Poëfie fur differens fujets
, & un Prix pour la Profe ,
dont elle annonce le fujet
chaque année. Il y a encore
dans la même Ville Mrs de
la Societé des Belles Lettres ,
qui cherchent à perfectionner
l'Eloquence , & qui donnent
des Prix à ceux qui l'em-
Juin 1598.
H
90 MERCURE
ployent le mieux dans des
Difcours dont ils prefcrivent
les fujers . Rien n'eft plus loüa .
ble que de voir dans une feule
Ville trois Compagnies
appli
quées à faire briller les Scien
ces & les Belles Lettres .
Hé bien , Madame , ne devez
vous pas eftre fort contente
de moy , qui vous apprens
tant de curieufes particularitez
des Academies nouvelles
, & de la fçavante Mademoitelle
l'Heritier ? Pour
vous fatisfaire entierement au
fujet de cette illuftre Fille ,
pour qui vous m'avez marqué
GALANT.
bien des fois vous intereffer
tres - vivement , je dois vous
dire que l'Italie luy a rendu
la même jufticé que la France.
L'Academie de Ricovrati
de Padouë luy a envoyé det
Lettres d'Academicienne . Elle
eft aggregée à cette fameufe
Academie, ainfi que l'eftoit
feue l'admirable Madame dés
Houlieres , & comme l'eft encore
aujourd'huy l'incompara
ble Mlle de Scudery , & quelques
autres Dames fçavantes
du Siecle. Padouë , comme
chacun ſçait , ell une des plus
celebres Villes d'Italie , & fi
A
Hij
92 MERCURE
diftinguée par fon courage ,
&
par
la maniere merveilleu .
fe dont elle fait fleurir les
Sciences , que parmy les Epithetes
des Villes d'Italie , la
fienne eft , Padoa la dotta. La
Nobleffe y eft polie & gene.
reufe. L'accueil qu'elle fit au
fçavant M' Patin , marque affez
qu'elle merite bien ces
deux qualitez.
C'eft dans cette mêmeVil
le qu'il y a une Univerfité re
nommée , qui donna le Bonnet
de Docteur en Medecine
à la dote Mademoiſelle Cornaro.
Vous voyez qu'une Vil
GALANT.
93
le fi accoutumée à rendre
honneur au merite du beau
Sexe , n'avoit garde de ne pas
faire juftice à Mademoiſelle
l'Heritier , fiilluftre par ſa vertu
, par fon fçavoir extraordi
naire , & par les grands talens
en Poëfiie , qui ont éclaté par
tant de Prix qu'elle a remportez.
Je vous informe de toutes
ces chofes de Padouë , de
Mademoiſelle Cornaro , & des
autres rares perfonnes de vòftre
Sexe , parce que je fçay
que de tels détails vous font
plaifir , & que je ne rechercheray
jamais rien avec plus
94 MERCURE
d'ardeur , que les occafions
de vous témoigner combien
je fuis veritablement voftre
tres humble , & c.
de Mrs les Lanterniftes de
Toulouſe . La Lettre qui fuit
vous inftruira de ce que vous
pouvez ignorer touchant l'etabliffement
de cette Societé.
Elle est d'un Gentilhomme
de Normandie, extrêmement
diftingué par fon efprit .
A MADAME
LA MARQUISE DE C.
Omme je prens beau-
Co ,
me , à ce qui regarde la celebre
Compagnie des Lanter
Giij
78 MERCURE
niftes , je fuis bien aife qu'on
ait fait tant d'attention dans
voftre Province aux Bouts- rimez
qu'elle a propoſez cette
année , & que le Mercure Ga
lant du mois de Mars dernier
a annoncez . Je ne le fuis pas
moins d'apprendre que plu
fieurs de vos Amis veulent
travailler fur ces Bouts -rimez
pour difputer le Prix que don
ne cette docte. Aflemblée ;
mais je fuis un peu furpris des
queftions que vous me faites
au fujet de fon nom , & de fon
établiſſement
, car il me paroift
que les Lanterniftes ont déjà
GALANT
. 79
fair affez de bruit dans le mon
de , pour meriter que vous
ayez pris foin de vous infor
mer de leur hiftoire , mais
puifque vous n'en ſçavez aucunes
circonstances , c'eft avec
plaifir que je fatisfais à la curiofité
que vous me marquez
fur cet article.
Quelques
Confeillers
du
Parlement
de Toulouſe
, quelques
Cavaliers
, quelques
Abbez
, & enfin des Sçavans
de
tous étagès ' ; voulant
former
entre- eux une Societé
reglée
pour le communiquer
leurs
lumieres
les uns aux autres
2
Giiij
80
MERCURE
refolurent de choisir un jour
fixe , dans lequel ils puffent
s'affembler chez quelqu'un de
la Societé. Ils executérent leur
deffein ; & pour n'eftre pas
troublez dans leurs converfations
, ils convinrent de ne les
faire que le foir, afin que l'heu .'
re des vifites ordinaires fuft
paffée. Ils tinrent exactement
leurs
conditions , & pour conferver
un entier fecret à ces
Affemblées , on ne fe faifoit
point porter de flambeau pour
y aller , on fe contentoit de
s'éclairer foy même avec une
petite lanterne. Ces Meffieurs
GALANT: 8
continuérent quelque temps
ces converſations fecrettes &
fçavantes , avec beaucoup de
plaifir & de fruit ; mais enfin il
n'y a rien qui ne fe découvre .
On fut informé de leurs Af
femblées , & tous les honnêtes
gens loüérent extrêmement
leur projet. Quand il fut connu
, ils le poufférent encore
plus loin . Ils augmentérent
leur Societé & firent une
Compagnie en forme. A caufe
de leurs petites lanternes ,
quelques Sçavans enjouez leur
donnérent le nom de Lantermiftes.
Ils l'acceptérent agrea82
MERCURE
blement à l'imitation des
doctes Academies d'Italie ,
qui toutes ont des noms ba
dins , comme chacun fçait , &
pour conferver le fouvenir de
leur origine , ils prirent pour
Deviſe une Etoile , avec ces
mots , Lucerna in nocte . Ensuite
ils établirent un Prix pour
eftre donné tous les ans à celay
ou celle qui feroit le plus
beau Sonnet à la louange du
Roy , fur des Bouts - rimez que
la Compagnie publieroit . Ce
Prix eft une fort belle medaille
qui reprefente l'Etoile , qui
eft le corps de la Devife de la
GALANT. 83
Compagnie ; & qui eſt entourée
de mots , qui luy fervent
d'ame . Au revers de la
Medaille il y a un Apollon
qui joue de la Lyre , affis fur
un des fommets du Parnaffe ,
avec ces mots Apolloni Tolofano.
Un tel établiſſement n'eftil
pas digne de ceux qui l'ont
fait , & ces Meffieurs ne meritent-
ils pas qu'on leur donne
beaucoup de louanges , & de
leur zele pour le Roy , & de
leur foin à exciter une noble
émulation entre ceux qui ont
d'heureux talens pour la Poë
fie : L'attention qu'ils ont dans
84 MERCURE
leurs doctes exercices à faire
fleurir les belles Lettres ,leur
doit attirer l'aplaudiffement
de tous ceux qui les aiment ;
mais outre l'aplaudiffement
general, voftre Sexe charmant
leur doit encore des fenti .
mens particuliers de reconnoiffance
, puifqu'ils font fi
exacts à luy rendre juſtice ,
que contre l'uſage ordinaire ,
ils l'admettent à leur fçavante
Societé. Ils en ont donné un
exemple d'éclat en la perſonne
de Mademoiſelle l'Heritier,
perfuadez que l'efprit & le
merite doivent eftre honorez
GALANT . &
ans le beau Sexe , comme
ans l'autre.
Quand je fais reflexion à
l'empreffement que vous me
témoignez fur tout ce qui a
raport à cette Academie , j'ay
fujet de croire que vous ferez
bien aile de voir les Lettres
de Reception que les fçavans
Hommes qui la compofent ,
ont envoyées à Mademoiſelle
l'Heritier en l'agrégeant
dans leur Compagnie
. Non
feulement
je vous ay envoyé
une copie de ces fortes de Patentes
, mais encore j'ay eu
foin de vous faire part de la
86 MERCURE
Lettre que la Compagnie à
écrite à Mademoiſelle l'Heririer
en luy envoyant ces Patentes
, & la réponſe quecette
Demoiſelle luy a faite . Ces
trois Pieces n'ont pû que
vous caufer beaucoup de plaifir
, puis qu'elles font tout à
la fois conciles & academiques
; mais vous ne ferez pas
fans doute fachée que je
vous faffe la defcription de la
maniere galante & ingenieuſe
dont la Compagnie des Lanterniftes
a envoyé ces Lettres
de Reception à Mademoiſelle
l'Heritier . Elles font écrites
GALANT 87
fur un beau velin en caracteres
dorez. Le fceau de la Compa
gnie eft attache à ce velin par
des cordons de galons d'or &
de fatin bleu . Ce fceau eft en
cire blanche. Il eſt entouré
pour le conferver , d'une petite
machine d'argent dentelée &
travaillée fort
proprement ; &
le tout est enfermé dans une
Boëte d'argent , qui eft paffée
dans les galons d'or ; & au bas
de laquelle pendent de petites
houpes d'or. Tout cela eftoit
enfermé en dernier lieu, dans
une Boëte à couliffe émaillée
de bleu & femée d'étoiles d'or,
88 MERCURE
Voyez , Madame , ſi Meſfieurs
les Lanterniftes
ne font
pas bien polis , & ſi la maniere
dont ils honorent les
grands talens dans vôtre beau
Sexe , ne doit pas l'exciter à
ne les point ensevelir , quand
il en eft partagé . Les fentimens
équitables qu'ils ont
pour ce Sexe charmant , feront
honneur à jamais , & à
leur Compagnie
, & à Touloufe
. Cette grande Ville eft
celebre par divers beaux endroits
; mais elle fe diftingue
tres - particulierement
par la
maniere dont elle cultive les
GALANT: 89
ſciences . Outre la Compa
gnie de Meffieurs les Lanterniftes
, dont je viens de vous
parler , Toulouſe a chez elle ,
comme vous fçavez , l'illuftre
Academie des Jeux Floraux ,
qui diftribue tous les ans plufieurs
Prix pour des Ouvra
ges de Poëfie fur differens fujets
, & un Prix pour la Profe ,
dont elle annonce le fujet
chaque année. Il y a encore
dans la même Ville Mrs de
la Societé des Belles Lettres ,
qui cherchent à perfectionner
l'Eloquence , & qui donnent
des Prix à ceux qui l'em-
Juin 1598.
H
90 MERCURE
ployent le mieux dans des
Difcours dont ils prefcrivent
les fujers . Rien n'eft plus loüa .
ble que de voir dans une feule
Ville trois Compagnies
appli
quées à faire briller les Scien
ces & les Belles Lettres .
Hé bien , Madame , ne devez
vous pas eftre fort contente
de moy , qui vous apprens
tant de curieufes particularitez
des Academies nouvelles
, & de la fçavante Mademoitelle
l'Heritier ? Pour
vous fatisfaire entierement au
fujet de cette illuftre Fille ,
pour qui vous m'avez marqué
GALANT.
bien des fois vous intereffer
tres - vivement , je dois vous
dire que l'Italie luy a rendu
la même jufticé que la France.
L'Academie de Ricovrati
de Padouë luy a envoyé det
Lettres d'Academicienne . Elle
eft aggregée à cette fameufe
Academie, ainfi que l'eftoit
feue l'admirable Madame dés
Houlieres , & comme l'eft encore
aujourd'huy l'incompara
ble Mlle de Scudery , & quelques
autres Dames fçavantes
du Siecle. Padouë , comme
chacun ſçait , ell une des plus
celebres Villes d'Italie , & fi
A
Hij
92 MERCURE
diftinguée par fon courage ,
&
par
la maniere merveilleu .
fe dont elle fait fleurir les
Sciences , que parmy les Epithetes
des Villes d'Italie , la
fienne eft , Padoa la dotta. La
Nobleffe y eft polie & gene.
reufe. L'accueil qu'elle fit au
fçavant M' Patin , marque affez
qu'elle merite bien ces
deux qualitez.
C'eft dans cette mêmeVil
le qu'il y a une Univerfité re
nommée , qui donna le Bonnet
de Docteur en Medecine
à la dote Mademoiſelle Cornaro.
Vous voyez qu'une Vil
GALANT.
93
le fi accoutumée à rendre
honneur au merite du beau
Sexe , n'avoit garde de ne pas
faire juftice à Mademoiſelle
l'Heritier , fiilluftre par ſa vertu
, par fon fçavoir extraordi
naire , & par les grands talens
en Poëfiie , qui ont éclaté par
tant de Prix qu'elle a remportez.
Je vous informe de toutes
ces chofes de Padouë , de
Mademoiſelle Cornaro , & des
autres rares perfonnes de vòftre
Sexe , parce que je fçay
que de tels détails vous font
plaifir , & que je ne rechercheray
jamais rien avec plus
94 MERCURE
d'ardeur , que les occafions
de vous témoigner combien
je fuis veritablement voftre
tres humble , & c.
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6
p. 104
BOUTS RIMEZ.
Début :
. . . . . . trente [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ.
Je n'ay point choisi
pour mes Bouts-rimez
des rimes bizares parce
que je les crois les plus aifées
à remplir. Elles four-
- nissent delavariété enreveillant
l'imagination ;
au lieu que des rimes uniformes
& froides font
plus d'honneur à celuy
qui vient à boutd'en
vcariear letseinso&:l'nappl.iBOUTS
RIMEZ.
trente
quarante
rien
mien
cinquante
[OJXafltc
sien
rien
seprante
nonante
bien
chien
pour mes Bouts-rimez
des rimes bizares parce
que je les crois les plus aifées
à remplir. Elles four-
- nissent delavariété enreveillant
l'imagination ;
au lieu que des rimes uniformes
& froides font
plus d'honneur à celuy
qui vient à boutd'en
vcariear letseinso&:l'nappl.iBOUTS
RIMEZ.
trente
quarante
rien
mien
cinquante
[OJXafltc
sien
rien
seprante
nonante
bien
chien
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7
p. 281-283
STANCES BOUTS RIMEZ.
Début :
... Tourterelle [...]
Mots clefs :
Stances, Bouts-rimés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES BOUTS RIMEZ.
STANCES.
BOUTSRIMEZ.
Tourterelle
Mouton
; Haneton
Hirondelle
Peroquet
Linotte 0 Marmote il Roquet
; ,
Guenuche
: Vaux Chevaux
4 Chevaux Peruche
G; :elinotCehast
- ; Barbotes
.i 1lu1- Rat
•;; Genisse Poulet
: Mulet EcrcYÎflê
Becassine
Pigeon
Esturgeon
Sardine.
J'ay choisi ex prés
des Stances pourBouts
rimez ,
afin que ceux
qui n'ont pas beaucoup
de temps a donner à la
Poësie, puissenten détacher
à leur fantaisie,
deux,trois ou quatre
Stances plus ou moins,
selon la durée de la verve
qui les prendra.
BOUTSRIMEZ.
Tourterelle
Mouton
; Haneton
Hirondelle
Peroquet
Linotte 0 Marmote il Roquet
; ,
Guenuche
: Vaux Chevaux
4 Chevaux Peruche
G; :elinotCehast
- ; Barbotes
.i 1lu1- Rat
•;; Genisse Poulet
: Mulet EcrcYÎflê
Becassine
Pigeon
Esturgeon
Sardine.
J'ay choisi ex prés
des Stances pourBouts
rimez ,
afin que ceux
qui n'ont pas beaucoup
de temps a donner à la
Poësie, puissenten détacher
à leur fantaisie,
deux,trois ou quatre
Stances plus ou moins,
selon la durée de la verve
qui les prendra.
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Résumé : STANCES BOUTS RIMEZ.
Le texte énumère des animaux et oiseaux comme la tourterelle, le mouton, le hanneton, l'hirondelle, le perroquet, la linotte, la marmotte, le roquet, la genette, les chevaux, la perruche, le geai, le chat, le rat, la génisse, le poulet, le mulet, la bécassine, le pigeon, l'esturgeon et la sardine. Ces noms sont organisés en stances pour des bouts-rimés, permettant aux poètes pressés de choisir quelques stances selon leur inspiration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 302-304
« Au lieu de Bouts rimez simples à remplir, on propose [...] »
Début :
Au lieu de Bouts rimez simples à remplir, on propose [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Chute, Rondeau, Difficultés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Au lieu de Bouts rimez simples à remplir, on propose [...] »
Aulieu de Bouts rimez
simples à remplir,
on propose ce mois-cy
Ul1 Rondeau à faire sur
une chute donnée, &
l'on en choisit une qui
puisse avoir trois significations
differentes. La
voicy
,
Filis tient çeu, c'est la difficultédesRondeaux,
maisc'en est aussi
l'agrément. On donne
deplus les Bouts rimez
du Rondeau à ceux qui
voudront avoirdeux difficultez
à vaincre. Il y a
des genies qui ne font
excitez que par les grandes
difficultez ;ceux qui,
sont plus faciles à émouvoir,
ou plus paresseux
pourronts'assujettir ou,
à la chute seule du Ron-^
deau ou aux Bouts rimez
détachez de la chute, &
faire Amplement des
Vers sur lesBouts rimez.
Voicy la tache toute entière.
simples à remplir,
on propose ce mois-cy
Ul1 Rondeau à faire sur
une chute donnée, &
l'on en choisit une qui
puisse avoir trois significations
differentes. La
voicy
,
Filis tient çeu, c'est la difficultédesRondeaux,
maisc'en est aussi
l'agrément. On donne
deplus les Bouts rimez
du Rondeau à ceux qui
voudront avoirdeux difficultez
à vaincre. Il y a
des genies qui ne font
excitez que par les grandes
difficultez ;ceux qui,
sont plus faciles à émouvoir,
ou plus paresseux
pourronts'assujettir ou,
à la chute seule du Ron-^
deau ou aux Bouts rimez
détachez de la chute, &
faire Amplement des
Vers sur lesBouts rimez.
Voicy la tache toute entière.
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Résumé : « Au lieu de Bouts rimez simples à remplir, on propose [...] »
Le texte décrit un exercice littéraire consistant à composer un rondeau à partir d'une chute donnée, ayant trois significations. La chute est 'Filis tient çeu, c'est la difficulté des Rondeaux, mais c'en est aussi l'agrément.' Les 'Bouts rimez' sont également fournis. Le texte distingue deux types de poètes : ceux attirés par les grandes difficultés et ceux préférant des exercices plus simples, qui peuvent se concentrer sur la chute ou les bouts-rimés.
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9
p. 117-[120]
ANONIMES. La Muse naissante. / SUR UN TOUSSEUR.
Début :
J'étois trop jeune le mois passé je ne pûs remplir [...]
Mots clefs :
Anonyme, Muse, Bouts-rimés
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texteReconnaissance textuelle : ANONIMES. La Muse naissante. / SUR UN TOUSSEUR.
ANONIMES:
r M La Muse naissante. *
J'étois trop jeune le
mois passé je ne pûs remplir
que la moitié de vos
bouts - rimez, mais un
mois de plus forme bien
l'esprit d'une fille. J'ay
rempli ceux-cy d'un bout à l'autre, à la verité ma
mere ma un peu aidé,
fans- cela je me ferois perdue
en tric trac, fric frac,
cric crac.
SUR UN TOUSSEUR.
Je ne connoissois pas le
Toueur d'Albicrac,
Quand ma mere me dit
en jouantau trictrac,
Voudrois - tu d'un mari
charmédesa seringue.
Purgon3 Fleurant sans
cesse occupantfa brelin-
"- gue.
Danssoncorps bien pur- -
- gfénr'onat lacissé.fric ni
A ma mere je dis, le
voudriez-vous, crac,
Non,non,car vous avez
plus desens que Pibrac.
Jamais à tel mari ne direz
tope & tingue.
Ni moi non plus vraiement,
carj'ai lû dans
Balzac.
Qu'en ménage un tousseur
fait toujours du micmac
,
Contre vos loix jamais
ma volonténe frin-
0gue,
Mais donnez - moiplûtostparjour
cent coups
de tringue,
Oùjettez-moi dans l'eau
la tête dans un sac.
r M La Muse naissante. *
J'étois trop jeune le
mois passé je ne pûs remplir
que la moitié de vos
bouts - rimez, mais un
mois de plus forme bien
l'esprit d'une fille. J'ay
rempli ceux-cy d'un bout à l'autre, à la verité ma
mere ma un peu aidé,
fans- cela je me ferois perdue
en tric trac, fric frac,
cric crac.
SUR UN TOUSSEUR.
Je ne connoissois pas le
Toueur d'Albicrac,
Quand ma mere me dit
en jouantau trictrac,
Voudrois - tu d'un mari
charmédesa seringue.
Purgon3 Fleurant sans
cesse occupantfa brelin-
"- gue.
Danssoncorps bien pur- -
- gfénr'onat lacissé.fric ni
A ma mere je dis, le
voudriez-vous, crac,
Non,non,car vous avez
plus desens que Pibrac.
Jamais à tel mari ne direz
tope & tingue.
Ni moi non plus vraiement,
carj'ai lû dans
Balzac.
Qu'en ménage un tousseur
fait toujours du micmac
,
Contre vos loix jamais
ma volonténe frin-
0gue,
Mais donnez - moiplûtostparjour
cent coups
de tringue,
Oùjettez-moi dans l'eau
la tête dans un sac.
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Résumé : ANONIMES. La Muse naissante. / SUR UN TOUSSEUR.
Le texte présente deux poèmes anonymes. Le premier, 'La Muse naissante', décrit une jeune fille aidée par sa mère pour compléter des rimes. Le second, 'Sur un tousseur', relate le refus d'une narratrice d'épouser un homme tousseur, préférant subir d'autres maux. Elle compare sa mère à Pibrac pour sa sagesse et cite Balzac.
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10
p. 338
« Chute qu'on donne pour un autre Rondeau. Peut-estre bien. [...] »
Début :
Chute qu'on donne pour un autre Rondeau. Peut-estre bien. [...]
Mots clefs :
Rondeau, Bouts-rimés
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texteReconnaissance textuelle : « Chute qu'on donne pour un autre Rondeau. Peut-estre bien. [...] »
Chute qu'on donne
pour un autre Rondeau.
Peut-estre bien.
Cette chute peut avoir
plusieurs sens différents
comme l'autre.
Bouts rïmezj pour un
Sixain.
bondi.
bonde.
ronde.
arondi.
profonde.
approfondi.
pour un autre Rondeau.
Peut-estre bien.
Cette chute peut avoir
plusieurs sens différents
comme l'autre.
Bouts rïmezj pour un
Sixain.
bondi.
bonde.
ronde.
arondi.
profonde.
approfondi.
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11
p. 100
« J'avois proscrit les Bouts rimez, on m'en redemande, [...] »
Début :
J'avois proscrit les Bouts rimez, on m'en redemande, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'avois proscrit les Bouts rimez, on m'en redemande, [...] »
J'avois proscrit les Bouts
rimez,on m'en redemande,
on en serabien-tôt
las,je les retrancherai,on
veut de tout,onse lassede
tout, celaest naturel, mais
j'avertis que je ne placerai
que les Vers .qui feront
bons, indépendamment
de la contrainte des Bouts
rimez, car nous sommes
dans un Siecle, où la difficulté
d'un Ouvrage n'en
fait point excuser la médiocrité.
rimez,on m'en redemande,
on en serabien-tôt
las,je les retrancherai,on
veut de tout,onse lassede
tout, celaest naturel, mais
j'avertis que je ne placerai
que les Vers .qui feront
bons, indépendamment
de la contrainte des Bouts
rimez, car nous sommes
dans un Siecle, où la difficulté
d'un Ouvrage n'en
fait point excuser la médiocrité.
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12
p. 22-26
« Mais malgré tous ces beaux vers, je sens souvent qu'il [...] »
Début :
Mais malgré tous ces beaux vers, je sens souvent qu'il [...]
Mots clefs :
Satire, Éloge, Bouts-rimés
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texteReconnaissance textuelle : « Mais malgré tous ces beaux vers, je sens souvent qu'il [...] »
Mais malgre teus ces
beaux vers je sens souvent
qu'ilest honteux à moy de
;»le foûjmçttre, comme je
faig quelquefois,aux* volontez
deceux qui me les
adressent. Pardonnezmoy
ce défaut
,.
Meilleurs
; on
me tend despieges flateurs,
on m'amorce de l'appas des
protéctions
) on me fait esperer
bien des belles choles:
devez-vous vous étonner
sije fais bien des sottises,
& des sottises inutiles?
Ah !c'en cft trop ;ache
vons donc nôtre tâche,
Mercure,&ne flatons personne.
Ceux qui s'interessent à
mon fort tremblent pour
moy ) je vais sans doute
m'émanciper & me perdre.
Mais est-il possible qu'ils
ne soient pas accoutumez
encore à voir
Mon pourpoint percé par le
coude?
Cependant ces alarmes
font fort obligeantes: mais
elles ne me font, gueres
d'honneur, & il faudroit
que je susjè bien de mon ruil
lage, pour m'aviser ici d'offenser
personne. Il ne tiendra
pourtant qu'àvous,
Meilleurs
>
que nous animions
desormais davantage
, nos
nos conversations
: ce que
je vais vous proposer pour
cela me paraît fait pour
nous aider; c'est un article
dans lequel peuvent
aisément entrer l'éloge &
la satyre. C'est une matiere
propre à tout; enfin
ce sont des bouts. rimez
à remplir. Au reste, gardez
vous bien de me laisser
ce soin, vous pourriez n'en
être pas contens, & si je
me trouvois trop embarassé
aL cet ouvrage, une mauvaise
plaisanterie de Panurge,
dont je me souviens,
& dont vous voussouvenez
peut-être,m'aideroitassurement
à me tirer d'affaire.
A bon compte les voici.
beaux vers je sens souvent
qu'ilest honteux à moy de
;»le foûjmçttre, comme je
faig quelquefois,aux* volontez
deceux qui me les
adressent. Pardonnezmoy
ce défaut
,.
Meilleurs
; on
me tend despieges flateurs,
on m'amorce de l'appas des
protéctions
) on me fait esperer
bien des belles choles:
devez-vous vous étonner
sije fais bien des sottises,
& des sottises inutiles?
Ah !c'en cft trop ;ache
vons donc nôtre tâche,
Mercure,&ne flatons personne.
Ceux qui s'interessent à
mon fort tremblent pour
moy ) je vais sans doute
m'émanciper & me perdre.
Mais est-il possible qu'ils
ne soient pas accoutumez
encore à voir
Mon pourpoint percé par le
coude?
Cependant ces alarmes
font fort obligeantes: mais
elles ne me font, gueres
d'honneur, & il faudroit
que je susjè bien de mon ruil
lage, pour m'aviser ici d'offenser
personne. Il ne tiendra
pourtant qu'àvous,
Meilleurs
>
que nous animions
desormais davantage
, nos
nos conversations
: ce que
je vais vous proposer pour
cela me paraît fait pour
nous aider; c'est un article
dans lequel peuvent
aisément entrer l'éloge &
la satyre. C'est une matiere
propre à tout; enfin
ce sont des bouts. rimez
à remplir. Au reste, gardez
vous bien de me laisser
ce soin, vous pourriez n'en
être pas contens, & si je
me trouvois trop embarassé
aL cet ouvrage, une mauvaise
plaisanterie de Panurge,
dont je me souviens,
& dont vous voussouvenez
peut-être,m'aideroitassurement
à me tirer d'affaire.
A bon compte les voici.
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Résumé : « Mais malgré tous ces beaux vers, je sens souvent qu'il [...] »
L'auteur réfléchit sur les défis de répondre aux attentes de ses lecteurs et admet commettre des erreurs dues aux pièges et flatteries. Il décide de se concentrer sur sa tâche et mentionne les inquiétudes de ceux qui se soucient de lui, tout en assurant qu'il ne souhaite offenser personne. Pour améliorer leurs échanges, il propose un article combinant éloge et satire, adapté à divers sujets. Cependant, il délègue la rédaction de cet article, craignant de ne pas être à la hauteur. Il conclut en évoquant une plaisanterie de Panurge pour illustrer son embarras face à cette tâche.
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13
p. 257-258
Histoire des Bouts-Rimez, que l'Auteur a proposez à remplir le mois passé. [titre d'après la table]
Début :
Je voy bien qu'il n'y a plus moyen de vous proposer des [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés
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texteReconnaissance textuelle : Histoire des Bouts-Rimez, que l'Auteur a proposez à remplir le mois passé. [titre d'après la table]
Je voy bien qu'il n'y a plus
moyen de vous propoſer des
bouts- rimez à remplir , &je
me ferois bien gardé de le faire
, ſi je n'avois pas receu ceux
que je vous ay preſentez le
mois paflé , d'une perſonnede
conſideration , qui , ſans ſe
nommer , m'a flatté ( apparamment
pour m'amorcer ) de
l'honneur de ſa protection.
J'aurois tenu ce Monfieur , ou
cette Dame , quitte des dou-
Mars 1715. Y
258 MERCURE
ceurs dont on m'amuſoit , fi
l'on avoit jugé à propos de
remplir ces bouts- rimez à leur
fantaisie &à la mienne ;
moyen de vous propoſer des
bouts- rimez à remplir , &je
me ferois bien gardé de le faire
, ſi je n'avois pas receu ceux
que je vous ay preſentez le
mois paflé , d'une perſonnede
conſideration , qui , ſans ſe
nommer , m'a flatté ( apparamment
pour m'amorcer ) de
l'honneur de ſa protection.
J'aurois tenu ce Monfieur , ou
cette Dame , quitte des dou-
Mars 1715. Y
258 MERCURE
ceurs dont on m'amuſoit , fi
l'on avoit jugé à propos de
remplir ces bouts- rimez à leur
fantaisie &à la mienne ;
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Résumé : Histoire des Bouts-Rimez, que l'Auteur a proposez à remplir le mois passé. [titre d'après la table]
En mars 1715, l'auteur du Mercure n°258 avoue son incapacité à produire des bouts-rimés. Il reçoit des propositions d'une personne anonyme offrant son aide. L'auteur aurait accepté si cette personne avait suivi ses propres désirs et les siens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 258-259
« Ayez la bonté de m'apprendre le mois prochain, Madame [...] »
Début :
Ayez la bonté de m'apprendre le mois prochain, Madame [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Sonnets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ayez la bonté de m'apprendre le mois prochain, Madame [...] »
Ayezla bonté de m'appren.
dre le mois prochain , Madame,
lequel de ces Sonnets vous
aura plû davantage ; mon jugement
peutreſſembler au vô.
tre , mais je ne prononceray ,
GALANT. 259
2
qu'aprés que vous aurez jugé.
Je vous invite en même tems
à remplir , & à faire remplir
les Bouts Rimez que je vous
envoye.
dre le mois prochain , Madame,
lequel de ces Sonnets vous
aura plû davantage ; mon jugement
peutreſſembler au vô.
tre , mais je ne prononceray ,
GALANT. 259
2
qu'aprés que vous aurez jugé.
Je vous invite en même tems
à remplir , & à faire remplir
les Bouts Rimez que je vous
envoye.
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15
p. 104-106
Discours de l'Auteur sur les Bouts rimez. [titre d'après la table]
Début :
Le dessein que j'ay eu en proposant des Bouts-rimez, a [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Mademoiselle, Esprit, Lecteurs
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texteReconnaissance textuelle : Discours de l'Auteur sur les Bouts rimez. [titre d'après la table]
Le dessein quej'ayeuen
propofanc des Bouts-rimez,a
été fondé sur l'envie que j'ay
de connoître autant que je le
pourray , toutes les différentes
maniérés de penser du monde.
Chacun marque son goût dans
sa façon d'écrire,&c'estpour
amuser les gens qui écrivent,
que je leuray en partieoffert
ce moyen de m'envoyer leurs
Ouvrages. Quoiqu'onmedise
que la mode des Bouts-rimez
est usée depuis longtems en
France, je sens pourtant qu'tf
n'y a que Jel'agrement & de
l'utilité à la rétablir. Mais je
prie ceux qui veulent s'y mettre,
de s'y exercer assez ferieusement
en s'amusant, pour ne
pas me rebuter de leur exercice.
On fera bien receu à me
proposer des Emblèmes, des
questions jolies, & tout ce qui
peut donner de l'occupation
& du plaisir à l'esprit. En un
mot, Mademoiselle, pour la
satisfaction de mes Lecteurs&
pour la vôtre, je rendrai public
tout ce qui me paroîtra
digne de l'être.
Maisrevenons à nos moutons,
vous avez, Mademoiselle
( & je vous l'ay dit cent
fois) de l'esprit comme un
Ange; mais l'obligeance &
charmante personnequivienr
de m'envoyer le Memoire que
vous allez lire, en a au moins
autant que vous;quelque soin
qu'elle prenne de se cacher, sa
façon d'écrirem'asuffisamment
découvert son nom
je ne balancerois pas à la nom..
mer si mon indiscretion pouvoie
donner plus d'éclat à son
merite.
propofanc des Bouts-rimez,a
été fondé sur l'envie que j'ay
de connoître autant que je le
pourray , toutes les différentes
maniérés de penser du monde.
Chacun marque son goût dans
sa façon d'écrire,&c'estpour
amuser les gens qui écrivent,
que je leuray en partieoffert
ce moyen de m'envoyer leurs
Ouvrages. Quoiqu'onmedise
que la mode des Bouts-rimez
est usée depuis longtems en
France, je sens pourtant qu'tf
n'y a que Jel'agrement & de
l'utilité à la rétablir. Mais je
prie ceux qui veulent s'y mettre,
de s'y exercer assez ferieusement
en s'amusant, pour ne
pas me rebuter de leur exercice.
On fera bien receu à me
proposer des Emblèmes, des
questions jolies, & tout ce qui
peut donner de l'occupation
& du plaisir à l'esprit. En un
mot, Mademoiselle, pour la
satisfaction de mes Lecteurs&
pour la vôtre, je rendrai public
tout ce qui me paroîtra
digne de l'être.
Maisrevenons à nos moutons,
vous avez, Mademoiselle
( & je vous l'ay dit cent
fois) de l'esprit comme un
Ange; mais l'obligeance &
charmante personnequivienr
de m'envoyer le Memoire que
vous allez lire, en a au moins
autant que vous;quelque soin
qu'elle prenne de se cacher, sa
façon d'écrirem'asuffisamment
découvert son nom
je ne balancerois pas à la nom..
mer si mon indiscretion pouvoie
donner plus d'éclat à son
merite.
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Résumé : Discours de l'Auteur sur les Bouts rimez. [titre d'après la table]
Le texte traite des 'Bouts-rimez', une forme poétique, que l'auteur propose comme moyen d'amusement et d'exercice littéraire. Bien que cette pratique soit considérée comme dépassée en France, l'auteur y voit encore un intérêt et une utilité. Il encourage les participants à s'exercer sérieusement tout en s'amusant et accepte diverses contributions intellectuelles. L'auteur adresse également le texte à une demoiselle, louant son esprit ainsi que celui de la personne qui lui a envoyé un mémoire. Il reconnaît la qualité de l'écriture de cette personne, suffisamment distinctive pour révéler son identité, mais choisit de ne pas la nommer par discrétion.
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16
p. 306-309
APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
Début :
Envoyez-moy quelque Histoire, Madame, vous me ferez un vray [...]
Mots clefs :
Lettre, Bouts-rimés, Énigme
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texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
APO STILLE,
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
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Résumé : APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
L'auteur écrit à une dame, probablement une écrivaine, pour exprimer son désir de recevoir régulièrement ses œuvres littéraires, qu'il examinera avec attention. Il regrette d'avoir reçu tardivement une lettre, ce qui l'a empêché d'inclure certaines réponses dans un livre déjà finalisé. La lettre contient une liste de mots ou thèmes poétiques comme 'Néron', 'solitude', 'Anacréon' et 'Pantheon', suggérés pour des poèmes. L'auteur conclut en manifestant son respect et son admiration, se déclarant son humble et obéissant serviteur. Il mentionne également un élève nommé Papirjel, qui a envoyé une énigme et un rafraîchissement, mais est critiqué pour ne pas avoir envoyé sa lettre à temps, le qualifiant de paresseux.
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17
p. 1299
ENIGME, Bouts-rimez & Parodie.
Début :
Mon corps n'est point couvert d'écailles Jaunissantes, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés
18
p. 856-857
SONNET Sur les Bouts-Rimez; proposez dans le second vol. du Mercure de Dec. 1731.
Début :
Je crains plus, cher ami, Cupidon que la Mort, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Mort, Financier
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texteReconnaissance textuelle : SONNET Sur les Bouts-Rimez; proposez dans le second vol. du Mercure de Dec. 1731.
SONNET
Sur les Bouts - Rimez ; proposez dans le
fecond vol. du Mercure de Dec. 1731.
J
E crains plus , cher ami, Cupidon que la Mort ,
Port
Et ses traits dangereux, que les Clous d'une Biere,
En vain pour me tenter , il me montre le
Je ne veux point sous lui commencer de Carriere.
Du sexe, être la dupe, Amans , c'est votre Sort
La Coquete , de tout , remplit sa Gibeciere ,
Agnès , les yeux baissez , semblable à l'eau qui
Dort "
Estst plus trompeuse encor , si l'on en croit Mo- liere.
Fussiez- vous Adonis ; malgré son air Hagard ,
Sans cheveux , & sans dents un opulent Vieil- lard ,>
Fait au cœur de la belle une vive - Apostrophe ,
Fussiez-
MAY.
1732 857
Fassiez-vous Céladon ; un Faquin >
Devenu Financier , vous donne échec et
Et rit impunément de votre
un pied Plat
Mat ,
Catastrophe.
R ... Av... A Blois.
Sur les Bouts - Rimez ; proposez dans le
fecond vol. du Mercure de Dec. 1731.
J
E crains plus , cher ami, Cupidon que la Mort ,
Port
Et ses traits dangereux, que les Clous d'une Biere,
En vain pour me tenter , il me montre le
Je ne veux point sous lui commencer de Carriere.
Du sexe, être la dupe, Amans , c'est votre Sort
La Coquete , de tout , remplit sa Gibeciere ,
Agnès , les yeux baissez , semblable à l'eau qui
Dort "
Estst plus trompeuse encor , si l'on en croit Mo- liere.
Fussiez- vous Adonis ; malgré son air Hagard ,
Sans cheveux , & sans dents un opulent Vieil- lard ,>
Fait au cœur de la belle une vive - Apostrophe ,
Fussiez-
MAY.
1732 857
Fassiez-vous Céladon ; un Faquin >
Devenu Financier , vous donne échec et
Et rit impunément de votre
un pied Plat
Mat ,
Catastrophe.
R ... Av... A Blois.
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Résumé : SONNET Sur les Bouts-Rimez; proposez dans le second vol. du Mercure de Dec. 1731.
Le sonnet de 1732, signé 'MAY', exprime la crainte de l'amour et de Cupidon. L'auteur décrit les hommes comme les dupes des coquettes. Il cite Molière pour illustrer la tromperie des femmes. Le texte souligne que les femmes peuvent être séduites ou moquées, indépendamment de leur apparence ou richesse, par des individus de condition inférieure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 53
BOUTS-RIMÉS EN ÉNIGME.
Début :
Je suis composé de deux . mots, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés
20
p. 4
COUPLET, sur l'air réveillez-vous.
Début :
Apollon, ma Muse & ma verve [...]
Mots clefs :
Apollon, Minerve, Bouts-rimés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLET, sur l'air réveillez-vous.
COUPLET , fur l'air réveillez -vous,
APOLLON , ma Mufe & ma verve
Jour & nuit fe font efcrimés,
Et de concert avec Minerve ,
Ils ont rempli les bouts rimés.
APOLLON , ma Mufe & ma verve
Jour & nuit fe font efcrimés,
Et de concert avec Minerve ,
Ils ont rempli les bouts rimés.
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